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- TABLE DES MATIÈRES
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- PAGE DE TITRE
- PROCES VERBAUX SOMMAIRES REDIGES SOUS LA DIRECTION DE M. MAGITOT, Secrétaire général, par MM. A. BERTILLON, BOURNET, COUTAGNE, secrétaires du Congrès (p.1)
- COMITE D'ORGANISATION (p.3)
- RESUME DES PROCES VERBAUX DES SEANCES (p.3)
- Première séance. – Séance solennelle d'ouverture du Congrès (10 août 1889) (p.5)
- Deuxième séance. – 12 août (p.9)
- Troisième séance. – 12 août (p.11)
- Quatrième séance. – 13 août (p.13)
- Cinquième séance. – 13 août (p.15)
- Sixième séance. – 14 août (p.18)
- Septième séance. – 14 août (p.21)
- Huitième séance. – 16 août (p.24)
- Neuvième séance. – 16 août (p.26)
- Dixième séance. – 17 août (p.31)
- Onzième séance. – 17 août (p.35)
- Douzième séance. – séance de clôture (p.35)
- Dernière image
—«.( 10 )<*—
que le milieu modifie l’organisme et crée ainsi certaines anomalies, ces anomalies anatomiques signalées par l’école italienne. Pour agir sur les criminels il faut d’abord agir sur le milieu. Ce n’est pas l’atavisme, mais le milieu social qui fait le criminel. Améliorez d’abord le sort des humbles et des petits et vous diminuerez Y armée du crime. Les sociétés n’ont que les criminels qu’ elles méritent.
M. Garofalo répond à M. Lacassagne : non les criminels ne sont pas surtout recrutés parmi les pauvres. Les classes moyennes fournissent autant de criminels que les classes inférieures; les classes supérieures en fournissent même davantage pour certains genres de crimes. M. Lacassagne, comme M. d’Haussonville, trouve une criminalité rare dans les professions libérales, mais il n’y a pas k p. 100 de gens exerçant des professions libérales.
M. Moleschott remercie MM. Tarde et Benedickt d’avoir parlé de mouvement moléculaire, car dans la question tout est là. La recherche si précieuse des faits anatomiques tels que les étudie Lombroso ne doit pas nous faire oublier les états passagers qui se présentent chez tout individu dans les diverses conditions de la vie, car du premier faux pas au plus atroce délit il y a une échelle infinie. Un degré plus ou moins élevé d’irritabilité peut conduire à l’offense, au duel, au crime, puisque, selon le mot de Jésus-Christ, nous sommes tous pêcheurs. Que doit donc faire le praticien lorsque la justice lui demande d’établir le degré de responsabilité d’un criminel?
Pour résoudre le problème, répond M. Brouardel, il faut appliquer la méthode clinique. Nous ne disons pas qu’un malade a la fièvre typhoïde parce qu’il a mal à la tête, ou de la diarrhée, ou de la toux, ou de la fièvre. Nous disons qu’il a la fièvre typhoïde en constatant le mode de groupement de ses symptômes et leur époque d’apparition.
Aux stigmates anatomiques doivent s’ajouter des caractères psychologiques correspondants. Le délire de combativité dû à l’empoisonnement par la belladone n’a pas de localisation cérébrale ; il n’est dû qu’à une modification apportée par la présence du toxique dans le sang, dans la nutrition de la masse cérébrale tout entière.
M. E. Ferri voit dans le crime un phénomène très complexe; il est une sorte de polyèdre dont chacun de nous aperçoit un côté spécial. Les différents points de vue soutenus aujourd’hui sont à la fois vrais et incomplets. M. Lombroso a mis en lumière le côté biologique du crime; MM. Drill, Dekterew, Manouvrier ont montré le côté social; M. Pugliese le côté juridique; M. Tarde, ce critique bienfaisant de l’anthropologie criminelle, n’a pas omis le côté physiologique. Comme l’ont soutenu MM. Moleschott et Brouardel, le crime est donc à la fois un phénomène biologique et social. Le criminel est un microbe qui ne pullule que dans un certain milieu, a dit M. Lacassagne au premier Congrès de Rome. Sans doute c’est le milieu qui fait le criminel; mais, comme le bouillon qui n’a pas de microbe, il est impuissant à faire germer le crime. De sorte que microbe et bouillon, côté biologique et côté social, sont les deux aspects fondamentaux de la criminalité.
La séance est levée à 11 heures et demie.
U un des secrétaires,
A. BOURNET.
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que le milieu modifie l’organisme et crée ainsi certaines anomalies, ces anomalies anatomiques signalées par l’école italienne. Pour agir sur les criminels il faut d’abord agir sur le milieu. Ce n’est pas l’atavisme, mais le milieu social qui fait le criminel. Améliorez d’abord le sort des humbles et des petits et vous diminuerez Y armée du crime. Les sociétés n’ont que les criminels qu’ elles méritent.
M. Garofalo répond à M. Lacassagne : non les criminels ne sont pas surtout recrutés parmi les pauvres. Les classes moyennes fournissent autant de criminels que les classes inférieures; les classes supérieures en fournissent même davantage pour certains genres de crimes. M. Lacassagne, comme M. d’Haussonville, trouve une criminalité rare dans les professions libérales, mais il n’y a pas k p. 100 de gens exerçant des professions libérales.
M. Moleschott remercie MM. Tarde et Benedickt d’avoir parlé de mouvement moléculaire, car dans la question tout est là. La recherche si précieuse des faits anatomiques tels que les étudie Lombroso ne doit pas nous faire oublier les états passagers qui se présentent chez tout individu dans les diverses conditions de la vie, car du premier faux pas au plus atroce délit il y a une échelle infinie. Un degré plus ou moins élevé d’irritabilité peut conduire à l’offense, au duel, au crime, puisque, selon le mot de Jésus-Christ, nous sommes tous pêcheurs. Que doit donc faire le praticien lorsque la justice lui demande d’établir le degré de responsabilité d’un criminel?
Pour résoudre le problème, répond M. Brouardel, il faut appliquer la méthode clinique. Nous ne disons pas qu’un malade a la fièvre typhoïde parce qu’il a mal à la tête, ou de la diarrhée, ou de la toux, ou de la fièvre. Nous disons qu’il a la fièvre typhoïde en constatant le mode de groupement de ses symptômes et leur époque d’apparition.
Aux stigmates anatomiques doivent s’ajouter des caractères psychologiques correspondants. Le délire de combativité dû à l’empoisonnement par la belladone n’a pas de localisation cérébrale ; il n’est dû qu’à une modification apportée par la présence du toxique dans le sang, dans la nutrition de la masse cérébrale tout entière.
M. E. Ferri voit dans le crime un phénomène très complexe; il est une sorte de polyèdre dont chacun de nous aperçoit un côté spécial. Les différents points de vue soutenus aujourd’hui sont à la fois vrais et incomplets. M. Lombroso a mis en lumière le côté biologique du crime; MM. Drill, Dekterew, Manouvrier ont montré le côté social; M. Pugliese le côté juridique; M. Tarde, ce critique bienfaisant de l’anthropologie criminelle, n’a pas omis le côté physiologique. Comme l’ont soutenu MM. Moleschott et Brouardel, le crime est donc à la fois un phénomène biologique et social. Le criminel est un microbe qui ne pullule que dans un certain milieu, a dit M. Lacassagne au premier Congrès de Rome. Sans doute c’est le milieu qui fait le criminel; mais, comme le bouillon qui n’a pas de microbe, il est impuissant à faire germer le crime. De sorte que microbe et bouillon, côté biologique et côté social, sont les deux aspects fondamentaux de la criminalité.
La séance est levée à 11 heures et demie.
U un des secrétaires,
A. BOURNET.
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