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- TABLE DES MATIÈRES
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- LISTE DES VOLUMES
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- PAGE DE TITRE
- [N° 27. 4 juillet 1885] (p.3)
- Sur la mesure des faibles résistances ; P.-H. Ledeboer (p.3)
- L'électricité en Amérique ; L'éclairage électrique ; Aug. Guerout (p.8)
- Sur la durée des lampes à incandescence ; G. Szarvady (p.10)
- Armature nouvelle à molécules orientées ; A. Gravier (p.17)
- Indicateur de niveau à distance, n'employant qu'un seul fil ; G. Mareschal (p.21)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur un dispositif qui permet d'obtenir sans calcul le potentiel magnétique dû à un système de bobines, par M. G. Lippmann (p.24)
- Influence des orages sur les lignes télégraphiques ordinaires, par M. Blavier (p.24)
- Un nouvel électro-dynamomètre, par J. W. Giltay (p.24)
- La conductibilité électrique et le coefficient de température du mercure solide, par C. L. Weber (p.29)
- Correspondances de l'étranger : Allemagne; H. Michaëlis (p.32)
- Angleterre ; J. Munro (p.34)
- Chronique : Les lampes à incandescence devant le tribunal, aux États-Unis ; O. Kern (p.35)
- Bibliographie (p.41)
- Faits divers (p.44)
- [N° 28. 11 juillet 1885] (p.49)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemius de fer ; M. Cossmann (p.49)
- Les Machines à vapeur rapides ; G. Richard (p.55)
- Sur la durée des lampes à incandescence ; G. Szarvady (p.60)
- L'Électricité en Amérique : L'Éclairage électrique (suite) ; Aug. Guerout (p.63)
- Hydrométrographe automatique à distance ; J. Ravaglia (p.67)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur les travaux de M. Palmieri, relatifs à l'électricité atmosphérique, par M. Faye (p.69)
- Sur la variation séculaire de la déclinaison magnétique à Rio de Janeiro ; par M. Cruls (p.72)
- Sur les progrès dans la théorie des machines dynamo-électriques, par le Dr O. Froelich (p.73)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Angleterre ; J. Munro (p.85)
- Chronique : Le nouveau Transmetteur téléphonique de M. Freeman (p.87)
- A propos de l'éclairage électrique en Suède (p.89)
- Gouvernail électrique de M. C. H. Washburn (p.90)
- A propos des appels dans les réseaux téléphoniques (p.90)
- L'Electrolyse appliquée à la fabrication de l'aluminium (p.91)
- Bibliographie (p.91)
- Correspondance (p.92)
- Faits divers (p.92)
- [N° 29. 18 juillet 1885] (p.97)
- La tour métallique de M. Eiffel ; P. Clemenceau (p.97)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemins de fer (2e article) ; M. Cossmann (p.102)
- L'Électricité en Amérique. L'éclairage électrique ; B. Abdank-Abakanowicz (p.111)
- Les piles électriques ; P. H. Ledeboer (p.115)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Réponse à la note de M. Mascart sur les grands mouvements de l'atmosphère ; par M. Faye (p.119)
- Spectre de l'ammoniaque par renversement du courant induit ; par M. Lecoq de Boisbaudran (p.121)
- Sur les progrès dans la théorie des machines dynamos ; par le Dr O. Froelich (p.123)
- Correspondances de l'étranger : Allemagne ; Dr H. Michaëlis (p.129)
- Angleterre ; J. Munro (p.131)
- Chronique : Essais sur le magnétisme permanent des aciers ; par F. Osmond (p.132)
- Bibliographie (p.139)
- Correspondance (p.140)
- Faits divers (p.140)
- [N° 30. 25 juillet 1885] (p.145)
- Résultats de quelques expériences sur le transformateur Zipernowski, Déri, Bláthy ; G. Ferraris (p.145)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemins de fer (3e article) ; M. Cossmann (p.148)
- Courbes caractéristiques des lampes à incandescence ; G. Szarvady (p.155)
- Les machines à vapeur rapides (2e article) ; G. Richard (p.162)
- L'Électricité en Amérique : L'Éclairage électrique ; B. Abdank Abakanowicz (p.168)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Réponse à la note de M. Mascart du 29 juin et bases de la nouvelle météorologie dynamique, par M. Faye (p.174)
- Sur la résistance électrique du cuivre à la température de 200º au-dessous de zéro, par M. S. Wroblewski (p.178)
- Sur les progrès dans la théorie des machines dynamo-électriques, par le Dr O. Froelich (p.178)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Angleterre ; J. Munro (p.183)
- Chronique : A propos de la répartition de la lumière dans une installation d'éclairage ; P. Clemenceau (p.184)
- Correspondance : Lettres de MM. G. Foussat et G. Szarvady (p.188)
- Faits divers (p.189)
- [N° 31. 1er août 1885] (p.193)
- Mesures électriques sur les câbles sous-marins ; A. Rouilliard (p.193)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemins de fer (4e article) ; M. Cossmann (p.197)
- L'électricité en Amérique. L'éclairage électrique ; B. Abdank-Abakanowitcz (p.204)
- Les piles électriques (2e article) ; P. H. Ledeboer (p.209)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovich (p.216)
- Étude spectrale des corps rendus phosphorescents par l'action de la lumière ou par les décharges électriques, par Edm. Becquerel (p.216)
- Sur les régimes de charge et de décharge des accumulateurs, par MM. Crova et Garbe (p.219)
- Sur la résistance électrique de l'alcool, par G. Foussereau (p.220)
- Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines aqueuses très étendues, par G. Vicentini (p.221)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Allemagne ; H. Michaëlis (p.226)
- Angleterre ; J. Munro (p.227)
- Autriche ; J. Kareis (p.228)
- Chronique : Note sur les observations des coups de foudre en Belgique ; par E. Evrard (p.230)
- Bibliographie (p.236)
- Correspondance : Lettre de M. Grenet (p.237)
- Faits divers (p.237)
- [N° 32. 8 août 1885] (p.241)
- Sur les dimensions des molécules et leurs distances relatives. Réponse à une lettre de M. J. Bourdin ; R. Clausius (p.241)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemins de fer (5e article) ; M. Cossmann (p.244)
- Étude sur les galvanomètres ; A. Minet (p.254)
- L'Électricité en Amérique : L'Éclairage électrique ; Aug. Guerout (p.257)
- Détails de construction des lampes à incandescence ; G. Richard (p.264)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch (p.266)
- Suite de la discussion sur les grands mouvements gyratoires de l'atmosphère, par M. H. Faye (p.266)
- Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines aqueuses très étendues, par G. Vicentini (p.271)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Angleterre ; J. Munro (p.274)
- Chronique : Du développement de la télégraphie en Allemagne par l'usage du téléphone (p.276)
- L'électricité esclave de l'homme (p.282)
- Correspondance : Lettres de MM. J. Wybauw, P. Clemenceau, C. L. R. E. Menges, Berthoud et Borel (p.284)
- Faits divers (p.285)
- [N° 33. 15 août 1885] (p.289)
- Nouvelles analogies entre les phénomènes électriques et les effects hydrodynamiques ; C. Decharme (p.289)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemins de fer (6me article) ; M. Cossmann (p.295)
- Les dynamos Jones et Sterling ; G. Richard (p.303)
- L'Électricité en Amérique : L'Éclairage électrique ; B. Abdank-Abakanowicz (p.306)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Recherches sur les effects de l'excitation faradique directe des glandes ; par M. Vulpian (p.310)
- Sur l'emploi des courants alternatifs pour la mesure des résistances liquides ; par MM. Bouty et Foussereau (p.312)
- Sur la conductibilité électrique du mercure et des métaux purs aux basses températures, par MM. Cailletet et Bouty (p.313)
- De l'influence du magnétisme sur les caractères des raies spectrales, par Ch. Fiévez (p.317)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Angleterre ; J. Munro (p.318)
- Chronique : L'induction téléphonique, par M. Ch. Elsasser (p.321)
- A propos de la grue électrique de M. Farcot (p.325)
- Les moyens mécaniques de dépolarisation des piles ; P. Clemenceau (p.326)
- Les suites du procès Edison-Swan en Allemagne (p.328)
- Bibliographie (p.329)
- Les applications de l'électricité aux chemins de fer (p.330)
- Faits divers (p.333)
- [N° 34. 22 août 1885] (p.337)
- Organisation de la télégraphie militaire dans les armées européennes ; J. Bertrand (p.337)
- Nouvelles analogies entre les phénomènes électriques et les effets hydrodynamiques (2e article) ; C. Decharme (p.345)
- L'Electricité en Amérique : La téléphonie ; B. Abdank-Abakanowicz (p.347)
- Application de l'électricité à la manoeuvre des signaux de chemins de fer (2e article) ; M. Cossmann (p.349)
- Sur quelques nouveaux galvanomètres à miroir et leurs accessoires ; F. Uppenborn (p.358)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur un enregistreur de l'intensité calorifique de la radiation solaire ; par M. A. Crova (p.360)
- Sur un étalon de volt ; par M. A. Gaiffe (p.362)
- Produits d'oxydation du charbon par l'électrolyse d'une solution ammoniacale ; par M. A. Millot (p.362)
- Force électromotrice de combustion. Etude des moyens employés pour prendre le potentiel de l'air ; par M. H. Pellat (p.362)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Allemagne ; H. Michaelis (p.365)
- Angleterre ; J. Munro (p.366)
- Autriche ; J. Kareis (p.367)
- Chronique : La machine de Pacinotti et la machine de Gramme ; Frank Géraldy (p.369)
- L'emploi des substances colorées dans la photométrie des foyers électriques, par le Dr H. Krüss (p.371)
- Les applications de l'électricité aux chemins de fer (suite) (p.377)
- Correspondance : Lettres de MM. Helot et P. von Faund-Szyll (p.380)
- Faits divers (p.381)
- [N° 35. 27 août 1885] (p.385)
- Une visite à l'observatoire du Vésuve ; P. Marcillac (p.385)
- Note sur un nouveau modèle de galvanomètre Deprez-d'Arsonval ; W. C. Rechniewski (p.393)
- Organisation de la télégraphie militaire dans les armées européennes (2e article) ; J. Bertrand (p.397)
- Étude sur les galvanomètres (3e article) ; A. Minet (p.407)
- Revue des travaux récents en électricité dirigée par B. Marinovitch : Sur la théorie de la machine Gramme, par M. Mascart (p.409)
- De la polarisation des récepteurs téléphoniques (p.412)
- Influence des orages sur les lignes souterraines, par M. Blavier (p.413)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Allemagne ; H. Michaëlis (p.415)
- Angleterre ; J. Munro (p.416)
- Chronique : Rapport du jury des sections V et VIII à l'Exposition internationale de Philadelphie (p.418)
- De la gutta-percha (p.422)
- Les applications de l'électricité aux chemins de fer (suite) (p.425)
- Faits divers (p.428)
- [N° 36. 5 septembre 1885] (p.433)
- De la méthode de M. Mance pour la recherche de défauts dans les câbles et son application à la vérification des paratonnerres ; Dr A. Tobler (p.433)
- Nouvelles analogies entre les phénomènes électriques et les effets hydrodynamiques ; C. Decharme (p.439)
- Organisation de la Télégraphie militaire dans les armées européennes (3e article), J. Bertrand (p.444)
- Description de quelques appareils téléphoniques récents ; G. Richard (p.449)
- L'Electricité en Amérique, la Téléphonie ; B. Abdank-Abakanowicz (p.456)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Appareil destiné à l'étude des intensités lumineuses et chromatiques des couleurs spectrales et de leurs mélanges, par MM. Parinaud et J. Duboscq (p.457)
- De la force électromotrice produite par la diffusion dans les courants des marées (p.458)
- Une nouvelle forme du pont de Wheatstone, par J. W. Giltay (p.459)
- Influence d'une résistance extérieure sur la résistance intérieure des éléments voltaïques, par M. G. Gore (p.461)
- Sur un étalon de force électromotrice (p.463)
- Correspondances de l'étranger : Angleterre ; J. Munro (p.464)
- Chronique : A propos des usines centrales de la Compagnie allemande Edison (p.466)
- Les applications de l'électricité aux chemins de fer (suite) (p.473)
- Faits divers (p.477)
- [N° 37. 12 septembre 1885] (p.481)
- Le monument de Philippe Reis, l'inventeur du téléphone ; Dr Th. Stein (p.481)
- Détails de construction des lampes à incandescence ; Gustave Richard (p.485)
- Etude sur les galvanomètres (suite), par Adolphe Minet (p.487)
- L'Electricité en Amérique : la télégraphie, par B. Abdank-Abakanowicz (p.491)
- Revue des travaux récents en électricité dirigée par B. Marinovitch : Sur un électro-calorimètre et sur son application à l'étude des générateurs secondaires Gaulard et Gibbs, par le professeur A. Roiti (p.495)
- Correspondances de l'étranger : Angleterre, J. Munro ; Allemagne, Dr H. Michaëlis (p.510)
- Chronique : Les brevets d'Edison, Jules Bourdin ; sur un nouveau mode de communication entre deux bureaux centraux téléphoniques, par Ch. Elsasser (p.514)
- Bibliographie (p.519)
- Correspondance (p.525)
- Faits divers (p.525)
- [N° 38. 19 septembre 1885] (p.529)
- Sur un nouveau modèle d'intégraphe, système Napoli et Abdank-Abakanowicz ; B. Marinovitch (p.529)
- Télégraphie par induction ; W. Cam. Rechniewski (p.531)
- Nouvelles analogies entre les phénomènes électriques et les effets hydrodynamiques (2e article) ; C. Decharme (p.533)
- Les piles électriques (3e article) ; P. H. Ledeboer (p.537)
- L'Électricité en Amérique : la Télégraphie ; Aug. Guerout (p.542)
- Nouvelle détermination électrique de l'équivalent mécanique de la chaleur, par M. A.-G. Webster ; G. Richard (p.545)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch (p.547)
- L'électro-calorimètre comparé au thermomètre de Reiss, par le professeur A. Roiti (p.547)
- Sur une méthode pour localiser un contact à la terre dans un câble, par MM. Anderson et A. E. Kennelly (p.550)
- Correspondances spéciales de l'étranger : Allemagne, Dr H. Michaëlis (p.554)
- Angleterre, J. Munro (p.556)
- Autriche, J. Kareis (p.558)
- Chronique : Note de M. Palmieri sur l'origine de l'électricité atmosphérique (p.560)
- L'induction téléphonique, par M. A. Dijongh (p.562)
- Sur une nouvelle forme de voltmètre (p.565)
- Sur une nouvelle lampe à arc pour projections (p.566)
- Les lampes à incandescence du système Puluj (p.567)
- Les applications de l'électricité aux chemins de fer (suite) (p.568)
- Correspondance (p.573)
- Faits divers (p.573)
- [N° 39. 26 septembre 1885] (p.577)
- La Lampe-Soleil en Angleterre ; P. Clemenceau (p.577)
- Le comparateur régulateur pour la vérification des chronographes balistiques ; Victor Flamache (p.583)
- Plateaux d'accouplement à liaison funiculaire de M. Raffard ; A. Hillairet (p.591)
- L'Électricité en Amérique : L'éclairage électrique dans les États de l'Ouest ; G. Duché (p.593)
- Étude sur les galvanomètres (5e article) ; A. Minet (p.595)
- Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur les piles sèches et leur application aux mesures électrométriques, par M. W. von Beetz (p.599)
- Correspondances spéciales de l'Étranger : Allemagne, H. Michaelis ; Angleterre, J. Munro (p.605)
- Chronique : A propos de la Colonne-Soleil et de la Tour colossale de M. G. Eiffel (p.609)
- Applications de l'électricité aux chemins de fer (suite et fin) (p.616)
- Faits divers (p.622)
- [Table des matières du tome XVII] (p.625)
- [Table des noms d'auteurs] (p.633)
- [N° 27. 4 juillet 1885] (p.3)
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JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
425
LES APPLICATIONS DE
L’ÉLECTRICITÉ aux CHEMINS DE FER
Rapport fait à la demande du Congrès des chemins de fer par L. WEISSENBRUCH, ingénieur du ministère des chemins de fer postes et télégraphes de Belgique.
(Suite.)
2° SECTION. — L’ÉLECTRICITÉ APPLIQUÉE A LA RÉALISATION DES BLOCK-SYSTEMS.
C’est Cook qui, en 1842, bien peu de temps après l’apparition de la télégraphie électrique, songea le premier à substituer à l’intervalle de temps que l’on ménageait entre les trains se succédant sur une même ligne, un intervalle de distance. A cet effet, il recommanda de diviser la ligne en sections limitées par des postes sémaphoriques gardés par des agents, et à donner à chacun de ces derniers la mission de ne laisser passer un train que lorsque le précédent aurait atteint le poste suivant. C’est de cette façon que le block-system fut réalisé, dans l’origine, sur une section à voie unique du chemin de fer « Eastern Counties ». Pour les sections ayant une longueur de 2 à 3 kilomètres et même davantage, il fallut avoir recours au télégraphe électrique pour relier les signaleurs des postes successifs et leur permettre de s’annoncer l’arrivée et la sortie des trains de leurs sections.
Dans l’exploitation par les blocks, il y a une distinction à faire, assez importante au point de vue de la construction des appareils : ou bien les règlements prescrivent que la voie doit être toujours libre, et que les signaux doivent être mis à l’arrêt seulement pour couvrir le point occupé; ou bien l’on considère tout point de la voie comme un point dangereux, ce qui conduit à laisser normalement à l’arrêt tous les signaux et à ne les ouvrir que quand la voie est demandée.
Nous n’avons pas à prendre parti dans la discussion entre les partisans de ces deux systèmes, mais nous devons faire observer que le principe de la « voie fermée », qui paraît préférable pour les lignes très chargées de trafic, exige le concours de trois postes successifs pour qu’un train passe à celui du milieu, tandis que deux seulement interviennent dans l’exploitation à « voie ouverte ».
Nous étudierons les différents appareils de block uniquement au point de vue électrique, non pas afin de conseiller aux exploitants de chemins de fer quel choix ils doivent faire entre les appareils actuellement en usage, mais (pour découvrir les perfectionnements désirables et guider les efforts des inventeurs. Le rapporteur de la 7e question a d’ailleurs à traiter tout ce qui concerne le côté pratique de la question.
1. — Block-systems à signaux exérieurs indépendants des appareils de correspondance intérieurs.
Il suffit, pour réaliser un block-system, d’un signal fixe à l’entrée de chaque section et d’un moyen de communication électrique quelconque entre les stationnaires des différents postes. Le plus simple de tous est donc le block-system par sonneries ou par cloches (>). Il a l’inconvénient de ne
(*) Remarquons, à ce propos, que les cloches allemandes ne sont généralement appliquées qu’aux lignes à voie unique et qu’elles n’y réalisent pas le block-system. Elles ne servent, en effet, qu’à annoncer l’expédition et le sens de la marche des trains. Cette annonce, qui se fait à tous les postes de gardes-barrières intermédiaires, a l’avantage de faire concourir ceux-ci à la sécurité de la ligne et leur fournit la possibilité de corriger une erreur commise par les stations pour les trains circulant en sens contraire, mais elle ne leur permet que de faire maintenir des intervalles de temps entre les trains circulant dans le même sens.
conserver aucune trace, même passagère, des signaux transmis.
On peut aussi faire usage des appareils télégraphiques ordinaires, tels que le Morse; mais la manœuvre de ces derniers est lente et exige des agents plus intelligents et plus exercés que ne le sont généralement les gardes-blocks ordinaires. On a parfois employé les télégraphes lorsque les extrémités des sections étaient des gares où l’on disposait d’un personnel spécial.
Pour remplacer les télégraphes, on a inventé des appareils de correspondance électro-optiques à nombre de signaux limité. De plus, toute Ja sécurité reposant sur la façon plus ou moins exacte dont les indications transmises étaient traduites par les signaleurs, on a cherché à établir les relations de telle sorte que les opérations ne pussent se faire que dans un ordre déterminé.
Tous ces appareils ont le grave défaut de ne réaliser aucune dépendance entre les indicateurs et les signaux sémaphoriques, dépendance qui est aujourd’hui reconnue nécessaire. Nous n’en parlerons que parce que plusieurs d’entre eux sont restés en usage sur les lignes où ils avaient été placés et surtout parce que quelques-uns ont été transformés de façon à obtenir la dépendance dont il s’agit
-----î>-
A B C
Ne considérons qu’un seul sens de marche, la voie de gauche par exemple. La seule indication essentielle est l’annonce par B à A de l’arrivée du train à son poste, par la transmission du signal « voie libre » (déblocage); mais il est aussi toujours utile que, lorsque A expédie un train, il avertisse B de se tenir prêt à le recevoir. De plus, si la voie est normalement fermée, il faut que B, avant d’ouvrir son signal, demande à C la section intermédiaire B C, et que celui-ci la lui donne par la transmission du signal « voie occupée » (blocage).
Lorsque la ligne est à une seule voie, elle doit toujours être normalement fermée, car, sans cela, deux trains pourraient s’engager en même temps en sens inverse sur une section par les deux extrémités opposées.
L’appareil primitif de Cook, appliqué à l’origine, comme nous l’avons dit, par une ligne à une seule voie, se composait simplement d’un télégraphe à aiguille. L’annonce des trains et la demande de la voie se faisaient par des coups de sonnerie; les signaux « voie libre » ou « voie bloquée » étaient produits par l’inclinaiso.n de l’aiguille du télégraphe à gauche ou à droite.
L’inconvénient principal de cet appareil — outre celui de servir pour d’autres usages — c’était que les indications en étaient passagères. Clarke eut donc l’idée, en 18S4, d’envoyer un courant assez constant sur la ligne pendant tout le temps que la voie était libre ou occupée, pour maintenir l’aiguille dans sa position déviée. La rupture du fil faisait revenir l’aiguille à la verticale, ce qui signifiait « train sur la voie » et pouvait être produit à dessein par un machiniste en cas de détresse. Clarke eut, de plus, le premier l’idée de consacrer un appareil spécial à chaque sens de circulation.
Les systèmes principaux qui succédèrent aux précédents et qui, par leur emploi prolongé, affirmèrent leur supériorité, sont ceux de Tyer, de Régnault et de Preece :
Le système Tyer a été combiné originairement pour l’exploitation à voie normalement fermée. L’annonce des trains et la demande de la voie se font au moyen d'une sonnerie Les signaux de « voie libre » et de « voie occupée » sont obtenus en appuyant pour chacun d’eux sur un poussoir spécial. On envoie ainsi un courant positif ou négatif qui fait dévier d’une façon permanente à droite ou à gauche une aiguille polarisée. Cette aiguille est doublée d’une aiguille répétitrice située au poste d’où se fait la manœuvre.
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LES APPLICATIONS DE
L’ÉLECTRICITÉ aux CHEMINS DE FER
Rapport fait à la demande du Congrès des chemins de fer par L. WEISSENBRUCH, ingénieur du ministère des chemins de fer postes et télégraphes de Belgique.
(Suite.)
2° SECTION. — L’ÉLECTRICITÉ APPLIQUÉE A LA RÉALISATION DES BLOCK-SYSTEMS.
C’est Cook qui, en 1842, bien peu de temps après l’apparition de la télégraphie électrique, songea le premier à substituer à l’intervalle de temps que l’on ménageait entre les trains se succédant sur une même ligne, un intervalle de distance. A cet effet, il recommanda de diviser la ligne en sections limitées par des postes sémaphoriques gardés par des agents, et à donner à chacun de ces derniers la mission de ne laisser passer un train que lorsque le précédent aurait atteint le poste suivant. C’est de cette façon que le block-system fut réalisé, dans l’origine, sur une section à voie unique du chemin de fer « Eastern Counties ». Pour les sections ayant une longueur de 2 à 3 kilomètres et même davantage, il fallut avoir recours au télégraphe électrique pour relier les signaleurs des postes successifs et leur permettre de s’annoncer l’arrivée et la sortie des trains de leurs sections.
Dans l’exploitation par les blocks, il y a une distinction à faire, assez importante au point de vue de la construction des appareils : ou bien les règlements prescrivent que la voie doit être toujours libre, et que les signaux doivent être mis à l’arrêt seulement pour couvrir le point occupé; ou bien l’on considère tout point de la voie comme un point dangereux, ce qui conduit à laisser normalement à l’arrêt tous les signaux et à ne les ouvrir que quand la voie est demandée.
Nous n’avons pas à prendre parti dans la discussion entre les partisans de ces deux systèmes, mais nous devons faire observer que le principe de la « voie fermée », qui paraît préférable pour les lignes très chargées de trafic, exige le concours de trois postes successifs pour qu’un train passe à celui du milieu, tandis que deux seulement interviennent dans l’exploitation à « voie ouverte ».
Nous étudierons les différents appareils de block uniquement au point de vue électrique, non pas afin de conseiller aux exploitants de chemins de fer quel choix ils doivent faire entre les appareils actuellement en usage, mais (pour découvrir les perfectionnements désirables et guider les efforts des inventeurs. Le rapporteur de la 7e question a d’ailleurs à traiter tout ce qui concerne le côté pratique de la question.
1. — Block-systems à signaux exérieurs indépendants des appareils de correspondance intérieurs.
Il suffit, pour réaliser un block-system, d’un signal fixe à l’entrée de chaque section et d’un moyen de communication électrique quelconque entre les stationnaires des différents postes. Le plus simple de tous est donc le block-system par sonneries ou par cloches (>). Il a l’inconvénient de ne
(*) Remarquons, à ce propos, que les cloches allemandes ne sont généralement appliquées qu’aux lignes à voie unique et qu’elles n’y réalisent pas le block-system. Elles ne servent, en effet, qu’à annoncer l’expédition et le sens de la marche des trains. Cette annonce, qui se fait à tous les postes de gardes-barrières intermédiaires, a l’avantage de faire concourir ceux-ci à la sécurité de la ligne et leur fournit la possibilité de corriger une erreur commise par les stations pour les trains circulant en sens contraire, mais elle ne leur permet que de faire maintenir des intervalles de temps entre les trains circulant dans le même sens.
conserver aucune trace, même passagère, des signaux transmis.
On peut aussi faire usage des appareils télégraphiques ordinaires, tels que le Morse; mais la manœuvre de ces derniers est lente et exige des agents plus intelligents et plus exercés que ne le sont généralement les gardes-blocks ordinaires. On a parfois employé les télégraphes lorsque les extrémités des sections étaient des gares où l’on disposait d’un personnel spécial.
Pour remplacer les télégraphes, on a inventé des appareils de correspondance électro-optiques à nombre de signaux limité. De plus, toute Ja sécurité reposant sur la façon plus ou moins exacte dont les indications transmises étaient traduites par les signaleurs, on a cherché à établir les relations de telle sorte que les opérations ne pussent se faire que dans un ordre déterminé.
Tous ces appareils ont le grave défaut de ne réaliser aucune dépendance entre les indicateurs et les signaux sémaphoriques, dépendance qui est aujourd’hui reconnue nécessaire. Nous n’en parlerons que parce que plusieurs d’entre eux sont restés en usage sur les lignes où ils avaient été placés et surtout parce que quelques-uns ont été transformés de façon à obtenir la dépendance dont il s’agit
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A B C
Ne considérons qu’un seul sens de marche, la voie de gauche par exemple. La seule indication essentielle est l’annonce par B à A de l’arrivée du train à son poste, par la transmission du signal « voie libre » (déblocage); mais il est aussi toujours utile que, lorsque A expédie un train, il avertisse B de se tenir prêt à le recevoir. De plus, si la voie est normalement fermée, il faut que B, avant d’ouvrir son signal, demande à C la section intermédiaire B C, et que celui-ci la lui donne par la transmission du signal « voie occupée » (blocage).
Lorsque la ligne est à une seule voie, elle doit toujours être normalement fermée, car, sans cela, deux trains pourraient s’engager en même temps en sens inverse sur une section par les deux extrémités opposées.
L’appareil primitif de Cook, appliqué à l’origine, comme nous l’avons dit, par une ligne à une seule voie, se composait simplement d’un télégraphe à aiguille. L’annonce des trains et la demande de la voie se faisaient par des coups de sonnerie; les signaux « voie libre » ou « voie bloquée » étaient produits par l’inclinaiso.n de l’aiguille du télégraphe à gauche ou à droite.
L’inconvénient principal de cet appareil — outre celui de servir pour d’autres usages — c’était que les indications en étaient passagères. Clarke eut donc l’idée, en 18S4, d’envoyer un courant assez constant sur la ligne pendant tout le temps que la voie était libre ou occupée, pour maintenir l’aiguille dans sa position déviée. La rupture du fil faisait revenir l’aiguille à la verticale, ce qui signifiait « train sur la voie » et pouvait être produit à dessein par un machiniste en cas de détresse. Clarke eut, de plus, le premier l’idée de consacrer un appareil spécial à chaque sens de circulation.
Les systèmes principaux qui succédèrent aux précédents et qui, par leur emploi prolongé, affirmèrent leur supériorité, sont ceux de Tyer, de Régnault et de Preece :
Le système Tyer a été combiné originairement pour l’exploitation à voie normalement fermée. L’annonce des trains et la demande de la voie se font au moyen d'une sonnerie Les signaux de « voie libre » et de « voie occupée » sont obtenus en appuyant pour chacun d’eux sur un poussoir spécial. On envoie ainsi un courant positif ou négatif qui fait dévier d’une façon permanente à droite ou à gauche une aiguille polarisée. Cette aiguille est doublée d’une aiguille répétitrice située au poste d’où se fait la manœuvre.
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