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  • Noverre, Maurice (1881-1943 ?) - La vérité sur l'invention de la projection animée : Émile...
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  • PAGE DE TITRE
    • TABLE DES MATIÈRES (n.n.)
    • LETTRE-PRÉFACE (p.5)
    • VIE D'EMILE REYNAUD (n.n.)
    • I. - ENFANCE ET JEUNESSE (p.11)
    • II. - LES COURS DU PUY (p.19)
      • 1873-74 (p.27)
      • 1874-75 (p.29)
      • 1875-76 (p.32)
      • 1876-77 (p.35)
    • III. - LE PRAXINOSCOPE ET SES PREMIERS DÉRIVÉS (p.37)
    • IV. - LE CRÉATEUR DE LA PROJECTION ANIMÉE (p.40)
    • V. - LE CRÉATEUR DU NOUVEL ART CINÉMATOGRAPHIQUE (p.48)
      • 1896 (p.54)
      • 1897 (p.58)
    • VI. - PROMÉTHÉE ENCHAINÉ (p.61)
    • VII. - AUX GRANDS HOMMES (p.64)
    • VIII. - LA CITÉ RECONNAISSANTE (p.67)
    • APPENDICES (p.69)
    • I. - PROGRAMMES DES COURS DU PUY (1873-1877) (p.71)
    • II. - LA 1re LEÇON DE LA SECONDE ANNÉE (13 novembre 1874) (p.73)
    • III. - DÉBUTS DE LA CONTROVERSE AUTOUR DE LA « PLAQUE LUMIÈRE » (mars 1924) (p.79)
      • Conférence de M. Pierre Noguès donnée à la Sorbonne le 13 mars 1924 (p.79)
      • Lettre de Maurice Noverre à M. Bailby (18 mars 1924) (p.81)
      • Extrait du Bulletin de l'Académie de Médecine n° 12 (séance du 18 mars 1924) (p.82)
      • Une déclaration des Frères Lumière (23 mars 1924) (p.83)
      • Une lettre ouverte de M. P. Noguès (27 mars 1924) (p.84)
    • IV. - CORRESPONDANCE AVEC LA VILLE DU PUY (p.85)
    • VI. - UN ARTICLE DE M. BRICHTA DANS LA Prager-Press (7 juin 1925) (p.91)
    • VII. - TRACTS (p.92)
      • 1° L'Histoire sans histoires (26 juin 1925) (p.92)
      • 2° Histoire sans légendes (19 décembre 1925) (p.95)
    • Le trentenaire devant le Puy (7 avril 1926)
    • Deux prospectus Reynaud
  • Dernière image
  • Première image
  • PAGE DE TITRE
    • [Emile Reynaud (1844-1918).] Le créateur de la projection animée en 1892. Œuvre du sculpteur-modeleur Belge Anna Allard, d'après une Photographie (1924) (pl.1)
    • M. Victor Collignon (pl.2)
    • M. le Docteur Durand. Maire de la Ville du Puy (pl.3)
    • Le Phonographe inscripteur à l'Institution Nationale. Enregistrement de la voix d'un sourd-muet (pl.4)
    • M. le Professeur Cuyer (pl.5)
    • [Famille Reynaud] (pl.6)
    • L'initiateur. L'Abbé Moigno (1804-1884) (pl.7)
    • Un défenseur de Reynaud à Prague, M. J. Brichta, Directeur technique de l'Institut cinématographique Coménius (pl.8)
    • L'Emule de Reynaud à Prague, Charles-Venceslas Zenger (1830-1908) (pl.9)
    • Cours public de Sciences Physiques. Le Professeur, Emile Reynaud (1873-1877). Le premier Opérateur, Baron Lucien Reynaud (1873) (pl.10)
    • Le Puy, Hôtel de Ville. Hôtel de Ville du Puy, La cheminée de la Salle du Dôme (pl.11)
    • La Salle du Dôme : Aménagement de la Salle pendant les Cours de Sciences (pl.12)
    • La projection pendant le Cours (pl.13)
    • Fac-simile du contrat Grévin (11 octobre 1892) (pl.14)
    • Le Scénariste; Emile Reynaud en 1892. Reproduction de l'affiche de Chéret (Octobre 1892). Le Compositeur, Gaston Paulin en 1892 (pl.18)
    • Reproduction de la couverture de la partition musicale (Décembre 1892) (pl.19)
    • Le Premier Programme du Théâtre Optique au Musée Grévin (28 Octobre 1892) (pl.20)
    • Programme du 15 Juillet 1897 (pl.21)
    • Le Photo-Scénographe. Champigny (Café de la Gare), Le Phono-scénographe n°2 était placé à la fenêtre de droite (1er étage) (pl.22)
    • Stéréo-Cinéma (1902). Portrait animé en couleurs et en relief stéréoscopique (pl.23)
    • Fac-simile d'une lettre d'Emile Reynaud à son fils Paul (août 1902) (pl.24)
    • Fac-simile. [Ville du Puy. Ecoles industrielles de la Ville du Puy et du Département de la Haute-Loire. Année scolaire 1873-1874. Ouverture des cours le 10 novembre (pl.26)
    • Fac-simile. [Ville du Puy. Cours public et gratuit de Sciences physiques appliqués aux Arts industriels. Ouverture le vendredi 15 novembre 1874 (pl.27)
    • Titre et planche de figures d'une leçon d'Emile Reynaud (1874) (pl.28)
    • Diplôme d'honneur décerné à M. Reynaud, Emile, Professeur des cours publics de sciences physiques et naturelles à l'Hôtel de Ville du Puy pour une très belle collection de dessins à projection ayant servi à la démonstration de ses leçons et pour un appareil destiné à l'explication du système solaire (pl.29)
    • Un dessin d'Emile Reynaud. Le Château du Villard (novembre 1866) (pl.30)
    • Le Puy. Une vue de la place du Breuil - Reynaud occupait le 3e étage du n°39. Autre vue de la place du Breuil (pl.31)
    • 1877-1902. Le Praxinoscope. Image animée en couleurs (pl.32)
    • 1879-1902. Le Praxinoscope Théâtre. Image animée en couleurs et en relief du personnage sur le décor (pl.33)
    • 1877-80 - 1902. Le Praxinoscope-projection (modèle-jouet 1882). Projection animée en couleurs et en relief du personnage sur le décor (pl.34)
    • 1888-1900. Le Théâtre Optique d'Emile Reynaud. Projection animée en couleurs et en relief du personnage sur le décor (pl.35)
  • Dernière image
L’Abbé Moigno reprit la parole d’une voix mélodieuse et persuasive, exposant le programme des leçons mensuelles à venir (Résumé des découvertes et des applications scientifiques récentes, des dernières conquêtes de la science, des derniers travaux sur les grandes questions à l’ordre du jour), puis il entretint d’une foule d’autres ' sujets, ses auditeurs charmés : Antiquité de l’Homme, générations spontanées, pluralité des Mondes, Ballons... (1).

La facilité d’élocution du savant ecclésiastique, sa simplicité d’expression, la clarté précise et brève de son langage, transportèrent d’admiration le fils de Marie-Caroline suspendu aux lèvres de l’Abbé Moigno. Ce dernier ne manqua pas de s’en apercevoir. La physionomie intelligente, attentive d’Emile Reynaud lui sembla résumer l’auditoire entier, et c’est en regardant notre retardataire qu’il termina sa conférence, invitant le public à revenir fidèlement l’entendre, le mois suivant.

Rentré à la maison, Emile fut heureux d’apprendre que Brutus avait eu plusieurs fois l’occasion de converser avec l’abbé Moigno, au Puy-en-Velay où le mathématicien avait enseigné la théologie dogmatique (de 1833 à 1836) (2).

La sympathie est le lien des âmes. Quelques mois plus tard, Emile, devenu l’ami de l’abbé Moigno, avait ses grandes et ses petites entrées dans la maisonnette de la rue d’Erfurth qu’habitait le « sous-diacre d’office » de St-Germain-des-Prés.

Et comme le jeune homme témoignait le vif désir de s’instruire en se rendant utile, l’abbé Moigno fit de lui un projectionniste. Reynaud apprit à préparer les « tableaux » (dessins en noir, en couleur, positifs photographiques et photomicroscopiques), à combiner les dispositifs nécessaires à la projection directe des phénomènes, à assurer une projection impeccable sur écran (vues ordinaires, fondantes, mouvantes, fantasmagorie, projection directe...), à manœuvrer les appareils et à se servir de tous les éclairages avec la maîtrise d’un vieux praticien.

Progressivement, le savant lui dévoilait les secrets de l’enseignement par les tableaux lumineux : le succès d’une conférence dépendait de sa préparation aussi délicate que la mise en scène d’une pièce de théâtre ou que les apprêts d’une séance de prestidigitation. Rien ne devait être laissé à l'imprévu.

Emile, promu opérateur, « répétait » les conférences avec l’abbé, projetant à l’instant précis, l’expérience décrite par l’orateur, l’éclairage de la salle faisant place, d’un moment à l’autre, à celui de l’écran et vice-versa.

Le prêtre lui « infusa » l’art incomparable d’exposition lucide, de vulgarisation scientifique saisissante qu’il tenait d’Arago.

Habitué, par la pédagogie maternelle, au commentaire sobre et intéressant des « leçons de choses », par les conseils techniques de Gaiffe, Ar-tige et Salomon, à l’explication précise et brève des faits relatifs au métier, Emile réussit vile la combinaison de la description orale avec la représentation graphique, d’une façon claire, succincte, captivante.

(1) Illustration, 23 juillet 1864, p. 51 (n° 1117).

(2) Panthéon des illustrations françaises, l’abbé Moigno.

Père J. Burnichon S.-J. La Cie de Jésus en France, Histoire d’un siècle (1814-1911) Paris, Jleauchesne 19,16, chapitre III, p. 141 et ss.

Bien que nous n’ayions pu encore trouver trace du baptême d’Emile Reynaud, nous croyons que sa conversion au catholicisme date de cette époque et qu’elle fut l’œuvre de l’abbé Moigno. Remarquable théologien, l’ancien Jésuite avait la foi du charbonnier et il a dû s’efforcer de gagner l’âme de son disciple à la vérité chrétienne, par tous les moyens en son pouvoir. (C’est par lui, pensons-nous, que le jeune photographe fit la connaissance d’A. Focillon, professeur au lycée Louis Le Grand, dont l’abbé Moigno avait été aumônier).

La mort de Brutus Reynaud, survenue le 7 décembre 1865, changea brusquement les conditions d’existence des siens. Marie-Caroline devant le désespoir de son fils, estima que le mieux pour elle et pour lui serait de quitter Paris et d’aller vivre le plus économiquement possible au Puy-en-Velay, berceau de la famille paternelle. Ainsi Emile pourrait continuer ses çtudes pendant plusieurs années et devenir un çavant encyclopédique.

Ici, derechef, nous pressentons l’influence Üe l’abbé Moigno qui a peut-être Conseillé, àûrement approuvé cette décision. Mieux que personne, il connaissait les ressources intellectuelles du Puy et l’importance de la bibliothèque du docteur Reynaud.

. Marie-Caroline et Emile furent accueillis à bras ouverts, au Puy, par la famille. Le chirurgien, oncle à la mode de Bretagne d’Emile, tint à les héberger en son château du Villard, tandis qu’on cherchait pour eux un appartement en ville.

L’excellent homme s’efforça de distraire le jeune neveu déprimé et l’obligea à se promener toute la journée pour ne rentrer qu’aux heures des repas. Emile, ne pouvant rester inactif, sortait avec sa boîte à dessin. Il couvrit de croquis plusieurs albums. Le dessin, qui représente le château du Villard, date du mois de novembre 1866.

Bientôt, madame Reynaud et son fils s’installaient au troisième étage d’une maison en pierre de taille située au n° 39 de la place du Brcuil.

Uiîe fois l’appartement en ordre, les livres et les appareils en place, Emile Reynaud, reprenant ses études, partagea son temps entre le château du Villard et la maison maternelle.

On sait que le docteur A. Reynaud, savant aux manières un peu brusques (bourru bienfaisant), chirurgien estimé, avait fait à Paris de solides études professionnelles.

Sa magnifique « bibliothèque. » témoignait de l’étendue et de la variété de ses lectures.

Emile étudiera la littérature française, apprendra le grec et le latin, repassera méthodiquement physique, chimie, mécanique et sciences naturelles, de 1866 à la guerre de 1870, au château du Villard.

Autodidacte comme Jean-Jacques Rousseau, Emile Reynaud possédait sur le Genevois l’éclatante supériorité d’avoir une méthode. Il avait moins appris la lettre des sciences que pénétré leur esprit. Ses études avaient commencé par l’observation directe des faits et par l’expérimentation au lieu de S’être bornées aux notions puisées dans les livres. C’est après avoir connu la pratique qu’il allait aborder la théorie. Marie-Caroline et l’abbé Moigno lui avaient enseigné l’art de s’instruire. La tâche du docteur Reynaud s’en trouvait réduite au choix des livres à « suivre » et à la direction des études. Bien que simplifiée, cette tâche n’avait rien d’une sinécure,

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