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L'art des expériences, ou avis aux amateurs de la physique
TOME 1
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- L'ART'
- DES EXPÉRIENCES,
- 0 U
- AVIS AUX AMATEURS DE LA PHYSIQUE,
- Sur le Choix,la Construction et l’usage ues Instruments ;
- SVR LA PRÉPARATION ET h’EMPLOI DES DROGUEt
- Par M. l'Ablé NOLLET, de l'Académie Royale des Sggences , de la Société Royale de Londres, de l'injlitut de Bologne , Oc. Maître de Phyfiqua & d’Hiftoire Naturelle des Enfants de France, O Profejfeur Royal de Phyfique Expérimentale ait College de Navarre. .
- Seconde Édition.
- A PARIS,'
- Chez P. E. G. Dur and , Neveu, ï rue S. Jacques, à la Sageflè.
- M. DCC. LXX.
- Avec Approbation & Privilège du Roi.
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- A
- MONSEIGNEUR
- LE DAUPHIN.
- HL™»»».
- L’Ouvrage que j’ai l’honneur de vous prefenter & que Vous m’avez permis de faire paroitre
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- îv EPITRE.
- Jous vos aufpices, efi une fuite de ces Leçons de Phyfique Expérimentale qui ont été agréées par le fage Confeil qui préfide à votre éducation , & que V‘ous avez bien voulu faire entrer dans le plan de vos études : Ve(l la defcription de tous ces Injlruments que] ai fait pajfir fous vos yeux pendant l’efpace de dix années, que Vous avez pris plaifir à démonter & à rétablir pour en mieux connoître le méchanifne , & avec lefquels Vous m avez vû faire toutes ces Expériences qui Vous ont conduit à la connoiffance des effets naturels (jr à celle de leurs cawfes.
- Les Amateurs de la Phyfique fe glorifieront fans doute dm fi bel exemple 9 & ne manqueront
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- E P I T R E. v
- pas d*acueillir les lnftruttions que je vais leur offrir, puifiquelles les mettront en état de vous imiter ; la ficience à laquelle fai confacrê mes jours en recevra un nouveau luflre ; fes progrès en deviendront plus rapides ; & avant de finir ma carrière, j’aurai la confio-lation de voir fixer fon fort par des établiffements fiolides mul-
- tipliés.
- Ceci, MONSEIGNEUR,
- nefl déjà plus une fimple prédiction y c efl un événement qui s’accomplit , par la perfévérance avec laquelle vous daignez exercer mes foibles talents 3 par l’émulation générale qui en ré fuite , & par les nouvelles Ecoles qui fie forment de jour en jour dans nos Provinces, à l’imitation de celle
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- rj E P I T R E.
- que la munificence du Roi à établie dans fa Capitale.
- De quels fuecès la Phyflque ne peut-elle pas fi flatter, fl après lyavoir cultivée Vous-même, Vous lui faites l’honneur de la protéger ! Et n’a-t-elle pas tout lieu d’efpérer cette faveur d’un Prince religieux qui a éprouvé combien ïétude de la nature efl propre à nous élever par des fentimens d’admiration (b1 de recomoijfan-ee, vers l’Etre Suprême qui efl tauteur de tant de merveilles & de tant de bienfaits !
- Le premier aÜc de cette protection quelle défire avec tant etemprejjement , permettez-moi de vous le dire , M O N SEIGNEUR , c efl la conservation , & même ïaugmentation de
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- E P I T R E. vi)
- cet appareil d’Injlruments à laide defquels elle a mérité votre attention: qu’il foit confacré à ïinf trublion de la Famille Royale ; qu’il ferve à lui mettre fous les yeux les nouvelles découvertes » à mefare quelles feferont; & qu’il apprenne à la pofiérité} que léta-bhjfement fiable de la Phyfique à la Cour de France, a pour époque le commencement de votre éducation, pour preuve de fort utilité, le bon ufage que Vous en avez fait, pour rêcompenfe, les bontés dont vous honorez ceux qui cultivent cette fcience.
- Il m’en reviendra, un avantage bien précieux ; car on apprendra par occafion, que le choix, le dépôt & l'emploi de cette belle colletlion d’Injlruments's mont été
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- viij EPITRE. confiés, & fie j’ai profité de ces moyens, pour exercer mon zèle , & pour fignaler autant qu’il ma été poffütle, l’attachement inviolable , & le très-profond refped avec lefiquels j’aitbomeur d'être, & ferai jufqu’au dernier moment de ma vie,
- MONSEIGNEUR,
- Votre très humble, très-obéïf-fant & très-ficiele Serviteur , J. A, N O L l E T.
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- PRÉ FA C E.
- T j A. Phyfique Expérimentale ne peut fe paffer d’Inftrumens ; la difficulté de ib.les procurer, une certaine adreffe qu’il faut avoir pour les mettre en ufage, les précautions qu’on eft obligé de prendre pour les maintenir en bon état, la peine qu’on a fouvent à découvrir leurs défauts & celle d’y remédier , font autant d’entraves qui retardent les progrès de cette fcience, en gênant celui qui la cultive ; malgré le goûtqpon a pris pour elle dans ces derniers temps, il faut convenir que l’appareil quelle exige , la fait marcher plus lentement , & que des deux fources qui concourent à fes accroiffemens, j’entend l’obferva-
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- x PREFACE. tion & l'expérience , la première eft toujours celle qui a le plus de
- J’ai fenti de bonne heure ces inconvénients ; & dès 1743 > lorsque je donnai à l’impreflion les premiers volumes de mes Leçons de Phyficjue , je penfai bien que je ferois plaifir à plufieurs de ceux qui les liraient, de leur apprendre en détail comment j’avois construit chaque machine & de quelle maniéré je lui faifois produire Ses effets ; mais confidérant que de pareilles descriptions' interrompraient beaucoup le fil des matières que j’avois principalement en vue, ôt prévoyant d’ailleurs quelles grolfiroient confidérablement mon.livre, qui fans cela n’auroit pas moins que cinq ou fix volumes , je pris le parti d’en faire quelque jour un ouvrage à part, pour ceux de mes Lecteurs, qui par goût ou par état, fe trouve-
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- P RE FJ CE. x) roient dans le cas de répéter mes Expériences, ou d’y en ajouter de nouvelles : je le promis dès lors, [a) & en publiant la fuite de mes Leçons, j’ai eu foin de faire fa-voir , quand l’occafion s’en eft
- fréfentée, que je n’oubliois point engagement que j’avois pris. Ce qui m’a fait connoître enfin qu’il étoit temps de le remplir , c’eft l’impoflibilité où je me fuis trouvé , de fatisfaire comme je l’aurois défiré, par mes foins, & par un commerce de lettres affezfoutenu & affez exact, aux befoins des nouvelles Ecoles de Phyfique qu’une noble émulation fait naître tous les jours dans les diverfes Univer-fités du Royaume ; elles ont peine à fe meubler des inftruments néceffaires , ne trouvant point dans la Province d’ouvriers faits à ce genre d’ouvrage, & en état
- (a) Leçons de Phyfique Expérimentale , Toms I. P*g> XXXZ.
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- xij PRETA CE.
- de les fervir fans être guidés.
- C’eft donc pour m’acquitter, que j’offre aujourd’hui ces trois volumes aux Amateurs de la Phyfique, obligés ou curieux de faire eux-mêmes les Expériences, ou qui feront bien aife de connoître au moins les moyens méchaniques par lefquels elles réufliffent : j’entends les Expériences que j’ai employées dans mes Leçons de Phy-îïque , ou celles que j’ai ajoutées par occafion dans cette efpece de lément.
- On exigeroit de moi plus que je n’ai promis, & plus qu’il n’eft néceffaire , fi l’on comptoit trouver dans cet ouvrage, une collection générale, de tous les inftru-mens imaginés jufqu’à préfent par les Phyficiens , & une inftru&ion complette fur tout ce qui concerne l’Art des Expériences ; ce vafte objet qui feroit fans doute très-utile s’il étoit bien rempli, n’eft
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- PREFACE. xiij pas celui que je me fuis propofé ; je me fuis borné à ce qui concerne l’état a&uel de nos Ecoles ; mais j’ofe alîurer , que quiconque aura fait ou vu pratiquer, tout ce que j’ai compris dans mes Avis, fera en état après cet ap-prentiffage , de conftruire lui-même ou de faire exécuter par des ouvriers un peu intelligents & paffablement adroits, prefque toutes les machines qui fe trouvent repréfentées ou décrites , dans les Mémoires Académiques, dans la Phyfique de s’Gravefande, dans celle de Défaguilliers, &c. & qu’il n’y aura guère d’Expérien-ces qu’il ne puiffe tenter avec fuccès.
- Je prévois bien qu’il y aura certaines pièces plus délicates que les autres , qu’on aura peine a faire conftruire ailleur que dans les plus grandes villes, & fous les yeux de quelqu’un qui s’y connoiife :
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- xiv P R EF/f C E. j’en ai averti dans les endroits oîi j’ai eu occafion d’en parler , afin qu’on prenne le parti le plus fur, & qu’on- s’épargne des elïais qui ne fe feroient pas fans dépenfe, 6c qui pourroient ne pas réuffir : aurefte, elles feront en petit nombre & ne cauferont pas beaucoup d’embarras pour le tranfport ; & quant au foin de les faire conftrui-re & de les éprouver, je m’y prêterai encore autant que ma fanté 6c mes occupations ordinaires me le permettront. M. Brifion , mon confrère & mon furvivancier, animé du même zèle pour la Phyfi-que Expérimentale nerefufera pas non plus ces mêmes fecours aux Profefleurs de Province qui pourraient fe trouver embarralfés pour de pareilles emplettes ; je ne le dis qu après m’être affuré de fes difpofitions.
- J’ai divifé en trois parties l’Ou-yrage que je mets au jour ; dans
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- P R E F A C E. xv la première, j’enfeigne les différentes façons de travailler le bois, les métaux & le verre, qui font les principales matières dont nos Inftruments font conftruits ; j’indique les outils dont on aura be-foin, la maniéré de s’en fervir, & les différents états par lefquels chaque piece doit palier, pour arriver à fa perfection.
- La fécondé partie comprend , une indication, par ordre alphabétique, des Drogues Amples dont il faut fe pourvoir; la préparation de celles qui doivent être compo-fées ; l’emploi des unes & des autres dans les Expériences : elle eft terminée par unelnftru&ion fur la compofition des Vernis & fur la maniéré de les employer tant fur le bois que fur le métal, avec des couleurs & des ornements.
- La troifieme partie, qui eft la plus étendue , offre des avis particuliers fur chacune de nos Ex-
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- xv) PREFACE. périences, & fur celles que j’y ai ajoutées par occafion : on y trouvera la conftruÛion & J’ufage d’un grand nombre de machines que je n avois point affez fait con-noître dans mes Leçons imprimées ; plufieurs de celles qui font décrites & gravées dans le premier Ouvrage, reparoifîent,dans celui-ci Amplifiées ou perfeâion-nées : j’ai prévu les circonftances où l’on pourroit manquer des moyens dont je prefcris l’ufage ; j’en fubftitue d’autres, qui peuvent y fuppléer prefqu’en tout lieu & en tout temps ; quant aux manipulations, je fuis entré dans un fi grand détail, qu’on m’accufera peut-être de m’être appéfanti fur des minuties ; mais j’ai mieux aimé m’expofer à ce reproche , qu’à celui d’avoir lailfé quelqu’un de nos jeunes Phyficiens dans l’embarras, ou dans le cas de manquer une Expérience qui pourroit par-là,
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- PREFACE, xvly par-là, devenir dangereufe : au refte, je n’offre mes Avis qu’à ceux qui croiront en avoir befoin ; le Lecteur qui trouvera quelque cho-fede trop, peut le laiffer à l’écart, & penfer que ce n’eft pas pour lui que je l’ai écrit , mais pour d’autres qui en feront leur profit.
- Je n’ai rien décrit dans cet Ouvrage que je n’y aie joint des figures pour en faciliter l’intelligence ; j’aurois déliré que les planches puffent être in-40. afin de donner les dé veloppernentsdes machines avec de plus grandes proportions ; mais ceci étant comme le fupplément ou la fuite des Leçons de Phyfique qui font in-12, il m’a paru comme indifpenfable de m’affujettir à ce dernier format : au refte, ce que je perdois fur l’étendue, j’ai taché de le regagner par la correûion du def-fein , Ôc par la netteté de la gravure : ôc j’ai encore énoncé dans
- Tome 1. b
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- xviij PREFACE. le difcours les mefures de chaque piece, toutes les fois que cela m’a paru de quelque importance.
- Je m’étois propofé de commencer chaque defcription en mettant fous les yeux du Le&eur le portrait ou l’enfemble de la machine qui devoit en faire le fujet ; mais au lieu de cinquante-fix Planche que j’ai employées, il en au-roit fallu plus de quatre-vingt, ce qui aurpit exceffivement groffi les volumes, & augmenté le prix du Livre ; il m’a femblé que je pouvois épargner cette dépenfe, en faifant fervir ce qui eft gravé dans les Leçons de Phyfique : c’eft pourquoi j’ai marqué en marge, au commencement de chaque article, l’endroit de la Leçon auquel il fe rapporte, & la figure qui repréfente la machine dont-il va être queftion , afin qu’on la fafle concourir avec celles que je citerai dans les Aviu
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- PREFACE. xix On peut fuivre avec confiance tout ce que j’enfeigne dans cet Ouvrage ; il n’y a rien que je n’aie pratiqué moi-même , ou vû pratiquer par d’habiles ouvriers que j’ai entretenus pendant plus de vingt-cinq ans dans mes laboratoires : cependant comme dans, les Arts il y a prefque toujours plufieurs routes pour arriver au même but ; je n’ai pas la préfom-ption de croire que dans plufieurs cas , on ne puifle faire encore mieux que ce que je propofe : conduifez vous luivant mes Avis quand votre fagacité ou celle d’autrui ne vous en fuggérera pas de meilleurs ; mais qu’il me foit permis de vous en donner encore un en finiflant cette Préface, e’eftde ne jamais perdre de vue les réglés luivantes que la raifon ôt l’expérience m’ont di&ées.
- i°. Evitez dans vos opérations, lin appareil fuperflu toujours di£t bij
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- XX PREFACE, pendieux, & fouvent capable d’induire en erreur : car plus on emploie de moyens, plus il eft difficile de déterminer celui à qui l’oft doit attribuer l’effet qui fe préfente.
- 2°. N’employez de.même,qu’avec beaucoup d’économie les ornements dans les mach'nes que vous conftruirez ; elles en feront plus maniables, plus faciles ané-toyer , & fe feront à moins de frais.
- 3°. Appliquez vous à faire vos inftruments folides , afin qu’ils confervent plus long-temps la juf-tefie qui doit être toujours regardée comme leur qualité effen-tielle.
- ^ 4°. Rendez-les propres à plus d’un ufage, fi vous le pouvez fans nuire à leur fimplicité & à l’exactitude qu’on en doit attendre : cela peut vous épargner de la dé-penfe, & vous ménager de la pla*
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- PREFACE. xx; ce dans le cabinet ou dans l’Ecole.
- y0. Enfin préparez toujours vos Expériences de façon à pouvoir montrer les moyens aufli-tôt après qu’on aura vu les effets : fongez que s’il vous eft permis de fixer l’attention de vos Auditeurs par des phénomènes qui les fur-prennent, il n’eft pas de la dignité d’un Phyficien de leur laiffer ignorer les caufes, quand il peut les leur faire connoître ; ainfl quoique le verre foit fragile , il faut le faire entrer dans la conf-tru&ion des machines de Phyfi-que préférablement au métal & aux autres matières opaques , toutes les fois qu’on pourra s’aider de fa tranfparence pour faire voir le méchanifme des opérations : car je le répété , notre premier point de vue doit être d’en-feigner , d’éclairer, & non de furprendre ou d’embarraffer.
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- AVIS AU RELIEUR.
- Les Planches doivent être placées de maniéré qu’en s’ouvrant elles puiffent fortir entièrement du livre & fe voir adroite ; mais ne les. faites fortir que de la quantité nécejfaire , afin que le papier ne fouffre que deux plis , l’un de droite à gauche fur le blanc , Vautre de gauche à droite à-peu-près fur le milieu de la planche : place\ - les dans l’ordre qui fuit.
- Tome Premier.
- Pages.
- I. Partie. 40 .
- 54 • 5)4 . 140 . 172 . 206 . 220 . 244 .
- H. Partie. 314 .
- Planches.
- 3
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- 7
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- XX MJ
- Tome Second.
- Pages.
- III. Partie. 22 .
- 60 . 84 . 112 . 122 .
- *44 • 158 . 182 . 204 . 230 . 24 6 . 268 . 288 . 322 . 3fo .
- 382. 402 . 420 . 440 . 474 • 50o .
- Si ° • 546 •
- Planches*
- . . I.
- . . 2.
- . . J.
- . . 4.
- . . 7.
- . . 5.
- . . 7-. . 8. . . p.
- . .io*, . .11. „ .12. . .13. . .14. . .17.: . .16. . .17.
- . .18.
- . .ip.
- . .20.. . .21.
- . .22.
- . .23.
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- Tome Troisième.
- Pages. Planches•
- Suite de la 18 ...... i.
- III. Partie. 42............2.
- «4.............3-
- 9 <5...........4-
- *24............î-
- 144...........fi-
- 172............7-
- 204............8.
- 222............p.
- 234...........10.
- 2f4............”•
- 268...........12.
- 3i8...........13.
- 338 ..........*4-
- 3rt°.........
- 368...........16.
- 402...........17.
- 442...........18.
- 462...........ip.
- P 04..........20.
- AVIS
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- AUX AMATEURS
- PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE.
- PREMIERE PARTIE.
- Sur le choix des matières dont on peut faire les Inftrumens dePhyfiquetfur la maniéré de les travailler ; & fur les précautions qu’on doit prendre pour empêcher que les ouvrages ni fe gâtent & ne fe déforment.
- I&RHM|| Es principales matières dont |i§ ||p|l| nous faifons nos Inftruinens, |BkJi font le Bois, le Métal, & le Verre; nous nous fervons de celui-
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- 2 Maniéré de ceux-là à caufe de leur folidité ; fi noua employons quelques autres fubftan-ces, c’êft rarement & en petite quantité ; telles font certaines parties animales , l’Yvoire, l’Ecaiîle, la,Corne, la Peau ou le Cuir , &c. ou bien quelques matières métalliques, qu’on n’emploie pas feules , mais dont on fe fert avec les inflrumens proprement dits , pour produire certains effets, comme le Mercure , le Bif-muth, l’Antimoine , l’Aimant, &c. Je parlerai des premières à la fuite des bois, parce qu’elles fe travaillent, la plupart, à peu-près comme eux ; & je dirai ce qu’il y a à fçavoir fur les dernieres à l’occafion des Métaux, à caufe de l’analogie qu’elles ont avec eux, foit par leur nature, foit par la maniéré de les traiter ; ou bien je les renverrai au Chapitre des Drogues.
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- TRAVAILLER LE Bois. 3
- CHAPITRE PREMIER.
- Du choix des Bois & de la marnere de les travailler.
- Article Premier.
- Sur le choix des Bois.
- J j Es inftrumens de grand volume fe font avec des bois communs, parce qu’ils ne font pas d’un haut prix , & qu’ils fe coupent facilement : mais comme il y en a beaucoup qui ont ces deux qualités , il faut choilïr par-mis eux ceux qui font fufceptibles d’un bon aflemblage, qui fe coupent non-feulement avec facilité , mais proprement, qui font d’une deniité à peu-près égale par-tout , dont le grain n’eft pas trop gros, 6c qui ne font pas fujets à être vet-moulus en peu de temps : j’ai trouvé ces conditions affez bien remplies , en employant l’Aulne, le Tilleul, le Noyer, le Poirier , parmi les différens Chênes , celui qu’on appelle communément Chêne d’Hollande , le Cormier, Aij
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- 4 Manibrebe l’Alizier. Le ver pique, à la vérité' ; plufieurs de ces efpeces ; mais je préviens où j'éloigne cet accident, par l’ufage des peintures à l’huile ou au vernis , qui empêchent en même-temps les mauvais effets de l’humidité , & qui donnent aux inilrumens un coup d’oeil agréable.
- Donnez toujours la préférence au plus gros bois, pourvu qu’il foit bien fain, & qu’il ait eu le temps de fe fé-cher, dans un endroit couvert : faites le débiter relativement à vos deiïeins quelque temps avant de le travailler.
- Comme l’yvoire , & tous les bois étrangers, qui fe vendent au poids, fe tiennent dans des caves ou dans des celliers au rez-de-chaulfée , afin qu’ils s’entretiennent humides, prenez bien garde de les expofer trop brufquement à la féchereffe & au grand air ; ils ne manqueraient pas de fe gercer & de fe fendre de toutes parts : commencez par les débiter, & tenez les morceaux pendant quelques jours, enveloppés dans un gros torchon & dans un lieu frais, mais non humide : après cela vous les dégraferez , en donnant à chaque piece à
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- TRAVAILIER LE Bois. f pcu-près la forme quelle doit avoir ; & vous les ferez encore fécher avec la même précaution , avant de leur donner la derniere façon.
- Vous mettrez au rebut toutes les pieces , où vous remarquerez des nœuds, des gerçures , des trous de ver , des parties échauffées & qui reffemblent à du bois mort, & généralement tout ce qui pourroit nuire à la folidité de l’affemblage & à la propreté de l’ouvrage.
- Quand vous aurez fait en général le choix des bois dont je vous con-feille d’approvilïonner votre laboratoire , vous en aurez encore un à faire pour chaque inftrument en particulier ; tel vaudra mieux entre les mains du Menuilïer ; un autre conviendra davantage au Tourneur ; celui-ci n'auroit point affez de con-fiftance & de force pour la machine que vous voulez conftruire ; celui-là ne feroit point propre à porter des filets de vis ou à former un écrou : il faut affortir le bois à l’ouvrage qu’on veut faire ; un peu de réflexion & l’expérience vous auront bien-tôt inflruit, & je préviendrai encore l’em-
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- 6 Maniéré de barras que cela pourrait vous caufer, en déterminant dans la troifieme partie de cet ouvrage, quand je le croirai néceffaire, 1-efpece de bois qui doit être employée de préférence , dans tel ou tel cas.
- Article II.
- Sur les différentes maniera de travailler le Bois.
- L e bois rendu au laboratoire , fe fcie, fe coupe , & s’ébauche avec la hache , la plane , ou le cifeau; il fe dreffe , s’unit ,.fe corroyé avec le rabot, ; il reçoit différentes formes & moulures entre les mains du Me-nuifier & du Tourneur: il fe perce, il s’aflëmble , il fe colle : on le gratte , on le polit, on le cire, ou on le peint.
- Je pourrais fuppofer que vous connoiffez toutes ces façons de traiter le bois ; ou que vous aurez en votre difpofition des ouvriers en état de vous aider ; car où n’y a-t-il pas un Menuifier & un Tourneur ? Àuffi ne prétends-je pas infifler ici , fur ce qu’on montre à ces ouvriers dans
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- travailler le Bois. 7 leur apprentiffage , ni fur ce qu’un amateur qui travaille de la main , peut avoir appris par imitation ; mais ayant particuliérement en vue la conftruâion de nos machines , & façhant que dans la Province fur-tout, l’artifan n’a de connoiffances &' d’outils pour l’ordinaire , que ce qu’il lui en faut pour des ouvrages très-communs , je crois qu’il eft à propos de dire ici ce que vous devez raffembler dans votre laboratoire , avant d’entreprendre de meubler votre cabinet de Phyfique : je penfe auffi que je ferai bien de rap-peller & d’expliquer en peu de mots les principaux procédés du Menuifier & du Tourneur, afin que je n’aye plus qu’à les indiquer dans la troifie-me partie , Iorfqu’il s’agira de la conl-truâion de tel ou tel infiniment.
- Outils 6r procédés du Menuifier.
- L e Menuifier ne peut fe pafier d’un établi ; il faut qu’il foit folide & qu’on puiffe tourner autour : prenez L’étatii & pour cela une table de hêtre ou11 rieir=-d’orme femelle , qui ait fîx à fept A iv
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- 8 MANIERE DE
- pieds de longueur, dix-huit à vingt pouces de largeur & au moins trois pouces & demi d’épaiffeur ; élevez-là de vingt-fept à vingt-huit pouces, fur quatre pieds de chêne de quatre pouces fur trois d’équarriflage, affem-blés en fourchette par en-haut, avec quatre traverfes par en-bas , fous lesquelles vous formerez un fond avec des planches pour placer des outils ; Voyej la PI. I. Fig. i.
- A l’une des extrémités de l’établi il doit y avoir une griffe de fer à dents A , emmanché dans une queue de bois quarrée, qui traverfe l'épaiffeur de la table, & qu’on fait monter & defcendre à coups de maillet. Cette griffe ou crochet, fert à retenir & à appuyer les pièces plattes , dont on veut dreffer & rabotter les faces.
- Au même boiit de l’établi & fur la rive qui efl à la droite de l’ouvrier , vous attacherez un merttonnet ou crochet de bois B , pour arrêter pareillement les planches dont vous voudrez dreffer les bords.' C’eft un morceau de bois plat de cinq à fîx pouces de longueur, & qui eft auffi large que l’établi eft épais;.le bout
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- Travailier ie Bois, ÿ coupé de pente forme avec la rive de l’établi un angle dans lequel on fait entrer le bout de la planche ; & fi elle ell allez longue on la foutient par l’autre bout fur une cheville mobile , qu’on fait entrer dans l’un des trous qui font percés pour cela au montant C , finon on la contient avec un bout de planche D, échan-cré en forme d’angle , & arrêté fur l’établi avec le valet.
- Comme on a befoin du valet en différents endroits de l’établi, il faut qu’il y ait plufieurs trous, non pas fur la même ligne , mais fur deux, qui comprennent entre elles à peu-prèsle tiers de la largeur de l’établi ; & que ceux qui font fur l’une de ces deux lignes , répondent au milieu des efpaces que lailfent entre eux ceux de l’autre ligne; ces trous doivent être plus gros, qu’il ne faut pour laiffer pafler feulement la qüeue du valet ; car il faut qu’elle y prenne une fituation oblique, c’eft-à-dire, qü’elle doit toucher à droite le bord fupé-rieur du trou, & à gauche le bord inférieur , quand on frappe défiais avec le maillet.
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- io Maniéré de
- Sur l’autre rive, & toujours au même bout de l’étabîi, vous attacherez avec deux petits taffeaux , une régie de quinze pouces ou environ delon-gueur E.e, qui 1 aille entre elle & l’établi un intervalle de fept à huit lignes pour placer les outils dont on a le plus fou vent befoin, comme les fermoirs, lescifeaux-, bec-d’ânes, compas , &c, vous en pouréz faire autant à l’autre tout de la même rive, pour avoir fous la main, les mèches de villebrequins, quelques pointes à tracer , une couple de rappes, autant de grottes limes, &c. Ajoutez fous un des bouts de l’établi un périt tiroir F à compartimens, qui contienne de la graiffe pour les mèches de villebre-quin, de la craie , de la pierre noire , quelques morceaux de peau de chien de mer, plus ufés les uns que les autres : car dans bien des cas ils font trop rudes étant neufs.
- Votre établi vous offrira encore une grande commodité s’il efl garni d’une preffe Fig. 2. qui puiffe s’en féparer quand on n’en a plus befoin. Il s’agit d’avoir deux vis de bois , dont chacune ait quinze ou feize pouces
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- travailler le Bois, iï de longueur fur vingt ou vingt-deux lignes de diamètre, avec deux écrous d’un pouce & demi d’épaiffeur formés en S , fur cinq à fix pouces de longueur : vous tarauderez deux trous G H, de quatre pouces de profondeur dans l’épaiffeur de l’établi à deux pieds de diftance l’un de l’autre; vous y ferez entrer les deux vis , & fur leurs parties Taillantes, vousenfi-. Jerez une barre qui ait au moins dix-huit lignes d’épaiffeur fur trois pouces de large, & par-deflus, les écrous qui ferviront à prelfer, ce que vous mettrez entre la barre & l’établi.
- Faites un troifieme trou taraudé h, entre les deux premiers, & ayez une fécondé barre percée conformément à la diftance H h; vous aurez par ce moyen deux prefles de différentes longueurs à choifir fuivant les dimen-lions des pièces que vous voudrez contenir ou ferrer.
- Les vis & les écrous doivent être faits d’un bois bien ferme & qui ne foit point fujet à s’éclater ; le cormier & l’alizier font les meilleurs de tous pour cet ufage : à leur défaut vous prendrez du poirier fauvageon, ou de l’orme fi vous ne trouvez pas
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- i2 Maniéré de mieux ; je dirai ci-après comment on fait les vis & les écrous en bois ; quant à la barre de la prefle, il eft à propos qu’elle foit d'un bois roide, tel que le frêne, par exemple, lu aies; Vous aurez befoin de cinq ou fix leurs un- fortes de feies dont voici les noms. La feie à refendre, la feie à débiter, la feie à petite voie, la feie tournante, & la lcie à main.
- Les bois dont j’ai confeillé l’ufage ci-defliis, ne fe trouvent guère moins épais que d'un pouce , chez les Marchands : on vous en fera des voliges fi vous le demandez ; mais il- y aura plus d’économie à les prendre forts, & à les refendre dans votre attelier fuivant le befoin que vous en aurez : vous en perdrez moins en copeaux, & vous gagnerez du temps.
- Si c’eft une planche que vous voulez refendre fur fon épaiffeur, dref-fez les deux rives : marquez fur chacune un trait à la régie; enfermez la piece debout dans la prefle, & faites conduire la feie par deux hommes qui la maintiennent dans le trait de part & d’autre ; ils en viendront aifé-ment à bout ii la lame eft large, droite , bien tendue & graiflee de
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- TRAVAILLER LE Bois. 13' temps en temps avec un peu de fuif.
- Quand la planche doit être refendue fur fa largeur, on l’affujettit fur l’établi avec un ou deux valets ; on laide paffer d’environ un pied en dehors la partie fur laquelle doit agir la fcie , qu’un homme feul fait aller.
- A la fcie à refendre qui efl menée horizontalement par deux hommes, comme dans le premier cas, les dents font droites comme K; à celle qu’un homme feul fait.agir de haut en bas les dents font taillées en cremaillere,comme L, 8c pour les bois communs, il faut donner un peu de voie à l’une & à l’autre ; c’eft-à-dire qu’il faut alternativement plier les dents , pour les mettre hors du plan de la fcie , afin que la lame qui fuit le trait, paffe plus aifément.: affez fouvent même cela ne fuffit pas; on eft obligé de mettre un coin entre les deux parties fépa-rées par la fcie, pour empêcher qu’elles ne fe rapprochent l’une de l’autre.
- La fcie à débiter M, n’a pas les dents tout-à-fait auffi grandes , que celle dont on fe fert communément pour recouper le bois de chaufage des appartemens : la lame eft tendue de même entre deux montans appuyés
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- 14 M ANIEKE BE aux d'eux tiers de leur longueur , fur les deux bouts d’une traverfe, & tires l’un contre l’autre par en haut avec une corde qui fait plufieurs tours, & que l’on bande en la tordant avec un levier : cette feie a beaucoup de voie ; vous ne l’emploirez que fur des bois communs , & dans les cas où il ne s’agira de fuivre aucun trait, mais feulement de trancher le fil du bois, & de divifer une piece trop longue en plufieurs. Choililfez là lame -la plus large, & que les dents foient Un peu inclinées vers le bout oppo-fé à celui qui répond à la main.
- C’efl de la feie moyenne ou à petite voie dont vous ferez le plus d’u-fage ; elle eft montée comme la précédente ; elle a les dents plus petites, & point inclinées ; vous ferez bien d’en avoir deux Je différentes grandeurs ; que la lame de l’une foit longue de vingt-fix pouces fur dix-huit lignes de largeur : que celle de l’autre ait vingt - deux où vingt - trois pouces, & qu’elle foit large de douze à treize lignes. Les Menuifiers appellent la derniere, feie à arrafer ; parce qu’ayant les dents petites & prefque point de voie, elle fuit le trait plus
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- travailler le Bois. exactement & ne laifTe rien à faire au cifeau. L’autre qu’ils appellent fcie à tenons, a les dents un peu plus grandes & un peu de voie , parce qu’ils s’en fervent dans le bois debout.
- La fcie tournante fe nomme ainfi , parce qu’elle a à fes deux extrémités deux tourillons de bois dur qui tra-verfent les montans , & à l’aide def-quels elle peut fortir du plan de la montûre pour fe mettre dans tout autre en tournant : cette fcie eft très-commode pour fuivre le trait d’un chantournement , ou pour refendre une piece longue qui n’a point une grande épaifîeur. 11 faut que la lame foit étroite comme de cinq à fix lignes ; & quand on la fait tourner , on doit avoir foin que ce foit également par les deux bouts, afin qu’elle foit toute entière dans un même plan.
- Chaque tourillon eft refendu pour recevoir le bout de la lame , & elle y eft retenue par un clou qui tra-verfe le bois êc le fer : vous aurez foin que l’un de ces deux clous puif-fe s’ôter & fe -remettre aifément , pour les cas où vous aurez quelque piece à évider, car alors vous commencerez par faire une ouverture
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- 16 Maniéré d ï pour paffer la lame de la fcie , que vous remettrez auffi-tôt dans fon tourillon , & vous la ferez agir fuivant le trait de votre deflein : Après quoi vous là détacherez encore de fon tourillon pour la retirer de lapiece. Pour cette opération , il faut lâcher la corde qui tire fur les montans.
- Vous aurez des pièces délicates & des matières dures, comme l’yvoire, l’écaille, la corne, &c. que vous ne pourrez n’i chantourner, n’i évider avec cette fcie; il vous en faudra une autre plus petite N, dont la lame avec des dents très-fines n’aitprefque point de largeur. Ces fortes de fcies qu’on appelle communément fcies de marqueterie fe trouvent toutes préparées chez les Quinquqillers qui tiennent Magazin d’outils pour les Horlogers , les Ébéniftes, &c. l’âflut eft fait pour l’ordinaire d’une bande de fer pliée , de champ & formant trois côtés d’un quarré, la fcie fait le quatrième ; elle tient par un bout à une pince que l’on ferre avec une vis, & de l’autre côté à une autre pince qui fe ferre de même, & dont la queue qui eft à vis traverfe le fer de la monture, & fe tire
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- ïrav'Ïiller iîe Bots. 17 tire ou fe lâche par le moyen d’un écrou à oreilles.
- Les lames de ces petites fcies fe vendent par paquets & font à bon marché : n vous n’étiez point à même d’en acheter, vous en ferez en coupant avec des cifailles un bout de ref-fort de pendule en plufieurs lames de deux lignes de largeur que vpus réduirez à une , en les dreflant à la lime; ou bien vous en forgerez exprès avec un morceau d’acier, & vous y ferez des dents avec une lime en tiers-point : pour les faire commodément vous ferrerez la lame d’acier dans une étau entre deux règles de bois dur ou de fer doux en la faifant déborder d’un tiers de ligne , & vous ferez les dents les plus égales qu’il vous fera pofïible. Il fuffit que la fcie foit d’acier, elle n’a pas befoin d’être trempée.
- La fcie à main O , efl une efpece de couteau denté , avec cette différence , que le couteau ordinaire agit par fa partie la plus amincie , qu’on nomme le fil ou le tranchant, au lieu qu’à la fcie dont-il s’agit, on fait les dents fur la partie la plus épaiffe de la
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- 18 Manier* de lame , ce qui tient lieu de ce qu’on appelle la voie aux autres fcies , & qui met la lame en état de palier aifé-ment par-tout où la denture s’eft fait jour.
- Comme la fcie à main n’a pas d’autre affût qu’un manche, & que la lame eft ifolëe , on peut l’introduire & la faire agir dans bien des endroits où toute autre fcie ne-pourroit avoir accès ; mais on ne peut guère s’en fer-vir pour fcier délicatement, parce qu’il faut lui laiffer une certaine épaif-leur pour l’empêcher de plier & de fe faulfer: dans bien des occafions, vous ferez obligé d’en faire vous même de plus minces que vous tiendrez plus courtes ; car quand le trait n’aura pas befoin d’être bien profond, vous pourrez vous en procurer avec des bouts de reflort de montre que vous maintiendrez droits , en ferrant le bord oppofé à la denture entre deux lames de bois dur , ou de métal aboutiflant à un manche P.
- J’ai déjà dit que pour faciliter le paflage de la fcie, il faut de temps en temps'la-grailfer avec un peu de fuif: mais pour fcier l’y voire, au lieu
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- TRAVAILLES LE Bols. Ip de la grailler ainfi , il faut la mouiller fouvent avec de l’eau , elle palîera beaucoup mieux.
- La hache eft un infiniment que tout le monde connoît & fçait manier à peu-près. Il faut qu’elle foit emman-çhée folidement afin que le coup foit plus fûr, & avoir foin de lui refaire le tranchant quand il efl ufé , de peur qu’elle ne gliffe fur la piece, & qu’elle ne vous bielle en fe jettant de côté. Appuyez le bois que vous voulez hacher fur un bloc de bois debout , qui foit élevé de dix-huit pouces ou environ ; & fi vous travaillez dans un endroit où vous ayez à ménager le plancher ou le carrelage , coupez votre bloc un peu plus court, & au lieu de le pofer à nud , mettez deffous un couffin de peau rempli de cendre ou de fable, ou bien un rouleau de nattes qui rompe le coup & qui l’empêche de caufer un ébranlement confidérable.
- La plane du Tourneur en chaifes communes eft encore un outil qui ne fera point inutile dans votre laboratoire , il vous fervira fur-tout pour ébaucher des pièces longues, qu’il
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- pjq Maniéré BS faudra arrondir : vous les appuyiez contre quelque point fixe, qui ne foit pas bien élevé au-deffus du fol ; vous vous pencherez fur l’autre bout ayant la poitrine garnie d’un morceau de planche retenue par une ceinture, & vous travaillerez la partie la plus près de. vous : la planche qui fert ainfi de plaftron ne doit point être unie, mais au contrairÈ pleine de hachures, pour empêcher que la piece ne glilfe , & fi vous vous fentez tropgéné en amenant la plane jufqu’à vous, éloignez la piece de rencontre en attachant deflus un tronçon de quelque bois tendre & léger , qui fe préfente debout.
- La plupart des Menuifiers, dans ce pays-ci, hachent leur bois avec un fermoir fur le manche duquel ils frappent à coups de maillet ; ils appuyent Je bout de la piece contre la griffe ou crocheté de l’établi, ils Pauujet-tiffent avec un valet ; ils enlèvent le bois le plus près qu’ils peuvent du trait qui les guide, & s’ils craignent les éclats, ils approchent le valet de l’endroit où ils on affaire ; où bien ils préviennent ces accidents par quel-
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- TRAVAILIES LE !
- Il y a des fermoirs plus étroits , pour creufer dans le bois, en réfer-vant les côtés ; & quand il s’agit de fouiller quelque gorge arrondie , on employé des gouges de différentes grandeurs. Vous alïortirez donc votre établi de fermoirs, de cifeaux , & de gouges, trois où quatre de chaque efpece , & de différentes largeurs depuis quatre jufqu’à dix-huit lignes. J’entends par fermoirs un cifeau dont les deux faces s’inclinent également : vers l’autre pour former le tranchant. J’appelle cifeaux proprement dits ceux qui ont une face droite, que les ouvriers appellent la planche, & l’autre ihclinée par le bout pour former un bifeau. Les gouges font des elpeces de fermoirs dont le tranchant efl courbe cet outil efl ordinairement droit dans toute fa longueur ; mais il efl: commode d’en avoir quelques-uns qui foient pliés parle bout, les uns en deffus, les autres en def-fous , pour fouiller des gorges cintrées.
- Les pièces de bois qui ont beau-
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- 22 Manier e de coup de largeur, comme les planché», ne s’ébauchent guère avec le fermoir, à moins qu’il n’y ait quelque noeud à faire fauter, ou quelque inégalité trop faillante ; on le fert plus fou-vent d’un grand rabot nommé rifflart, ou d’un autre qui eft plus petit & qu’on appelle aemi - varlope. Le fer de ces deux outils a le taillant un peu arrondi ; l'affût eft fait d’un bois dur Si pefant ; quelquefois même on le garnit en delibus d’une femelle de fer, pour lui donq«r plus de maffe & pour empêcher qu'il ne s’ufe promptement contre les noeuds & les inégalités du bois brut.
- Quand le bois eft ébauché il eft queftion de le corroyer, c’eft-à-dire de le drelfer , de l’unir, de le mettre de
- pofition qu’elles doivent avoir entre elles fuivant l’ufage auquel on defti-ne la piece.
- e de Le Mertuifier fe fert pour cela d’un ls grand rabot qu’on nomme varlope , dont le fer eft large & le taillant droit, Sc dont le bois qui eft dur & lourd, eft dreffé en deffous avec un
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- T » AV À lE£ER t E B O I S. 25 grand foin. Quand les pièces font petites, il les drelïè avec un outil qui a les mêmes qualités, mais qui eft moins grand & qu’il appelle varlope à onglet : & quand les faces font fort larges, il achève de les unir avec un petit rabot dont le taillant eft droit, & qu’il fait mordre à petit fer.
- Il faut commencer par drelfer ain-li, une des principales faces & s’alfû-rer, avant toutes ehofes, qu’elle n’eft point gauche , c’eft-à-dire qu’elle eft toute entière dans un même plan ; l’ouvrier à qui l’habitude a donné un coup-d’œil jufte, prend la piece par les deux bouts , la tient devant lui dans une lituation horizontale, Ôcen inclinant un peu la face qu’il veut exauainer, il regarde li dans toute la longueur l’un des deux bords eft également élevé au-deflus de l’autre. Si vous avez peine à en juger de cette façon-là, couchez la piece fur l’établi , mettez fur chaque bout une régie qui ait environ quinze pouces tle longueur, & placez l’œil dans le plan qui paffe par l’une des deux ; vous verrez aifément fi l’autre s’y trouve aufli, auquel cas vous ferez lûr que la . face de la piece eft bien dreflee.
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- Ü4 MANIERE ©E
- Cette Vérification étaift-faite Vôuîf tracerez à la régie une ligne droite fur un des bords ; & alors vous déciderez quel angle vous voulez que la face de retour fafle avec celle que. vous venez de drefîer. Si c’eft un angle droit, ( ce qui arrive le plus fouvent ) vous vous 'munirez d’une équerre fixe Q. Si c’eft tout autre angle , vous aurez une faufîe équerre R, dont les branches font mobiles entre elles avec frottement, comme celles d’un compas ; & vous lui donnerez l’ouverture qui convient à votre défi fein. Il fçroit encore mieux d’echan-crer une petite planche fuivant l’angle que vous aurez déterminé : vous n’aurez point- à craindre que cette équerre fe dérange : vous ferez^onc agir la grande varlope , ou la varlope à onglet fur cette nouvelle face en préfentant fouvent votre équerre d’un bout à l’autre, jufqu’à ce qu’elle vous faffe connoître que ces deux côtés font arrangés entre eux comme vous le voulez.
- Ges deux faces étant dreffées & difpofées entre elles comme il convient, vous réglerez leur largeur avec le
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- TRAVAILLER LE Bois. 2/ le trufquin S. Cet outil confifle en une tige quarrée de quelque bois ferme, au bout de laquelle il y a une pointe de fer ou d’acier très-courte, & fur la longueur de laquelle gliflè une petite planche de trois pouces ou environ en quarré avec frottement, & une clavette de bois pour l’arrêter. Ayant donc fixé cette planchette de maniéré , que la diftance comprife entre la pointe & elle exprime la largeur que vous voulez donner à votre piece de bois, vous la tiendrez appuyée contre le bord qui vient d’être dreffé, & en la promenant ainfi d’un bout à l’autre vous marquerez avec la pointe un trait parallèle que vous fui-vrez pour drelfer la troilieme face, à qui vous donnerez encore à l’aide de l’une de vos deux équerres la po-lition qui vous conviendra.
- Vous réglerez avec le trufquin l’épaiffeur de part & d’autre comme vous ayez réglé la largeur ; & en fai-fant agir la varlope fur la quatrième face, vous n’aurez autre chofe à faire qu’à atteindre ces deux derniers traits. Dans le cas où la piece efl fort large, le trufquin n’y peut point attein-
- Tome I. C
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- 26 ManïISë ht dre ; alors on prend la largeur AVët un compas en une ou plufieurs fois ; on la marque par deux points fort éloignés l’un de l’autre, & en plaçant! une régie fur les deux , on trace une ligne parallèle à l’autre rive.
- J’ai fuppofé que la piece à corroder avoir quatre faces, mais il peut arriver quelle en ait davantage, ou qu’elle n’en ait que trois ; dans l’un & dans l’autre cas , le trufquin & la fauffe équerre peuvent vous conduire au but , pourvu que chaque face foit également large dans toute la longueur. Si cependant ces faces étoient en grand nombre , la plus petite erreur dans le maniement de ces outils , fe multipliant d’autant -, produirait une derniere face qui feroit fenfiblement plus ou moins large que les autres ; il n’appartiendroit qu’à une main très-adroite & bien exercée , d’arriver juftement à l’égalité par cette voie : vous y parviendrez plus aifément , de la maniéré fui-vante.
- Quand vous aurez dreffé les deux premières faces & formé le premier angle de fix, par exemple, que vous
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- Travailler le Bois. 27 Voulez faire fur le pourtour de la piece de bois ; vous couperez les deux bouts de celle-ci, de maniéré, que leurs plans foientà l’équerre avec la longueur: vous y tracerez deux exa-gones de même grandeurs & dont les Sx côtés foyent égaux entre eux ; & vous ferez répondre un de leurs angles, juftementà celui que forment entre-elles les deux faces que vous aurez dreffées ; alors vous n’aurez plus qu’à foire agir la varlope en af-îujettiffant chacune des faces au côté du polygone auquel elle répond de part & d’autre.
- Suppofons maintenant que cette piece au lieu d’avoir la forme d’un prilme , dût être une pyramide exa-gone tronquée ; vous commenceriez par en arrondir le pourtour, fuivant les circonférences des deux cercles, l’une plus grande, l’autre plus petite, tracées avec le compas fur les deux plans qui terminent la longueur : vous traceriez à la régie une ligne d’un bout à l’autre ; vous deffineriez des exagones dans vos deux cercles , ayant foin que chacun d’eux eût un angle répondant à-la ligne, dont je
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- viens de parler. Après cela vous COUP periez le bois conformément à ces; deux figures, & vous auriez la pyramide à fix faces , que je prends ici pour exemple.
- Si cette pyramide ne devoit point être tronquée, il faudrait commencer par lui donner la forme d’un cône , ce qui fe feroit beaucoup mieux fur le tour que de toute autre maniéré. Il faudrait auffi, parle même moyen, marquer une ligne circulaire vers les deux tiers de la hauteur du cône ; enfuite ayant divifé cette circonférence & celle de la bafe en fix parties égales qui fe correfpondent par autant de lignes droites prolongées jufqu’à la pointe, vous n’aurez plus qu’a applanir les arrondifiemens compris entre ces lignes, & vous aurez une pyramide non tronquée à fix faces égales.
- Vous comprenez fans doute par ces exemples, comment il faudra procéder pour corroyer une piece de bois avec autant de faces qu’il vous plaira , foit qü’elles ayent Une largeur égale d’un bout à l’autre ou non ; il ne s’agit plus maintenant que de vous
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- TRAVAILLER LE Bois, ip dire comment on travaille fur chacune de ces laces. Ce qu’on y fait le plus communément, ce font des feuillures , des champ&ains des rainures , des coulilfes.
- La feuillure eft une échancrure, qui fe fait fur l’épaiffeur du bois, comme a c b , Fig. 3. Le plus fouvent les “*» deux feces ac,bc, font à angles droits ; d’autresfois elles font un angle ob- 4“'il « tus: on enlève le bois acbd, avec toyÉ' une efpece de rabot que les Menui-fiers appellent guillaumc, dont le fer, Fcn qui a le taillant droit, occupe toute l’épaiffeur de fon bois : vous l’appliquerez d’abord fur la partie d 1 feulement ; & en le guidant avec le bout des doits appuyés au-deffous de b, vous le ferez mordre en allant vers a c, fans y atteindre tout-à-fait; enfui-te vous le ferez agir dans l’autre fens, pour creufer jufqu’en b c, après quoi vous le remettrez comme il étoit d’abord pour le faire avancer jufqu’en a c s vous ferez bien de marquer d’abord avec le trufquin fur les deux bouts du bois, les lignes ac,cb; par là vous ferez fur que votre feuillure fera également profonde d’un bout à l’autre. C iij
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- 30 Maniéré de Camffrain. Le champfrain efl un applatifTe-ment étroit que l’on fait naître en abattant l’angle que font entre elles deux faces plus larges ; on le régie par deux traits de trufquin , & .on enlève le bois avec la varlope ou avec un plus petit rabot, toutes les fois que Je champfrain fe fait entre deux lignes droites, 8c que rien n’empêche l’outil de palier d’un bout à l’autre. Dans les autres cas on fe fert d’une rappe demi-ronde , d’une lime pour adoucir, 8c d’un racloir pour achever d’unir le bois ; alors la largeur du champfrain fe régie à la vue, ou bien on trace deux traits avec un compas de Menuifier , dont on fait gliffer l’une des deux branches contre une des faces du bois , tandis que l’autre en traînant, marque une ligne parallèle au bord, fur l’autre face.
- Je n’empLoye fur les bois de nos machines que des moulures fort Amples , parce qu’étant prefque tous couverts d’une peinture ou vernis, ils en font plus fufceptibles des enjolive-mens qu’on y peut faire avec des couleurs différentes , 8c avec le cuivre qui imite l’or en feuilles. D’ailleurs
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- SrAÂVAILLER LE BôIS. jf iela coûte moins en façons , & les inftrumens en font plus faciles à ef-fuyer foit qu’ils ayent été mouillés ou que la poufliére s’y foit mife.
- Autour d’une tablette, par exem- Moulut.; pie, je me contente prefque toujours de faire régner un quarré avec un arrondiffement que les ouvriers appellent quart de rond. Il ne faut que deux outils pour former cette moulure ; le premier eft un rabot que les Ménuifiers appellent feuilleret, il aune joue ou guide qui s’applique en /
- Figure 4, tandis que fonfer qui a le 4 taillant droit, agit fur la partie e, & forme le quarré. L’autre _ eft encore un rabot qui fe nomme mouchette : il n’a point de guide ; fon taillant occupe toute la largeur de fon bois, qui eft comme lui arrondi en creux : avec cet outil on enlève l’angle J g h , & l’on achevé le quart de rond.
- Autour d’une caille ou d’un pié-deftal, on peut rapporter un des deux couronnemens repréfentés par les Figures y & 6. Le premier eft com-pofé d’un demi-rond k, entre deux quarrés i, 1, & d’une gorge ou congé
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- ja Maniéré de m. Votre bois étant corroyé comme ABCD, vous préparez un patron découpé fuivant le profil de votre moulure ; vous l’appliquerez fuccef-fivement aux deux bouts de votre bois, & vous tracerez avec un crayon. Gela étant fait vous formerez le quarté i , avec le feuilleret comme ci-deffus ; enfuite avec un outil qu’on nomme bouvet i joue,& un guillaume, vous emporterez la partie C l, & vous abatterez les angles na, avec la mou-chette , pour donner la forme au demi-rond. Vousferez la gorge m, avec un rabot rond qui a une joue pour le conduire, & qui fe nomme congé parce qu’if fait cette efpece de creux qui fe nomme conge en terme d’Ar-cbiteflure.
- L’autre couronnement repréfenté par la Figure 6 eft compofé d’un demi-rond k, entre deux quarrés i ,1, & d’un talon renverfé p, avec un quarré q audelîous. Sur un morceau de bois corroyé comme le précédent & tracé par les deux bouts, enlevez toute la partie E, en forme de feuillure , avec le bouvet à joue & le guillaume ; continuez d’enfoncer la par-
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- TRAVAILLE» LH BoIS. 3J tie F, pour faire le quarré q ; faites de même le quarré i ; emportez encore avecleguillaume le triangle G, en faifant un champfrain fuivant la ligne 1 q ; vous vous fervirez enfuite pour le demi-rond & pour le bas du talon , d’une ou de plufieurs mou-chettes, & vous finirez par creufer la partie p, avec un ou plufieurs rabots ronds.
- La Fig. 7. vous repréfente encore un autre couronnement plus petit que les précédens. Emportez fuc-celuvement les parties de bois renfermées dans les lignes ponâuées , & fuivant l’ordre des chifres 1,2,3, 4, en vous fervant du feuilleret & du guillaume, & enfuite du rabot rond & de la mouchette.
- Au bas d’une caille ou d’un pié-deflal, quand la pièce n’eft pas bien grande , je me mets fouvent qu’un quart de rond ou une doucine entre deux quarrés. PI. IL Fig. 8 & 9 , en obfervant de faire le quarré d’en bas plus fort que celui d’en haut : d’au-tresfois j’interromps la doucine par un petit quarré, & je la couronne par une demi baguette, comme dans
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- 34 . MANIERE fil
- la Fig. lo.Toutes ces moulures s’exé^ cutent avec les' mêmes outils , dont je viens de faire mention; & les lignes ponétuées avec les chifres vous indiquentlesparties du bois que vous devez enlever fucceiïivement.
- Dans les Leçons de Phyfique, 8c dans la troilieme partie de cet ouvra-
- fe , vous apprendrez par ïïnfpeftion es figures, comment j’ai chantournés les contours, qui ne doivent être ni arrondis au tour, ni pouffes au rabot ; vous pourrez les imiter ou les changer , fuivant votre goût ; mais ayez toujours en vûe de les affortir à la pofition à la figure , & au jeu des pièces auxqu’elles ces bois fervent de fupports. Faites entrer auffi en confidération la folidité ou Habilité que cela peut procurer à la machine : par exemple, fi c’ell une bafe que vous avez à faire , ne la chantournez pas dans-un quarré , fi elle peut approcher de la figure triangulaire ; parce qu’avec celle-ci elle pourra porter fur trois points, qui l’empêcheront toujours de vaciller. Evitez auffi de faire entrer dans votre chantournemcnt un grand nombre de
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- TftAVAILLEKI.fi B O Is. 3f, petites parties , qui rendent un def-fein prefque toujours mefquîn & de mauvais goût. Une belle fimplicité coûte moins de travail & a plus de grâces.
- Vous commencerez par tracer votre deffein, fur un carton ou fur une m feuille de gros papier que vous découperez enfuite ; vous l’appliquerez fur la piece que vous voulez chantourner, & vous l’y arrêterez avec des petites maffes de cire molle de diftan-ce en diftance : vous le tracerez avec un crayon furie bois, en fuivant exactement le bord du patron; après quoi vous le rejeverez. Otez enfuite tout le bois qui eft hors du tracé, en commençant par les plus greffes parties que vous enlèverez avec la fcie à tourner, fi la piece n’a qu’une médiocre épaif-feur, ou avec le fermoir, la gouge & le cifeau , fi elle eft trop forte ; après cela vous atteindrez le trait avec la râpe, la lime bâtarde & le grattoir.
- Si la piece chantournée eft une planche-ou tablette autour de laquelle vous voulez faire régner une moulure , vous commencerez par en dé-.
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- $6 MaiTiere de cider le profil : fuppofons que ce foit celui de la Fig. i1, vous ouvrirez le compas de Menuifier de façon que les pointes ayent l’écartement a b, vous en appuyerez une en c , & vous ferez porter l’autre en a , fur la tablette ; & en traînant ainfi cet inftru-ment tout autour de la piece, vous aurez un trait parallèle au bord extérieur que vous marquerez bien en-fuite avec un crayon, ou avec une plume & de l’encre.
- Enfuite avec des cifeaux de différentes largeurs & des gouges de différentes courbures, vous enfoncerez le trait peu-à-peu jufques en d , & vous enlèverez toute la partie a b cd; après cela, fur le plan ravalé de, vous tracerez encore avec le même compas ouvert de la quantité c e, une autre ligne parallèle au bord extérieur & qui régne fur tout le chan-tournement ; en fuivant ce dernier trait comme vous avez fait le premier & avec lçs mêmes outils, vous enlèverez toute la partie c e f g : ce qui étant fait, vous fouillerez la gorge entre les deux quarrés, & vous arrondirez ce qui eu au-deffous de f g.
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- travail tEK tfe Bois. 37 Quand vous aurez coupé le bois le plus proprement qu’il vous fera poflible, avec les outils que je viens d’indiquer, vous achèverez de l’unir & de le nétoyer avec des morceaux de peau de chien de mer , moins rudes les uns que les autres, & pliés fui-vant la forme des parties fur lefqu’el-les vous les ferez agir. Les limes bâtardes , vous ferviront auffi fur-tout pour les arrondiffemens qui fe pré-fentent par la convexité ; mais en unifiant ainfi le bois', il faut bien prendre garde d’effacer les angles, qui ne figurent bien qu’autant qu’ils font vifs;
- Si la pièce doit être chantournée différemment fur deux fens ; c’eft-à-dire fur fa largeur & fur fon épaiffeur, vous ferez deux calibres ; vous en appliquerez un fucceflïvement fur les deux faces oppofées pour tracer le chantournement, & vous enlèverez de fuite avec des outils convenables, tout le bois qui fe trouvera hors du deffein entre ces deux traits. Après quoi vous appliquerez l’autre calibre fur ces deux faces chantournées, pour régler pareillement par deux traits,
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- 58 MANIERE DE le fécond chantournement.
- Il y a des cas où le bois doit être percé à jour & évidé fuivant quelque deflein, cela fe fait ordinairement aux pièces qui ont beaucoup de largeur avec une médiocre épaiffeur: le bois en eft moins fujet à fe tourmenter > & l’ouvrage a l’air moins lourd. On commence par marquer à l’encre ou au crayon , le bois qu’on veut enlever , par un trait que l’on fuit avec la fcie tournante, fi la piece eft forte, ou avec une fcie de marqueterie fi elle eft petite & mince : & quand le bois eft enlevé , on r’agrée avec la râpe, la lime, la peau de chien de mer ,1e grattoir même , les bords de l’ouverture que l’on a fqite. On y peut même pratiquer un champfrain, fi on le juge à propos, pour en diminuer l’épailfeur apparente, coiùilfc?'& Les rainures à jour fe font de même , avec la fcie de marqueterie en fuivant deux traits parallèles du truf-quin, ou deux lignes tirées à la régie , & efpacées au compas , on les r’agrée aufli avec la lime & avec la peau de chien de mer.
- Quand les rainures ne font point
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- tRÏVAIIZÏK EEBOiS; à jour , & qu’elles peuvent fe faire avec un bouvet à guide 'ou avec le guillaume, guidé par deux lignes tirée au trufquin , elles en font toujours bien mieux faites : mais quand cela ne fe peut pas, il faut les fouiller avec un eifeau mené à la main , & régler leur profondeur avec un calibre qs’on a foin de préfenter fouvent
- • Nous avons certaines rainures qui font circulaires : celles qui doivent être à jour s’ouvrent avec une petite , fcie tournante , qu’on fait paifer fur deux traits concentriques tracés avec le compas. Pour celles qui ne font point à jour, quand elles font tout le tour d’un cercle , on les fait fur le tour ; ou bien on tranche les bords avec un compas à verge , qui porte un pointe tranchante , & on l’évide «enfuite avec un eifeau de largeur convenable. Le compas à verge Fig. 12. eft compofé d’une tige quarrée de fer ou d’acier, à l’un des bouts de laquelle il y a une pointe fixe avec un manche au-deifus ; & d’une boite de métal qui glifle d’un bout à l’autre de 1» verge, & fous laquelle on adapte
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- 40 Maniéré de des pointes de differentes formes, oü des porte-crayons, fuivant l’ufage qu’on en veut faire. Cet outil fe trouve tout fait chez les Marchands de Quinquaillerie ; il eft très-utile dans un laboratoire. Les Menuifiers en font; de plus grands avec du bois, pour traîner un rabot circulairement, ou dans certaines parties cintrées.
- Quand la rainure reçoit une piece qui gliffe 'dedans , fuivant fa longueur, elle fe nomme coulijje, & al-fez fouvent les deux bords font creu-fés en-defibus, de façon qu’elle s’élargit vers le fond ; la piece qui gliffe dedans eft taillée en queue i'aron-de, de maniéré, qu’en gliffant, elle ne peut pas fortir : pour creufer ainli les deux côtés de la couliffe , vous vous fervirèz d’un cifeau pour ôter le plus gros du bois . & vous achèverez avec un outil qu’on nomme écoua-ne ; c’eft une efpece de lime dont lai taille eft fillonnée , & qui coupe h peu-près comme un rabot, il y en à de différentes formes & grandeurs ; on ne s’er) fert guère que fur le bois de fil. Voyej lu Fig. 13.
- Il faut faire la couliffe avant die taillfor
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- Ainj Tarn • I. I‘?’e/ JP art, JPL 1
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- TRAVAILLER LE BOIS. 41 tailler la queue d’aronde qui doity entrer , & quand on veut que celle ci glifTe avec frottement, pour s’arrêter a l’endroit où on la met, il fuffit le plus fouvent de la refendre de quelques pouces fur fa largeur, & d’écarter un peii les deux parties avec un petit coin qu’on met dans l’angle, afin qu’elles falient reflort contre les côtés de la coulÜTe.
- Outils du Tourneur.
- Dans la conftruftion de nos machines , certaines pièces ont befoin d’être façonnées fur le tour , avant que d’entrer dans l’affemblage ; fi elles fe font chez vous, il eft néceflfaire que votre laboratoire foit pourvû des principaux outils du-Tourneur : voici ceux dont je prévois que vous aurez
- Le tour commun à pointes, e(l^ compofé de deux poupées A, B, Figure 14. de quelque bois ferme & bien fain, comme le chêne, le noyer, le hêtre , &c. de cinq à fix pouces d’équarriflage fur neuf pouces de hauteur. Faites forger les pointes avec
- Tome I. D
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- 42 Maniéré dï une queue coudée, comme C, &UfiS vis en d; & quand la piece fera limée faites paflfer cette partie à travers l’é-pailfeur de la poupée ; & ayant dirigé C e obliquement, de façon que la tête réponde au bout de la face antérieure delà poupée , vous la ferez entrer dans le bois de toute fon épaif-feur, & vous ferrerez fortement l’écrou quarré, que vous mettrez fur la vis d : il eft bon que les pointes foient acérées & trempées par le bout ; ne les faites point trop menues ; le bois tendre fe décenteroit ; elles feront allez bien proportionnées , fi elles forment un cône d’un pouce de hauteur dont la bafe ait neuf à dix lignes de diamètre.
- Il faut à ces poupées un fupport pour appuyer & conduire les outils; c’efl: ordinairement une barre de bois D, de neuf à dix lignes d’épaiffeur ; elle ell foutenue par deux barreaux quarrés E, E, qui palfent à travers les poupées & qu’on arrête avec des vis de preffion, comme F; chacun de ces barreaux porte une fourchette dans laquelle on fait entrer la barre de part & d'autre, & on la fixe avec une vis
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- ÎBAVAILlBït IeBoIS. 4J qui la preflb. La barre, comme vous voyez, peut s’avancer & fe reculer , fuivant la groffeur de la piece à tourner ; & comme il faut qu’elle fe haul-fe & fe baiffe auffi fuivant le diamètre de la piece , vous en aurez plu-fieurs de différentes largeurs, qui porteront l’outil plus.haut ou plus bas.
- Les poupées doivent être portées folidement ; & l’une des deux au moins doit être mobile , pour s’ap-procher & s’éloigner de fa pareille, fuivant la longueur de la piece qu’on veut mettre fur le tour.
- On fatisfait à ces conditions, en établiffant fur deux montant bien arc-boutés ou fcéllés par les deux bouts dans quelque mur, deux jumelles GG, g g , en bois de chêne de cinq à lix pouces d’équarriffage , fur cinq à lix pieds de longueur, bien corroyées & affemblées parallèlement à dix-huit lignes de diftance l’une de l’autre; chaque poupée a une queue plate , qu’on fait paffer entre les deuxjurael-les , & qui les dépaffe en-deflous de cinq à fix pouces, avec une rainure à jour qui reçoit une clef Hou h: par ce moyenla poupée gliffe en avant &
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- 44 MANIERE DE en arriéré, & s’arrête ou l’on vêtit.
- La piece tourne par le moyen d’une cordé qui fait au moins deux tours deflus , qu’on tire par un bout avec une pédale & qui eft relevée par une perche I, faifant relTort. La corde peut être de boyaux ou de chanvre î mais fi elle eft de cette derniere ef-pece , il faut la choifir bien égale , fuffifamment torfe, & proportionner fa grofleift à celle de la piece que l’on fait tourner ; car fi elle eft trop greffe , elle s’ufera bien vite, & oppofe-ra beaucoup de raideur : pour l’ufage le plus commun, elle doit avoir deux lignes ou deux lignes & demie tout au plus de diamètre.
- Avec le tour à pointes, il faut fe réferver la liberté de placer la corde où l’on veut fur-toute la longueur du morceau. Ainfi il ne faut fixer ni la perche ni la pédale : celle-ci étant formée en équerre fe traîne où l’on veut : il y a même bien des Tourneurs qui n’ont qu’une Ample barre avec un T au bout, pour l’empêcher de tour-ner'fous le pied. De quelque maniéré qu’on fafle la pédale, il faut toujours qu’elle ait quatre à cinq pieds de lon-geur.
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- travailler leBois. q.y Vous ferez la perche d’un bois roi-de & qui conferve fonreflort; le frêne eft très-bon pour cet ufage , ainfi que l’érable : il faut qu’elle ait fept à huit pieds de longueur , deux pouces & demi de diamètre à fon plus gros bout, & qu’elle aille en diminuant comme le bois de brin fe trouve naturellement ; vous l’applatirez feulement un peu en-deffus avec la plane , afin qu’elle pofe mieux fur le îupport L ; vous ferez au plus gros bout de la perche un trou pour pafler librement un gros clou que vous attacherez fous une poutre ou une foli-ve du laboratoire : à deux pieds & demi de diftance en avançant vers les poupées, vous attacherez au plancher un fupport comme L , dans lequel la perche puiflè aller à droite & à gauche , pour porter la corde où vous voulez qu’elle foit.
- Quand on veut mettre une piece de bois fur le tour, il faut commencer par la centrer, c’eft-à-dire, placer les pointes de maniéré que fa circonférence dans toute 1a longueur tourne fe plus rondement qu’il eft poffi-ble. Quand la piece eft menue, cela
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- i}5 Manie as si fe fait aifément à vue d’œil, & pat tâtonnement : pour celles d’un gros volume vous ferez un trait de compas à chaque bout ; & s’il fe trouve beaucoup de bois en quelque endroit qui n’ait pas pû être compris dans ce cercle , vous le retrancherez avec la hache ou avec la plane, après quoi vous placerez les deux pointes dans les centres marqués avec le compas, a. Les bois communs qui font tendres i«fe coupent prefque toujours avec des outils dont je taillant femblable à celui du fermoir, (hors qu’il eft plus fin ) eft formé par des plans également inclinés de part & d’autre. Le Tourneur nomme cifeau celui qui a le taillant droit, & il en a de deux fortes , & de chaque forte plufieurs de différentes largeurs, il appelle planes, ceux dont le taillant fait angle droit avec la longueur comme au chiffre i. PI. II. & il nomme cifeaux ceux où le taillant eft de biais comme au chiffre 2. Ces outils fervent à unir le bois dans les parties droites , à couper le bois perpendiculairementà l’axe pour former des quarrés, &c.
- Le Tourneur dreffe & ébauche fur .
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- ÏTRAVAIttES IEBoïs. Iff Je tour, avec une autre efpece d’outil , qu’on nomme gouge, délîgnée par le cliifre 3. il cft creux en forme de goutiére , & le tranchant eft arrondi plus ou moins fuivant la grandeur de l’outil ; on fe fert de la gouge pour creufer des gorges & les parties rentrantes des doucines, des talons ren-verfés, des culs de lampe, &c. A ces trois fortes d’outils, le Tourneur en bois tendres en joint quelquefois un autre qui eft pointu (4) & à bifeau qu’on nomme grain d'orge : il s’en fert pour enfoncer un filet, & nétoyer certains angles, fur-tout quand il travaille fur le bois pris en planche, comme lorfqu’il veut faire le pied ou la patte d’un guéridon
- Ces fortes de pièces, qui font larges, & qui n’ont çrefque point de lon-gueur,feraient diflficilesà touner entre deux pointes, parce qu’on nefauroit où placer la corde, & que d’ailleurs la barre fort éloignée des poupées,ne feroit point' un lupport affez folide, & ne pourrait pas guider l’outil fur la face du plateau où l’on a le plus à fai-re.Voici comment on s’y prend en pareil cas : on prépare une efpece de
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- 48 Maniéré de bobine M, qui a une face large te droite, garnie de quelques pointes, avec un tourillon de trois ou quatre pouces de longueur au centre. Le plateau étant arrondi avec la feie tournante , fuivant le trait du compas, le bois étant mis d’épaifleur, & les deux faces étant dreffées au rabot, on le perce au centre & on les fait entrer une peu à force fur la bobine M, de maniéré qu’il pofe bien de par-tout fur la face. On enlève la barre D, & on place le tout enfemble entre les deux pointes du tour, & la corde fur la partie m.
- On fe fert pour fupport de la machine repréfentée à la lettre N. C’eft un bout de planche de chêne , de l’épailîeur qu’il faut pour pafler entre les jumelles du tour, & qui éftpercée vers fes deux extrémités pour donner paffage, r°. à un barreau quarré qui porte un morceau de planche à bois debout , d’un bon pouce d’é-pailfeur, & de la hauteur convenable pour atteindre à la pointe de la poupée ; 2°. à une clef 0, qui fert à fixer ce fupport quand on l’a mis dans la pofition qu’on veut qu’il ait. Il efl
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- travailler le Bois. 4$ àifé de voir que la piece n, peut devenir parallèle à la face antérieure du plateau, & donner au Tourneur la facilité de travailler cette piece.
- ' Plus le bois ell tendre , plus il fout avoir foin d’aiguifer les outils pour le couper; fans cela on a bien de la peine à l’unir & à le tourner rond. Le Tourneur ainfi que le Menuifier doit avoir près de foi une meule de gagne-petit , qu’il faffe aller avec le pied, ou bien un grès de bonne qualité, dont la face fupérieure foit droite, & élevée comme P, à trois pieds de hauteur : le grès eft tel qu’il le faut quand il n’eft ni trop tendre ni trop dur; s’il eft trop tendre , il fe creufe tout d’un coup , & l’on ne peut plus s’en fervir, pour les taillans droits; s’il eft trop dur & qu’il ait le grain trop fin, il ne mord point affez vite fur l’acier, & l’on perd beaucoup de temps. Il faut mouiller le grès très fouventain-fi que les autres pierres à aiguifer ; fans cela le métal les empâte pour ainfi dire , & l’outil ne fait plus que glilfer deffus. Après le grès, fur-tout ail a le grain un peu gros, vous adoucirez le taillant j en le frottant légé-Tome I. E
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- JO M A K I E R Ê D K rement des deux côtés avec cette et pece de pierre à aiguifer que les ouvriers appellent queue : il faut fa choi-fir comme le grès, lui conferver les deux grandes faces bien droites, & arrondir les angles fur un grès pour donner le fil à l’intérieur des gouges.
- Ce n’ell point allez pour tourner rondement, que les outils coupent bien ; il faut encore que la piece falTe plufieurs tours , chaque fois qu’on abaiffe la pédale : par conféquent il ne faut point placer la corde fur une partie bien grolTe ; car vous verrez que fi elle embralfe feulement un cylindre de deux pouces de diamètre, pour le faire tourner deux fois, il faudra que le bout de la pédale chemine de plus d’un pied ; & le Tourneur ne peut guère l’abaifler de plus haut fans fe gêner : vous ferez donc bien quand la piece fera trop greffe , de commencer par former une place plus menue pour placer votre corde, afin qu’à chaque coup de pédale, la même partie du bois fe préfente au moins trois fois à houtil.
- Pour les bois qui fe coupent à la
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- traVàULer le Bois, yt houge & au cifeau, comme l’aulne, Je tilleul, le noyer, le chêne , &c. vous tiendrez le fupport prefqu’aulfi haut, que la partie la plus élevée de la piece , car il faut que ces outils tant foit peu inclinés du côté du manche fe préfentent dans la tangente de la zone circulaire fur laquelle on les fait agir. La gouge qui palfe la première , fe tourne un peu de côté & fillonne le bois en l’approchant de la forme qu’on veut lui donner ; le profil deffiné de grandeur naturelle doit être fous vos yeux, & vous le fui-vrez avec deux fortes de compas X, ' Y. Avec celui dont les branches font droites, vous prendrez les diftances entre les différentes parties du def-fein, & la longueur de chacune ; avec celui dont les branches font courbes, vous en mefurerez les diamètres. Enfin avec le compas d’épaiffeur repré-fenté à la lettre Q, vous mefurerez les parties enfoncées & les parties faillan-tes du profil d’un plateau, dont vous voudrez figurer la face. Vous aurez foin que ce compas foit fait de maniéré que l’œil ou le clou autour duquel tournent les branches , partage en Eij
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- j2 Maniéré de deux parties bien égales, ladiftance Q q : fans cela la mewre prife avec les deux branches courbes ne feroit point tendue fidèlement par l’ouverture des deux autres.
- Vous ne fuivrez votre deflein qu’en gros avec les gouges, excepté dans les endroits creux & arrondis, où il n’y a que cette efpece d’outil qui puiffe aller. Dans les parties droites ou convexes , c’eft le cifeau qui doit finir : celui-ci fe préfente comme la gouge, un peu incliné & dans la direélion de la tengente; ilfaut prendre peu de bois à la fois, faire agir le taillant par fon milieu ; & quand on le fait avancer de droite à gauche ou de gauche à droite fur la longueur de la pièce, il faut bien prendre garde que l’angle de cet outil ne s’engage dans le bois, car il feroit des entailles que vous auriez bien de la peine à effacer.
- Quand vous aurez à tourner plu-fteurs pièces affujetties à une même longueur, cÔmme les rais d’une roue, des piliers ou des baluftres, pour af-fembler deux pièces parallèlement entre elles , vous ferez bien de préparer une efpece de calibre R , compofé
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- travailler ls Bois. y$ d’une régie de bois échancrée au milieu avec deux pointes de fer , qui vous donnent d’une maniéré fixe , par leur écartement, la longueur que vous voulez obferver. Vous pourrez auffi affujettir les tenons à une même grofieur, en les diminuant fur le tourj jufqu’à ce qu’ils paffent entièrement dans" un trou que vous aurez fait à une planche mince, avec la mèche , ou la tarriére, qui doit percer ceux de l’affemblage.
- Les pièces qui font trop pefantes pour être tournées au pied, fe tournent à la roue ; il faut feulement y ajouter une poulie par un bout pour recevoir la corde fans fin. Si c’eft un plateau de guéridon, ou quelque cho-fe defemblable, vous le monterez fur une bobine femblable à M, qui portera une poulie de quatre pouces de diamètre vers le bout m. Quand à la roue j’en donnerai la conflruction dans les avis fur .la XX*. Leçon, troijieme partie.
- Si vous voulez percer une piece utnicndc longue , fuivant fon axe , percez-la fur le tour de la maniéré fuivante. ur ' ’
- Soyez muni d’une fuite de mèches Eiij
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- f4 MANIERE DE comme F, de plufieurs groffeurs, ic de longueur convenable à votre def-fein. Si c’eft pour du bois tendre. il faut qu’elles foient faites en cuiller, comme celles des Tourneurs en chai-fes communes ; fi c’ell pour de l’y voire ou du bois dur, comme le buis, le gayac, l’ébéne , &c. elles feront mieux fi elles font taillées en langues de carpes. Centrez la piece que vous voulez percer, entre deux pointes, & faites lui à chaque bout un bifeau court. Enlevez une de vos poupées à pointe ,& mettez en fa place une poupe à lunette comme S. Cette poupée n’eft pas fi épaiffe que les autres ; en place de la pointe, elle à une échancrure vis-à-visde laquelle on arrête la lunette/avec une vis à tête , greffe comme le petit doit, qui a fon écrou à oreilles par derrière. La !II-nette eft une femelle de bois dur qui a un trou champframé par-devant , conformément au bifeau de la piece; vous ferez donc tourner celle-ci entre la pointe & la limette , & vous préfenterez en pouffant la plus petite de vos mèches dans le trou de la pointe, qui relie à découvert au milieu de
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- Avuï Tom I Ier* Tort. Fl. 2
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- ïRAŸÏiLtiR 1» Bois, jj* la lunette ; ayant foin de la retirer de temps en temps pour vuider le copeau & pour la graifler avec un peu de fuif. Quand vous aurez percé la piece à peu-près jufqu’au milieu de fa longueur , vous la retournerez & placerez l’autre bout dans la lunette i & vous ferez agir la mèche par ce côté-là , jufqu’à ce que vous rencontriez le trou que vous avez fait par le premier bout. Cela étaht fait, vous prendrez une plus greffe mèche, allez longue, que vous pafferez d’un bout à l’autre, en faifant toujours tourner la piece & vous continuerez ainfi en prenant des mèches plus fortes , jufqu’à ce que le trou ait acquis la groffeur que vous voulez qu’il ait.
- Il peut arriver que vous ayez à tourner des plateaux de grand diamètre , & dont le rayon excède la hauteur de vos pointes : s’il ne s’en faut que de quinze ou dix-huit lignes, vous pourrez élever vos poupées, fur deux morceaux de bois de même épailfeur & ouverts en fourchettes comme T. Mais alors il faudra avoir des clefs moins larges que celles qui fervent ordinairement en H, h. C’elt pourquoi vous
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- $<J Maviiii DI ferez bien de IàilTer les queues de vof poupées longues de fept à huit pouces , avec des clefs fort larges , pour les cas ordinaires ; afin que quand vous ferez obligé de mettre des hauffes, les clefs puiUent encore avoir une certaine largeur.
- te tour en l'ouï ce qu’on ne peut travailler
- >x' ' entre deux pointes fe tourne en l’air, c’eft-à-dire au bout d’un arbre qui préfente la piece comme ifolée , ce qui met le Tourneur en état de la façonner fur toutes les faces.
- La piece principale du tour en l’air ell donc un arbre de fer doux (AB , PL III. Fig. i j. ) bien dreffé fur le tour ; la partie du milieu ell taillée à pans & garnie d’une bobine de bois pour placer la corde quand on tourne à la perche, & d’une poulie C, pour recevoir la corde fans fin, quand on tourne à la roue. Les deux parties V, E, font cylindriques; la derniere ell terminée par une moulure élevée de trois lignes,coupée quarrément des .deux côtés avec un tourillon qui porte cinq ou lix gros pas de vis, pour y attacher la piece que l’on veut tourner. Après l’autre partie cylindrique
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- TRAVAILLER LE Bois. fj P, il y a une gorge ronde, femblable à celle d’une poulie, & enfuite deux ou trois vis de différens pas dont chacune a cinq à fix lignes ae longueur.
- L’arbre eft porté par deux poupées F, G, de chêne, de noyer, ou de quelque autre bois ferme & peu fujet à fe fendre : la première n’a que dix-huit à vingt lignes d’épaiffeur par le haut , & elle eft ouverte par une échancrure d’environ deux pouces en quarré, avec une rainure à chaque joue pour recevoir un collet de cuivre ou d’étain qui doit affleurer la face antérieure de la poupée. Ce collet repréfenté plus en grand à la lettre H, eft formé de deux pièces qui ont chacune neuf à dix lignes d’épaiffeur ; elles font échancrées au milieu, pour embrafler bien juftement la partie E de l’arbre, & de maniéré cependant qu’elles ne fe joignent pas tout à fait l’une à l’autre : la partie O eft reçue dans un pareil collet, ajufté de même à la poupée G; & tous deux font recouverts & contenus par des bandes de fer, qui s’ouvrent & fe ferment à charnières, ou qui entrent fur des vis attachées aux poupées, avec
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- 58 Manière de des écrous à oreilles par deffus ; la bande de fer & la piece fupérieure de chaque collet font percés au. milieu , & le trou eft un peu évâfépar'en hauf*, afin qu’on puifle introduire de temps en temps un peu d’huile fur la partie de l’arbre qui tourne dans le collet.
- La poupée G, derrièrefoncollet, eftcreufée quarrément pourlaiffer def cendre la partie de l’arbre comprife entre D&B. Cette cavité qui eft plus longue que large s’appelle la Caife : les parois des côtés ont des rainures à jour, avec des clavettes qui defcen-dent’de quelques lignes plus bas que l’arbre , & qu’on fait remonter avec un coin pour les faire porter contre lui, quand il en eft befoin ; car ces clavettes ont un centre 'de mouvement dans la joue oppofée de la caiffe. Quand on fait monter la première elle entre dans la gorge d; & fi la pouf ée Feft avancée, jufqu’à la moulure ou portée qui eft en A , l’arbre tourne dans fes collets, fans avancer ni reculer; la piece qu’on a attachée au bout tourne de même, & l’on peut la façonner rondement fur toutes les faces, en dedans comme en dehors;
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- ïravaileer le Bois. f| mais fi la clavette i étant abaiflee, On porte le coin fous la 2e. ou la 3 e, alors celle-ci un peu échancrée en demi-rond, s’applique à l’un des pas de vis de l’arbre, qui s’imprime dans le bois, & l’arbre avance & recule en tournant, fuivant le pas fur lequel il porte : la piece qui eu au bout en A fait la même chofe, & en tenant l’outil ferme contre elle, on y forme des filets femblables à ceux de la vis. fous laquelle on a pouffé la clavette.
- Les deux poupées avec l'arbre peuvent fe placer entre deux jumelles, comme celles du tour Commun ; le même banc peut fervir fucceflive-ment aux deux tours ; cependant il eft plus commode de les avoir féparés ; auquel cas, je vous confeille de choi-Jirpourle tour en l’air, un fort établi de quatre à cinq pieds de longueur dans lequel vous ouvrirez une rainure j.à jour propre à recevoir les queues des poupées : la même table bien affermie , vous fervira à tourner lesmé-taux, foit au tour en l’air, foit avec des poupées à pointes dont je parlerai dans la fuite.
- Avec le tour en l’air, on ne fe feu
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- 4g ManïEBE DE point des outils plats ou courbes dont le taillant ell affilé de loin, comme pour le tour ordinaire dont j’ai parlé ci-devant, parce qu’on n’y travaille guère que des bois durs, qui fe coupent pour ainfi dire en grattant : on fe fert d’outils à bifeau , & on en a de toutes fortes de formes, & de largeurs , tant pour travailler en creux que pour façonner extérieurement : je ne citerai ici que ceux qui font les plus néceflaires.
- ils du II faut des taillans droits comme
- 1 , llr’ i , Figure 16. & des taillans courbes comme 2 ; parmi ceux-ci, il en faut dont la courDure foit rentrante comme 3 ; pour travailler dans le creux, on a befoin d’outils coudés par le bout & où ces trois efpeces de taillans fe retrouvent comme 4., y , & 6. Les grains d’orge Sroits & coudés comme 7 & 8 font encore néceffaires, pour rendre nets les angles rentrants & quand on veut arrondir ou appla-nir des cavités, on le fait commodément avec des outils formés comme p & 10.
- Outre ces outils , il en faut aufïi d’autres, qu’on appelle feignes pour
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- TRAVAILLER LS B OIS. 6i former les filets des vis tant intérieurement qu’extérieurement : pour ces derniers le peigne eft droit comme 11, & pour les autres il eft de côté comme 12. Les dents de ces peignes doivent être efpacés comme les filets de la vis , qu’on fait porter fur la clavette; c’eft-à-dire qu’il en fout avoir autant de paires, qu’il y a de vis de différents pas fur l’arbre.
- J'ai dqja dit qu’avec ces outils on coupe le*bois en le grattant; au lieu de les tenir élevés dans une tengen-te , qui approche de la ligne horizontale , comme je l’ai dit de ceux avec lefquels on tourne le bois tendre , on les préfente horizontalement , mais dans un plan qui pafle par l’axe de rotation , en les tenant appuyés de fort court fur un fupport qu’on puifle faire tourner au tour de la pièce.
- Ce fupport i, Fig. ry, eft com- Supporta pofé de deux parties principales l,,our"ll’““ K ; la première eft un morceau de bois debout de quatre à cinq pouces de largeur , & de deux pouces & demi d’épaiffeur par en bas , affemblé à tenons & collé dans un bout de plan-
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- Î2 Maniéré us che de même largeur, fur environ lix pouces de longueur. La fécondé ell une planche de chêne qui a au moins quinze lignes d’épailfeur, ouverte en fourchette fur une longueur de quatre pouces & ravalée à demie épaiffeur dans la fourchette, pour loger la tête quarrée d’une vis L, greffe comme le doigt. En 1 eft une au- , tre vis dont la tête aufli quarrée eft noyée en deffous dans l’éMiiffeur de la planche & fur laquelle*1entre le j fupport i, avec un écrou à pans par-deffus, que l’on ferre & qu’on l’âche, par le moyen d’une clef M. La piece K placée fur la rainure des jumelles i ou de l’établi s’arrête par-deffous avec | un écrou à oreilles qui pouffe devant lui une forte rondelle de fer enfilée fur la vis L ; & la piece i, tournée convenablement vis à vis de l’endroit où l’on veut faire mordre l’outil, s’arrête comme je viens de le dire, avec l’écrou à pans qu’on fait tourner ; & afin que le bois fur lequel il porte n’en foit point endommagé , on le garnit d’une piece de métal percée au milieu, qu’on noyé dans Tépaif-feur.
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- •ru A? A il ier le Bois. 6j'
- Quand les pièces qu’on veut monter fur le tour font larges, & qu’il n’y a point d’inconvénient à les percer au centre, on y fait un trou un peu plus petit que la vis A, & l’on y forme desfilets de vis avec un tarraud de fer ou d’acier N, qui eft emmanché comme une tarriére : ce tarraud comme vous le voyez par la figure, efl un peu en dépouille vers le bout, afin de ereufer peu à peu le filet ; & il eft limé à trois pans fur fa longueur, afin que les filets ainfi coupés entaillent le bois plutôt que de le refouler fimplement.
- Si l’on ne doit pas percer la piece qu’on veut monter fur le tour, on vilfe fur l’arbre un morceau de bois pris en planche & d’une épaifleur convenable : on en forme une efpe-cede boîte 0, que les Tourneurs appellent mandrin, & dans laquelle ils font entrer un peu à force , & de la profondeur de deux ou trois lignes, le morceau fur lequel ils ont à travailler ; le cormier , l’alizier , le poirier fauvageon font les meilleurs bois pour faire des mandrins ; il faut en avoir de (putes grandeurs
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- Maniéré » e
- & en nombre fuffifant. Quand la pièce eft trop grande pour entrer dans un mandrin ; on dreffe bien la face de celui-ci, & on l’attache fur la face poltérieure de la pièce avec trois vis.
- Maniéré je LeTourneur pour former des mou-façonner le lures, peut imiter circulairement tous les profils du Menuiiier; & s’il veut procéder en régie, il faut qu’il retranche , comme lui, fucceffivement toutes les parties du bois, que j’ai dé-fignées par des chiffres dans les figures dé la planche 11*. & qu’il rafle de même pour tous les autres profils qu’il pourra imaginer. Comme le Me-nuifier a des rabots à moulures , le Tourneur peut auffi fe faire des outils dont le taillant foit profilé de telle ou telle maniéré ; mais cela ne peut être d’ufage que fur les bois durs, & pour de petites moulures qui aient peu de membres.
- Si vous travaillez en creux, vous , couperez le bpis en allant du centre à la circonférence : vous réglerez les différentes parties de la cavité par le moyen du compas P que vous y introduirez , & dont l’ouverture vous
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- TRAVAILLER LE Bois. <Jy fera rendue au dehors par celle des branches p, pourvû que l’oeil du compas foit juftement au milieu de fa longueur : quand àl’épaiffeur de lapie-• ce, vous en jugerez par Un autre compas que j’ai déligné par les lettres O a, Planche 11.
- Ce que vous trouverez peut-être de plus difficile à faire fur le tour, ce fera de donner la forme exactement fphérique à un morceau de bois ou d’yvoire 5 vous pourrez y parvenir de la maniéré fuivante. Commencez par tourner un cylindre dont la hauteur foit égale au diamètre : divi-fez fa longueur en deux parties égales par un trait circulaire marqué Bien légèrement avec la pointe du grain d’orge : faites entrer le cylindre juf-au’à cette marque dans un mandrin dont la cavité foit bien centrée , & tournez la partie qui relie au dehors en forme (fhémifphére, en y préfen-tant de temps en temps un calibre de mefure , fait d’une lame de cuivre ou de fer blanc échancrée fuivantun trait de compas.
- Quand vous aurez formé ce premier hémifphére, vous le ferez en-
- Tcme I. F
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- 66 Maniéré de trer bien jufte dans un autre mandritf dont la cavité foit bien appropriée à fa convexité, & que vous frotterez un peu avec de la craie afin que la piece y tienne mieux ; & vous tournerez* alors l’autre hémifphére comme vous avez tourné le premier, mais à petit fer , afin de ne point faire fauter le morceau hors du mandrin.
- Vous vérifierez enfuite la fphérici-té de la piece, en la replaçant dans le mandrin hémifphérique , de maniéré qu’un des diamètres de fon équateur , devienne l’axe de la nouvelle rotation ; car fi elle eft exactement fphérique, toute la partie qui eft hors du mandrin tournera rondement vis-à-vis la pointe du grain d’orge , en quelque endroit que vous la préfen-tiez ; finon cet outil emportera ce qu’il y a de trop , & vous ferez la même chofe pour l’autre partie.
- J’ai dit plus haut comment on doit difpofer l’arbre du tour, lorfqu’ôn a deflein de former des filets de vis à la piece que l’on tourne. Toutes les fortes de bois n’y font pas propres: il ne faut pas qu’ils foient bien tendres, ni filandfeux, mais'qu’ils ayent
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- travail 1ER ts Bois. 67 affez de confiftance pour fe couper nettement, & ne point s’égrainer fous le peigne r le bois de gayac ; la gre-nadille , le buis, l’ébene , l’alifier, le cormier, le poirier , font propres à porter la vis, & l’yvoire par def-fus tout. Suppofez donc que vous vouliez joindre deux pièces en les vidant l’une fur l’autre ; vous commencerez par faire le filet à celle des deux, qui fera la plus importante , afin que fi vous manquez la proportion , la perte tombe fur celle qui vous coûtera le moins à recommencer. S’il vous refte à faire, par exemple, la vis extérieure , vous commencerez par mettre de groffeur la partie qui doit porter le filet ; & cette groffeur doit être égale à la largeur qu’auroit l’autre piece, fi l’on abattoit fes filets ; enfuite, avec le grain d’orge , vour creuferez un fillon circulaire contre la partie où doit finir la vis ; & puis ayant mis la clavette pour faire tourner l’arbre fur fa vis, vous préfer,te-rez le peigne & vous le ferez mordre peu à peu jufqu’à ce que le filet foit bien formé.
- Vous effaierez cette vis dans la pie-Fij
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- 6$ Maniekedb
- ce qui doit la recevoir, & fi elle f©
- trouve encore trop groffe, vous en
- fratterez un peu les filets avec la face u grain d’orge, & vous y appliquerez de nouveau le peigne, pour creu-fer Sc refaire les angles ; vous continuerez ainfi jufqu’à ce que les deux vis fe conviennent parfaitement.
- Maniéré de On fait aufli des vis avec des bois deboie'ave" m0'ns durs & plus communs que ceux det filiérei. que j’ai nommés ci-deffus ; avec da noyer , par exemple , du charme , du hêtre, &c. mais alors on fe fert de filières & de tarrauds qu’on peut acheter chez les Quinquatllers, qui tiennent magafin d’outils pour les Me-nuifiers & pour les Tourneurs ; ils en ont pour faire des vis depuis trois lignes jufqu’à un pouce. ou même un pouce & demi de diamètre ; les filets de vis qu’on fait avec ces filières* font plus gros que ceux qui fe font au tour, parce que le bois qu’on y fait paffer , ayant peu de confillanee en comparaifon du buis & des autres bois durs, il eft néceffaire de confer-ver plus d’épaiffeur aux parties ifo-lèes: & comme des bois tendres s’è-greueroient fi l’on ne faifoit que les
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- TRAVAIL1ER LE Bois. <£ÿ gratter avec un outil à bifeau , il y a dans la filière en bois, une efpece de cifeau dont le taillant eft très-aigu & qui forme les filets en enlevant le tois d’entre eux.
- La filière en bois, Figure 17, ell compofée de deux planchettes attachées l’une fur l’autre avec deux vis, afin qu’on puilfe les féparer quand il en ell befoin ; toutes deux font percées à jour au milieu , & leurs trous fe correfpondent : dans l’un des deux il y a cinq ou fix pas de vis bien formés ; l’autre qui ell liffe intérieurement efi plus grand que le premier de toute la hauteur du filet, comme fi la vis ayant été formée d’abord dans tous les deux on l’eût enfuite effacée dans celui-ci.
- Dans l’épaiffeur de la planche <2 dont le trou ell tarraudé, on a incruf-té un quarré d’acier R, dont le bout creufé fous un angle de 60 degrés, & limé par dehors en champfrain fort allongé, produit un taillant très-aigu qui a la forme d’un V, ce qui ell cau-fe qu’on a nommé ce fer IV de là filière: il ell placé de façon que le dos & l’angle du taillant, fe rencontrent
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- *7© Maniïre^de fur la première arrête de l’écrou formé dans la planchette , & tout au près, il y a une entaille qui s’étend jufqu’au bord de la même planchette, pour donner iffue au copeau : celle qui recouvre n’a pas befoin d’être aufli épaifle ; c’elt allez qu’elle ait trois ou quatre lignes.
- Quand vous voudrez faire ufage de la filière en bois , vous tournerez un cylindre S auquel vous réferverez une tête : vous lui donnerez un diamètre prefque égal à celui du trou non tarraudé delà planchette la plus mince, dê façon qu’il y entre aifé-ment. Enfuite fur une longueur de trois ou quatre lignes, vous diminuerez la groffeur du bout de manière qu’il entre pareillement dans le trou tarraudé de la filière, pour fervir de guide ; après quoi vous tournerez à la main , de gauche à droite , votre morceau de bois dans la filière & la .vis fe fera.
- Le même Marchand qui vous vendra la filière , y joindra un tarraud femblable à celui qui eft repréfenté à la lettre N, & dont le pas fera aflor-ti : vous vous en fervirez pour former
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- Travailler le Bois. 71 l'écrou de votre vis dans un morceau de quelque bois ferme , comme le cormier oul’alizier : vous le percerez pour recevoir le bout de l’outil qui, ayant la forme d’un cône tronqué, entrera en tournant & en formant de plus en plus le filet. Vous ne tournerez pas toujours du même fens, mais alternativement à droite & à gauche; & vous finirez par faire pafier le tar-raud entièrement, d’un côté à l’autre du bois.
- Quand votre écrou & votre vis fe-rtfiif formés, vous achèverez la tête de celle-ci comme vous le jugerez à propos , fi elle en doit avoir une. Ordinairement on latourne en boule ëcra-fée avec une gorge T, & on l’appla-tit enfuite des deux côtés. Quand à l’écrou vous le remettrez fur le tour pour drefler l’une des faces, & figurer l’autre : vous taillerez le pourtour t à pans ou en rolette. Si la piece où la vis doit entrer n’étoit point propre à être tarraudée , foit que le bois fût trop tendre, ou qu’il n’eût point aiïez d’épaifleur, vous feriez l’écrou u fépa-rément avec un bois convenable, 8c Vous l’incrufteriez enfuite dans l’épaif-
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- *72 Maniéré de feur de la piece, ou bien vous le collerez en deffous.
- Dans les avis fur la IXe. Leçon , je dirai en parlant de la vis d’Archi-medes, comment on doit s’y prendre pour faire fur le tour, une vis de bois trop greffe pour être faite à la filière ; mais il pourrait arriver, que vous ne puffiez pas même la tourner : dans ce dernier cas, voici comment vous en viendrez à bout : je fuppofe que ce foit une vis pour une greffe & qu’elle ait trois ou quatre pouces de diamètre.
- Choififlez pour cela un morceau de bois de quartier , de charme, de hêtre, de noyer, ou d’orme femelle bien fain, & fans nœuds : faites-en un cylindre de la grofleur & de la longueur convenables à vorre deflein, en réfer-vant à l’un des bouts une tête dans laquelle vous puiffiez foiré un trou de tarriere pour pafler un boulon de fer ; divifez le pourtour de ce cylindre en autant de parties égales qu’il vous plaira, par exemple en 8 , par des lignes parallèles à l’axe, comme dans la Figure 18. où je n’en ai pû faire
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- TRAVAIL!®* t® Bois. 75 voit que fa moitié par les chiffres 1, 2,5,4-
- Enfuite ayant mis le cylindre entre les deux pointes du tour, marquez avec, un crayon ou avec la pointe du grain d’orge autant de cercles, comme a b parallèles entr’eux & à la bafe du cylindre , que vous voudrez faire de pas de vis lur la piece : chaque zone comprife entre deux cercles en contiendra un. Si c’eft une vis deflinée à ferrer quelque chofe, la zone fera af-fez large fi elle donne au filet de la vis une inclinaifon de fix degrés vers l’axe, comme c d..Vous tracerez donc cette derniere ligne avec un crayon, de maniéré qu’à la première divifïon elle foit élevée de j, audeffus de la bafe ce, klafécondé divifïon de , à la troifîeme de J, à la quatrième de la moitié de la largeur de la zone, & ainfi de fuite , fur le refie du pourtour , jufqu’au point a, & vous continuerez de même de tracer cette ligne fur toutes les autres zones.
- Confïédrez cette hélice comme la crête du filet de votre vis ; & tracez en une femblable , qui partage en deux parties égales , les intervalles
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- 74 MANIERE DE que fes révolutions Iaiffent entre en les, en la distinguant avec de l’encre, ou parune couleur différente de celle de la première ; vous ferez paffer la fcie fur toute cette derniere hélice ; & afin que le trait foit également profond par-tout, vous ferez une marque fur la lame de la fcie, pour ne la point laiffer entrer plus avant.
- Ce trait de fcie réglera la hauteur du filet, dont la coupe doit être un triangle équilatéral ou à peu-près. Vous couperez donc le bois en pente de part & d’autre, depuis la ligne qui repréfente la crête du filet jufqu’au fond du trait de fcie , & vous vous fervirez pour cela, du cifeau de Me-nuifier ; pour achever de rendre le bois uni & l’épaiffeur du filet égale dans toute fon étendue, vous pourrez mettre la pièce entre deux pointes fur le tour , & en la faifant tourner , fuivre le pas de vis, avec des râpes, des limes, de la peau de chien de mer, &c.
- Lavis étant faite, il faudra former les filets de l’écrou, dans la piece ou elle doit entrer; vous y parviendrez avec l’outil dont je vais parler. Pre-
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- Travailler le Bois. 75-nez un morceau de chêne de quartier ; tournez en un cylindre tel que feroit votre vis, fi l’on en fupprimoic les filets. Emmanchez-le par une de fes extrémités , comme une tarriere Fig. 19. Sur les quatre derniers pouces de l’autre bout, tracez une hélice femblable à celle que vous avez fui-vie pour faire les filets de votre vis & paflez y de même un trait de fcie ; au bout de cette hélice,en venant du côté du manche, faites une mortaife qui tra-verfe le cylindre diamétralement, & chaflez-y à force un grain d’orge bien aiguifé , dont le tranchant rafle un angle femblable à celui du filet de la vis , & dont la pointe ne d’éfaffleure le bois que d’une demi-ligne.
- Cette efpece de tarraud'gtant ainfi préparé, vous ferez le trou de l’écrou de telle grandeur qu’il puifle y entrer aifément ; & fur le bord oppofé à celui de l’entrée, vous attacherez d’une maniéré folide une lame de laiton , dans une fituation un peu oblique , afin qu’elle puifle être reçue dans le trait de fcie qui précédé le fer : au moyen de ce guide , l’outil tracera dans l’intérieur du trou un filet efpa-
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- 75 Maniéré de cé comme celui de la vis, & en pouf fant le fer de plus en plus pour le faire mordre davantage , vous parviendrez à le rendre allez profond pour la recevoir & la laiffer paffer librement , moyennant un peu de favon avec lequel vous frotterez le
- Atrcmbh. Lorfque le Menuifier & le Tour-pï/p'arfe ™ neur ont façonné les pièces d’une ma- • bois?"" chine, il eft quellion de les y joindre par des affemblages ; il y en a de deux fortes : dans les uns on fe réferve le pouvoir de les démonter , & pour cela on employé des vis , des clefs , des chevilles qu’on puiffe repouffer ; dans les autres on joint les pièces à demeure, en les collant, ou en les arrêtant avec des chevilles qui fe perdent dans l’épaiffeur du bois ; dans tous, il y a prefque toujours des mor-taifes , des trous , des tenons , ou quelque partie qui en tient lieu.
- Souvent une feule planche n’a point affez de largeur pour remplir les vues du Menuifier ; il en affemble plu-fieurs à plat-joint, avec de la colle , ou bien à rainure & languette : dans l’un & dans l’autre cas, mais fur-tout
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- TRAVAILLER LE Bois. 77 dans le premier, il faut que les rives foient bien dreffées à la varlope ; & quand on les a collées l’une à l’autre, il faut les tenir ferrées jufqu’à ce que la colle foit féche ; il y a pour cela un outil que l’on nomme fergent : s’il vous manque, vous y fupplérez, en mettant votre affemblage fur deux pièces de bois dreffées & garnies de mentonnets entre lefquels vous le ferrerez avec des coins.
- Pour l’affemblage à rainure & languette , il y a deux outils qu’on nomme bouvtts apairés , parce qu’on les à par paires , & qu’ils travaillent l’un pour l’autre : ce font deux rabots à guides mobiles, dont on fait avancer le fer plus où moins fur la piece où il doit creufer : celui qui fait la rainure porte en delïous une languette, qui entre dans le bois avec le, fer qui raccompagne, & ne le laiffe avancer que jufqu’à une certaine profondeur. Celui qui fait la languette, a le fer ouvert en fourchette, & enleve le bois des deux côtés, jufqu’à ce que le fer touche par le fond de la fourchette qui ne coupe point.
- Avant de faire agir ces deux outils, Giij
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- 7* MiKIJKI Dï on dreffe bien une des rives du bols; tant par le côté que par le deffus , & on fouille la rainure à peu-près au milieu de l’épailïeur de la planche : enfuite on arrête le guide du bouvet à languette , de maniéré que la fourchette du fer, fe trouve diftante du bord drelfé, autant que l’eft la rainure à l’autre piece : & li le fer, faute d’être alfez large, a laide du bois fur l’une des deux rives à côté de la languette , on. l’enleve avec le guillau-me; & pour faciliter l’affemblage & rendre le joint plus parfait, onfe fert du même rabot pour arrondir un peu l’arrête de la languette & les deux bords intérieurs de la rainure.
- Dan, les ouvrages ordinaires de menuiferie, où l’on peut prévoir que les pièces fe démonteront un jour, on ne çolle point les languettes dans les rainures ; mais dans nos machines nous n’ufons point de cette précaution ; nous collons toujours les joints pour en être plus fûrs ; & afin de contenir les pièces plates, fur-tout li elles font minces , je les fais encore enr boiter par les deux bouts.
- Pour cet effet on corroyé deux pie-
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- TRAVAILLER LE B OIS. 7p ees dont la longueur égale la largeur de celles qu’un veut emboîter : on les fait de même épaiffeur qu’elle , avec une largeur proportionnée à la grandeur du tout; on fait d’un bout à l’autre fur l’une des rives une rainure de quatre à cinq lignes de profondeur , & qui occupe le tiers de lepaifleur du bois au milieu : cette rainure fe réglé par deux traits de trufquin , & fe creufe avec un petit bec-d’âne ; fur les deux bouts & au milieu de la longueur , on continue de creufer la rainure pour faire deux mortaifes d’un pouce de profondeur : cela étant faic on dreife les deux bouts de la piece à emboîter, & avec le trufquin on marque fur les deux faces de part & d’autre un trait à un pouce de diftan-ce du bord. On ravalle le bois du tiers de fon épaiffeur des deux côtés avec le guillaume, en fuivant les traits dont je viens de parler ; il en réfulte une languette dont l’épaiffeur eft égale à la largeur de la rainure faite à la piece d’emboîtement. On préfente l’une à l’autre, & l’on marque avec la pointe du compas l’endroit des tenons qu’on réferve, en réduifant par-tout ailleurs Giv
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- 8o M AHIIE I OS la languette à quatre lignes de hauteur : tout cela le fait avec une fcie à petites dents; on ragrée un peu avec le cifeau, & quand on a fait aux emboî-turesjtQut ce qu’il faut pour les mettre bien en joint, on lesaflèmbleà demeure en les collant, & même en chevillant les tenons, fi la pièce eft forte.
- La précaution d’emboîter les pièces plates ne réuffit qu’autant que celles-ci font faites avec du bois bien fec ; car s’il ne l’eft pas quand on l’affemble, il fe retirera en fe féchant, & les joints manqueront, ou bien la piece s’ouvrira par une ou plufieurs fentes.Quandlapicce eflaffemblée & emboîtée, il y a toujours quelque clio-fe àfaire aux deux faces ,pour affleurer toutes les pièces aux endroits des joints; cela fe fait avec un rabot de bout-, c’efl: un outil dont Je fer moins incliné qu’aux autres prend peu de bois à la fois.
- Les autres affemblages du Menui-lîer, fe font à tenons plats & à mor-taifes , ou à queues d’aronde , ou bien à plats joints, avec de la colle; dans les uns comme dans les autres, il finit que les pièces foient taillées avec! mefure.
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- travailur î.i Bois. Si
- U effi d’ufage de faire ia mortaife avant le tenon, & vous ferez bien de .vous y conformer , parce qu’en cas d’erreur, il eftplus facile de remédier à un tenon manqué qu’à une mortaife ma! proportionnée. Si le bois eft icorroyé quarrément ( c’-ell le cas le plus ordinaire ) vous réglerez par des points avec le compas. la hauteur, la longueur & la.diftance des mortaifes, & vous les marquerez par des traits de jrufquin fur la longueur, & avec une pointe guidée par le triangle T, PI. I. fur la largeur. Vous tracerez du même trait la place des'mortaifes fur les pièces qui doivent fe répondre dans l’affemblage , en les mettant fur l’établi à côté les.unes des autres fous le triangle ; & lï la mortaiiê doit être à jour , c’eft-à-dire percée d’un côté à l’autre du bois, il faudra avec le même triangle faire régner le trait fur les quatre faces de chaque piece, pour avoir la longueur de la mortaifefur la face oppofée , & vous en marquerez encore la largeur avec le trufquin.
- C’eft avec le bec-d’âne qu’on fouille les mortaifes, - en mettant le bifeau en avant, & en amenant toujours le
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- $2 Maniéré dh copeau vers foi, afin qu’il fe dégagé1 dans le vuide qui a été fait précédemment : le bois s’enleve ainfi par cou-* ches, de trois à quatre lignes d’épaif-feur ; & quand la mortaife eft creu-fée à moitié, fi elle doit être percée à jour, il faut alors la reprendre par l’autre côté. Après le bec-d’âne, on prend le cifeau pour ragréer les joues & pour achever d’atteindre le trait du trufquin.
- Les tenons fe tracent comme les mortaifes avec le trufquin & le triangle ; on fe fert d’une fcie à petite voie pour couper les arrafemens, & fi le bois eft bien de fil, on fait fauter avec le cifeau celui des deux côtés du tenon : finon , on le refend avec une fcie qui a les dents un peu plusgrandesquelaprécédente. Comme on réferve un peu de bois plein après les mortaifes qui font fur les bouts, on a foin de diminuer d’un demi-pouce la largeur du tenon, afin que la partie où l’on fait le retranchement puiffe affleurer le bout décelle où eft la mortaife.
- Vous effaierez chaque tenon dans fa mortaife, pour voir s’il remplis
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- TRAVAILLER LE Bois. 83 bien , fi les arrafemens joignent de par-tout, & quand PafTemblage cte-vra fe faire quarrément vous le vérifierez avec une équerre défignée par la lettre K, Fl. 1. après quoi vous pourrez arrêter PafTemblage, Toit avec des chevilles , foit avec de la colle , s’il ne doit jamais fe démonter : mais quand vous employerez des chevilles , commencez par percer les deux joues de la mortaife ; faites entrer en-fuite le tenon , & marquez la place du trou avec une pointe que vous in-finuerez par celui que vous venez de faire, non en l’appuyant pour faire un point, mais en la traînant tout au tour du trou, pour tracer un petit cercle : puis ayant retiré le tenon , vous le percerez un peu exentrique-ment, en tirant vers l’arrafement, afin que la cheville qu’on y mettra , le faffe approcher davantage. Ne faites jamais le tenon trop fort fur fon épaiffeur , il feroit fendre le bois ; vous ne rifquez rien en le tenant un peu large , parce que par-là , il ne peut forcer que&ir le bois debout qui réfi fiera.
- Dans certains cas où les pièces à
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- 84 M À N I B R E B fi joindre font fort épaifles, au lieu d’un tenon on en fait deux féparés par un vuide, & on leur prépare deux mor-taifes féparées par une doifon : cela s’appelle affembler en fourchette. Il faut, de même qu’aux affemblages Amples, régler les mortaifes avec le truf-quin& le triangle; on les fouille avant de faire les tenons, qui s’arrafent & fe refendent à la foie, comme je l’ai dit ci-deffus.
- Quand on alfemble des pièces à moulures pour former des encadre -mens, cet affemblage fe fait ordinairement en quarré , les bouts qui fe joignent ont leurs faces inclinées de quarante cinq degrés à la longueur du bois, ce que les ouvriers appellent onglets ; on les trace fuivant le bord j q d’une efpece d’équerre défignée par ces lettres à la Planche I, en tenant le guide Q q appuyé contre la rive intérieure de la piece : & on les coupe avec une foie, qui n’a point de voie , & dont les dents font fines, en réfervant un tenon plat à l’une des deux qui doivent fe joindre, pour entrer jufte dans une mortaife qu’on fait à l’autre.
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- TRAtAIIiLER II BotS.
- Si l’encadrement ne fe fait pas fur un quatre, alors ce n’eft plus le meme onglet ; il faut le prendre avec la faut fe équerre, ou le déterminer en décrivant fur une feuille de papier ou de carton un polygone qui ait autant de côtés, que la pièce qu’on veut encadrer, & faire la pente du bord g g en conféquence pour tracer.
- Fort fouvent ces pièces à moulures ont peu d’épaifleur , & alors au lieu de les affembler à tenons & mortai-fe par les bouts, on fe contente lort qu’elles font bien ajuflées, de les coller à plat fur la caille ou fur la boîte qu’on veut orner, avec quelques clous d’épingles dont on ôte les têtes ; & le lendemain, on entaille avec la fcie la partie la plus faillante & la plus épaifle de l’onglet, & on remplit ce trait avec une languette collée, qu’on
- ‘TÏÏXe en queue d’aronde ( Figure 20. ) fe pratique pour les pièces qui ont beaucoup de largeur , comme les côtés d’une caille ou d’une boîte , &c & cela fe fait de
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- $6 MaHïers bï face à l’autre de la piece qui les reçoit : alors on entaille toute l’épail-feur de celle-ci , conformément au nombre & à la grandeur des queues qu’on a faites à l’autre. On commence donc par tailler les queues, en leur donnant une longueur égale a l’épailfeur du bois qui doit les recevoir ; on les refend avec la fcie , & on coupe les entre-deux avec le ci-feau : quand ces queues font faites, on les' préfente fur la rive où elles doivent entrer on traîne le long de leurs côtés une pointe pour marquer les entailles, qu’on fait encore en enlevant le bois avec la fcie & le cifeau ; la longueur des queues & la profondeur des entailles, fe règlent avec la pointe du trufquin qu’on traîne fur les deux faces de chaque piece.
- Cet affemblage qui ell très-bon & très-folide , laine cependant quelque chofe à délirer : les queues qui tra-verfent entièrement, fe font voir à bois de bout fur une furface à bois de fil ; on a beau raboter cette partie, elle ell toujours de deux couleurs, & l’afiemblage faute aux yeux : il y a
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- TRAVAILLER LH Bois. Sf un maniéré de fauver cet inconvénient, c’eft de n’y employer que les A ou les J de l’épaiffeur du bois, & de joindre le relie en onglet; c’eft ce qu’on appelle aflembler à queues couvertes •• cela eft un peu plus difficile, mais l’ouvrage en eft plus propre.
- Quand vous voudrez pratiquer cette maniéré d’affembler, vous commencerez par travailler le bois avec un guillaume à guide, comme pour faire une feuillure ; vous ferez vos queues & vos entailles au eifeau, & vous couperez en onglets les parties que vous aurez réfervées.
- Les fonds des cailles fe mettent à feuillures , & il faut que celles-ci fpient faites avant l’afiemblage ; vous y employerez la colle avec quelques clous d’épingles. Quand vous collerez des moulures au bas de ces cailles, faites les defcendre un peu plus bas que le fond, St marquez leurs places avant de les coller , par un trait de trufquin , que vous ferez régner fur les quatre cotés.
- L alTemblage des pièces tournées fe fait avec des tenons ronds, que l’on
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- g g Man i' ir-b t> *'• :‘r
- meure ; j’ai dit plus haut, page comme on régie la groffeur & Ta longueur de ces tenons : on peut fi l’on veut en faire des vis , & tarrauder les trous qui doivent les recevoir. Ou bien fi les machines font grandes, on peut y rapporter des tenons en vis, qu’on ferre avec des écrous de bois par-deflbus , ou par derrière les pièces qu’ils traverfent ; outre que cela fait un aflêmblage folide, on a encore l’avantage de pouvoir le démon-? ter, pour la facilité du tranfport. l* colle & La coll e dont vous ferez ufage pour
- ]’«mpk>y«.e bois eft celle qu’on connoît fous le nom de colle forte ; c’eft celle des Menuifiers, mais vous y mettrez moins d’eau qu’eux, afin qu’elle ait un peu plus de corps : vous la préparerez au bain-marie, comme les Ebéniftes.Pour cet effet vous aurez un petit poêlon de cuivre rouge , & une marmite de fer plus profonde que lui, dans laquelle vous entretiendrez de l’eau chaude : vous mettrez votre colle en petits morceaux dans le poêlon avec de l’eau, & quand-elle fera tout à fait fondue , vous vous en fervirez avec un pinceau de poil rude, qui ne foit pas
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- TRAVAILLER LE BoiS. gp pas plus gros que le doigt. Voye^ lx Planche I. à la lettre Z.
- Vous employerez toujours la colle fort chaude , & vous ferez bien encore de chauffer les furfaces que vous voudrez joindre , avec un feu de copeau , & de les gratter avec un pointe, afin que la colle s’y attache davantage; cette derniere précaution eft abfo-lument néceffaire pour les bois durs, encore avec cela, a-t-on bien de la peine à les faire tenir.
- Quoique le boisait été travaillé Manière d« avec foin avant l’affemblage , on eft '
- encore obligé de le nettoyer après & apmiuitm-de ragréer les endroits qui ne font pas correâs. Premièrement il faut enlever la colle qui a été poulfée en dehors & qui eft reliée autour des joints ;
- & ce n’eft pas lorfqu’élle eft encore chaude qu’il faut tenter de l’enlever, ni quand elle a eu le temps de fe durcir & de fe fécher, mais feulement lorfqu’elle eft prife en conlîftance de gelée ; on l’ôte alors fort aifément avec le bout d’un couteau ou de quelque outil équivalent.
- Une machine de grand volume avant que d’êtte achevée eft fujette à
- Tome I. H
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- pp Maniéré de des coups, des chocs, des frotte mens, qui enfoncent, qui déchirent le bois, lur-tout quand il eft tendre , &-qui même peuvent l’écorner en certains endroits. Si ces accidents font peu confidérables, on les efface fur les furfaces larges avec le rabot de bout, & enfuite avec le grattoir. Ce dernier outil , eft une lame d’acier épaiffe comme celle d’un couteau, mais plus large ; elle eft chaffée à force dans un morceau de bois de bout applatti, <Ss refendu d’un trait de feie. Il y en a de droits pour gratter les furfaces planes, & d’autres qui font arrondis pour aller dans les gorges (Figure ai.) la lame n’a ni taillant ni bifeau , elle eft aiguifée quarrément , & c’eft par l’un ou l’autre des deux angles vils, qu’on la fait mordre fur le bois, en penchant l’outil. Dans les petites parties, on gratte avec les outils à bifeau du Menuilier ou duTourneur, ou bien avec des fragmens de vitres nouvellement caffées.
- Vous rémedierez aux écornures, par un applatiffement que vous ferez avec le rabot ou avec le cifeau, & fur lequel vous collerez une piece ; & quand,
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- TR AViltfER LEBoIS. pi la colle fera féche , vous rétablirez l’endroit aux dépens du bois que vous aurez rapporté.
- Vous ferez auili une recherche aux endroits des affemblages, pour affleures les tenons, & applanir tout ce qui pourrait excéder ; enfin vous ragrée-rez les onglets avec les rabots à moulures s’il y a beaucoup de bois à citer ; finon, avec le cifeau & la lime. Après ces outils on n’employe plus fur les bois tendres & communs que que la peau de chien de mer, encore faut-il qu’elle foit un peu ufée ; car quand elle eft neuve elle eft trop rude elle fillonne le bois ; les morceaux qu’on prend aux oreilles & aux n’a-geoires ont le grain plus fin, il les faut préférer à ceux qui viennent des autres parties de l’animal.
- Sur les bois durs , & même fur le poirier , les Ebéniftes & les Tâblet-tiers, après la peau de chien de mer ufée , employent une plante qu’on nomme Prefle de montagne, que les Dro-guiftes & Marchands de couleurs vendent par paquets : la tige en eft creu-fe, & elle a fur fa furface extérieure un grain, qui mord fort bien fur le
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- p2 Mamii&x »b bois & qui le rend très-uni. Quand ofl l’achete elle elt ordinairement fort! fécbe ; il faut la mouiller pour lui rendre de la fouplefi'e ; fans cela elle fe mettroit en poulftére en frottant le bois ; il y a même un avantage à l’employer mouillée, car l'eau en s’in-linuant dans le bois , en redrelfe le poil ( difent les ouvriers ) que l’outil à bifeau a couché, on l’enlève quand il eft fec, en y revenant une fécondé fois, avec la prefle qui n’eft plus que fouple.
- Vous pouvez auffi employer la prefle fur l'yvoire, fur la corne & fur l’écaille, pour unir, & emporter les petites inégalités ou filions queles outils auroient pû y laiffer ; mais ni ces matières , ni les bois durs ne recevront par-là le poli luifant. oîak'bou hesÉbénifles&lesTablettiersfrot-K ]' rcnl* tent leurs bois, quand ils font travail-drcjoidnt. ]ée, avec de la ciré de bougie, qu’ils étendent en frottant fortement avec des morceaux de bois debout taillés de la grandeur & de la figure qu’il faut, pour fuivre le bois dans toutes les parties de fa furface & fur-tout dans les angles, & pour enlever tout
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- TRAVAILLER LE Bois. pj le fuperflu de la cire, & n’en laiffer pour ainfi dire que dans les pores. Ou bien quand les furfaces font grandes, ils étendent la cire avec un faifceau de paille de feigle , ou de joncs, bien ferré d’un bout à l’autre avec une fif. celle comme le tabac, & coupé fort près du lien.'Quand ils ont enlevé toute la cire que le poliffoir peut emporter , ils finiffent par frotter vigou-reufement leur ouvrage avec quelque morceau d’étoffe ,• ou d’un gros bas de laine qui donne le lullre.
- Vous pourrez fuivre cette pratique pour tous les bois durs qui font parés par quelque couleur naturelle , que la cire exalte & fait valoir; mais pour ceux qui font deftinés à être peints , gardez vous bien de les cirer; je dirai a la fin de la fécondé partie de cet ouvrage , comme il faut les décorer. Vous ne-cïreréz pas non plusl’yvoire, ni la corne, ni l’écaille ; mais vous les polirez en les frottant d’abord avec de la ponce broyée à l’eau , & enfuite avec un morceau de peau de buffle & un peu d’huile d’olives & de tripoli en noudre très-fine.
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- 94 Maniéré de
- Je n’employe guère l’écaille 8c lî corne, que pour faire des chapes aux 1 verres, qui fervent pour les expériences fur la lumière, les Lunettiers coupent la lunette qui reçoit le verre, avec un compas dont une despointes eft taillée en grain d’orge ; & ils font la rainure intérieure pour loger le bord du verre , avec une rofette d’acier , dont la circonférence eft taillée en fraife : ils font tourner cette rofette montée fur un arbre entre deux pointes, avec un archet, & ils lui pré-îentent iucceffivement toutes les parties du bord intérieur de la lunette, après quoi ils chantournent l’extérieur avec une fcie dç marquetterie, des limes, &c.
- Si vous n’avez point de quoi imiter ce procédé, vous pourrez vous fer-vir du tour en l’air , de la maniéré fuivante : coupez votre feuille de corse ou d’écaille en quarré long; faites-le entrer à couliffe & un peu à force, fur la face bien dreffée d’un de vos mandrins, comme il eft repréfenté en A, Fig. 22. ouvrez la lunette avec le grain d’orge, & tenez la un peu plus
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- Avis Terni • I > JZ*'Part. IL, SP.
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- ÏRAVAtllER LE BpIS. étroite que votre verre , formez la rainure avec un outil en crochet : citez la piece de deffus le tour, & avec la fcie , la lime , le grattoir, donnez-lui la forme comme en B.
- La.corne & l’écaille s’amolliffent par la chaleur; préfentez donc la piece pendant quelques minutes au-def-fus d’un réchaud rempli de charbons allumés ; chauffez la lunette de l’un &de l’autre côté, mais modérément, de crainte delà brûler, & quand vous fendrez qu’elle eft devenue flexible , vous poufferez le verre dans la rainure, & il y fera retenu, parce que la lunette fe relîérrera en fe refroidif-fant.
- Non-feulement l’écaille & la corne deviennent flexibles, commé je viens de le dire, mais elles s’amolliffent au point de fe mouler & de fe fouder ; s’il vousprenoit envie d’employer ces matières, pour des montures de mi-crofcopes ou pour quelqu’autrè ufa-ge, vous pouvez compter que vous en ferez des tuyaux, & d’autres pièces creufes en procédant comme je vais vous le dire.
- Pour faire un canon ou tuyau ,
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- ’96 ManiE rb b H coupez la feuille de corne ou d’écaiî-le de la grandeur convenable à votre deffein; aminciffez avec la lime les deux bords qui doivent fe joindre, afin qu’étant l’un fur l’autre, il n’en réfulte qu’une épaiffeur égale à celle de la piece ; amolifl'ez cette piece ainfi préparée dans l’eau bouillante , & lorfqu’elle fera fuffifamment fou-pie , tournez-la promptement fur un cylindre de fer alfujetti par un bout dans un étau , & chauffé au point de commencer à fondre l’écaille ou la corne ; couvrez la jonftion des deux bords avec un autre fer également Chaud & un peu creufé en gouttière; ferrez ces deux fers en les liant enfem-ble par les deux bouts avec du fil de fer recuit, dont vous tordrez les deux bouts réunis avec une pince ; & laif-fez le tout fe refoidir : il en réfultera une foudure , qui ne s’appercevra point quand la piece fera travaillée ; les ouvriers, qui ont fouvent de ces fortes de foudures à faire ont de grof-fes pinces, de différentes formes & grandèurs qu’ils font chauffer, & avec lefquelles , ils ferrent les parties qu’ils ont intention de fouder.
- Si
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- Tr-àVaïl ler r.fi Bois. 97 "Si vous voulez faire une piece creu-fe , comme un cul-de-lampe, un couvercle ,une cuvette,&c. vous aurez un moule de cuivre , de la grandeur qui vous conviendra , & qui fera en dépouille comme un poids de marc ;
- & une autre piece maflive de cuivre, qui ait extérieurement la même forme, mais plus petite, afin qu’il y ait un intervalle entre elle & la piece ereu-fe. Vous arrondirez circulairement une feuille de corne ou d’écaille , vous la placerez fur le moule creux, & par-defîus vous mettrez la fécondé piece de cuivre , & le tout fous une petite prefle de fer. Vous plongerez cette preflfe avec ce qu’elle contient dans l’eau bouillante & à mefu-re que la corne ou l’écaille s’amollira , vous ferez agir la prefle pour l’enfoncer dans le moule ; après quoi, vous ferez refoidir le tout hors de l’eau, fans deflerrer la prefle. \ Si vous n’avez que quelques petites pièces à mouler ainfi, vous pourrez vous difpenfer d’avoir une prefle ; il fuffira de tenir pendant quelques minutes , l’écaille ou la corne dans l’eau bouillante pour l’amollir, de faire Tome I. I
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- $8 Miniers de chauffer les deux pièces du moule $ & de la prefler dans l’étau de votre laboratoire. L’écaille ou la corne, ainli préparée, fe travaille enfuit® comme le bois ou l’y voire.
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- ritATAiixBR le* Métaux, pp
- CHAPITRE II.
- Pu choix des Métaux ,& de la ma' niere de les travailler.
- Article Premier.
- Sur le Choix des Métaux.
- Q u s avons deux fortes dé choix à faire quand nous faifons entrer des métaux dans la conftruâion de nos inftrumens ; non-feulement nous devons employer de préférence , celui qui efl de la meilleure qualité dans chaque elpece ; mais nous devons encore avoir l'attention , de ne point mettre en oeuvre tel ou tel métal, dans certaines circonftances ou nous pouvons prévoir qu’il fera d’un mauvais ufage : car ce n’efl: point allez qu’une machine falfe fon effet en for-tant des mains de celui qui l’a faite ; il faut encore qu’elle ne foit pas de nature à fe détruire d’elle-même par le mauvais affortiment des matières qui la coropofent. S’il faut donc ab-
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- J00 MiSIU! de' ; \
- {plument quelque piece de métal S une machine deftinée à être touchée par du mercure, je la ferai de fer ou d’acier, parce que je fçai que tous les autres métaux s’unifient, s’amalgament avec ce liquide métallique , & qu’en les pénétrant il s’attache à leurs furfaces , ou qu’il les amollit, & leur ôte leur confiftance naturelle. Je n’employerai ni le plomb ni l’étain dans un infiniment, qui pourra être expofé à des degrés de chaleur , que ces métaux ne peuvent fouf-frir fans tomber en fufion 5 j’éviterai de faire frotter le fer contre le fer, le cuivre contre le cuivre , parce que l’expérience m’a appris, que deux pièces du même métal r s’ufent davanta-
- fc l’une fur l’autre, que fi elles étoient une de fer, par exemple, & l’autre de cuivre, &c, je ne m’étendrai point cependant ici fur ce dernier choix, parce que je penfe qu’il eft plus à propos de garder ce que j’ai à en dire pour latroifieme Partie de cet Ouvrage, où je parlerai en détail de chaque infiniment.
- r.’« «d*ar- Je n’ai guère fait ufage des métaux précieux, je veux dire de l’or ni de
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- TRAVAILLER/LES MÉTAUX. IOL l’argent, dans nos inftrumens de Phy-fique. L’étain & le plomb n’y en-trentpasnon plus bien fréquemment; c’eft au fer & au cuivre que nous avons le’ plus affaire ; c’eft donc principalement fur ces deux métaux que rouleront les avis que j’ai à donner dans ce Chapitre.
- Je ne vois pas que vous ayez be-foin d’autre or, ni d’autre argent, que de celui qni eft battu en feuilles très-minces , pour l’ufage des Doreurs en bois , ou bien de quelques gros de ce fil trait, ou filé fur foie, dont les fabriquants de galons & les Cartifanniers font ufage : il faut acheter cela chez les Batteurs& les Fileurs d’or, qui en tiennent de différentes épaiffeurs & groffeurs.
- Vous pourriez délirer pour la caf-folette de la première Leçon un eoly-pile d’argent, & pour le pyrométre de la XIV'. un cylindre d’or &un autre d’argent tirés à la filière ; je vous confeilie de vous adreffer pour cela à un Orfèvre , vous en trouverez dans toutes les grandes Villes , & la marque du poinçon vous répondra du titre de la matière.
- Iiij
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- le jalomb.
- io2 Manii* b bs
- Il y a dans le commerce trois for^ tes d’étain, fçavoir l’étain plané, l’étain Tonnant, & l’étain commun; aucun de ces trois étains , n’efi: parfaitement pur, c’eft celui de la première efpece qui a le moins d’alliage , c’en: auffi le plus doux , le plus liant ; celui de la fécondé efpece contient du bifmuth, du cuivre rouge ôc du zinc, c’eft celui qui a le plus de confiftance & qui fe travaille le mieux : l’étain commun eft allié avec du plomb , 8c quelquefois avec un peu de cuivre jaune. La quantité de plomb qu’on a mêlé avec, l’étain fe connoît par la marque : il doit y avoir deux marques de poinçon, fur celui qui contient un tiers de plomb, trois, fur celui qui n’en à qu’un {. 8c quatre, quand il n’eft entre que trois livres de ce métal fur un quintal d’étain plané.
- Quand vous compoferez le métal des miroirs, foit pour lestélefcopes, foit pour les autres expériences de catoptrique, c’eft l’étain le plus pur qu’il faudra employer : fa péfanteur Ipécifique eft à celle du plomb, comme 7 à 11 , plus il appro-
- chera de ce rapport, moins il conticn-
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- TRAVAILLER LES MêTAUX. IOJ dra de ce dernier métal, gui eft celui dont vous avez le plus à vous défier.
- L’étain s’étend fous le marteau , & l’on en fait des feuilles très-large, de différentes épaiffeurs, qui fe distinguent par des numéros ; les Maîtres Miroitiers qui s’en fervent pour mettre des glaces au teint, en cèdent à ceux qui n’èn ont befoin que d’une petite quantité ; fi l’on en veut davantage & à choifir, il y en a une fabrique dans la grande rue du fauxbourg faint Antoine à Paris.
- Vousn’aurez pas grand choix à faire pour le plomb, le vieux vous fervira également comme le neuf, quand il aura été refondu, fauf le déchet. 11 y a actuellement dans Paris & ailleurs: des fabriques de plomb laminé , & des Bureaux où il le débite ; c’eft celui dont vous ferez le plus d’ufage ; vous en trouverez de toutes épaiffeurs à choifir. Il faut l’examiner avant de l’employer, pour voir s’il n’efl point
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- 'te>4 Manière de n Choififfez toujours le fer le plus doux, il fe coupe & felimè plus facilement, prend, un plus beau poli, & fouffre qu’on le plie à froid, ce que. vous ne pourriez pas faire à du fer aigre fans rifquer de caffer la piece : vous reconnoitrez le fer doux aux marques fuivantes : il fe lailfera plier plufieurs foisenfenscontraires, avant de fe caffer , à moins que la piece ne foit fort groffe, & quand il fera caffé, il vous fera voir un grain menu, plus égal , plus homogèn; que le fer aigre , qui paroit avec de groffes parties brillantes, parfemées dans un grain plus fin.
- Il faut aufli éviter les pailles & les gerfures, & mettre au rebut les morceaux où vous en appercevrez: ceux où il y en a beaucoup ont un mauvais fon, & quand on a découvert la fuperficie avec la lime, on apperçoit des raies noires qui vont fort avant dans le métal.
- Quand vous prendrez du fer chez un Marchand , choififfez-le de figure & de grandeur proportionnées à l’u-fage^ue vous en voulez faire, afîh qu’il y ait moins à travailler, à la for-
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- Travailler les Métaux, ioj te & à la lime, ce qui vous épargnera au charbon, & de la main d’œuvre. Si vous achetez du fer en tôle , préfé-rez les feuilles les plus unies, les plus droites , les plus égales en épaifleur dans toute leur étendue. Si c’ell du fer enduit d’étain, qu’on appelle/eri/anc, il y en a de pluueurs modèles ; le plus grand eft auffi le plus fort, prenez celui qui fera le plus propre à l’ufage que vous en voulez faire, foit par fes di-menlions, foit par fes autres qualités ; niais quel qu’Hfoit,il faut prendre garde s’il e(l bien uni, & également étamé. Celui qu’ontire d’Angleterre a un avantage fur celui de France; il eft apparemment plus doux & plus duftile, car les ouvriers difent qu’il fe forge mieux à froid, pour en faire des pièces creu-fes , ce qu’ils appellent enboutir.
- Vous aurez befoin de quelques plateaux en fer coulé pour dreffer vos récipients: demandez de ceux qui fervent aux Chapeliers pour l’apprêt ; & tâchez de les avoir droits & le plus unis que vous pourrez, afin que vous ayez moins à faire avec le grès , pour ufer la première furface qui eft toujours trop rude.
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- to6 M an im » R
- L'acier qui n’eft qu’un fer apprêté demande aufli du choix ; les Marchands en tienent de toutes groffeurs à choifir ; il y en a en billes quarrées ; il y en a en petits barreaux pour les burins, pour les forets ; il y en a en fil rond pour les vis. Les meilleurs aciers font ceux qui viennent d’Allema -gne , & d’Angleterre ; mais ces derniers font plus difficiles à manier au feu & à la trempe ; quand vous aurez ufé vos limes d’Allemagne, fi vous ne les faites pas retailler, ou fi elles l’ont été plufieurs fois, vous vous en fer-virez utilement pour faire plufieurs pièces en acier ; & même des outils pour tourner, qui feront très-bons.
- L’acier fans la trempe ne nous ren-droit guère plus de fervice que le fer doux ; c’eft par cette façon qui coûte fi peu qu’on lui donne la dureté qui le caraftérife : on fait chauffer le morceau , quand il eft travaillé, on lui fait prendre le rouge couleur de ceri-fe; & quand il eft dans cet état, on le plonge fubitement dans l’eau froide ; voilà en gros comment on trempe l’acier ; mais un ouvrier expérimenté & intelligent, donne la chau-
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- travailler les Métaux. 107 de avec précaution, ayant égard à la grôfleur de la piece , à la qualité de l’acier, & il la plonge de maniéré à lui confërver fa figure, ce qui eft af-fez difficile , quand le morceau eft long & large. L’acier (^Angleterre demande plus d’attention qu’aucün autre, il fe brûle aifément ; fi la piece eft un peu épailfe, il faut ralentir de temps en temps le feu fur la fuper-ficie , pour lui donner le temps de pénétrer ïufqu’au centre ; cela fe fait en jettant du fable fec & froid deflus par pincées. 11 faut plonger debout & fort vite les pièces plattes & longues , afin que la matière condenfée également & en même-temps de toute part, ne leur permette ni de fe courber, ni de fe voiler.
- L’acier ainfi trempé a toute la dureté qu’il peut avoir, & le plus fou-vent il en a trop, ce qui le rend extrêmement caffant : des outils tranchants feroientbien-tôt égrenés, s’ils étoient fi durs ; on modéré cette dureté exceffive par un recuit, c’eft-à-dire , en chauffant la piece modérément & par degrés.
- La couleur de l’acier qui fort de 1»
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- Ï08 MANIERE B fi trempe, eft un blanc matte tirant fur le
- Srisjquandon lechauffe denouveau, commence à devenir un peu jaune ; enfuite il devient d’un rouge pourpre ; après cela il paffe au violet bleu, après quoi lï on le chauffe davantage , il devient gris & a perdu toute la dureté qu’il avoit acquife à la trem-
- Pe-T, •
- L acier revenu au jaune convient aux burins, aux cifeaux à couper le fer & le cuivre, & généralement à tous les outils, qu’on fait agir fur des matières très-dures, & dont le tranchant n’eft point fort aigu : dès qu’ils ont acquis cette couleur, il faut donc les plonger promptement dans l’eau froide, pour empêcher qu’ils ne fe re-cuifent au-delà. Vous ferez revenir à la couleur purpurine, les outils qui doivent être aiguifés fous de plus petits angles, tels que font ceux du Tourneur en bois & du Menuifier , ainli que les pièces qui auront befoin d’un peu de flexibilité. Enfin vous amènerez au bleu violet, les refforts minces, les fcies, & généralement tout ce qui doit être très-flexible avec une certaine dureté.
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. 100 Souvent la trempe n’efl néceffaire qu’àun endroit de la piece; il eft inutile , par exemple , qu’un burin foit trempé dans toute fa longueur ; vous ne chaufferez donc & ne plongerez dans l’eau que le bout qui a befoin de devenir dur ; ce qui n’elt qu’inu-J tile dans un gros outil, deviendrait une imperfeâion très - incommode dans, un foret, il fe-cafferoit fouvent par l’effort de l’archet ; auffi l’Horlo-
- rr n’en chauffe que le petit bout à flamme d’une chandelle , foufflée avec un chalum<jp, & il la trempe , en l’enfonçant dans le fuif de la chandelle même. Vous voyez par-tout ce détail qu’il y a du choix non feulement pour la qualité de l’acier, mais encore pour la maniéré de l’employer & de le faire valoir.
- Il y a une façon de durcir le fer doux, qu’on appelle tremper en paquet. Voici en quoi elle confifle : détachez de la fuie de cheminée, la plus dure & la plus compafte ; broyez-la avec de l’urine ,• réduifez-la en confiftance de mortier; formez un boîte de grandeur convenable avec une feuille de tôle ; étendez dedans un morceau de
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- ffio Masiihï dS vieux linge , & mettez au fond une couche épaiffe comme le doigt, de votre fuie détrempée , fur laquelle vous placerez les pièces de fer que vous voulez tremper ; & vous les recouvrirez d’une pareille couche de fuie ; fi tout votre fer ne peut tenir entre ces deux premières couches, vous ftratifierez le relie entre la fécondé & une troifieme, &c. vous re-plirez le linge par-deffus pour mieux contenir & ferrer le tout enfemble ; vous couvrirez la boîte, avec un couvercle de tôle, qqfcntre deffus, comme celui d’une tabatière , mais avec beaucoup d’aifance : vous la ferez chauffer dans un feu de charbons que vous entretiendrez bien ardent, & vous la ferez rougir couleur de cerife, en dedans comme en dehors; quand elle aura été pendant une bonne heure dans cet état, vous l’enlèverez avec des pinces, & vous renverferez promptement tout ce qu’elle contient , dans un feau plein d’eau fraîche , ayant foin de remuer avec un bâton ou avec Ja pince même , pour décrouter le fer, & le dégager, de la fuie dont il eft enduit.
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- TBAVAItm UES MÉTAt». lit
- Les Armuriers & autres ouvriers qui trempent en paquet, varient beaucoup fur le choix des drogues dont ils enveloppent le fer ; la corne râpée, le vieux cuir brûlé, la cendre de bois neuf, le fel ammoniac, &c. font autant de matières qui peuvent fervir àcet effet ; j'ai indiqué la fuie & l’urine , parce que j’en ai toujours vu faire uîâge avec fuccès.
- _ Le fer trempé de cette façon devient acier fuperficiellement & relie doux dans le fond : il en réfulte un avantage ; les pièces en font moins fujettes à fe calfer.
- Le cuivre eft naturellement rou- le «.v. geâtre , le meilleur eft celui qu’on ™«'.*J** nomme rofctti. On le rend jaune en le faifant fondre avec la calamine. Ce minéral, qui n’eft point cher, en lui donnant la couleur en augmente auf-fi la quantité & le poids, ce qui paye la façon, de maniéré que iil’onn’a-voit égard qu’au prix du métal, il ferait prefqu’indifférent d’employer l’un ou l’autre : mais le cuivre rouge eft plus gras, plus mol, & plus flexible que le jaune , & pour ces raifons •il n’eft guère propre à employer, que
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- 'ni Maniéré de dans les ouvrages qui paflent par leS mains du Chaudronnier, & qui fefaçonnent prefque entièrement autnar-teau : de plus il devient allez brillant au poli, mais il fe falit promptement, fe charge de vert de gris, ou devient prefque noir ;'ainfi quand vous vous en fervirez, vous fe^z biensde le couvrir de quelque peinture détrempée à l’huile ou au verni, pour vous épargner la peine de le repolir fouvent.
- Le cuivre jaune fort de la fabrique en planches ou en feuilles , Sc dans cet état on le nomme laton où laiton ; il eft doux & flexible, mais bien moins que le cuivre rouge ; il fe lène beaucoup mieux, & prend un poli plus beau & plus durable : c’eft celui que vous emploierez prefque toujours, & vous choifirez les morceaux dont vous aurez befoin , dans des planches d’une épailfeur convena-' ble à la pièce que vous voudrez faire, afin qu’il y ait moins de perte.
- Ce même cuivre fe fond fans perdre fa couleur ; ainfi vous aurez recours à cet expédient , quand vous aurez à faire des pièces plus fortes , que vous ne pourriez les trouver dans l’épai fleur
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- travailler les Métaux. 113 l’épaifTeur du laiton ; ce qui vous épargnera de la perte & du travail ; mais l'oyez averti que le laiton refondu à plufieurs fois, s’appauvrit, devient aigre & caflant : c’ell: pourquoi vous aurez foin que les pièces foient coulées en cuivre,neuf, en fragments ou rognures de laiton , ( ce qu’on appelle mitrailles ) afin qu’elles en ayent prefque toute la duétilité, & qu’elles puiffent fouffrir le marteau fans fe caffer : vous réferverez donc pour ces ouvrages de fonte , toute îa limaille & tous les petits morceaux de laiton qui fe feront dans votre laboratoire ; mais recommandez bien qu’il ne s’y mêle ni fer ni acier ; car s’il s’en trouve dans les pièces que vous aurez fait mouler, vous aurez bien de la peine à les travailler à la lime & au tour : vous pourrez en purger vos mitrailles, en les étendant fur une table 8c en promenant deflus un aimant naturel ou artificiel, qui fe chargera de toutes les parcelles de fer, qu’il y rencontrera, & par ce moyen vous les enlèverez.
- Quoique le mercure n’ait point la i confiftance de folide & qu’il ne fe
- Tome I. K.
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- travaille point comme les métaux proprement dits, cependant il eft fi fouvent employé dans les expériences , & il fournit tant de commodités au Phyficien , que je ne puis me dif-penfer d’en dire ici quelque chofe : je me bornerai à quelques réflexions fur fes principales qualités, parce que je dirai ailleurs comment on doit l’employer dans tel ou tel cas.
- Ce que le mercure a de plus avantageux pour la Phyfique expérimental* , c’eft fa péfanteur fpécifique qui eft près de quatorze fois aulfi grande que celle de l’eau commune, fa grande fluidité , à l’aide de laquelle nous pouvons le faire paflèr dans les cavités les plus étroites, & dans l’intérieur des corps les plus denfes ; enfin la propriété finguliére qu’il a de mouiller les métaux, de s’amalgamer avec la plûpart d’entre eux, & de ne s’attacher qu’à des matières métalliques.
- C’eft la fécondé de ces trois qualités qu’il nous importe le plus d’y trouver, & qui peut s’altérer le plus facilement , foit que quelque matière gratte ou vifqueufe s’attache à lui, foit qu’il touche du plomb, de l’étain,
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. Ijy Sx. & qu’il en diflolve «ne partie. Si le mercure a perdu une partie de fa fluidité, en le faifant couler fur un papier blanc, il fe traînera deflus en éaifant la queue , & il falira 1a place par où on le fera pafler ; pour le purifier, vous le laverez dans plufieurs eaux bien nettes, vous le tamiferez avec des linges fins & blancs de lelfl-ve, jufqu’à ce que vous en ayez enlevé toute l’humidité ; vous finirez par le faire pafler à travers un morceau de peau de chamois tout neuf.
- Si après ces lotions avec de l’eau pure, le mercure mis à l’épreuve vous paraît encore fale , vous le laverez dans du vinaigre, Se enluite avec de l’eau, & vous le paflerez comme ci-devant ; enfin fi cela ne fuflit pas encore , mettez-le dans une cornue de verre avec de la limaille de fer par-deflus , & faites-le diftiller dans un matras rempli d’eau bien claire , juf-qu’aux deux tiers de fa capacité.
- Puifque le mercure pénétré très-ailement dans les métaux, excepté dans le fer auquel il ne s’attache pas du tout, Sc le cuivre auquel il s’unit àpeine fuperficieUement, quand yous Kij
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- 116 Manière de aurez à manier du mercure , n’ayez, point aux doigts de bijoux montés en or ou en argent s n’en verfez point dans des vaiffeaux d’argent ni d’étàin ; ne pofezpoint de chandeliers argentés ni dorés fur la table où vous aurez travaillé avec ce fluide- métallique ; enfin ne faites toucher ni montre , ni tabatière, ni rhonnoie, au linge & au chamois, <jui vous auront fervi à le fécher ou à le pafler.
- Outre ces qualités dont je viens de parler, le mercure a encore celle de fe réduire en vapeur, quand on le chauffe à un certain point, & alors il peut s’infinuer par les pores de la peau, & faire beaucoup de tort; prenez des précautions contre ces accidents : s’il efl néceffaire que vous faf-fiez chauffer du mercure , ne tenez ni le vifage ni les mains au - deffus du vaifleau qui le contient ; & s’il en tombe quelques gouttes dans un réchaud plei® de charbons allumés , tenez-vous à l’écart pendant quelque temps : le mieux eft de ne chauffer le mercure que fous un large manteau de cheminée.
- Nous faifons quelqu’ufage des fe-
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- .‘TRAVAILLER LES Métaux. 117 mi-métaux, du zinc, du bifmuth, de l’antimoine, de la mine de cobalt ; mais nous ne les employons que comme ingrédiens dans certaines comportions ; je dirai comment il les faut choifir à mefure que I’occalion fe pré-fentera de les mettre en oeuvre.
- Article II.
- Sur la maniéré de travailler Us métaux'.
- Les métaux fe fondent & fe coulent dans des moules ; on les forge à chaud & à froid ; on les durcit & on augmente leur élafticité ; on les coupe à la fcie & au cifeau ; on les perce à chaud & à froid; on les façonne en les faifantpaffer par des filières; on les lime , on les ufe, on Jes aiguife avec des fables, ou fur certaines pierres ; on les tourne ; on les alfemble par des brafures, par des foudures, par des ri vures, par des goupilles, par des vis ; enfin on les polit, & on leur fait prendre un brillant dont ils font plus fufceptibles qu’aucune autre ma-
- Je ne vmis confeille pas d’entreprendre le coulage ni au fer ni du
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- I lS MANIERE UE cuivre , ces deux métaux ne peuvent! fe fondre qu’à grand feu ; la prépara* lion des moules exige beaucoup d’appareil , & vous cauferoit trop d’embarras pour Iapetite quantité d’ouvrages de cette elpece, dont vous aurez affaire : je ne vois pas non plus qu’il foit néceffaire que vous ayiezune forge chez vous ; chargez-vous feulement de préparer des modèles pour le Fondeur & pour le Forgeron : ce qui vous reliera à faire au feu, vous en viendrez à bout avec du charbon de bois que vous allumerez dans une poêle de fer , & un foufflet à double vent, un peu plus grand que ceux dont on fe fert pour allumer le feu d’un appartement. Fig. i. PI. IF.
- Modèle pour Vous ferez vos modèles en bois ,
- Jj p°r*?t0,“ pour les ouvrages de forges , en ob-rondeur. îèrvant de ne laifler que des maffe*. aux endroits qui ne peuvent être figurés qu’au tour ou à la lime ; & en recommandant pour le relie, qu’on fuive toutes les dimenlions , le plus près qu’il fera polüble ; que la fuper-ficie du fer en fortaüt de la forge foit nette , qu’elle ne foit point écailleu-fe ; qu’il n’y ait point de gerfuies, &
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. Ilj que la piece fe refroidilfe lentement, ôc enterrée fous la cendre.
- Vous ferez auffi en bois les modèles que vous enverrez au Fondeur, fi l’ouvrage doit être plein & uni, c’eft-à-dire travaillé feulement à la lime ou au tour; mais fi vous voulez qu’il fort orné de quelque cizelure, vous ajouterez ces parties en cire fur le bois , fi vous le fçavez faire , linon vous les ferez modeler par un Sculpteur, ou par le Cizeleur. Four bien faire , il faudroit fondre en plomb fur ce premier modèle , faire réparer la piece par un Cizeleur , S vous ell fervir pour faire couler-en cuivre.
- Quelque modèle que vous donniez au Fondeur, fongez que quand il aura fait fa place dans le fable , Il faut qu’on puifle l'oter fans rien gâter à la forme qu’il aura imprimée ; il faut donc qu’il y ait de la dépouille partout , c’eft-a-dire que les parties enfoncées foient moins grandes que celles qui font au-deflus; fi par exemple la partie A d’une piece doit être comme abçi, Fig. 2. lorfqu’elle fera travaillée , il faudra la tailler dans le modèle cotone e c df, & dans le creux
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- ce fera la même chofe ; fi vous pro* jettez de faire une cavité cylindrique vous la rendrez dans le modèle plus étroite du fond que de l’entrée.
- LesFondeurs.coulentfur des noyaux qu’ils ajuftent dans leurs moules, les pièces qu’on leur demande creufes , & c’eft la grolfeur du noyau, qui détermine Pépaiffeur de la piece coulée; vous aurez loin de la défigner par une partie excédente; fi par exemple, vous projettez de faire un corps de pompe , & que vous demandiez au fondeur un cylindre creux , vous lui donnerez un cylindre de bois plein comme B C,Fig. 2. & vous réferverez à chaque bout une partie cylindrique D,oud, fur laquelle il réglera l'on noyau, pour donner à la piece l’é-paiffeur que vous demandez.
- Noubliez pas en faifant vos modèles , que le cuivre fe retire fur lui même en fe refoidiffant ; & que cette retraite vous donnera toujours la piece coulée plus petite que le modèle ; par conféquent, il faut tenir celui-ci un peu plus fort que l’ouvrage qu’il repréfente.
- Mais la même caufe qui rend la piece
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- TRAVAILLEE LES MÉTAUX. 121 don-e eft
- ce la tonte, la fuperficie doit être enlevée tant en dedans qu’en dehors ;
- & après cela, il fe trouve encore allez fouvent des défauts qu’il faut atteindre ; ce qui met dans la néceffité de faire les modèles plus grands que l’ouvrage projetté.
- S vous êtes éloigné des villes où ' il y a des Fondeurs, & que vous vouliez couler quelque piece en plomb, comme des boules, des poids en forme de poires , quelque malle figurée pour donner du poids à une grande roue, &c. vous en ferez le modèle en bois dur bien uni, ou en terre glaifc fi vous la fçavez manier, & vous ferez un moule avec du plâtre de la maniéré fuivante.
- Je fuppofe que vous vouliez mou- Ml, 1er un certain nombre de poids, quide mot ayent la figure d’une poire, comme f^“b E,Fig. 3. vous en tournerez un modèle en buis, que vous aurez foin de
- Tome I. L
- piece plus petite par dehors, la ne plus large par dedans fi ell creufe, & par ces deux effets l’épa diminue;c’ell à quoi il faudra que ayez encore égard.
- Enfin le métal eft brut en fo
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- bien unir ; vous l’enfoncerez parallèlement à fon axe dans une petite caif-fe de bois , remplie de terre glaife,, de maniéré qu’elle foit moitié dedans, & moitié dehors exaâement ; <5f vous applanirez bien la glaife tout autour, vous élèverez les bords de la caiffe avec un cadre de bois mince dont les côtés foient plus hauts, que la moitié de l’épaiiTeur de la poire , & après avoir enduit avec un peu d'huile, la partie découverte de celle-ci, vous verferez du plâtre fin détrempé un peu clair, jufqu’à ce que le cadre foit plein.
- Une heure ou deux après quand le plâtre fera bien pris, vous enlèverez doucement le cadre avec le plâtre qu’il contient, & vous y trouverez 1 empreinte de votre demie poire, que vous ôterez de la glaife pour la replacer dans le plâtre, aptes l’avoir bien efluyée & frottée d’huile ; vpuscreu-ferez avec la pointe du couteau deux trous /,/, en dépouille comme pour placer le bout du doigt, à la profondeur de 3 ou 4 lignes, & vous lailferez fécher le tout jufqu’au lendemain.
- Le plâtre étant féché ou du moias
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX, lâj
- durci, veut enduire* d’hüile toute la furface & l’intérieur des deux trous /,/, vous le placerez fur une table de niveau , & vous élèverez les bords avec un cadre pareil au premier, & un cordon de cire molle que vous mettrez fur la jonétion en dehors, X vous verferez du plâtre détrempé comme la première fois.
- Quand le plâtre fera bien pris & durci , vous ôterez la cire molle, & vous féparerez doucement les deux cadres : vous ôterez le modèle , & avec quelque outil tranchant vous ferez partie dans l’un, partie dans l’autre plâtre,un trou évafé comme g pour verfer le métal ; & en h, la place d’un fil de laiton , qui s’avancera jufqü’au milieu du creux avec un petit empattement ; ce fera pour faire le crochet du poids.
- Les deux trous f , f, auront fait prendre à l’autre partie du moule deux mamelons, qui ferviront de repaires j mais malgré cela , il faudra lier les deux enfemble avec une ficelle bien ferrée, foutes les fois que vous voudrez y couler du plomb. Par cet exemple , vous voyez ce que vous aurez à
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- iî4 Masiïîï ns
- faite , s’il vous prend envie de mous
- 1er d’autres pièces.
- Le fer ne fe forge qu’à chaud ;
- Smé- quand il eft battu à froid il fe roi-dit & fe cafte, ou fe gerce ; la plupart des autres métaux s’étendent fous le marteau jufqu’à un certain point fans qu’on les chauffe ; le cuivre jaune même a cela de particulier, qu’on ne le peut forger qu’à froid ; s’il étoit chaud vous l’écraferiez fur l’enclume : mais quoique l’or, l’argent & le cuis vre des deux efpeces, ' je veux dire le rouge & le jaune, fe forgent ainfi, après qu’ils opt été battus jufqu’à un certain point, ils ont acquis une telle dureté & une telle roideur, qu’on ne peut plus les étendre au-delà ; on éft obligé de les recuire, c’eft-à-dire de les faire rougir au feu, fi l’on a befoin rie les étendre davantage.
- Battre le métal à froid , c’eft ce qu’on appelle écrouir, c’eft un moyen bien commode, de le rendre plus ferme , plus diadique, plus fonore, & fufceptible d’un plus beau poli ; fer-vez-vous-en donc pour faire prendre ces qualités au laiton, toutes les fois qu’u en fera befoin ; mais n’ou-
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- ' TRAVAILLE* LES MiTAÜX. 12 J bliez pas qu’il ne les acquière qu’aux -dépens de fa duftilité , & qu’une piece écrouie fe caffe plus aifément qu’une autre, qu’on ne peut plus la plier , fans rifquer de la rompre, & qu’elle aura peine à former une bonne rivure, li elle a perdu fa fouplef-
- L’écrouilfage n’ell pas le feul moyen que nous ayons de durcir le métal,
- & de le rendre aigre & fonore. La trempe durcit prodigieufement le fer préparé en acier ; l’alliage produit prefque le même effet fur les autres métaux ; le cuivre mêlé à l’argent ou à l’or , lui donne plus de corps , en fait un métal plus dur ; l’étain mêlé au cuivre, le rend plus aigre, plus çaf-fant, plus fonore ; les femi-métaux produifent le même effet, l’étain Tonnant devient tel, par le zinc& le bif-muth qu’on y mêle, &c ; mais l’alliage rend prelque toujours le métal plus fufible , & c’eft fur cela qu’ell fondée la compofition des différentes foudu-res, dont je parlerai ci-après.
- Le métal pur, fans en excepter le DiKrente, fer doux, fe coupe à la fcie & au ci-feau ; mais ces outils doivent être de couper its L iij
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- ufi Manier? » s
- bonne trempe, e’eft-à-dire , revenus tout au plus à la couleur purpurine, tes fcies propres à couper le métal font montées en fer, elles ont peu de longueur & de largeur, peu de voie, & les dents font petites & droites ; on les graiffe ou on les mouille pour faciliter leur palfage.
- Les cifeaux propres à couper le métal font de bon acier ; ils n’ont pas beaucoup de longueur ; les bifeaux qui forment le taillant font courts ; quelquefois il n’y en a qu’un comme au bec-d’âne; aux uns le taillant eft quatre , aux autres il eft arrondi, & tous l’ont fort étroit, en comparaifon des outils en bois. On ne trempe que le bout tranchant de ces outils , & on ne les fait revenir qu’au jaune : c’eft à coups de mafle qu’on les fait agir, & U niece doit être bien affujettie dans un gros étau comme G, Fig. 4, ou de quelqu’autre maniéré équivalente; la mafle diffère du marteau, en ce que les deux bouts font quarrés ; fi les fa-ces font acérées, un peu creufes, & non polies, elles en feront plus pro-presà frapper à coup fûr. Il faut fou-vent mouiller le tranchant du çifeau,
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- travaille» les Métaux. 157 fur-tout quand on lui fait couper du fer.
- Oa coupe auffi le fer à chaud & lorfqu’il eft bien rouge ; mais on fe fert d’un cifeau plus long , ou bien il eft emmanché dans le bout d’un bâton fendu, & celui qui doit couper, fe fait présenter le morceau fur une enclume, ou fur une bigorne , comme H, Pig. j, &il ne le coupe point a fort-fait, de crainte de rencontrer l’enclume qui eft dure,& qui gâterons le cifeau ; mais il l’entame de maniéré qu’il détache aifément la piece, en la faifant plier dans un fens & dans l’autre avec le marteau. .
- On perce auffi le fer chaud-, de la p„*““ même maniéré , avecun poinçon;em-tau». manche ; mais ce poinçon a la forme d’un cône tronqué , il fait fon trou en pouffant un morceau en dehors ; pour cet effet, celui qui préfente le fer rouge, pofe l’endroit qu’il faut percer fur une maffe de fer vuide au milieu F, qui eft placé fisr l’enclume,
- & l’ouvrier qui perce fait agir le poin-çon tantôt d’un côté tantôt de l’autre, jufqu’à ce que le morceau foit détaché , & que le trou foit à jour : SS
- Liv
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- jî8 Maniéré de chaque fois qu’il ôte fon poinçon, il le mouille pour le refroidir.
- Vous aurez fouvent à percer le fer & le cuivre à froid ; & cela fe fait avec des forets appropriés au métal & de grandeurs convenables. Je dis appropriés au métal, parce qu’on les aiguife pour le fer autrement que pour le cuivre : ceux-ci font terminés en pointe platte comme I, Fig. 6. & coupent par les deux côtés ; ceux-là ont le taillant arrondi comme K, & font aiguifés de plus court : pour le fer, on les trempe tout à fait dur, pour le cuivre, on les fait revenir au jaune.
- Les forets fe font avec du petit acier quarré qu’on trouve tout préparé chez les Quinquaillers ; on chauffe le bout & on l’élargit par quelques coups de marteau; on forme les tranchants avec la lime, on tient la tige plus menue que le bout , & on les trempe, après quoi on les aiguife; on monte les plus gros dans des bobines de bois dur , d’une groffeur proportionnée au foret, & les plus petits, dans des cuivraux ou poulies de cuivre i dont les gorges font arrondies,
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. 12$
- & que l’on place à une petite diflan-ee du bout oppofé à la mèche , auquel bout on feit une pointe tonde , mais émouffée & bien adoucie.
- On aiguife les forets, & les autres petits outils, tels que les burins, fortune pierre à l’huile , ainfi nommée parce qu’on l’humefte avec de l’huile au lieu d’eau ; les meilleures font celles qu’on apporte du Levant, on en trouve chez les Marchands d’outils ; il faut la choifïr avec des faces toutes dreffées, ni trop tendre ni trop dure, d’un grain égal par-tout, fans durillons, fans veines, fans fêlures; re-nouveller fouvent l’huile fur fes furfa-ces, afin qu’elles ne s’empâtent point,
- & promener les outils, quand on les aiguife , en différents endroits, afin qu’il ne s’y creufe point de grandes cavités ou de filions qui gâtent la pierre.
- Malgré ces attentions, vous ferez obligé de la redreffer de temps en temps, & quoique cette pierre foit fort dure, vous en viendrez à bout, en la frottant fur une planche bien droite, avec du grès, ou fur une plaque de fer de fonte.
- On fait tourner le foret avec un
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- njo Maniekb de archet g , Fig. 4, garni d'une corde de boyau; il fautquel’un & l’autre foient proportionnés à la force du foret ; c’eft-à-dire qu’il en faut avoir plu-fieurs; les plus grands & les plus forts fe font avec des lames de fleurets emmanchées dans du bois, & un bouto nau-deffus du manche, pour attacher & envelopper une partie de la corde ; à l’autre bout vous creuferez une fourchette , pour recevoir le bout de la corde, avec un nœud qui l’empêchera de fortir : li le foret eft gros, vous tournerez la corde deux fois fur fa bobine: les petits archets fe font avec de la baleine, & on les taille aufli menus que l’on veut.
- Avec le foret & l’archet, il faut une piece de rencontre poür ap -puyer la pointe moufle; c’eft un bout de planche h , à laquelle on réferve un petit manche, & fur laquelle on attache une lame de fer large comme le doigt, qui a plufieurs trous à demi-épaiffeur , & arrondis dans le fond, pour recevoir la pointe dont il s’agit ; quand les forets font fort mé-nus , allez fouvent les ouvriers ap-puyent la pointe moufle dans un trou
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- 'TRAVAILLER UES METAUX. IJI de pointeau fait à une des mâchoires de l’étau, & ils portent avec la main gauche la piece à percer, contre le foret.
- Quand on perce du fer, on met de l’huile au foret ; quand c’eft du cuivre, il vaut mieux-rfy mettre que de l’eau: mais quelque métal que vous perciez, il faut néceflairement retirer l’outil de temps en temps . fur-tout fi le trou eft profond , pour vuider le copeau & pour rafraichir le taillant.
- Souvent le foret ne perce pas le éqmrriiibiri trou, auffi gros qu’il doit être, & dans&leurui*sc* bien des occafions il eft prudent de le faire ainfi , & de fe réferver la liberté de l’ajuller exactement à la piece qui doit y entrer ; cet agrandiffe-ment qui eft alfujetti à une jufte me-fure . fç fai; avec des inftrmpens qu’on appelle équarrijfoirs, ce font des broches d’acier trempé , taillées à pans avec des angles vifs, comme h & l, Fig. 7. quelquefois il n’y en a que quatre, mais il arrondiffentmieux lestrous,quandilyenacinqoufix;il faut en avoir un alîortiment de différentes groflcurs , Si que chacun d’eux
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- !J32 Manière üï décroiffe infenfiblement depuis I« manche jufqu’à la pointe.
- A la fuite des équarrifloirs, je devrais vous parler des alaifoirs qui fervent à écroître & à nétoyér le dedans des corps de pompes, & à fortner la place de la clef dans les robinets ; mais je m’imagine, que ces inftruftions viendront plus à propos, à l’endroit où je donnerai la conftruftion de la machine pneumatique : voyez les Avis fur la Xe. Leçon.
- Si le trou qu’on a fait avec le foret eft defliné à recevoir un tenon qui doive être rivé, il faudra y faire un champfrain du côté de la rivure; vous vousfervirezpour cela d’un outil monté comme un foret, & dont la pointe très-courte, avec une grolfeur convenable , ait quatre faces, avec autant d’angles vifs comme M, Fig. 8. ou bien qu’elle foit conique & taillée en fraife , comme N. Si le trou que vous faites dans du cuivre doit être quarré, & que la piece foit mince , vous lui donnerez cette forme avec des petites limes, quand vous l’aurez fait rond a'vec le foret ; mais fi la piece eft fort épaifle, vous y ferez entrer une bro-
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. iqj the d’acier quarrée & un peu en dé-/ pouille, & vous batterez la piece tout autour fur un tas, en failant entrer la broche déplus enplus,jufqu’à ce que le trou ait la forme que vous fou-haiterez.
- Enfin fi vous voulez que ce trou reçoive une vis à tête perdue, il faut que vous y faffiez une feuillure, ou ce que les ouvriers appellent un dra-gcoir , avec un autre outil O , monté de même , mais dont le tranchant femblable à celui avec lequel on perce les tonneaux pour y placer les robinets , foit guidé par un tourillon réfervé au milieu, qui tourne jufte, mais facilement, dans le trou que le foret a mis à jour.
- Les métaux fe façonnent encore en Fffier paffant par des filières, c’efl-à-dire, f™' par des lames d’acier très-dur , per- ufagi. cées de plufieurs trous figurés intérieurement, fuivant la forme qu’on veut faire prendre àune verge de métal qu’on y fait paffer à force ; il y en a principalement de deux fortes ; dans les unes, on fait paffer le métal en le' tirant feulement fuivant fa longueur; dans les autres, il y paffe en tournaut,
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- *34 MANIERE H & la façon qu’il y reçoit, régné furie pourtour en forme d’hélice.
- Avec les filières de la première ef-pece, il faut un banc bien folide, au bout duquel on tient cet outil appuyé contre deux poupées, ou forts men-tonnets; à l’autre bout il y a un moulinet, qu’on fait tourner par deux leviers en croix ; par ce moyen on tire une groffe fangle tiflue avec de la corde, à l'autre bout de laquelle eft attaché un fort anneau de fer. Cet anneau prend & ferre en tirant les deux branches d’une forte tenaille dont les mâchoires, qui font dentées, faififfent le bout de la verge de métal , qu’on a un peu diminuée de grof-feur, pour lui faire traverfer la filière ; & par cette manoeuvre, on la force de palier de toute fa longueur & de fe mouler fuivant la forme du trou.
- Cela ne fe fait pas ordinairement d’un feul coup, mais la même filière a plufieurs trous de la même forme, & qui vont en décroifiant infenfi-blement ; le métal s’ébauche dans les premiers, il fe perfeâionne dans les autres : il faut faciliter fon pairage en le frottant avec de la cire î
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. Itf, Si comme le métal fie durcit & s’écrouit ,par la forte preffion qu’il fouf-fre dans la filiere , quand il a paffé par un des trous, il faut le recuire & le nétoyer avec du fable & de l’eau, avant de le faire pafler par un autre. Ces filières font commodes pour préparer des moulures, qui s’appliquent enfuite ayecun peudefoudure, pour orner certains ouvrages ; les Orfèvres , en font beaucoup d’ufage , & les Ferblantiers en font tirer en laiton pour enjoliver certaines pièces: on fe fert aufli de ce moyen là pour avoir des verges de métal bien unies & bien calibrées, telles qu’il les faut, par exemple, pour les tiges des boîtes à cuirs, & pour aflortir Te pyrometre. On trouve de ces filières chezles Marchands d’outils, & le relie fe peut préparer par-tout ; car on peut fub-flituer une corde à la fangle ; & le Serrurier le moins adroit, le fera affez pour faire la tenaille & l’anneau ; mais fi vous êtes à portée de Paris , ou de quelqu’autre grande ville , je ne vous çonfeille pas d’en faire les frais ; un Orfèvre vous tirera à fon banc ce que vous voudrez : le pis
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- 1^6 MANIERE DE aller fera de lui porter une filiere j s?il n’a pas celle qu’il vous faut.
- Il n’en eft pas de même des filières de la fécondé efpecc, ce font celles avec lefquelles on fait les vis ;-il eft de toute néceffité qu’il y ait dans votre laboratoire de quoi en faire de toutes groffeurs, depuis une demi-ligne de diamètre jufqu’à ÿ à i O lignes : celles qui ne feront pas plus greffes qu’une plume à écrire, & au-delfous, le feront très-bien avec des filières fimples p, Fig. <j. où la vis fe forme du premier coup, parce que le filet eft fort menu; comme il y aplulieurs trous dans chacune, il fuffira que vous en achetiez une couple ,avec les tarauds qui les aflortiflènt.
- Pour les grandes vis dont le filet doit être plus gros, vous ferez mieux d’avoir des filières doubles; on appelle ainfi celles qui font compofées de deux jumelles d’acier trempé, dont chacune porte la moitié du trou tar-raudé, & qui font montées de maniéré qu’elles s’approchent de plus en plus l’une de l'autre , par la preflion d’une vis, ce qui fait qu’elles forment le filet peu à peu fur un cylindre de
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- travailler les Métaux. 137 Métal, jufqu’à ce qu’il foit à fa per-feétion. H y a différentes façons de monter les filières doubles; en voici une qui eft folide & commode. Q ell une fourchette de fer qui a 7 à 8 lignes d'épaiffeur, un pouce i de largeur intérieurement, & environ trois pouces de longueur, avec une queue arrondie & longue de fept à huit pou-cesses deux bouts jj, fontfolidement rivés à la traverfe fi, ou elle y eft attachée par deux fortes vis, qui ont leur écroux par derrière; cette traverfe eft renflée du milieu avec un trou taraudé , dans lequel eft une vis groffe comme le petit doigt, avec une queue femblable à celle de la fourchette , & un trou dans lequel on paffe une broche de fer pour faire tourner la vis.
- Les deux côtés intérieurs de la fourchette font taillés en bifeau comme r des deux côtés, & les deux bout» des jumelles /, f, font limés conformément pour gliffer deffus ; le tout en-femble eft repréfenté en P.
- Pour former des vis, vous mettrez le métal de groffeur avec la lime ; fi .vous vous fervez de la filiere fimplej
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- 13 8 MANIERE D B vous le tiendrez un peu plus menu parle bout; vous afiùjétirez: le côtédè la tête dans un étau, où bien vous le faifirez avec un étau à main, & VOUS le ferez tourner dans la filiere, ou vous tournerez la filiere defïus, tantôt en avançant tantôt en reculant, jufqu’à ce que le filet foit bien marqué d’un bout à l’autre.
- Avec la filiere double, vous placerez le cylindre de métal entre les' deux jumelles ; vous les ferrerez médiocrement , & vous ferez defcendre la filiere d’un bout à l’autre en tournant feulement pour marquer le filet ; après cela vous continuerez de la Étire aller & revenir toujours d’un bout à. l’autre, & en ferrant de plus en plus les jumelles, jufqu’à ce que la vis foie parfaite.
- De quelque filiere que vous vous ferriez , vous faciliterez fan aélion avec de l’huile, fi vous faites une vis de fer , & avec de la cire , fi vous la faites en cuivre. Pour bien finir une vis qui a été faite à la filiere double , il faudroit en avoir une fimple du même pas & de la même grofieur ; «n y faifant paffer la vis d’un bout à
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. l’autre , on feroit fur qu’elle feroit d’égale groffeur par-tout.
- Une miere dont les filets font coupés par quelques entailles faites avec la lime , n’en eft que plus propre à couper & creufer le métal ; c’ell pourquoi , avant que de tremper les jumelles , on les lime dans le fond avec un tiers-points, jufqu’à la profondeur du filet & même un peu au delà, on fait l’équivalent fur les tarauds, en y faifant trois pans avec la lime , comme X.
- Quand on a une filiere double, on peut l’alfortir de plufieurs paires de jumelles, pour faire des vis de différents pas ; & l’on a avec cela des tarauds de différentes groffeurs pour chaque paire de jumelles; ils doivent tous être en dépouille , pour former les filets peu-à-peu : vpus choifirez celui qui vous convient, & vous commencerez par faire l’écrou avant de faire la vis, parce que celle-ci, avec la filiere double , prendra la groffeur que vous voudrez. Je dirai ci-après comment il faut finir la tête des vis & les écrous, parce que c’eft l’ouvrage de la lime & du tour ; mais je dois vous avertir de ne donner i cinq à
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- 140 Maniéré de fix filets à vos écrous ; il eft rare qu’une vis puifle y paffer quand ils en ont beaucoup plus ; car le métal s’alé longe en paffant par la filiere, & il ne s’étend point uniformément, ou également dans toutes les parties de fa longueur ; de là il arrive que les pas ne font point parfaitement égaux, ce qui occafionnne, dans un long écrou, des frottements infurmontables.
- Quand on prévoit qu’une vis pourra devenir trop aifée dans.fon écrou, on fend celui-ci T, par un trait de fcie parallèle à fon axe, & on rapproche les deuxlevres de la fente d’un coup de marteau , ou en ferrant la piece dans un étau ; alors l’écrou fait reffort contre la vis, & la tient toujours ferrée. On peut encore remédier au relâchement de la vis par un contre écrou V, que l’on ferre fur le premier, quand la vis eft avancée où elle doit être.
- Les vis fans fin ne fe font point à la filiere , elles ont le pas beaucoup plus allongé que les vis ordinaires & le filet plus haut ; il faut les faire à la main , en les deffinant comme je l’ai enfeignéci-deflus, & en creufant avec
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- Av 'w Tom - I. Ier* ParO. PL q. c
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- travailler les Métaux. 14 T la lime, les gorges qui fe'parent les filets.
- On fait auflî à la /main les vis qui vont en pointe pour entrer dans le bois; comme elles font elles mêmes leurs écrous,elles n’ont pas befoin d’être mefurées auifi exactement que les autres ; il faut feulement creufer la gorge un peu profonde, & tenir l’arrête du filet bien aiguë.
- Vous fuivrez en limant les métaux à-.peu-près les mêmes régies , aux- lie, quelles le Menuilier s’affujétit pour ““ travailler le bois ; vous applanirez une des plus larges faces ; vous dref-ferez un des bords en fuivant une ligne tirée à la régie ; vous tracerez fur ie bord oppoféune parallèle avec un trufquin ou quelque chofe d’équivalent ; vous mettrez les deux côtés de retour à l’équerre de la première face ; vous réglerez l’épaiffeur de la piece par deux traits de trufquin fur les côtés, de vous les fuivrez en ap-planiffant la derniere face. Voilà pour les pièces qui fp liment quarrément.
- Vous préparerezdemême celles qui doivent être chantournées, afin d’en pouvoir tracer les contours plus exac^
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- *42 Maniéré de tement, & de même celles qui doivent être évidées : vous marquerez tous vos traits avec le compas, le trufquin & le triangle : mais comme ce que l’on fait en métal, eft ordinairement bien plus petit, que ce que l’on feit en bois, il faut que ces outils foient auflî bien plus minces & moins grands que ceux du Menuifier; vous les ferez en fer ou en acier ; le compas fur-tout, doit avoir les pointes bien acérées, & demeurer ferme dans l’ouverture qu’on lui donne ; pour cet effet on attache à l’une de fes branches une portion de cercle plat qui paffe au travers de l’autre, & fur laquelle elle gliffe, avec une vis de preffion pour la fixer où l’on veut. Voyez la Fig. il. Fl. V.
- La plupart des ouvriers en fer & en cuivre n’ont point de trufquin ; ils empoignent un foret, ils pofent l’ongle du pouce, fur l’endroit de fa tige qui convient à leur mefure, & en buvant la rive qui eft dreffée , ils marquent la parallèle avecranglel.Fig. 6 ; PI. IV. vous aurez un outil plus commode & plus fur, fi vous vous procurés celui qui eft repréfenté parla Fig. 12-
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- Travailler les Métaux. 145 t’eft une petite tige quarrée d’acier, garnie d’une pointebien trempée ; elle gliffe dans un manche de bois, qui porte une virole de cuivre fort épail-îe & dont la face antérieure eft bien dreffée ; on la fixe à telle diftance que l’on veut de la pointe, par le moyen de la vis qui la traverfe.
- Les fortes pièces s’affujétiffent dans un gros étau bien appuyé, pour lait-fer les deux mains libres à l’ouvrier, & pour rendre le coup de lime plus fur. Les pièces plattes s’arrêtent avec quelques pointes de cuivre qu’on tient plus baffes que leur épaiffeur, fur une planche qui a un arrêt fait enfeuillure, & par-deffous un fort taffeau, pour entrer dans les mâchoires de l’étau. Fig. 13-
- Les meilleures limes pour dégroffir l’ouvrage, ce font celles d’Allemagne ; il y en a une, deux ou trois au paquet; il en faut avoir de quarrées, de demi-rondes &à trois faces ; après celles-là vous employerez les limes bâtardes d’Angletere , & vous en aurez de la même fabrique un affortiment de toutes grandeurs , de toutes les figures , & depuis les bâtardes juf-qu’aux plus douces.
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- $44 Maniéré de
- Vous limerez du cuivre avec voi limes tant qu’elles voudront aller; en-fuite vous les mettrez au fer, & elles vous rendront encore bon fervice, car quoique ce dernier métal foit plus dur que l’autre, comme il eft moins gras, la lime mord encore fur lui, quand elle ne fait plus que glilfer fut le cuivre : n’entreprenez pas de dref-fer une piece avec une lime ufée, vous n’en viendrez point à bout ; quand elles ont perdu leur âpreté , elles ne font plus bonnes qu’à traîner fur le métal, pour adoucir les plus gros traits.
- Conduiiez la lime fur le travers de la piece , en avançant un peu obliquement fur fa longueur, jufqu’à ce que vous foyez parvenu au bout; & recommencez ainfi jufqu’à ce que la face fur laquelle vous travaillez foit drelfée:-après lagrofle lime d’Allemagne , celles d’Angletere qui ont la taille moins grolfe , achèveront de drelîer & vous effacerez les traits, en employant fucceflivement des limes de plus en plus douces ; mais gardez-vous bien de foire ufage trop tôt des plus douces, vous ne parviendriez qu’avec
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. I4J qu’avec bnn du temps & bien de la peine à adoucir le métal, & vous rif-querez d’y faire des ondes en grandes quantité.
- Pour enlever les traits des greffes limes , il faut mener celles d’après en différens fens, & finir par Jes traîner fuivant la longueur de la pièce, mais bien parallèlement à la furface , fans quoi vous en formerez une nouvelle qui ne fera plus dans le même plan , où vous arrondirez les angles. Quand on tire de long une piece de fer , elle s’adoucit bien plus vite & beaucoup mieux , fl l’on met quelque gou:-tes d’huile fur la lime , parce que le métal qu’elle détache, fe loge & s’arrête dans la taille, l’empâte, & diminue fon âpreté. C’eft un moyen d’épargner des limes douces , qui font les plus cheres.
- Pour travailler les petites pièces, cm les faifit d’une main avec un petit étau ; il y en a pour cela de différentes formes & grandeurs , Fig. 15. on les appuyé fur un morceau de bois qu’on place dans le grand étau , *ou fur le bord de l’établi, & on travaille deffus avec l’autre main , en faifant Tome I. N
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- 145 Manihre DH tourner la piece fuivant le befoin, foit pour former & arrondir un tenon , foit pour faire une pointe, &c.
- Vous aurez des limes rondes qu’on appelle jueues-de~rat, pour agrandir des trous, dont on veur changer le centre, pour allonger des rainures à jour, pour évider en arrondiflant dans des petites parties, &c : vous en aurez d’autres qu’on appelle feuilles de Jauge & en couteau , pour refendre des têtes de vis, pour paffer après la fcie, ÿc en agrandir le trait, pour faire des coupures, des échancrures, &c.
- Maniéré de Quoique le métal ait bonne grâce ïéeï!' ' quand il eft bien limé, je vous conseille de tourner toutes les pièces qui en feront fufceptibles ; vous épargnerez bien du temps, & vous aurez beaucoup moins de peine à leur donner des façons régulières , & un beau poli;
- , Le cuivre&Iefér doux fe tournent, commelesbois durs, avec des outils à bifeaux, entre deux pointes, ou en l’air : mais à caufe de leur grand? dureté , il y a quelques changemens à faire aux outils, & quelques ufages particuliers dans la manipulation. 11 faut
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. Ify fers les poupées une très-grande fo-Jidité ; ainfi le banc ou l’établi doit être fort épais, monté fur des pieds qui le foient auffi , & arcbouté ou fcellé de façon qu’il foit inébranlable; comme ce que f’on fait en fer ou en cuivre n’êlt jamais d’une aufli grand, volume, que ce que l’on peut faire en bois , on peut tenir les poupées fort baffes, fans rien diminuer de leurs autres dimentions; & comme ce n’eff point une barre qui puiffe fervir à fdutenir l’outil, mais un fuppoft plus folide, fort étroit, & monté comme celui du tour end’jdr, que j’ai décrit ci-deffiis , & quipeut aller chercher les pointes, on peut mettre celles-ci au milieu dé la largeur des poupées.
- Vous ferez donc des pointes en forme de poire, bien acérées par le bout, avec une queue quarrée terminée par une vis groffe comme le petit doigt, & figurées comme A, Fig. i . vous les placerez à $ pouces {ou 6 pouces au plus, au-dcfïus’du banc, dans des poupées taillées comme B Sc C, 8c vous les retiendrez par derrière avec un fort écrou ; le îupport fera fait comme celui qui eft repréfenté par la N ij
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- 148 Masîbre DI Fig. ry. 1 P/.///, hors qu’il fera plus bal & plus étroit. Du relie, vous ferez tourner la piece , comme autour ordinaire , avec une pédale, une perche & une corde.
- Les outils dont on le fert pour tourner le métal, ont le bifeau beaucoup plus court que ceux qui fervent au bois; celui dont on fait le plus d’ufa-ge ell le burin, c’ell un quarré d’acier dont le bout ell tranché obliquement fuivant la diagonale ; D, Fis. 1 y repréfente cette face ,& dd elt l’arrête qui aboutit à la pointe. Les ouvriers qui ont des pièces de fer un peu fortes à tourner, ont des outils en crochet, dont ils appuyent le coude dans l’angle d’un fupport entaillé pardevant & affez bas , pour que la pointe ou le tranchant puilfe atteindre la piece un peu au-deffous de fon diamètre horizontal. Voyei E,F,G , Figure iy.
- Ce n’ell point allez d’avoir un tour bien folide pour bien arrondir le métal ; il faut encore avoir l’attention de tenir l’outil ferme, & de prendre peu de matière à la fois; c’ell pour cette raifon qu’on donne li peu de
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- travailler les Métaux. 149’ largeur au tranchant des outils : moui1-lez-les fouvent, de peur qu’ils ne s’échauffent , & pour empêcher que les petits copeaux ne vous* fautent aux yeux, ce qui n’arrive encore que trop fouvent : j’ai vû des ouvriers, qui pour fe mettre à l’abri de ces accidents, fe couvroient le haut du vifage d’un morceau de gaze très-claire, ou d’un morceau de crêpe. •
- Toutes les pièces d’un certain volume , foit en fer, foit en cuivre, doivent fe tourner au pied- ou à la roue avec les équipages dont je viens de parler; mais.il y en a un très-'grand nombre de petites, qu’il faut traiter plus délicatement : il faut les tourner à l’archet, avec l’inftrument qu’on appelle tour d’Horlogerr : les Marchands qui leur vendent des outils, ontauffi celui-là tout préparé & tout affortï dans leurs magalin. Il y en a de différentes façons & grandeurs; en voici un des plus Amples, & qui vous fuf-fira.
- M,N, Fig. 16. font deux poupées de fer bien limé , de 3 pouces ou environ de hauteur, qui entrent fur une barre de même métal-d’un pied de ttiij
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- iyo Maniéré de •« longueur ou environ, plus large qu’é-paiffe & bien dreflee fur toutes fes faces : la première de ces deux poupées efl arrêtée au bout de la barre , par des rivures ou autrement ; la fe-conde-gliffe d’un bout à 1 autre & s’arrête où l’on veut, avec une vis de pref-lion qui efl deffous. Elles ont chacur ne une tête m, n, percée d’un trou rond qui a 3 ou 4 lignes de diamètre d?un bout à l’autre , & ces deux trous font dans un même alignement. Ils reçoivent des cylindres d’acier qui les rempliflent exa&ement, & qui y glilfent cependant avec facilité fui-vant leur longueur ; on les arrête où l’on veut avec des vis de preffion, qui font fur les têtes des poupées : chacun des cylindres efl pointu par un bout, & coupé quarréiùent par l’autre, avec un petit trou Monique au centre ; de forte qu’on peut monter une piece longue entre les deux pointes, ou faire deux pointes à la piece, & la faire tourner entre les deux trous.
- Le fupport O , efl une petite palette de fer dont la queue qui efl ronde , gliffe de haut en bas dans l’œil d’une autre tige quarréq ; Sc celle-ci
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- travailler us Métaux, i ji paffe dans une bride P, qui entre fur la barre du tour, de forte que quand on ferre la vis qui eft fous cette bride , on prelfe en même-temps & l’on arrête la tige p contre la barre. Par cette conftruftion, vous voyez qu’on peut faire monter & defcenarè le fup-port o, le faire avancer vers les pointes du tour ou le reculer, le porter plus près ou plus loin de l’une des deux poüpées, & l’arrêter dans toutes ces fituations.
- Avec ce tour, il faut être muni d’un certain nombre d’outils fembla-bles à celui que j’ai repréferité à la lettre Q, & de différentes grandeurs; cela s’appelle un arbre ; c’eft une tige ronde d’acier non trempé , qui va un peu en dépouille, & qui porte vers le plus gros bout, une bobine de bois dur , ou un cuivreau pour placer la corde de l’archet ; quand ils font fort menus, on les fait pointus des deux bouts, pour les faire tourner entre les deux trous des cylindres dont j’ai parlé ci-deflus ; quand ils font plus gros , on les centre fur deux trous faits à leur» extrémités ; il ne faut rien tourner fur ces arbres, que vous
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- i/a Maniéré e b n’ayez vérifié auparavant s’ils ne font point faufles , s’ils font bien centrés ; & s’ils ne le font pas, il faut les redrefler par quelques coups de mar--teau, ou en detirant leurs pointes de côté ou d’autre avec la lime.
- On peut aufli tourner en l’air avec le tour à l’archet, en mettant en place de la poupée N, celle qui ell re-
- Îiréfentée à la lettre R, & quymrte une unette de cuivre dans unefourchette à rainures ; la lunette a par en bas une queue r, qui entre dans une mor-taife pratiquée dans le bas de la fourchette , & on la retient avec une goupille , qui traverfe le fer & le cuivre ; il faut avec cela un petit arbre de fer S, dont un bout eft reçu fur la pointe de la poupée m, tandis que la partie f qui eft taillée en cône tronqué , pofe dans la lunette , & porte au-delà la vis qui le termine, & fur laquelle on monte la piece qu’on veut tourner.
- Vous monterez de la même façon une piece longue que vous voudrez percer bien droit ; vous la ferez porter par un bout contre la pointe de la poupée m, & vous couperez l’autre tn bifeau pour le faire entrer dans
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. If} une lunette demandeur convenable, que vous mettrez à la place de celle marquée r , fi celle-ci ne convient pas : parce moyen vous aurez le bout de la piece à découvert, & vous y poufferez un forêt de longueur & emmanché ou ferré dans un étau à main comme H, Fig. 13.
- Quand on aflfemble plufieurs pièces de métal , ou l’on veut qu’elles fiaient jointes à demeure, ou I on fe m rlfcrve la liberté de les démonter. Sans le premier cas, on les brafe , on les foude, ou on les rive ; dans le fécond , on les retient avec des vis ou avec des goupilles.
- La brafure ne convient qu’au fer, c’ell à proprement parler, une foudu-re qui fe fait avec du cuivre jaune fans autre alliage; on met une paillette de laiton fur la jonftion des deux parties , on l’y retient en la liant avec du fil de fer fort menu & recuit ; on y palfe de l’eau avecune plume, & l’on y répandun peu de borax en poudre , ou du verre pilé fi l’on manque de borax : & on chauffe le fer ainfi préparé, jufqu’à ce que le cuivre foiten
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- ïj4 Manière dï fofion (a). Les ouvriers ont grand foin de nettoyer leur forge quand ils ont brafé , parce que s’il y relie quelque parcelle de cuivre , cela gâte le for qu’ils y chauffent enfuite.
- Miniare Ce que l’on appelle fouiUr en par- . ae fonder îei lant du fer , fe fait fens l’intermède 4j»érens me- <)>aucu,j autre métal : on fait chauffer les yleux pièces , jufqu’à ce qu’elles ayent acquis le dernier degré de mblleffe qui précédé lafofion (ce que _ les Forgerons appellent futr ; ) on%s applique promptement l’une fur l’autre , Sc on les bat entre le marteau & l’enclume , jufqu’à ce qu’elles faffent corps enfemble.
- L’or, l’argent, & le cuivre fe fou-dent autrement ; c’eft par le moyen d’un alliage qu’on fait couler entre les pièces qu’on veut joindre , & il faut que celles-ci foient prêtes à fondre elles même, quand cet alliage corn-
- (d) Quand les brafûres Ce font for des pièces fortes, on n’y met ni borax ni verre en poudre , mais oji couvre l’endroit où l’on a mis le laiton , avec un fort enduit de terre à four détrempée avec de l’eau : & l’on reconnoît que la brafure eft faite, à une petite flamme bleue qui perce à travers l’enduit de terre.
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. IJf mence à couler ; ce qui exige du choix pour Ja foudure -qu’il convient d’employer., de l’attention & del’adreffe dans celui qui la mtt en œuvre.
- Tout le fecret de la foudure con-fifte donc à faire couler le métal qui foude, par un degré de feu, qui nefuf-fitpas encore pour fondre celui qu’on veut fouder ; le moyen qu’on employé pour cela, c’eft de compofer la foudure avec des métaux de différentes efpeces , parce qu’on fçiit que ces alliages cèdent à i’aâion du feu plutôt que le métal fimple , & que le degré de fufîbilité augmente, à mefu-re qu’on mêle avec un métal dur, une plus grande dofe d’un métal plus tendre : mais fi l’on abufe de ce moyen, pour compofer une foudure aifee à fondre , elle coulera, avant que les pièces qu’elle doit joindre aient acquis affez de chaleur, elle ne s’y attachera pas , elle né fera que fe mouler entr’elles, comme la cire fous un cachet, & au moindre effort l’endroit foudé manquera : il faut, donc dhoifir la foudure, relativement à l’ef-pece de métal & à la délicateffe des pièces qu’on a à fouder ; il faut aufH
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- Ij6 Maniéré de avoir égard , à ce que les pièces fondées aurontàfouffrir après cette opération ; car plus une foudure eft tqp-dre, plus elle eft aigre & caftante -, moins elle eft propre à fouffrir le marteau.
- Les Bijoutiers pour fouder l’or , font un alliage de ce métal avec un autre alliage d’argent & de cuivre rouge ; ils font celui-ci à parties égales, & ils en mêlent avec l’or , un tiers, un quart, un fixieme, &c. fuivant le degré de fulibilité qu’ils veulent donner à leur foudure ; car il faut qu’elle fe fonde plus aifément, pour fouder des pièces délicates ; & le plus fou-vent, au lieu du feu de charbon dont je parlerai ci-après , ils chauffent la piece avec la flamme d’une greffe chandelle, qu’ils foufflent avec la bouche & un chalumeau de cuivre recourbé.
- Les Orfèvres en vaiffelle foudent l’argent avec ce métal même , qu’ils allient d’un tiers, d’un quart, d’un fixieme , &c. de cuivre jaune ; moins il y a de celui-ci dans l’alliage, plus la foudure eft forte.
- Le cuivre fe foude fort bien, avec
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- travailler lïs Métaux. 15-7 le cuivre même dans lequel on a mêlé un peu d’argent; cette petite pièce de monnoye ae France qui vaut actuellement 1 b deniers, coupée en petites pailletés fait une très-bonne fou-dure, pour des pièces de cuivre minces & délicates; c’eft ce que les ouvriers appellent fouiure d’argent, parce qu’elle reffemble à celle des Orfèvres.
- La foudure ordinaire pour ce métal eft un mélange de cuivre & d’étain , réduit en grénaille ; il y en a de différentes fortes à choifir ; la plus sifée à fondre eft celle où il y a de l’étain en plus forte dofe ; mais elle eft aufli la plus aigre , la moins propre à foufïrir le marteau , après que les pièces font foudées : on en peut juger par la couleur ; elle eft d’autant plus jaune que le cuivre y domine davantage , quand il y a beaucoup d’étain elle eft grife comme du zinc.
- Quand il s’agit de fonder du, cuivre , on met enfemble les deux pièces dans la fituation où l’on veut qu’elles reftent ; on les affujettit, en les liant avec du fil d’archal très-lin Si
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- ij9 M a ms re b s bien recuit ; on mouille la foudure avec de l’eau commune, on en arrange des grains fur la jonâion , & on répand par-deffus un peu de borax pulvérifé : l’affemblage étant ainfipré-paré , on le prend avec une pince longue repréfentée en x, Fig. i,&0a le tient fur un feu médiocre de charbons de bois, placés dans une poêle de fer Z, pour le chauffer peu-à-peu, jufqu’à ce que le borax ait bouilli, & qu’il fe foit tuméfié, comme une? écume blanche ; alors on l'établit foli-dement fur quelque gros charbon, on en approche d’autres bien allumés tout au tour, & l’on en arrange quelques-uns par-deffus, mais de maniéré qu’on puiffe voir l’endroit où eft la foudure;avecun foufflet à deux vents Y, on foufHe un peu de loin fur les charbons , & à long-vent, en évitant de diriger le coup de foufflet fur le métal même ; & quand on voit que la piece eft bien rouge , il faut modérer le vent, & le faire cefîer entièrement, un inftant après qu’on a vû couler la foudure ; après quoi l’on dérange le feu doucement avec la pince , & on laiffe refroidir le cuivre foqdé : on eft •
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- TRAVAILLER «B: MÉTAUX. ijp fur d’avoir réuffi , lorfqu’il ne refte ps de grains de foudure entiers fur la jon&ion, lorfqu’on voit qu’ils fe font bien étendus en fondant, & que le borax a produit une efpece de verni un peu rouge, qu’il faut emporter avec une raauvaife lime, avant de travailler la pièce.
- Voilà ce qu’on appelle foudure forte , c’eft la plus folide ; le métal qui a été foudé ainfi , peut retourner au feu , & même jufqu’à s’y rougir, fans que les pièces fe défunîflentrily aune autre maniéré de fouder le cuivre qui n’a point cet avantage , mais qu’on peut employer fur des pièces qui font déjà travaillées, ou qu’on ne veut pas chauffer jufqu’à rougir; c’eft celle des Plombiers, des Vitriers, des Ferblantiers ; elle eft compofée d’une partie d’étain fur deux de plomb pour les premiers, & de deux parties d’étain & d’une de plomb pour les derniers, (a)
- (a) Comme l’étain eft toujours allié à quel-qu’autre métal, le Ferblantier n’a pas de dotes fixes pour la compofîtion de fa foudnre : il y.a une marque à laquelle il voit fi fon étain y eft en bonne proportion; car alors la foudure en fe refroidiffant, forme des taches bleuâtres qu’il appelle des yeux.
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- l£o MANIERE DE On la fait fondre fur l’endroit même qu’on veut fouder, avec une malle de fer eu de cuivre chauffée, mais non jufqu’à rougir ; cet outil pour les Plombiers & pour les Vitriers, efl de fer forgé, il a la forme d’un œuf, avec une queue que l’ouvrier faifit entre deux morceaux de bois creufés, qu’il appelle moufles, A Figure 17. celui du Ferblantier , B ,„eft de cuivre rouge, en forme de coin, dont le tranchant efl un peu arrondi ; il efl pris par la tête dans une bride de fer qui efl au bout d’une tige garnie d’un manche de bois ; il y en a de différentes grandeurs pour chacun de ces ouvriers, & principalement pour le dernier , qui doit porter fa foudure fort fouvent dans des endroits de difficile accès.
- Le fer à fouder, de quelque métal qu’il foit, doit être avivé de foudu-re , & il ne fe charge de celle fur la-qu’elle on l’applique , qu’autant qu’il en a déjà une couche adhérente à fa furface , c’efl-à-dire au bout par lequel il agit; fi cette couche a été calcinée par trop de chaleur, il faut de toute néceffitéla renouveiler en nettoyant le bout du fer avec une lime ou
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- travailler les Métaux. rdr »u fur du fable, & en le frottant tout chaud fur une lame de fer étamé C, faupoudrée de refîne, & chargée de quelques petits morceaux de Soudure.
- Il elt abfolument nécelfaire que la pièce à fouder foit chaude, pour que la foudure s’y attache ; fi elle eft mince elle s’échauffera fuffifamment fous le fer ; fi elle efl épailfe , il faut la chaufier auparavant, ne la point enfumer , & fe bien garder de la faire rougir : de quelque façon qu’elle foit chauffée , ;il faut encore faire fondre de la réfine deflus, pour que la fou-dure y prenne, quand elle y fera portée avec le fer. Le Ferblantier & le Vitrier tiennent leur réfine toute pul-vérifée dans une petite boîte de fer- ' blanc D qu’ils appellent drageoir: le plus Souvent elle a pardevant un canal gros comme un plume à écrire, qui a fur fa longueur une arrête avec des crans, fur lefquels ils palfent le bout du doigt, pour faire tomber la réfine en poudre.
- Le ferblanc, qui efl enduit d’étain, prend la foudure fort aifément ; vous trouverez la même facilité avec les
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- iÉ2 Maki est n e pièces en, plomb ou en étain que vous aurez à fouder ; mais avec le laiton & le cuivre de fonte , il fendra un préparation, qui confifte à les enduire de foudure aux endroits où vous avez deffein de fouder d’autres pièces ; vous commencerez donc par les frotter avec un fer bien chaud & chargé de foudure , en y jetrant un peu de réfine , pour empêcher que l’étain ne fe calcine. La foudure d’étain ira auffi fur le fer, pourvu que vous l’ayez étamé auparavant ; vous aiderez cet étamage en frottant la pièce avec du fe! ammoniac.
- Manière Je Le fer peut fe river à chaud, mais
- areiesmu- comme j[ fe retire en fe refroidiffant , c’eft la piece où eft le trou qu’il faut chauffer, & non pas celle qui entre dedans; car fi celle-ci venoit à diminuer de groffeur la rivure deyiendroit lâche : tous les autres métaux , & le fer même, fe rivent à froid.
- J’ai déjà dit plus haut, que les trous dellinés à des rivures doivent avoir un champfrain , afin que la partie refoulée y trouve à s’étendre , & qu’on puifle rafer le relie. J’ai dit auffi que la partie deftinée à former la tête de
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- TRAVAILLEE LES MÉTAUX. lÿj laïivure ne devoit point être écfouie, afin qu’ayant toute fa duftilité / elle puifle s’étendre fous le marteau, & former une tête fans s’égrainer ; avec ces attentions vous ferez entrer le tenon dans fon trou, vous limerez quar-rément ce qui paffera au-deffus, & vous n’en lailferez excéder que ce
- ?|ii’il faudra pour former le rivet ; vous rapperez tout au tour avec la panne du marteau;voüs achèverez de refouler le métal en frappant furie milieu; & vous arraferez la rivure avec la lime.
- S’il y a lieu de craindre que la pièce rivée ne tourne, vous ferez le trou quarté , ou ce qui fuffira le plus fou-vent , vous y ferez avec le bout d’une lime , quelques petites échancrures , que le métal rivé remplira en fe refoulant, & qui l’empêcheront de tourner.
- Ordinairement les piecesfont finies à la lime, quand on les rive ; allez fouvent même elles font polies ; il ne relie à ragréer que ce que l’on à pu rayer en rafant la rivure. Dans bien des cas, & fur-tout lorfque deux pièces doivent tourner l’une fur l’autre, Oij
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- i^4 Manier» de on rive le clou qui les joint par IéS deux bouts, & l’on met fous larivure une rofette tournée , qui porte 1© champfrain, comme aux têtes de compas : dans ces fortes d’alfemblages , il faut que le clou foit parfaitement rond , & qu’il rempliife exa&ement les trous des pièces qu’il tient jointes. Si les pièces font ae cuivre, voiÿ menez un leger enduit de cire aux fuir-faces frottantes; fi elles font de fer ou d’acier, vous y mettrez une goutte d’huile.
- ufaçe des Les goupilles font des petites che-goupiiies & villes de métal, avec lefquelles on ar-dcs clavettes. r£te un tenon derrière la piece qu’il traverfe ; on doit les limer beaucoup en dépouille , & fi l’on veut qu’elles ferrent bien , il faut que leur trou ne défaffleure pas en fon entier la (iirface fur laquelle s’applique la goupille : elle empêchera même le tenon de tourner, fi fon trou eft encore moins à découvert, & que pour l’y faire entrer on entaille d’un petit coup de lime , la furface de la pièce que le tenon traverfe.
- Quand les pièces font grandes * 6c que l’alfemblage eft fujet à être tour-
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- TRAVAILLER LES MÉTAUX. 16f mente par de grands & fréquents mou-vemens , ou bien quand on craint d’affoiblir les tenons, par de trop gros trous , au lieu de goupilles, au lieu de chevilles rondes, on met des clavettes; ce fout des lames de métal taillées en angles fort aigus, & qu’on pôle de champ : elles n’exigent dans le tenonqu’ellestraverfentqu’une ouverture étroite, & elles réfiftent pref-que autant qu’une cheville ronde , dont le diamètre égaleroit leur largeur. Quand on craint qu’une clavette ne recule & ne forte de fa place , on la fait d’une lame plus mince , mais pliée en deux , & quand elle eft placée, on dédouble les deux bouts 8c on les écarte un peu l’un de l’aurre.
- On ne fe fert guère ni de rivures, ni de goupilles pour l’étain , ni pour lé plomb , ces métaux ont trop peu de confiftance, on fe contente de les fouder.
- Les vis d’affemblage ont.une tête fendue , afin qu’on les puiffe faifir “ avec une efpece de petit cifeau non i« aiguifé qu’on nomme tournevis. Quand ” la tête de la vis eft noyée dans l’é-paiffeur de la piece qu’elle ferre, on
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- 166 Maniéré de l’appelle vis à tête perdue , E Fig. 18. J’ai dit pins haut comment on prépare fa place : il faut faire la fente un peu profonde , afin qu’étant arrafée avec la lime, il s’y trouve encore de quoi enfoncer le tournevis.
- Quand la tête de la vis n’entre point dans répaiffeur de la piece , on la taille ordinairement en goutte de fuif, F-, c’eft-à-dire qu’on lui donne au tour ou à la lime, une convexité fort furbaiiîee ; quelquefois on figure un filet fur le bord avec la pointe du burin : de quelque façon que foit faite la tête d’une vis, il faut la fendre proprement , avec une petite fcie d’acier trempé, ou bien avec une lime en couteau ou en feuille de fauge , de façon que cette fente ne foit pas trop évafée, & que le tournevis, que vous y ferez entrer, aille jufqu’au fond.
- Les vis que l’on fait fouvent avancer & reculer dans leurs écrous, au lieu d’être fendues, comme je viens de le dire, ont à leur tête deux oreilles par lefqu’elles on les faifit à la main G, Fig 18. ce qui etl bien plus commode qu’un tournevis ; vous façonnez la tête fur le tour, & vous fe-
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- TRAVAILLER. LES MÉTAUX. 167 rez les deux oreilles à laJimer quoique la vis foit de fer ou d’acier, dans bien des occafions, vous pourez faire la tête en cuivre coulé, que vousfou-derez avant de la façonner.
- Il en eft des écrous comme des vis, s’ils doivent relier long-temps en place, ou ferrer en-deflbus,des vis qui tra-verfent l’aflemblage comme H , on fe contente de les limer quarrés ou àpans, comme J, K, afin de pouvoir les fai-fir avec une pince platte , ou bien en rofette , comme L, pour les mener avec uns pince ronde ; mais s'il faut les faire tourner fouvent, on y fait des oreilles, M, N, Fig. ip. pour les faifir à la main ; ou bien s’ils doivent être ferrés fortement, on les taille en pyramide tronquée de plufieurs côtés O , & on y ajufte une clef P, pour les faire tourner.
- Quelquefois auffi on fe fert de l’écrou pour former un couronnement comme Q,F‘g. i ou on le lime à pans réguliers par én bas, & le relie fe fait fur le tour; alors le bout de la vis doit êtreqjoli, & tourné en pommette. 11 ne faut jamais oublier de repairer les vis & les écrous, quand une fois on
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- V68 M A'KIERË m les a ajuftés les uns pour les autres , fans cela on rifque de gâter les filets.
- Après avoir travaillé & adouci le métal, foit à la lime ou au tour , & avant que d’affembler les pièces à demeure , il faut le polir. Si c’eft du fer ou de l’acier, vous employerez d’abord l’émeril en poudre que les Quin-quaillers vendent tout broyé ; mais comme il y en a de plus fins les uns que les autres , il faut en avoir de deux ou trois fortes, commencer avec le plus rude, pour emporter les traits de la lime , & finir avec celui qui ne peut plus rayer le métal fenfible-ment.
- Pour employer ces poudres, vous préparerez des morceaux de bois tendres taillés différemment les uns des autres, pour atteindre par-tout où la lime à paffé ; vous les enduirez d’un peu d’huile d’olives, & vous répandrez légèrement votre émerilpardet fus ; c’eft avec ces bois ainfi préparés qu’il faut frotter , en différens fens , & découvrir de temps en temps les furfaces frottées. en les effuyant avec un mauvais linge, pour voir fi
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- #*havaiixe» les Métaux, iï£$ les plus gros traits font emportés ; quand ceux de la lime l’auront été, il faudra effacer ceux du premiéHéme-ril avec un plus fin que vous employe-rez de même, mais avec de nouveaux bois, de peur que les premiers, conte-nant encore quelques grains de gros émeril, ne nuifent au poliffage : en procédant ainfi vous adoucirez parfaitement votre fer ou votre acier ; il ne s’agira plus que de donner le luflre, ce que vous ferez aifément, en ef-fuyantbien la pièce, & en la frottant à fec avec un morceau de feutre ou de peau de buffle, & un peu de potée d’étain , ou d’une efpece d’ocre que les Droguifles vendent fous le nom de rouge d’Angleterre.
- Le cuivre fe polit à l’eau , mieux qu’à l’huile ; vous enlèverez les premiers traits avec de la pierre ponce broyée, que vous ferez mordre avec des bois, comme j’ai dit ci-deffus ; ou avec la pierre même.ft les furfacesfont un peu larges , en la mouillant fou-vent . & en ajuflant fa furface à celles fur Iefqu’elles elle doit agir. Après la ponce le charbon de bois employé, commela pierre avec de l’eau,fait très-Terne I. P
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- 170 Manier* b< '* bien; mais il faut choifir un charboh doux qui ne foit pas capable de rayer le mitai, & qui s’ufe peu-à-peu par le frottement : vous finirez ce poliffa-ge avec un peu de tripoli en poudre très-fine, que vous employerez à fec, avec le buffle ou le feutre , & vous effuyerez la piece avec un linge fin& blanc de leffive.
- Quand vous polirez des pièces fur le tour, foit en fer, foit en cuivre , fervez-vous des mêmes moyens dont je viens de parler*, mais frottez avec le bois de bout au lieu de le traîner lûivant fon fil ; exceptez cependant les pièces longues & unies , fur lef-quelles vous poufferez le bois comme une lime, en avançant un peu obliquement , tantôt à droite, tantôt à gauche, pour mieux couper les traits qu’ils s’agit d’effacer.
- Effuyez promptement les pièces qui auront été touchées avec des mains fuantes, fans quoi elles relieront tachées : pour enlever ces taches, quand il yen a, il faut frotter l’endroit avec un bouchon de liège doux , chargé d’un peu d’huile & de tripoli bien pulverifé JtsÜriS*! métal des miroirs concaves ,
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- TRAŸAftXER r.ïs'MÉTAUX. IJt -Êonvexes; cylindriques, pyramidaux, '&c. qu’on employé pour les expc--riences de catoptrique , eft compofé de cuivre rouge de rofetre , d’étain 'fin , & de quelque femimétal, pour le rendrè bien blanc (j’en dirai les proportions à la fin de la féconde -'Partie ). Il eft dur & aigre , cependant on le travaille à la lime quand •la figure le permet , & on le polit comme le cuivre jaune, mais avec plus de foin qu’on n’en met aux pièces ordinaires , qui ne font pas defti-nées comme les miroirs, à rendre l’image des objets.
- Vous les ferez donc couler fur des modèles j mais au lieu dé faire ceux-ci en bois, je vous confeille de les préparer en plomb ou en étain , afin que les miroirs fortent plus nets de la fonte ; vous en aurez bien moins de peine à les travailler ; vous les dégroffi-rez à la lime , & vous aurez foin de leur conferver la figure qu’ils doivent avoir , en préfentant fouvent un calibre aux endroits où vous aurez limé. Après la lime, vous frotterez avec des molettes de plomb accommodées aux furfaces, en interpofant du grès
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- ;i72 Mahiïrb d » pilé & mouillé ; & quand vous appe£ cevrez, que tous les deffauts de la fonte feront enlevés , vous laverez bien le miroir & la molette, & vous continuerez de frotter avec de la ponce broyée & de l’eau, en renouvellane l’un & l’autre de temps en temps ; pat ce moyen , vous parviendrez à rendre les furfaces régulières, & à les adoucir ; il ne vous reliera plus qu’à les polir, ce que vous ferez en les frottant d’abord avec le charbon bien choifi , enfuite avec le buffle ou le feutre , & la potée rouge employée à l’eâu ; & enfin avec la potée d’étain à fec. Les miroirs des télefcopes demandent encore plus de foins & de façons.
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- //•/!/ . Tarn • J J1'? Part. PI. J
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- TRAVAILLER LE VERRE. 173
- CHAPITRE III.
- Sur'le choix du Verre; & fur les différentes façons qu’on peut lui donner quand il e/lfini de la Verrerie.
- No» s employons principalement deux fortes de Verre dans nos laboratoires de Phyiique ; celui dont nous faifons le plus d’ufage, fur-tout pour les vailTeaux qui ont une certaine grandeur, eft ce qu’on nomme crif-tal : il eft ordinairement plus blanc & moins aigre que les autres, verres, & quand on Je fabrique, on peut lui laiiier plus d’épailfeur fans que cela nuife beaucoup à fa tranfparence. L’autre efpece de verre eft celui qui fe fabrique dans les petites verreries où l’on ne fait que la gobUterie ; comme il fe fait à moins de frais, il eft fujet à avoir des bouillons, des {lierres , c’eft-à-dire des grains non vitrifiés , & quand on lui donne beaucoup d’épailfeur, il prend de la couleur & devient moins tranfparent ; il
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- 174 MANIERE n» eft bon pour les pièces minces , pour les tubes de baromètres, &, autres menues pièces.
- Dans les grandes villes, il y a des marchands Fayanciers , qui tiennent dàns leurs magafins déscriftaux & des verres de toute efpece ; il y en a même plufieurs à prêtent à Paris, à qui j’ai donné des modèles, & qui fe font affortis pour la Phylique expérimentale ; vous pouvezy aller choilir les» pièces dont: vous aurez befoinz; le» criftal s’y vend à la livre, &le verre blanc à fa piece.
- Si vous êtes à portée des verreries , en y portant des modèles vous ffe--rezfaire fous vos yeuxee que vousvou-drez avoir , & ce fera le mieux ; finori Vous remettrez ces modèles au mar-., chand Eayancier, qui fera lacommif— fion, ou vous les enverrez vous mê-me à la verrerie en recommandante® qui fuit.
- i°. Qu’on n’exécute ce que voust aurez demandé, que quand la matière fe trouvera de belle qualité ; car» elle ne l’eft pas toujours, dans le s endroits mêmes: où l’on a coutume do' bien. faire.
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- TRAVAILLER LS VeRHE. 17J
- 2°. Qu’on donne cette partie à un ouvrier entendu, & de préférence à celui qui a déjà f^it de pareilles pièces.
- 3°. Que le verre foit étendu de façon, que l’épaiiTeur devienne à peuplés égale par tout.
- 4". Que répaifleur, quoiqu’égale, ne foit pas trop grande, fur-tout aux petites pièces ; & il faut infiller fur cet article , parce que le verrier efl enclin à forcer de matière ce qu’il vend à la livre ; & l’ouvrage devient lourd, & mauifade à la vue.
- J°. Qu’on mette au rebut, lespie-ces qui auront reçu des coups de fumées , fur lesquelles il y aura des tomes , des pierres & autres delfauts.
- 6°. Qu'on fafle bien recuire tout ce qui aura été fabriqué , & qu’on l'emballe avec foin.
- 7°. Les. tubes ne fe recuifent point ordinairement ; mais comme ils fe tirent en plein air, & qu’un refroidif-fement trop prompt met le verre dans le cas de fe calfer tout feul, quand il a été fabriqué, il faudroit prendre fon temps, de maniéré, qu’on ne les fît point dans le grand froid , ni par
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- 376 Manier» de un temps humide, fur-tout, fi ce font des tubes un peu épais.
- ♦ Tous les modèles que vous préparez pour la verrerie , il les faut faire de grandeur naturelle; & comme toutes les pièces fe tournent au bout de la canne , il fuffira que vous les repré- |
- fentiez par une coupe avec une feuille de gros papier blanc. Suppofez par exemple, que ce foit pour un récipient de machine pneumatique ; vous prendrez la feuille de papier c d e /, PI.
- VI. Fig. i, de grandeur convenable à votre deffein , vous la plierez en deux fur la ligne AB ; vous defîmerez le demi-contour ^4 DG, & vous couperez avec des cifeaux fur cette ligne le papier tout doublé ; vous l’éten- / drez enfuite, & votre feuille découpée comme HI K , repréfentera la coupe d’un récipient, fuivant fon axe.
- Vous tracerez à l’encre une ligne parallèle au bord du papier , pour défi-gner l’épaifleur que vous fouhaitez qu’on donne à la pièce , afin , qu’au-moins , on ne s’en écarte pas beaucoup ; car l’ouvrier qui fouffle le ver- | re n’eft jamais fûr de rendre aujufte cette épaifleur, ni la grandeur cxac- I
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- travailler le Verre. 1.77 te du vaifleau fuivant le modèle : vous écrirez en haut bouton creux, pour faire entendre que vous voulez une communication de cette partie avec le corps du vaifleau , & que l’étranglement ne doit point être fermé ; enfin vous écrirez en bas ce mot ouvert , de crainte que l’ouvrier n’y fafle un fond plat comme à un gros flacon.
- Nous avons dans les machines d’hy-d roda tique, certains vaifîeaux , comme n°. r & 2, Fig. 2 , qui fe montent fucceffivement fur la même piece , & qui par conféquent font aflujétis par en bas à la même mefure , & aufli à la même hauteur ; il faut joindre à vos modèles un Mémoire inftruâif qui avertifle que tels & tels numéros doivent avoir tant d’ouverture , ou l’écrire fur les modèles mêmes ; parce qu’alors celui qui eft chargé de les exécuter, fait un calibre qu’il préfente à chaque piece à mefure qu’il l’ouvre , & il la réchauffé à plulieurs fois s’il le faut, jufqu’à ce qu’elle foit telle qu’on la demande ; il peut aufli diminuer de la hauteur, quand il y en a de trop ; mais il ne faut exiger cette
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- 1178 Manierb de précifion, que quand elle eft abfolu-ment néceflaire.
- Voilà à peu-près ce que je prévois, que vous aurez à faire en général, pour tirer le criflal ou le verre immédiatement de la verrerie, ou pour le choi-fîr chez le marchand qui en tient ma-gafin. Je dirai en particulier dans la troifieme partie, à l’occafion de çha-, que machine ou de chaque expérience, fi telle ou telle pièce doit être de verre ou de criftal, & qu’elles doivent être fa figure & fes cümenfions.
- Vous aurez fouvent à retrancher quelques parties aux pièces de. verre ou de criftal que vous voudrez faire fervir à Vos expériences, ou à la conf-truâion de quelqu’une de vos, machines ; je ne vois que trois moyens à choifir pour faire cette opération; le premier, c’eft d’ufer ce qu’il y a de trop fur une platine de métal, avec du grès battu & de l’eau; le fécond, c’eft de le.gréfiller avec la pince du Miroitier , ou avec le gréfoir du Vitrier ; le troifieme c’eft de le couper.
- :d’n. Vous employerez le premier de ces m trois moyens, quand il y aura peu à
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- TBAVMttER le Verre. 179 «trancher, car cela irait trop lente- P ment pour des grandes parties; c’eft J prefque lefeul qui puifle convenir , „ par exemple , lorfqu’il faut drefler " le bord d’un récipient ; vous battrez du. grès tendre , & vous le paflerez
- Êar un gros tamis , afin de n’y point tifier de grains durs & capables d’é-oorner le verre ; vous en répandrez fur une platine de métal bien droite & bien unie ;.une feuille de forte tô» le pourra vous fervir , mais il vau-, droit mieux» vous pourvoir , d’une plaque de fer coulé, & la faire frotter auparavant avec un grès & de l’ean ; pour enlever toutes; les afpérités de la furface ; vous répandrez donc fur votre platine du grès pilé. & de l’eau, que vous renouvellerez de temps en temps, & vous y promènerez votre récipient, de maniéré que le centre £ de fes bords décrive des épicycloï-des, quipaUent à quelque diftance de eelui de la platine , marqué M. Fig. 3.
- & vous l’uferez ainfi , jufqu’à ce que tout le tour du bord foit atteint , de que l’axe du vaifleau vous parodie à l’œil, perpendiculaire fur quelque plan horizontal, où vous le poferez
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- j8o Mimni b* debout. Vous procéderez de même pour dreffer un morceau de verre , pour ufer le fond d’une bouteille ou d’un flacon, fi vous voulez le fuppri-mer, &c.
- Le verre en s’ufant, ainfi s’ajufle à la figure du métal fur lequel on le frotte ; il s’applanit fur une furface plane , il devient convexe dans celle qui eft concave, & fe creufe fur celle qui eft convex : c’eft fur ce premier effet qu’eft fondé l’Art du Lunetier ; il a un affortiment de baflins & de formes tant en fer coulé, qu’en cuivre de fonte, dont les concavités conviennent aux ouvrages qu’il a coutume de faire , & il s’en fert pour figurer le verre, & lui rendre le poli qu’il lui a ôté en l’ufant : fi vous voulez l’imiter , il ne faut pas vous attendre que vous réuflirez d’abord, mais avec le temps , un peu d’adreffe & beaucoup de patience vous en viendrez à bout ; fur-toutes chofes , ne commencez point par des verres de long foyer, tels que font les objeftifs des lunettes d’approche, c’eft ce qu’il y a déplus difficile dans cet Art; exercez vous plutôt fur des lentilles qui ayent
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- travailler ie Verre. igr One convexité très-fenfible , & au moins un pouce de largeur en diamètre.
- Prenez pour régie qu’un verre également convexe des deux côtés, a fon foyer, ou ce qui eftlamême choie, raflemble les rayons parallèles qui tombent fur fa première furface , à une diftance qui eil à peu-près égale au rayon de fa courbure, ou de la fphe-re dont elle fait partie. Si par exemple, le verre eft travaillé des deux côtés dans un badin creux, faifantpartie d’une fphere de fix pouces de rayon, fon foyer fera à fix pouces de diftance.
- Sur ce pied-là faites fondre , fur un modèle en bois ou en plomb , un baflïn de métal, qui ait au moins trois fois la largeur du verre que vous avez deflein de travailler ; montez-'e fur le tour en l’air, & taillez le plus exactement qu’il vôus fera poftible fa concavité, conformément à un calibre que vous découperez fuivant un trait de compas, dans une feuille de laiton ou de ferblanc : & rendez-îe uni, autant que vous le pourrez.
- Faites chaufterce baflïn, de manie-
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- Î82 MjïmniÆ* -ie que vous ayez peine à letoudret avec la main nue ; pofez-le fur une table de niveau, & coulez-y du plomb fondu, autant qu’il enfaudrapouroc-cuper le tiers ou la moitié de fa largeur ; & quand tout fera refroidi , vous attacherez fur la partie plane de ce plomb une molette de liège Ou de bois, avec un peu de mallic, pour le pouvoir manier commodément.
- Pofez le balfm d’une maniéré fta-ble , en vous réfervant pourtant la liberté de l’enlever aifément ; jéttez-y une pincée de grès pilé & un peu d’eau ; promenez par-deffus votre plomb en décrivant des épicycloïdes, comme je l’ai défigné par la Fig. 3 , & en appuyant par-tout également : quand vous aurez frotté ainfi votre cuivre pendant un quart-d’lieure, en renou vellant de temps en : temps le grès & l’eau, vous le laverez dans un feau plein d’eau p our le vifiter; vous continurezde le frotter ainfi , jufqu’à ce qu’il foit bien atteint par-tout, & que vous n’y apperceviez plus aucun trait de l’outil qui l’a tourné.
- Au lieu d’une l'entille, fi c’étoit un verre concave que-vous euffiez-def-
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- IB VERR8. 183 fein de former, vous feriez couler pareillement fur un modèle, une pièce de cuivre qui aurait la forme d’un chapeau de champignon ; & fi elle étoit d’un petit diamètre, il faudrait la monter fur une tige dont on pût la féparér: il faudrait toujours que la partie convexe eut deux ou trois fois plus de largeur, que le verre , que vous voulez former deflus.
- Vous monteriez de même cette pièce fur le tour en l’air , & vous lui feriez prendre la convexité convenable à votre deflein, au moyen d’un calibre contave , tracé avec le. compas dans une lame de métal, & découpé bien exadement à la lime douce.
- Puis après avec une molette de plomb fondu fur la piece même , du grès & de l’eàu, vous eflaceriez les traits que vous y auriez laiifés en la tournant.
- Pour coUlér du plomb fur cette partie convexe , vous placerez deflus un morceau de bois tourné , de la grandeur dont vous voulez faire la molette de plomb ; vous couvrirez le relie avec du plâtre détrempé , juf-qu’à la hauteur du morceau de bois
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- •qui fera un peu en dépouille & graifle d’huile, afin que vous puffiez l’ôter quand le pi tre fera bien pris ; alors il vous reliera un creux dans lequel, vous ferez couler du plomb, quand le plâtre fera fuffifamment reffuyé.
- Voilà comme on prépare les formes pour travailler les verres concaves & convexes ; elles fe perîcciion-nent fous la main d’un bon ouvrier , qui fçait les frotter toujours bien également dans toute leur étendue ; elles fe gâtent au contraire, quand on contracte la mauvaife habitude de les frotter dans certains endroits plus que dans les autres : ordinairement, il faut ufer plufieurs verres dans un baflin neuf avant qu’il foit en état d’en faire de bons ; c’efl: une chofe précieufe qu’un bon baffin pour des verres de long foyer.
- Pour faire des verres concaves ou lenticulaires, le Lunetier prend des morceaux déglacés de miroir de grandeur & d’épaifleurfuffifàntes, & il les arrondit circulairemenf, fur un modèle de carton ou de gros papier qu’il a tracé au compas': cet arrondiflement fe fait avec la pince ronde, c’eftle fe-
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- TRAVAILLER le Verre. 185 tond moyen que j’ai indiqué , pour retrancher ce qu’il y a de trop à un morceau de verre.
- La pince réuflit fort bien avec le verre qui eft fort épais , & qui a été bien affiné, comme le criftal & la glace de nos miroirs ; mais le verre de nos petites verreries qui eft mince & moins cuit, n’eft pas auiïi traitable, il faut y aller très-doucement, & n’en prendre que peu à la fois, comme fait le Vitrier avec fon gréfoir , fans quoi l’on occafionne des fentes , qui mènent à des retranchemens plus grands qu’on n’auroit voulu faire, & qui fou-vent mettent la piece hors de fervi-ce.
- Avant d’arrondir le verre & d’en fixer le diamètre , il convient de fa-voir , fi fon épaifleur fuffira pour lui laifler prendre la convexité qu’on projette de lui donner; vous décrirez avec le compas fur une feuille de papier un arc de cercle a cb , Fig. 4 , qui repréfente la fphéricité concave de votre baflîn : vous tracerez la corde d e, égale au diamètre de votre verre ; & vous verrez fi la flèche c f, ne furpafle pas fa demi - épaifleur ;
- Tome I. Q
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- iSS Makuïï de auquel cas H faudra prendre le verre moins large ou le ehroifir plus épais.
- Avant de travailler votre verre , examinez bien en regardant le grand jour au travers, s’ileftnet, fansbo Ululons , fans filandres , fans larmes (a)', & bien tranfparent ; quand il aurait une couleur verdâtre , tirant fur le bleu , ou mêmei'ur le jaune, pourvu que cette couleur ne foit point trop chargée, & que la matière foit belle d’ailleurs , cela ne doit point vous empêcher de l'employer ; il vaudra mieux que s’il étoit laiteux, "ou d’un blanc qui eft affez commun au criftal, mais qui n’uit à la tranfparence ; on en juge beaucoup mieux, quand te morceau eft poli des deux côtés, que quand il vient d’une glace coulée dont les faces font brutes : c’eft pourquoi les Lunettiers qui fe piquent de bien faire, commencent par travailler & polir les deux côtés du verre,
- (a) Les larmes font des parties de verre qui in’ont point la même denfité que le relie, ou qui font d’une autre compolîtion; telles font les parties vitrifiées de la voûte ou de l'embouchure du four, qui tombent for la mafie de verre qu'on tire du pot arec la canne.
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- TRAVAILLER LE VsRRS. r$7 S’ils ne le font pas, pour mieux juger de fon intérieur.
- Le verre étant donc choifi & arrondi , vous l’attacherez avec du maf-tic fur une molette de bois un peu moins large que lui. Le maftic dont vous vous Servirez, ne doit point être bien gras ni fort tenace, afin que vous puifliez détacher le verre, en donnant un petit coup fec fur la molette : vous le composerez avec de la poix noire que vous ferez fondre & dans laquelle vous mêlerez de la cendre palfée au tamis : pour l'effayer avant de vous en fervir, vous en répandrez un peu fur de la cendre par terre , ou fur une fUrface mouillée , & quand il fera froid, s’il fe cafle net vous vous en tiendrez-là , finon vous ajouterez de la cendre.
- Vous travaillerez votre verre dans le baffin, avec du lablon paffé au tamis , & de l’eau en petite quantité , jufqu’à ce qu’il foit atteint au milieu; alors vous continuerez de l’ufer, fans renouveller le fablon , mais feulement en y ajoutant quelques gouttes d’eau , pour faciliter le mouvement ; & quand vous verrez que le
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- 188 Ma nie r b de fable ne mordra plus, vous laverez à grande eau le baflîn, le verre & vos' mains, afin qu’il n’y relie plus aucun grain de fable.
- Vous recommencerez le travail avec de l’émeril fin & de l’eau pour enlever les gros traits du fable , & vous vifiterez fouvent la furface de votre verre, pour voir fi elle commence à fe doucir. Alors vous ne renouvellerez plus l’émeril , mais vous continuerez avec le même , en mettant de temps en temps quelques gouttes d’eau bien nette, & vous achèverez ainfi le doucis : on appelle ainfi, l’état d’un verre, lur lequel on n’apperçoit plus à la vue fimple, aucune rayure ni opacité grofliere, mais feulement une couleur brune , accompagnée d’une demie tranfparence. Le verre étant fuffifamment douci, il ne relie plus qu’à le polir.
- Il y a deux maniérés en ufage de polir les verres après qu’ils ont été doucis. La première qui ell la plus commune, c’ell avec la potée rouge étendue avec de l’eau fur un morceau de feutre ; la fécondé , c’ell avec la potée d’étain répandue légèrement &
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- travailler le Verre. i$$ à fec fur une bande de papier fin. Soit que vous fuiviez l’une ou l’autre de ces deux méthodes, vous commencerez toujours par bien laver le verre avec la molette, de crainte qu’il ne fe trouve dans le poliffage quelque grain de fable ou d’émeril, qui ne man-queroit pas de rayer le verre & de vous obliger à un nouveau doucis.
- Si vous voulez polir au feutre vous en couperez une bande un peu moins large que le verre , vous l’attacherez par un bout à un point fixe, & vous la tiendrez tendue en l’air , en tirant l’autre bout avec la main gauche : vous y répandrez un peu de potée rouge détrempée avec de l’eau bien nette, & vous promènerez votre verre deflus d’un bout à l’autre , en appuyant & en le faifantunpeu tourner fur fon centre, après qu’il aura été 6c revenu. Pour les verres communs qui font d’une certaine grandeur , comme de trois ou quatre pouces de diamètre , Sc au-delfus, la plupart des Lunetiers employent, au lieu de feutre , la lifiere du drap noir , qu’ils attachent par les deux bouts fur un planche 3 Sc fur laquelle ils répan-
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- xpo Makiiib de dent de la potée rouge détrempée à l’eau : en continuant ainfi & en vifi-tant fou vent la furface du verre, pour voir de quel côté il convient d’appuyer d’avantage, vous parviendrez à lui donner le poli ; & cela ne fera pas long, s’il a été bien douci.
- Pour polir à fec , vous choifirez le papier le plus mince & le plus fin que vous pourrez trouver ; vous en couperez une bande moins large que le verre ; vous l’attacherez avec de la colle de farine bien claire, dans votre baffm, de maniéré qu’elle le tra-Verfé d’un bord à l’autre en pafîant par le centre. Vous étendrez deffus avec le bout du doigt, un peu de potée d’étain la plus fine que vous pourrez avoir ; vous frotterez votre verre (a) deffus en appuyant ferme, & en allant d’un bord à l’autre du baflin; mais n’oubliez pas de le faire tourner
- (a) Comme il peut arriver , qu’il Ce trouve «tans le papier , ou dans la potée un grain de ipatiere dure , qui ne ragnqueroit pas de rayer !e verre, il eft plus lûr de frotter d’abord , avec un verre d'effai, travaillé dans le même baffin, afin de frayer la route à celui qu’on yput polir.
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- TRAVAILLER LE VERRE. l$t lûr ion. centre à chaque fois, toujours du même fens, & d’examiner de temps en temps les endroits qui ont le plus befoin d’être frottés.
- Quand vous aurez ainfi travaillé le verre par un côté, vous îe déta-# cherez de defifus la molette, & vous l’attacherez fur une autre par fa fur-» face convexe ; mais comme il eft im-portant, quand un verre eft fini, que les deux furfaces foient bien centrées entr’elles, & que leurs circonféren? ces fc rencontrent dans un même plan , vous ferez une molette üf? peu plus concave que le verre n’eft con-* Vexe ; vous n’y mettrez du màftic, que ce qu’il en faudra pour attacher Je verre par fon milieu;* fans s’étendre tout à fait jufqu’aux bords ; de maniéré qu’il puitfe toucher le bois de la molette dans tout fon pourtour : par-là vous ferez en état de juger s’il eft centré fur la molette , & fi la furface plane eft parallèle au bois qu’il touche par fa furface convexe.
- Vous procéderez pour ufer, dou-cir. & polir cetre face du verre, comme vous avez fait pour l’autre; mais avant de la doucir, vous ferez bien
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- ï$2 Maniéré de de finir au fable les bords qui n’ont été arrondis qu’à la pince. Pour cet effet, vous monterez fur le tour en l’air, un baffin de cuivre fait en entonnoir , & vous le ferez frotter en tournant, avec du fable & de l’eau contre le pourtour de votre verre, que vous appuyerez contre, par inftans, & juf-qu’à ce que vous le voyiez bien arrondi.
- On peut faire de très-petites lentilles à l’archet en s’y prenant de la maniéré fuivante. Taillez & aiguifez un foret de telle forme & grandeur, qu’il puiffe faire des creux hémifphé-riques dans I’épaifleur d’une lame de cuivre ; vous aurez par ce moyen des petits baflins, de telle fphéricité qu’il vous plaira : enfuite prenez un gros fil de laiton ou de fer de la longueur d'un foret ordinaire ; garniflez-le d’un cuivreau, faites-y par un bout une pointe moufle, & creufez l’autre pour contenir un peu de cire d’Efpa-gne fondue, fur laquelle vous attacherez un petit morceau de verre arrondi. Faites frotter ce verre avec l’archet, dans un de vos petits baflins, dans lequel vous mettrez un peu de
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- Travailler le Verre. 153 Table ou d’émeril mouillé, en obfer-,vant tout ce que j’ai dit au fujet des verres qui fe travaillent à la main; vous formerez de cette maniéré les deux faces de la lentille fucceffive-ment; pour les doucir & les polir, il faudra faire enforte que la tige qui porte le verre , & que l’archet fait tourner, s’incline fréquemment, tantôt d’un côté tantôt de l’autre à l’axe du baflîn ; fans cela, il fe feroit fur le verre des filions concentriques, & jamais il n’acquierroit le douci ; il faudra avoir la même attention en le po-liffant fur le feutre avec la potée rouge mouillée , ou avec celle d’étain à
- Couper le verre , c’eft le troifréme moyen de retrancher à une piece ce co qu’elle a de trop : cela peut fe faire " cê différentes façons, i°. Dès que l’une de fes deux furfaces efl entamée , par quelque pierre, ou par quelque outil tranchant, fi l’on pefe un peu des deux côtés, la piece fe caffe en cet endroit ; ainfi vous couperez infailliblement un tube ou un col de matras, en le marquant avec une pierre à fufil , avec un éclat d’agate qui l'ome I, R
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- MA NI EU B DIT
- joît aigu, avec lapoipte d’un dîaà> mant brut , avec l'angle d’une lime neuve, dont la taille fort un peu fine, &c. & en faifantun peu d'effort deflus comme quand on veut rompre un bâ-
- 2°. Le verre fe fendra fous le trait que vous aurez marqué, fi vous en approchez de fort près l’angle d’un fer rougi au feu, ou le bout d’un charbon allumé : quandle verre efi épais & qu’il a peine à partir , il faut l’aider en mouillant avec le bout d’une allumette l’endroit que vous aurez ainlî chauffé. Avec une peu d’adreffe , & un fer chaud ou un charbon ardent, on vient à bout de continuer une petite fêlure, occafionnée par un trait de pierre à fufil, & de la conduire*
- Cependant cette maniéré de couper le verre eft fujette à quelques accidents ; il s’y trouve quelquefois des fils, ou quelques pierres, qui détour, nent tout à coup la fente, & qui font que la pièce fe trouve ou coupée irrégulièrement , ou fendue dans des endroits, où l’on ne voudrait pas qu’elle le fût; e’eft pourquoi quand
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- tr.iArAiLt.i-R LE Verre, tpj fc morceau de verre eftprécieux, ou qu’on a des raiforts pour craindre de le perdre , il faut le couper de la maniéré fuivante ; l’opération eft bien plus longue , mais elle eft plus fûrc que toute autre.
- 3°. Ayez un arbre de bois N n, Kg.-ÿ. d’un pied de longueur ou environ, garni de pointes de fer ou d’acier très-courtes à fes deux bouts, avec un ren-* flement O au milieu, coupé droit par un côté pour fervir d’afliette à une platine ronde de laiton mince, que vous enfilerez fur la partie n plus menue que le relie , & que vous retiendrez par la piece P que vous mettrez par-defliis, & que vous ferrerez avec une clavette qui traverfera l’arbre. Ajoutez fur la partie N, une poulie de trois pouces de diamètre pour recevoir un corde fans fin.
- Vous placerez cet arbre garni comme Q q, entre deux poupées R, r, de fix à fept pouces de hauteur, fixées fur une planche épaifle d’un bon pouce,' dont l’une foit garnie d’une petite platine de métal creufée à la profondeur d’une ligne | avec un foret pointu , pour recevoir une des pointes de-
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- Ïp6 Ma'sïïsk b b l'arbre , & l’autre d’une vis fans poïflî te , qui aura un pareil trou , & qui fera elle-même fon écrou danslebois, afin qu’elle n’y tourne qu’àforce. Vous ferez tourner cet arbre, par une cor-» de fans fin qui embralïera la poulie, êc que vous ferez venir , ft vous voulez , de la grande roue qui fert aux expériences de l'éiâericité , ou d’une plus petite , que vous placerez fous la table fur laquelle vous attacherez ce petit équipage, & que vous ferez tourner avec le pied.
- Tout cela étant ainfi difpofé, vous ferez tourner bien rondement la circonférence de la platine de laiton ; & vous drefferez les deux côtés par quelr ques coups de burin, afin qu’elle foit bien d’épaiffeur ; vous aurez dans un godet, de la poudre d’émeril détrempée dans de l’huile d’olive, ou de l’eau & vous en mettrez un peu avec le bout d’uneplume au bord de laplatine;vous y préîenterez votre morceau de verre en l’appuyant un peu & en le retirant de temps en temps, pour y remettre un peu d’émeril : je fuppofe que vous avez fait deAus, un trait avec de J’snçre, que vous fuivrez toujours en
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- Travailler le VefiRE. tp? 'Creufant , & enfin vous viendrez à . bout de couper la piece.
- Comme la platine entournant, imprimera une force centrifuge aux gouttes d’huile, dont elle fera chargée, pour empêcher qu’elles ne vous fautent au vifage en s’échapant par la tangente, vous pourrez entourer la platine d’un cercle plat de ferblanc S, porté fur une bafe de plomb, & dont vous fupprimerez une partie par devant , pour donner accès à la piece de verre. Vous pouvez mettre encore la machine entre la piece de verre & vous, en appuyant vos deux coudes fur le haut des poupées, vous la tiendrez plus à votre aife , & vous ferez moins éclaboufle : de quelque façon que vous vous placiez * il ell à propos que le cercle foit rebordé en dedans, afin de retenir encore mieux l’huile & l’émeril, quis’échaperont de la platine ; vous les y reprendrez pour les faire fervir de nouveau. Si vous vous fervez d’une grande roue, il faudra la faire tourner avec modération.
- Avec une machine à peu-près fem-blable à la précédente, que vous mettrez en fa place fur la même table, &
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- rips Maniéré dé que vous ferez tourner avec la même loue que vous employez pour elle , vous ferez très-commodément dans le verre , des trous de telle grandeur que vous voudrez : cela vous fera utile dans bien des occanons.
- Préparez la planche & la poupée à vis fans pointe comme R ; mais au lieu de l’autre poupée r, mettez-en une qui porte une lunette de cuivre , pour recevoir un arbre de fer, dont l’autre bout terminé en pointe portera contre la vis de la poupée R. Cet arbre fera garni d’une poulie de trois pouces de diamètre pour recevoir te mouvement ; & le bout qui remplit la lunette fera percé fuivant fon axe d’un trou rond de 3 à4lignes de diamètre, un peu en dépouille , à la profondeur de deux pouces, ayant à fon entrée une petite échancrure d’une demi ligne de largeur, fur le double de profondeur. Foye% la Fig. 6.
- Quand vous ne voudrez faire qu’un petit trou au verre , vous placerez dans le bout de l’arbre une tige de cuivre, qui rempliflê bien le trou , & qui'ait une petite partie failîante pour entrer dans l'échancrure , afin
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- TRAVAILLER LE VeRRÊ. fp# Ejti’elle foit obligée de tourner avec lui ; la partie avancée de cette tige fera plus menue que le relie , & fera terminée par un cône tronqué dont la bafefera en avant, & de margeur du trou que vous vouiez faire ; cette partie frottant contre le verre avec de l’émeril, & de l’huile ou de l’eau , le creufera jufqu’à le mettre à jour.
- S’il s’agit de faire un trou qui fur-paire trois ou quatre lignes de diamètre , au lieu d’un cône tronqué plein, Vous aurez une autre tige qui portera une virole un peu évafée pardevant, & ce fera une efpece d’emporte-pie-ce, qui détachera un cercle de telle grandeur que vous voudrez. Il faudra que cette machine, qu’on peut nommer un muret, foit affortie d’un certain nombre de ces tiges à cônes tronqués , & à viroles, & vous aurez foin d’aller plus doucement, quand les trous feront prêt à être à jour, de peur que l’outil en entrant précipitamment dans le verre percé , n’y occafionne quel-' que éclat, ou quelque fêlure.
- J’ai réuffi plufieurs fois à percer des carreaux de vitre, en les appuyant fur un poinçon d’acier trempé , & en Riv
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- aoo MA» 1ERE B E mettant fur l’endroit oppofé , un p3P reil poinçon, fur la tête duquel je frap-pois à petits coups ; quand le verre ne porte point à faux, les deux poinçons mangent peu-à-peu la première fuperficie du verre, qui eft la partie la plus dangereufe à entammer , & bien-tôt après il fe fait un troua jour.
- C’eft quelque chofe de fçavoir ufer le verre , le tailler, le couper, Ieper-‘ cer , mais il faut encore apprendre à l’amollir , à le refondre & à lui donner une nouvelle forme ; fans cela un Phyficien eft arrêté à tout moment ; & s’il eft hors des grandes villes, il eft réduit à attendre qu’il paffe un marchand de Baromètres , pour lui fceller des tubes , & lui procurer des petits inftrumens , dont on ne fçau-roit fe palier, & qu’il ferait bien plus commode de pouvoir faire foi-même: j’ai appris de bonne heure à manier le verre à la lampe , & je ne puis allez dire combien cela m’a été utile; je vous exhorte donc à vous pourvoir d’un équipage d’Emailleur, & à vous exercer dans la pratique de cet art, au moins pour ce qui peut avoir quelque rapport à laPhyfique expérimentale,
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- TRAVAILLER IB VËRRE. iOL Cet équipage confifte en une table L>“P‘a’" un peu haute , feus laquelle elt un£"ù&gi, foufflet à double ame qu’on fait mouvoir avec lé pied , & dont le vent porté par un tuyau, fort au-deffus de la table , par un ajutage rétréci & courbé , pour fouffler la flamme d’une lampe , qu’on entretient toujours pleine d’huile; c’eltlà l’elfentiel, chacun l’ajufte à fa façon , voici la mien-
- ABC, Fig. 7 , efl la pardofe de la table que j'ai fupprimée pour laif-fer voir le deflous ; la longueur A B, eft d’environ deux pieds & demi, & la largeur eft de vingt pouces ; cette parclofe avec la table eft portée par trois pieds qui ont vingt huit pouces de hauteur chacun , & qui font pris dans une planche de chêne, d’un pouce d’épaiffeur ; celui qui eft en C a huit pouces de largeur, il eft chantourné comme la figure le fait voir ,
- & ouvert en fourchette par en bas : les deux autres, taillés un peu en pied-de-biche , font joints par une traverfe D d, qui eft placée au tiers de leur hauteur. Ils fontliés aufti avec le pied chantourné c, pat un foufflet dont la
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- bos Mxtrt s#ï Bf " tète eftattache'eenE,&dontlaqüeua F, a un tenon qui paffe dans la traver» fe D, & y eft arrêtée par une chevillé de fer, qtl’on peut ôter. On fait mouvoir ce foufflet avec le pied en appuyant fur le pédale G, qui eft retenue en g, par la fourchette du pied E, 3c dont la corde paffant fur deux poulies de renvoi h, y, & traverfant une rainure à jour qui eft à la queue F du foufflet, va s’attacher à celle du paneau inférieur.
- Vous donnerez au Boiffelier qui fera le foufflet, le bois du milieu tout préparé comme F e; fa longueur eft déterminée parla diftancequ’ily adelatra-verfe D d, au pied CB; latête K, aura 4 pouces \ de longueur fur 2 de largeur , avec l’épaiffeur que demandera le Boiffelier , pour mettre quatre plis par-deffus, & deux par-deffous. Il faudra de plus, qu’il y ait au milieu, un trou rond de neuf à dix lignes de diamètre qui communique avec la partie fupérieure du foufflet, & une fenêtre L, pour placer la foupape : ce foufflet s’attache en E, par un tenon quarré, qu’il faut réferver à la tête, & par deux vis en bois , qui traverfent le pieds CB.
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- travailler le Verre. 205* . Sur le panneau fupérieur du fouf-flet, vous attacherez un taffeau M, qui traverfera toute fa largeur, & qui fer-vira à retenir des bandes de plomb , dont on charge le foufflet, plus ou moins, fuivant la force avec laquelle on veut qu’il fouffle : vous collerez dans le trou qui eft à la tête du foufflet , un bout de canon de bois tourné n> fur lequel vous ferez entrer un. tuyau de ferblanc gros comme le doigt, dont l’autre bout traverfera l’épaifleur de la table, & la débordera d’un pouce. Vous aurez foin que ce tuyau foit bien joint en n, afin que le vent ne fe perde point, ôc vous y ferez fouder un anneau plat à l’endroit où il joint le deflous de la table , afin qu’il ne puilfe pas monter plus haut : le bout de qe tuyau qui pafi'e au-deflus de la table , doit être bien arrondi, & un peu en dépouille , pour recevoir un-ajutage recourbé comme 0 , dont l’orifice doit être ouvert comme pour paffer une grolfe épingle ; il efl: bon que vous en ayez plufieurs , plus fins les uns que les autres.
- Ma lampe efl de ferblanc ; elle à la
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- 5o4 MjChïére bï figure que vous voyez en P p , elle contient environ 8 onces d’huile; la mèche eft portée par une languette p, formée en gouttière, qui eft foüdéq par un bout au fond de la lampe ,-ée qui s’avance en montant obliquement jufqu’au bord. La mèche eft recouverte par la piece q, qui a un mouvement de charnière, & qui s’abaiffe fur la languette : on met l’huile par un trou d’un pouce & demi de diamètre , dont l’opercule x, s’ouvre en tournant : mais indépendamment de ces commodités, j’ai fait faire le def-fus de la lampe, de façon qu’il peut s’enlever tout entier, ce qui eft fort à propos, quand il s’agit de la nettoyer ; comme il faut toujours que la lampe foit pleine, il pourrait fe répandre de l’huile fur la table ; pour éviter cette malpropreté , je la tiens dans une cuvette S, & je l’empêche d’en toucher le fond, en foudant def fous trois petits boutons.
- Ma table à un rebord arrondi de trois ou quatre lignes, pour empêcher les tubes de tomber en roulant , & il y a fous ma main droite un tiroir à compartimens, pour mettre
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- travailler le Verre, aoÿ les outils de l’Emailleur, qui confif-tent, en une pince platte arrondie par les deux bouts T, en une autre pince V terminée en angle aigu , amincie & coupée quarrément par l’autre bout; en deux ou trois tenettes X, de différentes grandeurs, qui fe ferrent avec un anneau plat-comme les porte, crayons, pour tenir un fil de fer fort menu ; il faut encore une paire dq cifeaux communs pour moucher la mèche de la lampe ; quelques éclats de pierre à fufil, pour couper le verre , & une lime en tiers-point d’une taille un peu fine , &c. on peut encore avoir dans le même tiroir, quelque écheveau de cotton filé pour re-nouveller la mèche, des bouts de tubes de verre de différentes grof-feurs, des baguettes d’émail de aiffé* rentes couleurs, &c,
- Quand vous ferez ainfi équippé , voici comment vous mettrez le feu de votre lampe en état de fondre le verre. Vous prendrez un écheveau de fil de cotton, qui ne foit n’y trop gros n’y trop fin ; vous prendrez, dis-je, cet écheveau un peu plus gros que le pouce; vous en couperez une longueur de
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- ào6 Maniéré de quatre à cinq pouces que vous coucherez dans la languette p, de façon qu’il n’y ait que le bout qui paroifle en dehors ; vous abbaifferez par-def-fus la piece q , & vous emplirez la lample d’huile d’olives , (a; par l’ouverture qui eft fous l’opercule x. Vous mettrez le feu à la mèche & vous lalaifferez brûler pendant quelques inftans , fans faire agir le vent du foufflet delfus. Vous la moucherez tout autour avec des cifeaux, jufqu’à ce qu’il n’y paroifle plus de flamé-ches ; alors vous l’approcherez du portèrent o, & vous la diviferez un peu avec la pointe des cifeaux, comme en deux parties , pour faire pafler le vent au milieu ; enfin en vous te-nantaffis un peu haut devant la table, vous marcherez fur la pédale pour faire monter le foufflet, & la flamme s’allongera dans une direâion obli-
- (.“) tes Émailleurs ne fe fervent guère d’huile d'olives, ils en employeur d'autres par économie ; ils préfèrent la graiffe de cheval , qusnd ils en peuvent avoir, & ils prétendent qu'elle chauffe d'avantage : je n'ai jamais brûlé que de l'huile d'olives à bas p ' bien trouvé.
- isprix, &jen
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- Arir , Ton . I. ZT’Fart. Fl. g
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- travauxer ve Verre. 207* Que. comme 0y ; c’eft environ à deux pouces de diftancede la mèche, que le feu eft ordinairement le plus vif ; c’eft-Jà auffi qu’il faut préfenter en tournant lentement , le morceau de verre, que vous voulez amollir.
- Il faut que le foufflet foit chargé en M, comme je l’ai déjà dit, mais il ne faut pas qu’il le foit trop ; dans ce dernier cas , il diffipe la flamme en fumée , & dans le cas oppofé , il ne lui donne pas allez d’aâivité : avec un peu d’ufage & d’attention, vous apprendrez le jufte milieu qu’il faut tenir.
- Si le morceau de verre eft un peu épais, il ne faut pas le mettre bruf-quement dans le plus fort du feu ; il faut, commencer par l’échauffer tout au tour, en le préfentant un peu plus loin que la pointe de laflamme, puis après l’y plonger un iuftant & l’ô-ter ; & après plufieurs immerfions fem-> blables, vous pourrez le tenir plongé dans l’endroit où elle a le plus de chaleur. Un tube que vous chaufferez ainfi ne laîffera pas que d’éclater , s’il eft humide, foit en dedans ou en dehors 5 fur-tout, s’il a beaucoup d’é-
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- |5re8 Maniéré de paifleur ; il faut bien fe garder de rouf-fier avec la bouche , dans ceux qui font ouverts par les deux bouts , parce qu’on ne manque pas d’y perler de l’humidité ; ce qui n’arrive pas, quand le tube eft fermé par le bout oppofé a celui qu’on met dans la bouche , parce que le fouffle ne fait que preffer l’air fec qui eft déjà dans la cavité, & celui ci l’empêche de s’y étendre, & d’y rien porter. Quand vous voudrez donc enfler le verre en le foufflant , vous commencerez par en fceller un bout, non-feulemënc pour la raifon que je viens d’alléguer, mais encore parce que fans cela , le fouffle pafferoit outre , fans enfler le Verre.
- Sceller le verre qui eft creux , c'eft amollir les bords de la cavité, les laif-fer fe rapprocher , ou les aider à fe joindre & à fe fouder enfemble ; quand l’ouverture eft étroite, comme celle d’un tube de Baromètre, & que le verre eft mince , cela fe fait fans qu’on y touche, il fuffit de faire tourner lentement & pendant quelques ïnftans, le bout qu’on veut fermer, dans la flamme ; fi l’orifice eft plus lar-
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- TRAVAIllER 1E VERRE. SOp &e, &le verte plus épais, il faut le tenir avec une main dans le feu , & avec l’autre porter le bout d’un tube, ou le bout de la pince fur les bords à mefure qu’ils fe ramoliflent, pour les aider à le rejoindre. Mais de quelque maniéré que vous vous y foyez pris, ne laiffez point une grande épaiffeur de verre à l’endroit du fcellement , car il Te cafferoit en fe refroidiffant : prévenez cet accident en mouchant, pour ainfi dire,le fuperflu.Tandis que le tube fcellé A, PI. VII. eft encore au feu, chauffez le bout d’un autre tube
- B, & appuyez-le un peu fur l’endroit du fcellement, puis tirez doucement celui-ci, pour former l'étranglement
- C, alors la flamme coupera le verre, qui reliera aminci & bouché ; & s il reftoit encore quelque fuperflu, en revenant deffus avec le bout du tube B, vous achèverez de l’emporter.
- Ne manquez jamais de faire tourner, tantôt dans un fens, tantôt dans l’autre, la piece que vous tenez dans la flamme, afin qu elle fe chauffe également tout au tour ; & fi vous la tenez avec les deux mains, tournez également de part & d’autre, fans quoi
- Tome I. . S
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- 2io Manieke’bb
- vous tordrez la piece , dès qu’elle viendra à s'ammollir ; fi vous voulez tirer le verre pour le rendre plus menu , attendez qu’il foit plus que rouge ( candefeens ) , Portez-le de la flamme & tirez-le d’un mouvement uniforme, ou fi vous voulez, un feu plus vice fur la fin qu’au commencement.
- Suppofons, par exemple, que vous vouliez faire des tuyaux capillaires. Prenez un tube E F de y à 6 pouces de- longueur & de 2 à 5 lignes de diamètre , tenez-le par les deux bouts, en plaçantle milieu G, dans la flamme , & ayant les deux coudes appuyés fur la table ; tournez le verre pour le chauffer jufqu’au blanc, comme je viens de le dire; ôtez-le du feu, & tirez en écartant vos deux mains l’une de l’autre ; vous aurez un tuyau plus ou moins capillaire , fuivant la groffeur & l’épaiffeur du tube que vous aurez employé, & fuivant l’ex-tention que vous aurez faite en rite verre fuffifamment chauffé s’enfle par le fouille , mais pour qu’il s’a-rondiffe bien, il faut i°. qu’il y ait
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- Travailler le Verse. 2i r Un commencement de cavité, 2°. que la matière foit également épaiffe tout au tour, 30. également & fuffifam-ment chauffée, 40. qu’elle foit fouf-flée hors "du feu , & avec ménagement. Prenons pour exemple la boule d’ut} petit Thermomètre.
- 1 Choiuflëz un tube H,qui ait un pied de longueur ou environ, une demi ligne de diamètre & autant d’épaiffeur, & qui foit bien cylindrique ; amollif-fez le bout, joignez-y un autre bout de tube I, que vous aurez chauffé de même, & en poulîànt peu-à-peu celui-ci contre l’autre , tandis que vous continuerez de l’amollir, refoulez la matière & formez-en une petite maffe K, dont vous entretiendrez le creux en fouillant de temps en temps par le bout du tube ; détachez le tube I, en fondant fendroic par où il tient, Sz continuez de bien chauffer la petite maffe K , tout au tour ; dès que vous la croirez affez chaude (& vous en jugerez par fa couleur ) vous la retirerez du feu & vous la fouillerez ayant l’oeil attentif fur-elle, pour ne l’étendre & ne lui faire prendre cpie la groffeur que vous voulez qu’eU
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- ‘2 J 2 MANIERE t> E
- le ait : vous aurez attention de tenté le tube dans une fituation verticale 9 en fouffiant la boule, ou de le faire tourner fur lui-même, afin que l'a boule ne fe jette point de côté : quand vous vous ferez exercé fur des petits verres comme celui dont je viens de parler , vous en pourrez fouffler de plus grands,en refoulant une plus gro filé malfe au bout du tube, & en reniflant un peu à plufieurs reprifes, pour étendre la matière & rendre l’épaif-feur égale , avant de donner le dernier fouffle, qui doit porter la boule à fa vraie grofieur.
- Vous foufflerez à peu-près de mêV me les boules qui doivent fe cafier dans l’air raréfié, & dans l’air conden-fé ; mais vous les tiendrez plus minces, & pour n’avoir pas la peine de refouler la matière au bout du tube, vous choifirez celui-ci gros comme le petit doigt ; vous commencerez par en fceller le bout, & y attacher un petit tube pour le pouvoir manier à deux mains ; vous le chaufferez à un demi pouce de diftance du fcelle-ment, & en tirant un peu vous y formerez l’étranglement alongé L: vous
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- >TRAVAILEÏE LE VfiRBE. 2IJ] détacherez enfuite le petit tube , & ayant chauffé fuffifamment l’efpece d’olive que vous aurez formée , vous l’enflerez en foufflant un peu fort,pour en faire une boule mince : & en la préfentant d’un côté & de l’autre au bout delà flamme pendant un inftant, vous y occafionnerezquelquesappla-tifïèmens, qui lui conviendront mieux qu’une fphéricité parfaite, pour les expériences auxquelles on deftine ces fortes de boules creufes. Après cela vous porterez lapartie Ldans la flamme pour la couper Un peu en tirant, afin qu’elle devienne capillaire ; & vous en romprez le petit bout, afin qu’elle ne foit point fcellée.
- Quand vous aurez ainfi préparé plufieurs de ces boules & qu’elles feront bien refroidies, vous les laifirez l’une, après l’autre dans une tenette formée de deux fils de fer, réunis en une feule brandie, & terminés en lunettes comme M , afin de ne point échauffer avec la main l’air qu’elles contiennent, & en plongeant promptement le bout de la queue dans la flamme , vous la fcellerez , avant que la chaleur ait pu gagner la boule. Il
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- 5ftI4 MANIERE î> E faut que la tenette foit faite avec dtl fil de fer bien menu , pour ne point écrafer ce verre qui eft très-mince.
- Vous préparerez de même par un étranglement un peu allongé , ces petites ampoules N, qui crèvent avec éclat, quand on les jette fur des charbons allumés : comme elles ne doivent être que de la groffeur d’un gros pois ou à peu-près , vous les ferez avec des tubes de thermomètre ; 8c avant de les fceller, vpus y ferez entre une petite goutte d’eau, ce qui fe fera très-aifément, fi vous les y plongez après les avoir feulement chauffées dans la main.
- Vous aurez fou vent befoin de ces chalumeaux O, renflés au milieu; il en faut avoir toujours un affortiment de différentes grandeurs ; & vous les préparerez de la maniéré fuivante : amo-liffez le bout d’un tube , & attachez-y-en un autre pour le tirer en capi-faire comme P. Formez l’olive Q, 8c coupez Je verre avec une lime en p. 8c en q, fcellez ce dernier bout ; tenez îe de la main gauche 8c avec la main droite celui qui eft ouvert ; chauffez la partie du milieu jufqu’au blanc t
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- ïiuvaiixer ve Verse. ' àif & en tournant; portez-le bout p à Jæ bouche,& bouffiez en tirant un peu par l’autre bout, & en jugeant à l’œil la groffeur que vous donnez à la partie renflée ; il ne faut pas trop l’étendre, de peur de rendre le verre trop mince.
- L’entonnoir R fe prépare à peu-près de même ; mais quand vous aurez formé le renflement S, vous fup-primerez entièrement le tube rs, en le coupant dans la flamme ; vous chaufferez & fcellerez le bout s, & vous le fouffierez fortement ; le verre fe crèvera dans cette paitie & demeurera ouvert comme T ; mais comme les bords extrêmement amincis, feroient trop fragiles & pleins de bavures, il faut les lécher avec la flamme, pour les épaiffir & les arrondir, ou même les reborder en dehors, en paffant def-fus le bout de la pince pointue très-légerement.
- Voulez-vous préparer le verre d’un ptfe liqueurs ? faites choix d’un tube bien cylindrique, qui ait environ un pied de longueur, dont,le diamètre extérieur, foit d’une ligne & demie à peu-pres, & qui n’ait pas beaucoup
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- ’àiS Mastiere bj d’épaiffeur; fcellez-le par un bout; chauffez-le à 3 ou 4. pouces du fcel-lement, & refoulez la matière , pour y fouffler une boule comme V, qui ait un pouce de diamètre ou un peu plus ; après cela coupez le tube en u dans la flamme, & laiffez le bout fe fceller ; chauffez ce bout feellé , & foufflez-y une autre boule beaucoup plus petite que l’autre , comme u ; il ne vous refteraplus qu’à couper la tige de longueur , & à chauffer l’orifice pour l’é-vafer un peu avec la'pointe de la pince.
- Vous ne trouverez aucune difficulté à plier un tube, même fans le for-tir de la flamme, s’il eft épais de verre, & que fa cavité foit étroite, pourvu cependant que vous ayez foin de l’amollir également tout au tour ; mais s’il eft mince , & un peu large en dedans, ils’applatira à l’endroit du coude : pour empêcher ce mauvais effet, vous le fcellerez par un bout, & à mefure que vous le plierez, vous foufflerez un peu par l’autre, pour renfler la partie qui fe fera applattie.
- Quand les tubes font fort gros, on pmpêche encore l’applatiffement, en
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- Travailler le Verre. 217 les rempliffant avec du fablon bien fec, & en chauffant avec du charbon allumé, l’endroit où l’on veut faire la courbure : j’ai réuffi plufieurs fois à plier ainfi des tuyaux de verre, qui étoientplus gros que le doigt : il faut les chauffer lentement, & les laifTer refroidir de même.
- Il y a des cas où l’on a befoin de fouder deux tuyaux bout à bout l’un de l’antre, pour n’en faire qu’un; il faut tâcher qu’ils foient tous deux d’un verre de la même qualité , vous en ficellerez un-pfe un côté X; vous préparerez les deux bouts qui doivent fe joindre, en les chauffant l’un après l’autre & en les évafant avec le bout delà pince comme Y,y ; enfuite prenant l’un avec la main gauche, & l’autre avec la droite , vous chaufferez en même-temps, les deux bouts éva-fés & vous les appliquerez l’un contre l’autre, en appuyant de façon que la matière fe refoule un peu dans cet endroit; puis ayant chauffé de nouveau cette partie tout au tour, vous foufflerez par le bout qui eft ouvert pourformerunrenflement, & Vous tirerez enmême-temps,afin que ceten-Tom I. T
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- 218 MANIERE 9g droit renflé par le fouffle prenne en s’alongeant de quelques lignes, un dia métré égal au relie,
- Lorfqu’en travaillant vous aurez befoin de couper un tube, il n’ell pas néceffaire d’attendre qu’il foit re-foidi, pour le pouvoir manier & y appliquer le tranchant ou l’angle de la lime , ce qui ferait fort incommode ; il faut au contraire le chauffer, & le toucher avec le bout de la pince un peu mouillé à la bbuche : il fe caffera auffi-tôt dans cet endroit.
- Le verre s’attache^p fer qui efl chauffé jufqu’à rougir, mais il s’en détache enfuite, fi le métal ou le verre, eft fort épais : il demeurera attaché à un fil de fer menu ,ou fur une lame de fer fort mince,que vous ferez chauffer à la lampe ; & pour l’y tenir commodément vous pincerez le fer dans la tenette à boucle marquée X, PI. VI. t (qui- • ,Si vous n’aviez affaire de la lampe d'E. d’Emailleur quepour de menues pie-ces , telles que la plupart de celles dont je viens de faire mention, & pour Un travail de quelques quarts-d’heu-re, je vous propoferois un petit équipage peu embarraffant & d’une lége-
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- TRAVAJELER LE Verre. aip te dépenfe dont je fais ufage , quand ce que j’ai à faire ne demande ni un grand feu, ni un feu de longue durée ; cet appareil repréfenté par la Fig. 8. Fl. VIII. conlifle enune lampe fembla-ble pour la forme à celle que j’ai décrite ci-deifus , mais capable feulement de contenir une ou deux onces d’huile : la cuvette de cette petite lampe porte en-delfous, une douille grofle comme le doigt & longue de 2 pouces ou environ, qui monte & defcend à flottement dans un autre tuyau de y à®6 pouces de longueur , élevé -perpendiculairement au milieu d’un baflïn plat & oblong de ferblanc, garni d’un petit rebord tout au tour; par le moyen des deux tuyaux qui gliffent l’un dans l’autre, on met la lampe à la hauteur qui convient.
- Au lieu d’un foufflet, c’eft un Eoli-pyle de verre ou de métal qui anime la flamme, quand la mèche ell allumée ; il ell pofé au - deffus d’une petite lampe à efprit-de-vin, furmontée de trois confoles qui portent un cercle plat , ou de deux branches à relfort qui font terminées par deux rofettes concaves, pour embraffer la boule
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- 320 Maniéré dS de ce petit vaifleau , comme celui qui fert à répandre une vapeur odorante dans la première leçon. Voyez les Avis qui concernent la troifieme Expérience , & les figures qui y ont rapport, Tome II.
- Vous aurez foin que le bec de Cet éolepyle n’ait qu’un très-petit trou, comme celui quepourroit faire la plus fine épingle ; vous y ferez entrer de l’eau-de-vie ou bien de l’efprit-de-vin mêlé avec moitié d’eau , & vous ne remplirez que jufqu’au tiers de fa capacité. Voyez encore fur cela les Avis fur la première Leçon.
- Enfin il faudra que la lampe à ef-prit-de-vin placée fous l’éolipyle , n’ait qu’une très-petite mèche, com-pofée de y ou 6 fils de coton fort menus, & que fa flamme ne foitdif-tante que de trois ou quatre lignes du fond de l’éolipyle.
- Le baflin de ferblanc fur lequel tout cela eft établi , peut être lui-même attaché fur une boîte de bois de noyer,garnie d’un tiroir , où l’on puilfe renfermer les outils , & ce qui convient au fervice de cet infiniment.
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- . Toni , I, Ic.rv Part. PI, y ,
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- TB*.VAILLES. LE VERRE. 22*
- Avec une flamme animée par le Giobuiei di fouille j non-feulement on amollit le J"" verre , mais quand on n’en prend pour in »*, qu’une petite quantité à la fois, on sircoP's-le fait couler, & il fe met en petites gouttes très-rondes; fi vous mouillez, par exemple, le bout d’une aiguille à coudre, & que vous y attachiez une parcelle de beau verre blanc , en la préfentant au bord de la flamme , vous la ferez fondre, & elle prendra la forme d’un globule; la même cho-fe arrivera, fi vous chauffez de là même maniéré le bout d’un tube capillaire ; ces globules de verre bien choi-fis ( car il en faut faire plufieurs, pour en trouver un bon) & maniés par un homme adroit, font de très-bons mi-crofcopés , qui ne coûtent pas bèâu-coup, étant enchaffés dans des lamés de métal fort minces, avec une très-petite ouverture : je ne connois per-fonne qui ait mieux réufli dans ce genre de travail, que le K. P. laTorre, Bibliotécaire de S. M.leRoidcsDeux Siciles, & Correfpondànt de l’Académie Royale des Sciences.; je vous exhorte, à lire un Ouvrage qu’il a pu-
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- 222 Ma ’n 1ERE DE blié en 1763 (a) fous ce titre : Nuove OJJervaponi, in torno la. Storia Natu-rale : non-feulement vous y trouverez une détail fort curieux de la maniéré dont il façonne & employé fes globules de verre , mais encore une fuite de fort belles obfervations, que vous ferez fans doute bien aife de répéter.
- MitmieJ’»- La lampe de l’ÉmailIeur n’eft pas
- rl'uw'fuffifante pour fondre ni même pour amollir de grolfe pièces de verre : cependant il y a certains cas où le Physicien a grand befoin de fçavoir faire prendre une plus grande épailfeur à celui qui efl trop mince , à courber celui qui eft plan, &c : par exemple, nous n’avons en France, que le verre de la manufacture de S. Gobin , qui foit propre à faire lesprifmes , dont nous nous fervons dans les expériences fur la lumière; mais les morceaux
- (a) Cet Ouvrage avoit été annoncé quelques années auparavant, par une Lettre imprimée en latin, & que ce Savant m’avoit fait l’honneur de m’adreffer, avec quelques-uns de ces globules ; dont je regrette bien de n’en pouvoir faire, ulàge moi-même', mes yeux ne pouvant plus fe frôler à des obfervations auifi délicates.
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- travailler le Verre. 223 de glace qu’on peut tirer de là, n’ont que p à 6 lignes d’épaiffeur, & cela ne fuffit pas. J’ai tenté bien des fois, d’y faire faire des maffes triangulaires de grandeur convenable , mais elles ont toujours été pleines de fils, ou de bouillons ; je n’ai jamais pu en rien faire : feu M. Paris, privilégié du Roi pour les ouvrages d’Optique, me communiqua un jour l’idée qui lui étoic venue , d’amollir un morceau déglacé ordinaire, mais bien choifi, de le làiffer s’affailfer dans un moule , pour lui faire prendre la figure & l’épaif-feur convenable; j’avoue que je fis tout ce qu’il falloit pour l’en détourner, il mefembloit, que par ce moyen là, on ne pouvoir avoir qu’une mat fe pleine de frics, & fort défeftueu-fe ; heureufement cet ingénieux Ar-tifte ne fut point affez touché de mes raifons, pour abandonner fon deffein ; il l’exécuta, & après quelques tentatives qui n’eurent point un bon fuc-cès, il vint à bout de fon entreprife, & il m’a fourni tant qu’il a vécu, de fortbonsprifmeSjfous tels angles que j’ai voulu, & dont les faces avoient 12
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- Si 4 Ma nie* fi de
- à ty lignes de largeur , & même davantage : il a, laide un fils & un neveu à qui l’on peut encore s’adrefler pour en avoir. Voici comment on peut s’y prendre pour l’imiter. ic Prenez un quarré de bois A, Fig. g, ' u qui ait 6 pouces de longueur, 3 de lar-™jgeur, & 18 lignes d’épaiffeur ; divifez la largeur en deux parties égales par une ligne SB, que vous continuerez à retour d’équerre fur les deux côtés comme B b ; coupez le bois en bifeau en retranchant la partie b c d; alors le morceau ainfi taillé fera un ptifme triangulaire reftangle, fur monté d’un parallélipipede e.
- Ayez une cailfe de forte tôle F, de y pouces de longueur, y de largeur & 4 de profondeur , fans fond ni couvercle qui y tienne , qu’elle foit feulement garnie de quatre crochets/,/, &c. placez votre bois A de champ fur une table bien folide , & de maniéré que fon angle aigu d , foit en haut s mettez la caillé de tôle par-def-fus, & ayez foin que les efpaces vui-des foient à peu-près égaux tout au tour ; remplilfez ces efpaces avec du
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- tbavaïixeK ï.1 Verbe. «y fableWe Fondeur légèrement humecté avec de l’eau, (a) & battez-le bien par-deffus , avec une palette de bois, afin de le bien preffer, & de lui faire prendre confiftance. Cela étant fait , vous mettrez par-deffus, un couvercle de tôle , qui s’emboîtera fur la caiffe, & qui fera retenu par les quatre crochets ; vous retournerez cette caiffe, & vous retirerez doucement le bois A, qui laiffera dans le fable, un creux de même forme que lui, c’eft-à-dire comme g hit, Fig. 10.
- Vous adofferez contre legrandcôté de ce creux, un morceau de glace brute L, de la longueur de SB, Fig. ÿ , & qui ait affez de largeur , pour remplir la partie l i k, lorfqu’elle viendra à s’amollir & à s’affaiffer dans le moule. Vous en jugerez par l’épaif-feur qu’aura ce morceau de verre ; fi cette épaiffeur ell le tiers de 1 k, il fuffi'ra que la hauteur i h, foit le dou--ble de cette dimenfion : car fuppofez,
- (a)C’eût un fable argilleux dont lesFondeurs fe fervent pour faire leurs moules ; ceux de Paris le vont prendre à Fontenai-aux-Rofes , Village iîtué à deux lieues au fud-oueft de la Ville.
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- '2.26 Maniéré de par exemple, que l k foit 18 lignes ; fi la glace defcend de 6 en s’amol-lilfant, elle remplira les deux efpaces i,m, ôc fi elle defcend encore de 9 lignes, elle remplira les deux autres n, 0 ; ainfi quand elle aura defcendu de 1 $ lignes, le verre fera au niveau de Z& il lui reliera encore 3 lignes, qui feront monter cette furface d’une ligne ; ce qui ell fort à propos ; car cette partie a toujours befoin d’être ufée plus que les autres, la matière y étant moins pure qu’au deiïous.
- Si vous manquez de fable, ou que vous ne fâchiez pas vous en fervir comme les Fondeurs, vous pourrez faire votre moule d’une plaque de fer forgé, de deux bonnes lignes d’épaif-feur, que vous plierez comme glik, ôc que vous fermerez par les bouts, avec deux pièces triangulaires de même matière, en y réfervant des tenons à queues d’aronde , que vous ferez entrer de côté & que vous arrêterez par des rivures ; vous tiendrez la partie i k, alfez large pour qu’elle puiffe fe rabattre en dehors comme K Z , Figure 11 , afin que le moule puilfe fe tenir debout 3 ôc ua
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- TRAVAILLER LE VERRE. 227 peu incline' en dos de fauteuil, pour empêcher la glace de tomber en devant ; & comme le verre amolli pourrait s’attacher au fer , prévenez cet accident, en enduifant l’intérieur du moule d’une couche légère de blanc d’Efpagne détrempé à l’eau.
- Votre moule étant fait d’une maniéré ou de l’autre & chargé d’un morceau de glace comme je viens de le dire , il faut avoir un fourneau tout prêt, pour le chauffer ; vous le ferez faire en terre cuite , ayant un pied en quarré intérieurement & autant de hauteur, avec une forte grille dans le fond , & à chaqueangle, une ouverture de iy à 18 lignes de diamètre, pour laiffer un libre accès à l’air qui viendra par le cendrier : fi vous n’ê-tes point à portée des ouvriers qui font ces fortes d’ouvrages , vous le conftruirez avec des briques communes , de la maniéré fuivante.
- Les briques ont affez ordinairement 8 pouces de longueur , 4 de largeur, & 18 lignes d’épaiffeur ; quand leurs dimenfions feraient un peu différentes , vous pourez toujours les emr ployer comme je vais le dire.
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- 228 MANIERE B*
- Sur un plan folide , de niveau , Sc 'dans un lieu commode (a) arrangez 1 a briques & une moitié, comme vous le voyez au-deffous de la lettre P,Figure 12, Sc liez-les enfemble avec une légère couche de mortier compofé de .2 parties de terre glaife & d’une partie de fable fin,bien mêlées & détrempées avec de l’eau : cette première affile fera le fond du cendrier.
- Bâtiffez enfuite les parois avec p rangs de briques les uns fur les autres, mais en plaçant toujours le milieu de chacune d’elles fur la jonétion des deux qui fe trouvent deffous ; la fécondé aflife.par exemple; commece-ra au chiffre 7 par deux briques bout à bout; le retour d’équerre, au chiffre i, encore par deux briques de fuite , Sc pareillementfurle troifieme côté, en commençant au chiffre 3. Mais en bâtiffant le quatrième côté, il faut laif-fer un vuide rf de 6 pouces ; ainfi yous n’y employerez que des briques
- Ca) J’appelle Heu commode, un endroit cou-Vert comme un angard, ou bien un laboratoire où il y ait une cheminée avec un large manteau , afin qu’on n’ait rien à craindre de la vapeur du charbon*
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- TRAVAILLER LE VeRRE. 22p dont vous aurez retranché une partie: à cette fécondé aflife, il n’y aura à gauche qu’un morceau fort court dé-iigné par la ligne 6 j, celui de la droite y p , fera plus long ; mais à la troi-lieme affife, ce fera le contraire.
- Quand vous aurez ainfi élevé les parois de cette partie du fourneau qu’on nommele cendrier, à la hauteur de 7 à 8 pouces, vous arrangerez def-fus, des barreaux de fer i, 2,3,4, 5 , &c. & de p à 10 lignes en quarré, en laiflant entr’eux des intervalles de demi pouce : avec des morceaux de-tuile & du mortier, vous mettrez la maçonnerie au niveau du fer ; après cela vous arrangerez fur ces barreaux, trois briques entières T, K, X, & une moitié Y, comme il eft repréfenté au-deffus de la lettre P. Vous continuerez enfuite d’élever les parois du fourneau à la hauteur d’un pied ou 13 pouces , en obfervant de placer les briques comme je l’ai enfeigné d’abord , de maintenir les affifes de niveau , par un emploi bien proportionné du mortier, & de conferver les quatre côtés d’aplomb, & d’équerre entr’eux. Si vous bâtilfez ce four-
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- 230 MANIERE DE neau par terre, il faudra vous baifler beaucoup pour voir dedans & pour le fervir ; il fera plus commode, étant élevé fur un maffif de maçonnerie , de 14 à iy pouces de hauteur, que vous ferez déborder de 3 ou 4 pouces tout autour. Voyei la Fig. 13.
- Ne faites point ufage de ce fourneau , que vous ne l’ayez bien fait fé-cher auparavant & àpetit feu d’abord ; vous commencerez par y entretenir pendant quelques jours,un peu de brai-fe allumée dans le cendrier ; après cela vous mettrez un plus grand feu dans le fourneau même , & vous le renouvellerez jufqu’àce que vousn’en voyiez plus s’exhaler aucune vapeur. Il fera temps alors d’y placer votre moule avec le morceau de glace qu’il contient,
- La place du moule eft marquée par 4 lignes ponctuées, fur les briques T, V,X,Y, afin que les courants d’air qui viendront paries quatre coins du fond, ne le refroidiifent point, & qu’il y ait autour de lui des efpaces fufïifants pour mettre du charbon : vous aurez l’attention de le chauffer bien lentement; car fi le verre recevoit d’abord
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- TrAVAILIEr EE VerSE. 231 tme grande chaleur , il ne manquerait pas de fe caffer ; vous commencerez donc par échauffer un peu le fourneau, & ce qu’il contient, en ne rhettant que de la braife allumée dans le cendrier; après cela vous allumerez quelques charbons dans le fourneau même, vous augmenterez ce feu peu-à-peu, & quand vous verrez que le verre commencera à rougir, vous couvrirez le moule avec une tuile,que vous aurez bien fait chauffer auparavant , & vous arrangerez du charbon tout autour du moule, jufqu’àla hauteur de la tuile, & même par-def-, fus.
- Vous découvrirez de temps en temps, pour voir en quel état eff le morceau de verre ; car quand il fera entièrement affaiffé , il ne faut pas le chauffer au-delà ; le fable ou le fer y poufferaient des vapeurs qui s’inli-nueroient dans fa fubftance, s’il deve-noit liquide , & qui le gâteroient ; mais il ne faut pas non plus le laiffer fe refoidir brufquement ; vous ralentirez feulement le feu, en bouchant l’ouverture du cendrier , avec deux
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- 232 Manière b e briques mifes de champ l’une fur l’aU-tre avec un peu de mortier, & attachées de même contre fa paroi. .Vous couvrirez auffi avec une plaque de fer, le haut du fourneau, après en avoir ôté un peu de charbon, s’il y en avoit encore beaucoup, & vohs laiflerez le relie fe confumer lentement , & le tout fe refoidir peu-à-peu.
- Le lendemain vous retirerez le moule , vous en détacherez le morceau de verre , & s’il n’a point de défauts confidérables, vous le travaillerez fur fes trois faces, & par les deux bouts, avec du grès & de l’eau, fur une plaque de fer bien droite ; ayant foin de conformer les angles à un calibre que vous ferez avec une lame de métal. Si le prjfmedoit être reétangle, par exemple , votre calibre fera entaillé par deux angles, l’un de ÿo, & l’autre de 4p degrés, Fig. 14.
- Après cette première ébauche , vous laverez bien votre morceau de verre, afin qu’il n’y relie aucune parcelle de grès ; & vous continuerez de le travailler fur une plaqué de cuivre, avec
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- TRAVAILLES LE VERRE. 2J j avec du fâblon St dé Peau : cette éè pece de baffin doit être bien dreffé à la régie ;& pour mieux faire' encore j vous en aUrézideuxfqoe'VbUsüferez l’ün fur l’autre avec du fablon & de l’eau ; & quand ils auront fervi un certain temps à des ouvrages plats, & que vous aurez lieu de croire qu’ils fe feront un peü creufés Su milieu , vous lesrèdrdSefez dè'l&mêfiïe maniéré.
- Vous doucirez les trois faces de votre prifme avec de l’émcril fin & de l’eau , comme je l’ai dit àToccafion des verres lenticulaires, & vous finirez parles polir, en les frottant fur le feutre avec de la potée rouge détrempée à l’eau , & enfuite avec la potée d’étain à fec pour donner le dernier coup.
- Les deux faces triangulaires des bouts1, n’ont pas befoin d’être ni doucies ni polies, parce qu’elles feront couvertes par la garniture de cuivre qu’on y attache avec du maf-tic ; mais il faut dès la première ébauche, y faire un bifeau tout au tour, afin que le prîfme gliffe mieux fur le baffini '& fur le poliffoir , & eue les
- Tome I. V
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- 2J4: Manier,*;»*
- angles ne fuient pas fujets à s’e'cofJ ner , comme cela pourrait arriver , s’ils étoient vifs. ,;1(; : :
- Glace,cour- Nous avons befoifl.poùr les expé-béepour fui- riences de Dioptique, &pour raflem-îe/creufc,'1 Fier les rayons du foleil, de lentilles ou d» mi - de verre qui foient çreufes , pour les Irak cmcH remplir avec des liqueurs tranfparen-, vu. tes : on les peut faire, avec ces verres courbes dont les Horlogers couvrent les cadrans des pendules , & on en trouve tout préparés chez eux , oà chez les Miroitiers qui les leur vendent; mais s’ils n’en avoient pas qui vous conviolfent:, vous les pourrez courber vous-même, dans le fourneau qui vous aura fervi à faire des prif-mes.
- Ayez une demi lentille , c’eft-à-dire un morceau de bois ou de métal arrondi circulairement, convexe feulement d'un côté , & un peu plus grand que le morceau de verre que. vous avez delfein de courber : entou-rez-le d’un cerele de tôle d’un pouce | ou deux pouces de hauteur, & pla-cez-le à plat fur une table, ayant-fa face convexe en haut ; remplilfez le cercle avec du fable de Fondeur un peu
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- travailler le Verre. 23 y humide, & battez-le fortement, afin qu’il s’affermilfê , & que le modèle y forme bien fon empreinte. Mettez par-deffus le fable , un couvercle de tôle qui emboîte le cercle , en y entrant un peu à force , ou bien il y aura trois ou quatre crochets pour l’arrêter ; retournez-le tout , & enlevez doucement le modèle, il vous reliera dans le fable , un creux , qui fera le moule dont vous avez befoin, & que vous laifferez bien fécher.
- II ferait encore mieux d’avoir ce moule en fer , & vous l’aurez aifé-ment en envoyant le modèle à quel-
- Î[u’endroit où l'on travaille en fer cou-é, ou bien en profitant de l’occafion que nous en offrent allez fouvent, ces ouvriers qui courent les campagnes pour refondre les marmites de fer. Si vous avez un badin de cette efpece , vous rendrez fa cavité unie & plus régulière, en la frottant avec une demi lentille de plomb , du grès & de l’eau, comme je l’ai enfeigné ci-devant en parlant des badins pour travailler les verres.
- De quelque maniéré que votre moule ait été préparé, vous placerez
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- 23<S MANïBS-EDB dedans, un morceau de glace de miroir poli des deux côtés, & arrondi circu-ïairement, mais un peu plus petit que le moule, Fig. i J, & vous le mettrez au fond du fourneau ; mais comme le verre en s’amolliflant pourrait s’attacher au fer qui deviendra rouge, il faut prendre la précaution que j’ai indiquée ci-deflus, en endui'fant la veille l’intérieur du moule, avec du tripoli ou du blanc d’Elpagne, ou de l’ocre détrempé à l’eau ; il fuffira que vous en mettiez une couche bien égale avec un pinceau.
- 11 faut encore prendre quelquepré-eaution , pour empêcher que le charbon ne tombe fur le morceau de verre , quand il fera au feu : vous pourrez entourer le moule d’une chemife de tôle forte, dont le bord excède le lien de deux ou trois pouces, afin qu’pn puifle le couvrir d’une plaque de même matière, garnie d’ttn bouton par où on puiffe la faifir avec un pince , pour l’enlever de temps entemps.
- Si vous faifiez un fourneau exprès, vous y pratiqueriez à niveau.des briques qui font fur la grille, .une fenêtre femblable à rouverture du .cen-
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- TRAVAILLEE LE VERRE. 237 drier, avec une piece de terre cuite , pour la fermer: alors vous couvririez le moule avec une mouffle de terre cuite, qu’on trouve toute faite chez les marchands de Fourneaux, & en ouvrant la fenêtre , vous venez fous la mouffle en quel état eft votre glace dans le moule.
- II faut encore ici chauffer bien lentement, comme je l’ai dit plus haut à l’occafion du prifme; & foit que vous puiffiez regarder par le côté ou par en haut, quand le feu fera dans toute fa force , il faut être attentif au moment où la piece de verre fera tout à fait affaiffée dans le moule ; fi vous ceffez à propos de la chauffer, elle ne perdra point fon poli, & vous pourrez vous en fervir, fans la travailler, quand elle fera fortie du moule ; fi au contraire elle a eu plus chaud qu’il n’étoit néceffaire pour la courber, elle fera dépolie en certains endroits de fa furface , & vous ferez obligé de la redoucir, & de refaire fon poli. Il faudra encore modérer le feu, & laif-fer refroidir le verre dans le fourneau & très-lentement, en fuivant le même procédé que j’ai enfeigné plus haut.
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- 238 Maniéré de
- Quand vous aurez courbé dans le même moule,deux morceaux de glace de la maniéré que je viens de le dire, &que vous aurez réparé leurs défauts, fi elles en ont contra&é dans le fourneau, vous en arrondirez les bords , & vous les rendrez bien égaux en diamètre ; après quoi vous applanirez ces mêmes bords du côté de la concavité , en les ufant, & en les dou-ciflant fur un bafiin plat, afin qu’étant placés l’un fur l’autre, ilsfe join-gnent bien. Quand vos deux verres feront en cet état, vous les plongerez tous deux dans un vailfeau un peu creux & rempli d’eau bien claire, vous les joindrez l’un à l’autre ,8c vous les enleverez avec le volume d’eau qu’ils renfermeront entr’eux, le poids de l’air extérieur fuffira pour les contenir; il y a plus ,'c’eft que fi vous les îaiffez ainfi joints jufqu’au lendemain, vous ne pourrez les féparer, qu’en les plongeant dans de l’eau un peu plus que tiède.
- Dans un fourneau dont l’intérieur n’a. qu’un pied en quarré intérieurement , on ne peut guère courber que des verres de 7 à 8 pouces de diame-
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- TRAVAILLER LE VsBRE. lie ; fi les morceaux de glace tout arrondis n’avoient que 12 à 13 pouces, on pourrait encore en venir à bout avec le feu de charbon , & un fourneau confirait comme celui dont il a été queHion jufqu’à préfent, mais plus grand à proportion ; fi on le faifoit exprès, il faudrait qu’il eût, comme je l’ai dit, une fenêtre par-devant, qui pût s’ouvrir & fe fermer, & une grande mouille, qu’on pût charger de charbon ; il faudrait aufli que le haut pût fe couvrir avec une plaque de fer coulé, femblable à celles des Chapeliers , afin qu’il refiât du jour aux quatre coins , pour laifler des paffages aux courants d’air qui viennent du cendrier, & qui donnentl’aâivité au feu ; au lieu de cette plaque on peut avoir un-dôme de terre cuite percé de plusieurs trous ronds avec des bouchons de pareille matière, que l’on ôte ou que l’on remet en place, fuivant le degré de chaleur qu’on veut donner au fourneau.
- L Les verres, grands ou petits, que l’on courbe ainfi dans des moules , font fiijets à fe rider par les bords, quand la courbure eft grande par rapport au
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- S4© MANIERE B E diamètre; fi celui-ci, par exemple, eff de 12 à 13 pouces, celle-là ne doit guère avoir moins que 30 pouces de rayon.
- Quand les glaces ainfi courbées , ont gardé leur poli, ou qu’on le leur a rendu en les retravaillant, elles font très-bonnes à faire des miroirs concaves & convexes , mais l’embarras eft de les mettre au teint : pour comprendre d’où vient cette difficulté, il faut fçavoir comment ont étame les mi-toits ordinaires, qui font plans. On a ceint les gia- de ces feuilles d’étain battu dont j’ai «scourbes. ^ja parJé plufieurs fois, il y en a de plus épaiifes pour les grands miroirs, & de plus minces pour les petits ; On en coupe un morceau , un peu plus grand que la glace, on l’étend fur une table fort unie & de niveau , & l’on prend foin qu’il n’y ait aucune ride , aucun trou ; on verfe deffus dû mercure bien net, & avec une patte de lièvre on le promené fur toute la feuille d’étain pour Caviver, c’eft-à-dirë , pour y faire prendre lé mérctirë ; on en verfe tout de fuite Une plus gfan*-, de quantité, de forte qu’il y en a environ une ligne d’épaifleur fur l’étain,
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- 'TRAVAILLER LE VeRRE. 2^t fans qu’il fe répande par les bords : la glace étant bien efluyée , on la glifle à la faveur du mercure , - peu-à-peu. fur la feuille d’étain, jufqu’à ce qu’elle la couvre entièrement, & l’on fait pencher la table un peu, afin que le iuperflu 'du mercure puifle s’écouler, ( bien entendu que cette table, eli rebordée de maniéré que le mercure, ne peut pas tomber par terre), 8c l’on charge la glace avec des poids : le lendemain on les ôte , 8c la feuille d’étain tient au verre, avec un léger enduit de mercure , qui en fait un miroir.
- Pour que la feuille d’étain avivée de mercure , s’attache au verre , il faut, comme vous voyez, qu’elle foit étendue fur une furface conforme à la fienne , 8c qu’elle s’y applique fans qu’il relie aucune lame d’air interpo-fée : quand le verre n’a que 3 ou 4 pouces d’étendue, on en vient à bout aifément en préparant la feuille d’étain dans le badin même où le verre a été travaille : comme le mercure s’a-cumule fur l’étain , on tient le badin creux un peu penché, tandis qu’on fait glider le verre, jufqu’à ce qu’il foit au
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- S'** MANIERE B E milieu; après quoi on renverfe le tout fur un fupport, quine porte que contre le verre , le fuperflu du mercure s’égoutte, & le badin par fon poid prede la feuille , & la contient, juf-qu’à ce qu’elle foit bien attachée. Voyez la Fig. 16. quire préfente la coupe de cet appareil. Si le vefre eft concave , c’eft fur la furface cdnyexe où ilaété travaillé, qu'on étend & qu’on avive la feuille d’étain, & quand le verre eft appliqué dedus, on le charge , adn que le mercure s’égoutte & que l’étamage fe féche,
- Mais en procédant aind, oa ne réuf> fit pas fi aifçment avec des glaces courbes, (concaves ou convexes), dès qu’elles ont feulement un pied de diamètre. Dans, un voyage que je fis à Londres en 1734, le Doâeur Defa. guilliers me procura la connoidân-ce d’un Miroitier qui me fit confidence de la façon dont il s’y prenoit pour mettre au teint ces fordfe de miroirs , & qui me montra fon appareil ; vous pouvez voir ce que j’en ai dit dans les Leçons de Phyfique, Tome V. page a S O. Nos ouvriers ne s’y prennent pas de même ; ils font un moule dç plâ-
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- TRAVAILLER LE VERRE. 24J tre fin , fur le verre même qu’ils veulent étamer ; & quand il efl fec, ils étendent la feuille d’étain deflus , l’avivent , & y font gliffer le verre comme je l’ai (fit ci-devant: quand c’eil pour étamer la concavité, ils étendent de même la feuille d’étain , fur le moule convexe , ils l’arrêtent par; les bords avec un peu de colle, ils l’a-vivent j& la furface coevéxe duperie étant appuyée fur iin fac rempli de fablon , Ms verfent dans fa concavité un peu de mercure , placent le moule avec fa feuille d’étain deflus , &; renverfent le tout ; c’efl-à-dire , que le fac plein de fablon fert alors de poids pour charger le verre & l’appuyer fur le moule , tandis que le mercure s’égoutte.
- M. de Berniéres qui prépare & fait commerce cfe ces fortes de miroirs, les met au teint avec un amalgame dont.il s’efl réfervé le fectet, pendant fa vie, (car il la dépofé au Secrétariat de l’Académie,pour être rendu public après fa mort ) ; j’en ai vû chez lui plufieurs qui faifoient un bon effet : mais la feuille d’étain avivée de mercure , me paroît un étamage encore, plus folide, X ij
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- S44 Maniéré de, &c;
- J’ai étamé moi r même autrefois des vaiffeaux de verre intérieurement, avec un amalgame d’étain de glace & de mercure; c’eft de cette façon que les Allemands mettent au teint, ces boules de verre, qui ont Pair d’ar-
- fent bruni, Sc d’autres qui parrainent orées ; la différence de celles-ci aux autres, vient de ce qu’elles font fouf-fiées avec du verre jaune, Je dirai dans le fécond Chapitre de là fécondé Partie comment on compofe çet amalgame , Si de quelle maniéré on l’eittj ployé-
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- .tris. Tam. I. Ie" Part. PI. S .
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- fr’&'fr ifr '&"&&•&•& ifrifr
- SECONDE PARTIE.
- Sur le choix des Droguesfimples, & fur la maniéré de préparer celles qui doivent être compofées,
- J_j E s drogues fimples, à proprement parler , font celles que nous recevons- immédiatement des mains de la Nature , & fur lefquelles l’Art ne s’efi: point encore exercé : cependant fous cette dénomination , on comprend bien des fubflances , cjue l’on a déjà travaillées, foit pour les rendre plus pures , en leur enlevant ce qu’elles ont d’étranger, foit même pour changer par quelque addition , leurs qualités naturelles, & les rendre par-là propres à certains ufages ; c’eft dans un fens encore bien plus étendu que j’employe ici le nom de Droguefun-ple ; je vous donne généralement comme tel, tout ce qui fe vend commune-
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- 24.6 Indication et choix ment, & fans être commandé d’avau-, cê, dans les boutiques des Apoticâi-res ou des Droguides; & je n’en exclus , que ce que vous ferez obligé de compofer vous-même ou de faire compofer exprès pour vos expérien-cesrje fuivrai l’ordre alphabétique, afin que vous publiez trouver plus ai-fément les articles auxquels vous au; rez affaire.
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- »es Drogués simples. 24?
- CHAPITRE PREMIER.
- Indication des Drogues Jtmp/es dont il faut fe pourvoir pour préparer, les 'Expériences.
- Aimons.
- I/AiMANT, tel qu’il Je faut aux FKyficiens, n’eft point un objet de commerce réglé & confiant , c’eft-à-dire , qu’il n’y a point de Négociant ni d’Artifte à qui l’on puiffe s’adrelTer en tout temps ni à coup fur, pour s'en pourvoir ; il y a un certain nombre d’aimans répandus dans les cabinets des curieux & des fçavants, qui changent de mains de temps en temps ; les .voyageurs qui vont aux grandes Indes, les Pèlerins qui viennent d’Efpa-gne, les Ouvriers qui fouillent les mines de fer & celles de cuivre en différents Pays, nous en procurent de nouveaux ; quelques Ouvriers en inftru-ments de Mathématiques s’appliquent parfois à monter ces pierres, & quand ils réuffiffent, & qu’ils fe font par là X iv
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- Sq.8 Indication et Choix une réputation , leurs boutiques deviennent comme autant de dépôts où. l’on s’adreffe tant pour les vendre que pour les acheter ; tels ont été à Paris-le célébré Buterfield , & Pierre le Maire qui eft mort depuis quelques années; je ne connois aâuellement perfonne ici, qui les ait remplacés à cet égard : cependant je crois qu’on pourrait encore trouver quelques pie-res d’aimant fur le quai de l’Horloge du Palais, chez les Ouvriers du même corps.
- Quand aux aimans bruts, vous en trouverezdesmorceauxchezquelques Epiciers Droguifles, parce que les Apoticaires en employent comme dé-terfifs, dans certains emplâtres. Portez avec vous de la limaille de fer, que vous répandrez fur chaque morceau,& accommodez-vous de ceux où elle s’attachera en plus grande quantité , & où elle vous fera appercevoir des pôles en formant des filets qui s’épa-nouilfent.
- Les pierres d’aimant n’ont point de prix fixe ; on les eliime à proportion de leur bonté, & ce ne font point les plus grolïes qui font ordinaire-;
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- bis Drogues simples. 24^ Jhent les plus eftimables; elles-le font davantage, lorfqu'avec un volume médiocre, elles contraftent une grande adhéfion avec le portant qui eft de fer. & qui s’attache aux armures : ne fdyez point la dupe de cette phra-fe tant ufitée parmi ceux qui vantent les aimans, celui-ci porte 1 y fois, 20 fois fort poids ; c’eft un effet qui rfetl point rare dans les petites pierres ; mais vous pouvez regarder comme un bon aimant, celui qui pefe une livre ou une livre & demie , & qui retient un poids de 18 à 20 livres attaché à fon portant : comme j’en faifois vendre de temps en temps à Pierre le Maire, j’étois convenu avec lui qu’on lui payeroit pour ceux de cette'qua-lité, autant de louis d’or qu’ils porte-roient de livres attachées à leur armure , & cette convention à tenu juf-qu’à fon décès.
- Vous remarquerez encore, queles aimans naturels qui n’ont rien de fort extraordinaire, ont dû baiffer de prix depuis qu’on ell parvenu à en faire d’artificiels , qui font d’une force énorme, & qui communiquent la vertu magnétique d’une maniéré fu-périeuré,
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- £jo Indication it Choix Aloës Pitte.
- L’A l o e s eft une plante graffis qui croît dans l’Inde & dans plufieurs autres pays chauds ; les feuilles font prodigieufement longues & épaiffes ; on en tire des fibres, qui étant Amples ne font pas fujettes à fe tordre ni à fe détordre , comme toutes les autres qui font filées; c’eft ce qu’on appelle fil de Pitte-, il eft très-propre à tenir un corps grave d’un poids médiocre , à une hauteur déterminée ; un Phyficien qui a des expériences à faire fur la longueur du pendule , doit préférer ce fil à tout autre; mais les Aloës qu'on éleve en Europe ne viennent point affezgrandspour nous en former de bien longs , qui foient d’une feule piece ; il faut s’en pourvoir par le moyen de quelque voyageur-qui aille aux Indes dans l’intention d’en revenir.
- Alun.
- L’A lun dont nous faifons ufage dans nos expériences , eft celui que les Droguiftes vendent fous le nom d’Alun de roche, apparemment parce
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- Ues Drogues simeles. 2fi .qu’il eft cryftallifé en greffes maffes , qui ont l’apparence du crvftal de roche lorfqu’il eft brut. C’eft une marchandée très-commune & à bon marche.
- Ambre, Succin ou Karaté.
- La matière qui eft connue fous ces différents noms , eft un bitume tranfparent, tantôt jaune , tantôt prefque blanc ; il nous fert dans les vernis gras, Sc pour cet ufage , vous l’acheterez en petits fragments chez les Droguiftes, ou chez les Bem-blotiers qui le travaillent pour en faire des grains de colliers, de chapelets, '& autres menus ouvrages, & qui en vendent les recoupes à la livre.
- Nous nous en lervons encore dans les expériences éleétriques ; alors , il faut tâcher d’en avoir des morceaux un peu grands & d’une figure qui les rende propres à être frottés aifément; on en faifoit autrefois des manches de couteau & de fourchettes, des def-fus de tabatières, & autres bijoux ; cela eft fort cafuel, enfaifant chercher chez les Brocanteurs , on en peut trouver à bon compte des frag-
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- Indication et chot* roents , ^ui feront encore d’ufage pou*
- Antimoine,
- L’A n t i m o i n e eft un minéral que vous unirez au fer par la fufion , pour en faire une maffe qui étiqcel-le fous la lime, comme je l’enfeigne-rai dans le Chapitre fuivant : vous pourrez vous fervir encore de fon régule , dans la Compolition du métal blanc,pour les miroirs,&c. on en trouve très-communément chez les Dro-guiftes; il faut le choifir bien brillant, ayant toute fa mafle compofée de belles aiguilles couchées à côté les unes des autres, & non interrompues, par des fubftan'ces étrangères.
- Arfenic.
- Il faut demander de l’Arfenîc blanc, chez un Apoticaire bien affor-ti; il ne doit vous vendre cette drogue que quand vous vous ferez fait connoître ; & vous devez la tenir fermée fous la clef, parce qu’elle eft dangereufe , & ne l’employer qu’avec certaines précautions, dont je parlerai par la fuite.
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- fcfcs Dkogues simfi.es. nyj /.tfphalu,
- . L’A sihaite eft un bitume , qui nous vient d’Egypte ; il eft devenu plus commun en France depuis qu’on en a trouvé en Suiflè & en Alface ; vous choifirez celui qui fera le plus dur & le plus fec,
- Bafilic.
- Quand on éleârife une plante dans l’obfcurité , on fait naître au bout de fes feuilles des petites aigrettes lumineufes qui font un très-joli fpeflacle : je n’en connois pas qui ïéuffifie mieux'que celle qu’on nomme Bafilic; elleeft trcs-commune , parce quelles a un parfum très-agréable ; çhoififfez de préférence celle qui eft de la moyenne grandeur ; & au lieu de la tenir dans un pot de terre ou de fayence, mettez-la pour l’éleari-fer , dans une petite .caiffe de fer,-blanc, ou bien faites arriver la vertu éleftrique à la plante par quelque cou; Quêteur métallique,
- Belemnite.
- J’Ai cité jjans les Leçons d«
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- !sf4 Indication et choix Phyfique la Belemnite au rang des matières qui deviennent phofphores, quand on les prépare comme la pierre de Bologne : les Naturaliftes ne font point d’accord entr’eux fur la nature ni fur l’origine de cette pro-duétion , qui eftfoffile; mais comme elle eft très-commune , & qu’elle a-des caraâeres remarquables , elle fe trouve en grande quantité dans les Cabinets de tous les Curieux d’Hif-toire Naturelle; pour le peu que vous en connoifliez quelqu’un ; vous en obtiendrez aifément.
- Bifmutli ou Êtain de glace.
- s C e demi-métal eft fort pefant, il s’unit aifément par la fufion avec l’é-rain, le plomb, l'argent, & il facilite leur amalgame avec le mercure ; il faut choifir celui qui, étant cafte, fait voir beaucoup de molécules de-figures cub iques& brillantes. ; ' -Bijlre.
- L e Biftre eft la fuie de chemine'e a plus dure & la plus luifante , que les marchands de couleurs préparent fen la broyant, en la tamifant, & en
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- des Drogues simples; 2 y y la détrempant avec de l’eau un peu gommée , pour la mettre en petits pains.
- Blanc de Plomb.
- Voyez Cérufe ei-après. *
- Bois de Brefil.
- Demandez chez les DroguilleS, le bois de Brefil de Fernambouc ; il eft ordinairement haché en copeaux ; Voyez s’ils font d’un rouge bien vif, & fi étant mâchés, ils laiifent dans la bouche un goût douceâtre.
- Bois de Campeche ou Bois d'Inde.
- Choisissez le plus haut en' Couleur.
- Bois Néphrétique.
- Adresse z-v o u s , pour avcïf des copeaux de ce bois à un Marchand bien afforti, & de bonne foi ; car comme on fait peu d’ufage ds ce bois, tous les Droguiftes n’en ont point , & y fubftituent quelquefois l’aubier du Gayac ; le véritable bois néphétique, eft fort pefant, d’un jaune pâle , d’un goût acre & amer : & s’il
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- SjS Indication et choix eft faux, fa teinture ne produira paï l'effet Cngulier que le Phyficieu y cherche.
- Sois pétrifié.
- L E bois vraiement pétrifié eft celui qui eft intimement pénétré pat un fuc pierreux'; fon poids, fa dureté , fa couleur varient fuiv: nt la nature de ce fuc dont il eft imprégné ; il faut choilir les morceaux , qui ont çonfervé l’apparence du bois, où l’on remarque les noeuds, & l’arrangement des fibres ligneufes: on trouve du bois pétrifié . dans une infinité d’endroits . & nommément dans les environs de Paris, du côté de Marly ; on en trouve auflî auprès d’Etampes, à Haute-Fontaine près de Soiffons; à Mary Sc à Lify près de Meaux, &c. ainfi cela n’eft ni rare , ni d’un grand prix, à moins qu’il ne s’y joigne quelque accident Cngulier : vous en trouverez aifément chez les Brocanteurs qui achètent & vendent pour les Cabine® d’I !ifloire Naturelle, fi communs aujourd’hui ; ou fi vous connoiffez quelque amateur qui en ait, il ne vous pu refufera pas des échantillons,
- Eorax^
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- t)Es Drogues simples. 257 Borax.
- Le Borax eft une matière faline , que les Hollandois vendent tout purifié à nos marchands Droguiftes ; il eft blanc & tranfparent, à peu-près comme l’alun de roche ; il eft compo-fé de cryftaux à fix pans , tronqués par les deux bouts; il eft d’une faveur âcre & piquante ; & quand on le met fur des charbons ardents, il rend d’abord une .odeur qui n’eft point défa-gréable & qui finit par être urineu-
- Buffle.
- IL ne s’agit ici que de la peau de l’animal qui porte ce nom , .& qui eft une efpece de bœuf: cette peau paf-fée à l’huile , conferve une grande flexibilité avec beaucoup d’épaiffeur ; elle fert principalement à faire les ceinturons & banderoles desfoldats ; adreflez-vous auxCeinturonniers pour en avoir des morceaux : vous choi-firez ceux qui font le moins chan-vreùx , & d’une confiftance la plus égale.
- Tome I. Y
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- aj 8 Indication et choix Camphre.
- L Ë Camphre eft une"réfine végétale très-volatile & très-inflammable ; nous l’employons avec la poudre à canon, pour en faciliter l’inflammation par le feu éleârique ; il faut prendre pour cela le camphre purifié , qu’on tire de Hollande.
- Carmin.
- L e Carmin eft une fécule très-fine , qu’o'n tire de la Cochenille; les Marchands de couleurs le vendent tout préparé ; il y en a de différents prix fuivant le dégrez de beauté.
- Cendres lieues.
- C’ e s t une poudre fine, que l’on prépare en broyant une pierre très-tendre qui fe trouve communément dans les mines de cuivre; il y en a de différentes nuances, depuis le bleu célefte jufqu’au vert ; on ne l’employé qu’en détrempe.
- Cérufe on Blanc de Ploml.
- C’est une efpecè de rouille de. plomb, excitée par la vapeur du vinai;
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- des Drogues simples. 25-9 gre : vous en trouverez chez tous les Marchands de couleurs; cette matière vous fervira non-feulement à peindre en blanc, mais auiîî à donner du .corps aux couleurs qui font traufpa-rentes : vous mettrez une différence entre le blanc de plomb & la cérufe , celle-ci ell un mélange de blanc de plomb avec de la craie : elle fe vend moins chere que le blanc de plomb pur.
- Chamois.
- L A peau de cet animal , paffée à l’huile , nous fert dans bien des oc-cafions, & fur-tout dans les expériences qui fe font avec la machine pneumatique : vous en trouverez à vendre chez tous les ouvriers qui en font des bas , des gants, des culottes, &c. ou chez les Marchands qui les leur vendent & qui en tiennent ma-gazin : choififfez celles qui font bien fouples , d’une égale épaiffeur dans toute leur étendue, qui ne font point trop fpongieufes ,& qui ne font point trouées.
- Chaux vive.
- Vous choifirez la chaux vive en
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- &6o Indication et éHOisf gros morceaux , & la plus nouvelle! que vous pourrez avoir : & fi vous êtes obligéde lagarderquelquetemps avant de vous en fervir, vous la tiendrez enfermée dans des vailTeaux clos, bien fecs , ou fous la cendre ; car fi vous la laiffez expofée au conradt de l’air, elle en prendra l’humidité , & elle s’éteindra peu-à-peu.
- Cinabre ou Vermillon.
- C’ E s t fous le dernier de ces deux noms, qu’il faut demander cette couleur chez les Marchands, & choifir celle qui paraîtra la plus éclatante.
- Cire des Abeilles,
- S i l’emploi que vous voulez faire de cette cire, exige qu’elle foit bien pure , vous demanderez chez-les marchands Ciriers , de la cire vierge; elle eft en pains ronds de deux ou trois lignes d’épaiffeur, & de trois à quatre pouces de diamètre; vous en mâcherez un peu pour éprouver fi elle ne fent pas lefuif, &fi elle ne s’attache point aux dent:,
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- i>Es Drogues simples. a&f Cire i’Efpagne.
- Nous nous fervons de cire à cacheter ( vulgairement appellée Cire d’Efpagne ) dans plufieurs expériences d’Eleâricité: ilfaut pour bien faire, la commander exprès aux Marchands qui la préparent, non-feulement parce qu’il la faut en bâtons plus gros & plus longs, que ceux qui fervent à cacheter les lettres , mais encore , parce qu’il la faut plus dure & plus féche , & que la dofe de gomme lacque y foit plus forte , qu’elle ne l’eft pour l’ordinaire ; je la demande rouge le plus fouvent, cependant j’en ai auffi des bâtons en noir.
- Cobalt.
- L A mine de Cobalt efl: un minéral fort pêfant, d’une couleur grife plus ou moins brillante , d’un grain fin, compafl & ferré ; la plus belle fe trouve dans les mines de Saxe , où on la travaille pour en tirer le beau bleu ; il eft féverement défendu d’en faire fortir du pays ; c’eft pourquoi il vous fera difficile d’en trouver chez les Droguiftes; ils vous en offriront ce-;
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- 2^2 Indication et choix pendant, mais fi c’eft pour faire l’encre de fympathie que vous en avez affaire , n’en faites point l’emplette , à moins, qu’en l’expofant au grand jour, vous ne voyez à la furface des morceaux , quelques efflorefcences couleur de lilas ou de ces couleurs qu’on appelle communément gorge de figeon.
- Cochenille.
- L a cochenille eft un infefle gros comme la punaife domeftique, qu’on apporte du Mexique , & qui fert à teindre en écarlate & en cramoifi; fi vous n’êtes point à portée des Dro-guiftes qui en font le commerce , vous demanderez aux Tailleurs d’habits, des rognures de draps de cette couleur ; & je dirai dans le Chapitre fuivant de quelle maniéré vous pourriez en tirer la teinture.
- Colles,
- Vous ferez de la colle avec différentes matières, fuivant les différents cas où vous en aurez befoin.
- Si c’eft pourcollerdu papier, vous la ferez avec de la farine de froment
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- ïiss Drogues simples. 26} & de l’eau, que vous ferez cuire ensemble , & à qui vous ferez prendre la confiftance d’une bouillie claire ; au lieu de farine ordinaire, vous pourrez y employer aulfi l’amidon, quand il fera néceffaireque la colle foitbien blanche.
- La gomme d’Arabie, & même celle qu’on nomme gomme de pays, 8c qu’on recueuille , fur les Abricotiers fur les Pruniers, &c. étant fondue dans feau, fera encore une colle propre au même ufage.
- Pour coller le bois, on fefertde celle qui eft connue fous le nom de colle-forte : celle qui fe prépare en Angleterre eft réputée la meilleure ; on en fabrique préfentementde très-bonne dans les environs de Paris ; cette efpece de colle fe vend en tablettes ou feuillets de quelques lignes- d’c-pailfeur ; choififfez celle qui eft la plus féche , c’eft-à-dire qui fe caffe nettement & avec éclat, quand on fait effort pour la plier.
- Pour coller le verre ou d’autres matières liffes, fervez-vous de colle de poiffon ; il faut choifir celle qui eft en petits cordons blancs , la plus
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- ï?4 Indication tt èHôré. tranfparente , infipide au goût & S l’odorat, 8c la garder dans un lieu fec.
- Copal.
- Ce qu’on nomme vulgairement & improprement gomme copal, eft une vraie réfine, qu’on employé dans les vernis gras avec le fuccin ; il y en a de deux fortes ; l’une vient des pays Orientaux, elle eft rare ; l’autre qui eft plus commune 8c moins chere,nous vient de la nouvelle Efpagne ; il faut choifir celle qui eft en plus gros morceaux , dure, luifante & tranfpàren-te, 8c qui n’a que très-peu de couleur.
- Eau de Fleurs d’Orange.
- S i vous l’achetez toute faite, pre^ nez garde fi elle n’a point un mauvais goût de feu ou de rance ; c’eft une bonne marque , fi vous voyez nager defliis , des petites gouttes d’huile efi ientielle, & fi le flacon de verre qui contient cette liqueur , paroit comme gras en dedans: fi vous la faites vous-même , je dirai ci-après en quel état vous devez prendre la fleur s 8c comment il faut la diftiller.
- Eau-de-vie,
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- des Drogues simples. afiy E au-de-yie.
- L’Eau-de-vie la plus inflammable eft celle que vous devez rechercher pour les expériences; fi vous en faites quelque provifion, il faut l’ef-fayer auparavant, & voir fi ell e prend feu aifément, étant froide; fi en la goûtant,, vous y trouvez un goût piquant , qui lui foit étranger, défiez-vous-en, c’eft une marque affez certaine qu’on a voulu déguifer par l’addition de quelque drogue, l'affoi-blifièment qu’on y a caufé en y mê-ljantde l’eau.
- Eau-forte.
- L’Eau-eorte qu’on employé communément dans les Arts ne différé point effentiellempnt.de l’efprif-de-nitre ,,mpis elle eft faite ordinairement avec moins dé font ; elle ell plus foiblc que lui,& affez fouvent elle contient des impuretés ou des matières étrangères qui pourvoient nuire au
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- n66 Ikdicatiok et caonf blir avec de l’eau bien pure , dans leï cas où il ferait trop fort.
- Émeril.
- L’Emeïil eft une mine de fer très-réfraâaire : ce n’efl point pour en tirer ce métal qu’on l’exploite ; c’eft parce qu’étant broyée, elle devient une poudre très-dure & capable par-là, d’ufer & de polir des matières fur lefquelles l’acier ne pourrait point mordre : les Quinquailliers qui en font commerce, en ont de différents degrés de finelfe ; il faut s’en pourvoir fuivant l’ufage qu’on en veut faire.
- Efpritde Lavande.
- O K dit plus communément Eau de Lavande, quoique ce foit de l’efprit-de-vin chargé de Ihuile eflentielle de cette plante : on doit dire lamême chofe de l’eau de thym, de romarin, de mélice, &c. quand ces aromates font diflillés à l’eau-de-vie : li vous achetez ces liqueurs, rebutez celles qui fentiront le goût de feu , dont le parfum fera peu exalté, & qui auront un œil louche : je dirai ci-après com-
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- ï>es Drogues simples. i6j ment ont fait ces fortes de diftilla-tions.
- Efprit de Nitre.
- I l faut diftinguer deux fortes d’ef prits de nitre; l’un plus commun; moins déflegmé, & moins cher, dont vous ferez le plus d’ufage ; l’autre qu’on appelle efprit de nitre fumant, qui fume en effet quand on l’expofc à l’air, qui a une couleur citrine , & qui ne vous fervira que pour enflammer les huiles effentielles des plantes. Pour avoir ce dernier, il faut vous adreffer à un bon Artifte, & lui recommander d’y mêler quelques gouttes d’huile de vitriol concentrée : vous tiendrez ces deux efprits dans des flaçons de verre bien fermés , avec des bouchons de même matière , autour defquels vous mettrez encore un cordon de cire molle, 6c pâr-deffus, un morceau de cuir de gand, que vous lierez au col du flacon , de peur que la vapeur de l’acide nitreux nefafle fauter le bouchon. Vous aurez encore l’attention de tenir ces drogues , ainfi que toutes celles qui font dangereufes , dans un lieu fermé à clef. Z ij
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- 258 Indication et chchx,
- Efprit de fel Marin.
- Demandez cette liqueur à un Chymifte , & recommandez-lui de tirer cet efprit par l’intermède ,de l’acide vitriolique ; s’il eft fait ainfl, il doit fumer en prenant l’air : gardez-le dans un flacon dont le bouchon foit de verre Si bien ajüfté.
- Efprit de Térébenthine.
- L’Esprit de Térébenthine, qu’on nomme Eau de Rare en Italie Si en Provence, eft l’huile eflentielle tirée par diftillation delà térébenthine du pin : tous, les Epiciers droguiftes Sc les Marchands de couleurs en ont 'dans leurs magafins ; il faut clioifir cette liqueur bien claire , bien fé-che , c’eft-à-dire très-volatile, Si qyi ne foit point gluante quand on ia touche: elle eft très-inflammable; ilfaut prendre garde d’en approcher de trop près avec la flamme.
- Efprit-de-vin.
- Quand vous choifirez de l’ef-prit-de-vin chez les DiftiBateurs ou chez les Marchands qui en font com-
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- t®s Drogués simples, afp riierce, voyez s’il eft bien inflammable & bien pur. Vous en mettrez dans une cuiller d’argent, & vous verrez s’il prend feu fort aifément, & fi lorsqu'il cefle de hrûler, il ne refte qu’une très-petite quantité de flegme. Verfez-en un peu dans un verre à boire , & par-deflus, un peu d’eau bien nettes s’il blanchit, s’il devient laiteux, c’eft un marque qu’il eft mêlé avec quelque huile eflentieîle de plante, ce qui arrive aflez fouvent aux efpritsde-vin qui nous viennent du dehors.'
- L’efprit-de-vin qui tiendra contre ces épreuves, fera bon pour la plû-
- Cdes ufages qu’on en fait en Phy-ï ; il y a des eas, quoiqu’en petit nombre, où il faut qu’il foit plus dé-flegmé ; alors vous vous adrelîerez à un bon Artifte, qui vous en fournira de plus parfait, fous le nom d’efprit-de-vin reSifié : ou fi vous voulez le reâifier vous-même , je vous en indiquerai les moyens dans le Chapitre fuivant.
- Ether.
- L’Ether connu ci-devant fous le nom de Liqueur éthérée de Frohénius, Ziij
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- 270 Indication et chôH éflun efprit-de-vin très-défleemé, & préparé enfuite par un acide bien concentré : il prend le nom de l’acide dont on s’eft fervi pour le préparer ; ainfi l’on dit éther vitribli-que, éther nitreux, Sec. vous aurezbe-foin de cette liqueur , pour faire une jolie expérience fur les refroidiffe-mens artificiels ; vous pourrez vous fervir indifféremment cf éther préparé par tel ou tel acide , pourvu qu’il foit extrêmement volatil.
- Gomme Arabique.
- L A gomme arabique ne fe diffout que dans l’eau : fi l’on veut que cela fe faffe promptement, i! faut la concaf-fer en très-petites parties ; choififfez celle qui elt la plus claire, la plus iranlparente, & commencez par laver les morceaux, pour ôter les fa-Jetés qui pourraient s’y être attar
- Gomme Èlemy.
- L e s Droguiltes vendent fous ce nom, une réfine qui a plufieurs ufa-ges; on en fait entrer un peu dans les vernis à l’efprit-de-vin j pour les ren»
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- BES Drogues simïees. 271 dre un peu moins fecs , & empêcher qu’ils ne fe gercent ; il y en a de deux fortes ; l’une vient du .Levant, & l’autre nous eft apportée des Ides de, l’Amérique ; c’eft de celle-ci dont nous faifons le plus d’ufage dans les Arts , parce qu’elle eft plus commune & moins chere : la première a une couleur verdâtre, la feconde tire fur le jaune : comme vous uferez peu de cette matière, préférez celle qui vient du Levant.
- Gomme Gutte.
- Cette matière qui tient en même-temps de la nature des gommes & de celledes réfines, peut fe dilfoudre dans l’efprit-de-vin ou dans l’eau ; vous pourrez vous en fervir pour les couleurs en détrempe, ou la faire entrer dans le vernis à l’efprit-de-vin : elle fournira dans l’un 4c dans l’autre cas, une belle couleur jaune.
- Gomme Lacque.
- C e que les Fabriquants de cire à cacheter les lettres 4c les Verniffeurs appellent gomme lacque, eft une matière réfineufe qui nous vient des Indes Ziy
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- 272 ISCICATICW ET CUOÏfc orientales : il y en a de trois forte* dans le commerce, ou plutôt c’eft la môme matière fous trois états différents : quand on la recueille elle eft attachée à des petites branches d’arbre , ou à des baguettes, & on l’appelle lacque en bâtons j on en tire une belle teinture rouge, après quoi elle eft toute en petits grumeaux , & elle fe nomme alors lacque en grains : enfin on ia fait fondre, & on la coule ou on l’étend fur quelque pierre dure & unie ; & dans ce derniere état, on lui donne le nom de lacque platte. C’eft cette derniere que vous demanderez pour faire du vernis à l’ëfprit-de-vin, & vous choifirez la plus pure, & la plus tranfparente.
- Graine d’Avignon,
- O x donne! ce nom au fruit du petit nerprun , arbriffeau très-commun , que vous trouverez aux bords des boisée dans les haies, fi leterrein eft un peu aquatique : cette graine , ou plutôt les bayes cueillies avant leur maturité, éc féchées lentement, donnent une belle teinture jaune a
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- •DES DkoâüES SIMM.ES. 27J qu’on exalte encore en y mettant un peu d’alun de roche.
- Ces mêmes bayes prifes dans leur maturité , c’eft-à-dire lorfips’elles font noires , donnent auffi un beau verd ; mais elles ontbefôin pour cela d’une préparation que j’indiquerai dans le Chapitre fuivant ; c’ell ce qu’on appelle vcri de vejjîc. Vous en trouverez, ainfi que de la graine d’Avignon pour le jaune, chez tous lés marchands de couleurs.
- Cris.
- Quand vous vous fervirez de grès en pierre pour aiguifer des outils , ou pour frotter des plaques de fer coulé, &c. prenez de celui donc on fait le pavé ; choifilfez le plus uni, & celui dont le grain ne fera ni trop gros ni trop fin & qui n’aura qu’une dureté moyenne; fi c’eft pour écrafer & le mettre en poudre, comme quand on veut ufer du verre ou du métal, fur une forme quelconque choifilfez le plus tendre : les vieilles meules de Rémouleurs font très-bonnes pourcet ufagé.
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- 374 Indication et choix
- Huile d'Afpic.
- Cette huile eflentielle, fe tire d’une efpçce de lavande qu’on nomme Afpic M Provence : elle eft bonne à mettre en petite quantité dans les vernis blancs à l’efprit-de-vin ; elle eft affez fouvent falfifiée, par un mélange d’huile de térébenthine ; il eft aifé de s’en appercevoir , en y trempant un linge ou un morceau de papier gris, & le faifant brider, l’odeur vous apprendra ce qu’il en eft.
- Huile de Chaux,
- O N a donné ce nom qui eft fort impropre, à une liqueur qui fait un coagulum avecune forte diflolution de fel de tartre : lï vous ne la préparez pas vous-même vous la défignerezà l’Artifte , par I’ufage que vous en voulez faire, & vous lui recommanderez de la charger beaucoup & de la clarifier par filtration : gardez-Ia dans un ilacon bien bouché.
- Huiles de Gayac £r de Girofle.
- On trouve ces huiles toutes pré-
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- ï>es Drogues simples. 275-Jparées dans le commerce ; il faut s’a-drelfer pour les avoir bonnes, ou aux Artiftes mêmes qui les diftillent. ou aux Marchands qui font le plus grand débit de pareilles drogues.
- Comme l’huile eflentielle de girofle eft chere , allez fouvent ceux qui la vendent la mêlent avec quelque autre huile ou efprit ardent de moindre prix. Voici différentes façons de l’éprouver. 1°. Étendez avec le bout du doigt fur du papier blanc ou fur une carte à jouer, une ou deux goutte de l’huile eflentielle que vous voulez éprouver ; chauffez-la légèrement en la tenant au-deflus d’un réchaud plein de feu : après l’évaporation, s’il refte quelque chofe degras, c’eft une marque qu’on a mêlé avec la liqueur , quelque huile graffe fans odeur forte, pour en augmenter le volume. 2°. Si vous foupçonnez qu’on ait mêlé de l’efprit-de-vin avec l’huile effentiel-le , vous le recoanoîtrez en y ajoutant un peu d’eau pure ; le mélange alors deviendra laiteux, j". Si en répandant un peu de votre huile de girofle fur un papier gris , vous la faites promptement évaporer en l’ex-.
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- 275 Indication bt Shoi* pofant au feu, & qu’elle répande une forte odeur de térébenthine , c’ell qu’on fe fera fervl de cette huile ef-fentielle qui coûte peu, pour falfifier celle que vous éprouverez.
- Huile de Tartre.
- Les Chymiftes ont une huile de tartre à qui cette dénomination convient mieux qu’à la liqueur dont il efl ici queftion : c’eft pourquoi , fi vous ne la préparez pas vous-même, il faut demander l’huile de tartre par défaillance, qui n’eft autre chofe que l’alka-li du tartre , délayé dans la quantité d’eau qui fuffit pour le tenir liquide,
- Huile de Vitriol
- O N connolt fous ce nom l’acide vitriolique plus ou moins déflegmé 5 celui qui nous vient des laboratoires de Hollande, & qui cft le plus commun dans le commerce, contient beaucoup d’eau & fa couleur ell ordinairement preique noire : quand il ell reftifié, il elt tranfparent & fans couleur : cette liqueur fe charge en très-peu de temps de l’humidité de l’air , & s’affoiblit d’autant; il faut la tenir
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- des Drogues simples, ayj dans un flacon bien bouché ; mais le bouchon doit être de verre , car s’il étoit de liège , ou de quelqu’autre matière végétale fur laquelle la liqueur pût mordre, elle redeviendrait noire comme elle étoit avant d’être déflegmée : prenez garde d’en répandre fur vos doigts, ils feroient tachés en noir, jufqu’à ce que l’épiderme fût renouvellé.
- Incruftations,
- O N nomme ainfi les corps qui, ayant féjourné dans une eau chargée d’un fuc pierreux, trop groflier pour pénétrer au dedans, s’en trouvent enduits & couverts , de maniéré cependant qu’on reconnoît encore leur formé naturelle : le plus fouvent ce font des faifeeaux d’herbes, de joncs, de rofeaux , &c. qui font liés enfemble par cette el'pece de gluten , & dont chaque brin fe reconnoît encore fous cette croûte pierreufe. Ces accidents font extrêmement communs ; il y en a dans un C grand nombre d’endroits , qu’on peut s’en procurer aifé-ment des morceaux.
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- '*78 Indication et Choix Litarge.
- L a litarge n’eft autre chofe que flu plomb que l’on a calciné exprès, ou qui s'eft fcorifié, lorfqu’on l’a employé pour purifier l’or ou l’argent à la coupelle. On appelle litarge d’or celle qui eft d’un jaune rougeâtre pour avoir fouffert un plus grand degré de feu, & litarge d’argent, celle qui eft plus pâle. Quoique ces deux fortes de litarges différent un peu entr’elles par leurs couleurs, elles ne font toujours que du plomb calciné, & vous pouvez les employer indifféremment, dans toutes les occafions où je vous en recommenderai l’ufage.
- Majlic en larmes.
- Le maftic naturel eft une réline qued’ôn tire par incifion d’un arbufte qui s’appelle lentifque ; la plus grande partie coule jufque par terre, & contraire toujours quelques impuretés ; celle qui demeure attachée aux feuilles & aux branches, fe recueille à part & fe diftingue par le nom de mat tic en larmes ; c’eft la plus pure & la plus eftimable : elle eft en grains clairs
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- »es Drogues simples. 279 8: tranfparents, d’un blanc tirant au jaune, &fe caffe net fous la dent
- Maftic compofi ou des Fontainiers.
- Les Marchands de couleurs & autres Droguiftes vendent fous ce nom j Ou fous celui de ciment, une compo-fition faite avec de la poix-réfine & de la poix graffe mêlées enfemble , avec de la brique pilée & paffée au tamis. Ce maftic elt très-dur & fort fec ; fi vous vous en fervez pour maf-- tiquer du verre dans du bois, ou dans du métal, il faut l’adoucir, en y mêlant un fixieme de cire & une petite quantité de térébenthine ; & quand vous le ferez fondre pour l’employer, prenez garde de ne le point trop chauffer, car il fe décompoferoit ; la partie graffe devenue très-liquide , laifferoit tomber au fond du poêlon, le ciment qui donne du corps à la compofition.
- Mercure ou vif Argent.
- Voyez ce que j’ai dit de ce minéral à la fuite des Métaux, Première Partie, page 113.
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- ‘S8o Indication et choi*
- Nitre ou Salpêtre.
- Il y a dans le commerce deux fortes de falpêtres; l’un nous vient des Indes, allez pur & en beaux crif-taux, qui font en forme d’aiguilles à côté les unes des autres ; cependant on le purifié encore en Europe : l’autre fe tire des terres & des plâtras ', qu’on va prendre dans les vieilles matures & dans tous les endroits qui ont été abreuvés des excréments d’ani-maux; ; mais ce dernier n’eft point pur, il faut le dépouiller desfubftan-ces étrangères dont il eft chargé ; cela fe fait ordinairement en trois cuites; celui de la troifieme eft le plus purifié , celui de la fécondé l’eft moins, & celui de la première n’eft dégagé que des hétérogénéités les plus groflieres: le prix eft à proportion du dégré de pureté : vous n’em-ployerez pas celui de la troifieme cuite, dans les cas où vous pourrez vous accommoder de celui de la fécondé ou de la première.
- Noix ie Galle.
- La noix de galle n’eft point un fruit,
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- bes Drogues simples. 281 fruit, quoiqu’elle.en ait l'apparence,, c’eft une excroiffance occafionnée par la piquûre d’un infefte qui y dépofe fes œufs. Elle eft arrondie & dure , de la groffeur d’une noix mufcade, ou à peu-près ; il y en a de blanches, & d’autres qui font prefque noires: toutes font piquées de petits trous, par où font fortis les infeftes qui font éclos & qui ont crû dedans. La noix de galle le recueille fur les chênes du Levant, & s'employa beaucoup dans les Arts, & fur-tout dans celui de la teinture.
- 0 minette.
- L’O RC Anette eft une plante de la Provence ou du Languedoc, dont la racine donne une très-belle teinture rouge ; il faut préférer celle qui eft nouvelle & encore un peu fou-pie : comme il n’y a que l’écorce de la racine qui fournifle de la couleur, il faut choifir la plus menue ; fi elle teint les doigts lorfqu’on l’a maniée avec un peu de frottement, c’eft une bonne marque.
- Orpiment ou Orpin minéral.
- Cette matière contient de I’ar-Tome I. A a
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- 282 Indication ET~CH0i3i îenic ; par cette raifon, elle doit être employée avec précaution ,& gardée avec foin. Les Droguiftes vendent l’orpin en morceaux, qui étant cafles nouvellement, font d’un jaune verdâtre, & dans d’autres endroits d’un jaune tirant au rouge, avec des paillettes & des veines brillantes : c’eft dans cet état qu’il le faut prendre pour faire i’encre de fympathie, dont je dirai la compofition dans le Chapitre fui-
- Les Marchands de couleurs broyent l’orpin & le mettent en poudre pour les Peintres & pour les Verniifeurs : ils le trient, afin d’en avoir de différentes nuances ; aînfi on peut leur de-, mander de l’orpin pâle, qui efl d’un jaune de citron, & de l’orpin qu’ils appellent rouge & qui efl d’un jaune plus foncé.
- Orfdlte.
- L’Orseille efl une pâte molle,d’un rouge foncé & prefque violet, qu’on trouve toute préparée chez les marchands Droguiftes : il y en a de deux fortes ; la plus commune & la .moins chere fe prépare avec une ef-
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- bis Drogues simples. 28j pece de Hche n ou de plante fongueu-fe qu’on tire d’Auvergne , & qu’on nomme Perelle : mais la plus belle, qui coûte auffi davantage, Ce tire des Canaries , Sc'fe prépare à Amflerdam : il faut garder cette pâte dans un lieu frais, afin qu’elle fe durciffe moins.
- Petrole.
- L e petrole, ou huile de pierre, efl un bitume très-liquide : il en vient de différents Pays ; mais vous préférerez celui de Gabian en Languedoc , qui eft rouge, & vous demanderez au Droguifte qui vous le vendra, qu’il foit diflillé, ou vous le diflillerez vous-même.
- Pierre à fujil ou Cailloux.
- L A pierre à fufil, lorfqu’elle a une demi tranfparence , paroit lumineufe" . intérieurement, lorfqu’on en fait choquer deux l’une contre l’autre : pour faire cette expérience, vous en choi-firez des morceaux plutôt arrondis que plats, & gros à peu-près comme des noix.
- Vous réuffirez encore mieux avec des morceaux d’Agatte, ou avec ces Aij
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- 1*4 INDICATION TT CHOIX cailloux roulés, qui font blancs , 5 demi tranfparents, qu’on trouve au bord dés rivières ou des torrents ; céla eft très-commun dans le voifina-ge des hautes montagnes.
- Pierre de Bologne.
- Cette pierre n’affefleaucunefigure confiante fous laquelle on lapuiffedé-égnerron la trouve communément en morceaux irrégulièrement arrondis ; elle efl d’un blanc cendré extérieurement : quand on îa câffe bti ÿ rëmar-i que des flrits brillantes ; elle à l’air d’urie pierre tallpéüfè : on n’feh'fe'it point commerce ; iT faut avoir quelque correfpondance en Italie ou à Bologne même pour s’en pourvoir.
- Au défaut de la pièrre de Bologne , on peut foire des phofplîOtqs avec îabélemnitè, ayec la topafe des Droguiftes , qu’on nommé'pour c'èl'à fpath fhijphor'njue , avec le gvps, & avec pldireurs autres pierres dont j’ai fait mention. Tome V. des Leçons de > page r
- Pierre pourrie. '
- O n appelle ain£ une forte cToerë
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- . fins Drogues stMftEs. iSf "dépouillée de fa partie grade, Sc B friable qu’elle tombe en pouffiére très-fine: on en tire d’Angleterre, qui eft bien préparée & dont les ouvriers fe fervent pour polir le cuivre ; on en trouve chez les marchands Quinquail-1ers qui vendent des outils.
- Phofphore d'Ürine.
- Avau t l’année 1757 , onne fai-foit point ce phofphore en France, il falloit le faire venir d’Allemagne ou d’Angleterre ; il fut fait pour la première fois à Paris le 22 Août 1737 parM. Heliot, conjointement avec MM. Geofroy , Duhamel & Düfay. Depuis cette époque, nous n’avons plus été obligés, d’avoir recours à l’Étranger. Mais comme cette opération ell délicate , pénible, coûteufe , & peu lucrative , par le peu de con-fommation qui fe fait de cette matière, plus curieufe qu’utile, il n’y a qu’un très-petit nombre de Chymiftes , qui fe piquent d’en fournir de leur façon aux Phyficiens ; vous en trouverez chez MM. Rouelle & Baumé, & peut être encore chez quelques autres ,
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- <a86 Indication ït choix' des cours de Chymie pour les Amateurs de cette fcience.
- Phofphore de Homberg ou Pyrophore.
- S r vous n’aviez pas la commodité ou le loilir de préparer vous même cette matière, il n’y a pas d’Apoticai-re tant foitpeu inftruit, qui ne la con-noifle, & qui ne puifle vous en fournir , étant prévenu quelques jours auparavant.
- Potée diÈmeril.
- On donne ce nom à la poudre d’émerii, qui a fervi, & qui s’eft ufée fur la meule des Lapidaires : c’eft une efpece de boue qui fe trouve au fond de leur baquet, & dont les Ou vriers fe fervent pour achever de polir les métaux , & pour doucir le verre ; mais il faut la laver comme je le dirai.
- Potée £ Étain.
- Tous les Potiers d’étain vendent cette porée, qui eft la chaux de ce métal : il faut choifir la plus blanche , & la plus fine ; & quand on doit l’employer pour polir du verre, ou des
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- »es Drogues simple*. 287 miroirs de métal, il faut encore la laver, comme la potée d’émeril.
- Potée rouge.
- On a donné ce nom au réfidu qui fe trouve dans les cornues, après la dillillation de l’eau-forte : cette matière eft fort rouge à caufe de l’ocre du vitriol martial, qui en fait la principale partie : on la lave pour emporter ce qu’il y a de falin ; on la fait fécher, & après cette opération elle fe broyé aifément, & fe réduit en une poudre très-fine, qui fert à polir les glaces.
- Poudre fondante.
- C’ïst la poudre dont j’ai fait mention à la quatrième Expérience de la XIV'. Leçon ; j’y ai nommé les drogues dont elle efi compofée, avec les aofes qu’il faut obferver; vous la préparerez vous-même irès-aifément; ayez feulement l’attention de ne point mêler la fleur de foufre , avec le fal-pêtre que vous aurez fait fécher^tandis qu’il eft encore chaud ; & jettes promptement la coquille de noix dans
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- 288 Indication et chôi* un verre plein d’eau , dès que VOt$’ appercevrez le métal en fufion.
- Poudre fulminante.
- Recommandez-bien à l’Ar-tifle qui vous préparera cette poudre , d’obferver les dofes exaâement : trois parties de falpêtre fin, deux parties de fel de tartre, & deux parties de fleur de foufre ; de broyer chacune de ces drogues parfaitement, & de les mêler enfemble par une longue trituration ; car c’ell principalement du mélange intime de ces trois matières, que dépend le fuccès de l’expérience.
- Rofes de Provins..
- Parmi les expériences que nous faifons fur les couleurs, il y en a une qui fe fait avec de l’efprit-de-vin dans lequel on a fait infufer des pétales de rofes, pendant quelques heures : toutes les rofes ne font pas bonnes pour eet ufage ; celle que j’indique fous le nom de rofe de Provins eft celle qu’il faut choifir ; elle elî d’un rouge cramoifi fort vif, on peut la faire lécher au foleil, & en garder
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- des Drogues simples. 289 'dans un fac de papier ou dans un bocal, pour en avoir dans tous les temps de l’année.
- Sang de Dragon.
- C’est une réfine qui eft d’un rouge de fang : comme il y en a de plusieurs fortes chez les Droguiftes, vous demanderez celle qu’on appelle fang de Dragon en larmes ; elle eft en pe-titesmaffes arrondies, comme des noix mufcades , & enveloppée dans des feuilles longues, étroites, & un peu jaunes.
- Sel Ammoniac.
- L E fel ammoniac qui eft le plus commun dans le commerce , eft en pains épais de trois à quatre doigts : il eft d’une couleur cendrée, un peu tranfparent; gardez-le en morceaux, & quand vous voudrez en faire ufage pour des refroidifîernens artificiels, vous le pilerez dans un mortier, & vous le ferez bien fécher quelques heures auparavant dans un poêlon de terre cuite , fur des charbons ardents.
- Comme ce fel eft cher, s’il n’a été
- Tome I. B b
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- 2ÿo Indication et choix mêlé qu’avec de l’eau ou avec de Ta glace, vouspourrez le retirer, en fai-fant évaporer fur le feu , l’eau qui le contient, & le faire bien fécher, pour le garder enfuite dans un bocal fermé de façon que l’humidité ne puiffe point s’en emparer.
- Sel de Soude.
- L e mot fonde eil le nom d’une plante dont il y a plufieurs efpeces : quand on les brute en grande quantité elles produifent une cendre très-abondante en fel, qui fe pelotonne & fe durcit comme une pierre ; ces mafles falines ainfi durcies, fe vendent chez les Épiciers Droguiffles, fous le nom de foude, & l’on effiime le plus dans les Verreries & dans les Savonneries, celle qui vient d’Efpa-gne, & qui fe nomme foude d’Alican- j te.
- Le fel de la foude d’Alicante dégagé de fa terre, ell un alkali des plus diftingués ; celle qu’on nomme foude de varec, & qui fe fait en grande partie fur les côtes de Normandie , contient beaucoup de fel marin ; je dirai
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- BEs Drogues simples, apr en général , comment on tire le fel des matières réduites en cendres.
- Sel de Tartre.
- L e tartre eft à proprement parler le fel elfentiel du vin , qui s’eff attaché & durci contre les douves des tonneaux où cette liqueur a féjourné. Quand il eft purifié & dégagé de la lie & de la partie colorante avec lef-quelles il eft mêlé, il fe préfente fous la forme d’un fel blanc & tranfparent qu’on nomme criftaux ou crime de tartre. Mais quand on brûle le tartre qui enduit l’intérieur des tonneaux, ou la lié qui refte au fond, on en tire un fel alkalî, qui s’appelle fil de tartre ; c’eft de celui-ci dont vous aurez le plus à faire en Phyfique ; on en trouve toujours tout préparé chez les Apo-ticaires ; il faut le prendre bien fec , & le garder dans un flacon bouché avec du verre , car il prend fort vite l’humidité de l’air, & fe réduit en liqueur.
- Sel Marin.
- t e fel marin, ainlï nommé, parce que nous tirons de l’eau de la mer la Bbij
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- 292 Indication et choix plus grande partie de ce que nous ea employons, foit dans les Arts foit dans les Cuifines, fe nomme auffi fel commun, à caufe du grand ufage qu’on en fait, par comparaifon à tous les autres fels. Celui qui fort du grenier des Fermes, n’eft pas bien pur ; fa couleur même annonce qu’il eft mêlé avec quelques parties terreufes.Quand vos expériences exigeront qu’il foit purgé de ces fubftances étrangères , vous le laverez comme je le dirai au Chapitre fuivant.
- Vous pourrez vous difpenfer de laver du fel de Gabelle, en vous fer-vant d’un fel de la même nature qui eft foflïle, & qu’on nomme fel gemme } vous choifirez chez Te Droguifte, celui qui eft en criftaux bien blancs. Ou bien vous garderez pour les ufages de votre laboratoire, le fel blanc qui fe trouve fur le beurre qu’on apporte de Bretagne ou de Normandie , dans des petits pots d’une terre bleuâ-
- Sandarac.
- L a fandarac eft une rëlîne féchc & caftante qui découle d’un arbre
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- 5BEs Drogues simples. 293 qu’on appelle le grand genévrier , 8c qu’on cultive dans les pays chauds. Il faut choilîr celle qui eft la plus blanche, la plus tranfparente.
- Sirop de Violettes.
- Demandez le plus nouveau , celui de l’année , chez un Apoticai-re qui ait du débit.
- Soude.
- .Voyez Sel de foude.
- Soufre.
- L e foufre fe vend fous deux formes différentes : il y en a qui eft en maffes dures & foliées, & qui a été Coulé dans des moules, quelquefois en petits pains, & plus fouvent en bâtons ; c’eft celui-ci qu’il faudra employer , quand je parlerai de faire fondre du foufre: mais on le vend encore dans l’état d’une farine très-lé-gere , & il fe nomme alors fleur de foufre ; il ne faut pas prendre l’un pour l’autre.
- Spath.
- Le fpath eft une pierre calcaire B biij
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- 294 Indication *t choix
- dont les fragments Si les moindres parties fe préfentent fous la forme de cryflaux , qui affeflent des figures confiantes. Les Naturaliftes en dtflin-guent beaucoup d’efpeces, par la con-fi fiance , la grandeur , là forme , la couleur de ces parties cryflallifées ; celui qu’ils appelle fpath rhomboï-dal, efl le plus propre à faire par la calcination, un phofphore femblabié à la pierre de Bologne.
- StalaBites.
- O N donne le nom de Jlalaïïites, à des concrétions pierreufes qui fe font aux voûtes des Grattes naturelles, & qui y demeurent pendentes, à peuplés comme ces glaçons qu’on voit aux bords des toits, après un faux dégel: ces efpeces de pierres commencent & prennent leur aecroiffement par des gouttes d’eau chargées d’une terré très-fine , ou d’un fable capable de fe filtrer avec l’eau, qui lui fert de véhicule , & qui le dépofe en s’évaporant. Le volume , la figure ,1a couleur & les autres qualités fenfibles de ces fortes de dépôts accumulés, dépendent de la durée de l’écoulement,
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- des Drogues simples. 25 j de la fuccelïïon plHsou moins prompte des gouttes , de l’abondance & de la nature du fuc pierreux mêlé avec l’eau qui le charie , & de bien d’autres circonftances locales , qu’il feroit difficile de détailler. Les ftalac-tites les plus renommées en France font celles des grottes d’Arcy en Bourgogne ; il elt bon que vous en ayez quelques-unes de celles-là ou des au-«es : les Cabinets d’Hiftoire Naturelle en regorgent.
- Sublimé Cerrofif.
- L e fublimé corrofif eft un fet compofé, dans lequel le mercure eft combiné avec l’acide du fel marin : cette drogue feroit bien dangereufe fi on la portoit à la bouche, ou s’il s’ert mêloit, même une petite quantité, auxalimens ; mais cite ne produit point de vapeur nuifible, & ne fait aucune mauvaife impreffion fur la peau, quand on la touche avec.les doigts nuds: les Apoticaires ne doivent en vendre qu’à des perfonnes bien connues ; & celles qui en font ufage doivent la tenir fous clef, ou ne la confier qu’avec beaucoup de
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- zÿ6 Indication et choix; circonfpeftion. Vous pourrez préparer vous même le fublimé, fi vous n’êtes pas à portée de l’acheter tout fait.
- Succin.
- Voyez Ambre.
- Tait.
- I t v a plufieurs fortes de talcs : celui dont il s’agit ici, fe nomme par les Naturaliftes talcum virefcens, talc verdâtre, ou talc deVenife, parce que les Vénitiens qui le tirent du Royaume de Naples», le répandent dans le commerce. Chaque malle eft compo-fée d’une infinité de feuillets minces argentins, & tranfparents. Au défaut de ce talc, vous pourrez employer les feuillets aufli tranfparents d’une pierre qui fe trouve très-communément dans les carrières de plâtre, & qui eft une efpece dé Gypfe.
- Térébenthine.
- La térébenthine eft une réfine qui découle de plufieurs efpeces d’arbres , mais fur-tout des pins : il faut la choilîr bien claire & tranfparents
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- ï>es Drogues simples. 297 en confiftance de fyrop épaiffi ; elle devient plus coulante , quand on la fait un peu chauffer.
- Tournefol.
- L e tournefol vient d’une plante que l’on prépare avec la chaux & l’urine , pour en faire une pâte qui fert à teindre en bleu; on la met en petits pains qu’on fait fécher; c’efl: dans cet état qu’oa l’achete chez les Dro-guiftes ; il faut choifir celle qui par-, roît la plus haute en couleur.
- Varec.
- VovEzce que j’en ai dit au mot Sel de foude.
- Verd de Cris.
- Le verd de gris eft, à proprement parler ,-la rouille du cuivre : la plus grande partie de cetui qui fe con-fomme en France,vient de Montpellier ; il s’employe dans beaucoup d’Arts , & fur-tout dans celui de la teinture : il vous donnera une belle couleur verte pour les enluminures ; mais quand vous l’acheterez pour cet ufage , vous demanderez au Mar-
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- ap8 Indication et choix chand de couleurs du verdd’eau, ou bien du verd de gris calciné , broyé à l’huile : le premier eft en liqueur , le dernier ell enfermé par petits paquets, dans de la veflïe.
- Vin.
- Quand on veut faire monter le vin au travers de l’eau, il y a du choix à faire : certains vins font auffi pé-fants, & même plus pefamts que l’eau commune, ils reftereient au fond du vafe qui fert à cette expérience ; d’autres font li légers, qu’ils s’élèvent trop brufquement, le jet Te déchire, pour ainfi dire, en traversant ,1a maffed’eau & s’y mêle : nos vins de Bourgogne & ceux des environs de Paris , réuf fi fient fort bien ; mais il faut prendre de ceux qui .ont beaucoup de couleur, afin que leur afcenfion & leur Séparation dsviennent plus fenfibles.
- Pour les diftillations, le vin. nouveau vaut mieux que le vieux.
- Vinaigre.
- S’11 entre du vinaigre dans quelques-unes de nos expériences , c’eft toujours celui qui efl fait avec le vin
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- des Drogues simples. 299 4e raifin; & dans prefque toutes les occaftons, nous préférons celui qui a étédiftillé, parce que le plusfouvent, il eft nécelfaire qu’il n’ait point de couleur.
- Vitriols.
- Nous n’employons que trois fortes de vitriols; celui que les Chymif-tes appellent vitriol de Mars , parce qu’il eft ferrugineux ; il eft naturellement en cryftaux verds, & dans lesArts on le connoît davantage fous le nom de couperofé verte.
- Il fe réduit en poudre blanche tirant fur le jaune, quand on le laifle expofé à l’air chaud : il devient encore plus blanc, quand on le calcine au feu.
- Nous employons encore une autre forte de vitriol , qui eft bleu ; on l’appelle Vitriol de Chypre, à Cupro, ap-peramment parce qu’il tient du cuivre ; car il ne vient point de l’Ifle de Chypre : il faut auffi le tenir dans un bocal fermé , parce que le contaft de l’air lui ôte fa belle couleur.
- II y a aufli une couperofe blanche qui eft du zinc combiné avec l’acide
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- 300 Indication Et choix, &c. vitriolique : toutes ces matières, font on ne peut pas plus communes, on en trouve par-tout où il y a feulement un Apoticaire.
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- CHAPITRE II.
- Sur la maniéré de préparer ou de compofer les Drogues qui doivent fervir aux Expériences.
- 'Ta n T que vous pourrez acheter des Drogues toutes préparées par un bon Artifte , je vous cenfeille de prendre ce parti préférablement à celui de les compofer vous-même ; vous épargnerez beaucoup de temps , bien de la peine & même de la aé-penfe ; car un homme de la profef-uon quia un laboratoire tout monté, fera toujours mieux que vous & avec plus d’économie, s’il faut faire entrer en compte , l’appareil que vous ferez obligé d’avoir,pour vous mettre en état de travailler.
- Mais je conçois que vous pourrez y être forcé par les circonftânces ; que placé dans le fond d’une Province & éloigné des grandes Villes, vous n’aurez peut-être auprès de vous qu’un revendeur de drogues les plus ufuel-les, mal afforti d’ailleurs, mal outillé, & peut-être avec des connoilfances
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- f03 APPAREIL POUR bornées à la pharmacie la plus commune : en pareil cas , il faudra mettre la main à l’oeuvre vous-même, au rit que defluyer les dégoûts d’un appren-tiflàge, & de gâter plufieurs compo-fitions avant d’en faire une bonne.
- C’eft donc pour le Phyfîcien dénué de fecours, que je vais écrire ce Chapitre; ou pour celui qui, par goût pour cette efpece de travail, voudra bien y donner une partie de fon temps, Si qui pourra en faire les frais fans s’incommoder.
- Article Premier.
- Des Injlrumens nécijfaires pour la fripa* ration des Drogues ; & des opéra* tiens en général.
- f Xi elià fouhaiter avant toutes chofesque vous puilliezdifpofer d’un endroit un peu fpacieux, au rez-de-chauflee, bien éclairé , qui ne foit point parqueté, mais carrelé ou pavé Si fermant à clef ; que cette chambre ait une cheminée avec un manteau de fix à fept pieds de longueur, avancé de trois pieds en formede trémie ren-
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- Composer ees Drogues. verfée, & fous lequel vous puiffiez aifément paffer , étant debout.
- Sur un des plus grands côtés, vous ferez régner d’un bout à l’autre, une table de deux pieds de largeur, élevée fur destrétaux ou autrement, à la hauteur de vingt-huit à trente pouces ; & au-deffus, vous ferez mettre deux ou trois rangs de tablettes larges de huit à dix pouces, & à treize ou quatorze pouces de diftance l’une de l’autre. Vous pourrez auffi faire régner une tablette de fix à fept pouces de largeur autour du manteau de cheminée, &. attacher fur la partie inclinée , des râteliers pour accrocher des matras & autres vailfeaux à long eol.
- Il faudroit encore avec cela une table portative', mais épaiffe de deux pouces au moins & folidement montée à la hauteur de deux pieds & demi , fur laquelle vous puiffiez caffer, broyer, piler des matières dures , & qu’elle fût placée de maniéré à vous laiffer la liberté de tourner tout autour.
- Ayez avec cela dans le voifïnage ou dans Un coin de la même cfaam-
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- 504 Appas Bit pour' bre , un coffre, ou un tonneau tou* jours plein de charbon, un foufflet à. double ame un peu grand, une pèle à feu, & des pincettes de différentes
- frandeurs , un mortier de fer ou de ronze d’un pied de hauteur, un autre de marbre, & quelques-unsplus petits en gros verre. Ajoutez encore cinq ou fix terrines non verniffées, qu’on appelle communément terrines de grès, quelques cruches, un feau, ôc deux ou trois pots à l’eau: votre laboratoire ainfi préparé fera en état de recevoir les vaiffeaux & inflru-ments proprement dits qui doivent ferviraux opérations. Voyez les Plan-ches I. & III.
- Le principal agent en Chymie , c’efl le feu : il faut l’appliquer à propos & le conduire par les degrés qui conviennent : on a imaginé certains vaiffeaux qui retiennent & concentrent fon aâion, & dans lefquels un courant d’air naturel, ou un vent artificiel bien ménagé, modère ou augmente fon aftivité , fuivant les vues de l’Artifle. Ces vaiffeaux s’appellent fourneaux’, on les fait de métal, & plus fouvent de terre cuite : dans un laboratoire
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- COMPOSER LES DROGUES. 305 ratoire en régie & alïbrti pour toutes fortes d’opérations, il y en a de différentes formes & grandeurs ; je ne vous "propoferai que ceux que j’ai prévu vous être abfolument néceffai-res , & qui vous fuffiront.
- Votre principal fourneau , de quelque matière que vous le fafliez , fera une efpece de tour creufe, ronde ou quarrée, de neuf à dix pouces de diamètre intérieurement, que vous divi-ferez en trois étages ; le premier , en commecantpar le bas, pourra avoir un pied de hauteur ou même davantage li vous le voulez, avec une ouverture de cinq à fix pouces de haut & autant de large , qui puiffe s’ouvrir & fe fermer ; cette première partie, qu’on nomme le Cendrier , fera terminée en haut par une grille de fer aifez forte ' pour ne pas plier fous un grand feu.
- Le fécond étage aura depuis fix juf-qu’à neufpouces de hauteur,& fera terminé par une grille plus à jour que la précédente, & qui pourra fehauffer& fe baiffer ; cette partie du fourneau efi celle qu’on nomme le foyer: il faut y pratiquer une ouverture de quatre pouces de haut fur fix de large ,avec Tome I. * Ce
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- jo6 Airarkix iobe
- une piece mobile pour k fermer quand on le voudra : cette ouverture doit être Curia même face & au-def-fus de celle du cendrier : furies trois autres faces, il faut ménager quelques trous de douze à quinze lignes de diamètre , qu’on puiffe boucher & ouvrir fuivant le befoin.
- La troifieme partie du fourneau , celle qui reçoit les vaiffeaux qu’on veut chauffer, aura neuf pouces de hauteur , & pourra en avoir moins quand on élévera la grille qui termine le foyer. 11 faut auffi qu’il y ait au-tourde cet étage,quelquestrousqu’on puiffe laiffer ouverts , ou boucher.
- Enfin vous ferez en forte que la partie fupérieure du fourneau, puiffe le couvrir en forme de dôme, & qu’il y ait au milieu une cheminée , d’un pied de hauteur ou environ, qui aille en fe rétréciffant de bas en haut. Voilà ce qu’il y a d’effentiel à obferver dans la conflrudion du fourneau ; venons maintenant à l’exécution.
- Ayez quelques centaines de briques choifies, bien cuites, & dont les faces foient droites ; préparez du mortier avec deux parties de glaife , & une
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- composer les Drogues. 307 partie de fable fin détrempée avec de l’eau : muniflez-vous auffi de fept à huit barreaux de fer forgé , de huit lignes d’équarriffage & de vingt pouces de longueur, avec deux autres qui foient de deux ou trois lignes plus gros en tous fens , & de même Ion- • gueur que les précédents.
- Commencez par bâtir fous le manteau de la cheminée de votre laboratoire, un cendrier comme je l’ai en-feigné au Chapitre III. de la première Partie,page 227. &comme il eft re-préfenté par lapartie O O , de la Fig. 3. PI. III. donnez-lui dix-huit à vingt pouces en quarré extérieurement, & quinze pouces de hauteur; arrangez deiïus vos fept ou huit barreaux , en laiflant entr’eux des efpaces qui faf-fent autant de vuidçque de plein ; & avec des morceaux de tuile & du mortier , mettez la maçonnerie du pourtour au niveau du fer , de maniéré que tout foit dans un même plan horizontal. Foyey la Fig. I. PL II. qui repréfente le plan de cette grille.
- Si vous êtes dans le voifinage de
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- jo8 AppARÉtr, pour' cortefpondance dans quelque Ville où il. y ait de ces Ouvriers qui fabriquent des creufets, des fourneaux, des poêles, faites enforte de vous.procu-rer une tour creufe & cylindrique comme A B , Figure 2. qui ait quinze pouces de hauteur , neuf à dix pouces de diamètre intérieurement, dix-huit à vingt lignes d’épaifleur partout , & ouverte de toute fa largeur par les deux bouts.
- Demandez qu’il y ait par en bas une ouverture ou échancrure B, de fix pouces de largeur fur autant de hauteur , avec une piece C, garnie d’un bouton pour la fermer : par en haut une autre échancrure D, en demi-rond de deux pouces de diamètre fur la ligne Dd, diftante d’un quart de cercle de la ligne B e, dans laquelle fe trouve l’ouverture B.
- Demandez encore quatre trous quarrés f,f, g, g, dont les deux premiers foient de quelques lignes au-deffus de l’ouverture B ; Sç les deux autres, de quatorze ou quinze lignes encore plus haut : que/, /, & g , g, foient à quatre pouces de distance les uns des autres , Si qu’il y eut
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- Composer xes Drogues. 309 •ait quatre autres pareillement efpacés, à la partie oppofée de la tour ; car ces trous font deftinés àfoutenirla paire de barreaux de dix à onze lignes d’équarriffage dont j’ai parlé cidelfus, tantôt plus haut, tantôt plus bas, mais •toujours parallèlement entr’eux , & dans un même plan horizontal ; & comme ces barreaux n’occupent jamais que quatre de ces trous à la fois, il faut avoir des bouchons de terre cuite , pour fermer les quatre autres.
- Outre ces trous quarrés dont je viens de parler, on eft alfez dansl’u-fage ; d’en diftribuer encore fur le pourtour du foyer, cinq ou fix comme h , h , &c. qui foient ronds & d’un pouce ou à peu-près de diamètre , avec des bouchons de terre cuite comme k , pour les tenir fermés ou les ouvrir fuivant le befoin ; mais je. penfe comme un de nos meilleurs Chymiftes, qu’on peut s’en paflër, & qu’il y a plus d’avantage à lailfer for-tir le courant d’air feulement par en haut.Enfin vous recommanderez,qu’il y ait vers le haut deux forts mamelons comme i , i, par Iefqiiels on puilfe prendre la piece pour la tranfporter.
- Avec la tour vous commanderez
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- jio Appareix pour un couvercle E, fait en dôme, & dont les bords foient bien drelfés pour s’appliquer deflus ; qu’il y ait une échancrure demi-circulaire l, correfpon-dant à celle qui eft en D, & feifant avec elle un trou rond de deux pouces de diamètre; de plus, fur le pourtour cinq ou fix trous ronds fembla-bles à ceux qui font marqués h, & fe fermant de même. 11 faut que le haut de ce dôme ait une ouverture ronde de quatre pouces de diamètre pour recevoir un tuyau F de même matière, d’un pied de hauteur, un peu plus menu par en haut que par en bas, & qu’on puilfe allonger & rétrécir en y ajoutant la piece G.
- Toutes ces pièces , quand vous les aurez, pourront s’alfembler fur ! e cendrier O O, comme a c m n ,Pl. III. Fig. 3. Vous commencerez par y placer la tour, qui aura pour fond la grille formée par les barreaux, comme le fait voir la Figure 1. Planche II. 6c vous ferez tout autour une couche de maçonnerie en tuileaux : 3c mortier ; d’un pouce d’épaiffeur. Vous ferez encore mieux d'avoir en terre cuite, des pièces échancrées en quart de cercle ( voyex la lettre Q ) dont
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- COMPOSER XESÏ>R0GUES. 311 quatre placées, comme q q , avec du mortier , embrafferoient votre tour par en bas, & feraient une bonne couverture aux quatre coins de la grille qu’elle laifle en dehors.
- Si vous n’avez pas la commodité de fabriquer en terre cuite, le foyer de votre fourneau, & l’étage qui doit recevoir les vaifleaux, il faudra continuer de le bâtir en briques comme il ell repréfenté par la Fig. 4. en obfer-vant les mêmes hauteurs que j’ai prêt crites ci-devant, & pratiquant tous les trous & ouvertures dont j’ai fait mention ; réimporte que les trous h , h, &c. fi vous les faites, foient quarrés ou ronds ; il fuffira pour cela de lait fer un pouce de diftance entre deux briques, au lieu de les joindre bout à bout.
- Je ne vois d’embarras que pour un dôme, dans les cas où il faudra que votre fourneau foit à réverbere ; vous ferez obligé de le bâtir chaque fois, avec des briques & du mortier en petite quantité : quand la cornue fera placée, & un jour ou deux avant d’allumer le feu pour votre opération , vous mettrez autour,trois rangs de bri-
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- ques les uns fur les autres, en faifan* avancer le fécond un peu, & le troi-Cerne davantage vers le centre, comme vous le pouvez voir par le plan R & par la coupe S, Fig. 5. le mortier étant un peu fec , il n’y a point à craindre que cet affemblage ne s’écroule , fur-tout C vous prenez la précaution d’en remplir les angles du dehors comme s s ; il vous reliera au milieu, un trou quarré de cinq à Cx pouces , que vous pourrez couvrir d’une tuile , lorfque vous ne voudrez pas le laiffer ouvert : & à ce couvercle même, il fera bon de pratiquer des échancrures , pour faciliter le courant d’air, ou le modérer, par . des bouchons de terre glaife.
- Avec ce fourneau bâti en partie ou totalement en briques, vous pourrez exécuter tout ce qui vous fera né-celfaire pour nos expériences : mais comme il y a bien des chofes qu’on peut faire avec moins d’appareil & de dépenfe , il faudra que vous ayez quelques fourneaux ou réchauds communs, comme T, PL III. une poêle de fer coulé telle que je l’ai indiquée en parlant des foudures, première Par-
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- 'composer ies Drogues. 313 teeChap. IL page 1J 8. une pince dont j’ai fait mention au même endroit , & quelques pelles à feu de différentes grandeurs.
- H- vous faut encore un vaifleau propre à contenir un bain de fable ; fi vous le pouvez faire faire exprès par le Potier ou par le Fournalifte, de-> mandez qu’il foit comme il eft repré-fenté à la lettre V, Pl. IL avec un large bord , qui puilfe s’arrêter fut celui du fourneau , le vaifleau étant entré dedans de toute fa hauteur, qui doit être de trois à quatre pouces :
- • qu’il ait aufli une échancrure u, arrondie en demi-cercle, pour recevoir le col d’une cornue , & qu’il ait environ un demi-pouce d’épaifleur : lî vous rie .pouvez point vous procurer ce vaif-feau, vous y fuppléerez par une terrine. X, peu profonde , & de grandeur convenable à l’ouverture au four-, neau.
- Vous pouvez encore, fi vous voulez , faire faire votre bain de fable en forte tôle)(par un Ferblantier ou par un Chaudronnier ; il fera moins ca-fuel que s’il étoit de terre cuite, & vous y trouverez un avantage impor-
- Tome I, Dd
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- 3t4 Appareil pour tant en certains cas; c’eft que quand vous ferez obligé de modérer l’afti-vité du feu promptement, vous en viendrez à bout avec le vafe de tôle bien plus aifément qu’avec celui de terre, qui garde fa chaleur plus longtemps.
- Opérations h es matières qu’on veut foumettre empruntées à l'aftion ;du feu, font ordinairement mie! contenues dans des vaiiïeaux appro-vaiffeaux priés à leur nature , à leur état, & au Jjo™/ degré de chaleur qu’elles doivent fu-1 y ' bir ; on les fait de métal, de verre , ou de terre cuite ; mais il faut faire attention, qu’il y a des matières capables de corroder le métal & de s’unir aux parties qu’elles en détachent ; qpe d’ailleurs il tombe en fufîon , quand il eft expofé à un grand feu ; on ne peut donc s’en fervir que dans les cas, où l’on n’a pas ces accidents à craindre. Le verre eft fragile & s’amollit, quand il eft chauffé à un certain point : la terre cuite bien pré-
- Farée rélifte mieux, mais elle n’a point avantage d’être tranfparente comme Je verre, ni celui de réfifter comme lai à toutes fortes de fubftances diffol-vantes.
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- Avu. Tarn I 2e.'Part. Pi-1
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- Composer EEs Drogues, jtp
- Voici à peu-près les opérations que vous aurez à faire relativement à nos expériences. Des infufions, des digeflions, des diflolutions , des filtrations , des évaporations, des diftil-lations, des calcinations & des fu-fions : je vais dire en général comment tout cela fe fait, afin qu’il ne me relie plus que quelques obferva-tions à faire, fur chaque préparation en particulier.
- L’inpusion confille à faire tremper infuGonj pendant un certain temps , un corps mixte dans une liqueur froide ou légèrement chauffée, capable d’extraire quelqu’un de fes principes , ( 5 , PI.
- III. ) je dis légèrement chauffée , car fi l’on fait bouillir la liqueur, alors cela s’appelle décoftion.
- Vous ne ferez guere infufer que des végétaux , & alors vous approprierez la liqueur au principe que vous voudrez extraire : l’eau com-munefe chargera del’odeur, des principes falins, favoneux, mucilagineux, L’efprit-de-vin prendra aulfi l’odeur & l’huile effentielle d’une plante aromatique ; l’un & l’autre fe chargeront de la couleur, fi le ' colo-
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- gi6 Appareii PdüK
- rant ell de nature à leur céder égale-*
- ment.
- Quand vous ferez une infufion à delfein d’extraire un principe volatile , il faut tenir le vailfeau bouché ; fuppofez par exemple, que vous vouliez avoir par voie d’infiifion , l’huile elfentielle de Lavande : vous mettrez la fleur de cette plante, que vous aurez fait fécher à l’ombre , dans un vailfeau qui puilfe fe boucher ; vous y verferez de l’efprit-de-vin, de l’eau-de-vie ou du vin blanc, de maniéré que la liqueur fumage de deux doigts ; vous remuerez !e tout avec une cuiller ou un bâton , & après avoir mis le bouchon,vous tiendrez le vailfeau dans un lieu un peu chaud , ou vous l’expoferez de temps en temps au foleil fur l’appui d’un fenêtre, pigdiîon. Si ayant mis ainli une fubftan-ce végétale ou autre , dans quelque liqueur, ou dans un dilfolvant, vous tenez le vailfeau pendant un certain temps fur de la cendre ou fur du fable médiocrement chaud ; cela s’appelle digeltion. (A. PL I.) On facilite par là, raâion d’une matière fur une autre, ou on la difpofe à fubjr une
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- fcOMPCSER LES DROGUES. 517 feutre opération qui doit fuivre.
- La dissolution eft la défuniondes Diffoin parties d’un corps, caufée par la pré-fénce d’un fluide avec lequel elles ont une grande affinité. Cet effet différé de l’infulion,en ce que dans celle-ci , il n’y a que certains principes du corps mixte, qui s’unifient au diffol* vant ; au lieu que dans la diflolution toutes les parties intégrantes cèdent également : cela fuppofe toujours une certaine convenance entre le corps difloluble & le diffolvant ; ainfi comme vous fçavez que tous les fels deviennent humides , quand on les expo fe feulement à l’air libre , vous devez conclure que leur diffolvant eft l’eau qpimnune, & que l'efprit-de-vin tend à diffoudre les matières ré-fineufes.
- La diflolution n’eft complette, que quand chaque partie du corps diffo-luble eft unie à la quantité du diffol-vant qu’elle peut retenirjointe à elle; alors la diflolution eft tranfparente ,
- & elle ne dépofera plus, à moins que par évaporation ou autrement, une partie du diffolvant ne foit enlevée , ou que le tout ne vienne à fe concen-, Ddiij
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- 318 ÂPPAREIt POUR
- trer par quelque nouveau degré de
- froid.
- Quand vous ferez des diffolutions à froid , prenez pour cela des vafes de verre hauts & étroits, ( 6 , Pt. 111, ou B. Pl. 1 ) & fi vous les faites dans une capfule C , fur le bain de fable ou fur la cendre du feu pour les aider par une chaleur douce , verfez les toujours dans ces vafes , afin que le dépôt aille au fond , & que vous publiez plus aifémentles tranfvafer par inclination , ce qui s’appelle décanter.
- Vous aurez des capfules d’étain & de verre, & vous vous fervirez des dernieres pour la dilTolution des métaux , & pour toutes celles §ù vous emploierez des dilfolvants capables de corroder le métal, au nombre def-quels il faut compter le vinaigre, tâtions. Les liqueurs qui fe font chargées de fubftances étrangères parinfufion, dilTolution , ou autrement, ont fou-vent peine à fe clarifier d’elles-mêmes, par le fimplesrepos; on efl obligé de les filtrer , c’eft-à-dire, de les faire pafler par certains corps, dont la porofité efl a fiez ferrée, pour ne point
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- composer tES Drogues. 319 laiffer palier avec elles , les parties groffieres qui les rendent troubles ; il faut que le filtre foit de nature à ne rien communiquer à la liqueur qu’on veut clarifier : ainfi , il lera-difficile de filtrer les eljprits acides Si autres matières corrouves.
- Le filtre le plus ordinaire dans nos laboratoires , efl un morceau de papier blanc, peu colé,qu’on nomme pa-pier d'office, à qui l’on fait faire la poche dans un entonnoir dé verre ( Z PI. III. ) dont le bout entre dans un vaifleau propre à recevoir la liqueur filtrée.
- Quand les filtrations doivent être réitérées , on peut pour gagner du temps avoir deux ou trois cercles de bois, foutenus les uns au-delîus des autres , couvrir chacun d’eux d’un linge blanc de leflive, ou d’un morceau de cannevas coufu tout autour, & faifant un peu la poche au milieu ; avec une feuille de ce papier non collé dont je viens de parler : la liqueur vetfée fur le premier d’enhaut tombera en fe filtrant fur le fécond, & de là fur le troifieme, &c. & elle fera très-claire après avoir pafle à tra-Ddiv
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- 520 AppÂRElE ïôus:
- vers le dernier. Voyez la Fig 7. Pli
- III.
- Les liqueurs vifqueufes ou extrêmement chargées ont peine à fe filtrer à froid ; il faut le plus fouvent les verfer toutes chaudes fur le filtre : il y en a même qui ne paffent que très-difficilement à travers le papier d’office ; il faut fe fervir de celui qui ett
- fris & lâche ; ou bien mettre au fond e l’entonnoir , un peu de coton neuf & cardé , qui ne foit que légèrement preflé. C’eft ainfi que fe filtrent les vernis : & comme ces filtrations fe font lentement, quand on craint que la liqueur ne s’épaifliflê en s’évaporant & ne perde fa partie volatile, il faut couvrir l’entonnoir avec une ar-doife ou avec quelque chofe équivalente.
- La filtration ne fert pas toujours à clarifier une liqueur ; on l’emploie aulfi pour mettre à fec ce qu’elle contient ; il faut alors que le filtre ne foit poreux que pour elle, & qu’il refufe le paffage aux matières qu’on a intention d’en féparer ; on les retrouve fur le papier après l’opération. Évaporation, L’^yAp quation cil encore un moyen
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- 'Composer les Drogues. 32-.il ipour féparer un corps diffoluble de fon diffolvant ; mais il faut pour cela que la liqueur foit par elle - même plus volatile que la fubllance qu’elle tient en diffolution : vous pourrez donc retirer par cette voie tous les fels fixes , épaiffir les gommes & les réfines qui auront été délayées & étendues dans l’eau, dansl’efprit-de-vin, dans les huiles, &c.
- L’air qui fe repo.fe ou qui fe renou-. velle , fur la furface des matières à évaporer, eft le principal agent de l’évaporation ; il faut donc les lui pré-: fenter dans des vailfeaux qui foienï largement ouverts, tels que les cap-fules C,les baffines D,les terrines E,&c Planche I. 3c choifir pour chacune d’elles, celui de ces vaiffeaux fur lequel elle ne peut pas mordre.
- L’évaporation va plus vite , quand elle eft aidée par quelque dégré de chaleur : mais il n’en faut point abu-fer ; car il y a certains cas, où la liqueur fortement chauffée, empprte-roit avec elle, la partie la plus volatile ou la moins fixe , de la matière qu’on veut retirer, & dont la nature fe trouveroit par là fort altérée.
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- j22 Appareil pour
- Lorfqu’une matière fixe a été ainfî féparée par évaporation, elle a fou-vent befoin d’un degré de chaleur fupérieur pour la deffécher entièrement : il y a même certains fels, qui ne parviennent à cet état, que par un dégré de feu qui les fait rougir ; celà ne fe fait que dans un vailfeau de terre cuite qu’on nomme creufet, 1 & 2, Planche III.
- Difluiaaon. Par l’évaporation dont je viens de parler, c’eft le réfîdu, ce qui refie au fond du vaiffeau, qu’on cherche à re-" cueillir ; la diftillation fe fait ordinairement dans une vue toute oppofée ; c’eft pour féparer & retirer ce qu’il y a de plus volatile ou de moins fixe dans les fubftances qu’on foùmet à l’aâion du feu : & comme les principes qui compofent les corps, font variés à l’infini, par rapport à leurs degrés de fixité & de volatilité , il s’en fuit que les dégrés de chaleur qu’il faut employer pour les décomposer, doivent varier à proportion ; tout le fecret confifte donc à n’employer que le dégré de feu qui eft néceflaire pour enlever ce qu’on veut extraire, afin que les autres parties qui font plus
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- composer les Drogues. 52J fixes demeurent au fond du vaif-feau.
- Lesmixtes qui contiennent les fub-fiances les plus propres a cédera l ac- ‘ tion du feu , telles que font les plan- ' tes aromatiques , les liqueurs fpiri-tueufes, &c. peuvent fe diftiller avec le dégré de chaleur qui fuffit pour entretenir l’eau bouillante. On les met pour cet effet dans un alembic, com-pofé d’un vaiffeau A B, Fig. 6. PI II. qu’on nomme Cucurbite. Ce vaiffeau trempe dans une efpece de marmite CD, pleine d’eau & dont le couvercle eft foudé à l’étain tout autour, & au col de la cucurbite , n’ayant poux toute ouverture qu’un bout de tuyau C, gros comme le doigt ou un peu plus , & deux anfes pour la tranfpor-ter facilement : cette marmite ainfï remplie d’eau , s’appelle Bain-mi~ rie.
- Le col B de la cucurbite , va un peu en diminuant par en-haut, avec un rehord plat, deux pouces au-def-fous de fon orifice : fur cette partie s’emboîte un chapiteau E, dont la partie inférieure, eft une rigole circulaire qui aboutit au canal incliné F.
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- 324 AtpareiI POUR Comme il convient que ce chapiteau ait toujours un certain degré de fraîcheur , on y fait fouder ordinairement par en-bas, une couronne G,Fig. 4, un peu évafée du haut, que l’on emplit d’eau froide , en la renouvel-lant de temps en temps , & pour cet effet, il y a un robinet pour faire écouler celle qui s’eft échauffée.
- Ordinairement ces alembics fe font de cuivre rouge, bien étamés en dedans , & l’on s’en fert toutes les fois qu’on a à difliller des plantes ou des liqueurs qui ne peuvent point endommager le métal. Mais s’ils font neufs, il faut les faire fervir deux ou trois fois à difliller de l’eau commune, que l’on jette après; fans quoi le métal nouvellement étamé donneroit un mauvais goût aux matières que vous mettriez pour la première fois dans ces alembics.
- Vous mettrez donc la matière à distiller , daus la çucurbite A; & fl c’eft une plante ou la fleur de quelque végétal , du genre de ceux qu’on appelle aromates, vous ferez bien de la laif-fer macérer pendant vingt-quatre heures avant de commencer la diflilla-
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- toMPOsER ms Drogues. 3 2 y* tîon, dans la liqueur fpiritueufe, telle que le vin, l’eau-de-vie, &c. & vous obferverezde n’emplir le vaiffeau que jufqu’à la naiflance du col tout au plus.
- Après cela vous emplirez d’eau la marmite C D, avec un entonnoir : vous placerez le chapiteau avec fon réfrigérant ; vous collerez quelques bandes de papier fur le pourtour de la jonâion ; vous placerez le tout fur un fourneau, dans lequel v'ous ferez du feu, pour faire bouillir l’eau du bain-marie : vous mettrez de l’eau froide dans le réfrigérant: vous adapterez un gros matras au bec du chàpi-teau, & vous le foutiendrez avec un guéridon qui hauffe & bailfe, & qui porte une couronne de paille ou de jonc, qui s’accommode à la rondeur du vaiffeau, pour l’empêcher de rouler : vous aurez foin auffi, quand les vaiffeaux feront échauffés, de coller quelques bandes de papier fur l’endroit où l’orifice du matras embraffe le bec du chapiteau.
- Cetrediflillationne demande point une grande attention : le dégré de chaleur de l’eau bouillante , étant tou?
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- 32lS APP AR EIL POÜlt jours le même & ne pouvant point augmenter , quoique l’aftion au feu devienne plus grande, il n’y a point-à craindre les mauvais effets d’un trop grand feu. Si vous diftillez à l’eau-de-vie , le bain-marie la fera bouillir dans la cucurbite , tant qu’elle contiendra des parties fpiritueufes ; & cette ébullition ceffera aufli-tôt qu’il n’y aura plus que le flegme : alors il faut ceffer la diftillation. Si vous avez peine à faifir cette marque, à caufe du bruit que fait l’eau dans le bain-marie en bouillant, examinez bien quand la diftillation commencera à donner des gouttes blanchâtres , & qui feront moins fréquentes; alors il fera temps d’éteindre le fourneau.
- Dimiiaiion La chaleur du bain-marie ne fuffi-»»b*mdcfc. ra pas f p0ur diftiller à l’eau, ou pour faire monter des matières qui ne fe-roient pas plus volatiles qu’elle. Si cela fe fait en petite quantité, fervez-vous du bain de fable ou d’un alem-bic à feu de lampe dont je parlerai dans les avis fur la XIVe. Leçon ; linon, vous préparerez votre diftillation dans un alembic femblable au précédent, à l’exception du bain-ma-
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- COMPOSER LES DROGUES. 327
- rie qu’il n’aura pas. Vous le ferez entrer dans le fourneaurepréfenté parla Fig. 3 ou par la Fig. 4. dont le chapiteau fera fupprinié; vous le poferez fur une terrine pleine de fablon corameX, & placée fur deux barreaux qui terminent le foyer. Vous boucherez avec des tuileaux & un peu de mortier, le vuide qui pourra fe trouver entre les bords du fourneau & le corps de l’a-letnbic. Vous fermerez aufli tous les trous, à la réferve de deux ou trois, & vous allumerez du charbon peu-à-peu dans le foyer, dont vous fermerez en-fuite l’embouchure ; & vous n’ouvrirez qu’à moitié ou au quart, la tuile qui femet devant l’entrée du cendrier. Peu-àpeu le tout s’échauffera ; Sc quand vous verrez la diflillation en bon train , vous empêcherez que le feu n’augmente , en ménageant le charbon & le courant d’air , & vous laifferez les chofes continuer dans cet état jufqu’à ce qu’il foit paffé dans le récipient à peu-près la moitié de l’eau ou de la liqueur que vous aurez mife dans la cucurbite : après quoi vous laifferez éteindre le feu.
- Si les matières à diftiller étoient
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- Appareil POUS encore plus pefantes queje ne l’aï fuppofé , & que vous eufltez befoin d’un plus grand dégré de chaleur , vous l’auriez, en mettant plus de char-bon,& en donnant un accèsplus libre à l’air par le cendrier , & des iffues plus nombreufes par les côtés ou par le haut du foyer.
- Diftiüition Quand aux matières qui cèdent i la cornue. p]us difficilement à l’aétion du feu , & qui ne peuvent point s’élever jusqu’au chapiteau d’un alembic, il faut pour les diftiller, les mettre dans une cornue ou retorte 3,4, PL III. on en fait de verre & deterre cuite : les unes comme les autres laiffent bien des difficultés à furmonter à celui qui a des matières à traiter avec le plus grand feu. Le verre s’amollit & s’af-faifle ; la meilleure terre , & qui efl: travaillée avec le plus de foin,felaifîe pénétrer par certains fels & par certaines matières vitrifiées & en fofion ; ou bien il s’y rencontre des grains qui cèdent à un feu violent, & qui ocea-fionnent des trous & des crevaffes.
- Les Chymiftes de Paris vantent le verre d’Allemagne, & les cornues de HelTe,dont ils ont foin de fe pourvoir.
- MM. Macquer
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- composer r.Es Drogues. 329 M M. Macquer & Beaumé que j’ai confultés fur cela, eftiment encore mieux celles-gui fe font en grès au village de S.avigny près Beauvais (a). Mais ils ont oblervé que ces vaiffeaux ne foutiennent pas le premier feu , quand il s’y trouve la plus petite humidité: ainfi on doit avoir l’attention de les faire boucher, dès qu’ils font fortis du four, de ne les ouvrir, que quand on veut s’en fervir, & de né les jamais laver , ni en dedans ni en dehors, avant de les mettre au feu.
- Quelquefois il fuffit de placer la cornue fur le bain de fable défigné par la lettre V. Pl. II. & placé à découvert fur le grand fourneau : d’autres fois (&c’en dans les cas où il faut pouffer le feu à fon plus haut dégré ) ou ajoute par-deffus, le dôme qui fait le reverbere, & la cheminée m n ; Voyti la Pl. III.
- Dans ce dernier cas , la cornue doit être de terre cuite de la meilleure fabrique , & outre cela il faut encore l’enduire tout autour avec une efpece de mortier qu’on appelle Lut
- W II y en Carreaux. Tome I.
- a un magafîn à Paris aux petits
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- 330 Appareil pouS (a) & qui fe fait avec parties égales-d’argile & de fablon détrempées dans de l’eau jufqu’à confiftance de bouillie : on y mêle encore du poil de vache que Fon nomme communément Bourre, & de la fiente de cheval, afin que ce lut venant à fe fécher & à fe gercer, ne tombe point par écailles : on l’applique par couches légères , qu’on lailfe fécher l’une après l’autre. Get enduit reçoitla première violence du feu j & empêche que la cornue ne fe cafle en s’échauffant trop brufque-ment. On peut auffi, dans les mêmes vues, luter les cornues de verre.
- La cornue étant ainfi préparée, on y introduit la matière à difliller, avec un entonnoir, dont le bec fort un peu long , afin qu’il ne s’attache rien dans le col du vaiffeau, & l’on y joint un ballon foutenu par quelque fupport : la jointure de ces deux vaiffeaux doit être l’utée auffi.
- Il y a pour cela deux fortes de Iuts; le plus commun fe fait avec de la chaux éteinte à-Fair, réduite en poudre fine, délayée & battue avec du
- (a) Vous neluterez point les cornues de Sa-vigny, fi VOUS en faites ufage.
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- composer les Drogues. 55 f t>1anc d’oeuf ; on en enduit une bande de linge fin dont on enveloppe la jointure à plufieurs tours, & on lie le tout avec du gros fil. 11 y a une autre ef-pece de lut qu’on appelle lut gras , qu’on met fous l’autre & immédiatement fur la jointure des vaifleaux, quand la diftillation doit produire des vapeurs extrêmement corrofives : c’eft une pâte maniable à peu-prés comme le maftic du Vitrier, & que l’on fait avec de l’argile réduite en poufliere'extrêmement fine,fortement féchée au feu, &de l’huile de lin préparée comme pour les Peintres, avec de la litarge qui la rend ficcative : on bouche donc avec cette pâte, le jour qui fe trouve entre l’orifice du ballon & le bec de la cornue ; & par-deflus, on met & on lie la bande de linge avec le lut de chaux & de blanc d’œuf, dont j’ai parlé d’abord.
- Dans ces fortes de diftillations on a à craindre que la grande abondance des vapeurs, & leur expenlibn ex-ceflivement augmentée par la violence du feu, ne faffent caever les vaif-feaux, ce qui pourroit avoir des fuîtes fâcheufes : pour prévenir ces ac-
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- 332 Appareil pour cidents, il faut pratiquer quelque ouf verture , foit par. un tuyau de verre qui traverfe le lut de la jonction, foit par un petit trou H, fait à la partie la» térale du ballon vers le haut; ce pairage demeurera fermé avec une boulette de lut gras, & vous l’ouvrirez , dès que vous appercevrez que les vapeurs déboucheront dans le ballon en trop grande quantité. Alors vous ralentirez un peu le feu du fourneau, foit en fermant la porte du .cendrier , foit en bouchant une partie des trous, qui font autour du foyer , ou au dôme , afin de pouvoir fans danger refermer l’ouverture qui donne de l’air au ballon ; parce que les vapeurs qui fe perdent par là, font un véritable dé-,chet, fur le produit de la diftillation.
- Toutes les fois que vous allume-rezle grand fourneau, fur-tout quand ce fera pour diftiller avec la cornue, vous commencerez par un très-petit feu ; augmentez le peu à-peu afin que les vaifleaux s’échauffent lentement, & que les matières qui doivent palfer dans le btillmi, ayent le temps de fe développer. Évitez aufft d’employer le charbon de bois de chêne , parce
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- COMPOSER LES DROGUES. 33J*
- Hju’il pétillé, & qu’en s’éclattant il peut déranger ou céder les vaifleaux. Empêchez aufli par l’interpofition d’une planche , ou de quelque autre obfta-c!e , que la chaleur au fourneau ne fe communique au ballon ; & bou- chez avec de l’argile le vuide que le col de la cornue pourrait avoir laiffé dans l’écl\ancrure qui le contient.
- La calcination confifte à expofer Csicinatiow un corps à Faction d’un feu violent,& pour lui enlever quelques-uns de fes principes: une pierre ou un fel fe calcine , en perdant l’eau qui lui eft intimement jointe : un métal fe calcine, en perdant ce principe que les Chy-miftes appellent Phlogiflique.
- Le plus fouvent la calcination fe fait dans un vafe de terre cuite 1 & z,PI. III. plus long que large, & plus étroit au fond qu’à fon embouchure.
- Ce vaiffeau s’appelle creufet ; il eft encore allez difficile d’en avoir de bons pour les opérations où l’on a befoin du plus grand feu, & dans lefquel-Jés il faut tenir en fùfion certaines matières falines ou métalliques ; dans ces derniers cas, nos Chymiftes employent avec allez, de fuccès les
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- 554 Aïjahme pour’ pots de grès dans lefquels on envdy* à Paris le beurre de Bretagne, ou celui de Normandie.
- Les creufets communs ont un couvercle qui eft delà même terre qu’eux, avec un bouton par-deflus. Le plus fouvent on calcine à découvert, parce que le contaâ & le renouvellement de l’air aident l’opération; mais il y a des cas, où l’on couvre le creu-fet avec fon couvercle, s’il en a un , linon , avec un morceau de tuile arrondi circulairement, & quelquefois on lute le pourtour avec un lut fem-blable à celui des cornues, dont j’ai parlé ci-deffus.
- Si le creufet eft petit, vous pourrez fondre & calciner , en le plaçant au milieu de la poêle de fer, ou au fond d’un réchaud de terre, en l’entourant de charbons allumés, & en augmentant I’aâivité du feu, avec le vent d’un foufflet. Si c’efl: un creufet de lix à huit pouces de hauteur, vous le chaufferez dans un grand fourneau.
- Les Artiftes qui ont beaucoup à fondre, ont un fourneau exprès qu’on nomme fourneau de fufion , qui n’a qu’un cendrier. & un foyer, avec un*
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- COMPOSER 1ES DROGUES. 3 J J ouverture latérale , & qui fe couvre par en-haut avec un couvercle percé au milieu ou aux quatre coins, pour donner paflage au courant d’air : mais comme je ne prévois pas que vous ayez fouvent de grandes fontes à faire , je vous confeille de vous en tenir au fourneau que j’ai décrit ci-deflus ,
- Fig. 3, ou 4. Mais ôtez les deux barreaux , qui font au-delîus du foyer.
- Vous placerez au milieu de la grille qui termine le cendrier , une demi-brique , fur laquelle vous établirez votre creufet : vous fermerez le foyer & vous mettrez par en haut du charbon , tant qu’il en pourra tenir, ayant foin que celui" du fond foit allumé r vous couvrirez le fourneau, & vous boucherez les trous du pourtour , s’il y en a ; fi le courant d’air qui vient par le cendrier nefuffit pas pour donner au feu toute l’aftivité qu’il lui faudroit, alors il feroit à propos qu’il y eut un trou latéral, pour introduire le bout d’un foufiiet à double vent ; auquel cas, il faudroit que la porte du cendrier fût bien bouchée.
- Rectifier une matiere,c’eftluren- Reftifi« lever ce qu’elle à d’étranger, pour la"011*
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- 5 iS A P P A R BI & t; ùm+WX rendre plus pure, Ou l’enlevéfeelle-* même, en la débarraflant des fubftan-ceS qui lui font encore unies , & qui étant d’une nature différente de la Tienne la déguifent, ou l’affoibliffent. Cela fe fait ordinairement par des distillations , ou par des évaporations â vailfeaux découverts, bien ménagées & conduites fuivant la différence de volatilité qu’on fçait être entre la matière à reftifier & celles dont on veut la purger : comme vous n’aurez pas un grand nombre de reétifi-cations à mire ; j’indiquerai pour chacune, le procédé qu’il faudra fui-.vre.
- ARTICLE IL ,
- De la compojition des Drogues , £r de leur emploi dam les Expériences.
- Dans les différentes préparations qui font l’objet de cet Article , vous aurez fouvent befoin d’employer l’eau commune ; il fufïira pour l’ordinaire qu’elle foit claire , fans couleur, fans odeur, &qu’el!e n’ait aucun goût qui annonce en elle une fubftance étrangère : alors l’eau de riviere , de fontaine
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- Drogue s composées. 337 taine ou de puits fuffifamment repo-fée, ou filtrée par une fontai ne Tablée , fera d’un bon ufage ; ma is dans certains cas , il vous faudra de l’eau dont vous foyez plus fur; vous la dif-tiilerez delà maniéré fuivante.
- Eau Commune dijlillée.
- La plupart des Chymiftes , pour : avoir de l’eau bien pure , diftillent Pi celle qui s’eft élevée de la terre par évaporation , & qui elt retombée en forme de pluie ou de neige : cette eau, difent-ils, déjà diftillée par la Nature, ne peut contenir que ce qu’elle a pu prendre dans l’air de l’atmofphere,
- & qu’il efl aifé de lui enlever par une fécondé diftillation.Mais l'eau qui s’évapore naturellement n’emporte-t- elle rien avec elle ? Eft-il vrai qu’elle ne trouve pas dans l’atmofphere des matières volatiles ? & fi elles font propres à fe volatilifer, la diftillation artificielle l’en dépouillera-t-elle ? J’ai recueilli bien des fois & en différents temps, l’eau de la pluie ; j’ai laide fondre de même de la neige que j’a-vois ramaffée avec précaution ; ces eaux étoient toujours impures, plus
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- 538 Préparation des ou moins , à en juger par leur couleur & leur tranfparence imparfaite i & en peu de jours elles devenoient infeftes dans des vaifleaux fermés. Au relie, je connois de très-habiles gens qui, malgré ces confidérations, perfif-tent à difliller par préférence l’eau qui vient de l’atmofphere, & qui s’en trouvent bien fans doute : ainfi, ou vous les imiterez, ou vous préférerez pour la diftillation dont il s’agit , l’eau defource ou derivierebien repofée & bien filtrée , qui n’aura ni couleur, ni odeur , ni faveur étrangère. Mais fi vous prenez le premier parti, attendez pour recueillir la neige ou l’eau de la pluie , qu’il en foie tombé déjà pendant un certain temps, & que l’atmofphere foit, pour ainfi dire, balayée par ces premières eaux : recevez celles que vous deflinez à la dillillation, dans de larges vaifleaux de grès, de verre, ou defayence bien nets , expofés dans un lieu découvert à l’abri du vent, & ne les y laiflez point féjourner, quand il aura celle de pleuvoir ou de neiger,
- J’aimerois mieux difliller l’eau dans du verre que dans du métal ; mais
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- Drogues composées, foit que vous employiez la cucurbite de verre, ou celle de cuivre étamé, vous aurez foin de jetter la première portion qui paflera dans le récipient, après l’avoir rincé avec.
- Vous placerez la cucurbite fur un bain de fable , & vous aurez foin de modérer le feu de maniéré que l’eaut qu’elle contient ne bouille point tout-à fait: quand vous en aurez tiré à-peu-près les deux tiers, vous cefferez la diftillation ; & ce qui fera paflfé dans le récipient, vous le verferez dans des flacons de cryftal, ou de verre commun bien nets , & fermés avec des bouchons de la même matière t bien ajuftés.
- Liqueurs propres à éprouver l'Eau commune dijlillée.
- SI l’on a quelque doute fur la pureté de l’eau que l’on a diftillée, on peut en juger par les effets quepro-duirontfur elle les liqueurs fuivantes.
- i °. Prenez du fyrop de violette le plus nouveau & le plus coloré ; étendez le avec partie égale de l’eau diftillée que vous voulez éprouver,& que le mélange fe fafle dans un verre F f ij
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- Préparation dis bien net & bien tranfparent : fi la liqueur demeure conftamment violette, c’eft une marque que la portion d’eau que vous y aurez mife, n’y arien porté d’acide, ni d’alkali ; car dans le premier cas elle deviendroit rouge , & dans le dernier, elle palTeroit au verd.
- Seconde 2°. Demandez à la Monnoye, ou à Préparation, un Apoticaire Chymifte , quelques grains d’argent de coupelle , c’eft-à-dire, qui foit fin & fans alliage : battez ce métal, pour le réduire en lames très-minces que vous couperez en petites paillettes :faites-le diffou-dre dans del’efprit de nitre bien pur, c’eft-à-dire feulement, qui ne foit gâté par aucune fubftance étrangère ; car il n’eft pas befoin qu’il foit bien déflegmé: en un mot, vous emploierez l’efprit de nitre, & lion pas l’eau-forte commune.
- Si une goutte ou deux de cette dif-folution jettée dans un verre d’eau diftillée, ne la trouble pas, & ne lui fait pas prendre une couleur laiteufe ou de giraflol ; c’eft une preuve qu’elle ne contient point de matière cer-reufe ou faline.
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- Drogues composées. 341
- 3°.Choififlezparmi les noix de gal-p lesjlesplusblanches que vous pourrez trouver ; concaffez-les avec un marteau de bois & non de fer ; ôtez-en le coeur qui eft toujours fort brun , & faites-les infufer à froid dans un gobelet de verre pendant quatre ou cinq heures : paffez cette infufion par un linge fin & blanc de leflive, & verfez-la dans un petit flacon que vous tiendrez bouché : je dis un petit flacon , car il ne faut pas faire provifion de cette liqueur , elle fe colore envieil-liflant ; il faut la préparer le jour même qu’on veut l’employer.
- Si l’infufion de noix de galles ainfi préparée, ne fait pas prendre à l’eau que vous voulez éprouver, une couleur violette ou tirant fur le noir, vous pouvez conclure qu’elle ne contient aucune fubftance ferrugineufe ou vitriolique.
- 4°. Enfin , fi vous foupçonniez que l'eau pût contenir quelques parties d’une huile eflentielle quelconque , vous vous en aflureriez, en y mêlant un peu d’efprit-de-vin reftifié ; car celui-ci, dans le cas où elle en contien-droit, la rendroit blanchâtre : mais
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- 5*2 Préparation des comme l’eau la plus pure produirait 3e même effet fur l’efprit-de-vin qui ferait imprégné de quelque matière de cette efpece , il faut être fûr de celui qu’on emploie pour éprouver l’eau ; voilà pourquoi je recommande ici l’efprit-de-vin reétifié.
- Dijlillation & Rétification de l’EJprit-ie-vin.
- Quatrième Q u a N d on diftille du vin ( blanc relation, ou rouge ) on en tire toujours une liqueur claire comme de l’eau, & qui devient un peu jaune en féjournant dans les tonneaux ; c’eft-là ce qu’on nomme Eau-de-vie : celle qui eft dans le Commerce fe fait en grande quantité à la fois, par des diftillations qui font conduites avec peu d’attention ; c’eft pourquoi cette liqueur, avec l’ef-prit de-vin , contient encore d’autrés fubftances qui raffoibliffent & qui lui donnent de l’âcreté : une fécondé distillation faite avec plus de foin, c’efl-à-dire, avec un degré de chaleur qui ne fait monter que ce qu’il y a de plus léger & de plus volatil, rend la liqueur plus limpide, plus fpiritueu-fe, plus inflammable, & d’une meil-
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- Drogues COMPOSÊES.543 leure Taveur : c’eft ce qu’on appelle l’Efprit-de-vin commun ; c’eft celui que nous employons le plus fouvent dans nos Expériences : mais il y a des cas où nous avons befoin qu’il foit encore plus pur ; ces cas font rares ; il fuffira que vous en ayez reâifié une petite quantité que vous garderez foi-gneufement.
- Si vous étiez donc dans un pays où vous n’euffiez que de l’eau de-vie, ( le Commerce en porte par-tout ) vous diftilleriez vous-même l’efprit-de-vin, & vous devriez en faire tout d’un coup votre provifion. Vous mettriez , par exemple, 8 ou 10 pintes de la rrieilleure eau-de-vie dans un alembic à bain marie, qui en pourrait contenir un tifers ou moitié en fus , afin qu’il y ait une grande distance entre la furface de cette liqueur & le chapiteau ; vous auriez foin dé luter la jonâion des vaif-feaux, afin que la vapeur la plus fpi-ritueufe ne pût point s’exhaler au-de-hors, de renouveller l’eau du réfrigérant, 8c de ménager fi bien le feu , que celle du bain-marie ne s’échauffât point jufqu’à bouillir.
- Ff iv
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- 344 Préparation des -En conduifant ainfi la diftMlation par un feu doux , vous ferez monter d'abord la portion la plus fpiritueufe de la liqueur ; & quand il y en aura environ deux pintes dans le récipient, vous les mettrez à part dans une bouteille bien bouchée, & vous continuerez la diftillation, toujours au même dégré de feu, jufqu’à ce que vous voyiez l’écoulement fe ralentir, &fe réduire à des gouttes qui tombent de loin en loin dans le récipient. Mettez encore à part cette fécondé portion ; ce fera de l’efprit-de-vin plus foible que le précédent, mais cependant propre à bien des ufages. Enfin vous continuerez encore de diftiller, en augmentant le feu fous le bain-marie pour le faire bouillir, & vous finirez quand les gouttes qui fortiront parle bec du chapiteau, deviendront fort rares , lourdes & un peu blanchâtres. Cette derniere portion fera encore propre à brûler dans une lampe, à faire la liqueur des thermomètres, &c.
- Vous pourrez reélifier davantage la portion d’efprit-de vin qui a pâlie la première, en la diftillant encore une
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- Drogues Composées. 345^ fois par un alembic dont le col foie fort long, & avec un dégré de chaleur très-doux : vous choilirez pour cela un matras dont le col foit plus gros qu’ils ne le font pour l’ordinaire ; vous y adapterez un chapiteau - de verre ou de métal étamé, & vous le chaufferez par un bain-marie dont vous modérerez la chaleur, afin d’avoir une diftillation très-lente.
- Vous pourrez même,pour produire une rectification plus parfaite , mettre avec votre efprit-de-vin dans le matras , quelque matière très-avide d’humidité, comme la craie, ou le fel de tartre nouvellement & fortement defféché; cet intermede s’emparera du flegme , & l’efprit montera d’autant plus pur; on nomme quelquefois un efprit ardent ainfi reéfifié, Alkool.
- Diftillation du Vinaigre. •
- L e vinaigre que nous employons cinquième le plus fouvent dans nos expériences, PlêPltatl0n‘ ne doit point avoir de couleur : on pourrait prendre Amplement celui qui eft fait avec du vin blanc , & qui fe trouve chez tous les Vinaigriers ; mais il vaut encore mieux qu’il foit
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- 346 Préfaratïon »ss diftillé, parce qu’alors il eft plus pilr & plus limpide.
- Choififfez donc de bon vinaigre, n’importe qu’il foit blanc ou rouge ; mettez-en dans une cucurbite de verre ou de grès, ( & non de métal ) juf-qu’aux deux tiers de fa capacité ; placez ce vaiffeau furie bain de fable du fourneau ; ajuftez-y un chapiteau & un récipient, & lutez les jointures. Commencez à chauffer par un feu doux que vous augmenterez peu-à-peu ; continuez ainfi la diflillation jufqu’à ce que vous ayez dans le récipient une quantité de liqueur qui égale à-peu-près les deux tiers ou les trois quarts de celle que vous aurez snife dans la cucurbite.
- Votre vinaigre diftillé fera plus fort, fi après avoir fait monter environ un quart de la liqueur par un feu très-doux , vous fupprimez cette première portion, pour ne recueillir que celle qui monte après par un dégré de chaleur plus grand.
- Si vous aviez befoin d’un acide végétal encore plus fort, il faudroit difliller le réfidu de cette diftillation dans une cornue de verre pu de grès :
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- Drogues composées. 547 enfin vous pourriez encore concentrer l’acide de cette derniere liqueur, en l’expofant au grand froid en hiver : la partie aqueufe fe converti-roit en glaçons infipides que vous ôteriez ; ce qui refteroit liquide fe-roit un acide déflegmé des plus forts: mais je ne prévois pas que vous en ayez befoin dans nos expériences.
- Purification du Mercure.
- Quand le mercure vient immé- sïxîem. diatement de chez le Marchand, pour Plétalatiw l’ordinaire il eft aflfez pur pour les ufa-ges qu’on en fait en Phyfique ; il fuffit de le faire paffer une ou deux fois au travers d’un linge fin & blanc de leffi-ve, ou par une peau de chamois paf-fée à l’huile.
- Pour plus grande fûreté, on peut le laver, en l’enfermant dans une bouteille de verre avec de l’eau bien nette , en l’agitant pendant quelques minutes, & en renouvellant l’eau, jufqu’à ce qu’elle ne fe charge plus d’aucune faleté. Le mercure ainfi lavé dans deux ou trois eaux , fe féche en paf-fant plufieurs fois par un linge blanc;
- & pour achever de lui enlever le peu
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- 348 PAér ARATIOD DES d’humidité qu’il pourroit avoir gardé , on le chauffe dans une capfule de verre , de grès ou de porcelaine, fur un bain de fable , en lui donnant un dégré de chaleur au-deffous de celui qui fait bouillir l’eau.
- Le mercure ayant été ainfi lavé & féché, vous l’éprouverez en le faifant couler en petite quantité fur une af-fiette de fayence ou de porcelaine bien nette ; s’il contient quelque cho-fe de gras, fa furface n’aura pas le brillant qu’elle doit.avoir; s’il eft mêlé avec du plomb, ou avec quelque autre matière métallique , fa fluidité fera altérée ; il ne coulera pas avec la même liberté, & laiffera des traces noirâtres fur les endroits où il aura paffé : s’il a ces défauts , vous ne le purgerez qu’en le diftillant, & pour cet effet vous ferez ce qui fuit.
- Mettez la quantité de mercure que vousvoudrezpurifier,dans une petite cornue de verre, avec un égal poids de limaille de fer, bien nette, & qui n’ait point encore contraâé aucune rouille. Placez cette cornue (qui ne doit être emplie qu’à moitié ou aux deux tiers ) fur un bain de fable, dans
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- Drogues composées. 3431 un fourneau de réverbere , en lui tenant le bec fort incliné ; joignez y un récipient plein d’eau claire, & de maniéré que le bec y touche à un travers de doigt près : chauffez d’abord par un feu doux que vous augmenterez par dégrés jufqu’au point de faire un peu rougir le ventre de la cornue : par ce moyen-là vous ferez paf-fer tout le mercure en vapeurs, qui reconvertiront en gouttes dans l’eau, & qui fe réuniront au fond du récipient. La diftillation étant finie , & les vaiffeaux refroidis , vous décanterez la plus grande partie de l’eau, & vous fécherez le mercure comme il a été dit ci-deffus.
- Quand vous employerez le mercure dans quelque expérience, ne lui fai-testoucher aucun métal, li ce n’efl du fer, avec lequel il ne contraâe aucune union ; tous les autres s’amalgament avee lui, & nuifentà fa pureté; il en eft de même de la plupart des femi-métaux.
- Révivifier le mercure du cinabre, eft une opération dont vous n’aurez peut être jamais befoin : mais s’il vous prenoit envie de la faire, vous pro-
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- jÿo Préparation des céderiez comme je viens de le dire pour purger !e mercure, en mettant dans la cornue le cinabre en poudre, avec partie égale en poids, de limail-lede fer.
- Dijlillation des liqueurs odorantes.
- Scptîcme l’oDius d’une plante ou d’une préparation, fleur confifte dans un principe extrêmement fubtil & volatil auquel les Chymiltes ont donné le nom d'efprit retteur : on ne peut l’avoir feul ; il faut l’affocier à quelqu’autre fubftan-ce moins évaporable, qui le retienne & qui l’empêche de fe difliper promptement : l’expérience a fait connoî-rre qu’il s’unit à l’eau , à l’efprit-de-vin, aux huiles ,&c. ainfl en diffillant les plantes aromatiques , par exemples , telles que la lavande, le roma-rin , le thym, le ferpolet, les zeftes de citron , &c. avec de l’eau-de-vie, liqueur partie aqueufe & partie fpiri-tueufe, on peut en enlever l’huile ef-fentielle, & avec elle l’odeur propre de ces végétaux.
- Mettez donc dans un alembic à bain-marie , de la fleur de lavande fraîchement cueillie, & de l’eau-de-
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- Drogues composées, jjt vie allez pour la baigner amplement, '& n’en mettez que juiqu’à l’origine du ço! de la cueurbite : bouchez le vaiifeau, & laiflez le tout en infttfion jufqu’au lendemain ; placez alors l’a-lembic fur un fourneau rempl i de charbons allumés, & laiflez le feu s’animer par un courant d’air : luttez le chapiteau à la cueurbite ; emplilfez d’eau froide le réfrigérant ; adaptez un ballon au bec du chapiteau , en collant quelques bandes de papier fur la jonâion ; faites bouillir le bain-marie , & laiflez aller la dilïillation jufqu’à ce qu’elle fe ralentifle d’elle-même . & que la liqueur commence à 'être un peu blanchâtre, ce qui arrivera , quand il ferapalfé dans le récipient à peu-près la moitié de la liqueur que vous aurez mife dans la cueurbite.
- Si vous voulez rendre le produit de cette première dilïillation plus odorant & plus fpiritueux , vous n’avez qu’à le dilliller une fécondé fois , fur de nouvelle fleur, & en donnant au bain-marie une chaleur un peu moindre que celle qu’il lui faut pour bouillir.
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- Les fleurs & les plantes qui ont beaucoup d’odeur peuvent fe garder d’une faifon à l’autre dans des vaif-feaux clos ; mais avant de les enfermer, il faut les faire fécher à l’ombre par un temps fec & calme , de peur que leur humidité naturelle ne les faf-fe pourrir.
- Ce que je viens de dire touchant la lavande , doit s’entendre de toutes les plantes aromatiques , qui ont une odeur forte Sc tenace ; car il y en a d’autres qui n’ont prefque pas d’huile effentielle , Si dont on ne peut extraire le principe odorant parla dif-tiliation, qu’en le faifant monter avec l’eau qui lui ell naturelle , ou qu’on y ajoute; fi vous voulez faire, par exemple , de l’eau de rofe , vous mettrez dix livres de fleurs dont vous ne prendrez que les pétales , avec vingt pintes ou quarante livres d’eau dans un grand alembic, fans bain-marie; vous ferez bouillir le tout fortement , & vous recueillerez les deux premières pintes qui pafferont dans le récipient : cette portion que vous mettrez à parc fera très-odorante & très-fine ; vous pourrez, en continuant la diftillation, tirer
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- Drogues composées, 3J3 tirer encore fept à huit pintes d’une eau plus commune , mais cependant très-bonne à bien des ufages.
- La fleur d’orange ayant une aflez grande quantité d’huile effentieüe , fe diftilie comme la rofe ; il faut cueillir l’une & l’autre au lever du foleil, & les employer de fuite.
- Quand on a difti'lé à l’eau, des plantes ou des fleurs qui contiennent beaucoup d’huile effentielle, on voit cette elfence furnager l’eau diftillée dans le mattras : fi on veut l’en retirer , il n’y a qu’à redrelfer le vaifleau pour mettre le col dans une fituation verticale ; ajoûter de l’eau jufqu’à ce que la liqueur y foit monte'e prés de l’orifice ; toute l’huile effentielle fe raffemblera là , & on l’enlevera avec un fiphon ou avec un chalumeau de verre renflé au milieu, pour la renfermer dans un flacon bien bouché.
- Comme les huiles efléntielles s’unifient à l’efprit-de-vin reftifié , 011 peut eny en mêlant quelques gouttes, lui donner une forte odeur , fans la lui faire prendre par diftillation.
- G g
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- 3J4 Préparation des
- Dijîillation des huiles ejfentielles des végétaux.
- Dans la préparation précédente, ' je n’ai eu en vue que l’extraftion du principe odorant, que les huiles ef-fentielles emportent avec elles; dans celle-ci, je cherche aies extraire pour elles-mêmes , & pour des ulages où leur odeur ne joue pas le rôle princi-pal.
- Vous mettrez dans la cucurbite .de cuivre étamé qui n’a point de bain-marie , la plante dont vous aurez intention de tirer l’huile eflentielle , avec une quantité d’eau fuffifante pour la baigner amplement & l'empêcher de s’affaiffer contre le fond du vaif-feau : vous prendrez cette plante dans fa plus grande force, vous en choili-rez les parties les plus odorantes ; fl elle n’eft point alfez menue , vous la diviferez en plus petites parties, & vous procéderez tout de fuite à la dit tillation.
- Vous la commencerez par un feu alfez vif pour Élire bouillir l’eau promptement, & vous l’entretiendrez dans eet état. L’eau quipalfera dans le ré-
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- cïpient aura une couleur laiteufe, à caufe de l’huile edentielle dont elle fera chargée : quand les gouttes commenceront à tomber claires & limpides , du bec de l’alembic , cédez la diftillation; iLn’y a plus d’huile edentielle à attendre.
- Mais 11 pourroit arriver que le vé-
- fétal fe trouvît à fec dans la cucur-ite , avant que cet indice parût ; c’ell pourquoi vous jugerez par la quantité d’eau, quieftpalfée dans le récipient, de celle qui peut être encore dans l’alembic ; & s’il en eft be-foin, vous en remettrez un peu dans celui-ci pour achever la diftillation. Vous fép arerez, comme je l’ai en-feigné ci-dedlis, l’huile edentielle de l’eau ; fi elle fumage, c’eft le cas le plus ordinaire pour celle que l’on tire des plantes de l’Europe ; fi elle eft adez pefante pour fe tenir au fond du récipient, alors c’eft l’eau qu’il faut tirer avec un fiphon ou avec un chalumeau rendé : & pour achever la réparation, vous verferez l’huile avec le peu d’eau qui refte dediis, dans un entonnoir de verre dont le bout foit fort menu, en le tenant fermé avec le
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- Préparation des bout du doigt, jufqu’à ce que l’eau le foit entièrement raflemblée au-deflus de l’huile ; alors vous laiflferez couler celle-ci dans un flacon & vous ferez attentif à reboucher l’entonnoir avec le bout du doigt, dès qu’il n’y aura plus que de Te au dedans.
- Lorfque les huiles qu’il faut fépa-rer de l’eau font en plgs grande quantité , on verfe les deux liqueurs dans un grand entonnoir de verre, revêtu intérieurement d’un autre entonnoir de papier gris, imbibé de la même huile qu’il s’agit de filtrer au travers. Ces entonnoirs de papier qu’on met ainfi dans ceux de verre , ne doivent avoir ^aucun trou ni à la pointe, ni ailleurs ; je les nomme entonnoirs, à caufedela figure feulement : vous les ferez d’une feuille arrondie circulairement, & rétrécie tout au tour par .des plis qui s’étendent en lignes droites de la circonférence au centre , & qui empêchent que le papier ne touche le verre dans toute fon étendue , & ne s’y colle pour ainfi dire, ce qui nuiroit beaucoup à la filtration.
- Il y a des végétaux dont l’huile çffçntielle exige un plus grand dégré
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- Drogues composées, iff de chaleur pour fe dégager, prenons pour exemple le bois de Gayac, (a) & les clous de girofle dont les huiles l’enflamment par l’acide nitreux bien concentré. Hachez en petits copeaux une certaine quantité de bois .de gayac, Sc mettez-en dans une cornue de verre ou de grès bien lutée , de quoi remplir la moitié de fa capacité ; placez-la dans le fourneau de reverbere & lutez-y un gros ballon , qui ait fur le côté, & vers le haut, un petit trou, que vous tiendrez d’abord fermé avec une boulette de lut gras. Allumez le feu bien doucement, pour donner le temps aux vaiffeaux de s'échauffer peu-à-peu ; la diftillation commencera par une eau fans odeur & allez claire , qui, lorfque le feu fera augmenté , prendra une odeur forte : vous en pourrez juger en.dé-bouchant pour quelques inftans , le petit trou du ballon. La chaleur étant encore augmentée de quelques dé-
- fa) Il comriendroit peut être mieux d’appel-îer Phuile -du gayac empyreumatique , que de la confondre avec’les huiles effentielles proprement dites : c’eft une queftion que je laiffe à décider aux Chymiftes.
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- 5j8 Préparation des grés .fera prendre à cette liqueur une odeur plus pénétrante ,& une couleur tirant au roux ; il paffera avec elle une huile légère qui furnagera ; alors foyez attentif à déboucher de tempsentemps.letrouduballon.de peur qu’il ne creve par l’effort d’une ♦ grande quantité d’air, qui fe dégage, & qui vient précipitamment de la cornue.
- Quand ces flatuofités feront appai-fées, & qu’il ne paffera plus de cette huile légère , changez de récipient & augmentez le feu de plus en plus, mais non brufquement, jufqu’à faire rougir la cornue ; alors la liqueur aqueufe amènera avec elle une huile noire & fi pefante, qu’elle tombera au fond du récipient en traver-fant l’eau.
- Dès qu’il ne paffera plus rien, le haut du récipient fe refroidira ; vous le débiterez; vous décanterez la plus grande quantité de l’eau; & vous réparerez ce qu’il en fera relié avec l’huile , en verfant l’une & l’autre dans un entonnoir de verre , & en laiffant fortir feulement celle des deux liqueurs , qui fera au fond, comme je l’ai dit ci-deffus.
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- Dkogues composées. 5 Vous pourrez procéder de même pour avoir l'huile effentielle des doux de girofle ; vous n’aurez point tant à craindre des efforts de l’air régénéré, qu’avec le bois de gayac : cependant je vous confeille de pratiquer toujours le petit trou au ballon , fi vous diftillez à la cornue & à fec ; car vous pouvez extraire l’huile effentielle de girofle , comme celle de lavande , en faifant bouillir les clous avec de l’eau dans un alembic , à feu nud.
- Les huiles de gayac & de girofle, font les premières qu’on ait enflammées avec l’efprit de nitre fumant : c’eff de nos jours qu’on a commencé à enflammer par le même moyen, celles qu’on tire par dillillation des végétaux de l”Europe ; il y a bien trente ans que je n’employe pour cette expérience, que celle de térébenthine la plus légère, la plus volatile , qu’on trouve chez tous les Droguif-tes fous le nom d'efprit de térébenthine ou d’eau rare, pour la diftin-guer d’une huile plus épaiffe , qui monte après elle, quand on continue là diftilSHon à plus grand feu : fi vous voulez là préparer vous-même’»
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- Préparation des vous vous y prendrez de la manier® fuivante.
- Demandez chez un marchand Dro-guifte, de la térébenthine la plus blanche , la plus tranfparente, & qui eft connue fous le nom de térébenthine de Venife , quoiqu’elle vienne de Bourgogne ou de Franche-Comté, félon toute apparence : vous en mettrez dans une cucurbite de verre avec de l’eau bien claire, de façon que le vaifleau ne foit rempli que julqu’au tiers de fa capacité , ou jufqu’à la moitié, fi le col de l’alembic eft un peu long ; vous y joindrez un chapiteau & un matras à long col pour fervir de récipient, & vous collerez des bandes de papier fur les jointures. Vous placerez l’alembic ainfi préparé , fur un bain de fable, que vous chaufferez jufqu’à faire bouillir l’eau de la cucurbite , & alors la diftilla-tion vous donnera de l’eau fur laquelle vous verrez nager une huile très-fluide & très-limpide , que vous fé-parerez, & que vous garderez dans une bouteille bien bouchée.
- Il eft bon que vous fachfSz par oc-cafion, que ce qui refte dans l’eau de la
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- Drogues composées. j6i la cucurbite après cette diftillation eft ce qu’on appelle térébenthine cuite , ou Colophone quand elle efl bien féchée.
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- Préparation de Vefprit volatil de fel ammoniac & de l'huile de chaux. * Ayez de la chaux éteinte à Pair „ & pulvérifée ; mettez en trois parties avec une de fel ammoniac réduit en poudre, & faites palier ce mélange dans une cornue de verre allez grande , pour que la moitié de fa capacité demeure vuide : p!acez-la fur un bain de fable , & lutez-y un grand ballon qui ait un pltit trou, comme je l’ai déjà dit plufieurs fois : tout cela doit fe faire promptement; car dès que la chaux & le fel ammoniac fe touchent , l’efprit volatil commence à s’exhaler. Vous ferez bien de lailfer palfer les premières vapeurs pendant douze ou quinze minutes avant de mettre le feu au fourneau j enfuite vous donnerez un dégré de chaleur très-doux, & vous l’augmen-terez peu- à-peu jufqu’à ce qu”il ne pafle plus rien dans le récipient. Pendant cette diflillation vous ou-Tome I. H h
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- 3$a Piif àkatïom dks yrirez de temps en temps le petit trou du ballon, pour prévenir la rupture du vaifleau, qu’une trop grande abondance de vapeurs dilatées pourroit occafionner : mais vous ne le tiendrez pas plus long-temps ouvert , parce que vous perdriez par là une partie de l’efprit volatil.
- Les vaifleau* étant déiutés , vous verferez promptement ce qui a pâlie par la diftillation, dans un flacon qui le bouche avec du verre bien exa&e-ment : comme eette liqueur eft on ne peut pas plus, pénétrante, vous prendrez garde d’en refpirer la vapeur, foit en féparant fes vaifleau*, foit en la verfant dans le flacon.
- Si vous avez tiré de la cornue tout ce qu’il y avoit de volatil, vous y trouverez après la diflillation un rélidu qui eft une efpece de fel déli-quefeent : mettez-en dans une capfu-le de verre , & expofez le vaifleau à l’air libre dans un lieu & par un temps humide ; cette matière lè chargera d’eau,& vous aurez par ce moyen, une liqueur épaifle & ônâueufe, à laquelle on a donné, quoiqu’impro-preraent, le nom d'huile -de chaux ;
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- D KO G OIE S COM P Osé HJ. 363 èlle vous fervira pour former un coa-gulum avec une autre liqueur , qu’on nomme avec aufii peu de raifon , huile de vitriol. Il faut garder ces liqueurs dans des flacons bien bouchés.
- Préparation de Vefprit de Nàre.
- F A i T E s deflféeher féparément dans un poêlon de terre fur le feu, du r vitriol de Mars, vulgairement nommé Couperofe verte, du falpêtre de la fécondé cuite, & de la glaife : pulvéri-fez ces trois matières , & mê!ez-!es à parties égales prifes au poids, mettez-les dans une cornue de terre ou ds verre, enduite d’un lut qui foit bien féché ;prenez cette cornue aflez grande pour qu’elle ne foit remplie qu’aux deux tiers de fa capacité ; placez-Ia dans un fourneau de reverbeïe , & lutez-y avec le blanc-d’oeuf & la chaux, un ballon de verre qui ait en fa partie fupérieure un petit trou , Comme je l’ai déjà recommandé plu-fieurs fois. Allumez le fourneau très-lentement ; augmentez lé feu par dé-
- §rés, & quand les vaifleaux feront ica échauffés & que vous verrez la
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- 3^4 Préparation bis
- diflillation en bon train, pouffez le feu vigoureufement jufqu’à la fin.
- L’efprit de nitre que vous retirerez ainfi, fera clair comme 4e l’eau, & laiffera exhaler quelques vapeurs rougeâtres qu’il faut éviter de refpi-rer : vous le garderez dans un flacon dont le bouchon foit de verre bien ajufté. Dans les expériences où il fe-roit trop fort étant employé pur , vous l’affoiblirez avec de l’eau ; fi vous en mêlez à parties égales, vous ferez ce qu’on appelle de l’eau fecçn-r. de.
- Vous aurez befoin , pour enflammer les huiles effentielles , d’un ef-prit de nitre plus déflegmé que celui dont je viens de donner la préparation : fi vous prenez le parti de le faire vous-même , voici ce qu’il faut obferver de plus, dans le procédé.
- i«. Il fout fuprimer la glaife, & n’employer que le vitriol de Mars avec le falpêtre en parties égales.
- 2°. Il faut prendre le falpêtre le plus purifié , celui de la troifîeme cuite, & le faire bien fécher dans un vafe de terre , fur des charbons ardents : prenez bien garde , qu’en le
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- Drogues composées.36/ féchant ainfi , il ne vole deffusquel-que étincelle , car il fuferoit , Si vous ne pourriez pas l’éteindre.
- 3°. Pour deffécher pareillement le vitriol, vous le mettrez au feu dans un creufet découvert , & vous le chaufferez jufqu’à le faire non-feulement fondre , mais calciner jufqu’à devenir une maffe dure d’un blanc gris, qui paffe au jaune Orangé Si qui commence à rougir.
- 4°. Dès que les deux matières feront delféchées, vous les pulvérife-rez, vous les mélerez& les entonnerez très-promptement dans la cornue ; car fi vous les gardiezquelque temps, fans les employer , le vitriol fur-tout reprendroit bien vite l’humidité de l’air. Procédez pour le refie comme je l’ai dit d’abord , & pouffez le feu, fur la fin , autant que les vaif-feaux le pourront fouffrir , & jufqu’à ce qu’il ne tombe plus rien de la cor-pue.
- C’eft dans cette opération fur-tout, qu’il faut être en défiance contre les vapeurs rouges, qui pourroient fe répandre au dehors : ayez foin que les vaiffeaux foient bien lutés , d’a-Hhiij
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- 5â6 P RÉEARATt O N DES bord avec le lut gras, St p&ndelîiis' avec des bandelettes de linge enduites de lut au blanc-d’œuf & à la chaux , liées avec de la ficelle à plufieurs tours ; n’oubliez pas d’ouvrir à propos , le petit trou du ballon , de crainte que la furabondance des vapeurs ne le faffe crever : & fi cela ar-rivoit malgré vos foins, fortez promptement du lieu où ces vapeurs fe feroiént répandues , & n’y rentrez qu’après qu’elles fe feront diiîipées ; elles font pernicieufes pour la poitrine.
- Ufez encore de beaucoup de précautions , quand vous tranfvaferez la liqueur dirfillée du ballon dans1 une bouteille, qui doit fe fermer avec un bouchon de verre bien exafl ; ne vous placez pas fous un courant d’air, qui puilîc jetter la vapeur fur votre vifage; profitez au contraire du vent d’une porte , d’une fenêtre ou même d’un foufflet, pour les emporter loin de vous ; & fongez que cette liqueur brûle tout ce qu’elle touche & que vos mains en relieraient long-temps tachées, fi elles en étoient attein-
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- Drogues composées. 367
- Vous pourriez obtenir avec moins d’appareil, & en moins de temps un efprit de nitre femblable à celui dont je viens de parler ; mais il feroit plus cher: en .voici le procédé.
- Ayez dans une cornue de verre du falpêtre bien purifié, féché & pul-vérifé, comme il a été ditci-devant. Verfez deffus avec un entonnoir , dont le bout s’avance jufqu?aamilieu de la Cornue, partie égale de fon poids d’huile de vitriol concentrée, & prenez-vous d’y joindre un récipient, & de le luter comme je l’ai dit précédemment ; il fuffira que vous mettiez la cornue fur un bain de fable , & qu’elle y relie même quelque temps fans être chauffée. Le bain de fable ne doit être échauffé enfuite qu’avec beaucoup de modération ; ce n’eft que fur la fin qu’on peut augmenter le feu de plus en plus. Au refte fou venez-vous toujours , d’ouvrir de temps en temps le petit trou du ballon , & de ne pas refpirer les vapeurs rouges.
- H hiv
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- 3^8 Préparation t>SS
- Extraction & concentration de F Acid» Eitriolique.
- Pté°aai'on L’kxtraction de Facide vitriol»-tef,rit'0°'-que eft une opération difficile, péni" ble & ennuyeufe : comme cette drogue n’eft point rare dans le commer-l ce, & qu’elle n’eft pas fort chere, ie penfe que vous ne ferez pas tenté de la préparer vous-même, quand je vous dirai qu’il faut pour cela, un feu très-violent y bien conduit , & fouténu pendant quatre ou cinq jours fans interruption ; je me contenterai donc de vous dire en gros, comment cela fe fait.
- On pulvérife du vitriol de Mars, après l’àvoir calciné jufqu’au rouge , & on le met promptement dans une cornue de terre bien lutée tout au tour ; on la place dans un fourneau de reverbere , & l’on y lute un ballon comme pour la diftillation de l’efprit de nitre. On allume le feu par dégrés, & il fe répand une vapeur blanche dans le ballon : on fou* tient la chaleur au même point jufJ qu’à ce qu’il n’en vienne plus. Après ces vapeurs, il vient de la cornue
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- Dragues composées. 365/ une liqueur qu’on voit couler vers le fond cia ballon , & l’on foutient le feu au degré qui a produit cet écoulement , tant qu’il dure. Lorfqu’il fe ralentit, & qu’il paroît être parvenu à fa fin , on change de récipient ; on pouffe le feü avec la derniere violence , foit avec du charbon , foit avec du bois, & il vient une liqueur épailfe & noire , qui eft l’acide que l’on cherche , & que l’on recueille pour le garder dans une bouteille bien bouchée , quand les vailfeaux font refroidis, 8c qu’on les a délu-tés. _
- Là concentration ou rectification de l’acide vitriolique , une fois qu’il efl extrait, n’eft point une opération fi difficile ni fi longue que la précédente ; il ne s’agit que de lui enlever la partie aqueufe qu’il peut avoir, & une matière inflammable qui le fend noir. Pour cet effet, vous le ferez entrer avec un entonnoir , dans une cornue de verre qui foit de bonne qualité, c’efl-à-dire, reconnu pour être capable de réufter à l’aftion d’un acide violent, & vous n’en mettrez dans ce vaiffeau que la moitié de ce
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- 370 Prépahatioh des qu’il pourrait en contenir : vous le placerez fur un bain de fable, dans le fourneau de reverbere, & vous y luterez un récipient. Commencez par le feu le plus foible , augmentez-le peu-à-peu, jufqu’à ce que vous voyez diftiller goutte à goutte,une liqueur claire comme de l’eau : laiffez aller cette diftillation avec le même dégré de chaleur, jufqu’à ce que lesgout-tes commencent à tomber fort lentement ; alors augmentez le feu jufqu’à exciter un petit bouillonnement dans la cucurbite : là diftillation ira plus vite, & vous l’entretiendrez ainlï, jufqu’à ce que la liqueur que vous avez mife dans la cornue-, foit réduite à peu-près au tiers, & qu’elle foit. devenue très- limpide.
- Laiffez refroidir le tout , délutez les vaiffeaux , recueillez ce qui eft dans la cornue , pour le garder dans un flacon de eryftal bien bouché ; recueillez de même ce qui a paffé dans le récipient : la première de ces deux Hqueurs, eft ce qu’on nomme l’efprit de vitriol concentré ; la fécondé s’appelle efprit de vitriol ; c’eft un acide de la même nature que l’autre ,
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- Drogues composées. Rimais délaye dans beaucoup d’eau.
- Pourconferver 1 acide viuiolique concentré , bien limpide & avec toute fa force, il y a des précautions à. prendre, i9. U faut que le bouchon de verre foit exactement ajufté au flacon, & ne le jamais laifler ouvert ^ qu’autant de temps qu’il en faut pour tirer la liqueur de la bouteille ; car comme cet acide prend l’eau avec avidité, celle dont l’air eft toujours chargé, fuffiroit pour l’affoib'ir con-fidérablement en très peu de temps. 2°. Cette liqueur étant extrêmement eorrofive & brûlante , fi elle touche quelque matière inflammable , végétale ou animale , elle reprendra le phlogiftique qu’on lui a enlevé , & redeviendra noire : voilà pourquoi je recommande un bouchon de verre, & non de liège ; il faut même porter l’attention , jufqu’à le couvrir d’un morceau de veffie , de crainte qu’il ne s’amafle au tour de lui, quelque pouflüere combuftible , que la liqueur laveroit en fortant du flacon, & qui lui feroit perdre fa limpidité.
- Je dois vous avertir d’un accident qui peut arriver lorfque l’on concea*
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- 372 Préïakation DBS tre ainfi l’acide vitriolique. Comme il faut pouffer le feu vigoureufement vers la fin, un degré de trop peut caufer une ébullition fubite, qui fafle monter une vapeur blanche épaiffe , & capable de faire crever le vaiffeau j cette vapeur efl fort dangereufe pour quiconque la refpireroit ; le plus fût alors eft de tout quitter & de fortir du laboratoire, comme je l’ai dit en parlant de l’acide nitreux.
- Préparation de l'Ether Vitriolique.
- ' P o u r les expériences où vous!
- * employerez l’éther, il eft indifférent qu’il loit préparé avec l’acide du vitriol , du nitre, du fel marin , du vinaigre , &c. ainfi je vais vous communiquer le procédé fuivant lequel cette finguliere liqueur a été faite pour la premiere fois en France, par MM. Grofle , Duhamel, Hellot, & que M. Beaumé, très au fait de cette matière, pratique encore aujourd’hui avec un plein fuccès.
- Les préparatifs de cette opération font plus pénibles & plus difficiles,que ne l’eft l’opération elle-même ; il s’agit d’avoir l’efprit-de-vin le plus dfa
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- Drogues composées. 37$ flegme, & l’acide vitriolique, ou ce qu’on nomme autrement l’huile de vitriol la plus concentrée, & vous fçavez par ce que j’en ai dit plus haut, que ce n’eft point une petite affaire que de bien reâifier l’une ou l’autre. Je fuppofe donc que vous les ayiez tous deux au point où ils font requis ; je vais vous parler d’après une differ-ration de M. Beaumé, lue à l’Académie Royale des Sciences en l’année 17 y y , & imprimée depuis avec fon approbation (a).
- Choifîffez une cornue de bon verre,
- plus allongée que ronde , de celles qu’on nomme cornues à l'Angloife PI. III. Fig. 3. & de telle grandeur qu’un bon tiers ou la moitié de fa capacité relie vuide, quand vous y aurez mis ce que vous voulez diftiller. Faites couler dans ce vajffeau une livre d’ef-prifcde-vin parfaitement reâifié, & pat deffus autant d’huile de vitriol très-concentrées : cette derniere liqueur étant bien plus pefante que la pre-
- (a) Voyez les Mémoire? de Mathématique* & de Phyfique préfentés à l’Académie des Sciences par les Sçavants Etrangers. Tome III,
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- 374 P» if AB AT 10 N DES miere tombera d’abord au fend du vaiffeau ; âidez-la à fe mêler , en remuant la cornue doucement & à plu-fleurs reprifes , cela fera naître un bouillonnement &un degré de chaleur allez confidérable ; le mélange deviendra d’un jaune tirant au rouge ; il fortira de la cornue une vapeur qui produira un fifflement, & qui répandra une odeur pénétrante, mais agréable.
- Placez là cornue fur un bain de fable déjà échauffé à peu-près au même point qu elle , lutez-y un ballon qui ait un petit trou : chauffez autant qu’il eft néceffaire pour foire bouillir ce qui eft dans la cornue & pour entretenir l’ébullition.
- Ce qui paffera le premier dans le récipient fera un efprit-de-vin très-fuave , après lequel viendra l’éther que vous reconnaîtrez à des ftries qui paroîtront au haut de la cornue. Soutenez le feu au même dégré, de continuez la diftillation , jufqu’à ce que vous Tentiez l’odeur fuffocante de l’acide fulphureux volatil ; ce que vous appercevrez en débouchant de temps en temps le petit trou du ballon. Dé-
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- Drogues composées, yjf
- lûtes alors le récipient , & verfez promptement ce qu’il contient dans un ballon bien bouché.
- C’eft bien là l’éther, mais il n’eft point pur, il eft mêlé avec cette portion d’efprit-de-vin qui a pafle d’abord , & il contient un peu de cet acide fulphureux , qui s’eu fait fentir fur la fin de la diftillation : pour en purger l’éther , verfez-le tout dans une cornue de verre, toujours beaucoup plus grande qu’il ne faut pour contenir ce qu’on y met ; ajoutez-y un peu d'huile de tartre par défaillance ; placez le vaifleau fur le bain de fable du fourneau de lampe;lutez un récipient & diftillez très- lentement , vous aurez par ce moyen, l’éther redifié que vous garderez dans un flacon exadement fermé avec un bouchon de verre ajufté à l’érne-ril.
- Préparation du Sublimé Corrojïf.
- Faites diffoudre du mercure dans l’efprit de nitre , & cette diflfo- lution étant verfée dans une capfule de verre ou de grès , vous la.ferez évaporer fur un bain de fable, juf-
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- 376 Préparation des qu’à ce qu’il ne refte dans le vaifleau qu’une poudre blanche que vous pe-ferez.
- Faites fécher du fel marin fur le feu dans un creufet, jufqu’à ce qu’il ait décrépité ; on appelle décrépitation , le pétillement que ce fel fait, quand on le chauffe fortement : faites auffi calciner du vitriol de Mars juf-qu’au blanc, en procédant comme il a été dit au fujet de la préparation de l’efprit de nitre fumant; page 36J. pefez de chacun de ces deux fels, une quantité égale à celle de la poudre blanche , que vous avez eue par la diffolution du mercure : broyez le tout enfemble dans un mortier de verre, & mettez ce mélange dans un matras dont le col n’ait que trois ou quatre pouces de longueur , & qui foit affez grand pour que la moitié de fa capacité refte vuide.
- Enfoncez le matras dans un bain de fable, jufqu’à l’endroit où s’élève la matière qu’il contient : chauffez doucement d’abord ; augmentez le feu peu-à-peu , & entretenez-le autant qu’il le faudra, pour faire monter la vapeur qui fe dégage de la
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- Drogues composées. 377 mafle : dès qu’il n’en fortira plus, vous boucherez l’orifice du matras , avec un petit cornet de papier feulement,
- & vous augmenterez le feu, jufqu’à faire rougir le fond du bain de fable. Alors il svélevera à la partie fupérieu-re du matras & à la naififance du col, une matière criftallifée , & à demi-tranfparente qui s’y attachera. C’eft-là le fublimé corrofif, que vous détacherez „après avoir caffé le matras,
- & que vous garderez dans un flacon bouché avec du verre.
- J’ai déjà averti que le fublimé eft une matière dangereufe , & dont la plus petite quantité feroit beaucoup de mal à quiconque en avaleroit : je le répété ici, en recommandant de manier cette drogue avec bien de la cir-confpeâion , & de jetter foigneufe-jnent la lavure des vaiffeaux dans quelque endroit où les animaux ne vont ni boire ni manger. Le fublimé n’exhale point de vapeur qui foit à craindre.
- Préparation de la liqueur fumante de Libaviur.
- Faites fondre une once d’étaia Qu»
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- 378 Prépabàtion des me Prépara- dans un creufet ; mertez-y une once ««»• de mercure, & broyez bien cet amal-gamme dans un mortier de marbre ou1 de verre , avec trois onces de fu-blimé eorrofif.
- Faites entrer ces trois matières ainfi mêlées dansune cornue de verre, que vous' enfoncerez de toute fon épaif-feur dans un bain de fable , & à laquelle vous luterez un récipient, qui ait le petit trou en fa partie fupé-rreure.
- Échauffez le bain de fable peu-à-peu; augmentez enfuite le feu; & quand vous verrez commencer la dif-tillation, vous foutiendrez le feu dans cet état, jufqu’à ce qu'il ne forte plus lien de la cornue.
- * Les vaiffeaux étant refroidis , vous les détacherez, & vous ferez paffer la liqueur qui fe trouvera drftillée , dans un flacon, qui ait Un bouchon de verre bien ajufté.
- Préparation du Phofphore d’urine,
- Quinzième C E fut en 1737, pour la premie-Picpaiaiion. re f0js qU’on fit à Paris le phofphore d’urine , qu’on nomme aufli phofphore de Kunkel ; on le fit d’après les
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- Drogues composées, jfp ïnftruââons d’un étranger dont feu M. Dufay avoir fait rencontre par hazard, l’année précédente. L’opération fut différée, parce qu’il ne fe trouva point à Paris de cornues avec lefquelles on ofât l’entreprendre : j’en envoyai deux de celles qu’on fabrique à Hefiè-Caffel , & que je trouvai à Bruxelles pendant un voyage que je faifois en Hollande vers la fin de l’année 1736 , & ce ne fut qu’au mois «FAoût fuivant qu’on en nt ufage.
- Cette fameufe opération fut conduite par MM. Dufay , Gèofroy , Duhamel & Hellot ; ce dernier fe chargea de rédiger l’biftoire du procédé, quife trouve configné dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences pour l’année 1737- Il eflfî bien circonftancié que plufieurs de nos Chymiftes , en le fuivant , ont léuffi dès leurs premiers effais : je ne doute pas que vous n’ayez le même fuccès , pourvû que par d’autres opérations moins délicates , vous vous foyez exercé auparavant à manier les vaiffeaux & à conduire le feu.
- Je crois donc ne pouvoir mieux faire, que de vous recommander la
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- 380 Préparation dés lefture du Mémoire de M. Hellot, 8c une exaftitude fcrupuleufe dans la manipulation qui y eftindiquée: mais comme vous pourriez n’avoir par les Mémoires de l’Académie des Sciences , je vais vous en faire un extrait, qui contiendra tout ce qu’il vous fera nécelîaite de fçavoir, quand à la maniéré d’opérer.
- » Prenez de l’urine pure qui aura =» fermenté pendant cinq ou fix jours : >. la quantité doit être proportionnée •> à -celle du phofphore qu’on veut » faire : il en faut environ un tiers de » muid , pour un gros de phofpore. *> Faites-la évaporer dans deschaudie-» res de fer , jufqu’à ce qu’elle foit » devenue grumeleufe, dure & noi-» re, à peu-près femblable à de la » fuye de cheminée , elle fera alors » réduite environ à un foixantieme » de ce qu’elle pefoit avant d’avoir s» été évaporée.
- » Quand l’urine eft en cet état, » mettez-la par parties dans des mar-» mites de fer, fous lefquelles vous » entretiendrez un feu de charbon *> affez vif pour en faire rougir le » fond j & agitez-la fans relâche * juf:
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- Drogües COMJPOSÉES. 381 » qu’à ce quelefel volatil & l’huile » foetide foient diflipés prçfqu’entie-» rement , que la matière ne fume •» plus , & qu’elle ait pris l’odeur de » fleurs de pêchers. Celiez pour lors » la calcination ; & verfez fur la mass tiere qui fe trouvera réduite en » poudre , un peu plus du double de •• fon poids d’eau chaude ; agitez-la » dans cette eau , & Iailfez-Ia trem-•> per pendant vingt-quatre heures. » (a)Verfez l’eau par inclination, def-» féchez & réduifez en poudre lama-as tiere lelfivée : la calcination précé-s» dente enlève à la matière environ » un tiers de fon poids, & la leflïve =» emporte la moitié des deux autres as tiers.
- a> Mêlez à ce qui vous relie de as matière calcinée , leflivée & delfé-aa chée, la moitié de fon poids de a> gros fable , ou de grès jaunâtre as égrugé, dont vous aurez féparé le
- (a') C’elt pour ne rien omettre, que je parle de cette lotion ; mais je vous avertis ( & M. Hellot l’a reconnu lui- meme qu’en lavant ainfi cette matière , on rifque de lui enlever le principe le pluseffentiel au phofphore, & que cela peut faire manquerl’opération ; M. Beaumé, ne lave point du tout, & réuffittrès-bien»
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- 382 P*ÉEA*ATrO>K DES •
- •• plus fin par un tamis, pour ne pas » l’emplqyer.J-e fable de rivière neft » point un intermède convenable , » parce qu’il pétille au grand feu : » ajoutez enfuite à ce mélange , un m feizieme de fon poids de charbon •> de hêtre ou autre bois qui ne foit » point du chêne , parce qu’il pétil-» le auffi : humeftez le tout avec une » fiiffifante quantité d’eau , pour le » réduire en une pâte ferme, en le » maniant & le roulant entre les » mains ; puis faites-le entrer dans la » cornue , en prenant des précatt-» tions pour ne pas falir Je col ; la *> cornue doit être de la meilleure •» terre (a), & de telle grandeur, que •> quand on y aura mis la matière , » il en demeure un grand tiers de *>, vuide.
- (a) J’ai déjà dit qu’on fat obligé à Paris d’at-fendre des cornues de Befle-Gaffel, pour entreprendre l’opération du pbpfphore. Ces vaiC-féaux , quoiqu’on les enduife d’un lut de terre glaife mêlée avec du fable & de la bourre , ont encore peine à réfifter ; ils laiffent tranfuder une partie du pfoofphore. M, MargraafF dans un Mémoire qui (e trouve parmi , ceux de l’Aca-* démie de Berlin pour l’arinée 1745 » recommande au iujet de cette opération des cornues de Kirchan, & celles de Waldembouxg.
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- Drogues composées, j&j Placez enfuite la cornue (a) dans un fourneau de reverbere, propoc-
- (a) Je vous confeille, d’après M. Hellot, de feire un effai de votre matière avant d’allumetr lé fourneau. » Gn en met, dit-il , pour cela' » environ une once dans un petit creufet qu’on » chauffe jufqu’à le faire rougir : le mélange ; » après avoir fumé , doit fe refendre fans Ct » gonfler , fans même s’élever ; il en;fort des &> ondulations de flammes blanches & bleuâtres •» qui s’élèvent avec rapidité : c’eft-là le premier » phofphore qui eft volatil, & qui fait tout le » danger de l’opération. Quand ces première» » flammes font paflees, il faut augmenter l’ar-» deur de la matière , en? mettant fur 1s cre,u-» fet un gros charbon allumé ; on voit alors «& le fécond phofphore. C’eft une vapeur himi-aéneufe, tranquille, couvrant toute lafeperfi* »cie de h matière, & de couleur tirant fur le a» violet;.elle dure fort long-temps, 8t répand » une odeur d’ail, qui eft l’odeur diftin&ive du » phofphore : lorfque toute cette vapeur lumi-» neufe eft diffipée , il faut verfer la matière w embrafée du creufet fur une plaque de fer ; »» s-’il ne fe trouve aucune goutte de tel çn fu-» fîon , & qu’au contraire tout fe réduite en » poudre , c’eft une marque que la matière a a» été fuffifàmment lavée, & qu’elle ne contient aj.de fel fixe, ou fi l’on veut de tel marin , que s> ce qu’il lui en faut: fi on trouve fur la plaque 9j quelques gouttes de fèl Agé , c’eft qu’il eft à» trop reftê de fel ; l’opération court rifque de » ne pas réuffir , parce que la connne pourroit 9jêtre percée & rongée par ce fel furabondant: »én ce cas, il faudra Uffiver de nouveau le » mélange*
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- 384 Préparation des donné de façon, qu’il y ait deux pouces d’efpace entre les parois du fourneau & le corps de la cornue, même dans l’endroit du retréciifement où commence le col de ce vaiffeau, qui doit demeurer incliné fous un angle, de 60 dégrés. Bouchez toutes les ouvertures du fourneau, excepté celles du foyer & du cendrier (a).
- » Adaptez à la cornue un grand » ballon de verre rempli d’eau au » tiers , & lutez-Ie comme dans la ^=MÜftillation de l’efprit de nitre fu-» mant. Ce ballon doit être percé d’un » petit trou dans fa partie poftérieure » un peu au-deffus de la furface de =» l’eau : on bouche ce trou avec un » brin de bouleau qui puiffe y entrer » fort à I’aife, & où il y ait un nœud » pour l’empêcher de tomber dedans, » On le retire de temps en temps » pour préfenter la main à’ ce petit » trou, & voir fi l’air raréfié par la » chaleur de la cornue fort trop rapi-» dement ou pas aflfez. Si le dard » d’air eft trop fort & fort avsc fiffle-* ment, on ferme entièrement la por-(a) Établiffez fclidement la cornue fiir un
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- Drogues composées. 38; to te du cendrier, pour ralentir le feu : »> s’il ne frappe pas alfez vivement la »> main , on ouvre davantage cette »> porte, & on met de grands char-*> bons dans le foyer, pour ranimer » le feu par une flamme fubite.
- » L’opération dure ordinairement » vingt-quatre heures, & voici les » Agnes qui annoncent qu’elle réuiïi-» ra , fila cornue peut réfifter au feu » ( “)•
- » Il faut la commencer en mettant » d’abord du charbon noir dans le » cendrier du fourneau , & un peu de » charbon allumé à la porte, afin d’é-» chauffer la cornue très-lentement ; » quand il eft allumé on le pouffe dans
- (a) M. Hellot nous prévient dans Con Mémoire fur les accidents qui peuvent arriver pendant l'opération : fi la cornue vient à fe cafter dans le fourneau, on s’en apperçoit bien-tôt par la couleur de la flamme, qui fort violette ou fourneau, & par l’odeur d’ail qui Ce répand. Si le ballon fe cafte quand il contient le phof-phore en fufion, ou que cette matière Ce répande lorfiju’on la refond pour la mouler, il faut bien prendre garde à l’incendie que cela peut caufer ; & s'il en tombe fiir les mains ou lùr les jambes, il faut avoir de l’urine toute prête, pour en jetter defîus en abondance ; car ce feu eft très-âpre & fait des progrès très-rapidesfl
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- j86 Préparation des » le cendrier , & on en ferme la porte! „ avec une tuile ; cette chaleur modé-» rée fait diftiller le flegme du mê-». lange. Il faut entretenir ce même 3. dégré de feu pendant quatre heu-3i res , après lequel temps on met du si charbon fur la grille du foyer : le si feu de delîous s’allume peu-à-peu. » A ce fécond feu approché de la cor-3i nue, le ballon s’échauffe & fe remis plit de vapeurs blanches qui ont 3. une odeur d’huile fœtide : quatre si heures après, ce vaiffeau fe refroidit si & s’éclaircit ; alors il faut ouvrir 3i d’an pouce la porte du cendrier , 3i mettre du charbon dans le foyer de si trois minutes en trois minutes, & si en fermer à chaque fois la porte, » pour que l’air froid du dehors ne s, frappe pas le fond de la cornue , ce w qui la feroit fêler.
- si Quand on a entretenu le feu à « ce dégré environ deux heures , le » ballon commence à fe tapiffer d’un » fel volatil d’une nature finguliere, » qui ne peut être çhaffé que par un si très-grand feu, & qui a une odeur si affez forte d’amandes de noyaux de » pêehçs, Il faut prendre garde que ce
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- Drogues composées. 387 » fel concret ne bouche le petit trou » du ballon, parce que ce vaifleau fe » briferoit ; la cornue étant rouge *> alors , & l’air très-raréfié , l’eau du » ballon qui s’échauffe par Iévoifinage °> du fourneau , fournit des vapeurs , » qui difïolvent ce fel raméfîé , & le » ballon s’éclaircit une demi-heure •> après que fa diftillation a cefTé.
- » Environ trois heures après que » ce fel a commencé à paroître , le » ballon fe remplit de nouvelles va-; »» peurs , qui ont l’odeur de fel am-» moniac qu’on brûleroit fur deschar-bons ; elles fe condenfent aux pa-» rois du récipient en un fel qui n’eft » plus raméfîé, mais formé en I011-» gués flries perpendiculaires , que » les vapeurs de l’eau ne difïolvent » point : ces vapeurs blanches font 3) les avant-courreurs du phofphore ; » & vers la fin de leurs diftillation oî elles perdent leur première odeur » de fel ammoniac & prennent l’o5 » deur d’ail.
- » Comme elles fortent avec beau-33 coup de rapidité, il faut déboucher » fouvent le petit trou, pour voir s’il » ne foufBe point trop fort ; car en ce;
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- 388 Préparation des s-, cas, il faudroit fermer entièrement 33 la porte du cendrier : ces vapeurs 33 blanches durent environ deux heu-3> res ; quand on reconnoît qu’elles 33 ont celle , ont donne un peu de 33 jour au dôme du fourneau , en ou-33 vrant quelques-uns de fes regiftres 33 (a) pour commencer à donner ilfue 33 à la flamme. On entretient le feu 33 dans cet état moyen, jufqu’à ce 33 qu’il commence à paroître un pre-33 mier phofphore volatil.
- •3 C’eft environ trois heures après 33 que les vapeurs blanches ont corn-33 mencé à fortir , qu’il paroît. Pour si le favoir , on retire de minute en « minute le petit brin de bouleau, & 33 on le frotte en un endroit échauffé 3i du fourneau , où il laiffera un petit » trait de lumière , s’il eft enduit de 33 phofphore.
- « Peu de temps après qu’on a re-3i connu ce ligne , on voit fortir par nie petit trou du ballon , un dard de si lumière bleuâtre , qui dure plus ou 31 moins allongé jufqu’à la fin de l’o-
- (a) On appelle regiftres les trous dont j’ai fait mention en parlant de la conftruâion du fourneau de reverbere.
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- Drogues composées. 389 95 pération:le d’ard ou jet de lumière » ne brûle point, quand on y tientle 9ï doigt vingt ou trente fécondés ; il » fe charge de cette lumière , & fi on 99 en frotte la main , il l’en enduit & 9j la rend lumineufe.
- 99 Mais de temps en temps ce jet 99 s’allonge jufqu’à fept ou huit pou-99 ces, avec décrépitation & étincel-99 les ; alors il brûle les corps com-99 buftibles qu’on lui préfente ; quand 99 cela arrive , il faut conduire le feu 99 avec beaucoup d’attention ; fermer 99 entièrement la porte du cendrier , 99 fans difcontinuer cependant de met-99 tre du charbon dans le foyer , de 9> deux minutes en deux minutes.
- 99 Le phofphore volatil dure deux 99 heures, au bout defquelles le petit 99 jet de lumière, fe raccourcit à une 99 ligne ou deux ; c’eft alors qu’il faut 99 pouffer le feu à l’extrême , ouvrir 99 entièrement la porte du cendrier, *9 y mettre du bois, déboucher tous 99 les regiftres du reverbere ; mettre 99 de grands charbons dans le foyer 99 de minute en minute , en un mot 99 il faut que pendant ftx à fept heu-99 res , tout le dedans du fourneau
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- •390 PaiïIïl'ÏISS ÊEi „ foit blanc, & qu’on ne puiffe y dif-» tinguer la cornue.
- » Pendant ce feu extrême le véri-Mtable phofphore diltille comme une as huile, ou comme une cire fondue : 33 une partie eft foutenue par l’eau du 33«cipient, l’autre s’y précipite. Enta fin l’on s’apperçoit que l’opération 33 eft finie , quand la partie fupérieu-» re du ballon, où le phofphore vo-sslatil eft condenfé en une pellicule 33 noirâtre , commence à rougir , c’eft 33 une marque qu’à l’endroit de cette 33 tache rouge , le phofphore eft brû-3» lé. Il faut alors boucher tous les « regiftres Sc fermer toutes les portes 33 du fourneau pour étouffer le feu , » puis boucher le petit trou du ballon M avec un lut gras ou de la cire. On 33 laiffe le tout en cet état pendant 33 deux jours , parce qu’il ne faut pas » démonter les yaifleaux qu’ils ne ssfoient parfaitement refroidis., de » crainte que le phofphore ne s’allu-33 me.
- » Auflî-tôt que le feu eft éteint, » le ballon qui fe trouve alors dans 33 l’obfcurité offre un fpeâacle affez 53 agréable ; toute la partie vuide de
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- £>ROGUriS CÔMPOSÏfiS. 3pt
- » ce vaifleau qui eft au-deffus de l’eau, »paroît remplie d'une belle lumière » bleue qui dure pendant fept à huit » heures, ou tant que ce vaifleau eft » chaud, & ne difparoîtque quand il » eft refroidi.
- » Le fourneau étant parfaitement » froid, on démonte les vaifleaux, ’^on les fépare l’un de l’autre le plus » promprement qu’il eft poftible :on 33 enlève avec un linge toute la ma-» tiere noire qu’on trouve à l’entrée 3» du col du ballon ; car fi cette fa-»» letéfe mêloit avec le phofphore , “ elle, empêcheroit qu’il ne devint 33 bien tranfparent dans le moule ; il ?3 faut que cela fe fafle vite ; après >» ouoi l’on verfe deux ou trois pintes 33 d’eau froide dans le ballon , pour 33 accélérer la précipitation du phof-3» phore qui eft foutenu fur l’eau. On 33 agite enfuite l’eau dti ballon, pour 33 détacher tout le phôfpore, qui fe-33 roit adhérent aux parois : puis on 33 verfe toute cette eau agitée & trou-s» blée, dans une terrine bien nette , 33 & on la laifle s’éclaircir : on décan-3» te enfuite cette première eau inu-33 tile, & on verfe de l’eau bouillante Kkiv
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- 392 PRÉPARAtl ON DE J » fur le fédiment noirâtre relié au » fond de la terrine , pour fondre le » phofphore ; il s’unit alors avec la 9 matière fuligineufe ou phofphore » volatil qui s?eft précipité avec lui, » & il fe met en une malfe couleur » d’ardoife. Quand cette eau dans lait quelle le phofphore eft fondu, eft ® fuffifamment refroidie , on le jette » dans l’eau froide , & on l’y eafle en » petits morceaux pour le mouler.
- Il faut prendre alors un matras à •> long col, (a) dont le col foit un *> peu plus large vers la boule qu’a *> ion autre extrémité ; couper lamoi-
- * tié de cette boule , pour en former » un entonnoir, & boucher d’un bou-» chon de liège le bout étroit de ce
- * col. Le premier moule étant ainll » préparé , on le plonge de toute fa » longueur dans un vailfeau plein » d’eau bouillante , & on l’emplit de » cette eau. On jette dans cet enton-» noir les petits morceaux de la mafle ® ardoifée qui fe fondent de nouveau » dans l’eau chaude , & fe préci-
- (a) Au Heu de couper ainfi un matras, on peut choifr chez un Fayencier, un emonnoip de verre dont le bec foit large & un peu long,
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- Drogues composées.
- » pitent tout fondus au bas du tube : » on agite cette matière fondue avec » un fil de fer, pour aider le phof-» phore à fe féparer de la matière fu-» ligineufe qui le falifloit, & qui étant » moins pelante que lui, prend peu-à-» peu le deffus.
- »On entretient l’eau du vaiffeau » dans fâ première chaleur, jufqu’à ce » qu’en retirant le tube , on voie le » phofphore net &tranfparent. Alors » on laiffe un peu refroidir le tube » clair, & on le trempe enfuite dans >• de l’eau froide, où le phofphore fe » coiigéle en fe refroidiffant. Lorf-» qu’il eft bien congelé, on ôte le bou-» chon de liège, & avec un petit ba-» ton , à peu-près de la grofleur du » tube, on pouffe le cylindre de phoff » phore vers l’entonnoir , qui eft le » côté de la dépouille; on coupe la » partie noire du cylindre pour la » mettre à part ; car lorfqu’on en a » une certaine quantité, on peut la re-» fondre par la même méthode, & en » féparer le phofphore qu’elle con-» tient encore. A l’égard du relie du » cylindre qui eft net & tranfparent, » fi l’on a deffein de le mouler en plus
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- ^94 Préparation des » petits cylindres, on le coupé pat » tronçons, pour le faire refondre à » l’aide de l’eau bouillante , dans des « tubes de verre plus petits (a).
- Autre procédé.
- IJlhTffhc- Margrâaff, Chymifte Allemand ie I k m*. très-habile & très-célébre , dont j’ai SaœrâaE*1' déjà fait mention ci-deffus, prépare le phofphore d’une façon plus expéditive que celle dont jeviens de rendre compte, & qui rend davantage : MM. Macquer & Beaumé, qui l’ont éprouvée avec un plein fuccès, lui donnent la préférence ; c’eft d’après eux que je vais parler.
- Au lieu d’employer la chaux commune avec le fel ammoniac pour en tirer l’efprit volatil, comme je l’ai • enfeigné dans la neuvième préparation , mêlez une partie de ce fel avec deux parties de cette chaux de plomb qu’on nomme Minium , une livre par exemple contre deux , & procédez comme dans l’opération que je viens de citer.
- (a) Il faut pour cria choifir des tubes de verre qui ayent de la dépouille , afin que le phofphore moulé en puifie fortir aifément.
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- Avis- r]frm .1.2* Tort'. Fl. 3 .
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- Drogues comîosées, gpf
- Quand vous, aurez recueilli l’elprit Volatil urineux, par cette diftillation, prenez le réfidu ( c’eft un plomb corné ) & mêlez-Ie avec trois fois autant d’urine putréfiée pendant deux mois (a) & évaporée jufqu’à confiftance de miel : vous ferez le mélange dans une marmite de fer, fur le feu , en le remuant fouvent & en y ajoutant quatre onces de charbon pulvérifé , ju& qu’à ce que tout ce qu’il y a d’humide foit évaporé, &que ce qui refte foit réduit en une poudre féche &
- Mettez cette poudre dans une cornue de verre fur un bain de fable, & enlevez-lui par la diftillation à un feu gradué, ce qu’il peut y avoir.d’efprit urineux, d’huile fuperflue , & de matière ammoniacale.
- Vous pulvériferez dans un mortier le réfidu de cette diftillation, & vous en ferez l’épreuve en en jettant une pincée fur des charbons ardents : s’il s’en éléve une odeur arfenicale, avec un flamme bleue qui rampe en faifant
- (a) M. Baume réuflit très-bien fans faire putréfier l’urine, il fe contente de la faire éva-
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- 3p<5 Préparation des des ondulations, c’eft une marque que la matière eft bien préparée ; vous pouvez continuer l’opération de la maniéré fuivante.
- Choififlez une cornue de terre d’Allemagne de la meilleure qualité ; enduifez-la de lut quelques jours avant de la faire fervir, comme il a été dit ci-deflus ; faites-y entrer votre matière pulvérifée , en telle quantité qu’elle n’occupe que les deux tiers de la capacité du vailleau ou un peu plus : placez-la fur un teft couvert de labié dans un fourneau de reverbere , & avec les mêmes attentions que j’ai recommandées en rapportant ci-deffus le procédé de M. Hellot : lutez au col de ce vaiffeau un ballon percé d’un petit trou, quipuiffe fe boucher & s’ouvrir aifément, & rempli d’eau aux deux tiers afin qu’elle monte pref-que jufqu’à l’embouchure de la cor-
- Echauflfez les vaiifeaux par une chaleur très-douce , de maniéré que le premier dégré de feu dure environ une heure : faites gagner le feu peu-à-peu pendant une demi-heure , de forte qu’après cet intervalle de temps
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- Drogues coup osées. 397 le charbon ardent commence à toucher le fond de la cornue : pendant la demi-heure fuivante mettez du charbon noir peu-à-peu , jufqu’à ce que le feu fe trouve élevé au niveau de la moitié de la cornue ; enfin employez la demi-heure fuivante à augmenter de même les charbons allumés,' de maniéré que la cornue s’en trouve entièrement couverte.
- Le phofphore en vapeur commencera à paroître alors. Vous poufferez lefeu àfes derniers dégrés,enremplif-fant le fourneau de charbons & en donnant de l’air par enbas, afin qu’il brûle avec toute la force poflible ; vous foutiendrez ce grand feu pendant une heure & demie, & cela fuffi-ra pour faire diftiller tout le phofphore que l’opération peut donner : vous le verrez tomber en gouttes, qui tra-verferont l’eau pour aller au fond du ballon.
- Vous purifierez & vous moulerez ce phofphore en fuivant la méthode de M. Hellot rapportée ci-deffus ; car celle de M. Margrâaff n’en différé point effentiellement. Confervez-le dans une bouteille de verre remplie
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- 3p8 Préparation des d’eau ou d’efprit-de-vin ; fans cela il tomberait en deliquium ou plutôt, il fe décompoferoit, & fon accide relierait à découvert.
- Diffolution du Phofphore.
- Le phofphore fe diffout dans la °”‘plûpart des huiles & les rend lumi-neufes, toutes les fois qu’on y joint le contad d’un air renouvelle. Quand on le fait bouillir avec l’eau commune , il lui communique aufli la propriété de luire dans l’obfcurité ; vous préparerez ces liqueurs luifantes , comme il fuit
- Choififfez un flacon de cryftal un peu plus gros que le pouce, à large goulot, & qui fe ferme avec un bou-chqrude verre ufé & ajufté à l’émeril. £mpliflez-le jufqu’aux deux tiers avec de huile de girofle, ou avec de l’huile d’amandes douce : jettez-y gros comme un grain d’orge de phofpho-re, & faites chauffer le flacon avec ce qu’il contient, en l’agitant jufqu’à ce que le phofphore fe trouve confondu dans la liqueur ; continuez de fecouer le flacon , en le laiffant refroidir. Toutes les fois, que vous ou-
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- Drogues composées, jpp vrîrez ee flacon dans Toblcurité , il ' s’élèvera dans la partie vuide , une vapeur blanche & épaifle , qui la rendra lumineufe pour quelques moments.
- Faites bouillir deux ou trois onces d’eau, avec le poids d’un grain de phofphore: dès que cette eau prendra l’air, ou qu’on l’agitera dans un vaif-feau de verre, beaucoup plus grand qu’il ne faut pour la contenir, il s’en ëlévera de petits éclats de lumière , & parce que le phofphore ne s’y dilîbut pas comme dans les huiles, en faifant bouillir de nouveau cette eau avec le phofphore qui relie au fond » on renouvelle en elle cette proprié-;
- Si l’on fait la même préparation avec l’efprit-de-vin, & qu’on en jette quelques gouttes fur l’eau dans un heu obfcur , ou pendant la nuit , cela produit encore des coups de lumière.
- Préparation de l’Eau Régale.
- L’eau régale qui elt le diflblvant DiV.fejtîe; propre de l’or, fe fait par un mêlan-ge de l’acide nitreux; avec celui du
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- 400 Préparation des fel marin : les Chymiftes le font de différentes maniérés & à différentes dofes , fuivant les ufages qu’ils en veulent faire : pour me renfermer dans mon objet, je vous indiquerai la maniéré de compofer une eau régale qui diffolve l’or en plus grande quantité, & qui le rende propre à fulminer après qu’il aura été précipité.
- Dans quatre onces d’efprit de nitre commun (a) faites diffoudre une once de fel ammoniac pulvérifé ; laiffez repofer cette diffolution dans un vafe de verre haut & étroit : décantez-la doucement, quand elle aura été fuffi-famment repofée , & gardez-la dans un flacon bouché avec du verre.
- Préparation d'un Sel Alkali fixe, bmâc- Prenez quelques livres de lie 1 pl“" de vin preffée & féchéé , faites en des pelotes greffes comme des œufs de poule, que vous envelopperez chacune dans un morceau de papier gris
- 00 Ne vous piquez pas d’employer dans cette préparation de l'efprit de nitre bien dé-flegmé, il enréfulteroitune eau régale, fiijet-le à faire crever le vaifleau avec éclat.
- affez
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- Drogues composées. 40* afTez humefté , pour fe coller deffus & la contenir ; arrangez ces pelotes fur un brafier de charbons bien allumés , & couvrez-les encore de pareils charbons ; laifîèz-les brûler , jufqu’à ce que vous n’ea voyiez plus fortir aucune fumée. Alors écrafez-les dans une terrine de grès, & verfez deffus autant d’eau bouillante , qu’il en faut pour les bien détremper : enfin remuez le tout de tempsen temps, avec- une fpatule de bois, jufqu’à ce que l’eau ne foit plus que tiede.
- Filtrez cette eau à plufieurs fois , jufqu’à ce qu’elle vous paroiffe bien claire ; lavez encore avec de nouvelle eau chaude, ce qui relie fur le filtre , & clarifiez-Ia de même : faites une troifieme lotion , fi l’eau vous paroît encore fe charger de fel en fortant du filtre ; & recueillez toutes ces eaux filtrées dans une terrine de grès.
- Mettez ce vaiffeau fur un feu doux, & faites évaporer lentement toute l’eau : il reliera au fond un fel blanc que vous achèverez de fécher , en le remuant avec une fpatule de fer dans un poêlon de terre non vernîffée,
- Tome I. L 1
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- '402 Préparation des qui puiffe aller fans fe caffér, fur un feu de charbon bien allumé : vous jugerez qu’il eft fuffifamment féché, quand vous n’enverrez plus fortir aucune vapeur, & que le vailfeau commencera à rougir.
- Vous aurez tout prêt, un flacon de cryftal, qui ne renferme aucune humidité , dont le bouchon foit de la même matière & bien ajufté ; vous le ferez chauffer lentement, & vous y ferez entrer votre fel de tarre avant qu’il foit entièrement refroidi ; cette précaution eft néceflaire, comme vous le verrez par la préparation fuivante. Vous tirerez de même le fel de la fou-de (qui eft une cendre ), par lotion, filtration , évaporation Sc défïcca-tion.
- Préparation de l’huile de Tartre par défaillance. x
- îîs-mu- O N appelle ainfi , comme je l’ai “_Pl pl" déjà dit, l’eau commune dans laquelle on a fait diffoudre du fel détartré jufqu’à faturation.
- Quand vous voudrez préparer cette liqueur , vous formerez dans un entonnoir de verre une poche de pa-
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- Drogues composées. 403 pier gris dans laquelle vous mettrez du fel de tartre : vous ferez entrer le bout de l’entonnoir dans le col d’une bouteille aufli de verre , & vous ex-poferez le tout à l’air libre dans un lieu & par un temps humide : fi vous êtes prefle, vous pourrez hâter cette préparation en mettant de l’eau à pluueurs fois & par petites quantités fur le fel de tartre. Vous verrez la liqueur tomber goutte à goutte dans la bouteille, tant qu’il y aura du fel dans le filtre ; après quoi vous ôterez l’entonnoir, & vous tiendrez la bour teille bouchée.
- Maniéré de féparer un fel de Veau qui le tient en dijfolution.
- J’a 1 dit dans le premier Chapitre y;,.,, de cette fécondé Partie, comment on P'fp; retire le fel marin de l’eau, quand on l’a lavé ; on peut faire la même chofe pour tous les fels fixes ; & fi l’on veut qu’ils foient encore plus parfaitement purgés , on peut filtrer fa dilfolution avant de la faire évaporer : il faut aulfi que l’évaporation foit plus lente, & excitée par un feu plus doux, lorfqu’on aura affaire à un fel en par- .
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- 404 Préparation des
- tie volatil, de crainte qu’il ne fe dé-
- compofe.
- Si c’eft un fel, qui foit de nature à fe cryftallifer, il ne faut point que l’évaporation fe faife par le moyen du feu ; mais feulement par l’aftion de l’air dans un lieu frais : la cryftallifa-tion fe fera au fond du vàifTeau, par greffes parties, à mefure que la partie aqueufe diminuera ; ou à la furface par une pellicule de parties concrètes , & quelques fois des deux manie-
- Les fels que l’on retire par cryftal-lifation, ne font point dépouillés de toute humidité : quand vous aurez befoin qu’ils le foyent, vous les mettrez dans un creufet ou dans un pot de terre fur un feu de charbons , & vous les ferez chauffer jufqu’à rougir ; c’eft ainfi qu’il faudra traiter le fel marin & le vitriol, dans les cas où il fera indiqué d’employer du fel décrépité, & du vitriol calciné.
- Dijfolution de l’Or
- Vu-jt-iimt. P b ï n H z de l’or au plus haut
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- Drogues composïes.4oj titre (a), c’eft-à-dire , le plus lin & le me Prépara* plus pur que vous pourrez avoir. Bat-tion' tez-le fur un tas d’acier pour l’étendre & l’amincir ; il s’écrouira étant ainfi forgé à froid , & il deviendra trop dur pour être étendu davantage : alors vous lui donnerez ce qu’on appelle un recuit, en le faifant rougir fur des charbons ardents & il deviendra fouple : vous continuerez de le battre à froid , pour le rendre plus mince; & s’il ne l’eft point encore autant qu’une feuille de papier ou du clinquant, vous le recuirez une fécondé fois & même une troifieme , pour le réduire en une feuille très-mince que vous couperez avec des cifeaux en menues paillettes.
- Vous mettrez cet or ainfi préparé au fond d’un matras , & vous verfe-rez par-deflûs une quantité d’eau ré gale prife au poids, qui égale envi-
- (a) Les Apoticaires Chymiftes qui (ont bien afiortis, tiennent chez eux de l'or & de l’argent purifiés pour les opérations où ces métaux doivent être employés purs. Les Orfèvres » ont allez fouvent des ducats d’Hollande dont l’or eli fin.
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- £06 PsiPAKATION DE 5. ron fix fois celle de l’or • cette eaa régale fera celle de la dix-feptieme préparation; c’eft-à-dire, qu’elle fera compofée de quatre parties d’efprit de nitre commun, & d’une partie de fel ammoniac : vous aiderez la dilfolution de l’or par une chaleur douce , en mettant le matras fur un bain de fable médiocrement chauffé: fi le métal eft bien pur , la liqueur prendra une belle couleur jaune ; & les paillettes difparoîtront en totalité ; s’il croit allié avec un peu d’argent, ce dernier métal reliera en poudre au fond du vaiffeau ; & vous en réparerez votre difl'olution d’or, en la décantant dans un flacon que vous boucherez enfuite. .
- P réparation de l’Or fulminant.
- ^rrépa- Versez la dilfolution d’or de n. ! la préparation précédente dans un vafe de verre haut & étroit. Verlez peu-à-peu par-defliis de l’huile de tartre, ou de l’efprit volatil de fel ammoniac ; vous verrez l’or fe précipiter à mefure , au fond du vafe ; & vous ceflérez de verfer Falkali, qu nd il ne fe précipitera plus rien.
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- Drogues Composées.407*
- Pour avoir à fec cette poudre d’or précipitée , il faut décamer dans un autre vafe, la plus grande partie de la liqueur, verferen Ta place de l’eau, eommune qui affoiblira beaucoup le reliant de l’eau régale ; & alors vous verferez le tout fur un filtre ; ce qu’il y aura de liquide paffera au travers , l’or reliera à fec fur le papier.
- Cet or fera fulminant ; il n’en faut avoir qu’en petite quantité, ne le jamais expofer à un grand dégré de chaleur , fi ce n’ell dans le temps qu’on en veut faire l’expérience ; & ne boucher qu’avec du liège le flacon dans lequel vous le garderez, parce qu’on en a vû de fâcheux accidents, lorfqu’il étoit frotté dans le col de la bouteille avec un bouchon de verre.
- Quand vous voudrez faire fulminer l’or , mettez en la quantité d’une demi-prife de tabac entre deux petites plaques de tôle emmanchées dans le bout d’un bâton fendu , qui ait environ deux pieds de longueur, Sc faites le chauffer ainli au-deffus d’une bougie allumée.
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- 9-oS Préparation des Vifolution de l'argent.
- Servez-vous pour cette opé-répà- ration de bonne eau-forte bien pure, & procédez avec l’argent comme vous avez fait avec l’or.
- Si vous avez employé de l’argent bien pur, & que l’eau forte ait un degré de force convenable , la diflolu-tion s’annoncera par des vapeurs rouges qui s’élèveront au-defliis de la liqueur, & par des petites bulles d'air qui partiront du fond du vaiffeau où eil le métal.
- S’il y a un peu d’or mêlé avec Far-gent, il demeurera en poudre au fond du matras , & vous le retirerez après avoir décanté ladiflolution d’argent.
- Quand l’argent tient du cuivre, la diflolution prend une couleur verte , & alors il faut évaporer , pour avoir ces deux métaux à fec : vous purgerez l’argent, du cuivre qui s’y trouve mêlé, en le faifant fondre dans un petit creufet, fur un feu de charbons, animé par le vent d’un foufflet, & en aidant la fùfion avec parties égales de nitre & de borax calciné, les deux enfemble
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- Drogues composées. 4051 enfemble faifant le tiers du poids du «létal.
- Après cela vous recommencerez votre diffolution d’argent, comme il a été dit ci-deffus, & elle n’aura plus de couleur.
- 11 arrive allez fouvent que l’eau-forte ou l’efprit de nitre , pour être trop déflegmé , ne mord point allez fur le métal ; on y remédie en ver-fant peu-à-peu de l’eau dillillée pour l’affoiblir, jufqu’à ce qu’on voie que la diffolution fe fait bien.
- Quelquefois aulü , un peu trop de chaleur caufe une forte ébullition dans le diffolvant ; quand cela arrive, il faut promptement modérer le feu , ou ôter le matras de deffus le bain de fable.
- Cette diffolution d’argent fera très-propre à faire l’eau d’épreuve dont j’ai parlé dans la fécondé Prépara-; tion.
- Diffolution du Cuivre.
- Coupez avec des cifeaux det très-petites lames de ce .cuivre jaune en feuilles qu’on nomme Clinquant. Mettez-les au fond d’un verre à bpire,
- Tome I. Mm
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- 410 Préparation des & verfez par-deflus, de l’eau-forte à la hauteur de deux travers de doigt. Vous verrez difparoître les lamelles de métal , & la liqueur prendra une Belle couleur verte : fi elle ne vous paroît point allez chargée, ajoutez de nouvelles paillettes de- cuivre, jufqu’à ce que vous voyiez que l’eau-forte, n’en peut plus diuoudre,
- Dijolutim du Fer.
- é- Versez dans le fond d’un grand verre'à boire , de l’eau-forte jufqu’à la hauteur d’un pouce tout au plus. Jettez-y peu-à-peu & en petites pincées , de la limaille de fer, autant que la liqueur en pourra dilïoudre.
- Cette diflolution prendra une couleur rougeâtre ; il s’en élévera beaucoup de vapeurs rouges & le verre deviendra fort chaud. Comme cette diflolution fe fait avec eflfervefeence, il faut la faire en petite quantité , dans un grand verre ; fans cela , elle pourrait fe répandre par-deflus les bords . tomber fur les mains & fur les habits, y faire des taches, 8c même des trous.
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- Drogues composées.$iij ' Dijfolution du Mercure.
- Dans un petit matras que vous vingt ». tiendrez fur un bain de fable médio- mc I’réPa[*-crement chaud , vous verferez une once ou a peu-près d’efprit de nitre bien pur, & enfuite du mercure par petites parties, jufqu’à ce que le dilîbl-vant en foit faturé ; ce que vous re-connoîtrez , s’il en refte quelques globules au fond du vailfeau.
- Cette dilfolution fera claire & limpide , fi vous avez employé de I’efprit de nitre, qui ne contienne ni acçide vitriolique , ni accide marin.-
- Précipitation d'un métal par un autre métal.
- Préparez des lames de cuivre vingt-ftp--rouge & de fer doux , qui aient cha- t,e?,e PliP*?. cune trois ou quatre pouces de longueur , cinq ou fix lignes de largeur , minces comme celle d’un couteau de table, liméef, & polies feulement à l’eau & à la ponce.
- Verfez de la dilfolution d’argent dans un verre à boire , & trempez-y une de vos lames de cuivre : faites la
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- 4i2 Préparation des môme chofe dans une diflolution de mercure par l’efprit de nitre.
- Les lames de cuivre aïnfi trempées deviendront blanches très-promptement ; & fi elles relient plus longtemps dans la diflolution ; la première fe couvrira de petites écailles blanches , que vous pourrez recueillir , & que vous reconnoitrez pour être de l«argent précipité : fur la fécondé il s’ammalfera une couche de mercure, qui s’épaiflira de plus en plus ; & dans l!un & l’autre verre, la liqueur prendra une couleur verte, qui annoncera la diflolution du cuivre.
- Faites la même épreuve avec une lame de fer plongée dans la diflolu-tion de cuivre par l’efprit de nitre ; le fer fe couvrira d’une couche de cuivre , & la liqueur, au lieu de la belle eouleur verte & tranfparente qu’elle avoit d’abord, deviendra fale & couleur de feuille morte.
- Pour bien faire ces précipités , il faut affaiblir avec de l’eau chacune de ces diflolutions , fans quoi, il fe fait une forte ébullition j & les parties du métal précipité, n’ont pas le temps de s’arranger fur la lame qui leur fait abandonner le diflblvant.
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- Drogues composées. 413
- Dijfolutions de Vitriols.
- Vous aurez à diffoudre dans vingthu:. l’eau, du vitriol de Mars, & du vitriol de Chypre: vous pulvériferez l’un & l’autre, Sc vous les mettrez féparément dans quelques vaiffeaux de verre avec de l’eau commune bien pure.
- Vous chargerez beaucoup la dilîo-lution de vitriol de Mars , & vous la ferez filtrer par un papier gris : vous ne la garderez pas long-temps fans l’employer , parce qu’elle dépoferoit une ocre jaune qui la rendroit trouble quand vous viendriez à remuer la bouteille, pour la verfer ; vous ferez bien même d’y mêler un peu d’efprit de vitriol, pour retarder ce dépôt.
- Quand à la diffolution de vitriol bleu ou de Chypre , vous la tiendrez plus légère, fur-tout, lorfqu’elle devra fervir à donner une teinture bleue, par le mélange de l’efprit volatil de fel ammoniac.
- Infujîon de noix de Galles.
- Parmi les noix de galles choi-vie™ Prfpi-filiez les plus blanches ; concalfez-Ies -•aoll• ; avec un maillet, & non avec un mar-
- Mmiij (
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- 414 Préparation des teau de fer ; ôtez en la partie du milieu , qui eft toujours fort brune ; fai-tes-les mfufer à froid dans de l’eau bien nette, & dans un vafe de verre , ayant bien attention qu’il ne s’y introduire ni fer, ni vitriol, & filtrez la liqueur quelques heures après : il en faut faire peu à la fois, parce que cette infufion jau* nit & fe trouble quand elle eft gardée : il vaut mieux n en préparer que la quantité dont on a befoin à chaque
- Infufion du lois de Bréfil & du bois d’Inde.
- «inné V o u s tirerez la teinture de ces «ion. bois, en lesfaifant bouillir dans une fuffifante quantité d’eau commune & en y ajoutant un peu d’alun de roche.
- Vous tirerez de même la teinture du bois d’Inde, ( qui fe nomme aufli bois de Campeche ) ; mais fi vous y mettez de l’alun elle refiera rouge , au lieu que s’il n’y en a point, elle deviendra d’abord jaunâtre, & enfui-te fort noire.
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- Drogjues COMPOSÉES.41J Infujion du bois Néphrétique.
- Vous réduirez ce bois en petits Trenp'c;u^ copeaux ; vous Je mettrez avec une "io„.P''para' fuffifante quantité d’eau bien claire, dans une petite cucurbite de verre , que vous placerez fur un bain de fable fort doux, & vous laiflerez le tout en digeftion pendant vingt-quatre heure. Après cela vous décanterez la liqueur, pour l’avoir claire vous la mettrez dans des phioles de verre blanc ou de cryftal , afin que vous publiez regarder la liqueur , tantôt par tranfparence , tantôt par une lumière réfléchie.
- Infujion de Rofes de Provins.
- Mettez une pincée des péta- TrecK-Jca. les de cette fleur, fraîches ou féchées, xiemePrép* dans un bocal ou poudrier de verre ra“on* bien net , avec environ une demi once de bon efprit-de-vin , & lailfez-les infufer à froid pendant fept à huit heures , ayant foin de couvrir le vaif-feau , pour empêcher l’évaporation : après cet intervalle de temps , vous pafîerez la liqueur par un linge fin &
- Mmiv
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- 4i6 Préparation des. blanc de leflîve, & vous la garderez dans un flacon bien bouché.
- Extraûion de la teinture TOrcanette. fcm'prf a- Vo u s ne pourrez teindre avec la aüom. rSP‘ racine d’orcanetté qu’une matière graffe ou fpiritueufe comme l’efprit-de-vin; ainfi vous la laifferez infufer dans l’huile de noix , dans l’efprit de . térébenthine, dans l’efprit-de-vin, &c. & fi vous voulez teindre une graille , ou de la cire blanche, vous la ferez fondre & vous y ferez tremper cette racine en petits morceaux , pendant quelques minutes.
- Teinture d'Orfeille.
- Trente-qua- L’o nsEiitE donne fa couleur lararfUr* également à l’eau & à l’efprit-de-vin : il liiffira de l’y faire infiifer à froid pendant vingt-quatre heures , en la remuant de temps en temps ; après quoi il faut laifler repofer la liqueur colorée pour la tirer claire en la décantant , ou avec unfyphon.
- Je dois vous avertir, que la teinture d’orfeille, fur-tout celle qui eft à l’eau pure, eft fujette à perdre tout à coup fa couleur, quand elle relie en
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- Drogues composées. 417 ïepos dans un lieu frais ; mais elle la reprend de même, fi on l’agite un peu en lui procurant le contaft d’un air nouveau.
- Préparation de la graine d'Avignon.
- L a graine d’Avignon , eft le fruit Trentc-ci»; du petit nerprun, comme je l’ai déjà dit.au Chapitre des drogues Amples: elle donne une couleur jaune, ou une couleur verte , fuivanrl’état où on la prend , & la préparation qu’on lui donne.
- Elle donne le jaune par une (impie infufion à froid dans l’eau commune, quand elle a été cueillie avant fa maturité , & qu’on l’a fait fécher pour la garder ; c’eft dans cet état qu’on la trouve communément chez les Marchands de couleurs : il faut ajouter un peu d’alun de roche dans l’infn-fion : employez-la nouvellement faite : cette couleur n’a point de corps; elle eft très-bonne pour enluminer des globes, des cartes de géographie,
- &c. où il eft important qu’on apper-çoive diftinâement, les traits de la gravure.
- Ea même graine cueillie lorfqu’el-
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- 4>8 Préparation des le eftmûre , & bien noire ,fert à faire ce que les Marchands de couleurs vendent fous le nom de verd de vejjie: voici comment on la prépare.
- Écrafez-la en fuffifante quantité , & palfez-en le fuc au travers d’un linge ou d’un tamis ; recevez-le dans une capfule d’étain, de verre , ou de terre verniflee; jettez-y un peu d’alun , & faites-le évaporer fur un bain de fable médiocrement chaud, juf-qu’à conliftance d’une bouillie épaif-fe : alors vous le partagerez en plu-fieurs portions, que vous renfermerez dans des nouets de veffie mince & gros comme des noix, ou tout au plus comme des oeufs de poule , que vous laiflerez enfuite fécher & fe durcir dans un lieu fec.
- Cette couleur s’étend dans un peu d’eau /quand on veut en faire ufage : elle eft encore très-propre aux enluminures.
- Maniéré de détremper à l'eau les couleurs pefantes.
- 'épata- J’a P P e l l e couleurs pefantes le blanc de plomb , le vermillon , la cendre bleue , les lacques, le bleu
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- Drogues com.posé^s. 41^ d’émail, &c. & généralement les terres & autres matières tirées des miner raux.
- Vous ferez fondre de la gomme d’Arabie la plus blanche, en la pulvé-rifant & en la mettant dans de l’eau bien claire , en telle quantité qu’il en réfulte une liqueur vifqueufe Si qui file comme de l’huile d’olives.
- Vous mettrez votre couleur en poudre dans une coquille ou dans un de ces petits pots de fayence , qui font tout plats, & qu’on nomme communément pots à pommade ; vous ferez couler deffus un peu de votre eau gommée , & vous remuerez le tout avec le bout d’un petit pinceau, pour en faire une pâte qui ne foit pas fort épaifle ; vous finirez par la rendre plus coulante , en y ajoutant de l’eau non gommée.
- Comme ces couleurs font très-pe-fantes, elles tombent en peu de temps au fond du vafe, il faut les remuer avec le pinceau chaque fois qu’on l’y trempe pour continu r de peindre.
- Quand on a reconnu par l’ufage que la couleur eft allez gommée , il ne faut plus la mouiller qu’avec quel-
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- ^,20 Préparation des ques gouttes d’eau pure , lorfqu’on s’apperçoit qu’elle eft déflèchée ou cpaiffie.
- Maniéré de détremper à l'eau les couleurs légères.
- Trente-fep- Les couleurs légères , telles que | Pl£Pa- le carmin, le tournefol, le verd de
- ! uma‘ veflie, & affez généralement toutes celles qui font tirées du régné végétal , s’étendent avec un peu d’eau pure ou légèrement gommée, dans une coquille où dans un petit pot de fayence : pour les enluminures, il faut que l’eau foit peu chargée de couleur : vous en ferez toujours un elfai fur un morceau de papier blanc, par quelques coups de pinceau, avant d’en faire ufage fur la piece que vous voulez enluminer.
- Préparationdu verd d'eau.
- Trente-hui-
- tieme Prépa- DEMANDEZ chez Un Droguifte , râtion, une once ou deux <je verd-de-gris ; mettez-les en poudre au fond d’un matras avec du vinaigre diftillé, en telle quantité qu’il couvre le verd de gris jufqu’à FépaifTeur de trois ou quatre doigts: mettez ce matras en
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- Drogues composées. 421 üigeftion fur un bain de fable , qui ait peu de chaleur & remuez-le de temps en temps, jufqu’à ce que vous voyiezque la liqueur ait pris une belle couleur très-foncée d’un verd tirant au bleu : alors vous la lailferez pendant quelque temps en repos , afin qu’elle devienne claire , & vous la verferez doucement dans une bouteille par le moyen d’un entonnoir. S’il relie encore du verd-de-gris au fond du matras, vous achèverez de le dilfoudre , en ajoutant de nouveau vinaigre, comme vous avez fait d’abord , & vous recommencerez une troifieme , & même une quatrième fois, jufqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à dilfoudre dans le matras.
- Gardez cette couleur dans une bouteille bien bouchée, & quand vous en ferez ufage , vous n'en verfereï dans la coquille ou dans le godet de fayence, que ce que vous prévoirez pouvoir employer fur le champ : le plus fouvent elle fera trop foncée, fur-tout pour les enluminures. Vous y ajouterez un peu d’eau claire pour l’affoiblir (il vaudroit mieux que ce fût un peu de vinaigre blanc ) & vous
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- 422 Préparation dis l’elïayerez d’un coup de pinceau fut un morceau de papier blanc.
- S i vous avez une certaine quantité de cette diffolution , vous en pourrez tirer des cryftaux d’un beau verd, en procédant de la maniéré fuivan-te.
- Trente-nm. Verfez la diffolution de verd-de-»don.Pr4pa Srls dans une capfule de verre ; faites-loa' la évaporer lentement fur un bain de fable, jufqu’à ce que vous commenciez à appercevoir une pellicule à la furface : mettez alors la capfule dans un lieu frais , & ne la remuez plus ; il s’attachera aux parois du vafe beaucoup de cryftaux, que vous recueillerez, après avoir décanté la liqueur dans une autre capfule femblable à la première.
- Remettez cette nouvelle capfule fur le bain de fable , & recommencez l’évaporation jufqu’à pellicule ; portez le vailfeau au frais, attendez les cryftaux, comme la première fois , & recueillez-les de même.
- S’il vous refte encore de la liqueur qui fe concentre affez par une troifie-me évaporation, pour faire pellicule, vous en tirerez encore des cryftaux ,
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- Drogues composées. 425 comme précédemment. Le verdet ou verd-de-gris ainfi préparé , eft ce que les Peintres & Marchands de couleurs appellent verd-de-gris diflillé , verdet calciné ; ils le broyent à l’huile , & le confervent par petits paquets dans des nouets de veille : cette couleur s’étend bien; elle à de la tranfparence ; les Vernifieurs s’en fervent pour glacer certaines parties argentées ; le brillant du métal, perce la couleur & la fait beaucoup valoir.
- Préparations des encres de Sympathie.
- Dans un matras capable de contenir une chopine de liqueur, mefure j? de Paris, ou une livre d’eau commu- " ne , mettez deux onces de chaux vive concalfée, avec une once d’orpiment pulvérifé ; & par-deifus autant d’eau qu’il en faudra pour furmonter ces matières d’environ trois doigts : remuez d’abord ce mélange, 6c mettez-le en digeflion , fur un bain de fable médiocrement chaud, pendant l’ef-pace de fept à huit heures ; remuez-le deux ou trois fois dans les premières heures & lailfez le repofer pendant le relie du temps.
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- 424 Préparation des
- La chaux & l’orpiment produiront enfemble , une mafle tuméfiée & d’une couleur bleuâtre , d'où il s’exhalera une odeur très-pénétrante d’œuf corrompu ; comme en produifent toutes les combinaifons que les Chymifi-tes appellent foye de foufre : & l’eau qui fùrnagera fera très-claire ; vous la décanterez en inclinant un peu le matras, & vous la conferverez dans un flacon de verre bien bouché: fi vous l’avez troublée en la tirant du matras , vous la filtrerez par le papier gris, avant de la métré en bouteille.
- Verfez enfuite deux onces de bon vinaigre difiillé , dans une petite cu-curbite de verre ou dans un matras ; mettez le vaiflèau fur un bain de fable fort doux, & jettez dedans peu-à-peu, de la litharge en poudre, autant que le vinaigre en pourra dif-foudre ; après quoi vous laiflerez re-frodir &repofer la liqueur, jufqu’à ce qu’elle vous paroifle bien claire.
- Si vous la pouvez décanter fans la troubler , vous la verferez dans un flacon de verre que vous boucherez bien, linon, vous la filtrerez auparavant. Mais
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- Mais en préparant ces deux liqueurs , prenez bien garde qu’elles n’ayent aucune communication entre elles , foit par les vaiifeaux & autres inftrumehs, foit même par une trop grande proximité ; car pour le peu que la première fe mêle avec la fécondé , ne fut-ce que par fa vapeur , • elle lui fera perdre fa limpidité, & elle la mettra hors d’état de former des caraéleres invifibles.
- Comme il entre dans la compolî-tion de la première liqueur . de l’orpiment qui eft une matière arfénicale , il ne faut pas la porter à la bouche , ni la lailfer maniéré imprudemment par des enfans ou autres perfonnes , qui n’en connoîtroient point la con-féquence : les drogues de cette efpece doivent être gardées dans un lieu fermé à clef. -
- On donne allez communément le nom d'encres de Sympathie , à tout ce qui peut produire une écriture invi-fible, qu’on fait paroître enfuite par l’addition ou l’application de quelque autre matière. Après l’expérience de celles que je viens de décrire, & que nous employons pour prouver la po-Tome I. Nn
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- 425 Préparation de# rofité des corps au travers defquels une des deux liqueurs agit, on peut par occaGon faire connoître, les autres moyens qu’on peut employer , pour rendre ViGbles certains caraâe-res, qui ne le feroient pas.
- Différents moyens déformer une écriture ijivijible & de la faire paroître quand on le veut.
- i°. Ecrivez fur du papier un peu fort, avec une dilfolution de vitriol de Mars nouvellement faite; & laif-fez fécher l’écriture.
- Quand vous voudrez rendre liGble ce qui eft écrit fur le papier , vous paflerez deflus , avec un pincèau de poil doux , un peu d’infufion de noix de galles, auffi nouvellement faite & qui n’ait point bouilli.
- C’eft avec ces deux liqueurs mêlées enfepble qu’on fait l’encre commune : quand elles font réunies , de quelque maniéré que ce foit, elles pro-duifent du noir. La première en fe féchant fur le papier y a dépôfé des parties de vitriol, qui font néceffai-res à l’autre pour rendre Fécriture apparente.
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- 2°. Mettez un peu d’encre commune dans le fond d’un verre à boire, verfez-deflus, quelques gouttes d’eau-forte & remuez un peu le mélange ; le noir de l’encre difparoîtra , & la liqueur refiera claire comme de l’eau pure : écrivez avec cette liqueur décolorée ; lailfez fécher l’écriture , elle difparoîtra abfolument.
- Vous la ferez reparoître en pafTant delfus avec un pinceau, un peu d’huile de tartre par défaillance, parce que cette derniere drogue abforbera l’acide l’eau-forte, qui a éteint la couleur noire de f encre.
- 30. Écrivez fur un morceau de papier blanc un peu épais, avec l’acide vitriolique affoibli par une fuffifante quantité d’eau commune , pour l’empêcher de corroder trop promptement le papier.
- Quand cette écriture fera féche , elle ne fe verra point ; mais elle pa-ioîtra fous une couleur roufle & rembrunie , dès que vous la préfenterez un peu au feu : parce que l’acide concentré par la chaleur , brûlera le papier dans tous les endroits ou la plume de l’éeiivain aura paffé.
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- .528 Prèfàratîom DES
- 4°. Faites une forte diffolution d’of fin par l’eau régale , & affoibliiTez-Ia enfuite , en y mêlant cinq ou fix fois autant d’eau commune dillillée.
- Faites à part une forte diffolution d’étain fin , par l’eau régale , & mê-lez-la avec partie égale d’eau commune dillillée.
- Écrivez fur du papier blanc, & en vous fervant d’une plume neuve , ce qu’il vous plaira , avec la première de ces deux liqueurs ; lailfez fécher l’écriture fans I’expofer ni au feu ni au foleil : pendant plufieurs heures après, vous ne verrez aucune marque d’écriture fur le papier.
- Mais fi avec un pinceau , ou avec une très-petite éponge fine, vous paf-fez légèrement de la fécondé liqueur fur le papier écrit, fur le champ les caraâéres prendront une belle couleur purpurine.
- Vous ferez difparoître ces caraâe-res , en les mouillant avec de l’eâu régale pure ; & quand le papier fera féché, vous les ferez reparoître une fécondé fois, en paffant deffus le pinceau chargé de la diffolution d’étain.
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- Drogues composées. 429' y". La diffolution d’or par l'eau régale, celle d’argent par l’efprit de nitre , quand elles font affaiblies avec une fuffifante quantité d’eau commune , bien pure, peuvent fervir à former fur le papier, des caraâeres qui difparoiffent en fe féchant , & qui pourroient refter invifibles, pendant plufieurs mois, fi on les tenoit renfermés dans un livre, & qu’on ne les expofât que rarement & pour peu d’inftans au grand air : mais ils deviennent apparents en moins d’une heure, fi on les expofe aufoleil ou au feu.
- -6°. Ecrivez avec du lait ou avec quelqu’autre liqueur grade ou glua’n-te , qui n’ait point de couleur , & jettez fur le papier, quelque poudre fine & colorée , en remuant un peu afin qu’elle s’étende par-tout ; fouftlez defîus ou fecouez le papier, pour faire tomber ce qu’il y a de trop, l’écriture en retiendra autant qu’il en faut pour la rendre apparente : de la cendre bien brune , de la pouffiere de charbon tamifée, &c. fera bonne pour cet effet.
- 7°. Sur un papier blanc, mais lâche
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- '430 Préparation des & peu collé , tel que celui qu’on nomme vulgairement papier iTOffice, formez des carafteres, avec une forte diffolution d’alun de roche, que vous lailferez fécher.
- Quand vous voudrez rendre cette écriture lifible, vous étendrez le papier écrit fur une affiette & vous ver-ferez de (Tu s de l’eau claire, jufqu’à la hauteur d’un travers de doigt : le fond du papier en fe mouillant, deviendra bis, & l’écriture reliera blanche , comme le papier l’étoit avant d’être mouillé, ce qui la rendra très-apparente.
- Encre Sympathique tirée de la mine de Cobalt.
- ur.kmTpïél Voici le procédé, tel qu’il elï paratiou. décrit par M. Uellot dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences pour l’année 1737 , & qui m’a parfaitement réulB, toutes les fois que j’ai voulu préparer cette drogue moi-même.
- Prenez une once de mine de cobalt, choifie comme je l’ai prefcrit au Chapitre des drogues (impies, pag. 261 pulvérifez-Ia groffiérement, & mettez-
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- Drogues comp osiBs.43ï la dans une capfule de verre ou dans un matras, avec deux onces & demie d’eau-forte affaiblie par une pareille quantité d’eau : laiiTez palfer Ja première ébullition que produira l’aâion du diffolvant ; après cela vous mettrez le vaifleau fur un bain de fable bien doux , & tenez-Ie en digeftion jufeu’à ce que vous ne voyiez plus de bulles d’air s’élever au travers de la liqueur : vous augmenterez alors la chaleur, pour la faire bouillir pendant un quart-d’heure : fi la mine de cobalt eft de bonne qualité, la diffo-lution achevée aura la couleur d’une forte biere rouge; lailfez refroidir & décantez-!a une ou deux fois pour l’avoir bien claire ; mais ne la filtrez pas.
- Verfez cette diffolution clarifiée ; dans une capfule de verre , avec une once de fel marin naturellement blanc, ou lavé comme ie l’ai enfei-gnépage 403.fi vous êtes obligé d’employer celui de la gabelle ; placez la capfule fur un bain de fable , pour faire fondre le fel en le remuant un peu avec une fpatule de bois , ou avec un tube de verre, & pour éva*
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- h432 PKérARATION DES porer la liqueur. Il reliera au fond du vaifleau , une malle faline prefque féche que vous entretiendrez en poudre en la remuant. Si cette évaporation , fe faifoit en plus grande quantité , ou dans un lieu étroit & fermé , elle produiroit des vapeurs dangereux fes ; le plus fûr ell d’qn faire peu à la fois , & d’évaporer fous le manteau d’une cheminée ou dans un lieu découvert.
- Ne cherchez point à fécher parfaitement le fel qui relie au fond de la capfule ; de peur qu’en lui donnant un trop grand dégré de chaleur , vous ne lui faffiez perdre fa belle couleur d’émeraude, & qu’il ne pafle au jaune fale, car alors l’opération feroit manquée;'! faut qu’en fe refroi-diffant il prenne la couleur des ro-fes.
- Vous mettrez ce fel dans un vafe de verre plus haut que large ( dans une petite cucurbite par exemple ) avec fept à huit fois autant d’eau dif-tillée, prife au poids, & vous le Iaif-ferez fe dilfoudre peu-à-peu , fur un bain de fable fort doux : l’eau pren-draune belle couleur de lilas, & vous la
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- Drogues co mpos£es. 433 la décanterez doucement pour la garder dans un flacon bien bouché.
- Au fond du vaifleau où s’eft fait la diflolution du fel couleur de rofe „ il reliera une poudre, qui ne fera plus propre à rien fi elle eft blanche ; mais fi elle a encore de la couleur, c’eft une marque que vous n’aurez pas employé allez d’eau d’abord pour rendre la diflolution complette : vous y en remettrez de nouvelle, autant que vous le croirez néceflaire pour enlever toute la partie colorante, & vous joindrez ce relie de teinture, à celle que vous aurez tirée en premier lieu.
- Vous ferez l’eflai de cette préparation , en écrivant avec, fur du papier bien blanc & fuffifamment collé , & en vous fervant d’une plume neuve ou bien lavée: vous laiflerez fécher les ca-raâeres , qui deviendront invilibles; après cela vous chaufferez le papier, en le tenant au-deffus d’un réchaud plein de braife ardente ; l’écriture prendra une couleur verte tirant fur le bleu, & la gardera tant qu’elle aura un degré de chaleur fuffifant ; mais elle difparoîtra, fi vous faite refroi-
- Tome I. O o
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- dir le papier ; & cette alternative fe répétera autant de fois que vous le voudrez: mais fi, par un dégré de chaleur un peu trop grand , l’écriture devient d’un jaune feuille morte, elle ne difparoîtra plus.
- Application curieufe de rencre Sympathique tirée de la mine de Cobalt.
- Ayez quelques deffeins gravés au trait feulement, ou peu ombrés ; enluminez-les dans certaines parties avec la liqueur couleur de rofe : le papier en fe féchant au frais, ne gardera aucune marque fenfible de cette enluminure : mais dès qu’on le chauffera médiocrement, le deffein paraîtra d’un beau verd bleu par-tout où le pinceau aura paffé : l’habit d’un cavalier , la robe d’une femme , un bouquet de fleurs , &c. dellïnés fur un écran, prendront couleur fous les yeux d’une perfonne qui s’en fervira devant le feu.
- Ce petit artifice produira encore un effet plus joli , fi l’on met l’encre fympathique en état de produire deux autres couleurs différentes dans de pareilles enluminure*, & c’efl ce que
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- Drogues composées. 43? Vous pouvez faire, en fuivant les procédés que. voici.
- Quand vous aurez diffout la mine de cobalt dans l’eau-forte, comme je l’ai enfeigné ci-deflus , au lieu du fel marin, mettez-y en pareille dofe, du falpêtre bien purifié , & faites évaporer la liqueur : la malle faline en fe defféchant prendra une couleur purpurine , qui blanchira dès que vous verferez l’eau deflus pour la fondre ; mais cette eau deviendra une teinture couleur de rofe, qui difparoîtra en fe féchant fur le papier, & qui renaîtra , lorfqu’elle fendra le feu.
- Voulez-vous encore une autre couleur propre à enjoliver vos deflèins ? Dans la difiolution de la mine de cobalt par l’eau-forte, jettez peu-à-peu, de peur d’une trop grande fermentation , du fel de tartre, jufqu’à ce qu’il n’occafionne plus de mouvement dans la liqueur. Deflechez ce mélange par l’évaporation ; vous aurez un fel d’une belle couleur pourpre , tant qu’il fera chaud ; il pâlira en fe refroidiffant : mais fondu dans l’eau , il donnera une teinture qui fera fur le parpier un trait incarnat,
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- 436 Préparation des qui difparoîtra en fe féchant, & qui reparaîtra dès qu’il fera chauffé. Et fi vous frottez un peu avec le crayon de mine de plomb, l’endroit où vous voulez appliquer cette liqueur , au lieu du rouge incarnat, elle vous donnera une nuance entre le rouge & le violet, qu’on nomme communément gorge de Pigeon.
- Ainfi en préparant la mine de cobalt avec le fel marin , avec le nitre, & avec le fel de tartre, vous vous procurerez trois liqueurs, qui auront la propriété de difparoître & de reparaître , & qui prendront quatre couleurs différentes dans vos enluminures.
- Depuis que l’encre de fympathie dont.je viens de parler, a été publiée, nos Chymiftes, enréfléchiffant fur fes effets, ont trouvé qu’on pouvoit fe la proeurer d’une maniéré moins embar-raffante & auffi fûre , en employant le fafre tel qu’on le trouve dans le commerce, & dont on fait le fmalt ou bleu d’émail. Celaeft d’autantplus commode , qu’il efl très-difficile d’avoir ici de la mine de cobalt, telle qu’il la faut pour cette opération.
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- Drogues co MT osée s. 437
- Encre Sympathique tirée du Safre.
- Faites donc dilfoudre du fafre Qu>ranwi dans de l’eau régale , autant qu’elle en pourra diffôudre, à l’aide d’une douce chaleur : décantez cette dilfo-lution autant de fois qu’il le faudra pour l’avoir bien claire , & verfez-y de l’eau diftillée , en alfez grande quantité , pour empêcher que la liqueur ne brûle ou ne corrode le papier , quand vous l’employerez avec la plume ou avec le pinceau : vous aurez les mêmes effets que fi vous employiez la diffolution de la mine de cobalt préparée avec le fel marin.
- Préparation de la Poudre Fulminante.
- Pesez féparément trois parties Quarant,-de falpêtre fin & bien féché , deux troifiemaPti. parties de fel alkali de tartre , & parluon-broyez bien chacun d’eux dans un mortier. Enfuite triturez-Ies enfemble, en y ajoutant une partie , ou un peu plus, de fleurs de foufre; continuez de broyer ces trois matières , jufqu’à ce qu’elles' foient réduites en une poudre extrêmement fine , & que vous O o iij
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- 438 Préparatiow des
- ayiez lieu de croire qu’elles font intimement mêlées ; car c’eft de là que dëjaênd le fuccès de l’expérience : il faut que cette préparation fe faffe promptement, de peur que le fel al-kali du tartre n’attire l’humidité de l’air ; & pour la même raifon , vous tiendrez cette compolition enfermée dans un flacon qui ait un bouchon de vérre bien ajufté à l’émeril.
- On met la poudre fulminante dans une cuiller de fer, fur un réchaud plein de charbons allumés, comme je l’ai dit dans les Leçons de Phyjique, l'ome IV. page 45 y. 11 n’en faut pas mettre plus de deux gros à la fois, & ne pas poulfer le feu trop vivement. Laiflëz fondre le tout lentement , afin que tout parte à la fois. Si la cuillier eft de fer forgé, & qu’elle ait au moins une ligne d’épaifleur, elle en vaudra mieux pour cette expérience : ne biffez pas non plus languir cette compolition fur un trop petit feu ; elle fe décompoferoit par l’évaporation du foufre , & n’aquerroit pas le dégré de chaleur qu’il lui faut pour fulminer; l’expérience réuffit au mieux } quand la détonation fe fait
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- DftOGÜES COMPOSÉES. 43P après un intervalle de temps de fept à huit minutes.
- Préparation d’un lingot de Fer & d’An~ timoine fondus enfemble.
- Mettez dans un petit creufet Quarante. d’Allemagne, au milieu d’un feu de J” charbons, une once d’antimoine, 8c chauffez cette matière jufqu’à ce qu’elle foit bien fondue ; jettez-y peu-à* peu, deux onces de petites feuilles de fer mince : vous prendrez pour cela des rognures de ces feuilles que les Ferblantiers appellent fer noir , parce qu’elles ne font point étamées, 8c vous les couperez avec des cifailles ou avec de mauvais cifeaux, de maniéré qu’elles n’ayent que cinq à fix lignes de largeur , 8c autant de longueur, Quand cette quantité de fer fera entièrement fondue , vous coulerez le tout dans un moule de fable qui lui faffe prendre la forme d’un lingot ; ou bien vous bifferez refroidir cette maffe dans le Creufet même, qui lui fervira de moule.
- Préparation de IA Pierre de Bologne.
- Dans un voyage que je fis en O oiv
- Quarante-
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- 440 Préparation des Italie, il y a environ vingt ans , j’ai 0. recueilli un certain nombre dé pierres-de Bologne dont , j’ai fait part à mes amis, & j’en ai préparé pour mon ufage , plulieurs qui m’ont très-bien réuffi.
- Celles qui n’étoient pas plus grof-fes qu’une noix , je les ai placées à nud fur de gros charbons allumés,dans un grand réchaud de terre cuite ; je les ai entourées & couvertes de pareils charbons que j’ai renouvellés de temps en temps , jufqu’à ce que ces pierres devenues bien rouges & entretenues en cet état pendant une bonne demi-heure, m’ayent paru fuffifam-ment calcinées : j'ai laiifé éteindre le feu, & ayant retiré mes pierres avant qu’elles fulTent entièrement refroidies, je les ai enfermées dans une boîte avec du coton deffous & deffus , 8c j’en ai fait l’épreuve dix ou douze heures après.
- J’en ai calciné d’autres avec un égal fuccès , de la maniéré fuivante. J’en ai calfé une dont j’ai pulvérifé une partie, avec un maillet de bois fur une table ; j’aî détrempé cette poudre avec un peu d’eau gommée ,
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- Drogwes composées.441 & j’en ai enduit le plus gros fragment, qui avoità peu-prèsla groffeur & la forme d’une noix mufcade : quand cet enduit qui pouvoit avoir une ligne d’épaifleur, a été fec, j’ai calciné la pierre ainfi préparée , comme celles que j’avois calcinées à nud : je l’ai enfermée de même , après la calcination & j’en ai fait l’épreuve , tjuand elle a été fuffifamment refroi-
- L’enduit .de cette derniere pierre s’étant détaché enplufieurs endroits, & m’ayant donné occafion de remarquer, qu’il devenoit plus luifant que la pierre même qui avoit fervi de noyau , j’ai fait des paflilles , d’une autre pierre pulvérifée & détrempée avec de 1 eau gommée; je les ai calcinées en les tenant fur un petit tell au milieu d’un grand feu de charbons; elles font devenues de très-bons phofphores.-
- Le célébré ChymifteM. Margrâaff, s’ell appliqué plus queperfonne avant lui, à connoître la nature de la pierre de Bologne ; fes recherches & fes expériences l’ont porté à croire que eette pierre eft du nombre de celles
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- 442 Préparation des que les Naturalises appellent fpathi fufibles pefants. 11 y a d’autant plus de laifon de le penfer, que ces efpeces de fpaths deviennent phofphores comme elle par la calcination ; & cette con-noilfance difpenfe à préfent les Phy-ficiens de faire venir cette pierre d’Italie , où elle n’eft pas bien commune : voici comment M. Margrâaff prépare ' ce phofphore.
- Il choifit parmi les pierres de Bologne , ou parmi les morceaux de fpaths féléniteux , ceux qui font les plus nets, les plus cryltallins, les plus friables, les pius pefants : il les fait rougir dans un creufet au milieu des charbons ardents il les broyé dans un mortier non de métal, mais de verre ou de porphire , & il les réduit en une poudre très-fine : il en forme des gâteaux extrêmement minces, en pétrifiant cette poudre avec un mucilage de gomme adraganthe, & il les fait fécher fortement au feu.
- Enfuite il allume du charbon dans un fourneau de réverbere, qu’il emplit jusqu’aux trois quarts de fa hauteur : il pofe fes gâteaux à plat fur tes charbons allumés; il achevé d’em-
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- Drogues composées. 445 plir le fourneau avec du charbon noir, il le couvre de fon dôme, dont il laide la cheminée ouverte, & laide ainlî le feu fe confumer.
- Quand le fourneau eft fuffifamment refroidi, il retire fes gâteaux, les né-toye par le vent d’un foufflet & les garde dans une boîte fermée , pour fervir à l’expérience à laquelle ils font deftinés.
- M. Margrâaff ajoute que ces gâteaux font encore meilleurs, li après avoir été calcinés fur des charbons dans le fourneau de réverbere , on les calcine encore pendant une demi-heure fous une moufle (a).
- Compojltion du métal blanc pour les infirumens de Catoptrique.
- Lorsque j’allai à Londres ( c’é-toit en 1734 ), on ne faifoit encore 6 que commencer à imiter à Paris le p télefcope de Grégory : ce qui nous embarrafloit le plus, c’étoit de trou-
- fa) M. Beaumé , Maître Apoticaire établi à Paris, Si connu par plufieurs bons ouvrages de Chymie, tient de ces pbofphores tout préparés, & en cede aux perfonnes qui font des expériences de phyfique.
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- 444 Préparation des ver un alliage propre à faire des mi--roirs qui fufienc bien blancs,qui ne fiïTent point la chair de poule & qui priflent un beau poli. J’avois déjà fait plus de trente effais dont je n’étois point content ; quelques-uns de nos Artiftes avoient mieux réuflî ; mais ils faifoient un myftére de leur découverte , ou de ce qu’on leur avoir révélé. M. Defaguilliers qui vivoit alors & à qui j’étois bien recommandé, m’inf-truifit libéralement de ce qu’il favoit fur cela , & qu’il tenoit de Scarlet, le meilleur ouvrier qu’il, y eût alors , pour ces fortes d’inflrumens. J’ai actuellement fous les yeux, la recette qu’il me diéfa, & que j’ai toujours gardée dans mes papiers.
- Cuivre de rofettë le plus fin. 40 once». Étain en grénailles , le plus
- pur qu’on puiffe avoir...... 18
- Arfenic blanc...............16.
- Telles font les proportions de l’alliage : voici le procédé fuivant lequel il faut conduire la fonte.
- Il n’y a point d’étain abfolument pur dans le commerce , mais on peut en avoir qui contienne peu d’alliage ; il faut demander celui qu’on appelle
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- Drogues composées. 44J 'étain plané, ou celui qu’on vend en petits pains , & qui' s’appelle étain en petits chapeaux. Vous Je mettrez en grenailles, en le faifant fondre dans un creufet, & en le coulant à travers un balai de bouleau que vous tiendrez au-deffus d’une terrine remplie d’eau; & vous eu peferez la quantité que vous devez employer.
- Vous peferez de même le cuivre de rofette, & vous le réduirez en petites lames , afin qu’il fe fonde plus aifé-ment.
- Enfin vous peferez l’arfenic , & vous en ferez trois portions égales, que vous ' envelopperez féparément dans du papier. Vous vous munirez aufli d’une petite cuiller ou d’un crochet de fer applati par le bout, avec lequel vous puifliez remuer le métal fondu & l’écumer ; mais vous n’y plongerez jamais cet inftrument, qu’il n’ait été chauffé auparavant, jufqu’à rougir.
- Tout étant ainfi préparé , vous mettrez le creufet dans le fourneau de fufion , fous un large manteau de cheminée, ou dans un endroit ouvert, mais non expofé au vent : vous
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- 446 Prépabation des le laiffetez s’échauffer d’abord à petit feu, & enfuite avec un plus grand , jufqu’à ce qu’il foit rouge ; & après l’avoir examiné, fi vous voyez qu’il foit bien entier, vous y mettrez votre cuivre & vous le ferez fondre : dans le cuivre fondu vous verferez l’étain, que vous aurez fait fondre féparé-ment ; vous remuerez ces deux métaux enfemble avec la baguette ou crochet de fer rouge ; vous les écu--merez, & vous y Jetterez le premier paquet d’arfenic, ayant foin de couvrir aufli-tôt le creufet.
- Quelques inflans après vous mettrez le fécond paquet, vous couvrirez le creufet, & peu de temps après vous mettrez le troifieme. Le creufet ayant encore refié couvert pendant quelques inflans , vous le découvrirez , vous remuerez le métal avec la baguette de fer, & vous le coulerez dans le moule.
- Dès que vous aurez commencé à mettre de l’arfenic dans le creufet, gardez-vous bien de refpirer la vapeur qui s’en exhale , elle efl danger reufe : c’efl pourquoi j’ai dit qu’il falr loit faire cette fonte fous un large
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- Droçüeç com?os4es. 447 manteau de cheminée : fi on la fait ailleurs, il faut fe tenir au-deffus du courant d’air , & retenir fon haleine dans les infians, où l’on eft obligé de porter le vifage au-deffus du fourneau.
- Quand les pièces qu’on fait avec ce métal compofé font petites, fur-tout , fi l’on en a un certain nombre à faire, on devroit préparer les moules en cuivre , & les tenir un peu chauds pour recevoir le métal ; car quand il fe refroidit fubitement, fa denfité ne relie point égale dans toute l’é-paiffeur ; les fuperficies font plus ferrées , & quand elles font enlevées par le travail, la furface du miroir fe trouve pleine de petits ttous : ces confidérations doivent empêcher auf-fi qu’on ne coule le métal trop chaud.
- 11 arrive quelquefois à ce métal compofé , quand on le coule trop chaud , dans des moules froids , ce qu’on voit arriver avec furpife à ces larmes de verre qu’on a fait couler dans un feau d’eau fraîche ; non-feulement elles fe rompent avec éclat, quand on en caffe la queue j mais
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- ^48 Préparation des encore quand on les entame fuperfi-ciellement en tout autre endroit de leur furface. De même nous avons vu des miroirs de métal éclater &fe mettre en morceaux , lorfqu’en les travaillant on en avoit enlevé la fur perfide.
- Amalgame propre à etamer intérieurement des vaijfeaux de verre.
- ' Quarantre- I l faut pour cet amalgame , paPrattan.Pré" deux Part>es de mercure, une partie de bifmuth, une partie de plomb & une partie d’étain, & vous procéderez de la maniéré fuivante.
- • Faites fondre l’étain & le plomb
- enfemble dans un creufet ; ajoutez-y le bifmuth écrafé en petits morceaux, & quand celui-ci fera fondu , mettez-y le mercure, que vous aurez purifié auparavant : laiifez refroidir ce mélange , quand vous l’aurez écumé ; & vous l’employerez en le faifanf couler fucceffivement & lentement fur toutes les parties de la furface intérieure du vailfeau de verre, qui doit être bien nette, bien féche & un peu » chauffée.
- Vernis
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- Drogues composées. 449
- Vernis des Ahglois pour le cuivre jaune Cf pour l'argent , communiqué à feu M. Hellot en 1720 , par Edouarc Scarlet ; & à feu M. Dufai en 1738 , par M. Gréham.
- C e vernis donne à ces des métaux Qua,aiue_ une couleur d’or peu différente de la înmicmePré-dorure en or moulu. rli;an°!‘‘
- Prenez deux onces de gomme lac-tjue, deux onces de karabé ou fuccin jaune, quarante grains de fang-dra-gon en larmes, demi-gros de fafran ,
- & quarante onces de bon efprit-devin : faites infufer & digérer le tout dans un matras , fur un bain de fable fort doux , ayant foin de le remuer de temps en temps. Quand les gommes feront fondues, vous pafferez la liqueur par un linge fin & blanc de ïeffive , & vous la garderez dans une bouteille bouchée avec du liège (a).
- (a) Le fùccès de ce vernis dépend beaucoup de la maniéré dont il eft employé : il faut que la piece de cuivre fur laquelle on veut l’appliquer foit bien nette,; Se pour cela on a foin de la bien dérocher dans l’eau féconde ; de plus » on polit toutes les parties qui doivent être Tome I. P p
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- Préparation des
- Compojititm d’un Vernis gras, propre à détremper les couleurs pour peindre les métaux.
- ncwïemT"" Faites choix d’un pot de terre Préparation, de Flandre , garni de fon couvercle bien ajnflé : ou bien faites faire pat un Chaudronnier, une marmite de cuivre rouge dont le couvercle s’emboîte bien par-deflus : foit que vous preniez l’un ou l’autre de ces deux vaif-féaux , il eft néceflaire que fa capacité foit allez grande pour contenir le double des matières que vous y mettrez ,afin que la grande chaleur qu’elles éprouveront puiffe les faire monter , fans qu’elles fe répandent. Il efl auffi fort à propos que le fourneau fur lequel vous placez le vaifleau , foit établi fous un large manteau de cheminée, ou encore mieux fous un hangar où Pair palfe librement , à caufe des vapeurs fuffocantes, qui fe répandent en grande quantité, quand on remue les matières, & de crainte
- brunies , & l’on a bien loin qu’il n’y refie rien de gras, l.e cuivre ainfi préparé doit être chauffe de telle maniéré qu’on ait peine a y tenir la main appliquée.
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- Drogues composées. 4^1 qu’il n’arrivè quelque fâcheux 'accident , quand le feu s’y met, ce qui arrive affez fouvent vers la fin de l’operation.
- Vous mettrez donc dans le vaifieau que vous aurez choifi, deux onces de térébenthine de Venife, une demi livre de karabé ou fuccin , & autant de gomme copal, l’un & l’autre Concaffés fort menus , mais non pulvérifés ; vous ajouterez dix onces d’huile de lin ,& vous remuerez le tout avec une fpatule de fer, après 1 avoir fait chauffer médiocrement.
- Tout étant ainfi préparé, vous fermerez le pot ou la marmite avec fon couvercle, & vous poufferez le feu vigoureufement : quand les vapeurs commenceront à fortir abondamment , par le joint du couvercle, vous découvrirez & remuerez avec la fpatule de fer que vous aurez foin de bien chauffer auparavant, fans cependant la faire rougir ; & vous refermerez auffi-tôt, fi ce n’eft dans le cas où les matières prefque fondues fe tuméfient & s’élèvent ; car alors il faut les empêcher âe fe répandre au-dehôrs,
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- 4J2 Préparation des en leur donnant un peu d’air, èc en remuant un peu plus vite.
- Enfin quand vous ne fendrez plus de grumeaux , & que tout vous pa-roîtra bien fondu, vous ôterez levait feau du feu & vous le laiflerez fe refroidir : vous attendrez que les matières fondues, n’aient plus qu’une chaleur un peu au-deflus de celle de l’eau bouillante, & alors vous y jetterez plein une cuiller à bouche, a’efprit de térébenthine : & fi cette liqueur entre en mélange paifiblement& fans effer-vefcence, vous continuerez d’y en verfer à plufieurs reprifes , jufqu’à la quantité d’une pinte , mefure de Paris , ayant foin de bien remuer avec la fpatule , ou avec une cuiller de fer, afin de faciliter le mélange.
- Quand tout fera refroidi au point de n’être plus que tiede , vous le paf-ferez au travers d’un morceau de can-nevas , & vous l’entonnerez dans une bouteille.
- Si le feu fe mettoit dans la marmite , lorfqu’on la découvre poûr remuer les matières qu’elle contient , il ne faudrait pas s’en effrayer ; il fau-
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- Drogues composées. 4yj droit feulement remetre le couvercle; & fi cela ne fuffifoit pas, vous jetterez par-deffus un gros torchon plié en deux ou trois & qui foit humide , fans que l’eau en dégoutte.
- Lorfque vous ferez ufage de ce vernis , s’il vous paroît trop épais , trop fort de gomme , & point aflëz coulant, vous y remédierez en mêlant de l’efprit de térébenthine, en telle quantité que vous jugerez à propos, dans la portion que vous voulez employer.
- Dans les cas, où vous voudrez employer ce vernis fans y détremper des couleurs & feulement pour donner du luifant, il faudra le filtrer à travers une petite maife de coton cardé & neuf, que vous mettrez au fond d’un entonnoir, dont le bout entrera dans lê col d’une bouteille. Voyez U PL III. Fig. 7. à la letre Z, & fuppo-fez du coton au fond de l’entonnoir , en fupprimant la poche de papier.
- Le vernis dont je viens de donner la corapofition eftfolide , écd’unbon ufage ; mais il a une couleur un peu rembrunie qui auroit un mauvais effet fi on l’employoit fur du blanc , du
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- 4;4 Préparation des citron , du bleu , &c. heureufement que nous n’avons guère affaire à ces couleurs dans nos mil rumens de Phy-fique ; c’eft du noir & du rouge principalement, dont nous nous fervons pour les décorer, & le vernis compo-fé comme je viens de le dire , y eff très-bon.
- Cependant G abfolument , vous vouliez l’avoir plus clair, vous y parviendriez en employant un pot neuf, en choififfant dans les morceaux de gomme copal & de karabé, ceux qui feroient les plus blancs, les plus nets, les plus tranfparents ; en prenant de l’huile de lin , qui eût été defféchée au foleil, fur des plaques de plomb rebordées tout autour. Avec toutes ces attentions & en filtrant le vernis , vous le rendrez propre à employer toutes fortes de couleurs.
- Compofition d'un vernis à l'efprit-de-vin propre à détremper des couleurs pour les employer fur le bois.
- îlX?P”'
- Dans un matras capable de contenir deux pintes de liqueur , verfez une pinte ou environ deux livres de bon efprit-de-vm , & jettez dedans
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- Drogues composées. 4jy quatre onces de gomme lacque en feuilles, concaffée en petits morceaux avec deux onces de fandaraque, & une once de maftic en larmes groffiére-me'nt broyées; ajoutez à tout cela une once d’huile d’afpic, & placez ce vaif-Teau fur une couronne de paille affu-jettie au fond d’un chaudron plein d’eau ; faites chauffer le tout fur un fourneau ou réchaud plein de charbons allumés , & remuez de temps en temps ce qui eft dans le matras, juf-qu’à ce que les gommes vous paroif fent entièrement fondues; il ne faut pas que l’efprit-de-vin foit chauffé jufqu’à bouillir.
- Ce vernis étant refroidi, fera bon, tel qu’il eft, pour détremper du noir de fumée, du vermillon & autres couleurs opaques que la teinte du vernis ne peut pas gâter ; mais quand on voudra l’employer feul pour donner un beau luifant , il faut le filtrer par le coton , ou par le papier gris, & alors il devient clair comme au vfn qui a peu de couleur.
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- 4/6 Préparation des
- Autre Vernis à l'efprit-de-vin, pour détremper des couleurs tendres & pour donner le luifant au papier, & autres furfaces blanches.
- 1 D A N s la même quantité d’efprit-
- Ic‘ de-vin que ci-delïus, & avec un pareil vaiffeau , faites fondre auffi au bain-marie, cinq onces de fandara-que.la plus nette & la plus blanche que vous pourez trouver, deux onces de maftic en larmes , & une once de gomme élemy , fur quoi vous ajouterez une once d’huile d’afpic ; & du relie vous procéderez comme ci-def-fus.
- Si vos gommes quoique choilies écoient un peu encroûtées , & fales fuperficiellement, il faudrait les laver avant d’en faire ufage , dans une forte Jeffive de bois neuf, bien chaude , & enfuite dans deux ou trois eaux claires , & les faire bien fécher au foleil.
- . Ce vernis eft naturellement blanc, fans couleur, il fuffit de le laitier bien repofer avant de le décanter.
- Compofitimt
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- Drogues composées. 457
- Compofition d'un mordant propre à appliquer des feuilles d'or , d’argent ou de cuivre , fur des fonds peints au vernis.
- P r e N e z un pot de terre de Flan- cînqnan-dre, de la capacité d’une pinte; met-tez-y deux onces d’huile cuite , que les ouvriers appellent communément huile grajfe : deux onces d’afphalte, deux onces de litharge en poudre , une demi-once de biflre & trois onces d’efprit de térébenthine ; faites fondre toutes ces drogues enfemble fur un médiocre feu de charbon, remuez-les avec une petite fpatule , jufqu’à ce que tout foit parfaitement liquide; jettez-y alors deux goulfes d’ail, 3c laiflez le pot fur le feu encore pendant quelques minutes.
- Otez-le enfuite, & portez-le au grand jour ; enlevez avec une croûte de pain, ce que vous appercevrez de gras à la fuperficie ; après quoi vous verferez cette compolîtion dans un pot, large d’ouverture , comme les pots à confitures , pour vous en fer-vir au befoin.
- Comme cette drogue fent très-maù-
- Tome I. Q q
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- 4;8 PREPARATION DES
- vais , tant qu’elle eft fur le feti, vous ferez bien de ne la point préparer dans un lieu clos, ou de mettre le fourneau fous un manteau de cheminée , capable de recevoir toute la vapeur , & d’en faciliter la fortie, & la diflipation.
- Le feu peut prendre aufG dans le pot : alors il faut l’étouffer , comme je l’ai dit en parlant du vernis au ka-rabé & à la copale.
- Autre mordant.
- On fait un affez bon mordant avec le vernis gras, de la quarante-neuvieme préparation , en lui donnant du corps avec de la litharge bien broyée, ou avec du vermillon.
- Compojition du vernis des Graveurs.
- a <troTUan" . P ,K E N e z deux onces de cire Préparation* vierge, pareille quantité de fpalt réduit en poudre, demie-once de poix noire, & autant de poix de Bourgogne. Commencez par faire fondre la cire, & les deux fortes de poix dans un pot de terre neuf & verniffé ; met-tez-y enfuite le fpalt bien pulvérifé & paffé au tamis de foie ; ne faites
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- Drogues composées. <j.jp qu’un feu doux , & remuez fouvent cettecompofition avec une petite fpa-tule , jufqu’à ce que le fpalt foit entièrement mêlé , & que le tout foie bien cuit 3c lié, ce que vous recon-noîtrez , quand la matière s’élèvera en forme de moufle blanche , & que vous la verrez filer, en l’enlevant avec la fpatule.
- Dans les temps chauds, quand on craint que le vernis ne s’amolliffe trop , on le rend plus fec, en ajoutant aux drogues énoncées ci-deffus, une demi-once de colophone.
- Quand la compofition fera cuite au point que je viens d'indiquer, vous retirerez le pot hors du feu, & vous le laifferezun peu refroidir: vousver-ferez enfuite ce qu’il contient, dans un vafe bien net rempli d’eau un peu plus que tiède, vous le paîtrirez comme de la pâte entre les mains, vous en ferez fortir l’eau , & vous en formerez des boulettes , groffes comme des noix.
- Les Graveurs enveloppent chacune de ces boulettes de vernis , avec un double taffetas , & ils en frottent la planche de cuivre chauffée , autant
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- 4<5o Préparation des qu’il le faut pour fondre la compofï-uon, & la faire palier au travers du nouet : par ce moyen, il s’en fait un enduit très-mince fur le métal.
- Lavage des matières propres à polir les métaux & le verre.
- t. L’ é m e r i l broyé & la potée d’étain font les principales matières qui fervent à polir le verre & les métaux ; mais telles qu’on les acheté ; elles contienent des parties groflieres qui rayent & qui retardent ou empêchent la perfeâion de l’ouvrage ; il faut les épurer avant de s’en fervir , & cela fe peut faire en les lavant de la maniéré qui fuit.
- Mettez votre poudre d’émeril ou votre potée , dans un vafe avec beaucoup d’eau bien nette, que vous agiterez pendant quelques minutes ; cette eau deviendra trouble, & vous la laif-ferez repofer un peu, pour donner le temps aux parties les plus groflieres de tomber au fond. Après cela vous inclinerez le vafe doucement, & vous verferez un tiers ou la moitié de cette eau encore trouble , dans un autre vafe.
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- Drogues composées. q.6r Remettez'de nouvelle eau dans le premier vafe , & troublez-la encore comme vous avez fait d’abord; & après qu’elle aura dépofé pendant une bonne minute de temps, vous en ôterez encore Je tiers ou la moitié, que vous joindrez à celle qui a déjà été décantée.
- Continuez ainfi de laver avec de nouvelles eaux ce qui eft dans le premier vafe , jufqu’à ce qu’il ne vous fournifle plus d’eau trouble, ou jufqu’à ce que celle qui y deviendra trouble , fe clarifie très-vite , car ce fera une marque qu’il n’y a plus que des parties groflieres & fort pefantes, qui ont befoin d’être pilées , pour être lavées enfuite.
- Après quelques heures de repos, les eaux que vous aurez retirées du premier vaiffeau, feront claires, & auront dépofé au fond du vafe , une poudre très-fine & d’un grain affez égal, pour pouvoir être employée dans cet état; cependant vous en pouvez faire de deux fortes par un fécond lavage, que vous pratiquerez comme le premier, en ne lailfant repofer qu’une demi minute, ou moins de temps encore ,
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- 4tf2 Préparation b es la portion d’eau trouble que vous retirerez chaque fois.
- Quand le lavage fera fini, couvrez-les vaifleaux, & donnez le temps à vos poudres de fe raflembler entièrement au fond , ce que vous reconnoîtrez par la clarté & la tranfparence de l’eau : décantez-la doucement; & faites fëcher les poudres, au foleil ou autrement, mais en prenant toutes les mefures néceflaires pour empêcher qu’il ne s’y mêle ni pouflieres étrangères ni cendres.
- Quand le poli qu’on veut faire prendre au verre ou au métal, doit être de la derniere fineffe , comme aux miroirs de télefcope , aux obje&ifs & oculaires de lunettes, ou de microfco-pes , les habiles Artiftes prennent en-core le foin de broyer fur une glace de miroir avec une molette de verre & quelques gouttes d’eau bien pure , la portion d’émeril ou de potée lavée qu’ils veulent employer, & de la laif-fer fécher fur la glace même, en la couvrant d’une feuille de papier fou-tenue à un pouce ou deux de diftance au-delîüs.
- Ce que je viens de dire touchant
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- Drogues composées. 463 Je lavage de l’émeril & de la potée d’étain , peut fe pratiquer auffi, pour le tripoli, la potée rouge , la pierre pourie, & généralement pour toutes les matières , qu’on veut avoir en poudres extrêmement fines, & d’un grain égal. t
- Qqir
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- 464 Composition et üsagS
- CHAPITRE III.
- De f emploi des ternis, tant fur le bois que fur le métal, & de la maniéré d’enjoliver les fonds quand ils font peints.
- P risque tous les bois de nos inftrumens font peints avec des couleurs détrempées au vernis d’efprit-de-vin ; & une partie de ceux qui font de métal font auffi couverts d’une peinture au verni gras : non-feulement ils en font plus agréables à voir, mais plufieurs d’entreux étant fujets a être fouvent mouillés, cette efpece d’en-tîuit empêche l’eau dé pénétrer dans les alfemblages, qui fans cela feroient bien-rôt pourris; elle préferve les bois tendres de la piquure des vers, ce qui n’eft point un petit avantage ; elle empêche que les métaux ne fe rouillent ; elle difpenfe du foin de les frotter fouvent, pour fauver aux yeux le défagrement de les voir fales & tachés.
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- des Vernis. 46f
- Article Premier.
- De la maniéré de peindre au Vernis le Bois & le Métal.
- .Vous ferez toujours maître de Emploi du donner avec Jes vernis à l'efprit-de- ,“m'i l’1* vin, telle couleur que vous voudrezptlt au bois ; mais après en avoir effayé de plufieurs , je me fuis fixé au noir Seau rouge , pour le plus grand nombre des machines ; ces deux couleurs font mieux valoir que toutes les autres, les métaux polis & luifans , qui en font prefque toujours partie: elles n’exige point qu’on les employé avec un vernis blanc , toujours moins fo-lide que celui de Iacque ; & elles vont fort bien avec le vernis de karabé dont on eft obligé d’ufer, pour les métaux qu’on veut peindre.
- Vous ferez provifion d’une quantité fuffifante de pinceaux faits de poil de fouine , & que les Marchands de couleurs vendent fous le nom de pinceaux de poil doux. Il en faut qui foient montés en plume , & d’autres montés en bois, depuis la grofleurde ceux dont on fe fert pour la miniatu-
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- $66 Composition et usage re, jufqu’à celle d’une moyenne brof-fe : il y en a d’autres encore qui font plats <5c montés en ferblanc ; ils font très-commodes pour vernir de grandes pièces.
- Pour conferver vos pinceau* , quand vous çelîerez de vous en fér-vir, vous les dégorgerez en les lavant dans un peu d’efprit-de-vin , & en les prelfant avec un morceau de papier entre vos doigts,pour exprimer la couleur dont ils font chargés : fans cette précaution ; ils fe durciroient, le poil fe cafferoit, & ils ne pourroient plus fervir : malgré cela, quand vous les mettrez en ufage une autre fois , il faudra toujours les laiffer tremper quelques minutes dans le vernis fans couleur , pour leur donner le temps de s’amollir.
- Avec les pinceaux , il vous faut encore une provifïonde petits godets de fayence, femblables à des taifes à cafifé fans anfes & dont le fond foit d’une concavité unie : & s’il y relie de la couleur avec du vernis , quand vous aurez achevé de peindre, il vaudra mieux la ietter que de la laiffer ‘ 1 ' r*i,
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- C E ! V fi R NI S. 467 détremper de la couleur, qu’autant que vous en pouvez employer de fuite & en peu de temps ; car le vernis s’évapore , & lorfqu il eft épailü, il n’efl: plus bon à rien.
- Si le fond de la machine que vous voulez peindre doit être en noir , vous mettrez du noir de fumée dans une talfe ; vous verferez delfus, une petite quantité de vernis de lacque non filtré , & vous remuerez le tout avec un mauvais pinceau , pour le réduire en confiftance de bouillie un peu épaiffe; vousajouterez du vernis, & vous remuerez encore avec le pinceau pour bien délayer le noir ; enfin vous y ajouterez-la quantité de vernis néceffaire, pour rendre la peinture allez coulante , fans qu’elle foit trop claire : vous en ferez un effai par un coup de pinceau bien étendu ; 13 le bois vous paroît trop couvert, vous ajouterez un peu de vernis dans là taffe ; li au contraire , il ne l’eft pas affez, vous remettrez un peu de noir de fumée que vous délayerez avec le pinceau.
- Vous vous fervirez du même vernis pour délayer le vermillon, quand
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- +68 Composition it usags vous voudrez peindre en rouge: mais auparavant vous ferez bien de faire fécher cette poudre dans un morceau de papier étendu fur une pèle à feu chaude , mais non pas jufqu’à être rouge, en la remuant un peu avec la lame d’un couteau : faites fécher de même les autres couleurs en poudre, que vous foupçonnerez contenir quelque humidité ; fans cette précaution, vous courrez le rifque de voir votre couleur fe pelotonner & fe mettre en grumeaux , quand vous voudrez l’étendre dans le vernis.
- 11 y a plufieurs couleurs, comme la cérule les lacques, ôcc. que l’on réduit en pâte après les avoir broyées, & à qui I on fait prendre la forme de pafliües , Si de petits cônes ; avant de les mettre dans le vernis, il faut les écrafer fur un marbre, ou fur le bord d’une table de bois dur, avec la lame d’un couteau , Si les réduire en poudre très-fine ; après quoi vous les détremperez avec le vernis qui vous conviendra, de la maniéré que je vais dire pour le vermillon.
- Couvrez la tafle avec un morceau de linge fin , que vous tiendrez ua
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- , DES Vernis. 46>; peu lâche en empoignant le petit vailTeau avec le main gauche ; mettez votre couleur en poudre defl'us avec un peu de vernis ; délayez-la avec le bout du doigt, ou avec un bouchon de liège qui fervira de molette : con--tinuez de verfer peu-à-peu du vernis,
- & de faire ainli palier le tout à travers le linge : vous finirez par en former un nouet , que vous preflerez entre les doigts en le tordant, pour en exprimer ce qui pouroît y être relié. Le vermillon, ou la couleur que vous aurez détrempée de cette maniéré, ne contiendra rien de greffier; vous n’aurez plus qu’à y ajouter la quantité de vernis qui fera néceffaire pour l’étendre & la rendre allez coulante.
- Vous n’employerez qu’une couleur à la fois fur la même pieee ; li c’eli du noir qui doit faire le fond, vous en mettrez au moins deux couches, à une demi-heure de dillance l’une de l’autre ; vous pourrez mettre la première fans diltinâion fur toute la pièce , & réferver en mettant la fécondé, les endroits que vous aurez def-fein de mettre en rouge, tels que les
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- 47© Composition ït usage moulures , les champfrains, les revers , &c. & fi vous commenciez par mettre en rouge la plus grande partie de la piece , il faudrait faire la même chofe.
- Étendez la couleur au vernis, ainfi que le vernis fans couleur, à grands coups de pinceau & avec promptitude , afin qu’il en réfulte une couche d’égale épaifleur par-tour: ainfi ne vous fervez point d’un petit pinceau fur une grande furface, fi ce n’ell pour retoucher après coup quelques endroits oubliés, ou qui ne feraient point aflez couverts ; prenez bien garde aufli qu’en paiïant fur les arrêtes du bois, le vernis ne forte trop abondamment du pinceau & ne forme des gouttes ou des épaifleurs , qui ne fé-cheroient qu’avec bien du temps , & qui empâteraient les angles.
- Après chaque , couche & fur-tout après la première, quand elle fera fé-che, vous aurez foin de frotter légèrement la piece avec un peu de prefle trempée dans l’eau, pour enlever les petits grumeaux que le pinceau aurait pû laifler, & les afpérités que le vernis occafionne au bois tendre en le
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- des Vernis. 471 pénétrant : car il en releve le poil que les outils ont couchés, & la furface devient rude.
- Le noir étant fuffifamment fec & uni , vous préparerez du vermillon & vous en mettrez pareillement deux couches , fur les endroits que vous aurez réfervés pour cette couleur. Vous approprierez le pinceau à la grandeur de la partie que vous voudrez peindre , & vous ne le chargerez point trop, de peur qu’il ne fade des gouttes ou qu’il ne laide couler le rouge, fur les endroits qui doivent refler noirs : quand cela arrive , il faut l’enlever fur le champ avec le bout du doigt ou avec un petit linge qu’il faut avoir tout prêt.
- Si vous avez des compartiments à diftinguer en rouge, dedinez-les fur du papier, que vous découperez enfuite
- {>our vous fervir de patron : arrêtez-es fur la piece avec quelques boulettes de cire molle , pour en fuivre les contours avec un crayon blanc , & vous appliquerez votre couleur , fur tout ce qui fe trouvera au dedans du
- Vous nétoyerez le rouge avec de la
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- 472 Composition et usage prefle humide comme vous avez né-! toyé le noir, ayant bien foin de ne point trop appuyer fur les angles, de peur denlever la couleur: & Il vous apperceyez quelques taches rouges fur le noir, ou des bavures noires fur le rouge, vous les couvrirez légèrement avec celle des deux couleurs, qui conviendra pour les faire difpa-roître.
- Si vous vouliez fur votre bois un plus beau noir que celui que je viens a’indiquer, vous pourriez furies deux couches de noir de fumée , en appliquer une troilîeme avec du noir d’os détrempé au vernis de lacque filtré. De même , fi vous aimiez mieux un rouge de corail, que celui du vermillon , vous pourriez fur les deux couches de celui-ci, en mettre une troi-fieme de carmin délayé avec ce même vernis filtré ; ou mêler les deux couleurs enfemble dans le même vernis , & en appliquer deux couches fur le bois, au lieu de les mettre , comme je l’ai dit, avec du vermillon pur.
- Le bois étant ainfi peint, en noir, en rouge , ou en telle autre couleur qu’il vous plaira, le vernis étant fec
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- & nétoyé avec la prefle , comme je viens de le dire , vous pafferez def-fus , au moins deux couches de vernis filtré , ayant attention de ne mettre la fécondé que quand la première pa-xoîtra féche au toucher : il faut que cela fe faffe dans un endroit chaud, ou bien aux rayons du foleil , fur-tout pour les pièces où l’on employé le vernis blanc.de fandaraque : quand le vernis fent le froid , & fur-tout ce dernier, il ne prend point un beau luifant; fouvent même il perd fa tranf-parence & devient farineux; c’eft pourquoi pendant l’hyver , les Verniffeurs travaillent dans un endroit échauffé par un poêle, ou bien ils préfentént la piece au feu chaque fois qu’ils y appliquent une couche de vernis. Mais je dois vous avertir fl vous avez recours à ce dernier moyen , de ne préfenter la piece au feu que de loin : car un peu trop de chaleur fait bouillir le vernis ; c’eft-à-dire qu’elle oc-calionne , des élevures, clés véficu-les , qui font un très-mauvais effet.
- S’il vous arrive d’avoir mis une couche de vernis, qui ne foit point
- Tome I. R r
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- Emploi du vernis gras.
- 474 Composition et usage revenu , qui foit relié opaque & d’un blanc mat, vous y remédirez en y en appliquant promptement une autre par-delïus , & en préfentant la piece au feu , avec l’attention dont je viens de parler.
- J’appelle vernis gras celui qui eft fait avec la copale & le karabé, & dont j’ai donné la compofition dans le Chapitre précédent page 4JO ; il vaut beaucoup mieux que celui à l’efprit-de vin , pour appliquer fur les métaux foit avec des couleurs , foit pour y donner un beau luifant après qu’on les a peints, & qu’on a enjolivé les furfaces.
- Vous employerez avec ce vernis, le noir & le rouge, & la plûpart des autres couleurs , comme avec celui d’efprit-de-vin ; c’ell-à-dire que vous peindrez à deux couches, & que vous en ajouterez au moins une troilie-me fans couleur, pour donner le luifant.
- Mais comme ce vernis ne féche pas aulli promptement que le vernis à l’efprit-de-vin , il faut avoir l’attention de mettre les couches légères , & fi ce n’eft pas dans «ne faifon chau-
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- de, il faut tenir la piece nouvellement vernie dans un lieu , où il y ait un poêle, ou dans une étuve : il elt ef-
- fentiel fur-tout, de ne jamais appliquer une nouvelle couche , que la précédente ne foit parfaitement feche.
- Les pinceaux qui auront fervi au vernis gras , ne peuvent point s’employer pour celui à l’efprit-de-vin ; vous les dégorgerez dans l’efprit de térébenthine, & vous en exprimerez la couleur ; fans quoi ils fe durci-xoient & vous n’en pourriez plus faire aucun ufage.
- Le métal peint au vernis gras, aura comme le bois qui eft peint au vernis d’efprit-de-vin , des moulures difiinguées du fond , par leur couleur, ou des compartiments qui entrecouperont les grandes furfaces , & qui pourront y produire des variétés agréables.
- Voilà ce qu’on peut faire foi-même fans le fecours des Peintres & des Verniffeurs ; heureufement c’eft ce qu’il y a de plus néceffaire, & ce qui peut fuffire : cependant je conviens, que les machines ont un agrément de plus, lorfque fur des fonds peints en
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- 476 Composition et usage noir, en rouge , &c. on apperçoit des ornemens de bon goût , qui les égayent & qui relèvent leur trop grande fimplicité. Sans beaucoup de dépenfe, on peut jouir de cet avantage à Paris & dans plufieurs grandes ,VilIes du Royaume, en recommandant aux ouvriers de ne point épui-fer leur Art fur ces fortes de pièces ; de les traiter à la légère, & de n’y montrer leur talent que par le goût & la propreté.
- C’ell en me renfer mant dans ces limites , & en faveur des perfonnes éloignées & privées de fecours , que je vais enfeigner en peu de mots , ce que j’ai vû faire pendant plus de vingt ans , & que j’ai pratiqué moi-même par forme d’amufement.
- Article IL
- De la maniéré d'enjoliver les furfaces
- peintes au Fernis.
- Les ornements les plus Amples; ceux que tout le monde peut faire , c’eft de dorer ou argenter des champ-frains, de former des filets d’or aux contours d’une piece , de faire re-
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- DBS VERNIS. 477; gner des fêlions für une moulure , d’encadrer des compartiments détachés du fond en rouge ou autrement ; d’en décorer l’intérieur par des mofaï-ques ; de faire pendre des guirlandes à certaines parties, de jetter des bouquets détachés dans les milieux d’une grande étendue , &c.
- Tout cela fe fait par le moyen d’un mordant (a) qu’on applique avec le pinceau, fuivant le deifein qu’on a en vûe, & fur lequel s’attache quelque métal en feuilles, haché ou en poudre , qu’on appuyé deffus, pour faire les malles ; les ombres fe font enfuite avec le biftre , & fduvent on en re-hauffe certaines parties, avec des couleurs tranfparentes que le brillant du métal perce & fait valoir : entrons en détail.
- La chofe la plus importante dans Maniée à cette efpece de travail, c’eft de bien p,,rfp""u* préparer le mordant , & de faifir j propos le moment où il eft prefque fec, & où il n’a plus que le dégré de
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- 478 Composition et usage molleffe qu’il lui faut pour happer h métal qu’on applique deffus.
- Il faut que le mordant ait du corps ; pour cet effet on en prend une petite quantité dans une coquille , & l’on y mêle un peu de vermillon ; mais comme il eft néceflaire qu’il coule aifément fous le pinceau, & qu’il n’en empâte pas la pointe, on y ajoute de temps en temps une goutte ou deux d’efprit de térébenthine, pour entretenir fa fluidité : & pour le faire commodément, on tient cet efprit de térébenthine dans*une petite bouteille de verre connue fous le nom de courtine, dont le bouchon qui eft de liège, eft traverfé par un tuyau de plume moins grolfe que celles avec lefquelleson écrit, de forte que quand on penche la bouteille , la liqueur n’en peut fortir que goutte à goutte.
- Ce n’eft point allez d’avoir préparé fon mordant, comme je viens de le dire, & d’avoir defliné avec * les parties du delfein qu’on veut dorer ou argenter , il faut attendre qu’une légère évaporation de fa partie la plus volatile, lui ait fait prendre une
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- DES VERNIS. 47P
- Certaine confiftance , & qu’étant touché légèrement avec le bout du doigt, il ne s’enleve pas, mais qu’il faille feulement fentir une petite adhérence ; il faut étudier cet inftant & contracter de bonne heure l’habitude de le faifir à propos ; fi l’on s’y prend trop tôt le mordant encore tout frais s’étend fous la feuille de métal, & occa-fionne un trait plein de bavures ; fi l’on attend trop , il eft fec, & ne happe plus le métal.
- Pour éviter le dernier de ces deux inconvénients, fi le deflein a beaucoup d’étendue , vous n’attendrez pas qu’il y ait du mordant par-tout , pour y appliquer l’or ou l’argent ; vous couvrirez à mefure les parties que vous jugerez être au point d’épaifliflement qu’il faut pour retenir le métal.
- Quand on travaille fur des pièces peintes au vernis gras, on a fouvent à craindre, que cette peinture ne foit pas allez feche, que la chaleur de la main n’y occafionne un léger dé-gré d’amolliffement, & que les feuilles de faux or ou d’argent, ne s’attachent au fond ,en même temps qu’aux endroits qu’on a deflinés avec le mer-
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- 480 Composition et usage dant ; en tel cas, c’eft une bonne pré* caution à prendre que de faupoudrer un peu la piece avec Un petit nouet de linge fin rempli de blanc d’efpa-gnebien fec &.bien écrafé : il n’en refte rien quand l’ouvrage eft fini, Si qu’on l’a effuyé.
- Vous employerez communément , pour dorer, de ces feuilles de cuivre > battu , qu’on appelle or d’Allemagne ; ' & qui fe vendent en livrets chez les Quinquaillers & chez les Marchands de couleurs ; cette efpeee de dorure eft fuffifante pour des ouvrages communs ; elle coûte peu , & elle eft bien plus facile à manier que l’or fin donc fe fervent les Doreurs fur bois : choififlëz celui qui a la plus belle couleur , Si dont les feuilles font les plus minces ; quand elles ne font point allez battues, elles font dures ; quand le mordant à pris ce qu’il doit retenir , on a peine à détacher le refte en nétoyant le deflein.
- Le Batteur d’or vous fournira de l’argent en feuilles, qui s’achete aufll par livrets : ne prenez pas de préférence le plus mince ; il le fera toujours allez pour exercer votre patience ,
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- des Vern , jufqu’à c
- a ce que vous ayez acquis l’habituâe de l’employer ; le moindre fouffle de la bouche , là moindre agitation dans l’air, chiffonne les feuilles , ce n’eft qu’après en avoir gâté j)lufieurs, qu’on apprend à les garantir de ces acidents , & à les redref-fer. Employez peu de ce métal, il eft fujet à fe noircir : au lieu de l’afleoir fur le mordant ordinaire , il eft plus fûr de l’appliquer fur celui qui eft préparé avec le vernis gras.
- Vous couperez la feuille de cuivre ou d’argent fur le livret même , avec une lame de couteau qui ne foit ni humide ni gralTe , en appuyant légèrement deflus, & en tirant un peu, jufqu’à ce que la piece qu’
- fe détache : vous l’enlèverez avec le bout du manche d’un pin-’ceau , taillé en pointe , & un peu mouillé à la bouche : fi le morceau eft un peu grand, vous le prendrez en touchant fes extrémités avec les pointes d’un compas de bois , - que vous ouvrirez autant qu’il conviendra, & que vous porterez de même fur le bout de la langue avant de toucher' lè métal.
- Tome I. S f
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- 482 Composition et usage Ces portions de feuilles taillées pour l’endroit qu’elles doivent cou» vrir, étant ainli enlevées, vous les appliquerez fur le mordant, & vous ap-puyerez un peu deffus avec une petite malle de coton cardé ; un quart d’heure après, c’eft-à-dire, quand vous aurez lieu de croire que. le mordant eft tout-à-fait fec , vous frotterez légèrement & en toutes fortes de fens avec ce même coton , pour enlever le fuperflu du métal, & nétoyer le deffein ; & li quelque endroit a manqué , vous y remetrez un peu démordant, & quelques moments après, une petite piece de métal : fi le mordant s’étoit étendu en quelque partie du deffein, & qu’il eut pris du métal de trop , vous l’enlèverez en grattant un peu avec une pointe de bois.
- C’eft ainfi que vous traiterez toutes les parties du deffein que vous , voudrez dorer ou argenter en feuilles; quand à celles où il faudra appliquer le métal en poudre, vous attendrez de même que le mordant foit en état de happer , & avec un petit morceau de peau de buffle ou de chamois que vous tiendrez fous le doigt index,
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- des Vernis. 483 Vous toucherez la bronze d’or ou d’argent ; & vous en frotterez très-légérement la partie du deffein où vous voudrez qu’elle s’attache.
- Les Marchands de couleurs vendent des poudres de métal de différentes couleurs, & de différents dé-grés de fineffe, fous les noms de bronzes <5c d'aven:urines. Les bronzes proprement dites qui font en poudres très-fines , s’appliquent toujours fur le mordant comme je viens de le dire; & fouvent le Verniffeur attache de même le charbon pulvérifé ou la cendre du liège qui eft d’un brun luifant, ou d’autres poudres colorées , pour former des terraffes & en varier les nuances.
- Les aventurines font plus légères que les bronzes, & les parties en font moins fines ; on les tamife fur une couche de vernis récemment appliquée à l’endroit où l’on veut qu'elles Rattachent; & le plus fouvent on détrempe dans ce vernis, une couleur qui fert de fond à l’aventurine : il eft effen-tiel que ces poudres fe diftribuent également , Si qu’elles ne chargent pas une partie plus que l’autre ; pour cet
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- 434 Composition et usage effet, il les faut jetterde haut, en fe-couant légèrement le tamis & en le tranfportant de côté & d’autre, juf-qu’à ce que toute la place qui doit être aventurinée, paroiffe l’être fuffi-famment par-tout : le tamis dont il ell ici queftion, fe fait avec un morceau de mouffetine dont on couvre une boîte de carton, dans laquelle on a mis l’aventurine.
- Les Verniffeurs employent encore le métal haché en paillettes beaucoup plus groffes que les aventuri-nes , dont je viens de parler , mais cela ne fe pratique guère qu’avec le vernis gras : ces paillettes font d’argent bruni, & quelquefois d’argent doré : on met une couche de vernis fort épaiffe fur l’endroit, où l’on veut les appliquer, on les y répand à la main, en telle quantité, que la furface vernie en 1qîc toute couverte ; on appuyé deffus avec ün carton ; on ren-verfe la piece au-deffus d’une ferviet-te, ou d’une feuille de papier , afin de recevoir tout ce qui n’a point pu s’attacher au vernis; on examine en-fuite s’il n’y a pas quelque endroit qui ait befoin d’être rechargé , & on
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- ©es Vernis. 48y lailfe fécher le tout. Quelques jours après on recouvre le métal avec du. vernis filtré, & l’on en met fucceffi-vement autant de couches qu’il en faut, pour faire difparoître toutes les inégalités, & pour former une épaif-feur qu’on puifle dreflfer à la ponce & polir, fans atteindre le métal.
- On ne couvre pas toujours le fond entièrement avec les paillettes , on fe contente quelquefois de les parfemer bien également fur un fond brun ou rouge, & cela imite mieux la grofie aventurine : mais de quelque maniéré qu’on répande les paillettes d’argent, le vernis gras, qui n’eft jamais parfaitement blanc, lui donne toujours une couleur jaune qui le fait prendre pour de l’or.
- Les couleurs tranfparentes appliquées fur le métal bruni, en empruntent l’éclat & font un très-bel effet : ainfi quand vous aurez figuré en argent de feuilles , une molaïque, ou quelqu’autre deffein , vous lui donnerez un nouvel agrément en glaçant le métal avec une légère couche de lacque, de verd-de-gris, ou de quel-qu’autre couleur non opaque, broyée S f iij
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- 485 Composition et usage à l’huile ; on en trouve toujours ea petits paquets enveloppés de veflie, chez les Marchands de couleurs.
- Voilà en général , comment les Verniffeurs appliquent les couleurs & les métaux ; voyons maintenant l’u-fage qu'on peut faire des uns & des autres, pour orner les machines, quand elles font peintes ; & commençons par les ornements les plus limples , afin que les perfonnes qui me prendront pour guide , s’accoutument par une efpece d’apprentilfage -, aux pratiques de cet Art, & çuiffent parvenir fans dégoût à faire des chofes plus difficiles. Je mets ici les chofes au pis; je parle comme à des gens qui n’auroient jamais appris , ni à deffi-ner ni à peindre ; ceux qui fauront manier le crayon & le pinceau , peuvent s’en tenir à ce que j’ai dit jufques ici, & fuivre pour le relie, leur goût & leur imagination.
- Si vous voulez dorer un champ-frain, vous ferez delfus avec le pin- ceau & le mordant , ce que nous avons dit qu’il falloit faire pour le peindre en rouge : & quand il en fera temps, vous le couvrirez avec des la-
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- DES V t R H t S. 487 melles de cuivre battu , fi vous voulez que la dorure foit brillante ; linon vous y paflerez de la bronze avec un pinceau à fec, ou avec la peau dé chamois , comme je l’ai dit ci-deflus.
- Il eft prefque indifpenfable de faire une bordure en or autour des pièces ; Jesplus Amples fe font d’un feul filet, dont on proportionne la largeur à la grandeur de la piece; pour faire ce filet correâement, il faut le régler par un trait parallèle au bord, ce qui fe fait en traînant l’une des pointes du compas fur la face, tandis que l’autre s’ap-puye contre la rive : les bordures font mieux , lorfqu’elles font dorées en feuilles.
- Quand les pièces font un peu grandes , on donne à cette première bordure au moins deux lignes de large, & on la double d’un filet parallèle beaucoup plus étroit, qu’on régie de même en traînant le Compas. D’autres fois au lieu de faire ce fécond filet droit comme a a, Planche IV. on lui donne la forme d’ondes , ou de bâton rompu , comme b h : il faut que le pinceau qui applique le mordant, mene la bordure A , Scie
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- filet enfmble, c’eft-à-dire qu’après avoir fait un pouce ou deux de l’une, il en faflêautant de l'autre, afin qu’on les puilfe couvrir de la même feuille d’or , à mefure que le mordant devient propre à happer.
- Vous pourrez border encore certaines parties avec un ruban compofé de deux filets parallèles comme C, ou D, en or de feuilles, en rempliflant l’intervalle, avec de l’aventurine ta-mifée , ou avec des points dorés en bronze : auquel cas vous commencerez par dorer les filets ; après quoi vous marquerez avec le mordant, les points que vous voulez bronzer, Sc avec une couche de vernis , I’efpace intermédiaire que vous avez deffein d’aventuriner.
- Vous traiterez de la même maniéré les bordures E, F, G, H, PI. IF. & g , h, PL F, en commençant par les deflîner au crayon, & en ne mettant d’abord 'e mordant que fur,, les parties qui doivent être dorées ou argentées en feuilles ; puis enfuite fur ce"esqui doivent être bronzées.
- Sur les greffes pièces on peut faire des bordures à la grecque , dans lç
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- Juu. Tom . I i. 1 art . j?i. 4. ,
- ^viiii|iiji!iiiijiiriiiiiiiiijHiiLiiiitmifliii)iiiiiMii»iiJHiijniiiyiiiiiLMiiiiaüi;juüUitiJJii)iiiiiijiiinnini]i
- D
- so oocoo 000000 o o o o o c
- 091000010000020201010210000201000000010200020000000201000200000000000201020100000100020202
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- ' des Vernis. 489 goût decelles qui font défignées par les lettres I, JC; elles feront mieux en or de feuilles que de toute autre maniéré : il faut avoir foin d’en faire un patron & de copier correctement le deffein fur la piece avec du crayon, avant que d’y palfer le pinceau avec le mordant.
- L, M, N, S, font des exemples de cartouches & de compartiments propres à décorer des milieux ou des coins. Pour l’ordinaire , le fond de ces ornements eft diftingué de celui de la piece , ou par fa couleur, ou par quelque aventurine, & c’eftpar là qu’il faut commencer.
- Marquez-en donc le contour avec le crayon,Scpeignezà deux couches avec de la couleur détrempée au vernis , toute la partie qu’il renferme : ou bien couvrez-là d’une couche de vernis, pour l’aventuriner comme il a été dit ci-defliis; quand cela fera fec, formez l’encadrement, avec le mordant, après l’avoir marqué au crayon, & dorez-le en feuilles; trois ou quatre heures après , vous pourrez deffiner dans l’intérieur , une mofaïque que vous exécuterez en argent, & que vous laif-
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- 4po Composition et usAGé ferez encore fécher. Vous comprenez fans doute que les compartiments M & IV, répétés quatre fois autour d’un centre commun , formeront des ornements propres à mettre dans des milieux.
- O, O, O, O , 0, vous préfentent des exemples d’ornemens plus légers, tout-à-fait à jour, & propre à être placés fur des montants ou autres pièces de peu de largeur : il peuvent être exécutés entièrement en or de feuilles.
- P, Q, p, q, font des bouquets détachés , qu’on peut parfémer fur de grandes parties, ainfi que des guirlandes comme R, r, & dans lefquels on peut marier les couleurs avec l’or, l’argent , & les bronzes : indépendamment de ces variétés, il faut encore defliner l’intérieur des malfes quand on les a formées avec le métal ; cela fe fait avec le pinceau & un peu de biftre détrempé au vernis
- fras , ou fi l’on veut avec un peu e mordant clair ; il faut marquer des ombres pour donner du relief aux parties, & varier les nuances d’une même couleur. Enfin au lieu de laiffer
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- bis Vernis. les mofaïques en argent , je vous confeille de couvrir le métal avec une légère couche de rouge ou de vert broyé à l’huile ; mais ayez foin que cette couleur foit bien différente de celle fond.
- Je l’ai déjà dit, les perfonnes qui fçauront defîiner, n’auront pas befoin de mes inftruftions, pour compofet des ornements ; celles qui ne le fçauront pas , & qui s’en tiendroient aux exemples que je viens de donner, fe-roient affez mal pourvues de defleins ; mais comme il ne m’eft pas poffible de rapporter ici tout ce que les Ver-nifieurs font fur leurs ouvrages pour les embellir , j’exhorte les Amateurs pour qui j’écris, à y fuppléer par le îecours de quelque Deffinateur dont ils pourroient difpofer , ou par l’imitation des Eftampes en tout genre, & principalement des papiers de la Chine , & même des étoffes à bouquets.
- Quand vous aurez placé tous les ornements, que.vous les aurez recherchés au pinceau & nétoyés de toutes parts, vous attendrez que le tout foit bien féché, & vous appliquerez par-
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- 492 Composition et vsage deflus au moins deux couches de vernis filtré, fans couleur pour contenir le métal, & donner du brillant à tout l’ouvrage ; & fi vous y appercevez quelques poils qui fe foient détachés du pinceau, vous vous prefferez de l’enlever avec la pointe d’une épingle, avant qu’ils fe trouvent pris & arrêtés dans le vernis: il faut aulfi éviter de vernir dans un lieu où il y ait de la pouffiere en l’air , & pour le plus fûr , vous ne laifferez point la furface nouvellement vernie , expofée aux ordures qui pourroient tomber def-fus.
- C’ell-là la derniere façon que vous donnerez , pour l’ordinaire aux machines , tant en bois qu’en métal, que vous voudrez décorer de peintures , & de dorures au vernis ; mais s’il fe trouve quelque piece que vous ayez intention d’embellir d’avantage , il faudra la traiter en vernis poli , ce qui demande plus de foin, plus de temps & plus de dépenfe , que n’en exigent les ouvrages communs dont j’ai parlé jufques ici. Vo.ci les procédés qu’il faut fuiyre.
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- des Vernis. 49*
- ARTICLE III.
- De la maniéré de pâlir les Vernis qui recouvrent les ornements.
- i°. L e bois qu’on deftine au vernis poli , doit être non-feulement gratté & frottéavec la peau de chien de mer par le Menuifier, mais celui-ci doit encore faire une recherche très-exaâe, des petits creux ou défauts qui pourroient s’y trouver & les remplir, avec une elpece de maftic fait avec de la colle-forte & de la craye pulvérifée : après cela le Ver-nifleur doit le prêler à plufieurs fois avec de l’eau, afin de relever & d’emporter le poil du bois, & rendre fa furface parfaitement liffe. Il faut aufli unir le métal à la lime , & le poncer à l’eau; mais il ne faut pas le polir , & quand on eft prêt à y appliquer la première couche de vernis, on doit l’efluyer de maniéré qu’aucun endroit de fa furface ne foit ni gras ni humide.
- 20. Après que le bois ou le métal aura été peint comme je l’ai enfeigné précédemment , au lieu d’une ou
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- 494 Composition et usage deux couches de vernis clair , vous en mettrez cinq ou fix fur la couleur, en obfervant entr’elles des intervalles de temps convenables, pour que chacune foit bien féche avant qu’on en applique une nouvelle : fi c’eft du vernis à Fefprit-de-vin , il fuffira de le laitier fe durcir pendant quelques jours dans un endroit fec ; mais fi vous travaillez en vernis gras, il faudra plus de temps pour lui faire prendre la dureté néceflaire ; il l’acquerra plus promptement, fi on met les pièces vernies au-deifus d’un four de Boulanger , en prenant des précautions contre la pouffiere , ou encore mieux dans une étuve.
- 3°. Quand le vernis clair appliqué fur les couleurs, fera fuffifamment fec & dur , vous le frotterez par-tout bien également , avec un tampon fait d’une lifiere de drap roulée , ou avec un morceau de peau de bulle, chargé de tripoli détrempé avec de l’eau : dans cette opération , il faut ménager les angles faillants & frotter adroitement dans les parties creufes, afin de donner à toute la piece un demi-poli, qui nétoye tout, qui ne
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- des Verni*. 497 découvre rien , & qui mette le fond en état d’être orné. Pour donner cette façon au vernis gras , qui eft plus dur que celui à l’efprit-de-vin , vous le frotterez d’abord avec de la ponce broyée à l’eau , & enfuite avec le tripoli , comme je le difois tout à l’heure : il faut finir par laver la piece avec de l’eau claire , & l’efiùyer avec plufieurs linges, de façon qu’elle foit parfaitement nette.
- 4°. Sur le fond ainfi préparé, vous ferez tels ornemens qu’il vous plaira, foit en couleurs , foit en or ou en argent, en fuivant ce que j’ai enfeigné ci-delifas , ou en faifant mieux, fi vous le pouvez par vous-même, ou fi vous êtes aidé par quelqu’un qui le fâche faire : & quand tout fera fuffifamment fcché , vous le recouvrirez de fept à huit couches de vernis filtré & fans couleur, que vous laiflerez bien lécher l’une après l’autre : je dis fept à huit couchers fi les ornements n’ont prefque point d’épaiffeur, car quand on y a employé de grolfes aventuri-nes ou des pailletés, qui s’élèvent fur le fond , il en faut bien davantage : en un mot, il eft néceflaire de noyer
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- 49<> Composition et usage les ornements, tels qu’ils puiflent être, dans l’épaifleur de ce dernier vernis, & qu’en l’ufant pour le drefler & le polir, on ne mette à découvert aucune partie des ornements.
- y°. Plus vous aurez mis de vernis fur les orhements, plus il faudra de temps pour le métré en état d’être poli ; car ce n’eft point aflêz qü’il foit fec fuperficiellement, & qu’il ne s’attache point aux doigts , le beau poli ne réuffit, que quand ce vernis clair, qui recouvre l’o.uvragë!, a* acquis toute là dureté qu’il peut avoir.!
- 6°. Vous polirez de la maniéré fui-vantê le vernis à l’efprit-de-vin : prenez un morceau de drap de laine en double , de feutre fin , ou de peau de bulle , avec dit tripoli gratté & détrempé dans l’eau commune ; frottez-en l’ouvrage bien également, jufqu’à Ce que le vernis ait perdu fon faux' brillant, fes petites rides , & autres; inégalités; ce qUe vous**appercevrez aifément, en paffânt le doigt fur l’endroit nouvellement frotté , pour l’ef-flijief*, '& ë&aniiner fon état.
- Après cette première façon efluyez la piece & frottez-la’ dfe1 nouveau , avec
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- des Vernis. 497 avec un tampon de linge fin , & de la potée rouge détrempée dans de l’eau commune qui foit bien nette , & continuez ainfi, jufqu’à ce que découvrant de temps en temps la piece avec le doigt, vous trouviez le vernis bien luifant fans aucunes rayes , & réfléchiflant l’image des objets, comme les miroirs , quoiqu’avec moins de force.
- Eiîuyez encore toute la piece , & avec un autre tampon de linge fin & du blanc d’Efpagne détrempé dans de l’eau bien nette, frottez-la comme précédemment & avec les mêmes foins! La piece étant bien efïuyée, d’abord avec un linge fin un peu humide , enfuite avec un autre bien fec, vous la frotterez par-tout d’un peu d’huile d’olives ; enfin vous enlèverez cette huile , avec de la poudre à poudrer les cheveux , & un petit linge bien doux dont vous efîuyerez toute la piece.
- On peut donner une derniere per-feflion au poli, en frottant avec la paume de la «nain ; mais tout le monde n’y réuffit pas également ; cela défi,™ I. Tt
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- 4p8 Composition et usagé pend de la qualité de la peau, & d’une certaine habitude.
- Le vernis gras fe polit de même ; mais comme il eft plus dur, avant que d’envenir au tripoli, c’eft allez Fu-fage de le frotter avec la prêle mouillée , & enfuite avec un tampon de lifieres chargé de ponce broyée à l’eau.
- Rmmsxquss.
- i°. Ie y aura des occafions où vous aurez à vernir des bois ou des cartons couverts de papiers , imprimés ou enluminés , comme au planétaire , aux planches des baromètres , thermomètres. &c. il eft abfo-lument néceflaire alors , que ces papiers, après qu’ils font appliqués fur le bois , foient enduits d’une couche ou deux de colle de farine ou d’amidon ; fans quoi le vernis clair qu’on y mettroit les tacheroit comme de l’huile. Cet encolage doit fe faire avant l’enluminure , car s’il fe faifoit après , il emporterait les couleurs en détrempe que le pinceau y aurait appliquées ; vous commencerez donc par coller le papier fur la piece qu’il doit cou-
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- b E s Vernis. 499 vrir ; vous l’encolerez tout de fuite , & quand cela fera fec, vous palferez des couleurs fur les endroits qui doivent être enluminés ; après cela vous pourrez vernir le papier, en traînant le pinceau légèrement pour la première couche. Il eft prefque inutile de dire , que pour conferver au papier fa blancheur naturelle , le vernis qu’on y met doit être le moins coloré qu’il eft poflible , celui de fandara-que avec le maftic en larmes doit être préféré à celui où il entre de la gom-
- 2°. S’il vous prenoit envie de peindre avec le vernis en d’autres couleurs que le noir & le rouge, à qui je donne la préférence,pour la plûpart de nos machines, vous choifirez pour les détremper,celui qui ne fera pas capable de leur faire prendre un fauflb nuance , en les faifant participer à la fienne : réglez-vous fur les exemples fuivants , dont je vais vous faire un tableau.
- V L. Signifie vernis de lacque non filtré.
- V LF. Vernis de lacque filtré.
- F S. Vernis de fandaraque , ou vernis blanc. T t ij
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- 5ôo Composition et usagé
- Tableau des Couleurs»
- Hoir»* ....... Noir de fumée glacé de
- noir d’os ou d’yvoi-
- .............V. L,
- Blanc............. • Cérulè de Venifeou blanc
- de plomb. • . • • V. S» Couleur de feu, • . Vermillon ou cinabre. V.L, Rouge de corail, . • Vermillon mêlé de carmin............................ FiX. F.
- Lilas ou gris de lin. La lacque des Peintres mêlée de carmin. F. L. F, Couleur de rofe, « • Blanc de plomb mêlé d’un peu de carmin. V. S•
- Citron............. Orpin pâle. . • • • V, S,
- Couleur défaille, • Blanc de plomb mêlé d’orpin pâle. • . V. S. Jonquille. • . • • • Orpin doré pur. , + V. S. Aurore. • . . . . • Orpin doré, mêlé de vermillon. .... V, L, F. Bleu célejle, . . . . Cendres bleues. . . V, S»
- Bleu pale......Cendres bleues & céru-
- fe...........V, S»
- Violes. • .....Cendres bleues & vermil-
- lon. ..... V. L F,
- Pourpre• ...... Cendres bleues glacées de
- carmin. .... V.L.F,
- Verts, ...... • Cendres bleues , mêlées
- avec plus qji moins d’orpin pale. .... V, S,
- Café, ....... Vermillon mêlé avec un
- peu de noir de fu-^ mée.. ..... . V.L.
- L’ufage vous apprendra à former d’autres nuances , avec ces mêmes couleurs, diverfement mélangées.
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- des Vernis. por 3°. Si vous employez l’orpin fur de grandes pièces & dans un endroit chaud, où l’air ne fe renouvelle point fouvent, ne reliez pas long-temps expofé aux vapeurs de ce minéral, qui contient beaucoup d’arfenic, on en a vu des accidents fâcheux ; & quoique le vernis , qui fe féche en s’évaporant , ne foit point par lui-même une drogue dangereufe, fa vapeur. fpiritueufe refpirée long temps de fuite, peut aulîi incommoder.
- 4°. L’eau qui tombera fur vos inf-trumens ou meubles peints avec le vernis à l’efprit-de-vin , n’y fera aucun tort, fi elle n’eft pas chaude ; il n’y aura qu’à l’elfuyer ; mais s’il y tombe , quelque liqueur fpiritueufe , ue huile effentielle , comme
- l’elprit-de-vin , ou celui de térébenthine , il en réfultera une tache : faites enforte d’éviter ces accidents ; il ne faut pas non plus les expofer à une trop grande chaleur.
- Fin du premier Tome.
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- J-02
- TABLE
- DES MATIERES
- Contenues dans ce premier Volume.
- Discours Préliminaire.
- PREMIERE PARTIE.
- Sur le choix des matières dont on peut faire les Injlrumens de Phy-fique , fur la maniéré de les travailler , & fur les précautions qu’on doit prendre pour empêcher que les ouvrages ne fe gâtent &, ne fe déforment. Page i.
- CHAPITRE I. Du choix des Bois, & de la maniéré de les travailler. 3.
- 'Art. I. Sur le choix des bois. ibii.
- Art. II. Sur les différentes maniérés de trad vailler le bois. 6.
- Outils & p recédés du Menuifier. 7.
- L’établi & la preffe. ibiil.
- Les (cies & leurs ufages. t z.
- Ulâges de la hache, de la plane & du fermoir.17.
- Maniéré de corroyer le bois, zz.
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- DES MATIERES.
- Maniéré de façonner le bois après qu’il eft corroyé, ip.
- Feuillures, ibid*
- Champfrain. 30.
- Moulures. 31.
- Chantournemens. 37.
- Rainures & coulilfës. 38.
- Outils du Tourneur. 41.
- Le tour à pointes, ibid.
- Maniéré de tourner les bois tendres. 46. Maniéré de percer le bois fur le tour.
- Le tour en l’air. $6.
- Outils pour le tour en l’air. 60,
- Support du tour en l’air. 61.
- Maniéré de façonner le bois au tour en l’air. 64• Maniéré de faire des vis de bois avec des filières. 6 8.
- Maniéré de faire des vis de bois (ans filières.
- Aflemblages des pièces préparées en bois. 76. La colle, & la maniéré de l’employer. 88. Maniéré de nétoyer & d’unir le bois après l’aA lèmblage. 89.
- Maniéré ae polir le bois & de le rendre lui? iànt. 5? 2.
- Maniéré d’employer l’écaille & la corne. 94, Chap*. II. Du choix des métaux 9 £r de la maniéré de les travailler. 99.
- Art. I. Sur le choix des métaux, ibid.
- L’or & l’argent. 100.
- L’étain & le plomb. 102.
- Le fer & l’acier. 106.
- Le cuivre rouge & le cuivre jaune. 111.
- Le mercure. 113.
- Art. II. Sur la maniéré de travaillé^ les métaux. 117.
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- jo4 TABLE
- Modèles pour le Forgeron & pour le Fondeur. 118.
- Maniéré de mouler en plomb ou en étain, izi.
- Différentes maniérés de durcir lesmétauxÉg 24.
- Différentes façons d’entamer & de couper les métaux, nf.
- Maniéré de percer les métaux. 127.
- Maniéré d’aiguifer l’acier. 129,
- ÉquarrifToirs, & leur ufàge. iji.
- Filières pour les métaux, & leur ufàge. ibid.
- Maniéré de limer les métaux. 141.
- Maniéré de tourner le métal. 146.
- Aflemblage des pièces travaillées en métal, if 3#
- Maniéré de fôuder les différents métaux, 154.
- Maniéré de faire les rivures. 162.
- Ufàge des goupilles & des clavettes. J 64.
- Differentes maniérés d’employer les vis de métal. 165. *
- Poliflàge des métaux. i£8.
- Poliflàge des miroirs de métal. 170.
- Chap. III. Sur le choix du verre, 6* fur les différentes façons qu'on peut lui donner, quand il ejl forti de la Verrerie. 173.
- Modèles pour la verrerie. 174.
- Maniéré d’ufèr le verre pour le dreflêr ou pour lui donner une nouvelle forme. 178.
- Maniéré de couper le verre. 1^3.
- Différentes maniérés d’amollir le verre, zoo.
- Lampe d’émailleur , & fon ufàge. 201.
- Petit équipage d’Émâilleur. 218.
- Globules de verre fondus à la lampe pour les angifcopes. 221.
- Maniéré d’amollir le verre au fourneau. 222.
- Maniéré de refondre la glace de miroir pour faire des prifines, 224, Glaces
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- DES MATIERES, yo*
- Glaces courbées pour faire des lentilles creufês ou des miroirs convexes & concaves. 234;.
- Maniéré de mettre au teint les glaces courbes. 240.
- SECONDE PARTIE.
- Su R le choix des Drogues [impies, & fur' la maniéré de préparer celles qui doivent être compofies. page 24y.
- C H A P. I. Indication des Drogues Jimpies dont il faut fe pourvoir pour préparer les expériences. 247.
- C H A F. II. Sur la maniéré, de pré-
- - parer ou de compofer les Drogues qui doivent fervir aux expériences. 301.
- Article I. Des Inftruments nécefiaires pour la préparation des Drogues > & des opérations en général. 30t.
- Dilpolition du laboratoire, ibii.
- Parties eiTentielles du fourneau « & làconiiruc-rion. 303.
- Opérations empruntées de la Chymie & les vaifleaux qu‘on y employé. 314.
- Infufion. 313.
- Digettion. 311s.
- Diuolution. 317.
- Filtrations 318.
- Evaporations. 310.
- Tome I.
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- 5* 0 (5 T A B L É
- Diftillations. 312.
- Diftillation au bain marie. 34-3.
- Diftillation au bain de làble. $id. « Diftillation à la cornue. 318.
- Calcination & fufion. 333.
- K édification. 335.
- Art. 11. de la compofîtion des Drogues 8c de leur emploi dans les expériences. 336. Première Préparation. Eau commune diftil-iée. 337.
- Liqueurs propres a éprouver leau commune diftiilée,
- ' 2. Prép. Eau d’épreuve. 340.
- 3. Prep. Autres eaux d’épreuve. 34 t.
- 4. Prép. Diftillation, & rectification de l’çA , prit-dè-vin. 342.
- 5. Prép. Diftillation du vinaigre. 34?.
- 6. Prép. Purification du mercure. 347»
- 7. Prép. Diftillation des liqueurs odorantes. 3fo.
- t. Prép. Diftillation des huiles eftentielles des végétaux. 354.
- 9. Prép. Efprit volatil de. felarmoniac , & huilé de chau*. 361.
- 10. Préÿ. Efprit de nitre. 363.
- 11. Prep. Extraction & concentration de l'acide vitriolique,^ 6 8.
- ii. Prép.. Ether vitriolique. 372.
- 13. Prép, Sublimé corrofif. 37y.
- 14. Prép. Liqueur fumante de Kbavius. 377. *?• Prép. Phofphore d’urine. 378.
- Préparation du même pholphore à la maniéré
- de M. MargraafF. 35)4.
- 16. Prép. Diflolution du pholphore. 35*8.
- 17. Prép. Eau régale. 399. ’ ï8. Prép. Sel alkalifixe» 400* f
- iP* Pr^.Huile de tartre par défaillance. 4©*i
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- DES MATIERES. J07
- to.Prép. Maniéré de féparer un Tel, de l’eau qui le tient en diffolution. 4.03. ai. Prép. Diffolution de l’or. 404.
- *1. Prep. Or fulminant. 406..
- 13. Prep. Diffolution de l’argent. 408.
- 24. Prép. Diffolution du cuivre. 40^.
- 15. Prep. Diffolution du fer. 410.
- 26. Prep. Diffolution du mercure. 411#
- 27. Prep. Précipitation d’un métal par un autre métal, ibid.
- a8. Prép. Diffolutions de vitriols. 413.
- 29. Prep. Infulîon de noix de galles, ibid.
- 30. Prep. Infulîon du bois deBrélîl, & du bois d’Inde. 414. .
- 31. Prép. .Infulîon du bois néphrétique. 41?» 3a. Prép. Infulîon de rôles de Provins, ibid.
- 33. Prép. Extradion de la teinture d’orca-
- nette.416.
- 34. Prép. Teinture d’orleille. ibid.
- 3 f.Prép. Teinture de graine d’Avignon. 417; 5$..Prep. Maniéré de detremper à l’eau les couleurs pelantes. 418.
- 37- Prép. Maniéré de détremper à l’eau les couleurs légères. 410.
- 38. Prép. Verd d’eau, ibid.
- 39. Prép. Verdet calciné des Peintres. 422.
- 40. Pyép. Encres de fÿmpathie. 423. Différente moyens de / former ^ une écriture
- invilîble , & de la faire paroître quand on le veut. 426. _
- 41. Prép. Encre lÿmpathique tirée de lamine de Cobalt. 430.
- Application curieufe de l’encre lÿmpathique tirée de la mine de Cobalt. 434.
- 4a. Prép. Encre fympathique tirée du là-fre. 437.
- 43. Prép. Poudre fulminante, ibid. Vvij
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- ;o8 TABLE
- 44. Prép. Lingot de fer& d’antimoine fondus enfemble. 4 p.
- 45. Prép. Calcination de la pierre de Bologne. ibid.
- 46. Prép, GompÆtion du métal blanc pour las expériences de Catoptrique..44$.
- 47. Prép. Amalgame propre à étamer intérieü* ment les rameaux de verre. 448.
- 48. Prép, Vernis des Anglois , pour le cuivre jaune & pour l’argent, communiqué à feu M..Hellot en 1710 , par Edouart Scarlet, 8c à feu M. Dufai en 1738 ». par M. Gré-ham. 44p.
- 4p. Prép. Compofition d’un vernis gras, propre à détremper les couleurs pour peindre les métaux. 4fo«
- 50. Prép. Composition d*un vernis à l’elprit-de-vin, propre à détremper les couleurs , pour les appliquer fur lè bois. 4^4.
- 51. Prep. Autre vernis à l’elprit-de-vîn, pour détremper des couleurs tendres, & * pour donner le lui&nt au papier & autres lurfaces. blanches. 4fd.
- $i. Prép. Composition d’un mordant, propre â appliquer des feuilles d’or, d’argentou de cuivre (ur des fonds peints au vernis. 457.
- Autre mordant 458.
- 53. Prép. Composition du vernisses Graveurs;
- ibid.
- J4. Prép. Lavage des matières propres à polir les métaux 8c le verre. 4*0.
- ,Chap. III. De Vemploi ies Vernis, tant fur le bois que fur le métal & de ta maniéré £enjoliver les fends quand ils font peints,
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- DES MATIERES, ;o$
- Art. T* De la maniéré de peindre au vernis , lebois & le métal. 465.
- Emploi du vernis à l’efprit-de-vin. îbtd»
- Emploi du vernis gras. 474.
- Art. II. De la maniéré d’enjoliver les lurfacee peintes au vernis. 476*
- Maniéré de préparer & d’appliquer le mordant» 477. • — - •
- JWanîere d’appliquer les feuilles de cuivre & d’argent lùr le-mordant. 480*
- Maniéré d’employer le métal en poudre eu en paillettes. 4 84.
- Art. III. De la maniéré de polir les vernie qui recouvrent les ornements»
- Remarques for l'emploi des vernis* 4^8»
- Tableau des couleurs qui réuflWent le mieux avec les vernis* 500»
- Fin de U Table du Tome premier*
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- Fautes a corriger Tome Premier.
- Page. Ligne, au lieu de lifezi
- 17, 17 > une. . ; ; . . un.
- 3» , 13 » a......... . 0.
- 45 , 11, deflus. ........... • defïous.
- 48 ) 10, les. .................le»?
- 58, 4 ;. percés......... percées.
- 61, 10, en . • ....... en k.
- 85» > 8, un. . • ..................une.
- io5>, 11, la. ....... . ... . . « le.
- ]4’ , 17? planche. ....... . ajoutez/.
- *bid. 19 , l’érau Fig. 13. l’étau G, Fig. 4.
- *05 , 13 » 6. ........................b.
- 183 > 2.8, monceaux. ..... morceaux.
- 35 , vitriol. ......... tartre.
- 461... /i/èz ainji les deux dernier es lignes. . • En laiiïànt repofèrune demi-minute ou plus de temps encore.
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TOME 2
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- * L’ A R T
- DES EXPÉRIENCES ,
- ou
- AVIS AUX AMATEURS DE LA PHYSIQUE,
- Sur le Choix, la Construction et l’usage des Instruments ;
- SVR LA PRÉPARATION ET L’EMPLOI VE S DROGVES QUI SERVENT A UX ExP É RI EN CES.
- Par AT. VAbbé N O LL ET, de VAcadémie Royale des Sciences*, de la Société Royale de Londres , de l'inJlitut de Bologne, £>c. Maître de Phyfique G- d'Hitloire Naturelle des Enfants de France, G-Profejfeur Royal de Phyfique Expérimentale- au e de Navarre.
- Seconde Edition.
- College a
- TOME SECOND
- A PARIs|x.„ -, ChezT.E.G. Durand , Neveu, CîBi rue S. Jacques, à la Sageffe.
- M. DCC. L XX.
- Avec Approbation &• Privilège du Roi.
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- Fautes a corriger.
- Tome Second. v
- T âge. ligne, au lieu de lifez :
- 3 ♦ ' Ri...................,*•
- 94 > * 5 » découpé. ..... .. découpée.
- )97 » 511 plus................ moins.
- H7, ir > Fig. i.................Fig. 4.
- Ibid y 13 ............... effacez Fig. 4.
- 139 , , F*g. 9...........Fig. 5.
- 140, il, Fig. ............Fig. 6.
- 383, 24 y Fig. 4...........Fig. 3.
- a 17 , i , meme. ......... menu.
- I üo, ij, Ffg.6,, ..........Fig. 7.
- 215, é, idem.
- 131, f, de. , ...... . ...........des.
- i 368, 20, un................. une.
- 371, 3, après le'mot capillaire , ajoutez. i A, Pl. XVI. Fig. \
- 1 3P1, 11 , PI. XVI. . ...... Pl.XVIl.
- 1406, 14, une. .... ...*.. un.
- I451, 30, doivent, ...........devient.
- |50i, 30, PL XXI. ...... Pl. XXII.
- lyti, 7 , de deux............. . des deux.
- 1543 » Fig. 7. Fig. 8.....Fig. 4. Fig. 5.
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- AVIS
- AUX AMATEURS
- DE L A
- PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE.
- TROISIEME PARTIE.
- Contenant des Avis particuliers fur ' les Expériences des dixpremieres Leçons.
- JL E s inftruftions que j’ai à donner dans ce Volume & dans cefui quifui-vra, rouleront principalement fur la conftniâion des Inflruments propres à chaque Expérience , & fur la maniéré de s’en fervir: mon premier def-fein étoit de mettre d’abord fous les yeux du Lefteur le portrait ou l’en-' femble de la Machine dont j’aurois Tome II. A
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- 22 Avis particuliers à parler, & d’y joindre enfuite par des figures de détail , les développements qu'il ferait nécefifaire de faire connoître pour guider l’Artifte, ou la perfonne qui le ferait travailler ; mais j’ai bientôt compris que cela augmenterait trop le nombre des Planches & le prix de l’Ouvrage. J’ai pris le parti de m’en tenir au néceflaire, & de renvoyer aux Planches des Leçons de Phy-fique pour les Figures que je pourrais me difpenferde répéter dans ces deux volumes : cela m’a paru d’autant plus convenable, que ce nouvel Ouvrage eft commelefupplémentdu premier; qu’il eft à préfumer qu’on n’aura pas l’un fans l’autre, & que c’eft moins un Livre à lire de fuite, qu’un répertoire à confulter dans le befoin.
- J’avertis donc que les Planches & les figures citées en marge dans ces deux derniers Volumes , font celles ' qui font gravées dans mes Leçons de Phyjique Expérimentale, & qu’il faut fe les mettre fous les yeux conjointement avec celles qu’on trouvera ici dans le texte , pour bien entendre cç
- Îjue je dirai fur la conftruâion & l’u-àge de chaque Inftrument,
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- StfR' les Expériences, j Toutes les pièces d’une même Machine font deilinées dans leurs proportions : il y en a cependant qui font lï petites , qu’on a été obligé de déroger à cette régie pour les développer plus diftindement; mais il fera ailé de s’en appercevoir, parc e que dans l’enfemble elles font repréfentées avec leur grandeur proportionnelle ; & quand ces pièces font aftreintes à des mefures précifes, j’ai foin de les exprimer dans le difcours.
- AVIS
- Concernant la Premiers Leçon.
- Première Expérience.
- T j A pièce de monnoie la plus pro- >—— -pre à cette expérience, eftcelle qui tj ^ vaut aduellement deux fols en Fran-i. s=aion.‘ ce : c’eft du cuivre rouge avec uneF,iI> F‘f-très-petite quantité d’argent : une pièce de cuivre ou d’argent fans alliage réuffiroit aulïi, mais il faudroit qu’elle ne fût pas fort épaiife. 11 eft inutile de tenter cette expérience avec une i ' A ij
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- 4 Avis p àrtiCVZisks pièce d’or ; elle réfifteroit à l’adiofi du foufre, & ne s’ouvriroit pas comme les autres métaux dont je viens de. parler.
- Le foufre dont il faut faire ufage ici, n’efl pas celui qui eft moulé en canons ou bâtons, & qu’on auroit réduit en poudre ; il vaut mieux employer ce minéral fublimé & connu fous le nom de Fleurs de Soufre.
- Les fils de fer qui doivent (ervir de fupport à la pièce de métal, doivent être terminés en pointe par une de leurs extrémités, pour être piqués dans du liège, ou fi l’on veut, im-plantésfur la tige même du pied ; mais on aura l’attention de régler leur longueur de maniéré qu’entre le bois & la pièce de métal il ne fe trouve que huit à neuf lignes de diftance.
- Et fi la portion de foufre qu’on a mife fur la pièce de monnoie, étoit brûlée & diflïpée avant que le métal fe fut ouvert, il faudrait y en remettre avec le bout de la lame d’un couteau , ou de quelque autre maniéré équivalente.
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- sur les Expériences, y Seconde Expérience.
- O N peut par-tout fe procurer de la limaille de fer : il faut ta choifir la plus nette qu’il fera poffible, & en mettre environ le poids d’un demi-gros dans une demie-once d’eau-forte, avec l’attention dé faire ce ^ mélange dans un grand verre , de peur que l’effervefcence qui accompagnera la diffolution du métal, ne fade monter la liqueur par-defîus les bords; car l’eau-forte brûle & tache la plû-part des corps fur kfquels on la répand.
- Les feuilles de cuivre dont nous nous fervons ordinairement dans cette Expérience, font de celles qu’on nomme Clinquant : quand on n’en a pas , on y peut fuppiéer en amincif-fant à coups de marteau quelques petits morceaux de cuivre jaune ou rouge , que l’on divifera enfuite avec des cifeaux, ou autrement : des épingles même de ce métal peuvent fervir en cas de befoin.
- Pour apprendre comment on précipite le cuivre par le fer, voyeq To-A iij
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- 6 Avis particuliers me I. pag. 411. Précipitation d'un Métal par un autre.
- Troifeme Expérience.
- • Ce qu’il y a d’eflentiel dans cette Expérience, c’eft de faire bouillir par l’aflion du feu, une liqueur odorante dans un petit vailfeau , dont l’orifice ne foit guères plus large qu’un trou d’épingle : ainfi à la rigueur on la pourroit faire avec la boule d’un thermomètre , à laquelle il ne refteroic qu’un ou deux pouces de fon tube , en y faifant entrer quelque liqueur parfumée de lavande, ou de fleur d’orange , ou même du’ vinaigre fort, & en faifant enfuite bouillir cette liqueur fur quelques charbons bien allumés , dans une chambre clofe.
- Mais fi l’on peut être aidé par un Perblantier , il fera plus agréable & plus commode de pofer la boule de verre fur un fupportcompofé de trois petites bandes de ferblanc, ou delai-ton , aboutiflant par en-haut à un cercle de même métal, & foutenant par leur partie inférieure,une platine ronde ou triangulaire, percée à jour d’un
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- sur les Expériences. 7 prou rond , pour recevoir une très-petite lampe à efprit-de-vin. Voyez dans la première Planche la Fig. 1. qui repréfente l’enfemble. A B eft le cercle d’en-haut, qui doit être moins large que la boule n’eft grofle , afin qu’elle ne palfe point au travers ; C,D, E, font les lames qui font les trois montans ; chacune d’elles doit avoir trois pouces & demi de longueur , fur une largeur de trois à quatre lignes qui aille un peu en décroif-fant par en-hâut : à l’une d’entre elles on foudera une anfe , comme on le voit en F.
- Au chifre 2, eft repréfentée la platine triangulaire, qui eft chantournée dans un cercle de deux pouces & demi de diamètre , & dont les angles font pliés d’équerre , pour s’attacher aux trois montans, à la hauteur d’un pouce fur leur longueur, en allant de bas en-haut.
- Le petit vafe marqué 3 , eft ouvert par en-haut pour recevoir le couvercle G, qui eft un peu concave en-deflus ; au milieu eft foudé un tuyau gros comme une plume à écrire, qui le traverfe & qui excede d’environ
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- 8 AVI-S PARTICULIERS deux lignes de part & d’autre. Ce tuyau eu rempli par une mecfoe de fils ‘ de coton, qui atteint au fond du va-fe, où l’on verfe de l’efprit-de-vin juf-qü’à la hauteur de quatre à cinq lignes. Le tout eniemble forme une lampe qui eft reçue dans le trou de la platine triangulaire , & qui s’y repofe par une portée IK , que le Ferblantier doit pratiquer à quatre lignes au-deffus du fond H. *
- Cette lampe étant allumée, chauffe & fait bouillir en peu de temps la liqueur qui eft dans la boule de verre : mais comme la grande chaleur qu’elle rend pourroit défunir toutes ces pièces, fi elles n’étoient que foudées à l’étain , il eft à propos qu’indépen-damment de la foudure, leur affem-blage fort .affiné par des clous de cuivre rivés.
- Il faut que la liqueur qu’on met dans la boule de verre, n’occupe que le tiers ou la moitié tout au plus de fa capacité, de crainte que les premiers bouillons n’engorgent le tube ; car fi cela arrivoit, la vapeur dilatée par Faction de la flamme, pourroit faire crever le verre avec éclat.
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- SUR LES ExrÉRIENCES. p
- Cet accident pourroit encore arriver, file feu attaquoit conftamment le verre par un feul endroit, tandis que la liqueur eft encore froide, il faut donc agiter un peu la boule de côté & d’autre,jufqu’à ce que la liqueur commence à bouillir.
- Malgré ces précautions, fi cela ar-rivoit, on doit s’attendre que la liqueur répandue, fi elle eft inflammable, fera toute en feu ; mais il ne faut pas s’en effrayer : le premier linge qu’on trouvera fous fa main, & qu’on étendra deffus en appuyant un peu, étouffera l’incendie. On n’aurajamais rien de femblable à craindre , fi l’on peut, au lieu d’une boule de verre, s’en procurer une de métal ; mais il faut être à portée d’un habile Chaudronnier pour l’avoir en cuivre, ou la faire faire en argent par un Orfèvre qui l’entende : de quelque métal qu’on la fade , il fuffira qu’elle ait un pouce & demi de diamètre ; niais il eft important qu’elle foit mince dans toute l’on étendue, & il convient que le col large d’environ trois lignes à fon origine , aille en diminuant jufqu’à la pointe, comme on le voit au chiffre 4.
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- ïo Avis particuliers Si par difette d’ouvriers , ou autrement , on efl obligé de s’en tenir au verre, on pourra le pourvoir contre fa fragilité en faifant provition de plulieurs boules figurées comme celles qu’on feroit faire en métal, foit en les tirant des villes où il y a des Emailleurs, foit en profitant des cour-fes que les Faifeurs de baromètres font fréquemment dans les provinces, ou bien en les foufflant foi-même au feu de lampe, comme je l’ai enfeigné Tome I. page 211.
- Si l’on peut avoir ces petits éoly-piles ou caffolettes en métal, la queue pourra fe monter à vis, à peu de dif-tance de la boule, comme en L, ce qui donnera la facilité d’y introduire la liqueur odorante avec un petit entonnoir : fi on eft obligé de les avoir en verre foufflé, on les chargera de la maniéré fuivante.
- Mettez dans un petit verre à boire la quantité de liqueur qui doit entrer dans l’éolipile ; chauffez un peu la boule de cet inftrument fur la flamme de la lampe à efprit-de-vin, & plongez aufli-tôt le bec dans la liqueur, afin qu’il en entre feulement quelques
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- SUR LES ExP Ê RIE NCES. Il gouttes ; chauffez une fécondé fois la boule, jufqu’à ce que vous voyiez bouillir le peu de liqueur qui y ell entré ; plongez fur le champ le bec au fond du verre, & vous verrez bientôt toute la liqueur qu’il contient monter précipitamment dans la boule.
- L’expérience étant faite, il ne faut pas plaider dans l’éolypile le relie de la liqueur , qui a perdu ce qu’elle avoit de plus volatil & de plus odorant ; on le fera fortir en tournant la boule de maniéré que le col fe trouve en-bas, & le bec recourbé en en-haut; car alors le feu de la lampe continuant d’agir, la vapeur dilatée pref-fera la liqueur qui ell au-deffous de s’élancer au-dehors , & l’on en fera fi l’on veut un jet de flamme , en tenant une bougie allumée près de l o-rifice.
- J’ai fait modeler il y a une douzaine d’années, & couler en cuivre un petit vafe repréfenté par la Fig. 2. Quand il eu forti de la fonte , on y ajulle & l’on y foude à foudure forte deux feuilles de refend AlAf, qui couvrent chacune une lame d’acier faifanc reffort, au bout de laquelle
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- 12 Avis particuliers eft attachée une rofette , qui eft de cuivre comme la feuille , & qui ne la furpaffe que d’une ligne au plus; les deux rofettes 0, P, creufes ,d’un côté,& fe regardant par leur concavité, embraflçnt la boule de l’éolypile foit de verre, foit de métal, & la contiennent, en lui laiftant la liberté de tourner en tout fens, & d’incliner fon bec plus ou moins.
- Le fond du vafe contient de l’ef-prit-de-vin, & le couvercle eft percé d’un trou rond au milieu, pour recevoir un porte-meche repréfenté par la lettre Q. 11 eft auffi un peu concave en-deffus, pour retenir l’efprit-de-vin qu’on pourroity répandre,& pour l’empêcher de couler fur le dehors du vafe.
- Ce petit infiniment bien téparé & mis en couleur d’or, ou fi l’on veut, doré d’or moulu, eft fort agréable à voir, & peut fervir à répandre des odeurs dans les appartemens de ceux qui les aiment : on peut s’adrefler, pour en avoir, au fîeur Godille, Maître Fondeur , à qui j’ai laide le modèle : il demeure actuellement rue Ma-zarine au Jeu-de-Paume de MafTon.
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- SUR 1RS ExPÉRIEN C ES. 13 Quatrième Expérience.
- O N placera d’abord au fond du vafe la quantité de carmin qu’on veut employer ; on le délayera dans quelques gouttes d’eau avec le bout du doigt : on ajoutera un peu d’eau pour l’étendre davantage & enlever ce qui s’eft attaché au doigt ; & enfin 1 on emplira le vafe avec de l’eau bien claire.
- Pour faire mieux fentir la couleur que cette grande mafle d’eau a con-traftée par le mélange d’une fi petite quantité de carmin, il ferait bon d’avoir un fécond vafe pareil au premier, &.rempli comme lui d’une eau femblable à celle qu’on y a verfée : en regardant la lumière du jour au travers de ces deux eaux, on en ap-percevroit mieux la différence.
- Première Expérience.
- Ayant à parler des microfco-====» pes, de leur conftru&ion, de leurs ufages,dans les Avis fur la dix-feptie-11. seaion! me Leçon , je ne m’arrêterai point à PL u‘ F'f-décrire ici celui dont je me fers dans les Expériences qui appartiennent à cette Seflion. Je remarquerai feule-
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- I»4 Avis PARTlCptïËRS ment que quand on eft obligé de fa-tisfaire en peu de temps la curiofité d’un grand nombre de perfonnes , il eft commode d’avoir un porte-objets, fur lequel on en ait plufieurs tout préparés, & qui fe préfentent fuccef-livement au foyer de la lerjtille ob-jeftive. On peut fatisfaire à ces con-dirions de différentes manieres;en voici une qui me réuflit allez bien.
- A BD, Fig. 3. eft un demi-cercle taillé dans une tablette de quelque matière folide , & qui a une bonne ligne d’épaifleur ; ordinairement je fais cette pièce en yvoire, afin qu’elle foit plus légère que du métal , & qu’elle foit moins fujette à fe falir ; au défaut d’yvoire on peut prendre du buis. Entre la demi-circonférence AD B, & l’arc concentrique ad b, je perce à jour des trous ronds de trois lignes & demie de diamètre, à quatre lignes de diftance les uns des autres, & fur le bord de chacun de ces trous je pratique en-deflous une feuillure, pour recevoir un petit verre mince,ou une feuille de talk arondie, que j’y attache avec un peu de colle de poifîon. Au centre C je fixe une petite broche de métal bien.ronde,
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- 'sür les Expériences'. iy, qui pafle en-deffous,de la longueur de cinq à fix lignes , & qui entre jufte dans un petit canon qui traverfe le bord de la tablette fupérieure du mi-crofcope ,& à telle diflance du centre de cette tablette , que la pièce A D B venant à tourner, le milieu de chaque petit verre pafle à fon tour fous la lentille objeâive du microfcope. Par ce moyen, tous les objets que j’ai placés fur les verres, tournant dans le même plan, dès que le microfcope eft ajufté pour le premier, il l’eft de même pour tous les autres qui viennent après.
- Cela fuppofe pourtant que la lentille objedive ne fera point de celles qui groffiffent le plus ; car elles exigent tant de précifion dans leur diflance à l’objet, que la plus petite différence nuiroit confidérablement à leur effet ; mais dans les expériences donit il s’agit ici, il eft plus avantageux de voir bien clairement que de voir bien gros ; & l’on doit préférer une lentille de moyenne force à toute autre.
- 11 y a deux façons de voir au microfcope les corps qui ont de l’opa-
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- is Avis particuliers cité ou une tranfparence imparfaite, comme les grains de fable, les cheveux , &c. i°. En les éclairant en-def-fous par le moyen d’un petit miroir mobile, qui s’incline plus ou moins pour j'etter de bas en-haut la lumière qu’il reçoit du jour, ou d’une bougie allumée; alors on ne voit que la figure ou les contoursdel’objet. 2°. En iupprimantle fervice du miroir, l’objet ell: éclairé par-deflus, & l’on dif-tingue fa couleur & l’état de fa furfa-ce. Il convient de voir les grains de fable de l’une & de l’autre façon.
- Seconde Expérience.
- Pour préparer les petits cryftaux falins qu’on veut voir au microfco-pe, il faut faire fondre les fels dans de l’eau bien pure,.& dans des petits verres bien rincés,couverts d’une carte à jouer ou de quelque chofe équivalente : il faut donner le temps a la diffolution de dépofer les faletés que le fel pourroit avoir porté avec foi, & fans remuer le vafe,on en prendra avec le bout d’un curedent ou d’une allumette taillée en-pointe, une goutte que l’on dépoferafur un verre bien
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- sur les Expériences. 17 net, & qu’on fera évaporer lentement , dans un endroit où il n’y ait point de pouflîere en l’air.
- Si l’on veut voir les aiguilles du nitre, on fera fondre un peu de ce fel & évaporer fa diflolution, comme je viens de le dire; mais il faudra prendre pour celadunitre pur, c’eft-à-dire, du lalpêtre de la troifieme cuite, ou celui des Indes; car fans cela, les aiguilles feraient mêlées avec des petits cubes; le falpêtre contenant beaucoup de fel marin avant que d’être purifié.
- Troifieme Expérience.
- Tous les végétaux quipnt encore de la verdeur, étant macérés dans l’eau froide , ne manquent guères de faire venir des petits infeâes au bout de quelques jours ; mais j’ai remarqué que certaines fleurs, comme les oeillets, produifent encore mieux cet effet : dès qu’on appêrçoit une petite pellicule à la furface de l’eau, on eft prefque fût qu il y a des animaux.
- On ne réuflit pas toujours à faire venir des anguilles dans le vinaigre ; il en vient rarement dans l’hiver, c’eft plutôt dans les faifons où il fait chaud;
- Tome II. B
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- j8 Avis particuliers il faut pour cela expofer du vinaigre commun à l’air libre, dans une bouteille qui ne foit pas bouchée.
- On obtient aufli de pareils infeftes dans de la colle de farine aigrie, & entretenue liquide avec un peu d’eau; ils font beaucoup moins vifs que ceux du vinaigre.
- Les liqueurs qu’on examine au mi-crofcope, y doivent être mifes en très-petite quantité ; c’eft aflez d’une goutte prife avec la pointe d’un cure-dent , & l’on doit toujours les éclairer par defTous pour les voir en tranf-parence.
- Première Expérience.
- ___ Il eft prefque inutile de dire qu’on i. peut faire cette expérience avec tout m'Ic^aèn autre vaiffeau que celui dont je me pi. iv. rl'g. fers pour contenir l’eau, ainfi que ce-*4- lui que j’y plonge; l’un & l’autre peuvent être remplacés par un grand & par un petit récipient de machine pneumatique , dont un Cabinet de Phyfique eft toujours pourvu ; en cas de befoin on plongerait un verre à boire dans un feau de table rempli d’eau.
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- SUE LES EXPERIENCES. I(J Si l’on n’eft point à portée de fe w.%• procurer en étain ou en verre cette ,î-efpece de pompe ou de chalumeau renflé , dont j’ai fait mention à l’oc-cafion de cette première expérience ; il eft aifé de voir par la figure que j’en ai donnée, combien il eft pof-fible de la faire exécuter par un Ferblantier , en lui recommandant de fouder un pouce au-deflous de l’orifice fupérieur, un anneau ou cercle plat R, Fig. 4. pourfoutenir les deux doigts qui embraffent le tuyau, tandis qu’on le tient bouché avec le pouce.
- Et au défaut de tout cela , une phio-le , ou une bouteille dont le fond fe-roit percé d’un petit trou (a) , pro-duiroit le même effet.
- J’ai parlé au même endroit, mais fort rapidement de la Cloche du Plongeur : c’eft une machine qu’on a imaginée pour faire defcendre un homme fort avant dans la mer , & le mettre en état d’y relier un certain temps,
- & d’y repêcher des effets perdus, fans rifquer de fe noyer. Cette invention dont l’objet eft important, a exercé (*>) Voyez Tome I, page 107. comment oa
- Di)
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- ao Avis particuliers le génie&l’induftrie de plufieurs Sça-vans qui ont tâché de la perfeftion-ner, & quoiqu’elle ait encore des défauts effentiels , & peut-être irrémédiables, elle mérite cependant d’être connue & d’être placée en modèle dans Je cabinet d’un Phyficieri.
- Cette cloche eft un grand vaifleau arrondi, plus large par le bas qui eft ouvert, que par le haut qui eft fermé , conftruit comme une cuve avec de fortes douves , garni de plufieurs cercles de fer, afin de réfifter à la plus forte preffion de l’eau dans le temps de fon immerfion , & dont lé bord eft chargé tout autour de plufieurs malles de plomb ou de fer fondu, de forte qu’il puifle aller à fond , lorf-qu’on lâche la corde à laquelle il eft attaché : cette corde paflant fur une forte poulie attachée au haut d’un bâti de charpente qui eft établi fur deux bateaux plats , aboutit à un treuil ; & le tout enfemble flottant fur l’eau , peut être mené par des rameurs à l’endroit où le plongeur a affaire.
- J’ai fait de cet appareil un modèle qui n’occupe guères qu’un pied en
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- sur les Expériences. 21» quarré , fur neuf à dix pouces de hauteur , & dont je vais donner la def-cription pour ceux qui voudront l’imiter.
- Je repréfente la cloche qui eft la principale piece, avec un grand verre a boire, le plus épais que j’ai pu trouver^ le plus Uni. J’en ai coupé la patte & une grande partie de la tige, pour y attacher une boucle ou anneau de laiton ; & j’ai garni le bord, d’un cercle de plomb laminé qui tient avec de la cire molle, & au bas duquel j’ai fufpendu des balles de mouf-quet, Fig. J. Je repréfente la cloche avec du verre, afin qu’à l’aide de fa tranfparence on voie un petit homme d’émail ou de cire,qui eft aflïs dedans, fur une traverfe attachée au cercle de plomb ; & qu’on voie comment l’air dans lequel il eft, empêche l’eau d’arriver jufqu’à lui, quand la cloche eft entièrement plongée.
- A, A , Fig. 6. font deux morceaux de bois , que j’ai fait tailler & creu-fer en forme de bateaux plats : deux petites planches, dont le pourtour repréfenteroit les bords d’un bateau, feroient tout auffi bonnes.BB,CC,font
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- 52 Avis particuliers deux pièces de bois de 8 lignes de large, 6 d’épaiflfeur, alfemblées parallèlement entre elles avec quatre traverfes D,d, E, e, de même largeur & épaifieur que les pièces précédentes. Sur les mortaifes/, /,/, f, s’élèvent quatre montans, G, g , G , g, Fig. 7. de 6 lignes d’équarriflage & de 6 pouces de hauteur, arcboutés par en-bas & retenus en-haut par quatre traverfes. Sur les deux plus grandes Si au milieu de leur longueur, s’élèvent deux piliers de 3 pouces de hauteur, & bien foutenus des deux côtés , qui portent une pièce de 8 lignes de largeur , fur 4 d’épaifleur, & pofée de champ.
- Au milieu de la longueur de cette demiere traverfe eft attachée une poulie de métal, fur laquelle palfe la corde de la cloche, pour fe rendre à un treuil, auquel elle eft attachée, & qui fert à faire monter & defcendre la cloche.
- Pour faire voir le jeu de cette machine , il faut la pofer fur un grand vafe de verre rempli d’eau claire, & lâcher la corde doucement, afin que la cloche defcende bienperpendicu-
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- sur tEs Expériences. 23 lairemcntàlafurface de l’eau ; ce n’eft qu’à cette condition que le petit homme ne fera pas mouillé.
- Seconde Expérience.
- Il y a trois parties à diftinguer j dans la Fontaine intermittente-,fçavoir,1 la tête , la tige & le baiïin. Ordinairement on fait ces trois parties de fer blanc, ou de laiton plané ; mais autant qu’il eft poflible, il faut faire les machines de Phyftque tranfparentes. quand il fe pafle au dedans quelque efîet qu’il importe de faire connoî-tre : je préféré donc pour la tête de celle-ci,un globe de verre à deux goulots A, PL IL Fig. 1. fi l’on eft à portée d’en avoir ; lï non, un matras B de y pouces & demi ou environ de diamètre , dont le col foit gros à pouvoir y faire entrer le doigt d’un homme aifément, & réduit à un pouce & demi de longueur.
- La tige CD eft compofée de deux tuyaux, l’un fur l’autre, & de longueurs inégales : celui du dedans E F, qui eft le plus long, doit être de laiton , de 3 lignes de diamètre inté-
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- 24 Avis particuliers rieur, ouvert par les deux bouts, & un peu évafé par celui d’en-bas.
- Le tuyau extérieur a trois parties. La première GDell cylindrique; fon diamètre a un pouce ou un peu plus ; il eft fermé én-bas par un fond un peu embouti, qui a fa convexité en-dehors , & percé au milieu, d’un trou rond, au bord duquel feront foudés ceux du petit tuyau.
- La fécondé partie H, eft une boule applatie, formée de deux pièces rondes , embouties en calotes, & foudées l’une à l’autre par leurs bords. Celle d’en-bas eft foudée au tuyau GD, 8c elle eft percée de fept trous, fçavoir, un au milieu, par où paffe le petit tuyau,& où il eft foudé : les fix autres également efpacés entre eux autour du premier , doivent fe voir tout entiers par-dehors, autour du gros tuyau GD. A ces fix derniers trous doivent être foudés autant d’ajutages , dont les orifices n’aient qu’une demi-ligne de diamètre.
- Toutes ces foudures doivent être faites avant qu’on joigne les deux ca- j lotes enfemble , & qu.’on ait arrêté le j petit j
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- sur les Expériences, af petit tuyau par en-bas au fond du gros. On fera bien de les éprouver en ver-fant de l’eau dans la calote ; elle ne doit couler par aucun autre endroit que par les ajutages, & les jets doivent être dirigés de maniéré qu’arrivant au point f,ils ne foient pas écartés du tuyau de plus de 4 pouces. Si cela eft ainfi , & qu’il ne coule point d’eau pat le tuyau GD, on achèvera de fouder le petit tuyau par en-bas, & l’on joindra la fécondé calote à la première, après l’avoir percée au milieu de la grofleur du tuyau GD, pour recevoir la troifieme partie delà tige.
- Cette troifieme partie C,n’eft qu’un bout de tuyau d’un pouce & demi de longueur, & ouvert par les deux côtés. D’une part il communique avec la boule creufe H, à laquelle-il eft foudé ; de l’autre part il eft évafé, & découpé en feftons ou en feuilles de perfil, pour recevoir le goulot du globe de verre qui fait la tête delà fontaine, & que l’on y attache avec du maftic doux, ayant foin auparavant de régler la longueur du petit tuyau de maniéré qu’il n’atteigne pas. tout-à-fait au haut du globe.
- Tome II, C
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- a6 Avis particuliers
- Si ce globe a deux goulots , on bouchera exactement celui d'en-liaut avec du liège & du maftic , ( car il elt important que l’air n’entre point parla ) & o'n le couvrira d’une douille K terminée en pointe, autour de laquelle le Ferblantier fera quelques orne-mens ; mais il aura foin qu’ils n‘'excédent pas la pointe, parce que c’eft fur cette partie que l’on pofe la fontaine , quand on la renverfe pour y mettre de l’eau : fi cette tête eft faite avec la boule d’un matras , & qu’il n’y a it point là de partie faillante pour recevoir la douille, on l’y attachera avec du maftic, après avoir pris la précaution de dépolir le verre, en frottant l’endroit avec du fablon mouillé & une molette de plomb un peu concave.
- Quand on fait la tête de la fontaine en ferblanc ou en laiton , on peut fupprimer la boule creufe H, en mettant les ajutages comme L, l,&c. mais alors il faut que le petit tuyau foit joint au gros, en-haut comme il l’eft en-bas , afin que l’eau ne puiffe pas couler entre eux deux.
- Le balün MN eft rond , ( il pour-
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- , sur les Expériences. 27 roit être de toute aure forme) ; il doit avoir 9 à 10 pouces de diamètre, avec un bord d’un pouce de hauteur. Le fond eft un peu concave pour déterminer l’eau qu’il reçoit à le porter vers le centre, où il y a un trou de 3 lignes de diamètre ou environ.
- Autour de ce trou eft foudée une forte douille 0, affermie par trois confoles, & propre à recevoir le bout V de la tige, qui ne defeend qu’à une ligne près du fond, à caufe d’un anneau foudé en p pour l’empêcher d’aller plus loin.
- La douille eft ouverte fur fon pourtour par trois échancrures, afin que l’eau puiffe arriver librement au centre du bafîin , & de-là paffer par le trou dans une cuvette Q j, fur laquelle le baffin eft arrêté, & qu’on peut vuider aifément après chaque expérience , en ôtant le bouchon r.
- Comme cette cuvette doit recevoir toute l’eau qui vient de la tête de la fontaine, il faut proportionner fa capacité à cet effet, incliner fon fond vers le centre , afin qu’elle fe vuide plus facilement & complette-ment, enfin la faire porter fur trois
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- »8 Avis particuliers petits pieds, qui l’élevent affez pour empêcher le bouchon r de toucher la plan fur lequel on voudra la pofer.
- Voilà toute la conftruâion de la fontaine, il s’agit maintenant de la rendre intermittente. Çet effet aura lieu , fi la tête fournit dans un temps donné, plus d’eau qu’il n’en peut paf-ferdu baffin dans la cuvette ; car celle qui ne pourra paffer , s’amaiïant dans le baffin , noyera le bout D du petit tuyau, & fufpendra à coup fûr l’écoulement qui devrait fe faire par les ajutages. Tout le fecret confifte donc à agrandir peu-à-peu les orifices de ces ajutages , jufqu’à ce qu’ils fourniffent une quantité d’eau fuffi-fante pour noyer le bout du tuyau pendant 3 ou 4 fécondés de temps, ou davantage fi l’on veut ; & cela eft tjifc à faire , car comme ils font formés en pointes ; on peut avec une lime douce les tronquer de plus en plus, jufqu’à ce qu’ils produifent l’effet qu’on délire.
- Si les bords de la cuvette étoient exactement foudés au fond du baffin, l’eau aurait peine à y entrer. On évitera cet inconvénient en pratiquant
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- sur lès Expériences. 29 vers le haut quelque petit trou comme t, ou par dedans le badin un petit canal comme N, par lequel l'ait intérieur puilîe s’échapper, à mefure que l’eau fe préfente pour remplir fa place.
- Il peut arriver encore que le bout D de la tige étant trop près du fond du badin , les intermittences en deviennent trop longues ; on y remédiera aifément,en faifant gliffer un fécond anneau fous celui qui elt arrêté en p.
- On fera très-bien de couvrir tout le métal de cette machine,d’une peinture à l’huile , pour le préferver de la rouille ; ou de plufieurs couches de vernis (a) , dans lequel on aura détrempé quelque couleur qui ait du corps. Si l’on veut de l’ornement, on pourra la faire pafler par les mains d’un Vernilfeur qui la peindra pat compartiment, & qui en rehaudera certaines parties avec de l’or ou de l’argent ; tout cela fe peut faire à peu de frais. Un Amateur qui aura du loi-dr & de l’adrede,la rocaillera avec de petites coquilles de mer & du maf-
- (a) Voyez fur les Vernis leur choix & leurs ufiges, &ç. Tom. L.fecande Part. chap. 3.
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- 30' Avis particuliers tic, en imitant celle qui eft gravée dans le premier Tome de mes Leçons de Phyfique, I. Leçon, H. IF.
- Pour faire l’expérience de la Fontaine intermittente, vous la renver-ferez tenant la tige en-haut &la tête appuyée fur une table ; vous verferez de l’eau claire par l’orifice D, & vous remplirez ainli la tête jufqu’aux deux tiers de fa capacité , ou à peu-près. Enfuite vous redreflerez la fontaine , ayant le doigt fur le bout du petit tuyau en D, pour empêcher l’écoulement qui fans cela le feroit par les ajutages, & vous placerez le bout de la tige dans la douille du baffin.
- Si la tête eft de verre, vous ferez averti de l’inftant où l’écoulement doit recommencer après une intermittence , par quelques gouttes d’eau que l’air chaflera devant lui en montant dans le petit tuyau : & fi la cuvette ne peut donner ifliie à fon air que par un petit trou comme t, ou par un petit canal N, en tenant le doigt défi-fus, vous ferez durer l’intermittence de l’écoulement, comme vous la ferez cefler en l’ôtant ; en ufant my f-térieufement de ces moyens , certai-
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- sur les Expériences. 31 nés gens commandent à coup fur les differens effets de la fontaine ; c’eft ce qui lui a fait donner auffi le nom de Fontaine de commandement,qui convient mieux à la Foire qu’en Phyfï-que.
- AVIS
- Concernant la seconde Leçon.
- Première Expérience.
- P our ce qui concerne la Machine J—n—-pneumatique, fa conftruftion, fes ufa- L, c ges, &c. voyez les Avis fur la dixie-n seûjon. me Leçon ; c’eft-là le vrai lieu d’en rL L F'°' parler.
- Le canon de verre, ou de cryftal, qui doit porter le vafe de bois , n’eft point aftreint à des mefures préci-fes ; il fuffira qu’il ait 10 à 12 pouces de longueur, fur deux pouces ou environ de diamètre par en-haut, un peu plus large par en-bas , afin de n’être pas fi fujet à fe renverfer ; les bords feront dreffés comme ceux d’un rc'cipient ; & s’il peut être fait exprès
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- 32 Avis particulier* . à la Verrerie, je confeille de lui donner la forme exprimée par C,Pl.II.F.i.
- On fera faire le vafe par un Tourneur avec un morceau de bois de chêne de quartier, qui ait eu le temps de fécher, qui ne foit point gras & qui n’ait point de noeud : le hêtre & le noyer bien choifi pourraient fervir de même. Le bois fera creufé félon fon fil ; d'un côté, pour recevoir le colet du verre auquel il doit fe joindre ;& de l’autre, plus profondément pour former le vafe ; & entre ces deux cavités on- réfervera un fond d’une bonne ligne d’épaiffeur, comme on le peut voir par la coupe diamétrale qui eft repréfentée en A.
- Ce vafe B fe joindra au colet du verre C avec de la cire molle j & l’on aura l’attention de chauffer un peu les pièces & d’appuyer la cire avec le bout du doigt, ou avec la lame d’un couteau, de maniéré qu’il ne refie à cette jonftion,aucun endroit par où l’air puiffe s’infinuer.
- Il eft très-à-propos de couvrir le bois, tant par-dedans que par-dehors, de plufieurs couches de couleur détrempée avec du vernis, à la réferve
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- sur iïs Expériences. 33 cependant de la partie qui fait le fond du vafe ; il eft abfolument nécelfaire qu’elle relie découverte deflus & def-fous, & que rien n’empâte l’embouchure de fes pores.
- Quand on a fait l’expérience avec de l’eau, il arrive quelquefois que le bois s’entr’ouvre en fe féchant, ce qui met le vafe hors de fervice ; il eft bon d’en avoir, plulieurs fur la même mefure , afin d’en changer au befoin : c’eft pour faciliter cette opération > que je confeille de n’y joindre le verre qu’avec de la cire molle , plutôt qu’avec un maftic dur qui feroit plus difficile à enlever.
- Si l’on n’avoit pas la commodité de fe procurer un verre, tel que celui dont je donne ici la figure, on y pourrait fuppléer en joignant enfem-ble. deux récipients étroits , l’un plus long que l’autre, comme on le peut voir par D,E, 8c en affujettilfant leurs goulots l’un fur l’autre avec une virole de fer blanc & du maftic doux ou de la cire molle : on y ajouterait le vafe de bois , comme je l’ai dit ci-deflüs.
- Au lieu d’eau,dans cette expérience
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- 34 Avis particuliers on peut employer du mercure, & alors on ne rifquera pas de faire fendre le bois. Mais il faudra empêcher qu’il n’en tombe dans le canal du robinet de la machine pneumatique. Je dirai tout-à-l’heure ce qu’il y a à faire pour cet effet.
- Seconde Expérience.
- 1 ' On peut faire cette expérience d’u-t îc'o ne maniéré fort limple , en faifant * i Stûion! un nouet de mercure avec un mor-n. i. fig. z. ceau jg peau (je chamois , & en le preffant entre les doigts, dans quelque vaiffeau de verre, de porcelaine ou de fayence , & non de métal. Ce minéral, en fe criblant ainfi à travers les pores de la peau, fe purifie des faletés qu’il pourroit avoir contractées ; mais le chamois qu’on a employé à cet ufage , en retient toujours quelques parcelles, & pour cette raifon, il faut bien fe garder de s’en fervir pour frotter aucun bijou d’or ou d’argent.
- , Si l’on veut mettre plus d’appareil dans cette expérience, on pourra prendre deux récipients affemblés comme DE, ôcau lieu d’un vafe de
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- sue les Expériences. $$ bois, y attacher un couvercle de fer-blanc, ou de‘cuivre, dont le fond foit percé d'un trou rond de 14 à 1 y. lignes de diamètre , & furmonté d’une virole de deux lignes plus large que le trou autour duquel elle fera foudée; F, repréfente la coupe diamétrale de cette pièce.
- La virole recevra un flacon de cryf-talG, dont on aura fupprimé le fond, foit en le coupant, foit en l’ufant ; & en place duquel od aura mis un morceau da peau de chamois arrondi , & collé par fes bords au corps du flacon par-dehors. Ce flacon ainfi préparé , fera placé dans la virole , & attaché avec de la cire molle , de maniéré que l’air extérieur ne puifle point entrer par-là dans le canon de verre , & il ne pourra point palier outre , parce que le trou qu’on a fait au fond du couvercle, étant moins large que la virole, lui procure un petit bord circulaire fur lequel il s’arrêtera.
- Si l’on a employé du fer-blanc, il faudra néceffairement le peindre par-dehors & par-dedans avec une couleur détrempée au vernis, pour eia-.
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- $6 Avis particuliers pêcher que le mercure ne s’attache à l’étain dont le fer eft -enduit.
- Et pour empêcher que le mercure n’entre dans la pompe,en tombant du flacon fur la platine de la machine pneumatique , on aura foin de couvrir le bout du canal du robinet avec un opercule de bois H, tourné en forme de champignon , dont la tige foit creufe , pour entrer un peu jufle & en tournant fur le bout du canal qui efl une vis; & elle eft percée deplu-lieurs petits trous fous le chapeau h, pour donner à l’air du récipient la liberté de fe rendre à la pompe.
- Troifieme Expérience.
- n Pour cette expérienceonpréfé-J Liçok. rera les œufs vieux à ceux qui font \t S/%°n' fra's> parce que ceux-ci n’ayant point 's'1 ' encore eu le temps de rien perdre par l’évaporation , contiennent moins d’air que les premiers. Cependant les oeufs à force de vieillir & de perdre de leur fubftance, deviennent aflez légers pour furnager dans l’eau ; ils ne font plus propres à l’expérience dont il s’agit ici ; car il faut que l’oeuf foit entièrement plongé dans de l’eau claire, afin qu’on apperçoive difiinc-
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- SUE LES ExTÊRIENCE S. 37 tement l’air qui en fort ; & pour cette même raifon, il faut choifir un gobelet qui foit un peu profond.
- Comme il y a une vis faillante au milieu de la platine de la machine pneumatique, pour placer le gobelet plus commodément , on mettra deffous une rondelle de bois I, Fig. 3. percée au centre, & dont 1’épaifleur égale la hauteur de la vis qui excede le plan de la platine.
- Ceux qui auront la curiofité de vernir des œufs pour les garder longtemps frais , feront recueillir ceux des poules qui auront vécu féparées des coqs ; & le jour même qu’ils auront été pondus, ils feront préparés de la maniéré fuivante.
- Prenez pour chaque œuf un fil plié en deux, attachez les deux bouts réunis avec un peu de cire d’Efpagne fur un des bouts de l’oeuf, & fufpen-dez-!e à un clou d’épingle , comme il eft repréfenté en K ; on en 'peut attacher ainfi une centaine de fuite, & même davantage ; ayez du vernis dans un verre à boire dont le fond foit un peu large , & tandis que l’œuf y eft en partie plongé, paflez du ver-»
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- 38 Avis particuliers nis fur le relie avec un pinceau de poil doux : un quart-d’heure après, vous pourrez, en procédant de même, donner une fécondé couche , & cela fuilira.
- Il ne faut point, pour cette opération , un vernis fort recherché ; un peu de cire d’Efpagne pulvérifée & fondue dans de l’efprit-de-vin légèrement chauffé, ou même froid , en donnera un qui fera fuffifant ; &il aura allez de corps, fi dans quatre parties d’efprit-de-vin vous en mettez une de cire d’Efpagne : on réufllroit prefque auffi fûrement en frottant feulement les œufs avec une huile fécative,comme celle de noix, &c. Des oeufs traités ainli pourront fe manger très-bons au bout de fix mois.
- Quatrième Expérience.
- Je ne donnerai point ici la com-• —r polition des Encres de fympathie, vous
- leço». la trouvez dans la fécondé Partie de i. seftio». cet Ouvrage , Tome I. page 423.6r f. ti. a. Fig*- jg jjiraj feulement,qu’il faut tracer les caraâères avec une plume un peu grolfe & neuve , ou qui ait été nouvellement lavée dans de l’eau claire,
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- sur les Expériences. 39 & que fi l’on met 400 ou 300 feuillets entre l’écriture invifible & la liqueur qui doit la rendre lifible. il faudra attendre plus d’une demi-heure l’eftét de ces encres, à moins qu’elles ne foient bien nouvelles.
- On fera voir que ces deux liqueurs qu’on nomme Encres de fympathie, font de nature à produire une couleur opaque & brune par leur mélange , fi l’on met un peu de celle avec laquelle on écrit, dans un petit verre , & qu’on jette par-deflus, quelques gouttes de celle avec laquelle 011 fait pa-roître l’écriture ; car ce mélange pa-roîtra auflî-tôt fous la forme d’une liqueur épailfe & prefque noire,
- A la fuite des quatre dernieres expériences, pour faire voir qu’il doit y avoir une certaineproportion ou analogie entre les pores d’un corps dif-folubie , & les parties de fon diffol-vant, on doit fe munir d’une petite planche de cuivre rouge , planée & polie , comme on les prépare pour les Graveurs ; on la fera chauffer fur un feu de charbons , & on la frottera légèrement avec le vernis des Graveurs, dont j’ai donné la compofition.
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- 40 Avis particuliers Tomel. page 438. on l’en frottera, dis-je , jufqu’à ce qu’il y en ait une couche très-mince & très-égale ; quand elle fera un peu refroidie , on pré-fentera le côté enduit au-deffus d’un flambeau allumé de cire jaune mêlé de poix-réfme, afin qu’il fenoirciffe par la fumée ; après quoi on y delfr-nera ce qu’on jugera à propos, avec la pointe d’une greffe aiguille à coudre , qui découvrira le cuivre partout oû elle paffeta ; Si l’on finira par entourer cette planche d’un rebord de cire molle , élevé de 7 à 8 lignes.
- Cette planche ainfi préparée étant placée de niveau fur une table, on y verfera de l’eau fécondé, c’eft-à-dire , de l’eau-forte affoiblie avec moitié d’eau commune , jufqu’à l’é-paiffeurde 3 à 4 lignes. Alors on ob-fervera fort aifément que la liqueur travaille fur le métal par-tout où il a été découvert par la pointe, tandis que le relie qui eft enduit de vernis demeure intaél.
- Vous prouverez encore la nécef-fité d'alfortir à la porofité des corps la nature des liquides qu’on voudrait y introduire, en peignant fur une tablette
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- sur les Expériences. 41 tablette de marbre blanc: car les couleurs s’avanceront dans fon épaifleur, fi elles font détrempées dans une matière grafle , & que la pièce foit un peu chauffée ; au lieu que délayées dans l’eau,elles n’y entreront ni à chaud ni à froid. J’ai vu faire fur des marbres blancs,d’affez jolis ouvrages avec des cires diverfement colorées & formées en crayon , ou bien avec des couleurs étendues dans l’huile dethé-rébentine : mais ces couleurs font fii-jettes à s’étendre , on a de la peine à les contenir dans des traits d’une certaine fineffe : c’eft un art à étudier , quand on veut.le pratiquer.
- La compofition des vernis eft fondée de même fur le choix qu’il faut faire du diffolvant propre à telle ou telle efpece de gomme ou de réfine, ce qui fuppofe des différences conli-dérables dans la porofité de ces matières durcies ; mais je ne m’étendrai point ici fur cet article, j’en ai parlé fuffifamment dans la fécondé Partie de cet Ouvrage, Tome I. ch, 3.
- Tome II.
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- 42 Avis particulier?
- Première Expérience.
- n La boule creufe employée dans Leçon, cette expérience, peut avoir autour s,?*rn' de deux pouces & demi de diamètre, & il faut que Je métal dont elle eft faite foit très-mince, afin qu’il foit bien flexible ; mais cependant il eft eflentiel qu’il n’ait aucune gerfure , ni aucun trou, fi petit qu’il foit. Elle peut être également faite, ou de cuivre, ou d’argent. Si l’on fe détermine pour le premier de ces deux métaux, on s’adreflera à un habile Chaudronnier qui fçaché bien la Rétreinte 5 il la formera prefque jufqu’aux trois quarts de fa fphéricité, avec une feule pièce de cuivre rouge, qu’il battra fuivant les régies de fon art, en la faifant recuire de temps en temps, pour entretenir fa duétilité ; & il l’achevera en foudant au bord de l’ouverture qui refte CD, Fig. 4. une calote AB de même métal, qu’on lui fournira.
- Cette calote aura au milieu de fa convexité un col G, de 4 ou y lignes de longueur, & taraudé en-dedans pour recevoir le bouchon à vis H, qui preflera entre lui & le bord de
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- sur les Expériences. 43 l’orifice , une petite rondelle de cuir gras, afin que l’eau dont la boule fera remplie, ne puiffe point refluer parla , quand elle fera preflee.
- Si l’on préféré l’argent au cuivre, c’eft à l’Orfévre qu’il faut s’adrelfer, & il fe chargera de tout ; mais il faut lui recommander que le métal foit mince, & également mince par-tout, que la vis du bouchon foit bonne, & que fon pas ne foit point trop fin.
- On emplit cette boule avec de l’eau bien nette & un petit entonnoir de verre ou de métal ; & quand elle paroît pleine jufqu’à l’orifice , il faut lailfer le temps aux petites bulles d’air cantonnées autour du col intérieurement , de fortir , & il faut les aidera fe dégager en frappant de petits coups fur la boule avec le doigt; après quoi l’on y met le bouchon que l’on feire fortement.
- Il y a bien des moyens dont on pourrait fe fervir pour prelfer fortement cette boule remplie d’eau ; un fimple levier monté fur une planche, arrêté par un bout avec un mouvement de charnière, comme le cou-, teau du Boulanger, & chargé d’un
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- 44 Avis particuliers poids par l’autre bout , fuffiroic pour la comprimer ; & l’on pourroit aiférnent évaluer cette preflion. On la comprimeroit encore autant qu’on voudrait entre les deux mâchoires d’un grand étau, en la plaçant entre deux morceaux de bois un peu concaves , pour empêcher que les angles du fer ne la crevaflent. Mais cette expérience fe fait d’une maniéré plus élégante, par le moyen d’une petite prefle dont voici ladefcription.
- AB, Fig. y. eft une planche de chêne qui a deux pouces d’épaifleur; elle eft chantournée dans un ovale dont le grand diamètre eft de 30 pouces, & dans fon plus large elle en a 11 : en C& en D, font fixés avec de la colle & des chevilles, deux püaftres chantournés aufti, qui ont un pouce & de mi d’épaifleur & 9 pouces de hauteur entre les deux tenons.
- £, F font deux vis de bois de poirier , faites à la filiere, qui ont 9 pouces & demi de longueur chacune & un pouce de diamètre. Avant de former le filet, on a chafle dans chaque bout des cylindres, une broche de fil de fer terminée en pointe quarrée »
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- sur iss Expériences. 4^ Sc qu’on a laiffée excéder le bois de 4 lignes. Ona-fssé enfuite ces parties excédentes, 6c l’on en a formé des pivots, fur lefquels on a centré les bois, en les remettant fur le tour.
- On n’a point fait régner le filet complètement d’un bout à l’autre ; on a réfervé vers le haut de chaque vis, une partie cylindrique de deux pouces de longueur , fur l’extrémité de laquelle on a pris un quarré, pour recevoir une roue de cuivre qui a 48 dents , & qui tourne bien concentriquement avec la vis à laquelle elle eft jointe.
- Ces roues ( qui font de meme nombre ) font évidées pour être moins pefantes , & leur épaiifeur au milieu doit être de deux bonnes lignes, afin de pouvoir s’attacher & tenir plus foüdement au bois. Elles font menées par un pignon de fer G, qui a 12 ailes , dont le pivot eft retenu par un coq attaché en H , & dont la tige, après avoir traverfé fort à Faife le chapiteau, vient palier par un trou de jufte groffeur , qu’on lui a préparé daniune plaque de cuivre I, in-cruflée dans le bois, & qui l'empêche
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- 4<5 Avis particuliers de remonter,à caufe d’un épaulement réfervé en L.
- K, eft une pie'ce de bois de poirier qui a un bon pouce d’épaiifeur , & dans laquelle font taraudés les écrous des deux vis. Il eft abfolument né-celfaire que cette pièce & les deux roues engrenées avec le pignon, maintiennent les vis bien parallèles entre elles, fans quoi les mouvemens feraient gênés.
- M, N, font deux carrés de cuivre noyés dans le bois en partie , & percés au milieu pour recevoir les pivots des vis par en-bas : il y en a deux femblables au-deffous du chapiteau , pour ceux d’en-haut : & quand on place ces quatre pièces, il faut avoir bien foin de régler leur écartement fuivant celui qu’on a donné aux axes des vis, tant par le rouage que par la pièce K.
- Tout étant ainfi préparé, on affem-ble le chapiteau avec les pilaftres, & on l’y retient avec deux chevilles de fer de chaque côté , afin de pouvoir aifément le démonter en cas de befoin : on place enfuite la manivelle fur fon quarré, & on l’y arrête avec une rondelle de cuivre tournée , &
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- sur les Expériences. 47 par-de(Tus,un écrou formé en bouton qui entre fur la partie excédente de la tige , dont on a fait une vis.
- La pièce K, qui defcend fur la boule & qui la prelfe, quand on fait agir les vis , doit être creufée en-delfous, de forte qu’elle s’y applique non par un point, mais par une furface un peu large qui touche une portion de fa convexité : & de même le petit billot P , fur lequel eft pofée la boule , lui préfente une concavité accommodée à fa ligure , afin qu’elle y foit appuyée fur une plus grande étendue; & pour empêcher auffi qu’elle ne roule & ne tombe quand elle y eft placée , & avant qu’on la prelfe.
- Quand la boule a fervi une fois à cette expérience , elle a perdu fa figure fphérique ; pn ne peut la lui rendre qu’en la repprtant au Chaudronnier , qui la défofidra , qui la rebattra, & refera de nouveau la foudure ;mais quand elle aura été rebattue ainli une ou deux fois, ce fera bien hafard , fi le cuivre n’eft point percé ou gerfé en quelque endroit:»
- Il y auroit un moyen de prelîer l’eau dans la boule , fans déformer le
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- 48 Avis particuliers métal qui la contient, ce feroit d’y fouder, au lieu d'une calote, un morceau de cuivre folide, long d’un pouce au moins , dans lequel on auroit taraudé l’écrou d’une vis grade comme le petit doigt, & qui auroit un quarré en-dehors , par lequel on pût le faifir & le faire tourner avec une clef à deux branches , en afluiettif-fant la vis dans un étau , ou dans une mortaife, par une partie plate , qu’on réferveroit au bout. Voyez la Fig. 4. à la lettre Q.
- Mais il faudrait pour cela que la vis fût d’un bout à l’autre d’une grof-feur bien égale , que fes filets fulî'ent très-également eipacés, & que tout le vuide de l’écrou fût exactement rempli ; ce qu’on ne peut pas faire aifé-ment : cependant un Profefleur Allemand avec qui je fuis en correfpon-dance , affûre qu’il l’a tenté avec fuc-cès,en ajoutant aux conditions que je viens d’articuler, la précaution d’enduire la vis & l’écrou, d’une matière grade non fluide, comme le fu-if mêlé avec un peu de cire & d’huile -d’olives.
- Si l’on veut faire voir que dans l’expérience
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- sur les Expériences. 49
- l’expérience de la boule comprimée avec la preffe , le changement de figure laine toujours fubîlfter la même capacité; on n’aura qu’à mefurer l’eau devant & après , cela fe peut faire commodément avec ces petites me-fures de verre que nous appelions Chalumeaux renflés R , & que l’on emplit en afpir'ant avec la bouche ; on en peut avoir aifément & à peu de frais, de ces Emailleurs qui portent des baromètres dans les rues , & j’ai dit au troifieme Chapitre de la première Partie , Tome I. comment on peut les faire foi-même.
- Seconde Expérience.
- Pour fe procurer un fiphori tel puii.Fis.6, que celui qui ell employé dans cette expérience, le mieux ferait de le tirer immédiatement d’une Verrerie ,
- & d’.en avoir plus d’un ; ce n’eft point une grande dépenfe : fi cela ne fe peut pas , il faudra fe contenter de faiçe joindre deux tubes de 3 ou 4 pieds de longueur, bout à bout l’un de l’autre au feu de lampe , après quoi on en pliera une partie de 8 pouces, de
- Tome II. E
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- yo Avis particuliers. manière qu’elle monte parallèlement à la grande branche.
- Si le tube a cinq ou fix lignes de diamètre extérieurement, & qu’il foie un peu épais , comme il le faudroit pour réfifter à la grande preflion du mercure dont il doit être chargé ; il ne fera pas facile de le plier à la lampe d’Emailleur ; on en viendra mieux à bout en le faifant chauffer dans du charbon bien allumé ; mais comme il pourrait s’écrafer à l’endroit de la courbure , on pourra prévenir cet accident en le remplilfant avec du fa-blon bien net & bien féché au feu, que l’on fera aifément-fortir après, comme je l’ai enfeigné, T. J. p. 216.
- Il efl plus facile de placer une colonne d’eau dans la petite branche , quand on la lailfe ouverte par le haut ; mais comme il faut la boucher enfuite bienexaftement,il arrive fou-vent que l’expérience manque par-là,• il feroit plus fûr de la fceller hermétiquement, fauf à l’emplir avec un peu plus de peine par la grande branche. On y parviendra en remplilfant celle-ci entièrement, & en tenant
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- sur les Expériences, yr enfuite l’inftrument couché dans une lituation prefque horifontale & de champ, la petite branche étant plus bas que la grande ; en fecouant un peu & à plufieurs reprifes le fiphon fuivant fa longueur, on donnera à l’eau des impulfions qui lui feront déplacer l’air dont il faut qu’elle prenne la place , & quand une fois il y en aura jufqu’au milieu de la courbure, on pourra renverfer la grande branche pour faire fortir celle qui s’y trouvera de relie.
- Quand il eft quellion de faire voir cette expérience d’un peu loin , au lieu d’eau pure , on peut prendre une teinture d’orfeille.ou fi l’on veut, du vin rouge ; mais lorfqu’il s’agira de remplir la grande brandie avec du mercure , fi l’on ne prend pas la précaution d’incliner le tuyau, & de ver-fer doucement d’abord & en petite quantité , les premiers volumes qui tomberont avec une grande précipitation , chalferont devant eux des bulles d’air qui monteront dans la co-, lonne d’eau, & qui, fi elles y reftoient, mettroient de l’erreur dans le réfultat de l’expérience.
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- J2 Avis particuliers Il faut lier un fil fin & ciré fur la branche courte à l’endroit où commence la colonne d’eau, pour faire voir, quand la grande elt chargée de mercure, que cette colonne toujours également longue , ne laide apperce-voir aucun ligne de compreffion; on ne doit jamais fe difpenfer de tenir çe fiphon attaché fur une planche, à çaufe de fa grande fragilité : & l’on aura foin qu’tl la dépaue un peu par en-haut, afin qu’on puilfe l’emplir 5ç le vuide'r plus commodément.
- Troijîeme Expérience.
- w - 7 Si vous frottez la tablette de marbre avec de l’huile, il faut enlever çette huile avec un linge en frottant fortement, il ne s’agit que de faire naître un nouveau luijfant, pour rendre fenfibles les endroits où la boule d’yvoire aura touché.
- Au lieu de çe luifant, on peut ternir le marbre en afpirant deiîus, & les marques de la boule feront encore plus marquées ; il eft vrai que cfesper-îonnes fcrupuleufes pourront foup-çonner que les taches font produites par une partie de la boule non applq>
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- tic, qui fe fera enfoncée dans l’épaif-feur de la couche de vapeur attachée au marbre ; mais fi elles font raifon-nables, on les guérira de ce doute, en leur faifant remarquer que la couche qui enduit le marbre , eft de beaucoup vop mince pour donner lieu à des taches de cette largeur.
- Ce n’eft point a (fez de lailfer tomber la boule d’yvoire de la hauteur d’un homme, pour avoir les taches un peu grandes, & telles qu’il les faut, il eft mieux de la lancer avec le bras ,• & plulieurs fois de fuite, afin de marquer plufieurs endroits : & quand on les veut faire voir , il faut incliner le marbre au jour , afin que la perfonne qui les regarde, les apperçoive par la lumière réfléchie.obliquement.
- A la fuite de cette expérience j’emploie quelques machines pour faire voir, i°. que les corps élaftiques font fufceptibles d’un certain mouvement qui leur eft propre, & qu’on nomme vibration : 2°. que la demi-vjbration d’un ïeflort qui fe débande eft accélérée , & que la derniere fe fait avec une vîtefle retardée : 30. que toutes les vibrations, petites ou grandes ,
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- Avis particuliers d’un même reffort, font ifochrones, c’eft- à-dire, de même durée.
- La première de ces machines eft fort fimple ; elle eft faite avec une planche épaifte d’un pouce , & qui a cinq pieds de long : fa largeur étoit de quatre pouces ; on en a retranché la moitié , à l’exception des deux extrémités , où on l’a laiffée prefque toute entière, & le refte a été chantourné , comme on le peut voir par la Fig. 6. Une corde de boyau d’une ligne & demie de diamètre , eft fixée en D , & à l’autre bout elle eft reçue comme celles des violons , fur une cheville avec laquelle on la peut tendre à volonté. Quand on la pince fortement dans le milieu de fa longueur , elle va & vient pendant quelques inftans d’A en B, & bientôt après l’étendue de fes excurfions diminue, & elles deviennent infenfibles. On peut faire cela beaucoup plus petit, & avec une corde bien plus fine , fi c’eft pour être vû de près.
- La fécondé machine a trois parties principales. La première eft une lame de fleuret A B , Fig. 7. longue
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- sur les Expériences, yy fix lignes de longueur eft formée en vis.L’autre bout J3 eft percé fur fa largeur, pour recevoir la queue d’un petit cône de fer, qu’on arrête parrder-riere avec un écrou. Cette lame placée de champ j eft parallèle à une tablette chantournée CD E, qui fait la fécondé partie de la machine ; elle y eft fixée à deux pouces & demi d’élévation, par le moyen de deux petits
- Filiers A, F, de fer ou de cuivre, dont un eft taraudé pour recevoir le gros bout du fleuret, & l’autre percé à jour & enfilé fur la lame, eft ajufté pour demeurer à deux pouces & demi de diftance du premier. Ces deux piliers ont par en-bas deux tenons à vis qui traverfent la planche, & qui font reçus par-deffous avec des écrous.
- La tablette a deux pieds & demi de longueur & 20 pouces dans fon plus large. La parrie GE H eft faite de 3 pièces affemblées à plats joints avec de la colle ; & la partie CD s’y ajoute par forme d’emboîture, le fil du bois eft fur fa longueur, & elle eft percée d’une rainure à jour, qui eft une portion de cercle dont le centre eft à la diftance du point I. Cette rai-
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- Avis particuliers nure a 8 lignes dé largeur, elle s’é-tend de part& d’autre jufqu’à un pouce & demi près du bord de la tablette : & en marquant zéro au milieu de fa longueur, on a divifé les deux portions de droite & de gauche en trois parties égales. Le chantournement de cette tablette eit arbitraire , chacun le peut deffinerfuivant fon goût; mais il eft néceflaire qu’elle foit portée par trois petits pieds de 18 lignes ou deux pouces de hauteur, qu’on pourra placer vis-à-vis des lettres G, E, H, pour laifier la facilité de faire tourner par-delfous avec la main, l’écrou qui doit fixer fur telle divifion qu’on voudra de la rainure, la pièce qui fait la troi-fieme partie de cette machine.
- Elle confifle principalement dans une molette de bois K , de y pouces de diamètre , & d’un pouce d’épaif-feur, fur l’une des faces de laquelle on a formé un creux circulaire de 4 lignes de profondeur , un peu plus large du fond que des bords , & que l’on a rempli de plomb fondu, de maniéré que ce métal s’y préfente fous la forme d’un anneau plat qui a 13 à 14 lignes de largeur.
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- sur les Expériences, yj
- Dès qu’on voit que le plomb eft pris, on achevé de le refroidir promptement avec de l’eau , & on le bat enfuite à petits coups de marteau, pour l’érendre & le ferrer dans la cavité qu’il occupe.
- Quand la pièce eft froide & fé-chée , on la met fur le tour pour la drelfer & l’arrondir ; & l’on y adapte par-derriere une queue ronde, greffe comme le petit doigt, & terminée en vis , après une partie lifle de 7 à 8 lignes de longueur : cette queue tra-verfe l’épaiffeur d’une pièce dont on voit le profil en M, & y eft retenue par un écrou, dé forte que la molette peut tourner & s’arrêter comme on le veut.
- La piece M qui porte la molette, a par en-bas un petit bout de tenon quarré , qui entre librement dans la rainure CD , fans excéder l’épaiffeuc de la tablette ; & au-deffous de ce tenon eft un bout de vis garni d’un écrou un peu large, moyennant quoi l’on jpçut porter & fixer la molette à tel foidt que l’on veut de la divifion; & les mei fures font prifes de maniéré que l’anneau de plomb répond par le
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- milieu de fa largeur à la pointe du cône de fer qui eft au bout du fleuret.
- II relie une quatrième partie dont le profil eft repréfenté en N, c’ell une pièce de cuivre ou de fer , qui a g bonnes lignes d’épailfeur, & qui eft refendue en fourchette par le haut, pour recevoir un crochet tournant furie point a. Cette pièce élevée en b perpendiculairement au plan de la tablette chantournée & attachée foli-dement , reçoit fur le mentonnet c la lame de fleuret , quand elle eft pliée comme b d I,&le crochet qu’on abaif-fe l’y retient, pour donner la liberté de placer la molette fuivant que l’exige l’expérience.
- Ayant donc ainlî arrêté la lame diadique , on placera la molette au chiffre 2 , ne laiffant entre elles qu’un des efpaces de la divifion ; on lèvera le crochet pour îaiffer partir le ref-fort, & la petite maffe conique qui eft au bout, venant frapper le plomb, y fera un trou proportionné à la force que lui donne fa vîtefle. On recommencera la même opération après avoir reculé la molette de maniéré qu’il y ait deux efpaces entre elle &
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- Je bout de la lame : mais avant de lâcher celle-ci, il faut faire un peu tourner la molette , afin que le fécond coup ne frappe point au même endroit qui a reçu le premier.
- . En reculant ainfi la molette de plus en plus, & ayant foin à chaque épreuve de la faire un peu tourner fur fon centre, on aura fur le plomb, une fuite de trous qui feront voir par leurs différentes grandeurs, que la vîteffe du reffort eft accélérée dans fa première demi-vibration, & qu’elle va en diminuant enfuite jufqu’à la fin de la fécondé demi-vibration.
- Parmi les machines employées dans la troifieme Leçon j’en décrirai une qui fert àmefurer lesfrottemens fa principale piece eft une roue de métal non dentée , qui tourne alternativement en deux fens contraires ; par le moyen d’un reffort fpiral, auquel fon mouvement eft affujetti. Je me fers de cette machine pour faire voir que les vibrations d’un même reffort font ifochrones entre elles ; car les ayant une fois réglées pour fuivre les ofcillations d’un pendule à fécondés, ( on y parvient aifément en
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- «O Avis partisulieeS faifant gliffer d’un côté ou de l’autre le reffort, dans'la fente qui lui fert de point fixe j), Je fais remarquer que celles qui Ont le plus d’amplitude, comme celles qui en ont le moins , confervent toujours la même durée. Je dirai au fujet de la fîxicme Leçon, comment on peut fe procurer aifé-ment.un pendule qui bat les fécondés.
- Vers la fin de la fécondé Leçon au fujet de l’odorat, il efl dit que ce fens a pour objet des particules extrêmement fubtiles & prefque toujours invifibles,qui nagent dans l’air & qui s’introduifent avec lui pour affecter l’osgane ; on peut prouver l’exif-tence de ces corpufcules odorans,en les unifiant dans l’air avec une autre matière invifible comme eux.
- Mettez plein une cuiller à çaffé d’ef-prit volatil de fel ammoniac dans le fond d’un verre à ratafia, & s’il fait b en froid, faites-le un peu chauffer devant le feu ; préfentez à quelques pouces de diflance au-deffus du verre, une petite bande de carton enduite de cire, que vous aurez nouvellemept trempée dans l’efprit de nitre. Alors vous verrez autour de ce corps une
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- sur les Expériences. 6i filmée blanche & épaifle , qu’on n’y a-pperçoit point quand on le porte ailleurs qu’au-deuus du verre.
- La précaution de tremper la petite bande de carton dans la cire fondue, fait voir que la fumée épaifle qu’on apperçoit, ne peut venir que du volatil urineux qui rencontre dans l’air les particules nitreufes auxquelles il s’unit, & non pas du carton brûlé , pour ainfi dire , par Patlion de l’ef-prit corrofif dans lequel on l’a trempé , car la cire dont il eft enduit,fuffit pour l’en garantir.
- AVIS
- Concernant la troisième Leçon.
- C o m m e il faut en enfeignant laif-fer le moins qu’il eft poflible de prétextes aux conteftations, pour répé-1 ter l’expérience propofée par New- 6 ton, on fera bien d’employer deux boules de plomb égales en diamètres , mais dont les malles foient fort différentes, en faifant mouler l’une
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- 62 Avis particuliers pleine & l’autre creufe par un Fondeur. Car alors fi par deux chocs femblables, la plus légère eft pouffée plus loin que la plus pefapte , on ne pourra plus attribuer cette différence à une moindre réfiftance de la part de l’air, puifque les volumes de ce fluide qu’elles auront à déplacer pour commencer à fe mouvoir,feront égaux pour toutes les deux.
- La boule creufe doit toujours avoir affez d’épaiffeur pour n’ètre pas enfoncée par les chocs qu’elle aura à fouffrir ; il faut lui en donner deux lignes au moins ; & afin qu’il y ait une grande différence entre les maf-fes, on pourra donner à l’une & à l’autre environ trois pouces de diamètre , & fe fervir pour les choquer, d’une balle de moufquet fufpendue par un fil. La boule creufe pourra être faite parleFerblantier, qui emboutira deux calotes , & qui les foudera bord fur bord.
- Première Expérience.
- ri. I. Fig. j. La machine dont on fait ufage dans cette expérience efl: compofée , i°. d’une caille entièrement ouverte
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- par en-haut, qui peut avoir 28 pouces de longueur , p pouces de largeur , & 6 à 7 pouces de hauteur : au lieu de pofer à plat & immédiatement fur le plancher, elle eft montée fur deux traverfes attachées au fond, & qui dépalfent de part & d’autre fa largeur d’environ deux pouces. Ces parties excédentes font percées & taraudées pour recevoir 4 vis de bois de p à 10 lignes de diamètre & longues de 4 pouces , par le moyen defquelles on peut aifément caler la machine & mettre lacaiffe de niveau. Pour la rendre ftable & empêcher qu’elle ne foit endommagée par les corps durs qui doivent tomber dedans , on la remplit en partie avec de la terre non humide , ou avec du fable.
- z°. Sur les deux petits côtés de la caiffe font élevés deux montans parallèles qui ont 6 pieds de hauteur. Leur figure, leur largeur & leur épaif-feur font arbitraires , mais il faut qu’ils foient alfez folides pourfe tenir droits, & ne point vaciller. Et fi l’on prévoit que la machine ait be-foin d’être fouvent tranfportée, on
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- «4 Avis particuliers les aflemblera par en bas, de maniéré qu’ils puifient fe démonter.
- 3°. Les deux montans entaillés en-haut comme A & B, PL III. Fig. i. entrent dans les deux fourchettes d’une traverfe CD, 8c y font retenus par deux chevilles de fer que l’on peut ôter quand on veut. Au-deffus de l’entaille A, l’un des montans eft percé à jour pour recevoir une poulie E, qui déborde un peu l’épailfeur du bois : & l’autre B, percé à pareil endroit, reçoit le bout du manche d’un marteau F, que l’on retient par-der-riere avec un écrou ou avec une clavette : ce marteau eft fait d’yvoire , de buis, ou de quelque autre bois dur , & fon manche eft une verge de métal qui fait reflort, & qui excede de deux pouces l’épaifleur du marteau après l’avoir traverfée : on peut fe fervir pour cela d’un bout de fleuret.
- La traverfe CD eft percée à jour au milieu de fa largeur : l’ouverture a 4 pouces de long fur un pouce & demi de large ; & fa longueur eft partagée en deux parties égales, par une lame de métal de 3 à 4 lignes de largeur & pofée de champ. Sur cette
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- 'sur ues Expériences. 6j lame G, fepofent les deux billes d’y-voire que l’on fait tenir l’une à l’autre avec un grain de cire molle, Sc dont le diamètre doit être un peu plus petit que la largeur de l’ouverture où elles font placées , afin qu’elles puif-fent tomber très librement, lorfqu’el-les viendront à fe quitter.
- Le marteau eft placé fur la longueur du reffort qui lui fert de manche , de maniéré qu’il répond direftement à l’une des deux bilîes.Et quand on veut le tenir levé , on fait repofer le bout excédent de la lame à reffort fur la dent d’une pièce h , qui tourne fur fon extrémité inférieure par un mouvement de charnière, & qui venant à reculer par le bout d’en-haut, quand on tire le cordon qui paffe fur la poulie , fait échaper le ma'rteau qui va frapper la bille.
- Si l’on ne veut pas, ou fi l’on ne peut pas fe procurer une machine telle que je la viens de décrire , on fera l’expcrience dont il s’agit avec moins d’appareil ; & elle n’en fera pas moins concluante : car l’effentiel eft de faire tomber l’une des deux billes plus vite que l’autre, en ajoutant une Tome II, ¥
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- 66 Avis particulie-rs nouvelle impulfion à celle de fa pe-fanteur ; il fuffit pour cela de tenir d’une façon quelconque ces deux corps joints enfemble , comme je l’ai dit, à une certaine hauteur, & de frapper fur l’un des deux avec un maillet. Les billes d’yvoire peuvent aufli fans aucun inconvénient être remplacées par des boules de quelque bois dur & un peu lourd, comme du buis, du gayac , &c.
- - - Pour donner aux Commençans ni. des idées nettes du mouvement local 21. Lcti’crf. & fes propriétés, je me fers quelquefois des moyens fuivans.
- AB, Fig. 2. eft une régie de bois large de 3 pouces,fur 3 pieds & demi de longueur,ayant trois pou!ies,deux à fes extrémités & une troifieme C à lîx pouces de diftance de B , lefquel-les tournent enfemble parallèlement au plan de la régie , & environ à un demi-pouce au-delfus, parle moyen d’une corde fans fin qui embraife celles des deux bouts A, B, après avoir fait un tour entier fur la troifieme C. , L’axe de cette derniere poulie pro-
- longé d’un pouce au-delfus de fa chape , eft limé en pointe quarrée pour
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- sur les Expériences. 67 recevoir une boule d, de 2 ou 3 pouces de diamètre , qu’on peut faire indifféremment avec du carton ou avec du bois , mais dont la furface doit être divifée en 4 parties égales, par deux cercles qui fe croifent aux pôles; & ces parties font diftinguées par des couleurs différentes & par les chi-fres 1,2,3,4.
- La régie peinte en blanc efl divifée par pouces depuis A jufqu’en C, & fur la corde fans fin efl: enfilée une boulette greffe comme une mufcade, ou une piece lenticulaire fi, teinte en noir ou en rouge, ou en quelque autre couleur tranchante ; en pinçant la corde en B,&Ia tirant vers le pointé, on fait avancer la boulette E vers C, & l’on donne par-là l’exemple d’un mouvement local, c’efl-à-dire, qu-fait paffer d’un lieu dans un autre fui-vant la direâion A C.
- Et pour-ôter toute équivoque, on fait remarquer que la boule D , quoiqu’elle ne fe déplace point, ne lailfe pasdefe mouvoir réellement, parce que chacune de fes par ies .1,2,3, ou 4, paffe fucceflivement par tous les points d’un cercle.
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- 68 Avis particuliers
- Enfin en tenant la longueur de la régie dans différentes pofîtions par rapport au plan d’une table , tandis qu’on fait mouvoir la boulette ou la lentille E, on fait entendre ce que c’efl qu’une direétion parallèle , perpendiculaire , ou oblique.
- Voici un autre moyen par lequel on rend fenfible la vîteffe du mouvement. AEC, Fig. 3. efl une tablette qui a deux pieds de longueur , & 16 pouces enfon plus large : comme il n’efl guères poflible de la faire d’une feule planche, & que d’ailleurs elle feroit fujette àfe voiler, on fera bien de la contenir par une emboîta-, re A t x : la rive A C efl: droite, & les deux qui font de part & d’autre en retour d’équerre , le font aufîi juf-qu’àla diftancede fîx pouces; lerefte eft chantourné arbitrairement.
- CD eft la place d’une bande de métal , qui porte par un bout une efpece de potence , cotnpofée d’une bande plate F, & d’un baluftre G, dont le tenon d’en-bas eft prolongé par une yis affez longue pour traverser l’épaifleur du bois vers D , & être ferré par-deffous avec un écrou ; l’an-
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- sur les Expériences. 6ÿ tre bout de la bande E eft arrêté pareillement vers C, avec une vis dont la tête v eft furmontée d’une pointe ou pivot. Les deux bandes fi F, font parallèles entre elles. La diflançe de l’une à l’autre eft de 3 pouces & demi,& du centre du balullre au pivot fi, il y a 3 pouces un quart.
- Ver s A & vers B , à un pouce de diflançe du bord de la tablette , font élevés fur des petites platines de métal deux autres bal uftres , comme I, ce 2 pouces & demi de hauteur, fur lefquefs s’arrêtent les deux bouts d’une lame de fer H, par le moyen de deux boutons à vis i, qui en traver-fent l’épaiffeur, & dont chacun a fon écrou taraudé dans l’axe du balullre. Cette lame qui eft large de 4lignes, n’en a guères. qu’une d’épailfeur, & elle eft tournée en portion de cercle, dont le rayon eft.de 21 pouces.
- IM elt une autre lame de fer droite , épaifle d’une ligne & demie , fur 4 de large dans toute fa longueur qui eft de 21 pouces un quart, fans com-ter un tenon par lequel elle eft jointe à angles droits & à demeure , avec une tige K de même métal, difpofce
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- *70 Avis particulier» pour tourner entre le pivot E & une vis pointue qui a fon écrou dans Y'é-paiffeur de la piece F, de forte que quand tout cela eft affemblé & mis en place, la lame droite par 'fon extrémité L parcourt la portion de cercle H, 8c ne peut en fortir, à caufe des deux boutons qui terminent les deux baluftres placés en A & en B,
- Le mouvement fe fait de B en A, par le moyen d’un reffort N, fixé par une vis fur le baluftre G, & formé en fourchette, par le bout qui touche l’épaiffeur de la lame, afin qu’elle ne lui échappe point. Pour rendre le mouvement plus facile , on pratique en L, une roulette de cuivre taillée en lentille , & dont la circonférence déborde à peine l’épailfeur du fer ; & l’on adoucit le choc qui fe fait contre le bouton du baluftre A,en retranchant une partie de la largeur de la lame pour y placer un reffort o ; ce qui s’exécute aifément en y réfervant un petit talon en queue d’aronde , qu’on chaffe un peu à force dans une entaille de même figure , qu’on fait au bord de la lame. On pourrait,(î on l’aimoit mieux, placer le reffort
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- sur les Expériences, jt au bouton. Voyez à la lettre Q cette partie développée en grand.
- Sur la lame LM font enfilées deux boëtes de cuivre qui font bien ajuf-tées à fa largeur, & qui s’accommodent encore mieux à fon épaifiëur, moyennant 2 petits relions plats s, s, qui rendent infenfibles les inégalités, s’il y en a : ces boëtes s’arrêtent où l’on veut par une vis de preflion P , & elles portent en-deflous un petit bout de tuyau quarré, qui reçoit une tige de fer de même forme , au bout de laquelle eft fixé un marteau ou maillet : cette derniere piece peut monter, defcendre & s’arrêter par une vis r, qui preffe fur la tige.
- J’ai toujours fait ces marteaux avec de l’yvoire, & c’eft le mieux : néant-moins on les peut faire avec quelque bois dur & pefant. Ils font cylindriques, ils ont chacun un pouce de diamètre & autant de longueur, afin qu’ils foient de même poids : la face antérieure, c’eft-à-dire , celle qui regarde le bord A C de la tablette, doit être plane , l’autre peut être arondie fi l’on veut : mais il eft néceflaire que la tige ou la queue foit attachée aux
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- 72 Avis particuliers deux tiers de la longueur , en allant d'avant en arriéré , afin que la face droite qui doit frapper, réponde pré-cifément au bord A B de la tablette. Voyez la Figure qui repréfente l’en-femble de la machine , & où toutes les parties font défignées par les mêmes lettres que dans le. développement.
- Il faut marquer fur la tablette deux arcs de cercle , dont l’un foit une fois plus près que l’autre du centre C, & lesdiviler en parties égales ,afin qu’il s’en trouve une fois plus dans le grand que dans le petit. Cette divifion doit être faite avec une couleur qui tranche beaucoup fur le fond ; ce fera , par exemple , avec du noir , fi la tablette eft peinte en blanc ; avec du rouge , ou avec de l’or, fi elle eft vernie en noir , & c.
- Pour faire ufage de cette machine, la verge droite LM, étant parallèle au bord A C de la tablette , vous arrêterez les marteaux, l’un vis-à-vis du chifre 4, & l’autre vis-à-vis du chifre 2. Puis ayant tiré le bout L vers B, vous l’abandonnerez à l’impulfion du reffort qui ramènera la verge & tout ce
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- SUR LES EXPERIENCES. 73 ce qu’elle porte à l’endroit d’où vous l’avez tirée. Ce qui fera voir i", que chaque marteau a de la vîtefle , puif-qu’il parcourt un certain nombre d’ef-paces dans un temps donné , c’eft-à-dire dans le temps que la verge de fer emploie à fe mouvoir de B vers A.- 20. Que l’un des deux marteaux a une vîtefle double de l’autre, puifque dans le même efpace de temps , il fait un trajet double du lien.
- Cette machine fert dans plus d’une occalion ; on verra dans la fuite , pourquoi j’ai appellé marteaux , les malfes cylindriques, qui font portées par la verge L M.
- O N peut avoir des expériences à faire fur la quantité du mouvement , & fur l’eftimation des forces , en fe fervant de corps fphériques, que l’on fait tomber de différentes hauteurs , fur des matières flexibles , en variant les malles, fans rien changer aux volumes ; voici une machine qui fera commode en pareils cas, & qui elt bonne encore pour d’autres ufages dont je ferai mention par la fuite.
- Cette machine a pour bafe une caille A B (PI. IV. Fig. i. ) de dix-Tome IL G
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- 74 AVIS PARTICULIERS huit pouces de longueur fur huit de ' largeur & environ cinq de hauteur, les mefures étant prifes en dehors : C V, font deux traverfes chantournées , qui fervent d’emboîtures au fond de la çailfe , & qui excédant départ & d’autre fa largeur , font garnies de quatre vis de métal ou de hois, avec lefquelles on cale & on met de ni-* vequ la machine.
- Les bords fupérieurs de la caifle font recouverts par un cadre plat, d’un pouce d’épailfeur , qui y eft attaché folidement ; les bandes qui for? ment ce cadre, doivent avoir au moins trois pouces de largeur, & leursbords extérieurs formés en quart de rond , n’excèdent que d’un demi pouce le pourtour de la cailfe , de forte que celle-ci ne relie ouverte par en haut que d’environ trois pouces fur fa larT geur, & de quinze pouces fur la Ion? gueur.
- Sur les petits côtés du cadre, s’élé-? vent perpendiculairement deux colonnes quarrées de quatre pieds de hauteur & dont chaque face à quinze lignes de largeur : ces deux pièces doivent être faites , d’un bois choifi,
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- sur ües Expériences, ’jç & fuffifamment fec , afin qu’elles ne fe déjettent point ; & il faut les calibrer fur toute leur longueur, en les faifant paflèr jufte, l’une après l’autre , par un trou quarré fait avec foin dans une feuille de métal , ou dans une planchette de quelque bois ferme & bien coupé.
- Ces colonnes ont à chacune de leurs extrémités un tenon , dont une partie ( celle qui touche la portée ) eft quarrée , & l’autre arrondie , & formée en vis. Par en bas elles tra-verfent l’épailfeur du cadre , & font arrêtées en-delîous folidement avec un écrou : par en haut elles font reçues dans les deux bouts d’une tra-verfe G, & retenues pareillement avec des écroux ; cette traverfe eft une piece droite , large de trois pouces , & ornée d’une moulure fur fon épaif-feur qui eft de quinze à dix-huit lignes , la diftance des trous doit être tellement mefurée , que les deux colonnes demeurent bien parallèles en-tr’elles.
- On peut rapporter des moulures en haut & en bas des colonnes pour les orner & pour rendre l’aflemblage
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- 76 Avis particuliers plus folide ; mais il eft néceflaire »' que d’un côté ou de l’autre cela fe faffe par une piece enfilée fur le tenon , & qu’on puiffe ôter quand on voudra, pour faire entrer la traverfe mobile dont je vais parler : il eft plus à propos que ce foit par en haut : on peut auffi donner aux écroux , au-dèffus de la traverfe G, qui eft fixe, une figure qui faffe ornement.
- HH, eft la traverfe mobile , qui doit gliffer fuivant toute la longueur des colonnes , fur lefquelles elle' eft enfilée ; elle eft faite d’un bout de planche épaifte au moins de dix lignes , elle eft plus large au milieu Si vers les deux bouts, que dans le refte de fa longueur : quand on y aura fait les ouvertures dont je vais parler, on verra de refte combien de bois il convient de laiffer autour ; & le chan-tournement eft arbitraire.
- IC, eft un trou rond & à jour qui n’a que la grandeur néceflaire pour laiffer paffer une boule de dix-huit lignes ou environ de diamètre , fans la gêner dans fon paffage : le bord fupérieur eft garni d’une pince ronde, dont les deux branches qui font dioi-
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- sur les Expériences. 77 tes. fe meuvent autour de deux vis placées en i i ; l’aâion d’un double reflort attaché en L, tient les deux croiflants qui forment la pince , un peu plus ferrés que l’ouverture du trou; mais cette pince s’ouvre plus grande que lui quand on preffe les deux branches M, M; parce moyen-là on place une boule dans le trou K , Sc on la fait tomber quand on veut.
- La pince dont il s’agit ici efl de métal ; on peut la faire avec deux bandes de cuivre d’une bonne ligne d’épa ITeur , placées de champ , afin que leur largeur porte fur la boule, & que les branches M, M, lailfent plus de prife aux doigts ; on y fou-dera deux petites pièces , que l’on percera pour recevoir les vis I, I ; le reflort L, doit être d’acier ou de cuivre bien écrouï.
- Aux deux bouts de la traverfe mobile font des troux quarrés, garnis par dedans d’une bande de drap collée fur le bois, pour rendre le mouvement de la piece plus julte & plus doux : n , n , font des vis de prelfion avec .lefquelles on l’arrête à la hauteur
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- 78 Avis particuliers qu’on veut. Pour empêcher que ces vis ne marquent les colonnes aux endroits où elfes preffent, on peut de leur côté prolonger les trous de deux lignes, & remplir ce vuide d’un petit quarré de bois dur , qui fera collé contre le drap , afin qu’il ne puiffe pas tomber de fa place, Sc qui fera libre d’ailleurs d’obéir à la preflion des vis, & de la tranfmetre par toute la largeur de fa face.
- Chaque colonne eft divifée par pouces dans toute fa longueur, en y comprenant l’épaiffeur du cadre fur lequel elle eft pofée , & la moulure dont elle eft ornée par en bas, de forte que fi ces deux épaiffeurs prifes enfemble donnoient deux pouces }, on prendroit encore { pouce fur la colonne & l’on marqueroit cette première divifion, du chiffre 3. On di-vife de même les deux faces de chaque colonne qui font parallèles à la longueur de la caille ; par ce moyen-là on voit commodément à quelle hauteur on arrête la traverfe mobile, & on- le laiffe voir en même-temps „ aux perfonnes qui font placées par-devant pour voix l’expérience : fi la
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- SÜR LÈS ËxPÉRIENCÉS. *!$ machine eft peinte ou vernie en noir, il faudra mettre en blanc les faces à divifer, afin que les traits & les chiffres s’y dillinguent mieux.
- Il y a dans la caille un tiroir qui va d’un bout à l’autre, & dont lè fond a fept à huit lignes depaideur : il eft garni en dedans de deux badins ronds P, qu’on peut faire de fer-blanc ; ils font audi hauts que le tiroir eft profond, & leur diàmetre eft de deux lignes plus petit que fa lar-geut. Autour du centre, on a foudé une virolle qui a un pouce 4 de diamètre , & qui eft aulfi élevée que les bord du badin ; elle eft remplie par un morceau de bois tourné, qui eft percé au milieu ainfi que le centre du badin , pour recevoir une vis à oreilles Q q , dont l’écrou eft noyé dans l'épaideur du fond du tiroir.
- On remplit l’efpace circulaire, qui eft entre la virolle & le bord du badin avec de la terre glaife détrempée,mél ée à parties égales avec du fablon , bien maniée afin quelle foit d’une con-fiftance uniforme, & alfez molle pouf être très-flexible, fans cependant s’attacher aux corps qui la touchent J
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- 8o Avis particuliers l’on prévient encore ce dernier effet, en la faupoudrant avec dufablonfé-ché & tamifé.
- Les deux balïins aïnfi chargés font placés de maniéré , que le tiroir étant plus ou moins avancé dans la caiffe , chacun d’eux fucceffivement préfente fous la chute d’une boule partant de la pince, le milieu de l’ef-pace qui eft rempli de glaife ; & afin, que cela fe falfe plus fûrement , on met la caiffe de niveau en la calant avec fes vis; jufqu’àce qu’un fil d’aplomb partant du centre du trou K, réponde précifément au point r. On a pour cela une petite maffe o , de plomb ou de cuivre terminée en pointe par en bas , & fufpendue à un fil qui paffe par le centre d’une rondelle de bois R , qui entre jufie & à feuillure dans le trou K , par la fur-face inférieure de la traverfe mobile.
- Tout étant ainfi difpofé, s’il échappe une boule de la pince , elle tombera direâement fur le point r , & y fera un enfoncement : & fi l’on fait tourner le baffm d’une quantité fuffi-fante a fur la vis qui eft a fon centre»
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- sur les Expériences. .Si la même boule ou une autre , qui tombera de même , viendra faire fori enfoncement à côté ; & ces enfoncements pourront fe mefurer & fe comparer entr’eux , parce qu’ils font produits par des corps réguliers.
- Pour rendre ces comparaifons plus faciles, il efl fouvent à fouhaiter de pouvoir varier les malles fuivant des quantités connues, en laiffant les volumes toujours les mêmes , & c’ell à quoi l'on parviendra de la maniéré fuivante.
- Faites un modèle de bois T, qui foit un peu plus qu’un hemifphére de vingt lignes de diamètre; & fi vous avez deffein défaire trois boules, que le Fondeur vous fournilfe lîx pièces en cuivre jaune.
- Joignez ces pièces deux à deux , en faifant fur le bord extérieur de l’une , une vis ( deux ou trois filets fuffifent ) & dans l’autre un écrou , prenant vos mefures de maniéré que la jonâion fe trouve à l’équateur de la boule : arrondiffez bien ces deux pièces ainfi jointes, & polilfez-les, de forte qu’étant finies extérieurement » elles forment une boule d’ua
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- 82- Avis particuliers? pouce -j- de diamètre en tout fens.
- Alors féparez les deux hemifphé-res, & les ayant remis fur le tour l’un après l’autre, diminuez-les dematie-Te en les creufant, iufqu’à ce que vous les ayez réduits au poids que vous voulez donner à votre boule. Si les deux pièces reliant pleines faifoient encore une boule trop légère , vous pourrez les creufer & y couler du plomb, autant qu’il en faudra pour remplir vos vues. -
- Dans le cas où l’on ne pourroit pas fe procurer les pièces de fonte dont je viens de parler, on pourroit y fuppléer, en tournant des boules d’une feule piece avec du buis, & en les perçant enfuite pour y faire entrer une quantité de plomb convenable au rapport qu’on, voudroit mettre entre les malfes.
- Première Expérience.
- •-------- Le baquet ou l’auge dont on fe
- L e ç o n. fert dans cette expérience a dix-fept - lii.Staien. pouces de longueur fur lix £ de lar-Â'iL Fii. geur & cinq de profondeur, les me-fures étant prifes en dedans. Cette piece ell faite de planchesaifembléesi
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- sur les Expériences. 8j elle eft ornée de moulures en bas & en haut, & ces ornements font tels qu’on veut les faire.
- La largeur de cette auge eft partagée en^deux parties égales , par une cloifon qui va d’un bout à l’autre ; & l’une des deux deftinée à contenir de l’eau , eft doublée de plomb laminé, avec une virolle de cuivre qui traverfe le fond , & dans laquelle eft ajufté un bouchon de même métal , qu’on ote quand on veut faire écouler l’eau.
- La cloifon, au milieu de fa longueur porte une double potence , dont les bras A, A, Fig. 4. PL III. font formés d’une feule piece aflem-blée fur un montant B , qui eft ouvert en fourchette par en bas , pour embrafler I’épaiffeur de la cloifon : les dimenfions de cette piece fe règlent fur celles de deux pendules de métal, qu’elle doit porter.
- Chacun de ces pendules eft com-pofé d’une boule de cuivre ou de plomb , qui a neuf à dix lignes de diamètre ; & d’une verge de métal , d’un pied de longueur , & dont la largeur, qui eft de cleux ou trois li-
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- .84 Avis particuliers gnes, eft dans le .plan des ofcillations, que doit faire le pendule.
- Il eft convenable de faire cetre verge avec du cuivre ; comme elle doit être fouvent mouillée , elle fe-roit trop fujette à fe rouiller, fi on la faifoit avec du fer ; mais il faut empêcher qu’elle ne plie trop aifément à droit ou à gauche , ce qui ferait toucher la boule, ou au côté du baquet , ou à la cloifon du milieu : pour éviter ce mauvais effet, vers les deux tiers de fa longueur, cette verge fe partage en deux branches, qui vont s’aiTembler dans un petit cylindre de deux pouces | de longueur, qui tourne entre une petite pointe fixée au montant de la double potence , & une vis pointue , qui traverfe le fleuron A.
- Ce qu’il y a d’eflfentiel dans cette machine, c’eft que les deux pendules foient parfaitement de même longueur, & les boules de même grof-feur ; & quand on fait l’expérience, il faut avoir l’attention de les éléver toutes deux à la même hauteur, ( ce que l’on fera aifément, en les faiïant toucher au petit côté du baquet ) ; &
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- virnr Tïrm&JI • Tl. 3 .
- jfrradet Jculp
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- sur Les Expériences. de les Iaiffer aller auiïi toutes les deux en même temps.
- Seconde Expérience.
- L E mouvement d’horlogerie dont ----- h
- on fe fert dans cette expérience , a m. sca. plus d’un ulage : celui auquel il eft F‘s’ principalement deftiné , c’eft à prouver la néceflité de l’air pour la propagation des fons ; ainli je pourrais en différer la defcription , jufqu’à ce que j'en fois à celle des inftrumens qui affortiffent la machine pneumatique ; mais comme cette partie fera fort chargée , il n’y a point d’inconvénient d’anticiper fur elle dans cette occafion.
- Le rouage eft compris entre deux platines re&angles de cuivre H, I, PL IV. Fig. 2. qui ont chacune quatre pouces de longueur fur deux pouces i de largeur, alfemblées parallèlement en-tr’elles par quatre piliers de treize lignes de longueur , placés aux quatre coins & retenus avec des goupilles.
- La première piece eft un barillet A, de vingt lignes de diamètre & de huit lignes de hauteur , qui copient un reffort de pendule , &
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- Avis particuliers qui porte une roue defoixante&douzs dents ; fon axe traverfe de part & d’autre les platines avec des portées , qui le contiennent dans fa place. On a formé fur la partie de cet axe qui excède la platine H, un quarré qui porte une roue de neuf lignes de diamètre , taillée en rochet, dont la denture répond à un levier à reflort ou cliquet, comme cela fe pratique aux montres & aux pendules ; le rochet eft retenu par une goupille qui traverfe le quarré, & le bout de celui-ci qui excède, reçoit une clef avec laquelle on monte le reffort du barillet.
- La roue du barillet s’engrene dans un pignon de huit ailes, & fait tourner une roue B, qui a foixante dents ; celle-ci, s’engrenant dans un pignon femblable, mene une troifieme roue C, qui met en mouvement la vis fans fini?.
- L’arbre de cette vis tourne entre deux coqs E , f, qui font fixés à l’une des platines ; & après avoir tra-verfé celui d’en haut , il reçoit un canon G, de cinq à fix lignes de longueur , qui eft fendu pour faire ref-
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- sur les Expériences. 87 fort, & fixé au milieu du volant K L.
- Cette derniere piece eft compofée d’une traverfe qui a quinze lignes de longueur, & qui porte à fes extrémités deux petites platines de cuivre fort minces de neuf lignes en quarré : elles font montées fur des petites tiges rondes , qui doivent tourner avec frottement, afin de recevoir aifémenc la lîtuation qu’on voudra leur donner , & la garder en faifant leurs révolutions. Pour cet effet, la traverfe K L, eft formée de deux pièces l’une fur l’autre , & qui font rivées enfem-ble fur le canon G ; du relie ces deux lames, qu’on a battues à froid , pour les rendre diadiques , tendent à fe fé-parer ; elles font rappellées par les goupilles qui retiennent les tiges , & de la naît le frottement qu’on demande.
- A huit lignes de didance du centre du barillet A, s’élève une tige M fixée par un bout en dehors de la platine I, & portant par l’autre un timbre de vingt lignes de diamètre, ou environ, à telle hauteur, que les ailes du volant K L puilfent paffer libre*
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- 8S Avis particuliers • ment defïous ; & elle eft courbée de maniéré qu elle ne le touche qu’au centre, & qu’elle faflêrépondre cette partie , au milieu de l’efpace qui eft entre les deux platines, comme il eft repréfenté par le profil de la machine.
- A côté de la tige du timbre , & un peu plus près du centre du barillet, eft fixée une cheville d’acier de fept à huit lignes de longueur , qui s’avance dans l’intérieur du rouage , & fur laquelle tourne librement un canon de cuivre, qui porte le marteau N. Audeflus du canon, la tige du marteau n’eft qu’un fil d’acier bien élaf-tique , qui eft courbé vers N, pour faire frapper la maflé au milieu du timbre, ou pour mieux dire , afin que la malle fafle fon excurfion dans le diamètre du timbre. Mais à l’endroit où cette tige joint le canon, il y a un renflement, & au-deflous une queue o taillée en virgule, par le moyen de laquelle la roue B , qui eft garnie de douze chevilles, fait lever le marteau autant de fois , en faifant fa révolution.
- Mais la tige du marteau ne peut pas
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- sur les Expériences. pas tourner ainfi , qu’elle ne fafle plier un reflort droit p q, qui eft fixé à l’autre platine , & qui prefle par fon autre bout fur le renflement & au-dellus du canon; c’eft pourquoi, dès que la virgule a échappé à la cheville de la roue B , le marteau en vertu du reflort p q , va frapper le timbre, & s’en détache fur le champ , parce que la virgule fe meut entre deux petites chevilles , qui contiennent fes excurfions dans une certaine étendue ; la première ne permet point au relfort p q, de faire aller la malle du marteau jufqu’au timbre , mais feulement à une petite diftance de fa furface ; il ne parvient à le toucher, qu’en vertu du mouvement acquis , & de I’élafticité de fa tige , qui s’en détache auffi-tôt.
- Comme cette machine dans les differents ufages qu’on en fait, à fou-vent befoin d’être arrêtée & remife en mouvement, il eft néceflaire qu’on y pratique une détente facile & commode,de façon qu’en la touchant avec la main , ou avec quelque infiniment , on puifle la faire agir à volonté.
- Tome IL H
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- JO A VIS P A BT I C ULI EK S
- Pour cet effet, il y a un levier coudé TV, qui fe meut en tournant fur une vis à repos (a) placée en T, 3c qui porte en dedans du rouage une petite palette au-deffous de l’endroit marqué q. Cette palette rencontre une cheville qui tient à la roue JB, fufpend fon mouvement, & celui des autres roues avec lefquelles elle eft engrénée : on conçoit bien qu’on leur rend le mouvement, en faifant tourner un peu le même levier TF en feus contraire , parce qu’alors la palette eeffe d’arrêter la cheville.
- Afin que cette machine demeure fixe , tandis qu’on pouffe le levier d’un côté ou de l’autre , on l’attache fur une femele de plomb qui a cinq à fix lignes d’épaiffeur ; & pour empêcher que le fon du timbre placé dans le vuide ne fe communique au-dehors, par la platine de la machine pneumatique , on arrête le tout fur des couffinets., qu’on met aux deux
- (a) On appelle vis à repos celle que n’a des filets que fur une partie de fa longueur , St qui étant ferrée autant qu’elle peut l’être, laifTe nn intervalle entre fà tête & la partie où eût fon écreu.
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- sur les Expériences. 91 bouts, pour amortir le mouvement de vibration.
- Dans l’expérience dont il s’agit ici, après avoir monté le relîort , & arrêté le mouvement, vous placerez la machine pneumatique, de maniéré que la branche V de la détente foit de dix-huit ou vingt lignes éloignée'de l’axe du récipient; afin qu’elle ^ puilTe répondre à l’extrémité de la pince ou levier horizontal attaché au bout de la tige de la boîte à cuirs, (a) Vous tournerez les aîles du volant K L , jufqu’à ce que leur largeur fe trouve dans un même plan , comme on le voit dans la Fig. 2. Enfuite vous ferez le vuide le plus exactement que vous pourrez , fans cependant qu’il foit néceiTaire de pouffer l’évacuation de l’air jufqu’au ferupule : vous mettrez le rouage en jeu en faifant tourner le levier K, & vous obferverez la fréquence des coups du marteau fur Je timbre ; après fept à huit fécondés
- (a) En parlant de la machine pneumatique & des inftrumens qui en dépendent, je dirai comment on prépare les boîtes ià cuirs, Si les différentes pièces qui s’ajuftent au bout de le»s
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- t)2 Avis îarticueiekï .
- de temps, vous ferez rentrer l’air dans le récipient ; pour obferver une fécondé fois le mouvement du marteau , qui vous paroîtra alors très-ralenti.
- Quand le rouage fort de delîiis la machine pneumatique où il y a des cuirs mouillés , il eft à propos de le • préfenter au feu, pour drffiper l’humidité qu’il a pu y contraéler.
- Troijîeme Expérience.
- j ; Les dîmenfions du double moulinet employé, dans cette expérience , font arbitraires, pourvu qu’on obferve entre les parties effentielles, les rappots que j’ai énoncés , & les conditions que j’ai prefcrites ; cependant pour guider les perfonnes, qui ne voudraient qu’imiter, je vais donner les mefures de celui dont je me fers.
- La tablette fur laquelle font élevés les trois piliers, & qui fert de bafe à la machine , a quatre pouces de largeur fur quatorze de longueur ; fon épaiffeur eli d’environ un pouce , & le bord eft orné d'une moulure qui régné tout autour ; il la faut faire
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- sue ies Expériences, 93 d’un bois qui ne foit pas fujet à fe tourmenter, ou bien il faut prendre la précaution d’emboêtei les deux bouts.
- Les centres des trois piliers font à cinq pouces de diflance l’un de l’autre , & ils y font fixés par des tenons collés. Chacun d’eux à fix pouces de hauteur & quinze lignes de diamètre dans la partie la plus renflée. La tête de celui du milieu eft garnie d’une virolle de cuivre , & les deux autres portent , à pareiiïe hauteur ,, chacun une vis à oreilles , de cuivre , qui traverfe le bois , & qui y fait elle-même fon écrou.
- Chaque moulinet eft compofé de quatre ailes debois mince d’égal poids, & qui ont chacune quatorze lignes: de largeur fur trois pouces de longueur , fans compter le tenon ; elles fe placent à égales diflances l’une de l’autre fur le pourtour, & au milieu de la longueur du moyeu qui a quatorze: à quinze lignes de groffeur en cet en-droit-rà, & qui s’étend d’un pilier à l’autre , ayant à fes extrémités deux petites pointes de fer, faillantes d’une-ligne , fur lefquelles. il a été tourné :
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- 54 Avis pakticuliekS ces pointes font reçues d’une part dans la virolle de cuivre dont le pilier du milieu eft garni, & à l’autre côté, par le bout de la vis, où l’on a pratiqué aufli un petit trou conique de forte que chaque moyeu garni de fes ailes, peut tourner entre ces deux points d’autant plus librement que la vis eft moins ferrée.
- A l’un de ces moulinets les ailes font attachées à demeure, ayant toutes les quatre leur largeur dans des plans qui paflènt par l’axe du moyeu fans le couper. A l’autre , les ailes peuvent tourner fur leurs tenons, qui font fendus pour faire relfort : au moyen de quoi on peut les placer comme les précédentes, ou mettre leur largeur dans un même plan, perpendiculaire à la longueur de l’axe.
- Les deux moulinets reçoivent leur mouvement d’un feul & même reflbrt, qui eft fait d’une lame de cuivre bien écrouïe, & qui peut être découpé &à jour, comme on le voit par la figure citée en marge ei-deflus. On peut auffi lui donner amplement la forme d’un Tjcarl’eiremieleû qu’il ait par lehaui
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- sur ues Expériences, py deux bras , afin qu’en fe débandant, il pouffe & fafle reculer les deux chevilles courbes N , N , qui tiennent aux moyeux. Mais quelque forme qu’on lui donne d’ailleurs,il faut qu’il tienne par enbas au pilier du milieu fur lequel on ménagera pour cela une partie plate. Il eft nécefîaire de plus, qu’il puifle fe hauffer & s’abaifler : ce mouvement lui eft procuré , par deux petites rainures à jour , qui font au-deffus & au-deffous du bouton M, & par lefquelles on fait entrer deux vis en bois à tètes plates, qui le retiennent contre le bois , en lui laif-fant la liberté de gibier de bas en haut ou en fens contraire.
- Quand le reffort eft détendu , il fait un angle avec la partie d’en-bas ou font les rainures, de forte que fort extrémité fupérieure , eft écartée du pilier d’environ quinze à feize lignes. Lorfqu’on veut le tendre, on le prefte d’une main pour l’approcher du pilier , & de l’autre main on pouffe le bouton M, pour faire entrer la partie d’en-haut fous un mantonnet qui tient à la vïrolle de cuivre. Alors on fait tourner les moyeux jufqu’à ce <pe
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- g6 Avis particuliers îes deux chevilles courbes N, 2V, re-pofenc fur les deux bras du reffort ; quife détend, & fait tourner les deux moulinets , dès qu’on appuie fur le bouton M, pour le faire defcendre feulement d’une ligne.
- Pour faire l’expérience à laquelle cette machine eft deftinée, on commence par mettre les ailes mobiles de l’un des moulinets, dans la même fituation où font fixées celtes de l’autre: & l’on obferve que l’impulfion du reffort, commune aux deux , leur fait faire à-peu-près un égal nombre de tours. Après cela , on tourne les quatre ailes mobiles de façon qu’en faifant leur révolution , elles ne pré-fentent à l’air que leur épaiflèur, qui eft fort petite ; & l’on remarque que ce dernier moulinet, qui ne reçoit pas plus de mouvement que l’autre, le conferve bien plus long-temps, en tournant beaucoup plus vite.
- II eft prefque inutile de dire , qu’avant l’expérience , il faut mettre une goutte d’huile auxpointes des moyeux, aux chevilles courbes, qui reçoivent l’impulfion , & au bord des rainures qui
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- sur irs Expériences. 97 qui frottent contre les têtes des vis , quand on abaitfe le bouton M.
- . Cette troifietne expérience fe fait encore très-bien avec le mouvement d’horlogerie employé dans la fécondé, &que j’ai décrit ci-deffus ,pag. 8 y: car on verra que les coups de marteau fur le timbre font bien plus fréquents, lorfque les ailes du volant fe préfen-tent de face en tournant, que quand elles fe préfentent par leur tranchant.
- O N peut fuppJéer au défaut des deux dernieres machines , avec deux pendules d’égal poids, & d’égale longueur , dont les volumes feraient très-inégaux.
- Quel’onprenne, parexemple, une boule de liège de deux pouces de diamètre ou environ , & une balle de plomb, fi ellespefent autant l’une que l’autre, les volumes feront très-différents; qu’on lesfufpende avec des fils menus, de maniéré que du centre de chaque boule , au point de fufpen-fion les diftancesfoient égales départ & d’autre. Si en les tirant de leur à plomb , on les éleve à des hauteurs égales , & qu’on les laiffe aller en même temps, elles partiront avec des Terne II. I
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- ji8 Avis particuliers quantités égales de mouvement : cependant on s’appercevra bien-tôt que les ofcillations de la boule de liège deviennent plus lentes où confervent moins d’amplitude, que celles de la boule de plomb.
- On fera une boule de liège aulli groffe qu’on voudra, en collant les unes fur les autres des rondelles de cette écorce, & en arrondiflant en-fuite l’alfemblage, avec une râpe en bois. On augmentera aufli de beaucoup leur légéreté, fi l’on veut, en évidant les rondelles avant de lés coller ; toute matière légère , qui peut être arrondie, ou qui l’eft naturelle* ment, fera également bonne.
- Première Expérience.
- B-'..', nr. L A machine dont je me fers dan9 ni. section, les expériences fur le frottement, & ni hg'.s-1' *lu* e“ repréfentée par la figure citée en marge, a fouffert quelques changements , depuis qu’elle a été gravée; ainfi ladefcription que j’en vais faire , ne s’accordera pas ën tout point avec celle qui fe lit à la page 240. du Tome J. des Leçons de Phyjïque. J’en préviens le Lefteur, afin qu’il ne cherche dans
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- surlesExpériences. 99 . la Fig.9.que le nombre & la difpofkion des pièces quifont toujours les mêmes.
- La principale piece de cette machine eft une roue de cuivre fans denture ( PL IV. Fig. 3. ) qui a près de
- Suatre pouces de diamètre , & deux ignés d’épaiffeur. Elle eft fixée fur un arbre d’acier, qui eft repréfenté de demi-grandeur , de dans toutes fes proportions par A B : ces deux lettres avec C, D, défignent quatre parties cylindriques, mais, comme l’on voit , de différentes groffeurs -, il faut qu’elles foient tournées bien rondes , & que les furfaces foient parfaitement polies, ce qui eft compris entre C & D , eft limé à huit pans égaux ; E eft une virolle de cuivre chaffée à force ; qui forme un renflement , pour recevoir le bout d’un reffort de montre X x , qui doit y être attaché avec une vis , & dont il fera fait mention ci-après : F G , eft encore un virolle de cuivre fixée fur l’arbre, & dont la partie du milieu , qui eft plus groffe que les deux autres, aune face droite qui fert de portée ou d’afliette à la roue. Cette roue ne doit être qu’ébauchée, quand
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- 100 Avis particuliers on la rive en G ; on l’achève en/ai-fant tourner l’arbre fur les deux pointes qui font à fes extrémités. Nous appellerons cette roue ainfi enarbrée, le grand rouleau.
- H H, & h h, Fig. 4. font deux fup-ports de métal, qui doivent être attachés en face l’un de l’autre fur une platine de cuivre qui leur fert de bafe commune, comme ii, Fig. 3. pour porter une paire de rouleaux , c’eft-à-dire, une paire de roues fans denture, très-minces, & très-légéres, de trois pouces deux lignes de diamètre. Ces roues font de cuivre ; leurs arbres font d’aciet avec des pivots fort menus, & les troux H, H, & h, h, dans lefquels ils tournent très-librement , font à deux pouces quatre lignes de diftance l’un de l’autre.
- La longueur dé chaque arbre entre fes pivots ell d’un pouce, mais le rouleau n’ell point placé au milieu ; & dans chaque paire il y en a un qui en approche moins que l’autre , afin qu’ils puilTent tourner fans fe toucher , laifiantentr’eux un efpace d’une bonne ligne ; celui des deux rouleaux qui eft le plus près du montant H,
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- que paire de rouleaux, parce qu’effec-tivement, il y en a deux paires tout à fait femblables entr’elles , & qui font attachées vis-à-vis l’une de l’autre avec des vis, fur une tablette de bois K L , Sc à telle diftance, que le grand rouleau étant placé comme on le voit dans l’enfemble à la lettre Q , fon arbre ne touche point tout-à-fait par fes extrémités aux deux mon-tans H, H.
- Ces deux montans plus hauts que les autres portent, deux vis M, m , qui traverfent leur épaiffeur à trois lignes au-deffus de l’interfeâion des deux petits rouleaux : ces deux vis font percées^fuivant leur longueur, pour recevoir très-librement les deux bouts A & B de l’arbre du grand rouleau , quand on les fait avancer : de forte que ces deux parties cylindriques de l’arbre, qui ne doivent point avoir plus de j de ligne de diamètre peuvent, quand on le veut, entrer & tourner dans ces troux, ou bien fe pofer fur les interférions des deux paires de rouleaux, comme il eft repréfenté
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- 102 Avis particuliers à la lettre a dans l’enfemble Q.
- Sur la virolle E , eft attaché comme je l’ai dit ci-defliis , le bout d’un reffqrt fpiral X , femblabie à celui qu’on met dans le barillet d’une montre , lequel après avoir fait deux révolutions & demie autour de cette partie de l’arbre, vient s’attacher par l’autre bout x, à une petite piece g, qui eft fixée au montant h, & fendue pour le recevoir , avec une vis de preflion pour l’arrêter ; au moyen de quoi on peut le rendre plus ou moins roide en le faifant glilfer d’un côté ou de l’autre avant de ferrer la vis î voyez l’enfemble à la lettre Q.
- Pour mettre le grand rouleau en mouvement, foit quand il eft porté par les vis M, m, foit quand on l’a pofé fur les interférions des deux paires de rouleaux , il faut le faire tourner dans le fens qui bande le reflbrt, & le laiffer aller ; alors obéiflant aux vibrations de la lame fpirale, il tourne alternativement en deux fens op-pofés, & cela dure un certain temps ; mais pour être fûr, que le mouvement qu’il a, ne lui vient que du ref-fort, au lieu de le lailfer échaper avec
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- sur les Expériences. 103 la main , il vaut mieux fe fervir de la détente que je vais décrire.
- no, eft un pilier de cuivre , qui porte un levier angulaire pnr , dont la branche verticale , eft terminée en crochet : ce levier a en n un mouvement de compas, par le moyen duquel la partie p , peut s’avancer de quelques lignes , ou fe reculer d’autant; quand on pouffe l’autre branche de bas en haut, ou dans le fens contraire. Le tenon du pilier formé en vis traverfe la tablette de bois K L , Si s’arrête par-deffous avec un écrou : cette piece doit être placée tout auprès du grand rouleau , fans cependant qu’elle puiffe gêner fon mouvement , quand une fois on le lui a donné; & aflez près de fa circonférence , pour que le crochet p, en s’avançant, puiffe l’arrêter par l’extrémité d’un de fes quatre rayons , & le laiffer échapper , quand on fera baiffer la branche r.
- Dans la partie oppôfée à celle où eft placée la détente dont je viens de parler, & vis-à-vis la portion cylindrique de l’arbre comprife entre d & g , on a fixé par un tenon à vis & un Iiv
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- 104 Avis particuliers écrou , le portant T, dont la tête efl traversée par une vis S. Sur cette vis font enfilés & tournent très-librement deux leviers de cuivre écroui v u , re-préfentés de demi-grandeur par la Fig. j ; on fait tourner ces leviers fur une vis, & non pas fur une broche lilfe , afin que les pièces étant à la diftance: de quelques filets les unes des autres , ne puillènt point s’approcher davantage ni fe toucher ; cette partie de-chaque levier elf formée en fourchette ou en croiffant T par ce moyen on l’empêche de fe porter ni à droite ni à gauche ; & pour procurer aux deux enfemble , un parfait parallélif-me, on a échancré les deux croiffants l’un en deflus, l’autre en deffous.
- Chacun de ces levier a une ligne d’épaiïfeur, & deux lignes de largeur fur toute fa longueur, & le portant les tient à telle hauteur, que quand l’arbre du grand rouleau eft pofé fur les interfeclions des petits, ces leviers en s’abaiflant fur la partie, d g, fe trouvent dans une lîtuatîon horizontale : ils font tous deux d’égal poids, mais on peut les charger par leur extrémité, comme il efl marqué danslafigure,
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- sur les Expériences, iof Par le moyen de la petite vis ? qui avance & recule autant qu’on le veut, on peut foulever l’un des deux leviers , en la faifant palier deifous, & alors il ne touche plus l’arbre , déporté Ion poids fur l’autre levier.
- La tablette de bois fur laquelle toute la machine eft établie , peut être ronde ou oftogone , & portée fur un pied à patte en forme de guéridon; mais fi l'on eft à portée des Sculpteurs, Doreurs, Vernilfeurs, &c on pourra imiter celui qui eft gravé dans les Leçons de Pkyjîque , ou enchérir def-fus. Il en fera de même des fupports de rouleaux , & des autres portans, que j’ai repréfentés comme étant faits à la lime , parce que cela peut s’exécuter prefque par-tout ; mais lî l'on peut employer un Cifeleur, on rendra la machine plus élégante , en faifant fondre ces pièces fur des modèles de bois fculptés, & en les faifant mettre en couleur d’or , après qu’elles auront été réparées , & finies.
- Pour la première expérience, vous commencerez donc, comme il eft dit Tome premier des1 Leçons de Ptyji-
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- io6 Avis particuliers que, page 241 , par placer les pivots A&B du grand rouleau dans les trous des vis M, m ; puis ayant fait une marque à la circonférence vis-à-vis d’un des croifillons , vous lui ferez faire un tour dans le fens qui bande le reflort, & vous arrêterez le croifil-lon fous le crochet de la détente, que vous lâcherez enfuite ; & vous compterez les vibrations du reflort , juf-qu’à ce que le rouleau foit revenu au repos.
- Après cela, vous placerez les deux pivots fur les interférions des rouleaux ; vous remettrez le grand rouleau en mouvement, comme dans le cas précédent, & vous compterez encore les vibrations du relfort, jufqu’à ce que le mouvement foit entièrement celfé.
- Dans ces deux premiers cas , vous ne chargerez point l’arbre avec les leviers vu; mais vous mettrez une petite goutte d’huile d’olives aux pivots des petits rouleaux , & point ailleurs.
- Pour expliquer aux commençants en quoi confident les frottements , comment ils différent entr’eux, pour-
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- sur les Expériences. 107 quoi il font diminuer la vîteffe du mobile , & ce qui fait que les uns y nuifent plus que les autres, on peut fe fervir i°.De deux tablettes de bois qui aient cinq à fix pouces de longueur fur trois de largeur ou à-peu-près , dont une face bien dreffée au rabot foit enduite de quelques couches de blanc d’Efpagne détrempé à la colle; cette peinture étantféche, fi l’on fait frotter l’une contre l’autre les deux faces enduites , on en verra fortir une poufliere blanche qui fera voir , que par le frottement les parties les plus baillantes ont été arrachées , ce qui ne peut fe faire qu’aux dépens de la vîteffe du mobile.
- 20. On peut encore fe munir d’une régie de cuivre, longue de neuf à dix pouces, large de fix à fept lignes , dont l’une des faces foit taillée pour s’engrener avec une roue dentée de même métal , qui ait environ trois pouces de diamètre , & dont l’axe terminé par deux pivots, tourne dans une fourchette de métal qu’on mene avec la main Pi. V. Fig. 1. Si l’on empêche la roue de tourner, & qu’étant appuyée par une partie de facii-
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- io8 Avis particuliers conférence , on Ja tire d’un bout à l’autre de la régie dentée, comme on fait traîner fur un terrein pavé , celle d’une voiture qui eft enrayée ; on remarquera que ce mouvement n’eft point aifé, & que la roue ne fait que fauter d’un fillon à l’autre de la régie ; cela aidera à concevoir le frottement de la première efpece , qui eft l’application fuccefüve des mêmes parties d’une furface à différentes parties d’une autre furface , & qui exige que les parties engrenées, fe plient, s’arrachent, ou que les corps qui fe frottent s’écartent l’un de l’autre.
- Mais fi en promenant la roue d’un bout à l’autre de la régie dentée, on la laifle tourner librement, les dents de ces deux pièces, s’engreneront & fe défengreneront fuccemvement, & fans une réfiftance fenfible ; ce qui donneral’idée du frottement de la fécondé efpece , qui eft l’application fucceffive des differentes parties d’une furface à differentes parties d’une autre furface.
- ' Seconde Expérience.
- O N fe fert dans cette expérience
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- sur les Expériences, io^ de la même machine qui a fervi pour la première ; en laiflant l’arbre du grand rouleau pofé fur les interfec,-tions des petits, on abaifle les deux leviers v, u , jufqu’à ce qu’ils repo-fent fur la partie d. g, de l’arbre ; on fouleve le premier en faifant avancer par-delfous la petite vis qui tra-verfe le fécond ; alors celui-ci chargé du poids de l’autre, repofe feul lur l’arbre: on tend le reflort, comme dans la première expérience ; on met le grand rouleau en mouvement, en faifant reculer la détente, & l’on compte les vibrations jufqu’à la fin.
- Enfuite on recommence l’expérience, en faifant porter les deux leviers v, u, fur l’arbre/du grand rouleau ; il ne faut pour cela que faire reculer la petite vis , qui foulevoie l’un des deux ; & l’on compte combien il fe fait de vibrations : dans ce dernier cas, il y en a toujours moins que dans le premier , ce qui prouve que la quantité des furfaces doit entrer en compte dans l’eftimation des frottements.
- 1 l eft à propos de faire voir que le frottement ralentit la vitefle des'
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- tiio Avis particuliers fluides comme celle des folides ; & que cet effet augmente auffi par la grandeur des furfaces : voici le moyen dont je me fers ordinairement pour le prouver.
- A , PI. V. Fig. 2. efi: une caitTe de bois doublée de plomb laminé ; on la pourroit faire de ferblanc ou de toute autre matière capable de contenir de l’eau : elle a en dedans un pied de longueur, cinq pouces de largeur, & fix pouces de profondeur, au fond de cette caiffe , & à un pouce i de diflance de l’un des grands côtés , font fondés deux tuyaux cylindriques de laiton B, C, de deux pieds & demi de longueur, dont l’un a dix lignes & l’autre feulement cinq de diamètre intérieurement. Tous deux font ouverts de toute leur largeur par le bout qui tient à la caiffe , & fermés en D , par une petite plaque circulaire de même métal, ayant au centre un petit rrou rond bien ébarbé, d’une demi-ligne de diamètre. La caille étant pofée fur le bord d’une table un peu haute , on la remplit avec de l’eau nette, qui defcend par les tuyaux, & remonte en formant deux jets.
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- sur les. Expériences, iii Ces jets font d'égale grolfeur, parce que l’eau qui les forme, pâlie par des trous de même grandeur; mais on remarque i°. Que ni l’un ni l’autre , ne monte auflî haut que leréfervoir, ce qui vient en partie du frottement que l’eau éprouve dans les tuyaux. a°. Celui du petit tuyau fe tient toujours plus bas que l’autre , ce qui prouve inconteftablement, que l’eau qui defcend par ce tuyau , éprouve plus de frottement que celle qui tombe par l’autre ; & cela doit s’attribuer a fa furface , qui ell deux fois • aufli grande que celle du tuyau C. eu égard aux volumes d’eau qui font contenus dans l’un & dans l’autre. Car la furface intérieure du plus gros qui a dix lignes de diamètre, jn’eft que double de celle du plus petit qui en a cinq , tandis que le volume d’eau qui le remplit, ell quadruple.
- Troifeme Expérience.
- Cette expérience fe fait encore avec la même machine, qui a fervi pour les deux premières. Laiffant toujours l’axe du grand rouleau pofé fur
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- ÏI2 Avis P A RT I CU II3TR S / les interfeâions des petits , vous ne ferez d’abord porter que l’un des deux leviers fur la partie g d; vous tendrez le reffort, vous mettrez le grand rouleau en mouvement, & vous compterez les vibrations.
- Enfuite, vous ferez porter les deux leviers enfembîe fur la partie g d ; puis ayant tendu le reffort, comme ci-devànt, & mis le grand rouleau en mouvement, vous compterez encore les vibrations.
- Dans le premier cas, le frottement fe fait par une furface, & une preffion qui efi: le poid du levier; dans le fécond cas , il fe fait par deux furfa-ces, & double preffion ; en comparant les deux réfui tats, vous verrez que la double preffion augmente d’avantage les effets du frottement que la double furface.
- A la fuite des expériences fur les frottemens , on peut faire voir p>ar l’exemple fuivant , comment l’ufage des rouleaux facilite le mouvement des corps graves qu’on eft obligé de traîner , en fubftituant le frottement de la fécondé efpece à celui de la première.
- EF,
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- . Terme U. Fl. 4
- JirndcL J'culf
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- sur les Expériences, iij'
- ; E F, PL V. Fig. 3. eft une planche bien dreffée & bien unie qui a trois pieds de longueur fur cinq ou fix pouces de largeur ; H eft une piece de bois de chêne équarrie , longue de quatorze ou quinze pouces, & dont chaque face a environ deux pouces de largeur ; une ganfe de foie fort menue eft attachée à cette piece , & va palfer fur une poulie élevée en F, fur le bord de la planche ; elle eft, tirée par un poids G, garni d’un crochet.
- On pofe d’abord la piece H à plat fur la planche que l’on met de niveau fur une table ; on attache au bout de la ganfe un poids tel qu’il le faut pour faire avancer la piece de bois ; enfuite on pofe la même piece fur deux petits cylindres de cinq à lix lignes de diamètre , & l’on voit qu’un poids beaucoup moindre que le précédent fuffit pour faire venir la piece H vers la poulie : la différence des poids indique celle des réfiftances que produifent ces deux efpeces de frottements.
- Tome IL
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- ii4 Avis particuliers
- AVIS
- Concernant la Quatrième Leçon.
- Première Expérience.
- 1—IV— J_j’inspection feule de la fi-gurecitée en marge, s’uffira pour don-p;’ rCK°n; ner connoiflànce de la machine , qui *' d’ailleurs n’eft alîujettie, ni à la forme, ni à des mefures précifes; il n’eft queftion que de faire tomber de'dix-huit à vingt pouces de hauteur, une balle de plomb bien ronde, de fix à fept lignes de diamètre, dans le milieu d’un vafe de verre ou de cryftal, garni au fond d’une couche de terre glaife, allez molle pour que la balle , puilfe s’y enfoncer de quelques lignes ' de profondeur , & allez épaiflfe pour empêcher que le vafe ne foit cafte.
- Si l’on .s’étoit muni de la machine à colonnes que j’ai décrite dans les Avis fur la troifieme Leçon , PL IV. Fig. i. on pourroitlafubftitueràcelle-ci, en couvrant le milieu de la caille , avec une petite planche , pour placer ! delîus le vafe de verre , & en remplit
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- sur les Expériences. U/ fantle trou K, de la traverfe mobile., avec un petit cylindre de bois dur , percé fuivant fa longueur d’un trou calibré félon la groffeur de fa balle qui doit y palfer.
- On fera tomber cette balle plus commodément, fl on la tient fufpen-due par un petit bout de fil d’un pouce de longueur, quand on la préfen-tera dans le canon ou dans -le trou par lequel elle doit commencer fa chûte.
- Si l’on n’a point de vafe fait exprès pour cette expérience, on fe fer-vira d’un récipient de machine pneumatique long & étroit, que l’on tiendra dans une lituation renverfée , en lui préparant un pied de bois ou de ferblanc , auquel on le joindra par fon bouton, ou par fon goulot, s’il en a un.
- Seconde Expérience.
- I l n’eft pas prudent de faire cette pl n Rfi expérience dans une chambre, à eau- 4. fe des accidents qu’on auroit à craindre d’uneï balle mal adroitement dirigée , ou dont les éclats pouroient rejaillir , fi elle rencontroit un corps Kij
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- n6 Avis parti eut teks1 . dur. Il faut choifir pour cela quelque endroit convenable dans un jardin ou dans la campagne r & Pon pourra fim-plifier beaucoup l’appareil en fup-primant le quart de cercle & fort pied ; Car il n’eft pas queftion de tirer fous un angle précis, il fuffit qu’il ait vingt-cinq à trente degrés, ou même un peu plus.
- Au lieu d’un baquet ou d’une baignoire pleine d’eau, fervez- vous d’une caille de fapm , femblable à celles qu’on feit pour les emballages ; qu’elle ait quatre pieds de long , dix-huit pouces de large & deux pieds de pro-' fondeur : laiflèz-la entièrement ouverte par en haut, & faites au fond d’en-basplufieurs trous, comme pour paflèr le doigt Defcendez cette caif-fe dans un badin , ou dans un courant qui n’ait pas beaucoup de rapidité , 3c fïxez-Ia avec des pieux ou autrement, mais de maniéré que fon bord fupérieur foit prefque à fleur d’eau : fervez vous de gaze, plutôt que de papier, tant pour couvrir Teati dans la partie moyenne de la caille , que pour le chalîis vertical E. Que fa planche de fapin , qui doit recevoir
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- SUR X ES Exî>l K IENCFS. J JJ
- l’impreffion de la balle, defcende jusqu’au fond-par une couliffe qui fa maintienne contre le petit côté de fa caili'e ; & tracez-deffus avec de la pierre noire, une ligne qui réponde juf-te à la fur fa ce de l’eau.'
- Pour tirer la balle placez-vous fur une ligne , qui palfepar le milieu de Ja largeur de fa calife & parallèlement à les deux côtés longs, commeBC, PI. y. Fig. 3. élevez fur cette ligne deux poteaux F, G, Fig. 4. ou li c’eft dans un jardin amenez-.y l’échelle roulantes avec laquelle on; émondé les arbres ; -fixez-y le canon de maniéré qu’il foit pointé fur le milieu. C de fa gaze qui couvre l’eau, 8c que vous verrez fuffifamment à traversée ehafîis élevé en £ ; fi la culafe fe placée en A , efl élèvée de fept à huit pieds au-delfus du niveau de l’eau, & que fa difianceJB C, foit de vingt pieds , vous tirerez fous un angle qui aura environ vingt degrés, ce qui fuffira pour faire réulfir certe expérience , qui n’exige pas plus du pré-ci fi on.
- Mais comme la baffe fe déforme en frappant l’eau, & qu’elle s’y en-
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- H8 Avis particuliers fonce quelquefois affez irrégulièrement , pour rendre l’effet de la rétraction infenfible ou douteux , ce n eft qu’aprcs plufieurs coups qu’on en peut juger fùrement ; c’eft pourquoi le canon doit être attaché de maniéré qu’on puiffe Tôter aifément pour le recharger , ôc le remettre de meme ; on fe procurera cette commodité, en l’attachant à une piece de bois H, percée au bout qui répond à la cu-îaffe , pour entrer fur une broche de fer attachée au poteau le plus reculé , Ôc portant une vis avec un écrou qui •retient la piece de bois ; & en fai-fant porter l'autre bout furunmen-tonnet de fer ou de bois , qu’on arrête plus haut ou plus bas , fuivantl’in-clinaifon qu’on veut, donner au canon : voyez la Fig. 4,6c fuppofez que les deux poteaux F, G, font élevés verticalement fur la ligne B C.
- Pour reconnoître l’effet de la ré-fraffion , il faudra tracer fur un plan quelconque , la coupe de la caiffe avec les proportions, comme g hik, ôc la ligne E C que vous donneront les centres des trous faitspar la balle dans les gazes. Vous prolongerez cette
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- sur les Expériences. 11$ ligne jufques en D, où la balle de-vroit frapper , s’il n’y avoir point de réfra&ion ; fi ayant retiré de l’eau la planche de fapin qui a reçu le coup, vous trouvez que de la ligne noire que vous y avez tracée pour marquer la furface de l’eau , au centre de Fim-preffion faite par la balle, il y a une ciiftance moindre que g D , ayant égard à l’épaiffeur de la planche , vous ferez fur que la balle en entrant dans l’eau, s’eft relevée vers la furface;
- & c’eft tout ce qu’on peut attendre de cette expérience ; car ce feroit une affaire trop délicate , que de vouloir connoître par là , le rapport du hnus d’incidence E k, au fmus de réfraction g x.
- TrcdJIeme Expérience*
- Pour tirer fous un angle de cinq c-g-» .aib degrés avec l'appareil dont fai fait. mention dans l’expérience précéden- i, $ea° te, il faut de deux chofes l’une, ou ïlh^.4. s’éloigner beaucoup de la caiffe, ou placer le canon bien plus bas. Le dernier parti elt celui qu’il faut prendre , pour conferver plus de vîteffeà la balle, & pour la diriger plus fach*
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- 120 Avis particuliers lement. Si la diftance de C en B (Fig. 3.) eft toujours de vingt pieds , il faudra que la culaffe du canon placé en L , foit tout au plus de deux pieds au-deffus du niveau de l’eau, & tâcher que la balle paffe un peu au-def-fus du bord de la caille en k, afin que le coup fe porte plus haut dansla planche élevée en g.
- On peut fe palier de mettre une gaze fur la furface de l’eau ; il fuffit qu’il y ait une marque qui indique le bord antérieur de la caillé : mais il eft néceffaire de tirer avec de grolfes balles ; fi elles avoient moins de fix lignes de diamètre, elles pourroient bien entrer dans l’eau & ne point rejaillir.
- Un des inconvénients qui nuifent le plus dans ces expériences, c’en que les effets font petits, & que le plomb en perdant fa rondeur par le choc de l’eau, ne repréfente pas toujours une réfradion telle qu’on l’attend en comptant fur fa fpnéricité ; on aura des effets plus marqués & plus confiants, avec des boulets de fer quand on fera à portéede s’en fervir: & fi l’on en peut employer de differents calibres, on
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- suh les Expériences, ist on verra de plus que les réfraâions, toutes chofes égales d’ailleurs , font d’autant plus grandes, que les boulets ont plus de diamètre : & que l’angle d’incidence qui feroit trop grand pour faire rejaillir un petit boulet de deffus l’eau , ne le fera point trop pour un plus gros.
- - Première Expérience.
- L a machine repréfentée par la fi- —-gure citée en marge, & que le Lee- liço». teur doit avoir aâuellement fous fes fîIpca;f,‘ yeux, a pour bafe une planche Ion- ' ‘s'“' gue de dix-huit pouces , large de fix & de treize à quatorze lignes d’é-pailfeur : elle eft ornée d’une moulure tout autour , & montée *fur trois vis en bois ou en cuivre , qui fervent à la caler pour la mettre de niveau.
- Sur un des bouts de cette planche, eft élevée à angle droit une efpece de potence, dont le montant eft large de quatre pouces 7 jufqu’à Jabauteur de dix pouces, après quoi elle eft réduite à deux pouces \, ainfi que celle du bjfas-C qu’ü porte, & qui eft élevé de vingt-huit pouces aü-deffus de la bafe.
- Joint U.
- L
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- 122 Av is p asti c u 11 Ers
- Sur un des côtés longs de cette bafe,' & au défaut de la moulure, eft élevé un chaffis de dix pouces de hauteur, qui eft joint auflï au montant de la potence ; le bord de ce chaffis par en haut eft parallèle à celui d’en bas , jufqu’à la diftance de fîx pouces-, à compter du montant de la potence, après quoi il eft arrondi jufqu’en B, d’un trait de compas dont le centre eft en A : il peut être rempli , avec de la volige collée à plats joints , fl l’on n’aime mieux le couvrir de toile ; mais il faut toujours qu’il foit peint en blanc , pour qu’on y puifle tracer des lignes noires.
- En A eft un trou qui reçoit l’axe de la cuvette A B , lequel eft retenu par derrière avec une clavette ; en B eft une agrafte qui embraffe l’épaiffeur du chaffis, & qui porte une vis de preffion, parle moyen de laquelle on arrête la Cuvette à tel degrés d'incli-naifon que l’on veut.
- Le bras de la potence qui a onze pouces j de longueur , eft cfeufé én-defl'us pour recevoir une petite-fégle dé bois <tailléfe ^a<&e-’‘d’arondë par fes bords , & fendue en four-
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- SUS LE£ Éxf é*I« NCÉs. Ï2p chette fut une partie de fa longueur, au moyen de quoi elle glifle à frottement, & s’arrête d’elle-même où l’on veut ; cette petite régie porte le canon C, par où doit pafler la balle d’y voire; ficafin que ce canon puiffe aller & venir avec la régie, le bras de la potènce qu’il traverfe, ell ouvert par une rainure à jour qui a trois ou quatre pouces de longueur, & autant de largeur qu’il en faut, pour permettre au canon de fe mouvoir librement ; la balle doit avoir cinq à lix lignés de diamètre.
- Deuxieme & troijieme Expérience, (a)
- L a tablette de marbre qu’on met ici à la place de la cuvette de l’expérien- LjIV ce précédente, eft contenue dans un n*L cadre de bois, au petit côté duquel' r-Ks-éft attaché le pivot ou l’axe fur lequel fe fait le mouvement; & il porte de même une agraffe en B , pour l’arrêter dans la fituation oùl’on veut qu’il fort. ; t : •
- 11 faut choifir du marbre noir par
- (a) Dans quelques éditions cette expérience eftmarquée IV. expérience ; c'eft une faute d’im-preilton.
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- 124 Avis particuliers préférence à tout autre ; parce que la tache que fait la balle fur le lui-fant que l’huile lui a donnéj s’y apper-çoit mieux.
- Suppofez donc que vous ayez donné à la tablette de marbre l’inclinai-fon AD; la bafe de la machine étant de niveau, vous ferez palier par l’axe du canon un fil d’aplomb , que vous ferez avancer ou reculer jufqu’à ce qu’il vous donne le point JE à-peu-prèsau milieu de la longueur du marbre; de ce point vous tracerez fur le ehaffis, le demi-cercle D F A ; vous aurez par la ligne d’aplomb & la partie £ D du marbre , l’angle d’inci-denee de votre balle d’yvoire , vous tirerez la ligne £ F, qui vous donnera un pareil angle avec l’autre partie du marbre, & cette ligne EF, fera celle que doit fuivre la balle pat fon mouvemet réfléchi. S’il y a fur le montant de la potence un enduit de cire molle ou de glaife à l’endroit où répond cette ligne , vous verre* en répétant l’expérience plulieurs fois-de fuite, qu’il s’en faudra de peu que la balle ne tienne cette route ; je dis qu’il s’en faudra de peu, parce;
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- sur les Expériences* i2ÿ qu’on ne doit point exiger qu’eile la fuivre rigoureufement : cette balle doit donner quelque chofe à fa pé-fanteur, dans le trajet qu’elle fait du point E jufqu’aa montant où elle va frapper.
- Si l’on ne veut point faire frapper la balle contre un enduit de terre ou de cire molle , on peut pratiquer au montant une piece à coulilfe G, qui foit creufe, & qui préfente une ouverture dans laquelle cette balle puif-fe entrer & retomber par en bas.
- Expériences fur le choc des corps.
- J e fais les expériences fur le choc ....
- des corps fuivant la méthode de M. t Mariotte , c’eft-à-dire que j’employe ni.sta.pi. des corps fphériqües que je tiens fuf- VIL %• lv-pendus à des points fixes par des fils, & 10‘
- & dont je mefure les degrés de vitef-fe, par l’arc qu’ils ont à décrire pour descendre à leur aplomb, quand je les en ai tirés. Mais j’ai cherché à ren-drefa machine plus commode &plus expéditive, ce qui m’a porté à y faire plufieurs changemens, depuis qu’elle a été gravée pour la première édition du Tome I. des Leçons de Phyfi-
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- J ai Avti ÏA*TICB£tSRS que ; je vais la décrire telle qu’elle ef! aujourd’hui dans mon école de Pa-
- , CD, PI. VI. Fig. 1. font deux pièces de bois d’un pouce & demi d’épaiffeur , entaillées & croi-fées l’une fur l’autre ,• liées enfemble par quatre autres pièces F, F, F, F, plus minces, mais qui les affleurent par-devant, le tout chantourné comme dans la figure. Ce premier affem-btage eft furmonté d’une fléché, de mêmeépaifleur que ta pieee AB , & terminée par une tête en forme de treffé. Cette fléché peut être d’une même piece avec le montant A B, ou fi l’ait veut, elle s’y' joint par un emmanchement qui fê fait au-deflus de B, & qui donne la facilité dé l’en fiéparer, en ôtant une vis- de bois qui a fon écrou par derrière.
- Le montant A B eft arrêté fondement fur le bord d’un pied triangulaire dont le plan eft repréfenté par la figure a b; 8c il eft appuyé par une eonfole qui eft derrière , comme on te peut voir par la Fig. 2. quirëpréfen-te la machine vue de profil ; le pied a une parclofe chantournée de cinq
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- sua iss Expériences. 127 pouces de hauteur, avec un tiroir par-devant, & de groffes vis de bois aux trois angles pour le caler.
- Gomme prefque tout le poid de la machine eft en avant, on fera bien de rappeller le centre de gravité vers le milieu du pied, en attachant en-deiTous quelques maffes de plomb, lé plus près qu’il fera poflible de l’angle oppofé au montant A.
- Quand aux dimenfions de toutes ces pièces, le. Graveur a obfervé les proportions qu’elles ont entr’elles, il fuffit de dire, que la hauteur A'A en E, eft de fept pieds ; & d’ailleurs, ces proportions peuvent varier un peu fans conféquence.
- La piece la plus eflêntielle de la machine , eft celle dont le développement fe trouve dans la Fig. 3. G G ou g g , eft une planche de trois pieds de longueur, de huit à dix lignes d’é-paiffeur & large de quatre pouces j. Elle porte deux vis de bois H, H avec leur écrou, par le moyen defquelles elle s’attache en C D , & couvre toute la partie qui eft tracée avec des points.
- Cette planche eft alîemblée avec Liv
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- 128 Avis FARTI CUtlBRS une autre 11 ou i i, par le moyen de trois goulTets longs de trois pouces i L, L, L, dont les tenons font collés de part & d’autre. Cette derniere,auffi épailfe que la première , & ornée comme elle d’une moulure tout autour, n’a que trente-quatre pouces de longueur & deux pouces f de largeur. Sà face antérieure eft creufée d’un bout à l’autre pour recevoir deux régies de bois comme M, qui défafleu-rent d’un quart de ligne, & dont les bords font taillés en queue d’aron-de , afin qu’elles ne puiffent que glif-fer fuivant leur longueur, fans fortir de la couliffe qui les contient ; & afin qu’elles gardent mieux la place qu’on leur fait prendre, quand on les fait avancer ou reculer, elles font refendues en fourchettes pour faire ref-fort.
- Sur ces deux régies ( qui défafleu-rent un peu comme je l’ai dit ) & qui n’ont que quatorze lignes de largeur on en a collé deux autres un peu plus larges, qui les débordent d’environ deux lignes de chaque côté ; mais en les collant on a eu l’attention de laif-fer une branche de chaque fourchette
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- sü* us Expériences. 125 libre , c’eft-à-dire,fans être collée, afin de lui conferver le jeu de fon reflort.
- Ces deux pièces ainfi préparées forment deux régies mobiles , qui peuvent s’avancer l’une vers l’autre juf-qu’au milieu de la planche II, & s’écarter de même : chacune d’elle eft divifée fur fa longueur par pouces & par lignes , & porte à fon extrémité un petit bouton, ou quelque chofe d’équivalent, afin qu’on puuTe latiter aifément.
- • Aux deux bouts de la planche If, font fixées deux brides de cuivre ou. de fer poli, repréfentées de face en K, & de profil en k.; qui embraflent les régies dont je viens de parler , fans gêner leur mouvement, & dont les tenons après avoir traverfé la planche , font retenus avec des goupilles. Ces deux ponts ou brides portent deux petits piliers ronds ou quarrés de métal N, N, qui ont dix-huit lignes de longueur , fur quatre lignes de face : chacun d’eux ell perce à jour de deux trous un peu plus longs que larges , & qui laiffent entr’eux un intervalle de fix à fept lignes.
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- 130 Avis particuliebs
- Quatre vis comme o, o, &c. de dix-huit lignes de longueur-chacune , dont le diamètre eft égal à la hauteur de ces trous , mais qui font un peu applaties à la lime , fur deux côtés pour s’accommoder à leur largeur , peuvent s’y mouvoir félon leur longueur , fans cependant tourner avec l’écrou , qui les tire en s’appuyant contre la face extérieure du piller.
- Ces vis étant en place & avancées de toute leur longueur les unes vers les autres, fervent à tendre parallèlement entr’eux & aux deux régies de la planche i i, des fils de laiton de la grolfeur d’une épingle, qui s’y attachent parles deux bouts, au moyen d’un œil pratiqué à chacune d’elles ; mais avant de les y arrêter , on enfile deflus un curfeur P, fort léger, fait d’une lame de cuivre très-mince & terminée en pointe du côté des régies graduées ; cette petite lame eft pliée d’équerre, par les bords de fa longueur ; & dans ces deux parties repliées, font percés les trous par où paffent très-librement les deux fils de laiton.
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- SUR Ut E X î É RIR N C ÈSi îjî
- Le haut de la fléché E porte un bras de potence Q, Fig. 2. qui a qua-torzepouces de longueur, chantourné par en haut, & droit par en bas; aux deux bouts de cette piece , on a fait deux entailles à un pied de diflance l’une de l’autre, pour recevoir à angles droits deux verges de fer quar-rées, qui s’y attachent avec des vis comme fi, fi.
- Ces verges de fer n’ont que trois à quatres pouces de longueur & portent chacune deux boîtes de cuivre S , S, qui glilfent deflus avec une vis de preffion pour les arrêter, & par-deffous , un petit crochet qu’on place le plus près du bord qu’il eff pofli-ble.
- Teft un portant formé d’une lame de cuivre minee battue à froid , longue de fix pouces , & dont la largeur elt réduite prefque à une demi ligne, excepté au milieu de fa longueur & à fes extrémités, où l’on en a réfervé un peu plus , pour y pouvoir percer des trous ; V efl un fil de laiton formé en crochet par en bas, Sc terminé par en haut en vis , avec une portée. Cette vis pâlie à travers la lame
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- *32 Avis ïarticuxiers T, & eft reçue par un autre fil de laiton x, qui lui fert d’écrou , & dont le bout fupérieur eft fendu avec un anneau plat & coulant qui fait ferrer les deux parties quand on veut ; de forte que ces deux pièces ainli jointes préfentent d’un côté un crochet , & de l’autre, une pince dans laquelle un gros fil de foie a peine à gliller. La longueur de la partie T eft de trois pouces ; le relie de part & d’autre eft plié à angle droit, & les deux trous qui font aux. extrémités doivent fe regarder, ainli que la fente qui forme la pince x.
- Pour fufpendre les boules , on prend un gros fil de foie bien uni, ou une ganfe très-fine, que l’on attache
- ?ar un bout à l’un des crochets s à extrémité du bras Q. Enfuite on fait palier le fil par les trous du portant que je viens de décrire, delà fur l’autre crochet s , du même côté que le précédent : on amene le bout à une cheville^ qui eft au bas de la fléché, & fur laquelle il s’arrête & s’enveloppe autant qu’il eft néceffaire.
- Cette maniéré de fufpendre les boules eft commode pour contenir leurs
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- sur les Expériences. 155' ofciirations dans un même plan, ou , ce qui eft la même chofe, pour empêcher que la partie V du portant ne frotte contre les fils parallèles de métal de la piece i i entre lefquels elle fe meut. On a auffi l’avantage en tournant la cheville Y de faire monter & defcendre les boules à volonté , pour remettre leurs centres dans la même ligne, quand les diamètres ne font plus les mêmes. Enfin les deux branches du portant par où pafife le fil de fufpénfion, empêchent que les deux parties defeendantes ne fe tortillent , ce qui ne manquerait pas d’arriver fi elles formoient un angle fort aigu à la boule , & ce fil ferré en x par la petite pince, contient la piece y x, & la boule qui efl au bout , dans une fituation verticale.
- Dans les expériences fur le choc des corps , on employé des malfes de figure fphérique , afin qu’il foit plus aifé de les faire choquer dans la ligne des centres ; ces boules font cenfées ou n’avoir point dé relfort, ou en avoir un qui foit parfait ; aucune matière connue ne peut fatia-
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- 134 Avis particuliers faire à ces deux conditions , à parler rigoureufement; mais il y en a qui ont fi peu de reffort, qu’il n’eft pas fen-fible, & d’autres font tellement élaf-tiques, qu’elles produifent à très-peu-près ce que la théorie annonce.
- Pour faire des boules fans reffort, vous détremperez de la terre glaife avec un peu d’eau commune, & vous la manierez jufqu’à ce qu’il n’y ait plus de grumeaux : vous pourrez même la faire paffer par une groffe toile peu ferrée pour être plus fîtrqu’elle ne contient ni gravier , ni pierres , ni autre corps étranger. Vous la mêlerez enfuite à parties égales , avec du fablon paffé au tamis , & vous lui ferez prendre la confillance d’une pâté très-flexible, mais qui ne s’attache plus aux doigts. Vous en formerez des boules Z, de quatre & de huit onces, y compris le poids d’un petk bouchon de liège que vous enfermerez au centre, & d’où part un fil de laiton , terminé par une petite boucle, qui doit excéder un peu la furface de la boule, pour l’accrocher au portant V.
- Ces boules pourraient fe faire dans
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- des moules qui s’ouvriroient en trois-pièces : leur figure en feroit plus régulières ; mais il eft plus effentiel que leurs poids foient égaux, ou dans des rapports exaâs, qu’on puifle comparer aifément ; Si Ton auroit peine à concilier cettè condition, avec des volumes invariables , & une matière que }#lus ou moins d’humidité , ou quelque variation dans le mélange, feroit fouvent changer de denfité. Il eft donc plus à propos de les arrondir à la main , & l’expérience m’a fait voir , qu’avec un peu d’attention & d’adrefle , on en vient aifément à bout.
- Si l’on ne fait pas fervir ces bou* les, aufli-tôt qu’on les a préparées, il faut les garder dans un linge doublé ou triplé, qui ait été mouillé, & que l’on ait prefle, pour n’y laiffer que de la moiteur; onferabien aufti de vérifier de nouveau leur poids, s’il s’eft pajfë un temps confidérable comme unqour ou deux j depuis qu’elles ont été pefées.
- On fé procurera des boules élastiques en prenant des billes d’yvoire bien afforties, chez un Tabletier, ou
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- ïjtf Avis particuliers fen les tournant foi-même, fi on le fçait faire : il faut que l’yvoire ait eu le temps de fécher avant qu’on Unifie les boules , de peur qu’il n’arrive quelque changement aux rapports de leurs poids ; on fera bien de les ébaucher trois femaines ou un mois avant de les finir : on pereera à chacune d’elles, un petit trou de trois à»qua-tre lignes de profondeur, dans lequel on chaffera à force un fil de métal gros comme une épingle, dont le bout excédent fera tourné en forme de boucle, avec une pince ronde.
- Tout étant donc préparé comme 3e viens de l’expliquer, voici comment vous procéderez pour mettre la machine en ufage: ayant attaché la pièce g g en C D, par les deux vis HH t & fufpendu une boule comme ji j de chaque côté du bras de potence Q, ayant foin que la tige v du portant fe trouve entre les deux fils parallèles delapiece ii, vous tournerez les chevilles YY, jufqu’à ce que les deux boules aient leurs centres dans une même ligne horizontale ; & lorf-que la tige v vous paroîtra bien verticale , vous arrêterez le fil en * en ferrant
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- sdr le s Expériences. 137 ferrant la pince : après cela vous ferez avancer ou reculer les quatre boîtes s, s, &c. jufqu’à ce que les deux boules commencent à fe toucher , comme dans la Fig. 4. Vous calerez le pied par le moyen de fes trois vis, jufqu’à ce que l’endroit où fe joignent les deux régies mobiles, fe trouve vis-à-vis de celui où les boules fe touchent, & que les tiges y, & fa pareille, fe trouvent au milieu de l’efpace compris entre les deux fils de laiton nn.
- Gela étant fait, tirez de part & d’autre les deux régies mobiles , jufqu’à ce que le bout de chacune d’elles où eft marqué 0 fe trouve vis-à-vis de la tige v qui repréfente le centre de la boule par fa direâion : mettez la pointe du curfeur P un peu en deçà du chiffre, où vous prévoyez que doit aller le centre de la boule , quand elle aura été choquée ; tirez-la boule qui doit donner le choc , iufqu’à ce que la tige v foit vis-à-vis du chiffre d’où elle doit partir , & laiffez-là fortir d’entre vos deux doigts fans la pouffer ni d’un côté ni d’un autre , afin quelle n’aille Tome II. M
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- ij8 Avis particuiisrs
- Eoint frottes contre les fils de laiton.
- a boule choquée, à la fin de fon mouvement, rencontrera le curfeur & lui fera marquer fur la régie graduée, le trajet qu’elle aura fait.
- On voit que les deux régies mobiles qui font graduées en pouces & en lignes, fervent à compter les degrés de vîteffes du corps choquant & du corps choqué ; il eut été fans doute plus exaâ , que cette graduation en parties égales , fût faite fur un limbe circulaire dont le centre eût été à la hauteur de s s : mais cés régies étant droites , il efl plus aifé de les rendre mobiles, que fi elles étoient courbes ; & quand le rayon a quatre pieds de longueur , & que les boules font peu de trajet, comme dans cette machine, il importe peu que les degrés foient marqués fur l’arc ou fur la corde.
- Il y a des cas où l’on fait mouvoir les deux boules du même fens, avec des vîteffes inégales : alors fi l’on élevé les boules de gauche à droite , par exemple, on comptera les degrés de vîteffe, par les chiffres de la régie qui eft à droite, fans addition pour la
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- sur les Expériences, ijp boule de la droite ; mais pour la boule de la gauche, il faudra tenir compte de l’intervalle qui fépare les deux régies, Car fon aplomb eft à l’extrémité de la régie à gauche ; li les boules font de deux pouces de diamètre, cet intervalle , eft de deux pouces ; fi vous comptez donner quatre degrés de vt-telîe à la boule à gauche , il fiiffim donc de l’élever au chiffre 2. de la régie à droite.
- Pour faire entendre , comment deux corps élaftiques quLfe choc-quent, prennent par leur réaction des mouvemens contraires à ceux qu’ils avoient, ayez deux anneaux plats, de trois à quatre pouces de diamètre , faits avec du reffort de pendule , ou avec des lames de laiton bien écrouies ; percez-les fur leur largeur de deux trous à côté l’un de l’autre & diamétralement oppofés à deux autres femblables. Sufpendez ces deux anneaux avec des fils parallèles , comme dans la Fig. ÿ. PI. V. liez-les enfemble avec un fil qui aille & revienne par les trous dont je viens de parler, & ferrez-les pour leur faire prendre une figure un peu ovale, en
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- 140 Avis particuiiers tordant le fil avec un bout d’allumette paffé en travers ; dès qu’ilsferont ainfi préparés, fi avec une petite bougie ou autrement, vous brûlez le fil dans l’autre anneau, où il n’eft point tors, on les verra fe féparer , & s’élancer en fens contraires l’un de l’autre.
- Comme la commanication du ^mouvement par les corps à reffort, fe fait avec une promptitude inexprimable , il eft bon d’en mettre des exemples fous les yeux des commen--çants , afin qu’ils en foient prévenus •de bonne heure , & qu’ils en goûtent mieux les raifonnements qui roule-loient fur de pareilles fuppofitions : voici comment on peut s’y prendre pour prouver cette vérité. «
- A a , B b , Fig. io. Pl. V. font deux pièces de bois d’un pied de longueur, larges d’un pouce & demi, & d’environ huit lignes d’épaiffeur, af-femblées parallèlement entr’elles, & à huit pouces de diftance l’une de Vautre , par deux traverfes croifées, Je tout porté par un fupport qui a cinq pieds de hauteur, & dont la tige eft emmanchée dans la piece B b.
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- SUR LÉS ExtÏRIÉNCÏS. 141 Cette même piece porte à fon bord inférieur fept petits crochets à dix-huit lignes de diftance les uns des autres , & vis-à-vis de ces crochets, au bord inférieur de la piece A a, font autant de petits trous,avec une cheville tournante à côté de chacun d’eux ; un fil de foie, attaché par un'bout au premier crochet, va paffer par le premier trou de la piece Aa, & s’enveloppe fur la cheville la plus prochaine ; une bille d’yvoire d’un pouce & demi de diamètre , s’accroche à ce fil, qu’on lâche jufqu’à ce qu’elle foit defcendue de dix-huit à vingt pouces , comme C. On en fufpend ainfi fept qui fe touchent, & dont les centres fe mettent dans une même ligne horizontale , par le moyen des chevilles qu’on tourne d’un côté ou d’un autre pour régler les hauteurs, & en faifant faire aux fils des angles fem-blables.
- Dès que la première boule, tirée de fon aplomb&abandonnée à elle-même, vient frapper la deuxieme, dans l’inf-tant même on voit la derniere fe détacher de la pénultième, & s’avancer ave« une, vîtelfe égale fenfiblemeilt ,
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- 142 Avis PARTICULIERS à celle qu’on a donné à la boule choquante.
- Au lieu de choquer la deuxieme •avec la première comme ci-devant , fi l’on éleve les deux premières en-femble pour choquer la troifieme, les deux dernieres fe détachent en-femble & fe portent en avant ; & fi l’on fait le choc avec trois , les trois dernieres fe mettent en mouvement, &'la quatrième n’en fait aucun.
- D A n s les expériences fur le choc des corps avec des billes d’yvoire fufpendues, quand les maffes font égales , on voit toujours celle qui a été choquée étant en repos , partir avec toute la vîteffe de celle qui l’a frappée , & celle-ci demeurer immobile après le choc : cela eft bien différent fur un billard ; ordinairement la bille qu’on envoyé contre celle qui eft en repos , continue de fe mouvoir après le choc. On rend raifon de cette différence, en obfervant que dans ce dernier cas, la bille qui doit choe-quer eft tranfportée par un mouvement de rotation , qui fubfifte après Ife choc , & qui la fait néceflairement avancer. En faveur des perfonnes qui
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- sur tss Expériences. 143 auroieht peine à goûter cette raifon, on fera voir avec la machine fui-vante , qu’un corps rond , qui tourne Si qui n’eft point retenu d’ailleurs , ne peut pas pofer fur un plan , fans avancer fuivant le fens de fa révolution.
- AB, PI. VU. Fig. 1. «fl: une tablette de deux pieds de longueur fur fix pouces de large, montée fur une pe-tité parclofë chantournée ; fur l’un des deux bouts s’élèvent deux oreilles C c ; une tmtre planche E e , de deux pouces moitis large que la précédente , couverte d’une bande de drap verd, & garnie tout autour d’un rebord qui a un demi-pouce de hauteur, fe meut par une de fes extrémités fur deux tourillons, entre les deux- oreilles C c , laiffant un intervalle d’un pouce entr’elle Si la tablette A B. Vers l’autre bout de celle-ci font deux montans plats GG, dont
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- 144 A,rIS *arïicülisrs diamètre & quinze lignes d’épailfeur : fon axe, qui eft auffi de bois dur, a trois pouces de longueur & quatre lignes de diamètre , il eft terminé par deux pivots d’acier fort menus, de quelques lignes de longueur.
- Ces deux pivots entrent bien librement dans les échancrures des platines de cuivre dont les montans font garnis. Voyez en g g H, le profil de cet affemblage : / eft le bout de la planche e, qui eft abaifle fur celui de la tablette A B , & qui y eft retenu par un tourniquet ;,Jnais il eft poufle de bas en haut par une lame de reffort qui eft deffous , de forte que quand on le laifle libre , il s’élève promptement , & ne monte cependant que d’un demi-pouce ou environ, parce qu’auxldeux montants g, g , on a attaché deux petites chevilles i , i, qui l’en empêchent. En arrivant à cette hauteur, il fouleve la molette , & fait fortir les pivots des échancrures où ils font entrés.
- Sur l’une des deux parties de Taxe, qui font entre les pivots & la molette, on enveloppe un gros fil de foie ou une ganfe fort menue, qui fait cinq
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- BIT
- Avis, Tb/rv- IL. PL 6
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- SUR LES Extêriences. I4y cinq ou fix tours , & dont le bouc n’eft point arrêté : on enveloppe ce fil de maniéré , qu’en le tirant rapidement , il faffe tourner de même la molette dans le fens des letres e d G g & afin que ce mouvement foit libre & fe conlerve mieux , on met une goutte d’huile dans les échancrures, où fe pofentles pivots.
- Tandis que la molette tourne ainfi fur fon axe, fi on lâche le tourniquet , le bout de la planche e s’élève en vertu du reffort qui le pouffe , jufqu’aux chevilles i, i, comme je l’ai dit; il fait fortir les pivots hors des échancrures , & l’on voit aufii-tôt la molette courir en roulant vers E , quoiqu’il y ait un peu à monter.
- Concernant la Cinquième Leçon. Première Expérience.
- L A préparation de cette expérience efi fi fimple, que l’infpeâion feu- i. le de la figure citée en marge, fuffi- .! Tome II. N
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- <146 Avis particuliers ra à quiconque voudra l’exécuter; J’ajouterai feulement qu’il faut diminuer les frottemens le plus qu il fera poffible ; i°. en tenant le mobile C très-léger, &enlefaifant un peu convexe en-delfous, afin qu’il ne traîne que fur un point de fa furface: 20. en faifant les poulies .*4, B, avec des axes de fer ou d’acier , qui tournent dans des chapes de métal, fur des pivots très-menus , auxquels on aura foin de mettre une goutte d’huile avant l’expérience. Il faut encore placer ces poulies de maniéré , que la petite ganfe de foie qui va de l’une à l’autre , & aux deux bouts de laquelle font attachés les poids , fe trouve élevée d’une bonne ligne au-delfus de la table , ce qui diminuera encore le frottement du mobile C.
- Au lieu d’une table ronde , on peut pour plus de fimplicité , employer une réglé de bois un peu épaif-îe & bien unie, aux deux extrémités de laquelle on placera les deux poulies ê', B, & qu’on établira de niveau fur quelque fupport, à la hauteur de quatre ou cinq pieds, en mettant la face de la réglé dans un plan
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- sur les Expériences. 147 horizontal. Si l’on prend ce parti, l’on fera bien de donner à cette réglé, trois ou quatre pieds de longueur; afin que dans les cas où l’on voudra que le mobile C, foit emporté par une force plus grande en E qu’en D , le poids partant du point E fafie une plus grande chute, & marque davantage fur la terre molle qu’on placera deffous. Ces poids doivent être des boules égales en diamètre , & de la même matière, (d’yvoire par exemple ou de cuivre ) ; & fi l’on en met deux d’un côté pour emporter le mobile C, on les attachera l’une au-def-fus de l’autre . afin qu’on puiflé recon-noître que l’enfoncement fait dans la terre molle, en pareil cas , n’eft pas plus grand que celui qui fe fait par une feule de ces boules, fi elle tombe librement ; c eft-à-dire , fans être contrebalancée par' une force contraire. 11 faut que c es boules pefent environ deux onces chacune, afin que les effets foient plus fenfibles ; & la terre doit être préparée, comme celle des expériences fur le choc des corps , dont j’ai parlé ci-delïus, page 134.
- Nij
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- 148 Avis particuliers Seconde Expérience,
- — La poulie G, dont il e(t fait mention dans la préparation de cette ex-, "pi. périence, n’eft point une (impie pou-». lie, c’eft une double bobine KL, PI. VII. Fig. 2. qui tourne fur deux pivots dans un petit challis de cuivre : ce chaffis gliife fur deux fils de fer ou d’acier tendus parallèlement entre deux piliers de cuivre H, M, fixés à la tablette verticale , qui peut être chantournée, & élevée fur une bafe, comme on le voit à la lettre N. Les deux piliers, pour être plus folides, doivent avoir des tenons à vis, qui. s’arrêtent par-derriere avec des écrous; & les fils d’acier, pour être tendus plus commodément, doivent avoir une tête à l’une de leurs extrémités , & à l’autre , une vis avec un petit écrou , qu’on fait tourner par le moyen d’une pince.
- Sur la partie K de la double bobine efl enveloppé un fil de foie qui eft arrêté au pilier H, de forte que quand on tire le chaffis , avec un autre fil femblable, qui traverfe le pilier M, la bobine tourne de gauche à droite*
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- sur les Expériences; i4£ & fait monter le petit poids F , par un fil qui s’enveloppe fur la partie L, ce qui fe comprendra aifément fi l’on jette les yeux fur la figure KLF, qui repréfente la double bobine vue de face.
- Pour que le poids F décrive fur la tablette verticale N, la diagonale/i, lorfqu’on tire le chaffis & fa bobine d’un pilier à l’autre , il faut avoir foin que le diamètre de la partie L foit à celui de la partie K, dans le même rapport que / g , efl à g i.
- Cette machine n’eft aflujettie d’ailleurs à aucune mefure précife; chacun peut en varier les dlmenfions & là figure fuivant fon goût; celle dont je me fers eft de telle grandeur , que le parallélogramme g iof, qui eft tracé deffus, à quinze pouces de longueur fur dix de hauteur: comme la tablette a beaucoup de largeur , les planches qui la compofent font mifes debout , affemblées à plat joints & collées , avec une large emboîture par en haut qui fait toute la partie h m.
- O n peut faire la même expérience d’une autre maniéré avec la machine que je vais décrire. A B C D, — Niij
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- ijo Avis particuliers Fig. 3. eft une tab'erte de bois mince qui a quinze pouces de long fur dix de large : elle eft entourée d’uii cadre dont le bord intérieur eft épais d’environ ûx lignes. EF, GH, font deux réglés parallèles de bois, de la même épaiffeur que le cadre , & attachées comme lui fur le fond. E Flaif-fe entr’elle & le côté du cadre qui lui eft parallèle, un pouce d’efpace , & elle eft recouverte dune lame de laiton taillée en cremaillére ; G H, ne la'flê qu’un demi-pouce d’efpace entr’elle & le cadre ; elle eft taillée en bifeau par-deflous, ainfi que le côté du cadre qui lui eft paral'ele ; le petit côté A D ,s’enlève quand on veut, pour laifler paffer la réglé mobile IK dont je vais parler.
- Cette piece vue de profil en l m. eft faite de bois mince ; elle à une rainure à jour qui s’étend depuis le côté C D du cadre jufqu’àla réglé qui eft couverte par la cremaillere. Vers le bout I, elle porte en delfous une roue dentée N, qui tourne entr’elle, & une platine de cuivre un peu plus large : l’axe de cette roue, après avoir Uaverfé l’épaifleur de la réglé, exce-
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- sur les Expériences, iji de de huit à dix lignes, & eft limé en quarré pour recevoir une petite bobine de bois dur m, quia fept à huit lignes de diamètre.
- Vers l’autre bout K, eft une petite piece de bois L , qui gliffe dans la rainure, de qui eft retenue en def-fous par une lame de laiton , très-mince , faifant reffort. Cette efpece de curfeur porte une petite bande de métal très-flexible , au bout de laquelle eft un porte-crayon o ; en def-fus eft un crochet auquel on attache un fil de foie qui vient de la bobine.
- - Quand la réglé IK eft en place , elle ne peut point fortir en s’enlevant , parce que les dents de la crémaillère font prifes entr’elles & la platine de cuivre qui recouvre la roue dentée , & parce qu’à l’autre bout, cette réglé porte en deffous un petit taffeau formé en queue d’aron-de , qui gliffe entre la régie G H, & le côté du cadre qui lui eft parallèle.
- Imaginez donc que la réglé mobile préparée comme je viens de l’expliquer j eft en place , & que le Niv
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- ï$2 Avis particuliers crayon répond au point G , que le fil de foie qui vient de la bobine eft accroché au curfeur L ; & que le fond du tableau eft couvert d’un papier ou d’un carton blanc ; fî vous pouffez la régie vers B C, le crayon qu’on doit regarder ici comme le mobile , participera à ce mouve -meftt-là , & en même-temps la roue dentée, engrenée avec la crémaillère , venant a faire tourner la bobine , le fera avancer avec le curfeur vers le côté A B du tableau, d’où réful-tera un mouvement compofé dans la diagonale GF, &l’on pourra faire varier cette ligne en mettant la bobine plus ou moins petite.
- Troijieme Expérience.
- » -.'-a L e billard dont il s’agit ici, Si
- i e lo » eft repréfenté par la figure citée
- i. Section en marge , a deux pieds de largeur ' pl•11 Fls fur trois de longueur, & il eft couvert de drap comme les billards ordinaires ; au-lieu de quatre bandes, il n’en a que trois , fçavoir une courte B C, Sc deux longues AB, CD ; ces deux dernières font de quatre pouces plus longues que la table du billard,
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- Sur les Expériences, i/j & ces deux parties excédentes A 8c V, ont chacune une couliffe pour recevoir les deux bouts de la traverfe H du chaffis, de maniéré que le plan fupérieur de cette traverfe foit de niveau aveç celui du billard.
- Le chaffis eft compofé de quatre pièces affemblées à tenons & mortai-fes, fçavoir deux montans P, P, Fie. 4. qui ont chacun dix-fept pouces de hauteur, fur trois pouces y dans leur plus grande largeur, & deux traver-fes, O, H, qui ont chacune deux pieds de longueur; la première chantournée fur trois côtés avec un quart de rond , eft un peu plus large que le haut des montans, avec lefquels elle s’affemble; la fécondé chantournée feulement fur un côté , a quatre pouces de largeur, aux deux extrémités & au milieu ; l’une & l’autre ont chacune deux rainures à jour, de deux lignes de largeur, fur cinq pouces de longueur.
- Ces quatre rainures reçoivent les pivots de deux ailes femblables à F G L, lefquels font arrêtés avec des écrous en deffiis de la traverfe fupé-lieure, & en deffous delà traverfe in-
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- ï54 Avis particuxiers férieure. Les pivots font des vis de métal ; ils tiennent à des lames de cuivre, qui lérvent à les attacher fur le bois; celles d’en haut ( G) font percées ainfi que le bois, d’une rainure qui a deux pouces de longueur , & une ligne & demie tout au plus de largeur; ces rainures portent les marteaux Q & fon pareil, & donnent la facilité de les faire monter ou descendre , parce que la bride r, dans laquelle tourne le haut de la tige , a une queue platte qui glifle dans la rainure, & qui eft terminée en vis, pour être arrêtée par un écrou à oreille s. -
- Les marteaux , doivent être faits de quelque bois dur & pefant ; ils feroient encore mieux , s’ils étoient d’yvoire : il faut qu’ils ayent environ un pouce {• de diamètre , autant de longueur, & coupés droits par la face qui doit frapper ; il eft eflentiel, que les tiges de métal qui leur fervent de manches, foient melurées de façon, que du centre du marteau au point de fufpenfion , il y ait la même distance pour l’un & pour l’autre.
- On joindra donc le chaflis , garni de fes deux ailes, au billard, en fai-
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- sur les Expériences, iff fant entrer , les deux bouts de la traverfe H, dans les coulifles pratiquées aux deux parties excédentes des deux bandes longues : on placera une bille d’yvoire de deux pouces de diamètre fur le bord h , de la traverfe d’en bas , où l’on fera un petit en foncement, afin qu’elle ne fe dérange point-trop facilement ; on approchera les deux ailes , également de part & d’autre , on leur donnera l’inclinai-fon convenable , en les faifant tourner fur leurs pivots, & on les arrêtera avec les écrous , de haut & de bas ; on réglera par le moyen de la coïts lifïè G , & de l’écrou i , la hauteur des marteaux de maniéré , que leurs centres répondent à celui de la bille ; on les élévera le long des limbes qui font divifés par pouces , félon le degré de vîtelfe ou de force qu’on voudra leur donner , & on aura foin de les laiflèr échapper tous les deux en même-temps.
- On pourra s’épargner la peine & la dépenfe d’un billard , en faifant choix d’une table bien unie fur laquelle on tendra un morceau de drap , Si en attachant au bord, deux mor-
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- ï$6 Avis particuliers ceaux de bois creufés en coulifles ; pour recevoir le chaflis.
- Quand on a enlevé le chaflis hors du billard, on aùroit peine à le po-fer de bout , à caufe des deux vis avec leurs écrous , qui font fous la traverfe H ; pour remédier à cet inconvénient , il faut attacher vers les deux bouts , mais en deçà de ce qui entre dans les coulifles , deux taf-feaux, un peu plus épais que ces parties faillantes , & qui feront po-îer la tablette par tout où l’on voudra.
- On fera bien auflï , au cas que l’on conftruife un petit billard, de le faire porter fur quatre pieds ou boutons , de deux ou trois pouces de hauteur , & d’attacher en deflous quelques barres de bois, qui le maintien-
- Dans les Avis fur la troifieme Leçon page 68. j’ai décrit une machins (a) qui fert à donner aux commençants une idée de la vitefle du mouvement ; la tablette de cette machi • ne, s’ajuffe aufü au billard , comme le chaflis que je viens de décrire ; Si
- Ça) Voyez la Fig 3. delà Fl. III.
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- SUR LES EXPÉRIENCES. IJ7 en faifant frapper fes marteaux contre une bille, on fait voir, que celui qui à le plus de vîteffe , toutes chofes égales d’ailleurs , produit plus de mouvement, ou ce qui eft la même chofe , pouffe la bille plus loin.
- Quatrième Expérience.
- Avant remarqué que cette ma- **= chine conftruite avec du bois plein , L, comme elle eft repréfentée par la fi- i. gure citée en marge , étolt lujette à ra' Je déjetter, ce qui jettoit quelquefois la balle de côté, & la faifoit frotter contre les parois de la gouttière , j’ai trouvé qffil étoitplus à propos, de faire la partie A B CG, Fig. y. de trois pièces de bois affemblées & collées , & d’y joindre la partie BD CF, qui eft mince, ayant le fil du bois dans le fens B D , afin que la piece montante CB, la foutienne & lui ferve comme d’emboîture ; & à l’autre bout D F, je la foutiens par-derriere, avec un pilier quarré, qui eft affem-blé & collé comme le refte, dans l’é-paiffeur de la planche L M, qui fert fie bafe à toute la machine.
- La gouttière eft creufée dans l’é-
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- i;8 AVIS PARTICULIERS
- paifleur de la piece A B , fuivant un trait de compas donc le centre eft en K ; le relie 1B , eft dans une ’di-le&ion horizontale , quand la bafe eft de niveau , ce qui s’obtient aifé-ment par trois vis de bois qui fervent à la caler , & avec un fil d’aplomb p, qui dans ce cas-là , fe trouve parallèle au montant où il eft attaché.
- Le fond de la gouttière, eft un quart de cercle dont le rayon eft de neuf pouces ; la piece A B , dans laquelle elle eft creufée, eft couverte par en haut d’une petite plaque de bois , percée d’un trou rond de fept lignes de diamètre, par lequel on fait palier la balle d’yvoire ; elle ne doit toucher la gouttière que dans le fondj c’eft pourquoi celle-ci d’un bord à l’autre , doit avoir huit à neuf lignes de largeur.
- La partie BDFC, a quinze pouces de longueur , fur neuf pouces de hauteur , & fa face antérieure eft peinte avec du blanc en détrempe , ou couverte d’une feuille de papier blanc avec de la colle de farine. La longueur SD, eft divifée en trois, Si la hauteur B C en neuf parties éga-!
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- sur les Expériences. 1^9 les. Au-lieu de mettre un anneau aux endroits où doit palfer la balle, on fera auffi bien, d’y piquer une greffe épingle , ou une petite broclie de bois, qui tienne peu & que la balle fera tomber en palfant.
- La planche qui fait labafe de cette machine doit avoir un bon pouce d’épaiffeur , & au moins cinq pouces de largeur vers le bout M , afin que les deux vis qui fervent à la caler dans cette partie, foient fuffifamment écartées l’une de l’autre ; fa longueur efl donnée par celle de deux parties que je viens de décrire ; quand au chantournement & à la moulure , ce font dès chofes purement arbitraires.
- A la fuite de cette expérience, il efl fait mention du mouvement corn-pofé, que fuit une balle de moufquet ou un boulet de canon , en vertu de l’impulfion que ce corps reçoit de la poudre , & de celle de fa pefanteur, qui le rappelle de haut en bas , avec une vîtefle accélérée : pour faire voir que la ligne de mire fait un angle avec celle qu’on appelle l’ame du canon , & dans laquelle le corps grave
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- ii6o Avis particuliers eft dirigé en partant, j’ai un canond bois, figuré comme celui d’un mouf-quet, & qui s’ouvrant en deux félon fa longueur, rend cette obferva-tion très-fenfible : au défaut de cette piece , on peut repréfenter cette coupe avec du crayon.
- Cinquième Expérience.
- L a planche L M , qui eft la principale partie de cette machine, a dix-i. huit pouces de longueur fur huit de • largeur , elle eft épaiffe de cinq ou lix lignes, & elle eft encadrée par quatre moulures appliquées fur fes rives , Sc qui forment en deflùs & en deffous un rebord de fix lignes de hauteur. Voyez la PL VIII. Fig. i. qui repréfente l’épailfeur de cette planche , avec la coupe de fes moulures aux deux extrémités.
- Au milieu de cette planche , eft un trou rond , dans lequel eft collé un canon de bois dont on voit ici la coupe fuivant fa longueur ; il contient un cylindre de bois dur , qui a un pouce de diamètre & autant de hauteur, avec deux ailerons qui glif. fent dans des coulilfes fermées haut &
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- sur les Expériences. iCi & bas, afin qu’il ne puiffe point fortir.
- Le marteau AB, fe meut fur un axe C qui tourne entre deux gouffets comme K ; on pouffe le bout du manche B , dans une mortaife L , pratiquée au bout de la planche , & on l’y arrête avec une petite clavette de métal o, qui efl au bout d’une fifcelle de deux ou trois pieds, attachée par l’autre bout à un crochet D ; quand on tire la planche , cette fifcelle retient la clavette , alors le marteau devenu libre , & pouffé par le reffort e, va frapper le cylindre , & fait partit la boule d’y voire qu’on a pofé deffus.
- La planche a fur chacun de ces deux grands côtés, deux anneaux de métal, dans lefquels on fait palier les cordes de boyaux , qui doivent être groffes comme des plumes à écrire; elles ont par un bout, un crochet avec lequel elles s’arrêtent à des points fixes difpofés pour les recevoir, & elles doivent avoir dix à douze pieds de longueur : par l’autre bout, elles font attachées à un double moulinet, par le moyen duquel on les tend autant qu’on veut.
- Le double moulinet F , efl cernait)/ne IL G
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- 162 Avis particuliers pofé de deux bobines g, g , de deux pouces de diamètre , & d’autant en hauteur, qui tournent entre deux paires d’oreillescomme//, &c.affemblées à tenons , & collées dans un bout de planche h, de quatorze à quinze pouces de longueur. Elles doivent être écartées l’une de l’autre de maniéré que la diftance g g, égale celle que les cordes ont entr’elles.
- On a réfervé à chaque bobine deux tourillons ; celui d’en-bas eft gros comme le doigt , mais celui d-en-haut a quinze lignes de diamètre , & deux pouces de hauteur ; la partie qui tourne dans l’épaiffeur de l’oreille , efl ronde, au-deflus elle eft quar-rée, pour recevoir une roue de bois dur ou de métal épaiffe de trois lignes , & taillée en rochet comme G, & par-deffus , une tête i, qui s’arrête avec une cheville de fer qui traverfe le tout ; cette tête eft percée de deux trous, dans lefquels on paffe une broche de fer l, pour faire tourner les moulinets.
- A côté du rochet, eft attaché un petit cliquet pouffé par un reffort, qui retient les dents à mefure qu’on les
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- SUR UES EXPERIENCES. I63 fait palier , & qui donne Je temps de changer la broche de trous, pour tendre la corde de plus en plus ; comme les bobines doivent tourner en fens contraires l’une de l’autre, on aura foin auiïi , de tourner de même les dents des rochers , & de placer les cliquets en conféquence.
- On fait glirfer rapidement & le plus uniformément qu’il efl: poflible , la planche LM, fur les cordes de boyaux, par le moyen d’une fifcelle quieft attachée par-devant & que l’on tire avec la main après l’avoir fait palier fur une poulie H , que l’on attache avec deux vis entre les deux bobines ; & pour empêcher que le bord antérieur de la planche ne fe brife par un choc trop rude contse les bobines , il eft à propos de le garnir de quelque matière flexible , comme d’un morceau de drap roulé , ou de quelque autre cnofe équivalente.
- Il faut avoir un gobelet de criftal, ... J
- un peu plus large en haut qu’en bas, v-comme ils le font aflëz ordinaire- nfseæôî. ment, le faire entrer dans un cercle plat de ferblanc ou de laiton, auquel
- Oij
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- 164 Avis particuliers vous ferez fouder deux petits bouts de tuyau , diamétralement oppofés, pour recevoir les deux bouts d’une fifcelle , qui feront retenus en-def-fous par un nœud fait à chacun ; il eft bon que la fifcelle ainfi pliée en deux , ait environ trois pieds de longueur; voyez la Fig. 2.
- Mettez de l’eau dans ce gobelet i jufqu’aux trois quarts de fa Hauteur, ou à-peu-près ; prenez d’une main la fifcelle par le haut, balancez d’abord un peu le gobelet, & faites le tourner verticalement plufieurs fois de fuite, avec allez de vîtelfe , pour tenir la fifcelle toujours tendue en tirant fur votre main : & vous ferez voir par cette expérience, que l’eau , ayant plus de force centrifuge que de pefanteur, ne tombe point, quoique îe gobelet fe trouve renverfé, lorf-qu’il eft au plus haut de fa révolution.
- La table triangulaire avec laquelle Lly"oll fe font les expériences des forces cen-iLSea’.p; traies , eft droite par-devant : fes deux îy.Fig. us. autres côtéspeuvent être chantournés fi l’on veut, comme il eft repréfenré par A B C D, Figure 3. elle a au
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- sur les Expériences. i6f moins un pouce d’épaifleur , avec un quarré & un quart de rond qui régnent tout autour,& qui débordent la parclofe de cinq à fix lignes. Les trois pieds, peuvent être tournés ou formés en pieds de biche , mais il faut qu’ils foient aflèmblés par en bas dans un T, qui porte fur autant de vis à oreilles , au moyen defqueîles on puilfe mettre la table de niveau en tout fens. Elle a trois pieds quatre pouces d'A en B, près de deux pieds de C en D, & fa hauteur eft de trente pouces, quand le T touche prefque à terre.
- De quelque façon que foient faits les pieds , il faut que ceux qui font aux deux extrémités de la face droite, puiffent recevoir à fept ou huit pouces au-deflous du niveau de la table , la queue d’une piece de cuivre, qui porte une pointe à vis E ; cette piece de cuivre qu’on voit de face en F, eft un écrou fendu pour faire relfort; elle a une portée qui s’applique contre le bois, quand la queue en a tra-verfé l’épaifleur ; & cette queue qui eft limée quarrément du côté de la portée, fe termine en une vis , qui
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- j66 Avis particuliers eft reçue dansun écrou que l’on ferre avec une tenaille. La vis E, eft de fer ou d’acier , groffe comme le petit doigt, elle a par en bas deux oreilles, pour être tournée facilement; & fa pointe eft dans un aplomb qui pafle à trois ou quatre lignes de dif-tance du bord de la table.
- Sur cette pointe tourne une tige de fer poli G , de fix à fept lignes de diamètre , limée ronde ou à pans fi l’on veut; elle eft creufée en gorge vis-à-vis le plan fupérieur de la table , où elle eft prife dans un collet h i, formé de deux pièces de cuivre plattes , dont l’une h, eft fixée avec deux vis en bois fur la table, & dont l’autre tournant fur une vis placée en k, s’ouvre pour recevoir la tige G , & fe rapproche enfuite de la piece h, à laquelle elle s’attache par une petite vis à oreille.
- Un demi pouce au-deflus du collet dont je viens de parler, la tige G eft limée quarrémeat avec une portée, ce qui forme un tenon de trois pouces de longueur, fur lequel on a fait entrer à force , deux morceaux de planche de noyer arrondis circulaire-
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- sur les Expériences. 167 ment, & collés l’un fur l’autre , celui de deflus ayant neuf pouces de diamètre , & celui de deffous fix pouces : on les a arrêtés fur la tige , en rivant le bout du tenon fur une petite plaque de métal, qu’on a noyée dans l’épailfeur de la planche Supérieure : après cela on a centré la tige G , entre les deux pointes d’un tour, pour drelfer la face L M, Sc pour former des deux planches, autant de poulies , dont les diamètres, pris au fond des gorges, font entr’eux dans le rapport de deux à trois. En L & en M, la grande poulie eft percée dans toute fon épaiffeur , pour recevoir deux vis à oreilles de fer un peu moins grofles qu’une plume à écrire , & qui ont leurs écrous noyés dans I’épaif-feur du bois par delfous ; c’efl avec ces vis qu’on attache les portants fur les deux poulies A Sc B.
- no p, eft une rainure en forme de T, creufée jufqu’au quart de l’épaif-feur de la table , avec trois trous à jour, pour recevoir le montant qui porte la grande roue Q Q , dont les tenons, qui font à vis, s’arrêtent pat-deffous avec des écrous.
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- Ce montant R R r , eft fait d’une piece de bois épaiffe d’un bon pouce , longue de trois pieds, & large de quatre pouces dans les | de fa longueur ; le dernier quart eft chantourné & il a dix pouces au plus large ; derrière cette partie, eft un goulfet S, qui entre à rainure & languette dans l’épaiffeur du montant, & qui fert à le maintenir droit & empêcher le devers.
- Le cercle Q Q, de la grande roué a dix-huit pouces de diamètre , il a au moins dix-huit lignes d’épaiffeur & deux pouces de largeur , & fa circonférence eft creufée eh gorge angulaire. Les huit petits baluftres qui fervent de rayons , peuvent être indifféremment ronds ou plats ; ils ont pour moyeu commun un morceau de planche arrondi , de cinq pouces de diamètre, & qui eft vers le centre auf-li épais que le cercle Q Q.
- Si l’on n’a pas la commodité de eonftruire la roue comme je viens de la décrire, on pourra la faire pleine , avec trois morceaux de planches af-femblées à plat-joints, & collées; elles tiendront plus fûrement enfemble , ft l’on
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- on les joint à rainures & languettes, ou avec des gougeons , mais il faudra prendre garde .de découvrir ces parties en façonnant le profil q q.
- De quelque façon qu’on faffe la roue , il faut qu’elle foit tournée fur fon axe qui fera un morceau de métal quarré, chafle à force dans l’épaif-feur du bois, avec deux petites portées qui défafleureront les joues du moyeu ; le relie fera arrondi, pour former deux tourillons, dont l’un t, n’aura que fept à huit lignes de longueur, & l’autre v, environ un pouce & demi; à l’extrémité de celui-ci, il fera formé un quarré de lîx lignes de longueur, pour recevoirune manivelle qui fera retenue, par une vis, avec une rondelle un peu plus large que le bout quarré de l’axe : la manivelle a quatre pouces de rayon , & le manche qui eft de bois, tourne librement fur une broche de fer ronde , qui en traverfe toute la longueur , & dont Te bout eft rivé fur une petite rofette de métal.
- La roue eft montée dans un chaf-Cs à part , formé de deux régies de bois x X, & Yy, avec deux traverfe*
- Tome II. P
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- i7o Avis p abticuli ers qui font afTemblées à demeure dans la piece X, & qui font retenues dans l’autre avec deux chevilles de fer , qu’on peut aifément ôter & remettre. Chacune de ces quatre pièces, a huit à neuf lignes d’épaifleur, & trois pouces de largeur ; mais la travefe d’en-bas eft rétrécie des deux tiers au milieu de fa longueur, pour ne point gêner la corde fans fin qui vient fe croifer fous la grande roue.
- Afin que la roue tourne plus aifé-ment & plus rondement dans fon chaf-fis, on attache aux faces intérieures des deux montans Xx , & Y y , deux petites plaques de cuivre, qui affleurent le bois , & dans lefquelles on fait les trous qui reçoivent l’axe , ayant l’attention de tenir ceux qui traverfent le bois un peu plus grands ; pour plus de propreté , on pourra attacher de même, une rofette tournée à la face extérieure de la régie Y y, dans laquelle on fera palfer le bout de l’axe qui reçoit la manivelle.
- Le chalfis avec la roue s’attache au montant RRr, par des vis de bois X x , qui paflënt par les rainures à jour i Si 2 , Si s’arrêtent plus haut
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- sur res Expériences. 171 ou plus bas , fuivant le befoin , avec deux écrous en bois , représentés de profil au chiffre 4 , de face au chiffre J , & taillés à pans, afin qu’on puifle les faire tourner plus facilement avec la main.
- A trois pouces & demi de difiance au-deffous du chafîis efl le centre d’une poulie a , de trois pouces de diamètre , ayant en fa circonférence deux gorges creufées à côté l’une de l’autre , & Séparées par une languette fort mince : la chappe qui efl de métal , a une queue qui entre à vis dans la traverfe du chafîis , de maniéré que la poulie puiffe recevoir dans fes gorges, les deux bouts de la corde , qui viennent de la grande roue, comme on le peut voir par les lignes ponduées b c, de.
- Le montant avec la roue étant dreffé fur la table , & fixé dans fa place , ces deux bouts de la corde , après avoir pafle fous des poulies de renvoi qui tiennent -aux deux faces dà gouffet S , prennent une diredion parallèle à la table, p a fient par' les ouvertures R, R, pratiquées au-bas du montant, vont comme ni, pm,
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- 172 Avis particuliers embralfer les deux poulies A 8cB, 8c viennent fe joindre vis-à-vis le chiffre 3 , où on les coud enfemble ; ayant foin-d’éfiler les bouts , & d’en diminuer le volume, afin que les deux enfemble après la couture, ne foient pas plus gros que le refte de la corde.
- Cette corde, pour être plus flexible , doit être une ganfe de foie de deux lignes de diamètre , ou à-peu-près ; on conçoit aifément que pour lui donner le degré de tenfion qui lui eft nécelfaire , il fuffit de faire monter la roue avec fon chaffis avant de ferrer les écrous 4 & y , fur les rainures 1 & 2. Il faut qu’elle foin au plus bas , quand la corde eft placée fur les grandes poulies A, B , afin que quand on la voudra mettre fur celles de deflous, qui font plus petites , on trouve dans la longueur des rainures de quoi la tendre iuffifamment , en faifant monter la
- Mais comme en faifant ainfi palier la corde des grandes poulies aux pertes , les «Jeux parties ni, 8c p m,
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- ‘sur £Es ExpériInces. 173’ ne fe trouveroïent plus dans le plan de leurs gorges , & que l’angle qu’elles font entr’elles deviendroit plus ouvert, ce qui les feroit fortir pareillement des poulies de renvoi/, & fa pareille , il faut que celles-ci aient deux mouvements ; que d’une part elles puilfent monter & defcendre pour ipaintenir la corde toujours parallèle à Ja table , & que de l’autre part elles puilfent tourner de droite à gauche & de gauche à droite, afin que leurs gorges fe mettent d’elles-mêmes dans la direétion des deux parties ni, & p m , quand elles viendront à s’incliner plus ou moins entr’elles.
- On produit ces deux effets en montant les chappes fur des boîtes de cuivre qui glilîent fur des tiges quarrées d’acier ou de fer poli, & qui s’y arrêtent à telle hauteur qu’on veut, par une vis de prelfion : cette tige efl terminée par deux tourillons, qui tournent dans des équerres attachées aux deux faces du goulfet S. Voyez//y, qui repréfentent Je dévoloppement de cette partie un peu plus en grand.
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- C’eft fur les poulies A B , que sat-tachent les portants pour chaque expérience ; ils ont tous, deux trous qui correfpondent à ceux qui reçoivent les vis L , M ; & afin que chacun de ces portants aille indifféremment fur l’une ou fur l’autre poulie, il faut faire enforte qu’à toutes les deux, les trous foient à égales diftances du centre : pour empêcher que les têtes des vis ne mangent le bois en appuyant delfus , on pourra garnir les trous de petites lofanges de cuivre percées au milieu , noyées à fleur du bois, & attachées avec des clous d’épingle , ou avec des vis à têtes perdues.
- Je fuppofe donc qu’en plaçant le collet h i k, & fon pareil, on aura eu l’attention de mettre les faces fu-périeures des deux poulies A , B , dans un même plan, & qui foit parallèle à celui de la table, afin qu’en mettant celui-ci de niveau par le moyen des vis qui font au pied, on foit fur que les portants placés en A & en B , tournent dans un plan horizontal : je fuppofe encore que la corde de foie bien foudée , après avoir embraffé les deux grandes pou-
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- sur ies Expériences. 17^ lies, vâ dé part & d’autre changer de direâion en g, g, qu’elle remonte par deux lignes parallèles entr’elles,
- & parallèles à la face poftérieure du montant, pour fe.croifer fans fe toucher fur la petitepoulie à double gorge c e, & fe joindre fur la grande roue QQ, qu’elle embraffe prefqu’en-tiérement. Je fuppofe enfin qu’on a donné à cette corde le degré de ten-fion qui eft nécelfaire , & qui fuffit pour l’empêcher de gliifer fur les pièces qu’elle doit mettre en jeu , & qu’on a facilité les mouvements, par quelques gouttes d’huile aux colets, aux pointes & aux axes. Tout étant ainfi difpofé, je pafle maintenant aux Avis qui concernent chaque expérience.
- Première Expérience.
- L e portant qui fert dans cette expérience , eft fait d’une planche épail- L E fe de fept à huit lignes , longue de n-trente-deux pouces , & chantournée v/\ comme A B, Fig. p. qui en repréfente le plan : ab , en repréfentê la coupe fuivant fa longueur. La largeur en Piv
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- 176 Avis particuliers A & en B, eft réduite à trois pouces J fa longueur eft partagée en deux parties égales par la ligne CD ; & chacune de ces deux moitiés eft aufli di-vifée en parties égales dont le nombre eft arbitraire, en dix , par exemple , en mettant o fur la ligne CD; ces divifions fe feront plus commodément & fe verront mieux, li la planche eft peinte avec du blanc d’Efpa-gne, ou du blanc de Cérufe détrempé à la colle.
- Aux deux bouts A,B, font affem-blés à queues , & perpendiculairement à la face de la planche, deux petits montans E, de trois pouces de hauteur, dont la face intérieure eft plane , & celle du dehors chantournée, la piece étant plus épaifîe en bas qu'en haut, afin que l’aflembla-ge foit plus folide.
- Chacun de ces montans au milieu de fa largeur, & aux deux tiers de fa hauteur, eft percé d’un trou dans lequel glifle une vis de cuivre, qu’on a rendue un peu platte fur toute fa longueur qui eft de dix-huit lignes, en la limant fur deux côtés oppofés , & en réfervant le filet fur le refte .
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- SDK 1E* Ex?ÏEIBNCES. I77
- le trou, dans l’épaiffeur du bois qu’elle traverfe , eft fait conformément à fa figure, de forte qu’elle peut bien s’y mouvoir fuivant fa longueur, mais non pas en tournant.
- Chacune de ees vis a à l’une de de fes extrémités un oeil dans lequel on fait pafler le bout d’un fil de fer gros comme une moyenne aiguille à tricoter, qu’on replie enfuite & qu’on tord deux ou trois tours, pour empêcher qu il ne fe détache quand on le tirera ; la vis paffe enfuite dans lé trou fait au montant, & on la reçoit par derrière , avec un écrou à oreille, ou quarré , qui la rappelle avec le fil de fer qu’elle porte ; le fil de fer prefqu’auffi long que le portant, s’attache de même à l'autre vis, qui traverfe le montant oppofé, & qui fe tire de la même maniéré : voyez à la lettre F, le profil du montant, de l’écrou & de la vis qui les traverfe.
- Mais avant que d’attacher le fil de fer à cette derniere vis, il faut enfiler defïus les deux boules d’yvoire , qui pour cet effet, font percées diamétralement ; & à côté de ce trou , il en faut faire un fécond, qui lui foit par
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- Ï78 Avis particuliers rallele, & propre à recevoir une greffe aiguille à coudre , avec urTfil proportionné.
- Quand tout eft ainfi préparé , on-voit bien qu’il eft facile de tendre le fil de fer , en faifant tourner les écrous, & de mettre par-là les boules , en état de gliffer aifément d’un, bout à F attire du portant : niais afin que ces écrous n’ufent point le bois à force de frotter deffus, on doit enfiler fur la vis , & arrêter fur la face extérieure du montant une rofette de cuivre, qui r.eçoivç le frottement.
- On viendra mieux à bout d’étendre le fil de fer, s’il eft recuit, que s’il efl dur & roide ; mais quand il aura paffé par le feu , il faut lui rendre le poli qu’il aura perdu , en le frottant entre deux morceaux de liege avec de la ponce ou de la brique pilée : & comme les boules doivent frapper rudement contre les faces des deux montans, on fera bien de garnir celle-ci, avec des couflinets ronds enfilés fur les vis, & creux au milieu , pour que l’œil de la vis s’y enfonce,& ne fe trouve point expofé au choc de la boule.
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- sur les Expériences. 179 Si l’on manquoit de boules d’yvoi-re, on pourroit en fairé avec quelque bois dur ; mais il faut toujours avoir foin qu’elles foient de même poids ,
- & qu’elles différent en couleur, afin qu’on puiffe aifcir.ent les diftinguer.
- Au lieu d’un fil de foie, pour lier les boules enfemble, je préféré maintenant , un fimple fil de coton, que je fais paffer dans le fécond trou de l’une & de l’autre, par le moyen d’une aiguille à coudre , 8c que j’arrête, en pouffant dans le même trou & furie fil, une petite cheville de bois ; parce que dans l’expérience , où on les place toutes deux à égales diftan-ces du centre de rotation, après qu’elles ont relié long-temps immobiles ,
- . li l’on force de vîteffe, on voit caffer le fil, par les forces centrifuges op-pofées , âc les deux boules s’en vont ' aux deux extrémités du portant.
- Seconde Expérience.
- L e portant qui fert dans cette1- - ^ expérience , eft femblable à celui de L E ç‘c „ la précédente , excepté qu’il n’y a ii.m»». point de divifion fur fa longueur. Le f'j i réfervoir K , Fig. 6. eft de fer-
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- ri?o Avis particüeiers blanc , il a cinq pouces de diamètre; & environ deux pouces-j-de hauteur, îl a quatre trous i, K, L,M, qui font garnis chacun d’une douillegrof-fe comme le doigt ; la première i, entre jufte dans un trou qui traverfe l’épaifleur du portant & qui ne la dé-pafle point ; on la tient fermée avec un bouchon de liege coupé à rafe-bord. La deuxieme K, eft un peu éva-fée, c’eft par là qu’on fait entrer l’eau ; & quand on veut vuider le réfervoir, c’eft encore par là qu’on repoufle le bouchon i, avec un petit bâton ; les deux autres douilles L,M, reçoivent le bout des matras qui s’y attachent avec de la cire molle, de forte que l’eau ne puiffe pas fortir, par la jonction ; & elles doivent avoir une in-clinaifon conforme à celle qu’on donne aux cols des matras. La boule de chacun des matras èft liée avec une ganfe fine , contre un petit couC-finet rond, & concave afin que le mouvement circulaire ne la faflè point fortir de fa place.
- 11 ne faut point emplir le réfervoir , c’eft affez qu’il contienne deux verres d’eau, que l’on fera bien de
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- SUB LES Expébiences. i8r colorer avec de l’orfeille , ou autrement , afin qu’on l’apperçoive mieux , quand elle fera arrivée dans les bou-; les des matras.
- Troijieme Expérience.
- Le portant dans cette expérien- =““sssa ce, eft encore femblable à ceux des L ev'o,h précédentes, & fans divifion , comme il Laion le dernier ; mais les deux montansn lv- F,s-qui font élevés aux deux extrémités, ‘5' font larges de quatre pouces par en haut j & creufés pour recevoir les extrémités des tuyaux. Les deux autres bouts de ces tuyaux, fe logent auffi dans des cavités pratiquées par- „
- tie dans l’épailfeur du portant , & partie dans un chevalet, qui s’attache par-delfus, avec des vis.
- Les quatre tuyaux de verre ont fept à huit lignes de diamètre , & ils font fcellés hermétiquement par en bas. Chaque tuyau de la première paire porte au milieu de fa longueur un bouchon de liege, qu’on y pouffe un peu à force, après avoir fait fur fa circonférence, quelques échancrures par où la liqueur puilfe palfer d’une partie dans l’autre ; on remplit avec
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- i$2 Avis p ARTiCüHers de l’eau les deux parties qui font au-deflous des bouchons de liege ; & afin qu’on les diftingue mieux, on employé de l’eau pure & bien claire , d’ün côté, & de l’autre côté onia teint avec un peu de vitriol bleu & quelques gouttes d’efprit volatil de fel ammoniac, ce qui fait un beau bleu tranfparent ; dans l’une des deux autres parties , on met de l’efprit de .térébenthine coloré en rouge avec Porcanette ; & dans l’autre , on n’y laifle que l’air , qui y ell naturelle- ment: après cela on bouche les deux tuyaux avec du liege, & on les coëf-fe d’un morceau de velfie mouillée, qu’on lie avec du fil. (a)
- Les deux autres tuyaux font entièrement remplis avec de l’eau claire : dans l’un des deux on ajoute une boulette de cire qu’on rlnd plus pé-fante que l’eau, en mettant un gros grain de plomb au centre ; & dans Pautre , on enferme une boulette de liege bien arrondie, & qui foit a fiez
- (a) Sur ces deux teintures, confultez le premier & le fécond Chapitres de la Seconde Partie , Tome I. où il ell parlé des drogues & de . leur emploi.
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- ^£in<r. Tcrmy JŒ - JPL 8 -
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- SUR LES ExPÈKXEWoes. J 8» menue pour parcourir aifément la longueur du tuyau fans être arrêtée par le frottement : les deux derniers tuyaux fe bouchent, comme les deux premiers.
- Quand on a fait cette expérience,
- & qu’on doit être quelque temps fans la recommencer , on doit vuider les tuyaux : parce que les liqueurs qu’ils renferment font fujettes à fe gâter ; il vaut mieux les employer nouvelles,
- Quatrième Expérience.
- O N peut fe difpenfer de faire une 1.
- xnachine exprès pour faire tourner le t, h j'o n. globe dont il eft ici queflion ; la ta-ble triangulaire, que j’ai décrite pré-cédemment , avec fes dépendances , fournira tout ce qu’il faut pour cet effet, moyennant quelques additions que je vais indiquer.
- La poulie a ou c e , PI FUT. Fig:
- 4. qui reçoit la corde immédiatement après qu’el'e s’eft croifée fous la grande roue , au lieu d’être attachée au chaffis X y, fera fixée au montant R R r, par une chappe qui fera faite d’une lame’ de fer pliée d’é-
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- ü84 ATI» fABTICBUÎRS guerre par les deux bouts, avec deuX! tenons qui feront retenus par des clavettes ou par des écrous s’ilsfontà vis, quand ils auront traverfé l’épailfeur du bois , comme on le peut voir, par a a, Fig. t, PI. IX. Son axe limé quarrément & ch a (Té à force daps le bois, doit être bien rond & bien poli , dans les deux parties excédentes ; celle qui roulera dans la chappe , peut être grofle à-peu-près comme une plume a écrire ; mais il faut donner à l’autre cinq lignes de diamètre, & la faire tourner non dans le bois du montant, mais dans une rondelle de cuivre dont le trou fera un peu plus menu que celui du montant, afin qu’elle ne frotte que contre le métal, & que fon mouvement foit plus libre.
- Après que l’axe de la poulie aura traverfé le montant, le bout qui paf-fera , & qui aura fept à huit lignes de longueur, fera limé en quarré, & un peu en dépouille, pour recevoir une douille de mêmes forme & grandeur dont un des pôles du globe fera garni.
- Sut le devant de la table triangu-1 laire J
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- sa* tes Expériences. 18/ laire, repréfentée ici par le profil C c; on fera une rainure à jour de dix lignes de largeur, fur fept à huit pouces de longueur, dans laquelle pourra gliffer une poupée JS , dont le tenon fera une languette auffi épailfe que la rainure, un peu plus courte que l’é-pailfeur de la table, & garnie d’une vis de fer qu’on prendra par-deflous, avec un écrou c , pouffant devant lui une rondelle de métal un peu cpaiffe, pour fixer la poupée , quand elle aura reçu par en-haut un tourillon , qui termine Taxe du globe : & pour rendre encore le mouvement plus aifé , le trou fait dans le bois de la poupée, fera recouvert par une rondelle de cuivre, dont le trou un peu plus petit , qu’il n’efi: dans le bois, recevra le tourillon.
- Pour faire tourner le globe par le moyen de la poulie A , il faudra une autre corde fans fin que celle qui fert à faire tourner les poulies horizontales qui font au devant de la table triangulaire. Si l’une des deux ne peut pas fe ranger pour laiffer tourner librement Ta grande roue avec l’autre , on l’ôtera poux le temps de
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- !$6 Avis particuliers l’expérience , en démontant le chaf-fis , ce qui fera fort aifé, püifqu-’il fuffira pour cela d’ôter les deux chevilles de fer y , Y.
- Le globe D, qui eft de verre ou de cryftal, ne doit avoir que huit à neuf pouces de diamètre ; s’il étoit plus grand, il deviendroit trop lourd ; à caufe de la grande mafle d’éau qu’il faudroit y faire entrer pour le remplir ; & s’il tournoit un peu rapidement la force centrifuge pourrait le faire calfer. Il faut qu’il ait deux goulots diamétralement oppofés, comme ceux qui fervent aux expériences d’Eleâricité ; vous le cheifirez bien rond, & tel, s’il eft poffible , que l’axe de fon équateur paffe par les centres des deux goulots : vous vous en aflurerez en les bouchant tous deux avec deux tampons de liege , & en mettant le globe, par ce moyen, entre les deux pointes d’un tour. Alors li les deux goulots fe trouvent centrés avec le globe , vous en boucherez un à demeure avec fon tampon de liege ; & vous le recouvrirez d’une virole de cuivre, garnie d’un fond de même métal & au milieu du-
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- sur les Expériences. 187 quel vous aurez foudé la douille quarrée , qui doit entrer fur l’axe de la poulie A.
- Vous laiflerez l’autre goulot ouvert , c’elï-à-dire fans y mettre de bouchon deüege, mais vous le recouvrirez comme l’autre d’une virolle de cuivre , avec un fond un peu épais, au centre duquel fera viffc un tourillon de même métal, avec une portée un peu large , pour prelfer en-tr’elle & le fond de la virolle, un anneau plat de cuir gras : le tourillon au-deffus de la portée fera Iiffe , & le petit bout fera limé plat, afin qu’011 puilfe le ferrer dans une pince, pour le viffer.
- Vous attacherez les deux virolles avec du maftic doux , après avoir un peu chauffé les deux goulots du globe , & vous ferez enforte que l’eau ne puiffe point paffer par les jonctions.
- Si les deux goulots ne le trou-voient pas centrés avec l’équateur du globe , il faudroit toujours faire tourner celui ci rondément, fur deux points que l’on cherchera avec les pointes du tour, fur les deux fortes
- Qÿ
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- i88 Avis PARTictrtiHSS des virolles; & fur ces joints, comme centres , établir la douille quarrée & le tourillon , fauf à recouvrir enfuite les virolles avec du bois, que l’on arrondira autour, pour faire paroître ces deux parties concentriques au relie.
- Ce globe fe remplit avec de Peau claire ; & avant de le boucher , on y fait entrer plein une cuiller à caffe d’efprit de térébenthine teint avec de l’orcanette , cette préparation doit être faite peu de temps avant qu’on fafle l’expérience, parce qu’en peu de jours , l’efprit de térébenthine , s’épaiflit & perd fa belle couleur. 11 eft à propos de ne pas tenir le globe nouvellement rempli dans un lieu beaucoup plus chaud, que l’eau qu’on y a mis ; car cette eau en fe dilatant par la chaleur, pourroit faire caffer le globe , s’il étoithien bouché.
- II faut aufli tenir le globe , dans une fituation qui ne permette pas à l’efprit de térébenthine de fe cantonner dans les goulots; car en touchant le maftic , il pourroit le dilfoudre, & détacher les virolles.
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- SUR LES ExFÊRiENCBS. l8p
- Dans le cas où l’on voudra que l’axe du globe foit incliné à l’horizon , on fera pencher I a table triangulaire du côté qu’on voudra, par le moyen des trois vis, qui font aux pieds.
- Ceux qui voudront répéter l’ex- y - périence de Bulfïnger , pourront la l eço».• préparer de la maniéré fuivanté. EF,n Kg.
- eft un globe tout-à-fait femblable à1+' celui de l’expérience précédente, excepté que la virolle du pôle E, eft emboîtée dans une poulie de bois , de trois pouces de diamètre, & arrêtée par un tourillon qui eft foudé au fond de la virole, & qui après avoir traverfé le bois eft rivé fur une rofet-te de cuivre qui lui fert de contre ri-vure, & qu’au lieu d’un tourillon, fur le fond de la virolle F, c’eft une vis à tête plate qui eft taillée à pans, afin qu’on puiffe la ferrer avec une pince, ou une tenaille à vis.
- Ce globe tourne entre deux pointes G , H, qui font viffées dans l’é-paiflëur d’un cercle de cuivre IK, qui a un pied de diamètre, neuf lignes de large, & fix lignes d’épaif-leur, avec deux renflements aux en-
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- i^o Avis particuliers droits des vis, une virolle quarrée en I, qui s’ajufte à l’axe de la poulie A, & un tourillon, avec portée en K , lequel eft reçu dans un trou fait au centre de la poulie M, collée en haut de la poupée L.
- En n, eft un autre renflement , avec un trou quarré tendant au centre du globe , Si dans ce trou gliffe une tige d’acier o , de même forme ; elle porte deux poulies q , q, dont les gorges font à trois pouces dé dif-tance l'une de l’autre , afin que quand la piece eft en place , une corde fans lin , qui palfe fur ces deux poulies, Si qui embraffe celles qui font en E Si en M, foit toujours parallèle à elle-même.
- En pouffant un peu en dehors du cercle la tige quarrée o, on tend la corde fuffilàmment ; & l’on arrête toute la piece par une vis de preflion qui a fon écrou dans l’épaiffeur du cercle : afin que les deux vis G, H, ne puiffent point reculer , ce qui feroit échapper le globe , on peut les ferrer avec des contre-écrous placés entre le cercle & leurs têtes..
- J’ai déjà dit que le cercle 1K , eft
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- Sur tES Expériences. ipi de cuivre ; on fera bien de le faire fondre fur un modèle fait en bois, en y réfervant les renflements dont j’ai parlé, & deux malles qui excédent la circonférence , pour creuferla douille quarrée qui reçoit l’axe de la poulie A, & former le tourillon avec fa portée en JC ; & comme la fonte foutre une retraite, qui diminue les di-menfions du modèle , on fera regagner à la piece ce qu’elle aura perdu .en la forgeant à froid, ce qui lui donnera auffi plus de conlillance ; après cela, on limera les deux faces pour les dreffer & les mettre d’épaif-feur, & Ton finira par limer au trait du compas , la circonférence du dedans & celle du dehors.
- Si l’on veut faire tourner le cercle avec le globe qu’il contient fur la table triangulaire, la poupée mobile qui doit recevoir le tourillon, ne pourra point être plr.cée dans la rainure , comme lorfqu’on fe fert du globe fimple D, parce que le diamètre du cercle eft plus grand que l’ef-pace B b, que pourroit lui fournit la table, comme on le peut voir par la Fig. 4. de la PI. VUI. il faudra
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- ip2 Avis particuliers faire une poupée comme R , qui foit alfemblée à angle droit & foliaement dans un bout de planche de cinq à fix pouces de largeur, & qui porte en-deflous un taffeau r, pour la conduire dans la rainure, & l’empêcher de tourner, avec une vis à tête quar-rée, qui traverfe la planche & le taffeau , & que l’on puifîe ferrer par-dçflbus, avec un écrou à oreilles & une rondelle , comme je l’ai marqué pour la poupée B ou L.
- Si l’on ne veut pas fe fervir de la table triangulaire pour l’expérience de Bulfinger , on pourra faire une machine de rotation exprès, en élevant un montant & une roue fem-blablesà R Rr, de la PL yIII, fur le bout d’une planche chantournée comme S T, montée fur trois petites confoles comme V, affemblées par en-bas dans un T, avec trois vis X, &.C. qui ferviront à mettre l’axe de la rotation du cercle dans une ligne horizontale , ou à l’incliner.
- Il faut que la planche S T, foit montée comme je viens de le dire , à caufe des écrous qui font deffous, & qui l’empêcheroient de pofer. Les trois
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- sur les Expériences, ipj trois branches du T,v,v,v,doivent aufli excéder fa largeur & fa longueur de quelque pouces , afin que portant fur les vis qui font aux extrémités, elle fe défende mieux contre le devers du montant.
- On pourra faire aufli le montant moins haut que celui de la table triangulaire , parce qu’il fuffira, que la roue, pour cette derniere machine , ait douze à treize pouces de diamètre ; on ne fera point la gorge de la poulie A platte du fond , mais on la creufera en angle, afin que la corde foit moins fujette à glifler deflus, & l’on fe difpenfera de mettre les poulies de renvoi , aux deux joues du gouflèt r, qui eft derrière le montant.
- Le globe fimple pourra s’appliquer à la même machine , & alors il fera inutile de faire la rainure à jour delatable triangulaire, PL VIII.
- De quelque maniéré qu’on fade tourner le grand cercle fur fon diamètre IK, la poulie M qui eft fixe, recevant fucceffivement toutes les parties de la corde fans fin renvoyée par les poulies q , q , ftir celle qui eft en E, fait tourner le globe fur fes Tome II, R
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- ip4 Avis particuliers deux pôles E, F, tandis qu’il tourne avec le cercle, fur le diamètre IK, de fon équateur. L’on fera voir que chaque point de fa furfâce décrit par cette double rotation , un huit de chiffre , en y collant un petit morceau de papier blanc, ou quelque, autre marque.
- Cinquième Expérience.
- »....scs Les deux fupports ou portants
- ' l i lo » qu’on fait tourner dans cette expé-irscùi™ rience , font parfaitement femblables TL S'"TiE entr’eux, il fuffira d’en décrire un : î0‘ 2!‘ la planche a les mêmes dimenfions que celles des portans des trois pre-I mieres expériences de cette feftion ;
- elle eft peinte avec du blanc détrempé à la colle , & divifée dans toute fa longueur par pouces & par lignes avec des chiffres i , 2,3,4 , &c. en allant du milieu aux extrémités.
- Chaque bouc du portant, Fig. 2. eft garni d’une lame de cuivre qui s’élève d’un pouce au-deffus de la face fupériéure , & qui eft repliée des deux côtés fur l’épaiffeur de la planche où elle eft attachée avec des j vis. La partie C de cette lame qui
- j fait face à la longueur du portant ; a
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- SUR LES ExPÉRIE NCES. Ip ' fon bord croit ou peu chantourné: les deux autres comme D , font taillées en doucine, & chacune d’elles à deux pouces { de longueur.
- Dans la . partie C , & à fix lignes au-deiïus de la face du portant, font deux trous ronds et, de trois lignes de diamètre , dont les centres également diftants du milieu de la pièce , font éloignés l’un de Fautre de quinze lignes. Chacun de ces trous ell traverfé de dehors en dedans, par un canon d , de fix Signes de longueur, Iilfe par dehors , taraudé pat-dedans , & ayant une tête à oreilles , qui s’appuye contre la piece C, & avec laquelle on le fait tourner.
- Dans ce canon eft une vis qui à un pouce de longueur avec un œil e, à celle de fes extrémités qui regarde l’intérieur du portant ; & cet œil reçoit le bout d’un fil de fer recuit gros comme une moyenne aiguille à tricoter, qu’on y arrête en le tortillant deux ou trois tours ; par ce moyen-là quand oh fait tourner le canon d, & que l’on contient l’œil de la vis, pour l’empêcher de tourner avec lui , on fait reculer celle-
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- i$6 Avis ÿjCSTïeykierÏ ci, & l’on tire le fil de fer , qui eft arrêté de la même maniéré à l’autre bout du portant.
- 11 y a donc ainfi deux fils de fer f h, f h , tendus parallèlement à quinze lignes de diftance l’un de l’autre , & fix lignes au-deffus de la face du portant ; & afin que ces fils ne plient point fous les mafifes dont ils feront chargés , on les fondent au milieu de leur longueur par une ef-pece de chevalet , qui eft préparé comme il fuit.
- E, eft un petit'pilier qui fe place au centre du portant avec une rofet-tç F, qui eft ronde ou chantournée fi l’on veut, aveo un bifeau tout autour, pour effacer fon épaifleur. Le tenon d’en bas du pilier eft à vis & s’arrête par-deffous , avec un écrou noyé dans l’épaiffeur du portant; G eft une traverfe de feize lignes de longueur, qui fe rive fur le pilier , & qui a à fes extrémités deux échancrures , propres à loger u n filde fer, gros comme une aiguille à tricoter de moyenne groffeur ; & fur fon plan fu-périeur , deux rainures g,g, capables de recevoir deux pareils fils.
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- Sur les Expériences. ip7 • H efl: une piece femblable à la précédente , qui s’attache deflus avec deux vis, elle porte deux croiflans comme I , qui la traverfent à angles droits & qui laiffent entr’eux un intervalle de deux lignes pour recevoir les deux petites poulies i, i , dont les diamètres font d’environ cinq lignes. C’eft fous cette piece & par les rainures g, g, creufces dans celle qu’elle recouvre , que l’on fait palier les deux fils de fer parallèles qui font tendus d’un bout à l’autre du portant , afin qu’ils foient fou-tenus dans le milieu de leur longueur.
- Sur le milieu du portant font élevées deux efpeces de confoles de fer poli, qui ont quatorze pouces dehau-teur, qui fe divifent par en bas en deux branches avec des volutes, & qui fe terminent auiïi en volute par en haut : elles font repréfentées à la lettre X, comme on les voit en les regardant fuivant la longueur du portant ; à la lettre Y , on en voit une comme elle fe préfente à l’oeil qui regarde le portant en travers.
- Les quatre volutes d’en bas repa-R iij
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- ï$8 Avis particuliers fent fur des platines de cuivre ébife-lées tout autour, qui leur fervent de -bafes , & qui font traverfées , ainfi que le bois du portant, par des tenons à vis dont les écrous font noyés par-deffous. Les deux volutes d’en-haut, font affemblées par une traver-fe K, dont les tenons font goupillés.
- Sous cette dernïere piece, eftune chape L , qui contient deux poulies plus petites que les deux d’en bas, afin que le point l, de part & d autre, réponde par une ligne verticale au point i , de la poulie d’en bas. La traverfe K, reçoit cette chape par un tenon quarré qui fe termine en vis, & qui a pour écrou le vafe M, qui fert de couronnement à tout cet aflem-blage , on jugera que les confoles font bien travaillées & bien montées , fi le vafe M, qui les couronne tourne bien rondement fur fon axe , quand le portant fur lequel elles feront élevées, tournera dans un plan horizontal.
- Nrt, N n, font deux fils de fér recuits, femblables à ceux qui font tendus fur la longueur du portant :
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- sur ii s Expériences. ipp par en haut, ils traverfent l’épaiffeur de la piece K , & font retenus par une tête qu’on leur a faite en les tortillant fur eux-mêmes ; par en bas, ils font tirés & tendus par deux vis dont les écrous quarrés ou à pans font par-deffous dans l’épaiffeur du bois ; ces fils, parallèles entr’eux & à la ligne verticale qui eft comme l’axe de la rotation des confoles, font dif-tans l’un de l’autre de quatorze lignes ; leur parallélifme eft réglé & maintenu par les deux trous de la traverfe K, d’où ils partent, & pat ces deux entailles qui font aux extrémités des pièces G & H réunies.
- Ces deux fils fervent à guider un petit feau de cuivre K, qui a feize lignes de hauteur ; auquel on a fou-dé ou rivé, fur deux points diamétralement oppofés, tant en haut qu’en bas , quatre tenons fendus en fourchettes, dans lefquels on fait entrer les fils , de forte que le feau ne peut que gliffer de bas en haut, ou de haut en bas.
- Au fond & dans l’axe de ce feau cylindrique eft attachée une tige qui à un œil par en haut, pour attacher R iv
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- 200 Avis îakticuliess une ganfe de foie qui doit feivir de corde. Et comme il faut que cette ganfe après avoir paffé fur la poulie l, defcende parallèlement à elle-même pour aller à la poulie d’en bas i, il y a au fond du feau un trou propre à la Iailfer palier librement, & fans rien changer à fa direétion. Cette ganfe après avoir paffé fous la poulie t -, prend une diredion horizontale, qui la conduit à une boîte de cuivre, qui gliffe depuis le centre du portant, jufqu’à l'une defes extrémités, fur les deux fils de fer dont j’ai parlé plus haut.
- Cette boîte 0, ell faite d’une virole cylindrique de cuivre, avec un fond foudé, & un couvercle P, qui entre à feuillure, comme le deffus d’une tabatière , & qui doit être un peu ferré de peur qu’il ne forte de lui-même , quand la piece fera en mouvement. Sur quatre lignes de longueur près du fond on a diminué un peu la groffeur de la virolle pour former une portée : c’eft par là que la boite fe joint à une platine Q, chantournée dans un quarré, &percée d’un trou rond fur les bords duquel elle fe pofe Si fe foudeàl’écain.
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- sur les Expériences. 20I
- Aux quatre coins de la platine Q, font autant de trous quarrés dans chacun defquels entre par-deflbus , une vis R, fendue fuivant fa longueur , & retenue par-deflus avec un écrou quarré ou à pans; la partie de ces vis qui eft près de la tête doit être quarrée comme le trou qui la reçoit , afin quelles ne puilfent point tourner ; & comme la fente qui eft continuée dans la tête eft deftinée à recevoir les fils de fer parallèles fur Jefquels la platine Q doit glifler avec la boîte qu’elle porte , on aura foin de la diriger en conféquence, & de la faire allez large, pour ne point gêner le mouvement.
- Le fond de la boîte porte à l’extrémité de fon diamètre parallèle aux fils de fer un petit levier Ss , qui a un mouvement de charnière, & dont le bout s, qui eft un peu applati, eft pouffé par un rêflortfoible , contre une cremaillére , dont les dents , qui font fort petites , excédent à peine la face du portant ; voyez à la lettre Z , cette partie de la boîte def-finée plus en grand.
- Chaque portant a deux çremaillé-
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- 202 Avis particuiiers les femblables, a a , b b, dont les dents font inclinées en fens contraires , & tournées de telle maniéré que le bout du levier dont je viens de parler, peut aifément gliffer deffus , lorfque la boîte va du centre du portant vers l’une de fes extrémités ; mais la boîte ne peut revenir dans le fens • oppofé , à moins qu’on n’ap-puye un peu fur l’autre bras % , du levier, pour dégager celui qui eft arrêté par une dent de la cremaiîlére.
- Ces crémaillères font faites avec des lames de laiton , garnies de tenons à vis : elles font logées dans des rainures qui régnent d’un bout à l’autre & dans le milieu de la largeur du portant, & elles'-font retenues en deffous par des écrous. Les dents font efpacéesde maniéré, qu’il y en a quatre dans la longueur d’un pouce ; & c’eft par le nombre de ces dents, qu’on réglé la diflance de la boîte au centre de fa rotation ; c’eft pourquoi l’on placera la première dent à un pouce du centre du portant.
- Quand le petit feau ff ou v, eft tout-à-fait en bas, qu’il repofe fur
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- sur les Expériences." 205' les poulies i i, & que la boîte 0 eft le plus près qu’elle puifle être de l’une de ces poulies, la ganfe qui tient au feau , & qui après avoir embraf-fé les deux poulies Zi, a reçu une direâion horizontale comme i k , doit être tendue & attachée à une petite boucle ou anneau^, pratiqué à la partie antérieure de la platine Q qui porte la boîte ; de forte que celle-ci ne puifle point avancer vers le bout du portant qu’elle ne fafle monter le feau v, de i i, vers Z Z.
- Les deux boîtes conftruites comme je l’ai enfeigné , & garnies de leurs couvercles , doivent être de même poids ; mais dans l’une des deux , il faut faire entrer une mafle, qui fois égale au poids de la boîte, & qu’on puifle ôter quand on voudra. Cette mafle fera fi l’on veut, une molette de plomb ; & afin qu’elle fe contienne mieux , & que le mouvement imprimé au portant, ne la mette pas dans le cas de foulever le couvercle & de fortir , il faut la couvrir d’une molette de liege, qui entre un peu à force ; un bout de fil de fer rivé , par-deflous le plomb , & qui fois
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- 204 AVIS PARTICULIERS
- tourné en boucle fur le liege, avec un petit noeud de ruban . donnera la facilité d’enlever cette malfe , quand il le faudra.
- Préparez aufïï des petites rondelles de plomb , qui entrent dans les féaux pour les charger à volonté ; mais n’oubliez pas d’y faire un trou au centre , pour les enfiler fur la tige à laquelle eft attachée la corde , & un autre vis-à-vis celui qui eft au fond du feau, pour donner paifage à la corde descendante.
- Enfin comme les boîtes livrées à la force centrifuge, vont frapper rudement les vis qui tiennent les fils de fer tendus, & qu’en enlevant les féaux elles les font heurter de même contre les poulies 11, vous ferez bien de mettre des couffinets aux endroits du choc, afin que les pièces n’en fouftrent point de dommage’. Ces couffinets fe font fort bien avec des petites bandes de drap roulées & arrêtées fur le fil de fer , à la tète des vis tirantes, & fur la corde , à l’endroit où elle eft attachée à la tige du feau.
- Chaque fois qu’on voudra faire des
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- sua &BS Exphrjekces. 90 fs expériences avec les portans dont je viens de donner la defcription , il faut paffer un peu d’huile avec le bout du doigt, ou avec un morceau de drap fur les dents des cremail-leres, fur les fils de fer , tant verticaux qu’horizontaux & avec le bout d’une plume , aux axes des poulies.
- Sixième £r fepcieme Expériences.
- J’ai employé pendant plufieurs années les moyens indiqués dans les Préparations de ces deux expériences, pour faire décrire le cercle , la fpira-îe , Si îellipfe à ma machine des forces centrales : mais j’avois beaucoup de peine à maintenir bien droite , une table de deux pieds { de diamètre, qui n’étoit portée que fur un pied, à la rendre toujours parallèle au plan dans lequel toumoit l’alidade , & à faire agir deffus , un çrayon fragile & mené rapidement. Quoique ces difficultés ne fuffent point infurmontables , elles m’ont parru plus grandes que l’utilité que j’avois à attendre d’une pareille exécution : j’ai pris le parti, il y a déjà long-temps d’abandonnçr ces moyens
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- ao6 Avis particuliers & de conduire moi-même le crayon en repréfentant la force cent'ripete , par un fil tiré ou retenu vers le centre du mouvement, & la force centrifuge , par l’aftion de la main qui le tient tendu avec le crayon , qu’on doit regarder comme le mobile livré aux deux forces.
- a b , d e ,Pl. X. Fig. x. efl une table quarrée de bois noirci quia dix-huit pouces de longueur, autant de largeur & maintenue par un cadre qui a près de deux pouces de largeur, avec une épaifleur proportionnée : fur cette table font tracées deux lignes qui paffent par le centre C, en fe croifant à angles droits ; à leur interfeélion efl attachée une pointe de fer quarrée qui s’élève perpendiculairement de quatre lignes, au-def-fus du plan de la table , & qui efl creufée en gorge à une ligne près de fon extrémité. Des deux côtés de cette pointe, &à quatre pouces de diftance d’elle, font deux petits trous prêts à recevoir des clous d’épingle de laiton à tête ronde, & qui s’élèvent à la même hauteur.
- Quand je veux re'préfenter la ré-
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- sur les Expériences. 207 volution d’un mobile produite par une force centripète & une force centrifuge , dont les rapports font confiants , je plie en deux fur la longueur C a, un fil blanc dont je noue les deux bouts enfemble, je le paffe d’une part fur la gorge de la pointe qui eft en C, & de l’autre part, je le tiens tendu, en faifant paffer dedans un crayon blanc g ou G, fur lequel j’ai formé une petite gorge à trois ou quatre lignes près du bout qui doit marquer ; & en le tenant fur la table en g , dans une fituation perpendiculaire , je le conduis en avant , juf-qu’à ce qu’il ait fait un tour, ce qui lui fait tracer un cercle.
- Pour repréfenter larévolution d’un mobile , produite par deux forces centrales dont les rapports varient d’une maniéré fymmétrique , je prépare un double fil femblable au précédent , mais un peu plus court; je l’accroche à deux petits clous f, f, Fig. 2. je le porte avec le crayon vers a , & en le tenant toujours tendu , je le pouffe en avant, ayant foin qu’il embraffe toujours les deux clous /,/; quand le crayon eft revenu en a
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- So8 Avis particüiiers d’où il eft parti, la ligne tracée fur la table eft une Ellipfe.
- Enfin pour montrer que le mobile s’approche ou s’éloigne du centre de fa révolution par une ligne fpirale , quand l’une des deux forces centrales , va toujours en augmentant ou en diminuant, je mets for la pointe quarrée qui eft au centre de la table, un bouchon de liege ou un cylindre de bois h, de fix lignes de hauteur, & de fept à huit lignes de diamètre , à la circonférence duquel eft attaché un fil, terminé à l’autre bout par une boucle : j’enveloppe le fil tout entier fur le cylindre , à la réferve de fa boucle dans laquelle j’engage le crayon, & je trace fur la table , en tournant & en développant le fil de plus en plus : je reviens enfuite en fens contraire , & en enveloppant le fil fur le cylindre ; & je décris tant en allant qu’en revenant, une ligne fpirale, comme elle eft repréfentée par la Fig. 3.
- Dans une école où l’on a fou-vent à répéter ces démonftrations, il eft plus commode d’avoir une table noire , & de tracer avec un crayon
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- Sur xes Expériences. 209 crayon blanc les lignes , qui s’effacent après très - aifément : mais on penfe bien fans que je le dife , qu’on peut faire les mêmes opérations avec un crayon noir ou rouge , fur une carton blanc.
- On peut encore montrer le mouvement dans une ligne fpirale en attachant une boule d’yvoire K, Fig. 4. de trois ou quatre onces , au bout d’un gros fil ou d’une ganfê de foie fort menue , que l’on fait paffer par un trou fait au milieu d’une table & tiré en-deffous par un poid P, à-peu-près égal à celui de la boule. Car la boule étant tirée avec la main vers le bord de la table, comme iK, fi on lui donne une impulfion dans une direâion perpendiculaire au fil, cette force , qui eft centrifuge, combinée avec l’aétion du poids P , qui la rappelle vers le centre 1, tend-à lui faire décrire un cercle ; mais le frottement de la table, prenant plus fur la première de ces deux forces que fur l’autre, celle-ci devient ref-peftivement de plus en plus forte , ce qui fait que le mouvement, de chrome IL S '
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- 2io Avis îAkticüuiss culaire qu’il devroit être, fecompofc dans une ligne fpirale.
- AVIS
- Concernant la Sixième Leçon, Tremiere Expérience.
- JE n’ai prefque rien à ajouter ic t /on ® ce que j’ai dit dans la Prépartuioi .1 La! pi. de cette expérience ; finon que pou: u. Fis. 4. avoir un vuide fuffiiant avec plus di promptitude , on fera bien de choi-fir le récipient le plus étroit qu’oi pourra, & d’y mettre une ehandellt à grofle mèche bien allumée qui foi élevée environ aux deux tiers de fi hauteur ; il faudroit la mettre encori plus haut , fi l’on n’avoit point i craindre , que la flamme ne fit cafle le verre.
- Si l’on fe fert du morceau de pa pier trempé dans la liqueur fumanti (a), on n’aura pas cet inconvénien
- M Voyez la Compoltuon de la liqueur fu mante , dans la deuxieme Partie 2 me pre mur page, 377.
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- sur res Expériences, zii à craindre , mais il faut fçavoir, que cette vapeur n’eft pas bonne à refpi-rer, & qu’étant corrofive , ellepour-roit gâter le cuivre de la machine, fi l’on en faifoit un trop grand ufa-ge.
- Cette première expérience ayant pour but de prouver qu’on doit admettre une pefanteur abfolue dans les matières mêmes qu’on voit pref-que toujours s’élever de bas en-haut, on peut y ajouter celle-ci qui confirme très-bien cette vérité.
- Rempliflez de vin rouge une petite fiole A, Fig. ’ÿ. dont la panfe eft à-peu-près groffe comme un oeuf de poule , & dont l’orifice a environ deux lignes de diamètre ; defcendez-la au bout d’un fil dans un vafe long ; un grand gobelet fuffîra , fi l’on n’en a pas d’auffi haut & d’auflî étroit que celui qui eft repréfenté ici. Si la petite fiole A, fe fait à la Verrerie , on la demandera épailîe de verre, afin qu’elle demeure plus ferme au fond du vaifleau ; fi on la fait fouf-fler à la lampe par un émailleur , on l’attachera avec du maftic ou autrement , fur une molette de plomb qui
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- 212 Avis PARTICULIERS lui fervira de bafe. Rempliflez enfui-te le vafe B, avec de l’eau claire , en la verfant de maniéré qu’elle ne dérange point la fiole ; vous verrez aufii-tôt, que le vin , quoique liqueur pefante, montera au travers de l’eau, à-peu-près comme on voit: monter la fumée d’une cheminée dans l’air de l’atmofphere.
- Il y a des vins qui font auffi pefants que l’eau, & qui ne réufliroient point pour cette expérience ; les vins de Bourgogne & de Champagne rouges , font préférables à la plùpart des vins méridionaux,
- Seconde Expérience.
- r L A machine qui eft décrite dans
- vi. la Préparation de cette expérience, eft i sca'p: un appal'eit affez difpendieux, & qui i. i. eft embarraffant non-feulement dans 6”‘S' l’exécution , fi l’on n’a pas un bon ouvrier , mais auffi dans Pufage qu’on en fait : fi quelqu’un aime les machines , & qu’il foit aidé d’un Artifte un peu adroit & intelligent, la defcrip-tion que j’ai donnée de celle-ci pourra lui fuffïre : mais fi l’on ne cherche qu’à prouver ce qui fait l’objet
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- sur les Expériences. 21J de cette expérience, je confeille de préférer le moyen que je vais enfei-ener, parce qu’il eft bien plus (impie, bien plus facile, & qu’il va également au but.
- Ayez un tube de verre ou de crvC-tal, qui ait au moins un pouce de diamètre intérieur , long de cinq à lix pieds , & bouché par un bout, linon hermétiquement , au moins avec une virole de cuivre garnie d’un fond & maftiquée au verre , de maniéré que l’air ne puilfe point paf-fer par-là. Faites entrer dans ce tube une piece de métal grande comme un liard , & un petit morceau de papier de pareille grandeur, & arrondi de même ; fermez le tube avec une virole de .cuivre garnie d’un fond , & d’un bon robinet, qui puilfe s’a-juller à la vis qui eft au centre de la platine de la machine pneumatique, comme il eft repréfenté par la Figure 6.
- Faites le vuide dans le tube le plus parfaitement que vous pourrez , & détachez-le de la machine pneumatique , après avoir bien fermé le robinet ; en renvçrfant ce tube tantôt d’un
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- 214 Avis particuliers bout, tantôt de l’autre, vous ferez voir, que la piece de métal ne tombe pas plus vite que le morceau de papier , tant que le vuid.e fubfifte , & que celui-ci n’ell retardé dans fa chû-te , que quand le tube eft rempli d’air.
- Si l’on avoit peine à trouver un tube de cinq à fix pieds de longueur, ©n pourra le faire de deux pièces que l’on joindra enfemble, par une virol-le de métal de deux ou trois pouces de longueur , & bien maftiquée à l’une & à l’autre. Et fi l’on vouloit rendre ce tube portatif, pour l’envoyer au loin, on pourroit faire la virolle de deux pièces , qui fe joindraient à vis; mais alors il faudrait qu’elles eufîent chacune un rebord large de quelques lignes , pour prefler entr’el'es , un anneau plat de cuir gras , ; fin d'empêcher que l’air ne rentre par la jonftion.
- Troifeme Expérience.
- -----. Les ëmailleurs qui préparent cet
- ififtrument, ne fe donnent pas la pei-î.Sea.ri. ne de l’appliquer à la machine pneu-1 Fis- s- manque pour y faire le vuide ; ils y
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- font entrer la quantité d’eau qu’ils ont deffein d’y mettre ( c’eft à-peu-près jufqu’au tiers de la hauteur de la fiole ), & afin que cette eau ne fe gèle point l’hiver , ce qui feroit caf-fer le verre, ils y mêlent un quart d’eau forte, dans laquelle on a fait diffoudre un peu de cuivre , afin de lui faire prendre un couleur verte. La fiole au-deffus de la boule creufe, efl terminée par un bout de tube dont l’extrémité eft capillaire ; on tient la partie qui contient l’eau au-deffus d’un réchaud plein de charbons bien allumés jufqu’à ce. que cette eau bouille ; alors , il s’élève de là une vapeur dilatée, qui pouffe devant elle la plus grande partie de l’air qui efl au-deffus, & qui le faitfortir par l’orifice qui eft fort étroit ; l’émailleur fouffle avec un chalumeau fur cette partie, la flamme d’une greffe chandelle , & fcelle l’extrémité du tuyau qui eft capillaire.
- Ce fcellement eft une opération affez délicate ; il ne fe feroit pas, fi la vapeur aqueufe continuoit de for-tir; il faut donc fufpendre l’aflion du feu fur l’eau de la fiole , en l’étant
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- de deffus le réchaud; mais il fautfaifîr le moment où l’air extérieur n’a pas encore eu le temps de rentrer, pour louder le verre ; & c’eft pour cela , qu’on a pris la précaution de faire le bout du tuyau très-mince, afin çju’au premier contaâ de la flamme , il pût être fondu & fcellé.
- Ce premier fcellement n’eft point afiez folide : l’émailleur attend que la fiole foit refroidie & maniable , & alors il fcelle le bout du tube à demeure , & le plie en forme d’anneau, afin qu’on puiffe y attacher un nœud de ruban pour fufpendre l’inftru-ment..
- Un inftant avant de fecouer la fiole, pour faire frapper l’eau au fond, il faut l’incliner ou la renverfer, afin qu’elle fe mouille dans la partie où l’eau doit monter, & que celle-ci s’y meuve plus facilement , tant pour monter , que pour defcendre.
- La boule creufe que l’on fouffle ordinairement au haut de la fiole , n’y eft point abfolument néceffaire, mais elle rend le bruit que fait le choc de l’eau plus éclatant ; l’elTentiel eft d’avoir un tube gros comme le doigt,
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- Sur ï. e s Expériences. 217 fcellé par en bas, même par en haut pour être fcellé aifément & promptement , & fi n’ayant pas la commodité de fondre le bout pour le fceller, on lebouchoit avec de la cire d’Efpagne ou autrement, le principal effet de l'expérience auroit lieu. Si l’on entreprend de faire foi-même cet inftru-ment, on s’appercevra aifément, que quand on fait bouillir l’eau de la phiole, il faut la tenir avec précaution pour ne fe point brûler , car la vapeur s’échauffe confidérable-ment.
- A u fujet de la pefanteur dimi- » nuée par la force centrifuge réfui- Lev’’k tante de la rotation du globe terref- i."s«a. pi4 tre fur fon axe, il eft fait mention dans cette Leçon d’une expérience que je faifois autrefois, avec un globe flexible, en le faifant tourner rapidement ; il perdoit par là fa fphé-ricité, devenoit un fphéroïde un peu applati par les pôles. J’ai négligé depuis long-temps cette machine, mais fi quelqu’un eft curieux de l’exécuter , il n’a qu’à fuivre de point en point ce que j’en ai dit Tome IL dq Tome II. X
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- Si8 Avis particuliers Leçons de Phyjîque , page IJ2, à quoi j’ajoute ce qui fuit.
- Il faut que les deux parties de Taxe fur lefquelles gliflent les rondelles de bois qui font aux pôles du globe, portent lur une de leurs faces , des, dents inclinées comme celles d’une, cremaillere, & que les rondelles de bois traînent avec elles de/petites lames à reffort , qui gliflent fur ces dents en allant vers le centre du globe , niais qui foient retenues par ces mêmes dents à l’endroit de Taxe , où la force centrifuge les aura fait aller ; afin que cet effet demeure fenuble , quand on arrêtera le globe.
- Le globe doit avoir au moins un pied de diamètre ; & fi Ton veut qu’il reflèmble mieux à celui de la terre qu’il repréfente , on pourra faire imprimer fur de la peau de mouton chai-11e > les fufeaux d’un globe terreftre, que Ton découpera Sc que Ton aflëm-blera en les coufant proprement en-femble ; on pourra même enluminer ce globe quand il fera rempli, comme le font ordinairement ceux de çatton, Les Artiftes qui vendent ceux-
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- SUR LES EXPÉRIENCES. 2I(> ci pourront fournir des fufeaux imprimés fur delà peau , comme ils Fourniflent ceux qui font imprimés fur du papier.
- Quatrième & cinquième Expériences.
- Dans les avis fur la troifieme !=....
- Leçon pag. 73 8cfuiv. j’ai décrit une Ltç„ K. nachine femblable , à peu dé chofe i.sta.M; srès , à celle qui eft employée dans u' F‘s' *• :ette expérience ; fi on fe l’eft procu-ée, il ne fera pas befoin de conftruire ælle-ci: au lieu d’un tiroir , on y rouvera deux cuvettes rondes rem-)lies de terre molle , & qu’on fera ourner à volonté, pour préfenter de louvelles places fous la chiite des :orps qu’on aura à éprouver.
- Si l’on veut faire tomber une bou-e plûtôt que l’autre en la faifant par-ir de moins haut, on la fiifpendra vec un fil au-deflous dé la traverfe • tiobile : & l’on fera aboutir ce fil bus la pince , qui tient l’autre bou-3 , de maniéré que celle-ci ne pour-a point être lâchée, que le fil ne le bit en même-temps.
- On trouvera aufli dans l’endroit ue je viens de citer, la maniéré de fe T ij
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- S20 Avis parti dïfÉiERg procurer des boules de cuivre , de mêmes diamètres , & de differents poids.
- Sixième Expérience.
- J’a i beaucoup Amplifié l’appareil de cette expérience , & je l’ai rendue d’une exécution plus facile, io.' en procédant comme il fuit.
- Au lieu de deux cordes parallèles de métal ou de boyaux , je n’en employé qu’une qui eft de chanvre i bien liffe , bien égale, & qui a deux lignes & demie de diamètre : je l’attache à un point fixe A,Pl.X. Fig. 6. qui eft élevé de neuf pieds au-deffus du terrein de l’endroit où fe fait l’expérience ; j’enfile deffus cette corde , le curfeur D, Sc la pièce de rencontre E, dont je parlerai toute à l’heure; enfuite je la fais paffer fous une poulie qui eft en C, àvingt-fept pieds de diftance de B ; je la tends fortement en la tirant de bas en haut ; j’en noue le bout à un cloud F, attaché au mur ou au l’ambris , & je divife la longueur AC, en neuf parties égales que je marque avec de la . craye ou avec de la pierre noire,
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- Sur les Expériences. 22r Le curfeur D, eft fait d’une piece de cuivre fondu , qui à environ fix pouces de longueur, & qui eft un peu pefante, afin que fon centre de gravité, fe maintienne aifément fous Ta corde ; il eft garni de deux poulies de buis , qui doivent être bien-mobiles , afin que fa chûte fe farte plus librement par le plan incliné formé par la corde.
- La piece de rencontre E, eft un canon de cuivre qui porte en avant une petite platine ronde contre laquelle le curfeur vient heurter avec bruit , & qui donne la facilité de remarquer , quand il eft arrivé au terme de fa chute : on l’arrête fur la corde à tel endroit que l’on veut , par le moyen d’une vis de preflion : cette piece peut auili fe faire avec un morceau de bois tourné , mais alors il faut la garnir d’une virole de cuivre, dans l’épaifleur de laquelle on puifle tarauder l’écrou de la vis.
- Je compte les temps avec un pendule G , qui peut être* attaché au lambris ou au mur de la chambre ; mais il eft encore mieux , de l’avoir tout monté fur une planche forte, de
- Tüj
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- 222 Avis partiCui/iErs quatre à cinq pouces de largeur ; que l’on tranfporte & que l’on attache où l’on veut : confaltez la Fig. 7. où j’ai repréfenté cet inftrument , avec de plus grandes dimenfions que dans la précédente.
- HI; eft une lame de fer qui peut avoir fept à huit lignes de largeur, & qui s’attache Par la planche avec deux vis. Elle porte une équerre K , qui tient encore à une confole qui eft au-deftiis. Entre la partie defcen-dante de l’équerre , & la lame HI, eft placé un axe m, qui tourne librement, ayant d’un coté une pointe qui entre dans un trou conique, & de l’autre, un coup de poinçon dans lequel entre la pointe d’une vis ; dans le milieu de cet axe , eft aflfemblée la verge du pendule , qui a trois pieds Si demi de longueur ; groffe comme le petit doigt, & ronde depuis l’axe m, jufques en N, c’eft-à-dire, dans la longueur de dix-huit pouces ; le relie eft plat, & l’on ne voit ici que fonépailTeuf, qui eft de deux lignes : je fais gliffer fur cette derniere partie, une lentille femblable à celle des horloges de chambre, qui pefe cinq
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- SuitLÉs Expériences. 223 à fix livres , & que j’arrête à telle hauteur que je veux , par une vis de preflion : la partie de la verge qui paffe au-deffous de la lentille efl terminée par un tenon à vis & une portée, & j’y attache avec un écrou , un timbre de montre , vis-à-vis duquel je place fur la planche , une lame à ref-îort 0 , que je fais approcher à volonté , en mettant par derrière un petit coin.
- Cette lame 0 , porte une petite malfe , que le bord du timbre heurte en palfant, lorfque le pendule fait fes ofcillations , ce qui donne lieu de compter les temps ; & ces temps deviennent plus ou moins longs, félon que l’on arrête la lentille plus ou moins bas fur la verge.
- Quand on veut faire l’expérience , dont il s’agit ici , il faut mettre le pendule en mouvement , placer la pièce de rencontre à la fin de la première divifion 1 , porter le curfeur en A , & le lailfer aller dans l’inftant même que le timbre frappe un coup, afin d’éprouver s’il arrive juftement au chiffre 1 , lorfqu’on entend fon-ner le coup qui fuit immédiatement. ' T iv
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- 224 Avis îarticuiiirs S’il arrive trop tôt, c’eft une marque que les temps font trop longs. On en diminuera la durée, en remontant un peu la lentille : fi au contraire , le curfeur arrive trop tard , on rendra les temps plus longs, en faifant JbaifTer la lentille.
- Quand on fe fera alfuré par plu-Eeurs épreuves que le temps qui s’écoule , d’un coup de timbre, à l’autre , efl celui qu’il faut au curfeur , pour defcendre fur la corde de la neuvième partie de fa longueur , c’eft-à-dire de A, au chiffre r , en portera la piece de rencontre au bout du quatrième efpace, & en faifant tomber le curfeur du point A, comme précédemment , on remarquera que cette chûte s’acheve en deux temps. On verra de même , que les neuf efpaces font parcourus en trois
- têTferoit facile d’adapter au marteau o, une détente qui fît nartir le curfeur , dan. fixant que le timbre-ronne ; mais c’eft une machine de plus, dont on apprend bien-tôt à fe paffer,
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- double de la hauteur A B, que je fup-pofe toujours être de neuf pied9.
- La boule d’yvoire qui tombera librement de la hauteur A B , achèvera fa chute dans les ^, d’une fécondé à peu de chofe près ( de fécondé.) Pour rendre la durée d’une ofcillation du pendule égale à cet intervalle de temps, il faut remonter la lentille fur la verge, jufqu’à ce que fon centre ne foit éloigné que d’un pied & dix pouces du centre
- fera pluSeurs éDteuves’, jufqu’à ce qu’on foit fur ,‘que ie t£.mps d’une
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- a.i6 Avis particuliers ofcillation marqué par le timbre s’accorde fenfiblement avec celui que la boule d’yvoire employé dans fa chûte de neuf pieds.
- Et pour faire partir la boulé dans î’inftant même que commence l’of-1 cill'ation du pendule, on pourra fe fervir du moyen que voici. C’eft une efpece de détente dont les pièces font attachées fur la planche qui porte le pendule, & vis à-vis de la verge , quand elle eft dans fon repos. Voyt\ la Fig. 7.
- R ou r, eft une bride de fer ou de cuivre, dans laquelle doit paiïer librement la boule d’yvoire , qui ne doit point avoir moins d’un pouce x de diamètre ; S s, eft un levier aulïi de métal, qufffait un angle fort obtus" en T, où eft le centre de fon mouvement ; V, v, eft une autre bride ^dans laquelle fe meut la branche inférieure du levier, derrière laquelle eft un refîort qui la pouffe en avant. Xfx, eft une petite lame taillée en mantonnet , & terminée par un anneau, par lequel elle eft prife dans un crochet attaché à la planche ; de maniéré que quand elle eft abandon-
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- née à elle-même, elle propre poids, & deme contre la planche.
- On place la boule d’y voire dans la bride r, on l’y retient par la pref-fîon du levier 5, en pouffant la branche s contre fon reffort, & en l’a-crochant de côté au manntonet x s quand le pendule vient toucher le timbre, fa verge en paffant fait échap-er le mantonnet, le reffort pouffe la ranche s, du levier jufqu’au bout de fa bride, & l’autre branche ceffe d’appuyer contre la boule, qui commence dès lors à tomber.
- Le mobile D , ' commencera auffi à tomber par le plan incliné , en même-temps que la boule d’yvoire , fuit la ligne verticale, fi on le retient par un bout de fil qu’on fera paffer entre la bci,’. & le bout du levier S; car celui-ci ne pourra point lâcher la boule qu'il ne laiffe échapper le fil en même-temps.
- 11 faut faire tomber la boule d’yvoire fur quelque chofe qui faffe entendre le choc, afin qu’on puiffe mieüx juger du temps qui termine fa chute.
- tombe par fon :ure fufpendue
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- >28 Avis particulier* Seconde Expérience.
- a____ Quoique dans des expériences I xi. de cette efpece, on ne doive point n*Ss£ii»'c. compter fur des effets qui répondent Art.'i. ri. exaâement à la théorie, à caufe des Jv.Fig. ic. fj-ottemens & autres obftacles inévitables , & qu’on doive les regarder moins comme des preuves que com* me des représentations fenfibles & imparfaites qui facilitent aux commençants l’intelligence des principes qu’on leur enfeigne ; cependant j’ai cru devoir réformer la machine qui eft décrite dans la Préparation & par la figure citée en marge , pour en fubftituer une autre dont je fuis plus content, & que je vais faire con-noître.
- C’eft un chaflis AefB, Fig. 8. qui a huit pieds de hauteur fur quatre de largeur & dont les montans-& les traverles font défignés par les lignes ponctuées. Ce chaffis eft couvert d’une toile peinte en huile dont le fond eft blanc ; ou fi l’on veut d’une fimple toile bien tendue, fur laquelle on collera des feuilles de papier blanc.
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- Sur les Expériences. 229
- Du point K, qui partage la ligne dB j en deux parties égales , on décrira la demi circonférence de cercle A C D B , & les deux cordes CB, D B.
- En , on fait un trou de vrille , pour placer la poulie a , qui doit être très-mobile, & dont la gorge eft dans un plan parallèle à celui du chaffis, & éloigné de lui au moins d’un pouce.
- En B , efi un pareil trou, dans lequel on fait-entrer le bout d’une broche de fer b, qui y tient fermement, & qui demeure faillante d’un pouce & demi, non compris la boucle ou la tête.
- Sur les deux lignes CB, D B, on place fuccellîvement le bord d’une réglé de bois B e , qui à environ deux pouces de largeur, & quatorze lignes d’épailfeur, fur laquelle on a creuféune gorge angulaire : cette pièce eft échancrée par en bas en fourchette pour entrer fur la broche de fer qui eft en B ; & par en haut, elle s’arrête avec une autre cheville de fer, qui la traverfe , 3c dont la pointe entre en e ou en /, dans le mon-; tant du chaffis.
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- 2jo Avis particuliers
- Le chaffis étant a in fi préparé , on l’éleve verticalement, ayant foin que la ligne AB, fe trouve d’aplomb , & on l’arrête dans cette fituation , foie en l’appuyant contre le bord d’une table & en l’y retenant avec deux crochets, foit en lui préparant un fupport exprès, que chacun peut aifétnent imaginer , & former félon fon goût. On a une boule de cuivre de huit à neuf lignes , & une autre d’yvoire qui a un pouce de diamètre ; la première eft attachée au bout d’un fil que fon fait pafi'er fur la poulie A, & dont on ferre l’autre bout avec le doigt fur la boule d’yvoire placée dans la gorge angulaire de la piece B e, à l’endroit oùelle coupe la demi circonférence de cercle en C , par exemple, ou en D. De forte qu’en levant le doigt, on laifle en même-temps aux deux boules , la liberté de tomber vers B, l’une par le diamètre A B , l’autre par la corde CB, ou DB.
- On ne fera pas mal de placer fous la chute commune de ces deux boules , une boite pour les recevoir , & pour empêcher qu’elles ne fe difper-
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- sur les Expériences. 231! fttit a» loin ; on jugera par les deux chocs qu’elles feront en arrivant dans la boîte, du peu de différence qu’il y a entre les temps de deux chûtes ; ou l’on fera voir, que ce défaut vient: du frottement que la boule d’yvpire éprouve en roulant dans la couHlfe, parce que la différence fera plus petite , à mefure qu’on la fera tomber par un plan moins incliné à l’hori* , zon , le frottement étant moindre alors, parce que la boule pefe moins fur ce plan , que fur celui qui ëlt plus incliné,
- Troijiemt Expérience:
- Pour préparer cette expérien-ce, on couvrira le revers du chaflis vl de la précédente^avee une toile fem» il seâiôn. blableà celle fur laquelle on a tracé An.i.pt, lçs -lignes dont j’ai fait mention , & F&'l6'
- l’on y deffinera tout ce qui eft marqué dans la Fig. 1. PI. XI. fçavoir i°. un demi-cercle dont le centre eft en C, & dont les deux moitiés font divifées de part & d’autre en po , degrés marqués de dix en dix. 2.°.
- On formera avec des points , la ligne E F, parallèle aux deux grands
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- 232 Avis particuliers côtés du chaffis , & gui partage fa largeur en deux parties égales. 30. Du point/)comme centre, on marquera d’un trait de compas l’arc de cercle GHI.
- Après cela vous percerez deux trous , l’un en C, l’autre en D, pour recevoir chacun une vis comme L, qui eft de cuivre , avec une tête plat-te, & qui eft percée fuivant fa longueur & taraudée en dedans : ces écrous ainfi fixés dans l’épaiffeur du bois reçoivent deux broches de fer à vis M, N, qui font garnies chacune de deux petites oreilles , pour donner prife à la main qui doit les faire tourner & les ferrer ; la plus courte M , qui fe place en C , s’élève de deux pouces perpendiculairement au plan du chaffis , & à un demi-pouce près de fon extrémité, il y a une petite gorge creufée en rond ; celle qui eft marquée N, à trois pouces de longueur au-deflus de la partie qui eft en vis, & elle fe place en V. Toutes deux font de fer poli, & de la grofleur d’une plume à écrire.
- p eft une tige de cuivre pointue ,
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- sur les Expériences. 233' tue , & fendue fur les trois quarts de fa longueur, pour porter un carton mince qui a cinq à fix pouces de longueur fur trois de largeur; le bout de cette tige fe place dans un trou P, fur le chaffis , & de maniéré que le bord pp, du carton couvre une partie de la ligne ponâuée £ F, le milieu de fa longueur répondant à l'extrémité fupérieure du quart de cercle G HL
- Tout étant ainfi difpofé , vous drefferez le chaffis verticalement fur fôn côté A B, que vous mettrez de niveau ; & vous vous affurerez qu’il eft dans cette fituation, en fufpen-dant à la tige M, placée en C , un pendule fait d’une boule de métal, qui aura un pouce de diamètre, & d’un gros fil de foie de la longueur CG; il faudra pour cela qu’étant libre , il fe tienne parallèle à cette ligne.
- Pour exécuter la troifieme expérience dont il s’agit ici, vous placerez en R, un càrton femblable à pp,mais un peu plus long, afin qu’il s’étende jufqu’en F ; vous porterez la boule du pendule vis-à-vis le point
- Tome IL V
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- 234 Avis particuliers E ; vous la laiflerez échapper dans un plan parallèle à celui du chaflis ; & vous ferez voir qu’elle remonte en F, par un arc femblable à celui par lequel elle eft defcendue, ce qui fera aifé à obferver , parce qu’elle frappera contre le carton.
- Enfuite vous placerez la broche N en D, & la tige p q en p, de forte que le milieu du carton p p, réponde en I, & vous laiflerez tomber , comme précédemment, la boule du pendule de la hauteur du point E ; ce pendule arrivé vis-à-vis la ligne CG, prendra un nouveau centre de mouvement en D , & ira Y frapper le carton , en fuivant Parc de cercle G H I, remontant à la même hauteur d’où il eft defcendu , quoique par un arc différent. .
- — « La Fig. 19, citée en marge, n’eft
- Li I* point correfte. Si vous voulez faire ii'.'Viiên. voir par des expériences, que la chû-11. ni. Fig. te d’un corp grave par un arc de cer-**' cle eft plus prompte que par le plan incliné , & que la -chute par la cy-eloïde eft plus prompte encore que par l’arc de cercle, fervez-vous de la machine que je vais décrirez
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- sur les Expériences. 23p.
- ABC, Fig. 2. eft un triangle reftangle formé avec des planches d’un pouce d’épaiffeur , aflemblées & collées à plats-joints, ou fi l’on veut, à languettes & rainures; on fera bien de les mettre de bout avec une large emboîture fur le côté A C, comme il eft marqué par les lignes ponftuées. Ce triangle fera élevé perpendiculairement& fixé par des tenons collés, fur une bafe chantournée garnie de trois vis, pour mettre la partie A B, d’aplomb , quand on voudra faire ufage de la machine.
- Le côté AC du triangle fera rendu concave fuivant un trait de compas , qu’on fera paflfer par les deux points A & C ; & l’on creufera l’é-paifleur du bois en forme de gouttière , pour laiffer courrir librement une balle d’yvoire de fix à fept lignes de diamètre : afin de confervér dans cette gouttière , la courbure circulaire parallèle à celle des bords , on la réglera avec un calibre, 8c on la finira avec ün morceau de peau de cbien de mer, pour la rendre bien unie.
- Vij
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- Sut l’une des faces, de ce triangle’ mixtiligne, on attachera une pareille gouttière formée fur Fépaifleur d’une réglé de bois bien droite, & qui s’étendra du point A, au point C. Enfin fur l’autre face on attachera encore une autre gouttière creufée avec les mêmes foins dans l’épaiffeur d’un morceau de planche chantourné en cycloïde, & qui s’étendra de même du point A, au point C.
- La cycloïde eft une courbe , qui ne fe fait point avec le compas , il faudra la tracer fur un carton , que Ton découpera enfuite , pour fervir de patron ; & vous procéderez de la maniéré qui fuit.
- Sur une feuille de papier bien epaifle, ou fur un carton bien droit, & fuffifamment grand , tracez la ligne droite a b indéterminée, Fig. 5 : élevez fur Fune de fes extrémités , ' en a, par exemple, une perpendiculaire a e auffi indéterminée. Placez la pointe du compas fur le point a , & ouvrez - le pour comprendre le rayon a c, égal à fept pouces j & du point c*f comme centre, décrivez la demi-circonférence a 0 f.
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- sur les Expériences. 237
- Faites la- diftanee a b, égale à trois fois le rayon a c , & un feptieme de plus. Elevez en b , une perpendiculaire b g, égale au diamètre a f, & menez la ligne / g , parallèle à a b.
- Divifez en parties égales , & en tel nombre que vous voudrez,en douze, par exemple , la demi-circonférence a 0 f, 6c en pareil nombre de parties égales, la ligne a b, & de tous les points de divilion de la demi-circonférence menez des parallèles à / g, ou à la ligne a b.
- Cela étant fait , portez avec le compas fur la première parallèle , la douzième partie de la ligne a b-, fur la fécondé, portez-en deux, fur la troifieme , portez-en trois', & ainlï de fuite ; & veus aurez par-là les ordonnées , a h, 2 à , 3 l, 4m, &c. & fi yous faites palier une courbe par les extrémités de toutes ces lignes, vous aurez la cycloïde , dont ri eli queftion.
- Vous pouvez encore avoir la cycloïde par un moyen méchanique que voici. Placez votre carton ou votre papier fur une table bien unie ,
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- £38 Avis tarticuliïrs & par-deflus, à l’un de fes bords, attachez une réglé de bois Tt,Fig. 4. épaifle d’un demi-pouce •, & qui ait un peu plus de deux pieds de Ion-gueur ; les deux bouts de cette réglé doivent être arrondis, avec une petite gprge dans laquelle puiflè fe loger une fifcelle, ou une menue gan> fe de foie. ^
- V ell une roue pleine, ou évide'e ( cela eft égal, ) quia quinze pouces de diamètre , 8c qui porte en fa cir-conférenCe,une gorge femblableà celle d’une poulie; *,eftun porte-crayon emmanché au bout d’une lame à ref-fort , attachée par un bout fur le plan fupérieur de la roue , de forte que le crayon rafant la circonférence , porte fur le papier, autant qu’il le faut pour marquer, fans être en danger de fe caffer.
- La circonférence de la roue eft entièrement embraflee par une corde qui fe croife entr’elle & la réglé , <Sc dont les deux bouts fe tirent par le moyen des chevilles T, t, qui peuvent tourner librement, parce qu’elles débordent la table.
- Si tenant la roue toujours ap-
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- puyée contre la réglé, vous faites rouler fur la longueur y y, la demi-circonférence dans l’ordre des chiffres i , 2 , 3,4-, y , 6 , le crayon tracera fur le papier, la courbe dont vous avez befoin.
- Quand vous aurez conftruit la machine fuivant la maniéré que je viens d’indiquer, & que vous voudrez en faire ufage, vous placerez deux balles d’yvoire , l’une dans la partie la plus élevée de la gouttière droite A C, & l’autre aufli dans la partie la plus élevée de l’arc du cercle AD C, v®us les tiendrez toutes deux fous la doigt placé en travers, &vous les laiflerez aller en même-temps , pour faire voir que la chûte par l’arc de cercle eft plus prompte que par fa corde.
- Vous ferez la même chofe avec les deux balles placées l’une au haut de la cycloïde , & l’autre en A, dans l’arc de cercle , pour montrer que la chûte par la première de ces deux courbes, s’acheve en moins de temps, que par la fécondé.
- Et afin que c es balles ne fortent point de la machine , vous aurez foin
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- 'i40 Avis particuliers de fermer les gouttières par en bas, avec des fonds de bois minces , afin que leur choc annonce le temps qui termine leur chûte.
- Quatrième Expérience.
- V1 Pour avoir le premier réfultac 11 ç o ». de cette expérience, c’efl-à-dire, pour I*rti'iip/ faire vo‘r que fa demi ofcillation iv. Êg.\s.' d’un corps grave dans un arc de cercle s’acheve en moins de temps, que la chûte d’un pareil corps qui tombe librement & direâement par le diamètre de ce meme cercle, on élé-vera lechaffis, PI. X. Fig. 8. fur un de fes petits côtés, comme dans la deuxieme expérience de cet article : on placera en K , une broche femblable a celle qui eft marquée M (PL XI. Fig. 1. ) & à cette broche on attachera le fil d’un pendule dont la boule réponde, à la demi-circonférence trac 'e fur le chaffis. On aura une autre boule füfpendue à un fil fort délié , qui paflera fur la poulie A, & dont on pincera l’autre bout avec la boule du pendule élevée d'environ vingt degrés au-deflus de fon aplomb; de forte que les deux boules partiront-
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- SÜR £ES EXPERIENCES. 24? tont en même-temps, lorfqu’on laif-fera aller celle du pendule ; & l’on aura lieu de remarquer que celle-ci paffe au point B, un peu avant Vautre.
- On fera voir pareillement qu’une ofcillation entière dans un arc de cercle, fe fait en moins de temps , que la chûte par une ligne verticale qui égale deux fois le diamètre de ce même cercle , en faifant le pendule de deux pieds de longueur , & en le fufpendant au point L , c’eft-à-dire au quart de la hauteur A B , Sc en faifant échapper les deux boules en même-temps , comme dans le cas précédent.
- Comme la derniere demi ofcilla* tion ne fe fera point devant le chaf-fis, il faudra placer en avant, quelque obftacle qui reçoive le choc de la boule , à la fin de fon afcenfion ; & comme la broche M, placée en K, ou en L , pourrait nuire à la chûte de la boule qui vient du point A , il faudra avoir une autre poulie , montée de maniéré , qu’elle fe trouve de trois pouces en avant du bord Tome IL X
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- 342 Avis paüticviiïés du chaffis ; ce qu’il eft fort âifé d’imaginer.
- Pour avoir les trois autres réful-tats énoncés dans cette quatrième expérience , on préparera les pièces Vivantes. A B, &l C D, Pl.XI. Fig. /.font deux pendules , dont les verges qui font de fer ou d’acier ont trente-huit pouces de longueur, trois ou quatre lignes de largeur & une bonne ligne d’épaiffeur , limées & calibrées de maniéré qu’elles foient égale-ment larges & également épaiffes d’un bout à l’autre, & divifées par pouces fur une de leurs faces. En A , il y a deux ailes d’acier trempé faites d’une feule piece E, qui s’aflemble en fourchette dans la verge G .• cette piece E, eft taillée par en bas en couteau, dont le tranchant eft dans une ligne , qui forme des angles droits avec les deux faces de la verge , comme on le peut voir par le pendule a b, dont les ailes fe préfen-tent de face , & la verge par fon épaifleur.
- B , eft une malle lenticulaire de cuivre de fonte , & toùrnée, qui a
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- suk les Expériences. 343 trois pouces i de diametie, dix-huit lignes dans fa plus grande épaiffeur,, •& qui gliffe fur la longueur de la verge , avec une bride & une vis de prefCon, pour l’arrêter où l’on veut, comme on le peut voir en b , ou en B.
- La malfe ou lentille du pendule CD, eft de deux pièces également pefantes entr’elles , & ayant à elles deux le même poids que celle qui eft en B. L’une de ces deux moitiés repofe en bas fur une goupille qui traverfe la verge à un demi-pouce près de fon extrémité , l’autre hauffe & baiflfe à volonté , avec deuxpetits reflbrts , qui preffent de part& d’autre fur la largeur de la verge , & par le moyen dèfquels elle fe tient à l’endroit où on la met. Ce dernier inC-trument fert à montrer la diftërence qu’il y a entre un pendule Ample & un pendule compofé : on peut le regarder, comme Ample , quand les deux moitiés de la lentille font réunies ; il eft! compofé, quand elles font féparées ; cela fert en même-temps à faire entendre la différence qu’il y a entre le centre de gravité
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- 244 Avis pakti'cü£IE*S & le centre d’ofcillation d’un corp9 grave.
- F, eft un pendule femblable aux deux autres, mais qui n’a que le quart de leur longueur ; le corps grave qui eft au bout, eft une boule de plomb ou de cuivre qui ne pefeque la moitié ou le tiers de la lentille B. Cet inftrument fert à faire voir, que les of-cillations de deux pendules plus courts l’un que l’autre, fe font dans des temps, qui font comme les racines quarrées des longueurs de ces pendules ; car fi l’on commence à faire ofciller enfemble le pendule AB, Sc le pendule Ff, à côté l’un de l’autre , on verra que celui-ci qui n’a que le quart de la longueur de l’autre , fait deux ofcillations contre
- Pour fufpendre ces pendules, on préparera deux pièces de cuivre à jour qui aient fur chacun de leurs petits côtés deux tourillons, comme g, g, qui feront pris par deux équerres h , h, attachées fur une platine avec des vis ; il ne faudra qu’une vis pour chaque équerre , pourvu qu’on ajoute un petit pied i, qui entre auffi dans
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- sur les Expériences. 24J l’épaifleur de la platine, pour empêcher qu’il ne tourne : l’efpace vuide renfermé dans la piecegg , doit avoir un pouce de longueur fur quatre lignes de largeur ; & fur chacun des côtés longs il doit y avoir au milieu , un coufîinet d’acier trempé K, creufé en angle obtus, & entaillé à queue d’aronde dans l’épaifleur du cuivre.
- C’efl dans les creux de ces deux couflïnets que doivent repofer les couteaux du pendule, & afin que fon mouvement foit toujours libre & qu’il ne puifle point fe porter d’un côté ou de l’autre, furie côté de la pièce de cuivre g g, on attachera en dehors , des petites oreilles de métal, comme L, & l’on aura foin de tailler les couteaux de maniéré , qu’ils ne puiflent toucher que par la pointe de leur tranchant et; ces oreilles tiendront fuffifamment, fi elles entrent à coulifle un peu à force dans l’é-paifleur du cuivre , où on leur creu-fera une place.
- Les deux platines qui porteront ces pièces, ainfi préparées pourront s’attacher à quatre pouces de diftan-.
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- 2§è A VIS r AK/FIÆ® Et1»* * ees l’une de l’autre , fous la mverfe mobile de la machine que j'ai Récrite, dans les avis fur la- troilïeme Leçon : fécondé Seétion page 73'. & fuiv. fi- l’on n’aiibe mieux , faire-un fupport exprès, auquel cas, on aura foin de le faire folide, & de placer les pièces dont je viens de parler à la hauteur de' trois pieds | ou quatre pieds , afin que les pendules puiifent avoir leurs ofcillations bien libres.
- On fera dohc pafler la têts du pendule , en préfentant la longueur du couteau fuivant la direftion g g; après quoi on le' retournera , pour leplacer fur les coulfinets, & il prendra de lui-même fon aplomb à la faveur du mouvement des tourillons dans les équerres h ,h: & comme ce mouvement n’a befûinque d’une petite étendue, on p«urfa le limiter par un rétenium ; il fufeoit pour cela , de mettre en. g, un petit pied qui paf-feroit dans un trou oblong pratiqué à la joue de l’équerre : alors la piece-tre ponrroit que balancer un peu fur fes tourillons.
- Comme le pendule, en qualité
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- Sur lis Expériences. 247 de Régulateur s’applique à cette partie de l’Horloge qu’on nomme l’Échappement , & que bien des perfon-nes ignorent comment fe fait cette application, & pourquoi elle à fon effet, il efl bon d’avoir une machine peu compofée & d’une certaine grandeur , qui fafie voir i°. ce que c’eft qu’un échappement ; 2°. comment il empêche la force motrice d’accélérer le mouvement du rouage ; 30. par quel méchanifme les ofcillations s’entretiennent égales , quoique le pendule emploie une partie de fon mouvement à modérer la force motrice , à vaincre les frottements , & la réfïftance de l’air : on pourra conftruire cette machine comme celle que je vais décrire.
- L’enfemble die cette machine efl repréfenté dé face en P , Fig. 3. & de profil dans la PL XII. Fig. 1. A A, efl la cage, qui efl compofée de deux lames de cuivre pliées à angle droit par en bas, attachées l’une fur l’autre avec des vis, & d’une traverfe chantournée E, attachée de même par en haut : elle a deux pouces j de largeur fur fix de hauteur.
- Xiv
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- 248 Avis particuliers
- B, e(l un arbre d’acier garni d’une affiette de cuivre fur laquelle ell rivée une roue à rochet C , qui a trente dents &-trois pouces £ de diamètre; à côté de la roue & fur le même arbre, eft une poulie ou bobine d, qui a quatre lignes de diamètre : fur ce cylindre eft enveloppé un gros fil de foie au bout duquel pend un poids d’environ deux onces qui tend à faire tourner la roue.
- Les pivots de l’arbre B, traverfent les lames de la cage ; l’un des deux un peu en dépouille , s’avance de trois lignes pour recevoir un petit canon de cuivre fur lequel eft montée une aiguille k.: Quand la roue C tourne , cette aiguille parcourt un cadran attaché avec deux vis à la lame antérieure de la cage, & divifé en foixante parties, numérotées de cinq en cinq. Voyez la Fig. c. de la PI. XI.
- E, eft un autre arbre d’acier, qui porte deux pièces : la première F, s’appelle l’ancre à caufe de fa figure : on la peut faire de cuivre fi l’on veut, mais il faut toujours que les palettes qui font aux deux bouts ,
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- Sur les Expériences- 24# foient rapportées en acier. L’ancre doit être tellement ajufté que quand la branche G , fe lève pour laiflèr échapper une dent de la roue, l’autre palette F, tombe à temps pour fuf-pendre.fon mouvement : & lorfque celle-ci vient à fe léver à fon tour, il faut que la branche G , en revenant fut la roue, rencontre la dent qui fuit immédiatement celle qu’elle a lailfé échapper dans fa levée précédente ; & comme ce balancement doit être d’accord avec les ofcilla-tions du pendule, il faut attendre
- ?ue celui-ci foit ajufté , pour fixer ancre fur l’arbre E.
- Le même arbre porte une fécondé piece I, qui ai de pouce de longueur , & qui y eft fixée par une fou-dure , ou par une goupille qui tra-verfe le tout. La longueur de cette piece eft à angles droits fur celle de l’arbre , & c’eft par fes deux bouts qu’elle porte le pendule.
- La verge O P , eft compofée de trois pièces ; la première H, eft de cuivre,elle embraffe par une fourchette, les deux bouts de la piece/, & s’y joint avec deux vis qui ont leurs
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- ayo Avis particuliers écrous dans fon épaiflêur, & dont les bouts prolongés fans filets, entrent librement dans la piece I ; par ce mouvement le pendule prend aifé-ment fon aplomb. La même piece plus large en bas que dans fa partie moyenne , efl percée d’uné rainure, fuivant un trait de compas dont le centre eft au point H ; cette piece a environ deux ponces de longueur.
- La fécondé piece de la verge eft encore de cuivre : elle a quatre pouces de longueur en totalité , & corn* pris un cercle à jour L , au centre duquel palfe l’abre B, quand le pendule eft d’aplomb, & au moyen duquel les ofcillations peuvent fe faire fans obftacle ; en l, eft un trou taraudé dans l’épaiflêur du métal. Cette partie de la verge eft jointe à la piece H, par un petit cloud placé en * , qui traverfe l’une & l’autre, en laiffant à la première la liberté de tourner un peu à droite ou à gauche : une vis à tête qui pafle par la rainure h h, fixe fa fituation, quand on l’a déterminée.
- Enfin la troifieme partie de la verge C^T) percée par en haut de deux
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- s.ür les Expériences. 2jr petits trous oblongs,s’accroche à deux pitons n,n , comme-on le peut voir par l’aflemblage, O P, de toutes ces pièces. Vous remarquerez que cette troifieme partie de la verge eft coudée vis-à-vis la bafe de la cage, & que le plateau de bois fur lequel elle eft attachée , a aullï une ouverture à jour q q, afin que le pendule ait fes ofcillations libres; il y a de même une ouverture de trois ou quatre lignes dé diamètre en r , pour laiflër paflfer très-librement le fil de foie qui vient de la bobine & qui eft tiré par le poids.
- Sur le bout d’en-bas de la verge , eft enfilée une lentille, pefant environ deux livres. On peut la faire avec deux Caîotes de cuivre réunies 3c fou-dées enfemble par leurs bords ; & quand on y aura placé le bout de la verge qui fera un peu en dépouille, & frottée avec du favon, on y coulera du plomb. Si l’on veut fe ménager le moyen de rendre la durée de Fofcillation plus ou moins grande , on terminera le bout de la verge par
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- 252 Avis iarticïïiiibS monter ou defcendre la lentille ( quand on le voudra. Du centre de la lentille, à celui de la piece l, on mettra une diftance de trente-fept pouces.
- Vous me'nagerez à l’abre E , qui' porte l’ancre, avec la piece I, qui fert de fufpenfion au pendule , un petit mouvement d’avant en arriéré , afin que vous puiflïez, quand vous le voudrez , fufpendre l’effet de l’é-ehappement, & abandonner la roue à l'aâion libre du poids , ou de la force motrice. Cela s’exécutera facilement, fi vous tenez les pivots ou tigerons de cet arbre un peu longs, & que vous mettiez entre l’un & l’autre une ligne & demie de diftance de moins qu’il n’y en,a entre les deux lames de la cage. Mais afin que ce recul ne fe faffe que quand vous le voudrez, il faut que le pivot voifin de la piece T, foit arrondi, ou même un peu pointu par le bout, & qu’il porte contre une lame à reffort r, attachée en dehors.
- La machine que je viens de décrire , attachée avec deux vis fur un plateau de bois Tour, orné d’une mou-
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- Sur les Expïriences. 25? Iure , pourra fe mettre dans une armoire , ou fe pofer fur une tablette, avec un récipient de machine pneumatique par-deflus, pour la garantir de la rouille & de la pouffiere , & c’eft dans cette vue que la partie N. P du pendule , s’en fépare quand on le veut. Mais pour la mettre en expérience , il faudra un fupport qui la tienne élevée à quatre pieds de hauteur pour le moins, & dont la table V, foit percée à jour autant qu’il fera rtéceffaire pour donner un mouvement libre tant au pendule , qu’au fil qui porte le poids. On fera bien de pratiquer fur cette table, une feuillure pour recevoir le plateau , afin que la machine y foit pofée d’une maniéré
- Elus fûre. Le contour en eft tout-à-tit indifférent ; mais je confeille de la faire porter fur trois pieds droits ou en confoles, affemblés par en bas fur autant de traverfes partant d’un centre, avec des vis aux bouts pour caler : je m’abftiens d’un plus grand détail, parce qu’il n’y a pas de Me-nuifier qui, d’après cet énoncé , ne puiffe conflruire un fupport propre à l’ufage dont il s’agit.
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- 2/4 Avis particuliers Je fuppofe donc que toute la machine eft préparée comme je l’ai dit J qu’elle eft établie fur un fupport & calée de maniéré que la verge du pendule foit perpendiculaire à l’arbre E, & que la tige B, paffe au centre du cercle à jour de la partie L : pour y mettre la derniere main , il faut i°. fermer ou ouvrir l’ancre en pliant ou en redreflant un peu fes branches, juf-qu’à ce que l’une des deux palettes étant entrée fur la roue à rochet pref-que de la profondeur d’une dent , l’autre laiffe échapper la dent à laquelle elle répond, & que cet effet ait lieu également de part & d’autre.
- 2°. Il faut difpofer les palettes de façon, que l'une pouffée par la partie inclinée de chaque dent, s’élève avec la branche à laquelle elle tient, & que l’autre préfentant fa furfaoe extérieure comme un plan incliné à la pointe des dents, foit pouffée de même & à fon tour.
- 3°. Vous ferez tourner l’ancre fur fon arbre , jufqu’à ce que l’échappement de part & d’autre , fe faffe à la fin de chaque excurfion du pendule ; & alors vous l’arrêterez avec une
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- sur les Expériences. 2jy goupille qui le traverfera avec Far-
- 4°. Après tout cela fi l’échappement de part & d’autre, ne fe faifoit point encore dans des temps égaux, ce que les Horlogers appellent un échappement boiteux , on corrigera cette inégalité en portant la verge du pendule un peu à droite ou à gauche, par le moyen de la rainure 8c de la vis de preffion qui ell en l.
- Avec une telle machine, on fera entendre facilement en quoi confifte l’échappement dans les Horloges, & comment on empêche par ce moyen la force motrice de précipiter le mouvement ; car fi l’on fait reculer l’ancre , aufli-tôt la roue devenue libre tournera avec accélération , & toute l’aftion du poids fe confommera en très-peu d’inftans.
- On fera voir pareillement que la durée des temps marqués par l’échappement , eft aflujettie à celle des of-cill'ations du pendule ; car fi l’on fait remonter la lentille fur fa verge d’une quantité confidérable , l’aiguille marchera fenfiblement plus vite.
- Enfin on fera remarquer que la
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- 2$6 Avis particuliers force motrice, qui follicite la roue à tourner , porte une partie de fou aflion fur le pendule , & répare le peu de mouvement qu’il perd à chaque ofcillation ; car lï vous ôtez la partie N P, on verra que le relie de la verge qui tient à la piece I, fe mettra à ofciller & continuera jufqu’à ce que le poid foit entièrement tombé.
- Cinquième Expérience.
- ^ J e faifois autrefois cette expérien-l e ç o n. ce avec du mercure, parce que ce flui-de , ayant plus de malTe qu’aucun au-v. Fie. 14- tre , fe défend mieux contre la réfît tance de l’air, contre celle des frot-temens, &c. & qu’il conferVe plus exaâement le mouvement limple ou compofé qu’on lui feit prendre. Mais il en faut beaucoup pour de pareilles expériences ; il s’en perd toujours une allez grande quantiré , & ce minéral qui s’attache au métal, gâte en peu de temps les pièces du robinet qui' ont le plus befoin d’exaâitude: conlîdé-rant de plus , que quelque liqueur qu’on emploie , jamais, à la rigueur, le jet ne repréfente la courbe géométrique,
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- sur les Expériences, nfj métrique, mais feulement à-peu-près & d’une maniéré fenlible , j’ai pris le parti de n’employer que de l’eau commune , en conftruifant la machine de la maniéré qui fuit.
- Ce qui eft nommé la cuvette ; eft une caille alïemblée à queues , qui a près de deux pieds de longueur, lix pouces de largeur & quatre pouces de hauteur ; elle eft doublée de plomb laminé avec une virole de cuivre un peu en dépouille, qui paffe au travers du fond vers l’une des extrémités , & dans laquelle eft un bouchon de liege , ou encore mieux, un bouchon de même métal ajufté comme une clef de robinet, pour vuider l’eau commodément après l'expérience.
- Cette caille eft ornée par en bas, d’une moulure qui faille d’un pouce, & qui lui donne plus d’empâtement : le bord fupérieur de l’un des grands côtés, eft coupé droit & parallèlement à la bafe, celui de l’autre grand côté , qui eft au-devant de la machine, peut être chantourné, avec une moulure au-delfous du chantournement, laquelle régné aufli fur les deux pe-
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- 2/8 Avis varticuriers
- Sur chacun de ces petits côtés, s’élève un montant de dix-huit pou* ces de hauteur, qui eft chantourné par-devant, & coupé droit par demeure, avec une feuillure, pour recevoir un chaffis pofé verticalement fur le bord du côté long de la caiflë , <5t qui s’attache aux deux montants avec des vis.
- Ce chaffis qui peut être, fi l’on veut, chantourné par en haut, fera couvert d’une toile bien tendue , & peinte avec du blanc à l’huile; on y tracera des lignes comme dans la Fig. 2.
- Tracez la ligne a e, qui partage la hauteur du chaffis en deux parties qui auront chacune neuf pouces de largeur, non compris le chantourne-ment d’en-haut. Divifez cette ligne en quatre parties égales, & des points de divifion abaiflez les perpendiculaires b 1 , cq. , dp , e È , dont lés longueurs foient entr’elles comme les nombres I, 4, 9 , 16 , en paf-fant par l’extrémité inférieure de ces lignes, vous marquerez la courbe 1, 4» 9, Ei
- Décrivez erifuite du point a, le
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- sua tas ExpEXtÉHdiS. 2/9 iquait de cercle f g i ; divifez-Ie en deux arcs égaux, & faites palTer entre l’un & l’autre la ligne a G , que vous prolongerez hors du chaffis , ( je fuppofe qu’il eft attaché lur une table allez grande) du point G , abailfez la perpendiculaire G e, ainfi que I i, Hli, Ll, à égales dillances les unes des autres ; & du point a, & dans les mêmes rapports de lon-
- fueur que les précédentes, c’efl-à-ire comme les nombre 1,4,9, 16, afin d’avoir la courbe a l h i
- Si vous voulez tracer fur le chaffis, une parabole dont l’amplitude foit plus petite , au lieu de la ligne a G, qui fait un angle de quarante-cinq degrés avec a e, tracez-en une autre au-delfus ou au-deffous, & procédez pour le refie comme ci-devant, en divifant chacune de ces lignes en parties égales , & en abaiffant des points de divifion, autant de perpendiculaires à la ligne a e, & en fai-fant croître leurs longueurs, comme les nombres 1,4,9, *6 > 2Î > & c.
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- 2<ÎO Avis t ARTICULIBRÏ tout au crayon; & vous le marquerez enfuite avec du noir broyé à l’huile , ou détrempé avec du vernis, fans quoi l’eau qui mouille fouvent cette machine effaceroit indubitable* ment les lignes , & les lettres.
- L’eau qui doit jaillir eft renfermée dans un tuyau de cryftal M, qui a au moins deux pouces de diamètre ,,<5t quinze à feize pouces de hauteur; il eft fermé par en haut avec un couvercle de ferblanc ou . de laiton , qui fe leve, quand on' veut y mettre de l’eau ; & par en bas, il eft maftiqué , dans une virole de cuivre , garnie d’un fond foudé à foudure forte, & au milieu de fa hauteur, d’un anneau plat de quelques lignes de largeur, fur lequel repofe le bord du verre.
- Cette virole a vingt-cinq ou vingt-lix lignes de hauteur ; elle porte en dehors & parallèlement à fon bord, un bout de tuyau n, un peu conique,& bien alaifé par-dedans, avec une ouverture, un peu plus longue que large, «jui répond à une femblable, pratiquée à la virole : ce tuyau peut être fou-dé à l’étain ; mais pour rendre la
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- sur les Expériences. atfi jonâion plus folide, il faut creuler fa place fur la virole avec une lime demi-ronde.
- Dans ce tuyau il y en a un autre », qui efl fermé par les deux bouts', & qui'eft ajufté avec du fable & de l’eau comme la clef d’un robinet (a) : il a au milieu de fa longueur, une ouverture qui occupe environ le tiers de fon pourtour , & d’une largeur proportionnée à celles du premier tuyau & de la virole, qui n’en font plus qu’une.
- Sur le plus gros bout du tuyau o, efl élevé à angle droit un petit robinet p, dont l’ajutage a un tiers de ligne d’ouverture ; il doit être placé de maniéré qu’il puilfe tourner de la lîtuation verticale, à la fituation horizontale , fans que l’ouverture faite au milieu du tuyau qui le porte, cef-fe de répondre à celle qui le fait communiquer avec l’eau du réfervoir Af. 11 faut Suffi avoir l’attention de diminuer les frottements le plus qu’on pourra , en tenant tous les endroits
- («) Voyez dans les Avis fur la dixième Leçon, comment on ajufte les clefs des robinets.
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- affa Avis particuliers par où l’eau doit palier beaucoup plus grands que l’orifice de l’ajutage; ainfi Te tuyau o, doit avoir au moins huit à neuf lignes de diamètre, & la clef du robinet p , doit être percée d’un trou diamétral trois ou quatre fois plus grand que l’orifice de l’ajutage.
- La piece M, ainfi préparée, fe po-fe debout fur une tablette qui tient à l’un des montants , & qui eft foute-nue par deux goulTets ; elle s’arrête par le moyen d’un écrou à oreilles, & d’une groffe vis qui eft rivée 6c foudée au fond de la grande viro-
- On voit par la defcription précédente , que le petit robinet p , 6c par confisquent le jet qui en doit fortir quand on ouvrira la clef, peut fe diriger dans la ligne verticale a, f, dans la ligne horizontale a c ,8c dans toutes les lignes obliques qu’on pourra imaginer entre l’une 8c l’autre : quand à la force de l’impulfion, elle dépend de la hauteur de l’eau dans le réfervoir M\ mais comme les frottements 8c les finuofités de la machine y caufent néceflairement une altéra-
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- sue les Expériences. 2.6$ tion, qu’on né peut pas bien évaluer : il faudra la régler par des eflais; ainfi ayant dirigé le jet, par exemple , dans la ligne a e , on obfervera à quelle hauteur il faut que l’eau foit dans le réfervoir pour lui faire fuivre lacour-be 1 4 9 fi, & l’on fera une marque fur le verre ou fur le montant; on en ufera de même pour les autres lignes.
- C’eflr dans les premiers inftants du jet, qu’il en faut juger; car l’amplitude de la courbe diminuera dès que l’eau baiffera dans le réfervoir : à moins qu’on n’ait foin de lui fournir de nouvelle eau à mefure qu’il en perd, pour entretenir la furface à la même hauteur.
- AV I S
- Concernant la Septième Leçon.
- Première Expérience.
- "Ç_J n e balance ordinaire que l’on 1 » _ J tient à la main , eft fuffifante pour Leç0‘n. cette expérience ; mais comme il y a 1. sea.pi. bien des cas , où l’on a befoin de L F'®'
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- 2S4 Avis particuliers pefer , & d’agir en même-temps , on fera bien d’en avoir une qui foit conf-truite & fufpendue comme celle que je vais décrire.
- AB, ou a b,PI. XII. Fig. 3. eft un fléau 'd’acier long de feize pouces, ayant au moins deux lignes d’épaifleur âc quatre à cinq lignes de largeur aux endroits qui font le plus étroits. Chacune des extrémités eft une fourchette d, d’un pouce & demi de lon-:ur, traverfée par un petit croif-
- îant d’acier trempé e, & formé en couteau un peu moufle ; cette piece tiendra fuffiîamment, lï elle eft chaf-fée à couliffe & un peu à force dans les joues de la fourchette -, mais quand on l’y placera, il faut lui faire prendre l’anneau d’un crochet / , qui fert à fufpendre le baflin : cet anneau doit être aufli d’acier trempé , applati & taillé en couteau intérieurement : on aura égard d’ailleurs pour la conftruâion du fléau, à ce que j’ai dit touchant les balances, Leçons de Phyfque , Tome III, page 66. & fuiv. On aura foin principalement , que les angles des deux croit fants, qui font les points de fufpen-
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- sur £Es Expériences; 26f Bon, foientbien à égales diftances de la partie angulaire du clou, ou axe, fur laquelle tourne le fléau; & que ce der-uierpoint, qui eft le centre du mouvement, fetrouve un peu au-deflus de la ligne droite menée d’un point de fufpenfion à l’autre.
- On fera la chappe du fléau avec deux James de cuivre un peu fortes, & alfemblées parallèlement entr’elles, par deux traverfes g g, de quatre lignes de longueur ; celle d’en-haut peut être fixe, mais celle d’en-bas doit le monter avec des vis ou des goupilles , pour donner la facilité d’écarter les deux lames de la chappe , quand on veut mettre le fléau en place , ou l’ôter.
- L’axe du fléau C, fera d’acier tréma pé : les deux parties qui traverfent les joues de la chappe feront taillées en couteaux ; l’on aura foin que les trous foient aflez grands pour que les balancements de ces couteaux puif-fent fe faire librement ; & afin que ces angles, qui font durs, ne creulent point la partie inférieure du trou , ( ce qui nuiroit à leur mouvement )
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- .)t66 Avis particuliers un lardon d’acier trempé, échancré fuivant la partie du trou fur laquelle pepofe l’angle du couteau.
- On empêchera aufli que le fléau ne touché les faces intérieures de la chappe , en contenant les deux extrémités de fon axe par deux petits coeqs h h, attachés en dehors : & pour diminuer les frottements contre ces deux pièces, on coupera les extrémités de l’axe obliquement , de manière qu’il ne puifle toucher d'un côté ou de l’autre, que par le bout de la ligne t t, ou aboutiflent les deux faces du couteau.
- La chappe fera portée par un anneau K, palfé dians un bouton dont la queue entrera & tournera librement dans la travepfe d’en-haut, étant retenue en-deflus par une rondelle en goutte de fuif & une goupille.
- Sous la traverfe d’en-bas , il faut (qu’il y ait un crochet ou un an--neau où l’on puifle attacher un poid r , pour tenir plus fûrement la chappe dans une fituadon verticale.
- On pourra figurer félon fon goût } lames de cuivre qui compofent la çhappe, mais fl faut pratiquer quels
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- su'r îles Expériences, s flues à-jour au milieu de leur largeur , pour juger par l’aiguille fi le fléau eft horizontal.
- La balance fera fufpendue commodément , fi on lui fait un fupporc comme celui qui eft repréfenté par les lettres L MAT; il eft compofé de deux pièces principales fçavoir i°. d’un arc L, terminé en volute par en-haut , avec un crochet , & emmanché par en-bas dans une tige quarrée; 2°. d’un pied à patte M N, ou fi l’on veut, monté fur trois confoles: le montant de ce pied eft creufé conformément à la tige qui eft quarrée , cê creux fe fait aifément , & auffi jufte que l’on veut, parce que le montant eft de deux pièces, que l’on jointen-femble avec de la colle-forte, Sc que l’on ferre par en-haut avec une virole de cuivre , & par en-bas en enfonçant le tenon, ( qu’on laiffe fort gros) dans le trou qui eft au milieu de lai patte.
- La tige, comme Fon voit, s’enforf-ce plus ou moins dans le montant, Sc s’arrête par une vis de preffion ce fupport peut avoir en tout quatre pieds de hauteur, fans compte?
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- feïïs Afts ysSTiCtïtrï'Rt la tige quarrée qu’on peut tirer J pour faire monter la balance.
- Seconde Expérience.
- . - — Le verre de la figure citée en _ ™ marge peut avoir dix pouces de hau-i.scâ. ?/. teur fur quatre pouces de diamètre : r Fig. t. jl eft à-peu-près cylindrique, ouvert de toute fa largeur par en-haut, il a par en-bas, un goulot qui a un pouce & demi de diamètre ; fi l’on n’a pas la commodité de le faire faire exprès, on pourra prendre un de ces bocaux ou îenternes cpe les Fayanciers montent fur des pieds de chandelier , pour tenir des bougies allumées fur la table , dans des endroits où il Élit du Vent.
- La virole de cuivre A, PL XlIT. Tig. i. doit être bien cylindrique & bien adoucie par-dedans, elle peut avoir dix lignes de diamètre; elle eft ouverte de toute fa largeur par les deux bouts, & vers le milieu de fa longueur on a foudé en dehors un anneau plat a, qui s’applique fur le fond du grand vafe , quand on la .pimente dans le goulot.
- Au-deflùs de cet anneau, eft uns
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- sus iïs Expériences, affjf
- partie ravalée à demi épailfeur, comme aux étuis à coulant, pour recevoir la virole B , qui efl attachée avec du mallic an tuyau de verre C. Ce tuyau doit avoir intérieurement j un diamerre égal à celui de la virole A, & quand ils font joints l’un à l’autre , cet aflemblage ne doit point s’élever plus haut que le bord du grand yafe.
- Au lieu d’un (impie bouchon de liege, fervez-vous d’un petit pifton D, que vous préparerez de la maniéré qui fuit. Choililfez un fil de fer non pailleux , un peu plus gros qu’une aiguille à tricoter : à un pouce & demi près de l’une de fes extrémités, foudez une rondelle de cuivre E , dont le diamètre foit d’une ligne plus petit , que celui de la virole A, pris intérieurement ; enfilez fur la tige/, une molette de liege de fepï lignes de hauteur & un peu plus grande en diamètre que la rondelle dé cuivre ; fur cette molette mettez une rondelle de peau de gant bien fine, qui excède de quatre lignes tout autour: ajoutez encore un cylindre de liege pareil au précèdent, avec un*
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- 270 Avis particuliers autre rondelle de peau , & par-deflùS le tout, une fécondé rondelle de cuivre femblable à la première, percée & taraudée au centre, pour entrer à vis fur le bout de la tige , & ferret tout l’Iffemblage G ; trempez toutes ces pièces dans l'huile d’olives, & en-fuite pouflez-les toutes enfemble dans la virole A, l’excédent des rondelles jde peau fe couchera fur les lieges , & vous aurez un pifton qui s’ajuliera mieux que tout autre , à la cavité de la virole dans laquelle il doit monter & defcendre : fi ce pifton fetrouvoic trop ferré, vous le rendriez plus aifé, en diminuant un peu la grolfeur des lieges avec une lime ; comme auflï , s’il éroit trop lâche, vous legrolfiriez en garniflant les lieges avec un fil de coton tourné deux ou trois fois autour , & fur lequel vous rabatteriez les peaux.
- Le goulot du grand vafe, garni de la virole A, traverfe l’épaiffeur d’une tablette HI, chantournée à-peu-près comme h i, ornée d’une moulure qui régné autour , & portée fur trois petits pieds de biche qui l’élevent de quatre à cinq pouces.
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- Sur I.ÉS Expériences. 27*1
- Sur la partie I, de la tablette , s’é-leve un montant K , qui excede de quatre pouces la hauteur du grandi vafe ; il eft garni pat en-haut de deux lames de cuivré , dont l’épaifleur eft noyée dans le. bois , & qui laiflent entr’elles un intervalle de quatre lignes. Cette efpece de fourchette efl traverfée par un clou d’épingle qui fert d’axe ou de point d’appui au levier L M.
- Ce levier eft terminé de part 86 d’autre par une portion de cercle dont le centre commun eft au point d’appui dont je viens de parler, & fur l’épaifleur de ces arcs, on a creu-fé une gorge femblable à celle d’une poulie ; le trou par où paflë le clou d’épingle , .& qui eft le centre des arcs L & M , eft fait dans un petit moyeu de cuivre, taillé à pans, chaf-fé a force dans l’épaifleur du leviet & qui défafleureun peu le bois de pars & d’autré, pour diminuer les frotte-
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- 272 Avisiasticuiiebs femblable., qui foutient un petit baf-fin de balance fort léger : quand le levier L M, eft horizontal, il faut que le corps du pifton fe trouve dans la virole A , au niveau du fond du grand vafe.
- Quand on fera l’expérience dont il s’agit ici avec cette machine , on fera voit avec plus d’exaétitude & de facilité , que le pifton eft toujours également chargé, foit qu’on emplifle feulement le tuyau c b , foit que ce tuyau étant ôté , on remplifte entièrement le grand vafe; car dans l’un & dans l’autre cas , fi l’on tient l’eau à la même hauteur, il faudra le même poids dans le baflin de balance, pour empêcher la pifton de tomber. Avec cette machine je ne fais point la quatrième expérience ; elle fe fait mieux avec l’appareil de la feptieme que je décrirai bien-tôt.
- Troijîeme Expérience.
- • ' P o tis faire cette expérience, il l 7*o ». fuffira d’avoir trois tuyaux de verre, i. s,a. pi. dont un foit coudé en équerre par - F‘s' <’ en-bas comme A, Fig. 2. un autre re-gourbé parallèlement à lui-même ,
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- SUR LES ExFÉRIENCES. 27j tomme B ,& un troifieme tout droit, comme C ; tous ces tuyaux feront fuffifamment gros, s’i's ont trois à quatre lignes de diamètre intérieurement ; il fuffira auffi qu’ils aient un pied de longueur.
- A l’occauon de l’eau qui monte jufqu’à fon niveau dans un tube ouvert qu’on y plonge, il eft à propos de faire connoître comment on prépare les féaux d’une grande capacité , pour qu’ils fe remplilfentfans fe coucher, ou fans s’incliner dans un puits trop étroit. C’eft par le moyen d’une ou de plulieurs foupapes qu’on établit au fond de ces vaiiTeaux : on en peut faire un modèle, de la maniéré fui-, vante.
- Prenez un grand gobelet de cryf-tal N, Fig. 3. qui ne foit pas trop évafé; coupez-en le fond, ouufez-îe avec du grès & de l’eau, fur un plateau de rer ou de cuivre ; fubftituez à ce fond , une plaque de métal pp, garnie d’une virole de grandeur convenable pour embrafler le gobelet par en-bas ; & pour s’y joindre avec du maftic.
- Faites au milieu de la 'plaque, un
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- 274 Avis *îrtïcuits** trou à paffer le bouc dp doigt : fotf» dez-y une virole intérieurement conique, qui dépaffe d’une ligne de chaque côté, c’eft-à-dire , tant en deffuS qu’en deffous. Ajuflez dans cette virole , aveé du fable & de l’eau, un cône tronqué de métal qui la bouche exactement : & afin qu’il foit moins pefant, & qu’il fefouleve plus âifément, faites-le creux comme les poidc de marc.
- Ajuflez à ce cône tronqué, ( plein ©u évidé ) un axe de fil de laiton , que vous ferez paffer dans un pont, fait avec une petite lame de cuivre pliée par les deux bouts à angles droits , 8c rivée ou fondée à la plaque qui doit fervir de fond au vafe de verre ; afin que le cône tronqué venant à s’élever, nepuifîè jamais for-tir entièrement de fa virole : voilà ce qu’on nomme Une Soupape. Quand on plongera le vafe N, perpendiculairement, l’impullion de l’eau qui fera effort pour y entrer , foulé vers le bouchon conique, & paffera pat l’intervalle que ce foulévement fera naître entre lui & la virole ; & après fon émerfion, l’eau qui pofera deflqs le tiendra fermé.
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- sçi tes Exfïsiïrcts; 277, Au lieu de retrancher entiéremenE le fond dn vafe de verre , on pourra fe contenter d’y faire un.trou , capable de recevoir la partie excédente par en-bas de la virole conique ; alors on établira la foupape fur une petite plaque fans rebord , que fort attachera avec du maftic dans le fond du gobelet.
- Quand on voudra faire voir comment ce feau à foupape , s’emplit , il faudra le faire defcendre dans un vafe de verre qui foit un peu profond ; la tranfparence du verre Iaif-fera voir ce qui s’y paffe , & la grande profondeur fera que la foupape fe lèvera plus facilement.
- Ces fortes de féaux tournent ordinairement dans une anfe, qui les prend un peu au-defl'us du centre de gravité , afin qu’étant accroehés par le bord , lorfqu’on les a fait monter à l’endroit où ils doivent fe décharger» ils s’inclinent facilement, pour verfer leur eau dans un bacquet, au bord duquel eft une efpece de crochet pro-r pre à produire cet effet.
- Dans notre modèle , la fufpenfior* fe fait j par le moyen d’un cercleplat;
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- hrq6 Avis ïarticuliers ' de cuivre o o , qui entoure le verre prefqu’aux deux tiers de la hauteur , Sc auquel l’anfe fe joint par deux vis à têté , diamétralement oppo-fées.
- Tout vailTeau de verre qui fera un peu large fera bon pour cette expérience , en cas de befoin on fe fer-vira d’un récipient de machine pneumatique renverfç : l’eau colorée s’ap-perçoit plus diftinflement Sc de plus loin que l’eau claire ; celle qui eft teinte avec l’orfeille, a une propriété qui lui mérite la préférence, elle ne tient point au verre, ou elle s’en détache très-aifément.
- Cinquième Expérience.
- = L’instrument dont on fe i ». fert dans cette expérience, n’a pas be-i. scfiioi.'foin d’autre explication, que la figu-ri. n. Fie-Je citée en marge ; j’avertirai feulement , que ce fiphon doit être fait avec un tube de verre .qui n’ait pas moins que deux" lignes Sc demie su trois lignes de diamètre, afin que ni l’une m l’autre de fes branches, ne foit affectée de la propriété des ef-pacçs capillaires : on peut donnet
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- SÜR LES ExPgfflÊNGES. 277| huit à dix pouces de longueur aux branches du fiphon.
- Sixième Expérience.
- S I l’on n’a point de grand vaif- jg»-*s=g feau , comme G H , fait exprès pour VIL cette machine, on choifira chez un i. slalo». Fayancier un verre de lanterne ; il y PL 1 L Fi£-en a qui reffemblent par leur forme7' à celui qui eft delliné dans la Fig. 4. on tâchera qu’il ait environ un pied de hauteur, huit à neuf pouces de diamètre au plus gros , & qu’il foit bien rétréci par en-bas. On le joindra avec du maftic à un pied, comme HiC, fait partie en ferblanc, partie en bois.
- H, eft une grofle virole qui a le bord 'découpé en fefton, & dontle fond eft un peu embouti ; ce fond eft percé d’un gros trou au milieu pour recevoir le bord d’une virole tylindrique h j qu’on y foude exactement ; cette même virole fe foude auflî par en-bas, à une boule écrafée I, formée de deux calotes , bien jointes & bien foudées par leurs bords. La calote inférieure n’eft point percée , elle eft (Coudée fur une virole i, qui a un bon
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- er}8 Avis r a rticuwhs pouce de hauteur ,dans laquelle entre fa tige du pied de bois K ; la hauteur K H, eft d’environ neuf pouces.
- Au milieu de la boule creufe T, et! foudé le canal horizontal LM, qui eft repréfenté plus en grand par N O , comme s’il étoit vu de haut en bas, 8c par n o , comme quand on le regarde de côté. Au bout N ou M de ce canal, eft une bride , qui a un pouce & demi de longueur Scun pouce feulement de largeur; elle reçoit un cube de cuivre S, qui porte en avant un bout de tuyau rond r, qui n’a que quatre lignes de longueur, fur fix lignes de diamètre , il eft furmontè d’une virole dans laquelle s’attache un tuyau de verre avec du maftic ; ce cube eft percé fuivant l’axe de la virole , & fuivant le bout de tuyau r, de maniéré que les deux trous fb joignent au centre delà piece. Quand ce cube eft entré dans la bride, il eft pouffé par la vis de preflion n , 8c le bout de tuyau r , étant entré dans l’embouchure du canal , la face du cube preffe entr’elle & lui, un anneau plat de cuir gras, qui rend la jonc-
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- sur les Expériences. 271? lion plus exafte : au milieu du canal, ieft un robinet qui fert à ouvrir & à fermer la communication entre le grand vafe G H, & le tuyau que pot-te la pièce s r.
- Pour exécuter avec cette machine ; l’expérience dont il s’agit ici, on fa fervira d’eau teinte, avec l’orfeille , qu’on aura lailfé repofer , & tirée à clair. On placera d’abord le tuyau droit qui s’élève parallèlement à l’axe du grand vafe , & l’on y fera monter l’eau en ouvrant le robinet, pour faire remarquer qu’elle fe met de niveau à celle du réfervoir. On fermera le robinet & l’on ôtera ce premier tuyau , pour mettre en fa place celui qui s’élève obliquement , & l’on ouvrira le robinet pour y faire monter l’eau : enfin on ôtera celui-çi , pour faire la même chofe avec le tuyau qui s’élève en faifant plufieurs finuo-5 fités.
- Le canal ML ou NO, peut être fondu en cuivre tout d’une piece avec la bride ; mais alors il faudra que la vis p , ait trois ou quatre IL gnes de diamètre, afin de faire paf-|er par le trou de fqn écrqu, l’outit
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- aSo ÂVIS fARTIdUEIER $ qui doit creufer la place du petit tuyau r. Car il faut que ce guide ait lui-même un trou de deux bonnes lignes de diamètre , afin de continuer celui du canal ; pour percer le canal bien droit , on fera tourner la piece contre le foret, comme je l’ai enfeigné, première Partie page iyz. Sc c’ell par-là qu’il - faudra commencer.
- Septième Expérience.
- P’--. Ayez fous les yeux les figures cï-
- vn- tées en marge & fuivez la defcription , Vseai"n- & ce qui eft prefcrit dans la Prépa,-rr.in.Kj ration de cette expérience; je vais ajouter les éclaircilfements qu’on pourrait délirer.
- Pour les dimenfîons de la machine , il fuffit de dire que la cailfe A B, doublée de plomb laminé , a vingt pouces de longueur , dix pouces de tigu-i ,o. ]argeur ; & flx pouces de profondeur; elle eft ornée de moulures fur fes quatre côtés en-haut & en-bas ; & fon fond , vers un des bouts, eft percé & garni d’une virole de cuivre , avec un bouchon de même métal, ajufté avec du fable , comme la clef d’un, tobinet,
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- s'tfiE CBS Expériences. Bobiner, pour faire écouler l’eau après l’expérience.
- Les «leux montans AC, B D, ont feize pouces de hauteur ; ils ont par en-bas autant de largeur , que les petits côtés de la caille, dans î’épaif-feur defquels ils font affembles, collés & chevillés : après un chantour-neraent de cinq à lix pouces dë hauteur , le relie efl: droit,< & réduit à quatre pouces de largeur. Les coulif-fes qui foajt creufées fur les faces intérieures , ont quatre lignes de profondeur font plus larges au fond; qu’aux bords, parce que les pieds de la piece EF, y entrent en queue d’aronde ; & afin que ces pieds puif-fent fe haulfer, fe bailfer, & s’arrêter, à telle hauteur qu’on voudra , avec les vis à oreilles C , D , dont ils portent les écrous, on a fait au milieu de la largeur de chacun des montants, une rainure à jour de huit pouces de hauteur, fur trois lignes de largeur. .
- Chaque pilier E ou F, a trois pouces & demi de hauteur ; au lieu de l’ouvrir en fourchette par le haut, on fera mieux d’y former une partie
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- aîa Avis PARTretrtïïKsr platte, fut les deux faces de laquelle on attachera des lames de cuivre , avec une vis qui traverfera le tout, & qui aura fon écrou dans l’une des deux lames ;& pour empêcher qu’elles ne tournent , on ménagera au bas de chacune d’elles , une pointe qui entrera dans le bois r ces deux piliers font à huit pouces de diftan-ce l’un de l’autret
- On fera entrer à force dans chacun des deux leviers G, H, un petit moyeu de cuivre , pour recevoir J’axe fur lequel il doit tourner , &
- ' qui fera une petite vis à tête fendue , lifte dans toute fa longueur, excepté le bout, qui trouverafon écrou dans la derniere lame.
- i. ^ Le trépied eft de fer verni' ou peint à l’huile, pour éviter la rouille; il eft eompofé d’un cercle plat de fix lignes de largeur, & de trois pieds quî ont chacun deux pouces de hauteur, & par en-bas, une partie platte garni» d’un cuir 8c d’une vis qui traverfe îe fond de la caille , & qui eft ferrée en deffous avec un écrou quarré dont l’épaiffeur eft noyée dans le bois. Au moyen d’un cuir interpofé , l’eau ne
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- SU-R ees Expia tek ce s. 285 peut pas fuir par les trous : & les écrous noyés, n’empêchent point la caille -de pofer à plat.
- Le cylindre creux eft fondu en cuivre , il a quatre pouces de hauteur ,, & il eft bien alaifé d’un bout à l’autre par-dedans : il eft tourné , ou limé par - dehors , avec une feuillure en bas, pour entrer jufte dans fe cercle du. trépied , où il eft fixé par trois vis qui défafleurent de quelques lignes par-dedans. Sur le haut de ce cylindre , font formés au tour cinq à fix filets de vis , avec une portée bien droite au-deffous , qui a fix lignes de largeur, & qui eft ornée d’une moulure fur fon épaifleur.
- Immédiatement au-defiùs du trépied , au cylindre creux, eft fqudé un bout de tuyau, gros comme le doigt, tourné en vis par-defius , avec une portée , garnie d’un anneau de cuir, pour être bouché avec un couvercle à oreilles, comme on le voit en JC î & le cylindre , à l’endroit où répond ce tuyau, eft percé de plufieurs trous, afin que l’eau puiffe s’écouler par là , & que lepifton , n’y trouve rien qui gêne fon mouvement.
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- 284 Avis farticuIîkrs
- Pour conftruire le pifton ( qui doit avoir environ trois pouces de diamètre fur vingt lignes de hauteur ) on fuivra le procédé que j’ai décrit à l’occafion de la fécondé expérience page 26ÿ , en obfervant i°. de proportionner la grolfeur de la tige,' & l’épaiflèur des rondelles de cuivre, à la grandeur de la machine ; 2“. d’employer au lieu de peau de gant, du cuir de veau mince & fouple , & qui ait trempé pendant vingt-quatre heures dans un mélange d’une partie de fuif avec deux parues d’huile d’olives, Amplement liquéfié; 30. déterminer la tige du pifton par une boucle , qui n’excéde que d’un pouce ou environ la rondelle fupérieure du pifton.
- Si l’on eft à portée de faire faire des vailfeaux exprès pour cette machine , on les demandera en cryftal; ou fi on ne les peut avoir que de verre , on recommandera qu’ils foient d’une cpaiffeur proportionnée à leur grandeur.
- La hauteur qui fera la même pour tous, ne doit pas être moindre que jle quatorze à quinze pouces, & tôt»
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- SÜR tïS ËXPÈRIESCÏS. iSfr ferontd’une figure cylindrique, hors celui de la Fig. 13.
- Le vaifleau N , & celui de la Fig. Figura l\. font tout-à-fait femblables , ou6’1* c’eft le même , fi l’on veut, qui fert dans les deux cas. 11 a trois pouces & demi de diamètre par-tout, mais les deux bouts fur une longueur de huit à neuf lignes, font rétrécis d’un demi pouce, pour recevoir leurs garnitures.
- Celui de la Fig. 12 , n’eft qu’un Figure 1* fimple tube , d’un pouce, ou d’un pouce & demi de diamètre : & celui de la Fig. 13. doit avoir douze à Figurait treize pouces d’évafement, avec un gros filet au bord, pour lui donner de la force.
- Si l’on n’eft point à portée des Verreries , il faudra chercher chez les Fayanciers une de ces lanternes cylindriques que l’on monte fur des chandeliers , choifir la plus haute qu’on pourra trouver, couper le goulot & la partie voûtée , pour fup-. pléerà la piece N-, il faudra enfuite y aflortir, tant pour la hauteur, que pour la largeur du bas, une de ces lanternes d’efcalier , dont j’ai fait
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- s86 Avrs risTrcirtîsss mention à Poccafion de fa fixiemfl Expérience ; avec ces deux pièces, Sc un bout de tube , on pourra fe pat-fer d'avoir recours aux Verreries, Les viroles dont ces vaiffeaux font garnis par en-bas, & qui y font attachées avec du maflic , font coulée® en cuivre, & tournées enfuite par-dedans & par-dehors ; elles portent en dedans des filets de vis conformes à ceux du cylindre creux, & en dehors , un cercle plat, pour s’y joindre avec un anneau de cuir gras interpolé. Comme le vaiffeau de la Fig, 12. n’a pas la même largeur que les autres, on fondera à la virole .à vif qui lui eff deflinée , un petit dôme-de ferblanc ou dé laiton, ouvert Se garni par en-haut d’un colet qui fe joigne au tube avec du ma (lie.
- Les vaiifeaux cylindriques font garnis par en-haut de cuvettes rondes-& peu profondes, qu’on peut faire en ferblanc , ou en laiton , pouf recevoir l’eau qu’on fouleve avec le piflon.
- La lanterne cubique de la Fig., rqv ' eft faite avec des feuilles de ferblanc iesplus fortes ; la face de deifous por-
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- str-R- zrs ExïÆrTences. '2S7 e un cçrcle plat qui entre dans le :répied de la eaiffe A B , Sc qui s’y arrête avec les troismêmes vis, dont en fefertdans les autres cas, pour retenir Je cylindre creux ; la face de-deflus eft ouverte d’un trou rond qui a trois pouces & demi de diamètre, au bord duquel eft foude'e une virole-tournée en vis par-deflus, pour recevoir éelîe du vaiffeau cylindrique qui doit s’y joindre, avec un anneau! de cuir gras interpofé r des quatre autres faces il y en a une qui eft ouverte comme celle de deffus, & qui porte une virole tournée en vis par-dedans , & garnie d’un bord plat, pour recevoir le cylindre creux avec fon pif-ton, La poulie 0 , eft de cuivre, ainfï que fa fourchette dans laquelle elle tourne : on doit la placer de maniéré que la chaîne de laiton, qui l’em-brafle pax-déffous, étant accrochée d’une part au centre du piffon, &de Fautre part à la tige de métal tirée-par les leviers G, H, les deux bouts fuivent des tangentes qui fe joignent à angle droit au centre de 1* ca
- trois autres côté* delà lante*-
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- 488 Avis ?ÀETicüï,ikïti ’ ne font garnis de morceaux de glace un peu épailfe, de figure quarrée ou ronde, placés par-dedans <5c maftiqués dans des feuillures formées au marteau ; & la piece ainfi préparée doit fe placer fur le trépied, de façon que le cylindre dans lequel eft le pifton, fe trouve tourné vers un des bouts de la caifle,& que le tuyau d’écoulement
- K, regarde l’un des grands côtés. Vous commencerez l’expérience
- avec le vafé cylindrique .W; & vous chargerez les deux féaux ou baflins
- L, M, jufqu’à ce que les leviers G, H; placés horizontalement commencent à peine à enlever le pifton. Vous continuerez avec celui de la Fig. 12. &
- enfuite avec celui de la Fig. 13 , Si vous la finirez par celui delà Fig. 14 : fi la faifon eft bien froide vous em-ployerez de l’eau un peu dégourdie, afin que la graille du pifton foit allez fluide pour en faciliter le mouvement.
- Pompes foulantes.
- ' VII Les pompes foulantes dont il eft fait l s ç o » mention à la fuite de la feptieme ex-périence. Si qui font repréfentée* par '»• la
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- sur les Expériences. ,289 la Fig. uj. ne pouvant fe trouver ni dans un cabinet, ni dans une école de Phyfique ; il faut les montrer en modèles, & les conftruire de maniéré qu’on puifle faire voir aifément les principales pièces qui les compofent, & leurs différentes fondions. On pourra les exécuter de la maniéré fui-vante.
- A a, B b, Fig. J. efl: un bâtis qui peut avoir vingt-deux pouces de hauteur fur treize à quatorze pouces de largeur : il efl: compofé de deux montants A, B, d’une tablette C, d’une traverfe D, & d’un auge doublé de plomb laminé a b.
- Les montants ont trois pouces & demi de largeur dans prefque toute leur longueur, mais ils s’élargiffent de deux pouces de chaque côté en joignant la tablette d!en-bas , & forment en-deffous un empâtement de quatre pouces de haut fur fept pouces de largeur.
- La tablette C , efl aflemblée à demeure : elle efl percée au milieu pour recevoir le goulot d’un récipient de machine pneumatique, de neuf à dix pouces de hauteur,fur fix ou fept
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- sÿo Avis ? akticüliek S pouces de largeur ; afin que ce vaif-feau pofe mieux , on creufera un peu la tablette, ou bien on collera delî'us , un cercle de bois tourné, & ajufté à la figure du verre.
- La traverfe D, eft chantournée , elle a au milieu & aux extrémités trois pouces &demi de large, comme les montants,& elle eft percée de deux trous, l’un au milieu pour donner paffage au tuyau montant de la pompe ; l’autre entre le milieu & l’un des montants, pour laiflèr palier un tuyau de décharge E, qui vient d’en-haut. La traverfe D , n’eft point afl'emblée à demeure ; elle a deux tenons en ' queue d’aronde, qui defcendent dans des taflfeaux attachés aux montanst, & elle eft arrêtée par deux vis à têtes plates , comme d , qui ont leurs écrous c e, noyés dans les bouts de la tablette. Cette pièce eft appuyée fur le bord du récipient pour le contenir , & fi l’on veut faire mieux, on y creufera deux portions de rainure circulaire d’une ligne de profondeur dans lefquelles on fera entrer bien librement , deux parties du bord de ce vaiflëau.
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- sur les Expériences. 291
- Les deux petits côte's de l’auge a b , ont deux mortaifes en-deffous , pour recevoir les tenons des raontanrs , & cet aflemblage eft arrêté par deux goupilles, qui le mettent par dehors, & qui ont une tête , ou une boucle., afin qu’on puiffe les ôter.
- La pompe eft compofée de quatre parties principales ; 1°. d’une chambre formée avec du verre . pour faire voir comment l’eau entre & fe met en prife fous le pilton qui doit la refouler; 20. d’un corps de pompe confiftant en un cylindre creux de cuivre & en unpifton garni d’un clapet ; 30. d’un tuyau montant, par lequel l’eau s’élève & fe décharge ; 40. d’un levier, auquel s’applique la force motrice qui doit faire agir la pompe.
- Le verre delà chambre F, eft cylindrique , & il eft ouvert par les deux bouts , il n’a que deux pouces de hauteur, après quoi, il fe rétrécit un peu pour recevoir le corps de pompe , auquel il fe joint avec du maftic ; il fe joint de même à la pièce G, qui l’embrafle par une virole de demi pouce de hauteur, & dont
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- 2p2 Avis particuliers le fond qui eft percé, porte une autre virole de deux pouces de longueur ; eelle-ci va en diminuant de groffeur afin quelle puifle entrer d’un demi pouce au moins dans le gou* lot, qui eft au fond du récipient, & s’appuyer par un cercle plat foudé à cette diftance : entre ce cercle g, & la partie qui reçoit le verre F , la virole eft percée de plufieurs trous par lefquels l’eau du récipient peut entrer aifément, & promptement.
- Le corps de la pompe H, qui eft fondu en cuivre, alaifé par dedans , & tourné par dehors , a dix-huit lignes de diamètre , 8c quatre pouces de hauteur ; par en-haut il eft ravalé à demie épailTeur, fur une longueur de trois lignes & l’on y a tourné des filets de vis. Il fe joint par là à un tuyau I, de dix lignes de diamètre, élargi par en - bas avec une virole - tournée en vis par-dedans , & qui preflè entre fon bord & la partie qui eft au-deffous de la vis du corps de pompe, un anneau de cuir gras pour tendre la jonâion bien exaâe.
- A ce même tuyau on a foudé en haut un anneau plat & au-deflus, une
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- SUR EES ExFÉRI ENCES. 2J5' virole tournée en vis , qui traverfe le fond de l’auge a b , & fur laquelle fe monte le tuyau de décharge k ; il faut encore que cette jonéhon foit aidée par des anneaux de cuir gras placés tant par-deffus que par-def-fous , afin que l’eau qui entre dans l’auge n’en puiffe point fortir par-là: on joindra de même le tuyau de décharge , qu’on voit en E.
- Le pifton l m , repréfenté plus en grand par L M, eft compofé de deux rondelles de cuivre N ,n , jointes en-femble par un bout de tuyau p , qui a deux pouces de longueur fur fix lignes de diamètre. Ce tuyau eft attaché à demeure ou par une rivure ou par une foudure à la rondelle d’en-haut, & par en-bas, il a deux ou trois filets de vis & une portée pour recevoir l’autre rondelle , qui par ce moyen peut s’ôter & fe remettre quand on veut : de ces trois pièces ainfi aflëmblées il réfulte une efpece de bobine ouverte d’un bout à l’autre par un trou de trois ou quatre lignes de diamètre. Ce trou eft couvert par un clapet , attaché fur la rondelle d’en-haut comme on le voit B b iij
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- 294 AVIS PARTICULIERS en 0. Ce clapet n’efl autre chofe qu’une petite plaque de métal garnie par-deff-os. d’un morceau de cuir dont on laiffe excéder une partie, par laquelle on l’attache avec deux clous ih'és, & qui lui laiffe la liberté de s’élever un peu & de s’a-baiffer ; il en faut un femblable fur le fond de la piece G , qui eft percé au centre comme je l’ai dit plus haut.
- Sur la rondelle iupérieure eft rivée une fourchette Q , qui laiffe le jeu libre au clapet, &qui eft jointe à la tige du pifton, par une tête fendue comme celle d’un compas ; on remplit l'intervalle d’une rondelle à l'autre par deux petites mo'ettes de Iiege recouvertes comme celles du pifton de la machine que j’ai décrite à la page 269 ; mais ceux-ci au lieu d’être recouverts avec de la peau imbibée d’huile , le font avec deux Detits morceaux de drap de laine , qui conviennent mieux ici.
- Sur un des bouts de l’auge a b , eft élevée une fourchette qui fert de point d’appui à un levier du premier genre, au bout duquel fe joint le haut de la tige du pifton avec un mou-
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- 'sur les Expériences. npy Veinent de charnière , femblable à celui d’en-bas & dans le même fens; l’autre bras du levier , deux ou trois fois plus long eft celui par lequel on fait aller la pompe , dont voici l’effet: quand le pifton fe leve, l’eau du grand vafe pouflee par fon poids entre par les trous de la virole g , fou-leve le clapet qui eft au fond de la piece G, & remplit la chambre F, preflee enfuite par le pifton defcen-dant, & ne pouvant refluer dans Je grand vafe à caufe du clapet qui eft en G , elle paile par la virolep , au-deflus du pifton, où elle eft retenue par le clapet qui eft deffus la platine fupérieure : ce qui étant répété plu-lieurs fois , fait que le corps de pompe & le tuyau montant deviennent pleins , & fi l’on continue de faire aller le pifton , l’eau fe décharge dans l’auge a b.
- Quand on veut vuider l’eau de la pompe & du récipient, on ôte un bouchon de liege qui eft en c, & qui doit toujours relier en place , quand la machine eft en expérience.
- Avec la pompe que je viens de décrire, on fouleve une colonne d’eau Bb iv
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- 2$6 Avis pàrtîCui.ier$ qu’on fait paffer fur le pifton j en voici une autre avec laquelle ou pouffe une colonne d’eau appuyée contre la bafe du pifton.
- Cette pompe peut être montée dans un bâtis pareil à celui de la précédente : elle peut être aufli conf-truite avec les mêmes pièces ; voici en quoi elle doit différer. Au lieu de lai (Ter entrer l’eau par-deffous le pifton pour la faire paffer par-deffus , on la laiffe defcendre par des trous pratiqués en a , c’eft-à-dire , un peu au-deffus de l’endroit où le corps de la pompe fe joint au tuyau montant; on place le clapet fous la rondelle inférieure du pifton, on tient la pompe bien fermée par en-bas , & l’on tait monter à côté, un tuyau r s, qui fe joint à vis par en-bas à la virole, à laquelle la chambre de verre eft maftiquée.
- Pour cet effet, on tient cette virole d’un.pouce & demi de hauteur, on y foude en dehors un bout de tuyau de quatre lignes , fermé par un fond bien dreffé , avec un trou de deux lignes & demie de diamètre au milieu, & fur ce trou, un petit
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- sur tes Expériences. 2^ clapet qui ait fon jeu libre fans déborder; on ne peutgueres donner moins de fept à huit lignes de diamètre à cette partie Taillante ; il faut qu’elle ait en-deflus trois ou quatre filets de vis avec une portée couverte d’un anneau de cuir gras , pour fe joindre exafterr.ent au tuyau r s , dont le bout d’en-bas portera une vis intérieure, avec un coude aflez long, pour ne pas gêner le clapet. Le levier par lequel on fera jouer la pompe fera du fécond genre, comme on le voit en T.
- On voit que la pompe étant ainfï difpofée , à mefure qu’on éleve le pifton , l’eau pafle deflous , en tra-verfant le tuyau qui joint les deux rondelles, & en faifant barder le clapet, jufqu’à ce que la chambre foit remplie ; on voit pareillement qu’en abaiflant le pifton , l’eau qui ne peut pas remonter par où elle eft defcen-due , à caufe du clapet qui s’applique fur le trou , eft obligée de paf-fer dans le tuyau montant r s, en foulevant le petit clapet qui eft au bas, & qui l’empêche de rentrer dans la chambre , tandis qu’on remonte le pifton.
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- SÿS Avis particuliers
- Comme les pièces qui compofent ces machines font fou vent mouillées, il faut éviter d’y faire entrer du fer, il les faut faire en cuivre ; il eft aufli indifpenfable découvriras bois avec une peinture à l’huile, ou détrempée au vernis.
- Première Expérience.
- C e vafe de verre que l’on nomme communément pajfe-vin , ou dia-k n bêtes a cinq à fix pouces de hauteur ; %• la partie d’en-haut A, PL XIV. Fig. 1. eft aflez femblable à la coupe d’un verre à boire de médiocre grandeur : elle communique avec une autre partie creufe B , d’une capacité à-peu-près égale à la fienne ; elle y communique , dis-je , par un canal d’un demi pouce de longueur , & qui a deux bonnes lignes de diamètre intérieurement. Ce vafe eft porté fur une patte avec un petit bout de tige.
- II faut choifir du vin rouge un peu fort en couleur , & en remplir la partie B & le canal de communica- tion , jufqu’à la naiflance de la coupe. Il y a de gros vins qui font trop
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- SUR LES ExP ÊRIE NCES. 2pp' ^ pefants pour cette expérience ,& que l’eau ne peut déplacer ; il y en a d’autres au/fi qui font trop fpiritueux & trop légers, & qui montant avec trop de vîteife fe divifent & fe mêlent avec'l’eau , avant d’arriver au haut du vafe ; les vins de Bourgogne réulîiflent le mieux.
- J’ai changé l’ancienne forme du paffe-vin ; & je lui ai fait prendre celle» d’une burette C, dont I intérieur communique par le canal ordinaire avec une boule creufe D , qu’on remplit de vin jufqu’à l’endroit où commence la burette Un Émailleur un peu adroit peut préparer cette piece à la lampe ; mais pour l’avoir plus folide, je l’ai toujours fait faire à la Verrerie.
- La burette fe pofe & s’attache avec de la cire molle fur le couvercle /, d’une petite boîte E ou e , qui lui fert de piededal, & qui cache aux yeux des fpeftateurs la partie D, qui contient le vin , & lui faille à deviner comment il vient du vin à la place de l’eau qu’on a mife dans la burette.
- Pour faire paffer le canal de com-
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- ’goo Avis farticuliers munieation à travers le couvercle / de la boîte, on aura foin que cette partie foit faite avec ud morceau de bois fans noeud, & dont les fibres foient bien droites ; on fendra le morceau au milieu, & quand on aura fait entrer le verre dans un trou préparé pour cela au centre, on rejoindra les deux moitiés avec de la colle-forte.
- Seconde Expérience.
- O N trouve allez fouvent ces phio-les toutes préparées chez les Ëmail-leurs , foüs le nom des quatre éléments : fi l'on fe trouve dans la né-ceffité de les préparer foi-même, il faut choifir un bout de tube de verre gros comme le doigt, long de fix pouces , le fceller hermétiquement par un bout, au feu de lampe (a) & le rétrécir par l’autre bout, de maniéré qu’il foit prefque capillaire : toute la longueur du tube étant dif-tribuée en cinq parties égales par autant de marques que l’on fera deflus, avec du fil lié autour ou autrement,
- (a) Voyez comment on (celle des tubes de yerre au feu de lampe. Tome I. fage iq8*
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- sur ï.es Expériences. 30% on y fera d’abord couler du mercure pour remplir le premier efpace , en-fuite de l’huile de tartre pour remplir le fécond , après cela de l’elprit-de-vin coloré avec l’orfeille pour le troifieme , & enfin de l’efprit de térébenthine pour le quatrième, le cinquième reliant feulement rempli d’air. On feellera enfuite le bout du tube , & on lui fera prendre la forme d’un petit anneau auquel on attachera un nœud de ruban ponr le fuC-pendre ; ou bien on y foudera la tige Sc la patte d’un verre à boire , pour le pofer où l’on voudra.
- Expérience relative à la deuxieme Proportion.
- Quoîque j’aie dit que cette propofition n’a pas befoin de preuve : cependant il m’eft venu en pen-fée depuis, de la prouver par une expérience fort fimple , qui difpofe les commençants à concevoir comment l’air qui pefe fur tous les corps , ajoute à leur poids, & peut dans certaines çirconftances, déterminer les liqueurs à s’élever aurdelïus de leut
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- 502 Avis iarïicuiiers niveau: voici ce qu’il faut préparer pour cela.
- G H, Figure 2. eft un vafe cylindrique de verre de fept à huit pouces de hauteur & d’environ deux pouces de diamètre , monté fur une patte , & fermé par en-haut avec un couvercle de laiton qui peut s’ôter; ce couvercle eft percé au milieu avec une virole fendue de part & d’autre pour faire reffort, & pour contenir un tube gros comme ceux des baromètres & ouvert par les deux bouts. A côté de la virole eft un autre trou par lequel on peut faite palfer le bout d’un petit entonnoir.
- On met d’abord de l’eau teinte en rouge ou du vin jufques en G ; enfuite on place le couvercle avec le tube , qui n’atteint pas tout-à-fait jufqu’au fond du vâfe ; & au moyen de l’entonnoir on fait couler de l’ef-prit de térébenthine , dans l’efpace qui entoure le tube.
- Cela donne occafion de remarquer, que la liqueur rouge preffée par le poid de l’efprit de térébenthine, s’élève au-deflus de fon niveau dans le tube & monte vers H ; d’où l’on
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- SUR LES ExEÉRIENCES. JOj doit conclure ce qui eft énoncé dans la deuxieme propofition , fçavoir que plufleurs liqueurs ou plufieurs fluides, quoique de natures différentes ,pefent les uns fur les autres en raifon de leur denflté & de leur hauteur : ce qui fera bon à rappeller , lorfqu’on voudra faire entendre comment la preffion de l’air fait monter l’eau dans les pompes afpirantes.
- Troifleme Expérience,
- J e n’ai rien à ajouter à ce qui eft * "*
- dit dans la préparation de cette expé- L „ rience, finon que le fiphon de la iis«a. tu figure citée en marge , au lieu d’être v' F's‘ *u fufpendu avec un ruban, peut être monté fur un pied comme celui de la cinquième expérience de la première fedion dont j’ai parlé ci-delfus p. 27 & qu’il peut lui fervir de pen-
- dant : il faut auftï que la hauteur de fa planche foit divifée en quatorze parties égales , & numérotées à commencer par en-bas. _
- Quatrième & cinquième Expériences, y I™'!< On fera plus complètement cette .expérience , qui eft celle de lori- 14.
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- 'jo4 Avis ï artictr li e r s celli , fi, au lieu de fermer le tube hermétiquement par un bout , on fe contente d’y former un orifice rebordé , & de le boucher avec un petit morceau de veflie mouillée & rabattu tout autour, que l’on liera fortement avec du fil ; car quand on aura fait voir , que le mercure fe tient à vingt-fept ou vingt-huit pouces au-defius du niveau de fon ré-fervoir, on fera remarquer de plus, en piquant la veflie avec un épingle , que le mercure fe précipite, dès que l’air peut entrer par en-haut ; ce qui prouve évidemment que le mercure eft foutenu à cette hauteur dans le tube , par la preflion de l’air extérieur fur la furface du réfer-voir, tant qu’elle n’eft point contrebalancée par une preflion fembla-ble.
- Figure m. E tuyau doublement recourbé , avec lequel on fait la cinquième expérience , eft ce qu’on nomme la chambre de Pafchal ; cet inftrument n’eft pas trop bien repréfenté par la figure citée en marge ; fi vous fçavez travailler le verre à la lampe, vous le' ferez vous-même en fuivant ce que
- je
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- sür ies Expériences, joy je vais prefcrire, finon vous le ferez exécuter par un Émailleur que vous conduirez.
- Vous ferez choix de deux ou trois tubes de baromètres alfortis pour la grolfeur, & qui n’aient pas plus de deux lignes de diamètre intérieurement : vous prendrez un bout de tuyau plus gros , du même verre, & vous en formerez la chambre À , Fig. 3. de deux pouces de longueur fur fept à huit lignes de diamètre, fe terminant dé part & d'autre par un bout de tube de cinq à lix pouces de longueur & de la grolfeur de ceux que vous employerez pour le relie. Vous fouderez l'un de ces bouts à un tube de vingt-lix pouces de longueur , & vous couderez cet af-femblage comme B CD : vous chaufferez le coude, & en y appliquant une petite malfe de verre fondu , vous tirerez l’orifice C , que vous reborderez proprement.
- Après cela, vous couderez la partie d D , comme d E ; & vous fouderez en E un tube, qui falfe avec la partie d E, une longueur de trente-Tcme II. C c
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- 306 Avis particuliers un pouces, & que vous fcellerez pat en-haut.
- L’inftrument étant ainfi confirait, vous l’appliquerez & l’arrêterez fur une planche taillée comme b c e „ avec un creux dans lequel la moitié de la chambre puifle fe loger ; le bout du tube b, doit dépaflër le bois de deux ou trois pouces , pour être plongé commodément ; l’orifice c, doit être aufli dégagé , afin qu’on puifle facilement lé fermer avec un morceau de veflie mouillée, comme je l’ai dit ci-deflus pour le tube de Toricelli; enfin cette planche aura par en-haut, un anneau pour la fuf-pèndre.
- Voici maintenant comme il faut s’y prendre pour remplir la chambre de Pafcal avec du .mercure ; il faut en faire couler dans la cavité a, par l’orifice c , puis en tenant le doigt appliqué deflus, on inclinera la planche , & on l’agitera un peu dans le fens de fa longueur, pour faire couler le mercure dans la partie cae; Si quand elle fera pleine jufqu’à l’orifice c, on la bouchera comme je l’ai
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- sur les Expérience s. 307 dit avec un morceau de veflie mouillée ; cela étant fait on renverfëra l’inftrument, pour achever de l’emplir par le bout du tube b. '
- Tout étant bien rempli, on tiendra le tube b , bouché avec le doigt, jufqu’à ce qu’il foit entièrement plongé dans un- vafe qui contienne du mercure ; 8c alors on le laiflera libre, & l’on verra tomber tout le mercure qui eft au-deflus de g , ainfi que la portion qui eft comprife entre c 8c f; celui qui eft au-deffous de /,
- que je fuppofeàvingt-fept où vingt-huit pouces-au-deflus delà furface du réfervoir , demeurera fupendu.
- Mais dès qu’on aura piqué la veflie avec une épingle, aufli-tôt le mercure s’élèvera rapidement dansle tube g e, jufqu’à la hauteur de vingt-fept à vingt-huit pouces au-deflùs de fon niveau, & celui de la branché f b , tombera entièrement & avec la même précipitation dans le vafe où elle eft plongée.
- Conjlruêiion du Baromètre Jimple.
- Choisissez un tube qui ait trente-deux pouces de loi ir, & »
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- 308 Avis particuliers deux lignes de diamètre intérieurement ; qu’il foit d’un verre bien net ? bien uni tant en dedans qu’en dehors, & qu’on n’y ait fait palier aucune liqueur ; il faut même éviter de fouf-fler dedans avec la bouche : des tubes que l’on deftine à l’ufage dont il s’agit ici, devroient relier bouchés par un bout & par l’autre , depuis qu’ils fortent de la Verrerie, jufqu’au moment où l’on veut s’en fervir.
- Scellez le tube par un bout , & introduirez par l’autre un fil de fer, gros comme une fine aiguille à tricoter , bien net, & alfez long pour atteindre d’un bout à l’autre. Ayez dans un vafe de verre , de bois, ou de terre non vernilfée , du mercure dépouillé de toute humidité & de toute faleté : il fuffit ordinairement pour cela, de le faire palfer plufieurs fois au travers d’un linge fin, & blanc de l’effive , & de le faire légèrement chauffer : s’il avoit touché du plomb ou de l’étain ou quelque autre matière métallique capable de s’amal-gammer avec lui, le feul moyen de l’en purger feroit de le diflillér , en le mettant dans une cornue avec de
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- sür les Expériences. 30gi la limaille de fer ou d’acier, comme je l’ai enfeigné. Tome T.pag. 347.
- Vous introduirez donc, foit avec un petit entonnoir , foit avec un chalumeau de verre, du mercure bien féché 3c bien pur dans le tube , autant qu’il en faudra pour remplir à-peu - près le quart de fa longueur ; puis ayant pofé fur le bord d’une table un réchaud fort incliné, rempli de charbons bien allumés, & nepro-duifant plus ni flamme ni fumée , vous en approcherez de fort près la partie du tube qui contient du mercure , en la faifant tourner fur le feu, en la faifant aller Sc venir fuivant fa longueur, pour la chauffer également par-tout, & en l’agitant par-dedans avec le fil de fer pour aider les bulles d’air à fe dégager : vous continuerez ainfi jufqu’à ce que le mercure ait bouilli pendant une minute ou deux ; & vous l’éterez du feu ; fi vousn’appercevez plus de bulles d’air, fi le mercure touche bien le verre de toutes parts, ce qui doit lui donner le bruni d’une glace de miroir ; alors vous le laiflèrez refroidir, jufqu’à ce qu’il ne foit plus que tiede , & qu’on
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- '3io Avis particuliers y puifle tenir la main fans fe brûler.
- Cette première partie du tube étant remplie comme je viens de l’enfei-gner , vous emplirez de même & avec les mêmes attentions , la deuxieme , la troifieme & la derniere ; après quoi vous plongerez le tube dans un petit-vafe de verre qui doit contenir du mercure.
- La figure de ce vafe & fa grandueur ne tirent point à conféquence pour la bonté du baromètre ; mais pour certaines raifons que je vais dire, je me fuis déterminé à lui donner une forme conique, un pouce Si demi de diamètre au plus large , avec un goulot rebordé, comme il eft repréfenté en A , Figure 4. Quand le mercure qui eft dans le tube du baromètre monte ou defcend , là furface de celui qui eft dans le réfervoir, varie de hauteur fuivant le rapport des capacités , de forte que fi au lieu de plonger le tube dans un vafe, on ne faifoit que le recourber par en-bas, comme un fiphon renverfé , quand le mercure du baromètre baifferoit de quatre lignes par en-haut, il en fau-
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- sue les Expériences. 31X droit compter huit, parce que montant de quatre lignes dans la branche recourbée d’en-bas, il rehaulTe d’autant le niveau d’où l’on part toujours, pour mefurer la hauteur aftuelle du baromètre.
- Le mercure qui rentre dans le ré-fervoir quand il baille dans le tube j ne produiroit que le quart de cet effet fi le diamètre de ce réfervoir étoit feulement le double de celui du tube ; parce que cela diminue en raifon du quarré des diamètres ; d’où l’on doit conclure que la furface du réfervoir ayant un diamètre de dix-huit lignes, tandis que celui du tube n’eff que de deux lignes , ce qui donne le rapport- de 9 à 1 , il faudrait que le baromètre baiflat de près de deux pouces & demi pour faire monter le mercure d’un ÿ de ligne dans le réfervoir.
- C’eft donc pour djfpenfer l’obfer-vateur dans les cas ordinaires , d’avoir égard à cet effet, que je donne dix-huit lignes de diamètre au réfervoir A, mais en même-temps je diminue le relie de fa capacité par la figure conique , pour épargner du
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- S}i2 Avis particulier* mercure qui feroit employé en pure perte.
- Pour attacher ce culot au tube ; je commence par coller & lier avec du fil autour du goulot un petit fourreau de peau fine B , qui le débordé de fept à huit lignes , & je lie de même cette partie excédente autour du tube, quand il eft plongé.
- Pour plonger commodément le tube, vous enfoncerez la pointe du culot dans du fablon dont vous aurez rempli une tafle à caffé ou quelque vafe équivalent, & qui ne foit point de métal. Vous le remplirez de mercure rtellement qu’il y en ait auffi dans la partie du fourreau qui excede le goulot ; alors vous examinerez fi votre tube eft parfaitement plein, & s’il ne l’étoit pas, vous y ajouterez quelques gouttes de mercure : vous l’inclinerez comme CD , Sc en faifant un peu plier la peau , vous aurez foin que le mercure qu’el-le contient, s’unifie avec celui du tube, fans qu’il entre aucune bulle d’air dans celui-ci. Alors élevez doucement votre tube en l’enfonçant dans le culot, en le tenant toujours exactement
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- 'sur les Expériences. 313 tement plongé jufqu’au fond , avec la main droite, prenez le culot avec la gauche , & inclinez-le à plufieurs reprifes pour ôter du mercure, juf-qu’à ce qu’en redreflant le tout , vous voyiez que fa furface eft à la hauteur JS.
- Cela étant ainfi réglé, placez la pointe du culot dans le fable , faites tenir le tube par quelqu’un, dans une fituation verticale , & liez le fourreau autour du tube avec un fil ciré. Votre baromètre fera alors comme E F, & vous n’aurez plus qu’à l’attacher fur fa planche avec du fil de laiton , & piquer le fourreau avec une épingle ou avec la pointe des cifeaux, pour donner un accès plus libre à l’air extérieur.
- La planche peut être dans un cadre doré ou verni, & orné comme on voudra ; mais il faut y creufer la place du culot, & marquer la ligne de niveau à l’endroit où l’on apperçoit la furface du mercure , quand le baromètre eft d’aplomb. A compter de cette ligne, on divifera la planche en vingt-neufpouces, dont les trois derniers feront fubdivifés en
- Tome 11. D d
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- 314 Avis particuliers lignes, A côté de cette derniere partie de la divifîon , on tendra un fil de laiton fur lequel fera enfilé une petite main d’émail, ou un autre index , avec lequel l’obfervateur pou-ra fuiyre les variations du baromètre.
- On peut orner le haut de la planche d’un cartouche dans lequel on écrira Baromètre Jimple & lumineux , parce qu’en effet c’eft dë tous les inf-truments de cette efp'ece , celui qui a le mieux confervé fa fimplicité primitive ; & parce que fi l’on fait balancer le mercure dans un lieu privé de lumière , on en verra un trait aifez brillant, dans la partie du tube qui eft vuide.
- Je voudrais qu’on s’ablîint de mettre à côté des trois derniers pouces de l’échelle , temps variable; beau-temps , pluie ou vent, &c. car comme la hauteur moyenne du baromètre n’eft pas la même par-tout, & que fouvent le temps commence à être beau ou vilain , lorfque le mercure ne fait que commencer à monter ou à defcendre, & avant qu’il foit par-.yenu à l’endroit de la planche où
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- Spk les Expériences, giy cela eft marqué ; il s’en fuit que bien des gens aceufent le baromètre d’infidélité , tandis qu’il eft fort innocent. On ne fe trompera prefque jamais , fi n’ayant aucun égard , à toutes ces infcriptions, on conclut qu’on aura fcien-tôt du vent ou de la pluie , en voyant le mercure defcendre d’une quantité notable en peu de temps, fut-il encore vis-à-vis l’endro't où l’on à marqué beau temps-,& de même, que le temps va devenir plus calme & plus beau , le mercure fùt-il encore très-bas, s’il commence à remonter de fuite & avec une certaine promptitude.
- Baromètre à Cadran.
- Une des principales raifons qui avoient fait imaginer des baromètres plus compofés que celui que je viens de décrire, c’eft le peu d’étendue de fa marche, qui fe renferme ici dans un intervalle de deux pouces & demi , & qui eft encore plus courte dans les climats qui approchent davantage de l’équateur. Mais avec un baromètre fimple, on rend les mouvements du mercure beaucoup plus fen;
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- 3i(S Avis particuiiers fi blés par un moyen que je vais expliquer.
- A B , Figure y. eft un baromètre fimple , en fiphon : les deux parties A & B, font greffes comme le doigt, Sc ont chacune quatre pouces de longueur ; elles font bien cylindriques, & de même diamètre intérieurement: dans tout le relie , le tuyau n’ell pas plus gros, que dans les baromètres ordinaires , afin d’employer moins de mercure, c, eft une petite poulie d’yvoire très-mobile, dont l’axe porte une aiguille bien légère & bien çn équilibre avec elle-même ; la gorge de la poulie eft quarrée dans le fond ; un fil de foie qui fait deux tours deffus , porte par un bout un poids de fer qui lurnage le mercure en B, & par l’autre bout un petit contre-poids d, qui empêche le fil de gliffer fur la poulie.
- On voit par cette defcription & par la figure, que quand le mercure de la partie A defcend, celui qui eft en B monte d’autant , fouleve le poid flottant dont il eft chargé , & donne lieu au contre-poids d, de faire tourner la poulie avec fon axe, &
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- sur les Expériences. 317 l’aiguille dont il eft chargé; & que quand le mouvement du mercure fe fait dans le fens contraire , celui de l’aiguille fe fait en conféquence, par l’aétion du poids , qui fuit l’abaifTe-ment du mercure. On voit pareillement comment on peut de plus en plus rendre ces mouvements fenfi-bles , foit en faifant la poulie plus petite, foit en donnant plus de grandeur au cadran & à l’aiguille. Mais de ces deux moyens , le premier a des bornes qu’il ne faut point palier, qu’il ne faut pas même atteindre.
- L’aiguille ne doit point faire plus que le tour du cadran ; c’eft allez même qu’elle en parcoure les deux tiers : li du plus bas au plus haut le poids qui eft en B, peut faire un mouvement de quinze lignes , ce qui fuppofe une variation de deux pouces & demi dans la hauteur du baromètre , il faut donc faire la circonférence de la poulie égale aux f de cette étendue, c’eft-à-dire, de dix lignes.
- Pour faire la divilion du cadran on mettra zéro tout en-bas, & l’on prendra de chaque côté un tiers de Ddiij
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- 518 Avis particuliers Ja circonférence , que l’on divifera en quinze parties égales numérotées de cinq en cinq; dans le tiers qui reliera vuide en-haut on poura écrire en titre, Baromètre.
- Ce baromètre avec fa poulie & fon poids , fe place & s’attache derrière une planche chantournée & enjolivée de fculpture , de dorure , ou de vernis , à volonté, avec les précautions néceffaires pour empêcher qu’il ne foit cafte ; c’eft-à-dire , par exemple, dans une couliffeallez profonde , pour le recevoir, & par-def-fus, une planchette qui entre à feuillure & qui s’arrête avec des tourniquets. Le cadraneftpar-devant, à telle hauteur qu’on voudra Je mettre ; & l’axe de la poulie prolongé à travers l’épaifleur de la planche . reçoit l’aiguille , qui eft montée fur un petit canon de cuivre, afin qu’on puifle la mettre fur tel point du cadran qu’on voudra.
- On peut couvrir le cadran d’un verre plan encadré dans une moulure circulaire, & qui ne gêne point l’aiguille. M. Gallonde qui exécute ees fortes d’inftruments avec la plus
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- sür lesExpériences. 319 grande perfeflion & beaucoup de goût, a imaginé de percer ce verre au centre , & d’y mettre un index tournant, qui eft en-deffous, & qu’on fait mouvoir par un bouton qui fort en-dehors , pour fuivre les mouvements de l’aiguille , ce qui eft on ne peut pas plus commode.
- Baromètre portatif.
- Deux raifons peuvent faire délirer que Je baromètre foit portatif; 1°. un Physicien qui voyage , & qui n’a point le temps ou la commodité de mefurer des hauteurs géométriquement , peut les connoître à-peu-près par le moyen du baromètre , & il n’eft pas fûr d’en trouver par-tout où il ira. z°. Un fçavant ou un curieux qui n’eft point à portée des grandes Villes , qui manque de baromètre , qui n’a point de quoi en faire , ou qui ne fçait pas le conf-truire , n’a d’autre relfource que d’en faire venir des lieux éloignés , ou d’attendre qu’il paife quelques-uns de ces Emailleurs , qui courent le pays, & par qui très-fouvent l’on eft alfez
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- 32o Avis r articuliers J’ai fait plufîeurs grands voyages dans ma vie qui m’ont mis dans le cas de chercher les moyens d’avoir avec moi un bon baromètre, toujours prêt à être mis en expérience ; je n’ai rien trouvé de mieux , que d’avoir deux ou trois tubes bien remplis au feu , comme je l’ai enfeigné ci-deffus , fermés chacun avec une boulette de cire , & par-deflus un morceau de veflie mouillée & liée au tube avec du fil ciré ; pour porter ces tubes j’avois fait creufer dans l’épaiffeur d’une planche , des rainures que j’avois garnies de flanelle , & dans lef-quelles ils étoient logés bien jufle. Cette efpece d’étui avoit un couvercle à charnières qui étoit fait d’une autre planche moins épaifle, garnie aufli par-dedans avec de la flanelle , & qui fe fermoit avec deux crochets ; & pour plus grande fureté, je le mettois debout dans ma chaife, ayant foin de tenir en-haut, le côté ou répondoient les bouts des tubes que j’avois fermés avec de la cire & de la veflie. J’avois avec cela dans le même étui, une réglé de bois mince & diviféetrès-exadementparpou-
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- sur les Expériences. 3211 ces & par lignes ; & j’étois encore muni d’un flacon de cryftal plein de mercure , lequel étoit renfermé dans un barillet de buis tourné, & dont le couvercle fe fermoit- à vis, en prêt* fant un peu le bouchon du flacon j de maniéré qu’il ne pouvoit point s’oüvrir quoiqu’il fût ébranlé par les mouvements d’une voiture.
- Avec cet appareil j’avois fur-Je-champ un baromètre dont j’étois fur: il ne s’agiffoit que deverferdu mercure dans le barillet de buis , d’y plonger un de mes tubes , & de me-furer avec ma réglé de bois, la hauteur de la colonne de mercure , à compter de la furface du réfer-voir.
- En renfermant de même dans une petite coulifle de bois un tube , bien rempli & bien fermé , qu’on mettra dans une caifle avec le cadre & fa planche toute graduée , un culot tout préparé & du mercure pour l’emplir, on pourra envoyer un baromètre aufli loin qu’on voudra ; il ne s’agira plus lorfqu’il fera rendu à fa deftination , que de plonger le tube dans le culot, en fuivant l’inf-
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- 522 ÂVïSfARtlCütlEKS
- truâion que j’ai donnée ci-deffus, & de l’attacher fur fa planche : il y a bien peu de perfonnes qui rie foient capables d'une telle opération.
- Au relie , li quelqu’un vouloir ab-folument fe procurer un baromètre tout fait & portatif, il poura s’a-drelferà M. Gallonde que j’ai cité ci-deffus ; j’en ai vû chez lui qu’on laif-foit tomber de toute leur hauteur & qui n’en étoient ni cafl’és, ni dérangés.
- Sixième & feptieme Expériences.
- i-------— Ces expériences font fi fimples
- iÈ ”o ». & û faciles à faire, qu’il feroit fuper-« ri. si-a.pi. flu de nous y arrêter. Mais pour achète D, Fig. ver Je prouver que l’afpiration n’efl qu’une caufe occafionnelle , & que la caufe efficiente de l’afcenfion des liqueurs dans les tuyaux où l’on fait Il le vuide , eft la preflion de l’air ex-
- térieur, ajoutez l’expérience fuivan-te.
- Prenez une bouteille ou un flacon quelconque, rempli d’eau colorée ,
- ' mettez-y un bouchon de liege , qui
- I ait un trou au milieu par lequel vous
- II ferez paflèr un peu à force, un tube
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- sur les Expériences. 32'» de verre ouvert par les deux bouts,
- & de la groffeur de ceux dont on fait les baromètres ; attendez que le bouchon foit bien fec aux endroits où il joint le verre, tant du tube que du flacon, & couvrez ces jonctions avec de la cire molle, de maniéré que l’air . extérieur ne puiflë point y paffer : s’il n’efl: point relié d’air fous le bouchon , vous aurez beau fucer par le tube , la liqueur n’y montera pas ; mais faites un trou au travers du bouchon avec une épingle ou avec une autre pointe , & aufli tôt vous ferez voir qu’en fuçant le tube, on fait monter l’eau du flacon.
- Huitième Expérience.
- La pompe afpirante dont il eft==a parlé dans la préparation de cette L £VI^'N expérience, eft de cuivre ; elle a qua- n.sraion. tre à cinq pouces de longueur, fur W-FII.Fisi neuf à dix lignes de diamètre inté-1’’’ rieurement ; elle eft fermée par en-haut avec un couvercle à vis, percé au milieu pour donner paflage à la tige du pifton , & par en-bas elle a un fond rapporté à foudure forte avec un petit trou au centre ; ce fond
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- 3^4 À\rîs iPÀiiTicrtiEiis porte en-deffous un' bout devis qui a environ quatre lignes de diamètre , pour fe joindre à un récipient ouvert par en-haut & garni d’une virole & d’un fond, dans lequel eft taraudé l’écrou de cette vis. Elle eft encore creufée fuivant fa longueur , pour recevoir un tube de verre qui s’y attache avec de la cire molle , ou avec du maftic. Le pifton eft fait avec des rondelles de liege recouvertes de peau fine & imbibées d’huile,comme celui que j’ai décrit page 26p. Il eft néceflaire pour cette expérience, que Je pifton de la petite pompe ioit exaft, & que l’air du récipient foit bien raréfié : ne tirez point le mercure jufque dans la pompe ; il y de-viendroit gras , & gâteroit d’autre mercure avec lequel on le mêle-roit.
- Vous pourrez faire avec cette petite feringue féparée du tube de verre , une autre expérience pour prouver,que la difficulté qu’on éprouve à élever le pifton , quand le récipient eft vuide comme dans le cas précédent, vient du poids de l’air extérieur qui pefe delfus ; bouchez le
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- sur les Expériences. 32/, bout de la feringue avec un couvercle à vis, qui prelîe un anneau de cuir gras, & qui ait une bouc'e par laquelle on puifle fufpendre le tout.
- Attachez à l’anneau du pifton un poids de fix à fept livres ; tant que cela fe fera dans le plein air, le pifton ne tombera pas ; mais fi vous fuf-pendez la feringue ainfi chargée , dans un récipient , & que vous y faflfiez le vuide, vous verrez le poids faire defcendre le pifton.
- Pompes afpirantes & foulantes.
- La Fig. 1. PI. XV. repréfente le 1 modèle d’une pompe afpirante & fou- L E^v lanteà double équipage, on a fait n.seâion.-avec du verre les parties où font les^LV-F^‘ -clapets & les foupapes, afin qu’on en pût voir le jeu.
- A a , eft une caille doublée de plomb laminé , qui a feize pouces & demi de longueur ,fix pouces de largeur & cinq de hauteur , le fond eft: percé & garni d’une virole & d’un bouchon ajufté comme une clef de robinet, pour vuider l’eau après l’expérience.
- Sur les petits côtés de cette caille
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- 326 Avis pabticoiiers font ailemblés deux montants inclinés l’un vers 1 autre , & qui portent à Cx pouces au-deflus des bords de la caille, une tablette d’un pied de longueur, fur quatre pouces de largeur aux extrémités, mais de deux pouces plus large dans le milieu , comme on le peut voir par b b, qui en eft le plan.
- Sur les extrémités de cette tablette s’élèvent d’aplomb deux autres montants de huit pouces de hauteur, dont les tenons entrent à demi-bois dans l’épaifleur d’une tablette chantournée CC, qui n’a que trois pouces & demi de largeur à fes extrémités, mais qui en a quatre & demi au milieu : toutes les autres pièces font afîem-blées à demeure,celle-cife démonte , & s’arrête par le moyen de deux vis à têtes plates , dont les écrous font noyés dans l’épailTeür des montants.
- Au milieu de cette derniere tablette , eft une petite tour quarrée D , qui a deux pouces & demi de face, & fix pouces de hauteur : elle porte un baflïn de métal E, qui eft rond & qui a environ fept pouces de diame-
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- Sur les Expériences. 327 tre ; c’eft dans ce vafe qu’un tuyau de décharge recourbé F, jette l’eau qu’on éleve avec les pompes, & qu’un autre tuyau G g , partant du fond rapporte à mefure, dans la caillé, en traverfant toute la longueur de la tour & les deux tablettes.
- Les corps de pompe font faits comme ceux des pompes foulantes que j’ai décrûs pag. 2b 8 , bfuiv. à l'exception de ce que je vais ajouter. La virole d’en-bas J, a au moins un pouce de hauteur ; le fond , qui ell un peu épais, ell percé & garni d’une foupape, dont la coupe diamétrale ell repréfentée en K, un peu plus en grand ; au delfous ell foudée une virole k , taillée en vis par-deflus, avec une traverfe diamétrale, percée au milieu, pour laifler palier laqueue du cône tronqué de la foupape. Sur cette virole , îè monte à vis le tuyau d’afpiration L, avec un anneau de cuir interpofé , pour empêcher l’air de pénétrer par cette jonétion.
- Les deux viroles 1,1, font percées & portent chacune un tuyau qui va joindre une piece femblable M, dans laquelle il s’avance d’environ
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- 528 Avis pakticüiiees deux lignes, & le bout eft fermé d’un fond limé plat, percé au milieu, d’un trou <jui a deux lignes de diamètre, & qui eft recouvert d’un clapet : les trois pièces 1,1, M, jointes enfem-ble par les deux tuyaux dont je viens de parler , doivent former un triangle , comme on le voit fur le plan b b, de la première tablette.
- Dans la piece M, eft maftiqué un verre femblable à ceux des corps de pompes , mais dont le goulot beaucoup plus petit eft garni en dehors d’une virole qui porte quatre ou cinq pas de vis , pour recevoir le tuyau montant //. On interpofera des anneaux de cuir , plus ou moins, juf-qu’à ce que le bout recourbé de ce tuyau réponde à l’intérieur du vafe E, quand il fera bien joint par en-bas. Il faut ménager fous la piece M, un petit bout de tuyau m, un peu évafé , qu’on tiendra fermé avec un bouchon de Iiege ou de métal,& qu’on ôtera quand on voudra vuider l’eau.
- Les pillons font faits comme ceux des pompes foulantes, mais fans trous & fans clapets ni foupapes. Leurs tiges P , doivent avoir un mouvement
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- Sur les Expériences. 325? mouvement de charnière en-bas & en haut pour fe prêter à l’aâion du levier qui devient oblique : enfin les corps de pommes n’ont point de vis par en-haut ; ils font feulement ravalés à demi épailfeur fur une longueur de fix à fept lignes, & préfen-tent une portée au-deflbus.
- La tablette B B, ell percée en trois endroits , comme on le peut voir par le plan b b , pour laifier paffer les deux tuyaux d’afpiration 1, l, Scie tuyau d’évacuation , qui eft au fond de la piece M ; la tablette CC, étant ôtée, on met en place les deux corps de pompes , la chambre M, & Je tuyau montant tout af-femblés ; on remet la tablette CC, dans laquelle il y a deux trous à jour pour recevoir les deux parties ravalées des corps de pompes ; & les montans B , B , qui la portent, doivent être delà hauteur qui convient pour la lailfer defcendre juftement , fur les portées qu’on a réfervées au-delfous des parties ravalées. La tablette étant fixée avec les deux vis, les pompes fe trouvent arrêtées fondement.
- Tome II,
- Ee
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- 330 Avis particuliers La tour quarrée eu ouverte par deux rainures à jour fur les côtés qui regardent les pompes , pour donner lieu au mouvement d’un levier NO qui a pour axe une broche de fer qui paife en D, & qui traverfe l’épaif-feur de la tour. Le vafe de métal £ , a le fond plat , & il eft percé à un pouce de fon centre, pour recevoir le bout du tuyau G, qui y eft foudé : ce tuyau pafle dans la tour à côté du levier, traverfe les deux tablettes, & vient aboutir à quatre pouces au-deffus du fond de la caiflè A a. Si !e vafe £ , ne tient point fuffifamment par ce tuyau , on peut l’attacher fur la tour avec une vis en bois , dont la tête foit large , plate , & garnie en-defloüs d’une rondelle de cuir.
- Pour pouvoir démonter commodément les pillons , il faut que les axes fur lefquels on fera tourner le bout de leurs tiges en n Sc en o, foient des vis qui ayent leurs écrous dans l’une des joues de la charnière. Si le tuyau F, en montant d’aplomb , fe trouvoit gêné par le vafe E , on poura lui donner une courbure en arriéré vers cet endroit-là, on lui fera faire la crolfe,
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- sue les Exeêkiences. JJr Cette double pompe étant ainlï préparée, fi l’on en veut faire l’épreuve , on commencera par mettre de l’eau dans la caille , & l’on en ver-fera un peu auffi fur les pillons. En-fuite en faifant mouvoir le levier on verra i°. que celui des pillons qui s’élève donne lieu au poids de l’at-mofphere , de pouffer fous lui un volume d’eau qui ne peut plus def-cendre à caufe de la foupape qui efl au fond de la piece I; 2°. que ce même pifton appuyant fur cette eau quand on le fait bailfer, l’oblige de palier dans la chambre M, d’où elle ne peut plus revenir, à caufe du clapet qui ell au bout du tuyau par lequel elle ell entrée ; cet effet fe multipliant par l’aâion des deux pompes, la chambre & le tuyau montant reçoivent continuellement de nouvelle eau , qui fe décharge dans le vafe E , d’où on la lailfe retomber par le tuyau G g.
- La pompe des Prêtres.
- O n a donné ce nom à une nouvelle efpece de pompe inventée , vers l’année 1730, par un Curé du
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- 332 Avis p articuliers Diocèfe de Laon, (a) qui s’affocîa avec un autre Eccléfiaftique de fes amis pour la faire valoir. Elle eft fort fimple & de peu de dépenfe dans fa conftruâion ; elle peut être fort utile dans les cas où il ne faudra par élever l’eau à une grande hauteur ; elle mérite qu’on la faffe connoître par un modèle. Celui que je vais décrire , n’eft point fait pour être exécuté en grand , mais feulement pour donner une idée de la machine.
- A, B , Fig. 2. font deux récipients de machine pneumatique , qui ont chacun quatre pouces de diamètre & autant de hauteur avec un goulot ouvert par en-haut ; il faut les choi-
- (a Ce Curé Te nommoit M. DeniHirt , fon affocié étoit M. de la Deuille : ils firent pré-lenter leur machine hydraulique à L’Académie Roy île des Sciences en 1731 , par un particulier qui prit le nom de Jeàn-Baptifte le Brun; ils y ont fait enfuite plufîeurs changements qui Ce trouvent décrits avec des figures gravées , dans le VI. Tome des machines approuvées par l’Académie. Ces machines font différentes de celle dont je donne ici la defo cription: mais jene prétends faire connoître que la partie principale de cette invention, qui eft le pifton, dont on peut foire une
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- StfR' les Expériences, 35}'. fii un peu forts de verre, & drelfer les bords à l’ordinaire fur un plateau de métal avec du grès & de l’eau, de maniéré que les bords de l’un puiflent s’appliquer exaâement fur les bords de l’autre.
- La piece A , fe joint avec du mat tic au tuyau C: s’il eft de verre, la jonftion a’en-bas fe fait par le moyen d’une virole de métal, qui alfemble les deux pièces ; s’il eft de laiton , il faut toujours que l’autre bout foit terminé par une vis creufe, groffe comme le doigt, de la longueur d’un pouce , & qui ait au-deffous d’elle un cercle plat garni d’un cuir.
- La piece B, porte aufli un tuyau D, de neuf à dix pouces de longueur avec un clapet, ou avec une foupape qui lailfe monter l’eau & qui l’empêche de defcendre. On peut, mettre cette foupape en-haut ou en-bas du tuyau ; fi on la met en-haut, on revêtira le goulot de la piece B , d’une virole de cuivre, qui portera cinq à lïx filets de vis, & qui aura une portée de deux ou trois lignes de largeur ; le haut du tuyau aura une efpece de chapeau E , qui fe villèra
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- 334 Avis particuliers deflils & fur le fond duquel fera établi le clapet, ou la foupape. Si on veut placer cette foupape en-bas , on la mettra dans le fond d’une boîte de métal F , qu’on viiïera au bout du tuyau : furune virole/, attachée avec du maftic. Si l’on peut tirer d’une Verrerie deux pièces bien aîforties, qui portent leurs tuyaux , comme a Sc b , on s’épargnera la peine de les y joindre avec au maftic , on n’aura point à craindre que l’air ne fe glifle par les jondions, & l’on appercevra fans aucun obftacle tout ce qui fe palfe dans la machine : il n’y-aura que la foupape d’en-bas a , contenue dans la boite F, à y ajufter.
- Les pièces A 8c B , étant ainfi préparées , il faut fe pourvoir d’un morceau de cuir de veau H, dont on fait les empeignes d’efcarpins, le couper circulairement & de telle grandeur , ‘qu’étant étendu fous l’un des verres A ou B ,.il le déborde de deux lignes tout autour.
- On met ce cuir concentriquement entre deux j latines rondes de cuivre qui ont dix huit lignes de diamètre, & que l’on fait tenir enfemble avec
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- SÜR £ES EXPÉRIENCES. 33^ cinq ou fix petits clous rivés. On fait au centre un trou rond , de trois lignes de diamètre que l’on couvre d’un clapet; & deux autres plus petits vers les bords, & diamétralement oppo-fés, dans lefquels on arrête les deux branches d’une fourchette G , foit en les rivant foit en les retenant avec des écrous par-deffous.
- Le cuir H, eft deftiné à former une efpece de diaphragme entre les deux cavités des vailfeaux A Sc B , Jorfqu’ils feront joints l’un à l’autre par leurs bords ; & comme il doit être perpétuellement tiré & pouffé , avec la fourchette G g, il faut ufet de quelques précaution, pour empêcher que fes bords n’échappent à ceux du verre : en voici une qui me réuffit.très bien ; je coud fur la circonférence de ce cuir, une petite
- fanfe de foie : & après cela je le orde tout autour avec un bande de peau de chamois, large d’un pouce, que je fais plier en deux parties égales , l’une deffus, l’autre deffous , Si que je coud enfemble, avec le cuir de veau : de là fuivent deux bons effets ; premièrement, le renflement
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- 536 Avis particuliers ; de la circonférence, par la ganfe de foie, qui Te trouve renfermée fous la bande de chamois, ne permet point au diaphragme d’échapper aux bords des deux vaifleaux ; en fécond lieu le chamois mouillié & appliqué fur le cuir de veau fait que la jonâion des deux verres , eft plus exaéte , & les met moins en danger d’être eaf-fés par la prelîion.
- Toutes les pieces'de ce modèle fe montent dans un bâtis, compofé i°. d’une caifle II, qui a feize pouces de longueur fur cinq de largeur, & autant de hauteur , & qui ou relie efl tout-à-fait femblable à celle de la pompe précédente ; 2°. d’une tablette K, élevée de cinq ou lïx pouces au-delfus de la caifle , longue de neuf pouces, & portée fur deux montants qui s’inclinent l’un vers l’autre, comme on le peut voir, par la figure ; j °. de deux autres montants L, M, qui s’élèvent à plomb & qui portent à la hauteur de dix-huit pouces, une fécondé tablette N ; toutes les aucres pièces font aflemblées à demeure , mais celle-ci peut fe démonter ; & pour cet effet, elle defcend &
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- suit ies Exr ékiences. 337 s’aflemble à queues perdues dans deux ta fléaux attachés aux montants , & s’arrête par deux vis à têtes plates qui ont leurs écrous noyés dans lé-paiffeur de la tablette ; enfin les deux tablettes K, N, font percées au milieu , la première pour lailTer paflèr le tuyau DE, la fécondé pour recevoir le bout du tuyau C.
- On commence donc par placer la piece B, avecfon tuyau , qui doit atteindre à un demi pouce près du fond de la caiflfe. On là couvre du cuir H, attaché à fa tige ; & l’on met par-deflus, la piece A avec fon tuyau C, ayant foin que le bord renflé du .cuir fe trouve tout autour hors du verre: après cela on placera la tablette N, & avant de l’arrêter avec fes vis, on aura foin qu’elle porte & qu’elle appuyé fortement fur le cercle plat qui eft au bout du tuyau C ; car c’eft par ce moyen-là que les deux verres A Sc B, fe joignent aflez bien pour ne point laifler échapper les bords du diaphragme, pour contenir l’eau dont ils fe rempliflent, & pour empêcher l’air extérieur de s’y infinuer : & fi l’on voit que la tablette n’ap-Tomell. Ff
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- 338 Avis îaktïcuiiïbs puye point aflez fortement, on mettra entr’elle & le cercle fur lequel elle doit appuyer , quelques anneaux de cuir qui la feront prelfer davantage.
- Le bout du tuyau C , qui porte des filets de vis , pafle d’un demi-pouce au-deffus de la tablette N; il traverfe le fond d’un vafe de cuivre P, qui efl percé pour cela au centre ; & une rondelle de cuir gras, que l’on ferre fortement fous l’écrou qu’on fait tourner fur la vis . empêche que l’eau ne puifle palfer par cette jonâion ; à côté de ce trou le vafe P , porte en-deffous un petit bout de tuyau o en dépouille , qui traverfe aulfi la tablette , & qui entre jufte dans un tuyau de décharge r s, coudé en en-haut pour le recevoir , 3c en fens contraire au bout de latablette, pour rapporter l’eau du vafe p, dans la cuvette.
- Le montant M, ell de fix pouces plus long que l’autre ; il eft ouvert en fourchette par- en-haut avec un axe de fer qui le traverfe , & qui fert de point d’appui à un levier du fécond genre T t , auquel fe joint à eharnieres la tige de la fourchette G g.
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- sur les Expériences. 339 Ce modèle étant ainfi achevé . lï l’on veut voir fon effet, il faut mettre de l’eau dans la caiffe , & en ver-fer un peu dans le vafe p , afin d’hu-meâer, les cuirs du diaphragme & des clapets; après quoi l’on fera mouvoir le leviçr pour ^lever & abaiffer fucceflivement le milieu du diaphra-gme , de maniéré que fa furface fu-périeure , où eft le clapet, devienne alternativement convexe & concave; par le premier de ces deux mouve-mens on raréfie l'air dans la partie B, en augmentant la capacité du vaifi feau de toute la quantité dont le diaphragme s’élève ; ce qui donne lieu à l’air extérieur qui pefe fur la caiffe , d’y faire monter de l’eau : juf queslà, c’eft une pompe afpirante.
- Quand la partie B , eft pleine d’eau , le diaphragme en s’abaiffant en fait paffer par le trou du clapet, dans la partie A , qui s’emplit à fon tour , & en fe relevant il pouffe cette eau , & la fait monter par le tuyau qui aboutit au vafe p ; c’eft alors une pompe foulante : & comme ces deux effets font produits alternativement, par les mouvements du même dia-j
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- phragme , la machine doit être regardée comme une pompe afpirante & foulante.
- J’ai déjà dit que ce modèle n’étoit pas propre à être exécuté en grand ; on voit bien qu’il faut y employer des matières plus folides que du verre : les pièces A, B, & leurs tuyaux doivent fe faire avec du métal ou avec du bois , fi l’on étoit à portée des forges, on les auroità bon compte en fer coulé ; Gnon deux pièces de bois creufées par un Charron ou par un Charpentier, & garnies de cercles de fer, par un Maréchal ou par un Serrurier , fourniront les parties principales de cette machine , le Cordonnier viendra au fecours, & un peu d’induftrie fera le refte. Maisn’en-treprenez pas de refouler l’eau avec cette pompe à plus de fept ou huit pieds de hauteur, parce que le diaphragme , qui doit être fait avec un ou pluGeurs cuirs forts les uns fur les autres , ne fera point adez Gexible , à moins que vous ne le fadiez fort large; comme il fert de bafe à la colonne d’eau, avec peu de hauteur, il aura un très-grande charge à porter.
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- su» tE$ Expériences. 34f Neuvième Expérience.
- L e moulinet qu’on fait tourner --
- dans cette expérience , de quelque v11-façon qu'on le fade, doit être très- mseaioâ. léger , & très-mobile fur fon axe ; ri.rti.Fig. c'etl alfez qu’il ait quatre pouces de i0& i‘‘ hauteur avec fa monture , & qu’il fade fes révolutions dans un efpace circulaire de trois pouces de diamètre : on pourra s’y prendre de la maniéré fuivante pour le conftruire.
- Prenez un cylindre de bois qui ait quatorze lignes de longueur & fept à huit lignes de diamètre ; prolongez fon axe de part & d’autre, avec deux petites pointes de fer ou d’acier, que vous y chalferez à force , en ne leur laiflant que deux lignes de longueur à chacune, hors du bois ; puis ayant mis cette petite piece fur un tour à archet, ravalez les deux bouts fur la longueur de trois lignes, & ne leur laiffez que la moitié de leur première groffeur, que vous diminuerez encore en les arrondiflant du côté des pointes de fer. Divifez en cinq ou Ex parties égales, la circonférence de la partie cylindrique que vous avez ré-
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- II. Section.
- PL VII. Fig. 3*.
- 34.2 AVIS PARTICULIERS fervée au milieu , & pafTez fur chacune des divilions, un trait de fcie d’un bout à l’autre jufqu’à ce que vous rencontriez les bouts ravalés. Collez dans ces rainures autant d’ailerons , faits avec dubois très-mince, taillés fur un même modèle, chantournés fi vous voulez, & un peu plus larges en s’écartant du moyeu, que par le bout qui les y joint.
- Vous fufpendrez ce moulinet par Tes pivots fur deux petits montants de métal, élevés fur une bafe qui fera percée & taraudée" au milieu , pour s’attacher à lavis qui eft au centre de la platine de la machine pneumatique.
- Il n’ell pas befoin demettre un tuyau au trou du récipient, il fuflfit que ce trou foit à deux pouce# au-delfus du bord , & qu’il foit gros comme une plume à écrire ; j’ai dit Tome I. page 197. comment on perce le verre : & l’on fuivra la même inflrudion pour percer le flaçon de la Fig. 31. citée en marge.
- Dixième Expérience.
- L £ canon de verre avec lequel fe
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- sur les Expériences. 343 fait cette expérience ,pourroit avoir plufieurs pieds de longueur ; il fuffi-ra , pour le rendre plus maniable , qu’il ait douze à quinze pouces ; mais fon ouverture feroit trop grande , fi elle excédoit douze à quatorze lignes de diamètre : fl l’on n’en avoit point qui fut fermé & terminé par un bouton, comme celui qui eft repré-fenté par la figure citée en marge , on y fupplera , en prenant un tube que l’on bouchera par en-haut avec du liege & du maflic , en y ajoutant un petit couvercle de ferblanc garni d’un anneau , pour le tenir fufpen-du : ce qu’il y a deffentie! , c’eft de bien dreffer les bords , fur une plaque de métal avec du grès & de l’eau, afin que le morceau de papier s’y applique bien exaétement.
- Onzième Expérience.
- O N fait communément les fiphons ™____3
- avec des tubes de verre que l’on cour- ^ be au feu de lampe, mais on en peut mscct.pi. faire avec des tuyaux de ferblanc, ni. %• itou de toute autre matière capable de contenir les liqueurs.
- Si la branche d'écoulement eft un Ffiv
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- 344 Avis particuliers peu longue , comme de dix-huit à vingt pouces, & qu’elle foit recourbée" en en-haut & pointue, l’eau en fortira en ferme de jer; & elle fournira à plufieurs, fi au lieu d’un ajutage, on la fait fortirpar deux, trois ou quatre.
- Si par propreté , ou par crainte defucer une liqueur dangereufe, on ne veut point appliquer la bouche au bout de la branche d’écoulement, on pourra embrancher deffus, dans l'endroit le plus bas, un petit tuyau que l’on fera monter le long de cette branche & par lequel on fera la fuc-eion , en tenant l’orifice de la branche d’écoulement fermé avec le bout . du doigt : car dès qu’on verra la li-
- queur arriver en cet endroit, on cef-fera de fucer, & l’on ôtera le doigt, pour laiffer l’écoulement libre.
- Douzième Expérience.
- i' V1I' : : Cette expérience efl: fuffifam-leçoh. ment décrite tant par la Fig. 54. ci-r/EFÎ.fi',tée. en marge. que par le difeours îs I » qui y a rapport ; je dirai feulement f* que fi l’on ne peut pas fe procurer
- un verre d’une forme femblable à cel-
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- sur les Expériences. 34J le qui eft reprélentée , on fe contentera d’un bout de tuyau, le plus gros qu’on pourra avoir, dont on fera fceller ui i bout par un Email leur ou que l’on bouchera avec du liege & du maflic , recouvert d’une virole de ferblanc garnie d’un fond & d’un anneau pour fufpendre l’inflrument.
- Si l’on veut monter cet inflru-ment fur un piedeftal, on pourra imiter celui qui eft représenté par la Fig. 3 y. en fuivant ce que je vais ajouter.
- Vous rapprocherez les deux branche» du fiphon l’une de l’autre comme A , B , Fig. 3. vous ferez faire à celle-ci deux coudes en fens contraires , immédiatement au-delfous de la première, pour mettre le relie de fa longueur dans l’axe prolongé du tube de verre.
- Le Ferblantier fera avec du laiton ou avec du ferblanc, une boule com-pofée de trois pièces ; fçavoir d’une virole Ce, & de deux calotes D,E ; ces deux calotes feront percées au milieu; celle d’en haut pour recevoir une douille qu’on y foudera, & qui fera propre à recevoir la partie F s
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- 34S Avis îasticüueis celle d’en-bas, pour recevoir un autrè douille plus petite & qu’on y foudera auffi ; par -celle ci on fera palier la branche longue du liphon, Sc on l’y arrêtera avec une foudure , ou avec du maftic , de façon que l’eau qu’on mettra dans la boule C c, ne puifle point fortir par cette jon&ion.
- La boule C c, ainfi jointe au fi-phon , fe placera par fa douille fur un pied de bois H, percé d’un bout à l’autre , pour laiffer paffer la branche longue du liphon , quipafléra auffi dans le piedellal, quand la tige H, fera attachée deflus.
- Un des quatre côtés du piedellal, fera une porte, qui pourra s’ouvrir, fe fermer, & s’arrêter avec un crochet, & il y aura dans le fond, un va-fe pour recevoir l’eau qui s’écoulera par la branche du liphon.
- Pour faire ufage de cet infiniment, onlotera de deffiis la tige H; puis l’ayant renverfé, on fera couler deux ou trois pouces d’eau dans le verre F G, par la branche IB, on fermera l’orifice I, avec un petit bouchon de liege, & l’on remettra l’inf-trument fur fon pied. On verfera
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- sur les Expériences. 547 de l'eau dans la boule par l’orifice D,
- Si l’on débouchera le bout du tuyau I.
- Cet infiniment fera peint au vernis ou à l’huile ; on pourra même-l’enjoliver d’un cordon de coquilles attachées avec dumaftic autour de la douille qui reçoit la partie F, & autour de la bobeche de bois, qui reçoit la boule Ce.
- O n fait des verres à fiphons de Hgm se. deux efpeces ; aux uns, l’écoulement commence de lui-même, quand l’eau eft parvenue aune certaine hauteur dans la coupé;.aux autres, il faut le provoquer en fuçant.
- Pour faire cep de la première ef-pece , on tii^Pde la verrerie des grands verres à boire, qui ont la tige 0
- creufe & ouverte d’un bout à l’autre,
- & la patte bien convexe en-delfus.
- On prépare avec un tube à baromètre, un fiphon dont on fait paflerla branche longue à travers la tige, en l’y arrêtant avec du maftic ou avec de la cire molle , de maniéré , que l’eau qu’on met dans la coupe ne puilfe pas fortir par cette jonftion : la branche courte doit approcher tout près du fond de la coupe, & la
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- 548 Avis pak'ticïïuibs cou. bure du fiphon fe tient d’un travers de doigt plus balle que les bords du verre.
- Le verre étant ainfi préparé, quand on verfe de l’eau dans la coupe, elle s’élève en même-temps par la branche courte ; & quand on en met jusque par-deflbs la courbure du fiphon, l’eau coule par fon poids dans la branche longue, & cet écoulement une fois commencé , doit continuer tant que le bout de la branche courte fe trouvera plongé dans l’eau.
- Dans les cabinets des curieux, on trouve quelquefois des verres de cette erpece , dont le fiphon a les deux branches ferrées parallèlement l’une contre l’autre ; fouvent même ce fiphon n’eft autre chofe' qu’un tube droit, ouvert des deux bouts qui paf-fe à travers la tige , étant recouvert dans la coupe d’un autre bout de tube, plus gros Sc fcellé par en-haut. Ce fiphon eft recouvert par une figure d’homme creufe, dont la bouche fe trouve un peu plus haut que la courbure , de maniéré que l’eau n’y peut jamais monter,parce qu’avant d’y arriver elle commence à s’écouler par le
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- sur les Expériences. 54^ fiphon , qu’on ne voit pas ; voilà ce qu’on nomme la coupe de Tantale.
- Aux verres à fiphons de la fécondé efpece , la branche longue fort par un côté de la tige, & la courbure excede un peu la hauteur de la coupe ; de forte qu’on peut emplir le verre entièrement fans que l’écoulement commence de lui-même; mais quand un fois on la provoqué en fuçant, il continue quoiqu’on en retire la bouche , & inonde le curieux qui ne s’attend point à cet effet.
- Ces derniers verres avec leurs fiphons , fe font d’une feule piece aux Verreries , & font à-peu-prés formés comme le repréfente la figure citée en marge ; fi ce n’eft qu’il n’y a qu’une bouche d’écoulement, l'autre étant ou fupçrimée, ou non ouverte.
- Si l’on ne peut point avoir de ces verres fait exprès aux Verredes, on pourra y fuppléeren cherchant quel-qu’autre vafe convenable chez un Fayancler ,ne fût ce qu’un moyen récipient de machine pneumatique , de ceux qui ont un goulot ouvert , & en y fa. faut faire un pied par le Ferblantier.
- Figure H
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- 3jo Avis PARTiCtJtlERs p
- A la fuite des expériences qui fi font avec des fiphons, j’ai fait mention d’un infiniment de cette efpe-ce, avec lequel on pourroit comparer les pefanteurs fpécifïques de plu-fieurs liqueurs ; s’il vous prend envie de le conflruire, vous choifirez deux tubes de verre bien droits, longs de trente-deux pouces, & qui ayent au moins deux lignes de diamètre intérieurement ; vous les fouderez bout à bout l’un de l’autre , en fuivant ce que j’ai prefcrit, lorfque j’ai parlé de la lampe d’Emailleur, Tome I. page 217. Vous les plierez enfuite auprès de la foudure, comme il efl repréfenté en A , PL XIV. Fig. 6. 3c vous rendrez les deux branches parallèles entr’elles , à la diftance de deux pouces & demi l’une de l’autre.
- Pour contenir le fïphon dans cet état & le rendre plus maniable, vous l’attacherez vers le milieu de fa longueur , fur une planche mince Sc légère, longue de cinq à fix pouces, en faifant deux ligatures fur chaque branche , & vous boucherez l’une I des deux avec une boulette de cire.
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- ~ÎUR LES Expé RÏÏHCES. 3JH Enfuite vous chaufferez le coude en A, & vous appliquerez fur la partie extérieure, une petite maffe de verre fondu , puis fans perdre de temps vous foufflerez modérément par la branche qui eft ouverte, ou vous ferez fouiller par quelqu’un , qui s’y entende, afin de produire un renflement à l’endroit, où la maffe de verre a été ajoutée ; continuez de chauffer cette, partie & tirez-Ia pour lui donner la forme d’un' tuyau de trois ou quatre lignes de longueur , afin de pouvoir y ajufter la petite pompe avec du maftic, ou feulement de la cire molle ; & vous attacherez le tout fur une planche graduée comme dans la Fig. 6.
- Au bas de cette planche , vous placerez une tablette B, fur laquelle feront attachés, avec deda cire molle deux gobelets , pour mettre les liqueurs ; & afin qu’on puiffe les n’é-toyer , vous ferez enforte que la tablette qui les porte, puiffe s abaiffer, & fe féparer de la planche.
- Je ne propofe point ce fiphon , comme un moyen pour connoître avec précifion les diflérences des pe-
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- 3J2 Avis particuliers fanteurs fpécifiques, mais feulement pour les avoir par à-peu-près , ce qui peut être utile dans bien des oc-calions.
- AV I S
- Cencernant la Huitième Leçon.
- Première Expérience.
- - J l faut choifir pour cette expérien-
- LVI11' ce, une-veffie qui ne foit pas plus ntstâiôi.groffe qu’une orange ; celle d’un n.LFie. -agneau ou d’un cochon de lait fera très-convenable ; le tube de verre au bout duquel on la liera, doit avoir environ deux lignes de diamètre, pour y pouvoir faire couler l’eau aifé-ment.
- Pour imiter l’aâion d’un animal qui tére , & prouver en même-temps que le lait n’efl pouffé hors de la mamelle que par la prellion de l’air extérieur, on pourra faire l’expérience que voici.
- Faites paffer le bout du tubfe au bas duquel eft la veffie remplie d’eau colorée , à traversle goulot d’un récipient
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- $,ür les Expériences, jyj cipient garni d’un couvercle de cuivre dont le deffus foit bien droit,
- & couvert d’une rondelle de chamois mouillée; & ayez foin de l’y arrêter avec du maftic, de maniéré que l'air ne puiife pas s’infinuer par la jonction , comme dans la Fig. i. de la PI. XVI. Pofez fur le chamois mouillé , une efpece de pipe de verre A, dont les bords Soient bien dref-fés ; appliquez la bouche en a & fu-cez i fi le récipient eft plein d’air/ vous verrez que la liqueur colorée viendra abondamment par le bout du tube b ; & qu’au contraire il n’en for-tirarien, ii vous faites le vuide dans le. récipient après l’avoir appliqué à la machine pneumatique.
- Seconde Expérience.
- S i l’on veut fe contenter des par- <
- ties elfentielles de la balance hydrof-tatique , il Suffira d’avoir un fléau ni'sïai"^ bien fait, & bien mobile, garni de »
- deux petits baflins fous chacun desquels, il y ait un crochet, & que ce fléau , foit fufpendu , ou fou-tenu , entre deux vafes de verre un peu profonds. Mais fi Fon veut faire
- Tome II. G g
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- 354 Avis particuliers fervir cet infiniment , à répéter des expériences dans une école, & dans tout autre cas où il conviendra de les exécuter promptement, commodément, & avec propreté, on pourra le conftruire comme celui que je vais décrire. N’ayez point égard à la figure citée en marge , mais feulement à la Fig. 2. de la PL 16. de ce volume.
- A B, eft une caille doublée de plomb /avec une décharge au fond, comme celles des pompes que j’ai décrite ci-devant ; celle-ci a de plus un couvercle , qui entre à feuillure & qui s’arrête avec quatre crochets. Sa longueur ett de vingt pouces , fa largeur de fix pouces & demi & fa hauteur eft de cinq pouces ; toutes les autres pièces font deflinées en proportion avec celle ci.
- Le fléau CD, ett fait de la même maniéré & avec les mêmes attentions que j’ai prefcrites pour celui de la balance dont j’ai donné la conflruc-tion, au commencement des avis fur la feptieme Leçon , page 264. hors qu’il faut faire celui ci plus léger , parce qu’il n’eft point deftiné à por-
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- sur les.Expériences! yyy ter de grandes charges. Au lieu d’être fufpendu dans une chappe, fon axe eft foutenu par une fourchette montée fur une douille que l’on foude fur le couvercle de la piece F. Ce vaifleau ainfi que les deux vafes G, H, eft de cryftal , & porté comme eux, par un pied de bois attaché fur le couvercle de la caille.
- Le vaifleau F , eft un réfervoir qu’on emplit d’eau , & qui doit en communiquer, en G, ou en H, ou à tous les deux vafes à la fois quand il en eft befoin : il faut de plus que cette eau parvenue en G, 8c en H, tombe dans la caifle quand on n’en a plus affaire dans les vafes : il faut par conféquent entre les vafes ainfî' qu’entre eux & la caifle, des communications qui s’ouvrent & qui fe ferment.
- Pour cet effet, il y a fous le couvercle de la caifle, un tuyau I K , fur lequel font enbranchés trois autres tuyaux montans N, O , P, & qui porte aulîi deux robinets L, M, avec deux autres robinets à fes extrémités.
- Les deux robinets L, M, palfenr
- Ggij
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- 3;6 Avis particuliers à travers Tépaifleur du couvercle de la caiffe ; il n’en paffe que la tête des clefs 1 , m, qui font percées Amplement d’un trou diamétral à l’ordinaire. Les trois tuyaux N, 0 , P, traverfent non-feulement le couvercle , mais auffi les tiges des trois pieds de bois qui portent les vafes ; voyez-en la coupe R R.
- Le bout de chacune de ces tiges aune cavité cylindrique dans laquelle fe loge, une virole Q , garnie d’un fond percé pour recevoir le bout du tuyau montant que l’on y foude à l’étain. Cette virole porte des filets, de vis en dedans , & fon bord fupc-rieut eft garni en dehors d'un cercle plat qui repofe fur le bois , il faut que cette piece oit bien arrêtée, foit en entrant un peu à force , dans la place qu’elle occupe , foit que Te cercle qui la borde, foit attaché au bois avec deux goupilles rafées à fleur. Autrement, on courroit rifque de fatiguer la foudure du fond, en ôtant & en remettant fouvent les pièces qui s’y montent à vis.
- Les deux vafes G, H, font terminés par en-bas comme le vaiffeau /,
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- s tf 8 ies Expériences. 377 Si l’on garnit cette efpece de goulot d’une virole q, qu’on y attache avec du maftic , & quLporte fept à huit pas de vis avec un petit cercle qui forme une portée , & qui ferre un anneau de buffle mouillé entre lui Si le bord de la virole Q , dans laquelle il entre.
- Les clefs des deux robinets J ,2C, doivent être un peu longues, parce qu’il faut qu’elles traversent l’épaif-feur des petits côtés de la caifle, que l’on échancre pour cela par en-haut : elles font creufées de huit à dix lignes fuiyant leur longueur, avec un trou de côté i, qu’on fait répondre à l’une des oreilles & l’on y fait une marque ; le tuyau eft auffi percé en I Si en K , d’un trou qui fe trouve vis-à-vis celui de la clef quand on la fait tourner pour cela , on doit faire mouler en cuivre les robinets I, K , L l, & Mm , Si le Ferblantier fera le refie avec des feuilles de laiton , éq'oindra toutes ces pièces enfemble avec des foudures en étain.
- On voit par ce détail Si la portion des trois vaifleaux F, G , H, que celui du milieu étant plein d’eau»
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- Avis particuliers on peut en faire venir, dans l’un deî deux vafes des côtés , oudans tous les deux à la fois, en ouvrant les robinets m , l; on Voit pareillement qu’en fermant ceux-ci, on peutfaire palfer dans la caille l’eau qui eft en G ou en H, en ouvrant les robinets des deux bouts ; & enfin évacuer les. trois vafes, en laiffant les quatre robinets ouverts ; par ce moyen , on fait les expériences commodément, avec promptitude, & fans mouiller la table , ni ce qui pourroit être delfus. Il ne relie plus qu’à vuider la caille après ces opéra: ions.
- Commencez les expériences de la balance hydroftatique par celle-ci: ayant ôté le vafe G ou H, fulpendez au crochet d’un des balîins, un vafe cylindrique S , rempli d’eau aux | de fa capacité , & chargez l’autre baffin pour faire équilibre : arrêtez d’une main le vafe S, dans cette lituation , & avec l'autre main , plongez-y une boule de métal attachée au bout d’un fil de fer, ayant foin qu’elle ne touche , ni >e fond ni les parois du vafe ; alors ne retenez plus ce vafe avec la main j laiffez-le libre, & vous ferez
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- sur les Expériences. 359; yoir qu’il eft devenu plus pefant qu’il n’étoit, & qu’il emporte le poids qui eft dans le badin oppofé.
- Vous prouverez enfuite que cet effet ne vient pas de ce que la boule plongée eft de métal , en répétant l’expérience avec une boule de liege de la même grodeur ; car elle produira la même chofe que la première.
- Après cela remettez en place le vafe G , ou H, que vous avez ôté , fufpendez avec un fil de foie au crochet de la balance , une bille d’yvoi-re qui ait un pouce ou dix-huit lignes de diamètre, de maniéré qu’elle fe trouveau milieu duvafeG,parexemple . en équilibre avec un poids placé dans le badin oppofé : tenez le robinet m fermé , & ouvrez celui qui eft en 1 , pour faire venir de l’eau dans le vafe : & vous ferez remarquer que la bille d’yvoire fumage, étant devenue par cette immerfion plus légère que le poids qu’elle tenoit en équilibre.
- Ou fi l’on ne met que le poids qu’il faut pour la tenir en équilibre, lorfqu’elle eft entièrement plongée
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- %6o Avis particuliers dans l’eau , on reconnoîtra que ce poids eft moindre que celui qu’on a employé pour la tenir en équilibre dans le vafe rempli d’air.
- Troijleme Expérience.
- 11 .. Pour la balance dont il s’agit
- J ’ “y, ici, il faut un fléau très-léger & très-ra.Laior. mobile dans une chappe ; on fuivra ri.i.Fig.,. pQllr ceia ce qUe j’ai dit des balances précédemment, page 264. & ce que j’en ai dit encore, Leçons de Phy-fque , Tome III. page 67. & fuiv. & l’on exécutera de plus , ce que je vais ajouter ici.
- Le bras du fléau qui portera la boule de liege fera plus court que l’autre , afin que la chappe puiffe être ful'pendue à-peu-près dans l’axe du récipient ; l’autre bras , fur les deux derniers pouces de fa longueur, fera formé en vis, doi t !’écrou fera une petite poulie de cuivre, à laquelle on fufpenJra la balle de plomb avec un fil de foie doublé ; par ce moyen-là on la mettra aifément en équilibre avec le liege, fait en la fai-fant avancer vers le point d’appui , foit enl’en éloignant, voyez la F.g. 3.
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- sur LEfr Expérience*. j5r Il faudra donner au moins deux pouces & ,demi de diamètre àla boule de liege : on la fera de plufieurs rondelles collées les unes fur les autres ; & quand la colle fera féche, on arrondira le tout avec une rappe en bois , en finiflant avec un grolfe lime. Le liege doit être ehoifi , pour êtr® le plus léger qu’il fera poflible ; on pourra même évider, les pièces avant de les coller enfemble.
- On fera bien defufpéndre la chap-pe de maniéré qu’elle ne puiffe pas tourner fur elle-même; cela fe fera très-aifément, en lui donnant par en-haut deux mouvements de charnière, l’un de droit à gauche, & l’autre d’avant en arriéré.
- Je trouve qu’il eft plus commode, de fufpendre cette balance à un portant placé au centre de la machine pneumatique , que de l’attacher à la tige d’une boîte à cuirs, pour la fou-lever , quand on a,fait le vuide.
- Ce portant eft fait avec un lame de fer'poli & contournée comme T t ; la partie T, plus large que le refte , eft percée au milieu, pour être arrêté eavec un écrou formé en bouton. Tome II H h
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- 363 Avis particuliers fur un petit pied à patte dont la tige ell terminée par une vis; la patte dé ce pied , eft creufe en-deffous , afin que la vis excédente qui eft au centre de la platine de la machine pneumatique, ne l’empêche pas de pofer, & le bord ell un peu échancré en quelques endroits , pour donner un pairage libre à l’air du récipient, qui doit le rendre dans la pompe.
- La balance Sc fon portant écant placés , mettez bien en équilibre la boule de liege avec la balle de plomb; placez par-deflus, un récipient allez haut & allez large pour ne point gêner le mouvement de la balance ; & faites le vuide , fans remuer la machine pneumatique par aucune fe-coufie ; il eft prefque inutile de dire que les dimenuons de cette machine doivent être alfujéties à la grandeur du récipient.
- Quatrième Expérience.
- =* Le petit cylindre folide de cuivre x, k PI. XFI. Fig. 2. a trois pouces de fon-p/.gueur fur dix lignes de diamètre, avec tin petit anneau , auquel on joint un fil de laiton terminé en crochet par en-
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- surles Expériences. 363
- haut, pour le fufpendre au fond du vafe cylindrique X, où il y a un autre anneau ; & afin que celui-ci n’empêche pas ce vafe d’être pofé debout , le fond efl de deux ou trois lignes plus élevé que le bord.
- Le vafe cylindrique a une anfe tournante, & un crochet pour s’attacher à l’un des baffins de la balance c ou d ; 8c le dedans doit être bien ajufté au cylindre avant qu’on y fou-fle le fond.
- Cinquième Expérience.
- J E n’ai rien à ajouter à ce qui efl dit dans la Préparation de cette expérience ; mais pour achever de prouver, que la perte que les corps plongés font de leur poids, efl pro-portionelle à leur volume, & non à leur denfité, ajoutez celle que voi-
- Faites avec du taffetas, le plus mince que vous pourrez avoir , un fac qui contienne une once d'Eder-don, c’efl-à-dire, de ce duvet que le vulgaire appelle par corruption de nom Aigledon ; joignez à cela une petite ficelle longue d’une aune ou Hhij
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- 364 Avis particuliers environ : mettez le tout en équilibre contre un poids de plomb à une bonne balance , d’abord en laiffant prendre au fac tout le volume que • peut lui donner le duvet qu’il contient , en s’épanouiflant ; enfuite en ferrant ce même fac en différents fens avec la ficelle, pour le réduire au plus petit volume pofüble ; & vous verrez que dans ce dernier cas, il emportera le poids, qui le tenoit ea équilibre auparavant.
- Sixie-nc Expérience.
- mimm* S i vos deux billes mifes en équi-libre dans l’air , confervent cet état ,. ' ' 's‘ lorfque vous les ferez plonger dans deux maffes de la même eau , & qui auront la même température, vous ferez fûr que non-feulement elles pe-_ fent autant l’une que l’autre , mais auffi, que leurs volumes font égaux; ee qui eft effentiel dans cette expérience.
- Si en les faifant paffer de Pair dans l’eau , elles ne confervent pas leur équilibre, il faut un peu diminuer le volume de celle qui paroîtra la plus légère jjufqu’à ce que dans Peau, elle
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- foir en équilibre avec l’autre : lorsqu'elles rentreront dans l’air ; celle-ci fe trouvera trop légère , mais vous chargerez un peu le baffm de Son côté pour réparer ce défaut, & pour lors, foit qu’elles paffent de l'air dans l’eau, de l’eau dans l’efprit-de-vin , &c. pourvû que les liqueurs de part & d’autre Soient de denfités égales, les deux billes conferveront constamment leur équilibre; comme auffi elles le perdront infailliblement, fl l’une des deux liqueurs eft plus denfe que l’autre.
- Le réfervoir F, de la balance hy-droftatique ne pouvant fournir qu’une feule liqueur, fi l’on veut que l’un des deux vafes , en contienne une différente, il faudra l’y verfer d’ailleurs ; fuppofons qu’on veuille y mettre de l’eau-de-vie, on commencera par boucher le fond du vafe G ou H, avec un tampon de liege bien arrondi, & tellement ajufté que cette liqueur ne puiffe point tomber dans la caiffe ; on la tirera avec un Siphon quand l’expérience fera faite.
- H h iij
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- 366 Avis particuliers Septième Expérience.
- r O n fe procurera la phiole dont
- lie'*» on a befoin dans cette expérience, in. seaion. avec un bout de tube de verre de fl i. Fig. (. c;n(j ^ plx pOUCes (je longueur , gros comme pour y faire entrer le doigt, que l’on fcellera par un bout , & que l’on évafera un peu par l’autre , afin de pouvoir y lier plus aifément un petit morceau de veflie mouil-liée.
- On trouve chez les ouvriers qui . travaillent au feu de lampe, des figures d’émail qu’ils rendent légères, & qu’ils mettent en état de furnager les liqueurs , en leur ajoutant au-det fus de la tête, une petite ampoule de verre : pour le cas préfent on ne rifque rien de choifir ces figures trop légères ; il eft aifé de leur mettre au pied , quelque petite maffe de plomb, qui ne leur laide que le degré de légéreté qu’il leur faut pour fe fou-tenir à peine au-haut du tube.
- Dans le cas où l’on ne pourroit point avoir de ces figures d’émail , on y fuppléroit par une ampoule de verre fouillée à la lampe , à laquelle on
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- SUR LES EXPÉRIENCES. 3&J réferveroit un petit crochet ou anneau pour la charger avec du plomb Sc l’approcher de l’équilibre.
- . Le Chaudronnier fera un petit vafe de cuivre rouge qui contiendra de l’eau , &.dans le col duquel on fera paffer le tube rempli d’efprit-de-vin, avec la figure ou l’ampoule de verre plongée; & l’on fera chauffer ce bain-marie , fur la lampe que j’ai décrite au commencement des Avis concernant la première Leçon, ou fur une fembla-ble faite exprès pour lui.
- On pourra encore plus Amplement, verfer de l’eau plus que tiede dans une petite cucurbite de verre , & la couvrir d’un morceau de carton percé au milieu pour plonger par-là , le tube , qui fera retenu par fon orifice évafé: la tranfparence de l’eau & du verre , laiffera voir ce qui fe paffe dedans.
- Huitième Expérience.
- Suivez pour cette expérience, ag-1—* -* ce qui efl indiqué dans la Prépara- , ™', ti'on, en vous aidant des figures citées m.seflion. en marge. Au défaut du verre repré- £!g*'F:g'71 fenté par la Fig. 7. prenez un tube H hiv
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- 353 Avis particuliers' qui ait un pouce de diamètre ou environ , que vous fcellerez , ou que vous boucherez bien par un bout.
- Comme on fait defcendrela petite figure en y faifant entrer de l’eau par la prellion, on peut auffi la faire remonter, quand fon ampoule contient une trop grande quantité d’eau & qu’elle eft devenue par là trop pe-fante. Ayez un tube de cinq à fix pouces de longueur, monté fur une patte de verre à boire ; remplilîez-Ie ayec de l’eau , & plongez-y une figure d’émail dont l’ampoule contienne allez d’eau pour la faire aller à fond : fi vous mettez ce tube ainfî préparé , dans le vuide , le peu d’air qui fera relié dans l’ampoule, fe dilatera, ferafortir un partie de l’eau & rendra la figure affez légère pour remonter.
- Pour montrer d’une maniéré bien fenfible, comment les cadavres des animaux noyés furnagent au bout _ d’un certain temps , par tuméfaction , prenez une très-petite veffie , celle d’un jeune agneau, par exemple, où celle d’une grofle carpe, chargez-la de quelques grains de plomb ,
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- sur les Expériences: 369 lailîez y un peu d’air , & liez bien le col, afin qu’il ne puifte point en fortir; mettez cette veffie ainfi préparée dans un vafe de verre un peu long & rempli d’eau claire ; elle fe tiendra au fond : mais fi vous la faites palier dans le vuide , l’air renfermé dans la veffie , en fe dilatant, la fera groflïr, & vous la verrez venir à la furface de l’eau.
- Neuvième Expérience.
- Le tube qui monte parallèlement-------------
- au vafe cylindrique de la figure citée vin. en marge , fert à faire connoître avec uîJÂioL plus d’exaâitude la hauteur de l’eau : pi. i.fïf. j. il faut qu’il ait deux ou trois lignes de diamètre : le robinet d’en-bas ne doit laiffer aller l’eau, pour ainfi dire , que goutte à goutte quand on l’ouvre , afin qu’on ait le temps de juger fi l’eau eft defcendue au point où on l’attend.
- Dixième Expérience.
- L’A RÉOMETREOU pefe-liqueurs ------------;
- commun qu’on employé dans cette Ljv1i^k expérience eft très-connu, & l’on peut m. sesmn. aifément fe le procurer par-tout où.^Fis-‘*
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- 370 AVIS PARTICULIERS il y a des Emailleurs, ou des faifeurs de Baromètres. Si l’on fçait travailler à la lampe , on le conftruira foi-même en choififlant un tube de verre bien cylindrique de deux lignes ou environ de diamètre , au bout duquel on foufflera une boule groffe à-peu-près comme un œuf de poule , & au-delîous , une autre boule plus petite féparée de la première par un étranglement. C’eft dans cette dernière cavité qu’on met du mercure , ou des grains ds plomb , pour lefier l’inflrument de maniéré qu’étant plongé dans l’eau commune , il s’y enfonce avec le quart de la tige qui peut avoir quatre ou cinq pouces de longueur. Alors on fait entrer dans cette tige un petit rouleau de papier fin , fur lequel on a marqué des divifions en tel nombre que l’on veut, & l’on bouche le haut de l’inflrument avec un peu de cire molle.
- Comme dans l’ufage de cet infiniment , il importe beaucoup d’avoir égard au degré de chaud ou de froid de la liqueur dans laquelle on le plonge, au lieu de faire la graduation fur un papier roulé , on peut la mar-
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- sur les Expériences. 37Ï quer avec du vernis coloré, fur un tube capillaire dont un bout foit plongé dans, le mercure qui fert de lefte , l’autre reliant ouvert & paf-fant de quelques lignes hors de la tige de l’aréometre, où il doit être joint avec de la cire molle, afin qu’il ne refie point de communication entre l’air extérieur & celui qui eft renfermé dans l’aréometre; parce moyen non-feulement on verra jufqu’à quel degré l’inltrument s’enfonce dans fa liqueur , mais on reconnoîtra en même-temps , par l’élévation ou l’abaiffement du mercure dans le tube capillaire , fi le degré de chaleur ou de froid eft le même que celui d’une autre liqueur, où l’on auroit plongé l’aréometre immédiatement auparavant.
- On fera un aréomètre qui marquera les plus petites différences de pe~ fanteur fpécifique , en leftant avec du mercure ou avec du plomb , un flacon de verre plus long que large, & d’une figure ovoïde (a) , afin qu’il
- (a) Si l’on eft à portée d’une Verrerie, on fe procurera aifément un flacon capable de contenir environ une chopine de ligueur, &
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- 572 Avis iarticueier $ éprouve moins de réfiflance-tant en jnontant qu’en defcendant dans les liqueurs , & en y mettant pour tige un fimple fi! de aiton un peu pins gros qu’une épingle: ce fil de métal aura, fi 1 on veut, quinze ou dix-huit pouces de longueur ; & l’on faura le chemin qu’ii fait en montant & en defcendant. par le moyen d’une réglé divifée en pouces & en lignes, que l’on tiendra vis-à-vis, & parallèlement à lui.
- Le pefe-liqueurs commun , celui deBoyle , dont j’ai parlé jufqu’à pré-fent peut bien nous faire connoître qu’une liqueur pefe fpécifiquement plus ou moins qu’une autre , ou que fa denfité varie en tel ou tel cas ; il peut même nous faire fentir juf-qu’aux moindres différences , lorf-qu’il eft bien fait, & manié avec attention & avec adreffe ; mais il nous Jaiffe ignorer la valeur de ces plus &
- qui ait la figure d’un œuf fort allongé ; finon , l’on trouvera chez les Fayanciers des bouteilles de cette forme, dont les voyageurs fe fervent pour porter avec eux une petite provifion d’eau-de-vie : elles font pour l’ordinaire un peu applaties, mais elles n’en font pas moins
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- sur les Expériences. 375
- de ces moins qu’il nous montre, parce que fes degrés d immerfionfont arbitraires , & qu’ils n’ont aucun rapport connu avec la maffe qu’il déplace dans une des liqueurs que l’on met en expérience. L’inftrument aura donc un mérite de plus , & un mérite important pour la Phylîque expérimentale , s’il efl conftruit ou employé de maniéré , qu’on puifl'e apprécier au jufte les différences qu’il indique, & connoitre par-là, de combien une liqueur eltplus oumoinsdenfe qu’une autre.
- Pour parvenir à ce but, il faut fe rappeller ce principe d’hydroftati-que , fçavoir , qu’un corps plongé dans une liqueur , & qui ne s’y enfonce point entriément, déplace par fa partie plongée, un volume de cette liqueur dont le poids eft égal à la totalité du lien ; d’où il fuit que fl l’aréometre pefe une once, on efl fûr en le laiffant defcendre librement dans l’eau , dans le vinaigre , dans l’efprit-de-vin , &c. qu’il mefurera toujours par fon immerlion, un volume de liqueur pefant une once.
- Mais le volume d’efprit-de-vin dé-
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- 574 Avis particuliers placé de cette maniéré & pefant une once, fera plus grand que le volume d’eau , celui-ci plus grand que le volume de vinaigre , &c. &l’on doit fe fouvenir , que les pefanteurs fpé-çifiques font en raifon inverfe des volumes ; c’ell-à-dire , que de deux portions de matière . dont les poids font égaux , l’une eft d’autant moins denfe , ou d’autant moins pefante fpécifiquement, qu’elle furpalfe l’autre en grandeur : de même que quand les volumes font égaux, la différence des poids donne celle des denG-tés.
- 11 y a donc deux moyens de déterminer le rapport des'denGtés de deux liqueurs , par l’immerfion d’un corps qui fumage en partie comme l’aréometre : car premièrement on peut, en augmentant fon poids, le forcer de defcendre dans la plus denfa autant qu’il eft defcendu dans la plus légère ; alors les volumes déplacés feront égaux , & le nouveau poids dont on aura chargé l’inftrument exprimera la différence des pefanteurs îpéciffques , eu égard à la quantité de liqueur déplacée par l’iminerGon
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- sur les Expériences. 37P de l’aréometre : fi, par exemple, cette quantité eft d’une once , comme nous l’avons füppofé, & qu’on ait ajouté vingt-quatre grains au poids de l’inftrument, pour le faire defcen-dre dans la plus denfe des deux liqueurs autant qu’il étoit defcendu dans la plus légère, on peut conclure que leurs pefanteurs fpécifiques, différent de ving-quatre grains fur la quantité d’une once ; & comme cette différence fuivra proportionnelle -ment la quantité, ( qu’elle quelle foit ) de ces mêmes liqueurs comparées , on peut dire généralement, & en ré-duifant le tout en grains, que leurs denfités ou pefanteurs fpécifiques font entr’elles, dans le rapport de 600 à 5-76, ou en ufant de la plus petite ex-preffion. comme vingt-cinq à vingt-quatre.
- Cette méthode eft celle qu’a fuivi Fareinheit, & qui me paroît la plus fimple & la plus aifée dans la pratique : fon aréomètre ne diffère de celui de Boyle , qu’en ce que fa tige eft plus courte & plus menue ; elle n’a point de graduation , mais feulement une marque faite avec un fil ou au-
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- '376 Avis particuliers trement , pour faire connoître que l’immerfion eft toujours égale ; & elle eft terminée par un petit plateau fort léger, fur lequel on pofe des poids avec une pince, pour la faire defcendre jufqu à la marque dont je viens de parler.
- Secondement on peut conferver à l’aréometre un poids toujours égal & connu , & marquer fûr fa tige des degrés d’enfoncement qui indiquent d’une maniéré fure la différence des volumes qu’il déplace , en paffant d’une liqueur dans une autre.Car il eft certain que fi déplaçant toujours une once de liqueur , par exemplé , il s’enfonce davantage dans l’une des deux ; ce plus en volume déplacé , annonce & mefure le moins en denfi-té. Il s'agit donc de divifer la tige de l’inftrument de maninere que les degrés d’enfoncement faffent connoi-tre au jufte de combien la denfité eft moindre , & vice verja : c’eft ce que M. Briffon vient d’exécuter d’une maniéré qui ne laifle rien à délirer ; il établit pour cela une réglé générale qui met les Phyficiens en état de conllruire & de graduer des aréomètres
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- su* ifs Expériences. 377 métrés tant pour lesliqueurs plus den. fes que l’eau commune , que pour celles qui le font moins ; car il n’ell guère pofïible que le même puifîe aller à toutes ; & il a joint à cela des Tables d’une étendue fiiffifante pour toutes les liqueurs connues &qui rendent l’ufage de cet infiniment très-facile : je m’abftiens de faire connoî-tre en détail cette nouveauté, qui efl: pour-tant bien intéreflante , pour ne point prévenir la publication qui en fera faite bien-tôt dans les Mémoires de l’académie Royale des Sciences , & pour ne point pafier les bornes que je me fuis prefcrites dans cet ouvrage-
- Tome II.
- Ii
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- 37S Avis particuliers
- AVIS
- Concernant t'Appendicefuries tubes capillaires, & fur les caufes de la fluidité & de la folidité des corps.
- S i l’on eft muni d’une lampe cPE-Appt-ndke. mailleur , & qu’on la fâche un peu pi "il r!j. man'er > on préparera aifément foi-ji» n , i“, même tout ce qui efl néceflaire pour *’ ’ b lS" les quatre éxpériences de cet article ;
- finon , pour s’en approvifionrter, on profitera descourfes que font perpétuellement les faifeurs de baromètres, foit pour vendre leurs ouvrages , foit pour aller aux Verreries éloignées , chercher les verres dont ils ont befoin.
- Pour cannoître dans quel rapport font les diamètres de deux tubes capillaires , on y fera pafler fucceffive-ment la même quantité de mercure; fi les longueurs que ce mercure remplit dans l’un & dans l’autre , font égales entr’elles , c’efi; une preuve que les diamètres font égaux; s’il occupe dans l’un des deux, quatre fois
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- sur les Expériences. 379 plus de langueur que dans l’autre, c’eft une marque que celui-ci a le diamètre double du premier ; & s’il s’étend dans le plus petit,fur unelon-gueur neuf fois plus grande, vous concluerez que le diamètre n’eft que le tiers de celui du plus gros tube ; en un mot les différences er. diamètre, feront comme les racines quarrées des longueurs, en fuppofant les tubes cylindriques. Et vous connoîtrez s’ils le font, en remplifiant une portion de leur longueur avec du mercure , que vous ferez aller d’un bout à l’autre; car, s’il ne s’étend ni plus ni moins en longueur , dans un endroit que dans l’autre , c’eft une marque , que le diamètre du tube ,eft le même par-tout.
- Si vous voulez faire voir que l’effet des tubes capillaires a lieu dans le vuide , vous en attacherez un ou plufieurs fur une petite bande de carton blanc, que vous ferez tenir au bout de la tige d’une boîte à cuirs ; 6c quand vous aurez fait le vuide dans le récipient, vous poufferez la tige, pour faire toucher le bout inférieur des tubes, à la liqueur que vous au-'
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- 2%o Avis particuliers rez placée dans un petit gobelet fut la platine de la machine pneumatique.
- Première Expérience.
- t- —- Pour faire tenir enfemble les
- A,lrn?pï. deux corps A & B de cette expérien-u iig.it. ce, vous ferez bien de les enduire avec une matière grafie un peu plus épailfe que l’huile d’olives pure, avec un peu defuif, par exemple ; & pour les faire defcendre dans l’eau, fans rifquer de cafler le vafe, comme cela pourroit arriver fi la piece B , qui eftfort lourde , venoit à glilfer , vous prendrez deux bouts de fil longs d’une demi-aunè, vous les nouerez enfemble au milieu de leur longueur, & vous les étendrez en croix fur une table , vous placerez les deux corps A Se. B unis l'un à l’autre, fur le milieu de la croifure, & ayant relevé les quatre bouts de fils que vous tiendrez réunis, vous ferez defcendre les deux corps au fond du vafe plein d’eau.
- Quand vous les aurez retirés, vous les elfuierez bien pour enlever exactement toute la matière gtalfe , vous
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- sur les Expériences. les mouillerez pour les rejoindre , âc vous les plongerez comme aupara-: vant.
- Seconde Expérience.
- J’ai un peu changé l’appareil de = cette expérience pour la rendre plus ^ppj fimple , & pour n’être plus en dan-ii.Eg. ger de cafier les récipients, lorfque10, les corps polis viennent à fe quitter dans le vuide.
- A , B , PL XVI. Fig. 4. font deux molettes , de deux pouces | de diamètre , que l’on fait fondre en cuivre fur un modèle de bois ; on les tourne enfuite , & l’on dreffe à la régie les deux faces qui doivent fe toucher :
- & pour que leur contaét foit plus exaéf , on achevé de les drefl'er & de lesdouciren les frottant avec du fable & de l’eau fur une plaque de métal bien plane ou fur un morceau de glace de miroir.
- La molette A porte , comme l’on voit, un bouton percé avec un anneau , & quand elle eft jointe à la molette B , on fufpend l’une 5c l’autre ainfi affemblées, dans une efpe-ce de cage C, compofée de quatre
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- '* ‘582 A vis p a r.t t c u t i i r s" montants qui s’élèvent parallèlement entr’eux , fur une bafe de bois tournée D , & qui font courbés par en-haut pour s’affembler à vis dans un noyau couronné d’un petit vafe.
- La bafe D eft percée au milieu, afin de pouvoir fe pofer à plat fur la plati-nedelamachinepneumatique,fansque lavis excédente du centre l’en empêche; & les quatre montants , qui font faitsavecdu gros fil de laiton,n’y font qu’implantés, afin qu’on puifle quand ' ©n le veut, enlever la cage de deffiisfa bafe. Le noyau d’affemblage , & le petitvafe qui le couronne font d’une feule piece de cuivre coulé , que l’on façonne autour; il faut que les quatre montants embraffent les molettes fans les gêner, afin que quand on a fait le vuide , celle de deffous puifie tomber librement.
- Si ces molettes font bien drefîees &bien doucies , en les joignant l’une à l’autre après les avoir mouillées , & les laiflant ainfi unies , pendant un ou deux jours, on fera voir que leur adhérence eft plus forte , qu’elle ne-devroit l’être , fi elle n’étoit caufée , que par la feule preflïon de fait
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- sur les Expériences. jSj greffier: car elles ne fe répareront pas dans le vuide ; & dans l’air libre il faudra pour les féparer , employer un poids plus grand que celui de la colonne d’air qui répond à la molette d’en-bas. Pour cette expérience, il faudra ajouter un crochet de fer ou d’acier fous la molette B.
- A la fuite de ce que j’ai dit dans les Leçons de Phyfique , touchant les caufes de la fluidité des corps, j’ai cité des exemples de Coagulum que vous pourrez êxécuter , en conlul-tant pour les drogues qu’il faut y employer , la fécondé Partie de cet ouvrage, Tome I.
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- 384 Avis ï articuliers
- AV I S.
- Concernant la Neuvième Leçon. Première & Deuxieme Expériences.
- ri.
- e s* pièces indiquées dans la Préparation de cette expérience peuvent s’ajuller aux revers de la planche qui porte celle de la deuxieme expérience , cinquième Leçon I. Sed. & dont j’ai fait mention pag. 148. il faudra feulement y percer vers les deux tiers de la hauteur, une rainure à jour qui s’étende d’environ cinq pouces de gauche à droite, ou de droite à gauche comme Q q, Fl. XVU. Fig.
- Le levier N O , a quinze pouces de longueur, il eft fait d’une lame de fer ou d’acier poli , large de cinq lignes, avec une ligne & demie d’é-pailfeur , & il doit être calibré d’un bout à l’autre ; il porte à fes extrémités deux trous fraifés , pour recevoir les poids qu’on veut y fuf-pendre, & trois divilïons, fçavoir,
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- sur les Expériences. au quart, au tiers, & à la moitié de fa longueur.
- Ce levier gliffe dans une noix de cuivre L, garnie d’un reflort, afin que le frottement, foit plus fort & plus égal , & que le levier demeure comme fixé à 1 endroit où- on l’a arrêté. Sur la face fupérieure de cette noix on a fait un trou évafé M, par lequel on peut appercevoir les points de divifion du levier , & au milieu des faces larges, il y a deux petites pointes d’acier , oppofées l’une à l’autre dans la même ligne & fur lef-quelles le levier tourne quand il efl dans fa châfTe.
- La châlïe efl faite avec une lame de laiton pliée, comme K ; elle eft montée à vis fur un pied tourné qui a un pouce de longueur, avec une portée large, & un quarré qui glifle d’un bout à l’autre de la rainure Q q , & qui s’arrête où l’on veut, par le moyen d’une vis qui excede la partie quar-rée, & qui eft reçue par un écrou. Sous cet écrou on fera bien de mettre une rondelle tournée en goutte de fuif, & enfilée fur la vis.
- La cbâfle étant ainfi placée, on j
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- fait entier , la noix L M , chargés du levier; l’une de fes. pointes eft reçue dans un trou de poinçon fait au bout du pied fur lequel la châtié eft viffée , & l’autre par un pareil trou fait au bout d’une vis k, qui traverfe l’autre branche de la châtie. Alors le levier fe meut dans un plan parallèle à celui de la planche, & qui en eft diftant de quinze à feize lignes.
- Si l’on veut faire l’expérience avec un levier du premier genre, dont les deux bras foient égaux, il fuffira de fixer la châtie au point q, & d’attacher aux deux bouts, les poids qui reprétentent, la puiffance & la rélif-iance. Mais fi les deux bras du levier doivent être inégaux, avant que d’y appliquer la puiffance & la réfiftan-ee , il faudra i°. faire avancer la châffe dans la rainure q Q, autant qu’on aura fait gliffer le levier en fens contraire, dans la noix L M, afin qu’il réponde toujours à la partie n e de la planche : 2°. il faudra mettre le levier en équilibre avec lui même. en chargeant le plus> court des deui Jpras ; ce qui [p fera afferment avec ut.
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- StT* IBS ExîÏR lENfiES. 587 curfeur i, garni d’un crochet auquel on attachera un petit poids ; & qu’on fera avancer ou reculer. Ce curfeur fe fera avec une petite lame de laiton fort mince , qu'on pliera pour la faire tourner autour du levier , & dont les deux bouts ne feront point foudés , afin qu’ils faflent relfort en l'embraf-, fant.
- Si l’on veut mettre en expérience un levier du fécond ou du troüîeme -genre , on portera la châlfe à l’extrémité Q de la rainure , & l’on fera agir la puiffance par une poulie qu’on difpofera comme je vais l’enfeigner.
- Faites une poulie R, de buis ou de quelqu’autre bois dur ; qu’elle foit fixée fur un axe d’acier ou de fer , terminé par deux pivots fort menus , bien ronds , & bien adoucis , avec deux portées qui empêchent que les faces de la poulie ne touchent à la cliappe. Ajoutez-y une bride S , qui puiffe glifler fur toute la longueur d’unelame de fer poli Tt, à-peu-près femblable au levier , & dont vous attacherez les deux bouts fur la planche avec des vis en bois, en intér-pofant deux rondelles de quatre li-;
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- poulie doit être mefuré de maniéré, que le bout de la corde qui prendra lelevier, monte d’à-plomb ¶lle~ lement à la planche.
- Suppofons maintenant que le levier foit du fécond genre, vous mettrez la noix L, ( c’elt-à-dire le point fixe ) en IV, & vous l’arrêterez au point Q de la rainure ; vous porterez la poulie au point r; vous attacherez la corde V au bout O du levier , & vous le foutiendrez en mettant à l’autre bout X de la corde , 1« poids qui fera néceffaire. Après cela vous placerez la réfiftance , à telle divifion du levier qu’il vous plaira, & la -puilfance au crochet x, qui eft au - deffous du badin ou petit fceau.
- Quand le levier fera du troifieme genre, vous amènerez la poulie, au-aefibs du point de divifion, que vous aurez choifi fur le levier ; vous y attacherez la corde V, 8c vous char-
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- sur les Expériences. 389 charge le levier , font fondus en plomb ou en cuivre, & tournés en forme de poire , comme P , avec un creux en-deffous, au fond duquel efl un anneau,comme on le peut voir par la coupe p. Cela e(l commode pour attacher plufieurs poids les uns fous les autres , car ils ont tous chacun un crochet. Il faut en avoir fix, pefant chacun quatre onces , & fix autres pefant chacun deux onces, attachés à deux portans , comme F.
- On poura, fi l’on veut, defiiner fur la planche quelques-uns des arcs que doivent décrire la puilfance & la ré-fiftance , leur pofition étant donnée, fur tel ou tel levier. 11 faut avoir en modèles, les machines les plus Amples , qui fe rapportent au levier , tels que le pied-de-chevre des Maçons, les rames des Bateliers , le couteau du Boulanger, la bafcule des Enfants, les différentes fortes de pinces , de tenailles , de cifeaux , &c.
- On pourra joindre à tout cela, une petite machine avec laquelle on con-noîtra fi une perfonne a plus de force qu’une autre dans les doigts ; B C, Fig. 2. eft un petit cylindre de fer Kkiij
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- 3^o Avis t articulIers ou d’acier bien poli , qui a deux pouces & demi de longueur , fur trois lignes de diamètre. Au milieu de fa longueur eft alfemblé & rivé un gros fil de métal, long de neuf pouces, divifé par lignes, & fur lequel gliffe à frottement une petite maffe D de cuivre , qui pefe environ trois onces. Il faut pincer le cylindre en B & en C, entre le pouce & l’index de chaque main , & tenir le levier qui porte la maffe D, dans une fituation horizontale; on voit bien que plus cette maffe fera éloignée du cylindre, plus il faudra de force dans les doigts, pour la foûtenir dans cette polition.
- Troijicme , quatrième (r cinquième Expériences.
- Le levier qu’on employé dans ces expériences , eft femblable à ce-od. lui des deux précédentes, hors qu’il ’g eft traverfé au milieu de fa longueur par un axe long de deux pouces , & terminé par deux pivots tournés bien ronds & fort menus. Ces pivots font reçus d’une part, dans une petite plaque de cuivre A, Fig. 3. & de l’au-
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- SUR LES ExfiÊRIESUES. tfe par une petite confole B, qui eft traverfée par une vis un peu forée au bout. Cet aflemblage s’attache avec une ou deux vis , en-haut & au milieu de la planche qui eft repréfentée par la figure ij. citée en marge, u l’on n’aime mieux la chantourner comme celle dont j’ai donné le contour par la Fig. i. PU XVI. en fupprimant la rainure à jour
- Qî-
- Au lieu de faite porter la poulie ; par une régie qui glifle dans une cou-lifle, il fera plus fimple & plus commode que la corde comme EF, E G, fafle des angles aigus avec le levier , & qu’il y ait au bas de la planche quelques trous pour y placer Une poulie K ou k, qu’on fera tourner très-librement fur l’extrémité d’un petit pilier de métal. Le levier fixé au milieu de fon axe, fera fes mouve-
- ments dans un plan parallèle à la fur-face antérieure de la planche : il faut que la gorge de la poulie foit à la même diftance , afin que les poids pe touchent point, & que la corde qui vient du point E, foit comme le levier , parallèle à la planche, Kkiv.
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- 35>a Avis particuliers
- Vous tracerez fur la planche, une p"‘>' ligne horizontale D E , qui ait la même longueur que le levier, & dont le milieu marqué par la lettre C, réponde juftement à l’axe fur lequel il fe meut. Si le bras CE, a fept pouces & demi de longueur , comme nous l’avons fuppolé , marquez le point b k Rx pouces, & le point /, à trois pouces du centre C.- d’écri-ez-les arcs b de, & f g k , & menez les tangentes EF, EG, furlefqüel-les vous ferez tomber les perpendiculaires Ci, C g, qui font les finus des angles CEF, CE G ,8c qui font double l’un de Pautre, parce que les deux rayons b C, f C, font dans le rapport de deux à un.
- Appliquez enfuite le levier fur fa planche de maniéré qu’il foit parallèle à la ligne D E. Si les deux bras font bien égaux de longueur, à compter des points de fufpenfïon au centre de mouvement C, (ï d’ailleurs ils font bien en équilibre entr’eux, en y fufpendant deux poids égaux, comme £ H, DI, l’équilibre fubfiftera, foit que le levier relie dans la pofi-tion horizontale, foit qu’on l’incline.
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- sur les Expériences, jpj Mais fi le levier étant placé comme DE, on rend la corde E H, parallèle ࣠F, par lemoyende la poulie K placée en F, le poid I, quoiqu’il foit le même qu’en H, ne fuffi-ra plus pour faire équilibre au poids
- La corde refiant comme E F , mettez un moindre poids en L, pour rétablir l’équilibre avec le poids 1. Enfuite portez la poulie plus loin, de façon que la corde foit comme E G, & vous ferez voir, que pour entretenir l’équilibre avec le poids L , il faut doubler le poids I.
- Manivelles Jimples , & coudées.
- Tout ce que j’ai dit touchant 1 *
- les manivelles fe démontrera fenfîble- L IIÎX„„, ment, par le moyen des deux machi- i. s*a. Fines que je vais décrire. La première “ ( Fig. 4. ) efl compofée d’une planche chantournée qui a quatorze pouces de hauteur, élevée d’à-plomb fur un autre bout de planche qui lui fert de bafe, avec deux gouffets par derrière pour maintenir l’affemblage.
- ABC, repréfente cette machine vue de face, & a b c, en efl le profil, d,
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- 394 Avis f articui.iers eft une bobine, ou un petit treuil t dont l’axe eft prolongé de part & d’autre, avec des pivots & des portées ; d un côté il eft fouténu par une lame' de métal e qui eft coudée , 8C attachée au haut de la planché avec une vis. De bautre côté le pivot eft allez long pour traverfef Tépaiffeur de la planche, & fe joindre à une" manivelle F G , qui a trois pouces & demi de longueur. Pour diminuer le frottement, on à fait dans la planche , le trou un peu plus grand qu’il ne faut pour le paflage du pivot , & l’on a noyé dans l’épaifléur du bois , une petite lame de métal percée jufte à fa groffeur. Sur le bout de ce pivot qui eft un peu gros, on à formé un quarré avec une portée , pour recevoir la manivelle , qu’on y retient par une goupille, ou par un écrou.
- Au bout g de la manivelle, on a rivé une tige de fer h, qui a environ trois lignes de diamètre fur deux pouces de longueur , le relie étant diminué de deux tiers & limé rond. Sur cette derniere partie on enfile une lame de métal ou de bois k, d’un pied de longueur , dont le bout eft
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- SUR LE S ExPÉRI ENCES. Jpp percé' comme il convient, pour y avoir un mouvement libre ; & par-def-fus , l’on chaffe un peu à force , un manche de bois i, mais de maniéré qu’il ne gêne point le mouvement de la lame %
- On attache au treuil une ganfe fine,' & au bout qui pend , un poids p, d’environ une livre. Ce poids agif-fant par un treuil, produit une réfïf-tance uniforme & confiante ; & (t l’on mène la manivelle par la piece K, pouffée ou tirée parallèlement à elle-même , on s’appercevra bien , que la force qu’on y employé , n’efl pas la même dans tous les points de la révolution.
- Voici un modèle propre à faire Voir l’avantage des manivelles coudées : il faut choifir du fer bien doux, & qui ne foit point pailleux ; en faire forger un barreau de trois lignes en quarré , fur dix huit pouces de longueur, & le couder en douze endroits pour former trois efpeces d’étriers ; comme ABC, Fig. y , dont chacun ait un pouce & demi de profondeur, en obfervant que les parties a b cd, foient bien alignées. On poura, pour
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- 356 Avis jaeticuiiies plus de facilité, faire tous ces coudes dans un même plan ; mais quand ils feront faits, il faudra les difpofer en tiers-point comme D , en tordant un peu les parties a, b, c, d, qui repréfen-tent l’axe des.trois manivelles A, B, C.
- Chaque manivelle, comme onvoit, eft compofée de deux bras L , L , & d’une troilîeme partie E, qui les lie, & par laquelle on les fait agir fur la réfiflance. Cette derniere partie dans notre modèle n’a que neuf à dix lignes de longueur ; elle eft ravalée au milieu, arrondie & bien adoucie pour recevoir un collet F, qui n’eft autre chofe qu’une petite lame de laiton , qui l’enveloppe , & dont les deux bouts rejoints font percés, pour y fulpendre un poids avec un fil de métal.
- Les trois manivelles ainfi préparées , font placées fur deux montants
- G, G, chantournés , évidés comme g, & élevés d’à-plomb fur une bafe
- H, à fix pouces de diftance l’un de l’autre. Le haut de chaque montant eft ouvert pour laiffer defcendre le pivot de l’axe a d, fur une petite pie-
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- stnt les Expériences. 39f cé de cuivre entaillée dans le bois, & creufée en demi-rond ; une pareille piece fe met par-deflus, & le tout eft recouvert d’une languette de bois qui entre à coulifle, & qui eft retenue enfuite par une goupille. Le bout de l’axe a , porte une manivelle garnie d’un manche, avec laquelle on fait tourner les trois manivelles coudées, chargées de trois poids égaux. On peut remarquer alors que la réfiftan-ce eft uniforme pendant toute la révolution.
- Sixième £r feptieme Expériences.
- O N fuivra exactement pour ces deux expériences , ce que j’ai pref-crit dans leurs préparations : dans celle de la fixieme, il y a une faute d’impreftion qui s’éft gliffée dans quelques Editions : on fufpend enfuite au poids C, Src. il faut lire au point C. Au lieu d’ôter les deux petits poids p,r, il fera plus fimple & plus commode d’attacher leur équivalent au poids qui eft en C.
- Les leviers qu’on emploie dan* ces expériences, ne font autre chofe que des gros fils de fer, bien adou-
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- £p8 Avis ÏÀRTICULtERS pis à la lime , & aux bouts defqueli on fo«ne des petits anneaux avec une pince ronde : fl celui de la fixieme expérience a quinze pouces de longueur , on n’en, donnera que douze à celui de la feptieme.
- Huitième & neuvième Expériences;
- — Consultez les figures citées ne en marge & la defcriptxon que j’ai ^'^2 "p, fait de la machine dont il s’agit; il ni. Kg', ij.fuffira qu’elle ait un pied de hauteur, bli- Sc que les leviers faits, comme je l’ai dit ci-deflus, avec du gros fil de fer ,
- . ayent douze à quinze pouces de longueur. La fourchette qui porte chacune des poulies doit être faite avec deux lames de métal afTemblées fur une virole, dans laquelle on fait entrer le bout du pilier ; & afin qu’il ne tourne point, la partie d’en-bas qui gliflê dans la rainure , doit être platte, avec un bout de vis au-deffous pour être arrêté avec un écrou ; c’eft pourquoi la bafe doit être montée liir une parclofe , qui l’éleve un peu.
- , Au fl-eu d’entailler le levier F G, en-deffbus pour le placer fur le fupe
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- .Ïl/K ÎÏ.JBS ExPÉR IïHCïJ. port E E, on poura enfiler fur celui-ci un petit curfeur , qui porte en-deffous , un anneau ou un crochet , dans lequel on fera palfer le levier F G ; cela fera très-commode pour trouver fur l’un & fur l’autre , l’endroit q.ui doit donner l’équilibre que l’on cherche. Ce curfeur fera fait, li l’on veut avec un fil de laiton gros comme une épingle, qu’on tournera deux ou trois fois fur le fupport EE, & dont le bout fera tourné en forme d’anneau, avec une pince ronde.
- Les Balances.
- On confultera pour Ta conflruc-'-"1—-^ tion des balances, ce que j’en ai dit , ^ dans les Leçons de Phyjîque , & les i. s,aion; figures citées en marge ; on fera bien d’en avoir des deux efpeces , & dejô,'n's>> différentes grandeurs , & de les mon-6, »• ter fur des fupports qui les rendent commodes dans l’ufage. Voyeq les Fig. a8 & 33. citées en marge.
- Pour faire entendre comment une balance- ordinaire peut être fauffe , .quoiquelle foit bien en équilibre ,
- «quand les baflins font vuides; il faut
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- 400 Avis particuliers • en avoir une faite exprès, dont le fléau ait un de fes bras d’une ligne ou deux plus court que l’autre ; cette inégalité ne fera point apparente aux yeux : mais elle empêchera à coup fur, que les baffins ne confervent leur équilibre , fi on les charge de deux poids égaux.
- Je me fers de la petite machine que je vais décrire , pour juftifier les obfervations que j’ai faites, fur la fuf-penfion du fléau & fur celle des baffins. A B, Fig. 6. eft une lame de cuivre , longue d’un pied & large d’un pouce & demi au milieu , ayant à fes extrémités deux trous à jour & fraifés, de quatre lignes de diamètre, & à égales diftances d’un troifieme beaucoup plus petit, qui efl au centre de gravité de la piece ; de forte que quand elle eft enfilée par là fur une épingle , ou fur une aiguille à coudre , elle demeure en équilibre avec elle-même , foit qu’on la place horizontalement, foit qu’on l’incline: à huit lignes de diftance , au-deftus de ce trou c, il y en a un autre i], tout-à-fàitfemblable, Si qui eft corn-
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- SUR LES ExPÉR IENCES. 4OI me lui, à égales dillances des centres de ceux qui font en A 8c en B.
- Pour porter cette efpece de fléau, j’ai fait faire un pied tourné D , fur-monté d’une réglé de bois , avec une aiguille qu’on voit en £ , & qui a une portée pour empêcher , qu’il ne touche la réglé. J’ai même augmenté l’épailfeur du cuivre, par deux petits-canons rivés aux endroits où font percés les trous c Sc d, afin que la piece en tournant ne forte point du plan dans lequel elleeft.
- J’ai déjà dit que le fléau A B , fuf-pendu par fon centre de gravité c , le tient par fon équilibre dans toutes les fituations où on le met ; il n’en eft pas de même , fl l’on fait paffer l’aiguille de fufpenfion , par le trou qui eft au-deflus , car alors fi on l’incline & qu’on le lailfe aller , il fait plufieurs ofcillations avant de s’arrêter , & enfin il s’arrête daris la fitua-tion horizontale, ce qui prouve qu’il n’eft en équilibre avec lui-même que dans cette pofition, & qu’il faut employer une certaine force, pour l’en faire fortir.
- Après cela je remets l’aiguille dans
- Tome IL L1
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- 402 Avis particuxiekS le trou c , & j’accroche deux poids parfaitement égaux en A & en JB , l’équilibre fubfifte , tant que le fléau eft horizontal ; mais dès que je l'incline d’une certaine quantité , il trébuche tout-à-fait, & ne revient point, parce que les trous Aôc B, qui font un peu grands , font approcher l’un, des poids du centre de mouvement, '& reculer l’autre d’autant , ce qui rompt immanquablement l'équilibre.
- Dixième Expérience.
- J____ Les centres de la poulie & du-
- ix. levier angulaire font à dix pouces de-Vscoion diftance l’un de l’autre, & tous deux ri.ir.iig. font élevés de quatorze pouces au-deflus de la tablette fur laquelle font fixésles deux piliers.
- La poulie eft de cuivre , elle a fept pouces de diamètre , & elle eft à jour avec huit rayons, comme la-figure citée en marge la repréfente ? il en faut plufieurs de: cette grandeur pour les expériences fuivantes ? le mieux fera de les faire fondre fur
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- Su» les Expériences. 403 Unmodéle que l’on préparera avec du bois ou avec du plomb , & dont on tiendra toutes les parties un peu plus fortes, à caufe des diminutions, qu’elles doivent fouffrir à la fonte , au tour , & par la lime.
- La poulie doit être tournée fur fon axe, ou fur une broche de fer bien ronde, dont il prendra la place, après avoir été tourné féparément; il recevra la poulie fur une affiette, & y fera rivé , comme cela fe pratique pour les roues dans l’Horlogerie. Cet; axe doit avoir deux pivots bien ronds , bien menus & bien palis , avec des portées qui empêchent la poulie de toucher la chappe en tour-nant.Cette chappe peut être faite avec deux lames de cuivre, pliées d’équerre par en-bas, & arêtées l’une fur l’autre dans cette partie , par une vis qui les attache en même-temps au fond de la virole qui entre fur le bout du pilier : la gorge de la poulie efl; creufée en deVni-rond d’une ligne & demie de diamètre; au lieu de faire tourner le levier angulaire fur un cloud , on fera mieux, de lui faire un axe & 1 11:;
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- 4o4 Avis particuliers de lui préparer une chappe femblaWe à celle de la poulie.
- Avant d’appliquer au levier angulaire & à la poulie, les poids qui re-préfentent la puiflance & la ré(i(tance, on doit penfer que le bras D ou d, ajoute fon poids à celui qu’on met au bout du cordon , & qu'il faut contrebalancer cette augmentation, en mettant l’équivalent, furie cordon^ P, eu BR.
- Onzième Expérience.
- J lx Pour avoir les trois pouïïes i E Ç o » concentriques de cette expérience, i. .cation. on en peut prendre une femblable à-pi. îv. F,s. ceue l’expérience précédente ,
- dont on tiendra l’axe plus long d’un côté feulement , pour recevoir les deux autres poulies, qu’on fera d’une même piece , avec quelque bois dur, & qu’on fixera fur quatre rayons de la grande avec des petits clous rivés. Il faudra qu’une des joues de la chappe foit coudée pour embralTer les. deux poulies de bois ;& que chacune des trois ait fon cordon attaché par j; un bout à un point de fa circonfé-
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- sur les Expériences. 40/ rence : outre cela il faudra un cordon libre garni de deux poids égaux , pour le placer fur celle des poulies, qu’on voudra.
- Douiieme Expérience.
- Les petites boucles de métal dans——= lefquelles tourne l’axe de la poulie , L™'oll font faites avec du fil de laiton tour- i.'scaion. né en huit de chiffre : dans l’un des Fl- Iv- F!z-deux anneaux on fait paffer le cor-’8-don, & l’autre embraffè l’axe , qui elt creufé en gorge de poulie , pour empêcher qu’il ne gliffe d’un côté ou de l’autre. Le relie elt fuffifamment indiqué par la figure citée en marge,
- & par l’explication qui l’accompagne.
- A la fuite de cette expérience , je propofe un moyen d’entretenir en équilibre, deux forces dont l’une foit confiante, tandis que l’autre s’affoi-blit, ou devient plus grande ; j’exécute cela par une machine , qu’on pourra imiter de la maniéré qui fuit.
- Elle confifte en une efpece de poulie A , Pl. XI/III. Fig. 1. dont la gorge fuit une ligne fpirale & art
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- 40S Avis particuliers milieu de laquelle eft fixé un barillet garni d’un refforc, comme ceux des pendules ou des montres : le bout de fon axe, après avoir traverfé l’épaif-feur de la poulie, s’attache à une lame de cuivre B , qui tourne comme la branche d’un compas au haut de la tige d’un pied à patte C, afin qu’err l’inclinant on puiffe faire defcendre le poids D librement, & fans que la corde touche , ni à la patte du fup-port, ni à la table au bord de laquelle on l’affujettit, avec une vis ou autrement.
- La poulie efl faite d’un morceau de planche de noyer, de poirier r ou de quelqu’autre bois ferme, d’une denfité uniforme & qui fe coupe proprement ; en l’arrondiffant & en dref-fant les faces fur le tour , on lui laiffera cinq pouces de diamètre 8c dix lignes d’épaiffeur au milieu , fur une eipaee a h, de vingt-deux lignes, que l’on creufera un peu pour y faire entrer une partie du barillet, le relie fera abattu en pente comme h c.
- Pour tracer la gorge en fpirale ; vous drviferez l’efpace b c, qui e(B de vingt-trois lignes,en quatre parties
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- sur les Expériences. 407 égales par trois cercles concentriques comme on le peut voir en de: ces cercles peuvent fe tracer fur le tour avec un crayon ou avec la pointe du burin : divifez enfuite ces quatre ef-paces circulaires en autant de parties égales qu’ils vous plaira ( en huit fl vous voulez ) par des lignes tendant au centre comme d e , &c. & chaque efpace en huit autres parties égales, que vous marquerez par des points. Cela étant fait vous mènerez une ligne qui commençant au point d, aille pafler par la première divifion du rayon qui fuit immédiatement, en-fûite fur le fécond point du fuivant , fur le troifieme de celui d’après, &c. ce qui la fera parvenir au point h continuez-la de mêmedans te fécond, dans le troifieme & dans le quatrième efpace circulaire , elle viendra paflèr en g, en/, & finir en e. Coupez le’ bois quarrément fur cette ligne, comme il eft indiqué par a g , & y°us y creuferez avec une queue de rat, ou1 avec une petite écouane faîte exprès, une gorge demi-ronde, d’une bonne ligne de profondeur fur autant de largeur ; peu importe que eette gorge-
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- 408 Avis particuliers en fpirale commençant au point d , tourne à droite ou à gauche ; mais en plaçant le reffortdans le barillet, il faut avoir attention que fes fpires tournent en fens contraire de celles que vous aurez faites fur le bois.
- Le barillet aura un pouce & demi de diamètre, & huit lignes de hauteur; il entrera,comme je l’ai dit, dans Je bois , de toute l’épaiffeur de fon fond , ainfi que deux petites oreilles qu’on y réfervera & par Iefquelles on l’arrêtera avec deux vis à têtes perdues i i, qui les prendront par derrière.
- Je ne m’arrête point à donner la conflruftion du barillet, on tirera eette piece des mains d’un Horloger, ou bien on la cherchera de hazard , dans les débris des vieiles pendules , que vendent les Brocanteurs de fer-tailles ; & s’il ne fe rencontre pas avec les mêmes dimenfions que j’ai prefcrites, on aflfujettira le relie de fa machine à celles qu’il aura.
- La piece qui entre dans le dra-geoir, pourra être à jour, afin de Tailler voir le jeu du reflbrt ; & on la retiendra par une goupille qui tra-verfera,
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- Sun lesExpSriences. 40^ Verfera , le bouc de l’axe. L’autre bout de cet axe entrera quarrément dans la lame de laiton B , dont j’ai parlé , & y fera retenu par un écrou: & l’on aura l’attention de ménagée un petit efpace entre cette lame & la face poftérieure de la poulie, afin que celle-ci ne la frotte point en tournant.
- Le bout de la lame B , plus large que le relie & arrondi circulairement, tournera daus une piece de cuivre de fonte , figurée de même , & fendue pour la recevoir ; mais de maniéré que la lame de cuivre ne puifle s’incliner que de quarante ou quarante-cinq degrés tout au plus. Ce mouvement fe fera, non fur un fimple clou rivé , mais fur une vis, qui n’aura que trois ou quatre filets, & dont l’écrou fera une rondelle tournée en rofette ou en goutte de fuif, qui la recevra quand elle aura traversé les deux joues & la piece mobile B. On fera bien de mettre une pareille rofette fous la tête de la vis ; & afin que celle qui fert d’écrou ne puilfe point tourner , on y rivera deux petits pieds , qui entreront d’une demi l'gne, dans Jome II, M m
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- '4io Avis particuliers la joue fur laquelle elle fera appliquée.
- Cet aflemblage fera monté fur le fond d’une virole L, dans laquelle on fera entrer la tige C du fupport. Enfin on attachera en A , où commence la gorge de la poulie,une ganfe fine de foie , au bout de laquelle on puiffe attacher un poids comme D. Enveloppez ce cordon fur toute la gorge en allant de la circonférence au centre ; faites faire un tour entier à la poulie, pour donner de la bande au reffbrt , & mettez un poids D , qui fuffife à peine pour empêcher la poulie de retourner en arriéré; quand le poids fera ainfi réglé , faites le det cendre davantage, & enfuite encore plus, en tirant un peu Je cordon avec la main ; par-tout où vous l’arrêterez , il fera en équilibre avec le ref-fort, parce qu’il agit par des rayons de plus en plus longs , à mefure que le relfort prend plus de bande par le mouvement de la poulie.
- Voilà ce qui arrivera , fi le reflort eft bien fait, & qu’il ait fa ongueur ordinaire; mais fi vous avez lieu d@ vous en défier, au lieu de vous y
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- sus les Expériences. 4<t prendre comme je l’ai dit plus haut pour tracer la fpirale, voici comme il faudra que vous faffiez.
- Au lieu de la poulie A , vous préparerez une molette de bois , de deux pouces de diamètre & de dix lignes d’épaiffeur , à laquelle vous ajullerez un petit levier kl, de deux pouces & quelques lignes de longueur. Vous attacherez le barillet à la molette comme on l’attache à la poulie , & vous y joindrez la lame JB , avec fon pied ; vous ferez faire un tour au barillet pour donner de la bande au reffort, & vous mettrez en k, un poids capable de le retenir dans l’état • d’équilibre. Vous ferez faire un fécond tour au barillet; vous reculerez le poids en allant vers l, jufqu’à ce qu’il falfe un effort égal à celui du reffort , & vous marquerez la place de fon crochet : vous ferez faire encore un tour au barillet, & vous ferez auffi avancer le poids autant qu’il le faudra pour empêcher le barillet de retourner en arriéré ; vousrépéterez lamêmeépreuveenco re une fois, & vous aurez fur le levier il, des marques furlefquelles vous M m ij
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- $112 ÂV’lS pXRTieütïïRS réglerez les efpaces circulaires entra dSc e, fans vous embarrafler s'ils font égaux ou non ; vous procéderez pour le relie comme je l’ai dit ci-devant , à moins que pour une plus grande régularité,vous n’aimiez mieux mettre quatre leviers en croix au lieu d’un , & tâter avec le poids, 1’effort du relfort à chaque quart de fa révolution ; alors , non- feulement vous aurez la largeur des efpaces circulaires correfpondante à l’accroiffe-ment de la force du relfort , pour chacune de ces révolutions , mais vous aurez encore la divifion conve-ble à chaque efpace.
- Treizième Expérience.
- I*'. O N fera cette expérience encore
- l iIXé » P'us commodément, en la préparant ifseaTk comme il fuit.
- F-fis- 4i> jt, Fig. 2. eft une poulie de boi: mince , qui a trois pouces & demi de diamètre, & qui eft évidée, pour être plus légère ; les deux pivots de fon axe portent une bride de laiton E au bas de laquelle il y a une bouc! pouraccrocher un ouplüfieurspoid; C, D, font deux piliers de bois él
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- Sur les Expériences; 41g Vés d’à-plomb fur une bafe commune ; ils ont chacun un pied de hauteur , & font à dix pouces de diftance l’un de l’autre. Le pilier D, porte une potence de métal à laquelle ell attachée une ganfe de foie , qui def-cend d aplomb pourembraffer la poulie , & qui remonte de même , pour s’attacher au bout d’un fléau de fer poli très-mobile , qui a fon centre de mouvement entre deux lames de cuivre alfemblées fur une virole de même métal, & portée par le pilier C.
- Il faut commencer par mettre en /, un petit poids qui falfe équilibre à la poulie & à la bride dont fon axe ell chargé ; après cela, fi l’on attache en B deux poids égaux , un troilïeme égal à l’un des deux , ajouté en /, fera fublifler l’équilibre.
- Si l’on veut que les deux bouts de la corde , au lieu d’être parallèles entr’eux , prennent des direflions obliques , on fera tourner les viroles fur le bout des piliers ; alors le bout E du fléau , & celui de la potence G , où eft le point fixe , s’écarteront l’un de l’autre , & feront l'ortir de part M m iij
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- ^.14 A VI S t A R T I C ü L I E R S & d’autre la corde ho fs de fort à-plomb.
- Si l’on exécute les poulies mouf-fices en modèles , H faut les faire de buis ou d’yvohe plutôt que de métal ; afin qu’elles foient plus légères : on pourra même dans cette vue les évider par compartimënts , & il futfi-ra qu'elles aient depuis un pouce , jufqu’à deux de diamètre; Il faut que l’axe foit fixé à la poulie , que les pivots foient menus , que chacun d’eux ait une portée qui empêche la poulie de frotter contre fa chappe : enfin, avant que de mettre en oppo-fition lepetit poids contre le grand , on n’oubliera pas de mettre les moufles en équilibre avec quelque poids, qui ne fera point compté comme fai-fant partie de la puiflance.
- Les Roues.
- — O N trouvera dans la machine que
- le1*"» Ie va*s c^cr're > de quoi démontrer i. sea.’pi. tout ce que j’ai dit au fujet des roues r-r. Kg. . dont les axes ne font que tourner.
- 46 47’ A B , CD, Fig. 3. font deux montants qui ont chacun neuf pouces de hauteur ; ils font affemblés parallèle-
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- sur lesExpérience S. 41J ment, îaifTant entr’eux un intervalle de quinze lignes ; par en bas ils font pliés d’équerre , & appliqués l’un fur l’autre avec une vis qui les traverfe , & qui les attache fur un plateau de bois tourné. Par en-haut, ils font af-fembiés avec un petit barreau de cuivre tourné & deux vis. Ces montants font faits de deux lames de laiton chantournées & évidées, comme on le peut voir par a b, qui en repréfente un vu de face.
- Cette efpece de cage contient deux roues E, F, Sc un pignon G. La plus grande des deux roues a cinq pouces & demi de diamètre, quatre-vingt-feize dents de champ, & autant de chevilles parallèles à fon axe. La petite roue F, plus épaifle que la précédente , a feize dents & fe mene avec une manivelle H. Le pignon a huit ailes ou fufeaux qui s’engrainent avec les chevilles de la grande roue : fon pivot tourne fur une piece I, attachée à l’un des montants avec une vis L,8c la tige à laquelle on a réfer-vé une portée, paffe à travers le barreau & reçoit fur un quarré, la croix M, qui eft montée fur un petit ca-M m iv
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- ’4i6 Avis particuliers non percé convenablement pour s’y ajufter.
- L’axe de la grande roue, prolongé de quelques lignes au de là du montant CD , 3c limé quarrément avec une portée, eft chargé d’une aiguille N, retenue par une goupille ; & l’on a eu l’attention en aflemblant toutes ces pièces dans la cage, de tenir la manivelle H, dans une direâion parallèle à celle de l’aiguife N. Afin qu’on puifle appercevoir plus aifé-ment le rapport des vîtefles des deux roues E, F.
- * l|aa Sr l’on veut prouver par uneex-1, ç o h périence, que les grandes roues , aux i.seajon. voitures, font plusavantageufes que S les petites , pour vaincre les inégalités du terrein, on fera un petit modèle de charriot, dont les roues de derrière foient d’un bon tiers plus grandes en diamètre que celles du devant ; on le placera fur une table , ou fur une planche de niveau , qui ait trois ou quatre pieds de longueur, & fur laquelle on aura attaché de diflance en diftance des taffeaux , qui la traverfent ; on le fera tirer par un poids , & une corde qui paffe fur
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- sur lis Expériences. 417 une poulie placée au bord de la table : le charriât étant chargé de quelques morceaux de pierre ou de métal, fi le poids qui eft au bout de la corde fuffit à peine , pour faire paffer les grandes roues par-deflus lestaffeaux, on fera voir qu’il n’etl point alfez fort & qu’il faut l’augmenter pour y faire paffer les petites.
- Treuil, Cabejlan , Grue , Sfc.
- O N trouve par-tout les machines 1
- dont il eft ici queftion , & des ou- L E ç ; vriers capables de les exécuter en 1. seaion. modèles ; l’infpeâion même des figu- ^ f'fé les citées en marge, fufura pour gui-feu-der une perfonne un peu accoutumée à manier les outils des Menuiiiers,
- & qui voudra fe donner la peine de les faire elle-même ; ellepoura y joindre le treuil à grande roue qui eft tant en ufage dans les carferes ; & lachevre, qui eft plus portative que la grande grue , & par cette raifon , préférable dans bien des occ'.fions.
- A propos de la chevre , en voici une , qui aété préfemée depuis peu d’années, & accueillie plus qu’elle
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- 418 Avis particuliers ne le méritoit : fi l’on veut l’exécuter en petit, elle fervira très-bien à montrer ce que les frottements peuvent occaGonner dans la machines.
- j4,B,C, Fig. 4. font trois montants inclinés entr’eux , qui ont chacun trois pieds de longueur, & qui font affemblés par deux traverfes D, E, Si un boulon de fer Ff, avec une clavette. Cet afi'emblage fe démonte pour rendre la machine plus portative , & pour cet effet les traverfes font arrêtées par des chevilles de fer, qu’on peut repouflër. G g, ell un treuil dont la moitié efl plus greffe que l’autre , dans le rapport de trois à deux, & dont les pivots qui font de bois Si gros, tournent dans deux pièces li, h , qui montent d’à-plomb ; ces deux pièces font percées commè H : par en-bas elles entrent fur la traverfe D qui eff ronde, & par en-haut elles font attachées avec des boulons de fer & des clavettes. Au boulon, d’en-haut F, font attachées deux poulies de renvoi qui font de métal, & dont les axes font fort gros,, pour avoir une force fuflïfante : chacune
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- sur les Expériences. 415 des chappes tient à un gros piton I, fur lequel elle tourne pour fe prêter à la direftion de la corde.
- Dans le modela meme , la corde eft de chanvre, & elle a aumoins trois lignes de diamètre: on la faitpafferpar un trou qui traverfe le treuil diamé-tra'ementau milieu de fa longueur, & on l’enveloppe de parc & d’autre , de maniéré qu’elle forte du treuil comme KL & M N, pour aller palier furies deux poulies de renvoi, & delà fejoindrefous la poulie mouffléei à 1 quelle eft attaché le poids , qui re-: préfente la réfiftance.
- On voit par cette difpofition, que fi I on fait tourner le treuil de K en O, le poids P doit monter ,• car le gros treuil tirera plus de corde que le petit n’en pourra céder, fuivant la différence des deux diamètres ; mais comme cette corde fans fin , tire le poids par une poulie qui efl mouffiée , fi le rayon qui répond .à la corde K, eft à celui d’où part la corde M, comme trois à deux , cet excès qui eft d’un ÿ ne produira qu’un i ; c’eft-à-dire, que fi le poids, dévoie monter d’un pied, parce que
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- 420 Avis hïticbiiîbs la corde K L , va d’ùn tiers plus vite que MN, il ne montera que de fix pouces, à caufe de la poulie mouf-flée , qui eft un levier du fécond genre.
- Ce qu’on a le plus admiré, & fait valoir dans cette invention , c’eft que quand on a mis le poids en l’air, il y relie,fans qu’on foit obligé de retenir 1 e treuil ; fur-tout s’il eftconfi-dérable , comme de quarante ou cinquante livres. Mais ce qui produit cet effet, c’eft le frottement du treuil & celui des poulies, joint à la roi-deur de la corde ; & toutes ces ré-fiflances agiflant également dans un fens comme dans l’autre , s’oppofent autant au mouvement du treuil qui doit faire monter le poids , qu’à celui qui peut le faire defcendre; & puif-qu’ellès fuffilent pour empêcher fa chûte, n’eft-il pas évident qu’il faudra commencer par les vaincre , quand on voudra le faire monter?
- Si l’on veut diminuer confidéra-blement le frottement du treuil , & celui des poulies , en faifant les pivots de métal & très-menus , & fi l’on fubftitue à la corde de chanvre
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- sur les Expériences. 42t. une petite ganfe de foie très-foup!e, l’expérience fera voir, qu’un poids de cinq ou fix livres retombera , quand on l’aura mis en l’air, à moins qu’on ne retienne le treuil.
- Première Expérience.
- J’a 1 fait à la machine du plan in-cliné repréfentée par la figure citée ix. en marge, quelques améliorations , Tn\s,°t”n. qui en rendent l’ufage plus facile , 8c pi. vu. tig. au moyen defquelles on peut faire 1 ^ ’• l’expérience plus eomplette.
- 10. Àu lieu de donner quinze pouces de longueur à la tablette A C, il faut lui en donner dix-huit , & les marquer fur fon épailfeur. 2’. non-leulement il faut l’ouvrir par en-haut fur fa largeur , pour recevoir le quart de cercle , mais les deux joues qui l’embralTent doivent excéder d’un demi-pouce, & s’aflèmbler avec deux
- foupilles dans une petite piece de ois platte , qui forme un quatrième côté au trou quarré dans lequel güfle le quart de cercle. 3“. Je place'fous cette piece, ou à la partie de la tablette qui touche au quart de cercle par-defious, une lame de métal fai-
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- 422 Avis particuliers
- fant reffort , au moyen de laquelle le plan A C, demeure comme fixé au degré d’inclinaifon qu’on lui donne.
- Le cylindre D a deux pouces & demi de diamètre ., & il eft d’une longueur égale à la largeur de la tablette A C. Je réglé fon poids à douze onces,y compris celui de la bride dans laquelle il tourne ; afin qu’on puilTe faire fervir les poids de cuivre dont j'ai fait mention ci-devant pag. 389. & qui pefent chacun quatre onces. Pour donner au cylindre, qui eft de bois , le poids de douze onces , j’y forme une cavité concentrique à fon axe , dans laquelle je coule la quantité de plomb néceflaire , & j’achève de la fermer avec un tampon de bois collé ; je fuppofe que la piece ainlï préparée , eft un peu plus pefante qu’il ne faut ; je la remets fur le tour pour ôter un peu de bois, & je l’a-mene à ne pefer que douze onces, lorfqu’eüe eft montée dans fa bride. Cette bride n’eft autre chofe qu’une petite lame de cuivre, pliée d’équerre par les deux bouts , avec deux vis terminées en pointes entre lefquelles le cylindre tourne librement. La parj
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- swr les Expériences. 42J tie de la bride, qui eft parallèle à la longueur du cylindre , eft garnie de deux petites boucles où s’attachent les cordons.
- La piece de métal qui porte les deux poulies de renvoi, eft une lame de quatre pouces de longueur , & aufli lage que le quart de cercle eft épais ; elle eft pliée quarrément au milieu de fa longueur pour embraffer la partie de la tablette A C, qui recouvre le quart de cercle, & elle s’attache par deux pieds rivés à fes extrémités , & qu’on fait entrer un peu à force, dans des trous difpofés pour cela, fur l’épailfeur du quart de cercle. Sur cette partie du milieu qui eft élevée quarrément, eft attachée une traverfe gui porte les deux poulies de renvoi, qui doivent être très mobiles; leur grandeur & leur écartement , doivent être réglés de façon, que les cordons qui viennent du cylindre à elles, foient toujours parallèles entr’eux , & au plan incliné, quand on veut que les poids aient tout l’effet qu’ilspeuventavoir. Pour 'apremiere expérience on employera deux poids de quatre onces chacun,
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- 5j24 Avis pAsticuiisrs Avec la machine préparée comme je viens de le dire, on pourra faire une fécondé expérience par laquelle on prouvera, que la puiflance qu’on fait agir avec un plan incliné, eft à la réliftance dans le cas d’équilibre , comme la hauteur de ce plan eft à fa longueur.
- Car ayant élevé de douze pouces , l’extrémité A du plan incliné qui a dix-huit pouces de longueur , ri ne faudra que deux poids de quatre onces chacun , pour tenir le rouleau D en équilibre ; & l’on produira le même effetavec un feul de ces deux poids, fi l’on abaifl'e le plan incliné , de maniéré que le bout d’en-haut, ne foi* élevé que de fix pouces au-deflus de la tablette horizontale qui fert de bafe à la machine : pour faire agir le poids de quatre onces dans ce dernier cas, il faut employer deux poids qui pefent chacun deux onces , afin que les cordons confervent leur pa-rallélifme.
- pi.n.Fn Dans les applications qui fuiventla
- • &+' première expérience, il eft fait mention d’une machine , qui à befoin d’être un peu plus expliquée : le fo-lide
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- SU« LES Exp ÉRIEÎTCE S. 42J lide A, compofé de deux cônes joints par leurs bafes , peur Te faire d’une feule piece fur le tour avec un morceau de bois léger bien fec & fans nœuds : mais comme il doit avoir un peu plus d’un pied de longueur & fix pouces au moins de diamètre au milieu , quelque bois qu’on puiffe choifir , ce fera toujours une piece lourde , & fujette à fe fendre : j’ai mieux aimé le bâtir de la maniéré fui-vante.
- A B, Fig. 1. PI. XIX, ed un cylindre de bois de tilleul ou d’aulne qui a quatorze à quinze pouces de longueur, & qui eft d’abord partout d’un pouce & demi de diamètre comme en A. J’enfile , & j’arrête avec deux chevilles , un morceau de planche de noyer tourné en rond, de fix pouces de diamètre , avec une languette au milieu de deux feuillures , comme on le peut voir en C 5c en D. Je diminue la groffeur. du cylindre , fur une longueur de quatre pouces & demi de part& d’autre, & pour former les deux cônes , je prépare des petites douves triangulaires & courbes fur leur largeur, que j’affem-Tome II, N n
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- 425 AVÏS PARTICULIERS b!e à plats joints avec de la colle-forte , & que j’arrête de même dans las feuillures de la piece C ü , & fur les deux bouts ravalés du cylindre , vers *1 & vers B. Et quand la colle cfl feclie, je remets la piece fur le tour pour l’achever, comme a b, en rélèrvant, ou en ajoutant deux petits boutons aux extrémités, pour la manier plus commodément.
- Les deux réglés EF, EG , fut lefque'les je place le double cône » ont quinze à feize pouces de longueur : elles font portées par des piliers 1, 1, de quatre pouces de hauteur,é!evés d’à-plombfur un double T, comme on le peut voir par la figure ; chacun des piliers, comme I, eft ouvert par en-haut pour recevoir la réglé; &par en-bas, le tenon après avoir traverfé l’épaifTeur du bâtis, reçoit un bouton qui s’arrête deffus avec une goupille ; la réglé s’arrête de même dans la partie qui la reçoit, de maniéré qu’elle a debix mouvements , elle tourne avec le pilier qui la porte pour s’écarter ou s'approcher de fa pareille , & l’une & l'autre peuvent s’incliner de haut
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- sur les Expériences. 427 en-bas. Les deux autres piliers H ,H, fbnt auffi garnis de boutons par-deifous ; mais on peut les arrêter à demeure , parce cju’il n’eft jamais né-ceffaire de les faire tourner.
- Par cette difpofition , on voit que les deux réglés peuvent fe mettre parallèles entr’elles & de niveau, & qu’elles peuvent auffi fe joindre en Ê, en s’inclinant au plan horizontal; dans ce dernier cas , elles fe joignent enfemble par une goupille qu’on fait palier dans une charnière dont elles font garnies.
- Pour mettre cette machine en expérience , on fait voir d’abord , que le double cône demeure immobile gartout où on le place fur les deux réglés , quand elles font parallèles & de niveau , parce qu’alors le centre de gravité eft foutenu ; enfuite oa incline les réglés, comme EFG, & l’on fait remarquer , qu’il fe porte en roulant, de l’endroit le plus bas vers l’endroit le plus élevé, par la raifon contraire.
- Voici encore une machine avec laquelle on démontre , qu’un corps dont le centre de gravite n’eft point N n ij
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- r428 Avis particuliers appuyé, fe meut du côté où ce cen? tre porte à faux , fût-il obligé pour cela de remonter un plan incliné.
- K, Fig. 2. effc un corps orbiculairc d’une matière légère , dans lequel on a fait entrer un morceau de plomb , vers fa circonférence , de forte que-le centre de gravité , n’efl plus au centre de la figure : lorfque ce corps: eft placé fur un plan fore incliné , comme LM , & que le centre de gravité fe trouve entre les deux lignes verticales oo, pp, il ne manque pas de rouler vers L , jufqu’à ce qu’il ait pris une fituation avec laquelle fon centre de gravité foit appuyé.
- 11 eft bon que le corps orbiculaire K, foit un peu grand afin qu’il chemine davantage ; qu’il foit d’une matière légère , afin que le plomb attaché à fa circonférence , lui procure un centre de gravité fort éloi-
- tné du centre de fa figure : enfin il uit prendre quelque précaution , pour qu’il ne puifle point glifler , mais feulement rouler , fur le plan incliné où on le pofe. Pour remplir ces conditions, on pourra conftruire cette machine de la maniéré fuivante-.
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- sur ees Expériences. 429 kl, kl, font deux planches minces arrondies fur le tour, & qui ont chacune huit pouces de diamètre, avec une feuillure tout-au-tour. Elles font jointes enfemble par un cylindre de bois léger m, qui a deux pouces & demi de longueur, & dont les tenons traverfent leur épaiffeur: avant de les affembler, on pourra, pour les rendre plus légères , les évider en compartiments, comme K. On arrêtera tout près de leur circonférence , un morceau de plomb n, qu’on fera plus large qu’épais , & l’on collera dans les feuillures tout au tour, ou des petites douves de bois mince , ou deux bandes l’une fur l’autre, de ces copeaux de bois d’hêtre que les Boiffeliers fourniffent aux Gamiers, ou bien enfin, une bande de carton un peu fort ; & pour empêcher que ce rouleau ne glilTe fur le plan incliné, on couvrira l’un & l’autre avec du drap de laine collé.
- Le plan incliné L M, e(l une planche qui a deux pieds de longueur fur quatre de large, elle fe meut à charnière , fur le bout d’une autre planche, qu’on met de niveau fut une
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- 430 Avis par ncoi ieks table, & à l’autre bout, elle eft enfî-Ie'e fur un montant percé de plufieurs trous , dans lefquels on met une cheville plus ou moins haut, pour appuyer le plan incliné L M,
- Le Coin.
- Seconde Expérience.
- g~. i- La machine dont je me fers pour l tç 'o k cette expérience eft fuffifamment dé-n. Scaion. crite , dans la préparation , hors ce viiiFig f regarcle le chaffis horizontal DI, «, 7. s, b que je vais développer un peu davan-»• tage.
- Ce chaftis dont le plan eft repré-fenté par A B, Fig. a treize pouces de longueur fur cinq de largeur. Les deux pièces qui forment les deux côtés longs , font’larges de quatorze lignes ; les deux autres le font un peu plus, & toutes les quatre alTembJéeî en onglet, font ornées d’un quarré & d’un quart de rond, à leur bord extérieur.
- En C 8c en D, font deux échancrures longues de quinze lignes & profondes de lîx à fept lignes , pour recevoir un petit chaffis de cuivre
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- sur les Expériences. 431 repréfenté plus en grand par ci; ce chaffis eft fait d’une lame pliée d’équerre par les deux bouts, dont on ne voit ici que l’épaiffeur, & d’une autre lame droite affemblée avec deux goupilles; il renferme deux petites poulies de métal, qu’on doit rendre très-mobiles , en les faifant tourner fur des pivots d’acier bien menus & bien ronds. Cette piece s’attache avec deux vis en bois qui traverfent la lame droite à fes deux extrémités : les gorges des poulies doivent paffer ' de trois lignes au-deffus de la face fupérieure du chaffis AB.
- Les rouleaux E, F font de bois , avec des pivots de métal ; les ehap-pes ou les brides qui les renferment, font faites chacune d’une lame de cuivre pliée d’équerre , par un bout & par l’autre, avec quatre petits pitons e , e , e , e , dans lefquels on fait paffer les fils de métal, fur qui elles doivent gliffer.Les bouts de ces fils, après avoir traverfé les petits côtés du chaffis A B, font attachés par-deffous à des chevilles tournantes , avec lefquetles on les tend. Il faut
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- 4?2 Avis particuliers pour cela qu’ils foient recuits, afin qu’ils fe prêtent mieux aux plis qu’on leur fait faire ; & pour les maintenir parallèles à la face du chaflis, & empêcher que ta bride qui glifle deffus ne frotte fur le bois , on les éleve de trois lignes en les faifant porter par deux tafleaux attachés folide-ment, fur les petits côtés A, B.
- Les deux rouleaux étant ainfi établis fur le chaffis, & ayant leurs mouvements bien libres , tant celui des pivots dans les chappes , que celui des chappes fur les fils tendus , on attache de chaque côté, le bout d’une ganfe de foie fort menue au bout de l’un des petits côtés de la bride , en g, par exemple, où l’on a fait un trou ou ménagé un crochet ; enfuite on fait pafler cette ganfe fur la poulie lapins prochaine, & quand elle eft defcenaue de cinq à fix pouces comme en h, on la fait remonter fur l’autre poulie pour aller s’attacher en i à l’autre bride. On fait la même chofe de l’autre côté , & l’on attache aux deux angles formés par les cordons en i & en i, un poids P de vingt - quatre onces qui tient pour
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- StfH i.E$ Expériences. 455 cela, à un bout de fil de laiton tourné en anneau au milieu, & formé en crochets à fes deux extrémités.
- Pour faire mieux lentir dans la figure , l’angle que fait le cordon , tant en h qu’en k , on a écarté les poulies beaucoup plus qu’elles ne Je font dans la machine : celles de chaque paire ne fçaurôient être trop près l’une de l’autre , pourvu qu’elles ne fe touchent pas , & que les cordons ne fe frottent point.
- 1er Vis.
- I l faut avoir à montrer des vis 'de gros volume en bois & en métal, L ' avec leurs écrous qui s’ouvrent pour 11.siaion. en faire voir l’intérieur. Il faut en avoir à filets quarrés , à filets angu- & u. laires , à pas alongés Si à pas ferrés,
- &c. Si pour faire mieux entendre aux commençants qu’un filet de vis n’eft qu’un plan incliné qui tourne autour d’un cylindre , & qu’on doit eflimer la hauteur de ce plan , par la diflan-ce d’un filet à l’autre, Si fa longueur par le développement du filet ; on préparerala machine fuivante. a b , Fig. 4. elt ua cylindre de bois
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- 434 Avis r ARTiCtrliSR s tourné, qui peut avoir trois pouces & demi de hauteur, fur deux pouces de diamètre ; il eft monté fur un pied à patte de chandelier, & il porte un triangle reflangle d b c, de gros papier blanc dont le bordée d, eft mar-qué d’une groffe ligne noire ; le côté c b d’en-bas doit avoir un peu plus de fix pouces.
- On fait tourner ce triangle autour du cylindre, & on en arrête la pointe avec un peu de cire molle ; alors la ligne cd, repréfente un filet de vis alongé : on détache la pointe pour le développer, & l’on voit que ce filet de vis eft un plan incliné , dont la longueur eft d c, & la hauteur dk.
- , La vis d’Archimedes & fa monture font paflablement bien exprimés par la figure citée en marge ; un ouvrier un peu intelligent l’exécutera facilement d’après ce deffein : il fuffit de lui dire, que cette machine exécutée en modèle eft fuffifamment grande, quand le corps de la vis a quatorze pouces de longueur fur deux à trois pouces de diamètre, & les autres pièces qui çompofent la monture, à pro-
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- Ï1TR LES ExîÉRIENCES. 43; portion. Les perfonnes qui fauront tourner pourront exécuter elles-mêmes la vis qui eft la piece principale; linon ,1’on s’adreffera à un Tourneur un peu adroit que l’on guidera fui-vant ce que je vais enfeigner.
- Choifiliez un morceau de buis d’Ef-pagne, de poirier , d’al hier , ou de quelqu’autre forte de bois qui ait de la confiftance , qui fe coupe bien net fur le tour ; qu’il foit outre cela bien fec & fans nœuds. Formez-en un cylindre comme A, Fig. y. qui ait les dimenfions prefcrites ci-delfus ; & taillez-leetïbifeaupar les deux bouts, afin que chacun d’eux l’un après l’autre, puifTe tourner entre une pointe & une lunette.
- L’ayant ainfi placé fur le tour vous le percerez fuivant fon axe , d'un bout à l’autre, d’abord avec une petite meche , & comme la piece eft longue , vous la retournerez bout pour bout pour la percer à deux fois; quand le trou fera à jour , vous l’agrandirez avec des outils plus gros& plus longs , jufqu’à ce qu’il ait fept lignes de diamètre & qu'il paroiffe bien net dans toute fa longueur.
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- Avis particulier*
- Vous y joindrez enfuite deux morceaux de bois tournés de la même çfpece, comme B C ; & qui y entrent un peu à force de la longueur de trois pouces. Vous ferez fortir le premier d’autant en dehors , l’autre fortira d’un pouce de plus ; la partie C , fera une efpece de bobine , fut laquelle on placera la corde du tour, le relie fera cylindrique : au moyen de ces deux pièces ajoutées , le gros cylindre pourra tourner dans deux lunettes, ou collets ; & vous y creu-ferez fur le tour une gorge en hélice , dont les circonvolutions comme d e, & c. foient inclinées a l’axe a b , d’environ foixante-dix degrés ; de maniéré qu’il y ait toujours une pente fuffifante de d en e , quand la machine eft élevée de quarante-cinq degrés & même davantage , au-aelfus d’un plan horizontal a h.
- Pour parvenir à creufer régulièrement la gorge fur le gros cylindre, vous diviferez le pourtour du petit cylindre C D, en ux parties égales , par autant de lignes droites & parallèles à l’axe. Enfuite vous partagerez fa longueur que je fuppofe être de trente
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- ïtrft ïiEs Expériences, 43f • lignes, en trois efpaces égaux, par-deux' cercles que vous tracerez légèrement avec la pointe d’un burin , : en le mettant fur le tour ; & vous fubdiviferez encore chaque efpace en fîx autres plus petits , par autant-de cercles parallèles marqués au crayon, & également diftants les uns des autres. Cela étant fait .vous mènerez une ligne oblique du commencement du premier efpace à la première fubdivifion , de là à la deuxieme , à la troifieme & ainfi de fuite, jufqu’à la fixieme, où finira la première circonvolution de l’hélice 1 vous en ferez autant fur le fécond & fur le troifieme efpace ; après quoi, avec une fcie à main qui ait une voie un peu large , ou avec quel-qu’autre outil équivalent, vous ferez fur cette ligne une rainure de deux lignes de profondeur , comme cela efl indiqué par la Fig. f g.
- Tout étant ainfi préparé , vous mettrez ia piece fur le tour , en plaçant la partie CD , dans une lunette & la partie B dans une autre ; mais la première de ces deux lunettes fera fendue par en-haut, d’un trait de fcie O o iij
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- '438 Avis particuliers
- oblique, par lequel on fera defeen-dre une lame de métal dans la rainure en hélice qui efl creufée fur la partie CD, ce qui fera faire au gros cylindre en tournant, un mouvement d’arriere en avant, au moyen duquel on creufera la gorge d’un bout à l’autre ; d’abord vous ne ferez que la creufer quarrément , comme i i, kk ,11, &c. de la largeur de quatre lignes , fur i de pouce de profondeur ; enfuite avec un outil à crochet vous creuferez le deffous de cet efpace en demi-rond, de forte qu’il y puilfe tenir à l’aife, une balle d’y voire de cinq à fix lignes de dîametre., fans quelle puilfe jamais entrer ni fortir que par l’un des deux bouts , de la vis (a).
- La gorge de la vis étant ainli achevée , & la piece enlevée de deflus le tour , vous ôterez les deux guides B, & D C; vous collerez en leur place deux petits tampons de bois, aux centres defquels vous mettrez deux pivots de métal ; & vous terminerez
- (“) Voyez encore ce quej ai dit des vis de bois qu’on ne peut pas faire à la filière. Tmil.pig. 71. &f;ti v.
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- SUR LES EXPÉRIENCES?. 439 celui d’en-haut qui fera plus long que l’autre, par une vis qui recevra la manivelle; enfin dans le cylindre creux qui fert de noyau à la vis, vous ferez au commencement de la première circonvolution & à la fin de la dernière , un trou auquel vous donnerez beaucoup d’entrée, afin que la balle arrivée au haut de là vis, retombe d’elle-même , par le canal intérieur , & vous épargne la peine de tourner la vis en Cens contraire pour la ramener en-bas.
- L e modèle de la vis,fans fin , qui eft repréfenté de face par la Fig. 13. citée en marge , a feize pouces de hauteur compris le pied fur lequel la machine eft montée ; la roue a trois pouces & demi de diamètre avec trente-fix dents , qui font refendues obliquement , pour s’accommoder mieux aux filets de la vis. Le treuil fur lequel eft enveloppée la corde qui foutient le poids, a un pouce de diamètre & quinze lignes de longueur , il fait corps avec la roue & tourne avec elle.
- La vis eft de fer poli ; elle a fix O o iv
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- 44° Avis îARTietrrrERs lignes de diamètre & quatre pas ; Te filet efl quarré ; pour le deffiner & le former, on réfervera aü milieu de l’arbre une partie cylindrique de la groffeur reqùife , & l’on y tracera une hélice allongée proportionnelle* ment à l’écartement des dents de la roue, en fuivant la méthode que j’ai enfeignée ci deflus. On la creufera à la main avec des limes, & on la finira fur le tour, en fuivant le file* avec une lime douce, & enfuite avec, une lame de bois & de t’émeril.
- Si l’on veut fupprimer les ornements de la montûre, on pourra la faire d’une piece de cuivre formée en Y par le haut, (F.g.6.) pour recevoir les pivots de la vis dans deux pitons , comme o, placés en m St en n, & retenus par - derrière avec des goupilles ; ceux de la roue jointe au treuil, fe placeront d’une part en P , & de l’autre côté, dans une piece y, coudée en deflbus , & attachée; en r, avec une ou deux vis. La lame en Y fera attachée fur le fond d’une virole qui entrera fur la tige d’un pied de bois tourné ; la manivelle peut avoir un pouce.de rayon., &.fe
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- sur iss ExpiRifesrcKS. 4411 monter fur un quarté réfervé au bout' de l’arbre de la vis.
- Première, fécondé & troijieme Expé-
- Lis réfultats de ces expériences, tels qu’ils font énoncés dans l’endroit cité à Ii marge, font des quantités moyennes auxquelles je tne fuis arré- r té , après un grand nombre dépreu- 1 ves; il ne faut pas s’attendre , qu’on les retrouvera précifément les mêmes, quand on répétera ces expériences ; la roideur des cordes varie, non-feu-Jement fuivant leur groifeur, leur degré de tenfion , 8c leur courbure , mais encore fuivant la qualité indivis duelle de la matière avec laquelle elles font faites , fuivant qu’elles font plus ou moins neuves , plus ou moins torfes, &c. il n’eft guerre poffi-ble de prévoir, ni d’aprécier les variations que ces circonftances peuvent caufer ; dans une école il fautfe contenter de montrer avec des cordes menues & des petits poids aifés à manier , comment on s’y prend pour faire ces expériences en grand , & ce qu’il en a réfulté, lorfquelles ont
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- 442 Avis farticuuers été faites à loifir & par mains de maîtres. On pourra attacher les cordes à la traverfe d’une machine que j’ai décrite à l’occalion de la première expérience de la troilieme Leçon pag. 62.8c qui ell repréfentée en entier Tome I. des Leçons de Phyjique , troilieme Leçon , Fig. 3. en mettant deux crochets fous la traverfe d’en-haut.
- Ayez foin que les deux cylindres de différentes gr© fleurs, fur lefquels vous envelopperez les cordes, l'oient cependant de même poids, en garnif-fant les deux bouts du plus petit, avec deux viroles de plomb. .
- Les cordes dont je me fers pour faire ces expériences en petit, font fabriquées en foie , comme les cordons des fonnettes ; & pour connoi-tre leurs groffeurs refpeâives, je leur fais faire a chaeune un certain nombre de tours fur un même cylindre, & je juge du rapport de leurs diamètres , par les efpaees qu’elles ont remplis.
- Quatrième Cr cinquième Expériences.
- On attachera encore les fils de la quatrième expérience, à la machine
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- sur les Expériences. 445 dont je viens de faire mention , ou bien à la traverfe mobile H H , d’une autre que j’ai décrite page 75 , (ÿ fuiv. mais au lieu de divi-fer la petite corde formée avec des fils tors enfemble, par en-haut & par en-bas , comme il efl: repréfenté par la Fig. 4. citée en marge , ce qui ne manquerait pas de les faire détordre, il faut les tenir réunies , en les attachant par en-haut à un feul crochet, & en mettant les poids dans un balîin de balance que l’on attachera à l’autre bout.
- Pour la cinquième expérience , les cordes de chanvre valent mieux que des cordes de boyaux ; fi elles ont deux ou trois lignes de diamètre, cela fuffira: pour les mouiller il ne faut point tirer defius , mais y palier l’éponge légèrement & promptement d’un bout à l’autre, en les maintenant droites d’une main , tandis qu’on les mouille avec l’autre.
- Sixième Expérience.
- J e prends pour cette expérience, des veffies de veau ou de cochon, que j’ouvre par un bout & par l’au-
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- 444 Avis t Ab ti cuti***
- tre les tuyaux de communication J fur lefqueh je tes lie , (ont dés petits cylindres de bois percés fuivant leurs axes . & un peu rendes par les extrémités , afin que la ligature n’échappe
- F oint; & pour être encore plus fur que air ne fe perd poinr par là, je mouille cette partie de la veille , avant de la joindre au tuyau : le dernier par en-bas, doit être garni d’un crochet un peu fort. Celui d’en-hatit doit porter un chalumeau incliné , par lequel on puiffe fouffler commodément avec la bouche ; on pourra le faire d’un tube de verre joint au bois avec de là cire molle ; c’eft affez qu’il ait quatre pouces de longueur ; mais le diamètre intérieur doit être au moins de deux- lignes & demie : fans cela on aurait peine à faire entrer Tair dans les veilles. Comme on ne peut pas les enfler affez d’un féul fouffle , î! faut tenir le bout du tube bouché avec la langue, tandis qu’on reprend baleine. On fera bien de couvrir chaque veille avec une enveloppe ou fourreau de taffetas püffé par en-hautr & par en-bas ; non-feulement cet af-femblage en feraplus agréable à voir*
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- S-OR les Expériences. 445* filais il en fera suffi moins expofé.à îa morfure des infeftes, qui fans cela l’auroient bien-tôt percé de toutes parts.
- Soit qu’on fe ferve pour porter les veffies de la deuxieme machine dont j’ai parlé ci-deffiis au fjjet de la quatrième expérience , foit qu’on leur fade un fupporr exprès dans la forme de celui qui eft repréfenté par la figure 6. citée en marge : on fera le dernier tuyau de communication plus long que les autres, afin qu’il puifle paffer à travers l’épaiffeur de la tra-verffi d’en-haut, avec une portée ei> défions qui l’arrête , & quelques filets’ de vis, fur la partie excédante, qu’on retiendra avec un opercule , faifanc écrou , & percé par en-haut pour recevoir le chalumeau avec lequel on doit introduire l’air.
- Il eft à propos d’avoir quelques hygromètres ordinaires, pour en faire connoître les défauts, & pour indiquer les moyens de les rendre moins défeftueux,
- m
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- 346 Avis muctmiu
- AV I S
- Concernant la Dixième Leçon.
- Première Expérience.
- — D ans les volumes de l’Acadé-r XJ mie Royale des Sciences pour les an-ifseûion. nées 1740 & 1741 , on trouve plu-1. F,s. 1. (ieurs Mémoires où j’ai traité des inftruments qui font propres aux expériences fur l’air ; j’y ai donné fpé-cialement l’hiftoire de la machine pneumatique, j’ai rendu compte des *Changements que j’y ai faits & des rai-fons qui m’ont déterminé à les faire, de forte que je pourrais y renvoyer le Leâeur , & mabllenir de décrire ici cette machine ; mais je fais réflexion 1 °. que tout le monde n’a point les Mémoires de l’Académie à fa dif-pofition; 2°. que depuis vingt-fept ans que ces Mémoires font imprimés j’ai fait encore quelques améliorations à cette pompe ; 30. enfin que dans un ouvrage Académique , j’ai cru devoir ometre certains détails qui auroient paru minutieux, & que
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- sur les Expériences. 447 je crois néceffaires à quelqu’un qui voudra conftruire lui-même ou conduire la conftruclion : tout cela me détermine à rappeller ici ce qu’il y a d’effentiel à fçavoir fur cet objet, en me renfermant néanmoins dans la partie méchanique comme fi je par-lois à un ouvfier , pour rendre cette inftruélion la plus concife qui fera poffible.
- La machine Pneumatique.
- L A machine pneumatique fimple dont il eft ici queftion a cinq parties principales,fçavoir, 1°. une pompe ; 2°. un canal garni d’un robinet; 3“. une platine qui fert de baie aux différents récipients ; 40. un pied fur lequel elle eft montée ; y°. un rouet pour les expériences de mouvement rapide.
- L E corps de la pompe eft un cylindre de cuivre bien alaifé par dedans, & proprement tourné par dehors avec quelques moulures : j’en ai réglé les dimenlions fur des raifons Phyfiques. (a) Je lui donne quatorze
- (a) Voyez les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences pour l’année 1740 397.
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- 44.8 AVIS PARTICULIERS' pouces de hauteur fur vingt-fix lignes de diamètre intérieurement : Si je le fais de cuivre fondu , parce que cela eft plus facile & moins difpen-dieux , que de faire battre Si foudet du laiton de l’épaiffeur dont il faudrait qu’il fût.
- Vous choiiirez donc un morceau de bois bien fain , fans noeuds, & s liez fec pour n’avoir point à craindre qu’il fe gerce ou qu’il fe fende ; vous en ferez fur le tour, un modèle peur le Fondeur conforme'ment aux dimenlîons prefcrites ci-deffus , Si ayant égard à la retraite que fouffre le métal coulé en fe refroidilfant, & à ce qu’il en faudra ôter par dedans & par dehors en le travaillant; c’eft-à-dire, que les deux parties A, B , PL XX. qui repréfentent le noyau n’auront que vingt-quatre lignes de diamètre , & que le cylindre a b, qui doit faire le corps de la pompe doit avoir vingt-huit lignes de diamètre fur quatorze pouces Sa trois lignes de longueur , avec des renflements enc, en d Si e ne pour former des moulures: & outre cela vous ajouterez au modèle deux languettes comme /»/.
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- sur les Expériences. 445 f, /, afin qu’il fe trouve fur deux côtés oppofés de Ja pièce , des petites mafias plattes , au moyen def-quelles on puiile l’affujettir & l'empêcher de tourner , quand on travaillera le dedans avec i'alaifoir.
- Cet outil eli compofé , d’une noix C, garnie de couteaux en nombre impair , comme trois ou cinq , & d’une tige de fer D , avec un manche de bois fembiable à celui d’une' tarriere. La noix eft de cuivre de fonte , elle eft prife dans un cylindre de quatre pouces de longueur , & d’un diamètre de deux lignes plus petit que le noyau A B, fur lequel on a fait le creux de là pompe. Il eft entaillé d’un bout à l’autre par autant de rainures qu’on a de couteaux à y placer ; & les intervales entre deux rainures, font ereufés comme on le peut voir en F, où cette piece eft repréfentée par une coupe perpendiculaire à l’axe, afin que les-coupeaux de cuivre puifTent fe dégager , & Iaifler à l’outil la liberté d’agir;. Les couteaux font des lames d’acier trempé , qui ont fïx lignes île large fur trois d’épailleur avec un bifeaui Tome' II.' P p
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- 45'° Avis particuliers fort court, comme on le peut voir par la coupe G. Le tranchant du bi-leau ne doit point être une ligne : parfaitement droite , mais un peu courbe , afin que les couteaux ne mordent point par leurs extrémités, mais feulement fur les trois quarts de leur longueur.
- La noix eft percée quarrément d’un bout à l’autre, & fuivant fon axe ; le bout de la tige limé en conféquen-ce, y entre julle , & il eft retenu par une clavette. L’autre bout limé plat, mais avec trois bonnes lignes d’épaiiîeur, entre dans le manche , par une mortaife à jour, dont la longueur coupe le fil du bois , & la partie qui paffeen dehorseltpercée pour recevoir une clavette, qu’on puiflë ôter aifcment-
- Pour alaifer la pompe, après l’avoir bien lavée & ôté tout le fable, on l’enferme entre deux planches garnies de taffeaux , & de maniéré qu’elle ne puiffe pas tourner , & l’on aflujettit le tout fur un banc ou fur un établi de Menuifier, avec deux valets ou autrement ; on la tient inclinée , afin que le cuivre enlevé
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- sur les Expériences. 4ji par Jes couteaux puiffe tomber, & ne caufe point d’engorgement. On y fait entrer l’alaifoir en tournant toujours du même fens, jufqu’à ce qu’il forte par l’autre bout; alors on le tire entièrement hors de la pompe en ôtant, le manche qu’on remet enfuite, pour recommencer à fjire agir l’outil. Quand on s’apperçoit qu’il ne mord plus , on donne un peu de fer aux couteaux , c’elt-à-dire qu’on les fait fortir un peu plus en mettant défions, une petite lame de cuivre très-mince : il fuffit fouvent d’en mettre fous un des couteaux , car le moyen de bien alaifer, eftde mordre peu à la. fois.
- Quand on a ainü enlevé tout le feu de la fonte, c’efl-à-dire la première fuperficie du cuivre , qui eft dure& graveleufe,ou ne fait plus agir qu’un ou deux couteaux , en garnif-fant les intervalles de ceux dont on veut fufpendre l’aaion,avec des lames de bois amincies par les bords. Ces garnitures qu’il faut renouveller & multiplier de plus en plus à mefure que l’ouvrage avance , font que l’a-laifoir tourne plus rondement, que le creux de la pompe en doivent plus
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- 4J2 Avis PAUTicrtrEiUKi exaftement cylindrique , 8c que fat fùrface en efl: plus unie.
- Mais malgré cette attention à gouverner l’alaifoir, il relie toujours des filions circulaires, fort peu profonds à la vérité .mais qui ne manqueraient pas de nuire au mouvement du pif-ton , qui doit fe*faire félon la longueur de la pompe : pour les effacer, vous préparerez un cylindre de bois; tendre, deux fois pour le moins, auffi; long que là pompe, & für lequel elle; puiffe gliffer aifément ; vous le fou-tiendrez par les deux bouts avec deux; piliers de trois ou quatre pouces de; fauteur affemblës folidement fur une planche, & vous ferez frotter deflus , l’intérieur de la pompe fuivant fat Ibngueur, avec du grès broyé Sc de' Peau , ayant l’attention de faire tourner la piece peu-à-peu , afin que cette façon s’étende fur toute la fur-face également ;• on finira par adoucir lès traits avec dè la ponce qu’om employera au lieu de grès;
- Quand la pompe aura été alàife'e' ainfi , l’on: fera bien de s’aflurer de; fbn étar ,, c’efl-à-dire d’éprouver „ avant: d’aller plüsjbin;,, fi elle eft bien
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- ÎJU-R EES ExrÉRTéNCFS. 4fJT cylindrique par dedans, car fans cette condition , une machine pneumatique ne vaut jamais rien ; pour cet effet, on conflruira le pifton, & on le fera aller & revenir plufietJrs fois d’un bout à l’autre pour fentir , s’il eff également ferré partout : le pifton fe fera de la maniéré fuivante.
- Hl, eft une tige de fer quarrée * limée bien droite & adoucie, de feize-pouces de longueur fur cinq lignes: d’épaiffeur dans les deux fens, ayant un épaulement en H; & depuis I juf-ques en K, une partie de trois pouces-de longueur, & du double plus large; que le relie , avec deux trous de trois: lignes dé diamètre chacun & tarraudé’ pour recevoir des vis. Au-deffus de-fépaulement H , la tige toujours quarrée eft réduite à trois lignes d’é-pailTeur , & formée en vis par le bout fur une longueur de trois ou quatre lignes; au-deffous de la partie platte: JK, eft un étrier d’une forme à-peu-près ovale, dont le grand diamètre a: cinq pouces & lé petit feulement trois. Cette partie peut être arrondie; partout ,, hors l’endroit où iepofe' îk-jied, qu’il faut limer plat.
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- '4J4 Avis particuliers
- Sur la tige quarrée S-deffus de H ; vous enfilerez une rondelle de cuivre un peu épaifle, d’une bonne ligne plus petite en diamètre que l’intérieur delà pompe; vous la ferez repofer fur l’épaulement H, & pour le mieux, vous l’y fouderez à foudure forte. Enfuite vous enfilerez alternative* ment fur la même tige, trois molettes de liege de même largeur que la précédente, fur dix lignes d’épaiffeur, & trois morceaux de cuir de veau dont chacun excede fon liege, de huit à neuf lignes tout - au - tour ; enfin vous ferez entrer à vis une autre rondelle de euivre femblable à la première, qui couvrira & ferrera toutes ces pièces enfemble. II faut enfuite rafer l’excédent de la vis, & fai're enforte que le planfupérieur du pifton , foit bien droit, & à l’équerre avec fes côtés. Pour faire tourner commodément la derniere rondelle, on pourra y faire deux trous à demi-épailfeur, afin de la faifir avec une pince ronde ou avec un outil fait exprès.
- Vous choifirez pour les molettes de liege , celui qui eft le plus plein , le plus également flexible, vous Par-
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- S&R LES lyCPÉRIENCES. 4JJ tofldirez feloifte fil, & vous rendrez les deux plans bien parallèles en-tr’eux. La peau de veau doit être choifie bien égale, & mince; les morceaux étant taillées, je les tiens pendant une heure ou deux dans un mélange de trois parties d’huile d’olives , avec une de fuif de mouton médiocrement chauffé.
- Quand lé pifton eft préparé comme je viens de Je dire , il a la forme qu’on voit e.i L, les cuirs excédent le liege parallèlement entr’eux. Alors on le poulie dans la pompe, & les bords excédents fie couchent tous du même fens, comme on le peut voir en M. Si l’on remarque que les cuirs en s’étendant tombent plus bas que l’épaiffeur du liege detliné pour chacun d’eux, il faut couper ce qu’il y a de trop, afin qu’ils ne fe recouvrent pas l’un 1 autre , & que le diamètre du pifton demeure le même dans toute fa longueur.
- Le pifton dans cet état , quoiqu’il ne foit point encore fini, peut fervir à éprouver, comme je l’ai dit, 1 intérieur de la pompe:!' par cette épreuve on s’apperçevoit qu’elle fûtplus large
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- iç;A Avis rA*TicrtiïBf par un bout que par Fautre, ou ? CS* qui e(l encore pis, fi le pifion fe trou* voit plus lâche au milieu que vers les extrémités, il faudrait de nouveau faire agir l’alaiioir & en effacer les traits, comme je Fai enfeigné ci- deffus ; fi au contraire on fent que le piflon gliffe d’un bout à Fautre avec une parfaite égalité , on achèvera le corps de pompe en le façonnant par dehors.
- Pour cet effet, on le mettra fur le four , par le moyen d’un cylindrede bois N O, qu’on y fera entrer un peu à force d’un bout à l’autre , & qui aura à l’une de fes extrémités, une poulie de quatre pouces de diamètre, pour recevoir la corde fans fin d’une roue à-peu-près fembl'able à celle des Couteliers ; car on auroit bien de la peine à tourner au pied une* piece auffi forte. 11 eft bien effentiel' que le cylindre ne fe décentre pas pendant cette opération, Sc cela pou-roit arriver fi les pointes du tour r s’enfonçoient dans le bois ; pour prévenir cet acident . avant que de tourner le cylindre , on chaflera à force* dans; les- deux; bouts; du* morceau de bois.,.
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- «tua les Expériences. 4^7 bois ,.des coins de cuivre dans la tête defquelson marquera les centres.avec un poinçon ou .un foret ; & s’il arri-voit que ce cylindre fût quelque temps fans fervir, il ne faudroit pas manquer de le préfenter fur le tour, pour vérifier de nouveau fa rondeur , avant de le charger du corps de la pompe: on ne doit point oublier avant d’en venir au tour , d’enlever avec la lime les maffes plattes/, /, ni d’ébarber les autres endroits où la fonte aurait laide des bavures capables de faire fauter le burin ou le grain d’orge.
- Le Tourneur prendra donc dans les renflements c, cl, e, les moulures g, h, k , Sc le quarré i , ayant foin de tenir cette derniere partie auffi Taillante que les deux moulures g , h il mettra d’épaiffeur le refte de la piece , avec les outils à bifeau ; il coupera quarrémenc les deux bouts, & il adoucira les traits , en traînant fur la piece des limes douces , & en-fuite des lames de bois tendre avec de la ponce broyée à l’eau; il la polira enfin avec de la ponce encore plus fine & de l’huile , & il finira par Tome IL Q q
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- 4j8 Avis particuliers enlever ce qu'il y a de gras , avec u« linge blanc & du tripoli à fec.
- La piece qui fermera la pompe par en-haut, eft une efpece de couvercle de cuivre/) p, que le Fondeur coulera fur un modèle de bois qu’on lui don-; nera : quelque façon qu’on lui donne à l’extérieur, il faut toujours y réfer-ver un quarré large & épais pp, pour recevoir des vis de trois à quatre lignes de longueur; le delfus doitavoir un plan circulaire de feize à dix-huit lignes de diamètre , & l’épailfeur de la piece en cet endroit,aura au moins trois lignes avec un trou au milieu, large de quatre lignes, pour recevoir le bout du canal du robinet. Une attention qu’il faut encore avoir , c’eft que le fond intérieur foit bien dreffé, afin que la face fupérieure du pifton le touche exactement dans toute fa largeur. Ce couvercle ainfi préparé s’emboîte fur le haut de la pompe & s’y foude à l’étain ; mais il faut auparavant qu’il foit joint au robinet.
- Les parties principales du robinet ) font le canal R, dont on voit la coupe à côté , la boîte s s,, & la clef
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- SUS 1ES EXPÉRIENCES.
- Vu: les deux premières pourraient être d’une même piece} mais il vaut mieux les travailler fe'parément & les joindre enfuite : on pourroit aufli faire la clef d’un feul morceau de fonte ; mais on fera mieux de la féparer de fa poignée , pour ne point rifquer de perdre les façons de celle-ci, quand l’autre ne réuffit pas : voilà donc quatre pièces à fondre fur des modèles.
- On pourra donner à la tige qui fait la plus grande partie du canal , la forme d’un baluftre long de quatre pouces & demi & d’un pouce de diamètre dans fa partie la plus renflée ; on le percera fur le tour, & le trou bien nétoyé & alaifé avec une broche ou équarrifloir d’acier trempé, n’aura pas moins qu’une ligne & demie de diamètre dans toute la longueur. Le haut de cette piece fera une afliet-te d’un bon pouce de largeur, avec une vis au milieu greffe comme la petit doigt', & longue de cinq à fîx lignes. Par en-bas le trou fera élargi &taraudé pour -voir une pareille
- vis , pai--!. •'
- à la boîte.
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- 4<?o Avis particuliers Le morceau de cuivre fondu don* on fera la boîte , fera un prifme exa, gone par le tiers de fa longueur pris au milieu; le relie étanr arrondi de part & d’autre avec quelques moulu-, res , comme on le peut voir en s s. Cette piece viendra creufe à la fonte, .par le moyen d’un noyau cylindrique gros comme le doigt, fur lequel le Fondeur la coulera ; on ajoutera auflî au modèle fur le milieu de deux famées oppofées du prifme, deux petits .cylindres de cinq à fix lignes de diamètre , fur autant de longueur, pour faire de l’un une vis qui joigne la boîte au canal, & de l’autre, un tenon par lequel on l’attache fur le couvercle de la pompe. On proportionnera le modèle de maniéré que la boîte toute finie , puiîfe avoir deux pouces 9c demi de longueur fur un pouce ^ de diamètre dans fon milieu.
- Il faut commencer .par nétoyer la boîte intérieurement , 9c -y faire la place de la clef, avec des équarriffoirs plus gros les uns que les autres, en commençant avec les plus petits. Ces fcquarrilToirs font des broches 4’acier
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- StTR EEs Expériences. 46$ trempé, taillés à quatre ou à cinq pans , qui vont en augmentant de groffeur d’un bout à l’autre , comme T: on les fait tourner dans la piece qu’on veut équarrir , en les faifiiîânt avec un tourne-à-gauche de fer ou de bois, par un tenon plat & épais , qu’on a réfervé au plus gros bout , & qui doit être trempé moins dur que le relie. Le dernier de ces outils , qu’on employé, celui qui achevé l’intérieur de la boîte , doit avoir fes' angles tranchants tellement inclinés à l’axe, qu’étant entré dans la piece des j de fa longueur , il en réfulte un trou qui ait par un bout douze à treize lignes de diamètre , & par l’autre feulement fept à huit lignes ; & pour adoucir la boîte en dedans & effacer les traits circulaires que l’c-quarriffoir pourroit avoir faits, il faut en finiffant, ne laiffer mordre qu’un angle de l’outil, en fufpendant l’action des autres par des lames de bois appliquées fur les faces; ou bien en les couvrant avec des bandes de cartes à jouer;bien entendu qu’on choi-fira pour cela celui de ces angles, qui fera le plus droit à la réglé.
- Qqiij
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- 462 Ans paiîticulibr*
- La boîte étant ainfi équarrie par dedans, on la mettra fur une broche de bois dur, pour tourner les deux parties s s, & pour drelfer les deux bouts ; après cela on finira à la lime les faces de la partie du milieu : on formera les filets de la vis qui doit recevoir la tige R ; on taillera à cinq ou fix pans, Te tenon qui eft diamétralement oppofé à cette vis , & l’on percera l’un & l’autre avec les mêmes outils qui ont fait le canal dans la tige R.
- Il eft temps alors d’attacher la boîte du robinet fur le couvercle de la pompe; il faut qu’elle y tienne foli-dement, & que 1 air ne puifle point pafi'er par la jonâion : dans cette vue, vous limerez l’intérieur du trou fait au couvercle , conformément à la figure du tenon qui doit y entrer, ôc vous lui donnerez beaucoup de champfrain , du côté qui répond à l’intérieur de la pompe; vous chaufferez les deux pièces, & vous aviverez fortement avec de la réfine & de la foudure d’étain, les faces qui doivent fe toucher ; vous placerez le tenon dans fou trou, & vous le riverez for-
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- SsuR les Expériences. 46$ tement ayant foin de l’arrafer enfui-te, afin que le delfous du couvercle foit toujours bien droit.
- Vous joindrez de même la tige R à la boîte, c’eft-à-dire, que vous aviverez avec la foudure d’étain , les parties qui doivent fe toucher , & vous les joindrez le plus exaftement . que vous pourrez, par le moyen de la vis : après quoi vous préfenterez cet affemblage fur le tour , pour voir fi tout eft bien droit & bien centré : s’il manquoit quelque chofe à cet égard, vous y remédiriez d’une part en battant un peu la rivure du tenon, d’un côté ou de l’autre , & d’autre part, en limant un peu fous labafe de la tige R , pour la faire tourner davantage fur la vis , en faifant mordre le taraud dans l’écrou, pour le rendre plus aifé.
- Quand vous aurez ainfi joint en-femble le canal R , la boîte s s ,8c le couvercle p p, vous fouderez celui-ci à la pompe : mais afin que cette foudure foit exaéle & folide , vous commencerez par chauffer les pièces, & quand elles feront jointes l’une à l’autre, vous continuerez de faire enr
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- 464 À VI S F A R f I Ç U E I E k ï trer la foudure tout autour de la jonftion , & vous finirez par y ert mettre un petit cordon , qu’il ne faudra qu’aproprier à la lime fans I’enle-ver entièrement ; comme il faudra aufli avec quelque outil long & tranchant par le bout, gratter les bavures de l’ctain , qui aura: pu couler dans la pompe, & qui, fi elles reftoient, ne permettroient pas que le pifton allât toucher le fond : on foudera de même la tige R fur la boite.
- Lorfque vous aurez fini ces deux foudures , & que vous aurez nétoyé la piece par dehors & par dedans, vous en ferez l’épreuve, en bouchant le canal qui communique de la boîte à la pompe , & en dteffant celle-ci pour la remplir d’eau bouillante : s’il y a encore quelqu’endroit où la fou-dure n’ait point pris , & qui ne foit bouché que par la réfine , l’eau chaude s’y fera jour , & le fera connoître. Si cela n’arrive pas, vous attendrez que cette eau ne foit plus que tiède, & pour plus grande fureté, vous ap-puyerez fortement deflus avec le pifton : fur la foi de cette derniere épreu-ve , s’il ne paroît aucun défaut ,
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- sü'r' iss Expériences. 4<îy vous continuerez la conftruftion de' la machine en fmilfant le robinet.
- V, eft un morceau de cuivre fondu, arrondi fur le tour & dreffé à la réglé , qui doit remplir tellement la boîte , que les furfaces fe touchenc dé par-tout ; l’équarriflbir , le tour & la lime ne procurerontjamais uncon-taâ li exaft , il ne faut employer cette première façon que pour faire entrer la clef jufqu’aux trois quarts de fa longueur ; je dirai ci-après comment on fait le relie. If faut réferver au bout le plus menu de cette piece , line vis de trois ou quatre lignes de longueur, fur- autant de diamètre., & à l'autre, un tenon avec une portée pour la joindre à la poignée u avec une forte goupille, qu’on puifle ôter au befoin : cet alfemblage étant fait, vous ajuflerez la clef dans fa boite de la maniéré fuivante.
- Ayez du fable de Fondeur neuf 8c paffé au tamis , à fon défaut vous prendrez la ponce broyée ; détrempez l’une ou l’autre dans de l’eau un peu chargée de favon blanc, mettez-en légèrement avec le bout du doigt for la clef, & faites-là tourner avec-
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- Ij'tfdAviS PARTICULIERS la main dans la boite en la pouffant en avant & en la retirant en arriéré ; cet ajuflage des clefs de robinets n’eft point aifé pour quiconque ne s’y eft point exercé pendant un certain temps ; cependant avec un peu d’attention & de patience , on en viendra à bout. 11 ne faut jamais faire tourner la clef un tour entier, du même coup de main ; il ne faut pas non plus manquer de pouffer & de tirera foi la clef chaque fois qu’on la fait tourner ; fans cela, on formera des filions rentrants fur eux-mêmes, & c’eft gâter l’ouvrage. 11 faut auflî après cinq ou fix coups de poignet, découvrir les furfaces, tant de la boîte que de la clef, en les efliiyant avec un linge, pour les examiner & recon-noître les endroits qui portent : car ce n’eft qu’en ces endroits-là qu’il faut mettre du fable: fi l’on en mettait aux parties qui ne touchent point, ce feroit le moyen de les creu-fer davantage; fi l’on appercevoit fur la clef, des endroits creux qu’il feroit trop long d’atteindre avec le fable, on pourra abbréger l’ouvrage, en limant doucement les endroits qui
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- sur tEs Expérience*; 46% portent, avec une lime entre douce Sc bâtarde qui ne foit point ufée.
- La clef étant ajuflée ou à-peu-près, il faut fonger à la percer ; vous y ferez d’abord un trou diamétral, un peu plus petit que celui du canal, & qui puifle fe rencontrer dans fon a-lignement quand on fera tourner la clef : mais comme elle pourroit avancer encore un peu dans fa boîte , foit qu’on n’ait point fini de l’ajufter, foit que par la fuite on ait befoin de la roder de nouveau , pour réparer quelque défaut, vous ferez bien de ne pas mettre le centre du trou tout-à-fait dans la direction du canal, mais un peu en deçà en tirant vers la poignée ; ou bien avec une queue-de-rat vous le ferez un peu oblong. J’oubliois de dire que le trou diamétral de la clef, doit être dirigé perpendiculairement au plan qui pafle par les deux fleurons de la poignée.
- Ce trou étant percé & proprement ébarbé par les bords , vous en percerez un autre de même groflèur dans le même cercle, mais à quatre-vingt-dix degrés de diftance , & qui aille obliquement tomber dans l’axe de la clef
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- ’4<>8 Avis p a r t i c u £ i e r-S du côté du petit bout : il faut biètf prendre garde que ce trou ne commué nique avec le premier.
- Enfin vous percerez un troifiémer trou fuivant la longueur dé la vis qur eft au bout de la' clef, & vous le prolongerez dans l’axe, jiifqu’à ce' qu’il rencontre le trou oblique dont je viens de faire mention ; les bords de ce trou feront bien dreffés & frai-fés, & le bout de la vis fera coupé un peu en bifeau, afin qu’on puilfe le fermer exactement , en appliquant deflus, quelque corps plat garni d’une matière- flexible.
- Quelque foin que vous ayez pris' d’ébarber les trous de la clef, ne manquez pas de là remettre dans la boîte avec un peü de fable & d’eau pour la roder légèrement, & vous aflurer que fon ajuftage n’a rien perdu ; après cela vous la couvrirez de gros papier, & vous la mettrez en lieu de' fôreté : vous boucherez aufli la boîte par les' deux bouts avec du liege , & vous continuerez de conftruire la machine.
- Ce qu’il eft à propos de faire main-jSenant, c’elt la platine : vous chou--
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- 'Sur lesExtériences. fjrez pour cela une plaque de laiton, qui ne foit nipailleufe ni gercée , d’une épaifiëur égale dans toute fon étendue ; vous l’arrondirez fuivant un trait de compas qui ait dix pouces de diamètre, & vous la ferez dreflèr & planer par in Chaudronnier adroit ; comme cette derniere façon pourroit lui faire perdre fa rondeur , vous formerez avec le compas,un nouveau trait que vous fuivrez à la lime. Si ce cuivre a été bien plané & dreflfé à la réglé, il fuffira de le limer fur une face pour Je blanchir, & de le poncer à l’eau pour enlever les traits de la lime 5 le deflous n’étant point, exr pofé à la vue, n’a pas befoin de cette façon , fi ce n’eft au centre & aux bords, àcaufe de la foudure. De quelque façon qu’on prépare la platine , foit qu’on la fonde fur un modèle, foit qu’on la prenne dans une table de laiton, il faut faire en forte qu’étant finie, elle ait au moins deux lignes d’épaiffeur.
- La platine doit être rebordée d’un cercle de cuivre , qui s’élève de neuf à dix lignes au-deflus de fon plan fu? périeur ; pour préparer ce cercle*
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- 470 A VIS TARTIfitfLIEKS vous prendrez une bande de laiton d’une bonne demi-ligne d’épailfeur & un peu plus de trente pouces de longueur : vous la plierez cir-culairement, pour faire joindre les deux bouts que vous fouderez à fou-dure forte , mais qui ne foit point trop aigre , afin qu’elle puilfe foufïrir le marteau ; après cela vous arrondirez & vous forgerez le cercle fur une bigorne jufqu a ce qu’il foit pref-que allez large, pour que la platine puilfe entrer dedans ; alors vous le monterez , fur un plateau de bois nouvellement arrondi au tour , & vous drefièrez les deux bords ; enfuite vous y formerez un drageoir ; vous figurerez une moulure en-deflus ic vous polirez avec de la ponce à l'huile; quand au dedans, vous le nétoye-rez à la main avec lalime & la ponce.' Si la platine alors fe trouve encore un peu trop grande pour entrer dans Je drageoir, vous la diminuerez en limant les bords, jufqu’à ce qu’elle y foit ajuftée. Il ne reliera plus alors qu’à fouder le cercle, mais cette fou-dure ne doit fe faire qu’après celle gui fixera la platine fur la tige du ro-
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- Sur les- Exeériences. 47*
- Vous percerez la platine au centre, Sc vous tarauderez le trou, pour la vis qui eft au bout de la tige R : vous la mettrez en place, & vous examinerez fi elle fe monte bien droite , & fi elle s'applique exaâement fur l’afliet-te qui doit la recevoir; alors vous fé-parerez les pièces pour les chauffer & les aviver avec rétain & la réfine , & vous les rejoindrez pour achever la foudure : vous ferez de même pour le cercle.
- La vis qui reçoit la platine , doit être affez longue pour excéder de cinq à fix lignes fon plan fupérieur : & fur la moitié de cette longueur vers le bout, les filets feront tranchés par deux rainures diamétralement oppofées , de forte qu’une piece qui fera viffée fur cette partie , n’empêche pas que l’air ne pafle du récipient dans le canal du robinet. Et quand on voudra que l’air n’y pafle point, il fuflira de viffer la piece plus avant, afin qu’elle fe trouve fur les filets pleins.
- Ce n’eft point affez que la platine foit portée par le centre , vous la
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- $72 Avis pa nTiCrüXiE rs les, qui feront attachées d’une part à fa circonférence, & de l’autre fur le quatre p p , que j’ai dit qu’il falloir réferver au couvercle de la pompe ; vous ferez les confoles avec des bandes de laiton un peu épaiffes, que vous plierez & découperez fuivant votrégoût., fi vous n’êtes pas à portée de faire autrement ; mais elles auront bien meilleure graçe, fl vous pouvez les faire fondre fur un modèle préparé en cire ou en plomb par un Sculpteur; étant réparées & mifes en couleur d’or, elles rendront la machine bien plus élégante.
- De quelque maniéré que vous faf-fiez ces confoles , il faut qu’elles ayent par en-bas,deux petites oreilles qui s’appliquent fur le quarré p p , Sc qui s’y attachent avec deux petites vis : & vous prendrez bien garde en perçant les trous & en les taraudant, d’atteindre jufqu’à l’intérieur de la piece. 11 faudra réferver dans le haut de la confole ou y fouder une petite maffe , qu’on puiffe limer d’ér querre pour faire pofer la platine def-lus, & l’y arrêter avec une vis à tête perdue; & afin que l’eâu qu’on répan-
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- sûr les Expériences. 473 dra fur la platine, ne puifle point Poulet pat là, vous enfermerez fous fa tête de la vis, un petit anneau de cuir gras.
- On imagine bien que les confoles doivent être placées a égales didances l’une de l’autre ; mais il ne faut pas manquer de les arranger de maniéré , que la poignée de la clef du robinet fe préfente au milieu de deux d’entr’elles, & le bout de la clef, vis-à-vis de la troifieme.
- Quand vous aurez mis la machine pneumatique dans cet état , vous achèverez ce qui relie à faire à la tige du pillon ; c’ell une branche de fer poli, coudée comme on le voit par Y, applatie par en-bas, & ouverte en forme de fourchette par en-haut; cette piece s’attache en K, par le moyeu d’une couliffe taillée en queue d’aronde comme y , & de deux fortes vis, qui traverfent les deux pièces , & qui en aflurent l’alfemblage. La fourchette contient un manche de bois, qui a quatre pouces de longueur , 3c qui tourne librement, fur une broche de fer, garnie d’une tête ronde par un bout, avec quelques •
- Tome II, R r
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- 474 Ans rARTicuî,iï|'i filets de vis à l’autre , qui ont leuc écrou dans la branche de la fourchette. Cette branchs de hauteur depui laquelle elle s’att che. Par en-bas , pouce & demi de la tige du pifton , & un peu plus par en-haut; on peut la limer à pans , on la laifler ronde, cela eft tout-à-fait arbitraire.
- Enfin vous enfilerez fur la tige quarrce du pifton,un plateau de bois de quatre pouces & demi de diamètre , dont la face fupérieure foit bien droite , & vous y ferez deux trous pour entrerfur les deux tirants à vis r r , pour lefquels vous prépaierez aufli deux écrous à oreilles. Ces tirants font applattis dans la partie qui eft au-deffus des filets, & font attachés chacun avec deux vis, qui ont leurs écrous dans FépaifTeur du corps de pompe , mais qu’il faut avoir foin de rafer en dedans, afin qu’elles ne nuifent pas au paflage du pifton.
- Pour faire palier le plateau fur la tige quarrée , vous n’aurez qu’à le fendre diamétralement & rejoindre les deux morceaux avec de la colle-forte : cela fuppofe que vous l’aurez
- : coudée a un pied sla partie platte par ache jufqu’au man-elle eft écartée d’un
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- 8URI.BS Exjériencbs. 475: fait d’un morceau de planche , dont le fil ne foit point interrompu par des neuds ; & que les trous par où paffent les deux vis , feront faits fur une ligne qui coupe à angles droits la fente diame'trale dont je viens de parler : il relie encore quelque chofe à faire tant à la boîte qu’à la clef du robinet, pour achever complètement la pompe , mais on attendra pour cela qu’elle foit montée fur fon pied.
- Que le pied de la machine pneumatique foit a (fez fort pour porter la pompe , & réfifler aux efforts de celui qui fait agir le pifton, qu’il ait affez d’afliette pour nôtre pas facilement renverfé ; quand au refie , il eft fufceptible de toutes les formes qu’on.voudra lui donner, & de tous les ornements dont on jugera à propos de l’enrichir : je me fuis borné dans cette partie, comme dans toutes les autres , au néceifaire & à la propreté , & j’ai trouvé dans cette économie un avantage , qui fe rencontre rarement avec un grand appareil de pièces fuperflues. Je veux dire un certain degré de légèreté , qui permet de tranfporter aifément & fane Kr ij
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- '47# Avis particuliers embarras, toute la machine,fans empêcher qu’elle ne foit allez ferme pour rélifter aux fecouffes ordinaires. Trois montants & deux tablettes, c’eft tout ce que j’employe ordinairement pour conflruire le pied de la machine Ample; je vais dire en peu de mots les proportions que doivent avoir ces cinq pièces.
- Chacun des montants A a, A ai PI. XXI , a trente-cinq ou trente-fix pouces de hauteur & deux pouces -en quarré au plus gros ;pour les chantourner régulièrement, il faut préparer un calibre avec dü carton ou avec un feuillet de bois fort mince, & l’appliquerfucceffivementfurlés deux côtés oppofés d’une piece de bois corroyée, pour tracer le profil : l’ouvrier coupera le bois fuivant ce trait, & il en fera autant avec un autre calibre fur les deux autres côtés ; il fera bien, en finilfant chaque morceau , d’abattre les deux angles extérieurs , par un champfrain de deux lignes de largeur, & dé lailfer les angles vifs à la face intérieure.
- 11 n’y a .que les deux pieds de dé-yant. qui foient femblàble entr’eux
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- SÜ R 1RS ÈXP ÉRIENdIS. 477 dans toute leur hauteur , celui de derriete B b, quoique taillé comme eux, ne rfidnte que jufqu’à la tablette d’en-bas.
- La tablette fupérieure C , dont'on voit le plan en ode, eft faite d’un feul morceau qui a feize lignes d’é-p'aiflfeur, & qui eft orné de quelques moulures tout autour; iîy a au milieu , un trou rond dans lequel le quarré i i, de la pompe doit entrer jufte. Dans cette tablette font aflem-blés les deux montants a, a, &un trot-Cerne D , qui defcend perpendiculairement fur la tablette inférieure- Si qui s’y aflemble auffi. Ce dernier montant eft pris dans un morceau de bois de quinze 1 ignés d’épaifleur; il eft arrondi par la face qui regardé le devant de la machine , l’autre côté qui eft plat, a trois pouces & demi de largeur, Si porte un avant-corps de quatre lignes d’épaifleur, fur deux pouces de large , dont les bords font: taillés en queue d’aronde , comme-on le peut voir en f g.
- La tablette inférieure E , dont on voit lé plan en g h h , a un bon pou-ce d’épaifleur, elle a auffi un trou
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- 478 Avis ïarticüliess rond dans lequel doit entrer jufte toute la partie de la pompe qui eft au-deffous de la première moulure ; & comme il y a fur cette partie, deux tirants qui font un peu de faillie , il faut que le trou foit échancré, pour les laifler palfer. On voit par là, que la diftance entre les deux tablettes doit être telle, que la pompe pofe fur l’une par la portée qui eft fous la moulure d’en-haut, & fur l'autre, par celle qui eft fous la moulure d’en-bas : & quand à l’écartement que cette tablette doit faire prendre aux pieds, il fera fuffifant, s’il eft de vingt-deux pouces pour les deux du devant A A, & de quatorze pour celui du derrière, à compter de la ligne A A.
- Vous mettrez la longueur de la tablette inférieure fuivant le fil du bois ; & comme les tenons h , h fe-roient trop tranchés, vous y en rapporterez à bois de fil ; ou bien vous ferez la tablette de trois pièces , en rapportant deux morceaux à bois de fil, dans lefquels vous prendrez les deux tenons h, h. Tous les tenons du pied doivent être collés & chevillés , Si au lieu d’être Amples o»
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- SÜHEES ExsiniBNCl*. 47f ferait bien de les faire à fourchette : mais ce qu’il y a de plus effentiel, c’eft que l’affemblage & les trous des tablettes foient faits de maniéré que la pompe fe monte bien d’à-plomb , & que les deux tablettes foient de niveau en tous fens , quand le pied fera pofé fur un plan horizontal.
- Il ell indifpenfable de couvrir le pied de la machine pneumatique avec une peinture à l’huile ou avec une couleur détrempée au vernis, à caufe de l’eau qui tombe fréquemment def-fus, & qui ne manquerait pas de pénétrer bien-tôt dans les affemblages , de pourrir ou de faire déjetter les bois. Il fera fort bien par exemple, en noir 3c rouge , toutes les faces extérieures étant de la première couleur, & celles du dedans avec les tranches & les moulures diftinguées par la fécondé ; le Verniffeur n’oubliera pas de marquer en or les champfrains faits aux montants, & d’enjoliver le relie avec quelques ornements. Enfin vous pourrez faire mettre en basées montants, des chauffons de bronze, qu’on trouve tout faits chez les Fon-jleurs, & vous les feiezmettre en cou-
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- '4"Sd Âvif ï'AK’fic'ür.'iHRS leur d’or, cômmeles confoles de la platine ,<3ê la poignée de la clef du robinet. •
- La machine' étaflt placée fur fon pied, arrêtée parles tirants qui tra-verfent le plateau fous la tablette inférieure, vous ÿ donnerez la derniers main par l’épreuve fuivante. Mu-riifèz-vous d’une peau de chamois paflee à l’huile , qui Toit par-tout d’une épaiffeur à~peü-près égale, & fans gerçures ni trous ; coüpez-en un morceau propre à couvrir toute là platine ; ouvrez-]C milieu par un trou circulaire, qui ait environ 2 pouces de diamètre ; mouil-lez-la bien, S étendez-la de ma--niere, que la vis du centre-foit a peu-près au milieu du trou. Placez fur cette peau l’éprouvette E, PI. X X, qui confifte en deux petits récipients joints enfemblè par un robinet , qu’il faut d’abord tenir fermé ; mettez de l’éau dans le vafe d’en-haut, & donnez deux où trois coups de pifton pour raréfier l’air dans ce-: lui d’en-bas ; enfuite ouvrez le robinet pour faire paflef de l’eau fur là platinejufqu’à ce qu’il y et
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- SUR LES ËxïÊRIENCES. qSt aït environ un travers de doigt au-déf-fus de la vis qui fait l’extrémité du canal ; & puis ayant fermé le robinet, obfervez bien s’il ne palfe point de bulles d’air à travers l’eau, & d’où viennent ces bulles, s’il y en a : fi elles fortent autour de la vis, c’eft une marque que la foudure de la tige R à la platine, eft défeâueufe , & il faudra la réparer. Si l’air vient par le canal, c’eft à la clef qu’il faut s’en prendre , & vous la retravaillerez avec le fable fin & l’eau de favon , jufqu’à ce que, par une pareille épreuve , vous foyez fut qu’elle eft fidèle. Mais toutes les fois que vous remettrez la clef du robinet dans la boëte, ne manquez pas, de bien effuyer l’une & l’autre auparavant, & de mettre fur la clef, un peu de fuif de chandelle bien net , en la faifant tourner un peu d’un fens& de l’autre, pour étendre la matière graffe entre les furfa-ces qui fe touchent.
- Mais ce n’eft point encore allez que le robinet foit exaét & qu’il tienne contre les efforts de l’air ex-, térieur, il faut encore qu’il ne s’en
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- 4.82 Avis particuiiers glilfe point entre le corps du pifton Si la pompe , tandis qu’on le fait def-cendre pour faire le vuide dans le récipient , & c’eft ce que vous recon-noîtrez par une fécondé épreuve que voici.
- Mettez fous le récipient le petit baromètre tronqué dont il eft fait mention , Leçons de Phyjîque, Tome III, page. 226, qui efl repré-fenté par la figure 14 de la PI. III. Tournez la clef du robinet, pour ouvrir la communication entre la pompe & le récipient , & donnez cinq ou fix coups de pifton , afin que le mercure defcende d’environ un pouce dans l’inftrument d’épreuve ; alors fi en faifant defcen-dre le pifton lentement, & en l’arrêtant pendant une demi minute à différents endroits de fon excurfion, vous ne voyez point remonter le mercure , mais qu’au contraire il demeure fixé au degré où vous l’avez fait defcendre, vous pourrez regarder le pifton comme étant exaft & il le fera autant qu’il peut l’être, fi en continant de le faire agir, vous pouvez faire defcendre le mercure
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- sur les Expériences. 483 Il une ligne près de fon niveau.
- Il ne produira même cet effet qu’avec un frottement affez confidé-table, qui vous fâtigueroit en pure perte, dans la plupart des expériences connues, qu’il ne s’agit que de répéter dans une école, & dans lefquel-les on peut fe dipfenfer de faire un vuide aufli parfait : je vous confeille donc de tenir votre piflon plus aifé, dût-il n’abaiffer le mercure qu’à quatre lignes au-deffus de fon niveau, fauf à le rendre plus ferré dans certains cas où l’on a befoin de raréfier l’air davantage : vous le ferez aifé-ment , en earniffant les lièges avec un ruban de fil tourné autour, & recouvert enfuite par les cuirs : & fi vous vous appercevez que ces cuirs fe rebrouffent, au lieu de relier conftamment couchés fur les lieges, vous pourrez les arrêter, en y faifant quelques points avec une groffc aiguille & du fil : enfin vous diminuerez" encore le frottement fans préjudicier à l’exaétitude du pifton, en l’enduifant de temps en temps avec un mélange de fuif & d’huile d’olives fondus enfemble.
- Sf ij
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- Quand vous aurez fini la clef du robinet, & que vous aurez lieu d’en être content, il faut pourvoir à fa confervation ; le moindre coup qu’elle recevroit, une fimple rayure à fa furfaee , la gâteroit peut-être fans relfource ; pour prévenir ces accidents , vous ferez enforte qu’elle ne puifle fortir de fa boëte que quand vouz jugerez à propos de l’en ôter; pour cet effet, vous enfilerez fur la vis qui eft au bout , un anneau de cuir gras plus large que le bout de la clef, & par-deffus une rondelle de cuivre mince , & vous retiendrez le tout avec un écrou taillé à pans ; mais afin que la clef faffe tourner la rondelle & fon cuir avec elle, & que l’écrou ne fe deflerre point, vous percerez dans le bout de la clef & à côté de la vis , un trou dans lequel entrera un petit pied rivé à la rondelle. Ajoutez à la clef du robinet, encore une partie dont vous tirerez tm grand avantage, c’eft la foupape mar-qaéeZ,Pl.XX, qui empêchera l’airex-térieur d’entrer dans la pompe, quand vous toumeres la clef pour faire
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- SUE LES EXPÉRIENCES. 485' fortir celui que vous aurez tiré du récipient , en faifant remonter le piflon ; par-là , il arrivera que le pif-ton remontera de lui-même en partie , & que vers la fin, vous n’aurez prefque rien à faire pour le ramener au haut de la pompe.
- Cette foupape efl un levier angulaire , qui porte au bout d’un de fes bras , une palette dans l’épailfeur de laquelle on a creui'é la place d’une petite piece circulaire de cuir de veau, qu’on y a attachée avec de la colle de poilfon ; l’autre bras du levier tourne dans une petite fourchette établie à l’extrémité d'une lame de cuivre dont les bords font taillés en queue d aronde , & qu’on fait entrer un peu à force , dans une coulilTe de même forme , crett-fée fur la partie cylindrique s de la boëte. Ce même bras du levier porte un refiort très-foible qui îufiït pour faire pofer la palette & fort cuir, contre le bout de la vis, mais qui cède à l’effort de l’air venant de la pompe , quand on fait remonter le pifton.
- Lorfque vous ferez travailler lama-Sfiij
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- 485 AVIS PARTICULIERS chine pneumatique , il eft important que les trous de la clef du robinet , fe rencontrent exaâement dans la direftion du canal, foit pour ouvrir la communication du récipient dans la pompe, foit pour ex-pulfer l’air que contient celle-ci quand on veut remontrer le pifton , foit enfin, quand il s’agit de Iaiffer rentrer l’air extérieur dans le récipient. La main s’accoutume peu à peu aux mouvements qu’elle doit faire pour cela ; mais pour la commodité de ceux qui n’auroient point acquis cette jufteffe par habitude , je fais entrer à vis fur le gros bout de la clef, une petite cheville d’acier / , qui eft paralelle à la longueur de la poignée v u ,8c je fais au bout de celle-ci , qui répond à la cheville, une marque très-facile à appercevoir, (*) ou Amplement un petit trou rempli de cire noire ; je place de même deux autres che-villle x, x , en haut & en bas de l’entrée delà boëte, ayant égard à leur épaifleur ; par ce moyen , l’on n’eft aflujéti qu’à tenir la poignée de la clef horizontale , quand on
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- sur les Expérience s. 487 fait defcendre le piflon ; la rencontre des chevilles lui donne la fi-tuation qu’il faut qu’elle ait pour les deux autres fondions.
- Le Rouet que j’ai ajouté au pied de la machine pneumatique, eft une efpece d’appendice qu’on peut ôter quand on veut , dans les cas, par exemple, où l’on auroit befoin d’un plus grand efpace libre , tout autour de la platine, ou fi l’on vou* loit mettre , en fa place , un guéridon pour porter un chandellier , Iorfqu’ontravaille aux lumières, ou quelqu’autre piece néceflaire à l’expérience qu’on a intention de faire.
- Ce rouet eft compofé de deux montants F, G, PI. XXI, affemblés paralellement entr’eux par deux tra-verfes, & à deux pouces de diftance l’un de l’autre ; d’une roue de feize poucesdediametre, que l'onfaittour-ner avec une manivelle ; & d’une potence mobile de haut en bas, qui porte des poulies de renvoi, avec un arbre tournant pour communiquer un mouvement de rotation.
- La traverfe d’en-bas G, eft àflem-blée à queues perdues dans les deux Sfiv
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- 488 Avis ?àr TietrtiBR s montants ; l’autre avec des tenons taillés en queue d’aronde, defcend en H, par descouliffes I, K, creu-fées & difpofées pour cela dans l’é-pailTeur des montants. A l’un des deux eft creufée en dehors une pareille coulifle fur la longueur L M , par laquelle le rouet fe joint & s’attache à la piece D, qui fait partie du pied de la machine.
- La roue, comme je l’ai déjà dit, a 16 pouces de diamètre ; pour la conl-truire & pour la placer dans fon chaf-ïis.vous n’aurez qu’à fuivre ce que j’ai enfeigné touchant celle qui fait partie de la machine des forces centrales, foit que vous la fartiez pleine, ou à jour : l’axe & la manivelle pou-ront être aurti de cuivre fondu fur des modèles , que vous ferez en bois. Voyez les Avis fur la Ve. Leço n, où j’ai donné la conftruâion d’une pareille roue , en parlant de la machine des forces centrales. La piece N, delà potence, gliffe fui-vant fa longueur entre les deux montants du chaflis, & y eft contenue de part & d’autre par la coulifte 1K, appropriée aux queues
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- SU* LES EXPÉRIENCES. 48# d’arondes qui font réfervées fur les faces N, N: le bas de cette piece eft ouvert, pour fervir de moufle à une poulie de bois qui a deux pouces -j de diamètre, avec deux gorges paralel-les & concentriques qui ne font fé-parées l’une de l’autre que par une languette fort mince : les joues de cette poulie, font un peu bombées du milieu, pour ne toucher que par cet endroit, les côtés de la moufle : au milieu de la couliffe qui reçoit la piece N N , chaque montant eft ' percé d’une rainure à jour n n , par laquelle on fait pafler un petit boulon de fer bien arrondi , qui fert d’axe à la poulie. Ce boulon a une tête plattè da cuivre tournée en ro-fette , fous laquelle il y a un quarré qui entre aifément dans la rainure ;. l’autre bout eft une vis qu’on reçoit avec un écrou à oreilles, fous lequel on enfile une autre rofette de cuivre mince ; au moyen de cet ajuftement, la. double poulie tourne-dans fa moufle , !: la potence fe fixe à, telle hauteur que l’on veut dans la coulifle. Au haut de la piece iViVj & de chaque côté, eft une poulie
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- 490AVI s particuliers de renvoi repréfentée plus en grand en O, & dont je parlerai tout-à l’heure.
- La piece P Q de la potence, a environ un pied de longueur, & elle et! coupée en deux parties, dont l’une fe replie fur l’autre quand on veut, par le moyen d’une charnière, comme on le peut voir en pq , cela eft commode pour débarraffer le def-fus de la machine pneumatique, fans enlever le rouet ; la partie p q plus mince que lerefte, eft percée à jour, d’une rainure qui a fixjignes de largeur & dans laquelle glifle la piece R, qui porte l’arbre tournant & fa poulie.
- Cette piece eft moulée en cuivre ; elle porte en deflus , & au milieu de fa longueur, un bout de vis gros comme le petit doigt , qui entre avec un quarré à côté , pour empêcher qu’elle ne tourne , dans la rainure, & qui l’ayant traverfée, eft prife par un écrou à oreilles ; au moyen de quoi l’on arrête tout ce qui tient à cette piece à tel endroit que l’on veut de la rainure. La' vis eft percée fuivant fa longueur, par un trou qui a quatre lignes de diamètre ; Sc la bride r r qui s’attache fous la
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- sur les Expériences. 491 piece R avec deux vis, eft percée en fon milieu d’un trou de pareille grandeur. L’arbre tournant S, fixé dans line poulie qui a deux pouces de diamètre, eft reçu entre ces deux pièces ; il entre de deux lignes feulement dans le trou de la vis, & il traverfe & excede d’un bon pouce, la bride r r; il y tourne avec liberté, & on a l’attention de réferver une portée de part & d’autre , afin que la poulie ne puiffe ni monter ni defcendre.
- Vous ferez l’arbre tournant d’un morceau de cuivre de fonte , que vous percerez d’abord d’un bout à l’autre , en le faifant tourner contre le foret. Enfuite vous rendrez le trou quarré, en faifant entrer dedans, des broches d’acier de cette forme, & en le battant fur un tas ou une enclume, jufqu’à ce qu’il puiflfe en recevoir une qui foit de même grof-feur d’un bout à l’autre, & dont chaque face , ait une ligne | de largeur. Vous l’arrondirez enfuite fur le tour, en plaçant les pointes dans les deux bouts du canal quarré, & vous formerez les portées: la partie comprile entre elles, fera taillée à pans pour
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- Avis îarticdeiïbs recevoir Je morceau de bois, dont vous ferez enfuite la poulie.
- La corde fans fin qu’on fait aller avec la grande roue , fera un ganfe de foie groffe comme une très-petite plume à écrire, ellefe croifera fous la poulie qui eft au bas de la pièce N N, fe logera d’un côté dans la gorge la plus prochaine du montant F, & de l’autre, dans la gorge qui avoilîne de plus près le montant G H; elle montera de part & d’autre fur la poulie de renvoi o , & fe réunira en embraffant la poulie de l’arbre tournant : il faut avoir foin de réunir les deux bouts de la corde, de façon , qu’elle ne devienne pas plus groffe en cet endroit, qu’elle ne l’eft ailleurs ; & pour qu’elle ne gêne point les poulies , & qu’elle ne foit point fujette à fortir de leurs gorges, vous aurez foin, qu’en montant para-lellement à la face & aux côté de la pieceiVA/,elIe trouve la poulie de renvoi dans le même plan. & qu’en fortant de celle-ci avec une direètion para-lelle à la piece PQ, elle y rencontre la poulie de l’arbre tournant. Chacune des poulies de renvoi, ell mon-
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- sur Ï.ES Expériences. 4Pj tée comme on le voit en O, dans un petit chaffis fait avec des lames de cuivre , & qui s’attache avec deux clous d’épingle, ou avec deux vis en bois ; comme la poulie qui eft au bas de la piece N N a deux gorges , la corde montante d’un côté , fe trouve un peu plus réculée, que de l’autre ; il faut y avoir égard, en plaçant les poulies de renvoi.
- Si l’on fe repréfente maintenant, le rouet alforti de toutes ces pièces, 8c attaché au pied de la machine , comme on le peut voir par la figure, qui fait voir la machine de profil Pi. XXI.on comprendra aifément, que la grande roue en tournant, doit communiquer par la corde fans fin & pat les poulies, à l’arbre tournant de la piece R , un mouvement de rotation d’autant plus rapide , que cette roue furpalfe en diamètre, la poulie de cet arbre ; & que fi l’on joint une tige de métal à cet arbre. en l’engageant par un bout dans fon trou quarré, & en l’y retenant avec une vis depreffion comme S ou s, cette tige participera au même mouvement , non - feulement elle , mais tout ce
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- 494 Avis particuliers qu’on y voudra attacher. II ne s’agit plus que de faire pafler la tige T, dans le récipient de telle façon, que fes mouvements ne permettent point à l’air extérieur de s’y introduire.
- Pour cet effet, on fe fert d’un récipient qui a par en haut un goulot ouvert comme pour y paffer le doigt , fur lequel on attache avec du maftic, une virole de cuivre qui a un fond un peu épais, percé au milieu & taraudé pour recevoir la vis d’une boîte à cuirs. Cet inftru-ment qu’on fait couler en cuivre en donnant un modèle de bois au fondeur, eft un cylindre creux qui a dix à douze lignes de diamètre intérieurement, fur un pouce de hauteur, avec un fond qui porte une vis u groffe comme le petit doigt. Cette b oî-te fe ferme parle haut, avec un couvercle à vis qui entre dedans, &dont le bord un peu faillant eft godronné tout autour. Ce couvercle, ainfi que la vis u, eft percé au milieu, pour donner paffage à une tige ronde de métal, groffe comme une plume à écrire. Avant que d’y faire entrer cette tige, on remplit la boîte, ainfï
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- sue les Expériences, 45/ que le couvercle, avec des rondelles de cuir de buffle, qu’on a laide tremper pendant quelque temps, dans un mélange de fuif fondu avec partie égale d’huile d’olives, & au centre defquelles on a fait un trou avec un poinçon ; quand ces cuirs font bien preffés avec le couvercle , on fait paffer la tige de me'tal au travers de la boîte, & au moyen de ces cuirs gras qui la ferrent fur une longueur d’un bon pouce, lî elle eft bien ronde & cylindrique , elle y peut tourner & glilfer, fans que l’air paffe entr’elle & les cuirs.
- Jefuppofe donc qu’on aitvilfé une boîte à cuirs fur la virole du récipient , en enfermant entre l’une & l’autre un anneau de cuir gras, pour rendre la jonétion plus exaéle ; on fera paffer la tige T au travers, & l’on engagera le bout t qui eft quarré & un peut en dépouille, dans l’arbre tournant j ; au-deffous du quarré on fera bien de fouder une rofette de cuivre tournée, fous laquelle on enfilera un cuir gras, afin que la tige ne puiffe pas defcendre , & que l’air extérieur ne puiffe point s’infinuec
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- Avis ïakticui.ifrs dans la boîte ; la partie de la tige qui tournera dans les cuirs, doit être bien ronde ; on limera le refte en quarré , & tout ce qu’on enfilera deflus , s’y arrêtera avec une vis de preflion.
- Quand on ne fait point ufage du rouet , & que la tige de la boîte à cuirs eft menée à la main, foit que fon mouvement fetaffe en tournant, foit qu’il fe faflë de haut en bas , il faut rapporter au bout d’en-haut, un anneau V de fonte qu’on lime proprement , & qui fe monte à vis. Le bout d’en-bas porte un quarré & quelques filets de vis, pour y joindre une pince, un crochet, ou quelque autre infiniment, qu’on y arrête avec un écrou ; & afin que la tige en glif-fant d’un bout à l’autre dans la boîte, foit toujours également ferrée par les cuirs ,on la fait d’un gros fil de laiton pafie à la filière.
- Quand on n’a point de mouvements à faire dans le vuide, il faut employer des récipients dont le haut foit terminé par un bouton creux, comme X ; cela diminue un peu du prix, parce qu’ils en font plus légers;
- mais
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- sur les Expériences. 497 mais on a encore la commodité d’y fufpendre facilement tout ce que l’on veut, en engageant dans la gorge, un bouchon de liege qui porte un crochet.
- Tous les récipients, tant grands que petits, foit à goulot , foit à bouton, doivent avoir au-delîbus de cette partie la forme d’une voûte qui ne foit point trop fur-baiflee : on fera le corps du vailîeau cylindrique , & le bord fera dreffé avec du fablon & de l’eau fur une plaque de métal bien droite âc bien unie; on en trouvera aifément de fer coulé qui ne feront point cheres : au défaut d’une plaque de métal, on pourra fe fervir du revers d’une table demarbre.
- Les récipients de machines pneumatiques fe font en verre ou en cryf-tal ; ceux-ci font préférables aux premiers ; on en fera fuffifamment af-forti pour les expériences ordinaires, fi l’on en a feulement deux, tant à bouton qu’à goulot, fur les me-fures fuivantes, qu’on ne doit prendre que pour des à-peu-près , parce que cela fuffit, & parce qu’on auroit beaucoup de peine, fur-tout I srm IL T t
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- 458 Avis particuliers pour Jes cpaiffeurs, à les faire exécuter à la rigueur aux Verreries.
- Ces dimenfions pour les capacités m'ont paru les plus convenables ; mais fi par extraordinaire, on avoit befoin d’un vaiffeau beaucoup plus grand , il ne faudrait pas regarder les limites de la platine comme un obfta-cle invincible ; il fuffiroit d’y affu-jérir le bord du récipient qui pofe deffus, le relie du vaiffeau pourrait en devenant plus haut que les autres , augmenter aufli de largeur.
- J’ai encore plufieurs chofes à dire touchant les machines qui affortiffent la pompe pneumatique, mais j’en parlerai à mefure que les expériences fuivantesm’en fourniront l’occafion ; j’ajouterai feulement encore ici quel-
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- sur les Expériences. ques avis fur la maniéré de manoeuvrer cette machine, & fur les moyens de l’entretenir en bon état.
- Si vous avez été quelques temps fans vous en fervir, commencez par faire couler dans la pompe, plein une cuiller à bouche d’huile d’olives , que vous introduirez par le haut du canal, en abaiflant peu-à-peu le pifton, que vousferez enfuite monter & descendre trois ou quatre fois, ou jufqu’à ce que vous lentiez qu’il a’pris l’huile, & qu’il glifle aifément ; pouflez-le enfuite jufqu’en haut, & faites-le appuyer contre lé fond , afin que le tropd’huileforte&fe répande fur la platine, que vous efluirez avec un torchon. Enfuite ayant étendu les cuirs mouillés, & préparé votre expérience fur la platine, appuyez votre main gauche fur la tablette fupérieure, portez votre droite à la poignée de la clef, & votre pied droit dans l’étrier du pifton ; tenez la poignée de la clef horizontale, en abaiflant lé pifton avec le pied, & dans l’inftant que l’étrier arrive en bas , tournez la clef de gauche à droite, jufqu’à ce que les chevilles
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- joo Avis particuliers* fe rencontrent. Alors pour remonter le pifton , le pied & la main gauche reliant à leurs places, portez la main droite à la poignée de la branche montante Y, PL XX. Sc en la tirant de bas en haut , contretenez Petrier en le pouffant un peu en avant avec le bout du p;ed, jufqu’à ce que vous Tentiez que le pilîon touche le haut de la pompe, & contenez le,dans cet état avec le pied, avant de tourner la clef pour donner un fécond coup. En obfervant cette marche exactement vous en acquererez bientôt l’habitude, & vous ferez promptement le vuide fans vous fatiguer. Pour laiffer rentrer l’air dansle récipient , vous tournerez la poignée de la clef verticalement, en mettant en haut le bout que vous mettez en bas, quand vous remontez le pilîon; alo rs lî vous appuyez un peu avecle bout du doigt fur laquelle de la fou-pape, l’air extérieur fe portera avec précipitation dans le récipient.
- Quand la machine pneumatique ell fort long-tems fans fervir, il fe fait du verd de-gris en dedans , & le pîflon s’attache fortement au cuivre ; an fera bien de le faire chan-
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- sur les Expériences. for, gerde place de temps en temps, pour provenir cette adhérence : on le fera îortir aufli quelquefois d la pompe, pour vifîter les cuirs, enlever la vieille graiffe & en remettre de la nouvelle ; il faut nétoyer de même le robinet, en ôtant la clef de fa place, & en faifant palfer des plumes de coq à contre-fens à travers les trous, & à travers le canal ;mais il ne faut point oublier de remettre une légère couche de fuif fur la clef, avant de la remetre dans fa boîte.
- Quand on a une expérience délicate à faire, il faut commencer par éprouver la machine pneumatique, comme je l’ai indiqué ci-deffus , avec l’éprouvette à l’eau, & avec celle de mercure.
- Pour revenir à la première expérience qui a donné lieu à cette longue digreiïion , j’avertis qu’il n’eft pas nécelfaire de péfer le ballon dans l’eau ; on pourra fe difpenfer de cet embarras, & faire la peféedans l’air , pourvu que la balance foit bien mobile ; ceiïe que j’ai décrite au commencement des 4-Wî fur $a feptieme Leçon, pag.264.fera très-
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- J02 Avis particuliers bonne pour cela. Tandis qu’on fait le vuide dans le ballon , il eft à propos de l’envelopper d'une ferviet-te dont les quatre coins foient noués en deflous , afin que fi, par hazard , il venoit à fe caffer, les éclats de verre ne bleflent perfonne.
- Ne plongez point, à l’imitation d’Hauxl >ée, votre ballon vuide, dans l’eau, pour y en faire entrer à la place de l’air que vous aurez ôté; l’humidité qui y relierait, mettrait beaucoup d’incertitude dans les expériences que vousferiezenfuiteavec le même vailfeau : ayez-en plutôt un autre , n’importe de quelle forme & de quelle grandeur , pour faire cette démonflration; & s’il peut-être beaucoup plus long que large, vous ferez voir enmême-tems, que l’eau qui n’a point été purgée d’air, fe défai-fit en entrant dans le vuide, de celui quelle contient naturellement; d’où il fuit que cet air gagnant le haut du vailfeau , ne permet pas qu’il y entre autant d’eau qu’il y en entrerait fans cet obltacle : voici comment je fais cette expérience.
- djPl.XXI.Fig. i.eltun tube de verre
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- sur les Expériences, poj qui a quatorze ou quinze pouces de longueur fur dix-huit ou vingt lignes de diamètre ; il eft renflé par le bas , avec un goulot fur lequel eft maf-tique'e une virole de cuivre avec un fond un peu fort. Ce fond eft percé au milieu & taraudé pour recevoir un robinet C qui s’y joint par une vis. Sur ce trou qui reçoit le robinet, on a foudé un ajutage de trois pouces j de hauteur , & dont l’orifice a près d’une ligne de diamètre. Le canal du robinet eft prolongé par un tuyau B de laiton ou de ferblanc, quia fept àhuitpoucesdelongueur, &qui fe joint à vis, avec une affiette qui preffe un cuir gras , comme le robi-binet en preffe un autre contre le fond de la virole , afin que l’air ne puiffe point entrer par ces jonâions.
- Le tuyau B étant ôté , je viffe le robinet au centre de la platine de la machine pneumatique, affez avant pour qu’il touche les cuirs mouillés, & je fais le vuide dans le tube A ; je ferme le robinet C, & j’enlévela piece , pour y remettre le tuyau B, que je plonge dans un grand gobelet plein d’eau claire ; alors j’ouvre le robinet, & l’on voit l’eau du go-
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- yo* Avis particuliers belet s’elever dans le tube A,en forme de iet & retomber toute laiteufe, & pleine de petites bulles d’air, dans la partie renflée. Cette eau fort en-fuite, par un petit trou fait au fond de la virole, à côté de l’ajutage , & que le robinet tient fermé avec le cuir gras qu’il prefle, pendant l’expérience
- Quand on veut couper une pomme ou une tranche de navet, par la preflion de l’air extérieur, il faut garnir le petit récipient qui eft ouvert par en - haut , avec une virole de cuivre dont le bord fu-périeur foit tranchant ; & couper la pomme en deux moitiés pour les appliquer deffiis l’une après l’autre.
- ' La veflie tendue fur le récipient,
- i ,X'„ « mantlue fouvent de crever , parce LStâion quelle échappe à la ligature ; pour pi. il Fig. faire cette expérience avec fuccès , il faut choifir une veflie mince , ( celle de porc eft très-convenable ), en choifir un morceau qui n’ait aucun trou, & allez large pour déborder le récipient de trois doigts tout autour;le mouiller, l’étendre furies bords du vaifleau', & le lier au collet avec
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- sur les Expériences, yoy avec une ficelle fine, qui falîe au moins cinq à fix tours , & que l’on ferrera leplus qu’on poura avant de la nouer ; ayant foin , après le premier ou le fécond tour de la fifceile , de tirer les bords de la veffic, afin qu’elle foit bien tendue : & tandis qu elle fera encore toute mouillée , il faut la rabattre & la prefler avec le plat de lamain furlesbordsdu vaifleau, afin qu’elle s’y colle.
- Au moment de l’expérience , fî l’ons’apperçoit que la veffie ne foie pas bien feche , il fera à propos de la préfenter au feu ou aux rayons dufoleil ; & fi malgré ces précautions, elletardoit trop à crever, on la fera partir en donnant un petit coup au milieu avec le doit : le récipient qui fert à cette expérience ne doit point avoir moins que quatre à cinq pouces de diamètre, pour bien faire.
- Si l’on fait cafler un morceau de vitre arrondi, il faut interpofer fut les bords du récipient, un anneau de peau de chamois mouillé, afin qu’il s’y joigne plus exactement : on n’oubliera point de couvrir le bouc du canal qui ell au centre de la pla-
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- 50(5 Avis ïArtiCü&iers tine avec l’opercule dont j’ai fait mention dans les Avis fur la fécondé Leçon, pag 3 6. de peur qu’il n’y entre quelque petits éclats de verre, qui pourroient gâter le robinet ; & il fera prudent de jetter un mouchoir ou uneferviettefur le morceau de vitre, pour contenir les morceaux quand il viendra à fe rompre.
- Seconde Expérience.
- _ Il fera allez difficile de fe procurer un fyphon de huit pieds de hau-teur , tel que celui que j’ai décrit 1. dans la préparation de cette expérience ; & en fuppofant qu’on le puiffe avoir, il fera fort en rifque de fe caffer par en-bas, lorfqu’on l’aura rempli de mercure. Dans une école publique, il faudra fe contenter de donner à cet inllrument trois pieds j de hauteur , & de réduire la colonne d’air interceptée dans la petite branche à la moitié de fon volume, par une colonne de mercure de 28 pouces : alors il fuffira qu’il foit de la groffeurdes tubes à baromètres, & qu’il foit attaché fur une planche,
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- 5ür les Expériences. J07 dont la longueur fait divifée par pouces.
- Troifieme Expérience. ï- a préparation de cette expérience ~ x eft fuffifamment expliquée dans l’en- Leçon. droit cité en marge ; j’obferverai feulement , que la planche fur la- ' ' *'*• quelle eft attachée le baromètre, doit être extrêmement mince & légère , pour n’être point fujette à fe renverfer ; on pourroit même s’en palier, & marquer feulement avec un fil lié autour du tube, l’endroit où s’eft fixé le mercure, au commencement de l’expérience.
- Quatrième Expérience.
- - C’est au Chaudronnier à préparer — n ces hémifpheres avec du cuivre rouge d’une épajfleur convenable à leur t. scaion, grandeur; enfuite les bords étant bien ftl^LuF‘s dreffés , on foude à l’un des deux 1 ' avec la foudure d’étain, un anneau plat, large de fept àhuit lignes, fondu en cuivre jaune & dreffé fur le tour & à la lime , avec une rainure circulaire fur une de fes faces , dans la-V v ij
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- jo8 Avis particuliers quelle on fera entrer les bords de fhémifphere.
- Ces deux calotes feront percées au milieu de leur convexité, J.’une pour recevoir le bouton avec l’anneau de fufpenfion, l’autre pour fe joindre au robinet ; mais comme ces deux parties ont de grands efforts à foutenir , il fera bon d’augmenter leur épaiffeur, par deux pièces de métal rivées & foudées à l’étain ; l’une fera placée en dedans pour fervir de contre-rivure au bouton ; l’autre s’attachera en dehors , pour fervir d’écrou à la vis du robinet , & fa face circulaire fera bien dreffée & couverte d’un anneau de cuir gras, afin qu’il s’y joigne exaétement, Cinquième Expérience.
- Quoiqu’on puiffe faire cette expérience avec les hémifpheres de la précédente & un grand récipient, il fera ' cependant plus commode d’y en employer qui n’aient que trois pouces ou trois pouces j de diamètre : quand on les aura attachés enfemble, par quelques coups de pifton, on fermera & l’on déviltera le robinet, jufqu’à
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- SUR EÊsÈxPÊRIjEMCES. JO(J ce qu’il ne tienne plus à la machine pneumatique que par les derniers pas de vis qui font tranchés par deux rainures , comme je lui dit, page 471. Alors il n’empêchera pas, quela pompe ne tire l’air du récipient dont on aura couvert les hémifphers ; quant à la boîte à cuirs, j’en ai donné la conftruftion ci-deflus , page 494.
- Ces hémifpheres grands & petits feront beaucoup mieux s’ils font peints à l’huile , ou avec quelque vernis coloré , tant par dedans que par dehors , excepté la face de l’anneau plat, fur laquelle s’applique le cuir mouillé.
- Si vous voulez prouver par l'ex-péiience qui eft rapportée dans l’ex- L plication de celle-ci , que la rare- 1. faétion de l’air dans le récipient eft nL proportionnelle au rapport qu’il y a entre la capacité de ce vaiffeau & celle de la pompe , voici quelques Avis que vous pourrez fuivre pour la préparer. Faites un baromètre (impie, comme celui dont j’ai donné la conf-truâion , dans les Avis fur la fep-tieme Leçon page 307. & montez le de la maniéré fuivante.
- Vvüj
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- jio Avis lASTiCBliïm Ayez une platine ronde de cuivre bien dreflee , d’une bonne ligne d’épaiffeur & de trois pouces de diamètre; percez-!a au milieu & fou-dez-y une virole ronde d’un pouce de hauteur, capable de recevoir un tube de baromètre, & un peu évafée par en-haut -, ajoutez un demi-cercle plat & concentrique, dont les deux bouts fe replient pour joindre la virole , comme il eft repréfenté par le plan, en A Fig. 2: & que le tout foit bien foudé. Cette efpece d’emboî-ture recevra un morceau de bois léger B C, qui aura une face platte d’un pouce j- de large, dans toute fa hauteur, avec une rainure au milieu , pour loger en partie le tube du baromètre; le refte fera arrondi en de» mi-cylinde par en-bas, & aminci en-fuite de plus en plus jufqu’en haut. Ayant arrêté cette piece dans fon emboiture avec trois ou quatre clous d’épingle, vous diviferez laface qui eft droite par pouces jufqu’au nombre de 30 que vous numéroterez, en commençant à les compter de la ligne D d, ou fera le niveau du mercure dans le culot ; cette graduation fe
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- sue les Expériences, yn marquera, ou fur un papier blanc que vous collerez au bois, ou fur une impreffion de blanc détrempé à la colle ; après cela , vous y placerez le baromètre, en faifantpalfer le tube par-delfous la platine, dans la virole du centre, & vous l’arrêtrez dans la rainure avec deux ou trois liens de fil de laiton recuit, que vous ferez palfer à travers le bois, & que vous tortillerez par-derriere : & afin que l’air ne puilfe point palfer entre la virole & le tube, vous profiterez de l’évafement, pour y faire entrer de la cire molle.
- Pour l’expérience dont il s’agit,' vous ferez choix d’un récipient af-fez ouvert par en-haut, pour que le culot D puilfe y palfer aifément , & dont la capacité foit dans un rapport connu avec celle de la pompe ; fuppofez,par exemple,que vous vouliez les deux capacités égales ; vous commencerez par reconnoître celle de la pompe, en verfant de l’eau dedans par le canal du robinet, autant qu’elle en peut contenir lorfque le pilton elt totalement abailfé, & eu la mefurant enfuite. Vous ferez paf-
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- $12 Avis particuliers fer cette quantité d’eau, ou une fem- I blable dans différents récipients, jpf- I qu’à çe que vous en trouviez un qui la contiennent à peine, ou qni foit même un peu trop petit pour la contenir ; & quand il fera plein, vous y plongerez encore un culot bouché, femblable à D , qui en fera fortir une partie. Quoique le vaifleau foit ouvert des deux côtés, il contiendra l’eau que vous y mettrez, fi vous faites tenir fon bord d’en-bas appuyé fut la platine de la machine pneumatique couverte de fon cuir mouillé.
- Quand vous aurez ainfi la quantité d’eau jufte, que le récipient peut contenir , dédudion faite de celle dont le culot D ou un volume équivalent tient la place, vous la ferez couler dans la machine pneumatique en abaiflant peu à peu le pifton, juf-qu’à ce que tout y foit entré, & vous placerez fous l’étrier,quelque bout de planche qui l’empêche de defeen-dre plus bas ; alors vous ferez fur qu’à chaque coup de pifton que vous donnerez en faifant votre expérience, la capacité de la pompe fera égale à celle du récipient : vous parvien-
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- sur £ es Expériences, fij drez de même à trouver un autre rapport, s’il vous eft plus commode.
- Le choix du récipient étant fait, vous aurez foin que le bord d’en haut foit dreffé comme celui d’en bas ; vous y placerez un anneau de cuir mouillé, & par-deflus, laplatine qui porte le baromètre , ayant foin de le contenir avec la main pendant les premiers coups de piflon. Après l’expérience , il faut laifier rentrer l’air peu à peu , & non pas brufquement, de crainte, que le mercure en s’élançant avec trop de précipitation , n’aille cafler le haut du tube.
- Une vefle de mouton dans laquelle on a lailfé un pèu d’air, & dont ou a bien lié le col avec du gros fil, s’enfle à vue d’œil fous un récipent a mefure qu’on y fait le vuide ; on fait voir que cet effet à lieu, quoiqu’on la charge d’un poid de 8 à 10 livres ou d’un plus grand encore, en la mettant dans un vafe cylindrique de fer-blanc E, Fis;, y. fous un autre F, qui entre dans le premier & qu’on remplit de balles de plomb. Le vafe extérieur a quatre pouces jde hauteur fur trois j-de
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- P4 Avis farticuliers diamètre ; fon fond qui eft élevé d’un pouceplus haut que le bord inférieur, eft concave en delfus, & fa partie qui eft au-deffous eft percée de plu-fieurs petits trous dans fon pourtour. Le vafe F n’a que deux pouces de hauteur avec un fond concave en delfous, & il doit glilfer avec facilité de bas en haut : on place la vef-13e flafque entre les deux fonds, Sc e’eft pour cela que les deux concavités fe regardent ; voyez la coupe
- Si l’on n’a point la commodité de fe procurer ce double vafe de métal , onyfuppléra, en mettant lavef-fie au fond d’un bocal d’Apoticaire G, & en la chargeant d’un cylindre de bois tourné , un peu concave en delfous, & d’une ou de plufieurs molettes de plomb enfilées fur une broche de fer, implantée au milieu de la face fupérieure.
- Les bouteilles qu’on veut faire cafter dans le vuide doivent être
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- sur les Expériences, yijf donc prendre garde qu’elles ne foient chau des quand on les fcelleracon aura foin de les préparer avec un col d’un pouce dé longueur, terminé en tube capillaire ; & de les tenir , pour bien faire, fur de la glace pilée , quand on les préfentera pour le fcelle-ment.
- Pour vuider l’oeuf & le remplir,' au lieu de le placer dans le gobelet, tenez-le fufpendu au-deflus, avec la tige d’une boîte à cuir garnie d’une pince à jour, qui fait reffort, & dans laquelle on le fait entrer en le pouffant ; voyez la Fig. 4. quand il fera vuide vous le ferez defcendre au fond du gobelet, & vous ferez rentrer ce qui en eft forti, en rendant l’air dans le récipient : il faut pour cela que le fond du gobelet foit fort concave, afin que le trou de l’œuf foit plongé jufqu’à parfaite exhauftion : il y a des verres à boire dont la coupe a la forme qu’il faut pour cela; faute de mieux, on en prendra une que l’on attachera avec de la cire molle fur une patte de plomb.
- Si vous voulez laver la cocque de l’œuf intérieurement, & la rem-
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- fl6 Avrs PARTICULIERS plir de crème ou de quelque autre matière liquide , au lieu de faire l’immerfion dont je viens de parler, vous laiflerez rentrerl’air dans leréci-pient, & vous mettrez en place du gobelet un autre vafe avec de l’eau claire & chaude fi vous voulez ; ayant fait le vuide , vous y plongerez la coque , & vous rendrez l’air dans le récipient, pour la remplir : vous l’é-leverez d’un pouce au-deffus du vafe, & vous ferez le vuide , pour déterminer l’eau à fortir; en recommençant ainfi deux ou trois fois , vous parviendrez à la nétoyer parfaitement , après quoi vous finirez par la remplir fuivant votre intention.
- Ftgvrn; Dans l’expérience repréfentée par la figure citée en marge, au lieu d’eau claire, on fera mieux d’employer de l’eau teinte avec de l’orfeille.
- Sixième Expérience.
- - '—- Pour fe procurer le vailfeau qui
- LrçoH. *a principale piece dans cette ex-i. Seitiou. périence , & qu’on appelle Fontaine de comprejton, il faut s’adreffer à un Chaudronnier adroit , qui le fera
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- sur les Expériences. jry ainli que le pied , avec du cuivre rouge , fuivant un modèle qu’on lui raillera en carton ou dans une feuille de papier épais , & qui en repréfen-tera la. coupe fuivant l’axe. Quoique la forme & les dimenfions en foient affez arbitraires , on ne fera point mal de fuivre à-peu-près celles qui font indiquées en H, Fig. J. En prenant la,ligne ai pour quinze pouces , & en la divifant en quatre parties égales par des lignes qui la coupent à angles droits comme tt, d d, ee,on tracera facilement le profil de la fontaine & de fon pied ; & d’après cela, l’ouvrier fera un calibre pour fe régler: s’il entend bien la rétreinte, il formera le corps de la fontaine de deux pièces, Scmême d’une feule, parce qu’il doit relier en H, une ouverture circulaire de trois pouces de diamètre: au pis aller, il la fera de trois pièces , favoir le haut & le bas de deux pièces arrondies 8c embouties en forme de calotes , & le milieu , d’une virole qu’il rendra propre à s’y joindre ; mais de quelque maniéré qu’il s’y prenne , il faut que ces deux ou trois .pièces foient aiTemblées à
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- 518 Avis particuliers foudure forte, bord contre bord , a qu’il ne relie au cuivre aucune ger- s çure, ni aucun défaut par où l’aii <! ou l’eau puilfe fortir.Le pied fera fai: i d’une forte virole façonnée en gorge 1 avec un quarré à chaque bout ; & élit j fera foudée à foudure forte fur la con- i vexité d’une patte emboutie , & re- j bordée tout autour pour avoir plu; i de force : ces deux pièces n’en faifant plus qu’une.feront rapportéesau fonc de la fontaine, par une large foudure d’étain , qu’on r’agréera enfuite avec une lime ou avec un grattoir.
- J’ai déjà dit qu’il doit relier en B, une ouverture ronde de trois pouce: de diamètre, le Chaudronnier y fou dera à l’étain une plaque de cuivre jaune I, fondue & tournée, avec une feuillure, percée & taraudée au milieu pour recevoir la vis du robinel K, qui s’y joint avec un cuir interpolé, afin que l'air ne puifle point s’échapper par la jonâion. Ce robinet porte un tuyau de laiton un peu plus menu que la vis , & dont le bout d’en-bas qui ell ouvert, doit atteindre , à une ligne près , le fond de la fontaine.
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- sue tss Expériences. pip Le robinet reçoit par en-haut, un tjutage L , qui s’y joint encore à vis, k avec un cuir interpofé : fon calai & le trou diamétral de fa clef font gros comme pour y palfer une plume à écrire ; il en efl de même :1e l’ajutage, excepté l’orifice , qui n’a pas tout-à-fait une ligne de diamètre.
- Si l’on n’eft point à portée d’un habile Chaudronnier, qui fâche exécuter en cuivre ce que je viens de prefcrire, on s’aidera d’un Ferblantier , qui fera le corps de la fontaine de trois pièces , fçavoir , deux calores M , N, & une virole conique P , qu’il foudera folidement. Il y joindra un pied compofé d’une virole 0, & d’une patte emboutie, dont le bord fera fortifié par un cercle de fil de fer , qu’il renfermera : il foudera en h, la piece /, & le refie fe fera comme je l’ai dit ci-deffus. Si l’on fait la fontaine en ferblanc , il faut y employer les feuilles les plus fortes , & la tenir plus petite que celle qu’on feroit en cuivre , de crainte qu'elle ne crève quand l’air y fera fortement condenfé. Il faudra déco-
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- po Avis pasticïïIIïbS rer ce vaifleau d’une peinture à l'Huile , ou le faire paffer par les mains du Verniffeur.
- La pompe avec laquelle on comprime l’air dans la fontaine , après qu’on y a mis de l’eau , efl de cuivre fondu fur un modèle en bois : on l’a-laife en dedans & on la tourne par dehors comme celle de la machine pneumatique , pag. 447 & fuiv, on lui donne treize pouces de longueur fur un pouce de diamètre intérieurement : l’alaifoir peut être fait d’un feul morceau d’acier foudé au bout d’une tige de fer.
- Cette pompe a un couvercle qui fe met à vis, & qui efl pèrcé au milieu,pour laiffer paffer la queuedupif-ton, laquelle eftune tige de fer ronde, avec un manche de tarriere. Le corps du pifton fe fait comme celui de la machine pneumatique : quand il efl tiré jufqu’en haut du corps de pompe , il y a au-deffous de lui un trou de foret par lequel l’air extérieur doit entrer -librement; le bas de lapompe, a un fond foudé àfoudure forte, au-deffous duquel efl un bout de vis qui doit entrer, comme l’ajutage , dans le robinet ;
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- sur les Expériences. y2i robinet ; le fond & la vis repréfentés plus en grand à la lettre Q, font percés d’un trou qui a une ligne de diamètre, & le bout de la vis qui eft limé à plat, eft couvert d'une petite bande de veffie rabattue de deux côtés & liée avec un fil fin dans une gorge, afin que cela n’excede point les filets de la vis. Cette bande de veffie ainfi placée, & re-nouvellée de temps en,temps, fert de foupape ; elle permet à l’air foulé par la pompe d’entrer par le canal du robinet dans la fontaine, & elle l’empêche de revenir , quand on releve le pifton.
- On commence donc par mettre de l’eau dans la fontaine jufqu’aux deux tiers de fa capacité ; on y joint en-fuite le robinet avec fon canal ; on viffe la pompe au robinet, & en retenant la patte de la fontaine avec les deux pieds, on tire & l’on abaifle alternativement le pifton , ayant foin qu’il touche à chaque fois le couvercle d’en-haut & le fond d’en-bas , & en faifant ces deux mouvements bien d’à-plomb, pour ne pointfatiguer les endroits par où toutes ces pièces font Tome II. X x
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- J22 Avis particuliers jointes : après cela on ferme.Ie robr-' net, on enleve la pompe, on met en fa place l’ajutage L, & puis on ouvre le robinet pour donner iflue au jet d’eau.
- Septième Expérience.
- ---------- C E qu’on appelle arquebufe ,fufil,
- L c Ou canne à vent eft toujours un inftru-i. seaioB. nient qui fert à faire partir une balle ri- w. Fig. ouunecharge de plomb par le moyen d’une bouffée d’air qu’on a fortement comprimé : les ouvriers, fur-tout en Allemagne , en fe piquant d’émulation , ont mis beaucoup de différences dans la conftruétion de cette ef-pece d’arme, qui eft plus curieufe qu’utile ; je ne m’arrêterai point à faire connoître toutes ces variétés : je remplirai ma tâche en décrivant avec un peu plusde détail que je ne l’aj fait dans la dixième Leçon , l’ar-quebufeà vent de la feptieme Expérience , & en y ajoutant la maniéré de la conftruire.
- Toute perfonne qui fauratravailler & fouder les métaux en général, poura entreprendre de conftruire le corps de cecinftrument, dont la Fig.
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- Sur les Expériences. J23 6. repréfente l’enfemble ; mais pour Je mettre en bois, pour y ajufier !a platine , & les autres garnitures , je crois qu’on fera mieux d’employer la main d’un bon Arquebufier, que de l’entreprendre foi-même, fi l’on ne s’elt point exercé auparavant dans ces fortes d’ouvrages.
- Le canon extérieur AC, a deux pieds huit pouces & demi de longueur en totalité, avec une queue A a , de deux pouces. Il a deux parties A B , & B C, que vous ferez fc-parément, & que vous joindrez en-femble par une foudure : la première eft longue de quatre pouces, & fe fait en cuivre de fonte avec fa queue ; la fécondé a huit pouces & demi, Si fe fait en laiton.
- Vous ferez la partie a A B , de deux coquilles D , E, que vous ferez fondre fur des modèles de bois & que vous fouderez l’une fur l’autre pour ne faire qu’une feule piece , comme F, quand vous aurez façonné le dedans , Si que vous y aurez placé ce qu’elle doit contenir. Vous réferve-rez fur le modèle trois petites mafl'e-î, e j e j dont vous aurez befoin pour
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- 524 Avis particuliers recevoir des vis ; & autour des échancrures qui font au milieu de la longueur , vous bifferez de part & d’autre fur un .efpace quarré , affez de matière, pour que ces deux parties diamétralement oppofées puiffent s’applanir à la lime, fans atteindre le rond ; au modèle de la piece E, vous Iailîerez affez d’épaiffeur pour que l’échancrure prenne deffus ; & à celui de la piece D, vous laifferez en dedans une petite maffe d, dont vous ferez une couliffe en queue d’aronde pour recevoir la queue d’une foupape.
- Vous ferez fondre encore fur un modèle , une autre piece G, que le Fondeur fera venir creufe, en mettant dans la direction G g , un noyau gros comme le doigt ; cette piece portera au milieu de la longueur,deux parties cylindriques diamétralement oppofées, de neuf lignes de longueur chacune, fur huit lignes de diamètre. Cette piece ell deftinée à faire la boîte & le canal d’un robinet dont la clef aura dix lignes de diamètre par le plus gros bout & huit par le plus petit; vous prendrez donc vos mefu-res pour qu’il xefle a de lignes,, on
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- une ligne j d’épaiffeur à cette piece, quand elle fera alaifée ; & quand à fa longueur, elle doit traverfer la piece F, & l’affleurer d’un côté & de l’autre.
- Faites dans les deux parties cylindrique i, k , un trou de trois lignes de diamètre en fuivant leur axe , Si en paffant par celui de la piece G g; alors vous tournerez ces deux parties entre deux pointes , & la partie G g, fur une broche de bois dur ; & quand vous aurez drelfé les deux bouts de celle-ci, vous formerez a l’un & à l’autre , un drageoir d’une ligne de profondeur.
- Vous drefferez pareillement les faces des deux petits cylindres ; vous réduirez la groffeur de l’un des deux à fix lignes de diamètre , & vous prendrez fur le bout, un tenon fort court Sc une petite portée. Vous lailferez à l’autre toute la groffeur qu’il peut avoir étant tourné ; mais lorfqu’il fera hors de deffus le tour vous agrandirez fon trou avec un équarriffoir qui ait peu de dépouille , & vous lajufterez à la groffeur du petit canon , qui y fera foudé ; enfin vous
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- r)i6 Avis particuliers finirez à la lime , les endroits qui n’auront pas pu fe façonner fur le tour.
- Vous ajulterez & vous fouderez à foudure forte au bout k, une piece de cuivre y , groffe comme lui, dont la longueur falfe un angle droit avec la fienne, & qui s’élève de quelques lignes moins haut que la piece G g ; vous percerez par en-haut ce petit montant , en y faifant un trou de trois lignes de diamètre qui communique avec celui du cylindre k, & vous lecontinuerez jufqu’en bas, par un trou qui foit une fois plus petit; vous dreflerez bien le bout d’en-haut, & vous l’arrondirez extérieurement en y faifant un bifeau ; par en-bas,. vous y ferez un tenon , & une portée à niveau de la boîte G g : voyez la coupe de toutes ces pièces alfem-blées, en H.
- Vous préparerez enfuite une virole de cuivre loudée à foudure forte, qui ait un pouce de diamètre extérieurement, furhuit lignes de longueur , & qui porte en dedans, des filets de vis d’un bout à l’autre : vous dreflerez à la lime le gros bout de la piece E, de
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- sur les Expériences. 527 maniéré qu’il foit dans un plan incliné d’environ dix degrés a l’axe de cette piece affemblée avec D. Car il faut que la pompe qui viendra s’appuyer contre cette face, ait à-peu-près cette inclinaifon, voyez a A B. Vous ferez donc la place de la virole au bout de la piece E , conformément , à cette intention & vous ferez en forte que fon bord affleure le fien.
- Vous ajuflerez pareillement la boîte G g, dans les échancrures de la piece E, & vous la ferez descendre alfez bas pour qu’elle touché'bien le fond, car cela eft elfentiel ; vous ferez auffi paffer à travers cette même piece,le tenon du petit canal montant y , & vous ajuflerez en i, le petit canon du fufil, celui qui doit porter la balle.
- Le petit canon doit avoir vingt-huit pouces ÿ de longueur, par confé-quentil faut lui en donner vingt-neuf à caufe de la foudure ; vous prendrez pour le faire , une bande de laiton bien'unie, & qui ait par-tout une demi-ligne d’épaifleur; vous en drefferez bien les bords, & vous la plierez.
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- 528 Avis particuliers fur une verge de fer bien cylindrique & bien droite de quatre lignes J de diamètre ; vous la ferrerez de trois pouces en trois ppuces avec des ligatures de fil de fer fin & bien recuit , pour la fouder avec la fou-' dure d argent.
- Après cette opération, vous ferez palier d’un bout à l’autre à plufieurs reprifes, une queue de rat emmanchée d’un gros fil de fer, pour ôter les gouttes , ou les petites inégalités , que la foudure auroit pu produire ; enfuite avec un baguette de bois, tendre fendue par le bout, afin quelle falfe reffort, & de la ponce ou du fablon détrempé avec de l’eau, vous achèverez de bien nétoyer le dedans ; & quand vous l’aurez lavé & efluyé, vous le perfeftionnerez de la maniéré fuivante.
- Ayez une verge de fer ( elle vau-droit mieux li elle étôit d’acier) bien unie & bien calibrée, de y lignes 1 de diamètre, mais un peu en dépouille par un bout ;faites-la entrer de trois ou quatre pouces, dans un des bouts du canon, & ayant pofé cette partie fur un tas ou fur un enclu-meau
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- shr les Expériences. J2p meau bien uni, battez le cuivre avec un moyen marteau à petits coups & tout autour , & faites ainfi avancer la verge de plus en plus, jufqu’à ce qu’elle puiffe fortir par le bout op-pofé à celui par lequel elle eft entrée ; par cette façon, le canon fe mettra de calibre, prendra de la con-liltance , & fera en état d’être foudé avec la foudure d’argent à la piece g G. Mais il faut auparavant l’éprouver, en le bouchant par un bout, & en le rempliflant d’eau, fur laquelle on fouillera fortement, pour voir s’il n’y à jour nullepart. Car s’il y avoit quelque défaut, il faudroit le répa-rerparun grain de foudure.
- Tout étant donc préparé & placé comme on le voit enWy, vous foude-rez toutes ces pièces d’un même feu, en employant une foudure de quelques degrés plus tendre , que celle avec laquelle vous avez foudé le petit canon M N : après quoi vous percerez le trou K, égal au calibre du petit canon , & qui fe trouve dans la boîte à égale diflance des deux autres trous ; voyez h K , qui repréfente la coupe de la boîte g G, par Terne II, Y y
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- o^ A v i s particuliers Je plan qui comprend les centres de ces trois trous.
- Après avoir nétoyé le dedans de cette piece & avoir bien examiné fi la foudure, a pris par-tout : vous ajufte-rcz dans la piece D la foupape L, de maniéré que quand les deux coquilles feront réunies, ellepofe exactement fur le haut du canal montant^. Cette foupape eft une palette garnie en deflous d’une rondelle de cuir de bufle imbibée de fuif&d’huile, & attachée avec une vis dontla tête, qui eft platte, répond à l’embouchure du canal fans en toucher les bords. La palette & la queue de la foupape font de cuivre, d’une ligne d épaif-feur, & fortement écoui pour avoir beaucoup de reffort. Le bout de la queue taillé en queue d’aronde par les bords , entre dans une couliffe de même forme, qui eft en d dans la coquille fupérieure, & s’arrête avec une vis, quia fa tête en dehors. Pour eflayer fi la foupape eft bien placée, fi le cuir pofe exactement fur les bords du canal montant , & fi la queue a un reffort fuffifant ,.vouslierez les deux coquilles l’une fur l’autre,
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- sur tètes Expérieuces. JJI vous lèverez la palette avec uneche-ville de métal que vous introduirez par le trou 1,& vous lalaifferez retomber à plufieurs reprifes , pour examiner enfuite rimprelîion que les bords du canal auront faite fur le cuir.Après ces épreuves , vous ôterez la foupa-pe , vous lierez avec du fil de fer recuit, les deux coquilles l’une fur l’autre, de maniéré que les bords fe touchent bien par-tout ; & vous les fouderez enfemble avec la foudure blanche, c’eft-à-dire, avec de la fou-dure forte , qui contient beaucoup d’étain, afin qu’elle coule à un degré de chaleur qui ne foit pas capable de nuire aux foudures qui ont précédé. Les deux coquilles étant ainfi jointes, & dégroffies , vous formerez avec la lime au bout O, une feuillure d’une { ligne de profondeur , fur la longueur d’un demi-pouce, & vous mettrez cette partie un peu en dépouille , pour recevoir le gros canon , que vous y fouderez avec la foudure d’étain, ayant bien foin de chauffer & d’aviver fortement les pièces avant de les joindre.
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- jj2 Avis v articulierS
- gueur que le petit ; fa grofleur par un bout eft égale à la partie 0 qui le reçoit , l’autre bout n’a qu’un pouce dé diamètre intérieurement ; il eft fermé par une piece m , Planche XXIII , Figure i , qui entre à feuillure, & par le milieu de laquelle palfele bout du petit, canon : elle eft foudée à l’un & à l’autre avec la fou-dure d’étain , ou lï l’on veut, avec la foudure blanche. Le gros canon eft fait, comme le petit avec une feuille de cuivre, mais plus épaifle de moitié ; vous la plierez de même fur un boulon de fer d’une longueur & d’une forme convenables ; vous fouderez les bords avec de la fou-dure forte, & douce, c’eft-à-dire qui fouffre le marteau ; & quand vous l’aurez nétoyé par dedans, vous le remetterz fur le boulon de fer, pourle battre & achever de l’arrondir. Par la même foudure , vous mettrez trois attaches^/,/, Pl.XXII._fig. 6. fçavoir une à 4 pouces de diftance du petit bout, une autre à 21 pouces, & une troifieme à égales diftancesentre l’une & l’autre.
- Il faut préparer un tuyau P, de f
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- SUR LES ExpiRIENCES. JJJ pouces de longueur, d’un calibre un peu plus gros que le petit canon , afin que les balles y paffeut avec beaucoup de liberté ; il faut qu’il foit fermé & arrondi par les deux bouts avec une ouverture ronde à chacun de J lignes de diamètre, & oppoféesentr’elles, c’eft-à-dire, que l’une foit tournée à droite, quand l’autre eft à gauche ; ce tuyau fera limé plat aux dépens de fon épaif-feur, en fuivant le plan d’une de feS ouvertures, pour s’appliquer fous le fufil qui efl auffi limé plat en cet endroit pour le recevoir ; vous Je placerez de maniéré que l’une de fes ouvertures s’abouche exaftement avec le trou K , & vous l’arrêterez dans cette polition avec deux attaches fou-dées l’une au bout , l’autre fur le côté aux deux petites mafles réfer-vées en e & en o , dans lefquelles vous tarauderez des trous pour deux petites vis. Ce canal efl: fait pour recevoir des balles de calibre, & les conduire dans le robinet; ainli vous donnerez un peu d’évafement & de pente à l’entrée du trou K, afin que cela fe falfe fans obftacle. Si vous fuppofez Y y iij
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- JJ^AVIS PARTICULIERS ia foupope remife à fa place, la Fig. 2 , repréfente l’état afhiel du foui par la coupe fuivant l’axe : & il ne s’agit plus que de finir le robinet en y plaçant la clef.
- Cette clef eft un morceau de cuivre de fonte il, tourné fur un axe de fer qui y eft foudé, & qui n’y entre que de la profondeur de quatre lignes. La partie qui eft dehors, eft un cylindre long de A de pouces fur quatre lignes de diamètre, & l’on a pris defl'us un quarré qui a aufli quatre lignes de longueur. Vous ajufte-rez la clef du robinet dans fa boite, comme je l’ai enfeigné précédemment pour la machine pneumatique, pag. 465. & quand elle le fera à-peu-prcs, vous y ferez un trou diamétral capable de recevoir une balle de calibre ; vous le placerez de maniéré , qu’il fe rencontre dans la direction du petit canon, quand on fera tourner la clef ; & que fes deux embouchures répondent à deux faces oppo-fées du quarré de l’axe.
- Quand le trou de la clef fera bien ébarbé, & qu’elle fera prefque entièrement ajuftée , vous la remettrez fur
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- sur les Expériences, y3y le tour, & vous réglerez fa longueur de façon , que fes-deux faces affleurent départ & d’autre, le fond des drageoirs , que vous avez faits aux bords de la boîte Gg: vous creufe-rez de plus fur la plus petite des deux faces, une cavité circulaire de fix lignes de diamètre , d’une ligne de profondeur, & dont le fond fort droit, avec un trou au centre gros comme une plume à écrire, qui communique avec le grand trou diamétral , & qui foit fraifé à fon embouchure. Vousv placerez une cheville de cuivre , qui gliffe aifément fuivant fa longueur, mais dont la tête noyée dans la fraifure ne lui permette pas de pafi'er outre ; vous laifierez déborder l’autre bout d’une demie ligne dans le trou diamétral, & vous le taillerez avec la lime conformément à la partie du trou où il eft, en adou-ciffant bien les angles de façon qu’une balle, en traversant la clef, ne foit point arrêtée par cette petite piece, mais qu’elle la' repoufl'e feulement.
- La clef étant donc finie de tout point, vous la mettrez dans fa boîte, après l’avoir graiffée avec un peu de Y v iv
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- 6 Avis particuiiers fuif ; vous enfilerez fur l’axe, une platine de cuivre -dreffée & arrondie fur le tour, & de grandeur à entrer jufie 8c à remplir le drageoir avec un petit bifeau , fur lequel vous rabaterez le cuivre de la boîte, avec un repouf-foit d’acier trempé & en frappant à petits coups : & de temps en temps vous ferez tourner la clef, pour voir li elle n’efl point gênée.
- Vous couvrirez de même l’autre face de la clef; mais auparavant vous placerez la petite cheville, & par-defius, un foible reflort de cuivre écroui ou d’acier, dont vous éprouverez l’effet avant que de l’enfermer à demeure : il faut qu’une balle de plomb roulant du canal p dans la clef, foit arrêtée au milieu du trou diamétral par la preffion de la cheville , mais qu’elle paffe outre quand on la pouffera un peu.
- Quand vous aurez mis le fufil en cet état, vous pourrez le limer extérieurement , enlever la matière inutile , façonner & polir tout ce qui doit paroître hors du bois, après quoi vous ferez la pompe & fa fou-pape.
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- Sur les Expériences. 737
- La pompe Q , Fig. 3. eft un tuyau cylindrique de quatorze pouces de longueur fur neuf lignes de diamètre; elle peut être indifféremment de fer ou --de cuivre de fonte , pourvu qu’elle foit bien alaifée & réduite à l’épaiffeur d’une bonne demie ligne , pour être plus légère. Le corps du pifton qui adeux pouces de longueur, eft fait de plufieurs rondelles de cuir de vache corroyé, enfilées fur une tige quarrée r, entre deux platines de cuivre un peu plus petites, & dont la derniere fe met avis. Le refte de la tige , eft une lame de fer qui a fix lignes de large fur deux d épaifteur; elle eft terminée par une partie ronde avec un bouton plat, & par une ef-pece de collet dont je parlerai bientôt.
- Au bout de la pompe eft foudée à foudure forte, une piece de cuivre fondue fur un modèle , dont S TF, repréfentent la coupe fuivant l’axe ; on y peut diftinguer trois parties ; la première S ou s, eft une vis qui a fon écrou dans la virole qui eft foudée dans le gros bout du fufil. La fécondé T, eft une malfe coupée quarré-
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- yj8 Avis particuliers mentau-deflbus de la vis,pour fervir de portéeT & que l’on couvre de plufieurs anneaux de cuirs , afin que l’air n’y puifle point palier ; dans cette m'afle elt un trou conique , qui a quatre lignes de hauteur , iept lignes de diamètre au plus large , & trois L au plus étroit ; il faut qu’il foit fraifé avec foin , & l’on fera bien d’y ajuf-. ter un cône tronqué de cuivre, & de roder l’un dans l’autre avec de la ponce & de l’eau, comme les clefs de robinets. Après cette cavité , il relie un fond plat, qui a au centre un trou de deux lignes de diamètre. Au-deffous de cette fécondé partie , il y en a une troifieme , qui eft évi-dée cylindriquement , qui embrafle la pompe & qui s’y foude. Cette pièce eft tailléeà pans parle dehors,afin qu’on puifle la faifirplus facilement pour la viflfer au fufil. La foupapeeft un cône tronqué x, formé avec des rondelles de cuir corroyé, & enfilées, fur un axe de cuivre , plus gros par en-basque dans le relie de fa longueur ,avec une portée; & elles font preflées par une rondelle de cuivre qui fe met avis. Ces rondelles de cuir
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- 'sur lesExpériekces. doivent être arrondies fur le tour, abreuvées de matières grades, pref-fiées & moulées, pourainfi dire, dans la cavité qu’elles doivent remplir. Le bout de l’axe par en-bas, eft limé plat, afin que l’air foulé par la pompe palfe par les deux côtés pour foule-ver la foupape ; l’autre bout qui eft plus menu,eft rond & glilfe librement dans un trou qui traverfe la bride X. Cette bride eft une lame de cuivre pliée d’équerre par les deux bouts, & arrêtée par deux petites vis dont les têtes font limées après coup, conformément aux filets au’elles interrompent ; entre cette bride & le deflus de la foupape , on enferme un relfort à boudin, fait d’un fil de laiton, qui la contient & qui la repouffe à fa place après qu’elle a été foulevée. Voyez la coupe de l’enfemble à la lettre Y.
- J’ai dit ci-devant, que la tige du pifton qui eft en r , eft une lame de fer de fix lignes de largeur ; elle a en t, une partie cylindrique qui a huit lignes de] longueur fur quatre de diamètre , au deffous de laquelle eft un bouton plat; la tige glilfe d’un bout
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- y4° Avis parti cuIiek s à l’autre dans une piece de euivre 2, qui a fept lignes d’épaifleur, & qui entre des deux tiers dans le bout de la pompe ; elle a deux fortes oreilles, par lefquelles elle s’attache avec des vis au bout de la crofle du fufil.
- L’ouverture qui donne paflageà la tige platte, eft arrondie au milieu pour recevoir la partie cylindrique r, ce qui arrive quand le pifton en arrivé au haut de la pompe ; alors en faifant un quart de tour, la tige fe trouve retenue, & le pifton contribue avec la foupape à contenir l’air qui eft foulé.
- Au-deffous du bouton plat, il y a encore une partie, cylindrique de y à 6 lignes de diamètre; fur la moitié de fa longueur, qui a un demi pouce, elle eft applatie à la lime des deux côtés, de forte qu’il ne lui refte que le tiers de fon épaifleur , dans cet endroit-là : on fait paftèr le tout à travers une bande de fer v, élevée de trois lignes au milieu , & percée d’un trou rond qui communique avec une rainure dans laquelle on fait entrer le colet plat, & l’on ferme le trou rond avec un tourniquet ; on
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- sur les Expériences. ppr met les deux pieds fur les deux bou s de la piece v, où l’on a ainfi engagé le bout de la tige du pifton , & avec les deux mains on fait monter & descendre la pompe qui eft jointe au fufil. Chaque fois que le pifton fe trouve en-bas, il entre de nouvel air dans la pompe , par un trou qui eft à deux pouces & demi près du bout,
- & le coup de pifton le pouffe dans l’intérieur du fufil, où il eft retenu par les foupapes.
- Alors fi l’on tourne la clef du robinet de maniéré qu’elle puiffe recevoir une balle du canal p , & qu'en-fuite en lui faifant faire un quart de tour, on mette fon trou diamétral dans la direétion du petit canon , il ne faudraplus quefoulever la foupape L, avec une petite cheville de cuivre placée en ! ; l’air condenfé entre les deux canons s’échappera par le canal montant y , & fera partir la bal-le : il faut que la cheville l , foit bien ajuftée, dans la partie inférieure de ce canal, & qu’elle foit toujours frottée d’huile, afin que l’air ne fe perde point par-là.
- Tout cela peut fe faire, comme qn voit, fans que le fufil foit mis en bois j
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- y42 Avis particuliers & le Phyficien a rempl i fa tâche quanti il l’a mis en cet état ; mais cet infiniment fera bien plus agréable & bien plus commode, s’il eft monté proprement , & afforti de certaines pièces, qui prennent & placent les balles avec jufteffe , & qui faffent jouer la fou-pape L , avec une telle économie, que l’air une fois condenfé dans l’intérieur du fufi!, fuffife pour chaffer fucceffivement dix ou douze balles : comme cela ne peut fe faire que par une main déjà exercée dans l’arque-buferie , j’indiquerai feulement ce qu’il faut faire , fans m’arrêter à dire en détail, comment il faut s’y prendre pour l’exécuter.
- On choifira un morceau de bois de noyer bien fain & bien doux, qui ait les dimenlions convenables ; on percera pour loger la pompe, toute la partie qui eft deftinée à faire la croffe , & dans l’autre partie , on fera entrer le gros canon jufqu’au niveau de fon axe : le fulïl fera attaché furfon bois i°. par les trois attaches /,/, f ; 2°. par une vis qui le prendra en-deffous, & qui aura fon écrou dans la petite mafle réfervée en b,
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- sur les Expériences. yq.j 3°. par une vis en bois , dont la tête fera noyée dans l’épailfeur de la queue a, 4°. & par l’axe de la clef du robinet , comme je le dirai ci-après. Le bout de la croffe eft un peu enfoncé , & recouvert d’une plaque de cuivre, fondue fur un modèle de plomb, & fous laquelle on a réfervé des petites malfes pour recevoir les vis qui attachent la piece Z. Le bois eft percé vis-à-vis l'embouchure du canal p, & garni d’une piece de cuivre à couliffe, par le moyen de laquelle on ouvre , & on ferme cette ouverture : il l’eft encore fur un des côtés de la crofle , vis-à-vis du trou par lequel l’air doit entrer dans la pompe ; on pourra,fi l’on veut, fermer ce trou par une piece tournante attachée fur une autre piece platte incruftée dans le bois : comme on le voit en A, Fig. 7.
- Pour mettre laclefdurobinet dans les différentes pofîtions qui lui conviennent , & pour faire ouvrir la fou-pape de communication pendant un temps fort court, on employé un platine d’aeier trempé A B , Fig. 8. qui reffemble beaucoup à celles des fufils
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- 54% AVIS PARTICULIERS ordinaires , mais qui eft pJus grande & plus forte, elle a huit pouces de long fur quatorze à quinze lignes de largeur. Cette platine porte en dehors un chien & une platine de batterie qui fait à l’ordinaire, un quart de con-verlion ; celle-ci eft fixée par une vis fur le quatre de l’axe du robinet, de telle maniéré que quand elle eft droite & qu’elle couvre le baflinet, le trou diamétral de la clef fe préfente à l’embouchure du canal p, qui contient les balles, & en reçoit une ; & quand on la renverfe de C en D, elle met la balle dans la direâion du petit canon ; ainfi elle doit refter dans cette fituation , jufqu’à ce que le coup foit tiré ; ou qu’on faffe fortir la balle par où elle eft entrée.
- Le chien £, porte par dedans, une noix compofée de deux bras de levier courbes /, g, & d’un rateau où font taillées les dents de bende, de repos, & de détention ; le bras g, eft: pouffé par un grand reffort h, qui doit être très-fort : le levier de la détente i, porte à fon extrémité k, un bras à retour d’équerre, qui va chercher la gâchette. L’autre bras/,
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- sur tEs Expériences, y4y de la noix , par le moyen du levier Z,, pouffe de bas en haut la pièce m, qui a le centre de fon mouvement en ri, & qui étant ravalée de la moitié de fon épaiffeur , eft guidée & retenue par une couliffe creufée fous ]a piece op: à la bafe du triangle m, eft une partie platte perpendiculaire à la platine , & qui s’avance fous la cheville de cuivre qui doit pouffer la foupape : la piece m n , eft ramenée de haut en bas par un reffort q.
- On voit par cet arrangement» que quand on tire le chien en arriéré on tend le grand reffort h, 8c que quand on lâche la détente , ce reffort pouffant le levier g , fait lever la piece m n, & avec elle, celle qui répond à la chevillé de cuivre , d’où il arrivé qu’une portion de l’air qu’on a foulé entre les deux canons, s’échappe par le robinet dans le petit, & emporte la balle qu’il y trouve.
- Mais la longueur & la figure du bras /, font proportionnées de maniéré, que quand le levier 1 a fait le mouvement qu’il faut pour faire lever la piece m, il lui échappe & le laiffe paffer outre, ce qui fait que
- Tome IL Zz
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- 546 Avis particuliers la foupape ne relie ouverte qu’un très-petit inilant,& que l’air qu’on à condenfé fert pour plufieurs coups.
- Le bras/, étant une fois paffé , & le levier l, r, -étant remonté à fa place par l’aclion du reffort q , 3c ne pouvant aller plus haut à caufe d’un retintum , qui eft entre les deux lettres , l, r , on ne pourrait plus faire tourner la noix pour bander le grand reffort; pour prévenir cet inconvénient , le levier de communication l eft brifé en r, avec un petit reffort en-delfus qui ramené la piecemobile, après que le bras/, l’a fait tourner en remontant.
- î.e chien , pour s’appliquer contre la platine eft limé plat jufqu’à la ligne s , s, où fon épailfeur devient tout à coup plus grande ; cela produit un épaulement par lequel il s’appuyé en tombant, fur le bord de la platine. Comme Se grand reffort doit être bien fort, pour être en état de lever la foupape, quand le fufil eft chargé, & qu’on le tire quelquefois lorfqu’il ne l’eft pas , il faut donner beaucoup de force au col du chien , Four le mettre en état de réfifter à cet effort.
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- sur les Expériences. 3*47 La platine s’attache au fufiî, par une vis qui traverfe tout le bois, & qui trouve fou écrou en t ; elle tient encore par l’axe de la clef du robinet , qui après l’avoir traverfée , reçoit la platine de batterie fur fon quarré , avec une vis qui l’y retient. **
- Afin que les balles foient toujours de calibre, il faut avoir un moule pour les fondre, & avoir foin de les bien ébarber avant de s’en fervir ; on fera bien auffi de paffer de temps en temps un peu d’huile dans le petit canon avec un linge fin attaché au bout d’une baguette.
- A propos de baguette, fi l’on en veut une au fufil , il faudra que le bout fe détournç un peu , pour paffer à côté du canal p, qui contient les balles ; elle fe placera du refte & s’attachera comme aux fufils ordinaires.
- Fin du Tome fécond.
- Zzsj
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- TABLE
- DES MATIERES
- Contenues dans ce fécond Volume.
- TROISIEME PARTIE.
- Contenant des avis particuliers fur les Expériences des Leçons de Phyfique.
- Avis concernant la première Leçon.
- A T* s fur la première Section, page l. Première expérience, ibid.
- Seconde expérience, f.
- Troifieme expérience. 6.
- Quatrième expérience. 13.
- Avis fur la fécondé SeClion. ibid.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 16.
- Troifieme expérience. 17.
- Av s fur la troijiime SeClion. 18.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 13.
- Avis concernant la féconds Leçon»
- Avis fur la première SeClion. 31,
- Première expérience, ibid•
- Seconde expérience. 34.
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- DES MATIERES.
- Troifieme expérience. 36.
- Quatrième expérience. 38.
- Avis fur la fecor.de SeClion. 42,
- Première expérience, ioid.
- Seconde expérience. 49.
- Troifieme expérience. 41.
- A y 1 s concernant la troifieme Leçoni
- Avis fur la première SeClion. 61.
- Première expérience. 6 v.
- Avis fur la fécondé SeClion. 66.
- Avis fur l’Article I. de la troifieme SeClion. 81; Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 8j.
- Troifieme expérience 91»
- Avis fur l'Article II. de la troifieme SeClion. $8, Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 108.
- Troifieme expérience. 11 ».
- Ans concernant la Quatrième Leçon,
- Avis fur la première SeClion. 114.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience, nç.
- Troifieme expérience. 119.
- Avis fur la fécondé SeClion. 11 ».
- Fremiere expérience, ibid.
- Deuxieme & troifieme expériences. 123,
- Avis fur la troifieme SeClion. 125.
- Expériences (ur Je choc des corps, ibid.
- Ans concernant la cinquième Leçon%
- Avis fur la première SeClion. 14J.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 148.
- Troifieme expérience, ifi. .
- Quatrième expérience, içr.
- Cinquième expérience. 160.
- Avis fur la fécondé SeClion. 175,
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- y jo TABLE
- Première expérience, ibid:
- Seconde expérience. 17$.
- Troifieme expérience. 18r.
- 8uatrieme expérience. 183.
- tnquieme expérience. 194.
- Sixième & fèptieme expériences. 20 f.
- Ans concernant la Jîxiemc Leçon,
- Avis fur la première Seblion. 210.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 112.
- Troifieme expérience. * 14.
- Quatrième & cinquième expériences. np. Sixième expérience. 220.
- Aviseur le I. Article de la fécondé SeClion. 2if. Première expérience, ibid.
- Seconde expériënce. 228.
- Troifieme expérience. 23 t.
- Quatrième expérience. 240.
- Avis fur le IL Article de la féconde SeClion. 2 f d. Cinquième expérience, ibid.
- Avis concernant la feptieme Leçon,
- Avis fur la première SeClion. 263.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 268.
- Troifieme expérience. 272.
- Cinquième expérience. 276.
- Sixième expérience. 277.
- Septième expérience. 280.
- Modèles des pompes foulantes. 288.
- Avis fur la fécondé SeClion. 2*8.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 300.
- Expérience relative à la deuxieme propolît tion. 301.
- Troifieme expérience. 303.
- Quatrième & cinquième expériences, ibid*
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- DES MATIÈRES. yjf;
- Conftruâion du baromètre fimple. 307. Baromètre à cadran. 31 y.
- Baromètre portatif. 319.
- Sixième & lèptieme expériences. 31t. Huitième expérience. 3 *3.
- Modèles des pompe attirantes & foulantes.3 ty* Modèle de la pompe des Prêtres. 331. Neuvième expérience. 341.
- Dixième expérience. 341.
- Onzième expérience. 343.
- Douzième expérience. 344.
- Ay 1 s concernant la huitième Leçon»
- Avis fur la troifieme SeClion. 3 y z.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 353.
- Troifieme expérience. 360.
- Quatrième expérience. 36z.
- Cinquième expérience. 363.
- Sixième expérience. 364.
- Septième expérience. 366.
- Huitième expérience. 368.
- Neuvième expérience. 3 69.
- Dixième expérience ; conftruâion des aréomètres. ibid.
- Avis concernant Vappendice , fur les tubes capillaires Cr fur les eaufes de la fluidité & de la folidité des corps, Avis fur le I. Article. 378.
- Avis fur le IL Article. 3 80.
- Première expérience, ibid•
- Seconde expérience. 381.
- Ar z s concernant la neuvième Leçoni
- Avis fur la première Settion. 384.
- Première & deuxieme expériences, ibid. Troifieme, quatrième & cinquième exp.3?oi Manivelles fimplcs & coudées. 35*3.
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- jya TA B LE
- Sixième & lèptieme expériences. 3^7» Huitième &neuv eme expériences. 398. .
- Conftrudion des balances. 3^. -,
- Avis, fiir les poulies. 402.
- Dixième expérience, ibid.
- Onzième expérience. 404.
- Douzième expérience. 40Ç.
- Treizième expérience. 412.
- Avis fur les roues.
- Remarques, fer le treuil., le cabellan , la grue, &c. 4Î7.
- Avis fur la fécondé Seftion. 421.
- Première expérience, ibid.
- Sur le coin corifidéré comme une machine compotee de plans inclinés. 430.
- Seconde expérience, ibid.
- Sur les vis de différentes elpeces. 333. Première, (èccnde & troifieme expér. 44t. Avis fur la troifieme Scftion. 44*»
- Quatrième & cinquième expériences, ibid, Sixième expérience. 443»
- Arts concernant la dixième Leçon. Avis fur l a première Section. 446.
- Première expérience, ibid.
- Conftrudion de la machine pneumatique faite d’un feul corps de pompe. 447.
- ' Préparation des boîtes à cuirs. 4^4. Proportions dés récipients propres à affbrtir la machine pneumatique. 458.
- Seconde expérience. 506.
- Troifieme expérience. 507.
- Quatrième expérience, ibid•
- Cinquième expérience. <08.
- Sixième expérience, $ 16.
- Septième expérience. 5 - 2.
- Conftrudion du fufîl à vent, ibid»
- Fin de la table du Tome fécond»
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TOME 3
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- L’ART
- DES EXPÉRIENCES,
- ou
- AVIS AUX AMATEURS DE LA PHYSIQUE,
- Sur le Choix,la Construction
- ET L’USAGE UES INSTRUMENTS ;
- Sur la préparation et l'emploi ves Drogues
- Par M. l’Abbé NOLLET, de l’Académie Royale des Sciences , de la Société Royale de Londres, de l'Inftitut de. Bologne , Oc. 'Maître de Phyfique O d’Hiftoire Naturelle des Enfants de France, 0* Profejfeur Royal de Phyfique Expérimentale au College de Navarre.
- Seconde Edition.
- TOME trois:
- A PARI
- Chez P. E. G. Durand, Neveu /ï rue S. Jacques , à la Sageffe.
- M. DCC. L X X.
- Avec Ajpdcam & Privilège du Roi,
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- AVIS
- AUX AMATEURS
- PHYSIQUE EXPÉKIMENTALE.
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- TROISIEME PARTIE.
- Contenant des Avis particuliers fur les Expériences des onze dernieres Leçons.
- Suite des Avis Sur la D i x ieme Leçon.
- I j a Fontaine d'Hëron efi fuffifam- - i ment expliquée dans l’endroit, & par L e ^ ^ la figure cicés en marge; il me relie i. staion. peu de cliofes à y ajouter. Si l’on y lv-emploie des globes de verre , il faut Tome III. A
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- 2 Avis particiuiiss qu'ils aient chacun deux goulots diamétralement oppofés & un peu larges , fur Iefquels on maftiquera des viroles de ferblanc ou de laiton, avec des fonds. Quant à leur groifeur , il fuffira qu’ils aient 6 à 7 pouces de diamètre. Au défaut de globe de verre , le Ferblantier fuppléera par des tambours formés, fi l’on veut, d’une virole entre deux cônes tronqués, afin que le haut & le bas préfentent toujours une certaine largeur pour recevoir les tuyaux : il faut donner à tous les tuyaux y lignes de diamètre intérieurement : & fi l’on fait le pied de la fontaine comme celui qui ell repréfenté par la Fig. 21. on aura foin de mettre le globe EF en place, pour mafliquer deflus, la virole L avec fes tuyaux.
- Un Emailleur un peu adroit fera au feu de fa lampe,une fontaine d’Hé-ron toute d’une pièce , & qui fera d’autant plus agréable , qu’on verra fans aucune interruption, tout ce qui fe pafle au-dedans. Ce fera une ef-pece de fiphon renverfé, Pi. I, Fig. 1. faitavec un tube un peu plus gros que ceux des baromètres ordinaires, au
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- SUR LES Exeériem'ces. 3 haut duquel il formera un évafement A, une boule creufe en B, une autre boule femblable en C; il terminera le bout D en capillaire , & fera un petit goulot de décharge en E, qu’on tiendra fermé avec un bouchon de liège, quand on fera l’expérience du jet-d’eau : & comme cette pièce fera fragile, on attachera la branche AE contre une planche , qu’on pourra fufpendre avec un anneau, & qui portera par en-bas , une fourchette dans laquelle on fera entrer la courbure du fiphon.
- Pour mettre cette fontaine en jeu, on emplira d’eau claire la boule B, en la verfant en A ; on renverfera enfuite l’infirument afin que cette eau paflè dans le réfervoir C ; on le re-dreflera après, & l’on remplira d’eau, le vafe 4 & le tube qui efl deflous jufqu’en E ; quand la boule B fera pleine, le réfervoir C fera vuide, & l'effet cefiera : (ï l’on veut recommencer , il n’y aura qu’à renverfer encore la fontaine, pour vuider l’eau de B en C; linon en ouvrant le goulot E, la fontaine fe vnidera entièrement.
- Cet infiniment n’eft affujetti à au-
- A ij
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- 4 Avis particuliers cane mefure fixe ; ceux de cette ef-pece qui font dans mes Ecoles, ont 18 à 20 pouces de haut, 8c les boules près de 2 pouces de diamètre ; mais il eft à propos que le vafe A, 8c les deux boules B 8c C, aient des capacités à-peu-près égales , 8c que le tuyau ait environ 3 lignes de diamètre intérieurement, afin que l’eau y defcende aifément 8c le remplifle promptement.
- Il eft bon d’avoir dans un Cabinet de Phyfique, un modèle de la pompe à jet continu, à la fuite des inftru-s* mens dont on fe fert pour prouver le reffort de l’air comprimé ; 8c fi l’on peut fe procurer un verre cylindrique fort épais F, Fig. 2. qui ait environ fix pouces de hauteur fur deux 8c demi de diamètre, on l’exécutera de la maniéré fuivante.
- Faites une pompe de cuivre Gg , jettée en fonce , alaifée en-dedans , tournée en-dehors (a) , qui ait fepc pouces 8c demi de hauteur fur quinze
- (a) Sur la maniéré d’alaifer les corps » pompes, 8c de les tonrner en-dehors. Voyi les Avis fur-la X. Leçon yTome II. au fuj de la Machine Pneumatique.
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- sur les Expériences, y lignes de diamètre intérieurement, ravalée en-haut à demi-épaifleur, fur ia longueur d’un pouce, & qui porte intérieurement par en-bas quelques filets de vis pour recevoir une piece à foupape dont on voit la coupe en H. De plus, il faut faire un peu au-deifus de G, un trou de 2 lignes de diamètre, que l’on recouvrira d’une foupape y , dont la queue foit à reffort & attachée avec une petite vis. Il faut tenir plat,l’endroit où porte le cuir de la foupape.
- I, eft une platine ronde bien dref-fée en-deffous, percée au milieu pour entrer fur la partie g où elle fe foude à l’étain ; elle' a un rebord de deux lignes de hauteur, avec lequel elle em-EraiTe le haut du verre F ; elle lui fert comme de couvercle.
- K eft une piece à-peu-près fem-blable à la précédente ; elle eft percée au milieu pour laiffer paffer la vis G, qui eft reçue enfuite dans une virole L, qui lui fert d’écrou, & dont le bord qui a 2 à q lignes de largeur, prefle un anneau de cuir gras. Cette virole a un fond percé qui porte un tuyau de fix pouces de longueur. Si
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- 6 Avis particuliers vous ne voulez point faite la foupa-pe H, pour vous difpenfer de faire des filets de vis à la pompe, vous pourrez vous contenter d’y fouder un fond qui porte la vis h, & mettre feulement un clapet fur le fond de la virole L.
- La piece K porte intérieurement à 3 lignes près de fon bord fupérieur, un anneau plat qui eft foudé dans la virole, & fur lequel doit repofer l’autre bord du verre /, & au-deffous de cet anneau eft foudé fur un trou fait à la virole, un petit bout de tuyau m, avec un fond & un clapet, fur lequel fe ville le tuyau montant MN, auquel il faut donner 4 pieds de hauteur. En N, eft une virole de cuivre qui porte extérieurement des filets de vis, avec une large portée au-det fous ; Une autre virole O, dont le bord eft auffi large, lui fert d’écrou, & porte un bout de tuyau recourbé qui doit faire la continuation du premier.
- Toutes ces pièces étant ainfi préparées , vous les mettrez enfemble, comme il eft repréfenté en P , ayant foin de faire porter les bords du verre
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- SUR LES EXP ÉRIENCES. 7 bien drefles auparavant, contre des anneaux de cuir de chamois mouillés, afin que ni l’eau, ni l’air ne puifle pafler par ces endroits-là : & vous ajouterez un pifton femblableà ceux des pompes que j’ai décrites dans les Avis fur la feptieme Leçon.
- Vous monterez cette pompe fur une cuvette R r, doublée de plomb , qui aura îy à ï6 pouces de long, 6 de large , & autant de hauteur, couverte fur les deux tiers de fa longueur par une planche qui entre à feuillures, & qui eft percée au milieu de fa largeur, pour donner palfage au tuyau d’âfpi-ration IL, de forte que le fond de la piece K repofe defius.
- RS, eft un montant de 4 pieds dé hauteur ou environ, au bout duquel eft attachée une petite cuvette de ferblanc ou de laiton, avec deux gouffets par-deftbus pour la foutenir : la partie de la vis N, s’applique contre le fond avec un cuir interpofé, & la virole à écrou du tuyau O, prend la vis par-dedans avec un autre anneau de cuir , de forte que l’eau qui tombe dans la cuvette, ne peut point couler par cette jondion ; au bas A iv
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- S AVIS PARTICULIERS
- d’un des petits côtés de la cuvette de ferblanc e(l foudé un bout de tuyau qui fort un peu en dépouille à travers le montant, & fur lequel entre jufte un autre tuyau coudé par en-haut & par en-bas, & qui defcend le long du montant , pour rapporter l’eau à la cailfe R,dans laquelle il paffe.
- La pompe étant donc placée comme on le voit enp, eft ferrée de haut en bas par une traverfe V, affemblée dans le grand montant, par deux tenons qu’on arrête par-derriere avec des goupilles, & qui par l’autre bout defcend à queue d’aronde dans un talfeau attaché au haut du petit montant r, & qui s’arrête par une vis dont l’écrou elt noyé dans le bois delà traverfe. Et afin que cette preflion foit toujours auffi forte qu’il e(l néceffai-re, pour appuyer les bords du verre contre les cuirs, & empêcher que l’air ne puilfe s’échapper par ces jonctions, on met quelques anneaux de carton fur le couvercle 1, qui fait une large portée au-delfous de la partie de la pompe qui paffe par la traverfe.
- Vous ferez mouvoir le pifton avec un levier du fécond genre, qui aura
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- sur les Expériences. $> un mouvement de charnière contre le grand montant, & qui prendra la tige du pifton par une fourchette, dans laquelle il puiiïe avoir un pareil jeu, foit en montant, foit en defcen-dant.
- Si tout cela eft bien exécuté, lorf-que vous aurez mis de l’eau dans la caifle Rr, Sc que vous ferez agir le pifton un peu vivement, l’eau afpi-rée par le tuyau montant IL , & refoulée enfuite , montera en même temps vers la cuvette S, & dans l’ef-pace qui eft entre le verre & le corps de pompe, en preflant de bas en-haut l’air qui s’y trouve, lequel en vertu de fon reflort continuera de faire couler l’eau par le tuyau & , pendant que vous relèverez le pifton.
- Un Phyficien doit être muni d’une machine avec laquelle il puifle faire des expériences dans l’air comprimé ; cette machine peut fe faire de différentes façons, fuivant les vues qu’on a à remplir ; fi l’on a deffein de comprimer l’air à toute outrance, il faut, que le vaiffeau qui doit le contenir foit d’une grande folidité, le métal eft la feule matière qu’on y
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- io Avis particuliers puifle employer, avec quelques petites fenêtres garnies de morceaux de glace très-épaifie, & alors on a bien de la peine à voir ce qui fe paffe au • dedans ; fi l’on veut conferver l’air que l’on condenfe, dans le dégrë de pureté qu’il a en venant de I’atmof-phere , & ne le point faire palier par la pompe foulante, on aura de la peine à remplir cet objet dans le cas d’une forte compreffion : je vais décrire la machine dont je me fers dans mes Leçons publiques, & qui fuffit pour les expériences ordinaires.
- A B, Fig. 5.. eft une tablette de bois chantournée, qui a un bon pouce d’é-paifleur, i y pouces de long fur 12 ou 13 de large j elle peut être d’une feule pièce , mais elle fera encore mieux fi elle eft emboîtée par les deux bouts : elle porte en-deffous un canal CD, logé en partie dans l’épaiffeur du bois, & dont les deux bouts relevés d’équerre, affleurent le deflus par une portée qui eft furmontée en c d’une vis groffe comme le petit doigt, & longue de 7 à 8 lignes ; & par une autre portée en i, fur laquelle eft appliquée une petite platine ronde
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- sur ies Expériences, ii percée au milieu , & attachée au bois avec des vis ou des clous à tête perdue. Outre cela, ce canal eft encore arrêté par deux brides attachées par-deflous, vers les extrémités.
- E, eft un robinet dont la boëte affleure encore le deflus de la tablette avec une portée fur laquelle on attache aufli un anneau plat pour plus de propreté. La clef de ce robinet eft percée comme celle de la machine pneumatique , c’eft-à-dire , d’un trou diamétral & d’un autre trou oblique qui va gagner l’axe, & qui fe continue jufqu’au bout d’en-bas ; & l’on lait une marque au fleuron de la clef qui.répond à ce trou.
- Ce canal avec la boëte du robinet eft de cuivre, & peut être fondjjj d’une feule piece, fur un modèle en bois qu’on donnera au Fondeur ; auquel cas on réfervera en C & en D, deux petites mafies, pour le mettre fur le tour dans une lunette , & on le percera en deux fois fur fa longueur. On fera dans les deux bouts montans,des trous qui communiquent avec le premier , & quand avec des équarrif-foirs on aura nettoyé & aggrandi ces
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- 12 Avis particuliers trous jufqu’à ce qu’ils aient deux lignes & demie de diamètre , on b ou- i chera les deux bouts C8c Z),avec des vis à têtes plates, fous lefquelles on mettra un anneau de cuir. Il eftbon de fe ménager cette refiource, pour déboucher le canal fi par quelque accident il venoit à s’engorger. Du ref-te, cette piece qui n’eft point expo-fée à la vue, peut être Amplement dégroflie à la lime.
- La vis qui efi: au bout c, 8c qui ex-cede de toute fa longueur le plan fu-périeur de la tablette , reçoit une platine ronde de cuivre de 6 pouces 8c demi de diamètre , percée au centre , 8c retenue par un écrou platfous lequel il ne faut pas manquer.de mettre en cuir gras , afin que l’air ne puiflfe point sxchapper par la jonction. Cette platine eft rebordée d’un cercle de cuivre foudé à l’étain , 8c qui a 4 lignes de hauteur.
- En F & en / font deux trous quar-rés, dans lefquels entrent les tenons de deux colonnes de fer tournées, 8c façonnées à-peu-près comme G g. Elles ont chacune p pouces de longueur entre les tenons, qui font terminés
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- sur les Expériences, i? par des vis : les écrous h, h, qui les arrêtent, ont un pouce de longueur, dont la moitié eft taillée à fixpans,
- & le refte tourné en poire ; il y a une clef commune à tous pour les ferrer. Il réfulte de-là, que quand les deux colonnes font en place , la tablette par ce bout-là eft élevée d’un pouce ; on la met de niveau en plaçant fous i i, deux pieds de métal dont les tenons font des vis en bois.
- Il faut tirer de la Verrerie deux ou trois pièces en cryftal, figurées comme K , qui aient par-tout 3 ou 4. lignes d’épaiffeur , environ 6 pouces de diamètre, rétrécis d’un tiers par les deux bouts , & de telle hauteur, que quand les bords auront été bien drefies , elles en aient encore chacune p pouces & quelques lignes.
- On place un de ces vaifleaux concentriquement fur la platine recouverte , comme celle de la machine pneumatique, avec un morceau de peau de chamois mouillé ; on étend fur le bord d’en-haut un anneau de pareille jpeau, & par-defïus, une platine ronde de fer L. qui a deux oreilles coudées & percées pour entrer
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- 14 Avis particuliers fur les tenons d’en-haut des deux colonnes de fer ; comme ces tenons font des vis, & qu’ils ont un pouce au moins de longueur , la piece L defcend jufqu’à ce qu’elle pofe fur le bord du vafe JC, garni de fon anneau de peau mouillé, &les écrous qu’on ferre avec la clef peu-à-peu l’un après l’autre, afin de maintenir la piece L toujours bien droite, produifent, tant en-haut qu’en-bas, une prefîion qui ferme exactement le vaiffeau K.
- On voit par-là, que la platine ronde L doit avoir environ j pouces de diamètre, pour couvrir amplement les bords du vaiffeau , que ces oreilles doivent être affez longues pour qufe leurs trous répondent à l’écartement des deux piliers pu colonnes, qui eft de 8 pouces & demi ou 9 pouces ; & que fon épaiffèur doit être proportionnée à la grande preffion qu’elle doit faire ; elle ne doit pas être moindre que de 4 lignes. On fera bien d’y faire un trou taraudé au. milieu , pour recevoir une boëte àcûir en cas de befoin ; dans1 les; cas ordinaires on tiendra ce trou fermé avec une vis à oreilles l &un cuir interpofé.
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- sur iss Expériences, if
- Quoique le vaifleau K foit fort épais, il pourrait arriver que le ref-fort de l’air trop fortement comprimé , le fit crever, Sc cet accident fe-roit dangereux ; il faut en prévenir les fuites, en couvrant le vaifleau d'une cage de métal MNO , qui retiendra les éclats du verre s’il vient à fe rompre. Cette cage fera compofée de 3 cercles plats de cuivre, dont les deux premiers M,N, feront percés de pouce en pouce, le dernier O, ayant des trous en même nombre, mais plus près les uns des autres, pour aflem-bler des fils de laiton paflès à la filière, & un peu moins gros qu’une plume à écrire. Les trous du cercle N feront de la grofleur même des fils ; ceux des deux autres cercles feront un peu plus petits.
- Vous ferez les cercles M& N,comme pour embrafler celui qui fert de rebord à la platine ; & celui d’en-haut pour embrafler fort aifément le haut du vafe de cryllal : après cela vous creuferez dans une planche, une rainure comme P p, que vous réglerez fur le profil de votre vafe , & vous dreflerez & plirez par en-haut tous
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- ï6 Avis îaeticbmsu vos fils , de maniéré qu’ils entrent l’un après l’autre dans cette efpece de calibre ; vous les limerez par les deux bouts en fàifant une portée à chacun ; & vous commencerez par les arrêter dans le plus petit cercle en les rivant l’un après l’autre ; enfuite vous enfilerez le cercle du milieu ,& vous 'finirez par attacher celui d’en-bas comme celui d’en-haut. Cette cage fe place avant qu’on couvre le vafe K avec la piece L , comme on le peut voit par la Fig. 4. qui repréfente l’en-femble de la machine.
- On fait entrer l’air dans le récipient K par le canal, avec une pompe foulante R, femblable à celle dont j’ai parlé au fujet de la Fontaine de comprelîion, Tome IL Avis concernant la X. Leçon. Elle fe vilfe fur le bout du canal d avec un anneau de cuir in-terpofé, & elle eft foutenue par un pilier S, qui eft plat par-devant, & creufé en demi-rond, pour la loger en partie ; une bride à charnière, qui s’arrête avec un crochet quand elle eft fermée , retient la pompe , & empêche qu’elle ne vienne en-devant, quand on fait mouvoir le pifton.
- Lorfque
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- sur les Expériences. 17 Lorfque vous voudrez faire ufage de cette machine , vous commencerez par placer dans le récipient ce que vous voudrez mettre en expérience, foit en le pofant fur la platine , foit en le fufpendant à un crochet qui fe viffera fous la piece L ; vous mettrez la cage MNO par-def-fus,avec la platine de fer & les écrous que vous ferrerez l’un après l’autre à plufieurs reprifes. Après cela, vous tournerez la clef du robinet de maniéré que la communication foit ouverte entre la pompe & le récipient, & en mettant les deux pieds fur le bord de la tablette en i, i, vous af-fujettirez la machine , & vous ferez aller le pifton un peu vivement, ayant foin qu’il touche à chaque fois tant en-haut qu’en-bas,le fond de lapompe.
- Quand l’air fera fuffifamment con-denfé , vous ferez faire un quart de tour à la clef du robinet, pour fermer le canal du côté du récipient, afin d’y retenir l’air dans l’état de compreffion que vous lui aurez fait prendre ; & pour laifîer échapper cet air , quand votre expérience fera faite , vous ferez faire un demi-tour à la Tome III. B
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- Avis particuliers
- clef, & il y aura communication 'de' l’intérieur au récipient avec l’athmof-phere.
- Pour juger à quel point l’air eft çon-denfé dans le récipient, vous y placerez un petit infiniment qu’on nomme Elatérometre, repréfenté à la lettre Q. 11 eft compofé d’un bout de tube.de 3 ou 4 pouces de longueur, & d’une ligne de diamètre intérieurement ; il eft fcellé pâr un bout, avec une partie recourbée & évafée par en-bas , dans laquelle on met un peu de mercure ; à mefure que l’air fe condenfe dans le récipient, il preffe le mercure & le pouffe contre la petite colonne d’air qui eft dans le tube ; fi cette colonne eft réduite par cette compreffion au quart, au tiers , à la moitié ,,&c. de fa longueur naturelle, c’eft une marque que l’air du récipient eft condenfé d’autant ; & vous en jugerez par une divifion que vous marquerez fur la petite planche à laquelle eft attaché l’inftrument. Pour une plus grande exactitude, il fau-droit que 1 elatéromette fût incliné, afin que le mercure qui s’avance dans . le tube, ne contrebalance point par
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- SUE LES ExïéftîENCES. Ip fon poids une partie de l’effort que l’air du récipient fait fur lui ; mais s’il tient trop de place dans cette fitua-tion , on pourra füpprimer fon pied , & le placer debout. *
- Avec la machine de compreffion que je viens de décrire, vous ferez voir que ce qui empêche une bouteille de verre très-mince de fe caf-fer dans l’air libre, c’eft que celui qu’elle contient eft en équilibre avec celui du dehors ; car fi elle eft bien bouchée, & que vous la mettiez dans l’air condenfé du récipient, elle fie manquera pas d’être caffée : il faut foufflèr ces bouteilles à la lampe d’Émailleur, les âpplatir un-peu, & les fceller hermétiquement.
- Vous rendrez toute flafque par un pareil procédé, une veflîe d’agneau bien remplie d’air, & dont le col fera ferré avec un fil.
- Vous gênerez fenfibîement la refpi-ration d un oifeau, ou d’un petit quadrupède, que vous mettrez à pareille épreuve, &c. &c.
- B ij
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- 20 Avis particuliers Huitième Expérience.
- sssssss Suivez ce qui eft marqué dans la x. préparation de cette Expérience ; je eftion'* n’ai r^en a y ajouter. iv. Fig. Pour l£ thermomètre d’air, repré-(yi4Fî&' Tenté par la Fig. 24. citée en mar-'s‘ ge, fi Ton n’a point la commodité de fe procurer un verre exprès, qui foit recourbé par en-bas, avec une boule qui ait un orifice pour recevoir & pour contenir la liqueur colorée, on pourra fe fervir d’un verre de thermomètre ordinaire, dont le tube ne foit pas fcellé par en-haut, & dont on plongera le bout dans un flacon ou autre petit vaiffeau contenant de l’eau mêlée avec un quart de diffolu-tion de cuivre,afin qu’elle ne foit pas fujette à fe geler : il faudra échauffer l’air de la boule avec les mains , ou autrement, un peu plus qu’il n’a coutume de l’être dans les plus grandes chaleurs de l’été, avant que de plonger le tube dans la liqueur.
- Si pour faire jaillir une liqueur par la preffion d’un air dilaté, vous n’êtes pas à portée de faire exécuter la Fontaine qui eft repréfentée par la Fig.26.
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- sus les Expériences, si Sc qui eft luffifamment décrite à l’endroit cité en marge, vous pourrez vous en procurer une autre à peu de frais, qui fera plus petite , mais dont l’effet eft fort joli. Soufflez à la lampe , ou faites fouffler par un Émail-leur une boule creufe A, PL II. Fig. i. un peu plus groffe qu’un œuf de poule , qui ait une queue fcellée par le bout comme a , & un bec recourbé en en-haut comme b , dont l’orifice foit capillaire ; plongezpendant quelques fécondés de temps toute la boule dans une cafl'etiere remplie d eau bouillante , ayant foin que l’orifice b foit dehors ; retirez-la & trempez fur le champ le bout du bec dans un verre à boire qui contienne de l efprit-de-vin ; & quand il en fera entré dans la boule autant que le poids de l’at-mofphere y en peut porter, vous la replongerez de nouveau dans l’eau bouillante,& vous allumerez le jet,en tenant la flamme d'une bougie à un pouce près de b.
- Neuvième Expérience.
- Procédez pour cette Expérience Llx'ot comme il eft prefcrit dans la Prépara- j. s"à lion, el.r. Fie.w
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- ûî Avis farticüliëïis Si au lieu de mercure, vous faites coulerunpeu de liqueur colorée dans \ la boule de la Fig. 27. citée en mar- \ ge, en appliquant la main de (Tus , ? vous dilaterez l’air au point de faire j monter très-fenfiblement & tfès-vîtê la liqueur dans le tube 5 plus la boule fera grofle & lé tube étroit, plus cet effet fera fenfible ; de forte qu’avec un tel infiniment, on pourrait s’ap* percevoir des moindres changemens qui arriveroient à la température d’une chambre , ou d’un autre lieu quelconque.
- Dixième 6* Onzième Expérience.
- ----- En fuivant les procédés indiqués
- dans les Préparations de ces deux £x-tion. périences, on pourra mettre dans le Fig.is, vuide.des animaux de toutes efpeces, pourvû qu’ils puiffent tenir fous le récipient : cela fuffira pour prouver que l’air doit avoir une certaine den* fité pour entretenir la vie animale ; mais fi l’on veut fçavoir plus exactement combien de temps chaque animal peut vivre dans un air raréfié à un certain degré, il faut s'y prendre d’une autre maniéré qüe voici.
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- SUR LES ExTÉRIENCRS. 2J Mettez fur la platine de la machine pneumatique, le plus grand récipient que vous ayez , & qui foit ouvert & garni par le haut pour recevoir un robinet ; joignez à ce robinet une platine de cuivre de y à 6 pouces de diamètre, couverte d’un cuir mouillé ; placez l’animal delfus, & cou-vrez-le d’un récipient qui n’ait que la grandeur qu’il faut pour le contenir fans le gêner. Voyez la Fig. 2. Le robinet étant fermé du côté du grand récipient, vous y raréfirez l’air le plus qu’il fera poffible, & il fera bon que cela foit fait avant de placer l’animal fous le petit récipient : dès qu’il y fera , ouvrez la communication entre les deux vaiffeaux, en faifant faire un quart de tour à la clef du robinet ; en moins de deux fécondés de temps l’air fera raréfié dans le petit récipient , en raifon de la différence de fa capacité à celle du grand récipient ; c’efl-à-dire , que fi celui-ci avoit été parfaitement vuide , ou à peu près, & qu’il fût 1J fois plus grand que l’autre, l’animal fe trouverait dans un air qui c’aurait que la quinziemepartie de fa première den-
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- 2$ Avis particuliers fi té ; ce qui feroit plus que fuffifant pour le faire périr.
- Dans les explications qui fuiveht la dixième & la onzième Expérience, | j’ai fuppofé que quand un animal fe 4 trouve dans le vuide, l’air dififéminé I dans fon fang fe développe, fe met j en petits globules & obftrue les petits vaiffeaux ; vous rendrez cette conjefture plus que vraifemblable , par l’expérience fuivante.
- Prenez un tube de thermomètre & pliez-Ie à la lampe, comme il eft repréfenté par la Fig. 3. Redrefiez les deux bouts perpendiculairement au plan des autres parties ; avec un petit évafement en c, dans lequel vous mettrez de l’efprit-de-vin coloré & un peu chaud , que vous fucerez doucement par l’autre bout, afin que tout le tuyau s’en remplifie fans interruption. Faites paffer cela dans le vuide , & vous ferez remarquer qu’il parole une infinité de petites bulles d'air qui interrompent la continuité de la liqueur, & qui fe raflemblent en plus groffes bulles dans les finuofités.
- J’ai fuppofé encore dans les mêmes explications, que ce qui fait fur-nager
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- scr les Expériences, ay nager malgré lui, le poiffon qu’on met dans le vuide , c’eft l’air qui fe dilate dans la véficule, & qui ne pouvant s’y contenir, fort en grades bulles par la bouche du poiffon ; vous ferez voir que cette railon eft fondée , en ouvrant le corps de l’animal après l’expérience ; car cette véficule fe trouvera toute ilafque ayant perdu une grande partie de fon air ; & vous la remettrez dans le vuide pour montrer que ce relie d’air qu’elle contient encore, fuflït pour tenir cet organe enflé dans un air fuffifamment raréfié.
- Il eft à propos de faire voir par une expérience, que les animaux ne rendent point par l’expiration autant d’air qu’ils en prennent par l’infpira-tion, ou que l’air rendu par l’expiration a perdu une partie de fon élafli-cité ; pour cet effet, enfermez un pigeon dans le récipient de la machine de compreflion, de forte que l’air de dehors ne puiffe s’ÿ introduire ; joignez à la platine de fer un tube recourbé par en-haut & par en-bas, qui porte d’un côté une virole & une vis pour s’attacher à la platine, & de l’autre , un vafe rempli d’eau colorée , Tome III. C
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- 26 Avis particuliers comme on le peut voir par la Fig. 4J vous ferez obferver, que peu-à-peu la liqueur monte dans le tube , ce qui prouve inconteftablement que le volume ou le reffort de l’air diminue dans le récipient.
- Ala fuite des expériences qui concernent la refpiration, on feroit bien de montrer un modèle du Ventilateur de M. Halles, ou de celui de Defa-guilliers, dont j’ai indiqué la defcrip-tion ; ou bien on fe contentera de donner une idée de la rénovation artificielle de l’air, en appliquant fur l’ame d’un foufflet à vent continu , foit avec de la colle, foit avec de la cire molle, un entonnoir de bois, au bout duquel on aura lié le col d’une eroffe veflie remplie d’air, & au canal du foufflet, une pareille veflie vuide ; car fi l’on fait mouvoir les panneaux, on verra que l’air de la veflie pleine, paffe dans celle qui n’en contient point, & ceux qui verront cet effet, concevront aifément, que par un moyen femblable, ou équivalent, on peut faire paffer l’air d’une chambre, ou d’une falle, du dedans au-dehors , & donner lieu par-là à celui de l’ath-
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- sur les Expériences. 27 mofphere de prendre la place de celui qui fort.
- Comme ces expériences donnent lieu de parler des différentes fonctions de l’air qui entre dans les lobes du poumon , & fur-tout de l’action qu’il y exerce pour repouffer par la veine pulmonaire, le fang qui efl: entré par l’artère qui vient du cœur à ce vifcère , il conviendroit qu’on eût un cœur préparé en cire , & qui s’ouvrît pour faire voir les routes que le fang fuit dans cette circulation ; au défaut d’une pareille piece, on prendra à la Boucherie un cœur de bœuf, de veau, ou de mouton tout frais, qu’on vuidera & qu’on lavera pour en faire enfuite la diffeftion.
- Douzième Treizième Expériences,
- Le chaflis de métal dont il eft fait mention dans la Préparation de la trei- r E x* M zieme Expérience, efl une piece pîa- i.settion.’ tè de cuivre coulé, qui a un pouce FL F\F‘e' de largeur fur fix pouces de longueur, î0‘ 'u elle eît percée au milieu pour entrer fur la vis de la machine pneumatique , où elle s’arrête avec un écrou,
- ( D, Fig, y. ) qui la preffe. A droite C ij
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- 28 Avis ïarticuliers & à gauche du trou font deux rainures à jour, dans lefquelles on fait gliffer les deux montans E ,E, pour les approcher ou les reculer l’un de l'autre, & qui s’arrêtent auffi avec une vis F, qui trouve fon écrou dans le quarté e, & dont la tête qui eft toute plate, a un pouce de diamètre , a6n que la machine toute montée, puifle fe tenir debout fur une tablette.
- La tige du montant e(l plate, mais elle a une bafe circulaire & dreffée fur le tour par-deffous, pour s’appliquer fur le chalfis ; cette tige doit faire reffort, c’eft pourquoi avant de la limer, on aura foin de la forger à froid pour lui donner de la raideur. Elle porte un petit cadre G, dans lequel on aflujettit une pierre à fufil : ce cadre eft compofé de deux parties ; l’une g , qui tient à la tige, & qui forme trois côtés ; l’autre h , qui eft mobile, & qui s’attache avec deux vis qui traversent les deux petits côtés. Chacun des grands côtés porte une joue oblongue , pour pré-fenter plus de lurface à la pierre, & l’une de ces deux joues i fe replie d’équerre par derrière la pierre, pour
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- sur les Expériences. 2p l’empêcher de reculer; & afin que celle-ci ne glifle point contre le métal , on la couvre de deux petits morceaux de cuir, de carton ou de feutre , & la prefîion des vis fait le relie.
- La piece entière, commeeg,peut être jëttée en fonte, fur un modèle qui aura 4 pouces de hauteur : fi le Fondeur fait venir les joues , il faudra que celle qui fereplie d’équerre, foit droite au modèle ; & recommandez que le cuivre ne foit point aigre, afin qu’on puiffe la plier après que la piece aura été limée.
- La rondelle d’acier qui doit faire feu avec les pierres, fera trempée aufli dur qu’on pourra, quoiqu’elle doive être un peu guillochée, il faut éviter qu’elle ait des angles vifs qui uferoient trop tôt les pierres, & qui rendroient le mouvement trop rude: elle fera rivée au bout d’une tige de cuivre , longue d’un pouce , & percée d’un bout à l’autre pour glilfer & s’arrêter à telle hauteur qu’on voudra , fur la tige quarrée d’une boëte à cuirs qu’on fait tourner avec le rouet. Voyez ce que j’ai enfeigné touchant
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- 50 Avis particuliers l’ufage du Rouet, Tome II. Avis concernant la dixième Leçon.
- Quand vous voudrez faire la treizième Expérience, vous commencerez par établir la piece KEE fur la platine de la machine pneumatique , fans ferrer ni l’écrou D, ni les Vis F : vous mettrez par-deffus, le récipient garni d’une boëte à cuirs avec la rondelle d’acier ; vous prendrez vos me-fures pour placer celle-ci à la hauteur des pierres , & pour approcher les montans de maniéré que la rondelle en tournant ne fe trouve point trop ferrée ; alors vous ferrerez l’écrou & les vis , & vous ferez le vui-de le plus parfait que vous pourrez , pour faire voir qu’il ne paroît point d’étincelles, ou qu’il n’en paroît que très-peu , & qui n’ont point d’éclat ; puis ayant rendu l’air dans le récipient , vous ferez voir qu’il y en a beaucoup , & qu’elles font très-brillantes. Dans cette expérience il ne faut pas faire aller le rouet d’un mouvement bien uniforme , il eft mieux de l’accélérer d’un coup de poignet dans chaque révolution de la roue.
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- su b les Expériences. 31 Quatorzième Expérience.
- La petite phiole dont il eft parlé "- -
- dans cette Expérience , peut être Lifi». foufflée à la lampe d’Emailleur ; un 1 stttion. bout de tube gros comme le pouce & fcellé par un bout , pourrait fer-vir de même ; li l’on eft à portée d’une Verrerie, en en fera faire quifoient formées en poires, comme dans la Fig. 6. Sur le milieu de la longueur, ou à peu-près , on attachera avec du maftic, un cercle de cuivre large d’un demi-pouce, fur lequel on fera deux petits trous diamétralement opposes,pour recevoir les pointes de deux vis qui traverferont les branches d’une fourchette L.
- Cette fourchette eft faite d’une lame de laiton pliée deux fois d’équerre , & rivée par fa partie du milieu fur un bouton de cuivre, avec lequel elle gliiTe fur la tige M, & s’y arrête où l’on veut par une vis de preilion. La tige eft montée fur une petite bafe tournée N, qui porte à plat fur les bords d’une couliue 0 0, avec un quarré en-delfous, pour l’empêcher de tourner, & dans lequel en-C iv
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- tre une vis à tête plate, & large comme aux montans du briquet de l’expérience précédente. Vers l’extrémité o de la piece à codifié eft un trou rond qui entre fur la vis de la machine pneumatique, & qui s’y arrête avec le même écrou dont on fe fert pour la piece à codifie du briquet : ce même bout o , a paPdeflous une épaifleur égale à celle de la tête plate de la vis qui arrête la tige MN, afin que la petite machine puifîe fe tenir debout fur une table. Le vafe P a un pouce de profondeur , & 18 à 20 lignes de largeur, fon épaifleur doit être de 3 bonnes lignes. La piece M,. la codifie Oo, & le vafe P peuvent fe faire en cuivre de fonte ; mais il eft abfolument néceflaire que le vafe P, qui doit aller fouvent au feu , foit fondu en cuivre rouge ; on le pofera fur un morceau de tuile placé au centre de la platine, & l’on aura _pris fés mefures avant de faire le vui-de ,pour que la phiole en s’inclinant, verfe les grains de poudre qu’elle contient, dans le milieu du vafe. On appuiera fur le bout avec une efpece de palette emmanchée au bout de la.
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- sur lEs Expériences, jj tige d’une boëte à cuirs. Il eft presque fuperflu d’avertir que dans cette expérience il faut faire le vuide promptement, pour ne pas donner le temps au cuivre de fe trop refroidir; mais je ne puis trop dire qu’il faut employer un grand récipient & peu de poudre.
- Quinzième &• feiçieme Expériences.
- Je ne vois rien dans ces deux ex- == périences, qui puiffe arrêter l’homme L, le moins exercé en Phyfique, lest-Seaion.' procédés en font fi Amples ou G con- f’jj nus, qu’il fuffit de les lire pour les entendre ; j’obferverai feulement ,
- 1°. que le bois de chêne qui n’eft point gras & qui eft fans nœuds, étant tourné en baille , & garni d’un crochet pour y fufpendre un plomb qui le tienne au fond du vafe rempli d’eau claire, m’a paru plus propre qu’aucun autre bois, pour faire voir l’air qui fort des corps folides lorf-qu’on les met dans le vuide : 2°. qu’une groffe noix, aflujettie avec un peu de cire molle au fond d’un gobelet, avant qu’on y verfe de l'eau, rend à chaque coupdepifton beaucoup d’air
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- 34 Avis ïarticviims par le gros bout, & qu’elle fe trouve pleine d’eau après l’expérience. 30. Qu’il ne fort point d’air des métaux , mais qu’il paraît à leur furface beaucoup de petites bulles qu’il faut attribuer à fa couche d’air adhérente, dont tous les corps folides font comme enduits, quand ils fortent de l’at-mofphere pour entrer dans l’eau. 40. Que la biere nouvelle vaut mieux que la vieille pour moulfer dans le vuide. (°. Que pour bouillir dans le vuide, l’efprit-de-vin n’a pas befoin d’être chauffé, mais que l’eau doit être tiède fans avoir bouilli au feu. 6°. Que quand l’eau tiède àun certain dégré, a ceffé de bouillir dans l’air raréfié, elle recommence à bouillir dans le même dégré de vuide, fi elle reçoit un nouveau dégré de chaleur. 7°. Il faut que les vafes remplis d’eau ou d’autres liqueurs, qu’on met dans le vuide , foient plus longs que larges , afin que l’air qui part du fond ait plus de chemin à faire pour en fortir, & fe laiffe voit plus longtemps.
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- sue £• es Expériences. 3/
- Dix-fepticme & iix-huitieme Expérience.
- La tafle de métal de la Fig. 3 y. ci- r~ » 1 tée en marge, fe fera d’une feule pié- L, ce de fer-blanc, ou de laiton fort min- i. staion. ce, dont on relevera les bords d’un n' F‘: pouce ou environ , comme aux lampions ; on y foudera une petite douille pour y mettre un manche de bois; on fera le petit enfoncement du milieu avec un poinçon fort moufle , qui ne perce point le métal ; le petit vafe de verre dont on doit couvrir la goutte d’eau, fe pourra faire d’un bout de tube gros comme le doigt & fcellé par en-haut. On fe fervita d’huile d’olives.
- Pour recueillir les bulles d’air qui fortent du fucre à mefure qu’il fe fond dans l’eau tiède, fi l’on n’a point un verre aufli commode que celui que j’emploie , & qui eft repréfenté dans la Figure citée ci-deflus, on y fuppléera par un gros tube d’un pouce de diamètre, & de p à 10 pouces bien bouché par en-le bord foit bien drefle par en-bas ; comme il faut qu’il fe re-drefle plein d’eau, vous aurez foin
- de longueur, haut, &'dont
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- 3<î Avis PARTICULIERS" que la cuvette qui la contient foit aiTez longue pour qu’il puifie s’y coucher entièrement ; & vous ferez prompt à le relever, dès que vous y aurez introduit le morceau de fucre,
- Dix-neuvieme Gr vingtième Expériences. x Ces deux expériences ne font point t s j o ». propres à être répétées dans une Eco-* *n°Ti k pnhlique ; on fe contentera d’en &)jf' rapporter verbalement les réfultats, & de renvoyer pour une plus ample inftruâion, a la Statique des Végétaux de M. Halles, & aux Mém. de l’Acad. des Sciences, 1743. Je crois que les procédés en font fuffifamment expliqués dans les Leçons de Phyfique pour quiconque voudra les faire en ion particulier ; je dirai feulement, au fujet de la derniere , qu’il faut mettre environ une pinte d’eau nouvellement purgée d’air , dans une caraffe capable d’en Contenir un quart de plus ; Sc que le tube à double courbure , doit être gros comme le petic doigt, ou à-peu près, & avoir deux pieds de longueur d’un coude à l’autre.
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- sur les Expériences. 37
- AVIS
- Concernant la Onzième Leçon.
- C et article ne contient que trois 1
- expériences , dont la première n’a Leç0n. befoin d’aucun éclaircifiement, après il scaion. ce que j’en ai dit dans l’endroit cité eu'm.'*, en marge.
- Sur la fécondé , j’avertis que le fel qu’on doit mêler avec la glace pilée , eft du fel de cuifine en gros
- frains, tel qu’il vient du Grenier pu-lic : il faut l’employer fec , une partie contre deux ou trois de glace, & remuer avec une cuiller, afin qu’il fe mêle mieux : le vafe de verre peut être un bocal d’Apothicaire, capable de contenir une ehopine de liqueur , mefure de Paris.
- Pour prouver que le frimât qui s’a-maffe fur la furface extérieure de ce vailfeau, eft de l’eau qui vient de l’air ambiant, vous choifirez un autre bocal bien net Si bien fec , dans lequel vous puiffiez faire entrer celui qui doit recevoir le fel Si la glace, de
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- 38 Avis particuliers maniéré qu’il y ait peu d’intervalle entre l’un & l’autre, & vous boucherez avec de la cire molle, ou autrement, tout accès à l’air extérieur. Si vous êtes à portée d’une verrerie, faites faire de ces vafes qui n’ayent point de gorges , mais dont les bords Amplement renverfés & plats puiflent s’appliquer l’un fur l’autre; alors vous n’aurez plus befoin de cire molle.
- Quant à la troifieme expérience ; vous employerez, comme je l’ai dit, le plus grand récipient que vous ayez; mais vous y joindrez un ballon moins gros que de neuf à dix pouces de diamètre , c’eft affez qu’il en ait cinq ou fix. En le prenant de cette grandeur, l’effet fe répétera plus fenfi-blement trois ou quatre fois de fuite, avec le même récipient, une fois évacué d’air. La clef du robinet étant percée comme celle de la machine pneumatique , vous pourrez ouvrir une communication entre l’air extérieur & le ballon, en la fermant du côté du récipient ; il ne s’agira que de faire une marque à l’un des fleurons de la clef, qui
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- sur les Expériences. 39 vous indique de quel côté eft le trou oblique qui va rendre au bout.
- Au défaut d’un ballon , vous ferez l’expérience avec un récipient Ample, plus long que large ; mais au lieu de l’appliquer fur la platine de la machine pneumatique par l’inter-pofttion d'un cuir mouillé, vous l’y joindrez bien exaftement avec un petit cordon de cire molle.
- Première Expérience. Supprimez l’appareil de cette expérience ; prenez Amplement votre L plus grand récipient d’une main par 11. le bouton d’en-haut, frappez lége-rement avec le plat de l’autre main fur le corps du vaifleau, pour le faire réfonner, & approchez vers fes bords un tube de verre, que vous tiendrez par un bout fans le contraindre. Le frémiflëment de la cloche deviendra très-fenAble.
- Vous ferez une expérience équivalente à la précédente, avec l’in-ftrument qui eft repréfenté par la Fig. j. PI. II. C’eft un timbre de trois pouces de diamètre,porté fur un pied de bois pat une S de cuivre au haut
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- A V IS PARTICULIERS de laquelle eft un marteau poufle par un reffort : une fourchette R, dont la queue eft une vis, s’attache avec un écrou au timbre qui eft percé au centre; il faut que les bords ou trou foient garnis de part & d’autre d’un petit annneau de cuir , afin que le timbre ne foit touché ni par la fourchette, ni par l’écrou. Par le moyen de cette piece, le timbre fe place à demeure fur l’S avec un clou rivé.
- Le marteau eft une petite maffe de cuivre ou de fer tournée, le manche eft un levier d’acier qui a fon centre de mouvement dans une fourchette T, refendue aufli par en-bas, pour s’attacher avec une goupille , îiir le haut de l’S : fous cette piece eft pris un reffort d’acier V, dont le bout «, pouffe la queue du marteau , tandis que l’autre bout le contretient à une ligne près du timbre ; de forte que quand on abaiffe avec le bout au doigt l’extrémité X, Sc qu’on le laiffe échapper , le marteau frappe & fe relève à l’inftant, ce qui laiffe libres les vibrations du timbre. L’S, par en-bas,eft montée fur une douille Y, pour entrer fur un pied de bois qui peut
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- sur les Expériences* 41 peut avoir quatre pouces de haut.
- Vous mettrez une petite pincée de fablon ou de verre , groffiérement pulvérifé , dans le timbre, que vous tiendrez un peu incliné, & vous ferez frapper le marteau de deux fécondés en deux fécondés, afin d’entretenir le frémiffement de fes parties, & le fablon les rendra fen-lïbles à l’oeil.
- Seconde Expérience.
- Pour une Ecole publique , faites =*=* cette machine plus en grand; don-L nez à la pièce Zj, Fig. 8, quatre.n. scaion. à cinq pieds de longueur; employez-y yj ei'1' une corde comme la plus groffe des baffes de viole , Si tendez là par un bout ou par l’autre avec une cheville à tête plate , en la faifant paffer fur deux chevalets élevés d’un pouce au-deffus du bord fupérieur de la planche Z f. Cette piece fera affemblée par les deux bouts dans des confoles, qui excédent par en-haut, pour former les chevalets, & qui faffent par en-bas de part Si d’autre un empattement, au moyen duquel Tome JII. D
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- 42 Avis particuliers cet infiniment puiffe tenir fur une table fans fe renverfer.
- Troifame Expérience.
- __s Le mouvement d’horlogerie dont * i. il s’agit ici, eft celui dont j’ai donné i î Scâb”. la conflruftion, dans les Avis fur la Jn. 2. Tl. 7. III . Leçon, Tome IL page 8f , & 'e'8' fuiv. Il n’a qu’un marteau , & non pas deux comme autrefois, parce que j’ai remarqué que le fon étoit plus net , quand les coups de marteau étoient moins fréquents. Vous attacherez au bout de la tige de la* boëtefà cuirs,un levier qui fafle équerre avec elle, & qui atteigne à la détente du rouage, pour le mettre en jeu. Dans cette expérience, il faut faire le vuide le plus parfait qu’il foit pof-fible : vous commencerez par-là; & quand vous aurez fait remarquer qu’on n’entend point le fon du timbre , vous laiflèrez rentrer l’air dans le récipient, & vous obfetverez qu’on l’entend alors. Pour eonferver cet infiniment en bon état, il faut avoir foin que lé reflort du barillet ne relie point tendu, quand on a fini dé s’en fetvir.
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- SUR les ExîérïEsces. 43 Quatrième Expérience.
- C’est une affaire que d'avoir trente pintes d’eau, nouvellement purgée L d’air, on pourra s’en difpenfer en t annonçant, fur la foi des Auteurs A qui en ont fait l’épreuve, que le K réfultat de cette expérience eît fen-Cblement le même , foit que l’eau dans laquelle on plonge le corps fo-nore, ait été purgé d’air ou non.
- On pourra fe fervir d’une montre à réveil, fi l’on en a une en fa dif-pofition, en fuivant ce que j’ai en-feigné dans la préparation de cette expérience ; linon l’on conftruira une machine, telle que je vais la déerire.
- C’eft un rouage entre deux platines de cuivre quarrées, dont les côtés ont chacun deux pouces, affem-blées parallèlement entre-elles par quatre piliers de dix lignes de longueur , placés aux quatres coins, & retenus avec des goupilles.
- La première piece eft un barillet ,4, Pi. III. Fig. i. de treize lignes de diamètre fur cinq de hauteur, contenant un reffort un peu plus fort que celui d’une montre ordinaire, &
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- 44 Avis ïparticuliers portant à fa bafe une roue B, de quarante dents. Son axe traverfe de part & d’autre les platines , avec des portées qui le contiennent dans fa place : on a formé fur la partie de cet axe qui excede la platine d’en-bas, un quarré qui porte une roue C, de Huit lignes de diamètre, dont la denture, taillée en rochet, répond à un cliquet, comme cela fe pratique dans l’horlogerie. Cette roue a fur une de fes faces , deux oreilles par lefquelles on la fait tourner à la main pour monter le reflortdubarillet.
- La roue du barillet s’engrene dans un pignon d’acier qui a huit ailes, & fait tourner avec lui une roue D qui a qugrante-huit dents; celle-ci s’engrenant dans un autre pignon de huit, mene une troilieme roue E, qui a trente dents, taillée en rochet, & qui met un marteau en mouvement , dans un timbre établi fur la platine d’en-haut.
- Le marteau F, eft monté fur une pet e piece trangulaire G ,. mais dont lesangles fonttrès-arrondis; s’ils ne l’é-toientpas,fon plan feroitun,triangle ifocele, dont la bafe/g, auroit cinq li-
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- SUR les Exfiêriences. 4f gn es 8c demie, & la hauteur h i,fix Ii-gnes & demie. Cette piece a trois lignes d’épaifleur ; elle tourne, ou plutôt elle balance fur un axe placé en k , à-peu-près au milieu d’un des grands côtés , & la queue du marteau eft fixée vers/. Elle porte en - deffous deux petites chevilles d’acier n, o , qui répondent aux points 1 & m ; ces deux chevilles foulevées alternativement par les dents de la roue E , qui font taillées en rochet , font l’office d’un échappement, & en fai-fant balancer la piece G, elles font frapper contre le timbre la boule de métal qui fert de marteau , & dont on incline la queue autant qu’il le faut, pour qu’il le touche légèrement : on imagine bien que la platine fupé-rieure doit avoir une ouverture qui lailfe un paflage & le jeu libre au manche du marteau.
- Le timbre eft un hémifphere de vingt lignes de diamètre; il eft percé au centre de fa concavité , & porté par une efpece de coq H, attaché avec deux vis fur la platine fupérieure du rouage ; ce coq a par en-haut, une partie "avancée P, fur laquelle eft
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- 4<S Avis P AK TI COU ERS rivée une vis de fer longue de neuf à dix lignes , avec une affiette épaiffe de deux lignes, & couverte d’un anneau de cuir; on y place le timbre, & on l’y arrête avec un écrou de deux ou trois lignes d’épaiffeur, & garni d’un cuir par-deffous : il faut préparer un autre écrou de fept à huit lignes de longueur, taillé à pans, qu’on maftiquera dans le bouton creux d’un petit récipient, pour y attacher la machine, par le moyen de la vis Q qui furmonte le timbre ; & il faut choilir pour cela un récipient qui n’ait que la largeur néceffaire pour contenir la cage du rouage., mais dont les bords foient de deux bons pouces au-deffous, quand il eft attaché dedans.
- Quand le reffort du barillet eft monté, on arrête le mouvement par le moyen d’un tourniquet Jl, com-pofé d’une petite lame de cuivre qui fait reffort fur la platine, & qu’on fait tourner avec un bouton placé en-deffous. Cette piece a une partie relevée d’équerre en r & qui entre dans les dents de la roue E ; on la fait reculer, quand on. eft prêt
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- sur lbs Expériences. 47 à plonger la machine dans l’eau : ainfi un récipient à bouton creux de trois pouces & demi de diamètre fur quatre pouces de hauteur au-defious du bouton, fera très - bon pour cet ufage.
- Quand vous plongerez cette machine , vous tiendrez le récipient par fon bouton, & vous le ferez defcendre perpendiculairement & doucement dans l’eau, afin que l’air qu’il contient n’en puifië pas fôrtir, & qu’il empêche que le rouage ne fe mouille : fi vous avez un vafe de cry fiai qui puifië feulement contenir dix à douze pintes d’eau, vous vous en fervirez, plutôt que d’un feau ou de tout autre vaif-feau opaque.
- Cinquième Expérience.
- Serve z-vous pour cette expérience, x t — d-e la machine de compreiïion que j’ai l , ç‘0 x. décrite , dans la fuite des Avis fur la ^cf'aj0J' dixième Leçon, page $ & fuiv. En tliLFif.ià. attachant fur la vis qui eft au centre de la platine, une fonnette de bureau, montée de maniéré qu’elle puifië fon-ner, quand on agitera un peu la ma-
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- $8 Avi* Particüiier* eft repréfentée par la Fig. 2. eft fut pendue par des fils de foie ou de laiton tendus entre les deux branches d’une fourchette de métal, qui doivent être un peu roides. La partie d’en-bas, d’où partent les deux branches , & qui eft circulaire, a dix-huit lignes de diamètre, avec un trou taraudé au milieu , 'pour entrer fur la vis de la machine de compref-fion, & elle eft élevée & rivée fur une bafe de cuivre ou de plomb tournée, qui a un peu plus de lar-
- feur qu’elle, & cinq à fix lignes ’épaiffeur : ce qui fait que cette petite machine fe tient droite fur les tablettes où on la pofe , quand elle ne fert point.
- Vous ferez cette expérience , autant que vous le pourrez , dans un lieu clos & éloigné du bruit ; vous commencerez par condenfer l’air fortement, après quoi vous ferez fon-ner, en vous reculant peu-à peu des auditeurs, jufqu’à ce qu’ils entendent à peine la bonnette; alors, fans changer de place, • vous taillerez fortir j air condenfé, & le fon que l’on entendoit encore un peu, ne s’entendra
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- sur les Expériences. 49 tendra plus du tout ; vouspourez faire l’expérience de l’autre façon, c’eft-à-dire, en faifant obferver qu’on entend diftinélement à une certaine diftance, avec l’air condenfé, le fon qu’on n’en-tendoit plus lorfqu’il ne l’étoitpas encore.
- Le Porte-voix dont il eft fait mention à la fuite de la cinquième Expérience , eft un ouvrage de Ferblantier : on peut le faire de telle grandeur qu’on voudra , plus il fera long , avec une largeur proportionnée , plus fon effet fera grand ; mais à mefure qu’on augmente fes dimen-fions, il devient plus embarraffant & moins maniable ; les miens ont cinq pieds de longueur, & leur plus grand évafement eft de quatorze pouces ; voyez la Fig. 3. A, eft une embouchure ovale qui a dix-huit à vingt lignes dans fon plus grand diamètre ; immédiatement au - deffous eft un étranglement qui eft rond, & qui n’a que neuf à dix lignes ; après cela, l’inftrument prend vingt lignes de diamètre, & augmente peu-à peu jufqu’à trois pouces fur les trois premiers pieds de fa longueur ; enfin
- Tome III. E
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- JO Avis particuliers ]’évafement devient plus fenfible 3c fuit une courbe B C D , que je n’ai aftreinte à aucune loix.
- L’ouvrier pourra faire les trois premiers pieds du porte-voix de qua-tres pièces foudées bout à bout les unes des autres avec des cordons qui ferviront d’ornements ; le refte fe fera avec des zones plus étroites, foudées & ornées de même : & fi l’on veut que l’inftrument tienne moins de place en hauteur, on pourra le couper en E, & faire la piece d’en-haut longue comme A C; alors étant paflee par dedans celle d’en-bas, & étant tirée un peu brufquement, elle s’arrêtera en B E, pour le temps pendant lequel on fera ufage de l’inftrument, après quoi, en appuyant delfus de haut en bas , on la fera defcendre ; & fi l’on vouloit qu’elle ne pût jamais fortir tout-à-fait, on pourroit l’en empêcher, en foudant vers le haut, un cercle plat comme F, un peu plus large que l’ouverture de la piece en E.
- II faut recommander au Ferblantier de planer les feuilles qu’il employer à çonftruire le porte-voix ,
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- sur les Expériences, yr non-feulement parce qu’il fera plus propre & moins fujec à fe falir , mais parce que le métal en deviendra plus roide & plus élaftique, qualité qui contribue beaucoup à l’effet de cet inflrument.
- Pour donner une idée de l’organe de l’ouie & de fes fondions, il faudrait fe procurer une oreille artificielle , en cire ou en quelque autre matière , dont les différentes parties puffent fe féparer & s’ouvrir; il y a affez îouvent dans les grandes villes comme Paris, Londres, &c. des gens inftruits & adroits qui préparent de ccs pièces imitées d’après les diffedions anatomiques , & qui veulent bien, moyennant une certaine rétribution, en céder aux perfonnes qui en ont befoin.
- Il s’eu faut bien que les cornets acouftiques rendent autant de fervi-ce aux perfonnes qui n’entendent pas bien, que les lunettes à celles qui ont la vue affoiblie ; cependant il faut faire connoître cet inflrument, & montrer comment on s’en fert.
- G, Fig. 4. eft un entonnoir parabolique, ou à-peu-près, qui a deux poucas & demi d’ouverture, & au fond
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- j2 Avis i>aeticdiie*s duquel elt un trou rond de fept à huit lignes de diamètre ; fur les bords de ce trou en dehors eil foudée une virole longue de fix à fept lignes, un peu en dépouille, pour entrer jufle & à frottement dans Je bout recourbé du canal H i ; ces deux pièces féparées, fe portent dans la poche, & quand on en veut faire ufage, on les joint, & l’on place le bout H au bord du canal auditif, en tournant l’ouverture de l’entonnoir vis-à-vis la perfonne qui parle, & qu’on veut entendre.
- Ordinairement on fait les cornets acouftiques avec du ferblanc ou avec des feuilles de laiton proprement planées; on les peut également faire d’argent ; on les pourrait auflï tourner en buis & en yvoire, &c. mais de quelque matière qu’on les faffe, il faut avoir foin que la furface intérieure foit dure, régulière & bien polie.
- Sixième Expérience.
- == Le fonometre eilaffez bien repréfen-K_ té dans la figure qui ell citée en marge ; aion! je vais indiquer ici quelques change-ments à faire dans la préparation de
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- sur ies Expériences, yj l’expérience , & quelques éclairciffe-ments dont on pourrait avoir befoin.
- Les pièces qui doivent former les quatre côtés de la caille auront trois pouces & demi de hauteur, & avant de les affemblerl’ony fera deux feuillures, l'une pour mettre le fond qui affleurera;& l’autre un peu plus creufe, pour recevoir la tablette de fapin qui fait le deiïus de l’inflrument, & qui doit lailfer au-deffus d’elle un rebord qui excede d’une bonne ligne: fur ce rebord fera collé un cadre formé avec quatres réglés minces & larges de neuf à dix lignes, orné en-dehors d’un petit quarré & d’un quart de rond, & dont le bord intérieur avance de deux lignes fur la largeur de la table, pour former une couliffe entre elle & lui.
- Chaque côté long du cadre , dans la partie comprife entre les deux chevalets fixes , fera peint en blanc & divifé par cinq lignes , dont une marquera la moitié de la longueur, une fécondé marquera les deux tiers, celle d’après les trois quarts , la lui— vante les i, & la derniere les Voyez la Fig. y qui repréfente le deflus du
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- 54 Avis particuliers fonometre. C’eft vis-à-vis de ces divifions qu’il faut placer le chevalet mobile, quand on appuyé avec le bout du doigt fur l’une des deux cordes, pour la mettre dans le rapport d’un à deux, de deux à trois, de trois à quatre, &c. avec l’autre dont la longueur demeure entière.
- Au lieu de cordes à violon , j’ai reconnu qu’il valloit mieux employer des cordes de laiton, telles que celles qu’on met aux clavecins; les Quin-quailliers en vendent de toutes greffe urs , il faut en prendre du même numéro pour en faire deux fem-blables, & qu’elles foient a (fez fortes pour fouflrir fans fe caffer , une tenfion égale à dix ou douze livres. Vous en mettrez avec ces deux-là une troifieme qui fera un peu plus greffe ou plus fine, pour faire voir qu’avec le même dégré de tenfion & la même longueur, elle rend un fon plus grave ou plus aigu que les autres, & vous placerez celle - ci entre les deux premières.
- Les trois cordes s’attachent d’une part à trois leviers angulaires dont je vais parler, & qui font placés
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- Sur les Expériences. y/ à l’un des bouts de l’inftrument, elles font tendues par des chevilles fem-blables à celles des violons, qui tournent à frottement dur à l’autre extrémité. Vous aurez foin de recuire la partie de la corde qui paffe dans l’œil qui eft au bout de fon levier', & que l’on tortille enfuite , afin qu’elle ne caffe point , quand vous viendrez à la tendre fortement.
- Les trois leviers angulaires comme L, ont deux bras égaux, dont chacun a deux pouces de longueur, avec un trou fraifé au bout ; ils ont à leur angle, qui eft arrondi, un moyeu affez long , pour qu’il y ait d’un levier à l’autre la diftance d'un bon pouce : ils font tous trois enfilés fur un même axe , qui eft de fer , avec un quarré à chaque bout, pour être pris par deux petites équerres attachées avec des vis au bout du fonometre. Il faut que le bras du levier auquel on attache la corde, foit un peu plus basque l’arrête du chevalet fixe.
- Ces leviers , avec leurs moyeux , peuvent être coulés en cuivre d’une feule pièce chacun; alors il faut avoir foin de battre à froid les branches, F iv.
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- y6 Avis particuliers pour leur donner de la roideur ; finon on les découpera dans une plaque de laiton, <5c l’on percera vers l’angle, un trou pour les fouder fur un canon tourné , de longueur convenable , & l’on écrouïra les branches avant de les limer.
- Le chevalet mobile eft un prifme triangulaire reâangle avec deux languettes à fa bafe, pour entrer dans des rainures'pratiquéesentreles grands côtés du cadre & la table de fapin ; il faut qu’il gliffe aifément d’un bout à l’autre du fonometre,& que fon arrête foit àdeux lignes au delfous des cordes.
- 11 faut encore que cet inftrument foit aiforti d’un certain nombre de poids égaux, qui puiflent s’appliquer commodément aux leviers angulaires , pour produire fur les cordes des dégrés de tenlîon connus. Je les fais ordinairemeut d’une livre chacun , & je les enfile fur des lames de métal, terminées par en haut en crochet, comme N, pours’attacherauxbras des leviers. Voici comment je les prépare.
- Dans un moule de bois ou de fable, je coule un peu plus d’une livre de plomb qui me donne une
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- SUR LES Exe ÊRIENfB S. molette cylindrique dont le diamètre a dix-huit lignes ; & pour n’avoir pas la peine de la percer , j’arrête au fond &au milieu du moule, une lame de bois qui s’élève perpendiculairement juiqu’à la hauteur du bord. Quand le métal eft refroidi , je fais pafler une lame de fer à la place de celle de bois , & je forge un peu la piece deflus, afin que cette rainure à jour s'unifie également par-tout : après quoi je lime les deux faces & le pourtour , jufqu’à-ce que la molette pefe exactement une livre ; en procédant ainfi, j’en fais treize fem-blables.
- Je prépare enfuite deux lames de fer à crochets, longues de dix pouces , fur lefquelles mes mollettes puif-fent s’enfiler aifément; j’en rive une au bout d’en-bas de chacune de ces lames, ayant foin de diminuer fur le plomb, le poid du fer auquel je le joins ; avec cetaflortiment, je puis tendre deux cordes avec des poids qui foient entre eux comme quatre à neuf, & faire voir que les tons qui en réfultent ( fi les cordes font femblables d’ailleurs ) forment cet
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- 58 Avis particuliers accord qu’on nomme la quinte ; fi l’on veut faire voir par la quarte , la tierce majeure ou la tierce mineure, que les accords fui-vent toujours la racine quarrée des puifîances qui tendent les cordes ; ou il faudra prendre des cordes plus fortes, ou divifer la quantité de plomb employée dans mes treize poids, en un plus grand nombre de mollettes ; ce que l’on fera aifément en fuivant le procédé que je viens d’enfei-gner.
- Quand il s’agira des accords qui réfultent des différentes longueurs des cordes, commencez par mettre bien à l’uniffon les deux cordes de même n0.. en tournant les chevilles plus ou moins ; enfuite faites paffer fucceffivement le chevalet mobile aux divifions, & à chacune d’elles, mettez le bout du doigt fur la corde , pour la ferrer contre le chevalet, & pincez légèrement, ou avec une épingle , ou avec le bout du doigt, celle des deux cordes qui a toute fa longueur , & immédiatement après, la plus longue partie de celle que vous avez raccourcie.
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- Sur les Exfériences. ytj Lorfqu’il s’agira des fons réfultans des différents degrés de tendon, lâchez vos cordes, jufqu’à ce que les bras des leviers auxquels elles tiennent foient dans une direction verticale, & alors affurez bien les chevilles,pour qu’elles ne_ cèdent plus. Appliquez les poids qui conviennent à l’expérience, &' pincez les deux cordes l’une après l’autre. Si les fons étoient trop graves à caufe de la longueur de l’inftru-inent ; raccourcilfez-les toutes deux également , en les appuyant avec deux doigts fur le chevalet mobile.
- Faites voir qu’un corps fonore met en vibrations, par le moyen de l’air environnant, un autre corps fonore, pourvu que les vibrations de celui-ci foient rentrentes avec les fiennes, après un petit nombre ; mettez les deux cordes femblables à l’uniffon l’une de l’autre ; pofez fur l’une des deux une petite bande de papier, ou une épingle pliée de maniéré que les deux bouts pendent parallèlement, & faites réfonner l’autre corde : le papier ou l’épingle, par fes mouvements, rendra très-fenfible le fré-
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- tfo Avis ïarticuliers miflêment de la corde qui en eft chargée.
- Des Vents.
- A l’occafion de ce que l’on peut dire dans une Ecole de Phyfique, fur les vents, i! faudrait avoir en modèle quelques-unes au moins des machines qui fervent à en faire connoître la direftion & la force ; en voici deux qu’on peut faire aifément,& qui.n’exi-gent pas une grande dépenfe.
- P p, Fig. 6. eft une planche chantournée & bien unie, qui a environ vingt pouces de hauteur, & huit pouces au plus large , fur laquelle on a peint un cadran des vents ; cette planche eft traverfée au centre du cadran , par l’axe d’une roue qui a trois pouces & demi de diamètre , & qui eft foutenue par un coq ; une autre roue r à chevilles, & de même grandeur, s’engrenne dans la première, & fait tourner une aiguille s, qui parcourt le cadran. Les dents de ces deux roues ne font point alfujetties à un certain nombre, mais il faut qu’elles en ayent autant l’une que l’autre ; dans le modèle que je
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- sur les Expériences, ffi décris, elles en ont chacune quarante-fix.
- La tige de la roue r , qui eft verticale, a par en-bas un pivot qui tourne librement dans une petite platine de cuivre attachée fur la traverfe T r, & elle eft prife au-deffus de la roue par un coq qui l’empêche de remonter : elle eft limée quarrément par le bout d’en-haut , & elle reçoit une autre tige au bout de laquelle eft fixée une girouette ; il eft aifé de voir que quand la girouette tourne elle mene la roue r, qui fait faire à la roue q autant de révolutions qu’elle en fait elle-même , l’aiguille s , montée fur un petit canon qui fait relïort, eft placée fur le bout de l’axe qui déborde un petf le cadran , elle fait par ce moyen autant de tours que la girouette, & indique fur le cadran, les différentes directions du vent fur l’horifon,quand la machine eft faite en grand , & que la girouette eft expofée en plein
- La machine que je viens de décrire , fert à indiquer les différentes directions du vent ; en voici une
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- &2 Avis ï ARTICULIB RS qui en pourra faire connoître la force! A a, Fig. 7. eft une planche qui a un pied en quarré ; la tige B, au bout de laquelle elle eft attachée par le milieu, eft aufli quarrée j elle entre & gliffe librement dans une boîte longue C, qui eft fermée en D ; entre le bout de la tige B & le fond D, eft un reffort à boudin, qui cede quand on pouffe la planche ; & afin qu’on ait le tems de voir de combien le reffort a été plié par le dégré de force avec lequel la planche a été pouffée ; un des côtés de la tige B, eft taillé en cremaillere, & chaque dent, en entrant dans la boîte, fouleve une petite bride à reffort foible, qui retombe aufli-tôt & l’empêche de revenir ; de forte qu’on peut voir tout à ion aife par le nombre *des dents qui font entrées, ou par des marques faites fur un des côtés de la tige, de combien la planche a cédé à la force impulfive , qu’on a fait agir fur elle.
- Pour évaluer par des poids connus cette force impulfive, on tiendra la boîte Sc la tige dans une fituation verticale, & l’on placera
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- sBk tss Expériences. ’5ji furlaplanche fucceffivemenr despoids qui iront en augmentant, comme les nombres naturels i, 2,3,4,5, &c. Si en marquant par un chiffre, fur un descôtés de la tige l’endroit qui répondra alors à l’entrée *de la boîte ; quand cette graduation fera faite, n l’on tient cette machine à la main, de maniéré que la face antérieure de la planche fe préfente perpendiculairement à la direction du vent, on pourra eftimer fa force aftuelle1, par le chiffre qui fera arrivé au bord de la boîte.
- Le reflort à boudin fera fait avec un fil d’acier tourné en tire-bourre, & il faudra qu’il foit trempé, afin qu’il conferve plus long - temps fon dégré d’élafticité ; la boîte fe fera de deux pièces, dans chacune defquelles on creufera de quoi loger l'a moitié du quarré de la tige, & que l’on collera enfuite à plat joint, avec un lien de métal, fi l’on veut, a» bout qui reçoit la tige ; le fond, que l’on collera à feuillure en d, luf-fira pour affûter la jonftion des deux pièces.
- Cette machine ne mefurera point
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- 64 Avis particuliers avec une grande précifion, la force aâuelte du vent; mais comme cette force varie elle-même d’un inftant à l’autre, on peut fe contenter d’un à-peu-près.
- Dans une Ecole publique, il ferait très-convenable de montrer en modèles quelques - unes des machines utiles que le vent fait mouvoir. Le moulin à quatre ailes verticales, le moulin à la Polonoife, les ventil-lateurs, quelques efpeces de bâtiments de mer, &c.
- AVIS
- Concernant la Douzième Leçon, Première Expérience.
- Suivez pour la manipulation de cette expérience, tout ce qui eft indiqué dans l’endroit cité en marge ; & pour les drogues qu’il faut y employer, confultez fur chacune, la fécondé partie de cet Ouvrage, Tome I.
- Seconde
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- SÜR US EXPÉRIENCES. !
- Seconde Expérience.
- Dans cette Expérience il y a - |
- principalement deux effets à obfer- xti. | ver. Le premier e(l(, que l’eau com-1. 'sdi™."' ! mune augmente d’un ~ en volume, • t-fïr- i lorfqu’étant froide comme la glace &2‘ j
- on la fait chauffer jufqu’à ce qu’elle commence à bouillir ; le fécond , que cette même eau, lorfqu’elle nell plus chargée du poids ordinaire de î’atmofphere, parvient à l’ébullition avec un degré de chaleur beaucoup moindre que celui qui l’a fait bouillir dans l'air libre. La manipulation fera plus fimple & plus aifée, fi vous vous y prenez de la maniéré fuivante.
- Choififfez un matras dont la boule ait environ deux pouces r de diamètre , avec un col gros comme le petit doigt & long de douze à quatorze pouces ; placez-le dans une cuvette remplie de glace pilée , & à côté de lui un vafe rempli d’eau claire ; une demi heure après, prenez de cette eau refroidie avec un chalumeau dé verre renflé au milieu, que vous emplirez entièrement , en afpirant avec la bouche ; &
- Tome III. F
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- 66 Avis particuliers faites enforte qu’une telle mefure vui Jée vingt-cinq fois dans le m atras, le remplilfe jufqu’à la hauteur dedeux ou trois doigts au-delfus de la naif-fance du col : il faut pour cela être muni d’un certain nombre de ces chalumeaux , un peu plus grands les uns que les autres, & les éprouver jufqu’à ce qu’on en trouve un qui convienne. Nouez un fil ciré fur le col du matras à l’endroit où finit la vingt-cinquieme mefure : ajoûtez-en une vingt-fixieme, & marquez-Ia encore avec un pareil fil ; après quoi vous ôterez cette derniere mefure d’eau , foit en inclinant le matras, foit en la pompant avec un chalumeau.
- Cela étant fait, tirez le matras hors de la glace, & après l’avoir eifuyé par-dehors , tenez-le à cinq ou fix pouces de difîance, au-delfus d’un réchaud plein de charbons bien allumés , qui ne falfent ni flamme ni fumée, en l’élevant & l’abaiflant fréquemment , jufqu’à ce que le verre & l’eau ayent acquis un dégré de chaleur un peu fort ; après quoi vous pourez l’approcher plus près du feu, fans crainte de cafler le vaifleau :
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- sur lis Expériences. 67 quand l’eau commencera à bouillir foyez attentif à éloigner le matras du feu , parce qu’une forte ébullition feroit fortir l’eau parle haut du col; mais quand cela fera tout prêt à arriver, vous ferez voir que l’eau, dans cet état efl montée jufqu’au fécond fil, ce qui prouve que fon volume efl augmenté d’un ^ : & fi vous laiffez enfuite bouillir cette eau librement, en y plongeant un petit thermomètre gradué félon l’échelle de M. de Réaumur, vous ferez voir que la liqueur monte jufqu’à quatre-vingt degrés.
- Quand on plonge un thermomètre d’efprit-de-vin dans l’eau bouillante , il faut le faire avec précaution , & par plufieurs immergions de peu de durée ; car, comme cette liqueur bout à une moindre chaleur que l’eau , l’inftrument court rifque de fe cafler ; il feroit plus sûr d’employer un thermomètre de mercure , mais s’il fuit celui d’efprit- de-vin dans les degrés inférieurs, il le précédé de cinq àfix degrés dans ceux d’en-haut, de forte que le terme de l'eau bouillante dans l’air libre,’ fe trouve à
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- 68 Avis PARTICULIERS quatre-vingt-cinq ou quatre-vingt-fix, ou même un peu plus.
- Pour produire l’autre effet, c’eft-à-d’re pour faire voir qu’il ne faut qu’une très pecne chaleur pour faite bouillir de leauqui n’eft plus chargée du poid de l’atmofphere, joignez au récipient de la machine pneumatique un fiphon deverrczl,Pl.IV,Fig. i,&àcefiphon un matras B, de maniéré que l’air ne puiffe point paffer par les jondions. Cela peut fe faire avec des douilles de métal,comme C, B,qui s’attachent fur le verre avec du maftic, l’une ayant une vis & l’autre un écrou pour la recevoir, avec un anneau de cuir gras interpofé.
- Mettez de l’eau dans le matras juf-qu’aux deux tiers de fa capacité;appli-quez le récipient à la machine pneumatique , & donnez cinq à fix coups de pifton pour raréfier l’air ; tandis que vous faites agir le pifton , que quelqu’un porte une caffetiere E pleine d’eau fort chaude fous le matras , & qu’il l’y falfe plonger à plu-fieurs reprifes; bien-tôt après , l’eau bouillira fortement; & fl vous féparez le matras du fiphon, vous ferez voir
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- SUR IIS Exîêkiences. 6p que cette eau verfée dans la main, n’eft qu’un peu plus que tiede.
- Le liphon dont il s’agit ici efl fait avec un tube de verre un peu épais, & gros comme le doigt; on le plie à la lampe d’Emailleur, ou bien on fait rougir dans des charbons allumés l’endroit qu’il fout couder, comme je l’ai enfeigné Tome I, page 216. Quand on ville ces pièces les unes aux autres, il faut les failir par leurs viroles; fans cela on rifqueroit de les caffer, ou de détacher le maftic. Pour -donner plus de prife à la main,on fera bien de limer les viroles à pans par dehors.
- Troifteme Expérience.
- La boîte cylindrique de métal, dont Xu. il eft parlé dans la préparation de cette L * s ° «• expérience, efl ce qu’on appelle com- pj, munément la marmite, ou le digtfleur de Papin : on peut foire.cette machine dans différentes vues ; on peut la def-tiner à faire des expériences phy-fiques, qui prouvent que l’eau peut s’échauffer de beaucoup au-delà du degré de chaleur qu’elle peut prendre quand elle eft dans un vaiffeau qui communique avec l’air libre ; ou
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- 70 Avis particuliers bien on peut s’en fervir comme d’ufl moyen pour cuire ou amollir promptement quelque matière végétale ou animale, pour tirer de ces matières des fucs utiles, foit pour la nourriture des animaux, foit pour le fervice des arts: la première de ces deux deflina-tions exige que la machine foit capable d’une très-grande réfiftance : avec une grandeur médiocre, qui la rende maniable : il faut qu’elle foit très-épaiffe de métal, & fermée avec des précautions qui mettent hors de danger le Phyficien qui la met en oeuvre & le Speftateur qui attend fon effet. La fécondé deflination, je veux dire i’ufage économique qu’on en voudroit faire, petit avoir lieu avec une machine de cette efpece, dont lai métal ferait moins épais, & qui ferait fermée avec moins de force, ayant moins d’effort à foutenir ; elle auroit plus befoin d’une grande capacité, & on pourra la lui donner aux dépens de fon épaiffeur. Comme il ne s’agit ici que de Phylïque, je vais donner la conftruélion d’un digifteur, avec lequel on pourra fans danger , pouffer fort loin la chaleur de l’eau, &jeren-
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- sur les Expériences, jr voie le lefteur qui voudra faire fervir cette efpece de marmite à la cuifine, ou dans les arts, aux écrits que Papin a publiés lui-même, ou qui peu de cems. après l’ont été par d’autres; on en trouve encore alfez aifément des exemplaires (a), ou plutôt à une Brochure imprimée en 1761 à Clermont-Ferrand, par la Société des Belles-Lettres, Sciences & Arts de cette ville, fous ce titre : Mémoire fur l’Ufage économique du Digefteur de Papin, &c. Cet ouvrage en celui de la charité, & d’une fagacité également courageufe & éclairée ; il contient les efforts les plus heureux qu’on ait fait jufqu’à pré-fent , pour rendre cette invention utile.
- Le digefteur dont je me fers depuis 30 ans dans mes Cours de Phylïque, & avec lequel la chaleur de l’eau a été portée plufieurs fois jufqu’au point de laiffer fondre l’étamure intérieure du vaifTeau ; ce digefteur, dis-je, eft
- (a) La maniéré d’amolir les os, ou de faire cuire toutes fortes de viandes en fort peu de tems & à peu de frais, &c. nouvelle édition revue & augmentée d’une deuxieme Partie : in-u * à Amfterdam, i($88.
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- 72 Avis taeticuliers de cuivre jaune coulé ; il eil prefque cylindrique, c’eft-à-dire, qu’il va un peu en dépouille de haut en bas; il a intérieurement huit pouces de profondeur, fur quatre & un quart de largeur, & il eft par-tout épais de fix lignes avec un cordon A, Fig. 2, qui a fix à fept lignes de largeur, & pref-que trois d’épaiffeur ; au-deffus de ce cordon eft un évafement B qui a environ deux pouces de hauteur : cette partie étant beaucoup plus mince que le relie, laiffe au bord du digefteur prefque toute fon épaiffeur à découvert, comme on le peut voir en bb, par la figure qui repréfente la coupe de cet inftrument. Ce bord qui eft coupé bien droit, reçoit un couvercleC, qui entre en partie dans le digefteur, & dont le cercle excédent, dreffé de même fur le tour, s’applique fur lui & y eft retenu & preffé par une forte vis D ou d.
- La vis qui eft de fer, a dix lignes de diamètre ; elle eft terminée par une pointe moufle, & fa tête, qui eft ronde & percée diamétralement, eft traverfée d’un levier de même métal qui a huit à dix pouces de longueur, avec
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- sur les Expériences. 73 avec lequel onia fait tourner; fon écrou elt dans une piece de fer forgé E, aux deux bouts de laquelle font rivés deux tirants F, F, qui embrafienc un cercle G, qui ell plat, avec deux tourillons gros comme le doigt, fur lefquels ils tournent librement. Le cercle & les tirants ne doivent point avoir moins que deux lignes & demie d’épailfeur', & la piece È, environ un, pouce dans fon milieu ; fa largeur en cet endroit doit être plus grande qu’ailleurs, afin qu’elle ait une force fuffifante autour de l’écrou.
- On fait palier le digc-ftcur dans le cercle G jufqu’au cordon A, & on l’y arrête par quelques petites vis qui en traverfent l’épaifieur & qui n’entrent que d’une ligne dans le cuivre, Au moyen de cet ajuftement, on peut preifer tant qu’on veut le couvercle C quand il ell en place; & lorfque le vailfeau ell ouvert, & qu’on veut fouiller dedans, ou y placer quelque chofe,;on fait tourner fur les tourillons du cercle G, les deux tirants qui portent la piece E avec la vis ; alors rien ne fait obllacle.
- On peut chauffer le digelleur, en Tome III. G
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- 74 AVI S P ARTICULIERS arrangeant autour de lui quelques briques placées de champ, avee un intervalle d’un pouce { pour mettre du charbon allumé ; mais cela fe fera bien plus commodément, & avec moins de feu, fi l’on fait la dépenfe d’un fourneau comme H H. C’eft un cylindre creux formé avec des feuilles de forte tôle , affemblées à clous rivés , avec un fond I, qui a la forme d’un entonnoir, & dont le bout terminé par une virole de dix-huit lignes de diamètre, fe ferme avec un couvercle qui a beaucoup de frottement, ou qui s’attache comme ceux des fu-criers ; ce couvercle peut être orné d’un bouton de cuivre fondu & tourné en cul-de-lampe.
- Le corps du fourneau doit avoirfur fon pourtour & à fa partie inférieure, plufieurs trous, pour donner de l’air aux charbons allumés : à deux pouces au-deffus du fond, en K par exemple, eft une grille femblable à celle d’un réchaud ordinaire, & à pareille dif-tanceaudeflusdecette grdle, comme enL,font attachés dans la tôle, trois mantonnets de fer l, l, fur lefquels on pofe le digefteur, afin qu’il y ait
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- sur les Expériences. 7J au delfous & autour de lui un efpace pour le charbon allumé. La cendre tombe dans l’entonnoir I, & fe vuide quand on ôte le couvercle.
- Le réchaud chargé du digefteur, e(l contenu dans une cage d»fer forgé compofée de troiscercles parallèles, fçavoir, deux aux extrémités & un ail milieu de la hauteur , affemblés avec trois montants tournés en confoles pac enbas, avec un écartement fuffifant, pour empêcher que la machine ne fe renverfe facilement. Les cercles & les montans font entaillés à demi épaifléur les uns dans les autres, & arrêtés avec des clous rivés, tant en-femble que fur la tôle.
- Ce qu’il y a de mieux à faire, c’eft de préparer un modèle en bois pour faire couler le digefteur en cuivre jaune, & de le tourner enfuite par-dedans , & après cela par-dehors. Mais comme cette piece fera fort pefante, il faudra que le tour foit bien folide, & que la piece foit menée par une eprde fans fin & une grande roue : li l’ouvrier n’étoit point outillé ou alfez habile pour tourner la piece en-dedans, il faudrait avoir recours à un G ij
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- f6 Avis Particuliers alaifoir, en fuivant ce que j’ai enfei-gné au fujet de la machine pneumatique (a), & difpofer trois couteaux en forme de rayons au bout de la noix, pour nétoyer le fond. De quelque maniéré qu’on s’y prenne, il faut que le dedans du digeireur foit bien net & bien uni, & que le bord bb, qui eft au fond de la partie évafée , foit bien dreffé. Quant au dehors de la piece on la tournera fans aucune difficulté ; il ne s’agira pour cela que de la monter fur un cylindre de bois, garni d’une poulie , & de la bien centrer entre deux pointes.
- Le couvercle fera fondu de même fur un modèle de bois tourné, un peu creux en deffous pour diminuer la trop grande épaifleur du cuivre, & un peu convexe par-delfus, avec un gros bouton, où l’on creufera la place de la vis d : on fera bien d’étamer le deffous du couvercle & tout l’intérieur du vaiffeau. Si faute de fondeur, on étoit obligé d’employer du cuivre en table, il faudrait choifir le plus épais, & avoir en fa difpofition un
- («) Avis fur la Xe.Leçon, Tome II.
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- sus lis Expériences. 77 habile Chaudronnier qui fçut bien manier la foudure forte; il fouderoit fon cuivre , non pas bord contre bord, mais en queues d’aronde entaillées de l’un dans l’autre; il forme» roit ainfi un cylindre creux qui aurait un fond, & dix pouces aulieu de huic de hauteur ; il prendrait fur les deux derniers l’évafement B , & il rapporterait un cercle plat au bas de cet éva-fement, pour recevoir le couvercle; il faudrait que le fond d’en bas fût convexe en-dedans,& que le couvercle fût renforcé par double, ou triple épaif-feur : & avec tout cela, je voudrais encore quelques cercles de fer, diftri-bués fur la longueur du vaifleau.
- La vis D doit avoir de gros filets; s’ils font quarrés , ils n’en vaudront que mieux ; on commencera par af-fembler la pièce E avec l’un des deux tirants, & l’on ne rivera l’autre qu’a-près avoir engagé les tourillons du cercle G dans les deux.
- C’eft un Serrurier qui doit fe charger de faire le réchaud ; il commencera par tourner fa tôle & la joindre, ou bien il la fera préparer par un Ferblantier , qui faura encore mieux que
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- 78 Avis ï auticoIiers' lui la tourner, la joindre & ajufter le couvercle d’en-bas : le Serrurier ajulîe-ra d’abord les trois cercles; enfuite il forgera & limera fes trois montants à confoles, qu’il réglera fur un même calibre; après quoi il entaillera les uns & les autres pour les aflembler & les river, ayant foin d’affleurer les rivures par-dedans, afin que le corps du réchaud y entre fans ôbflacles; il pourra arrêter les trois montants fur la tôle par trois vis qu’il fera paifer de g ou 4 lignes en-dedans du fourneau, pour pofer la grille defius; & il finira par placer les trois mantonnets, dont les tenons feront des vis qu’il prendra par dehors avec des écrous 5 car il faut qu’on puifle les ôter en cas de befoin.
- Quelque foin qu’on ait pris pour bien dreffer la partie du couvercle qui doit s’appliquer au bord b b delà marmite, il faut encore mettre entre l’un & l’autre, un ou deux cercles d’un carton mince & bien battu, qu’on aura mouillé un peu auparavant ; au défaut de carton,on pourra employer y ou 6 cercles de papier bien épais & uni qu’on aura mouillés pareillement; & l’on aura foin d’entretenir de l’eau
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- Sur ie's Expériences. 7$ froide dans la partie évafée qui fur-paffe le couvercle , pour confervet l’humidité du carton ou du papier. & ralentir le degré de chaleur du métal dans cette partie.
- Si le digefteur efl préparé comme je viens de l’enfeigner, on pourra le chauffer à volonté fans craindre d’accident ; car le papier ou le carton in-terpofé fous le couvercle fe brûlera, & donnerapaflage à la vapeur, bien avant qu’elle foit aflez dilatée pour faire crever le vaifleau ; c’eft ce que l’expérience me fait voir depuis plus de 30 ans. Mais fi elle eft faite de cuivre battu & foudé, quin’a pas ordinairement tant d’épailfeur, ou fi par quelque autre raifon , l’on a lieu de fe défier de fa folidité, on pourra fe mettre à l’abri des accidents en pratiquant au couvercle, une efpece de fowpape chargée d’un poid que la vapeur dilatée puiffe foulever , avant d’être allez forte pour faire éclater le vaifleau.
- Pour cet effet, on fera paffer à travers le couvercle, un bout de tuyau de cuivre M,qu’on rivera exaflement, ou que l’on foudera ; ce tuyau n’aura G iv
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- 8o Avis ïàrticuliers que deux ou trois lignes de diamètre intérieurementj&le bord defon orifice fera bien dreiïe & un peu aigu. La fou-pape Ny fera jje métal, fa face bien plane , fera couverte d’un anneau de carton mouillé, avec une pointe Taillante au milieu pour entrer dans le tuyau & lui fervir de guide. Elle fera attachée à un levier de fer o o, ouvert par un bout en forme de fourchette , pour embralfer le bouton du couvercle , où eft le centre de fon mouvement. Sur la longueur de ce levier on fera des entailles de trois en trois lignes pour placer à telle diftance qu’on voudra, une boucle qui portera quelque poids comme P. 11 faut re-connoître une fois à quelle diftance il faut mettre ce poids,pour laîfl'er prendre à la marmite le degré de chaleur dont on a befoin ; on aura foin de ne le point porter plus loin, afin que fi la vapeur venoit à fe dilater davantage, elle fe fit jour par la foupape ; ce qui empêchera qu’elle ne brife le vaineau: la foupape étant près du couvercle , fe trouvera toujours dans l'eau de la partie évafée, & par ce moyen-là le carton dont on l’aura
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- sur les Expériences. 8r couverte, fera continuellement raf-fraichi & humeété.
- Quand vous aurez mis le digefteur en expérience, vous attendrez qu’il ait perdu la plus grande partie.de fa chaleur, ou vous la lui ferez perdre en le tenant plongé dans un feau plein d’eau froide, avant de delferrec la vis : fans cette précaution , vous vous expoferiez à quelque fâcheux accident ; car la vapeur dilatée dans le vailfeau, ne manqueroit pas de faire fauter le couvercle avec une grande violence ; j’ai vu en pareil cas, toute l’eau fe réduire fubitement en une vapeur épailfe,& partir toute à la fois & par une feule explolion.
- Si l’on ne veut pas faire la dépenfe d’une grande machine telle que celle dont je viens de donner la conllruc-tion, ou qu’on ait befoin de faire l’expérience plus promptement, comme il convient le plus louvent dans une Ecole publique, on pourra réduire l’appareil à une poire creufe de cuivre de trois ou quatre pouces de hauteur & épaiife de deux ou trois lignes, que l’on fera fondre fur un modèle tourné en bois, & qu’on achèvera fur
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- 82 Avis tàrticuliers le tour, tant par-dedans que par-dehors. Cette poire fera évafée par le haut avec un bord bien dreffé à l’endroit de l’étranglement, pour recevoir un couvercle préparé & ajufté comme celui de la grande machine : cepetic vaiffeau avec fon couvercle,fe placera dans un cadre de fer forgé tout d’une piece, dont les deux petits côtés feront plus larges au milieu; celui d’en-bas, pour recevoir la bafe|c!e la poire, celui d’en-haut, pourfervir d’écrou à une vis de preffion qu’on pourra ferrer avec un levier. Voyeq la Fig. 3.
- Cette machine pourra fe chauffer dans un réchaud ordinaire, rempli de charbons allumés ; dans l’efpace d’un bon quart-d’heure, les os du tibia du boeuf,caffés en morceaux gros comme le doigt, feront parfaitement amollis.
- Quatrième , cinquième Êr Jixieme Expériences
- Ces expériences fur la quantité de B fel que l’eau peut diffoudre, ou fur les fels qui fe diflolvent en plus ou moins grande quantité dans l’eau, quand on les a faites pour la première fois, ou quand il s’eft agi de les vérifier, ont dû
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- sur les Expériences. ïe faire avec de l’eau diflillée, 6c dont le degré de chaleur fût mefuré avec exaéhtude. Mais quand il n’eft question que de les répéter en public, on peut fe contenter d’employer de l’eau bien claire & potable , avec un degré de chaleur qui ne différé pas beaucoup de celui qui eft indiqué dans la préparation les réfultats fe représenteront à peu près tels qu’ils font énoncés : au refie, fi l’on veut fe fervir d’eau diflillée, on trouvera dans la Seconde partie de cet ouvrage,
- Tome I, page 337, comment fe fait cette opération fur le fel marin, le falpêtre & le fel ammoniac. Voyez ce que j'en ai dit au Chap. I de cette même partie.
- Quant aux vaiffeaux dans îefqtiels il convient de faire ces diffolutions,les plus commodes 6c les moins dispendieux font ces efpeces de bocaux dont les Epiciers-Droguifles 6c 1 es Apo-ticaires fe fervent, pour contenir les matières qui ne font pas fujettes à s’évaporer ; on en trouve de toutes grandeurs à choifir chez les Fayanciers.
- Septième Expérience. 1U àettl0
- yous pourrez choifir la boule
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- 84 Avis ïabticuliers verre mince qu’il faut pour cette expérience, parmi celles que les Emailleurs font venir des Verreries pour conftruire des thermomètres; ou bien vous la foufflerez au feu. de lampe, ou vous la ferez fouiHer par un ouvrier au fait de cet art. Si elle a un peu plus de deux pouces de diamètre, vous y introduirez une goutte d’eau équivalante à un globule qui auroit une ligne de diamètre, & alors la capacité du verre fera à la folidité du globule d’eau dans le rapport prefcrit d’environ 14000 à 1 : ce ne peut être "qu’un à-peu près , parce que ni la boule de verre, ni le petit volume d’eau ne pourra fe me-îurer exaâement, leur figure n’étant pas rigoureufementfphérique,comme on l’on fuppofe ; mais 1 ’à-peu-près fuffic en pareil cas.
- On fera bien d’employer de l’eau colorée fi cette expérience le fait en public; & fi l’on veut que l’eau foit purgée d’air, (ce qui eft beau-coupmieux)il faut qu’elle le foitnou-vellement; car les liqueurs dont ona ôté l’air, le reprennent enfuite peu-à-peu : on purge l’eau d’air, en la fai-
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- £TJR les Expériences. 8/ Tant d’abord bouillir un peu fur le feu, & en la mettant dans le vuidp lorfqu’elleeft à moitié réfroidie.
- Huitième Expérience,
- La petite poire creufe de cette expérience eflde cuivre rouge, elle a, environ deux pouces de diamètre :ti. on la peut faire de deux pièces, dontt:' l’une foit une calote hémifphérique, l’autre ayant la forme d’un entonnoir, dnnt lesbords foient dreffés & appropriés pour s’y joindre à foudure forte. L’orifice a une bonne ligne de diamètre , il efl rebordé en dehors , & le dedans efl alaifé avec un équarriffoir un peu en dépouille. Le petit bouchon de liège qu’on y met, efl bien arrondi & adouci à la lime, on le graille avec un peu de fuif; & afin qu’il ne fe perde pas, quand la vapeur le fait partir, il efl attaché avec un fil au col de la poire. Koyej A, Fig. 3.
- Cette poire remplie d’eau jufqu’au tiers de fa capacité, efl; portée par deix cro’flants, comme B, dont les tiges font reflort, fur la flamme d’une lampe à efprit de-vin C,qui efl placée
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- 86 Avis particuliers au centre d’un petit chariot à trois roues D , où il y a un trou circulaire pour la recevoir; le chariot eft fait d’une plaque de cuivre mince chantournée , comme on le voit par la Fig. D d : aux deux côtés de la lampe, font deux trous quarrés ou oblongs pour placer les croifiants, dont les tenons font plats, & retenus en - deflous par des goupilles ; un demi pouce au-delà de ces deux trous, Je cuivre eft limé rond pour fervir d’axe à deux roues qui ont chacune quinze lignes de diamètre ou un peu moins. Chacune d’elles eft faite d’une plaque de cuivre tournée fur un petit canon de deux lignes de longueur qu’on a fou-dé au centre pour lui fervir de moyeu ; on l’a évidée enfuite pour la Bendre plus légère, & pour y figurer quatre rayons : ces deux roues font retenues fur leurs ailïieux par des goupilles.
- La partie antérieure d du chariot ; eft entaillée en fourchette 6c reçoit une roue femblable aux deux précédentes, & qui tourne fur un fil de fer qui tient par les deux bouts à la fourchette.
- Quand on confinât cet infiniment^
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- SUR LES ExPïRIEHCES. Zf il faut prendre toutes les mefures né-ceffaires pour le rendre très-mobile ; la légèreté des pièces, la rondeur des roues, la diminution des frottements, font au»nt de moyens qu’on doit employer; & l’on ne doit point our blier,quandonlemeten expérience, de le placer fur une table bien droite' ou fur un parquet bien uni, ni de prévenir par les précautions convenables, les chûtes qu’il pourroit faire, ou les chocs qu’il pourroit recevoir en re-
- A i’occafion de la huitième Expérience, j’ai fait mention d’une machine L très- importante, qu’on nomme pompe i à feu, & j’ai fait connoitre le principe eL de fon mouvement, par un modela qu’une lafhpe à efprit-de-vin fait aller. Ce modèle efl fuüifamment décrit, tant parce <jue j’en ai dit à la page 84 èr fuiv. duTome quatrième des Leçons de Phyfique, que par la figure qui accompagne la defcription ; cela fuflit pour ceux qui ne voudront qu’entendre la machine & fes effets; mais il refie quelques détails a ajouter en faveur des perfonnes qui voudront la conftruire.
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- 88 Avis v art ic uliers La figure citée en marge, fait allez connoître l’affemblage du bâti; quant aux dimenfions, elles dépendent de celles qu’on donne à la machine même ; j’aurai foin de les faire con-noître. A B,Fig. y eft une planche qui entre à feuillure fur la cailfe qui fert de réfervoir à!apompe,&fur laquelle eft attachée avec quatre vis, un fourneau CD de laiton gratté,& plané, qui a y pouces de hauteur fur 6 \ de dia-mettre ; le fond qui eft percé , reçoit une lampe à efprit-de-vin E, dont le bord eft creufé en drageoir, pour loger une platine ronde F, garnie de trois porte-meches, foudés à fou-dure forte, ainfi que la virole & le fond de la cuvette E. Sous cette lampe eft un bouchon à vis' e, qu’on ouvrepour la vuider,quand il refte de l’efprit-de-vin après l’expérience.
- G eft une bouilloire de laiton plané, qui entre de i pouces | dans le fourneau , Si dont le delLus eft formé en dôme; le pourtour de cette piece eft une virole de 3 pouces \ de hauteur, un peu plus large du haut que du, bas, & à laquelle on repouffe du dedans au dehors, un cordon circulaire
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- sur les Expériences. 8p pour repofer fur le bord du fourneau ; le fond eft agraffé & foudé à l’étain , ainfi que le deffus: il feroit encore mieux que la virole & le fond fuffent d’une feule piece de cuivre enboutie par un Chaudronnier, à laquelle on ' îouderoit un deffus.
- De quelque maniéré qu’on faffe la bouilloire,il faut pratiquer un trou au centre du dôme & fouder en-dedans ou en -dehors, une rondelle de cuivre aufli percée au centre & taraudée pour fervir d’écrou à une vis groffe comme le petit doigt. Cette vis H,fera un bouchon qui preffera entre lui & la bouilloire,un anneau de cartonmouil-lé , afin que ni l’eau ni fa vapeur ne puilfe s’échapper par cet endroit. Au-deffus de ce bouchon fera une tige ronde I, de y à 6 lignes de longueur fur laquelle tournera librement un petit bout de tuyau if, qui aura au moins une ligne d’épaiffeur. La partie excédente de la tige f,aura un quarré fur lequel on fera entrer une rofette L, & après ce quarré , un bout de vis dont l’écrou fera tourné ii l’on veut en bouton comme M.
- La piece N, eft une efpece de levier Tome III, H
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- ÿo Avis partiCuiiebs plat, dont un bout eft taillé en croif-fant pour embrafler le tuyau K, avec deux petites vis qui tournent librement dans des trous diamétralement oppofés entre-eux. L’autre bout eft une palette, avec un petit manche de bois par-deflus ; on s’en fert pour appuyer avec la main, uncouffinet de papier mouillé fur le bout du tuyau O, quand il s’agit de déterminer la vapeur dilatée à palier par le canal P. Ce tuyau 0, eft couvert d’une petite plaque ronde au centre de laquelle on fait un trou d’une ligne de diamètre.
- Le canal P p foudé d’une part à la bouilloire, & del’autre au tuyau mon -tant Qy, peut être fait de trois pièces ; fçavoir P & p , Sc avec des feuilles de laiton foudées à l'étain, la première de q pouces de longueur,& la derniere de 18 à 20 lignes. Celle du milieu qui porte un robinet R, fera mieux & fe fera plus facilement en cuivre fondu]; voyez ce que j’ai dit fur la maniéré de percer & d’ajufter les robinets en parlant de la machine pneumatique , Tome II. La clef de celui-ci doit avoir 7 à 8 lignes de diamètre ; elle doit être percée fuivant fon axe
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- sü » les ExpSSkïercbs. pii '& fuivant un de fes rayons qui réponde au canal RR; & afin que l’effort de la vapeur ne la faffo pas fortir de fa boîte, il faut qu’elle la dépalfe de quelques lignes par en-bas, & que cette partie excédente foit une vis, fur laquelle on enfilera une rondelle mince avec un petit pied pour la faire tourneravec la clef,& par-deflus, on viflera un opercule percée de plu-fieurs petits trous comme un arrofoir, afin que la vapeur, ou l’eau venant par la clef, puifle paffer aifément. Cette clef fera menée par une manivelle dont le manche répondra au trou r.
- S, eftun canon de verre un peu épais, qui a y pouces l de hauteur fur 3 de diamètre & dont les bords font bien drefîes ; il ell renfermé dans une cage Tcompofée de deux platines de cuivre comme V, u, & de quatre vis à têtes plates qui traverfent celles d’en-haut,& qui ont leurs écrous dans celle d’en-bas. Sur chaque platine eft foudé un cercle de trois lignes de hauteur qui embrafle le verre, & elle eft garnie d’un anneau plat de carton mouillé fur lequel pofent les bords du
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- 52 Avis particuliers verre, de maniéré que quand les quatre vis font ferrées, le verre fe trouve exaâement fermé.
- Au milieu de la platine d’en-haut ; eft un trou rond dans lequel on fais entrer le bout inférieur de la boite du robinet que l’on y foude à I’étaia par-delTous ; à côté eft un autre trou a. de 2 lignes de diamètre & taraudé, que l’on ferme avec une vis à oreille ; celled’enbaseft percée pareillement, & l’on y faude'une virole t, fous le fond de laquelle eft un tuyau gros comme le doigt & qui a j pouces de longueur. Ce même fond vis à-vis du tuyau , a un trou de trois lignes de diamètre recouvert d’un clapet. La virole t, a elle-même un pareil trou avec un autre clapet placé en-dehors, & autour duquel eft une virole u avec cinq à lix filets de vis pour y joindre le tuyau coudé Q ; on interpofe un anneau de cuir entre les portées de la vis & de l’écrou. A trois ou quatre pouces de diftance au-deflus du coude, ce tuyau eft ajufté pour fe joindre fans foudure au tuyau qq ; & afin que l’eau ne puiffe point fe
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- SUR les Exeériences. j>;' perdre par-là, on couvre cette jonction d’un morceau de veffie mouillée qu’on lie avec du fil.
- Le tuyau montant qq, qui a 22 pouces de longueur, porte, à 18 lignes près de fon extrémité d’en-hauti un anneau plat, fur lequel repofe un auget de bois X, dont il traverfe le fond, & il eft foudé au plomb laminé dont cet auget eft doublé : le bout qui excede le fond, reçoit par forme d’ajutage , un tuyau recourbé Y, qui conduit dans l’auget, l’eau qui vient d’en-bas;un autre tuyau B x garni de même par en-haut d’un anneau plat, traverfe aulfi le fond de l’auget, & n’excede point le plomb auquel il eft foudé. 11 eft attaché par une bonne foudure à la bouilloire,& il traverfe la planche A B, qu’il ne défafleure que d’un demi pouce endeffous.
- Toutes les pièces de la machine étant ainfi affemblées, & le corps du fourneau C P étant fixé comme je l’ai dit, avec quatre vis fur la planche A B, il eft aifé de voir qu’on peut enlever la bouilloire, la pompe,avec l’es deux tuyaux & l’auget. On peut aufti
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- ‘94 Avis îArticuliees tirer le verre S, de fa cage après avoir lâché les vis; car la partie Q du tuyau montant, n’eft point foudée au refte, & le tuyau d’àfpiration Z, ainfi que celui de décharge x B, ne font que traverfer la planche A B , & n’y font point arrêtés; ainfi l’on peut, quand ïlen eftbefoin, raccommoderles clapets, renouveler les cercles de carton qui font fous les bords du verre, rajufler la clef du robinet, &c.
- Les deux montants du bâtis font alfemblés à demeure avec la planche A B qui couvre la caille. Leurs tenons par en haut font plats, & l’auget qui a des mortaifes à fes deux extrémités, defcend deffus en même-temps qu’on fait entrer les tuyaux Z, & x B, dans la planche, & la bouilloire dans le corps du fourneau; alors on arrête l’auget fur les montans, avec deux pointes de fer qui ont chacune une tête ou une boucle , afin qu’on puiffe les ôter au befoin.
- Voici maintenant comment il faut s’y prendre pour mettre cette ma-
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- Sur Les Expériences".
- plus qu’à les allumer: remplilîez la caille avec de l’eau tiede jufqu’aur trois quarts de fa capacité; faites entrer de la même eau dans le verre S, par le trou a, jufqu’à ce qu’il foit prefque plein, & fermez bien cette ouverture avec la vis. Otez la piece rh,&yerfez dans la bouilloire environ une pinte d’eau bien chaude , & remettez le bouchon k, en faifant tourner la piece n un peu de côté,afin que la ventoufe o demeure découverte, après quoi vous mettrez le feu aux meches de la lampe.
- Quand l’eau de la bouilloire fera fuffifamment chaude & que vous verrez la vapeur fortir impétueufe-ment par la ventoufe , vous la tiendrez bouchée d’une main avec la palette de la piece n, fous laquelle vous mettrez un couffinet fait d’un morceau de papier mouillé, replié trois ou quatre fois, & de l’autre main vous tiendrez le manche de la manivelle tourné du côté de la bouilloire, afin que la vapeur dilatée fe porte fur la furface de l'eau qui eft dans le verre. Alors vous verrez cette eau s’abailfer tdans- le verre . &
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- $6 Avis jabticuliers monter dans l’auget par le tuyau
- fit.
- Des que vous verrez le verre s prefque vuide, n’attendez pas qu’il le foit entièrement ; tournez le manche de la manivelle vers p, auffi-tôc il viendra du tuyau montant, un peu d’eau qui entrera en forme de9 pluie par le bout de la clef dans le verre s, 8c qui réfroidiffant la vapeur, don-. nera lieu à l’eau de la caiffe d’y mon ter par le tuyau d’afpiration z: vous ferez monter ce nouveau volume d’eau comme le premier,en tenant la manivelle tournée vers la bouilloire & ainfi de fuite. Ces volumes d’eau que vous ferez monter fuccefïivement dans l’auget, ne le rempliront pas, & n’épuiferont pas non plus la caiiTe, parce qu’il retomberont à mefure, par le tuyau de décharge x B.
- Lorfque vous voudrez faire finir le jeu de la pompe,vous Iaifîerez évacuer entièrement le verre s, 8c dans cet inf-tant vous laifferez la ventoufe ouverte: vous éteindrez auffi la lampe, foit en foufflant fur îesmeches, foit en bouchant pendant quelques fécondés de temps l’ouverture du fourneau avec
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- sBr i/fis Expéribmcsj. $7
- avec un torchon, & quand l’eau de la bouilloire fera refroidie, vous la vuiderez avec un fiphon. Vous ne laifferez pas non-plus d’efprit-de-vin dans la lampe ; en enlevant la machine de delfus la cailfe , vous n’aurez qu’à ôter le bouchon à vis e, qui qui eft delfous la cuvette.
- Eolipyle.
- C’est au Chaudronnier qu’il faut .........
- s’adreffer pour avoir unéolipyle ; il xn. faut qu’il le falfe en cuivre rouge ; „ * £££ s’il entend bien la retreinte , il ?i. r/.Rp t.r fera le corps de la poire de deux° 3'-pieces ; c’ell-à-dire, qu’il ne faudra qu’unepetite calotte pour achever de la fermer: cette calotte, ainfi que le canal recourbé qui doit être placé à fon centre , fera foudée à foudure forte : on fera bien de fouder en même temps une feuille qui lie la queue à la poire , afin de lui donner plus de folidité : il faut fouder aufli une douille quarrée , qui puifle recevoir une tige de fer en-manchée de bois, & qui s’arrête avec une vis : cela eft d’une grande commodité, pour manier cet inftrument-Tome III. I
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- $8 ÀVlI PARTICULIERS
- l’éolipyle fera d'une bonne grandeur; fi une chopine d’eau-de-vie remplit la moitié de fa capacité. On mettra cette liqueur dans un vaifieau de large ouverture ; on fera chauffer la poire , de maniéré qu’une goutte d’eau jettée deffus s'évapore en une ou deux fécondés ; & l’on plongera le bout de fa queue dans la liqueur , qui ne manquera pas d’y être portée par la preflion de l’air extérieur. Du relie, procédez comme il efl pref-crit. Tome IF. des Leçons de Phyjique , f-8 p.
- Premiere, fécondé & troijieme Expéi. riences.
- L'~xiï ~ ®E s tro's expériences & celles
- leco». dont elles m’ont donné occafion de HJ, Stï'ioo. parler, font fuffifamment expliquées dans la troifieme feâion citée en marge , il n’y a qu’à fuivre exactement les procédés qui y font indiqués.
- S’il s’agit de prouver que cette ef-pece de frimât, qu’on voit autour du vaiffeau , dans lequel on fait un froid artificiel avec du fel & de la glaçe pilée, vient uniquement de;
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- Sur les Expériences. pp
- jparties aqueufes qui font dans l’air ambiant. & qui fe gèlent fur la furfa-ce extérieure du vafe; on répétera cette expérience dans un bocal qu’on aura bien effuyé en dehors, & qu’on aura fait entrer dans un autre bien féché & bien effuyé en dedans , ayant la précaution de couvrir avec une lame circulaire de cire molle , le petit intervalle qui efl entre les deux bords de ces vaiffeaux , afin que l’air extérieur ne puiffe point y avoir accès.
- On peut même, fi l’on en a la commodité, demander à la Verrerie, des bocaux affortis pour entrer l’un dans l’autre , avec très-peu d’intervalle entre eux ; comme A & B, PL V, Fig. I. recommander qu’il n’y ait point d’étranglement en haut, & que leurs bords (oient Amplement rabattus à plat, pour s’apliquer l’un fur l’autre ; alors, il ne fera plus befoin d’y mettre un cordon de cire molle.
- Cette expérience fera toujours voir, que quand l’air extérieur n’a point un libre accès vers le vafe où fe fait le refroidiffement, pour dépofer fur la furface extérieure, les particules
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- 100 Avis particuliers d’eau dont il eft toujours chargé ; on n’y apperçoit plus le frimât dont il eft queftion.
- AVIS
- Concernant la Treizième Leçon.
- Première Expérience.
- T___ 1 'Out le monde fait ce que c’eft xiii. qu’un briquet ; le plus commun fera 11‘ sSca°on' k°n Pour cette expérience. n. r.Fig. i." Pour faire voir en peu de temps à ,J »• un plus grand nombre de perfonnes, les différents états fous lefquels fe préfentent les parcelles d’acier, détachées par le tranchant du caillou, on pourra les placer fur un papier blanc & fixer au-delïus , d’une maniéré quelconque . une lentille de verre qui ait io à 12 lignes de diamètre & un pouce de foyer ; fi elle eft une fois placée comme il faut pour voir ces objets diftinâement, chaque perfonne n’aura qu’un coup d’oeil à y donner.
- Un microfcope à trois verres fera
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- sur. les Expériences, ioi voir ces petits corps beaucoup plus amplifiés, fi l’on peut les obferver à loifir ; il faudra les voir éclairés par-deffous ,& l’on diftinguera, les fragments de caillou par leur tranfparen-ce : quand on leséclairerapar-deflus, on remarquera non-feulement la figure , mais aufîi la couleur de chaque parcelle d’acier.
- Seconde Expérience.
- Pour compofer le lingot de fer -fondu avec l’antimoine , confultez la r * ç fécondé partie de cet ouvrage , quin- Stffior. enfeigne la préparation des drogues p1, • F,£ compofées. Tome I. p. 439.
- Si l’on n’a point d’étau pourafs fujettir le lingot , on tiendra d’une main une grotte lime neuve debout, appuyée fur une table, & avec l’autre main on fera frapper le lingot en gliffant fur un des angles de la lime.
- On pourra examiner fi l’on veut, les parcelles détachées, fous la lentille dont j’ai parlé ci-deffus.
- Troifieme Expérience. s - -- —-r
- , xnI-
- S1 vous n’avez pas la commodité l e ç o «, d’un étau pour affujettir la plan-p1;.
- liij
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- *02 Avis particuliers chette , faites- y une queue plattd comme à la poupée d'ün tour ; faites-la pafler dans une mortaife au bout d’une table, & ferrez-la' par-deflous avec une clef.
- Vous pourrez aufiî, fi vous voulez, préparer une machine exprès pour cette expérience : A B , CO; PI. V. Fis. 2 , font deux jumelles de bois qui ont environ deux pieds de longueur , & qui font aflèmblées à fept pouces de difiance l’une de f autre par deux rraverfes. Quand le fu-feau efi placé en A C, on les ferre autant qu’on veut, comme les montants d’une fcie, avec un petit levier F-. en tordant une corde qui va & vient deux ou trois fois de l’une à l’autre. Alors on n’a plus qu’à faire jouer l’archet.
- Comme les trous s’agrandiflent à mefure que le bois fe brûle par l’action du fufeau, vous pourrez les faire dans deux petites pièces à codifies, pratiquées aux bouts des jumelles, & qui auront une queue à vis & un écrou à oreilles pour les fixer ; cette queue traverfera une rainure , que Vous ferez à la jumelle. Vous renou-
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- stosr ies ëxî2rïek§bs. ïoj Vellerez ces pièces quand il n’y aura plus de place pour y faire de nouveaux trous. Les pointes du füfeau s’ufent auffi en fe Brûlant ; il faut en avoir plufieurs & les aiguifer, en enlevant le charbon avec une lime en bois, chaque fois qu’on veut faire l’expérience.
- Quatrième Expérience,
- Suivez exactement ce qui eft ~X1IJ ' prefcrit dans la préparation , Se n’où-L , ç o ». bliez pas de lire auparavant, ce quiIL s‘ai°n' eft marqué à la fin de l’explication.
- Cinquième Expérience,
- A l’occafion de cette expérience i ? " :* 5’ai rapporté dans l’explication cer- J’
- tains faits qui prouvent, que l’efprit- ' ' , de-vin & l’eau pure mêlés enfembla pénétrent l’un dans l’autre, de maniéré qu’après le mélange , le volU-; me réfultant, fe trouve plus petit qua la fomme des deux , avant que les deux liqueurs fuflent mêlées. Quand il s’agira de reconnoître, ou de faire voir la quantité jufte de cette diminution , on fuivra les procédés qui font décrits à l’endroit cité ; mais fit
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- 104 Avis particulier* l’on veut feulement faire voir le fait en gros , comme il convient allez dans une leçon publique, où l’on évite les manipulations délicates , ou qui demandent beaucoup de temps, on pourra fe fervir d’un tube de verre gros comme le doigt, fermé par en-bas , & terminé par le haut en tube prefque capillaire , comme il eft repréfenté par A B, Fig. 3. Avec un petit chalumeau renflé, on y fera entrer de l’eau jufques en A ; enfuite en achèvera de l’emplir jufques en B, avec de l’efprit-de-vin , en le verfant doucement & en tenant le tube un peu incliné , afin que les deux liqueurs ne fe mêlent point : cela étant fait, on mettra le doigt fur l’orifice du tube, & on le renverfera deux ou trois fois pour donner lieu au mélange; le tube étant redrefle, on verra que la liqueur compofée, fe tiendra d’une quantité très-remarquable , au-deffous du. fil B.
- Cette pénétration de l’eau dans l’efprit-de-vin fe fait d’une maniéré très-curieufe,au travers d’un morceau de veflie. Prenez un petit bocal, qui ait environ quinze lignes d'ouvertu-
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- sur us Expériences, ioj re. rempliffez-le d’efprit de vin. & couvrez-Ie d’un morceau de veiTie mouillée, que vous lirez bien au col du vaifleau , après quoi vous le plongerez dans un autre vafe rempli d’eau, comme on voit en C. Quelques heures après, fi vous le retirez de l’eau, vous verrez qu’il fera bien plus plein qu’-au paravant ; de forte que la liqueur aurafaitprendre à lavellie , une figure très-convexe , comme D, 8c qu’elle jaillira fort loin, fi vous y faites un trou avec une épingle. Si l’on pro-pofoit à quelque un de remplir un vaiffeau au-deflus de fes bords avec une liqueur, fans qu’elle pût fe répandre , l’expérience que je viens de citer feroit la folution de ce problème.
- Sixième Expérience,
- Avant d’en venir à cette expé- o1 - rience , qui fournit l’exemple curieux L**'*-. d’une fermentation , capable de 11. Staiou. produire de la flamme , on peut g!'F‘e' en faire une qui tiendra le milieu entre cet extrême & la chaleur douce & à peine fenfible , que donne le mélange de l’efprit-de-vin avec l’eau.
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- -166 Avis fÀRTtcüEïïSS Mettez au fond d’un verre à boirfi Un peu d’huile de tartre par défaillance , & verfez par-delïus , en petite quantité à la fois & à plufieurs repriles , de l’eau-forte ordinaire, ou de l'efprit de nitre un peu affoibli avec de l’eau : & vous ferez remarquer que chaque fois que ces deux liqueurs fe mêlent, il fe fait une ébullition bruyante , & que cet effet fa répété , jufqu’à ce que l’acide ait pénétré l’alkali fixe autant qu’il peut le faire.
- Quand on enflammera les huiles eflentielles avec un efpfit de nitre bien déflegmé, il faut avoir les mains 8c le vifage loin du vetre où fe fait le mélange, car il peut fauter des éclabouffures qui feroient dangereu-fes. 11 faut auffi manier la phiole qui contient l’acide, avec précaution : çette liqueur brûle la peau des doigts quand elle la touche, & les taches durent long-temps.
- Septième Expérience.
- La compolition du pyrophore efï fuffifamment détaillée , dans la pré. (aration de cette expérience, on réufj
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- küX 1ES ËxfÉRÎSHCES. IG1} îîra fûrement en fuivant exaftement le procédé que j’y ai d’écrit. J’avertirai feulement ici, que dans le cas où l’on n’en auroit pas pour faire l’expérience dont il s’agit maintenant , on pourroit en quelque façon y fuppléer, en éteignant un morceau de chaux vive avec de l’eau.
- Prenez un morceau de chaux, la plus nouvelle que vous pourez trouver , placez-îa fur de la paille bien feche & fine , & mouillez-la peu-à-peu par de legeres afperfions ; cette chaux s’ouvrira en s’échauffant de plus en plus : quand elle eft de bonne qualité & bien nouvelle, & que cela eft ménagé avec adreffe , il peut arriver qu’elle mette le feu à la pail-: le. Il y a en Piémont & dans l’Italie , des elpeces de chaux bien plus fortes que celles de France ; en les éteignant comme je viens de le dire,’ j’ai porté la chaleur jufqu’à fondre des lames de plomb , que je faifois entrer dans le morceau entr’ouvert.
- Huitième Expérience.
- On n’a pas toujours huit ou dix perfonnes qui s’accordent bien à jet-1
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- io8 Avis particuliers ter avec des miroirs, autant d’images du foleil, fur un même endroit ; fi l’on veut employer pour cela une machine, on pourra l’exécuter de la maniéré fuivante.
- Choififfez un morceau de bois , d’aulne , de tilleul , ou de chêne , bien doux & bien fec , qui ait dix-huit pouces de longueur , fur 3 pouces & demi de largeur, comme ABC D , Fig. n ; dreffez en les faces, & que fon épaiffeur foit par-tout de quinze lignes.
- Placez cette piece à plat fur le boutd’une table, & arrétez-la d'une, maniéré quelconque : avec un compas à verge , ou avec une réglé de bois garnie de deux pointes aidantes l’une de l’autre de trente pouces, décrivez la coube A CB, que vous rapportrez de même fur l’autre face à retour d équerre , & vous couperez le bois en fuivant ces deux traits.
- Vous chantournerez l’autre rive comme il vous plaira ; mais vous laif-^ ferez plus de largeur au milieu , & vous y collerez une queue cylindrique de quelque bois dur, groue com-
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- SÜR Ees Expériences. to? me le doigt, & longue de trois ou quatre pouces : il faut que cette queue foit dans la direftion E C, c’eft-à-dire,dans l’axe de la concavité A C B.
- Vous aurez douze petits miroirs reftangles de glace au teint, qui auront chacun dix-huit lignes de longueur , & dont la largeur égalera l’é-paiffeur de la piece de bois. Vous les arrangerez bcut-à-bout les uns des autres fur la face courbe A C B, & vous les y retiendrez avec des petites bandes de papier noir, que vous collerez fur leurs jonâions, & fous la partie du bois la plus prochaine dé leurs bords.
- Pour manier cette piece plus commodément, vous ferez tourner laqueue dans un canon de métal, qui fera fendu pour faire reffort, & qui portera en delfous une lame de cuivre plate taillée en portion de cercle, qui fera reçue dans la tige d’un pied de bois refendu par le haut, & qui tournant fur fon angle , pourra s’arrêter où l’on voudra pa une vis de pref-Con F, au moyen de quoi la face qui porte les miroirs , pourra s’incli-
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- iio Avis particuiierS ner plus ou moins , & faire une ré-i yoiution fur l’axe C E.
- Pour la huitième expérience dont il s’agit ici, vous préfenterez la face de Finftrument au plein foleil , en l’inclinant d’avant en arriéré, jufqu’à ce que les rayons de cet af-re tombent parallèlement à l’axe C E; mais au lieu de tenir la fuite des miroirs dans un plan vertical comme dans la figure , vous lui ferez faire un quart de révolution , pour mettre les deux extrémités A ScB, dans un même plan incliné à l’horifon : alors, vous préfenterez un petit ther-mometreà qninze pouces de diftan-ce du point C, & dans la direftion de l’axe E C, ayant foin que cet infirment foit garanti des rayons di-refls , par quelque corps opaque fur qui il foit attaché ; car fans cela on pourroit douter fi la chaleur dont il donne des lignes , lui vient des rayons réfléchis par les miroirs, ou feulement des rayons direfls.
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- Sur les Expériences, uj tout fait; Iln’eftpas befoinqu’il ait deux pieds de diamètre ; quand il fe-roit de moitié plus petit,il fera voir cq qu’il yad’eiTentiel dans cette expérience. J’ai ditailleurs (a) comment on doit s’y prendre pour conftruire, foie en métal, foit en verre, des miroirs concaves , convexes, cylindriques, &c.
- L’inftrument que j’ai décrit à l’oc-r çafion de la huitième expérience , étant expofé , comme jel’ai dit, aux L'ayons folaires , fi on lui fait faire une révolution fur ion axe,il fera très^ bien entendre , qu’un miroir concar ve n’eft autre chofe qu’un affem-blage de petits miroirs plans, formant entr’eux une concavité ; car on pourra remarquer, que les douze miroirs rangés en arc de cercle, dans quelque endroit de leur révolution qu’on les arrête, prqduifent toujours le même effet.
- Dixième Expérience.
- Je renvoyé pareillement à ce que j’ai dit fur la maniéré de tailler les .verres lenticulaires, Tome I, p. So, „ MTomel.p. lyo. &fmv. z!4&z.to. J'ai <jooné, Ibid p, 445 , la compolîtion du métal groore à faire ces fortes de miroirs, ~
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- y 12 Avis particuliers b fuiv. mais comme j’ai avancé , à l’occafion de cette expérience, que l’effet de la lentille de verre expofée aux rayons du foleil , né dépend point effentiellement de la matière dont elle eft faite, mais de fa figure & de fa tranfperance ; de même que le miroir ne produit point le lien, parce qu'il eft de métal. mais parce qu’il a une certaine concavité avec une furface capable de réfléchir la lumière ; je crois qu’il eft à propos d’enfeigner ici comment on peut avec de l’eau liquide ou glacée, avec du carton ou du plâtre doré, raffem-bler les rayons folaires , fur des matières combuftibles, en affez grande quantité pour y mettre le feu.
- Les Horlogers fe font préparer pour les pendules, des cryftaux bien plus grands & bien plus épais , que ceux dont ils couvrent les cadrans des montres. Choififlèz - en deux bien égaux, qui aient quatre à cinq pouces de diamètre; placez-Iesl’un après l’autre fur le revers d’une table de marbre, qui foit bien droite , ou fur un morceau de glace de miroir, de manier eque la concavité foit en def-
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- sur les Expériences. 113 fous, ufez-en les bords à plat, avec du fablon & de l’eau , que vous répandrez fur le marbre ou fur la glace, & quand ils feront bien dreifés, vous les doucirez fur l’autre face de la glace , ou fur un nouveau marbre , avec un peu démeril fin & de l’eau.
- Ces bords étant bien dreffés 6c bien doucis, vous plongerez les deux pièces dans une cuvette un peu profonde & remplie d’eau claire , & vous les joindrez en appliquant bord fur bord ; vous enleverez ces deux verres ainfi joints, avec l’eau qui fe trouvera prife dedans , & le poid de l’air extérieur, fuffira un demi-quart d’heure après, pour les tenir appliqués l’un à l’autre : Cette lentille d’eau expofée au foîeil, mettra le feu à de l’amadou, (a).
- Pour la manier plus commodément , vous pourez la monter fur un pied de bois G, Fig. y , qui foit (à) Si vous aviez peine à trouver ces calottes de verre toutes faites , ou qu’elles fuC-fènt trop minces pour l’ufage que vous en voulez faire, vous en pourrez préparer vous-même de plus épaiffes, en luivant ce que fai enfeigné fur cela. Tome 15 *39 & fuiv
- Tome III. K
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- ii4 Avis î'A'RTiCwtiB^S percé fuivant fa longueur, pour recevoir là tige de fer H * qui eft fendue pour faire reflort, & dont les deux moitiés fë rapprochent l’une de l’autre par Te moyen d’un anneau I , femMaSle à’ceux des porte-crayons.. Ces deux parties de la tige ainu réunies , forment un cylindre qui a. trois lignes de diamètre j elles font attachées l’une à l’autre par en - bas avec deux dous rivés; par le haut, elles font apfatties & tournées en quart de cercle , portant chacune un croiflànt de cuivre i i, propre à pincer la lentille chacun de ces croif-fants eft garni d’un pivot qui traver-fe la branche de fer, & fur lequel ïl tourne à frottement dur. En baiC-fantdonc l’anneau/, les deux branches & les croiffants s’écartent; on y fait entrer la lentille ; on remonte l’anneau , & on fait defeendre la tige dans le pied G.
- Si les deux verres ont refté appliqué} l’un à l’autre pendant quelques heures , ou pendant quelques jours, on ne pourra les défu-nir , qu’en les plongeant dans de l’eau un peu plus que tiede ; il ne
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- «strie les ExfbSiïsces. nj faut pas même tenter de le faire au-, trement.
- La lentille de glace ne fe peut bien faire qu’en hyver ; car fi vous faites geler l’eau artificiellement, cette congélation ne confervera pas la tranfpajence qu’il faut , pour faire l’expérience avec fuccès.
- Choififfez donc en hyver , & après une longue & forte gelée , un morceau de glace bien diaphane, & bien net, qui ait au moins deux pouces d’épaifleur , arondiffez-le en lui donnant la forme d’une petite meule de quatre à cinq pouces de diamètre. Placez - le dans le moule que vous chaufferez par-deffous, & quand vous . verrez que votre glaçon en aura p ris la forme en fe fondant, vous le retournerez dans le même moule, juf-qu’à ce que l’autre face ait pris aulB la même figure.
- Le moule fera fait d’une plaqua de cuivre ou de plomb, que le Chaudronnier ou le Ferblantier emboutira, fuivant un calibre'que vous lui donnerez ; vous ferez ce calibre avec une lame de bois mince ou de fer-blanc , qui aura quatre pouces de
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- ii6 Avis > articulisrs longueur, fur fept lignes f de largeur , & que vous taillerez fuivant un arc de cercle de trois pouces de rayon, voyez la Fig. 6.
- Pour manier cette lentille commodément & promptement , vous la placerez dans la feuillure d’une lunette de bois qui aura un manche;& vous l’y retiendrez par deux ou trois petits tourniquets, faits avec des lames de fer- blanc, ou de cuivre, qui faf-fent reffort.
- Si vous voulez conftruire des miroirs concaves , en cartons ou en plâtre doré , il faut commencer par faire un moule de la maniéré fui-vante , à moins que vous n’en imaginiez une meilleure : celle-ci m’a bien réuffi.
- Le Menuifier m’a préparé une table ronde , Fig. 7 , qui avoit quinze pouces de diamètre, & un pouce d’épaifleur ; il me l’a faite avec des planches , Amplement collées à P?ar-joints ; on fera encore mieux , u l’on affemble quatre chanteaux à onglet, qui renferment entr’eux un quarré, comme cela eft défigné ici par des lignes ponftuées. J’ai fait
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- scr tts Expériences. 117 placer au milieu de cette table, un morceau de bois cylindrique de trois pouces i de diamètre , fur 20 lignes de hauteur, avec un gros tenon collé à demi-épaifleur , comme on le peut voir en e e , figure qui repréfente la coupe diamétrale de ces aflemblage.
- Enfuite j’ai fait affembler dans ce noyau E, vingt-quatre demi fufeaux comme F, F, F, F, &c. donr on voit la coupe fuivanr leur hauteur en/,/, & je les y a£fait coller ainfi que fur la table On a percé cet affemblage au centre ; & l’on y a joint une tige G, de cinq à fix pouces de hauteur, & un plateau H, pour y former une patte, & letoui enfemblea été tourné : fçavoir, le contour K k , parallèle à l’axe ; & le deffus if e, efi, a été rendu convexe, fuivant le calibre L M N, qu’on a tracé par un rayon de trente pouces.
- Un moule fait ainfi d’up grand nombre de pièces bien collées , n’eft point fujet à fe déformer, fur-tout quand on a choifi pour le faire, du bois tendre , fans noeuds & bien fec ; je me fuis toujours fervi pour
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- ïiS Avis tasticuiieh'S pareils ouvrages de bois d’aulne, 34 tilleul, ou de noyer commun.
- Le moulé étant fait, j’ai divifé fa circonférence en douze parties égales ; & avec une régie à centre opi de laiton mince & flexible, que j’ai attachée en B, j’ai tracé à l’encre des lignes comme, E Q, E R, E S, &c. tendantes à tous les points de la divi-fion. Enfuite j’ai fubdivifé la largeur d'un de ces triangles Q E R, en deux parties égales ,parunè ligne droiteE T, & fa hauteur en huir autres par» lies égales, par autant d’arcs de cercles concentriques ; enfin avec la régie & le compas, j’ai rapporté cet-Ste divifion fur une planche mince,' que j’ai taillée en fuivant les lignes VX, V X, & Xx & en laiffant un pouce de bois au-delà de cette dernière ligne :fur le milieu , j’ai attaché une poignée pour la manier plus commodément ; cette efpece de patron ma fervi à couper à la fois avec un ganif ou quelque autre tranchant , douze ou quinze feuilles de papier, Ou pour tracer des cartons, que j’ai coupés enfuite avec des ci-feaux : car il faut commencer par
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- SUR 1RS Expïriencbs. II£ avoir provifion de ces pièces toute-taillées , que j’appellerai demi -fn-feaux.
- Le carton que j’ai employé étoir fort mince & flexible , on en trouve très aifément chezles M archands de Papier, fous le nom de carton en trois & en cinq ; il eft fait entièrement avec du papier gris ; celui qui efl lifté & recouvert des deux côtés avec du papier fort blanc, n’eftpas bon pour cet ufage : le papier dont je me fuis fervi étoit de celui qui eft gris, & dont on fe fert pour envelopper des marchandifes. Pour coller l’un & l’autre , je me fuis fervi de la coUe du Vitrier, c’eft-à-dire, de celle qu’on fait avec de la farine & de l’eau; il faut qu’elle foit bien cuite, fans être fort épailfe.
- Tout étant donc ainfi préparé , j’ai frotté le moule dans toute fa convexité avec du favon blanc que j’avois Iaille bien fécher, afin qu’il ne fût point pâteux ; je l’ai couvert entièrement avec douze demi-fufeaux de papier blanc , que javois tenus pendant une heure ou deux entre deux linges humides, c’eft à-di-
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- 120 Avis particuliers re, entre deux linges qui avoient été mouillés, & dont on avoit exprimé la plus grande partie de l’eau : cette première couche étant appliquée fans colle , j’ai mis de même fur toutes les pointes des demi-fufeaux, un morceau de pareil papier, auiïï humefté & coupé en rond ; & j’ai - continué cette l'eonde couche , en mettant fur les premiers fufeaux , douze autres demi-fufeaux tronqués, afin qu’ils ne filfent que joindre le petit cercle j , fans le recouvrir ; & j’ai eu l’attention de placer ces nouvelles pièces , de maniéré que le milieu de leur largeur , répondît toujours à l’endroit où fe joignoient ceux de deffous : la partie de ces demi-fufeaux qui excédoit la circonférence du moule, je l’ai rabattue fur lepourtour/f f paralleleà 1 axe, ayant foin d’y faire des échancrures , afin d’éviter les plis que le papier aurait fait (ans cette précaution. Ces deux couches de demi fufeaux appliquées fans colle , empêchent que le miroir ne s attache au moule.
- Sur ces deux couches de papier non-collées , mais bien appliquées fur
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- SUE les Expériences, iiii
- für le moule à l’aide de leur moi-leur ; j’ai pofé avec cle la colle une couche de carton, en fuivant le même procédé que pour la couche de papier précédente; c’eft-à dire, en commençant par placer un petit cercle comme Ey, en continuant avec des demi-fufeaux tronqués , & en rabattant fur le bord i k, la partie cxcédente entaillée par plufieurs échancrures. Sur cette couche de carton récemment collée, j’en ai appliqué une autre, ayant foin non-feulement de faire répondre la moitié de la largeur de celui de delfus, à la jo.nce tion de ceux de défions , mais encore en faifant le cercle E y , plus grand , & en tronquant davantage les demi-fufeaux , afin que la jonction de ceux-ci au cercle , ne fe rencontrât point fur celle de la couche de delfous.
- J’ai toujours fuivi le même procédé , pour les autres couches de carton que j’ai mifes deux à deux, avec une couche de papier gris par défi fus ; & afin que le carton devint plus fouple & s’appliquât plus exactement , j’avois foin de le mettre en Tome III, L
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- !JS2 Avis particuliers colle un bon quart-d’heure avant ds l’employer , & d’enduire auffi d’une nouvelle touche de colle, l’endroit où j’allois appliquer chaque piece: pour donner encore plus de fouplef-fe au carton, on peut, avec des ci-, féaux, entailler les bords de la piece comme la denture d’un peigne.
- Quand les parties excédentes des demi-fufeaux croient rabattues fur la partie i k du moule, je les y fer-r rois avec une ficelle menue, à qui je faifois faire neuf à dix tours ; Sc pour contenir le refie fur la convexité du moule, je le renverfois fur uncannevas ou une greffe toile,tendue fur un grand cerceau , ou fur un de ces cercles plats , dont on fait les roues des rouets à filer pour les gens de la campagne. Voyez la Fig. 7 , & j’augmentois encore la preffton , par un poids que je plaçais fur le revers du pied.
- Quand j’avois lieu de croire que ce que j’avois mis fur le moule étoit bienfec, non-feulement en deffus, ruais principalement en deffous, je l’enduifoîs d’une bonne couche de Jjkns détrempé à la colle, comme
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- StfR Ï.ES EXPÉRIENCES 12^ «elui des Doreurs, & j’attendois qu’il fût fec avant d’appliquer de nouveaux cartons. En mettant ainfi des couches de carton deux par deux & par- deffus,une couche de papier gris, avec un enduit de blanc bien collé, j’ai augmenté l’épaiffeur du miroir, jufqu’à ce qu’elle eût environ trois lignes ; & quand j’ai jugé qu’il de-voit être bien fec , tant en dedans qu’en dehors, jai remis le moule fur le tour, en faifant un trou au centre du miroir, afin que la pointe pût atteindre jufqu’au bois; & j’ai coupé à un demi-pouce près , ce qui avoit été leplié fur la partie i k du moule ; ce petit bord prefque d’équerre avec la face du miroir , lui donne de la folidité , & empêche qu’il ne fe déforme aifément.
- Ayant ôté le miroir de deffus le moule,j’en ai fait dorer la concavité, en recommandant au Doreur, d’appliquer fon blanc avec précaution , pour ne point rendre la furface irrégulière; & pour cet effet, je lui ai fourni un gratoir , femblable a ceux des Ebéniftes, hors que le tranchant j au lieu d’être droit , avoit
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- Ï24 Avis r artrcûneit* une courbure conforme à la conca* vité du miroir : on pourrait aufli tourner une molette de bois un peu convéxe , & coller deflus un morceau de peau de chien de mer, qu’on aurait ramollie & réparée pour la bien étendre ; en frottant fur le blanc avec un tel outil, on rendrait la fur-face unie, fans en altérer la figure.
- Le miroir en fortant des mains du | doreur a été collé fur un plateau D porté par un pied à mouvement , comme celui qui eft repréfenté par la Fig. 8.
- On peut faire des miroirs de plâtre fur le même moule , avec lequel on fait ceux de carton ; il faut pour cela appliquer fur ce moule, deux couches de papier blanc , non collé, mais humeàé, comme je l’ai dit ci-devant ; puis, pofer deflus un cercle de fer-blanc, ou de laiton , comme A , Fig. ÿ, qui ait deux bons pouces de hauteur , avec deux viroles diamétralement oppofées, & l’y attacher avec un cordon de cire molle, &pourplus defûreté encore, avec une ficelle , qui aille de chacune des deux viroles B,C, à la tige
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- Sür LIS Expériences. itiJJ Su pied. Les bords de ce cercle, doi-Vent être rabattus à angles droits , du dehors au dedans, afin que ce cercle qui contiendra le miroir, na puiffe point s’en féparer.
- Cette préparation étant faite , on gâchera du plâtre fin en fuffifante quantité : celui qui fe fait avec cette pierre tranfparente, qu’on nomme fauifement du talk, & qui eft un véritable gyps , doit être préféré : on en verfera fur le moule, tant que le cercle de métal en foit rempli juf-qu’à fon bord fupérieur , on 1 étendra, on l’unira avec une truelle , ou avec quelque outil équivalent, & on le lailfera bien prendre confiftance avant de l’enlever.
- Ce plâtre ainfi moulé & bien fe# ché, fera doré comme le miroir de carton ; & au moyen des deux viroles B & C, on le fufpendra dans un demi-cercle de métal garni d’une ti-
- fe, avec un pied d’une force & d’une auteur convenables ; en tournant fur les deux pivots, il prendra telle inclinaifon qu’on voudra.
- Les miroirs de plâtre ou de carton, font meilleurs étant dorés , que JL iij
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- ./jr2<S Avis particuliers s’ils étoient argentés ; j’en ai faft l’épreuve ; l’argent fe noircit en peu de temps , & quand il conferveroit tout fon brillant, il ne réfléchit pas les rayons folaires avec autant de force, que l’autre métal. La dorure même ne fe conferve long-temps en bon état , que quand on a foin • de la couvrir d’une flanelle, & de la tenir dans un lieu fec.
- AVIS
- Concernant la Qu AT or ziemE Leçon.
- Première Expérience.
- lu-]i'I^'- 'Effet de cette expérience n’elt i , ç o n bien fenfible, que quand la boulé A, )a^eZ ëro^e> relativement au dia-‘e' ‘ métré intérieur du tube ; elle ne l’eft point fuffîfamment aux verres de ther-mometres qu’on trouve communément chez les Emailleurs ; ils peuvent en fouiller exprès pour cet ufa-ge , ou bien , on en tirera de la Verrerie, fi l’on en a la commodité pair
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- fÜR LES ExfÉRIENCÈSJ Î2ÿ défaut de tout cela, on joindra un tube à une de cès bouteilles minces f dont les Apoticairés fe fervent pouc envoyer des médecines & autres potions chez les malades: on commencera par y ajufter un bouchon dé liège, qui bouche bien ; on 1’ôtera pour le percer d’un bout à l’autre au milieu , & l’on fera palier au travers , un tube de verre qu’on attachera avec de la cire molle en def-fus & en dellous, de maniéré , que l’eau ne puilfe point pafler entre la liège & lui. On emplira la bouteille avec une forte teinture d’orfeiüe , 8c l’on fera entrer le bout du tube êc le bouchon, de forte que l’eau colorée , foit forcée de monter dans le tube, ne pouvant s’échaper, que par-là : en ne plongeant que le corps de la bouteille dans l’eau bouillante , & ne l’y laiflant que l’efpace d’une fécondé à chaque immerfïon, on n’aura point à craindre, que la cire molle fe fonde.
- On joindra de même le tube recourbé de la Kg. 3 , & l’on choifira une bouteille dont le cul foit fort enfoncé.
- Liv
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- *28 AvIS PARTICULIER* Seconde Expérience.
- Quoique le pyrometre dont je XIV. fais ufage dans cette expérience , u*. Stator, foit une machine allez fimple-, ileft PI. L Fig. 4. pourtant néceffaire qu’elle foit exécutée par une main adroite , & exercée aux ouvrages d’horlogerie ; les pivots des pièces tournantes,doivent être d’acier, fort menus, bien centrés ; ils ne doivent avoir dans les trous qui les reçoivent, que le jeu qui eft néceffaire pour les ren-dres libres ; il en eft de même de l’engrénage qui ne doit être , ni ferré ni trop libre; en un mot, un ouvrier commun aura bien de la peine à rendre cet inftrument tel qu’il faut qu’il foit : je vous confeille donc de le faire conftruire par un bon horloger , qui pourra fuivre la defcrip-lion fuivante, à moins qu’il n’ima-ginè quelque chofe de mieux.
- La principale partie du pyrometre , eft celte qui fert à multiplier ou simplifier l’alongementque le feu fait prendre immédiatement à un barreau de métal fur lequel on le lait agir. .C’eft un affemblage de pièces, qui
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- sur les Expériences, isp eft contenu entre deux platines de cuivre rondes , qui ont quatre pouces de diamètre , outre une bordure de deux lignes & demie de largeur, tournée en forme de moulure,qui ferr à orner celle d’en-bas. Ces deux platines font aiïemblées parallèlement entr’elles, & à deux pouces de diftan-ce l’une de l’autre, par trois piliers tournés & placés aux endroits marqués A , B , C, PI. 6 , Fig. i Comme toutes ces pièces ne font point à la même hauteur , & que plufieurs d’entr’elles recouvrent celles qui font au deffous, je prends le parti de les faire paroître dans deux plans fépa-rés , en avertiflant que celui de la Fig. 2, eft environ un pouce au def-fus de la platine d’en-bas, comme on le peut voir encore par la Fig. 3 , qui repréfente le profil de la machine. Dans ces 3 figures, tout eft defîi-né en proportion , fuivant l’échelle de quatre pouces qui eft au defius.
- D E, Fig. 1, eft une réglé de cuivre qui a une ligne d’épaiffeur, & qui peut glifler d’environ trois lignes fur la platine,y étant retenue pardeux .vis à repos & à têtes plates, qui ua-
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- ï^o Avis particuliers verfent deux rainures à jour, prâtt*’ quées en D 8c en E. Sur le milieu de cette réglé eft attachée la pièce F, par une vis qui la ferre, & un petit pied de chaque côté pour l’empêcher de tourner, de forte quelle fait corps & fe meut avec elle : & afin qu’elle fe contienne toujours dans le même plan , elle a une petite queue G, qui paffe fous Une bride H, qui l’empêche de s’élever de bas en haut.
- En I, eft Un petit pilier d’aciet tourné, qui s’eleve perpendiculai* rement , & qui eft terminé par un
- Îûvot fort menu , de deux lignes de ongueur. Ce pivot pâfTe dans la fourchette L, Fig. 2, pratiquée à la piece JC, & la peut faire tourner, parce que cette piece eft mobile avec un arbre d’acier m, Fig. 3, dont les pivots ont leurs trous dans les platines; & pour faciliter ce mouvement, la piece F, eft ouverte autant qu’il le faut, pour aller 8c venir d’une certaine quantité ,• fans toucher à ceU arbre.
- La piece K , encore ouverte en fourchette par fon autre extrémité.
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- füü'tss ExfIrïSn'ces. 13Ï Biene le rateau N, qui porte en def-fous une cheville , fort près de l’arbre p , avec lequel il tourne, & dont les pivots font reçus dans les deux platines. Le rateau engre-ne un pignon Fort menu , porté par un coq 0, qui ell attaché avec une vis fur la platine d’en-bas, & qui eft contenu par un autre coq r, attaché de même fous la platine d’en-haut ; fon pivot excede de deux bonnes lignes pour porter une aiguille fort légère , îemblable par la figure, à celles des pendules. La piece K , eft ouverte au milieu autant qu’il le faut, pour fe mouvoir, fans que le pignon lui fafle obftacle.
- L’aiguille eft montée fur un peur canon de cuivre, qui entre à frottement fur le pivot du pignon, afin qu’on ait la commodité de la placer avant l’expérience,fur tel point qu’on voudra du cadran : ce cadran fera un cercle ou une platine ronde qu’on rapportera fur la cage de la machine, & qu’on y attachera avec des vis; fa divifion eft fort arbitraire ; celui de mon pyrometre , eft divifé en deux centsparties égales, diltinguées
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- ilj2 Avis tabticuliekï par dixaines & numérotées de cinq en cinq.
- L’arbre du rateau porte par en-bas un petit levier q, ayant à fon extrémité & en deflous , une cheville qui eft pouflée d’arriere en avant , par un reflort S, de forte que Te rateau tend toujours à venir lur le devant de la cage ; mais au moyen de deux autres chevilles 11, qui s’élèvent des deux côtés pour fervir de retentum au petit levier, l’excurflon du rateau eft limitée, & il ne défengrene jamais : l’aftion du reffort qui le poufle toujours de même , fauve aufli le jeu de l’engrenage , qui détrui-roit en partie l’effet du pyrometre.
- Si l'on a bien entendu cette conf-truftion, il eft aifé de voir que Ta réglé D E venant à glifler fuivant fa longueur, & avec elle la piece F, le mouvement fe communique par le pilier I à la piece K, laquelle étant confidérée comme un levier qui a fon centre de mouvement en M, doit communiquer à la cheville du rateau une vîteffe proportionelle à la quantité, dont le grand bras furpafle en longueur le petit M L. On doit vois
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- sur les Expériences. 13$' de même que la cheville placée près de l’arbre qui porte le rateau, ne peut fe mouvoir avec un certain dé-gré de vitefle, que la dent qui termine le rayon ne fe meuve plus vite encore, & cela en raifon de la distance refpe&ive au centre de mouvement : d’où il arrive que la réglé DE, en faifant très-peu de chemin 9 en fait faire beaucoup à l’aiguille qui cfl le dernier mobile. Il fuit de-là que fi l’on joint un barreau de métal à le réglé DE, & qu’on appuyé ce barreau par l’autre bout, de maniéré qu’il ne puiffe pas reculer, la chaleur à laquelle on l'expofera, ne le fera point alonger de la plus petite quantité, qu’on ne s’en apperçoive par le mouvement de l’aiguille.
- Pour joindre un barreau de métal à la réglé DE, je le termine par une vis comme v ; mais de crainte qu’y étant joint ainfi immédiatement, il ne la contraigne, & qu’il ne gêne fon mouvement, je mets entre les deux une double attache V u, compofée de deux efpeces d’étriers, dont l’un em-brafie la réglé D par deux petites pointes à vis , qui lui donnent la li~
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- '*34 AvI S PARTICULIERS
- berté de tourner de haut en bas ; tandis qu’un femblable étrier, auquel fe joint le barreau , embralfant la pièce V par des pointes verticales , peut fe mouvoir de droite à gauche. 11 n’eft plus queftion maintenant que d’arrêter le barreau par l’autre boftt; mais avant que d’en venir là, il faut décrire le pied de la machine,
- La cage du pyrometre eft montée fur un vafe A,Fig.4,qm a prefque 2 pouces j de hauteur, & qui s’établit fur le bout d’une platine, dont B C, Fig. y, repréfentent le plan : cette piece eft élevée de 4 lignes par un bord incliné qui l’entoure, comme on le peut voir par la Fig. 6, qui en repréfente la coupe, fuivant fa longueur; de forte qu’il y a un vuide entre elle & la tablette de bois F G, qui fait le defius du pied HI.
- La platine inférieure K de laçage, percée au centre, eft traverfée par une forte vis, dont la tête fe noyé dans l’épailfeur,pourne pas nuire à la réglé DE, Fig. 1, qui la recouvre. Cette vis traverfe de même le vafe A, la platine longue b c,& la tablette/g, fous laquelle eft un écrou à pans,
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- Sur i.es Expérience». 13J que l’on place & que l’on ferre pat une ouverture fuffifamment large , qu’on a fait au fond du pied HI. Sur l’extrémité de la platine longue vers c, eft élevé perpendiculairement un pilier M, dont le tenon formé en vis, traverfe auffi la tablette de bois te, & dont l’écrou fe ferre encore par un trou pratiqué vis-à-vis de lui, au fond du pied. Voyez la coupe B C, F G,Fig. 6.
- Les pièces de métal que j’applique au pyrometre, & que j’ai nommées jufqu’ici, Barreaux, font des cylindres palfés à la fïliere, qui ont j pouces j de longueur, fur 2 lignes de diamètre ; ils ont par un bout, comme je l’ai déjà dit, quelques pas de vis , & fur l’autre on a formé un quarré qu’on fait entrer dans un manche L , Sc qu’on y retient par une vis de prêt Bon, pour les enlever quand ils font trop chauds, & qu’on ne peut point les manier avec les doigts nuds.
- La tête du pilier M eft percée, & c’eft par-là qu’on fait pafter le cvliu-dre qu’on veut mettre en expérience, pour le vifier aux attaches, après qupi 6>n l’arrête en ferrant la vis N, dont
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- 'i.jt? Avis particuliers le bouton eft furmonté d’un quarts femblable à celui du cylindre, pour être faifi parle même outil. Le cylindre ainfi placé doit être parallèle à la platine b c ; l’intervalle de l’un à l’autre eft de 2 pouces |, & c’eft dans cet efpace que la larppe eft placée.
- La lampe O P a la forme d’un caif-fon; elle a 18 lignes de hauteur fur y pouces & demi de longueur , en y comprenant la queue 0 qui eft tra-verfée par le pivot d’un pilier Q, fur lequel elle tourne horifontalement; le tenon de ce pilier eft une vis qui traverfe la platine B C, 8c qui eft ferré par-deffous avec un écrou.
- Le deffus de la lampe eft creufé en forme de gouttière, comme on le peut voir par la coupe p p, & fur fa longueur font diftribués à diftances égales quatreporte-meches.commeiï, évafés par le haut avec une petite portée au-deffous ; le refte eft un canon de 3 lignes de longueur & d’une ligne & demie de diamètre intérieur. En S eft un bouchon avis, qu’on ôte pour vuider la lampe après 1 expérience, & qui fert lorfqu’i! eft en place à la retenir dans une fnuation
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- SUR LES ËXPÉRÏENCBS. ï 3 7 •qui mette les mèches allumées pré-cifément fous le cylindre qu’on veut .chauffer. Ce bouton monte fur un plan incliné, qui raverfe une partie de la largeur de la platine b c , & qui eft terminé par un arrêt qui empêche le bouton de paffer outre, comme ©n le peut voir en s.
- La lampe & toutes les autres pièces que j’ai décrites auparavant, font de cuivre , & peuvent être façonnées au tour & à la lime ; mais on rendra cette machine beaucoup plus élégante en, faifant modeler avec de la cire fur du bois, des ornements à peu près femblables à ceux qui font deffinés dans les figures. Quand ces pièces feront fondues fur ces modèles, qu’elles auront été reparées par un Cifeleur, & mifes en couleur d’or, elles ne feront pas beaucoup plus cheres, que fi elles étoient en cuivre poli, & elles feront bien moins fu-jettes à fe ternir & à fe rouiller. Si l’on prend ce parti, il faudra que la bordure de la platine K foit ornée de même, & pour défendre de la pouffiere les pièces qui font dans la cage & le cadran, on fera bien de Tome III, JV%
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- ti}8 Avis particBIieai couvrir le tout avec un verre fenU blable à ceux des montres, encadré d’une lunette aflbrtie au relie, & qui foit jointe par trois ou quatre petites vis à une virole de cuivre poli, dont le bord inférieur foit reçu dans une rainure circulaire creulee autour delà platine JT.
- J’ai fait plus, pour conferver aux yeux l’agrément des pièces qui font dans la cage, & en laifler voir le jeu, j’ai fait la virole T T de criftal, en la prenant fur un récipient de mefure-que j’ai fait couper, & auquel j’ai fait par en-bas une échancrure pour donner paflage à la réglé D E.
- Le pied HI eftde bois, comme je fai déjà dit ; il a 3 pouces f de large fur 1.1 pouces A de longueur, avec un tiroir fur le petit côté g I, pour renfermer les cylindres & le mancheL qui fert à les manier quand ils font chauds, Ce pied, s’il eft fait de bois commun,fera orné par le Verniffeur; mais comme ce qui peut tomber de la lampe , ne manquerait pas d’y faire des taches , il vaudrait. beaucoup mieux que l’Ebénifte le fît en Jaois de couleur plaqué.
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- Sun tes Expériences, ijp
- Mes pyrometres font affortis de cylindres, d’argent, de cuivre rouge, de laiton, de fer doux, d’acier, d’étain & de plomb : je ne fais pas la dépenfc d’en avoir en or, parce que quoique cet inftrument foit très-joli, & très-propre à montrer que les métaux s’alongent quand on les chauffe, & qu’ils s’alongent plus les uns que les autres quand on les chauffe également & pendant un même efpace de temps, je ne diffimulerai pas qu’il faut employer d’autres moyens, fi l’ont veut fçavoir avec une grande précifion , les rapports qu’il y a entre ces différentes quantités:* ces moyens ne font pas de nature à etre employés devant des commençants, & dans une école publique.
- Dans la lampe du pyrometre il rte faut brûler que de I’efpric-de- vin avec des meches de fil de coton fin, qu'on tiendra courtes 6 lignesau-deffous du cylindre : pour préparer la lampe on la tirera à foi en la faifant tourner un quart de tout fur fon pivot; on enlèvera un des porte-meches, & pat le trou qu’il aura laiffé vuide, on fera entrer environ plein deux cuit-M ij
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- 1x40 Avis PARTrcutiSRj
- liers à bouche de bon efprit-de-vinÿ. on remettra le porte-meche ; & l’on: allumera; après quoi on pouffera la lampe dans la place qu’elle doit occuper. Vous pourez laiffer agir le feu autant de temps que vous voudrez, fur les cylindresd’argent,de cuivre, de-fer & d’acier ; mais celui de plomb 9, & encore plutôt celui d’étain , tom-beroit en fufion, fi vous ne modériez J’aéHon du feu en allumant moins, de meches, Sc en les laiffant brûler moins de temps fous ces deux mé» taux..
- Quand vous voudrez mettre un des cylindres en expérience, vous: commencerez par le joindre à la réglé-DE;puis vous tirerez l’autre bout qui dépaffe la tête du pillier M, pour faire venir le rateau en-devant, ôc vous ferrerez lavis AT;apès cela vous: enleverez l’aiguille du cadran de deffus-fon pivot, pour la remettre de manière qu’elle réponde à zéro de lai graduation ; & ayant recouvert la cage , vous poufferez les meches: allumées fous le cylindre; & fi vous-vous appercevez quel’air trop agité jette les flammes de côté, vous lui
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- sur £es Expériences. 14,1 oppoferez un carreau de verre, qui arrête fes impulfions, fans cacher la machine aux fpeâateurs.
- Dans le cas où l’on ne pourroit yàs fe procurer un pyrometre tel que celui que je viensde décrire, en voici un qu’on pourra conftruire à peu de frais, & qui n’exige pas une main fi habile. Prenez un morceau d’ardoife qui ait environ un pied de longueur fur fixa fept poucesde largeur, chan-tournez-la comme A B CD, PI. y, Fig. 1, faites-y une ouverture abci de 6 pouces de longueur fur 1 de largeur, & unifiez une de fes faces d’abord avec la lime , & enfuite, en la frottant avec du fablon & de l’eau fur une pierre dure qui foit droite, ou fur le revers d’une table de marbre, couvrez la partieÆCD d’un demi cercle de cuivre divifé en autant de parties qu’il vous plaira ; placez au centre, fousun petit coq, un cylindre d’acier , d’une ligne de diamètre, dont les pivots foient très-fins,& que celui d’en haut excede de quelques lignes , pour recevoir une aiguille très-Iégere.AttacHez encore une autre piece de cuivre ad A, au bord de la,?
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- ï42Avis pARTicutisar quelle il y ait une petite virole garnié d’un fond. Pour loger le bout du cylindre E : limez quarrément l’autre bout de ce cylindre fur une longueur de 4 lignes, de maniéré que cette partie puiife s’appliquer bien ex a clément fur le cylindre d’acier tournant; & afin qu’elle puiffe le faire tourner en cheminant fuivant fa longueur , vous y laifferez les traits d’une Finie bâtarde dans une direétion qui foit à angle droit avec fa longueur ; & vous rendrez rude la furfa'ce du petit cylindre d’acier en le faifant rouler deux ou trois fois entre deux limes neuves quine foient pas tout àfaiï douces. On voit bien que mon intention ell de faire tourner cette derniers piece avec l’aiguille qu’elle porte,, par le feul frottement du cuivre contre l’acier, & pour rendre cet effet encore plus fûr , il faut que la partie frottante du cuivre foit poulîee par un reffort F, qu’on attachera avec une vis, en retenant la queue avec une petite goupile.
- Quand vous aurez ainfi préparé cet infiniment, vous le monterez fur Une tablette de bois , chantournée
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- Sur les Expériences. 145' Comme lui, en l'élevant fur 4 piliers de cuivre tournés de 2 pouces & > de longueur chacun, que vous placerez en A, en B, en D & vers C. Celui-ci fera viifé dans le bois par en bas, & il fera arrêté en haut avec une vis qui traverfera le cuivre & l’ardoife. Les trois autres feront fixés de même par en haut ; mais ils auront à l’autre bout un tenon à vis qui traverfera la tablette, & qui fera retenu en-deffous par un écrou tourné en bouton, deforte que toute la machine portera, fur ces trois derniers pieds.
- Vous ferez la lampe de ferblanc, en imitant le plus que vous pourrez la conftruftion de celle que j’ai décrite ci-delïus, & ayant foin de regler la hauteur & les porte - mèches, de telle forte, que les flammes puilfent atteindre au cylindre E. Voyez la figure 2 qui repréfente la machine’ vue de propfil.
- On fent bien que plus cette machine fera grande, plus fes effets feront fenfibles; mais (i l’aiguille devient lourde, alors le fimple frottement ne fuffira plus pour mener le cylindre d’acier ; il faudra y fubtti-
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- 144 Avis particulier! tuer un pignon fort menu, & faire une denture à la partie frottante du Suivre.
- A l’occafion des expériences du pyr'ometre, j’ai dit que le froid & le chaud caufant plus de changement à la denfité de certains métaux , qu’à celle des autres, on devoir s’attendre qu’un clavecin fe défaccorderoit dès que la température du lieu viendrait à changer confidérablement; parce qu’une partie des cordes étant de fer & l’autre de cuivre', les’ unes au même degré de chaleur fe dilateraient plus que les autres, & fe trouveraient proportionnellement moins tendues entre les chevillettes auxquelles elles font attachées ; on peut prouver cela par une expérience qui ne coûtera pas beaucoup à faire.
- Sur une réglé de bois d’un pouce d’épaiffeur & de quatorze à quinze pouces de longueur ,ayant à chaque bout un chevalet , tendez deux eoides, l’une de fer, l’autre de cuivre jaune, par lemoyen de deux chevilles femblables à celles d’un violon ; mettez-les à l’unilfon l’une de l'autre; Ê vous les faites paiTer un iuftant au-deffus
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- sur ies Expériences. 14F iJeflus d’un réchaud plein de charbon allumé, & que .vous les pinciez auffi-tôt , vous remarquerez infailliblement qu’elles ne font plus d’accord ; elles s’y remettront en fe refroidiffant, à moins qu’elles n’ayent fouffert une trop grandre chaleur.
- Troijieme Expérience.
- Suivez exaftement ce qui efl mar- qué dans la préparation de cette expé- l xiv. ^ rience; lifez de plus les Avis que j’ai nî.scaioô' ajoutés dans une note qui commence H- M- Ks-au bas de la page 376, du Tome IV des Leçons de Phyfique, à laquelle j’ajoute ici, qu’au lieu d’étalonner un feul verre pour y éprouver fuccefli-vement la dilatabilité du mercure & celle des trois autres liqueurs, vous ferez mieux d’en préparer quatre, & de laifler dans chacun d’eux la liqueur dont il aura d’abord été rempli ; l’expérience alors fe pourra faire aifé-ment & en peu de temps, puifqu’il ne s’agira plus que de tenir pendant un bon quart d’heure les quatre verres dans de la glace pilée, & de les plonger l’un après l’autre dans l’eau bouillante.
- Tome III. N
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- 145 A vis ParticuiierS
- En parlant par occafion des thermomètres comparables , j’ai infifté davantage fur celui de Mr. de Reaumur, parce que c’eft celui dont on fait le plus d’ufage aujourd’hui; mais je me fuis contenté d’en indiquer les principes, en renvoyant pour la conftruftion au Mémoire de l’Auteur, qu’on trouve dans le volume de l’Académie Royale des Sciences pour l’année 1730; je renvoie encore à la même fource le lefteur qui voudra s’inftruire bien complètement fur ce fujet ; il y trouvera des détails curieux & fore inflrufiifs pour un homme qui s’applique à la Phyfique expérimentale , mais que je ne puis faire entrer ici ; je me bornerai à quelques remarques dont on pourra s’aider, fl l’on n’eft point à portée de confulter l'ouvrage de M. de Reaumur, je les offre même à ceux qui l’auront lu, parce qu’elles contiennent quelques changements utiles & quelques abréviations dans les procédés auxquels l’expérience nous a conduits.
- M, de Reaumur a choifi Je degré de froid par lequel l’eau commune commence à fe geler,comme un point fixe,
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- Jtt* ies Expériences. 147 au defliis duquel il compte les degre's de dilatation de la liqueur dont le thermomètre ell rempli, & au-delTous, ceux de la condenfation de cette même liqueur. Nous avons reconnu depuis, lui & moi, qu’il étoit plus commode & plus fûr de prendre ce degré dans de la glace pilée qui commence à fe fondre ; car quand on fait geler l’eau dans un laboratoire , il faut employer un froid artificiel produit par un mélange de glace & de quelque matière laline: cette opération demande du temps &. des foins : le vafe qui contient l’eau étant faifi alors par un froid plus grand que celui de la (impie congélation , il ell à craindre que les couches de glace, qui fe forment aux parois intérieures, ne fe reffentent de cet excès, & que le refroidiffement ne foit point uniforme dans toutes les parties du bain dans lequel on tient le thermomètre plongé : on fait que quand l’eau efl: devenue glace, elle efl encore fufceptible ae fe refroidir beaucoup au-delà; & l’expérience nous a fait connoître que la glace pilée, qu’on tient dans
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- 148 Avis PAETicunns
- un baquet en fuffifante quantité, retient la liqueur du thermomètre au même point, jufqu’à ce qu’il y en ait une grande quantité, comme le tiers ou même la moitié tournée en eau.
- Si l’on fe fert de glace de neige,ou de grêle ramaffée dans un jardin ou dans la rue, pendant qu’il gele fortement, il faut lui donner le temps de perdre fon excès.de froid, & de revenir au degré de la lïmple congélation ; ce qui fera fort prompt dans un lieu où il ne gele pas, & ce qu’on appercevra aifément par un commencement de liquéfaétion.
- Si l’on fait un vaiffeau exprès pour tenir des thermomètres à la glace, il eft à propos qu’il y ait près du fond un robinet, ou quelque chofe d’équivalent pour faire écouler l’eau , quand on s’apperçoit qu’elle devient trop abondante.
- Quand on met un thermomètre à la glace pour y marquer le terme que M de Reaumur appelle la congélation de l'eau, il faut lier fur le tube un fil très-fin que l’on fait gliffer à l’endroit où fe fixe la liqueur, & qu’on y arrête.
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- SUR LES ExïÉR IENCES. un quart-d’heure après &, avant de l’ôter de la glace, en paffant deffus, un peu de colle de poiffon ou de vernis, avec Un petit pinceau.
- Dans le Mémoire cité ci-deffus, M. de Reaumur a expliqué comment, en fuivant fes principes, on peut conftruire des thermomètres comparables avec toute autre liqueur que celle qu’il a employée, pourvu qu’on ait foin de déterminer 5c de foire con-noître fon degré de dilatibilité ; ceux qui en voudront foire avec du mercure ou de l’huile de lin, pour les plongerdans des matieresplus chaudes que l’eau bouillante, trouveront dans cetouvrage les inftru étions néceffaires fur cet article : je ne parlerai ici que de l’efprit-de-vin teint en rouge, qui eft la liqueur ordinaire de ces thermomètres.
- On peut y employer l’efprit-de-vin le plus reétifié ; mais comme il ne s’en trouve point partout, il vaut mieux fe fervir de celui qui eft plus commun. En fuivant M. de Reaumur, nous affoibliffons encore celui - ci avec un quart d’eau, c’eft-à-dire, que nous mêlons une partie d’eau bien
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- IpoAviS PA RT! CUtlEB S pure avec trois parties d’efprit-de-vm, tel qu’il fe trouve communément chez les Droguiftes; cette liqueur fait un peu moins de chemin dans le tube du thermomètre, que n’en fe-roit de l’efprit-de-vin plus pur; mais elle a fur lui un avantage conftdé-rable, c’ell qu’elle fouffre un plus grand degré de chaleur avant de bouillir , ce qui fait qu’on rifque moins de calier le thermomètre en 3e plongeant dans l’eau bouillante, ou prête à bouillir.
- Après avoir mêlé enfemble l’efprit de vin & l’eau , il faut y ajouter peu-à peu de l’orfeille , jufqu’à ce que la liqueur parodie fuffifamment teinte , & la lailfer repofer pendant vingt-quatre heures pour la tirer au clair, foit avec un fiphon , foit en inclinant le vaiffeau doucement. Pour teindre la liqueur des thermomètres, l’orfeille vaut mieux que le bois de Bréfil, qui donne une teinture graffe , & qui s’attache aux parois intérieures du tube: elle a pourtant un défaut, fa couleur difparoît ait bout d’un certain temps ; mais on la rétablit dans une minute, en defcellant le tube &
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- SuR Les ËxïiRiENCES. tya en donnant de l’air à la liqueur.
- Quand on a compofé & teint la liqueur deflinée à la conflruftion des thermomètres, il faut éprouver fon degré de dilatabilité; il faut qu’en s’échauffant depuis le froid de la glace, jufqu’au degré de chaleur qui fait bouillir l’eau commune, fon volume augmente de -®-^, & je dis qu’il faut s’en aflürer par une épreuve ; car, comme tous les efprits-de-vin ne font pas de la même force, un quart d’eau qu’on y mêle , peut être trop ou trop peu , pour donner jufte-ment ce degré de dilatibilité à la liqueur.
- On choifira donc un matras dont la boule foit groffe comme une orange, le col gros comme le petit doigt extérieurement, & long d’environ i y pouces, Fig. 2. On y fera entrer 400 mefures connues de la liqueur qu’on veut éprouver, & ces mefures feront de telle grandeur, que la derniere n’arrive qu’à un pouce ou deux au-deffus de la naiffance du col. Voilà fans doute le plus difficile de l'opération ; mais avec un peti de patience & d’attention on en viendra
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- ij2 Avis particuliers à bout, en s’y prenant comme je vais le dire.
- Il faut faire fouffler, ou fouffler foi-même à la lampe d’Einailleur, une cinquantaine de ces petits chalumeaux capillaires & renflés du milieu, (A, Fig 3) dont j’ai déjà parlé en plufieurs endroits & fpécialement dans la première partie de cet ouvrage, Terne I, .page 214. 11 faut en avoir de differentes grandeurs, depuis celle d’un petit œuf de poule, jufqu’à celle d’une petite aveline ou d’une olive, & que les tubes de part & d’autre foient affez longs pour qu’on en puiffe retrancher une grande partie , fans préjudice à la commodité de I’inftrument ; on en prendra un des plus petits, on l’emplira de mercure en fuçant par un bout avec la bouche, & on le vuide-ra 10 ou 20 ou 30 fois dans un verre à boire B, dont le fond foit fort étroit; apès quoi l’on en cherchera un autre dans les plus gros, qui puiffe fe remplir exaâement avec ces 10 ou 20 ou 30 mefures: & s’il fe trouvoit feulement un peu trop petit pour contenir le tout, on dimi-
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- Sur les Expérience s. ifj; jiuera un peu la capacité du petit, en retranchant une partie de (on tube , & l’on recommencera la première opération ; il eft aifé de voir que par ce moyen, on parviendrai fe procurer des mefures, qui feront des unités, des dixaines, des vingtaines, des trentaines, &c.
- A l’aide de ces inftruments, on fera couler 400 mefures de liqueur dans le matras, & il cette quantité le rempliffoit ou beaucoup plus ou beaucoup moins que je ne l’ai pref-crit ci- deifus, on en choifira un autre d’une capacité plus convenable. on en trouve à cnoifir chez les marchands de Verreries. Vous mettrez le matras C, Fig,4 avec la liqueur qu’il contient dans un feaurempli déglacé pilée; & quand la liqueur fera con-denfée autant qu’elle peut l’être par ce degré de froid, vous marquerez avec un fil menu à, lié & collé autour du col du matras, l’endroit précifément où elle s’eft fixée,& pour en être plus fûr, vous la laifferez une bonne demi-heure dans cet état.
- Le matras étant tiré de la glace, vous le plongerez dans une grande
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- ij4 Avis farticuubr4 caffetiere-de ferblanc E,fig.3 ou dans quplqu’autre vafe équivalent, rempli d’eau , pofé fur un réchaud plein de - charbons allumés,jufqu’à ce que l’eau foit fort chaude, mais non pas bouil-Jantejalors vous ôterez le matras, vous lierezunfil menu «vers le haut du col, &vous le plongerez de temps en temps dans l’eau,à mefure qu’elle continuera de s’échauffer. Lorfqu’elle bouillira tout à fait,vous ferez encore plufieurs immerfions de peu de durée, pour éviter que la liqueur venant à bouillir brufquement elle-même , ne s’élance au-dehors ; enfin, quand elle aura monté vers le haut du tube, & qu’après quelques petits bouillonnements , elle fera-retombée , vous ferez güfier le fil à l’endroit où elle fe fera arrêtée, & vous éprouverez encore fi , après quelques im-merfions promptes dans l’eau bouillante, elle retombe toujours au même endroit, après quoi vous fixerez le fil en le collant avec un peu de vernis. II faut favoir que le degré de chaleur qui fait bouillir l’eau efl plus ou moins grand , félon que lafurface eft plus ou moinsprelféeparlepoidsde
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- sur i.es Expériences, l’air de Fathmofphere ; ainfi pour faire cette opération avec exactitude i’faut choifir un temps & un lieu où le baromètre foit, par exemple, à 28 pouces.
- Ayant donc ainfi pris le terme de J’eau bouillante, vous laifferez refroidir le matras & ce qu’il contient, &. vous le remettrez dans la glace,autant de temps qu'il faudra pour que la liqueur defcende jufqu’aufil d’en bas; alors vous y ferez couler 32 me fuies de mercure, qui, tombant dans la boule, feront monter dans le col ?2 mefures de liqueur colorée , qu’eFes auront déplacées ; & fi cette quantité de liqueur ainfi foulevée monte jugement an fil d’en-haut, vous ferez fûr que refprit-de-vin ainfi préparé, a le degré de dilatibilité que vous cherchez, e’eft-à-dire, que depuis le froid de la glace jufqu’au degré de chaleur qui fait bouillir l’eau , il fe dilate de 80 millièmes; car fi fur 400 mefures il y a une dilatation de 32 , fur 1000 mefures qui contiennent deux fois & demi le nombre de 400, il y aura parle même degré de chaleur, une dilatation qui égalera deux fois & demi 32, ce qui fera 80. Au cas que
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- 1$6 AVIS PARTICULIERS les 32 mefures de mercure ne fiffent pas monter la liqueur jusqu’au fil d’en haut, il faudra augmenter la dilatabilité de la liqueur compofée, en y mettant un peu d’efprit-de-vin pur, ou faire le contraire avec de l’eau, fi la liqueur montoit plus haut que ce même fil ; de forte qu’après quelques épreuves conduites comme je viens de le dire , on auroit un cfprit-de-vin affoibli, & propre aux thermomètres de M. deReaumur. Le Phyficien qui prévoira devoir conf-truire de ces infiruments dans la fuite du temps, fera bien de préparer tout d’un coup une certaine quantité de cette liqueur, qu’il aura foin de tenir dans des bouteilles bien bouchées.
- Les petits thermomètres , ceux dont la boule eft grolfe comme une eerife, avec un tube qui a une demi-ligne de diamètre intérieurement fur dix à douze pouces dé longeur, ces thermomètres, dis-je, font préférables aux grands; i°, parce qu’ayant une moindre maffe de liqueur à échauffer ou à refroidir , ils prennent plus promptement , & indiquent pins sûrement la température aétuelle du
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- SUR LES Exri3R JENCES. Ip7 lieu où on les a placés, ou de la matière dans laquelle on les a plongés; 2°. parce qu’ils font plus portatifs/ plus maniables, & qu’ils entrent plus facilement dans la plupart des endroits où l’on veut lesplacer; 3 °. parce qu’ils fe font avec moins de dépenfe ; mais on ne peut guere compter fur leur exaftitude , <jue l’on n’ait commencé par en faire de très-grands : la quantité de liqueur contenue dans le tube, d’une divifion à l’autre de l’échelle, doit être la millième partie de la maffe totale, & c’elt par une mefure qu’il faut s’en affûrer; fi une telle portion de la liqueur eft extrêmement petite, il ne fera pas poflible de la faifir exactement, ni de la rendre fans déchet fenfible, Voilà pourquoi la boule aux premiers thermomètres de M. de Reaumur avoit trois à quatre pouces de diamètre, le tube quatre à cinq pieds de hauteur , avec un diametie de trois à quatre lignes intérieurement, afin qu’on pût faifir les millièmes de la liqueur, avec un de ces petits chalumeaux de verre dont j’ai parlé plus haut. Choififlez donc à la Verrerie , fi vous en avez la commodité, trois ou quatre tubes de
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- ïp8 Avis r a r t i d ü e 1 ë r * la groffeur à-peu-près & de la longueur dont je viens de faire mention J faites fouffler au bout de chacun d’eux, une bouled’environtroispou-cesj de diamètre: ou bien, fi vous ne pouvez mieux faire, un Emailleur vous foudera des tubes à des boules de matras, que vous aurez choifis dans le magafin d’un Fayancier. En procédant comme je l’ai enfeigné ci-defius, au fujet du matras propre à éprouver le degré de dilatabilité de la liqueur à thermomètre, vous mettrez dans chacun de vos verres i ooo mefures d’eau commune , qui rem-pliflent la boule & environ le quart ou le tiers du tube. Si vous avez la patience d’approprier vos mefures de telle forte, que la millième arrive juftement à cette hauteur dans le tube, ce fera le mieux ; mais quand les iooo mefures d’eau fuffiroient à peine pour emplir la boule,ou qu’elle ne la rempliroient pas même tout à fait, vous pourez aifément remédier à ce défaut, & faire monter l’eau à tel endroit qu’il vous plaira dans le tube, en diminuant la capacité de la boule
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- sur us Expériences. avec des petits tronçons de verre ou d'émail, folides , & non creux , que vous y Jerez entier par le tube : tous les Emailleurs ont du verre & des émaux tirés en baguettes, qui fe coupent à telle longueur que l’on veut, quand on les a marquées avec le tranchant d’une lime douce, ou avec celui d'une pierre à fufil.
- Je fuppofe donc que les 1000 me-Aires d’eau fe terminent au quart ou au tiers delà hauteur du tube, vous lierez en cet endroit un fil menu que vous arrêterez avec un peu de vernis ; enfuite vous ôterez du tube 2 y mefures de l’eau qu’il contient, & vous attacherez le verre fur une planche couverte d’un papier blanc, & ouverte en bas par un trou rond dans lequel la moitié de la boule puifTe fe loger, Fig. 4.
- Le verre ainfi préparé fera placé debout & d’une maniéré folide, dans un lieu dont la température ne foit point fujette à changer beaucoup pendant l’opération qui va fuivre. Vous ferez un trait fur la planche vis-1, à vis le niveau de l’eau ; enfuite vous prendrez la mefure qui contient un
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- •tSo Avis particuliers millième, vous la remplirez de mercure que vous ferez couler dans la boule ; l’eau montera d’autant dans le tube, & vis-à-vis de fa furface vous marquerez un fecondtrait; vous continuerez ainfi toutes les divifions de l’échelle jufqu'en haut ; vous les dil-tinguerez de io en io, & même de y en y , par des lignes un peu plus longues.
- Cette divilïon étant achevée, vous ôterez lé verre de deffus fa planche pour le vuider , le bien égoutter & le remplir avec la liqueur qui a été préparée & éprouvée, de forte qu’il y en ait dans le tube jufqu’environ un pouce au-deffus du fil marqué o\ après quoi, vous plongerez la boule & une partie du tube dans un feau un peu profond & rempli de glace pilée, comme F; la liqueur alors condenfée par le froid, defcendra dans le tube, & quand elle fera fixée, fi elle fe trouve au-deffus du fil, il faudra ôtec l’excédent avec un tube capilaire en fuçant ou en y plongeant à plufieurs reprifes une petite lame de plomb fufpendue au bout d’un fil de foie; fi au contraire elle fe trouve au-def-fous
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- sur les Expériences. 161 fous du fil, il faudra en ajouter ce qui fera nécelîaire pour la mettre de niveau à cette marque.
- 11 eft à propos que la liqueur de ces gros thermomètres foit purgée d’une partie de l’air qu’elle contient ou qui pourroit s’être attaché aux parois intérieures du verre, & aux-morceaux d’émail, s’il en eft entré dans la boule ; pour cet effet on chauffera 1 inftrument dans un bain d’eau chaude, jufqu’à ce que la liqueur foit montée prefque jufqu’au haut du tube, que l’on bouchera alors avec une boulette de cire molle; fi l’on couche enfuite le thermomètre fur une table, de maniéré que le bout du tube foit feulement de quelques pouces plus haut que la boule, il fe dégagera de la liqueur des bulles d’air que l’on fera fortir en remettant l’inftrument dans une fituation verticale , & en débouchant le haut du tube; en répétant trois ou quatre fois cette petite manœuvre, on purgera fuififamment la liqueur de 1 air qui pourroit être nuifible : mais il arrive prefque toujours que cette opération diminue d’un demi degré ou Terne III. O
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- 1Ô2 AvïS PAKTICUtlÊSS environ le volume de la liqueur ; il elt à propos de remettre le thermo-mettre à la glace, pour s’affurer de ce qui lui manque, & remettre la liqueur au niveau du fil qui marque le terme de la congélation. On peut alors fceller le thermomètre par en haut. Vous commencerez par amollir au feu de lampe le bout du tube, pour le tirer en capillaire, que vous ne ficellerez pas encore ; vous chaufferez la boule dans dans un bain d’eau chaude, pour faire monter la liqueur à cinq ou fix pouces près du bout; c’ell dans ce moment-là qu’il faut chauffer le bout du tube pour le fceller à demeure, & laiffer refroidir l’infirument pour empêcher qu’il ne fe dégage de nouvel air.
- Avant d’attacher le thermomètre fur fa planche, il ferait bon de l’éprouver à l’eau bouillante : fi l’on en a conftruit trois ou quatre, il eft à préfumer qu’il s’en trouvera quelqu’un dont Te tube, plus large que les autres, relativement à la capacité de fa boule , aura un plus grand nombre de degrés, tant au-deffûus qu’au-deffus du terme de la congela-
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- sur tes ExHribncEs. 163 tion; fi ces derniers vont jufqu’à 80 ou un peu au delà, il faudra chauffer la boule dans de l’eau qu’on fera bouillir, & prenant les précautions que j’ai prefcrites , pour l’qpreuve de la liqueur dans le matras: fi la liqueur , ayant reçu dans l’eau bouillante toute la chaleur que celle-ci peut lui donner, relie au-deffousdu chiffre 80, ou s’élève au-deffus, c’eft une marque qu’il y a erreur dans la graduation, & il faudra la recommencer; fi au contraire la liqueur s’arrête juflement à ce terme , on fera fût d’avoir un thermomètre bien gradué , & auquel on pourra avoir recours pour en régler d’autres.
- M. de Reaumur, gour ne point laiffer oublier les principes qu’il avoir fuivis dans la conflruftion de fes thermomètres, vouloit qu’on écrivît dans le haut de la planche, le degré de dilatibilité de la liqueur contenue dans le verre; & qu’on avertît que chaque portion de tube, répondant à un degré de l’échelle, renfermoit un millième du volume total de la liqueur condenfée par le degré de froid qui commence à faire geler
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- X64AVIS PARTICULIERS l’eau commune , ou qui fuffit à peine pour la contenir dans l’état de glace.
- Il faifoit écrire , terme de la glace, OU congélation de l’eau ,à l’endroit où répondoit le fil attaché fur le tube, pour marquer où la liqueur s’étoit fixée, quand on ayoit tenu le thermomètre à la glace.
- Au-deffus de ce terme, il comptoit en montant à droite, les degrés de dilatation ou de chaleur avec des chiffres de 5 en y jufqu’à 80, & au-deffous du même terme 8c du même côté , les degrés de condenfation ou de froid, marqués de même jufqu’à 25 ou 30.
- A gauche il marquoit auffi de J en p de combien le volume de la liqueur , en paîtanr du terme de la glace, étoit augmenté par la dilatation, ou diminué par fa condenfation ; ainfi vis-à vis le chiffre p en montant, il écrivoit ioop, & vis-à-vis le pareil chiffre en defcendant, il marquoit 99 j,&c. pour faire entendre qu’au premier de ces deux termes le volume de la liqueur étoit augmenté de rôTT Far la raréfaâion, & qu’au deuxieme il étoit diminué d’autant par la condenfation.
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- Sus tïS Exf ÉRIBNCES. 16f
- Outre cela fon intention étoit qu’on marquât la température des fouterrains profonds, qu’il rapportoit à io iau-deflusdu terme delaglace, celui de la chaleur animale qu’il avoit eflimé 32 j d’après fes propres ob-fervations ; enfin en tenant fon thermomètre dans un froid artificiel, avec un ancien thermomètre de M. de la Hyre, où eft marqué le froid de 1705 , il avoit trouvé qu’il falloit le rapporter au quinzième du lien, au-deffous du terme de la congélation. M. de Reaumur a ccntinué d’enrichir la planche de fon thermomètre , de pareilles obfervations fur le froid & fur le chaud ; on y voit qu’en 1740 le plus grand froid de l’hyver à Paris a fait defcendre la liqueur à 10 degrés -, celui de 1742 à 13 degrés j, on voit aufli que la plus grande chaleur des années 1705, 1724, 1738 a été de 29 degrés J, &c. Voyez la figure y , qui repréfente un de ces grands thermomètres achevé.
- Avec un thermomètre conllruit comme je viens de l’enfeigner, on pourra s’en procurer fort aifément
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- lCS Avis PARTICULIERS » de bien plus petits, & qui feront auffi juftes,en fuivant les procédés que je vaisexpofer.
- Choififfez, ou dans une Verrerie, ou chez un Emaiileur, le nombre qu'il vous plaira de tubes de verre blanc, qui ayent chacun douze à quatorze pouces de longueur, qui foient bien cylindriques , & dont le diamètre intérieur ait une demi ligne ou deux tiers de ligne ; faites-y fouf-fler des boules, ou foufflez-les vous-même li vous favez travailler à la lampe. Comme les tubes feront infailliblement un peu plus étroits les uns que les autres, il faudra de même que les boules foient inégalement greffes. Vous leur donnerez depuis 7 jufqu’à ÿ lignes de diamètre ; & s’il s’en trouve quelques-unes un peu plus groffes, il ne les faut rebuter qu’après les avoir toutes éprouvées de la maniéré fuivante.
- Vous commencerez par remplir tous vos verres avec la même liqueur qui a été préparée pour les grands thermomètres ; cette opération fe fait ainlî : on met une certaine quantité de cette liqueur dans un gobelet,
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- sur les ExeSriSMCÏ*. i6y
- en chauffe légèrement la boule du verre, & on plonge un inflant le bout du tube dans la liqueur, afin que la prefîion de l’air y en falfe entrer la longueur de deux pouces ou environ, qu’on chaffejufque dansja boule en fouillant avec la bouche.-Tous les verres étant ainfi chargés de quelques gouttes de liqueur, on les reprend les uns après les autres, & l’on chauffe la boule en la tournant au-deffus d’un réchaud plein de charbons bien allumés , jufqu’à ce que la liqueur, convertie en vapeur dilatée, ait rendu le tube fort chaud, alors on en plonge le bout dans le gobelet, & dans Pinflant le verre fe remplit.
- Il refie ordinairement dans la boule , quelques bulles d'air qu’il en faut faire fortir ; on en vient bien-tôt à bout en prenant le tube d’une main par le bout, & en le fàifanr tourner rapidement trois ou quatre tours au bout du bras étendu, de maniéré que la beule fe trouve dans la- circonférence d'un grand cercle, Fig. 6; car alors la force centrifuge fait avancer la liqueur qui eft dans le tube vers la boule, & oblige le peu d’air
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- 187 A VIS PÀRTICULIRS.
- qui fe trouve devant elle à lui céder fa place ; vous emplirez ainfi tous vos verres, de forte que la liqueur occupe toute la boule, & environ la moitié du tube, fur lequel vous lierez deux fils très-menus,quipuiiïent gliffer fifîvant fa longueur.
- Vous placerez les verres debout dans de la glace pilée avec un de vos grands thermomètres, Fig. 3 , fur le tube duquel vous aurez marqué les degrés de l’échelle de 10 en 10, ou de 5 en y, avec autant de fils cirés, & vous attendrez que la liqueur de celui-ci foit fixée vis-à-vis le fil qui marque le terme de la congélation; alors, avec un chalumeau capillaire, vous ôterez ou vous ajouterez de la liqueur dans tous vos verres, jufqu’à ce qu’il y en ait jufqu’au tiers de la hauteur du tube , & vous arrêterez en cet endroit,l’un des fils qui gliflent defîus.
- Cela étant fait, vous tranfporte-rez & le gros thermomètre & les petits verres dans un bain d’eau , que vous échaufferez ou réfroidirez en y mêlant de l’eau plus chaude ou plus froide, jufqu’à ce que la liqueur du grand
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- SUR LES Ex? F.RIENCES. 16$ grand thermomètre foit bien fixée à dix degrés au-deffus du fil de la congélation : alors vous amènerez le fécond fil au niveau de la liqueur des petits verres & vous l’y arrêterez. Si vous voyez que l’efpace compris entre les deux fils, puilfe fe trouver deux ou trois fois au-deffous du premier , & fept à huit fois au-deflus , vous continuerez de marquer ainfi les dixainesavec des fils bien arrêtes fur les tubes , en échauffant le bain de plus en plus jufqu’à quarante ou cinquante , ayant attention à chaque terme , d’entretenir le même dégrc de chaleur dans le bain pendant un bon quart d'heure ou même plus, avant de fixer les fils.
- Vous prendrez de même la première dixaine au deffous du terme de la congélation , par un mélange de glace pilée & de fel marin , dans lequel vous tranlporterez le grand & les petits thermomètres enlemble : cette derniere opération demande plus d’adreffe & d’attention que la précédente ; trois parties de glace pilée avec une de fel de cuifine, produiront un refroidiffement qui, avea
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- 170 Avis particuliers un peu de temps & en renouvelant deux fois le mélange , fera defcendre la liqueur du grand thermomètre de quinze degrés au-deffous du terme de la congélation; attendez quelle y foit, & entretenez-là un bon quart d’heure à ce terme ; marquez alors avec un fil fur chacun des petits thermomètres l’endroit où fe termine la liqueur; l’efpace compris entre ce fil & celui qui marque le froid de la glace fans mélange , étant partagé en trois parties égales, les deux premières en defcendant vous donneront la dixaine que vous cherchez.
- Il faut que le mélange déglacé 8c de fel foit proportionné par la quantité, à la grandeur & au nombre des verres qu’on y plonge , afin qu’il puilfe leur communiquer complètement le degré de refroidiffement dont-il elî capable, & c’ell pour en être plus fùr que jeconfeille de le re-nouveller : il faut auffi remuer avec une cuillier à bouche ou quelque autre infiniment la fuperficie du mélange , qui, fans cela, fe durciroit, & mettrait lesverres en rifque d’être caffés.
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- SUR LES EXPÉR IENCES. 171 Quand vous aurez pris ainfi les termes de froid & de chaud de 10 en 10 avec des fils bien fins & collés fur les tubes, vous appliquerez chaque thermomètre , fur la planche qui trait porter l’échelle de divifion , & vous y tracerez les dixaines par autant de traits qui répondent à ces fils, après quoi vous diviferez tous ces efpaces en dix parties égales, & vous mettrez des chiffres de y en y, comme je l’ai dit pour le grand thermomètre : fi les tubes font à-peu-près cylindriques.comme je l’ai recommande d’abord , la marche de ces petits thermomètres fera fenft-blement conforme à celle des grands ;
- & l’on pourra, fans craindre aucune erreur de conféquence , prolonger de quelques dixaines la divifion d’en-bas , en les faifant égales à celle qu’on s’eft procurée par le moyen du refroidiflement artificiel.
- Si l’on fait enfemble un certain nombre de ces petits thermomètres, delà maniéré que je viens de le dire, les uns auront immanquablement les dégrés plus grands ou plus petits que les autres, parce qu’il n’eft guere Pij
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- " 172 Avis particulïer-s poffible qu’il y ait dans tous un meme rapport de capacité entre la boule & le tube. Cela n’empêchera pas qu’ils n’aient tous la même marche ; mais d’un côté , il faut que chaque degré ait une certaine étendue , afin qu’on puiffe tenir compte , au moins par eftimation, d’un A d un j d’un D’un autre côté fi les dégrés font grands, il y en aura moins fur l’échelle , & le thermomètre alors pourroit bien n’avoir pas aflez d’étendue , pour mefurer en certains cas les dégrés de froid ôc de chaud auxquels on au-roit affaire ; c eft pourquoi quand vous aurez marqué les dixainesavec des fils, comme je l’ai enfeigné ci-deffus, vous mettrez à part pour les ufages communs, ceux qui, avec dix à douze pouces de longueur, fe trouveront avoir quatre à cinq dixaines au-deflus& deux ou trois au-deffous du terme de la congélation ; les dégrés auront chacun une ligne d’éten* due pour le moins, & cela eft fuffi-fant, pour fuivre les variations de la température de l’air libre , d’un appartement, d’une ferre, &c. vous en réferverez quelques-uns de ceux
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- sur lés Expériences. 173 qui auront un peu plus que huit dixai-nés par en-haut, pour certaines expériences , où il s’agira de connoître des degrés de chaleur qui approchent de celle de l’eau bouillante ; & vous rebuterez les autres , dont vous cafferez les boules pour vuider la liqueur, & en fouiller d’autres un peu plus petites ou un peu plus grandes au bout des mêmes tubes ; c’eft pour cela que je donne d’abord à ceux-ci douze à quatorze pouces de longueur.
- Tous ces thermomètres étant réglés & finis quant à la graduation , vous approprierez leur monture à l’ufage que vous en voudrez faire. Le plus commun de tous, c’eft celui par lequel on obferve les variations qui arrivent d’un jour à l’autre à la température de l’air extérieur : il faut pour cela que le thermomètre foit ex-pofé en dehors des appartements, il faut auiïi qu’il puilfe fouffrir les injures du temps : les ornements y font inutiles , mais il eft néceffaire que la graduation & les chiffres puiffent tenir pendant un long efpace de temps contre la pluie & les autres influen-
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- 174 Avis pakticuiiebs ces de l’air. Vous attacherez donc l’indrument fur une petite planche A, PI. VIII. Fig. i. de 4 pouce d’é-paiifeur avec une petite moulure tout autour, fi vous le voulez; vous ferez dans le bas, un creux hémifphérlque pour loger la moitié de la boule, & vous la couvrirez d’un papier blanc bien collé. Vous vous fervirez pour cela de colle de farine nouvellement faite, bien blanche de bien nette , & quand ce papier fera appliqué ainfi fur le bois , vous l’encolerez par-deffus ; c’eft-à-dire, que vous y paf-fe.-ez une couche de la même colle que vous lailferez bien fécher, avant d’y tracer la graduation & les remarques propres aux différents termes : vous finirez par y mettre trois ou quatre couches de verni blanc & bien tranfparent, qui empêcheront l’eau & le brouillard de détremper le papier j voyez l’emploi du vernis, Tome I.page 498. Ce n’eft point affez de mettre du vernis fur le papier, on doit encore couvrir d’une peinture détrempée à l’huile ou au vernis, les bords & le derrière de la planche, afin que l’humidité ne pénétré point dans le bois.
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- sur les Expériences. 17J Il faut de plus fur la planche , & à côté du tube, un petit index qui glif-fe fur un fil de laiton, & qui rafle reflort deflus pour s’arrêter où l’on veut ; les Emailleurs préparent pour cela des petites mains d’émail dont le doigt index s’alonge vers le tube ; au défaut de cela, on peut découper une petite piece de laiton fort mince comme B, un peu repliée des deux bouts avec deux trous par lesquels on fait pafler le fil de métal qui efl tendu d’un bout à l’autre de ' la planche, & arrêté par l’autre côté. Cette planche doit aufli avoir par en-haut un anneau pour l’accrocher, 3c en bas par derrière, un petit tafleau qui empêche la boule de toucher la muraille, fuppofé , qu’elle excede l’épaifleuf du bois.
- Les thermomètres qui font delli-nés à être plongés dans le bain, ou dans des liqueurs dont on a intérêt de Connoître le dégré de chaud ou de froid, peuvent être attachés fur une petite planche très-mince & très-légère , qui foit brifée comme C, avec une charnière, vis-à-vis le terme de la congélation ou ailleurs ; par
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- 176 Avis particuliers ce moyen , la partie inférieure fe releve & s’applique contre la partie d’en-haut où elle s’arrête avec un petit crochet ; la boule alors & une partie du tube relient ifolés, & peuvent fe plonger fans que la graduation courre rifque d’être gâtée ; les thermomètres qui font ainfi montés , fe rangent dans une boîte longue, dont le fond e(l percé pour lailfer palfer le piton, qui reçoit le crochet dont je viens de parler, & il y en a un femblable lous le fond de la boîte , qui le reçoit de même & qui empêche , que le thermomètre, ne remue dans fa boîte.
- D’autres renferment ces thermomètres , avec la planche qui efl fort étroite , dans des tubes de'verre fcel-lés parles deux bouts, ou fermés par en-haut avec un couvercle de métal maftiqué, comme D. Il faut un peu plus de temps pour connoître avec ces derniers inftruments, le jufle degré de froid ou de chaud des matières clans lefquelles on les plonge, & par cette raifon, il y a des cas où ils feroient d’un mauvais fervice.
- Quand il ne s’agit que de rendre
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- sur lbs Expériences. 177 le thermomètre portatif, & qu’on ne prévoit point devoir le plonger dans des liqueurs & autres matières , on peut le renfermer dans un étui com-pofé de deux pièces qui font jointes par deux charnières , & qui ont par en bas chacune un renflement dans lequel on creufe de quoi loger la moitié de la boule avec une rainure fur toute la longueur, pour recevoir la moitié de l’épaiffeur du tube E , Fig• 2.
- On peut faire les charnières de cet étui d’une maniéré très-fimple , & fufhfamment folide , avec un fil de laiton tourné en tire-bourre parle milieu, & un autre fil paffé dedans, & plié d’équerre parles deux bouts comme F ouf; les deux bouts d i , limés en pointe traverfent l’un des bords de la piece G, les deux autres i i, traverfent de même la piece H, & tous les quatre fe rabattent par derrière , de maniéré que leurs pointes pliées en crochets, font pouflces dans le bois à petits coups de marteau ; & de cet affcmblage il réfulte 1 étui E , qui s’ouvre & fe ferme quand on veut avec deux petits cro-
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- 17S Avis particuliers chefs, & au moyen duquel on peut porter le thermomètre fans aucun rifque.
- Comme cet étui n’a guere qu’un pouce J de largeur, on couvre de papier blanc , collé comme je l’ai dit ci-deffus, les faces intérieures des deux pièces qui le compofent ; fur celle qui porte le thermomètre , on fe contente de tracer la graduation avec les chiffres , & l’on écrit fur l’autre , les principes de la conltruc-ticn, ôc les remarques qui appartiennent aux différents termes. On peut fe difpenfer d’en vernir le papier, & par conféquent de l’encoller par-deffus ; mais quand on l’expofera à l’air libre , il faudra prendre garde qu’il ne foit mouillé ; il futnra qu’il y foit expofé un quart-d’heure, pour indiquer le dégré aftuel de froid ou de chaud.
- Quoique ce dernier thermomètre ne foit pas monté pour être plongé dans des liqueurs,on peut aifément lui procurer cette propriété ; au lieu de l’attacher fur fa planche avec des fils de laiton, comme les autres, on peut l’y retenir avec deux petits tourni-
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- sur les Expériences. 179 quets de cuivre au moyen de quoi, il s’enlèvera très-aifémenc ; & l’on fuivra le mouvement de la liqueur, quand onia verra monter ou defcen-dre , avec un fil qu’on fera gliffer fur le tube , ou avec un petit tronçon de plume à écrire enfilé fur le tube , fendu pour faire relfort, & taillé en pointe par un bout , pour marquer exaflement où s’arrête la liqueur du thermomètre.
- Il efi prefqu’inutile de dire, qu’il faut attacher en-haut de l’étui , un petit bout de fil de métal tourné en boucle pour recevoir un ruban , qui ferve à l’ufpendre l’inllrument : mais fi l’on veut qu’il fe tienne droit 8c fans pencher , ce n’eft point au milieu de l’une des deux pièces de l’étui , qu’il faut placer cette fufpen-fion , c’ell en E , c’efl-à-dire fut la piece qui porte le thermomètre , & vers les trois quarts de fa largeur.
- Cet étui efi fufceptible d’ornements , on peut le faire paflerpar les mains du Vernifleur, qui l’enjolivera de différentes couleurs, & de deffeins en or ou en argent) le tout avec peu de dépenfe.
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- 180 Avis pauticuxiïrs
- Comme les petits thermomètres & fur-tout celui dont je viens de parler en dernier lieu, font faits pour être tranfportés au loin & fujets à fouffrir les'fecoulfesdes voitures, il arrivera fouvent, que la liqueur fera partagée en plufieurs parties dans le tube ; pour la réunir vers la boule, il faudra employer le moyen que j’ai indiqué ci-delius page 167, en parlant de la maniéré dont il faut s’y prendre pour emplir les verres.
- On ne peut plonger les thermomètres à efprit-de-vin dans des matières fort chaudes , qu’avec beaucoup de précaution, & toujours au rifque de les caffer ; ceux de mercure réfiflent mieux à de pareilles épreuves & ils ont encore l’avantage de prendre plus promptement le dégré de chaud ou de froid qu’ils doivent indiquer,avantage précieux dans bien des occafions : on fera bien de s’en procurer de cette efpece, en les graduant fur un bon étalon, comme je l’ai enfeigné ci-deflus ; mais je dois avertir, que fi l’on ne fuit pas l’étalon de dix en dix dégrés jufqu’à foixante-quinzeouquatre-vingtcequi et! allez
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- sur les Expériences. 181 difficile , on doit s’attendre que le mercure dans les matières fort chaudes , devancera l'efprit-de-vin de pluiieurs degrés; de forte qu’en s’accordant bien avec les petits thermomètres a efprit-de-vin jufqu’au quarante ou quarante-cinquième degrés, 1 eau bouillante le fera monter à quatre-vingt-cinq ou quatre-vingt-lix , au lieu de quatre-vingt.
- Comme le mercure fe dilate & fe condenfe bien moins que l’efprit-de-vin employé par M. de Reaumur; on n en peut avoir les degrés un peu grands qu’en faifant la boule plus greffe ou le tubeplus étroit; mais une grofle boule remplie de mercure de-vient fort lourde, & rend l’inftrument trop cafuel; il elt plus à propos de rétrécir le tube , & communément on Je prend très-capillaire: ce qui rend le verre du thermomètre plus difficile a remplir , comme il faut qu’il le lojt : car il ne faut pas qu’il y refte la moindre petite bulle d’air qui interrompe ia continuité du mercure, foit dans la boule foit dans le tube; on en vient cependant à bout avec un peu d’adreffe & de la patience ,
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- ïS2 Avis particuliers en s’y prenant de la maniéré fui* vante
- Ayez dans un vafe de verre , de porcelaine ou degrés, du mercure bien purifié , qui n’ait aucune humidité , 6c qui foit entretenu, un peu plus que tiede ; faites-en entrer quelques gouttes dans la boule du verre 9 comme vous avez fait avec l'efprit-de-vin ; chauffez cette petite quantité de mercure affez fortement, pour la convertir en vapeur dilatée , & plongez le bout du tube dans le vafc qui contient celui qui eft de beaucoup moins chaud ; celui-ci, l’inflant d’après s’élancera dans la boule qu’il remplira, ainfi qu’une partie du tube ; mais il reliera Je plus fouvent quelque peu d’air qu’il faudra faire for-tir.
- Pour cet effet,liez au bout du tube un petit cornet de papier K , Fig. 2. que vous remplirez de mercure; tenez l’infirument droit, & chauffez la boule du thermomètre fur des charbons ardents jufqu’à ce que vous voyiez bouillir le mercure qu’elle contient; alors ôtez le verre de defius le feu , & laiffez-Ie refroidir, en le tenant
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- sur les Expériences. 185 toujours debout ; par ce moyen , fi* non du premier coup, au moins en le réitérant, vous viendrez à bout de purger le mercure de toutes les molécules d’air , qui pourroient interrompre fa continuité ; mais vous n’en ferez bien fur que quand il fera fcel-lé.
- Vous ôterez le cornet de papier, vous chaufferez la boule dans de l’eau bouillante, pour faire monter le mercure fort haut dans le tube , vous continuerez de la chauffer à feu crud, fans faire bouillir le mercure , mais feulement pour le faire monter de quelques pouces plus haut ; s’il ne fe trouve point alors à l’extrémité du tube, vous couperez celui-ci à cet endroit-là & vous le boucherez avec une boulette de cire avant que le mercure commence à defcendre.
- Cette opération étant faite , Iaiffez un peu refroidir le verre & ce qu’il contient; plongez le enfuite debout pendant cinq à fix minutes, dans de la glace pilée, 8c examinez, i°. s’il y a du mercure au-deffus de la boule environ jufqu’au quart de la longueur du tube : 20. fi en renverfant l’inf-
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- 184 Avis particuliers trument bout pour bout, & le fo-couant légèrement, vous f.rez tomber une colonne de mercure qui rem-pfifle tout le tube fans aucune interruption ni dans fa longueur 9 ni au collet de la boule , & fi la quantité de mercure , qui efb ainfi tombée procure dans la boule un vuide, qui fe remplifle entièrement quand vous redrefiez rinftrument. A ces' deux conditions le thermomètre méritera d’être gradué quand vous l’aurez fcellé.
- Vous ôterez la boulette de cire ; vous chaufferez au feu de lampe le bout du tube pour le tirer en pointe, fans le boucher ; vous ferez monter le mercure tout en-haut comme précédemment , & fans lui donner le temps de descendre, vous ferez fondre le bout du tube foit à la lampe ibit à la flamme d’une groiïe chandelle foufflée avec un chalumeau : 8c vous rendrez enfuite le fcellement plus folide s ayant foin feulement que l’air ne rentre pas dans le tube.
- Si le mercure rappellé au froid de la glace, remplit le tuyau beaucoup plus ou beaucoup moins, que ce que j’ai
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- SUE LES E XÏÉEIENCES. rSp j'ai exigé par la première condition , c’eft une marque que la boule n’eft point en bonne proportion avec le tube ; ou il n’y auroit point affez de marche au-deffous du terme de la congélation , ou les dégrcs feroienc trop petits : il faut vuider le verre , & fouiller une autre boule au tube. Si la fécondé condition n’eft point remplie & que la première le foit, il fuffira de remetre le cornet de papier au bout du tube, & de faire bouillir de nouveau le mercure dans le verre.
- Des thermomètres de mercure d’un pied de longueur , peuvent avoir une étendue fuffifante, & des dégrés qu’on puiffe compter aifément, leur boule étant de la groffeur d’une petite cerife : & alors ils font très-fenfibles ; pour leur donner les mêmes qualités avec des tubes moins capillaires , qui exigent une boule plus grolfe , on y fubftituera , une chambre cylindrique L , dans laquelle le mercure s’échauffera ou fe refroidira plus vite que s’il étoit renfermé dans une fphére de même capacité.
- Terne III. Q
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- • iStf Avis particuliers
- Quelques Auteurs, pour faire valoir davantage les thermomètres de mercure, ont dit que l’efprit-de-vin par fucceflion de temps, perdoit une partie de fa dilabilité ; je puis répondre que cet effet n’a pas lieu au bout de trente-cinq ans ; car je garde avec foin un grand thermomètre, que j’ai confirait avec M. de Reaumur en 17j 2, & que je remets de temps en temps à l’épreuve de la glace : la liqueur revient toujours au terme de la congélation ; & le refroidiffement artificiel, produit par trois parties de glace pilée avec un peu plus d’une partie de fel marin; la ramene auffi à quinze dégrés au-deffous du pré» cèdent.
- Les thermomètres de mercure j étant gradués & fcellés s’appliquent & s’attachent comme ceux d’efprit-de-vin fur des planches, brifées ou non , ou fe renferment comme eux dans des étuis pour être portés au loin.
- ' ’ IR V‘. VI'. VII'. Êr VIII'. Expé-
- ricncts.
- 1 e n’apperçois rien dans les cinq
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- SUR LIS E Xï ÉRI ENSES. 187 dernieres expériences de cette troi-liemefeSion qui puiffe caufer aucun embarras : il n’v a qu’à Cuivre la manipulation qui eft indiquée pour chacune : la compofition des Jeux poudres qui s’employent dans la quatrième & dans la feptieme Ce rcronve encore plus détaillée , dans la r de cet ouvrge , où il eft parlé a drogues, Toir.e I. pag. 287. 288, & 437-
- Dans lacinquieme expérience, j’ai indiqué un bocal ou vaCe cylindrique de verre contenant de l’eau , & un petit matras plongé dedans, parce que ce font des vaiffeaux qu’on trouve aifément, mais le bocal qui eft ordinairement épais par le fond , eft fujet à fe cafter quand on le chauffe fortement dans cette partie; il vaudrait mieux prendre un matras , donc on fupprimeroit prefque tout le col ; on en rabatteroic un peu les bords en dehors, pour le fufpendre plus facilement, & au lieu d’y plonger un petit matras, on y ferait entrer un tube gros comme le doigt, qu’on tiendrait fufpendu avec un fil.
- En faifant la lîxieme expérience,
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- 188 Avis particuliers onfe difpenfera fi l’on veut,de chauffer le mercure dans un bain de fable ; on pourra fans difficulté le faire bouillir, en tenant le verre qui le contient, à la diflance d’un pouce au» defTus d’un réchaud plein de charbons biens allumés.
- La cuiller dans laquelle on place la poudre fulminante doit être de fer forgé , mais plus épaifîe , que celles qu’on trouve communément chez les Quinquaillers; il ne faut pas qu’elle ait moins de deux lignes d’épaiffeur; elle fera afTez grande, fi elle efl large comme la paume de la main , avec trois quarts de pouces de profondeur au milieu.
- Première Expérience.
- L e vaifleau répréfenté par la Fie; xiv. 24. citéé en marge, faifant partie du rv'scnbn pct*r alambic dont il efl fait men-ri. vi. Fig. tionà la fuite de cette expérience, & *4' qu’on fera fans doute bien aife de fe procurer , j’invite le Leiteur à confulter les figures des deux planches 6 8c 7 , de la quatorzième Leçon , qui lui mettront fous les yeux toutes les parties de cet infiniment; 8c
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- sur les Expériences.!?^ je vais ajouter ici quelques éclair-ciflements dont il pourroit avoir be-foin, pour la conftrutbion.
- C’eft à un Ferblantier intelligent & adroit, qu’il faut confier cet ouvrage ; il fera le corps du fourneau avec de la tôle de moyenne épaif-feur & la plus unie qu’il aura ; ou bien avec une feuille de laiton gratté, plané, & étamé fur la face qui doit être en dedans. S’il le fait de laiton, les deux bords qui fe joignent feront non-feulement foudés, mais il ajoutera deux ou trois rivures, de peur que la chaleur de la lampe ne les défunifle: parla mêmeraifonle fond fera agraffé tout autour, avec le bord inférieur du fourneau.
- La lampe eft compofée, d’un ré-fervoir A, Fig. 5 , d’un canal C,& d’un porte-meches F.
- Le réfervok efi une phiole de verre qui a neuf à dix pouces de hauteur , & trois ou quatre pouces de diamètre dans fa partie la plus renflée, avec un goulot dans lequel on peut aifément faire entrer le pouce. Ce goulot efl maftiqué dans une virole de ferblanc ou de laiton ,
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- TpoAvl S PARTICULIERS qui a deux pouces de longueur, Sc dont le bout n’eft fermé qu’à moitié par une pièce demi-circulaire, comme on le voit en B. Cette virole attachée au verre , tourne librement dans une autre , qui eft de même prefque à moitié ouverte par le bout, de forte qu’en faifant tourner lesdeux viroles l’une fur l’autre, on peut ouvrir & fermer l’orifice du réfervoirà volonté. Mais afin que la virole de deifus ne puifle que tourner fur celle de delTous, & qu’on ne l’en fépare point en la tirant félon fa longueur, voici le petit artifice dont il faut fe fervir.
- Faitesla virole de delTous de deux pièces g, à, que vous maftiquerez fur le verre, lailTant entr’elles un intervalle de trois lignes ; remplilfez cet efpace, par un petit cercle plat de ferblanc, qui tourne aifément fur le verre; percez fur la virole extérieure deux trous diamétralement oppofés, qui répondent à ce cercle mobile, &avec une goutte de foudure .faitcs-le tenir à la virole; alors celle-ci ne pourra plusni monter ni defcendre, mais feulement tourner, fur la virole de defious.
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- sur les Expériences, ipï
- Le canal C , qui ell de laiton ou de ferblanc a environ onze pouces de longueur , vingt lignes de largeur, fur un pouce de hauteur; la partie circulaire D , ell un peu plus haute & plus large , elle a trois pouces de diamètre ; elle ell ouverte au milieu & furmontée d’une virole qui reçoit celle dans laquelle tourne le goulot du réfervoir; & afin que celle-ci ne puiiïe point tourner , quand elle ell entrée , elle a dans fa partie fupétieure , un bouton quarré , qui defcend dans une échancrure pratiquée au bord delà virole du canal. Ce bouton , avec un anneau g qui ell foudé au bord fupérieur de a première virole , contient le réfervoir à telle hauteur , que fon orifice fe trouve toujours élevé de trois quarts de pouces au-deffus du fond du canal.
- Vers le milieu de fa longueur le canal n’ell fermé que par une piece à charnière, qui peut s’ouvrir & dont le bout va s’appuyer fur le perte-meches : la partie du canal qui reçoit le porte-meches, ell plus large que celle du milieu , c’ell un ovale dont
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- ipî Avis particuliers le grand diamètre a deux pouces & demi.
- Le porte-meches F, eft garni tout autour en-deflous , d’une bande de ferblanc, qui le tient élevé à deux lignes près du bord du canal. Il eft percé & garni de trois petits tuyaux/ qui excédent fon plan de deux lignes & demie tant en deffous qu’en deflus-Chaque tuyau a deux lignes & demie de diamètre , & les trois difpofés en triangle, font à un pouce de diftance l’un de l’autre : afin que la lampe porte bien fur la table , & qu’elle foit moins en danger de fe renver-fer, on fera bien de tenir le milieu du canal un peu plus élevé que les deux parties extrêmes, afin qu’il n’y ait que celles-ci qui portent.
- Le Potier d’étain fournira une eu-curbite I, & fon chapiteau K , qui s’emboîte exaétement, ayant un bord bien drefle qui s’applique fur la plateforme d’une cordon i ï, pratiqué au col de la cucurbite. 11 doit encore y avoir à cette piece un autre cordon ou une moulure une peu {aillante à laquelle on puifl'e fonder le bord fu-périeur du bain-marie, Ls Ferbian-
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- sur les Expériences. 153 lier Coudera aufTi au bas du chapiteau , une virole évafée comme M, un peu échancrée pour embralfer la nailTance du bec , & garnie d’un robinet dans la partie oppofée ; il faut que ce vafe qui doit fervir de réfrigérant, s’élève d’un pouce & demi ou même de deux pouces au-deflus du chapiteau.
- La bouilloire, ou bain-marie L, a cinq pouces de hauteur; elle entre de trois pouces dans le corps du fourneau , & s’arrête par un cordon qui régné fur fon pourtour ; le deifus elt un peu convexe , il elt foudé d'une part à la cucurbite & de l’autre au bord de la cuvette ; il n’y a de communication du dehors au dedans , que par une virole 1, d’un pouce & demi de hauteur, par laquelle on fait entrer l’eau, & dont le bout fe ferme enfuite avec un couvercle percé de quelques trous, pour donner iffue à la vapeur.
- Si l’on n’a pas la commodité de fe procurer une cucurbite d étain , on en choilîra une de verre avec fon chapiteau , & l’on emptoyera l’une & l’autre de la maniéré fuivante.
- Tome VI, K
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- i<)4 Avis particuliers
- Vous ferez faire la bouilloire de deux pièces qui pourront fe féparer ; l’une fera une cuvette comme AT. L’autre fera un couvercle O qui s’emboîtera deffus, & qui fera percé au milieu, pour laifler paffer le col de la cucurbite ; celle-ci fera retenue à ce couvercle par deux petites bandes de fer-blanc eroifées fous le vaif-feau,& foudéesau couvercle parleurs extrémités.
- Le réfrigérant ne pouvant être fou-dé au chapiteau qui eft de verre , le Ferblantier y fera un fond k , de plomb laminé , qu’il emboutira , & qu’il ajuftera à la forme du chapiteau avant de le fouder.
- La cuvette au bain de fable , fe fait également, avec de la tôle, avec du laiton, ou avec du ferblanc; mais comme elle peut recevoir un dégré de chaleur plus grand que celui de l’eau bouillante , & tel que la fou-dure d’étain ne pourrait pas foute-nir, il ne faut point oublier de river ou d’agraffer enfemble les bords des pièces, qui fe joignent ; cette cuvette doit avoir une échancrure , peu; donner paflage au col d’une
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- sur les Expériences, tçf cornue,&fon couvercle un peu bombé doit être furmonté d’un rebord qui ait environ un pouce, pour retenir le fable qu’on met delïus , lorfque cette piece doit fervir de réverbère.
- Quand vous voudrez faire ufage de ce petit alembic , vous vous y prendrez de la maniéré fuivante.
- Vous mettrez dans la cucurbite les matières que vous voudrez diftil-ler, fi ce font des plantes ou des Heurs aromatiques, vous ferez bien de les mettre tremper dans l’eau-de-vie, quelques jours avant la diftilla-tion ; vous mettrez, par exemple, une pinte de liqueur avec autant de Heurs de lavande qu’il en peut tenir dans lés deux mains réunies ; 8c vous tiendrez le vaiffeau bouché, ju(qu’au moment où vous voudrez mettre le feu à l’a-îembic rvous commencerez alors par accommoder la lampe. ;
- Prenez de l’huile d’olives à bas prix, verfez-en dans le canal jufqu’à la hauteur d’un demi pouce , 8c rem-pliffez-en le réfervoir, dont vous fermerez enfuire l’orifice en tournant la virole de deflùs. Mettez ce réfer-Rij
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- I E R S
- i$S Avis particul voir en place, en engageant le bouton quarré dans l'on échancrure ; faites tourner la phiole un quart de tour , pour ouvrir fon orifice , afin qu’il puiffe fe noyer dans l’huile qui tombera dans le canal.
- Gamiffez le porte-meches avec des fils de coton qui nè foient pas trop gros , de maniéré qu’ils rempliffent bien les petits tuyaux , fans cependant y être trop ferrés ; il faut qu’on puiffe à peine tirer chaque meche. avec la pointe des cifeaux : vous mettrez le porte-meches en place, ayant foin que les fils de coton qui paffent en en-bas foient bien plongés dans l’huile, & vous allumerez les bouts qui paffent par en-haut hors des tuyaux , les laiffant brûler ainlï pendant quelques minutes fans y toucher.
- Pendant ce temps-là, vous remplirez la bouilloire avec de l’eau bouillan-*e; vous placerez le chapiteau fur la cucurbite , avec fon réfrigérant, dans lequel vous verferez de l’eau froide, jufqu’à ce qu’il en foit prefque plein, & vous ferez entrer le bec du chapiteau dans le col d’un raatras ,dont
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- sur res Expériences. 157 Tous foutiendrez la boule avec un petit fuport qui fe haufle & fe baille ; cet enfemble ell repréfenté , dans la planche VI. de la quatorzième Leçon , Figz6.
- Si la cucurbite ell de verre , il ne faut pas la faire plonger brufquement & à demeure dans l’eau bouillante , de peur qu’elle ne fe caffe ; il faudra par plufieurs immerfions très-promptes & dans de l’eau un peu plus que tiède , la difpofer à fouffrir fans accident la chaleur de celle qu’on mettra dans la bouilloire.
- L’alembic étant donc ainfi préparé & placé fur une table, ou fur une tablette de cheminée , où il puifle relier pendant tout le temps de la dillillation , il n’y aura plus qu’à faire avancer le bout du canal qui porte les meches vers le centre ou fourneau ; mais auparavant, on fera prendre aux meches la forme d’un pinceau fort court, comme f, en coupant avec des cifeaux les fla-méches tout autour, & en appuyant un peu avec une des lames , pour
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- 158 Avis particuliers commun , & former la pointe : les uieches ainfi rangées auront une flamme blanche, & brûleront pendant cinq à fix heures , fans produire ni mauvaife odeur ni fumée : on pourra s’en aflilrer en préfentant au deiïus, une carte àjouer , car elle ne fera point noircie ; après cet ef-pace de temps, il fe formera à chaque meche, un petit champignon qu’il faut enlever avec la pointe des cifeaux , & s’il en eft befoin, vous la tirerez un peu hors de fon tuyau , & vous lui referez la pointe comme ci-devant.
- Il faut avoir foin auflj de renou-veller de temps en temps l’eau du réfrigérant j après avoir vuidé par le robinet celle qui s’eft échauffée.
- On ne doit jamais remplir la cu-curbite que jufqu’à la naiflance du col ; une pinte de liqueur avec les feuilles, ou les fleurs qu’on y mêle, fuffit pour cela ; & l’on n’en doit tirer que chopine, (ï l’on veut que la liqueur diftillée , foit bien fpiricueu-fe & bien claire. Tout ce qu’on dif-tille à l’eau-de-vie, peut aufli fe dif-
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- sur les Expériences. 199 tiller avec du vin blanc , mais on tire moins de liqueur , & elle eft moins forte en efprit.
- La rôle , la fleur d’orange, & tout ce qui fe diflille à l’eau, va beaucoup plus lentement fi l’on fe fert du bain-marie; on hâte davantage la diftil-Jation, en la faifant au bain de fable, avec une cucurbite de verre ; mais on rifque de lui faire prendre un goût de feu, qui eft défagréanfe. On ne doit mettre qu’un" verre d’eau dans la cucurbite, avec une quantité de fleurs qui la remplifle aux deux tiers , ou aux trois quarts.
- II rie faut jamais fe fervir de la cucurbite d’étain pour difiiller des matières acides,ou grafles, qui pou-roient mordre fur le métal, ou in-feder le vaifleau, on doit avoir pour cela des cucurbites de verre qu’on met fur le bain de fable.
- On fait ufage cle la cornue pour les matières qui font fort péfantes & qui auroient peine à s’élever dans le chapiteau^d’une cucurbite: on fait entrer le gros du vaifleau dans le fable, on couvre la cuvette qui le contient & l’on ajoute un doigt de fa-Riv
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- 200 Avis PARTICULIERS ble fur ce couvercle, qui fait alors l’office d’un reverbere & qui augmente la ehaleur fur la cornue.
- Quand les liqueurs qu’on diftille , font très-volatiles. & fur-tout quand les vapeurs qu’elles peuvent répandre font dangereufes , il faut luter le bec du chapiteau ou le bout de la cornue au col dumatras dans lequel il entre , & qui fcrt de récipient : le plus fouvent il fuffit de coller une ou deux bandes de papier fur la jonction , dans certains cas, & pour plus grande fureté , on peut enduire le papier d’un lut fait avec le blanc d’œuf & de la chaux mife en poudre : on doit luter de même le chapiteau à la cucurbite.
- Quand la diftillation eft finie , il faut vuider les vaiffeaux les nétoyer, & les bien efluyer: pour ôter l’huile de la lampe , il faut tourner le réfer-voir dans fa virole mobile, en fens contraire,& autant qu’on l’a fait tourner pour ouvrir l’orifice ; & pour cela , il eft à propos qu’il y ait une marque fur l’anneau qui borde la partie fupérieure de la virole mafti-quée fur le verre, L’orifice étant ainlï
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- SCR 1RS ExfésiENCÏS. sof fermé , on peut enlever la phiole fans que l’huile fe répande , & on fa peut garder l’orifice en-haut, fans la vuider: mais il faut ôter l’huile du canal, à moins qu’on n’ait deflein de recommencer une nouvelle diltilla-tion fous peu de temps : il faudroit même prefler les meches, de peur que l’huile dont elles font imbibées, ne s’épaiflifle en y féjournant.
- Seconde Expérience.
- A la fuitede cette expérience, fur !-"*
- laquelle je me fuis fufiïfamment ex-pliqué , il ell parlé de l’Emailleur iv. Scûi™. qui travaille au feu de lampe ; fon ^ l\laU^ art ell: d’un grand fecours dans la su Phyfique Expérimentale , voyez ce que j’en ai dit dans la partie de cet ouvrage où il ell queftion du verre,
- Tome I. pag. 200. J’y ai fait mention aufli d’un petit appareil nouveau, qu’on peutfe procurer à peu de frais,
- & avec lequel il eft aifé d’amollir le verre, defcellerdes tubes, defouf-fler des boules de thermomètres ,
- &c.
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- 302 Avis particuéier'S
- 'îroijieme Expérience.
- -,e —' Cette expérience & celles
- XIV. qu’bn peut faire par des mélanges îyfseaion. femblables , prouvent que la chaleur fi. vi il fc perd par communication, Sc mon-hg. 31 b’tfçnt dans quelles'proportions cela fe fait ; on doit y ajouter maintenant celles qui font voir qu’un corps ' fe refroidit, par l’évaporation d’une liqueur dont, il a été mouillé extérieurement, & que le refroidiifement efl: d’autant plus grand , que l’évaporation eft plus prompte : c’eftune découverte qui a encore tout le mérite de la nouveauté.
- Otez ‘Un petit thermomètre de deffus fa planche , prenez-le par le haut du tube , trempez la boule dans un vaifieau qui contienne de Pefprit-de-vin , qui ait la température du lieu où fe fait l’expérience ; tant qu’il fera ainfi plongé , fa liqueur ne fera aucun mouvement dans le tube , ce qu’il fera aifé de reconnoître par un fil que vous lierez à l’endroit où elle s’eft fixée avant l’immerfion. Mais quand vous l'aurez enlevé Sc qu*
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- sür les Expériences. 203 vous l’aurez balancé pendant une demi minute dans l’air, vous verrez que fa liqueur eft abaiflee au-deflous ou fil , & vous la ferez defcendre encore davantage, fi vous réitérez de fuite les immerfions & les évaporations; de forte que s’il n’y a pas plus de dix à douze dégrés de chaleur dans Je lieu où fe fait l’expérience, & que vous vous ferviez d’une liqueur plus volatile que l’efprit-de-vin commun , vous parviendrez à faire defcendre la liqueur du thermomètre au-deflous du fil qui marque le terme de la congélation.
- Au lieu d’efprit de vin, fervez-vous d’Ether, & au lieu de thermomètre , prenez un petit tube , au bout duquel il y ait une olive creufe, mince, & pleine d’eau commune , couvrez cette derniere partie d’une enveloppe de linge fin ; & procédez comme ci-devant dans un lieu où il ne fafle pas trop chaud , vous ferez infailliblement geler l’eau , qui efl: au bout de votre tube.
- Cette derniere expérience réufllt, encore plus fûrement & plus promptement dans le vuide ; fi vous vou*
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- S04 Avis iauticdlieei lez la faire , vous attacherez le tube à la tige d’une boite à cuirs, pour le pouvoir plonger , & enlever de la liqueur ; & vous mettrez l’éther dans un vafe un peu profond , afin que l’ébullition que le vuide occafion-nera , ne donne point lieu à fa dif-perfion.
- Ce que j’ai dit à l’occafion des larmes de verre , pourroit vous donner envie d’en faire l’épreuve dans le vuide ; auquel cas vous pourez faire ce qui fuit.
- Donnez au Fondeur un modèle en bois , pour avoir une piece de cuivre , que vous tournerez & limerez conformément à la Fig. 4. réfer-vant à la plate-forme d’én haut, deux oreilles P, p , avec un trou taraudé en R , pour vifier la piece au centre de la platine d’une machine pneci-matique; & deux autres petits trous q , q, par où l’air du récipient puifle être pompé.
- Vous préparerezune platine ronde de la grandeur de la plate-forme , ayant comme elle deux oreilles percées pour recevoir deux vis, dont les écroüs feront taraudés en P & en p.
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- sur tes Expériences. 207 Avec un cifelet, vous creuferoz fur la plate forme une cavité dans laquelle puiffe fe loger prefqu’entiérement le gros bout d une larme de verre que vous aurez choilîe pour l’expérience ; vous creuferez de même , mais moins profondément le deffous de la piece S ; de forte que la larme de verre enveloppée d’une petite bande de linge ou de papier gris , & placée entre la plate forme & la piece S, y fera alfujettie par la preffion des deux vis, comme on le peut voir en R, où l’enfemble eft repréfenté. Pour caffer la queue de la larme , on fe fervira d’un récipient avec une boîte à cuirs , en mettant au bout de la tige , un bouchon de liege échancré en-delfous, pour appuyer fur cette partie, fans qu’elle puiffe échapper en glilfant.
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- 206 Avis particulier
- AV I S
- Concernant la Quinzième Leçon.
- Première , fécondé & troijieme . Expériences. .
- i- J e crois n’avoir rien laiffé à délï-l sel » rer ^ur *es procès qu’il faut fuivre LS;£Uoii. dans ces trois premières expériences: quant à la préparation du phofphere d’urine, & à la calcination des pierres qui peuvent devenir lumineufes, ce n’eft point ici le lieu d’en parler. Voyez ce que j’en ai dit Tomel.pag. 378. ir fuiv.fr pag. 439.
- Apres avoir rapporté le fentiment de Defcartes fur la propagation de la lumière, qu’il attribue à un mouvement de preflion & de vibration communiqué de proche en proche aux globules de cet élément, j’ai dit que cette opinion avoit fes difficultés , & j’ai fait mention de celles qui m’ont paru les plus fpécieufes ; j’ai dit au lujet de la première objeâion, Leçons de PhyJiijucTome, V. page ) I , que li l’on a peine à comprendre
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- sur les Expériences. 207 comment la petite portion de lumière qui gît dans un trou d’épingle , qu’on fait à une carte à jouer, peut fervir à tranfmctre à l’oeil fans con-fufion, les mouvements qu’elle reçoit en même-temps d’une infinité de rayons qui viennent y aboutir avee des directions différentes, on comprend encore moins comment un fi petit trou , feroit le paffage commun de ces mêmes rayons, confidé-rés comme des jets dont le mouvement confifleroit dans un tranfport très-rapide de leurs parties. On peut ajouter à cette réflexion, que la nature ne nous fournit d’ailleurs aucun exemple de liqueurs ou de fluides qui coulent avec rapidité par le même permis, & qui s’y croifent fans fe confondre ; au lieu qu’on peut faire voir plufieurs files de bosiJes élaftiques qui fe croifent fur un corps femblable, &qui tranfmettent au-delà , leurs mouvements de vibration, fans que l’une nuife à l’autre.
- Prenez les fept billes dont j’ai fait mention dans les Avis fur la quatrième Leçon , Tome II. page 140. fufpen-dez-les avec des fils de foie, de ma-
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- 20S Avis parti c u l i ers
- niere qu’elles foient bien contiguës -les unes aux autres fur deux rangs qui fe croifent, & que leurs centres foient tous dans un même plan horizontal , comme dans la Fig. i. PL IX.
- Vous vous fervirez pour cela dé la machine que j’ai décrite à l’endroit même que je viens de citer. Vous percerez dans les deux traver-fes croifées , fept petits trous efpacés entr’eux fuivant le diamètre des boules ; vous y ferez paffer les fils de fufpenfion, & vous les arrêterez avec des petites chevilles de bois qui les preffent, quand chaque bille fera à la hauteur convenable.
- Si vous tirez de leur aplomb, les deux premières billes A, B, & qu’après les avoir élevées de trois ou quatre pouces dans des plans dirigés, comme AC & B D, vous les laifîiez tomber en même-temps, contre celle au centre de laquelle fe croifent ces deux lignes, vous verrez les deux dernieres partir après le double choc , & fe porter l’une vers C, l’autre vers D , comme fi vous aviez frappé en deux temps différents , celle
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- SUR LIS ExPiKIENCES. 20J «elle qui à communiqué Je mouvement.
- Première Expérience.
- Pour faire commodément des. -,
- expériences avec les rayons du fo- , tx'^ Jeil, il faut les introduire dans une tîscai chambre où l’on puifle faire aifément > IL
- & promptement l’obfcurité en plein F‘s'6' jour : cette chambre doit avoir une fenêtre au midi ou à-peu près, avec une ouverture de la figure d’un quar-ré long , dont les petits côtés ayent quatorze pouces de hauteur & les grands vingt pouces.
- Je n’ai rien trouvé iufqu’à préfent de plus fur ni de plus expéditif pour ôter le jour des fenêtres , que des chaflis faits en bois de fapin ou de tilleul , & couverts des deux côtés d’une grade toile bien tendue avec des broquettes , qu’on peint en fui te en couleur d’ardoife avec du blanc d’efpagne & du noir de fumée détrempés à la colle. On peut encore pour plus de fûreté coller en dedans, fur la première toile qui aura été tendue , une ou deux couches de gros papier gris, qu’on peindra en
- Tome III, S
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- flio Avis p ar ti c tritKRff' noir, & qu’on laiflera bien féchel avant de clouer ta fécondé toile.
- Si les chaftis font grands , il eft néceffaire d’y mettre une ou plu-lieurs traverfes, pour les maintenir droits ; & s’il en faut plufieurs pour couvrir 'la même fenêtre , on aura foin d’y pratiquer des feuillures, afin que le bord de l’un recouvre celui de l’autre. Us feront poféspar en-bas fur untafleau, ou fur l’appui delà ferre , & par les côtés, ils feront retenus par des tourniquets ou par de* broches de fer fichées dans le mur.
- L’ouverture que doit avoir 1 c chaf-fis qui fermera la fenêtre du midi, ne fera élevée que de trois ou quatre pieds au-deffus du plancher carrelé ou parqueté de la chambre : elle fera formée par une traverfe A A, Fig. 2. parallèle au côté B B, & par deux montans parallèles kAB, fi le chaf-fis eft trop large. Tous les bois de ces chaflis ne doivent point avoir moins de deux pouces de largeur , fur cinq à fix lignes d’épaiflëur.
- La caille dont je me ferf maintenant eft plus (impie & plus commode, que celle que j’ai décrite dans la
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- SUR LE sEx PÉR IEJJCES. 211 Triparation de la première expérience ; elle a la longueur & la largeur qu’il lui faut pour entrer jufte dans l’ouverture du chaflis ; elle eft retenue par un taiTeau qui régné fur fes quatre côtés à un pouce près du bord , & qu’on arrête par des tourniquets attachés avec des vis, en C, C, C, C.
- Le devant de la caille ell tout ouvert , & le fond d’en-bas D, Fig. 3, prolongé d’un pied , avec un rebord de fept à huit lignes de hauteur, & des gouflets qui font partie des deux petits côtés, s’avance en dehors de la fenêtre ; cela fuppofe, comme l’on voit, qu’on a enlevé le chaflis vitré, ou qu’on l’a difpofé de maniéré a pouvoir s’ouvrir en dehors.
- Sur le côté de la caifle, qui eft à gauche quand on eft tourné vers la fenêtre, étant dans la chambre, il y a un petit volet qui s'ouvre de gauche & à droite, quand on a quelque chofe à faire en dedans, & qui fe ferme en entrant dans une feuillure, avec un bouton tournant qui l’arrête.
- Le derrière de la caille repréfenté féparément par la Fig. 4. eft fait avec des planches de bois d’aulne ou de Sij
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- 212 A VIS î AKTICUllERS chêne doux , collées à plats joints, avec deux emboîtures E E, F F. II faut choifir pour cette piece, du bois bien fec & qui n’ait point de noeuds. Au milieu eft une ouverture G plus haute que large , un peu arrondie par en haut & par en bas. Elle eft faite pour recevoir certaines pièces dont je parlerai par la fuite ; dans les autres temps on la tient fermée avec une planche . qui entre à feuillure, & qui s’arrête avec deux tourniquets placés en g,g.
- A droite & à gauche de cette ouverture, il y en a deux autres H, H, de quatre pouces de hauteur fur quatorze lignes de largeur, arrondies par en haut & par en bas, & évafées du côté qui répond à l’extérieur de la cailfe. Chacune de ces ouvertures eft bordée de deux raflëavx qui forment une coulilfe en queue d’arronde, dans laquelle gliffe une réglé I qui a huit pouces de longueur, & qui eft garnie en delfous de deux petites lames de cuivre i,i, battues à froid, & faifant relfort, au moyen defquelles , elle demeure à l’endroit où on l’arrête. Chaque réglé eft percée à jour au mi-
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- Sdr les Expériences, aij lieu de fa longueur, & porte une petite lunette K garnie de deux verres ; l’un qui répond à l’intérieur de la caille, eft une lentille de quinze lignes de diamètre & d’un pouce ou treize lignes de foyer ; l’autre qui eft en K, & qui répond à la chambre obf-cure, eft large comme une piece de douze fols, plan des deux côtés, & il eft coloré ; à l’une des deux lunettes , il eft bleu, à l’autre il eft rouge ou jaune.
- La lunette peut fe faire de cuivre, de buis,ou de quelqu’autrebois dur, & capable de porter des filets de vis; la lentille L fe place enmavecun petit cercle n qui fe viffe delfus & qui la retient ; la partie o qui porte le verre de couleur, traverfe l’épaifleur de la réglé, & reçoit la piece p qui l’empêche d’en fortir. Voytq à la lettre Q, cette lunette jointe à la réglé J. Quand ces deux lunettes font en place, il y a environ dix pouces de de diftance d’un verre coloré à l’autre; St chacun deux, quand on ne s’en fert pas, fe couvre avec une lame de cuivre q pliée en forme de coq
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- 214 Avis particuliers & qui tourne fur une vis r, par un bout. .
- L'ouverture G eft faite pour recevoir un tuyau cylindrique qui a huit à neuf pouces de longueur fur environ deux pouces de. diamètre: à l’une de fes extrémités, il porte une boule renfermée entre deux coquilles ouvertes en lunettes, au moyen de quoi il fe meut dans tous les fens à la maniéré d'un genouil : les deux coquilles font parties d’une piece T qui fe place entre les deux tafleauxg, g, 8c qui s’y arrête par les tourniquets : cette piece doit être affez longue pour monter 8c defeendre de deux ou trois pouces fans découvrir l’ouverture G , .ni par en haut ni par en bas.
- On peut faire le tuyau avec du carton , & le coller dans une boulé de bois percée à jour pour le recevoir ; mais fi l’on peut fe procurer de ces feuilles de bois de hêtre dont les Guainiers fe fervent, & qu’on acheté chez les Boifieliers, fous le nom de Copeau , on fera beaucoup mieux, en s’y prenant delà maniéré fuivante.
- Ayez un cylindre de bois tour-
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- sur les Expériences, zi$
- né, d’un pied de longueur, & du diamètre que vous voulez donner à votre tuyau ; frottez-le fuivant fa longueur avec un morceau de peau de chien de mer pour le rendre bien liflé , & enfuite avec un morceau de favon blanc bien fec. Couvrez-le d’une feuille de papier blanc & fin dont vous collerez l’un des bords fur l’autre avec un peu d’amidon ou avec ce qu’on nomme colle à bouche, ayant bien foin qu’il ne s’attache point au bois. Mettez de même par-deflus une feuille de papier noir dont l’envers légèrement humeété avec une petite éponge, fe préfente en dehors. '
- , Préparez un morceau de copeau de neuf pouces de longueur, & de telle largeur , qu’en couvrant votre cylindre, l’un de fes bords recouvre l’autre d’environ deux lignes. Aminci flez celui qui doit fe trouver def-fous, & mettez la piece tremper dans l’eau pendant quelques minutes ; mettez une couche de colle de farine fur le papier qui enveloppe le cylindre, & une autre fur le côté lifle du copeau ; appliquez celui-ci fui:
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- ai6 Avis particuliers le cylindre en mettant un peu de colle forte bien chaude entre les deux bords qui fe joignent, & en ferrant le tout avec un ruban de fil dont vous envelopperez le cylindre d’un bout à î'autre, 8c vous laifferez le tout bien fécher.
- Ayant ôté le ruban, vous amincirez avec une lime bâtarde, le bord qui recouvre , & vous emporterez doucement toutes les inégalités qui pourraient fe trouver fur le copeau, ayant attention de limer le bois fui-vant fôn fil, & non à rebroufie poil.
- Vous préparerez une autre piece de copeau , de grandeur convenable, pour couvrir la première; vous en amincirez les bords avec la lime , & vous la tremperez dans l’eau Chaude , pendant quelques inftants ; vous l’effuierez promptement avec un linge ou avec une éponge, vous mettrez une couche de colle - forte fur le côté lifie, & une autre fur le copeau qui eft fur le cylindre ; vous appliquerez l’un fur l’autre , ayant attention que la jondion des bords de celui ci, fe fade à la partie diamétralement oppofée, à celle du copetiu
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- ifcopeau de deffous : vous ferrerez le tout avec le ruban de fil fur toute la longueur, &vous laifferezféclier: vcusjunirez avec la lime , le fécond copeau, comme vous avez uni le premier , & vous le couvrirez d’une feuille de papier collée. Vous mettrez votre cylindre fur le tour pour couper le tuyau de longueur ; & vous ôterez celui-ci de defius fon moule , en l’empoignant d’une main , Ôc en frappant le bout du moule fur quel-: que corps dur & qui réfifte.
- Quand on prévoit qu’on aura deux tuyaux à faire couler l’un fur l’autre comme aux lunettes d’approche 9 il faut commencer par faire le plus menu ; & quand il fera fini, vous vous réglerez fur fa grolfeur pour préparer le cylindre qui doit fervir de moule à celui de defius.
- Quand vous aurez un tuyau tel qu’il le faut tour la machine dont il eft ici queftion, vous le remettrez fur le cylindre qui lui a fervi de moule ; vous collerez tout autour fur une de fes extrémités, des morceaux de bois d’aulne ou de tilleul, qni étant tournés fur le tuyau .même Jome T
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- 2i8 Avis î4RTICuliers püiffent faire avec lui une boule d4 quatre pouces ou environ de diamètre, comme S, Fig. J. ce quife fera ai-fément & régulièrement fi vous aflu-jettiflez la courbe abc au calibre de ferblanc ou de carton R découpé fuivant un trait de compas, dont le centre feroit en d.
- Pour former les deux coquilles qui doivent embralfer la boule S, prenez un bout de planche T, de lix lignes d’épaifleur , d’un pied de longueur & large comme l’efpace g g, Fig. 4, afin qu’elle puifle y être re. tenue par les deux tourniquets : collez derrière cette phanche, un autre morceau de bois plat, & arrondi fur le tour, qui puifle entrer de toute fou épaifleur laquelle doit être au moins de fix lignes) dans l’ouverture G : mettez cette pièce ainfi préparée , fur le tour ; percez-la à jour comme V; éva-fez le trou , du côté de la face antérieure, fuivant laconvexité de la boule,& de maniéré quelle puifle y entrer jufqu’à fon équateur : enlevez encore dans toute cette cavité une demi ligne de bois , que vous remplirez avec pne bandç de drap collée ,
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- Sür £es Expériences. 219 pour rendre le mouvement de la boule plus doux.
- Préparez une autre planche X, de même épaifieur que la première , avec une molette de bois x de cinq pouces & demi de diamètre, collée par-deflus ; mettez la piece fur le tour, percez-la comme Y : formez PépaiUeur de cette ouverture en coquille comme à l’autre piece F; tour-uez-la par l’autre face , pour former en doufline le bord extérieur de la molette, dont il ne fera relié qu’un anneau , & garnifiez le dedans de la coquille , d’une bande de drap 9 comme vous avec fait à l’autre.
- La boule ayant été noircie avec de t’encre, lorfqu’elle fera bien fe-che , vous la frotterez avec un morceau de favon qui ne foit point trop gras; vous la ferez entrer entre les deux coquilles, de façon que le tuyau palfe par Y, & vous attacherez les deux pièces T,Xl’une fur l’autre, avec trois vis en bois que vous mettrez en haut, & que vous ne ferrerez que médiocrement, afin de ne point trop gêner le mouvement de la boule.
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- 220 Avis particuliers Voyex en Z la coupe de tout cet aflemblage.
- Dans certaines expériences le tuyau relie ouvert de toute fa largeur ; dans d’autres , on place dans le bout du côté de la chambre un autre tuyau y de quelques pouces de longueur, dont le bout eft rétréci par une lunette de bois, ou qui eft garni de quelque verre, comme je le dirai , quand l’occafion s'en préfen-tera.
- Il faut encore vous munir de deux miroirs plans, de neuf pouces de longueur , fur trois pouces & demi de largeur, montés chacun fur une planche de quatre lignes d’épaifleur, & retenue dans un cadre ; le tout fur un pied garni d’un genouil, comme il eft repréfenté à la lettre M.
- Il feroit mieux que ces miroirs fulTent de métal blanc, comme celui des télefcopes ; parce que n’ayant qu’une furface réfléchiflante, ils ne donnent jamais qu’une image du fo-leil , au iieu que les miroirs ordinaires de glace, la font double ; se qui eft incommode dans bien des
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- fcuR les Expériences. 22t cas; mais les ouvriers ont beaucoup de peine à les fondre fans défaut, & à les travailler bien droits , & de plus ces fortes de métaux fe terniflent aifément : fi par ces raifons on fe trouve obligé de fe contenter de miroir de glace , il faut avoir foin qu’ils foient bien plans , qu’il n’y ait point de défauts au teint, & qu’ils foient polis parfaitement.
- On trouve des genouils tout faits, chez les ouvriers qui font des in-ftruments de Mathématiques : mais fi l’on n’étoit point à portée d’eux, on pourra fuppléer à cet infiniment , en montant le miroir, de maniéré qu’il puilfe s’incliner à volonté de haut en bas & de côté ; ces deux mouvements s’exécuteront partout avec une lame de cuivre pliée d’équerre par les deux bouts, comme N ; fes deux parties relevées t, r, feront refendues pour recevoir des languettes attachées à la planche du miroir , & feront traverfées par des clous rivés comme les têtes de compas : par ce moyen le miroir s’inclinera à droite & à gauche; & par un pareil mouvement pratiqué en v, on
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- 1222 Avis p AkTiCufclËRS pourra le faire pencher de haut èft bas : & dans les Cas où il faudra que ces miroirs foyent peu élevés, on fupprimera la tige, & l’on attachera la piece à mouvement fur une plaque de plomb.
- Ces miroirs fe placent fur le fond D de la caiffe, & fervent à réfléchir les rayons du foleil , pour les faire palfer dans la chambre obfcure en traverfant le tuyau Z, placé en G , ou les lunettes K portées par les pièces à coulifie qui couvrent les ouvertures H, H. On fera bien de mettre des femelles de plomb fous les pieds de ces miroirs , afin qu’ils fe tiennent plus fermes, dans leur fituation, & que le vent ne lesfaffe point vaciller.
- Enfin , il faut avoir une table à neuf ou dix pouces au-deffous de la caiffe ; elle fera aflez large , fi elle a dix huit à vingt pouces, mais il faut lui donner au moins cinq pieds de longueur ; cette table n’aura point de parclofe, il vaudra mieux qu elle ait à un pied de difiance au-deffous d’elle , une tablette couverte de flanelle avec un reboid, pour y pou-
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- sür lés Expériences. 22J Voir placer les verres, & àurres inf-truments dont on a befoin, l'ans qu’on ait à craindre qu’ils fe rayent, ou qu’ils tombent. Kojyej la Fig. j PI. X. qui repréfente une partie de cette table.
- Avec l’apareil que je viens de décrire , & avec les différentes pièces dont je ferai mention , pour chaque expérience, on pourra fe procurer commodément & facilement tous les effets de lumière , dont j’ai fait ufage en traitant de l’optique, de la génération des couleurs & de la vifion des objets : revenons à la première expérience.
- Placez la caillé dans l’ouverture du chaffis, & retenez-la avec les quatre tourniquets ; couvrez les deux verres colorés des pièces à couliffes. Mettez en G,.Sc dans une direélion horifontale le tuyau Z garni d’une lunette portant un verre lenticulaire de dix-huit lignes de diamètre, & de douze à treize lignes de foyer ; établirez dans la caiffeun miroir, incliné de maniéré qu’il dirige les rayons dufoleil dansle tuyau. Kqyej la Fig. 2. qui repréfente la coupe de
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- 224 Avis ïïhïicdlieK*
- toutes ces pièces enfemble. Tout étant ainfi difpofé , ceux qui feront dans le fond de la chambre , verront en A, ce qu’on appelle un p oint radieux.
- Vous ferez voir que toutes les portions de cette lumière , font compo-fées de rayons divergents, en oppo-fant à fept ou huit poucesde difiance du point A, une feuille de ferblanc ou de carton perce'e, de fept à huit trous ronds, de cinq à fix lignes de diamètre chacun ; car les jets qui pafferont par ces trous, iront vers le fondde la chambre, en s’écartant les uns des autres, & chacun d’eux tombant perpendiculairement fur quelque plan qu’on lui prefente , formera un cercle de lumière dont le diamètre augmenterai mefure, qu’on s’écartera du point A.
- Seconde Expérience.
- Faitis la grande platine verticale dont il ed parlé dans la préparation . de cette expérience, de la maniéré "• fuivante ; elle vous fera commode ’ dans plufieurs autres cas. B. Fis. i. eft
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- SÜR LES ËXP ÉR IENCES. 55} a dix-huit à vingt pouces, avec deux traverfescroifées B b, C c, comme le défignent les lignes ponduées. Il eft couvert de toile des deux côtés, & l’on doit coller du papier noir en dedans & en dehors. Vous percerez au milieu un trou rond de quatorze à quinze lignes de diamètre , que vous évaferez du côté qui fe pré-Tentera au rayon folaire ; fur l’autre face, vous attacherez avec quatre petites visa têtes perdues, une platine de cuivre, comme D, Fig. 4. de deux pouces & demi en quarré, & qui ait au milieu un trou rond 8c ébifelé de huit lignes de diamètre. Au haut de cette platine , vous attacherez avec une vis fous laquelle vous mettrez une petite rofette de cuivre tournée , une double lunette E d’é-caiîle ou de corne, qui porte d’un côté un verre plan-convexe de neuf à dix pouces de foyer, &c de l’autre un verre plan des deux côtés , 8c dont on ait dépoli une face en le douciflant avec de l’émeril fin : il faut faire préparer cette piece par un Lunetier ; mais en cas de befoin, on fe-roit la monture en bois, en carton,
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- *126 Avis parTicütiEKs du en cuir, &c. que l’on garniroïC avec un verre de lunette à mettre fur le nez , & avec un petit morceau de vitre arrondi & dépoli, ou avec un morceau de papier huilé : de quelque maniéré que cette double lunette foit faite , il faut la mefurer & l’attacher de façon qu’en tournant fur fa vis, elle porte chaque verre à fon tour fur le trou D , qui eft au centre de la platine.
- Vous monterez le chafîis ainfi pré-paré, à-peu-près comme les écrans qu’on met devant les cheminées , c’eft-à-dire entre deux montants à couliffes élevés fur une bafe, qui fera une planche de fix pouces de largeur; & afin que vous puhftez l’arrêter à telle hauteur que vous voudrez , vous ferez faire à chacun des montants , une rainure à jour , pour lailfer paffer les vis F, F , qui entreront dans le bois du chaffis , & qui preUeront un peu contre les montants , une rofette de cuivre mince 8c faifant reffort.
- Au-deffous de b, vous ferez faire encore une mortaife quarrée un peu plus longue que'large, pour recevoir
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- sur les ExpïrTBtfCes. 227
- unepiece dont il fera parlé ci-après; je reviens à la fécondé expérience.
- Placez votre table de maniéré, qu’elle réponde par un bout à une ligne d’àplomb venant du point lumineux , comme AG, & dirigez fa longueur parallèlement au rayon qui palfe par l’axe du tuyau Z. Tirez d’un bout à l’autre , une ligne de crayon que vous diviferez par pieds, demi-pieds, •Scc. en commençant en G. Mettez le chailis B à la diftance du premier pied ; de tous les rayons, qui partent du point A , & qui s’étendent fur l’efpace B b , il n’y aura que le faifceau D H, qui paffera au-delà du chaflis ; & vous ferez voir que cette portion de lumière qui n’occupe qu’un trou rond de huit lignes de diamètre, à la diftance d’un pied du point de fa divergence, forme un cercle de feize lignes de diamètre à la diftance de deux pieds , un autre de vingt-quatre lignes de diamètre à la diftance de trois pieds, &c.
- Vous placerez pour cet effet à ces différentes diftances l’inftrument re-préfenté par la Fig. y. G, eft un ca-.
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- 028 Avis ï a RTtetTttE*i dre formé d’un fil de fer un peu moins gros qu’une plume à écrire , dont les deux bouts pliés d’équerre fur la longueur d un pouce , fe joignent en g, font brrfés l’un avec l’autre , & limés en pointe pour entrer dans une tige platte de bois h, qui fe meut à couüffe dans le montant du pied à trois confoles H.
- Le cadre a dix pouces de longueur fur quatre pouces de largeur, & il porte un morceau de taffetas blanc fort clair qui eft tendu , & cou-fu tout autour, fur lequel vous tracerez avec de l’encre bien gommée trois cercles, le premier de feize lignes de diamètre, c’eft-à-dire, une fois plus grand fuivant cette dimen-fion , que le trou D de la platine de cuivre par où paffe le faifceau de lumière. Le fécond de vingt-quatre lignes , & le troifieme de trente-deux.
- La tige h, qui porte le cadre , eft une réglé de bois qui a trois quarts de pouce de largeur ; fes deux bords font taillés en pente , pour gliffec dans une couliffe en queue d’aronde pratiquée dans l’épaiffeur du mon-
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- Sur 1rs Expériences. s2j> tant ; & afin qu’elle faffe reflort, & qu’elle s’arrête d'eDe-même à la hauteur où vous l'aurez mife, vous la refendrez d’un trait de fcie fur le milieu de fa largeur , & vous collerez dans le haut, un petit coin qui tende à faire ouvrir les deux parties.
- Le taffetas qui porte les trois cer* clés, la face antérieure du montant & les deux confoles I, I, doivent être dans un même plan vertical ; & afin que cette machine ne foit point fu-jette à tomber en devant, vous chargerez la troifieme confole i, qui eft par derrière , avec une lame de plomb, que vous cacherez dans fou épaiffeur. Le fupport doit avoir un pied de hauteur , afin que par le moyen de la tige à couliffe, le cadre puifle s’élever jufqu’à dix-huit ou vingt pouces an-deffus de la table.
- Vous placerez donc cette pièce d’abord à un pied de diflance plus loin que le chaffis B b , & vous ferez voir que la portion de lumière qui a paffé par le trou D, occupe toute l’étendue du premier cercle dont le diamètre eft double ; veus ferez voir
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- ftjo Avis p a r ticufc.ïïRs
- pareillement qu’à la troifieme di£-tance, cette même portion de lumière remplit le fécond cercle dont le diamètre ell triple , &c. d’où vous conclurez que la lumière , qui part d’un point radieux , «n.vertu de la divergence de fes rayons, diminue de force ou s’étend en raifon du quarré de la dillance ; car les aires des cercles font comme les quarrés de leurs diamètres.
- Au lieu de tracer les cercles fur un chaffis garni de taffetas blanc, on pourrait les avoir fur un carton, mais alors on ne verroit l’effet dont il .s’agit, que fur le côté qui reçoit la lumière ; au lieu qu’en oppolant un tranfparent, on peut voir en même-temps par-devant & par-derriere, & je trouve cela fort commode , quand j’ai un grand nombre de fpec-tateurs : le papier huilé , fera aulïi bon que le taffetas, mais celui-ci ell moins fujet à fe déchirer,
- Troifieme Expérience.
- Par le moyen de deux miroirs ; inclinés, faites paffer des rayons fo-laires par les deux lunettes des piecej
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- Süft tï'S ExPïRIENCBS.v2$ÿ à coulifles, & dirigez-les horifontale-ment : vous aurez dans la chambre pbfcure , deux points de lumière, dont l’un fera bleu & l’autre rouge; couvrez celui-ci, & oppofez à l’autre à un pied de dilïance, le trou D du chartis, fur lequel vous aurez fait def-cendre le verre douci de la double lunette E ; ce verre fera toujours illuminé en bleu , quoique le trou D change de place, en palfant de droite à gauche, ou de haut eu bas : vous ferez la même chofe avec le point de lumière rouge quand vous aurez couvert le bleu ; & li vous laiflëz les deux points de lumière découverts, le verre douci illuminé en même-temps par les deux couleurs, prendra une teinte violette, ou purpurine. Cela fera comprendre, 1°. comment chaque point d’un objet éclairé , peut-être vû en même-temps par pluueurs yeux , ou fucceffivement par le même , quoiqu’il change de place ; 2°. que de tous les points d’un objet éclairé , il vient à l’oeil du fpeftateur des pyramides de lumière, dontlabafe eft mefurée par fou vers titre de la prunelle.
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- S32 Avis rarticuiies* Quatrième Expérience
- _____ Vous laiflerez J’appareil , tel xv. qUe je viens de le preferire pour l’ex-îi'scaio'n.périence précédente; mais vous fe-Art. i. pi. rez tourner la double lunette e Fig. VI. Fis. 9 ç (je forte qUe le trou d demeure entièrement découvert , & vous lui oppoferez un tranfparent L , à neuf à dix pouces de diftance , en tirant vers le fond de la chambre. 11 y par-roîtra deux taches rondes , l’une bleue l’autre rouge, formées par deux pinceaux de lumière croifés dans le trou d , ce qui mettra les deux cercles colorés en fens renverfé des deux points lumineux qui les produifent ; lecondement, ces deux taches s’approcheront l une de l’autre, fi l’on met le tranfparent plus près du trou d ; mais la lumière y fera plus vive , & le contraire arrivera , fi vous éloignez davantage le tranfparent ; troi-fiémement, le tranfparent étant fixé à neuf ou dix pouces de diftance du trou d, fi l’un & l’autre s’avancent enfemble de trois ou quatre pouces vers la caille où font les points lumineux, vous ferez voir que les deux cercles
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- SUR LES EXPÉRIENCES. 2$$ Cercles colorés du tranfparent s’ap^ prochent l’un de l’autre, & que leurs couleurs deviennent plus vives.
- Pour tranfporter ainfi d’arriere en avant, ou d’avant en arriéré le trou d 6c le tranfparent L, fans changer leur diftance refpe&ive , vous placerez dans la mortaife b , Fig. 3. qui eft au bas du chaffis, le bout de la règle M, Fig. 6. que vous retiendrez par derrière avec un écrou ; cette réglé longue d’un pied & large de quinze lignes ou à-peu-près, aura une rainure à jour, dans laquelle vous ferez glifier le tenon plat d’un petit pilier' de bois tourné AT , qui portera le tranfparent l ; & afin que le mouvement foit doux , Sc que ce piîlier s'arrête de lui-même à l’endroit où on l’aura amené , fur le tenon excédant l’épaiffeur de la réglé en-def-fous , vous enfilerez une laine de cuivre mince, battue à froid pour qu’elle fade reffort, & vous la retiendrez par une ou deux goupilles.
- L’expérience étant faite ainfi ; vous fournira les faits dont j’ai fait ufage dans les applications , par rapport à la vifion des objets, j’y ai fait Tome III, y
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- 234 Avis ïaeticoiiees mention d’un oeil de veau appliqué à un trou fait au volet d’une chambré bien fermée d’ailleurs, pour faire voir que les objets fe peignent ren-verfés au fond de cet organe ; li l’on trouve trop de difficulté à préparer cet oeil comme il faut, on fera l’équivalent en bouchant l’ouverture qui reçoit la caiffe ( PI. IX. Fig. 2.) avec une planche, au milieu de laquelle on fera un trou rond de deux pouces de diamètre , pour y placer un verre objeâif de trois pieds de foyer ; car ce verre faifanc l’office d’un œil repréfentera les objets ren-yerfés, fur un tranfparent de taffetas blanc, ou fur un carton qu’on oppo-fera dans une lituation verticale , & à trois pieds de diftance. Si l’on ne peut pas fe procurer un verre fait exprès , on pourra fe fervir avec affez de fuccès , d’un verre de lunettes à mettre fur le nez, en le choififfane d’un foyer un peu long.
- Cette expérience fera plus de plai-firà voir, fi le foleil éclaire les objets du côté par lequel ils fe préfentene au verre objeclif ; & fi la çhambre e(t bien obfcure-.
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- sur tïs Expériences. nyy Le verre plan-convexe de la double lunette E , qui n’a point fervi dans les expériences précédentes, fera employé pour celles où il s’agira de la vifion diftinde.
- AVIS
- Concernant la Seizième Leçon;
- TjE cercle dont il eft ici quellion -efl: plutôt un chafîis rond , couvert de part & d’autre d’une toile bien tendue, & par-deflus, d’une feuille r de papier bleu proprement pollée { avec de l’amidon ou avec de la colle de farine : ce chafîis fe contiendra mieux & fera plus folide, s il efl fait avec un cercle de fer plat, foutenupar une croix de même métal ,• mais on le peut faire aufli avec du bois léger & bien choifi , de fept à huit lignes d epaifreur,enaffemblant quatre chanteaux dans les extrémités de deux •barres , qui ayent deux pouces de largeur' entaillées à demi-bois & .croifées.l’une iùr l’autre , comme on le peut voir par la Fig. i. PI. XI.
- yîj
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- 2^6 Avis particuliers
- De quelque maniéré qu’on conf-trui'fe ce chaflis , il faut qu’au centre de fa face poftérieure , il porte une tige de métal bien ronde qui ait au moins un pouce de longueurfur cinq à fix lignes de diamètre , & allant un peu en dépouille comme la clef d’un robinet: le plus gros bout de cette tige fera rivé ou foudé fur une plaque de cuivre pour être attaché au chaflis avec des vis : l’autre bout fera quarré fur la longueur de trois lignes , & terminé enfuite par une partie ronde de même longueur, fur laquelle il y aura des filets de vis.
- A efl une tige de fer terminée en pointe par en bas pour entrer un peu à force dans la tige du pied qui haufle & baifle. La partie A B doit être un peu plus longue que le demi-diametre du chaflis ; elle efl plate par en haut, percée 8c garnie d’une virole de cuivre de fix lignes de longueur, épailfe pour fournir des portées qui fervent à L river ; cette virole efl alaifée en dedans fuivant la grofleur & la figure de la tige C qui doit y entrer. Et l’on ajufle
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- Sür Les Exp2rien6es. 23^ favon , comme une clef de robinet ; mais il ne faut pas qu’elle entre de toute fa longueur, afin que le quarré qui eft au bout, ne fe trouve pas entièrement dehors. Ce quarré , quand la tige eft dans fa virole , reçoit une rondelle de cuivre , affez épaifle pour couvrir une partie des filets de la vis fur laquelle on fait entrer un écrou à oreilles ; en ferrant cet écrou, on augmente le frottement à volonté ; & fi l’on a foin de mettre un peu de fuif à la tige , le chaftïs tourne d’un mouvement doux, & s’arrête de lui-même dans lafîtua-tion où on le met.
- La circonférence divifée en degrés & qui eft élevée parallèlement de trois lignes au deflus de la face antérieure du chaftïs, peut également fe faire ou de fer forgé, ou de cuivre coulé ; c’eft aflez que ce cercle ait quatre lignes de largeur, fur deux lignes d’épaifleur ; mais après qu’on aura réglé la. première de ces deux dimenfions , par deux traits concentriques de compas, il faudra af-fujettir l’autre , c’eft-à-dire, l’épaif-feur, à un calibre, afin de procurer
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- 'a;8 Avis parti(î'DtlïfiS aux curfeurs, des mouvements doux* avec un frottement uniforme.
- Comme le cercle de métal dont il eft ici queftion, ne fert qu’à porter les curfeurs ,-qui ne parcourent jamais toute la circonférence du çhaf-13s, on peut mettre toute la divifion fur le bord de celui ci, & fupprimer une partie du cercle de métal, pour avoir la facilité d’enfiler les curfeurs Beffus ou de les ôter quand on voudra. Alors il faudra coller une bande circualire de papier blanc, fur le bleu qui fert de fond au chalfis.
- Les curfeurs font des boëtes de de cuivre, ou plutôt deux brides de laiton qui embraffent le cercle de métal, Sc qui font attachées avec des clous rivés , on avec des vis au bord de la platine quarrée , & à celui du petit châlits garni de papier huilé : chacun de ces curfeurs traîne avec foi une petite lame à reffort, qui frotte contre une des faces du cercle, Sc qui maintient lapiece mobile, à l’endroit où on la met.
- Chacun des deux piliers deftinés à porter les miroirs eft fait de trois laines de cuivre rivées l’une fur l’au-t
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- Sür les Expériences. 2}<y tre ; celle du milieu aufli épaifle que le miroir, n’a que la moitié de la largeur des deux autres ; celles-ci battues à froid, beaucoup plus minces , & un peu inclinées entre elles, forment une coulifle qui pincé le miroir , quand on l’y fait entrer & le retient de maniéré qu’il ne peut pas tomber : ces piliers à coulifle, ont chacun un tenon quarré qui tràverfe l’épaifleur du chaflis, le bout qui excède par derrière, elï une vis qu’on ferre avec un écrou.
- J’ai enfeigné dans la première &dans la fécondé partie de cet ouvrage , Tome I. pag. 170 &’ 445 , comment il fàut compofer le métal des miroirs, les fondre, & les travailler ; ainfi je n’en dirai rien ici. Si l’on n’eft point à portée de faire ces miroirs avec du métal blanc, on pourra mettre en leur place, des lames de laiton dreflees, ou courbées convenablement, doucies enfuite , & polies le plus parfaitement qu’il fera poflible.
- Dans l’expérience dont il s’agit maintenant , il faut obfcurcir la chambre comme je J’ai dit, pour
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- &4o Avis PARïieotïfiitS celles de la première feélion , & y introduire un gros faifceau de rayons folaires, parle moyen des machines dont j’ai donné la difcription : le dia-phragne de cuivre dont il ell parlé, eft une platine ronde & mince de deux pouces de diamètre, ayant en fon centre un trou rond de fix lignes? & qui fe place dans le dragoir , de la platine quarrée.
- Seconde, troijiemc &* quatrième Expé~ riences.
- Dans ces trois expériences , vous Lilns fuivrez exaflement ce qui tft pref-ii. Seaion crit dans leurs préparations. Vous ob-It fï1 i '! Irn crez feulement que dans la figure
- citée en marge, le graveur n’a point fait defeendre, comme il le devoir, le cercle qui porte les curfeurs, juf-ques en F; c’ell une omifiion qu’il ne faut point imiter en conftruifant cette machine,
- A la fuite de ces expériences, il faut rendre r ifon des principaux effets du miroir plan , & pour cela , il faut être muni t°. d’un morceau de glace fort épais, & mis au teint comme les miroirs ordinaires, pour faire
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- son LES Expériences. 241 faire obfelrver que limage efl double : 2°. de deux miroirs plans élevés perpendiculairement fur deux lignes qui forment entre elles un angle droit, pour montrer qu’un quart de èercle placé dans cet angle , produit l’image d’un cercle entier : 3’. D’un miroir prifmatique de métal, pour faire voir que les images pro-duitespar fes différentes faces, Iaident entre elles des efpaces ou des objet* vilibles, que l'œil du fpeâateur n’aperçoit pas, ou qu’il n’apperçoitque fucceffivement&en changeant de place :4°. d’un miroir pyramidal à quatre faces , pour faire remarquer, que l’oeil placé audelfus de la pointe voit à la bafe, les objets d’alentour raffem. blés, quoiqu’ils foient féparés par des intervalles confidérables, & qu’il les voit dansun ordre oppofé à celui dans lequel ils fepréfentent au miroir.
- Quand vous voudrez faire voir que l’image efl double avec un miroir de glace, vous le couvrirez d’un carton mince ou d’une feuille de papier noir, percée au milieu d’un trou rond de douze à quinze lignes de diamètre ; vous le préfenterez obli-Tomc III. X
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- Avis particulierS quement au foleil, & vous réfléchirez la portion de rayons qui touchera, le miroir , fur une muraille blanche & unie, fur un plafond, ou contre un carton : l'effet de cette expérience fera plus fenfible, fi on la fait dans la chambre obfcure , deffince aux expériences fur la lumière. Si vous avez un miroir plan de métal, vous ferez obferver dans une pareille expérience, que le rayon folaire qu’il réfléchie , ne produit qu'une image.
- Faites préparer par un Menuifier un plateau de bois arrondi cireu-lairement , Sc qui ait un pied de diamètre, divifez-le en quatre quarts par deux lignes qui fe croifent à angles droits, comme AD, BE, Fig, z ; fur les deux rayons AC, BC, élevez perpendiculairement deux miroirs plans qui aient chacun cinq à fix pouces de hauteur, & foutenez-jes par derrière avec deux morceaux de planche aflemblés à tenons dans le plateau ; fi les miroirs font de glace , avant de les faire mettre au teint, vous ferez tailler en ongletsles deux bords qui doivent fe joindre en C.
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- SUR Ui Ex RÉ R JE NCR s. ajf Tous les objets, foit en deflein, foit en reliefs, qui feront placés & éclairés dans le quart de cercle A C B, fe répéteront dans les trois autres. Car, fuppofons que vous mettiez en Oune petite bougie allumée , ou une petite piece d’argent fur un fond noir, cet objet jettant des rayons de lumière fur tous les points de la furface de chaque miroir, ne manquera pas d’en envoyer un jet en f, qui fera avec le miroir un certain angle comme 0/ g, & qui étant réfléchi fous un pareil angle Bfh vers l’oeil , que je fuppofe placé en K, lui fera voir l’image de l’objet en i,
- & par la même raifon, il l’apperce-vra aufli en I.
- Si l’objet 0 étoit infiniment petit , l’œil placé en K ou dans une ligne qui tomberoit d’àplomb fur le point défigné par cette lettre , ne pouroit point le voir en m , mai* pour le peu qu’il ait d’étendue, ou que l’oeil fe jette de côté, comme s’il fe plaçoit en k , alors il l’appercevra par le rayon O npk, qui fouffrira deux réflexions, l’une en n, l’autre
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- T|44A vis Particuliers
- Ce que je viens de dire d’un objet placé en 0 , doit s’entendre pareillement, de tous les points vifibles qu’on pourra imaginer dans l’efpace qu’embraifent les deux miroirs; ainfi en plaçant troisbougies comme ooo, on aura un cercle compofé de douze lumières, & avec deux lignes dif-pofées comme Of&Or, on aura un oétogone : enfin le quart d’une fortification régulière, deffinée ou en relief, fuffira entre les deux miroirs pour faire voir l’ouvrage tout entier.
- Le miroir prifmatique, ainfi que le miroir pyramidal, ne peut fe faire comme il faut qu’en métal blanc : fi on les faifoit avec des morceaux de glace au teint, on auroit beau les joindre en onglet, il y auroit toujours aux angles quelques interruptions, qui nuiraient àla continuité & à la régularité de l’image ; on fera donc fondre ces miroirs fur des modèles de bois , de cuivre , ou de plomb, à qui l’on donnera environ deux lignes & demie d’épaifleur , afin que ces pièces travaillées après la fonte conservent encore une iblidité fuffifante ;
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- r
- SV R LES ExPÉRIÏNCSS. a^J car cette efpece de mctal compofé , fe ealfe aifément, comme je l’ai allez dit ailleurs.
- On peut donner à ces miroirs autant de faces que l’on veut ; mais en les travaillant, il faut s’appliquer à les rendre bien droites, régulières, égales entre elles, & que les angles qu’elles forment en fe joignant foient bien vifs : on y parviendra en les réglant fur un calibre. Quant aux di-menfions, elles font arbitraires aufli ; cependant pour nous fixer à quelque chofe, je vais fuppofer que ces deux miroirs ont chacun quatre faces, que le miroir prifmatique a fix pouces de haut, que fes faces égales entre . elles font partie d’un décagone pris dans un cylindre de deux pouces un quart de diamètre. Je fuppofe encore que le miroir pyramidal a pour bafe un quarré parfait infcrit dans un cercle de trois pouces de diamètre , 6c que chacune de fes faces eft un triangle de vingt à vingt - une lignes de hauteur.
- Le miroir prifmatique fe monte fur un prifme, ou fur un cylindre de bois noirci, qui a deux tenons à
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- AVIS PARTICULIERS
- vis, l’un en haut l’autre en bas, fur îefquels entrent une bafe 8c un chapiteau , qui emboîtent de part & d’autre le métal , & le bois fur lequel il eft appliqué : bien entendu qu’on aravallé ce bois d’environ deux lignes, afin que le miroir s’y loge 8c ne faffe point une nouvelle épaif-feur. Voyez la Fig. 3.
- On fait auffi au miroir pyramidal une bafe de bois peint en noir , haute de trois ou quatre lignes, fur laquelle on réferve une maffe qui entre dans le creux de la piece, 8c qui fert à l’arrêter avec un peu de maffic. C’efl par ces montures de bois, qu’il faut toucher ces miroirs, 8c non avec les doigs nuds, qui ne manqueraient pas de ternir 8c de tacher le métal. Voyez la Fig. 4.
- Dans les grandes villes telles que Paris, Londres, âcc. On trouve aifé-ment & à bon marché des cartons peints pour ces fortes de miroirs, ainfi que pour les miroirs cylindriques 8c coniques dont je parlerai ci après : mais fi l’on n’eft point à portée de s’en procurer, ou qu’on foitbien aife d’en faire foi-même qui repréfentent
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- Sur lesExpériences. 247
- des fujets moins communs, que ceux qu’on trouve chez îes ouvriers qui les vendent , je vais dire comment il s’y faut prendre pour les deffiner , en commençant par le miroir prif-matique.
- Il s’agit de placer fur une feuille de papier ou fur un carton les différentes parties d’un delfein, de maniéré que le miroir avec fes faces inclinées les unes aux autres, les répréfente raffemblées dans un ordre naturel. Quelles dimenüons faut-il donner au carton , & quelles font les places où il faut deffiner l’objet ?
- Soit A B, Fig. y. une ligne prife de bas en haut fur une des faces du miroir, l’oeil étant fuppofé en C , à quinze ou dix-huit pouces de dilatance devant le miroir , & élevé d’autant, au-deffius de la table fur laquelle il eft pofé ; tracez la ligne C B que vous prolongerez comme B b , jufqu’à ce quelle rencontre la ligne b H qui repréfente le carton' fur lequel fera pofé le miroir. Tirez enfuite la ligne C A, que vous prolongerez de même jufqu’en a; divi-fezl’efpace compris entre A & B en
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- 348 Avis t a» ticulieA s autant de parties égales qu’il vous plafc ra, en quatre, par exemple , comme A i, i d, d 3, &• 3 fl. Menez du point C trois lignes , fur ces points de divifion , comme C 3 , Cd, C 1 , que vous prolongerez comme les précédentes.
- Cela étant ainfi, vous ferez/i égal à /a, &• i H égal à a b j vous partagerez cet efpace en quatre parties inégales > par des lignes venant des points 3 , d, 1, & efpacées entre elles comme les lignes ponâuées qui tombent entre a Sc b.
- Après cette opération vous en ferez une autre que voici. Décrivez le cercle a i F t ( Fig. 6.) dont le diamètre ait deux pouces un quart ; divifez fa circonférence en dix parties égales , en commençant au point a, tracez quatre côtés du décagone qui repréfenteront les quatre faces au miroir prifmatique ; prolongez de part & d’antre chacun de ces côtés par des lignes de crayon, comme/g. Menez du point C, à l’extrémité de chacun des côtés, des lignes droites, comme Ca, C k , Ci, &c. mefurez les angles que font ces lignes avedes
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- SUR LES EXPÉRIENCES, X^Ê1 côtés du décagone fur lefquels elfes tombent ; par exemple, l’angle A a g , par l’arc de cercle g h ; faites de l'autre côté un pareil arc fi, & du poine,. a, faites paffer par i la ligne ai; fi" vous faites la même chofe à l’égard i des lignes C k,Cd , & leurs pareilles f que vous aurez fait tomber fur les deux autres côtés , vous aurez huit lignesfemblables à a /, & km, qui formeront quatre bandes no , ml, pq, rs; dont vous déterminerez la longueur de la maniéré fuivante.
- Divifez le rayon c a, du décagone en trois parties égales ; de ces trois points de divifion, celui qui ell le plus près du point a , fera le centre d’un cercle d’environ quatre pouces de diamètre , que vous tracerez avec du crayon , & qui marquera à qu’elle diftance du miroir vous de-vezterminer vos bandes par ce côté-là ; du même centre,décrivez un autre cercle qui foit diflant du premier, comme i H de la Fig, y. Ces quatre bandes ainfi placées contiendront ce que l’œil difpofées en C, pourra voir dans les quatre faces du miroir.
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- Avis varticülisrs
- C’eft donc dans de pareilles bandes tracées légèrement au crayon fur le papier ou Sir le carton, qu’il faut Jkfliner tomes les parties du tableau,
- la longueur & la largeur en un certain nombre de parties ; tracer des divi— 1 fions en même nombre, furie tableau original,* rapporter ies différentes parties de celui-ci dans les cafés r'ef-peâives des quatre bandes.
- Suppofons que vous ayez divifé la hauteur du tableau en quatre parties égales , vous les diflinguerez par les chiffres i, 2, 3, 4, Fig. 7. & vous diviftrez auffi la longueur de vos bandes en quatre parties, mais inégales , dont les proportions vous feront données par les efpaces que lailfent entr’elles les lignes qui tombent entre iH, Fig. y.
- Vous diviferez enfuite la largeur du tableau en huit parties égales, & chacune de vos quatre bandes en deux parties égales fuivant fa largeur, ce qui vous donnera auffi huit parties , & vous défïgnerez les unes & les autres par les mêmes lettres.
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- sur les Expériences, &$m Ces deux divifions étant faites, reliera plus, qu’à delîiner dans chaque café des bandes, la partie du tableau que vous trouverez dansIaçalV-correfpocdante : & quand tout feriSSj defïiné au trait , vous finirez pat le peindre avec des couleurs vives & tranchantes.
- II eft à-propos d’obferver ici que ces fortes de miroirs en fortant des mains des ouvriers, ne font pas ordinairement bien réguliers ; on fera bien de leur préfenter le carton à-mefure qu’on tracera les bandes , & qu’on les divifera, pour voir 11 ces quatre bandes rempliffent bien les faces du miroir, & fi leurs divifions fe rapportent ; car fi elles ne fe rapportent pas , il faut déroger à la réglé, pour les conformer à f’état du miroir : & alors les cartons peints , ne feront bons que pour celui pour lequel on les aura préparés.
- Une autre obfervation , qui n’ed pas moins importante que la précédente , c’eflque j’ai fuppofé jufqu’ici qu’on n’employoic qu’un oeil pour regarder dans le miroir, Si qu i! étoit fixé à un certain point ; mais le plus
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- aAviS ÏABTlCOtlIR*
- fouvent on regarde ces fortes de cu-riofités avec les deux yeux , 8c l’on ne s’affujétit pas à regarder fixement» i la même diftance : ainfi- îl ne faut pas renfermer ftriftement les partie* du tableau , dans les bandes , telles que je viens de les décrire , on peut & l’on doit même , les augmenter d’un quart en largeur.
- Puifque le fpeâateur n’apperçoit que ce qui elt peint dans les bandes» on peut deflîner tout ce qu’on voudra dans les intervalles qui les réparent ; c’eft pourquoi les cartons préparés pour ce miroir, offrent aux yeux des mélanges d’objets qui empêchent qu’on ne reconnoiffe à la vûe funple, celui que le miroir fera voir. L’art confifte à éviter ceux qui ont de petites parties qui les carac-térifent, & à lier ce qui eft fur les bandes, avec quelque chofequilui donne une reffemblance très-différente de ce qu’on verra dans le mi-
- Touf ce qui fe peut voir dans un miroir [îyramidal quarré, quand l’oeil eft placé au-deffus de la pointe , doit être defliné ou peint dans quatre
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- sur les Expériences. triangles dont les bafes foient é & parallèles au côté d’un quart , eft couvert par ce miroir; quant à la hauteur de chacun de ces triangles ,'';,, vous l’aurez , en déterminant à peu-rès la hauteur de l’oeil, & enfailant opération qui fuit.
- Formez le triangle A BD, Fig, 8, dont la bafe A D ait deux pouces Æe une ligne , & dont la hauteur B E, foit de vingt ou vingt & une lignes, comme je l’ai dit ci-deflus ; de forte ue A B, repréfente une des faces u miroir. Prolongez cette derniere ligne d’une quantité indéfinie,comme B F. Abailfez du point C éloigné de la pointe du triangle d’environ huit à neuf pouces oùfon fuppole l’œil, une ligne fur le point B , que vous prendrez très-près de l’angle ; placez la pointe du compas fur B, & tracez l’arc de cercle indéfini CFG. Faites F G égal à F C, & du point G me-nez-les lignes G B, GA, que vous prolongerez jufques en H & en I. L’intervalle compris entre ces deux lettres , fera la hauteur des trian-
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- %<$ Avis p a bti culte r s feiver entre vos triangles & le mi-
- Vous prendrez donc une feuille de papier fort , qui ait à-peu-près huit pouces en quarté, Fig. î.Pl. XII. vous marquerez au milieu , la place du miroir avec celle du bois fur lequel il eft monté AB CD: à la dif-, tance a I, donnée par l’opération précédente PL XI. Fig. 8 vous placerez les quatre triangles , dont la hauteur fera comme IH,Sc vous les diviferez en quatre parties , tant en largeur qu’en hauteur ; celles de la largeur feront égales entr’elles; mais celles de la hauteur feront inégales, & vous en aurez les proportions en faifant ce qui fuit.
- Divifez la ligne AB, de la Fig. 8. que je viens de citer en quatre parties égales ; du point G menez fur chacun des points de divifion , une ligne droite que vous prolongerez en k , en l, & en m ; alors les quatre efpaces compris entre 11, kl, l m, mH, feront ceux qu’il faudra obferver, en divifant les triangles fui-vant leur hauteur. Voyez la Fig. 2. PI. XII. qui repréfente un de ces
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- ^dvif . Tame HI. Fl/. m. >
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- SUR LES ExïÉRIENCES: 'Z triangles deffine avec de plus grandes proportions.
- Les triangles étant ainfi fosmés & divifés fur un carton avec des lignes qu’on puiffe effacer enfuite , il ne ; s’agira plus que d’y tranfporter, les parties du tableau. dont chacun d’eux doit être chargé ; pour cet effet, vous tracerez fur le tableau un quarré qui le comprenne entièrement, comme E F GH, Fig. 3. Vous diviferez enfuite ce quarré en quatre triangles par deux diagonales E G, F H ; en-fuite vous partagerez la hauteur d’un de cestriangles en quatre parties égales par des lignes parallèles à la bafe,
- & la largeur en quatre autres parties égales par des lignes perpendiculaires à cetre même bafe ; vous diftin-guerezles efpaces de la première di-vifion par des lettres, comme k , l, m,n, que vous aurez auffi employées pour marquer celles des triangles en allant de la bafe au fommet : & le* parties de la fécondé par des chiffres 1, 2,3,4, en allant de la gauche à la droite. Alors tout ce qui le trouvera compris dans le premier triangle, vous le rapporterez place pour
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- •fSAviS t ARTICÜtiËKS pièce dans le premier de ceux qui font tracés fur le carton. Vous procéderez de même pour le deuxieme, lé troifieme & le quatrième ; mais pour éviter la confuuon, je vous con-feille de ne divifer les quatre parties du tableau que l’une après filtre ; ou (i vous les divifez touteFfes quatre , avant de les tranfporter fur les triangles du carton , vous ferez bien d’en couvrir trois , afin de n’avoir fous les yeux que celui dont vous devez être occupé.
- Je répété ici ce que j’ai dit au fu-jet du miroir prifmatique ; ces miroirs ne font pas toujours bien réguliers ; il faut accommoder le deffein aux petites inégalités qui peuvent s’y trouver , & repairer une des faces pour un des triangles , afin que le tableau çlefliné fuivant l’état du miroir , préfente toujours les mêmes parties aux mêmes faces.
- Les objets les plus Amples, font ceux qui conviennent le mieux pour le miroir pyramidal ; il faut commencer par ceux qui ont les parties fymmétriques, parce qu’ils font plus faciles à tranfporter fur le carton ;
- mais
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- SUS LIS ExrÊRÎENCES. »Ç7 mais quand on fera un peu exercé, il faudra préférer ceux dont les contours feront le plus variés. Les grands-., intervalles que les triangles laiflent entr’eux, peuvent fe remplir de tout ce qu’on voudra, comme aux cartons du miroir prifmatique ; fi l’on y met des objets étrangers à ceux du tableau, & qui puiffent cependant fe lier avec lui pour rappeller d’autres idées , le tout enlemble à la vue fimple n’en fera que plus propre à dépayfer le fpeflateur. Mais il faut que tout cela foit defliné au fimple trait avant que d’en venir à la peinture , qui doit être exécutée avec des couleurs vives & tranchantes.
- Joignez à ces inftruâions, ce que j’ai écrit, Leçons de Phyfique, Tome V. depuis la page 178 , julqu’à la page 196.
- Cinquième , Jixieme £r feptieme Expé-
- La manipulation de ces expé- »*“' riences eft fuffifamment expliquée dans les Leçons de Phyfique, & l’inf- il Seat peôion de la planche citée en marge 1 Servira encore à faire reconnoître '
- Tme 111. ï
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- Avis particuliers les effets. Il faut avoir quelques miroirs fphériques convexes ; on en trouve affez communément chez les Miroitiers, de cinq à fix pouces de diamètre, qui font faits avec des verres plan - concaves , mis au teint par leur concavité ; mais il faut tâcher de s’en procurer de plus grands, comme de dix à douze pouces de diamètre , foit en métal, foit en glace courbée & mife au teint par le côté concave. J’ai dit ailleurs * comment on fait l’une & l’autre efpece de miroirs.
- Huitième , neuvième & dixième Expériences.
- =-* Suivez ce qui efl prefcrit dans C- les Leçons de Phyjique, aidez-vous des aion. figures de la planche citée en mar-ï‘t>L ge , vous aurez infailliblement les effets qui y font annoncés.
- Pour voir comme il faut les effets du miroir concave , ( je fuppofe toujours la courburefphérique ) il fau-droit en avoir un qui eût au moins un pied de diamètre , faifant partie d’une fphere de trente pouces de rayon, ou à-peu-près ; s’il eft demé-
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- sur lesExpériences. 25’}/ tal & travaillé des deux côtés, cm aura avec la meme piece le miroir convexe ; s’il eft de verre , il faudra qu’il foie mis au teint par fa convc-^y xité : ceux qui font faits avec un morceau de glace courbée , & qui C ont les deux furfaces parallèles en- 'S* tr’elles, méritent la préférence à bien des égards fur ceux de métal ; il faut lire ce que j’en ai dit , Leçons de Phyjique , Tome V, page 22 & fuiu,
- & dans le premier Tome de cet ou s vrage, en parlant de la maniéré de f travailler les métaux relativement aux inftruments de Phyfique.
- L’expérience des deux miroirs concaves dont j’ai fait mention , à la fuite des trois dernières, où il s’agit des rayons réfléchis par des miroirs concaves, mérite d’être vue; elle réufllt fort bien avec ces # miroirs de carton ou de plâtre dorés dont j’ai donné la conflruftion dans les Avis fur la treizième Leçon , page 116.& fuiv. & ce que j’en ai dit dans les Leçons de Jhypque , Tome V, page 217 , fuflîra pour guider ceux qui voudront la répéter : j’ajoute lentement qu’il faut que les deux miroirs
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- do Avis particuliers Soient bien ftables & ne vacillent point tandis qu’on fait agir le foufflcc pour exciter le feu du charbon; 8c qtfil eft à prQpos que l’un des deux moins, foit monté de maniéré qu’il puifle aifément s’incliner haut & bas & de côté , afin qu’on puifle avec promptitude 8c facilité , mettre fa îurface parallèle à celle de l’autre : au lieu d’allumer de la poudre, je préféré de mettre le feu à un morceau d’amadou.
- Pour faire voir que l’image s’apper-çoit en de-çà du miroir concave 8c dans une fituation renverfée, quand l’objet efl moins avancé vers lui que l’endroit où eft fon foyer, vous obfer-verez'ce qui fuit. Si c’eft pendant le jour, tournez le derrière du miroir vers la fenêtre, afin que ce que vous lui préfenterez par-devant fe trouve bien éclairé ; fi c’eft la nuit, vous mettrez deux chandelles allumées à côté du miroir, mais un peu en arriéré; je fuppofe que tout cela eft fur une table , de forte que le centre du miroir, fe trouve feulement un peu plus bas que l’œil du Ipec-tateur qui fe tient debout. On peut
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- Sun Les Exïériences. 26t préfenter l’objet avec la njainJon peu au-deflus de l’axe du mirâr ,
- & à la diftance prefcrite ; mais il Faut ou aloriger le bras , ou tenir l’ob—* jet au bout d’un bâton, afin que l’oeil T* en foit éloigné de deux ou trois pieds. J J’épargne ce petit foin à mes auditeurs , en attachant avec un peu de cire molle, une petite bande de carton blanc taillée en fléché , au bout d’une réglé de trois pieds de longueur gué je fais porter par un fupport qui haulfe & baille à volonté,
- & qui permet à la réglé de s’incliner, s’il en efl befoin 5 quand j’ai une fois placé ce petit appareil à la diflance convenable, chacun va voir i fou tour au bout de la réglé, & je fa-tisfaits en peu de temps un grand nombre de perfonnes.
- Cette expérience efl fufceptible d’une infinité d’applications très-curieufes & capables de caufer bien de la furprife aux gens qui n’en auraient point connoiflance : cachez, par exemple, votre miroir derrière une porte, ou derrière une efpece d’écran qui ait au milieu un trou rond de deux pouces de diamètre ,
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- 262 Avis particuliers Fig. 4. Attachez en A du côté qui regarde le miroir, une montre dont vç>ps aurez ôté la chaîne , en observant de mettre le midi en bas ; fur l’autre face de l’écran attachez la chaîne de la montre en B , de forte quelle pende jufqu’en b. Ceux qui feront placés par devant, mais de côté , en regardant la chaîne, ne verront au bout qu’un trou vuide ; mais fi vous amenez quelqu’un en face de ce trou & à la diftance de trois ou quatre pieds , vous lui ferez voir l’heure qu’il eft à la montre, qui lui paroîtra en place du trou & pendue à fa chaîne; je fuppofe que le miroir eft fufpendu comme d’ordinaire, dans un croiftant porté fur un pied, ce qui donne la facilité de l’incliner convenablement pour jet-ter l’image de la montre , précifé-ment dans le trou.
- Comme on fait voir le cadran d’une montre , on peut également faire paroîtrcdans ce trou myftérieux, le portrait de quelqu’un, voilà un moyen défaire voir des revenants, ou de défigner l’auteur de quelque a&ion bonne ou mauvaife : il eft bon
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- SUB tïS EXPÉRIENCES. 2<(y qu’on fâche jufqu’aux abus qu’on peut faire de ces fortes de curiofite's naturelles, afin de n’en point être la dupe.
- Vous ferez paroître de même fur”\ le bout d’un banc ou d’une table, un C bouquet de fleurs , un chandelier, |>
- une figure humaine en relief, ou y tout autre objet, s’il eft attaché def-fous dans une fituation renverfée, & qu’il foit bien éclairé du côté qui regarde le-miroir : voyez la Fig. y. W Des miroirs mixtes.
- Lisez avec attention ce que j’ai 111 »
- écrit dans les Leçons de Phyjique , I Tome V, gag. 234 ôr fuiv. pour ex- n. SetUo». pliquer les effets des miroirs cylin- l
- drique & conique, & joignez à cette >7. <> 1*. leéfure réfléchie, ce que j’ai enfei-gné ci-deflus par rapport aux miroirs prifmatique & pyramidal à plufieurs faces , alors il vous reliera peu de chofes à apprendre fur l’article pré- 1
- fent. Car fi vous confidérez que le cylindre eft un prifme d’une infinité de côtés qui n’ont point de largeur fenfible, vous comprendrez J
- que la Fig. y. PI. XI, par laquelle j’ai
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- Kt Avis particuliers déterminé I’efpace i H avec fes divisons , pour fçavoir quelle largeur il faut donner au carton devant chaque face du prifme, vous indique de 'même, celle qui doit fe trouver vis-à-vis chaque ligne prife de haut en bas fur le cylindre, & comme ces lignes fe touchent & quelles n’ont point de largeur fenfible , il s’en fuit que les bandes no , ml, pq, rs , Fig. 6. qui font fort écartées les unes des autres pour le miroir prifmatique qui n’a que quatre faces, font bien plus nombreufes & fans interruption pour le miroir cylindri-i que.
- Vous prendrez donc pour dediner le tableau, un carton femblable par fes dimenfïons, à celui de ce dernier miroir, & vous y tracerez avec le crayon deux portions de cercles concentriques , comme d v t, & n lqs;en obfervant que le plus petit foit éloigné du miroir de la quantité fi, 8c l’autre de la quantit éfH. L’efpace renfermé entre les deux lignes circulaires , fera enfuite divifé par trois autres portions de cercles toujours concentriques,en quatrepar-
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- liBR LES Expériences. 21 ties plus larges les unes que les autres, & dans les proportions indiquées par celles quifont numérotées i, 2, 3,4. dans la Fig. y.
- Le miroir cylindrique n’a que les •quatre dixièmes du pourtour d’un cylindre , & c’eft allez pour faire voir à l’oeil, qui efl placé vis-à-vis le milieu de cet efpace toutes les parties de l’objet qui eft peint fur le carton : vous tracerez un cercle excentrique aux précédents,qui repréfente la bafe du cylindre dont le miroir fait partie ; vous le diviferez en dix parties égales en commençant par le point a, Fig. 6. comme vous avez fait pour le prifme; vous tracerez des tangentes fur les deux points de divifion qui font de part & d’autre du point a ; de C ou l’on fuppofe l’oeil, vous menez des lignes droites, fur chaque point de divifion c a, c k, c d, &c. & faifant l’angle de réflexion égal à celui d’incidence, vous aurez çinq lignes, qui partageront en qua-tre parties tout l’efpace circulaire , qui ell devant le miroir ; par le moyen de ces rayons, & des lignes circulaires dont j’ai parlé précédem-. Tome IIL Z
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- *66 A ri» pajtioimiri ment, l’efpace dans lequel vous devez deffiner le tableau, fera partagé en feize cafés ; dans Iefquelles ils vous fera aifé de rapporter fes différentes parties, quand vous l’aurez divifé lui-même en feize cafés, par des cercles concentriques également efpacés , & par des rayons tendant au centre de ces mêmes cercles.
- Kaifonnez & procédez de même pour le miroir conique en confidé-rant A B, Fig. 8 , comme une ligne droite prife fur le cône de la baie à la pointe. A E fera le rayon d’un cercle tracéfurle carton& fur lequel vous placerez la bafe du miroir; E I, E H, feront les rayons de deux autres cercles que vous tracerez légèrement avec du crayon, & qui formeront entre eux un efpace circulaire , dans lequel il faudra deflïner le tableau : pour cet effet, vous diviferez cet efpace par trois cercles concentriques, en quatre parties inégales dont les proportions feront les mêmes, que celles , qui font indiquées par la Fig. 8 , pour divifer la hauteur des triangles danslefquels on rapporte
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- IUR LES EXPÉRIENCES. 26j Je tableau du miroir pyramidal. Vous fubdiviferez enfuite tous ces espaces circulaires en feéteurs tronqués . par des rayons tendant au centre, en tel nombre qu’il vous plaira ; au nombre de iix , par exemple, ou de huit. Enfin vous décrirez fur votre tableau un cercle qui renferme toutes fes parties , & entre la circonférence & ion centre , trois autres cercles également efpacés encre eux ; & vous couperez, tous ces cercles concentriques par des rayons, en même nombre que ceux que vous aurez tracés fur le carton ; par ce moyen votre tableau fera partagé en autant de parties qu’il y aura de cafés, fur le carton , il ne reliera plus qu’à les y tranfporrer.
- Mais vous ferez attention que le miroir conique, ainlî que le miroir pyramidal, fait voirdansfa bafe l'image de tout ce qui efl peint ou dediné autour de lui ; 8c qu’il y repréfente toutes les parties de l’objet, dans un ordre oppofé à celui qu’elles ont fur le carton ; de forte que fi vous aviez placé aux deux côtés du miroir deux fléchés, comme t, B Fig, 6%
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- a68 Avis parti c u lie if 5 PL XII. dont les pointes fe regardai fent, elles fe préienteroient au fond du nairoir comme a & b : fur ce pied là, C vous avez envie de faire voie un as de pique au naturel à l’oeil placé au-deffus de la pointe du cône, il faudra que le contour de la figure foie placé fur le carton plus près du cen-, tre que tout le relie, comme d, e,f, g, &c. Fig. 7. & que tout le carton depuis cette ligne jufqu’à la circonférence , foit noir.
- Pour ne vous y point tromper J Vous numéroterez en fens contraire , les efpaces circulaires du carton Sç ceux que vous aurez tracés fur le tableau ; & vous direz, par exemple , la pointe de l’as commence fur le premier rayon & à peu près au milieu du premier efpace circulaire du tableau, ce point efl en a fur le carton, vous le marquerez aveclapointe du crayon 5 vous continuerez en di-fant, la ligne qui part de a en s’approchant du centre du tableau, coupe le deuxieme cercle environ à fa cinquième partie, vous ferez encore là une petite marque de crayon b ; la ligne traverfe, direz vous, tout 1®
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- ^évz<f. Terme/ UT. TL. j.% .
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- StfR iss ËxîéKIEttCES. 2G$ Fécond efpace du fefteur, & va couper le fécond rayon qui le termine , à peu près aux deux tiers de fa longueur , en s’approchant du centre , c’eft en e qu’il faut marquer le palfagd delà ligne, &c. Avec un peu d’attention & d’habitude,vous parviendrez à marquer tous les autres points d, e,f, g,li,que vous lierez enfemblepar une ligne continue , ayant foin de regarder de temps en temps fur la pointe du miroir, pour vous affurer que vous formez fur votre carton , le trait qui doit produire l’image de l’objet.
- Les cartons peints pour le miroir conique doivent être arrondis cir-culairem’ent, & la peinture doit s’étendre jufqu’à la circonférence, autrement , l’image pourrait fe trouver interrompue vers le centre, par un efpace blanc , ce qui.ferait un mauvais effet. Il n’y a point de carton plus difficile à deviner que ceux du miroir conique , parce que les parties du tableau y font deffinées dans un ordre renverfé , & que celles qui font le plus rapprochées dans le tableau , s’y trouvent extrêmement étendues. Les objets les plus
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- 57° Avis ïart'Cüm*®5
- fimples font ceux qui réufliflent le mieux ; une tête feule, par exemple, Vaut mieux pour cela , qu’une figure humaine toute entière.
- Première Expérience.
- . . - - Exécutez la grande platine
- XVI- & la table en forme de guéridon , îi.'«âio‘n. comme il e(l prefcrit à l’endroit cité Ari.m.%. en marge ; peignez en blanc, com-me il e(l dit, la première de ces deux pièces , mais que ce foit avec de la peinture à l’huile à caufe de l’eau qui peut tomber deflus, & qui effacerait la divifion du cercle qui efl tracé défiais ; pour maintenir plus fùrement la table de la fécondé piece, il faut la faire porter fur quatre confoles, aboutiffant à la piece du centre qui tourne fur la tige du pied ; & il faut que la vis de prefiion qui l’arrête , quand on l’amife à la hauteur requis fe, foit forte, pour ne point céder au poids, dont cette table efl chargée ordinairement.
- Vous ferez entrer un gros rayon folaire dans la chambre obfcure, en vous fervant de l’appareil que j’ai décrit ci-devant au commencement
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- Sur les Expériences. 27Ï
- ides Avis fur la quinzième Leçon ; le gros tuyâu qui a un mouvement de genouii, & un miroir que vous placerez dans la calife, vous donneront ce jet de lumière dans telle direction qu’il vous plaira ; fi vous avez un miroir plan de métal , il faudra le préférer à tout autre ; mais s’il vous manque , vous pourrez en employée un de glace au teint. Le tuyau ayant près de deux pouces de diamètre fera paffer par la fente de la platine verticale autant de lumière qu'il enfant,' pour qu’une partie pafîe dans i’ea.tt de la caille , & l’autre au-delfus. Vous pourrez faire la caiffe qui doit contenir l'eau avec du fer-blanc un peu fort ; l’ouvrier repliera le bord d’en-bas en dedans, pour af-feoir le morceau de glace qui doit en faire le fond; & que vous attacherez avec du maflic de Vitrier, ainlî que le verre de vîtrequi doit recouvrir la fente qui eft fur un des côtés: le maftic tiendra mieux & s’attachera plus facilement , fi le métal a été enduit auparavant avec une couche ou deux de peinture à l’huile qu’on aura laiifé bien fécher. Cette caille Ziv
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- *72 AVIS fÀRTtâütlESS fera plus élégante , C elle eft faite avec, des plaques de laiton , bien dreffées, & ornée de moulures , tant cn-hauc qu’en-bas.
- Le quârré de cryllal dont j’ai fait mention, n’eft point facile à trouver ; on a rarement des morceaux de verre de cette épaiffeur, & fans bouillons : mais on peut s’en paffer ; car il ne fert ici qu’à faire voir la différence
- Sa entre la réfringence de l’eau : du verre ; & cela fe voit également , quand on fait paffer les rayons folaires fucceffivement, par une lentille creufe remplie d’eau , & par unelentille de verre plein, qui ait la même convexité ; celle-ci raffem-ble la lumière plus près d’elle, ou, ce qui eft la même chofe , elle a un foyer plus court : ce qui prouve, que les rayons s’y plient davantage en traverfant fon épaiffeur.
- Seconde Expérience.
- « —' Vous vous fervirez encore pour
- L cette expérience, & pour les fuivan-n.staion. tes du même tuyau que vous aurez ruitj! P,L, employé dans la précédente, en adap->•. ' 'tant au bout, un verre lenticulairq
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- ïrrKEïs ExifiiiïSHÎS?. 173» qui en occupe toute la largeur, & qui ait un foyer convenable. Pour cet effet, vous attacherez ce verre à un coulant de douze ou quinze li» gnes de longueur, que vous ferez entrer dans le bout du gros tuyau.
- Comme les rayons folaires qui Portent enfemble du tuyau pour entrer dans la chambre obfcure, ont un peu de divergence , il ferait mieux de les rendre parfaitement parallèles entr’eux, en les faifant paffer par un verre qui eut un peu de convexité, comme je l’ai dit dans la préparation ; cependant on peut s’en difpenfer , parce que fur un trajet de cinq à fix pouces qu’on fait faire à ces rayons, le parallélifme ne paraît point fenfl-blement altéré.
- La caiffe vitrée dont il s’agit ici peut fe faire en bois, pourvu qu’on l’enduife par dedans & par dehors, avec quelque peinture grade , ou quelque vernis, que l’eau ne puiffe pas pénétrer ; le Menuifier ou l’Ebé-nifle y formera des feuillures en dedans , pour recevoir les deux grands verres , & les plaques de cuivre .des deux petits côtés. Tout cela doit
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- £74 AtlS * AKTICtrtlï ftl
- être attaché avec du maflic de VI* trier. Autour des ouvertures circulaires pratiquées aux deux plaques de rr.étal, & fur le coté qui répond au dedans delà caille, il faudra fouder à l’étain , ces cercles qui forment des feuillures j pour recevoir les verres courbes , qui feront maftiqués comme les autres ; ces verres fe trouvent très-communément chez les Miroitiers, qui en préparent pour les Horlogers : il faut les demander moins creux que ceux qui fervent pour les montres ; ils feront bons s’ils font partie d’une fphére de cinq à fix pouces de diamètre.
- Troifeme Expérience.
- - Adaptez au bout du gros tuyau, Leçon, un verre lenticulaire preiqu’auflî lar-ii.section. ge qUe Juj, & qui ait huit à neuf pou-t'iLFiç.ii,ces de foyer : dans la pîûpart des grandes villes , il y a des Lunetiers, qui travaillent des verres concaves , ou convexes ; on fera beaucoup mieux de s’adreffer à ces ouvriers pour s’en procurer, que d’entreprendre de les faire foi-même , fi l’on n’efi pas exercé depuis long-temps
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- SU* LÈS ExïÉRlENCïJ. 27f
- à ces fortes d’ouvrages ; cependant j’ai enfeigné la maniéré de les faire, pour ceux qui voudront l’entreprendre. Tome 1. page 180. & fuiv.
- Quatrième Expérience,
- IL n’y a rien dans la Préparation lilitmt de cette expérience, qui puilfe om-barralfer, après ce qui a été dit au fujet des précédentes ; j’ajouterai feulement quelque chofe par rapport aux applications.
- Si vous voulez faire voir, qu’un objet couvert d’une maffe d’eau pa-roît plus près de l’oeil, & plus grand, que quand il eil à pareille diflance hors de l’eau, vous tracerez une grolfe ligne droite avec du crayon blanc fur un fond noir , ou bien vous y étendrez une bande de papier ou de carton , & vous placerez delïus, la eailfe à fond vitré & pleine d’eau, de la première expérience; vous la placerez dis je de maniéré qu’une partie de l’objet déborde de deffous le vaif-feau; & vous comparerezà cette partie , celle qui eft vue à travers l’eau, pour en reconnoftre la différence. Cherchez chez un Miroitier, une
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- ii6 Ans ïAÈticirLïEs* bande de glace épaiffe & taillée eit bifeau, pour regarder les objets ai» travers ; vous verrez le même dans deux endroits différents, fi vous le regardez fucceflivement, parle bifeau , & par la partie de la glace qui à fes deux furfaces parallèles.
- Il faut vous munir d’un verre plan-convexe dont la convexité foit taillée à facettes ; ces fortes de verres ne font point rares , prefque tous les Lunetiers en vendent : fi Ton veut qu’ils foient taillés bien régulièrement , & que les angles en foient bien vifs, il faut demander au Lunetier un verre plan d’un côté & très-convexe de l’autre , & le porter à un Lapidaire qui le travaillera fur fa meule, comme il travaille les pier-, res. qui font le fujet de fon art.
- Cinquième , Jixieme £r feptieme Ex-, périences.
- Procédez exactement dans ces trois expériences comme il eft » marqué dans les Leçons de Phyfique ; ‘.le plan qu’on éleve verticalement e dans la caille pour recevoir le cercle lumineux de la feptieme expérienc*
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- SVR IES Ex>iRititces. 27i 'doit être de métal, & pour bien faire, peint en blanc ; une petite plaque de fer-blanc montée fur une bafe de plomb & blanchie avec du blanc de cérufe broyé à l’huile, fera tout ce qu’il faut.
- Le même verre avec lequel on a rendu les rayons convergents , en fournira qui feront divergents; il n’y a qu’à lesprendre, après qu’ils fe font çroifés au foyer, comme on le peut voir parles figures citées en marge.
- Pour faire voir l’effet du bocal, - -
- on peut, dans le cas de befoin, fe fer- xvr. vir d’un matras, ils ont ordinaire- j/ ment la boule allez ronde; on le pla- An.in.pt. çera, fur un pied dont la tige foitvlIL terminée par un petit plateau de bois ,4‘ creufé fuivant la convexité du verre : il efl prefqu’inutile de recommander que l’eau qu’on mettra dans ce yaiffeau, foie bien claire.
- J’ai fait mention des corps fblides’ plongés dans l’eau, qui nous paroif-fent fous des figures difformes, quand le verre à travers lequel nous les Voyons, n’efl arrondi que dans un Cens, comme ces bocaux cylindriques dont les Drçguiftes & Jej Apow
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- S78 Ans rA'»¥teütl*R*
- ticaires font tant d’ulage ; il elt boa d’en faire une expérience, en fufpen-dant dans le milieu d’un de ces vaif-feaux rempli d’eau pure, une boule d’y voire, ou de quelque autre matière péfante (5c d’une couleur clair re.
- Il faut être pourvu de plufieurs verres lenticulaires de différents foyers, & de differentes grandeurs, montés dans des chapes de corne ou d’écaille, ou bien s’ils ont fept à huit pouces de diamètre , on les monte dans un cadre de mécal ou de bois tourné, & porté fur deux pivots dans un croiffant, qui elt foutenu lui-même par un pied à patte : cela elt fu'tî-famment connu. Avec ces verres,vous ferez voir que limage de l’objet s’amplifie , & vous ferez remarquer les autres effets qui leur font propres, & que j’ai détaillés lofons de Phyfique Tome V, depuis la page goÿ, iuiqu’à la page 522.
- L e plus curieux de ces effets, c’eft 1. ico». fa’re apperçevoir l’image de l’obs ri. sÆior. jet entre le verre & l’œil : pour faire KÎ^jo.' v°if enmême temps, que cette image elt renverfée, vous d’écoupere*
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- SCR LES ExféR IENCE S.
- •dans une carte à jouer, une fléché longue comme le doigt ; vous l’attacherez fur un fond noir contre une muraille bien éclairée, à peu près à la hauteur de l’œil ; vous'placerez en avant une lentille large de deux à trois pouces , & dont le foyer foit à peu prèsàla moitié de 1 intervalle qui eft entre elle & l’objet;& vous vous pacerez devant le verre en reculant jufqu’à ce que vous apperceviez l’image entre lui & vous : fi vous voulez déterminer ces diftances avant de faire l’expérience , confultez l’en^ droit cité des Leçons de Phyjique,.
- Huitième, neuvième & dixième Ex~ périences.
- Je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit touchant la manipulation de Lex^ Hi ces expériences ; il faut avoir quel- ir. scdivi ques verres concaves de deux à trois pouces de diamètre, pour en faire cmj. * voir les principaux effets : comme ces verres rendent l’image plus petiet que l’objet, & que nous fommes naturellement portés à croire qu’un objet eft plus loin de nous, quand il nous paroît diminuer de grandeur ^
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- â8o Avis ÏÂRTlCÜt 1ER* on aura peine à fe perfuader, que lé verre concave, rapproche l’image ; il faut tacher de fe défaire du préjugé, & (regarder avec ce verre , un objet long qui le déborde , telle qu’une bande de papier , dont partie foit vue au travers du verre , Sc l’autre à côté :avec un peu de temps, on reconnoîtra que l’effet dont il s’agit efl vrai; il en efl de même du verre convexe , qui éloigne l’image , on a peine à le croire, parce cette image efl: amplifiée ; mais on revient peu à peu de cette ilîufion, en faifant ce que je viens d'indiquer.
- Pour aider les commençants à reconnoître dans les figures tracées fur le papier , la coupe des verres tant convexes que concaves, je fais ufage de deux morceaux de buis tournés, taillés comme eux , & qui font coupés diamétralement, en fépa-rant les deux moitiés , je fais voir leur coupe.
- AVIS
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- 'sür les Expériences. 2811
- AV I S
- Concernant la D 1 x-septi em B Leçon.
- Première Expérience.
- I /Ans cette expérience & dans celles qui la fuivront, fervez-vous de l’appareil que j’ai d’écrit au commencement des Avis furla quinzième a Leçon , 8c qui efl répréfenté par la £ Fig. 2. PL X. en mettant au bout du tuyau y la piece a qui ne laiffe paf-fer qu’un rayon folaire de trois li-, gnes de diamètre.
- Vous pouvez indifféremment diriger le rayon horizontalement,de bas en haut, ou de haut en bas, fuivant la commodité du lieu, en plaçant l’angle réfringent du prifme en haut, en bas ou de côté. Si vous dirigez le tuyau y de bas en haut , vous prendrez pour y jetter le rayon folaire , celui de vos miroirs le moins élevé , 8c qui fera monté fur une femele de bois garnie de plomb en-deflous , comme je l’ai indiqué, pag. 220.
- Tome III. A S
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- 282 Avis particulier*
- 11 ell allez diffici’e de fe procü* rcr de hors prifn es de verre fo’ide, tels qu’il les faut peur ces expériences; on n’en trouve point communément , chez les Lunetiers ni à Paris ni à Londres. J’ai dit en parlant de la maniéré de travailler le verre , fome I. pag. 224 , comment on petit en faire avec des morceaux de glace fondue dans un moule, <5c travaillé enluite.
- Si l’on en Lit avec des lames de glace , pour !e$ remplir d’eau, il faudra qu’elles foient minces , bien droites , fans bouillons & fans filandres ; on pourra les aflembler dans, un bâtis formé avec des bandes-dé fer blanc ou de laiton mince, & les attacher avec du maftic de Vitrier. On ne doit avoir recoms à ces moyens , que quand on ne peut pas avor des prifmes de verre folide, ou b ien pour éprouver lés degrés de réfringence de différentes liqueurs.
- 11 Luc pour bien faire, que le carton blanc fur lequel on reçoit le fpeflre du prifme foit au moins à 10 ou 1 2 pieds de dilfance vers le fond de la chambre ; fi laflemblée efi fort
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- sur lesExpériemces. 285’ nombreufe, on pourra le recevoir fur un tranfparenc de taffetas blanc très-mince (qu’on nomme communément demi Florence) afin qu’on lèpuifle Voir par-derriere & par-devant: le carton ou le tranfparent doit avoir au moins une largeur de quinze à dix-huit ponces en tous fens , & être monté fur un fupport, qui fe puifle. liaulfer & bailler.
- Seconde troifîeme Expériences.
- J e n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit fur ces deux expériences linon , qu’il faut que les verres de couleur employés dans la derniere , fbient le plus foncés qu’il e(i pofli-bie, il n’y a guère que le rouge , le gros bleu , & le verd qui réufiilfenC pafîabîement bien ; les autres laif-fent palfer d’autres rayons a vec ceux qui font analogues à leur couleur.
- Quatrième Expérience.
- Au Litu de la planche mince .........a
- Æc'perdée au mibeu que j’?i ditd’é?e- L*V1*-ver verticalement à une petite dif- nrs^&ion. tance du premier pr me , on trou- f 1 ^ vera plus de commodité à fe l'ervir g.
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- £84 Avis pàkticuiiers de cette efpece d’écran que j’ai déA crit ci-devant paçe 224. parce que le trou du milieu eft fait dans une plaque de cuivre avec des bords amincis & fans bavures. La planche qui fe place devant le fécond prifme pourra être faite comme je l’ai décrite à l’endroit cité en marge, mais le bois, quand il eft mince avec une certaine largeur eft fujet à fe courber; c’eft pourquoi je fais maintenant cette piece avec une feuille de tôle forte, que je peins en noir du côté qui reçoit la lumière , & en blanc par le côté oppofé , afin qu’on puif-îe y appercevoir aifément la lumière colorée qu’on y fait quelquefois tomber par réflexion.
- Cinquième Expérience,
- mipi 11 *^A 1 falloit fe reculer dé
- fig. 7. 'huit ou dix pieds pour regarder à travers le prifme, le carton moitié bleu & motié rouge ; il faut s’éloigner beaucoup moins , comme de deux pieds feulement, mais regarder de toute fa hauteur ou même s’élever en montant fur une chaife ; les deux images paroîtrons alors
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- S5s tïs EjiïÉÊff HÏiSf. dSf plus tranchées ; on fera bien aufB de placer ce carton fur un fond noir.
- En réfléchiffant tous enfemble les rayons réfraâés par le prifme , avec des miroirs de différentes formes , ayez foin de les jetter fur une-muraille ou contré un plafond blanc afin qu’on diftingue mieux leurs couleurs & l’ordre qu’ils garderont en-tr’eux ; & quand vous les recevrez fur le miroir cylindrique , ayez foin dé ne le point trop incliner, afinqu’il les comprenne tous , & que l’arc lumineux foit plus complet.
- Sixième Expérience.
- Cette expérience s’exécute plus facilement & plus promptement quand elle efl faite par deux perfon-nes qui s’entendent bien ; cependant on en vient à bout tout feul , au moyen des fupports à mouvements fur lefquels font montés les prifmes, comme on le peut voir , Leçons de Phyjique, Tome V , page 34 6. PI. I. Fig. 2. il faut auffi que les cartons ou les tranfparents fur lefquels on fait tomber les rayons j en forçant des ptif-
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- 28S Avis ïARTietriisRi
- mes , foient portés par des fapports J avec lefquels ils puiffent fe haufler, fe bailler, fe reculer ou s’approcher, &c.
- Septième Expérience.
- nu ti il. Cette expérience eft une des tr^i.9 ’ *° plus délicates en ce genre , il faut la faire avec beaucoup de précautions; j’ai marqué en la rapportant, celles qui m’ont paru 'es plus néceûâires , & avec lesquelles j’ai réufli.
- Huitième , neuvième & dixième Expériences.
- nuTl.it. J e crois avoir lufïifamment ex-Fig. uf o pliqué ce qu’il faut faire pour réuiTir dans ces trois expériences : pour la neuvième vous fe-ez pafler deux rayons lolai es par les pièces à cou-Iilfes de la c i i ! e que j’ai décrite précédemment part. 210- EL IK, Fi:.1. 3 3c 4. en ôtant les verres dont les d:-ux lunettes tout garnies, & en mettant aux bouts qui . épondent dans la chambre une petite piece ronde de laiton , qui ait au milieu un trou rond de deux 'ignés de diamètre ou un peu plu;. Au lieu des planches
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- SUS Lïî ExPÉRlBNëïS. 28?
- percées dont j’ai fait mention à l’endroit cité en marge , vous ferez •mieux d’employer des feuilles de tôle ou de fer-blanc.
- Onzième Expérience.
- V o u s prendrez pour exécuter 1 gai cette expérience, un de ces globes (^‘0lN de verre blanc, à deux goulots dia- m sedîon. métralemenr oppofés , dont on fe fert pour l’éledricité , vous choisirez &\7, un des plus petits, il fuffiroic qu’il eût quatre ou cinq pouces de diamètre ; finon , vous prendrez la boule d’un marras dont vous aurez fuppri-mé le col, & après l’avoir remplie d’eau bien claire , & bouchée avec du liege garni d’un crochet, vous le fufpendrez comme il eft marqué dans la figure citée en marge. Si vous ne voilez pas qu’il tourne, ce qui ne manqueroit pas d’arriver, s’il n’étoit fufpendu qu’avec une feule ficel’e, vous le fufpendrez avec deux, en attachant avec du malt'C , au pôle qui eft oppofé au bouchon , une petite calotte de fer-blanc large • comme un écu, ayant à fon centre un crochet,
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- fa88 ÂVÏS PARTICULIER?
- Vous pourrez faire encore cette expérience avec un bocal rond ou cylindrique, rempli d’eau & pofé fuc une table, en faifant tomber deflus un gros rayon folaire, & en plaçant l’œil dans une ligne qui faite avec ce rayon l’angle qui en requis.
- Vous imiterez encore L'arc-en-ciel 'd’une maniéré plus naturelle, en faifant tomber de l’eau en forme depluie au travers d’un gros rayon folaire,que vous regarderez en vous plaçant comme il elt dit. Ces effets font plus fen-lïbles quand ils fe paffent dans une chambre obfcure.
- Première Expériences
- —L L’objectif d’un télefeope
- IiVoh. de vingt-cinq ou trente pieds tel m.Stûion. qu’il le faudrait,pour produire des iy"hè!\}! anneaux colorés par la (impie pref-fion fur un verre bien plan , n’eft point une chofe qu’on ait toujours en fa difpofition : un tel verre d’ail-leu'-s eft précieux, & l’on pourrait le caffer , en l’appuyant fortement fur un autre verre , ou le laifler tomber par accident ; on fera également
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- ment l’expérience dont il s’agit avec deux morceaux de glace de miroir , dont ont aura ôté le teint, en les frottant pendant quelques inftants , l’un fur l’autre & en les preffant en-fuite entre les doigts.
- Un fïmple morceau de vitre, fur lequel on a étendu avec le doigt quelques gouttes d’efprit-de-vin, fait voir aulfi de pareilles couleurs à me-fure que l’évaporation diminue inégalement l’épaiffeur de cet enduit.
- Seconde Expérience.
- Il y a dans cette fuite d’expê-ri'ences du même genre,pluftcurs liqueurs qu’il eft bon de préparer foi-même , fi l’on eft éloigné des grandes villes, afin de les avoir plus fraîches. Sur le choix & la préparation des drogues, confultez ce que j’ai en-feigné dans la fécondé partie de cet ouvrage, Tome I.
- Troijieme £r quatrième Expériences.
- S i vous faites faire la phiole ex- mi. près à la Verrerie , recommandez qu’on y fafle uue patte comme à uti
- Tome UI. B b
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- spo Avis particuliers verre à boire , & que l’orifice ait un bord rabattu en dehors, pour qu’on puilTe lier autour , un morceau de vefiie mouillée par-deffus le bouchon de liege ; cela fuppofe que cette phiole fera gardée toute remplie; jl vaudroit mieux cependant, qu’on renotrvellât l’eau & 1 efprit de térébenthine pour chaque expérience ; car à la longue , les parties grafles ou réfîneufes qui s’attachent au verre , empêchent que la partie qui contient l’eau ne jouiffe de toute fa tranf-parence.
- Première Expérience.
- n Ir, n’y a rien à changer à l’inf-
- L«V»n trument repréfenté par la figure J , ly.'s'âio». citée en marge, fi l’on s’en fert tou-An. i, Pl jours dans une chambre obfcure , lf' en l’appliquant à un trou fait au volet de la fenêtre ; mais fi l’on veut en faire ufage en plein jour, je con-feille de le conflruire de la manier* fuivante.
- La boule n’ell ici qu’un hors-d’œuvre , & ne fert qu’à rappeller l’idée du globe de l’oeil ; tout ce qu’il y a d’effenciel dans l’iqllrumcnt, c’en la
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- StfR Les Exf ^riesces. 2pl Jehtille objeétive & le papier huilé fur lequel l’image de l’objet va fe peindre : on peut rendre celui-ci mobile, & fixer le verre.
- Vous ferez donc un tuyau fembîa* ble à celui dont j’ai donné la confiai fli on , au commencement des Avis fur la quinzième Leçon page ai y & fuiv. Vous collerez fur une de fes extrémités , des morceaux de bois af-femblés à plats-joints, que vous arrondirez fcn forme de boule fur le tour : Vous fermerez le tuyau de ce côté-là , par une piece de buis, ou de quelqu’autre bois dur, tournée & qui entrera à feuillure : vous ferez au milieu, un trou rond de neuf à dix lignes de diamètre, pour y placer une lentille de trois pouces de foyer fur laquelle vous vifferez Une lunette, de fix à fept lignes d’ouverture. Par le bout oppofé vous ferez glifl'er un autre tuyau , qui porte un papier huilé , ou un verre douci, jufqu’aü foyer de la lentille & un peu au delà : & le tout fera monté fur un pied, comme on le voit par la Fig. t. PU XIII.
- Au-deflus de la lentille objeâiyçj
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- sp2 Avis particuliers
- 11 faut attacher une double lunette C, d’écaille ou de corne qui tourne fur le bout d’un axe de métal implanté dans la boule. Cette lunette portera d’un côté un verre convexe n°.
- 12 , & de l’autre un concave n°. 18 ; tous les Lunetiers entendent ces ex-preffions, & d’ailleurs on peut s’écarter un peu de ces proportions : il faut que cette lunette tourne avec frottement, & qu’elle puiffe préfen-ter tantôt l’un des deux verres, tantôt l’autre. Cet inftrument ell vû de face à la lettre A.
- Vous aurez foin que le tuyau coulant, qui porte le papier huilé ou le verre douci, foît noir intérieurement; & comme en préfentant cet inftrument aux objets éclairés pour en voir fimage au bouc du coulant, on peut être incommodé de la lumière du jour qui vient dansles yeux,' vous ferez bien de vous en garantir en enfilant fur le tuyau, un carton noie B, large d’un pied ou environ, percé au milieu & garni d’un cercle plat
- 3ui le maintienne dans une direction ireétement oppofée à celle de la lu-tuieie que vous voulez éviter, Du
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- ÎUR ISS ÉxPéKIENCIS. 'âÿj relie, cet inftrument eft fufceptible comme tous les autres, d’être décoré extérieurement, par quelque peinture ou quelque vernis enjolivé.
- Avec l’inftrument dont je viens de donner la defcription , il faudroit joindre la diffeôion d’un oeil de boeuf ôu de veau nouvellement tué , ne fût-ce que pour donner aux commençants , une idée des principales parties de cet organe; en le demandant au Boucher, il faut lui recommander de ne pas couper le nerf trop près du globe ; & s’il faut le garder jufqu’au 'lendemain , tenez-le plongé dans de l’eau claire, pout entretenir la foupleffe.
- Après avoir ôté avec des cifeaux les grailles, & les chairs qui couvrent le premier tégument, vous ferez ob-ferver le nerf optique qqi retrouvera pour lors à nud; enfuite ayant placé l’oeil dans un efpece de bilboquet de bois ou de quelque autre matière folide, de forte que la cornée tranfparente foit tournée en-haut , vous enlèverez cette partie en la cernant tout autour avec descifeaux fins, & vous ferez remarquer
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- ag4 Avu particueierj qu’elle a la confiftance avec la transparence de la corne , & que fou épailfeur eft compofée de plufieurs lames , qu’on peut Séparer, quoi» qu’avec peine..
- Immédiatement après l’ouverture de la cornée tranfparente on voie fortir une liqueur auffi claire que de l’eau commune;c’eft celle qu’on nomme humeur aqueufe.
- Avec la cornée on enlève ordinairement l’iris, qu'on dillingue beaucoup mieux avec la pupille qui eft au milieu , quand on l’étend au fond d’une aflîette de fayence remplie d’eau.
- En preffant l’oeil extérieurement avec les doigts , on fait fortir le triftallin , qu’on peut reconnoître féparément ; après cela, on renver-fe l’ceil pour faire tomber l’humeur vitrée fur une aflîette ; & quand l’oeil eft ainft vuidé , on peut voir les lissa-ments ciliciaires fur la partie antérieure de l’humeur vitrée.
- On obferve la rétine , qui eft une membrane molle & très-délicate qui fe préfente la première, quand l’humeur vitrée eft fortie; on voit en^
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- Stltl tÉS E.Xt ÉR IÊNCES. Sfif fuite la choroïde, diflinguée par le lifle & les couleurs de fon tiffu ; enfin on peut avec un peu de foin & d’adref-
- fe, féparer celle-ci delà fdêrctique.
- Pour prouver que le croifement des axes optiques fur un objet, nous aide à juger de fa diilance , quand elle n’eli pas bien grande, on peut faire l’expérience que voici. Sufpen-pendez au milieu d’une chambre, un anneau de neuf à dix lignes de diamètre , de maniéré qu’il foit bien ifo-lé'& qu’il ne tourne point. Fermez! un oeil, & venez à lui de côté pour l’enfiler avec une baguette de deux pieds ou environ de longueur , au bout de laquelle foit un fil de fer plié d’équerre ; e’eft bien hazard , li vous en venez à bout, fi ce n’eft après plufieurs tentatives fans fuc-
- cès.
- Lunettes dont on fe fert pour lire.
- Marquez par une ligne à l’encre ou au crayon fur le tuyau coulant de l’oeil artificiel décrit ci-def-fus , de combien il doit être enfoncé , pour qu’une vûe ordinaire ap-ptreoive diftinftemeht l’image des
- Ebiv
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- -a<)6 Avis iarticomms objets extérieurs fur le papier huilé qui repréfente la rétine, ou le fond de l’œil ; & écrivez à côté de cette ligne vie commune ; faites tourner enduite la lunette de façon que le verre convexe, couvre la lentille objeflr-ve , & avancez le tuyau coulant juf-qu’à ce que l’image des -objets vous paroiffe diflincte lur le papier huilé, { je fuppofe que vous n’êtes ni myope , ni prefbyte; ) & vous tracerez fur le tuyau une fécondé ligne circulaire , à côté de laquelle vous écrirez vie prefiyte : enfin faites defcen-dre le verre concave de la double lunette , vis-à-vis la lentille objective , & tirez le tuyau coulant, juf-qu’à ce que vous voyiez encore les images bien diftinâes ; tracez une troifîeme ligne fur le tuyau, & écrivez à côté vie myope.
- L’oeil artificiel étant ainfi préparé, vous ferez remarquer à ceux qui ont la vue ordinaire , que les images font confufes fur le papier huile , quand le tuyau efl pouffé jufqu’à la derniere ligne, ou tiré jufqu’à la première , & que dans le premier cas I’interpofition du verre convexe , &
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- SUR LEs'ExPÉRIENCES. dans le fécond celle du concave les écclaircit ; ce qui montre comment ces efpeces de verres font voir distinctement les myopes & les pref-bytes.
- Chambres obfcures, & polemofcopes;
- IL ne s’agit ici que des chambres =g— obfcures portatives ; car j’ai dit à la M fin des Avis fur la quinzième Leçon, iv. Seaion; comment on fait parroitre limage nj des objets extérieurs dans une cham- pi. vi. Fig* bre bien fermée, en faifant un trou 6 61 ?• au volet de la fenêtre & en y plaçant un verre obje&if; ou bien en. mettant à la place de la caiffe optique , une planche percée d’un trou quarré au milieu, pour recevoir une planche de même figure qui porte ce verre, & qu’on attache avec des tour-niqu ets, page 210.
- Plus la machine dont il s’agit eft * petite , plus les objets s’y repréfen-tent diftin&ement , parce que les verres de court foyer raffemblent davantage les faiffeaux de lumière , qui viennent des différents points vifibles de l’objet ; mais ordinairement on facrifîe quelque chofe de
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- a fi 8 Avis ÿAFtiCotl«RJ Cet avantage, pour avoir une image plus grande: elle le fera fuffifamment fl vous donnez à la boîte neuf à dix pouces de hauteur, autant de lar-
- feur, & treize à quatorze pouces e longueur : vous pourrez rendre cette derniers dimenfion moins apparente , en donnant aux quatre ou cinq derniers pouces du côté de l’objet , la forme d’une pyramide tronquée , & fermée par une piece quar-rée dans laquelle vous fixerez le tuyau extérieur. Fig. 2.
- La Menuifier alfemblera à queues jk à colle, toutes les parties de cette boîte ; & il rapportera une moulure tout au tour par en bas. Le fond op-pofé au tuyau, s’ouvrira à charnières de côté , ou dcfcendra à coulilfe par en haut pour laifièr à découvert, quand vous le voudrez.une glace dépolie ou doucie, qui fera prife dans une feuillure, & retenue , avec deux petits tourniquets de cuivre bien mince.
- 1! rendra de même le delfits 0, mobile par le moyen de deux charnières placées fur le devant de la boîte; & il pratiquera immédiatement au-
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- sur t*s Expériences. 259 défions, une autre feuillure, pour recevoir la même glace doucie, ou une femblable: ce couvercle en s’élevant doit porter avec foi deux joues angu-lairescommeE qui empêchentle grand jour d’éclairer la glace , quand on s’en fert avec le miroir pour voir les objets droits. Et afin qu'il ne retombe pas de lui-même quand on l’a élevé , il faut garnir les deux joues en dedans avec du drap, afin qu’elles ayent un frottement doux contre les deux côtés de la boîte qu’elles embraffent, ou bien faire palier le bord qui eft taillé en arc de cercle, fous une petite lame de métal e, faifant reffort & attachée au côté de la boîte. Enfin le Menuifier mettra fur les deux côtés de la boîte en dedans, deux radeaux fur lefquels vous placerez le miroir qui doit être incliné de quarante-cinq dégrez comme, e/, étque vouspou-rez toujour ôter , pour voir les objets renverfés , dans le fond oppofé au verre objeélif.
- Il faut que ce verre ait quinze à dix-huit lignes de diamètre & que fon foyer puilfe. atteindre au fond de la cailfe. Encadrez- le dans un pe-
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- Sjoo Avis sÀRTicttiffiï tit cercle tourné, & joignez-Ie à un bout du tuyaugquipuifie glifler dans celui qui eft fixe : car fon foyer devenant plus court ou plus long fui-vant que les objets font plus ou moins éloignés, il faHt pouvoir le faire avancer ou reculer, pour rendre les images diftinâes.
- C e que j’ai dit de la chambre obf-cure en pyramide ou pavillon quarré, Leçons de Phyjique , Tome V. page y 32 , fera fuffifant pour conduire Hn ouvrier intelligent, ou quelqu’un qui fera un peu exercé aux ouvrages de méchanique ; je vais cependant entrer dans quelques petits détails fur les pièces qui donnent le mouvement aux parties de cette machine, & qu’on n’a pas pu faire fentir fuffi-famment dans les figures qui repré-fentent l’enfemble.
- Le collet d’en haut G, Fig. 5. qui réunit les montants, eft entaillé pour les recevoir en quatre endroits diamétralement oppofés , & chacun d’eux y. entre librement, & eft retenu par une goupille fur laquelle il tourne pour s’incliner foit en dedans, foit en dehors.
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- sur. ies Expériences. 30ï
- LesmontantsH, &c. font des baguettes équarries qui ont dans toute leur longueur, fept lignes de large, fur cinq d’épaifleur : quant' à leur longueur, elle doit être telle, que le verre placé dans le collet, ait fon foyer a la bafe de la pyramide ; ce foyer ‘ell de trente pouces ou à peu près.
- Chaque montant eft garni par en bas de deux charnières », », appliquées de part & d’autre fur fa largeur , & attachées avec trois clous rivés , de façon que l’une ferve de contre rivure à l’autre. Ces charnières font faites avec des latnes de laiton bien recuit , qu’on fait paffer dans une boucle de fil de fer comme k , & qu’on replie fur elles-mêmes, en les ferrant dans un étau près du collet, afin qu’elles embraffent mieux le fil qu’elles renferment. La partie d’eri-bas de chaque charnière , celle qui n’efl point clouée au montant, elï: repliée, non pas d’équerre, mais un peu obliquement comme l, pour fa-: ciliter l’inclinaifon du montant , quand cette partie fera parallèle à la bafe de la pyramide.
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- $52 Arts ï ÀRTtCULÎERS
- C’eft parcecte partie replie’e de la ciiarniere , qu’on joint aux mon* tants les tringles m , n , qui forment le chaffis ; elles ont la même largeur <5c la même épaiffetir qu’eux ; elles font refendues par chaque bout, fur leur épailfeur pour recevoir la partie repliée dont nous parlons, &'onl’y retient avec un clou qui traverfe le bois & le métal, & qu’on rive de part & d’autre ; mais il faut faire cet affera-blage fort lâche, afin que les pièces dans leurs différents mouvements ne foient point gênées.
- Le chaffis qui forme la bafe de la pyramide a feize pouces en quarré ; chacun de fes côtés elt brifé au milieu , avec une charnière ordinaire o, attachée en-deffous & noyée, afin qu’elle affleure le bois ; quand les deux parties de la tringle brifée, font redreflees bout à bout Hune de l’autre, on les retient dans cet état par un crochet p , qui eft en deffiis : les deux parties de la charnière qui eft en deffous, fervent de contre-rivu-re au clou fur lequel tourne le crochet , & au piton dans lequel il s’engage.
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- SÜR 1RS ExPÏRIEWCÏS. JOJ'
- Le collet tournant r, qui porte le miroir , entre fur celui ou font af-femblés les montants ; & afin qu’il n’en puiffe pas fortir , il efi traverfé par deux vis diamétralement opposées dont les bouts n’ont point de filets , 8c s’enfoncent d’une ligne dans une rainure circulaire pratiquée au collet G , fur lequel il tourne.
- Les tuyaux fendus Q, Q , qui font attachés à la circonférence du collet tournant font de cuivre écroui, pour faire reffort ; & chacun d’eux elt at* taché par une queue q qui y ell fou-dée, & qui après avoir traverfé l’é-paifièur du bois , ell rivée fur une petite piece de cuivre noyée pout ne point défafieurer.
- Les petits montants S, S, qui por-tent le miroir K, font des fils de laiton qui ont environ une ligne & demie de diamètre fur quatre pouce* de longueur ; on y foude une tête platte J, fur laquelle on met encore une rofette tournée , pour recevoir la rivure du pivot t , 8c pout occafionner un frottement fembla-ble à celui de la tête d’un com* pas.
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- 304. Avis ràrticusiesS On peut couvrir la pyramide de telle étoffe que l’on veut, pourvù qu’elle foit propre àfaire l’obfcurcité en dedans ; du drap vert doublé de taffetas noir, m’a toujours bien réuffi» je le taille fur un patron fait avec du gros papier , & je fais affembler les morceaux & leur doublure, par des coutures, qui fe rencontrent fur les montants , où je les fais clouer avec un petit gallon de faux or & des petits clous dorés ; le côté qui fait le devant de la pyramide, eft garni d’un rideau de ras de calloc noir , attaché aux deux montants, &àla piece de drap qui couvre le haut de ce même côté ; comme le rideau eft fait de deux lez, je ne les fais coudre enfemble , que jufqu’au milieu de leur longueur en defcendant, afin qu’on puifle plus aifcment paffer la tête deffous : on peut encore couvrir d’une frange de faux or nommée molette, la couture qui joint le rideau à la piece de drap vert, & le tour du collet où les montans font affemblés.
- Il faut faire paffer la tête de cette chambre noire par les mains du vernit feur,
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- SÙR les Exîïribnces. JOJ feur, pour l’enjoliver & les autres bois, fçavoir ceux des montants & du «haffis pour être peints en noir.
- Polcmojcopc.
- Au lieu d’un (impie tuyau fie -deux pouces de diamètre joint à l'a xvn. boîte qui porte le miroir incliné, iv.'scei"'». en fera mieux de former avec quatre At!. ii. es. planches minces, une pyramide quar- yi' *‘1' * rée dont le fommet foit ouvert, pour y placer l’oeil, & de peindre le dedans en noir.
- Curiqfiléi, Perfpe&ives , ou Optiques.
- TouTEsIes fois que vous pré- a» __________-
- Tenterez un tableau devant un miroir concave pour voir fon image entre îv'sctoûn, le miroir & vous, noubliez pas, que cette image ne paraît droite & dans ’1' ’ fa (ituation naturelle, que quand le tableau qu’on préfente, efl renverfé.
- II y a une faute à corriger, à l’oc-cafion de cette machine , Leçons de Phyjîque, Tome V. page yjp. Ce n’ell pas le foyer du miroir qui doit être au point F, mais l'image de l'objet qui fe forme en-deçà du foyer ; iï faut donc avoir foin de choilir un
- Tome III, Çc
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- jo6 Avis particuliers miroir, qui ait le foyer des rayons parallèles, plus près de lui que le point F.
- S i vous exécutez la perfpeâive en tour quarrée qui eft représentée par la Fig. i o citée en marge, faites en auparavant fur le papier, un projet comme il fuit. Soit. D HIK, Fig. 4. une coupe de cette tour fuivant fa hauteur ; D ff le devant ; IK le derrière : D i le miroir incliné à quarante-cinq degrés ; E la place de l’œil. Tracez la ligne Ce qui pafîe par le centre du miroir ; placez la pointe du compas en L, & faites le quart de cercle E C; li A , B, F, G repréfentent les parties faillantes des objets fur les faces intérieuresde la tour, les Ii-gnesmC,nC, oC,pC,&c. réfléchies fuivant les réglés, vers E par le miroir , vous apprendront , 1". comment la fuite des objets placés dans la machine , fuivant la direction Ce, eft apperçue par l’oeil dans la direâion horizontale E e ; 2°. que ce qui eft compris dans les efpaces m A, n B, oF, p G, ne ferapoint vû; que par conféquent tout ce qui doit faire repréfentation, il fautle placer.
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- SUR LES ExriRIENCES. 307 dans lesefpaces mF, n G & fembla-bles. Et vous vous réglerez fur cela , pour efpacer les tableaux, & déterminer la largeur des parties faillantes.
- Ces tableaux feront en tel nombre qu’il vous plaira fuivant la hauteur que vous donnerez à la tour : s'il y en a cinq ou fis à demi-pied de diflance l’un de l’autre, ce fera bien allez ; les parties faillantes pourront être des pilaflres & des portiques garnis de guirlandes, comme R, & les parties appliquées aux parois, des payfages ou autres décorations équivalentes ; on pourra même diflribuer entre les pilaflres, des per-fonnages & des animaux en découpures ou en relief.
- Si l’on veut faire paroitre la perf-peSive encore plus longue, onmet-traà plat fur labafe de la tour, un miroir qui répétera les images des objets , vus par derrière ; mais pour cette raifon , il faut que les découpures foient peintes des deux côtés.
- Si l'on met en E un verre lenticulaire , il faut que la longueur de fon foyer, égale à-peu-près la moitié de la hauteur de la tour, à compter do point C. Ce ij
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- 3ûS Avis rAit'TiCDliïRÏ Télefcopes & lunettes d’approche.
- 11. n’y a qu’une perfonne longue-xvii. ment exercée à travailler des ver-l b s... res & des miroirs de métal , 'qui au.il'f\ puiflê entreprendre de confiruire une vu. Fig. 11, lunette , un télefcope de réflexion , **b ‘s‘ ou un microfcope en faifant le tout :
- je confeilleaux autres de s’adrefferà quelquebon Lunetier de profeffion, pour fe procurer ces inftuments dans leur état de perfeélion , & reconnus pour tels par des épreuves ; ou fi l’on fe fent allez d’induflrie & d’a-dreffe pour faire foi-même les montures, on pourra fe contenter d’avoir recours aux ouvriers de ce genre pour les objeâifs, lés oculaires les miroirs & les lentilles, qui font les parties effentielles & les plus difficiles à préparer: au relie j’ai dit en général dans la première partie de cet ouvrage , comment on donne la ligure & le poli au verre , & au métal qui s’employent dans les inlluments d’optique.
- Les tuyaux des grandes lunettes d’approche peuvent fe faire avec du ferblanc, d’une feule pieqe ou de plu-
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- SUR LES Exr ÏRIÊNCES. ^OÇf fleurs qui s’emboîtent bout à bout,ou bien avec du copeau, comme je l’as enfeigné ci-devant,page 21J Scfuiv. On fait les tuyaux de cette derniere façon, quand on veut rendre la lunette plus portative ; parce qu’on les fait rentrer les uns dans lesautres : alors il faut les rendre bien unis en dehors , & les couvrir avec du vélin (qui et! ordinairement teint en vert) , afin qu’ils coulent mieux Jes uns dans les autres.
- L’oculaire d’une Lunette à deux verres, s’ajulle au bout d’un coulant, qui peut s’avancer & fe reculer, fui-vant que les objets qu’on veut voir font plus loin ou plus près ; & pour les lunettes qui en ont plufieurs, on les fixe aux diftances refpe&ives qui leur conviennent, dans un même coulant , avec des diaphragmes entre deux dont l’ouverture eft moins large que le verre, pour;empêcherlesiris; on fait pour cela le tuyau de plufieurs bouts.avec des pièces de jonâion tournées en buis ou en quelqu’autre bois dur, qui fe vident les unes aux autres;la derniere piece qui efl tournée du côté de l'oeil,afon ouverture
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- £10 A\fts PARTICULIER^ de deux à trois lignes, & un peu plus près du verre que fbn foyer.
- Aux lunettes ordinaires dont I’ob* jeftif efl d’un feul verre , on efl obligé de le rétrécir par un anneau plat de carton qu’on met défions ou def-fus pour rendre l’image plus nette & mieux terminée : on n’cfl point obligé de prendre cette précaution aux nouvelles lunettes qu’on nomme achromatiques, & dont l’objecHf efl fait de deux ou trois verres de denfités différentes ; cela donne le moyen d’employer des oculaires qui forcent davantage, d’où il arrive, qu’avec une moindre longueur ces inflruments grofliffent bien plus que les autres.
- On ne fait prefque plus d’ufage du télefeope Neutonien , on lui préféré celui de Grégori, parce qu’il efl bien moins embarraffant& plus facile à manier : il faut toujours faire Je tuyau de métal, afin que les verres & les miroirs une fois.bien placés, ne fe dérangent point, comme il arriveroit, fi on les montoit avec du bois , qui efl toujours fujet à fe tourmenter.
- Il faut tenir cet infiniment dans un lieu fec, & ne le laiffcr jamais
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- ÏÜR LES ExrÉRIENCES. Jlt ouvert de crainte que les miroirs ne fe terniflent ; quand cela arrive, on peut les ôter de leurs places , & les frotter légèrement avec un morceau de mouffeline ou de linge fin imbibé d’efprit-de-vin , & les effuyer de fuite avec un pareil linge bien fec; mais cette réparation ne doit fe faire que quand on s’apperçoit bien fen-hblement que le miroir eft terne.
- S'il prend envie à quelqu’un ,de mes Leéleursde conflruire des lunetr
- Livre du cours d’Optique de Scmith; cet ouvrage n’eft point difficile à trouver depuis les traduétions qui en ont été faites & publiées, l’une par le P. Pezenas, ci-devant profef-feur d’Hydrographie à Marfeille , de l’autre par M. le Roi, ProfeiTeur actuel d'hydrographie à Breft : il pourra s’aider encore d’un Traité de I* conftruâion des Télefcopes, publié par M. Paflement, qui enfeigne dans cet ouvrage ce qu’il pratique depuis long-temps avec fuccès. (a)
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- 31a Avis r aïticulîek-9
- Microfcopes [impies & compofés.
- Les microfcopes fimples , qu’ort nomme aufli angifcopes , apparem-. ment parce qu’on s’en fert allez com-• munément pour voir les anguilles où ' petits ferpents dans le vinaigre, & dans la colle de farine aigrie , n’ont qu’une feule lentille , qui ell pour l’ordinaire d’un foyer fort court. Je n’aurois jamais fait , fi je voulois rapporter ici toutes les inventions, dont on a fait ufage jufqu’à préfent. pour préfenter ce verre à l’œil., & pour le mettre à portée des objets qu’il doit amplifier ; je me contenterai d’en rapporter deux ou trois , qui m’ont paru les plus commodes: & les plus fimples.
- A B, Fig. y. ell un cylindre creux d’yvoire, d’ébene, ou de métal, d’un-pouce de longueur & de fept à huit lignes de diamètre, tourné en vis par dedans d’un bout à l’autre. En B, ell une petite piece tournée qu’on nomme le porte lentille , & qui fe ville au cylindre : la partie qui relie en dehors& à laquelle on applique l’œil, eft un peu concave avec un petit
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- StJR LES E XPÉRIENGES. trou large d’une ligne au milieu y par l’autre côté , il y a une cavité cylindrique au fond de laquelle eft placée une lentilled’une ligne ou d’une ligne & demie de foyer & par-deflus , une petite feuille de métal percée au milieu d’un trou gros comme celui d’une épingle & bien ébarbé, le tour étant retenu avec un petit anneau à raifort enfoncé dans la même cavité ; il faut que cet anneau foit mince 6c que la cavité n’ait de profondeur qu’autant qu’il en faut pour le recevoir , lui & la lentille , fur la circonférence de laquelle il eft appliqué, 6c que le trou du porte-lentille du côté de l’oeil ait aufli très-peu d’é-paifleur.
- D eft un autre cylindre creux de la même matière que le précédent , tourné en vis extérieurement fur toute fa longueur , & ajufté au premier cylindre dans lequel il doit entrer; le bout d a une feuillure , dans laquelle eft collé un petit verre plan fort mince, fur lequel on place l’objet qu’on veut voir ; & pour cette raifon cette derniere piece s’appelle le porte~objett
- Tome IU* D d
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- 514 Avis fartfCuliRRÏ Quand l’objet eft une pouffierej il s’attache de lui-même au verre,& ne s’en fépare point, dans quelque Ctuation qu’on tienne l’inftrument ; une très-petite goutte de liqueur ne coule point non plus , quoique le verre du porte-objet foit tenu dans une lïtuation verticaleron prend donc d’une main le corps du microfcope-4 B , pour le préfenter à l’œil, en fe tournant du côté du jour, & avec l’autre main on fait avancer doucement l’objet du côté de la lentille , en faifant tourner la piece Z>, juf-qu’à ce que l’on apperçoive très-diftinaement ce que l’on cherche à voir.
- Quand on craint que l’objet, ne fe fépare du verre, au lieu de tenir le microfcope dans une fituation horizontale , pour regarder vers le grand jour, on peut le tenir fort incliné vers un miroir placé en bas, & de maniéré à réfléchir la lumière en haut : une feuille de papier blanc au lieu de miroir , fuffiroit même , quand il fait un beau jour. ‘
- Au lieu de faire le porte-objet à
- fris 2 on aime mieux quelquefois 1$
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- Sûr tes Expériences. 315* rendre coulant, en garniflant l'intérieur du cylindre A B, avec une peau fine , ou avec quelque chofe d’équivalent ; ce qu’on gagne à cela, c’eil que l’objet avance dans une même ligne, ce qui n’arrive point avec le porte-objet à vis, qui lé fait tourner, a moins que par hazard, on ne l’ait placé juftement au centre de la révolution du verre. Ce microfcope à l’avantage de pouvoir être porté dans la poche, étant renfermé dans un étui, ou dans une petit fap de peau de chamois.
- Un microfcope très-commun , & dont on amufe affez fouvent les enfants, c’eftceluiqu’on appelle microfcope à puces ; le porte-lentille efl fait à-peu-près comme celui du mi-crofcppe que je viens de décrire', mais le verre dont il eft garni a neuf à dix lignes de foyer, & quelquefois davantage, & on lui donne une ligne & demie ou deux lignes d’ouverture.
- Ce porte-lentille, fe joint par une vis à la piece tournée E, Fig. 6. qui s’emboîte fur un petit canon de erifial, d’un pouce de diamètre. Si Ddij
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- gi6 Avis ïartigutieS* qui y eft attaché avec de la colle de! poiflbn; l’autre bout du canon s’emboîte & s’arrête pareillement dans un pied F, qui a la forme d’un petit guéridon, & fur lequel on place les objets qu’on veut voit ; quand ils font bruns ou noirs , on les place fut un petit cercle de papier blanc, 8c s’ils font d’une couleur oppofée, on les met fur un fond noir. 11 faut , comme l’on voit, que le canon de verre foit de telle hauteur , que le foyer de la lentille atteigne aux objets qui font fur ce fond.
- Vous ferez encore un microfcope Cmple allez commode & avec peu jde dépenfe de la maniéré fuivante.
- Prenez deux lames de cuivre de trois lignes de largeur fur vingt lignes de longueur ; pliez-les d’équerre par un bout & par l’autre, fur une longueur de quatre lignes ; adolfez ces deux pièces l’une à l’autre , com-jn e Gg,Hh, Fig. 7. & attachez les enfemble par le milieu de leur longueur avec un clou rivé & une rofette tournée fous chaque rivure , de maniéré qu’elles tournent l’une contre l’autre avec frottement; faites
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- 'sur îles Expériences. $ij palier deux gros fils de laiton ou de ter poli Ii.t K k, par les doubles équerres; 6c afin qu’ils gliflent avec frottement fuivant leur longueur , placez une lame à reflort, comme o , qui prenne d’un angle à l’autre , & qui foit courbée pour prefler par fa convexité le fil de métal qui doit glifler dans la piece.
- L’un des fils J i, fera monté fur une patte de bois où de métal tournée, & il fera plié à angle droit par en-haut pour recevoir un porte-lentille L, femblable à ceux dont j’ai parlé ci-deflus. L’autre fil aura par un bout un bouton k à pans ou godronné , afin qu’on puifle le manier plus aifément, & l’autre bout K fera foré de trois ou quatre lignes fuivant fa longueur, pour recevoir une aiguille ou la queue d’une petite pince, ou bien celle d’une petite dame noire d’un côté ôc blanche de l’autre, pour porter des objets vivants ou autres.
- Il eft aifé de comprendre , qu’au moyen des mouvements dont les doubles équerres & les fils de métal font fufccptibles , on peut porter l’objet Ddiij
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- 318 Avis tarticüuïr*
- devant la lentille, & en approche;; celle-ci, en faifant un peu tourner le fil qui la porte.
- On doit compter au nombre des microfcopes fimplés , un infiniment que tout obfervateur doit avoir dans la poche ; ce font deux Verres lenticulaires enchaffés aux deux extrémités d’une chappe d’écaille ou de corne, comme on le peut voir par la Fig. i. PI. XIV. Le plus grand de ces deux verres peut avoir quinze lignes de diamètre , & dix-huit lignes de foyer ;& le plus petit, un demi-pouce de diamètre , avec un foyer de quatre lignes. Cet infiniment re trouve tout préparé chez prefque tous les Lunetiers des grandes villes ; il faut le porter dans un étui garni de velours en dedans, afin que les verres ne fe rayent point en frottant contre les parois.
- Les Cifeleurs en bijoux , les Graveurs, & généralement tous les Artistes qui ont affaire à de très-petits objets , ont ordinairemnt fur leur établi, une loupe ou lentille de foyer court, comme d’un pouce ou mêmej un peu moins : elle efi montée dans
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- sïtTtj-. Tome-JH. Tl> jô
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- 5itr le s Expériences. 319 un bout de tuyâu évafé de part 3c d’autre, ( Fig. 2. ) & dont les bords excédent la convexité du verre, afin que le frottement ne le puilfe point dépolir, comme cela arriveroit immanquablement s’il trainoit à nud fur la table. Cette efpece de lunette efl tournée en bois dur ou en métal elle s’ouvre à vis au milieu de fa hauteur , & c’efl entre ces deux parties viffées l’une à l’autre que la lentille efl arrêtée dans une feuillure.
- L e microfcope compofé a ordi- » ^ja nairement trois verres ; celui qui efl du côté de l’objet, & qu’on nomme iv.Section.' pour cette raifon la lentille objective, 1x,Fig\o* efl convexe des deux côtés , & d’un foyer fort court. Celui qui efl du côté de l’oeil, & qu’on appelle l'oculaire , a plus de largeur, & le foyer moins court que le précédent. Celui du milieu, qui efl le plus large , efl lenticulaire ou plan-convexe, & fon foyer efl plus long que celui des deux autres. Ces trois verres font contenus dans un tuyau de bois ou de métal, monté fur un fupport à mouvements, au moyen duquel l’inflrument peut s’approcher autant & auiïi peu qu’on D d iv
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- jao Avis particulis** le veut , de l’objet qu’il s’agit de voir.
- J’aurois trop à faire , s’il me falloit dire ici, tout ce qui a été imaginé juf-qu’à préfent, tant pourlenombre&la combinaifon des verres, que pour les différentes façons de monter & d’af-fortir les microfcopes. Je me contenterai d’en décrire un , que j’ai fait venir de Londres il y a une vingtaine d’années , & que nos Lunetiers ont imité depuis; c’eft celui qui m’a par-ru le plus commode, fur-tout dans mes écoles.
- Le corps du microfcope AB, PL XIV. Fig. 3. a près de fept pouces de longueur : fa groffeur qui n’eft pas la même par-tout, eft déterminée par les différents diamètres des trois verres ; il eft compofé de quatre pièces principales C, D, E , F ; car a Su b qui s'affemblent parune vis, pourraient être d’une feule piece, 6c ff n’en font auflï qu’une, qu’on nomme le porte-lentille.
- L’oculaire, placé en D, a dix lignes de diamètre & quinze lignes de foyer : il eft retenu par un anneau plat g, qui entre à vis, & il eft recou-
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- "W
- scr tes ExrÏRîENeSs. j2f vert par la piece C, qui fe vifle pareillement fur la partie qui le renferme. Cette piece C efl concave en deffus, avec une ouverture circulaire qui a quatre lignes de diamètre & qui eft à fix lignes de diftance au-delfus du verre. Pour empêcher que la poulfiere n’y entre , elle fe ferme par une piece à couliflec, qui porte en-delfous un petit reffort & en-def-fus un bouton , par lequel on la fait avancer & reculer.
- Le verre du milieu a quinze lignes de diamètre , & deux pouces neuf lignes de foyer ; il eft placé en d, & retenu comme le précédent par un anneau plat qui entre à vis. La diftance entre ces deux verres eft de deux pouces &une ligne: les deux parties e,b, étant affemblées, la piece E entre à vis en d , ce qui donne la facilité de nétoyer le verre quand il eft fale. C’eft au bas de cette dernière piece que fe placent les porte-lentilles, qui font tous compofés de deux parties, l’une qui reçoit le petit verre dans une cavité apropriée à fa grandeur & à fa figure , n’ayant «tu milieu qu’un trou qui répond au
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- gfcâ Arts ï A n ri èteti'Bri*
- centre de la lentille , & qui eft d’ail-tant plus petit que ce verre à le foyer plus court ; l’aütre partie eft ùn opercule qui recouvre la lentille, & qui à auffi un trou rond au milieu, mais un peu plus grand que celui de l’autre piece.
- Les porte-lentilles dans la partie qui contient le verre doivent être très-minces;les trous de part & d’autre doivent être ébarbés proprement & fraifés en dehors, afin queles rayons de lumière ne foient point gênés dans leur palTage: il y afix lentilles à changer , dont voici les foyers & les ouvertures pour chacune d’elles.
- Voilà en quoi confifte le corps de i’inftrument ; il efl: ordinairement dq
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- Srs les ExrïRiENeEs.32j‘-Suivre ; oij le pourroit faire de quelque bois dur propre à porter des filets de vis ; mais il fera toujours mieux en métal, qu’on pourra faire dorer enfuite ou vernir, afin qu’il conferve fa couleur, & qu’il ne produife point de mauvaife odeur :.fi l’on prend ce dernier parti, G & b pourront être deux viroles de laiton ; les autres pièces comme C,D , d,e, F, feront fondues fur des modèles en bois , & on commencera par joindre st fou-dure forte D & d à la virole G , pouf tourner enfuite le tout enfemble. Une chofe qu’il ne faut pas manquer de pratiquer, c’eft de godronner les bords, ou la partie la plus Taillante des pièces qui entrent à vis ; non feulement cela fait un ornement dans l’ouvrage, mais les doigts y trouvent plus de p.rife pour les faire tourner, ce qui permet de donner aux pièces plus de délicatefle ; ces godrons peuvent fe faire à la lime, mais on en vient à bout plus facilement & avec plus de promptitude, par le moyen d’une roulette fraifée qu’on trouve toute faite chez les Marchands d’our
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- 354XVïs ? ARfîôutitaf
- Voici maintenant de qu’elle ma* niere ce microfcope eft monté , & quels font les inftruments dont il eft alïorti. HH, eft une bafe quarrée de deux ponces de hauteur & dont chaque côté a fix pouces : elle eft creufe, avec un tiroir dans lequel font arran-géslesporte-lentilles&Ies autres pièces d’afîortiment : on peut la faire de poirier noirci en façon d’ébéne, ou de quelque autre bois de couleur, alfemblé proprement à queues perdues.
- Sur cette bafe eft attachée avec des vis une forte platine de métal chantournée, & dont la longueur fuit Jadiagonale H H. Une boîte de laiton I K, haute de deux pouces neuf lignes & qui a la forme d’un parallé-lipipede, eft élevée d’àplomb , & attachée, ainlî que la confole qui lui fert d’appui, fur la platine , avec des vis dont les têtes font noyées en-deffous. Cette boîte embraffe par leur partie d’en-bas, deux régies de cuivre L, M, qui ont chacune deux lignes & demie d’épaiffeur fur fept lignes de largeur. La première eft fixée à la jbolte par deux vis, & s’élève de fept
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- SïfR IBS ExpéRIENCÉS. jgf pouces au-deffus d’elle. La fécondé gliffe fuivant fa longueur Sc porte par en-haut une piece de cuivre N O , qui a deux bonnes lignes d'é-paiffeur, & qui fert déportant au mi-crofcope. Elle efl percée convenablement pour laiffer paffer la régie L qui la traverfe, & vers O elle a un trou rond, garni d’une virole o en-delfous pour recevoir la partie e du microfcope ; cette partie tournée un peu en dépouille doit y êtreajuf-tée avec du fable & de l’eau, commé la clef d’un robinet, afin que l’inf-trument une fois placé ne foit point! fujet à fe mouvoir, ni d’un côté ni d’un autre. C’eft encore pour empêcher ces mouvements irréguliers , qu’on a attaché avec deux vis fous la piece NO , une efpece de gouÛet n, qui gliife avec elle contre la régla L, dans toute fa largeur.
- Par cette confiruéfion le microfcope peut monter & defcendre parallèlement à la régie L ; une petite pièce x, attachée en-haut avec une vis, & qui déborde un peu l’épailfeur, empêche que la piece NO, ne puiffe fortit en montant trop haut, Çe mou-;
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- §i6 Avis fAKTlgtftïSsi veinent fufEt pour' faire defcendre lé microfcope promptement & à-peu-près au point où il doit être ; mais pour le mettre précifément à celui où l’on voit l’objet bien diftinâe-ment , il faut un mouvement plus lent, & plus facile à mefurer. On fe l’eft procuré par le moyen d’une vis ’d’acier qui a fon écrou en P, & par en-haut, une portée avec un tigeron qui traverfe l’épaiffeur de la piece N, & qui enfile un bouton large & godronné , dans lequel il ne peut pas tourner ; de forte qu’en menant cette pis d’un côté ou de l’autre parce pouton , on feroit avancer ou reçu-, |er l’écrou P.
- Mais cet écrou fait corps avec une bride p, qui embraflè les deux régies, & qui peut glifler deflùs , quand on veut faire faite un grand mouvement au microfcope. Dans l’autre cas , on arrête la bride p , fur la régie L, avec une vis dont la tête eft faillante, un peu large, & godronnée tout autour : par ce moyen-là , dès qu’on fait tourner la vis N P, la régie M, qui porte le corps du microf-Kppe, monte ou defeend eu gliflknl
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- »-oK sbs ErpiêRTHNcf doucement le long de l’autre réglé, tandis que l’oeil placé en A, attend l’inftant où il appercevra l’objet bien tranché.
- On peut faire les deux réglés L, M, de cuivre coulé ; mais Tl faut les battre à froid avant de les limer, pour leur donner plus de folidité ; il ell eflentiel qu’elles foient bien' dreffées fur toutes les faces, & exac-1 tement calibrées d’un bout à l’autre; ] on fera bien d’ufer l’une fur l’autre1 avec du fable 8c de l’eau , & enfuite avec de la ponce broyée, les deux faces qui fe touchent, afin qu’elles gliflent plus facilement, & d’un mouvement égal. La piece N 0, bien écrouie aulîï, fera jointe au bout de la réglé M par une forte rivure; la confole k fondue fur un modèle , 8e proprement limée enfuite, fera attachée au-haut de la boîte avec une vis à tête ronde , & par en-bas à la platine I i , par une autre vis plus forte, & dont la tête fera noyée en deffou s.
- Les objets fe placent fur une platine B Q y de laiton , ou de cuivre fondu, chantournée dans un quarté^
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- avis ïivÿietrKtnr*
- dont chaque côté à un peu plus dfi trois pouces & dont l’épaifleur doit avoir une bonne ligne & demie. Cette piece eft échancrée pour embraf-fer , les deux réglés du ponant, fepc à huit lignes au-deflus de la boîte IK ; mais elle eft attachée feulement à celle qui eft fixe, par un fort équerre placé en-deflous, & qui tient à l’une des deux par un bonne rivure & à l’autre par deux vis.
- Au milieu de cette platine eft un trou rond de treize à quatorze ligne* de diamètre, garni en-deflous d’une virole mince de cinq à fix lignes de hauteur, foudée à l’étain dans le trou de la platine, mais feulement à demie épaifleur, de forte que cela forme en-defliis une feuillure dans laquelle on peut mettre un verre arrondi , ou une dame noire d’un côté & blanche de l’autre pour placer différents objets ; ceux qui font opafls devant être éclairés par-deflus, ceux qui font tranfparents demandant prefque toujours , à l’être par-def-fous.
- Pour faire voir de fuite un certain timbre d’objets tout préparés, il y
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- Sur lis Expïrienbis. 329 a dans un étui fept ou huit James d’yvoire qui ont chacune environ trois pouces de longueur fur fix lignes de largeur ; elles ont cinq ou fix trous ronds & à feuillures garnis de verres minces ou de feuilles de talk, fur lefquelles on a légèrement collé, des cheveux, des poils de différents animaux, des duvets de plume, des pouffieres de papillon , celles des étamines des fleurs, de petites écailles de poiffons, &c. & l’on fait paf-fer fucceflivement toutes ces lames, & les objets dont elles font chargées, fous la lentille objeétive du microf-cope , par le moyen d’une petite machine dont on voit la figure à la lettre fl, & qui fe place au milieu de la platine B Q.
- Cette machine eft compofée de trois platines rondes de vingt lignes dediametre ou environ,percéesà jour circulairement au milieu comme la platine B Q; la première & la dernière font jointes enfemble & parallèlement entr’elles , à trois lignes de diftance l’une de l’autre , par quatre petits pieds rivés qui traverlènt celle du milieu, en lui lailTant la li-
- lome III. E e
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- 3J0 Avis tàktic&eiïrÏ berté de monter & de defcendre entré elles deux : mais un fil de métal tourné en fpiralè , & attaché par un bout à celle d’en-bas, forme un reffort qui la pouffe vers celle d’en-haut ; c’elt fous celle-ci qu’on fait gliffer les lames d’yvoire , dont le bout eft aminci ; & l’on en a retranché deux fegments, afin de pouvoir pofer les doigts fur les bords de la platine mobile pour l’abaiffer ; cette machine porte en deffous un bout de virole, qu’on fait entrer dans le trou de la platine B
- Q-
- Les trousà feuillure dans les lames d’yvoire, fe font au tour en l’air, par le moyen d’un mandrin à cou-liffe qu’on met au bout de l’arbre j pour centrer l’endroit qu’on veus percer ; on fait d’abord l’ouverture la plus large jufqu’aux deux tiers de l’épaiffeur ; enfurte on retourne la piece, & avec la pointe du burin , on ouvre le trou en réfervant la feuillure: Foyer ce que j’ai dit fur la maniéré de percer fur le tour des feuilles de corne ou d’écaille. Tome J. fage 94.
- .On peut encore former ces trous
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- Sur les Extïrieucbs. 33li à, feuillure avec deux perces , taillées comme celles dont on fe fert pour les tonneaux à vin ; l’une des deux fera l’ouverture la plus large juf--qu’aux deux tiers de répaifleur, l’autre plus étroite fera le trou à jour : on fera tourner ces outils , comme les forets avec un archet.
- Si l’on garnit ces trous avec de* verres, il faut les choilir bien minces , & bien blancs : C l’on fe fert de feuilles de talk, on fera bien d’avoir Un emporte-piece, pour les coupée de mefure, très-promptement & avec facilité ; on attachera les uns & les autres avec un peu de colle de poif-fon.
- Pour porter un moucheron , une puce , ou tout autre infeéte vivant fous le microfeope , on fe fert de l’inftrument repréfenté par la Fig. q, & qui fe place dans un trou rond à l’un des angles de la platine B Q. C’ell un fil d’acier pointu par un bout comme une aiguille à coudre, Si garni à l’autre bout d’une petite pince à reffort, qui fe tient naturellement fermée, & qu’on fait ouvrir un peu en pinçant deux boutons qui défafleu-
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- gjnAvis rA'ïTicotiEKi
- rent de part & d’autre; Voyej la Fig: défignée par la lettre Le fil d’acier glifle dans un canon fendu , fous lequel eft un mouvement fem-blable à celui de la tête d’un compas , avec une affiette & un pivot qui traverfe l’épaiffeur de la platines Par cette conflruâion la pince , ou la pointe qui porte l’objet, peut tourner pour arriver fous le microfcope, s’incliner plus ou moins pour chercher le foyer de la lentilleobjeâive,' reculer, & avancer, tourner fur elle-même, pour préfenter fucceflivement toutes les parties de l’objet.
- Au lieu de cette pince , on mec quelquefois au même endroit, une piece qui eft défignée par la lettre S, pour faire voir la circulation du fang dans la queue d’un teftard ; c’en une lame de laiton mince, un peu pliée en forme de gaufre, à l’un des bouts de laquelle il y a une ouverture à jour, & vers le milieu de la longueur , un ruban attaché au bord , pour envelopper & aflujettir le corps de l’animal. On étend la queue fur l’ouverture du bout, & on l’y retient, fi l’on veut, par le moyen
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- Ses tss ËxrÏRïïiieæs. d’un fil qu’on fait palier avec une aiguille à coudre, par les trous qui font au bord.
- Cette piece eft garnie en-deflous d’une platine ronde s, qui a un pédicule dont la longueur égale l’é-paifiêur de la platine B Q, avec un bouton gros comme le pivot du porte-pince q. Cette partie eft attachée par deux vis dont on voit les têtes en S.
- Le porte-teftard fe place donc comme la pince , & tourne comme elle pour porter l’objet fous le mi-crofcope ; mais comme il eft nécef-faire qu’on puiffe le faire avancer & reculer, il y a à la platine B Q , non-feulement un trou pour recevoir le bouton i, mais encore une rainure à jour de cinq à fix lignes de longueur & tendant au centre , dans laquelle le petit pied qui eft au - deflus du bouton peut glifler ; & pour avoir dans ce mouvement, un frottement doux qui empêche le balotage, on a attaché fous la platine une petite lame à reflort, très-mince, & ayant comme elle, un uou tond & une raie
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- 334 Avis fjufoicvtlkti
- nure, de forte que le bouton s efl cil toujours tiré en en-bas.
- Les objets qui font opaâs doivent être éclairés par-deifus, & le plus fou-vent le grand jour fuffit pour cela j line s’agit donc que de placer le mi-crofcope vis-à-vis d’une fenêtre : mais dans certains cas, où l’on a befoin d’une lumière plus forte , on fe la procure par le moyen d’un verre lenticulaire T, d’un pouce de dia-; métré, & de deux pouces de foyer garni d’un cadre, & porté par un demi-cercle monté fur une tige ronde.
- Le cadre e(l tourné en cuivre ; le verre y entre dans une feuillure un peu profonde , Æc il y eft retenu par un anneau plat qui entre à vis. Le verre ainfi encadré tourne fur deux pivots diamétralement oppo-fés, qui font deux vis d’acier tenant au demi-cercle. Celui-ci eft aulfi de métal ; la tige ronde fur laquelle il efl monté g ! 1 fie à frottement dans un canon fendu t, qui a par en-haut une portée & un collet terminé par quelques filets de vis : ce collet palfe dans une rginureà jour, pratiquée à
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- IsaK i *j Exfïrïbscïs. 35^ la platine B Q, & femblable à celle qui reçoit le porte-tellard, & il eft retenu en-deflus par un écrou v un peu épais & godronné tout autour; Par ce moyen-là, le canon, avec la lentille qu’il porte , peut s’avancer vers le microfcope ; & ce mouvement devient encore doux & égal, par un redore femblable à celui dont j’ai fait mention en parlant du porte-tellard. La lumière du jour ou celle d’une bougie élevée à une hauteur convenable, peut donc fe raffembler fut l’objet & l’éclairer autant qu’on le veut.
- Les objets qui nagent dans les liqueurs , ou qui font aflez minces pour être tranfparents, s’éclairent en-def fous par le moyen d’un miroir con-' cave y, qui fait partie d’une fphere de fix pouces de diamètre ; ce miroir , pourrait être de métal blanc « femblable à celui dont on fait les miroirs des télefeopes ; mais conw munément, c’eft un morceau de glace mince à qui l’on fait prendre une courbure fphérique , & dont la fur-; face convexe eft mife au teint ; il eft monté dans un cadre de cuivre toux-,
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- 53S Avis fA'ïTictfEîiits
- né , qui a un fond garni en dedans d’une couche de-coton ou d’un morceau de flanelle , pour empêcher que Je teint ne s’écorche , & il y e(t ar-têté par un- cercle plat qui entre à .vis. Ce miroir ainfî encadré, eft fuf-
- Îiendu dans un demi-cercle comme e verre lenticulaire T; fa tige qui eft très courte,entre & tourne avec frottement dans un trou qui traverfe l’é-paiffeur de la platine I i, Sc celle d’une autre platine circulaire, qui la recouvre en cet endroit, & qui eft attachée avec elle par trois vis fur le bois de la bafe H H.
- Le miroir étant donc tourné devant le jour ou devant une chandelle allumée, & étant incliné convable-ment,réfléchit la lumière dans le trou B , & éclaire l’objet autant qu’il en eft befoin. Il arrive même aflèz fou-vent qu’il l’éclaire trop , & que les parties les plus délicates noyées pour ainfi dire dans une lumière trop vive, ne fe font point alfez fentir à l’oeil ; on la modéré alors, avec une efpe-ce de cône creux & tronqué u , qu’on fait entrer fur la virole qui déborde *n-deffous le trou de la platine B Q ;
- ou
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- sur Les Expériences. 337 Ou bien l’on incline le miroir de fa* çon qu’il ne jette fur l’objet qu’une partie de la lumière qu’il a reçue.
- Le cadre & le fond qui fervent de monture au miroir peuvent être coulés d’une feule pièce , que l’on façonne enfuite âu tour ; le demi-cercle peut-être auffi fondu & tourné ; mais alors il faut faire un cercle entier, un peu plus grand qu’il ne faut, & en prendre la moitié que l’on plie un peu pour faire joindre les deux bouts au cadre du miroir.
- Dans certaines occafions qui font rares, mais qui peuvent avoir lieu, on voudroit éclairer l’objet en même-temps par-deffous & par-deflus î voici le moyen qu’on employé pour cela': Xx eft une virole mince , percée à jour en deux parties oppo-fées , fur psefque toute fa longueur ; elle porte intérieurement en x , des filets de vis , pour recevoir un miroir concave y, de cuivre rouge argenté & bien bruni , avec un trou au milieu de quatre lignes de diamètre; ce miroir a fon foyer à quatre lignes de diftance, c’eft-à-dire qu’il fait partie d’une fphére, dont le Tomç I IJ, F f
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- grande largeur e(l de onze lignes ; car il faut qu’il puilîe palier avec la partie B, du microfcope, par le trou & la virole du portant N O.
- 11 fe place donc, comme je viens de le dire fur la partie a b, & on l’y fait avancer plus ou moins fuivant la longueur du foyer de la lentille qu’on a mife au bout du microfcope. Il faut que l’objet foit en même-temps au foyer du miroir, & à celui de la lentille dont on fait ufage ; & comme il y en a lix plus fortes les unes que les autres , on a marqué avec un cliifre & une ligne circulaire l’endroit où l’on doit pouffer la virole X, pour chaque lentille. On tient ce petit miroir enfermé dans une boîte de métal ou d’y voire, afin qu’il ne fe terniffe point à l’air, & qu’il ne fe raye point en frottant contre d’autres pièces.
- Le microfcope étant armé de ce miroir & l’objet étant fortementéclai-ré par celui de dclîbus, les rayons qui paffent autour font renvoyés def-fus, & rejailliffent de là vers l’oeil par le corps de l'inftrùment,
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- sos les Expériences, 339 On trouve encore dans le tiroir, une petite pince à rélfort Z, qui fert à prendre les objets qu’on auroit peine à faifir avec les doigts, pour les placer fur les verres ou fur les autres porte-objets.
- Le tnicrofcope tout monté , fe renferme dans une boîte pyramidale quarrée, qui fe ferme à clef ; & comme toutes les pièces d’affortiment dont j’ai fait mention , ne peuvent pas tenir dans le tiroir de la bafe HH, on en a pratiqué un autre au bas de la boîte , qui fe trouve renfermé fous la même clef.
- Lanterne Magique.
- Le corps de la lanterne peut être fa it indifféremment de fer-blanc, de feuilles de laiton, ou de bois ; mais il faut qu’un des côtés s’ouvre à charnières, pour donner la liberté d’arranger le miroir & la lampe ; il faut atifTi qu’il y ait au milieu du dôme une cheminée, pout donner paffage à la fumée, de maniéré pourtant, que la lumière ne fe répande point pat-là dans la chambre ; & comme il s’y amaffe de la fuie , il eft bon qu’elle s’emboîte fur
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- 340 Avis iasticoiihi! une virole, & qu’on puifle l’enlever pour la nétoyer de temps en temps. Quand aux dimenGons de cette lanterne * c’ell allez de lui donner quatorze. ou quinze pouces de hauteur , autant de longueur , & dix à douze pouces de largeur : çlle doit être placée fur une table , ou fur un guéridon folide , de deux pieds & demi ou trois pieds de hauteur, dans une chambre obfcu-re, vis-à-vis & à dix ou douze pieds de diftance d’un mur qui foit blanc par lui-même , ou couvert d’une nappe bien tendue.
- Vous donnerez au miroir fept à huit pouces de diamètre & environ cinq pouces de foyer ; vous foude-rez fur le milieu de fa convexité, un bout de tuyau gros comme le doigt & de quinze à dix-huit lignes de longueur , que vous ferez entrer à frottement dans une douille qui traver-fera le derrière de la lanterne , au milieu de fa largeur, & à telle hauteur que le centre du miroir fe trouve dans la ligne A B, Voye% la Fig. i, PI. X V. qui repréfente la coupe dé la lanterne fuivant fa hauteur.
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- sur les Expériences. 34*
- Le meilleur miroir que vous puif-fïez employer, fera celui que vous ferez couler eu métal blanc , & travailler enfuite ; ou qui fera fait d’un morceau de glace arrondi, courbé au feu , & étamé fur fa convexité , comme ceux dont on fe fert pour les expériences de catoptrique : mais comme il ne s’agit ici que de plier, ( régulièrement ou non) les rayons de lumière qui vont vers le fond de la lanterne pour les ramener vers le devant, vous pourez vous contenter d’un réverbere de cuivre embouti par un Ferblantier, ou par un Chaudronnier, que vous ferez argenter 8c brunir en dedans ; vous le pourez faire même de ferblanc plané proprement, ayant foin de le bien né-toyer ; il faudra régler fa concavité avec un calibre qui fera une portion de cercle, dont le rayon auroit dix pouces.
- La lampe C, aura trois ou quatre médies de la groffeur d’une plume à écrire, tout près les unes des autres , 8c rangées dans une ligne qui coupe A B à angles droits à-peu-près au foyer du miroir. Le porte-meclie D
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- 342 Avis particuliers
- fera donc oblong, & placé dans une coupe de même forme, au bout d’un tuyau recourbé E, foudé à un réfer-voir F plus large qu’épais, éc garni d’une douille en deffous pour recevoir la tige du pied qui doit le porter. On fait le réfervoir de la lampe étroit, ainli que la patte du pied qui doit être garnie d’une femele de plomb , afin-qu’étant rangés l’un & l’autre, contre un des côtés de la lanterne , ils ne faffent point d’obflacîe à la lumière que le miroir envoyé vers le tuyau ou font les verres. Cette lampe fe fait en ferblanc , & l’on y brûle de l’huile d’olives commune.
- La face antérieure de la lanterne eft percée au milieu , d’un trou rond à feuillure , pour recevoir un verre lenticulaire , qu’on retient en mettant par-deffus un anneau de métal faifant reilort. Ce verre doit avoir environ trois pouces de diamètre, & être travaillé des deux côtés dans un balfin faifant partie d’une fphere d’un pied.
- Sur ce même côté de la lanterne, mais en de hors, eft attaché un quarré de bois G G, dont chaque côté a fix
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- SUR LES ExîÉRIEKCÏ*. J4J pouces; fur le milieu des deux côtés montants , on en a ravallé l’épaiffeur, de maniéré que cela forme une cou-liffe de trois pouces de hauteur, fuf cinq lignes de largeur. Ceft par là qu’on fait palier les bandes de verre où les figures font peintes.
- Le quarré G G, à l’endroit de la cou-liffe , eft perce au milieu , d’un trou rond à feuillure, dans lequel eft collé le bout d’un tuyau H , qui a trois pouces de diamètre, & cinq à fixpou-ces de longueur; ce tuyau peut être fait de carton ; il fera plus folide , fi vous le faites de copeaux à deux couches, comme je l’ai enfeigné, pag. 214, & couvert de cuir de veau, ou de bafane en façon de chagrin , ou feulement de parchemin.
- Dans ce tuyau qui eft fixe, il y en a un autre qui peut avancer & reculer, & qui renferme deux verres lenticulaires J, K, à trois pouces de diftance l’un de l’autre, avec un di-phragme entre eux, dont l’ouverture eft de cinq quarts de pouces. Le premier de ces deux verres eft travaillé dans un badin faifant partie d’une fphere de fix pouces de rayon ; le fe-F f iv.
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- 544 Avis »articuliez* cond dans un balün de deux pieds de rayon.
- Commelesouvriers, en travaillant les verres , n’arrivenc qu’à-peoprès aux foyers qu’on leur demande , vous ferez bien de rendre ces deux verres mobiles entre eux, en mettant l’un des deux , celui du milieu I, par exemple, dans un bout de coulant, ainli que le diaphragme, afind’éprou-ver avant de les fixer, la diftanceref- -peétive qui leur convient le mieux. Le bout antérieur du tuyau qui porta ces deux verres, doit être orné d’un cadre ou lunette que vous tournerez , & dont vous tiendrez l’ouverture aufli grande qu’elle puiffe être.
- Les bandes de verre qui portent les, objets comme T, K, font plus parfaites & plus folides quand elles font peintes avec des émaux tranfpa-rents, & recuites après ; mais il e(l allez rare de trouver des ouvriers qui fâchent faire ces fortes d’ouvrages. Pour l’ordinaire on fe contente de defliner ces figures grotefquesavec des couleurs les moins opacques , détrempées avec quelque verni i celui qui eft fait avec la fandaraque ât
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- SÜR LES ExîÏKIENCES. 34f un peu de gomme élémi, peuts’em-' ployer avec fuccès ; un verni gras bien blanc, ferait encore meilleur. Voyez ce que j’ai enfeigné touchant les Vernis. Tome I. 2'. Partie, Chapitre III.
- Pour peindre les bandes de verre; ayez un deffein original tracé fur du papier, attachez, deflus avec quelques boulettes de cire molle , une bande de verre de bohème, bien droite ; fuivez le trait avec un petit pinceau & du noir de fumée détrempé au vernis ; quand cela fera fec, vous enluminerez vos figures , avec les couleurs les plus tranchantes, mais les plus traniparentes que vous pourez employer-, en les ombrant enfuite avec du noir, mais légèrement.
- Si vous êtes Curieux de préparer les figures à mouvements dont j’ai fait mention Leçons de Phyjiqui, Tome V,pag. 772. vous vous y prendrez de la maniéré fuivante.
- Ayez des bandes de bois biendref-fées, de neuf à dix pouces de longueur & de trois pouces de largeur-fur quatre lignes d’épaiffeur, comme L 1. Metcez-les fur le tour en l’air
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- 546 Avis particulier* pour y faire un trou rond de deux pouces 8c demi de diamètre avec une feuillure de trois lignes de profondeur : creufez encore une couliïïe comme Im, de la même profondeur que la feuillure du trou circulaire ; & que cette couliffe ait auflî par en haut une petite feuillure taillée en queue d’aronde , afin qu’on puiffe ]a recouvrir avec une lame de bois mince qui gîiile dedans d’un bout à l’autre.
- Vocre bois étant ainfi préparé , attachez avec un peu de colle de poiffon au fond du trou circulaire., un verre arrondi, qui porte une figure peinte , à laquelle il manque une partie, qui puiffefe mouvoir fur un point pris au centre du verre : vous defïsnerez cette partie mobile fur un autre verre N, obfervant de placer au centre le point fur lequel elle doit tourner; collez ce dernier verre dans un petit cercle de euivre plat & à feuillure ; joignez-y une lame de laiton n attachée avec un petit clou rivé , de maniéré qu’elle puiffe tourner aifément deffus ; placez enfuite ce dernier verre fur l’autre 3 &
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- sur £e$ Expériences. 347 la lame n dans fa coulifle, que vous recouvrirez avec une lame de bois, Sc mettez trois petites pointes dans la circonférence du trou circulaire, pour empêcher le fécond verre de fortir : alors en pouffant & en tirant la lame n, la partie mobile de la figure peinte, tournera avec le verre fur lequel elle eft placée ; par ce moyen-là, un homme ôtera fon chapeau & le remettra ; une figure grotefque branlera la mâchoire ; un Forgeron frappera fur une enclume, &c.
- Si vous voulez exécuter un mouvement de rotation , repréfenter, par exemple, celui d’un moulin à vent ; vous placerez dans le Fond du trou circulaire , un verre fur lequel vous aurez peint le corps du moulin, ayant attention, que 1 endroit où doit être J’arbre tournant fe trouve au centre ; ôc l’autre verre que vous mettrez par-cleffus portera les quatre ailes. Mais il faudra que le cercle de cuivre dans lequel il fera collé, fôit creufé en forme de poulie fur la circonférence extérieure : vous creuferez au bout de la planche , la place d’une poulie de bois garnie d’un axe auquel fe
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- 348 Avis particuliers joigne une manivelle; & de plus, cefl® d’une corde fansfin croifée, qui communique de la poulie q au cercle de cuvre p; vous recouvrirez cette partie de la planche jufqu’au bord du trou circulaire , avec une piece de bois mince , qui entre dans une feuillure ; ic vous viderez la manivelle au bouc de l’axe de la poulie : il eft aifé-de voir que , par ce moyen , vous ferez paroître le moulin en mouvement ; & vous rendrez ce mouvement très-aifé, fi vous faites porter le cercle p contre trois rouleaux, comme a, a, a. Vous aurez les mouvements de haut en bas ou de bas en haut, fi vous faites gliffer le verre mobile , dans une codifie par le moyen d’un levier R qui tourne fur un point pris dans fa longueur comme s & qui foit contre-tenu par un refibrt ; l’un & l’autre , cachés dans l’épaifieur du bois comme aux bandes précédentes. La figure d’une femme,, par exemple, paroîtra faire la révérence , fi le verre mobile porte tout le corps, & le verre fixe, les pieds & une partie des jambes.
- Enfin le mouvement de droite à gauche ou de gauche à droite, s’exé-
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- SUR II! Extésiences. 34? cutera encore par une petite lame de métal, attachéeâu verre mobile, Sc cachée comme les autres dans une coulifle : on peindra, par exemple, fur le verre fixe,une corde tendue, avec quelques têtes au-delïous & au deux bouts, pour faire naître l’idée d’un fpeétacle, & le verre mobile repréfen, tera un danfeurfurla corde,qu’on fera aller d’un bout à l’autre; ou bien, on reçréfentera par le même artifice, un vaifleau faifant route fur une mer dont les flots feront defiinés fur le verre de delTous, & c.
- En voilà allez pour mettre fur la voie l’amateur induftrieux , à qui une imagination féconde fournira quantité d’autres fujets. Mais je dois l’avertir de rendre tous ces mouvements faciles, en obfervantdene point gêner les pièces dans les places qui les contiennent ; & fi les peintures font faites au vernis, ou détrempées avec quelque autre drogue, qui les rende fujettesàs’écorcher par le frottement, il fera bien de coller, fur les bords du verre mobile , une bande de papier un peu épaiffe, pour empêcher que le
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- jyo Avis particbuer* relie de fa furface ne touche celle du verre fixe.
- En parlant de la lanterne magique ordinaire , j'ai faic mention de celle qu’on éclaire avec les rayons du foleil ; c’eft celle qui coûte le moins & tjui produit les plus beaux effets ; mais on eft affujetti au temps, & à l’heure : on pourra fe la procurer avec les mêmes tuyaux & les mêmes verres dont j’ai parlé ci-deffus, en attachant avec des vis la piece à couliffe GG, fur un morceau de planche arrondi au tour, avec une feuillure au bord, ayant au milieu un trou circulaire de trois pouces & demi de diamètre, & garni d’un papier huilé. Cette piece tournera dans un paneau qui fervi-i ra de volet à la fenêtre, ou qui en fera partie , & portera en dehors le miroir qui doit renvoyer les rayons foH laires dans le tuyau oùfont les verres; voyez ci-après la defcription du mi-crofcope folaire , pour apprendre comment la piece tournante eft arrêtée au volet, & de quelle maniéré on fait mouvoir par dedans la chambre, le miroir qui eft en dehors.
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- sur les Expériences, jyr Le Mierofcope folairc.
- La planche quarrée A B, PI. if Fig. 2, qui s’attache au volet de la fe- xvn. nôtre, ou qui en fait partie, doit être /ÿ! stâiôi; de noyer bien fcc ou de quelque au- Arc. n. pi. tre bois doux peu fujet à fe déjetter ; °
- & pour plus de fureté , on peut y mettre deux emboîtures ; elle doit avoir au moins fix lignes d’épaifleur; chaque côté aura fept pouces & demi de longueur, & les bords feront ornés d’un quart de rond : le trou du milieu aura quatre pouces de diamètre , & fera percé fur le tour, afin quel foit bien rond. & bien uni dans toutes fa circonférence. Cette planche s’attachera par les quatre coins avec des vis à oreilles ; ou bien elle entrera dans une feuillure, & fera arrêtée avec deux tourniquets , comme on voit en A, B, qui re-préfentent la face du côté de la chambre.
- Vous ferez entrer dans cette planche, une autre pièce de bois CD, tournée à feuillure, & de telle épaif-feur qu’elle affleure la face qui répond au dehors de la chambre, & vous l’y
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- ^;2 Avis f arti(5tjlïer$ retiendrez par deux lames de cuivre ec jddy faifant reffort, que vous attacherez avec des vis. Le mouvement de la pièce ronde fera doux & uniforme , fi vous frottez un peu la circonférence avec du favon, & fi vous courbez les deux refforts, afin qu’ils ne frottent que par leurs extrémités.
- Vous percerez la pièce tournante CD au milieu, pour recevoir un tuyau cylindrique E F, de deux pouces de diamètre & long de huit pouces, que vous y collerez avec un anneau tourné , e, qui s’appliquera contre la face du côté du tuyau, & fur l’autre face vous en collerez un autre/, qui aura une petite feuillure pour recevoir un verre lenticulaire de vingt-deux lignes de diamètre, & de neuf pouces de foyer ; ce verre fera recouvert par une lunette g , dont l’ouverture égalera, à deux lignes près, la largeur du verre, & entrera à vis fur la pièce collée /.
- Vous ferez dans la piece CD, deux trous quarrés h h , pour recevoir les tenons de deux tiges plates , de métal, comme H, terminées en vis, & que vous retiendrez par l’autre côté avec
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- sur ies Expériences. 353 avec des écrous à oreilles , ou quar-rés; la tige H & fa pareille , auront en I chacune une vis, dont le bout limé 8c arrondi en forme de pivot, excédera l’autre face d’environ deux lignes , pour entrer dans le cadre d’un miroir K L,de huit pouces de longueur fur deux pouces un quart de largeur.
- Pour monter le miroir, (qui fera de glace mife au teint), vous prendrez une planche de neuf pouces de longueur, fur trois pouces 8c quelques lignes de largeur, & de quatre bonnes lignes d’épailfeur ; vous rapporterez fur les bords des baguettes moulées 8c coupées en onglets, qui auront une feuillure en deüous pour, recevoir le morceau de glace comme dans une couliffe, & celle de l’un der deux petits côtés, au lieu d’être collée comme les autres , fe placera après coup , avec deux petits clous: d’épingle.
- Vous fufpendrez le miroir au tiers de fa longueur, 8c vous réglerez fur ce pied-là celle dés tiges HH; car c’efl: biffez quelles lui lailfent la liberté de s'incliner , depuis la verticale
- Je me III, G g
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- Avis îarti eu lier s jufqu’au plan de l’horifon ; à moins qu’il ne faille aller chercher les rayons folaires au - delà de quelque obf-tacle , comme il arrive lorfque l’embrafure de la fenêtre eft fort épaiffe, & que le foleil n’y donne pas directement.
- Vous joindrez au bas du cadre du miroir une lame de cuivre mince tournée en S, avec un mouvement femblabîe à celui de la tête d’un compas, mais très-libre ; cette lame glif-fera dans une fente formée d’un trait de lcie au bas de la piece CD, Ôc fer vira à faire prendre au miroir, l’in-clinaifon qu’on voudra lui donner.
- Vous pouvez donner encore le mouvement d’inclinaifon au miroir d’une maniéré plus fure & plus commode, mais un peu plus difficile à exécuter fixez fur un des grands côtés une petite roue dentée, comme /, faites-la engréner avec une vis fans ‘ fin qui tournera dans une bride attachée fur le même côté du miroir, & dont la tige paiîera au travers de la piece C D , afin qu’on puiffie la faire tourner commodément ; cette partie de la tige m qui répondra à la cham-
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- 'sür les Expériences, jjj, bre, doit être limée quarrémentpour recevoir une rofette godronnée n, & terminée par une vis fur laquelle on fait entrer un bouton tourné, qui ferre le tout.
- Comme le miroir peut tourner avec le bois qui porte le tuyau cylindrique, on comprend aifément qu’en prenant celui - ci d’une main & le bout de l’Splâtre, ou la visfans fin avec l’autre , on peut faire tourner & incliner le miroir à volonté, pour conduire les rayons folaires dans le corps de l’indrument, & les y entretenir. C’eft la première chofe qu’il faut faire , en obfervant que le cône de lumière que produit le verre lenticulaire, ait fa pointe précifément dans l’axe prolongé du tuyau, & à neuf ou dix lignes de diftance en avant.
- C’eft à cette pointe de lumière, & en même temps au foyer de la lentille qu’il faut placer l’objet dont l’image doit être amplifiée. Pour cet effet, vous préparerez un tuyau N de trois ou quatre pouces de longueur, qui gliffe d’un mouvement doux & aifé dans celui qui eft marqué E F ; vous
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- Avis particulier» y collerez une platine de quelque bois dur , qui ait une rainure circulaire pour le recevoir, & au centre un trou rond de quatre à cinq lignes de diamètre, avec une queue chantournée à-peu-près comme on le voie en 0. Vous mettrez la piece fur le tour en l’air, pour faire le trou & la rainure , & depuis celle-ci jufqu’au trou x vous formerez une pente pour diminuer l’épaifleur du bois ; la queue de cette piece , par l’autre face, fera d’une ligne & demie plus élevée que la partie circulaire ; & vous la couvrirez d’une lame de laiton battue à froid pour faire reffort, & qui avance jufqu’au près du trou qui elî au centre. Cette partie avancée fera une ef-pece de pince; fous laquelle on engagera les porte objets, comme on le voit en P.
- Pour attacher la lame de laiton fur la queue de lâ platine^, vous percerez dans l’une & dans l’autre, d'eux trous dont les centres foîent à fix lignes de diftance Fun de l’autre ,pour recevoir deux canons, qui auront une portée en deffous, & qui feront rivés
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- su* les Expériences. 337 en deffus ; il faudra qu’ils foienr fendus dans la partie d’enbas, pour faire reifort.
- Q eft une piece de cuivre platte & chantournée , qui doit avoir un peu plus d’une ligne d’épaifleur; vous la mettrez fur le tour en l’air, & dans la partie la plus large qui eft circulaire , vous ferez un trou rond de quatre à cinq lignesde diamètre, dans lequel vousformerez des filets de vis, pour recevoir le-porte lentille S , & à l’autre bout vous attacherez à vis ou par rivures , un bouton platr, qui s’élève de trois ou quatre lignes ; fous cette même partie,vous attacherez encore parallèlement entre eux, deux tiges rondes d’acier bien cylindriques dont chacune ait une ligne & demie de diamètre & environ deux pouces & demi de longueur : ces deux tiges doivent être fi bienajuftées dans les deux canons à reffort de la piece ? oup,quelles y glilTent d’unbout à l’autre par un mouvement fort doux & fort égal ; car c’eft par ce mouvement , & en appuyant avec le bout du doigt fur le bouton plat 1 qu’onfàk
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- Avis Particulier s avancer la lentille vers l’objet,jufqu’à ce que celui-ci fe trouve jufte au foyer.
- Vous ferez le porte-lentille R fort court & très-évafé , & vous placerez le petit verre le plus près du bout que vous pourez , & par-delîus un petit opercule de cuivre ou de plomb très-mince , avec un trou rond au milieu de la groffeur d’une épingle, & bien ébarbé. Il eft à propos que vous ayez au moins deux lentilles ainfi montées , foit en métal foît en bois dur , l’une de deux lignes, & l’autre de trois lignes de foyer. Voyez la Ji%. K L Y qui repréfente toute les pièces du microfcope alTemblées.
- Les porte-objets fe feront avec des lames de buis longues de trois pouces , larges de quinze lignes, & taillées en couteaux pour entrer fous la pince, comme on le voit en P. Vous les mettrez fur le tour , pour y faire des trous ronds & à feuillure de quatre à cinq lignes de diamètre, dans lefquels vous attacherez avec de la colle de poiffon des verres blancs , arrondis «5c fort minces ; ou bien vous
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- sur les Expériences, jjj couvrirez tous les trous avec u ne feule bande de verre que vous ferez entrer à coulilfe, comme on le voit en x.
- Pour placer au microfcope un petit infecte vivant, vous pourrez faire Une fenêtre en forme de quarré long dans une de vos lames de buis, & y faire paffer une petite pince qui ait un anneau coulant pour la ternir ferrée, comme on voit en T.
- Enfin pour faire voir la circulation du fang dans le méfentere d’une grenouille, vous préparerez une planchette un peu plus longue & plus large que les précédentes , vous y ferez un à-jour, comme V, que vous garnirez d’un verre blanc & mince , avec des petits crochets fur les bords, & des trous pour palîer des cordons ou des rubans fort étroits aux endroits qui répondent aux quatre membres de l’animal ; & par derrière vous attacherez avec des clous rivés , une lame taillée en couteau, pour s’engager fous la pince de la platine P.
- L’animal étant attaché fur la planchette, le ventre en-haut , vous lui
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- 'ggoAviS FARTIÇDLIEBÎ ouvrirez le côté droit par une inci-fion longue de fept à huit lignes, & vous tirerez doucement les intef-tins, que vous retiendrez avec les crochets ; alors vous aurez les vailîeaux du méfenterre étendus fur le verre, <5c vous appliquerez cette préparation au tnictofcope, en faifant avancer la lentille , jufqu’à ce que l’objet s’apperçoive nettement. Vous empioyerez pour cette opération la plus foible de vos deux lentilles.
- AVIS
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- sür iesExpériences. 361
- AV I S
- Concernant la D1 x-H uiti b me Leçon.
- Première opération du Planétaire.
- JL, A grande platine de métal fous laquelle eft attaché le rouage, étant un peu plus large que le cercle plat qui eft au bord fupérieur du tambour, il faut la faire entrer par-deffous ; c’eft pourquoi le pourtour de ce tambour doit fe féparer de fa bafe , & c’eft par cette derniere piece que vous commencerez la conftruftion du planétaire.
- Que le Menuilïer corroyé du bois de chêne bien fec , 8c qu’il forme de deux pièces croîfées AA, A A PL XVI. Fig. 1. entaillées à demie épaif-feur, & de quatre ehanteâux B , B , B, B, un parquet à jour <Sc rond , de vingt-cinq pouces de diamètre & de huit lignes d’épaiffeur ; qu’il en faffe un polygone de douze côtés égaux , & ’" affe un rebord de neuf
- Hh
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- 3®2 Avis particuliers lignes de hauteur avec autant de taf-feaux bien collés & bien joints qu’il profilera en dehors comme D. Qu’il perce de plus au milieu de la croix un trou, comme o, de deux pouces & demi de diamètre : & qu’il colle fous chaque angle , un pied figuré comme M, qui ait trois pouces de haureur fur quatre de largeur par en fiant, & qu’il ait foin que le fil du bois fuive cette derniere di-menfion.
- Après cela il préparera avec du bois d’aulne, de noyer, ou de tilleul , un cercle plat dont la moitié ell repréfentée par les lettres t F g ; ce cercle doit avoir en dehors la même grandeur & la même figure que le parquet dont je viens de parler ; & fa circonférence intérieure , qui eft circulaire , peut avoir un peu moins que vingt & un pouces afin de recouvrir un peu le bord de la grande platine de métal.
- Pour cgnflruire ce cercle, le Me-nuifier coupera fur un calibre, fix pièces comme fEe, de trois lignes & demie d’épaiffeur, il les refendra par chaque bout d’un trait de feie,
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- su'k ttsExriRtENcïs. -jtfj & collera à l’un des deux une lan-
- f jette de bois prife fuivant le fil.
- nfuite il fera fur une table bien droite, un trait de compas égal à la circonférence intérieure du cercle que doit former fon aflemblage ; il Je divifera en douze parties bien égales , par autant de rayons tendant au centre; il les garnira de petits clous d’épingles comme h, h, h, &c. il appuyera chacune des pièces contre ces clous, & la retiendra par deux autres clous qu’il attachera en dehors , il collera la languette de la piece fuivante, dans le trait de fcie qui eft refié vuide à la précédente, &c, ayant bien foin que chaque jonction réponde exaétementà l’un des douze rayons tracés fur la table.
- Le corps de la caiffe ou tambour fe fera de douze morceaux dont chacun aura trois pouces quatre lignes de largeur & environ fix lignes d'é-paiffeur ; & il fera coupé d’onglet par les deux bouts fuivant la pente indiquée par les rayons tendant au centre C. La longueur eft donnée par la diftance d’un rayon à l’autre prife auprès du bord du polygone A , Bt H h ij
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- 3^4 Avis pabticueibeS A B, &c. fur quoi il faut obfervef qu’au pourtour de la caille par en bas, il y a une feuillure de huit à neuf lignes de hauteur, ce qui fait que chaque piece avance plus près du bord, comme on le peut voir pat le profil en D.
- Pour coller ces douze pièces les unes aux autres, & donner à cet af-femblage toute la folidité néceflaire, vous pourrez vous y prendre de la maniéré fuivante. Entaillez le bord fupérieur de chaque piece par les deux bout?, pour loger une languette de bois d’une ligne d’épaiffeur fut dix huit ou vingt lignes de longueur; &ayez-enunnombrefuffifant. Mettez la première piece if en place , & la retenez par deux clous d’épingle attachés légèrement dans le parquet: mettez de fa colle aux deux faces qui doivent fp joindre i placez, & retenez la piece fuivante I comme la première , faites approcher ies parties, en les preffapt fortement l’une contre l’autre, rempliffez les deux entailles du haut avec un languette de bois coîlée., & arrêtée avèc deux petits flpus d’épingles, comme K»&pro-
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- Sur les Expériences. 36ç cédez de même pour les autre spieces. Le lendemain vous collerez encore dans les douze angles autant de priâmes triangulaires, comme L, dont la face antérieure ait environ deuxpou-ces de largeur, & la caiffe fera fonde.
- Elle le fera encore davantage quand vous aurez collé deffus, le cercle plat EFG. Pour cet effet, vous rafercz l’excédent des languettes K & femblables, vous drefferezle bord fupérieur de la caiffe tout autour , Ôc vous le préfenterez fur le cercle pour voir s’il le touche de partout ; cela étant fait, vous tracerez fur le cercle avec un crayon, le pour-tour extérieur de la caiffe , de maniéré que l’un & l’autre ayent le même centre ; vous attacherez légèrement -quelques petits clous d’épingles fur ces lignes, & vous ferez un repaire, afin de trouver tout-d un-coup la place où doit être pofée la caiffe , dès que vous aurez mis de la colle fur fes bords ; & afin que la colle prenne mieux, vous placerez fur la caiffe une planche en travers , & vous la chargerez d’un gros poids , ayant H h iij
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- $66 Avis ïartïcùï,ibr* foin de chauffer les deux pièces avant d’y mettre la colle.
- Vous finirez la caifie en nétoyant le bois^ar dedans & par dehors, & en profilant fur les douze côtés extérieurs du grand cercle, un petit quarré avec un quart de rond. Mais comme il faut qu’elle s’attache au parquet, vous y ferez tenir avec des clous rivés quatre lames de cuivre diamétralement oppofés qui traver-feront l’épaifleur de la croix en A, A, A, A, & qui feront retenues par-delfous avec de fortes goupilles.
- Sur les quatre côtés qui portent les tirants, il faut coller & clouer autant de morceaux de bois plats comme N , & entaillés pour recevoir à queues d’arondeles quatre bouts d’une croix O O PP, qui doit le trouver de niveau avec le bord inférieur de la caiffe , de forte que celle-ci étant arrêtée fur le parquet avec les goupilles, la croix O O P P, ne puilfe pas Tortir de fa place.
- Cette croix étant placée & repai-rée, afin que quand on aura démonté la machine , on ne puilfe point la replacer autrement, vous y cherche-
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- sur les Expériences. 367 rez lin point, qui réponde au centre du cercle, qui couvre le bord de la caifle ; & vous y ferez un trou de dix à onze lignes en quarré en ob-fervant que ce point fe rencontre à Linterfe&ion des deux diagonales : c’eft lur ce point central que la grande platine doit tourner ; c’eft pourquoi il eft eflentiel, de le bien rencontrer & de ne le point perdre ; vous y parviendrez aifément, fi vous tracez votre trou avant de le percer, dans un cercle de quinze lignes de diamètre ayant pour centre celui de la croix.
- Le rouage Q Q, eft contenu dans une cage de bois de chêne qui fe peut démonter ; il eft attaché à la grande platine & tourne avec elle ; on le peut voir en regardant la machine par-deffous , comme elle eft repréfentée dans cette figure.
- La cage de bois qui contient les roues eft compofée de trois tablettes R , S, T, qui ont chacune cinq lignes d’épaifteur , & qui font affem-blées à queues d’aronde , par trois petits montants V, X, L, collés fur la première : cette tablette ainfi que H h iv
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- 'j.68 Avis parti culiirr la de.rniere ï\ a vingt pouces de loti-, güeur. Celle du milieu S, n’en a que treize ; R & S, ont chacune deux pouces & demi de largeur, mais T a au moins quatre pouces : c’eft pourquoi les deux montants V, Y, font plus étroits en bas qu’en haut, comme on le peut voir en u , y. Ce dernier eft par-tout d’une égale épaif-feur ; mais l’autre , ainfi que X , eft plus épais de moitié, jufqu’à la hauteur u u, pour recevoir dans une entaille la queue d’arondequi fertde tenon à la tablette S ; & afin que cette piece ne puiffe pas fortir de fa place, la tablette fupérieure T porte en-deffous, deux petits pieds v , x, larges comme les montants K, X, qui défendant avec elle, quand on l’af-femble, appuyentfur les deux bouts, qui'font entrés à queues d’aronde : T mis en place eft arrêté aux deux bouts par des broches de fer r, t, qui traverfent la piece & les deux montants qui la reçoivent.
- ha cage ainfi affemblée fe trouve divifée en trois parties. La première qui eft entre les deux tablettes R & S, renferme trois roues dentées A,
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- Ivur. Torne III .PI. 16
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- SUR LES Ex phlENCEÎ, $6$ B y C, PI, XP'II. la fécondé entre S & T, contient deux autres roues dentées D , E , & un pignon F, avec deux poulies G , H , concentriques & tournant Tune fur l’autre; dans la troifieme font deux poulies concen* tfiques & de même diamètre, avec une roue dentée /, tournant enffcm-ble, par le moyen d’un pignon en lenterne dont la tige K traverfe le montant, & dont le pivot eft porté par un coq attaché fur la tablette d’en bas.
- La roue A , 8c la roue B, doivent tourner dans le même fens, & faire des révolutions de même durée, c’ell pourquoi vous leur donnerez à toutes deux le même nombre de dents, 8c le mouvement fe communiquera de l’une à l’autre par une troifieme C. Mais vous aurez foin que celle-ci fafle deux révolutions contre Une ; ainfi A 8c B ayant cent dents cha- ' ctine, Cn’enauroit que cinquante.
- Cette derniere roue fera fixée fur le même arbre que % , qui par con-féquent fera aufli deux tours, tandis que A 8c B n’en feront qu’un : 8c il faut que' chacune de fes révolutions fafie tourner E trois fois ; par con-
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- 570 AVIS PARTICULIERS féquent iJ faut qu’elle ait trois fois autant de dents que celle-ci ; vous pourez en donner à l’une foixante & douze, & à l’autre vingt-quatre.
- Le pignon F doit tourner deux fois par une feule révolution de là roue E ; fi celle-ci a vingt-quatre derîts, le pignon ne doit avoir que douze aî^es. Et le rouage étant ainfi proportionné , quand la roue A fera un tour entier, le pignon tournera douze fois.
- Le diamètre de la poulie H, fera à celui de la poulie G dans le rapport de un à deux, & celle-ci fera égale aux deux autres poulies I qui font corps enfemble avec la roue dentée qui a fes dents parallèles à Taxe commun , & qui eft menée par Je pignon en lanterne K ; de forte que cette piece faifantun four, communique par deux cordes fans fin , le mouvement aux deux poulies G & H , faifant faire à l’une une révolution & à l’autre deux.
- Toutes les roues peuvent fe faire de cuivre coulé, fur des modèles en bois ; mais quand vous les aurez
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- sur les Expériences. 571 fur un tas ou fur une enclume pour les dreffer, & leur donner plus de confiflance. Les deux faces du milieu & des croifillons étant au moins dé-grofîies à la lime, vous monterez la piece fur un arbre pour la tourner.
- Vous ferez l’arbre de la roue A , d’une broche de fer a, limée quarré-ment en pointe par en bas , & chaf-fée un peu à force dans un morceau de quelque bois ferme , & percé fui-vant fon fil ; & vous tournerez le tout enfemble, comme il efl repré-fenté par la figure ; c’eft-à-dire, que vous formerez une affiette d un peu large , & immédiatement au-deffus , une partie plus étroite dont vous ferez enfuite un quarré b pour recevoir la roue , avec une forte goupille au-deffus qui traverfera le bois & le fer ; tout ce qui eft au-deffous de Paffiette d, vous le ravallerez cy-lindriquement ; mais après une lon-gueurdeneuf à dix lignes,‘vous ferez du refte un quarré c propre à remplir exactement le trou de même forme qui eft au centre de la croix O O P P, Pour ne pas décentrer ce
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- 372 Avis particuliers
- quarré, vous ferez bien de tourne? ]a partie cylindrique fur laquelle vous devez le prendre , de maniéré que ]e diamètre de l’une foie égal à la diagonale de l’autre Au-delfus du quarré qui recevra la roue , vous réferverez au bois une partie b , qui la contiendra encre les deux tablettes. La broche de fer a b fera de telle longueur , qu’elle puiffe furpaffer d’un bon pouce le plan fupérieur de la grande platine de métal : elle fera un peu en dépouille de bas en haut, fon plus grand diamètre étant d’environ deux lignes; mais le bout d’en-haut doit être foré à la profondeur de lix à fept lignes comme une clef ; ce que vous ferez plus furement en faifant tourner la piece contre le for fêt.
- Quand vous aurez tourné la roue fur fon arbre , vous la repaierez fur fon quarré , & vous l’ôterez pour faire la denture & pour la finir à la lime. *
- L’arbre de cette roue tournera d’une part dans la tablette R , où vous ferez un trou bien jufle, fans être trop ferré, pour recevoir la par-?
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- 'sur les Expériences. 373-tie cylindrique qui a été réfervée immédiatement au-defTous de l’aiïiette d de l’autre part dans un canon de cuivre bien alaiféfoudé furunepiece quarrée de même métal , & attachée fur la tablette S. Ce canon doit être mince , tourné bien rond & bien uni par dehors, & un peu en dépouille ; il faut qu’il s’élève prefque aulïï hauG que le fer qu’il recouvre.
- Pour attacher bien folidement ce canon , vous ferez entrer bien jufte dans répaifleur du bois, la plaque de cuivre fur laquelle il ellfoudé , 5c vous l’y arrêterez avec quatre clous rivés* dont vous mettrez les têtes en-defious ; vous ferez encore mieux de noyer pareillement fous la tablette, une autre plaque de cuivre percée au milieu , pour férvir de contre-rivure à vos clous , avec des chanfreins, afin de pouvoir tout af-; fleurer enfuite à la lime.
- Quand vous aurez ainfi difpofé la roue du centre, vous préparerez les roues C & D , qui doivent tourner enfembîe fur le même arbre. Vous ferez cet- arbre de fer ou d’acier, vous lui ferez deux pivots à fes ex-
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- 574 A vis p'à **ti ctrtiE rs
- trêmités, & vous y pratiquerez deS afïiettes de cuivre aux diftances convenables , comme on fait ordinairement ; mais vous ne fixerez que celle d’en-bas, par une rivure ; l’autre ne peut fe placer qu’après qu’on aura mis la deuxieme tablette ; elle defcendra fur fon afîïette avec un petit pied, qui fervira de répaire , & qui l’empêchera de fe déplacer en tournant ; une goupille par-deffus qui traver-fera l’axe , fuffira pour l’arrêter.
- Il eft à propos que la roue C, foit plus épaiffe que celle qu’elle en-grene de part & d’autre , & afin que l’engrenage ne fe désange point, au lieu de faire tourner les pivots de l’arbre dans le bois, il faut attacher fur la tablette d’en-bas, & fous celle d’en-haut, des lames de cuivre, percées convenablement pour les recevoir.
- La roue B, efi: rivée fur une af-fiette de cuivre, fixée par une foudu-re ou autrement, à un arbre de fer terminé en bas par un pivot , Sc ayant une portée contre la tablette S, qui contient la roue dans fon engrenage. L’arbre/, prolongé au-def*
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- fus de cette partie, traverfe l’épaif-feur de la tablette, & un canon de cuivre e, femblable à celui qui enveloppe l’arbre de la roue A, & attaché comme lui. Mais ce canon au lieu de couvrir l’arbre entièrement, le laifle excéder de quatre lignes, & ne furpalfe le plan fupérieur de la cage que de (ïx lignes.
- Lapetiteroue£,quicommunique de D en F, le peut faire avec un morceau de laiton arrondi & fans être évidé; vous la fixerez avec une affiette de cuivre fut un arbre de fer tourné dont les pivots feront reçus dans des petites plaques de cuivre que vous incrufierez dans le bois.
- L’arbre du pignon l, eft un canon qui tourne fur celui qui enveloppe l’arbre de la roue B; & qui dépaire comme luWe fix lignes, le plan fupé-rier de la tablette T; il faut que vous réferviez ou que vous rapportiez au-defius & au-delfous du pignon, des portées, qui le contiennent à la hauteur convenable à fon engrenas
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- Avis particuliers vre fort mince , & tourne av<c liberté fur celui qui eft fixé fur la tablette S, & qui recouvre l’arbre de la roue A, & il s’élève comme lui d’un pouce au-deflus de la cage *
- La poulie g , garnie comme la précédente d’un canon de cuivre, tourne fur elle librement ; mais fon canon ne monte que de fix lignes au-r defius de la cage.
- Chacun de ces canons fera foudé à une rondelle de cuivre percée au milieu & attachée au bois , avec des clous à têtes perdues ; par ce moyen les poulies fe frotteront moins, & celle d’en-bas repofera par du métal fur la portée du canon , qui luifert d’axe.
- Il efl: important que les arbres des roues & les canons qui tournent les uns dans les autres ,• ayent des mouvements doux & libres , fans avoir trop de jeu; pour cet effet, vous aurez des alaifoirs , c’eft-à-dire, des broches d'acier à pans dont les angles foiènt bien droits , & quand chaque canon fera bien fini en dedans , vous tournerez conformément la partie extérieure de la piece qui
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- sür les Expériences. 377 doit y entrer : 6c quand vous verrez qu’elle y entre prefque entièrement, vous finirez par l’y ajufler avec de l’eau 6c du fable , comme on fait pour la clef d’un robinet. Vous prendrez garde encore que le canon de la grande poulie 6c celui du pignon F, ne touchent ni au bois , ni au métal de la grande platine qu’ils tra-verfent ; vous y ferez les trous de maniéré , qu’il relie un quart de ligne de jeu au tour de ces pièces, dont Je mouvement ne doit être aucunement gêné.
- Vous ferez la double poulie I, avec un morceau de poirier ou de noyer pris en planche; vous le collerez fur un cylindre du même bois, qui le tra-verfera, 6c qui fera traverfé lui-même d'un bout à l’autre par une broche de fer chalfée à force , aux bouts de laquelle vous formerez deux pivots terminés en pointes. Vous tournerez Je tout fur ces deux pointes, 6c vous formerez deux gorges parallèles en-tr’elles à quatre lignes de dilîance Tune de l’autre, en obfervant que du fond de ces gorges , qui doivent être angulaires pour mieux pincer la Tome lll, I i
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- 378 Avis p artic u l ie'S s corde , ces deux poulies & celle du centre marquée G ,ayent des diamètres bien égaux , de trois pouces neuf à dix lignes chacun.
- Vous ferez en-deflous de la double poulie , & à trois lignes du bord une rainure circulaire , pour recevoir un peu à force la couronne dentée, que vous ferez d’une lame de laiton pliée cireulairement , & dont vous rejoindrez les deux bouts avec de la foudure forte , & vous la retiendrez par quelques goupilles; La denture de cette pièce n’efl affu-jettieà aucun nombre, il fuffit qu’elle engrene bien le pignon en lanterne qui doit la mener. Mais afin que cet engrenage , ne fe dérange point, vous ferez tourner les pivots de la double poulie dans deux petites plaques de cuivre percées pour les recevoir, & noyées dans les tablettes de la cage.
- La roue ayant trente-huit dents fur une circonférence de trois pouces & demi de diamètre vous pourrez faire le pignon en lanterne avec huit fufeaux de fer de quatre à cinq lignes de longueur, aflemblés, & ri-
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- sur lEiExpÉsimcis. 37p vés dans deux rondelles de. cuivre. Vous commencerezparfaire dreffer & tourner un arbre de fer qui ait environ trois lignes de diamerre avec une afliette un peu plus renflée pour recevoir d’une parc le pignon , & de l’autre , pour empêcher qu’il ne touche le bois de la cage ; la partie de cet arbre qui traverlera le montant de la cage fera cylindrique , avec un quarré pour recevoir la manivelle; & le relie fera limé quarré-me.nt pour enfiler le pignon qui fera arrêté enfuite avec une goupille ; après quoi vous formerez le pivot qui doit entrer dans le coq. Kôycj à la lettre K.
- Afin que le pignon foit bien centré fur fon arbre , vous commencerez par faire l'es trous quarrés dans les rondelles , & enfuite vous les mettrez fur le tour avec l’arbre même pour les arrondir , & marquer d’un trait de burin fur chacune, le cercle dans lequel vous devez percer les trous pour river les fufeaux. Vous donnerez un peu de dépouille au quarté qui doit recevoir la mani-
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- 380 Avis rabticouebj velle, .afin qu’elle entre d’abord fort aifément deffus.
- Le rouage étant fini & aflemblé dans fa cage . vous le placerez fur la croix O O P P, PI. XVI, en faisant entrer la partie quarrée de l’arbre de la roue A , dans le trou qui eft préparé pour le recevoir, & vous l’arrêterez par-delïbus avec une forte goupille : mais afin que la tablette inférieure R , ne frotte point dans toute fa longueur fur la croix, vous augmenterez fon épaiffeur de deux ou trois lignes au tour du centre en collant deuous une rondelle de bois percée comme elle, & qui achèvera de recouvrir la partie cylindrique de l’arbre , qui précédé le quarré. Après cela vous préparerez la grande platine de métal, qui doit faire le deffus du planétaire.
- Le plus (impie & le plus facile eft de choifir pour cela une plaque de laiton de grandeur fuffifanre , & qui ait à-peu-près une ligne d’épaiffeur dans toute fon étendue , & de la faire planer par un habile Chaudronnier , afin qu’elle foit bien droite 5c
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- s U R les Expériences. $$i\ qu’elle ait allez de confiftance pour fôutenir la denture. On peut aufft faire cette platine avec une feuille de tôle bien choiiie ; fi fo.n eft à portée dés forges * ou il s’en fabrique , cela coûtera beaucoup moins que le cuivre , mais on aura plus de peine à faire la denture. Enfin la tôle commune pourafervir, pourvu qu’on la drefle bien, & qu’on rive tout au tour des portions de cercle de laiton qui fe rejoignent bout à bout pour porter la denture -, mais il faudra avoir attention que les jon&ions fe rèncon-trent toujours entre deux dents.
- De quelque métal que vous falTiez cette platine , il faut qu’elle foit bien arrondie , & que fa denture fe trouve cachée fous le bord intérieur du grand cercle qui eft collé fur le bord fupérieur de la caifle. Vous commencerez par déterminer à-peu-près fa grandeur par un trait de compas ; vous percerez un trou au centre , 8c un autre vers la circonférence pour la faire entrer jufte , fur les deux ca-, nons qui excédent îa tablette fupé-rieure de la cage. Enfuite vous l’attacherez avec quatre petites vis de;
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- 382 Avis particuliers fer aux deux bouts de cette tablette j & par deux autres de cuivre & plus groffes que vous placerez à trois pouces du centre de part & d’autre, fur une même ligne. Et afin que ces vis ne fe dérangent point, vous formerez leurs écrous dans des lames de cuivre noyées & attachées dans l’é-paiffeur du bois, comme il eft marqué par les chiffres, 1,2, 3,4; y, & 6. Pl.XI/I.
- Ayant reconnu au juffe la grandeur que vous devez donnera la platine en y comprenant la denture , vous la réparerez du rouage, & avec un compas à verge ou avec une alidade que vous ferez tourner fur un pied qui rempliffe exa&ement le trou du centre, vous tracerez deux cercles , l’un qui détermine la grandeur & l’arrondiffement de la platine , l’autre un peu plus petit pour régler la longueur des dents. Enfuite vous arrondirez la piece en fuivant le premier trait avec la lime, & vous diviferez la circonférence fuivant le nombre de dents que vous voudrez y faire.
- Ce nombre eft arbitraire, mais il
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- sur lesExpêrïences. 383 faut le choifir tel qu’il en réfulte une denture forte * & qu’elle puiffe fe régler par une divifion facile : faites-la par exemple de 288. Si vous êtes à portée d’un Horloger qui ait une platte-fbrme allez grande où ce nombre fe trouve, il vous la divifera , 8c la refendra de forte que vous n’aurez plus qu’à arrondir le bout des dents , c’eft ce qu’il y a de mieux à faire , mais fi vous êtes obligé de faire vous même cet ouvrage à la main ; voici comment vous pourez vous y prendre.,
- Ayez une table bien droite , plus grande que votre platine , ou feulement une planche de fept à huit pouces de largeur, qui ait au moins deux pieds de longueur. Attachez au milieu un petit cylindre de métal ou de quelque bois bien dur, fur lequel le trou qui eft au centre de la platine
- Îjuifle entrer jufie; préparez avec une ame de fer mince , ou avec un bouc de reffort de pendule, une réglé à centre m PL XISII dont l’oeil puifle entrer de même fur ce cylindre, & qui fo.‘t affez longue pour dépalfer de quelquespouces le bord de la platine,
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- 384A.VIS PARTICULIÏKS Muniffez-vous auffi d’nn traçoir, qui ait fon bifcau à droite comme la lame d’une paire de ciieaux, afin que vous puifiiez faire aifément Je trait contre la réglé. Ayezencoreun compas à verge pourmefurer les grandes parties, & un compas d’acier àref-fort & à vis pour les petites divi-fions : ces outils fe trouvent tout faits chez les Quinquaillers.
- Commencez par divifer la circonférence devotre platine en quatre parties égales par deux lignes diamétrales qui fe*coupent exaftement au centre du petit cylindre Partagez chacune de ces parties en trois avec la mêmeou-verture de compas : & Cbdivifez chacune de ces dernieres en deux : par ces trois premières opérations, vous aurez le bord de votre platine divifé en vingt-quatre parties égales.
- Faites un limbe de cuivre de fix à fept lignes de largeur, dont l’ér paifieur (oit égale à celle de la platine ; attachez-le fur le bois concen-, triquement, & le plus près d’elle qu’il fera poflible, mais de maniéré cependant qu’il ne l’empêche pas de tourner
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- SUR LES Exp éRÏENCES. tourne fur fon centre; prolongez fur ce limbe avec la réglé à centre, §ç Je traçoir , deux lignes qui embraf-fent deux des dernieres divifions ; tracez encore fur le cuivre , de l une de ces lignes à l’autre, un arc de cercle parallèle au bord de la platine , & divifezde en quarante-huit parties égales, par autant de points que vous marquerez avec un poinçon d’acier.
- Cette derniere divifion étant faite, vous la tranfporterez avec la réglé à centre & le traçoir, fur la partie qui lui correfpond au bord de la platine , & fucceflivement fur toutes les autres, que vous ferez paffer devant elle , ayant foin avant de commencer à tracer, que la platine foit bien arrêtée fur le bois avec une broche de fer , que vous ferez entrer par quelqu’un des trous préparés pour les vis.
- Toute la divifion étant ainfi achevée , vous aurez J7 6 efpaces égaux ; de deux vous en éviderez un avec l’outil à refendre , il y en aura 288 , qui refieront pleins, & dont vous formerez les dents de la platine. Si la Tome III, K k
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- $86 Avis particuliers denture efl de cuivre , & que vous ayez une fraife à refendre qui fe mené avec un archet, vous vous en fer-virez de préférence, (i-non, vous ferez le vuide entre deux traits, avec une lime ordinaire & d’une-épaiffeur convenable ; ou bien vous en préparerez une exprès avec une lame d'acier d’épaiffeur , & qui n’aura des dents , que fur fon champ. Vous finirez par arrondir, & adoucir toute la denture avec des limes appropriées à cet ouvrage.
- Quand la denture de la grande platine fera achevée , & qu’on voudra la remetre avec fes vis fur la cage du rôuage, il ne faut point oublier d’agrandir les trous qui entrent fur les canons, comme je l’ai dit plus haut; car il eft effentiel que ces pièces qui doivent tourner librement , ne fouffrent point de frottements extérieurs qui puiffent les gêner.
- La grande platine fe mène par une petite roue de cuivre ou de fer, de deux lignes & demie d’épaiffeur, enarbrée fur une tige ronde qui tra-yerfe le premier 6c le fécond cercle
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- sur les Expériences. 387 en montant, & qui excède un peu celui-ci par un quarré fur lequel, on Fait defcendre une manivelle qui tra-verfe le dernier cercle. L’arbre de cette petite roue, a une portée qui l’empêche de frotter contre le cercle, & par- delfous, un pivot qui tourne dans un coq attaché fous le cercle, & qui avance jufque fous la denture pour empêcher le défengré-nage. La manivelle qui mene cçtte roue, fert auffi à faire tourner le pignon en lanterne du rouage , en tra-verfant un des côtés de la calife , par un trou qui eft immédiatement fous la petite roue dont je viens de parler.
- Pour empêcher la grande platine de voiler , & pour la contenir dans le plan de fa révolution , on faic gliffer fa denture fur trois ou quatre coqs attachés fous le grand cercle ; vous ferez encore mieux , fi vous mettez au fond de ces coqs, des petites roues dentées, qui tournent librement fur des pivots , & qui en engrénant la denture de la platine , lui fervent comme de rouleaux pour
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- 388 Avis particuliers pour faciliter fon mouvement. Voy'Z le profil D m , PI. XVI.
- La tige de la manivelle fera faite d’un morceau de cuivre coulé & tourné extérieurment ; mais avant de le travailler en dehors , vous y percerez un trou de fept à huit lignes Suivant fa longueur , un peu moins gros que les quarrés fur Jefquels il doit entrer, & vous le rendrez quar-ré en y faifant entrer/a force , un quarré d’acier, & en battant la pièce par dehors , avec un marteau fur une enclume : commencez avec un quarré plus petit, & finiffez avec un autre qui foit égal , & même un peu plus fort, que ceux fur Jefquels fa manivelle doit entrer. Le levier de la manivelle peut avoir deux pouces de longueur : vous le ferez fi vous voulez, avec une lame de cuivre d’une bonne ligne d’épaiffeur, que vous laifferez droite , ou que vous tournerez en S. LeJmanche ne doit avoir qu’un pouce & demi ou environ de hauteur ; mais pour bien faire , il faut qu’il tourne librement fur une tige de fer, comme aux manivelles des vielles.
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- sur les Expériences. 3S9
- Le planétaire a trois cercles de bois élevés parallèlement l’un fur l’autre , & foutenus par douze petits gouffets 3 affemblés & collés à demi-bois aux angles, j’ai enfeigné plus haut comment on doit conftruire le premier cercle, celui qui eft fixé fur le bord fupérieur de la caillé ; les deux autres font égaux & fem-bles à lui, vous les conftruirez de même.
- Ces trois cercles reprcfentant en-fcmble le zodiaque , il faut que le premier ainfi que le dernier comprenne entre lui & celui du milieu , un ef-pace de huitdégrés de fa circonférence intérieure; c’elf fur cela qu’il faut régler la hauteur des gouffets, qui fer-viront à les affembler; mais comme ils portent deux divifions, l’une de trois cents foixante parties, avec les douze fignes du zodiaque , l’autre de trois cents foixante - fix avec les douze mois de l’année , il faudra feulement les préfenter en place , faire les trous par où doivent paffer la tige de la petite roue , & l’arbre de la manivelle , & différer leur affemblage à
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- demeure, jufqu’à ce qu’ils ayent été deflïnés & peintj.
- J’ai fait graver autrefois des planches par le moyen defquelles, j’ai des papiers imprimés , pour tout ce qu’il y a à deffiner & à peindre au planétaire, de forte que j’en étois quitte pour coller ces papiers, & enluminer les gravures , ce qui épargne un aflez long travail ; mais quiconque voudra conftruire un planétaire feulement pour fon ufage, ne fera pas les frais de pareilles planches ; il fera obligé de defliner à la «nain.
- Il couvrira donc de papier blanc de proprement collé avec de l’amidon qui n’ait point de couleur, le deffusde fes trois cercles, ou bien il fe contentera d’en defliner un, celui d’en-haut, & il palfera une couche de la même colle fur le papier , après qu’il aura été appliqué fur le bois. Cette couverture de papier fera formée de douze morceaux taillés fur un même patron , & joints bout à bout, fans palier les uns fur les autres : il elt naturel que ces morceaux fe joi-
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- Sür ËEs Expériences. 3pï gnent vis-à-vis les angles, formés pat les douze côtés extérieurs.
- Lorfque le papier fera fec, il attachera fon cercle à plat fur une table bien droite , puis en appliquant une réglé un peu flexible fur des angles diamétralement oppofés de la circonférence extérieure , il tracera deux lignes qui fe coupent à angles droits ; fi les angles font bien efpa-cés, le point d’interfefton des deux lignes, fera le centre de la circonférence intérieure du cercle ; & avec un compas à verge, il pourra de-là tracer des cercles concentriques fut la largeur.
- Il commencera par celui des douze Agnes , qu’il divifera en trois cents foixante dégés ; trente pour chaque figne,qu’il défignera par fon nom & fon caraétere , comme on le peut voir par la Fig. 3. PI. XVII, qui repréfente la fixiemepartie de ce cerele.En-fuite il formera celui des douze mois de l’année biflextile , qu'il divifera en trois cents foixante-fix parties égales , pour plus de facilité, en com-mençeant la divifion au tiers du premier degré du bélier , & en attri-
- ° - vi,
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- 3p2 Ariï PARTICULIERS buant à chaque mois autant de ces degrés qu’il a de jours. Si cette dernière divifion eft bien faite, la fin de chaque mois fe rencontrera vis-à-vis du degré de l’autre cercle, où fe trouvera alors Te foleil, ce qu'il fera aifé de vérifier en confultant la table de la ConnoiJJance des Temps où la longitude du foleil efi marquée pour tous les jours de chaque mois.
- Ce cercle, fera plus élégant, s’il efi: proprement enluminé & verni, avec les bords & le deflous ornés d’une couche'ou deux de vermillon ; on pourra peindre de même les deux autres deflus 8c deflous, fi l’on ne veut pas prendre la peine d’y répéter les divifions qu’on a faites fur le premier : mais comme le bord intérieur de celui du milieu repréfente VEclyptique , il faudra le couvrir d’une petite bande de papier collé;, fur lequel on aura écrit le nom de cette ligne , une ou plufieurs fois. Il faut en coller pareillement fur le bord intérieur des douze gouflets ; & écrire fur celui qui répond au premier dégré de l’écrevifle , Solflice d'été, fur celui qui lui eft diametra-
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- sue lesExîériences. JJ}' lement oppofé, Solftice d'hyver , fut celui qui eft au premier degré du bélier , Equinoxe du printemps, & fur celui où commence le figne de la balance , Equinoxe d'automne. Les huit autres porteront chacun une bande de papier divifée de part & d’autre en huit parties égales, à compter de l’éclyptique , & diftinguées par autant de chifres, pour faire connoî-tre les différentes latudes. desÉ pla-nettes pendant le temps de leurs révolutions.
- Le dehors de la caiffe fera peint auffi , & par compartiments fi l’on veut, en rouge & noir, par exemple, & vernis par-defius; il ferait appro-pos de repréfenter en figures les fi-'gnes du zodiaque fur les douze côtés , en obfervant de les placer conformément à ceux qui font défignés -par leurs caraâeres, fur le grand cercle d’en haut.
- Enfin , il faudra peindre auffi le deffus de la grande platine en bleu, foit à l’huile (oit au vernis, & def-finer autour du canon qui eft vers le bord, un cercle de fept pouces & demi de diamettredivifé en vingt-neuf parties & demie, en allant de droite
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- 554 Avis t articui^i kr*
- à gauche ,'pour repréfenter la révolution fynodique de la Lune, en commençant cette divifion fur la ligne qui pafle du centre de ce cercle à celui de la grande platine ; & vous y écrirez les quatre principales phafes delaLune, fçavoir, nouvelle lune, vis-à-vis le commencement delà divifion ; premier quartier, vers la feptieme divifion ; pleine lune, vers la quinzième; & dernier quartier , vers la vingt-deuxieme : voyez la Fig. N. PI. XVII.
- Pour ne paslaifler nud le relie delà grande platine, vous y pourez faire repréfenter en or , un foleil dont les rayons remploient un êfpace circulaire de quatorze à quinze pouces de diamètre, & les figures des fix planètes , Mercure , Venue , la Terre , ' Mars, Jupiter & Saturne , avec leurs proportions, en diamètre, relativement^ la terre ; confultez fur cela, la Connoijfance des Temps, page, 138, ou quelque autre livre d’Aftronomie. Toutes ces décorations font de la compétence du Verniflfeür, à qui vous fournirez les mefures, & les defleins.
- Il faut que vous puilliez trouver aifément avec l’arbre de la manivelle, le quarré du pignon en lanterne qui
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- sur le s Expériences. 39 f mene la grande platine ; pour cec effet, vous ferez fur le bord de celle-ci, une marque qui, lorfqu’elle fe ren-contrera vis-à-vis d’une autre marque que vous aurez faite au bord intérieur du grand cercle , vous avertira que le quarfé eft vis-à-vis du trou par lequel vous devez le prendre avec la manivelle.
- Avant de remonter cette machine , il faut avoir foin de mettre un peu d’huile par-tout où il y a des frottements pour les adoucir, & examiner s’il n’y a rien qui gêne les mouvements. Je parlerai des pièces d’affor-timent, à mefure que les differentes opérations du planétaire, m’en.donneront l’occafion.
- Première Opération.
- Il ne faut point penfer à mettre — en proportions ni de grandeur ni leçon. de diftance, toutes les boules , qui repréfentent ici le foleil & les pla- ^ p/. ni! netes;il faut feulement avoir l’atten- *• tion de ne faire ni égales , ni plus petites,celles qui repréfentent lesjdus grands allres; ainfî la boule du milieu que vous ferez dorer pour figu*
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- 3p6 Avis particuliers rer le foleil, fera la plus grande de toutes, & pourra avoir quatorze lignes de diamètre. Dans les autres, vous obferverez feulement, tant par leur groffeur, que par la longueur de leurs branches, qu’elles ne fe touchent point les unes les autres en tournant.
- Ces petits globes fe feront de bois tourné à l’archet fur un arbre d’acier garni d’un cuivreau , & vous di-viferez leur furface en deux parties égalés par un cercle qui pafl'era par les deux points fur lefquels ils auront été tournés, vous en peindrez une en noir, & l’autre en blanc ; & vous deffinerez au milieu de cette dernière partie, le caractère de la planete repréfenrée par le petit globe. Vous diftinguerez les Satellites de Jupiter 6c ceux de Saturne par des chiffres, en commençant par celui qui eft le plus près de la planete centrale. La Lune , qui eft celui de la terre , fera marqué d’une L. Vous ferez encore mieux de les tourner en ivoire, & de teindre en noir feulement un de leurs hémifphéres. Celui qui repré-fentera la terre, ne fera pas feulement
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- sur les Expériences. 35)7 noir & blanc comme les autres vous y tracerez encore fur la partie blanche les principaux cercles de la fphére, l’équateur, les deux tropiques, *les deux cercles polaires, les colures des folftices & des équinoxes, & partie de l’éclyptique ; ayant foin que la tige qui le porte, l’enfile par les pôles de l’équateur.
- Vous ferez toutes les branches qui portent ces planètes autour du foleil , avec des lames de cuivre larges de trois lignes, ayant un œil à chaque bout, l’un pour entrer fur la tige commune, l’autre pour recevoir à vis ou avec une rivure, la tige du petit globe qu’elle doit porter. 11 faut battre à froid, toutes ces lames avant de les limer afin qu’elles ayent plus de confillance , & qu’elles prennent un plus beau po-li.
- La tige de la boule dorée qui repréfente le foleil, aura par en bas une partie plus menue , & de la longueur convenable pour entrer ai-fément & remplir le trou de la broche forée: au-defliis de cette partie, il y aura une portée fur laquelle
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- 3$8 Avis particulier s vous ferez defcendre les branche* des fix planètes primitives , en inter-pofant entr’elles des petites rondelles mince , afin qu’elles ne frottent point les unes fur les autres en tournant; &par-defîus la derniere, encore une rondelle un peu plus épaiffe, qui fera traverfée d’une goupille, ainfi que la tige de fer , afin qu’elle retienne toutes les pièces qui tournent fous elle , & qu’elle ne puiffe pas tourner elle-même : vous ferez la même chofe aux branches des fa-tellites, en les enfilant fur les tiges de leur planètes.
- La branche qui portera la Lune , & qui fera fort courte, au lieu d’un œil, fera garnie d’un petit bout de canon , que vous enfilerez fùr la tige du globe terreflre; & celui-ci enfilé par-defïus , l’empêchera de fortir de fa place.
- Vous réglerez les tiges de tontes ces planètes , de maniéré que leurs centres fe trouvent à-peu-près à la hauteur de l’éclyptique repréfentée par le grand cercle du milieu : aii refte , quand elles fe trouveraient un peu plus haut, cela n’cft point ini-
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- SUR LES ExPdfRIÏ NCE S. 35$
- portant pour cette première opération du planétaire.
- Seconde Opération.
- L e globe doré qui repréfente le - , .
- foleil dans cette opération , & dans xvni. les autres quifuivront, ell plus gros p/stli™; que celui qui a fervi dans l’opéra- PUK.fif tion précédente ; il a environ vingt lignes de diamettre, il eft fixé fur une petite tige de fer , qui entre dans la broche forée du centre , & qui peut y tourner aifément : il eft encore percé diamétralement, & parallèlement au plan de la grande platine.
- Le globe terreftre eft femblable à celui de la première opération , mais il n’a point de Lune. Ce globe & celui qui repréfente Mars, fon enfilés fur des tiges rondes de laiton , qui s’élèvent au-deflus d’eux, jufqu’à la hauteur du troifieme grand cercle,
- & qui font forées pat en-haut jufqu’à la profondeur de quatre à cinq lignes.
- Les deux branches qui portent ces planètes font faites comme celles dont j’ai parlé ci-deffus, hors qu’el-
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- 4oo Avis particuliers les font garnies de viroles pour fe monter fur les canons du centre , fa* voir celle de Mars, fur le plus gros, & celle delà terre, fur le plus petit; ces viroles doivent être en dépouille comme les canons fur lefquels elles entrent , & ajuftées de façon qu’elles tiennent bien en place.
- Troijîeme Opération.
- twi.i *>!,< L a piece qui fert dans cette opé-xvin. ration eft une réglé de cuivre large UÆondetrois lignes ou un peu plus , dont Pi. iy.Fig.lcs deux côtés font parallèles, & qui u ! fe monte fur le plus gros des deux canons du^centre , par une virole dont elle eft garnie à l’une de fes extrémités. L’autre bout enfile une piece de cuivre qui glifle deflus, & îur laquelle eft fixée la tige d’un petit globe qui repréfente une planete quelconque; & par-delTous, il y a un bout d’axe fur lequel tourne une poulie de quelques lignes de diamètre , avec une goupille , ou un bouton qui l’empêche de fortir. À l’extrémité de la réglé, eft fixé l’arbre d’un barillet garni d’un reflort, fem-blable à celui d’une très-petite mon-. tre;
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- sur les Expériences. 4O1 tre ; fur ce barillet etl attaché, 8c enveloppé un fil de foie , dont l’autre bout tient au curfeur qui porte la planete ; de forte que celle-ci ne peut être tirée vers le centre de la grande platine , que le refiort du barillet ne la contre-tire.
- Avec une ganfe de foie fine , vous formerez une corde fans fin qui en-brade d’une part la virole de la réglé , 8c de l’autre la .petite poulie du curfeur; 8c vous préparerez un rouleau d’ivoire ou de métal, qui tourne fur un axe vertical , que vous ferez entrer a huit ou neuf lignes de diftance du centre de la platine , dans un trou de foret qui traverfera le métal, & une partie du bois qui eft deffous. Ce petit rouleau tirera la corde fans fin pendant la demi-révolution de la réglé , & fera approcher la planete vers la bou'e dorée ; après quoi le redore du barillet la fera revenir vers le bout de la réglé : le rouleau dont je parle ici doit être fort bas , puifqu’i! faut que la réglé en tournant palfe par-def-fus.
- Tome III.
- L 1
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- 402 Avis particuliers
- Quatrième Opération.
- L’aiguille dont il eft fait Leçon, mention dans cet endroit, eft faite pi Ÿf f"» ^eux Part’es qui fe joignent à vis ; ,4.' ' " la plus longue a neuf pouces & demi, & l’autre quatre pouces ; à l’un des bouts de celle-ci on à foudé une petite ni a fie cylindrique de cuivre o , dans laquelle eft un trou taraudé fui-vant la longueur ; & un peu plus loin , un autre trou qui traverfe l’é-paifieur, & dans lequel entre un pivot o très libre, retenu en-deflus avec un bouton rivé ; ce pivot a une portée & au-deftous une queue, qu’on, fait entrer dans la tige de Mars. Sur la plus grande partie de l’aiguille on enfile un anneau/, qui glifte facilement fur toute la longueur, & qui a auiTi une queue pour entrer dans la 'tige de la terre ,-où elle doit tourner librement ; 8c afin que cet anneau me puifte pas fortir de deftlis cette partie de l’aiguille, on rive au bout de celle ci un bouton tourné q, 8c un autre pareil à deux ou trois pouces près du bout qui entre à vis dans l’autre partie ; toute cette aiguille
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- Jvùr ^Ecmîe/ JH • PI • iy <•
- Pag. S. L
- Fjg.
- *
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- sur les Expériences. 403 eft faite d’un fil de laiton qui a environ une ligne de diamètre.
- Cinquième Opération.
- L a poulie qu’on met ail centre g de la platine bleue , doit être évi- L^VI^ dée au milieu pour ne point gêner i.s/aion! le mouvement du canon , & faire place à la virole de la branche quilî’ porte la pîanete ; vous donnerez à cette poulie deux pouces de diamètre , & tout au plus quatre lignes d3épaifléur : vous attacherez en-aef-fous, deux petits pieds de cuivre un peu en pointe, & vous percerez dans la grande platine pour les recevoir, deux trous de foret fur la ligne diamétrale qui pafte par les centres des canons..
- La branche a comme les autres une virole qui s’ajufte fur le canon extérieur du centre, & elle doit être affez élevée^ pour paffer librement par-deflus la poulie dont je viens de parler ; à l’autre bout elle eft croi-fée par une traverfe de la même largeur qu’elle , & fous cette traverfe , eft un pont formé par une autre lame de cuivre , de même largeur
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- 404 Avis particuliers encore, & pliée d'équerre aux deux boucs, avec deux tenons à vis, qui traversent les deux bras'de la croix, & qui font arrêtés en -deffus avec deux petits écrous. Dans l’intervalle formé par cet affemblage, vous ferez tourner librement fur deux pivots , une poulie femblable à la précédente j & le pivot de deffus traver-fant le milieu de la croix fera rivé au bout d’une autre branche de dix-huit V1 ignés de longueur ; 8c c’efï à l’autre extrémité de cette derniere branche que vous riverez la tige , qui doit porter la planete. Vous joindrez les deux poulies par une corde fans fin 8c croifée que vous ferez avec une ganfe de foie fine, dont vous coudrez les deux bouts enfemble.
- Dans cette opération, le globe du centfe doit repréfenter la terre ; vous pourrez figurer un globe terrestre un peu plus gros que ceux de la première & de la fécondé opération.
- Sixième Opération.
- L e cercle repréfenté par les figures citées en miage , efl formé a une lame de cuivre qui a fix à fept
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- SUR LES E X PÉRIENCES. 4of lignes de largeur : vous joindrez ies deux bouts à foudure forte ; vous l’arrondirez en la forgeant à froid, & vous la tournerez par - dedans & par dehors, en faifant le bord fupé-rieur un peu en bifeau ; au milieu de la largeur de ce cercle , & fur deux points diamétralement oppo-fés en dehors , vous placerez deux piliers plats , de même métal, qui tourneront à frottement fur deux clous rivés , avec des rofettes tournées , comme aux têtes de compas, & chaque pilier, aura par en - bas une queue arrondie de cinq à fix lignes de longueur , ôc d’une ligne ou environ de diamètre , pour entrer un peu jufte , dans deux trous de foret que vous ferez aux vis de cuivre qui font à la grande platine , à trois pouces de diilance de part & d’autre du centre.
- L’écartement de ces deux vis vous réglera le diamètre du cerclé, 8c la hauteur des piliers doit être telle , que le bord fupérieur du cercle, lorf-qu’il eft parallèle à la platine bleue, fe trouve de niveau avec le grand cercle qui repréfente l’éclyptlque.
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- 406 Avis particuliers
- Le petit globe qui repréfente une plancte , doit être enfilé au centre de fa partie blanche , & traverfé par un fil de laiton femblable à celui de la grande aiguille dont j’ai parlé ci-deffus ; & l’autre bout de ce fil doit fe joindre par une charnière à la virole qui entre furie canon.
- Quand vous l’aurez ainfi préparé & mis en place , vous le plierez à trois pouces de diftance de la virole , de maniéré , qu’après avoir monté obliquement fur le cercle vis-à-vis d’un des piliers , il fe dirige pour le refie , parallèlement à la platine bleue ; afin que le bord fupérieur du cercle de cuivre étant par-tout de niveau avec le grand cercle du milieu, le bout de la-tige qui porte la planete , en faifant une révolution entière, réponde toujours par fon extrémité , à la ligne de l’éclypti-que. Ceci détermine aufii la longueur que vous donnerez à cette tige ou aiguille. Voye% les figures citées en marge.
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- K
- SUR LES Èx P f R I E NCES. 40}
- Septième £r huitième Opérations.
- Vous tournerez en bois depoi-=e—* rier fur un arbre d’acier, le petit glo- L be terrellre dont il ell ici quellion , 11. Mio»; & vous lui donnerez dix-huit lignes VL F'1' de diamètre : vous le peindrez avec ‘ du blanc de cérufe détrempé à la colle, & vous deffinerez deffus les principaux cercles de la fphére, avec les plus grands continents. Pour tracer l’équateur & fes parallèles, vous pourrez vous fervir d’un compas, dont vous placerez une pointe à l’un des pôles, & enfuite à l’autre ; mais il ell à propos que la pointe à l’encre qui tracera les cercles , foit à charnière, pour fe diriger perpendiculairement ou à-peu-près fur la partie où elle doit agir.
- Pour tracer les colures, vous di-viferez l’équateur en quatre parties égales, & vous ferez palfer par ces points de divifion , & par les pôles, le bord d’un cercle plat de quelque matière folide, qui embraffera le globe & qui fervira à diriger le crayon Ou ’ lume.
- in en plaçant la pointe du com-
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- 408 Avis particuliers pas à l’un des endroits où le coture coupe le cercle polaire , vous décrirez l’éclyptique ; ou bien vous tracerez cette ligne en vous aidant du cercle dont je viens de parler, & dont vous ferez paffer le bord , par les deux endroits où l’un des colures coupe l’équateur , Sc par ceux où l’autre colure coupe les tropiques.
- Quand le globe terrellre fera ainfi tracé, vous pourrez l’enluminer , diftinguer les mers avec du - vert-d’eau, ic vernir le tout. Après quoi vous attacherez avec des petites pointes fur deux points diamétralement oppofés de l’équateur, un cercle plat de laiton , dont le bord fu-périeur repréfentera l’horizon ; il faut que ce cercle puiffe s’incliner vers les pôles jufqu’à repréferter la fphére droite ; il faudra donc que d’un côté , il foit échancré pour em-brafler la moitié de l’épaifleur de l’axe du globe, & que de l’autre, une pareille échancrure traverfe toute la largeur du cercle, & qu’elle fe‘continue dans une efpece de pont qu’on réfervera , pour entretenir la continuité du cercle ; au relie quand ce cercle
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- Su* iss ExrÏKiENcss. 4ojr fcercle feroit entièrement coupé & ouvert en cet endroit pour laiffer palTer l’axe du côté du pôle antardi-que, il n’y auroit point d’inconvénient : il faudrait pour bien faire qu’il traînât un, petit raifort contre le bord intérieur du méridien, afin qu’il pût s’arrêter par ce frottement-là , dans chaque fituation , où l’on voudra le mettre. Vous ferez graver les deux mots Est.&Odiit aux deux points par lefquels l’horizon eft attaché fur l'équateur, & ceux-ci Nord & Sud aux deux endroits où l’horizon touche le méridien ; ou , fi vous voulez , vous n’y ferez marquer que les quatre lettres initiales, E, 0, N, S. Voyex la Fig. f. Pi. XVII. à la lettre T.
- Vous préparerez encore pour ce petit globe , un cercle de cuivre qui repréfentera le méridien ; vous le diviferez en quatre quarts par des lignes qui répondent à l’axe & aur 'diamètre de l’équateur , & vous fub-disiferez chacun des deux qui répondent à l’hémifphere feptenrrional en quatre-vingt-dix degrés que vous diftinguerez par des chiffres de 30
- Tome III. M m
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- 4io Avis pakticvi.mrj en 30, en allant du pôle à l’équateur. Voye% la figure que je viens de citer.
- Vous enfilerez le globe avec fon méridien fur un axe de fer ou d’acier R , qui aura par en-bas deux portées, l’une en delïus, fur laquelle repofera le méridien , .& l’autre en-deffous avec un tigeron de cinq à fix lignes de longueur , bien rond & bien poli. Il faut faire entrer l’axe un peu à force, afin que le globe ni le méridien ne tourne deflus : & vous enfilerez entre la portée & le méridien un index ou aiguille r , dont la pointe puiffe s’étendre au double cadran dont je vais parler.
- Vous prendrez pour cela, une platine de cuivre Q , que vous arrondirez fur le tour en lui donnant vingt-deux lignes de diamètre, & dont vous drefferez & polirez les faces : après l’avoir divifée en quatre quarts par deux lignes diamétrales Q y , tt, vous formerez delfus avec des lignes . circulaires , deux cadrans qui porteront chacun vingt-quatre divifions, numérotées en deux fois douze , & pour les dillinguer, vous marquerea
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- SUR LES EXPÉRIENCES. 4II les divifions du plus grand en chiffres romains , & celles du plus petit en chiffres arabes ; & vous obferve-rez que les deux 6 de celui-ci répondent aux deux XII, dé l’autre , ou bien vous ferez l’un des deux avec un cercle féparé , de quelques lignes de largeur , que vous ferez tourner concentriquement & à fleur de l’autre.
- Vous attacherez cette piece avec deux vis placées en i, s, fur une traverfe de cuivre Vu, 8c vous la percerez au centre, Il elle ne lapas été, pour aller fur le tour ; vous la percerez, dis-je,pour recevoir en-deffous un bout de canon de quelques lignes de longueur, que vous riverez en-deffus dans un chanfrein, afin de pouvoir affleurer la rivure. Placez ce canon de maniéré qu’en recevant le tigeron il maintienne l’axe du globe , toujours perpendiculaire au plan fupérieur du double cadran. Le tigeron doit entrer jufte dans le canon , 8c cependant y tourner avec liberté. Vous ferez bien de l’y faire entrer un peu en dépouille , 8z en M m ij
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- 4i2 Avis particuliers ufant l’un dans l’autre avec un peu d’émeril & d'huile.
- Vous riverez encore à la traverfe Vu , comme le canon dont je viens de parler , une petite piece X, avec une portée coupée obliquement ; & vous percerez le tout fuivant la ligne X x , qui coupe Taxe au centre du globe , & qui fafle avec lui de part & d’autre un angle de vingt-trois degrés & demi. Le trou dont il s’agit doit recevoir à frottement rude , le bout de l’axe de la roue B, Fig, 2, qui furmonte le canon qui eft au centre du cercle de la Lune. La piece X étant percée, vous la monterez fur un arbre garni d’un cui-vreau pour y former l’affiette d’une roue dentée y, que vous y riverez, ayant foin que le plan de cette roue foit bien perpendiculaire à la ligne Xx, La roue dont je parle a onze lignes de diamètre & trente-fix dents. Vous pourrez faire fi vous voulez la traverfe Vu , le canon & la piece ' X, d’un feuî morceau que vous ferez couler en cuivre fur un modèle en bçis,
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- SÜR tES ÊxÇ_ÉRÎfiNCÏS. 4lJ
- Par l’infpeétion feule de la Fig. 20. citée en marge ci-deffus, vous comprendrez affez ce que c’efl: que l’aiguille qui repréfente* un rayon venant du centre du foie il ; vous ferez le pilier qui la fupporte avec du gros fil de laiton que vous façonnerez fur le tour, réfervant en bas , un tenon pour entrer un peu jufte dans la grande platine , & même dans le bois de la cage; vous ferez pour cela un trou de foret à-peu-près à égales diftances du centre de la grande platine , & de celui du cercle lunaire.
- Comme le globe terrefire de notre planétaire eft fort petit , vous ferez bien d’en avoir un, qui ait au moins fept à huit pouces de diamètre monté à l’ordinaire fur un pied,' avec un horizon & un méridien ; ou bien une fphere armillaire du fyftê-me commun : ces inftrumens fe trouvent par-tout, ou du moins on peut s’en procurer aifément en les faifanc venir des grandes villes ; & cela devient prefque néceffaire pour expliquer ce qui vient à la fuite , de la feptieme & de la huitième opération* M m iij
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- 414 Avis FAiTICUilïSS
- Neuvième Opération.
- ll------- L A piece repréfentée par la figure
- ,™;. 26 citée en marge , efl compofée 11. s'eaioli. d’une branche à virole qui doit en-«™*trer à frottement fur le canon au 1 ’7' centre do cercle lunaire ; cette bran-
- che après la virole , a deux pouces & demi de longueur & deux lignes ou environ de largeur, coudée à un pouce près du bout, & terminée par une pointe qui doit parcourir en tournant, les divifions du cercle de laLune; voyez la Fig. 6. à la lettre A.
- La branche A a porte deux roues dentées de même nombre, qui s’en-grenent mutuellement, & avec celle de la piece Xqui leur refiemble aufli en tout, & de qui elle reçoivent le mouvement,* vous aurez foin de tenir celle du milieu B un peu plus épailfe. que les deux autres. La piece A a, vers le milieu de fa longueur, porte une autre branche plus courte, fur laquelle s’attache avec une vis & un petit pied , un coq figuré comme D d ; l’un des pivots de la roue B, entre dans la branche A a, & l’autre dans ia partie D du coq. La roue C
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- SETS Eï* Expïriences. fiy
- a suffi un pivot qui tourne dans la branche A a, mais en-deflus fon axe prolongé de deux pouces, pâlie dans un pilier creux £ rivé fur la partie d du coq , & portant par en haut un cercle plat qui a intérieurement neuf lignes de diamètre, & dans l’épaiffeur duquel le pivot de l’axe efl reçu. La circonférence de ce cercle doit être dans un plan qui regarde le canon fur lequel fe met la virole.
- La branche à virole, ainfi que le coq D d, peut fefaire de cuivre coulé fur un modèle en bois ; la partie A viendra ple’ne , vous la percerez & alaiferez enfuite pour l’ajufter à frottement fur le canon de la Lune. Vous ferez fondre de même le piliers E avec le petit cercle dont il elt furmontc ; & quand il fera percé, vous tournerez l’un & vous limerez l’autre fur deux traits de compas : en faifant paffer l’axe de la roue C dans le canon fi, vous enfilerez deffusune petite boule de bois, dont lamoitiéfoit peinte en noir & l’autre en blanc ; il faut qu’elle entre un peu à force fur cet axe , & qu’en tournant elle ne touche point ru bord intérieur du cercle ; ce petit Mmiv
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- 4i5 Avis nuicotiMs globe repréfentant la Lune , vouf marquerez la lettre L fur le milieu de fa partie blanche.
- a- —.'gi Toutes ,les pièces qui dépendent
- lTso» du planétaire fe renferment dans un i.Laion coffret, qui a treize pouces de lon-^ pu. Fig. gUeur fur fept pouces & demi de hauteur; aux quatre angles, par de-* dans , vous collerez des talTeaux qui s’élèvent de deux pouces & demi au-deflus du fond , & fur lefquels vous ferez defcendre une boîte fans couvercle marquée £ dans la figure citée en marge. La capacité du coffret fe trouvera par-là aivifée en deux parties fuivant fa hauteur ; & vous y arrangerez toutes les pièces de façon qu’elles ne fe frottent point.
- Dans la partie du fond , vous collerez au milieu, une molette de bois fur laquelle vous ferez entrer le cercle à piliers de la Jixieme opération ; vous creuferez dans cette moletre deux placés pour loger la moitié de la plus groffe boule dorée & la moitié du globe terreftre, & de la platine à cadran fur laquelle il eft monté. La poulie de la cinquième epération, s’attachera deflus pat fe*
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- SÜIt LEsExî#RIBNCES. 417 deux pivôts, &c , la manivelle, le rouage de la Lune & quelques autres pièces pourront encore s’arranger dans cette partie, & les autres fe mettront dans la boîte de deflus ; mais vous garnirez l'une te l’autre avec une pluche verte , que vous collerez fur le bois, afin que rien ne s’écorche en frottant Le refie du bois, tant en dedans qu’en dehors, pourra fe peindre en telles couleurs que vous voudrez, & fe fermer comme il vous plaira.
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- ' JF'
- '418 Avis pxrticvliers
- AV I S
- Concernant la D1 x-s eu vie me Lnfou.
- Première & fécondé Expériences.
- - - J l n’ell point néceflairc que I’ai-
- mant nud qu’on employé dans ces w. I. Fif. Jeux premières expériences, foit de '1 ’ * 4- figure fphérique ; quelque forme qu’il ait, pourvû qu’il ait des pôle.y, il fera également bon : vous en pourrez trouver chez les Epiciers Droguifles, des morceaux bruts qui feront propres à cet ufage.
- Pour répandre la limaille de fer fur le carton, ou fur la feuille de papier vous vous fervirez d’une boîte cylindrique de fer-blanc dont le couvercle fera percé comme un crible, ou bien d’un poudrier d’écritoire , ayant attention de jetter de haut, & en agitant un peu la main, afin que la limaille fe difperfeplus également.
- , Le cygne d’émail de la fécondé
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- sur les Expériences. 41#
- expérience , doit être leflé d’un petit morceau de plomb que vous attacherez fous le ventre avec de fa cire d’Efpagne, afin qu’il fe tienne droit en flottant fur l’eau. Si vous n’étes point à portée des Emailleurs pour vous le procurer, vous imiterez avec quelque matière légère la figure d’un oifeau aquatique que vous peindrez à l’huile ou au vernis ; ou bien, au défaut de tout cela , vous ferez flotter un morceau de liège large d%n pouce ou environ , fur lequel vous attacherez un petit morceau de fer.
- Un aimant ne mérite la peine & les frais d’une armure, que quand il y a lieu d’efpérer qu’il aura une certaine force ; il eft bon de s’en aifurer par quelques épreuves. Vous examinerez , par exemple, avant de lui donner aucune façon, s’il enleve par fes pôles beaucoup de limaille de fer, neuve & non rouillée , ou des petits clous ; & fi les pôles font bien marqués , & oppofés entre eux dans la plus grande longueur de la pierre. Si cela efl:, vous drelferez ces deux endroits , & vous y formerez deux faces paralelles entre elles, fur lef-
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- '420 Avis particulier*
- quelles vous appliquerez dé fàufles armures, que vous y aflujettirez par quelque l'gature, pour voir fi la vertu de cet aimant augmente beaucoup , c’eft-à-dire, fi par l’extrémité de ces femeles de fer, il attire bien plus fortement qu’étant nud : fi ces premières épreuves vous déterminent à l’armer dans les formes, vous commencerez par le tailler.
- Gardez vous bien d’employer le marteau^f pour emporter les parties fuperflues de la pierre ; outre que vous courrez rifque de la cafier , ou de lui faire prendre malgré vous une forme très-irréguliere, des chocs réitérés pourroient déranger fes pôles, ou même lui faire perdre une grande partie de fa vertu ; c’efi: avec la fcie qu’il faut ôter le plus gros. Vous afîii-jettirez le morceau avec du maftio fur le bout d’un établi ; avec une lame de fer ou de cuivre non dentée , que vous guiderez en la faifant pafler dans deux morceaux de bois re-« fendus , placés & fixés aux côtés de la pierre , de l’émeril en poudre 8c de l’eau que vous renouvellerez de temps en temps, vous y ferez autant;
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- SVR ft.ES EïPÏR IIJÏCES. 421! de traits qu’il en faudra pour la dé-groffir. Comme il ne faut pour cet ouvrage que de la patience , vous pourrez y employer l’ouvrier le plus groffier & le moins cher. Vous achèverez de drelîèr les faces de la pierre & de lesdoucir, en les frottant fur une plaque de métal d’abord avec du grais, & enfuite avec du gros émeril & de l’eau : il el® à fouhaicer que la pierre ait plus de longueur que de hauteur & de largeur, & que les pôles fe trouvent dans les deux faces qui terminent de part & d’autre la première de ces dimenfions. 4a pierre étant taillée, vous préparerez les pièces de l’armure.
- Forgez & limez deux lames de fer doux d’une ligne d’épaiffeur ou à-peu-près , qui s’appliquent exafte-ment fur les faces où font lespi»les de la pierre, & qui les couvrent entièrement fans déborder, elles auront par èn bas, une efpece de talon ou man-tonnet A, PI. XVIII, Fig. 1, qui s’avancera à retour d’équerre fous la pierre , & dont il faudra proportionner les dimenfions à la grandeur & à la force de l’aimant. Si par, exemple,
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- *22 Avis particuliers
- la pierre avoit environ deux pouces & demi de longueur fur dix-huit lignes de largeur & autant d’épaiffeur, & qu’elle fût capable de porter cinq à fix livres ; vous pourriez donner à ces petites maffes A, ou a, trois à quatre lignes tant en hauteur qu’en largeur& en épaiffeur. Al’autre bout, il faut pratiquer un tenon avis B, qui traverfera une platine de cuivre ou d’argent appliquée fur la face fupé-rieure de la pierre , & qui fera pris en-deffus par un écrou taillé à pans ; par ce moyen, les deux talons ou mentonnets A, a, feront ferrés contre la pierre ; & les deux lames de fer le feront contre les faces des pôles, par une ceinture de cuivre ou d’argent que vous ferez entrer à force, mais fans frapper deffus.
- Le portant qui s’applique aux maf-fes faillantes de l’armure , doit être aulîi de fer doux bien limé & bien drelfé dans la partie du contaft ; il faut le faire d’un tiers moins épais, que les maffes qu’il touche ; & l’arrondir un peu, afin que le contaél ne fefaffe, pourainli dire, que dans une ligne.Non-feulemectles pièces de l’art
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- sur les Expériences. 423 mure comme le portant, doivent être bien limées & adoucies ; mais vous les vifiterez de temps en temps pour les nétoyer, & en ôter la rouille, s’il y en a , fans quoi vous verrez diminuer confidérablement la vertu de la pierre.
- Qu’il y ait au milieu de la platine fupérieure, un anneau d’un autre métal que du fer , pour fufpendre l’aimant à quelque fupport de bois; ayez foin que fes pôles foient toujours tournés vers le nord & vers Je fud, en déclinant un peu vers l’oueft Sc vers l’eft, & que le portant chargé de quelque poids , foit continuellement attaché aux pièces de l’armure. Quand vous transporterez la pierre d’un lieu dans un autre, ne lui faites point fouffrir de choc, ni de fecouffes violentes, Sc ne la laiffez point pêle-mêle avec d’autres aimants.
- Pour faire voir touc-d’un-coup 5c très-commodément l’énorme diffé-; rence qu’il y a pour les effets, entre une pierre armée & une qui ne l’efï pas , vous pourrez faire une armure qui s’ouvre à charnière par le haut, Sc dont les deux malles ou mentonncts
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- JT
- ^24 Avis f artiCuliirS d’en-bas foient retenus & ferrés pac une bride de cuivre , comme A, Fig, 2. L’armure étant fermée, foutient le portant avec un poids. Lorfqu’elle eft ouverte , la pierre nue , ne peut enlever le portant feul.
- Vous ferez voir comment on peut féparer, par le moyen de l’aimant, un métal précieux, qui feroit confondu & mêlé en petites parties avec du fer, en tenant dans une même boîte du fil d’argent ou de cuivre avec du fil de fer fort menu , hachés de maniéré que les uns & les autres n’aient qu’une ligne ou deux de longueur ; car en y appliquant un des pôles de l’aimant, tout ce qu’il y a de fer dans ce mélange s’y attachera à l’exclufion du relie.
- Troifieme & quatrième Expériences,
- a....-.-g L’aimant que vous ferez flotter,
- l^o’n être d’un petit volume, il peut pl 1. Fig. être brute & non armé, pourvû qu’il }• ait des pôles. Vous ferez la gondole avec une feuille de fer-blanc ou de laiton emboutie, ou bien vous vous fervirez d’un morceau de liege un peu arrondi en-delfous.
- L’aiguille
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- Su* i*s Expériences. 4.2J
- L’aiguille de la quatrième expérience eft une réglé de bois longue de douze à quinze pouces, de deux lignes d’épaiffeur fur trois ou quatre de largeur , ayant la forme d’une palette par un de fes bouts ; elle eft percée au milieu de fa longueur , pour lailfer pafler très-librement un pivot de métal dont la pointe porte contre une chape de cuivre C, Fig.
- 3. qui a quatre ou cinq lignes de hauteur , & qui eft attachée fur le bois avec deux petits clous rivés.
- Le morceau d’aimant fe place fur la palette , & on le tient en équilibre avec un poids attaché à un curfeur de métal, qui gliffe pour avancer ou reculer autant qu’il en eli befoin, fut la partie de l’aiguille oppofée à celle de la palette.
- Si vous avez une pierre d’aimant u
- S, Fig. 4, que vous publiez deftiner , à l’expériencerepréfentée par la Fig. pi. 11. Fig, citée en marge, au lieu d’un anneau "• pour la fufpendre , vous attacherez à la platine fupérieure un bout de canon de cuivre avec une vis de preffion , pour la placer fur la tige qu’on faît tourneravecles deux poulies Tome III, N n
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- 426 Avis particuliers & la corde fans fin. Vous établirez les poulies fous deux ponts, fur une planche chantournée & ornée d’une moulure tout au tour ; l’axe de la poulie D , fera terminé, en vis pour recevoir la manivelle d; celui de la poulie E s fera prolongé de trois ou quatre pouces, & recevra le canon e qui s’arrêtera à la hauteur convenable par la vis de prefiion ; trois piliers de bois tournés & fixés fur la planche , porteront un cercle de même matière, qui aura une feuillure en defîus pour recevoir fucceffivement un morceau de carton coupé circulai-rement, un morceau de verre à vitres une platine de bois mince , une feuille de métal, &c, & vous ferez croifer la corde fans fin, comme il efl: repréfenté dans la figure, afin que le mouvement fe communique plus fûrement d’une poulie à l’autre ; il eft aufii à propos que cette machine ait en-defious , trois boutons placés l’un à l’extémité de la planche où efi: la poulie D , 8c les deux autres fous les piliers qui font le triangle avec elle.
- . Vous élèverez la pierre d’aimant
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- SUR iES E XPB RÏENÔES. 427 'de maniéré que les ma (Tes de fon armure rafent cn-deffous , la platine contenue dans le cercle de bois ; vous ferez tomber de haut fur celle ci de la limaille de fer. ou des petits bouts de fil de fer très-fins, & vous ferez tourner la pierre.
- Au lieu du vafe repréfenté par la s Fig. 7. citée en marge, il fuffira, d’avoir un grand gobelet de cryfial, ou un bocal d’Aporicaire ; fi vous en 3 voulez faire une machine, qui ne fer-ve qu'à cet ufage , montez l'un ou l’autre fur un pied de bois tourné, garni par en haut d’un fond & d’une virole de fer-blanc dans laquelle vous attacherez le verre avec du maftic ou de la cire molle la patte du pivot de l’aiguille, que vous placerez dedans, doit être de plomb ,ôc un peu creufe en-deflbus.
- La machine repréfentée par la Fig. 8. citée en marge , eft un auget circulaire de cuivre , qui peut avoir neuf à dix lignes de largeur, fur cinq ou fix de profondeur, & fa circonférence extérieure a quatre pouces 8c demi ou cinq pouces de diamètre ; il eft pofé fur trois petites confoles N n ij
- XIX.
- L E Ç O H.
- Fl. IL Fig.
- XIX. Leçon. PI. IL Figé S.
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- 428 A VI S P A RTICULfER* de même métal , qui font foudéeS par en bas à une virole garnie d’un > fond fur lequel on pofe le pivot qu?
- doit porter l’aiguille, & le tout effc monté fur un pied de telle matière & de telle forme que l’on veut ; vous pouvez le faire amplement de. bois tourné , avec une patte comme celle d’un chandelier.
- Comme l’auget reçoit un grand degré de chaleur par l’efprit-de-viit qu’on y enflamme, il ne faut poina qu’il foit fait de plusieurs pièces fondées à l’étain ; le mieux fera de le fair® couler en cuivre fur un modèle de bois, & de le façonner enfuite fur le tour.
- Vous ferez bien encore de ne Te point fixer aux trois confoles qui doivent le porter, il fuffira qu’elles foient entaillées par en haut comme F pour le recevoir & le contenir, cela vous donnera la liberté de Fêter pour le nettoyer plus commodément : voyez la Fig. y*
- —Cinquième Expérience.
- f L fuffira d’avoir des lames, de fer, s.VVif.'quand il ne s’agira que de faire voix
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- son kis Expériences. 4i<J
- comment la vertu magnétique fe communique de la pierre à ce métal ; mais u l’on veut l’y conferver longtemps , ce n’eft point du fer doux qu’il faut prendre , c’efl de l’acier bien frempé , qui ait la forme & les dimenlions dont j’ai parlé , dans l'endroit des Leçons de Phyfque, qui ell cité en marge.
- Les lames d’acier qu’on unit enfema ble pour faire un aimant artificiel, doivent fe toucher exaftement de partout ; ainfi il eft néceflaire de les forgée & de les limer bien droites, d’adoucir leur faces, & de prendre garde en les aflemblant qu’il ne demeure aucun corps étranger entre elles ; leurs extrémités doivent fe trouver aufli dans un même plan ; c’efl pourquoi, lorfqu’elles fonc affemblées pour la dernierefois, il eftàpropos d’ufer les deux bouts du faifeeau fur une meule ou fur une pierre à l’huile, jufqu’à ce qu’on n’y apperçoive plus aucune inégalité.
- Quand on a bien dreffé une lame d’acier à la lime, il arrive allez fou-vent qu’elle fe déjette à la trempe , & cela arriverait toujours, fi l’une de fes faces entrait dans l’eau avant
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- l’autre ; les ouvriers, pour tâcher d’éviter cet accident plongent les lames .debout le plus promptement qu’il eft poflible , & c’elt une précaution qu’il faut imiter pour les aimants artificiels. S’il ne fe trouve après la trempe qu’une légère courbure, on la corrige en ferrant les lames les unes contre les autres, avec les bri-, des & avec les vis , qui lient le faif-
- Les aiguilles ordinaires des petites bouffoles fe font d’une lame d’acier mince qu’on ne trempe point ; on foude au milieu une petite malle de cuivre, & l’on perce le tout par-deffous avec un foret qui fait le trou conique & fort évafé ; il faut même que le foret, au lieu d’être parfaitement pointu, foit un peu arrondi du bout, afin que la pointe du pivot fe trouve plus libre au fond du trou. Cette partie qu'on nomme la chappe, fe lime enfuite en dehors conformément à la cavité qu’on a faite avec le foret; on réferve cependant deux petites ailes fituées à angles droits fur la longueur de l’aiguille , afin que celle-ci balançant de côté fut
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- iss Expériences. 45x1
- fon pivot, foit retenue par le verre qui eft au-deffus. Quand la chappe eft formée , on fait l’aiguille, en lui donnant la forme d’une fléché , & on l’aimante de maniéré que le dard fe tourne du côté du nord. Quand les aiguilles font un peu grandes, il vaut mieux leur faire p.endre la forme d’une îozange fort allongée, dont on fait revenir au bleu (a) la moitié ou le bout qui doit fe tourner au nord.
- On doit mettre les aiguilles en équilibre avant de les aimanter, mais comme le magnétifme fait pencher Je bout du nord, ou il faut le tenir un peu plus léger en le limant, ou il faut le figurer de maniéré, qu’on en puiffe couper une petite partie, après qu’on l’aura aimanté.
- Sixième Expérience.
- L’experience de la dire&ion de —** l’aimant, fe fera^d’unemaniéré plus r
- (a) On fait revenir à la couleur bleue l’a-cier trempé, en le recuilânt jutqu’à un cer-11’^,iJ’ 6
- tain degré, comme je l’ai dit en parlant de la trempe , Tome I. pag. 108. mais quand on veut qu’il (oitd’un beau bleu tirant au violet, il faut que la piece avant qu’on la mette au recuit foit bien limée & bien polie à l’émerii fin»
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- Avis tAsïtCoiCîlüS complette & plus exafte, fi vous vous fervez d’une aiguille bien aimantée «le cinq à fix pouces de longueur , dont le pivot foit placé àu centre d’une tablette circulaire de quelque matière folide, dont la circonférence foitdivifée en trois cents foixante degrés, & numérotée de dix en dix ou de cinq en cinq : vous l’orienterez de maniéré que le diamètre pris depuis zéro de la divifion, jufqu’au cent quatre-vingtième degrés , fe trouve dans le plan du méridien du lieu. Vous tracerez donc une méridienne fui quelque plan fixe & horizontal, & vous y placerez votre cercle divifé avec l’aiguille aimantée au centre. Par ce moyen vous ferez obfervet non-feulement la di .V ->n en général , mais aufiï la déclinaifon particulière de l’aimant, pour le lieu où vous ferez. Pour avoir la méridienne dont il s’agit ici, il fuffira que vous ayez un fil à-plomb élevé fur le plan horizontal où vous voudrez la tracer, & que vous marquiez deux
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- SUE l ES E XPÉR I IN CES. 433 une ligne tracée de l’un de ces deux points à l’autre fera celle dont il eft ici qiieftion. Si vous n’avez pas le cadran folaire fous les yeux, un ob-fervateur attentif vous fera connoî-tre l’inflant du midi par un coup de pillolet , ou par quelqu’autre ligne équivalent.
- A la fuite de cette expérience , vous pourrez difpofer autour d’uri petit guéridon comme P, Fi™. 6. cinq ou lîx petites confoles de cuivre , portant chacune un pivot Sc une aiguille aimantée : vous verrez toutes ces aiguilles fe diriger du même fens, c’eft a diré du nord au fud tant qu elles feront libres ; & ft vous pré-ientez au milieu d’elles un aimant armé ou une verge de fer aimantée , tantôt par un pôle tantôt par l’autre , vous verrez quelles lui pré-fenteront toujours un de leurs pôles qui fera différent de celui de l’aimant.
- Ce que j’ai dit de la boulïole on compas de mer à la fuite de l’expérience précédente , vous fuffira, (i vous voulez la conflruire : j’ajoute-Tome III, O Q:
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- 434 Avis particuliers lai feulement quelques obfervation* que voici. •
- Rien n’eft meilleur pour contenir la rofe ou rafale bien .droite , que le talk dont j’ai fait mention ; le véritable, celui qu’on nomme talk de Venife , mérite la préférence ; mais à fon défaut , vous pourrez vous fervir de ce gyps tranfparent qu’on trouve dans Tes carrières à plâtre , & qui fe leve par feuilles : il n’eft pas néceffaire qu’il foit tout d’une piece fous le papier qui porte les divisons, vous pouvez coller plu-fieurs morceaux à côté les uns des autres , en obfervant feulement que l’épaifleur foit à-peu-près égale partout , afin que la rofe ne panche pas plus d’un côté que de l’autre.
- J’ai dit dans les Leçons de Phyjique, que la rofette pouvoir avoir huit à dix pouces de diamètre, il vaudra mieux qu’elle n’en ait que fix , parce que quand lesaiguilles excédent cette longueur, elles fontfujettes à avoir entre les deux pôles de leurs extrémités , d’autres pôles intermédiaires, qui peuvent nuire à leur direction,
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- sur les Expériences. 43Î ou diminuer la vertu qui les dérive.
- L’aiguille fera une lame d’acier trempée, d’une demi ligne d’épaif-feur, fur quatre à cinq lignes de largeur , & figurée comme G H, Fig. 7. La chappe K fera de cuivre, creufée en cône, comme je l’ai dit ci-deflus; après le foret , vous ferez bien de polir & de durcir le fond du trou avec un poinçon d’acier un peu moufle , fur lequel vous frapperez à petits coups , après avoir pofé la piece à la renverfe fur un enclumeau : allez fouvent on fait le fond de la chappe d’agate ou de verre , pour donner plus de mobilité à la rofette ; mais elle en aura aflez fi elle eft bien faite en cuivre, qu’elle foit enduite en dedans avec une petite goutte d’huile, & que le pivot foit fait avec foin. Vous percerez la rofette au centre pour faire pafler la chappe de l’aiguille , & vous retiendrez celle-ci en place, avec deux petites bandes de papier que vous ferez pafler par-défi fus, & dont vous collerez les deux bouts fur le talk.
- Quoique le pivot fe fafle communément d’acier, il eft plus à proz
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- 436 Avis tarticuliebs pos de le faire en cuivre , mais il fauc avoir foin de le bien battre à froid avant de le limer, afin de lé rendre dur & roide ; fa pointe doit être fine & bien ronde , mais elle ne doit point être prife de loin. Vous prendrez donc pour cela un fil de laiton non pailleux, qui ait au moins une ligne de diamètre, & vous le laif-ferez de toute fa,groireur jufqu’à cinq ou fix lignes près de fa pointe. Vous ne placerez point le pivot au fond delà cuvette bémifphérique,ni même fur le plomb qui lui fert de lefle, mais fur une traverfe de cuivre que vous attacherez avec deux vis, dix-huit ou vingt lignes au-deffous du bord ; ayant attention que ce pivot fe trouve bien droit dans l’axe de I’hémifphere, Sc qu’il puilfe s’élever ou s’abailfer, pour porter la rofette à la hauteur çonvenable : pouf cet effet, vous formerez des filets de vis fur fept à huit lignes de fa longueur par en bas, & vous tarrauderez le trou de la traverfe , vous aurez, par-delfous un contre-écrou , qui achèvera de le fixer, quand vous l’aurez mis à la hauteur qu’il doit avoir.
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- sur les Expériences. 437 Vous ferez préparer la cuvette hémisphérique par le Chaudronnier, ou par le Ferblantier, qui faura emboutir du cuivre : vous lui donnerez un demi pouce de diamètre de plus qu'à la rofette, & vous en doublerez le bord intérieurement, avec un cercle de même métal large de quatre ou cinq lignes que vous tournerez auparavant , & que vous y fouderez à l’étain ; ce cercle en donnant plus d’é-paiffeur au bord de la cuvette , le mettra en état de recevoir les deux tourillons diamétralement oppofés , qu’il faut y river : ces tourillons doivent être de cuivre. Ils ne tiennent point immédiatement à la cuvette, mais à dêux ponts qui y font attachés avec des vis, & dans lesquelles on fait entrer deux pinules qui s’élèvent d’environ deux poucës au-deflus des bords de la cuvette.
- La cuvette avec la rofe qu’elle contient , fera couverte d’un verre plan & circulaire , fur lequel vous tracerez avec le diamant du Vitrier , deux lignes diamétrales qui fe coupent à angles droits ; & vous l’attacherez avec de la cire molle ou du O o iij
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- maftic à vitres, dans un cercle de cuivre tourné, qui entrera dans le bord de la cuvette avec frottement. Ce verre étant en place, il faut que la chappe de la rofette n’en foit éloignée que d’une ligne tout au plus.
- Le relie de la fupfenfion ellfuf-Sfamment d’écrit dans les Leçons de Pkyfique, à l’endroit cité ci-deflus; je dois ajouter feulement que les deux entailles qui reçoivent les deux tourillons de la zone circulaire , font garnis de lames de cuivre entaillées elles-mêmes, pour rendre le mouvement plus facile.
- Les pinules dont j’ai parlé ci-def-fus, font deux lames de cuivre de douze à treize lignes de largeur : l’une fift refendue d’un trait de fcie de haut en bas au milieu de fa largeur, l’autre efl ouverte aulfi de haut en bas, par une fenêtre de fix à fept lignes delargeur.au milieu de laquelle on a tendu un fil de foie très-fin. Ce fil doit être parallèle à la fente de la première plnule , & l’un & l’autre doivent être oppofés diamétralement , & parallèlement à la ligne que l’on conçoit être dans l’axe des
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- SU* LES ËxrÉRIEWCtS. tourillons de la cuvette : toutes les fois que vous remettrez le verre de la bouflole en place, ayez bien foin que l’une des deux lignes tracées fur la furface , aboutiffe exaâement au milieu des deux pinules, car c’eft de cette ligne que l’on compte les degrés de déclinaifon.
- La boîte de bois qui contient la bouflole eft quarrée, garnie de deux portants, & d’un couvercle qui s’en-Jeve entièrement, & qui entre def-fos comme celui d’une tabatière ; & dans tout cela, il ne faut pas qu’il y ait aucune partie en fer ni en acier.
- Quand il ne s’agit que de répéter des expériences déjà connues, les aiguillés dont j’ai parlé jufqu’à préfent peuvent fuffire, mais fi vous aviez deflein de faire des obferva-tions exaftes & fuivies, fur la déclinaifon de l’aimant & fur fes variations , il faudroit y apporter plus de foin & de précautions : je ne puis rapporter ici tout ce qui a été fait par ceux qui fe font appliqués particuliérement à cette partie de la Phy-fique ; mais je vais vous faire part ea O oiv
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- 44° Avis ïakticoiibrs peu de mots de ce que j’ai vû en 1736, chez feu M. de Mufehenbroek, qui a tant travaillé fur cette matière.
- 11 avoit dans le milieu de fon jardin une platte-forme de pierre dure, ifoléeéc élevée de quatre pieds fur un maflif de maçonnerie ; il y avoit tracé avec beaucoup de foin une méridienne horizontale, & c’é-toit là qu’il alloit obferver plufieurs fois dans la journée la déclinaifon de l’aiguille aimantée, avec un inf-trument conftruit de la maniéré fui-vante.
- Une lame d’acier trempé L l, Fig. 8, garnie d’une chappe au milieu de fa longueur, qui étoit de lix pouces , portoit à fes extrémités , deux portions de cercle de laiton'bien mince, KLM,klm, attachées avec des petites vis , de forte que cette efpece d’aiguille étant bien aimantée, fesdeux parties OL K M, olkm, étoient en équilibre de tout point, Sc tournoient avec une grande liberté, fur un pivot de cuivre implanté au centre d’un badin circulaire de cuivre , au bord duquel étoit foudé
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- Sur ees Expériences. 441 en dedans un cercle plat de même métal & divifé en trois cents foixante degrés par quatre fois quatre-vingt-dix.
- Les deux limbes LK M*l km, Tutoient en tournant le bord intérieur de ce cercle ; & fur le bord extérieur de l’un des arcs K M, il y avoit une divilion de foixante parties égales en-tre-elles, & qui répondoit à foixante & un degrés du cercle fixé au bord du badin : le tout étoit couvert d’un verre blanc attaché à un cercle de cuivre qui emboîtoit le bord fupérieur du badin : parla différence d’ri entre les deux divifions, ' lion-feulement on pouvoit compter les degrés de décünaifon , mais encore èflimer à-peu-près le nombre des minutes.
- Sur le contour extérieur du badin, l’on avoit tracé, deux lignes diamétralement oppofées , qui defcen-doient du bord fupérieur jnfqu’à la bafe. L’une de ces deux lignes venant à-plomb du premier point de divifion d’un des quarts de cercle fervoit avec l’autre à placer le diamètre de laboudole exadement dans
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- 442 Avis »aëtmomhïi le plan du méridien du lieu : car il fuffifoit pour cela que ces deux lignes répondirent à celle qui étoit tracée fur la pierre. M. Mufchen-'broek avoit bien penfé à fixer cet inf-trument fur la pierre même , en prenant la précaution de le couvrir, pour legarantir des injures du temps ; mais il aimoit mieux qu’on pût l’agiter un peu avant l’obfervation ; parce qu’il avoit remarqué que ces petits mouvements, aidoient quelquefois la vertu magnétique à diriger l’aiguille au vrai lieu de fa décli-naifon; ce qui s’appercevoit, difoit-il, par une fituation de l’aiguille un peu différente de celle qu’elle avoit après un long repos.
- Septième Expérience.
- r 1 L’instrument dont il s’agit
- „ ici, eft fuffifamment expliqué dans pur. Br. l’endroit cité en marge : vouspour-ls' rez aifément l’exécuter d’après la figure que j’ai fait graver , en obfer-vant comme chofes effentielles , r”. qu’il n’y ait de fer ou d’acier que
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- Avur. Tome PI. PL- i9
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- sur les Expériences. 443 vous ferez fore menu ) jufqu’à fa. pointe; une demi ligned’épaiffeur,
- & quatre lignes dans fa plus grande largeur. 2°. Qu’une ligne tirée du centre de fon mouvement au commencement de la divifion du limbe fafle un angle droit avec le fil à-plomb. 30. Que la fourchette foit aflez longue*, pour laifler l’aiguille s’incliner au moins, jufqu'au foixan-tieme degré. 40. Que quand vous ferez ufage de cet infiniment J a longueur de l’aiguille fe trouve à-peu-près dans le plan du méridien magnétique. Il fuffira d’aimanter fai-» gu il le depuis fon axe jufqu’à fa pointe.
- Huitième , neuvième &* dixième Expériences,
- Ces quatre dernieres expérien- —- -i n’ont pas befoin d’explications plus leçon. amples que celles que j’ai données Pt v. Fig, dans les Leçons de Phyjîque : vous n’a- *4’16 ü vez qu’à fuivre de point en point ce que j’y ai preferit , vous aurez infailliblement les effets que j’ai annoncés.
- A la fuite de la huitième, vous
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- 444AVIS ÎARTICUt'IE RS pourrez couvrir d’un large carreau de vitre ou d'un carton mince & liffe , fucceffivement des lames de fer aimantées , de différentes formes & longueurs ; d’autres fois" en mettre plufieurs enfemble à quelque diflan-ce les unes des autres, & dans différentes Cotations : faire tomber de haut de la limaille de fer par-deffus , pour avoir lieu de faire remarquer par l’arrangement de cette limaille, les divers mouvements de la matière magnétique , le nombre & la poG-tion defes tourbillons, &c. &c. Vous aurez foin que ces carreaux de verre foient nets & fecs ; mais comme ils pourraient fe trouver électriques , s’ils étoient récemment frottés , il faudra les nétoyer & les elTuyer quelques temps avant de vous en fervir pour les expériences dont il s’agit ici, de peur que l’éleâricité ne cau-fe quelque changement ou quelque altération aux effets du magnérifme.
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- SUR LES ExrÊRIENCES. 44J
- AVIS
- Concernant la V i s gtib m b L B.Ç 0 N.
- Première &• fécondé Expériences.
- J l s’agit ici de frotter du verre qui a , . a
- là forme d’un tube , ou celle d’un xx-globe creux : j’ai donné fur cela une i/Jâtau ample inftruâion dans la première i. PL Partie de mon EJfai fur VEleStricité des e' '
- Corps •• ce petit ouvrage fe trouve aifément, & s’aquiert à peu de frais, je préfume que ceux qui me feront l’honneur de fuivre mes Leçons de Phyfique, en feront munis ; Sc par ces raiions, je crois devoir me difpenfer de répéter ce que j’y ai dit fur ce fujet ; je vais feulement ajouter par forme de fupplément, ce que j’ai appris depuis ou par'ma propre expérience ou par celle des autres; quelques menus détails de conftruâion en faveur des perfonnes qui manque-roient d’ouvriers capables , ou qui voudraient exécuter elles-mêmes j Sc
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- 446 Avis ïarticuliers enfin quelques moyens de Amplifier les machines, pour diminuer la dé-Eiraifuti'F- penfe , & pour s’accommoder à ce !,aridté des que d’autres circonftances pourraient mTere*Partie" ex<ger- Jc fuppofe donc que le Lec-ï!"i. Fig!'!', teur a fous les yeux l’endroit & les !,*&! figures citées en marge, & j’ajoute ce qui fuit.
- Lorsque vous frotterez un tube pour l’éleflrifer, fi votre main , parce qu’elle ferait humide, vous obligeoit de mettre entr’elle & le verre quelque corps étranger, au lieu d’une (impie feuille de papier gris, je vousconfeiile d’interpofer un morceau de taffetas ciré tel qu’on en trouve tout préparé chez les Marchands Merciers , & de le frotter légèrement avec de la craie ou du tripoli en poudre , du côté que vous appliquerez fur le verre ; par ce moyen-là vous aurez l’éleétricité plus forte même qu’avec la main nue, quelque feche qu’elle fût. Au défaut de taffetas, vous tirerez encore un affez bon parti du papier gris, en le frottant avec de la cire de bougie du côté qui touche la main : la peau de chien dont on fait des gants à
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- sur iss Expérience s. 447
- Strafbourg, cirée du côté de la main, 6c frottée avec du tripoli ou de la craie par l’endroit qui touche le verre , produira encore un allez bon effet : ces fortes de frottoirs me réuf-liftent mieux avec les tubes qu’avec les globes.
- Si vous êtes obligé de faire votre globe d’éledricité, avec un ballon qui n’ait qn’un goulot , au lieu de maftiquer Amplement une calotte de bois fur la partie oppofée à la poulie, je vousconfeille,pour plus grande fûreté , d’y faire percer ou d’y percer vous-même (a) un trou de fept à huit lignes de diamètre pour recevoir uneefpece de tenon, que vous réferverez au centre de la calotte ; alors le maftic le plus doux, la cire molle feulement, fuftira pour la retenir fur le verre, 6c pour l’empêcher de fe déranger; 6c le verre ne fera plus fujet à fe caffer, en fe refroidifîant, comme il arrive fou-vent quand le maftic eft dur.
- Au lieu de finir cette calotte & la poulie, avant de les attacher au ver-
- (a) J’ai enfeigné la maniéré de percer le Terre , Tom. I. $ag. i?8»
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- 448 Avis particuliers re , ne faites que les dégroffir , &
- SI le maftic fera tout-à-fait re-, vous remettrez le globe fur le tour, ayant foin de le bien centrer, principalement à l’endroit de fon équateur , & alors, vous achèverez de tourner les pièces de bois, fur ces nom*aux centres. Cette dernière façon doit fe donner , comme on dit, à petit fer , c’eft-à-dire , en faifant mordre l’outil peu à la fois, de crainte de faire fauter la piece hors des pointes, ou de cafferle verte , par des fecoufles trop rudes.
- La machine de rotation, telle que je l’ai décrite , tient beaucoup de place, elle ne fetranfporte pas aifé-ment, & quand elle eft garnie de fa ferrure, c’eft un objet de vingt-cinq piftoles pour le moins : je fais qu’on en fait de plus petites & à moins de frais; mais comme j’ai articulé les raifons qui m’ont déterminé à la conflruire ainfi, le Lecteur jugera (ï elles doivent l’emporter ou non fur les avantages qui pourroient réfulter d’une autre conftruâion.
- Au lieu de faire la machine d’un feul affemblage, vous pouyez, pour
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- Sun LE S Ex ré R IENCES. 445 la rendre plus facile à déplacer , conflruire à parc, la partie antérieure qui elt plus baffe que le relie , & fur laquelle le globe ell pofé, & la joindre aux montants du grand chaffis, par des tenons plats que vous retiendrez avec des broches de fer. 11 n’en coûtera pour cela que deux tra-verfes & deux montants, pour contenir l’affemblage de cette partie réparable ; & vous pourrez les faire de moitié moins épais que les autres. Quelque parti que vous preniez fur cela , il faudra toujours, que la cage de la grande roue foit faite avant elle ", parce qu’elle fournira les moyens de la conflruire plus facilement & plus correflement.
- Vous pourrez orner le deffus du chaffis par des plates - bandes de fix à fept lignes d’épaiffeur, coupées en onglets, avec un quart de rond fut le bord extérieur ; elles feront pri-fes fous les deux focles qui doivent porter l’axe de la roue, & du relie , elles feront attachées avec quelques chevilles coliées.
- Le Menuilier aidé par un Tourneur fera une roue de quatre pieds Terne III, P £
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- 4fo Avis particuliers de diamètre , qu’il centrera fur un axe de fer que lui fournira le Serrurier,avec une manivelle d’un pied de rayon : s’il eft habile ouvrier, il fau-ra comment s’y prendre ; s’il a be-foin de guide , qu’il fe conforme aux inftruâions fuivantes.
- La partie de l’axe qui eft entre les deux tourillons doit êtrequarréeî qu’il la fafle entrer à force dans un tronçon de bois de noyer, ou d’orme , qui ait (Sx à fept pouces dedia-metre, & qui foit un peu plus long que le chaflis de la roue n’eft large intérieurement ; que le Tourneur ayant bien centré entre deux pointes ,1e fer chargé de ce bois , arron-difle & adoucifle les tourillons départ & d’autre ; qu’il tourne enfuîte la piece de bois en forme de moyeu » réfervant fur le milieu une zone large de deux pouces , qui fera enfuite taillée à huit pans ; & qu’il coupe les deux bouts de maniéré qu’ils entrent aifément , mais jufte, entre les deux focles.
- Quand cette piece fera fortie des mains du Tourneur, il faudra former à la lime au bout de chaque
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- sur les Expériences. 4fr tourillon , un quarré pour recevoir l’oeil de la manivelle , «5c après cela un bout de vis fur laquelle on mettra un écrou taillé à pans. Le manche de la manivelle doit être cylindrique , <Sc tourner librement fur un boulon de fer bien arrondi Solidement rivé ; il eft à propos qu’on puifle l’ôter de temps en temps pour graiffer le fer fur lequel il eft: enfilé ; pour cet effet , celui-ci fera terminé par un petit quarré , fur lequel vous mettrez une rofette de cuivre; ajoutez une vis avec un écrou»
- J’ai déjà dit que la roue doit avoir environ quatre pieds de diamètre; en lui donnant trois pouces de largeur, vous faurez au jufte la diftan-ce de fa circonférence intérieure au moyeu , pour régler la longueur des rais , qui feront au nombre de huit, «5c tournés en forme de baluf-tres, avec un fort tenon à chaque bout.
- Le Menuifier placera les raïs fur les pans du. moyeu , <5c avant de les y coller , il mettra l’axe fur les faciès : en le faifant tourner doucement, il examinera fi les tenons qui P pij
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- 4^2 Avis tarticuliees doivent entrer dans la roue., fe trouvent dans un même plan , & fi les portées qui font au deffous d’eux, font dans une même circonférence de cercle; cela étant fait, il préparera la roue.
- Il la formera de quatre jantes, qui puiffent avoir environ deux pouces d’épâiifeur étant finies ; il faut qu’il choififfé pour cela quelque bois ferme & fans noeuds , comme le noyer, le chêne,le hêtre,&c. qu’il le corroyé , qu’il l’arrondiffe fuivant un calibre tracé au compas, en tenant la circonférence intérieure un peu plus étroite, que ne Péxige la longueur des rais ; qu’il réferve à deux de ces jantes des tenons plats, un à chaque bout, qui ait le tiers de l’épaif- ' feur totale de la piece, & qui en ait toute la largeur. Les deux autres jantes feront refendues par chaque bout en fourchette, pour recevoir ces tenons, avec deux chevilles qui les tireront en joint.
- Cet afîembîage étant fait & non arrêté, le Menuifier pofera fa roue aplat fur un plan bien droit, pour examiner fi elle le touche de toutes
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- SU R L E S E X P £ R ï S N C E S. 4? f parts, pour régler par un dernier trait de compas la circonférence intérieure, & mettre la face circulaire bien d’équerre avec les deux côtés, que je fuppofe parallèles entre eux. Après cela, il marquera les places des trous pour les tenons, en préfen-tant raffemblage des rais , & il les percera fur un trait fait avec le truf-quin au milieu de Ta face circulaire, ayant attention que les joints des jantes fe trouvent toujours au milieu de l’efpace elitre deux : tout étant ainfî préparé , il n’y aura plus qu'à affleurer les jantes, les repairer & les replacer l’une après l’autre, en collant les tenons, êc en chevillant ceux de la roue.
- Quand la roue fera en cet état, il faudra tourner fa circonférence extérieure, & y creufer une gorge angulaire; on pourra même donner quelque façon aux deux côtés, & le tout fe fera facilement, quand on aura arrêté l’axe de la roue dans les coquilles; il fuffira d’établir yn fnp-port fo'ide au bou du chaffis , & de faire tourner hs manivelles dune maniéré modérée & uniforme.
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- 4?4Avis particulie ks
- Le Menuifier en conftruifant la tablette chantournée fur laquelle fe pofe le banc des poupées, aura foin de Iaifler au moins neuf lignes d’é-paiffeur au bois, d’en mettre le fil comme il eft réprêfenté par les hachures du Graveur, & de l’emboîter par les deux bouts. Les deux tringles qui fervent à guider le banc, feront non-feulement collées, mais encore attachées avec plufieurs vis en bois à têtes noyées.
- Vous aurez foin que les poupées, foient faites d’un bois ferme comme de noyer ou de chêne ; qu’elles ayent au moins deux pouces & demi d’épaiffeur par le haut ; & que chacune d’elles ait à fa bafe, un talon en dehors pour foutenirle devers : que celle qui eft fixe foit af-femblée à fourchette, collée & chevillée :.que l’autre ait une languette en-delfous pour la guider dans fa rainure, & que la vis qui lui fert de
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- SUR IBS ExréRIENCES.4J'£ lui qui fert à arrêter le banc fur la table chantournée.
- J’ai dit qu’il falloit que la corde fans fin fût de boyau, u cela étoit poflible ; cependant, je me trouve mieux de celles qui font de chanvre & à double tors, ou de celles qu’on fait avec de la foie pour les pendules ; elles font un peu plus grofles , & font moins fujettes à glilfer dans les gorges des poulies ; mais de quelque matière que foit la corde, il faut avoir foin de joindre les deux bouts, de façon qu’ils ne puilfent pas fe lâcher, & qu'à l’endroit de cette jonction , fa grofleur ne foit pas plus forte qu’ailleurs. Vous remplirezces deux objets en ouvrant les deux bouts de la corde fur une longueur de trois ou quatre pouces , en diminuant la groffeur des brins vers la pointe , en les entrelaçant de part & d’autre, en les ferrant avec du gros fil ciré , que vous ferez tourner autour , & en faifant traverfer fréquemment çe même fil avec une aiguille à coudre.
- S’il vous manque un ouvrier capable d’exécuter une machine de
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- 456 Avis PARTICULIERS rotation telle .que je viens de la décrire , ou que vous vouliez vous la procurer avec moins de dépenfe; en voici une que vous pourez faire conf-truire par-tout , pourvu qu’il y ait feulement un Charpentier & un Serrurier.
- Prenez deux planches épaiffes d’uil bon pouce, & larges de quatre ; entaillez les à demi épaifieur au milieu deleurslongueurs,pour les affem-bler en croix, comme A , A , A }A , FL XIX Fig. i ; faites au centre un trou, dans lequel vous ferez entrer à force un arbre de fer , dont la partie du milieu B B foit quarrée ; les deux parties B C , B C, arrondies comme des cylidres de trois pouces & demi de longueur, fur dix à onze lignes de diamètre , & les deux bouts équarris pour recevoir les manivel les, comme à la machine précédente. Dès deux côtés de la croix, faites entrer fur le même axe deux demi effieux, comme D , & faites tenir le tout enfembîe avec quatre chevilles collées. Faites tourner doucement la croix fur fon axe , vis-à-vis de quelque fupport, où vous pré-fenterez
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- lis Expérience s. 457 Tenterez une pointe ou un crayon, pour voir fi elle eft dans un plan perpendiculaire à cet axe, & pour régler la longueur des croifillons, au bouts defquels vous ferez des tenons plats , qui auront le tiers de l’épaif-ieur du bois, & dix - huit lignes de longueur.
- Vous préparerez quatre jantes E, E, E ,E, avec du bois de dix-huit à vingt lignes d'épaiiïeur ; 8c pour les mettre en joint avec plus de facilité, au lieu de réferver des tenons, vous les refendrez toutes quatre en fourchettes par les deux bouts , pour y rapporter des languettes , en obfervant de mettre le fil du bois fuivant leurs longueurs/g, par exemple; la mor-taife étant faite au milieu de chaque jante , vous alfemblerez le tout, 8c vous mettrez les chevilles;vous tournerez la circonférence extérieure, & vous creuferez la gorge quand la roue fera montée fur fon bâtis , comme je l’ai enfeigné ci-deflus ; 8c fi elle fe trouve trop légère par la nature du bois , ou par défaut d’épaifieur, vous pourrez lacharger en de dans de quelque ornement de plomb comme h } Tome III, Q q
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- 4j8 Avis ïàbticoukk#
- &c, que vous ferez fondre fur ntt modèle en bois, dans un moule de plâtre, (a)
- Pour monter cette roue, vous prendrez du bois de trois pouces & demi d’équarrilfage , vous en formerez un chaffis d’environ fept pieds de longueur, fur neuf pouces de Iar-
- feur intérieurement; il fera compofé e deux jumelles parallèles II, & fa pareille, & de deux traverfes K, k, qui excéderont de quatre pouces de part & d’autre, pour donner de l’empattement : à deux pieds de diflanca du bout du chaflis, vous élèverez vers ticalement deux montants comme Ll, ouverts par en haut en forme de fourchettes , pour porter l’axe de la roué à trois pieds un quart au - deflus du fol, & vous les appuyerez par derrière avec des aeboutans, comme M m.
- A l'autre bout du chaflis , vous établirez la table qui doit porter le banc des pompées, fur un bâtis de treize pouces de hauteur, compofé de quatre piliers N n, 0 o, Sc autant de traverfes, favoix P &fapa-_ (a) J o enfeigné la maniéré de couler des pièces en plomb, TomeI.pag. m.
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- S0R its Expériences, qyÿ teille, & deux autres qui joindront enfembleNn, &.0 o. Çes deux derniers piliers que vous tiendrez de trois pouces plus longs que ceux du devant, communiqueront avec les deux montants, L l, &c, par deux pièces Q q , parallèles au challïs ; & par cette conftruftion , la machine fera folide, & elle aura un poid fut fifant pour n’être point dérangée par les efforts de ceux qui feront tonrner la roue.
- Une barre ou une tringle de métal quelconque , un tuyau de fer - blanc où de carton couvert de papier doré ou argenté étc, tout cela et! bon à faire des conducteurs d’Eleflricité , pourvu qu’ils foient ifolés, n’importe comment : cependant, quand on a une fuite d’expériences à faire , ou quand on eft obligé de répéter fou-vent les mêmes, il eft bon d’être muni des inftruments les plus commodes , & qui exigent le moins de temî pour les mettre en ufage.
- Ilconvient d’avoir, par exemple, une couple de fupports, qu’on puiffe approcher ou éloigner l’un de l’autre autant qu’on le veut, pour foutenir
- Qft'j
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- ti0 AVIS r ARtICÜt lSK'» des Condufteurs de différentes Jotï4 gueurs, & qu’on puiffe hauffer & baif-fer à volonté , pour mettre les corps qu’on veut éleéirifer a la diffance la plus convenable du globe, voici comment les miens font conftruits.
- A Fig. 2. eft une tige de bois quar-rée qui a vingt - huit pouces de longueur, & dont chaque face, d’un bout à l’autre, a dix lignes de largeur; elle eft affemblée dans une traverfe B B, longue de feize pouces, plusépaifie au milieu que vers fes extrémités, où font deux confoles de neuf à dix pouces de hauteur, & qui s’élèvent en s’écartant l’une de l’autre, pour porter une ganfe de foie qui eft bien tendue.
- ta tige quarrée glifle dans un pilier creux CD, qui avec le plateau tourné fur lequel il eft monte, peut avoir trois pieds & quelques pouces ffe hauteur ; il y a çn C, une vis de bois avec laquelle on arrête la tigeà telle hauteur que l’on veut. Il eft bon que le plateau ait trois boutons plats en-de(îous, afin qu’il pofe toujours fermement, ou bien on peut le fup-primer, & y fubftituer trois çonfoles
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- «su* les Exï4kiences. 461 ttfiêmblées dans une noix qu’oh ré-ferve au bas du pilier.
- Pour faire ce pilier creux, le Me-nuifier corroyé deux pièces de bois qui puiffent fe coller à plat - joint l’un fur l’autre , & il crfcufe dans chacune d’elles avec le guillaume , la moitié de la place de la tige ; après quoi il les colle, ayant foin de faire pafter un tampon de filaffe , ou quelque chofe d’équivalent d’uu bouta l’autre pour enlever les bavures de la colle , tandis qu’elle eft encore chaude : le lendemain il arrondit la piece extérieurement; il mec dans les deux bouts, des tampons qu’on puiife ôter; & le Tourneur fait le refle. Il eft à propos de mettre une virole au - deflus de la vis de prefiion; le bout d’en bas eft contenu par fon aftemblage dans le pla-
- Cespiliers creux reçoivent divers fupports fuivant le beloin , fi , par exemple , le Condufteur qu’on veut éleftrifer n’eft pas bien long, un feul ' fufüra, s’il eft fait comme celui qui eft repréfenté à la lettre E ; la tige quarrée porte une croix furmontce de
- Qftüj
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- ySî Avis ?AXTïevfcTfftJ : quatre piliers, avec deux cordon# de foie tendus, furlefquels onifola le corps qu’on veut éleélrifer. A la lettre F, on voit un autre fupporS en forme de potence;à la lettre G, on voit un autre inftrument qui efl une efpece de pince compofée de deux petites planches jointes par en bas, que l’on peut ferrer l’une contre l’autre par en haut, par le moyen d’une vis.
- PourCondufleur, je me fers communément d’une verge de fer doux, H h, Fig. j , longue d’environ lix pieds, & polie : elle eft ronde dans toute fa longueur , hors la partie H qui a fept à huit pouces, & qui efl applatie , afin'qu’étant pofée fur le cordon de foie du fupport, elle empêche le Condu&eur de tourner, ce qui feroit fouventfort incommode : je communique l’éleftricité à cette verge de fer par un tuyau de fer-blanc I, coudé en équerre, & que j’allonge autant que je veux, par d’autres bouts de tuyaux fembIables,A, L, qui entrent à frottement les uns dans les autres ,-le dernier eft évafé en entonnoir par le bout, &garni tout autour
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- -Avur Tome III Tl • [Q >
- c ^ 1 T ï%.2.|
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- Stfx ies Expériences. 46$
- île petits fils de laiton accrochés dans des trous , Sc'qui pendent librement*
- Quand je veux changer la forme de mon Condufteur par l’autre bout 9 j’y mets un tuyau de fer-blanc M, qui a cinq à lix pouces de longueur , & que je ne fais entrer qu’à moitié ; dansde reliant, je place des boulons de fer terminés de telle maniéré que je veux , arrondis & renflés comme N, coupés droit comme O , quarrés comme P , pointus comme Q , garnis d’un crochet comme R , d’une,poire ereufe comme 5, d’un cercle avec des fils comme T, & »
- généralement tout ce qu’il me vient en penfée d’éprouver.
- Troijïemc, quatrième £r cinquième Expériences,
- L e matras à deux goulots, de la sa ==— troifieme expérience, dpit être de xx> verre blanc & mince : recommandez 1. seâion* qu’il n’ait qu’environ trois pouces de p?,r ^pj* diamètre , fur quatre à cinq pouces iifpg. ». de longueur entre les deux goulots ; faites paffer le gros fil de fer au travers d’un bouchon de liege enfoncé dans l’un- des goulots, de manier®
- Q q iv
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- 4<?4 Avis’iAKïieuiiïRi qu’il relie au-deflus de ce bouchon J un vuide que vous remplirez de maftic. Appliquezle parfon robinet à la machine pneumatique , & faites le vuide le plus parfaitement que vous pourrez, fermez bien le robinet j & attachez ce vailfeau par le crochet du fil de fer, au bout du con-duèteur, garni de la piece N ou R, S’il vous manque un vailfeau à deux goulots , vous prendrez un ma-tras ordinaire, dont vous couperez le col à quinze ou dix-huit lignes près de fa nailfance ; vous y maltiquerez une virole avec un fond taraudé pour recevoir un robinet dont la vis fera prolongée par un bout de tuyau qui s’avancera vers le milieu du ma-tras , & qui fera terminé par une pointe moufle : vous préparerez un bouchon à vis garni d’un crochet ; & quand vous aurez fait le vuide, vous le joindrez au robinet, pour accrocher la piece au condufteur. Pour la quatrième expérience , 1& bout du condufteur tel qu’il ell,fuf-fira;finon joignez-y la piece N. Il fàuc que la chandelle ait une grolfe mèche , que le lumignon ne foit pas
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- SvK ees Exeïrtïkcbs. 4«jj mouché trop court, & qu’elle foit très-nouvellement éteinte.
- .Pour la cinquième expérience mettez à l’extrémité H du conducteur , un tuyau en équerre fembla-ble à I, & joignez la pâece N, à la partie defcendente.
- Sixième, fepùeme & huitième Expériences.
- Vous ferez les effais propofés , ‘ ' ' ^ dans la (ixieme expérience, avec des L bougies de cire commune, & avec des istàio». bâtons de cire à cacheter que vous '
- ferez faire d’une grolfeur convenable , pour fe joindre, par le moyen d’un tuyau de fer-blanc , à l’extré-mité du conduâeur, vers H : vous pourrez aufli vous procurer des bâtons de foufre, en les moulant dans un tuyau de carton mince, que vous détacherez enfuite en le mouillant ,-vous aurez foin que ces différents bâtons n’ayent pas moins d’un pied de longueur, & vous les éprouverez par leur extrémité la plus reculée du condufleur.
- La feptieme expérience fe fera mieux fi le vafe de verre qui porte
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- f«<î AftS ÏAKTICüEtlïi les plaques de cire, de réfine, &CJ n’a point de fond, & qu’il foit placé fur une table de bois, ou fur une plaque de métal. Vous pourrez employer à cela quelque récipient calîé en fa partie fupérieure, en dref-fsnt les bords ; ou bien vous foutien-drez feulement vos plaques avec quelque fupport, à cinq ou fix pouces au-deffus des feuilles de métal.
- Neuvième Expérience.
- Vous ferez cette expérience avec un thermomètre de mercure bien purgé d’air, afin que l’éleâricité s’a-nonce par un trait de lumière dans la partie du tuyau qui fera vuide.
- Première & fécondé Expériences.
- J e n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit touchant la manipulation de •ces deux expériences ; je vous recommande feulement de lire avec attention, & plus d’une fois, lesob-fervations que j’ai mifes à la fuite.
- Troijîeme Expérience.
- Pour faire les trois tablettes dont ' j’ai fait mention dans la préparation
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- *9r tn Extèstsire**. 4^ itfe cette expérience , le Ferblantier choifira trois feuilles de fer du grand modèle & des plus fortes : il relevera un rebord tout autour à la hauteur de trois ou quatre lignes, & il affemble-ra ces trois pièces par des tuyaux gros comme le doigt , foudés aux angles; il foudera deux fortes attaches fur la tablette d’en-haut, pour recevoir les deux bouts d’une chaîne de fer ou de cuivre , par laquelle cette machine lerafufpendueau bout du Conducteur.
- . Au lieu de fufpendre ainfï au conducteur, des corps qui feroient trop pefants, ou les place fur des gâteaux de matière*,. éleCtrifables par frottement, telles<jtie la poix, la réline, le fqpfre,ia cire, Ctc, ou fur des fellettes dont les pieds fontde verre, ou de bois fortement féché, & frit dans de l’huile bouillante.
- Les gâteaux de poix s’amolifîent quand il fait chaud, & s’affaiffent entièrement ; la réfine n’a point affez de confiftance , elle fe cafle par morceaux , quand on la charge ou quand on la remue brufquement; la cire n’a point ces inconvénients, mais elle eft
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- 4<î8 Avis ï àhticüiisr‘1
- chere; voici ce que vous pouvez pratiquer pour n’en faire entrer qu’une petite quantité dans la conftruftion d’un gâteau de grandeur convenable ; ne faites qu’en revêtir les autres matières, pour les contenir , & ernpê-, cher que la chaleur de l’été ne les fade couler, ou qu’un choc léger ne les brife.
- Faites vous préparer par le Menui-lier, une planche de chêne qui ait neufàdix pouces de longueur furfepc àhuitde largeur, & qui foitépaiffe d’un bon pouce ; qu’il fafle tout autour un quart de rond , & au-deffus un quarré un peu fort; qu’il ajulle autour de ce quarté quatre ais de fix pouces de haucür; qui fe joignent bien, &qui s’attachent enjsmblepar des chevilles qu’on puiffe ôter. Vous appliquerez furies parois-intérieures de cette efpece de boîte,des feuilles de papier blanc que vous ne collerez enfemble quepar les bords ; & vous n’en mettrez point fur la planche du fond, dans l’épaifleur de laquelle vous ferez plufieurs cavités, afin qne la cire fondue que vous y verferez s’y attache à demeure, tandis
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- Sus: fcËs Expériences; 4'fiÿ (que le papier appliqué à fec l’empêchera de s’attacher aux parois : tout étant ainli difpofé, vous verferez dans le fond de ce moule une couche de cire de trois ou quatre lignes d’épaiffeur, & lorfqu’elle fera prife, mais encore molle, vous placerez def-fus,une malfe compofée de poix noire & de réline fondue enfemble, dans un moule de carton plus petit que celui du gâteau que vous voulez faire, de forte que cette malfe placée comme je viens de le dire , lailfe entre elle & les parois du moule de bois, un efpace d’un pouce tout autour, '& vous l’y aflujettirez avec quelque appui que vous ferez agir par-delfus ; alors vous remplirez les vuides avec de la cire fondue, & vous continuez d’en verfer jufqu’à ce qu’il y en ait l’épailTeur d’un pouce par-delfus la malfe de poix & de réline : vouî employerezpour cela de la cire de frotteur,ou des vieilles cires à bon marché.
- Quand tout cela fera bien refroidi , vous ôterez les quatre ais qui ne doivent point tenir au gâteau , à paufç du papier interpofé >• s’il y en
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- t^jo Avis »ARTicotifif* a quelque lambeau attaché à la cire ; Vous le mouillerez pour l’enlever entièrement i vous couperez les bavures s’il y en a; vous arrondirez un peu les bords d’en-haut & les quatre angles , afin qu’ils ne s’écornent point lorfqu’on marchera deflus ; appliquez fur le tout deux ou trois couches de noir de fumée détrempé an. vernis d’efprit-de-vin; mettez-en même fous la planche qni fert de bafe au gâteau , & peignez en rouge de vermillon, le quart de rond qui efl autour.
- Vous ferez bien d’avoir une couple de ces gâteaux, & de les tenir renfermés dans leurs moules.quand vous ferez long-temps fans en faire ufage, fur-tout h c'eft pendant les grandes chaleurs.
- Au lieu de ces gâteaux, on peut très-bien fe fervir de feüettes , avec des pieds de verre ; afinqu’ellesfoient fiables par-tout où on les met, il faut que la tablette foit une planche triangulaire d’un bon pouce d’épaif-feur, dont les angles foient arrondis avec une moulure autour fi l’on veut : fi l’on eft à ponce d’une Vénerie,
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- Bük IBS ExïSribscs*. ^71
- quand on n’y ferait que des bouteilles à mettre du vin, on y fera faire des pieds en forme de pilons, creux , mais épais , & d’environ dix pouces de hauteur, & on les maftiquera dans1 des trous faits aux angles & en-det fous de la planche ; & pour avoir ces trous plus profonds , on peut augmenter l’épaiffeur du bois en cet endroit avec des rondelles tournées & collées ; au défaut de pieds faits exprès , on iè fervira avec le même îiiccès de trois bouteilles de pinte , qu’on aura foin de bien fécher en dedans avec du fable un peu chaud, avant de les maftiquer ; il eft à pro-, pos de vernir aufli le bois des fel-îettes, comme les gâteaux dant j’ai parlé auparavant.
- Les tabourets de bois féchés au four & abreuvés d’huile bouillante que l’on eflbye fortement après , réuflii'ent auilî , mais au bout d’un certain temps ,-il faut les fécher & les frotter de nouveau ; cette fu-jétion fait que je donne la préférence aux gâteaux de cire , & aux fel-lettes à pieds de verre.
- On ifole encore des corps pefanw
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- £72 Avis fÂSTieotIMï avec une planche qui a deux em-boîtures qui excédent de quelques pouces fa largeur, avec quatre pitons à vis, par lefquel on la fuf-pend avec de gros cordons de foie ; on chantourne cetre planche comme l’on veut, & on la peint au vernis en telle couleur que l’on juge à propos.
- Première , fécondé & troijieme Expériences.
- Si le badin dont vous vous fervi-rez pour la première expérience efl: de verre ou de porcelaine, vous pouvez vous difpenfer de l’ifoler; vous n’aurez qu’à faire defcendre du conduâeur un bout de chaîne, ou un gros fil de fer qui plonge dans l’eau ; mais comme ce corps éleftri-que plongé dans le badin ne manquerait pas de repoulfer les petits corps flottants fur lefquel vous voudriez faire votre épreuve , s’ils étoient à fa portée, vous ferez mieux de prendre un vaiffeau de métal, de l.’ifofer fur un gâteau ou fur une fel-lette , & de l’éleftrifer par le moyen d’un bout de chaîne attachée par
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- Sur les Expériences. 475 un bout au premier conducteur , & que'vous ferez aboutir deffous.
- Vous pouvez varier la fécondé expérience, en vousfervant d’un duvet de plume , aulieu de la feuille de métal ; ce corps éleélrifé flottera plus gravement en l’air, & toutes fes barbes s’écartant les unes des autres comme les rayons d’une fphère , fe plieront vers votre doigt quand vous l’y préfenterez.
- Pour la troifieme expérience, ayez deux timbres démontré , don l’un foit monté fur un bout de tuyau de métal ouvert en-deffous d'un bout à l’autre , & fendu en-deffus jusqu'au milieu de fa longueur, pour faire reffort & entrer à frottement fur le bout du conducteur, comme le repréfente la/%. 1 , Pi. XX. Que le pilier tourné À qui porte le timbre', & fur lequel il eft arrêté avec un écrou , foit prolongé de cinq à (ix pouces par un fil de laiton B , plié par le haut en potence, 3c que fur cette partie repliée il y ait un petit bout de canon C fendu pour gliffer à frottement; qu’eniin à ce petit canon foit attaché lia fil de fuie fort Tane ÏIL & 1
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- 474 Avis Particuliers
- menu,qui porte par en bas,& vis-à vis le bord du timbre une petite mafle oblongue de métal D.
- Montez pareillement l’autre timbre E fur un petit pilier de métal , auquel vous ferez un pied de bois tourné ; vous le prendrez à la main , ayant foin de tenir le doigt appuyé contre le pilier ; & quand le timbre a fera éleéfrifé, vous approcherez celui que vous tenez, àladiftance d’un pouce de la petite maife D. Comme les ofcillations de ce petit corps deviennent plus ou moins grandes fuivant le degré d’éleftricité qui régne dans le conduâeur, par le moyen du petit canon C, on l’approche plus ou moins du timbre éleéfrifé.
- Pour empêcher que le timbre a ne fe cafle en choquant d’autres corps , il faut lui préparer un pied pour le recevoir lorfqu’on le détache du conduéleur ; ce pied fera un cylindre de bois F, porté par une lame de cuivre G , à laquelle vous ferez une patte de bois tourné.
- Dans un lieu où vous ne pourriez pas trouver de timbre, vous pourrez vous fervir de ceux verres à
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- SUR EES ExrÏRIEKCBt. 47;
- boire ; mais alors il faudra couvrir avec deux bandes de faux or larges comme le doigt, les deux parties entre lefquelles le pendule doit ofcil-ler : voyez la Fig. i à la lettre H. Au verre éleârifé, la bande de métal fera mife en-dedans, depuis la tige qui le porte jufqu’au bord , & fe repliera de cinq à Gx lignes fur la fur-face extérieure ; à l'autre verre, la bande fera mife eri-dehors , & s’étendra depuis le bord de la coupe, jufqu’à la tige que vous toucherez avec les o i gts : vous collerez ces bandes, de cuivre battu avec de la biere, ou avec une eau dégommé extrêmement légère.
- Quatrième, cinquième,Jixieme.feptieme £r huitième Expériences.
- Toutes les expériences rappor- «= tées dans cet article, font fuflïiàm- L,xçxà». ment expliquées dans les Leçons de 1. staioo. Phyfique, à l’endroit & par les Ggu-r es citées en marge ; j'avertis feule- pi. ni. É*. ment qu’il faut attendre pour les faire 6Ù,‘ d’une maniéré bien fatisfaifaate, que l’éleâricité foit un peu forte , & répéter pluüeurs fois la même, parce
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- 476 Avis î a r tic uliers que, comme !â plûpart des réfultat* font des plus & des moins , que la plus petite circonftarrce peut faire varier, c’eft aux effets qui fe pré-fentent le plus fouvent, qu’il faut s’en rapporter.
- Vous verrez les feux éledriques dans le vuide tout à votre aife , quand vous aurez préparé l’inftru-menc que voici. C’eft un matras de verre mince h, Fig. 2 , qui a trois pouces ou trois pouces & demi de diamètre, & deux goulots garnis de viroles avec des fonds percés & taraudés pour recevoir à vis, d’un côté , un robinet bien exaft , & de l’autre, un bouc de tuyau de la grolfeur qui convient pour entrer à frottement fur‘le bout du premier conducteur. La vis par laquelle ce tuyau fa joint au matras fe prolonge fans filets jufqu’au tiers ou à la moitié du verre , & elle eft terminée par une pointe moufle.
- Vous appliquerez ce vaifle^u par fon robinet à la machine pneumatique, vous y feiez le vuide le plus parfaitement que v4us pourrez , & après avoir fermé le robinet, vous le
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- sur les Expériences. 477 joindrez au conduâeur pour l’élec-trifer; vous en approcherez les mains pour provoquer les feux , & alors Vous en verrez en-dedans & en-dehors , & vous appercevrez la différence qu’il y a des uns aux autres ; fl vous tirez quelques étincelles du métal, toute la capacité du verre fe remplira d’une lumière diffufe , & très-femblable à celle des éclairs.
- Vous verrez encore ces feux d’une maniéré bien brillante par le procédé qui fuit : Prenez un récipient à goulot,de figure cylindrique, qui ait trois à quatre pouces de diamètre , maf-tiquez dans le goulot,le col d’une pe-tire bouteille à médecine, ou d’un petit matrâs de verre blanc & mince, de maniéré que la panfe fe trouve dans l’intérieur du récipient, comme On le Voit en I. Placez le récipient fuc la platine de la machine pneumatique , mettez de l’eau dans la bouteille jufqu’à la naiflance du col, & amenez-y l’éleâricité par un gros fil de fer que vous fufpendrez au bout du conduâeur.
- Quand vous aurez fortement raréfié l’air du récipient, fi vous conti-
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- 478 Avis PART» cutis* J
- nuez l’éleârifation , & de faire agit la pompe, à chaque coup de piflon , vous verrez une grande quantité de ruiffeaux de feu fe répandre dans le récipient, & fouvent la bouteille éclater en bruit & en coups de lumière très- vifs. Il faut, comme vous les jugez bien que ces expériences fe faflent dans l’obfcurité.
- Première , fécondé £r troipeme Expé-, rienccs.
- *•' xx — Cfs expériences font fi fimples Si 1.14 o k. fi faciles à exécuter, que je ne pré-PLiuïfe vo‘s Pas <lu’eUespuiffent embaraffer 7 & ». ' perfonne.
- Quatrième , cinquième &• Jixieme Expériences.
- Dans la quatrième expérience , t v 10! f préférez l’efprit-de-vin à l’eau, pour mouiller la barre de fer, les parcelles de cette liqueur qui feront enlevées de deflus le conduâeur par les émanations éleéhriques, & qui feront lancées contre le revers de votre main, y produiront une fraîcheur plus fenfible ; l’éther qui efl encore
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- sur issExpériSnces. 473 plus volatil, produirait encore mieux cet effet.
- Pour condu&eur.dans la cinquième expérience, fervez-vous d’une barre de fer plate ou quarrée, elle fera plus propre à recevoir le fon , le tabac rappé , ou la pouffiere de bois que vous répandrez deflus.
- L’homme ifolé de la fixieme expérience, s’éfeftrifera en touchanC d’une main feulement le bout du conduâeur ; vous pourrez lui faire tenir dans l’autre main une pincée de filaffe , un écheveau de fil cou» pé, &c.
- Septième & huitième Expériences;
- Vous ferez un globe de foufre de la maniéré fuivante : choififlez un matras qui ait environ fix pouces de diamètre, dont la boule foit bien ronde , avec un col fort large que vous réduirez à trois ou quatre p ouces de longueur; commencez par y faire fondre du foufre c'oncaffé en petits morceaux , & non pulvérifé ; vous achèverez de l'emplir pref-que jufqu’à la naiffance du col, avec une pareille matiese fondue à part
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- 480 Avis ïarti cutis es dans un poêlon de terre cuite.
- Tandis que le foufre fera encore liquide , vous introduirez par le col du matras , un axe de bois quarré , & garni par un bout, d’une poulie de trois pouces de diamètre ; ayant attention de le tenir enfoncé jufqu’au fond du vaiffeau , & de le faire toucher à l’endroit qui eft diamétralement oppofé ad1 col. Quand tout fera bien refroidi, vous caffe-rez le verre à petits coups, & vous l’enleverez en morceaux ; -par ce moyen-là, vous aurez un globe de foufre aufli poli que le verre dans lequel il aura été moulé , & vous le centrerez en rapportant fon axe fur le tour entre deux pointes.
- Ces globes ont quelques inconvénients , ils font lourds &fujets à s’éclater , lorfqu’on les éleftrife un peu fortem ent, & il en coûte un matras pour les refondre. J’ai pris le parti de monter fur un cylindre de bois A B , Fig. j , garni d’une poulie C, une efpece de bobine Z), & de remplir de feufre l’efpace vuidequi eft entre les deux joues E F.
- J e fais le plus fouyent cette bobine
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- 'sera ies Exîïriences. 4S1 bine de trois pièces ; fçavoir, d’un cylindre D, à qui je donne cinq pouces de longueur, & environ huit de diamètre; j’arrête fur les plans deux plateaux circulaires qui excedentd’un pouce ou de quinze lignes, la pièce du milieu tout autour : cela étant ainfi préparé, je fufpends le cylindre jiB, entre deux pointes , & après avoir creufé une grande quantité de trous non à jour, tant fur le pourtour de la piece D , qu’aux furfaces intérieures des deux joues EF Je fais tourner très-lentement toute la piece au-deffus d’une grande terrine pleine de foufre que j’entretiens en fufion, & j’en verle fur la piece D, avec une cuiller de fer, jufqu’à ce que toute la gorge Toit bien pleine. Enfuite, & a-vant que le foufre foit entièrement refroidi, je tiens un fer chaud long de fept à huit pouces, appuyé fur Iesdeux bords E F, tandis qu’on continue de faire tourner la piece, & par ce moyen , j’unis à peu près la furfàce de la zone de foufre.
- Quand tout ell bien refroidi, je tourne cette zone à petit fer, & j’a-cheve de la polir, d’abord avec un Imt III, St
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- 482 AvistartiCuiiEgf morceau de peau de chien de mef i & enfuite avec de la ponce broyée 8c de l’eau. Cette manoeuvre n’efl pas lï commode que de mouler dans du verre, mais elle procure des inflrur rnents toujours bien ronds, bien centrés, légers, de telle grandeur que l’on fouhaite , & qui ne font pas fi fujets à éclater que les globes.
- Servez-vous dans la huitième exq périence du conducteur H h, &. joignez-y la pièce Q, parle moyen du tuyau M; & lï l’éleârieité n’efl pas bien forte où que vous ayez peine à biendiflinguer à la vuefimple, le petit feu qui paroît au bout delà pointe él tarifée , aidez-vous de la lentille montée en écaille , que j’ai repré-fentée P/. XIV, Fig. i.
- Voici encore un inftrunient très-, commode que j’ai imaginé, pour examiner ces fortes de feux éleâri-ques. a b , Fig. 4, ell une douille de cuivre qui fort de manche à l’inltru-ment, quand on le tient à la main, & qui peut s’ajulier.au boutHdu conducteur , qu’on éleârifo avec le globe de foufre. c d , eft une tige d’a-ïier, 9 laquelle fo joint à vis une
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- cher plus ou moins de la tige c d, au moyen d’une vis que l’on rnene |par le bouton g; cette branche porte une lentille d’un pouce & demi de foyer, montée dans une chape dont la queue qui eft une lame de cuivre, eft ouverte d’un bout à l’autre par une rainure à jour, & glifie avec frottement fur la longueur de la branche à refîort, où elle eft retenue par deux vis à tête ; par ce moyen, on arrête quand on le veut le centre de la lentille, vis-à-vis la pointe e ; & la vis g, fert à la faire avancer autant qu’il le faut, pour que cette pointe fe trouve précifé-ment au foyer du verre.
- Et afin que l’oeil de l’obfervateur ne foit point expofé à recevoir de fauftes images, je couvre l’une des furfaces du verre avec une feuille d’étain, au centre de laquelle je pratique une ouverture circulaire de quatre lignes ou environ de diamètre.
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- 484 Avis sabticulierï Neuvième (f dixicme Expériences. «_h_j—u Dans la première de ces deux ex* l 1 ç ô ». périènces, il faut que la chandello il Ssuiof. ait une groffe mèche, que le lumi-ei.U'.Fig gHOn ne f0jt point mouché court, & qu’il foit nouvellement éteint , afin qu’il en réfulte un gros jet de fumée.
- Il faudra incliner un peu le bouc du conduéteur où fera la pointe creu-, fe, afin que la liqueur ait une pente pour fortir.
- Onzième Expérience.
- a,i. ’• Vous vous fervirez dans cette expérience & dans les fuivantes, d’un globe de verre & d’un conducteur dont la furface fupérieure foit plate, bien unie, & bien eflùyée; & vous em-, ployerez de la poudre hien feche.
- Douzième Cf treizième Expériences, mt K». Vous parfemerez de gouttes d’eau c. etrùy fur toutes les faces du conduâeur, li''avec un goupillon peu chargé que vous ferez agir de loin , ou avec une brofle à long poil dont on fe ferc pour les habit;.
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- îffs ESsExpérienges. 48^ Afin que les tas de pouffiere partent fubitement, il faut qu’une per-fonne non ifolée touche le conducteur jufqu’à l’inftanc, où l’on voudra faire voir l’effet dont il s’agit.
- Quatorzième Expérience.
- Pour vuider des œufs, fuiveZ ce que j’ai enfeigné dans les Avis fur laF dixiemeLecon (T. II, p.pip.; Faites en-fuite à !a coque vuide , un petit trou par en bas, où vous attacherez avec un peu de cire d’Efpagne, un bout de tube capillaire , afin que l’écoulement de l’eau fe fade naturellement goutte à goutte.
- Pour avoir le goupillon lumineux que produit une pareille expérience, quand elle fe fait avec un écoulemenc plus fort, demandez au Ferblantier un vaiiTeau qui contienne à peu près un demi feptier d’eau, &qui ait une forme un peu oblongue, comme N,Fig. p, avec une anfe pour l’accrocher à la piece R, que vous mettrez au bout H du conduétëur, ayez foin ds rece-, voir l’écoulement dans un large bâf-fin; s’il efl de métal, vous verrez encore de temps en temps les gouttes
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- 4$<> Avis ïïKTtcüiiEO d’eau qui tomberont deflus, produire de la lumière.
- Quinzième Cf feipeme Expériences.
- ~~xx.... IL faut faire ces expériences dan*
- l 15 <! ». l’obfcurité, & ne point approcher ri (rfs"' troP Pr®s g'°^e > les.corps qui i».’ ' '£-fourmffent la matière affluente , afin de pouvoir mieux diftinguer l’o-. rigine & la direâion des rayons lumineux.
- Il ne faut pas non plus que la perfonne non ifolée préfente fon doigt trop près de la main électri-fée, car il en réfulteroit des étincel-. les, & ces traits de feu font trop rapides pour laifler bien voir de quel côté ils viennent.
- Dix-feptieme , dix-huitieme Cf dix-neu-vieme Expériences.
- nu. pi. v. Je n’ai rien à ajouter à ce que j ’ai
- dit touchant ces expériences. Il n’y a qu’à procéder comme.il ell marqué à l’endroit cité en marge,
- V ingtieme Expérience, nu. f,c. Vous pourriez préparer le vafe à to-i,. 'écoulements, que la perfonne non
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- Si «R iss ËxîÉRIENCES. 487 îlolée tient à la main.avec une coque d’œuf garnie tout autour par en bas de tubes capillaires longs de quatre à cinq lignes, ifc attachés avec un peu de cire molle ; mais il vaudra mieux faire faire un vaifleau de fer* blanc, comme M, Fig. 7 , large de trois pouces par’en bas, & garni de petits tuyaux pointus un peu inclinés. Vous ferez cette expérience en plein jour & dans l’obfcurité ; elle eft bonne à voir des deux façons.
- Il eft bon auffi que le vafe d’écoulement qui ell placé au bout du conduâeur, ait un certain volume, on pourra le faire femblable au précédent, avec un feul tuyau qu’on tournera en avant.
- Vingt-urdeme Expérience.
- Vous ferez bien de vous munir de quelque conduéleur de grand volu- 11 me ; on les peut faire en ferbtanc & en carton, afin qu’ils foient plus légers déplus maniables; ils feront affez longs s’ils ont cinq à fix pieds ; mais la grolfeur n’efi: pas indifférente; ne donnez pas moins de trois pouces de diamètre à celui de ferblanc, &
- S f iv.
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- 488 AvïS PÏSTÎBÜEISS:*
- donnez-en jufqu’à fix ou fept à Cé-' lui de carton.
- Il eft plus facile de faire ce* tuyaux ronds 5c cylindriques, que de leur faire prendre toute autre figure ; mais comme il importe quelquefois qu’ils ne roulent point fui- le fup-port, qu’ils fe tiennent confiamment dans la fituation où on les pofe, vous attacherez en-deflbus à dix-huit poucesprès des extrémités, deux bandes plates fous Iefqùelles vous ferez toujours répondre les cordons des fupports.
- Le Ferblantier vous fournira des tuyaux de telles mefures qu’il vous plaira ; quant à ceux de carton, il faudra les faire vous-même : demandez chez un marchand Papetier, des cartons en cinq ; dreffez-en les bords à la réglé , & amincilfez-les fur le bord d’une table avec un couteau bien ai-guifé , de maniéré qu’étant croifés l’un fur l’autre, ils ne faflenc qu’une épaifleur femblable à celle du relie. Tournez les l’un après l’autre , fur un cylindre de bois, qui ait la longueur du carton pour le moins, & dont le développement foit d’ua
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- Sür* tts ExviRtsHCY*. 4$> Jpouce moins large que la feuille ; attachez les bords l’un fur l’autre avec de la colle de farine, & rete-nez-les jufqu’à ce qu’ils foient fecs ; avec un ruban de fil , que vous tournerez tout autour & d’un bout à l’autre.
- •Préparez ainlî autant de cartons qu’il en faudra , pour faire la longueur que vous voulez donner au conducteur; & joignez-les enfemble, après avoir aminci les bords comme je l’ai dit ci-deflus : pour faire cette jondion, vous tirerez à moitié le cylindre qui fert de moule, afin qu’il fe trouve autant dans l’une que dans l’autre partie que vous voulez joindre : vous affemblerez le refte de la même maniéré. . .
- Cet afiemblage étant fini & la colle étant feche, il faudra couvrir le tout avec du métal ; quelque mince qu’il foit il fuffira : ainfi vous pou-,vez vous contenter, de coller des feuilles de papier doré fur la face extérieure : je vous confeille d’en mettre de différentes façons ; de couvrir, par exemple, toute la longueur alternativement avec des feuilles do-
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- rées en plein, „& avec d’autres dore'éi en petits deffeiris ; ou bien de mettre d’un bout à l’autre les feuilles de la première efpece, fur la moitié du pourtour, & fur l’autre moitié, des feuilles de la fécondé efpece.
- Joubliois de dire, que pour contenir ce tuyau dans fa. rondeur, & pour le rendre propre à recevoir les pièces qui s’ajuftent aux autres con-duâeurs , il faut faire préparer deux’ couvercles de ferblanc qui l’emboîtent par chaque bout, & au centre defquels, il y ait une virole Taillante de la groffeur qui convient. ]e dis la même chofe du tuyau de fer-blanc.
- Comme un cylindre mafîif de la longueur & de la groffeur que je le fuppofe pour former le tuyau de carton, feroit lourd à manier & bien fujet à fe fendre, je vous confeille de le faire creux , & de lui ménager un axe qui faille de trois ou quatre pouces par les deux bouts ; vous prendrez pour cela deux plateaux de bois tournés, percés au centre & enfilés fur un cylindre de douze à quinze lignes de diamètre, à une dif-
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- Sur les Exf iÈRiBSfcis; 4ptj tance l’un de l’autre , qui Toit égale pour le moins à la longueur des cartons que vous devez employer; vous collerez & attacherez avec des chevilles de bois , tout autour des plateaux, des efpeces de douves, qui s’étendent de l’un à l’autre , & qui fe joignent enfemble à plat-joints avec de la colle. Quand cette ef-pece de tambour fera ainfi préparé, vous le préfenterez fur le tour, pour régler fon arrondiifement par quelques traits de gouge fur les bouts & vers le milieu , ^ vous l’acheverez avec un rabot un peu creux : voyez la Fig.6. Je reviens à la vingt-unieme expérience.
- Vous pourrez faire les petiteshou-pes avec du lin à filer, bien fin &bien fouple. Vous en prendrez une très-petite pincée que vous plierez en deux fur le milieu de fa longueur : vous nouerez la partie a, Fig. 7. fur une ficelle, en faifant revenir les deux.bouts b par dedans, & vous ferrerez le noeud en tirant ; vous efpacerez ces houpes de trois en trois pouces , fur une ficelle alfez longue pour tourner en forme d’élice d’un bout à l’autre du
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- 492 Avis îXBTïctîtîaïï tuyau, où' vous l’arrêterez avec ütf peu de cire molle ou autrement* Vous ferez le cercle avec du grciS fil de fer, dont les deux bouts repliés , feront liés enfemble avec du fil de laiton recuit , pour fervir de manche. Vous y attacherez les hoü-pes comme à la ficelle ; c’eft allez qu’il ait quatorze à quinze pouces de diamètre ; vous le tiendrez à la main pour le promener d’un bout à l’autre du tuyau.
- Vir.gt-ieuxieme Expérience.
- nu. fi. Tout ce qui doit fervir à cette iy.F,e.si? cpé ience, & à celle qu’on propO-fe dans les obfervations, a déjà été employé pour les expériences qui ont précédé, & je n’ai rien laiffé à dire , fur la conftruâion des pièces, ni fur leur ufage.
- Vmgt troijîeme, vingt-quatrieme & vingt-cinquième Expériences.
- e- --ir Le réfultat de la première de ces l “ ». trois expériences, ell plutôt line obfer-U. s« au™. vationquel’on peut faire, après avoir fiait un long ufage du même tube, du
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- SÛR' ris ExîÏRi*»cïs.4jrj|
- teiême globe ou du même conducteur.1
- Pour ifoler le tube de la vingt-quatrieme expérience , ne le po-fez point fur un gâteau, ni fur une fellette , tenez le plutôt fufpendu avec deux fils de foie, qui ne foient point humides.
- Suivez exactement ce que jai die fur la vingt-cinquieme expérience.’
- V/ngt-fixi'me (f vingt-fiptitme Expi-i rknces.
- Comme il efi dangereux de faire aboutir une grofle barre de fer à une petite diftance de la furface du globe, vous pourrez mettre en place du petit entonnoir L, PI. XIX. une piece plat-te de ferblanc dont le bord foit un peu concave, pour s'accommoder mieux à la courbure du globe. Cette piece garnie comme les autres d’un bout de tuyau, fe joindra à la piece K, & slabailfera à fix ou fept ligne* de diltanée du verre. Un conducteur de grand volume eft préférable à un autre , dans cette occafion.
- Quant à la derniere expérience , fi on eft outillé comme je l’ai pref-ctit pour les expériences précédentes, j fin aura tout ce qu’il faut pour celle-ci.
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- $P4Avïs particulier^
- AV I S
- Concernant la Vin g r-u N IBM 8 Leço te.
- Faits de la première .Classe;
- Cinquième Fait.
- y™——1- P our examiner ce fait, vous vouâ 11 ço » “unirez d’un tube de verre qui s’é-lii.sUio’n. leftrifeaifément ,& d’un bâton de la A«. i>. meilleure cire d’Efpage rouge , qui foit cylindrique & qui ait au moins un pied de longueur fur un pouce de diamètre.
- Vous plierez un tube de barome-, tre, de maniéré que les deux par-s ties faflent un angle droit, & vous donnerez à chacune quatorze à quinze pouces de longueur : fi vous ne fçavez pas plier le tube, vous en prendrez deux que vous joindrez en équerre avec de la cire d’Efpagne ou autrement : vous élèverez verci- , calement l’une des deux branches fut un pied à patte, ou fur un chandelier, en mettant dans la bobeche un bouchon de liege dans lequel vous
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- StJS E£s Exr Ær'iekô es. 49^
- Ferez un trou pour recevoir le tube ;
- & vous ferez pendre au bout de l’autre branche , un fil de foie très-; fin , avec une petite feuille de cuh vre battu, ou avec un duvet de plume;
- Voyez la Fig. K.
- _ Communiquez l’éleflricité à ce petit corps ifolé , avec le tube nouvellement frotté, & auffitôt après, préfentez- lui le bâton de cire d’Ef pagne éleârifé.
- Il faut faire cette expérience plu-fieurs fois de fuite , & en différents temps ; chaque fois qu’on la recommence , il faut avoir foin de défélec-trifer le corps ifolé, en le touchant avec la main ; & fi vous n’êtes point feul , ayez foin que le tube & le bâton de cire d’Efpagne ne foienç point frottés par la même main.
- Huitième Fait.
- L’expérience d’Hauxbée dont il au. F/g efl: ici queftion , fe fait avec un'*• globe de verre garni comme les autres d’une poulie à l’un de fes pôles , & d’un couvercle de bois à l’au-t tre pour recevoir la pointe de la poupée : mais comme il faut intro-Iduire au centre, une petite rondelle
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- ÿfi6 Av-is îJCSïïe^ElEs* ^ (ie métal garnie de fils menus tonf autour , il ell néceflaire qu’à l’un des pôles il y ait un bouchon de bois dur qui fe mette à vis , & qui porte un fil de fer gros comme une petite plume à écrire, au bout du-quel vous attacherez la rondelle; Plus cette rondelle fera large moins les fils feront fujets à fe tortiller en tournant avec le globe, ce qui ell un inconvénient ; vous choi-firez donc les goulots les plus larges que vous pourrez trouver, & vous tiendrez le bouchon de la garniture aulli gros que l’ouverture du verre : prenez pour cette expérience un globe qui n’ait que fept à huit pouces de diamètre ; ayez foin que les fils foient bien flexibles , qu’il n’y en ait qu’un petit nombre, comme cinq ou fix autour de la rondelle, & que leur longueur n’excéde pas deux pouces & demi.
- Soutenez avec quelque fupport à fept à huit pouces de dillance , au-deflus de l’équateur de ce globe, un arc que vous ferez avec du gros fil de fer , & que vous garnirez aulH de quelques fils pareils aux précé-SÜeats, pn$iemf
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- *ur tis Exeïriences. 497 Onzième Fait.
- Si vous faites cette expérience en plein air , dans un ardin par exemple, vous pourrez vous fervir du cordeau du Jardinier, & en joindre plufieurs enfemble, fi vous voulez : vous planterez des piquets deux pat deux à vingt-cinq pieds de diftance les uns des autres dans une même direction ; vous ferez porter à chaque paire de piquets par en haut, une ganfe ou un gros fil de foie qui ne foit point humide, & que vous tendrez de l’un à l’autre. Vous commencerez par ifoler le bout du cordeau avec un cordon de foie de quinze ou dix-huit pouces de longueur, que vous attacherez à quelque point fixe ; enfuite vous étendrez le cordeau de toute fa longueur , fur les ganfes des piquets, & vous laifTerez pendre le dernier bout de la longueuc d’un pied ou environ , avec quelque maffe éfeftrifable, qui le tienne tendu ; un poid de métal, par exemple , une boule de bois mouillée , ou couverte de papier doré, &c.
- La corde peut changer de direc-Tomt III, T t
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- 4<>8 Avis particuliers tion, autant que vous voudrez, maïs à chaque angle que vous lui ferez faire, vous aurez foin de l’attacher an point fixe avec un cordon de foie qui la tienne ifolée. Et comme le vent en plein air, pourrait dif-fiper les corps légers que vous pré-fenterez à la boule pendente, pouc faire voir que l’éleélricité elt parvenue à elle, Vous aurez la précaution de la faire aboutir dans un lieu couvert ; & puifque l’expcrience réuf-fit également bien quoique la corde fade des retours , le bout qui recevra l’éleâricité , & celui qui doit l’exercer fur les corps légers, peuvent être dans le même lieu, vous ferez fortir la corde par une croifée, & vous la recevrez par une autre. Cette communication de la vertu ëleftrique , par des conduâeurs fort longs, réuflit encore mieux avec des chaînes de métal ; & vous en pourrez faire qui feront très-propres à cet ufage, en joignant enfemble des gros fils de fer de deux pieds de longueur ; il faudra former avec une pince ronde , une bonde à chacune de leurs extrémités, & les affem-
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- ïüï INEXPÉRIENCES. 499 blet avec des S fermées de même métal, Fig. ÿ.
- Treizième & quatorzième Faits.
- Les expériences qui prouvent n'L ces deux faits , ne font point de nature à pouvoir fe faire dans une -Leçon à caufe du temps qu’elles exigent ; ceux de mes Lefleurs qui fe propoferont de les répéter , ou de les augmenter par de nouvelles épreuves, auront la bonté de con-fulterles Ouvrages où je lésai détaillées , & que j’ai cités dans les Leçons de Phyjique, Tome 6. gag. 447.
- Quinzième Fait.
- Pour effayer les attraftions dans mL %• le vuîde , vous placerez fur la pla- ‘3' tine de la machine pneumatique,
- «ne feuille de ferblanc arrondie, de fix pouces de diamètre, bien effuyée & couverte de fragments de cuivre battu ; vous mettrez par-deffus un récipient un peu plus large & garni par en - haut d’une boîte à cuirs , dont la tige portera une greffe pomme , ou une boule de bois couverte de papier doré. Vous ferez abouti
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- Joo Avis p a eti c iilIEeS tir le conducteur directement au* deflus de l’anneau qui termine 1» tige de la boîte à cuirs , & vous les joindrez enfemble par une S de gros fil de fer. Vous commencerez par faire te vuide, & enfuite vous ferez frotter le globe pour communiquer I éleâricité.
- Vous répéterez la même expérience , en mettant à la tige de la boîte à cuirs, au lieu d’une pomme, une petite bouteille à médecine , remplie d’eau jufqu’aux deux tiers de fa capacité , & bouchée avec du liège , en faifant paffer la tige à travers le bouchon.. & en la faifant plonver dans l’eau de la bouteille.
- Vous pourrez encore eflâyer les attraCtionsdc répudions dans le vuide, pour les comparer à celles qui ont lieu dans l’air libre, en fufpendant une petite feuille de cuivre battu avec un fil de foie, dans l’axe d’un récipient de quatre pouces de diamètre, & en approchant de ce vaif-feau un tube de verre nouvellement frotté ; il faut répéter plufieurs fois ces expériences pour être fûr du ré-fultat.
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- *** iis Exflaifitfâï*. *01!
- Faits de la seconde Classe.
- Quatrième Fait.
- J e fais voir ce fait dans les Ecoles, 1 *
- en appliquant fur le corps de quel- , SXXÔ'„. qu’un des Auditeurs, un lez de ces inseaioaj étoffes dans le tiflu defquelles on fait A",II‘ entrer des lames de clinquant, & dont on habille les poupées des enfants.
- Vous pourrez encore attacher avec un peu de cire molle fur une bande de verre ou fur une ardoife , des bouts de gros fil de fer, dans la même direction , & contigus les fins aux autres fans fe toucher tout à-fait } quand vous préfenterez celui d’en haut au condufteur pour le faire étinceler, ayez foin que votre doigt foit tout près de celui d’en bas.
- Fig 10.
- Vous aurez encore un fait de cette efpece, fi vous éleftrifez le con-dufteur de carton couvert de papier doré , & que vous prétendez avec la main, une pointe de fer à fept à huit pouces de diflance de l’endroit, où le condufteur eft revêtu de papier doré à petit def-fein.
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- ÿoa Avis ïAgïrctrtieSf
- S’il vous prend envie d’exécuteï ce que j’ai propofé à la fuite de ce Fait, Leçons de Phyjique , Tome VI, page 468 , ne vous conformez point à la Fig. îÿ : le Graveur l’a faite en mon abfence, & n’a point rendu mon intention: cette faute relevée parure de mes amis, m’a donné occafion de chercher & de»donner les moyens, de conduireàcoup fur les feux électriques fur toutes fortes de deffeins , & de les rendre par de petites illuminations, qui font charmantes à voir dans l’obfcurité : Voyeç les Mémoires de CAcadémie Royale des Sciences de 1766 , & la troifieme partie de mes Lettres fur l’EleSricité, page 274 &•
- Quand à la fleur-dedys dont il s’agit à la fuite du quatrième fait, voici la vraie maniéré de la préparer. De fl! ne/. une fleur-de-lys par un Ample trait continu fur un quarré de papier , comme pppp , Fig. n. qui ait environ fept pouces de longueur, fur cinq de largeur. Attachez def-fus avec quatre grains de aire molle que voire! mettrez aux .angles , un carreau de verre de Bohême un peu
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- sur £es Expériences. 50J 'cpais. Ayez une feuille de cet étain dont les Miroitiers fe fervent pouc mettre derrière les glaces, & coupés-en des petits quarrés femblables aux notes du plain-chant. Attachez-* en fur le verre avec de la colle de poiffon , en fuivant le deffein qui eft deffous , ôc en mettant les angles contigus les uns aux autres , fans pourtant qu’ils fe touchent abfolu-mcnt. Quand vous aurez ainfi fuivi la moitié du deffein de haut en bas vous marquerez avec de l’encre, l’autre moité du deffein fur le verre, & vous le détacherez de deffus le papier. 7
- Vous retournerez le verre fur un papier blanc, afin de mieux voir le trait , que vous fuivrez en collant de petits quarrés d’étain; de forte que la fleur-de-lys tracée par ce métal , fera moitié fur une fàce , moitié fur l’autre du verre. Sur chacune des faces du verre , vous ajouterez une bande d’étain A 8c B, de deux ou trois lignes de largeur qui, s’étende depuis le bord du carreau , qu’elle embraffera, jufqu’au premier quarré <jui commence le deffein ; vous ajou-
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- Avi* FÀfiTtetrnsK* terez encore par en bas , une petite bande de Ce même étain o, taillée ett pointe pat les deux bouts, qui em-_ brade le bord du carreau , & qui lie pour ainfi dire enfemble , les deux moitiés de la fleur-de-lys.
- Quand toutes ces pièces feront attachées, il faudra enlever la colle füperflue, avec un linge fin 5c mouillé , de manière qu’il ne relie rien au pourtour des pièces , & que le relie du verre foint bien efluyé ; cette propreté eft elfentielle, pout le fuccès.
- Pour faire ufage de ce tableau j vous le prendrez en B avec les deux doigts, 5c Vous préfenterez la partie A, au bout d’un condufteur bien élec-trifé ; autant vous ferez naître d'étincelles en cet endroit , autant il en paraîtra aux pointes des quarrés. Sixième Fait.
- if, Après avoir rapporté l’expé-it. rîence de Leyde fuivant la maniéré dont elle a été faite d’abord , je pro-pofe de la répéter en employant deux perfonnes, au lieu d’une, qui communiquent enfemble par un tub: de
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- Avis, Tome - MI' PL. ^lo .
- Fig'. 1o
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- ÜURtEsExfÉRIENCES, fOj verre rempli d’eau : vous choifirez pour cela un tube gros comme le doigt Sc d’un pied de longueur : vous le boucherez par les deux bouts avecdu liege& par-deflus, une viro le de métal garnie d’un fond , au centre duquel foit foudé un gros fil de métal de deux pouces de longueur, qui tra-verfera le bouchon, & qui s’avancera de huit à dix lignes dans l’eau du tube.
- L’expérience avec les deux oeufs cruds qui vient enfuite, fe fera plus aifément, fi la perfonne qui doit tirer l’étincelle eft ifolée , qu’elle tienne d’une main le bout du con-dufteur, & qu’elle approche l’œuf quelle tient, de celui que lui préfente l’autre perfonne qui porte la bouteille.
- Septième Fait.
- Essayez l’expérience de Leyde m. avec une taffe à caffé de porcelaine , avec un flacon de cryftal-de-roche , fi vous pouvez vous le procurer , ou avec un de ces petits pots bruns dans lelquels on envoyé à Paris le beurre de Bretagne & celui de Normandie ; & elle vous réuffira.
- Tome III. V v
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- yod Avis pabticbiibrs Lifez attentivement toutes les remarques que j’ai mifes à la fuite des deux faits précédents. Si vous vous fervez d’une bouteille , prenez de celles dont les Apoticaires fe fervent pour envoyer les potions médicinales aux malades , mettez-y de l’eau jufqu’à la nailfance du col ; ajuf-tez-y un bouchon de liege percé avec un poinçon fuivant fa longueur ; faites paffer au travers, un gros fil de fer qui plonge dans l’eau , 8c formez à l’autre bouc un crochet pour pouvoir l’attacher au condudeur : avec une bouteille, bien elfuyée & bien fechée en dehors , vous pourrez faire voir que quand elle eft fimple-ment fqfpendue au conduâeur , & ifolée comme lui, elle ne laide pas de s’éleârifer , mais moins, & plus lentement, que quand elle eft touchée par la main d’un homme non ifolé.
- E[. 11 eft Bon d’avoir aufli pour l’ex-
- périence de Leyde quelques bouteilles couvertes en dehors d’une feuille de métal ; comme la figure n’entre pour rien dans les effets , vous choi-firez pour cela une bouteille ou un
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- sur les Expériences. 507 vafe qui foit à-peu-près cylindrique; & vous couvrirez la partie qui doit contenir l’eau, d’une feuille d’étain très-mince , que vous ferez tenir avec de la colle de poiffon.
- On fait, aufli très-bien l’expc-rience de Leyde avec un carreau de verre enduit de métal par les deux côtés , en réfervant un bord nud de deux pouces de largeur tout au tour. Choififfez pour cela un verre de bohème de moyenne épaifleur , bien droit, de quatorze ou quinze pouces de long fur un pied de large ; paffez de la bierre defïus avec un pinceau, 8c arrangez-y de ces feuilles de cuivre battu, qui fe vendent par livrets chez les Clinquaijlers , & dont les Verniffeurs font ufage pour dorer les ouvrages communs; elles ne manqueront pas de fe pliffer , mais faites couler deffous de la bierre, que vous mettrez fur la partie nue du verre avec un pinceau, en inclinant un peu le carreau de verre; cela vous donnera la facilité de les étendre fans les déchirer, & vous les laifferez fécher ; après quoi vous
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- 5*08 Avis particulier1? enduirez de même l’autre face du( verre.
- Vous tirerez tout an tour de part & d’autre un trait à la réglé , à deux pouces de diftance du bord ; vous enlèverez avec un pinceau mouillé le fuperflu du métal , & vous ef-fuyerez bien les parties du verre ou il n’y en a point.
- Si vous trouvez trop de difficulté à manier ces feuilles de cuivre , pour les arranger & les étendre ain-fi; mettez en leur place une feuille d’étain , avec de la colle de poiflon très-claire.
- r. Quand vous voudrez percer un morceau de carton ou un cahier de papier à lettres avec le feu électrique, & faire voir que dans l’expérience de Leyde, il y a deux traits de matière enflammée qui agiflent en fens contraires l’un de l’autre ; vous placerez votre carreau de verre , fur un fupport de métal qui fera ifolé, fur une platine de cuivre, par exemple, de trois ou quatre pouces de diamètre qui aura une tige de même métal , & que vous ferez porter à l’aide
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- Sur les Expériences, 509 d’un bouchon de liege,par une bouteille à vin bien feche en dedans SC en dehors; vous ferez communiquer cette platine, par un bout de chaîne, avec le premier condudeur. Vous placerez votre morceau de carton ou votre cahier de papier au milieu de la face fupérieure du verre ; vous appuyerez delfus l’arc condudeur, qui fera fait d’un gros fil de fer tourné en volute parles deux bouts, & vous ferez agir le globe ; quand vous verrez étinceler Je métal qui enduit le verre , ou que vous apperce-vrez des franges de matière enflammées aux bords de ce métal , vous approcherez brufquement le bout fupérieur de l’arc, vers la chaîne, ou vers le condudeur, fans le toucher, & alors vous aurez ce qu’on appelle l'étincelle foudroyante ; il y aura au carton un ou deux trous, dont les bavures feront en fens contraires les unes des autres.
- Lorfque vous aurez fait des expériences avec ce carreau , ne. l’enlevez pas en touchant le métal 5 par-defTus & par-deffous ; car il pour-roit être encore chargé , & il vous
- Y v üj
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- ' $io Avis particuliers pincerait d’une façon très-doulou-reufe ; il n’y a aucun danger à le toucher par les bords qui font nuds.
- Enfin quand l’éleâricité fera un peu forte, vous ferez fort bren l’expé-rience deLeyde, en touchant d’une main le matras vuide d’air, Sc élec-trifé , dont j’ai parlé pag. qjS , & en tirant une éteincelle du conducteur avec l’autre main.
- Huitième & neuvième Faits.
- ....... g Les expériences d’où réfultent
- i ces aeux ^a‘ts> f°nt m>eux avec
- m!stâiôn. des globes de fept à huit pouces de Au.n. diamètre qu’avec de plus grands. Mais comme il faut y faire le vuide, il efl néceffaire que l’un des deux goulots foit bouché à demeure, avec un tampon de liege & du mafiic fondu par-deflùs. Il efl pareillement indifpenfable qu’il y ait à l’autre goulot un bon robinet, qui s’adapte à la machine pneumatique , & dont l’orifice le bouche enfuite avec une vis à tête large, au centre de laquelle il y ait un .creux pour recevoir la pointe de la poupce , & que le tout foit bien centré pour tourner ron-
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- sur les Expériences, jii dement. Kcyef la Fig. 3. à la lettre G..
- La poulie du globe fimplement dégroftie fera donc montée fur une virole de cuivre dont le fond reliera à découvert; vous chercherez fur ce fond le centre de la rotation du globe, quand la virole fera mafli-quée au goulot , en préfentant la piece entre les deux pointes du tour : là vous percerez & tarauderez le trou qui recevra le robinet ; vous l’y placerez avec un anneau de cuir interpolé, pour empêcher que l’air ne puiife entrer ni fortir par cette jonction ; vous fermerez 1 orifice du robinet avec la vis dont j’ai parlé , & vous y marquerez le centre de laro -tâtlon, que vous creuferez avec un foret qui faffe une cavité conique ; après quoi vous achèverez détourner la poulie , & le bois qui recouvre l’autre goulot.
- Un de ces deux globes doit être enduit de cire d’Efpagne en dedans, & c’ell par là qu’il faut commencer avant de garnir fes pôles. Ayant donc bouché avec du liege l’un de fes deux goulots, vous ferez entrer par l’autre, trois ou quatre onces de Vviv
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- yi? Avis ïarticuuers bonne cire d’Efpagne concaffée & non pulvérifée : vous préfentercz le verre au-deffus d’un réchaud plein de charbons allumés , en le faifant tourner lentement pour l’échauffer par-tout également, & en tenant le goulot bouché plus bas que l’autre, afin que la cire en fe fondant, n’en-duife pas le globe beaucoup au delà de l'on équateur ; quand vous ap-percevrez que toute la cire eft fondue , vous cefferez de la chauffer, mais vous continuerez de tourner le globe jufqu’à ce que tout foit réfroi-di, en relevant un peu plus le goulot bouché ; & vous ferez en forte , que l’enduit foit autant qu’il fera poffible, d’une égale épaiffeur partout & qu’il s’avance de deux bons travers de doigts au-delà de l’équateur, vers le goulot ouvert : le relie fe fera comme je l’ai dit ci-devant:
- Il ne fera pas néceffaire de faire tourner , le globe non enduit, pour le rendre lumineux en dedans : vous pourrez même vous en épargner la dépenfe , car vous aurez le même effet avec un matras mince purgé d’air, & fcellé hermétiquement.
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- Sv» IBS Expérikhces. y IJ
- Onzième Fait.
- Au 11 b u d’un couffin attaché ?L avec deux bouts de chaîne aux deux b. s 1 ' poupées, pour frotter contre le globe , il fera plus fimple & plus commode de faire frotter le verre d’une main par un homme ifolé , & de lui faire tenir un fer pointu dans l’autre main , ou de faire fortir cette pointe de fa perruque ou de fes cheveux , s’il eft néceflaire qu’il frotte avec les deux mains.
- Treizième Fait.
- Vous vous fervirez dans cette n!J. r,s. expérience, d’un condudeur qui aitc ,H. fix à fept pieds de longueur, & des extrémités duquel vous ferez defeen-dre fur chaque globe, une chaîne de fer dont le dernier anneau foit de part & d’autre à huit ou dix lignes de diftance de l’équateur ; vous placerez fur le milieu du condudeur, un fil de cotton dont les deux bouts pendent librement, & parallèlement, delà longueur d’un pied ou environ.
- Il ne fera pas néceflaire que vous ayiezdeux machines éledrjques; il
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- yi4 Avis particuliers
- fuffira que l’un de vos deux globes ait une poulie à deux gorges parallèles; il communiquera parune corde fans fin, de foie, fon mouvement à l’aurre, qui fera afiu'etti avec fes poupées fur un banc quelconque ; il eft à propos que les gorges des poulies foient égales en diamètre , & que les deux globes, celui de foufre & celui de verre, foient à-peu-près de même grandeur ; il faudra répéter plulieurs fois cette expérience, & que les deux perfonnes qui frottent, paffent alternativement d’un globe à l’autre.
- Voilà de quoi guider les perfonnes qui ne voudront que répéter les expériences des deux dernieres Leçons; celles qui voudront en faire davantage pourront confnlter, mon EJjai fur VEleSricité des Corps ; mes Recherches fur les caufes particulières des phénomènes eleüriquts , & mes Lettres fur l'EleBricité : toutes les manipula tjons y font expliquées , & rendues par des figures gravées , d’après lef-quelles il fera aifé de préparer les expériences.
- Fin du Tome Troifeme.
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- Fautes a corriger,
- T âge.
- Tome Troifizme.
- Ligne, au lieu de
- lifez.
- H , 17 ,
- »3 > 16 ,
- 91 > 21 ,
- 103 , en n-
- 108 , IT ,
- 10 9 t 16,
- 2! J. , 20 ,
- *'3> 8 ,
- **4 , 21 ,
- 14 9 , 2 »
- î8z, n,
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- Ibid. 17 y
- IO ,
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- ces...........................fes.
- après le mot opération , mettez :
- arge
- C.
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- difpofées. . travaillé. . un fort. . • placé. • . .
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- oppotes. .
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- , l’intérieur.
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- . . fuppofé. , travaillés. . une forte, . . placée. . . . une. . . . qu’il. . • . route. . . . tenir. . . ; . une. oppofées.
- es Fl. m ajoutez Fi,
- apres i Fig. N.
- l’un. . . .
- continuez.
- .... l'une, continuerez. z le met £ur,
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- TABLE
- DES MATIERES
- Contenues dansletroifieme Volume.
- TROISIEME PARTIE.
- Contenant des Avis particu-l ers fur tes Expériences des Leçons de Phyftque.
- Suite des Avis fur la dixième Le font
- f eptU'.mf Expérience de la première St'Ciion, fage ir
- Fontaine d’Heron en verre, i.
- Pompe à réfèrvoir d’air. 4.
- Machine à condenfêr l’air. 10;
- Huitième expérience. io.
- Fontaine de dilatation, ibid.
- Neuvième expérience, si*
- Thermomètre d’air, ilii«,
- Dixième & onzième expériences, ni Animaux dans le vuide. ibid.
- Ventilateurs. 2 6.
- Douzième & treizième expériences. 27. Différentes maniérés de tenter des inflamma*^ tions dans le vuide. idid.
- Quatorzième expérience. 31
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- DES MATIERES, yX%
- Quinzième & feizieme expériences. 3$. Ebullitions dans le vuide. 34.
- Dix feptieme & dix-huitieme expériences. 3 fi Air régénéré ibid.
- Dix-neuvieme & vingtième expériences. 36.; Avis concernant la onzième Leçon• 'Avis fur l’Article I. de la fécondé Settion. 37. Avis fur l’Article IL de lafeçonde Seftjw, 3 9, Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 41.
- Troifieme expérience. 41.
- Réveil dans le vuide. ibid.
- Quatrième expérience,. 43.
- Réveil à plonger dans l'eau, ibid*
- Cinquième expérience. 47.
- Sonnette dans l’air comprimé* ibid»
- Le porte-voix. 49.
- OrejUle artificielle, fi.
- Cornets acouûiques. ibid.
- Sixième expérience, ti.
- Le fônométre, ibid.
- Machines pour connoître la direétion & la force du vent. 6q.
- Avis concernant la douzième Leçon•
- 'Avis fur la première Seâtion. 64.
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 6f.
- Troifieme expérience. 69,
- Digelîeur ou machine pour amolir les os. ibick Quatrième, cinquième & fixieme exp, 8t. Avis fur lafeçonde SeCiion, 83.
- Septième expérience! Vapeur dilatée, ibid. Huitième expérience. Eolipyle à recul. 8f« La pompe à feu. 87.
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- y,8 TABLE
- Première , deuxieme & troifîeme exp. ibid.
- Avis concernant la treizième Leçon•
- Avis fur la féconde Seftion, 100,
- Première expérience, ibtd.
- Seconde expérience. 101.
- Troifîeme expérience, ibid.
- Machine pour enflammer le bois 'par frotte-
- Quatrieme expérience. 103.
- Cinquième expérience, ibid. .
- Moyens de faire voir la pénétration de I ea« dans l’efprit-de-vin. 104.
- Sixième expérience, iof.
- Inflammation des huiles effentielles. ibid. Septième expérience. to£.
- Inflammation parla chaux vive. 107. .Huitième expérience, ibid.
- Machine pour faire voir comment les miroirs concaves. rafiemblent les rayons folaires» t 08.
- Neuvième expérience. 1 io«
- Dixième expérience. 111.
- Lentille d’eau propre à raflembler les rayons du foleil. 112.
- Lentille de glace, propre au même effet. 11 Miroirs concaves de cartons dorés. 116. Miroirs de plâtre dorés. 124.
- Avis concernant la quatorzième Leçon.
- Avis fur la troijîeme SeCiion. 12 6.
- Première expérience. Dilatation du verre# ibid.
- Seconde expérience.Dilation des métaux. 128# Py rom êtres, de deux fortes, ibid.
- Machine, pour faire voir qu’un infiniment à cordes fe dérange par le froid & par le
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- DES MATIERES, yij
- chaud, quand les cordes l'ont faites de différentes métaux. 144.
- Troifieme expérience. 14?.
- Thermomètres d’elprit-de-vin, & de mercure en grand & en petit, lelon les principes de M. de Reaumur. 146.
- IV, V, VI, VII, & VIII, expériences. 18*. Avis fur la quatrième Se£îion. 188.
- Première expérience, ibid.
- Fourneau ou alembic de lampe. 185»;
- Seconde expérience. 201.
- Troifieme expérience. 102.
- RefroidilTements artificiels, ibid.
- Larmes de verre , moyens de les éprouvât dans le vuide. 204.
- Av 1 s concernant la quinzième Leçon•
- Avis fur la première Seftion. 206,
- Première, fécondé & troifieme expér.^ ibid. . Machine pour prouver qu’un corps élaftique * peut recevoir en même temps deux mouvements avec des direâions différentes & les tranlmettre à des corps leniblables. 207. Avis fur f Article. I. de la fécondé Seftion.' 09* Première expérience. Sur les -mouvement* direâs de la lumière ibid.
- Appareil pour les expériences fur la lumière; ibid.
- Seconde expérience. 204.
- Nouvel appareil, pour cette expérience, ibid• Troifieme expérience.’ 230.
- Quatrième expérience. 23 t.
- GEil de veau préparé, pour faire voir au fond,' les objets extérieurs. 233.
- Moyen de faire voir les objets extérieurs dans une chambre privée de lumière. 2,4.
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- y 26 TABLE
- Arts concernant la fei^ieme Leçon: 'Avis fur F Article IL de la fécondé Settion. 23 f. Première expérience, ibid.
- 'Appareil pour les expériences de catoptri-que. ibid.
- Seconde, troifîeme & quatrième exp. 240* Machine compolee de deux miroirs plans qui le joignent à angle droit. 242.
- Miroir prifmatique & lès cartons. 244; .
- Miroir pyramidal quarré & lès cartons. 2^3* Cinquième, fîxieme & lèptieme expér.257. Miroirs Iphériques convexes , de deux Ibr-tes. 2j8.
- Huitième, neuvième & dixième expér. ibid« Effet curieux-du miroir concave. 262,
- Miroirs cylindrique, & conique. 263.
- Maniéré de conftruire ces miroirs , & de de£ fîner leurs canons. 264.
- 1Avis fur l’Article III. de la fécondé Seftiçn, *70 « Première expérience, ibid.
- Appareil pour les expériences de dioptrique* ibid.
- Seconde expérience. 272;
- Troifîeme expérience. 274»
- Quatrième expérience. 27 J.
- Verres à facettes. 27 6.
- Cinquième, fîxieme & lèptieme expér. ibid. Bocal Iphérique, maniéré de l’employer. 277* Verres lenticulaires, leurs montures. 278. Effets curieux du verre lenticulaire, ibid. Huitième , neuvième & dixième expér. 27pi Verre concave, maniéré de déméler lès ef-i “ fets. *80.
- Avis concernant la dîx-feptieme Leçon: Avis fur F Article I. de la troifîeme Sefîion, 181 • Première expérience* ibid•
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- DES MATIERES, jai
- Appareil pour les expériences des couleurs prismatiques, ibid.
- Seconde & troifîeme expériences. 183.
- Quatrième expérience, ibid.
- Cinquième expérience. ,184.
- Sixième expérience. 18 y.
- Septième expérience. 286.
- Huitième, neuvième & dixième expér. ibid.
- Onzième expérience. 287.
- Différentes maniérés d’imiter l’arc-en-ciel ibid.
- Avis fur l'art, II. de la troifîeme Sett. 18 8,
- Première expérience, ibid.
- Seconde expérience. 28p.
- Troifîeme & quatrième expérience, ibid.
- Avis fur l'Art. I. de la quatrième SeClion. 2 p®i
- Première expérience, ibid.
- L’œil artificiel, ibid.
- Maniéré de diffequer l’œil de Bœuf ou de Veau. 1P3.
- Anneau fufpendu, pour prouver que le croî-(èment des axes optiques , nous aide à juger de la diflance de l’objet, quand elle n’eft pas bien grande, zpf.
- Lunette à mettre fur le nez , tant concaves } que convexes. 196.
- Chambres oblcures , polémofcopes. 197.
- Curiofîtés , perlpedives , optiques. 305.
- Téiefcopes & lunettes d’approche. 30S.
- Lunettes achromatiques. 3 cp.
- Microfcopes fîmples & compofés. 31t.
- Lanternes magiques , à la lampe & au foleil 33?.
- Maniéré de peindre les bandes de verre pou la lenterne magique. 34?.
- Figures à mouvements pour la lanterne magique. ibid.
- Microfcope (blaire. .351,
- Tome III. X x
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- S22 TABLE
- Préparation des objets pour le mieroféoPe ïolaire. 358.
- Ans concernant la dix-huitieme. Leçon*
- Avis fur ta première SeCtion, 561.
- Première opération du planétaire, ibid. ConftruéHon du planétaire, ibid.
- Seconde opération du planétaire. %99, Troifieme opération du planétaire. 4co. Quatrième opérarion du planétaire. 401. Cinquième opération du planétaire. 405. Sixième opération du planétaire. 404. Septième & huitième opération du planétaire. 407*
- Avis fur ta fécondé SeClion. 414.
- Neuvième opération du planétaire, ibid.
- Ans concernant la dix-neuviemt Leçon• Première & féconde expériences. 4*8. Troifieme & quatrième, expériences. 414. Cinquième expérience. 4: 8.
- Sixième expérience. 431.
- Bouflole des marins, ou compas de mer 433. Aiguille d’obférvation. 440.
- Septième expérience. 442.
- lîuitieme, neuvième & dixième expér. 443.
- Ans concernant la vingtième Leçon. Avis fur l*article l.de la premie/e SeClion., 445* Première & féconde expériences, ibid. Machines de rotation pour les expériences élec-„ triques. 448.
- Supports pour les condu&eurs. 460. Condu&eur aflorti de différentes pièces 46%. Troifieme, quatrième & cinquième expér. 463 . Sixième, féptieme & huitième expér. 4 6?. 'Neuvième expérience. 466.
- Avis fm rarticle JT. de la première SeClion, ibid Première & fécondé expériences, ibid»
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- DES. MATIERES.
- Troifieme expérience, ibid.
- Différentes maniérés d’ifoler les corps qu’on veut éledrifér. ibid.
- Avisfur l’article III. de la première Seôlion. 472. Quatrième, cinquième, fîxieme , feptieme & huitième expériences. 47 j.
- Avis fur la fécondé SeÛion. 478.
- Première, féconde & troifieme expér. ibid. Quatrième , cinquième 8c fîxieme expér. ibid. Septième & huitième expériences. 47p. Conflrudion des globes & cylindres de fou-fre. ibid.
- Neuvième & dixième expériences. 48/1. Onzième expérience, ibid.
- Douzième & treizi-me expériences, ibid. Quatorzième expérience. 48$.
- Quinzième & féizieme expériences. 486. Dix-feptieme, dix-huitieme & dix-neuvieme expériences, ibid.
- Vingtième expérience, ibid.
- Vingt-unieme expérience. 487.
- Conflrudion des condudeurs de grand volu-
- Vingt-deuxieme expérience. 492. Vingt-troifîeme , vingt-quatrieme & vingt-cinquieme expériences, ibid.
- Vingt-fîxieme & vingt-leptieme expér. 49?* Ans c oncernant la vingt-unitme Leçon* Faits de la première claffe , cinquième Fait»
- 494* .
- Huitième fait. 49?.
- Onzième fait. 497.
- Treizième & quatorzième faits. 499. Quinzième fait. ibid.
- Faits de la féconde claffe, quatrième fait. ?or. Sixième fait. 504.
- X xij
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- J24 TABLE
- Septième fait, $of.
- Huitième & neuvième faits. J loi Onzième fait. 513.
- JTrezieme fait. ibi<L.
- Fin de la Table du troijîeme Volume;
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- EXTRAIT DES REGISTRES de l’Académie Royale des Sciences.
- Du x Septembre 1769.
- Mk. B Rts s on & moi, ^ui avions été nommés pour examiner un ouvra-w M. l’Abbé Nollet , intitulé : Art det Expériences, ou Avis aux Amateurs de laPhy-fiquey fur le choix, la confiruÜion & l’ufage des Jnjlruments , fur la préparation & fur l’emploi des Drogues qui fervent aux Expériences ; en ayant fait notre rapport , l’Académie a jugé cet Ouvrage digne de l’impreflion ; en foi de quoi j’ai ngné le préfent Certificat. A Paris * le 2 Septembre 176p.
- GRANDJEAN DE FOUCHY, Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences.
- PRIVILEGE DU ROI.
- T OU7S, par la grâce de Dieu , Roi de 1 _j France & de Navarre, à nos amés SC féaux Confeillers, les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand - Confeil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux , leurs Lieutenant Civils , & autres nos Jufticiers qu’il appartiendra: Salut. Nosbien-amés les Membres de l’Académie Royale des Sciences de nctre bonne Ville de Paris , Nous ont
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- fait expofèf qu’ïls atiroîent befoin de no» Lettres de Privilège pour l’impreflion de leur» Ouvrages :A ces causes, voulant favorablement traiter les Expofants, Nous leur avons permis & permettons par ces Préfentes ,. de faire imprimer par tel Imprimeur qu’ils voudront choifir , toutes les Recherches ou Obfervations journalières, ou Relations annuelles de tout ce qui aura été fait dans les Afiemblées de ladite Académie Royale des Sciences ,les Ouvrages, Traités ou Mémoires de chacun des Particuliers qui la compo-fènt, & généralement tout ce que ladite Académie voudra faire paroître, après avoir fait examinerlefdits Ouvrages , & qu’ils feront jugés dignes de l’impreflion, en tels volumes , forme , marge, carafteres, conjointement ou féparément, & autant de fois que bon leur fèmblera, & de les faire vendre & débiter par tout notre Royaume, pendant le temps de vingt années confécutives , à compter du jour de la date des Préfentes; fans toutefois qu’à l’occafîon des Ouvrages ci -deffus fpécifié's, il puiife en être imprimé d’autres qui ne foient pas de ladite Académie : Faifons défenfes à toutes fortes de perfonnes, de quelque qualité & condition qu’elles foient , d’en introduire «l’impreflion étrangère dans aucun lieu de notre obéiflance; comme aufli à tous Libraires & Imprimeurs d’imprimer ou faire imprimer , vendre, faire vendre, & débiter.lelüits Ouvrages , en tout ou en partie, & d’en faire aucunes traduâions ou extraits , foui quelque prétexte que ce puifle être , fans la permiflïon exprefTe & par écrit defdits Expofans,ou de ceux qui auront droit d’eux ; à peine de cou-Ælcatiou des Exemplaires contrefaits, de trois
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- mille livres d’amende contre.chacun des Contrevenants; dont un tiers à Nous, un ti.ers à l’Hôtel-Dieu de Paris, & l’autre tiers auxdits Expofens , ou à celui qui aura droit d’eux, & de tous dépens, dommages & intérêts ; à la charge que ces Préfentes feront enregistrées tout au long fer le Regiftre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , dans trois mois de la date d’icelles ; que l impreflïon defe dits Ouvrages fera faite dans notre Royaume & non ailleurs, en bon papier & beaux ca-raéteres , conformément aux Réglements de la Librairie ; qu’avant de les expofer en vente , les Manuferits ou imprimés, qui auront fervi de copie à l’impreflion defdirs Ouvrages , feront remis ès main» de notre très-cher & féal Chevalier le fleur Daguesseau, Chancelier de France , Commandeur de nos Ordres & qu’il en fera enfeite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique, un en celle de notre Château du Louvre, & un en celle de notredït très-cher & féal Chevalier le fleur Daguesseau , Chancelier de France, le tout à peine de nullité defdites Préfentes du contenu desquelles vous mandons' & enjoignons de faire jouir lefdits Expofâns SC leurs ayanscaufe, pleinement & paiflblement, fans fouffrir qu’il leur Soit fait aucun* trouble ou empêchement. Voulons que la copie des ’Préfentes, qui fera imprimée tout au long , au commencement ou à la fin defeits Ouvrages, foit tenue pour duement flgnifiée ; & qu’aux copies collationnées par l’un de nos amés & féaux Confeillers & Secrétaires, foi foit ajoutée comme à l’original : commandons au premier notre Huiffier ou Sergent fur ce ïequis, de faire pour l’exécution d’icelles »,
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- tous a&es requis Sc néceffaires, fans demander1 autre permiiïion , & nonobftant Clameur de Haro, Charte Normande, & Lettres à ce contraires. Car tel eft notre plailïr. Donné à Paris ledix-neuvieme jour du mois de Mars, l’an de grâce mil fèpt cens cinquante , & de notre régné le trente-cinquieme. Par le Roi en fon Confeil.
- Signé, M O L.
- Regijtré fur le RegiJlreXlI. delà Chambré Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Taris, N. 430 , folio 30.9 » conformément au Réglement de 17x3 , qui fait défenfes, article 4, à toutes perfonnes , de quelque qualité qu'elles foient, autres que les Libraires & Imprimeurs , de vendre, débiter & faire afficher aucuns Livres pour les vendre, foit qu'ils s'en difent les Auteurs ou autrement, à la charge de fournir à la fufdite Chambre huit exemplaires de chacun , prefcrits par l’art, 108 du mêmfi Réglement, A Paris le 5 Juin 1750.
- Signé , LE GRAS, Syndic.
- J’ai cédé à M. P. E. G, Durand neveu ; Libraire, rue Saint Jacques, à Paris, mon droit au Privilège de l’Académie , pour l’Ouvrage intitulé : T Art des Expériences , ou Avis aux Amateurs de la Phyfque , &c. füivant les conventions faites entre nons. A Paris le 16 De?; cembre 1768. J. A, NOLLET.
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- CATALOGUE
- DES LIVRES DU FONDS
- De Durand , Neveu , Libraire , rue S. Jacques, à la SagelTe.
- A PARIS, 1770.
- i^^6A the & Ifidore, Roman, par Madame Benoît, 1768, z vol.br. 3. I,
- Anecdotes ou Mémoires hifloriques 8c critique» -des Reines & Régentes de France * * par M. Dreux du Radier, 8 vol. in-1 z, reliés en 4. 1 z 1.
- 'Abrégé des dix Livres d’Àrchiteéture de Vitruve y 1. vol. in-1 z. avec figures. z 1. t 0 H
- Amulêmens de la Raifbn par M. l’Abbé Serait de la Tour , in-8°. z. vol. 17 $ 5 1.
- *Reaux-arts (les )réduits à un même principe,’ par l’Abbé le Batteux, 1 vol. in-4°. ni. Idem, in 8. 3 1.
- (Considérations (ùr les Mœurs de ce Siècle J par M. Duclos, de l’Académie Françoilê, ii vol. in- ii cinquième édition, 1767. 2 I. 10 f.
- .....du même, Mémoire pour fervir à l’Hifioire
- du XVIIIe Siècle,, nouvelle édition, vol in-iz.
- Z U JO Ç
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- Cours de Mathématique , par feu M. Camus de l’Académie Royale des Sciences , 4. vol.
- ••Ài-fr*. contenant' les Élémens d’Arithmétique, 1 vol, de Géométrie théorique & pratique,! vol. & de Méchanique Statique, z vol. fe vend en feuilles 10. liv. broché 11 liv. relié en bafanne z'f liv, relié en veau z6* liv.
- De la nature des Biens des anciens Romains, & de leurs différentes Méthodes de procéder aux Suffrages , julqu’à l’Empire d’Augufte , par M. il Heguerti , Comte de Magnieres , de la Société Royale des Sciences & des Arts de Nancy, 1769 , î. vol. br. i 1. 4 (Z
- Dieu, Ode, par M. Feutry, une feuille in-40.
- \j66. 6 C.
- Differtation for la Glace, ou Explication Phy-lique de la formation de la Glace, &. de les Phénomènes , par M. Dortoùs de Mayran, Imprimerie Royale, 1 vol. in-iz. 1740» $ 1»
- T^Iltsabeth , Roman en forme de lettres , par Madame Benoit, 4 vol. in-n. 1766, 7I,
- Ecole de l’Amitié(P) , Roman, a vol. il. 10 £ Elémens de l’Hilloire de France, depuis l’établifle*» ment de la Monarchie , julqu’à la'fin du Régne de Louis XIV, par M. l’Abbé Millot , ancien grand Vicaire de Lyon , Prédicateur ordinaire du Roi > desAcad.de Lyon & de Nancy, a vol. in-tz. 1767. , S J*
- Elémens de l’Hilloire d’Angleterre, depuis fonori-
- fine fous les Romains, julqu’à la fin du Régne e GeorgeI, ÿar le même, 3 vol. in-i z, 1768# 9 liv.
- £mile Chrétien ou De l’Education, par M. C * ï **
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- de Lévêfon , Licencié en la Sacrée Faculté de Paris, a vol.in-n. 176?. ç 1.
- Efjjrit des Maximes politiques, pour (èrvir de fuite à l’Elprit desLoix, par M.Pecquet, in-40. rel. 8.1.
- — - «••Idem , a vol. in-1 a. fous-prejj'e.
- Efîai Hiftorique & Philofbphique , (ur les princi-j paux ridicules des différentes Nations , par M. G. Dourxigné-t in-i 2.1766. a 1.10 C
- Eflài fur l’amélioration des Terres, par patulo , in- la. 2I.10 C
- Effai fur l’Education de la NoblefTe, par M. le Chevalier de * * *. a vol. in-12. 51.
- — .—Le même, in-4". a t'o/. 15 I;
- Eflài fur les Pafïions & leurs caraâeres, in-1 a, a
- W. La Haye, 1747. fl.
- Expofition du Calcul Agronomique, pour lêrvir d’introdudion à l’intelligence de la Connoiflan-ce des Temps , par M. de Lalande, de l’Acadé-* mie des Sciences, 1 vol.in-Imprim. Royale.
- 41* îo f.
- . Explication des découvertes philo&phiques de M. le Chevalier Newton, par M. Maclaurin, de l’Académie-Roy ale de Londres, traduit de l’An-glois, par M. Lavirotte, 1 vol. in-40. fig, relié*
- 10 1.
- H istoire de la réunion de la Bretagne à la France, où l’on trouve des Anecdotes fur la Princeflè Anne , fille de François II, dernier Duc de Bretagne, femme des Rois Cha-les VIII & Louis XII, par M. l’Abbé Yrail, 1 vol. in~ 12. 1764. _ a 1. 10 C
- Hiftoire du Minijlere du Chevalier Robert Walpolly devenu Miniftre d’Angleterre, & Comte d’Ox-ford, $ vol. in-12. 1764. 7 I. 10 C.
- Hiftoire du Traité de Weftphalie, ou des Négociations qui le firent à Munfter & à 01ha<-
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- brüg ’pour établir la Paix entre toutes les PuiÉ lances de l’Europe , compofée principalement fur les Mémoires de la Cour & des Plénipotentiaires de France, par le P. Bougeant, nouv. édit. 3 vol. â*-4\ 1766. 30 I.
- Hifioire de Miff Honora , ou le Vice dupe de lui-même, Trad, de VAnglais, 4 vol. in-12.
- _ 81.
- Hifioire naturelle & civile de la Californie, contenant une Delcription exade de ce Pays, de (on loi, de lès montagnes, lacs, rivières & mers ; deiès animaux végétaux, minéraux, & de (h fa-meule pêcherie de perles ; les mœurs de lès habitans , leur religion, leur gouvernement & façon de vivre, avec leur converlïon au Chri£ tianilme, un détail de différens voyages , & tentatives qu’on y a faits pour s’y établir, & four reconnoître Ion Golfe du côté de la Mer du Sud., enrichie de la Carte du Pays & Mers adjacentes, % vol. in 12. 1767. • 7I. tof
- Hifioire abrégée des Inlèdes , par M. Gcofroy , Dodeur en Médecine , % vol. in-4''. avec x 5 figures en taille douce, 1764. 24 1.
- Hifioire des quatre dernières années du Régne de la Reine Anne d’Angleterre, contenant les Négociations de la Paix d’Utrecht, 8c les démêlés qu’elle occafîonna en Angleterre , Ouvrage pofihume du Dodeur Jonathan Swift, Doyen de S*. Patrice, en Irlande, publié lurun Manu£ crit corrigé de la propre main de l’Auceur , & traduit del’Anglois* 1 vol. in- iz. 1764. 21.10 £
- Imitation des Odes d'Anacréon, tn-ii. vol, il.
- .jette isd’un Philo(ophe lènfible, publiées par M. de la Croix, 176p, br, 1 1.16, f.
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- Lettres Périodiques fur la maniéré de s’enrichir promptement, & de conferver fa famé par la culture des végétaux, 3 vol in-8°. 1 j«l. 8 f.
- Il en paroit tous les ans 2 vol. par foufcription,
- _ 10 1.8 H
- -----Franc de port par la Polie. 16 h
- Lettres périodiques, curieufès , miles , & intérêt-làntes, fur l’avantage, que la Société (Economique peut retirer de la connoifiànce des Animaux , pour fêrvir de fuite aux Lettres fiir les Végétaux, z vol. in-80. . o 1. 8 C.
- •——La continuation, a vol. par an , & parfouf-
- — -Et pour la Province, franc de port. 16 1. Le Jeu des Enfans , in-1 z. broché, 1764 , par M.
- Feutry. l2 f
- Lettre de M... à M. l’Abbé* * *. Profeffeur de Philofophie en l’Univerfîté de Paris , fur la né« ceffité de faire entrer un Cours de Morale dans l’éducation publique, broché. 12 C
- Lettres familières de M. le Fré/ïdent de Montef-.quieu , fécondé édition augmentée de plufîeurs Lettres, & autres Ouvrages du même Auteur qui ne fè trouvent point dans les Editions pré-_ cédentes , 1768 , in-ti. 1 vol. 21. 10 fl
- Lettres du Colonel Talbert, Roman , par Mire Benoit, Auteur d'Elifobeth , 4 vol in-12. 1767,
- Lettre d’Affi à Zurac, 1767.7K-12. 21.10 C
- L’Homme éclairé par fès befoins, in-12 , 1764,
- JVÏfdecine Bour^eoifê & Pratique, ou -harma-cie tirée des Medicamens les plus /impies des trois Régnés, appliquée aux maladies quitljc-gnent communément dans'les Villes, Ouvrage utile à tous les Peres de famille, par M» Bu-choz y fôus-preffe, 1 vol. in-iz, jL
- p.2x5 - vue 555/560
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- Médecine Royale & Pratique , m Pharmacie , ti-... rée des meilleurs Remedes Chymiques, Ouvrage utile à tous les Médecins qui le deftinent à la pratique, par M. Buchoz, i vol. in-1 z ,-lous.-prelfe, 1770. # 3
- Méditations pour lèrvir à une Retraite, loit annuelle, (oit d’un jour ou par mois, pour les per-fonnes conlàcréesà Dieu, nouv. édit, revue & augmentée par M. Collet, 1769.1 vol. in-11.31. Mémoire de Vidoire, par M. de là Croix, 1 vol. br.
- 1769. il-.iof-
- Mémoires du Chevalier de Gonthieu , a vol. in-12.
- 1766. m , 3 *•
- Mémoires Géographiques,Phyfîques& Hiftorîques
- des différentes Contrées d’Afïe, d’Afrique & d’Amérique , connues parles Millionnaires Jéfîiites; extraits du Recueil des Lettres Edifiantes & des Mijfions du Levant, par M. de Surgy, 4 vol. in-12,
- 1767. , . \° !•
- Mémoires Géographiques, Phylîques & Hifto-riques fur la petite Tartarie, l’Arménie , l’Egypte, la Syrie & Ja Paleftine, tirés du Recueil des Mijfions. du Levant, publiés par les J é luîtes, Tome V , VI & derniers 3 fous-pejfe. 6 1.
- <TLuvres de M. de Mauÿcrtitis. Allronomie Nautique , in-8\ 1 vol. 4 I.
- Difcours Académiques, in-iz. 1 vol. 2 1.
- Lettres /«-ta. 1 vol. a 1.
- Eflai de Colmôlogie, in-8°. 1 vol. 7, 1.
- in-8. grand grand papier, al. 101. Efîais de Philolophie morale , in-80• 1 vol. zl. Venus phylique , in-12.1 vol. 2 1«
- vEÜLuvris de Boileau, 2 vol. in-^°. a reliés en Veau , dorés fur tranche. -—Les mêmes, a vol. in-40, avec Fig. 1
- * Ftg.
- 36l. 1 Veau.
- p.2x6 - vue 556/560
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- »....Les memes , i ml. in 4\fans Fig. emVeatr»
- 301.
- Œuvres d« même, fous-prefle, 5 vol. in-8.
- -Les memes, z x'o/. grand in-1z. 61.
- -----Les mêmes, 3 vol. in- iz, petit format. 6 1.
- •------------------- vol. petit pap. fans Noies. 4 1.
- —--------------;— i vol. petit format. z 1.
- Boleana ozi Bons Mots de M. Boileau avec les Poé-fîes de Sanlecque , 1 vol. in-1 z, il.
- Terilluftris Viri Nie.*Boileau Defpreaux Opéra , è Gallicis numeris in Latinos tranjlata, à D. Go-deau , antiquo Redore Univerfitatis Studii Pari-JienJts , ; vol. in-12. z 1. fo £
- Leçons dePhyfîque Expérimentale , 6 vol. in-'zi en feuilles. ifl.
- Les mêmes, 6 vol. brochés. 15 1. J 5 £
- Les mêmes, 6 vol. reliés. 11 1.
- Eflais fur l’Eieâricité des corps en feuilles z 1.5 f
- ------Le même, broché, 2 1. 7 H
- — Le même relié, _ 3 1.
- Recherches fur lès caufes particulières des Phénomènes Electriques , & furiles efiets nuifibles ou avantageux qu’on peut en attendre , 1 vol. in* 12. en feuilles, zLioi.
- broché, 1 !• J * £
- re/zV*, 3I.10L
- Lettres fur l’Eleétriciré, dans tefquelles on examine les découvertes qui ont etc faites for cette matière , depuis l’année 175Z, & les sonfoquences que l’on peut en tirer , avec figures en taille-douce , 3 vol. in- 22. en feuilles, 6 1. t 5 u
- brochés 7 1.1 C
- reliés, 9 L
- p.2x7 - vue 557/560
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- . (8)
- Art (F) des Expériences ou Avis aux Amareur» de la Phyfîque , fur le choix, la conftru&ion & l'ufàge des Inftrumens, & fur la préparation 8c Femploi des Drogues , qui (èrvent aux Expériences, pour (èrvir de Élite aux Leçons de Phy-fique expérimentale ; par M. FAbbe Nollet, de FAccadémie des Sciences , 3 vol. in 1 i , j%. 1770 br. 7 I* 17 F. 6 d.
- [ relié en veau, 1 o 1. 10 H
- Œuvres de M. l'Abbé Raynal.
- Ecole Militaire , compofée par ordre du Gouvernement , 3 vol. in-11. veau. 7 !• 10 C
- Hiftoire du Stadhoudérat, depuis fon origine juf-qu’à prélènt, 1 vol.in-S 5,1.
- Hiftoire du Parlement d’Angleterre, nouvelle édition revue , corrigée-#augmentée, 3 vol. in-8-1. 1761. 5 J*
- P iagiats ( les) de Jean-Jacques Roujfeau, Citoyen de Genève, 1766. 1 vol. in-S. 5 1.
- Principes & ulâges des Dixmes, far de Jouy, 1 voir
- üerfiles Littéraires, ou Mémoires pour fer* 'vir à l’Hiftoire de la République des Lettres , depuis Homère julqu’à nos jours, par M. l'Abbé Yrail, 4 vol. in-ix. 10 1>
- J^eiàtion de FInoculation de S. A. R. Ferdinand ^ Prince (Héréditaire de Parme, âgé de 15* ans; faite à Parme le 10 Novembre 1764* feuille de 24 pages. . 6 C.
- «cherches fiirôa Population des Généralités d’Au-ycrgr.e, de Lyon, de Rouen , & de plulîeurs
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- • autres Provinces & Villes du Royaume, avec des Réflexions fur la valeur du bled, tant en Frafice, qu’en Angleterre, depuis 1674, ju£ qu’en 1764, par M. Mejjance, Receveur des Tailles de l'Eleâion de Saint-Étienne , in-4®. relié. 8 1. 10 f.
- Régies pour former un Avocat, nouvelle édition confîdérablement augmentée , par M. Boucher d’drgis, Avocat au Parlement, in-1*. 2 1. to C.
- Recueil des différens Traités de Phyfîque & d’HiG toire naturelle, par M. Dejlandes, 3 vol. in-12,
- 6 1. ÏO Cm
- * Réponlê du Magiflrat de Rouen, à la Lettre d’un Gentilhomme des Etats de Languedoc, fur le Commerce des Bleds, des Farines,& du Pain , in-11,1768. 6f.
- Secrets (les) de la Nature & de l’Art, développés pour les Aiimens, la Médecine, l’Art vétérinaire , & les Arts & Métiers, par M. Bu-c’hoz,Doüeur en Médecine,4vol.in-n , 1770.
- 11 J.
- fjj 'e X T e de la Coutume de Normandie , avec des Notes fur chaque article; on y a joint les ob-fervations far les ulàges locaux de la Province de Normandie, & les articles & placites du Parlement de Rouen , par M. N... 1766 , in-n» 2 1. îof»
- Teflament du Cardinal Albéroni, /«-i 2. 11.10 Ç o Y A G e s de Chapelle & de Bachaumont, avec les Poélîes du Chevalier ÜAceilly, in-12. 2 1.
- Vie de Saint. Jean de la Croix , premier Carme Déchauffé, & Coopérateur avec Sainte Thérefe, de la Réforme des Carmes, par M. Collet, 1 vol. in 11, i%69* al» 10 C
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- yoyage pîttorefqu'e de la Flandre & du Brabant ; par M. J. B. des Camps, Membre de 1* Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres & Arts de Rouen, 1770,1 vol• in~Bo* orné de Fig* troc, 5 1.4 H relié* 6 L 4 G
- F I N.
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