- Accueil
- > Catalogue général
- > Grandvoinnet, Jules Alexandre (1824-1890) - Traité élémentaire des constructions rurales. ...
Traité élémentaire des constructions rurales. Tome I, Principes généraux de construction
-
-
- p.n.n. - vue 1/174
-
-
-
- TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
- DES
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- \
- p.n.n. - vue 2/174
-
-
-
- Typographie Firmin-Didot. — Mesnil (Eure).
- p.n.n. - vue 3/174
-
-
-
- ir Hg.m
- BIBLIOTHÈQUE DU CULTIVATEUR.
- TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
- DES
- CONSTRUCTIONS RURALES,
- PAR
- J. A. GRANDVOINNET,
- Professeur de génie rural à l’Institut national agronomique.
- TOME PREMIER.
- PRINCIPES GÉNÉRAUX DE CONSTRUCTION.
- OUVRAGE ORNÉ DE 306 FIGURES.
- Ci
- PARIS.
- LIBRAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE,
- 26, RUE JACOB, 26.
- 1883.
- Page de titre n.n. - vue 4/174
-
-
-
- p.n.n. - vue 5/174
-
-
-
- PRÉFACE.
- Le propriétaire qui veut bâtir à la campagne doit non seulement avoir de saines notions sur les dispositions les meilleures à donner aux bâtiments ruraux, mais il doit aussi être familiarisé avec les moyens d’exécution , c’est-à-dire connaître ce qu’on appelle les travaux du bâtiment.
- L’ouvrage que nous présentons au public a été fait tout spécialement pour servir de guide au propriétaire rural. Dans le peu de pages dont nous pouvions disposer, pour que notre livre prît place dans la Bibliothèque du Cultivateur il était impossible d’entreprendre un Traité complet. Nous avons donc dû nous restreindre aux parties les plus essentielles et ne faire que de la pratique terre à terre : pas de calculs pour l’établissement des formules, pas de théories, pas de discussions; rien que des conseils et des chiffres.
- La division de ce manuel était toute naturelle : le tome I, qui forme un tout bien distinct du tome II, renferme une étude rapide mais suffisamment explicite des divers travaux du bâtiment.
- Le tome II comprend l’examen des bâtiments ruraux.
- C’est en somme un résumé du Traité complet des constructions RURALES que nous avons en préparation, d’après le programme que nous avons adopté pour le cours que nous avons professé à l’École nationale d’a-
- CONSTRUCTIONS RURALES. — T. I. «
- p.r7 - vue 6/174
-
-
-
- VIII
- PRÉFACE.
- griculture de Grignon pendant plus de 30 ans, et que nous continuons à l’Institut national agronomique.
- L’étude détaillée des travaux de bâtiment est faite surtout au point de vue du propriétaire qui fait construire. Nous donnerons tous les renseignements nécessaires pour faire apprécier sûrement la valeur des divers matériaux et la manière dont les travaux doivent s’exécuter pour être durables avec le minimum de dépense. Les éléments des prix de revient seront aussi soigneusement détaillés.
- Dans l’étude des bâtiments ruraux, nous déterminerons les diverses conditions auxquelles chaque catégorie doit satisfaire et nous donnerons les plans d’un nombre suffisant de bâtiments modèles pour les divers cas qui peuvent se présenter.
- J. A. G.
- p.r8 - vue 7/174
-
-
-
- TABLE DES CHAPITRES
- DU TOME PREMIER.
- Livre I. — Terrassement.
- Pages.
- I. Matériaux..........1
- II. Travaux simples....... 2
- 1. Définitions............. 2
- 2. Déblais.................. 2
- Fouilles. — Jets. — Talus.
- — Foisonnement.
- 3. Transports................ &
- 4. Remblais................. S
- Pages.
- Régalage au remblai. — Tassage, damage ou pilonnage. — Talutages et nivellements. — Gazonnement.
- — Corrois.
- III. Travaux composés.... 8
- Mode de décomposition des travaux de terrassements. Ex. : Fondation des murs d’un bâtiment en terre franche ;étabiissement d’une digue d’étang.
- Livre IL — Maçonnerie.
- I. Matériaux............ 10
- 1. Pierres................. 10
- Pierres naturelles : pierres calcaires, gypseuses, siliceuses, argileuses, mixtes. — Pierres artificielles : briques, briques réfractaires, blocs de béton.
- 2. Matériaux de liaison...... 17
- Chaux et ciments. — Sables. — Plâtre. — Terres franches, argileuses.
- II. Travaux élémentaires. 21
- 1. Confection des mortiers et
- des chaux.................. 21
- Extinction de la chaux. — Dosage de la chaux et du sable. — Fabrication du mortier.
- 2. Gâchage du plâtre.......... 24
- 3. Fabrication du mortier de
- terre....................... 25
- 4. Taille des pierres......... 25
- 5. Exécution d’une portion de
- mur...................... 26
- Définitions. — Charges d’écrasement des différentes pierres naturelles ou artificielles. — Moellons. —
- Mur en moellons bruts. —
- Mur en pierres de taille. —
- Mur en briques. — Mur en béton et en pisé.
- 6. Exécution des voûtes.... 38
- Définitions. — Formes à donner aux voûtes. — Exécution d’une voûte : en pierre de taille ; en briques ; en moellons ; en béton.
- 7. Légers ou petits travaux
- de maçonnerie............. 44
- Buts et définitions. — Jointement et rejointement.
- — Enduits. — Aires. — Plafonds. — Galandages. — Cloisons.
- III. Travaux composés.... 46
- 1. Fondations............... 4
- i
- p.r9 - vue 8/174
-
-
-
- X
- TABLE DES CHAPITRES.
- Pages
- Buts. — Fondations naturelles. — Fondations artificielles : sous-sol compressible; fondation sur sous-sol constant ; fondation dans
- l’eau.
- 2. Murs divers................ 51
- Murs de clôture. — Murs de soutènement. — Murs de
- revêtement. — Murs mixtes ou de revêtement et de sou-
- Livre III. —
- I. Matériaux........... 72
- 1. Essences forestières employées en charpente...... 72
- Qualités à rechercher. —
- Bois durs dits de gros œuvre : chêne, orme, frêne, châtaignier, robinier, hêtre, érable, noyer, platane, mûrier. — Bois mous de gros œuvre ou bois résineux : mélèze, épicéa, pin sylvestre, sapin, cèdre, cyprès. — Bois mous de moyen œuvre, dits bois blancs": bouleau, peupliers.
- II. Travaux élémentaires. 76
- 1. Equarrissage............ 76
- But, définitions. — Équarrissage à la hache. — Divers degres d’équarrissage. — Equarrissage à la scie.
- 2. Débit des bois............ 79
- 3. Assemblages des pièces de
- bois.................... 80
- Livre IV. —
- I. Matériaux.............. 110
- 1. Pentes pour divers matériaux et climats........ 110
- 2. Etude des matériaux..... 111
- Divers matériaux employés. — Tuiles. — Ardoises. — Métaux pour couvertures. — Matériaux divers de couverture.
- II. Travaux simples......119
- Pages
- tènement. — Murs de bâtiments. — Ordonnancement des murs.
- 3. Cloisons.................. 68
- En pans de bois. — Cloisons murées. — Cloisons en planches ou lambrissées.
- 4. Planchers................. 69
- 5. Plafonds................. 70
- 6. Planchers incombustibles. 70
- Charpenterie.
- Buts et définitions. — Tableau de la classification des assemblages de charpente.
- — Assemblages de rencontre , de croisement, d’ente, de serrement. — Travaux simples divers.
- III. Travaux composés.... 86
- 1. Pans de bois............... 86
- 2. Planchers.................. 89
- But, définitions. —- Planchers simples. — Planchers composés. — Planchers d’assemblage. — Détails d’exécution des planchers.
- 3. Combles................... 93
- But, définitions. — Théorie des fermes. — Tableau des équarrissages en centimètres des différentes pièces de fermes. — Pratique des fermes de comble.
- 4. Cintres............ 109
- Couvertures.
- 1. Pose en plein toit......... 119
- Tuiles plates. — Tuiles mécaniques. — Ardoises. —
- Zinc et papiers.
- 2. Travaux accessoires de
- couverture............... 122
- Egouts. — Faîtage. — Arêtiers. — Rives. — Travaux accessoires divers.
- III. Travaux composés... 126
- p.r10 - vue 9/174
-
-
-
- TABLE DES CHAPITRES.
- xi
- Livre V. — Menuiserie.
- Pages.
- I. Matériaux........... 12T
- II. Travaux simples..... 130
- 1. Préparation des bois.. 130
- Débits ou sciages. — Blanchissage et corroyage.
- 2. Assemblage des bois... 131
- III. Travaux composés... 132
- Pages.
- 1. Portes.................. 132
- 2. Volets et persiennes...... 134
- 3. Fenêtres................ 134
- 4. Parquets................ 135
- 5. Ouvrages divers. 136
- 6. Prix des travaux composés
- de menuiserie............ 136
- Livre VI. — Serrurerie.
- I. Matériaux............ 138
- 1. Fers.................. 138
- 2. Fontes................ 139
- 3. Matériaux divers...... 141
- II. Travaux simples..... 141
- 1. Généralités........... 141
- 2. Travail du fer à chaud.... 141 Forgeage et soudage. — Étampage.
- 3. Travail du fer à froid.. 143
- Coupage. — Perçage. — Tournage, alésage et ajustage. — Taraudage et filetage.
- III. Travaux composés... 144
- Charges que peuvent supporter les fers à double T.
- — Fers dits à double T. — Gros fers de bâtiment. — Ouvrages en fer à double T. — Fonte. — Quincaillerie.
- Livre VII. — Plomberie et fontainerie.
- Quelques renseignements généraux pouvant servir de base à l’établissement de
- devis approximatifs pour les travaux de plomberie et fontainerie............... 152
- Livre VIII. — Peinture et vitrerie.
- I. Matériaux............ 153
- 1. But de l’emploi de ces matériaux.................... 153
- 2. Couleurs, huiles, etc.. 153
- 3. Verres à vitres....... 153
- H- Travaux simples...... 154
- L Travaux préparatoires... 154
- 2 Travaux complets de peinture...........„........... 155
- Peintures en grandes cou-
- ches. — Travaux divers.
- 3. Tentures............... 155
- 4. Pose des carreaux...... 155
- IIÏ. Travaux composés.... 156
- Prix divers : Ouvrages préparatoires, ouvrages en détrempe ; ouvrages à l’huile ; tenture ; vitrerie.
- FIN de LA TABLE DES CHAPITRES*
- p.r11 - vue 10/174
-
-
-
- p.r12 - vue 11/174
-
-
-
- DES
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- PREMIÈRE PARTIE. PRINCIPES GÉNÉRAUX DE CONSTRUCTION.
- LIVRE 1. TERRASSEMENTS.
- I» SECTION : MATÉRIAUX.
- Le terrassier doit fouiller, jeter, transporter ou établir des terres de diverses natures. Les unes sont faciles à travailler et légères ; les autres, tenaces et lourdes.
- Voici les poids de quelques terres, par mètre cube.
- kil.
- Terre végétale de moyenne consistance, plutôt
- légère que forte.........................
- Terre franche ............................ ’ 6
- Terre argileuse............................ ’
- Glaise..................................... 1,yUU
- Sable terreux.............................. 1,700
- Sable pur.................................. 1»900
- Ces chiffres varient notablement suivant l’état hygrométrique de ces terres.
- CONSTRUCTIONS RURALES. — T. I.
- p.1 - vue 12/174
-
-
-
- 2
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 2« SECTION : TRAVAUX SIMPLES.
- CHAPITRE I. DÉFINITIONS.
- Tout déplacement d’une terre quelconque constitue un travail de terrassement.
- En général, il consiste à enlever, d’un point donné, de la terre pour la transporter en un autre point où elle est solidement établie.
- Enlever de la terre, d’un lieu donné, en la fouillant pour la rendre meuble et la jetant à sa place définitive ou dans un véhicule , c’est déblayer, faire un déblai.
- Employer, en une place donnée de la terre, apportée d’ailleurs, pour faire une digue, une terrasse, boucher un trou, etc., c’est remblayer ou faire un remblai.
- CHAPITRE II. DÉBLAIS.
- § 1. Fouilles.
- Le sable et la terre de bruyère peuvent être enlevés directement à la pelle et chargés sur un véhicule; mais la plupart des autres terres ne peuvent être pelletées qu’après avoir été ameublies sur place à la bêche, à la pioche, ou au pic, suivant leur ténacité et suivant qu’elles sont pierreuses ou non.
- Le temps nécessaire pour ce travail de fouille est très variable. Si un ouvrier ordinaire peut fouiller un mètre cube de terre franche non pierreuse en six,dixièmes d’heure, ou 36 minutes, il lui faudrait au moins un temps double pour le même volume de terre argileuse dure et pierreuse.
- § 2. Jets.
- La terre ameublie est enlevée à la pelle et jetée au lieu même où l’on veut faire le remblai, si la distance ne dépasse pas 6 mètres en longueur et 2 à 4 mètres én hauteur ; ou dans un véhicule, si la terre doit être transportée! au loin.
- Le temps nécessaire pour jeter ou charger, à 2 mètres
- p.2 - vue 13/174
-
-
-
- TERRASSEMENTS.
- 3
- horizontalement ou à lm,6 verticalement, ou pour jeter t mètre cube dans une brouette, est d’environ six-dixièmes d’heure ou 36 minutes pour les terres de moyenne consistance non pierreuses; il faut presque huit dixièmes d’heure ou 48 minutes, si la terre est tenace et pierreuse et que le jet s’étende horizontalement à 3 mètres ou verticalement à deux mètres, ou que le chargement se fasse en un tombereau.
- § 3. Talus.
- Lorsque le déblai a pour but de faire un trou dans le
- sol pour la fondation d’un mur, pour l’emplacement d’une cave, etc., les parois de la fouille peuvent être taillées verticalement, à la condition de remplir le vide le plus tôt possible
- avec la maçonnerie, ou de revêtir les parois de murs d’une
- épaisseur suffisante, où de les soutenir par des planches B
- calées par des étrésillons A (fig. 1); mais si le trou ou le canal
- W°asÆ ^\çTaIus
- itp® Talus
- [
- Fig. 2. — Talus 0,373
- Fig. 1. — Tran- de déblai incliné Fig. 5. — Talus
- chée avec être- à 45 degrés sur de déblai ; ter-
- sillons. l’horizon ; terre légère. re forte.
- creusé doivent rester ouverts, les parois de la fouille doivent être inclinées sur l’horizon d’un angle variable suivant la nature des terres. En effet, les agents atmosphériques, par leur action faible mais continue, désagrègent assez vite les parois; et les terres s’éboulent jusqu’à ce que le talus de l’éboulement soit tel que les molécules de terre ne puissent plus rouler spontanément. 11 suffît, pour cela, que l’inclinaison sur l’horizon soit moindre que l’angle de frottement de glissement des terres sur elles-mêmes, angle que l’on peut déterminer par des expériences directes. L’inclinaison du talus d’éboulement naturel n’est pas constante du haut en bas; mais, en pratique, on le suppose: pour
- p.3 - vue 14/174
-
-
-
- 4
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- les terres les plus légères, on peut admettre (fig. 2) une inclinaison de 45°, soit 1 mètre de base pour un mètre de hauteur : pour les terres tenaces, un talus de 60° ou 0®,578 de base pour un mètre de hauteur (fig. 3). Le talus doit être d’autant moins incliné sur l’horizon, c’est-à-dire avoir une pente d’autant plus douce que la terre est plus exposée aux influences atmosphériques.
- § 4. Foisonnement.
- Le déblai a toujours un volume supérieur à celui du vide d’où il a été extrait. Ce foisonnement varie avec les terres et les outils employés à la fouille. Dans les calculs, le cube compté est toujours celui du vide.
- CHAPITRE III. TRANSPORTS.
- § 1. Transports horizontaux.
- Le transport horizontal des terres peut se faire par un, deux ou trois jets successifs à la pelle, ou par un véhicule quelconque, glissant ou roulant, et même à dos d’homme ou de bêtes de somme. Le mode de transport adopté dépend de la nature des chemins, et le véhicule employé dépend surtout de la distance.
- S’il n’existe pas de chemins et si le terrain est très irrégulier, le Transport à dos peut être le seul possible ; mais c’est une exception dont il n’y a guère à s’occuper en France.
- Si la distance horizontale entre la fouille et le lieu du remblai ne dépasse pas 9 mètres, on jette la terre d’abord à 3 mètres, puis on la reprend pour la jeter à 3 mètres plus loin et ainsi de suite. Le transport, à 3 mètres, 6 mètres ou 9 mètres exige alors environ 0h,8-!h,6 et 2h,4, c’est-à-dire 48 min., 1 h. 36 min. et 2 h. 24 min. d’un pelleteur.
- Lorsque la distance du transport dépasse 9 mètres, il convient de charger le déblai dans une brouette : la caisse doit avoir ses trois côtés très évasés, pour la facilité du déchargement et la roue, une jante convexe pour passer facilement dans les pierres en les écartant. La brouette peut être chargée de 33 à 50 litres de terre suivant que celle-ci est plus
- p.4 - vue 15/174
-
-
-
- TERRASSEMENTS.
- 5
- ou moins lourde; et un homme peut la conduire pleine à 30 mètres et revenir à vide pendant qu'un pelleteur charge une autre brouette. Cette distance horizontale de 30 mètres est prise, pour cela même, comme relai de brouette : on met autant de routeurs-brouetteurs qu’il y a de fois 30 mètres horizontalement et de fois 20 mètres si le chemin a une pente de plus de huit centimètres par mètre.
- Dès que la distance de transport dépasse trois ou quatre relais, il y a avantage à employer des charrettes à bras et surtout des tombereaux à un, deux, trois ou quatre chevaux.
- Enfin, pour les distances dépassant mille mètres, et des cubes importants, il y a intérêt à employer de petits chemins de fer sur lesquels les wagons sont tirés par des chevaux et même, pour les travaux importants, par des locomotives.
- g 2. Transports verticaux.
- On peut élever la terre, indirectement, en faisant les transports sur un chemin en pente forte. C’est alors en réalité un transport mixte horizontal et vertical, dont nous n’avons plus rien à dire. Mais il est quelques cas où le transport doit se faire réellement suivant la verticale. Tant que la hauteur ne dépasse pas 6 mètres et que les dimensions de la fouille le permettent, on peut élever la terre par un, deux ou trois jets verticaux successifs en se servant de banquettes étagées, espacées verticalement de iin60 environ, et sur lesquelles la terre est jetée pour être reprise une ou deux fois.
- Lorsque la hauteur verticale dépasse 6 mètres (puits etc.), on élève les terres à l’aide de treuils ou autres appareils spéciaux.
- CHAPITRE IY. REMBLAIS.
- § 1. Régalage au remblai.
- Les véhicules, brouettes ou tombereaux, déposent le déblai en tas, au lieu même où le remblai doit être établi. Le premier travail, à ce remblai, est le régalage, ou éparpillement, en couches uniformes, de ces tas irréguliers. L’ouvrier se sert, pour cela, de houes fourchues, de râteaux, etc.
- p.5 - vue 16/174
-
-
-
- 6
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Il doit trier les matériaux, de façon à enlever les grosses pierres et faire en sorte que chaque couche d’environ 20 centimètres d’épaisseur soit composée d’une même nature de terre : s’il faut employer les pierres, on en fait une couche uniforme entre deux couches de terre, de temps en temps. Cette uniformité est nécessaire pour que le tassement du remblai se fasse également partout en proportion de l’épaisseur même.
- Pour régaler un mètre cube, un homme emploie de un quart à un tiers d’heure suivant la nature de la terre et la précision du régalage.
- § 2. Tassage, damage ou pilonnage.
- Les remblais tassent toujours, de sorte qu’il est nécessaire d’attendre un certain temps pour qu’ils aient pri& leur véritable forme. Pour éviter cette attente, et faire un remblai plus convenable, on opère artificiellement le tassage, au fur et à mesure de la pose des couches de remblai, en les-comprimant à l’aide de battes, de dames ou de pilons.
- Cette opération ne se fait bien que lorsque la terre est dans un certain état de moiteur : trop sèche', elle est élastique et reprend, immédiatement après le choc, sa position primitive ; car l’air renfermé entre les molécules fait l’effet d’une infinité de petits ressorts ; humide, la terre s’attache, le plus souvent, aux instruments, et le travail est fort mauvais.
- On doit damer d’autant plus que la terre tasse davantage : les terres riches tassent beaucoup ; les terres franches, sensiblement: les sables, peu, et les graviers, très peu.
- Pour damer un mètre cube de terre, par couches de 20 centimètres d’épaisseur, il faut de un tiers à une demi-heure d’un homme de force ordinaire.
- Pour de grands remblais, on pourrait utiliser les lourds rouleaux en fonte employés dans les fermes.
- § 3. Talutages et nivellements.
- On appelle ainsi l’établissement des talus ou des paliers bruts en plans parfaits, d’une inclinaison donnée, ou horizontaux, à l’aide de niveaux, de piquets et de cordeaux tendus.
- p.6 - vue 17/174
-
-
-
- TERRASSEMENTS.
- 7
- Pour niveler ou taluter 1 mètre carrée un homme emploie de six à dix centièmes d’heure soit de 4 à 6 min. suivant le moins ou le plus de soin qu’il met à ce travail. La régularisation des parois d’une tranchée exige trois fois moins de temps.
- L’inclinaison des talus de remblai dépend des terres ; elle est toujours plus faible que celle des déblais : soit 36° pour les terres les plus ébouleuses et 45° pour les plus fermes (frg. 4 et 5).
- § 4. Gazonnement.
- Pour éviter l’éboulement des parois des talus, et la déformation des parties horizontales des remblais, on les revêt
- Talus
- l'cmblai.
- ïïej-.’P a a id :i r.i a a a a a a a a an
- 3 CI
- fïn;::rr';n n m R
- Fig. h. — Talus do remblai en terre sablonneuse.
- Fig. 5. — Talus de remblai en terre forte. *
- Fig. 6. — Talus re-gazonné à clair-voie.
- souvent de gazons, par plaques de 0m25 sur 0m25, placées côte à côte, mais non serrées, ou repiquées par fragments de huit centimètres tant plein que vide (fig. 6) ou plus écartées même si l’on veut économiser le gazon.
- Pour enlever les gazons, les découper, les replacer et les damer (transport non compris) il faut, par mètre carré de un dixième à quinze centièmes d’heure, soit de 6 à 9 minutes.
- § 5. Corrois.
- On nomme ainsi des remblais en argile corroyée (pétrie) faits par couches minces et bien pilonnées. On les emploie derrière des murs en pierres sèches ou au milieu de digues pour qu’ils ne laissent pas passer l’eau. Un corroi ne doit pas être exposé à l’air : il se fendillerait. L’argile n’est imperméable que lorsqu’elle est saturée d’eau (70 0/0).
- Pour faire un mètre cube de corroi (employant 25 d’argile) un homme met de 4 à 8 heures suivant qu’il travaille à sec ou dans l’eau et suivant qu’il est libre ou gêné dans ses mouvements.
- p.7 - vue 18/174
-
-
-
- 8
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 3<= SECTION : TRAVAUX COMPOSÉS.
- CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS.
- Tout travail de terrassement comprenant au moins deux ravaux simples est un travail composé. La presque généralité des travaux de terrassement est dans ce cas, et il n’y a jamais grande difficulté à décomposer un travail de terrassement pour savoir quels sont les travaux simples qu’il comprend, et déterminer le nombre d’ouvriers de chaque catégorie qu’il faut employer. Cependant, comme il n’est pas possible de donner des règles générales, nous allons indiquer par quelques exemples le mode de décomposition des principaux travaux de terrassements.
- Fondation des murs d’un bâtiment en terre franche. — La profondeur ne dépassant pas 1 mètre, la terre fouillée sera jetée directement sur berge à l’intérieur du bâtiment ; puis épandue par un jet sur toute la surface du futur plancher
- pour en surélever le niveau. Ce remblai sera pilonné fortement, puis nivelé, ainsi que le fond et les parois des fouilles. Cette
- description suffit à elle seule
- pour faire reconnaître que chaque mètre cube de terre
- Fig. 7. — Vue perspective de fouille en , . ,
- rigolles pour fondation de mur. sera 1°, IOUllIej 2 , jete Sur
- berge; 3°, repris à la pelle et jeté horizontalement à 2 mètres en moyenne, puis, 4°, pilonné et enfin, chaque mètre carré du remblai sera, 5°, nivelé. Quel sera le cube extrait?
- Soit, par exemple (fig- 7), une longueur et une largeur entre murs de 12 et 6 mètres, une profondeur de fouille de 0m,70 avec une largeur de 0m,60.Le cube extrait serait égal , à la différence entre un parallélépidède ayant 13,m20 de long et 7m,20 de large et un autre n’ayant que 12 mètres sur 6 avec une même profondeur de 0m,70, soit 16 m. cubes 128 litres.
- p.8 - vue 19/174
-
-
-
- TERRASSEMENTS.
- 9
- lCr cube : 13m,20 de long X 7m,20 de large x 0m,70
- de profondeur.................................. 66m. cubes 528
- 2™e cube 12m. de long x 6m. de large X 0m,70 de profondeur........................................ 50m. cubes 400
- Différence représentant le cube extrait.... 16m. cubes 128
- Pour chaque mètre cube : 1° Fouille .. 0 heure 60
- 2° Jet petit, o . 60
- 3° Jet horiz. 0 60
- 4° Pilonnage 0 33
- 2 11. 13 à 0f,25
- soit 01’,53 par mètre cube, et pour 16m3,128............ 8f,55
- Nivellement de 12 X 6 = 72m2 à 0h,6 = 4ll,32.
- Nivellement du fond et des côtés-de la rigole, comme plus-value de travail gêné, 76m2,80 à 0h,02 = lh,536.
- Ensemble 5\86 à 0f,25......................................... 0,46
- Total........................... lOt',01
- Ce qui donne pour prix de revient réel du mètre cube de fondation en rigole, tout compris, la somme de 0f,62, si l’heure de travail des ouvriers est de 0f,25 : ce prix de l’heure est d’ailleurs souvent dépassé.
- Établissement d’une digue d’étang (fig. 8). — La terre
- franche argileuse enlevée sur les bords d’amont du futur étang, pour en augmenter la capacité et l’assainir, est le déblai qui servira à faire la digue. Or ce déblai exige, 1 °, une fouille 5 2°, un jet sur brouette ou tombereau; 3°, un transport à une distance moyenne que nous supposerons de 200 mètres. Au remblai, cette terre sera, 4°, régalée, 5°, pilonnée; puis les parois des talus seront, 6°, nivelés et, 7°, gazonnés. Le travail total est ainsi décomposé en sept travaux simples faciles à estimer séparément d’après ce qui précède.
- Pig. 8. — Vue en coupe et en perspective d’une digue d’étang.
- 1.
- p.9 - vue 20/174
-
-
-
- 10
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- LIVRE IL MAÇONNERIE,
- ire SECTION : MATÉRIAUX.
- CHAPITRE I. PIERRES.
- § 1. Pierres naturelles.
- Les murs sont faits de solides résistant à l’air et à la pression , rangés stablement et reliés entre eux par un mortier quelconque pouvant se solidifier plus ou moins complètement. On appelle pierre tout fragment d’une roche naturelle solide quelconque. Entrés petits fragments, ce sont des cailloux; en petits morceaux, des pierrailles ; en morceaux de quelques litres de volume, des moellons, et, en blocs plus grands, dignes d’être taillés, ce sont des pierres de taille.
- Les roches géologiques étant extrêmement différentes de composition, il en est de même des pierres naturelles, et leur classification devait se baser sur leur provenance, leur composition ou leur emploi. D’après Y. Régnault, les pierres peuvent être divisées en trois classes :
- 1° Roches silicatées comprenant les pierres feldspathiques, les ardoises et les serpentines.
- 2° Les roches quartzeuses.
- 3° Les roches calcaires se distinguant en pierres carbonatées et en pierres sulfatées ou gypseuses.
- Pour simplifier, on ne fait que quatre groupes dont les caractères sont assez tranchés : 1°, les pierres calcaires; 2°, les pierres gypseuses ; 3°, les pierres siliceuses et, 4°, les pierres argileuses.
- Pierres calcaires. — Pour le maçon, qui ne peut s’occuper de leurs caractères chimiques, le caractère général des calcaires est de donner de la chaux par la calcination ; et la chaux, comme nous le verrons plus loin, est toujours facile à distinguer. Les roches calcaires sont stratifiées : elles se trouvent donc en bancs, horizontaux ou plus ou moins inclinés, d’une épaisseur uniforme.
- p.10 - vue 21/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 11
- Comme on trouve les calcaires dans des formations géologiques d’âges très différents, il y a des calcaires de toutes duretés, depuis le marbre des statuaires jusqu’au tuf crayeux : et leur couleur peut varier du blanc le plus pur jusqu’au rouge ou noir foncé. Leurs densités sont aussi assez différentes.
- Tous les calcaires ont leur emploi en construction. Les marbres servent à faire des devants de cheminée, des carrelages de vestibules ou de salles à manger, etc.
- Les calcaires non coquillers, à grain fin, susceptibles d’un certain poli ( liais et faux liais) sont employés pour faire des seuils, des appuis de fenêtres, des pierres d'évier, des carreaux de vestibule et de salle à manger, des mangeoires, etc.
- Les calcaires plus ou moins, coquillers, les calcaires assez tendres, mais non gélifs, sont employés comme pierre de taille ou moellons à la construction des murs.
- Les calcaires tendres et poreux servent à faire des pierres à filtrer l’eau.
- Enfin, tous les calcaires servent à faire de la chaux.
- Pierres gypseuses. — Leur caractère général est de donner du plâtre lorsqu’on les calcine. Et le plâtre se reconnaît facilement.
- Les gypses plus ou moins purs se trouvent en amas dans certaines formations géologiques.
- Le gypse assez pur a, comme seul emploi utile, la fabrication du plâtre qui du reste a une très grande valeur comme matière de liaison. A un état particulier, le plâtre se nomme faux albâtre et sert parfois à faire des objets d’ornements.
- Les gypses impurs peuvent servir comme pierres pour faire des murs de clôture peu élevés : ils ne conviennent pas aux murs de bâtiment.
- Pierres siliceuses. — Comme caractère général positif, elles font feu sous le choc d’un morceau d’acier. Comme caractères négatifs, elles ne donnent, par la cuisson, ni chaux ni plâtre.
- Les pierres siliceuses se présentent sous des aspects extrêmement variés : les unes se trouvent en morceaux irréguliers disséminés dans les couches géologiques superficielles
- p.11 - vue 22/174
-
-
-
- 12
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- ou peu profondes ( meulières, silex) ; d’autres, en grosses masses (grès) ; d’autres forment les massifs de certaines montagnes : granits et porphyres, gneiss, etc., ou en dépendent, les laves par exemple.
- Les granits, d’une composition très variée, sont d’excellentes pierres de construction : très dures, presque inaltérables à l’air et à l’eau, elles seraient d’un précieux emploi pour toutes les maçonneries, comme moellons ou pierres de taille, si leur dureté ne les rendait très difficiles et très coûteuses à tailler ou à diviser. On emploie toutefois le granit et les pierres analogues, les laves mêmes, pour les parties d’édifices ayant à supporter des chocs et des frottements répétés, comme les seuils ; ou pour appuis et linteaux de fenêtres et de portes. Dans les cours ou rues, pour bordures de trottoir, etc.
- Les meulières, de la variété dite caverneuse, sont précieuses en construction; elles prennent admirablement le mortier ; de sorte que, si celui-ci est de bonne qualité, le mur en meulières ne forme plus qu’un bloc ; les enduits de ciment y adhérent parfaitement. On peut faire ainsi des fosses, des égouts parfaitement étanches. Les fragments plus ou moins fins de meulières, mélangés avec moitié de leur volume de. très bon mortier hydraulique, forment un béton d’excellente qualité que l’on peut mouler pour faire des voussoirs de voûtes. des auges, etc., d’un emploi très avantageux.
- Les meulières et silex compacts cassés en fragments uni-ormes, pouvant passer dans un anneau de sept centimètres de diamètre, servent à faire les routes à la Mac-Adam ou du béton pour la fondation des murs, etc.
- 11 en est de même des fragments de porphyre, de granit, etc.
- Les grès des anciennes formations géologiques, ordinairement colorés, à grains grossiers, peuvent servir à la construction des murs, car ils prennent assez bien le mortier ; mais les grès plus récents, à grains fins, ne prenant pas le mortier, ne sont employés qu’en petits parallélépipèdes au pavage des bâtiments, des cours et des rues ; ils ont la propriété de se diviser perpendiculairement à leur surface,
- p.12 - vue 23/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 13
- quand on les frappe à petits coups répétés avec de lourds marteaux à arête tranchante.
- Les cailloux roulés siliceux cassés, les gros graviers, servent à faire de bon béton.
- Les pierres argileuses n’ont, à proprement dire, que. des caractères négatifs, au point de vue des travaux de maçonnerie : elles ne donnent ni chaux ni plâtre par la cuisson et ne font pas feu au briquet : elles ne font pas effervescence avec les acides. Parmi ces pierres, celles connues sous le nom de schistes, se rencontrent dans quelques anciennes formations géologiques sous forme de couches ordinairement très inclinées sur l’horizon.
- Quelques schistes sont dits ardoisiers, par suite de la propriété qu’ils présentent de se diviser, par la fente, en lames minces (ardoises) employées surtout pour la couverture des divers édifices.
- Les schistes sont extrêmement variables en composition, et, par suite, en dureté. Tandis que quelques-uns se désagrègent facilement à l’air et résistent peu à la compression ou au frottement, d’autres, ordinairement très siliceux, sont très durs et résistent bien aux influences atmosphériques. Un grand nombre de schistes sont, par suite, d’un bon emploi pour la construction des murs.
- On divise certains schistes à l’aide de scies circulaires en plaques minces qui servent dans la construction, pour tables de laiteries, pour séparations exposées à l’humidité, etc.
- Pierres mixtes. — La division des pierres naturelles entre les quatre classes que nous venons d’indiquer ne peut être faite d'une manière absolue. Certains calcaires sont fortement siliceux, argileux ou magnésiens; il y a des calcaires d’aspect schisteux et des schistes très fortement siliceux. Certaines pierres peuvent donc présenter les caractères de deux classes ; elles auront par suite dés propriétés mixtes comme leur composition.
- § 2. Pierres artificielles.
- Lorsque la localité dans laquelle on veut construire ne produit pas de pierres naturelles et que l’on ne peut en tirer
- p.13 - vue 24/174
-
-
-
- 14
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- que de carrières situées à une grande distance, on a souvent avantage à fabriquer des pierres artificielles avec les matériaux du pays.
- Les pierres artificielles les plus employées sont les briques. Dans les pays chauds, en Orient pâr exemple, on employait jadis des briques crues. C’étaient de petits parallélépipèdes moulés en argile ou terre argileuse et séchés à l’air (àl’ombre). On ne pouvait construire avec ces briques crues que des murs de peu de hauteur; car elles ne pouvaient résister à une pression un peu considérable.
- Actuellement, on soumet à la cuisson ces petits parallélépipèdes d’argile moulée : et on obtient de petites pierres artificielles régulières d’une résistance comparable à celle des meilleures pierres naturelles qui permettent de faire des murs ou cloisons de toute épaisseur depuis 4 ou 5 centimètres seulement (languettes de cheminées).
- En France, on peut acheter partout des briques ordinaires à un prix variant entre H et 35 francs le mille net sans choix, ce qu’on appelle le tout-venant. Si, parmi les briques d’une fournée, on choisit celles qui ont les arêtes vives et sont bien cuites, on obtient ce qu’on nomme les briques de parement, dont le prix varie entre 12f' 50 et 40f# 50. Enfin si les briques, après une suffisante dessiccation et avant la cuisson, sont rebattues et surtout repassées à la presse à briques dans un moule estampillé qui les comprime fortement, elles valent de 18 à 45francs.
- Les briques dont nous venons de.parler sont pleines et ont des dimensions à peu près uniformes dans les divers pays. Pour faciliter leur emploi à la construction de murs de toute épaisseur, il faut que leurs dimensions soient inégales : la moyenne dimension étant le double de la plus petite, plus l’épaisseur d’un joint,,que l’on peut estimer égal à 7 millimètres. La plus grande dimension doit, de même, être égale au double de la moyenne plus un joint.
- La plus petite dimension dite épaisseur varie à très peu près entre 40 et 50 millimètres. De sorte que les briques extrêmes et moyennes devraient avoir les dimensions suivantes :
- p.14 - vue 25/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 15
- Épaisseur.
- Largeur.
- 87
- 97
- 107
- Longueur.
- 181
- 201
- 221
- 40
- 45
- 50
- Dans les usines à fours perfectionnés on peut faire des briques pleines de 6 à 7 centimètres d’épaisseur d’un emploi plus économique : nous en avons vu de près de 30 centimètres de longueur.
- Pour certains travaux, la construction des voûtes, des planchers, des cloisons, etc., il est très avantageux de diminuer le poids des matériaux. C’est dans ce but que, à l’aide de machines, analogues à celles qui servent à faire les tuyaux de drainage, on fait des briques creuses de diverses formes et dimensions qui sont d’une qualité supérieure. Les modèles sont trop nombreux pour que nous puissions les examiner ici.
- Le maçon et le propriétaire n’ont pas à s’inquiéter beaucoup de la fabrication des briques dont ils ont besoin. L’essentiel, pour eux, c’est que, outre une forme et des dimensions convenables, elles présentent une grande résistance à la pression et aux agents atmosphériques, c’est-à-dire que ces briques soient de bonne qualité.
- On reconnaît qu’une brique est de bonne qualité, lorsqu’elle présente les caractères suivants :
- La couleur est franche, d’un rouge brun violacé, avec des taches noirâtres fondues, ou d’un beau et franc rouge brun, ou même rouge vif.
- Le son émis par la brique, suspendue et frappée par un marteau, est clair ou élevé et plein.
- La cassure n’est pas poudreuse et ne tache pas les doigts qu’elle égratigne.
- La densité est grande et la brique absorbe peu d’eau.
- Les caractères inverses Indiquent une mauvaise brique.
- La couleur est sale et le plus souvent d’un rouge jaunâtre.
- Le son, creux et bas.
- La cassure, poudreuse, tache les doigts qui enlèvent facilement une poussière rougeâtre.
- La densité est moindre et la brique absorbe beaucoup d’eau.
- p.15 - vue 26/174
-
-
-
- 16
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Les briques réfractaires faites de pure argile ou de kaolin sont seules blanches.
- Dans certaines tuileries, on moule des vases, des statues et divers ornements en terre cuite pour l’ornement des édifices.
- Les propriétaires peuvent tirer un très bon parti de ces modèles du commerce qui méritent d’être connus.
- Dans le département du Nord, le propriétaire qui a besoin de briques extrait sa terre à l’automne afin qu’elle pourrisse ou se désagrège en hiver et, au printemps, il traite avec des escouades d’ouvriers du pays même ou de Belgique : il leur fournit l’eau et leur paie, par mille briques, de 3 à 4 francs, dont les deux tiers sont payés pendant la fabrication et le reste après la fabrication. Une meule, ou fourneau à la volée, est habituellement composée de 200 milliers de briques qui sont moulées et cuites en 10 à 15 jours par un atelier de 5 personnes. Les dimensions de la brique, avant cuisson, sont de 0m,23, 0m,112 et 0m,06 : après la cuisson, elles sont réduites à 0m,211, 0m,103 et 0m,0525.
- Le déchet est fort variable. Avec des ouvriers habiles, il n’est que de o pour 100.
- M. Lerolle détaille ainsi le prix de revient par mille, d’après sa propre expérience à Guizancourt (Aisne).
- Extraction de la terre (pour un mètre cube et demi
- environ)........................................ 0 fr. 15
- Façon............................................. 3 15
- Transport de l’eau................................. O 10
- Charbon, 1 hectolitre 85 litres à 1 fr. 50 ....... 2 775
- Sable, 0 voiture 1538 à 1 fr. 40................... 0 215
- Paillassons : 0,342 à 0,50 (perte de moitié)..... 0 085
- Outillage....................................... 0 035
- Bois : 0 fagot 304 à 0 fr. 11 et 0 décistère 171 bois blanc à 1 fr..................................... 0 205
- Total........................ 6 fr. 715
- A ce prix il faut ajouter la valeur du prix payé pour le 20e de briques brisées, soit 0f,335 ; les frais de vente estimés 0f,34, le loyer de la terre 0f,085, les frais généraux, 0f,096; en tout 0f,856, ce qui élève le prix de revient à 7f,57 sans compter la
- p.16 - vue 27/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 17
- valeur de la terre extraite qui est bien peu de chose. D’après cela, le plus faible prix de vente des briques doit être d’au moins 10 francs le mille.
- En Champagne, on emploie encore des briques crues simplement séchées à l’air : elles ont 0m,325 sur 0m,1625 et 0m,080. Lorsqu’on emploie pour leur fabrication la boue des routes, elles sont très résistantes. Leur prix de revient peut être estimé à 6 ou 7 fr. le mille cubant presque 4 fois plus que les briques cuites.
- En mélangeant intimement du gros gravier bien lavé avec de très bon mortier fin hydraulique, on peut mouler des parallélépipèdes formant des pierres de taille artificielles d’une grande dureté. Ces blocs de béton sont même faits avec du caillou s’ils doivent avoir de grandes dimensions. Enfin, avec du mortier fin de ciment et du beau gravier mélangés, on peut mouler des vases et des statues pour l’ornement des édifices, des jardins, etc.
- On a proposé divers autres moyens de faire des pierres et des marbres artificiels, de silicatiser les pierres tendres ou vieillies, etc. Ces moyens, qui peuvent rendre de très grands services dans la réparation d’anciens édifices, sont trop coûteux pour être d’un emploi général.
- CHAPITRE II. MATÉRIAUX DE LIAISON.
- § 1. Chaux et ciments.
- La chaux est le résultat de la calcination d’un calcaire (carbonate de chaux) : elle a des propriétés d’autant plus caractérisées que le carbonate de chaux est plus près d’une pureté absolue. Il donnerait alors de la chaux caustique.
- Lorsque le calcaire contient moins de 10 pour 100 de matières autres que du carbonate de chaux pur, il donne par la cuisson de la chaux grasse; on la reconnaît aux caractères suivants. Jetée dans l’eau, elle y fait l’effet d’un fer rouge : elle absorbe l’eau promptement avec force et en dégage beaucoup de chaleur : elle prend l’état pâteux en augmentant beaucoup de volume. Ce foisonnement peut être tel que le volume primitif de la chaux devienne triple. Lorsque la chaux
- p.17 - vue 28/174
-
-
-
- 18
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- a absorbé toute l’eau qu’elle peut contenir, on dit qu’elle est éteinte. Si l’on continue à lui fournir de l’eau, elle se dissout en partie. 100 kil. de chaux -vive donnent 220 à 240 litres de pâte.
- La chaux est d’autant plus grasse qu’elle augmente plus de volume par l’extinction. Si l’extinction ne double pas le volume d’une chaux, celle-ci est un peu maigre; elle est tout à fait maigre et impropre aux constructions si elle ne foisonne que d’un quart de son volume primitif et si elle n’a pas de qualités particulières.
- Les chaux grasses, et les mortiers qui en contiennent, durcissent à l’air lentement; mais, après quelques mois, le mortier et les pierres adhèrent tellement ensemble qu’ils semblent ne faire qu’un. Cette espèce de durcissement à l’air par combinaison est d’autant moindre que la chaux est plus maigre.
- Toutefois, parmi les chaux maigres fusant très peu et n’augmentant que d’un 6e de leur volume par l’extinction, il en est qui ont la propriété toute particulière de durcir sous l’eau et assez promptement. Ces chaux sont dites hydrauliques et ont une grande valeur pour tous les travaux de maçonnerie exposés à l’air humide et surtout à l’eau douce ou salée. M. Yicat a reconnu que la propriété des chaux hydrauliques tient à la présence, dans le calcaire qui les produit, d’une certaine proportion d’alumine très divisée , ou de silice seulement, à l’état gélatineux, ou de silice et d’alumine à l’état d’argile.
- Une chaux est un peu hydraulique, lorsque le calcaire dont elle provient contient 20 pour 100 de matière siliceuse ou alumineuse convenable : éminemment hydraulique, si cette proportion atteint 36 pour 0/0.
- Lorsque les calcaires contiennent plus de 34 pour 100 et jusqu’à près de 50 pour 0/0 d’argile, ils donnent des chaux-ciments qui ne fusent et n’augmentent plus de volume que d’une manière insensible, mais qui durcissent promptement sous l’eau.
- Lorsque la proportion d’argile dans un calcaire atteint et dépasse 50 pour 100 jusqu’à 60 pour 100, il donne par la cal-
- p.18 - vue 29/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 19
- cination des ciments hydrauliques (ciment romain, de Vassy, de Pouilly, de Portland), ayant la propriété de durcir presque immédiatement sous l’eau, et qui, par cela même, ont nombre d’usages et se vendent fort cher, au poids.
- Un calcaire contenant près de neuf dixièmes d’argile, ou une argile contenant plus de 10 pour 100 de calcaire pur donnent, par la cuisson, une matière inerte par elle-même appelée pouzzolane artificielle, et qui a la propriété, mêlée à la chaux grasse, de rendre celle-ci hydraulique. Les mauvaises tuiles broyées, moulues et vendues sous le nom de ciment de tuileaux, ont la même propriété.
- Près de la ville de Pouzzoles, on trouve de l’argile calcaire calcinée parle volcan et qui est la pouzzolane naturelle : car le produit a pris le nom de la ville d’où il s’exportait autrefois.
- En faisant, à l’état pulvérulent et sous l’eau, un mélange en proportions convenables d'argile et decraie (carbonate de chaux), on obtient des espèces'de calcaires artificiels qui, par la calcination, donnent de la chaux hydraulique, du ciment ou de la pouzzolane artificiels. Pour reconnaître le degré d’hydraulicité d’une chaux, on place, au fond d’un vase plein d’eau, un petit cube de pâte de cette chaux éteinte : elle durcit du 2e au 6e jour, si elle est très hydraulique; du 6e au 9e, si elle est moyennement hydraulique et du 9e au 15e si elle est peu hydraulique. On dit qu’une chaux est prise lorsqu’une tige en fer d’un millimètre de diamètre chargée de trois cents grammes ne s’y enfonce pas.
- Le prix de revient de la chaux est très variable puisqu’il dépend de la proximité de la carrière , de la facilité d’extraction et surtout du prix du combustible : il faut, pour obtenir un mètre cube de chaux vive, 30 à 45 kilogr. de houille et 150 à 175 kilogr. de fagots. Le prix de vente peut varier de lf 50 à 3f l’hectolitre, pesant de 70 à 75 kilogr.
- La chaux vive devant être à l’abri de l’humidité, on la conserve sous de la cendre ou de la poussière.
- Les ciments hydrauliques diffèrent beaucoup de composition : celui de Yassy (Yonne) contient 0,4 d’argile, et coûte de 12 à 15 fr. les cent kilog. Celui de Pouilly (Yonne) (argile 0,43) coûte de 10 à 12f et le Portland (Angleterre), contient
- p.19 - vue 30/174
-
-
-
- 20
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 0,52 d’argile et coûte H à I2f. Ils se vendent en barriques et au poids brut.
- § 2. Sables.
- Si, pour relier entre elles les pierres d’un mur, on n’employait. que de la chaux, la dépense serait considérable et la liaison se ferait relativement moins bien qu’en mêlant préalablement à la chaux une matière, en apparence inerte, le sable. En mélangeant intimement du sable siliceux bien lavé avec de la chaux éteinte, de façon que chaque grain de silice soit entouré d’une pellicule de chaux, on obtient un mortier qui relie parfaitement les pierres en se durcissant relativement plus vite que la chaux seule. Il y a très probablement une intime combinaison ou une adhérence toute particulière entre la chaux et les grains de sable : celui-ci est donc utile de deux façons : 1°, en accélérant et en complétant la liaison; et, 2°, en économisant environ les 2/3 de la chaux.
- On distingue les sables en sables de rivière et en sables de mine ou de carrière.
- Les sables de rivière, à grains un peu gros, sont les meilleurs : déposés dans des rivières dont le courant est encore rapide, ils sont parfaitement propres : les sables de rivière à cours très lent, comme aux embouchures des fleuves, ont le grain trop fin et contiennent des matières étrangères, de l’argile surtout, qui empêchent l’adhérence de la chaux; mais, bien lavés, ils sont encore d’un bon emploi.
- Les sables de carrière sont de qualités très diverses. Dans certaines couches géologiques, ils valent presque les sables de rivière et sont mélangés souvent de graviers. En d’autres cas, ils sont très fins et souvent poussiéreux et même calcaires.
- Un bon sable doit être siliceux et à grains un peu gros ; frotté entre les deux mains, il doit faire éprouver une sensation douloureuse ; il doit crier lorsqu’on le fait rouler sur un corps dur. Jeté dans l’eau, il ne doit pas la salir.
- Au lieu de sable, on peut mélanger à la chaux pour faire des mortiers, soit de fins et siliceux résidus de forges, des laitiers broyés, soit de la bonne brique bien cuite pilée, enfin toute matière étrangère analogue à la silice.
- p.20 - vue 31/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 21
- § 3. Plâtre.
- Lorsque l’on calcine du gypse pur (sulfate de chaux hydraté), on obtient du plâtre (sulfate de chaux deshydraté), qui a la propriété de durcir presque immédiatement lorsqu’on le délaie dans une quantité d’eau convenable. On se sert de cette espèce de mortier à prise rapide pour relier entre elles les pierres des murs : on diminue la rapidité de la prise du plâtre en mélangeant à l’eau une certaine quantité de matières étrangères, sables ou poussières quelconques.
- La qualité du plâtre dépend naturellement de la nature du gypse dont il provient et du mode de cuisson adopté : car il y a souvent des portions trop peu cuites et d’autres brûlées (incuits et biscuits).
- Le bon plâtre crie un peu lorsqu’on le frotte entre les mains; le caractère le plus net c’est défaire prise rapidement avec l’eau. On doit le conserver à l’abri de l’air et surtout de l’humidité, car il perd assez vite une partie de ses propriétés.
- § 4. Terres franches, argileuses.
- On se sert souvent, pour relier entre elles les pierres d’un mur, d’une pâte faite avec de l’eau et de la terre franche plus ou moins argileuse. On y mêle parfois, pour éviter que le mortier terreux ne se fendille en séchant, du foin ou de la paille hachée et même des poils d’animaux, de la bourre de vache, etc.
- Ce mortier a l’avantage d’être économique; mais il ne durcit jamais complètement; l’eau le délave peu à peu, et il rend les murs humides , en aspirant l’eau du sous-sol par capillarité.
- 2e SECTION : TRAVAUX ELEMENTAIRES.
- CHAPITRE 1. CONFECTION DES MORTIERS DE CHAUX.
- § 1. Extinction de la chaux.
- Le premier travail du maçon c’est l’extinction de la chaux dont il a besoin pour la confection de son mortier. La chaux
- p.21 - vue 32/174
-
-
-
- 22
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- vive, telle qu’elle arrive du four à chaux, est cassée en morceaux dé la grosseur d’un œuf environ. Puis on l’éteint d’une des façons suivantes.
- On répand la chaux dans une fosse creusée dans un sol imperméable,- bien nivelée et dont le fond est un peu au-dessus d’une deuxième fosse dans laquelle la première peut se vider. On jette alors l’eau sur la chaux, de manière à la noyer, et on régularise la fusion, qui se fait ainsi à chaud et à l’air, en faisant arriver l’eau sur les points où la chaux fuse à sec, et en remuant légèrement pour faire pénétrer également l’eau partout; on ajoute de l’eau, au besoin, et presque toujours notablement plus que cela ne serait nécessaire. On accélère ainsi l'extinction par fusion, puis on ouvre la vanne de retenue et on laisse couler la chaux fusée dans la deuxième fosse : on la recouvre d’une couche de sable pour laisser l’hydratation se faire à l’abri de l’air. La chaux maigre qui fuse et absorbe l’eau lentement peut être ainsi éteinte. On fera mieux souvent de placer la chaux sur le sol en l’entourant de sable pour former un bassin.
- Au lieu de jeter l’eau au hasard et en trop grande quantité sur la chaux vive, ce qui perd une certaine quantité de chaux, on arrose rapidement la chaux mise en couche sur le sol, et lorsque la quantité d’eau suffisante est ainsi répandue en gouttelettes on recouvre immédiatement la chaux avec du sable pour qu’elle fuse à l’abri de l’air.
- Il est plus commode encore de mettre la chaux vive dans de larges mannes ou paniers en osier et de la tremper ainsi quelques minutes dans un bassin plein d’eau ; puis on retire rapidement la chaux que l’on jette en couche sur le sol et que l’on recouvre avec du sable.
- Il ne faut éteindre la chaux qu’au fur et à mesure des besoins, et, dans tous les cas, la conserver à l’abri de l’air.
- g 2. Dosage de la chaux et du sable.
- Pour que la combinaison de la chaux et du sable se fasse, pour qu’il y ait liaison, il suffit que chaque grain de sable soit entouré d’une pellicule de chaux. Autrement dit, il suffit que les vides, que laissent entre eux les grains de
- p.22 - vue 33/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 23
- sable, soient remplis par la chaux éteinte à Tétât de pâte claire.
- On comprend de suite que, pour déterminer la quantité de chaux à mettre par litre de sable, il suffit de remplir de sable une mesure d’un litre et de l’équilibrer sur une balance par une masse quelconque, puis de verser de l’eau autant que le sable en peut contenir : sur l’autre plateau, il faudra ajouter des poids pour rétablir l’équilibre rompu par l’eau. Le nombre de grammes ajouté indiquera le nombre de litres de chaux à mettre par mètre cube du sable expérimenté.
- On comprend que les vides du sable dépendent de la forme des grains et de leur grosseur. Si tous les grains étaient sphériques, la proportion des vides serait la même pour toutes les grosseurs. Le cube des vides sera moindre si au sable grossier on mélange du sable moyen, puis du sable fin : mais la fabrication du mortier est alors plus difficile.
- En général, le cube des vides est compris entre 30 et 38 pour 0/0 du volume total.
- Il convient de mettre un volume de chaux un peu supérieur à celui des vides afin d’avoir la certitude que chaque grain de sable sera empâté dans la chaux. Une trop grande économie de chaux est dangereuse. Dans les cahiers des charges, il est absolument nécessaire de fixer exactement la proportion de chaux.
- § 3. Fabrication du mortier.
- Lorsqu’il s’agit de constructions importantes, il y a certainement avantage à se servir, pour mélanger le sable et la chaux éteinte, de broyeurs-mélangeurs mécaniques, mus par un cheval ou par une machine à vapeur. Ce sont des espèces de tonneaux verticaux dont Taxe rotatif porte un grand nombre de bras mélangeurs placés horizontalement et passant entre des bras immobiles fixés contre les parois du tonneau. On jette constamment, en haut, et par pelletées, ou par godets, les proportions de chaux et de sable nécessaires et le mortier, provenant du mélange, sort constamment à la partie inférieure, par une ou deux portes à vanne dont on règle convenablement l’ouverture.
- p.23 - vue 34/174
-
-
-
- 24
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Lorsque le mortier doit se faire à la main par les garçons ou manœuvres qui servent les maçons, on apporte le sable par brouettées de 33 litres environ et on le dispose en forme de digue circulaire * au centre, on apporte le nombre de brouettées de chaux nécessaires ; soit, par exemple, une brouettée de chaux pour trois de sable (mortier un peu trop maigre) ou trois brouettées de chaux pour huit de sable (mortier un peu gras). Puis, avec des espèces de rabots en bois ou de petites binettes en fer et acier, armées de longs manches, les ouvriers poussent un peu de sable sur la chaux et ramènent un peu de chaux sur le sable, en tournant tout autour du cercle et répétant l’opération régulièrement, en broyant pour ainsi dire la chaux dans le sable et réciproquement. Ce mélange doit, autant que possible, se faire sans addition d’eau. Si, pour faciliter le travail, on ajoute de l’eau, il faut le faire avec une très grande discrétion et en se servant d’un arrosoir à pomme percée de trous.
- CHAPITRE II. GACHAGE DU PLATRE.
- § 1. Dosage.
- La proportion de plâtre nécessaire pour un litre d’eau dépend des travaux : le maçon-plâtrier indique seulement à son garçon si le plâtre doit être abondant (gâché serré) ou en petite proportion (gâché clair). Le garçon apporte au maçon l’eau dans une espèce d’auge, après avoir versé pardessus, et au juger, la proportion de plâtre convenable.
- § 2. Mélange.
- Le maçon, avec une truelle en laiton, opère le mélange de l’eau et du plâtre en agitant rapidement l’eau, en y formant à peu près des 8 couchés et cela dans plusieurs sens. Le plâtre épaissit rapidement et, au moment favorable, l’ouvrier l’emploie pour relier les pierres ou faire des enduits. Une fois le plâtre gâché, il faut l’employer rapidement sinon une portion devient trop dure pour servir utilement. On dit alors que le maçon s’est laissé manger par le plâtre :
- p.24 - vue 35/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 25
- c’est plutôt le propriétaire ou l’entrepreneur qui sontmangé& par la maladresse du maçon.
- CHAPITRE III. FABRICATION DU MORTIER DE TERRE.
- § 1. Choix de la terre.
- La meilleure terre est une terre franche argileuse ordinairement rougeâtre : elle doit être exempte de pierres et de toute matière étrangère ou d’autre terre. Si la terre est très argileuse, elle se fendille fortement en séchant et, par suite, la liaison des pierres est à peu près nulle. Il faut en ce cas mélanger à la terre du foin de mauvaise qualité ou de la paille hachée, en fragments de 13 à 25 millimètres si l’on peut. La quantité nécessaire est d’environ un cinquième du volume de la terre.
- Pour les mortiers fins de terre, devant servir d’enduits pour murs ou plafonds, il faut mélanger à la terre des poils de vache ou de cheval.
- CHAPITRE IV. TAILLE DES PIERRES.
- On taille ordinairement une pierre pour la transformer en un parallélépipède rectangle, c’est-à-dire en un bloc ayant six faces normales entre elles et toutes rectangulaires (fig. 9). On commence par dresser une face. Pour cela, le tailleur de pierres trace avec une règle en fer et sur le bord choisi, une droite parfaite ; puis il enlève la pierre, au-dessus de cette droite, avec un ciseau étroit en acier qu’il frappe d’un maillet en le tenant incliné d’environ 45 degrés. Lorsqu’il a ainsi matérialisé la droite qui représente le commencement d’un plan, l’ouvrier, à l’aide d’une équerre en fer et du ciseau, trace le second côté de la première face. Il peut alors, à la pioche, au marteau tranchant ou à la pointe, suivant la dureté de la pierre, enlever tout ce qui paraît excéder la future face : il vérifie son plan, en posant
- Fig. 9. — Manière de tailler une pierre.
- p.25 - vue 36/174
-
-
-
- 26
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- de temps en temps le rebord de sa règle sur les deux directrices ab et bc, et il découvre ainsi son plan peu à peu avec une certitude mathématique, s’il sait convenablement modérer le choc de son outil. Dès qu’une face de la pierre est plane, l’ouvrier prépare une arête nouvelle b e pour une seconde face, cette arête doit être d’équerre avec ab et cd, ayant, comme directrice du nouveau plan, deux droites concourantes bc et be, l’ouvrier enlève la pierre excédante en posant de temps en temps sa règle sur bc et be pour vérifier son plan.
- Si quelques faces du bloc de pierre doivent être courbes, cylindriques, l’ouvrier se sert de patrons en bois ou en tôle que l’on nomme gabarits et il ébauche, puis finit la surface en se servant toujours de règles et d’équerre guidés par des droites parallèles ou concourantes.
- La taille dés pierres exige un temps considérable, même pour les pierres moyennement dures. Aussi, dans les bâtiments ruraux, doit-on éviter autant que possible les maçonneries de pierres de taille. Si l’on a besoin de pierres taillées pour seuils, mangeoires, appuis de fenêtres, linteaux, etc., il convient d’employer les pierres taillées d’avance dans ce but, et que l’on trouve dans le commerce. Sinon, on peut remplacer les pierres de taille par de la brique.
- CHAPITRE Y. EXÉCUTION d’üNE PORTION DE MUR.
- § 1. Définitions.
- On appelle mur un assemblage de blocs solides (pierres naturelles ou artificielles) disposés par couches horizontales, ou assises successives, avec interposition d’un mortier pour les relier. Ces assises sont comprises entre deux plans verticaux appelés parements. Un mur doit non seulement se soutenir de lui-même, sans que les assises puissent glisser, mais souvent aussi il doit supporter un poids considérable, les planchers plus ou moins chargés et la couverture d’un bâtiment. Par exception, on fait des murs en pierres sèches, c’est-à-dire sans matières de liaison.
- Voici, d’après divers auteurs et expérimentateurs, un tableau des charges ou pressions qui écrasent, dans un temps
- p.26 - vue 37/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 27
- très court, différentes pierres naturelles ou artificielles.
- 1° Pierres silicatées et roches quartzeuses :
- Porphyre.........................
- Basaltes de Suède et d’Auvergne..
- Grès de Fontainebleau............
- Grès très dur, blanc ou roussâtre. Granit de Normandie (Flamanville).
- ditGatmos.. Pierre-porc ou pierre puante (argileuse) ..........................
- Granit gris de Bretagne..........
- Granit vert des Vosges...........
- Lave dure du Vésuve (Piperno)... Grès bigarré des Vosges rose ou blanc, à grain fin, sculptural, le
- meilleur à Bréménil...........
- Granit gris des Vosges...........
- Pierre grise de Florence ( argileuse
- à grain fin)........•.........
- Grès bigarré des Vosges, rose ou
- blanc (le moyen)..............
- Grès bigarré des Vosges, rose ou blanc, le moins bon à Meriller...
- Lave tendre de Naples............
- Meulière dure (Marne) très poreuse.
- — tendre — ....
- — dure — ....
- Grès tendre..................
- 2° Pierres calcaires :
- Marbre noir de Flandres..........
- Roche de Bagneux.................
- Pierre noire coquillère très-dure
- de Saint-Fortunat.............
- Laversine........................
- Calcaire de Venderesse (Aisne).... Vitry............................
- Charge Dimensions des
- Densité. d’écrasement. cubes d’essais.
- Kilogr. Centim.
- 2.870 2470 3 à 5
- 2.950 2000 »
- 2.570 895 1 à 2
- 2.500 870 3 à 5
- 2.710 707 1 à 2
- 2.660 700 3 à 5
- 2.660 680 3 à 5
- 2.740 650 «
- 2.850 620 »
- 2.600 590 »
- 2.177. 517 ».
- 2.640 420 „
- 2.560 420 )>
- 2.177 400 4)
- 2.177 294 ))
- 1.970 230 ))
- 1.517 75 10 à 10'
- 1.175 64 -»
- 1.175 30 )>
- 1.517 15 «
- 2.490 4 3 à 5
- 2.720 790 3 à 5
- 2.777 731 6
- 2.650 630 3 à 5
- 2.546 572 6
- 2.'500 510 10
- 2.453 484 6
- p.27 - vue 38/174
-
-
-
- '28
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Liais de Bagneux, très dur à
- grain fin......................
- Roche de Saint-Nom................
- Calcaire de Caumont (Eure)........
- Roche de Chateau-Landon...........
- Roche de la Butte-aux-Cailles (Paris) Marbre statuaire blanc veiné et
- marbre turquin........,........
- Calcaire dur de Givry, près Paris. Calcaire bleu à gryphite (donnant
- la chaux hydraul. de Metz).....
- Roche vive de Saulny près Metz..
- Roche de Yenderesse (Aisne).......
- Calcaire compact lithographique
- (d’après Vicat)................
- Roche d’Arcueil...................
- Calcaire de Moulin................
- — de Marly-la-Ville........
- — deForgel.................
- — de Brauvilliers (Meuse).. Roche jaune de Rozerieulles près
- Metz...........................
- Calcaire jaune oolithique de Jau-
- mont, lre qualité..............
- Calcaire de Œuville (Meuse).......
- Roche de Chatillon ( près Paris )
- dure, coquillière..............
- Pierre de Saillancourt près Pontoise (lre qualité)...............
- Roche dure de Bagneux près Paris. Calcaire de Reffroy et d’Œuville
- (Meuse)................... 2.14
- Yergelet de Ferré.................
- Pierre de Saillancourt (2e qualité).
- Calcaire tendre de Givry..........
- Calcaire jaune oolithique de Jau-
- mont (2 e qualité).............
- Calcaire jaune d’Amanvillers près Metz (lre qualité)..................
- Charge Dimensions des
- Densité. d’écrasement. cubes d’essais.
- Kilogr. Centim.
- 2.412 440 3 à 5
- » 432 6
- 2.020 424 8
- 2.630 350 • 1 à 2
- 2.400 325 »
- 2.690 310 3 à 5
- 2.360 310 »
- 2.6Ô 300 3 à 5
- 2.55 300 »
- 2.50 300 10
- 285 1
- 2.300 250 3 à 5
- 2.296 249 6
- 2.065 246 8.2
- 2.245 244 6
- 2.300 187 10
- 2.400 180 3 à 5
- 2.200 180 »
- 172 10
- 2.290 170 3 à 5
- 2.410 140 »
- 2.080 130 »
- !t 2.460 127 10
- 1.887 125 8.2
- 2.29 120 3 à 5
- 2.07 120
- 2.00 120 »
- 2.00 120 . n
- p.28 - vue 39/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 29
- Calcaire oolithique d’après Vicat.. Calcaire jaune d’Amanvillers près
- Metz (2e qualité).............
- Calcaire à tissu arénacé (sablonn.)
- d’après Vicat.................
- Reffroy (Meuse)..................
- Saillancourt (3e qualité).....
- Pierre ferme de Conflans.........
- Brauvilliers (Meuse).............
- Abbaye Duval.....................
- Banc royal de Merry..............
- Verdun (Meuse)...................
- Lambourde et Vergelet, résistant à
- l’eau, de Paris...............
- Calcaire tendre de Carrière-s.-Bois près Saint-Germain, ou Vergelet.
- Verdun (Meuse)...................
- Vergelet fin.....................
- Craie d’Épernay, du PB-Faubourg.
- Lambourde........................
- Brauvilliers (Meuse).............
- Lambourde de qualité inférieure
- ne résistant pas à l’eau......
- Craie d’Épernay de Barjard, (humide)............................
- 3° Briques :
- Brique réfractaire de Bourgogne
- (d’après Michelet)............
- Brique bien cuite de Bourgogne...
- — dure très cuite............
- — bien cuite de Sarcelles.... Brique de cuisson ordinaire de Mon-
- tereau........................
- Brique faite avec scories de hautfourneau, ou vitrifiées..........
- Brique réfractaire de Paris (d’après
- Densité. Charge d’écrasement. Dimensions de cubes d’essais
- Kilogr. Centim.
- 106
- 2.000 100 3 à 5
- 94 1
- 2.140 90 ’ 10
- 2.100 90 3 à 5
- 2.070 90 »
- 1.980 69 10
- 1.727 64 8.2
- 1.722 61 .»
- 2.260 60 10
- 1.82 60 3 à 5
- 1.19 58 1 à 5
- 2.26 45 10
- 1.497 42 8.2
- 1.625 37 10
- 1.696 „ 36 8.2
- 1.980 30 10
- 1.56 20 3 à 5
- 1.80 19 10
- » 162 3 à 5
- 2.2 150 1 à 2
- 1.56 150 3 à 5
- 2.00 125' 3 à 5
- 1.78 110 1 à 2
- „ 100 3 à 5
- 2.
- p.29 - vue 40/174
-
-
-
- 30
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Michelet Densité. Charge d’écrasement. Kilogr. 92 Dimensions des= cubes d’essais. Centim. »
- Brique rouge dite de pays (Paris).. 1.52 90 1 à 2
- Brique de scories de hauts-four-
- neaux, ou vitrifiées » 70, 3 à 5
- Brique rouge 2.17 60 »
- Brique rouge pâle (et probablement
- mal cuite) . 2.09 40 )
- Brique d’Herblay » 38 ))
- — crue en argile séchée.... ;. )> 33 )>
- de Sarcelles. )> 28 »
- Brique anglaise ou flamande, tendre.. » 18 ))
- 4° Mortiers divers :
- Mortier en ciment de Vassy avec un demi-volume de sable 15 jours
- après gachage et sous l’eau...
- Même mortier, après le même temps
- à l’air humide................
- Ciment de Vassy, 30 mois après le
- • gachage .......................
- Mortier en chaux éminemment hydraulique (d’après Vicat).......
- Plâtre ordinaire gâché ferme d’après le même....................
- Enduit d’une construction antique
- près Rome............f........
- Mortier en chaux hydraulique ordinaire (d’après Vicat).........
- Plâtre au panier, gâché au lait de
- chaux.........................
- Plâtre silicaté avec cailloux (cubes de 0,2 de côté évidé du quart de
- la section)...................
- Plâtre silicaté avec cailloux en cubes pleins de 0,20 de côté.... Plâtre silicaté sans cailloux, en cubes évidés comme ci-dessus.....
- j n, Blocs de 160 sur
- . 80 et 54 millim.
- 2.11 155 1
- « 150 ' »
- » 144 1
- » 90 «
- 1.55 76 3 à 5
- » 74 »
- » 73 »
- » 67 «
- » 64 3 à 5
- »
- 58
- p.30 - vue 41/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 31
- Enduit en ciment des démolitions
- de la Bastille..................
- Plâtre au panier, gâché très-serré,
- 30 heures après l’emploi........
- Plâtre silicaté, employé sans cailloux en cubes pleins de 0,20 de
- côté............................
- Mortier en ciment de tuileaux pilés. Plâtre ordinaire gâché non ferme
- (d’après Vicat).................
- Béton en mortier de chaux hydraulique, de 6 mois..................
- Mortier en pouzzolane de Naples ou
- de Rome.........................
- Mortier ordinaire en chaux et sable. Mortier en chaux grasse et sable ordinaire (d’après Vicat).......
- Densité. Charge d’écrasement. Kilogr. Dimensions des cubes d’essais. Centim.
- 1.49 • 55 »
- 1.57 52 h
- » 49 )>
- 1.46 48 ’ »
- » 42 »
- 1.85 41 »
- 1.46 37
- 1.60 35
- )) 19 i
- Pour la sécurité complète des constructions, il ne faut faire supporter aux pierres de faible échantillon que le quinzième et même le vingtième de la charge de rupture indiquée au tableau. Pour les constructions en pierre de taille, un dixième. Si les constructions doivent être de la plus grande légèreté, on peut même faire porter aux pierres le sixième de la charge de rupture.
- Les pierres employées pour la confection d’un mur sont des moellons si elles n’ont qu’un volume de quelques décimètres cubes. Ces moellons sont le déchet des carrières à pierres de taille, ou proviennent de minces bancs de calcaire plus ou moins fissurés. On ne les emploie qu’après les avoir complètement débarrassés, à l’aide d’une hachette, de la partie poussiéreuse qui les enveloppe et qu’on appelle le bousin. Ce sont tas moellons bruts (fig. 10). Ils ont six faces, deux de lits, horizontales, deux de joints, verticales; la face qui sera vue, le taur construit, est la face de parement; celle qui restera cachée est la queue.
- Si le mur doit être fait avec soin, on taille grossièrement ces moellons sur les deux faces de lits. Ce sont alors
- p.31 - vue 42/174
-
-
-
- 32
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- des moellons smillés (fig. H) : onles prépare d’égale épaisseur pour chaque assise. Si on taille en outre les faces verticales
- ffl. Sülillé.
- Fig. 10. — Moellon brut.
- Fig. 11. — Moellon smillé.
- Fig. 12. -- Moellon piqué.
- ou joints et celle de parement, le moellon est une véritable petite pierre de taille : c’est un moellon piqué (fig. 12).
- § 2. Mur en moellons bruts.
- 1° Il suffit, pour obtenir un mur parfait avec des moellons bruts, irréguliers, de suivre les règles que nous allons
- indiquer. 1° Toute assise d’un mur doit reposer sur un bain de mortier recouvrant la fondation ou la précédente assise parfaitement horizontale , quelle que soit l’inclinaison du terrain. Les pierres composant une assise doivent être placées de façon à ce que le mur ne puisse se lézarder (fig. 13 ) ni s’ouvrir en deux feuillets (fig. 14), sous l’effet de la charge qu’il doit supporter.
- 2° Dans chaque assise, les moellons seront placés sur chaque parement alternativement en carreaux C et en boutisses
- B, et de façon que les boutisses B d’un parement soient à peu près derrière les carreaux C de l’autre (fig. 15), et de distance en distance, un moellon P s’étendant sur toute l’épaisseur du mur (un parpaing).
- Fig. Ik. — Mur ouvert.
- Fig. 15. — Plan d’une assise de moellons.
- p.32 - vue 43/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 33
- 3° Les moellons seront enfoncés, isolément, dans le bain de mortier par petits coups avec la tête de la hachette.
- 4° Les intervalles entre les moellons seront remplis entièrement de mortier; puis on y placera de petits moellons ou de grosses pierrailles, bien enfoncées, pour faire refluer le mortier. Dans les vides moyens restants, on mettra de même de moyennes , pierrailles ; puis, dans les plus petits vides, de petits éclats de pierres de façon à ce que le mortier soit successivement remplacé par des pierres, de volume décroissant. On aura ainsi une assise qui ne formera qu’un seul bloc, si le mortier est de bonne qualité et on aura, en outre, économisé le mortier et obtenu une assise d’une résistance uniforme à la pression, tassant également. Le mur ne pourra s’ouvrir comme s’il était formé de deux feuillets.
- 5° Deux assises successives doivent être placées de façon que sur les boutisses de l’une reposent les carreaux de l’autre, avec interposition d’une forte épaisseur de mortier : cette condition sera remplie si, sur les deux parements, les joints des assises successives ne se correspondent jamais (fig. 16),
- Fig. 16. — Vue de face d’un Fig. 17. — Plan d’un mur en moellons, à joints angle ou corne de croisés. bâtiment.
- Fig. 18. — Vue en perspective de la corne d’un bâtiment.
- c’est-à-dire s’il y a alternance ou croisement des joints. Une lézarde ne peut alors se faire du haut en bas que si une ou plusieurs pierres cassent, ce qui n’arrive pas si les pierres ont été posées à bain de mortier.
- 6° Les pierres d’angles doivent être disposées de façon à relier ensemble les deux murs. On y emploiera les plus gros et les plus longs moellons, en les faisant correspondre à deux assises ordinaires au besoin (fig. 17 et 18).
- p.33 - vue 44/174
-
-
-
- 34
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 7° On procédera de même pour les montants des baies, ou ouvertures, réservées dans le mur.
- Quand les moellons sont smillés ou même piqués, le mode de pose est absolument le même, sauf que le garnissage des vides est plus prompt et les assises plus régulières. La solidité d’un mur en moellon brut dépend essentiellement de la bonté du mortier, même quand les règles précédentes ont été suivies ponctuellement.
- § 3. Mur en pierres de taille.
- En constructions rurales, on ne peut guère employer les pierres de taille qu’à des parties de mur et par suite nous n’avons pas à nous occuper ici de la pose des pierres de taille. Les principes sont, du reste, les mêmes que pour la construction en moellon, sauf la difficulté de remuer des blocs d’un poids considérable. La solidité d’un mur en pierre de taille dépend plus de la précision de l’horizontalité des assises que de la bonté du mortier.
- § 4. Mur en briques.
- La disposition des briques dans une assise doit être faite suivant les principes que nous avons posés précédemment pour les moellons; mais, comme les briques sont des parallélépipèdes rectangles parfaits, on est dispensé du garnissage des vides qui se réduisent ici à des joints de quelques millimètres d’épaisseur, sept au plus. La solidité d’un mur en briques dépend à la fois de la perfection de la pose et de la bonté du mortier.
- Mur d’un quart de brique d’épaisseur, 0m0o, ou languette. — Les assises ontOm,114 de hauteur, joints compris. Une assise, sur deux, doit commencer par une demi-brique, a. Alors, les joints alternent régulièrement (fig. 19 et 20). Si les briques ont exactement 0m,0S0, 0m,107 et 0m,221 comme dimensions, il faut, par mètre carré de languette avec des joints de 0m,00.7, 38 briques 46 centièmes et 44tu,l 56 de joints.
- Mur d’une demi-brique d’épaisseur, 0m,107, ou cloison (fig. 21 et 22). — Les assises ont 0m,057 d’épaisseur, joints compris; une assise, sur deux, commence par une demi-
- p.34 - vue 45/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 35
- brique ; Jes briques sont naturellement posées toutes suivant la longueur de la cloison.
- Il faut, dans les conditions ci-dessus, par mètre carré de cloison, 76 briques 923 millièmes et il y a 22m,92 de joints.
- Fig. 22. — Plan d’une cloison de Omll Fig. 20. — Plan de cette languette. d’épaisseur.
- Mur d’une brique d'épaisseur, 0m,221 : petit mue, ou forte cloison (fig. 23 et 24). — On peut disposer les briques de deux façons différentes. En appareil flamand, on met, dans chaque assise, alternativement deux carreaux et une boutisse,
- ^ig. 23. — Élévation d’un mur d’une brique d’épaisseur à la flamande.
- Fig- 25. — Élévation d’un mur d’une brique d’épaisseur à l’anglaise.
- Fig. 20. — Plan de ce mur.
- Fig. 26. — Plan de ce mur.
- en ayant soin que chaque boutisse d’une assise soit exactement au milieu d’un carreau de l’assise supérieure et inférieure. Pour cela, il faut qu’une assise sur deux commence par une demi-brique sciée en long (1/2 boutisse) (a) et l’autre par deux demi-carreaux sciés en travers (b), ou une boutisse.
- p.35 - vue 46/174
-
-
-
- 36
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Appareil à l’anglaise : une assise est composée entièrement de boutisses, la suivante de deux rangs de carreaux et ainsi alternativement (fig. 25 et 26).
- Une assise, sur deux, doit commencer aussi par une demi-brique sciée en long (1/2 boutisse) a.
- Cette méthode semble donner un mur mieux relié, puisqu’il y a deux fois plus de boutisses; mais son apparence est moins belle que celle de l’appareil flamand.
- Comme il y a autant de carreaux que de boutisses, dans l’appareil flamand, il faut, par mètre carré, 153 briques 9 dixièmes, et il y a 23m,667 de joints. Dans l’appareil anglais,
- il y a deux fois plus de boutisses, il ne faut que 115 briques 36 centièmes et 24m, 12 de joints; il y a donc plus de mortier employé.
- Mur d’une brique et demie d’épaisseur.—Chaque assise est formée de portions égales faites ainsi (fig. 27) : un carreau, 2 boutisses, un
- Fig. 27. — Plan d’un mur d’une brique et demie d’épaisseur.
- carreau et deux boutisses, etc. et engrenant. Pour que les oints des assises se croisent, il faut nécessairement qu’une assise sur deux commence par les 3/4 d’une brique sciée en travers et une demi boutisse.
- Par mètre carré, il faut 230 briques 74 centièmes et il y a 23m,667 de joints.
- Murs de deux briques d’épaisseur. — Par mètre carré : 307 briques 8 dixièmes et, en joints, 23m,667, et on commence une assise sur deux par une 1/2 brique obtenue par sciage en long.
- On doit éviter de faire des murs de plus de deux briques d’épaisseur : on les fortifiera, au besoin, par des pilastres, entre lesquels les murs n’auraient que l’épaisseur d’une brique et demie où deux briques.
- § 5. Mur en béton et en pisé.
- Lorsque le mur à construire en béton est un mur de fondation, compris entre les parois verticales et horizontales
- p.36 - vue 47/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 37
- d’une tranchée, il suffit de jeter le béton, par couches d’épaisseur uniforme, s’étendant sur toute la longueur développée du mur; chaque couche doit être parfaitement pilonnée pour empêcher qu’il ne reste quelques vides à l’intérieur : les parties de mur de la veille sont reliées aux parties nouvelles par l’interposition d’une épaisse couche de très bon mortier.
- Lorsque le mur doit être hors terre, on l’élève de la même manière entre des parois mobiles en planches formant des espèces de coffres, faciles à déplacer. On peut exécuter ainsi
- des maisons entières qui forment alors un monolithe artificiel.
- Un procédé analogue est employé dans certaines localités pour élever des murs en terre franche argileuse, dite pisé. Dans la figure 28, on voit le soubassement en pierre puis, en F, une portion de mur en terre déjà moulé; et, en a a, une portion que l’on doit pilonner entre les planches formant moules, retenues par quelques potelets d et traverses b, serrés par des coins c et le tourniquet e.
- Le béton est coûteux parce qu’il exige, pour être d’une parfaite solidité, une assez grande proportion de chaux. Voici le mode économiqüe qui nous a réussi toutes les fois que nous avons pu surveiller la préparation un peu minutieuse de ce béton. Il faut préparer, outre les cailloux cassés à une grosseur uniforme et moyenne de sept centimètres, du gravier, ou à défaut, le menu caillou séparé du gros par un criblage; puis du sable moyen.
- On fait d’abord du mortier en mettant pour 100 litres de chaux éteinte, 300 litres de sable; on obtient environ 300 litres de mortier auquel on mélange 1,000 litres de gravier et 100 litres de chaux éteinte, ce qui donne 1,000 litres de béton fin que l’on mélange avec 3,333 litres de cailloux et 167
- CONSTRUCTIONS RURALES. — T. I. 3
- Fig. 28. — Construction d’un mur en pisé, ou en béton.
- v
- p.37 - vue 48/174
-
-
-
- 38
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- litres de chaux éteinte : on a ainsi définitivement 3,333 litres de béton qui ont absorbé 367 litres de chaux éteinte ou onze pour cent seulement, tout en étant plus gras que le béton ordinaire.
- CHAPITRE VI. EXÉCUTION DES VOUTES.
- § 1. Définitions.
- Une voûte est formée d’une série de pierres rangées, en forme d’arc, de telle façon que la charge appliquée sur ces pierres se transmette de l’une à l’autre jusqu’aux dernières reposant sur des massifs ou pieds droits résistants.
- Les pierres constituant une voûte s’appellent voussoirs; la courbe intérieure, intrados, et la courbe extérieure, extrados. La surface courbe d’intrados, ordinairement cylindrique, s’appelle douelle. Le voussoir placé le plus haut, et qui ferme la voûte, s’appelle la clef.
- La corde de l’arc de voûte s’appelle la portée, et la hauteur entre cette corde et la clef s’appelle la flèche.
- Pour qu’une voûte soit stable, il faut que, sous la plus grande charge qu’elle ait à supporter, les pressions se transmettent de voussoir en voussoir, de telle sorte que les points d’application des pressions sur les faces des voussoirs forment une courbe comprise entre l’intrados et l’extrados et que la poussée latérale ne puisse renverser les murs ou pieds droits qui supportent la voûte.
- Cette courbe des pressions, dite courbe d’équilibre, varie avec la portée et la flèche, la longueur de queue des voussoirs et la distribution de la charge sur ces voussoirs.
- g 2. Formes à donner aux voûtes.
- La théorie mécanique des voûtes est trop compliquée pour être donnée ici. Mais on peut se rendre compte de l’effet des pressions, matériellement, en procédant ainsi. On dispose en forme de voûte des voussoirs à joints un peu convexes. Comme il n’y a forcément qu’un point de contact entre deux voussoirs voisins, la courbe des pressions passe par ces points. Lorsque, par le bon choix de la courbe, on est parvenu
- p.38 - vue 49/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 39
- à cet, équilibre, il est facile de voir que le moindre changement des pressions change la courbe d’équilibre. En effet,
- si l’on charge la voûte par les voussoirs placés à la clé ou près de la clef, les points de contact se rapprochent de l’extrados; si on charge les voussoirs des reins, un peu au-dessus de la naissance de la voûte, les points de contact se rapprochent de l’intrados.
- On aura l’idée d’une voûte en équilibre en suspendant une chaînette bien flexible à deux clous, contre une planche verticale. Les anneaux peuvent être supposés remplacés par des boules creuses reliées l’une à l’autre par un fil résistant, inextensible et infiniment court (fig. 29). Dans cet état, chaque boule est en équilibre sous l’action de son poids et des deux tractions des fils venant des boules voisines.
- Si nous pouvions retourner instantanément l’ensemble des boules, on aurait une voûte en équilibre où la courbe des pressions passerait par le centre des boules (fig. 30) et la pression extrême T viendrait aux pieds droits de la voûte se décomposer en deux : l’une verticale Y et l’autre horizontale H appelée poussée horizontale, qui sera d’autant plus forte que la pression générale T sera moins inclinée sur l’horizon.
- Fig. 30. — Voûte en chaînette se soutenant seule sans charge, ou arec charge uniforme.
- Pig. 29. — Courbe dite chaînette ou courbe des pressions dans une voûte non chargée.
- p.39 - vue 50/174
-
-
-
- 40 CONSTRUCTIONS RURALES.
- Une voûte de ce genre, aussi légère que l’on voudrait, non chargée, se tiendrait en équilibre. Mais la moindre charge sur un voussoir viendrait détruire cet équilibre et la voûte casserait.
- La courbe appelée chaînette dont nous venons de parler est donc celle qu’il faut donner à une voûte pour qu’elle soit la moins épaisse possible. 11 faudra que les joints des vous-soirs soient d’équerre avec la courbe d’équilibre.
- Mais dès qu’il s’agit d’une voûte destinée à porter une charge, la courbe de l’arc de voûte s’éloigne plus ou moins de l’arc de chaînette.
- Pour tracer une voûte, on peut se trouver dans trois cas différents :
- 1° — Si la voûte a pour seul but de couvrir l’espace compris entre les deux pieds-droits et ne doit supporter que son poids, on lui donne la courbure d’équilibre, la chaînette, en donnant aux voussoirs assez de longueur de queue pour que la courbe d’équilibre avec le plus fort chargement probable reste comprise entre la courbe d’intrados et celle d’extrados.
- La poussée horizontale sur les pieds-droits dépend évidemment de l’inclinaison sur l’horizon de la tangente à la courbe à son origine. Donc on diminuera la poussée en augmentant la flèche, pour une portée donnée. Dans ce cas, on peut faire des voûtes aussi légères et ayant aussi peu de poussée latérale qu’il peut être désirable.
- C’est ce que faisaient à peu près les architectes goths, et, bien qu’au lieu de chaînettes ils adoptassent de simples arcs de cercle (fig. 31), ils pouvaient faire de. grandes voûtes stables (non chargées) d’un décimètre d’épaisseur.
- 2°. — Si on ne peut pas, et c’est le cas le plus ordinaire, donner à une voûte une flèche suffisante pour que la poussée horizontale soit très faible, il faut se résigner, la portée et la flèche étant données, à avoir sur les pieds droits une pous-
- Fig. 31. — Voûtes en ogive (n° 1), en plein cintre (n° 2) et en arc de cercle surbaissé (n° 3).
- p.40 - vue 51/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 41
- sée plus ou moins forte et, pour éviter la destruction des pieds droits, on leur donne un poids suffisant pour qu’ils ne puissent être renversés, ni glisser sur leurs fondations (fig. 32).
- En outre, les voussoirs pouvant être chargés uniformément d’un certain poids, il faut, tout en adoptant pour la voûte la courbe d’équilibre, donner aux voussoirs assez de queue, ou de largeur de joint pour qu’il n’y ait pas écrasement.
- 3°. — Enfin, il arrive souvent que la forme de courbe soit mposée par l’aspect que doit avoir le bâtiment. Il faut alors chercher, par la théorie ordinaire dont l’exposé sortirait du cadre de cet ouvrage, la courbe des pressions, et augmenter
- la charge soit aux reins soit à la clef, jusqu’à ce que la courbe des pressions s’accorde le mieux possible avec la courbe que l’on doit adopter.
- Fig. 32. — Voûte ayant une certaine poussée contre ses pieds-droits ou culées.
- On-peut le faire, matériellement d’une ma-
- nière approximative. Pour cela on trace contre un mur, et renversée, la courbe choisie pour la voûte ; on suspend aux extrémités une chaînette très fine d’une longueur égale à la longueur de la première courbe, celle de la voûte; on commence par charger chaque anneau d’un poids égal représentant celui des voussoirs; puis on augmente par tâtonnement le poids de chacun d’eux jusqu’à ce qu’on arrive à ce que la courbe de la chaînette, qui se modifie au fur et à mesure qu’on charge chaque' anneau, vienne se confondre avec la courbe choisie pour la voûte : on sait alors où il faut charger la voûte, et de combien.
- S 3. Exécution d’une voûte en pierres de taille.
- On détermine les courbes d'intrados et à'extrados, s’il y a lieu, d’après l’une des méthodes précédentes; puis on trace cette courbe, de grandeur naturelle, sur un mur blanchi. On trace d’équerre avec la courbe d’intrados, des droites qui représenteront les joints des voussoirs : on limite chacun de ces
- p.41 - vue 52/174
-
-
-
- 42
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- voussoirs soit à une courbe d’extrados soit à une droite horizontale suivant les cas et cela d’après la dimension que la grandeur des pierres permet d’atteindre (fig. 32) ; on prépare, d’après ce dessin, des patrons pour chaque pierre que l’on numérote soigneusement. Parfois, on moule des voussoirs en béton fin. On pose les voussoirs sur un moule qui, en relief, reproduit absolument la douelle de la future voûte : ce moule en plâtre (cimblot), garnissant un couchis en chevrons, repose sur des constructions en charpente appelées cintres (fig. 35). L’établissement des pierres se fait par assises inclinées à partir des naissances : sauf la position des assises, le principe de leur établissement est identique à celui des assises horizontales.
- § 4. Exécution d’une voûte en briques.
- Si les briques étaient faites en forme de coin, de l’inclinaison voulue par la courbure de l’arc de voûte, la construction de la voûte en briques reviendrait à celle d’une voûte en pierres de taille de très petite dimension; mais il faudrait faire mouler des briques déformés spéciales pour chaque rayon de courbure, ce qui n’est guère possible. Toutefois, comme les rayons de courbure des voûtes sont assez grands par rapport à l’épaisseur des briques, il suffit de faire le joint en mortier moins épais à l’intrados qu’à l’extrados, ou de ficher [entre les briques à l’extrados des fragments d’ardoises. Avec un peu de soin et un mortier d’excellente qualité, durcissant assez rapidement, mais non subitement, on fera sûrement de bonnes voûtes avec les briques ordinaires de choix. Les chaux provenant des calcaires du lias sont très bonnes alors : les mortiers de ciment prenant trop vite, la voûte n’a pas le temps de tasser, en prenant son assiette, et il peut y avoir des ruptures.
- Souvent, pour éviter l’inconvénient de joints trop larges
- Fig. 33. — Voûte en deux arcs concentriques en briques.
- Fig. 3û. — Voûte en deux arcs concentriques en briques solidarisés par des voussoirs en pierres taillées.
- p.42 - vue 53/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 43
- à l’extrados, on fait les voûtes en arcs concentriques de une demi-brique depaisseur seulement (fig. 33). C’est une pratique dangereuse en ce que, si la courbe de l’équilibre des pressions passe entre deux arcs, elle peut tendre à les disjoin -dre; il convient alors de relier ces divers arcs entre eux par quelques voussoirs en pierre de taille placés de distance en distance (fig. 34).
- § 5. Exécution d’une voûte en moellons bruts.
- 130. La résistance d’une voûte de ce genre dépend essentiellement de la bonté du mortier employé, plus encore que pour les voûtes en briques. Toutefois, en disposant chaque
- assise, il convient de choisir les pierres et de les poser de façon que leur moindre épaisseur soit à l’intrados et au besoin les tailler convenablement à la hachette. Voici comment on procède à l’établissement de cette voûte.
- Fig. 35. — Cintrage et exécution d’une voûte en moellons.
- Les pieds-droits ayant été éle-
- vés à l’épaisseur et à la hauteur voulue (fig. 35), on les termine par une assise en pierre de taille, autant que possible, ayant, au lieu d’un lit supérieur horizontal, une face inclinée normale à l’arc de courbe, ou suivant le rayon du cercle , si la voûte, ce qui est presque généralement le cas, est en arc de cercle. Cette première assise est le sommier de la voûte : il y en a une de chaque côté.
- Les cintres sont alors établis entre les deux pieds-droits : puis une couche de chevrons 6 formant un berceau cylindrique, dit couchis; puis du plâtre pour remplir les inégalités et former ce que l’on appelle cimblot, un moule exact de la voûte.
- On établit alors, de chaque côté, une première assise sur toute la longueur du berceau; on suit, pour la construction de cette assise, les principes indiqués pour l’établissement d’une assise horizontale : on place ensuite une seconde assise de chaque côté en faisant alterner ses joints avec ceux de l’assise précédente et ainsi de suite. Quand il ne reste plus que trois assises dont la centrale, la clef, on les pose simultanément avec
- p.43 - vue 54/174
-
-
-
- 44 CONSTRUCTIONS RURALES.
- le plus grand soin en faisant entrer de force les pierres de manière à fermer ou bander fortement la voûte. On la laisse ainsi reposer sur le cintrage jusqu’à ce que le mortier soit entièrement sec : et le décintrement doit se faire également partout, en même temps, en abaissant très peu ce cintre afin de limiter et égaliser le tassement.
- § 6. Exécution d’une voûte en béton.
- On peut mouler une voûte d’une seule pièce sur un cintre convenablement fait et avec de l’excellent béton hydraulique. Bien qu’on ait fait ainsi des arches de ponts, nous n’osons conseiller ce procédé que pour des voûtes de dimensions restreintes.
- CHAPITRE VII. LÉGERS OU PETITS TRAVAUX DE MAÇONNERIE.
- § 1. Buts et Définitions.
- Les murs laissent voir sur leurs parements les joints en plâtre ou en mortier existant entre les pierres : l’eau de pluie fouettée contre le mur délaye le mortier, et compromet bientôt la solidité de la construction. Il est donc utile, sinon indispensable, de jointoyer les murs neufs et de rejointoyer les murs anciens, si, par elles-mêmes, les pierres résistent à l’air; sinon, il faut, en outre, couvrir la maçonnerie entière d’un enduit ne craignant pas l’humidité; cet enduit peut même servir à l’ornementation.
- § 2. Jointoiement et rejointoiement.
- On creuse, avec une espèce de crochet en fer, les joints en enlevant ainsi toutes les parties meubles, puis on lave à grande eau l’intérieur de ces joints ou avec une brosse convenablement dure. C’est alors que l’on peut remplir ces joints d’un mortier fin hydraulique de chaux ou de ciment ou de toute autre matière de liaison résistant bien à l’humidité.
- Ce travail peut se faire sur toute espèce de maçonnerie, neuve ou vieille.
- Sur les briques, on fait quelquefois des joints saillants, en
- p.44 - vue 55/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 45
- blanc, avec un mastic spécial, et on les régularise à la règle en les recoupant.
- § 3. Enduits.
- Ils peuvent être en mortier de chaux plus ou moins fin, plus ou moins hydraulique ; en ciment, pour les murs exposés à une constante humidité ou supportant l’eau ; en plâtre pur ou mélangé de substances économiques ou colorantes, etc. Si l’enduit est jeté contre le mur et laissé rugueux, c’est un crépi; s’il est étalé par couches planées et unies, c’est un enduit qui peut être plus ou moins épais et plus ou moins soigné : il faut alors commencer par disposer, de distance en distance, parallèlement et à la règle, de petites portions de cet enduit pour servir de guides ou de directrices à la règle et à l’outil planeur, la taloche ou la truelle.
- § 4. Aires.
- Sur le sol, sur les planchers d’étage, le maçon a souvent à exécuter une aire en plâtre ou autre mortier, c’est une couche de plâtre empâtant de petits bois appelés bardeaux posés sans clous sur les solives.
- § 5. Plafonds.
- C’est une couche de plâtre empâtant des lattes clouées en dessous des solives et se reliant à celles-ci par des augets faits de diverses façons, ou par un garnissage.
- § 6. Galandages.
- Sur des pans de bois ou des cloisons en bois assemblés, sur des chevronnages, etc., on cloue parfois des lattes qui servent à retenir une espèce d’enduit en plâtre.
- § 7. Cloisons.
- Elles sont faites assez souvent en pans de bois; c’est-à-dire composée d’une carcasse en bois (poteaux et traverses, sablières et linteaux, etc.), recouverte sur ses deux faces d’un enduit en plâtre. Parfois, la cloison est en carreaux de plâtre, ou en briques, pleines ou creuses.
- a.
- p.45 - vue 56/174
-
-
-
- 46
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 3e SECTION : TRAVAUX COMPOSES.
- CHAPITRE I. FONDATIONS.
- § 1. Buts.
- Quelle que soit la destination de la construction que le maçon doit exécuter, elle est composée de murs, de voûtes et des légers travaux accessoires dont nous avons parlé : mais les murs ayant une charge à porter, leur poids au minimum, il faut tout d’abord les établir sur une base ferme ne pouvant ni s’enfoncer ni glisser. Cet établissement d’une substruction est ce qu’on appelle le fondement des édifices, la fondation.
- 2. Fondations naturelles.
- Fig. 38. — Fondation sur un sol en pente, par gradins successifs taillés dans le
- Lorsque le sol, sur lequel les murs doivent être établis, est incompressible, comme le roc, le gravier compacte, la terre franche siliceuse, ferme, etc., il suffit d’enlever la couche de terre végétale meuble et de niveler la base destinée aux murs. Si les murs doivent être sur un terrain en pente, les fondations se feront toujours suivant des plans horizontaux, par gradins successifs (fig. 36).
- Quelques sous-sols forment de bonnes fondations s’ils ne sont pas exposés à l’air ; nous pouvons citer les argiles schisteuses qui sont si compactes qu’elles exigent la poudre pour être fouillées lorsqu’elles viennent d’être découvertes et qui, après quelques jours d’exposition à l’air, se fendillent et se délitent. Pour fonder solidement en de tels sols, il suffit, aussitôt la tranchée ouverte, de jeter une couche de bon béton hydraulique et de construire immédiatement le mur. Sans cette précaution, le gonflement que subit l’argile par l’absorption de l’eau, après exposition à l’air, combiné avec son retrait par la sécheresse, compromet la solidité des bâtiments ainsi fondés.
- p.46 - vue 57/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 47
- § 3. Fondations artificielles.
- On emploie des moyens artificiels de fondation toutes les fois que le sous-sol est compressible, coulant ou sous T eau
- Sous-sol compressible. — Lorsque le sol est sain, c’est-à-dire exempt d’eau et non coulant, le seul inconvénient que présente le sous-sol compressible, c’est que le poids des murs les ferait enfoncer d’une certaine quantité. Pour éviter ce tassement, ou le limiter, on se contente d’élargir la fondation suffisamment pour que la pression par centimètre carré sur le sous-sol soit inférieure à la pression qu’exige ce terrain pour se comprimer sensiblement. Si, par expérience, le sous-sol se comprime sous une charge de i kil. 25 par centimètre carré, voici com-, ment on procéderait. Pour un mur de 0m,60 de large, 1 mètre de long, et 4m,50 de hauteur, la charge maxima doit être de 7500 kilogr. Si la fondation, le mur et la portion de couverture afférente à cette surface d’appui, pèsent 15000 kilogr. il suffira de doubler la surface de la fondation pour qu’il n’y ait pas de tassement : pour cela, on élargira le bas de la fondation à lm,20 et on le ramènera à 0m60 par des retraites successives (fig. 37).
- Dans ce cas de sous-sol, sain mais compressible, on peut aussi, à l’aide de voûtes renversées, répartir la charge sur toute la surface intérieure du bâtiment.
- Au lieu d’élargir successivement la fondation, on peut faire reposer le mur sur une plate-forme en planches. Mais ce moyen n’est nécessaire que dans des terrains très compressibles quoique sains : alors, on enfonce quelques pilotis dans la tranchée des fondations ; on les relie deux à deux par des moises sur lesquelles on. pose des madriers reposant aussi sur le sous-sol, excavé seulement au droit1 des pilotis, pour y placer les moises.
- Lorsque le bon sous-sol est trop profondément situé pour que l’on puisse économiquement y faire descendre les murs de fondation, on enfonce des pilotis en bois, ferrés-
- Fig. 37. - Fondation par empâtement sur sous-sol compressible, sain.
- p.47 - vue 58/174
-
-
-
- 48 CONSTRUCTIONS RURALES.
- de la pointe, jusqu’à ce qu’ils atteignent le bon fond : on coupe ensuite les pieux de niveau et on les recouvre d’une plate-forme de charpente sur laquelle on fonde le mur. 11 est bon de noyer la plate-forme par une couche de bon béton hydraulique (fig. 38).
- Fondation sur sous-sol coulant. — Avant de fonder le mur, il faut consolider le sous-sol coulant et en arrêter le glissement en entourant toute la fondation par des pilotis serrés : on réunit ensemble les pilotis par des moises longitudinales et transversales, on y établit une plateforme que l’on noie ainsi que les pieux avec une bonne couche de béton, qu’il est bon de continuer jusqu’au niveau du sol.
- Fondations dans l’eau. — Elles peuvent se faire en établissant les murs ou la construction au-dessus du niveau de l’eau. Pour cela, on enfonce dans l’eau des pilotis suffisamment nombreux ; on les relie au sommet et à diverses hauteurs, par des moises boulonnées, et placées longitudinalement et transversalement. Ces moises reçoivent une plateforme en charpente, placée plus haut que le niveau de l’eau, sur laquelle on établit le mur ou la construction. On fait ainsi des ponts, des jetées, des brise-lames, etc. L’inconvénient, c’est que le bois des pieux se pourrit vite au niveau de l’eau où il est alternativement soumis à l’air et à l’humidité. Dans l’eau de mer, des vers à un certain niveau rongent le bois.
- La fonte de fer n’est guère d’un meilleur emploi dans l’eau de mer : elle devient assez tendre pour être coupée comme du plomb.
- Au lieu de pilotis, on emploie quelquefois des pieux munis à leur partie inférieure d’une grosse vis en fer de lm,2J 9 de diamètre. On visse ces pieux dans le sable. Reliés ensuite, ils donnent une base parfaitement solide.
- En Chine, dans le sable humide, on creuse un puits non garni de maçonnerie, jusqu’à ce qu’on atteigne la couche d’eau; puis on place, au fond de ce puits, une couronne
- Fig. 38. — Fondation sur pilotis en sol mou.
- p.48 - vue 59/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 49
- en bois très solide ayant 0m,33 environ de largeur. Sur cette espèce d’anneau en bois, on bâtit une tourelle, en pierres ou en briques, que l’on élève à un mètre au moins au-dessus du sol ; alors des ouvriers au fond du puits fouillent en dessous de la couronne en bois sur tout son pourtour : cette couronne pesamment chargée descend alors au fur et à mesure de l’affouillement et on continue à maçonner en haut. Bientôt les ouvriers fouilleurs ne peuvent travailler qu’en plongeant et ils restent alors sous l’eau souvent plus d’une minute. Les Chinois peuvent atteindre ainsi des profondeurs de plus de douze mètres.
- Voici un perfectionnement de ce système : on remplace la plate-forme en bois par une couronne en fonte à rebord vertical tranchant, et l’affouillement se fait sous l’eau à l’aide d’une roue horizontale armée de palettes fouilleuses pénétrant en dessous de la plate-forme en fonte.
- Enfin, on enfonce des cylindres en fonte dans le sable humide en vidant, à l’aide de fortes pompes, l’eau et le sable affluant dans ces tuyaux : quand un cylindre est enfoncé, on en ajoute un autre que l’on boulonne au premier et ainsi de suite. Lorsque l’on a atteint un sous-sol solide, on vide, à la pompe, le tube complet et on le remplit de bon béton hydraulique.
- Si la construction doit être placée au niveau du sol humide, comme*un barrage en rivière sur un lit solide, on nivelle autant que possible l’emplacement, par un draguage, puis on y place les matériaux de construction. Cela suffit s’il n’y a pas à craindre que le sous-sol soit affouillé sous la construction.
- On peut aussi établir la fondation à pierres perdues, en jetant dans l’eau autant de pierres qu’il en faut pour atteindre son niveau. On peut alors établir la construction comme à l’ordinaire.
- Si l’on veut fonder au-dessous du niveau de l’eau, on noie d’énormes pierres de taille naturelles ou artificielles, que des plongeurs, vêtus du scaphandre, posent d’une manière convenable. A Alger, on descendait ainsi en mer des blocs de pierres artificielles de près de dix mètres cubes que la mer ne peut déplacer.
- p.49 - vue 60/174
-
-
-
- 50
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Il est plus simple, quand la profondeur d’eau n’est pas très considérable, d’entourer l’emplacement de la fondation de pilotis serrés et de couler à l’intérieur du béton hydraulique. Ce mode a été décrit par Yitruve comme employé par les anciens Romains.
- Parfois, on construit un caisson en bois flottant que l’on amène au lieu même de la fondation ; on le fait enfoncer jusqu’à ce qu’il repose sur le sol, en le chargeant de pierres ; puis on construit sur son fond, en pierres et mortier hydraulique, jusqu’à ce qu’on ait un peu dépassé le niveau de l’eau. On enlève alors les côtés du caisson. Pour réussir, il convient de creuser le fond de la rivière avant d’enfoncer le caisson, et de couler au fond une épaisse couche de béton avant de construire la fondation proprement dite.
- Toutes les fois que le cours d’eau peut être détourné momentanément, il convient de le faire afin d’obtenir une fondation éminemment solide. Si l’eau est peu profonde, il suffit même de protéger contre l’eau la fondation par un léger bâtardeau B ( fig. 39 ) fait ainsi : on entoure l’emplacement du mur à élever par une enceinte du pieux serrés, contre l’extérieur desquels on pilonne de l’argile, puis de la terre franche sur une épaisseur suffisante pour empêcher la filtration de l’eau ; on épuise, à l’aide de pompes, et l’on établit la fondation sur un terrain solide à sec et avec tout le soin désirable. Si l’eau est un peu profonde, on enfonce deux enceintes concentriques de pilotis entre lesquelles on fait un mur d'argile (corroi) par assises pilonnées : on amasse de la terre franche contre l’extérieur et on procède comme précédemment à la fondation.
- Nos lecteurs ont compris, par ce qui précède, que l’emploi du béton est de première importance dans les travaux de fondation à sec ou sous l’eau.
- à sec d'un mur de quai.
- p.50 - vue 61/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 51
- CHAPITRE II. MURS DIVERS.
- § 1. Murs de clôture.
- Ces murs doivent d’abord, par leur seul poids, résister à la pression que les plus forts vents puissent exercer normalement à l’une de leurs faces.
- Si on désigne par : h la hauteur du mur.
- p la pression par mètre carré du vent auquel le mur doit résister, d la densité du mur ou son poids par mètre cube,
- l’épaisseur e à donner au mur sera déterminée par la formule
- que l’on peut traduire ainsi : le carré de l’épaisseur du mur est à la pression du vent que le mur doit supporter par mètre carré, comme la hauteur de ce mur est à sa densité ou poids par mètre cube.
- Soit, par exemple, un mur en moellons pesant 2200 kilogr. par mètre cube, et devant résister aux ouragans les plus extraordinaires pendant lesquels le vent, prenant une vitesse de 61 mètres par seconde , exerce une pression p de 51 lk par mètre carré.
- Pour des hauteurs de mur h = lm 1,21 1,44 1,69 1,96 2/25
- les épaisseurs devraient être e = 0,482 0,530 0,579 0,627 0,675 0,723
- Pour des hauteurs de mur h— 2,56 2,89 3,24 3,61 4,00
- les épaisseurs devraient être e = 0,771 0,820 0,868 0,916 0,964
- Si le mur ne doit résister qu’aux grands ouragans, la vitesse du vent n’étant alors que de 45 mètres, sa pression par mètre carré se réduit à 276 kil.; alors :
- Pour des hauteurs., h = lm 1,21 1,44 1,69 1,9c 2,25
- les épaisseurs seraient e = 0,354 « 0,390 0,425 0,460 0,496 0,531
- Pour des hauteurs .. h — 2,56 2,89 3,24 3,61 4,00
- les épaisseurs seraient e = 0,567 0,602 0,638 0,673 0,708
- Si l’épaisseur du mur est plus grande à la base qu’au sommet et que la face du mur, du côté, du vent le plus vio-
- p.51 - vue 62/174
-
-
-
- 52
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- lent, soit verticale, le cube de maçonnerie pourra être moindre ; c’est-à-dire que l’épaisseur moyennè à donner au mur sera plus faible que pour le mur parallélépipédique dont nous venons de parler.
- Lorsqu’un mur a l’un de ses parements incliné, on dit qu’il a du fruit. Si l’épaisseur, à partir du sol, diminue, par exemple, de iO centimètres par mètre, on dit que le fruit est du dixième, si l’épaisseur du mur au sommet, est supposée nulle, le fruit total est le double de l’épaisseur moyenne. Dans ce
- Fig. ftO. — Mur de clôture à section rectangulaire ou à parements d’aplomb.
- Fig. ÛO bis. — Mur de clôture à section triangulaire.
- Fig. UO ter. — Mur de clôture à section trapézoïdale ou à section pratique.
- N. U. — Les flèches indiquent la direction du vent.
- cas, d’un mur à section triangulaire (fig. 40 bis), l’épaisseur moyenne est notablement plus"petite, à égalité de résistance, que celle qu’exige le mur à parements d’aplomb (fig. 40).
- L’épaisseur moyenne d’un mur triangulaire est seulement égale aux soixante et un centièmes de l’épaisseur uniforme du mur parallélépipédique. On économise donc les trente-neuf centièmes de la maçonnerie en donnant le maximum possible au fruit du mur.
- Le maximum du fruit total que l’on peut donner à un mur de clôture est, comme il est facile de le prouver, le double de l’épaisseur moyenne.
- Ce maximum ne peut être atteint, car l’épaisseur au sommet du mur ne peut être nulle : en béton ou en briques,
- p.52 - vue 63/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 53
- elle ne peut être moindre de Om,ll, en moellons elle doit avoir au moins om>2o ; on a alors le mur à section trapézoïdale, ou à section pratique (fig. 40 ter).
- En admettant que le fruit iotal soit égal à
- 2,0 1,8 1,6 1,4 1,2 1,0 0,8 0,6 0,4 0,2 0,0
- de l’épaisseur moyenne, on aurait une épaisseur moyenne égale à 0,612 0,614 0,620 0,630 0,645 0,667 0,696 0,735‘ 0,790 0,871 1,000 de l’épaisseur nécessaire à un mur à deux parements verticaux.
- Il est bien entendu qu’en pratique l’épaisseur doit
- être quelque peu supérieure à celle que détermine la condition d’équilibre, car il faut que le mur résiste au vent sans se renverser. Comme on n’a pas tenu compte, dans le problème d’équilibre, de la cohésion du mortier qui relie le mur avec sa fondation, il suffît d’augmenter l’épaisseur théorique d’un cinquième, pour avoir, avec de bon mortier, une stabilité suffisante : si le mortier est mauvais (terre franche), il faut augmenter des deux cinquièmes au moins.
- Le mur résiste mieux au glissement qu’au renversement; il n’y a donc pas à tenir compte de cette condition de la pratique.
- Si l’on suppose le mur divisé dans sa hauteur en un grand nombre de murs superposés, pouvant tourner indépendamment l’un de l’autre, l’épaisseur devrait croître successivement à partir du haut et de plus en plus vite, de sorte que la face du mur opposée au vent aurait un parement courbe, ce qui n’est pas pratique. 11 suffit de lui donner un fruit considérable pour restreindrè la dépense en maçonnerie d’une manière sensible.
- D’après Rondelet, l’épaisseur à donner à un mur de clôture dépend de la nature des matériaux qui le composent, de sa hauteur h et de sa longueur l, entre les murs qui l’accotent; et si l’on remarque que la hauteur d’un mur de clôture est presque toujours très petite par rapport à sa longueur, la règle de Rondelet revient à dire que :
- L’épaisseur d’un long mur de clôture (de 20m dè long, par exemple) doit être égale :
- p.53 - vue 64/174
-
-
-
- 54
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- "'Vi.tWTïT* //( I
- Fig. 41. — Chaperon en pierre taillée pour mur non mitoyen.
- Fig. 42. — Chaperon en pierre taillée à faîte pour mur mitoyen.
- Fig. 43. — Chaperon en pierre taillée en dos d’àne pour mur mitoyen.
- au huitième de sa hauteur, si on veut un mur très fort, au dixième de sa^hauteur si on veut un mur assez fort, au douzième de sa hauteur si on est forcé d’économiser le plus possible le cube de maçonnerie.
- Cette épaisseur serait trop faible pour résister aux orages ; mais elle est suffisante pour des murs en situations bien abritées contre les grands vents dont la direction est ordinairement connue. •
- Puisque, pour résister aux grands ouragans, un mur de clôturedoit avoir 0m,567 d’épaisseur pour 2m,56 dehauteur au lieu de 0m,32 d’après la règle de Rondelet, il faut évidemment prendre nos chiffres si l’on ne veut pas s’exposer à des déceptions,toutes les fois que'* les murs peuvent recevoir
- perpendiculairement à leur surface les très grands vents.
- Il ne suffit pas qu’un mur de clôture résiste au vent, il faut le garantir de la pluie, en le surmontant d’un chaperon
- débordant quelque peu les parements. On fait ^ ces chaperons en pierre de taille, avec un larmier a, et à une ou deux pentes. Si le mur n’est pas mitoyen, l’égout b doit être sur le propriétaire de ce mur (fig. 41). Si le mur est mitoyen, il est convenable de faire le chaperon à deux pentes égales (fig. 42) ou enformede segmentde cercle (fig. 43).
- Par économie, on fait parfois les chaperons en plâtre avec saillie simple ou double, en briques (fig. 44) ou en faîtières et tuiles plates ordinaires (fig. 45) ; enfin, on fabrique, par pression, de très bonnes tuiles pour chaperons de murs (voir couvertures).
- Fig. 44. — Chaperon à saillies en briques pour mur mitoyen.
- Fig. 45. — Chaperon à faitage eten tuiles, pour mur mitoyen.
- p.54 - vue 65/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 55
- § 2. Murs de soutènement.
- On appelle ainsi tout mur devant soutenir une certaine hauteur de terre qui s’éboulerait si le mur ne s'y opposait, en résistant par son poids au renversement et au glissement. Si, pour un instant, nous supposons (fig. 46) que le mur disparaisse, la terre s’éboulerait; et après son éboule-ment suivant les talus A C par exemple, il n’en resterait que la partie située au-dessous de cette ligne droite A C, dont l’inclinaison est telle qu’une portion de cette terre ne glisse pas d’elle-même sur ce plan C A. L’angle CAL est ce qu’on appelle l’angle de soutènement naturel de la terre dont il s’agit; la ligne A C est ce qu’on appelle aussi le talus naturel de la terre ; c’est la ligne à laquelle les terres non soutenues cessent de s’ébouler ; il est évident que ce talus varie avec les différentes espèces de terres; et que moins la terre est consistante, plus elle s’éboule et par conséquent moins la ligne dé talus naturel est inclinée sur l’horizon et plus l’angle CA L est petit.
- Par conséquent, si nous supposons la terre et le mur rétablis dans leur position primitive, il est clair que, seul, le prisme de terre ABC peut exercer une poussée contre le mur.
- Cette poussée exercée par la terre tendant à s’ébouler dépend de l’angle de soutènement naturel CAL; elle sera d’autant plus grande que cet angle sera lui-même plus
- petit; on comprend facilement que si les terres étaient assez compactes pour ne pas s’ébouler du tout, et rester elles-mêmes
- Fig. 56. — Conditions de poussée de la terre contre la paroi verticale d’un mur de soutènement.
- p.55 - vue 66/174
-
-
-
- 56
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- dans la position AB (ce qui n’arrive jamais, bien entendu), il n’y aurait pas besoin de mur pour les soutenir; et de même plus l’angle de soutènement naturel sera petit, plus le poids de terre tendant à s’ébouler sera grand, et par conséquent plus la poussée sera grande, pour la même manière d’agir de la terre.
- Mais on peut faire diverses suppositions sur l’action que le cube de terre éboulable CAB exercera contre la face A B du mur pour le faire basculer ou glisser :
- 1° Si l’on suppose que la totalité du prisme de terre CAB, (fîg. 46), glisse sur C A, la moindre force suffit pour arrêter ce glissement ; car si tout le poids de terre est alors en mouvement, l’accélération que la gravité lui imprime est nulle.
- 2° Si l’on suppose qu’une partie du prisme seulement glisse B A D par exemple, le poids de terre qui glisse est notablement plus petit que dans le cas précédent; mais le plan incliné D A étant plus raide que celui de soutènement naturel C A, il y aura accélération ou descente spontanée de ce cube de terre, et par suite une pression contre le mur, dont l’effet sera représenté par un produit de deux facteurs; l’un qui croit quand l’angle LAD augmente, c’est l’accélération; et l’autre qui décroît, c’est le volume qui glisse.
- 3° Si Ton suppose que le plan de glissement est encore plus raide que D A, le cube de terre qui glisse, diminue tellement que malgré la grande augmentation de l’accélération de descente, l’action contre le mur peut être moindre que dans le cas de l’angle LAD.
- Ainsi, suivant que l’on suppose que la terre glisse en tout ou en partie, suivant les fissures C A, D A, etc., l’action pour renverser le mur va en augmentant d’abord jusqu’à l’inclinaison moyenne entre C A et la verticale, parce que si le poids de terre en mouvement diminue, l’accélération de chute augmente avec l’inclinaison; mais cet angle moyen dépassé, l’accélération a beau continuer à augmenter, le poids de terre allant en diminuant jusqu’à devenir nul, l’action contre le mur va en diminuant de plus en plus. Le maximum d’effet possible contre le mur a lieu quand le plan incliné de chûte est à moitié entre la verticale A B et le talus de soutènement C A, c’est-
- p.56 - vue 67/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 57
- à-dire en M A, et alors le poids de terre qui descend est la moitié du volume total CAB.
- Il faut faire le mur assez lourd ou épais pour résister au plus grand effet possible de la terre qu’il soutient; car alors il résistera pour toutes les suppositions 'possibles, en vertu de l’axiome : qui peut le plus peut le moins.
- L’angle de soutènement naturel des terres (angle CAL) varie non seulement avec la nature des terres , mais encore avec leur état actuel hygrométrique et de division : la même terre à l’état de paroi d’un déblai, revêtue immédiatement d’un mur, est beaucoup plus stable que lorsqu’elle a été remuée et est restée longtemps exposée à l’air. Pour du sable fin, très sec, l’angle de soutènement naturel CAL est de 30°; pour une terre de moyenne consistance, moite, 36°; pour la même terre sèche et pulvérisée, 43° 10'; enfin pour les terres les plus fortes et les plus denses l’angle de soutènement naturel est de 53°.
- Le rapport entre l’épaisseur à donner au mur de soutènement à section rectangulaire (fig. 47) et à la hauteur h du mur est donné par une formule (1) dont l’établissement exige des calculs qui seraient en dehors du cadre de cet ouvrage; mais nous avons calculé ce rapport pour quatre terres différentes, pour lesquelles l’angle de soutènement naturel est de 30°, 36°, 43° 50° et pour lesquelles le poids du mètre cube est de 1410, 1300, 1500 et 1700 kilogrammes. Les murs sont
- Fig. VI. — Mur de soutènement à section rectangulaire, ou à parements verticaux.
- (1) Formule d’équilibre d’un mur paralléli-pédique de soutènement des terres.
- t = V ëa x tg- ï (90^
- d étant la densité de la terre et D celle du mur ; et y l’angle de soutènement naturel des terres.
- p.57 - vue 68/174
-
-
-
- 58
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- supposés faits en moellons légers, briques et moellons durs pesant, le mètre cube 1700, 2200 et 2300 kilogr. :
- Les murs de soutènement étant plus exposés à être renversés qu’à glisser sur leur base (sauf pour le cas d’un mur posé sur argile glissante) nous ne donnerons ici que les chiffres relatifs à l’épaisseur à donner au mur pour que ce mur ne soit pas renversé.
- Rapport entre l’épaisseur à donner à un mur de soutènement à section rectangulaire et la hauteur de ce mur ( sauf le cas où « le mur est posé sur argile glissante : voir plus loin le tableau relatif à ce cas spécial ).
- Nature et état des terres. Espèce de maçonnerie.
- i Moellons légers 0,304
- Sable fin très sec | Briques 0,267
- ( Moellons durs 0,261
- / Moellons légers 0,267
- Terre moyenne, moite. ] Briques 0,235
- ( Moellons durs 0,229
- , j Moellons légers 0,227
- Même terre sèche | Briques 0,199
- f Moellons durs 0,195
- j Moellons légers.... 0,177
- Terre très tenace \ Briques 0,155
- | Moellons durs 0,152
- Les chiffres ci-dessus sont ceux par lesquels il faut multi-
- plier la hauteur d’un mur de soutènement pour avoir son épaisseur :
- Supposons, par exemple, que nous ayons à construire en briques un mur de 2m,7o de hauteur, destiné à soutenir du sable fin très sec. Nous trouvons que pour un mur en briques destiné à soutenir du sable fin très sec le rapport entre l’épaisseur et la hauteur du mur est de 0,267. Si nous multiplions par 0,267 la hauteur 2m,7o du mur, nous trouvons 0m,73425, ou en chiffres ronds, 0m,74 d’épaisseur.
- Pour un mur en moellons durs de même hauteur destiné à soutenir des terres très tenaces, nous trouverions pour l’épaisseur :
- E = 2,75 X 0,152 = 0,418
- p.58 - vue 69/174
-
-
-
- 59
- MAÇONNERIE.
- soit 0m,42 c’est-à-dire une épaisseur près de moitié moindre que dans le cas précédent.
- Pour plus de facilité, nous donnons directement ci-dessous les épaisseurs à donner à des murs de lm — lm,50 — 2m — 2m,50 — 3“ — 4m, selon l’espèce de maçonnerie employée et selon la nature des terres à soutenir.
- Épaisseur à donner aux murs de soutènement à section rectangulaire.
- Nature Espèce Pour une hauteur de
- et de
- état maçonnerie. m. m. m. m.
- des terres. i 1,50 2 2,50 3 0
- Sable fin Moellons légers 0,30 0,05 0.61 0,76 0,91 1,22
- Briques 0,27 0,00 0,53 0,67 0,80 1,07
- très sec. Moellons durs 0,26 0,39 0,52 0,65 0,78 1,00
- Terre Moellons légers 0,27 0,00 0,53 0,67 0,80 1,07
- moyennement Briques 0,23 0,35 0,07 0,59 0,70 0,90
- consistante, moite. Moellons durs 0,23 0,30 0,06 0,57 5,69 0,92
- Moellons légers 0,23 0,30 0,05 0,57 0,68 0,91
- Même terre Briques 0,20 0,30 0,00 0,50 0,60 0,80
- sèche. | Moellons durs 0,19 0,29 0,39 0,09 0,58 0,78
- Terre 1 Moellons légers 0,18 0,26 0,35 0,00 0,53 0,71
- Briques 0,15 0,23 0,31 0,39 0,06 0,62
- très tenace. Moellons durs 0,15 0,23 0,30 0,38 0,06 0,61
- Eau ou boue Moellons légers 0 ,00 0,66 0,88 1,10 1,32 1,76
- liquide. Briques 0,39 0,59 0,78 0,98 1,16 1,56
- Moellons durs 0,38 0,57 0,75 0,95 1,10 1,52
- Ces épaisseurs sont les épaisseurs théoriques. En pratique, il faut les augmenter d’un dixième ou d’un huitième, selon que l’on veut une moyenne ou une grande sécurité.
- Pour les murs soutenant de l’eau, un barrage en rivière, par exemple, l’angle de soutènement naturel est sensiblement nul. Partant de là on trouve que, théoriquement, le rapport entre l’épaisseur et la hauteur du mur doit être égal à 0,44, 0,40 et 0,38 suivant que les murs sont en moellons légers, eh
- p.59 - vue 70/174
-
-
-
- 60 CONSTRUCTIONS RURALES.
- briques ou en moellons durs et pratiquement 0,49 — 0,45 — et 0,42.
- Dans le cas où le mur serait posé sur argile glissante, et si on avait à soutenir du sable fin très sec ou des terres moyennes moites, les chiffres des tableaux précédents seraient trop faibles. Nous donnons dans le tableau ci-dessous : 1° le rapport entre l’épaisseur à donner au mur de soutènement et la hauteur de ce mur. 2° les épaisseurs mêmes de ce mur pour les hauteurs de lm, lm,50, 2m, 3m.
- Cas d’un mur de soutènement à section rectangulaire posé sur argile glissante.
- Nature
- et
- état
- des terres.
- Sable fin très sec.
- Terre moyenne, moite.
- Rapport Épaisseurs à donner
- Espèce entre pour une hauteur de
- de l’épaisseur -——
- maçonnerie. et m. m. m. m.
- la hauteur. i 1,50 2 3
- •Moellons légers. 0,461 0,46 0,69 0,92 1,38
- Briques 0,356 0,36 0,53 0,71 1,07
- Moellons durs.. 0,340 0,34 0,51 0,68 1,02
- Moellons légers. 0,356 0,36 0,53 0,71 1,07
- Briques 0,275 0,27 0,41 0,55 0,82
- Moellons durs.. 0,263 0,26 0,39 0,53 0,79
- En pratique ces épaisseurs seront augmentées de un dixième à un huitième pour avoir une moyenne ou une grande sécurité.
- Murs de soutènement à section trapézoïdale.
- On a reconnu qu’il était absolument inutile de donner aux mur de soutènement la même épaisseur au sommet qu’à la base, et on est arrivé à réaliser de la sorte de grandes économies. Nous conseillons donc absolument de rejeter les murs de soutènement à parois verticales, intérieure et extérieure, et à donner aux murs que l’on aura à construire le plus de fruit possible.
- Théoriquement il y aurait avantage à faire des murs de soutènement à section triangulaire (fig. 48) et si la chose était
- p.60 - vue 71/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 61
- possible on réaliserait de la sorte un économie de près de moitié puisque dans ce cas, l’épaisseur moyenne du mur triangulaire ne serait que les | de l’épaisseur du mur rectangulaire.
- Mais il n’est pas possible pratiquement de faire un mur d’une épaisseur nulle en haut; cette épaisseur doit être d’au moins Om,ll pour un mur en briques ou en béton; et 0m,22 à 0m,25 pour un mur en moellons; la véritable forme d’un
- Fig. 49. — Mur de soutènement à. section trapézoïdale ou à section pratique.
- Fig. 48- — Mur de soutènement il section triangulaire.
- mur de soutènement, à paroi intérieure verticale, sera donc celle d’un trapèze rectangle (fig. 49).
- Pour les murs de soutènement à section trapézoïdale (fig. 49), on prendra pour épaisseur moyenne pratique les 3/5 de celle qu’exige, dans les mêmes circonstances, un mur à deux faces verticales en adoptant l’épaisseur nécessaire au sommet ; soit pour les murs en moellons, 0m,22 et pour les murs en briques ou en béton, Om,ll.
- Soit par exemple un mur trapézoïdal de 3m de hauteur en moellons légers : pour soutenir du sable fin, son épaisseur moyenne devra être les 3/5 de l’épaisseur pratique d’un mur sans fruit (0,91 + ou % de 0,91) soit les f de lm,00 ou de lm,02; soit enfin 0m,60 ou 0m,61 comme épaisseur au milieu de la hauteur; 0m,22 au sommet et 0,98 ou 1,00 à la base.
- Enfin tout le monde a vu, le long des quais ou des talus de chemins de fer, de grands murs de soutènement dont la paroi
- 4
- p.61 - vue 72/174
-
-
-
- 62
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- extérieure affecte une courbe particulière, nous n’entrerons pas, bien entendu, dans les calculs nécessaires pour la détermination de cette courbe. Il nous suffira de dire que dans ce cas on considère le mur comme formé de blocs posés l’un sur l’autre sans mortier adhérent, et on détermine la véritable forme à lui donner, en traçant la ligne des résistances ou des points d’application de la poussée reportée de pierre en pierre jusqu’à la fondation. A l’aide de cette ligne des résistances on peut déterminer la véritable forme à donner au mur pour économiser le plus possible la maçonnerie, tout en donnant à ce mur un degré suffisant de stabilité pour qu’il n’y ait aucune crainte d’éboulement. Mais ce mode deprocéder exige des connaissances spéciales, et en somme l’économie réalisée n’est importante que s’il s’agit de murs de dimensions très considérables, comme les murs de grands réservoirs pour irrigation.
- Toutes les fois que le mur doit supporter une forte épaisseur de terre, il convient de soutenir ce mur par des contreforts extérieurs si c’est possible, et même de le faire en forme de voûte entre les contreforts
- Fig. 50. — Contre-forts extérieurs d’un mur de soutènement. Le mur est droit, ou en voûtes entre les contreforts.
- (fig. 50).
- Enfin il ne faudra pas oublier de ménager de distance en distance, dans un mur de soutènement, de petites ouvertures appelées barbacanes, destinées à l’écoulement de l’eau qui sans cette précaution s’amasserait derrière le mur et produirait contre ce mur une poussée quelquefois dangereuse et en tous cas, comme on l’a vu, supérieure à la poussée que donnent les mêmes terres sèches.
- § 3. Mur de revêtement.
- Lorsque le talus d’un déblai ou d’un remblai reste exposé à l’air, la terre devient parfois très ébouleuse : c’est pour éviter cet inconvénient que l’on revêt les talus, ayant la pente de soutènement naturel pour leur état actuel, d’un mur qui n’a nullement pour but de soutenir la terre, puisqu’elle se soutient elle-même.
- p.62 - vue 73/174
-
-
-
- Fig. 51. — Mur de revêtement d’un talus stable vu en coupe.
- MAÇONNERIE. 63
- Ces murs de revêtement n’ayant à supporter aucune poussée, on peut les faire aussi minces que les matériaux le permettent. Toutefois, il ne faut pas oublier que l'air extérieur et l’humidité intérieure peuvent fortement changer l’état des terres. On donnera donc une certaine épaisseur aux murs de revêtement pour parer à une petite poussée ultérieure causée par la désagrégation de la terre et on fera leurs lits d’assises perpendiculaires à la ligne inclinée du talus (fig. 51). Pour empêcher l’eau de s’amasser derrière le mur et de le pousser, on y pratiquera de
- nombreuses barbacanes, S, petites ouvertures verticales hautes et étroites (fig. 52). Cette précaution, doit, a fortiori,être prise pour les murs de soutènement comme nous l’avons d’ailleurs déjà indiqué.
- On peut ménager la pierre en faisant, de distance en distance, (fig. 52) des chaînes, avec mortier, réunies par des voûtes : en dessous des arcs, on peut faire le revêtement très mince, ou même n’en faire aucun, suivant l’état de la terre.
- Fig. 52. — Mur de revêtement d’un talus établi avec évidements voûtés.
- § 4. Murs mixtes ou de revêtement et de soutènement.
- Toutes les fois que les circonstances le permettront, il y aura avantage à soutenir les terres par des murs ayant intérieurement leur parement suivant l’inclinaison qui donne le maximum de poussée, ou entre cette inclinaison et la verticale, c’est-à-dire que l’angle formé par la ligne du.revêtement intérieur avec l’horizon devra être égal à la moitié de l’angle de soutènement naturel augmenté de 45°.
- En d’autres termes l’angle de soutènement naturel étant :
- p.63 - vue 74/174
-
-
-
- 64
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Pour le sable fin sec................... 30°
- Pour la terre moyenne, moite............ 36°
- Pour la même terre sèche................ 43°
- Pour les terres fortes et denses........ 55°
- il y aura avantage à donner aux murs de soutènement une inclinaison de
- 60° pour le sable fin sec.
- 63° pour la terre moyenne, moite.
- 66° 1/2 pour la même terre sèche.
- 72 1/2 pour les terres fortes, tenaces.
- On réduit ainsi beaucoup le volume de terre qui pousse le mur et on augmente, d’autre part la résistance de ce mur au renversement.
- Que l’on considère le mur comme formant un seul bloc, ou comme une pile de pierres sans autre liaison que leur
- Fig. 53. — Mur de soutènement à section rectangulaire.
- Fig. 54. — Mur de soutènement à section trapézoïdale.
- a./81
- Fig. 55. — Mur de soutènement à section triangulaire.
- frottement, il est facile de comprendre qu’un mur incliné de cette espèce à assises normales au talus résistera, pour une hauteur donnée, avec une épaisseur moindre que le mur à parement intérieur vertical.
- On peut résumer les observations précédentes par les fig. 53 à 57 inclusivement.
- On retient une même hauteur de terre avec des murs dont
- p.64 - vue 75/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. * 65
- les sections ou, comme on dit, les aires, sont respectivement 5m,84 — 3m,76 — 3m,56 — 2m,50 et2m suivant que le mur est rectangulaire, trapézoïdal avec parement vertical, triangulaire avec parement vertical ; enfin trapézoïdal avec pare-
- *
- ig. 56. — Mur de soutè-
- nement rationel ou à as- ou de revêtement,
- sises obliques.
- ment intérieur incliné de 45° + la moitié de l’angle de soutènement naturel (60° pour le sable), ou pour un revêtement sur l’inclinaison du soutènement naturel du sable (30°).
- Nous n’avons pas besoin d’ajouter que la dépense de construction est précisément proportionnelle à ces sections.
- § 5. Murs de bâtiments.
- Murs de face. — Les différents murs d’un bâtiment étant reliés l’un à l’autre par des poutres et quelquefois des chaînes en fer ou des tirants, peuvent être stables avec une épaisseur relativement très petite.
- Rondelet donne la règle suivante : pour les bâtiments simples en profondeur, c’est-à-dire n’ayant que 4 à 6 mètres de profondeur, E étant l’épaisseur du mur, H sa hauteur et L la longueur du bâtiment.
- 2L + H .
- E = —-i--------J- 0,027. C’est-à-dire que 1 épaisseur a don*
- 48
- ner à un mur est obtenue en prenant la quarante-huitième partie du double de sa longueur additionnée de sa hauteur, et en y ajoutant un pouce ancien (0m,027). Soit, par exemple, L =- 14m, H= lmP on aurait :
- 4.
- p.65 - vue 76/174
-
-
-
- 66
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- E
- 28 + 7 48
- + 0,027 0,757
- ce qui est beaucoup, même pour des moellons petits et irréguliers. Rondelet ajoutait même encore 0,027 pour le cas où l’on voulait une résistance exceptionnelle. Il est vrai qu’il est rare qu’un bâtiment ait une grande longueur sans murs de refend.
- Pour un bâtiment séparé en deux par un mur de refend, on aurait :
- L + H
- E
- 48
- + 0,027
- soit pour L = J 4 et H = 7; E — 0m,464 et pour stabilité extraordinaire, 0m,49t.
- Murs de refend. — Pour les murs de refend d’une longueur l, d’une hauteur h d’étages, la maison ayant n étages on aurait, d’après le même auteur : l + h
- E
- 36
- + n (0,013 ou 0,027).
- C’est-à-dire que l’épaisseur d’un mur de refend est le trente-sixième de la somme de sa longueur et de sa hauteur (hauteur d’étage) augmenté d’autant de fois un demi-pouce ou un pouce qu’il y a d’étages à partir de la base de ce mur.
- Pour un bâtiment de 7m de profondeur, de 3 mètres d’étage et d’un seul étage on aurait donc :
- E
- 7 + 3 36
- + (0,013 à 0,027) = 0,291 à 0,305.
- S’il y a un second étage, on augmenterait cette épaisseur de 0,013 ou de 0,027 au rez-de-chaussée seulement.
- 11 est clair que, pour les murs de face, il y a intérêt à diminuer, à l’intérieur, l’épaisseur à chaque étage : cela facilite la pose des planchers tout en économisant de la maçonnerie.
- Murs de pignon. — Ce sont les murs de côté se terminant par un triangle, ordinairement isocèle. On leur donne tout au plus l’épaisseur des murs de face correspondants, car s’ils sont plus élevés, ils sont ordinairement moins longs.
- Les murs en pans de bois ont une épaisseur égale à la moitié d’un mur dans les mêmes circonstances.
- D’après les observations faites sur les murs des maisons modernes, les murs en moellons du :
- p.66 - vue 77/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 3° étage........ ont de 0,25 à 0,33 moyenne 0,290
- 2e étage............... —
- 1er étage............. —
- Au rez-de-chaussée. —
- Au niveau des caves —
- Aux fondations.... —
- 0,33 i l 0,38 — 0,355
- 0,35 à 0,45 — 0,400
- 0,40 ï i 0,53 — 0,465
- 0,46 ; i 0,65 — 0,555
- 0,60 à 0,80 — 0,700
- 67
- § 6. Ordonnancement des murs.
- Le véritable ornement des murs consiste dans l’établissement des contre-forts, pilastres, chaînes, cordons, soubassements et corniches, ayant tous une fonction utile.
- Si un mur est chargé plus fortement en quelques-uns de ses points, par les fermes du comble par exemple, il faut en
- ce point établir une maçonnerie présentant plus de résistance à l’écrasement.; ou élargir la base d’appui à l’extérieur, pour s’opposer au renversement du mur; à l’intérieur, pour diminuer la portée des poutres ou entraits. C’est le but des chaînes AB en pierres de tailles ou en briques pour les murs en moellons (fîg. 58) ; ainsi que les chaînes ou pilastres d’encoignure E et des pilastres P (fîg. 59 et 60).
- Les socles ou soubassements étant exposés à divers chocs, et à la pluie, doivent être faits en maçonnerie très résistante au frottement et à l’humidité. Pour des murs en moellons bruts, on les fait en pierre de taille, en moellons piqués ou smillés ou en briques (S fig. 58, 59, 60 et 61).
- Les cordons B, en pierres de taille pu en briques, ont pour but de rétablir une bonne assise horizontale sur toute la
- Figures 58
- Fig. 58. — Chaînes en pierres de taille pour un mur en moellons.
- Fig. 59. — Coupe d’un mur montrant le socle S, le cordon B et la corniche C.
- Fig. 60. — Pilastre dans un mur.
- Fig. 61. — Chaîne d’angle en pierres de taille dans un mur en moellons.
- p.67 - vue 78/174
-
-
-
- 68
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- longueur des murs : enfin les corniches ont pour but d’éloigner du mur les bords ou égouts des toits pour protéger ces murs contre la pluie.
- CHAPITRE III. CLOISONS.
- § 1. En pans de bois.
- Le charpentier établit un bâtis en bois, à claire-voie, d’une épaisseur égale au quart environ de celle qu’aurait un mur de refend dans les mômes circonstances. Puis le maçon remplit les vides de diverses manières. 1° Avec des plâtras légers retenus par des lattes clouées sur les bois, sur une ou deux faces (fig. 62). Puis le maçon jette du plâtre contre les lattes, ce qui relie suffisamment les plâtras, et il égalise le plâtre en forme d’enduit.
- 2° Les intervalles entre les pièces de bois sont maçonnés en briques qui peuvent être laissées en vue ou recouvertes d’un enduit.
- lie i-'ÜC
- JÉixMfL
- Fig. 62. — Ilourdis d’une
- § 2. Cloisons murées.
- On fait des cloisons en briques posées à plàt, dites d’une demi-brique d’épaisseur (0m,H) sans compter celle des enduits, s’il y a lieu; ou d’un quart de brique d’épaisseur (0m,05) les briques étant placées de champ. Les briques peuvent être placées de manière à laisser des vides, quand cela ne présente pas d’inconvénient, ou lorsque ces vides sont utiles (fig. 63) comme pour des séchoirs.
- On se sert avec avantage, pour faire les cloisons, de grands carreaux en plâtre , moulés entre quatre règles à clefs formant un cadre facile à démonter et remonter. Ces carreaux ont environ six centimètres d’épaisseur et présentent, sur deux champs contigus, une languette en saillie d’environ un centimètre de lar-
- Fig. 63. — Cloison ou languettes avec briques posées à claire-voie.
- p.68 - vue 79/174
-
-
-
- MAÇONNERIE. 69
- geur et, sur les deux autres côtés, une rainure d’une profondeur et d’une largeur suffisantes pour que les languettes y puissent pénétrer. De sorte que les carreaux mis de champ l’un sur l’autre, en cours d’assises, engrènent l’un dans l’autre et sont soudés par un coulis de plâtre fin très pur, gâché clair.
- § 3. Cloisons en planches ou lambrissées.
- On fait rarement des cloisons en planches : à plat-joint, elles laissent bientôt des vides; à rainures et languettes, elles sont coûteuses. C’est du reste un travail de menuiserie dont nous n’avons pas à parler ici.
- CHAPITRE IV. PLANCHERS.
- On appelle ainsi les plans sur lesquels on marche, soit au rez-de-chaussée, soit à un étage quelconque.
- On fait les planchers de façons très diverses : au
- rez de chaussée, _2_ ils sont faits en carreaux de pier-Sl? re calcaire, de marbre, ou de d" poterie, posés sur une couche de béton fin ou de mortier, ordinairement un peu hydraulique: parfois, ils sont posés sur une ce couche de plâtre. pd°u Aux étages, on commence par établir une aire en plâtre de la manière suivante. Sur les solives F, espacées d’environ 0m,333, on pose, sans les clouer, de petits morceaux de bois appelés bardeaux, B, ( porteurs) ayant (fig. 64 et 65)
- . T
- l’ig. 64. — Coupe d’un plancher avec plafona-
- Fig. 66. — Coupe c plancher parquet* rez-de-chaussée.
- fig. 65. — Plan du plancher avant la pose du plâtre.
- Fig. 67. — Plan d< plancher avant la se des frises ou parquet.
- p.69 - vue 80/174
-
-
-
- 70
- CONSTRUCTIONS RURALES.*
- environ 0m,325 de long, 0m,04 de large et 0m,01 d’épaisseur : ils sont en chêne et proviennent de la fente de vieilles douves ou de vieilles planches. On laisse entre ces bardeaux environ huit centimètres de vide ; puis le maçon les empâte dans une couche de plâtre A d’une épaisseur de quatre à cinq centimètres dite aire, qu’il rend aussi plane que possible à la face supérieure.
- Dans les greniers, cette aire est laissée nue.
- Dans les chambres habitées, on y pose des carreaux en poterie, ou même un parquet, si l’on a posé et scellé, de distance en distance, des lambourdes d’appui.
- On cloue quelquefois directement sur les solives des planches mises jointives à plat-joint ou mieux à rainures et languettes; ou mieux du parquet en frises de 0m,H de large à rainures et languettes, soit en chêne, soit en sapin. C’est un travail de menuiserie où le maçon n’a rien à faire.
- Si l’on veut mettre du parquet, I, au rez de chaussée , il faut établir sur le sol, le plancher ou la voûte, des lambourdes en bois H réunies par des chaînes en plâtre J, et posées elles-mêmes quelquefois sur une couche de bitume (fig. 66 et 67).
- CHAPITRE V. PLAFONDS.
- S’il y a inconvénient à laisser en vue les solives, en dessous d’un plancher (fig. 64), on cloue contre le dessous de ces solives des lattes minces en cœur de chêne D, puis on fait, entre les solives, des augets en plâtre de diverses formes, C, laissant un creux en dessous de l’aire. C’est sur ces augets que l'on fait l’enduit ou le plafond, E. Dans les chambres habitées luxueuses, le contour du plafond est orné d’une corniche et le centre, d’une rosace, en application.
- CHAPITRE VI. PLANCHERS INCOMBUSTIBLES.
- On fait de bons planchers, au-dessus des logements d’animaux, à l’aide de voûtes en briques à faible courbure reposant sur des poutrelles en fer B, pouvant reposer elles-mêmes,
- p.70 - vue 81/174
-
-
-
- MAÇONNERIE.
- 71
- si les murs sont trop écartés, sur des poutres C, simples ou doubles, scellées dans les murs (fig. 68).
- Il faut, autant que possible, donner aux voûtes une flèche égale au huitième de leur portée et employer pour la naissance des voûtes, des briques moulées exprès A, en forme de
- coin dont un coté vertical s’appuie contre la poutrelle en fer. Ces voûtes peuvent avoir 5
- Fig. 68. — Coupe d’un plancher en voûtes de briques appuyées sur des solives en fer.
- ou il centimètres d’épaisseur : elles doivent être faites avec des briques pleines repassées à la presse ou avec des briques creuses, bien cuites et d’excellente qualité : le mortier employé doit prendre assez vite pour que la dépense en cintres ne soit pas trop considérable. En employant d’excellent mortier de plâtre et surtout du ciment, on peut décintrer rapidement. Nous avons fait de ces voûtes avec im,50 de portée et Om,ll d’épaisseur pour supporter cinq mètres au moins d’épaisseur de foin. Il est bon de chaîner ce plancher par des tirants en fer.
- On peut même faire des terrasses, ou planchers plats, en posant sur des poutrelles en fer peu écartées deux ou trois couches de tuiles plates à joints croisés et empâtées dans un très bon mortier de ciment hydraulique.
- p.71 - vue 82/174
-
-
-
- 72
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- LIVRE m. CHARPENTERIE.
- i* SECTION : MATERIAUX.
- Ç1IAP. I. ESSENCES FORESTIÈRES EMPLOYÉES EN CHARPENTE.
- § 1. Qualités â rechercher.
- Le charpentier n’emploie dans ses travaux, à l’exception de quelques boulons d’assemblage, que des bois. Ils doivent présenter en même temps de grandes dimensions, une résistance et une durée considérables. Aussi le chêne est-il le bois de charpente par excellence. Cependant, on emploie, avec avantage aussi, les bois résineux : sapin, mélèze, pins et cèdres. Dans quelques contrées septentrionales, on emploie aussi l’orme dans les charpentes. Dans le Midi, parfois le mûrier. Enfin, pour certaines parties des charpentes, on peut employer de mauvais bois peu durables dits bois blancs, tels que le peuplier.
- § 2. Bois durs dits de gros-œuvre.
- Caractères. — Ils proviennent d’arbres de première ou de deuxième grandeur à tronc droit, d’un diamètre convenable; ils sont assez durs, d’une densité comprise entre 0.6 et 1.0. La couleur n'est jamais blanche, elle est légèrement jaunâtre ou brunâtre. Par ordre d’importance, pour la charpenterie, on peut les ranger ainsi :
- Chêne, châtaigner, orme, frêne, robinier ; viennent ensuite le hêtre, l’érable, le noyer, le platane et le mûrier, qui ne sont employés qu’exceptionnellement en charpente. L’érable et le platane sont même le plus souvent rangés dans les bois blancs ou mous de gros œuvre. Ils sont employés en menuiserie.
- Chêne. — Le nom latin de cet arbre est l’équivalent de force, de vigueur; c’est l’emblème de la puissance et de la durée ; c'est enfin le roi des forêts. En premier lieu, pour la
- p.72 - vue 83/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 73
- charpente, vient le chêne Tauzin ; puis le chêne 'pédoncule : il atteint une hauteur de 30 à 35 mètres avec un tronc droit de vingt mètres sans branches; son bois est d'un brun fauve, clair uniforme ; l’aubier est blanc et très distinct du bois parfait : il pèse en moyenne 78 kilgr. 6 le décistère : l’aubier pourrit vite : le bois parfait est très durable. Le chêne rouvre ou à glands sessiles est dit parfois chêne mâle, chêne noir. Son bois est un peu plus clair et plus lourd que celui du précédent; il pèse 83 kilog. Sa tige est plus droite et plus cylindrique que le tronc du précédent.
- Orme. — Arbre de première grandeur et de rapide croissance, il donne un bon bois, surtout pour le charronnage : il est sujet à la vermoulure : mais il est très tenace et très élastique : l’aubier est blanc-jaunâtre et le cœur brun-rougeâtre plus ou moins foncé.
- Orme champêtre, orme à petites feuilles ou orme rouge. Son bois parfait est rougeâtre et son aubier blanc-jaunâtre. Le bois est dur, élastique, très tenace et d’une fente difficile, d’une durée égale au moins à celle du chêne, surtout s’il est employé en lieux humides, caves ou puits. Il pèse 68 kilogr. 7 le décistère.
- Orme de montagne; le tronc est moins élevé que celui du précédent. Son bois est très inférieur, plus léger plus mou, moins tenace et moins durable que celui de l’espèce précédente. Sa couleur est brunâtre claire, à peine teintée de rouge; il a beaucoup d’aubier. Les charrons, qui le nomment orme blanc, le refusent.
- Frêne commun. — Son bois est blanc légèrement rosé, nacré et onctueux au toucher quand il a été travaillé : parfois flambé de brun au cœur; il est élastique et surtout tenace, se tourmente et vermoule peu; il pourrit assez rapidement s’il est exposé alternativement à la sécheresse et à l’humidité. Il pèse 78 kilogr. 9 par décistère.
- Châtaignier. — Son bois est de la couleur du chêne et a comme lui un aubier blanc, le même grain et les mêmes tissus, sauf qu’il n’a pas les larges rayons médullaires du chêne et qu’il n’est jamais maillé. Sa texture tient le milieu entre celle du chêne et celle de l’orme ; il est sujet à la ver-
- CONSTRUCTIONS RÜR.VLE8. — T. .1. 5
- p.73 - vue 84/174
-
-
-
- 74 CONSTRUCTIONS RURALES.
- moulure. Les vieux: arbres donnent du bois cassant. Le chà-taigner est durable à l’intérieur, mais non à l’air. Les vieilles charpentes que l’on croyait en châtaigner étaient, d’après Daubenton, en bois d’une variété de chêne blanc peu cultivé aujourd’hui. Le châtaignier sec pèse 61 kilogr. le décistère.
- Robinier. — Il atteint 24 mètres de hauteur et près d’un mètre de diamètre : peu droit. Son bois est lustré, jaune ou jaune-brunâtre ; ses cercles concentriques très-distincts : l’aubier, nettement limité, est blanc-jaunâtre. Le bois est uni, dur, lourd, nerveux, élastique et, quoique jeune, il dure à l’air autant que le vieux chêne. Très bon pour pilotis.
- Hêtre ou Fayard. — Le bois de cet arbre est rougeâtre, au moment de la coupe, puis, en séchant, il devient d’un gris rougeâtre clair uniforme, ou fauve très clair. L’aubier estblanc. Ce bois présente peu de souplesse, se tourmente et se gerce aisément ; il est sujet à la vermoulure et se polit mal ; les facettes de ses mailles sont plus nombreuses mais plus petites que celles du bois de chêne. C’est un mauvais bois de charpente à l’air humide : il dure davantage sous l’eau. Poids : 74 kilogr. le décistère.
- Érables. — L’érable sycomore est de première grandeur : son bois a été souvent rangé parmi les bois blancs, où il tenait la tête ; il est blanc ou légèrement jaunâtre, se tourmente et se gerce peu et prend un beau poli. Il n’est pas sujet à la vermoulure. A peine employé en charpente. Poids du décistère : 74 kilogr.
- L’érable champêtre est moins élevé que le précédent : son bois est semblable, sauf que les fibres sont plus fines.
- Noyer. — Le bois des vieux arbres est dur, de couleur foncée, ombrée ou veinée d’un brun léger ou noir* surtout près des racines. Recherché parles menuisiers, les carrossiers, etc.* il n’est pas employé en charpente.
- Platane. — Les vieux arbres donnent un bois brunâtre d’un beau grain, assez estimé en ébénisterie pour qu’il ne soit pas employé en charpente. Il pèse 76 kilos le décistère.
- Mûrier. — Ce n’est qu’un arbre de troisième grandeur^ mais son bois est tout à fait semblable à celui du Robinier en couleur, texture et qualités : il est d’un jaune clair qui.
- p.74 - vue 85/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 75
- avec le temps, devient brun, ce qui n’arrive pas au robinier. Poids du décistère 82 kilogr.
- Ses faibles dimensions seules le rendent peu propre aux travaux de charpenterie.
- § 3. Bois mous de gros œuvre ou bois résineux.
- Ces bois proviennent tous d’arbres de l’ordre des Conifères et sont souvent nommés bois résineux. Ces arbres, sauf le cyprès, sont de première grandeur ; leur bois est mou, d’une faible densité, d’une couleur variant du blanc pur au blanc rosé rouge ou brun, mais d’unè ténacité considérable et surtout d’une grande résistance à la flexion, ce qui, avec la grandeur des dimensions, est d’une importance capitale pour la charpenterie. On peut les ranger comme suit, au point de vue de leur emploi en charpente.
- Melèze ou Larix. — Arbre de première grandeur (50m) donnant un bois d’un brun rougeâtre à aubier blanc. Ce bois est assez lourd et assez dur, et présente de nombreux canaux résinifères. Il dure très longtemps à l’air comme sous l’eau; très souple et très résistant, il ne se gerce pas et n’est pas attaqué par les insectes. Ce bois dure plus que ceux de sapin et de pin. Poids du décistère : 55 à 66 kilog.
- Épicéa. — Arbre de très grande dimension (40 mètres) à tronc droit; il donne un bois ressemblant beaucoup à celui du sapin : il est toutefois un peu moins blanc et a le grain moins fin. Ala loupe, on y trouve quelques canaux résinifères, ce qui le distingue avec certitude du sapin.
- Il a aussi par suite une légère odeur résineuse. Les jtiœuds sont plus nombreux, non adhérents, mais plus petits que ceux du sapin. Poids moyen du décistère : 44 kilogr.
- Pin sylvestre. — Cet arbre s’élève à 30 ou 35 mètres : il donne un bois rougeâtre à aubier blanc ou blanc jaunâtre i les canaux résinifères sont nombreux et très apparents : ce bois est très élastique et durable. Il pèse 47 kilogr.
- Sapin. — Arbre de première grandeur à tige droite et élancée. Il donne un bois plus blanc que tous ceux de cette classe; son grain est fin : il n’a ni canaux ni cellules résinifères. Il Oe vaut pas le bois d'épicea*
- p.75 - vue 86/174
-
-
-
- 76
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Cèdre. — Le bois de ce bel arbre ressemble à celui du sapin ; toutefois, il a une odeur aromatique caractéristique qu’il doit à quelques cellules résinifères. Sa couleur est un blanc brunâtre ou rougeâtre assez foncé au cœur: son grain est plus fin que celui du sapin et sa fibre, plus douce. Poids du déci-stères : de 50 à 77 kilogr.
- Cyprès. — C’est un arbre de 25 mètres au plus de hauteur qui donne un bois blanc très légèrement teinté de jaune brunâtre presque comme celui du sapin. Compact, homogène, à grain fin et serré, il se travaille bien et émet une odeur aromatique agréable ; il est à peu près incorruptible.
- § 4. Bois mous dô moyen œuvre, dits bois blancs.
- La. plupart de ces bois sont surtout employés à l’état de planches, pour la menuiserie, l’emballage, etc.
- Bouleau. — Le bois de cet arbre est blanc, parfois légèrement grisâtre ou rougeâtre, quand il est vieux, à grain médiocrement fin, mais homogène; à fibres fines, droites et serrées : peu dur, il se travaille bien. 11 ne peut servir en charpente que pour de petits chevrons. 11 pèse 54 kilogr. 8 à 61 kilogr. 6 le décistère.
- Peupliers. — Le bois des divers peupliers est blanc,, léger et mou à divers degrés : il ne peut guère être employé en charpente que pour des chevrons. Le bois du peuplier blanc paraît être le meilleur; son poids est très variable.
- 2e SECTION : TRAVAUX ELEMENTAIRES.
- CHAPITRE I. ÉQUARRISSAGE.
- § 1. But, définitions.
- Ce n’est qu’exceptionnellement que les troncs d’arbres peuvent être employés dans leur forme naturelle, cylindrique ou conique : le plus souvent, ils doivent être équarris ; ce qui consiste à enlever, du cylindre ou du cône, des segments laissant un tronc parallélépipédique à arêtes plus ou moins vives.
- p.76 - vue 87/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 77
- § 2. Équarrissage à la haché,
- I./éqaarrissage se fait le plus souvent à la forêt même, par des ouvriers spéciaux, des bûcherons armés de haches et qui, grâce à une longue expérience, peuvent presqu’àpremière vue déterminer la direction des plans d’équarrissage qui permettent de tirer le meilleur parti du tronc d’arbre, c’est-à-dire le parallélépipède le plus volumineux.
- § 3. Divers degrés d’équarrissage.
- Si nous supposons que l’arbre ait une section parfaitement circulaire, on peut l’équarrirdecinq façons différentes. Le dé-
- gré d’équarrissage se mesure par la grandeur du côté du carré obtenu par rapport au diamètre de l’arbre.
- Nous désignerons dans les explications qui suivent, le diamètre de l’arbre écorcé par d et par c le côté du carré de l’arbre équarri.
- 1° Quand le côté du carré c est égal i
- au — du contour de 4
- l’arbre écorcé, on dit que l’on a équarri au quart sans déduction, c = 0,7854d (fîg. 69, A).
- 2° Si le côté du carré c est égal au quart des neuf dixièmes du contour de l’arbre, c’est le mode d’équarrissage admis par l’octroi de Paris), onac = 0,707d. (B, fig.-69).
- Le carré obtenu est inscrit dans le cercle du contour sous écorce : on dit qu’on a ainsi équarri au dixième déduit.
- ! ! I !
- Fig-. 69. — Montrant le quart d’un tronc d’arbre cylindrique et les divers modes d’équarrissage.
- p.77 - vue 88/174
-
-
-
- 78
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 3° Si le côté du carré est le quart des 0,8658 du contour ou c = 0,68 d c’est le degré d’équarrissage exigé par le génie militaire : la pièce équarrie est à vive arête avec très peu d’aubier (fig. 69, G.).
- 4° Si le côté du carré est le quart des cinq sixièmes du contour, on a c = 0,6545 d. On aune pièce à arêtes vives presque sans aubier. C’est l’équarrissage dit au sixième déduit (D, fig. 69).
- 5° Enfin, si le côté du carré est le quart des quatre-cinquiè-mes du contour, on a : c = 0,6283 d. La pièce est à arêtes vives et complètement débarrassée d’aubier. C’est l’équarrissage dit au cinquième déduit ; c’est l’équarrissage que doit exiger le propriétaire désireux d’avoir des constructions durables (E. fig. 69).
- Mais il est clair que le marchand équarrit toujours le moins possible afin de retirer d’un mètre cube de bois en grume le plus grand cube de bois équarri.
- Ainsi, un mètre cube, en grume, supposé cylindrique, donnera équarri, suivant les cinq modes ou degrés d’équarrissage que nous venons d’indiquer :
- 1°, au quart, sans déduction (avec flaches)............... O213,785
- 2°, au quart, après déduction du dixième (arête vive, aubier
- restant) (Octroi de Paris)................................ 0m3,636
- 3°, au quart, après déduction des treize centièmes environ
- [Génie milit.)............................................ 0m3,589
- 4°, au quart, après]déduction du sixième (arêtes vives, peu
- d’aubier)................................................. 0œ3,545
- 5°, au quart, après déduction du cinquième (arêtes vives, sans aubier).............................................. 0m3,503
- Comme le prix du mètre cube en grume doit rester le même dans ces cinq degrés d’équarrissage, il est clair qu’il faut payer le mètre cube réel en bois équarri d’autant plus cher qu’on approche plus de l’équarrissage parfait désirable qui ne donne en volume que la moitié du tronc d’arbre (fig. 69).
- L’équarrissage à la hache n’est jamais poussé bien loin parce qu’il ne donne que des copeaux de peu de valeur.
- p.78 - vue 89/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 79
- g 4. Équarrissage à la scie.
- On peut enlever les quatre segments ou dosses d’un tronc à l’aide d’une scie manceuvrée par des scieurs de long ou par une scie circulaire ou une scie à ruban conduite par l’eau ou la vapeur. On peut ainsi équarrir, au degré voulu, et tirer parti de s segments enlevés qui peuvent fournir des chevrons, des chanlattes, des lattes, etc. d’une valeur assez grande pour compenser la perte apparente de volume. L’aubier laissé dans une pièce de bois de charpente n’augmente pas sensiblement sa force; mais il diminue certainement sa durée, et peut com-promettre tout un édifice.
- CHAPITRE II. DÉBIT DES BOIS.
- § 1. Débit en long.
- L’équarrissage des pièces de bois en grume donne des parallélépipèdes à section carrée dont l’emploi ne convient qu’en quelques circonstances. Le plus souvent, la section transversale d’une pièce de charpente doit avoir deux dimensions très différentes qui, par exemple, soient entre elles comme 2 à 1 ou 3 à 2 ou 3 à 1. On obtient ces pièces en refendant, par un ou deux sciages parallèles en long, les pièces à section carrée (fig. 70 et 71 ). Les pièces a a ont une face lavée, c’est-à-dire obtenue par un trait de scie.
- Fig. 70. — Refente d’une pièce carrée pour faire deux pièces d’épaisseurs égales.
- Fig. 71. — Refente d’une pièce carrée pour avoir deux pièces d’inégales épaisseurs.
- Fig. 72. — Débit d’une pièce carrée par deux traits de scie normaux.
- Fig. 73. — Débit d’une pièce carrée par quatre traits de scie , normaux deux à deux.
- Parfois on donne un ou deux traits de scie dans deux directions normales entre elles pour obtenir des pièces carrées,
- p.79 - vue 90/174
-
-
-
- 80
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- d’équarrissage deux ou trois fois moindre que celui de la pièce entière (fig. 72 et 73). Les pièces b, b, b, b ont deux faces contiguës lavées, les pièces c, c, c, c ont trois faces lavées; seule, la pièce d est lavée sur ses quatre faces. 11 faut un peu moins d’une heure à deux scieurs de long pour faire dans une pièce de chêne neuf un trait de scie dont la longueur multipliée par la hauteur fasse un mètre carré, en tenant compte des pertes de temps pour le placement du bois sur les tréteaux, le mesurage, l’entretien de la scie, etc. Dans le vieux chêne, il faut environ un cinquième de plus et dans les bois mous, un quart de moins. Le sciage seul exige beaucoup moins de temps : ainsi en donnant cinquante coups de scie par minute, la scie avance de deux et demi millimètres dans une pièce de 0m,31 de hauteur, ce qui fait par heure 2,31 mètres carrés dans du chêne neuf : dans du sapin ce serait 3m,3 et dans le peuplier 5.
- g 2. Débit en travers.
- Le débit en travers a pour but de couper les bois à la longueur voulue pour le travail à exécuter : il se fait avec une scie dite passe-partout manœuvrée par deux hommes. Il exige au plus, à égalité de surface de sciage, deux fois plus de temps que le sciage en long et au moins cinquante pour cent de plus.
- CHAPITRE III. ASSEMBLAGES DES PIÈCES DE BOIS, g 1. Buts, Définitions et classification.
- Le charpentier doit, à l’aide de nombreuses pièces de bois, notablement plus longues que larges, faire des bâtis à claire-voie parfaitement solides, ou capables de supporter, sans déformation, des pressions, des tractions, etc. Pour cela, le charpentier doit assembler entre elles ces pièces de bois de façon qu’elles résistent parfaitement à ces efforts..Tous les modes d’assemblage, quelque nombreux qu’ils soient, sont compris dans la classification suivante :
- La première classe renferme tous les assemblages faits pour réunir une pièce de bois par son extrémité contre le flanc d’une autre (fig. 74); on peut les appeler assemblage de but-
- p.80 - vue 91/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 81
- tée ou de rencontre. L’effort auquel doit résister l’assemblage peut être longitudinal a et b ou normal à la longueur de la pièce, ce qui donne deux genres : dans le premier genre, l’assemblage peut avoir à vaincre une pression (a) ou une traction (b), ce qui donne deux espèces : enfin, la rencontre peut avoir lieu à angle droit ou obliquement ce qui donne deux variétés.
- La seconde classe renferme tous les assemblages nécessaires pour réunir ensemble deux pièces qui se croisent (fig. 75) ; on peut les appeler assemblage de croisement. Les genres, espèces et variétés sont déterminés par des considérations analogues à celles que nous venons d’indiquer pour la première classe : c’est-à-dire suivant que les efforts tendent à comprimer ou à allonger les pièces ou à les fermer.
- Fig. 1U. — As- Fig. 75. — As- Fig. 76. — As- Fig. 77. —As- Fig. 78.- - Assemblage de semblage de semblage semblage semblage de
- rencontre. croisement. d’angle. d’ente. serrement.
- La troisième classe est celle des ass emblages de deux pièces, de directions différentes, par une extrémité de chacune : on les appelle assemblages d’angle (fig. 76). Les genres et variétés sont déterminés comme ci-dessus.
- La quatrième classe comprend les assemblages de pièces bout à bout dans la même direction pour allonger une pièce (fig. 77); on les nomme assemblages d'ente. Le premier genre, pour poteaux soumis à la pression; le second, pour poinçons soumis à la traction; le troisième, pour entraits soumis à la tension et à la flexion; et le quatrième, pour arbalétriers soumis à la compression et à la flexion.
- La cinquième classe comprend les assemblages de pièces se renforçant par la formation de faisceaux, de trousses; on les nomme assemblages moisés ou jumelés (fig. 78).
- Nous ne pouvons que donner la figure et la description des
- 5.
- p.81 - vue 92/174
-
-
-
- 82 CONSTRUCTIONS RURALES.
- assemblages les plus fréquents; sinon un volume serait nécessaire.
- Tableau de la classification des assemblages de charpente.
- lre CLASSE. Assemblages de
- RENCONTRE.
- j 1er GENRE.
- Pression normale à la longueur.
- lre espèce : en un seul sens : ass. à paume, h joint plat, à encastrement, à un ou plusieurs repos.
- 2e espèce : en deux ou plusieurs sens : ass. à encastrement, à équerre.
- 2e GENRE.
- Pression
- longitudinale.
- 3e GENRE. Traction longitudinale.
- (lrc espèce ; à joint plat : simple, à encastrements divers, à équerre.
- 2e espèce : à tenon et mortaise : normal , oblique ; simple, multiple.
- 3e espèce : à fourche : normal, oblique ; simple, double (mixte).
- / lrc espèce : h joint plat avec vis, tirant / ou étrier.
- L 2e espèce : à demi-queue d’hironde et I à queue d’hironde simple ou renfor-1 cée.
- \ 3e espèce : à tenon ordinaire, chevillé ; j à tenon passant : à clef ; à tenon en I demi-queue d’hironde et clef.
- I fic espèce : h fourche passant; à clef et \ en demi-queue d’hironde et clef.
- 2e CLASSE. Assemblages de
- CROISEMENT.
- 1er GENRE.
- Pression normale à la longueur. 2e GENRE. Efforts
- LATÉRAUX.
- ouvrant ou fermant l’angle.
- 3e GENRE. Traction longitudinale.
- lrc espèce : à plat-joint; normal ou oblique; cloué ou non.
- lre espèce ; à encastrement : mi-bois, quart-bois; normal ou oblique : à face horizontale ou oblique; à face verticale ou oblique en queue d’hironde.
- 2e espèce : à équerre : normal, oblique.
- lrc espèce : à boulon, simple ou double.
- 2e espèce : à demi-queue d’hironde : simple, double; à endenls ou entailles, droites, courbes, à clé, à rainure.
- 3e CLASSE. Assemblages d’ANGLE.
- / 1er GENRE.
- j Pression 1 longitudinale. 1 2e GENRE.
- I Efforts I latéraux \ ouvrant 1 ou fermant I l’angle.
- f 3e GENRE.
- 1 Traction \ longitudinale.
- lrc espèce ; à plat-joint, cloué.
- lre espèce ; à encastrement.
- 2e espèce : à tenon, simple ou double. 3e espèce : à fourche, simple ou double.
- |lre espèce : à tenon chevillé.
- 2e espèce : à fourche chevillé.
- 3e espèce : à queue d’hironde ou de tiroir.
- p.82 - vue 93/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 83
- / 2e GENRE.
- Pression
- longitudinale.
- tie CLASSE. Assemblages d’ENTE.
- /
- 3 e GEÎJRE. Traction longitudinale.
- 1er genre. Efforts
- LATÉRAUX.
- 5e CLASSE. Assemblages de
- DOUBLAGE, d’ACCOUPLEMENT ou de
- SERREMENT.
- 1er GENRE.
- Pression
- normale.
- 2e GENRE.
- Traction
- NORMALE.
- / lrc espèce : à mi-bois : simple ou à plu-i sieurs repos : à faces parallèles ou | obliques : à traits de Jupiter.
- ( 2e espèce : à tenon : simple, à un ou j plusieurs repos.
- | 3e espèce : à fourche simple : croisées, ! à un ou plusieurs repos.
- j l, e espèce : à joint-plat à tirant ou 1 pattes.
- I 2e espèce : à mi-bois chevillé ou bou-J lonné : en demi-queue d’hironde : \ simple ou double. j 3e espèce : à fourche ; chevillée.
- [ 4e espèce : à traits de Jupiter, en cro-\ chet.
- j 1'c espèce : h plal-joint avec éclisse.
- 2e espèce : à tenon et éclissé. i 3e espèce : à fourche : à traits de Ju-I piter à demi-queue d’hironde bou-l lonné ou fretté.
- 1/ Ire espèce : à goujons.
- 2e espèce : à rainure et languette, simple ou double, à faces normales. (Spécialité de ces assemblages pour planches.)
- ilre espèce : à cheville coincée, à clef en queue d’hironde et coin, simple ou double ; à double clef coincée extérieure; à faux-tenon chevillé.
- 2e espèce : à boulon, à étrier, à bride et à frette.
- (Les moises après poteaux sont des travaux composés.)
- § 2. Assemblages de rencontre.
- La figure 79 représente une solive a chargée reposant sur-une poutre b par un assemblage à paume à deux repos dont un oblique et l'autre, horizontal (1er genre et lTe espèce).
- L’assemblage à tenon et mortaise d’un emploi si général est représenté fig. 80, 81, 82 et 83. La pièce A porte le tenon D dont l'épaisseur est le tiers de celle de la pièce : on voit le tenon de profil dans la fig. 80, et de face, fig. 8t. La pièce B est mortaüée, c’est-à-dire percée d’un trou C appelé mortaise, ayant, en creux, absolumentje même volume que le tenon en relief. La fig. 82 montre la pièce mor-taisée en coupe transversale et la fig. 83, en coupe longitudi-
- à paume.
- p.83 - vue 94/174
-
-
-
- 84 CONSTRUCTIONS RURALES.
- nale (2e genre, 2e espèce). Une cheville mise au tiers de la lon-
- Fig. 82. — Mor- Fig. 83. — Mortaise Fig. 85. — Mortaise embrèvée. taise en coupe en coupe longitu-
- transversale. dinale.
- gueur du tenon permet à l’assemblage de résister à la traction
- dans une certaine limite
- Fig. 86. — Four- Fig. 87. — Fourche vue che vue de profil. de fa ce.
- '3e genre, 3e espèce).
- Les figures 84, 83 montrent un assemblage, pour pièces obliques, à tenon avec embrèvement E (3e genre, 2e espèce).
- L’assemblage le plus simple à fourche est représenté par les figures 86, 87,88 et 89 (2e genre, 3e espèce).
- Les figures 90, 91, 92 et 93 représentent un assemblage à
- Fig. 88. — Encastrement pour la fourche, vu en coupe.
- Fig. 89. — Encastrement pour la fourche, vu de face.
- Fig. 90. — Tenon passant, vu de profil.
- Fig. 91. — Te- Fig. 92. — Assem-non passant, hlage à tenon pas-vu de face. saut, vu en coupe.
- Fig. 93. — Assemblage à tenon pas sant, vu de face.]
- p.84 - vue 95/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 85
- tenon passant et à clef. Le tenon est vu à part de profil et de face fig. 90 et 91, en coupe fig. 92, et assemblé, fig. 93.
- § 3. Assemblages de croisement.
- Assemblage de
- croisement à mi-bois et em-brèvements conjugués.
- L’assemblage de deux pièces se croisant obliquement, et s’encastrant à mi-bois, est représenté par la figure 94 : il y a embrèvement ou demi-queue d’hironde d’un coté pour résister à l’extension et soulager le boulon de serrage.
- § 4. Assemblages d’ente.
- une enture à trait de Jupiter avec clefs de serrage a; il est ordinairement consolidé par deux boulons ou deux frettes, et résiste alors à la pression et à la traction longitudinale et aux efforts normaux.
- § 5. Assemblage de serrement.
- La figure 95 représente
- Fig. 95. — Enture en trait de Jupiter simple.
- Fig. 96. — Assemblage d’accouplement à double clef en queue d’hironde et coin.
- Enfin, la fig. 96 représente l’assemblage de deux pièces couplées par des doubles clefs à queue d’hironde fermées par un coin.
- § 6. Travaux simples divers.
- Le charpentier peut avoir à creuser une feuillure (fig. 97), à chan freiner une pièce de bois (fig. 98), ou enfin à la 'moulurer.
- Fig. 97. — Feuillure.
- Fig, 98. — Chanfrein.
- p.85 - vue 96/174
-
-
-
- 86
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- 3e SECTION ; TRAVAUX COMPOSÉS.
- CHAPITRE I. PANS DE BOIS.
- § 1. Extérieurs.
- On appelle pan de bois un châssis à claire-voie posé verticalement pour remplacer un mur ou servir comme cloison. Les intervalles entre les pièces de bois sont remplis par le maçon de diverses façons (voir Maçonnerie.)
- ixi t,a a cria m ixi ca ta m ta h ixi irma n ixijxi KL.H_Bja_ja_.ia ix
- Fig. 99. — Pan de bois.
- Un pan de bois (fîg.99) doit toujours reposer sur un socle en maçonnerie éloignant assez du sol les pièces de bois pourqu’el-les n’aient à souffrir ni de l’humidité ni du choc des passants. La première pièce horizontale reposant sur le mur s’appelle sablière basse (s) : elle supporte, par l’intermédiaire de divers poteaux, la charge de la première sablière haute B, et de toutes celles qui peuvent être placées au-dessus. Les poteaux des angles du bâtiment s’appellent poteaux corniers (c) ; ceux des baies de portes ou de fenêtres, poteaux d’huisserie (b); lespo-
- p.86 - vue 97/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 87
- teaux intermédiaires sont des poteaux de remplage (d); les pièces verticales de peu de hauteur sont des potelets g.
- Les pièces horizontales, outre les sablières dont nous avons parlé, sont les linteaux de portes ou de fenêtres; 1, l ; et les appuis de fenêtres a.
- Pour, éviter que les rectangles formés par les pièces de bois verticales et horizontales se transforment en parallélogrammes obliques sous les efforts latéraux que peuvent avoir à supporter les pans de bois, il faut employer des pièces obliques formant des triangles invariables. Ces pièces /'peu nombreuses sont appelées guettes, quand elles relient un poteau à une sablière et décharges (d) si elles soulagent le linteau d’une baie en reportant la pression supérieure tout près des poteaux.
- ! g 2. Intérieurs ou cloisons.
- A part la plus petite épaisseur des bois, les cloisons en bois se font comme les pans de bois extérieurs.
- La pression que peut supporter un poteau, chargé suivant son axe, est d’autant plus petite, par centimètre carré de hase, que sa hauteur est plus grande par rapport à sa plus petite dimension d’équarrissage.
- Ainsi, un cube de chêne comprimé rompt sous une charge de 460 à 710 kilogr. par centimètre carré de base; mais si la hauteur de la pièce est décuple du petit côté de la base, le même chêne ne peut plus supporter que les 78 centièmes ides charges ci-dessus.
- J La charge que l’on peut faire supporter avec sécurité par un poteau est le dixième de la charge de rupture qui est, pour le chêne, de 460 à 710 kilogr.; pour le sapin, de 400 à 510 kilogr.; et, pour le peuplier, de 220 à 360 kilogr. lorsque la hauteur du poteau est égale au plus petit côté de son équarrissage.
- Si la hauteur est 10, 12, 26 fois ce petit côté, la résistance n’est plus que 0,78 — 0,74 — 0,48 des chiffres ci-dessus.
- Règle. R étant la charge de sécurité par centimètre carré pour une pièce dont le côté C égale la hauteur H, cette charge, prise pour unité, doit être diminuée d’autant de fois 0,02 qu’il y a d’unités dans le rapport de la longueur à C, plus une.
- Cette règle donne le tableau suivant pour lespoteaux de chêne.
- p.87 - vue 98/174
-
-
-
- 88
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- sJ g ,|l! Pression que les poteaux peuvent supporter avec sécurité, pour des hauteurs égales au petit côté de l’équarissage multiplié par
- O* « $ 'K g *3 10 12 10 16 18 20 22 20 26
- 10 j lm0 0563 1.2 0329 1.0 0095 1.6 3861 1.8 3627 2.0 3393 2.2 3159 2.0 2925 2.6 2691 Hauteurs Pressions
- 11 î 1.1 5521 1.32 5238 1.50 0955 1.76 0072 1.98 0389 2.20 0105 2.02 3822 2.60 3539 2.86 3256 Haut. Press.
- 12 j 1.2 6571 1.00 6230 1.68 5896 1.92 5560 2.16 5223 2.00 0886 2.60 0508 2.88 0212 3.12 3875 Haut. Press.
- 13 { 1.3 7711 1.26 7316 1.82 6920 2.08 6525 2.30 6130 2.60 5730 2.86 5339 3.12 0903 3.38 0508 Haut. Press.
- 10 | 1.0 8903 1.68 8085 1.96 8026 2.20 7568 2.52 7109 2.80 6650 3.08 6197 3.36 5733 3.60 5270 Haut. Press.
- 15 | 1.5 10267 1.80 9700 2.10 9210 2.00 8687 2.70 8161 3.00 7630 3.30 7108 3.60 6581 3.90 6055 Haut. Press.
- 16 | 1.6 11681 1.92 11082 2.20 10083 2.56 9880 2.88 9285 3.20 8686 3.52 8087 3.80 7088 0.16 6889 Haut. Press.
- 17 1 1.7 12563 2.00 11919 2.38 11270 2.73 10630 3.06 9986 3.00 9302 3.70 8697 0.08 8053 0.02 7009 Haut. Press.
- 18 | 1.8 10787 2.16 10026 2.52 13268 2.88 12510 3.20 11751 3.60 10993 3.96 10235 0.32 9077 0.68 8719 Haut. Press.
- 19 | 1.9 16072 2.28 15628 2.66 10783 3.00 13938 3.02 13093 3.80 12209 0.18 11000 0.56 10559 0.90 9710 Haut. Press.
- 20 | 2.0 18252 2.00 17316 2.80 16380 3.20 15000 3.60 10508 0.00 13572 0.00 12636 0.80 11700 5.20 10760 Haut. Press.
- 91 ( 2.1 i 20123 2.52 19091 2.90 18059 3.36 17027 3.78 15995 0.20 10963 0.62 13931 5.00 12899 5.06 11687 Haut. Press.
- 22 | 2.2 22085 2.60 20952 3.08 19820 3.52 18687 3.96 17555 0.00 16022 0.80 15290 5.28 10157 5.72 13020 Haut. Press.
- 23 j 9 3 2hhs 2.76 22900 3.22 21662 3.68 20025 0.10 19186 0.60 17939 5.06 16711 5.52 15073 5.98 10235 Haut. Press.
- 20 ^ ^•0 ^ ( 21283 2.88 20935 3.36 23587 3.80 22239 0.32 20891 0.80 19500 5.28 18196 5.76 16808 6.20 15500 Haut. Press.
- 25 | 2.5 28519 3.0 27056 3.50 25590 0.00 20131 0.50 22669 5.00 21206 5.50 19500 6.00 18281 6.50 16819 Haut. Press.
- 30 } 3.0 02067 3.6 39961 0.2 37855 0.8 35709 5.0 32603 6.0 30537 6.6 28031 7.2 26325 7.8 20219 Haut. Press.
- p.88 - vue 99/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 89
- CHAPITRE II. PLANCHERS.
- § l. But; définitions.
- Un plancher a pour but de séparer le rez-de-chaussée de l’étage ou deux étages entre eux : il peut être remplacé par une voûte ou une série de voûtes; ou fait en fer ou en bois : c’est de ces derniers planchers que nous avons à nous occuper ici.
- § . Planchers simples.
- Lorsque la profondeur du bâtiment (largeur entre les murs de face et d’arrière) ne dépasse pas quatre mètres, le plancher se compose de solives A reposant de chaque bout sur une pièce horizontale B, encastrée et scellée dans le mur, que l’on appelle lambourde (fig. 100 et 101). L’écartement des solives dépend de la charge qu’elles ont à supporter et de leurs dimensions en longueur, largeur et épaisseur. Ordinairement les plus fortes solives ont comme équarrissage 0,20 sur 0,10; les plus qommunes 0,16 sur 0,08, les faibles 0,15 sur 0,075. Pour les bâtiments d’habitation, si la portée des solives ne dépasse pas quatre mètres, on les met à 0,33 les unes des autres, d’axe en axe.
- § 3. Planchers composés.
- Si la profondeur du bâtiment dépasse notablement quatre mètres, on partage la longueur du bâtiment en travées de quatre mètres environ, correspondant autant que possible aux travées des combles. On place alors à chaque travée une poutre K, (fig. 102 et 103) sur laquelle reposeront les solives de quatre mètres de longueur, F. G. H. Si dans le mur existe une cheminée A, on en écarte les solives en plaçant entre deux solives dites d’enchevêtrure, un peu plus fortes que les autres, une pièce appelée chevètre, G. Le vide entre G et la plaque verticale de la cheminée est rempli par de la maçonnerie supportée par une
- Fig. 100. — Vue eu élévation des solives sur lambourdes, gr___________________r«
- ifi A |||
- 14=
- H?
- Fig. 101.—Vue en plan d’un plancher simple.
- p.89 - vue 100/174
-
-
-
- 90
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- ou deux pièces de fer D horizontales dites faux chevêtres. On agit de même au passage d’un tuyau B de cheminée en laissant entre le mur et le chevêtre une distance de 0m,33 au moins pour éviter toute cause d’incendie. Pour une cage d’escalier,
- on limite le vide par une espèce de chevè-tre : les solives de petite longueur I sont appelées soliveaux.
- Les solives peuvent être posées seule -ment, ou encastrées dans la poutre avec un ou deux repos.
- On donne aux poutres un équarrissage vertical égal au dix-huitième ou au vingt-quatrième de la distance entre les murs sur lesquels elles s’appuient. Ainsi, pour une portée de 6m, la dimension verticale de l’équarrissage de la poutre serait compris entre 0m,33 et 0m,25 suivant que la charge à supporter sera plus ou moins lourde : la dimension horizontale serait seulement les deux tiers, au plus.
- Fig. 102. — Coupe d’un plancher composé.
- Fig. 103. — Plan d’un plancher composé.
- § 4. Planchers d’assemblage.
- Dans certains bâtiments ruraux, on laisse visibles les poutres, ce qui permet de poser les solives sur les poutres sans les y
- assembler. On les retient en place soit en y enfonçant des chevilles en fer, soit par des tasseaux placés entre elles. Lorsque l’on veut que les poutres soient cachées dans l’épaisseur des planchers, les solives sont assemblées dans les flancs des poutres ou supportées par de petites lambourdes A clouées ou mieux boulonnées sur les
- Fig. 100. — Poutre h lambourdes.
- Fig. 105. — Poutre à lambourdes et étriers en fer.
- p.90 - vue 101/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 91
- flancs des poutres (fig. 104)* ou avec l’intermédiaire d’un étrier en fer plat B, s’il est possible (fig. 10a).
- Si les solives dont on dispose sont de petit équarrissage, il peut y avoir avantage à faire deux ordres de division de l’espace à couvrir. Après avoir divisé la longueur en travées par des poutres, on divise ces travées par des poutrelles assemblées
- normalement à ces poutres : et c’est sur ces poutrelles que l’on pose les solives en les y encastrant d’un centimètre. Pour faciliter le plafonnage on peut mettre en
- Fig. 106. — Coupe d’un plancher à double composition.
- dessous des poutrelles des solives très faibles sur lesquelles on. cloue les lattes qui doivent retenir les augets en plâtre et l’enduit. La fig. 106 représente la coupe d’un plancher de ce genre : les poutrelles sont assemblées à tenon et à paume, à repos, dans les flancs des poutres qui en ce point n’ont pas besoin d’épaisseur pour résister à la flexion : A, poutre reposant sur les murs; B, poutrelles assemblées dans la poutre; C, solives du plancher; D, soliveaux du plafond; F, parquet; E, lattes de plafond.
- § 5. Détails d’exécution des planchers.
- Pour qu’une poutre en bois soit dans les meilleures conditions de durée, et puisse évaporer sa sève, il faut que l’air circule tout autour de ses extrémités. C’est dans ce but que souvent l’on fait sortir les poutres à l’extérieur des murs ; mais on peut économiser une portion notable de la longueur de ces coûte uses pièces de bois en les posant comme l’indiquent les fig. 107 et 108. La poutre A pénètre à moitié de l’épaisseur du mur et repose sur une large pierre de taille C, saillant un peu à l’intérieur : un vide est laissé tout autour de la poutre et le îhur au dessus est supporté par une large pierre détaillé, B °n, pour économie, par une voûte en briques. La pierre de taille d’appui peut être remplacée par une semelle en chêne.
- p.91 - vue 102/174
-
-
-
- 92
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- On admet dans la pratique que les poutres et les solives d’un plancher doivent se supporter elles-mêmes avec le hour-dis qui les relie (plâtre, plâtras, ou voûtes) et en outre une surcharge de 190 kilogr., par mètre carré, uniformément répartie. Suivant le hourdissage adopté, les planchers de bois pèsent de 200 à 250 kilogr. par mètre carré. Voici des chiffres pour trois genres.
- Fig. 107. — Poutre aérée vue en long.
- Fig. 108. — Poutre aérée vue de bout.
- A. Planchers à solives en bois apparentes ou sans plafond, planchéiés en planches de sapin de 25 millim. d’épaisseur. Par mètre carré : 75 kil. -f- 190 kil. = 265 kil.
- B. mêmes planchers plafonnés et carrelés ou parquetés. 230 kil. + 190 kil. = 420 kil.
- C. Les premiers planchers avec charge de blé de 1111 d’épaisseur. 75 kil. -f- 800 kil. = 875 kil.
- '© Jî w Écartement d’axe en axe des solives de sapin
- ë A g pour les divers équarissages de
- d d 10 12 14 16 18 20
- d ta d O £> O a > 5 6 7 8 9 10
- Plancher A. 3m. 4m. 0,195 0,160 0,338 0,190 0,537 0,302 0.801 0,451 1,141 0,642 1,565 0,890
- 5m. 0,070 0,122 0,193 0,288 0,411 0,563
- Plancher B. 3m. 0,123 0,213 0,339 0,506 0,720 0,988
- 4™. 0,069 0,120 0,190 0,284 0,405 0,555
- 5m. 0,044 0,077 0,122 0,182 0,259 0,355
- Plancher C. 3m. 0,059 0,102 0,163 0,243 0,346 0,474
- 4m. 0,033 0,058 0,091 0,137 0,194 0,267
- 5m. 0,021 0,037 0,058 0,087 0,144 0,170
- p.92 - vue 103/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 93
- CHAPITRE III. COMBLES.
- § 1. But; Définitions.
- Tout bâtiment se termine par un comble recouvert de matériaux pouvant résister à la pluie. C’est ordinairement le charpentier qui établit la carcasse du comble, de façon que le couvreur n’ait plus qu’à y poser des tuiles, des ardoises, du zinc, etc.
- Le comble en charpente se compose : 1° de fermes, espèces de grands pans de bois triangulaires posés verticalement sur
- les murs, parallèlement l’un à l’autre, à une distance d’environ quatre mètres (fig. 109);.2° de •pannes, P, longues pièces de bois horizontales supportées par les fermes, et écartées de 1 mètre à lm,6; 3° de chevrons S, petites pièces de bois de 6 à 9 centimètres d’équarrissage carré, posées sur les pannes, dans la direction de la plus grande pente. C’est sur les chevrons que l’on cloue les lattes, auxquelles on accroche les tuiles; ou les voliges, qui supportent les ardoises ou le zinc , etc.
- Fig. 109. — Ferme simple ou élémentaire.
- § 2. Théorie des formes de fermes.
- Le nom donné à cette construction en bois indique quelle est ferme c’est, à dire indéformable; de sorte que, posée sur les murs, quel que soit son poids, et celui de la couverture qu’elle supporte, elle appuie verticalement sur les murs sans tendre à les pousser ou à les renverser comme le font le plus souvent les voûtes.
- La ferme la plus simple se compose de trois pièces de bois assemblées l’une à l’autre et formant un triangle de forme invariable tant que les assemblages ne cèdent pas (fig. 109) : ces trois pièces sont d’une part les deux arbalétriers A et l’entrait
- E.
- Nous ne ferons pas ici, bien entendu, les calculs pour dé-
- p.93 - vue 104/174
-
-
-
- 1)4
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- terminer les efforts de compression, de flexion ou de traction auxquels chacune de ces trois pièces doit résister; nous ne dirons que quelques mots sur la poussée que les arbalétriers exercent contre les murs et sur Pimportance de l’entrait.
- Supposons d’abord que les arbalétriers seuls existent. Chacun d’eux porte une surface de toiture d’environ quatre mètres de large et d’une hauteur égale à A B, longueur de l’arbalétrier. La couverture comprend les arbalétriers, les
- Fig. 110. — Arbalétriers sans tirant.
- pannes, les chevrons, les lattes ou voliges et les tuiles ou ardoises. La petite expérience suivante montrera que la charge des arbalétriers tend à renverser les murs.
- Prenez ' deux règles de bois équarri de un centimètre d’épaisseur et de 30 cent, de longueur; percez chacune de ces règles à l’un des bouts d’un trou de 2 millimètres de diamètre et réunissez-les par une petite cheville de bois, ou un clou qui passera dans les deux trous. Vous aurez de la sorte une espèce de compas (fig. 110) dont les branches pourront s’ouvrir plus ou moins en tournant autour du clou qui les relie, et qui représente pour nous les deux arbalétriers A de la ferme (fig. 109).
- p.94 - vue 105/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 95
- Prenez d’autre part deux bûches de rondin, bien sciées d’équerre pour qu’elles tiennent bien d’aplomb. Soit, par exemple, deux morceaux de bois de 0m05 à 0m06 de diamètre et de 0m,25 de hauteur et posez ces deux bûches sur une table : elles vous représenteront les deux murs qui devront soutenir la ferme; faites un trou à la partie supérieure de chaque bûche, de façon que les extrémités inférieures des branches du compas puissent s’y loger facilement; donnez, par exemple, aux trous que vous ferez une largeur de 0m01 avec un peu de jeu pour que vos règles y entrent facilement; donnez-leur une longueur de 0m,02 puisque les règles y entreront inclinées, et une profondeur de 0m,02.
- Cela fait, posez les extrémités des branches de votre compas dans les trous : en éloignant ou en rapprochant les bûches, vous ferez varier l’inclinaison des arbalétriers, le système se maintiendra toujours en équilibre, les deux branches du compas reposant sur les bûches.
- Mais l’arbalétrier d’une ferme est chargé, puisqu’il supporte une surface de toiture d’environ quatre mètres de large sur une hauteur égale à sa longueur même. Ce poids, également réparti sur toute la longueur de l’arbalétrier, peut être remplacé par le même poids appliqué au milieu même de cette longueur.
- Reprenez les deux branches du compas et en leur milieu, percez un petit trou de manière à pouvoir y passer une ficelle qui supportera le plateau d’une balance; remontez le système en donnant aux branches une ouverture quelconque, ou autrement dit en écartant les bûches d’une distance quelconque, de 0m,40 par exemple.
- Si vous mettez successivement des poids dans chacun des plateaux de la balance, il arrivera un moment où les branches du compas tendant à s’écarter, exerceront contre les bûches une pression telle que ces bûches se renverseront — ou glisseront, si la surface sur laquelle reposent ces bûches est une surface glissante.
- C’est exactement ce qui se passe pour une ferme. Les arbalétriers chargés de tout le poids de la couverture exercent Contre les murs qui les supportent; une poussée qui tend à
- p.95 - vue 106/174
-
-
-
- 96
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- renverser ces murs — ou, exceptionnellement, si ces murs reposent sur de l’argile par exemple, à les faire glisser sur leur base.
- La théorie démontre que la poussée qui tend à renverser le mur ne dépend pas seulement du poids de la couverture supportée par l’arbalétrier, mais quelle varie aussi avec l’inclinaison même de cet arbalétrier. Nous pourrions vérifier aussi le fait par l’expérience, à la condition d’apporter quelque soin à la manière de procéder (fig. 110 bis).
- B
- Fig. 110 bis. — Arbalétriers et tirant.
- Reprenons notre système de compas et de bûches au point où nous l’avons laissé, c’est-à-dire chargé de telle sorte que la poussée ait renversé les bûches : à deux centimètres de l’extrémité inférieure de chaque branche, perçons un trou, passons la ficelle dans l’un des trous et faisons un nœud extérieurement pour quelle n’en sorte pas; faisons passer l’autre bout dans l’autre trou et faisons un second nœud à une distance égale précisément à la distance des deux bûches; en d'autres termes, attachons ensemble les deux branches du compas de telle sorte que ces branches ne puissent pas s’écar~ ter au delà de la limite que nous aurons fixée (fig. 110 bis).
- Cela fait, ouvrons, au maximum d’écartement, les deux
- p.96 - vue 107/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 97
- branches du compas, de façon à tendre la ficelle du bas, plaçons le système sur les bûches et chargeons les branches comme elles l’étaient précédemment. Non seulement les bûches ne bougeront plus, mais nous pourrons augmenter beaucoup le poids dont les règles sont chargées sans rompre l’équilibre.
- En reliant le bas des deux règles par une ficelle, nous avons reporté sur la ficelle la poussée horizontale qui tendait à renverser la bûche, et l’équilibre subsistera tant que la ficelle qui relie les branches du compas ne sera pas rompue.
- C’est pour arriver à ce résultat qu’il faut toujours avoir soin de relier par un tirant en bois ou en fer, appelé entrait, les extrémités inférieures des deux arbalétriers. De cette façon, les murs ne sont pas soumis à la poussée horizontale et il suffit que l’écartement des arbalétriers soit empêché par un tirant en bois ou en fer, capable de résister à cette poussée.
- L’inclinaison des arbalétriers et le poids dont ils sont chargés étant donné, on peut, en s’appuyant sur les principes de la mécanique rationnelle, déterminer l’action que chaque arbalétrier exerce contre le mur pour le comprimer verticalement et le pousser horizontalement. La détermination de la compression permet de fixer l’épaisseur que doit avoir le mur pour ne pas s’écraser sous la charge de son propre poids, augmentée de celles des planchers et de la couverture; la détermination de la poussée des arbalétriers permet de calculer la grosseur de Y entrait C (fig. 111) qui doit supprimer cette poussée. Enfin, la mécanique rend compte du rôle des autres pièces des fermes de combles telles que les jambes ou jambettes; les contrefiches et les aisselières, etc.
- Pour les lecteurs familiarisés avec les premiers éléments de la statique, la figure 111 montre la manière dont le poids P de la couverture sur chaque arbalétrier se décompose en poussées HH qui se détruisent (au faite du toit) en comprimant la cheville d’assemblage ou le poinçon •si cette pièce est adoptée; et qui, en bas, poussent les murs
- Fig. 111. — Efforts des arbalétriers d’une ferme sur les murs.
- p.97 - vue 108/174
-
-
-
- 98
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- pour les renverser, si l'entrait C ne supportait ces poussées en supprimant toute action horizontale contre les murs.
- On peut du reste se rendre compte de la poussée des arbalétriers et du rôle de Y entrait par la méthode expérimentale.
- Représentons les arbalétriers, comme précédemment, par deux réglettes en bois et les murs par deux poteaux : assemblons, au faîte, ces règles par une cheville ou un petit boulon ; appliquons au milieu de leur longueur, à l’aide d’une simple
- Fig. 112. — Entrait ordinaire et entrait retroussé.
- ficelle, un poids P représentant la charge d’un pan du comble ; puis, en A, une ficelle passant sur une poulie fixe et supportant un plateau. Le nombre de grammes qu’il faut mettre dans chaque plateau pour empêcher l’écartement des arbalétriers avec leur charge P représente la tension de l’entrait et la poussée qu’auraient à supporter les murs si cet entrait était supprimé ou cassait (fig. 112).
- Si, au lieu de placer l’entrait tout au bas des arbalétriers de A en A', on est forcé de le placer en FC* on dit que cet entrait est retroussé. Expérimentalement, il serait facile de voir
- p.98 - vue 109/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 99
- que si la distance BG est moitié de BD, la charge H' pour le même poids P devrait alors être double de H tension de l’entrait lorsqu’il est placé en AA'.
- Pour les lecteurs familiarisés avec la mécanique élémentaire, H' est une force qui avec un bras de levier très petit BG, doit s’opposer à l’écartement de l'arbalétrier provoqué par le poids P. La force H au contraire, devant agir avec un bras de levier
- BD plus grand sera plus petite que H'. De sorte que si BG — A BD, il faut que H' soit double de H.
- L’entrait retroussé doit donc résister à une plus grande tension que l’entrait ordinaire.
- Dans quelques modèles de ferme, on met en même temps un entrait en AA' et un autre en FC. Celui du bas n’ayant à supporter que le tiers de la tension totale, celui du haut qui doit résister à une tension double doit naturellement avoir une section double.
- Pour un écartement donné AA des'deux murs (fîg. 113), on peut adopter un toit très incliné, ou au contraire un toit à pente faible, ou enfin une pente moyenne. Le plus souvent, le climat ou des conditions d’emploi du comble forcent à employer une certaine inclinaison, de préférence à toute autre. Pourtant, en nombre de cas, le seul but du comble est de clore le bâtiment par le haut. On peut alors se demander quelle est l’inclinaison des arbalétriers qui donne la moindre poussée contre les murs. En appliquant les principes de la mécanique théorique, on prouve que cette inclinaison doit être telle que le rapport
- Fig. 113. — Inclinaisons diverses d’un comble.
- p.99 - vue 110/174
-
-
-
- 100
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- entre la hauteur du comble (BD par exemple) et la longueur de l’arbalétrier AB soit égal à 0,577 : autrement dit, la hauteur du comble BD doit être égale aux ^ de la moitié de l’écartement donné AA (fig. H3).
- L’expérience que nous avons indiquée précédemment permet de déterminer cette meilleure inclinaison des arbalétriers. Mais il ne faut pas oublier qu’en changeant l’inclinaison, le poids qui charge l’arbalétrier change aussi. Quand l’arbalétrier est AB, la charge en tuiles qu’il supporte est beaucoup plus grande que lorsqu’il a l’inclinaison AB' et surtout AB" puisque AB est plus grand que AB' et AB' plus grand que AB".
- En adoptant une très petite inclinaison, le poids qui provoque la poussée contre les murs est très petit, mais cette poussée est une fraction très grande de ce poids.
- Si, au contraire, on adopte une très forte inclinaison, le poids de la couverture devient considérable; mais en revanche la poussée n’est qu’une fraction très faible de ce poids.
- Un toit tout plat pèserait le moins possible mais la poussée serait énorme pour chaque kilogramme de ce poids. Un toit très pointu pèserait beaucoup ; mais la poussée serait insignifiante pour chaque kilogr. du poids. C’est donc à une moyenne inclinaison que la poussée est la moindre possible; pour 35°. environ.
- On peut du reste incliner un peu plus sans que la poussée soit sensiblement augmentée. Ainsi nous pouvons sans crainte conseiller de donner au toit une inclinaison de 40°, si la couverture est en ardoise.
- On peut aussi incliner un peu moins que 35°, mais avec plus d’inconvénients que dans le cas contraire. Nous ne conseillons donc pas moins de 30° pour les couvertures en tuiles à recouvrement dites mécaniques.
- Dans le cas où l’on adopte l’inclinaison de 35 degrés qui donne le moins de tension à l’entrait (ou de poussée contre les murs), l’effort de l’arbalétrier sur le mur est égal à une fois et demie le poids par mètre carré de la couverture, multiplié par la distance entre deux fermes et par la demi-profondeur du bâtiment.
- Si on désigne par p le poids de la couverture par mètre
- p.100 - vue 111/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 101
- carré, par d, la distance entre deux fermes, et par l la demi-profondeur du bâtiment, c’pst-à-dire la moitié de la distance entre les murs, l’effort R exercé par l’arbalétrier sur les murs sera donné par la règle :
- R = p. d. I. X f-o0
- et si on suppose que le poids de la couverture par mètre carré soit de 100 kilos; que la distance entre deux fermes soit de 4 mètres, ce qui est le cas le plus ordinaire, et que la distance entre les murs soit de 8 mètres, dont la moitié est 4 mètres, on aura :
- R = 100 X 4 X 4 X 1-50 == 2400 kilog.
- Cette poussée sera inclinée à 54° et se décomposera en deux : une pression verticale à laquelle le mur résistera facilement, puisque cette force ne tend qu’à le comprimer, et une poussée horizontale de 1386 kilogr. qui tendra à le renverser et à laquelle il devra résister, à moins que l’écartement des arbalétriers ne soit empêché par un tirant, comme nous l’avons dit plus haut. Ce tirant devra donc être capable de résiter à cette poussée horizontale de 1386 kilogr.
- Or, un tirant en fer ne rompt que pour une traction de 37 kilogr. 5 par millimètre carré ; il suffirait donc à la rigueur d’un tirant en fer de 37 millimètres carrés, ou de moins de sept millimètres de diamètre pour empêcher, dans le cas dont nous avons parlé d’une poussée de 1386 kilogr., les arbalétriers de s’écarter du bas et de pousser les murs. En ne faisant travailler les molécules de fer du tirant qu’au sixième de la charge de rupture, il ne faudrait que 222 millimètres carrés de section au tirant ou un diamètre de moins de dix-sept millimètres, et l’allongement persistant que subirait ce tirant ne serait que de 3 millimètres pour mille mètres, allongement imperceptible pour les huit mètres de portée.
- Tel est le rôle de la pièce horizontale des fermes de charpente.
- Si l’entrait ne peut être placé au bas des arbalétriers, on a ce qu’on appelle un entrait retroussé mais alors la tension qu’aurait à subir ce tirant serait d’autant plus grande qu’il se-
- 6.
- p.101 - vue 112/174
-
-
-
- 102 CONSTRUCTIONS RURALES.
- rait plus haut placé; comme nous l’avons vu précédemment, il faudra donc que le tirant soit d’autant plus fort qu’on le placera plus haut. Si, au lieu de mettre le tirant en bas, on le met à la moitié des arbalétriers, il faudra donner à ce tirant une section double.
- Pour des fermes de 6m,50 de large et 3m,25 de haut espacées de 3m,25 seulement, M. Ardant recommande de prendre 0m,190 sur 0m,136 d’équarrissage pour le tirant simple ; et 0m,243 sur 174 à 0m,270 sur 0m,193 pour le tirant chargé d’un plancher; aux arbalétriers, de 0m,190 sur 0m,l 36 à 0m,215 sur 0m,154.
- Ce serait par conséquent, pour les tirants non chargés, environ 1/34 de la portée; pour les entraits portant planchers de 1/27 à 1/24 suivant que la couverture est légère ou lourde. Pour les arbalétriers de 4m,60 de longueur, 1/24 à 1/21 au plus de leur longueur. Pour les fermes de 10 mètres de portée et 6m,50 de hauteur, distantes de 4 mètres, ce serait :
- Pour tirant simple.. 0,215 sur 0,154 à 0,245 sur 0,175 soit le yg ou Pour entrait chargé.. 0,300 sur 0,214 à 0,315 sur 0,225 soit le gLou_L Pour les arbalétriers
- de 8m,20 de long.. 0,215 sur 0,154 à0,245 sur 0,175soit le ou^
- 11 ne faut pas oublier, en consultant les tableaux des dimensions données par M. Ardant, qu’il s’agit de fermes de disposition particulière, comme nous l’indiquons dans les tableaux. Il ne faut donc adopter ces chiffres que pour des cas à très peu près identiques.
- Nous donnons dans les deux tableaux suivants les équarrissages en centimètres des différentes pièces de quatre genres de fermes, d’après M. Ardant; nous donnerons ensuite sous le titre Pratique des fermes de comble quelques chiffres résultant de notre pratique, en suivant l’ordre des portées.
- p.102 - vue 113/174
-
-
-
- CHARPENTERIE,
- 103
- Tableau des équarrissages en centimètres des différentes pièces de deux genres de fermes (Ardant).
- Nota. L’expression 27/24 indique les deux dimensions transversales d’une pièce : la dernière est la dimension horizontale.
- DÉSIGNATION DES PIÈCES. Ferme simple (flg. 114). Largeur dans oeuvre du bâtiment. Ferme à entrait retroussé et arbalétrier allant du faîte au tirant (flg. 114 avec un 2* tirant.) Largeur dans œuvre du bâtiment.
- 6“ 9ra 12m 6m 9m 12m
- ( sans plancher... Tirant ] 27/20 33/30 00/36 j> » »
- ( portant plancher. 32/27 00/32 07/37 02/30 52/30 63/05
- Entrait retroussé (complète.) » )) 0 21/19 27/20 33/30
- Jambes de force » » 0 » » »
- Arbalétriers 22/19 26/20 32/30 22/19 26/20 32/30
- Poinçon carré Contrefiches et jambettes 19 20 30 19 20 30
- (carrées) 16 19 21 15 18 22
- Aisseliers » )) 19/15 20/18 30/22
- Faîte 19/16 20/17 22/19 19/16 20/17 22/19
- Liens de faîte (carrés) Pannes, tasseaux et chan- 15 16 17 15 16 17
- tignoles (carrés) 19 20 22 19 20 22
- Liernes (carrés) )) )) » » » R
- Sablières 12/23 10/25 16/28 12/23 10/25 16/28
- Blocliets » » » » » »
- Chevrons (carrés) 9 10 11 9 10 11
- Coyaux 8/7 9/8 10/9 8/7 9/8 10/9
- Chanlatte 16/3 18/0 20/5 18/3 19/0 20/5
- p.103 - vue 114/174
-
-
-
- 104 CONSTRUCTIONS RURALES.
- Tableau des équarrissages en centimètres des différentes 'pièces de deux autres genres de fermes (Ardant).
- Nota. L’expression 42 /30 indique les deux dimensions transversales d’une pièce : la dernière est la dimension horizontale.
- DÉSIGNATION Ferme avec entrait retroussé et jambe de fcrce (fig. 117) avec un tirant. Ferme pour comble à la Mansard.
- Largeur dans œuvre Largeur dans œuvre
- DES PIÈCES. du bâtiment. du bâtiment.
- 6ln 91U 12m 6m 9m 12m
- ( sans plancher... Tirant ] ( portant plancher. » 42/30 0 52/37 » 63/45 D 42/30 » 52/37 » 63/45
- Entrait retroussé (complém.) 21/19 27/24 33/30 23/20 30/27 36/33
- Jambes de force 24/19 29/24 35/30 22/20 29/27 34/33
- Arbalétriers 18/15 22/18 27/22 20/18 25/23 30/28
- Poinçon (carré) 15 18 22 18 23 28
- Contreliches et jambettes
- (carrées) 14 16 18 14 16 18
- Aisseliers 19/15 24/18 30/22 20/13 27/18 33/22
- Faîte 19/16 20/17 22/19 19/16 20/17 22/19
- Liens de faîte (carrés) 15 16 17 15 16 17
- Pannes, tasseaux et chan-
- tignoles (carrés) 19 20 22 19 20 22
- Liernes (carrés) 19 20 22 20 21 23
- Sablières 12/23 14/25 16/28 12/23 14/25 16/28
- Blochets 18/14 20/15 22/16 18/14 20/15 22/16
- Chevrons (carrés) ». 9 10 11 9 10 11
- Coyaux 8/7 9/8 10/9 8/7 9/8 10/9
- Chanlatte 16/3 18/4 20/5 16/3 18/4 20/5
- p.104 - vue 115/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 105
- § 3. Pratique des fermes de comble.
- Toutes les fois que l’écartement des murs d’un bâtiment ne dépasse pas 6 mètres, on peut adopter la ferme simple (fig. 114 inclinée de 35° 16', en moyenne. L’écartement des fermes, d’axe en axe, est supposé de 4m. L’entrait ne portant pas de plancher aura, en équarrisage, 0m,18 de hauteur sur 0m,12; ou, en hauteur, trois pour cent de la portée; et, en largeur, 2, 0/0 seulement. Les arbalétriers auront le même équarrissage soit 4,9 et 3,3 pour cent de leur longueur
- Fig. 114. — Ferme Fig. 115. — Étrier Fig. 116. — Vis de
- simple. en fer plat. suspension d’un poinçon.
- extrême; et le poinçon, dont la seule fonction est de recevoir les abouts des arbalétriers, aura un équarrissage carré de 0m,12. Nous supposons de très bon bois de chêne sans aubier ou une bonne essence résineuse,
- L’entrait sera toujours relié au poinçon par un étrier en fer plat (fig. H5) de 35 millimètres de large sur cinq d’épaisseur, ou par une simple vis de suspension (fig. 116) de 18 millimètres de diamètre. Le poinçon lui-même peut être supposé aussi réduit que l’on voudra en longueur.
- Lorsque la portée de la ferme est de 7m,50, on soulage les arbalétiers A, en reportant une partie de leur charge par deux contreflches C (fig. 117) sur le poinçon qu’elles tendent vainement à écraser, et, par deux jambettes J, sur les extrémités de l’entrait E. Ces quatre petites pièces doivent s’assembler à fourche arrondie sur l’entrait et le poinçon et à tenon
- trefiches et jambettes.
- p.105 - vue 116/174
-
-
-
- 106 CONSTRUCTIONS RURALES.
- et mortaise embrevée sur les arbalétriers, de façon qu’elles puissent être mises en place après la pose des grandes pièces. Tous les assemblages seront chevillés. Les points d’appuis des contrefi cites et des jambettes doivent être au premier et au troisième quart de la longueur des arbalétriers. Grâce à ces quatre petites pièces C et J, l’équarrissage de l’arbalétrier de cette ferme de 7m,50 de portée peut être réduit à 0m,21 sur 0m,l4 de même que celui de l’entrait ne portant pas de plancher. C’est donc, pour cet entrait, 2,8 et 1,86 2/3 pour cent de la portée : et, pour les arbalétriers, de 4,58 de long, c’est
- 4,59 et 3,05 p. 0/0.
- Lorsque la portée atteint neuf mètres, il est bon d’employer une ferme à entrait retroussé donnant, dans le comble ou grenier, une grande place libre (fig. 118). Les arbalétriers doivent avoir en ce cas 0m,27 sur 0m,18 : l’entrait retroussé, est fait de deux pièces moisées, de 0m,27 sur 0m,09 chacune. S’il y a un plancher, la poutre est en dessus du corbeau S et forme tirant.
- Ce serait donc pour l’entrait 3 et 2 p. 0/0 de la portée et pour l’arbalétrier 5 p. 0/0 et 3 2/3 de sa longueur. On peut donc admettre en moyenne, pour les systèmes de fermes que nous indiquons, que l’entrait non chargé de plancher doit avoir pour dimension verticale d’équarrissage la trente-quatrième partie de la portée, comptée au coin externe des arba-étriers : les arbalétriers doivent avoir un peu moins que le vingtième et un peu plus que le vingt-unième de leur longueur comptée du bord externe-de l’arbalétrier sur l’entrait ou le blochet B et l’axe du poinçon P.
- 11 est facile de comprendre que si la disposition des pièces d'une ferme change notablement, leurs dimensions doivent aussi changer.
- Lorsqu’une poutre doit supporter un plancher, elle peut en outre servir d’entrait à une ferme de même portée. Dans
- Fig. 118. — Ferme k entrait retroussé, avec contrefiches et jambes de force.
- p.106 - vue 117/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 107
- ce cas, la poutre en bois doit avoir pour dimension verticale-de son équarrissage le vingt-cinquième de la portée réelle. Pour des portées supérieures à 8 mètres, il faudrait des bois d’un équarrissage supérieur à un tiers de mètre ; ce serait des bois dits de qualité et par suite très coûteux, parce qu’ils deviennent plus rares chaque année. On peut remplacer ces poutres d’une seule pièce par des poutres dites armées ou troussées aussi résistantes. On peut employer plusieurs dispositions : nous ne donnerons ici que les plus simples.
- Supposons (fîg. 119) une pièce de bois A sous laquelle est assemblé, normalement, à tenon ou à fourche, une espèce de poinçon P sur lequel s’appuie un tirant en fer rond ou plat
- Fig. 119. — Poutre armée à tirant.
- traversant les extrémités de la poutre et tendu fortement par le serrage des deux écrous. Si l’on charge assez fortement la poutre pour qu’elle tende à plier, le poinçon tend à descendre et par suite à allonger le tirant T. Or, si celui-ci est assez gros pour résister à la traction, la poutre ne pourra plier: elle sera seulement comprimée par la traction du tirant.
- On trouve par exemple qu’un tirant en fer de dix-sept millimètres de diamètre, incliné de 14°, peut subir Une traction de 1386 kilogr. sans s’allonger d’une manière sensible. Dans ce cas, grâce à ce tirant, la pression que pourra supporter la poutre, sera 6708 kil. en outre de la pression qu’elle peut supporter par sa propre résistance avant de fléchir sensiblement.
- Si la portée est de 8 mètres, le poinçon devra avoir un mètre de hauteur : la charge additionnelle par mètre sera de 838 kilogr. La poutre en bois sera soumise de chaque bout à un effort de compression égal à 1344 kil. Le bois pouvant supporter 0 kil; 15 par millimètre carré, si la longueur n’est que 24 fois l'épaisseur, il suffira d’une section de poutre égale à 8962 millimètres carrés ou de moins de dix centimètres d’équarrissage pour ne pas céder. Cependant, la flexion
- p.107 - vue 118/174
-
-
-
- 108
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- d'une pièce si mince étant à craindre, on devra donner à cette poutre au moins 0m,20 de hauteur sur 0m, 10 d’épaisseur.
- On peut adopter une autre disposition qui ne diffère de la précédente qu’en ce que la pièce de bois est refendue en deux et que le tirant en fer se trouve caché ainsi que le poinçon entre les deux moitiés de la poutre.
- La troisième forme de poutre armée est une véritable ferme simple à entrait moisé (fig. 120.) La pression qui se fait sur le
- Fig. 120. — Poutre armée par arbalétriers.
- poinçon et les arbalétiers se reporte sur les boulons et par suite sur l’entrait qu’elle tend à allonger.
- Lorsqu’il s’agit de fermes d’une portée supérieure à 10 ou 12 mètres, il y a avantage à remplacer les arbalétriers simples par des arbalétriers armés. La plus simple ferme de ce genre, en bois et fer, est représentée figure 121 : elle est d’un excellent emploi. Pour une portée de i'3m,b0, on peut prendre des arbalétriers a de 0m,21 sur 0 m, 14 ave c un tirant en fer de dix-huit millimètres de diamètre et un poinçon d d’un mètre de longueur. L’étrier et le tirant horizontal doivent être en deux parties avec double écrou pour le serrage ou la tension.
- Les fermes courbes de Philibert Delorme, d’Emy et autres, sont d’un bon emploi pour de très grandes portées, mais elles exigent beaucoup de main-d’œuvre ou sont d’un levage
- Fig. 121. — Ferme k arbalétriers armés.
- p.108 - vue 119/174
-
-
-
- CHARPENTERIE.
- 109
- difficile; ce qui en somme les rend plus coûteuses que les fermes à entraits armés du système précédent.
- CHAPITRE IV. CINTRES.
- En principe, ce sont de vraies fermes ; la différence n’existe qu’en un point : c’est que le contour extérieur, au lieu d’être formé de deux droites également inclinées sur l’horizon et d’égale longueur, comme dans les fermes de comble, est un arc de cercle de moins de 180°, parfois un arc de courbe. Il suffit ordinairement de faire une ferme principale ordinaire, et de prendre chaque arbalétier de celle-ci comme entrait d’une ferme beaucoup plus petite. Comme les ceintres sont des ouvrages ne devant durer que le laps de temps nécessaire pour exécuter la voûte et la faire sécher, il faut assembler les bois de façon qu’ils puissent servir à nouveau sans perdre beaucoup de leur valeur ou de leur force (voir fig. 35).
- — f. t.
- Constructions rurales.
- p.109 - vue 120/174
-
-
-
- iio
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- LIVRE IV. COUVERTURES.
- 1*° SECTION J MATÉRIAUX.
- CHAPITRE I. PENTES POUR DIVERS MATÉRIAUX ET CLIMATS.
- Les couvertures ont pour but de clore la partie supérieure des bâtiments afin :1° de garantir la construction et l’intérieur contre la pluie, la neige et tous autres météores ; et 2° d’empêcher la déperdition de la chaleur intérieure ou l’accès du froid ou du chaud extérieurs.
- Quelle que soit la forme adoptée pour l’ensemble d’un comble; qu’il soit en appentis ou à un seul égout (fig. 122); à deux longs pans ou à deux égouts, sans croupes (fig. 123), ou à croupes
- Comble en Comble à 2 Comble à Comble à de- Comble en tippenti. longs pans. croupes. mi-croupes. pavillon.
- (fig. 124), ou à demi-croupes (fig. 125); qu’il soit en pavillon simple (fig. 126) ou d’une forme complexe quelconque, son inclinaison dépend surtout du climat et des matériaux qui forment la couverture, s’il s’agit de bâtiments ruraux; mais si l’apparence extérieure du bâtiment a une importance capitale, les inclinaisons des combles dépendent aussi du style d’architecture adopté.
- Dans les pays froids, où la neige est abondante et persistante, la pente des toits doit être assez forte pour que Cette neige ne puisse s’y accumuler, car son poids pourrait écraser la charpente et elle pourrait filtrer à l’intérieur en fondant.
- Dans les pays pluvieux, où la neige n’est qu’accidentelle et ne persiste pas, il faut une inclinaison encore assez forte pouf
- p.110 - vue 121/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- il i
- assurer un prompt écoulement de l’eau de pluie , et surtout pour éviter que la capillarité, qui existe toujours entre deux plaques minces voisines, n’entraîne l’eau à l’intérieur.
- Le vent a d’autant moins de prise sur les pièces minces qui forment les couvertures que leur pente est plus forte par rapport à l’horizon.
- Les seuls pays où les combles pourraient être en terrasse ou n’avoir qu’une pente insignifiante sont ceux où la pluie et la neige sont à peu près inconnues.
- Nous avons démontré que les pièces de bois formant les fermes d’un comble auront le minimum de résistance à vaincre quand l’inclinaison du toit sera de 35°,15 ,52". C’est donc cette inclinaison qu’il faut prendre comme moyenne en l’augmentant ou la diminuant quelque peu suivant les matériaux de couverture adoptés, comme nous le dirons plus tard.
- CHAPITRE II. ÉTUDE DES MATÉRIAUX.
- § 1. Divers matériaux employés.
- La couverture d’un bâtiment'rural constituant une partie importante de son prix de revient, on a essayé à peu près de tout pour cette couverture : les tuiles de toutes espèces; les ardoises etle zinc sont les matériaux les plus souvent adoptés; mais on emploie aussi des dalles de pierre, des planchettes de bois fendu ou des planches; du chaume (pailles ou joncs)* des papiers ou des cartons , bitumés ou enduits de divers ingrédients, des feutres ou toiles; enfin des plaques de plomb -, des feuilles de cuivre ou de tôle.
- § 2. Tuiles.
- On appelle tuiles des plaques assez minces, planes ou courbes, d’argile cuite. Leur emploi à la couverture des bâtiments Se perd dans la nuit des temps. Aujourd’hui, les modèles sont excessivement nombreux.
- Les plus anciennes sont les tuiles ptoses et les tùiles creuses ; puis sont venues les tuiles pannes ou ondulées en s long et enfin les tuiles diverses à couvre-joints dites mécaniques, les seules à conseiller d’une manière générale. Les indices de
- p.111 - vue 122/174
-
-
-
- 112 CONSTRUCTIONS RURALES.
- bonne qualité d'une tuile sont les mêmes que ceux que nous avons décrits pour les briques.
- Tuiles -plates, ou planes. Elles sont planes et rectangulaires, et portent, ordinairement, en dessous et près de leur bord supérieur (fig. 127 et 128) une saillie appelée mentonnet ou crochet qui sert à les suspendre à de petites barres de bois, placées horizontalement sur les chevrons, et appelées lattes. Parfois elles n’ont aucune saillie, mais sont au contraire au même endroit percées d’un trou permettant de les suspendre à l’aide v de crochets en fil de fer pour que les grands vents ne puissent les enlever.
- Dans le commerce, on trouve des tuiles plates de deux grandeurs différentes. La tuile du grand moule (fig. 129) a 0m,310 de long, 0m,237 de large et seize millimètres d’épaisseur. Avec
- le jeu restant nécessairement entre les tuiles et qu’on ne peut guère évaluer à moins de trois millimètres, il en faut, pour un mètre de largeur, 4,1667 et, en hauteur , avec recouvrement des deux tiers, trois fois 3,2258 ou, en tout, par mètre carré, près de 41. La densité de ces tuiles varie un peu : elle est d’environ 1,77 et chaque tuile pèse à peu près 2 kil. 1.
- La tuile du petit moule (fig. 127) a 0m,257 de long, 0m,183 de large et quatorze millimètres d’épaisseur : en supposant le jeu de trois millimètres et le recouvrement des deux tiers de la longueur de la tuile, il faut, pour une largeur d’un mètre,
- 5 tuiles, 376 et, pour la hauteur, 11,673, soit, par mètre carré, 62 tuiles 758 ou près de 63. Chaque tuile pèse environ 1 kil. 186.
- On fait des tuiles plates dont le bord inférieur est à peu près en demi-cercle; d’autres dont la partie inférieure, qui restera visible, est vernie sur environ la moitié de la longueur.
- Tuiles creuses. — Elles sont très employées dans le midi delà France et en Italie pour presque tous les bâtiments ; on les emploie parfois dans d’autres localités, en raison du bel aspect de la couverture qu’elles forment. La forme de ces tuiles force
- iw
- Fig. 127 et 128. Fig. 129.
- Vue de face et de pro- Tuile plate de fil d’une tuile plate de grand moule, petit moule.
- p.112 - vue 123/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- 113
- l’eau à se réunir en filets, ce qui permet de réduire la pente des combles. Du reste ces tuiles étant faites sans crochet ne tiennent sur le comble que par le frottement ou un enduit ou mortier : de sorte que la pente que l’on peut donner aux toits en tuiles creuses doit être comprise entre 21 et 26 degrés sur l’horizon. C’est une couverture lourde. Des tuiles creuses ana-
- Fig. 130,131 et 132. —Tuile creuse en plan, en profil et vue de bout.
- Fig. 135,136 et 137. - Tuile panne ordinaire, vue de face, de profil et en coupe.
- Fig. 133. — Tuile faîtière à recouvrement ou à emboîtement.
- Fig. 138. — Tuile à deux rebords h couvre-joint séparé.
- Fig. 13û. — Coupe d’un Fig. 139. — Tuile à rerang de pannes. couvrement simple.
- Iogues(fig.l30,131, et 132) sont employées pour garnir le faîte des toits (faîtage) ou les arêtes des croupes (arêtiers). Le grand modèle a 0m,433 de long, O™,35 de corde et 0m,09 de flèche; la petite faîtière n’a que 0m,344 de long, 0ra,29 de corde et0m,065 de flèche. Ces tuiles pourraient être faites plus minces que les tuiles plates, à égalité de dimensions, cependant elles sont assez lourdes.
- Légèrement coniques, elles débordent Lune sur l’autre.
- p.113 - vue 124/174
-
-
-
- 114 CONSTRUCTIONS RURALES.
- M. Courtois, et depuis, la plupart des tuileries mécaniques font des tuiles faîtières à rebords ou à recouvrement (fig. 133).
- Tuiles pannes. La section transversale de ces tuiles approche assez de laforme d’un S abattu et très aplati(fig.l34) : elles se recouvrent l’une l’autre dans chaque rang horizontal et chaque rangestrecouvert d’environ 65 millimètres parle rang supérieur (fig. 135,136 et 137). La couverture en pannes est un peu plus légère que celle faite de tuiles plates, parce que les pannespeuvent être un peu plus minces et que la totalité du recouvrement n’est pas des deux tiers de la surface. La pente des toitures en pannes peut aussi être plus faible que celle des toits en tuiles plates. Toutefois, l’avantage est assez faible et les pannes ne forment même une bonne couverture que lorsque leurs joints sont faits en mortier. La panne grand moule a 0m,352 de long, 0m,265 de large et 33 miilim. de flèche.
- Tuiles antiques et diverses. — Les anciens, Grecs et Romains,employaient à la couverture de leurs édifices des tuiles à couvre joints nervurées dites antéfixes parce que celles du premier rang s’appuyaient sur des saillies particulières de la corniche.
- Le second rang s’appuyait à son tour sur les saillies de la face supérieure du premier rang et ainsi de suite. On employait alternativement (fig. 138) une tuile plate à deux rebords et une tuile moins large en forme de gouttière plate renversée et recouvrant le joint. Le premier rang de tui" les portait des ornements en tête pour couronner la corniche.
- On trouve aussi des tuiles portant avec elles leur couvre-joint (fig. 139) ; ce sont des espèces de pannes mieux moulées que les pannes ordinaires.
- Tuiles modernesci couvre-joints. — Les grandes tuileries actuel* les fabriquent mécaniquement des tuiles à couvre-joints perfectionnées d’un très bon emploi connues sous le nom de tuiles mécaniques ou sous celui des fabricants : on a ainsi les tuiles
- Fig. 140, 141 et 142. - Tuile, Muller, vue de face et en coupes, transversale et longitudinale,
- p.114 - vue 125/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- 115
- Muller (fig. 140,141 et 142), les tuiles de Montchanin, etc.
- Ces tuiles forment de bonnes et belles couvertures, légères, efficaces et d’un entretien peu coûteux. Les modèles varient beaucoup.
- § 3. Ardoises.
- On appelle schiste ardoisier une roche presque inaltérable à l’air et qui possède la précieuse propriété de pouvoir être divisée en lames ou feuillets très minces quoique très résistants. Les gisements d’ardoises sont peu nombreux ; mais, grâce à la légèreté relative des ardoises et à la facilité des moyens de transports en France, on peut employer ce genre de matériaux à des distances assez grandes des carrières.
- Les principales carrières en France sont celles dites d’Angers, aux environs de cette ville, celles de Mézières, Charleroy et Fumay dans les Ardennes. Dans l’est de la France, on emploie quelques ardoises venant de Trêves.
- Une bonne ardoise est dure et pesante ; elle rend un son plein et clair sous le choc. Si elle reste plongée verticalement dans l’eau pendant vingt-quatre heures, l’eau ne s’y élève, par capillarité, qu’à un centimètre au plus au-dessus du niveau dans le vase. La couleur n’est pas un indice certain. Cependant les plus noires sont généralement les meilleures ; le violet rougeâtre, le bleu clair, s’ils sont homogènes, francs, indiquent aussi de bonnes ardoises.
- Dans chaque carrière, les ardoises, débitées à des dimensions différentes, dans des schistes de qualités diverses, prennent des noms nombreux qu’il n’est pas possible d’indiquer tous ici.
- Ardoises d’Angers. —Lemodèlele plus habituel est dit grande carrée : elle a 0m,297 de long et 0m,22 de large : elle est dite pie, si son épaisseur est comprise entre 1,5 et 2,8 millimètres ; forte, si l’épaisseur est comprise entre 2m,8 et 4 millimètres. 11 ne faut pas en accepter d’épaisseursmoindres d’un millimètre et un cinquième, car elles résistent moins bien au vent et surtout au poids des ouvriers. D’autre part, si l’épaisseur d’une ardoise grande carrée dépasse 4 millimètres, le grand avantage de la légèreté de couverture est en partie perdu. Une
- p.115 - vue 126/174
-
-
-
- 116 CONSTRUCTIONS RURALES.
- grande carrée pèse deOk,215 à 0k,582, ce qui suppose une densité de 2,5 environ. La densité de l’ardoise d’Angers, déterminée à Grignon, à l’aide d’un appareil très simple imaginé par notre collègue M. Roussille, est de 2.74. Ce qui fait croire à une épaisseur moyenne de 2min.2.
- Les ardoises de qualités et de dimensions un peu inférieures à la grande carrée reçoivent le nom de gros noir, poil noir, poil taché (si taches rousses) et poil roux. Les ardoises de bonne qualité, mais de dimensions inférieures, reçoivent le nom de carte ou cartelette : elles ont 0m,217 de long; 0m,162 large et 1,5 à 3,5 millimètres d’épaisseur.
- Il y a certainement avantage, aux divers points de vue, à employer les ardoises de grande surface et de forte épaisseur dites de genre anglais. Les ardoisières d’Angers fournissent des modèles de ce genre : leur densité paraît être d’environ 2,36.
- Numéros Dimensions. Poids moyen des 104 (cent Prix à Angers du cent mar- Pureau ou longueur laissée visible pour une pente de plus
- des marchand). chand. de 20°.
- modèles. Longueur. Largeur. Epaisseur. kil. fr. m.
- 1 640 360 1 d641/2 304 R ®. 279 ) 6 mÜlim- 310 23 0,280
- 2 608 • 290 21 0,265
- 3 608 245 18 0,265
- 4 558 202 14 0,240
- 5 508 254 \ 151 12 0,215
- 6 458 254 J , 203 ( dC 3 V* 133 10 0,190
- 7 406 92 7 0,165
- 8 355 2d3 ( 5 millim. 71 6 0,140
- 9 355 177 \ 63 5 0,140
- 10 305 165 / 47 4 0,115
- Le nombre par mètre carré dépend du recouvrement qui varie beaucoup entre 9 1/2 et 18 centimètres au moins et 19 à 36 au plus.
- La grande carrée dite grand modèle a 0ra,324 sur 0ra,222 et de 2 1/2 à 3 1/2 dépaisseur : elle pèse 0fe,50 et coûte 40 francs les 1,040, mille marchand, livrées à Angers ( 18,000 par wag-gon).
- p.116 - vue 127/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- 117
- Il y a ensuite deux autres premières carrées, des secondes carrées, des grandes et des petites moyennes, des 3e et 4e carrées, des cartelettes. des ardoises non échantillonnées, etc.
- Ardoises de Fumay. — La société du moulin Saint-Anne a huit modèles différents : le premier dit d’Angers a les mêmes dimensions que la grande carrée d’Angers. Le Saint-Louis a 0m,30 sur 0m,19, le petit 0m,27 de long seulement, la flamande, le bloque et demi-bloque ont 0m,27 de long et 0m, 165 de large. L’anglaise a 0m,33 de long et 0m,18 de large.
- Ardoises de Suède de Kjellsvik, sur lac, à dix lieues nord de Wenersborg. Ces carrières fournissent des ardoises aussi longues que larges depuis 0m,178 à 0m,4o, pesant de 0k,500 à 4k,3, ne coûtant sur le lac que 16f,25 à 212 francs le mille net, sans compter 5 pour 0/0 pour divers faux frais. On attribue aux couvertures en ardoises une durée de 150 ans.
- ;
- § 4. Métaux pour couvertures.
- Zinc. — Le prix élevé de ce métal et diverses autres considérations restreignent beaucoup son emploi pour couvertures rurales de plein toit ; mais il est très utile pour travaux accessoires de couverture; telsqu’égouts, gouttières, etc.
- Le zinc pour toitures se vend en feuilles de 2 mètres de long et de largeurs et épaisseurs diverses indiquées dans le
- tableau suivant.
- Épais- Poids d’une feuille
- Numéros seur des de zinc d’une longueur Poids
- des feuilles de deux mètres et du
- échantil- en d’une largeur de mètre
- lons. millim. 0m,50 0m,65 0m,80 carré. Emplois.
- mm. kil. kil. kil. kil. Tuyaux de descente
- 12 0,69 4,65 6,10 7,50 4,65 et petites couvertures.
- 13 0,78 5,30 6,90 8,50 5,30 Petites couvertures.
- 14 0,87 5,95 7,70 9,50 5,95 j | Spécial pour toi-
- ! tures.
- 15 0,96 6,55 8,55 10,50 6,55 Réservoirs petits.
- 16 1,10 7,50 9,75 12,00 7,50 Grands réservoirs.
- /,
- p.117 - vue 128/174
-
-
-
- 118 CONSTRUCTIONS RURALES.
- La densité du zinc laminé est d’environ 7. Comme elle varie un peu, il faut admettre dans le poids d’une feuille une tolérance de 0k,250.
- Mr Duprat fabrique mécaniquement des tuiles en zinc à crochets et couvre joints d’un bon emploi : le poids par mètre est de S kilogr. pour 12 tuiles en zinc n° 10, d’un demi-millim. d’épaisseur : elles coûtent 37f,50 le cent.
- Les autres métaux en feuilles, le plomb, le cuivre et la tôle sont d’un emploi à peu près nul dans les couvertures rurales.
- g 5. Matériaux divers de couverture.
- Les divers papiers et feutres, goudronnés ou enduits de diverses matières, ont l’avantage de donner des couvertures économiques rapidement faites, convenant à des bâtiments temporaires, ou lorsqu’une économie stricte est nécessaire.
- Lattes. — Pour poser les tuiles plates ordinaires, on se sert de lattes de cœur de chêne fendu; leur longueur est de l^O, leur largeur, de 4 à 6 centimètres et leur épaisseur, de 3,4 à 6,7 millimètres.
- Les tuiles pannes et les tuiles dites romaines, ainsi que les tuiles à recouvrement dites mécaniques, se posent sur des lattes de sciages, obtenues en refendant en long à la scie des planches de rebut. Elles ont de 4 à 5 centimètres de largeur sur 25 à 27 millimètres d’épaisseur et une longueur d’environ 2 ou 4 mètres.
- Pour retenir les papiers de couverture, on cloue, suivant le sens de la plus grande pente, des lattes bien minces de sciage de 25 millimètres de largeur sur trois d’épaisseur.
- Voliges. — On appelle ainsi des planches de bois blanc, de peuplier surtout, sur lesquelles on pose l’ardoise, le zinc et le papier. Elles ont ordinairement 2 mètres de long, 12 à 16 centimètres de large et 11 à 12 millimètres d’épaisseur.
- Clous. —Le couvreur emploie des clous à grosses lattes, à voliges, à lattes et à ardoises ; ils ont respectivement 41, 36, 27 et 20 millimètres de long et un kilogramme en contient 300, 400, 700 et 1,200. Pour le zinc, on doit employer des clous en zinc.
- p.118 - vue 129/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- 119
- Tasseaux. — Pour le zinc, on emploie des espèces de lattes de sciage en sapin à section trapézoïdale de 5 et de 3 centimètres de large et de quatre d’épaisseur.
- 2e SECTION ; TRAVAUX SIMPLES.
- CHAPITRE I. POSE EN PLEIN TOIT, g 1. Tuiles plates.
- L’égout, partie inférieure du toit, étant fait, comme nous le dirons plus loin, le couvreur pose les lattes à la distance voulue par la longueur de la tuile et le recouvrement adopté. Si les tuiles grand moule se recouvrent des deux tiers, il est clair que les lattes doivent être distantes du tiers de la longueur de la tuile, distance comptée de bord supérieur à bord supérieur (fîg. 143), soit 0m, 103. Pour le petit moule ce serait 86 millimètres seulement. Un clou sur chacun des chevrons suffit pour retenir une latte. Par économie, on allonge parfois le pureau, ou partie vue de la tuile grand moule, à 140 millimètres : ce qui suppose le même recouvrement que dans le petit moule ou 171. C’est une économie possible. Le couvreur ayant posé un premier rang de tuiles bien jointives, en pose un second, en commençant par une demi-tuile pour que les joints soient croisés et il continue ainsi jusqu’en haut du toit. Le mètre'carré de grand moule coûte moins qu’en petit moule.
- La couverture en tuiles plates est fort lourde : par mètre carré, la triple épaisseur de tuiles nécessaires pèse 75k,6, les lattes, à 0k,24 par mètre, de 2k,3 à 2k,70 (grand ou petit moule ) : les chevrons, à raison de cinq pour soutenir la latte, ce qui met leur distance d’axe en axe à 0m,325, pèsent 15 kilogr., soit en tout, avec 35 clous pesant 50 grammes, en viron 92 kilogr.
- Fig. 143. — Mode de pose des tuiles plates.
- p.119 - vue 130/174
-
-
-
- 120
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- § 2. Tuiles mécaniques.
- Bien que l’usine si importante de Montchanin fasse plusieurs modèles de tuiles, nous ne parlerons ici que du modèle le plus habituel qui porte le nom même de la fabrique Tuile-Montchanin. Ces tuiles se recouvrent latéralement, de sorte que la pluie ne pourrait pénétrer à l’intérieur qu’en remontant un rebord d’environ un centimètre de hauteur : elles se recouvrent aussi du dessus dans les mêmes conditions : un modèle de demi-tuile pouvant se placer à la droite ou à la gauche des tuiles entières permet d’éviter la coupe des tuiles pour toutes les couvertures rectangulaires. Pour 1 mètre carré, il faut 13,5 tuiles de ce modèle pesant de 3 kilogr. à 3 kil. 30 la pièce.
- Les tuiles sont accrochées par deux tenons et, au besoin, en outre, pannetonnées ou liées par du fil de fer à des liteaux ou lattes de sciage de 40 millimètres de large sur 25 d’épaisseur, ou 30 sur 30, distantes d’environ 0m,350 d’axe en axe. Les chevrons peuvent être placés à une distance de 0m,50, car la couverture est très légère. Son poids se décompose ainsi :
- Tuiles : 13,5 à 3 kil. ou 3k,30. 40k,5 à 44k,55
- Liteaux et clous................ lk,3 à lk,40
- Chevrons........................ 8k,0 à 10k,00
- Total............ 49k, 8 à 55k,95
- La pente moyenne convenable est de 0m,4 à 0m,5 par mètre, ou un angle de 20° à 27°. Mais on peut à la rigueur l’abaisser à une pente de 0m,3 par mètre ou à un angle de 16°. Naturellement, on peut a fortiori dépasser l'inclinaison de 26°, et aller, sans crainte, à la pente donnant la moindre traction
- sur l’entrait, c’est-à-dire à 35°.
- ' «
- § 3. Ardoises.
- Les ardoises sont clouées, par deux clous chacune, sur un voligeage à claire-voie tel que la distance, de bord supérieur à bord supérieur, soit égale au pureau ou partie vue des ardoises. Ce pureau est toujours du tiers de la longueur des ardoises
- p.120 - vue 131/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- 121
- pour les petits modèles soit 73 millimètres pour les cartelet-tes, et 100 pour les grandes carrées. Pour ces dernières, on peut restreindre la partie recouverte de chaque ardoise à environ les trois cinquièmes, ce qui donnerait un pureau de 12 centimètres.
- L’égout étant fait, comme nous le dirons ci-après, on pose le premier rang d’ardoises tout à fait jointives; puis on trace lë bas du second rang, à la distance de pureau voulue, à l’aide d’un cordeau enduit de blanc et fortement tendu qu’on laisse retomber brusquement après l’avoir un peu soulevé. Le second rang est placé comme le premier, mais en croisant les premiers joints, et on continue ainsi jusqu’au faite. 11 faut pour les couvertures rectangulaires, qu’un rang sur deux commence par une demi-ardoise. Les ardoises se divisent en deux facilement en perçant, avec la pointe de l’outil spécial des couvreurs en ardoises, une ligne de trous suivant l’axe longitudinal de l’ardoise, puis en la rompant brusquement en deux.
- Les chevrons, pour la couverture en ardoise, doivent être distants de 0m,50 environ.
- Le poids de la couverture en ardoises, grande carrée ordinaire , par mètre carré, se décompose ainsi :
- Poids de 45 1/2 ou 37,9 ardoises suivant pureau
- à 0k,400...................................... 18k,200 ou 15k,t60
- Voliges de 0m,13 de large avec 35 millimètres d'intervalle ou de 0m,16 de large avec 40 millimètres d’intervalle............................. 4k,825 ou 4k,725
- Clous à voliges : 25 ou 30 (71 à 86 grammes);
- à ardoises, 75 à 90 pesant 63 à 75 grammes.. 0k, 161 ou 0k,115
- Chevrons : à 0m,50 d’écartement................. 10k,000 ou 8k,ooo
- Total..................... 33k,186 ou 28k,000
- La cartelette pèserait notablement plus par mètre carré, puisqu’il faudrait un peu plus d’ardoises en épaisseur, plus de clous et de voliges.
- La couverture en ardoises des modèles anglais exige,des voliges coupées en sifflet ou chanlattées; elles donnent de magnifiques couvertures pouvant avoir une pente faible par suite de l’énorme réduction de l’étendue linéaire des joints; prix
- p.121 - vue 132/174
-
-
-
- 122
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- approximatif : cinq francs par mètre carré. Le poids varie entre 30 et 35 kilogr.
- § 4. Zinc et papiers.
- Le zinc se pose sur un voligeage jointif, de façon que les feuilles puissent librement se dilater. Les papiers ou feutres se posent aussi sur un voligeage jointif. On déroule les rouleaux, et les feuilles successives se recouvrent de quelques centimètres et sont retenues par des lattes minces placées dans le sens de la plus grande pente.
- CHAPITRE II. TRAVAUX ACCESSOIRES DE COUVERTURE.
- § 1. Égouts.
- On appelle égout le bord inférieur horizontal d’une couverture quelconque. Il doit être fait de telle sorte que l’eau de pluie s’égoutte au delà de la corniche ou de la sablière dans le vide, dans une gouttière ou dans un chéneau suivant les cas.
- L’égout le plus simple est l’égout dit pendant applicable aux hangars, etc. (fig. 144); C est le chevron ; B, une chanlatte, planche sciée en sifflet; D la sablière portant le bas des chevrons. Le premier rang de tuiles, A, déborde la chanlatte des deux cinquièmes de la longueur ou de 0m,12; le second rang ne laisse aux premières tuiles qu’un pureau de cinq centimètres ; le troisième rang ne laisse au second qu’un pureau de huit centimètres; le troisième pureau a la largeur normale. Cet égout s’appelle égout d’une pièce.
- L’égout retroussé dedeuxpièces est représenté par la fig. 145.
- Le premier rang de tuiles A est dit couchis ; il est placé horizontalement sur le haut du mur et le déborde des deux cinquièmes de la longueur de la tuile, soit de 0m,12; le second
- Fig- — Égout pendant dit d’une
- pièce.
- p.122 - vue 133/174
-
-
-
- COUVERTURES,
- 123
- rang dit retroussis est en pente assez faible et posé sur une couche de mortier un peu hydraulique ou de plâtre ; le troisième rang n’appartient plus à l’égout: toutefois il ne laisse
- au rang dit retroussis qu’un faible pureau de cinq centimètres ou du sixième de la tuile ; les rangs suivants se mettent de suite ou peu à peu au pureau normal du tiers de la tuile au plus,
- La figure 146 représente un égout un peu plus compli-Fig'. 145. — Égout de deux tuiles. qué : il se compose de
- trois pièces ou rangs
- au moins. Le premier rang est posé horizontalement et déborde la corniche de huit centimètres ou environ le quart de
- la tuile ; un second rang formant doublis est posé sur le premier^en re-
- t
- Fig. 147. — Égout pen-Fig. 146. — Égout de quatre tuiles. dant en zinc.
- traite de trois centimètres environ et le troisième rang est posé obliquement ou en bascule, en débordant le premier rang de huit centimètres : les rangs posés ensuite sont inclinés de plus en plus avec des pureaux croissants jusqu’au pureau normal ; le doublis, et surtout la bascule sont tenus en
- p.123 - vue 134/174
-
-
-
- 124
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- place par une forte couche d’excellent mortier hydraulique ou de plâire.
- Pour la tuile plate et pour l’ardoise, on peut employer les égouts dont nous venons de parler et qui sont toujours faits en tuiles grand moule de la première qualité.
- Pour l’ardoise, on peut faire des égouts en zinc; ils se composent d’une demi-feuille de zinc clouée sur une chan-latte et rabattue verticalement avec un bourrelet intérieur comme bordure par-dessous (fig. 147).
- Les couvertures en tuiles Montchanin n’ont pas besoin de-goûts particuliers : il suffit que le premier rang déborde le mur suffisamment.
- Dans les chéneaux posés sur les murs et au bord des lucarnes, on fait de petits égouts aussi simples que possible.
- § 2. Faîtage.
- La ligne de partage des eaux, ou le faîte d’un toit, doit être recouvert par des tuiles creuses, dites faîtières, lorsqu’il s’agit de couvertures en tuiles de toutes espèces ou en ardoises.
- Les faîtières ordinaires étant légèrement coniques sont placées de manière qu’elles se recouvrent un peu (fig. 148). On
- bouche les joints par des garnitures en plâtre C dites crêtes E - réunies au bas des faîtières par
- Fig- 148. Faîtières ordinaires filet de plâtre E dit eïïlbcif-
- posées. rure.
- Lorsque la couverture est en tuiles plates ou ardoises, la disposition précédente est le plus souvent employée. Si l’on veut une extrême économie, on fait même le faîtage en plâtre.
- Pour les couvertures en tuiles Montchanin ou analogues, on emploie des faîtières cylindriques à emboîtement, à recouvrement, dispensant de faire des crêtes en plâtre. Nous recommandons celles de 0m,50 de long : il y a des modèles unis, lozangés, etc. ; d’autres faîtières sont faites pour être placées à l’extrémité d’un faîte, et disposées même pour porter un poinçon ornemental. Il y a des faîtières à fleurons, etc.
- Dans ce mode de couverture, le dernier rang de tuiles sur
- p.124 - vue 135/174
-
-
-
- COUVERTURES.
- 125
- lequel s’appuieront les faîtières peut être fait avec avantage avec un modèle de tuile spécial (n° 16).
- Pour les ardoises et le zinc, le faîtage peut se faire en plomb ou en zinc.
- § 3. Arêtiers.
- C'est la garniture de la ligne de partage des eaux de deux pans de toit accotés. Les arêtiers ont une pente plus ou moins forte. On les fait comme les faîtages à l’aide de faîtières, s’il s’agit de couvertures en tuiles ou en ardoises ; et à l’aide de plomb ou zinc pour les couvertures en ardoises. S’il s’agit de faire la plus extrême économie, les arêtiers se font tout simplement en plâtre.
- § 4. Rives.
- Les bords latéraux des couvertures débordant les pignons se nomment rives; on les garnit, si la couverture est en tuiles plates, d’une couche épaisse de plâtre avec bords droits verticaux dits cueillies et empâtant la tuile jusqu’au chevron. S’il s’agit d’ardoise, on peut faire de même, ou placer sur la volige une feuille de zinc ou de plomb reployée sur la face extérieure verticale du chevron, ou d’une planche, clouée d’abord sur ce chevron.
- Pour les couvertures en tuiles Montchanin, on termine la couverture par un chevron contre lequel on cloue une planche verticale, sur laquelle on pose verticalement des tuiles particulières dites de rives, qui peuvent être ornées : il y a la rive supérieure dite de fronton et les rives formant l’extrémité des égouts dites d’abouts..
- § 5. Travaux accessoires divers.
- Lorsque le bord d’une couverture arrive contre la face verticale d’un mur, on garnit ce coin d’une bande de mortier ou de plâtre dite ruellée. On fait de même le long des parois d’un tuyau de cheminée, des flancs d’une lucarne, etc. Quand ces garnissages en plâtre sont horizontaux et peu importants, on les nomme filets : suivant le sens de la pente, solins.
- p.125 - vue 136/174
-
-
-
- 126
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Une noue est une gouttière, faite en plomb ou en zinc, à la rencontre de deux toits contigus dont les eaux tendent à se réunir. Cette gouttière repose sur une pente faite en plâtre ou en mortier hydraulique posés sur un lattis un peu serré,
- 3® SECTION. TRAVAUX COMPOSÉS.
- Un comble quelconque exige un nombre plus ou moins grand des travaux simples que nous venons d’examiner. Le couvreur ne commençant son travail que lorsque le gros œuvre, c’est-à-dire la maçonnerie et la charpenterie sont terminées, il suffît que les plans indiquent visiblement les diverses parties de la couverture pour que l’architecte puisse déterminer à l’avance l’étendue de chacun des travaux simples et la nature et la quantité des divers matériaux nécessaires.
- p.126 - vue 137/174
-
-
-
- MENUISERIE.
- 127
- LIVRE V. MENUISERIE.
- lr® SECTION : MATÉRIAUX.
- CHAPITRE I. BOIS.
- § 1. Planches.
- f Les planches qu’emploient les menuisiers proviennent du sciage de chênes/ de sapins ou autres arbres résineux, de hêtres et parfois de peupliers grisards.
- Chêne. Dans le centre de la France, la planche marchande ou ordinaire ayant de l’aubier doit avoir au minimum 0m,27 à 0m,28 de large sur trois centimètres d’épaisseur. Elle se vend au mètre carré; sa largeur nette est 0m,25 pour 4 centimètres d’épaisseur.
- La frise ou planche à parquet a 0m,125 de large et 0m,03 d’épaisseur.
- A Paris, les planches n’ont pas d’aubier et se vendent par lots assortis de différentes pièces. Dans ce cas, l’unité de vente est une longueur de deux cents mètres. Dans le toisé de ces planches, on mesure les longueurs en quart de mètres pleins et si les largeurs et épaisseurs sont différentes, on les compare et on les rapporte à deux types, Y échantillon ci-dessus (planche marchande) etl’entrevous. Celui-ci est compté comme les trois quarts d’un échantillon et la frise pour la moitié d’un entrevous.
- h’échantillon vaut environ 2 francs le mètre; et Y entrevous environ lfr. 50, soit, les deux cents mètres d’échantillon, 400 fr. environ, et l’entrevous 300 francs. La frise vaudrait environ 150 francs.
- Hêtre. A Villers-Cotterets, l’entrevous de hêtre, le plus commun des échantillons, a 0m,216 à 0m,243 de largeur sur 31 à 33 millimètres d’épaisseur ; sa section transversale est toujours de 73 centimètres carrés.
- Les planches de hêtre n’ont pas de longueurs déterminées ; elles se vendent au grand cent ou aux 200 mètres, l’entrevous
- p.127 - vue 138/174
-
-
-
- 128
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Fig.. 149 et 150. — Dosse ou dosseau. Planche dite Chon.
- comptant pour deux tiers d'une unité. On fait aussi des planches minces, dites petit sciage, de Om,ll à 0m,25 de large et de 6 à 15 millimètres d’épaisseur : elles se vendent par bottes.
- Sapin. Dans quelques localités, on scie dans un seul sens en planches de 27 millimètres d’épaisseur, les largeurs sont alors forcément irrégulières. Dans les Vosges on coupe les sapins en troncs de 3m,57 à 3m,90 de longueur. Les planches sont de dimensions diverses, mais peuvent toutes se rapporter à un type fait d’après les anciennes mesures de 12 pieds de long sur 9 pouces delarge et un pouce d’épaisseur,soit 3®,90 sur 0m,244 et 0,027. On l’appelle planche de 12(12 sur 9). Les autres planches sont toutes supposées d’un pouce d’épaisseur et dites 12/12, 11/12 11/9 12/8 11/8. L’épaisseur est presque toujours moindre et de 25 milli-mètres à très peu près, et même souvent moins de 25 au gros bout et 22 1/2 seulement au petit.
- La frise ou parquet de sapin des Vosges est de largeur irrégulière. Dans le commerce, la planche marchande ou ordinaire est celle de 12/9 et parfois de 11/9. La planche réduite est celle de 12/8 ou lï/8. La planche large, celle de 12/12 et parfois de 11/12.
- Dans le sciage, la première planche détachée se nomme dosseau ou dosse (fig. 149), la seconde est la chon (fig. 150).
- On appelle rebut toute planche fendue, trouée, cranée ou renfermant des nœuds pouvant se détacher en laissant des trous, dès que le bois sera sec. Les chons et les rebuts serven parfois à faire des liteaux ou lattes de sciage. On compte or dinairement quatre lattes pour une planche dite de 8 pouces ou de 0m,216 de large.
- On vend les sciages de sapin au cent de planches ordinaires ou marchandes, ayant 12/9. Si elles n’ont que 11/9 on ôte au prix 7.8 à 8.69 p. 0/o ou un douzième environ. Les planches réduites de 12/8 et 11/8 se paient en moyenne 17.38 p. 0/o de moins que les 12/9 ou 11/9.
- Les planches larges de 12/12, 11/12 se comptent pour une planche et demie.
- Dans un lot de sciage, il y a 1/4 ou 1/3, parfois moitié, de
- p.128 - vue 139/174
-
-
-
- MENUISERIE. iâ9
- chons et de rebuts; mais on ne compte chacune d’elles que comme demi-planche.
- § 2. Bois dits sciages.
- Outre les planches, le menuisier emploie des pièces de bois provenant de sciage et ayant des dimensions et des noms différents.
- Chêne. Voici les principaux sciages de chêne dans le centre de la France. La planche d’échantillon est la grande unité et l’entrevous la petite.
- Largeur. Épaisseur. Section. Valeur en unités
- m. m. m. petites. grandes.
- Grand battant.. 0,333 0,11 0,0370 . 5 3,7
- Petit battant.... 0,250 0,08 0,0200 2 2/3 2
- Doublette 0,333 0,06 0,0200 2 2/3 2
- Échantillon 0,250 0,04 0,0100 1 1/3 1
- Membrure 0,165 0,08 0,0130 1,78 1,3
- Entrevous 0,250 0,03 0,0075 1 3/4
- Membrette 0,180 j °’°* 0.0090 1,2 9/10
- ’ ( 0,06 0,0108 1,44 1,1
- Frise ou parquet 0,125 0,03 0,0037 1/2 ! 1/2 0,375
- Chevron 0,080 0,08 0,0064 0,85 0,64 ou 2/3
- D’après cela si l’échantillon vaut lf,69 le mètre, le petit bat-
- tant vaudrait environ 3f38 et le chevron 1f 13.
- A Paris on trouve Le grand battant valant 6 entrevous (pet. un.) ou 4 échantillons (gr. un. ).
- Le petit battant. — 3 — .2 —
- La membrure... — 2 au plus — 1,3 —
- Le chevron — 1 faible. — 2/3 _
- La membrette.. — id. — id. —
- La frise — 1/2 — 3/8
- L’entrevous est compté comme les 3/4 d’un échantillon*
- Les lots d’échantillons, d’après les usages du commerce, doivent toujours comprendre dix à quinze pour cent de mem-brures et de doublettes. La membrure seule se paie toujours plus que l’échantillon.
- p.129 - vue 140/174
-
-
-
- 130
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Hêtre. A Villers-Cotterets, on trouve :
- La membrure, d’une section constante d’environ 164 à 175 centimètres
- carrés, un peu plus d’un entrevous, ayant 0m,165 sur 0m,110 ,
- ou om,180 sur 0m,l00 ou 0m,200 sur 0m,080
- La doublette ou trappe a 0m,330. sur 0“, 073 ou 0m,081, de façon que la section soit réglementairement d’environ 0m,0257.
- Le quartelot a 0,256 sur 0,056 et une section constante de 0,0131 un peu moins du double d’un entrevous.
- Sapin. La France importe du Nord des madriers de bois résineux d’un grand emploi et de 0f,8 à lf le mètre linéaire.
- La planche échantillon de chêne de 0,28, de large sur 0.038 valant 120fr les 100 mètres, la planche de hêtre de 0,30 de large et 0,055 d’épaisseur, se vendrait seulement 70f; celle de sapin de 0m,32 sur 0,028, vaudrait 90f; celle de peuplier de 0,28 sur 0,024 vaudrait 60fr. Le rapport des prix est donc : peuplier, 1, sapin 1. 5, hêtre 1.4 et chêne 2.
- CHAPITRE II. MATÉRIAUX DIVERS.
- Le menuisier emploie des clous, des vis et de la colle forte, pour l’assemblage de diverses pièces de bois.
- 2° SECTION . TRAVAUX SIMPLES.
- CHAPITRE 1. PRÉPARATION DES BOIS, g 1. Débits ou sôiagês.
- Le menuisier doit souvent refendre ses bois, c’est-à-dire scier en long; il emploie pour cela une scie dont lalame peut prendre toutes les inclinaisons par rapport au châssis. Cette scie à refendre est à lame large et présente un peu plus de dix dents par décimètre ; la demi-scie à refendre a près de douze dents pour la même longueur.
- Une scie analogue comme monture, mais à lame très étroite et ayant à peu près quinze dents au décimètre, sert à chan-
- p.130 - vue 141/174
-
-
-
- MENUISERIE.
- 131
- tourner, c’est-à-dire à débiter une pièce de bois suivant un contour courbe quelconque.
- Pour scier en travers des fibres, c’est-à-dire couper les bois de longueur, le menuisier emploie des scies plus petites à lames fines. La scie à main a un peu moins de quinze dents au décimètre. La scie à panneaux a 24 dents et la scie à tenon, 32. La lame de cette dernière scie au dos est doublée d’une forte lame de fer pour l’empêcher de plier. La scie à châssis est plus fine encore : elle à SI dents au décimètre et sa lame est renforcée par une doublure en cuivre. La scie à queue d’hi-ronde a près de 60 dents au décimètre. En outre, le menuisier se sert d’une scie à volet, pour ouvrir des trous, et d’autres scies spéciales.
- § 2. Blanchissage et corroyage.
- Pour nombre de travaux, les surfaces plucheuses des faces sciées doivent être polies et planées. Le menuisier se sert pour cela de varlopes, demi-varlopes et rabots de diverses grandeurs. Le blanchissage d’une face de planche consiste dans le passage de la varlope répété jusqu’à ce que toutes les portions plucheuses aient disparu. Si le rabottage est continué pour obtenir une surface parfaitement plane et polie, on dit que la planche a été corroyée. Le blanchissage n’exige guère que deux tiers d’heure par mètre carré, non compris les pertes de temps, pour changer de planche, prendre les mesures, dresser les rives pour tirer les planches de largeur.
- Le menuisier a des rabots divers et des bouvets simples ou doubles pour faire des rainures et des languettes ou des feuillures.
- CHAPITRE II. ASSEMBLAGE DES BOIS.
- Pour assembler entr’eux des bois de membrures, le menuisier emploie des assemblages semblables à ceux du charpentier : seulement ils sont ici faits avec plus de précision et en général plus compliquai les queues d’hironde sont plus fréquentes ainsi que les doubles et triples tenons.
- Pour assembler deux planches côte à côte, dans toute leub
- p.131 - vue 142/174
-
-
-
- 132 CONSTRUCTIONS RURALES.
- longueur,le menuisier dresse exactement les deux rives et les pose l'une contre l’autre en y interposant de la colle-forte fondue au bain-marie. C’est l’assemblage aplat joint (fig. 151);
- Fig. 151. — Ass. à plat-joint. Fig. 152. — Assernb. à mi-bois.
- Fig. 153. — Ass. à rain. et lang. jfÜÆHI Fig. 154. —Assemblage à clef.
- il est mieux de le faire à mi-bois (fig. 152). S’il faut plus de solidité, l’une des rives est creusée dant toute sa longueur, tandis que l’autre, à l’aide d’un bouvet, est amincie au tiers de son épaisseur sur une largeur égale à la profondeur de la rainure. Lalanguette étant enfoncée dans la rainure fait l’effet d’un long tenon, un peu de colle affermit complètement ce mode d’assemblage dit à rainure et languette (fig. 153). Comme la languette diminue la largeur en œuvre de la planche, on se borne souvent à rainurer chaque rive des planches et on y enfonce une petite languette de bois appelée clef qui peut être aussi encollée (fig. 154).
- Comme la languette n’est pas assez large pour empêcher un panneau de se tourmenter ou de se voiler par l’humidité, on enfonce parfois des clef à travers des planches ou seulement sur une partie de leur largeur.
- Le menuisier a souvent à faire des assemblages d’angle et il doit les faire avec précision. Un des plus minutieux est l’assemblage dit des tiroirs ou en queues d’hironde alternées (fig. 155).
- 3e SECTION : TRAVAUX COMPOSES.
- CHAPITRE I. PORTES.
- § 1. Portes à traverses.
- Lorsque l’économie est de première importance et que l'on ne tient pas à l’apparence extérieure d’une porte, on la fait avec trois ou quatre planches coupées à la longueur voulue
- Fig. 155. — Assemblage dit de tiroirs.
- p.132 - vue 143/174
-
-
-
- Coupe.
- MENUISERIE.
- 133
- c
- Fig. 156 et 157. — Porte simple à traverses et écharpe : vue intérieure et coupe.
- et assemblées côte à côte à plat joint puis consolidées par deux traverses sur lesquelles elles sont clouées (fig. 156); les planches peuvent être en sapin et les traverses ou barres, en chêne, ou le tout en sapin. Les traverses peuvent être chanfreinées, c’est-à-dire que leurs arêtes extérieures sont abattues. Les traverses peuvent être encastrées dans les planches à entailles droites ou en queue d’hironde (fig. 157); il y a ainsi moins de crainte que la porte ne se voile : enfin , on renforce une telle porte en plaçant, entre les deux traverses, une écharpe B.
- g 2. Portes à emboîtement.
- Fig. 158 et 159. — Porte à emboîtement : vue extérieure et coupe.
- Les trois ou quatre planches qui forment la porte sont assemblées entr’elles à ramure et languettes ou à clef, et ces planches, à chacune de leurs extrémités, sont emboîtées dans deux traverses, A, A (fig. 158). Si les traverses sont plus épaisses que les planches, on les biseaute de ce côté, simplement ou avec moulure. Les planches peuvent être en sapin et les barres en chêne, ou tout en chêne , ou en sapin.
- § 3. Portes à cadres.
- Pour des portes plus importantes ou plus luxueuses, on établit un grand cadre formé de deuxmontants, E, E, d’une tra-
- 8
- p.133 - vue 144/174
-
-
-
- i 34
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- aJ\ C
- Fig. ICO. — Porte à cadre.
- verse supérieure et d’une traverse inférieure,^ C, assemblés entr’euxpar tenon et mortaise double avec coupe d’onglet ou coupe droite. Souvent, vers le milieu de la hauteur, est assemblée à tenon et mortaise chevillés ou à queue d'hironde, une troisième traverse. Il reste ainsi deux grands espaces vides que Ton remplit par des planches assemblées entre elles à rainure et languette, ou à clef et avec clef transversales; ces planches, F, s’emboîtent en outre dans le châssis (fîg. 160).
- Cette dernière espèce de porte peut avoir ses panneaux ornés de table saillante, ou de cadres en moulures rapportées.
- CHAPITRE II. YOLETS ET PERSIENNES.
- Sauf les dimensions, la construction des volets est la même que celle des poftes. Les châssis de persiennes se font comme les châssis de portes très minces et les vides sont ici remplis par de minces lames de bois encastrées seulement dans les montants (fig. 161 et 162), suivant une inclinaison de 50 degrés environ sur l’horizon.
- CHAPITRE III. FENÊTRES.
- Comme la précision de la fermeture a ici une grande importance, les fenêtres s’ouvrent sur un châssis dormant scellé dans le mur à l’aide de pattes en fer particulières. Les deux cadres formant la fenêtre s’emboîtent l’un dans l’autre en gueule de loup. Deux ou trois petites traverses horizontales appelées petits bois divisent le vide du châssis en trois ou quatre destinés à recevoir les vitres. Les petits bois B, comme les bords du cadre C (fig. 163 et 164), portent à l’extérieur une
- Fig. 161 et 162. — Lames de persienne : vue et coupe.
- p.134 - vue 145/174
-
-
-
- MENUISERIE.
- 135
- feuillure qui reçoit la vitre retenue ensuite par quelques petites pointes sans tête et du mastic. Pour éloigner l'eau des joints, le bas du châssis est doublé à l’extérieur d’une pièce A, appelée jet d’eau, car une ou deux rainures D, ouvertes en dessous empêchent la pluie poussée par le vent de suivre le bois par adhérence ; ces rainures sont appelées larmiers parce qu’elles forcent l’eau à tomber goutte à goutte.
- Dans les pays de grands vents, au bord de la mer, la pluie fouettant violemment, les précautions que nous venons d’indiquer ne suffisent pas. On met alors de doubles fenêtres parfaitement suffisantes, ou l’on emploie divers systèmes brevetés plus ou moins efficaces.
- CHAPITRE 1Y. PARQUETS.
- Les planchers de bois les plus simples sont dits à flanches, entières : ils se composent de planches en sapin ou en chêne bien dressées sur leurs rives et placées jointives et clouées en travers des solives. On améliore ce planchéiage en employant, des planches assemblées à rainures et languettes. Dans ces deux cas, le retrait du bois, dans le sens de la largeur des planches, forme des fentes visibles, d’un mauvais aspect.
- L’emploi de frises en sapin ou en chêne, de 10 à 12 centimètres de largeur, supprime cet inconvénient du retrait : on a alors ce qu’on appelle le parquet. Les frises peuvent être assemblées l’une à l’autre à plat joint ou à rainure et languette. On peut couper ces frises à une longueur uniforme, pour les placer en croisant les joints; les placer d’équerre à bâtons rompus : on peut les couper de chaque bout obliquement et les disposer de manière à faire des dessins. On compose même des parquets avec des bois de couleurs tranchées formant des cadres, des guirlandes, etc.
- Ces ouvrages de luxe sortent du cadre de cet ouvrage.
- Le plancher par planches entières en sapin, de 27 mill. d’épaisseur, peut coûter aujourd’hui 3 fr.50 le mètre carré.
- Fig. 163 et 16ù. — Coupe d’un châssis mobile de croisée : jet d’eau et petit bois.
- p.135 - vue 146/174
-
-
-
- 136 CONSTRUCTIONS RURALES.
- Le parquet à l’anglaise en frises, de 85 à HO mill. de largeur; en sapin de 27 millim. d’épaisseur, vaut 4 fr. le mètre carré; en chêne, à peu près le double,
- CHAPITRE Y. — OUVRAGES HIVERS.
- Le menuisier peut avoir à faire des boiseries garnissant les parois d’une chambre; ou des lambris qui peuvent être à cadres, à corniches, et plus ou moins moulures; — des cloisons, des baldaquins pour fenêtres, des balcons en bois découpés; des escaliers droits ou courbes.... etc. Ces travaux ne peuvent être sérieusement étudiés sans de grands développements et l’addition de figures qui sortiraient un peu de notre cadre,
- CHAPITRE VI, — PRIX DES TRAVAUX COMPOSÉS DE MENUISERIE.
- Les travaux de menuiserie comportent des combinaisons si nombreuses des travaux simples que la détermination du prix
- d’une porte, d’une fenêtre, d’un lambris, etc.exigent des
- détails très minutieux. Nous ne pouvons donc les entreprendre ici. Nous nous contenterons de donner quelques prix au cours actuel de Paris (1882).
- PRIX PAR MÈTRE CARRÉ.
- Croisée à dormant de 54 millim. et châssis de 34 seulement.. 8,25 — toute ferrée (6 fiches chanteaux, 8 équerres et 1 crémone de 16 mill.............................................. 10,50
- Persienne, en chêne, et sapin.................................. 9,25
- — ferrée (8 équerres, 4 paumelles avec gonds; 1 loqueteau avec tirage et 1 poignée)............................. 11,75
- Persienne, tout en sapin....................................... 8,50
- — ferrée............................................... 11,00
- Porte, en chêne et sapin, à grands cadres, de 34 millim...... 15,25
- — en sapin, — — 14,75
- Porte, chêne et sapin, à petits cadres, de 34 millim......... 10,00
- — — de 27 — ..... 9,25
- Porte, tout en sapin, à petits cadres, de 34 — 8,25
- — — de 27 — 7,75
- p.136 - vue 147/174
-
-
-
- MENUISERIE.
- 137
- Porte vitrée, en chêne, de 34 millim............................. 10,50
- — de 27 — 9,25
- Porte vitrée, en chêne et sapin, de 34 millim................ 9,00
- — — de 27 — ............ 8,00
- Porte vitrée tout en sapin, de 34 millim...................... 7,50
- — — de 27 — 7,00
- Porte, en chêne, emboitée, de 34 — 10,25
- — — de 27 — .................... 8,50
- Porte, en sapin, emboîtée, de 34 — 6,75
- — — de 27 — 6,00
- Porte, arasée, chêne, de 34 millim............................... 13,50
- — — de 27 — ........................ 10,50
- Porte, arasée, chêne et sapin, de 34 millim...................... 11,00
- — — de 27 — 8,50
- Porte, arasée, tout en sapin, de 34 — 8,25
- — — de 27 — ................. 7,75
- OUVRAGES AU MÈTRE LINÉAIRE.
- Huisserie, en chêne......................................... ï ,40
- — sapin............................................. 0,85
- Bâtis, en chêne, de 34 millim..................................... 0,90
- — de 27 — 0,70
- Bâtis, en sapin, de 34 — 0,70
- — de 27 — 0,50
- Contre-bâtis, en chêne, de 27 millim........................ 0,65
- Barres d’appui, en chêne à gorge.............................., 0,80
- p.137 - vue 148/174
-
-
-
- t33
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- LIVRE VL SERRURERIE.
- i™ SECTION : MATÉRIAUX,
- CHAPITRE I, FERS.
- Le serrurier, comme son nom l’indique, est le fournisseur des appareils servant à clore les portes et les fenêtres : serrures, loquets, pentures, gonds, etc. Nous disons foiornisseur, car il achète dans les fabriques de quincaillerie à peu près toutes les ferrures nécessaires dans un bâtiment, et n’a qu’à les poser. Toutefois, outre les réparations, le serrurier peut avoir à forger des pièces spéciales, des ancres, des tirants, des boulons, des frettes, etc., pour lesquels il emploie des fers de divers échantillons et qualités. Le fer en barre dit de première classe comprend des fers à section carrée de 20 à 22 et de 25 à 68 millimètres d’équarrissage; des fers plats de 162 à 189 millimètres de large et de 9 à 18 d’épaisseur; d’autres de 40 à 108 de large et 9 à 18 d’épaisseur, des fers dits à maréchal de 25 a 34 de large et 11 à 18 d’épaisseur.
- Les fers à martinet comprennent des fers à section carrée de 9 à 16, dit carillon en bottes, et de 16 à 18 d’équarrissage, dit carillon en barre ; des fers plats, de 27 à 40 de large sur sept à neuf d’épaisseur, dit platine ou petit fer plat; de 22 à 32 de large et de 13 à 18 sur 4 à 7 d’épaisseur, dit petit fer plat et bandelette en bottes. Enfin, des fers à section circulaire ou fers ronds de 23 à 32 de diamètre, dits fers ronds en barres ; de 13 à 16 et de 18, dit fer rond en bottes; de 9 à 11 dit tringle,
- Fig. 165. Fig. 166. Fig. 167.
- Fer cornier. Fer en Fers Zorès.
- double T.
- p.138 - vue 149/174
-
-
-
- SERRURERIE,
- 139
- Les fers de fenderie comprennent dans une première classe dit coulés : 1° des fers en barres, aplatis au laminoir de 54 à 59 millimètres de large et de 7 à 9 on de 13 à 20 d’épaisseur;
- 2° des fers aplatis en bottes, de 27 à 31 de large et 4 1/2 à 7 d’épaisseur ; 3° d’autres plus petits de 20 à 27 de large et 2 1/4 à 4 1/2 d’épaisseur; 4° du fer plus mince dit à seaux.
- Dans une seconde classe : 1° du fer dit fenton ou verge de 7 à 13 de large et 7 à 9 d’épaisseur ; 2° du fer dit côte de vache de 16 à 22 1 /2 de large et 11 à 16 d’épaisseur.
- Ces fers se vendent aux cent kilogrammes à des prix variant avec les qualités ou provenances et les équarrissages.
- On trouve aussi dans le commerce des fers cornières (fig.165), . des fers en double T (fig. 166), des fers Zorès (fîg. 167) et d’autres modèles très variés.
- CHAPITRE II. FONTES.
- Le serrurier trouve dans le commerce des pièces en fonte qu’il n’a plus qu’à poser : des barres d’appui, des balcons, des colonnes, etc.
- D’après la formule donnée par Hodgkinson pour la charge de rupture des colonnes en fonte, et en admettant qu’il convient de ne faire travailler la fonte qu’au sixième environ de l’effort qui produirait la rupture, les charges que peuvent supporter avec pleine sécurité les colonnes en fonte de moyenne qualité, suivant leur diamètre et leur hauteur, sont données par le tableau suivant :
- p.139 - vue 150/174
-
-
-
- 140
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Hauteurs- Charges de sécurité en kilogrammes pour les diamètres ci-dessous en centimètres.
- 4 5 6 7 1 8 9 10 11 12
- lïl. c. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil.
- 2.0 1445 3226 6219 10832 17518 26770 39117 55129 75409
- 2.2 1229 2743 5289 9212 14898 22765 33266 46883 64129
- 2.4 1060 2366 4561 7945 12850 19635 28692 40437 55311
- 2.6 925 2065 3981 6934 11215 17137 25042 35292 48274
- 2.8 815 1821 3510 6114 9887 15109 22078 31115 42560
- 3.0 725 1619 3121 5437 8793 13346 19634 27671 37850
- 3.2 650 1451 2797 4872 7879 12040 17594 24796 33917
- 3.4 586 1309 2523 4395 7108 10861 15871 22368 30595
- 3.6 532 1188 2290 3988 6450 9855 14402 20296 27762
- 3.8 485 1083 2088 3638 5883 8990 13167 18514 25325
- 4.0 445 993 1914 3334 5392 8239 12040 16968 23210
- 4.2 409 914 1762 3069 4963 7583 11081 15617 21362
- 4.4 378 844 1628 2835 4585 7007 10239 14430 19738
- 4.6 351 783 1509 2629 4252 6497 9494 13380 18301
- 4.8 326 728 1404 2445 3955 6043 8831 12446 17024
- 5.0 304 679 1310 2281 3690 5638 8239 11611 15883
- Pour les diamètres et hauteurs de colonnes qui ne se trouvent pas dans ce tableau, on calculera la charge P qu’ils peuvent supporter en kilogr. par la formule suivante :
- D __ 1600 + d3-6 - l M
- Dans cette formule, d est le diamètre de la colonne en centimètres et l sa hauteur, en décimètres, d est élevé à la puissance 3.6, et Z à la puissance 1.7 seulement.
- Pour une colonne creuse, on admet que la charge qu’elle peut supporter est égale à celle qu’elle pourrait supporter, si elle était pleine, moins la charge qu’une colonne pleine du diamètre du vide pourrait supporter.
- Ainsi une colonne creuse de 12 centimètres de diamètre extérieur et de 2 centimètres d’épaisseur ayant 2m,80 de hauteur pourrait supporter 42560 kilogr. moins 9887, ou 32673 ilogr.
- Une colonne de 10 et 6 centimètres de diamètre à l’extérieur et à l’intérieur et de 3m,00 de hauteur peut supporter une
- p.140 - vue 151/174
-
-
-
- SERRURERIE. 141
- charge égale à la différence entre 19634 et 3121 (chiffres du tableau) ou 16513 kilogr.
- Au lieu de colonnes de plus de 12 centimètres de diamètre, nous conseillons des colonnes accouplées, bien reliées ensemble.
- CHAPITRE III. MÉTAUX DIVERS.
- Quelques pièces de serrurerie peuvent être en bronze ou laiton, et sont fournies par les quincailliers.
- 2e SECTION : TRAVAUX SIMPLES.
- CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS.
- Le fer se travaille à chau d et à froid : à chaud : 10 par fusion. On donne, dans un moule à la fonte de fer, comme au bronze ou au laiton, la forme qu’ils doivent avoir ; 2° par percussion sur une enclume (forgeage), ou dans un moule (étampage) on donne au fer les formes les plus variées ; 3° enfin le fer et l’acier peuvent se souder entre eux.
- A froid, on aplatit, on courbe le fer, on le coupe ou on le perce, on le lime et on le polit; on le taraude, etc.
- CHAPITRE II. TRAVAIL DU FER A CHAUD.
- § 1. Forgeage et soudage.
- Forger le fer, c’est le soumettre, à chaud, aux chocs de marteaux à main, ou mécaniques, pour lui donner une forme voulue. On chauffe le fer à l’aide d’un appareil appelé forge de maréchal, fixe ou portative, à soufflet alternatif ou à ventilateur soufflant. La plus faible chaude à forger est celle qui amène le fer au rouge brun ; elle correspond à une température de 700 degrés centig. et suffît pour un travail simple. (La fîg. 168 représente la forge portative agricole de MM. Enfer avec étau, enclume et machine à percer).
- Le fer, convenablement chauffé suivant la difficulté du forgeage à exécuter, est porté et tenu à l’aide de pinces de formes diverses sur une masse en fonte, fer ou acier appelée enclume ayant une partie plane ou table, et des parties coni-
- p.141 - vue 152/174
-
-
-
- 142
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- ques ou pyramidales dites bigornes. Le fer est frappé au moyen de marteaux à tête large et un peu convexe et à pan-
- ne étroite. C’est avec la panne que l’on étire le fer et avec la tête qu’on le comprime et le pare.
- Fig. 168. — Forge agricole locomobile de MM. Enter et fils , à Paris.
- p.142 - vue 153/174
-
-
-
- SERRURERIE.
- 143
- Le forgeron tient le fer et indique par un marteau à main la place où ses servants, les frappeurs, doivent diriger leurs coups de marteaux à devant.
- La plus faible chaude étant le rouge brun (700°), la suivante est le rouge cerise (950°), la troisième le rouge blanc (1300°) et le blanc soudant (1550°).
- Le recuit se donne au rouge brun aux fers que l’on vient de travailler et qui trop refroidis deviendraient sanscela cassants.
- Le rouge cerise se donne comme seconde chaude pour finir une pièce ou la parer. Pour cela, on l’arrose légèrement d’eau, ce qui détache l’oxyde etrendla surface unie et brillante.
- Le rouge blanc, ou chaude grasse, se donne pour étirer le fer, le contourner, etc.
- Le blanc soudant ou chaude suante s’emploie pour souder ensemble deux morceaux de fer ou corroyer le fer en soudant ensemble des faisceaux de qualités convenables et les pliant et les étirant.
- g 2. Étampage.
- Cette opération permet de donner à de petites pièces de fer une forme exacte à l’aide de matrices> de clouiêres, de mandrins servant de moule ou de guide. C’est ainsi que l’on fait des têtes de. boulons ou de clous et des pièces creuses.
- CHAPITRE III. TRAVAIL DU FER A FROID.
- g 1. Coupage.
- On coupe les barres de fer à l’aide d’une tranche ou d’un ciseau à froid (fig. 169 à 172). La tôle ou les fers plats, à
- Fig. 169 et 170. — Ciseau à froid, vu de face et de profil.
- Fig. 171 et 172. — Tranche, vue de face et de profil.
- l’aide de cisailles alternatives ou circulaires.
- p.143 - vue 154/174
-
-
-
- 144 CONSTRUCTIONS RURALES.
- § 2. Perçage.
- Il se fait à l’aide de petites machines à percer, mues à la main ou par un moteur, et dont l’outil est un foret, auquel on donne un rapide mouvement de rotation. Dans les grands ateliers, il y a des machines perçant par compression brusque, à la façon d’un emporte pièce et dites poinçonneuses.
- § 3. Tournage, alésage et ajustage.
- A l’aide d’un tour et d’outils convenables, oh tourne ou alèse le fer pour former extérieurement ou intérieurement une surface cylindrique circulaire, parfaite et polie.
- A l’aide de limes diverses, ou de machines à rabotter dites étaux limeurs, on exécute sur le fer des parties parfaitement planes et polies.
- § 4. Taraudage et filetage.
- C’est l’opération qui consiste à faire, à l’extérieur d’un cylindre en fer, un filet hélicoïdal à section triangulaire ou rectangulaire, et, à l’intérieur, d’une pièce plate carrée ou à six pans un filet semblable. Ces deux opérations se font à l’aide de filières et de tarauds de diverses grandeurs et formes, et à l’aide du tour à fileter.
- 5e SECTION : TRAVAUX COMPOSÉS.
- Les travaux composés que doivent faire eux-mêmes les serruriers se réduisent de plus en plus chaque année ; parce que les grandes usines qui travaillent le fer s’ingénient à mettre dans le commerce toutes les ferrures qui peuvent être utiles dans un bâtiment. Nous aurions donc à faire ici un dénombrement sans fin qui n’aurait d’utilité que s’il était absolument complet et accompagné de plusieurs centaines de figures : serrures de cent espèces , loquets, pentures, etc. Nous renvoyons aux catalogues des grands fabricants et à notre traité spécial.
- Les planchers en fers et briques étant de plus en plus employés, nous donnons ici quelques chiffres utiles pour le choix des poutres et solives en double T à peu près exclusivement employées aujourd’hui.
- p.144 - vue 155/174
-
-
-
- CONSTRUCTIONS RURAUÎS.
- Poids dont peuvent être chargés les divers fers h double T lorsque ces poids sont uniformément répartis sur toute leur longueur.
- Le fer travaillant h 8 kil. par millimètre carré.
- Distance entre les points d’appui.. Poids du îer par mètre courant. 1 k. 500 Hauteur totale eu millimètres. 80 Largeur d’aile — 55 Grosseur des ailes — 8 Epaisseur du corps — 3.5 8 k. 250 10 k. 000 9 k. 500 12 k. 500 13 k. 000 19 k. 500 22 k, 000 22 k. 000 33 k. 60 65 k. 000
- 100 43 7 , 100 60 9 4 120 45 6 5 140 47 7 6 160 48 6.5 175 ; so 9 8 160 80 11 . 8 180 70 12 8 220 95 14 9 300 « 120 17 12
- 2.00 008 509 700 695 975 1273 222® 2389 2772 5029 11710
- 2.59 287 326 073 000 620 815 1025 1529 1770 3218 7097
- 3.00 199 226 328 309 033 . 566 989 1062 1231 2235 5206
- 3.50 106 166 201 226 318 015 727 782 905 - 1602 3825
- 0.00 112 127 180 173 203 318 557 597 693 1257 2928
- 0.50 88 100 105 137 192 251 000 072 507 993 2310
- 5.00 71 81 118 111 156 203 356 382 003 800 1870
- 5.50 59 67 . 97 92. 129 168 290 316 366 665 1509
- 6.00 09 56 81 77 108 141 207 265 307 559 1301
- 6.50 02 08 69 65 72 120 210 226 262 076 1109
- 7.00 36 01 60 56 79 103 .182 195 226 010 956 ,
- 7.50 31 36 52 09 69 90 158 170 197 358 833
- 8.00 28 31 05 03 61 79 139 149 173 310 832
- SERRURERIE.
- p.145 - vue 156/174
-
-
-
- 146
- CONSTRUCTIONS RURALES,
- Soit un plancher de grenier devant supporter 4 mètres d’épaisseur de foin., ou un poids de 360 kilogr. par mètre carré en plus du poids des voûtes en brigues et du fer des solives en double T, soit, au plus 600 kilogr. en totalité, par mètre carré, également répartis. Si ces solives doivent avoir 4 mètres de longueur entre leurs appuis, on déterminera leur écartement e de la manière suivante : p étant le poids par mètre que peut soutenir la solive choisie ;
- 4m X e X 600 kil, divisés par 4m = p : d’où e =—•
- Si nous prenons la première poutrelle, p = 112 kil. seulement : e ~ 0m,186 2j3-
- Si nous prenons la troisième poutrelle, p = 184 kil.; alors e — 0,306 2[3.
- Enfin, la cinquième poutrelle pourrait être mise à un écartement de 0m40o : et la 8e à lm à très peu près.
- Nous n’avons mis dans le tableau ci-dessus que les fers que nous employons le plus souvent lorsque nous construisons des fermes. Il y a toujours, au point de vue de l’économie du prix de revient, un choix à faire entre les divers fers du commerce.
- Lorsque l’on emploie ces fers comme poutres, et nous les recommandons fortement, on les accouple ordinairement par des frettes et des entretoises.
- Soit, par exemple, une poutre de 6m de portée entre les murs, devant supporter le plancher précédent de 600 kilogr. par mètre. Ces poutres étant espacées de 4m, 12; elles auront à supporter, par mètre, uniformément répartis, 2472 kilogr ; soit, si elles sont par couples, 1236 kilogr. chacune. Il faudrait donc,, adopter pour poutres, deux poutrelles du dernier modèle du tableau.
- Le plus souvent, quand la portée des poutres dépasse 5m, il y a avantage à réduire cette portée à moitié, en supportant les poutres par une ou deux colonnes en fonte.
- Soit, par exemple, une portée de 8m pour un plancher de 600 kilogr. Les poutres étant encore à 4m12 l’une de l’autre, si on les supporte en leur milieu par une colonne, la portée
- p.146 - vue 157/174
-
-
-
- SERRURERIE.
- 147
- étant réduite à 4®, il suffira de prendre deux poutrelles de l’avant-dernier modèle du tableau.
- La colonne ou la paire de colonnes aura à supporter 9888 kilogr. Si cette colonne doit avoir 3m de hauteur, son diamètre devra être compris entre 8 et 9 centimètres (voir le tableau des colonnes en fonte).
- Nous terminons ce livre de la serrurerie par quelques prix, mais il est bien évident que ces prix ne sont donnés ici qu’à titre de renseignements généraux, et pour fixer les idées. Nous n’avons d’autre but que de donner quelques éléments d’appréciation, pour venir en aide à l’établissement des prix de revient approximatifs d’une construction.
- FERS DITS EN DOUBLE T, OU EN I POUR FOURNITURE SEULEMENT
- 1° Ordinaires, jusqu’à 8nl delonget de 8 à 22 centim. de bailleur. 21,00 2° A larges ailes (ceux que nous conseillons)........... 25,00
- GROS FERS DE BATIMENT,
- AU KILOGRAMME TOUT COMPRIS (FOURNITURES ET POSES).
- 1° Coupé de longueur seulement : pour fenton de plancher
- en fer................................................ 0,25
- 2° Coupé, puis dressé en fer rond ou carré : pour linteaux
- droits, cales, ancres ou analogue.................. 0,30
- 3° Coupé, courbé une ou plusieurs fois, puis dressé : pour entretoise de planchers en fer à hourdis, linteaux cintrés, soutiens de manteaux de cheminée, bandes, che-
- vêtres, chaînes, tirants, harpons, etc................ 0,40
- 4° Coupé, courbé, dressé, percé, taraudé : pour gros et longs
- boulons, tiges taraudées avec écrous, étriers, etc...... 0,50
- 50 Travaillé de même et assemblé, pour poitrail sur grandes
- portes, ou fermes dans planchers en fer............... 0,60
- 6° Travaillé de même avec assemblages divers pouf fermes de
- combles............................................... 0 70
- 7° Même emploi, sur bâtiments circulaires ou à combles arrondis................................................... 0,77
- p.147 - vue 158/174
-
-
-
- 148
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- OUVRAGES EN FER A DOUBLE T OU EN I,
- AU KILOGRAMME, TOUT COMPRIS.
- T’ Fer ordinaire en I coupé et posé, sans entretoises pour
- plancher........................................... g,28
- 2° Fer en I à larges ailes coupé et posé, sans entretoises pour
- plancher.............................................. 0,32
- 3° Pour poitrail, ou poutres jumelles....................... 0,32
- 4° Fer ordinaire en I, pour plancher, les solives assemblées avec cornières, ou poitrail, avec brides entretoises, boulons ou croisillons.................................. 0,35
- 5° Fer en I, ordinaires, employé pour fermes de combles, arbalétriers ou arêtiers, droits ou biais, y compris les pièces d’assemblage en fonte nécessaires, les sabots exceptés.. 0,65
- 6° Chevronnage eu fer en I.................................. 0,44
- 7° Sabots en fonte pour fermes en fer en 1.................. 0,45
- FONTE,
- AU KILOGRAMME.
- 1° En tuyaux............................................... 0,28
- 2° En raccords de tuyaux.................................... 0,30
- 3° En tuyaux pour eau forcée (petits diamètres)............. 0,33
- 4° En colonnes pleines, modèles du commerce................. 0,20
- 5° Pose de colonne......................................... 0,02
- QUINCAILLERIE
- A LA PIÈCE, AU MÈTRE LINÉAIRE OU SUPERFICIEL, TOUT COMPRIS, SUIVANT ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Anneau d’écurie avec vis à bois, fer brut, à la pièce de 0,07 à
- 0,08 de diamètre................................. 0,45
- — d’écurie avec vis à bois, poli ou étamé............ 1,00
- — de trappe, à charnière, entaillé à fleur bois, de 0,08
- de diamètre...................................... 1,80
- — de dalle ou tampon de fosse demi-fort de 0,14 de
- diamètre........................................ 4,70
- Bec de cane, compris gâche et posé (à la pièce) ordinaire, poli.
- Prix suivant les dimensions de la cloison et de l’extérieur de cette serrure, cloison de 2 centimètres et sur 7 1/2 de haut.
- p.148 - vue 159/174
-
-
-
- SERRURERIE. 149
- Bec de cane, avec une longueur de 8 centimètres............ 2,20
- — — il centimètres........... 2,30
- — — 14 centimètres........... 3,10
- — marque ST, à foliot en bronze comprimé, chan-
- frein, etc.
- — de 0,11 de long.......................... 4,50
- de 0,14 de long............................ 5,00
- Béquille en cuivre, pour bec de cane et serrure à foliot, n° 3. 2,00
- Boucle à bascule en fer, pour loquet ordinaire............. 1,50
- — — pour porte d’écurie, de 0,08 de diam. 1,80
- Boule de rampe unie en cuivre, ajustée et goupillée :
- de 0,05 de diamètre. i,90
- de 0,08 de diamètre. 3,30
- de 0,10 de diamètre. 5,00
- Charnière (à la pièce) en fer carrée, longue, en feuillure :
- ordinaire : 0,06 de longueur. 0,20
- — 0,08 de longueur. 0,25
- — 0,12 de longueur. 0,40
- renforcée : 0,08 de longueur. 0,26
- — 0,12 de longueur. 0,47
- — de trappe, empâtement en T : 0,30 de branche.... 4,00
- Châssis à tabatière : le mètre linéaire avec dormant en fonte
- ou tôle.................................................... 6,00
- Crémone jusqu’à 2m de longueur : ordinaire, tringle noire, de
- 0,14 de diamètre.......................................... 2,25
- Crochet plat, avec vis et piton, de 0,08 de long........... 0,33
- ~ i — de 0,11 de long.......... 0,40
- — rond avec 2 tirefonds de 0,11 de long............. 0,30
- — — de 0,16 de long............. 0,35
- — — de 0,25 de long............. 0,50
- Équerre à la pièce, simple, renforcée compris entaille, vis,
- pose, etc.
- — de 0,16 de branche............... 0,15
- — de 0,22 de branche............... 0,23
- Équerre double, ordinaire de lm de développement........... 1,45
- Équerre à T double de lm de développement.................. ! ,90
- Fiche à bouton, avec broche posée sur tréteau en tôle de
- 1 millimètre d’épaisseur de 0,095 de long... 0,32
- — — de 0,125 de long... 0,50
- — — de 0,160 de long... 0,70
- Fiche, à broche, tournée, boules et noeuds polis :
- de 0,120 de long....... 0,64
- y '
- p.149 - vue 160/174
-
-
-
- f50
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- !
- Fiche, à broche, tournée, boules et nœuds polis :
- — — de 0,160 de long....... 0,90
- Gâches ( à la pièce) plate, tôle forte, pour verrou, targette, et
- droite.......................... 0,50
- — à trois empènages.................. 0,70
- Gâche (à la pièce) à patte, de 0,035 de haut entre coude.... 0,50
- — de 0,050 de haut entre coude.... 0,60
- — à scellement pour bec de canne............ 0,45
- — — pour serrure à pêne dormant. 0,50
- — — pour serrure de sûreté.... 0,55
- Gond (à la pièce) pour paumelle à scellement de 0,11 à 0,16
- > de long................ 0,16
- — — à pointe, de 0,11 à 0,16 de
- long...................... 0,38
- — — à patte, jusqu’à 0,65 de
- branche.....'1........... 0,67
- — pour penture ordinaire à scellement, jusqu a
- 0,65 de branche.. 0,66
- — — à pointe jusqu’à 0,65
- de branche....... 0,90
- — — à patte, jusqu’à 0,65
- débranché........ .1,05
- Loquet (à la pièce) ordinaire demi-léger, à bouton olive rond
- de 0,32 de long.............. 1,45
- — — renforcé, à bouton olive rond
- de 0,32 de long.............. 2,30
- Loqueteau (à la pièce) coudé, tout compris, de 0,04 de largeur. 0,95
- — — à pompe, tout compris, fonte, de 0,095
- de long.............................. 0,70
- Patte (à la pièce) à pointe, tout compris pour glace, de 0,054
- de long............ 0,10
- — — pour glace, de 0,130
- de long............. 0,17
- — — à chambranle de 0,11
- à 0,14 de long.... 0,09
- — à scellement, pour huisserie,'.fixée, de 0,16
- à 0,20...................... 0,75
- Paumelle, simple à T, avec gond à scellement, iixée :
- de 0,14 de branche.. 0,70
- — — de 0,25 de branche.. 1,25
- — simple à équerre avec gond à scellement, fixée :
- de 0,19 de branche.. 1,40
- p.150 - vue 161/174
-
-
-
- SERRURERIE.
- 151
- Paumelle, simple à équerre avec gond à scellement, fixée :
- — de 0,30 de branche.. 2,25
- — double à T ordinaire, avec gond à scellement, fixée :
- de 0,14 de hauteur de branche. o,95
- — — de 0,30 de hauteur de branche. 2,20
- Penture ordinaire, non compris gond à scellement, fixée :
- de 0,33 de largeur........... 0,85
- — — de. 0,80 de largeur............ 2,10
- Pivot à équerre ordinaire en congé de 0,16 de branche..... 1,20
- — — de 0,25 de branche..... 2,00
- Serrure d'armoire : de 0,07 de long........................ 2,50
- — de 0,11 de long........................ 4,00
- — à pêne dormant, demi-forte, à bouterolle de 0,14 de long. 4,00
- — — de 0,16 de long. 4,50
- — à tour et demi-demi forte, à bouterolle de 0,11 de long. 3,40
- — — de 0,16 de long. 4,25
- Serrure de sûreté à foliot, blanchie de 0,14 de long......... 8,00
- — — de0,16delong............... 9,00
- — à gorges, à 4 gorges clef bénarde :
- de 0,14 de large........ 7,50
- — _ de 0,16 de large............ 8,50
- Serrure estampillée : de sûreté dite poussée, à gorges mobiles,
- clef bénarde foliot de 0,14 de longueur.. 13,50
- — de 0,16 de longueur.. 14,00
- — clef forée de 0,14...................... 21,50
- — — de 0,16........................... 22,25
- Targette (à la pièce) en fer renforcé, picolet demi-rond :
- de 0,055 de largeur.... 0,85
- — — très forte, polie, de 0,055 de larg,. 1,80
- Verrou, à ressort en fer blanchi, conduit à pattes, de 0,018
- de large et 0,4 de long............... 1,60
- — à arrêt à vis, pêne de 0,032 sur 0,008 et 0,40 de long. 3,40
- — à tige demi-ronde, forte en fonte, de 0,032 de large
- et 0,40 de long....................... 3,10
- p.151 - vue 162/174
-
-
-
- 152
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- LIV. YII. PLOMBERIE ET FONTAIFïERIE.
- Les travaux de cette nature sont tout à fait spéciaux, et ne pourraient donner lieu à des remarques utiles sans une étude détaillée des pompes que nous ne pouvons faire ici. Nous nous contenterons d’indiquer ci-dessous, à titre de renseignements généraux, quelques prix qui pourront servir de base à l’établissement des devis approximatifs pour les travaux de ferblanterie et fontainerie.
- Les tuyaux de conduite d’eau forcée peuvent être faits en poterie, fonte, ou tôle bitumée : ce dernier genre convient surtout pour les fortes pressions quand le diamètre ne doit pas dépasser 0m,08. Ils sont enduits de bitume à l’intérieur comme à l’extérieur ce qui les préserve de l’oxydation.
- Les tuyaux de fonte à emboîtements et cordons de 0m,08 au moins de diamètre valent aujourd’hui 28 francs les 100 kilog., les diamètres plus petits, 30 fr.
- Le zinc neuf laminé vaut O1',76 le kilog. Le prix varie rapidement.
- Les tuyaux de plomb doublés d’étain, sans danger pour la santé valent de lf,32 à 0f,97 le kilog. suivant que leur épaisseur est comprise entre 2 1 /2 et 3 1 /2 millimètres.
- Un nœud de soudure pour tuyau de plomb revient à 0f,77 ou à 3f,80 suivant que le tuyau a un ou six centim. de diamètre.
- Un robinet en cuivre à tête ou à. deux eaux de 10 à 34 millimètres de diamètre intérieur vaut de 2 fr. à 12 fr.
- Les crochets pour gouttières de 0m,25 à 0m,325 de développement coûtent de 0f,20 à 0f,2o pièce.
- Les gouttières en zinc de même développement, de lf,40 à lf,50 le mètre linéaire.
- Les tuyaux en zinc, au mètre linéaire, avec colliers tous les 0m,81, coûtent, en 0m,08 de diamètre, lf,30; en 0m,ll : 1f,35.
- La pose des tuyaux de fonte en tranchées dans le sol jusqu’à 0m,80 de profondeur coûte de lf,80 à 2f,30 si les tuyaux sont 0m,06 à 0m,125 de diamètre.
- p.152 - vue 163/174
-
-
-
- PEINTURE ET VITRERIE.
- 153
- LIVRE VIII. PEINTURE ET VITRERIE.
- irc SECTION : MATÉRIAUX.
- CHAPITRE I. BUTS DE L’EMPLOI DE CES MATÉRIAUX.
- La peinture en bâtiment a surtout pour but de préserver de la pourriture, de l’oxydation ou de tout autre mode de destruction, les menuiseries, les ferrures et les enduits de plâtre. Un second but, l’ornementation, peut être atteint en même temps par un choix convenable des couleurs. Les principaux matériaux de peinture sont les couleurs en poudre, les huiles siccatives, les vernis, l’essence de térébenthine, etc.
- On vitre les fenêtres, certaines portes et les toitures afin de laisser pénétrer à l’intérieur la lumière nécessaire, sans être forcé de donner à l’intérieur accès à l’air.
- CHAPITRE II. COULEURS, HUILES, ETC.
- La matière colorante la plus usitée est la céruse ou blanc de plomb qui forme la base de nombreuses teintes. Cette couleur, comme le blanc de zinc qui la remplace avec avantage, les rouge et jaune d’ocre, le noir d’ivoire, le vert, etc., se trouvent à l’état de poudre dans le commerce : l’ouvrier n’a plus qu’à les mélanger à la proportion convenable d'huile de lin siccative et. d’essence de térébenthine au moment de les employer comme peinture à l’huile.
- La peinture en détrempe a pour base le blanc d'Espagne ou de Meudon ou de Troyes, délayé avec de la colle de peau de lapin ou autres déchets analogues ; elle est très employée pour les plafonds et les murs. Elle ne donne une apparence bien uniforme qu’autant qu’elle est, mise en deux ou trois couches.
- CHAPITRE III. VERRE A VITRES.
- § 1. Dimensions.
- Le verre à vitres ordinaire se vend par caisses renfermant
- 9.
- p.153 - vue 164/174
-
-
-
- 154
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- un certain nombres de feuilles ayant des dimensions constantes : leurs longueurs et largeurs, en centimètres, sont indiquées par les couples de nombres suivants :
- 69 — 54 ; 75 — 51; 81 — 48; 84 — 45; 90 — 42;
- 96—39; 102—36.
- L’architecte doit faire en sorte que chacune des vitres puisse être obtenue sans perte par la coupe, en deux, trois ou quatre, d’une de ces feuilles.
- Ainsi la feuille 102 — 36 donnerait deux vitres ordinaires de SI — 36 très convenables pour une fenêtre d’habitation à 6 carreaux.
- § 2. Qualités diverses.
- Les qualités des verres sont fort différentes : on les distingue en verre ordinaire demi-blanc, de 1er, 2e et 3e choix ; en verre blanc de 1er et 2e choix; en verre blanc dépoli, cannelé, mousseliné, orné de dessins; en verre de couleur : rouge, vert, jaune, bleuet violet. En verre blanc demi-double, double, triple; en glaces, etc.
- 2e SECTION : TRAVAUX SIMPLES.
- CHAPITRE I. TRAVAUX PRÉPARATOIRES.
- § 1. Buts et énumération.
- Ces travaux ont tous pour but de préparer la surface à peindre de telle façon que la peinture y adhère intimement sans qu’il soit besoin d’en étaler une forte épaisseur. Ces travaux sont l’époussetage, pour enlever la poussière des murs, des plafonds et des boiseries ; Y égrainage pour enlever les grains saillants sur plafonds et murs neufs, balcons, boiseries moulurées, etc. ; le lavage à l’eau, pour enlever la détrempe : le grattage de vieille détrempe, et le ponçage ; le lessivage avec eau seconde, savon vert, etc. ; le brûlage et grattage de vieilles peintures, le rebouchage des trous ou fentes au mastic etc. ; le ponçage à sec au papier de verre, à la pierre ponce, à l'eau etc., la fourniture de calicots, etc., de feuilles d’étain sur nœuds de sapin, etc.
- p.154 - vue 165/174
-
-
-
- PEINTURE ET VITRERIE.
- 155
- CHAPITRE IL TRAVAUX COMPLETS DE PEINTURE.
- § 1. Peintures en grandes couches.
- Pour peindre une large surface plane, ou à peu près plane, en bois, convenablement préparé, on étend une première couche dite d’impression, en rouge et blanc de céruse, broyés avec de 1,’huile de lin siccative ; on bouche alors les trous de clous, etc., on ponce et on donne une couche, en ayant soin de broyer ici non pas avec de l’huile pure mais en mettant un peu d’essence de thérébentine : la couche suivante contiendra des parties égales d’huile et d'essence, et la couleur, sera choisie pour approcher le plus possible de la teinte définitive, que l’on donne ensuite en une couche de peinture faite avec du blanc de céruse mêlé à la couleur donnant la teinte et broyée avec T/3 d’huile de lin et 2/3 d’essence.
- § 2. Travaux divers.
- Ces travaux consistent en mise en couleurs de barreaux, en exécution de plinthes, de bandeaux, de champs, etc., de moins de 0m,15 de large; en solins, moulures et rechampissages divers ; en peinture des errures, et autres; en exécution de filets, de parties ornementales, etc.
- CHAPITRE III. TENTURES.
- La préparation des murs pour recevoir les papiers et la pose de ces papiers rentre dans les travaux du peintre-vitrier.
- CHAPITRE IV. POSE DES CARREAUX.
- Cette pose ne présente aucune difficulté et ne peut guère donner lieu à des observations utiles. Le mètre carré de vitrerie» en verre ordinaire premier choix pour croisée, vaut 4L
- p.155 - vue 166/174
-
-
-
- 156
- CONSTRUCTIONS RURALES.
- Les dimensions des baies vitrées sont même dépendantes en partie des dimensions des feuilles de verre; et il est toujours bon de s’informer d’avance, auprès des fournisseurs, des véritables dimensions : Celles-ci sont indiquées en centimètres par des nombres couplés. Chaque feuille a, suivant ses dimensions de 42 à 47 décimètres carrés. La caisse contient 60 feuilles en verre simple ; 40 feuilles en verre demi-double et 30 seulement si c’est du verre double.
- La caisse vaut environ, en troisième choix 46 fr. en quatrième choix, 42 fr. Soit, en moyenne, au mètre carré, en troisième choix : tf,67, 2f,50 et3f,33 pour verre simple, demi-double ou double; et, en quatrième choix : lf,53, 2f,28 et 3f,04.
- Céruse n° 1, broyée, en boîtes métalliques de 20 kilog. 70 fr. les 100 kilog. De même, en boîtes : le minium de plomb n° 2; 62 fr. les couleurs ordinaires (bleu, clair ou foncé, marron, bois, ocres, verts). Huile de lin cuite 115 fr. les 100 kil. Le mastic de vitrier, 20 fr.
- 3e SECTION : TRAVAUX COMPOSÉS.
- L’ensemble des travaux de peinture, tenture et vitrerie d’un bâtiment et a fortiori d’une seule pièce d’habitation doit être faite dans un sentiment d’harmonie des couleurs et des dessins, qu’il est difficile d’indiquer d’une manière générale : c’est surtout une affaire de goût.
- PRIX DIVERS.
- OUVRAGES PRÉPARATOIRES : AU MÈTRE CARRÉ.
- Époussetage et nettoyage sur boiseries, murs ou plafond.... 0,02
- Égrainage : sur plafonds et murs neufs..................... 0,03
- favage à l’eau, à l’éponge et brosse ronde sur vieux plafonds
- et murs pour enlever la détrempe........................ 0,08
- Lavage : sur boiseries moulurées........................... 0,10
- Lessivage, à l’eau seconde coupée, de peintures ordinaires à
- conserver............................................... 0,08
- Brûlage au réchaud et grattage de vieilles peintures à refaire . 1,50
- p.156 - vue 167/174
-
-
-
- PEINTURE ET VITRERIE. 157
- Rebouchage : au mastic à l’huile ordinaire................. 0,13
- — avec blanc de céruse sur murs et boiseries......... 0,18
- Enduit à la colle sur parties unies..............i......... 0,50
- — — sur champs et panneaux de boiserie............ o,75
- — au blanc de céruse à l’huile, sur parties unies.... 1,00
- — — — — sur champs et panneaux de
- boiseries.............................................. 1,40
- OUVRAGES EN DÉTREMPE, AU MÈTRE CARRÉ.
- Badigeons, la chaux et à l’alun, deux couches compris égrainage. 0,12
- Encollage, une couche sur parties unies.................... 0,10
- Blanc de plafond : une couche.............................. 0,10
- — deux couches.......................... 0,18
- Détrempe mate soignée sur boiseries ou corniches en Ions ordinaires; une couche........................................ 0,18
- Détrempe mate : deux couches, dont une d’encollage......... 0,28
- OUVRAGES A LHUILE, AU MÈTRE CARRÉ.
- Huile bouillante : une couche............................... 0,42
- Impression sur murs et boiseries........................... 0,35
- — en minium.......................................... 0,42
- Peinture ordinaire : tons communs, une couche.............. 0,35
- — — deux couches.................. 0,64
- — plus value pour chaque couche où ilentre
- des couleurs fines.................. 0,10
- Peinture figurant du bois ou du marbre : vernie au vernis
- gras sur fond à l’huile : une couche..................... 2,20
- — deux couches.................... 2,50
- Peinture figurant un coutil de Rouen ou Bruxelles, sur fond
- à l’huile : une couche................................... 2,50
- Peinture figurant un coutil de Rouen ou Bruxelles : deux couches ..................................................... 2,80
- Mise en couleurs de carreaux ou parquets : frottés seulement..................................................... 0,10
- Mise en couleurs de carreaux ou parquets ; encaustiqués et
- frottés.................................................. 0,18
- Mise en couleur de carreaux ou parquets avec une couche de
- colle en plus........................................... 0,35
- Mise en couleur de carreaux ou parquets avec cette couche et une d’huile............................................... 0,65
- p.157 - vue 168/174
-
-
-
- 158 CONSTRUCTIONS RURALES.
- Mise en couleur de carreaux ou parquets au vernis siccatif
- brillant ordinaire : une couche....................... 0,50
- Mise en couleur de carreaux ou parquets au vernis siccatif brillant ordinaire : deux couches........................ 0,85
- TENTURE AU MÈTRE CARRÉ.
- Égrainage de murs avant collage......................... 0,03
- Papier gris fourni et collé............................. 0,19
- Papier peint mat ordinaire, sur carré pour collage...... ,0,31
- — uni (bois ou marbre) pour panneaux ou assises 0,18
- Bordure : mate et satinée : le mètre linéaire .......... 0,03
- VITRERIE.
- Verre ordinaire, blanc (2e choix) pour croisées : posée à neuf :
- Je mètre carré........................................ 5,00
- Verre ordinaire blanc, 2ft choix) pour croisées : pour entretien 5,75 f fis value pour emploi de verre douille................. 3,75
- p.158 - vue 169/174
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- DU TOME PREMIER.
- Pages.
- Aires........................ 45
- Ajustage du fer............... 144
- Alésage du fer................ 144
- Angle de soutènement naturel
- des terres............ 55, 64
- Appuis de fenêtres............. 87
- Arbalétriers................... 63
- — armés............. 108
- Arêtiers...................... 125
- Ardoises................. 13, 115
- — d’Angers......... 115, 116
- — de Fumay, de Suède.. 117
- — Pose, poids par mètre
- carré............... 120
- Argile corroyée. (Y. Corrois.) Assemblages de charpente.... 82
- — jumelés, moisés.. 81
- — de rencontre.. 80, 83
- Assemblage à clef............. 132
- — à fourche.......... 84
- — à mi-bois......... 132
- — à paume à deux
- repos............ 83
- — à plat joint...... 132
- — à rainure et lan-
- guette.......... 132
- — à tenon avec em-
- brèvement...... 84
- — à ténon et mortai-
- se.............. 83
- — à tenon passant et
- à clef.......... 85
- — , des bois de mem-
- brures......... 131
- — d’angle, de croise-
- ment, d’ente, de
- serrement.... 81,85
- — de buttée.......... 80
- — par double clef en
- queue d’hironde
- et coin.......... 85
- Barbacanes..................... 62
- Bardeaux....................... 45
- Batardeau..................... 50
- Pages.
- Béton (fabrication du).......... 37
- — de cailloux roulés... 13
- — de gros gravier, de meu-
- lière.................. 12
- Blanc d’Espagne, de Meudon ou
- de Troyes................... 153
- Blanchissage des bois de menuiserie .................. 131
- Bois. Leurs qualités pour la
- charpente.............. 72
- — blancs................... 76
- — durs dits de gros œuvre. 72
- — mous de gros œuvre.... 75
- — — de moyen œuvre.. 76
- — résineux................ 75
- — (assemblage des)........ 80
- — charges et pressions.... 87
- — (débit des).......... 79, 80
- — de menuiserie..... 127, 130
- — (petits) de fenêtre. 134
- Bouleau......................... 76
- Bousin.......................... 31
- Boutisses (moellons en)..... 32
- Briques............... 14, 15, 16
- Cailloux........................ 10
- Calcaires coquilliers, non co-
- quilliers, tendres............ 11
- (V. Pierres calcaires.)
- Carreaux (moellons en)...... 32
- — (pose des).............. 155
- Cèdre........................... 76
- Chanfrein....................... 85
- Chanlattes..................... 79
- Chaperon d’un mur............... 54
- Charge de rupture des pierres. 27
- Charpente, charpenterie..... 72
- Châtaignier..................... 73
- Chaux.................... 10, 17
- — caustique................ 17
- Chaux-ciment................... 18
- — éteinte............ 18,21
- — grasse, maigre....... 17, 18
- — hydraulique.......... 18, 19
- Chêne pour charpente............ 72
- p.159 - vue 170/174
-
-
-
- ICO
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Pages.
- Chéneau....................... 122
- Chevêtre........................ 89
- Chevrons................... 79, 93
- Chon.......................... 128
- Cimblot......................... 43
- Ciments divers.................. 19
- Cintres....................... 109
- Clef de voûte................... 38
- Cloisons................... 68, 69
- — (carreaux de plâtre ou
- briques pour)..... 43
- Clous pour couvertures...... H8
- Combles................... 93, 110
- — résistance suivant l’in-
- clinaison .......... 111
- Contrefiches.................. 103
- Cordons d’un mur............... 67
- Corne d’un bâtiment............ 33
- Corrois....................._• 7
- Corroyage des bois de menuiserie ................... 131
- Couchis................... 43, 122
- Couleurs...................... 133
- — leur prix............. 136
- Coupage du fer................ 143
- Couvertures................... 110
- Crépi.......................... 43
- Cueillies.................. 125
- Cyprès...................... 76
- Damage des terres............... 6
- Déblais’....................... 2
- Décharges...................... 87
- Digue d’étang (établissement
- d’une)....................... 9
- Dosse ou dosseau.......... 79, 128
- Doublcttes.................... 129
- Doublis...................... 123
- Douelle........................ 38
- Echantillon................... 127
- Egout des toits..... 119, 122, 123
- Embarrure..................... 124
- Enduits........................ 45
- Entrait........................ 93
- — retroussé................. 98
- Entrevous..................... 127
- Enture, à trait de Jupiter avec
- clef de serrage............. 85
- Epicéa......................._ 13
- Equarrissage............... 77, 79
- Essences forestières employées
- en charpente................ 12
- Essence de térébenthine..... 153
- Erables........................ 14
- Etampage du fer............... 143
- Eirésillons..................... 3
- Etrier........................ 105
- Extrados....................... 38
- Faîtage....................... 124
- Faîtières.... <............... 124
- Faux-chevêlres................. 90
- Fayard. (V. Hêtre.)
- Pages.
- Fenêtres.................. 134
- Fer. Fers divers de serrurerie. 138
- — charges qu’ils peuvent
- supporter.......... 140
- — travail des fers.... 141,143
- — Prix des fers......... 147
- Fermes de combles (théorie
- des).....................• 93
- Fermes de combles (pratique
- des)................. 103
- — ardant, équarrissage
- des pièces....... 102, 103
- Feuillure....................... 85
- Filetage....................... 144
- Filets......................... 125
- Flèche d’une voûte.............. 38
- Foisonnement des terres.... 4
- Fondation de murs en terre
- franche. *........... 8
- — (cube et prix de revient)..................... 8
- Fondation (murs de). (V.Murs.)
- Fontainerie.................... 152
- Fontes de serrurerie........... 139
- — (prix des)............. 148
- Forgeage ....'................. 141
- Fouilles......................... 2
- Frise. (V.Parquets.)
- Frêne commun.................... 73
- Fruit d’un mur.................. 52
- Gabarits........................ 26
- Galandages...................... 45
- Gazonnement des talus...... 7
- Glissement des terres........... 56
- Gneiss.......................... 12
- Gouttière...................... 122
- Granits......................... 12
- Grès............................ 12
- Guette.......................... 87
- Gypse........................... 11
- Hêtre pour charpente............ 74
- — menuiserie..... 127
- Hourdis d’un plancher........... 92
- Huile de lin................... 153
- — prix .............. 156
- Intrados........................ 38
- Jambettes...................... 105
- Jets............................. 2
- Jet d’eau de fenêtre........... 135
- Jointoiement.................... 44
- Lambourde....................... 87
- Larix. ( V. Mélèze.)
- Larmier......................... 54
- Lattes..................... 79, 118
- Laves........................... 12
- Lézarde d’un mur................ 33
- Linteaux de portes ou de fenêtres........................... 87
- Mac-Adam........................ 12
- Maçonnerie...................... 10
- Mastic (prix du)............... 156
- p.160 - vue 171/174
-
-
-
- DU TOME PREMIER.
- 161
- Pages.
- Mélèze....................... 15
- Membrures..................... 129
- Menuiserie............... 127, 130
- Meulières...................... 12
- Moellons................. 10, 31
- Mortier........................ 22
- — composition de divers
- mortiers........ 20, 21, 25
- Mûrier......................... 74
- Murs de bâtiments........ 65, 60
- — de clôture............. 51, 53
- — de revêtement........... 62
- — de soutènement.. 55, 58, 64
- — mixtes ou de revêtement
- et de soutènement.... 63
- — en béton............... 36
- — en briques............ 34
- — en moellons bruts.... 32
- — en pierres de taille. 34
- — en pisé................ 37
- — exécution des murs:.... 26
- — fondations.............. 46
- — ordonnancement des
- murs.................. 67
- Nivellements.................... 6
- Noue........................ 126
- Noyer......................... 74
- Orme........................... 73
- Pan de bois.................... 86
- Pannes......................... 93
- Papiers pour couvertures..... 122
- Parements,..................... 26
- Parpaing....................... 32
- Parquets................. 135, 136
- Peinture..................... 133
- Pentes pour divers matériaux
- de couvertures et selon les
- climats................... 110
- Perçage du fer................ 144
- Persiennes.................... 134
- Peupliers...................... 76
- Pieds-droits d’une voûte..... 38
- Pierrailles.................... 10
- Pierres........... 10, U, 13, 17
- — tailles des pierres.. 25
- — charges et pressions que
- peuvent supporter les différentes pierres naturelles ou artificielles.................. 27
- —- d’angle d’un mur.... 33
- Pilonnage. (Y. Damage.)
- Pilotis........................ 47
- Pin sylvestre.................. 75
- Plafonds................. 45, 70
- Planchers.........•,•••• 69, 70,89
- — poids, écartement . des solives selon
- les équarrissages. 92
- — en fer, leur résistan-
- ce ........... 145
- Pages.
- Planches diverses... 127, 128, 135
- Platane........................ 74
- Plâtre..................... 11, 21
- - (dosage, gâchage et mélange du)................... 24
- Plomberie..................... 152
- Poinçon....................... 105
- Porphyres...................... 12
- Portes à cadres, à emboîtement, à traverses et écharpe ..................... 132, 133
- Poteaux corniers, d’huisserie,
- de rem plage............ 80, 87
- Potelets.................... • • • 87
- Poussée des terres............. 55
- Poutres armées.......... 107, 108
- Pouzzolane artificielle, naturelle....»..................... 10
- Pureau......................... UO
- Quartelot..................... 130
- Quincaillerie. Prix des objets servant dans la construction......................... 148
- Rebut......................... 128
- Régalage au remblai............. 5
- Rejointoiement................. 44
- Remblais........................ 5
- Retroussis.................... 123
- Rives......................... 125
- Robinier....................... 74
- Roches calcaires, quartzeuses,
- silicatées..................... 10
- Rueliée....................... 125
- Sables..................... 20, 21
- Sablière....................... 86
- Sapin pour charpente....... 75
- — pour menuiserie........... 128
- Schistes....................... 13
- Sciages de chêne, de hêtre, de
- Serrurerie.................... 138
- Silex.......................... 42
- Silicatisation des pierres. 17
- Solins........................ 125
- Solives....................... 87
- Soliveaux...................... 90
- Soubassements des murs..... 07
- Soudage du fer................ 143
- Talus......................... 3
- Taraudage..................... 144
- Tassage des terres.............. q
- Tasseaux pour couvertures eu
- zinc........................ ng
- Tentures................ 155 158
- Terrassements................... \
- Tirants en fer............ 101,107
- Tournage du fer............... 444
- Tranchée avec élrésillons .... 3
- Transports................. 4, g
- I Tringles ................... jgg
- Tuiles........................ 111
- p.161 - vue 172/174
-
-
-
- 162
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Tuiles diverses fabrications.
- Lit à 114, lit), 120
- 'Verge.......................... 13'J
- Voire à vil res....... 153, lai, 150
- Vis (le suspension d’un poinçon..........................'... 105
- Pages.
- Vitrerie................... 153, 158
- Volets.......................... 134
- Voligcs.......................... 118
- Voussoirs.......................... 38
- Voûtes............................. 38
- Zinc pour couver!lires."... 117, 122
- FIV DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- p.162 - vue 173/174
-
-
-
- p.163 - vue 174/174
-
-