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  • Bernard, Samuel (1776-1853) - Notice sur les poids arabes anciens et modernes
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    • POIDS ANCIENS (p.1)
    • DIVISIONS DES ANCIENS POIDS DES ARABES (p.7)
    • POIDS ACTUELS DU COMMERCE (p.8)
    • DIVISION DES POIDS DU COMMERCE (p.11)
    • POIDS USITÉS A LA MONNOIE (p.12)
    • COMPARAISON DES POIDS DE LA MONNOIE AVEC DE FRANCE (p.14)
    • TABLE de conversion des Poids d'Égypte en Poids de marc et en Poids décimal de France (p.16)
    • REMARQUES (p.17)
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NOTICE SUR LES POIDS ARABES

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Le moindre déficit dans le poids est quelquefois puni aussi sévèrement que la fraude la plus manifeste. C’est dans cette crainte que la plupart des vendeurs préfèrent avoir des poids plus forts, ou trêbuchans, selon le sens de l’expression dont ils se servent.

Les balances en Egypte sont, en général, semblables aux nôtres, et la plupart se tiroient autrefois d’Europe.

Les petites balances, qui se fabriquent dans le pays, ont assez souvent le défaut d’être sourdes, c’est-à-dire que le levier est courbé, et le point d’appui, ou centre de gravité, au-dessus des points d’attache des bassins; ce qui rend la balance peu sensible, ou difficile à faire trébucher.

On fait dans le commerce, sur-tout pour les poids un peu forts, un grand usage de la balance que nous connoissons sous le nom de romaine, et qui est divisée suivant le système de poids adopté en Egypte dans le commerce.

POIDS USITÉS A LA MONNOIE.

Les poids de la monnoie, qui se faisoient en cuivre jaune, avoient, en général, la forme de polyèdres à faces octogonales. Cette forme s’obtient en tronquant les angles du cube; elle a sur la forme cubique l’avantage de présenter des angles solides moins aigus, qui s’altèrent moins promptement, et dont le choc a moins d’inconvéniens, soit pour dégrader les balances, soit pour blesser les mains ou les pieds des ouvriers.

Les forts poids sont ordinairement garnis, à la partie supérieure, d’une anse ou main, qui peut se relever ou s’abattre. Le nombre des drachmes qu’ils représentent est gravé, au poinçon, sur une des faces du poids.

Il paroîtra sans doute digne de remarque, que, dans un pays où les connois-sances sont bien moins avancées qu’en Europe, on ait eu cependant, depuis si

tous les lieux où se trouvent des marchands ou des dé-taillans, il se fait représenter les poids et les balances d’un ou plusieurs vendeurs pris au hasard ou choisis a son gré.

Quelquefois il interroge les domestiques qui viennent d’acheter quelques denrées, et s’informe du prix qu’ils les ont payées, du poids pour lequel on les leur a livrées, et de quel marchand ils les tiennent. Jl fait peser devant lui ces denrées, et, s’il y a fraude dans le poids, ou surtaxe de prix, il fait venir le marchand et le fait punir sur place.

Cette punition consiste ordinairement en des coups de qourbâg sur la plante des pieds.

Les domestiques ou esclaves de l’agha saisissent le délinquant, l’étendent la face contre terre, lui prennent les jambes dans une espèce de joug en bois, et plusieurs bourreaux armés de qourbâg lui appliquent jusqu’à deux ou trois cents coups sur la plante des pieds. L’aghâ compte les coups par les grains de son chapelet. Le patient demande grâce, en implorant l’aghâ, le Prophète, ou Dieu, dont il répète les cent noms ou perfections,

Le malheureux marchand estropié, ou les pieds déchirés, ne pourroit regagner sa maison, si quelqu’un de ses amis ou des spectateurs ne l’y portoit, en le soutenant sous les bras.

Quelquefois, lorsque les détaillans ont été pris souvent en fraude, ou lorsqu’ils se sont entendus pour faire renchérir les denrées, de manière à faire crier ou ameuter le peuple, l’aghâ, pour donner un exemple plus terrible, fait trancher la tête à quelqu’un d’entre eux.

On peut dire, en général, que c’est une marque d’immoralité et de dépravation, de la part du peuple, que de témoigner de l’intérêt au coupable et de paroître affligé lorsqu’il est puni; mais la peine est si terrible et souvent appliquée avec tant d’injustice, qu’on est moins étonné de voir la populace témoigner sa pitié au délinquant, le flatter et le consoler. II n’est que trop ordinaire que les aghâ abusent de leur pouvoir arbitraire, pour se faire donner de l’argent ou des présens par les marchands; ils ne punissent souvent celui qui a des balances et des poids exacts, que parce qu’il n’a pas eu la politique de leur faire remettre son tribut.




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