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Recherches sur les causes particulières des phénomènes électriques
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- RECHERCHES
- SUR LES
- CAUSES PARTICULIERES
- DES
- PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES.
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- ^ WTa z/
- RECHERCHES
- SUR LES
- CAUSES PARTICULIERES
- DES
- PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES.
- Et fur les effets nuifibles ou avantageux qu’on
- peut en attendre.
- Par AI. V Abbé NO LL ET, de H Académie Royale des Sciences , de la Société Royale de Londres , de Hnflitut de Bologne , & Maître de Phyfyue de Monseigneur
- LE DAUPHIN. —
- le. u AU r tïlN, —p.
- &X «J ' ytet , t.s0i/vî<f\
- A P A R I S,
- Chez les Frères Guérin , rue S. Jacques, à S. Thomas d’Aquin.
- ^M. DCC. XLIY*
- Avec Approbation
- & Priv
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- A
- SON ALTESSE ROYALE
- MONSEIGNEUR LE DUC
- DE SAVOYE.
- j ONSEIGNEUR >
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- Vj F. P I T R E.
- être regardé comme unfupplément à mes Leçons de Phyftque Expé-rimentale, quelle a bien voulu-honorer de fa préfence (jr de fort attention : Ccfi moins une offrande que je lui fais , qu’une dette contrariée depuis long-tems, dont je demande la permijjion de m’acquitter; mais fi Votre Altes.se Royale a la bonté de î agréer , à quelque titre que ce fit, j en ferai toujours extrêmement flaté , puifque la leflure de ce Volume, en lui retraçant des Principes dont j’ai eu-thonneur de l’entretenir de vive voix, <ùr en lui préfentam des connoiffances que je crois nouvelles , & félon fin goût , fera revivre en quelque forte , les
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- É P I T R E.
- finitions honorables , que j exerçais il y a dix ans , & dont le fouvenir m’ejl bien cher.
- Vos bontés, MONSEIGNEUR, m’ont mis dans la douce nècejjité d’être reconnoif-fant; mais comment fi aurait-on que je lefitis, fi votre amour pour les Sciences, laproteltim quevous leur accordez, le plaifir que vous prenez à les cultiver vous-même, ne m’avoient mis àportée d’exprimer, quoique faiblement, lejufle fentirhent qui m’anime, en vous confierant le fruit de mes veilles?
- Si le Public à qui jenfaispart, reçoit favorablement mon Ouvrage , & qu’il en tire quelque uti-, lité ; je me fais un grand plai-fir de lui apprendre qu’il le doit a iii j
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- Siij H f ï ï K Ë, prine’ipakmerU'àu : défit Vfê eu de» pouvoir/aire taihommagc convenable auPrinee écMréfsm. lèsOt/pitésPlUquel Oiï’tÂjÿkpar-roîtm érqiM'ifavàtànè Ûfd-me Auteur'dente ta/dede plaire d Vôtre AétKSE Rôya:ê#> fmç^^mrm-y^y's par-te mtifteptmjïfîeï&-k/W!'ôàpd-tle de nie foiré, réufir au gré de ceux qui entendent lé nüew ce ss
- Aije mMqdtce d^Uhet obfitt Permettez,MQNSEIGNË&É,, qüejeme retranchefàè kpremier r p mes lumières,trop faibles nent rieïr produit quiWtdrifr,' nifoDri attention ,iiî-cellédu P%Biti, mes fentimens quelles auraient mal fervi, n en font pas moins tout ce
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- E P I T R E. îx qu’ils doivent, & tout ce qu’ils peuvent être. Abandonnez mon Ouvrage au mépris, s’il le mérite ; mais daignez reconnaître dans le motifqui met a fait entreprendrey le zélé ardent, la reeonnoijjance parfaite , & le profond rejpeft avec lefquels f ai ïhonneur a être pour toute ma vie,
- MONSEIGNEUR, de Votre Altesse Royale
- Le très-humble, très-obéifiànc & très-dévoué Serviteur,
- J. A. NOLLE-TV
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- PRÉFACE.
- PL u s de trois ans * fe font écoulés depuis que j’ai pro-pofé comme la caufe générale des Phénomènes électriques , (effluence & (affluence ftmu/tanées d’une matière fluide , très-fubtilc , fréfente far-tout , & capable dé s’enflammer par le choc de fes propres rayons. L’ouvrage dans lequel j’ai développé cette idée,** s’eft répandu dans nos Provinces , & les Errangers l’ont traduit en leurs Langues : je dois cet hon-neut fans doute au choix de la Matière que j’y ai traitée, parce que tout le monde s’en occupe
- * Mémoire lû à la rentrée publique de ^Académie des Sciences , après Pâque*
- *'* Eflaifiir l’Electricité des Corps, impri-
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- xij PREFACE. aujourd’hui : auflî n’eft-ce point pour en tirer vanitéque je fais cette remarque; mais feulement pour montrer que mon opinion doit être fuffifamment connue. Cette publicité , & lès invitations que j’ai faites aux Phyficiens en gé- 1 néral , & fpécialement à ceux . I qui m’honorent deleurcorrefpon-dance, n’ont fait naître de leur part aucune objeâion a fiez forte pour me faire abandonner mes premières penfées. J’ai recueilli les plus confidérables de ces difficultés dans le premier Difcours : je laifle à penfer au Le£teur,,fi.les Réponfes que j’y ai jointes , me mettent en droit de perféverer dans mon fentiment, ou li ce font les vains efforts de la prévention J & de l’opiniâtreté.
- De mon côté, je me fuis appliqué particulièrement à examiner fi cette théorie pourroit fervir à rendre raifon, non-feulement des
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- PREFACE, xïij principaux Phénomènes, comme il me femble l’avoir fait en la pro-pofant dans mon Effai ; mais encore à expliquer leurs circonftan-ces, & les effets qui en dépendent ; perfuadé que fi le méca-nifme de l’Ele&ricité, étoit véritablement celui que j’avois imaginé , cette première clef me met-troit peu à peu en poffeflion des autres, & me feroit pénétrer plus avant dans le fecret de la nature. On peut donc confidérer ce que contient ce nouveau volume , comme un fécond Effai, dont le fort bon ou mauvais doit achever de décider celui du premier. Si les explications qu’on y trouvera paroiffent plaufibies, comme elles font toujours fondées fur le même principe, je pourrai me flater plus que jamais d’avoir découvert il y a plus de trpis ans, en quoi confifte cet état des corps, pu cette vertu, qu’on nomme
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- /iv PREFACE. Eletfricitè. En un mot, par le dé* gré de folidité qu’on remarquera dans les différentes parties de l’édifice , on jugera de la valeur des fondemens.
- J’ai partagé mon Ouvrage en cinqDifcours, dont chacun à fon objet particulier.
- Le premier contient des Ré-ponfes à quelques Auteurs qui ont écrit fur l’Eleftricité , & qui ont attaqué ma théorie, ou contredit les faits que j’ai publiés ou adoptés : mon deffein n’étoit pas de le faire entrer dans le corps de l’Ouvrage; je voulois feulement en faire une Brochure à part , que j’aurois diflribuée autant que je l’aurois crû néceffaire pour ma défenfe ; mais j’ai cédé aux avis de quelques perfonnes qui ont crû voir dans cette partie des .éclairciffemens dont pourroient profiter d’autres que mes Critiques. C’efi pour la première fois
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- PREFACE. xv
- 3ue je m’effaye dans ce genre 'écrire, & cen’eft pas fans une forte de regret. Quelque confidé-ration, ôc quelque eftime que l’on confèrve pour les perfonnes à qui l’on répond; je fens qu’il eftbien difficile à un Auteur attaqué de fe contenir dans une mo-
- dération exactement philofophi-qué : je ne crois pourtant pas m’en être écarté au point de m attirer des repoches de la part des perfonnes fenfées ; êcl’on peut voir par les expreffions de l’agref-feur, que j’ai toujours rapportées encara&ères italiques, fi les miennes font répréhenfibles ou excu-fabjes. "
- Tout le monde aujourd’hui fe mêle d’éle&rifer, êc de dire fon fentiment fur les queftions qui concernent cette Matière. Il n’en réfulteroit qu’un bien , fi tous ceux qui mettent la main à l’œu-yre, êc qui rendent compte au
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- ,*vj PREFACE,
- Public deleur travail, obfervoient à coup fur j & qu’on pût compter fur ce qu’ils difom avoir vû ; niais ce qui prou ve bien que tout Elettrifeur, n’a pas les yeux ou l’attention d’un bon Phyficien , c’eft que fur le même fait, on entend tous les jours prononcer Je oui & le non. On écrit de Chartres, par exemple,» qu’une » couche de maftic , épaifle feu-» lement de trois ou quatre lignes , » fuffit pour ifoler les corps qu’on .» veut él'eetrifer par comrounica-» tion.* L’on prétend à Londres » que l’éleêlricité d’un fimple lu-» be, ( toujours plus jfoible que » celle d’un globe, ) fe diflipe à "travers d°un gâteau dépareillé » matière, s’il.n’a que a .pouces » d’épailfeur. » ** Pourquoi Jî peu d’accord entre les deux Auteurs ? C’eft aflurément qu’on
- * Nouvelle Differtation fijr rEledricité , par M. Morin.
- ** Recueil de Traités fur FEJeâricité. p. f o
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- T R Pt A CP. xvij a mal obfervé de part ou d’autre; & je fçais bien de quel côté eft l’erreur.
- Je vois avec beaucoup de regret , ces contradidtions fe multiplier de jour en jour, à me-fure qu’il s’élève de nouvelles Ecoles d’Eledtricité. J’appréhende bien que ce qui fembleroit devoir accélérer le progrès de nos connoiflaneesj&les perfectionner, ne faffe qu’obfcurcir des vérités naiiïantes , qui ont à peine germé dans un petit nombre d’efprits» Il feroit peut - être jufte , mais il n’eft pas poflible, d’interdire-cette étude, ou la liberté d’écrire fur cetre matière , à ceux qui s’en acquitenr mal ; il eft, je pen-fe , plus à propos , de leur indiquer les fources d’erreur qu’ils doivent éviter ; ôc é’eft ce que j’ai tâché de faire dans le fécond ôc dans le troifiéme Difcours.
- Après avoir examiné dans l’uny
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- Sviij PREFACE. tous les figues par lefquels ori juge de l’éleêtricité & de fes dif-férens degrés de force ; j’ai fait voir par des exemples, que chacun d’eux, s’il étoit consulté fé-parémenr des autres, feroit capable de nous induire en erreur, ou de nous porter à prononcer des jugemens peu exaàs. Je me fuis propofé de faire connoître dans l’autre > les circonftances qui peuvent augmenter ou affoiblir la vertu électrique ; de forte qu’après la leflure de ces deux Difcours , $ai lieu de: croire qu’un Obferva-teur attentif, pourra juger plus fûrement des Phénomènes électriques , & démêler dans bien des rencontres, ce qui rend les réful-tats fi différens, tandis que les expériences paroilfent être les mêmes à ceux qui- ne les confi-derent qu’en gros.
- Le quatrième ôt le cinquième: Difcours,. contiennent les reches?
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- PREFACE, xix fches que j’ai faites, pour fçavoic quels changemens on pouvoir craindre ou efpérer de caufer dans lés Corps en les éleclrifant ; j’ai porté mes épreuves fur ceux qui font organifés, & fur ceux qui ne le font pas, fur les liquides & fur les folides, afin de tout em-braffer autant qu’il m’étoit poflï-ble. Mais j’avois principalement en vue d’examiner les effets de la Vertu élettrique fur les plantes ôc fur les animaux : mes autres effais n’étoient, pour ainfi dire , que des préliminaires par lefquels je cherchois à entrevoir fans dan-gerou avec moins d’appareil, ce que je pouvois attendre d’une fuite d’Expériences qui devoienr être plus importantes, foit par les fujets que je voulois y appliquer , foit par la dépenfe , le téms , & les foins qu’elles exi-geoienr.
- Je ne le diffimulerai pas ; jamais bij.
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- Sx PREFACE. découverte ne m’a plus daté que celle à laquelle je fuis arrivé pat ce dernier travail. Le pouvoir d’augmenter à fon gré la tranfpi-ration infenfible d’un Corps animé , & de porter cet effet fur tel ou tel membre félon fon choix , ne me paroît pas devoir demeurer inutile, s’il fe trouve des hommes vraiment occupés du foin de guérir les autres , qui ne dédaignent J
- Îas d’effayer cette nouveauté, à ;
- [quelle , d’ailleurs, il n’y a nul danger. Si l’art du Médecin n’en tire pas tout l’avantage qu’elle f paroît promettre entre les mains i du Phyficien, on me pardonnera | du moins de l’avoir efpéré à Caufe ? de la vrai-femblance.
- Après cescihq Diïcours, on trouvera par forme d’AppCndice,-le récit d’un fait tout nouveau r i qui me femble important & inf- 3 truélif en matière d’Eleclricité : 1
- il ne paroîtra peut-être qu’admi-
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- P RE T si C E. xxji râble aux yeux de bien des gens, mais les vrais Connoilïeurs verront bien-tôt que moins merveilleux lui-même qu’il ne le paraît au Vulgaire, ce Phénomène révéle tout le myftere de l’Expérience de Leyde, & qu’il fe range avec elle dans l’ordre des effets ordinaires, en confervant une légère diftinclion.
- Parmi le grand nombre d’Au-teurs qui ont écrit fur l’Eleêlrici-té , il n’eft guéres poffible que plufieurs n’ayent publié comme moi, & même avant moi, des découvertes ou des raifonnemens que j’ai fait entrer dans ce Vo-^rame : quand je l’ai fçû, je n’ai pas manqué de rendre à chacun, la juflice que jê lui devois , en lui confervant fa priorité de date ; mais je n’ai pù en ufer de même à l’égard de ceux dont les Ouvrages ne font point parvenus à j ma connoiffance , ou qui font
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- foij' P R E T A C È. venus trop tard. Si quelqu’un në fe trouve donc pas nommé où il devroit l’être, qu’il ne s’en prenne qu’à la différence des idiomes, ouàla diftance des lieux qui m’ont empêché d’apprendre une partie de ce qui s’eft fait ailleurs.
- En prenant foin de confédéraux autres l’honneur- de leur travail , je ne devois pas m’expofer à perdre le fruit du mien. L’Acadé-naie des Sciences, eft dans l’ufa-ge de ne faire imprimer fes Mémoires qu’au bout de trois ans ; & depuis environ dix-huit mois que je lui ai rendu compte de mes Recherches fur les caufes particulières des Phénomènes éleétri-ques , j’ai vu paroître dans plu-lïeurs Ouvrages, bien des faits, &-quelques explications qui m’ap-partiendroient de droit , & fans conteftation, fi l’imprefïion avoir fuivi de près la leèture de mes Differtations, Pour empêcher que
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- PREFACE. xxiif eet incfonvénientn’aille plus loin) & pour fatisfaire plus promptement la curiofité du Public à qui ces fortes de nouveautés font plaifir, je me fuis déterminé fous le bon plaifir de l’Académie , à publier dans les quatre derniers iDifcours de ce Volume, un ample extrait de ce que j’ai dépofé dans fesRegiftres, & qu’on verra reparoîrre dans fes Mémoires, fous d’autres titres, & avec de plus grands détails^-
- Dans plufieurs endroits de cet Ouvrage, & furtout dans les deux derniers Difcours, on fera fans doute furpris de trouver les réful-tats de mes Expériences oppofés à des faits publiés par d’habiles Maîtres, & quelquefois même certifiés par des témoins très-dignes de foi: en peut bien s’imaginer que les égards que je dois au mérite & à la célébrité des perfonnes que j>ai pris la liberté, de contredire r
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- ïxiv PRET A C E.
- m’ont rendu circonfpeêt, & qüé j’ai fenti le ridicule qui rejailliroit fur moi, fi l’on venoit à me prouver que j’ai pris ce parti trop légé-rement.Je n’ai jamais arrêté aucune décifionde cette efpèce, qu’a-près un grand nombre d’épreuves répétées en différens rems, & en préfence de plufieurs perfonnes capables d’en bien juger.il y a plus de quatre ans,par exemple,que j’ai connu avec des Médecins & Chirurgiens du premier ordre, que le poulx d’un homme éleêtrifé ne-s’accélere point fenfiblement ; cependant comme M.Louis a répété en cela, le dire de quelques Auteurs Allemands, je n’ai pas voulu* par égard pour lui & poureux,nier' le fait, fans m’être bien afluré de' nouveau que je le pouvois faire en toute fureté ; il y a bien autant de tems que j e fçais que la liqueur d’un Thermomètre életlrifé, ou' plongé dans les aigrettes lumi-neufes,
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- PREFACE. ïx? fteufes , ne monte pas d’un ~ de ligne, mais je n’ai voulu con-tefter ce fait avancé par M. Win-kler,& copié par desEcrivains qui s’en rapportent aux Expériences d’autrui, qu'après avoir mis vingt fois des Thermomètres de toutes efpéces, en épreuve fous les yeux de plufieurs témoins.
- Au refte on doit faire attention! à la maniéré dont je me fuis exprimé toutes les fois que j’ai et» a produire de ces réfultats contra-diftoires.Si quelqu’un a dit qu’une chofe n’arrive pas, & que cetre chofe fe foit faite entre mes mains; j’affirme le fait de la maniéré la plus pofitive, & avec une pleine fécurité; parce que, ce qui eft, ce que je vois, ce que je fais voir à d’autres ne peut pas ne pas être,' & qu’il eft poffible que ce qui m’a réuffi, ait manqué entre les mains d’autrui, ou que l’Obfervateur J p’ait point apperçû ce qu’il auroit c
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- Xxvj PREFACE. pu appercevoir. Ainfi je n’héfitë
- foint à dire, par exemple, contre affertion de M.Boze,qu’un corps animé qu’on éleélrife pendant un certain tems, perd une partie de fon poids ; il eft, félon moi, plus facile de croire qu’un défaut de mobilité dans la balance, ou quel-qu’autre caufe que j’ignore, n’a point permis à cet habilePhyficien d’appercevoir le déchet caufépac l’éleârifation, que d’attribuer à erreur, un effet qui s’eft foutenu conftamment dans un grand nombre d’épreuves, & qui a toujours gardé une certaine proportion , avec les différens corps fur lesquels j’ai fait mes Expériences.
- Il n’en eft pas tout à fait de même,quand j’ai à nier un fait avancé par quelque Auteur : fi ce fait ne m’a pas réufli, j’en parle comme ne le croyant pas, parce que je me fuis fait une régie inviolable (de ne croire les chofes extfaordi-
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- P R ET AC E. xxvij flaires qu’après les avoir vues; mais la loi que je me fuis impofée n’oblige pas les autres; 6c je ne me tiendrai pas offenfé , fi l’on pen-fe que le Phénomène annoncé, pour la vérification duquel j’ai fait de vains efforts, a eu lieu, 6c l’aura encore dans des mains plus habiles ou plus heureufes que les miennes. C’eft dans cet efprit que je fufpends ma croyance à l’égard de la tranfmiflion des odeurs à travers des tubes éleétrifés, ôc à l’égard des guérifons opérées en Italie , dont j’ai eu occafion de parler dans le 4me. ôc dans le jme. Difcours. Je déclare très-fincé-rement qu’on ne me rendroit pas jufticefil’on me foupçonnoit d’en doute r, par quelqu’autre motif qui dérogeât à l’idée avantageufe que j’ai conçue de Mrs. Bianchi & Pivati qui ont publié ces merveilles.
- Cil
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- jcxviij PREFACE.
- Je fuis bien aife que l’on fçacbe auffi que quand j’ai nié certains faits, & que j’ai nommé les Auteurs qui les avoient avancés » ce n’étoit point pour leur en faire un reproche. Je fçais mieux qu’un autre qu’on peut fetromper, lors même qu’on fe donne bien de la peine, & qu’on prend bien des foins pour ne pas l’être. Mais le plus fouvent j’en ai ufé de la forte, pour faire recevoir avec confiance une vérité que je croyois inconteftable, en apprenant au Leêleur, que je n’ai pas ignoré les autorités qu’on pour-roit citer contre, ôc quepuifqu’il étoit naturel d’y avoir égard, on pouvoit croire que j’avois eu de fortes raifons pour paffer outre.' Au relie comme ma critique n’efi: jamais exprimée en termes defo-bligeans, j’efpere qu’on ne s’en offenferapas, & que l’amour de
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- PREFACE. Xxi* la vérité qui m’a porté à la faire, engagera les perfonnes même» quelle intérefle, à la prendre en tonne part,
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- XXX
- EXTRAIT DES REGISTRES
- fl£ l’Academie Royale des Sciences«
- Du 7 Février 174?»
- MOnfieur de Reaumur & moi, qui avions été nommés pour examiner un Ouvrage de Mr. l’Abbé Nollet , qui a pour titre': Recherches furies caufes particulières des Phénomènes Eleüriques, & fur les effets nuifibles ou avantageux qu'on en peut attendre, en ayant fait notre rapport, l’Académie a jugé cet Ouvrage digne de l’impreffion. En foi de quoi j’ai ligné le préfent Certificat. A Paris le 7 février 1749.
- Signé, Gkandjean de Fou ch v j 'Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences.
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- PRIVILEGE DU ROI.
- OUÏS, pat la grâce de Dieu, Roi de i France 8c de Navarre : A nos ame's 8c
- féaux Confeillers , les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, grand Confeil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils, 8c autres nos Jufliciers qu’il appartiendra , Salît. Notre Academie Royale des SciencesNous a très-humblement fait expofer, que depuis qu’il Nous a plû lui donner par un Réglement nouveau, de nouvelles marques de notre affeétion, Elle s’ell appliquée avec plus de foin à cultiver les Sciences, qui font l’objet de fes exercices ; enforte qu’outre les Ouvrages qu’elle a déjà donnés au Public, Elle feroit en état d’en produire encore d’autres, s’il Nous plaifoit lui accorder de nouvelles Lettres de Privilège, attendu que celles que Nous lui avons accordées en date du fix Avril 1n’ayant point eû de tems limité, ont été déclarées nulles par un Arrêt de notre Confeil d’Etat du 15. Août 1704. celles de 1713. 8c celles |de 1717. étant aufli expirées ; 8c défirant donner à notredite Académie en corps, 8c en particulier à chacun de ceux qui la compo-fent, toutes les facilités 8c les moyens qui peuvent contribuer à rendre leurs travaux utiles au Public, Nous avons permis 8c permettons par ces préfentes à notredite
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- Académie, de faire vendre ou débiter datlï tous les lieux de notre obéiffance, parte! Imprimeur ou Libraire qu’elle voudra choi-fit , Toutes les Recherches ou Obfervations journalières, ou Relations annuelles de tout ce gui aura été fait dam les ajjemblées de notre-dite Académie Royale des Sciences; comme aufli les Ouvrages, Mémoires, ou Traités de chacun des Particuliers gui lacompofent, & généralement tout ce que laditeAcadémie voudra faire paroitre, après avoir fait examiner lefdits Ouvrages , & jugé quils font dignes de l’im-prejjion ; 8c ce pendant le tems 8c efpace de quinze années confécutives, à compter du jour de la date defdites Préfentes. Faifons défenfes à toutes fortes de perfonnes de quelque qualité 8c condition qu’elles foient, d’en introduire d'impreiîion étrangère dans aucun lieu de notre obéiifance : comme aufli à tous Imprimeurs , Libraires, 8c autres , d’imprimer, faire imprimer , vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire aucun def-dits Ouvrages ci-dédits fpécifiés, en tout ni en partie, ni d’en faire aucuns extraits, fous quelque prétexte que ce foit, d’augmentation , correction, changement de titre , feuilles même féparées, ou autrement, fans la permiffion expreffe 8c par écrit de notre-dite Académie, ou de ceux qui auront droit d’Elle , 8c fes ayans caufe, à peine de con-lifcation des Exemplaires contrefaits, de dix mille livres d’amende contre chacun desCont revenans , dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hôtel-Dieu de Paris, l’autre tiers au Dénonciateur, 8c de tous dépens, dommages 8c intérêts : à la charge que ce*
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- XXX11J
- Prefentés Te ront enregiftrées tout au long fur le Regillre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris, dans trois mois de la date d’icelles ; que l'imprefiion defdits Ouvrages fera faite dans notre Royaume & non ailleurs, & que notredite Académie fe conformera en tout aux Ré-glemens de la Librairie, & notamment à celui du to Avril 171t. 8c qu’avant que de les expofer en vente, les Manufcrîts ou Imprimés qui auront fervi de copie à l’im-preflion defdits Ouvrages, feront remis dans le même état, avec les Approbations 8c Certificats qui en auront été donnés, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier Garde des Sceaux de France , le fieur Chauvelin : & qu’il en fera enfuite remis deux Exemplaires de chacun dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, 8c un dans celle de notre très-cher 8c féal Chevalier Garde des Sceaux de France, le fieur Chauvelin, le tout à peine de nullité des Préfentes : du contenu defquelles vous mandons 8c enjoignons de faire jouir notredite Académie, ou ceux qui auront droit d’Eile 8cfesayans caufe, pleinement 8c paifiblement, fans fouffrir qu’il leur foit fait aucun trouble ou empêchement : Voulons que la Copie def-dites Préfentes qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin defdits Ouvrages, foit tenue pour duement lignifiée, 8c qu’aux Copies collationnées par l’un de nos amés 8c féaux Confeillers 8c Secrétaires , foi foit ajoutée comme à l’Original : .Commandons au premier notre HuiJlier,
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- ou Sergent de faire pour I’exe'cution d’icelles tous aaes requis & ne'ceffaires, fans demander autre permiflion, & nonobftant clameur de Haro , Charte Normande, & Lettres à ce contraires : Car tel eft notre plaifir. Donne'à Fontainebleau le douzième jour du mois de Novembre , l’an de grâce mil fept cent trente - quatre, 8c de notre Régné le vingtième. Par le Rot en fon.Confeil.
- Signé, S A IN S ON.
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- AVIS AU RELIEUR;
- Les Planches doivent être placées de maniéré qu’en s’ouvrant elles puif-fent fortir entièrement du Livre , & fe voir à droite dans l’ordre qui , fuit.
- II. Discours. . : page planche
- 118 . . i 162 . . 2
- ÏII. Disc. ; ; . 242 . . 1
- 254 .. 2
- IV. Disc. . . . 298 . . 1
- 322 . . 2
- y.Disc. « . . 354 • • 1
- 402 .. z
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- Fautes à corriger.
- T âge ligne
- 14 27 227 & 228 , lifez 217 & 218*
- 2$ 12 poin, lifez point
- 27 22 il y une choie, lifez il y a une choie,
- 38 16 ne détruit, lifez ne détruifent.
- 44 1 de petits, lifez des petits.
- 47 1 contendente, lifez contondante.
- 60 8 d'une maniéré, lifez d’une matière*
- 6% 19 ceux qu’on qui, lifez ceux qui,
- B 6 29 a frotté, lifez a été frotté,
- 29 15 il ayoit, lifez il auroit. ii00 y ces coups, lifez les coups*
- 1117 25 décire, /s/ês décider.
- '148 1 certain corps, lifez certains corps;
- 191 7 un atmoiphere,/i/ez une atmolphere. 238 12 le fluide , lifez ce fluide.
- 2é»i 24 l’éleétrcité, lifez Ÿâle&ricité.
- 281 en marge VI. lifez IV.
- 28y 27 un t- pouce, lifez pouce,
- 306 29 plus avnt, lifez plus avant. ftï8 19 le cylindre tube , lifez ayec le lj+ lindre ou le tube»
- RECHERCHES
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- RECHERCHES
- SUR LES
- (CAUSES PARTICULIERES
- PHENOMENES ÉLECTRIQUES.
- PREMIER DISCOURS, Dans lequel an répond à quelques difficultés propofées contre l’Essai sur l Électricité’ des Corps.
- l£rSS3l N Auteur raifonnable qui pBMW n’eft point trop prévenu en IflUSII k ^aveur> a bien de Ja peine I à connoître s’il a eu le bon-
- leur d’obtenir les fuffrages du Public: lout ce qui femble l’en dater devient Iquivpque, quand l’amour propre
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- 2 Recherches .— ne fe hâte point de l’interpréter avan-Disc. tageufement. Le prompt débit de fon ouvrage lui apprend tout au plus qu’on a bonne opinion de fa plume, ou qu’il a fait choix d’un fujet inter-relfant, d’une matière à la mode ; & lescomplimens qu’il en reçoit, ne font fouvent que des politelfes auto-tifées par l’ufage, ou des éloges prodigués fans connoiffance de caufe. Ce qui peut, félon moi, calmer davantage fes inquiétudes , & lui infpirer quelque confiance , c’eft la critique qu’on lui oppofe , s’il fent qu’elle porte à feux, ou qu’elle puifle être combattue par de bonnes raifons, Car fi fon ouvrage n’eft pas de ceux dont on ne prend pas la peine de parler, il peut raifonnablement compter qu’on lui palfe tout ce qui n’eft pas critiqué , & que rien ne lui fera con-tefté s’il vient à bout de réfoudre les objeétions qu’on lui a faites.
- Si j’étois bien fûr que toutes les difficultés qu’on peut faire contre ce que j’ai dit pour expliquer l-’Eleâri-cité & fes principaux phénomènes , fe réduififient à celles dont j’ai eu connoiffance jufqu’à _ ptéfent , je
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- SUR l’É LECTRICTTê. J pourrais fans trop de préfomption , —l' me flater d’avoir réuffidans cet KJfai Disc, que j’ai publié il y a deux ans. Je ne connois que quatre Ecrits dans lef-quels cet Ouvrage foit attaqué, & je crois voir clairement, ou que l’on n’a point faifimes penfées, ou qu’on les combat par des xaifonnemens auxquels je ne dois pas me rendre. Si je n’ai pas été fuffifamment entendu , je veux bien croire que c’eft ma faute ; pour m’en punir, je me condamne à des éclaircilfemens qui rendront peut-être mes penfées plus intelligibles. Quant aux autres endroits que l’on a mieux compris , & que l’on critique, j’y répondrai comme je l’ai promis * parce que les erreurs dont * on m’accufe, ne me parodient pas tikSrkut démontréti comme on le prétend ; je laiffe à juger enfuite aux Leéleurs definterreifés , fi j’ai fuffifamment éclairci & répondu.
- Mais afin que le jugement foit plus fur & plus équitable, je les prie de pefer les raifons de part & d’autre, & de ne fe point arrêter aux expreffions qui marquent bien les prétentions & la hardielfe de celui qui parle ou
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- ^ Recherches - qui écrit, mais qui ne doivent détefr'
- , miner un Juge prudent, qu’autant qu’elles font accompagnées de preuves. Undemes critiques voir, dit-il, avec évidence que je me fuis trompé , il prétend l’avoir démontré, & m’en convaincre moi-même : je lui palfe de l’avoir dit ; cependant je ne me fens pas convaincu, quoi que j’aye bien étudié fes raifons pour en fentir toute la force ; c’ell peut-être prévention de ma part ; mais je demande qu’on examine s’il n’a point été ébloui par de faufies lueurs, & fi ce qu’il nomme fi fouvent démonfiration , peut être reçu comme tel. Chacun peut prendre le ton qui lui plaît davantage : le mien n’eft pas fi élevé, & j’ai de bonnes raifons pour n’en point changer , fur tout dans une matière auflï délicate. 11 eft jufte, ou que les gens qui entrent en difpute avec moi, ne parlent pas plus haut que je n’ai fait, Ou que ceux qui nous jugent fe tiennent en garde contre des exprelhons trop hardies,
- VP ^
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- sur l'Electricité, y
- Réponfè à ïAuteur Anonyme de ÏT"" deux Ecrits , dont l’un ejl intitulé Me’moire sur l Electricité’; \ 1'Au,e“r
- > Anonjoiî.-
- & l’autre, suite du Me moire sur l’Electricité’.
- L E premier Auteur qui ait exercé fa plume contre ma théorie, eft celui dont j’ai fait mention à la fin de mon EJfai p. 217. Peu fatisfait apparemment des réponfes que je lui avois indiquées, il publia au commencement de l’année 1748, un autre Ecric qui a pour titre, fuite du Mémoire fur ïEleétricité, dans lequel il paroît qu’il s’eftpropofé principalement de combattre mon Ouvrage : L’Ejfai de Mr. l’Abbé Nollet, dit-il p. 4 , fes réton-fer, & quelques queflions que L’eu m’a ptopofées touchant Tattraction , m obligent de donner une fuite à mon premier Mémoire. Et en effet, de 30 pages que contient cet Ecrit, il y en a 21 au moins qui font employées pour les deux premiers objets qui me regardent ; c’elï à cet Auteur Anonyme à qui je vais répondre d’abord.
- .Le premier tort qu’on veut me
- A iij
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- '6 ReCKERCHES; donner, c’eft d’avoir, dit-on , * prétendu prouver que la matière de l’air ne e Jçauroit être celle de. l’EUBrkité qui ... s’opère dans le récipient, dont l’air a été j„ pompé apparemment.
- “ Si je me fuis trompé dans cette s' prétention, mon erreur eft bien plus grande qu’on ne le dit ; car non -feulement je crois que l’air de l’atmof-phere, ce fluide que nous réfpirons, n’opere point l’Eleflricité dans le vuide de Boyle , je fuis encore très-perfuadé que par tout ailleurs, il n’a par lui - même aucune part à cette vertu. On ne me fera pas revenir de cette opinion en m’objeflant qu’il refit toujours de l’air dans un vaïffieau dont on a pompé le plus greffier , ni en ajoutant que, quelque déliées que foient les parcelles de cet air qui refie , U y a toujours entre elles une proportion qui Suffit pour léleélricité. Cette derniere phrafe efl tout-à-fait obfcure pour moi ; je ne fçais ce que c’eft que cette proportion qui fuffit pour l’éleétricité à moins que l’on n’entende par ce mot une denfité toujours uniforme , quoique extrêmement diminuée. Mais fi l’air étoit la matière propre
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- sur l'Électricité, de l’éleflricité ,• ou qu’il la mît enjeu - q—1 par fon reflbrt J ne feroit-il pas na- Disc.-turel que cette vertu diminuât com-me la denfité de ce fluide, lorfqu’il Anonyme, pafle par différens degrés de raréfaction ? Pourquoi donc voit-on des phénomènes éleétriques très-marqués dans l’air le plus rare , dans la partie vuide d’un Baromètre conf-truit avec tout le foin poflïble ? {a)
- Au relie, n’ai-je donc employé qu’une preuve pour appuyer la proportion contre laquelle on veut s’élever?
- Nai-je pas obfervé * » que la matière » qui fait l’éleélricité a des qualités fi' l’^'ap » fenfibles & très-connues , que l’air pj\ts“cr =• n’a point ; qu’elle pénétre les corps J»1'"-' les plus compaéls; quelle a de l’odeur =• qu’elle devient lumineüfe , qu’elle => met le feu aux matières inflamma-» blés , &c. » pourquoi diffimuler tous ces argumens ?
- Après cette difcuffion dans laquelle mon adverfaire m’a forcé d’entrer , ne croiroit-on pas qu’il penfe tout autrement que moi fur le fujec dont il s’agit ? Ne diroit - on pas
- (a) Boze tentam. part. pojl. p. 6.
- Waitz.. Chap. 4. Jailabert Exp. fur l’Elc-âr.
- p. zi. & ij. &c. A iij
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- 8 Recherches que l’air de Patmofphere eft, félon Icà la matière qu’on doit nommer élciïri-que. J’ai été moi-même fortement tenté de le croire; j’ai pènfé au moins que l’Auteur du Mémoire fur l’Electricité faifoit jouer à l’air un grand rolle dans les phénomènes éleâriques ; & fi quelqu’un eft curieux de fçavoir pourquoi je l’ai penfé, qu’il prenne la peine de parcourir le Mémoire dont il s’agit depuis la page 17 juf-qu’à la fin. Il y verra qu’une matière déliée dont l’Auteur ne détermine pas la nature, mais qu’il nomme en général la portion la plus fubtile de l'atmofphere , s’amalfe, (par un mé« chanifme que je n’ai pas bien compris, ) autour d’un tube que l’on frotte,- ou d’un globe de verre que l’on fait tourner rapidement, que cette matière ayant pafle du dehors au-dedans, eftehafiee enfuite du dedans au dehors, par la réaélion de l’air qu’elle a comprimé ; que s’élançant ainfi par les pores du verre, elle forme autour de lui une grande quantité de jets divergens qui raréfient l’air des environs ; ce qui donne lieu aux lames ou aux globules d’air fur lef-
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- sur l’Electricité. 9 'quels repofent des corps légers, de fe ;; *
- dilater, & de porter ces petits corps Disc, vers le verre éleârifé. Dans tout ceci , comme l’on voit, l’aâion de l’air eft Anonyme, comptée pour beaucoup & la critique que l’on fait de mon Ouvrage commençant par cet endroit ou je prêtent prouver , dit-on , que la matière de l'air ne peut être celle de l’éleêbricité qui epere dans le récipient, je m’étois imaginé que cette propofition étoit une de celles que l’on me nioit, & que j’avois à défendre. Ce n’elt point cela: l’Auteur du Mémoire, {oa dù-moins “celui de la fuite du Mémoire qui fe dit être le même, ) eft de mort avis fur la nature de la matière électrique, & comme lî j’étois l’agref-feur,- il fe met fur la défenfive , & me repréfente que par la maniéré dont il sreft exprimé , on pouvoit également croire qu’il attribuoit l’é-Ieâricité à la matière du feu & de la lumière, comme à celle de l’airpro-
- Îirement dit : voici fes propres paro-es. * Quand Mr. Nollet pourroitprouver *r. a que la matière de Pair ne fpauroit devenir électrique, il n’en réfulteroit rien contre mon explications lorfque j’ai démontré
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- 10 Recherches
- - - j— que la rotation du globe écartoit les pat* Disc, fies les plus grojjieres de l'atmofpbere, & , R|p»”fc rapembloit les plus déliées, fai ajouté Anonyme! immédiatement après, foit que ces parties foient de Fair même, foit qu’elles fe trouvent dans Pair comme la lumière, le feu, &c. Je loue la prudence de l’Auteur ; elle va plus loin encore : dans l'endroit qu’il cite de fon premier ? p. is. Mémoire ; * au lieu de ces mots comme la lumière, le feu, on y lit, comme Peau, le feu. De forte que fi quelqu’un s’avifoit maintenant d’attribuer l’éleftricité à l’humidité qui régné dans l’air, notre Critique pourrait d’abord y trouver à redire, fauf à lui, fi fés raifons lui fembloient trop foibles, d’abandonner la difpute, & de prouver par ce petit mot ( l’eau ) qu’il a gliffé à propos, que fon opinion ne différé point de celle qu’il aurait eflayé de combatre fans fuc-eès.
- L’Auteur à qui je réponds, a bien raifon de dire que quand il combat mon opinion, ce n'eflpoint à caufe de l’incompatibilité qu’elle a avec la penne ,• il efï •p. i7. vrai que dans fon premier Mémoire * y faifoit jouer le raifort de l’air com-
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- sur l’Électricité, ii
- primé pour animer le mouvement de —-j-•
- la matière électrique, & celui de l’air Disc, dilaté pour amener au corps éleflrifé . R-5p»nle les corpulcules qui paroilfent attirés ; mais en lifant les pages 6 8c 7 de fon fécond Ecrit, on voit qu’il fe pafle fort bien de cet agent, qu’il en fup-prime jufq.u’au nom, & qu’il n’en ell pas moins content de la maniéré dont il y expofe de nouveau le mécha-nifme éleBrique. Lorfqu’il m’a con-teflé la propofition que je viens de défendre, eft-ce donc comme il le dit, parce qu’il a vû évidemment que je m’étois trompé ?
- Voici le fécond coup que me porte mon adverfaire : Mr. l’Abbé Noller, dit-il, * prétend avoir répondu à l’objec- * sniud» tion que fai eu l'honneur de Luifaire fur la maniéré dont il explique l'attraBion sf*'* ’ r & la répulfion, & il cite en marge la page2i8 de mon EJfai. Il fuffit que j’y renvoyeje Lefteur pour lui faire voir que je n’ai pas prétendu répondre en cet endroit, mais feulement indiquer les réponfes qu’on fembloit exiger de moi. Il fuppoje , continue-t-il , * que les rayons divergeas qui s'é-
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- 12 Recherches
- j dire, qu’ils ont plus de force que la mÆ' Dis c. tiere qu’il appelle affluente, celle qui vient Réponse des corps environnans. On peut voie par la leélure des endroits de mon Ejfai où j’avois renvoyémon Critique pour s’inflruire au jufte de mes pen-lées, s’il en a bien pris le fens.Il pour-fuit ainfï : je lui ai repréfenté que dans cette hypothèfe ,"de fept à huit brins de paille qui font attirés , deux ou trois au moins devroient être repouffés, puifque deux ou trois au moins devroient rencontrer ces rayons prétendus rcpulfifs , quelque divergeas qu'ilsfuffent. Après cette rude attaque, on s’applaudit en di-fant ; Il n’étoit pas poffible de répondre à cette difficulté qui renverfe la bafe de fin Jÿfiême : Mr. Nollet tâche de l’éluder ; il n’a pas dit que les corps lécers échapaffent toujours , mais prefque toujours.
- Eli ce éluderune difficulté que de marquer, comme j’ai fait, les endroits où je Pai prévenue , & de difi-fiper en deux mots la fauffe idée qui la fait naître ? Or, fans fortir des quatre premiers faits expliqués dans la troifieme partie de mon Ouvragé , j’efpere faire entendre, Gnon à l’Au»
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- sur l'Électricité. 13 iteur du Mémoire, au moins à ceux —.— qui étant au fait de la matière , me d is c. liront fans prévention , comment il , RfPon"e arrive que de fept à huit brins de paille, la plupart font portés par la matière affluents vers le tube ou le globle électrique , nonobfiantla réfiftance des rayons effluens. Je dis la plupart ; car il arrive quelquefois que les corps même les plus minces font repoufles de prime-abord ; c’eft un fait qu’on ne peut nier & que bien d’autres que moi ont apperçujMeflîeurs de Reaumur & du Fay l’ont prouvé il y a plus de 12 ans , par une expérience fort fîmple que j’ai rapportée dans ma pe. Queft. p. 7J\, & que perfonne n’a contefté depuis. fi ce n’eft peut-être, celui qui trouve mauvais que j’aye dit que les corps légers nécbapent pas toujours y mais prefque toujours à l’aétion de la matière effluente. («)
- En vain me répondra-t-on que fi V-on préfente à la fois plufieurs corps légers somme de la poujfieré, la diverfitéde leurs
- (a)Voyez M. Allamand dans fa lettre à M,
- Folkes phénom. 8. 8ty.M, Jallabert Exp. li»r l’Eleft.p.14. &c. r
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- nf Recherches
- — j — mouvement appartient à d’autres caufif Oise, dont on différé la recherche. Voilà ce 1 TAuœur 9u’on Petlt appeller, éluder une diffi-Anonÿmë! culte ; & [expérience ne prouve pas comme on le prétend, que les corps légers préfentés l’un après l’autre, foient toujours attirés par un corps ajfez. éleârique : elle prouve la contradictoire de cette propofition ; & ce qui paroîtra fans doute un étrange paradoxe à mon Critique, c’eft que s’il arrive qu’un corps léger foit re-poulfé d'abord, c’eft ordinairement J dans le cas d’une forte éleâricité. ! On attefie contre moi 1er obfervateurr de cesphénomènes ; c’eft un tribunal où je ne ferai point condamné fi l’on'va i à la pluralité des voix ; & ce que j’avance ici r je l’ai fait voir dans mes Leçons publiques, à plus de fix cens témoins : il ne faut que des yeux pour prendre conoiflanee d’un fait-aufiï fimple.
- Jufqu’ici il ne paroîtpas que l’Auteur du Mémoire fur l’Electricité, ait lû autre chofe que le Po/lfcriptum i de mon Ejfai , pages 227 & 228. Mais le voici maintenant qui me j pourfuit d’après mes réponfes, dont 1
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- sur l’Électricité, ty___________
- îl ne paraît pas fatisfait ; & pour rtn- —j—J dre, dit-il, mes idées autant intclligi- Disp» blés au’il ejlpojfible, il rapporte.ce que , fai dit à la page ify de mon ou-vrage. « Si le corps léger eft d’un » très-petit volume ou d’une figure » tranchante, comme une feuille de » métal; il eftchafle vers le corps éle-» étriqué par la matière affluente ; &
- » la matière effluente ne l’empêche » pas d’y arriver, parce que fes » rayons qui font divergens, ne lui a oppofent que des obltacles acci-» dentels, à travers dcfquels il fe fait » jour. »
- Je ne conviendrai point afluré-jnent que cet extrait fuffife , pour rendre mes penfées autant intelligibles qu'il eft pojfible ; je veux qu’on y joigne ce qui précédé immédiatement. = Comme les deux courans » de matière éleftrique fe meuvent en ®fens contraires , le corps léger,
- » qui fe trouve dans la fphere a’ac-*> tivité du corps eleélrifé, doit obéir » au plus fort, à celui qui a le plus de » prife fur lui. » Je demande encore qu’on ne perde point de vue ce principe d’expérience dont j’ai fait
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- i6 Recherches •—j—- ufage en expliquantle quatrième faid Disc, page i J7, & le huitième, page 107.
- Répoufe «içavoir,» que la matière électrique, Âa'onÿïnë! » tant celle qui émane des corps » éleCtrifés, que celle qui vient à eux » des corps environnans , elt allez »fubtile pour palier à travers des » matières les plus dures & les plus » compactes, & qu’elle les péné-» tre réellement. » Avec ces vérités fondamentales ( qui .giflent en fait, ) on comprendra mieux mes pen-fées , qu’on n.e le pourrait faire fur l’expofé de l’Auteur anonyme à qui je réponds : il faut que je les retrace ici en peu de mots, avant que de répondre à fes objections.
- Lorfqu’une plume , une petite paille, une feuille de métal, &c. fe trouve plongée dans la fphere d’a-Ctivité d’un corps électrique, je la confidere comme étant follicitée à fe mouvoir par deux puilîançes directement oppofées l’une à l’autre: ces deux puiflances font d’une parc la matière électrique effluente, Sc de l’autre la matière affluente : il faut qu’elle obéiife au plus fort de ces deux courans , ou qu’elle de-meurç
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- Sur l'Electricité. 17 ineurc comme immobile entre l’un l’autre, li les deux forces oppo-fées font en équilibre : ce dernier cas eft rare , il arrive pourtant quelquefois. (a)
- Celui des deux courants qui demeure le plus fort, n’entraine donc jamais le corps léger . félon toute Pintenfité de fa force abfolue, mais fuivant l’excès de fon effort fur celui de fon antagonifte ; la plume qui vient au tube éleârifé, y eft portée sar la matière taffluénte , entant qu’elle eft plus forte que la matière tffluente qui s’oppofe à cet effet, & qui le retarde toujours plus ou'-noins.
- Mais d’où dépend la force de ces leux courans, & la fupériorifé de 'un fur l’autre ? Cela vient de plu-leurs caufes- qui influent en même ems; mais quoiqu’on lesconnoiffe >our la plupart, il eft très-difficile lq démêler combien chacune ÿ met jSu lien, & ce qur doit en réfulter.
- L’effort de chaque courant dê ma-iere éfeârique,.dépend fans doute
- Effai fur rEleft. p. 73. Jallabertv - finmeft.p. xo,
- B
- 1.
- Dises
- Réponfe à l’Auteur Anonyme»
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- tS R'e citer ch es *—j—— de la denfité, ou du nombre dés Disc, rayons qui agiffent fur le même Rcpcnfê çorps, & de la vîteffe afluelle qu’ils ont : mais il n’efl guéres poffible de mefurer cette vîteffe, ni de çùnnoî-tre au jufte la quantité des rayons qui agiffent efficacement : je dis qui agiffent efficacement ; car comme la matière élcârique pénétre les corps les plus durs, on ne doit pas douter qu’il n’y ait un grand nombre de rayons de chaque courant, qui enfilent les pores du corps léger, & dont l’aftion foit comme nulle , à moins que ces pores fort étroits, ou tortueux , n’oppofent une certaine xéfiftance à, leur paf-fage.
- On doit encore faire attention que cette pénétration qui diminue l’effort de la matière élèârique fur | le corps léger, fe fait d’autant mieux qu’il y a plus de vîteffe dans les rayons; & comme nous avons lieu de croire que le courant de la matière effluante eft plus rapide que celui * de la matière affluente, * on doit s’at-ma.f.. tendre, routes chofes ésfales d’ail-
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- sur l’Éiectricit£. rj-___________
- en même-tems fur un corps d’un cer- —; j—-tain volume , le premier perdra, d : s o. par proportion, plus de fa force, Réponfe que l’autre
- Enfin pmfqu une plus grande vî-lelfe dans le courant de matière éle-ârique, peut occafionner deux effets contraires, augmenter fon effort, par rapport aux rayons qui rencontrent les parties folides du corps léger, ou l’affoiblir, en faifant paf-fer librement un plus grand nombre de ces rayons à travers les pores, on doit être moins furpris de trouver des variétés alfez confidérables dans les réfultats de certaines expériences, fuivant que l’éledricité a plus ou moins de force, ou que l’on préfente le même corps, plus ou moins: près du corps éleàrifé.
- En voilà alfez & même trop pour' rendre raifon d’une expérience, qub détruit, dit-on, mon explication, c’eft-à-dire, celle que j’ai donnée de l’attraâion éleétrique.On a préfenté un tube nouvellement frotté au feuillet d’un livré ouvert ; ce feuillet a été attiré, & l’on s’écrie viftorieu. kmendll n’efl ÿas fo/JMc de dire quil Bij:
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- ______20 RECITER CHES-
- j 1 ait échappé aux rayons divergeas ; à
- Disc, quoi on ajoute : Ils ne font donc pas Réponfe répttljtfs.
- «onym“ Non, dans cette occafion comme dans bien d’autres, ils ne le font pas efficacement;-& l’on peut dire que le feuillet du livre a échappé à leur aeftion, puifque cette a&ion n’a point empêché qu’il ne parvînt jufqu’au tube : mais un corps léger peut échapper de différentes maniérés à l’effort des rayons effluens, i°. En gliffant entr’eux, comme il lui arrive probablement . quand il eft d’un très-petit volume & d’une figure convenable ; 2°. en offrant des pores affez ouverts, & en affez grand nom* bre, pour laiffer paffer une certaine quantité de ces rayons répulfifs , & donner par-là occafion à la matière affluente d’agir avec avantage. J’a- 1 voue qu’il n’y. a que la première maniéré indiquée dans le petit extrait de monLivre, que l’Auteur anonyme a rapporté à la page io de fon fécond mémoire ; mais efl-ce ma faute s’il s’en eft tenu là? que ne li-foit-il au moins les 9 ou 10 pages auxquelles je l’ayois renvoyé. ?
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- SUR I-’ÉlECTRICfTÉ. 21_________
- M. l'Abbé Nollet, dit mon Criti- ~ j—J que, a cherché à tirer avantage de Disc. quelques particularités, & il y cjl par- ^ venu à. force cCefprit. On me fait bien Anonyme, de l’honneur; mais croiroit-on que ce grand effort d’efpric dont on me fait compliment, le borne à avoir remarqué qu’une feuille de métal, ou quelqu’autre corps léger qui elï attiré , arrive rarement au corps éle-étrique par une voye bien direfte ; & d’en avoir tiré cette conféquence , que le corps léger qui fouffre ces déviations, rencontre apparemment des obllacles en fon chemin ? Cette particularité qui fe voit autant de fois qu’on effaye d’attirer des fragmens de feuilles de métal , ou autres cho-fes femblables , a fait faire à notre' Auteur les frais d’üne explication qui g fuit immédiatement après faremar-i que je ne la trouve pas fort natu-I relie , cependant je ne puis pas dire qu’il l’ait trouvé à force d'efprit ; mais ij* ce qui lui donne un grand avantage È fur moi& je penfe, fur tous les au-I très Phyliciens, c’eft qu’il parolt qu’il I eft en poffeffion d’un mycrofcope avec m lequel il peut obferver les pores dit
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- 22 Recherches
- •—j — verre , & les variétés qui s’y trou*
- D i s'c. tient. * Quelles découvertes ne doit»-Réponfe on nas faire avec un pareil inltru-
- à 1 Auteur r , r
- A-onyme. ment ?
- 'r1. h. J’ai dit à la page 150 de mon Effdi : « Quand l’étendue du corps léger » égale feulement celle d’un petit »écu, il eft fort ordinaire que le premier mouvement de la feuille » foit de s’écarter du corps éle-étriqué qu’on lui préfente ; ou » fi elle commence par s’en appro-51 cher, elle ne parvient pas jufqu’à » lui, ôcc. y>
- On répond à cela, qu’on a efiayé cette expérience, qu’on a trouvé le réfultat différent du mien ; & l’on Veut m’apprendre ce qui ma induit en erreur.
- Et moi, je réplique qu’on peut fe difpenfer de cette peine, parce que je fuis bien fût de ne m’être pas trompé ; que cette obfervation m’elt très-familiere ; que d’autres que moi l’ont faite , & que nommément M. Du Tour de Riom qui s’applique
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- IS ü R l/ÊL E C T R I C IT Ê. 23 __< PAcadémie , & qui pour la plupart —j.— avoient été faites à aeflein de véri- Disc, fier le fait dont il efl: quellion. (a) ^
- On a demandé à l’Auteur du mé- auto/S moire fur l’Eleélricité , pourquoi les métaux & quelques autres matières,
- 1 ne s’éleftrilent point par frottement,
- ; & en général par quelle raifon les I unes s’ëledrifent mieux que les autres par'cette voye. Il va réfoudre a cette grande queftion dans une feule I page ; mais il faut auparavant qu’il I en employé neuf à me réfuter, & fur m quoy? fur un principe que je pofe,
- 1 dit-il, & dont Gilbert, Otto Gnerik,
- Gray, du Fay & Boyle , ne s’étaient point avifcs : & ce principe le voici :
- La matière EUEricjue pénétre plus ai-fément, & fe meut avec plus de liberté dans les corps les plus compatis. Et lion cite les pages n y, 143 , 168,
- 169, &c.de monEffai. Sijerépon-dois à cela que je n’ai jamais avancé cette propofition générale , je dirais vrai, & toute la dÜpute ferait finie.
- Mais comme les objeâions tombent
- - (a) Voyez déplus l'Ouvrage de M. Boze, qui a pour titre Recherches fur ïacpufe & fur la vérité ble théorie de l'Lit tir ailé, §. 16.
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- 24 R r C H E R C H E S *-—j— en partie fur celle même qui eft rap* t) [ s c. portée peu après, * & que je recona „ Réponfe nois bien pour être la mienne, je vvàôn'ymé' fuivrai la critique d’un bout à l’au-fp. a, tre.
- Je fuis trop bonphyfïcien, dit-onj pour n’avoir pas freflenti la difficulté infurmmtalle qui s’oppofeà ce fyftê-me ; c’efbà-dire , apparemment, à l’opinion dans laquelle je fuis, que la matière éleârique pénétre plus'aifé-ment les métaux & les corps animés, que d’autres matières qui font cependant moins compactes. Pour prou ver combien jé me trouve embarraffé , on rapporte p.i8,unlambeau de mon ouvrage qu’on appelle un effort tPef~ frit,, & que j’ai tout lieu de croire qu’on n’a point compris,pour deux raifons ; premièrement, parce qu’il" eft fi mal rendu par mon Critique, que je rie l’entendois pas moi-même , quand je l’ai lu pour la première fois ; fecondement, parce que dans l’explication du huitième fait, page 6p, d’où on l’a tiré, il ne s’agit point de rendre raifon de la facilité avec .laquelle la matière éleârique pêne-Ire les métaux ou d’autres matières aiüB
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- SDK x’ÊtECTRîCirê. 2J1 Suffi compares, mais de concilier —j— avec ce fait, ( que je tiens de l’expé- Disc, rience., ) un autre fait également . conftaté,fçavoir, que le métal fem- Ano»ÿ^ ble donner plus de prife que les autres corps , à la matière Eleârique, quand il s’agit d’être attiré ou re~ pouffé. Si l’on prend la peine de jetter les yeux fur cet endroit de mon ouvrage, non-feulement on re-connoirra que l’Auteur du mémoire s’eft trompé, & qu’il n’a poin , du tout faifi l’objet dont j’étois occupé ; on verra de plus qu’il n’a tenu qu’à lui de -trouver dans cet endroit les raifons par lefquelles un corps léger d’un certain volume, une feuille de papier , par exemple , peut -échapper à l’aâion des rayons ef-fluens.
- Le Critique anonyme, après m’avoir reproché cet effort d’ejfrit, dont je vois bien qu’il n’a pas pénétré le fens , ajoute tfuil lui en coûtera moins pour me réfuter far un raiformementf.m-ple : on fora peut-être curieux de me voir aux prifes avec un homme qui raifonne Jimflement. Voici la difpute qui commence.
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- __ 2<? Recherches — j — D'après le principe que M. F Abbé Disc. Nollet pofc Lui-rriêmc, qu’il n’eft pas per-, mis de douter en Phyfique de l’impéné-
- Aiionyme. trabilité de la matière, il ne peut pas ignorer absolument quelle eft la véritable grandeur des pores de differentes matières. Si la première de ces deux connoiffances a dû néceflairement me conduire à l’autre, j’ai bien mal cheminé ; car j’avoue ingénuemenc que j’ignore, on ne peut pas davantage , quelle eft la véritable grandeur des pores de différentes matières ; peut-être l’apprendrai-je,lil’Auteur à qui j j’ai affaire veut bien me prêter le my- ! crofcope dont il fait encore mention ici.Continuons : Dès que la matière eft impénétrable, il s’enfuit que les corps moins compatis ont des pores en plus grand nombre,ou plus grands; & de cette conféquence il réfulte, qu’ils fout plus perméables à quelque mature que ce fois. Par exemple, on bouche communément les bouteilles avec du liège, pour empêcher l’évaporation de la liqueur, on feroit donc mieux de faire les bouchons avec du chêne ; ce bois eft plus compaft : & fil l’eau forte pénétre le cuivre, &
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- sur l’Électricité. 27 qu’elle n’entre pas dans la cire, c’ell —j— une marque, apparemment,que la Dise, cire eft plus compaâe que le métal. Répo.ifc On fçait combien tout ceci quadre avec l’expérience. Ce font pourtant ces deux ou trois phrafes mifes bout à bout l’une de l’autre, qu’on appelle auffi-tôt une démonfiration des plus évidentes; comme l’Auteur des deux mémoires employé fouvent ce grand terme, je fuis bien aife de faire voir par un exemple combien il en connoît la valeur , & jufqu’à quel point on doit l’en croire, quand il dit qu’il a démontré.
- On continue ainli : M. L. N. allè-
- gue aitffi l’expérience ; c’efl elle , fi on veut l’en croire, qui lui a fait admettre ce principe étrange qu’il revêtit du nom de propofition fondamentale tirée de P expérience : mais fi l’on ne veut pas m’en croire, il y une chofe bien fimple à faire, puifque j’indique la fource d’où je le tiens , ( l’éxpérience ; ) il n’y a qu’à voir dans ma quatorzième que-flion, page 107, les faits que je cite pour garants de ma propofition, les vérifier, examiner fi je les ai bien ou mal interprétés ; & leur donner une Ci;
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- z8 Recherches > -meilleure interprétation, lï la mienne ne vaut rien. C’eft aufli ce que pré-Réponii tend faire mon critique; mais qu’au-àTAuteur ra_t.ji à répondre, dit-il, ,en parlant Awo/me. mo; ) JI j’explique jans ce principe, qui efi contraire aux principes démontrée & reçut, toutes les expériences dont il dit lavoir tiré: je ferai plus ; & après avoir expliqué ce phénomène par le principe oppofé, qui efi un des plus évident qu’il y ait en Phyfique, je rapporterai une expérience de l’Electricité même, qui renverfe la propofition fondamentale de M, N, & qui remet la vérité dans le plus grand jour. Voilà de grandes menaces & de magnifiques promeffes. Ne perdons point de tems, écoutons d’abord ce qui, concerne le premier objet, c’eft-à- j dire la nouvelle interprétation des] expériences que j’ai mal entendues. Voici la réfutation qui commence, j
- Un’efi pas hefoin dcrépétcrici toutes les | expériences dont M, lAjbbé Nollet a tiré cette propofition, d’autant plus qu’elles | appartiennent aux mémoires fuivans Voilà un début bien judicieux ; c’eft-1 à-dire, qu’il n’y a qu’à toujours me ? condamner, fauf à examiner mes rai-
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- Sur l’ÉtECTRionfè ?§ Rms quelque jour : & pourquoi donc cette abbréviation de procédure ? c’eft que fi l’on en veut croire mon adverfaire, tout le réduit, ( Sc il pré» tend que je l’ai dit moi-même,)à cet» te obfervation qui fuit: » Les rayons » éleétriques qui partent d’un tu» »be ou d’un globe de verre éleélrifé,-» & qui ne s’étendent dans l’air qu’à » quelques pieds de diflance, fe prolongent prodigieufement.quand on leur donne lieu d’enfiler une barre de fer, une cordeune pièce de » bois. » En effet, voilà une de mes preuves ; mais je voudrois bien fça-voir où j’ai dit, comme on le pré» fend, que je réduis toutes Us autres à celle-là ? Je protefte contre cette allégation, & je prie- lé Leâeur de eonfulter les faits rapportés dans mon EJfai, depuis la page 107, jusqu’à la page ri y.-Pour expliquer ces phénomènes,: e’ell-à-dire, toutes mes preuves , qu’on fe perfuade pour plus de coin» modité être renfermées dans celle qu’on vient de voir, on avertit d’a» bord qu’on va pofer un principe tout-contraire au mien , & qu’on ne dira G iij.
- Anonyme*
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- go Recherches —j — rien de merveilleux ; après quoi oit I Disc, procédé ainfi : Il eft naturel que la ma- I 4 rîuttur turC <P?on mmme élcttrique , pénétre I A*ouym” plut aifément, & fi meuve avec plue j de liberté dans les corps moins compaCls, j dans loir , que dans les métaux. A j quoi je réponds: II n’eft rien de plus I naturel que ce que fait la nature ; | or c’eli un fait, âc un fait aulîi con- | liant que naturel, que la matière éleétrique fe meut avec plus de liberté dans le métal, que dans l’air ; donc, &c. On me nie fans façon la j mineure de mon fyllogifme, & l’on ! dit : » II efl fi vrai que la matière éle-* étriqué pénétre plus aifément l’air i «que du métal, du tout autre corps | » compaét, qu’elle s’y étend à quel- | «ques pieds de diflance en tout fins s \ » ce qui équivaut bien à un plus grand » nombre de pieds, qu elle parvourcroit 1 » en ligne droite dans une barre de fer. 1 Pour finir cette conteflation, je pro- 1 pofe à mon Critique l’expérience S luivante que je n’ai point faite, mais 1 dont je veux bien courir les rifques : | qu’il éleétrife en même-tems un mil-1 lierde chaînes ou de fils de fer de roo 1 toifes de longueur chacun,&dîfpofé's
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- Sur l’ÉlectricitI. $? en étoile, de maniéré que le globe —j—-électrique en foit le centre ; fi la vertu Dise, éleârique ne s’étend point , & ne . fe propage point en même-tems par Anonyme, tous ces rayons , je lui donne gain de caufe.
- Je lui confeille de ne pas manquer une fi belle occafion de me prouver par l’expérience, que je me trompe , en difant que l’Eleftrici-té va plus loin dans du métal, que dans l’air de l’atmofphere : c’efl: de cette maniéré qu’il pourra me convaincre , & non pas parles faits qu’il rapporte à la page 24 de fon fécond mémoire ; faits que je trouve fi peu concluants, quand ils feroient aufiï réels qu’ils me paroiffent douteux , que je ne crois pas devoir employer mon tems à les difcuter,
- Préfentement que j’ai répondu à la critique de l’Auteur anonyme des deux Mémoires fur l’Eleüricité , je pourrois le fuivre à mon tour fur fon propre terrain , & faire voir qu’il eft peu d’accord avec lui- même ; mais je regarde cela comme une chofe allez inutile : j’aime mieux le [ Jailfer jouir paifiblement du fuccès
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- J2 Re C ITE R C H E S'
- — j -- avec lequel il croit avoir expliquéîè E i sc. Méchanijme de PElèSlricité i j’ai pro-, Réponfe mis Je me défendre : rien ne m’o-iLoîjüi^ blige d’attaquer. Je rendrai juftice à l’Auteur, en convenant avec lui qu’il a eu raifon de dire au commencement du fécond Mémoire, que ceux _ qui ont cherché à développer la caufe de P Elelbicité, fefont trop abandonnés au plaifir de timagination.... qu'ils fe font efforcés d'ajjujcttir Us refforts de là nature au jeu de leur efprit, &c. J’ai pris cela d’abord pour des lieux communs , des reproches vagues, mais j’ai bien reconnu depuis qu’on pouvoit en faire aifémenB l’application.,
- Réponfes à quelques endroits d’un Livre publié par Mr. Louis, Chirurgien de la Salpétrière , fous le titre d'Observation s sur l’Electricité'. e-' r Présentement ce n’effplus à un B iiCl. Anonyme que j’ai affaire, mais à un Réponfe homme dont je connois le mérite ; àM.Lcu.i. G’eq ^ M. Louis, Chirurgien de l’Hôpital général de Paris, à la SaL*
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- SUR t’ÉtECTRrcITÊ. 3Î _______________
- pctriere, qui publia en 1747. un ou- j. vrage fous le titre d’observationsfur Disc. VEleOricité : où il paroît avoir eû ces j deux objets en vûe. i°. dé raffembler fous les yeux du Lefteur les Phénomènes éleftriques les plus confidé--râbles, & les plus connus. 20. D’examiner les effets de la vertu éleâri-que fur des paralytiques, ou autres' malades, Sc en général fur l’oecono-mie animale.
- Que vous importe, me dira-t-on,', que M. Louis ait publié cet ouvrage ? L’Eleâricité eft-elle votre do--maine ? D’autres que vous n’ofe-roient-ils entamer cette matière ?
- Il s’en faut bien que j’aye des prétendons aufli peu raifonnables de de peur qu’on ne me faffe l’injuftice de le croire, jeme hâte de dire mes. raifons.
- M. Louis, en annonçant dans la préface une expofition abrégée des principaux faits qui concernent I’E-leélricité ,.dc de leurs manÿmlations, dit qu’on peut regarder cette partie de fon ouvrage comme un extrait qu’il a fait des Mémoires de {Académie Royale det Sciences de démon
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- 34 Recherchés'
- 1 j - Ejfai. Je lui rends grâces très-fincere-Disc, ment de lamaniere obligeante dont il Béponfe s’exprime à mon égard; mais comme “(.Louis, j’ai trouvé dans fon Livre quelques-uns de ces Phénomènes rendus différemment de ce qu’ils font dans les fources qu’il a indiquées, je me crois obligé de relever ces fautes , bien moins par amour propre, que pour eonferver la vérité des faits fi nécelfai-re dans une matière auffi nouvelle & aufli obfcure ; & fi mon attention eft portée jufqu’au fcrupule dans cette occafion, c’eft quejefçai combien l’erreur fait de progrès, quand elle: part d’une plume pour laquelle on eft favorablement prévenu.
- En fécond lieu M. Louis a dit au Public, ( au moins c’eft l’idée qui m’eft reliée de la leéïure de fon Livre : ) M. [Abbé Nollet a propofé d'é-Ulirijcr des paralytiques, il a commencé à en éleürifer lui-même , [es premiers
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- sur l’Électricité.
- lUUrifcr des paralytiques, & je n’ai — ' “ joint réujji. Non-Jeulcment je n’ai joint D ^ réujji ; mais je vois clair comme le jour far toutes les connoifances que j’ai & de Tœconomie animale & de la nature
- du mal & du pouvoir éleürique, que bien loin de guérir , je ne pouvoir que nuire aux pauvres malades qui ont eu la complaifance de fe prêter à mes épreuves, (a) Le Public aujourd’hui peut me demander compte du tems mal employé de M. Louis, & du danger auquel fes malades ont été expo-fés fur ma parole : il faut bien que je me jufiifie.
- Enfin M. Louis a examiné quelques-unes des explications qui fe trouvent dans mon EJ]ai, il ne les a pas trouvées bonnes ; il en a fubfti-tuées d’autres ; cela eft très-permis : mais comme il n’eliguéres vraj-fem-blable, qu’en penfant tout différemment l’un de l’autre fur le même fu-jet, nous ayons raifon tous deux, & qu’il eft naturel à un Auteur de défendre fes penfées, je prendrai la li-
- (aj Voyez fiirtout le commencement de l’article fécond de la troifiéme feâion p. 96*
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- RtCHIBCHS?
- berté à mon tour, d’examiner celles'
- Bise. deM. Louis, pour voir fi je dois leur iauS* accorcier *a préférence fur les mien-' 0U1S' nés.
- A la page 2i du Livre dé M. Louis on lit ce qui fuit ‘. on éleSrife Peau par Pimmerfion iPune verge de fer (éleHrique). dans un vafe de porcelaine ou de verre ; ] cela eft exactement vrai ; mais l’on ajoute immédiatement après : la nature du vaijfeau eft ejfentielle ; car on ne parviendrait jamais à communiquer l’éleSricité à un fluide dans un vaijfeau de bois ou autre matière non électrique : voilà ce qu’il y a de trop, & l’on ne doit point me rendte gâraht de cette faufTe doflrine, parce que j’ai dit à la page ya-de mon EJfai, que pour éle-éfriferuneliqueur, il falloit la placer dans une capfule de verre; lès mots fuivants, ou dans quelque autre vafe fort ouvert rcomme une jatte de fayance, de porcelaine , &c. marquent Bien que je n’avois-point en vue la condition qu’on exige,, & qui n’efl néceflairc que dans l’expérience de Leyde.
- En parlant de la loi établie par Meilleurs Gray & du Fay, d’ifoler ou de pofer fur des matières éleftriques
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- «u* l’Electricité. 57_______________
- [par elles-mêmes, les corps à qui l’on —j— [veut communiquer l’éledricité, & Disc, [des exceptions que peut fouffrir cette Répons (loi, M. Louis avance un fait qu’il àM-Louis* attribue à M. Le Monier d’après un extrait du Mémoire de cet Académicien inféré dans un journal ; ce fait iCft quq la bout tille enfante pleine d’eau,
- .dont on fe fen dam l’expérience de Leydt, refait abondamment VéleSlricité , lorsqu'elle eftportée dans la main, & n’en reçoit pas du tout, lorfqu’on lapréfeme au globe , tandis quelle eft portée fur a* guéridon de verre bienfec. Que la bouteille s’éledrife fortement, quoique Soutenue à pleine main par une personne qui n’eft point ifolée félon la - réglé ordinaire ; c’ell une vérité in-conteftable,& une particularité digne de remarque dont j’ai rendu compte moi-même auPublic (a)plus de 6 mois avant la ledure du mémoire cité pat M. Louis- * Mais je ne puis convenir * que cette même bouteille nes’élettriji point dutout quand elle eft pofée fur du verre, ou , ce qui ell la même chofe, fufpendue avec un fil de foye;
- (a) Mémoire lû à l’Aflemblée publique 4*
- .t’Acad, après Pâjues 174s.
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- 3§ Réciter cites j’ai toujours vû le contraire d’une| maniéré très-marquée : l’exaftitude : de M. Le Monier, qui m’eft connue d’ailleurs, me fait croire qu’il y a du| mal entendu; & je ne crois pas qu’on doive le charger de cette erreur, juf-qu’à ce qu’on la trouve dans quelque Ecrit imprimé parfesfoins, ou avo ué par lui-même.
- Le fait de la bouteille qui s’éle-ftrife entre les mains de celui qui la tient , ne contredit pas félon M. Louis, la réglé établie par Mrs. Gray & du Fay. S’il difoit que cet exemple & quelques autres dont j’ai fait mention dans mon Ejfai, ne détruit pas la loi générale, qu’ils n’en font que des exceptions, je ferais volontiers-de fon avis; mais il va plus loin,
- & il me femble qu’il s’égare, je ne dis pas dans les raifonnemens que je lui abandonne, chacun étant libre de raifonner fuivant fes lumières , dans une matière obfcure; mais dans les faits qu’il avance, & qu’il n’a certainement pas pris la peine de véri- 1 fier : dans cette expérience, dit-il, te 1 n efi pas la bouteille qui efl devenue 1 éleSrique, c efl l’eau qu’elle contient. , .t 1
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- sur l’Électricité. 39
- an touche en vain la bouteille fans en —j--
- tirer Cétincelle s • quel eft le fupport Disc> de l’eau ? c’efl la bouteille qui la renfer- Réponfe me, &c. Mais ce fupport, cette bou- àM-umu. teille lance des aigrettes lumineufes,
- & attire -fortement les corps légers qu’on lui préfente, que faut-il davantage pour être éleélrique ? Et fi vous n’êtes pas content de ces raifons ; ptéfentez la bouteille vuide, & je vous garantis qu’elle s’éieârifera , moins à la vérité, & plus lentement que s’il y avoit de l’eau, mais il ne s’agit point ici du plus ou du moins.
- Dans les remarques fur la pénétration de i’éledricité, page 32, on lit ceci : Les corps animés Jont ceux qu’on élettrife le mieux.... on éle&rifi plus facilement un homme de vingt-cinq ans, qu’un enfant ou qu’un vieillard,(T dans le même état, le tempérament & la conftitutionparticulière, apportent des changemens confidérables. Voilà des déciuons qui ne fe trouvent point dans les Mémoires de C Académie , ni dans mon EJJai ; s’il y a quelque chofe d’approchant, on ne le donne que comme conjedure ou apparence. Il eft bien vrai que toutes per-
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- 4© Recherches lonnes ne fontpas également propres aux expériences de l’éleélricité, foit our exciter cette vertu, foit pour
- ’ ta recevoir, foit enfin pour en reffen-tir les effets ; mais efl-ce à l’âge, ou au fond du tempérament, qu’il faut s’en prendre, ou bien à quelque autre' caufe tout-à-fait différente, c’efl ca qu’on nepourra fçavoir d’une maniéré -décifive, qu’aprèsune longue fuite d’obfervations & d’expériences.
- M. Louis fait ici une remarque dont je ne fens pas bien la jufleffe : en obferve, dit-il, que les corps qui font abondamment fournis de matière électrique. ...ne reçoivent point l’élellricité par communication ; les corps animésparoif fent former une exception â cette reoie ; car ils font pleins de cette matière : il y a quantité de perfonnes qui éteincelent en J'e faifant frotter le dos avec une ferviette échauffée. C’efl que pour raifonner jufle il ne faut rien changer aux principes établis ; celui fur lequel on argumente ici, n’eflpoint tel qu’on l’a énoncé. Voici ce qu’on obferve conflamment, & dont tout le monde convient ; c’efl que les corps qui s’éle&ifênt le moins par frottement,
- font
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- s'üR l’Électricité. 4r ïontceuxàqui'l’éleclricitéfe commu- j, * nique le mieux ; on a beau frotter un Disc, corps animé, proprement dit, il ne „ R'P™.fe ' s’éleftrife pas plus qu’une barre de aM' °‘“Si fer mife à pareille épreuve ; ainli quand un corps animé reçoit par communication, autant ou plusd’é-leâricité que le métal, touteftdans la réglé. Mais les corps vivans ' contiennent plus de matière élettrique , tjiie ceux même qu’on éleSrifepar frottement. Qui vous a dit cela ? A peine fçait-on ce que c’eft que la matière éleftrique ; & quand on fçauroit'po-fitivement que c’eft celle du feu comme if y a toute apparence , d’où fçavez-vons qu’il y a plus de feu dans un corps vivant que dans un morceau de bois ou de fer; me le prou-Vez-vous par Uferviette chaude qu'on ' fait étinceler en frottant le dos d’un homme; examinez le fait avec plus; d’attention, vous verrez que le feu' fort du linge , & qu’il n’y a aufli que ' le linge qui s’éleârife dans cette oc--cafron : voilà pourquoi j’ai dit plus-haut, qu’on n’éleârife jamais Un-* corps animé proprement dit, en le fror--tant ; le poil du chat devient éleétrir
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- 42 Kbchsk tfft'ï S - que, & communique fa vertu à PariT-_ *• mal ; mais s’il eft raie, c’eft peine Réponte perdue qued’elfayer, Te chat ne de-àM4.ouis. viendra plus électrique.
- Mais ces corps vivanst dît M. Louis,, ne pourroicnt-ils pas devenir électriques. .. .fans être réellement pénétrés de cette matière ? Si l’on m’eût propofé cette queflion avant que j’eulfe conduite l’expérience, j’aurois été fort embarrafle d’y répondre; car dans une matière que l’on ne connofc point à fond y rien ne doit paroître impof-ftble : mais en m’en tenant au fait, fai décidé, & je crois avoir fuffifam-ment prouvé que la matière éleélri-qire pénétre à travers les corps vivans comme à travers les autres ; M, Louis penfe au contraire quelle ne fait que glijfcr fur leur furface, & que cet enduit électrique empêche lémanation d’une matière analogue difftpée continuellement parle jeu des vaijfeaux dont elle eft le mobile, L’opinion doit paroître ffngulîere à quiconque à vûéleârifer des animaux ; fans doute qu’on ne fc contentera pas de la mettre en avant, on en donnera apparemment des preuves, & nous les examinerons; voici la première.
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- sur l’étécfRicm?. 43_________________
- Ce quifavorife, dit-on , ce fentiment, f c’efi qu’on ne peut jamais tirer qu’une étin- Disc.' celle d’un corps vivant életlrifé, au lieu . Mp0" ' qu'on entire cinq ou Jix d’une barre de fer ’ 0 *
- qui a acquis beaucoup d’életiricitééie nie le fait abfolument, & cela parce que j’ai fait étinceler dans cent occafions la même perfonne cinq à fix fois de fuite . avant qu’elle eût perdu toute fon éledricité acquife : fi M. Louis ne veut pas m’en croire, qu’il interroge ceux qui font dans l’ufage de faire ces fortes d’expériences. Paf-fons à une autre preuve.
- Si la matière électrique pénétrait te corps humain , la douleur qui fuit une étincelle tirée du jet de fang^ d’un homme életlrifé qu’on vient de Jdigner , de--vroitcaufer une commotion beaucoupplus violente que dans l’expérience de Leyde puifqu’on ébranleroit tout te fyfiéme vaf— culeux , par la continuité du fluide qui y eft contenu : ce qui produirait une expérience mortelle. Cette raifon eft-elle' bien concluante ? Quoi, parce-que les expériences éleâriqües ne tuent pas les gens qui s’y foumet-tent, elles ne patient pas la fuperficie' du corps ; mais M. Louis n’igmorc
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- 44 Recherches^ pas que j’ai tué de petits oifeaux; eif leur faifant relfentir la commotion e éleflrique.. Il doit avoir appris aufli *• que d’autres animaux plus gros & plus robuftes, ont été depuis la vi-âime de cette épreuve en différens endroits, il faut donc qu’il convienne au moins que ces animaux-là ont;
- fas ; il aimera mieux croire que échyjnofe & le fang épanché dan* la poitrine du petit oifeau que je fis ouvrir & vifiter par M. Morand étoient des accidens caufés plutôt par la comprcjjion de raie, par F interruption de la circulation du Jang , que par la rupture des petits vaif-feaux forcés par une prompte & ex-ceifive raréfaâion du fang,,à quoi je les ai attribués'; & pourquoi cela ? pour deux, raifons que voici : Premièrement c’elt que le petit oifeau a péri .précifement comme un foldat, frappé de la foudre dont M. Louis a ouvert le cadavre, & qu’il eft clair comme le jour que ce foldat eft mort, parce que l’air comprimé- l’aépuffç, en arrêtant lacir-
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- STÜR li’ÉliE CTRI CITÉ! 4f' Culation du fang. Secondement, c’eft que la raifon que je donne de la Disc-mort fubite du petit oifeau , efl imi- Rér™» tile, & que cette prompte & excef- 1 ' five raréfaélion du fang que j’allègue, auroit plutôt lieu dans les gros vaif-feaux que dans les- petits. Si la com-preflion de. l’air occafionnée, félon M. Louis, par la matière éleftrique,
- & dont je protefte cependant qu’il n’y a aucun vertige , paroît au Le-âeur une caufeplus vrai-femblable de l’échymofe du petit oifeau, que la raréfaélion du fang à laquelle je l’ai attribué, j’efpere qu’on voudra bien me pardonner d’avoir produit des raifons inutiles & peu fatisfai-fantes, je ne prévoyois pas celles qu’on a données depuis, & M. Morand à qui j’en ai fait part, . devois. bien m’avertir que le fang ne peut-pas fe raréfier dans les vailfeaux capillaires, comme dans les grands.
- Je ne fuivrai pas M. Louis dans l’explication qu’il donne de la nature & des effets du tonnerre ; quoique, cette matière concerne la phylique,,
- & que j’aye trouvé dans cette partie ' du Livre,.bien des nouveautés di-
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- 4# RÉCffEkesrffs-— gnes de remarque, je regarde eeffë D I# _ inatiere comme étrangère au fujet Réponfe qui m’occupe , puifque je n’y fuis àM.iouis, point attaqué : par la même raifon, & parce que je ne veux point me mêler des chofes qui ne font pas directement de mon reifort, je laiiferai l’Auteur diiferter tout feul, & fans le troubler touchant les différentes efpeces de paralyfie, les caufes de chacunes, l’impuiffance ou les ref-fources de la nature affligée- de cette maladie ; je m’arrêterai feulement aux motifs qui ont détérminé M. Louis à faire fes épreuves , aux procédés qu’il a fuivis, & à l’idée qu’if prétend donner du pouvoir électrique.
- Quand on parla d'appliquer l’Eleélri-eité à la paralyfie,M. Louis ne crut point dabord qu’il s’agijjoit de la commotion; les idées qu’il s’étoit formées de la nature & des caufes de la maladief idées qu’il faut voir dans fon livre depuis la page 81, jufqu’à la page , ne l’avaient point difpofé en faveur* du remede. Pourquoi cela ? c’ed qu’on n’apperçoit dans la commotion éleârique dont il s’agit,, qu’une caufe
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- ÏÜR L’ÉtECTfiieiTÉ. 4T extérieure contendante , dont l'aSion 11
- immédiatefifait fur lesfolides & dans j j e,
- un pôint déterminé.»»f percujfion Réponfe extérieure &fubite pourroit-elle être une à rejfource dans une maladie invétérée & chronique ? un agent extérieur dont /’effet efi fi prompt, feroit-il capable, &c.
- Comment, dans l’expérience de Leyde, la commotion ell unepereufi-fion extérieure ? M. Louis n’a donc pas eu le courage dé l’elTayer une feu-lefois fur lui-même; que n’en croit-iï au moins la voix publique, & quand il a dit à la p. 40 en parlant de cet effet : on rejfent à linftant dans les deux bras, les deux épaules, & la poitrine,
- & fouvent dans le refle du corps , une ficoujfefifubile & fi violente T qu’ilfem-ble qu’on foit frappé Sun coup de foudre ; il n’en croyoit donc pas uni mot ? Voilà qui eft plus que fingu-lier : avec des idées telles que celles-là , quoique faulTes, avec la certitude que M. Louis avoir de l’inutilité & du danger d’appliquer la commotion éleârique, comme il le dit plus loin r c’étoit Gruauté à lui de faire éprouver à fes malades une eC-pèce de torture dont il fçavoit bien
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- Di'.c, Malgré ces raifons, & contre fes 'Réponfe propres lumières, M. Louis fe déter-^M.Louis. mjne p0urtant à éleftrifer des paralytiques ; mais il prend foin d’aver-rir qu’il ne l’a fait, que parce que M. l’Abbé Nollet ayant commencé de pareilles épreuves, avoit déjà annoncé des fuccès qui faifoicnt beaus coup efpérer de la guérifon des malades» Par-là M. Louis met prudemment ton honneur à couvert, & me rend refponfable des événemens. Où en étois-je, fi M. Jallabert moins éclairé que lui, fur l’impofiibilité de ref-fufciter le mouvement dans des-membres perclus , en les éleclrifant, n’avoit été affez patient, pour ef-fayer comme il faut, & affez heureux pour prouver par une guérifon bien-authentique , contre les fçavantes fpéculations de M, Louis, que la ver-tu éleiïriquc ne s’en tient point à la fur-face du corps animé, quelle agit fur les-fluides, commefur lesfolidcs, quelle attaque jufqu aux nerfs privés d’aliion r_ qu’elle peut être autre chôfe qu’inutile ow mtifible ; en un mot quelle peut guérir-d’une pçtralyfle invétérée de JJ. ans.
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- sur l'Électricité. 49 Il me reftoit pourtant une reffour-ce vis-à-vis des gens équitables ; l'aurais dit qu’en propofant de faire l’expérience de Leyde fur des para- * lytiques, ou en rendant compte des premiers eflbis que nous en avions faits M. Morand, M. de la Saône & moi, je n’avois rien ajoûté qui dût faire concevoir ces grandes elpéran-ces, qui paroilfoient avoir déterminé M. Louis, Si je l’aurais prouvé par mes propres paroles que voici :
- « Nous avons déjà éleftrifé des pa-» ralytiques & des gens perclus de » quelques membres ; c’elt une idée » qui s’offre affez naturellement à » l’efprit, qu’une fecouffe telle qu’on » la reffent dansl’expérience de Ley-» de, pourroit bien reffufciter le » mouvement plus ou moins interdit » dans une partie malade ; je liip-» prime ici le détail d’un Effai qui » ne fait que commencer, & dont » le fuccèr efi encore trop douteux ,
- » pour mériter qu’on l’annonce. (a) M. Louis, après avoir rapporté une douzaine d’expériences qu’il a 00 Extrait des Rcgiftres de l’Àcad. des Strences pour l’année 1746.
- E
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- jo Recherches *—I— faites fur trois ou quatre malades ; P! je. finit ainfi fou récit : Enfin je n’ai retiré . Réponse aucun fruit de la commotion éleélrique sM.Loms. J~ur ics paralyliquej.' £t pouvoit-il rai-fonnablemënt en attendre, après 11 peu de travail, après des épreuves faites fans aucun efpoir. & comme par maniéré d’acquit ? Que l’on confronte la narration du Chirurgien de Paris , avec celle du Phyficien de Genève, & l’on verra ce qui peut avoir caufé la différence de leurs fuccès. Ce n’eft pas que je croye l’Eleclricité un remede sûr contre la paralyfie ; j’ai éprouvé le contraire, après un travail de deux mois, prefqu’auffi infructueux qu’aflidu : je penfe encore moins ; quen doive négliger les remèdes connus & itfités, renoncer aux fecourr dirigés par les maîtres de l’art, pour éleârifer les malades : à qui cette penfée extravagante peut-elle venir ? c’efl: combattre un phantôme que de s’élever contr’elle, Je n’ai plus qu’un mot à dire 4 M. Louis ; c’efl fur l’opinion dans laquelle il efl , que la commotion qu’on relient dans l’expérience de Leyde, ri’efl point un effet propre (je
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- Sur l’Électricité, yr'______________
- ta matière électrique, mais d’un air corn- —j — primé qui fe débande. Ce qui paroît Disc, ivoir conduit l’Auteur à cette pré- RcPoi,fc r,ration, c’eft qu’il a trouvé, ( & avec àMXo"s’ aifon, ) quelque reflèmblance entre a foudre & la commotion électrique , & qu’il croit être parvenu à expliquer le tonnerre & fes effets, par a compreflion d'un noyau d’air enve-oppé d’exhalaifons enflammées : mais uppofons que fon explication du onnerre foit auffi peu recevable » qu’elle eft nouvelle : y a-t-il quelque aifon d’ailleurs , qui porte à croire que ce qu’on reffent dans l’expérience le Leyde, eft un effet de l’air compri-né ? EcoutonsM.Louis : Cette commtt-ion ne peut venir que de la détente d’un ’sjfort extraordinairement bandé ; voilà me décilion bien hardie, c’eft dom-nage qu’on en ait fupprimé les preuves. J’ai plus d’intérêt que perfonne i les fouhaiter ; car j’ai dit quelque part, comme par conjecture , que lans l’eau éleétrifée de cette expérience , la vertu éleflrique me paroiffoit être comme concentrée.
- Si l’on ne confldére, ( continue M.
- Louis, ) que la matière-éleïïrique foulée Eij
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- j2 Recherche^
- r ~ <fr comprimée dam la bouteille, l’approxi-j)j jc_ nation du doigt ne doit pas en procurer la.
- Répond détente, fur-tout s’il en fortoit une naît M.l.ouis. (-lere ai,fi0gUC qUe M, L. N. nomme af-fiuente. L’approche du doigt me paroît au contraire une nouvelle caufe compref-ftve. Je ne fçais fl la matière éleétri-que eft foulée ou comprimée dans la bouteille ; j’ignore encore parfaitement , fi lorfqu’elle en fort, cela fe fait à la maniéré d’un reffort qui fe détend ; & je me garderai bien de rien décider à cet égard , jufqu’à ce que l’expérience m’ait fourni des lumières que je n’ai pas ; mais ce que je fçais à n’en pouvoir douter, c’ell que la bouteille avec l’eau qu’elle contient, eft un corps très-éleélrifé; que de tout corps actuellement éle-ârique , il s’élance des émanations au-dehors, que ces émanations que j’ai nommées matière effluente , redoublent & de viteffe & de quantité, lorfqu’il s’en approche un corps non éleétrique ; & qu’en même-tems de ce corps non éleârique, il part vers le corps éleétrifé, un torrent de matière que j’appelle afflttente ; ce font au-
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- sus l’Électricité. famment prouvés dans mon Ejfai , — j — & par le moyen defquels j’ai pré- Disc, tendu expliquer les étincelles pi- , R=p°nfc quantes qu’on relfent, en appro-aM'LollI!‘ chant le doigt d’un corps éleétrifé ; parce qu’alors les deux matières s’enflamment , & fe répercutent en s’entrechoquant : voyez l’explication du fécond fait de la fécondé clade.* Or dans l’expérience de Ley- 'r/p;/» de, la bouteille , l’eau & la verge de [f'f'f fer qui conduit l’éleélricité , ont une matière effluente , qui doit frapper, comme dans toute autre occafion, la matière affluente qui vient du doigt non électrique ; & fi ce choc produit des effets plus violens que d’ordinaire , c’eft apparemment parce qu’une maffe d’eau contenue dans du verre s’éleétrife plus fortement qu’autre chofe, & que la matière éleflrique de la perfonne qui fou-tient ce vaiffeau, frappée fortement & par deux endroits oppofés, reçoit une commotion plus grande & plus étenduequ’elle fait relfentir aux parties organiques qui la contiennent. Voyez l’explication du fixié-«te fait de la fécondé clalfe. *
- Eiij
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- ______T4 Recherches
- 1—j— M.Louis peu fatisfait apparemment j Disc. decetteexplication,dansIaqueIIej’ai Keponfc cependant toujours cotoyé l’expé-1 an.Louis. rjence ^ pans me permettre aucun | écart, y fubltitue celle-ci : Jepréfu- ; me, dit-il, que la matière éleürique qui j tccupe la circonférence de l’eau du vafi, j & qui y efl contenue par la prejjion de tair extérieur, comprime dans fin centre l’air qui étoit dans les pores de l’eau, & que Rapproche du doigt à un des points de la verge éle 'drique, en rompant T équilibre, procure la détente de cet air emprifinné ,fur lequel la matière éleürique agit en tout fins par fa vertu élafiique. Qu’on ne difi point que,&c. ... Non, je ne dirai rien finon que dans tout ceci, il y a prefqu’autantde fup-pofitions que de mots, & que quand tout ce que l’on fuppofe, feroit autant prouvé, qu’il eft peu probable, il ne s’enfuivroit encore aucune explication qui pût quadrer avec ce que l’expérience fait voir aux obfer-vateurs les moins attentifs : je m’en rapporte auxconnoilfeurs.
- Comme la compreffion de l’air paroît être le cheval de bataille de
- [. Louis ; je ne veux pas finir fans
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- Sur L’ÉtECTRiciTé. ÿ/ l’entretenir encore un moment fur ce fujet. Voici fes paroles : La comptef-fion de l’air extérieur qui pefe fur la fur-face de la liqueur, peut beaucoup augmenter la force de la commotion : pour s en convaincre , il faut fe fervir d’une phiole exactement bouchée avec du liège, au travers duquel pajfcra la verge de métal qui reçoit l'éleiiricité ; la commotion efi très-forte par ce moyen, & ce n’efl quepar lui que M. le Monnier a pu dans fes curieufes expériences tranf-mettre iéleüricité à des diftances aujji éloignées quil a faites, béleélricité ejl plus forte dans ce cas, parce que b air qui prejfefur la furface de beau, (n’ayant point de communication avec b air extérieur de la bouteille') efi comprimé par la matière éledrique que bon communique à beau, &c..... De l’air comprimé par une matière affez fubtile pour palfer à travers les pores du vaifleau ! de l’air comprimé dans une bouteille fragile,bouchée avec du liège : quelle phyfique ! Mais abrégeons, & apprenons à M. Louis , s’il ne le fçait pas , que l’expérience de Leyde fe fait auflï bien avec une jatte ouverte & en par-lie pleine d’eau,qu’avec une bouteille
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- ï6 R E CHER CHES
- ‘—j— bouchée;&que liM.leMonnier s’eft Disc, fervi de ce dernier vaiffeau plûtôt que Rép^ d’un autre ; c’étoit par des raifons de °“K' commodité, & non de néceffité : pourquoi ne fe pas mettre mieux au fait d’une matière dont on veut entretenir le Public ?
- Réponfe à M. Bammacare Profef-feur de Philofophie à Naples , touchant quelques endroits du Livre qu’il a publiéfous ce titre! Tentâmes de vi Electrica
- EJUSQUE PHENOMEN1S.
- '• . -- J’ a i reçu depuis très-peu de tems P j ’ c de M. Bammacare Profefleur de Phi-Réponie lofopie dans l’Académie Royale de macàre,am" Nap'es > un Ouvrage allez conlîdéra-ble fur l’Eleâricité. Dans cet Ouvrage qui eft écrit avec élégance & avec méthode, je me fuis trouvé cité très-fouvent, & j’ai vû avec fatisfac-tion , que l’Auteur de moi, nous étions d’accord fur bien des points ; mais il y en a plufieurs aufli qui nous partagent, & furtout celui de la
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- sua l’ÉlecTriéiTÊ. ÿ7
- matière affluente, dans le fens que je '—j-
- l’entends, car on convient qu’il faut Disc, bien qu’il y en ait une pour expli- à quer ce qu’on appelle attraSiion : » Je Lciic.™" » ne penfe point, dit l’Auteur, (a)
- » comme M. Boze qui convient dans .
- » une de fes lettres, qu’on explique j> beaucoup mieux les phénomènes s> éleftriques, en admettant une ma-x tiere affluente venant des corps » environnants au corps éleârifé ,
- » qu’en faifant revenir par la réaction » de l’air, la matière effluente au 9 corps dont elle eft fortie, comme 9 fl, ( continue M. Bammacare, ) on » devoit préférer à l’aftion de l’air 9 ambient, la matière affluente de 9 M. Nollet ; matière purement fup-9pofée, & qu’il demande qu’on lui 9 accorde, comme par grâce, peca-
- 9 ria, & ex hypothefiptita.
- Pour mettre mon Lecteur au fait de cette Note, il faut que je rappelle ici en peu de mots ce qui a donné occafion à la lettre de M. Boze dont on a cité un partage. A la fin de l’année 174J. ce célébré Profeffeur de (æ) Tentamen de vi Eleftricâ ejufque Phem-mnisp, 144. ad litteram a.
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- j8 Recherchés —j— Wittemberg m’ayant fait l’honnetft Disc, de me communiquer un Ouvrage Réponfe qu’jl faifoit imprimer fous ce titre : RecherchesJur la caufe, &far la véritable théorie de l’Eleétricité ; je trouvai ' que pour expliquer les mouvemens d’attraélion il avoit recours à la réaflion de l’air extérieur. Je lui répondis que fes explications & les miennes {à) s’accordoient dans bien des articles, mais qu’au lieu d’emprunter de l’air la caufe du retour de la matière éleârique, (caufe qui ne pourroit pas fatisfaire dans tous les cas, ) je me fervois d’une matière que je fçavois venir des corps environnants, & dont je Iuiindiquois des preuves en peu de mots. M. Boze frappé , ou des raïfons que je lui donnois de cette matière affluente , ou de celles qu’il trouva lui-même ; (car par combien d’endroits ne fe manifelie-t-elle pas à un homme qui fait lui-même ces fortes d’expériences, & qui n’a point intérêt delà
- («) Le 25 Avril précédent, j’avois Iâ à notre rentrée publique,le Mémoire qui a pour titre ï Conjectures fur les caufes de ÏElefiriç
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- sur l’Électricité fgt jnéconnoître ? ) ne balança point de l’admettre ; il fit même imprimer ma D lettre par forme d’appendice à fon . R Ouvrage,& quand il en a parlé depuis ce n’a été que pour marquer fes regrets de ce que cette caufe fi féconde des phénomènes électriques avoit échapé à fes recherches : Nefiio quo infaufto natus fidere huic principio non majore ftudioincubuerim, quod Nolleti inter rnanus ftecondi/fima mater omnium eleSricorumfaiium eflpbenomenorum.(a)
- Ce n’eft point par un fentiment de vanité que je rapporte ceci ; mais feulement pour l’intérêt d’une vérité fondamentale que je crois être la véritable clef des eifets de l’Eleâricité.
- C’efi cette matière affiuente , adoptée par M. Boze & par bien d’autres depuis , que M. Bammacare appelleprecaria, & ex hypothejîpetita. Voyons maintenant fur quoi il fonde ces deux qualifications ; voici la rai-fon qu’il nous donne de la première.
- A la page 21 de fon Livre dans la note. On ff ait, dit il, que M.Nollet admet autour des corps élettrifés , deux matières, [une qu’il nomme effluente ?
- (a) Temam. Eldî. part. pojl. p. 33.
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- 6o Recherches
- & l’autre qu'il appelle affluente; mais il D lie. donne cela comme me chofe dont il nefl Réponfc „as j}'tr ; & pourquoi ? C’eft qu’il dit lui-tta«re.am même dansfa Préface s * Si j’étois allez » heureux pour avoir trouvé la caufe „ générale de l’EIedricité dans l’ef-fluence & l’affluence fimultanées » d’une maniéré très-fubtile , pré- ;
- » fente par tout, & capable de s’en-» flammer par le choc de fes propres » rayons, & que j’eufle bien prouvé » ces principes qui font la partie la » plus eflëntielle de mes explications, ! » &c.» Comment ? Efl-ce qu’il ne fera plus permis à un Auteur d’être mo- ; defle?Faudra-t-il donc étaler fes idées avec beaucoup de confiance pour en infpirer aux autres ? Mais outre que cela n’eft point de mon goût, je fçais qu’un Ledeur délicat n’aime point 1 qu’on le prévienne ainfi; & fl je defire fes fuffrages, ce n’ell point après la lecture de ma Préface que je les at-tends , je ferai fuffifamment.flaté, li je puis les obtenir après la ledure entière de l’Ouvrage.
- Au relie, fi ce paflage qui vient d’être cité pouvoit prouver, comme on le prétend, que je propofe la matière |
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- SUR l’élèctricitS. ët (Üectrique affluente,comme une chofe — j • dont je fuis incertain , il prouverait dis'Ci donc aufii mon incertitude & mes Répare doutes fur la matière effluente, fur les mouvemens contraires de ces deux matières, fur leur collifion.en un mot fur tout ce que j’ai dit dans le corps de mon Ouvrage ; car ce peu de mots en eft comme le précis. Voilà une étrange façon d’argumenter contre un Auteur, & fl je faifois des Livres à Naples, je vois bien qu’il faudrait écrire mes Préfaces fur un autre ton qu’à Paris, où l’on ne prend point les gens au mot quand ils parlent d’eux-mêmes.
- Mr. Bammacare alléguera fans doute quelque raifon plus folide que celle qu’on vient de voir, pour rejet-ter cette matière affluente qu’il ne peut fe réfoudre à admettre. A la page 166, après avoir expofé en peu de mots le fond de ma théorie il avoue qu’on ne peut pas fe difpenfer de reconnoître une matière qui retourne au corps éleârifé, & qu’on peut nommer affluente; mais que cette matière n’étant autre chofe que les émanations du corps éleârifé ,
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- ’6l liCEÏSCHE! repouffées par l’air ambient, on peut fe pàffer de celle que je fuppofe^ratai-tment venir des corps environnans ; àinlî il lui donne l’exclufion, i °. Par-' ce qu’elle eft inutile ; 2°. Parce qu’elle n’eft connue que par ma fup-pofition , 30. Parce qu’il y a une contradiâion manifefte à faire venir une matière éleârique des corps qui ne font point éleârifés. Voilà donc trois arguments auxquels il faut que je réponde.
- Je conviens de bonne grâce que la matière affluente telle que je l’entends , doit être rejettée comme inutile , (au moins quand il s’agit d’expliquer les attraâions éleétriques , ) s’il eft vrai qu’elle ne foit fondée que fur unehypothèfe,& quela feule matière effluente repouflee par l’air extérieur ou ambient, fuffife pour rendre rai-fon de tous les Phénomènes dans l’explication defquels j’employe le jeu des deux matières. Mais ce n’eft qu’à ces deux conditions que je me rendrai ; car quand bien même on pourrait attribuer à d’autres caufes, les effets qui me paroiffent appartenir à la matière affluente dont je faiç
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- sur l'Électricité. 63 (jfage , fi cette matière n’cfi pas, comme on me le reproche, une pure hypothèfe , mais un fait bien établi & bien prouvé ; dût-elle paroître à ] M. Bammacare encore plus inutile, je ne la rejetterai pas. Examinons maintenant ces deux points.
- Quand je vois fortir de mes doigts, d’un morceau de métal, d’un bâton préfentéà peudediftanced’un corps qu’on éleftrife, des jets continuels d'une matière enflammée, tout-à-fait femblables pour la couleur, pour l’odeur, &c. à ceux qui s’élancent d’une barre de fer éleétrifée ; quand je vois la même chofe arriver à tous les corps qui s’approchent de même & tous enfemble d’un globe de verre que l’on frotte ; * eft-ce donc faire une hypothèfe que de dire d’après ce \ que j’ai vû& fenti, qu’il vient des corps environnants, au corps éleâri-fé, une matière, & que cette matière reffemble à la matière éleftri-que ?
- Si je me fais éle&rifer fortement,
- & qu’une perfonne non électrique me préfente fon doigt, une épée, &c. à quelques pouces de diltance, ou j’en
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- <?4 Recherches î—j—- vois venir une aigrette lumineufe; Disc, ou je fens un vent très-marqué quil Réponfe fort de ces corps ; {a) ferai-je encorel KUMte.am" une fuppofition gratuite, fi je dis! qu’il fort de-là une matière qui efti affluente à mon égard?
- Qu’eft-ce qui fouleve la furface j d’une liqueur que l’on préfente à| quelques corps éleétriques? Qu’eft-j ce qui la fouleve cent fois de fuite ,1 fi l’on fe donne la peine de l’éprou-1 ver ? n’eft-ce pas une matière qui fait j effort pour en fortir ?
- Par quelle raifon plus naturelle, 1 que par les efforts d’une matière af-1 fluente,les feuilles légères que je tiens | fur ma main, s’élevent-elles rapide-1 ment vers le tube éleélrique ?
- Et pourquoi des corps légers font- j ils attirés plus rapidement de deffus ! ma main , de deffus une plaque de I fer, que de deffus un gros gateau J de réfine ? N’eft-ce pas parce que ce | dernier fupport fournit moins de ma-1 tiere affluente, que les corps animés | & les métaux ? & fi cette derniere I
- (a) Cette expérience réuffit immanquable- j ment, mais il faut que l’éleâricité foit un peu J forte, f
- raifon i
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- sur l’Électricité, ê>y Sraifon paroifloit imaginée à plaifir, —j~— il n’y a qu’à préfenter un morceau de Disc, cette matière rélineufe au globe de à verre éfeftrifé, on remarquera bien macaic.^ qu’il n’en fort pas comme des doigts & du métal, de ces jets lumineux dont j’ai fait mention ci-delfus.
- Enfin, fi l’on attribue d’un commun accord les évaporations ou les écoulemens accélérés dSs liquides qu’on éleârife, à la matière effluente , qui en entraîne les parties, quel moyen de ne point attribuer à la matière affluente ces mêmes accélérations , quand on les obferve, comme je l’ai fait, & comme tout le monde le peut faire , dans des corps non éleflrifés , mais feulement placés à une certaine proximité de ceux qu’on qui le font. * Iwïï/'
- M. Bammacare n’auroit-il donc <*.-aucune connoilfance de tous ces faits ; les a-t-il trouvés fi peu con- p>*<. cluans en faveur de la matière affluente , qu’il fe foit encore cru en droit de la regarder comme une pure fuppofition, pour laquelle je devois demander grâce ; pecaria & ex bypthefipma ? Ou bien enfin a-.
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- Réponfe
- i M. Bam-
- 66 RECHEkerHffÿ t-il penfé que tous ces phénomènes» s’expliqueroientmieux par la réaâionï de l’air; par le vortex aëreus qu’il fup-pofe?
- Mais fi je demandoîs à mon tour des preuves de cette caufe à qui l’o» donne fi libéralement la préférence ; n’en ai-je pas acquis le droit maintenant ? Qn dit bien que les émanations électriques doivent refouler l’ait des environs ; le comprimer, tendre fon reffort ; mais je ne vois dans aucun endroit du Livre que cela fois prouvé, comme un fait ; par con-féquent, jufqu’à ce qu’on le fafle , je dirai librement que le vortex aëreus , ell une hypothefe.
- J’examinerai enfuite cette hypo-theie , pour voir comment elle qua-dre avec les principes de phyfique, & avec les phénomènes que l’on ne peut pas révoquer en doute. Pout ne point perdre de vûe, ou plutôt pour pénétrer, autant qu’il me fera pofiible , le fens de mon Auteur ,
- ( car je le trouve un peu obfcur en cet endroit,) je traduirai littéralement le quinziéme § r où il établit fon fÿfiême. Ce qu’il y a, dit-il, de j
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- SÜR t’ÉLÏCT'RfCITi. 67 remarquable touchant les émanations éleélriques, c’ efl quelles ne pénétrent pas aujfi loin dans Cair s & ne s’y répandent pas autant que celles des autres corps , mais en le repoujfant & en le féparant, elles Je meuvent autour des corps électriques , & reviennent fur elles-mêmes : c’efl pourquoi j’appelle atmofphere électrique , un efpace dé air féparé, ( aëris feparati, ) dans lequel Us plus grandes* émanations s’étendent, jufqu’à ce quelles foient arrêtées par tair ambient non féparé, (à vortice aëris non fepara-îi. ) Or il faut remarquer avec attention' ce que je dis ici de l’air ambient ; car e’efi lui qui en faifant effort, pour fe ré-tablir, devient cette matière affluente , ou revenante qui opéré C attraction élec-
- trique.
- Je ne comprenois pas d’abord ce que l’Auteur entendoit fous les noms a’air féparé Se d’air non féparé , mais ayant conlülté avec attention lès §§. 41, 53 & 93 , où il renvoyé ; je me fuis mis au fait de fa penfée : Il entend qu’un corps électrique nouvellement frotté r exhale de toutes parts une matière lubtile qu’il ap-Fij
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- 68 Recherches l- j— pelle, air igneur, que ces émanations Disc, qui vont, dit-il, & reviennent con-Réponfe tinuellement, forment autour de ce ««ira " corps, & jufqu’à une certaine distance , une atmofphere qui oblige l’air environnant de s’éloigner; & c’eft cet efpace vuide d’air, & rempli par les émanations éleâriques, qu’il nomme aér fegaratus. L’air qui enveloppe de toutes parts l’atmof-phere éleârique, à laquelle on fup-pofe une figure arrondie : c’eft ce qu’il appelle vortex aëris non feparati, dans d’autres endroits, vortex aëreus.
- Voilà l’idée que M. Bammacare fe fait des atmofpheres éleâriques. Quant aux fondions qu’il leur donne, les voici : Comme les émanations éleâriques vont & reviennent continuellement; l’air ambient qui les fuit, à caufe de fon reflort, entraîne avec lui, foit en allant, foit en revenant, les corps légers qu’il rencontre en fon chemin : & c’eft ainfi qu’il prétend expliquer les attractions & les répudions.
- Des exhalaifons qui reviennent fur elles-mêmes, & dont les mouvemens
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- Sur l’ÉlecTricité. <5^ alternatifs égalent en vîteffe ceux j * que nous répréfentent les corps lé- Dis c; gers qui font attirés & repouffés
- Îiar un tube éleûrique ! Des exha- araac'a[e, ; aifons qui repouflent l’air devant elles, comme pourroit faire un corps folide,& qui s’y trouvent emboîtées comme fous une voûte ! Voilà , je crois, ce qu’on doit appeller des fup-politions, & des fuppofitions qu’on ne peut recevoir qu’en leur faifant beaucoup de grâce:precaria , & ex hypothefi petita ; parce qu’il n’y a rien dans la nature qu’on puifïe citer, pour exemple, fi cen’efl peut-être la flamme qui occupe autour du corps qu’elle confume , un efpace environné d’air , mais qui ne revient pas fur elle même, ou plutôt fur le corps embrafé d’où elle émane ; les exhalaifons empoifonnées ( méphi-tir ) qui rampent fur le terrein dans la grotte du chien , la fumée qui retombe dans le vuide , font vifible-ment des effets de la pefanteur qui n’ont rien de commun avec la vertu éleftrique qui agit dans tous les fens; & je croirois perdre mon
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- 1<5 K E C Tt E R C H £ S
- -j tems, que de l’employer à réfutet
- Disc. de pareils argumens.
- . Rcponic Mais cette hypothefe qui ne reffem-ble à rien de ce que nous offrent les effets naturels,recevons-la pour un moment , & voyons fi elle quadre avec les faits. Si c’efl Pair repouffé & comprimé par les émanations éleftriques, qui doit amener, en vertu de fort reffort , les corps légers vers celui qui eft éleârifé , pourquoi ces mou-vemens font-ils fi vifs dans le vuide de Boyle ? dira-t-on qu’il refte toujours de l’air dans le récipient ? la reffource eft bien foible : il faudroit donc que les effets de Péleftricité y pâruffent auffi affoiblis que le reffort de Pair qui peut y être relié. C’efl pourtant ce qu’on ne voit pas ; & ce feroit éluder miférablement la difficulté , que de le fuppofer, contre tout ce que les obfervateurs ont vû' Quand une petite feuille de métal éleffrifée fe tient & flotte en l’air au--deffus du tube de verre qu’elle a touché , comment ne nous montre-t-elle pas par un milion de mouvemens alternatifs ceux de la voûte d’air qpe
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- StJR L’ÉLEC trtCité. 7ir l’on prétend qui eft pouflee, & qui - ] J fe rétablit continuellement, Disc,
- Enfin pourquoi dansratmofphe- , Répont» re d’air féparé , que M. Bammacare nous fait regarder comme le vuide de Boyle, les animaux refpirent-ils à leur aife? pourquoi le feu & la flamme y fubfîftent-ils fans s’éteindre ,
- &c ?eft-ce que les émanations électriques qui remptiflent cet efpace , font de la même nature que l’air groflier de notre atmolphere ? Qui voudra le croire ?
- Il eft inutile que j’en dife davantage , pour faire voir le peu d’accord qui fè trouve entre l’hypothefe que j’attaque, & les faits pour l’explication defquefs on l’a imaginée ;
- & je puis dire en général, qu’on ne parviendra jamais à donner une explication plaufible des phénomènes éleftriques, par aucune hypothefe , dans laquelle on fera entrer l’aftioo de l’air, au moins de celui gue nous refpirons, & qui ne parte point à travers les corps compafts, comme le verre, le métal , &c. C’eft en partie par cette raifon qtfe M. Boze a abandonné fes premières idées furie mé-
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- 72 Recherchés j chanifmede I’Êleâricité, qui avoienj Disc, quelque reflfemblance avec celles Rëponfc dont je viens de-fàire la critique ; BHarci"” & je ne doute pas que M. Bamma-care n’en fît autant, fi, comme M. Boze, il a voit lait lui-même les expériences, qu’il les eût vues & examinées comme lui avec loifir, & pat * toutes les faces ; car il paroît par la < maniéré dont notre Auteur s’expri- ! me dans fon avant-propos, qu’il s’en J eft beaucoup rapporté aux yeux d’au- 3 trui, & qu’il a recueilli de divers Au- j teurs ce qu’on a écrit fur cette matie- j re, pour en former un fyflême d’ex- j plication. Mais de quelque maniéré j & avec quelque foin que l’on s’étu-1 die à rendre par écrit des phénomé-1 nés auffi finguliers & auflï nouveaux ; I on a bien de la peine à les repréfenter j tels qu’ils font. C’efl: autre chofe.de I les voir ou de les lire ; & quand on 1 les a vûs, ce n’ell qu’après y avoir j longtems réfléchi, & avoir bien con-1 fidéré la liaifon qu’ils peuvent avoir I les uns avec les autres, qu’un Auteur I prudent doit fe permettre de differter 1 fur leurs caufes. *
- M.Bammacare,enmereprochant | une j
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- sur t’Électricité. 75' une contradiâion, parce que je dis —j-“ que la matièreélettrique afRuentevient Disc, des corps environnans qui ne font pas électrifés, s’amufe àdifputer fur les mots ; j’avoue que pour parler plus correéfement , il faudrait dire la matière cjiti produit les phénomènes de l’élettricité: mais tout le monde dit matière éléélrique, &l’on s’entend; cela ne fuffit-îl pas pour m’autorifer, je dis plus, pour m’obliger à parler le langage re$û ! La matière effluente, à prendre les chofes à la rigueur, n’eft pas plus élcttriquc, que celle i laquelle on me reproche d’avoir fiai à propos donné ce nom ; cependant je la trouve ainfi nommée, ( ef-luvia eleHrica , ) dans tous les endroits du Livre de M. Bammacare, aù il en eftqueftion.
- Pour terminer toute difpute à cet igard , il n’y a qu’à s’entendre fur :e qu’on appelle EleSrkité ; pour noi, comme je l’ai dît, je faiscqri-ifter cétte vertu dans- les mouvemens >ppofés & fimultanés des deux matie-es effluente & affluente, & je ne're-jnrdel’étandu corps frotté ou élec-nfé, ’où procèdent les émanations
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- 74 Recherches s=ijJ-= électriques, que comme une candi-p j 's C( tion, ou fi l’on veut, comme la caufe Réporfe prochaine qui donne lieu à ces deux mKa're,1™’ mouvemens ; & en confidérant l’é-leâricité fous ce point de vûe, il n’y a pas de çontradidion, que l’une des deux matières éleftriques, vienne des corps non éledrifés, s’il fuffic pour cela qu’il y ait dans le. voifi-nage quelque corps frotté qui s’é-puife par fes effluences, comme je l’ai expliqué dans mon EJfai, pag, 15.8 & fuiv.
- Voici encore un petit mot contre la matière affluente que l’on trouve toujours inutile ; les étincelles, dit-on , ne firtent pas d'elles-mêmes d’un corps élcftrifé ; il faut les provoquer avec le bout du doigt, ou avec un morceau de métal, &c. mais ce ne fl point, comme le dit Mr, Nollct , <c parce = que le doigt fournit une matière » affluente , dont le choc allume » celle qui vient du corps éleârifé, » eêefl qu’enpréfentant ainfi un autre corps, on divife le peu dêair qui peut être refté dans l'atmofphere éleÙrique, & par-là on donne oceafion au feu allumé intérieurement dans le corps électrique, de
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- sur l’Électricité. 7J
- jajfer au-dehors & de fe manifcfter. —j — Combien d’objeflions ne s’attire- Disc, t-on point ici de la part de ceux , Wpo»* qui font au fait de cette matière ! Je n’en veux faire qu’une qui fuffira pour montrer que M. Bammacare n’a pas bien concerté l’explication qu’il veut fiibllituer à la mienne ; au lieu de préfenter le bout du doige au corps éleétrifé, approchez-en un bâton de cire d’Efpagne , ou de fou-phre, cela fera fans doute aulfi bon que toute autre chofe pour divifer l’air ; vous verrez cependant qu’il ne fortira plus d’étincelles, & que vous ne ferez naître tout au plus qu’une petite lueur morne & rampante : & quand je dis qu’en pareil cas il fort du doigt une matière qui va au-de-i'ant de celle qui fort du corps éle-ârique, ell-ce donc une fuppofition, m peut-être qu’on puilfe combattre iar des probabilités ? n’eft-ce point m fait qui fe montre aux yeux ? il l’y a qu’à faire l’expérience dans m lieu obfcur , & porter la vûe fur e bout du doigt qu’on préfente au :orps éleétrifé.
- Gij
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- 16 Recherches
- Disc. Réponfe à M. Mo RI N , Profejfeur i m?pmo- de Philofophie à Chartres , fur plufteurs endroits de fon Ecrit intitulé nouvelle Disserta-tion sur l Electricité’.
- J e finiffois d’écrire ces réponfes, lorfqu’il fe préfenta un nouvel athlète à combattre : j’appris par les Journaux qu’il paroiffoit une nouvelle Differtation fur PEledricité, par M. Morin, Profejfeur de Philofophie, à Chartres ; j’en fis la Iefture , & je vis que l’Auteur n’étoit point d’accord avec moi, fur quantité de faits, & qu’il défapprouvoit les explications qui fe trouvent dans mon Efai. Ce qu’il dit contre ma théorie, ne m’embarrafle que médiocrement : ce qui me paroît bon à moi, peut fort bien n’être pas goûté par d’autres. Je n’ai qu’à rapporter ici les objections de.M. Morin, & y joindre mes réponfes, le Ledteurqui n’a d’autre intérêt que celui deconnoî-tre la vérité, jugera fans prévention, & par conféquent mieux que les j
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- sur l'Electricité. 77 parties belligérantes , de quel côté elle peut être ; & fi l’on trouve les raifons de mon antagonifte meilleures que les miennes, je me rendrai de bonne grâce, je conviendrai de mon tort, & mon excufe fera, en are humanum eji.
- Mais à l’égard des faits , quel parti prendre ? Dire que M. Morin s’elt trompé , c’eft prefque dire qu’il a voulu tromper les autres, parce qu’il n’eft gueres poiTible qu’un habile homme comme lui, un Profefleur de Philofophie , ait pris le change fur des effets auflifim-ples & auffi faciles à démêler , que la plupart de ceux dont il s’agit : & quoique je n’aye pas l’honneur de le eonnoître perfonnellement, je fuis perfuadé qu’il a de la candeur, & qu’il n’a voulu en impofer à perfon-ne. D’un autre côté, après avoir en-feigné tout le contraire de ce que nous apprend aujourd’hui M. Morin, faut-il que je dife que mes yeux m’ont trompé tous les jours pendant 17 ans , ou que, de deiïein formé, j’ai donné de faillies apparences pour des réalités ? Outre que
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- !—j— cela me paroît bien dur, ma conf- il Disc, cience me dit qu’il n’en eft rien.
- , Képonte je ny vois d’autre expédient, que j.| rinf ' M°’ de faire promptement fçavoir ceci j j à tous ceux, qui s’appliquent com- i| me moi, à l’étude des phénomènes :| éleâriques , & qui , depuis nombre 1 d’années, comptent avec fécurité ij fur des faits qu’on vient aujourd’hui ;j nous contefter. Ainfi Meflieurs Bo- j ze , Winkler, Gordon, Lieberkuyn, Mufchenbroek, Allamàn , Watfon, i Wilfon, Waitz, Du Tour, Jallabert, 1 Le Roi, Darcy,Menon, &c. je vous invite à lire inceffamment l’ouvrage de M. Morin, & à bien examiner, comme je le vais faire de mon côté, fi tous ces faits que nous avons don-nés pour réels dans nos écrits, & que ce fçavant Phyficien nous contefté, ne font pas des fyflêmes, ou des Ro-mans Fhilofoph'ujues,
- Voyez.par exemple,(ï un enduit de maftic de trois eu quatre lignes d’épaif-feur, appliqué fur une planche, n’eft pas aujji bon , pour ifoler les corps j qu’on veut éleflrifer par communi-1 cation,que ces gâteaux dépoixoude réfine,auxquels/epréjugé oui' ignorante
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- SUR 1,’ÉlECTRICIÏÉ. 79________
- nous fait donner jufqu’à feptpouces t ~ d’épaifleur. Elfayez de frotter vos Disc, globes & vos tubes, avec tout ce que , Rép°>* vous voudrez, fût-ce avec un car• JMo' rcaii de bois, & voyez fi cela ne fait pas tout aujfi bien que la main nue , ou tous les coulfinets, pour exciter promptement & fortement la vertu éleârique. Examinez fi au lieu de tenir fcrupuleufement nos globes & nos tubes bien fecs , tant en dedans qu’en dehors, il ne faut pas au contraire mouiller la main qui les frotte , ou la couvrir d’un gatid trempé dans l’eau, pour ranimer l’éleélricité , lorfqu’elle languit. Eft-il bien vrai que l’humidité ne nuit point à la propagation de l’éledricité, ou qu’elle la facilite comme M. Du Fay a prétendu nous l’apprendre par fon expérience de la corde mouillée? N’eft-il pas néceflaire, plutôt , comme vous le verrez par les découvertes de M. Morin, quand on veut transmettre la vertu éleftrique par une barre de fer, d'en chajfer la vapeur humide, en approchant la flamme d’une chandelle ? Voyez fi un fimple bâton, un rofeau, une paille, ne mon-
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- So Recherches tre pas autant â'électricité, que toutes ces chaînes St- ces barres de fer dont l’ufage s’eft tant accrédité parmi nous. Examinez- encore fi l'électricité d’un globe qui contient de l’eau, n’a pas autant de force & d’activité , que fi ce même vailfeau étoit parfaitement féché en dedans & en dehors. En place d’une barre de fer, éleârifez des bâtons de réfine, & voyez s’il n’en fortira pas des étincelles vives- & bruyantes , malgré la certitude qup nous croyons avoir du contraire. En voilà alfez pour vous rendre attentifs, la lecture du Livre que je vous dénonce, vous en apprendra davantage.
- Voilà je penfe tout ce que je puis faire pouf le préfent ; c’eft-à-dirc , demander la révifion des faits : mais comme fur ces faits, je fuis d’accord avec tout le monde, excepté avec M. Morin, enattendant le jugement, je me flate que la préfomption fera pour moi. Je demande donc que les phénomènes éleâriquesdont j’ai fait mention dans cet ouvrage ou ailleurs , foient reçûs tels que je les ai cxpofés, nonobllant la réclamation
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- sur l’Électricité. 8i de M. Morin , jufqu’à ce que je fois —j— condamné à la pluralité des voix. Disc.
- Je paflë maintenant à la critique de _ Riponfe mesexplications.C’eftdanslarépon- Mo"
- fe à la lixiéme queflion * que M. Mo- * N.»vriu rin raffemble toutes fes forces contre J'“'
- moi: c’efb là qu’il prétend faire voir i«o. que je n’ai pas raifonné jiiftc dans l’endroit de mon EJfai, où j’ai en-feigné que l’air proprement dit, n’eli point cette matière qu’on nomme éleârique, que j’ai eu tort de donner la préférence au feu élémentaire, & que le fyllême d’une matière éthé-rée effluente & affluente, rieft pat bien phyjîque.
- Comme on ne dit pas en quoi pèche mon raifonnement, je fuis obligé de le remettre ici fous les yeux du Leéteur, afin qu’il en juge lui-même. A la page 69. de mon Ejpti, après avoir rapporté trois expériences qui prouvent d’une maniéré allez décifive , félon moi, qu’il y a des
- Fhénoménes éleâriques auxquels air n’a point de part, j’obferve de plus que le fluide, quel qu’il foit, qui opéré ces effets , porte avec lui une odeur que l’air n’a point, qu’il
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- 82 Recherches • j pafle à travers les vaiffeaux de verre, Dise, qu’il devient lumineux , qu’il s’en*-Rcponfc flamme & qu’il brûle , & je finis par LM' M°‘ conclurre, que la matière éleârique n’eft point l’air de l’atmofphere , mais un fluide diftingué de lui, pinj-cjuil a des propriétés effentiellement différentes ; & plus fubtile que lui, puif-cjuil pénétre dans un récipient de verre. Je demande en quoi ce raifonne-ment ell vicieux. M. Morin veut-il entreprendre de prouver que l’air par lui-même ell fenfibleàl’odorat, qu’il peut éclairer , brûler , pénétrer le verre? Quand tout cela fera fait, je conviendrai que j’ai mal rai-fonné.
- Mais ce feu élémentaire , dit-OIT, à cjui vous attribuez. Us effets de l'électricité ; cette matière célefte n’a pas plus Codeur tjiie l’air.
- Aufli n’ai-je pas dit que le feu *rfet élémentaire feul, & dépouillé de p.'ie,Ej!cr toute autre fubftance, fût la matière fih. de l’éleftricité ; j’ai dit au contraire * (& comment peut-on le diflïmuler ainfi ?) qu’il falloir bien que cet élément fût uni à certaines parties du corps éleitrifant, du corps éleürifé, eu
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- sur l’Électricité. 83 du milieu par lequel il a pajfé, 8c j’ai - j appuyé cette conjecture fpéciale- Disc, ment fur l’odeur que l’on remarque , Rép°"c= à la matière éleftrique. î ™' Mo"
- Au relie, je fçais mieux ce que la matière éleftrique n’ell pas, que ce qu’elle efl ; je crois être en état de prouver que ce n’ell point l’air grof-lier que nous refpirons, mais quand je dis que cette matière ell au fond la même que celle du feu & de la lumière, je ne prétens avancetqu’une conjecture (très-probable à la vérité,
- 8c prefqu’univerfellement reçûe, ) mais une conjecture qui ne tient aucunement au fond de mon fyltême ; il me fuffit d’avoir prouvé que le fluide dont il ell queltion , ell capable de pénétrer les matières les plus compactes , & de s’enflammer par le choc de fes propres rayons : on lui peut donner tel nom qu’on voudra , cela n’interelfe point mes explications.
- Mais quand on voit M. Morin s’élever ainfi contre moi, parce que ‘j’ai dit que l’air n’étoit point la matière propre de l’éleCtricité, necroi-roit-onpas, qu’il ell à cet égard d’un
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- g4 Recherches l~p~ avis bien différent du mien ? En ttrî Disc, mot, n’a-t-il pas l’air de quelqu’un Réponfe qui défend la contradictoire, & qui Mo' prétend que l’air & la matière électrique ne font qu’un ?
- Non, ce n’cll point cela : M. Morin admet bien autour d’un corps éleétrifé une forte d’atmofphere, qu’il nomme Mofette ; mais cette at-mofphere eft un compofé d’une infinité de matières différentes en-tr’elles, & différentes de l’air : ce fluide n’y entre tout au plus que pour une millième partie ; ainfi , je vois qu’en m’attaquant fur cet article , il n’avoit d’autre deffein que celui de redrelfer mon raifonnement, qui ne lui paroif'oit pas des plus juj-tes.
- C’efl préfentement fur l’effluence & l’affluence de la matière éleétri-que, que va rouler la difpute ; écoutons le premier argument qu’on m’oppofe. » Que le feu élémentaire contribue , comme caufe efficiente & éloignée à l’accenfion, à la fulguration des mof-fettes, comme il contribue à l’accenfion, à la fulguration de notre feu ordinaire ; e’eft une vérité k laquelle perfimne rte
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- sua l’Electricité. 8y
- s’oppofera. Mais cette vérité n’établit ""j™" en aucune façon l’affluence & l’effluen- , ’s c ce de cette même matière, & ne la Réponfc rend point du tout le fujet de l’éleclri- nn^* Mo‘ cité.
- Tout cela veut dire, je crois, (car je n’en fuis pas bien sûr) , que j’ai eu tort de déduire l’effluence & l’affluence de la matière éledrique , de ce que cette matière eft capable d’enflammer. Je conviens qu’un rai-fonnement de cette efpece, ne feroit point honneur à ma Logique ; mais je défie M. Morin, qui me l’impute, d’indiquer aucun endroit de mes écrits où l’on puiffe le trouver : fi l’on veut fçavoir au jufte ce qui m’a fait conclurre que la matière éledrique étoit en même-tems effluente & affluente, il faut lire ce qui eft contenu dans la neuvième que-ilion de mon EJfai p. 7 J. & fuiv. Paf- '
- fons à un autre argument.
- L’affluence du feu élémentaire au globe comme à une fource, répugne, ce me femble, aux loix du méchanifme : car enfin les corps ne peuvent jamais affluer qu’aux endroits où ils trouvent moins de ré/ïftance, c ejl-à-dire, où il y a plus
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- 8<? Recherches
- .** -j—1 de repos : (voilà un cc/l-J-dire de Disc, trop j eft-ce que la moindre réfiftan-iiéponfc ce t fe trouve toujours où il y a plus Mo- repOS ? ) Or il eft clair , conti-nue-t on, que la rotation & le frottement du globe, bien loin de procurer un repos, une ejpece deftafc, d’inertie , ou une moindre réfiftance, met au-contraire les parcelles du verre , la matière célefie inclufe, dans une agitation , dans une ofcillation , dans une vibration très-grande , laquelle loin d’attirer les corps, doit plutôt les écarter.
- La majeure de cet argument eft un principe reçû : bien loin de le contefter, c’eft fur lui que je m’ap-puye pour.dire qu’il y a moins de ré-uftance dans le verre frotté, qu’il n’y en avoit auparavant ; car puifque les corps fe portent toujours vers l’endroit où il y a moins de réfiftance, & que la matière éleârique des environs , prend fon affluence vers le *r.ljei fir corps éleârifé,(cequigit en fait) *, etUu. 9. je penfe, qu’après le frottement, il y FJ- » •J£ a moins de réfiftance dans le verre, & je le penfe, non pas parce qu’il a frotté , mais parce que mes yeux
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- SUR l’Éi.ECTEICI T K. S7
- spperçoivent alors une matière qui le précipite vers cet endroit-là. p is c, Ènfuite fi je veux porter mes re- , *#«•’<• cherches plus loin , & que je me de- Mo' mande à moi-même d’où vient cette moindre réfiftance dans du verre frotté, j’en apperçois lacaufe dans les effluences fenfibles, dans ces émanations qui s’élancent continuellement du corps éleftrifé, & qui doivent y lailfer un vuide ; ce vuide, au milieu d’une matière qui tend à l’équilibre, comme tous les fluides , ne doit-il pas la déterminer à fe porter vers l’endroit où il eft, & où l’on continue de le 'faire naître ?
- _ L’affluence & l’effluence de la matière eleârique font deux faits qui fuivent néçeflairement l’un de l’autre, & qu’on ne peut nier qu’en prouvant ou la faulfeté, ou l’invalidité des expériences fur lefquelles je les ai appuyés ; * comment donc M. * F/r„; r„ Morin peut-il les diflïmuler ; comme Ttkk. -j. il fait, ces expériences , ou leur pré- S'"v' férer des raifonnemens, à priori, qui n’ont nulle force ?
- Je dis qui n’ont nulle force; car I”. quel avantage prétend-il tirer
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- 88 Recherches -—j— du mouvement de rotation ? quand Disc, ce mouvement feroit pour l’éleâri-Réponfe cité, tout ce qu’on prétend qu’il fait, Mo- quanj tout ce qU’on prétend qu’il fait, fuffiroit pour rendre raifon des phénomènes eleftriques, ( deux ar-» ticles fur Iefquels j’ai gardé le filence jufqu’à préfent, parce que je me fuis renfermé dans les bornes, d’une Ample défenfe , mais dont je ferai voir l’abus, quand on voudra, ) je demande à M. Morin s’il eft permis de s’arrêter à une caufe particulière, quand il s’agit d’une explication générale ; A l’éleâricité d’un globe de verre dépend de fa rotation, d’où vient celle d’un tube, d’un morceau d’ambre , d’un bâton de cire d’Efpagne ? a°. Si le frottement ne faifoit autre chofe qu'agiter la matière célefle in-clufe, comme dit M. Morin ; en-effet , je ne vois pas ce qui détermi-neroit la matière éleârique des environs, à fe porter vers le corps frotté : mais pourquoi faire gratuitement cette fuppoAtion, quand tous nos fens de concert, nous difent que la matière éleârique fort réellement & continuellement du corps éleârifé ?
- Si
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- 5ÜK l'Électricité. 89
- & pourquoi le Philofophe à qui je —-------
- répond, voudrait-il me reftraindre Disc, au feut mouvement inteftin de la Riponrê matière éieétrique , tandis qu’il en “inM' M<î" tire au dehors autantqu’il veut, pour fournir à toutes fes moffettes ?
- Au relie, l’effluence de la matière éieétrique ne feroit peut-être pas l’article qui aurait le plus de peine à paffer; mais c’eftla matière affluen-tequi feandalife le plus M. Morin;
- & pourquoi ? c’efl que je tire de-là lacaufedes attrapions apparentes:
- & pour faire voir qu’il n’en eltrien, on fe hâte de prévenir le Lecteur , en difaut : Si l’on voit les plumes, les fils,les feuilles d’or ou d’urgent, s’élancer vers le globe , cela ne vient que de la réjifiance de l’air, que la rotation & le frottement compriment & écartent, à peu près comme le fer fe précipice vers l’aiman.
- S’il ne faut que cela pour nous mettre d’accord, je conviendrai volontiers avec M. Morin, que l’air pouffe une feuille d’or vers le globe éieétrique , •comme il porte un morceau de fer vers l’aiman', l’un me paraît auffi vrai que l’autre: mais je ne lui:
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- po Recherches —j— répond pas que cet aveu de ma part,
- 23, j c lui donne gain de caufe vis-à-vis des Rfponfe Phyficiens, touchant l’explication fln“'Mo" des phénomènes éleâriques ; car il n’y a pas jufqu’aux Ecoliers qui ne fe donnent les airs aujourd’hui de re-fufer à l’adion de Pair toutes les fondions qu’on avoit elfayé de lui attribuer dans lemagnétifme.
- Après les grands argumens aux- I quels je viens de répondre, M. Mo- I rin ne m’oppofe plus que des excla- I mations: « Mettre tout l’univers en mouvement four un fimple pétillement fiime petite étincelle éleblrique, ou pour former au bout de la barre une aigrette lumineufe.... C’efl eri vérité fe tourmenter beaucoup pour pas grana-chofe. Faire pénétrer & fureter la matière éleürique dans Vintérieur des métaux les plus compacts, Fen faire fortir par des rayons Jaillans , lâns caufe manifefte : fiefi peut-être dire de belles chofes : mais que tout le monde n’accordera pas.
- Vraiment, je ne fçavois pas que tout /’univers dût fe reffentir ain/î des expériences que je fais dans un petit coin du monde ; comment
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- sur l’Électricitr. pi cette matière affluente que je déter- —j — mine à venir vers mon globe, de Disc, proche en proche , feroit fentir fon . affluence à la Chine, par exemple ; %. ' mais voilà qui eft d’une grande con-féquence. Hé ! Que deviendroient, comme le remarque fort bien M.
- Morin , les corps vivans, les fpeâa-teurs ! ils perdroient bientôt cet efprit de vie, ce principe de lumière & de fat qui les anime.
- Comme tout cela n’arrive pas , on conclut fans façon , qu’il n’y a point de matière affluente : mais moi qui crois qu’il y en a une, la remarque de M. Morin me fait trembler ; & je ciois déjà appercevoir les funefles effets de ces affluences meutrieres. Quand je lis le journal de fes plus curieufes expériences , & que je vois à tout inftant des diflo-cations , des palpitations, des futurs générales, des gens qui ont les extrémités froides, & qui font pâles comme la mort, a autres qui jettent les hauts cris , des douleurs au coccis, des convulfions d’urt quart d’heure, des crampes douloureu-fes, des engourdifflemens, des immobilités , &.c. je ferois prefque tenté de
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- - j” renvoyer l’Auteur à fes propres faits, Disc, pour le convaincre de la réalité de Réponfe cette matière affluente, qu’il me con-M°" telle.
- Mais fi je me fuis beaucoup tourmenté pour pas grand-chofe, oferois-je demander à M. Morin, s’il a trouvé fans fe tourmenter, tout ce qu’il expofe dans fon Livre, pour rendre raifon de ces petillemens, de ces étincelles & de ces aigrettes, dont il fait fi peu de cas ? S’il me répond que oui, je lui dois un compliment fur la fécondité defon imagination, ne fut-ce qu’en reconnoiflance de celui qu’il me fait fur la vivacité de la mienne , à qui il fait tout l’honneur des effluences & des affluences fimul-tanées , en les regardant toujours comme une hyppothcfe ingénieufe. Il faut avoir bien plus imaginé encore pour trouver prefqu’autant de mof-fettes, qu’il y a de phénomènes électriques tant foit peu remarquables, mofette première & radicale, mofette dérivée & fecondaire, mofette dérivée fubalterne, mofette fympatique, mofette lumineufe, mofette étinccllante, mof-fette fulgurante, mofette rayonnante ,
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- SUR I.’ÊEECTRICITÉ. P5
- mofette embrafante , mofette concentrée, mofette foudroyante : & où prendre tant de moffettes ? l’Auteur y a pourvu jufqu’au nombre de 1000. pâlie ' cela, l’étoffe pourroit bien lui manquer : mais il allure dans plulieurs endroits defon livre, que lamoffette radicale , ( qui me paroît être le fond de fon tréfor , ) eji comyofée de mille parties hétérogènes, céleftes, fulphureu-fes, aériennes , &c.
- Je finirai ceci par quelques remarques fur la nouvelle Difertation, (& pourquoi n’en ferois-je pas à mon tour? ) ce ne fera cependant que fur certains points qui m’intereflent en quelque façon ; car je le répété encore , je n’ai ni le tems ni la volonté d’attaquer; je ne penfe qu’à me défendre , & je crains que ce plaidoyer qui commence à m’ennuyer, ne faffe le même effet fur un grand nombre de mes Leâeurs, fans compter ceux qui s’y trouvent nommés.
- 1°. Parmi les plus curieufes expériences du Journal hiftorique, je vois qu’une mouche expofée aux étincelles électriques , n’a perdu la vie qu’au troifiéme coup, & qu’un lima-
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- ‘—JT'" çon a fouffert cette torture environ Disc, une demi-heure avant que de tom-Jjjéponfe |jer en Jÿncopc & en convulfion. Quand rin. ' je compare ces effets avec ceux que nous voyons communément depuis plufieurs années fur des animaux plus forts, fur des moineaux, fur des pinçons , fur des jeunes pigeons , qui périffent promptement, quand on les applique à pareilles épreuves ; l’éleftricité de Chartres me paroît afTez foible, & telle que je l’aurois attendue d'une phioh commune de trois pouces de diamettrc montée en guife de globe. Mais d’un autre côté quand je conlidére ce qui eft arrivé à tant de monde dans le laboratoire de M.Morin,tous ces accidens périlleux dont j’ai rapporté une partie ci-deffus ; l’Eleâricité de Chartres mefembleexceffive.Comment donc concilier tout cela ? Eft-ce que dans le pays Chartrain la complexion des hommes, feroit à proportion plus foible que celle des infeâes ? ou bien M. Morin n’auroit-il porté fes épreuves que fur des perfonnes à poil
- roux ? M
- (a) Page 9}, l’Auteur dit 511'ila iôuventf
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- sur l’Electricité, pj 2°. Je remarque ici tant pour moi —y55 que pour ceux qui fe trouveront cri- Disc, tiqués dans leLivre de M. Morin,qu’il Rq>o»fe ne faut pas prendre à la lettre tout ce Jin“'. u°‘ qu’il dit contre l’opinion des autres; ce ne font fouvent que des expref-jions forcées * que lui extorque un cer- *D. tain zélé ; mais qui fe trouvent bien fit adoucies, & même quelque chofe de p"-' *”lS' plus , par d’autres endroits de fon ouvrage. Par exemple , il dit bien qu’il ne reconnoît pas l’ingrcz. de matière affluente, ni la J,ortie de cette autre matière qu’on appelle effluente ; mais dans toutes fes explications depuis le commencement du Livre jufqu’à la fin , il fait perpétuellement ufage d’un fluide qui part du corps éleflri-fé, & d’une autre matière qui vient à fa rencontre de la part du corps non éleétrique ; & c’elî par le choc & la collifion de ces deux matières, mués en fens contraire , qu’il effaye d’expliquer les aigrettes lumineufes , les étincelles , les inflammations.
- S’il vouloit feulement avoir la com-
- remarqué que les perfonnes d’un poil roux étoient beaucoup plus fenfibles à l’éle&ricité $ue les autres.
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- ç6 Recherches .— — plaifance d’appeller cela matures ef- I Disc. fluente & effluente, nos deux opinions I Réponfe fe rapprocheraient un peu ; mais la I lin^1' M° ficnne perdrait d’autant de fa nou- I veauté ; & l’on eft bien aife d’avoir I dit quelque chofe de neuf.
- Voici encore une preuve de ce I que j’ai avancé au commencement de cette remarque. A la page 28.M. Morin parlant des globes de verre qu’on employé dans les expériences, dit ë que lefcrupule fur le choix, neft pas I des mieux fondé; c’efl encore'une expreffîon forcée dont 011 trouve le correftif à la page 187. Il eft des globes, dit l’Auteur, dont le verre eft plus fenftble au frottement, dont les parties font plus mobiles , plus élaftiques , &c.
- Il ne s’agit que de connoître fon Auteur, & de fçavoir aprécier fes expref-lions.
- Je regarde auffi comme des exprcfftons forcées ; mais dont je n’ai pas encore trouvé le correâif, cette préférence que j’ai tant recommandée, dit-on, de donner aux eordons de foye & aux gâteaux de refîne , pour I fupporter les corps qu’on veut élec- I trifer par communication. Si l’on eft I curieux
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- sur VÉlectricité. p7 Curieux de fçavoir jufqu’à quel point = cela eft vrai, il faut lire ces paroles p de la page 3 J de mon Efai. » On a - appris de l’expérience, que le fou-phre, la foye, la réfine, la poix, Si généralement tout ce qui s éleétrife aïfément en frottant, eft très-propre » à cet effet ( à porter les corps qu’on » veut éleétrifer ; ) ainfi l’on choifit de ces matières celle qui convient le mieux, fuivant le poids, la figure, ou les autres qualités du corps que » Pon veut foutenir.... ou bien la
- perfonne peut être affife.fur
- une planche fufpendue avec des cordons de foye ou de crin ; » fi je n’ai point ajouté , ou de laine , c’elt |ue cemotne s’eft pas trouvé au bout le ma plume, car on fçait que cette letite découverte , dont M. Morin tarait fe glorifier un peu, a dix-huit ou vingt ans de date. Mais je ne lui :n fais point un reproche, il peut .ort bien l’avoir ignoré ; comme je fuis perfuadé qu’il n’auroit pas comité au nombre defes fins curieufs expériences, celle de la tabatière étince-_ ante, celle du métal électrifé entre" es dents, Si quantité d’autres faits
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- p8 Recherches : auffi généralement connus que j’y vois avec quelques légers change-'= mens, s’il avoit fçû que le peuple de Paris s’cn divertilfait à la foire il y a trois ans, '
- 3°. Il s’cn faut tien que jé regarde comme une expérience triviale celle du chat, dont M. Morin fait mention à la page 171. Il y a quelques années que je rendis compte à l’Académie d’un chat éleétrifé en frottant, par le P.Gordon,jufqu’au point de tranfmet-tre fon électricité par dçs chaînes de fer, au bout defquelles on allumoit de î’efprit de vin. Il faut que cet habile Phyliçien ait frotté l’animal allez rudement, pour produire de .tels effets; cependant il n’a'rien épouvéd’aulîii périlleux que ce que nous raconte M. Morin ; peut-être que lé chat de Chartres ëtoit de fait roux, & que celui d’Erford étoit noir ou blanc. Quoi qu’il en' foit, M, Morin récite fon avanture en homme qui a ea peur ou qui en veut faire aux autres; mais duflai-je tomber en défaillanct comme lui, & batailler avec tafyn-• cope} je frotterai mon chat fur mi_ tcuvertpre , & je Je frotterai ifI
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- sus l'Électricité, tonne grâce : il faut bien faire quel- ==Ÿ que chojè de hardi en faveur de fa Pra- D j fejjlon. Rc
- 4°. A la page 118 M. Morin tran-che net au fujet des paralytiques que j’avois imaginé d’éleârifer. Cette épreuve félon lui, eft plus propre à leur faire du mal qu’à les foulager. Comme ce langage eft précifément celui de M. Louis, on peut voir plus liaut ce que j’y ai répondu ; il faut obferver de plus que M. Morin s’adoucit un peu à la page 196 : cela ne viendroit-il pas de ce que pendant le cours de l’impreflïon , il avoit appris que l’EJeâricité avoitfait fortune à Genève ? Son Livre étoit forti des mains du Cenfeur Royal le j Octobre 1747, & de fon aveu il apprît la guérifon du paralytique de M. Jalla-bert, par le journal du mois de Mai i748.Ma conjeétureeft-elle vrai-fem-blable ? C’eft tout ce que je prétends.
- 5“. Je ne puis m’empêcher de remarquer que partout où Al. Morin parle de frotter le verre , il affecte, ou de dire ou d’inlinuer que la main nue n’opere pas un frottement plus efficace que tout autre corps, fans
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- 100 Recherches _ =^=‘ exception , & il garantit toujours le Disc, fait par fes propres expériences ; à mvmo ma's *î c efimoi<îu’il prétend atta-,i„. °' quer par ces répétitions affeâées,
- je lui déclare que ces coups portent à faux. Partout où j’ai dit que le frottement de la main nue faifoit mieux que celui d’un autre corps, je n’ai jamais prétendu parler que de U mienne, mon intention n’a point été d’établir une loi générale ; rien ne le prouve, & je fuis prêt à convenir, par exemple, fi cela fait plaifir à M. Morin, que fa main n’ell pas auiîi bonne que-celle d’un autre pour ces fortes d’expériences.
- Je ne connois pas d’autres critiques de mon ouvrage que celles auxquelles je viens de répondre : s’il prend envie aux mêmes Auteurs de revenir à la charge, ou à d’autres qu’eux de m’attaquer fur le même fujet, je les prie de faire attention à deux chofes ; la première , qu’il s’agit ici de Phyfique purement expérimentale; c’eft donc par des faits bien coriftatés, par des obfervations bien fuivies, qu’on doic foutenirla difpute, & non pas par des hypothè-
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- sür L’ÊLÉCTRietTi. tôt fes, par des probabilités Amplement ~*j » imaginées. 2”. Que les explications 5,'sc, renfermées dans la troifiéme partie de , Reporte monïÿài, roulent,& font appuyées fur Jin“’ M®' des propoficiions. fondamentales que je compte avoir déduites de l’expérience : ainfi pour me faire voir que je me fuis trompé, ce n’eft point allez de le dire avec les termes les plus ex-preffifs,il faut prouver ou que les faits rapportés dans la deuxième partie font feux , ou que je les ai mal interprétés. Pour faciliter l’examen qu’on en peut faire, j’ai pris foin de diftin-guer par la différence des caractères, ce qui appartient à l’expérience, d’avec ce qui n’eft que de raifonne-ment; mais malgré cette précaution & l’avis que j’en ai donné, * je vois » cgy,/„ que l’on m’a attaqué indiftinétement j. fur l’un & fur l’autre, fans affortir les M0‘ armes à la nature du combat; c’eft-à-dire que l’on m’a fouvent oppofé des raifonnemens à des faits dont on ne peut pas douter : je fouhaite qu’on veuille bien dorefnavant difputer avec plus de réglé, afin que les discutions que j’aurai à foutenir, lut une matière à laquelle le Public s’in-
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- i02 Recherches *—2 “ térefle , puiffent être de quelque Disc, utilité pour fon inftrudion, & pour ' Ie Pr0Sr“ des fciences ; autrement,
- °" on m’ôteroit le motif le plus capable de m’engager à répondre, <Sc peut-être ne me refteroit-il aucune envie de le faire.
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- Sur l’ÊlectricïtiS. ïdj
- amttmmmmtmmmtai*
- g mærnm. ssæassss I
- SECOND DISCOURS.
- Sur les régies qu’on doit future pouf juger fi un Corps efi électrique, ou s’il l’efi plus ou moins.
- DA n s l’EIcâricité, comme dans toute autre matière de Phyfï-que, c’eft for le rapport de nos fens que nous jugeons des chofes ; & nous ne fçavons que trop combien ;nos fens peuvent nous tromper : nous devons donc nous en defier &fufpendre notre jugement, jufqu’à :e que nous-ayons fuffifamment vé-ifié la fidélité de leur témoignage. Pour voir & annoncer ce que j’ai >'û, je dois chercher à le voir plufieurs fois & dans les mêmes circonffan-:es ; & fi le fait eft difficile à diflin» ;uer, comme il arrive fou vent dans es Phénomènes éteâriques, il eft à ropds que d’autres yeux fe trouvent d’accord avec les miens: d’ail— airs comme la vue n’eft pas le-feul liiij
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- io4 Recherches jj—- moyen que nous ayons, pour juger; Disc, des objets fenfibles ; il ne doit pas me fuffire d’avoir vû ce que j’ai cru voir, s’il ell de nature à fe laiffer fài-lir par d’autres fens ; car pourquoi ne pas entendre tous les témoins qui peuvent dépofer d’un fait, fi l’una-mité de leur voix doit donner plus de certitude à nos connoiflances f Tout homme qui ne veut ni fe tromper, ni tromper les autres, fe rendra volontiers à ces maximes ; mais avec beaucoup de bonne foi, l’on peut prendre le change fur un fait, parce qu’on en aura changé les circon-ftances fans le fçavoir, ou fans y faire attention. Tel croira répéter une expérience connue , qui en fera une toute nouvelle, parce qu’il aura regardé comme fans conféquence quelque changement de procédé qui elt effentiel, & les réfultats comparés fe trouvent différens.
- Dcflèm C’ell pour éviter de pareilles erreurs coi.rs.U‘f Clue ïai réfléchi fur certains phénomènes d’éledricité, la plupart déjà connus, mais qu’il eft important de ne point perdre de vûe , quand on veut fçavoir fi Péleâricité d’un corps
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- sur l’Électricité. JÔf___________
- eft par elle-même plùs ou moins - 1
- grande : ces réflexions m’ont ouvert d i s ci les yeux fur des difficultés qui m’ar-rêtoient depuis longtems : j’ai lieu de croire qu’elles pourront être de quelque utilité à ceux qui auront le même examen à faire.
- Attirer & repouffer des corps lé-gers, qui font à une diftance con- Ôn*rœon-venable ; faire fentir fur la peau une "°j‘ r'"” impreflion. femblable à peu près à piaf ou celle du coton légèrement cardé, J"™/1'" ou d’une toile d’araignée qu’on ren- ' ' contrerait flotante en l’air, répandre une odeur qu’on peut comparer à celle du phofphore ou de l’ail, lancer des aigrettes d’une matière enflammée , étinceler avec éclat, piquer très fenfiblement le doigt ou toute autre partie du corps qu’on préfer.te de près ; enfin communiquer à d’autres corps la faculté de produire ces mêmes effets pendant un certain tems ; voilà les Agnes les plus ordinaires fur lefquels on a coutume de juger fi un corps eft actuellement éleftrique , & fa vertu paffe pour être d’autant plus forte, que chacun de ces phénomènes fe
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- ïôS EechïschïS IL - manifefte davantage & avec plus çfe Disc, durée.
- Leçon- J’avoue qu’en jugeant avec tou-' tous" ces' res ces preuves enfemble, il fera lignes ne difficile de fe tromper, tant que Fore tromper! fi conûderera l’éleâricité comme l’a-l'on con- ftion d’une matière à qui l’on fait trun'/fous prendreun certain mouvement, non-unecenai- feulement dans le corps eledrifé,
- ”1 “ mais auffi dans ceux qui Fenviron-nent ou qui le touchent, fuivant l’idée que j’ai taché d’en donner *p. >♦• dans mon EJfai : * car tous ces ef-*. {çç' ^ fets extérieurs étant l’aâion de la matière éleflrique, on ne rifquera rien de concturreque l’éleâricité elt plus ou moins forte, quand on verra augmenter ou diminuer cette aélion même dans laquelle on la fait eon-onrirquc fiffer ; mais fi l’on regarde le corps tn’mteT éleéfrifé comme un- agent capable av« tous d’o’perer au dehors, en vertu d’un : îq’oncon- certain état qu’on lui a fait prendre, joit l’éiec- & d’une matière qu’il anime de fore «cùnevSi propre fond, je vois qu’il y aura bien dans*1e"te ^es cas °ù ^on pourra porter un faux corpséiec- jugement: car.je crois être en état de prouver que prefque tous ces phénomènes, dont je viens défaire l’é-v
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- 5 Ü R L’ÉtECTRICITÈ. 107 flUmération, & que l’on prend com- IT; ~ munément comme des marques Disc; d’une éleflricité plus ou moins forte , peuvent s’augmenter ou s’affoi- •‘“"s»® blir, quoique le corps éleétrifé per- âpp'a“«« févere d’ailleurs dans le même état, e“érieure* ou du moins fans que l’on ait des rai- s’auemen-fons fuffifantes pour croire qu’il en s’*f' ait change : je puis faire plus ; il m eft queiereip» polîible de montrer qn’un corps que l’on n’a eu nullement intention d’é- nimoinsde leflrifer, &que l’on regarde com- ,CIllu munément comme ne l’étant pas, fait quelquefois d’une maniéré très-marquée , tout ce qui annonce une forte électricité, acquife par frottement, ou communiquée, attractions, répullïons, attouchemens d’émanations invifibles , aigrettes lu-mineufes, étincelles, piquures, inflammations; on connoît déjà une grande partie des faits qui peuvent lervir de preuves à ce paradoxe ; je vais les rappeller en peu de mots, nom & ré. & j’y en joindrai quelques autres, JjjJaSfc, dont j’ai fait la découverte depuis la comme iî-publication de mon EJfai.
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- __ ïo8 Recherches
- d"'c. PREMIERE EXPERIENCE-
- Expérieii- Qu’une perfonne qu’on électrifie ks qui fur un gâteau de réfine, étende le qûckcôrpi bras , & foutienne fur fa main un nomme111 cafton couvert de petits fragmens de tournai- feuille d’or ; qu’une autre perfonne 3S'-v”r, non éleétrifée porte le bout du doigt attire & re- à J. ou 6. pouces au-deflus du carton, me^reuT’ vous verrez toutes les feuilles de mé-qu’onaéie- tal s’élancer vers ce doigt non éle-étriqué , (ou regardé comme tel, ) & rejaillir comme elles ont coutume de faire, lorfqu’étant pofées fur une table, on leur préfente un tube de verre nouvellement frotté.
- IL EXPERIENCE.
- Laiffez tomber fur un tube éleftrl-fé, une très-petite feuille de métal ; dès qu’elle aura touché le tube, devenue éleétrique elle-même elle s’élèvera au-deflus, & demeurera fuf-pendue en l’air, comme je l’ai rapporté à la page 78. de mon Ejjai : prefentez alors le doigt à ce petit corps flottant, & vous pourrez re-
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- sur l’Électricît.é. top __ marquer que non-feulement il fe jet- = te avec précipitation fur le doigt D non éledrique qu’on lui préfente, mais auffi qu’il rejaillit immédia-ment après, comme lorfqu’il eft repouffé par le tube qui l’a éleftrifé : ce dernier effet eft encore plus fenfi-ble, fî au lieu du doigt, vous pré-feritez à la petite feuille un écu ou quelqu’autre morceau de métal, au bout d’un bâton de cire d’Efpagne.
- III. EXPERIENCE.
- On peut faire un petit carillon; en laiffant pendre au bout d’un fil, une greffe aiguille à coudre, entre deux timbres, ou entre deux verres à boire, dont un eft éledrifé par communication, tandis que l’autre ne l’eft pas : car tant que dure l’é-leftricité, l’aiguille ne celfe d’aller d’un verre à l’autre, & de les heur-! ter tous deux alternativement.
- IV. EXPERIENCE.
- Si l’on éleârife un baflin plein d’eau, dans lequel on a mis flotter
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- no Recherche s' • des petites boules de bois ou cfe p j ' ç_ verre foufflé, ces petits corps élec-trifés par communication, font attirés & repouffés fenfiblement par tout ce qui n’eft point éleârique, comme .on fçait qu'ils le feroient par un corps éleftrifé , s’ils ne l’étoient pas eux-oueme”fé" mémeS.
- ’u'oa peut Ces expériences, & une infinité Espétien-* d'autres que je m’abftiens de râpas. porter, prouvent, comme on voit, qu’un corps fans être éleétrifé , peut attirer & repouffer les corps légers qu’on lui préfente , & que ces mou-vemens alternatifs , qu’on peut regarder pourtant comme des marques certaines d’éleftricité , ne, nous apprennent pas toujours par eux-mêmes le fujet où réude cette vertu.
- On me dira peut-être que ces OàjeUion. prétendues attraâions & répulfions, que j’attribue au corps non éleftri-fé , en préfence de celui qui l’ell:, ne font que de faliffes apparences ; que l’éleffricité qui réfide alors dans le plus libre des deux , lui fait faire le mouvement, dont l’autre efb incapable , à caufe de fon immobilité, comme i’aiman qui attire le fer, pife
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- 5 TT R I.’ÉlECTKICÏTÉ. Ïir folt en être attiré lui-même', quand -"j’j1 ’*» fa malTe eft plus mobile que celle Disc, du métal qu’on lui préfente.
- L’exemple de l’aiman ne peut,rien Rép°«fc«« éclaircir ici ; tant que l’on ignorera par quel moyen la nature opéré les phénomènes du magnétifme, on ne pourra pas décider fi c’eft l’aiman, qui attire le fer, ou le fer qui attire l’aiman, ou fi l’adion de l’un fur l’au-,
- , tre eft réciproque,
- ,Mais comment me prouvera-t-on que ces apparences dont il efl ici quellion, font trompeufes ? que le corps non éledrifé, n’attire pas réellement celui qu’on a rendu éledri-que par frottement ou par communication ? Eft-ce parce qu’il /paiTe ingnuq pour confiant que la vertu eledrique ne fé manifefle pas, fans être excitée par quelque préparation ? Eft-ce parce que dans le cas dont fi s’agit, le corps non-éledrifé ne donne d’ailleurs aucune marque d’éledricité ?
- Enfin eft-çè parce que tout corps actuellement éledrique, annonce fon état par des émanations fenfibles ?
- A la première de ces raifons je ré-ponds, premièrement: Qu’en m.atie-
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- II.
- Disc.
- i 12 Recherches re de phyfique, il n’eft point de règle établie, qu’une expérience déciuve ne puiffe abolir ou reftraindre. 11 ell vrai qu’il paffe pour confiant qu’un corps ne s’éleârife point de lui-même , ou fans certaines préparations que l’ufage a fait connoître; mais li l’on voyoit faire à ce corps quifem-ble n’avoir été nullement préparé, tout ce que fait celui qui a été élec-trifé par les voyes ordinaires, l’évidence du fait n’obligeroit-elle pas à mettre au moins une reftriétion à la loi générale ? Secondement : Je ne conviens pas que dans le cas préfent, le corps qui attire, n’ait reçu aucune préparation ; j’en apperçois une : dès qu’on l’approche du corps élec-trifé , cette proximité me parole fuffifante, pour déterminer la vertu électrique à fe manifefter; & elle fuf-fit en effet, comme je le ferai voit ci-après.
- t Quelle conféquence pourroit-on 5 encore tirer contre moi, de ce que la perfonne non-éleârifée. n’attire que par le bout du doigt feulement les feuilles d’or qu’on éleârife le qu’on lui préfente ? Cela prouve tout
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- SDK L’ÉtÈti'fRietïé. 03 ___ tout au plus que fon électricité ne n fe manifelle que par cet endroit, & Dis je ne prétends pas autre chofe Mais eft-il démontré en quelque endroit qu’un corps ne peut jamais devenir éleétrique fans l’être de toutes parts?
- Et qui fçait fl ce même homme non ifolé, dont la main attire & repouffe, ne feroit pas la même chofe par toutes les autres parties de fon corps, fi l’éleftricité du corps ifolé, qui fait naître la fienne , devenoit beaucoup plus forte, ou durait plus longtems r
- Si j’avois un parti à prendre fur cette queltion , j’inclinerois beaucoup , & je déciderais prefque pour l’affirmative : parce que depuis qu’on efl dans l’ufage de communiquer l’é-leftricité par le moyen des globes de verre dont l’aftion efl continuelle & bien plus forte que celle des tubes , plufieurs phyficiens ont obfer-vé, & je l’ai vu moi-même plufieurs fois, que des perfonnes qui n’étoient pas tout-à-faitifolées, s’éleftrifoient entièrement, en plongeant la main dans la fphere d aftivité du corps
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- ___ti4 Recherches
- •' ! jj ~* Quant à la troifiéme raifon, fça; Disc, voir qu’un corps actuellement élec-àifn-îfi? tr“îue devrait annoncer fon état par î-.e îrjb'n- des émanations fenflbles, on ne doit *» pas la produire pour prouver que la main, ou une verge de fer qu’on prëfente , fans être ifolée , à des corps éleétrifés, n’efi point éleâri-
- Î[ue elle-même. Si ces émanations-ont des preuves certaines d’éleétri-cité, comme tout le moude en convient, je puis citer des expériences , qui m’ont fait fentir & voir de la part de ces corps qu’on regarde comme n’étant pas éleétriques, tout ce que j’apperçois, à la furface & aux environs de ceux qui font reconnus pour l’être. De ce nombre, font tous les faits que j’ai rapportés dans mon Ejjai, pour établir l’effluence & l’affluence fimultanées de cette matière fubtile qui produit les phénomènes électriques : car en faifant voir que ce fluide vient au corps éleétrifc , non-feulement de l’air qui l’entoure, mais auflî, & avec plus de force , des corps folides qui font placés aux: environs, je crois avoir fuffifamment prouvé qu’en pré-
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- *ur ï.’Electricitê. If> fence d’un corps éleârifé , celui qui ""jj-—' ne l’a pas été qui n’eftpoint ifolé D is es pourT’être entièrement par communication , devient comme une fource d'émanations fenfibles qui tendent au corps éleétrique : il me ftiffira donc ' d’ajouter 'ici un fait que je regarda comme une preuve fans répliqué de l’exiltence de ces écoulemens électriques, de la part des corps qu’on con-fidere comme'n’ayant point d’électricité aâuelle; .
- V. EXPERIENCE.
- J’éleârife fortement par le moyen du globe une perfotme qijife tient j de bout fur un gâteau de réfine : en continuant de réleârifer ainfi, je lui \ fais étendre la main qui ne touche i point au globe, dans une fitüation j verticale ; uhe autre perfonne qui 1 n’eft point ifolée de même, mais fini- ‘ plement de bout furie plancher de la chambre, étendant le bras horifon-(alément, préfente un doigt vis-à-
- ftitsçiï
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- ii 6 Recherches qui fait contre la main éleétriféeurt fouffle tiès-fenfible , & tout-à-fait femblable à celui qu’on a coutume de fentir au-dela des aigrettes lumi-neufes d’une barre de fer qu’on éle-élrife.
- Si l’on approche enfuite le doigt plus près de cette main éleétrifée, comme à la diftance de trois pouces, ou un peu moins, cette matière in-vifible qui ne faifoit qu’un fouffle s’enflamme alors avec un forte de bruiffement, & fe fait appercevoir fous la forme d’une belle aigrette , qui ne différé en rien de celles qu’on voit briller au bout de la barre de fer qu’on éleflrife.
- En approchant le doigt encore plus près de la main éleétrifée, on voit l’aigrette lumineufe dont je viens de parler, fe refferrer , & former un trait de feu fort vif, qui éclate avec bruit & avec douleur de part & d’autre, comme il arrive quand on s’approche pour toucher lui corps fortement éleétrifé.
- Enfin l’aigrette de matière enflammée & le fouffle qui la précédé, font fentir l’odeur de phofphore ou d’ail,
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- sur l’Éiectricité. ri7 abfolument de la même maniéré que les extrémités d’un corps qu’on éle-ctrife pendant un certain tems par communication : & l’on obferve tous les mêmes effets, lî, au lieu du doigt, on préfente le bout d’une verge de fer, ou de quelqu’autre métal, à la main, au vifage, & quelquefois auffi à tout autre endroit du corps de la per-fonne qu’on éleétrife, malgré l’in-terpofition des habits.
- On reconnoît donc par le détail de cette expérience qu’il efl des cas où l’on voit faire à un corps qui efl con-fidéré comme non éleétrique, tous les effets que l’on prend communément pour les lignes les plus certains d’une éleétricité bien décidée: de forte qu’en pareil occafion , fi l’on ap-percevoit ces phénomènes par une porte ou une fenêtre entr’ouverte, qui empêchât de voir l’appareil, & qui ne découvrît que les effets, il fe-roit bien difficile, je pourrais dire im-poffible, de décire à coup sûr quel eff celui des deux corps fur qni l’on fait agir immédiatement le globe, & que l’on doit regarder comme poffédant en foi la vertu éleétrique, en fup-
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- îi8 Hechbkchi?
- -jj— pofant qu’on ne la voulût recoflftof-D i s c. tre que dans l’un des deux feulement. fon'doiT Doit-on conduire de-là que ces conduire effets dont je viens de parler font des gÛffion.J,r %nes équivoques d’éleftricité ? non : ce que je prétends feulement, c’eli: que dans les cas dont j’ai fait mention , & dans tous ceux qui leur ref-femblent, on doit conlîderer comme cleârifé , au moins en partie , celui des deux corps que l’on a coutume de nommer non électrique, & qu’on a toujours regardé comme tel jufqu’à préfent ; car je viens de prouver que la matière électrique eft effluente & affluente pour lui comme pour l’autre , puifqu’il attire & repouffe comme lui ; & ce double mouvement me paroît être le .premier effet fenfible qui réfulte des moyens qu’on employé pour faire naître l’élêétricité. En corigeant ainfi les idées, je ne veux cependant rien changer aux expreffions reçues, & je continuerai d’appeller le corps non électrique, celui qui n’eft point ifolé , & fur qui l’on-ne fait point agir immédiatement,, le globe ou le tube.
- ^ vouclrois <lue l’on & bien atteiÿ-
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- Recherches fur f-Kledr. '2e. Disc . 1*1.1.
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- ïür i’ÊlectricitS. tri>
- tien à fêle efficité de ce corps, toutes n,
- les fois qu’il s’agit de juger de celle Dis a-de l’autre; car puifqu’elles fe mani-feftent toutes deux en même teins , par des lignes qui leur font com- ?s"dTi:éi muns, on court rifque d’attribuer à cette éieâricité qu’on a deffein d’ex- qlennip-’ citer , & dont on eft uniquement occupé, des effets qui pourroient ' appartenir à celle que l’on fait naître fans y penfer ; & le corps qu’on aura éleârifé , paroîtra faire des effets plus grands , fans cependant avoir acquis plus de vertu, li par vertu l’on entend quelque chofe qui lui foie propre : les exemples que je vais rapporter mettront ceci dans un plus grand jour.
- Dans mon Ejfai fur l’Eleflricitc , Pri- m j’ai établi par voye d’expérience , aWiSit»--plüfieurs principes , parmi lcfquels "’jj'11 Jj*' on trouve ceux-ci : Que la matière vue. électrique, tant celle qui émane des corps élellrifés , que celle qui vient à eux des corps environnant , ejl ajftz. fttkilepour pajfer à travers les corps les plus durs,-lesplus compatis ,& qu’elle Us. pénétre réellement s non pas tous indiftinSlemcnt & avec la même facilitér
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- 120 Recherches
- jj— mais les uns plus aifément que les au* Disc, très} que les matières fulphureufes 9 grajfes , réjineufes , les gommes , la cire y la foye , &c, ne la reçoivent, & ne la tranjfmettent que peu ou point du tout $ enfin que cette même matière pénétre plus aifément, & fe meut avec plus de liberté dans les métaux , dans les corps animés , dans Veau, &c, que dans l’air même de l’atmojpherc. De ces principes if fuit naturellement, qu’un te*corps corps, toutes chofes égales d’ail— rVé- leurs, s’éleftrifera mieux fur du mé-uand^ib ta^ ou ^ur ma*n d’un homme ifolé, fôm1 pofés que fur une ardoife, une tablette de ^ui/d’uné niar^rc ou de bois, fufpendue;c’elî «ruine pourquoi quelques Phynciens fe font mauere. fi t>ien trouvés d’avoir fubftitué une platine de fer blanc ou de taule, à la planche ou au guéridon qu’on cm-ployoit précédemment pour ifoler les corps aux quels on vouloit communiquer l’éle&ricité du globe de verre. (a)
- légecs'dcii' ^fuit auffi des mêmes principes, vent aiifTi que les feuilles d’or & autres corps lé-aturér/s'ül gers feront plus vivement attirés &
- (<0 Voyez l’Edition Allemande du Pere Gordon, dans le Supl. au §, 27.
- repoufles,
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- sur l’Électricité. r2r Mpouffés, par un corps éle&rifé, s’ils lui font préfentés étant fur du métal, ou foutenus par un corps animé, que i s’ils étoient placés fur une table de bois, de marbre, &c. Car ce qui les porte vers le corps éle&rifé, c’efl la matière électrique qui fort de l’appui qui les foutient, & ce qui les en écarte aufli-tôt après, ce font les émanations qui s’élancent de ce même corps éleélrifé , & qui ont un mouvement d’autant plus vif, qu’elles trouvent moins de réûftance à vaincre pour entrer dans les corps qui s’offrent à leur palTage.
- Quoique je fulfe aflez fûr de cette derniere conféquence, j’ai été bien aife de la voir confirmée par l’expérience fuivante.
- VI. EXPÉRIENCE.
- J’ai éle&rifé un homme par le moyen d’une chaine de fer dont je lui fis une ceinture, ôc qui aboutilfoit au globe éle&rique. Cet homme avoir les deux bras étendus, & les mains également élevées au-deflus. de deux cartons couverts de petites
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- 122 Recherches feuilles de métal, dont l’un étoiC pofé fur la main d’un homme qui étoit debout fur le plancher de la chambre, & l’autre étoit fulpendu
- Ear trois ficelles à un fupport de ois ; comme on peut voir par la Figure 2. : les corps légers placés fur celui-ci, ne m’ont point paru avoir des mouvemens aufîi vifs que ceux du carton que l’on tenoit fur la main, & cette différence a été également remarquable & confiante.
- Doit-on dire, pour rendre raifon de cela, que l’homme éleétrifé avoit acquis plus de vertu dans une main que dans l’autre ? Outre qu’on voit lé contraire en faifant changer de place aux cartons ; il eft bien plus naturel de penfer que les deux mains également éleétrifées de la part du globe, ou de la barre de fer, n’ont des effets inégaux, qu’à caufe des circonfiances plus favorables d’un côté que de l’autre.
- Ce n’eft donc point affez de voir un corps attirer plus vivement, pour juger qu’il a plus de vertu ; il faut être bien affuré que la matière élec-
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- sur l’Électricité. 123 trique affluente qui opéré cet effet, n ' n’a point reçu queloue augmenta- Disc-tion de force à laquelle il n’a point de part ; & cette augmentation de force peut venir non-feulement de l’appui qui porte les corps légers, ! mais même des autres corps qui font à une petite difhmce aux environs.
- Car j’ai préfque toujours remarqué ,
- & je l’ai déjà ait ailleurs,* que ces for- ,* qpafit tes d’expériences réunifient mieux lorfqu’il y a une nombreuffe alfem-blée, ou que les SpedateurS s’approchent pour voir de plus près ; excepté le cas où une trop grande tranfpiration de leur part cauferoit dans l’air de la chambre une humidité trop abondante qui pourrôit s’attacher au verre. Autre fait
- Comme les attradions apparen- jj" Se* tes du corps éledrifé deviennent plus conféque*-vives quand les corps légers fontpo- «nra/c., fés fur des appuis dont il émane beaucoup de matière affluente ; aufïi s’af-foibliffent-elles jufqu’à être quelques
- Ifois nulles, lorfque ces mêmes corps repofent fur des appuis d’une qualité oppofée.
- Lij
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- VII. EXPÉRIENCE.
- Combien de fois n’ai-je pas v3 des feuilles d’or ou des duvets de plume, fe gripper & s’attacher à la furface d’une boule de foufre ou de cire d’Efpagne très-polie & très-féche , que je tenois d’une main, tandis que de l’autre je préfentois un tube de verre fortement éleftrifé ? Si la feuille de métal fe foulevoit un peu, comme pour fe détacher de la boule, en lui préfentant une autre partie du tube, je la voyois fe plifler de nouveau , & fe coller contre Iç foufre, comme fi j’avois foufflé def-fus. Quand on fçait d’ailleurs que d’un tel appui il émane très-peu de matière éleéfcrique affiuente au tube, on devine aifément la caufe de ce phénoménç : on voit bien que la petite feuille n’ayant rien, ou n’ayanç qu’une impulfion très-foible qui tende à la porter vers le tube, la matière effluente de celui-ci demeure viéto-rieufe & la tient conftamment appliquée an foufre.
- Ce qui rend cette explicationp|p$
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- sur l’Électricité. 12^ que vrai-femblable, c’eft qu’un tube -moins éleclrique ne produit pas or- d x sc, dinairement cet effet ; en pareil cas il attire mieux & plus sûrement que s’il étoit fortement éle&rifé ; paradoxe qu’on auroit fans doute bien de la peine à croire, fi ce n’étoit point un fait facile à vérifier, qui doit être connu de tous ceux qui font dans l’habitude de faire des expériences avec le tube , & qui ne négligent point d’obferver les circonfiances.
- En faveur de ceux quin’auroient pas fait cette obfervation, & qui avoir en voudroient la vérifier, je dois aver-tir que pourvoir les choies telles que 1 je les annonce ici, on doit prendre garde d’échauffer la boule de fou-fre ou de cire d’Efpagne, foit en opérant près du feu ou au foleil, foit en la frottant ou en la maniant un peu trop. Car je fçai à n’en pas douter, (& c’eft un des principes fur Iefquels j’ai établi ma théorie , ) que la matière éleElrique qui ne pénétre que difficilement les corps fulphureux , réfineux, &c. tant pour y entrer que pour en fortir, s’y meut avec plus de liberté * quand on les chauffé ou qu’on les frotte.* i'euh. p.
- L iij I4Î*
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- 126 Recherches ' Ain fi la matière éle&rique qui doit
- Disc, fortir du foufre pour chafler la feuille d’or vers le tube, & qui n’en fort pas ordinairement en fuffifantequantité, acquiert par le frottement ou par la chaleur, la liberté d’agir efficacement.
- Je dois ajouter encore qu’on réuffit mieux avec une boule de 3 ou ^ pouces de diainetre, qu’avec un cylindre ou avec une plaque de cinq ou fix lignes d’épailTeur, non pasàcaufe de la figure , mais parce que la matière éle&rique qui vient de l’air, par le côté oppofé à celui où eft la feuille d’or, fe fait jour à travers dè l’obftacle quand il n’y trouve pas une certaine épaifieur.
- pourquoi Ces deux remarques nous font périences*" connoître pourquoi M. du Fay, 8c Fa M'ûs ceux ^ ^ont iuffié » n’ont pas laîffé «ofps lé- que d’enlever comme ils le défi-affczf'bie"1 r°ient> avec tube éleélrifé, les attirés, corps légers qu’ils avoient pofés fur poféTfur des godons de verre ou de cire les gué- d’Efpagne , matières peu propres verre cePendant à fournir cette affluence cire d’tf- d’où procède tout l’effet ; ces gué-pasnc' ridons étoient compofés de platines
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- sur l’Électricité. 127 jpeu épaifles, & on les faifoit chauf- —jj— 1er quand on vouloit faire l’expérien- D1 s o ce avec plus de fuccès; mais je puis dire en toute fureté, qu’on réufîira encore mieux fi les platines de ces guéridons font de métal
- On peut conclurre de'tout ceci que les attrapions & répulfions par tTrerTec* lefquelles on juge communément fi °bf2tva* le corps élcdrique a plus ou moins de vertu, peuvent devenir plus ou moins vives, non feulement par la nature, mais aufli par la difpofîtion aduelle, & même par certaines di-mentions des fûpports fur lefquels on pofe les corps légers qu’on veut attirer ; d’où il fuit qu’on doit avoir beaucoup d’égard à ces circonftan-ces , puisqu’elles peuvent être occa-fion d’erreur, pour quiconque négli-geroit d’y faire attention.
- Je dois fuppofer qu’un Observateur qui veut comparer enfemble deux corps éledriques, pourfçavoir celui des deux qui l’eft davantage , préfente à l’un & à l’autre des corps légersde la même efpèce, & à-peu-près du même poids ; car par rapport à la première de ces deux précau-
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- 128 Recherches * — tions , petfonne, je crois, n’ignoré
- P i s c. à préfent qu’il y a des matières plus fufceptibles les unes que les autres d’être attirées ou repoulfées, Si que la même barre de fer éleétrifée, fans que fa vertu augmente ou diminue, enlèvera mieux une feuille d’or , par exemple , qu’un fragment de papier qui auroit le même poids ; mieux encore un ruban mouillé , que le N*effté même ruban fec. Mais ce qu’on pour-JjlT roit négliger comme chofe indiffère même rente, & qui ne l’eft cependant pas, fT’m'èm? c’eft que les corps légers qu’on pré-Egnre, à fente pour être attirés & repouffés, éSarique^ doivent être & d’une grandeur Se dom on d’une figure confiante, pendant tout dêerf/r’S le tems que l’on compare leurs mou-lectiicicé. vemens ; car on fe fouviendra qu’une feuille d’or ou d’argent d’un certain volume, vient plus lentement au tube qu’une autre feuille plus petite du même métal, & que cette feuille un peu chiffonée & ramaffée en paquet, a des mouvemens moins vifs auffi que quand elle eft dévelopée, & libre de fepréfenter de chant. Cette lenteur ne vient pas comme on le pourroit croire, de ce que' la feuille
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- SUR L’ÉtECTRICtTÉ. 120 _________
- attirée n’a pas aflez de légèreté ; "jj— j’en fuis certain, parce qu’aulieu d’at- Disc; tirer cette feuille de bas en haut je l’ai fufpendue à un fil pour la déterminer à fe mouvoir dans une direction à-peu-près horizontale, & j’ai toujours vû le même effet, à peu de différence près.
- Ne croiroit-on pas qu’il fuffit pour ne fe pas tromper , de ne préfenter que des corps de même matière & de même mefure; cela pourrait être to^ra|ran en effet fi ces petits corps ne corn- fipm <ies mençoientpasà seledrifer eux-mê- qfi'oncprîmes , dès qu’on les préfente au corps éledrique dont il s’agit d’éprouver 'e î'at-la vertu, ou s’ils s’éledrifoient tous & toujours également. Car en s’élec- q"’ü. «-clrifant, quand ils feront d’un certain J'’’,”™.'* volume, ils deviendront moins atti- raW râbles, & ils le feront d’autant moins, qu’ils feront plus éledrifés ; cela pourrait aller même jufqu’à leur faire éprouver une répulfion bien marquée. Or il eft également vrai que tous les corps s’éledrifent par communication , avant même que de toucher au corps éledrifé , & que i§s uns s’éledrifent par cette voye,
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- rjd Ketfif fiftcifÉï — bien plutôt, & bien plus fortement Disc, que les autres. D’où if fuit néceflaire* ment que de deux corps également éleâriques , celui-là fera paroître extérieurement plus de vertu, qui exercera fon aàion fur des corps moins fufceptibles de s eleélrifer par communication ; & au contraire : c’eft une conféquence qui a été ap-perçue par M. du Tour, & qu’il a pleinement confirmée par une fuite d’expériences qu’on verra bientôt paroître ; (a) il me fuffira d’en citer une qui me paroît décifive.
- VIII. EXPÉRIENCE.
- Que l’on fufpende avec deux fils de même longueur, une feuille de faux or, qui ait deux pouces de largeur ou environ , & à J ou 5 pouces de diftance fur la même ligne un dit que de cire extrêmement mince, & de la même grandeur que la feuille de
- (a) L’Académie des Sçiences fait imprimer actuellement , un Recüeil des Mémoires qu’elle a reçus de fes Correfpondans. Les Expériences de M. du Tour fe trouvercut dans le premier volume de cet ouvrage.
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- SUR L’ELECTRlCiTê. 131 métal : qu’on préfente cnfuite vis-à-vis de ces deux corps, & parallèle- Dis ment à la ligne dans laquelle ils font, un tube de verre bien éleftrifé , on verra prefque toujours la feuille de faux or, ne faire vers le tube qu’un très-petit mouvement, tandis que la cire au contraire, paroît conflam-ment attirée, & d’une maniéré très-fenfible.
- M. du Tour attribue cette différence à la facilité avec laquelle on fçait que l’EIeétricité fe communique au métal, & au peu de difpofition que l’on trouve dans la cire à s’élec-trifer par la même voye. Cette conjecture eft bien fondée, car en éprouvant ces deux corps aufïï-tôt après l’expérience que je viens de rapporter, on obferve que la feuille de métal eft éleétrique, & que la cire ne Tell pas.
- Mais pourquoi la feuille de métal,' en s’éleàrifant, devient-elle moins attirable que le difque de cire qui ne s’éleétrife pas ? Je crois qu’en voici la raifon : c’efl que Péleftricité augmente en quelque façon le volume de la feuille d’or; les émanations
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- i>2 Recherché - invifibles, mais bien réelle
- jui fof-e, la mettent îs en prife aux rayons effiuens qui nnent du tube, & cette augmen-ion de grandeur qui rend une :s petite feuille plus fufceptible r’ ît le contraire des
- à l’égard d’une plus grande, par raifens que j’ai expofées ailleurs, (a) Dffltul- M. Àllamand dans fa Lettre à M. *é.! P'PP“- Fo!kes,(^)ne paraît point d’accord jiSam'and! avec les autres phyficiens fur la difficulté d’attirer des corps d’un grand
- Æ"'Pa“
- rrés, qui s’approche du tu-i lui préfentant fa furfaçe
- ^ «on de côté.
- A cette difficulté, je réponds pre-ierement, qu’une boule de duvet, qui n’eft point de nature à s’éleétri-fer auffi fortement que du métal, quoiqu’elle ait 3 pouces de diamètre, peut fort bien avoir moins de volu-
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- SUR l’ÉLECTRICITÉ. IJJ me, qu’une feuille d’or, moins grande par elle-même , mais entourée d’une atmofphere éledrique. Secondement, quant à la feuille de 4 pouces quarrés , M, Allamand ne dit pas avec quelle vîteffe elle s’approche du tube, ni fi elle s’en approche juf-qu’à le toucher : je foutiens feulement qu’elle eft toujours.attirée plus difficilement qu’une plus petite , qu’elle arrive rarement jufqu’au tube, & qu’affez fou vent elle eft re-pouflee plutôt qu’attirée.Troifiéme-ment, enfin s’il arrive parhazard que cette feuille préfente fafurface plane au tube, il eft bien certain que c’eft un cas rare, fur lequel on ne doit pas établir une loi générale, & qui s’explique affez bien, quand on fait attention que les émanations d’un corps éleftrique, ne s’élancent pas toujours avec la même force de tous les points de fa furface, & qu’il peut arriver qu’une feuille d’or poufiee vers le tube , trouve en certains endroits moins de réfiftance , qu’il n’y en a le plus communément.
- Puifque l’éledricité ajoute au volume de certains corps, & qu’ellq
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- Recherches
- ‘ n— les rend par- là fufceptibles d’être Disc, plus ou moins vivement attirés & ; ce qui fait repoulfés, il faudra donc, lorfqu’on de ce, der- éprouvera la vertu éleftrique d’un fidéraùons. corps, par ces mouvemens , ou qu’on voudra la comparer avec celle d'un autre corps, il faudra, dis-je , lui préfenter des matières d’un même genre, & de-même volume , & bien prendre garde qu’il n’y relie aucune éleélricité communiquée dans la première épreuve, avant que de les appliquer à une fécondé.
- Par ces précautions, & par toutes celles dont j’ai fait connoitre la né-ceflité ci-delfus, il ell aifé de voir On rif-jnc- combien on rifque de fe tromper, S“p d'efc quand il s’agit de juger par les feules tromper, <î attraâions & répuluons, fi l’éledrici-füzr;: té ell plus ou moins grande dans un 'SosTré corPs> ou dans un tems > que dans puifions. un autre. Examinons maintenant fi les autres lignes font moins capables de nous induire en erreur. üaém«? On fçait Parles expériences rap-tions renfi" portées au commencement de ce îiéréescom- difeours que les émanations qui fe ™ i^g"« font fentir à quelque diftance du déieâria- corpS éleârifé, & qui portent avec
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- sur l’Électricité. 13^ elles une odeur d'ail ou defer diffous par l’eau forte , viennent pareillement des corps folides qui ne font point éledrifés, ou qu’on regarde communément comme ne l’étant pas , mais qui avoifînent ceux qui le font ; ce qui pourrait faire prendre les uns pour les autres, fi l’on ignorait le fait, & qu’on ne vît pas de quel côté la perfonne qui opéré, fait naître l’éledricité : mais comme on fçait ordinairement par les moyens qui font employés, quels font les corps fur lefquels on agit immédiatement, on pourra toujours dire infailliblement qu’ils font élec-trifés , fi l’on fent autour d’eux ces émanations dont il s’agit.
- Par ces mêmes écoulemens , on ne pourroit pas juger avec autant de certitude , qu’un corps eft plus éle-firique qu’un autre, & que le même l’eft dans un certain tems plus qu’il ne l’a été précédemment, fans avoir égard à quelques circonflances dont je vais parler.
- Ceux qui font dans l’habitude d’é-ledrifer , doivent s’être apperçu , ! comme moi, que les écoulemens <
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- 13<î Recherches •—jj—- dont il eft ici queftion, font pouf Pis'c. l’ordinaire beaucoup plus forts Si éleSritépar plus étendus de la part d’un corps f™ éledrifé par frottement, qu’ils ne le commune- font par une éledricité communi-fcndrPq2= quée; je ne parle ici que de cette celles 'qui étendue fenfible, par attouchement, aw^i ou Par odeur ; ( car je n’éxamine éiearirépr point à préfent fi l’adion de cette jjuoT”'" matière lur les autres corps, s’étend plus loin, lorfqu’elle eft animée par le frottement, que quand elle n’a qu’un mouvement communiqué ; fi une barre de fer , par exemple, éledrifée par communication, & un globe de verre de qui elle tient la vertu, attire à des diftances égales ou inégales. ) Pour fentir la vérité de cette obfervation, qu’on fe fou-vienne que le globe de verre médiocrement frotté dans un tems convenable , lance au vifage des particules de matière & une odeur qui fe font fentir à plus d’un pied de di-ftance, & qu’un homme qui s’élec-trife en même-tems par ce globe, ne^ produit pas communément le même effet. Qu’°n & rappelle encore qu’un tube de verre, fur lequel 00
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- Sur l’Électricité. 137 on a fait paffer la main deux ou trois fois, fait prefque toujours fentir fon éleftricité au vifage par une im-preffion qu’on a comparée à celle d’une toife d’araignée, & il eft bien rare , comme l’on fçait, que l’électricité communiquée par un tube, s’annonce de la même maniéré.
- Cependant à en juger par les autres lignes, il n’ell pas douteux qu’un corps animé ou une barre de métal, ne foit communément plus éleflrique que le verre même qui les a eleélri-les. Se fert-on des étincelles qui nailfent à la furface du tube ou au globe, pour enflammer l’efprit de vin ? les piquûres qu’on y reflent, les aigrettes qu’on y apperçoit, ref-femblentclles pour la force & pour la grandeur, à celles qu’on voit éclater au bout du doigt d’un homme , ou à la pointe d’une épée qu’on élec-trife ?
- Les émanations électriques qui fe font fentir par leur choc contre la peau, ou par leur odeur, & qui font aflurément des lignes d’éleftricité bien certains, ne peuvent donc fer-vir à déterminer fon dégré de force, M
- II.
- Dise,
- Cependant rdec-
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- 138 R EC U E R CEE S «- - files corps élcdrifés que l’on compas
- p, j c. re, ont acquis leur vertu par différens moyens, puifque ces effets, comme ôn vient de le voir , font communément plus ou moins fenfibles , félon la maniéré dont un corps a acquis fon éleâricité ?
- Mais quand même il s’agiroit de juger par ces attouçhemens de matière invifible, fi le même corps éleftrifé de la même maniéré, a reçu plus ou moins de vertu, il y auroit encore quelque attention à avoir ,, CcmmB Pour ne Pas tromper : R m’eft «irconftan- arrivé fouvent de croire fur ces ap-parences , qu’un tube avec leauel ce, émana- j’opérois, étoit devenu plus élec-trique, qu’il ne l’avoitété quelque-lortcssjn’ei- tems avant, & cependant les autres -éliicmcnu effets ne me portoient pas à faire le même jugement ; il n’en attiroit pas plus vivement les corps légers, fes pétillemens n’éclatoient pas davantage , & il ne communiquoit pas fa vertu d’une maniéré plus marquée ; j’ai reconnu depuis Ce qui m’en im-pofoit: quand une abondante tranf-piration m’a rendu le vifage tout humide, je fens plus fortement les
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- sur l’ÉlIctricité. 139 émanations du tube, & cela peut ar- —jj— river, fans que ces émanations foient j) ls'e< . plus fortes par elles-mêmes,mais parce qu’elles trouvent plus de point d’appui fur la peau,quand des parties humides en rempliflênt les pores, ou bien peut être parce que la peau alors eft attendrie, & plusfufcepti-ble des imprelTions qui s’y font.
- Je foupçonne encore une autre râi-fon pour laquelle la peau devenuehu-mide éprouveroit plus de picotement en s’approchant d’un tube éleflrifé , que lorfqu’elle eft dans fon état naturel; nous fgavons par l’expérience, que de tous les corps, & lur-tout de ceux qui font animés, il émane en pareil cas un fluide fubtil, que j’ai nommé matière affluentc, eû égard au corps éleétrifé. Cette matière ne fe fait pas fentir ordinairement, quand elle fort de la peau qui n’eft point humide 5 mais elle pourrait bien avoir un effet tout différent, lorf qu’elle trouve en fon paffage des parcelles d’un liquide vifqueux , dont il lui faut vaincre l’adhérence ;
- & qu’elle n’enléve qu’avec violence.
- Si mon foupçoneft bien fondé, une
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- __i4o Recherches 1—j£— perfonne qui eft en fueur, relient ati Disc, vifage non-feulement les émanations du tube éleârique plus fortement que d’ordinaire, par les raifons que j’ai rapportées , mais encore celles qui s’élancent de fa peau, & qui en arrachent, pour ainlï dire , l’humidité.
- Za matière le fçais d’ailleurs que la matière elubîtant éledlriques qui fort des corps folides, «les corps enleve réellement tout ce qu’elle îsmcm'cc trouve à leur furface, & fpéciale-^u’eiie ment les liquides dont on les a ST*1 mouillés.
- IX. EXPERIENCE.
- Preuve J’ai éleârifé avec le globe de ver-^é“tte v'" re , une verge de fer de quelques li-! gnes d’épailfeur, & longue d’environ trois pieds, que j’avois légèrement mouillée avec de l’eau , d’autres fois avec de l’efprit de vin : en paf-fant la main à 3 ou 4 pouces de dif-tance/Kj. 5. je fentois tout au tour de H ce métal éleftrifé un petit vent frais, I qui ne pouvoir être autre chofe que I la matière effluente qui me touchoit I plus fenfiblement,qu’elle n’a coutume
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- sur l’Électricité. 141 de le faire, parce qu’elle étoit, pour -j — ainfi dire, armée des parties du li- Disc, quide qu’elle avoit détachées Si enlevées de la furface du fer.
- Je ne prétends avancer qu’une conjeéture , quand je dis que les émanations éleélriques peuvent fe faire fentir, lorfqu’elles enlevent la fueur de la peau ; mais c’eft un fait dont je fuis bien certain , qu’elles emportent réellement les liquides qu’elle rencontrent à la furface , & même dans les pores des corps d’oà elles fortent. Pour prouver cette propofition d’une maniéré complète , à l’expérience de la verge de fer mouillé, que je viens de citer, je joindrai celle qui fuit.
- X. EXPERIENCE.
- J’obfervois depuis long-tems Anmfiit qu’en frottant des globes de verre "“bj™ï"i pour les éleârifer,il s’attachoit à leur co,,6,™ u furface, une grande quantité de pe- ”™CVSI” tites taches brunes. Je crus d’abord que c’étoit des faletés qui venoient de mes mains, de mes habits, ou des autres corps qui avoifmoient le ver-
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- 142 Recherches •—-jj - re éledrifé : mais ayant ramaffé dd Disc, cette matière qui reffemble affez à de la cire, par fa confiflance , & l’ayant fait brûler fur un charbon , je trouvai quelle avoit l’odeur de poil grillé ; & dès lors je commençai à la coniiderer comme une fub-ftance animale : mais j’étois encore incertain li elle venoit de mon propre corps ou de mes habits. Je me déshabillai donc autant qu’il le fallut, pour décider la quellion ; & après avoir pris les précautions né-ceflaires, pour n’avoir rien à attribuer aux autres corps voifins, je frottai le globe , jufqu’à ce qu’étant encore abondamment couvert des mêmes tâches, il me fît voir clairemeut que cette matière étoit une tranfpiration forcée , que la matière éleârique affluente au globe, avoit apportée de mon propre corps, (a)
- Nous devons donc nous défier encore des émanations éleâri-
- (a) J’ai déjà rapporté ce fait, Mémoires de l’Académie des Sciences , p. x 18. & j’aurai oc-caiion d’en parler encore dans le cinquième Difcours, où il s’agit ces effets de la vertu cleârique fur les corps organites.
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- Sur l’Électricité. 143 üjues , lorfqu’il s’agit de juger par leur attouchement , fi le corps d’où elles partent, a plus ou moins de vertu qu’un autre; car on a dû voir par les expériences que je viens de citer, que fi la furface de ce corps n’eft pas féche & bien eflupée, ou que ce foit un corps oreanifé, capable de tranfpiration, les écoule-mens de la matière éle&rique, en peuvent devenir plus fenfibles au toucher, fans que pour cela on foit en droit de conclurre que l’électricité de ce corps foit plus forte.
- Je palfe maintenant aux aigrettes enflammées, & aux étincelles piquantes qui font les marques les plus connues & les plus sûres d’une forte éleftricité, & fur lefquelles cependant j’aurai encore quelques obfervations à faire.
- Quant aux aigrettes , on peut dire en général, que les plus grandes , les plus lumineufes , celles qui répandent le plus d’odeur, & qui bruiflent davantage, toutes choies égales d’ailleurs , font aufli celles qui annoncent une plus forte électricité : mais voici deux faits bien
- émanations éledriques peut devenir un fî-gne équivoque par certaines circonftan-
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- 144 Recherches '-j j— conftatés, & qui tirent à conféqueri* D is c. ce contre cette réglé, plus grau- i°. Un corps qu’on éleflrife, & ilimîncuès aux extrémités duquel on n’apper-ne fompas çoit encore aucune lumière fponta-d°T mar- née > commence affez fbuvent à lan-ques d’une cer de ces aigrettes lumineufes , fans é'eadcLé qu’on l’éleftrife plus fortement ; du la„pra" ma‘s feulement lorfqu’on en appro-ci'èarS?3 che la main , un morceau de métal, faitPT'k ^ généralement toute fubllance ca-prouve. ' pable de fournir beaucoup de matière électrique affluente. Quand ces aigrettes paroilfent d’elles-mêmes,& fans être excitées, comme je viens de le dire, la préfence & la proximité des mêmes corps , qui les allument , quand elles ne le font pas , ne manquent pas, quand elles le font, d’en rendre la lumière plus vive, & les rayons plus allongés : c’eft même un moyen dont je me fers avec fuccès depuis Iong-tems, & que j’ai déia indiqué pour ranimer , * aux 44' ’ f‘ yeux des fpeftateursl’Eledricité qui paroît foible & languiflante-second 2°. Tel dégré d’éleâricité, ou frouv?ia Pour Pafier plus exactement, tel EH'yd globe frotté, avec lequel on fait pa-
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- sur l’Électricité. 145"_____
- fQÎtre dès les premiers infians de —jj — belles aigrettes , au bout d’une D1 ici verge de fer de quelques lignes d’épailfeur, n’en fait paroître aucune , ou ne les produit qu’avec peine, & après un tems allez conlidé-rable , au bout d’une barre plus longue & plus greffe, quoique les autres lignes annoncent une éleâricité qui n’ett nullement inférieure à celle de la petite verge , ou qui efl même fenlïblement plus forte.
- Le premier de ces deux faits ell allez connu ; voici des preuves du fécond.
- XI. EXPERIENCE.
- Immédiatement après avoir élec-ârifé une tringle de lit, qui avoit environ 6 pieds de longueur, & 5 lignes 8c demi de diamètre, au bout de laquelle il parut d’abord une ou plulieurs belles aigrettes de matière enflammée, j’eiïayai de produire le même effet avec une barre de fer quarrée, qui avoit la même longueur, & qui pefoit 5 y livres , les aigrettes ne parurent qu’après un
- Preuve*
- tss
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- 14 6 Recherches
- tems beaucoup plus long ; elles étoient allez brillantes, elles bruif-foient & répandoient beaucoup d’or deur ; mais elles étoient courtes, les rayons en étoient moins diftinâs, & elles s’éteignoient de tems en stems. Cependant les étincelles qu’on excitoit avec le doigt aux angles & dans toute la longueur de cette barre, étoient plus piquantes, & fai-foient plus de bruit que celles de la tringle, & le trait de feu qu’elles for-moient en éclatant,, étoit auffi plus long & plus gros.
- XII. EXPERIENCE.
- J’éleélrifai auffi un tuyau de fer blanc , qui avoit environ j pieds de longueur, & 2 pouces { de diamètre , on vit d’abord des aigrettes lumineufes à fon extrémité la plus éloignée du globe, qui étoit ouverte : je ne fis autre chofe que la boucher avec un cylindre de fer, long de 2 ou 3 pouces, & l’on continua d’électrifer près de trois minutes, fans qu’il reparût aucune aigrette. Néanmoins les étfncel-
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- sur l’Électricité. 147__________
- les, fi elles n’étoient pas plus for- —H — tes qu’auparavant, étoient certaine- dJ®. ment aufli grofles, & faifoient des piquûres aufli douloureufes.
- Ces expériences & plufieurs autres que je rapporterai ailleurs, me feront conclurre, félon toute apparence ,
- .qu’une moindre mafle s’éleârife plus facilement, mais qu’une plus grande eft capable d’acquérir plus de vertu ; ce qui fervira fans doute à éclaircir,
- & peut-être à terminer une queflion dans laquelle je me fuis trouvé engagé , fans y avoir penfé ; fçavoir, fi réleâricité fe communique en rai-fon des mafles, ou plutôt en rai-fon des furfaces. Apréfent, pour ne me point écarter du fujet que je me fuis propofé de traiter dans ce difcours, je bornerai mes reflexions aux conséquences qu’on peut tirer des deux faits que je viens de prouver.
- Le premier nous conduit natu- Confé-rellement à penfer que les aigrettes d“ lumineufes qu’on voit briller aux biparties les plus Taillantes d’un corps éleélrifé, ne doivent pas toujours la vivacité de leur feu à la feule vertu électrique qui en eft la canfe premie-N ij
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- 148 Recherches 5=ÿ*= re, puifquele voifinage de certain P j s c. corps , peut les exciter quand elles font éteintes, & les animer quand elles font foibles ou qu’elles languif-fent. Un Obfervateur qui examine de près ces effets, doit donc penfer qu’il contribue par fa préfence à les augmenter, & qu’ilrifque defe tromper fur l’intenfité de leur caufe , s’il néglige d’avoir égard à cette cir-conftance qui influe plus ou moins, félon la proximité, le nombre & la qualité des corps environnans. ©kjeûion. On dira, peut-être, que ces corps voifins n’augmentent les effets qu’en augmentant>la caufe; c’eft-à-dire que dans le cas dont il s’agit , les aigrettes ne deviennent plus vives , que parce que le pouvoir électrique devient plus fort dans un fujet environné de certains corps. fcSfonfc Cette raifon a de la vrai-femblan-ce, & je ne voudrois pas la nier ab-folument, mais j’en apperçois une autre, qui eft, félon moi, plus probable , & qui n’exige pas comme elle que j’admette une augmentation de vertu dans le corps éleétrifé.
- Dans laperfuafion où je fuis que les
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- Sur L’Ér.HCTRict’ré. 149 inflammations éledriques naiffent du —jj^“ choc de deuxcourans de matière qui Disc, vont en fens contraires, & inftruit par l’expérience même que les corps en-vironnans dont nous parlons ici, fourniffent une matière affluente plus forte que celle qui fe porte de l’air au fujet élechifé j je penfe que leur préfence augmente le feu & la lumière des aigrettes, fans rien changer à l’état du corps éledrifé 5 car je vois que par cette feule caufe, le choc doit être plus grand, puifque la vîtelfe refpedive augmente entre les deux matières effluente & affluente} or,je fçais que la vîtelfe abfolue de cel-k-ci eftaugmentée, ce qui fùffit pour l’effet dont il s’agit ; & je ne vois ni néceffité ni raifon pour croire que l’autre coule avec plus de force.
- Il fuit du fécond fait que la grau- c«n«-deur des aigrettes lumineufes, & leur promptitude à paroître, n’eft pas toujours proportionnée au degré d’éledricité du corps d’où elles partent ; puifque de deux corps de la même efpèce , éledrifés avec le même globe & dans les mêmes circonf tances , l’un brille d’abord de ce?
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- Recherches
- —jj--— rayons enflammés , tandis que l’au--Bis,,. tre n’en fait voir aucuns, ou ne les-fait voir que plus tard & moins vifs, abjcaion. On pourrait dire que l’éleâricité ne commence peut-être à être égale dans les deux corps dont on fait la’ comparaifon, que quand les aigrettes fe rendent également vifibles & brillantes de part & d’autre, & que cet effet annonçant toujours une caufe proportionnelle à lui-même. ne lignifie rien autre chofe par fa' lenteur à paroltre, linon que l’un des deux corps eft plus long-tems à recevoir un certain degré d’électricité.
- Riponfe. Mais j’ai prévenu cette objection en difant que ma grofl"e barre dé fër,. avant que d’avoir des aigrettes lu-mineufes, ou lorfqu’èlle n’en avoir que de médiocres, & qui brilloient comme je l’ai dit par intermittance, paroilfoit d’ailleurs autant, & même plus éieôrique que la petite verge avec laquelle, je la -comparais : les étincelles étoient très-fortes; elle attirait & repoulfoit vivement & de fort loin, ellerépandoitune edeur très fenfible, 5cc.
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- ÏUR l’Électricité, ici' • Ce que je viens de dire des aigrettes enflammées par le choc de la matière éleârique affluence au corps éleftrifé, & agrandies par les rayons de cette même matière, furtoutlorf-qu’elle vient de certains corps , me laide peu de chofe à ajouter touchant les étincelles qu’on voit éclater eh-tre le corps éleârifé, & celui qu’on regarde comme ne l’étant pas. On fçait maintenant, & je ne m’arrêterai pas à le prouver davantage, que ces étincelles ne font autre chofe que les aigrettes mêmes dont les rayons naturellement divergens , ceffent de l’être, & fortent parallèles, pour ne former qu’un feul trait, qui, par-là devient incomparablement plus fort, & par conféquent capable d’une plus grande inflammation & d’une explo-non plus violente. S’il eftvrai, comme il le paroit par des expériences mille fois répétées, que levoifînage de certains corps, anime & fortifie ces aigrettes, on peut croire que ces mêmes corps lorfqu’ils feront allez près pour convertir les aigrettes en étincelles, augmenteront celles - ci de même, & les feront éclater avec Niiij
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- ïj2 Recherches •'
- >—H— d’autant plus de force, qu’ils auront Dssc- animé davantage les rayons enflammés & réunis qui les compofent. les mê- Cette conféquence qui fe préfente «'emefes d’elle-même, eft aulfl parfaitement lui aug- d’accord avec l’expérience. Pour , s’en convaincre , il fuffit de confidé-reniiïr.t re-r ql]e ies étincelles éleftriques n’é-
- Suffi les , 1 , 1 .
- étincelles datent jamais davantage que quand *ius foires. on jes excite avec le doigt ou avec du métal , qu’elles ont beaucoup moins d’éclat & de force quand on fe fert pour les faire paraître , d’un morceau de bois , de foufre, de cire d’Efpagne ; matières , comme on fçait, plus propres à éteindre les aigrettes, qu’à les rendre plus grandes ou plus vives. Pour fentir combien certaines fubflances font moins propres que d’autres à exciter les étincelles d’un corps éjeârifé, qu’on fe fouvienne feulement de ce qui a coutume d’arriver aux perfonnes éledtrifées qui elfayent pour la première fois d’allumer l’efprit de vin ou quelque autre liqueur inflammable. Si elles trempent le bout du doigt dans la cuilliere, elles ont peine enfuite à réuffir, à moins qu’elles
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- sur l’Électricité. 173 ne pféfentent un autre doigt , ou —jj— qu’elles n’ayent eflityé celui qui a Disc, été mouillé par la liqueur.
- Si l’on veut donc juger du plus ou du moins d’éleélricité d’un corps comparé avec lui-même, ou de plu-fieurs comparés entre eux, en prenant pour régie la grandeur ou l’éclat des étincelles qu’on fait paraître à la furface, on doit avoir attention d’ex-citer ces feux toujours avec les mêmes corps : car après ce que je viens . d’expofer, il eftaiféde voir que fans cette condition, deux corps égale- «>nfé4»a»* ment éleéfriques pourraient'donner ce-des étincelles fenublement inégales ; je ne voudrais pas même m’en rap-porter uniquement aux étincelles qui feraient excitées par deux perfonnes différentes, quoique chacune d’elles fe fervît de fon doigt pour faire étin-celler le corps éleétrifé. Jleft certain que tout le monde n’eft pas également propre àces fortes d’épreuves; tel en approchant le doigt au corps qu’on éle&rife , fait voir une belle aigrette de matière enflammée, lorf-qu’il eft encore à deux ou trois pou-cçs de diftance, tandis qu’un autre
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- ff4 Kecherches
- H. dans les mêmes circonftancesn’opere Disc, rien de femblable , ou ne montre & ]>'mn-tolIt au plus qu’une petite lueur aciir adhérente; le premier, fi vous l’ob-fervez attentivement, tirera des pa« to»- étihcelles plus fortes que le dernier, phlirràiie Cependant je ne parle encore que vs.tu delà de ce qui frappe les yeux & les oreil-Krp a“c- les ; je veux dire la longueur & la viié. grolfeur du trait enflammé qui précédé l’explofion, l'éclat de fa lumière , &le bruit qui l’accompagne, ta don- A combien d’erreurs ne s’expofe-i«rfomfe£ roit-on pas, fi l’on vouloit régler n., elt un fes jugêmens fur la douleur feule que «"m'inTces étincelles font fentir ? J’ofe fenaim dire, que de tous les fignes d’éleftri-cité dont j’ai parlé jufqu’ici, ce fen-timent eft le plus équivoque ; il dépend vifiblement de la fenfibilité du fujet qui l’éprouve, & cette fenfibilité varie autant que les tempera-mens; il dépend encore de l’endroit où tombe la piquûre, & l’on n’eft jamais fûr d’avoir préfenté le même. Si nous voulions douter de ce que nous offre ici le raifonnement le plus fimple, l’expérience acheveroit de nous convaincre. Ne fçait-on pas que
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- sur l’Électricité, rçp de plufieurs perfonnes qui font ainH étinceler le. corps éleârifé, les unes n’en font que légèrement affeâées,& recommencent ces épreuves fans répugnance; tandis que d’autres fe plai-
- fnentd’une douleur exceflive & d’un >ng reffentiment qui les en dégoûte pour toujours ? Ne fçait-on pas que lès piquâtes reçues par le même homme & du même coups éleétrique , le plus fouvent ne patient pas la peau, & que d’autres fois elles portent une hnpreffion douloureufe , très-avant dans le bras?Toutes ces différences viennent-elles d’un degré d’éleftri-cité qui varié? On auroit tort de le croire : il eft plus naturel de penfer que les étincelles électriques ne fe font pas également fentir à tout le monde, & que fur un feul 8c même fujet, elles ont dés effets qui different félon la nature ou la délicateffe des parties qu’elles attaquent.
- Par l’examen que je viens de faire des principaux phénomènes par lef- J” quels l’éleâricitéfe manifefte, il paraît qu’il n’en eft aucun, qui Séparément des autres, ne puiffe nous tromper, lorfqu’il s’agit de fçavoir parmi.
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- __i{<5 Recherches —jj"— plufieurs corps éleârifés, celui qtiî Disc, l’elt le plus, ou fi le même a plus ou moins de vertu dans un certain tems Excès à que dans un autre. Cependant, ce ((virer feroit jprendre un parti outré, que de regarder comme abfolument incertains , tous les jügemens que l’on porteroit en pareil cas : il eft pof-fible d’éviter l’erreur en ufant de circonfpeâion & en fuivant quelques régies qui fe préfentent pour ainfi-dire d’elles-mêmes.
- Première La première & la principale con-S'fmvre fifte * ne jamais décider de quel côté pour ne te eft la plus forte éleâricité, que l’on p« >rom- ne p0;t r (j»avojr mis ]es circonftan-ces bien égales de part & d’autre : je crois avoir expofé les plus eflén-tielles & tes plus capables d’influer fur les effets.
- Seconde La fécondé régie que je propofe , lej-ie, c’eft de ne s’en rapporter qu’à des lignes bien marqués, à des effets conftans que l’on foit fur de retrouver toutes les fois qu’on opérera dans des circonftances connues. Car fi l’éleftricité en général, confifte, comme on n’en peut plus douter, dans certains mouvemens d’un fluir
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- sur l'Électricité. 157 de, quis’élance d’un corps à l’autre, — on conçoit aifément que ces jets ou D ts’c, courans de matière peuvent avoir quelques irrégularités, dont les cau-fes nous échapent, d’où il peut arri-ver des effets fenfibles, maisaufli peu conftans que l’efpèce de hazard qui les fait naître.
- Enfin, j’établis pour troifiéme régle de confifiter avant que de for- es J mer aucun jugement, tous les lignes qui peuvent faire connoître l’éleétri-cité des corps qu’on examine, & de .ne s’en pas tenir à un feul, ni à deux, s’il eft poffible d’en avoir un plus grand nombre ; car fi nous nous permettons de choifir entre plufieurs , il eft à craindre que l’amour propre ne nous faffe donner la préférence à celui qui favorife le plus notre opinion , ou qui s’oppofe d’avantage à celle que nous avons intérêt de combatre.
- Dans bien des occafions je me fuis fervi pour connoître les progrès mùli.ou de l’éleétricité d’un moyen allez lira-pie, & qui mériteroit le titre d’életiro nd«m n métré, s’il étoit généralement appli-cable, lÿs’ilpouvoitmefurer par des <ianS bien
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- Ij8 El CHERCH ES quantités bien connues, & dont oit c. ne put douter, les augmentations cca. ou diminutions qu’il indique. M. du Fay après M. Gray, plaçoit fur une verge de fer fufpendue horizontalement un fil de lin dont les deux bouts pendoient parallèlement entr’eux ; il -éleftrifoit le fer, & les deux bouts de fil qui s’éleârifoient par communication .s’écartoientl’un de l’autre : enfuite il tiroit ufie étincelle de la verge de fer, ce qui faifoit ceflèr fubitement toute éleâricité, & les deux bouts de fil retomboient l’ua Vers l’autre jufqu’au parallelifme. Cette expérience qui ne fervoit alors qu’à faire voir la promptitude avec laquelle la vertu éleârique s’anéantit dans tout un corps, quand on le fait étincéller, ou à prouver que deux corps éleârifés fe fuient réciproquement , m’a paru propre à faire con-noître jufqu’à un certain point, les diminutions ou les augmentations de l’éleâricité, à comparer celle de plufieurs corps, & à marquer fa durée.
- En effet, tant que les deux bouts de fil font divergens entr’eux, il elt
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- sur l’Éljïctricité. iyp-certain que le corps d’où ils pendent, •eft éledrique, & l’angle qu’ils forment , en s’écartant l’un de l’autre, eftuneefpecede compas qui marque plus ou moins d’éleétricité : c’ell une chofe curieufe de voir cette forte d’inftrument s’ouvrir & fe fixer, chaque fois qu’on approche un tube de verre nouvellement frotté,de la chaîne ou de la barre de fer à laquelle il tient.
- La difficulté eft de fçavoir au fuite la valeur de ces différentes ouvertures ; car il n’eft pas poffible de préfenter au bout de ces fils aucune échelle ou régie graduée ; il ne faut pas même qu’aucun autre corps en approche à une certaine diftance ; puifqu’ils font éleârifés, ils ne manqueraient pas de fe porter à tout ce qui ne le feroit pas comme eux, & par conféquent de fe déranger con-fidérablement. J’évite ces inconvé-niens en plaçant devant les deux bouts de fil à une diftance fuffifante., une planche percée d’un trou, vis-à-vis duquel je mets une bougie allumée , & en recevant l’ombre de ce s fils fur un carton blanc que j’é-
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- iCo Recherches ieve verticalement & parallèlement au plan qu’ils terminent entr’eux : la bougie & le carton étant bien fixés, je trace fur celui-ci une portion de cercle qui a pour rayons les deux ombres des fils ; cet arc divifé en degrés, me fert à juger de leur écartement réciproque.
- Je ne fuis pas le feul qui ait penfé à eflimer l’effort des émanations électriques par le recul des corps d’où elles s’élancent; ce moyen s’eft pré-fenté à M. Waitz (a) quoique d’une maniéré différente, & je vois qu’il en a voulu porter l’ufage plus loin que moi. Car perfuadé que de tous les corps quiavoifinentles corps éleftri-ques, il émane une matière capable d’impulfion , cet habile Phyficien a fongé non-feulement à rendre fenfi-ble l’effort de ces émanations, & à re-préfenter la longueur des jets par la diftance qu’ils entretiennent entre les corps d’où ils fortent ; mais il a encore prétendu qu’il pourroit fçavoir par là quelle eft la valeur abfolue de cet effort, en lui oppofant un poids
- (<0 Traité de l'Eleflricité &de fes caufts,
- 5. iSo&tuiv.
- connu.
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- sur l'Electricité. i6i connu. Voici en peu de mots fon —jj— expérience & les conféquences qu’il q t s'Cr en tire.
- XIII. EXPERIENCE.
- On fhfpend à deux fils de foye Expéria** d’égales longueurs deux lames de M-métal fembfâbles , longues de 6 Pioÿée’'m' pouces, pelant trois onces chacune, “mmeél0' & pendant librement affez près l’une ‘°m“c' de l’autre > pour le toucher ; on approche enîuite au-deffous & fort près de ces deux lames un tube de verre bien éleélrifé ; & dans l’inllant même, on voit ces deux corps s’écarter Pun de l’autre, en décrivant deux petits arcs de cercle qui ont pour rayons la longueur du pendule que chaque lame compofe avec fon fil de fufpenlïon , Fig. 4.
- De cet effet M. Waitz conclut I". que de ces deux lames, il fort une matière, dont l’effluence forme deux courans oppofés entr’eux, & c’ell ce qu’il n’elt guéres poffible de lui conteller, furtout lorfque cette expérience vient à la fuite de plusieurs autres faits qui prouvent î’e-
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- 1(52 K E CHER CITE sr xifîence de ces émanations. 2°. dît-j. il, le degré d’élévation de chaque lame dans l’arc de cercle qu’elle décrit, indique la force abfolue de ces courans de matière invifible, dont les effets oppofés font écarter les lames & leurs fils de la dîreâion verticale où elles étoient en repos : car étant donné le poids d’un corps fut pendu par un fil à un point fixe, on fçait ce qu’il faut de force, pour le foutenirdans tous les points de l’arc qu’on lui fait parcourir en montant : tel efl en fubftance le raifonnement deM-Waitz.
- Cette derniere conféquence quoi qu’ingénieufe, me paroît fouffrir de grandes difficultés. Sans parler de la différence qu’il y a entre une lame de fix pouces fufpendue à un fil, & un pendule fimplé , tel qu’il faut le fuppofer, pour procurer à l’operation- dont il s’agit une fimplicité fuffifante, il fera toujours néceffaire d’avoir égard à la direftion de cette matière effluente vers fon point d’appui , pour conclürre la valeurabfo-lùe de fon effort, par le poids qu’elle foutient : or il me paroît bien diffi-
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- Recherches hir irlecir 2 , Disc. FJLj2
- 79^467
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- sur l'Électricité. 1S3 cile de fçavoir au jufte la direâion de ces jets de matière invifible, par rapport à la furface des corps d’où ils s’élancent, & il y a tout lieu de croire qu’elle eft affez irrégulière. En général on peut dire qu’un élec-trometre tel qu’il devroit être , pour mériter de porter ce nom, eft un inftrument affez difficile à imaginer pour le préfent , & qu’il eft peut-être encore trop tôt d’y penfer. Il faut mefurer, autant qu’on le peut; c’eft un moyen dé mettre de la clarté, de l’ordre & de la précifion dans nos connoiffances ; mais il faut aufiï avant toutes chofes , que ce que l’on veut îrrefurer, foit faififfable de tout point, fans quoi la mefure ne fait qu’embrouiller au lieu d’éclaircir : je crois que réleftricité eft le fujet de phyfique le plus propre à juftifier cette réflexion.
- •fca&sw.:--
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- 164 Recherches
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- TROISIEME DISCOURS. Z?« cir confiance s favorables ou nui-fibles à F EleÛricité*
- EN examinant dans le difcours précédent les lignes par lesquels an peut juger fi les corps ont acquis plus ou moins d’élé&ricité, j’ai fait mention de plufieurs circorn-llances qui peuvent rendre les phé--•noménes plus ou moins apparens, & occafionner des jugemens peu exacts, fi l’on négligeoit d’y avoir égard : j’ai obfervé , par exemple, que les mouvemens d’attraétion & de répulfion, deviennent plus vifs 8c plus étendus, lorfque les corps légers qu’on préfente au corps élec-tnfé, font pofés fur la main d’un homme , ou fur du métal ; que ces mêmes mouvemens font toujours beaucoup plus foibles, & quelque fois nuis, fi le fupport de ces petits corps qu’on veut enlever, eft une
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- sur L’ELECTRicrré. i6j tnaffe de foufre ou de réfine ; que les aigrettes lumineufes fe raniment par la préfence & par levoifinage de certains corps ; que les étincelles éclatent davantage, lorfqu’on les excite avec le doigt ou avec du métal, que fi l’on effaye de les faire naître avec un morceau de verre ou de cire d’Efpagne, &c. Toutes ces obfervations que j’ai rapportées , & dont j’ai marqué les conféquences, pour prévenir des erreurs,offrent auf-fi des moyens prefque toujours sûrs d’augmenter & d’affoiblir à fon gré la plupart des phénomènes électriques ; elles nous apprennent des cir-conftances qui favorifent ou qui retardent le fuccès des expériences ; & quiconque en efl bien inftruit , pourrait, ou par abus faire paraître l’éleCtricité plus forte ou plus foible qu’elle n’elt en effet , ou par des vues plus raifonnables, en modérer l’aâiott.
- Mais il eff encore d’autres cir-conllances dont je n’ai point parlé , qui influent d’une maniéré plus générale fur les phénomènes électriques , ou qui ne s’introduifent pas
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- , I €6 R E C Ht R C H t s
- — d’elles-mêmes, comme la plûpaïft Disc-, des autres, dans les manipulations Madères à ordinaires : tels font le froid, le **ï)[f-,an* chaud, l’humidité, la fécherefle , le tom. dégré de- denfité, deraréfadion ou pureté de l’air dans lequel on opéré ; l’adion de la flamme, de la lumière, de la fumée, des vapeurs ; la grandeur & la figure des corps qu’on éledrife ; leur communication, avec ceux qu’on ne prétend pas éledrifer : voilà principalemeut ce que je me propofe d’éxaminer dans ce difeours.
- Avant que d’entrer en matière , il eft à propos que je m’explique fur certaines diflindions que j’ai crû devoir faire dans le cours de ces recherches , & fans lefquelles l’expérience fou vent oppofée à elle-même, ne m’auroit permis de prendre aucun parti décidé.
- Pretniere Premièrement je diflingue l’élec-tSonméit*-trieitédéjà excitée de celle qui ne minaire. l’eft pas encore, mais que l’on tâche de faire naître, en frottant ou autrement ; car tel oblfacle qui retarde , ou telle circonflance qui accéléré le moment où cette vertu doit paroître, alfez fouvent ne change
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- sur l'Électricité. 1(17 _____ rien à fon intenfité ou à fa durée, - m " Sc réciproquement je fçais des cas où D1 s es -l’éleâricité s’affoiblit, ou-s’éteint plus promptement, & d’autres où cllefe conferve plus longtems & avec plus de vigueur que de coutume ,. indépendamment du degré de force qu’elle avoit en naiflant , ou de la facilité avec laquelle on l’a fait naître.-
- Secondement, je diftingue encore seconîa l’électricité une fois excitée dans un j’*™' corps, de celle que l’on continue de lui faire prendre , ou de lui communiquer ;jeeonfidere l’une comme un état limité, ou plutôt comme une quantité déterminée, fur laquelle une aftion favorable ou nuifible ne peut s’exercer , fans fe manifefter par quelque augmentation ou affoi-bliffement. L’autre au contraire fe répare continuellement, & peut fub-fifter à peu près la même, quoiqu’elle fouffre des pertes réelles, ou fi elle eft favorifée par quelque caufe accidentelle , on aura peine à s’en ap-percevoir, parce que fes effets fe confondent avec ceux de la caufe principale, dont .011 ne fçait jamais
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- i68 Recherche s —jjj— la jufte valeur. Si l'on juge indiftîfl-p i s c. élément, comme je vois que plu-lieurs perfonnes l’ont fait , des corps éleâriies par un globe de verre, qu’on ne ceffe pas de frotter pendant toute l’épreuve, & de ceux auxquels on s’eft contenté de communiquer l’éleâricité, pour les foumettre en-fuite aux expériences , il me femble qu’on rifque autant de fe tromper, qu’il feroit poflible de l’être , fi, pour connoître les caufes qui peuvent faciliter ou arrêter l’évaporation , quelqu’un faifoit fes épreuves indifféremment fur un certain efpace rempli d’eau dormante, ou fur un pareil efpace, qui feroit toujours également plein d’une eau courante.
- TroiK. Troifiémement, quoique la plus «Kdiftinc- forte éleftricité, ainfi que la plus foible, foit fujette aux mêmes caufes d’augmentation & d’affoibliffe-ment, cependant comme ces caufes fe font beaucoup plus fentir fut celle-ci, que fur la première, ( ce qui donne lieu à des remarques ou à des affermons qui ne peuvent pas être abfolument générales,} je les diftinguerai l’une de l’autre, & j’appellerai
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- SUR ï.*Er,ECTRICITê. 169 pellerai llcflricitê faible ou commune, — celle d’un tube de verre, par exem- j pie , que l’on a frotté par un tems convenable, ou celle d’une fphere creufe de même matière , que l’on a excitée médiocrement : je nommerai élelhicité forte celle qui naît par les moyens les plus puifl'ans, & dans un concours ae circonftances favorables. Je fens bien que ces définitions ne font pas propres à donner des idées précifes ; aufli ne m’en fervirai-je que pour établir des àjrete jrèi, & pour ne pas confondre ce qui arrive communément, avec des effets qu’on ne voit que rarement,
- & qui dépendent d’un dégré d’éle-ftricité , qu’on n’eft pas maître d’obtenir quand on le veut.
- Quatrièmement , j’entends par électricité proprement dite , celle ’ qui fe mamfelte par des lignes extérieurs , par ces phénomènes généraux , qui ne vont guéres l’un fans l’autre, fi ce n’eft dans le cas d’une éleâricité trop foible : tels font les mouvemens d’attraftion & de ré-pulfion, l’attouchement & l’odeut des émanations éleâriques, les écin-.
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- 170 Recherches celles, les aigrettes lumineufes. Je! reconnois fans aucune difficulté
- que cette commotion qu’on reffent dans l’expérience de Leyde, part du même principe que tous les autres effets dont je viens de faire mention, & j’avoue que le corps dans lequel elle fe pafle, eft véritablement affecté par la vertu éledrique ; mais je ne conviens pas de même qu’on puiffe légitimement confondre cette fecouffe finguliere & inftanranée , avec les lignes ordinaires, ni qu’il foit permis de dire fans aucune modification , qu’un corps s’éledrife, quand il eft ainfi frappé, ou que l’éledricité parcourt tel ou tel efpa-ce, quand ce coup eft porté à une certaine diftance par des corps contigus.
- Ce qui me porte principalement à penfer ainfi , c’eft que ' la commotion dont il s’agit, n’eft accompagnée d’aucune marque extérieure, nulle attradion , nulle répulfion , nulle apparence de lumière, après l’explofion de l’étincelle : tout fe paffe également pour un corps qui fait cette épreuve, fans être ifolé, & pour çelui qui eft pofé fur un gâ<
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- SUR L’ÉlECTKICITé. 1-Jl feau de réfine, condition d’ailleurs fi néceffaire , pour communiquer efficacement l’éleélricité à la plupart des corps. En un mot,dans ce cas fingulier, je veux dire dans l’expérience de Leyde, je ne vois rien qui différé effentiellement de ce qui a coutume d’arriver, lorfqu’on tire une étincelle d’un corps fortement éleflrifé. Le procédé particulier quî ! caraftérife cette expérience , eft 1 fans doute ce qui procure prefque ; toujours un effet confidérable ,
- I mais on peut en avoir un prefque fem-! blable,ou qui ne différé que par le dé. gré de force, en opérant de la maniéré laplus fimple & la plus ordinaire : en excitant avec le bout de mon doigt, ou avec celui d’une verge de fer, que je tenois à la main , des étincelles d’une longue & groffe barre de fer, que j’avois fortement élec-trifée, j’ai été frappé plufieurs fois jufques dans les entrailles ; & le Pere Gordon, avant que d’avoir entendu parler de ce qui s’étoit paffé à Leyde, avoit reçu, en approchant le doigt d’une longue chaîne de fer êleclrifce, desfecouffes internes qui Pij
- D
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- 172 Rï CHERCHE S • l’avoient affedé depuis la tête juf-qu’aux pieds, & dont il avoit porté les effets, jufqu’à tuer des oifeaux.
- Or, je demande fi jufqu’à préfent l’on a crû éledrifer les corps dont on s’efl fervi pour faire étinceller ut autre corps éledrifé ? S'exprimerait-on avec exaditude , fi l’on difoit, qu’on éledrife une épée, Iorfque la tenant par la poignée, on porte la pointe vers un corps éledrifé , pour en tirer une étincelle, quoiqu’affez fouvent l’on en refiente le contrecoup dans la main ou dans le bras i Ne faudrait-il pas au moins dire en quel fens on entend cette éledri-cité, qui différé beaucoup , comme on le voit, de celle qui fe préfente à l’efprit, lorfqu’on parle de cette vertu en général ?
- 11 me femble qu’on n’a pas plus de raifons , pour croire qu’on s’é-ledrife, à proprement parler, lorf qu’on fait l’expérience de Leyde : le coup à la vérité efl ordinairement plus violent par la circonf-tance de la main appliquée au vafe de verre en partie plein d’eau élec-trifée ; mais tout fe paflfe intérieu-
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- sur l’Électricité.
- Ces explications préliminaires annoncent que j’établirai peu de propofitions abfolument générales. En confidérant ainfi l’éleâricité fous différens points de vue, j’ai compté pouvoir prononcer avec plus de certitude , & j’ai pris ce parti pour tâcher d’éviter deux excès oppofés entr’eux, & également contraires aux progrès de la Phyfique ; l’un, de douter opiniatrément de tout, & de ne rien conclurre ; l’autre, de mériter par des jugemens 1 précipités la cenfure de c plaifent à dire qu’tu Depuis long-ten fuccès des expérie
- ugcuicns légers oc
- fure de ceux qui fe mpVonpTfuele
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- _____ 174 Recherchas TïT. maniéré bien décidée, àlaquelte des Disc, circonftances qui font le beautems, l’on doit attribuer principalement le bon fuccès de ces expériences. J’ai vû bien des fois l’éleâricité réuf-lir plus que médiocrement, lorfqu’il pleuvoit avec abondance ; dans d’autres tems, elle m’a prefque manqué, quoique l’air fût d’une férénité parfaite , & je fçais que la même chofe eft arrivée à bien d’autres.
- Pour jetter quelque jour fur cette qudlion, que je ne prétends pas encore décider, je rapporterai Amplement ce que j’ai obfervé par rapport aux influences du tems ; Si pour éviter toute expreffion vague, je n’attribuerai rien au beau ni au mauvais tems en général, mais feulement aux différais états, dont l’atmof-phere eft fiifceptible, & qu’elle peut communiquer aux autres corps. Je formai ce deffein en 1740, & en conféquence, lorfque j’ai fait des expériences d’éleélricité, foit pomma propre inllriiâion, foit pour contenter la curiofité des autres , j’ai prefque toujours marqué en marge de mon Journal, la hau-
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- sür l’Électricité, tour du baromètre, celle du ther- —jjj— mométre, l’état de l’air, par rap- p t s’c> port à la fécherefle ou à l’humidité,
- & le vent qui regnoit : ces notes recueillies après plus de huit années, m’ont paru propres à fournir quelques éclaircilfemens fur la queflion préfente : cependant je les cite, moins pour former une décifion, que pour faire naître à d'autres, l’envie de les vérifier par des fuites d’obfervations , dont le concours feul pourra nous inftruire un jour d’une maniéré bien décifive.
- J’ai prefque toujours trouvé l’é- cit’!’é,c^ leélricité foible , lorfque j’en ai fait Zl-des expériences dans un tcms plu-vieux & doux, le baromètre étant rems Pin. à fa moyenne hauteur, ou au-def- k fous, & le vent étant au fud, ou aux environs. Je dis prefque toujours, car je n’ai vû que trois ou quatre fois le contraire fur environ 160 obfervations , dont j’ai tenu compte ; & je dillingue du tems que j’appelle pluvieux, & qui dure quelques jours, celui pendant lequel il tombe des pluies palfageres , fur-tout fi le vent vient des environs de Piüj
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- ___j-)S Ejchibcms
- —JY!— de l’eft, ou du nord , ou qu’il ait Disc, été tel quelque-tems avant l’épreuve.
- Ce réfultat fe trouve affez d’accord avec le préjugé commun, qu’un tems humide nuit à l’éleétricité ; il nous'indique aulîî ce qui a pû déterminer quelques Phyliciens à foutenir que le fuccès de ces fortes d’expériences , ne tient en rien aux variations du tems. M. Winkler , Sc ceux qui , comme lui, ont pris ce dernier parti, auront apparemment ois. cil fondé leur opinion fur des épreuves ô“"1uip>r faites pendant des pluyes de peu de rhjiicienj. durée, ou dans des lieux clos & peut-être échauffés par des poêles qui en écartoient l’humidité. Je ferois même tenté de croire que la nature du climat leur a mis fous les yeux il paroit des effets différens à certains égards, C£nx qu’on apperçoit communé-«îiout 'n’y ment ici, lorfque les autres circon-6k rien. ffances font femblables de part Sc d’autre : mais le P. Gordon m’apprend que tout fe paffe à Erford à peu près comme à Paris : voici fes propres paroles traduites de l’édition Allemande.
- » J ’ai crû autrefois qu’un tems hus
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- SUR l’ÉlectricitÆ. 177 9> mide n’empêchoit pas l’éledricité; =fÿ » mais j’ai eu dans l’expérience fui- D1 a vante la preuve du contraire.
- I. EXPERIENCE.
- » J’ai fufpendu la chaîne de 400 a pieds, ( c’eft toujours le P. G. qui a parle, ) fous le toit de l’églife, où a perfonne ne peut approcher, &
- » j’en ai appliqué un bout au tuyau a éledrifé, les étincelles furent ex-, a tremement fortes par un ciel fe-a rein, & un teins fec , comme je a l’ai déjà remarqué. Ces obferva-
- * tions étant faites comme il faut, a je laifîai la machine avec toutes s fes dépendances dans le même » état, pour attendre un tems plu-3, vieux, qui étant bien-tôt furvenu,
- » j’effayai encore la force des étin-a celles, que je trouvai alors beau-a coup plus foibles qu’elles n’avoient » été auparavant par un tems fec & a beau. Je laiffai encore tout dans a le même état, en attendant le re-» tour du beau tems, & je trouvai » alors les étincelles aufli fortes que
- • la première fois. J’ai refait enfuite
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- 175 Recherches m » plus de 20 fois les mêmes expe'-Pis’c. » riences, & ce n’eft pas fans fon-» dement que j’en conclus que les » effets éleàriques font empêchés » par l’humidité de l’air. »
- Quand on fçait en général que l’humidité rend l’éleétricité plus foible, ou qu’elle l’empêche de fe manifefter, on ignore encore par quel endroit cet obftacle influe fur les phénomènes, fat quel Quelefl: donc le corps qu’il importe l'humidité d’entretenir dans un certain dégré mit ei e à de fécherelfefEll-ce celui qui frotte ? rekfluci- sero;t.ce le fu jet à qui l’on a delfein de communiquer la vertu éleârique, ou bien l’air du lieu dans lequel on opéré ? En réfléchiffant fur des expériences déjà connues , & fur quelques manipulations qui fe font mi-fes en ufage par différentes vues, je crois m’être mis en état de répondre à la plupart de ces quellions. le corps Le corps qui frotte immédiatement Toi/’S" Ie verre Pour le rendre élearique,doit Cec, par la avoir deux qualités qui me paroifl'ent eft'Tmmé- également néceflaîres & luffifantes. riiatement La première, eft qu’il puiffe glilferai-âuTOK.0 fément fur la furface du tube qu’il doit parcourir d’un bout à l’autre,
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- SUR VÉl EC TRI CITÉ. I7P fcu fur celle du globe tournant, à ^hÎT* laquelle il s’applique ; la fécondé , d i s c» qu’en gliflant ainfi, il puiffe faire un frottement qui ébranle, ou qui irrite , pour ainfi dire, les parties da verre ou celles d’une matière dont fes pores font remplis. Voilà fans doute pourquoi plufieurs perfonnes en effayant de tout , fe font bien trouvées d’avoir frotté le verre avec des coulîinets ou avec des morceaux d’étoffe couverts de tripoly ou d’ar-cançon pulvérifé. La main nue, (que ma propre expérience m’a fait préférer à tout autre ufage, ) ne frotte point affez, fi la peau en eft trop douce , & elle manque à gliffer , fi elle eff humide par tranfpiration ou autrement. Par cette derniere rai-fon, la partie du corps frottant qui s’applique au verre , doit être féche ; mais je ne crois pas que cette né-cefïité s’étende au refie. Car il m’eff fouvent arrivé , à moi 8c à d’autres, de frotter très-efficacement le tube ou le globe dans des tems où j’a-vois le refte du corps baigné de fueur ; d’autres fois, je me fuis mouillé exprès les bras & le revers de la
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- e—--
- Disc.
- Les corps
- dedans
- te verre
- pas éleâri-que,quand on le mouil' le , même avec desli-
- mables,&e.
- 180 Recherches
- main , & l’éle&ricité que j’excitois,
- ne m’en a pas paru moins vive.
- Mais quand bien même on pour-roit fuffifamment frotter le verre avec un corps mouillé appliqué à fa furface , ce frottement n’auroit point d’effet, parce qu’en général tous les corps qu’on nomme élcttri-quespar eux-mêmes, ne le deviennent jamais , tant qu’ils font mouillés , foit par dedans, foit par dehors. M. Du Fay nous en a donné des preuves , en rapportant des expériences qu’il avoit faites , tantôt avec des tubes de verre , dans lefquels il avoit fait couler fuccelîivement de l’eau froide & de l’eau chaude, tantôt avec des boules d’ambre, dont il avoit éteint la vertu , en foufflant deflus un air humide.
- J’ai eu les mêmes réfultats que lui, lorfque j’ai tenté d’éleftrifer des tubes de verre, en les frottant avec ' des morceaux d’étoffe , trempés dans différentes liqueurs, graffes & 'inflammables, comme l’huile d’olives & l’efprit de vin,&c. ou dans des liqueurs de toute autre nature, comme le vinaigre, l’eau commune, &ç«
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- sür l*Électricité. i8r__________
- De tousles liquides que j’ai employés —jjj"— dans ces premières épreuves, je n’ai D i s c. trouvé que le mercure dont le frot- Le frottement fît naître quelque éle&ricité, temem dc* & j’avois été prévenu fur cet effet par éieànïcia . M.du Tour qui s’enapperçut en fai- verte*
- Tant couler de l’argent vif d’une certaine hauteur contre un tube de verre.
- Cette exception qu’il faut faire par les^au3?î rapport au mercure , elf un fait qui tresibmiu-nous en explique un autre antérieu- virement connu , & que les Phyficiens eft vuide, ont jugé digne de leur attention; je veux dire le phénomène du baromètre lumineux ; il eft comme vifi-ble maintenant que ce trait de lumière qui éclate en la partie fupé-rieure ae cet infiniment, lorfqu’on. l’agite dans l’obfcurité, naît du frottement éle&rique excité par le mercure qui defeend ; car fi l’on y fait attention, on verra que cette lumière eft tout-à-fait femblable à celle qu’on apperçoit dans un tube de verre que l’on frotte avec la main d’un bout à l’autre, après en avoir ôté ou fortement raréfié l’air.
- Si l’humidité extérieure retarde ou
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- ? kZl
- in.
- Disc.
- 182 RECHERCHES arrête Péleâricité des corps que l’oni frotte, celle qui mouille intérieurement ces mêmes corps, les empêche au (fi de devenir électriques, comme ils le deviendraient s’ils étoienc bien féchés. Voici quelques expériences qui pourront fervir de preuves à cette propofition.
- II. EXPERIENCE.
- Si l’on fouffle avec la bouche danf un tube que l’on a éledrifé en le frottant, il perd aulîi-tôt toute fa vertu ; il ne la perd pas de même lî l’on y fait palier le vent d’un fouf-flet : & ce qui fait bien voir que ce n’ell point à l’air qui parcourt le tube, mais aux parties aqueufes qui s’y introduifent avec lui, qu’il faut attribuer l’extinftion de la vertu éleârique 5 c’eft qu’allez fouvene cette vertu reparaît , lorfqu’après avoir foufflé avec la bouche, on enlève par le vent du foufflet l’humidité qui s’étoit attachée aux parois intérieurs du verre.
- Il paraît donc que l’humidité qui s’attache non-feulement à I3
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- sue l'Électricité. 183 furface extérieure du verre ou de — jjj—= toute autre matière qu’on veut élec- Disc, trifer par frottement , mais encore celle qui s’applique intérieurement, fi c’elt un corps creux, retarde ou affoiblit fon éledricité, & après un grand nombre d’épreuves que j’en ai faites avec différens liquides, je me ]i y,je croyais prefque en droit de pronon- r-cer généralement que tout ce qui ?“ mouille produit le même effet, lorf- ne qu’une obfervation que je dois pour ™raeaf." ainfi dire au hazatd , m’offrit de nouvelles connoiffances quim’obli-gent à des reftriâions.
- Je faifois fondre du foufre que j’avois mis en poudre & en petits morceaux dans un globe de verre re a-Érp'ÿ creux que l’on faifoit tourner au- fo“-d,effus d’un réchaux plein de charbons allumés : je m’apperçus que le verre étoit éleârique en dedans & par dehors ; en dedans , parce qu’il attiroit & repouffoit le foufre pul-vérifé , qui paffoit à mefure que le vaiÜ'eau tournoit , d’un point à l’autre de fa furface ; par dehors , parce qu’il attiroit toutes les flammèches & la cendre des chart
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- i8f Recherches • i;l" bons : j’attribuerai ce premier effet Disc. au frottement du foufre qui gliffoit fur la furface intérieure du verre ; & à la chaleur qui rend comme l’on fçait, ces fortes de vaiffeaux plus fufceptiblesd’éleftricité : mais je fils fort furpris de voir le foufre devenu liquide & adhérant au verre , fans que cette vertu ceffât de fe manifef-ter très-fenfiblement au-dehors : j’ai vû la même chofe depuis, en faifant fondre de la cire d’Efpagne ou de la gomme lacque toute pure dans un pareil globe, pour l’en enduire intérieurement ; & par ces obfervations j’ai été convaincu que ce qui eft capable de mouiller le verre, n’eft pas toujours un obflacle qui empêche pu qui retarde fon éleftricité.
- Mais en admettant - cette exception pour certains liquides, je dou-tois encore li c’étoit à la nature même de ces matières liquéfiées ou au degré de chaleur qui les tient en fufion, que je devois attribuer cette propriété qu’elles ont de ne point empêcher l’éleélricité du verre que l’on frotte : l’expérience fuivante me parut propre à lever mes doutes.
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- SUR L*Ê r,ECTRICITÉ. l8j
- III. EXPERIENCE.
- Je répandis de I’efprit de térébenthine froid fur un morceau d’étoffe de laine , & j’en frottai un tube j aufli-tôt il devint tellement électrique , que je ferais tenté d’offrir cé nouveau procédé comme un moyen capable de faire réuffir l’éleétricité , dans des tenis où l’on aurait peine à l’exciter par les voyes ordinaires.
- Quoi qu’il en foit, le fuccès de cette épreuve me fait croire que ce n’eft point par fon degré de chaleur que le foufre fondu ou la cire d’Efpagne , conferve au verre le pouvoir d’être élcétrifc par frottement ; je croirais plutôt que fi ces matières ne mettent point d’obftacle à l’éleétricité, c’eft principalement parce qu’elles font dépouillées des parties aqueufes qu’on fçait d’aiffeurs être fi nuifibles à cette vertu. Peut-être que I’efprit de vin » s’il étoit entièrement défiegmé, produirait le même effet que I’efprit de térébenthine,& que le verre mouillé & frotté indifliuétement avec l’une
- Q
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- i86 Recherches “ÏÎÏT"* ou avec l’autre de ces deux liqueurs, Disc, deviendroit également électrique. Je n’ai point élïayé de frotter le verre avec un efprit de vin parfaitement ces ma- re&ifié , 8c dépouillé de tout humi-üercsüqui- de, parce qu’il efï extrêmement dif-Jéfîéesqui ficile, 8c moralement impofîible d’en "oint à'?? avoir de tel. Mais j’ai fait quelque îeâSé,ÿ chofe d’équivalent, relativement à
- deviennent mes VueS.
- IV. EXPERIENCE.
- J’ay mêlé autant que je l’ai pu, quelques parties d’eau avec l’efprit de térébenthine; le tube mouillé 8c frotté avec ce mélange , n’a j’amais pû devenir éleêtrique.
- Ainfi fpuifque l’efprit de térébenthine mêlé avecl’eau commune,comme l’efprit de vin l’eft communément , nuit autant que lui à l’élec-! îricité, n’eft-il pas probable que l’ef- ! prit de vin ne nuiroit pas davantage à cette vertu , que l’efprit de téré- • benthine, s’il étoit aufïi purgé d’eau que cette derniere liqueur à coutume de l’être ?
- On peut donc regarder comme
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- sur l'Électricité. 187 une Vérité confiante que l’humidité proprement dite , c’eft-à-dire, celle pI5't(. qui tient à la nature de l’eau, retarde, affoiblit, ou éteint entièrement la vertu des corps que l’on veut élee-trifer par frottement, lorfqu’elle s’attache à leur furface, foit par dehors, foit en dedans s’ils font creux. . L’hura-
- II n’en eft pas de même de ceux à p™,“nr£ qui & par qui l’on communique l’é- itaridté leftricité : tout le monde fçait qu’une & p’i corde mouillée tranfmet fort bien s1" I’°n. cette vertu; j’ai cité ailleursplufieurs expériences dans lefquelles j’ai cm-ployé des tubes de verre pleins d’eau, pour faire paffer l’éleélricité à d’autres corps ; M. Boze, (a) en faifant jaillir de l’eau électrifiée, parle moyen d’une feringue, a porté l’éleftricité jufques fur un homme qui étoit placé à une dillance de 60 pas fur un pain de réfine; enfin le P. Gordon & plufieurs autres Phyficiens depuis ont étonné grand nombre de fpec-tateurs, en allumant des liqueurs inflammables par le moyen d’un jet d’eau électrifié.
- Quoiqu’il foit vrai en général que EsKp,;cn.
- (a) Tttiiim. El(Ct. pars pojkrior. p. zi.
- Q'j
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- iSS Recherches les corps humides reçoivent & tranP mettent très-bien l’éleétricité , & fouvent mieux que s’ils étoient fecs; Il ell pourtant des cas oit une certaine humidité , une vapeur, pat exemple , affoiblit ou fufpend les effets : en rapportant les détails de la fameufe expérience de Lcyde , j’ai 'dit , il y a plus de deux ans, (a) que la bouteille qui contient l’eau, attire à elle l’humidité de l’air, qu’il y a tel teins où cela fe remarque évidemment , & qu’alors cette vapeur femblable à celle qu’on y jet-teroit avec la bouche, m’avoit paru nuire davantage au fuccès de l’expérience , que fi la bouteille avoit été mouillée à pleine eau. Cette ob-fervation a été faite depuis par des perfonnes qui n’en étoient pas prévenues ; M. Du Tour, en Auvergne, & M. Allamand à Leyde, ayant conçu les mêmes idées que moi, fur ce phénomène, ont pris le parti, pour réuffir plus sûrement & eh tout tems, de plonger la bouteille dans un vafe de métal, rempli d’eau ;
- (fl) Mémoire lfi à la rentrée publique de l’Acad. des Sciences, après Pâques 1746,
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- SUR l’Él B CT R I C I TÉ. 1851 préférant, comme je le ferois aufli, “ cette immerfion qui mouille abon- Due. damment le verre, à une légère humidité , qui viendroit de l’air s’appliquer à fa lurface. Cependant de quelque façon que l’on s’y prenne, on ne réufïir bien que quand on con-ferve fec, tant en dedans qu’en dehors , la partie de la bouteille qui ne contient point l’eau : au moins voilà ce que j’ai vù de plus ordi-' naire.
- Quant à l’humidité qui régné Minml» dans le lieu où l’on opère, il n’efi oiiip™ prefque pas douteux qu’elle ne foit « n.ni> un obftacle confïdérable au fticcès i"xja.cù-* des expériences ; cela va même quel- tei-quefois jufqu’à les faire manquer dans les rez-de chauffée ou dans les fouterrains , lorfqu’elles réufîiffent dans des appartemens plus élevés, où l’âir je trouve communément chargé de moins de vapeurs. Cepenr d ant, je doute encore fi cette humidité, en tant qu’elle fait partie du milieu dans lequel on éleftrife , nuit par elle-même aux eflèts qu’on veut produire , je penferois volontiers qu’elle ne leur fait tort, que parce
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- 190 Rbcheb6hés —1 qu’elle eft d’abord attirée par le verre D i s c. que l’on frotte , & parce qu’en s’at-ce n’eft tachant à fa furface, elle empêche, Erânt" comme on l’a vû ci-delfus , qu’il qu’êiïc"4t- n’acquiere, ou qu’il ne conferve fa jjjj* Jj vêrtu. Puifque l’eau même s’éleftri-verre aveï fe, & qu’elle fournit de même que a«£;r°” les autres corps une matière affluents autres te. comme on le voit par cent épreuves différentes. J’imagine què. s’il étoit poffible, de conferver la verre fec dans un air humide, l’é-leftricité n’en irpit peut-être pas moins bien ; à moins que la matière éleftrique, comme la lumière, n’ait plus de peine à pénétrer les milieux hétérogènes , que ceux qui font compofés de parties à peu près femblables par leur denlïté, & que l’air chargé de vapeurs, comme il eft moins tranfparent, ne foit auffi moins perméable àd’éleâricitÇf, :
- Un fçavant Phyficien qui a porté fort loin fes recherches fur les phénomènes éleftriques , a, .prétendu qu’on nepouvoit ëleftrifer avec fuc-cès, lorfque l’air du lieu dans lequel on fait les expériences, fe trouve abondamment chargé, de certaines
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- sur l’Électricité, ipr ëxhalaifons : il en veut fur-tout aux fumeurs de tabac, & à ceux qui for-tent de quelque exercice violent;il prétend que la fumée fait autour des uns, & la grande tranfpiration autour des autres, un atmofphere qui les rend inéle&rifables. (a)
- J’ofe alfurer que M. Boze qui ne fe trompe guéres dans les faits , & à qui nous en devons un grand nombre qui font auiïi certains qu’admirables , a été trompé dans cette oc-cafion, par quelque circonftance qui aura échappé à fon exactitude ordinaire. J’éleétrife tous les jours des domeftiques qui fe font mis en fueur, à force de tourner la roue qui fait mouvoir mes globes de verre; j’ai éleCtrifé tout autant de fois que je l’ai elfayé, des gens qui fumoient du
- (a) Datur tamen quoddam hominum genus abominandam ijlant, & cujus nomine ne char-tam quidem meam commaculare volo, hcrbam continué fumans, hinc tetrarn mephitim , autfi quid magis pefiilens ad mille pajfus redolitura : Ji pratereà hce créatures , vel nimio motu , vel ludo forfan conorum afiuantes, & atmofphera quadam madida, calidave nefeio quot ulnarum cbnubilati accedunt, momento valè eletlri-«7<n.Boz.e.Ttntam.Ele&r. convoient, z.p. 67*
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- 192 R E C HE R C H'E 5 tabac, & qui avoient encore la pipe à la bouche : je les ai éleélrifés au point de leur faire cracher du feu, c’eft-à-dire, que ce qu’ils crachoient, étoit lumineux dans l’obfcurité.
- Cette expérience particulière , dont le réfultat s’efl: trouvé peu conforme à celui qu’on m’avoit annoncé , m’a faic naître l’envie d’examiner plus généralement, fi les vapeurs qui font d’une autre nature que celles de l’eau , affaibliraient , ou feraient ceffer l’éleélricité.
- V. EXPERIENC E.
- Pour cet effet, je choifis un tube de verre , qui , lorfque je le frot-tois , acquérait une éleélricité dont voici à peu près la force ; il attiroit les petites feuilles de métal à plus d’un pied de diftance, il faifoit fen-tir beaucoup d’émanations au vifa-ge, lorfqu’on l’en approchoir, & il pétilloit très-fort, lorfque ie faifois gliffer le bout des doigts, félon fa longueur. Je portois ce tube nouvellement frotté à 7 ou 8 pouces au-delïus de quelque matière que je
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- SUa L’É LE CTR I CITÉ. IJ)J faifois fumer, foit en la chauffant for- 1 m — tement, foit en la brûlant, fans faire 01 s c< de flamme ; lorfqu’il avoit été expo-fé ainfi pendant quelques fécondés , j’éprouvois fa vertu, pour voir fi elle étoit fenfiblement affoiblie ou entièrement éteinte. Ayant fait ces EngtnS. épreuves fucceffivement avec la fu-mée du foufre, de la cire , de la gomme lacque, du karabé, du char- Jâ'bîùièr i bon de terre , de la térébenthine , „
- du fuif, des os, de la laine, du lin- Scm dé ge , du cotton, du tabac , & du fortE*ét' bois de différentes efpéces communes , j’ai toujours trouvé que l’électricité du tube étoit beaucoup diminuée, car il ne faifoit plus entendre aucun pétillement, & à peine me faifoit il fentir quelques foibles émanations , lorfque je l’approchois du vifage ; mais fa vertu n’étoit pas entièrement éteinte ; car il attirait encore un peu les corps lorfque je les lui préfentois à une petite distance.
- J’ai cru remarquer, en répétant Ene, „ni. plufieurs fois ces mêmes épreuves , fcntpimk» que l’éleftricité tenoit plus long- aS”'1” lems, Si avec plus de force, contre R
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- iÿ4 Recherches la fuméede certaines matières ; celle de la gomme lacque, de la térébenthine, du karabé & du foufre, m’ont paru ne pas dépouiller le tube de fa vertu , ni auffi promptement, ni aulE fenfiblement que la fumée du fuif, par exemple, du linge, du bois, & c. la vapeur de la graille fur-tout, m’a paru d’une efficacité fupérieure au refte.
- VI. EXPERIENCE,
- J’ai mis fondre du fain-doux dans un petit vafe de cuivre , & Iorfqu’il a commencé feulement à exhaler quelque odeur, j’y ai expofé le tube, qui, en moins de 6 fécondés , y perdit prefque toute fon éleâricitë.
- Cette différence ne viendrait elle pas de ce que la graille des animaux contient beaucoup de parties aqueufes, dont l’évaporation porterait fur le verre quelque humidité plus nuifible, comme l’on fçait, que toute autre chofe à la vertu éleftri-
- Ce qui pourroit donner quelque force à cette conjeélure , c’eft que
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- sur l’Électricité. ipp fai obfervé conflamment que toutes -
- ces fumées auxquelles j’expofois le Disc, tube, ne lui ôtoient fenfiblement de fa vertu, que quand je le tenois à une petite diftance comme de 8 à 10 pouces, ou d’un pied, au-deflûs du réchaud dans lequel je brûlois les matières ; comme li à une plus grande hauteur, les vapeurs humides qui s’élèvent moins que les autres, n’y eut fent pas été en alfez grande quantité pour nuire efficacement.
- Au refte , que cette explication foit vraie ou faufle, le fait eft certain,
- 8c mérite que j’en fafle mention , puifqu’il fe rapporte direftement aux vues que j’avois en faifant ces expériences. Je voulois fçavoir fi l’on pourrait éleârifer avec fuccès dans un air chargé de vapeurs ou d’ex-halaifons non aqueufes, Scj’apprens vl_ par l’obfervation que je viens de P"lr! »<m rapporter, qu’on le peut très-bien, ,ï,‘romtc-pourvû que le corps éleârïque ne 5*^"“. reçoive pas ces évaporations de trop dû”™!", près, c’eft-à-dire , à une petite dit tance, au-deflus du feu qui les fait mm, 11,
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- i9<5 Recherches
- d'”c. VU. EXPERIENCE.
- Dans une boutique de forgeron, où l’on pouvoir à peine dillinguer les objets, à caufe de la grande fumée que la forge y avoit jettée ; dans une chambre où j’avois fait toutes les épreuves dont je viens de parler, & qui étoit fi remplie d’odeur & de fumée, qu’on avoit peine à y refpi-rer ; enfin, dans des endroits où il fumoit extraordinairement, foit par des cheminées, foit par des poêles qui faifoient mal leurs fondions , j’ai eleélrifé cent fois des tubes ou des globes de verre, je n’oferois dire autant qu’ils auroient pû l’être dans un air plus pur, mais allez , pour n’avoir pas à me plaindre que les effets fulfent trop foibles : les attractions & répullions étoient vives, les émanations éleftriques très-fen-libles, & les pétillemens fe faifoient entendre très diftinâement,
- ’iMoSeun Les exhalaifons ou vapeurs fub-pa.feniïbu- tiles qui s’élèvent naturellement des ment ii l'é- corps odorans, fi elles nuifeut à l’é-
- Itétncmr. } ng font pas c[’ung ma-
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- Sur l’Électricité. 197 tlïere a fiez fenfible , pour être mifes au nombre des caufes qui détruifent cette vertu.
- .VIH. EXPERIENCE.
- Des tubes de verre nouvellement frottés, des verges de fer que j’avois rendues éleftriques pat communication, m’ont paru avoir à peu près les mêmes effets , foit avant , foit après avoir été expofées pendant quelques fécondés au dédits de di-verfes matières dont l’odeur étoit très-forte. J’ai fait ces épreuves avec l’efprit de vin , celui de térébenthine , l’efprit volatil de fel ammoniac, &c. dont je mouillois un linge, que j’étendois enfuitefurune table; d’autres fois avec l’efprit de nitre, du vinaigre diflillé , ou des dilfolutions de cuivre , de fer , d’argent, &c. que je tenois dans des vafes dont l’ouverture étoit fort large; je me fuis ferviaufflde plantes aromatiques, & de différentes fleurs , & enfin de viandes, & de poiffons corrompus.
- En éprouvant , comme je l’ai dit «i-deffus, l’effet des vapeurs ou de la
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- ip8 Recherches —jjj— fumée de certaines matières que je fai-X) i sc. fois brûler, il étoit prefque impoflible que je n’apperçuffe même fans le chercher , celui de la flammelfur les corps Effets de électriques ; un morceau de linge ou la flamme de papier , s’allume fouvent lorf-éMtisuc" S11’011 ne voudroit que le faire fumer, & cette inflammation involontaire fuffit pour donner à l’expérience un réfultat nouveau la fumée feule ne feroit qu’affoiblir l’éleétri-cité; la flamme la détruit prefque toujours entièrement.
- Cependant, ce n’eft point le ha-zard, ce ne font pas non plus mes propres recherches qui m’ont appris que la flamme étoit capable de cet effet : je dois cette connoiffance à M. du Tour qui m’en fit part au mois d’Août de l’année 174J , (V) & qui me prouva la vérité de cette découverte , par plufieurs expériences , dont je rendis compte aufli-tôt à l’Académie. Le même fait fe pré-fenta depuis à M. l’Abbé Néedham, qui fe faifoit un plaifir de nous l’apprendre , & qui nous I’auroit appris en effet, s’il n’eût été prévenu, fans (a) Lettre datée de Riom le 11 Août 1744
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- » ÜS l’ÉlE C TSIC ITÉ. ipp
- le fçavoir, par M. du Tour avec qui — il n’a voit jamais eu jufqu’alors au- Disc
- Rendons auffi à M. Waitz la juf-tice qui lui eft due ; cet habile Phy-ficien fçavoit il y a plus de trois ans, . qu’un corps éleélrifé perd fa vertu quand il eft touché , ou feulement avoifiné par la flamme d’une liqueur ou de quelque autre corps que l’ou brûle : dans le feptiéme Chapitre de'fa Dilfertation , couronnée en 174J, par l’Académie de Berlin, on trouve plufieurs expériences , qui font bien propres à prouver le fait,
- & l’on doit convenir qu'il ne l’igno-roit pas, quoiqu’il en paroilfe moins occupé , que des conféquences qu’il prétend pouvoir en tirer, (a)
- L’expérience la plus Ample , & i, fl>m. peut-être la plus décifive pour prou- “e ver que la flamme détruit l’éleftrici- trSaèc-té, c’eft d’en approcher un tube de verre nouvellement frotté, ou quel- iponmdt qu’autre corps éleftrifé par commu-nication; une chandelle , une bougie ou une lampe allumée, fuffit pour 0) Traité de PEleûricité & de fes caufes.
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- 200 Recherches cette épreuve : je ne me fouviens Disc, pas de l’avoir jamais faite, que je n’aye éteint ou affoibli conndéra-blement îa vertu éleCtrique > & cet effet commence à fe faire fentir à une diftance affez confldérable , comme de 12 ou iy pouces, & quelquefois plus, quoiqu’il n’y ait que la flamme d’une feule bougie.
- Ce fait bien conftaié m’a mis en état d’en expliquer un autre qui m’embarraffoit depuis long - tems. Lorfque je ne me fervois encore que d’un tube de verre, pour faire voir les phénomènes éle&riques, je réuf-lîffois affez mal aux lumières ; ce mauvais fuccès fembloit m’être ré-fervé , furtout pour les occafions où je déflrois davantage d5en avoir un <Toftfé- bon ; & ce qui achevoit de me dé-«faiîCS concerter5c,e^ que le plus fouvent ce tube que j’avois frotté à force, & que je fentoîs très-électrique entre mes mains Sc en l’approchant de mon vifage, ne faifoit que des effets médiocres quand je venois à m’en fer-vir fur la table où étoit le refte de l’appareil, Sc autour de laquelle la compagnie étoit arrangée. J’ënfçais
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- SUR L’ÉLÉCTRICîTÉ. 201 maintenant laraifon, elle fe préfente d’elle-même ; c’eft que fur cette table il y avoir des bougies allumées, & il y en avoit davantage quand le nombre ou la dignité des perfonnes le requeroit ; & naturellement je m’en éloignois pour frotter le tube avec plus de commodité.
- Il fuit de cette explication que toutes chofes égales d’ailleurs , on doit mieux réumr quand on éledrife pendant la nuit dans un lieu peu1 éclairé, que dans une chambre fort illuminée ; & c’eft auffi ce qui m’a été confirmé par une expérience que j’ai faite à deflein.
- IX. EXPERIENCE.
- Je me fuis placé au milieu d’un cercle d’environ 8 pieds de diamètre , formé par trente bougies allumées ; j’y frottai un tube de verre longtems & avec violence ; il ne devint que foiblement élefbrique, & le peu de vertu qu’il avoit, fe diflï-pa en peu de tems. Il s’éleftrifa beaucoup mieux lorfque les bougies furent éteintes, & fon éleélricité dura davantage.
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- 202 Recherches c-jYl - PltifieursPhyficiensont effayé d’é-DISC. ledrifer la flamme, & quoique le Expéiiea- plus grand nombre prétende par tiem'-VroTi- ^es ra'f°ns très-fortes , que cela ne varierai'- fe peut pas, je dois convenir , ce-pendant que ceux qui foutiennent l’affirmative, peuvent citer en faveur de leur opinion quelques expériences féduifantes. M. du Fay qui ne fe fervoit que d’un tube pour communiquer l’éle&ricité, a décidé que la flamme ne s’éledrife point ; & la raifon qu’il en donne, c’eft, dit-il, que fes parties fe diffipent Sc fe renouvellent trop promptement : il en auroit pu donner une autre encore plus sûre , s’il avoir fçû, comme nous le fçavons aujourd’hui , qu’un tube de verre perd toute fa vertu , dès qu’il approche de la flamme ; car comment communiquera-t-il l’éleâricité s’il n’en a pas ?
- Mais M. du Fay lui-même fit depuis une expérience , (a) que j’ai fouvent vérifiée , & dont le réfultat paraît affez difficile à concilier avec M Mémoires de l'Académie des Sciences,
- I733-P-H8.
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- sur l’Électricité. 203 eette décifion de la flamme inélec- —j]|-trifable.il communiqua l’éleflricité Disc, d’un corps à l’autre, malgré un intervalle de 10 à 12 pouces dont le milieu étoit occupé par une bougie allumée. Cette flamme & fon atmof-phere qu’on ne peut point éledrifer, qui ne fe laiffe ni attirer ni repouffer par un corps éledrique (dont on ne répare pas continuellement lavertu,) qui lui ôte même communément toute celle qu’il a, quand on l’en approche àune diftance de S à 10 pouces ; cette flamme, dis-je, ne met donc aucun obflacle àlatranfmiflion,
- & nous offre le fingulier exemple , d’un corps qui tranfmet l'électricité fans devenir éledrique.
- On pourroit dire que la flamme qui détruit pour l’ordinaire, les mou- ti™ s»’»" vemens de la matière électrique au- 5™".",",le tour d’un corps éledrifé , ne fait que les affoiblir , lorfque cette même a„F,y. matière s’élance par les extrémités d’une corde, ou d’une baguette, comme dans l’expérience dont il s’agit : car on fçait que les émanations y ont beaucoup plus de force,
- & que la flamme d’une chandelle
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- ____ ao4 llÈciiÉseftÊ*
- jIL préfentée , par exemple , au bout Dise. d’une barre de fer qu’on éledrife , obéit fenfiblement aux impulfions de la matière qui en fort. Si l’on peut donc confidérerPinterpofition de lâ bougie allumée comme un ob-ftacle ; mais Un obftaclë impuilfant, tout rentre dans l’ordre , & les contrariétés difparoiflènt.
- Je n’béliterois pas un moment à prendre ce dernier parti, fi je n’étois arrêté par un fait fur lequel M. Waita a fondé une dodrine bien différente, Ce fçavant dont l’autorité eft d’un grand poids dans cette matière, prétend non-feulement que la flamme n’eft point un obftaclë à la communication de l’eledricité, mais même qu’elle la facilite, & pour le prouver , voici l’expérience qu’il pro-pofe.
- X, EXPERIENCE.
- je 'vc"'”’ Fofez fur deux pains de réfine une ^™rr<;gle1c,e bois 4B, K?. I. ou une te Expiica- planche qui ait environ 6 pieds de longueur; placez aux deux extrémités de cette régie deux bougies alla-
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- SUR L’É L ECT R I CITÉ. 20J ruées : fufpendez avec des fils de —ïjt'~ foye deux verges de fer CD, EF, Disc, longues de 3 ou 4 pieds, & que l’un des bouts de chaque verge , comme D ScE , foit élevé de 7 à 8 pouces au-deflusde la flamme d’une des bougies;éledrifez enfuïte la verge C D, l’&trémité F; de l’autre verge deviendra auiîi-tôt électrique ; ce que vous appercevrez, parce qu’elle attirera les feuilles de métal qui feront placées au-delfous, à une dillance convenable.
- Jufqu’icije dis que la vertu éledri-que fe communique de la verge C i,„reuê"' D, à la réglé A B par la bougie & parfon chandelier, ou-peut-être im- S.rabE médiatement du fer au bois , parce que l’intervalle entre A Sç D, n’ell que de iy à 18 pouces, & que fe tranfmettant de même de B en E, elle arrive en F, où elle fe manifefte.
- Mais M. Waitz poulfe plus loin fa preuve.
- XI. EXPERIENCE.
- On éteint les bougies, ou feulement une des deux, & l’électricité qui fe tranfmettoit auparavant juf-
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- 206 Recherches -tll - qu’en F, ne s’y tranfmet plus ; & cet Disc, effet ne recommence que quand on a rallumé les bougies.
- E«pén“™ J’ai examiné cette expérience par Je m. toutes les faces ; je l’ai retournée de remTcmt toutes les maniérés que j’ai pû ima-«‘tonnulle giner , & quoique je' n’aye pas vû des effets aulD précis que'je viens de les énoncer, d’après M. Waitz, je conviens cependant avec lui , qu’après un grand nombre d’éprpu-ves, il m’a paru que le plus fouvent la communication de l’éleâricité, étoit nulle ou moins fenlîble après l’extinâion des bougies; ce qui fuf-fit, pour m’empêcher de conclurre définitivement & en général , que la flamme détruit toute éleflricité , jufqu’à ce qu’on ait trouvé un moyen de concilier ce fait, qui eft très-em-barraflant avec une infinité d’autres, qui prouvent évidemment le contraire de ce qu’il préfente.
- M. Jallabert occupé depuis Iong-tems des phénomènes éleétriques & de tout ce qui peut nous conduire à la connoiflance de leurs caufes, vient enfin de tourner fes vues fur la queftion que je traite ici; il me fit
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- sur l’Électricité. 207 part il y a quelque tems (a) d’une ex- —niT” périence ingénicufe qui parolefavo- Disc, rable à l’opinion de ceux qui fou-tiennent que la flamme ne nuit point à l’éleâtricité; fi elle ne prouve pas incontellablement, qu’on clecirii'c la flamme , elle fait voir au moins qu’un corps enflammé peut devenir éleétri-que, & continuer de l’être. Voici le fait.
- XII. EXPERIENCE.
- On éleârife par le moyen d’un Expénen-globe de verre une chaîne de fer au bout de laquelle on attache un Ta petit vafe plein d’efprit de vin qui ae^j"“e s’écoule par le moyen d’un petit Ue. fiphonde verre :1a liqueur ainfi élec-trifée, forme, comme l’on fçait, plu-fieurs petits jets qui s’écartent l’un de l’autre, & qui s’approchent de la main, ou des autres corps non électriques qu’on leur préfente. Si l’on enflamme ces petits jets, en les fai-fant palier par la flamme d’une bou-
- 00 Depuis que ce Mémoire eft écrit, M.
- JaUabert a publié fon Ouvrage (ùr l’Kleélri-cité, où Tes expériences £ur ia flamme font détaillées fort au long, p. 8?. & luiv.
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- ____2o8 Recherches
- gie , ils confervent encore & leur Disc, écartement réciproque, & leur dif-polïtion à s’approcher des corps non éleftriques : ce qui eft une marque inconteftable qu’ils n’onr pas perdu oifcivi- toute leur vertu, tions for 11 y a ici deux chofes à obferver, co“5crMr. r°- que cette éleélriciré vient d’un Wiabeit. globe que l’on ne ceffe de frotter pendant tout le tems que dure cette épreuve. 2°. Que ces jets ne font enflammés qu’à leur fuperficie, & qu’il relie toujours au milieu de la flamme une liqueur moins inflammable , qui approche de la nature de l’eau . & qui par cette raifon eft très-propre à recevoir & à confer-ver la vertu éleftrique.
- La première de ces deux confédérations nous met en droit de croire que le globe & la chaîne qui communique réleâricité,en réparent plus à chaque inflant, qu’une flamme aufli légère n’en peut détruire : & ce que je dis ici touchant l’expérience de M. Jallabert, doit s’appliquer à tous les faits de cette efpèce, c’ell pourquoi j’ai averti au commencement de ce Difcours, qu’on ne de-voit
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- SÜR t’étECTKICJTÈ. 209 ______________
- voit pas confondre l’éleétricité une ~jjj • fois donnée à un corps avec celle Disc* que l’on communique fans difcon-unuer.
- En vertu de la fécondé comlidéra-tion , nous pouvons légitimement foupçonner que l’éleétricité qui fe manifefte par la divergence des jets,
- & par leur tendance au corps non éleârique, appartient moins à la partie enflammée qu’à celle qui ne I’efl pas : car nous n’avons pas d’exemples qui nous montrent d’aü-Ièurs que la flamme proprement dite s’éieétrife ; & nous en avons beaucoup qui nous prouvent que des jets de liqueurs reçoivent & gardent la vertu électrique : or comme les jets élcclrifcs de M. Jallabert fonc compofésde liqueur & de flamme, il eft naturel d’attribuer la vertu qui fe manifefte , à la partie qu’on fçait en être fufceptible, plutôt qu’à celle qui ne l’eft pas , felon toute apparen-
- J’avois oiii dire à des gens dignes de foi, qu’on étoit parvenu à élec-trifer la flamme de deux bougies placées à côté & fort près l’une de
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- 2io Recherches =*ÿj£= l’autre, au bout d’une barre de fer Disc, qui reçoit l’éleâricité d’un globe de verre. & que cette vertu s’étoit manifeftée fenfiblement par l’écartement réciproque des deux flammes, ce qui feroit une preuve incontef-table ; mais toutes les fois que j’ai voulu vérifier le fait, dans les cir-conftances mêmes les plus favorables , je n’ai jamais trouvé le réfultac conforme à celui qu’on m’avoit annoncé.
- XIII. EXPERIENCE.
- Ayant procédé plufieurs fois ; comme je viens de le dire; j’ai feulement obfervé que la flamme s’allon-geoit confidérablement, qu’elle de-venoit jaunâtre & fuligineufe , qu’elle s’agitoit de côté & d’autre, comme fi elle étoit un peu battue du vent, que le fuif ou la cire couloient abondamment, & que la chandelle & la bougie, s’ufoient plus vite que de coutume. Quand je faifois tenir cette bougie par un homme qu’on éleélrifoit, la flamme, fi j’enappro-chois mon doigt, au lieu de s’y
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- SUR l’ÉIÉ dTRlCITÉ. 211
- porter (a) comme elle auroitdû faire =^J= Il elle eût été éledrique, demeuroit Disc, droite, mais elle devenoit plus courte , & brilloit d’un feu plus pur ; la perfonne qui tenoit la bougie , fentoit fur fa main du côté oppofé à mon doigt, comme un fouffle chaud caufé vrai-fembîablement par la matière affluente qui pafl'ant à travers la flamme en emportoit avec elle quelques parties , ou y recevoir elle-même un certain degré de chaleur.
- Fondé fur des expériences Amples, j Ce que & que je regarde comme déciflves ,• J0°"dur1ede je perAfle donc à croire que la flam- ces txPé-me eft véritablement un obfiacle à tiences’ l’éle&ricité ; mais retenu par d’autres faits qui ne paroiflent pas moins certains, je dois ajouter que cet obftacle n’efl: pas toujours invincible, & qu’il y a des circonfiances, où la caufe qu’il combat efl: tellement
- (a) Cependant je trouve dans mon journal , qu’ayant fait dans d’autres occafîons ces mêmes épreuves avec une petite bougie , de celles qu’on met dans les lanternes de papier,
- & qui Ibnt groffes comme une piume à écrire , la flamme s'eft portée vers le doigt ou vers des morceaux de métal non éleélrifès.
- v Sij
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- 2i2 Recherches fupérieure à lui , qu’il n’en altéré pas fenfiblement les effets.
- Mais quand la flamme arrête l’électricité , eft-ce par fa chaleur qu’elle agit ? Eft-ce par fa lumière ? Eft-ce par les parties fubtiles qu’elle diffi-pe, & qui forment autour d’elle une forte d’atmofphere ?
- M. du Fay, à la fin du fécond Mémoire fur l’Éleflrité, (a) ayant remarqué que la flamme d’une bougie ne s’élc-clrifepoint, & qu’elle n’eftpoint attirée par les corps éleârifés, ajoute ce qui fuit, a Cette Angularité mérite => un examen particulier, dans lequel
- • nous entrerons peut-être dans la
- • fuite; mais ce que nous pouvons
- • affurer, quant à préfent, c’eft que
- • cela ne vient pas de la chaleur ou
- • de I’embrafement ; car un fer rouge » & un charbon ardent pofés fur le » guéridon de verre , le deviennent
- • extrêmement.
- M. du Fay a fort bien décidé la quellion : ce n’eft point par fa chaleur que la flamme nuit à l’éleélri-cité ; mais s’il avoir eu le tems
- O) Mémoires de l’Académie des Sciences s
- *733. P-
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- SÜK t’ÉtSCTRlGITÏ. 2tÿ d’entrer dans cet examen plus appro- — j1}— fondi qu’il fe propofoit de faire; il Dis ci âuroit lans doute reconnu que fadé-cifion, toute bonne qu’elle eft, étoit appuyée fur des preuves dont on aurait pû lui difputer la validité ;
- & je ne doute nullement que fes recherches ne lui en eufient fourni d’autres qui euffent été hors de toute conteftation.
- L’éleâricitc d’un tube tient à la vérité contre un charbon ou contre la lin morceau de fer médiocrement cluk'ui ; gros & ardent ; elle s’y communique même ordinairement d’une maniéré a(kz fenlible ; mais on verra bien-tôt qu’il n’en eft pas de même fi l’on préfente ce tube au-deffus d’un réchaud plein de charbons, nouvellement & bien allumés, ou à y ou 6 pouces de diftance d’un large morceau de fer chaufte jufqu’à un certain point ; ce qui pourrait porter à croire qu’ un certain degré de chaleur, ou unembrafement d’une certaine forte , ferait capable de dépouiller un corps de fon éleftri-cité.
- Pour diftiper ces doutes, autant'
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- 2t4 Recherchés -f[j- qu’il me feroit poflible, je iis îes Disc, expériences fuivantes.
- XIV. EXPERIENCE.
- Espérien- Je préfentai un tube éleftrifé à des corps à qui je faifois prendre ^ucAion. différens degrés de chaleur, à compter depuisla température moyenne de l’air , jufqu’à 1 embrafement du fer ; je veux dire ce degré de feu qui le fait paroître blanc, & qui le fait étinceler; je l’approchai à plufieurs reprifes d’un tuyau de poêle qu’on venoit d’allumer, & qui s’échauffoit peu à peu: quoique dans les dernières épreuves ce tuyau fût allez chaud pour difïiper très-promptement quelques gouttes d’eau que j’y jettois, & pour communiquer au tube de verre une chaleur qui permettoit à peine de le manier, l’éleâricité ne me parut jamais être fenfrblement altérée ; elle fe manifelloit toujours par des pétillemens, par des émanations très-fortes, par des attrapions & des répulfions très-marquées.
- Voyant donc que la chaleur du fer qui ne va pas jufqu’à le rendre
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- sue l’Électricité, iif ronge , ne détruifoit pas la vertu —“
- éleârique, je pouffai plus loin mes Disc, épreuves.
- XV. EXPÉRIENCE.
- J’empruntai le fecours d’un forgeron , qui me fit chauffer jufqu’atï dernier degré une plaque de fer à peu près quarrée, dont chaque côté avoit près de 7 ponces , & qui avoir à peu près /> lignes d’épailTeur. L’Ouvrier me tenoit cette platine embrafée dans une fituation à peu près horizontale, & tandis qu’elle paffoit par les düférens degrés de réfroidiffement, je préfentois à différentes fois le tube de verre nouvellement frotté, pour éprouver enfuite s’il avoit perdu ou confervé fon électricité. Cette expérience ayant été faite ptufieurs fois, & à différées jours ; voici quels ont été les réful-tats.
- i°. Le fer qui efl chauffé jufqu’à. ReMtits blanchir , firrum candins, &. qui pé-tille de toutes parts, ce que les Ouvriers appellent bouillir ; ce fer, dis-je, ne laiffe pas le moindre veftige
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- 216 Rechercses d’éleâricité à un tube de verre qu’on en approche à y ou 6 pouces de diltance, feulement pendant 2 ou 3 fécondés.
- 2». Le même effet arrive encore , lorfque le fera cefféd’étinceler, & qu’il a changé du blanc au couleur de cerife.
- 30. Le fer, depuis ce dernier état, jufqu’à ce qu’il foit devenu d’un rou-
- fe brun, n’agit ni avec autant de e force, ni auffi promptement fur le tube éleârique : après 4 ou 5 fécondés , il arrive affez communément que toute la vertu éleftrique n’eft pas enlevée.
- 4°. Enfin quand le fer, en continuant de fe refroidir, a repris fa couleur brune, & même un peu avant, & lorfqu’il a encore une forte de rougeur , a peine s’apperçoit- on qu’il affoiblifle l’éleâricrté.
- On voit donc par ces épreuves des dégrés de chaleur qui détruifent l’éleâricité , & d’autres qui n’y cau-fent aucune altération fenfible ; mais ceux-ci, quoique plus foibles que les premiers , l’emportent encore de beaucoup fur une flamme de bougie,
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- su» l’Électricité. 217'--------—
- üont on tient le corps électrique uj_ éloigné de 7 à 8. pouces & qui ce- Disc» pendant lui fait perdre fa vertu. Si oette petite flamme agit plus efficacement qu’un gros morceau de fer qui efl: prefque rouge, feroit-ce donc en qualité de corps lumineux qu’elle aurait cet avantage ? EU-ce que le feu ne ferait nuifible à la vertu élec-’es cas où il fait fonc-
- Si cela étoit, les rayons du foleil raffemblçs en fuffifante quantité, foit E,"”» par réflexion , foit par réfraélion , devroient produire un effet femblable à celui de ma plaque de fer, chauffée jufqu’à blancheur.
- XVI. EXPÉRIENCE.
- J’expofai au foleil un miroir de métal qui avoit 2 pieds de diamètre,
- & au foyer duquel les métaux fe fon-doient fort aifément ; je fis palier le tube éleftrifé à l’endroit où les rayons étoient allez réunis, pour n’occuper qu’un efpace d’un pouce de diamètre.Cette expérience plufieursfoï* répétée, m’apprit conftamment que
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- àrS Recherches la lumière la plus vive avec un degré de chaleur très-confidérable, ne liif-fic pas , pour détruire l’éleftricité. Car mon tube, après avoir été plongé dans ces rayons à l’endroit le plus près de leur réunion , ne m’en parut guéres moins éleétrique qu’au-. paravant, & je compris alors que les corps embraies , outre la chaleur & la lumière qu’ils répandent autour d’eux, pourraient encore agir par une troifiéme caufe, qui ferait peut? être celle que je cherchois.
- En effet,quand un corpseft livré à l’aétion d’un feu violent qui va jufqu’à l’embrafer, il fe fait alors une dilîipation de parties, qui forme autour de lui une atmofphere d’une certaine étendue : ces émanations extrêmement fubtiles & animées vrai-femblablement par des particules de feu qu’elles enveloppent * & qui s’évaporent avec elles, feraient bien propres à interrompre les mouve-mens de la matière éleéfrique; ou peut-être,comme l’a penfé M.Waitz, a remplacer avec une furabondance (nuifible, ) les vuides qui fe font dans un corps éleârifé , par la
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- sur i.’Électricité. 219 inatiere qu’il lance hors de lui-mê-•me. _ D
- Mais avant que de fe livrer à ces l'aifonnemens, il falloit s’aflurer du fait, & dès-lois j’en trouvai des preu^ ves fuffifantes, en réflechiflant fur les expériences de M. Du Tour, & fur celles de M. l’Abbé Néedham. Le premier de ces deux Sçavans a ob-fervé que fi l’on enferme la bougie allumée dans une de ces lanternes cylindriques de verre qui n’ont que 5: à 6 pouces de diamètre, & qui font ouvertes par en haut, le tube éleftrifé ne perd point fa vertu, lorf-qu’on le préfente vis-à-vis de la flamme , partout où le verre fe trouve interpofé ;mais feulement lorfqu’on le paffe vis-à-vis l’ouverture du vafe.
- 11 a remarqué auffi que Pinterpofi-tion du carreau de verre le plus mince & le plus tranfparent fufnfoit pour conferver au tube fon éleétri-cité , toutes les fois qu’on l’appro-choit de la flamme. M. l’Abbé Nced-ham a eu les mêmes réfultats , lorf-qu’il a interpofé des feuilles de tôle , des cartons, ou tout autre corps mince capable d’arrêter des vapeurs T ij
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- ___220 Recherches
- —— fubtiles ou des exhalaifons animées P j s c. par l’aélion du feu.
- Si l’on ajoute à ces preuves ce que j’ai obfervé plus haut, que le charbon neuf, & qui eft nouvellement allumé, détruit plus sûrement l’électricité , que la braife ufée & prête à s’éteindre, qui produit Certainement moins d’exhalaifons : lï l’on fait encore attention que ce fer exceûive-ment embrafé, qui enleve au tube toute fa vertu, eft dans un état où fes principes commencent à fe fépa-rer & à s'exhaler, pour ainli dire, on n’aura pas de peine à fe perfua-der que l’effet de la flamme fur les corps éleélriques vient principalement & peut-être uniquement des parties qui fe diflïpent, & qui forment une forte d’atmofphere autour du foyer qui les anime, ti chaleur Puifque la chaleur d’un tuyau de poêle communiquée au tube, jufqu’à l’éieâri- le mettre prefque hors d’état d’être “,é 1 manié, ne lui fait point perdre fon éleftricité , comme je l’ai dit ci-deflus ; puifque, félon les obferva-tions de MM. Gray, Du Fay, &c. le verre & quantité d’autres corps
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- SUR L’ËlSCTKÏCftl S2Ï que l’on chauffé, en deviennent plus Tfl!" aifement eleétuques; enfin puifque Disci certains corps s’éleélrifént fans frottement , mais feulement lorfqu’ils s’échauffent lentement au feu ou aux rayons du foleil , il femble qu’un tems fort chaud devroit être le plus convenable pour éleétrifer avec fuc-cès; cependant il eft certain, & tout le monde convient que pendant les grandes chaleurs de l’été , les effets font toujours confidérablement plus foibles : & fouvent les expériences manquent totalement entre les mains de ceux qui ne font pas munis de bons inflrumens, ou qui n’ont pas acquis une habitude fuffifante. J’ai eu quelquefois la curiofité de tenter ces expériences dans le fort du jour, lorfque la température de l’air étoic exprimée par 26 ou 27 dégrés au thermomètre de M. de Reaumur ; j’en ai exécuté un grand nombre,
- & même celle de Leyde , mais ce fuc avec beaucoup de peine, & toujours avec un fuccès au-deffous du médiocre : il n’efl peut-être pas inutile de dire que je fis un jour ces expériences, tandis qu’il éclairoit Si qu’il tonnoit
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- 222 Recherches —nj— prodigieufement, & que je n’apper-. Disc. çus aucune autre différence dans les effets, que ce qui vient communément d’un tems très-chaud.
- En faifant l’expérience deLeyde pendant les grandes chaleurs, j’ai prefque toujours remarqué que le vafe de verre qui contient l’eau, & qui s’éleélrife par communication ,fe couvre extérieurement d’une vapeur humide, affez femblable. comme je l’ai déjà dit ailleurs , à celle qu’on remarque fur le verre , quand on a fouillé deffus, avec la bouche. Si de pareilles vapeurs font attirées par le globe ou par le tube que l’on frotte r comme il n’y a pas lieu d’en douter, il n’en faut pas davantage pour rendre l’éleflricité beaucoup plus foible qu’elle ne feroit fans cet accident, l» ck». Cette remarque me fait penfer ne"nuii”' que l’air échauffé n’ell peut - être poim point par lui-même un obftacle à la 5 ’cii'pto- vertu éleétrique, mais plutôt par la ïcfond™ £ranc*e quantité de vapeurs humides îapçïr.'* & très-fubtilès, dont il eft commu-Smtlîett uément chargé, lorfqu’il fait chaud, alors char- J’ai fait voir précédemment com-**• bien cette caufe peut influer fur les
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- sur l'Électricité. 223 ,
- phénomènes éleélriques, & l’on ne ~j[j — peut douter que dans les plus beaux D1 s’c. jours d’été , il n’y ait dans l’air de l’atmofphere une grande quantité de vapeurs aqueufes ; le baromètre nous fait voir que l’air ell alors plus pefant que dans un autre tems, & nous apprenons ce qui augmente fon poids , en confidérant la grande quantité de particules d’eau, dont il fe décharge fur la furface extérieure des vaifféaux danslefquels on a fait des refroidiffemens.
- Ajoutons à ces raifons qu’un air froid dans lequel on a éleârifé avec fuccès, n’en devient pas moins propre aux mêmes expériences, quoiqu’il devienne plus chaud, pourvû qu’en l’échauffant, on ne le rende pas plus humide qu’il n’étoit. C’ell un fait dont je me fuis affuré plu-fieurs fois pendant l’hyver,en échauffant jufqu’à20 op 22 dégrés ,par le moyen d’un poêle, le lieu où j’a-vois opéré quelques heures avant, tandis que le thermomètre étoit au terme de la glace.
- Connoiffant donc que les jour? les plus chauds font les moins Tiüj
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- 224 Recherches favorables aux phénomènes éle&ri-C i s*c. ques, l’oit par les raifons que je viens de rapporter, foit par d’autres eau-fes que j’ignore, j’ai voulu fçavoir 11 la bonne opinion qu’on a communément du grand froid pour ces fortes d’expériences, étoit bien fondée. Le 14 Janvier de l’année 1747 , il lit un tems très-propre à me fatisfaire froid d?nd ^ur cet art^c^e î Ie thermomètre étoit fi«s nuifi- à 6 dégrés au - delfous du terme voraTief à glace, Sc je faifois mes expé-
- n>oins que riences dans une chambre dont les fîotté & ce- fenêtres étoient ouvertes au Nord <Sc îe' ïÿe°n" au > à 4 heures après-midi.
- «eÆ; XVII. EXPERIENCE.
- Je frottai le globe de verre qui étoit très - froid avec mes mains nues, qui l’étoient prefqu’autant, mais après un frottement affez rude, & d’une durée qui auroit fuffi dans un autre tems, les effets furent fî foibles , qu’à peine put-on faire étinceler très-médiocrement une chaîne de fer qui répondoit au globe par une de fes extrémités.
- Après m’être oblliné pendant près
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- SUS L’ÉLECTRierTé. 22f 'd’une demi-heure , mais toujours -avec suffi peu de fuccès, à frotter d ce globe , & ayant les mains pref-que glacées , de les tenir appliquées au verre, qui ne s’échauffoit pas fen-iiblement , parce qu’il étoit fore épais , & qu’un vent très-froid dé-truifoit continuellement le peu dé chaleur qui pouvoit naître du frottement ; je fis fermer les fenêtres,
- & ayant fait apporter un réchaud plein de charbons allumés, je chauffai un peu, & mes mains & le globe, & je fis ouvrir les fenêtres,pour faire une fécondé épreuve. Tant que dura le petit dégré de chaleur de mes mains & du verre, l’éleâricité alla paffa-blement bien : mais le froid ayant repris le deffus, les effets reparurent auffi foibles qu’ils avoientété la première fois.
- Je fis fermer une fécondé fois les fenêtres, & je chauffai à fond & mes mains & le globe ; la chambre ref-tant fermée , tandis que jefrottois, la chaleur fe conferva très-longtems & l’éleâricité fut conftamment plus forte qu’elle n’avoit été dans les épreuves précédentes.
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- 221> ReCHSSCHKî
- Dans cette même foirée, je répétai plufieurs fois ces efûis, tantôt avec les mains & le globe chauffés , tantôt avec l’un & l’autre refroidis , & il demeura pour confiant que fi le grand froid de l’air efl favorable pour la vertu éledrique, il faut au moins que le corps qui frotte, & celui qui efl frotté, ayent un médiocre dégré de chaleur.
- S’il étoit vrai, comme je Iefoup-çonne , qu’un tems chaud ne nuisît à l’éleélricité, que parce que l’air eft alors chargé de vapeurs plus fubtilifées, on pourrait dire aufîi qu’un tems médiocrement froid ne convient mieux, que parce que les vapeurs qui régnent alors dans l’at-mofphere , font plùs groflïeres , & moins propres par cette raifon à faire obflacle à la vertu éledrique.
- Quoi qu’il en foit, il y a des phénomènes qui dépendent vifibiement de l’éledricité, & qui n’ont lieu que dans un tems froid &fec. Ges étincelles qu’on apperçoit fur fon linge, lorfqu’on fe déshabille dans Tobfcu, rité, celles qu’on fait naître en frottant le poil de certains animaux, ne
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- sur l’Électricité. 227 riaroiffent guéres que lorfqu’il gèle, ou au moins lorfque la chaleur eft D au-deffous du tempéré ; O) & plus le froid eft âpre , plus elles font nombreufes & brillantes : je les ai vu plulieurs fois fe convertir en petites aigrettes, & les endroits d’ou el es fortoient , attiraient très-fenilble-ment tout ce qu’on y préfentoit de léger : je ne m’étendrai pas davantage ici fur ces feux, j’aurai occafion d’en parler ailleurs. ,
- Nous pouvons encore conliderer J l'a température de l’air par rapport „ aux différens dégrés de denfite ou de raréfaction que le fluide en re- a, çoît. S’il étoit vrai, par exemple, él:
- & bien démontré , qu’un corps s e-leétrife mieux ou moins bien dans «n air plus ou moins denfe , il ferait furprenant que l’éleftricité reufsit également pendant les grandes chaleurs , & dans l’hyver, lorfqu il gele ;
- (a) J’ai obfervé plulieurs fois que ces étin-
- «elles qui fortoient Je mon linge tres-abon-
- Jamment, lorfque je me> deshabillois, ne paroiffoient plus, Torique ) avois ete un mo-ment couvert dans mon lit. Voyez ce que j e -ai dit dans les Mero.de P Académie 17 45 -P- *
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- <Sî8 Recherches —jjj— car on ne peut difconvenir que dans P i s'c. ces deux états oppofés, la denlité de l’air ne change confidérablement.-Deux fortes d’expériences peuvent nous inftruire fur cette question; les unes confiftent à eflayer la vertu électrique des corps que l’on place dans le vuide & dans un air extrêmement condenfe ; les autres à examiner fi un corps, pour s’élec-trifer, doit être toujours placé dans un air d’une denfité uniforme & égale de toutes parts ; fi, par exemple, un tube ou un globe de verre, s’é-lectrife également bien , quand l’air qu’il renferme eft beaucoup plus denfe ou plus rare que celui du dehors qui l’environne.
- Toutes ces vues fe trouvent déjj remplies en quelque façon par des expériences qui ont été faites en différons tems, & par diverfes perfon-Tentatî- Bes très-capables d’en bien juger, vts frite* Cependant il fe trouve encore quel-ife'cenè" *jues contrariétés dans les réfultats, atieftion. & quelques doutes alfez légitimes, fur la certitude des- dédiions , ce qui vient principalement des difficultés qui fe rencontrent dans les manipulations de ces fortes d’épreu-
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- sur l’Electricité. 22$ Ves, & en partie de quelques obfer-vations qu’on n’avoit peut-être pas encore faites alors, ou fur l’importance defquelles on n’avoit pas alfez réfléchi.
- Hauxbée ayant fait frotter dans un récipient dont il avoit pompé l’air , un cylindre de verre folide qui ne donna point de lignes alfez fenfibles d’éleélncité , tira cette conclufion générale, que les corps ne s’éleétri-fent point dans le vuide. M, Gray dans la fuite trouva qu’une boule de verre éleétrifée dans l’air libre, confervoit fon cleciricité dans un air extrêmement raréfié.On pourroit à la rigueur concilier ce dernier fait avec le premier, en difant que la vertu éledrique du verre, ne peut s’exciter fortement dans le vuide , mais qu’elle s’y conferve avec toute fa force, quand on l’a fait naître précédemment dans l’air libre. C’eft le parti que prit M du Fay, quand il eut répété les expériences, & qu’il crut lesavoirfuffifammentvérifiées; mais quoique j’eulfe baucoup de confiance en fes lumières & qu’un commerce de plulieurs années, m’eue
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- 250 Recherches fait connoître fa grande exaflitude & la fcrapuleufe attention avec laquelle il examinoit les faits ; je ne puis diflimuler que j’ai.toujours eu de la peine à me rendre à cette déci-fion ; il me paroifloit bien lîngulier qu’un morceau de verre ne pût pas recevoir dans le vuide le même dé-gré de vertu qu’il pouvoit y exercer , furtout lorfque je confidérois que fuivant les expériences mêmes de M. Du Fay, une boule de foufre, d’ambre, de cire d’Efpagne, &c. avoit Je pouvoir d’y faire l’un & l’autre : & quoique l'électricité nous montre tous les jours les faits les moins attendus , je n’ai jamais crû qu’on dût s’y accoutumer au point de les admettre, fans avoir auparavant bien combattu & anéanti toutes les raisons qu’on pourroit avoir d’en douter. J’ai donc réfléchi depuis fur la maniéré dont ces expériences ont été faites, & j’ai crû appercevoir dans les procédés que l’on a fuiyis quelques défecluofités capables de cau-fer ces différences que j’avais peine à croire.
- JPiemierement je fçais, pour ea
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- .SUR L’ÉLECtKICITÉ. 2JI avoir été témoin , & même pour y — avoir aidé, que M.DuFay n’avoit d qu’un appareil aflez imparfait , & d’un ulage très-incommode , pour frotter des corps dans le vuide ; il y a i J ans que je n’avois pas encore ajouté à la machine pneumatique , cette efpece de rouet dont j’ai donné la defcription en 1740, (a) par le moyen duquel on peut tranfmettre avec beaucoup de facilité, dans un récipient dont on a pompé l’air, des mouvemens de rotation auffi vio-lens , & d’une aulli longue durée qu’on le fouhaite. J’ai donc penfé que- le verre & le criflal de roche., qui ne s’étoient prefque pas éleftri-fés dans le vuide, pourroient bien n’avoir pas étéfuffifamment frottés : car ces matières doivent l’être davantage que l’ambre, la cire d’Efpagne , le foufre, & la plupart des autres corps .éleétriques.
- Secondement je ne vois pas pourquoi l’on a préféré des boules & des cylindres folides à des bouts de tubes , ou à des fpheres creufes 5 car il eft certain que le verre mince s’é-, (<0Mem, île l’Ac. des Sc, 1740-P- 38? «tfuiv.
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- 232 Recherches lectrife plus facilement, que celui c. qui ell fort épais, & puifqu’on avoit peine à frotter fuffifamment des morceaux de verre dans le vuide, il me femble qu’il falloit faire fes effais fur ceux , qui, par leur forme, ou par leurs dimenlïons, pouvoient s’élec-rrifer avec un moindre frottement.
- Troifiémement, lorfque l’air vient à fe raréfier dans un récipient, il Iaiffe tomber les parties aqueufes qu’il foutenoit, & l’on apperçoit dans le vaiffeau, une vapeur d’autant plus épaiffe, qu’il a été pofé plus long-tems fur les cuirs mouillés, qui couvrent la platine, avant qu’on faflè agir la pompe: or cette vapeur eft un obftacle à l’éleftricité, & je ne vois pas que l’on ait pris des précautions , foit pour en diminuer la quantité, foit pour empêcher qu’elle ne tombât fur le verre qu’on avoit deffein d’éleârifer.
- Pour remédier à ces trois défauts,’ ou plutôt pour voir s’ils étoient réels & capables d’avoir induit en erreur ceux qui avoient tenté d’élec-trifer le verre dans le vuide, je répétai l’expérience de la maniéré qui fuit:
- XVIII.
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- 'sur l’Électricité. 233
- XVIII. EXPERIENCE. TÏÏf*
- Discé
- Je choifis un de ces récipiens dont la partie fupérieure eft terminée pat une efpéce de goulot A,fig.2. garni en dehors d’une douille de cuivre, qui a un fond, percé & taraudé , pour recevoir une boëte à cuirs B. Cette boëte fe nomme ainfi, parce qu’elle eft remplie par des rondelles de cuirs de buffle, trempées dans de la. graille fondue, & preflees les unes fur les autres, par le couvercle qui fe met vis-à-vis.
- A travers du couvercle, des cuirs ; & du fond de la boëte, il pafle une tige d’acier arrondie dans la partie qui traverfe la boëte, & quarrée par les deux extrémités; le quarté d’en-haut qui excède la boëte à cuirs, s’engage dans le bout d’un petit arbre vertical C D, que la machine de rotation fait tourner ; & par ce moyen le mouvement fe tranfmeC dans le récipient, fans que Pair puilfe y entrer quand.on a fait le Vuide. {a)
- (V; Voyez, les Mém. de l’Acad. des Sc. 1740; vous y trouverez une defcription détaillée de la machine de rotation 5c de fes ulhves.
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- 234 Recherches
- Au bout de cette tige qui répond à l’intérieur du récipient, j’ai fixé un petit vafe E de ce verre blanc, fin, que nous appelions enflai, aïïez femblable par la forme à un gobelet renverfé, rond, de 3 pouces de diamètre , de 2 pouces & de hauteur, & d’une ligne d’épaiffeur à peu près. La tige qui portoit ce petit vafe en-filoit auffi par le centre, Si perpendiculairement à fon plan, un cercle de carton mince F de 4 pouces de diamètre.
- J’cffuyai bien ces vaifleaux de même que la platine de la machine pneumatique, fur laquelle j’attachai le récipient avec un cordon de cire molle ; par cette précaution je di-minuois beaucoup cette vapeur, qu’on voit tomber, lbrfqu’on commence à raréfier l’air, & qui cfl d’autant plus abondante, que cet air a relié plus longtems fur des cuirs mouillés, dont on fe fert communément , pour joindre le vailfeau à la platine ;& par le petit cercle de carton , dont je viens de parler , j’empêchois que le peu de vapeur
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- sur l’Électricité. 235-qui fe trouverait dans la malle d’air que j’allois raréfier, ne tombât fur mon petit vafe E.
- Enfin ce petit vafe en tournant, étoit frotté par une lame de raifort G , fixée fur la platine à une dif-tance convenable, & garnie d’un couffinet de papier gris rempli de
- Tout étant donc ainfi difpofé, & avant que de raréfier l’air, je mis la machine de rotation en jeu : après un frottement de 7 ou 8 fécondés , je vis que mon petit vafe étoit devenu éledrique ; il attirait & re-poulfoit alfez vivement une petite feuille de métal H, large d’environ 8 ou 10 lignes en tous fens, & fuf-pendue avec un fil de foye, à deux pouces de diftance dans le même récipient.
- Bien afiuré par cette première expérience- répétée plufieurs fois , que mon appareil étoit propre par lui-même à exciter promptement la vertu éleétrique d’une maniéré aflez fenfible, je raréfiai l’air à tel degré qpe le mercure du baromètre d’ét
- y ii-
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- sqS Recherches =TÏÏ7= preuve (a) n’étoit que d’une ligne & Disc, demie au-deffus de fon niveau. Pour voir fi cette derniere circonftance cauferoit quelque différence notable dans le réîultat, je recommençai à frotter le petit vafe, qui avoit eu tout le tems de perdre fa première électricité; apres un frottement beaucoup plus long que celui de la première épreuve, j’apperçus des marques d’électricité, mais beaucoup plus foibles , & qui ceffoient bientôt, lorfque je ne renouvellois pas cette vertu par un nouveau frottement.
- Par le foin que j’ai pris de répétions dins ter cette expérience en différens tems > ü m’a Paru également certain mais plus que le verre s'électrife dans le vuide, sucdîïk & que fon électricité y eft plus foi-aicin. ble qu’en plein air. J’ai vû les mêmes effets, lorfqu’au fieu de verre, j’at frotté des boules de foufre ou de cire d’Efpagne.
- (a) Cet infiniment eft un petit lïphon renyerfë, dont la plus longue branche qui cftfccllee par en haut, contient du mercure. Voyez les Além, de l’Acad, des Sciences. -I7ti.p.ï43.
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- Eft-ce donc l’air agité d’une cer- ~"n;~ taine maniéré, qui eu lacaufeim- Disc; médiate des attractions & répudions ji n'm éleâriques comme l’a penfé Haux-bée,& depuis lui plufieurs autres Phy- l'aie
- ficiens ? Et l’éleétricité ne devient-elle plus faible dans ce qu’on nom-me le vuide, que parce qu’un air répla, extrêmement raréfié n’elt pas capa-ble d’une forte impulfion ?
- Cette opinion pourra trouver des défenfeurs parmi ceux qui ont effayé d’expliquer les phénomènes électriques , par des mouvemens que le corps frotté, imprimedifent-ils , à l’air qui l’environne ; mais outre qu’il me paraît plus raifonnable d’attribuer ces effets à une matière qui fe rend fenfible de toutes façons, que tout le monde reconnoît , & que perfonne ne peut prendre pour de l’air proprement dit ; (a) j’ai des faits à citer , d’où il réfulte affez clairement , que fi' l’éleétricité eft comme-(a) J’appelle air proprement dit, celui que nous refpirons, dont les mouvemens & les qualités font fenfîbles ; en un mot, cet air que l’on raréfie par le moyen d’une pompe afpi-rante, & que l’on condènfe parle jeu d’une pompe foulante ou autrement.
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- i_a'3S fi g cher cités _ jfj— nément plus forte dans un air qui a Pi sc. une certaine denfité, il efl d’autres cas où elle réufîït trop bien dans le vuide dont il s’agit, pour que l’on puilfe attribuer fes effets au peu d’air que la meilleure pompe laiffe toujours dans le récipient; & s’il fe rencontre feulement un exemple d’attraélion ou de répulfion , qu’on ne puiffe attribuer au mouvement de l’air, comment pourra-t-on fe perfuader que le fluide agité foit la caufe des autres phénomènes de la même efpèce.
- Preuvei On coimoît depuis Iong-tems Jeeetteti- l’expérience du tube purgé d’air ; on fçait qu’il n’eft prefque point électrique par dehors ; mais en dedans , Feft-il autrement que par cette belle lumière qu’on y voit briller lorfqu’on le frotte f Des corps légers qu’on y renfermerait, feroient-ils attirés par la furface intérieure du verre ; c’eff ee que j’ignorais encore & ce qu’il m’a paru important de décider; car cela ne l’étoit point par l’expérience du petit Vafe frotté dans le vuide , dont j’ai fait mention en dernier' lieu. Celui-ci étoit de toutes p.arts
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- • sur l'ÊleCTriciTé. ajf dans le vuide ; un tube ou un vaifleau —• dans lequel on fait le vuide , & que p , s ’e|_. l’on frotte par dehors, répond parune de fes furfaces, à un air très-raréfiéj '
- Sc par l’autre à un air beaucoup plus denfe& libre; cette différence peut changer les effets, & je crois qu’elle les change véritablement,
- XIX. EXPERIENCE.
- Ayant frotté avec la main, un . f'1;*'*-récipient d’un pied de hauteur, & làrge de 3 pouces & 7 que j’avois attaché fur la platine d’une machine afKà pneumatique avec de la cire molle,
- & dont j’avois bien pompé l’air ; il devint éleâtique au .point d’attirer & de repouffer affez vivement une pe-titefeuille de fauxor qui étoit fufpen-due’avec un fil au milieu du vaifleau :
- & ces mouvemens me parurent tou-joursplùsfortsqueceux que j’avois remarqués dans le récipient purgé d’air, dans lequel j’avois fait frotter le petit vafe E de la dix-huitiéme expérience.
- Si j’étois bien sûr que les deux verres employés dans ces expériences euC-font été également propres à s’élec-
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- 240 Recherches'
- ! trifer, & fi je ne fçavois pas quefô frottement de la main eft plus efficace que celui d’un couffinet, O) je ne balancerais point à décider qu’un corps s’éleétrife mieux lorfqu’il eft touché en tout ou en partie par un air libre & d’une certaine denfité, que quand il eft totalement plongé dans un air extrêmement raréfié.
- XX. EXPERIENCE.
- Au lieu de frotter ce vaiffeau purgé d’air comme dans l’expérience précédente , j’en approchai à quelques pouces de diftance un tube éleftrifé : la vertu de celui-ci fe fit vivement fentir fur la feuille de faux or qui étoit fufpendue dans le vuide ; elle étoit plus fouvent pouffée qu’attirée ; mais jamais je n’approchois le
- par celle de M. Gray , & par celle de quan-tité de perlonnes de ma connoiffance ; fans cependant faire de cela une régie générale , il peut y avoir dès gens qui n’ayent pas la main bonne pour les expériences électriques ; foit parce qu’une abondante tranfpirationla rend humide, foit pafce que la peau en eft trop douce.
- tube
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- sur l’Électricité. 241 tubeéleftrique du récipient, jamais -yjj ' je ne l’en retirois après l’avoir appro- d i ic, clic, que la feuille n’y répondu par des mouvemens très-marqués.
- Je le répété donc ; il n’eft pas vrai-fcmblable que l’éleâricité qui naît ou qui fe tranfmet dans le vuide puiffe être l’adion de l’air agite. Si I’impul-fion de ce fluide étoit la caiife des attrapions & répulfions ; pourquoi dans certains cas ces mouvemens feroient-ils prefqu’auffi forts dans le vuide qu’en plein air , & comment fon aflion pourroit-elle fe tranfmet-tre à travers le verre qu’il n’a pas coutume de pénétrer ?
- Mais c’eft trop s’arrêter à combattre une prétention qui n’efi pas foutenable : veut-on fçavoir ce qui fait mouvoir la feuille de métal de ma derniere expérience ? Qu’on la répété cette expérience , dans l’ob-feurité; un Obfervateur attentif ap-pereevra le fluide qui agit , & il n’aura pas de peine à reconnoître qu’il ell d’une nature bien différente de celle de l’air,
- %
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- 2£2 RfiCHEBCHES
- XXI. EXPERIENCE.
- Quand on approche le tube nouvellement frotté de la furface du récipient dont on a pompé l’air, on volt naître de cet endroit/^.3.un,ou quelquefois , plüfieurs jets de matière enflammée qui s’étendent dans l’intérieur du vailîeau, & à la lueur de cette lumière, on peut aifément remarquer que la feuille de métal fufpendue s’agite plus ou moins, & en différens fens, fuivant qu’elle eft frappée par ces émanations lumi-
- Pour peu qu’on y réflechifle , on voit que félon toute vrai-femblan-ce, l’éleâricité qu’on remarque ici dans le vuide , a pour caufe principale la matière effluente du tube qui pénétre le récipient, & qui communique fon aélion à une matière l'emblable, qui remplit le vaif-feau, & qui s’enflamme avec une grande facilité , parce que n’étant mêlée qu’avec un air fort rare & purgé de toute vapeur, la contiguité de fes parties, n’y eft prefque point interrompue.
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- Recherches fur lEledr. 3? Disc. PU.
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- sur l’Électricité. 245 Cette derniere confidéradon nous offre une raifon très-plaufible de la Dl s’Ct différence que l’on remarque entre Diar„'. les phénomènes lumineux que l’é- '“«••• leftricité opéré dans l’air, & ceux àïpîéno-qu’elle nous fait voir dans le vuide. lu" On fçait que ceux-ci brillent prefque “fqü’Lfe toujours d’une lumière diffufe &con-tinue ; ce qui convient affez à un ou dant il fluide très-fubtil qui peut s’enflam- v"“lî-mer au moindre choc, & fans ex-plofion fenfible, parce que rien ne s’oppofe à fon expanfion , & dont l’adion peut aufli s’étendre d’autant plus loin, & avec d’autant plus de promptitude, qu’aucun obllacle ne s’oppofe à fa propagation : au lieu que ces aigrettes lumineufes, que la matière électrique nous répréfente fouvent , lorfqu’elle s’élance du corps éleârifé dans l’air libre qui l’environne, fe forment de rayons très-diftinâs, qui divergent entr’eux,
- & dont chacun paraît moins être un trait de matière enflammée, qu’une fuite de petits globules qui ne s'allument & n’éclatent que fucceiîive-ment ; ce qui vient vrai-femblable-ment de ce que le fluide, en fortant Xij
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- 244 Recherches avec violence du corps élePrifé, fe trouve comme éparpillé par l’air qui s’oppofe àfon paffage,qüi embarraffe fes parties , & qui en interrompe un peu la continuité.
- Mais fi la matière éleftrique éclate dans le vuide, d’une lumière plus continue, &, pour ainfi dire, plus ferrée ; nous voyons auflï par les expériences rapportées ci-deffus , que les attrapions & les répul.ions qu’elle y exerce, font communément plus foibies , d’une moindre durée, & plus irrégulières qu’elles n’ont coutume de l’être dans l’air de l’atmofphere ; & l’on peut encore rapporter ces différences aux mêmes caufes auxquelles nous avons attribué celles qu’on remarque entre les phénomènes lumineux, en obfer-vant néanmoins que ce qui fait briller ceux-ci avec plus d’éclat,eff juflement ce qui affaiblit les autres effets. Car c’en: par l’abfence de l’air que ce mouvement qu’on nomme lumière , s’imprime & fe propage mieux dans le vuide qu’ailleurs ; Ôc e’efi: au contraire la préfence de ce même fluide avec une certaine denr
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- SUR l’É LECTRIClTê. 24J îîté, qui fait prendre plus sûrement à la matière élePrique, les différentes directions qu’il faut qu’elle ait , pour caufer les attrapions & les répudions des corps légers.
- Pour mieux faire entendre ma penfée, qu’il me foit permis de rappellerai en peu de mots l’idée que je me fuis faite du méchanifme de l’élePricité, & que j’ai expofée plus au long dans la troifiéme partie de mon Efflai. Je regarde l’élePricité en général comme l’apion d’un fluide très-fubtil & inflammable, que l’on détermine à fe mouvoir en même-tems en deux fens oppofés ; ce que j’ai nommé effluence 8c affluencefîmul-tanécs de la matière cleÜrique, & que je crois avoir affez prouvé : par les deux mouvemens'contraires, j’ai ef-fayé d’expliquer les attrapions apparentes & les répudions des corps légers ; & dans le choc qui doit naître entre les parties de ce fluide qui fe rencontrent réciproquement, j’ai crû trouver la caufe des phénomènes lumineux, fur quoi je ferai deux courtes remarques.
- i°. S’il çlt vrai, comme il le paroît,
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- 246 Recherches que la matière éledrique s’enflamme par le choc de fes propres parties ; cette inflammation aura lieu même dans des cas où il n’y avoit qu’un courant, pourvu que ce courant rencontre dans fon chemin une pareille matière : car la violence du choc néceffaire pour cet effet, dépend principalement de la vîtefTe refpec-tive des corps entrechoqués, & l’on fçait que cette vîteffe peut être plus que fuffifante entre deux corps, donc l’un elt en repos. Ainfi, pour choi-lïrun exemple, dans un vaiflèau dont j’ai pompé flair, j’excite des traits de lumière , lorfque j’en approche un tube, ou un autre corps éledri-fé, parce que les émanations qui s’élancent de celui-ci, quoiqu’invi-ftbles dans l’air, frappent avec affez de force la matière électrique qui e(t dans le vuide, quand bien même on ne voudroit lui accorder aucun mouvement d’affluence vers le tube.
- 2°. Si les attrapions apparentes des corps légers fe font par l’impul-iïon de la matière électrique affluence, & que les répulfions qu’on voit
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- SUR L’É LECTRICITé. 247 fouffrir à ces mêmes corps , foient les effets de la matière effluente, comme on ne peut plus guéres en douter, il faut donc que la petite feuille d’or, lorfqu’elle elt portée vers le tube éledrique, éprouve plus d’impulfion de la part des rayons aflluens, qu’elle ne trouve de réfiC-tance de la part de ceux qui émanent du corps éle&rifé. Or fi les uns 8c les autres avoient une égale den-fité , comment ceux-ci feroient-ils plus foibles que les premiers , pour permettre à la feuille d’or de s’approcher du tube. Je crois donc que cette divergence que nous remarquons entre les rayons effluents , efl ce qui donne lieu à la matière af-fluente , de porter les corps légers vers le tube. Quand cette divergence fera moindre, quand la matière électrique ne fortira plus en forme de bouquets épanouis, il y a tout lieu de croire que les mouve-mens alternatifs d’attradion 8c de repulfion , feront moins fréquens 8c plus irréguliers.
- Je crois encore que ce qui fait prendre aiuû la forme d’aigrettes à la Xiüj
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- 2^8 Recherches matière éledrique effluente, c’eff, comme je l’ai déjà infirmé ci-deffus, la refiftance de l’air qu’elle éprouve en fortant ; car on (çait d’ailleurs, que ce fluide efl: moins perméable pour elle, que la plupart des autres corps, même les plus folides &les plus compads, de forte que fi cette matière s’élançoit immédiatement dans le vuide, elle fe préfenteroit probablement fous une autre forme, & avec des effets différées de ceux qu’elle a coutume d’opérer en plein
- Je raifonnois ainfi , lorfqu’il me prit envie de fçavoir ce que deviendraient ces aigrettes lumineufes , qu’on apperçoit communément au bout d’une verge de métal, tandis qu’on l’éledrife, fi jetenois dans le vuide, le bout où elles ont coutume de paroître. Je pris donc une tringle de fer, qui avoit 4 pieds de longueur, de celles dont on fe fert pour porter les rideaux des fenêtres : je fixai à l’une de fes extrémités, un vaiffeau de verre A B, fig. 4, qui avoit 4 à J pouces de diamètre, <Sc deux goulots oppofés l’un à l’autre.
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- sur l'Électricité. 245 __ cette jonâion étoit faite de maniéré que l’air ne pouvoit y paffer, & le D1 bout de la tringle s’avançoit jufqu’au milieu du vaiffeau : l’autre goulot étoit garni d’un robinet fort exaâ, par le moyen duquel on pouvoit appliquer cet affemblage à la machine pneumatique, pour pomper l’air du vaiffeau, & l’en ôter, quand on au-roit fait le vuide, pour le mettre en expérience.
- Avant que d’en venir à cette épreuve, je voulus voir fi, de ce que l’extrémité de la verge de fer fetrou-voit renfermée dans un vaiffeau de verre, quoique plein d’air, il ne s’en-fuivroit aucune différence dans les effets ordinaires, afin de fçavoir au jufte ce que j’aurois à attribuer à l’abfence de Pair dans l’expérience que j’avois deffein de faire enfuite.
- XXII. EXPERIENCE.
- Je fufpendis horifontalemeut avec des foyes , la verge garnie de fon vafe non purgé d’air, & je la fis éleélrifer par le moyen d’un globe de .verre : bientôt après je vis paraître
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- 2 p Recherches
- r ]ji# deux aigrettes lumineufes à l’extré-p x s c. mité renfermée dans le vaiffeau, 8c ces aigrettes furent à peu près les mêmes, foit que le robinet fût fermé , foit qu’il laiflfât une communication ouverte entre l’air du dedans & celui du dehors ; mais dans l’un 8c dans l’autre cas, ces aigrettes étoient fenfiblement plus petites qu’elles n’avoient été au même bout de cette verge, avant qu’il fût ainli renfermé : ce qui vient vrai-fembla-blement de ce que la matière affluen-te, dont le choc doit contribuer à l’inflammation de ces aigrettes, fe trouvoit alors ralentie , étant obligé defetamifer, pour ainli dire, â travers le verre, que toute matière électrique ne pénétre qu’avec peine.
- Je remarquai encore dans cette première épreuve d’autres effets qui méritent d’être rapportés : la verge de fer devint bien plus éleélrique qu’elle ne l’elt communément, lorf-qu’on l’applique feule à l’expérience : le vailfeau le devint auffi d’une maniéré très-fenfible , 8c garda fa vertu très-Iong-tems , quoique je tinlfe la verge de fer à pleines mains,
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- sur l’Électricité. 2fi _
- & que j’euflfe touché le verre à plu- ~nf.— lieurs reprifes. Disc.
- En examinant les circonftances de l’expérience de Leyde, j’ai déjà obfervé * que le vafe qui contient l’eau, s’éleflrife par communication,
- & retient fort long-tems après fon f éleâricité, quoiqu’il cefle d’être ifo- /~v. lé : je dois ajouter ici que c’ell moins à l’eau qu’au verre même dans lequel elle eft contenue, qu’il faut attribuer cette particularité ; car on voit par l’expérience que je viens de citer, qu’un vaifleau de verre éleftrifé , Sc qui ne contient point d’eau , nous répréfente le même effet, (a)
- Etant donc bien affiné que le vaif-feau qui renfermoit le bout de ma tringle , n’empêcheroic point par lui-même que les aigrettes ne panifient , je continuai mes épreuves de la maniéré fuivante.
- XXIII. EXPERIENCE.
- Je pompai l’air de ce vaifleau le plus exaftement qu’il me fut poffi-
- (4) Je rapporterai à la fin de ce volume un fait qui confirme parfaitement ce que j’a-yance.
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- gf2 Recherches *—m_ - ble, & je recommençai d’éleftrifer, Disc, comme j’avois fait précédemment; cette nouvelle expérience me mit fous les yeux des phénomènes que j’avois prefque tous prévus ; mais elle me les oflrit d’une maniéré lï brillante, que j’eus tout le plaifir de la furprife ; j’ofe dire que l’éleâri-cité nè nous a rien fait voir de plus beau , jufqu’à préfent : en voici le détail.
- En très-peu de tems le vailfeâu de verre A 4. devint extrêmement électrique , fon atmofphere étoit fi fenfible, qu’à y ou 6 pouces de diftance, tout autour , il fem-bloit que l’on touchât de la laine cardée, quand on en approchoit la main ou le vifage.
- Le robinet &îes garnitures de cuivre qui étoient cimentées aux deux goulots, faifoient par leurs bords & par leurs parties les plus faillantes, des aigrettes lumineufes qui avoient plus de 2 pouces de longueur; & qui bruifloient de maniéré à fe faire entendre d’un bout de la chambre à l’autre. On voyoit aufli des.aigrct-tes à différens points de la furface
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- SUR l’ÉiECTRICITÉ. 2J3 extérieure du vaifleau, quand on en approchoit le bout du doigt. ] L’odeur de ces émanations étoit des plus fortes, & telfembloit, comme je l’ai déjà dit en plulieurs endroits, à celle du phofphore, & un peu à celle de l’ail, ou du fer diffout par l’efprit de nitre.
- Le bout de la tringle qui répon-doit dans le vuide, ne faifoic plus de ces aigrettes ordinaires, compo-fées de rayons ou de filets trèsdi-vergens, & dont chacun femble être une fuite de petits grains enflammés : il couloit de plulieurs endroits en mê-me-téms de gros rayons de matière lumineufe qui s’allongeoient jufqu’à la furface intérieure au vaifleau, & qui reffembloient prefque à la flamme d’une lampe d’Emailleur animée. légèrement par le vent d’un foufllet.
- Ces flammes fe multiplioient, lorf-que j’entourois le vaifleau à quelques diflance avec mes deux mains, & fur-tout quand je préfentois mes dix doigts à la fois, dans une direction à peu près perpendiculaire au centre de ce même vaifleau. Fig. y.
- Lorfque je ceffois d’exciter ces
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- 2J4 Eîcheichis flammes ou de les déterminer à fe por-c. ter vers l’équateur du vaiffeau, il en fortoit une fort grofie de l’extrémité du fer, qui alloit au-devant d’une autre tout-à-fait femblable qui ve-noit du goulot où étoit attaché le robinet, fig. 6.
- En quelque endroit de la tringle que l’on excitât une étincelle, elle étoit trèsr forte , & dans l’inflant qu’elle éclatoit , tout le vaiffeau fe rempliffoit d’une lumière fi brillante, qu’on appercevoit très-dillinâement tous les objets des environs. On ne peut pas voir une image plus naturelle des éclairs qui précédent ou qui accompagnent le tonnerre. Fig- 7-
- Ayant examiné ce qui fe paffoit àu-dedans du vaiffeau à l’égard de quelques fragmens de feuilles de métal que j’y avois fait entrer, avant que de faire le vuide;je les vis prefque tous adhérens au verre,de forte qu’on eût dit qu’ils y tenoient par quelque humidité ; mais ils s’en déta-choient ou fe foulevoient en partie, lorfque j’en approchois le bout du doigt, ou un n*>rceau de métal pat
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- SUR l’É UECTRICITÊ. 251 dehors; ces petites feuilles étoient rarement attirées par le bout de la tringle , quelque foin que je priffe pour faciliter cet effet.
- Lorfque j’eus ôté la tringle de det fus les cordons de foye, quoique je la tinlfe dans ma main , les effets dont je viens de parler, continuèrent encore , quoiqu’on s’affoibliffant ; ils fe ranimoient quand j’approchois la main du vaiffeau : & quand je ne les excitois pas, je voyois pendant plus d’une demi -heurefortir du bout de la tringle de fer , une petite flamme affez brillante, de forte qu’il fem-bloit que je portalfe une petite bougie allumée dans une lanterne de verre.
- Je mouillai le vafe extérieurement avec de l’eau,& je n’apperçus perfque plus aucuns des effets dont je viens de faire le récit ; mais ayant bien ef-fuyé & féché le verre, je les vis reparaître quoique très-affoiblis.
- Enfin je laifîai rentrer l’air, & tout ceffa fans retour.
- On peut juger maintenant par le détail de cette expérience, ü j’ai eu raifon de dire ci-delfus, que l’abfence
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- ÎII~ de l’air, Ou ton extrêmeraréfaftion , Duc. donne lieu à la matière éledrique de s’enflammer plus facilement. & d’une maniéré plus complette ; mais que cette même caufe empêchant la matière effluente de fe divifer en aigrettes, devoit rendre les mouve-mens alternatifs d’attradion & de répullion plus rares & plus irréguliers. Ewérien- J’aurois bien voulu joindre ici quel-te, à faire ques expériences que j’avois projet-condenfé. té de faire dans l’air condenfé , & que j’avois même commencées : mais ce que j’ai effayé de faire à cet égard, ne m’a paru ni allez sûr , ni allez complet : j’aurois voulu non-feulement condenfer l’air dans des tubes. pour voir s’ils peuvent s’éleftrifer en cet état, & de quel dégré d’élcdri-cité ils font fufceptibles ; je dé-firois encore que l’on pût augmenter conlidérablement la denlïté de ce fluide dans un vailfeau alfez grand, pour effayer d’y faire tout ce que j’ai fait dans le vuide ; mais cela ell difficile par plufieurs raifons, Difficiit i». On ne peut prudemment n’r/'oîü- tilfluer de condenfer l’air avec une ne u faut, certaine force dans des vaifleaux
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- SUR l’É LECTRICITÉ. 2J7 d’une grande capacité , tranfparens, & fragiles par conféquent, fans un appareil qui demande beaucoup de foin & de tems. Cette difficulté cependant, fi elle étoit la feule, ne m’arrêteroit pas, j’ai des vafes de verre difpofés & garnis de maniéré que je puis fans danger y comprimer l’air, jufqu’à le rendre 8 ou io fois plus denfe qu’il ne l’eft communément dans l’atmofphere , & en augmentant les précautions, je pour-rois porter la condepfation encore plus loin.
- 2°. Mais ce n’ell point allez de pouvoir comprimer l’air d’un vaiffieau dans lequel on veut eflayer l'éleftri-cité, il faut que cette maffe d’air que l’on comprime , conferve un certain degré de pureté ; il ne faut pas qu’elle foit humide ni chargée de vapeurs grades, puifqu’on fçait d’ailleurs que ces fublfances étrangères qui fe mêlent avec l’air, nuifent confidérable-ment à la vertu éleélrique : cette condenfation ne doit donc pas le faire par les moyens ordinaires, c’eft-à-dire , avec des pompes foulantes, dont les pillons nécenairement en-
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- 2J8 Recherches duits de quelque fluide, ne manque-roient pas defalir l’air, en le forçant d’entrer.
- Le procédé de M. Du Fay eft ingénieux , je veux dire l’ufage qu’il a fait d’un gros eolypile decuivre rouge qu’il faifoit chauffer fortement pour occalionner une compreflion d’air dans un tube de verre qui étoit joint & cimenté au col de cet inftrumenr. Mais outre que ce moyen nefufiSroic pas pour çondenfer l’air dans un vaiffeau d’une certaine capacité, conformément à mes vues, il refte encore quelques fcrupules fur l’aâion du feu que l’on employé : car qui fçait s’il ne s’eft pas élevé du cuivre même dans le tube, quelque exhalai-fon nuifible àl’éleâricité ? Qui fçait fi les vapeurs contenues dans l’air de ce ballon de métal, échauffées à un certain point, tic chailees dans le îube, n’ont pas été capables d’empêcher qu’il ne s’éleftrisât ? Si ce tube devenoit éledrique, cette expérience prouveroit inconteftablement que l’éledricité n’eft point incompatible avec un air condenfé à tel degré. Mais quand il ne s’éledrife
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- pas dcnlat cher 1
- SUR L’ÉLECTRÏCITé. 2Jp , j’ai peine à décider fi la con-ion de l’air fuffit pour empê-’éledricité , parce que je ne fçais pas bien fi cette caufe agit feule, lorfque j’en vois deux qui peuvent avoir lieu.
- Si je ne devois condenfer l’air que dans des tubes ou dans des vaifîeaux d’une médiocre capacité , j’aimerois mieux, en les ajuftant à des fiphons renverfés, charger l’air qu’ils renferment , d’une colonne de mercure afîez longue , pour égaler 4 à 5 fois le poids de Patmolphere ; fi les tuyaux pouvoient foutenir cet effort , ou même une plus grande charge, onferoit sûr au moins que la mafied’air comprimé, ne contien-droit rien d’étranger que ce qu’elle contenoît avant fa compreflion.
- 30. Mais de quelque maniéré qu’on s’y prenne, quand bien même on ne feroit que charger l’air pour le réduire dans un plus petit efpace, évitant par-là d’y introduire aucune fubftance étrangère, comme il arrive prefqu’indiipenfablement lorsqu’on fe fert de pompe ou de foufilets, on doit faire attention
- y.j
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- z6o Recherches qu’enrefferrant ainfi l’air, on rappro-, che aufli les vapeurs dont il eft naturellement chargé; & fi unecertai-ne quantité de vapeur eft un oblta-cle à l’éleftricité , les phénomènes électriques n’auront pas lieu dans ce vaiffeau; mais pourra-t-on dire avec certitude que l’air condenfé en foit. la feule caufe, ne pourra-t-on pas douter même qu’il ait aucune part à cet effet.
- Il me paraît donc très-difficile , pour ne pas dire impolîible, de tenter l’électricité dans l’air condenfé , comme on peut le faire dans le vui-de. Premièrement , parce que la fragilité des vaiffeaux tranfparen. ne nous permet pas d'y comprimer l’air autant qu’il eft poffible de l’y raréfier. Secondement, parce que l’air que l’on comprime, contient nécelîairement des vapeurs conden-fées ; obftacie fuffifant pour empêcher ou pour affoiblir confidérable-ment l’éleâricité ; ainfi les réfultats des expériences qu’on pourroit faire, feront toujours affedées de quelque incertitude ; fi la vertu éledrique fe manifefte, on pourra croire que l’air
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- sue l’Electricité. 2S1____________
- ii’efl: point aflez condenfé, & que —jjj—-s’il 1 etoit davantage les effets fe- D1 s’c. roient différens. Si elle ne fe mani-fefte pas , les vapeurs augmentées par la condenfation pourront palfec légitimement pour la caufe princi-' pale de ce défaut d’éleftricité.
- Ces confidérations me font abandonner pour le préfent ces expériences trop Iaborieufes & trop délicates pour le peu de fruit qu’il femble qu’on en peut attendre, à moins qu’elles ne foient portées à un certain point de perfeâion. Je me contente d’expo-fer les difficultés que j’y trouve , afin de donner à d’autres perfonnes plus patientes ou plus ingénieufes que moi, l’occafion d’y réfléchir & d’y trouver des remedes s’il y en a.
- Je n’examinerai point ici, comme . je me l’étois propofé d’abord, fila fgure & les différentes diinenfions : des corps que l’on veut éleftrifer , ou par lefquels on tranfmet l’éleclr -cité, contribuent à rendre cette vertu plus ou moins forte; les expériences que j’aurois à citer par rapport à cette queffion font étroitement liées avec d’autres faits qui
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- ____2<>2 Recherches
- —nl— appartiennent au Difcours fuivant ; P i s'c. celui-ci ell déjà fort long, & je vais le finir par quelques réflexions fur la néceflïté d’ifoler ou de placer fur certains fupports les. corps auxquels qn a delfein de communiquer l’électricité.
- Mn.Gny MM. Gray & Du Fay nous en ont * do fij fait une loi & de leur tems cette loi r<m d’àv étoit fans exception : c’efl-à-dire, <lu’on ne connoiffoit aucun fait, qui générale ! parût y déroger. Depuis quatre ou *“ cinq ans prefque tous ceux qui ont corpi i qui éleftrifé avec des globes de verre,ont commun!- °Mërvé qu’en certains cas l’éleâricité qner Mec- cft fi forte, & fe renouvelle telle-ment que le fujet qui la reçoit, peut être touché par d’autres corps, fans cefler entièrement d’être électrique ; quoiqu’il foit toujours certain que. fon électricité s’affoiblit par ces at-touchemens. C’eft pourquoi M. Boze dans un ouvrage (a) qu’il publia en françois, il y a environ trois ans, dit, en parlant d’un homme éleflrifé de cette maniéré : » Il pourra même » quitter fon pied d’eftal & faire 4 (a) Recherches fu'r la caufe & fur la véri" table théorie de I:Electricité p. z8.
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- sur l’Électricité, s63 * ou j pas avant qu’il perde toute —m-" » fa vertu, Scc. » & M. Allamand dans d l SV fa lettre à M. Folkes exprime ainfî fon 3 2e phénomène: »Un corps élec-» trique ne perd pastoutefon éle&ri-» cité par l’attouchement d’un corps » qui ne l’eft pas.»C’eft aufli par cette raifon que j’ai modifié la loi établie par M. du Fay en fubftituant les deux propofitions que voici :Un corps éleffriféperd communément toute fa vertu par Cattouchement de ceux qui ne le font pass mais dans le cas d'une forte électricité, les attouchemens ne font que diminuer la vertu du corps élettrifé, & ne lui font perdre entièrement qu* après une efpace de tems qui peut être ajfez, conf dérable. (a)
- Quand j’écrivois ainfî ; je n’igno-rois pas que dans l’expérience de Leyde le vafe de verre qui contient L’exemple l’eau, s’éledrife fortement, & confer- J°u' ve long-tems fon éledricité, quoi- devient éie-qu’on le tienne à pleines mains.
- C’eft un des articles du Mémoire que ce de Ley-je lûs à notre rentrée publique d’après Pâques 174J. Mais à l’imitation des ception àia Auteurs que je viens de citer,j’ai laifle jj scnera*
- (a) Effiû fur l’Eledricité p. 143,
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- 2^4 Recherches fubfifter la loi générale, & j’ai expofé cette particularité comme une exception : c’étoit ménager également & comme je le devois, la vérité & la mémoire de deux Sçavans qui ont bien mérité de laPhyfique, fur-tout dans cette partie : je crois que je naurois fait ni l’un ni l’autre , fi j’en euffe ufé autrement ; car il n’eut été ni vrai ni honnête de donner à entendre, comme quelques perfon-nes l’ont fait, que MM. Gray & Du Fay avoient eu tort de dire qu’il faut ifoler fur des gâteaux de réfine les corps qu’on veut éleélrifer, ou plus généralement encore, e/u’iU t'étaient trop profits et'établir des loix.
- Pour ne parler que de ce qui concerne la vérité , fi M. Du Fay a eu tort d’avancer cette propofition , quelqu’un auroit donc raifen de fou-tenir la contradiâoire , en difant : qu’il n’eft pas befoin d’ifoler les corps que l’on veut éleétrifer ; mais il eft pourtant bien certain qu’on ne pourra pas les éleétrifer fans cette condition , ou que s’ils s’éleéitri-fent, ils n’auront qu’une vertu foi-ble, qu’ils perdront bien-tôt j O '
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- sur l’Electricité. 2fiy fuffit pour autorifer cette propofi- = tion générale. Qu il faut ifoler les cerfs D
- cité ; comme on a raifon de dire généralement qu’il faut fermer la porte & les fenêtres d’une chambre qu’on veut échauffer avec un poêle, quoiqu’on fçache bien qu’elle ne ferait pas privée de toute chaleur, fi l’on en ufoit autrement.
- Si pour multiplier les exceptions, 1® on vouloit ajouter à l’exemple du vafe qui contient l’eau dans l’expé-rience de Leyde, celui des corps JSi qui, dans cette même épreuve , re- "c r çoivent & tranfmettent la commo-tion éleârique, fans être placés fur de la réfine ; je répondrais à cette «a« inllance, que ces corps ne s’éleâri-fent point, à proprement parler ; je renverrais à ce que j’en ai dit au commencement de ce Difeours, en ajoutant que c’eft confondre les idées, & retarder le progrès de nos connoiflances , que de s’obftiner à ne pas diftinguer cette aftion inftan-tanée, qui peut être, & qui eft probablement uq fimple mouvement de
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- 25(5 Recherches .
- percuflion, imprimé a un fluide qui ne fe déplace pas ; à ne pas diftin-guer, dis-je, cette adion des autres mouvemens de lamatiete elednque, qui font vifiblement progreffits.
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- K L’ÉLKCTRICITÉ. 267
- I mm #b «s i
- r *üiümqiü«**** wk»iMxx*xxxM. s ÿitwwimomiuittttuuui'ir
- QUATRIEME DISCOURS.
- Dans lequel on examine, i°. Ai t Electricité fe communique en raifon des majfes, ou en raifen des furfaces , 2°. Si une certaine
- re, ou certaines dimenftons
- du corp s élcClrife , peuvent contribuer a rendre fa vertu plus fenfi-ble , 3°. Si EéleClrifation qui dure long-tems ou qui ejl fouvent répétée fur la même quantité de matière, peut en altérer les qualités ou en diminuer la majfe,
- Eî Phyficiens qui connoiflënt
- JL par eux-mêmes les phénomènes éleâriques, qui les onr étudiés,& qui fçavent combien nous fommes encore éloignés de pouvoir les faifir avec précifion, feront fans doute furpris de voir que j’aye entrepris de détermi-nerdans quel rapport fe communique
- Zij
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- ____2(58 Recherches
- —jy— la vertu. éleélrique : ces expreflions Disc, géométriques en raifort des majfes, en raifort des furfaces. pourraient faire croire que je me fuis flatté de faire connoître, quelle eft au jufte la quantité aftuelle d’éleftricité qui fe trouve dans un corps à mefure qü’on en change l’étendue ou le poids dans des proportions connues ; prétention que je n’ai point, & que je n’o-ferois avoir, tant qu’il nous manquera un infiniment bien éprouvé, ou un moyen sûr pour juger des degrés que peut recevoir la vertu éleârique. Je me conforme feulement au langage de ceux qui ont propofé laqueftion, & qui ne fçavoient peut-être pas allez combien il efi difficile de la réfoudre, en ne s’écartant pas des termes dans lefquels elle eft con-Etit delà çue. Tout mon deflein eft de fça-eueibon. voir fi l’éleftricité eft fenfiblement plus forte dans les corps de la même efpece qui ont plus de malle ; fi la même quantité de matière ayantplus de furface s’éleélrife davantage, & fi pour rendre plus grands les effets de la vertu éleârique, il eft plus expédient d'augmen ter la malle, que
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- su* l’Électricité, 269 la furface du corps qu’on éleftrife, ou tout au contraire.
- En me renfermant Hans ces bornes, je ferois pourtant fâché que mon exemple fît perdre à d’autres , le défirf toujours très-louable, ) de porter plus loin ces recherches ; je içais que quelques Sçavans (a) fe font occupés de cet objet, & qu’ils le fuivent avec beaucoup de fagacité ; j’applaudis très-fincerement à leur zélé, & je verrai avec une grande fatisfaâion , les fruits d’un travail qui ne peut être qu’utile , & dont les fuccès font déjà affez réels pour nous en faire efpérer de plus grands.
- A la rentrée de l’Académie qui fc fit après Pâques de l’année 174g , je lus un Mémoire qui contenoit le détail de l’expérience de Leyde, nou-
- (a) Meffieurs Darcy & le Roi, tous deux connus par plufieurs bons Mémoires dont ils ont fait part à l’Académie des Sciences > s’appliquent depuis quelques années à l’étude des phénomènes éie&riques ; entre autres vues, ces Meffieurs fe font propofé l’invention d’un élettrometre : ce qu’ils ont fait à cet égard, donne lieu de croire qu’ils viendront £ bout de réfoudre ce problème.
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- ____270 Recherches
- - jy-11 vellement connue alors, & des cir* Disc, confiances les plus remarquables que ce phénomène fingulier examiné & approfondi, m’avoit donné lieu ce qui a d’appercevoir ; j’annonçai comme Eonnsiien unc découverte qui me paroiffoit de fto'™ 4”e quelque importance, qu’une barre de fer de 7 à 8 pieds de longueur, & du poids de 80 livres ou environ, étoit devenue beaucoup plus électrique que les tuyaux légers & les petites tringles de même métal dont je métois fervi jufqu’alors ; & pour montrer comment j’en avois jugé, je rapportai de fuite tout ce que j’avois apperçu en éleârifant cette greffe barre, dans les termes que voici.
- Exmit - Au bout d’une de ces greffes jy a> barres éleélrifées, on voyoit fortii « par les quatre angles autant de «Ucrice/r 30 gerbes enflammées , dont la I011-r»“r i,ln- » gueur mefurée étoit de plus de J «C,74«. 3>p0uceS) & ie diamétre d’un peu » plus de 2 pouces, à l’endroit où » elles étoient le plus épanouies. » Le bruit que faifoient ces gerbes, » s’entendoit très-diflinaement dans * la chambre voifine, dont on lail-
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- sur l’Électricité. 271 » foit la porte ouverte, & à plus de » 17 pouces de diftance, on fentoit » fur les mains un fouffle très-confi-» dérable , de même qu’autouc » de la barre dans toute fa Ion* » gueur.
- » Quand on approchoit le doigt » feulement à 4 pouces de cette » barre, il devenoit lumineux parle » bout ; il en fortoit une petite » aigrette : on voyoit la même chofe » à l’endroit du fer qui étoit vis-à-» vis ; & fi l’on avançoit encore un » peu, il s’allumoit un trait de feu » très-vif entre le fer & le doigt ; » l’éclat fe faifoit entendre de fort » loin, & la douleur égaloit prefque I » celle qu’on relfent communément I » dans l’expérience de Leyde.
- Je préfentai aux aigrettes une » bague <jue je tenois par fon anneau,
- » & enfuite un écu ; les traits de feu » qui s’élançoient delfus à plus de » 2 pouces de diftance, m’engour-» diifoient les doigts tellement ” que je ne pus les y tenir qu’un inf-» tant.
- j » J’en approchai une montre , &
- * ces mêmes traits de feu me firent Ziiij
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- 272 'Recherches » voir diftinftement, & fans aucune » difficulté, l’heure que marquoient » les aiguilles.
- » Un homme qui fe tenoit de-» bout fur un gateau de réfine, & qui » tenoit d’une main le bout de cette » barre éleftrifée, acquit lui-même => tant d’éleâricité, que les étincelai les qu’on en tiroit étoient infup-» portables, & répandoient fur fon » habit une lueur très-vive, & plus » large que les deux mains.
- » Pour peu qu’on s’en approchât, y ou qu’on portât le plat de la main y au-deflus de fa tête , on voyoit =• autour de lui de grandes places » lumineufes , & fes cheveux ren-y doient des aigrettes bruyantes.
- » S’il allongeoit le bras vis-à-vis y de quelqu’un , à plus d’un pied de y difiance, il fortoit de fon doigt » une gerbe enflammée qui avoit 4 a» à y pouces de longueur ; il en y fortoit auflï de plufieurs autres en-» droits de fon corps, à travers les » habits quand on en approchoit la y main.
- y Souvent même la perfonne qui «cherchoit à exciter ces aigrettes
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- sur l’Électricité. 273 » Iumineufes, les voyoit s’élancer de » fa propre main, lorfqu’elle s’ap-» prochoit à quelques pouces de cet » homme éleftrifé.
- » Ayant laiffé pendre au bout de » la greffe barre , un fil de fer dont » l’extrémité étoit plongée dans une » capfule de verre en partie pleine » d’eau , & qui étoit pofée fur un * fupport de cuivre, tout le vafe pa-» rut s’enflammer , & il éclata de » maniéré que je n’ofai achever => l’expérience de Leyde, & que je » ne le voulus permettre à aucun de » ceux qui m’aidoient.
- » Dans l’état où je vis les chofes , » je me perfuadai que cette commo-=> tion que j’avois cherché à augmen-» ter , pourrait bien l’être trop pour » l’ufage que j’en voulois faire, (ci) =• & avoir un effet tout contraire à ce-» lui que je défirois qu’elle eût ; je pris » donc la réfolution de préluder fur » des animaux de peu de conféquen-=» ce:on m’apporta deux petits oifeaux
- (al Mon deffein étoit d’augmenter la vertu élettrique pour rendre Tes eftets plus efficaces fur des paralytiques que j’avois commencé à éieârifer.
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- 274 Recherches » un bruant & un moineau franc, je les yy attachai fans les gêner aux deux » extrémités d’une régie de cuivre , » au milieu de laquelle j’avois fixé un » manche de bois avec une corde » de foye ; enfuite ayant tout difpofé » pour l’expérience deLeyde, je pris » la régie par fon manche, j’appli-» quai le corps du bruant contre le » vafe qui contenoît l’eau, & en éle-30 vant un peu l’autre bout, je portai » le moineau vers la grofle barre » éleélrifée ; lorfqu’il fut à peu près » à 2 pouces de diftance, il parut » entre le fer & lui, un trait de ma-» tiere enflammée , dont il fut frap-* pé avec tant de violence, qu’il » donna à peine quelques lignes de » vie, au fécond coup il fut tué fans » retour, &c.»
- C’efl: par le concours de tous ces grands effets, que j’ai jugé la vertu éle&rique plus forte dans une grofle barre de fer,qu’elle n’a coutume de l’être dans une moindre mafle du même métal. Quiconque entreprendra de faire voir que j’ai eu tort d’en juger ainfi,ne doit pas fe contenter de dire qu’il a éleflrifé des pièces de fer très-
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- SÜR l’Électricité. 27J minces ou très-légeres, & qu’elles ont produit des étincelles des plus picquantes ; outre que ce ligne eft un des plus équivoques, je crois avoir fuffifamment prouvé dans le fécond Difcours , que pour connoître avec quelque certitude fi la vertu d’un corps éleétrifé eft plus ou moins grande , il ne faut pas s’en rapporter à un feul effet, ni même à deux, quand on peut en confulter un plus grand nombre.
- Six mois après la lecture du Mémoire dont je viens de rapporter un extrait, M. le Monnier rendit compte à l’Académie de plufieurs expériences qu’il avoit faites à deffein de fça-voir fi l'électricité fe communique en raifon des malfes ou en raifon des furfaces ; » un porte-voix de fer blanc »pefant environ iolivres, &long de » 8 à 9 pieds, parut étinceler avec n autant, 8c même avec plus de force » & d’éclat, qu’une barre de fer très-» courte qui pefoit £0 livres. L’étin-» celle qui fortoit d’une boule de =» plomb éteétrifée , piquoit précifé-» ment comme celle qu’on faifoit for-» tir d’une lame du même métal dont
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- 276 Recherches » la longueur & la largeur re'pon-» doient à l’étendue de lafurface de • cette boule ; une bande de plomb » laminé étinceloit davantage lorf-» qu’elle étoit étendue félon toute fa » longueur, que quand elle étoit rou-» Iée fur elle-même, &c. »
- Cesréfultatsfirentconclurre à M. le Monnier, que la communication de l’éleélricite fe faifoit plutôt en rai-fon desfurfaces, qu’en raifon des malles ; le bruit de cette découverte fe répandit tant par les Journaux de ; France,* que par les Tranfaétions ! Philofophiques ** dans lefquelles le Mémoire de M. le Monnier fut imprimé en fubftance peu de tems après fa
- j’étois tombé en prétendant que l’é-ledricité fe communiquoit en raifon des mafles. Il eft pourtant bien certain , ( & l’on ne peut me prouver lé contraire par aucun de mes Ecrits, ) que je n’avois point pris de parti décidé fur cette queflion ; & ce n’eft que depuis quelques mois queraffemblant les expériences & les obfervations de mon Journal, qui peuvent y avoir
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- SUR L5Éle CTRÏ C I TÉ, 277 rapport, & vérifiant par de nouvel- “ les épreuves, des idées que j’avois conçues dans le filcnce, mais que je ne regardois que comme des foup-çons, j’ai enfin crû voir quelque certitude, où je n’appercevois que de la vrai-femblance, 8c que les difficultés qui m’arrêtoient fe font tournées en reftri&ions compatibles. Car en rapportant, comme on l’a vu ci-defliis, l’expérience de ma grofle barre de fer avec toutes fes circonftances , c’étoit bien dire 8c prouver, ( ce me femble, ) qu’avec une telle pièce i’éledricité peut devenir plus forte que de coutume, mais il reftoit à fçavoir fi cette plus grande force venoit d’une folidité égale à 80 livres, ou de la fuperfi-cie néceflairement plus grande pour une grofle barre, que pour une petite tringle de même longueur ; 8c c’eft ce qu’il ne m’étoit pas même venu en penfée d’examiner.
- Si j’entreprends de traiter un fujet entamé par mon confrère, ce riefi: ni pour lui enlever l’honneur de fes découvertes, ( elles font en sûreté par la date même de fon écrit, ) ni
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- 278 Recherches - —pour jetter aucune ombre fur fon p^‘e travail ; nous n’avons pas procédé IS l’un comme l’autre dans nos expériences; il n’eft pas étonnant que nos réfultats ne foient pas toujours d’accord, & que les conféquences qu’on en peut tirer quoique différentes,méritent également d’être reçues. Il paraît que M. le Monnier a communiqué l’éleflricité aux corps qu’il comparait enfemble, par le moyen d’une phiole de verre en partie pleine d’eau , électrifée à la maniéré de Leyde, & dans laquelle il laiffoit plonger le fil de métal par lequel elle avoir reçu fa vertu;c’étoit en quelque façon , appliquer une quantité donnée d’éleâricité, à deux corps, pour voir celui qui en recevrait davantage; fans défapprouver ce deffein, que je trouve au contraire très-bien conçu, j’en ai fuivi un autre ; j’ai cherché à connoître fi en éleârifant de fuite, & autant que je le pourrais, par le moyen du globe de verre , les deux corps que je mettois en com-paraifon,l’un acquerrait avec le tems une vertu fenfiblement plus forte que l’autre ; & pour agir avec plus
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- sur l’Électricité. 279 d’ordre lorfque les mafles étoient fort différentes de part & d’autre, j’ai pris foin que les furfaces fuflent à peu près égales entre elles ; comme aulïï je n’ai pas manqué de mettre une grande inégalité dans les furfaces toptes les fois que j’opérois fur deux Ifajets de mafles égales. Sça-chant de plus, qu’un corps, toutes chofes égales d’ailleurs, s’éle&rife communément davantage, quand il aune certaine longueur, comme on le verra ci-après ; je me fuis bien gardé d’éprouver enfemble , par exemple, unegrofle barre de fer fort courte, avec un tuyau du même métal beaucoup plus long. Quand il m’a fallu de grandes furfaces je les ai cherchées dans quelques figures dont les dimenfîons imitafîent à peu près ou d’une maniéré équivalente celles de l’autre corps éledrifé, qui fervoit de comparaifon.
- I. EXPERIENCE.
- Je plaçai fur des cordés de foye, & féparément l’un de l’autre, un tuyau de fer blanc long de q pieds*
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- a8o Recherches dont la circonférence a voit 6 pouces, & une barre de fer quarrée de même longueur, dont chaque face avoit un pouce j de large, ae forte que les quatre prifes enfemble, égaloient la furface extérieure du tuyau. Jecon-duilïs à l’un & à l’autre en même» tems, par le moyen de deux chaînes de fer d’égales grolfeur & longueur, l’éleftricité d’un globe de verre que l’on frottoit fans difcon-tinuer pendant y à 8 minutes dans un lieu obfcur, & par un tems favorable à l’éleâricité ; voyez, lafig. I.
- La barre de fer me fit voir des effets à peu près femblabes à ceux dont j’ai fait mention ci-delfus , des aigrettes fort longues, fort épanouies, fort bruyantes, à deux ou trois de fes angles , quelquefois à tous les quatre , fur-tout quand on y pré-lentoit le plat de la main, ou une plaque de fer épaiffe de4 ou y lignes, a 7 ou 8 pouces de diftance ; des étincelles, que ni moi, ni ceux qui m’aidoient, ne vouloient recevoir que fur quelque gros morceaux de métal, parce qu’elles étoient infup-portables, quand on vouloit les ex-
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- sur l’Électricité. 281 citer avec la main, & dont le bruit *"yï7' éclatoitaffez pourfe faire entendre Dise, très - diftinélement du troilïéme étage , où fe faifoit l’expérience , jufqu’au rez - de - chauffée de la mai-fon ; des émanations fi fenfibles , qu’à 2 ou 3 pouces de diffance , par-tout autour de cette barre , quand on y portoit le revers de la main, on croyoit fentir véritablement du cotton ou du duvet ; enfin une odeur fi forte qu’on avoit peine à la fupporter, lorfqu’on préfentoic le vifage environ à un pied au-delà des aigrettes, où le foufHe électrique étoit encore très-fenfible.
- Le tuyau me fit voir les mêmes effets , mais toujours plus foibles : à la vérité les étincelles, non pas celles qu’on tiroit de l’extrémité ,
- (elles étoient beaucoup plus petites qu’aux angles de la barre de fer) mais celles qu’on excitoit fur la longueur à quelque diffance du bout, étoient violentes , extrêmement douloureufes & éclatantes, de forte que, pour parler ingénument , je n’oferois juger par le feul fentiment qui m’en reftoit, fi elles égaloient
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- 282 Recherches ou non , celles qui vendent de la barre de fer. Mais les aigrettes ne fe font jamais montré que fort inférieures à celles de la barre ; elles pre-noient prefque toujours la forme d’une frange, & occupoient une partie du bord du tuyau à fon extrémité la plus reculée du globe ; les filets m’en paroiffoient un peu plus ferrés , mais moins longs, & ne s’élançant pas avec autant d’impétuolité, ni avec autant de bruit que ceux qu’on voyoit fortir de la barré de fer. Les émanations qui formoient l’atmofphere électrique ne fe fai-foient fentir ni d’aulli loin, ni avec autant de force , que celles de la groffe barre , & il m’a paru qu’il en ctoit de même à l’égard du fouiïle & de l’odeur qu’on reffentoit,en pré-fentant le nez à une certaine diftan-ce de l’extrémité, où paroiffoient les aigrettes.
- IL EXPERIENCE.
- Sur le bout de ma groffe barre de fer , tandis qu’on l’éleftrifoit fans difeontinuer , je plaçai alternative-
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- SUR l’Êl ECTRICITÉ. 2 83 tnent une plaque de fer forgé, épaiffe de 4 lignes, de 8 pouces de longueur fur 2 f de largeur, & une lame de ce fer très-mince qu’on a coutume d’étamer, mais qui ne rétoit pas, à laquelle j’avois donné un peu plus de longueur & de largeur, afin que les deux furfaces prifes enfem-ble, pufient égaler toute celle de la plaque. Je plaçois chacun de ces deux corps, de façon qu’il furpafioit de 3 pouces ^ l’extrémité de la barre fur laquelle il s’éleftrifoit. L’un 8c l’autre me firent voir à leur extrémité la plus avancée , ce que j’avois apperçu à celle de la grolfe barre, 8c à celle du tuyau de fer blanc, mais avec des différences encore plus marquées.
- III. EXPERIENCE.
- J’éleftrifai au bout de deux chaînes femblables de tout point, & qui recevoient l’éleèlricité en même-tems 8c du même globe, une malle de fer cubique , dont chaque face avoit 2 pouces de côté, 8c une feuille extrêmement mince de même métal , taillée en re&angle, de 6 pou-
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- 284 Recherches
- ces de longueur fur 2 de largeur , afin que fes deux furfaces égalaffenc enfemble les fix faces du cube ; la vertu éleélrique fe manifefta de parc & d’autre, mais avec des différences fi grandes & fi fort à l’avantage de la grande maffe, qu’il n’étoit pas poflibTe de s’y tromper : véritablement les aigrettes qui s’élançoient des angles lolides de celle-ci , ne fortoient pas toujours d’elles-mêmes, où elles fouffroient des intermittences ; mais quand ces éruptions fe fai-foient, ou qu’on les excitoit, en approchant le plat de la main, elles étoient très-violentes, & les étincelles qui en réfultoient, picquoient tout autrement que celles de la feuille coupée en quarré long, qui étoient très-fupportables.
- IV. EXPERIENCE.
- J’ai éprouvé des différences fem-blables, lorfque, fuivant le même procédé , j’ai éleftrifé d’une part, une maffe de cuivre, qui avoit la forme d’une poire, & qui pefoit environ 2 livres, & de l’autre part,
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- sur l’Électricité. une petite feuille de ce laiton laminé , qu’on nomme clinquant, capable de couvrir la moitié de cette poire dont je viens de parler.
- V. EXPERIE NC E.
- Enfin j’ai placé fur la grofle barre, tandis qu’on l’éledrifoit, trois quantités égales de fer, mais bien différentes entr’elles par la quantité de furface qu’elles avoient, fçavoir un cube folide pefant 8 livres , un paquet de doux dont chacun avoit 2 pouces 7 de longueur, & une caiffe à peu près cubique & couverte de tôle, extrêmement mince, que j’a-vois remplie de ces petits doux qu’on nomme broquettes fines. Cette derniere épreuve a été conffamment fuivie de réfultats fort approchans de ceux que j’avois eus dans les précédentes ; lorfque j’approchois la main au-deffus des broquettes , plu-fieurs d’entr’elles brilloient à la fois d’un petit bouquet lumineux qui avoit à peine un 7 pouce de longueur, qui ne laiiToit entendre aucun fiflie-ment, mais qui faifoit fentir fur la
- IV.
- Disc*
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- ___286 Recherches
- jy— peau un petit vent femblable à celui Disc, qui accompagne les aigrettes qu’on voit au bout des feuilles d’une plante verte qu’on éleétrife : les étincelles qu’on en tirait avec le doigt étoienc médiocrement douloureufes, & telles que tous ceux qui m’aidoient, en tiraient 7 ou 8 de fuite, fans aucune répugnance. II n’en étoit pas de même des grands doux ; la perfonne la moins délicate & la plus curieufe de fçavoir combien ils pou-voient faire fentir les effets de leur vertu , ofoit à peine recevoir une fois ou deux fur fa peau i’imprefîion & l’éclat de leurs feux : leurs aigrettes avoient quelquefois jufqu’à 2 pouces de longueur, & bruilfoient de maniéré à fe faire entendre diflinc-tement à 7 ou 8 pieds de diftan-ce ; enfin ces mêmes effets étoient encore plus grands aux angles & à différens points de la furface de la grande maffe cubique.
- ^Conclu- Il parait donc par les réfultats de iT toutes ces expériences , répétées EJ!'" nombre de fois, & avec tout le foin poffible, qu’à furfaces égales, une plus grande maffe ell capable de s’é-
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- sur l’Éléctricité. 287 leftrifcr davantage qu’une moindre maffe de la même efpéce, & que dans le cas même où les quantités de matière font égales de part & d’autre, ce n’eft pas toujours la plus grande furface qui rend les phénomènes éleftriques plus confidérables.
- Je dois rapporter ici quelques ob-fervationsqui me paroiffent fort importantes au fujet. Premièrement, comme j’ai répété fouvent les expériences dont je viens de faire mention , & que je les ai faites pour la plupart, dans d’autres vûes, & plu-fieurs années avant que de penfer à l’ufage que j’en fais aujourd’hui, j’ai eu lieu de remarquer que les grandes malfes, les corps qui ont beaucoup d’épaiffeur, ne s’éleétrifenc pas toujours d’une maniéré plus forte ou plus fenfible, que des corps de la même efpéce, qui feraient plus minces ; toutes les fois que l’é leftri-cité eft foible par la faute du verre que l’on frotte, par celle des autres inftrumens, ou de la faifon, je vois ordinairement que les phénomènes éleftriqucs font plus apparens, plus fenfibles de la part d’un Ample tuyau
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- 288 EechefcBes de fer blanc , que de la part d’an® grolfe barrç de même longueur ; qu’un chaudron , ou tout autre vaif-feau creux de métal, étincele mieux qu’une enclume ; il eft bien rare qu’un fimple fil de fer ne faffe aigrette à fon extrémité, & ne s’éleélrife juf-qu’à étinceler dans toute fa longueur, en quelque tems que ce foit, & l’on fçait qu’il n’en eft pas de même d’une tringle de fer, même d’une médiocre grolfeur.
- Cette obfervation me fait penfer qu’un corps mince s’éleârife plus facilement qu’un plus épais, mais que celui-ci, quand la caufe efficiente peut y fournir, eft fufcepti-ble d’une plus grande vertu. Voilà pourquoi dans ma conclufion , je n’ai point dit qu’une plus grande malfe s’éleârife, mais qu'elle eft capa-tle de s’éleSlrifer davantage qu’une moindre malfe ; & cette propofi-tion ainfi modifiée, me paroît in-conteftable, après les expériences que j’ai citées.
- Secondement, j’ai remarqué encore , ( & cela peut confirmer ce que la première obfervation m’a fait penfer,
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- sue l’Électki cité. 289 fer,) j'ai remarqué , dis-je , que la = propagation de l’éleélricité dans un d corps épais , toutes chofes égales d’ailleurs, fe fait plus lentement que dans un plus mince ; celui-ci prefque dans un inftant, produit tous les phénomènes dont il ell capable, la caufe qui lui fournit fa vertu , ref-tant la même ; au liqp qu’un corps qui a beaucoup plus de matière, reçoit comme par dégrés, & feulement après une éleftrifation foute-nue, & d’une certaine durée, la force électrique qu’il peut prendre : j’en ai jugé ainfi par cent épreuves fem-blables ou équivalentes à celles qu’on va voir.
- VI. EXPERIENCE.
- J’ai fufpendu avec deux cordons de foye , & féparément l’un de l’autre, un poids de fer de ;o livres & un petit parallelipipede du même métal, pefant environ 8 onces. Je conduifois l’éleélricité à l’un & à l’autre en même - tems par le moyen d’une chaîne qui fe divifoit en deux branches, comme on peut le voir
- T> L
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- 2po Recherches par la ligun 2. & afin de mieux faifir la différence qu’il pourrait y avoir entre l’inffant où l’éleftricité commencerait à fe communiquer, & celui où cette communication fe manifefteroit par des lignes fenlï-bles, une perfonne pinçoit la chaîne en A , tandis qu’on mettoit le
- flobe en train, & avertiffoit par un gnal, lorfqu*lIe la quittoit. Un autre obfervateur préfentoit le plat de la main à 4 pouces de dillance de l’angle le plus Taillant d’un des deux corps, qui recevoient l’éleétri-cité, & l’on comptoit par les vibrations d’un pendule qui battoit les demi-fecondes , combien il fe paf-foit de tems entre le lignai donné par celui qui ceffoit de pincer la chaîne, & l’apparition des aigrettes à l’angle du corps cleârifé ; quelquefois au lieu des aigrettes, on atten-doit des picquûres au bout du doigt, que l’on tenoit à une dillance éprouvée , ou bien on plaçoit à 5 ou 6 poucesau-deffous de ces corps, des cartons couverts de fragmens de feuilles d’or, de poulfieres de bois, ou de barbes de plumes. A peine fe
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- SUR iJÉLECTRICITÉ. 2pl paffoit-ilune fécondé, fans que le petit morceau de fer étincelât, ou donnât des aigrettes, & j’en ai quelquefois compté plus de fix avant qu’on vît paraître les mêmes effets à l’angle du gros poids,où on les attendoit, & avec un peu d’attention, on s’ap-percevoit bien que ni l’un ni l’autre n’attiroit pas d’abord avec autant de vivacité que l’inftant d’après. Je dis l'inftant d’après au lingulier, car c’eft une. chofe très-commune , & à laquelle pourtant on n’a pas fait toute l’attention qu’elle mérite , qu’un corps dont l’éleftricité fe foutient, ou fe répare continuellement, n’attire vivement que pendant quelques inftans fort courts, les fragmens de feuilles d’or qu’on lui préfente, par exemple , fur une table ou fur un carton, après quoi fon action paroit fe rallentir, & femble fe ranimer, quand il commence à s’éloigner de ces petits corps ; apparences trom-peufes dont on fe défabufera, fi l’on fait attention que dans le cas dont il s’agit , c’eft-à dire, lorfque les corps légers font à une petite diftan-ec d’un corps qui devient fort élec-Bbij
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- 292 Recherches trique, la matière effluente de celui-ci prévaut contre la matière affluen-te, qui fait ce qu’on nomme les at-traâions, & que cette fupériorité de force ne fubfifte plus, lorfque le corps cleftnque vient à s’éloigner, à caufe de la divergence des rayons effluents, qui les rend néceffairement plus rares, à une plus grande dif-tance de leur foutce.
- VII. EXPERIENCE.
- l’ai fait des épreuves à peu près fémblables à la précédente , en me fervant de la groffe barre, & du tuyau de fer blanc dont j’ai parlé dans la première expérience, & j’ai eu aufli les mêmes réfultats , foit que j’at-tendiffe les aigrettes fpontanées, foit que je préfentaffe de part & d’autre le plat de la main , ou une plaque de fer, pour hâter l’éruption de ces feux. Il eft vrai que quand on opère par un tems , & dans des circonf-tances bien favorables à l’éleâricité, les différences dont il s’agit, ne font pas fi grandes, mais j’en ai toujours
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- sur l’Électricité. 293 trouvé d’affez confidérables , pour en tenir compte.
- Troifiémement , quoiqu’une plaque ou une verge de fer d’une certaine épaiffeur, reçoive communément plus d’éledricité qu’une lame ou une feuille du même métal extrêmement mince , il efl confiant que la différence qu’on remarque dans les effets éledriques de l’une & de l’autre , ne fuit pas à beaucoup près celles des folidités ; on fe tromperait beaucoup , par exemple, fi l’on s’attendoit de trouver cent ou cent cinquante fois plus d’effet dans une enclume éledrifée, que dans une feuille de tôle , parce que celle-ci pefe d’autant moins que l’autre ; une médiocre épaiffeur fuffit, pourrepré-fenter des phénomènes affez confidérables, de forte que je ne ferais pas éloigné de croire, qu’un canon de métal épais de quelques lignes, (plus fufceptible certainement d’une grande éledricité , que ne le ferait un tuyau de clinquant,) aurait auffi quelque avantage fur une pièce entièrement folide qui aurait la même longueur & la même groffeur ; & fi,
- Bbiij
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- 294 Recherches —jy— pour répéter l’expérience de Leyde, D j s’c. les Allemands fe fervent prefque toujours de canons de moufquet, ou d’autres pièces creufes, comme il pa-roît par leurs écrits, c’eft peut-être moins à defîein de fuivre littéralement le procédé mal interprété de M. Mufchenbroëk, que parce qu’on s’en eft bien trouvé , lorfqu’on en a fait l’elfai. Si l’on amincit un corps pour le rendre plus éleétrifable, on doit donc en ufer avec modération , & ldi conferver une certaine épaifc feur, fi l’on veut qu'il foit capable de grands effets. Nous voyons quelque chofe de femblable dans le ma-gnétifme, qui fe Communique plus aifément à une lame fort mincé , qu’à une plus épaiffe , mais qui fe manifefle avec plus d’énergie dans celle-ci, lorfqu’il a pû la pénétrer entièrement.
- Quatriémeraept/ilm’a paru qu’une rauon.rer' quantité de matière dont on aug-mentoit lâ furface , pour la rendre plus éleftrique, bien loin d’avoir cet avantage , y perdoit confidérable-ment, lorfqu’on ne lui confervoit pas une certaine continuité : l’expér
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- sür l’ÉlmiricitI iÿf rîencc des broquettes comparées aux grands clous, & au cube folide, dont j’ai parlé plus haut, fuffiroit pour le prouver, mais je m’en fuis encore affiné davantage par celle qui fuit*
- VIII. EXPERIENCE.
- J’ai éleftrifé au bout d’une chaîne -de fer, un quarré de plomb laminé, épais d’une ligne , dont chaque côté avoit 6 pouces , & poids égal de plomb à tirer, dont chaque grain avoit une ligne de diamètre , étendu fur un morceau de taffetas de J pouces en quarré, auquel aboutif-foit auffi une pareille chaîne. Le plomb laminé produifoit des étincelles très picquantes , & d’un grand éclat, fes aigrettes étoient fponta-nées; le plomb grainé n’étinceloit pas fi fort, & ne donnoit point d’aigrettes.
- Après l’expérience, nous pouvons _ raifonner: pourquoi un corps éleflri- ' fé étincelle-t-il ? C’eft vifiblement, « parce qu’il en fort une matière ca- J pable de s’enflammer ; mais fi cette matière qui cherche à fortir, trouve Bbiiij
- ~NT
- Disc.
- Èxpficâ'
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- apg Recherches moins de réfiftance dans un corps animé, ou dans un morceau de métal qu’on lui préfente, que dans l’air même de l’atmofphére , comme je crois l’avoir fuffifamment prouvé : n’eft-il pas naturel qu’elle vienne de toutes parts à cet endroit, vis-à-vis duquel je préfente mon doigt, à cet endroit où elle trouve un milieu plus perméable ? &ne fommes-nous pas autorifés à croire que cela fe palfe ainlï, quand nous confidérons que les effluences lumineufes celfent à l’extrémité d’une verge de fer élec-trifée, dès qu’on préfente la main à quelqu’autre endroit de fa furface. Soit donc ;4BCD,fig. 3. la furface d’un corps éleétrifé, qui n’ait qu’une très-petite épaiffeur ; je conçois que la matière éleftriqtie qui cherchoit à s’échaperpar les bords, change fon cours, & fe précipite de toutes parts vers le point E, vis-à-vis duquel je préfente mon doigt à une petite dif-tance ; & tous ces petits ruilTeaux déterminés à fortir par la même if fue , font une éruption beaucoup plus grande, que ne pourroit faire la quantité de matière électrique f qui
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- SUR l’Éi.ECTRTCITÉ. 2J7 viendrait naturellement de cet en- “ droit comme de tous les autres d, points de la furface.
- De-là, ilfuit 1°. que lï cette furface étoit beaucoup plus petite, comme a b cd, l’éruption devrait être moins forte , non-feulement parce qu’il en fortiroit moins de matière, mais en core parce qu’il ell probable que ces petits courans acquiérent delavîtelfe dans leurs canaux,quand ilsfont longs jufqu’à un certain point, & qu’un chemin trop court les prive de cette accélération. 20. que les étincelles que l’on excite aux bords , ne doivent point être auffi fortes que celles qui viennent du milieu ; car on peut voir par la figure 4, que le nombre des rayons qui aboutilfent au point de concours-F, n’égalent que la moitié de ceux qui viennent en E dans la fig. 3. & fi l’on m’objeéteque dans ce fécond cas, comme dans le premier , toute la matière répandue dans la pièce A B CD, prend fon cours vers le point d’éruption, j’ob-ferverai que cet effet fe paffe fi promptement, qu’on ne peut pas légitimement fuppofer que les plus
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- 298 Recherches —jV— longs jets paflent tout entiers aü-Dis'c. dehors, comme les plus courts ; il eft bien plus probable que de tous les jets de matière éle&rique qui fe présentent pour fortir, il ne parte au-dehors qu’une partie de chacun ; c’eft pourquoi l’effet qui en réfulte, doit moins répondre à la quantité du fluide, qui fe dirige vers le point de concours , qu’au nombre des rayons qui contribuent à l’éruption. 30. Qu’un corps d’une certaine épaif-feur, doit étinceler plus fortement qu’un autre qui feroit très-mince, parce que le doigt préfenté vers G, fig. y. reçoit non-feulement les rayons du plan ABC D, mais encore ceux des autres plans qu’on peut imaginer dans l’épaiffeur comme C D H /.
- Or je puis dire que ces trois con-féquences s’accordent parfaitement bien avec ce que nous montre l’expérience : une pièce de plomb laminé de 6 pouces en quarré produit des étincelles plus fortes , qu’un morceau du même plomb, qui feroit huit ou dix fois plus petit ; une feuille de tôle, un tuyau de fer blanc, étincelle bien autrement au milieu
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- sur l’Electricité. 299__________
- de fa longueur ou de fa largeur, —jy— qu’à fes bords ; & j’ai rapporté ci- Dis c. deffus bien des faits qui prouvent qu’un corps d’une certaine épaiffeur, lance ces fortes de feux avec bien plus de violence, que ne peut faire une lame très-mince.
- Ces réflexions foutenues de l’ex-périence, nous fuggérent des répon- 4 fes pour la fecondequeflion que je me 'io!'-fuis propofé d’examiner dans ce dif-cours, c’ell-à-dire, quelles nous indiquent à peu près ce que nous devons attendre de la figure & de certaines dimenfions du corps éleétrifé ; j’avouerai même que pour fçavoir ce que j’en devois penfer , je n’ai pref-que point eu de nouvelles épreuves à faire, il m’a fuffi de vérifier celles qu’on avoit faites , & de réfléchir fur des faits qui fe font paffcs mille fois fous mes yeux, depuis quinze ans que je m’applique à cette étude.
- Il y a plus de quatre ans que M.
- Boze a remarqué qu’il étoït difficile d’éleârifer immédiatement, & avec une certaine force les corps qui ont beaucoup de maffe , fous une forme arrondie de toutes parts, ou com-
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- 300 Recherches 1—jy me telle, (a) & le P. Gordon s’elî
- P i s c. alluré vers le même tems par des épreuves faites exprès , que l’efprit de vin s’allumoit plus Purement au bout d’une chaîne de fer d’une certaine longueur, qu’au bout d’une plus courte ; quoiqu’on puiffe légitimement inférer de là, que la matière éleétrique acquiert de la force en parcourant de plus longs efpaces dans les corps qui la tranfmettent, cependant comme le P. Gordon, en allongeant la chaîne, a augmenté auffi la malle du fer qui fervoit de canal à la matière éleftrique , j’ai-merois mieux, ce me femble, l’expérience de M. le Monnier , qui après avoir obfervé à quel point s’électri-foit une bande de plomb laminé large de quelques pouces , la coupa enluite en plufieurs bandes plus étroites , qu’il joignit bout à bout l’une de l’autre , & qui lui parurent
- (a) Si corpus nimiu molis & utrumvis oirn-fum rosundasumque elitlrifumdum immédiats globum tangtre jubeas,paul'o difficiliùs ris fuui-dit ; plus temporis requiritur ac longé minores vires inde exorientur, Tenram, EleCtr. P- 33.
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- sur l’Électricité. 301 devenir fenfiblement plus éle&ri- ~IV—: ques ; car il faut, autant que l’on Disc, peut, garder toutes circonftances égales d’ailleurs , quand on en éprouve une dont on attend quelque effet particulier.
- Il m’a paru de même qu’une barre de fer quarrée, longue de io pieds & demi, pefant 59 livres, devenoit communément plus éle&rique qu’une autre qui avoir à peu près le même | poids, ôc dont la longueur ne paf-| foit pas 4. pieds. Ce fait que je crois certain, nous montre encore quelque refiemblance entre l’éle&ricité & la vertu magnétique ; car on fçait que le même aiman communique plus de force à une verge plate d’une certaine longueur, qu’à une lame de la même épaiflèur, qui feroit plus courte ; mais cette reffemblance ne foutient pas de tout point la com-paraifon, car la longue verge aimantée a bien plus de vertu par un bout que par l’autre, & je ne me fuis pas apperçu qu’il en fût de même à l’égard d’une longue barre, ou d’une longue chaîne de fer éleètrifée; j’ai trouvé l’une & l’autre allez unifor-
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- J02 Recherches mément éledrique dans toute fa longueur, en m’en rapportant aux étincelles &au pouvoir attradif.
- Quoique l’éledricité acquière de la force par la longueur du corps qui la tranfmet, nous devons croire que cet accroiflement a fes bornes ; je crois qu’elles font plus étendues quand çette longueur ne prend rien fur les autres dimenfions ; le P. Gordon, par exemple, a dû augmenter davantage la vertu éledrique en allongeant fa chaîne , que M. le Monniern’auroit pû faire en divifant de plus en plus fa bande de plomb laminé ; car avant que d’avoir atteint une longueur fort confidérable chacune de ces lanières ou petites bandes , feroit devenue fi mince , ou fi étroite, qu’elle n’eût pas été propre à s’éledrifer d’une quantité un peu confidérable , & jamais l’aflèmbla-ge de ces filets de plomb, n’eût montré des effets femblables à ceux des premières bandes. Le fait que je vais rapporter, me fera garant de cette
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- sur l’Electricité. 303 IX. EXPERIENCE. d'T'c.
- J’ai pefé contre une régie de fer qui avoit 3 pieds ^ de longueur, 8 lignes de largeur, & deux lignes d’épailTeur, autant de bouts de 61 de
- fer qu’il en a fallu pour égaler fon poids; ces fils étoient longs comme la régie, & un peu plus gros que des aiguilles à tricoter; je les ai joints bout à bout* comme on fait les chaînes d’Arpenteurs , & je leur ai fait faire plufieurs tours & retours , en les fufpendant avec des fils de foye pour les éledrifer ; j’ai comparé leurs effets avec ceux de la verge de fer que j’éledrifois en même tems,
- & j’ai toujours trouvé incomparablement plus de vertu dans celle-ci que dans cette chaîne de menus fils, qui ne faifoit que de petites aigrettes prefque imperceptibles , ôc dont les étincelles n’avoient pas la force d’allumer l’efprit de vin.
- Il eft donc également certain , qu’on peut augmenter les effets de première la vertu éledrique, en donnant plus fécond? de longueur au corps qui la tranf- queitioo.
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- 304 Recherches - j.. - met, & que l’augmentation qui fe Disc, peut faire ainfi, n’a lieu qu’autant que cette longueur ne prend pas trop fur les autres dimenlions; & cela doit être, s’il eft vrai, comme je le penfe, & comme je l’ai dit plus haut, que les éruptions qui fe font de la matière électrique au dehors du corps éleéfrifé, ( éruptions d’où dépendent tous les phénomènes, ) prennent leur force & leur valeur, tant.de la vîtefle acquife dans un milieu favorable à leur mouvement, que du nombre des rayons qui viennent en tout fens au point de concours ; car un fil très-menu, ou une lame très-mince & fort étroite , peut bien par fa longueur donner lieu au mouvement accéléré de la matière électrique, mais alors, il y a un trop petit nombre de rayons qui s’élancent en même tems par le même endroit!
- Examen de Quant à la figure du corps éleélri-ia 'kllxl‘- fé, elle n’elt pas non plus tout-à-fait Sei/fecôn- indifférente. Les Obfervateurs des aon,urf phénomènes éledriques ont dû remarquer que les corps dont les parties les plus faillantes, font arrondies, obpufes ou anguleufes, montrent plus
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- sur l’ÊlectricitÏ. JfOf plus de vertu en ces endroits-là qu’ait- ~v-u-leurs. C’eft toujours aux angles foli- Disc, des d’une barre de fer qu’on voit briller les plus belles aigrettes, & qu’on reçoit les étincelles les plus picqtian-tes. Il fuffit de parfemer de gouttes d’eau la furface d’une verge de métal qu’on éleélrife pour déterminer les aigrettes lumineufes à fortir par ces petites éminences ; & un tuyau rond de tôle ou de laiton étincelle mieux que là feuille de métal dont il ell fait , lorfqu’elle eft déployée.
- Ceci n’ell point une conjeôure que je hazarde ; c’ed un fait que j’avois prévû, & dont l’expérience ma rendu certain.
- X. EXPERIENCE.
- J’éleftrifai par le moyen d’une feule chaîne deux grandes feuilles de fer blanc, dont l’une étoit toute étendue, & dans fon état naturel, & l’autre étoit roulée en forme de tuyau ; on tira de l’une & de l’autre , un grand nombre d’étincelles, & l’on convint unanimement que celles de la feuille roulée étoient les plus fortes & les plus brillantes.
- Ce
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- ____joiî Recherches
- - Pour rendre raifon de ces différera-
- Disc, ces, il faut toujours confidérer la Espiica- matière de ces feux éleftriques, com-|)hdnomé- 1716 l’affemblage d’un grand nombre nas <jt,’on de rayons, quele voifinage de quel-cçpôifcr. Quc corps détermine à fortir brufque-ment par un point, ou plûtôt par un petit efpace pris à la furface du corps éleftrifé; plus cet efpace eftétroit, plus ces rayons font ferrés, plus aulli leur éruption doit être violente ; or il eft évident par la feule infpeâion de la Fiji. 6. que fi le degré de proximité nécefiaire au corps C, pour déterminer le concours des rayons effluents, lï’eft pas d’une précifîon rigoureufe, maïs un à peu près comme il convient à tout ce qui eft phyfique , l’éruption fe fait par un efpace plus large, fi la furface eft droite comme A B,que fi elle eft courbe comme ED F; car le filet de matière éteélrique E G H, qui fe trouveroit peut-être déjà affez près du corps C, pour fe diriger vers lui, s’il avoit à fortir delà furface AB, fe trouvera encore rrop loin en G fous la furface E D F, il s’avancera donc jufqu'au point A' ou plus a, ant vers D, & par conféquenc I
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- <uk i/ElectkicitiS. 307 tous les rayons qui occupent l’efpace H1, quand le corps éleétrifé eft Disc. d’une figure plane, fe trouvent ref-ferrés entre K L, lorfque ce même corps préfente une furface courbe comme EDF. (,t)
- On peut ajouter à cela , que la matière éleftrique en fuivant la route E G K, pour aller en C, fouffre moins de retardement, que quand elle eft obligée de fe relever vers le même point après avoir fuivi la di-reftion AH; car les fluides perdent d’autant moins de leur vîtefle que leurs canaux approchent plus de la ligne droite, ou ce qui revient au même, qu’ils font des angles plus obtus.
- Aufli-tôt qu’on eut appris par les expériences de M. Boze a faire couler continuellement du bout d’une lame de métal éleétrifée, ces émanations lumineufes, qu’il nomme ignirfami-»a, 3c auxquelles j’ai donné le nom
- (a) On repréfente ici l’elpace HI, ou K t, incomparablement plus grand qu’il n’eft en effet. On a été obligé d’en ufer aiali pour rendre l’explication plus intelligible, & pour donner lieu de placer les lettres.
- Ccij
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- ____?o8 Recherches
- ~IV7~ d'aigrettes, à caufe de la forme qu’elles Disc, affectent de prendre, il vint dans l’efprit à tous ceux qui répétèrent ces expériences, de faire finir en pointe fort aiguë, les verges de fer & autres corps longs dont on vouloir faire tifage ; afin que la matière cleftrique qui les parcourt d’un bout à l’autre , & qui paroît toujours s’élancer avec plus de force par les parties les plus faillantes , fortît plus abondamment, & par conféquent avec plus de vîteffe, par cette extrémité fort pointue, à peu près comme on voit que cela fe fait par l’ajutage des jets d’eau ; je donnai aulîi dans ce préjugé qui étoit allez naturel , mais les épreuves que je fis même avec une forte d’obffination , me firent voir, à mon grand étonnement, qu’une pointe longue & menue au bout du corps le plus propre à faire de grands effets, n’en avoit que de fort médiocres; rien ne réulfa mieux que les angles folides d’une barre de fer coupée quarément, ou (î l'on veut n’avoir qu’une aigrette à fon extrémité , il faut la faire finir (cette barre,) par une pointe très-émouilïe.
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- SUR L’ÉLECTRlCITé. JOp Ce qui fait qu’on attend un plus grand effet au bout d’une groffe barre qui finit par une pointe longue & menue, c’eft qu’on eft porté à croire que la matière électrique fe meut d’un bout à l’autre dans cette barre , comme de l’eau dans un tuyau, & qu’elle n’en fort que par l’extrémité taillée en pointe ; mais cette idée n’ell point exa&e. Nous fommes certains qu’un corps éle&rifé cfl: tout hériffé de rayons effluents : fi nous voulons comparer la matière éle&rique animée par l’aclion du globe dans une barre de fer, à quelque fluide pouffé d’un bout à l’autre dans un tuyau ; n’oublions donc pas que la furface de ce tuyau elt toute criblée de petits troux par lefquels le fluide qu’il renferme peut s’échapper en même tems qu’il coule vers l’extrémité où il a une iffue ; & comme nous n’avons pas de raifon pour fuppofer qu’une barre de fer foit plus poreufe à fon extrémité , qu’ailleurs, nous aurions bien de la peine à dire pourquoi la matière éleftrique a une tendence particulière vers la pointe, li l’expérience
- IV.
- Disc*
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- 3io ‘Recherches ne nous avoit appris que ce fluide trouve plus de refiftance dans l’air que dans du métal, & qu’il ne fort du fer que le plus tard qu’il peut.
- En confidérant la barre de ter électrique , fous ces deux idées qui ne font pas des fuppofitions , je dis qu’il doit arriver en M Fig. 7. moins de rayons qu’en N Fig. 8. parce que la première de ces deux pointes ayant beaucoup plus de furface que l’autre , laifle plus de moyen de s’échapper à la matière électrique oui ne fe plie pas vers M félon toute f’intenfi-té de fa force, mais feulement fuivant une certaine perméabilité qu’elle trouve plus dans le métal, que dans l’air qui l’environne.
- Enfin pour dire tout ce que je penfe fur ce jeu fingulier de la nature, je ne puis m’imaginer que toute la matière effluente a’un corps élec-trifé, vienne ni du propre fond de ce corps , ni du globe qui lui communique fa vertu. Je fçais à n’en pas douter, qu’autour d’une barre de fer que j’éleétrife, il y a une matière effluente & une matière affluente ; celle-ci fans doute remplit conti-
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- SUR t’É EK CTRïéjTÊ. r.Jjti __ nnellcment les vuides que l’autre a ~ jÿ'-: laides, & elle devient effluente à Dise» fon tour; fi cela eft comme je le conjecture, l’aigrette O Fig. $. réfulte en partie de la matière qui coule intérieurement félon la longueur du
- fer, & qui fe porte à l’angle comme à l’endroit 1e plus faillant, & en partie de la matière affluente qui tombe enp Sc en cj, & qui fort du fer après avoir traverfé fon épaif-feur. On peut dire à peu près la même chofe de la pointe N Fig. 8. qui eft fort courte ; mais non pas de la pointe M Fig. 7. dont l’extrémité préfente trop peu de furface & d’é-paifleur.
- Si la matière éleCtrique effluente a plus de force, en fortant des fur-faces convexes ou des pointes obtu-
- fes, qu’elle n’en a lorfqu’elle vient des furfaces planes, oa des pointes fort menues,je puis dire qu’il en eft de même,& par les mêmes raifons,de la matière affluente qui part des corps foli-des, lorfqu’on les approche de ceux qui font électriques. Je le prouverai fuffifamment, en faifant remarquer aux perfonnes qui ont vû avec refie-
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- 3*2 JR E CH ER ci H I? xion les expériences de l’éleéhicicé; que l’on réuflit toujours mieux à faire naître de belles étincelles , quand on les excite avec quelque mafTc un peu arrondie ; l’anneau d’une clef, le bord d?un écu, le bouton d’une pelle à feu, l’articulation du doigt, lorfqu’il eft plié, font autant de moyens par lefquels on obtient des effets beaucoup plus grands, que fi l’on vouloir fe fervir de la pointe d’un couteau, & même du bout du doigt préfenté dire&ement.
- Ces faits que i’obferve depuis Iong-tems, & que d’autres que moi, fans doute auront remarqués auflï,me donnent le dénouement d’une expérience curieufe , dont M. Jallabert me fit part pendant fon dernier féjour à Paris 5 voici coramme elle fe fait.
- XI. EXPERIENCE.
- On met en équilibre fur un pivot, une petite verge de bois, qui peut avoir i J ou 16 pouces de longueur, pointue par un bout, & armée par l’autre d’une petite boule de bois , d’un pouce de diamètre ou environ;
- on
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- sur l’Électricité, jij on met cet infiniment ainfi préparé, —jÿ— à portée d’un homme qu’on élec- d i s'c, trii'e, & qui tient en fa main un morceau de Dois tourné , gros & arrondi par un bout, comme une demi-boule d’un pouce de diamètre,& pointu pat l’autre extrémité, Fig. 10. fi cet homme préfente ce morceau de bois pat le gros bout à la boule A, qui efl à l’une des extrémités de l’aiguille, le plus fouvent cette boule efl repouffée ; il l’attire au contraire prefque toujours, s’il préfente le morceau de bois par la pointe. On voit tout le contraire, fl l’on fait l’expérience par l’autre côté de l’aiguille, le morceau de bois éleétrifé & préfenté par le gros bout, l’attire, & fi c’efl la pointe du morceau de bois que l’on préfente, il efl fort ordinaire que la partie B foit repouffée.
- Je ne puis pas dire que cette expérience m’ait réuffi toutes les fois que je l’ai voulu faire ; mais je l’ai répétée plufieurs fois avec fuc-cès, & cela fuffit pour la rendre in-téreffante, & pour mériter qu’on en cherche l’explication.
- Puifque les étincelles deviennent Explication
- Dd
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- 314 Recherches — — plus fortes entre deux maffes d’un
- D1 s*c. certain volume dont les furfaces font <îe ce Phé- un peu convexes , c’eft une marque noméiie. que la matière éledrique eft plus abondante , ou coule avec plus de vîteffe de part & d’autre ; il eft donc très-vrai-femblable que quand le morceau de bois éledrifé fe préfente par le gros bout à la boule A, qui ne l’eft pas , la matière effluente de l’un, & la matière affiuente qui vient de la part de l’autre en fens contraire , ont affez de force, pour fe repouffer réciproquement , au lieu que quand les volumes oppô-fés font très-différens l’un de l’autre, comme il arrive quand la boule de l’aiguille fe trouve vis-à-vis la pointe du morceau de bois éledrifé , l’un des deux courans beaucoup plus foible que l’autre, n’empêche pas que les deux corps ne l'oient portés l’un vers l’autre , par la matière affluente qui vient de l’air environnant , & qui pouffe le plus libre des deux.
- Pour concevoir ceci, il faut faire attention que quand la matière électrique fort d’un corps , foit qu’elle
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- SUR i.’Elkctricitê; 3iy en foit cha(Tée par le mouvement in- ” tellin qui le rend éleârique, foit que p iS'cà le voifinage d’un corps éleélrifé la détermine à venir à lui, le vuide qu’elle y laide, fe remplit aufli-tôc & continuellement par le fluide am-bient de la même elpece qui fe trouve dans l’air de l’atmofphere, comme par tout ailleurs ; ainfi la boule A en préfence de la pointe de bois qu’on éle&rife, foudre quelque réfiltance de la part de la matière effluente, qui vient àellepnais comme les rayons en font divergens & en petite quantité, ils ne l’emportent pas fur l’impulfion de la matière qui vient à la boule par la partie oppofée, pour remplacer celle que cette même boule perd en préfence d’un corps éleétrifé ; car quoique cette matière y entre , ce n’eft pas fans la heurter, foit en s’appuyant fur les parties folides du bois, toit en pénétrant avec un certain frottement dans lès pores.
- Je pafle maintenant à la troifîéme queffion, & j’examine ü I’éleélrifa- * la 'ration qui dure un certain tems peut ,U5C: diminuer la malfe d’un corps , ou. changer fes qualités. On fent bien Ddij
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- 316 Recherches —jÿ7— que de telles queftions ne peuvent D, sc. ié refondre que par un grand nombre d'épreuves faites fur des matières de différentes efpéces, & que pour fou-tenir ce travail pendant des jours entiers , il faut payer des hommes qui fe relayent, pour continuer fans relâche le mouvement des machines:
- Appareil pour gagner du tems, & épargner pm.' les de la dépenfe, j’imaginai d’éleéîrifer Encs!" en méme-tems plufieurs des corps, furlefquelsj’avois deffein de porter mes épreuves ; & pour cet effet, je fis faire une efpéce de cage, de trois grandes feuilles de tôle, Fig. 11, dit pofées parallèlement entr’elles, datantes l’une de l’autre , d’environ un pied , & tenues aux 4 coins par des montans de fer : je fufpendis cette cage par deux anneaux de métal, à un gros cordon de foye tendu hori-fontalement ; j’y plaçois tout ce que je voulois éleàriîer, & j’y condui-fois l’éleélricité par le moyen d’une chaîne de fer , qui la recevoit d’un globe de verre : deux hommes forts, que deux autres relevoient de tenu en tems, faifoient tourner ce globe, tandis qu’une troifiéme perfonne y
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- sur l’Électricité. 317 tenoit lès mains appliquées pour le frotter.
- C’étoit bien ici l’occafion d’épargner, s’il étoit poffible, à un homme la peine de frotter continuellement, en fubflittiant un coufflnet porté par unreffort : j’en ai effayé aufli de toutes les façons ; ceux qui me réiifflf-foientle mieux, (a) étoient faits d’Un morceau de bois creufé conformément à l’arrondifflement du globe de verre, & recouvert de fept à huit morceaux de peau de buffle, dont le dernier, (celui qui touchoit le verre ,) étoit légèrement frotté de craye, mais au bout d’un quart d’heure ou un peu plus, le globe s’échauffoir. confidérablement à l’endroit où il étoit frotté, & la vertu éleétrique
- (a) La lefture des Ouvrages qui traitent de l’Eledricité, & des diftérens moyens dont on fe fert pour exciter cette vertu , m’a fait connoître que ceux qui employent des coufli-netspour frotter le verre, réunifient toujours mieux quand il les font, ou qu’ils les garnit-fent de matière animale. Ma propre expérience me l’a fait voir aufli ; & j’ai appris de plus que le fuccès eft encore plus sur & plus durable, quand le éo-ps frottant eft non-feulement une matière animale, mais animée.
- * D'diij
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- 31S Recherches ^—jy— s’affoibliffoit à proportion, (a) J*en D i sc. revins donc à faire frotter avec la main nue, pratique que j’ai toujours reconnue pour être la meilleure , (au moins par ma propre expérience,) & qui n’eft point tout-à-fait exempte des inconvéniens du couffinet ; car nous avons toujours remarqué qu’a* près trois quarts d’heure ou une heure de frottement, la même perfonne avec la meilleure volonté, ne procu-roit plus qu’une éle&ricité fenfible-ment plus foible, & que cette vertu fe ranimoit infailliblement, quand une nouvelle main venoit l’exciter, foit qu’il fe falfe une forte d’épuh fément dans la perfonne qui frotte, foit que la peau de la main empâtée, pour ainfi dire, par cette matière qui
- (a) J’obferve depuis long- tems que quand îe frottement excite une chaleur con/îdéra-ble, le verre en eft moins éledrique ; je remarque auffi que quand l’éledricité eft bien forte, foit par les circonllances du tems, foit par d’autres caufos, le verre ne s’échauffe que foiblement fous la main, quoique le frottement foit d’une longue durée, comme fi la même matière qui fait l’éiedricité quand elle fort des deux corps qui fe frottent, étoit de nature à y faire naître la chaleur, quand le frottement ne i’en fait pas fortir.
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- sur l’Électricité. 319 s’attache au globe, & dont j’ai parlé ailleurs , devienne trop liffe pour frotter efficacement : la derniere de cés deux raifons me parole d’autant plus vrai-femblable, que quand on a frotté pendant quelque tems, la partie qui a été appliquée au verre, paraît très-luifante, & comme légèrement enduite d’une matière gralfe.
- Un travail de cette efpéce fuivi pendant quatre ou cinq heures, pou-voit échauffer exceffivement les pointes des poupées fur lefquelles tournoit le globe , ce globe lui-même fragile de fa nature, & armé à fes pôles de deux pièces de bois, qui n’étoient que cimentées , pou-voit manquer par quelque fecoulfe ou autrement ; je prévis ces acci-dens, & pour être en état d’y remédier fur le champ, je m’étois muni d’une fécondé machine de rotation , & j’avois pltifieurs globes tout prêts à remplacer celui qui ferait caf-fé, ou qui fe trouverait hors d’état de fervir.
- Avec cet appareil, je me munis encore d’une balance allez mobile pour trébucher par le poids d’un I) d iiij
- D
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- ____$20 Recherches
- ~iy]— grain, lorfque les baffins étoient char* Dis c, gés de7 à 8 livres; & plufieurs per-fonnes intelligentes, & déjà initiées dans ces fortes d’expériences, (a) ayant bien voulu joindre leur attention à la mienne , & me prêter la main dans des opérations , où je n’aurois pû agir feul, je me mis à exécuter le projet que j’avois formé d’éle&rifer pendant quatre ou cinq heures de fuite, & à différentes fois, des quantités connues de diverfes matières, pour voir, i°. fi elles di-minueroient , 2°. û. elles changeraient de qualités.
- Sur quel- J’ai éprouvé-d’abord des liqueurs *
- corps * cese & enfuite des corps folides non orga-ces'ont&é ^ îa‘confidérécomme tels, faftes",1 & ceux qui le font naturellement, mais kTvûéT1 ^ont es Part‘es organiques ne font u ’ plus de fonftion, tels que les fruits détachés de leurs arbres, les plantes féparéesde la terre, la chair des animaux morts, &c.
- Pour fçavoir avec quelque certitude, fi Péle&ricité étoit capable de changer le poids de tous ces
- 00 Mrs. Le Roy, Vandermonde, Morand fils, &c.
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- sur l'Électricité. 321 corps , j’en pefois deux de la même "~jy_—; efpéce, & a peu près de même vo- Disc, lume, & l’on en tenoit compte par écrit ; l’un étoit cleftrifé pendant quatre ou cinq heures, & l’autre pendant tous ce tems-là demeuroit dans le même lieu, mais à l’écart, après quoi on les pefoit encore ;
- & fi le corps éleârifé fe trouvoit plus léger que celui qui ne l’avoit pas été , on jugeoit que ce qui lui man-quoit pour égaler le poids de celui-ci, étoit un déchet qu’on devoit attribuer à fon éleârifation.
- A la rigueur, on auroit pu foup-çonner en certain cas que le corps qui fe trouvoit le plus léger, l’étoit devenu , non parla vertu éleftrique, mais par quelque difpolition particulière , par quelque qualité individuelle , qui l’auroit rendu plus éva-porable qu’un autre quoique de la même elpéce ; pour lever entièrement ce doute, on éledrifoit tout àtourles deux corps, ou les deux portions de matières qu’on devoit comparer enfemble ; & ce 11’étoit qu’après plufieurs expériences alternatives ,Sc fur des réfultats confiant,
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- gai Recherches que l’or, tiroit les conféquences;
- Si l’éleftricité devoit diminuer le poids des liqueurs, cette diminution pouvoir être confidérée comme une évaporation forcée, & alors on pouvoir foupçonner dans cet effet , { fuppofé qu’il eût lieu ) des varia-riations, fuivant que le vafe ferait par fa nature plus ou moins éleflri-fable , fuivant qu’il feroit ouvert ou fermé , ou que fon ouverture feroit plus ou moins grande , ou enfin relativement à la nature des liqueurs qui pourraient être plus ou moins évaporables.
- Pour embraffer toutes ces vues , j’ai fait mes épreuves fur de l’eati commune, fur des huiles, fur des liqueurs falines , & fur des efprits très-volatils ; j’ai tenu ces liqueurs en expérience d’abord dans des vafes de verre, enfuite dans des vafes de métal femblables aux premiers parla figure & par la capacité, & enfin je les ai éprouvées dans des vaifieaux de l’une & de l’autre efpéce que j’ai tenus bien fermés.
- Toutes ces expériences ont été répétées plufieurs fois, &en diffé-
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- Reckerckefl fur iElectricite 4Z Pige.PLIX
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- SUR L’ÉLECr RIClTé. 523 tens tems : j’en abrège le détail en cxpofant ici les réfultats dans des tables que j’ai dreffées d’après mon Journal, & dans lefquelles les effets font repréfentés par des quantités moyennes prifes entre les plus grandes & les plus petites.
- XII. EXPERIENCE.
- Sur des liqueurs contenues dans des taffes ou capfules de verre , dont l’ouverture avoit 4pouces de diamètre.
- 4 Onces d’eau de la Seine éleétrifées pendant cinq heures , ont fouffert un
- déchet de.............8 s™n!-
- 4 Onces de la même eau non éleétrifées, ont perdu pendant le même tems, parla fimple évaporation ... 3. Différence qu’on peut regarder comme l’effet de l’é-leétricité............S-
- XIII. EXPERIENCE.
- Les liqueurs fuivantes ayant été éprouvées de même & en pareille
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- J24 Recherches quantitéles différences ou les déchets caufés par l’éle&rifation, ont été :
- Pour le vinaigre rouge .... 2 srainï« L’eau chargée de nitre ... 3
- L’urine fraîche...........7
- Le lait nouveau...........4
- L’huile d’olives..........o
- L’efprit de térébenthine . 7
- L’efprit de vin.........8
- L’efprit volatil de fel ammoniac ..................1 r
- Le mercure................o
- XIV. EXPERIENCE.
- Sur des liqueurs contenues dans des taffes ou capfules fêtai», dont P ouverture avoit 4 pouces de diamètre.
- 4 Onces d’eau de la Seine éleftrifées pendant cinq heures, ont fouffert un déchet de . ...............10 srains*
- 4 Onces de la même eau non éleffrifées, ont perdu pendant le même efpace de tems, par la fîmple évaporation .................3
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- SUR L’ÊtECTRICIT*. 32$ Différence ou effet qu’on peut attribuer à l’éleflri-cité...............7
- XV. EXPERIENCE.
- Les autres liqueurs, hors le mercure , ayant été éprouvées de même & en pareille quantité, les différen-
- ces ou les effets caufés par l’éleftri-fation ont été :
- Pour le vinaigre rouge .... 3 s1*'0* La folutiou de nitre .... 3
- L’urine fraîche............9
- Le lait nouveau............4
- L’huile d’olives...........o
- L'elprit de térébenthine. 10
- L’elprit de vin...........10
- L’efprit volatil de fel ammoniac ...................13
- XVI. EXPERIENCE.
- Sur des liqueurs contenues dans des petites carajfes de verre, dont l*ouvert turc avait un pouce de diamètre»
- 3 Onces ^ d’eau de la Seine ayant été éleftrifées pendant.
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- jatf Recherches cinq heures, ont foufFert
- un déchet de...............a s"'*'-
- Pareille quantité de la même eau, non éleélrifée, a perdu par la fimple évaporation ......................o
- Différence ou effet qu’on peut attribuer à l’éleftrifa-tion.......................a
- XVII. EXPERIENCE.
- Les autres liqueurs, hors le mercure & l’huile d’olives, ayant été éprouvées de même & en pareille quantité pour le volume, les différences ou les effets caufésparl’élec-trifation, ont été :
- Pour le vinaigre commun .. o 5'»*“. La folution de.nitre . . .. i
- L’urine fraîche........j
- Le lait nouveau........a
- L’eforit de térébenthine . 4
- L’elprit de vin........4
- L’efprit volatil de fel ammoniac..................y.
- asSWfeî;
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- sur {.'Électricité. 327 XVIII. EXPERIENCE.
- lv—
- Cisci
- Toutes les liqueurs rufdites ayant été cledrilécs pendant dix heures de fuite, dans des vaiffeaux de verre & de fer blanc bien bouchés, elles ont été pefées enfuite comme elles l’a-voient été avant, & l’on n’y a trou» vé aucunediminution fenfible.
- Il paraît par toutes ces expérien- R«*Mt ces, 1°. Que l’éledricité augmente „“nc“r„éj, l’évaporation naturelle des liqueurs, p™»*» « puifque à l’exception du mercure qui elltrop pefant, & de l’huile d’olives dont les parties ont trop devifco-fité , toutes les autres qui ont été éprouvées, ont fouffert des pertes, qu’il n’eft guéres poffible d’attribuer à d’autre caufe qu’à l’éledricité.
- 2°. Que l’éledricité augmente d’autant plus l’évaporation, que la liqueur fur laquelle elle agit, eft par elle-même plus évaporable. Car l’efprit volatil de fel ammoniac a fouffert plus de déchet que l’efpric de vin ou celui de térébenthine; ces deux dernières liqueurs plus que l’eau commune , & l’eau plus que
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- 328 Recherches le vinaigre ou la folution de nitre.
- 3 °. Que l’éle&ricité a plus d’effet fur les liqueurs, quand les vafes qui les contiennent, font de nature à s’é-lectrifer davantage ou plus facilement par communication ; au moins m’a-t-il paru que les effets étoient toujours un peu plus grands quand les vaiffcaux étoient de métal > que quand ils étoient de verre.
- 4°. Que l’évaporation forcée par l’éleélricité , efl plus confidérable quand le vafe qui contient la liqueur efl plus ouvert, mais que les effets n’augmentent pas fuivant le rapport des ouvertures ; car ces liqueurs , quand on les éleétrifoit dans des capfules de 4 pouces de diamètre, préfentoient à l’air feize fois autant de furface, que quand elles étoient contenues dans des caraffes dont le goulot n’avoit qu’un pouce de diamètre : cependant il s’en falloir bien qu’il y eût cette différence entre les effets, comme on le peut voir parla comparaifon des réfultats.
- 50. Que l’éleélrifation ne fait point évaporer les liqueurs à travers les pores du métal, ni à travers ceux du verre,
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- sur l’Électricité. 329 verre , puifqu’après des épreuves —jÿ—-qui ont duré dix heures, on ne trou- Disc, ve aucune diminution dans leurs poids, lorfqu’on a tenu bien bouchés , les vailTeaux dans lefquels on les avoit enfermées.
- Ce dernier réfultat nous apprend bien que les matières les plus éva-porables ne fe tranfmettent point à travers le verre qu’on éleétrife par communication ; mais qu’arriveroit-il, li ce verre même qui renferme les matières s’éleclrifoit par frottement f
- Les expériences de M. Pivati pu- Espérifc-bliées àVenife & dans toute l’Italie, nous difent très-pofitivementquedes uuesfve-» médicamens renfermés dans des tu-» bes de verre que l’on frottoit pour
- • les rendre électriques, fe font tranf-
- • mis du dedans au dehors , jufqu’au point de paroître fenfiblement dimi-» nués ; que cette tranfmilTton s’ell •encore manifeilée par l’odeur propre
- • de ces drogues , & ( ce qu’il y a de » plus admirable & de plus intéreffant)
- » par des guérifons prefque fubites. »
- Voilà deux objets dignes de la plus grande attention ; des matières odorantes qui pénétrent le verre éleftri-
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- 3 30 Recherches fé, & des exhalations, lesquelles anî« niées par la vertu éleflrique deviennent promptement Salutaires : je ne m’arrête ici qu’au premier de ces deux phénomènes, plus il me parut Singulier, plus je refl'entis vivement le dé-lîr de le voir par moi-même ; & pour être bien sûr que l’odeur que je de-vois Sentir, ne pourrait être venue que de l’intérieur du vaiffeau dans lequel j’avois enfermé les matières odorantes , je m’y Suis pris de la maniéré Suivante.
- XIX. EXPERIENCE.
- Dans un lieu écarté de celui où je Revois faire mes épreuves, j’ai mis dans différent tubes de verre, delà térébenthine de Venife , de la poix fondue , du baume du Pérou, & du camphre pulvérifé. J’ai bouché mes tubes de part & d’autre avec du liège , & par deffus le bouchon, j’ai mis un enduit de cire d’Efpagne ; je les ai bien elîuyés par dehors avec plusieurs linges ; & deux jours après cette préparation , je les ai portés dans le lieu où je devois les éprou-
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- sue l’Électricité. 351 ver; j’ai frotté ces tubes à plufieurs —jÿ—* reprifes & en différens tems, à peine Disc, ai-jepûles rendre paffablement électriques , & jamais ni moi, ni ceux qui m’ont aidé, n’avons reconnu la moindre odeur des matières que j’y avois renfermées.
- XX. EXPERIENCE.
- J’ai renfermé avec les mêmes précautions que ci-deffus 3 onces de baume du Pérou dans un de mes globes de verre ; & depuis cette préparation , je l’ai fait frotter plus de trente fois , en différens tems , fans avoir jamais apperçu d’autre odeur que celle qui vient communément du verre frotté. Je n’en ai pas fenti davantage autour des corps ni autour des perfonnes que j’éleélrifois par le moyen de ce globe.
- Je connois plufieurs Phyliciens fort au fait de cette matière, qui fe font obftinés, comme j’ai fait, à répéter cette expérience, & qui n’ont pas réuffi autrement que moi : tels iont M. Watfon à Londres, M. Jallabert à Genève, M. Boze à 'Wittemberg,
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- Recherches
- - & lePere Gara a Turin, &c.C’cfi-D i sc. pourquoi je commence à croire que M. Pivati a été trompé par quelque circonftance, à laquelle il n’aura pas fait allez d’attention : & ce qui me confirme dans cette opinion, c’eft qu’il paraît par un ouvrage imprimé à Naples, (a) Sc que j’ai a&uellement entre les mains, que M. Pivati avoue à ceux qui vont chez lui pour voir cette expérience , qu’il n’a jamais réuflï qu’une fois à la faire telle qu’il l’a annoncée.
- Après avoir fait des expériences fur des liqueurs , j’ai continué d’en faire fur des corps folides ; & j’ai choifi pour cela des mixtes de différentes natures, plus fixes les uns que les autres, afin de voir, s’il étoit poflible, combien ils dévoient
- (a) Tentamen de vi Eleftr. ejufque phena-menis, Auth.Niq. Bnmmacaro, p. 183. dans jla note b. ôn lit ce qui luit. Relationem mïhi fané videre contigit gallicè confcriptam hue Ncapolim Bononid mijfam ; in ed Anonymus Au-thor, fe. Dominum Vivat irrat apud
- quem multa expérimenta ur.....
- Exptrimentumquod attine fe eodem fuccejfu repetitm
- irnh P
- x *ruviani...
- SfiÈi
- im'o ipfum Dominum Pivati faterifemelfei furnjïucejfu tentajfe*
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- SUR l’Électr IC ITÉ. }}} l’être , pour réfifter aux efforts delà vertu éleftrique.
- Ayant fait attention que les déchets califes par l’éleâricicé, fe fai-foient par évaporation , & ayant delfein de faire mes épreuves fur des quantités à peu près égales, je les ai mefurées par le volume , & non pas par le poids, & je me fuis affu-jetti à celui d’une greffe poire de beurré blanc , quipefoit unpeuplu* de 4 onces s,
- XXI. EXPERIENCE.
- Sur des corps filides d’un volume à peu près égal à celui d’une grojjepoire,
- Une poire de beurré blanc, pe-fant environ 4 onces j, élec-trifée pendant 5 heures, perdit de. fon poids............6 £rl
- Une pareille poire non éleclri-fée, pendant le même efpa-ce de tems, perdit de fon
- poids........................o
- Différence , ou déchet qu’on peut attribuer à l’éleftrici-té...........................6
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- 334 Recherches . XXII. EXPERIENCE.
- Plulîeurs autres corps ayant été éprouvés de même , on trouva que chacun d’eux avait perdu de fou poids les quantités marquées ci-après.
- Une grappe de raifin blanc. 7 s™"' Une éponge légèrement hu-
- medée ... ............6
- Un pied de balîlique fraîchement coupé ..... y Un morceau de chair de
- beufcrue..............3
- Un morceau de chair de
- beuf bouillie..........4.
- Un morceau de mie de pain
- tendre................3
- Deux œufs frais..........2
- Un'morceau de bois de chêne fec. ........... o
- Un paquet de petits doux
- de fer................O
- On voit par ces dernieres expé-1 riences 1°. Que l’éledricité fait diminuer le poids des corps mêmes qui ont la confiftance de folides; pourvu cependant qu’ils ayent dans
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- sur l'Électricité. 53?
- leurs pores quelques fucs ou quel- —jÿ— que humidité propre à s’évaporer, Disc, car les bois fecs, les métaux , &c. quin’en ont point, ne fouffrent aucun déchet quand on les éleftrife.
- 2». Que les effets de l’éleélrifation fur les corps folides, toutes chofes égales d’ailleurs, font plus grands, quand il y a plus de furface , c’eft au moins ce que pourrait indiquer la grappe de raifîn éleftrifée , dont le déchet a été le plus fort de tous ceux que l’on a apperçu dans ces expériences.
- 11 ell donc bien certain que l’é- Concln-leclricité peut prendre quelque cho- u
- fe fur la malle de certains corps: partis- deU mais puifqu’il y a des exceptions , & quèntôn! que tout corps éleârifé n’en devient pas pour cela plus léger , il faut croire que les émanations électriques ne font point par elles-mêmes lacau-fe de cet effet, mais qu’elles l’oc-cafionnent feulement, en entraînant avec elles ce qui fe rencontre dans les pores des corps éleârifés, qui peut obéir à leur mouvement,
- &fortir avec elles.
- Quant aux autres qualités fenfi- Examen ic
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- 3î<S Recherches
- blés, je n’y ai apperçu aucun changement notable ; le lait ne s’eftpoinc aigri, je l’ai fait bouillir fans qu’il tournât, l’eau ne prit aucun goût étranger,aucune odeur; elle demeura claire, elle ne fermenta ni avec les acides, ni avec les alkali ; les animaux qui en burent pendant trois ou quatre jours, n’en parurent nullement incommodés. 11 en fut de même du pain, de la viande & des fruits.
- L’efprit de vin & les autres liqueurs me parurent aulli dans leur état naturel ; cependant , à parler rigoureufement , je ne doute pas qu’il n’y eût quelque changement ; car puisqu’une liqueur éledrifée s’évapore d’autant plus qu’elle eft par elle-même plus évaporable, celle qui, eft compofée de flegme & d’efprit, doit perdre plus de celui-ci que de l’autre ; ainfi la proportion qui eft naturellement entre ces deux parties compofantes, doit changer ce qui fait une véritable altération : mais fur 4 ou J onces d’efprit de vin que j’avois mifes en expérience, une évaporation de 7 à 8 grains ,
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- SDH I.’E LECTBICITé. 337 qui n’eft pas même toute entière de -|v— la partie fpiritueufe, puifque le fleg- d 1 s c. me eft de nature à s’évaporer aulîi quand on l’éleârife, une fi petite évaporation, dis-je, n’altéroit pas fenfiblemenr la liqueur, c’eft-à-dire, qu’on ne pouvoit pas s’appercevoir, par exemple, qu’elle- eût changé de goût, qu’elle eût une odeur moins pénétrante, qu’elle fût moins inflammable.
- En éleârifant des corps de tant , d’éfpéces différentes , je ne devois pas oublier l’aiman, d’autant plus qu’on eft partagé fur les effets de l’é-leâricité à fon égard , les uns prétendant qu’il s’affoiblit, quand on l’éleârife, les autres foutenant qu’il n’en eft rien : pour fçavoir à quoi m’en tenir, j’ai fait les expériences fui vantes.
- XXIII. EXPÉRIENCE.
- Ayant chargé peu à peu avec des Aj»«is petits doux une pierre d’aiman que é'cüilia' j’avois fufpendue à un fupport, je trouvai qu’elle pouvoit foutenirun poids de ^liv. 6 onces 10 grains.J’é-
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- 338 Recherches —-— prouvai de même un aiman artificiel D1 s ç. compofé de <5 lames de fleurets, dont la force fe trouva égale à une livre, 10 onces, 17 grains Je plaçai ces deux aimans fur la cage de tôle où ils furent éledrifés pendant près de dix heures dans la même journée, ayant leurs pôles dirigés de l’Eft à l’Oueft ; après quoi les ayant éprouvés de nouveau, je trouvai qu’ils portoient les mêmes poids dont je les avois chargés avant que de les éleclrifer. Si d’autres que moi ont vu des effets différens, il feroit bon qu’ils en donnaffent un détail bien cir-çonftancié : je puis affùrer que ce que je rapporte, ici elt exadement vrai, & que mes aimans ont été fortement éleârifés ; car celui qui ell compofé de lames de fleurets, n’a prefque pas ce fie de faire des aigrettes lumineufes ; 8c l’on a fouvent tiré de l’un & de l’autre des étincelles très-brillantes.
- Thsrçno- Voiçi encore un fait fus lequel îa'ik£‘ je ne me trouverai pas d’accord avec tout le monde : il s’agit des effets de la vertu électrique fur le thermomètre ; plufieurs Auteurs ont écrie
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- sur l’Électricité. 339 que la liqueur 11e manquoit pas de monter, quand on éleélrifoit linf-tmment ; pour moi, voici ce que j’ai vû conftamment.
- XXIV. EXPERIENCE.
- J’attachai à la cage de tôle un thermomètre de mercure, & un autre thermomètre d’efprit de vin, tous deux gradués fur la même échelle, & femblables pour la marche , à un troifiéme qui étoit dans le même lieu, & qui ne fut point éleétrifé. Pendant neuf ou dix heures que dura l’éleélrifation , j’obfervai les trois thermomètres, & je ne trouvai dans leur marche aucune différence notable.
- XXV. EXPERIENCE.
- J’ai fait plonger dans les aigrettes lumineufes d’une barre de fer élec-trifée , la boule d’un thermomètre que je tenois attaché au bout d’une baguette ; & quoique j’aye répété cette épreuve nombre de fois , je n’ai jamais vu monter la liqueur , Ffij
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- ___34° Rechekchsj
- foit cllie ce fût du mercure, foit que D i s'c. ce fût de l’efprit de vin.
- J’imagine que ceux qui ont vû un autre effet, n’auront pas pris allez de précautions, pour empêcher qu’une chaleur étrangère ne portât fon action fur le thermomètre : car dans une expérience aufli (impie, je ne fçaurois croire que mes yeux m’ayent trompé.
- Effai fur A l’occafion du thermomètre , il durement me vint dans I’efprit d’examiner fi d i«- ûeux liqueurs également chaudes, mSe. ^ & femblables d’ailleurs, celle qu’on éleélriferoit continuellement, garderait plus long-tems , ou perjroit plutôt fa chaleur que l’autre : pour cet effet, je fis l’expérience qui fuit,
- XXVI. EXPERIENCE.
- Je remplis d’eau deux vafes cylindriques de verre, de mêmes hauteur & capacité ; je fis plonger dans l’un & dans l’autre, la boule d’un thermomètre très-fenfibie, de maniéré qu’elle n’alloit pas jufqu’au fond du vaiffeau ; je mis le tout dans un bain d’eau chaude, jufqu’à ce que la li-
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- sur l’Électricité. 341 queur des deux thermomètres fut moittée à 40 degrés ; alors je plaçai l'un des deux vafes fur la cage de tôle, pour y être éleftrifé , & je mis l’autre fur une table un peu à l’écart , mais dans le même lieu. J’obfervai les deux thermomètres dont la marche toujours égale de part & d’autre , m’apprit que l’électricité ne retardoit, ni n’accéléroit le refroidi ITement,
- Je ne l’aurois pas deviné , en con-fidérant que la matière du feu s’exhale perpétuellement d'un corps chaud, & que l’éleflricité accéléré & augmente les évaporations, j’aurois crû volontiers qu’une liqueur chaude & cleftrifée, fe ferait refroidie plus vite; tant il eft vrai qu’en phyfique, il ne faut pas fe contenter de deviner.
- ’Pxm>é
- Ffiij
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- CINQUIEME DISCOURS.
- Dans lequel on examine quels font les effets de la venu éleSlrique fur les Corps organifés.
- IL semble que I’EIeéiricité trop fécondé en merveilles , ait épuifé l’admiration qu’elle avoit excitée de toutes parts : foit par humeur , foit par zélé pour l’intérêt de la focieté, bien des gens aujourd’hui moins fen-libles qu’autrefois à la fingularitédes nouveaux phénomènes qu’on leur offre, fe plaignent de ce que ces découvertes ne font que curieufes , & peu s’en faut qu’ils ne nous en faf-fent un reproche.
- Touché de cette impatience qui ferait bien injulle, fi elle alloit juf-qu’à infpirer du mépris pour la Phy-fique, je me fuis propofé de tirer quelque avantage d’un fait déjà connu
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- sur l’Élêctricit1 343 depuis trois ou quatre ans, {a) & —y qui va reparoître ici avec un air de Disc, nouveauté , parce que je l’ai réduit à fa jufte valeur, & que je crois en avoir développé les caufes. Il' s’agit de l’écoulement d’une liqueur qu'i TomViliÜ fe feroit naturellement goutte à goût-te, & qui devient continu, fe divi- ma fant en plufieurs petits jets, lorfqu’on " °ir' éleârife le vaiffeau d’où il fort. Ce phénomène qui m’avoit été annoncé par une lettre de M. Boze , & qui fut publié depuis dans plufieurs de les ouvrages, eft d’une évidence à laquelle perfonne ne peut fe refu-fer, & dès qu’on le voit . on eft toujours prêt à croire que l’éleflrici-té eft un moyen sûr pour accélérer les écoulemens.
- Ce fait me parut très-important dès que j’en eus connoifiance , mais accoutumé depuis long-tems à douter des chofes les plus vrai-femblables, je n’ofai compter fur l’accélération de l’écoulement , tpute apparente qu’elle fût, jufqu’à ce que l’expérien-
- (a) Voyez les Mémoires de l’Académie des Sciences i74r.pp. 1Î4.&M3.
- K fiai fur l’Eleâridté des Corps, p. SS.
- Ffiiij
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- 344 Recherches ce m’en eût rendu bien certain ; car malgré les apparences les plus fé-duifantes, il pouvoit fe faire que de groffes gouttes diftinguées entr’elles par un petit intervalle de tems , donnaffent une quantité de liqueur égale à celle de plulieurs petits jets imperceptibles : de ce que la liqueur lortoit du vafe éleétrifé d’une .maniéré continue , & fans aucune interruption, il ne me paroilfoit pas qu’on en pût conclurre en toute sûreté une plus prompte évacuation, quoique cela fût aflez vrai-femblable: je pris donc la réfolution de m’en affurer parla mefure du tems, & par celle de la quantité de liqueur qui s’écouloit.
- Expérienc es faitesfur des écoulement élelfrifis.
- Premiers Suite.
- J’eflayai avec plulieurs vaiffeauit tantôt de verre, tantôt de métal, quelquefois difpofés de maniéré à pouvoir fe vuider en peu de tems, plus fouvent terminés par un orifice fort étroit, & toujours éleélrifés de fuite, lorfqu’il s’agiffoit de fçavoir
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- sur l’Électricité. 34;* ce que la vertu éle&rique opéreroit — fur l’écoulement. D l s*c#
- Ces premières tentatives me Iaifi ferent fort incertain fur le parti que je devois prendre ; des réfultats bien confiâtes, me difoient que l’écoulement avoit été accéléré ; d’autres qui me paroifioient aufii bien établis , me montraient que cela n’étoit pas,
- & quelquefois même le contraire.
- Cette incertitude caufée par des faits dont je nepouvoisdouter,bien loin de me décourager, me fit efpé-rer de nouvelles connoifiances ; je repris mon travail avec encore plus de foin & d’attention ; je fis faire Prêché quelques vaiffeaux de fer blanc de ce* différentes capacités, depuis fix pin- expérien-tes jufqu’àun demifeptier, & d’une ces’ forme telle qu’elle eft repréfentée par la figure 1, étroit du haut, afin qu’en les empliifant entièrement , on ne pût pas fe tromper, fur la quantité d’eau qui ferait employée dans chaque expérience ; ouverts par enbas, pour recevoir un tuyau de verre tantôt plus , tantôt moins large, qu’on y attachoit avec de la cire molle. Ce vaifléau fufpendu à
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- 345 Rjè c ri ë r c H es _ un cordon de foye que j’avois tendu horizontalement, recevoit l’éleétri-cité par le moyen d’une chaîne de fer qui venoit d’un globe de verre , qu’on ne ceffoit de frotter jufqu’à la fin de l’écoulement. Un Obfervateur tenoit le doigt à l’orifice A du petit tuyau de verre pour ne Iailfer partir l’eau qu’au moment dont on étoit convenu ; & un autre ayant les yeux fixés fur une bonne pendule, comp-toit tout haut les minutes & les fécondés : on écrivoit de fuite combien cet écoulement avoit duré : avec la même eau & le même vafe , on recommençoit l’expérience fans électrifier , & l’on marquoit aulli la durée de cet écoulement , pour en faire la comparaifon avec celle du pre-
- Cette expérience étant faite je changeois le petit tuyau de verre pour un autre plus ou moins étroit, & l’on recommençoit à compter la durée des écoulemens, tant électrifies , que non éleétrifés.
- J’éprouvai ainfi tous les écoulemens qui fe faifoient avec continuité, & par des tuyaux depuis deux lignes
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- sur l’Électricité. 347___________
- & demie ou trois lignes de diamé-tre, jufqu’aux capillaires. Pour ceux d x s c-quin’alloient que goutte à goutte, je fus obligé de m’y prendre autrement , parce qu’ils auraient duré trop long-tems, s’il eût fallu attendre l’évacuation totale de mes vaif-feaux, & parce que, quelque foin que je prifl'e pour avoir de l’eau parfaitement nette, il fe trouvoit fou-vent au fond du vafe quelque petite ordure qui enfiloit le tuyau, & qui faifoit plus ou moins d’obfiacle à l’écoulement.
- Je pris donc une coque d’œuf per- Autre cée par un bout ; je l’attachai par Prccecle* l’autre fur une petite mollette de plomb , & j’y fixai avec de la cire molle, un fiphon capillaire, dont la branche la plus courte ne defcen-doit pas tout-à-fait jufqu’au fond ; j’empliffois d’eau cette coque, & je la pefois exa&ement ; puis la tenant à la main ; & portant la vue fur une pendule à fécondé , je fucçois la jambe longue du fiphon , pour faire commencer l’écoulement, que je laif-fois durer un certain tems, comme de 12 ou 15 minutes ; alors j’arrctois
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- 348 Recherchés ' l’écoulement, en fouillant légère-, ment par la branche longue du fi-phon, & j’examinois avec la balance , combien il s’étoit écoulé d’eau.
- Je montois enluite fur un gâteau de réfine pour me faire éleélrifer, }ig. 2. & dans cet état reprenant la coque d’oeuf que j’avois remplie & pefée, je recommençois l’expérience de la maniéré que je viens de le dire. après quoi la balance me faifoit voir de combien l’écoulement avoit été augmenté par la vertu éleélrique que j’avois communiquée.
- Chacune de ces expériences ayant été répétée au moins trois ou quatre fois, & les réfultats ne différant que du plus au moins , ou étant les mêmes ; voici ce qu’il m’a paru qu’on pouvoit conclurre avec certitude.
- r i°- Que I’éleâricité accéléré tou- jours les écoulemens qui fe font goutte à goutte par des tubes capillaires.
- 2°. Que cette accélération, pour l’ordinaire , n’eft pas aufft grande qu’elle le paroît, à en juger parle
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- sur ^Électricité. 349 nombre des jets qu’on apperçoit en .. -
- B.fis.i. DJ;C
- 3 Que l’écoulement eft d’autant plus accéléré, que le canal par où il lé fait eft plus étroit.
- 4°. Qu’il ne parolt ni accélération ni retardement, lorfque la liqueur fort d’une maniéré continue, & par un canal d’une certaine largeur , comme d’une ou deux lignes de diamètre.
- 5°. Qu’aulieu d’accélération , la vertu éleiftrique occafionne un petit retardement, lorfque l’eau s’écoule par un orifice d’une certaine dimen-fion, qui m’a paru être environ une demi ligne de diamètre & un peu au-deffous , furtout quand l’éleâricité eft forte. e«pUm.
- On conçoit affez bien pourquoi JE™" Féieéfricité rend continu l’écoule- ««ofefrr-ment qui ne l’étoit pas , & com- î„“r‘]â"‘c^ ment elle peut l’accélérer 5 la ma- '“ptrien-, tiere éleflrique effluente s’élance “ ‘ vifibiement avec beaucoup plus de vîteffe, que l’eau qui fort goutte à goutte, parle feul effort de la pefan-teur, effort qui eft encore confidé-rablement retardé par les frottemens
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- 3 jo Recherches d’un canal étroit; il eft bien naturel qu’elle ajoute au mouvement de la liqueur, & qu’elle en entraine les parties, fur lefquelles nous fçavons d’ailleurs que fes impulfions ont prife comme fur tout autre corps.
- On conçoit auffi que ce que la vertu éledrique ajoute de mouvement à l’eau qui s’écoule avec liberté & par un canal d’une certaine largeur , peut fort bien n’être pas fenfible pour deux raifons ; la première, parce que, fon excès de vîteffe eft moins grand fur un écoulement libre , que fur celui qui eft: retardé & qui ne fe fait que goutte à goutte; la fécondé, parce que fon impullion déjà moins efficace parla raifon que je viens de dire , fe partageant encore fur une maffe incomparablement plus grande , il peut arriver qu’elle n’ait qu’un effet infenfible fur chacune des parties qu’elle follicite.
- Mais ce qu’on ne comprend point auffi aifément, c’eft le retardement occalionné en certains cas par l’é-iedricité; j’ai long-tems douté du fait, & j’en douterais encore, fi je ne le trouvois un grand nombre de
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- sur l’Electricité. 3J1 fois expreffément marqué fur mon Journal, fans aucune note qui me le rende fufped. Puifqu’on peut donc le regarder comme certain , il faut lui chercher une caufe, & je crois l’entrevoir, en confidérant de quelle façon la matière électrique a coutu-inc de s’élancer du dedans au dehors des corps; on fçaitque c’efl: toujours en affectant la forme d’aigrettes ou de bouquets épanouis ; 8c en çonfé-quence , nous pouvons regarder l’orifice du tuyau par où fe fait l’é* coulement, ( s’il eft d’une certaine largeur, ) comme un cercle d’effluences , comme une couronne d’aigrettes.
- Je dis, s’il eft d’une certaine largeur; car s’il eft extrêmement petit, comme celui d’un tube capillaire, les émanations éle&riques qui doivent former ces efpéces de houpes, s’unifient probablement à celles qui paffent par le canal , Sc ne forment avec elles qu’une feule aigrette à l’extrémité.
- Or ces bouquets de matière électrique qu’on peut concevoir aux deux bouts de chaque diamètre de l’orifice , comme on le peut voir
- v.
- Disc,
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- 3f2 Recherches *ÿ-— par la Fig. 3. ont nécefTairement Disc, des rayons qui fe croifent fur l’axe de l’écoulement, & qui peuvent rendre le jet plus menu ou plus lent, fi la force avec laquelle ils vont fe eroifer, eft alfez grande pour modérer fenfiblement les efforts combinés de la pefanteur & de l’éleélri-cité de la liqueur qui s’écoule. Cette proportion peut être ne fe trouve plus quand on éleétrife foiblement, ou que le jet éleétrifé fort par une ouverture qui atteint ou qui excède une demie ligne de diamètre.
- Au relie, ceci n’eft qu’une con-jedure, fur laquelle j’infille d’autant moins, qu’il me refie encore quelque légère incertitude fur le fait dont il eflqueflion : quoiqu’il me foit indiqué par des expériences faites avec foin, je le trouve fi fingulier, que je crains encore qu’il 11e foit du à quelque caufe étrangère qui auroit échappé à ma connoiffance} & je fuis réfolu de le tenir dans la dalle des phénomènes douteux , jufqu’à ce qu’il m’ait été plus amplement confirmé.
- tonréquen. Mais en s’arrêtant à ce qu’il y a
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- SUR l’É'lectri C ITl*. 5J3 cîe plus conftaté , on ne doit donc ÿ — pas dire fans rellriâion, comme je Disc, le vois écrit dans plufieurs Ouvra- gé„tiaic ges, « Que les fluides s’écoulent r',0" *
- » toujours avec plus de rapidité Senins » quand on les éleftrife; » puifqu’il élta,‘lé‘-eft certain qu’il y a des cas où la vertu éleétrique ne caufe ni accélération, ni retardement fenfible. Encore moins doit-on donner pour exemple de ces écoulemens accélérés , le jet d’une fontaine artificielle , ou le fang qui s’élance de la veine ouverte d’un homme électrifié ; car pour l’ordinaire , ces jets de fang ou d’eau , font d’une grolfeur qui excède de beaucoup la capacité d’un canal capillaire ; ou fl ce font des faits particuliers dont on foit sûr , on devroit dire comment on s’en elt rendu certain , & dans quelles circonltances ils fe font offerts.
- Les écoulemens éleélrifés, quand iis Ciiconr-fc font par des canaux un peu larges, marijllai,!c, comme d’une ligne ou d’une ligne & demie de diamètre, font accom- "rr™ jj’l pagnés de plufieurs circonltances M*»** remarquables, & qui font un fpec-tade, qu’on ne fe laffe point d’ad-
- Gg
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- 354 Recherche?? mirer ; la principale & la plus frappante , eft un affemblage d’aigrettes lumineufes qui entoure de toutes parts le jet de liqueur, vers l’endroit où il commence à s’éparpiller & à fe divifer en plufieurs petits jets diver-gens. Ces bouquets de lumière font tellement difpofés entre eux que tout le monde y reconnoît la forme d’un goupillon, comme on le peut voir par la fig. i. à la lettre C.
- On onferve aufli que tous les jets divergens qui partent de ce goupillon lumineux , reffemblent à des gouttes de feu, lorfqu’ils viennent à toucher le fond du plat dans lequel on les reçoit, ou la furface de l’eau qu’il contient, ou bien lorfque quelqu’un y préfente la main pour les arrêter dans leur chûte.
- Ce mélange de feu & d’eau, par-roit encore d’une manière plus dif-tinde, fi l’on fait tomber ces écou-lemens éledriques dans un pot ou dans un vafe un peu rétréci par l’entrée , furtout s’il eft de métal.
- Si l’on préfente le doigt entre ce goupillon lumineux C & l’orifice A du tuyau d’où part l’écoulement, le
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- Reclierckeg fur lËleciricite 6? Disc. Pl
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- sur l’ Électricité 355* jet fût-il un cylindre d’eau de 2 ou 3 ^-ÿ lignes de diamètre, on le voit for- D1 s*c| tir de la direction verticale, pour fe porter vers le corps non électrique qu’on lui préfente, & il en fort des étincelles très-piquantes, avec lefquelles on met le feu aux liqueurs ou aux vapeurs inflammables.
- Ces circonftances avoient déjà été remarquées par M. Boze & par le P.
- Gordon, 6c il eft prefque impoflfible qu’elles échappent à ceux qui font ces expériences dans l’obfcurité.
- Voyant donc à n’en pas douter , que l’éleCtricité entraîne pour ainfi c*périei»-dire les liquides qui font obligés de “s pafler par des canaux étroits, je SSL Pte-commençai à croire que cette vertu employée d’une certaine maniéré pourroit avoir quelque effet remarquable fur les corps organifés qu’on peut regarder en quelque façon, comme des machines hydrauliques , préparées par la nature même; je penfaique fon aCtion pourroit bien fe faire fentir fur la fève des végétaux , ou donner aux fluides qui entrent dans l’oeconomie animale , quelque mouvement qui leur feroit
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- Recherches avantageux ou nuifible. Soit qu’on en dût craindre de mauvaifes fuites, foit qu’on en dût attendre de bonnes , il me paroilïoit également utile de le fçavoir, préfentement furtout que beaucoup de perfonnes fe font éledrifer & que tout le monde le peut aifément.
- J’étois occupé de cette penfe'e lorfque j’appris qu’en Angleterre on avoit éleftrifé des plantes & des ar-buftes , qui s’en étoient reffenti de maniéré à faire croire que la vertu électrique favorife ou hâte la végétation mais comme il ne nous eû venu aucun détail de ces expériences , (a) je n’ai pû en tirer d’autre
- (a) J’ai appris depuis, que cette expérience a été faite à Edimbourg par M. Mambray , que deux myrthes ayant été éle&rifés pendant tout le mois d’Oétobre 1746 , pouffèrent à la fin des petites branches & des boutons ; ce que ne firent pas de pareils atbuftes non éleâri-fés.
- On peut voir par l’Ouvrage de M. Jalla-bert, publié vers Pâques de 1748, que cet habile Phyficien étoit occupé en même tems que moi, des mêmes vues, & que lès épreuves l’ont conduira des rélultars femblabies à ceux que je vais expolèr ci-après.
- M. Boze m’a fait fçavoir par une lettre datée du 1er. Janvier 1748, qu’il avoit auffi
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- sur l’Électricité. 357 _ avantage, que celui de m’enhardir *“y;~ dans le deffein où j’étois de me livrer D' 1 s*c* à ces épreuves. J’en voulois faire un grand nombre , & chacune dévoie durer long-tems ; car on conçoit bien que l’éledricité excitée & entretenue feulement pendant quelques minutes , comme nous faifons ordinairement , n’étoit pas capable de m’inf-truire fur les objets que j’avois en vûe. Je penfai donc à diminuer la dépenfe & à gagner du tems, en m’équippant de façon que la vertu cledrique fe portât en même tems ,
- & par le même moyen à plufieurs corps. Pour cet effet , je ne fis que Appareil; répéter ce que j’avois pratiqué en «fccesexpé--faifant fur les liqueurs & fur les corps neaces* folides non organilés cette fuite d’expériences , dont j’ai' rendu compte éleélrifé plufieurs fortes, de plantes & d’arbuf tes, & que la végétation lui avoit paru constamment accélérée.
- Enfin M:. l’Abbé Menon , Principal dü Collège de Biieil à Angers & Correspondant de l’Académie des.Sciences, parmi un grand nombre de belles expériences dont il nous a fait part, à faitmention dans plufieurs de les lettres à M de Reaumur, d’oignons de renon^-cules, dont il avoit hâté confidérablement la pouffe pendant l’hy ver de i’année 1748.
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- 3/8 Recherchés — dans le Difcours précédent : on peut *c. voir à la page 316. de quelle maniéré je m’y fuis pris.
- Expériences faites fur des femences & fur des plantes éleftrifées.
- Seconde Sotte,
- Le 9 Octobre de l’année 1747 , je fis remplir de la même terre deux petites jattes d’étain toutes fembla-bles : je femai dans chacune une égale quantité de graine de moutarde, prife au même paquet, je les laifiai deux jours dans le même lieu , fans y faire autre chofe que les arrofer 8c les 'expofer aux rayons du foleil, depuis environ dix heures du matin , jufqu’à trois heures après midi.
- Le 11 du même mois, c’eft-à-dire, deux jours après avoir fémé la graine , je plaçai une des jattes marquée de la lettre A, dans la cage de tôle, où elle fut éleétrifée pendant dix heures , fçavoir le matin depuis fept heures , jufqu’à midi, 8c le foir depuis trois heures jufqu’à huit : pendant tout ce tems-là l’autre jatte étoic à l’écart, mais dans la même cham-
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- SU R L* É L E C T R 1 c I T 3É. 3 £9 bre où la température étoit affez uniformément de 13 dégrés 7 au thermomètre de Mr. de Reaumur.
- Le 12 ces deux jattes furent expo-fées enfemble au foleil, & arrofées également : on les rentra de bonne heure le foir , 8c je n’y apperçus encore rien de levé.
- Le 13 à neuf heures du matin je vis dans la jatte éleârifée trois graines levées , dont les tiges étoient de trois lignes hors de terre : la jatte non éle&rifée n’en avoit aucune ; on eut de l’une & de l’autre le même foin que le jour précédent, 8c l’on éle&rifa le foir pendant trois heures celle qui étoit deflinée à cette épreuve.
- Le 14 au matin, la jatte électrifée avoit 9 tiges hors de terre , dont chacune étoit longue de 7a 8 lignes 8c l’autre n’avoit encore abfolument rien de levé : mais le foir, j’en apperçus une dans celle-ci , qui com-mençoit à fe montrer ; la première fut encore eleclrifée ce jour-là pendant cinq heures l’après-midi.
- Enfin pour abréger ce détail, il fuffira de dire que jufqu’au 19 d’Oc-
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- f»So Recherches '—y--' tobre , je continuai de cultiver éga'-Dis'c. lement ces deux portions de terre enfemencées, en éleéfrifant toujours une, & toujours la même, pendant plufieurs heures tous les jours, & qu’au bout de ce terme, c’eft-à-dire après huit jours d’expériences , les graines éleftrifées étoient toutes levées, & avoient des tiges de 15 à 16 lignes de hauteur, tandis qu’il y en avoit à peine deux ou trois des autres hors de terre, avec des tiges de 3 ou 4 lignes au plus.
- Cette différence étoit fi marquée que je fus tenté de l’attribuer à quel-quelquecaufe accidentelle que je ne connoiffois pas ; mais au retour d’un petit voyage que je fus obligé de faire, je trouvai toutes les graines levées dans la jatte qui n’avoit pas été élcctriice , & je commençai à croire avec quelque confiance que réleâricitc avoit accéléré véritablement la végétation & l’accroiffe-ment des autres,
- Quoique cela parût allez clairement indiqué par l’expérience que je viens de citer, je ne me fuis rendu à cette conféquence qu’après plufieurs
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- sür l’Électricité. 361 pluGeurs épreuves réitérées fur dif- —y_— férentes graines, & fuivies de réfui- D1 s'c. tats à peu près femblables , j’avois un certain nombre de jattes pleines de terre, que j’enfemençois par couples , afin qu’il y en eût toujours une de chaque efpéce fur la cage de tôle, pour y être éleftrifée : j’ai prefque d„Re™"' toujours vû une différence confidé- iience?PiL rable entre les femences éleélrifées ‘"P1"1'1’ & celles qui ne l’étoient pas : les premières fe font levées plus promptement & en plus grand nombre dans un tems donné , & leur ac-croiffement s’eft fait plus vite.
- 11 m’a femblé auffi que les graines dont l’éleftricité avoit hâté la germination , avoient pouffé des tiges plus menues & plusfoibles que celles qu’on avoit laiffé lever d’elles-mêmes ; mais je n’oferois l’affurer, n’ayant pas eu un affez grand nombre d’expériences, pour m’en rendre bien certain, (.r)
- (a) C’eft une chofe curieufe à voir qu’une plante qu’on éleélrife dans i’obfcurité : d c’eft un pied de bafilique , par exemple , de roma-1 l'in , &c. de l’extrémité de chaque feuille, furtout fil’on en approche lamain a une ter-
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- 362 Recherches
- —v— La faifon trop avancée ne m’a
- JJis’c. point permis de pouffer plus loin cette découverte ; je ne içais pas même fi c’en eftuneairffi importante qu’elle paroît l’être au premier coup d’œil ; mais j’ai crû devoir rendre compte de cette première ébauche , afin que les perfonnes qui au-roient jugé ce fait digne de leur at-
- taine diftance, il fort un (buffle très-(èn(îble, & une aigrettelumineule ; ce qui fait un (jpec-tacle beaucoup plus joli que je n’ai pu le repréfenter dans la fig. 4. àla lettre^. Je n’ai pas remarqué qu’une plante grade ou aromatique fit mieux qu’une autre ; mais j’ai toujours vû que les parties les plus flexibles fai-(bient effort pour s’écarter les unes des autres, comme il arriveroit infailliblement aux fils d’une frange que l’on rendroit éleélrique : la même chofe arrive (ans doute aux feuilles d’une fleur, & c’eft peut-être ce qui a fait dire Ù M. Boze , dans la dérniere partie de (es Tentamina p. 10. que l’éleétricité fait épanouir les rôles, les renoncules, &c. La raifon de ce phénomène (è prélènte d’elle-même ; on feait que tous les corps animés de la même éleâricité, fe repouflent réciproquement : les feuilles ou les parties d’une même plante , qu’on éleéïrife, doivent donc faire entre elles cet effet, comme le feroient les fils d’une même frange en pareil cas ; & quand les feuilles d’une fleur s’écartent l’une de l’autre, il faut bien que la fleur paroifle s’épanouir,
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- sur l’Électricité. 363 cention , puffent le répéter, le va- -y—-rier de différentes façons, & exami- Disc. 11er ce qu’il peut valoir.
- Je m’étois propofé depuis long- . Appüca-tems de faire des expériences de «p'érien-longue durée fur des animaux , en «s au^iea les éleftrifant ; bien des raifons me auîTcoTpï* portoient à croire que ce travail me animé5* vaudroit quelque nouvelle connoif-fance : je fçavois , à n’en plus douter , que l’éle&ricité étoit capable d’accélérer les écoulemens qui fe font par des canaux forts étroits : conféquemment à cette vérité , je me repréfentois les pores dont eft criblée la peau d’un animal, comme les extrémités d’une infinité de tuyaux extrêmement capillaires, ôc la matière de la tranfpiration, comme un fluide qui tend à s’écouler,
- & dont la fortie pourrait être aidée ou forcée par l’effluence de la matière éledrique : j’avois vu des éponges mouillées fe fécher plus promptement, ôc des fruits devenir fenfi-blement plus légers, quand on les avoit éledrifés pendant un certain tems : enfin j’avois vu mes globes de verre fe couvrir par taches , d’une Hhij
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- _____3*4. Recherches .
- —y—matière vraiment animale , qui ne Disc, pouvoit venir, comme je l’ai prouvé ailleurs , que de la perfonne même qui les frottoit, ou de celle qui s’y préfentoit pour recevoir cette vertu, Raifon Cependant ces raifons , quelque Sewoie f°rtcs qu’ellesfuflent, étoientcom-qu’un ani- battues par un fait qui paroifloit bien -***£ pofitif, & qui venoit de main de <hoiîie nen maître : fi l’éleâricitérendoit latranf-foi£." piration plus abondante, comme je f’imaginois en raifonnant par analogie, elle devoit de toute néceffité diminuer le poids d’un corps ani* mé. Mais fi j’en devois croire M. Bo-ze, un des plus habiles phyficiens , furtout dans cette matière, l’électricité ne changeoit rien au poids des corps, de quelque matière qu’ils fulTent : « J’ai efiayé, dit-il, plus » d’une fois, fi la pefanteur des corps » n’eft pas altérée par l’éle&ricité, » l’attraftion me confondit toujours » la pefanteur ; néanmoins, à force » de faire Sc de refaire ces expérien-» ces, j’ai trouvé à le pouvoir aflii-» rer aïfez, que la pefanteur n’eft pas
- » troublée........J’ai fait faire
- » une grande romaine dans laquelle
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- sur l’Électricité, jfij » j’ai rendu électriques mille corps, & » /f mien même des heures entières, » comme fit autrefois Sanftorius dans » des vues tout-à-fait différentes; ainfi » je puis prononcer hardiment là-deffus.» (a) Et dans un autre ouvrage imprimé depuis en latin, (b) le même Auteur s’exprime encore plus pofitivement : Fabrefieri jujjifiateram roman ami in hàc mille corpora tribus, quatuor fpheris, & carchefio Murrhi-no intégras per horas eleStrificata , vel medullam ojfium contremifcere fentiebam tangendo, pondéré femper invariato : me ipfum fufpendi, libravi, elettrificavi .. « conflanter idem*
- Je ne doute ni de la candeur ni de l’exa&itude de M. Boze dont les vertus & les talens me font connus par un commerce de plufieurs années; mais je fuis dans l’habitude de voir par moi-même tous les faits qu’on m’annonce pour fatisfaire une certaine curiofîté qu’il eft naturel d’avoir,& pour étudier des circonftances qui pourroient avoir échappé aux pre-
- (4) Recherches for la caufe & la véritable théorie de l’Eleâricité. p. *4. §. ^9.
- (b) Tentant, Elettr. fars pojlerior. p. 12.
- Hhiij
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- jgfi Recherches miers obfervateurs : en matière de phyfique l’autorité la plus refpecta-ble erf toujours fubordonnée à l’expérience : fi les réfultats des miennes ne font pas d’accord avec ce que M. Boze nous enfeigne, je le dirai librement, & je ne craindrai pas qu’il s’en choque, parce que je fçais qu’il fentira davantage le plaifir d’apprendre une vérité , qu’il n’aura de peine à revenir d'une erreur involontaire , qu’on doit attribuer fans doute aux inftrumens qu’il a employés , ou à l’inattention des perfon-nes qui l’ont aidé: je fouhaite qu’on en ufe de même à mon égard, & je déclare que je fouffrirai volontiers d’être contredit, fi c’eft pour être mieux inftruit.
- Expériences faites fur des animaux éleftrifés.
- Troisième Suite.
- Le corps humain tenoit le premier rang, & faifoit le principal objet de mes vues, lorfque j’entrepris d'élcârifer des corps vivans ; mais il me parut qu’il n’étoit pas prudent de l’appliquer à cette épreuve, avant
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- sur i/ElectricitÆ. 367 que d’en avoir fait fur des fujets de ==^=i moindre importance. Je pris deux Disc, chats de quatre mois ou .environ , de même grandeur à peu près, gardés depuis 12 heures dans le même lieu, & nourris des mêmes alimens. A ^ J’enfermai chacun d’eux dans une des cage de bois fort légère, que je mar- rienees* quai d’une lettre pour la diftinguer; je pefai chaque animal avec fa cage,
- & je mis fon poids par écrit: j’en plaçai un fur la cage de tôle où il fut cleclrifc depuisfept heures du matin jufqu’à midi, 8c l’autre demeura dans la même chambre, mais à l’écart.
- Après cinq heures d’éleèlrifation non interrompue , je pefai comme auparavant ces animaux avec leurs cages dans lefquelles je n’apperçus aucun excrément; celui qu’on avoit éleflrifé, avoit perdu de fon premier poids 2 gros 18 grains ; l’autre n:a-voit perdu du lien qu’un gros 8c 24 grains, d’où il paroît que Péle&ricité avoit caufé fur le poids du premier prem;cr chat, un déchet de 66 grains, dififé- réfuitat. rence de 2 gros 18 grains, à 1 gros 24 grains.
- Mais c’étoit en fuppofant que ces H h iiij
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- S68 Recherches —y— deux chats euffent tranfpiré égale-D i s c. ment, fi ni l’un ni l’autre n’eût été élcftrifé , & l’on pouvoir foupçon-ner que la différence dont je viens de parler, étoit un effet du tempérament ; car tous les animaux ont fans doute cela de commun avec nous, la tranfpiration infenfible n’eft pas égale dans tous les individus de la même efpéce.
- Pour lever ce foupçon, je fis changer de fonction aux deux chats ; celui qui n’avoit pas été éleârifé le matin, le fut pendant quatre heures de l’après-midi, & l’autre fe re-pofa un peu à l’écart dans la même chambre, mais toujours dans fa cage. Cette fécondé expérience ayant duré depuis trois heures , jufqu’à fept, je pefai ces deux animaux : le premier avoir perdu 2 gros & 6 grains Steoni f°n Premier poids, & le fécond, rftuiiac qui i gros & 20 grains feulement ; ce “J;™'1' qui fait une différence de 58 grains cju’il n’eft guéres poflible d’attribuer à une autre caule qu’à l'électricité.
- Ayant conftaté ce réfultat par des f*"*" épreuves réitérées, avec des foins & vûc. des attentions portées jufquaji
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- sur l’Électricité. 369 fcrupule , je fis mes elfais fur d’autres efpéces ; je choifis deux pigeons fcmblables jufqu’à la couleur, & je procédai de la même maniéré que j’avois fait avec les chats : l’un des deux ayant été éleârifé depuis fept heures du matin, jufqu’à midi, perdit de fon premier poids 1 gros 48 grains, & l’autre pendant ce même efpace de tems, n’avoit perdu qu’un gros & 1 o grains du lien; ce qui me fait croire que l’éleftricité avoir augmenté de 3 8 grains la tranfpiration du premier, en fuppofant toujours que cette tranfpiration eût été égale pour l’un & pour l’autre, fi les cir-conllances eufient été les mêmes pour tous les deux.
- Et pour voir jufqu’à quel point cette fuppofition étoit légitime , je recommençai l’expérience, en élec-trifant celui des pigeons qui ne l’a-voit pas été d’abord, & cette élec-trifation ayant duré quatre heures, je trouvai qu’elle avoit augmenté la tranfpiration naturelle de çy grains, quantité encore plus grande que celle qui réfultoit de lapremiereépreuve.
- Je ne quittai encore les pigeons,
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- r E RCH ES
- 370 Ri qu’après avoir bien vérifié , & en difi'érens rems, ce que j’avois apper-çu dans les premières expériences; & pour voir jufgu’où ce déchet cau-fé par l’éleâricité feroit fenfible, je portai mes épreuves fur les plus petits oifeaux, fur des bruants, fur des pinçons , fur des moineaux, & jufques fur des infeftes. Un oifeau tel que ceux dont je viens de faire mention, éleftrifé pendant cinq heures, perd communément de fon poids 7 à 8 grains de plus qu’il ne perdroit dans un pareil tems par une tranfpiration naturelle ; environ poo mouches communes que j’avois fait renfermer dans un petit bocal couvert de gaze ayant été éleftrifées pendant quatre heures, devinrent de 6 grains plus légères qu’elles n’étoient d’abord , & je n’y trouvai qu’un déchet de deux grains, après les avoir laif-fées pendant un pareil efpace de tems fans les éleélrifer, quoique ce fût dans le même lieu & dans la mê-
- général, que je puis dire n’avoir fait fur tous les animaux que je. viens
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- SU R l’É lectri ci Té. 371 de nommer, aucune expérience dou- "~y— teufe ; c’eft-à-dire, que le réfultat d i s’c. m’a toujours montré par une quan- cor.fé-tité fenfible, & beaucoup au-deflus il\ence de ce qu on pourroit attribuer a tirer légiii-rinexadlitude des inftrumens, qu’un "1xe^jnetnd_es animal éleélrifé tranfpire davantage ces précé-que celui qui ne i’eft pas. dentes*
- Il ne me refte non plus aucun foupçon de mécompte fur la compas raifon des poids ; chaque fois que j’ai pefé , j’ai eu des témoins fort attentifs pour controller ce que j’é-nonçois , ou ce que j’écrivois; 8c par quelle fatalité mes erreurs, ( s’il s’en étoit gliffé , ) fe feroient-elles tournées toutes du même fens ?
- Je n’avois qu’un fcrupule encore étoit-il allez léger , (a) fur les cages dans lefquelles j’avois tenu mes animaux, tant pour les pefer que pour les éle&ril'er : à la rigueur on auroit pu craindre qu’ayant di-
- (a) L’expérience du bois fec éleârifé fans déchet, dont j’ai fait mention dans le Discours précédent p. 334. me difpolbitàcroire que les cages n’avoient rien perdu de leur poids , par l’éle&rifation qu’elles avoienfc toufferte.
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- 372 RechircIiîs minué de poids elles-mêmes en s’é-leftrifant, elles n’euffent quelque part au réfultat ; ce qui diminuerait d’autant l’effet fur lequel on avoir compté par rapport à l’animal : j’éleétrilai donc pendant cinq heures une de ces cages qui fut pefée devant & après, & je vis clairement qu’elles n’entroient pour rien dans les diminutions de poids que j’avois ob-fervées.
- On peut voir par les tables fuivantes, l’ordre que j’ai gardé dans ces expériences, & le réfül-tat dont chacune a été fuivie ; je n’y ai point mis toutes celles que j’ai faites fur chaque efpéce d’animaux , mais j’ai choifi dans le nombre celles que j’ai crû les plus exactes , Sc qui ont été fécondées d’un tems favorable.
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- 1 EXPERIENCES faites fur des Chats.
- Première Expérience, i
- fChat qui fut A< éleûnfé , J peioic _ f Chat non cledrifé, I peioic Comparaifon. à 7 heures j + o + i-f- j6 à midi.... 9 -H 0 -f- 0 •+• 18 Différence. a 4* 18
- à 7 heures.. 9 -f- 0 -f- 6 -h 36 à midi.... j+o + j + u Différence. h- >4
- Déchet du Chat éleârifé. z-f- 18 Déchet du chat non éied.14- 24 Effet de i’éieâricité 66
- Seconde Expérience,
- fChat qui fut éleétrife, "J,, pefoit f Chaînon A < éleârifé, l Pefoit Comparaifon. marcs, onces, gros grains. à 3 heures ., 9 -t- 1 -h 0 36 à 7 heures .. 9 0 >+• 6 •+• 30 Différence a -f- 6
- à 3 heures.. 9 -f- 0 -H 6 + 0 à 7 heures ..5>-f-o-+-4-Hïa Différence 1 + xo
- Déchet du Chat éleârifé. a -J- 6 Déchet du Chat non éleâ.r-f-ao Effet de l’éieâricité 58
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- *" EXPERIENCES faites fur des Chats.
- Troifiéme Expérience.
- (Chat qui fut C< éleârifé, l ** 1 peloit Comparaifon. marcs. onces- gros, grains, à 7 heures | p 4- z -h 3 -f- o à midi ?... y 4- z -+- o -+- 24
- à7heuresf 9 *4- 0 -t- f -f- 0 à midis -h o +3-1-54 Différence. - 1+ 18
- Déchet du Chat éleârifé.. 24-48 Déchet du Chat non éleéè. i-f-18 Effet de l’éledricité 1+30
- \ Quatrième Expérience.
- f" Chat qui fut D< élfcinfé, t peloit ^ f Chat non CX cleârifé, t Pcfji* Comparaifon. marcs, onces, gros, grains. à2 heures.. .9 4- 2 4- 0 -4- 36 à 7heures...9 4- 1 -4- 6 4- 36 Différence 4- 0
- à 2heures...9 4- 0 4- 3 4- 18 à7 heures...9 4-0 4-2 4- 4 Différence 4-14
- Déchet du Chat éleéèrifé.24- 0 Déchet du Chat non éleét.i 4-14 ,Effet de i’électricité..« *.04-58
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- JL
- EXPERIENCES j faites fur des Pigeons. ;
- Frtmiére Expérience.
- . f PigC-m qui Ai futiUarifé, (. petoit B(ter ^ pcfoit Comparaifon. marcs, onces, gros, grains, à7heures... 4 + 0+ î +4^ à midi 4 + o+4+ 0 Diftërence 1 4- 48
- à7 heures...3+7 4-î4--m à midi 3 -+-7 -fr-i-hn Diftërence 10
- Déchet du Pigeon éleârifé 1+48 Déchet du Pigeon non éle.i-f-10 Hftëtde l’éledricité 38
- Seconde Expérience.
- a fte? 1 pefoit Comparaifon. à 3 heures... 3 4- 7 4- 0 4- *5 à 7 heures... 3 -+- 6-1- 7 4-47 Diftërence 14-18
- à 3 heures...44- 14-0 + 70 à 7 heures. ..44- 14-0-1-35 Différence 35
- Déchet du Pigeon éiedrifé ih-i8 Déchet du Pigeon non éled. .35 Effet de l’éiearicité î 5
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- EXPERIENCES i faites fur des Pigeons.
- Troisième Expérience.
- f Pigeon qui C< fut élcârifé, J peioit Ç Pigeon non D< éleârifc, j pefoit Comparaifon. marcs, onces gros, grains, a 8heures...3 -+ 7 + 1 4- 70 à midi7 3 4- 7 4- 0 4- 34 Différence 1 H-36
- à 8 heures.. *44- 0 + 0+70 à midi J 44- 0 4- 0 4- 12 Di e 5
- Déchet duPigeon éleârifé. 14-3 6 Déchet du Pigeon non éleâ.. 58 Effet de l’Eleâricité 50
- | Quatrième Expérience.
- ^ pefoit T Pigeon non c< éleârifé , pefoit I marcs, onces gros grains à 3 heures. ..4+0 + 1 4-36 à 7 heures. ..4+0+0 + 22 Différence 1+ 14
- à 3 heures.. • 3 4- 7 4- 1 4- *4 à 7 heures. ..3 + 7 + o + 4^ Différence. $0
- Comparaifon. 'Déchet duPigeon éleârifé 14-14 iDéchet du Pigeon non éleâr. 50 1 Effet de l’éleâricité........ 3 6
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- EXPERIENCES faites fur des Pinçons & fur des Bruants.
- Pretniére Expérience.
- Ç Bruant qui A< fut éleflrifé, l pefoit à 7 heures 5 + z -K4Z à midi 5 -+- a -+- 20 Différence a a
- f Bruant non B< éleârifé» l prf°'‘ à 7 heures 6-h 4 4- zz à midi 6 -j-4-j- 10 Différence
- Comparaifon. Déchet du Bruant éleârifé*.. zz Déchet du Bruant non éled. ..12 Effet de l’éledricité
- Seconde Expérience. i
- ]K fti'aêànïé! (. ptf.it onces, gros, grains* à 3 heures 5-4-1-1-47 à 7 heures 5 -+- 1 -4- zz Différence a 5
- c < 'S&r i p=f““ à 3 heures 6-4-4-4-26 à 7 heures 6-4-4-4- 6 Différence -, 20
- Comparaifon. De'chet du Brüant éledrifé... a 5 Déchet du Bruant non éled.. ao Effet de l’éledricité $
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- î7> EXPERIENCES faites Jur des Pinçons & fur des Bruants.
- Troifîéme Expérience.
- fct éleâriféi -p. f Pinçon non DJ éleârifé, {. pefoit Comparaifon. i onces, gros, grains. à 3 heures ç -4-1 H- 36 à 8 heures Ç -4-1 + 12 Différence.. 24
- à 3 heures. 6 -f- 3 H- 46 à 8 heures 6 -4. 3 -+- 28 Différence ;.. 18
- Déchet du Pinçon éleârifé... 24 Dèfchet du Pinçon non éleâ.. 18 Effet de l’éleâricité 6
- l\ Quatrième Expérience jf
- f Pinçon qu, ü< fiitéieâiiie, l ^foit f Pinçon non cl éledrifr, ^ \ Pefoit . Comparaifon. onces, gros, grains. 1 8 heures 6-4-2-4-70 à 1 heure 6-4-2-1-44 Différence *2 6
- à 8 heures. f + i-f-12 à 1 heure ç+o + 66 1
- Déchet du Pinçon éleârifé... 26 Déchet du* Pinçon non eleâ ..18 Effet de l’éleâricité 8
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- sur l’Êlectric iTé. 379
- Par la feule infpedion de ces ta-bles on voit que l’éledricïté agit Disc, fort inégalement non-feulement fur Confé-les mêmes fujets appliqués en difïe-rens tems à ces épreuves, mais auffi peu: tirer fur les animaux qui différent entr’eux ce* *exp2-par l’efpéce ; car en comparant les rinces com-quatre réfultats des expériences qui tr’eïïes.Cn' ont été faites fur les chats , on voit qu’ils font comme les nombres 66,
- 58, 102, & 58, ceux des expériences faites fur les pigeons, comme 3 8, $* ç, 70, <Sc 3<5, ceux qui concernent les petits oifeaux , comme 10, y , 6, 8, on doit fans doute attribuer une partie de ces différences à la durée des épreuves qui n’a pas toujours été égale ; mais il elt aifé de voir auffi que cette raifon n’eft pas la feule ; la vertu éledrique tantôt plus forte, tantôt plus foible, la température du lieu où l’on opère , qui varie auffi, & l’état aduel de l’animal qu’on éledrife , font autant de caufes qui peuvent influer fur le plus ou le moins d’effet qu’on peut attendre de ces fortes d’expériences.
- Mais ce que je trouve ici de plus remarquable, c’eftuneefpécedcgra-lüi '
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- 380 Recherches — dation allez confiante, par laquelle , il femble que les animaux éledrifés perdent d’autant plus de letirfubfian-ce, qu’ils font plus petits par leur efpéce, toutes chofes égales d’ailleurs. On s’en apperçoit aifément, quand on fo rappelle ce que perd communément de fon poids chaque animal dont j’ai fait mention, lorfqu’on I’éle&rife ; & que l’on compare cette quantité perdue avec la malle totale du corps animé d’où elle fort.
- Un petit oifeau tel qu’un pinçon ou un bruant péfe J gros 7 ; ce qui fait la fomme de 396 grains; ce petit animal étant éleârifé , pendant cinq heures, perd communément 7 grains de fon poids , c’efi à peu de chofe près la 37' partie de fa malle, en y comprenant les plumes, car 57 *7 =392- .'
- Or la proportion fe trouve bien différente, 11 l’on compare ces quantités dans les autres animaux ; les pigeons dont je me fuis fervi, par exemple, pefoient au moins 12 onces chacun, ou 96 gros, lefquels étant xéduits en grains, donnent la foin-
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- sur l’Électricité. 381 me de 6912. Suppofons 7000 grains pour la facilité au calcul ; quand la vertu éleârique lui ferait perdre yo grains de fon poids ; ce qui eft au-deffus de l’évaluation qu’on en doit faire, en prenant le terme moyen , cette quantité ne ferait encore que la 140' partie de fa maffe totale, proportion , comme on voit, beaucoup au-deiîous de celle dont je viens de parler, & que l’on trouvera encore bien plus petite , fl l’on confidére ce qui s’eft paffé à l’égard des chats.
- Comme il s’agit ici d’une forte d’évaporation , on pourrait croire que ces effets fuivent la raifon des fiirfaces ; mais il paraît que cela n’eft point ainfi ; l’éleétrifation des chats a duré en quatre fois la fomme de 19 heures, & a produit une transpiration de 284 grains, laquelle fomme divifée par 4, donne pour terme moyen 71. Les petits oifèaux ont été éleârifés pareillement pendant 19 heures en quatre fois, & la fomme des tranlpirations a été 29 grains : ainfi le terme moyen eft
- Or 7 J eft plus que la 10' partie de
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- 382 Recherches 71, & je ne crois pas que la furfacê d’un pinçon ou d’un bruant foit dans un tel rapport avec celle d’un chat de moyenne grandeur, tel que ceux dont je me fuis fervi.
- On ne doit donc pas s’attendre de voir croître les effets de l’éleétri-cité fur les grands animaux, en rai-fon de leur furface, ni encore moins en raifon de leur maffe ; fi cette dernière proportion avoit lieu , nous n’oferions jamais porter ces épreuves fur le corps humain : il y aurait plus que de la témérité à éleétrifer pendant cinq heures un homme dont le poids eft allez ordinairement de 140 liv. s’ildevoitperdre dans cette expérience, comme un petit oifeau, environ la 77= partie de fafubflance, ce qui irait à plus de ; marcs.
- Ces premières expériences m’an-nonçoient d’avance ce que je devois attendre de celle que je voulois faire fur des corps humains; elles me raf-furoient en même-tems fur la crainte que j’aurois eu d’engager des per-fonnes à des épreuves dangereufes : j’avois examiné avec beaucoup d’attention comment tous ces animaux
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- sur l’Électricité. 383 •dont j’ai parlé, s’étoient trouvés d’avoir été éleélrifés à plufieurs repri-fes pendant quatre ou cinq heures de fuite , aucun d’eux ne marqua d’impatience, (a) ni par fes cris, ni par fes mouvemens, tandis qu’on l’éleélrifoit. Le plus fouvent les chats s’endormirent, & lesoifeaux demeurèrent tranquillement perchés fur leurs bâtons ou pofés à plat fur le fond de leur cage. Quand on les re-mettoit en liberté, ou dans une plus grande cage avec des alimens, ils fe dédommageoient promptement de la longue diette qu’on leur avoit fait foufïrir, & pas un d’eux n’a été attaqué depuis (£) de la moindre
- (*) *Je ne parle ici que du tems où ces animaux recevoient Amplement Féiettricité par communication ; car lorlqu’on en appro-choit le doigt ou un autre corps non électrique , à la diftance de quelques pouces , on les voyoit Ce reculer ou s’agiter, comme ' pour éviter quelque choie qui leur étoit delà-gréable: ils fentoient fans doute l’odeur & le vent que produit la matière éleftrique qui fort toujours avec violence d’un corps non électrique , quand on l’approche d’un autre qui eft fortement éleétrifé.
- (b) Il s’eftpaffé plus .de quinze jours entre le tems de ces expériences, & celui de la leéture
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- _____584 Recherches
- —ÿ— incommodité dont on fe foit ap-Dis’c, perçu.
- Trois ou quatre perforines d'un âge & d’une fanté convenable à ces fortes d’expériences , s’offrirent de bonne grâce, pour être pefées, élec-trifées, & pour garder le régime que je leur prefcrirois ; je croyois que deux ou trois femaines que j’avois encore à donner à ces épreuves, fuf-firoient de refie, pour achever mes recherches avec toute la précifion que je voulois y mettre ; mais à peine ce tems m’a-t-il fuffi pour apperce-voir les difficultés dont elles font fufceptibles ; & pour lever les principales.
- Cifficui- La balance romaine dont je vou-pÆn™" 1°>S me fervir, efl un inftrument fur fiflT “ l’exaftitudeduquel on ne peut point eîpériïï allez compter, & quoique l’exemple de Sanâorius m’invitât à en faire ae PSi- ufage, j'ai reconnu que M. Dodard avoit eu bien des raifons pour lui préférer le fléau ordinaire. Cette derniere efpéce de balance même fe
- f ublique de ce Mémoire ; c’en étoit aflez pour juger (ï les animaux for lefquels on avoit opéré, en avoient reqû quelque incommodité,' trouve
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- sur l'Électricité. 383 trouve rarement bien faite, en ior-tant des mains des ouvriers, qui ne travaillent ordinairement que par routine; & comme je n’avois pas le loifir d’en faire faire une exprès, dont je puiTe conduire la conflru&ion, j’ai eu bien de la peine à m’en procurer qui trébuchalfent d’une maniéré certaine à un demi-gros , lorfqu’elles étoient chargées de 300 livres. J’y fuis parvenu cependant, & les expériences que j’ai faites , font allez précifes à cet égard.
- Une perfonne que l’on pefe & que l’on éleârife avec fes habits, eft dans un cas bien différent de celui d’un quadrupède ou d'un oifeau qu’on appli-i que à de pareilles épreuves ; tout ce qui tranfpire de celui-ci, à l’aide de l’éleâricité.eil autant de diminué fur fon poids, parce que la matière électrique qui enfile fes poils,ou les joints de fes plumes, entraîne par ces iffues qui font droites & comme frayées, tout ce qui fe trouve enprife à fes im-pulfions, il n’en eftpas de même d’un corps habillé ; la matière de la tranf-piration naturelle ou artificielle , s’y arrête en grande partie, puifqu’une
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- 3 86 Recherches •--y— chemife portée pendant io ou i2 heu-Disc, res, eftplus pélante qu’elle n’étoit, lorfqu’on l’a prife ; par conféquent quand on pefe une perfonne qu’on a éleçtrifée, fon poids ne doit point paroître autant diminué qu’il l’éft en effet j & qu’il le paroîtroit, fi cette perfonne n’avoit rien autour d'elle qui retînt une portion confidérable de ce que la vertu éleétrique a fait fortir de fa peau -; 8c cette quantité retenue dans les vêtemens,, doit différer beaucoup fuivant la quantité 8c la nature des étoffes.
- Ce qui ré- C’efl pour cela fans doute que j’ai trouvé tant variété dans le .Précautions réfultat de mes expériences ; lorfque à urTpro^ j3* voulu ics foire fur des perfonnes cher d-* la de l’un 8c de l’autre fexe ; 8c je ne «xàcltudeC cr°is Pas qu’on puiffe arriver à des po/Tibie, connoiffances un peu précifes, à moins que celui qu’on éleârife ne foit vêtu un peu à la légère, 8c qu’avant 8c après on ne pefe féparément fes habits, pour fçavoir au jufle le poids de fon corps.
- Il faudra faire attention fur-tout que les perfonnes dont on fe fervira pour ces fortes d’épreuves, foient
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- sur l'Électricité. 337 toujours, autant qu’il fera poffiblc, clans les mêmes clrconftances . qu’elles gardent un régime uniforme , qu’elles fe faifent pefer & éleftrifer aux mêmes heures, pendant la même quantité de tems ; que les expériences foient réitérées un grand nombre de fois : & pour ne point m’arrêter ici à donner des avis qu’on peut trouver ailleurs, avec les raifons fur lefquelles ils font fondés, il faudra fe comporter à peu près comme ont fait les célébrés Auteurs (a) de la médecine flatique dont les écrits fubfiftent.
- Quoique je n’aye pas encore pû pratiquer moi-même ce que je propofe maintenant, le peu d’expériences que j’ai faites m’a montré aifez clairement ce qui faifoit le principal objet de mes recherches. La transpiration infenfible des gens que j’ai éledrifés, a varié canfidérablement ; mais je l’ai trouvé de plufïeurs onces plus grande qu’elle n’avoit coutume d’être , toutes chofes égales d’ailleurs, quand les mêmes fujets n’étoient point éledrifés : & je crois être en (a) .Sanâorius, M. Dodart & KeilL
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- ____388 Recherches
- "v -J droit d’aflurer qu’à cet égard , un Di sc. homme ou une femme qu’on(éIeélri-fe , ne diffère que du plus au moins des animaux fur lefqueis j’ai pû faire des expériences beaucoup plus exactes.
- Appiica- Dans bien des occafions la méde-““ ’Ôur. cine défire cet effet, & cherche à le ron faire^ procurer par des moyens qui font îen«rp^ peut-être moins sûrs , & certaine-aansiaraé- ment plus incommodes que l’éleélri-i“' fation.C’eft à laFaculté qu’il importe d’examiner & d’effayer fi cette nouvelle maniéré d’augmenter ou de provoquer la tranfpiration, & de purger les pores de la peau , fera auffi profitable aux perfonnes infirmes , qu’elle eft peu dangereufe pour celles qui fe portent bien ; car il eft très-certain que ni moi, ni ceux qui m’ont aidé , n’avons jamais reffenti d’autre incommodité qu’un peu d’é-puifement & beaucoup d’appétit. Aucune des perfonnes qui ont été
- tât; &s’il'ef£ vrai que Péleâricitc rende le poulx plus fréquent, comme quelques Auteurs le prétendent 3
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- sur l’Électricité. 58? je n’en puis convenir que fur la foi d’autrui ; car quoi que j’aye fait pour m’en aflurer par mes propres expériences , quoique ie l’aye effayé à di-verfes reprifes , en diüerens tems^ Sz avec les perfonnes les plus propres à en juger, jamais je n’ai trouvé une accélération allez marquée , ou allez confiante, pour n’avoir pas à craindre de me tromper „• fi j’àttri-buois un tel effet àla vertu éleftrique.
- S’il arrive,- comme je le foùhai-te, que l’on püilïè foulager ou guérir des malades en les éleClrifant, H ell bon que l’on fçache qu’on pourra leur appliquer ce remedefans les tourmenter par des attitudes ou par des polirions gênantes, & pour le dire en ùn mot, fans les éleétrifer eux-mêmes ; ce que je vais dire pour prouver ce paradoxe , fera voir en même-tems qu’il y a réellement une matière affluehte autour du corps élec-trife ; & que l’éle&rieité cônfille vi-üblement, comme je l’ai conjecturé il y a trois ans, (a) dans les deux
- (a) Conjeâures iurles caufesde l’Eleâri-cité, Mém. del’Acad. 1745.p. 107.
- K k ii j
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- jça Recherche?
- jnonvertt.ens contraires &fimultanés de D i s g. cette mature qu'on nomme életïrique..
- Perfuadé, convaincu même de cette vérité par mille faits plus frap-pans les uns que les autres , je ne doutai pas un moment que ce qui arrivoit aux animaux ou aux plantes qu’on éleétrife, ne leur arrivât de même , fi je les plaçois dans le voifina-ge d’un corps éleétrrfé qui eut un certain volume ; l’expérienceTnedtvoir Expérien- que j’avais raifonde penfer ainfî. Je veTcxif-'" éledrifer la cage de tôle & tout tente de ce qu’elle contenoit,j%-. y.j’en ap-!e SS- prochai des vafes remplis d’eau qui queaffiuen- s’écoulôit goutte à goutte rpar des donne S fyphons capillaires; tous ces écoule-n°u mens ^evinl’ent continus & accélé-Ipreuves rés, comme s’ils euflent été éle&ri-Î!.iux&air <lues eux'ni^mesî je plaçai fur une kî plantes, table à 7 ou 8 pouces au-deffous de cette même cage, un chat $ un pigeon , un moineau, 8c je les y tins y heures de fuite ; ces animaux perdirent toujours autant 8c même un peu plus de leur poids , qu’ils n’ont coutume d’en perdre, quand ils reçoivent eux-mêmes la vertu éleétrique ; les tables que je vais joindre ici,
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- Sur l’Électri citA. .391 juftifierontce que je viens d’avancer ; —^ je fis la même chofe, & à plufieurs D1 jours de fuite, avec des jattes pleines de terre enfemencée, & j’obfer-vai dans la végétation des graines, la même promptitude & les mêmes-progrès dont j’ai fait mention ci-def-fus , en parlant des femences éle&ri-fées : enfin je fis refier pendant cinq; heures auprès de la cage de tôle électrique,^. 3. une perfonne quitranf-pira 4 onces 1 gros|; cette même perfonne éle&rifée la veille, pendant un même efpace de tems , n’a-voit perdu de fon poids que 3 onces J gros , elle perdit donc probablement 4 gros { pour avoir été placée pendant cinq heures auprès d’un corps éle&rifé.
- Kkiiij
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- Expériences faites fur des animaux places dans le voijmage d’un corps èle&rifè. Qu J T R I e m £ Suite.
- Expériences faites fur des Chats. j
- F J f Chat qui fut 1 mis auprès A< dun corps | cleârique f pefoit f Chat qui fut B) £5 \ pefoit Comparaifbri. remiere Expérience. marcs, onces, gros, grains, à 8 heures 9 -h 1 -f- 1 -4- 30 à 1 heure. <1 + 0+ 7+ 0
- à 8 heures.. 9 -f- 0 -+• 6 -f- 40 à 1 heure.. p + 0 + f + 30 Différence 1 + 10
- Déchet du Chat placé près du corps éie&rique. z-f-30 Déchet du Chat placé loin du corps éleârique.. i-f- 10 Effet de l’éleftricité i-f-ao
- y Seconde Expérience.
- /* Chat qui fut 1 mis auprès Yj i' d’un corps O J éleârique, ! pefoit | Chat qui fut A) âcâri'î,?’ V. pefoit Comparaifon.. marcs, onces, gros grains à 2 heures.. 9 -f- 2 -f- 0 ço à 6 heures.. 9 -f- 1 -f- 6 -+- 48 Différence z-f- z
- à z heures,.p + 0 +1 -+ 60 à 6 heures. .9 -f-0 -f- 0 -f- 40 Différence -4- zo
- Déchet du Chat placé auprès du corps éleéfrique.z-f- z Déchçt du Chat placé j loin du corps électrique. i-f-20 ! Effet de l’éleâricité 5:4
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- EXPERIENCES faites fur des Chats,
- 'Troifiéme Expérience.
- à 3 heures..9 à 8 heures..*» Différence. .
- à 3 heures .. 9 à 8 heurès .. 9 Différence...,
- Déchet du Chat placé près du corps éleCtrique.... 2-Déchetdu Chat placé loin du corps électrique.... 1-EfFet de l’éleâricité.....i-
- Quatrième Expérience.
- Chat qui fa à 2 heures... 9 + 2 . mis auprès :à 7 heures... p-+-s
- J-K d’un corps [Différence...........
- éiearicjue,
- [ chat qui fut! à z heures...? -f- c i loin à 7 heures.. .9 -+- c n corps Différence..........
- Déchet du Chat placé près du corps éleétrique.... 1-Déchet du Chat placé loin
- du corps éleétrique.........1-
- Effét de l’éleCtricité.......
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- EXPERIENCES faites fur des Pigeons.
- Première Expérie
- ( Pigeon q I fiitplicéa
- A< ptes':!"r
- f C°tTuée-e'
- ^ pefoit’ f Pigeon oui B J P^cé loin
- J élta"iq‘îc‘ !,
- I, peioit
- Comparaifon.
- à /heures... 44-0 à midi...... 4 + o
- Différence........
- à 7 heures.. .3 4- 6 -h 2
- à midi.....3 + ^+1
- Différence..............1
- -----------éledrique.. 1440
- Déchet du Pigeon placé loin du corps éledrique.. 14-10 Effet de Péîedricité........40
- Seconde Expérience.
- à 3 heures... 3 -f- 6 4- 7 • à 7 heures...3 -f- 6 -f- 6 -Différence..........1
- à 3 heures. ..44-1-4-6. à 7 heures.. .4 -f- 1 4- 6 Différence..........
- •35
- Déchet dit Pigeon placé prèsdu corps éledrique.. 14-20 Déchet du Pigeon placé
- loin du corps aedrique......3 <
- < Effet de l’éledricitc.....7«
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- EXPERIENCES faites far des Pigeon s Troisième Expérience.
- --Pigeon qui f fut placé au-p J prés d’un ^corps élec- p j foliacé loin 1 éleâiique, V. pefoit Comparaifon. à 8 heures;. -3 + 74- * *o à i heure....3 + 7 + H-20 Différence... 1 -4-40
- à 8 heures;..4+/0 -f- 4 + 66 à 1 heure....4-4-0-H 4-f- 6 Différence éo
- Déchet du Pigeon placé près du corps éleârique. 1-4-40 Déchet du Pigeon placé loin du corps éleârique 60 .Effet de rElçâriçité,, .*}i
- Quatrième Expérience*
- Ç Pigeon qui 1 fut placé près D< *>” co,p’ 1 eleétrique, f pefoit | Pigeon qui I fut placé loin C*\ 'lu c?'ps J éleârique, V pefoit. Comparaifon. marcs, onces, gros, grains. à 3 heures*. .4 -h 0 + 1 + 3'f à7heures...4H-0-4-0-4- 18 Différence 1 H- 18
- à 3 heures. •. 3 •+• 7 *4- * -4- *4 à 7 heures. • • 3 -4- 7 -f- 1 + 40“ Différence <,(>
- Déchet du Pigeon placé près d’un corps éleârique 1-4-18 Déchet du Pigeon placé loin d’un corps éleârique... 56 Effet de l’électricité 34
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- 3pû EXPERIENCES faites fur des petits Oifeaux.
- Première Expérience.
- /•Bruant qui « fat placé près A‘< <i’»n corps J éleôrique, (_pefou. Ç Bruant qui à ékdrique , Comparaifon. onces, gros, grainsr à 7 heures y-+- 3 +18 à midi s-t-z + C? Différence ..... r.... 23.
- à 7 heures... 6+ 4-4-3° . à midi 6 4-4-p- 18 Différence.. ...12
- Déchet du Bruant placé près d’un corps éleétriqùe... 1$ Déchet du Bruant placé loin d’un corps éleétriqùe... 12 Effet de l’éledricité ii
- Seconde Expérience.
- /* Bruant qiii 1. fut plac ;près' B< d’un corps J éleélrique. 1 pefoit Ç Bruânt qui ; A J fi« placé loin K d’un corps _ éleâriquc , V pcfoit Comparairon. onces.- gros, grains. à 3 heures...... . . 64-3 h-5o à 7 heures 6 -t- 3 H- 33 Différence............. ...27
- à 3 heures... y+2-l-io à7heures.. 5 + 14.' 0
- Différence..... ..20
- De'chet du Bruant placé’ près d’ün corps éledrique... 27 | Déchet du Bruant placé jj loin d’un corps éledriqiie... zo Effet de l’électricité 7
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- EXPERIENCES faites fur des petits oifeaux.
- | Troifiéme Expérience.
- f Pinçon qui 1 fut mis près A< d’un corps | électrique , Ç Pinçon qui Tt J ft» mis loin De d un corps 1 électrique , ^pefoit Comparaifon. onces, gros, grains. à 3 heures. î rh l + 4° à 8 heures J-f- i + 13 Différence................ 27
- à 3 heures 6 <+ t+ 70 à 8 heures 6 -f- 2 -j- ?2
- Déchet du Pinçon placé près du corps éleâ'rique.... 27 Déchet du Pinçon placé loin du corps éledrique.... 18 Effet de l’éledricité........ 9
- i Quatrième Expérience
- ^ f”fut placé près ) éledriqtçe , ^pefo;t j Pinçon qui . 1 fut placé loin A< du çorps é- (.foit q C,pe Comparaifon. à 8 heures 6 -\-z +"40 à 1 heure. 62 -f- 13 Différence zf
- à 8 heures ? -f- 0 +71 à | heure l+o+j: Différence 19
- Déchet du Pinçon placé près du corps éleârique.... 27 Déchet du Pinçon placé loin du corps éiedrique.... ip Effet de l’éledricité 8
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- 3p8 Recherches Si l’on additionne maintenant les quatre produits des expériences d’une même efpéce, pour en avoir le terme moyen, & que l’on faffe la même chofe à l’égard des premières tables qui contiennent les expériences faites fur des animaux éledrifés ; la comparaifon que l’on fera de ces termes moyens correlpondans montrera, comme je l’ai avancé., que l’animal placé auprès d’un corps qu’on eledrife, tranfpire non-feulement autant , mais même plus que s’il etoit éledrifé lui même.
- Comparaifon s des réfultats correjpon-dans de la 3 e Suite.
- Expér. durée. produit, produit.
- •.. .5 heures... t6 grains.. .$>2grains ••••4............58..........î 4
- Sommes desprod.. .284.......191
- Termes moyens... .71........73
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- -SUR l’E LE C TR I ç I TÉ. ^
- Expér. durée. produit. produit.
- ........5 heures... 3 8 grains... 40 grains,
- ..50..
- ..36..
- Sommes des prod. ..179.. Termes moyens... *44ï*
- Bruants & Pin- L’animal étant -UcéDr^- d’un* çon, éleârifé.
- Expér. durée. produit, produit.
- .... 5 heures... iograins... 11 grains.
- ••••4.............5..........7
- ... .5............6..........9
- ....5.............8..........8
- Sommes des prod... .19-•..........34
- Termes moyens........7 i.........8*
- 11 feroit donc facile, comme Pon voit, de faire reffentir les effets de l’éle&ricité à un grand nombre de corps en même-tems, fans les déplacer, fans les gêner, fuffent-ils à des
- V.
- Disc.
- Ce qui reluire rie ces ck-rnieres
- rapport à la Médecine ou à la Botanique.
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- _ $00 RECHERCHES
- diftances très-confidérables ; car on fçait que cette vertu fe tranfrnet fort aifément au loin par des chaînes ou par d’autres corps contigusiquelques tuyaux de tôle, quelques ms de fer tendus qui porteroient de diftance en diftance des feuilles de même métal 8c qui regneroient le long d’une plate bande ou d’un gradin chargé de pots, des paquets de clefs , des paniers pleins de doux ou de vieux fers qu’on tiendrait fufpendus auprès d’un malade, le malade reliant dans fon lit ou dans un fauteuil; mille autres moyens peut-être encore plus faciles, 8c que l’induftrie la plus commune pourrait fuggérer, ne manqueraient pas de mettre ces effets à la portée de tout le monde , «5c d’en étendre l’ufage autant qu’on le fouhaiteroit.
- Comme on peut l’étendre cetufa-ge , on peut aulfi le reflreindre , 8c ç’eft encore un avantage auquel on doit s’attendre, quand on réfléchit un peu fur la maniéré dont fe fait cette tranfpiration forcée des corps qui avoifinent ceux qu’on élec-trife. Ces corps font toujours pleins de matière électrique, parce que ce fluide
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- sur l’Électricité. 4.0i fluide fubtile eft préfent par-tout; dès —y qu’ils fe trouvent à une certaine proxi- D i sc, mité d’un autre corps qu’on éleétrife , cette matière prend fon cours vers celui-ci, devient affluente par rapport à lui, & entraîne avec elle ce qui le rencontre dans les petits canaux par Iefquels elle s’élance. Mais il eft naturel de penfer quelle fort de ces corps par les endroits qui répondent à la caufe déterminante de fon mouvement par les endroits qui font le plus expofés au corps électrique.
- Ne nous repofons point fur des conjeétures , quand nous pouvons ", i" i“r-nous inftruire par des faits. Je tiens à la main fig. q. un vafe de métal plein d’eau qui s’écoule goutte àgout-te , par plufieurs petits tubes capillaires placés à différons endroits de fa circonférence ; je le plonge dans la fpbére d’activité d’un corps qu’on éleflrife , & je vois que les écoule-mens ne deviennent continus, Sc ne s’accélèrent, que par les canaux qui regardent Sc qui avoifinent de plus près le corps électrique.
- Je coupe en deux parties égales une éponge que j’ai humedée d’eau
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- 402 Recherches J!^55 commune , le plus uniformément Disc, qu’il a été poflible ; je pefe ces deux moitiés féparément , & je les mets d’équilibre enfemble ; je les réunis, & j’expofe le tout pendant
- 5 ou 6 heures à un corps éledrifé , vis-à-vis duquel j’ai foin de tourner une des deux moitiés de l’éponge : cette moitié plus dire&ement, plus prochainement expofée que l’autre à la vertu éledrique, fe trouve au fil confiamment la plus légère, quand on vient à les pefer de nouveau toutes deux.
- Il eft donc prefqu’indubitable, qu’on pourra de même déterminer la matière éledrique à fortir d’un bras, d’une jambe, de la tête, ôcc. plutôt que des autres membres du corps ; & puifque ce fluide en fortanc ainfi avec précipitation des . corps animés , entraîne indubitablement une partie des fubflances qui fe trouvent dans les vaifleaüx excrétoires; il y a lieu de fe flatter qu’on pour-roit en certains cas, ménager ce moyen allez heureufement, pour defobftruer ces mêmes vaifleaüx ,
- 6 pour les purger de ce qu’ils con-* tiendroient de vicieux.
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- Redierciiea iur l Elec tri cite 5 f Disc, PI. g.
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- sus l'Electricité. 403
- Au refte, quand bien même I’élec- —ÿ— tricité , employée comme je l’ai dit, Disc, ferait une nouvelle relTource , pour foulager ou pour guérir; nous igno- tnlvr”, T rons encore en quelles circonftances 1°” on doit particulièrement y avoir re- lefiticicé cours, & jufqu’à quel point on doit s’y fier ; les remèdes les plus falutai- ' res & les plus éprouvés doivent être adminiftrés avec prudence & conduits par des perfonnes qui en connoiffent tout le pouvoir. En même tems que je propofe ces elfais à ceux que leur profeffion & leur place met à portée de les fuivre, & de nous apprendre ce qu’on en peut efpérer, j’exhorte toutes les autres perfonnes, qui ne font que curieu-fes, ou même perfonnellement in-terelfées à les voir réulîir ; je les exhorte , dis-je, à ne s’y point livrer aveuglement, & fans être guidées par des gens de l’art, qui puilfent au moins décider des circonftances oùl’onpeut, fans rien craindre, forcer la tranfpiration d’un malade.
- Pour ce qui concerne les plantes , on peut être moins circonfperi; tout le monde peut s’en mêler, fans cou-
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- ____404 Reçu esches
- •Hfr"1 rir ue grands rifques ; & cela me fait Disc, efpérer qu’en peu de tems nous fçai> ions ce qu’il y à gagner ou à perdre en éleârifant les végétaux. Je ne p en Te pas que cela puilTe aller juf-qu’àmultiplier les forêts, &grof!ir les moiffons ; mais au-delfous de ces grands objets, il en elf d’autres qui ne font indignes, ni de la Phylîque ni d’une curiofitéraifonnable.
- On a vù par ce que M. Louis m’a Applica- donné occafion de lui répondre dans le premier Difcours[âge 49, qu’avant au/p'i'aiy. Pâques de l’année 1746, nous avions penfé M. Morand, M. De laSone & moi à éleârifer des paralytiques , pour voir fi en faifant agir fur eux la vertu élearique,nous ne pourrions pas ranimer le mouvement, ou faire renaître Je fentiment dans des membres qui auroient perdu l’un ou l’au,-tre,ou tous les deux.Nous fîmes alors quelques épreuves qui ne furent point abfolument fans effet : un de nos malades reffentit après dans un bras qui étoit perclus depuis nombre d’années, des picottemens qu’il n’a-voit jamais reüêntis auparavant, &
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- sur l’Électricité. 40J qui lui infpirerent un grand défir d’être encore éle&rifé. D
- Mais ces premières tentatives' , quoiqu’elles nous laiflaffent quelque efpérance de fuccès , nous firent bientôt comprendre qu’on ne devoit raifonnablement s’en flatter qu’après un travail aflidu, & peut-être bien long. Je ne voulois pas entreprendre feul des expériences aufli importantes, & il n’ëtoit pas jufte que je détournafle pour des eflais qui pouvoient être infrudueux , des perfonnes dont les fecours font plus fûrs en tout autre cas y & continuellement utiles à la fociété. Il fe pafîa deux ans avant, que M-Morand pû$ allier avec fes occupations ordinaires , celles que devoit caufer une éledrifation foutenue avec afliduité,
- & d’une durée convenable.
- Enfin le fuccès de M. Jallabert (à)
- («'Vers le milieu du mois de Janvier 174?»
- M. Jallabert Profefleur de Fhilofophie & de Mathématiques à Genève, notre Correfpon-dant, & mon ami, me manda qu’il avoit éffayé d’éleétrifer un Paralytique , & qu’il étoit fur le point de le voir guéri* D’autres lettres m’apprirent fort peu de tems après, la progrès de cette guerifon, dont il faut voir
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- 4oï$ Recher chis acheva de nous déterminer: dans les premiers jours d’Avril 1748 M. de la Courneuve, Gouverneur de l’Hôtel Royal des Invalides, nous fit donner, félon les intentions de Moniteur le Comte d’Argenfon ,Mi-niltre de la Guerre, un lieu propre pour nos expériences ; & parmi une douzaine au moins de foldats paralytiques , qui nous furent préfentés, nous choifimes trois fujets dont l’é-
- tat fut conftaté par écrit, en pré-fence de M.Munier premier Médecin , & de M. Boucot Chirurgien Major de la maifon ; qui voulurent bien affilier à nos épreuves & m’aider de leurs lumières pendant tout le tems qu’elles ont duré.
- « Le premier foldat nommé Daleur, étoit un homme de 49 ans, paraly tique de toute la moitié du corps, du côté gauche depuis trois ans, à la fuite d’une bleffiire au côté droit de la tête, ne pouvant fléchir que très-imparfaitement quatre doigts de la
- le détail dans un excellent Ouvrage que M. Jallabert a publié depuis, fous ce titre , Expériences for VEleOricitc, avec quelques connûmes for U caufe défis effets,à Genève 1.748.
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- sur l’Électricité. 407 main, & le pouce de la même main — reliant toujours droit, fans aucun D mouvement fournis à la volonté.
- Le fécond nommé Bardoux, âgé de 27 ans, étoit paralytique de tout le côté droit, à la fuite d’un coup de feu qui lui a crevé l’oeil gauche ; il a toujours eu depuis une douleur dans toute la face, & furtout vers les linusfurcilliers : il avoit la main & les doigts fans mouvemens, & à moitié fermés , il étoit privé de tout fen-timent dans la partie malade.
- Le troifiéme nommé Quinfon , âgé de 48 ans , étoit paralytique de tout le côté.gauche depuis 17 ans; cette paralyfie a commencé par une foiblelfe que le malade relfentit dans fes membres, fans perdre con-noilfance.
- Expériences faites fur des Par antiques à ïHôtel Royal des Invalides. Cinquième Suite.
- Daleur fut éle&rifé de fuite, de-puis le p d’Avril, jufqu’au 16 du tl,
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- 408 Ee cherché s -k-y— même mois, tous les jours pendant!
- Disc. 4 heures ; fçavoir, le matin pendant 2 heures , & autant l’après midi. Bardoux le fut de même pendant 50 jours, & Quinfon pendant.40. Ce travail ne fut interrompu que deux ou trois fois , par l’occurrence de quelques grandes fêtes.
- Procédé Pour éleftrifer ces malades , 011 ?°dans«J h's faifoit afieoir fur une plancha cxpérien- fufpendue avec des cordons de foye, & ton foutenoit leurs pieds avec des gâteaux de réfine , ou avec des efi péces d’étriers attachés à la planche qui leur fervoit de fiége : on leur en-tourroic le corps d’une chaîne de fer dont un bout répondoit au globe de verre par le moyen duquel on excitoit la vertu électrique.
- On foutenoit dans une fituation convenable & non gcnée , par le moyen d’une bride ou d’un ruban de foye,le membre fur lequel on vouloir opérer, & comme il étoit nud , on avoit foin d?y entretenir un degré de chaleur fufhfant, non-feulement par celle du lieu où l’on avoit allumé un poêle , mais encore par de fréquentes frictions que l’on faifoit.
- avec
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- sur l'Électricité. 409 avec des ferviettes bien chaudes. — Tandis que le malade recevoit D l’élearicité du globe de verre, on tiroit continuellementdes étincelles, en fuivant la direflion des mufcles extenfeurs, fléchiffeurs, &c. des parties dont on vouloit ranimer le mouvement : on fe fervoit pour cela d’une clef de porte , dont on préfentoit l’anneau, ou d’une platine de fer , épaifie de 4 lignes, & arrondie par un bout : fans cette précaution, les étincelles douloureufes, même pour la perfonne qui les excite , aurait rendu l’opération difficile, & fort incommode : malgré cela elle l’étoic encore affez pour ralentir le zélé des jeunes Chirugiens qui s’étoient offerts à nous aider.
- Quand on avoit tiré des étincelles pendant un certain tems , on appli-quoit le malade à l’expérience de Leyde , en lui faifant tenir d’une main le vafe de verre qui contenoit l’eau, & en conduifant la main paralytique avec un cordon de foye , jufqu’à la tringle de fer, ou à la chaîne d’où I’étincslle devoit partir ; ce que l’on répétoit ordinairement cinq
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- 4io Recherchés ’ à fix fois de fuite , quand le malad* vouloic bien le fouflrir ; car dans les cas où l’éleélrieité étoit bien forte J il avoit peine à foutenir deux ou trois de ces fecoulfes.
- Nous abandonnâmes au bout de 8 jours, te premier dfe nos paralytir que nommé Dateur, parce que Mr, Morand & Mr. Boucot, l’ayant examiné avec plus d’attention, jugèrent qu’il avoit les articulations enchilo-fées, & qu’il n’étoit pas vrai-fem-blable que des parties ainfi aflèftées, puffent reprendre la flexibilité & la fouptelfe néceflaire au mouvement qu’elles avoient perdu.
- Les deux autres foutinrent plus long-tems notre efpérauce par les effets que voici. Les m ains qui étoient roides & prefque fermées, devinrent plus fouples & s’étendirent ; les doigts qui étoient comme collés les uns aux autres, fe détaqherent peu à peu , & chacun d’eux fe plioit où fe redreflbic féparément des autres , quand on tiroir une étincelle du muf-cle d’où dépendoit l’un ou l’autre de ces mouvemens : on faifoit plier de même , ou étendre le poignée
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- sus l'Électricité. 411 & l’avant bras ; nos malades ref-fentoient des douleurs & des pic-cotemens pendant les nuits , aux parties mêmes fur lefquelles on avoit travaillé, ou bien à celles qui les avoifinoient, & avec lefquelles elles avoient des rapports immédiats. Enfin la peau devenoit pleine de taches rouges, & enfuite on voyoit des élevûres confidérables, aux endroits où l’on avoit excité les étincelles éleétriqugs : nous y avons fouvent vu même des véficules qui fe cre-voient, & d’où il fortoit une féro-fité femblable à celles des cloches qu’on fait naître en fe brûlant.
- Tous ces efletsallerentenaugmentant pendant les premiers ty jours, & nous nous flattions toujours que tous ces mouvemens excités & forcés, pour ainfi dire, parles fecoufles & pat les étincelles, fe foumettroient enfin à la volonté du malade. Nous le délirâmes, & nousl’attendîmesen vain pendant fix femaines, que nous continuâmes nos épreuves, après quoi les paralytiques ne voyant plus de nouveaux progrès qui foutînlfent leur patience ; ( car il en faut pour fe Mm ij
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- 412 Recherches -y— foumettre à cette efpéce de torture, J Disc, ne fe prêtèrent plus qu’avec peine, Ôc en fe plaignant. Le même motif qui nous avoit fait entreprendre & fuivre ce travail quand nous croyions pou-voiries guérir ou les foulager, nous fit tout abandonner, dès qu’il nous parut décidé que nous les faifions fouffrir inutilement.
- confé- Quoique cette éle&rifation n’ait qTonpeut P°int eLl l’effet que nous avions prin-?îrerndeces cipalement en vue; ceux qu’elle a reluira». eu d’abord, & les guerifons réelles qui ont été opérées ailleurs par cette voye, (<z) feront penfer à toute per-
- (a) Au commencement de Décembre 1748 j JV1. de Mairan , reçut de M. Jallabert, une lettre, qui fut lue aufli-tôt à l’Académie des Sciences, & qui portoit que M. Sauvage, de l’Académie de Montpellier, éleélrilbit depuis quelque tems, un homme paralytique, dont le bras atrophié pendoit (ans mouvement, & qui traînoit une jambe , fur laquelle il ne pouvoir Ce foutenir ; que le bras, depuis qu’ont avoit commencé à éleétrifër le malade, à la . maniéré de M. Jallabert, fans employer, cependant l’expérience de Leyde , avoit repris fes mouvemens naturels , que la maigreur étoit de beaucoup diminuée, & que le malade marchoit fur fa jambe, beaucoup mieux qu’il n’ayoit fait auparavant : enfin que cet homme étoit vifiblement en train de guérifon,
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- sur l’Électricité. 413 fonne raifonnable , & qui n’aura —v~— point intérêt de défendre une autre d i s o, opinion, que l’éleftricité employée avec perfévérence, & ménagée avec une certaine habileté , peut être un remede utile contre la paralyfie, & peut-être contre bien d’autres maladies , dont le fiége eft dans les nerfs ou dans les mufcles : pour moi, quoique je n’aye pas réufli autant que je le défirois, je fuis bien éloigné de croire qu’on ne puiffe pas avoir un fuccès plus heureux , en répétant les mêmes épreuves; je compte bien les reprendre dans un autre tems, &c quand mon travail feroit encore infructueux , j’en conclurrois que je n’ai point affez de bonheur ou d’habileté , plutôt que de dire contre la vérité des faits, qu’on ne doit rien attendre de la vertu électrique pour guérir de la paralyfie.
- Mais en convenant, comme je le dois, des bons effets que l’éleftri-cité a eu , 8c qu’elle peut avoir encore, je ne prétens pas faire del’é-leffrifation un moyen de guérir à coup sûr, & qu’on doive dès à prêtent , préférer à d’autres remèdes Mmiij
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- 414 Recherches plus éprouvés : la guérifon du paralytique de Genève , eft prefque la feule dont je fois bien certain, & le peu de fuccès que j’ai eu aux Invalides , après un travail de deux mois qui fut éclairé par d’habiles gens, & foutenu de ma part avec tous les foins & toute l’attention qu’il m’a été pofiible d’y mettre, me lait craindre que les exemples de paralytiques guéris de cette maniéré, ne foient fort rares à l’avenir, à moins qu’à force de le tenter, on ne trouve quelque façon d’éleélrifer plus efficacement, qui nous eft encore inconnue : fi l’électricité devient jamais un remède en ufage, il en fera fans doute de lui, comme de tous les autres dont l’application n’ell pas toujours auflï heureufe qu’on le fouhaite. Quel eft le remède dont les effets foient infaillibles ? La même maladie ne devient-elle pas plus ou moins opiniâtre, filon l’état & la difpofition du fujet ? J’ai éleétrifé des Soldats dont la paralyfie avoit été précédée de bleffures c’étoit peut-être une caufe qui rendoit le mal incurable, & mes efforts inutiles.
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- sua l’Élegtbicité. 417 là paralyfie du Serrurier de Genève, — avoit commencé par un coup de D marteau donné à faux ; qui fçait fi cette fecoufle, qui paraît avoir oc-cafionné fa maladie, nelaiiToit pas
- Îilus de reffources au remède que M. allabert y appliqua ?
- Ceux qui aiment à dire que l’électricité ne peut être que nuifible aux malades, ne manquent pas d’appuyer leur prétention par des exemples ; mais ces exemples font-ils bien conftatés ? N’en feroit-il pas de la plupart de ceux que l’on cite comme de l’apoplexie qui fit mourir Mr. d’Oppelmaier : (a) accident que l’on -attribua dans le pays même aux expériences d’éleâricité qu’il avoit faites fur fa propre perfonne,& qui fè trouva parles informations qu’on en fit, n’ê-tre qu’une fuite a fiez ordinaire de plu-
- (a) J’ai entre les mains une lettre de M. Boze, datée de Wittemberg le 15 Mars 1747 * par laquelle Y il m’apprend, après les informations que je l’avois prié de faire, que ce bruit n’avoit aucun fondement ; & pour me .prouver qu’il en parle en homme bien informé, il m’envoye la copie d’une réponfe que lui avoit faite à cefujet, la personne qui avok * aidé M. d’Qppelmaier dans ces expériences.
- Mmiiij
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- 4i6 Recherches 3 fleurs attaques de la même maladie; , que ce célèbre Profeffeur de Nuremberg avoit fouffertes précédemment: faderniere rechute vint en effet après ces expériences ; mais peut-on dire pour cela, que l’éleâricité l’ait tué ? looc poji hoc , an propter hoc ? Ce qu’il y a de certain, c’eft que depuis i; ou 16 ans que j’éleftrife toutes fortes de perfonnes , je ne pourrais citer aucun mauvais effet un peu confi-dérable, que j’aye pû attribuer fûre-ment à l’éleârifation ; ¬amment nos paralytiques des Invalides, interrogés foigneufement tous les jours ne fe font jamais plaints quel’éleâri-cité eût caufé le moindre dérange-: ment dans leurs fondions naturelles.
- On aurait tort de m’objefter ici la mort des petits animaux qui ont été la viflime de ces expériences : il y a bien loin d’un moineau ou d’un pigeon à un homme ; & en difant que je n’ai encore vû perfonne à qui l’éledricité ait été funefle, je n’aflure pas que cela ne puiffe être , & qu’on ne doive en ufer fagement & avec précaution.
- Mais quand il ferait vrai que l’éleç,
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- sur l’Electricité. 417 ___
- tricité employée en certain cas, pût J~vr-avoir de mauvais effets (ce que je D ts ei ne voudrais pas nier ; ) que s’enr fuivroit-il, s’il eft confiant d’ailleurs qu’elle ait opéré des guérifons? Rien, ce me femble, ftnon que c’eft un nouveau moyen de guérir, que l’on ne connoît point encore affez , que l’on doit étudier, qu’il faut appliquer avec prudence ; mais tout cela n’autorife point à le rejetter comme inutile , comme nuifible. Les meilleurs remèdes, les plus ufités , ne font ils pas dangereux quand ils font mal adminiflrés ?
- Depuis un an ou environ , on parle beaucoup des guérifons éclatantes & En*Men* prefque fubites que M. Pivati opéré “"“jT, à Venife par le moyen d’un tube ou fc» d’un globe de verre dans lequel il en-ferme certaines drogues, & dont il uta. fe fert enfuite pour éleétrifer les malades. Des perfonnes d’une autorité refpeétable , attellent^ les faits , & afferent qu’elles ont vû répéter ces importantes expériences avec fuccès , à Bologne & à Florence , & j’ai aftuellement fous les peux, un Journal de celles qui onî
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- $iS Recherchés été fartes à Turin,par M.Bianchi, (a) c, Profeffeur de Médecine, & Chef du ’ Trotomédicat ; tes réfultats de celles-ci né' font pas moins admirables que les effets publiés par M. Pivati. J’en vais rapporter quelques-uns, pour donner au Leâeur une idée de cette nouvelle Médecine : & je m’abllien-drai de faire connoître tes autres, pour ne point ôter à M.Bianchi, de qui je tes tiens, le plaifir de publier lui-même fes découvertes.
- io.Une femme qui depuis plufieurs femaines reffentoit une fciatique très-douloureufe , depuis la hanche droite jufqu’au genouil, & cela pref-que continuellement, & principalement la nuit, ayant été éleflrîfée une feule fois 1e cylindre tube de Verre , n’a plus reffenti de douteur, & paraît depuis ce tems-là totalement guérie.
- 2°, Le ry Mai 1748, fut éleftrifé
- (a)Ayantun defir extrême d’avoir des éclair-ciffemens fur les expériences de M. Fiyatî / je mè luis adreffé à M. Bianchi, qui me fit une' réponfe très obligeante, en m’envoyant etf même tems un extrait fort ample de fes propres expériences, c’eft dans cet extrait que lotit contenus les faits qu’on va voir ci-après. y
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- sur l’Électricité. 419 avec le (impie cylindre, Jean-François Calcagnia âgé de 3 y ans, qui depuis d environ 12 ans étoit paralytique du bras gauche , de telle maniéré que pendant tout cet intervalle de tems* il n’avoit jamais pû porter la main à fa tête ; dès la première éledrifation, il leva tout de fuite fon bras, & toucha fon vifage.
- 30. Dans le mois de Juillet 1748,' un Bonetier nommé François Bian-co, âgé de 21 ans, avoir depuis deux ans,toutes les articulations tellement: entreprifes , pour avoir couché dans un lieu humide, qu’il ne pouvoic aucunement fe fervir, ni de fes pieds pour marcher, ni de fes mains pour travailler ; ayant été éledrifé une première fois avec un cylindre rempli de drogues convenables pour guérir les maladies des nerfs , il reprit les forces qu’il avoit perdues, il remua fans douleur toutes fes articulations ; & ayant encore été éledrifé de même, il continua d’aller de mieux en mieux, jufqu’à ce qu’enfin , (ce qui arriva en peu de tems) il fut entièrement guéri.
- 40. Le nommé Pierre Mauro, ayant tenu dans fa main un morceau de
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- 420 Recherches Scamonée, pefant une demi-once ; tandis qu’on l’éleftrifoit, fut purgé la nuit fuivante, & reflentit beaucoup de douleur dans le ventre.
- 50. Un Profefleurde Philofophie de TUniverfité, fe fit éleéfrifer, tenant en fa main un petit morceau de Scamonée, & il reflentit en peu de tems des mouvemens dans le ventre, qui furent fuivis de trois évacuations.
- 6°. On cleclrifa trois Etudians en Médecine, dont un tenoit en fa main une petite fiole qui contenoit deux gros de baume du Pérou ; l’odeur de ce baume fe communiqua bientôt à ces trois perfonnes, de maniéré qu’on la fentoit à leurs mains, à leur vifage & à leurs habits ; & quelques jours après , un des trois ayant été éleélrifé tout fimplement, la même odeur fe réveilla & fe fit fentir de nouveau tout autour de lui.
- Toutes ces merveilles font encore renfermées dans le fein de l’Italie : quelque émulation qu’elles ayent fait naître parmi les Phyliciens des autres Pays, elles ne leur font encore connues que par le récit qu’on leur
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- sur l’Électricité. 421'__________
- bn a fait : je n’ai pas oüi dire qu’en —y— Allemagne, où j’ai beaucoup de Disc.-correfpondance, perfonneaitvû de csot-tels effets : je fçais pofitivement qu’en Angleterre, on a inutilement M tàiâ cherché à les voir ; j’ai eu le même fort en France, quoique je me fois ™ A«sk’-obftiné à faire ces épreuves, & que j’aye appellé pour en être témoins, s“«<
- & pour m’aider, les perfonnes les plus propres à faire l’un & l’autre ; c’eft-a-dire, que j’ai travaillé avec des gens fans prévention, incapa-ples de fe laiffer féduire par de fauffes apparences, & fort en état de me fournir les lumières dont j’aurois pû manquer.
- Celles de toutes ces expériences qui me paroifloient devoir réuflir davantage, c’étoit la 4e. la yc. & la 6'Com-me il vient au corps éle&rifé une matière éleétrique affluente, j’imaginois que ce fluide fubtile pourroit introduire avec lui quelques particules de la Scamonée que l’on tenoit dans la main : mais fi cela fe fit, il ne s’en-fuivit jamais aucune purgation, & cependant j’ai appliqué à cette épreuve , des perfonnes de tout âge, de
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- 42* Recherches tout fexe , & dont plusieurs étoîene d’un tempéramment très - facile à émouvoir : les expériences ont duré plus d’une demie heure fur le même fujet; le morceau de Scamonée étoit gros comme une moyene orange & M. Geofroy qui me l’avoit choifi exprès, l’avoit trouvé d’une très-bonne qualité ; ajoutez encore que je n’opérois point avec des tubes mais avec des globes de verre, dont l’éle&ricité elï toujours plus forte 8c moins interrompue.
- Je penfois auüi que lï la matière électrique affluente étoit capable d’introduire dans le corps de la per-fonne éleftrifée, les drogues odorantes qu’on lui faifoit tenir dans une main , les émanations électriques pourraient bien faire exhaler ces mêmes odeurs, & les rendre fenlibles autour de cette même perfonne : le fait, s’il eft vrai, s’expliquera de cette maniéré affez plaufiblement ; mais je ne puis l’atteller par ma propre expérience ; car de quelque façon que je m’y fois pris, jamais je n’ai fenti autour des corps éleélri-fés, d’autre odeur que celle qui ap-
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- SUR L’ÉtECTRIClTÉ. 42J _____________
- pârtient à l’éle&ricité, (a) Si qui n’a- —y—-voit rien de commun avec celle du 131 s c, baume du Pérou, du benjoin, de la térébenthine , &c. que j’effayois de faire prendre à la perfonne éleâri-fée.
- Le verre d’Italie, l’air qu’on y A quoi réfpire, le degré de chaleur qui y £"”1“" régné , le tempérament des per- differente fonnes qui l’habitent, une façon Jf d’opérer dont on nous auroit fait un fecret, la qualité des drogues qu’on a employées dans ces expériences , feroient-ils donc la caufe de ce que nos réfultats fe trouvent fi différens de ceux qu’on nous a annoncés ? La crainte , la confiance , &c. auroient-elles faifi l’efprit des malades, juf-qu’au point de leur faire croire qu’ils étoient foulagés ? L’ame finguliere-nrent affeftée à la vue d’un appareil & d’un effet auquel elle ne s’attendoit pas, auroit-eile tellement agi fur le
- (a) On (loir que les corps fortement élcc-’ trifés, exhalent une odeur que l’on a comparée à celle do l’ail, du phofphore , ou du fer diffous par l’eau forte ; j’en ai fait mention dans plufïeurs endroits de cet ouvrage Sç de mon Epi.
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- Recherches^ corps, qu’elle eu eût changé l’état & les difpofitions ? Enfin ai-je manqué d’adreffe ou de bonheur ? Le tems éclaircira toutes ces queflions.
- appendice
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- sua l’Eiectriciti*. 42*
- VT3
- s ' "" Disc*
- APP EN DIC E
- lequel on expofe un nouveau phénomène d’Eletfricité,
- J’Ai fait voir par la 23e. expérience du 3 «. Difcours,* que la ma- *p. *ri. tiere électrique effluente, coule avec plus de facilité & plus abondamment dans le vuide que dans Pair de l’atmofphére : j’ai remarqué aulïi dans le même endroit, que le vaif-feau de verre dont on a purgé Pair ,
- & qui reçoit intérieurement les émanations électriques d’une verge de fer , acquiert promptement une très-grande vertu ; ce qui fuit allez naturellement du premier effet. 11 y a environ trois mois que répétant cette expérience, pour le plaitir de la revoir, (car elleeft très-belle) 6c pour ep examiner de nouveau les circonf-tances, le vaiffeau de verre AB,** ***'*$’ me parut tellement électrique, que i^-V * dans le moment même que je le con» fidérois, il me vint dans l’efprit qu'il Nn
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- 425 Re Ch ER CH EJ pourrait bien procurer une commotion femblable à celle qu’on éprouve dans l’expérience de Leyde. Cette penfée s’empara de moi de telle forte, que je ne me donnai pas le tems d’y réfléchir; j’appliquai la main gauche fur le vaifleau, & avec la droite je tirai une étincelle de la verge de fer ; je me repentis bien-tôt de ma précipitation : jefiis frappéintérieu-rement, & depuis la tete jufqu’aux pieds, avec tant de violence, que je ne me fouviens pas de l’avoir jamais été davantage en répétant l’expérience de Leyde : foit par l’effet de la furprife, foit par la force avec laquelle je fus fecoué, je paflai le relie de la foirée allez mal à mon aife, ce qui fe diflipa cependant par le fommeil de la nuit fuivante.
- J’ai fait répéter depuis cette expérience par diverfes perfonnes, & quoique j’euffe foin d’en modérer l’effet, en leur faifant tirer l’étincelle avant que le vaiffeau eût acquis une forte éleffricité , toutes font convenues dès la première épreuve , qu’il n’y avoit aucune différence entre la commotion qu’on reçoit de cette
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- SUR U’êtECTRICITÉ. 427 inariiere, & celle qui caraftérife la fameufe expérience de Leyde.
- 11 y a près de trois ans, que rendant compte à l’Académie , (a) des circonftances que j’avois trouvées remarquables en répétant l’expérience de Leyde, nouvellement connue alors , j’obfervai qu’au lieu d’eau on pouvoit mettre dans le vaiffcau de verre,du mercure ou d’autres liquides qui ne fuflent ni fulphureux ni gras, qu’on pouvoit même employer de la limaille de fer, du fablon , Scc. & j’ajoutois que quoique l’eau me parût préférable à tout ce que j’avois élfayé de lui fubftituer , quantité d’autres liqueurs réufliffoient avec la feule différence du plus au moins.
- J’ai répété depuis, àpeuprès la même chofe dans mon EJJai; * de forte qu’on peut voir par les endroits j que je cite, que je n’ai jamais regardé l’eau qu’on employé dans cette expérience, que comme un moyen de tranfmettre & d’appliquer à la furface intérieure du verre, les éma-
- . («) Mémoire !û i la rentrée publique de l’Académie des Sciences, après Pâques 1746,
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- ____428 Recherche»
- 1 y nations électriques qui fortent du fil Disc, de métal, plongé dans le vaiiTcau.
- On peut voir encore par l’explication que j’ai donnée du neuvième fait de là fécondé claffe,* que j’ai attribué jo£3' '' dès-lors , tout ce qu’il y a de fingu-lier & de merveilleux dans l’Expérience de Leyde, au double avantage que polîèdent le verre, la porcelaine , &c. de pouvoir être éleftrifés par communication d’une maniéré alfez forte , & de conferver cette vertu , malgré les attouchemens des corps non éleélriques : ce que ne pourrait faire ni un vafe de métal qui perd fa vertu acquife dès qu’on le touche, ni un vafe de cire d’Éfpa-gne ou de fouffre qui n’acquiert point affez de vertu par voye de communication.
- Je perfide aujourd’hui dans les mêmes idées, parce qu’elles me pa-roiffent quadrer alfez bien avec toutes les obfervations que j’ai eu occafion de faire jufqu’à préfent, par rapporc au fait dont il s’agit ; j’ajoute feulement , en conféquence du nouveau phénomène que je viens d’expofer , que l’eau ou toute autre matière que
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- sur l’Électricité. 429 i’on employé dans l’expérience de —y~' Leyde , ne fert à autre chofe qu’à Dise, tenir la place d’un volume d’air, qui feroit moins propre à tranfmettre au verre les émanations éleâriques qui fortent du fer ; car nous fçavons d’ailleurs, & je l’ai prouvé en plu-fieurs endroits que l’air eft un milieu difficile à pénétrer , pour la matière éleftrique, & je ne doute pas qu’on ne fit l’expérience de Leyde avec un vailfeau de verre ou de porcelaine , fans eau, & feulement rempli d’air . fi l’on parvenoit à élcârifer alfez fortement ou allez long-tems pour vaincre la réfiftance ou le retardement que ce dernier fluide apporte à l’éleftrifation du verre. le dis plus,
- & le tems vérifiera peut-être ma prophétie , tout corps qui deviendra alfez éleétrique , par quelque voie que ce foit, & qui retiendra alfez d’éleélricité tandis qu’on le touchera, fût-ce toute autre chofe que du verre ou de la porcelaine , fera ref-fentir la commotion que l’on éprouve en fuivant le procédé de Leyde.
- Je fuis donc bien éloigné de croire qu’il y ait dans l’eau, une vertu pgr-
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- 4jd Recherches ticuliere, analogue, pour ainfî dire j à l’éledfricité , & d’où dépende le fuccès de l’expérience publiée par M. Mufchenbroek ; on a cependant écrit des volumes entiers pour établir cette doftrine, mtr aura peine à tenir contre le phénomène que j’annonce ici.Ceux qui font dépendre la commotioi/ d’un air comprimé, ( je ne fçais gomment ) avec l’eau dans la bouteille, n’y trouveront pas mieux leur cdmpte ; car ell-il poiïi-ble d’attribuer à un air condenfé & comprimé , un effet qui fubfifte dans toute fa force, lors même qu’on a fait le vuide ?
- FIN.
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- 43*
- TABLE
- DES MATIERES
- Contenues dans ce Volume.
- PREMIER DISCOURS.
- Dans lequel on réfond à quelques dif-- ficultés jpropofées contre lEssai sur éElectricité9 des Corps.p. I,
- E’ponse à l'Auteur Anonyme de deux Ecrits dont l’un eft intitulé, Mémoire fur VEleBricité, & l’autre r Suite du Mémoire fur VEleBricité. y.
- Re’ponses à quelques endroits d’un Livre publié par M. Louis, Chirurgien de la Salpétrière, fous le titre , d’Obfervations fur VEleBricité. $z.
- Re’ponse à M. Bammacare, Profefleur de Philofophie à Naples, touchant quelques endroits du Livre qu’il a publié fous ce titre : Tentamen de vi EleBricâ, ejufque Phenomenis. $6.
- Réponse à M. Morin, Profefleur de Philo-
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- 2 TABLE
- fophieà Chartres, furplufieurs endroits de fon Ecrit intitulé : Nouvelle Dijjerta-tion fur l'Electricité. 76.
- SECOND DISCOURS.
- Sur les régies qu’on doit fuivre, pour juger fi un Corps efi élettrique , ou s’il l’efi plus ou moins. 103.
- ^^Ignes auxquels on reconnoît fi un corps eft plus ou moins éleétrique. 105.
- Examen des attractions 8crépulfions confî-dérées comme lignes d’Electricité. 107.
- Première Expérience qui prouve que le corps qu’on nomme communément , non Electrique, attire 8c repoulfe comme ceux qu’on a éleCtrifés exprofejfo. 108.
- II. Exp. qui prouve la même chofe. Ibid '
- III. 8c IV. Exp. qui confirment encore la même vérité. 109.
- Confe'quences qu’on peut tirer de ces expériences. 11 o.
- Objections 8c réponfes qu’on peut faire touchant cette doârine. Ibid. &fuiv.
- V. Exp. qui prouve d’une maniéré complet-te , que le corps qu’on nomme, non EleCtrïque, l’eft véritablement, ou repréfente les mêmes effets que s-’ili’étoit. né.
- Principe d’expérience, d’où il fuit que les corps légers doivent être mieux attirés , quand ils font pofés fur certains appuis, np,
- VI. Exp,
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- DES MATIERES. 433
- VI. Exp. qui prouve la jufleffe 8c la vérité de cette conféquence. lai.
- VII. Exp. qui confirme la même vérité, pac un effet contraire. 124.
- Néceffité de préfenter des corps de même grandeur 8c de même figure, à deux corps éleétriques , dont on compare les degrés d’éleétricité. iz8.
- VIH. Exp. qui prouve que les petits corps qui s’éleétrifent le mieux par communication , font plus fufceptibles que d’autres , d’être repouffés par un corps e'iec-, trique. 130.
- Difficultés propofées par M. Allamand. 13 2;
- Réponfes aux difficultés de Mr. Allamand* Ibid.
- Ce qu’on peut conclurre de cette première difeuffion. 134.
- Examen des émanations éleétriques, confî-dérées comme lignes d’éleétricité. Ibid.
- La matière éleétrique en fortant des corps en lève ce qu’elle rencontre à leur furface, 140.
- IX. Exp. qui le prouve. Ibid.
- X. Exp. qui confirme la même vérité. 141;
- L’attouchement des émanations éleétriques
- peut être un figne équivoque par certaines circonftances. 143.
- Examen des aigrettes lumineufes confidé-
- rées comme lignes d’éleétricité. Ibid,
- Les aigrettes les plus grandes 8c les plus lumineufes , ne font pas toujours des marques d’une plus forte éleétricité de U part du corps éleétrifé. Ibid.
- Premier fait qui le prouve. 144»
- Second fait qui prouve la même vérité. Ibid.
- O o
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- TABLE
- XI. Exp. qui démontre le fécond fait. 14$
- XII. Exp. qui fert encore de preuve au fe-* cond fait. 146.
- Conféquence du premier fait. 147. Objection 8c réponfe touchant cette coiv féquence. 148.
- Conféquence du fécond fait. 14p.
- Objection 8c réponfe touchant cette dernière conféquence. 1 jo.
- Examen des étincelles électriques, conli-de'rées comme lignes d’éle&ricité. 1 y r.
- Jj’éclat 8c la grandeur des e'tincelles ne prouve pas toujours une plus grande vertu de la part du corps éleétrifé. iy4.
- 3La douleur que les étincelles font fentir efl encore un ligne moins certain. Ibid,
- Çonclulion générale de tous ces examens.
- Régies qu’on doit fuivre, pour ne fe point tromper fur les lignes d'éleCtricité qu’on a examiné dans ce Difcours ij$.
- Première régie. Ibid.
- Seconde régie. Ibid.
- Troiliéme régie. iy7.
- Efpéce d’Eleftrometre, ou inflrument pro-à mefurer la force de l’éleétricité ,
- bien des occalîons. Ibid.
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- DES MATIERES. 43$
- TROISIEME DISCOURS.
- Der circonflances favorables ou nuifilles à PElectricité. 164.
- P Remiere diftinétion préliminaire. 166,
- Seconde diftinétion. 167.
- Troifiéme diftinétion. 168.
- Quatrième diftinétion. 16p.
- Le beau & le mauvais tems influent-ils fut l’éleétricité ? 173.
- L’éleétricité eft prefque toujours foible par un tems pluvieux & doux. 17 j.
- Premiers Expérience, par laquelle on voit que cela eft en Allemagne comme en France. 177.
- Pat quel endroit l’humidité nuit-elle à l’é-leéiricité ? 178.
- Le corps qui frotte doit être fec par la partie qui eft immédiatement appliquée au verre. Ibid.
- Les corps que l’on frotte pour les éleétrifer, doivent être fecs, tant en dedans qu’en dehors. 180.
- Le verre ne s’éleétrife plus par frottement quand il eft mouillé, même avec la plû—
- Le frottement du mercure éleétrife le v<
- 181.
- Pourquoi certains baromètres font lumineux en la partie qui eft vuide. Ibid.
- JI. Exp. qui prouve qu’un vaifleau de ver» fe} intérieurement humide, ne s’éleétrife Ooij
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- TABLE
- point par frottement, ou perd fon électricité, s’il en a. 182.
- Il y a certains liquides, qui, comme le mercure ne nuifent point à l’éleétrifation du verre. 183.
- III. Exp. qui le prouve. 18$.
- Ces mêmes matières liquides, ou liquéfiées qui ne nuifent point par elles-mêmes à l’éleétricité du verre, y deviennent contraires, dès qu’elles contiennent quelque humidité. i8é.
- IV. Exp. qui le prouve. Ibid.
- L’humidité ne nuit point à l’éleéfcricité du
- corps, à qui, & par qui l’on communique cette vertu. 187.
- L’humidité du lieu oiil’on opéré, [nuit au fuccès des expériences éle&riques. 18p.
- .V. Exp. qui prouve que les vapeurs des matières qu’on fait brûler, nuifent à l’électricité, lorfqu’elles agiffent de fort près* iP3- .
- VI. Exp. qui fait voir que parmi ces vapeurs, il y en a qui nuifent plus efficacement que les autres. 1P4.
- VII. Exp. par laquelle on fait voir que les vapeurs non aqueufes, qui régnent dans le lieu oîi l’on excite l’électricité , ne nuifent pas fenfiblement à cette vertu* 19*.
- VIII. Exp. qui prouve que les odeurs ne nuifent pas fenfiblement à l’éle&ricité* 198.
- Effets de la flamme furies tubes de verre éleétrifés. 199.
- IX. Exp. Par laquelle on peut prouver que la flamme détruit l’électricité* aox*
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- DES MATIERES. '457
- Expérience de M. du Fay, qui femble prouve le contraire. 202.
- JVTaniere de concilier l’expérience de M. du Fay avec la précédente. 203.
- X. Exp. qui infirme cette derniere explication. 204.
- XI. Exp. Par laquelle il paroît que la flamme reçoit 8c communique l’éle&ricité. *P $•
- XII. Exp. Par laquelle cela paroît encore être confirmé. 207.
- Obfervation fur cette derniere expérience» zo3.
- XIII. Exp. Concernant encore la même queftion. 210.
- Çe qu’on peut conclurre de toutes ces expériences. 211.
- XIV. Exp. qui prouve que quand la flamme nuit à l’éleâricité, ce n’eft pas comme ayant de la chaleur. 214.
- XV. Exp. Par laquelle on détermine le degré de chaleur que doit avoir un corps » pour nuire à l’éleéirieité. 215.
- XVI. Par laquelle il paroît que la flamme ne nuit point à la vertu éle&rique, entant qu’elle eft lumineufe. 1x7.
- Le voifinage d’un corps enflammé ne détruit l’éleéfcricité , que parce qu’il exhale une vapeur très-fubtile. 218.
- La chaleur de l’air ne nuit point par elle-même à l’électricité ; il eft probable que ce font les vapeurs fubtiles dont il eft alors chargé. 222.
- Le grand froid eft plus nuifible que favorable à l’éleélricité, à moins que le corps frotté, 8c celui qui frotte , n’ayent un
- P o iij
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- tyt TABLÉ
- certain degré de chaleur* 224?
- XVII. Exp. qui le prouve. Ibid.
- JLa denfité de l’air plus ou moins grande f influe-t-elle fur les phénomènes éleétrii ques ? 227.
- Tentatives faites par plufieurs Phyficiens j pour décider cette queftion . 218.
- Ce qu’on a fait à cet égard mérite révifion. 230.
- Nouvelles épreuves faites pour éclaircir les difficultés qui reftoient. 232.
- XVIII. Exp. par laquelle il paroît bien conftaté que le verreVéleétrife très-fen-fiblement dans le vuide ; mais cependant plus foiblement qu’en plein air. 23 3.
- XIX. Exp. par laquelle on prouve que l’é-leétricité agit avec beaucoup de force du plein dans le vuide. 239.
- XX. Exp. qui confirme la même vérité. 240.
- XXI. Exp. par laquelle on prouve que ce qui produit les phénomènes éle&riques dans le vuide de Boyle, n’eftpas le peu d’air qui peut être relié dans le récipient.' 242.
- Différence confidérable entre la lumière électrique dans le vuide, 8c celle qui Çaroît en plein air. 243.
- Baifons de cette différence. 244.
- XXII. Exp. qui rend ces raifons très-pïau-fibles. 24p.
- XXIII. Exp. qui met fous les yeux des phénomènes très-curieux, 8c très-favorables à cette opinion. 251.
- Expérience à faire dans l’air eondenfe'.jfd;
- Bifficulte's qu’il faut vaincre pour les faire comme il faut. Ibid.
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- DES MATIERES. 435»
- Mrs. Gray 8c duFay ont eu raifon d’établir comme une régie générale, qu’il faut ifoler les corps auxquels on veut communiquer leleélricité. z6z. d’exemple de la bouteille qui devient électrique dans l’expérience de Leyde, n'eft qu’une exception à la loi générale. z(?3. jLes corps qui reffentent la commotion dans cette même expérience, ne peuvent pas même être cités comme une exception à la loi établie par Mrs. Gray 8c du Fay» zéf.
- QUATRIEME DISCOURS.
- Vans lequel on examine, i°. SiPélec» tricité fe communique en raifon des Tnajfes , « on raifon des furfaces ; 2°. Si une certaine figure ou certaines dimenjîons du corps élettrifé, peuvent contribuer à rendre fa vertu plus fen-Jible, 3°. Si Pélettrifation qui dure long-tems, ou qui efi fouvent répétée fur la même quantité de matière, peut en altérer les qualités 3 ou en diminuer la majfe. 26J.
- EXamen de la première queflion. Ibid» de la queflion. 268.
- Ce qui a donné lieu à cette queflion. Ibid• Expériences relatives à cette queflion. 179,,
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- 440
- TABLE
- B. Ibid,
- II. Expérience. 281*
- III. Expérience. 283.
- IV. Expérience. 184.
- V. Expérience. 285.
- Conclufion tirée des expériences touchant
- la première queftion. *85.
- Première obfervation fur la queftion précédente, 8c fur les expériences faites en conféquence. *87.
- Seconde obfervation. 188. iVI. Exp. qui prouve qu’une groffe maflè s’éleârife plus lentement qu’une plus petite maffe de la même efpéce.i8p.
- VH. Exp. par laquelle on confirme la même vérité. 2p2.
- Troifiéme obfervation. 293*
- Quatrième obfervation. 2^4.
- ;VHI. Exp. par laquelle on fait voir qu’une certaine maffe qui n’a pas affez de continuité dans fa furface, ne s’éleétrife pas auffi-bien que fi elle étoit fous une furface non interrompue, xp*.
- Explications des phénomènes obfervés cir deffus. ibid*
- Examen de la fécondé queftion. zpp.
- IX. Exp. relative à cette queftion. 303. Conclufion fur la première partie de la fécondé queftion. ibid.
- Examen de la deuxieme partie de la fécondé queftion. 304.
- X. Exp. qui fait voir que les corps éleétrifés, dont la furface eft convexe, ou arrondie, produifent des étincelles plus fortes. 305.
- Explication de ce phénomène, 8c de quelques autres femblables.
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- DES MATIERES. 441
- XI. Exp. Nouveau phénomène obfervé pat M. Jallabert. 31t.
- Examen de la troifiéme queftion. 315*.
- Appareil pour les expériences qui ont rapport à cette queftion. 316.
- XII. Exp. fur des quantités égales d’eau commune contenues dans des taftes ou capfules de verre dont l’ouverture avoit 4 pouces de diamètre. 313.
- XIII. Exp. fur d’autres liqueurs éleétrifées fuivant le même procédé, ibid.
- XIV. Exp. fur des quantités égales d’eau commune contenues dans des talfes ou capfules d’étain, dont l’ouverture avoit 4 pouces de diamètre. 3 *4.
- XV. Exp. fur d’autres liqueurs éleétrifées fuivant le même procédé. 32,5
- XVI. Exp. fur des quantités égales d’eau commune, contenues dans des petites caraffes de verre dont l’ouverture avoit un pouce de diamètre, ibid.
- XVII. Exp. fur d’autres liqueurs éleétrifées fuivant le même procédé. 32.6.
- XVIII. Exp. fur différentes liqueurs élec-trifées dans des vaifleaux de verre 8c de fer blanc, bien bouchés. 317.
- Rêfultats des expériences faites fur les liqueurs. ibid.
- Expériences de M. Pivati, publiées a Ve-
- XIX^Èxp?faite à deflein de vérifier celles de M. Pivati, touchant la tranfmiflion des odeurs. 330.
- XX. Exp. faite dans la même vue. 331.
- XXI. Exp. fur des poires de beurré blanc, 335*
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- '443 TABLE
- XXII. Exp. fur différens corps folides trifés dans les mêmes circonffances. 334.’
- Résultats des expériences faites furies corps folides. ibid.
- Conclufion fur la première partie de latroi* fïéme queftion. 3 3 $. y
- Examen de la fécondé partie de la troifie-me queftion. 3 3 6.
- XXII1. Exp. faite fur des aimans, tant na4 turels qu’artificiels. 337.
- Thermomètres éleétrifés de differentes façons. 338.
- XXIV. Exp. par laquelle il paroit que fà fimple éle&rifation ne fait pas monter la liqueur du Thermomètre. 33p.
- XXV. Exp. qui fait voir que les aigrettes lumineufes n’échauffent pas fenfiblement le Thermomètre, ibid.
- XXVI. Exp. par laquelle on voit que l’E-leétricité ne retarde ni n’accélere le ré-froidiffement des liqueurs chaudes. 340,;
- CINQUIEME DISCOURS.
- Dans lequel on examine quels font lef effets de la vertu éleftrique fur les Corps organifés 34.2.
- P HENOMENEqui a donné lieu aux recher*?
- ches contenues dans ce Difcours. 343. Expériences faites fur des écoulemens élec* trifés. Première fuite. 344.
- Procédé qu’on a fuivi dans ces expériete ces. 34j-,
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- DES MATIERES. 44$
- Jtéfultats 4e ees expériences. 948.
- Explications des phénomènes obfervés dans le cours de ces expériences. 349,
- Circonftances remarquables des écoule-mens éleélrifés dans un lieu obfcur. 3 f 3;
- Application de ces expériences aux corps organifés , premièrement aux plantes.
- • îSf:
- Expériences faites fur des femences & fut
- , desplantes éle&rifées. Secondefuite.358.
- fléfultat de ces expériences. 36t.
- Applications des expériences fur les écou-lemens aux corps animés. 363.
- Expériences faites fur des animaux éleélri-fés. Troifîéme fuite. 3 67.
- Appareil des expériences. 3 66.
- Expériences faites fur des chats. 373.
- 'Expériences faites fur des pigeons. 37^.'
- Expériences faites fur des pinçons 8c fut des bruants. 377.
- Réfultats & conséquences qu’on peut tirer de toutes ces expériences comparées entre elles. 379.
- Application de ces dernieres épreuves au corps humain. 38 t.
- ^Difficultés qui empêchent qu’on ne faffe ces expériences avec une grande précifion. 3g4-
- Précautions à prendre, pour faire ces expé-i riences avec exaétitude. 386.
- jRéfultat des expériences faites fur le corps humain. 387.
- Ufage que l’on pourroit faire de ces expériences dans la, Médecine. 388.
- Expérience qui prouve invinciblement i’exiftence de la matière éle&riqtté
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- 444 TABLE -,
- ^ effluente y 8c qui donne jieu à de nouveP les épreuves furies animaux 8c furle^ plantes, 390. " - . .
- Expériences faites fur des animaux place^, dans le voifinage d’un corps éleétrifé^ Quatrième fuite, jp». >
- Ce qui réfulte de ces expériences, par rap-port à la Médecine 8c à la Botanique. 3 pp. Réflexion importante fur cette demiere façon d’appliquer la vertu éleétrique. 400.I Expérience qui juftifie cette réflexion. 40ri Régies qu’on doit fuivre, fi l’on employa l’Êleétricité comme remède. 403 . J
- Expériences faites fur des Paralytiques, à' lfHôtel Royal des Invalides. Cinquième1 fuite. 407. _ (
- Procédé qu’on a fuivi dans ces expérien-ù ces. 408. • i
- Effets de l’EIe&ricité. fur les Paralytique^ de l’Hôtel des Invalides. 410. f
- ^Derniers réfultats de ces expériences. 4rii Conféquences qu’on peut tirer de ces réful-
- Expériences très - furprenantes faîtes en Italie, fur divers malades. 417. .
- £es expériences d’Italie, tentées fansfuc-cès en France, en Angleterre 8c en Allemagne. 4zi.
- Appendice dans lequel on expofe un nouveau phénomène d’Ele&ricité, qui jette beaucoup de jour fur l’expérience dç ll.eyde.4iy..
- Fin de la Table des Matières,
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