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- TABLE DES MATIÈRES
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- TEXTE OCÉRISÉ
- Première image
- [CATALOGUE D'EXPOSITION] (p.1)
- Portraits de Cour. Le Recueil des Arts et Métiers : dessins français de la Renaissance dans le style des Clouet. Exposition conçue et réalisée par la Bibliothèque du CNAM et tenue du 20 février au 30 avril 1992. Catalogue rédigé par Sylvie Béguin, Florence Carneiro, Dominique Diguet, Patrick Le Boeuf et Marie-Christine Radix avec la collaboration de Jean-Louis Germain. Crédits photographiques : Béatrice Hatala ; conception graphique : Belle vue (p.3)
- LE PORTRAIT AU CRAYON : ART DE COUR AU XVIe SIÈCLE [par Sylvie Béguin] (p.4)
- LE RECUEIL DES ARTS ET MÉTIERS [par Patrick Le Bœuf avec la collaboration de Florence Carneiro et de Jean-Louis Germain] (p.6)
- LISTE DES ŒUVRES EXPOSÉES (p.11)
- LA FAMILLE ROYALE (p.11)
- DAMES DE LA COUR (p.12)
- GRANDS SERVITEURS DE L'ÉTAT (p.12)
- UNE FAMILLE : LES GUISE (p.13)
- PRINCES DE L'ÉGLISE (p.13)
- DIFFÉRENTES ÉCRITURES, DIFFÉRENTES PROVENANCES ? (p.14)
- LA FACTURE DES DESSINS : TRAITS COMMUNS ET OPPOSITIONS (p.15)
- HAPAX (p.16)
- ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE (p.17)
- Dernière image
tuyauté ou non, voile le décolleté en arceau d’une “basquine” (corsage sans manches, rigide, ancêtre du corset) systématiquement décorée de rangs de perles s’ordonnant autour d’un bijou central. Peu de fraises pour un costume stéréotypé, renvoyant plutôt à la première moitié du siècle.
Ul.
; décoration, qui le plus souvent est soit
rognée soit simplement évoquée par une tache de couleur (Geoffroy de Pompadour, n° 43) ; mais parfois on peut deviner le bras levé, armé d’une épée, de l’archange saint Michel (Alphonse d'Este, n° 44 ; Claude de Lorraine, n° 20 ; le baron de Ruffec, n° 29) ou les ailes d’une colombe (le baron des Rieux, 111,40(41), qui n’est pas exposé ici), selon que le modèle avait été décoré de l’ordre de Saint-Michel ou du Saint-Esprit. La croix de Malte est visible sur la poitrine de Jean de Monluc (n° 37) mais non, curieusement, sur celle de François de Lorraine (n° 23), alors que tous deux étaient chevaliers de l’Ordre de Malte.
Toutes ces considérations techniques et historiques ne devraient cependant pas étouffer le message essentiel de ces documents qui ont traversé les siècles pour nous parvenir : leur valeur esthétique
et émotionnelle, même si les spécialistes ont jugé le présent recueil trop « médiocre ». Jugement sans
doute fondé si l’on considère les portraits des personnages de la première moitié du siècle et les dessins qui ont été le plus fréquemment copiés et qui, très vraisemblablement, sont séparés de leurs originaux par de multiples intermédiaires qui ont fait peu à peu disparaître la vie de ces visages, de même que la
lumière trop souvent répercutée sur des miroirs finit par se perdre ; mais jugement certainement trop dur, si l’on prend la peine de regarder l'expression des modèles qui ont vécu à la fin du siècle, et qui
vivaient sans doute encore lorsque ces copies de leurs portraits ont été exécutées ; jugement enfin qui devient caduc, lorsque l’on contemple le visage de ceux de ces hommes et femmes de cour dont le “Recueil des Arts et Métiers” contient la seule représentation existante.
Ainsi, on ne saurait demeurer insensible, par exemple, à la richesse expressive du regard de
(n° 45), à la finesse avec laquelle son rictus et le contour de ses joues sont rendus -
l’artiste anonyme a réussi là un très beau portrait de femme, peut-être un des plus beaux dessins du recueil - non plus qu’à l’étrangeté qui imprègne le portrait, peut-être plus faible d’un point de vue artistique, mais tout aussi frappant humainement, du prince de Carency (n° 50), si étonnamment “moderne”, dans la mesure où cet adjectif a un sens. Avec son allure “fin-de-siècle”, son apparente volonté de provoquer et de se montrer “décadent” (mais il nous faut nous garder d’une interprétation trop actuelle des modes de l’époque), il semble tout droit sorti d’une tragédie de Marlowe - n’est-ce pas ainsi que l’on s’imaginerait le Gaveston d'Édouard II ? -, d’un sonnet de Shakespeare ou de Richaid Bam-field ou encore, pour revenir en France, des invectives scandalisées d’Agrippa d’Aubigné contre les jeunes gens de la cour d’Henri III qui cultivaient l'équivoque vestimentaire, ayant « le teint de blanc d’Espagne et de rouge fardé » sous une « languissante et pesante paupière ». Avec son regard ambigu, à la fois mélancolique et terriblement dédaigneux, qui nous fixe par-delà les siècles, il nous invite à méditer sur l’esprit d’un temps révolu où l’on pouvait se faire tuer en duel, tout jeune encore, « quelque part entre Montrouge et Vaugirard », nous disent les sources, pour avoir convoité l’héritage d’une petite fille trop richement dotée.
Patrick LE BŒUF avec la collaboration de Florence CARNEIRO et de Jean-Louis GERMAIN
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour cette page est de 98,89 %.
La langue de reconnaissance de l'OCR est le Français.
Ul.
; décoration, qui le plus souvent est soit
rognée soit simplement évoquée par une tache de couleur (Geoffroy de Pompadour, n° 43) ; mais parfois on peut deviner le bras levé, armé d’une épée, de l’archange saint Michel (Alphonse d'Este, n° 44 ; Claude de Lorraine, n° 20 ; le baron de Ruffec, n° 29) ou les ailes d’une colombe (le baron des Rieux, 111,40(41), qui n’est pas exposé ici), selon que le modèle avait été décoré de l’ordre de Saint-Michel ou du Saint-Esprit. La croix de Malte est visible sur la poitrine de Jean de Monluc (n° 37) mais non, curieusement, sur celle de François de Lorraine (n° 23), alors que tous deux étaient chevaliers de l’Ordre de Malte.
Toutes ces considérations techniques et historiques ne devraient cependant pas étouffer le message essentiel de ces documents qui ont traversé les siècles pour nous parvenir : leur valeur esthétique
et émotionnelle, même si les spécialistes ont jugé le présent recueil trop « médiocre ». Jugement sans
doute fondé si l’on considère les portraits des personnages de la première moitié du siècle et les dessins qui ont été le plus fréquemment copiés et qui, très vraisemblablement, sont séparés de leurs originaux par de multiples intermédiaires qui ont fait peu à peu disparaître la vie de ces visages, de même que la
lumière trop souvent répercutée sur des miroirs finit par se perdre ; mais jugement certainement trop dur, si l’on prend la peine de regarder l'expression des modèles qui ont vécu à la fin du siècle, et qui
vivaient sans doute encore lorsque ces copies de leurs portraits ont été exécutées ; jugement enfin qui devient caduc, lorsque l’on contemple le visage de ceux de ces hommes et femmes de cour dont le “Recueil des Arts et Métiers” contient la seule représentation existante.
Ainsi, on ne saurait demeurer insensible, par exemple, à la richesse expressive du regard de
(n° 45), à la finesse avec laquelle son rictus et le contour de ses joues sont rendus -
l’artiste anonyme a réussi là un très beau portrait de femme, peut-être un des plus beaux dessins du recueil - non plus qu’à l’étrangeté qui imprègne le portrait, peut-être plus faible d’un point de vue artistique, mais tout aussi frappant humainement, du prince de Carency (n° 50), si étonnamment “moderne”, dans la mesure où cet adjectif a un sens. Avec son allure “fin-de-siècle”, son apparente volonté de provoquer et de se montrer “décadent” (mais il nous faut nous garder d’une interprétation trop actuelle des modes de l’époque), il semble tout droit sorti d’une tragédie de Marlowe - n’est-ce pas ainsi que l’on s’imaginerait le Gaveston d'Édouard II ? -, d’un sonnet de Shakespeare ou de Richaid Bam-field ou encore, pour revenir en France, des invectives scandalisées d’Agrippa d’Aubigné contre les jeunes gens de la cour d’Henri III qui cultivaient l'équivoque vestimentaire, ayant « le teint de blanc d’Espagne et de rouge fardé » sous une « languissante et pesante paupière ». Avec son regard ambigu, à la fois mélancolique et terriblement dédaigneux, qui nous fixe par-delà les siècles, il nous invite à méditer sur l’esprit d’un temps révolu où l’on pouvait se faire tuer en duel, tout jeune encore, « quelque part entre Montrouge et Vaugirard », nous disent les sources, pour avoir convoité l’héritage d’une petite fille trop richement dotée.
Patrick LE BŒUF avec la collaboration de Florence CARNEIRO et de Jean-Louis GERMAIN
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