Note de présentation des « théâtres de machines »


 

Les « théâtres des machines » sont les premiers recueils imprimés de dessins de machines. Ces ouvrages sont de véritables mises en scène de séries de machines ou d’instruments, replacés dans un environnement. Leurs auteurs sont des ingénieurs qui travaillent sous la protection d’un prince, à qui est dédié l’ouvrage. Les machines de guerre et les machines hydrauliques sont leur préoccupation première au début du XVIe siècle, complétées ensuite par des machines destinées à la vie civile (moulins), ou au plaisir et au prestige du prince (fontaines, automates). Vers la fin du XVIe siècle, des illustrations de grande qualité, caractérisées par une profusion de détails, une certaine exagération du trait, un goût pour l’extraordinaire et le complexe (Agostino Ramelli, Salomon de Caus), participent de l’expression baroque que l’on retrouve en art à cette époque. Au XVIIe siècle, on assiste au passage des notions anciennes et baroques de curiosité, d’empirisme, d’accumulation à une autre approche du réel et des savoirs qui se veut rationnelle, méthodologiquement plus fondée, et même critique. Savants et ingénieurs se rejoignent.