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- TABLE DES MATIÈRES
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- PAGE DE TITRE
- Sommaire (p.48)
- I. Avril, poésie. Ch. Benoit (p.49)
- II. Un amour dans la nue, poésie. A. Camus (p.52)
- III. Géologie : Abîmes. Lacs. Ch. Texier (p.58)
- IV. La langue universelle. A. Buisson (p.63)
- V. Bouquet de pensées. Ch. Texier (p.63)
- VI. Chronique. O Chevaldonné (p.65)
- VII. Nécrologie : Mort de M. Dupuis-Delcourt. O Frion (p.67)
- VIII. Une fête de l'industrie. O. Frion (p.69)
- IX. Prix proposés, etc. O. Frion (p.70)
- X. Bulletion bibliographique (p.73)
- Dernière image
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CHRONIQUE.
Chers lecteurs, c’est moi qui suis chargé de vous entretenir désormais de tout ce qui se passera de remarquable dans notre beau Paris, ou plutôt dans notre belle France, voire même au besoin dans le monde entier.
C’est moi qui aurai l’honneur de vous apprendre tous les petits caquets du monde turbulent qui fréquente les boulevards, les cancans et les bavardages des coulisses et steepie-chase, et nous tâcherons de pénétrer ensemble dans les réduits les plus obscurs.
La chronique est une histoire, complète ou sommaire, de tout ce qui se passe. Ce lut Jean deTroyes, greffier à l’Hôtel-de-Ville de Paris, qui l’employa l’un des premiers en écrivant jour par jour l’histoire de Louis XI, de i46oà i483-
Sur ce, chers lecteurs . . . et lectrices, je prends les fonctions de chroniqueur.
Depuis quelque temps, il s’est passé beaucoup de grandes choses : les chroniqueurs n’ont pas en tout temps une aussi bonne moisson. Paris a pris un aspect tout nouveau : les esprits s’éveillent ; chacun est avide d’instruction ; partout s’ouvrent des cours, des conférences, et partout aussi les salies sont combles ; enfin une grande rénovation se prépare dans la science, la littérature, l’art ; une sorte de renaissance point à l’horizon.
Les conférences de la rue de la Paix obtiennent un légitime succès : les hommes les plus éminents y portent successivement la parole, recueillie en silence par les auditeurs les plus attentifs qui se soient jamais vus. Le public studieux a pu entendre tour-à-tour et apprécier MM. Louis Jourdan, du Siècle, Charles Sauvestre. Labbé, de Y Opinion nationale, Deschanel, Lissagaray, etc., etc. Ce dernier, en attaquant peut-être trop violemment Alfred de Musset, s’est fait siffler par quelques étudiants légèrement froissés dans ce qu’ils ont de plus cher.
Il y a eu aussi des conférences à la salle Barthélemy, au profit des blessés polonais, qu’on
a cru devoir interdire par suite de leurs tendances trop.....comment m’expritnerai-
je? .. . .ma foi, trop démocratiques, trop libérales, comme s’il pouvait y avoir dans un pays trop de liberté et comme si la liberté n’était pas destinée à amener, dans fort peu de temps, un progrès marqué dans toutes les branches des connaissances humaines. On doit regretter la mesure qui frappe ces conférences, où rivalisèrent d’éloquence les hommes les plus connus et les mieux aimés de la jeunesse : MM. Jules Simon, Eugène Pelîelan, Saint-Marc-Girardin, Legouvé, Henri Martin, Foucher de Careil, Odilon Barrot,etc. Le banquet en l’honneur de Shakspeare, qui devait avoir lieu prochainement, vient aussi d’être interdit par l’autorité, je ne sais pour quelle raison.
Au cercle Malaquais encore, d’intéressantes conférences ont lieu sous la direction de M. Félix Hément, un de nos plus honorables et estimés professeurs.
M. Morin, qui a pris dernièrement la parole, avait choisi un sujet des plus intéressants ; il parlait sur le cardinal de Retz et St.-Vmcent-de-Paul et s’est fait vivement applaudir.
La Sorbonne aussi a ses cours et, comme ds sont gratuits et que les professeurs sont
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour cette page est de 98,05 %.
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CHRONIQUE.
Chers lecteurs, c’est moi qui suis chargé de vous entretenir désormais de tout ce qui se passera de remarquable dans notre beau Paris, ou plutôt dans notre belle France, voire même au besoin dans le monde entier.
C’est moi qui aurai l’honneur de vous apprendre tous les petits caquets du monde turbulent qui fréquente les boulevards, les cancans et les bavardages des coulisses et steepie-chase, et nous tâcherons de pénétrer ensemble dans les réduits les plus obscurs.
La chronique est une histoire, complète ou sommaire, de tout ce qui se passe. Ce lut Jean deTroyes, greffier à l’Hôtel-de-Ville de Paris, qui l’employa l’un des premiers en écrivant jour par jour l’histoire de Louis XI, de i46oà i483-
Sur ce, chers lecteurs . . . et lectrices, je prends les fonctions de chroniqueur.
Depuis quelque temps, il s’est passé beaucoup de grandes choses : les chroniqueurs n’ont pas en tout temps une aussi bonne moisson. Paris a pris un aspect tout nouveau : les esprits s’éveillent ; chacun est avide d’instruction ; partout s’ouvrent des cours, des conférences, et partout aussi les salies sont combles ; enfin une grande rénovation se prépare dans la science, la littérature, l’art ; une sorte de renaissance point à l’horizon.
Les conférences de la rue de la Paix obtiennent un légitime succès : les hommes les plus éminents y portent successivement la parole, recueillie en silence par les auditeurs les plus attentifs qui se soient jamais vus. Le public studieux a pu entendre tour-à-tour et apprécier MM. Louis Jourdan, du Siècle, Charles Sauvestre. Labbé, de Y Opinion nationale, Deschanel, Lissagaray, etc., etc. Ce dernier, en attaquant peut-être trop violemment Alfred de Musset, s’est fait siffler par quelques étudiants légèrement froissés dans ce qu’ils ont de plus cher.
Il y a eu aussi des conférences à la salle Barthélemy, au profit des blessés polonais, qu’on
a cru devoir interdire par suite de leurs tendances trop.....comment m’expritnerai-
je? .. . .ma foi, trop démocratiques, trop libérales, comme s’il pouvait y avoir dans un pays trop de liberté et comme si la liberté n’était pas destinée à amener, dans fort peu de temps, un progrès marqué dans toutes les branches des connaissances humaines. On doit regretter la mesure qui frappe ces conférences, où rivalisèrent d’éloquence les hommes les plus connus et les mieux aimés de la jeunesse : MM. Jules Simon, Eugène Pelîelan, Saint-Marc-Girardin, Legouvé, Henri Martin, Foucher de Careil, Odilon Barrot,etc. Le banquet en l’honneur de Shakspeare, qui devait avoir lieu prochainement, vient aussi d’être interdit par l’autorité, je ne sais pour quelle raison.
Au cercle Malaquais encore, d’intéressantes conférences ont lieu sous la direction de M. Félix Hément, un de nos plus honorables et estimés professeurs.
M. Morin, qui a pris dernièrement la parole, avait choisi un sujet des plus intéressants ; il parlait sur le cardinal de Retz et St.-Vmcent-de-Paul et s’est fait vivement applaudir.
La Sorbonne aussi a ses cours et, comme ds sont gratuits et que les professeurs sont
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