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- TABLE DES MATIÈRES
- TABLE DES ILLUSTRATIONS
- RECHERCHE DANS LE DOCUMENT
- TEXTE OCÉRISÉ
- Première image
- PAGE DE TITRE
- A M. le docteur Quesneville, directeur de la Revue scientifique et industrielle (p.1x67)
- Métiers à tisser (p.1x99)
- Outillage (p.1x117)
- Machines à vapeur (p.1x168)
- Moteurs et machines hydrauliques (p.1x217)
- Horlogerie (p.1x241)
- Instruments de précision (p.1x333)
- Instruments de musique (p.1x367)
- Table des matières contenues dans le XVIIe volume de la Revue scientifique et industrielle (p.1x435)
- Arquebuserie (p.2x5)
- Appareils de chauffage (p.2x26)
- Appareils d'éclairage (p.2x39)
- Balances et appareils de pesage (p.2x63)
- Serrures (p.2x68)
- Organes mécaniques divers (p.2x94)
- Arts de la forme (p.2x102)
- Lithographie (p.2x169)
- Fabrication de l'or en feuilles (p.2x207)
- Verres, cristaux, vitraux (p.2x215)
- Orfèvrerie (p.2x235)
- Plaqué (p.2x236)
- Puits artésiens (p.2x245)
- Instruments de chirurgie (p.2x283)
- Eau de Seltz (p.2x286)
- Glacière des familles (p.2x294)
- Capsules pour bouteilles (p.2x296)
- Sommiers élastiques (p.2x298)
- Distillation de l'eau de mer (p.2x299)
- Tuyaux en fer étirés à froid (p.2x300)
- Nouvelle machine à vapeur rotative (p.2x301)
- Marteau à vapeur (p.2x303)
- Dernière image
368 ÉTUDES TECHNIQUES
la demander comme un droit imprescriptible ; et, si le facteur, qui a vendu le piano à sa juste valeur, ne sait pas faire un sacrifice, l’instrument, constamment déprécie devant l’élève , devant sa famille, quelquefois détraqué par la malveillance du professeur, est bientôt considéré comme mauvais, et ne tarde pas à être échangé contre l’excellent piano de l’habile facteur qui a le bon esprit d’accepter l’autocratie du professorat.
Qu’on ne m’accuse pas ici d'avoir voulu charger les traits du déplorable tableau que je viens de tracer, d’avoir peint quelques honteuses exceptions, pour en conclure l’immoralité générale. Malheureusement, je ne fais ici que de la médisance, et ces habitudes sont tellement passées dans les mœurs musicales, elles tiennent si essentiellement à la profession d’artiste que ces quelques lignes arrachées à mon indignation, ne soulèveront, j’en suis certain d’avance, aucune controverse, quantà l’exactitude des faits, et que le monde artistique ne s’étonnera que de mon audace à lui dénier un droit qui lui paraît imprescriptiblement acquis.
La conséquence forcée d’un pareil état de choses est que la majorité des facteurs, voyant l’impossibilité de réussir par les moyens honorables, par la bonne qualité des produits, subissent le patron-nage des artistes ; et, certains de tout vendre à l’aide de cette protection intéressée, se contentent de soigner les conditions apparentes de l’instrument, dédaignent d’y apporter des perfectionnements réels , et ajoutent, par de menteuses réclames, aux éléments d’une réputation usurpée.
Ce désolant tableau est plus particulièrement celui de la fabrication des pianos par laquelle je vais commencer ma revue des instruments de musique. Mais , avant de l’entreprendre, je ne crois pas sans intérêt pour vos lecteurs de la faire précéder d’un précis succinct de l’histoire de cet instrument, dont j’emprunte les principaux traits à l’obligeante érudition de M. Anders , qui, comme on le sait, a fait de nombreuses recherches sur l’histoire des instruments de musique.
Dans le moyen-âge, on employait, à régler l’intonation du chant, un instrument appelé monocorde , parce qu’il était en effet composé d’une corde unique , tendue entre deux supports, et sous laquelle on faisait glisser un ou plusieurs chevalets qui, divisant la corde en parties aliquotes, déterminaient le son que chaque partie de cette corde donnait, en la pinçant avec le doigt. Plus tard, à ces chevalets incommodes à déplacer avec da main, on substitua des leviers ou touches, dont l’extrémité était armée d’une lame qui, soulevée par le levier, opérait non seulement la division de la corde,
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la demander comme un droit imprescriptible ; et, si le facteur, qui a vendu le piano à sa juste valeur, ne sait pas faire un sacrifice, l’instrument, constamment déprécie devant l’élève , devant sa famille, quelquefois détraqué par la malveillance du professeur, est bientôt considéré comme mauvais, et ne tarde pas à être échangé contre l’excellent piano de l’habile facteur qui a le bon esprit d’accepter l’autocratie du professorat.
Qu’on ne m’accuse pas ici d'avoir voulu charger les traits du déplorable tableau que je viens de tracer, d’avoir peint quelques honteuses exceptions, pour en conclure l’immoralité générale. Malheureusement, je ne fais ici que de la médisance, et ces habitudes sont tellement passées dans les mœurs musicales, elles tiennent si essentiellement à la profession d’artiste que ces quelques lignes arrachées à mon indignation, ne soulèveront, j’en suis certain d’avance, aucune controverse, quantà l’exactitude des faits, et que le monde artistique ne s’étonnera que de mon audace à lui dénier un droit qui lui paraît imprescriptiblement acquis.
La conséquence forcée d’un pareil état de choses est que la majorité des facteurs, voyant l’impossibilité de réussir par les moyens honorables, par la bonne qualité des produits, subissent le patron-nage des artistes ; et, certains de tout vendre à l’aide de cette protection intéressée, se contentent de soigner les conditions apparentes de l’instrument, dédaignent d’y apporter des perfectionnements réels , et ajoutent, par de menteuses réclames, aux éléments d’une réputation usurpée.
Ce désolant tableau est plus particulièrement celui de la fabrication des pianos par laquelle je vais commencer ma revue des instruments de musique. Mais , avant de l’entreprendre, je ne crois pas sans intérêt pour vos lecteurs de la faire précéder d’un précis succinct de l’histoire de cet instrument, dont j’emprunte les principaux traits à l’obligeante érudition de M. Anders , qui, comme on le sait, a fait de nombreuses recherches sur l’histoire des instruments de musique.
Dans le moyen-âge, on employait, à régler l’intonation du chant, un instrument appelé monocorde , parce qu’il était en effet composé d’une corde unique , tendue entre deux supports, et sous laquelle on faisait glisser un ou plusieurs chevalets qui, divisant la corde en parties aliquotes, déterminaient le son que chaque partie de cette corde donnait, en la pinçant avec le doigt. Plus tard, à ces chevalets incommodes à déplacer avec da main, on substitua des leviers ou touches, dont l’extrémité était armée d’une lame qui, soulevée par le levier, opérait non seulement la division de la corde,
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