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Nouvelle découverte sur la lumière, pour la mesurer & en compter les degrés
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- %> U Ce 6
- NOUVELLE
- DE’C OUVERTE
- SUR LA
- LUMIERE
- Pour la niefurer 6c en compter les Degrés.
- Dédiée à Mon feignent le Duc de CHARTRES.
- Par le R. Pere FRANÇOIS MARIE
- Capucin , Prédicateur, Jfc andea
- Profeflèura^ _ , , .
- -- J!:>'•> *'~.â
- A PARIS,
- Chez Louis Sevestre, Imprimeur-Libraire ,rue S. Jacques, vis-à-vis Saint Yves.
- M D~C~C.
- Avec Approbations & RrlvlUgt du Roy-
- Çj/id-vlià} C'JdïiJàé/J.
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- A
- SON ALTESSE ROYALE
- MONSEIGNEUR
- LEDUC
- >E C M ARTRES
- ONSElGNEVRy
- Tropofèr de mefarer la lumière , ce fi avancer un Paradoxe : qui ne peut étonner que
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- E P î T R E.
- les ejprits vulgaires y dont il furpafie la capacité ; car il ri a rien de furprenant pour te/prit des [âges y qui ne s étudient yqrik rechercher la 'vérités mais beaucoup moins pour Vôtre Altejfe Royaley quifait juger des cho-fes par iile-méme:: (efi dont il ri a. fait qu exciter la curiofité.
- Cejl en effet ïimpreffion , que fit fur Vôtre efprity MoiSf-SEiGNEURj lapremieVidéequon donna de ce nouveau projet à V. A. R. & le defir & tempreffe-> ment qu Elle témoigna dlen'uoir V Auteur s ni obligèrent de paraître en fa préjence pour la fa-tisfaire 3 en luy expliquant fuc-cintement l'ejfentiel de cette en-treprife.
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- E P Î T R E.
- Ce que Vôtre Alt e fie Royale conceutfi clairement,&fiparfaitement dans ce moment, qu Elle pénétra d'un fettl regard la vérité de cette découverte 5 & en comprit tout le fecret j (djr avec tant de vivacité ^ de jufteffe, de difcernement, qu après le jugement favorable , qù Elle en fit alors , je ri ay plus fait de dijfi± culte de l'expo fer au publia
- Il me Ju fit que Vôtre Altejfi Royale niait fait l'honneur de iapprouver par avança Ceft un heureux préjugé pour moy ? qui imprimera du rejpeet dans le fentiment des Sçavans, qui eon-noijfent jufquoà Je porte lé-tendue (gfi la Jnblimité de vos connoifiances.
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- E PITRE.
- c’eft par là , MONSEIGNEUR, que vous vous efies acquis fur ce petit Ouvrage un droit fe inaliénable y que je me ferois un repro che de ne vous en pas faire un hommage.
- Aggrée^donc, s3il vous plaît, Monseigneur , quil voje le jour fous le nom de V.A.Rfg) que fe vous le préfente comme un petit témoignage de la recon-noijfance, que nous devons à toutes les bontés y aux bienfaits3 (ejr a la bienveillance fignalée 3 dont Vos Altefes Royales. Mon-fieury Madame, & Vous Monseigneur 3 nous ave\ toujours fingulierement honorés , & tout notre. Ordre • & qu après vous avoir afuré de la continuation
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- FP I T R E/
- de nos prières pour demander d Dieu leur confirmation, & celle de Vôtre Augufie Ferjonne 2 qui fait icy leurs plus cheres délices3 je prenne la Lumière même pour témoin du très-profond ref pecl, avec lequel je fais ,
- MO HSE ï G NEV R,
- Ve r. A R.
- Le tres-humble & tres-ob&iTant ferviteur Ficre Franço's-MUriC' de Paris, Capucin Indig»r,
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- *?• 4* *?**!m?*,î*<!,4*,iI*
- Tacultas Reverendi admodum ‘Tatris Générait s,
- N Os frater Joannes-Pe-trusà Buftoj totiusOr-dinis fracrum minorum fandti Francifci Capucinorum Mini-fter Generalis ? licet immeri-tus.
- Cum, opus, cui titulus eft : ( Nouvelle découverte fur la, Lumière, fê)c. à Venerando ad modum P. Franeifco- Maria Parifino, Provinciæ Parifienfis Concionarore, duo Theologi cjufdcm Ordinis , qui bu s id c ramiffurn fuerat, recogno-verint, & in lucem edi poiïè probaverint -4 facuitatem faci-
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- mus, ut typis mandetur : fi iis quorum intereft, ita videbi-tur. In quorum fidem Præfen-tes manu noftrâ iubfcriptas , figilloque noftro munitas Da-mus Romæ die decimâ-fextâ Martii 1700. Fr. Joan. Petrus, Minifter Generalis.
- Fermiffion du R. P. Fro<vifïiid.
- NOus Fr. Honore'-Fran-çois .de Paris , provincial bien qu’indigne des Capucins de la Province de Paris.
- Ayant vu la permiffion de nôtre T; R. Pere General , 8c 4l'approbation des deux Théologiens de nôtre Provin-
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- ce, que nous avions commis par ion ordre pour examiner un Ouvrage manufcrit, intitulé : Nouvelle découverte fur la lumière, d'un moyen de la me. Jurer, & d'en compter les de-grés) compofé par le P. François-Marie de Paris, Prédica^ teur Capucin, & ancien Le-éleur, ou Profeffèur de nôtre Province, Nous luy avons permis par ces Préfentes de faire imprimer ledit Ouvrage lui-vant les autres formalités du droit. Donné en nôtre Convet de PoiiTy le 31. Juillet 1700. Fr. Honoré François de Paris.
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- Provincial indigne des Capucins de la Province de Paris.
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- Approbation des Théologiens de VOrdre.
- SI l’Apôtre a prétendu relever la gloire de Dieu par la puiflànce, qu’il a eue de tirer la Lumière du centre des ténèbres j on avoit quelque Jujet de regarder Timpoffibili-té, où on s’cft trouvé jufqua-prefent d’enmefurer les diffe-rens degrés, comme une portion du domaine de celuy, qui fçaic feul où elle fait fa demeure. Ainfi les Sçavans avoiét dautant moins de peine à {apporter , & plus de droit d’ex-cufer leur ignorance, qu’il pa-roifToic y avoir de la religion
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- a ne rien entreprendre fur la connoiflance dune ebofe, que Dieu fèmbloit s’eltre réfervée; Cependant bien loin de faire un crime au R* P. François-
- Marie de Paris Capucin, Prédi-cateur&ancien Leébeur d’avoir tenté de mefurer la Lumière 3 on ne fçauroit luy en fçavoir trop de gré : puifque ceux ? qui ont du goût pour les belles chofes, fe promettent afTez d’utilités dans cette découverte, pour regarder les premiers pas que l’auteur y fait, avec autant d’eftime, que l’on regarde dans les autres fujets les connoiflances les plus avancées. C eft le témoignage que nous fommes obligés de luy
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- rendre, apres avoir lu le ma* nuferit, qu'il a fait fur ce lu* jet. Donné à Paris au Convent des Capucins de fàint Honoré le 18. Février 1700.
- Fr. Aman de Paris Capucin, ancien Leéteur en Théologie au fiafdit Convent.
- Fr. Severin de Paris, Capucin, ancien Ledeur en Théologie.
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- L'AUTEUR AU LECTEUR.
- Idée de vouloir me-{tirer la lumière à quelque chofe de fi nouveau, ôc de fi furprenanr, qu’on admirera peut^eftre, & on fera bien aile auffi de fçavoir de quelle maniéré elle à pû venir dans i’efprit de l'Auteur. Je vous diray fincerement ami Ledeur, qu
- A près avoir fouvent fait réflexion fur le bonheur de nôtre fiecle ( que l’on peut dire un des plus riches, qu on ait vu de long - temps, & pour Thiftoire par fes grands évé-
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- .fiettfefrs, ôc pour tftutes choies J dans le progrès merveilleux 3 arrivé de nos jours pre£ qu’en toutes les Sciences, ôc dans tous les-Arts, par la recherche des curieux 5& par les ©bfervationsdes fçavans. r Apres avoir plusieurs fois admiré les belles expériences , les curieufes découvertes , ôc les nouveaux Inftrumens pour faire ces expériences ôc ce s découvertes , inventés par l’in-duftrie des gens d’étude , ôc fabriqués par i'addreflc des ouvriers : ceux particulièrement qui fervent à pénétrer dans les fècrets les plus cachés de la nature ; tels que font entre autres 1 c Tekfcope, ôc le
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- B inodejy le Mientfeope 3 êcYEtf-gyfcope.
- Le premier, pour nous faire promener des yeux parmy les aftres , 6c nous les faire contempler plus à nôtre aile.
- Le fécond, pour nous grof-& extraordinairement les objets , tant furla terre * que dans dans les deux, & les appr®-eher aimfi de nous, afin de les obfèrver de plus près , Ôc les mieux reconnoître.
- Je diray en paflànt que ce-luy-cy a efté inventé par le R. P. Antoine de Rhey ta, Allemand -, 6c mis dans fa derniere perfection par le R. P. Chérubin d’Orléans , François • 6c tous deux Capucins, que jay
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- ?ûs à Paris j le premier y pal-lin t au mois d’O&obre en
- 1654. & fe fecor*d y ayant demeuré quelques années, depuis environ 2j. .ans,, pour y faire imprimer fes Livres de la Dioptrique , & de la vifion parfaire & diiUnéle , & pour y achever fon Binocle, dont il
- §c prefent au Roy.
- Les deux derniers 4 qui font le Microfcope & l'Engyfcope, font pour enfoncer nos yeux jufques dans les entrailles de la nature, & nous faire apercevoir ôc découvrir les plus petites parties de fes moindres objets fenfibles*
- Le Baromètre, le Thermo^
- métré, & l'Hygromètre 9. font
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- encore de et genre, & inventés de nos jours.
- Le premier, pour mefurer le poids ,*ou la pefànteur, ôc la légèreté de l'air j (a groffie-reté, & la lu b alité.
- Le fécond, pour mefurer les degrés de la chaleur, & du froid. Et
- Le dernier, pour mefurer ceux de la fechereflé , & de l’humidité.
- Enfin apres avoir beaucoup médité fur toutes ces curio-fîtés, trouvées depuis peu &: dans nôtre fïecle, qui m'ont paru toutes admirables, l'invention entre-autres du Barp-métré, du Thermomètre, & de XHygromètre , m’a frappé ü
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- particulièrement quelle ma fortement arrefté, 8c ma fait entrer en doute , fi l’on ne pouroit pas à leur56 imitation trouver aufll un moyen de me-furer la lumière, la plus belle 8c la plus remarquable, la plus noble 8c la plus charmante (û même elle n'eft pas la plus né-cefîàire, comme la plus fenfi-ble J 8c la plus excellente de toutes les qualite's fenfibles, 8c fi on ne pouroit pas fabriquer quelque mftrument pour en mefarer les degre's, comme on fait ceux de la chaleur , de l'humidité., 8c de la pe&nteur de l'air. Et
- Je tn'étonnay que perfonne^ que jefceufle^ ne seftoit en-
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- corc avifé de faire une recherche aufli curieufe*, êc que je fuflè le premier, à qui la pen-fee en ferait venue, au moins efficacement. Mais Quand je voulus m’appliquer à confiderer férieuiement ce qui m’eftoit venu en penfée j & à chercher les moyens de lexecuter, j’avoue ingénument que je trouvay la choie lî difficile , & fi fort audeflus de mes lumières, de ma capacité, & dé bouté mon induftrie, que fi javois eu allez de bonheur pour en concevoir la penfée & le defir, j eus affez de* fincerité pour confeflèr mon infuffifence & mon peu de pénétration à faire une telle dé~
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- couverte j auffi-bien que mon peu de fubtilité à inventer, & moins encore de dextérité à
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- fabriquer un infiniment, qui pût fervir à cet uiage. Et ainfî Jabbandonnaymon deflein, ôc me réfolus de ne me pas fatiguer inutilement davantage à la découverte d’une choie, que je fèntois audeflus de mes forces, & dont il valioit mieux laifler la recherche à des efprits plus éclairés que le mien, ou dumoins plus heu-reux que moy.
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- NOUVELLE
- DECOUVERTE
- SUR LA
- LUMIERE.
- ’D'V N MOYEN DE LA mejurer ? & d’en compter les Degrés.
- A défiance que j’a-vois conceuë de moi-même , & de mon
- indu ftrie ., tant pour
- découvrir le moyen de mefu-rer la Lumière, que d’inventer
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- % Le Lucîmetre, êc deconftruireun Infiniment ^propre à en compter les degrés n’ayant pu effacer cette idée dans mon efprit , ny étouffer dans mon coeur le defir que j a vois d’en voir l'execution, ne ma point inlpiré non plus de jaloufie contre ceux, qui par l’excellence Ôc la beauté de leur rare génie pouroient avoir le bonheur d’y mieux réuflir que moy. Car bien loin de leur en envier la gloire de l’invention, je tâcha y de la leur procurer* & le. defir, que j’avois d’en voir la réuflite , me porta à communiquer ma penfée à quel-' ques fçavans & curieux, gens d’ailleurs ingénieux & inventifs.
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- ou Me Jure-Lumière, $
- Je leur en expliquay mon idée, de quelque moyen foible êc greffier, qui m’en eftoit venu dans l’efprit, tâchant par là de me rendre utile au public j en infpirant du moins à ceux, que je croyois plus capables que moy de produire d’eux-mêmes, êc d’y réuffir, ledefir êc le deffêin d’une chofe auffi curieufe,& que je n’ofois pas préfixmer, ny efperer de trouver par moy-même. Mais Voyant au bout d un temps confïderable que ces fçavans 6c ces curieux , à qui j’avois communiqué ma penfée , ne répondoienr pas à mon attente, que perfonne ne s’appli-quoit à cette recherche, & que
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- 4 Le Luci métré y
- même on la nêgligeoit, cette penfée, qui me revenoit fou-vent dans refprit, ne ceflant point de m’inquietter, m obligea enfin de l’écouter, ôc me fit croire q[ue Dieu, qui -e-ft l’auteur de toutes nos penfées, ne me l’envojoit point en vain j & que peut-eftre il m’in-fpireroit auflî*les moyens de l’éxecuter, & de la faire reuf fir, Je me réfolus donc de l é-xaminer moy-même. Et Mutant mis un jour à con-fidercr la conftrudion duB^-
- romette 3 du Thermomètre, êc de ÏHygrometre , je m aper-ceus qu’on n’en pouvoit attribuer l’invention , qu a une forte & fréquente réflexion,
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- ou Mefure-Lumiere. j qu’on avoit faite for les diver-fos impreffions, que les affections differentes de l’air , comme de chaud , de froid , de foc, d’humide, de fobtil, de groffier,de chargé, ou de déchargé de vapeurs , font for certains corps particuliers, tels que font le vif-argent, leiprit de vin , l’efprit de nitre &c, for lefquels toutes ces qualités de l’air caufont divers mouve-àiens & changemens, qu’on s’eft avifë d obforver , pour en remarquer, ôc en marquer par degrés les différences.
- Cette obfervation me fit juger que pour trouver un moyen <k un Infiniment propres à meforer les degrés de la lu-
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- 6 Le Lucimetre ,
- miere, il falloir de même exa-
- rninr
- i-o. Si la lumière ne faifoit pas aulîî fur quelques corps particuliers des imprdlions (en. fiblement differentes , quelle ne fait pas fur d’autres. i°. Si on ne pouvoir pas pareillement obferver ces impref-fîons pour en remarquer les différences avec quelque uniformité 3 régularité , ou proportion. 3°. Si en En cette différence, foit uniforme, régulière , ou proportionelle , ne pouroit pas fe graduer, ou fe divifer & marquer par degrés, pour (ervir à melurer & à compter les degrés de la lumière. Mais
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- ou Mefurô- Lumière. j
- Il eft bon de remarquer 8c d avertir icy, que je ne pré-tens pas donner, ny même chercher un moyen de mefu-rer la lumière en elle* même, pour en faire connoître toute l’étendue a ou le ' terme , 8c le fouverain degré de fà perfection. Non plus que ceux qui ©nt inventé le Baromètre , le Thermomètre, ou X Hygromètre y n’ont pas prétendu ( comme je me le perfuadej mefurer la pefànteur,la chaleur, ou l’humidité ^ ny toutes ces autres qualités en elles-mêmes. Ce que jamais Philofophe n’a pu faire3 & nefera, d aucune qualité fenfible. Car la divifîon 3 que les Phyficiens & les Me-
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- 8 LeLucimetrey decins font de ces qualitez en huit, ôc en quatre degrés, & ôc dans lefquels les uns Ôc les autres prétendent renfermer la latitude ôc l’étendue, ou 1 In-tenfion Ôc la perfection d’une qualité, eft une divifion purement arbitraire ôc hypothétique, au ffi-bien que les degrés, qu’ils luy donnent, ôc qui ne déterminent rien de certain pour la faire connoître en elle-même ; ôc qui n empêche point qu’une autre ne la puifle divi-fer à fà diferetion en cent, ôc en mille degrés.
- La chofe eftant au-deffus de toutes les connoiffances, ôc de tous les efforts de nôtre efprit, comme il n’y a que
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- ou Mejure-Lumiere 9 9
- Dieu 5 qui puifTe donner des bornes à toutes ces qualités, ôc à la perfeébion de tous fès ouvrages, il n’y a auffi que luy, qui les puifTe connoître en elles-mêmes : Ipfè novit, Jgui ferit\ &c ceux aufquels il luy plaira de le révéler. Il efi eft de cela comme de la divifion du cercle en 360. degrés par les Géomètres j des années arbitraires & imaginaires des Chronologiftes avant la création dumionde -, 6c des Réglés de fauffe pofition d’Arithme-tique, qui ne nous font connoître pofîtivement ôc déter-minément ny la grandeur ef-fediive d;un cercle, ny la réalité de ces années proleptiques
- Av
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- io Le Lucimetre y ôc anticipées des PeriodesChro-nologiques , ny la vérité de ces fauffes pofitions ^Arithmétique.
- Ce font feulement des hy-ï pothefes, ou feppofitions, ôc des fondemens arbitraires, lefe quels eftant choifis à difere-tion ( comme les ftations du Géomètre ôc de l'Arpenteur fiir le papier , ou fur le terrein ) ôc luppofés comme des principes certains ôc vrais, quoy-que fort in certains feuvent faux en eux mêmes, ne laiflênt pas de nous faire raifonner jufte, ôc de nous faire tirer des conféquences très évidentes Ôc infaillibles, Ôc fouvent mêmes véritables, lur des fujets qu'on
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- ou ^Mefure-lMmiere- 21 le propofe, & dont ils nous découvrent des vérités très-
- importantes.
- C’eft donc de cette maniéré que je me propofe de chercher 5 de trouver , ôc de donner un moyen de mdùrer la Lumière par rapport à nous-mêmes , & à l’ulage que nous en pouvons faire, en la divi-fint par des degrés arbitraires, comme font ceux du^g-rometre, du Thermomètre , (d^ de T Hygromètre , qui ne divi-fent & ne mefurent ces qualités de la pefànteur vde la la chaleur, & de Thumidiré de l*air 3 que par rapport à nous, à nos ufàges, & aux utilités que nous en pouvons tirer.
- À v j
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- iz Le Lucimetre 9
- Çonfiderant donc attentivement les effets de la lumière , je me fuis aperçû quelle tomboit fur deux fortes de corps, dont les uns font tranC parens, & donnent un libre paffage à la lumière , & les autres font opaques , & impénétrables à les rayons , & ne leur donnant aucun paffage * ils le leur ferment au contraire, & le bouchent entièrement.
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- ou Mefure-Lumiere.
- PREMIER mOTEN DE mefarer la Lumière par les corps tranjparens, appelle le moyen direS.
- ENtre-'ces corps tranfpa^-rens, les uns donnent un paflàge entièrement libre aux rayons de la lumière , comme font le Ciel & l’air pur, qui nén renvoyent & ncn ré-fléchifTent pointiènfiblement les rayons. Et
- Les autres leur donnent un pafîàge plus ou moins libre , leloit le degré plus ou moins parfait de leur tranfpa-
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- i4 Le Lucimetre, rencej tels font l'eau claire ,1e talc, le verre , le cryftal, & les autres corps encore moins tranfparens, qui ne laiflent paffer qu une partie des rayons de la lumière, & en renvoyent & reflcchilfent l’autre du côté de (on principe.
- Le Ciel & 1 air pur ne nous peuvent forvir à nôtre deflfein,, parce qu'ils font trop tranfpa* rens 5 de il n’y a que ceux , qui font du ne .médiocre tranfpa-rence, donc nous puiflions tirer quelque fecours, parce que réflechiiïant une partie de la lumière, ils affbihliffent & du minuent d’autant celle qui paflfe. D’ou
- l’ay conjecture quon pou-
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- ou Mefure-Lumière, i j
- roit oppofer à la lumière un fi grand nombre de parties de ces corps médiocrement tranC. parens,que leur multitude af-Foibliflant toujours, & diminuant de plus en plus, & par degrés cette lumière, elle vien-droit enfin à s abforber entièrement , ôc à ne plus trouver de pafïage; & qu ainfi les degrés de cét affoibHfTernent & diminution de lumière pou-roient nous fervir d’un moyen pour compter & mefurer les degres de la lumière. Et J’ay trouvé qu’entre tous ces corps, le verre, le cryfiai, le talc, & leau pure feroient les plus commodes, & les plus propres a cét effet.
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- Le Lucimeth,
- »
- PREMIER LV CI METRE
- par les Corps tranjparens.
- IL ne faut pour cela que prendre un canal, ou tuyau de Lunette d approche, foit de carton, ou dë fer blanc, & y ranger des verres plats, bien polis, immédiatement les uns proche des autres, en les multipliant jufques à ce que leur multitude abforbe entieremét la lumière, & la fafle tout-à-fait dlfparoître dans le tuyau. Car le premier verre, où la lumière difparoîtra entièrement* Sc ne le Fera plus voir, ni fen-
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- ou Mefure-Lumiere. 17 tir , ou apercevoir aucunemét^ fera le terme extrinfeque, ou extérieur de la lumière, Ôc le terme intrinfeque ou intérieur des renebres, ôc où celles-cy commenceront véritablemét;
- De meme que le premier verre du côté de l’oeil, où la lumière commencera de pa-roître, ou de fe faire voir , fentir,ou apercevoir , fera le terme intrinfeque y ou intérieur de la lumière, & le terme extrinfeque* ou extérieur des tenebres.
- C’eft alors que les degrés de la lumière fe pouront compter par le nombre de ces verres, qui en feront raffoibliffèment ôc la diminution-, de forte que
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- z 8 Le Lucimetre,
- comptant depuis ce premier verre ducôré de l’oeil jufqu'au dernier du côté du luminaire, ou du principe de la lumière, le nombre de ces verres, pourvu qu ils (oient tous d’une é-gale épaiflèur & tranfparence, fè pourra prendre pour autant de degrés , qui marquèrent ceux de la lumière. Trente verres, par exemple, marqueront trente degrés de lumière. Car le premier verre du côté de l’ceil, qui laiflèra premièrement voir & apercevoir la lumière, marquera le premicr point,. ou le premier degré de la lumière; le fécond verre marquera le fécond degré de la lumière ; k troifiéme verre, le troifiéme
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- ou Mefure-Lumière. 19 degré , & ainfi confecutive-ment jusqu’au dernier verre du côté du luminaire 5 ou du principe de la lumière. Car.
- Après ce dernier verre la lumière fe trouvant toute pure & fans aucune diminution , du moins caufée par l’oppofi-rion d’aucun corps de cette tranfparence médiocre, & qui Juy faffe aucun obftacle fenfi-ble, elle ne pourra plus feme-iurer alors, que par leloigne-naent-, ou la perfection de ion principe, fi on en peut con-noiftre l’un, oui autre, ou tous les deux enfemble, & les graduer,ou les mefurer par degrés.
- Cette diminution de lumière par degrés eft affez rappor-
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- 2 0 Le Lucimétre , tante à la divifion des climats, qui ne font autre choie qu un certain efpace de terre, compris entre deux cercles parallèles à 1 equateur du cote de chaque Pôle, entre lefquels le plus grand jour d’Efté diminue d’une demie heure, de. puis le premier de ces deux parallèles , ou le plus proche de requateur,,jufqiiau fécond, qui en eft lé plus éloigné ; car on voit par cette divifion que la lumière eft néceflàiremenc inégale dans toute Tétenduë de ce climat de l’équateur au Pôle depuis le premier de ces deux parallèles jufqu au fécond; puifqu’il faut que dans lmter-valle de cette efpace la lumière
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- ou Mefure-Lumiere. % * diminue néccffairernent , pour faire diminuer le jour dune demie-heure depuis le premier parallèle jufqu’au iecond.
- Il en eft à peu près de meme de ces degrés de lumière, qui diminuent tonjours infèn-üblement dans leur étendue depuis leur commencement julqu’à leur fin.
- On pouroit encore, pour compter ou mefurer ces degrés de la lumière , fe {èrvir d’une échelle, graduée à discrétion fiir le canal,ou le tuyau, depuis le premier verre,comme nous avons dit, du côté de loeil, jufquau dernier du côté de la lumière , & de la maniéré à peuprês qu’il fe prg-
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- zi Le Lucimetre, tique fiir le Baromètre , & fur le Thermomètre.
- If"1"'
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- ou Mefure-Lumière. 2.3
- Cette échelle pouroit eftre, ou parallèle , A, & forméede deux lignes parallèles , comme elle le fait ordinairement fur le Thermomètre : & marqueroit feulement le nombre des degrés en des diftances égales* ou on pouroit la faire I(bfcele,B.
- L’Echelle llbfcele, ou formée d’un triangle Ifefcele oxy-gone3 dont l’angle ou la pointe feroit pofée fur le premier verre, que nous avons marqué, du cpté de Ideil* ôc la bafè, ou la fouiendante, leroit fiir le dernier verre du côté du luminaire, ou du principe de la lumière.
- Cette échelle Ifofcele cftant diviféè;t:6mme la parallèle, en des degrés égaux,^ de pareille
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- 2,4 Le Lucimetre y
- diftance, marqueront comme l’autre le nombre des degrés de la lumière : mais ces degrés diminuant de longueur fur cette échelle à meîure qu’ils s’approchent d’avantage de là pointe du triangle, 8c s éloignent delà bafe, marqueraient la diminution proportionnelle, ou uniformément difforme de ces degrés , en defeendant de la baie à la pointe de cette échelle llblcele * bu leur ac-eroidèment 8c augmentation proportionnelle, en montant de la pointe à la baie.
- On pourra, fi on veut, éloigner ces verres les uns des autres, 8c les placer dans ce tuyau à une certaine diftance les uns
- des
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- ou Mejure-Lumicrê. i j des autres 3 ( {bit égale J comme feroit depouce en pouce; ffoit inégale pour en examiner mieux les différences j & compter chaque pouce pour un certain nombre de degrés, comme par exemple de i o. ou h. degrés de lumière. Et ai n fi chaque pouce de diftance étant pris pour n. degrés, quatre pouces dé diftance donne-roient 48. degrés de lumière.
- On pouroit encore, fi on vouloit, fe fèrvir de verrez co-
- lorés, comme de rouges , de verds, de blancs, de noirs, de jaunes, &c. foit tous d’une mê-me, ou de différentes couleurs, & les varier comme on vou-
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- z 6, Le Lucimem y
- L’eau, comme nous avons dit 3 pouroic aufïî nous fer-vir à cet ufàge /, ( (i ce n’eft peut-eftre quelïant encore trop tranfparente, & donnant un paffage trop libre à la lumière, celle-cy pénétrant trop avant dans cette liqueur, ne poufsâc fes rayons trop loin, & ne rendît l'experience trop difficile.,) Mais pour l’e'prouver, Il faudroit pour cela remplir d’eau uu tuyau de fer blanc, ou de cuivre, bien bouche par chaque bout d’un verre fort , clair, ôc tranfparent, dont un pût s’avancer & reculer julqu’à une certaine di-ftance , & félon la quantité d’eau , qui feroic néceffaire
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- ou Mefiife-ÏMnïere. ’£y-pour faire que la lumière, diminuant inCenfiblement & peu à peu dans l'eau, vienne enfin à sabforber,6cdilparoître entièrement, 6c à ne le plus fi ire voir , ny apercevoir aucunement 5 car le point, ou la lumière difparoîtra entièrement, ce feront de véritables ténèbres : & le premier point du côté de l’œil, ou la lumière commencera de paroître, ce fera le premier degré de la lumière, comme nous avons dit à Tégard des verres; Et partageant ce tuyau par degrés depuis ce premier point du côté de l’œil jufqu au bout du tuyau du côté du luminaire, on pourâ compter ces degrés ôc les
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- le lucmetre y
- prendre pour autant de degrés de lumière, de la même maniéré que l’on compte les degrés de la chaleur for le Thermomètre.
- On pouroit auffi , comme nous avons dit des verres, fe forvir de quelque liqueur colorée, comme de vin, de biere, de tifànne, ou de quelque autre liqueur, & de la couleur, que Fon voudra.
- Voila 1 e premier des moyens, qui me font venus en penfée, que j’ay crû devoir propofer, comme Le plus {impie, & le plus facile à pratiquer.
- Je Fay apellé le moyen direct: parce qu’il fo fait en droite ligne depuis le laminai-
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- ou Mefure-Lumière. ïe> ou le principe de la lumière, jufqii a l’œil, h que la lumière pénétrant l’eau, ou les verres , en droite ligne , l’affor-. bliflement &: la diminution s’en fait auffi en droite ligne*,
- SS CO ND MOT EN DE
- mefurer lu Lumière pur les corps Opaques , apeïlé le moyen Réflexe*
- VOyant que ces corps d’une médiocre tranfl parence, qui eft déjà une ef-pece, ou un commencement d'opacité, me fournifloient ce moyen direét, j’ay voulu exa-! miner auffi les corps opaques,,
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- 30 Le Lucimetre , pour voir s’ils ne pouroient pas nous donner encore quelque autre moyen de mefurer ta'lumière.
- Les corps abfolument opaques font ceux , qui bien loin de donner paffage à la lumière, le luy bouchent au contraire entièrement j Ôc la renvoyant du côte' d9oü elle vient, en réfiechiffent les rayons, (oit directement, foit obliquement, vers le luminaire, qui en eft le principe.
- Il y a deux fortes de corps opaques : les uns font rudes, rabboteux, bruts, âpres, ternes, 8c fans aucune poliffure lef-quels ne réflechiffent que la lumière ôc les couleurs, corn-
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- ou Mêjure-Lumiere. 31 me font la terre, les pierres communes3&les métaux,bruts, & non polis.
- Les autres font doux, unis, Ôc polis , comme les miroirs, foie de metail, de criftal, ou de verre *, qui ne réflechiffent pas feulement la lumière , Ôc les couleurs j mais qui ren-voyent ôc repréfentent auffï la figure , les images, ôc jui-qu aux mouvemens des objets colorés, ôc des corps lumineux.
- Je n’ay point trouvé que les premiers piaffent eftre propres à nôtre deffein, mais feulement les derniers, ôc entre ceux-cy, les plus polis, comme les miroirs, dont les phénomènes font lurprenans Ôaouta*
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- Le Lucmetre, à-fait admirables.
- Ce font ceux auffi, que jay crû les plus capables de nous donner un moyen bien plus commode pour mefurer lalu?-miere par les impre (lions mer-veilleuleSj qu’ils'reçoivent de certc belle éc raviflante qualité j &c par les agréables êc ftir.-prenanres réflexions, qu’ils en font car.
- J ay remarqué. i°. Que ces réflexions font fi vives, fi fortes, ôc fi fenfi blés , qu elles pou-voient fi communiquer fort loin, & fe multiplier de miroir en miroir julqnà un certain terme , plus ou moins éloigné filon la force & la
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- vertu du luminaire, & fùivant
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- ou Mefure-Lumiere. 33 la vigueur,Tintenfion, ou la perfection de fa lumière.
- Que la lumière , qui fe communique ainfi par réfle-élionde miroir en miroir , s’affbiblic infenfïblement ôc peu à peu*, & diminue d’au-tant plus dé réflexion en réflexion , quelle s’éloigne davantage de fon principe , ôc d’une maniéré, que les Philo-fbphes ont coutume dapeller uniformément difforme ; ôc que je pourois nommer, ce me lemble,régulièrement différente ôc défaillante, ou proportionnelle, jufqu’à s’éteindre 'ôc s’échpièr , ou difparoître entièrement , ôc ceflér de fe faire voir. D’où
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- $ 4 Le Lucimetre,
- J’ay conjeéhiré avec aflez de fondement & de vray-fem-blance que, fi nous pouvions obfèrver éxa&ement la multitude , ou le nombre, ôc la diftance de ces réflexions ; ôc la proportion, ou régularité des degrés de cet affoiblifTe-merjt, ou diminution de lumière dans nos miroirs , cela pouroit bien nous fervir d’un autre ôc fort beau moyen de mefurer la lumière.
- Ce lècond moyen ne m’ayant pas paru impoffible, non plus que le premier} mais tres-poC fible au contraire , Ôc dune exécution de fort peu plus difficile que l’autre, j’ay crû n’avoir pas trop mal rencontré,
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- ou JM efkre-Lumière- 35 ôc que ces moyens , dont je m eltois avifë pour mdurer les degrés de la lumière,en eftoient de véritables , ôc y eftoient tres-propres -, (ans vouloir ex* dure néanmoins, ny rebuter, ou improuver ceux, que Ton pouroit trouver encore de nouveau dans la fuite fur leur modèle , & à leur exemple, ou imitation.
- Ce moyen même ma para bien plus beau, ôc plus agréable , que le premier*, beaucoup plus vifible ôc apparent, plus facile à obferver, ôc plus commode pour remarquer ôc pour marquer les degrés de la lumière. Ce qui me fa fait encore accepter ôc. adopter. Et
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- 5 6 Le Lucimetre 5
- Ayant appelle le premier un moyen direét., yay crû de-i voir nommer celuy.cy. un moyen, rcflexe par une raifbn tout oppofëe ^ parce que ce** luy^cy ne fe fait pas en ligne droite ? comme le premier j mais par les rayons d’une lu-* miere réfléchie., qui fe communique de miroir en miroir par des angles d’incidence Sc de réflexion 3 jufqua ce que la lumière s’affoibliflant peu à peu de miroir en miroir 6c diminuant infenfiblement de réflexion en réflexion vienne enfin à s’abforber entièrement par leur multitude 3 & à difi-paroître tout-à-fait , ne le faifanc plus voir0 ny ientir,
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- ou Mefure-humiwe: fj: ou apercevoir aucunement.
- Car le dernier miroir,par exemple, où la lumière du Soleil,., ©u de quelque autre luminairer fe fera voir 5 fera le terme in-
- trin(èque>ou intérieur de cette lumière , qui fe poura comr-pter , graduer 3 ou mefùrer par degrés depuis ce dernier |mi-roir du côté de l’œil , jufqu au
- premier, qui recevra premièrement & immédiatement la lumière du Soleil, ou de tel; autre luminaire,que Ion vaudra.
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- Le Lucimetrey
- SECOND LVCl METRE pur les corps Opaques,
- LA maniéré d’exécuter 8c de pratiquer ce dernier moyen fera de bien fermer une chambre, en forte que le jour,ny la lumière de dehors, n’y puiflfe entrer que par un trou, (i grand, ou fi petit que Ton voudra. Mais il vaudra mieux 5 ce me fernble, que d’abord il foit petit, comme fè-roit une piece de quinze, ou de trente fols , pour faire les premières épreuves. Car on poura bien faggrandir & aug-
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- ou Mefure- Lumière, $ f menter dans la fuite félon le fiiccês qu’aura eu la première expérience.
- Le Soleil venant à darder les rayons de fa lumière dans cette chambre par ce petit trou, il faudra luy oppofer un miroir * non pas diieètemefif 6e de front, mais un peu obliquement & non paife plom b. Puis dans une pareille diftan-ee, "& à peu près du même biais oppofer un fécond miroir à ce premier^ 6c à ce fécond miroir en oppofer un troisième, un quatrième as* troifiéme , un cinquième au quatrième , un fixième ait cinquième, 6e ainfi de fuite $ 6c toujours dans une égale
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- 4© Le Lucimetfer diflan ce & du même biais, tant que la réflexion continû-ra , ôc jufqu’à ce que la lumière du Soleil vienne à défaillir tout-à-fait, & à n’eftre plus a-perceuë dans le dernier miroir* C’eft alors que la diftance êc la multitude, ou le nombre des miroirs , ou plutôt des réflexions, qui fe feront de cette lumière dans les miroirs , en melureront les degrés, & en donneront le nombre par le nombre des degrés régulièrement proportionnels de l af-foiblifTement, ou diminution de la lumière dans ces miroirs. Si l’on n’aime mieux le» graduer (ur une échelle dreflee depuis le premier miroir juf-
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- ou Me/ure-Lumiere. 4^ qu’au dernier en droite lignes ou dreflee obliquement de mk roir en miroir , ou de réflexion en réflexion , depuis le premier de ces miroirs ju [qu’au dernier. Ce qui fera à la dit cretion d un chacun,
- On poura même commencer cette expérience par un petit luminaire, comme feroit une bougie , une chandelle, ou un flambeau, ([bit dans ce moyen réflexe , fois dans le moyen direét ) avant de l’éprouver par la lumière du So* leil. Es on.aura le plaifir de voir par là que dans le moyen direéiun petit luminaire, comme par exemple une bougie, ou une chandelle, portera bien
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- 42, Le Lucimetre, moins loin fa lumière, ôc ne pénétrera pas une fi grande profondeur d eau , ny un fi grand nombre, ou multitude de verres-, &fera bien moins de réflexions dans le moyen réflexe, qu’un, plus grand & plus fort luminaire : parce qu’ayant bien moins de lumière en foy, ôc par confequent moins de force ôc de vertu, il ne peut pas la pouffer fi lbin$ ôc que la fphere de (on aéfci-viré ne peut pas le porter, ny s’étendre fi loin, que celle dun plus fort ôc plus grand luminaire, Dou
- On poura conclure infailliblement que le luminaire , qui pouffera la lumière plus
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- ou Mefiire-Lumière, 45
- loin, ôc pénétrera une plus grande profondeur, ou quantité d eau, ou de verres dans le premier moyen., ou direct j
- & qui pouffera fes réflexions plus loin dans le fécond moyen, eu réflexe, ôe en fera un plus grand nombre, aura aufli plus de lumière en foy-même, & plus de force &de vertu: dont on poura compter & mefurer les degrés de la maniéré, que nous avons dit, pour les comparer avec ceux dun autre luminaire , & en oblerver 6e re-
- marquer la différence.
- Quelqu'un me pou roi t ob-jeéfer que pas un de ces deux moyens, foit le direél, ou le réflexe, ne paroît exaéf ? nj
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- Lé^LMcmetrer ablblu : mais feulement relatif, Ôc en le comparant à la
- différence des vues de ceux
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- qui s’en ferviront Car il eft certain qu’un, homme de foi-ble, ou de courte vûë , ne comptera quun degré de lu-miere dans le verre, ou dans le miroir, où un homme de bonne, ou de longue vûë,en comptera trois, ou quatre degrés : parce que celuy-là perdra la vue de la lumière, ou d’un objet, trois , ou quatre verres rou miroirs, plûtôt que celuy-cy.
- Le premier , par exemple , perdra la vûë de la lumière au vingtième verre , ou miroir 5 &c le fécond ne. la per^
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- m Mcfure-Lmnicre. 4^ Ira qu’au vingt-troifiéme , ou au vingt-quatrième, & peut-eftre encore plus loin. Et ainfî cette mcfure de la lumière ne fera pas exaéte , ny égale , ny par coniequent abfbluë, mais feulement relative., & par rapport à la différence des vûës. Gar le premier ne comptera que vingt degrés de lumière, ©u le fécond en comptera vingt-trois , ou vingt-quatre, ôc peut-eftre encore plus. -Ce qui n'arrive pas au Thermomètre , au Baromètre , ny à Y Hygromètre, où la qualité de lair élevant la liqueur à un certain degré de finftrumenr, cette élévation de la liqueur marque un même degré de
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- 46 Le Lucimetre, chaleitr , de pefanteur, ou d’humidité de Fair généralement à tous les hommes, qui verront Acompteront tous le même degré de ces qualités.
- Pour répondre à cette difficulté , je dis que la {Sincérité, dont je fais profeffion * ne me permettant pas d’improuver cette obje&ion , ny de nier , ou d’impugner la différence déxaébitude, qu’on y remarque est entre noftre Lucimetre, & le Thermomètre, le Baromètre, & Y Hygromètre, je l’y reconnois moy même franchement & de bonne foy avec ceux,qui font Fobjeéfion. Mais
- Comme nous avons dit qu’il ïi’eftoit pas pofhble de mefu-
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- ou Me/ùfe^Lumière. 4y rer aucune de ces qualités ab-jtblûment ôc en elle- même , mais feulement par rapport à nous, à nos ulages, ôc à nos propres utilités; il faudra ainfi que chacun fe contente de les mefurer ( ôc particulièrement la lumière / par rapport à luy-même, ôc à fà vûë, ôc aux dif-ferens uiages3 ôc befoins, qu’il en poura faire,, ou avoir.
- Que fi l’on veut avoir quelque chofe de plus univerfel en cela, ôc qui puiflè convenir communément à tous , comme dans le Thermomètre, ôcc. Je diray avec tous les Philo-fophes que tout ce qui eft parfait en chaque genre 3 eftant la réglé de tout le reftc en ce
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- 4-8 Le Lucimetre, même genre , il faut juger de l’éxa&e mefiire de la lumière , autant que nous le pouvons, non par les vûës courtes , foi-bles, ou debiles; mais par les meilleures & les plus fines, ou les plus aiguës 5 & les plus iub-riles ; ou du moins par celles , qui font communément cfti-mées les meilleures. Mais Il faut remarquer que la différence quil y a entre les moyens, que j’ay trouvés pour mefurer la lumière , &, ceux quon a trouvés pour mefurer la chaleur , la pefanteur, &: riiumidité de l’air, eft que je mefïire la lumière par la vue, 6c par la puifiance même , dont elle fait l’objet : au lieu
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- ouMefure-Ijimere. 49 que ces autres qualités ne fe mefurent-point par la puififan-ce du toucher , dont elles font les objets; mais elles fe me-fitrent par la vûe , de même que la lumière. Et ü on les vouloit mefarer par l'attouchement v qui en fait fe s objets , en les touchant immédiatement dans leurs fujets , on y trouveroit peut-eftre en>-core plus de différence, èc on s'y tromperait auili plus fou-vent , ôc plus lourdement qu'à la lumière.
- On en peut juger par les laveurs, que tous les goûts ne trouvent pas également douces , ou aigres; agréables, ou defagréables.
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- p Le Lmimetre,
- Il en eft de même de tous les fens, ôc de la vue même. Car quoyque nous convenions tous à dire, qu’un certain objet eft blanc, rouge, ou verdie que la neige eft plus blanche que le lait; il eft pourtant certain que nous ne votons pas tous également tous ces objets dans un même degré de blancheur, de rougeur, ou de verdeur ; & que je vois peut-eftre la neige dans le degré de blancheur , où vous voyez le lait, & ainfi des autres couleurs , ©u qualités à proportion*
- Il en eft encore de même des autres lens à legard des autres qualités , defquels on
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- ou Mefmre-Lumière. j r pouroit dire avec quelque proportion, ce que l’on dit du goût : deguftibus non efi difpu-tanduM qu’il ne faut point difputer des goûts.
- Quelqu’un diroit encore qu’on pouroit marquer les degrés du Thermomètre v du Baromètre 6 .& de Y Hygromètre, par des épingles, ou par de petites chevilles, quun aveugle pourrait compter avec (es doigts, & connoître ainfi par l'attouchement le dé^ré de la
- Cj
- chaleur , &. de ces autres qualités. Mais
- On voit bien aufli que ce-cy'n eft quune défaite, & une évinon hors de propos *, non pas une véritable cbje-
- C ij
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- Le Lucimetre s
- âion, qui impugne ôc combatte ce que je viens de dire. Puifque je ne parle icy que de connoître la différence de ces qualités pard’attouchement en elles-mêmes 3 & dans leurs propres fujets, ôc non pas autrement, 6c on voit bien que cela ne mérite pas une autre, ny une plus ample réponfe, que celle- cy. Mais En attendant que quelqu’un plus ingénieux , plus éclairé , ou plus heureux que moy, trouve quelque xhofe de plus jufte, de plus exaéfc , de plus commode, ou de meilleur, je me contenteray de donner au public ce que mes réflexions jk le fecours de Dieu m ont
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- M Mejure-Luriïiere, 5 f pû fournir ôc inlpirer fiir ce fiijet j ôc qui poura fervir à d'autres pour pouffer la chofe plus loin , & à un plus haut degré de perfection ou je ffauray pas atteins
- C eft ce que je (ouhaite de tour mon cœur y ôc ce que jappren dray. , ôc verrayv tou^ jours avec plaifir;
- Quant à Imftrumèîlt , délit jmy conceu lîdée, pour nous* ftrvir à obferver & mefiirer les degrés de la lumière par 1© moyen réflexe, ça elté fur le modèle ôc l’exemple des lunettes d’approche , dont ors peut voir l'effet dans une chambre bien fermée,comme nous venons de dire, par la difpo-
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- j 4 Le Lucimetre,
- fui on St la frruationdes verres objectifs ôt des oculaires, qui compofenc la lunette. (Et comme on l’a quelquefois pratiqué dans des verres objectifs de jo. ou 60. pieds, ôt plus de foyer* pour lefquels il eft ôc difficileSt embaraffianc défaire des tuyaux & des canaux commodes d une fi grande longueur, St pour une fi longue portée. ) Car les canaux , ou tuyaux, dont on fe fert pour monter les lunettesdaproche, ne faifam que tenir lieu de cette chambre bien fermée , pour empêcher que la lumière extérieure, ou répandue dans l’air, ne trouble l’operation des verres, ou celle de Iceil ,
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- ou Mejure-Lumière. 0 dans la lunette y je croy de même que dans cette operation de mefurer la lumière on pouroit au lieu de cette chambre fermée le lervir de canaux , ou de tuyaux , qui en feroient l’office, (bit'ronds--, foit quar-rés, de fer blanc, de carton,, ou de telle autre matière,que I on voudra , pour y placer & difpofer des miroirs de diftance en diftance , ôc dans une fï-tuation propre à faire,& à recevoir les réflexions neceflfaires pour mefurer les degrés de la lumière. Et
- Je croy que les angles de ^ degrés,tant pour la réflexion, que pour rincidence3feroiét les plus commodes pour cet effet*
- € iiij
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- yê Le Lucïmetre 3 Cela n’empêcheroit pas neanmoins qu’on ne fe pût fervir d’angles plus grands 3 ou plus petits 3 chacun à fa difcretion, pour le même effet.
- On pouroit aufïï en compo-(èr & fabriquer un inftrument commode à cet ufage, & lu y donner le nom de Phengometre3 de Photomètre, ou de Métro-phote3 qui font tous tirés du Grec j ou enfin celuy de Luci-metre, (i on aime mieux le dériver du Latin ; & qui pouroit même paffer pour eftre dérivé tout enfemble du Latin & du Grec. Ce qui n’eft pas fans exemple , comme les termes d'Altimétrie ôc de Plmïmetrïe, chez lesGéometres en font foy.
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- ou Mejure- Lumière. jj
- Ge nom même de Lucimetre paroîc aflez convenable au fu~ jet dans le Latin, fort expref-fif de la choie, facile & doux à la prononciation dans nôtre Langue.
- 3*en laiffe néanmoins le choix aux fçavansla préférence à Pufage, & à la meilleure fortune, que l’un de ces quatre noms poura faire dans le Moïjde, & dans la République des Lettres. Mais en attendant je me lèrviray par provifion du nom de Luci-métré. Mais
- Gomme le Soleil tourne , ôt monte, ou defeend continuellement par fon mouvement ordinaire, il faut monter cet
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- j8 LeLuciwetfe 5
- Infiniment fur un genou, pour le tourner, lelever , ou lab-baiffer félon le befoin, ôc le conformer ainfî au mouvement perpétuel du Soleil, Voila les moyens, ôc les ïn-ftrumens, qui me font venus en penfees fur ce fü jet. Sur lef-quels on poura raffiner encore ôc enchérir dans la fuite, & "trouver quelque chofe déplus beau, de plus commode , de plus fur, de plus parfait, ôc de mieux penfé, ou imaginé : ou corriger, reformer, ôc redref-fer les moyens ôc les Inftru-mens, dont je me fuis avifé, ôc que je n’ay fait peut-eflre qu’ébaucher , pour lâiffer la gloire à d autres de les perfe-
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- ou Mefure-Lumière^ J9 éfionner & achever.
- En quoy je ne laifTeray pas de me eontemer.Car fi jen’ay pas l’avantage d’avoir donné droit au but 3 que je m’eftois propofé, ôc d’avoir trouvé le véricable fecret de mefurer les degrés de la lumière ; j’auray au moins le bonheur & la (a-tisfaétion d’avoir montré ce but aux autres 3 <k d’avoir engagé les fçavans, les habiles, & les curieux fur mon exemple & par mes tentatives 3 de travailler à la recherche de ce fecret, & d’aller à la découverte d’une chofe auffi curieu-fe Ôc defirable que celle- cy a apres leur en avoir ouvert le chemin 3 ôc y avoir marché
- C vj
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- 6o Le Lucimetre $
- rnoy même le premier. Mais Pour ne rien diminuer de la gloire de celuy a à qui feul elle eft due ôc appartient véritablement * il faut rapporter celle de cette invention en hauta d’où elle defcend , ôc toute entière au Pere des lumières> qui en eft la première ôc la vraye feurce, comme l’Auteur de tous les biens , de toutes les grâces 5 ôc de toutes nos penfées j puifque nous ne femmes pas capables den former une feule fans fon fecours ôc fon affiftance, qui nous les int pire ? ôc dont nous ne femmes que de foibles organes ôi des canaux impurs > par lefquels il veut bien les faire palier 5
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- ou Mejuve-Lumiere. 6 a pour les communiquer aux autres : & nous n’y avons fou-vent d’autre part, que l’ombre 8c la crafle , dont nous les couvrons, & les obfeurciffons,& Édifions ainfi en pafiant,&en terniffons l’éclat.
- Peut-eftre que cette idée, cette recherche, & cette dé* couverte , paroifiànt d'abord beaucoup moins utiles, que curi^ufes, pouront n’avoir pas l’eftime 8c l’approbation de tout le monde. Mais,
- Je répons, i °. Que la Morale, qui diflfogue trois fortes de biens , fçavoir l’honête , l’agréable,8c l’utile, nous apprend auffi que de ne s’attacher qu’à la feule utilité dans
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- 6l Le Lucïmetre r les objets de nos puifïànces \ c’eft la marque d'un efprit fer-vile, bas, 6c rempant , qui riz rien de noble 6c delevé : par* ce que le bien utile eft indigne de nos pourfïiites 6c de nos affrétions qu’il ne doit eftreairaé d’un coeur généreux, êc d’un efprit bien fait, que par raport au bien honête 6c agréable , 6c nous ne le devons rechercher , qu’autant qu’il eft capable de nous procurer ce bien honête 3 comme le feul qui convient par bien feance a la nature raifonnable, 6c dont la jouiffance fait le re~ pos 6c la facisfaétion de nos defirs, 6c le vray plaifir, 6c la joye de l’efpritc en quoy con-
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- ou Me Jure-Lumière, éf fijfte toute la nature du bien agréable j comme toute celle de Putile fe termine à nous conduire au bien agréable par la pofTeffion du bien honête.
- Quand bien donc nôtre découverte , fe trouvant du nombre des connoifïances purement fpecuiatives , feroit ab-folument jfterile,& qu’elle n’au-roit autre utilité que de con-noître le nombre des degrés de la lumière $ celles-là citant des vertus intelieéiuelles, qui font les vrayes richefîes, les ornemens , & les plarfirs de Tefprit ; il fera toujours vray de dire que nôtre recherche êc nôtre découverte eft fort honête, c’eft-à-dire fort conve-
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- le Lucmetre s nable 6c bien féance
- a un
- rie humain auquel il fera toujours fore agréable de fça-voir meforer , ou compter6c connoîere les degrés de la lumière. Mais comme je ne dé-
- fèfpere pas même d’y trouver des utilités con(idérables3 pour contenter des efpxits intereffés 6c mercenaires*
- Je répons en (ècond lieu que* fi ceux cy napercevant da-bord aucunes utilités dans cette découverte ,.,nen font pas l’eftime quelle mérite j il ne faut pas s’en chagriner * puifl quelle aura toujours, comme nous venons de dire * lu ffi (a rament dequoy le faire eftimet des honêtes gens , 6c <ic quoy
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- ou Mefùre-Lumiere. ty (è faire aimer & rechercher par les efprits folides, curieux, 8c raifonnables.
- Il faut encore moins s’en-etonner j puifque c’eft le fors de toutes les produâions de l’Art., auffi-bien que delà nature , de n’avoir pas toute leur perfection dans leur n ai {Tance, & de ne pas manifefter des leur commencement tous les ulages, qu’on en peut faire , & qui ne fe connoiffent que dans leur progrès* Et
- Je croy qu’il en a efté de même du Baromètre, du Thermomètre , de ÏHygrometre , 8c de la decouverte de ÏJjman 3 dont on n’a point connu d’a* bord toutes les proprie'te's^
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- 66 Le ÎMcimetre, tous les ufages, & les utilités; êc qu’on na pas laiffé de découvrir depuis.
- C’eft ce qui me fait efpe-rer de dire, que peut eftre avec le temps on poura découvrir dans nôtre Ludmetre des utilités , que je n’y aperçois pas encore moy-même , de que 1 application, qu’on y donnera, poura y reconnoître un jour ; comme pouroit dire
- i°. Le plus, ou moins grand trouble , ou clarté , pureté , ou impureté , fubtilité , ou groffiereté de l’air ( pour en me Cirer les degrés ) par une plus , ou moins grande facilité d apercevoir un même objet, à même heure à peuprês,
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- ou Mefure-Lumière. Cj mais en different jour s ou en même jour 5 êc à differente heure.
- 2,0. La différence des degrés dé la lumière de midy en ERé,. & de midy en Hyver.
- - ' 2° A quelle heure en Efté nous avons pareil degré de lumière > qu’à midy en Hyver.
- 4°. De combien de degrés dans îe temps dune éclipfe , foit du Soleil , ou de la Lune 9. la lumière fera diminuée depuis ôc immédiatement devant le commencement de lecüpfe jufqu’au point de fa plus grande obfcurité3 &;c.
- 5°. On poura même con-noïtre par le moyen direâ: la différence des vues a ou les di£
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- é g Le Lucimêtre
- ferens degrés de la vue des perfbnnes par le plus, ou moins de verres, qu’il faudra aux uns plus qu’aux autres , pour leur cacher un même objet:,.ou lu-minaire. Et
- Gela poura fervir aux Lui netiers pour proportionner le foyer des verres de lunettes aux degrés différé ns delavûë des perfonnes. Et.
- Ainfi de plufieurs autres ufa~ gçs, qu’on poura trouver encore dans la, fuitefélon la.' peine qu’on voudra bien fe donner ,d*y travailler.
- Je laifle au temps , qui fçait meurir toutes chofes,auffi-bien' qu àff’étude & à l’habilité des fçavans ôc des curieux-, à nous
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- ou Me fore-Lumière. 6f
- les découvrir. Tout mon parti fera, d’attendre paisiblement ce qu’il plaira à la iàgefTe èc à la bonté de Dieu d’en faire réuf-fir par fa Providence, & leur travail , en attendant qu’il veuille bien me faire la grâce par fà mifericorde de m’appel-ler àfoy , pour aller contempler avec tous les Saints la lumière de fà gloire, & en con-noître la différence des degrés * qu’il iuy plaira de me mani-feften
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- Cet Ouvrage a eflé propofé par l'Auteur à Meilleurs de l’Academie Royale des Sciences Sc des Arts , affembiés au Louvre le 26. Aouft 165?
- Et depuis préfenté à Moniteur l’Abbé Bignon , Préfident de ladite Academie le 24, Mars 1700. pour le faire approuver.
- APPROBATION.
- J’ay lu par l’ordre de Monfei-gneur le Chancelier le prëfent Manufcrit, & j’ay cru. que l'Invention de mefurer la lumière , qui fait le fujet de ce petit T rai-té, pouvoir eftre donné au public, Fait à Paris ce 25. Mars 1700. Fontenelle , Secrétaire de l’Academie Royale des Sciences.
- ENTRAIT PRIVILEGE . du Roy.
- PAr Privilège du Roy accordé à l’Auteur le 16. Mars
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- iyoo. figné Gamart, & enregU ftré par Ballard, Syndic des Imprimeurs 6c Libraires le 4. Aouft de la même année, pour l’im-pre filon de la nouvelle Découverte fur la Lumière, d’un moyen à'en me-Jurer & d’en compter les deorés, pendant fix années entières & con-fecutives, à compter du jour que la première Impreffion en fera achevée, il eft défendu à tous Libraires , Imprimeurs & autres , de quelque qualicé ôc condition qu’ils Soient d’imprimer ou faire imprimer, contrefaire ou imiter, vendre 8c débiter ledit ouvrage, fous quelque pretexte d’Extrait, d’Abrégé ou autre forme & Titre que ce l'oit, fans le confentement dudit Auteur, ou de ceux, qui auront droit de luy , à peine de confiscation des Exemplaires contrefaits, de deux mille livres d’amende , & de tous dépens, dommages ôc interefts, Sc de .tou*
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- ftcs autres peines ordinaires en pareils cas , ainfi. qu’il eft plus au long porté par ledit Privilège,
- L’Auteur s’eft accommodé de fon Privilège & l’a mis entre les mains d’un/dc fes Amis , qui a choifi L. S e vestb.e , Imprimeur & Libraire, pour imprimer & débiter ledit Ouvrage,fuivant l’accord fait entre eux.
- ^Achevé d*imprimerpour la première fois le 13. Septembre ijoo.
- Les Exemplaires ont efiè fournis.
- On trouvera les Inftrumens propres pour Faire ces experien-chez Charles des Feu gérais, Marchand Miroitier & Lunet-tier, fur le Quav de l’Horloge du Palais, a la Fleur de Lys Couronnée, à Paris.
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