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Expériences et observations, pour servir à l'explication de la nature et des propriétés de l'électricité
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- RECUEIL
- DE TRAITÉS
- SUR
- L'ÉLECTRICITÉ,
- Traduits de VAllemand & de l'Anglois;
- SECONDE PARTIE*
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- AV W ÏÂ
- EXPERIENCES
- Et
- OBSERVATIONS,
- PoüB. S 5 B. V IR A' l’exPLICATIOH DB
- la NATURE 1T DSS PROPRIETE-S'
- D E
- V ELECTR I CITÉ.
- Propofees' en trois lettres à la Société Royale de Londres,
- Par Mi G Vil i. ^atson, Membre de cette meme Société.
- Traduites de l’Anglois d-après la fccondf Edition.-
- A P A R I Sr
- Chez SEBASTIEN J OR R Y , Imprimeur, Libraire , Quai des Auguftms , près le Pont S. Michel, aux Cigognes.
- M. Dca XLVIII.
- Av te Approbation & Privilège du Rot,
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- PREFACE-
- î Es Mémoires fuivans que y ai envoyé fuccejfi-vement- à nôtre Société Royale y. ne devoierît êtrepubliés y que comme faifarttpartie */wTran-îà&ions Philofophiques , ou Voit inféré les Mémoires dans Vordre qu’ils font lus dans les différentes:• Affemblées*-
- Mais il a fallu fatisfaire l’im--patien'ce de quelques Amisfçavdns' & curieux y. à qui je nefçaurois rien rèfufer-- Je ne fis d abord tirer qu’un petit nombre d’Exemplaires contenant pour la commodité de mes Antis les trois Mémoires^ qu’ils auroient par la fuite' trouvé difperfjs dans les dif-jerens- numéros' des Tranfac-aiîj
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- vj PREFACE.
- tions ) & je fis d’abord rompre les planches. Mais je m’apperçus-bientôt, qu’en fatisfaifant la eu-. riofité de quelques . Particuliers j’avois excité celle dit Public, qui défiroit connoitre mes expériences avec un emprejfement, dont je n’aurois jamais ofé me fiater- Je fus donc obligé de les mettre fous preffe une fécondé fois , pour en épargner la peine à ces perfonnes trop ojficieufes , qui font toujours prêtes en pareilles occafions à fervir le Public , quoique Jouvent aux dépens & au deshonneur de l’Auteur. Au refie je fuis charmé de mettre par-là tout le monde au fait de s’inflruire fur les phénomènes furprenâns de U Electricité & fur la maniéré de les faire paroître.
- Les Mémoires fie fuivent ici-dans l’ordre qu’ils ont été p réfutés à la Société Royale à la fuite des expériences qu’ils renferment. Plufieurs de mes Confrères &
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- PREFACE. vij
- nombre de perfonnes d’un haut rang ont été témoins à différentes reprifes des faits que j’expofe ici au Public. G’efl furtout M. 'U Chevalier Folkes, dont U habileté & la vajle connoiffance dans-chaque partie des lettres ne cede qu’à fa candeur & au fie , avec lequel il fe prête à l’avancement-des Sciences , c’eft ce digne Préfi-dent de notre Société , dis-je , qui a bien voulu m’ajfijler de fes lumières , & à qui le Public doit avoir plus d’obligation qu’à moi de ces découvertes. J’en dois dire autant de M. Hans Sloane > Baronet & ancien Préfident de notre Société, qui quoique retiré du tumulte des Sciences , ejl toujours attentif à tout ce qui tend à leur progrès , & qui, apparemment pour animer mon stèle plutôt que pour récompenfer un mérite que je n’ai pas , ma adjugé le prix annuel de l’ihftitut de M.. Godefroy Copley , dont il ejt' l’Exécuteur-
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- v«j P R E F A C El-
- Si l’on me demande, quelle peut être l’utilité des effets électriques , je ne puis répondre- autre chofe , Jinon jue jufqu’à préfent nous ne fommes pas encore avancés dans nos découvertes au point de pouvoir les rendre utiles au genre humain. Dans quelquepartie que ce Joit de là Phyfque , on ne parvient à la perfection que par des gradations bien lentes... C’ejl à nous d’aller toujours en avant & de laiffer le refie à cette Providence , qui n’a rien créé en vain. D’ailleurs il eft certain , & j’ofe prédire ,.que nonobflant l’avancement conjîdérable r que lac Doctrine de l’Électricité a fait depuis quelques années y il y a encore dans cette force nombre de propriétés importantes qui nous reftent à découvrir- Ceux qui viendront après nous , & peut-être nous-mêmes nous ouvrirons un jour les yeux fur l’utilité que les-Expériences d’EleSricité prépa-
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- PREFACE. r*
- renté. la Société en général.
- Ce n’efi ni celui qui a découvert les propriétés de l' Aimant, ni le fiécle , dans lequel elles furent découvertes , qui ont profité de l’avantage que cette pierre procure-au genre humain. Plujieurs fié-des fe font écoulés avant que cette découverte devînt utile à la navigation. Si elle avoit refié cachée, jufqu’à notre temps ,de quels autres moyens nous ferions-nous-fervis à fa place , pour nous embarquer avec fureté fur l’Océan ? Sans cette neureufè application de la force magnétique nous ignorerions tous ces avantages, que nous tirons, aujourd’hui du commerce avec les pays éloignés. Cependant cette découverte étoit encore en- dle-méme très-imparfaite fans la connoifjance de la variation dé la- Boujfole. C’efi notre fiécle & même notre Nation, qui peuvent fe vanter de poffeder uni
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- * PREFA-CE,
- 5 (avant * , qui femble avoir les, forces magnétiques en dépôt. Il fait des Aimants artificiels,il augmente en peu de minutes la vertu des Aimants naturels à un degré furprenant. Il change leurs pôles à fa fantaifie , & rend la nouvelle polarité,qu’il leur donne ,permanente. Nous nous fiatons , que le monde ne fera pas longtemps fans apprendre comment fie font ces changemens extraordinaires , dont ceScavanttrouve àproposjufqu’à préfentde garderie fecret. L’Électricité a quelques propriétés communes avec le magnétifme , comme-je le ferai voir dans le- cours de. ces Obfervations..
- Airïfi il y a lieu d’efperer, que-par cette nouvelle découverte tifs répandra quelque lumière fur l’une
- 6 l’autre de ces doctrines. Mais pour revenir à mon fujet ', en fup-
- * M. le Dr. Goviti, Chevalier St Membre. «U la.Socicté Royale.
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- PREFACE jcj
- pofant même, que les recherches fur l'Electricité ne puijfent jamais aboutir à aucun avantage réel pour'le genre humain ; ce que cependant nous ne pouvons pas accorder , vû les effets falutaires., que nous ett voyons déjà fur les corps humains : il fufft, que ce fotent des expériences propres à étendre nos connoijfances , à enrichir l’ame de nouvelles notions , & de plus grandes idées du Créateur Tout-puijfant, pour qu’in-dépendamment de tout autre ufa-ge nous les regardions comme très-dignes de notre attention.
- Ces Expériences ont été faites avec des tubes de verre d’environ deux pieds de long & <Fenviron un pouce de diamètre. Mais il n’ejl pas nécejfaire de s’attacher précisément à cette proportion, Plus ces tubes font légers & minces, plus ils font êlearifés promptement; triais ils ne retiennent pas la force électrique aujfi longtemps
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- xij PREFACE. que hrfqu’ils font plus forts & plus matériels. Cependant pour .communiquer la force aujfpromptement qu’on l’excite dans le tube ,je préférerois toujours les plus légers , mais qu’au moins ces tubes ayent une ligne d’épaffeur ; fans quoi ils feroient Jujets à fe caffer pendant le frottement.
- Avant qu’on frotte le tube , il faut avoir foin de lefécher & chau-fer; ce qui fe fait en le mettant devant le jeu. Je dois encore remarquer , que des tubes de verre , étant exactement de la même dimen-fion, faits en même temps & avec les mêmes matériaux , différent confdurablement pour être propres ou impropres aux expériences. On doit choifir un air ferein & fec accompagné d’une certaine fraîcheur. Il eft vrai, que les expériences m’ont réuffi même dans les plus grands brouillards;mais ce n’étoit pas fans beaucoup de peine.
- LETTRE
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- AM. MARTIN FÔT-tiirES,
- Chevalier & Prèjident de la Société Royale.
- MONSIEUR,
- A Société Royale ayant été informée par quelques-uns de fes Correfpondans en Allemagne , que ce qu’ils y appellent Quintejfence végétale a voit été allumée par le feu de l’Eleétricité , je faifis cette occafion pour vous marquer, qu’après avoir tenté plufieurs fois envain cette même expérience, je parvins enfin vendredi au foir à mettre le feu à l’efprit de vin par la force éle&rique. Il avoit fait paffable-ment chaud pendant le commencement de la femaine, & Pair étoit fort icc : circonftance que je regarde com-
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- a Essai
- mt une des plus néceflaires pour faire réüflir les expériences fur l’Eleétricicé. Je dois encore remarquer, que le vent étoit à l’Eft, & que le temps panchoit vers la gêlée. Je me fervis ce jour du globe auffi bien que du tube* mais je réüflïs toujours mieux avec le tube, dont je pouvois faire lôrtir beaucoup plus de feu que du globe. Ceft apparemment, que je ne fuis pas allez au fait de l’ufage de ce dernier.
- J’avois obfervé autrefois que les corps non-éleétriques * ayant été élec-
- * J’appelle Ele Uriques ferfc ou originaire* ment Eleltriques les corps, dans lefquels il eft aifé d’exciter par le frottement une force at-traéHve qui agit fur des objets légers. Tels font le verre , l’ambre, le foufre , la cire d’Efpagne & prefque toutes les parties animales léchés , comme la foye , les cheveux Scc, J’appelle ne»- éleftriques ou Conduâeurs d’Ele&ricité les corps dans lefquels on ne remarque point du tout cette propriété , ou qui ne l’ont que dans un degré très-peu fen-üble. Tels font le bois, les animaux vivans ou morts, lés métaux & les végétaux. V. Gray, Du Fay , Defaguliers , fVheler dans les Transitions Philo/ofhiques.
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- sur l’Eiïctricite’. ; trrlés petdent prefque toute leur vertu en touchant ou en s’aprochant des corps non-éleâriques nonéleétrifés ; mais javois remarqué en même-temps, qu’il n’en étoit pas de même à l’égard des corps cleâriques per fe éleârifés pat le frottement. D’un tube de deux pieds de long bien frotté je fais fou-vent fortir cinq ou fix étincelles, qui partent de différens endroits, comme fi le tube , au lieu d’être un cylindre entier, étoit compofé de cinq ou fix fragmens cylindriques, dont chacun exerce fon Electricité par une explo-fion différente.
- Il eft très-important de connoître cette différence pour faire réüffir les expériences fur l’Eleétricité, attendu qu’il faut tacher autant qu’il eft pofli-ble de raflèmbler toute la mafTe de ce feu pour le même inftant. M. Holl-man, Profeffeur à Gôttingue, qui s’eft donné beaucoup de peine pour y parvenir, femble y avoir parfaitement réüfli. Il fe fert d’un tuyau d’étain , & il fait entrer dans un des bouts une quantité de fils, (PL I Fig. l. F. F. ) dont les extrémités touchent
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- $ Essai
- le globe pendant qu’on le tourne. Chaque, fil ralïèmble une certaine quantité de feu éle&rique j mais toute la malle fe concentre dans le tuyau d’étain & part enfemble de l’autre extrémité. U y a encore autre choie à obferver : c’eft qu’il faut tâcher de faire fuccéder les étincelles fi promptement les unes aux autres, que la fécondé paroifle déjà avant que la première foit éteinte. Lorfqu’on tranf-met le feu éleébrique le long d’une épée ou d’un autre infiniment fort pointu, il y paroît fouvent fous la forme de plulieurs étincelles difperr fées, comme de la poudre à canon mouillée, ou comme le feu Grégeois. Si au contraire cet inftrument n’a pas de pointe, on y voit ordinairement une flamme pure & claire, qui relïem-ble à celle qu’on appelle vulgairement blue-ba.ll {baie-bleue), & qui repréfente les étoiles dans les fufées.
- Voici la maniéré, dont je me fuis fervi pour ces expériences, & dans lelquelles j’ai été allez heureux pour réüffïr. Je fufpenais avec des cordons de foye un fourgon, &: j’attachai à
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- sus. i’Eiectïi.icite‘. J fon manche plufieuts petits paquets de fil, qui formoient des angles droits avec le fourgon, & dont les extrémités deicendoienr jufqu’à environ un pied. J’excitai autant de feu éleétrique qu’il m’étoit poflible parmi ces fils , qui furent tous attirés par le tube frot-té , pendant qu’un autre préfentoit à l’autre bout du fourgon une cuiller avec de l’efprit chaufé. Le fil communiqua l’éleétricité au manche du fourgon , 8c l’efprit fut allumé à l’autre bout. Il faut prendre garde dans cette expérience, que la cuiller avec l’efprit ne touche pas le fourgon : car fi elle le touche, il n’y paroîtra point de feu, & l’Eleâricité fera communiquée à la cuiller & à celui qui la tient, & de-là plus loin au plancher.
- J’ai mis le feu de cette façon plu-fieurs fois non feulement à la liqueur Ethérée ou Phlogifton de Vrobmius 8c à l’efprit de vinreétifié, mais même à notre efprit de vin ordinaire. Ces expériences furent faites vendredi dernier par un temps bien fec, comme je . l’ai déjà remarqué. Le Dimanche & le Lundi d’après le temps devint hu-
- A iij
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- g Essai
- miiîe, couvert & un peu chaud par un vent de Sud-Oueft. Malgré tous ces defavamages je commençai mes expériences lundi au foir. Elles réüf-firent en effet, mais j’eus beaucoup plus de peine que la première fois, parceque cette foirée n’étoit point du tout propre pour ces fortes d’expériences. Vous penfez trop jufte, Monlieur, pour regarder comme des minucies inutiles les circonftances du temps que j’ai foin de remarquer fi exactement. Vous fçavez, à combien de chofes il faut avoir égard pour faire réiiiïïr ces expériences. J’attends avec impatience l’honneur de les faire devant vous, & fuis &c.
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- «WR i’Elictiucih’, y
- LETTRE
- A LA SOCIETE ROYALE.
- MESSIEURS,
- J'Eus dernièrement l'honneur de vous marquer, que j’écois parvenu à allumer par la Force éleârique le Phlogifton de Frotmius , l'efprit de vin reétifié & même l'ordinaire. Nous n’avons en depuis qu’un feul beau jour qui ait été bien fec. Ce fut Lundi ij Avril; le vent étoit Eil-Nord-Eft, lorfqu’à quatre heures après-midi je mis mon appareil en état, & je mis le feu à l’efprit de vin quatre fois avec le fourgon comme l’autre fois, trois fois avec le doigt d’une perfonne éleétrifée & placée fur un gâteau de cire, & une fois avec le doigt d’une fécondé perfonne placée auffi fur de la cire & éleétrifée par communication par le moyen d’une canne que lapre»
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- I Essai
- miere perfonne lui tendoit. Dans ce dernier cas la diftance. du tube frotté à î’efprit de vin qui prit feu , étoit pour ie moins de dix pieds.
- Vous fçavez , Meflïeurs, qu’il y a une force éleétrique repulfive auffi. Bien qu’une attractive : car lorfqu’une plume ou autre femblable corps léger eft rempli , & pour ainfi dire , fa-turé d’éleétricité , on peut le cbafler avçc un tube ékétrifé tout autour d’une fale, &c cette force repulfive continue jufqu’à ce que le tube perde fa vertu , ou que ia plume attire l’humidité de l’air ,ou quelle s’approche de quelque corps non-éleétrique. En ce dernier cas la plume fera attirée par un pareil corps, & elle lui communiquera toute fon éledricité. On remarque en général dans tous les corps éleétrifés une tendance continuelle àfe djçharger de leur éleétricité.
- . Je me fuis avifé en conféquence de ceci de faire l’expérience fuivante. Je fis monter un homme fur un gâteau de cire , & je lui fis tenir dans une main une cuiller avec de I’efprit chaud, & dans l’autre le fourgon avec
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- sur i'Eieetricits’. <f Tes paquets de fil. Je frottai le tube parmi les fils, & je les éleétrifai par-là comme l’autre fois. J'ordonnai enfuite à une perfonne non-éleârifée, d’approcher fon doigt du milieu de la cuiller j fur quoi il fortit fur le champ une étincelle de la cuiller & de l’ef-prit qu’elle alluma. J’ai répété cette Expérience trois fois, & elle a toujours eu le même fuccès. L’homme , qui met le feu avec fon doigt à ï’el-prit de vin , fent de cette façon un coup beaucoup' plus violent , que quand le feu éleârique part de lui vers la cuiller. Pour diftinguer cette action du feu de l'autre, nous l’appellerons la Force repulfive de l’Eleâricité.
- Feu M. Defaguliers a obfervé dans fon excellente Differtation fur l’Electricité : » Qu’il y a dans ces expérien-» ces une efpéce de caprice & quelque » chofe d’inexplicable dans les Phé-» nomènes, qu’on ne fçauroit réduire » à des régies certaines : car il arri-
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- ÏO E S S A T
- tout du fuccès de ces expériences, dé. pend de la féchereflè ou de l'humidité de l'air, & que la moindre altération fubite dans cet élément, quoiqu'im-perceptible à nos fens, peut & doit influer fur un feu auffi fubtil que l’eft celui de l’éleâricité, car :
- I. Je regarde avec M. Defaguliers Pair comme un corps éleétrique per fe & de l’efpéce vitreufe. C’eft pour cette raifon qu’il repouffe l’éleâricité ; qui fort d’un tube de verre, & qu’il la difpofe à rendre éleétriques tous les corps non-éleâriques, qui reçoivent les écoulemens du tube.
- i. Jedis que l’eau eft un corps non-éleârique, & par conféquent un con. duéleur d eleâridté. Ceci eft prouve par un jet d'eau qui eft attiré par le tube-,par des corpséleâriquespe/-fe, qui deviennent moyennant l’eau des conduéteurs d’éleâricité ; 8c par des corps nou-éleéiriques, qui le deviennent encore plus étant mouillés. On n’a qu’à fouiller dans un tube fec de verre , l’humidité de I’haleine fuffira pour que le tube devienne un conduc; teur d’éleélricité.
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- SUR l'Electricité’. II
- Cela étant fuppofé , il eft aifé de concevoir qu’à proportion que l’air eft rempli de vapeurs humides, l’éleélri-cité du tube, au lieu d’être conduite où elle devroit l’être, doit fe communiquer moyennant ces vapeurs à l’at-mofphére qui l’environne, & par cou-féquent fe diffiper auffi promptement quelle s’excite.
- J’ai été confirmé dans cette théorie par plufieurs expériences, mais je ne l’ai jamais été fi bien que la foirée que je fis celles que je rapporte ici. Les vapeurs qui avoient été diffipées dans l’après-midi par la chaleur du Soleil & par un vent frais, retombèrent en quantité fur le foir, & l’air quï avoir été parfaitement fec , en devint fore humide. Je voulus répéter mes expériences entre fept & huit heures, mais je ne fus pas capable d’en faire réüifir une feule , pendant que j’avois fait dans une demie heure toutes celles donc je parle ici , & même quelques autres de moindre importance.
- Je m’étends volontiers fur ceci; pour épargner le tems & la peine à ceux qui voudroient faire des expee
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- ïi Essai
- riences Recette nature. Il eft vrai, que quelques-unes des moindres réüflïfient prefqu’en tout tems , mais je n’ai jamais trouvé que les plus remarqua-' blés réüflïfient autrement que par u» tems fec. Je fuis &c.
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- suit l'Eiectri ci te”.
- LETTRE
- A LA SOCIÉTÉ ROYALE. MESSIEURS,
- J’Ai eu la fatisfaétion de vous rendre compte de quelques expériences que j’avois faites fur l’Eleftricité. Je vous ai marqué entr’autres que j’étois parvenu à allumer l’efprit de vin par ce que j’appelle Force repuljive, fans que je fcache, que cette propriété fmguliére ait été connue à quelqu’un 4e ces fçavans Allemands, a qui le monde a l’obligation d’une infinité de découvertes furprenantes dans cette partie de la Philofophie naturelle.
- De nouvelles recherches nous mettront en état de juger, jufqu’à quel point on peut dire, à parler proprement , que l’efprit s’allume dans cette opération par la force repulfive de l’E-leélticité, où que cette force qui re-
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- *4 Essai
- pouffe les objets légers pleinement fa-turés d’Eleétricité met le feu à l’eC. prit de vin. D’ailleurs je n’aime pasà introduire dans les démonffrations plus de termes qu’il n’en faut néceflaire-tnent pour les rendre intelligibles. Ainfi, trouvant que les fubftances inflammables peuvent être allumées pat l’Ele&ricité de deux façons différentes, je me contenterai des définitions fuivantes pour chacune de ces méthodes.
- Mais permettez moi, Meffieurs, de remarquer auparavant, que les fubftan-ces inflammables ne s'allument point en les approchant des corps électriques perfe éleârifés. Il faut que cet effet foit produit par des corps non-éleétri-ques , auxquels l’Eleétricité ait été communiquée par des corps élcétri-ques per/e éleétrifés. Je reviens à mon fujet.
- I. Je dis, que les fubftances inflammables font allumées par la force at-traâive de l’Eleéiricité, lorfque cet effet provient de ce qu’on les approche des corps non-éleélriques éleétria
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- iVK l'Eiectrïcite’. if
- II. Que les fubftances inflammables font allumées par la force repul-five de l'Eleâricité , lorfqu’il arrive, qu’ayant d’abord été éleftrifées elles-mêmes, elles s’allument étant portées près des corps non-éleâriques non-éleârifés.
- Ceci deviendra plus clait par un exemple:
- Suppofons, qu’un homme placé fur un gâteau de cire, ou une épée fufpen-duë par des cordons de foye, foient éleétrifés & que l’efprit s'allume étant porté près de l’homme ou de l’épée, alors on dit qu’il s'allume par la force attraâive de l’Eleâricité. Mais li l’homme éleétrifé comme auparavant tient fa cuiller avec l’efprit dans fa main , ou que cette cuiller foit pofée fur l’épée , & qu’à l’approche du doigt d’une perfonne non-éleélrifée l’efprit s’allume par la flamme qui fort de la cuiller & de l’efprit même, je dis alors, qu'il eft allumé par la force repulfive. Je trouve généralement , que de ces deux forces la repulfive eft la plus violente.
- Depuis ma demiere lettre j’ai allumé
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- 16 Essai
- l’efprlt Je vin tant par la force attractive que pat la repulfive lè long de quatre perfonnes placées fur des gâteaux électriques, qui fe communi-quolent l’Eleétticité les unes' aux autres moyennant une canne, une épéej ou quelqu’autre corps non-éleétrique. Il a auffi été allumé par le poignet d’une épée,que la troifiémeperfonne tenoit dans la main.
- J’ai mis le feu non feulement au Phlogijlon de Fratenius, à l’efprit de vin reétifié & à notre efprit de vin ordinaire , mais auili au fel volatile huileux, à l’efprit de Lavande, à l’ei-prit de Nitre dulcifié, à l’eau de Pivoine , à l’élixir de Daffy , àu ftipti-que de Helvetius, & à plufieurs aua très mixtures, dans lelquelles l’efprit étoit beaucoup délayé, de même qu’à des huiles diftillées des végétaux, comme à l’huile de Thérébcntine, de Citron, d’Orange, des Ecorces, & de Génievre, & même à celles, qui font fpécifiquement plus pefantes que l’eau, comme l’buile de SalTafras. J’ai allumé de plus des fubltances réfineu-fes, comme le beaume de Copaii &
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- sw*. l'Electricité’, i7 de Thérébentine, qui étant chaufées rendent une fumée inflammable. Mais je n'ai pas pu réüffir à en faire autant à l’égard des huiles végétales, comme l'huile d'Olive, de Lin, & d’Aman-des, ni à l'égard du fuif ; parceque la fumée, que ces matières rendent, n’eftpas inflammable,&en effet je n'ai pas pu leur faire prendre feu, en leur présentant un papier allumé. Outre cela, quand même le fuif s’enflamme-roit avec du papier brûlant, j’aurois de la peine à concevoir, qu’il pût s’allumer de même par l’Eleâricité, à moins que fa fumée ne fût auffi inflammable ; parcequ'en mettant le feu aux efprits j’ai toujours remarqué, que le coup de PEleélricité frape avant de toucher les furfaces, & que par conféquent il n’allume que leurs-fumées inflammables.
- Comme un corps non-éleétrique , éleébrifée jette prefque tout fôn feu fur le (impie attouchement d’un corps non-éleârique non-éleârifé, je vou. lus fçavoir, fi ce feu, qu’il jette, ne feroit pas plus ou moins grand à proportion du volume du corps éleétiifé»
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- r8 Essai
- Pour cet effet je mis une barre de fer d’environ cinq pieds de long & qui pefoit près de 170 livres, fur des gâteaux de cire & de réfine, & après l’avoir éleélrifte je trouvai, que les étincelles, qu’elle jettoit, n’étoient pas plus fortes que celles d’un fourgon ordinaire. Après cette expérience je voulus auffi effayer la force repulfive de la barre de fer. Il arriva, que pendant qu'on l’éleârifoit d’un côté, & que mon Affiliant vouloit verfer quelques goûtes d’efprit échaufé dans la cuiller, qui repofoit fur l’autre bout de la barre, le feu partit tout d’un coup de la cuiller , & alluma la première goure, qui mit le feu à tout le relie de l’efprit qui étoitdans le pot, dont je me fers ordinairement pour le chaufer.
- Pour faire allumer des fubllances inflammables avec le doigt d’un homme placé fur’de la cire, je trouve que l'expérience réüffir plus régulièrement , lorfqu’au lieu de lui faire tenir dans la main le fil, dont j’ai expliqué l’ufage dans ma précédente, on lulpend ce fil à l’extrémité d’ûne verge
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- SUR. L*ElE CTRICITE’. ïcj de fer que l’homme tient dans une main, & qu’il touchel’efprit avec un doigt ou plufieurs de l’autre main.
- Lorfqu’un homme éle<ftrifé& placé fur un gâteau éledrique, tient dans une main un plat ou une afïïette profonde & pleine d’eau, & la verge de fer avec les fils dans l’autre, & qu’une perfonne non-éle&rifée touche quelque part, foit le plat ou l’eau, il en fort quantité d’étincelles de feu, & à l’endroit de l’eau où l’on approche de fort près le doigt, elle s’élève en formant un petit cône, dont le fommee jette du feu Ôc le doigt en eft mouillé quoiqu’on ne touche pas tout-à-fait l’eau. Cette expérience réuflit de même avec trois perfonnes & davantage.
- La perfonne, qui tient dans fa main la cuiller avec l’efprit pour recevoir les étincelles éledriques, fent à l’approche du doigt de la perfonne électrique une efpéce de tintement dans fa main , & même une pet'te douleur qui monte jufqu’au coude. Ceci fè fent furtout par un tems fec , loi fque l'Eleéhicité eft dans toute fa force.
- Bij
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- Ileft très-difficile d'allumer par b force repulfive de l’Eleâricité des corps éle&iiques per fi, tels que la thérébentine , le beaume de Copaii &c. parce que ces matières ne don. lient point paflage à ta force éleftrique. Ainfi pont faire réüflir cette expérience , il faut que la perlonne, qui doit allumer ces matières, porte fon doigt auflr près qu’il eft poflîble de leurs bords , après les avoir fait chauffer dans la cuiller, afin que les étincelles de la cuiller ( car ces matières n’en donnent point elles mêmes) frappent l’endroit où la matière eft la plus mince, en s’éteudant aux bords fur les parois de la cuiller, & qu’elles puiftent ainfi allumer leurs ecoule-mens fubtils. Cette expérience auffi-bien que plufieurs autres de cette na. ture renverfènt l’opinion reçue de nombre de pcrfonnes , qui croyent que1 l’Eleâricité ne fait que flotter fur les fpperficies des corps.
- Lorfqu’on plonge un gâteau dans l’eau , il en devient un conduéfeur d’éleétrieîté, & l’eau qui l’entoure tranfmet les écoulemens éleûriqueï/
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- sur i'Electricite*. It lu poinc, qu’un homme qui monte fur ce gâteau ne pourra jamais être éleétrifé allez fortement pour attirer une feuille d’or de Ta plus petite diilance, pendant qu’étant placé Tur le même gâteau, quand il eft fec , il attirera un bout de fil fufpendu à la diilance de deux pieds de fon doigt. Il faut obferver ici , que le gâteau étant d’une fubftance onétueufe , l’eau ne s’y applique pas uniformément , mais qu’elle s’y attache par des parcelles , ou molécules féparées, enforte que l’éleélricité faute ici d’une particule de l’eau à l’autre , jufqu’à ce que le tout foit diflipé.
- En regardant les fils , parmi lefquels je frotte mon tube, je juge ordinairement d’avance , fi l’efprit s'allumera ou non , quand même il feroit éloigné de moi de plufieurs pieds : car lorfque la perfonne placée fur la cire eft devenue éleétrique au point de pouvoir mettre le feu à l’efprit, les bouts de fils qui ne font pas arrêtés, fe repoulfent par en-bas jufqu’à des diftances confidérables , à proportion de la quantité de l’éleélricité qui leur ai, été communiquée.
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- 12 Essai
- Lorfque deux perfonnes, que nous appellerons A & B, font placées fur des gâteaux éleâriques à la diftance d’environ trois pieds l’une de l’autre, & que A étant éleélrifé touche B, A perd par ce feul attouchement prefque toute fon Eleâricité, qui eft reçue par B & arrêtée par fon gâteau électrique. Si on recommence fur le champ d’éleârifer A au même degré qu’auparavant, & qu’il touche B, le coup fera moindre que la première fois. Si l'on continue encore d’éleflri-fer A , le coupdiminuera chaque fois qu'il touche B, jufqu’à ce B étant à la fin faturé d’éleâricité, quoique reçue par intervalles, lecoupceflè d’être fenfible.
- Quelques Auteurs , qui ont écrit fur cette matière, ont déjà remarqué, que le verre repouiTe l’éleélricité d’un autre verre, au lieu de la conduire ou tranfmettre. Mais il faut beaucoup de précaution pour le prouver par des expériences : car à moins qu’on ne les faffe dans un endroit & par un tems parfaitement fecs , & que le tube de verre, qui doit conduire l’é*
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- SUR t’E LECTRICITE*. 25
- le&ricité, ne foitaufîi chaud que l’air qui l’environne , l’expérience fem-blera prouver le contraire. Ainfi , j’ai apporté quelquefois un tube de verre froid , quoique fec , d’environ trois - pieds de long dans une fale, où il y avoir quantité de monde. L’ayant fufpendu par des cordons foye , 8c ayant mis un de fes bouts des frag-mens de feuilles d’or , 8c frotté un autre tube de verre à l’autre bout *, j’ai trouvé contre mon attente 3 qu’il attiroit les feuilles d’or aufïi vivement qu’une barre de fer. Je fus d’abord fur-pris de ce Phénomène ; mais je pre-îumai bientôt que cela ne pouvoir venir que de la fraîcheur du verre, qui condenfoit les vapeurs qui flot-toient abondament dans la fale. Pour me confirmer dans mon fentiment, je chauffai le tube autant que je le croyois convenable, 8c l’effet n’étoit plus le même : car les feuilles d’or re£ terent dans un repos parfait.
- Mettez ( PI. III. Fig. 2. ) dans un plat d’étain bien fec, ou fur une plaque polie de métal une quantité de petits bouts d’environ un pouce de
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- long de verre filé finement, de fit d’archal de quelque métal que ce foit, & des petites balles de liège, foit que vous mettiez le tout entemble , ou que vous teniez ces petits corps réparés vous aurez un fpe&acle des plus fioguliers & des plus furprenans. Qu’un homme placé fur un gâteau éleétrique tienne le plat avec Tes petits bouts dé verre filé , de fil d’archal &c; détachés autant que cela fie peut les uns des autres. Lorlqu’on l’aura électrifié, qu’une autre perfonne pofiée fur le plancher tienne exa&ement fiur le plat, qui contient ces petits corps, un autre plat ou là main ou quelqu’autre chofie de non-éle&rique. Quand la main &c. fiera à environ huit pouces > au-deffus du plat, qu’on la baille lentement, & fiuivant que l’éle&ricité eft plus ou moins forte , vous verrez à la fin , quand la main viendra au point ou elle agit, que les morceaux de ver-' re filé commenceront à fie lever & à le drelfier debout, & fi l’on baifie la main d’avantage, ils s'élèveront en l’air & s’attacheront à la main quoique fans explofion. Les morceaux de fil d’archal* s’élèveront
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- SUR l’Eiïctui CITE*. Ij s'élèveront aufïi & étant venus près de la main , ils fraperont avec une explo-flon qu’on entend diftindement. On fent en même temps un coup douloureux 8c l’on voit le feu qui en fore vers la main à chaque explofion, Chaque bout après avoir déchargé fon feu retombe fur le-plat. Les balles de liège s’élèvent aufli , 8c retombent après uvoir frapé la main. Ce fpedacledure pendant tout le tems que l’on continue d’éledrifer celui qui tient le plat ; mais fi vous touchez quelque part , foit à l’homme ou au plat, les morceaux de verre &c. qui font debout} fe couchent fur le champ.
- M. Jacques Lowther apporta il y a quelques années à la Société Royale plufieurs veflies remplies d’air inflammable, qu’il avoir amaiïé dans les mines de charbons. Cet air étant porté près d’une chandelle allumée prend feu fur le champ, & l’on a vu de ter-, ribles accidens caufés dans les mines par l’inflammation d’un pareil air , qui y environne fouvent les Mineurs. 1VT. Maud 9 fçavant Membre de notre Société lui préfema quelque temps après
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- ifi ESSAI
- un femblable air qu'il avoir compote lui-même. Je voulus fçavoir, h cet air s’allumetoic auffi avec des étincelles éleftriques. Je mis pour cet effet une once de limaille de fer, une once d'huile de vitriol & quatre onces d’eau dans un flacon de Florence. L’air, qui s’en élevoit pendant le-
- bullition, remplit trois veffies, &
- lorfqu'une petfonne éleanfee prelen-toit Ton doigt, il prit feu & brûla pendant affêz longtemps dans le coi du flacon. Lorfque la flamme eft prel-qu’éteinte, on n’a qu’à fecouer le flacon pour la faire revivre.- il faut mouiller l’orifice du flacon a melure qu’il fe féche par la chaleur d’en de-flans: car autrement le flacon étant un corps éleftrique per fe ne fera point d’explofion contre le doigt elettriie qu'on y ptéfente, à moins qu’on ne le rende auparavant non-éle£trique en le mouillant. Il m’eft arrivé plufieurs fois, que, le doigt ayant été applique au flacon avant que cet air inflammable ait trouvé une fortie libre de 1 o-rifice du flacon, l’étincelle a rempli fout le flacon de feu ,8c l’a cafle avec
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- sttk. l’Elïctkicite*. iT une explofion auffi forte qu’un grand coup de piftolet. Cette même expérience peut encore fe faire en fubfti-tuant de l'efpric de Sel Marin à l'huile de Vitriol i mais comme l’acide du Sel Marin eft beaucoup plus leger que celui du Vitriol, il n’eil pas nécelTaire en ce cas d’y ajouter de l’eau.
- Ceux, qui ne font pas au fait de la Chy mie ^trouveront peut-être extraordinaire , qu’on puifle produire une va-; peur inflammable à ce degré d’une mixture de fubftances froides, qui ne s’enflamment ni féparémenr ni étant mêlées enfemble. Pour comprendre ce Phénomène, il faut (çavcir, que le fer eft compofé de parties fulphureufes aufli bien que de métalliques. Ce fou-fre y eft fi bien fixé, qu’il ne s’en détache point quoiqu’on faffe rougir le fer au feu, ou qu’on le fonde autant de fois qu’on voudra. Mais l’acide vi-triolique joint à la chaleur & à l’ébullition diflblvent les parties métalliques, & le foufre, qui étoit intimement lié avec elles, s’en détache & devient volatile. Cette chaleur & ébullition continuent jufqu’à ce que l’acide r ;;
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- *8 E ss 1
- Vicrîollqtre Toit parfaitement (attiré des particules métalliques du fer, & la vapeur étant une fois enflammée continue de brûler, jufqu’à ce que l’acide étant entièrement laturc il,ne s’envole plus de foufre.
- J’ai fait voir ci-de(fus, combien il eft néceflaire , .que l’air foit parfaitement fec pour bien faire réüffir ces expériences j mais nous avons été informés par une lettre de Paris , que M. l’Abbé Nollet étoit d’avis, qu’elles réüfliffoient également bien par un tems humide, pourvû que les tubes •fuffent faits d’un verre teint en bleu avec du zaflre. J’ai fait faire de ces fortes de tubes 5 mais après les avoir eiTayé nombre de fois , je ne puis leur donner aucune préférence fur le tube de verre blanc J’en eflayai d’a-.bord un dans une forte ondée de pluye A grofles gouttes, qui tomboit après 4in jour bien fec , 8c j’allumai l’efprit trois fois dans environ quatre minutes. Je As ie même effai avec un tube blanc , 8c l’effet étoit le même. Je voulus l’eflayer encore après trois ou -quatre heures de pluy.?, lorfque i’afc
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- &UJV L CLetlRICITE, 2^
- étoit tout à-fait humide ; mais je né pus plus y réüffir. Quand le tems eft bien fec , & que je ne fais que frotter le tube bleu une feule fois duhaut en bas ; je puis en letenant contre un bout d’une barre de fer de fix pieds , mettre en mouvement des fragmenï de feuilles d'or expofés à l’autre bouc de la barre; mais je ne puis jamais réüffir à le faire quand le tems elt fort humide. D’ailleurs je crois, que le fen éleéfrique étant une fois parti du tube, celui-ci n’a plus de part à la maniéré, dont ce feu fe rranfmet plus loin , comme il eft aifé de conclure par ce que j’ai dit à cet égard dans une de mes précédentes : car quand les cordons de foye fout mouillés , ils diffipent toute l’Eleéhicité , & le même effet doit arriver, lerlque l’air eft humide, de quelque couleur que doit le verre. Le zaffre, dont fe fervent les Verriers & les Emailleurs , eft fait de cobald calciné après la fu-blimation de' fes fleurs. On le réduit enfuite en une poudre très fine , qu’on mêle avec deux ou trois fois de fon poids de cailloux pulverifés. On hu->
- C iij
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- E s s À i
- me&e le tout avec de l’eau, 8c on Ee mec dans des barils, où il fe durcie bientôt & devient une malle folide 3 qu’on appelle zaffire.
- Une éponge lèche fufpenduë par une ficelle de l’extrémité d’une épée ële&rifee ou de la main d’un homme éle&rifé, ne donne aucun figne d’£-leélricité ; mais lorfqu’elle eft bien, imbibée d’eau, vous en voyez fortir 8c vous fentez des étincelles éle&ri-ques de quelque côté que vous la. touchiez. Si elle eft imbibée au point que l’eau en dégoutte ,& que vous receviez ces gouttes fur la main dans un endroit ohlcur, non-feulement elles, fraperonc chacune leur coup 8c étincelleront de même, mais vous en. fendrez une douleur piquante. Si vous aprochez tout près de l’éponge la main ou quelqu’autre corps non-éleétrique, l’eau qui aura celle de dégoutter, pendant que l’éponge n’étoic pas éleétrifée, recommence a en tomber auffitôt qu’on l’éleéfcrife, 8c les gouttes viennent à proportion de ta quantité de l’Ele&ricité communiquée , comme fi l’on preftoit légère.-
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- süit l’Elictricite’. ment l’éponge encre les doigts.
- J’eus h curiofité d’dlayer , fi je pourrais parvenir à éleârifer une goutte d’eau Froide de l’éponge au point qu’elle mrc le feu à l’efprit; mais après bien des tentatives inutiles je fus-obligé de laitier l’expérience : car l’eau froide qui dégoutte de l’éponge, refroidit non feulement trop l’efptic, mais elle le rend même trop aqueux, fans compter , que chaque goutte emporte une bonne partie de l’électricité de l’éponge. Je penlâi alors à un moyen de donner à l’eau af-fez de ténacité pour que les gouttes reftalfent fufpendués pendant quelque tems , & j’y réuffis en faifant une efpéce de mucilage de la femence de l’herbe aux puces ou encenfiére. Apres avoir bien prelîé une éponge humide , je la lis imbiber de cette efpéce de mucilage & je la fis tenir par un homme éleftrifé. Les gouttes que l’électricité en faifoit fortir , rei-toient fufpendués par la ténacité de la liqueur jufqu’à la diftance de quelques pouces de l’éponge , & je mis le feu avec une pareille goutte à l’efprit
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- ïî Essai
- je vin & à l’air inflammable, dont j’ai parlé ci-deflus. L’un & l’autre s’en allumèrent plnfieurs fois tantôt avec cxplofion, tantôt fans explofion. Voilà certainement un effet des plus fin-guliers, de mettre le feu quelque part avec une goutte d’eau froide : car les femences ne contribuent ici à autre chofe,finonà donner de la confidence à l’eau.
- Le camphre eft une réfine végétale, & par conféquent un corps électrique per fe. Cette matière, quoique d’ailleurs très-inflammable, ne s’allumera point à l’aproche du doigt d’ün homme clectrifc, quoiqu’on la chaufe confidérablement & qu’il s'en élève quantité d’exhalaifons : car ni les corps éleétriques per fe, ni les corps élec-trilés n’exercent leur force en frapant contre des corps éleétriques per fe quoique uon-éleétrifés. Si vous con-caffez le camphre en petits morceaux , & quevous le chauliez dans une cuiller , il ne fe fondra point, comme font les autres réfines, Sc fi vous con-
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- . SUR l’Eiectricite’, ÿÿ SiTayant échaufé jufqu’à ce point vous! y faites aprocher le doigt d’un homme' éleéhrifé, une épée ou pareil autre-corps, ces corps feront leur explofion-contre la cuiller, St les exhalaifons du camphre s'allumeront par-là , Sc mettront le feu à tout le relie.
- Cette expérience reüiïït de même' par fà force repulfive de l’éleâri-cité;
- Un fourgon tout - à - fait rougi au feu & plongé dans de l’efprit de vin ou dans de l’huile diftillée des végétaux' n’y excite point de flamme, quoiqu’ii en fafTe fortir des exhalaifons en très-grande quantité. Mais fi vous éleétri-îez ce fourgon rougi, fes étincelles-électriques allumeront fur le champ Fùn & l’autre. Cette expérience revient au même-que celle du camphre, Si ces expériences anflï bien que les fuivantes prouvent évidemment que le feu éleélrique e(l une véritable flamme, & qu’elle eft extrêmement fubtile.
- J’ai fait plufieurs eflàis pour allumer de la poudre à canon fans y mêler autre chofe. Je l’ai effayé tantôt avec de la poudre froide & entière.
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- tantôt avec de la chaude & concafTce ; mais je n’ai jamais pu y réüflîr. Cela vient en patrie de ce que les exha-laifons de la poudre ne font pas inflammables, & en partie de ce qu’on ne peut pas l’allumer avec de la flamme , à moins que le fbufre qu’elle renferme ne foit ptefque fondu & prêt à s’enflammer. On voie ceci en mettant de la poudre dans une cuiller avec de l’efprit de vin reâifié. Quoique vous allumiez l’efprit de vin, il ne mettra le feu à la poudre, que quand la chaleur, que la cuiller con-r tradfe de la flamme , aura prefqu’en-riérement fondu le foufre. De même quand vous tenez de la poudre bien concaflée dans une cuiller au- deffùs de la flamme d’une chandelle , ou de quelqu’autre flamme, vous verrez paroître dans la cuiller une flamme bleue , dès qu’elle fera allez chaude pour fondre le foufre , & un moment après la poudre éclatera. Nous oblèrvons le même effet dans la Poudre fulminante , qui eft un compofé de nitre , de foufre & de fel alcalin fixe. D’ailleurs, fl vous eflayez l’E-
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- sur l'Electricité*. Jeétricité fur la poudre fêche & bien fine, vous trouverez que félon le cas elle fera attirée ou repouflee. Dans le premier cas, lî une perfonne électrifiée y préfente fon doigt, il fera couvert de poudre , quoiqu’il en foir éloigné d’une certaine diftance. Dans l’autre cas, fi vous éleétrifez la poudre , elle s’envolera à l’approche de quelque corps non-éleCtrique , & fou-vent même fans que rien n’y appro* ehe.
- Quoiqu’il en foitje fuis néanmoins parvenu à allumer la poudre, 8c à décharger même un fufil par la force éleétrique, en broyant la poudre avec un peu de camphre, ou avec quelques gouttes de certaines huiles chy-miqties 8c inflammables. Cette huile humeéte un peu la poudre, 8c empêche par-là qu’elle ne s’envole. Lorfi-qu’enfuite on chauffe là poudre dans, une cuiller, les étincelles électriques mettront le feu aux exhalaifons inflammables qui s’en élevent, 8c celles-ci le mettront à la poudre. Le tems 9„ qui s’écoule entre ces deux feux , eft fi court, qu’ils paroiflent fouvent par*-
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- tir en même tems , & qu’on diroït qüéf la poudre s’allume elle-même par l’E-; lectricité -, & en effet, la première fois que cetce expérience' me réiiffit, le-coup de feu fut fi prompt , que la perionne qui touchoit la cuiller avec fon doigt , & qui ne s’ÿ attèndoit point, en eut la main fort endommagée. pi paroît de-là, qu’il faut un quatrième ingrédient' dans lapoudrej pour lui faire promptement prendre feu par la flamme, & que cet itijjrS dîent doit être tel qu’il rende le lou-fre plus inflammable. Loriqu’on met lé feu à la poudre de la maniéré ordinaire , le charbon de la mèche ou les petits globes ardens de verre , qui y tombent! par le choc de la pierre à fufil contre l’acier, allument le charbon & le foufre , & ceux-ci mettent le feu au nitre. Mais fi l’on ajoute à ces trois ingrédiens un quatrième j comme quelque huile vegée tâle chymique, Si qu’on chauffe mi peu ce mélange, l’huile en fe mêlant intimement moyennant la - chaleur avec le foufré , diminue fa confifc tence en le délayant, pour ainfi dire,
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- SV R l’E'IÏ ctm-cite*. £7 Sc le fait promptement prendre feu à la flamme. Quoique dans toutes -ces expériences je ne me fois fervi <jue des plus fines huiles de très-forte odeur, comme de l’huile des écorces id'oranges.., de citrons & de fem-blables , la mauvaife odeur du heaume de foufre a néanmoins prévalu auffi-tôt que le mélange étoir aflez chaud pour le difioudre.
- SUITE DE Ld LETTRE.
- Comme l’eau eft un corps non-' -électrique , & par conféquent un conducteur d’éleCtricité, j’avois lieu de croire que la glace devoit avoir les memes propriétés. J’en fis l’expé-ïience , & je trouvai mes conjectures juftes : car après avoir éleCtrifé un morceau de glace , il en fortit des étincelles qui frapoient de tous côtés , partout où un corps non-électrique touchoit la glace. De même un morceau de glace , qu’un homme éleCtrifé tient dans fa main * allume l’efprit, les huiles végétales, le cam-
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- (g Essai
- rées comme ci-deflus. Cependant il faut prendre garde dans cette expérience , que la glace ne fe fonde point par la chaleur de la main ou de l’air qui l’environne dans l’Appartement car autrement chaque goutte d’eau , qui en tombe , diminue confidéra-blement l’Electricité , qui lui aura été communiquée. Pour prévenir cet inconvénient, il eft bon, que la perfonne élearilée,qui rient la glace, ait une ferviette attachée aux boutons de fes habits ou autrement , & qu’il effuye continuellement la glace pour le tenir féche : car par ce moyen, la ferviette étant aufïi bien éleétrilée que la glace, il ne fe perdra rien de la force éleftrique. Cette expérience lénifie de même, fi au lieu d'éleftri-fer la glace , on éieétrife l'efprit &c. & qu’on y approche la glace non-élec-trifée. Je dois cependant remarquer ici, que la glace n’eft pas un conducteur aufli prompt de l’Hleâricité que l’eau, & j’ai fouvent elfayé en vain d’allumer des matières inflammables avec de la glace , pendant qu’une épée ou le doigt d’un homme y met. toit le feu fur le champ.
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- sus. i,*EiËcrsiuiTE\ 3ÿ-Dans la premiers lettre que j'eus l’honneur de vous envoyer à ce fujet, je vous marquai, que j’avois obfervé deux apparitions differentes du feu qui fort des corps éleétrifés : fçavoir que ce feu paroifloit, ou fous la forme d’étincelles larges & claires, qu’on peur exciter à toutes les parties des corps éleétrifés, en y aprochant un corps non-éleétrique non-éleétrifé, & corn, me font celles qui mettent le feu à toutes les matières inflammables, dont j’ai parlé dans le cours de ces expériences ; ou que ce feu reflembloit à celui qu’on voit quand on allume de la poudre mouillée, & qu’on n’en apercevoir de cette efpéce qu’aux pointes ou coins des corps lion-électriques éleétrifés. Ces dernières étincelles font auffi différentes en couleurs & formes fuivant les corps dont elles fortent : car le feu éleétrique, qui fort des corps polis, comme de la pointe d’une épce, des cifeaux , des coins d’une barre d’acier rendue ma-
- gnétique de la façon du fameux Dr. Knight, parole en forme d’un faif. ceau de rayons, & fa couleur reffem-
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- %o E s s A. i
- foie à celle du Phofphore brûlant de M. Boy le ; au lieu que le feu des corps qui ne font pas polis,., * comme le bout d’un fourgon, une aiguille -rouillée &c. eft beaucoup plus rougeâtre. -Je.crois, que cette différence de couleur doit ecre attribuée à la différente maniéré, dont le feu électrique fe réfléchit de la furface du -corps dont il fort, plutôt .qu’à une di-verfité réelle du feu même. Ces faisceaux de rayons continuent à paroî--tre fucceffivement les uns après les autres pendant tout le temps qu’on éleétrife les corps, dont ils fortent, mais ils deviennent plus longs &c plus forillans, lorfqu’on y approche quelque corps non cleétrique , fans cependant le tenir fi près de l’autre, que i’explo-üon puiffeie faire. Si vous tenez la main à la diftance d’environ deux ou trois pouces de ces points, vous (entez de petits coups de vent qui en viennent fucceffivement les uns après les autres, & vous entendez un craquement affiz fort. Lorfqu’rl y a plu-fieurs pointes à un corps , vous y verrez en même temps autant de faif-ceaux de rayons. Il
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- s UK L ’E t ËC TR ICI TE*. 41 Il eft évident de toutes ces expériences que l’Eleéhieité, fans parler de certaines propriétés qui lui font particulières en a quelques-unes qui lui font communes avec le Magnétifme & la Lumière.
- I. P R O P O S I T IG N
- L’Electricité & la Force Magnétique agiffent l’une & l’autre contre celle de lapefanteur & la furmontent dans dis corps légers. L’une & Vautre exercent leur vertu dans le vüide au meme degré qu’en plein air, & cette vertu s’étend à des dijlances conjîdérables à travers differens ' corps de diverfes textures & denjîtés.
- COROLLAIRE,
- La pefanteur eft' une tendance générale des corps vers le centre de la terre. Le Magnétifme furmonte cette tendance à l’égard du fer , & l’Eiec-tricicé la furmonte de même à Pégard des corps légers, & l’une &: l’autre force la furmontent tant par fattrac-
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- ^2, Essai
- tion que par la repulfion. Cependant je n’ai jamais pu obferver ce mouvement de' tourbillon , par le quel feu M. Defaguliers & d’autres prétendent que les effets éle.ftriques font produits. Je ne puis me former d’autre idée de la maniéré dont l’éleélri-cité agit , qu’en concevant fa force-comme des rayons qui fortent d’un centre , & en effet je trouve mon idée confirmée par nombre d’expériences. En voici une entr’autres, qui me paraît fort fimple. Faites tomber une graine de femence de l’herbe de cotto'n qui eft couverte d'une efpéce de duvet : fi dans fa chute elle travetfe l’atmofphére d’attraâion d’un tube de verre renJu éleélrique par le frottement, le duvet de la femence , qui ferobloit auparavant tenir enfemble , fe féparera & formera des, rayons autour du centre de la femence : ou encore fi vous collez plufieurs de ces femences avec dé là gomme d’Arabie autour d’un petit bâton, le duvet de ces démences, qui dans fon état naturel pend perpendiculairement le long du bâton , s’élèvera & formera autour du.
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- SUR L* El E C TR ICI TE*. 4$ bâton une apparition circulaire. Com* me ces corps ne peuvent être dirigés dans leurs mouvemens que par cette force qui agit fur eux & que leur apparition eft conftamment comme celle des rayons qui agiflent du centre-, il faut convenirqu’elle nés accorde guère avec l’idée qu’on fe forme d’un tourbillon. D’autres fe font imaginés d’avoir trouvé dans les mouvemens électriques une Polarité, ayant obfervéà ce qu’ils prétendent , qu’une extrémité du tube de verre éleétrifé repoulTe des corps légers , pendant que l’autre les attire. Mais ils fe font trompés , & leur erreur vient de ce que toute la longueur du tube qu’on tient dans la main pendant qu’on le frotte , n’elt pas élec-trifé, & les corps légers qu’on y préfente, relient en repos pendant que l’autre bout du tube les attire ou repoulïe fortement. Cette force attraélive de 1 eleCtricité agit non feulement fur des corpséleélriques, commedes fragmens de feuilles d’or , d’argent, des petits bouts de fil &c 5 mais auffi fur des corps originairement éle&riques , comme de là foye, des plumes, féches, des pe-33 îj ?
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- Ü s s a i • 44
- tits morceaux de verre & de réfine. Elle attire tous les corps, qui n’ont pas le même alloi d’éleéfcricité ( fi je puis me fervir de ce terme) que les corps éleétrifés dont elle vient. Je n’ai trouvé aucun corps , quelque denfe qu’il fût , dont les pores n’eu A fent donné pafiage à l’éieélricité, en m’y étant pris d’une certaine façon. Je n’en excepte pas même l’or.
- Iî. PROPOSITION;
- L’Electricité paffe à travers le verre-aujji bien que La lumière ; mais elle ri y fouffre point de réfraction.
- Les obfervacions les plus exaétes que j?aye pu faire à cet egard, m’ont toujours fait voir, que fa direction va en ligne droite , & cela même à travers plufieurs verres de différentes figures, enfermés les uns dans les autres, quoique féparés par des diftances JEaifbnnaWes entre chaque verre.
- COROLLAIR E.
- Cettedîreéfion reéfciligne ne s’oH-’ fêrve qu’autanr que l’Ele&ricité peut
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- sur i’Electricite’. 47 pénétrer des corps originairement-éleétriques non éleéfcrifés & parfaitement (ecs. Il eft abfolument indiffé-*; rent, que ces corps foient tranfparens comme le verre , ou demi-tranfpa-rens, comme la porcelaine ou un gâ^ teau mince de cire blanche, ou tout à fait opaques, comme du drap épais ou des étoffes de foye brochées dé différentes couleurs. Il eft feulement néceflaire, qu’ils foient orîginaire-ment'-éleébïiqaeSi Mais il' n’en eft plus de même à l’égard dès corps noiu éleélriques, où la direction , que le corps originairement-éledr’que étant éleélrifé donne à cette force, eft changée auffitôt que ce corps non** éledrique , à qui l’EleéVricité aura été communiquée, touche la furface de quelqu’autre corps non-éle&rique , SC cette force fe tranfmet en toutes dr-] reéfcions avec une rapidité difficile à déterminer , pour fe communiquer à toute là malle non-éle<ftrique, c’eft-à-dire , à tous lès corps- qui 1-envi-ronnent , quelques dîfferens qu’ils foient d’entr’eux *, en forte qu’il faut néceffairemenr que l’Eleftrické fois
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- 4^ Ê 5 S A f
- bornée par quelque corps originaire-: ment éledrique, avant qu’elle puiiïè exercer là moindre attradion : au quel cas cette force fè manifefte en premier lieu à ces endroits du corps non-éledrique, qui font les plus éloignés du corps qui l’eft originairement & qui a été éledrifé. Ainfi par exemple , lorlqu’on tient un tube éledrifé au deflTus des fragmens de feuilles d’or , ils feront attirés à travers le verre, le drap &c., qu’un homme placé lur le plancher tiendra horifon-talement entre le tube &• les feuilles d?or, & cette attradion aura même lieu à des diftances aflez confidérables. Au contraire le tube éledrifé n’attirera pas, même de près,.les feuilles d’or ni d’autres corps légers à travers l’argent, l’étain, le carton, le papier, quelque mince qu’il foit, ou autre corps non-éledrique, qu’on tiendra entre défix comme auparavant. Mais fi vous frottez le papier avec de la cire fondue, & que par-là vous y introduifiez l’Eledricité originaire, vous verrez fur le champ agir cette
- anilt
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- ment que dans l’expérience précé~ dente. On doit fe fouvenir ici de ce qui à été dit dans le Corollaire de la I Propofition 8c de quelques expériences rapportées ci-deltas, qui font voir, que, pour faire qu’un corps non-éleÂrique exerce quelque force, il faut éle&rifer toute 4a mafle, mais qu’il n’en eft pas de même d’un corps originairement éle&rique, dont nous pouvons éleétrifer telle partie que nous voulons , fans éleétrifer les autres. Ain fi nous obfervonsque les fragmens de feuilles d’or 8c la femence de l’herbe de cotton, qui eft très-propre pour ces expériences, font attirés fous une jarre * de verre chau-fée ** , dont le fond eft tourné en
- * Jarreeft un vafe ou une efpéce de mefu-re, dans laquelle on vend l’huile. Elle tient go pintes.
- **“J’ai toujours obfervé que l’attraâion électrique à travers le-verre eft en tout temps plus forte , quand le verre eft chaud que quand il eft froid. Cette différence peut vernir de deux caufes. irv Le verre chaud ne-«ondenfe pas l’humidité de l’air, qui fait:
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- 4$ E s's a r
- haut, & fur lequel on peut mëtt't'é quelques livres ou d’autres corps non» êle&riqües. On verra, que les mou-vemeiis de ces corps légers répondront à ceux du tube de verre, qu’on tient au ddïus des livres, & il fem-ble que l’Ele&ricité pâlie dans un iiîftant à travers les livres & le verre. Cependant cë partage ne fe fait qu’a-près que l’Ele&ricité a pleinement faturé les corps-non.éle&riques pofes fur le verre, qui arrêté l’Ele&ricité qu’ils ont reçue ; & alors ces corps non-éle&riques dardent leur force dî-redement à travers la furface du verre de la même maniéré que' le font les corps originairement-éle&riques. Si au contraire on tient le corps non-éledrique le plus fubtil qu’on puifTe
- que le verre devient un- conducteur d’électricité , comme je l’ai prouvé ci - deflus. sfi. Comme la chaleur élargit les dimenfions de tous les coq s que nou? connoirtons, & que par conféquent elle lépare leurs particules d’er.rr’elles, les écouièmens éleétrrques qui pallent en lignes direéles, trouvent peut-être un partage plus ailé à travers leurs pores.,
- imaginer,
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- STJR L’ELECTRîCtTE*. imaginer, -& à la plus petite diftance entre le tube 6{ les feuilles d’or, 8c que l’éleéhicité ne foit pas arrêtée , on ne verra pas le moindre effet, 8c les feuilles d’or relieront dans un repos parfait. Je dors encore remarquer ici , que cette loi de l'éleétriciré eft (î confiante & fi régulière , que je n’ai trouvé aucun cas , où elle s’en foie écartée. Le mercure tout mince qu’il eû étant étendu en amalgame fur l’en^ vers d’une glace empêchera même l’at-traélionileétrique de palier , à moins qu’elle ne foit arrêtée par quelque •corps originairement électrique. Cette pénétration de l’Eleéhicité à travers
- les corps originairement éleétriques eft d’une plus grande importance dans cette Doétrine, qu’on ne s’eft imaginé julqu’à préfent , & elle a fait manquer nombre d’expériences qui auraient réiifli, fi on y avoir fait attention. Je me fuis donné beaucoup de peine pour déterminer jufqu’à quel degré cette force peut pénétrer un Corps originairement éleétrique & fec; & plufieurs expériences réitérées avec des gâteaux de cire feule & d’autres
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- '50 E s .s a x •
- faits d’un mélange de cire &de réfine m’ont appris,que l’éleélricité étant bien forte, elle a pafle en lignes droites à travers des gâteaux de a -jf pouces; mais je n’ai jamais pû parvenir à la faire pafler , quand le gâteau avoit la i pouces, où je l’ai toujours trouvé arrêtée.
- _ On voit pat - là, que les gâteaux, dont on ië .fett ordinairement pour arrêter l’élçétricité, étant trop minces, ils doivent perdre une quantité confidé-rable de l'éleétricité qui y paiTe à travers , & qui fe perd dans le plancher &c. Cependant fi on pouvoir beaucoup augmenter la force électrique, je ne doute pas qu’elle ne pût pénétrer des corps originairement électriques plus épais.
- PROPOSITION III;
- L'Electricité a cette propriété commune avec la lumière , que Jis forcep étant rajfemblées & dirigées d’une certaine façon fur des objets propres & fufceptibles de fes effets , elle pro. dtlit feu & flamme.
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- su*. L’Eticim cite'. jag
- COROLLAIRE:
- Le feu d’éleétricité eft extrêmement fubtil, comme je l’ai déjà remarqué ci-deiTus, & autant que j’ai pûledéi couvrir jufqu’à préfent , il n’allume que les exhalaifons inflammables des corps. Audi cette flamme n’en devient-elle pas plus forte en agîflànr fur une barre de fer rougie au feu, ni plus foible en tombant fur de l’eau froide: J’ai cependant voulu m’aflurer y Ci peut-être un degré de froid plus confidérable ferait quelqu’effet fur ce feu éleétrique ! J’excitai pour cet effet un froid artificiel, ' par lequel le mercure d’un thermomètre très Ceiu fible appliqué à l’échelle de Fahrenheit tomba dans le temps d’environ 4 minutes de i j degrés d’au-deflus du point de la gelée à 36 degrés d’au-dcifous. Mais ce mélange froid étant éleâriiè,, les étincelles qui en fortoieut St l’explo-fion qui les accompagnoit.étoientaufll fortes qu’à un fer rougi au feu. J’aurais pû exciter un froid beaucoup plus confidérable , mais celui que je viens de
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- fi "Essai
- marquer me parut aidez fort pour établir ma propofition. Cette expérience fcmblc prouver que le feu d’éleétri-,çité n’eft aucunement affeété ni de la préfençe ni de l’âbfence de tout autre feu. La chaleur du fer rougi au feu eft fixée à 191 degrés dans l'échelle des chaleurs de M. A’ewton. Or comme ces degrés font à ceux de Fahrenheit comme 34a i?o , il s’en fuit nécef. fairement, que la différence de chaleur dans le fer rouge & dans mon mélange froid eft; de 1040 degrés j & néanmoins cette différence énorme ne caufe aucune altération dans l’apparence de la flamme éleârique. Le feu qui vient par la réfraâion des rayons de lumière dans un verre convexe, fe trouve à certaine diftance de la furface, où il allume des corps combuftibles. Il y a quelque chofe de femblable dans la produékion de ia flamme éleélrique, comme je l’ai remarqué ci-deffus.
- On me reprochera peut-être d’avoir été trop circonftancié dans certains endroits de mon récit-, mais on ne f^aurojt être trop icrupuleux ni trop
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- SUR L’EllcTMCIfE'. y:3 attentif aux moindres circonftances dans des recherches auflî abftrufes que te font celles-ci, où nous avons ft peu de théorie pour nous guider.
- Je finis par les paroles de M. le Chevalier Folkes , digne Préfident de notre Société. » L’Eleftricité , dit-il » femble fournir un fond inépuifable » pour nos recherches, & desPhéno-» mènes auffi diverfifiés & auflî mer-» veilleux,. ne peuvent affurément ve-» nir que des caufes très-générales &i » extenfives qui foient même deftinées *> par l’Auteur tout-puiffanc de laNa-» ture pour produire de très-grands «effets & pour être de la derniere im-» portance dans le fyltéme de l’Uni» » vers. «Jefuis &c.
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- S U I T E
- D E S
- EXPÉRIENCES
- E T
- OBSERVATIONS,
- Pour suivi*, a l'explication de rA Nature et des Prqpriite's
- L’ÉLECTRICITÉ,
- Où l’origine de cette Force & fit maniéré d’agir font démontrées par une fuite d’Expériences faites ex• pris à ce fiujet.
- Adreffée à la Société Royale de Londres
- Par M. Gui ll. ’WatsoN', de, cette même Société,
- Eiiijp
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- jur i’EiictRicite’. ff
- A LA SOCIÉTÉ ROYALE. MESSIEURS,
- 'Accueil favorable , dont vous
- avez bien voulu honorer mes Mé-
- moires fur l’Electricité , m'encourage à vous importuner de nouveau fur ce même fujet, d'autant plus que les découvertes, qu’on a faites dans cette partie de la Phyfique, tant ici que dans les Pays Etrangers , ont étc fi rapides , que les connoiiTances , que nous regardions il y a environ un an comme
- Je non plus ultra dé cette Doétrine , n’en paroilTent aujourd'hui que les premiers élémens.
- II. Ce feroit abufer de votre patience que de vous faire un détail d’une infinité d’expériences que j’ai faites. Je me contenterai de rapor-ter celles qui m’ont paru frapantes ou.qni tendent immédiatementàétablir quelque propofition.
- III, Au. commencement de l’Eté
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- dernier , je fis faire une machine à' Eledricité, ( Pl. I. Fig. I. ) dont h' roue a quatre pieds de diamètre. Dans* la périphérie de cette roue il y a quatre rainures qui répondent à autant de globes de dix pouces de diamètre dilpo-fés horifontalement à environ trois pouces de diftance les uns au-deffus dés autres. On peut faire agir un, deux ou* tous les globes, félon qu’on le trouve à propos. Ils font montes fur des axes de deux pouces de diamètre, & leur mouvement moyen eft d’environ onze cens tours fur leur axe dans une minute. Comme il eft prefqu’impoffibl* de trouver des globes parfaitement ronds ou exaèiement montés, j’ai faix' faire de petits couffins de cuir bourrés de crin, qui les rend élaftiques , afift ’ que les globes foient frôtrés dans leut rotation avec autant 3’égalité qu'il eft poffible. On peut auffi les faire frottefc contre la main de quelqu’un; mais le frottement des couffins m’a paru poiré lè moins auffi égal que celui de la main, furtout lorfqu’on s’y prend d’une certaine façon, comme je le dirai dans la fnite.il eftnéceffaire de paffer detemps
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- S l/ R l’Ei ïf-C T Kl CIT E’.' ÿ9 su temps de la craie fine fur ces couffins. Le refte de la machine fe connoî-tra aifément par l’infpeélion de la figure.
- IV. J’enduifis un de ces globes en dedans d’un mélange de cire &de réfine à une épaiffeur confidérable, pour efTayer , fi par ce moyen l’éleftricité feroit excitée plus promptement ou à-un degré plus fort qu’à l’ordinaire, mais je n’ai trouvé aucune différence entre la vertu excitée de ce globe & celles des autres.
- V. La force de l’éle&ricité augmente par le nombre & par la grofTeur des globes ; mais elle n’augmente pas à proportion de leur nombre ni de leur ' groffeur.Tout corps qu’on veut éleétri-fer n’eft fufceptible que d’une certaine quantité d’éleftricité qui lui eft proportionnée , comme je le prouverai plus amplement dans la fuite. Ayant une fois acquis ce degré , ce qui fe fait plus promptement par un certain’ nombre dé globes : le refte de l’électricité , dont on voudroit le furcharger,. fe difiïpe aufli-tôt qu’on l’excite.
- VI. Ayant fait pendant quelque '
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- «?o t s s A r
- temps ufage de ces globes , je me trouvai en état d’exciter un degré beaucoup plus conlidérable de force électrique , que quand je faifois mes expériences avec un tube de verte frotté. J'attirai & repouffai des corps légers-, & j’allumai l’efptit de vin, le camphre & toutes les matières, dont les vapeurs font inflammables, de beaucoup plus loin & avec bien moins de peine qu’auparavanr en me fervantdu tube , en fuppofant le temps également fec dans l’un & l’autre cas.
- VII. J’ai découvert avec cette machine & j’ai communiqué à plufieurs Membres de notre Société quelques unes de ces belles expériences, dont le célébré M. Le Monnitr , Dofteur en Médecine & de l’Academie Royale des Sciences, avoit été l’inventeur à Paris, avant même que notre Préfident eût reçu la lettre , par laquelle ce Sça-vant lui faifoit part de lès découvertes.
- yill. J’ai fait faire pour un de mes amis une autre machine, qui fait tourner un globe de 16 pouces de diamètre. Je joignis un jour la force de ce gros
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- s tr S. l’ E 1 M T ». ï C I T E*. SU globe avec celle de trois des miens ; mais je n’ai pas trouvé les explofions & les coups de feu des corps non-électriques cleétrifés augmentés au point que jem’étois imaginé. Cependant l'effet du globe ajouté étoit très-confi-détable dans deux expériences, où la force unie de ces globes fe difli-poit vifiblement auffitôt qu'elle étoic excitée. Les voici :
- i. Je fis tenir un plat d’étain à un homme éle&rifé , pendant que quelqu’un, qui fe tenoit fur le plancher , y approchoit un autre pareil plat. Lotfque ces deux plats étoient portés à leur jufte diftance , les coups de feu qui en fortoient, & qui reflem-bloient à une flamme parfaitement pure, étoient fi forts & fe fuccedoient fi promptement les uns aux autres , que dans un endroit obfcur je pus re-connoître diftin&ement les vifages de treize perfonnes.
- 2. Je fufpendis un bout de gros fil d’archal émouffé à un canon de fufil,que je fis éleftrifer. Ayant approché de l’extrémité du fil d’archal quel-
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- E ss Ai
- , que corps non élettrique & non-élec-trifé *, fans cependant le tenir fi ptès que l’explofion s’en fuive ; on voyoit diftinftement dans un endroit obfcur un faifceau de flamme legere bleuâtre de la longueur de plus d’un pouce fur un pouce d’épaifleur & très-différente de la précédente , & l’on fentoit une odeur de phofphore à une diftance allez confidérable- Si le corps,
- * Toutes les fois que je me fers des termes Soriginairemcnt-éUHriques & de non-étèSri» que s r j’entends le genre entier de l’un & de l’autre. Ainfi quand je dis : un homme placé fur des corps originairement - électriques, j’entends , qu’il n’importe pas qu'il foie fuf-pendu par des cordons fecs de foye, de crin, .ou de laine s.ou, ce qui eft plusconvenable, qu’il doit placé fur du verre, de la cire , de la réline , de la poix, du foufre &c. ou fur quelque mélange de ces matières , pourvu qu'elles ayent l’épailfeur requife. Comme nous fommes aujourd’hui en poffeflion d’une plus grande force éledrique que nous ne l'étions il y a quelque temps, j’ai examiné de nouveau julqu'à quelle profondeur elle pénétre les corps originairement - électriques, & j'ai trouvé qu’elle pallè quoiqu’en très - petite quantité des gâteaux de plus de quatre pour ces de diamètre.
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- SU*. t’ÊlECTR. IC ITE* if
- qu’ôn approche du fil d’archal.eft noir, cétte flamme parole plus brillance que fur toure autre couleur. Si l’on approche l’envers de la main fi près du fil d’archal , que l’explofion fe fafle , & qu’on reçoive ainfi plufieurs coups de feu pendant un certain temps; on les fentira fur la peau comme autant de piqueures, & l’on y verra des taches rouges , qui retient pour le moins «4 heures.
- IX. Lorfqu’un homme éleétrifé patTe fa main fur l’habit d’un autre qui ne l’eft pas, ils fendront tous deux deg piqueures précifément comme fi une quantité d’épingles leur entroit dans la peau , & cette fenfation durera pendant tout le temps que les globes l'ont en mouvement. Ces piqueures font plus fortes , lortque les habits font faits des fubftances animales , comme la laine, la foye &Cv que quand ils viennent du régné végétal comme la toile , le cotton&c.
- X. Mettez un peu d’htrle de térébenthine fut du feu dans un réchaud qu’un homme éleétrifé tiendra dans fa main, & qu’un autre homme placé fur un gâ-
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- e 4 Essai
- teau éleétrique reçoive la fartée épaiflè de l’huile de térébenthine fur quelque corps non-éleétrique & d’unefur-, face large ; alors cette fumée quoi-qu’à un pied de diftance de la flamme fera encore affez chargée d’éleétricité, pour mettre le fécond homme-en état d’allumer quelque vapeur ou fumée inflammable. On fent les coups électriques en touchant ce fécond homme , lors même qu’il tient le corps non-éleétrique , avec lequel il reçoit la fumée de J’huile de térébenthine , à fept ou huit pieds au deiïus de la flamme. Nous voyons par-là que la fu-mée.eft un corps originairement-élec-; trique, & par conféquent un corw duéteur d’éleétricité.
- XI. De même , loriqu’on fubftitue flans cette expérience de l’efprit de via allumé à l’huile de térébenthine , & que le fécond homme tenant une barre de fer dans fa main en pré-fencel’autre bouta la pointe delà flamme de l’efprit de vin ; il fera par-là mis en état de mettre le feu avec le doigt de fon autre main à de l’efprit de vin un peu chauffé. Ceci fait voir
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- STJfc L’EtiGTELICÏTE’. 6$ que la flamme eft aufli un conduéleur d’éleftricité , & quelle n’endiminue pas confidérablement la force.
- , XII. Ces deux expériences prouvent évidemment l’erreur de ceux qui prétendent que les écoulemens éleélriques font d’une nature fulphureufe , & qu’ils s’allument entr’eux dans l’explofîon ; il cela étoit , les écoulemens électriques devroient être détruits & confommés pat le feu dans ces deux expériences ; cependant nous voyons arriver le
- contraire.
- XIII. Je pâlie maintenant à l’examen de cet effet furprenant & de cette accumulation extraordinaire de la force éle&rique dans une bouteille remplie d’eau , découverte faite par M. de Muÿchenbroek , qui femble être né pour pénétrer les miftéres les plus profonds de la Phyfique. Permettez» moi ,, Meilleurs , d’entrer un peu dans le détail des circonftances, qui ont rapport à, cette finguliere expérience. On fufpend une bouteille remplie d’eau à un canon de fuiîl pat le moyen, d’un fil d’archal, qui traverfe lé bouchon de liège 3 Si qui entre à la
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- _ E s s a i
- profondeur dé quelques pouces dans î’eau. Le canon de fnfil eft fufpendtt par des cordons de foye& on l’ap. proche li près du globe frotté que quelques frangés ou bouts de cordes de métal, qu’on y attache , touchent le globe pendant quil eft en mouvement. Le tout étant difpofé de cette façon , un homme empoigne la bouteille d’une main, pendant qu’il touche le canon de fufîl avec un doigt de l’autre : Il fendra au même inftant un coup terrible dans les deux bras,& furtout aux coudes , au poignet & à travers la poitrine.-L’Expérience réüflît le mieux , les autres eirconftànces étant fuppofées égales.
- i. Qïiand l’air eft bien fec. l. Quand la bouteille, qui contient l’eau, eft fort mince.
- 5. Quand le dehors de la bouteille eft parfaitem lit iec.
- 4. Quand il y a plus de points do ïorps non-électrique , qui touchent la bouteille. Ainfi fi vous ne la touchez que du pouce & d'un doigt , le coup fera foible.’ Si vous y mettez encore un doigt, il fera plus fort, & il aua*
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- sus. i’El r. ctricits.’. 6j ïfteatera , fi vous y mettez la main entière.
- j. Quand l’eau qui eft dans la .'bouteille eft chauffée : car comme elle oft alors plus chaude que l’air qui l'environne , elle empêche par-là les vapeurs qui flottent dans cet air, de fe condenfer fur la furface du verre.
- XIV. Toutes ces circonftances font voir que cet effet finguüer provient de ce qu’on électrife ici l’eau , qui eft un corps noli-éleéltique. pendant qu’elle eft enfermée dans le verre , qui eft un corps originairement-éleélrique. Ainfitout ce qui tend à rendre le de-hors du verre non.éleffrique , en l’hu-meffant, comme une main humide, OU un air chargé de vapeurs &c. doit faire manquer ^expérience en empêchant l’accumulation néceflaire de la force éleétrique.
- XV. C’eft une erreur que de croire qu’il faille abfolument fe fervir d’un canon de fiifil pour faire réitlïïf cette expérience. Un morceau folide de métal, de quelque figure qu’il foit,eft également propre -1 pouf cet ’ effet. Je ne trouve pas non plus , que le
- c ;;
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- E s s X ï
- coup foit plus ou moins fort à.pra.
- ' portion de la quantité de matière eleéfcrïfée. Ce coup eft aufli violent quand il provient d’une épée.que quand il eft produit par un canon de fufil joint à plufieurs barres de fer élec-trifées. *
- XVI. J’ai effayé d’augmenter l’effet de cette expérience par une plus grande quantité d’eau renfermée dans des verres de-différentes figures de 1,6 pintes & au-delà fans avoir fenti la moindre augmentation dans le coup,. Si l’on fiibftitue de la limaille de fer à la place de l’eau , l’effet eft beau, coup- moindre. Si l’on y met du mercure, l’effet eft: à peu près lç meme que celui-de l’eau, & le coup n’augmente pas en raifon de la pefatiteur
- * Qge-fix hommes placés (ur des corps-originairement-éleâriques fe touchent entre eux, St qu’un d’eux touche le canon de Fu-fil, ils feront par-1* tous éleârifés , St il faut albrs- les- conlidéter comme un amas d’autant de matiete non-éleârique éleftri-fie*Cependant il ne paroît pas plus de feu. <fo l'attouchement de toute cette maflè que de celui: d’un homme Feul.
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- STTR l’E t FC Tl ICITî'. gf fpécifique des fluides, comme queh-ques-uns fe font imaginés. *
- XVII. La bouteille ou phiole doit être d’üne grandeur raifonnable, afin qu’on puiflè l’empoigner comme il faut Celle, dont, je me fers ordinairement , tient fept ou huit onces, & j’en remplis les quatre cinquièmes d’eau. Le coup de cette phiole , les autres circonftances étant les mêmes, eft auffi fort que celui d’un flacon ordinaire de vin de Florence, quoiqu’il foit aufli mince que la phiole Sc qu’il contienne quatre fois plus d’eau ; ce qui prouve évidemment, que le coup n’eft pas proportionné à la quantité d’eau éleéhifée. C’elL un-
- * Quand je dis dans cette Expérience dans certaines antres , que le coup n*aug*-aiente pas en proportion de la quantité de matière éledriféeil'.faut toujours.entendre que lès matières non-éiedriques éledrifées elles-mêmes font touchées fans être renfermées dans des'corps originairement éledri-ques, comme de l’eau, dans du verre &o. Gar autrement les effets de differentes quantités de matières font aflurcment très-diffé.-sens j comme nous le venons dan» là fuite*
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- fait, qu’on ne doit pas regarder cûifr-me mon fentiment particulier , mais qui a été conftaté pâr plufieurs des Membres de notre Société, qui ont fait ces Expériences avec des quanti-, tés d’eau plus où moins grandes.
- XVIII. Si à la place du fil d’archal vous faites palier une petite branche de bouleau ou d’autre bois bien fec à travers le bouchon de liège, le coup n’eft pas plus fort qüil ne l’eft ordinairement quand on touche le canon de fufil fins qu’on y'ait appliqué de l’éau. Le coup eft aufli beaucoup ' moindre, fi vous empoignez la phiole avec un gànd.
- XIX. Le canon de fufil & la phiole étant fuffilâmment éleétrifés, ce qui le fait dans quelques fécondés ; hs rfeftede l’éleékricité fedillipe ,& quoiqu’on continue le mouvement des globes aulïï longtems qu’on voudra , la force éiedrique n’en fera point augmentée.
- XX. La force du coup de la phiole éleftrifée n’augmente pas en proportion de la groffeur ni du nombre des globes , qu’on fait tourner Si frotter.
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- svr. i’EtEtTficireV <7*; 3rai été auffi fortement frapé d’une phiole éleékifée par un globe de fept pouces de diamètre, que je l’étois en faifant tourner en même temps un globe de feize pouces & trois de dix. Ou m’a mandé de Hambourg , qu’on s’y étoit fervi pour cet effet d’un globe d’une aulne de Flandre de diamètre , fans que la force en ait été augmentée , comme on l’avoic attendu.
- XXI. Quand la phiole eft bien élec» trifée, & qu’on y applique la main, , on voit des étincelles de feu fur le dehors du verre partout où on le touche, & l’on fentun craquement dans '
- XXII. On peut anllîéleétriferlaphio-îe en apliquant le fil d’archal, qu’on y aura fait entrer,au globe qui eft en mouvement. Si enfuite on empoigne la phiole d’une main & qu’on touche le fil d’archal avec un doigt de l’autre, le coup fera auflï fort que celui qu’on reçoit du canon de fufil. Si l’on approche feulement le doigt de l’extrémité du fil d’archal fans le toucher, on obferve ce même faifceau de flamme
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- yï E i iïf
- bleue, qu’on voit au-fil d’archal fiifi pendu au canon de fufil, dont j’ai parlé ci-deflus. Gette flamme difparoît auffitôt qu’on touche le fil d’archal i mais on ne font point de coup , à moins qu’on n’empoigne en même temps la phiole.
- XXIII. Si l’on tient la phiole d’un* main fans en même temps toucher le fil d’archal,. l’électricité acquife de l’eau n’en diminuera point du tout,& à moins qu’on ne touche le fil d’archal par hazard ou autrement, elle confèrve» ra fit force pendant plufieurs heures-; quoiqu’on la tranfporte à plulîèUrs lieues de-là, Sc cette force fera en-fuite fon effet, auffitôt qu’on touche le fil d’archal.
- XXIV. Si l’on fufpend la phiole au canon dé fufil, pendant que la machine eft en mouvement, ori ne fent pas le coup plus fort qu’à- l-’or-dinaire en touchant d’un- doigt le ca-non de fufil, à- moins qu’on n’empoigne en même tems la phiole. de l’autre main.
- XXV. Si après avoir élèdrifé le canon, de. fufil & la phiole , on tient
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- SU «Tl’Et.ECTK.ICITe’. 7J d’une main la phiole, & qu’on touche le canon de fufil de l’autre main avec un morceau de quelque métal ; le coup fera aulfi violent dans les bras comme fi l’on touchoit le canon de fufil immédiatement avec un doigt ; mais on ne fendra pas le moindre coup, fi au lieu du métal on préfente au canon de fufil un morceau de bois fec.
- XXVI. Je reçus un jour un terrible coup, lorfqu’en empoignant avec les deux mains deux phioles fufpenduës au canon de fufil j’approchai le front de celui-ci. Ce coup étoit fi énorme , que j’en fus étourdi, comme fi on m’avoit donné un grand coup de bâton par la tête , & je ne me fuis jamais ravifé de répéter cette expérience. On doit attribuer cette augmentation de force éleétrique à la fécondé phiole, que j’y avois ajoutée; ce qui a augmenté le nombre des points d’attouchement dans le corps non-électrique , c’eft-à-dire, dans le mien.
- XXVII. De même, lorfqu’un homme placé fur des corps originairement éleétriques empoigne deux phioles t + G
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- 8c qu’un autre homme placé fur le plancher touche quelque partie de fou corps; ris ne Tentent l’un & l’autre qu’un coup bien leger. Mais fi, pendant que les globes font en mouvement , ce fécond homme met un de les doigts fur la main ou quelqu’autre partie nue du corps du premier, Sc qu’avec fon autre main il touche en même temps le canon de fufil ; ils recevront l’un & l’autre un terrible coup, qui cependant paroîtra plus Supportable, parce qu’on ne le fent pas dans la tête, mais . Simplement dans les bras & à travers la poitrine, fl n'eft pas néceffaire dans ces expériences ,, que les verres qu’on tient dans la main, fbient abfolument fecs, parceque toute l’humidité qui pourroit fe communiquer à l’homme qui tient les phioles, eft arrêtée par les corps originairement - éleélriques, fur lesquels il eft placé. Si au lieu de la main de ce premier homme vous touchez légèrement £>n habit, vous ne fentez qu’un petit coup fur votre doigt ; mais fi vous preffez l’habit contre fon corps, vous en fentez fou-vent deux,
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- sus. i’Eucimcite’. un, qui provient de fon habit & qui eft leger, l’autre qui provient de fon corps & qui eft violent.
- XXVIII. Ayant fait voir un jour quelques expériences au Dr. Bevis, pour prouver, que , les autres circon-ftanccs étant les mêmes ; le coup étoit en raifôn de la quantité des points, avec lefquek les corps non-éle£triques touchent le verre; ce fçavant imagina une expérience fort curieufe pour démontrer cette même proportion d’une maniéré très-vifible. La voici: On couvre deux grandes phioles fphéri-ques de verre de plomb laminé 'fart mince, en forte que le plomb touche le verre exaétemenr dans tous les points, excepté aux cols. On les remplit d’eau, & après les avoir bouché on y fait entrer un fil d’archal mince à travers les bouchons. On les fufpend par ces mêmes fils d’archal plus gros ; d’environ cinq pouces de long & troués à chaque extrémité, pour recevoir les fils d’archal minces qu’on y accroche. On fiche une petite ganfè de fil d’archal dans le plomb au fond de chaque phiole, & l’on parte dans
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- ces ganfes un morceau de gros fil d’archal pareil à celui d’en-hauc. On fufpend enfuite les phioles à travers le canon de fufil, & on éleétrilë le tout. Si alors un homme placé -fur le plancher touche d’uue main le gros fil d'archal d’en-bas & de l’autre le canon de fufil, il reçoit un coup énorme par les bras & là travers la poitrine.
- XXIX. On peut cacher ces phioles & rendre en même temps leur coup plus général de la maniéré fuivante. On met les phioles dans un coin de la chambre, ( PI. IV. i Fig ) & on les couvre de quelque choie, qui cependant ne doit pas -toucher les fils d’archal d’en-haut. On fufpend enfuite «n fil d’archal bien mince au canon de fufil & on l’accroche au gros fii d’archal d’en-haut des phioles. On accroche de même au gros fil d’archal d’en bas des phioles un autre morceau de fil d’archal mince , qui va de-là jufqu’à peu près au-deffous du canon de fufil, & qu’on peut cacher fous une natte. Ayant alors éleétrifé les fi quelqu’un placé fur h
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- SÜS. i'Eiectr.-icite’. rf natte au-deflus du fil d’archal, qui vient des fonds des phiolss, touche le' canon de fufîl ; if reçoit un coup de» plus terribles. Lorfque je fis cette expérience pour la première fois, les phioles étoient pleinement éleftri-lées, & j’avois mes deux pieds placés fur le fil d’archal : auflïquand je reçus le coup du canon dé fufil fur mou doigt, il me fembloit, quoique je fulïe alfez habitué à ces expériences, que mon bras étoit coupé à l'épaule, au coude & au poignet, & mes deux jambes de même au genou & à la cheville dii pied. Ainfi ceux,, qui voudraient eflàyer l?efFet de cette expérience , doivent prendre garde de ne pas trop éleétrifer les phioles. En effet je ne voudrois pas répondre de l’événement, fi l’on éleûrifoir forte-tement une douzaine ou plus de ces phioles ou une grade bouteille couvertes dans l’un ou l’autre cas de plomb de la man ere mentionnée, 8c que cette éleâriuté fût déchargée à-la fois fur un homme de la maniéré qu'e je viens de l’expliquer.
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- fent pas ce.coup, à moins que le fiF d’archal, qui vient des fonds de phio-les ne (oit touché. On ne le fent pas non plus, fi les fouliers font fecs 8c par confequent des corps originairement • éleâfques. Cette Expérience fait voir l’effet étonnant de l’augmentation des points d’attouchement, 8c elle paroît d’autant plus furprenante , quand le fil d’archal eft caché fous une natte, que ceux qui marchent deffus ne voyent pas la caufe, pourquoi le mouvement d’un pouce de plus ou de moins de leur pied fait, qu’ils fèntent un coup énorme, ou qu’ils n’en fentent point du tout. Un tapis épaisdeTurquie ou autre peut empêcher la réüffite de l’Expérience par la même raifon que les fouliers fecs. J’appelle cette Expérience faire fauter une Mine d’Electricité.
- XXXI. Si dans l’Expérience précédente on attache le fil d’archal mince d’en-bas à une barre de fer , & que , les phioles étant éleélrifées aufli fortement qir’il efl poffible , un homme placé fur le plancher tienne cette barre dans fa main, & qu’avec fon
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- extrémité il touche le canon de fulîl j> il ne fentira point de coup : mais if fera frapé violemment , fi pendant! qu’il tient la Harre d’une main il touche le canon de fufil avec l’autre. Il faut remarquer ici , que nous Tentons toujours la force du coup dans nos corps à proportion de celle de i’ex-plofion, que nous entendons, & dé la quantité de feu > que nous voyons» Ainfi comme ces deux circonftances font fenfibles à nos fens, foit que l’E-leftriciré pafffe feulement par le fer , comme-dans le premier cas, ou qu’elle palTe par nos corps & par le fer , comme dans le fécond ; nous concluons , que dans les deux- cas il fe trouve le même degré de force électrique. Dans le premier cas vous êtes en état de faire fentir à d’autres la force éleélrique fans la fentir vous-' même. Ces deux Expériences peuvent être variées d’une infinité de façons.
- XXXII. Si un homme placé fur un gâteau éleétrique prend dans fa main la phiole fufpendue au canon de fufil, il acquiert par-là quelque éleéfricité-j car fi dans cette pofition il touche le G iiii
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- So- Essai
- canon Je fufil, il ne reçoit qu’un coup bien leger. Si, fans avoir eu communication avec Jes corps éleélriques non-éleélrifés , il le touche une féconde fois , pendant que les globes fpnt encore en mouvement, il n’en recevra point dn tout.
- XXXIII. Si l’on fufpend aa canon, de fufil avec un fil d’archal un œuf, foit crû ou cuit, & que quelqu’un tenant la phiole d’une main , approche le dedans de l’autre main-de la partie inférieure de l’œuf, il reçoit dans ce même inftant un coup douloureux, 8c fit main paroît remplie d’un feu plus ïouge que celui qu’on obferve ordinairement. Dans cette Expérience le coup eft plus confiné fur la main, que quand on touche le canon de fufil même! On ne fent rien dans le bras , & le coup reflemble tout-à-fait à un coup de verge qu’on reçoit fur la, main.
- XXXIV. Lorfqu’un nombre quelconque de perfbnnes eft placé fur des corps originairement-éleékiques , & qu’elles ont de la communication en-tr’elles moyennantquelques corps nôn-éleétriques, furtout moyennant quel-
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- sur t’Eiictriciti’. 8i que métal ; elles font toutes également éleétrifées, & fi une autre perfonne placée fur le plancher & tenant dans fa main la phiole fufpendué au canon de fufil touche la perfonne la plus éloignée du canon de fufil, toutes les perfonnes reçoivent un coup égal à celui que chacune fentiroit en le touchant immédiatement»
- XXXV. Lorfqu’un nombre de per-fbnnes, quelque grand qu'il foit, ell placé fur le plancher ou fur la terre ; ayant de la communication entr’èlles, comme cydeflus, fi la première tient la phiole & que la derniere touche le canon de fufil, elles reçoivent toutes le même coup y comme dans l’Expérience précédente. Nous avons appris ici, que M. le Monnier à Paris a communiqué le coup le long d’une ligne d’hommes & d’autres corps non» éleélriques de 900 toifes»
- XXXVL Certaines Expériences font voir, que la-fotce éleétrique décrit toujours un circuit ou contour , comme , par exemple, lorlqu’ün homme tient d’une main la phiole éleétri-£ée, & qu’il touche le canon de fufil
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- avec l’autre, il ne fent le coup dans aucune autre partie de (on corps, 1U non dans tes bras & à travers la poitrine. Nous voyons par-là, que la force éledtrique frape le long de la ligne la plus naturelle entre le canon de fu-fil & la phiole. Ceci eft démontré encore plus dire&ement par l'Expérience fui vante ,. dans, laquelle , pour être plus clairs, nous ne fuppoferons que quatre personnes dans chaque ligne, quoiqu’on puifle les compofer d’uà nombre auffi grand qu’on voudra.
- XXXII. Que dans la première ligne A ( PL. I. Fig. x. ) placé fur de là cire touche le canon de fufil, & qu’il ait communication avec B, C, D, placés auflï fur de la cire. Que dans l’autre ligne i tienne dans fa main, la phiole éleûrifée, & qu’il ait communication avec x , ?, 4, tous placés fur le plancher. Si alors, la première ligne étant éle&rifée, 4 touche D, ils fendront tous les huit le coup. Si 4 touche C, D quoiqu’éleftrifé ne fendra rien du tout, comme étant mis hors du circuit , pendant que les fept aures feront frapés. Si 4 touche B, le coup
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- SUR l’EltCTMCITl’. ne Ce fera fentir qua lîx, pendant .que C & D ne fendront rien. I! en-eft de même , fi 4 touche A, qui fent nécelfairement toujours le coup, foit qu’on le touche lui-même, ou quelqu’un de fa ligne. De même fi D touche }, 4 eft lai (Té hors du circuit, & les fept autres font frapés. Si C touche î , le circuit n’eft compofé que de cinq, D, 5 & 4 fe trouvant hors du contour. Mais de quelque façon qu’on diverfifie ce contour, A qui touche le canon de fufil & 1 qui tient la phio-le loin toujours furs de fentir le coup;
- XXXVIII. Cette Expérience peuE être renverfée , les lignes reliant comme auparavant, de la maniéré fui-vante, où ce même contour s’obferve auflï. Que A touche le canon de fu.fi! comme auparavant, & que D tienne le fil d’archal de la phiole éleétrifée entre fes doigts. Que 4 tienne la phiole, & que 1 touche B , alors A ne fentira rien, étant laide hors du circuit, & les fept autres feront frapés. Si 4 touche C, A & B ne fendront rien, le contour n’étant compofé que des fix autres. Mais on doit obferver,
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- *4 E s s a f
- comme dans l'Expérience précédente, que 4 , qui rient la phiole, & D qui tient le fil d'archal, doivent nécdlai-rement le trouver dans le. contour. Je me fuis un peu étendu fur ces Expéa. riences, parce qu’elles prouvent évidemment, que le cours de la force éleétrique palfe par le chemin le plus naturel entre le canon de fulil & la phiole éleétrilëe.
- XXXIX. De même lorlqu’un homme placé fur un corps originairement-éleétrique touche le canon de fufil avec fa main droite, ayanc un fil d’ar-chal tourné autour de la jambe gauche, & qu’un fécond homme placé pareillement fur de la cire prenne dans fa main l’extrémité du fil d’ar-cfialde la jambe de l’autre, fi un troi-fiéme placé fur le plancher & tenant la phiole éleétrifée touche quelque partie du fécond homme ; alors celui-ci reçoit le coup, comme à l’ordinai-te ; pendant que le premier homme ne le lent que dans fa jambe gauche & dans fon bras-droit; ce qui eft encore ici le chemin le plus proche de ta. force éleétrique..
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- sur l’Electmcite’. 8j
- XL. Lorfqu’un nombre quelconque de perfonnes a communication moyennant des morceaux de fils d’archal , & que quelqu’un du nombre approche les extrémités des deux fils dans fa main ; il ne fendra point de coup. Mais fi les extrémités des fils d’archal font éloignées l’une de l’autre, quand ce ne feroit que d’un quart de pouce ; il fera frapé du coup dans fes deux bras, parceque fon.corps devient alors partie du contour ; ce qu’il n’é-toit pas auparavant.
- XLI. Lorfqu’un nombre quelconque d’homme placés fur le plancher & fie tenans joints par les mains ou moyennant quelque métal, quelqu’un d’entr’eux empoigne la phiole & fe joint aux autres, fi le dernier de la ligne touche le canon de fufil,. toute la ligne fera frapée du coup, & celui qui tient la phiole le fera auffi fortement que les autres. Mais fi ce même ihomme empoigne deux phioles, & qu’il tienne entre fes doigts un morceau de fil d’archal d’une longueur convenable & qui touche ces deux
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- $4 Essai
- phiofes, & dont l’extrémité foît touchée par le fécond homme de la li. gne : fi alors le dernier homme touche le canon de fufil ; tous ceux qui eom. pofent la ligue feront frapés également fort, excepté celui qui tient les phioles, qui ne fentira tien ou très-peu du coup, parceque le fil d’archal, qu’il tient entre fes doigts, le met, pour ainfi-dire, hors de la ligne.
- X-LIl. Un homme fent un coup des plus terribles , s’il met un fil d’archal autour de la tête nue ou fous la perruque, ou s’il en tient un bout entre Tes dents, pendant qu’un autre, qui tient la phiole, porte l’autre bout du même fil d’archal contœ le canon de fufil.
- XL1II. Lorlqu’un homme galonné en or ou en argent & placé fur des gâteaux électriques empoigne le canon de fufil, & qu'un autre homme tenant la phiole éleétrifée touche le bord du galon , l’homme éleétrifé en baillant la tête fentira le coup fous le menton. Le galon fait ici le même effet qu’un morceau de métal, à l’ex-
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- sur l’Elïctricite’ 87 trémicé duquel , en le plaçant de la même maniéré , on doit nécelTaire-ment fentir'le coup.
- XLIV. Je vais maintenant faite voir, de quelle façon je fuis parvenu fucceffivement dans le cours de mes Expériences à découvrir , que les tubes & les globes de verre n’ont pas la force éleârique renfermée en eux-mêmes, & qu’ils ne font que, pour ainfi dire, les premiers moteurs & déterminateurs de cetce vertu.
- XLV. J’obfervai, il y a quelques mois, qu’en frottant un tube de verre & étant placé fur un gâteau de cite pour empêcher que I’Eleétricité ne fe perdit dans le plancher, elle devint contre toute mon attente il foible , qu’il n’y eût pas la moindre explolïon fenfible , quand une autre perfonne touchoit quelque partie de mon corps. Quand au contraire une perionn,e non-éleârifée tenoit la main près du tube ,• pendant que je le frottois, le coup étoit a (fez fort. Je fis part de cette Expérience finguliere à plufieurs Membres de notre Société & à d’autres perfonnes curieufes, fans avoir
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- •pu m’éclaircir fur ce fait. Je rencontrai quelque temps après une Expérience femblable dans le traité de M. Bofe, ProfefTeur à Wittenberg, intitulée: Recherches fur la Caufe & fur la véritable Théorie de T Electricité > & ce Sçtvant avoué , qu’elle lui avoit caufé beaucoup d’embarras par fon irrégularité. La voici : ayant placé là machine à électricité fur des corps originairement-éleétriques , il trouva malgré cette circonftance, qui lui avoit paru favorable pour produire tin grand effet, que l’homme, qui frottoir les globes avec fa main, ne donnoit aucun figne d’Eieétriciré , quand on le touchoit avec quelque corps non-éleétrique non-éleétrifé. Mais quand une autre perfonne placée fur le plancher touchoit le globe en mouvement avec le bout de fon doigt ou avec quelqu’autre corps non-éleétrique, l’homme qui frottoir le globe en devint fur le champ'& fortement éleétrifé. M. Bofe avoué, que la folution de ce phénomène, qui paroît contredire les loix de l’Electricité déjà découvertes , a donné : 11 _
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- S trjl l’Etï CTRICÎTE*. 89 mille tourmens à fon efptit, & il et faye d’en indiquer quelques caufes, qu’il a la modeftie d'appeller lui même des échappatoires plaufibles plutôt que des folutions, comme:» qu’une » pui(Tance ne peut pas agir en même » temps avec toute (a force, quand il » y en a déjà une partie d’employée, » comme un cheval qui tire déjà cent « livres pefant ne tire plus le poids » qu’on voudrait y ajouter avec tant jj d’aifance que s’il n’étoit encore jj chargé de rien; Qüe la main excite jj déjà la vertu dans le globe, & que jj par confcquent, fi cette même ver-»tu fe communiquoit à l’homme, il jj n’en relierait point pour le globe. jjQu’ainfi la vertu ne peut pas être jj communiquée en même temps à’ jj l’homme, par qui elle eft, pour jj ainfi dire, crée. Que celui, qui la jj donne , ne peut pas lui-même la' jj recevoir. « M. Bofe conclut de toutes ces réflexions*, que la perfonne placée (ur le plancher, qui touche le globe en mouvement, au lieu de diminuer la force éleélrique, la rejette fûr. l’homme qui l’excite, & que dans
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- ce cas-ci Te doigt femble agir comme* un corps éle&rique per fe, & qu’il repouffe la force éledrique.
- J’ai vu tout récemment un Mémoire de M. Allemand , imprimé à la Haye *, dans lequel il examine Ce Phénomène II dit, qu’une partie de la force électrique des globes s’échappe par le bois de la Machine, fur laquelle les globes font montés , & qu’elle fe diffipe de-là dans'le plancher. En conféquenee de cela il veut, que , pour empêcher cette diflîpation, la machine & l’homme qui frotte les globes, foient placés fur de là poix,, & il allure, que le feu éledrique fera-alors beaucoup plus fort qu’aucre-menr. Mais ce raifonnement ne répond gtjéres à l’expérience ; car nous voyons arriver le contraire. L’éledri-cité en eft plutôt beaucoup diminuée,. & fouvent il n’en paroît point du tout.
- XLYII. J’ai répété cette Expérience plufieurs fois avec ma machiné , &
- * Bibüoth. Britannique pour les mois de Janv. levr. & Mars 1,747.
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- sur x. Electricité’. 91 j’ai fait montée l’homme qui tourne la roue fur des gâteaux électriques. L’air étant fec , & la machine étant placée à quelque diftance descorps non-électriques , comme des murs de la chambre, des chaifes &c. je trouvai que le canon de fufil fufpendu près des globes par des cordons de foye , après avoir fait une ou deux legeres exploitons , n’attiroit plus des corps légers ni ne rendoit aucune lumière, non. obftant le mouvement continuel des globes , qui avoit duré pendant un temps allez confidérable. Ceci me fit concevoir l’idée, que la- force éleéhi-que ne peuvoit pas être inhérente dans- le verre , mais qu’elle devoir venir du plancher de la chanu. bre, & je conclus de là, que fi mon idée étoit jufte, le canon de fufil de. vroit faire fes explofions , fi je tou» chois quelque part a la machine: en effet l’Expérienee confirma auffitôt mes conjpfttires. J’étois placé fur le plancher , 8c en appuyant une main contre la machine, je touchai le canon de fufil avec un doigt de l’autre nsaini^il enfortiedurfeu, & les coups Hii
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- continuèrent pendant tout le temps, que je tenois ia main fur la machi» ne ; mais ils eellerent auditât que je l’en ôtai. Il n’en falloit pas davantage pour me convaincre , que le feu électrique paffoit du plancher à la machine en traverfant mon corps. J’ordon-nar à l’homme, qui tournoit la roue d’ôter un pied de fon gâteau de cire & de- l’appuyer fur le plancher , Se j’obfervai , qu’audi-tôt qu’il le fit, le canon de fiifil jetta du feu, qui céda au moment qu’il'remit le pied fur la cire; La force éleétrique paüoic donc au(H à travers cet homme, 8c je com-prrs-par-là, que fon corps audi bien que le mien dévoient être regardés en ce. cas comme des parties ajoutées à là, machine , & ayant communication avee le plancher. Ces eflàis me con-düifirejitàd’autres Expériences, que voici;
- XLVII1. En füppofant mes con-jèéEures fondées, je concluai donc , que- Ik machine & l’homme , qui là- tourne , étant placés fuir des. corps originairement éleftriques , un-bout de. fil d’archal- mince y que je.
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- sua. l’ E i. ectricit e’. çÿ tîèndrois dans une main à la dîftance de quelques pouces dé la machine,, devoit en être attiré. Il le fut en effet; mais cette attradtion ceffa en très-peu dé temps, & le fil'd’archal refta perpendiculaire au doigt, non-obflànt le mouvement continuel des globes. Je conclus dë-là:, que le canon de fufil & d’autres corps non éleéfriques fuf-pendus près des globes, ne pouvoienr contenir qu’une certaine quantité de PEther éleétrique , & que cela étant Pattraâion du fil d’archal, devoit devenir continuelle , fi je pouvois faire-retrouver d’un autre côté à la force-éleélrique quelque communication-avec le plancher. J’appuyai donc un-doigt für le canon de fufil , en tenant le fil d’archal près de la machine avec-l’àutre main , & je trouvai en effet s, que le fil fût attiré pendant tout le-temps que je touchois le canon dè-füfil , mais qu’il ne Pétoit plus auffi-. tôt que j otai le doigt.
- XLIX. Nous voyons par-là qu’une-dès caufes de l’ârtraétion eft k Courant de l’Ether éleéHque, qui tend à", la.,machine à travers le fil d’archal ,.£&
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- à un certain point au canon de fufil , il ne trouve pas par-où Te décharger j i°. iorfqu’on ouvre d’autres Courans , c’eft à-dire, qu’on touche la machine en quelqu’autre'endVoit.
- L. Je fuppofe toujours dans ces Ex. périences & dans les fuivantes , un air parfaitement fec : car s’il ne l’eft pas, & que les cordons de foye , qui portent les corps non-éleétriques, en loient humeétés ; la force éleétrique fe déchargera le long de ces cordons & le fil d’archal fera continuellement attiré, comme je l’ai fouvent elfayé exprès. Cette décharge fera plus on moins confidérable , à proportion de l’humidité des cordons.
- LL Si un homme monte fur la machine placée fur des corps originairement éleétriques , le canon de fufil Se les autres corps non-élc étriqués étant’ fufpendu comme à l’ordinaire près des globes ; on n’obfervera point d’é-leélricitç dans l’homme. Mais fi un fit d’archal fufpendu au mur de la chambre touche le cauon de fufil,, ou. que
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- quelqu’un placé fur le plancher le touche avec un doigt, l’homme placé fur la machine jettera du feu en abondance, & foit lui ou celui qui tourne la roué mettra le feu à toutes fortes-| de matières inflammables. Cet effet n’a plus lieu, auffi-tôt qu’on ôte le fil' d’archal, le doigt, &c. du canon de
- Ml.
- Nous voyons ainfi la maniéré ordinaire d’agir de l’Eleârieité fe renver-fèr dans cette Expérience , & cette-force , qui dans prefque tous les autres cas eft portée par le bois de la. machine aux globes, & de-là déchargée fur le canon de fufil , eft maintenant portée par le fil d’archal à ce-même canon , & de-là répandue par les globes non feulement (ur toute la machine , mais même fur tout au. tre corps éleârique, qui la touche, pourvû que l’éledricité foit arrêtée. Sr dans cette Expérience on appuyé une barre de fer pofée fur le plancher contre la ganfe d’un des cordons de foye„ qui portent le canon de fofîl, fans cependant que la barre touche le canon le fou cleéltique qui paffe de la. barre-
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- au canon, au lieu de s’écouler en contiguïté, en partira par des exploitons fùccelfives, en frapant coup fur coup' pendant tout le rems qu’un corps non. éle&rifé & non-éle&rique communique avec la machine, mais il cefïera à l’inftant même qu’on l’ote. Si l’air eft parfaitement fec, & qu’il ne fe perde rien de l’Eleétricité le long des cordons de foye, il arrivera fouvent ; que les coups, qui partiront de la’ barre de fer au canon , répondront au jufte à l’attouchement du bois de la: machine, & ils cefTeront chaque fois> qu’on retire le doigt.
- Pour faire paroître cette Expérience tout à.fait merveilleufe, pour ne: pas dire, magique à ceux même , qut> d’ailleurs font allez au fait des effets, de l’Eleftricité , on n’a qu’à s’entendre avec l’homme qui tourne la roue: dé la machine. Si vous commandez au canon de fufil de faire fon-explosion , l’homme, qui eft: placé fur un gâteau de cire , n’a qu’à toucher le-plancher avec là pointe de fou fott-Iier, & le canon fera fur le champ: flan, exp'.ofioti, qu’il, continuera tant:
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- que l’homme tient fon pied fur le plancher. Si vous ordonnez au canon de cefler, l’homme n’a qu'à remettre infenfiblement fon pied fur la cire, & il n’y aura plus d’explofion. On peut répéter cette Expérience auflï louve» & la faire continuer aufli longtems, qu’on le trouve à propos.
- Pour prouver encore d’avantage la réalité de cette conjeéture, & pour faire voir à l’œil, que la force électrique eft conduite par le moyen de la barre de fer du plancher au canon de fuftl ; on n’a qu’à mettre quelques corps légers fur la machine dans l’endroit, où donne le Courant de la matière éleârique, & l’on verra, qu’ils en feront agités & fouvent emportés du coté oppofé.
- LII. Nous apprenons par plufieurs Expériences, que, l’Electricité n’étant
- S s arrêtée, il ne fe manifefte aucun jne de fa préfence , ni de feu ni d’attraétion, dans les corps non-électriques fufpendus aux globes ; c’eft-à-dire, quelque foit la quantité d'Elec-rririré que les globes répandent fur
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- rement fur le plancher, d’où elle étoit venue. Si au contraire l’Eleûricité eft arrÊtée, elle s’accumule fur ces corps non-éleétriques ; ce qui cependant ne peut fe faire qu’à un certain degré, comme nous l’avons vu dans une des Expériences précédentes. Si, cette force étant accumulée , un homme placé fur le plancher touche par intervalles les corps non-éleâriques avec fon doigt, l’Eleélricité, qui s’y trouve accumulée, fait fes exploitons en jettant continuellement du fiai. Mais on n’apperçoit pas ces exploitons, quand la force éleétrique fe décharge en contiguïté, comme, par exemple, quand on approche la main d’un morceau de fil d’archal émoufië par le bout & fufpendu au canon de fufil, fans cependant le touchèr , & qu’on rend par-là la force éle&rique vifible en forme d’un cône de flamme bleue, dont la pointe eft tournée vers le fil d’archal. On fent même, en tenant la main à une certaine diftance, cette force s’en aller comme le fouffle d’un air froid. Dans tout autre cas, OÙ h forcé éleéhique n’eft pas déter-
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- sur l Electricité' minée à un certain point, elle fe diflîpe généralement de tous côtés, en partant de toutes les parties des corps non-éleétriques éledrifés, & ce n’eft qu’en approchant la main’ du fil d’archal, comme je viens de le dire , qu’on puilTe voir & fentir, comment elle fe décharge fur le plancher 8c de-là plus loin.
- Cela étant, fi de-là nous voulions conclure, que les globes de verre font circuler ce feu éleétrique, qu’ils reçoivent de leur frottement contre les couffins ou contre la main, & dont ils tirent continuellement nouvelle provifion du plancher ; il faudroic donc, que, la machine & tout ce qui en dépend étant pofé fur des corps éleétriques, l’entrée de ce feu fût aulïï vifible, que l’eft la fortie fous ces mêmes circonftances ; & c’eft ce qui fe trouve en effet fondé fur l’Expérience: car, fi, pendant que quelque corps non - éleéirique non - éleétrifé touche le canon de fufil dans le temps que les globes font en mouvement, on approche un doigt ou un bout de fil d’archal du bois de la machine, ou
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- plûcôc de l’eflïeu de fer de la roue ; on en verra fortir un faifceau de flamme bleue, qui paffe dans le bois de la machine, en divergent toujours de l’extrémité du fil d’archal, ce qui continuera pendant tout le temps que quelqu’un touche le canon de fufil.
- Nous voyons ici, que la fondion des globes répond exadement à celle du cœur dans les animaux, qui, tant que les veines lui fourniflènt la quantité fufEfante de fang, le pouffe dans les artères & de.là par tout le corps. On peut encore comparer l’adionde ces globes à celle d’une pompe, qui attire d’un côté ce quelle rejette de l’autre. Il en eft de même à l’égard du frottement des tubes de verre, où la force éledrique vient du corps de l’homme qui frotte le tube, 8( qui en tire toujours nouvelle provifion du plancher.
- LUI. J’entends ici par Ether électrique cette atmofphére, qui entoure les corps originairement -éledriques éledrifés aufli bien que les non-électriques éledrifés, & qui s’étend à une diftance confidérable, comme
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- nous le voyons par l’attraAion d’un bout de fil mince ou de la femenc'e de l’herbe de cotton , qui fe fait à 1» diftance de plufieurs pieds. Il eft vrai, que dans ces exemples on- n’apperçoie cette atmofphére que par fou aétion fur ces corps légers ; mais il y a d’autres Expériences, où elle devient fèn-fible au taft & fe fait fentir comme un vent frais, comme lorfqu’on' approche la main du faifceau de fiame , qui fort de l’extrémité du fil d’archal ( v. n. LU. ), ou d’un peu de fon répandu fur une plaque unie' de métal pofée près de quelque corps non-électrique éleftrifé, & dans bien d’autres cas. Elle fe fait encore fentir, quoi-qu’avec moins de force, quand on tient un tube bien éleftrifé près du vifage. Lorfqu’il ne fe trouve point de corps non-éleétrique non-éleftrifé près de la machine, cette atmofphére paroît être déterminée également vers tous les corps non-éleétriques éleétri-fes, qui touchent la machine ; mais auffitôt qu’on en approche quelqu’un de ces premiers corps, la plus grande partie de l’atmofphére fe détermine
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- fur le champ vers ce côté, & l’attraction de toute autre partie de ces corps non-éleftriques éleftrifés en eft con-fidérablement diminuée. De-là nous comprenons la caufe de la repulfion de l'Eleétricité, qui n’opere que quand l’Ether éleétrique eft fuffifamment accumulé. Cette repulfion eft la plus forte dans ces parties des corps non-éleftriques éleftrifés , dont on approche des corps non-éleftriques non-élec-trifés : car c’eft par ceux-ci que le Courant éleftrique qui autrement eft, pour ainfidire, général fe détermine particuliérement vers le plancher.
- LIV. Je dois, avant d’aller plus loin, expliquer ce que j’entends par l'Accumulation d’Electricité ; ce que je crois ne pouvoir mieux faire qu’en comparant l’armofphére éleftrique à cell^, qui à l’aveu de tout le monde environne la terre à une certaine hauteur déterminée. Nous concevons, en trouvant le mercure beaucoup baillé dans le Baromètre, que la colomne de cette atmofphére fufpenduë au-deflus de nous eft alors moins accumulée , que quand le mercure eft fort
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- SÜR. l’EtECTR-lCITE’. ICÎJ élevé dans le Baromètre. De même, lorfque noos obfervons, que le canon de fufil éledrifé n’attire & repouflfe des corps légers qu’à des diftances très-petites, & que l’explofion & le feu qui en partent font à peine perceptibles ; nous concevons alors une quantité très-petite d’armofphére qui environne le canon de fufil, 8c, ces forces ayant été trouvées plus ou moins grandes , nous dilons qu’il y a un degré plus ou moins grand d’électricité. Cependant cette accumulation n’a lieu que jufqu’à un certain point, quelque force ou temps qu’on employé pour éledrifer les corps, & fi-tôt qu’on parvient à ce degré, la dit fipation de l’éledricité devient générale , à moins qu’on ne la dirige ailleurs. Il n’y a que la phiole d’eau de M. Mujfckenbroek , qui femble être fufceptible d’un plus grand degré d’accumulation d’éledricité, que tout ce que nous connoiffons jufqu’à préfent, & cette accumulation étant à ion plus haut degré , fi l’on approche le fil d’archalde la phiole près des globes, pendant qu’ils font en mouvement, I iiij
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- on voit que le fuperflude l’éleéhicité excitée fe décharge par la pointe du fil d’archal en forme d’un faifeeau de flamme bleuëi
- M. Canton a découvert une méthode pour mefurer cxaékement le degré d’accumulation , que voici : La phiole étant fuffifamment éleétrifée par le-moyen du fil d’archal appliqué au globe de verre ( ce qui fè connoît par Je faifceau de flamme qui fe décharge de l’extrémité du fil d’archal ) on fut pend un petit bout de fil d’archal au canon de fufil qu’on détache exprès pour cet effet des globes. Si l’on ap-
- Sue alors le fil d’archal de la phio-. celui qui eft fufpendu au canon du fufil, on apperçoit un petit coup d’explofion, qu’on décharge en touchant avec un doigt le canon de fufil, qui fait auffi fon explofion. On continue ainfi en éleétrifant alternativement & en déchargeant , jufqu’à ce que toute l’éle&ricité de l’eau foit-diflîpée -y ce qui fouvent ne fe fait qu’après cent décharges. Si l’on n’a pas foin de décharger chaque fois l’élcéUicicé, on appercevra à peine
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- les explofions qui fe font du fil d’ar-chal de ,1a phiole éle«Stri(ee au canon de fufil. C'eft ainfi que par le nombre d’explofions on eftime la quantité de l’éleftricité acquife de l’eau.
- Ce fut la grande découverte de feu M. Gray, qui nous apprit , qu’en arrêtant l’éleCtricité, on pouvoit par-là même éleCtrifer des corps non-éleûri-ques , & qu’en y accumulant cette vertu, on pouvoit leur faire produire plus d’effet que ne le poutroient en aucun temps des corps originairement éleâriques. On doit regarder cette découverte comme la bafe , fur laquelle fe fondent les progrès , que nous faifbns tous les jours dans la doctrine de l’électricité, & qui avant cette découverte ne s’étoit guere avancée , non-obftant les connoilTances qu’on avoit de plufieurs effets de l’é-leClricité depuis plus de deux mille ans (*).
- * Thcofhmjle-, qui vhroic trois cens ans. avant la Naillànce de J. C. fait mention-de l’.Ambre & du Lyncurium , difant qu’ils-attirent non feulement de la paille & des coupeaux de bois , mais aulli des morceaux.
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- LV. L’Ether éleétrique eft beaucoup plus fubtil, que l’air ordinaire , & il pafle à travers tous les corps connus jufqu’à une certaine profondeur. Il travetfe très-promptement les métaux , l’eau & tous les fluides, excepté les réfineux. Il pafle à travers les animaux, foit morts ou vivans, & plus on moins ptomptement, plus ou moins ils font humides , de même qu’à travers les pierres , le bois & les terres. Il ne ttaverfe cju’à une certaine profondeur les refines , les fub-flances animales féches, la cire & le verre. C’eft pour cette raifon qu’on difiingue les corps en éleéfcriquesper fe & en non-éleéhiques , non feulement par rapport à l’éleétricité , qui leur eft communiquée pat le frottement d’autres corps, mais auflï fuivant qu’ils donnent plus ou moins aifément paf-fage à l’Ether électrique. Cet Ether a
- minces de cuivre & de fer. V. Théophrafte *&pt Ttav Aiôû» ' y. K ai n A uytulyiov 1 Ia kh -n HAtx&r. ci Sitpcuii Sjuôvov xstptf*
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- SUR l’El ECTRICITE*. I07 non feulement la propriété commune avec l’air de mettre les corps légers en mouvement, mais il femble même en avoir une autre, qui eft l’élafticité.
- LVI. Ce Fluide doit être beaucoup plus fubtil que l’air ordinaire , puisqu'il paflè à travers plufleurs verres en même temps , pendant que l’air H*en peut traverfer aucun , quèlque mince qu’il foit. Il pafTe auili, comme je l’ai dit , à travers tous les corps que nous connoiflons , excepté les originairement-éleélriques, qu’il tra-verfe même jufqu’à un certain degré. Son éiafticité fe manifefte en ce qu’il fe répand à une diftance confidérable autour des corps éleétriques & non-éleûriques éleéirifés, & en ce qu’il augmente le mouvement des fluides. Ceci eft prouvé par une expérience faite avec un petit fiphon de verre, où l’élafticité de l’Ether éleétrique furmonte l’attraétion de cohéfion. J’ai fouvent obfervé que cette expérience ne réülïït point, à moins qu’on ne détermine la plus grande partie du Courant éleétrique, ou plutôt le Courant entier, vers le plancher à travers
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- Peau, 'en approchant quelque corps non-éleétrique non-éleÂrifé du bras long du fiphon. * Le Courant, qui tra-verfe ce petit tube, eft le plus fort, Iorfqu’on y approche quelque corps non-électrique , & fi l’on fait cette expérience dans un endroit un peu obfi cur, ce Courant d’eau reffemblé à un torrent de flamme bleue , à peu près comme celle qui pan du fil d’archal émoullé de ci-deflus. Ce Courant eft arrêté auflùôt qu’on touche quelque partie des corps non-éleétriques potes près des globes , ou Iorfqu’on place là machine & l’homme qui tourne la
- * H y X cependant" un cas où Peau découlera entièrement fans qu’on approche un corps non-éleârique non-éleétrifé du bras long du Siphon. Cefl Iorfqu’on fufpend une phiole avec de reau,commeàl’ordinaire,au canon de fufïl par un fil d’archal, & qu’on fait entrer un fiphon de verre dans l’eauà travers du bouchon de liège.-ha phiole étant fuffifamment éleârifce, l’eau en découle entièrement, quoiqu’on n’y aproche point d’autres corps : car en ce cas le courant de l’eau qui ttaverfe lé fiphon , eft la feule voye, par laquelle le furplus de l’Eieûricicé puiffe fe décharger.-
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- sur. l’Ei.ect*.icite\ 109 roùë fut des corps originairement-électriques , qui arrêtent le Courant de l’Ether éleCtrique, qui pafle du plan, cher à la machine, ou encore , lorsqu'on retire le corps non-électrique du bras du liphon : car c’eft alors que la diflipation de l’Ether éleârique du corps non-éleftrique éleCtrifé devient générale. Nous voyons par-là, que quoique nous puifîions faire repou (Ter des corps légers en même temps de plufieurs parties des corps non électriques éleCtrifés, nous avons befoin de toute la force du Courant électrique,
- four chaflèr un fluide auiïï jpefantque eau.
- Ne pourrions - nous pas de même inferer l’elafticité de l’Ether électrique de cet écoulement de flamme bleue d’un fil d’archalémoufle, qu’on tient près de l’eflieu de la roue , ou de quelqu’autre partie du bois de la machine , après que le mouvement des globes a ceffé î Nous voyons en effet une affluence de feu électrique dans tous les corps , jufqu’à ce que la quantité déterminée, qu’ils doivent avoir, /bit rétablie. Ne pourtions-nous pas
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- déduire encore l’élafticité de cet Ether de ia fecouffe violente, que nous Tentons dans nos corps dans les Expériences faites avec de l’eau ?
- LVII. fl femble qu'il fe trouve une certaine quantité de cet Ether dans tous les corps , & nous comprenons de-là la raifon , pourquoi, quoique la machine foir placée lur des corps ori-ginairement-éleétriques , on obferve néanmoins une ou deux exploitons en touchant le canon de fulil,après que la machine a été pendant quelque temps en mouvement, comme je l’ai remar-: quéci-deflus. Mais ces exploitons étant faites , on n’en entend plus, pourvû que les cordons de foye foient bien lecs, & que les fupports éleâriques de la machine foient d’une épailTeur fuffifante. Aufli-tôt qu’un corps non-éleétrique non-éleétrifé touche la machine , cette perte eft immédiatement rétablie.
- L’Ether éleftrique étant un fluide élaftique, comme je viens de le prouver , il s’enfuit, que par-tout où il le trouve accumulé, il y a dans les plus proches corps non - électriques une
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- tendance à rétablir l’équilibre ; & je regarde le rétabliffement de cet équilibre comme la caufe de l’attradion des globes & tubes éledrifés, aufiî-bien que celle des corps non-éledri-ques éledrifés : car le Courant de l’Ether éledrique tend continuellement des plus proches corps non-éledriques tion-éledrifés vers ces corps éledrifés , & emporte avec lui tout ce qu’il rencontre de corps légers en l'on chemin. Cette tendance du Courant de l’Ether éledrique aux corps non.élec-triques éleélrifés , devient même lèn-fible au tad, & on la fent comme le fouffle d’un vent froid ; & lorfque s’étant fait éledrifer, on tient la main fur un plat, dans lequel il y ait un peu de fon, ce même fouffle agitera le fon & l’emportera vers la main. Ces corps légers font enfuite repouiîés par le fouffle , qui fort des corps éleélrifés auffi-tot qu’ils le touchent ,& fouvent même avant. Ces fucceflîons alternatives d’attradions & de repulfions font extrêmement promptes , & fouvent fi rapides , que l’ceil peut à peine les fuivre. Si vous mettez un globe de
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- verre très-mince & leger d’environ un pouce de diamètre dans un plat de métal, en y fufpendant un autre plat par-deflus , & qu’ajirès avoir éledrifé celui-ci vous y approchiez le plat de deffous, vous entendrez les coups des attractions & repulfions alternatives, qui feront fi rapides , qu’à peine les oreilles pourront-elles les diftinguer. * J’ai connu un Allemand ; qui voya-geoit avec une petite machine à l'Electricité , qui par une invention de cette efpéce faifbit Tonner deux petites cloches. Une de ces cloches étoic ( PI. II. Fig. z ) fufpenduë à un fil d’archal éledrifé & conduit de façon qu’il ne touchoit pas le mur. A environ un pouce de diftance il y avoit
- * Voici encore une autre preuve de la vî-tefle étonnante avec laquelle ces petits globes font attirés & repoulles. Si on les iaifle tomber de la hauteur de lix pieds ou davantage for un plancher de bois ou fur une plaque de métal, il arrivera rarement qu’ils le caliène ; mais ils font fou vent brifés en morceaux par ces attractions & repulfions entre deux plaques , quoiqu’il n’y ait qu’un lixieme de pouce de ieu.
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- an petit marteau détaché du fil d’ar-chal & fufpendu à un cordon de foye. A une égale diftance de ce marteau il y avoir une autre petite cloche , qui communiquoit avec le mur. Aufïïtôt que la machine fut mife en mouvement, la cloche éleétrifée attira le marteau, qui en fut immédiatement après rejetté par le fouffle contre la cloche, qui n’étoit pas élec-trifée. Pendant que cette fécondé cloche fut frapée, la première attira de nouveau le marteau, & cette fonne-rie des deux cloches dura non-feulement pendant tout le temps que la machine fut en mouvement, mais même quelque temps après que ce mouvement eur cefle. On doit en attribuer la caufe à la petitelïe du marteau , qui ne pouvoir amener avec lui qu’une petite quantité d’Ether éleftrique à chaque coup, d’où il falloir, qu'il s’en écoulât quelque temps avant que l’équilibre pût être rétabli.
- LVIII. Pour prouver de même, que le rétablilTement de cet équilibre n’efl: pas une chofe imaginaire, je vais rapporter ici une expérience des + K
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- M. Wilfnn, qui s’eft donné beaucoup de peiné dans ces fortes de recherches-. Prenez deux plaques de métal bien net & fec, dont les furfaces foient à peu près égales. Sufpendez l’une à, quelque corps non-cleftrique éleétri-iè, 8c portez fous elle fur l’autre plaque une feuille entière d’argent battu.. Ayant effayé à quelle diftance l’argent efr attiré , baillez alors la plaque de deffous. Si vous la baillez trop „la feuille d’argent fâutillera tantôt en haut, tantôt en bas, & fi vous l’élevez trop , elle ne fera attirée qu’en partie, & la force éleétrique fe dilïï-pera. Mais Ci à force d’elfayer, vous attrapez la jufte diftance , la feuille le tiendra parfaitement fufpenduë aux angles droits, en formant le Trape-çam des Géomètres , fans toucher les plaques en aucun endroit , & s’étendant. de tous côtés autant qu’il eft pof-fible. On obferve même fouvent lè feu éleârique au haut & au bas de cette feuille. La chofe réülïït de même en renverfant l’expérience, c’eft-à-dire en éleétrifant la. plaque d’en-bas , & en, fufpendant. l’autre pardelfus. Je
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- SUR t tl ECTRICITE. Iïf conçois dans cette expérience l’efpace que la feuille d’argent occupe comme l’endroit où l’équilibre de l’éleéfcricité fe rétablit : car fi vous ôtez la plaque de deiïbus , à travers laquelle vient le Courant de cet Ether fourni pat le plancher , ou que vous mettiez cette plaque fur quelque corps originaire-ment-éleétrique, qui empêche le Courant d’arriver à la feuille ; celle-ci s’envolera fur le champ.
- LIX. Un corps ne peut être fuf-pendu en équilibre, fi ce n’eft par l’aélion jointe de deux puilîances de différentes directions. Il en eft de même ici. Le foufle de l’Ether éleâxi-que, qui fort de la plaque éleéfrifée, poufie la feuille d’argent vers la plaque non-éleétrifée, & celle-ci la pouffe à fon tour vers la plaque éle&rifée par le fouffle de l’Ether éleébique, qui la traverfe en venant du plancher. Nous obfervons aufli, que le Courant de l’Ether éleétrique, qui vient du plancher, eft toujours proportionné à la quantité d’Eleétricité , que les
- t lobes répandent fur le canon de fu-l j fans quoi l’équilibre, qui tient la
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- feuille d’argent fufpenduë, ne poun-roit fe maintenir. Je fis un jour tenir la plaque non-éleftrique, par-ou ,l’Ether devoir venir du plancher, par un homme , qui avoit gardé pendant longtems la chambre, ôc donc les fbuliers étoient parfaitement lecs & par confequenc du genre des corps ©riginaircment-éleélriques. Il ne put jamais fournir une quantité fuffifante d’Ether pour maintenir l’équilibre, & la feuille d’argent s’envoloic à tout inftant. Ayant mis à fa. place un autre, dont les fouliers étoient moins fecs , l'Ether y paffa en fuffifante quantité, & la feuille fut fufpenduë comme à l’ordinaire. J’aiauffi obfer-vé dans un autre temps , qu’un bâton de bois fort fec ne conduit pas eet Ether en allez grande quantité pour tenir la. feuille d’argent fufpenduë;
- On pourroit s’imaginer, que cette feuille peur fe tenir fufpenduë par la fimpleattradion électrique, fans qu’on ait befoin pour cet effet de fuppofer un Gourant de cet Ether, qui vienne de. glus proches corps non-éledriques
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- sirs. i’Eiectricite’; Il J fton-éledrifés ou éledrifés. Mais, pour répondre à cette objedion, on n’à qu’à faire attention , que le canon de fufil éledrifé attire & repoufle en même temps des corps légers. Or peut-on concevoir cette actradion & re-pullîon fans une adion d’Etfter électrique , qui tende vers lë canon de fu-fil & qui en parce en même tems ! Ce Phénomène ne prouve-t-il pas une af-fllienee auiïi bien qu’une effluence; Les répudions éledriques ne font-elles pas au moins auiïi fortes que les attractions ? Ne voyons-nous pas qu’entre dës corps originairement-éledriques ou non - éledriques éledrifés & des corps non-éledriques non-éledrifés les petits corps légers font jettés Si rejettés comme une baie l’eft entre deux raquettes de forces égales î-On pourroic encore m’objedër i°. Que peut-être là feuille d’argent fufpenduë ne fert que d’une efpéce dè canal de communication , qui décharge l’éledricité d’mv corps non-éledri-que éledrifé fur un autre non-éledri-fé , Si qu’ah corps originairement-é-* ledrique étant placé entre la plaque
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- it8 E s s- a x
- d’en-bas & le plancher, la feuille d’argent n’eft attirée que jufqu’à ce que la plaque d’en-bas foit faturée d’électricité & point davantage. Mais ce feroit autant que de dire,.que cet effet vient de l’éledricité, fans expliquer la maniéré dont il eft produit.
- z°. Que cet effet eft produit par l’attradion éledrique, qui donne à fa feuille d’argent une diredion vers le corps non-éledriqüe éledrifé, mais qu’en même tems elle tend en-bas vers le corps non-éledtifé par la force de & pefanteur. Mais fi c’étoit là la caufe du Phénomène , l’adion de la pefanteur agiroit aufli bien à travers les eorps originairement-éledriques qu’à travers les non-éledriques»
- LX. Mais je fuis en état de prouver l’affluence aufli bien que l’effluence de cet Ether par une Expérience, que voici : Une des plaques de l’Expérience précédente fufpenduë au canon de fialil (77. IV. Fig. z. ).& l’autre étant pofée fur un gâteau éledrique , fi', pendant que là feuille d’argent eft en repos entre les deux plaques non-obftant le mouvement con-
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- SUR t’F. L E C T R I C I T e’. 1I<> tinuel des globes, quelqu’un placé fur le plancher avec un petit fiphon de ilverre dans un vafe rempli d’eau apro-che le bras long du fiphon de la plaque pofée fur le gâteau ; on verra alors la feuille d’argent fe fufpendre fur le champ, & l’eau qui ne fortoit auparavant du fiphon que goutte à goutte, en découlera pleinement Sc paroîtra lumineufe. * Ne faut-il pas convenir, que dans cette Expérience le Courant d’eau démontre en même temps la direétion de celui de l’Ether éleétrique ?
- LXI. La machine & tout ce qui
- **Cette Expérience devient encore plus belle, fi la plaque de délias qui attire la feuille d’argent, eftfufpenduë à une élévation fuffifante pour que quelqu'un placé fur un gâteau électrique puilfe commodément y tenir dellous l’autre plaque avec une main & avec l’autre un plat d’étain. Si le gâteau éleârique efl allez épais pour arrêter l’éleâricité, la feuille d’ar-
- fenr ne fe fufpendra point en cet état ; mais l’on aproche le fiphon de verre dans un petit vafe rempli d’eau toutprès drnplat d’étain, l’eau s’en écoulera dans le plat , & la feuille fe. fuf-gendra fur le champ.
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- en dépend étant placé fur des corps originairement - éleétriques, fi quelqu’un étant de même placé fur des-corps éleétriques touche le canon de fufil, pendant que les globes font eu mouvement, il y pourra exciter une ou deux exploitons ; après quoi, non-obftant que le mouvement des globes continue, il ne fentira plus de feu au canon de fufil. Si, fans changer de pofture, il touche le bois de la machine d’une main , 8c qu’il approche un doigt de l’autre du canon de fufil, il y fera venir fur le champ de nouvelles explofions,qui continueront auffi longtemps qu’il tiendra la main à la machine , mais qui cefTeront aufi fitôt qu’il l-’en retirera. Nous voyons ici la circulation d’une partie du. feu électrique de cet homme , qui fe fait de là maniéré fuivante : d’àbord l’homme, en touchant la machine, en dévient pour ainfi dire une partie , & le mouvement dés globes chaffe une partie du feu éleétrique hors du corps de l’homme vers le canon de fufil ; mais cette partie effi rétablie en< lui à f’inllant même qu’il touche le canon
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- de fufil de fon aucte main, & il peut ainfi tant qu’il voudra continuer de communiquer le feu d’une main & de fe le faire rétablir par l’autre. Si, au lieu de toucher la machine ou le canon de fufil, il ne fait qu’approcher fon doigt de l’un & de l’autre, on voit alors diftinélement le feufortir& rentrer . comme il a été dit dans une des Expériencesprécédentes.
- LXII. On pourrait peut-être s’imaginer , fi un homme touche ia machine , étant l’un & l’autre placés fur des fupports éleétriques , & fi un autre homme placé fur le plancher touche continuellement ou par intervalles le canon de fufil ; qu’en ce cas,les globes reliant toujours en mouvement,l’homme placé fur le fiipport éle&rique pourroit être dépouillé de tout fon feu d’éleftricité, puilquece feu ne peut être rétabli en lui du côté du plancher. Mais l’expérience prouve le contraire, & les explofions qui partenc du canon de fufil continuent après un temps aC. fez confidérable d’être aufli fortes qu’elles l’étoient au commencement; 4 faut remarquer à cet égard, que le
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- canon de fufil ne contient vraifem-rblablement à la fois pas la -millième partie du feu é le étriqué de l’homme , Sc je m’imagine , que lorfqu’il s’eft féparé de lui une certaine portion déterminée de ce feu néce flaire à fon corps, en fe communiquant au canon de fufil par le mouvement des globes, elle fe rétablit en lui auflïtôt que quelque corps non-éleftrique non-éledrifé touche le canon de fufil; en quoi le cours ordinaire de l’Eleélricité eft ren-verfé.
- LX1II. Nous aprenons par plufieurs Expériences, que le bois fec ne conduit pas l’éleélricité fi bien que le bois humide, & que l’homme qui frotte les globes étant placé fur le plancher excite une éleétricité plus forte que ne font les couffins. J’eus lieu de croire, qu’il n’y avoir pas d’autre caufe de cette différence , que l’humidité des fouliers & qui rendoit l’homme plus capable que les couffins de tranfmettre promptement i’Eledtricité du plancher-J’ordonnai en conféquence de mon idée d’humeéter la machine & même les couffins, en y faifant appliquer de
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- SVR. L fcX ECTRICITl’. T2f diftance en diftance des linges mouillés , & je trouvai en effet l’Eleéhicité auffi forte que fi le globe avoir étc frotté avec la main.
- LXIV. Il me relie, Meilleurs, à vous donner la folution du problème, pourquoi nos corps reflëntent des fe-couffes fi terribles dans les Expériences, que nous faifons avec de l’eau éleétrilée. J’avoue que j’y trouvai des difficultés infurmon tables avant que j’euffe fait ces découvertes, (Ravoir. .
- I. Que l’Eleétricité décrivoit toujours un certain circuit entre l’eau éleo trilée & le canon de fufil.
- a. Que le feu éleéhique venoit du plancher de la chambre.
- 3, Que ce feu du plancher ne paflort pas allez promptement pour que la perfonne fente la fecoufle, fi fes fou-liers étoient trop fecs.
- 4. Que la force, écoit augmentée eu raifon du nombre des points d’attouchement entre les corps non-éle£tri: ques & le verre qui contient l’eau.
- Ayant pû fuppofer ces principes, fai trouvé la folution de ce phénomène plus ailée, telle que je prends la
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- &J4 Essai
- liberté de vous la préfentet ici.
- I. J’ai taché de prouver par des Expériences( n. LVI, LVII &LVIII.) que les plus proches corps -non-électriques non-éleûrifés fourni (Tent une quantité d’Eleétricité égale à celle qui fe trouve accumulée dans les corps foit originairement-éleéiriques ou non-éleéiriques éleébrifés.
- -2. En fuppofant ceci, lorfque la phiole avec l’eau, que l’homme tient dans une main , eft éleûrifée au fu-prême degré, & qu’il touche 'le canon de fufil avec un doigt de l’autre, cet homme au moment de l’explolîon, qui fe fait alors, perd autant du feu de fon corps qu’il y en avoic d’accumulé dans l’eau & dans le canon de fufil, & il fent dans fes deux bras l’effet du courant de fon feu,. qui part à travers l’un au canon de fufil & à travers l’autre à la phiole d’eau. Par la même rai-fon ,fi dans l’Expérience, que j’appelle la Mine d’Electricité (n. XL. ) l’homme place fon pied droit fur le fil d’ar-chal mince du plancher, & qu’il touche le canon de fufil avec la main gauche, il ne fentira la force électri-
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- ans ce même bras.
- 3. La même quantité de feu', que' cet homme perd alors, eft immédiatement rétablie du plancher ; & elle l’eft même avec autant de force qu’elle-s'étoit perdue. Voyez-en-la preuve dans VExpérience LD
- 4. Cependant ce courant d’Ether éleétriqùe, foit celui qui vient du planr cher à l’homme , ou celui qui palTe de l’homme à-l’eau, ellarrêté par des caufes ailées à comprendre , comme, quand le verre, qui contient l’eau , elt fort épais ; quand le contaéi avec le corps non-éleékrique ne fe fait qu’en lin petit nombre de points j quand l’homme eft placé litr des corps origû nairemenr électriques, ou , ce qui revient au même , quand les femelles de fes fbuliers font fort léchés.
- y. Comme nous obfervons, que l’éleétriciré pâlie au moins aulli promptement à travers les milieux déniés non-éleétriques qu’à travers ceux qui font plus rares & plus poreux i ne
- £ourrions-nous pas conclure de-là, que v- caufe , pourquoi nous fentons la
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- ri# !s s X ï
- douleur le plus vivement daiîs les jointures des bras & des jambes & dans les rendons dés talons doit 3tre attribuée à- la réfrftance de laf texture très-compa£te des tendons & des ligamens tendineux de ces parties ?
- LXV. Après une mure réflexion fur les Phénomènes, que je viens d’ex-pofer j’ofe propofer, les queftions fuivantes.
- i. Les effets, que nous obfervons dans les corps attirés & repouffës par des corps éleélcifes, foit originaire-ment-élecbriques ou non-éledriques,
- « On ne fent cette douleur dans les talons que dans l’Expérience, que j’apelk la Mine. ïl’Elèéîririté.ï.lle s'y fait lèntir non-feulement, lorfqu’on touche de fon pied le fil d’archal mince du plancher, mais aulfi quand on eft placé fur des corps non éle&riques-, qui touchent ce fil d’archal. Cette douleur s'éft trouvée très-vive dans une perfonne placée fur un Piedeftal de pierre de Pordand d’environ 30 pouces d’épaiffeur& enfuite far un autre de bronze de plus de deux pieds de haut. Je fuis porté à croire, qu’il n’y a pas de nialfe de métal , de quelqu’épailleur qu’elle foit, qui puiffe empêcher en aucune façon le paflagç de la force éle&rique du corps de l'homme à .l’eau de la phiole.
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- SUR l’EtECTMCÏTE*. llf doivent-ils être attribués au courant d’un Ether éleétrique l
- 1. Cette vertu , qui a été découverte en premier lieu dans l’Ambre, & que nous apellons Eleétricité, Force éleétrique, Ether éleétrique &c. eft--elle autre chofe que le Feu élémentaire î
- $v Ce feu ne fe fait.il pas voir /bus différentes formes fuivant les modiff-cations différentes qu’on lui donne ï; étant répandu fous une large furface ne femble-t-il pas nous affeéter comme tfair ! Etant concentré à un point ne devient-il pas vifible comme une fla-me legere ? étant concentré davantage , ne faut-ifpas que l’explofion s’en-fuive, & qu’il devienne l’objet de nos organes de taét & d’ouie ? Quoique ce feu n’affeéte point la peau de fenfation de chaleur, ne fe fait-il pas néanmoins connoître comme un vrai feu en allumant des fubftances inflammables ?
- 4. Ce feu n’eft-il pas intimement uni avec tous les corps & en tout temps , mais vraifemblablement le moins de tous avec l’air pur & fec ï-Ne l’avons-nous pas trouvé & féparé-L iiij.
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- E s s i ?
- de l’eau, de la flamme, même dé cette flamme épaiflè de l’huile de térében-thine;de la fumée, du fer rougi au feu, & même d’une mixture de 30 degrés plus froide que le point de la gelée 3
- j. N’avons-nous pas prouvé là fub-tilité , en vertu de laquelle il traverfe tous les corps que nous connoilTous 3
- 6. Ne pourrions-nous pas aulli inférer fon élafticité de lés explofîons, de fon aâion fur les fluides , par la. quelle il augmente leur mouvement, aulli bien que de ces fecouflès énormes, que nous fentons dans le corps, en le déchargeant après l’avoir accumulé daus l’eau 3
- 7. Ne pourroit-on pas donner à I» Machine à Eleétricité le nom de Pompe à Feu , avec autant de raifon , qu’on donne celui de Pompe à Air aux machines à’Otton de Guericke, & de Boite ?
- S. Etant aujourd’hui parvenus au-point de voir ia féparation du feu , qui fe fait des corps par le mouve.-ment, * & de voir pareillement, corn-
- «t’afflueuce du feu aux tubes & auxglo-
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- .s'trR. l’ite'ctSicite’. Hjj-trient ce feu s’y rétablit, même après qut* le mouvement a ceflè , ne devrions-nous pas être portés pour les fentimens de Meflïeurs Homberg(a) r
- bes de verre a été partout vrfible dans ces Expériences, Toit qu'on les ait frotté avec laf main ou avec des couffins: Jufqu'alors on‘ confidéroit ce feu comme venant du verre, &, eu égard aux mains & aux couffins, oif croyoit, qu'il s'en pérdôit beaucoup en s’écoulant le long des inftrumens de frottement* ou dans le plancher; Jè m’avifai un jour, pour empêcher cette perte de la vertu électrique , de monter fur un gâteau de cire, &* de frotter ainfi mes verres > mais je fus fort1 iurpris » • lorfqu'au lieu de voir cette vertu augmenté- par e t empêchement que je’ croyois mettre à fa perte, je me trouvai hors d’état de pouvoir exciter la moindre Eleéïri» cité» ni dans le tube ni dans les globes. Ce' contretemps, qui à ce que j’ai apris depuis, étoit auffi arrivé â Mèffieurs Bofe & Alla-• mand, fut l’occalîon, qui me fit découvrir^ la fource de l'Ele&ricité & la maniéré,donc elle entre dans la machine,-
- (a) Homberg du Soufre Principe.M.em. de' l*Acad. Roy. des Scientes, 17©j. La matière' de la lumière eft la plus petite de toutes matières fenfibles-----elle paffe librement à;
- travers & par les pores de tous les corps v que nousconnoiffons ———que tout l’Univers*
- rempli de la matière de la lumière
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- (*3o Essai
- htmtry Fils (a), S. Gravcfande (b)
- j'aime mieux donner à notre Soufre Principe le nom de matière de ia lumière, que celui de feu, quoique ce foit proprement la même chofe.
- ( a ) Lemery Fils Mem. dg l’Acnd. 1709» p. 517. La matière de feu doit être regardée comme un fluide d’utie certaine nature, Sc, qui a des propriétés particulières, qui le dif-
- tinguentde tout autre fluide , & fag. 3.-—
- qu’une matière beaucoup plus fubtile & plus 'agitée, qui remplit tous les vuides de l’Univers , & ne trouve point de pores fi étroits, qui ne lui laiffent un libre paffage, coule in-ceffainment dans les lieux 011 elle eft enfermée , & entretient fon mouvement.
- {b ) s’Gravefande Philos. Newton. Infiitut: Cka£. I. Ignis in omnia corpora quamtum-ris derifa & dura pénétrât-*—-corporibus; fefe jungit ——— ignem ad certain diftantianv à corporibus attrahi ——- nulla novimus . quae ignem non continent — non ignis-aeque facile corpora omnia intrat ——'corporibus contentus in his à corporibus circum-.
- ambientibus retinetur----motu celerrimo'
- ignem affici poffe. C’ejl a dire: Le feu pénétre tous les corps , quelques denfes & durs’ qu’ils foient -— il s’unit avec les corps ———le feu eft attiré des corps aune certaine diftânee—— nous ne connoifTons aucun
- corps qui ne contienne du feu-----le feu
- ne pénétre pas tous les corps avec la même facilité ——le feu renfermé dans les corp.s.
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- SV K l’ElICTÜ.tCITE’. Ij'B Boerhaave (a) , qui foutiennent , que le feu eft un principe originaire & diftinét d’autres Etres , & formé par le Créateur même , plutôt que
- y eft contenu par d’autres corps qui les envi, ïonnent—le feu eft, fufceptible d’un mou»' ment très-rapide.
- (a) Boerhaave, TLlementct Chemin, de Igi-ne, p. 187 &c. ipfe ignis femper præfens exif-tit in omni loco —— imo vero in omni cor-pore etiam rarifïimo vel folidiffimo æqualiter diftributus hæret—-— Haud ergo potui dete-gere , quod in rerum natura lit vel ullum fpa-
- tium fine igné-----& pag. 183 : Hucufque
- conabar tradere ea, quæ veriflima addifcere potui de natura illius ignis , quem élemcnta-îem appellant philolophi, ilium, fcilicet, ita-confiderando , prout creatus ;,ipfe in rerum natura exiftit feorfum , extra reliqua omnia creata , quæcunque demum fint, corpora. €9eft-k*dire : le feu , qui eft toujours préfent, exifte en tout lieu—— & il fe trouve même .également répandu par tous les corps , quelques rares ou denfes qu’ils foient — je n’ai pû m’apperçevoir dans toute la Nature , qu’il y eût le moindre efpace fans feu. & pag.
- J’ai tâché de rapporter jufqu’ici ce que j’ai pu connoître de plus vrai touchant la nature de ce feu> que les Philolophes appellent Elémentaire , fç.avoir, en le confidérant tel qâ’il a été créé & qu’il exifte à part dans l’Univers hors > de tous les autres corps créés quelconques.
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- Vji' É s s & i
- pour ceux de nos illuftres Compatriotes, Bacon (a), Boile (b), Si Newton (c) , qui le conçoivent comme an Etre qui peut être produit mé-cfaaniquement par d'autres corps ?
- 9. Ne devons-nous pas prendre garde de confondre ce feu élémentaire , que nous voyons fortir dé l’homme, avec la flamme vitale & le Calidum Innatum des Anciens, puiC: que nous trouvons, qu'on peut tiret d’un animal mort autant de ce feu, que d’un animal vivant, pourvu que l’un & l’autre (oient également remplis de fluides î
- 10. Ne paroît-il pas extrêmement vraifemblable, qu’en augmentant en certaine façon le nombre & le volume des phioles d’eau , on pourrait tuer même de grands animaux à force de leur faire reçevoir les exploitons éleéhiques. ( d)
- ( a) V» fon T raité Àe forma calidi.
- (b ) Origine mêch unique du Chaud & dit Froid: Sé8z.
- ( c ) V. Les Queftiom à la fin de Ton Optique,' (d)M. le Monnier à Paris a tué des oi-ftatu avec des expjofions électriques. J5ai
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- LXVI. Je ne fçaurois finir mon Mé-, moire fans admirer la pénétration de M. l’Abbé Nollet, Membre de notre Société & de l’Académie des Sciences de Paris. Cet excellent Philofophe , fans avoir connu certaines Expériences , qui ont été découvertes depuis, déclare fon fentimenc fur la maniéré d’agir de TEleélricité dans une lettre écrite à M. Bofe, dont celui-ci donne un extrait dans ion ouvrage. * * » La » matière éleéttique, dit-il, pag. 4$, » vient tjon-feulement du corps élec-» trifé, mais aulfi de tous ceux, qui » font autour de lui jufqu’à une cer-«taine diftance. pag. 4g , Si vous n pouvez vous convaincre comme » moi, que la matière qui va au corps ,» éleéttique vient primitivement de » tous les corps environnans, de l’air » même, vous aurez bien plus de faci-» lité à expliquer tous les autres effets. » pag. 46 , La matière éleétrique ,
- fait mourir de même .une linotte & un rat d’une bonne grandeur.
- * Recherches far la Cetufe (5* fur U1 vérités* hle The'erie de l’EleSricité. Impr. à Wrttenr berg 174Î-
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- 134 Essai
- ,» tant celle, qui fort du corps éle&fÎJ » fé , que celle qui vient des environs s; à ce même corps, fe meut plus faci-« lement dans les corps déniés que » dans l’air même ; & pag. 4 J , cette -jj matière tend à l’équilibre, & s’em->j prefié de remplir les efpaces, qui fe jj trouvent vuides des parties de fon ef-sj péce. « Nous fommes en état aujourd’hui de prouver toutes ces propositions par des Expériences.
- LXV'II. Vous voyez, Meilleurs,que félon moi tout ce que juiqu’a préfent on a appelle écoulemens éleéhiques ' 11e vient pas du verre ni d’autres corps originairement ékétriques, & que je diffère à cet égard AeCabeus , Digby > GaJJendi, Brawa , Defcartes & de quantité d’autres excellons hommes du lîécle paffé & du préfent. On pour-roit m’accuferde témérité pour m’être écarté d’un fentiment fi généralement reçu , fi je n’y avois été porté par des obfervations fondées fur des Expériences faites avecunfoin infini. Vous avez été vous mêmes témoins de quelques-unes ,& j’en appelle à votre Tri-tonal , il l'on me fait un crime d’avoir
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- •S'V*. l’Elictricite’. IJJ fait un'pas auffi hardi. Au refte j’ai tou-jours eu devant moi cette excellente Maxime , que M. Newton à établi dans fon Optique. » Dans les recher. jj ches , dit-il, des chofes difficiles ; » foit dans les Mathématiques ou dans jj la Philofophie naturelle, il faut tou» » jours faire paffer la méthode analy-» tique avant la fynthétique ou mé-j> thode de compofition. Cette analyfe j> confifte à faire des Expériences & des Obfervations , à en tirer des jj conclufions générales par induction , jj &c à n’admettre d’objeftions contre » ces conclufions, qu’autant qu’elles jj font fondées fur d’autres Expériences » ou Vérités inconteftables : car on ne jj doit avoir aucun égard pour les jj hypothéfes dans la Philofophie expé» jj rimentale. Et quoiqu’on ne puifle pas jj dire, que les argumens tirés par in-jj duétion des Expériences & des Ob-jj fervations ayent la force des démon-jj fttations ou des conclufions généra-jj les ; il faut néanmoins convenir, que jj c’eft la meilleure maniete d’argu-jj menter dans ces fortes de chofes, jj& qui doit être regardée comme
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- ï5tî Es* A I
- » d’autant plus forte que l’induékion
- a eft plus générale-----C’eft par cette
- *>voye d’analyfe, .que nous pouvons ^procéder des compofés à leurs ingté-» diens, & des moüvemens aux forces » qui les produifent, & généralement » des effets à leurs caufes, & des eau-wfes particulières aux plus généra-; » les, jufqu’à ce que l’argument fi-» niilè dans les plus générales de tou-» tes «.
- Au refte je vous prie, Meilleurs , de vouloir regarder ce que j’ai avancé dans ces Mémoires comme les premières lignes d’un Syftême plutôt que comme un Syftême même , que je lai lie le foin de bâtir à d’autres per-fonnes plus capables & moins occupées que moi; & fi par la fuite des temps certaines Expériences nouvelles ,venoient à démentir quelques-unes de mes propofitions, je ferai le premier .à m’en rétraâer. Je fuis &c.
- 'Explication
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- stîr l’Exectricite'. 137-
- Explication des Planches.
- Planche I. Fig. 1. Nouvelle Machine à Ele&ricité, où, par le moyen de la Manivelle A, on fait tourner la roue B B , qui , moyennant les cordes CCCCCC fait tournée avec beaucoup de rapidité plufieurs globes de verre DDDD. EHEË font des couffins de peau bourrés de crin, contre lefquels les globes frottent dans leur mouvement circulaire. FF font des amas de fils, qui s’étant imbibés de l’Eleélricité des globes, la communiquent au canon de fufil ou tuyau de fer blanc G 5 ou a l’épée H , fufpendus l’un & l’autre par des cordons de foye III.
- K eft un flacon de verre fufpendu par un bout de fil d’archal , dont on fe fert dans plufieurs Expériences, de même que la pomme ou orange L repréfente tout autre corps quelconque ,, qu’on peut appliquer
- ) à4a pointe de l’épée, ielon l’occut-
- f M
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- j;8 E s sïr
- rence. MMMM font des chevilles à vis, qui fervent à placer la machine horifontalement.
- 'Fig. Z. A , B", C,.D"représentent une-rangée de perfonnes placées fur des gâteaux decire, de réfine , de poix, &c, i , i, 5,4 lignifient une autre rangée pareille à la première,, mais placée fur le plancher.
- Flanche II. Fig. I. Autre machine à Eleftricité dans le goût dé celles de M. Haukshe à Londres, & de M. Hauftn à Leipfic. La perfonne B tourne la roue, & le globe C eft frotté par les mains dé la perfonne D ; la perfonne E fufpendue dans des cordons de foye FF touche le globe avec fes pieds , & donne la main à là perfonne G placée fur un baril de poix- ou réfine , qui avec fon autre main attire les feuilles d’or pofées fur le guéridon H.
- Fig. z. A eft une cloche fufpendue à une efpéce de potence, & ayant communication moyennant le fil d’archal B avec lè tuyau de fer électrifié TT! Le marteau C fufpendu à un cordon de foye D après avoir
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- s ur. l’Eiictricïte’. IJJ été attiré par la cloche éleétrifée A , en eft auffitôt repoullée vers la cloche E , qui a communication avec le mur, & ayant déchargé par. là toute fon électricité fur cette dernière cloche , il eft de nouveau attiré par la première , & repouflé de même. On aura par ce moyen une fonnerie perpétuelle , tant qu’on continuera d’éieCtrifer le tuyau.
- Planche III.Fig. i. A, autre Machine à éleétricité fort ufitée en Hot--lande , & principalement à Am. fterdam. L’homme B tourne la roue. Le globe C eft frotté par les mains-de la perfonne D.
- EE eft un tuyau de fer blanc', -une barre de fer ou un canon dé ' fufîl, qui repofe fur des cordons de -foye montés fur les guéridons ou! Apports FF. L’homme G;placé fur un réfeau de cordons defoye ou autre corps éleétrique, H empoignant' d’une main le tuyau de fer blanc' ou le canon dé' fnfif, met avec ta-pointe d’une épée , qu’il tient dans î autre main, le feu à l’efprit de ' vin contenu dans la cuiller,que lui-péléiîte kperfonne Il • M.ij
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- Ï40 • E s s A r-
- Fig. z. La perfonne A placée furtif! * gâteau de réfine B empoigne d’une main le tuyau de fer blanc éleétrifé C, & il tient dans l’autre main un plat d’étain D avec dis petits bouts de verrefilé,de fils d’arcbal & des petites boules de liège. Aufli-tôt que la perfonne E, qui bai (Te peu à peu un. autre plat F perpendiculairement au-deffus du premier , l’approche à la jufte diftance, tous ces petits corps s’élèvent en l'air , & forment un fpeélacle des plus agréables.
- Planche IF. Fig. i. A & B font deux phioles de verre couvertes de plomb laminé 8c remplies d’eau , lufpendues par des fils d’archal minces, qui entrent dans l’eau , à'un bout de gros fils d’archal troué en C & D. Deux ganfes de fil d’archal mince E & F, portantunautrebout de gros fil d’archal, auquel eft accroché an long fil d’archal GGGG, couvert d’une natte HHHH , & conduit jufqu’au-deflbus du canon-defuûl éleélrifé, qui étant touché comme en 1 fait une explofion terrible. K. repréfente une efpéce de
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- ' S'V'K t’ËlïC IJ.ICI Tî*; 14f 'rideau ou voile pour cacher les phioles. LLLL eft un fil d’archal accroché au gros fil d’archal d’en-haat des phioles, & conduit fur des cordons de foye au canon de fufil en M , pour entretenir l’éleétricité des phioles.
- Fig. z. A eft un canon de fufil, auquel on fufpend une plaque de métal B. La perfonne C placée fur un gâteau de réfine D , préfente au-deftous de cette plaque une autre pareille E avec une feuille d’argent battu F , en tenant dans l’autre main un plat d’étain G. La perfonne H placée fur le plancher préfente à ce plat un fiphon I plongé dans un vaferempli d’eau K, & au moment qu’on éleétrife le canon de fufil, la feuille d’argent le fufpend en l’air, & s’y tient fufpendue pendant que le fiphon découle dans le plat.
- F I N.
- Avis au Relieur.
- Il faut meme des onglets à la fin de chaque Tome , pour faire fortir les Planches hors du litre.
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- PRIVILEGE DU RO Y.
- OUÏS par la grâce de Dieu , Roy de France & de Navarre, A nos aînés &
- féaux Confeiilers, les gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Çonfeil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieute-nans civils & autres nos Jufticiers qu’il appartiendra, S a l-ut-: Notreamé Seb asti e n J o rr y- , Imprimeur-Libraire à Paris,nous a fait expofer qu’il défireroit faire imprimer & donner au Public un Ouvrage qui a pour titre ; ' Ejfai fur la Nature, les "Effets les Caufes de VEleüricité, avec une Defcription de deux-' nouvelles Machines, (ÿ'C. s’il nous plaifoit lui : accorder nos Lettres de PermilTion pour jce néceflaires. A ces'Cad se s , vou-lont favorablement traiter ledit Expofant,. nous lui avons permis & permettons par ces Préfentes de faire imprimer ledit Ouvrage en un ou plufieurs Volumes, & autant de fois que bon lui femblera, & de le vendre, faire vendre & débiter par tout notre Royaume pendant le temps de trois années confécutives à-compter du jour de la date des préfentes : -Eaifons défenfes à tous Libraires, Imprimeurs • &-autres perfonnesde quelque qualité-& condition qu’elles foiêrit d’en introduire d’im--preflion étrangère dans aucun lieu de notre obéiffance , àla charge que ces Préfentes feront enregiftrées tout au long .fur le Regiftre de là Communauté des Libraiies & Imprimeurs de Paris .dans trois mois de la datte
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- Scelles • qtie l’impreflïôn dudit Ouvrage ’ fera faite dans notre Royaume , & non ailleurs en bon^papier & en beaux caractères, conformément a la feuille imprimée attachée pour modèle fous le contrefel des Préfentes; que i’impétrant fe conformera en tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à celui du jo Avril 1715.. qu’avant de l’ex-pofer en vente , le Mânufcrit qui aura fervi de copie a l’impreflion dudit Ouvrage fera remis dans le même état od l’Approbation y aura été donnée, es mains de notre très-cher &féal Chevalier le Sieur Daguefïeau, Chancelier de France , Commandeur de nos Ordres , &• qu'il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque Publique , un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle de notre très cher 8c féal Chevalier le Sieur Dagueffeau Chancel-lier de France, le tout à peine de nullité des Eréfentesdu contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Ex-pofant & fes ayant caufe pleinement & pai-fiblement, fans fouffrir qu’il leur foit fait aucun trouble ou empêchement} Voulons qu’â la copie des Préfentes , qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, foi foit ajoutée comme à l’Original. Commandons au premier notre Huiflier ou Sergent fur ce requis ; de faire pour l’exécution dételles tous aétes requis & néceflaires, fans demander autre per-mifllon ,& nonobftanr clameur de Haro Ohartre Normande & Lettres à ce contraires ï Car tel eli notre plaifir. Donné a Verfailles
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- 'dixiéme fout* du «fois Je Mai Pan de grâce mil fept cent quarante-huit ,& de notïe Régné le trente-troifidme.
- Par le Roy en fotl Canfeil, SAINSON:
- R*S*Mfarte Regflrt ir. de la Chambre Royale des Libraires & Imprimeurs de Paris. Jf/ 94 î f>L 83 j, conformément 'aux anciens Règlement confirmés far celui du iS Février Î7Î3- Paris le 16 May 1748.
- G. C a y c r 1 a p. , Syndic 4
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