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6 —
nœuvre soit impossible. On peut en effet, grâce aux enclenchements, empêcher qu’une aiguille ne soit ouverte avant que les signaux ne soient faits pour la voie correspondante; ils permettent aussi d’éviter tous les accidents, dus à des erreurs commises par des aiguilleurs et des signaleurs — et l’on sait qu’ils étaient autrefois nombreux.
D’autre part les disques à distance qui doublent les signaux d’arrêt ont une tendance à s’éloigner de ces derniers. Car un train de 500 m. de longueur arrêté, à 300 m. d’une gare, constitue un obstacle dangereux à 500 plus 300 ou 800 m. de la gare, — et c’est à partir de ce point qu’il faut compter la distance du signal d’avertissement. Celui-ci peut ainsi devoir être reporté à 2,000 ou 2,300 m. au lieu de 1,200 ou 1,500 m.
ür, à mesure que les disques et les aiguilles s’éloignent davantage de leur levier, les moyens de transmission mécanique deviennent plus insuffisants. Il est très malaisé de manœuvrer une aiguille au moyen de tringles de plus de 300 ou 400 m. de longueur et les transmissions par fils ne peuvent plus agir que très dilflcilement au-delà de 1,000 à 1,500 m.
On comprend donc tout le parti qu’on peut tirer de l’électricité.
Mais, dira-t-on, pourquoi les disques électriques, dont il existe déjà de nombreux systèmes, ne se sont-ils pas répandus davantage? — C’est, répétons-Ie, parce qu’ils ont tous été construits, à très peu d’exceptions près, en vue d’utiliser les très faibles sources d’électricité usitées en télégraphie, et que, de la sorte, on n’a pu réaliser que des appareils très délicats, sujets à mille causes de dérangement, ou bien des appareils à mécanismes d’horlogerie, coûtant cher et ayant l’inconvénient de devoir être remontés.
11 existe pourtant un vrai sémaphore à action directe, celui de Currie et Timmis, mis à l’esssai en Amérique sur le raccordement de la « Glou-cester Wagon C° ». Le bras du sémaphore est fixé en son milieu à un axe autour duquel le fait osciller une tige commandée elle-même par l’écran à double verre qui masque le feu de la lanterne fixée au mât. Ce poids de cet écran tend à faire retomber le bras dans sa position horizontale; pour effacer le signal, il faut relever l’écran. Pour obtenir ce mouvement qui exige un assez grand effort, les inventeurs ont eu recours à l’emploi d’un aimant à longue attraction, sorte de solénoïde capable de développer une action énergique.
Cet aimant se compose de deux tubes concentriques de fer doux, réunis entre eux par des plaques de même métal, de manière à former une boîte annulaire remplie de fils de cuivre. Une sorte de piston creux peut glisser à l’intérieur de cette boîte annulaire.
L’aimant commence donc à agir sur son noyau, de la môme façon qu’un solénoïde, jusqu’à ce que ce noyau soit enfoncé assez loin dans le tube, la force d’attraction décroissant, d’ailleurs, à mesure que le noyau s’enfonce. Mais comme, d’autre part, l’armature s’approche de l’aimant et commence à entrer en jeu à une certaine distance, la force d’attraction reste à peu près constante. On a donné à cette armature la forme d’un couvercle qui épouse la plate-
forme supérieure de l’aimant, et il suffit d’une faible force pour la maintenir en contact. Quand le courant passe, l’aimant attire son armature, l’écran démasque la lanterne et le sémaphore s’abaisse.
Les sources d’électricité sont des accumulateurs.
Malgré l’élégance de la solution de MM. Currie et Timmis, il est permis de se demander si l’on ne pourrait produire un appareil plus robuste en le faisant actionner par un moteur analogue à une machine Gramme.
La seule difficulté, semble-t-il, c’est la production de l’électricité. Elle disparaîtrait si les stations étaient pourvues de véritables usines mettant partout l’énergie électrique à la disposition du personnel.
Faut-il attendre le moment où il en sera ainsi? Gela ne paraît pas nécessaire. La manœuvre d’un disque n’exige qu’une force de huit kg. au maximum, en supposant la surface du disque soumise à une pression horizontale de 40 kg. par m. carré produite par l’action d’un fort vent. La perte d’énergie dans une transmission de 2 km. ne dépasserait pas 50 p. c. Or un poids ou un ressort peut facilement développer 16 kg. Dès lors, au lieu d’employer ce poids ou ce ressort à faire mouvoir directement les disques, pourquoi ne pas l’appliquer à la manœuvre de générateurs électriques?
Le travail à produire pour remonter les poids ou les ressorts des générateurs serait plus grand, il est vrai, mais on éviterait les objections tirées de l’impossibilité pour les signaleurs de se rendre eux-mêmes aux disques et de connaître le moment précis où le remontage doit avoir lieu.
Puis, les signaleurs pourraient contribuer à ce remontage dans leurs moments de loisir. La fatigue qu’ils supporteraient de la sorte, mieux répartie, si je puis ainsi m’exprimer, ne serait certes pas plus considérable que celle qui est produite aujourd’hui par la mise en jeu des leviers que les transmissions électriques permettraient de supprimer.
Nous venons de parler de la nécessité de l’enclenchement des leviers des aiguilles et des signaux. Ces enclenchements sont en général effectués uniquement par des dispositions mécaniques. Cependant déjà aujourd’hui il y en a qui sont réalisés à distance par l’électricité. C’est principalement en Allemagne que cela existe, parce que les principes de centralisation qui y sont adoptés exigent que le chef de station ou plutôt le chef du mouvement, recevant seul les communications intéressant le service, soit seuL à pouvoir prescrire l’ordre de succession des différentes manœuvres.
Si les disques étaient tous manœuvres électriquement, il est évident qu’il serait fort avantageux de recourir aussi à l’électricité pour effectuer tous les enclenchements.
On pourrait alors supprimer tous les leviers de manœuvre des signaux optiques et les remplacer par de simples boutons électriques. Les signaux seraient maintenus à voie libre par le passage d’un courant et ils seraient mis à i’arrèt par sa. suppression.
Toute aiguille reliée à un signal serait enclenchée par le passage du courant qui maintient
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour cette page est de 99,28 %.
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nœuvre soit impossible. On peut en effet, grâce aux enclenchements, empêcher qu’une aiguille ne soit ouverte avant que les signaux ne soient faits pour la voie correspondante; ils permettent aussi d’éviter tous les accidents, dus à des erreurs commises par des aiguilleurs et des signaleurs — et l’on sait qu’ils étaient autrefois nombreux.
D’autre part les disques à distance qui doublent les signaux d’arrêt ont une tendance à s’éloigner de ces derniers. Car un train de 500 m. de longueur arrêté, à 300 m. d’une gare, constitue un obstacle dangereux à 500 plus 300 ou 800 m. de la gare, — et c’est à partir de ce point qu’il faut compter la distance du signal d’avertissement. Celui-ci peut ainsi devoir être reporté à 2,000 ou 2,300 m. au lieu de 1,200 ou 1,500 m.
ür, à mesure que les disques et les aiguilles s’éloignent davantage de leur levier, les moyens de transmission mécanique deviennent plus insuffisants. Il est très malaisé de manœuvrer une aiguille au moyen de tringles de plus de 300 ou 400 m. de longueur et les transmissions par fils ne peuvent plus agir que très dilflcilement au-delà de 1,000 à 1,500 m.
On comprend donc tout le parti qu’on peut tirer de l’électricité.
Mais, dira-t-on, pourquoi les disques électriques, dont il existe déjà de nombreux systèmes, ne se sont-ils pas répandus davantage? — C’est, répétons-Ie, parce qu’ils ont tous été construits, à très peu d’exceptions près, en vue d’utiliser les très faibles sources d’électricité usitées en télégraphie, et que, de la sorte, on n’a pu réaliser que des appareils très délicats, sujets à mille causes de dérangement, ou bien des appareils à mécanismes d’horlogerie, coûtant cher et ayant l’inconvénient de devoir être remontés.
11 existe pourtant un vrai sémaphore à action directe, celui de Currie et Timmis, mis à l’esssai en Amérique sur le raccordement de la « Glou-cester Wagon C° ». Le bras du sémaphore est fixé en son milieu à un axe autour duquel le fait osciller une tige commandée elle-même par l’écran à double verre qui masque le feu de la lanterne fixée au mât. Ce poids de cet écran tend à faire retomber le bras dans sa position horizontale; pour effacer le signal, il faut relever l’écran. Pour obtenir ce mouvement qui exige un assez grand effort, les inventeurs ont eu recours à l’emploi d’un aimant à longue attraction, sorte de solénoïde capable de développer une action énergique.
Cet aimant se compose de deux tubes concentriques de fer doux, réunis entre eux par des plaques de même métal, de manière à former une boîte annulaire remplie de fils de cuivre. Une sorte de piston creux peut glisser à l’intérieur de cette boîte annulaire.
L’aimant commence donc à agir sur son noyau, de la môme façon qu’un solénoïde, jusqu’à ce que ce noyau soit enfoncé assez loin dans le tube, la force d’attraction décroissant, d’ailleurs, à mesure que le noyau s’enfonce. Mais comme, d’autre part, l’armature s’approche de l’aimant et commence à entrer en jeu à une certaine distance, la force d’attraction reste à peu près constante. On a donné à cette armature la forme d’un couvercle qui épouse la plate-
forme supérieure de l’aimant, et il suffit d’une faible force pour la maintenir en contact. Quand le courant passe, l’aimant attire son armature, l’écran démasque la lanterne et le sémaphore s’abaisse.
Les sources d’électricité sont des accumulateurs.
Malgré l’élégance de la solution de MM. Currie et Timmis, il est permis de se demander si l’on ne pourrait produire un appareil plus robuste en le faisant actionner par un moteur analogue à une machine Gramme.
La seule difficulté, semble-t-il, c’est la production de l’électricité. Elle disparaîtrait si les stations étaient pourvues de véritables usines mettant partout l’énergie électrique à la disposition du personnel.
Faut-il attendre le moment où il en sera ainsi? Gela ne paraît pas nécessaire. La manœuvre d’un disque n’exige qu’une force de huit kg. au maximum, en supposant la surface du disque soumise à une pression horizontale de 40 kg. par m. carré produite par l’action d’un fort vent. La perte d’énergie dans une transmission de 2 km. ne dépasserait pas 50 p. c. Or un poids ou un ressort peut facilement développer 16 kg. Dès lors, au lieu d’employer ce poids ou ce ressort à faire mouvoir directement les disques, pourquoi ne pas l’appliquer à la manœuvre de générateurs électriques?
Le travail à produire pour remonter les poids ou les ressorts des générateurs serait plus grand, il est vrai, mais on éviterait les objections tirées de l’impossibilité pour les signaleurs de se rendre eux-mêmes aux disques et de connaître le moment précis où le remontage doit avoir lieu.
Puis, les signaleurs pourraient contribuer à ce remontage dans leurs moments de loisir. La fatigue qu’ils supporteraient de la sorte, mieux répartie, si je puis ainsi m’exprimer, ne serait certes pas plus considérable que celle qui est produite aujourd’hui par la mise en jeu des leviers que les transmissions électriques permettraient de supprimer.
Nous venons de parler de la nécessité de l’enclenchement des leviers des aiguilles et des signaux. Ces enclenchements sont en général effectués uniquement par des dispositions mécaniques. Cependant déjà aujourd’hui il y en a qui sont réalisés à distance par l’électricité. C’est principalement en Allemagne que cela existe, parce que les principes de centralisation qui y sont adoptés exigent que le chef de station ou plutôt le chef du mouvement, recevant seul les communications intéressant le service, soit seuL à pouvoir prescrire l’ordre de succession des différentes manœuvres.
Si les disques étaient tous manœuvres électriquement, il est évident qu’il serait fort avantageux de recourir aussi à l’électricité pour effectuer tous les enclenchements.
On pourrait alors supprimer tous les leviers de manœuvre des signaux optiques et les remplacer par de simples boutons électriques. Les signaux seraient maintenus à voie libre par le passage d’un courant et ils seraient mis à i’arrèt par sa. suppression.
Toute aiguille reliée à un signal serait enclenchée par le passage du courant qui maintient
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour cette page est de 99,28 %.
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