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16
Généralement, on ne connaît l’aérostation dans le public et dans le monde officiel, que par les ballons de fêtes, les essais de direction, ou les prétendues ascensions scientifiques, dont les résultats ont été parfois si étranges et si pauvres, que ces expériences ont plutôt déconsidéré l’art qu’elles ne l’ont fait avancer.
L’art aérostatique a rendu déjà de grands services à la sciênce, et il ouvre dans l’avenir un bien plus vaste champ à ses investigations. Il a été appliqué utilement à la guerre; il est destiné à devenir — bientôt peut-être, — le point de départ, la base assurée de transports réguliers par air. L’aéronautique, dans sa grande et pure acception, ne saurait accepter la solidarité d’expériences dangereuses, trop souvent offertes en spectacle à la curiosité, et qui n’ont, en quelque sorte, rien de commun avec l’aérostation que le nom.
Cependant, l’aérostation pratique, il est juste de le reconnaître ici, £ cela de bon qu’elle a propagé et vulgarisé l’idée des ballons. On s’est accoutumé à voir l’homme flotter dans les airs. Les aéronautes de nos jours peuvent être comparés à ces pionniers courageux, aveugles, mais hardis et persévérants, qui ont défriché les forêts américaines, déblayé et préparé le sol pour la civilisation et les voies du progrès.
L’établissement d’un institut spécial était nécessaire. Il fallait à l’art aérostatique une tribune, un organe officiel. Il fallait que cette question, ignorée, pour ainsi dire, et à cause de cela même, dédaignée par les uns, repoussée par les autres, mal appréciée par le plus grand nombre, prît enfin dans la hiérarchie des sciences reconnues, enseignées, le rang que lui assigne son importance réelle, son utilité future.
Avant de fonder la Société, j’ai longtemps cherché, regardé autour de moi : je n’ai vu personne qui voulût faire abnégation de ses idées personnelles, de ses intérêts privés en faveur d’une œuvre centrale et commune. A défaut d’un plus digne ou d’un plus capable, je me suis dévoué. J’aurais voulu faire mieux et plus : mon zèle, au moins, ne faillira ni à la question, ni à aucun de mes collègues.
DUPUiS-DELGOURT,
Secrétaire perpétuel de la Société.
IMPRIMERIE ERNEST MEYKR . 3, HEE DE L’ABBAYE, A
PARIS.
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour cette page est de 98,88 %.
La langue de reconnaissance de l'OCR est le Français.
Généralement, on ne connaît l’aérostation dans le public et dans le monde officiel, que par les ballons de fêtes, les essais de direction, ou les prétendues ascensions scientifiques, dont les résultats ont été parfois si étranges et si pauvres, que ces expériences ont plutôt déconsidéré l’art qu’elles ne l’ont fait avancer.
L’art aérostatique a rendu déjà de grands services à la sciênce, et il ouvre dans l’avenir un bien plus vaste champ à ses investigations. Il a été appliqué utilement à la guerre; il est destiné à devenir — bientôt peut-être, — le point de départ, la base assurée de transports réguliers par air. L’aéronautique, dans sa grande et pure acception, ne saurait accepter la solidarité d’expériences dangereuses, trop souvent offertes en spectacle à la curiosité, et qui n’ont, en quelque sorte, rien de commun avec l’aérostation que le nom.
Cependant, l’aérostation pratique, il est juste de le reconnaître ici, £ cela de bon qu’elle a propagé et vulgarisé l’idée des ballons. On s’est accoutumé à voir l’homme flotter dans les airs. Les aéronautes de nos jours peuvent être comparés à ces pionniers courageux, aveugles, mais hardis et persévérants, qui ont défriché les forêts américaines, déblayé et préparé le sol pour la civilisation et les voies du progrès.
L’établissement d’un institut spécial était nécessaire. Il fallait à l’art aérostatique une tribune, un organe officiel. Il fallait que cette question, ignorée, pour ainsi dire, et à cause de cela même, dédaignée par les uns, repoussée par les autres, mal appréciée par le plus grand nombre, prît enfin dans la hiérarchie des sciences reconnues, enseignées, le rang que lui assigne son importance réelle, son utilité future.
Avant de fonder la Société, j’ai longtemps cherché, regardé autour de moi : je n’ai vu personne qui voulût faire abnégation de ses idées personnelles, de ses intérêts privés en faveur d’une œuvre centrale et commune. A défaut d’un plus digne ou d’un plus capable, je me suis dévoué. J’aurais voulu faire mieux et plus : mon zèle, au moins, ne faillira ni à la question, ni à aucun de mes collègues.
DUPUiS-DELGOURT,
Secrétaire perpétuel de la Société.
IMPRIMERIE ERNEST MEYKR . 3, HEE DE L’ABBAYE, A
PARIS.
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