Nouveau manuel complet d'architecture ou traité de l'art de bâtir : comprenant les principes généraux de cet art [...]
-
-
- p.n.n. - vue 1/329
-
-
-
- NOUVEAU MANUEL COMPLET
- BJ ARCHITECTURE.
- TOME PREMIER.
- p.n.n. - vue 2/329
-
-
-
- ©BYRAGES
- ÇU’I SK TROUVENT CHEZ LE MÊME LIBRAIRE.
- Manuel bs toiseur es batimkns, ou Traité complet dt l’Art de toiser tous les ouvrages de bâtimens, mis a la portée de tout le monde; ouvrage indispensable aux architectes, ingénieurs, experts, vérificateurs, propriétaires, etc. ; à l’usage des personnes qui s’occupent de la construction ou qui font bâtir; par M. Lebossu. Deux volumes ornés de planches. 5 fr.
- — Du chaufournier , contenant l’Art de calciner la pierre à chaux et à plâtre, de composer toutes aortes de mortiers ordinaires et hydrauliques, cimens, pouzzolanes artificielles, bétons, mastics, briques crues, pierres et stucs, ou marbres factices propres aux constructions ; par M. Biston. Un gros vol. 3 fr.
- — De CHAREiiNTiER, ou Traité complet et simplifié de cet Art ; par MM*. Hanus et Biston ( Valentin;),,. Nouvelle édition. Un vol, orné de 12 planchas. 3 fr. 5o c. ^
- --- Dt MENUISIER EN MEUBLES ET EN BATIMENS, de l’Art
- de l'ébéniste, contenant tous les détails utiles sur la nature des bois indigènes et exotiques, la manière de les teindre, de les travailler, d’en faire toutes espèces d’ouvrages et de meubles , de les polir et vernir, d’exécuter toutes sortes de placages et de marqueteries ; par M. Nosban, menuisier-ébéniste. Nouvelle édition. Deux vol. ornés de planches. 6 fr.
- — Du serrurier, ou Traité complet et simplifié de cet Art, d’après les notes fournies par plusieurs Serruriers distingués de la capitale, et rédigé par M. la comte de Granpré. Un vol. orné de planches. 3 fr.
- --- Du PEINTRE EN BATIMENS, DU DOREUR ET DD vERNïs-
- sr.* K , ouvrage utile tant à ceux qui exercent ces arts qu’aux fabricans de couleurs, et à toutes les personnes qui voudront décorer elles-mêmes leurs habitations, leurs appar-temens, etc. ; par M. Vergnaud. Nouvelle édition, revue et augmentée. Un val, 2 fr. 5o c*
- p.n.n. - vue 3/329
-
-
-
- At* m-i
- NOUVEAU MANUEL
- COMPLET
- ARCHITECTURE
- ou
- TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
- COMPRENANT
- Les Principes généraux de cet art, la Géométrie appliquée, l’Analyse des Matériaux employés dans la Construction, les Lois des Bàtimens, les Prix courans des Travaux, etc., «te., etc.
- PAR M. TOUSSAINT,
- OUVRAGE ORNÉ DE PLANCHES.
- NOUVELLE EDITION
- REVUE , CORRIGÉE ET AUGMENTEE.
- TOME PREMIER* S ~
- '£/ ^V' - '
- //
- PARIS.
- L :Ii A LIBRAIRIE ENCYCLOPÉMQUE^^Ojtft
- *»» RABTEFEWtLE, AU 60IN BE CELLE RB BATTOIR.
- mr.
- /fi
- Page de titre n.n. - vue 4/329
-
-
-
- *
- V o
- jiï.rS -'.O i.’t.e.l .“ ! .' •. _ -"* 1'
- ïri.',rr-;• :•
- . •) :.• ••. ;r> :.! . . ahS : i
- ; ; •' ; V- • . Vi 'i
- />•;>-i. .y . ;s.t . , i i , -' .. '' - ; i
- . : V\.
- n :
- îv
- . > *
- * : /-n/r -
- i
- >ü- :’ iv>H» .-i
- • 7.,r
- ” - : i') i* ' * ’ ’ i:.;
- f
- p.n.n. - vue 5/329
-
-
-
- IMTROBUCTÏ0H.
- Dire que l'architecture est, après l'agriculture, le premier et le plus utile des arts, ce serait répéter une Vérité triviale : chercher à tracer son origine, sa marche ses progrès, non-seulement ce serait redire ce qui a ete écrit avant nous, mais ce serait aussi nous éloigner du but de ceîouvrage. La collection encyclopédique des Manuels étant essentiellement élémentaire, toute dis— *eriation sciencifique doit en être repoussée : nous ne devons donc pas oublier quele Manuel d’Architecture destiné aux personnes qui, ayant du goût et des dépositions pour l’une des nombreuses professions qui contribuent à l’érection des bâtimens particuliers et des édifices publics, ainsi qu’aux proprietaires, les uns et es autres doivent y trouver particulièrement des no-bons positives qui les mettent à même de diriger et de surveiller les ouvriers ; ainsi, dépouillant toute préten-b°n à la science, nous excluons de ce petit traité tous es termes scientifiques qui pourraient ne pas être commis ; et lorsque, faute d’équivalent dans le langage 0rdinaire, nous serons forcé d’y avoir recours, on en trouvera la définition au vocabulaire qui se trouves la du deuxième volume.
- C’est presque toujours de l’ignorance où l’on est de Ces premiers élémens, que résultent les erreurs en destruction, si communes depuis quelque temps, les ^prévoyances, la fausse évaluation des dépenses ; les
- p.r5 - vue 6/329
-
-
-
- Vi INTRODUCTION,
- étaiemens de bâtimens à peine achevés, (es procès in-' terminables et quelquefois la ruine des personnes qui se livrent à des artistes ou à des entrepreneurs sans expérience , lesquels ne possédant pas les connaissances-pratiques de leur profession , compromettent à chaque instant les intérêts qui leur sont si imprudemment con* fiés. Quant aux propriétaires , cet ouvrage leur sera utile, en ce que, sans avoir sondé toutes les profondeurs de l’art, ils pourront, en le consultant, diriger avec succès les ouvriers qu’ils paient journellement dans leurs châteaux, ou à leurs fermes, à utiliser les matériaux qui seraient perdus; à éviter beaucoup d’erreurs et de double emploi, et même dans certains cas, â composer eux-mêmes les plans et l’ensemble de bâtimens de peu d’importance, au moyen des proportions des ordres et des différentes parties des édifices que nous indiquons.
- Il est très-important pour tous les propriétaires et les entrepreneurs de bien connaître la législation qui régit cette matière , autrement ils seraient continuellement en contradiction avec les lois et les ordonnances , et auraient à soutenir à tout moment des luttes, ou contre l’autorité, ou contre des voisins qui auraient à faire respecter leurs droits; c’est pourquoi nous avons analysé succinctement toutes les dispositions légales, au moyen desquelles, puisqu’on se renfermera dans la limite des lois et des droits respectifs de chacun, on n’aura à craindre ni contestations, ni procès.
- Nous avons donné, delà géométrie-pratique, tout ce qui est nécessaire dans les usages habituels pour faciliter le toisé des ouvrages de bâtimens, soit en mesures linéaires , soit en mesures superficielles ou cubiques : tous les problèmes que nous offrons peuvent s’appliquer à quelques parties du mesurage, et nous en ayons pré-
- p.r6 - vue 7/329
-
-
-
- INTRODUCTION. xij
- sente quelques exemples qui rendront les autres appli— cations faciles.
- ( Un petit traité des poussées et des résistances devenait necessaire pour les personnes qui, voulant construire dans certaines localités, craindraient de faire des constructions trop faibles qui compromettraient la solidité, 0u d’employer mal à propos beaucoup de matériaux , quelquefois très-dispendieux; avec les élémens que nous présentons, on saura quelles proportions devront être adoptées dans les circonstances les plus essentielles.
- L’éditeur de la Collection encyclopédique des sciences et des arts se proposant de publier des manuels spcciaux pour chacune des branches principales de l’art de bâtir, nous nous sommes renfermé ici dans les principes généraux ; les entrepreneurs y joindront le Manuel spécial de leur profession.
- Désirant nous faire entendre particulièrement des habitans des provinces éloignées de la capitale, qui ne s°nt pas familiers avec les mesures métriques, nous üous sommes exprimés en toises, pieds et pouces, qui sont encore d’un usage plus général, malgré la simplicité des nouvelles dimensions,bien persuadé, d’ailleurs, que ce ne sera pas un obstacle pour les personnes instruites qui traduisent ces anciennes mesures en nouilles avec beaucoup de facilité ; ou pourra consulter, au surplus , pour les réductions, le Manuel des poids ei mesures.
- Nous avons ajouté une série des prix courans des travaux de toute nature, que l’on exécute le plus sou-int, tant dans la capitale que dans les départemens. ^ous devons faire observer cependant que ces prix sont ®?uvcnt susceptibles d’être modifiés en raison des locales , des difficultés et de la perfection du travail, et
- p.r7 - vue 8/329
-
-
-
- Vu] INTRODUCTION.
- des variations dans les prix des matières premières et
- des journées d’ouvriers.
- Enfin , un vocabulaire des termes les plus généraux et les plus usités dans les bâtimens, terminera ce petit traité.
- Tel est lebut bien expliqué du Manuel d*Archilec1 ture, ou Traité élémentaire de V art'de bâtir , nous présentons au public avec le désir d'être utile.
- p.r8 - vue 9/329
-
-
-
- MANUEL
- D’AIICHITECITÜRE
- ou
- TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
- CHAFreftS PROIIER.
- BUT ET MOYENS DE R ARCHITECTURE.
- , 1. Le but primitif de l’architecture est la conservation des individus et le bonheur de la société ; en d’autres termes,
- * utilité publique et particulière : l’homme isolé ne pensa ? ahord qu’à se défendre contre l’intempérie des saisons et les attaques des bêtes féroces ; et cette double nécessité lui SuSgéra l’idée première de la cabane, qui, selon quelques tuteurs, a servi de type aux ordres d’architecture.
- Quoi qu’il en soit de cette opinion, combattue avec rai-son par les auteurs modernes qui ont abandonné le champ chimères,-les hommes', d’abord sauvages, se réunissant société, et formant peu à peu des corps de nations sous *a conduite de chefs sages ou audacieux, se créèrent différens styles d’architecture pour élever et embellir leurs cités nouilles. De là, dès les temps le plus reculés, l’imposante architecture égyptienne, et l’élégante architecture assyrienne ; hans les temps héroïques, l’admirable et simple architecture grecque, adoptée plus tard par les Romains, qui y ont en-Core ajouté en grandeur et en magnificence ; enfin, dans le Jh°yen âge, l’architecture mauresque et gothique : de ces dif-erentes créations qui ont toutes un caractère distinctif et Particulier, il n’est resté comme classique que les ordres grecs V" romains ; les autres types ne sont mis en usage que pour es objets de caprice, et ne sont employés généralement que ^hs le rapport de la décoration.
- Se prémunir contre les variations atmosphériques du chiRat que nous habitons ; satisfaire aux besoins divers ués
- X
- p.1 - vue 10/329
-
-
-
- 2 MANUEL
- de nas mœurs, de nos usages, de nos institutions, quelquefois encore de notre position sociale ; tel est le but que se propose l’architecture. Elle a trois moyens principaux pour y parvenir; savoir : la solidité, la disposition, et la décoration.
- 4. Solidité. —• Dans ce moyen sont comptées la sûreté et l’économie : un édifice sera solide s’il est bien fondé ; si les matériaux que l’on y emploie sont de bonne qualité ; s’ils sont placés où ils doivent l’être, si les points d’appui sont convenablement distribués, de manière à diviser le fardeau en parties presque égales, si les résistances suffisent aux poussées; si enfin il n’y a point de porte-à-faux. La durée, la sûreté et Véconomie sont les résultats nécessaires des principes de solidité bien compris.
- 5. Disposition. — Dans la disposition, nous comprenons la distribution, la commodité, la convenance et la salubrité. La distribution est l’art de diviser avec ordre et symétrie toutes les parties d’un édifice public ou particulier ; il y a commodité, si, pour une maison particulière , toutes les pièces des appartenions sont de grandeur convenable, si elles sont placées commodément, si elles ont les dégagemenS nécessaires; il y a convenance, si ces appartemens sont décorés en raison de la fortune et de la position sociale du propriétaire, et si les accessoires annoncent dignement la localité; enfin, il y a salubrité, si l’édifice est placé dans un lieu sain, si l’aire des appartemens est garanti de l’humidité, si les différentes ouvertures sont disposées de manière à se défendre des grandes chaleurs et des grands froids, etc.
- 6. Décoration. —La décoration consiste dans la symétrie et la régularité. U faut que toutes les portes et les croisées soient percées de nivau et d’aplomb ; que les frises et entablement forment de grandes lignes sans ressauts ; que les pilastres, colonnes, chambranles et autres décorations qui ornent un côté du bâtiment, se répètent également du côté opposé ; que ce soit toujours une ouverture qui forme le milieu du bâtiment, et jamais un trumeau ou une partie pleine quelconque. Quant aux décorations intérieures, ce n’est que l’application des arts du dessin et de la sculpture sans principes fixes. La décoration est toute de goût et de tradition. Son objet est d'imprimer à l’édifice et à chacune de ses parties le caractère qui lui convient. Ainsi cet objet e$t entièrement du domaine de l’arlisle, dans lequel on re-
- p.2 - vue 11/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 3
- connaîtra le goût et les talens, par la disposition symétrique •les masses, et par le choix et la pureté des détails : nous b av°ns pas besoin de faire observer que la simplicité est la base première de toute bonne décoration , non pas cette simplicité qui exclurait les ornemens là où ils sont nécessaires, fiiass celle qui consiste à en faire un choix heureux, à les aPPhquer sans profusion, et à les disposer de telle sorte 4U elle forme souvent des lignes continues qui ne fatiguent Point l’œil.
- ’U « L’utilité, dit Vit rme, veut que l’on dispose l’édifice si “propos, que rien n’empêche son usage, en sorte que cha-fitte chose soit mise en son lieu, et qu’elle ait tout ce qui lui est propre et nécessaire. Et enfin la beauté, pour être accomplie, demande que sa forme soit agréable et élégante par la piste proportion de toutes ses parties. (Vit., liv. 1.) Pour bien ordonner un édifice, il faut avoir égard à sa proportion fiu* est une chose que les architectes doivent surtout observe exactement. Or, la proportion dépend du rapport que les ficecs appellent analogie. »
- 8. Ce rapport est la convenance de mesure qui se trouve entre une certaine partie des membres et le reste de tout le CorPs de l’ouvrage, par laquelle toutes les proportions sont bolées, car jamais un bâtiment ne sera bien composé, s’il b a cette proportion et ce rapport, et si toutes ses parties ne “ant, à l’égard les unes des autres, ce que celle du corps j. Ul^homme bien formé sont, étant comparés ensemble, (id.
- 9- Tous les auteurs sont d’accord sur le principe primitif " utilité, abstraction faîte des moyens accessoires qu’emploie 1 Architecture pour satisfaire le goût,et charmer lesyeux.Après “v°ir fait très-judicieusement remarquer que les Grecs n’at-lachaienl aucune importance à la décoration architectonique botU toutes les formes et les proportions émanent directement besoin, Durand (leçons d’arch. ), s’exprime ainsi : « Soit l’on consulte sa raison, soit que l’on examine les monu-b^os, il est évident que plaire n’a jamais pu être le but de * Architecture, ni la décoration architectonique être son objet. . utilité publique et particulière ; le bonheur et la conservait01! des individus et de la société ; tel est le but de l’archi-'ecture. Qu’on lui donne ou qu’on lui refuse le nom d’art, ule ne méritera pas moins que l’on s’en occupe, qu’on re~
- p.3 - vue 12/329
-
-
-
- 4 MANUEL
- cherche par quels moyens elle peut arriver à son but, et c’est ce que nous allons faire. »
- 10. « Pour peu que nous y fassions attention, nous reconnaîtrons que dans tous les temps et dans tous les lieux, toutes les pensées de l’homme et toutes ses actions ont eu pour origine ces deux principes, l’amour du bien-être et l’aversion pour toute espèce de peine. C’est pourquoi les hommes, soit lorsque isolés, ils se construisirent des demeures particulières, soit lorsque réunis en société, ils élevèrent des édifices publics, dûrent chercher i°à tirer des édifices qu’ils construisaient, le plus grand avantage, et par conséquent à les faire de la manière la plus convenable à leur destination ;
- à les bâtir de la manière la moins pénible dans l’origine, et la moins dispendieuse par la suite, lorsque l’argent fut devenu le prix du travail.
- g 1er, principes pour la composition d’un bâtiment.
- 11. Nous avons vu plus haut que l’architecte devait s’attacher à donner à un édifice le caractère qui convient à sa destination. C’est ici le fruit des longues études, du goût et du discernement de l’artiste , chaque localité présentant des obstacles à vaincre, de nouvelles dispositions à rechercher, tin maximum de dépenses à ne pas dépasser , et mille autres considérations qui naissent, soit des circonstances, soit de l’opulence, et même du caprice des propriétaires : néanmoins, quelques principes généraux sont nécessaires pour diriger l’homme de goût, qui, sans être architecte, veut être fixé sur les données principales d’un bâtiment.
- 12. Pour que les formes et les proportions que l’on donne h un édifice soient convenables, i! faut d’abord interroger la nature même et la destination de cet édifice; l’architecte applique à cette composition les principes qu’il a puisés dans l’étude des nombreux monumens antiques, en choisissant et modifiant en raison des besoins, et des matériaux qui sont à sa disposition, les modèles qui lui paraissent le plus propre à satisfaire le goût et la raison.
- 13. Les types de tontes ces proportions sont de cinq ordres d’architecture, tels que les Grecs et après eux les Romains, les ont transmis aux peuples modernes. Le mot Ordre, en architecture, ne signifie autre chose que l’arrangement et le rapport de diverses parties relatives qui sont tellement coin-
- p.4 - vue 13/329
-
-
-
- ÎTAiæîïTTECTURE. 5
- binées et proportionnées les unes avec les autres, qu’elles forment ensemble un tout dont l’harmonie ne saurait être dé-rangé impunément. Ainsi un ordre qui se compose d’un P'edestal, d’une colonne et d’un entablement, dont chaque membre est calculé sur des règles idéales, sans doute, mais ondé sur une beauté de formes relatives, sert de guide pour Çutle reste d’un bâtiment, parce que cet ordre est le prin-®!Pal, et que tout ce qui l’entoure doit être subordonné à cette disposition primitive.
- ^4. Le piédestal se divise en trois parties, savoir : la base composée de diverses moulures, le fût ou dé, et la corniche :
- colonne aussi en trois parties, la base, le fût et le chapi-teau ; chaque ordre a ses propriétés et ses moulures, qui lui s°nt particuliers, ainsi qu’on le voit à la planche première ;
- enfin l’entablement se subdivise en architrave, qui pose tmmédiatement sur les colonnes, la frise au-dessus qui est Une partie lisse, ou recevant des ornemens et des inscriptions, et d une corniche couronnant le tout.
- dS. Les ordres soit simples, soit enrichis d’ornemens, peu-Vent être employés non seulement à la totalité d’un édifice , lnais seulement aux parties principales; iis contribuent beaucoup à sa décoration et à sa beauté , lorsqu’ils sont employés Sâns parcimonie et sans profusion , et qu’ils sont adaptés convenablement au genre et à la destination du bâtiment fiue l’on élève ; car tel doit offrir un caractère grave et sé-yei'e , et tel autre doit présenter un aspect aimable et riant, "aus le premier, les ordres grecs sans ornement seront bien P*acés; mais pour le second, il conviendra de faire l’emploi des ordres romains dont les proportions sont plus sveltes, et les foulures plus délicates ; ainsi lorsque les ordres d’architec-lure ont un rapport intime avec la nature de l’édifice, et on n’y a employé que les accessoires et les ornemens convenables, il en résulte un ensemble remarquable et une harmonie générale qui entraîne le suffrage de tout le monde, et même de ceux qui n’ont aucune notion des principes et hes procédés de l’architecture. Il plaît â tous, quoiqu’on ne Puisse se rendre compte de ia satisfaction qu’on éprouve à examen qu’on en fait.
- , 16. Les ordres toscan et dorique grec ( Voy. pl. Ire) ® ant plus massifs que les autres, paraissent propres à soute;-lr un plus grand poids ; aussi doivent-ils être employés de pr A-erençç dau$ les édifiées publics de médiocre importance. Le
- p.5 - vue 14/329
-
-
-
- 6 MANUEL
- dorique romain', 'qui tient le milieu entre ceux-ci et les ordres plus élégans, et qui est riche seulement de sestrigliphes et de ses admirables proportions, peut être adopté soit aux édifices qui réclament un aspect imposant, soit auxbàtimens particuliers; car c’est celui qui se prête le plus k toutes les combinaisons et aux modifications qui peuvent le rendre plus ou moins riche et sévère, en raison de ses métopes nues ou sculptées, de l’emploi ou de la suppression de ses tri— gliphes, de la canaelière de ses colonnes, des modillons carrés dont on peut orner son entablement, enfin, de l’é-cbelle sur laquelle il peut être élevé. L’ordre ionique, si élégant dans ses formes et dans toutes ses parties, dans son chapiteau gracieux, doit plus généralement être adopté dans les salies et galeries intérieures, de réunion et de fêtes ; enfin le corinthien si noble, si beau, et chargé d’une multitude de sculpture, ne doit figurer que dans les temples, dans les palais, et dans les édifices du premier ordre.
- 17. Du reste, c’est au goût et au discernement de l’architecte k lui dicter quand et comment il doit employer tout ou parties des ordres, c’est aux dispositions plus ou moins heureuses des édifices qu’il construit, que l’on peut reconnaître son talent et son génie.
- 18. Pour que nos lecteurs fassent une application utile de ces principes et de tous ceux contenus dans ce Manuel d'architecture , nous avons composé les plans, coupe et élévations d’un château avec ses accessoires (voir planches II, III et IY), et nous avons rapporté à cette composition les exemples que nous donnons, afin de les rendre, pour ainsi dire, palpables.
- § xii. Proportions des cinq Ordres en général.
- 19. Les ordres et leurs accessoires s’érigent tantôt sur une très-grande [échelle, comme pour les monumens publics, tantôt sur de plus petites proportions ; on se sert d’une mesure régulatrice adoptée seulement aux ordres eux-mêmes, laquelle n’a aucun rapport de dimension avec les mesures fixes et connues, telles que toises, pieds, pouces, mètres, etc. î cette mesure s’appelle module. Le module n’est autre chose que le demi-diamètre de la colonne de l’ordre que l’on emploie, pris k sa partie inférieure ; ainsi si cctto colonne a cin<j pieds de diamètre, le module sera de deux pieds six pouces! gi elle n’a .que dix pouçeg f le module sera de cinq pouces.
- p.6 - vue 15/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. T
- 20. Ce module se subdivise en douze parties on minutes Pour les ordres toscan et dorique, et en dix-huit parties pour tes ordres dorique et corinthien : c’est au moyen de ces subdivisions que l’on détermine les hauteurs et les saillies de ^oque moulure; ainsi qu’on le voit dans la planche Ir0.
- 21. Les auteurs anciens, tels que Palladio, Scamozzi et y9nole, ne sont point d’accord sur les proportions générales des ordres, qu’ils variaient eux-mêmes en raison de l’emploi T11 ils en faisaient. Néanmoins celles indiquées par le dernier dQt prévalu ( i ). Ainsi on donnera toujours aux colonnes de perdre toscan sept diamètres ; à celle de l’ordre dorique huit diamètres, proportions du dorique romain du théâtre de Marcus , considéré comme le plus parfait delà Rome antique ; à 1 ordre ionique, neuf diamètres, et au corinthien dix diamè-tres- Quant à l’ordre composite, comme il rentre dans les Proportions, et qu’il est pioins pur dans ses détails que le co-nnthien, il n’est presque plus en usage.
- Des Colonnes.
- . 22. Les colonnes sont les plus belles et les plus nobles par-Ues d’un édifice : aussi les anciens, et notammontlesRomains, jes ont-ils multipliées avec une magnificence extraordinaire ; leurs temples, leurs thermes, leurs théâtres et amphithéâtres, oi leurs maisons particulières en sont-ils ornés quelquefois jusqu’à la profusion.
- 23. Toutes les colonnes diminuent d’un sixième de leur
- (0 Palladio donne à la colonne de l’ordre
- toscan..............................
- A l’ordre dorique.....................
- A l’ordre ionique.....................
- -A l’ordre corinthien.................
- A l’ordre composite...................
- Scamozzi assigne à l’ordre toscan,........
- A l’ordre dorique.....................
- A l’ordre ionique.....................
- A l’ordre corinthien..................
- A l’ordre composite...................
- Vignole fixe la hauteur de la colonne d’ordre toscan à..............................
- De l’ordre dorique à..................
- De l’ordre ionique à...............
- Et des ordres corinthien et eomposite à................................
- 7 ou i +
- 8 16
- 9 '*8
- 9 J/2 J9 10 20
- 7 1/2 i5
- 8 16
- 8 3/4 17 1/2
- 10 20
- g 5/4 191/2
- i4
- 16
- 18
- 10
- 20
- p.7 - vue 16/329
-
-
-
- 8 MANUEL
- diamètre (')• Cette diminution peut commencer en ligne droite, depuis la base jusqu’à l’astragale du chapiteau. Quelquefois elle ne commence qu’à la hauteur du tiers du fût ; et enfin quelques architectes modernes ont renflé la colonne à cette même hauteur, ce qui n’est plus usité dans aucun cas, parce qu’alors la colonne a l’air de s’écraser sous le poids qu’elle supporte; ce qui est essentiellement contraire aux règles de la stabilité, qui exigent que non seulement une construction soit solide, mais aussi qu’elle en conserve l'apparence. Les chapiteaux des ordres toscan et dorique ont un demi-diamètre ou un module de hauteur ; celui de l’ordre ionique , les trois quarts du diamètre, ou un module et demi; ceux des deux ordres corinthien et composite , deux modules un tiers. Dans ces dimensions l’astragale n’est jamais comprise, et fait partie du fût.
- 24. Les bases de tous les ordres indistinctement ont un demi-diamètre ou un module de hauteur.
- g ni. Des Entre-colonnemens.
- 25. Les espacemens des colonnes entre elles sont en raison de leur hauteur; plus elles sont massives, plus cet espacement peut être considérable ; plus, au contraire , elles sont élégantes et sveltes, plus elles doivent être serrées. Ainsi I’en-tre-colonnement toscan est fixé à huit modules ou quatre diamètres d’axe en axe des colonnes, ce qui laisse trois diamètres de vide entre chacune d’elles. Pour l’ordre dorique, sept modules et demid’axeenaxe, ce qui ne laisse que deux diamètres tr ois quarts dévidé. Pour l’ordre ionique, sept modules, d’axe e n axe, ou deux diamètres et demi de vide; et enfin pour l’ordre corinthien, six modules toujours d’axe en axe, ce qui ne laisse plus que deux diamètres de vide : ces mesures sont fixées par rapport à ia solidité ; mais on peut s’en écarter tant soit peu, en raison des exigeances de la localité ou des besoins de la distribution.
- § iv. Des Portiques.
- 26. Souvent les ordres sont destinés à décorer des portiques ou arcades; comme dans ce cas la masse de la eonstruc-
- (i) Quelquefois néanmoins, on varie cette diminution en raison de la grande hauteur des colonnes, parce qu’en s’élevant beaucoup, leur éloignement suffit pour les faire paraître diminuer à la vue. Cet effet est conuftun à tous les corps gui Relèvent à une grande hauteur,
- p.8 - vue 17/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 9
- Don est plus considérable que dans les entre-colonnemens 0u les colonnes sont isolées et supportent seules le poids des instructions supérieures, les dimensions d’écartement d’une co °“ne à l’autre, ou d’un pilastre à l’autre, sont fixées ainsi Tu d suit, pour les portiques sans piédestaux, mais pouvant av.0lr un socle d’un pied ou quinze pouces sous la base des 0 onnes; savoir l’ordre toscan, dix modules et demi, d’un a.Xe à 1 autre des colonnes ou pilastres; le vide de l’arcade, six modules et demi de large et treize modules de hauteur, ®Puis le socle jusque sous la clef ; pour l’ordre dorique, dix •mules d’axe en axe ; l’arcade, six modules de large sur ?Ulïlze modules de hauteur sous la clef; l’ordre ionique, °nze modules d’axe en axe ; le portique, huit modules de argeur et dix-sept modules sous la clef ; l’ordre corinthien, ,re|ze modules d’un axe à l’autre ; l’arcade, neuf modules e largeur sur dix-neuf modules de hauteur sous clef.
- Ainsi que nous l’avons dit pour les entre-colonnemens, ceMimensions ne sont pas rigoureusement exigibles.
- § V. Des Piédestaux.
- Des piédestaux des ordres peuvent être plus ou moins evés; leur hauteur est néanmoins fixée en général à un tiers e la hauteur de la colonne.
- § vi. Manière d’obtenir le module d’un ordre.
- ^9. Pour avoir les proportions d’un ordre d’architecture avec son piédestal, destiné à décorer une façade, il faut me-Sucer la hauteur totale que doit occuper ce tordre et la diviser dix-neuf parties égales : de ces dix-neuf parties, les qua-re premières du bas seront la hauteur du piédestal, les douze Parties au-dessous donneront la hauteur de la colonne, et en-oies trois parties supérieures resteront pour l’entablement;
- < 6n résulte donc que l’entablement a toujours un quart de colonne qui le supporte, lorsqu’il est composé de ses trois Portions, architrave, frise et corniche; car il est bon de marquer que très-souvent on supprime l’architrave. Quant ^piédestal, il est toujours du tiers de la colonne; il peut re plus court, mais jamais plus élevé; souvent un socle ^ple de quelques pieds de hauteur le remplace.
- I 50. Les douze parties de cette division qui restent à la co-j°j”e SOÎil; ensuite subdivisés par le nombre de diamètres Ddiqué ci-dessus pour chaque ordre ; ainsi, on divisera cette
- p.9 - vue 18/329
-
-
-
- 10 MANUEL
- hauteur de douze parties par sept pour trouver le diamètre de la colonne toscane, par huit pour le diamètre de l’ordre dorique, par neuf pour le diamètre de l’ordre ionique, otf enfin par dix si on veut exécuter un ordre corinthien.
- 51. Chacune de ces divisions, étant un diamètre ou deul modules, la moitié sera le module de l’ordre , que l’on sub' divisera ensuite en douze parties, si l’on fait l’ordre tosean o11 dorique, ou en dix-huit pour les trois autres ordres.
- 52. On voit par conséquent que le module n’a aucun rap' port avec les mesures de mètre, toise, pied et pouce, et qu’il n’est qu’une échelle proportionnelle pour l’ordre lui-même.
- 55. Si l’on ne fait pas de piédestal, on divise la hauteur destinée à la colonne et à l’entablement en cinq parties seu' lement, dont quatre sont destinées pour la colonne et la cin' quième pour l’entablement.
- 54. Exemple : on veut décorer d’un ordre ionique avec son piédestal, un mur qui a YÎngt-trois pieds neuf pouces de hauteur ; je divise ces vingt-trois pieds neuf pouces en dix' neuf parties égales; douze de ces parties réservées pour la c<r lonne nous donneront quinze pieds; je divise ces quinze pieds par neuf diamètres fixés pour l’ordre ionique que l’ofl cherche, et l’on trouvera un pied huit pouces de diamètre '• le module sera donc de dix pouces, et sur ce module, que l’on subdivisera eu dix-huit parties égales, on prendra toutes les proportions partielles des moulures, des bases, chapiteau et entablement.
- § vu. Subdivisions des Ordres d’architecture.
- 55. Comme chaque ordre en général comprend trois par' ties bien distinctes, le piédestal, la colonne et Yentable' ment, chacune de ces parties se subdivise encore en plu' sieurs autres. On distingue dans le piédestal la base, le dé< ou partie lisse, et la corniche. Dans la colonne, le fût es! quelquefois uni, quelquefois cannelé entre la base et le cha' piteau; dans l’entablement, l’architrave repose quelquefois immédiatement sur le chapiteau de la colonne ; la frise, qu> reste urne dans beaucoup de cas, est ornée de triglyphes dans l’ordre dorique, et souvent décorée de sculptures en bas-re' liefs dans les édifices publics ; enfin, la corniche, composée d un assemblage de moulures plus ou moins riches, est déco' rée, dans les ordres principaux, de denticules, modifions el caissons.
- p.10 - vue 19/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE.
- H
- § vm. Des moulures en général.
- Chaque xhoulure employée dans les ordres, otimêmè ®n 1 absence des ordres, prennent différens noms en raison e leurs galbes, de leurs assemblages, et de leurs emplace-îî?ens- Les moulures simples sont le congé [PI. 2, fi,g. 6), le 1 [Pi. 2, fig. 7), la baguette (fig. H), le tore (fig. 9), le jpia'rt de rond {fig. 10 ), le quart de rond renversé [fig. 13),
- & cavet [fig. 12), le cavet renversé [fig. i3), le talon M), le talon renversé {fig. i5), ladoucine (fig. 16)., la °ocine renversée (fig. lascotie (fig. 18) ; pour les mou-Ures d’asspmblages, les astragales (fig. 26), se composent Presque toujours d’une baguette, d’un filet et d’un congé. ,a»s les corniches et entablemens (fig. 19), on distingue la Cjmaise supérieure À, le larmier B, et la cimaise inférieure C.
- 1 y a aussi des entablemens plus compliqués, à modifions \fig. 2o? 2t et 22), ou à consoles (fig. 23, 24 et 25). L’en-sçmble des moulures horizontales (fig. 27), qui couronnentles P!eds-droits des arcades, se nomment impostes, et celles y’fnime figure) qui décorent le ceintre des portiques, se noin-®ient archivoltes. Les moulures (A, fig. 29) qui pourtour-®eilt les tableaux des portes et croisées, se nomment cham-ranles; s’il y a une corniche B au-dessus, elle se nomme e°uronnement. Les bandeaux (fig, 28) au droit des appuis 6 croisées ou partageant les différons étages d’un édifice, se forment bandeaux, s’ils sont simples, plinthes s’ils sont Çrnés de moulures, et enfin frises s’ils sont d’une certaino a,rgeur avec moulures haut et bas, etdécoi-és de grecques ou a,Jtres ornemens. Les modules qui terminent les attiques ^“dessus des entablemens (comme A, fig. 3e ), se nomment andeaux ou corniches d’atliques, selon leur importance.
- . 5*. On a donné, dans celte planche 2, ces diverses mou-Hros unies avec les opérations pour les tracer, indiquées en !8nes ponctuées; l’autre partie est décorée des ornemens les Pmsusuels,que l’onpeutfaire à volontéplusou moinsriches.
- § ix. Des Ordres grecs.
- Ordre dorique grec.
- 08. Les Grecs ont inventé trois ordres, le Dorique, Ionique et le Corinthien. Le dorique grec (PI. 1, fig• /() î1 ? point de proportions fixes ; cet ordre diffère aussi de dé-ails dans tous les édifices antiques : dans quelques temples
- p.11 - vue 20/329
-
-
-
- 12 MANUEL
- les colonnes n’ont que quatre diamètres de hauteur ; dans d’autres, au contraire, elles en ont j usqu’à huit et neuf, comme on le voit dans le temple de Coré; mais c’est le seul exemple de ce genre : ainsi lorsqu’on veut employer cet ordre, o» peut lui donner six diamètres de hauteur, cette moyenne pro-portionnelle sera presque toujours convenable. On trouve dans beaucoup d’ouvrages d’architecture les dimensions des dilférensmouvemens de cet ordre dorique primitif que nous a laissé l’antiquité, et que l’on nomme communément ordre pcsstum, à cause des temples de Neptune, de Cérès, et au-tres^ruines existant encore dans cette ville, bâtie par les Do-riens.
- Ordre ionique.
- o9* L’exemple qui nous est resté comme classique {PI. fig• 3) , est celui du temple de Diane, à Ephèse. Sans répéter les absurdités qui ont été écrites tant de fois sur l’origine d0 cet ordre, dont la volute du chapiteau imite, dit-on, la coiffure des dames grecques, nous dirons seulement que cet or dre est d’une proportion extrêmement heureuse; que tous seS détails en sont très-élégans, et, par cette raison, il convie»1 également,mais sur des échelles différentes, auxbàtimenspar ticuliers de la dimension la plus exiguë, et aux édifices publics du plus noble caractère.
- Ordre corinthien.
- 40. Cetordre est leplusbeauetle plus majestueux de touâ> 11 existe encore une fable sur l’origine de cet ordre, qui fu| inventé, dit-on, par l’architecte nommé Çallimachus, q»1 résidait à Corinthe ; mais cette fable au moins a, cette fois» quelque vraisemblance. Çallimachus passant un jour près cW tombeau d’unejeune fille de Corinthe, y aperçutunecorbeiUÉ recouverte d’une grande tuile plate et environnée de feuille-' d’acanthe que la nouvelle saison avait fait croître ; la plantei arrivée à la hauteur de la tuile, avait été forcée de se recou(/ ber en forme de volute. Cet ensemble présenta à l’artiste ui* assemblage si harmonieux, qu’il en lit sur-le-champ un des" sin auquel il ajouta la régularité que ne donne point la natur®' Quoi qu il en soit de cette origine, véritable ou fabuleus®1 l’ordre corinthien [PI. i f n’en est pas moins, par
- majesté et par sa richesse, celui qui doit être employé, comC® chez les anciens, dans les temples de la divinité, dans les pa’ lais des lQi£ dfln# }e§ IllQnutuçns du premier ordre,
- p.12 - vue 21/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. \Z
- 41. Ces trois ordres grecs, admirables par leurs belles proportions et par leur harmonie, ont donc tous un cachet par-ticuiier, et chacun d’eux offre une si grande perfection dans son ensemble, que les architectes qui, jusqu’à ce jour, ont Voulu altérer leur caractère, ont tous échoué.
- 42* Ce n’est pas que ces ordres ne pussent éprouver lors de l’emploi, aucune sorte de variations dans leurs dimensions, dans leurs entre-colonnemens ou dans leurs moulures, sans devenir tout-à-fait défectueux; l’artiste qui nous lirait ainsi n°us comprendrait mal : nous disons seulement qu’il faut faire la plus grande attention lorsqu’on est obligé de modifier les proportions fixées, de conserver aux ordres leurs caractères primitifs.
- 43. Les dimensions de ces trois ordres sont indiquées à la planche première, nous ferons observer seulement que la base de la colonne ionique, dite attique, s’adapte également Pour l’ordre corinthien.
- § x. Ordres romains.
- 44. Les ordres romains sont le Toscan, le Dorique Romain et le Composite. L’ordre toscan [PI. î, fig. i ), dont la nom indique assez l’origine, est le plus simple de tous ; la dorique romain, imité du dorique grec, mais rendu plus ®Velte, tient le milieu entre celui-ci et l’ordre ionique; nous ®n donnons les proportions (même Planche, fig. a). Quant à l ordre composite, comme il conserve les mêmes proportions Tue le corinthien, et que de plus, les détails en sont moins Purs et moins heureux, il n’est plus employé, surtout depuis Tue l’école française est revenue à la simplicité des formes autiques; c’est pourquoi nous n’avons pas dû le mettre en Parallèle avec les cinq autres.
- g xi. Des Cannelures.
- 45. Le fût des colonnes est quelquefois cannelé pour en augmenter la richesse et la légèreté ; ces cannelures se font ue diverses façons, savoir : dans le dorique grec, comme on *e voit PL i , et fig. 3t, PI. u , le nombre de ces cannelures est de vingt-quatre environ ; le toscan n’est jamais cannelé, Parce que c’est un ordre massif et sévère ; les colonnes des autres ordres sont cannelées, comme on le voit môme PI., 3:> ; ieS cotes de ces ça&uelure& ne doivent pas être eu
- a
- p.13 - vue 22/329
-
-
-
- 14 MANUEL
- général moindres du quart de leur largeur, ni plus du tiers, autrement elles paraîtraient trop maigres et seraient sujettes à s’épaufrer. Quelquefois ces cannelures sont remplies par un petit tore ou baguette , comme à la même PI., fig. 55 ; ces baguettes partent ordinairement du bas de la cannelure et s’arrêtent au tiers de la hauteur du fut, le surplus réstatnt vide comme à la figure 32. x
- § xii. Ces Pilastres.
- 46. Les colonnes ne sont pas toujours employées, soit dans les grands édifices, soit dans les établissemens publics, où la libre circulation ne doit pas être entravée, soit enfin dans les bàliinens particuliers où l’on veut uu certain luxe”, au défaut de la colonne, on décore les façades intérieures et extérieures de pilastres appliqués, lesquels, sans contraindre le propriétaire à une dépense aussi considérable, donnent neanmoins un caractère architectural, et établit un ensemble de lignes qui, bien entendu, satisfait le goût et les yeux : ce dont nous avons offert deux exemples dans la coupe et dans l’élévation des bâtimens circulaires, PI. l\. Ces pilastres, dans une heureuse disposition, sans présenter la même richesse que les colonnes, ont une certaine grâce, et décorent aussi très-convenablement les niches, portes et croisées d’une façade.
- 47. Les pilastres, en règle générale, ne doivent avoir qu’un pouce d’épaisseur au moins, et un quart de leur largeur au plus ; on peut supprimer leurs bases et les remplacer par un socle ou dé carré d’unmodule de hauteurou un demi-diamètre, n’ayant aussi qu’un pouce d’épaisseur sur le nu* afin d’éviter des renfoncemens dans les intervalles que nécessiterait la saillie de la base de la colonne que les pilastres remplacent. Les plates-bandes ou arcades au-dessous doivent toujours être aplomb du nu des pilastres.
- 48. Ces pilastres ne diminuent pas, comme les colonnes, d’un sixième de leur diamètre, ils montent au contraire d’aplomb.
- 49. Il est de certains cas è\i les pilastres peuvent avoir une saillie égale à leur largeur, «’est-à-dire où ils peuvent être carrés; c’est lorsqu’ils accompfe^bént des colonnes du même ordre et de la même dimension.
- p.14 - vue 23/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE.
- 15
- § xui. Des Ordres élevés au-dessvs les uns des mtres.
- 50, Eb thèse générale, et c’est toujours ainsi que nous ®°us expliquerons dons le cour de ce Manuel, parce que 1 espace qui nous est imposé ne nous permet pas de faire un grand nombre d’applications aux principes généraux; eu ttaese générale donc, on doit éviter d’élever plusieurs ordres au-dessus les uns des autres. Néanmoins les anciens nous
- laissé quelques combinaisons en ce genre, dont l’exécu-Con est très-heureuse et dont l’aspect justifie l’adoption ; ce ®era donc à l’artiste à juger lui-même s’il convient ou non defairel’applicatîon de ces modèles; millecauseslocalespeu-Tent l’y contraindre, mais il y a dans ce cas, certaines bornes <lue l’on ne peut raisonnablement dépasser; par exemple, oo Pent sans inconvénient élever un ordre dorique romain au-dessus d’un soubassement en arcade de l’ordre toscan ; on Peut encore, si le rez-de-chaussée est décoré d’un ordre do-ïique, faire une colonnade d’ordre ionique au premier étage.
- n’est qu’avec la plus grande réserve et dans des circonstances extraordinaires qu’il faudra se résoudre à faire trois €tages d’ordres ; il vaudrait mieux alors faire le rez-de-chaus-*ee en soubassement carré avec des refends qui indiqueraient •a solidité et la résistance, tandis que les deux étages supé-fteurs pourraient être décorés d’ordres dilférens.
- 51, Lorsqu’on fait l’emploi de plusieurs ordres dans la faÇade d’un bâtiment, il faut toujours placer le plus sévère dans le bas et les plus délicats dans le haut. Cette règle est absolument de rigueur; et l’on conçoit en effet quel ridicule suivrait l’artiste qui mettrait, par exemple, un ordre corinthien au rez-de-chaussée, et les ordres toscan ou dorique au Premier étage.
- 52, Dans la disposition de la décoration par arcades ou Pfr plates-bandes, il faut avoir le soin que lés portes ou croisses soient toujours bien précisément au milieu des espace-d'ms et jamais ailleurs; il est impossible encore d’enfreiadro ^tte disposition, sans choquer à la fois les règles du goût et d« bon sens.
- 55. Il est encore une chose qu’il est bien essentiel d’ob-Sfirver, lorsqu’on élève deux ordres l’un sur l’autre : si ce Seat des pilastres, comme leur fût ne dirniuue pas, il faut Sue le pilastre de l’ordre supérieur ait un sixième de moins de diamètre que eelui qui le supporte ; si ce sont des colonnes,
- p.15 - vue 24/329
-
-
-
- 16 MANUEL
- comme leur fût diminue d’un sixième , il faut que le fût, â la base de la colonne supérieure, soit égal au plus au fût diminué de la colonne inférieure pris au chapiteau, et cefa dans le casoùlabaseseraitsupprimée,car autrement celtebase se trouverait en porte-à-faux, ce que l’on doit toujours éviter.
- § xiv. Des Frontons et Acrotères.
- 54. Les frontons occupent ordinairement le milieu d’un bâtiment, comme on peut le voir à la façade (PI. 4, fig• 38). S’il y a des avant-corps à droite et à gauche, ils peuvent également en être décorés : on faisait autrefois des frontons circulaires , maintenant on les fait tous triangulaires.
- 55. La hauteur d’un fronton est toujours relative à sa largeur; les uns veulent que l’on divise la base du triangle qu’il doit former, en cinq parties égales, et prendre une de ces parties pour la hauteur; les autres en neuf parties, dont deux doivent être la hauteur. Mais le principe le plus usité, c’est d’ouvrir le compas sur la lignede la cimaise du point3 à l’une des saillies î et e de ladite cimaise (PI. i, fig. 34-); et en traçant un demi-cercle i, 4, :i, on aura, sur l’axe du monument ou de la partie couronnée, le point 4 ; ouvrez ensuite votre compas, de ce dernier point l\ aux points i ou i, et tracez la portion de cercle î , 5 , 2 , et ce point 6 sur la ligne milieu 6era la hauteur ou le sommet du fronton.
- 56. Il est bon d’observer que jamais la cimaise n’existe au droit du fronton, et que celle inclinée gagne de l’épaisseur en raison de la saillie : le tympan 3 est une partie renfoncée toujours aplomb de la frise d’entablement ; ce tympan est quelquefois lisse, et est souvent orné dë sculptures en bas-relief, et notamment dans les édifices publics ; les frontons des hôtels sont souvent ornés dans cette partie, d’attributs divers ou des armes du maître. On faisait autrefois des frontons circulaires qui étaient alternés avec les frontons triangulaires ; ils sont maintenant tout-à-fait exclus, avec raison , de toute composition régulière ; et, en effet, les Grecs ni les Romains ne les ont jamais employés. C’est une invention moderne du plus mauvais goût.
- 57. Dans les bâtimens réguliers, on ajoute souvent un acro-tère (Pl.i, fig. 3/j ) au-dessus de l’entablement principal ; s’il y a un fronton, cet acrotère se termine à la pointe du fronton , comme à la même fig. 34; autrement il doit être élevé d’un quart ou d’un tiers au plus de la hauteur de la colonne qui le supporte : ces acrotères sont souvent divisés en petits
- p.16 - vue 25/329
-
-
-
- d’architecture. h
- jhedesteaux qui montent aplomb des colonnes ou pilastres in-eneurs avec socle et tablette courante, et renfoncée de quelques pouces d’un piédestal à l’autre; alors les intervalles entre a socle et la tablette sont remplis, soit par des balustres, soit P r des tuiles creuses'posées en écaillés, comme on le voit souvemt dans les fabriques d’Italie, et à la coupe [PI. 4, figure 09)
- • Quelquefois aussi ils sont pleins et unis, ou percés de Pe itescroisées, comme à l’élévation, même Pi. 4,/?g. 3^-Presque toujours ces acrotères servent à cacher les grandes hau-®urs des combles que notre climat pluvieux nous force à em-P °yer; dans ce cas on place derrière un grand chéneau en P °mb, qui reçoit les eaux pluviales, ainsi que la coupe (/»-ÿure dg) l’indique.
- § xv. Des Socles et Piédestaux de soubassement.
- 58. Un ordre quelconque qui décore la façade d’un bâti— ment, aurait mauvaise grâce à être placé au niveau du sol ou jipavé extérieur; il faut toujours qu’il soit élevé, soit sur des Pledestaux qui appartiennent à l’ordre lui-même, soit sur un f if11/ Soc^e Tui Ie représente, comme à l’entrée du château t M , fig. 38). Si on emploie les piédestaux de l’ordre, on en y°it les dimensions dans la PI. 1. Nous ferons observer eulement que la hauteur indiquée pour les dés n’est pas rigoureusement indispensable à observer. Les anciens nous ont aissé beaucoup d’exemples de piédestaux plus courts, en rai-de la nécessité et des raccordemens des appuis avec les 'stribvnions intérieures ;mais s’ils peuvent être plus courts, s ee doivent, dans aucun cas, être plus longs, c’est-à-dire qu Us ne doivent jamais être de plus du tiers de la hauteur 6 la colonne ; il est bon même de faire porter ces piédestaux 6Ur un premier socle d’environ un diamètre de la colonne.
- 59. Les moulures des bases et des corniches de ces pièdes-aux peuvent aussi être changées et leurs saillies diminuées, surtout si la décoration présente beaucoup de ressauts, afin a éviter les écornures qui seraient plus fréquentes dans des foulures très-délicates et très-saillantes.
- f>0. Si les piédestaux de chaque colonne sont accusés en saUlies sur le nu, les intervalles pourront contre-profiter les Jftêmes moulures en renfoncement : cette continuation do ^Sues est même un des points essentiels à observer pour l’u-et l’harmonie si dçsirablc;? dans toutes les compositions ai’UUtheçt9»ique§,
- 2,
- p.17 - vue 26/329
-
-
-
- «8 MANUEL
- 61. Le socle ou soubassement d’une façade peut êtrecoBJ' posé de même, mais tout-à-fait lisse et sans ressauts, exeepté cependant à l’avant-corps du milieu, s’il y en a; quelquefois aussi ce soubassement n’a point de moulures, et se forme seu' lement de plusieurs assises en pierres,.qui reçoivent les bases des colonnes ou pilastres : ces sortes de soubassement sont soumis, quant à leur hauteur, aux mêmes proportions que les piédestaux.
- § xvi. Des Portes et Croisées.
- . 62. Les dimensions des portes et croisées, tant intérieures qu’extérieures, sont subordonnées à la grandeur de l’échelle de l’ordre élevé, à la proportion des pièces qui composée! l’appartement, et enfin aux besoins de la localité. Quant 1 leur hauteur relative, dans les compositions sévères, elle* peuvent avoir le double de leur largeur ; dans les ordres élé‘ gans, tels que le ionique et le corinthien, on peut leur don' ner jusqu’à deux fois et demie (Voir la PL 2, ftg. 35). Le» chambranles, frises et couromnemens, sont aussi en raison de la nature de l’ordre qui les accompagne : ces règles n« peuvent pas être fixées, elles gêneraient trop l’architecte; l’é* tude, l’habitude elle goût lurindiquerontjles largeurs, saillie? et moulures de ces parties de décoration qui concourront 1« mieux à l’ensemble général; car il ne faut pas croire qu’à l’aide de livres et de principes, quelque bien établis qu’ifi soient, on puisse faire des progrès dans les arts ; il faut joindra à beaucoup d’étude une grande expérience, qui ne s’acquied qu’avec le temps et la pratique. C’est ce qui explique pou" quoi les jeunes gens, qui, ne sachant que dessiner, et se-fi' vrant aux affaires de trop bonne heure, commettent presqid toujours les fautes les plus graves, soit dans la composition) soit dans la distribution, soit enfin dans l’exécution.
- 63. Il nous reste sansdoute beaucoup adiré sur les partie principales d’un monument de quelque importance ; mais 1® bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de nous étendf davantage ici ; les exemples-pratiques que nous donnero?1 plus tard y suppléeront, et nous les rendrons, autant cfi*1 possible, palpables par des figures.
- p.18 - vue 27/329
-
-
-
- i>’akchitectuee.
- 49
- CHAPITRE II,
- «É0MÉTR1B ÉLÉMENTAIRE APPLIQUÉE AU TOISÉ ET AUX OPÉRATIONS DU DESSIN.
- 64. Le dessin des ordres, des moulures, et la confection un plan, ainsi que les opérations préparatoires pour la
- P'antation d’un bâtiment, et enfin le toisé de tous les travaux, figent des notions succinctes de géométrie. Nous supposerons d’abord que nos lecteurs connaissent l’arithmétique ont il été publié un traité spécial dans cette collection (i). Nous ne donnerons donc ici que les problèmes strictement Decessaires pour remplir ce but, cette science étant traitée anssi d’une manière spéciale et plus, étendue, par M. Ter-fiuem, dans Y Encyclopédie des sciences et des arts (2), °üt ce Manuel d’Architecture fait partie.
- ARTICLE PREMIER.
- Des Lignes et de leurs diverses dispositions.
- 65. Les lignes sont de trois espèces : la ligne droite, la ligne courbe et la ligne mixte. La ligne est considérée comme n’ayant ni largeur ni épaisseur, mais seulement indiquant une longueur.
- 66. La ligne droite est celle dont tous les points, suivant une même direction, parcourent par le chemin le plus court, l’espace d’un point à un autre. Comme A B [PI. 0 » fig. 40, on voit qu’on ne peut tracer qu’une seule ligne droite d’un point donné à un autre point ; car puisque tous les points de cette ligne sont dans la même direction, si deux lignes droites avaient également les deux points communs A et 1’ > elles se confondraient nécessairement, et ne formeraient qu’une seule et même ligne; il n’en est pas ainsi de la li-ffue courbe A B [fig. 4a), dont la direction peut être chan-
- à chaque instant, ainsi qu’on le voit à cette figure, et
- (1) Voir le Manuel d'Arithmétique, par M. Collin.
- (2) Vo« te Manuel çom>M cfo Géométrie, pqj M. Ter-qpem.
- p.19 - vue 28/329
-
-
-
- 20 MANUEL
- qu’elles peuvent s’écarter plus les unes que les autres de la ligne droite, et se terminer néanmoins aux mêmes points : les circonférences de cercles, les ellipses, les paraboles, la spirale, l’hélice, etc., sont aussi des lignes courbes.
- 67. Les lignes mixtes sont celles qui ont des parties droites A B et C D {fig- 43), et des parties courbes B G.
- 68. Une ligne horizontale est celle dont tous les points sont parallèles à l’horizon, et que les ouvriers nomment de niveau, comme A B {fis- 44)-
- 69. La ligne verticale ou perpendiculaire est celle qui s’élève à angles droits sur la précédente, c’est-à-dire qui forme de chaque côté un angle de quatre-vingt-dix degrés, et qui ne penche ni d’un côté ni d’un autre, ce que les ouvriers, par conséquent appellent aplomb, comme Celle G D, même
- fis- 44-
- 70. Une ligne perpendiculaire peut cependant ne pas être verticale, si celle qui lui sert de base est inclinée , comme A B ( ûg. 45 ). Ici la ligne G D est bien aussi perpendiculaire à A B, puisqu’elle forme avec elle deux angles de quatre-vingt-dix degrés; mais elle n’est plus verticale ou A’aplomb. Alors cette ligne A B se xuuaïaedigne inclinée, parce qu’elle n’est ni horizontale ni perpendiculaire.
- 71. Ainsi les deux angles que forment une seconde ligne tombant sur une première et qui lui est perpendiculaire, ont toujours pour mesure une demi-circonférence de cercle ou cent quatre-vingts degrés, car si on décrit deux arcs de cercle du sommet de ces angles, ces deux arcs se termineront sur une même ligne droite qui passera par leur centre commun., c’est-à-dire sur un diamètre ; ils formeront par conséquent ensemble une demi-circonférence ou centquatre-vingtsdegrés, et, comme ces deux angles sont égaux, les arcs qui les mesurent seront aussi égaux, c’est-à-dire qu’ils auront chacun quatre-vingt-dix degrés ; que cette ligne diamétrique soit inclinée ou non, le résultat est le même.
- 72. Par la même raison, deux lignes droites qui s’entrecoupent , forment quatre angles , qui ont ensemble pour mesure la circonférence entière d’un cercle décrit de leur point d’intersection, ou trois cent soixante degrés, et les angles opposés sont toujours égaux entre eux, ainsi (fig. 47), les lignes A B et C Q s’entrecoupant au point D, il est constant que si l’angle A D Q a quarante-quatre degrés, celui G D B tjui lui est opposé fl aussiquarante-quatre degrés, et le sup-
- p.20 - vue 29/329
-
-
-
- D’architecture. 21
- plement de quarante-quatre étant cent trente-six cha-
- cun des angles A D G et C D P, auront cent trente-six degrés.
- T* formera le total de trois cent soixante degrés ou la circonférence entière du cercle.
- m ^'Lignes parallèles. — Quand deux lignes sont égaîe-ent éloignées l’une de l’autre dans tous leurs points corres-Cnrt?S’/0n les nomme parallèles ; ainsi les lignes A B et ce d ^ • S°n^ Para^®’es> Parce que» prolongées à l’infini,
- li S ^8nes ne se rencontreraient jamais; pour tirer la gne G D parallèle à À B, on prend deux points à volonté Ur la ligue donnée, desquels, et delà même ouverture de 0 .Pas > °n décrit deux portions de cercles sur lesquelles tait, passer comme tangente la seconde ligne C D , qui ra nécessairement parallèle à la première, puisqu’elle ora deux points, c’est-à-dire la partie supérieure des deux rcs, également éloignés des points A et B de cette ligne, ans les chantiers, les appareilleurs se servent, pour tracer a pierre, d’une règle qu’ils placent convenablement, et sur p ^Ue'le ils font glisser un T. Ce moyen est plus expéditif, et °n peut tracer ainsi autant de perpendiculaires et déparai-e que l’on en a besoin.
- Lignes concentriques. — Ces lignes qui partent d’un ire commun en sont toujours à égale distance, et sont aussi Parallèles entre elles, comme les deux cercles {fig. 47).
- '5- Lignes excentriques. — Sont celles qui ont des ceu-différens, comme (//g. et 49)*
- Axe ou Ligne diamétrale. >— C’est une ligne droite mâ’ PassaDt Par rentre d’un cercle , est terminée de part __ autre par la circonférence, comme A B (/%• 47 )• t *3 ^es Ray°ns• — Sont les lignes droites tirées du cen-re« la circonférence, comme C, D ( fig. ^j). On voit, par nsequent, que tous les diamètres d’un même cercle sont gaux, et que tous les rayons sont égaux à la moitié de la circonférence.
- . 1$. Circonférence. — C’est une ligne courbe dont tous Parf °-intS S°üt également distans du centre ; c’est le cercle
- '9. Cercle.—C’est l’espace renfermé par la circonférence. *0. On appelle Arc toute portion quelconque de la cir-°nférençe> Ainsi, E, F, G [fig. 4? ) , sont un arc dont la. °rdeest la ligne E, G, et la flèche celle perpendiculaire F, H.
- p.21 - vue 30/329
-
-
-
- 22 MANUEL
- 81. Le secteur d’un cercle est la surface comprise entre deux rayons et une partie de la circonférence, comme D> A, G, ou C, A, B, etc. (fig, 06).
- 82, Le segment d’un cercle est l’espace superficiel reny fermé entre la corde et l’arc comme G E B F (flg. 56).
- 85. On voit que le nom de corde est donné à toute lign® droite qui va d’une extrémité d’un are à l’autre sans passe* par le centre , et qui est terminée des deux côtés par la cir' conférence, et que, quand cette corde passe par lacantre* elle coupe le cercle en deux parties égales , et prend alors Ie nom de diamètre.
- 84. On voit aussi que les cordes égales du même cercle oti de cercles égaux soutiennent des cercles égaux, et réciproque' ment, que des arcs égaux sont soutenus par des cordes égales*
- 85. Toute circonférence, du cercle se divise en trois cent soixante parties égales qu’on nomme degrés. Chaque degr^ est subdivisé en soixante minutes avec d’autres subdivision9 de soixante en soixante, qui ne sont utiles que pour les grsD' des opérations de l’arpentage et de l’astronomie.
- 86. Tangentes.—Ce sont des lignes qui touchent la ci?' conférence d’un cercle ou une courbe quelconque, sur un d® ses points seulement sans la couper, comme I, K (fig. 4j),
- 87. Sécantes. — Les lignes sécantes sont celles qui tra' versent un cercle par deux points de sa circonférence, comme L, M, même fig. 47*
- 88. Les ordonnées sont des lignes qui, partant du rayon ou axe d’un cercle ou d’un ellipse, vont se terminer à la «r". conférence de la courbe, comme A B [fig. 5o), et N, O (fig. 47)'
- 89. On appelle abscisse la partie de ce rayon ou axe com' prise entre le sommet de la courbe et l’ordonnée à laquelle elle a rapport, comme N, P (fig. 47), etC, A (fig. 5o) -, ce* deux sortes de lignes sont coordonnées l’une à l’autre.
- 90. L’hypothénuse est, dans un triangle rectangle (fi" gure Si), le côté opposé à l’angle droit, comme A, C. Le carr^ A, C, I, H, de ce côté, est toujours égal aux carrés desdeu* autres côtés A, B, E, D, et B, C, G, F, pris ensemble (17 ce dont on se rendra compte facilement par les tables de9 racines qui suivent.
- 91. La ligne spirale est celle qui, partant d’us centre 1 s’en éloigne insensiblement, comme (fig. 02); telle est Ia volute du chapiteau ionique.
- p.22 - vue 31/329
-
-
-
- D’AIlCUIT EClOlE . 23
- 92. La ligne hélice est celle qui tourne autour d’un cylindre, comme [fiy. 53).
- ARTICLE H.
- Des Angles.
- 93. La rencontre de deux lignes se nomme angle; ces Angles sont considérés sous deux rapports différens, savoir : Y* Pnr rapport aux lignes qui le composent ; si ce sont deux lignes droites, il se nomme angle rectiligne ; s’il est formé de deux lignes courbes, angle curviligne ; et enfin ttngle mixtiligne s’il est formé d’une ligue droite et d’une hgue courbe.
- 94. 20 par rapporf d leur ouverture. Angle droit, celui est formé par la rencontre d’une ligne tombant perpendiculairement sur une autre, de sorte qu’il résulte de cette ligne et de sa base , deux angles droits, comme ADC et BDG
- 44).
- 93. Dans l’usage , on donne à l’angle droit le nom de trait c«rre , et les ouvriers appellent l’opération d’élever une perpendiculaire sur une ligne ou sur un plan, prendre un aPlomb, ou faire un trait carré.
- 98. Angle aigu, est celui qui est moins ouvert que l’angle droit, c’est-à-dire qui a moins de quatre-vingt-huit degrés d ouverture, comme CDD {fig. 47)- Les ouvriers l’appellent ar,'jle fermé.
- 97. El enfin l’angle obtus, qui est plus ouvert que l’angle dr°U, c’est-à-dire qui a plus de quatre-vingt-dix degrés d’ou-Yerture, comme ADC, même fig. 47- Les ouvriers 1 appellent angle ouvert.
- Quand on parle d’un angle, on peut le désigner sim-1 euieut par la lettre qqi est à son sommet, comme fig. bg, Peut être appelé l’angle B. Si, au contraire, on le désigne par trois lettres, il faut que celle qui est an sommet soit au ! ïeu des deux autres : ainsi, dans le même figure, on ap-pe:|era l’angle ADÇ.
- cst^i conço^ 9ue si l’ouverture que forment deux lignes ^*lplus grande ou plus petite, l’arc compris entre elles est P^us grand ou plus petit, c’est-à-dire qu’il a plus ou * lds ^cSrcs- C’est pourquoi on mesure toujours un angle 1 le nombre de degrés de l’arc compris entre ses deux côtés, Supposant lo centre de cet arc au sommet de l’angle.
- p.23 - vue 32/329
-
-
-
- 24 MANUEL
- Ainsi, la longueur des côtésn’ajoute ni ne diminue a la grafl' deur de l’angle, parce que, quelle que soit cette longueuri l’arc qui le mesure a toujours le même nombre de degrés^ Donc, pour couper un angle en deux, en trois, etc., il suffit de diviser l’arc en autant de parties, et de faire passer paf les divisions autant de lignes droites qui partiront du centr® de l’arc. Ainsi, par exemple {fig. 54), l’angle ABC ace»1 vingt degrés d’ouverture , je veux le diviser en trois, et chacun des nouveaux angles A B E, E B F et F B C , ont chacun quarante degrés.
- 100. Plusieurs angles peuvent se former en dedans et horl d’un cercle ; celui qui a son sommet sur la circonférence e' qui est formé d’une corde et une tangente a toujours pouf mesure la moitié de l’arc compris' entre ses deux côtés : il efl est de même si cet angle est formé par deux cordes. Dans h premier cas, si le centre est sur la plus grande corde ou ligne diamétrale A C (PI. 12, fia:. 269), l’angle que cette corde formera avec la tangente A D sera droit ; donc il a pour mesure la moitié de l’arc A F Cqui est une demi-circonférence. Si, au contraire, l’angle était compris dan* les deux côtés D A et A G, menez par le centre B, le dia\ mètre A C. L’angle GAG aura pour mesure la moitié l’arc C G, et l’angle D A C, aura la moitié de la circonférence. — Ainsi, l’angle D A G égal à l’angle C A Gel à celui D A C , a pour mesure la moitié de l’arc G G, plus I3 moitié de l’arc A E C, c’est-à-dire la moitié de l’arc A E G G.
- 101. Lorsqu’au contraire l’angle est formé par deux cordes et que , par conséquent, les deux lignes qui le formen1 viennent couper la circonférence , si le côté A G , passe pa( le centre B, et que l’autre côté soit A E, tracez le rayon B E» et vous aurez le triangle isocèle A E B ; et puisque les côté* A B et B E sont égaux (117), donc les angles A et E , adja-cens à la base sont égaux, l’angle C A E n’est donc que 1* moitié de CBE; par conséquent, puisque l’angle CBE3 pour sa mesure tout l’arc EG , l’angle. À aura pour mesuf3 la moitié de cet arc.
- 102. De l’ensemble de cette proposition, il naît une méthode d’élever une perpendiculaire à l’extrémité d’une liga® donnée ( voir 255 , fig. 110 ) ,‘car le cercle décrit du poiid C , dont la circonférence passe par l’cxtrcmité de la ligne donnée A B, et la coupe en un autre point d’intersection A, e" mesurant le diamètre À G P ; et ensuite abaiïïaitt la ligue D
- p.24 - vue 33/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 28
- àç 1 extrémité de ce diamètre à l’extrémité de la ligne donnée, celte ligne sera nécessairement la perpendiculaire cher-c ee, car l’angle A B D est droit, puisque ses côtés s’appuient sur la demi-circonférence A D.
- 105. Un angle dont le sommet est placé entre le centre et a CI!'conférence d’un cercle, a pour mesure la moitié de l’arc compris entre ses deux côtés, plus la moitié de l’arc compris entre ces mêmes côtés prolongés sur la partie opposée de la circonférence : soit l’angle BAE dont le centre À est entre le centre et la circonférence du cercle, {fig. 260). Tirez la “gue D B de l’extrémité d’un des côtés à l’intersection D;
- e 1 autre côté prolongé, considérez que l’angle B A E, est extérieur au triangle DAB; donc il vaut les deux angles lntérieurs B et D , pris ensemble ( 122).
- 104. Un angle BAG {fig. 261 ) , dont le sommet est u°rs du cercle et qui est formé par deux sécantes, a pour Mesure la moitié de l’arc concave moins la moitié de l’arc
- convexe compris entre ses côtés : tracez la ligne G D, l’angle B D G est extérieur au triangle A D C, conséquemment il est égal aux deux intérieurs opposés (122) pris ensemble, «'nsi l’angle A est semblable à l’angle B D G , moins celui c > c’est-à-dire qu’il a pour mesure la moitié de l’arc B G , Ricins la moitié de l’arc D E.
- 105. Une perpendiculaire élevée au milieu d’une corde Passera par le centre et divisera l’arc en deux parties égales.
- 0*tla corde A B {fig. 262), si du milieu C on élève la perpendiculaire C E , elle passera nécessairement par le centre > et parc ^ £ gera £gaj jj ceiuj g u. Cette proposition sert à naisser d’un point donné, une perpendiculaire sur une ligne °nnée , et à diviser un angle en deux angles égaux.
- 106. On appelle complément d’un angle ou d’un arc, ce Tu il faut ajouter pour compléter quatre-vingt-dix degrés, Tuand il en a moins ; ce qu’il faut en retrancher s’il en a £lus ; ainsi, toujours {fig. b4 ) le complément de l’angle A,
- 9 de cent vingt degrés est l’angle G B G , qui a trente de-j’r®s > et ce même angle G B G est aussi le complément de ®ngle aigu G B D, qui a soixante degrés.
- 107. Le supplément d’un angle est ce qu’il faut ajou-er pour avoir deux angles droits ou 180 degrés; ainsi, tou-
- J°Urs dans la même fig. 54 , le supplément de l’angle ABC e i2(> degrés est l’angle Ç B D do 60 degrés; et réciproquement.
- 3
- p.25 - vue 34/329
-
-
-
- 26 MANUEL
- 408. Tous les angles que forment ensemble plusieurs lb gnes droites qui se coupent dans un même point, valent en-semble quatre angies droits, ou 36o degrés; en effet, si du point d’intersection A, des sept lignes droites de la fig. 55, on décrit une circonférence, et que l’on mesure un angle de no degrés, un de 44» et enfin que les six premiers angles aient ensemble 265 degrés, il est évident que l’angle B A C restant aura g5 degrés ; on n’aura pas besoin de le mesurer pour s’en convaincre.
- 109. Ainsi la grandeur d'un angle dépend uniquement de l’écartement des Signes qui le composent, et non pas de 1® longueur de ces lignes : il s’ensuit évidemment qu’une portion de cercle décrite du sommet de cet angle, peut servir à le mesurer, puisque cette portion de cercle est plus ou moins grande, selon que les côtés qui le terminent sont plus oti moins écartés à leur extrémité.
- 140. D’après ce qui vient d’être dit, on conçoit que, pour faire un angle égal à un angle donné, il faut i° du sommet de l’angle comme centre décrire un arc de cercle entre ses côtés ; 3° pour l’ouverture de l’angle que l’on cherche décrire de la même ouverture de compas un arc tout-à-fafi semblable, et tirer deux lignes du centre aux deux extrémités de cet arc : il estconstant alors que, quel que soit d’ailleurs le prolongement de ces deux lignes, l’angle sera égal au premier-
- 111. Deux angles qui ont le même supplément sont toujours égaux; car, s’ils ont le même supplément, leur différence à 180 degrés est donc la même, ce qui ne peut être sans qu’ils soient égaux entre eux.
- 112. Il résulte de ce principe que deux angles opposés ail sommet, qui sont formés par deux lignes prolongées au-deD de leur intersection, sont égaux entre eux ; ainsi, par exeiB' pic [fig. 4?), les angles À D Q et G D B sont égaux, car 1* ligne Q G étant un diamètre, l’angle A D C est le supplément de À D Q, et comme A B est aussi un diamètre, le même angle A D G est encore supplément de C D B; donc les deul angles ayant le même supplément sont égaux. Ce qui aura lieu toutes les fois qu’on aura deux angles opposés au sommet, parce qu’alors ou pourra toujours décrire une circonférence dont le centre sera le sommet des deux angles.
- p.26 - vue 35/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 27
- ARTICLE III.
- Des Plans ou Surfaces.
- 113. On appelle surface ou superficie, une étendue qui a que deux dimensions, longueur et largeur; on conçoit
- •°rs qu il faut qu’une surface soit renfermée dans troislignes au moins, si ce sont des lignes droites, car le cercle, l’ellipse °uovale, ou une seule ligne courbe irrégulière quelconque, peuvent renfermer une surface.
- 114. Les superficies planes sont celles méplates , c’est-à-îre sans aucune courbure, telles qu’en posant dessus une rè-
- 8 e bien dressée, le champ de cette règle touche également à °ptes ses parties; les surfaces courbes, curvilignes ou circu-aWes, sont celles d’un dôme, d’un cylindre, d’un cône, etc.
- $ I. Des Triangles.
- Î15. La plus simple de toutes les figures planes est le triant y e> parce qu’il n’est composé que de trois côtés, et par con-Sequent de trois angles.
- 116. Par rapport à ses côtés, le triangle est de trois espè-s> savoir : le triangle écfmlatéral dont tous les côtés sont e§aox [fig. 5j7).
- . Le triangle isocèle, qui a seulement deux côtés égaux, comme fig. bS et 5g.
- 118. Et enfin le triangle scalène, dont tous les côtés sont negaux, comme fig. Go.
- 119. Par rapport à leurs angles, les triangles se divisent SS1 en trois espèces, savoir : triangle rectangle, qui a un
- a,1gîe droit, ou de 90 degrés, comme fig. 6i ; le triangle ooci-ffofte, qu; a ses trojs angies aigus, comme fig. 5y et 5g; et /? g tr*angle ambligone, qui a un angle obtus, comme
- , 120. Ainsi on voit que le triangle [fig. 5j) est à la fois ^fimlatéral et oxigone, que le triangle [fig. 58 ) est isocèle et octapgle, que le triangle [fig. 09) est en même temps isocèle origone, que celui {fig. 61) est scalène et rectangle.
- , 121. Les trois angles d’un triangle quelconque équivaut toujours à deux angles droits, c’est-à-dire que, addition-es oosemble, ces trois angles forment constamment un total Xact do cent quatre-vingts degrés.
- p.27 - vue 36/329
-
-
-
- 28 MANUEL
- 122. Si on prolonge les deux côtés d’un triangle, l’angle extérieur vaut les deux angles intérieurs qui lui sontopposés> Par exemple, dans le triangle ABC (fig. 60), si on prolongé le côté C B vers D, l’angle extérieur vaudra les deux in' térieurs F et G, car cet angle B avec l’angle intérieur E, sont les supplémens l’un de l’autre, et valent ensemble deux an-gles droits ; mais l’angle E ajouté aux angles F et G, valent aussi deux angles droits, ainsi il est évident que l’angle exté' rieur B est égal aux deux intérieurs F et G.
- 125. On voit, par ce qui vient d’être dit, r° qu’ufl triangle rectiligne ne peut avoir qu’un angle droit, puisque ces trois angles ne valent ensemble que deux angles droits i 2° que dans un triangle rectangle, les deux angles aigus sont évidemment complément l’un de l’autre, puisque les deu* valent ensemble un angle droit ; 3» que si deux angles d’un triangle sont égaux, les côtés qui leur sont opposés sont né' cessairement égaux, et réciproquement, puisque tout triangle pouvant être inscrit dans un cercle (i), ces côtés deviennent des cordes, et que des cordes égales soutiennent des arcS égaux qui mesurent les angles; et réciproquement, si les cô' tés sont inégaux, le plus grand côté sera opposé au plus grand angle ; 4° que quand on connaît les deux angles d’ufl triangle, on connaît nécessairement le troisième, puisqu’il doit être toujours égal à cent quatre-vingts degrés, moins la somme des deux autres ; 5® si deux triangles ont des bases égales et les côtés adjacens à cette base aussi égaux, les deuS triangles sont égaux en tout. Ce qu’il est facile de prouver eu les appliquant l’un sur l’autre.
- 124. Tout triangle est la moitié d’un parallélogramme de même base et de même hauteur ; exemple : le triangle A B C ( fig. 63 ) étant donné, si on élève la ligne B D parai' lèle au côté A C du triangle, si l’on tire ensuite la ligne P A parallèle à B C, on aura alors le parallélogramme D A C B, qui sera de même base et de même hauteur que 1® triangle donné A D B. On concevra facilement alors que les deux triangles B D A et A G B sont absolument égaux à cause du côté commun A B, et des angles aussi égaux, puis'
- (i) Tout triangle peut être inscrit dans un cercle, puis' qu on peut toujours faire passer une circonférence par trois points donnés, qui seront alors les trois points du triangle-( Voyez cette démonstration plus loin, à l’article des OjfiV* rations du Dessin. )
- p.28 - vue 37/329
-
-
-
- 29
- D’architecture.
- ^U4ç>t»S ,^U Parallélogramme sont parallèles entre eux. de h Âinsi.iesuPP°se que ce parallélogramme ait dix pieds tal 386 SUF v*n&t~quatre pieds de hauteur , la superficie to-e sera de deux cent quarante pieds carrés ; ainsi donc acun des triangles A D B et A C B aura cent vingt pieds do
- superficie.
- 126. La trigonométrie ou la science de mesurer tous es triangles en général, est extrêmement importante, puis-9U u n y a peint de figures planes, quelles qu’elles soient, 9'U ne puissent se réduire en triangles , et comme toutes les parties du triangle ont un rapport déterminé entre elles , cette science sert non seulement pour mesurer les surfaces, ^ais encore pour connaître la longueur de certaines lignes ^u on ne peut parcourir. C’est à cet usage que sont consacrées les tables du rapport qu’ont entre eux les sinus, les tangentes et les sécantes de tous les arcs de cercle, avec le rayon fim est le sinus total.
- ^27. La ligne droite A B menée perpendiculairement de extrémité de l’arc A C , [fig. 263 ), sur le rayon CD, est e sinus droit de l’angle ADC. Le rayon perpendiculaire DE, s«r le diamètre C F, est le sinus du quart de la circonfé-rence, ou sinus total. La ligne A G, perpendiculaire à D E, fini est le sinus de l’arc À E, est aussi le sinus de complément e 1 arc À C ; la ligne comprise entre le sinus A B et le point > est le sinus-verse de l’arc A C ; une perpendiculaire k extrémité d’un rayon comme CII, et qui rencontre un au-re rayon prolongé hors du cercle D A H est appellée tan-9ente de l’arc compris entre ces deux rayons, et le rayon Prolongé s’appelle sécante du même arc ; ainsi C H est la angente, et H D, est la sécante de l’arc A C.
- 128. De la combinaison de ces lignes naissent diverses propositions que la trigonométrie enseigne. Telles que dans tous les triangles rectilignes le sinus d’ùn angle est au côté op-P°sé à cet angle, comme le sinus d’un autre angle est au e^té qui iui esj. 0pp0Sé. Le sinus de l’angle C du triangle ^ D C ( fig. 264, PI. 12 ) est au côté A B qui lui est op-P°*é, comme le sinus de l’angle B est au côté opposé B C. *aites passer un cercle par les trois angles (a58) que forment *e triangle A B C , et du centre D menez une perpendiculaire! au côté AB, elle divisera ce côté et l’arc qu’il soutient, en e«x parties égales ( io5). L’angle C a pour mesure la moitié l’arc A E B, c’est-à-dire l’arc A E ; la ligne A F est
- 3.
- p.29 - vue 38/329
-
-
-
- 30 MANUEL
- donc Je sinus de cet angle C. On connaîtra de la même mfl' nière que les sinus de chacun des autres angles, sont la moi* tié des côtés qui leur sont opposés. Mais ces côtés sont entre eux comme leur moitié ; donc ils sont également comme lej sinus des angles opposés ; ou ces sinus sont comme les côtés opposés aux angles dont ils sont les sinus. Ainsi, en connais* sant deux angles et un côté d’un triangle, on peut trouver W troisième angle et les deux autres côtés, car il est facile de trouver le troisième angle, puisqu’il est le complément deS deux angles connus à deux angles droits {121). Quant au* deux côtés que l’on cherche, on fait cette proportion : Ie sinus de l’angle opposé au côté connu, est à ce côté connu comme le sinus de l’angle opposé au côté inconnuestàce côte inconnu ; et on répète la même analogie pour trouver le troi' sième côté : c’est aussi par la même opération que lorsqu’on connaît deux côtés et un angle, on trouve le troisième côté et les deux autres angles.
- 129. Si on élève une perpendiculaire sur le plus grand côté d’un triangle, ce côté est à la somme des deux autres comme leur différence est à la différence de segmens du plus grand côté fait par cette perpendiculaire : soit le triangle ABC (fig. 265). Du sommet A abaissez la perpendiculaire A D sur le grand côté B G ; du point A comme centre et prenant pour rayon le petit côté À C, décrivez un cercle! alors, puisque A D est perpendiculaire à la corde C E? on aura E D égal à D G. Conséquemment E B sera 1» différence des portions B G et D C. Ensuite ayant prolongé Je côté B A en F, on reconnaît que A G est égal à A F et aussi à A G, puisque ces trois lignes sontdesrayons du mêin0 cercle; par conséquent, B G est la différence des côtés B A et A C : et comme on a démontré plus haut que B G : B E :: D G : B E, il est clair que puisque B F est égal à B A, plus AC, on aura,
- B C : B A + A C : : B G : B E.
- 150. Trouver les trois angles d’un triangle dont on connaît seulement les trois cotés. Pour trouver les trois angles de triangle A B C ( fig. 2.65 ), on peut faire un triangl® rectangle A B D dont on connaît l’hypoténuse ( 172), et dont on peut connaître le côté B D par l’analogie indiquée àla pro* position qui précède ( 129). Le côté B G, est à la somme de$ côtés B A et A C, comme la différence de B A et A C est h «dje de# gégwens DD et DO; ayqpt déterminé lq ygjcuy &
- p.30 - vue 39/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 31
- ? est la différence des segmens, on connaîtra facilement
- ,e pins grand segment qui est évidemment égal à la moitié de a somme de deux segmens et à la moitié de leur différence, onnaissant l’hypoténuse et le côté B D du triangle A BD, déterminera aisément le côté À D ; enfin, puisque dans le riangle A B D on connaît les trois côtés et l’angle D qui est roit, on trouvera toutaussifacilemeat les deux autres angles Par la même méthode.
- loi. Des démonstrations qui précèdent relativement aux rapports des triangles avec le cercle, il résulte, i° que tout nangle quelconque peut s’inscrire dans un cercle.
- 2(| Que chacun des angles de.tout triangle inscrit dans un ercle a pour mesure la moitié du nombre des degrés com-PUs dans l’arc qui lui est opposé.
- 00 Que dans tout triangle rectangle, le côté opposé à l’an-® . droit, et que l’on nomme hypoténuse {172), est nécessairement le diamètre du cercle dans lequel il est inscrit.
- 4° Que si le triangle inscrit a tous les angles aigus , le cen-re du cercle se trouve placé dans le triangle.
- Mais que si le triangle a un angle obtus, son plus grand ®d-e, qui esttoujours opposé à cet angle, est plus petit que le |diamètre du cercle dans lequel il peut être inscrit, et qu’en conséquence le centre de ce cercle est hors du triangle.
- Quesi, dansun cercle, on prendlacorde d’un arcpour Io côté d’un triangle, tous ceux que l’on pourra inscrire sur cette ase, auront les angles opposés à ce côté égaux entre eux ; ainsi (Pi, 12 f 266), ïacorde A B étant donnée, etiesqua-He triangles A 0 B, A B D, A E B, et A F B étant inscrits, es angles G, D, E, et F opposés à la basse seront égaux.
- ^>2. Ce peu de principes suffit pour faire apprécier l’importance de la trigonométrie, et nous ne les pousserons pas Pms loin, puisque notre collection comprend un traité spécial de géométrie, que l’on pourra consulter lorsqu’on vou-ra connaître les principaux problèmes et corrollaires qui ont l’objet de cette science indispensable à l’architecte et à ’ngénieur qui travaillent en grand sur le terrain, etdont les °porations graphiques doivent toujours être rectifiées par les ^aïeuls trigonométriques.
- p.31 - vue 40/329
-
-
-
- 52
- MANUEL
- § H. Des Figures à quatre côtés.
- 153. Une figure plane à quatre côtés se nomme quadri' latère. Il y en a de plusieurs espèces, savoir : le carré par' fait, qui a ses quatre angles et ses quatre côtés égaux, comme fig. 62, qui sont tous des angles droits ou de 90 degrés.
- 134. Le parallélogramme rectangle ou simplement rec' tangle ou carré long : cette ligure est aussi composée de quatre angles droits, mais ses côtés opposés sont parallèles et égaux entre eux seulement, comme jig. 63.
- 135. La ligne A B qui traverse les figures 62 et 63 d’un angle à l’autre, se nomme ligne diagonale , et partage ces figures en deux parties égales.
- 136. Le rhombe ou losange, commejÆg. 64, a, comme le carré, ses quatre côtés égaux ; mais il a deux angles aigus et deux angles obtus , aussi égaux entre eux.
- 137. Le rhomboïde ou rhombe irrégulier a aussi ses côtés parallèles entre eux ; mais deux côtés sont plus petits ou plus grands que les deux autres, qui sont aussi égaux et parallèles entre eux (fig. 65 ) et les angles opposés sont aussi égaux entre eux.
- 138. Le trapèze n’a que deux de ses quatre côtés parallèles, comme jig. 66.
- 159. Le trapèze rectangle est celui qui a deux angles droits , comme fig. 67.
- 140. Le trapèze isocèle est celui dont les deux côtés opposés sont égaux, tandis que les deux autres sont parallèles et inégaux , comme fig. 63.
- 141. Le trapézoïde n’a ni côtés ni angles égaux, comme
- fié- g9- ,
- 142. Un parallélogramme, quel qu’il soit, est toujours égal à un rhomboïde de même base et de même hauteur, soit le rectangle ABCD [fig. 78 ) de deux toises de large sur trois toises de hauteur, la superficie sera de six toises ; il est évident que le rhomboïde E F B D, qui a même base et même hauteur, est égal à ce rectangle, et a aussi six toises superfè cielles, car le rectangle G D B étant commun aux deux figures , il est constant que le trapèze isocèle E G F D est égal au trapèze rectangle A G G B.
- Si on tire la ligne ponctuée G E, les triangles B A E et P CF seront égaux, puisque le côté A B étant égal à G D à cause des parallèles, les lignes A Ç et B D seront aussi égales par
- p.32 - vue 41/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 33
- ta meme raison ; donc si on ôte de ces triangles le petit trian-g e commun C G E, les restes ACGBetEGDF seront ecessairement égaux entre eux; ainsi le parallélogramme est égal au rhomboïde.
- 143. La surface d’un trapèze est égale au produit de la Oîtie de ses deux bases parallèles, additionnées ensemble
- multipliées par la hauteur.
- g ^ans ta figure 67 on tire la ligne B G, le trapèze A B C I> ob.•r°'\Vera divisé en deux triangles de même hauteur, et on lendra leur surface en multipliant la moitié de la base de acun par la hauteur commune ; ainsi je suppose que le nangle B D G ait vingt pieds de base, et celui BAC douze r eus, total trente-deux pieds, dont la moitié est seize pieds, ^ue je multiplie par la hauteur commune huit, j’ai pour superficie du trapèze A B D G , cent vingt-huit pieds.
- 144. On peut encore prouver cette vérité d’une autre amère : la moitié des deux bases AB et G D est égale à la eyenne proportionnelle E F , qui coupe le trapèze horizon-
- ement en deux parties ; cette proportionnelle aura donc eize pieds, qui, multipliés par la hauteur huit, donnera la ^Uitace du parallélogramme A C G H, que l’on forme en liant la ligne G H parallèle à A G ; or, ce parallélogramme e§al au trapèze à cause de l’égalité des triangles B G F ^nD, dont l’un est en dedans et l’autre en dehors.
- § in. Des Polygones réguliers,
- leUS\ Les polygones prennent différens noms en raison de Urs côtés, savoir : le pentaqone a cinq côtés et cinq angles gaux, comme (fig. 7u ).
- ^46. L’oxigone a six angles et six côtés égaux {fig. 71 ). i L’eptagone, qui a sept angles et sept côtés égaux
- 'fig. 72).
- 1 d’octogone, qui a huit côtés et huit angles égaux
- '‘fig- 73 ).
- 149. L’ennéagone , qui a neuf côtés et neuf angles égaux
- {JlS- 74).
- 1 Le décagone , qui a dix côtés et dix angles égaux 75).
- ( L'endècagone, qui a onze côtés et onze angles égaux
- p.33 - vue 42/329
-
-
-
- 34 MANUEL
- 452. Le dodécagone, qui a douze côtés et douze angle* égaux (fig. 77).
- 153. Tous ces polygones sont inscrits dans un cercle, el tous les angles doivent toucher à la circonférence. Une ligne ou rayon tirée de chacun de ces angles, au centre du cercle dans lequel le polygone est inscrit, forment autant de tria»' gles isocèles égaux entre eux. L’oxigone a cela de particulier que ses lignes de rayons forment avec les côtés, six triangles équilatéraux. (116).
- 154. Tous les angles réunis d’un polygone sont égaux a deux fois autant d’angles droits moins quatre, que le polygone a de côtés. Ainsi, par exemple, l’oxigone (fig. 71] ayant six côtés, si l’on multiplie 180 degrés, valeur de deux angles droits, par 6, nombre des côtés, on aura 1,080; en .retranchantde ces 1,080,36o,valeurde quatre angles droits, Testera 720 degrés, valeur des six angles de l’oxigone, lesquels, divisés par 6, donneront pour chacun des angles touchant à la circonférence, iao degrés; cette opération, adap-tée à tous les polygones réguliers, on trouvera facilement Joutes les sommes de leurs angles.
- 155. Ainsi donc, tous les angles d’un triangle étant égaux h deux droits (121), il en résulte que l’on aura toujours à la suite de cette opération les angles du sommet; car, par exemple, à cet oxigone {fig. 71 ) , il est constant que si on tire des lignes au sommet ou centre, chacune de ces lignes, avec le côté touchant à la circonférence, donnera un angle de 60 degrés, moitié de 120 trouvés tout à l’heure; ces deux angles réunis, formant donc 120 degrés, il en résulte que l’angle au sommet ou centre est de 60 degrés, supplément de 22o pour faire deux angles droits (107).
- 156. Si on prolonge dans le môme sens tous les côtés d’u» polygone quelconque, la somme de tous les angles extérieurs et intérieurs, additionnés ensemble, est égale à deux fois autant d’angles droits que le polygone a de côtés, car à chaque côté prolongé, ii se trouve un angle extérieur et un intérieur qui, joints ensemble, égalent deux angles droits.
- 457. Tous les angles extérieurs d’un polygone , quel que soit le nombre de ses côtés, valent toujours quatre angles droits. Et en effet, tous les angles extérieurs, joints avec les intérieurs, valent deux fois autant d’angles droits que le polygone a de côtés ( 15<3 ), et les intérieurs valent aussi ce même nombre, moins quatre (t54), les extérieurs valent
- p.34 - vue 43/329
-
-
-
- . D’ARCHITECTURE. 55
- uécessairemeni les quatre angles droits qui manquent aux Ultérieurs pour former cette somme.
- 158. Il est donc facile de conclure , d’après ce qui vient d’être dit, que, pour connaître chaque angle d’un polygone régulier, il faut, ayant trouvé la valeur de tous les angles pris ensemble, diviser cette somme par le nombre des côtés , le produit sera la valeur de chaque angle. Par exemple, si le polygone a dix côtés (fig. jb), je sais que tous les angles intérieurs , pris ensemble, valent deux fois dix angles droits moins quatre, c’est-à-dire 16, qui, multipliés par 90 degrés, produisent 1,44»; laquelle somme, divisée par dix, nombre des côtés du décagone, donne 144 degrés pour chaque angle intérieur.
- 159. Connaissant un angle extérieur d’un polygone régulier, quel qu’il soit, on peut déterminer facilement le nom-,re de ses angles ou de ses côtés, car tous les angles extérieurs formant ensemble trois cent soixante degrés ouquatra ugles droits, il est incontestable que si on divise trois cent soixante par le nombre de degrés que contient un des angles extérieurs, le quotient donnera le nombre des angles du polygone. Par exemple, si un angle extérieur a soixante degrés eornm e d ans l’oxigone ( fi g. 71), divisant trois cent soixante Par soixante, le quotient donne 6, d’où je conclus que le po-Agone (fi-g, ji ) a six côtcs ou six angles.
- *60. La surface d’un polygone quelconque est égale an Piodviil du pèrint \'re ou contour ABCDEFGHI ( fuj. |V; Par la moitié de Y apothème L M, qui est une perpendicu-aire abaissée du centre sur un des côtés ; car si du centre di* P°iygone on tire des lignes à tous les angles , comme ici, Lt ? L B , LC, etc., ce polygone se trouvera divisé en au-ant de triangles qu’il y a de côtés; on a vu que la sur->ace d un triangle est égale au produit de sa base multipliée par j'1 m°itié de sa hauteur : ici tous les. triangles sont égaux , et nauteur est la même pour tous; conséquemment si on mul-j'Pue la somme de toutes ces bases réunies, formant ensemble contour du polygone, par la moitié de la ligne perpendi-aire L M, tirée du centre, laquelle exprime la hauteur cnunune des triangles, on aura la surface totale du poly-g°ne ; parexcmple,icije suppose cette base de u p., sijemul-‘P*ie 11 par nombre des côtés de l’ennéagone [fig. 74 ), J aUrai pour produit 99 p., qui, multipliés par 7 p. 70, moi-
- p.35 - vue 44/329
-
-
-
- 36 MANUEL
- lié de i5 p. 2°, hauteur de Yapothème L M, le quotieid
- sera de 7^o p. go^ ou 20 toises 12 p. g° superficiels.
- 161. Toute figure rectiligne irrégulière peut être réduit* en triangle, comme//g. 79, ce qui se fait en tirant de cha' cun de ces angles des lignes droites à toutes les autres ; of> en trouve alors la surface en additionnnant ensemble les su' perfides partielles de tous les triangles que ces lignes pro' duisent.
- § iv. Du Cercle et de l’Ovale, ou Ellipse.
- 162. Le cercle est une ligne courbe dont tous les point* sont également éloignés d’un point ou centre commun P
- (/%• 47)*
- 163. Un cercle peut être considéré comme un polygone ré' •gulier d’une infinité de côtés qui composent la circonférenc* {160), le rayon tient lieu d’une perpendiculaire abaissée di> centre sur un des côtés, ou, en d’autres termes, sur lacircou' férence ; conséquemment la surface d’un cercle, qui est l’eS' pace renfermé dans cette circonférence , est égale au produit de cette circonférence entière par la moitié du rayon ; cett* figure régulière se mesure par le rapport qui existe entre soü diamètreet sa circonférence; et quoique ces rapports ne soieU* par rigoureusement ou mathématiquement exacts, ils se rap prochent néanmoins assez de la vérité pour suffire dans toute* les opérations-pratiques. Or le diamètre est à la circonfé' rence à peu près comme 7 est à 22, c’est-à-dire que la circo»' férence d’un cercle quelconque est trois fois aussi grande qu* son diamètre, plus un septième; ainsi, je .-appose qu’une salW ronde a 17 p. fi°de diamètre, jemultiplie ces 17p. 60par troi* et un septième, et je trouve 55 p., valeur de la circonférence'
- 164. Pour avoir la superficie du parquet ou du carreau d* cette pièce , je n’ai qu’à multiplier 55 p. par 4 P- 4° 6 moitié du rayon, et je trouve pour produit 240 p. 70 6 ! .*= 6 t. i/a 6 p. 70 superficielles.
- 165. On concevra que la circonférence étant trouvée ainsi) si l’on veut mesurer les enduits ou la peinture des murs d* cette pièce, on n’aura qu’à multiplier cette circonférence pa( la hauteur, le produit donnerala superficie que l’on chercha
- 166. Si l’on connaissait la circonférence d’un cercle, qu’un obstacle s’opposât à ce que l’on puisse mesurer le dia' mètre, on obtiendrait néanmoins ce diamètre par la pr°'
- p.36 - vue 45/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 37
- position contraire ; ainsi, au lieu de dire 7 : 22 : : 17 p. 6° ;=
- P-, ou dira 22 : 7 ; : 5i> p. : x = 17 p, 6».
- 167. P°up avoir la surface d’un secteur de cercle, il faut Multiplier l’arc par la moitié du rayon : car tous les secteurs rassemblés DCA, CAB, DA G et GAB (j?g. 56} forment ensemble la totalité du cercle, dont la circonférence serait égalé à tous les arcs ; et puisque tous les rayons d’un cercle sont égaux, conséquemment puisqu’on aurait la surface total© en multipliant toute la .circonférence par la moitié du rayon (1 5 j), on aura la surface partielle en multipliant l’arc contenu, entre les deux rayons par la moitié de ce même rayon.
- 168. Pour connaître la longueur d’un arc, si on sait le nombre de degrés qu’il contient, il faut chercher la circonfé-fence entière et diviser sa valeur par le nombre de fois qu’elle est contenue dans 36o, nombre de degrés de la circonférence entière : en supposant donc cette circonférence être de 60 pieds, et l’arc contenu entre les deux rayons, être de 3o de-
- 36o 60 5
- grés, je dis : ——=12 côtés, ensuite—=—. Je trouve donc
- 3 o j 3 1
- b unités pu 5 pieds pour cette portion de circonférence. Maintenant si je veux avoir la superficie, il faut que je cherche la Proportion inverse de la circonférence au diamètre, dont n°us avons parlé plus haut (166), 22 : 7 : : 60 p. : x =19 p. \° 1 1., un peu plus. Le diamètre d’un cercle qui a 60 p. d© circonférence est donc de 19 p. i° 1 1., dont le quart, qui mit la moitié du rayon, est de 4 p- 9° 5 1., que je multiplie ^r^P-> portion de l’arc du secteur, et j’ai pour superficie
- p. to° 5 1. un peu plus.
- J6&. Si l’on veut connaître la surface d’un segment de cercle, il faut i° chercher le centre de l’arc (258 ) ; a0 for-mer un secteur en tirant deux rayons du centre aux extrémi-tes de l’arc, comme A B et A G ( fig. 56 ) ; 3° chercher la surface du secteur A G E B (ri5) ; 4° et enfin retrancher d© cette surface celle du triangle formée par les deux rayons A B et A G, et par la corde G B, le reste donnera la surface du segment, puisque le triangle et le segment sont contenus dans te secteur. Par exemple, ici, nous supposons que le secteur A " E G a de superficie 206 p. 20, le triangle A B G a 26 p. ue base sur 9p. 6° de hauteur à sa perpendiculaire A F ; ainsi ( ^4 ) il a donc 123 p. 6“ de superficie, que je tranche de
- 4
- p.37 - vue 46/329
-
-
-
- 38
- MANUEL
- a36 p. 20 surface totale du secteur , il me reste 112 p. 8V, égal à la superficie du segment B G E.
- 170. On peut encore obtenir cette superficie en ajoutant à la moitié de la corde B G de 26 p. les deux tiers de la flèche T E qui est de 6 p. 6°, ce qui fera 17 p. 4° que l’on multi-pliera par la hauteur totale de la flèche 6 p. 6°, et on aura pour quotient 112 p. 80 comme ci-dessus.
- 171. Pour mesurer la superficie d’un ellipse, il ne s’agit que d’additionner ensemble les deux sommes du petit axe I) B ( fig. 5<> ) et du grand axe C F; et d’en prendre la moitié; cette moitié est le diamètre d’un cercle qui égale l’ellipse e» superficie; ainsi, je suppose que le grand axe de cette fig. 5o ait 20 p. et le petit axe 12, le total est Ai, dont la moitié est 26 p. ; je prends trois fois et un septième ( 1 63) ce diamètre, et ayant trouvé ainsi la circonférence, je la multiplie par 4 p-» moitié du rayon proportionnel il en est ainsi de toutes les ellipses et de tous les ovales, quelle que soit la dimension et la différence de leurs axes.
- § v. De VHypothénuse.
- 172. Le carré de l’hypothénuse (90) est égal en superficie à la somme des carrés desdeux autres côtés du triangle ; ainsi {fig. 5i) le triangle rectangle ayant d’un côté de l’angle droit
- 3o p., son carré A B E D est de............ 900 p.
- le deuxième côté, ayant 20 p., le carré
- B C G F est de
- Total
- 173. Ainsi donc le carré A C I H de l’hypothénuse A C aura en superficie i,3oo p., dont laracine carrée est de 36 p. o° 2 1., conséquemment l’hypothénuse a 36 p. o° 2 1. de longueur.
- 174. Ainsi, un carré formé sur la diagonale d’un autre carré, estdoubledu premier, puisque cette diagonale devient hypothènuse des deux triangles BAG et CD B qui partagent le carré A B C D (fig. 80) ; donc le carré ayant 10 p. de chaque côté aura de surface 100 p. ; il est évident alors que I0 carré B G E F de l’hypothénuse B G produira 4oo p. de superficie. .
- *75. De deux carrés (fig. Bj); si i’wB est inscrit au ççrcle,
- p.38 - vue 47/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 39
- comme À R C D, et l’autre circonscrit, comme E F G H, le premier a toujours le double de la superficie du second , ce qu’d est facile de concevoir, puisque chacun des côtés du carré circonscrit est égal au diamètre du cercle qui sert de diagonale E G au carré inscrit, et par conséquent hypothé-®use aux deux triangles qu’il forme.
- ARTICLE IV.
- Des Solides.
- l’if». On donne le nom générique de solide à tout ce qui a tr°is dimensions, longueur, largeur et hauteur.
- 1”1. Il y a des solides composés, ou, en d’autres termes, terminés par des plans ou surfaces planes, tels que le prisme, la pyramide, les polyèdres; et d’autres par des surfaces courbes, comme le cylindre, le cône, la sphère, etc.
- 118. Nous allons indiquer successivement les diverses espèces de solides, et nous donnerons ensuite la manière de connaître leur surface et leur solidité.
- 119. On appelle chercher la solidité d’un corps, calculer combien de fois un autre solide de petite dimension, comme * P- i° ou i centimètre cubique, est contenu dans le corps dont on cherche la solidité.
- . 180. Toutes ces opérations sont, ainsi que les précédentes, tndispensables pour le toisé des travaux de bâti mens, et notamment pour ceux de la maçonnerie.
- § i. Des Polyèdres réguliera.
- 181. Un polyèdre régulier est un corps terminé par un plus ou moins grand nombre de faces parfaitement sembla-"les entre elles; on n’en connaît que cinq, savoir :
- . t Le tétraèdre, qui se compose de quatre triangles équilatéraux (pi. 6, fig. 82); la fig. 83 est le même polyèdre développé.
- 2° L'exaèdre, dont les quatre faces sont six carrés égaux. \ftg- 84) ; la fig, 85 est l’exaèdre développé.
- 3° L'octaèdre, terminé par huit triangles équilatéraux 1%. 86) ; la fig. 87 présente le développement du même polyèdre.
- p.39 - vue 48/329
-
-
-
- 40 MANUEL
- 4° Le dodécaèdre, qui se termine par douze pentagones (fis;- 88 ) ; la fig. 89 est le développement du dodécaèdre.
- 5o Et enfin Yicosaèdre, qui se termine par vingt triangles équilatéraux [fig- 9°) > et fig' 91 est l’icosaèdre développé.
- 182. On a vu ( i24-25-6n) comment se mesurent les sur-ces d’un triangle, d’un carré et d’un pentagone ; ainsi on pourra obtenir, par les opérations indiquées, fies surfaces des cinq polyèdres dont nous venons de donner la description; par exemple, je suppose que le tétraèdre, Y octaèdre et l’ico-saèdre soient terminés chacun par des angles équilatéraux , dont lescôtésont 20° et dont la perpendiculaire aplomb aurait l-.o 6 1., il est évident que chacun de ces triangles aurait 170° carrés ou 1 p. 2° 7 1. superficiels; ainsi le tétraèdre aurait de surface en totalité 4 P- re° 4 1. ; l’octraèdre 9 p. 80 8 L, et enfin l’icosaèdre 24 P- 3° 8 1.
- 183. Pour Yexaèdre ou cube parfait, supposons un piédestal ou socle de 3 p. sur toutes les faces, il en résultera que chacune des faées ayant 0 p. carrés, le socle aura en totalité 54 p- ou 1 toise l de superficie.
- 184. Quant au dodécaèdre, nous supposons que chacun des côtés des douze pantagones, qui le terminent, a îoo, nous divisons ( 160) chacun de ces pentagones par cinq triangles égaux, en tirant des lignes de chaque angle au centre, nous abaissons une perpendiculaire sur l’un de ses côtés, laquelle a 6° 10 1. de hauteur ; chacun des triangles formé ainsi, aura donc 34°2 1. de superficie, lesquels multipliés par 5, nombre des triangles de chaque face, nous donnent 170° m L, et ce dernier produit, multipliéà son tour par 12, nombre descôtés du dodécaèdre , nous donnera 1 (>5o carrés , égal à 14 p-2 p. 10 L, pour la superficie totale que nous cherchons.
- 185. Pour trouver la solidité de chacun de ces polyèdres, on les divisera en autant de pyramides, dont le sommet sera au centre, l’une des faces étant prise pour base commune de toutes les pyramides ( 199,200). Quant au carré ,1a mesure d’une face sert pour toutes ; ainsi, par exemple, le cube supposé précédemment de trois pieds sur toutes faces aura , comme on sait, 9 p. superficiels, qui, multipliés par sa hauteur 3, donneront 27 p. cubiques.
- 186. II y a aussi des polyèdres irréguliers, tel qu’on en voit, par exemple, dans les minéraux , qui affectent toute*
- p.40 - vue 49/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 41
- sortes de formes ; ü ne s’agit pour les mesurer que de connaître la superficie de chacune de leurs faces, ainsi qu’il a ®te dit ci-dessus ( 184 ), et les additionner ensemble ,• pour ur solidité on les divisera en pyramides ou en cônes , ainsi 9ue le solide le comportera, en supposant un centre com-à tous les sommets, dont les bases formeront les faces ûe ces corps solides.
- § n. Des Prismes.
- Le prisme est un corps dont les deux bases sont des P01ygones égaux et parallèles; il est par conséquent d’égale bCosseur dans toute sa longueur ; s’il est régulier, chacune de Ses taces présente des parallélogrammes égaux; les lignes où Se rencontrent deux faces se nomment les arêtes.
- ^88. Le prisme prend le nom de la figure de sa base : ainsi appelle prisme triangulaire celui dont la base est un langle, comme fig. 92. Prisme quadrangulaire celui 0nt la base a quatre faces, comme fig. g3. Prisme exago-celui dont la base est un oxygone , comme fig. 90 , et ainsi de suite.
- ne ’ ^ • ^0Ur °Ltenir la superficie de ces figures cubiques, il (jes a§rtque d’additionner ensemble la superficie de chacun esparallélogrammes qui forme leurs faces, et d’y ajouter la ou 1 • 1C*6 ^eurs bases , comme il a été dit ci-dessus (160), Jicn encore, ajouter à ces bases le pourtour de ces pris-s Pris ensemble, et multipliés par leur hauteur. Ainsi, par ^ etnple, si prisme triangulaire [fig. 921 était élevé sur n triangle équilatéral, dont les côtés auraient 20 pouces, ous yerrjons qUe chacun de ces triangles aurait 176°
- ^.rres, ci, pour les deux bases...........* . 35o“
- ç ®ous supposons que ce prisme a 3o° de hauteur, ^multipliant ces 3o° par 60 total des.trois côtés,
- nous
- aurons
- .800
- Ce qui fera. . . 2,15o°
- total de la superficie sera donc de 2,i5o° carrés, égal à M p. xi° 2 1.
- 190. Si nous voulons maintenant trouver le cube, nous Multiplierons la base 175° par la hauteur 3o ; viendra 5/ioo° cubiques^ ou 3 p. o° 5 1. 6 points.
- 191. Il en est ainsi de tous les prismes, de quelque nature
- 4,
- p.41 - vue 50/329
-
-
-
- 42 MANUEL
- qu’ils soient; et quelque soit aussi la nature de leurs faces, il faudra toujours, pour avoir leurs superficies, connaître d’abord celle de leurs bases, ensuite pourtourner ensemble tout tes leurs faces et les multiplier par la hauteur, et enfin joindre les deux produits ensemble.
- 192. Pour obtenir leurs cubes, il faut d’abord connaître la superficie de l’une des bases, et multiplier le produit par la hauteur. Si le produit est en pieds et pouces, ou en centimètres cubiques, on en tirera les unités supérieures comme toise cube, pied cube ou mètre cube, par les opérations qu’on trouvera dans le Manuel d’Arithmétique, qui fait partie de cette collection. Nous avons dit, au surplus, au commencement de ce chapitre, que nous supposions que nos lecteurs savaient l’arithmétique.
- 195. Un prisme peut être tronqué ou coupé obliquement, comme Qq, dont une des arêtes est suposée avoir 3 p., l’autre i p. 6b, la troisième 4 P-, et la quatrième 4 P- 6°. 11 suffira, pour voir la superficie du pourtour de cette figure, d’ajouter ensemble la largeur de quatre faces; viendra : i p. -f- i p. -f- i p. 6° -j- î p. 6° = 5 p.
- On réunira ensuite les quatre hauteurs, dont on prendra le quart :
- i5
- 5 p. -j— 3 p. 6° -}- 4 p. 4 p. 6° = — 3 p. 90
- 4
- Ainsi la hauteur moyenne est de 3 p. 90 qui, multipliés par 5 p., donneront 18 p. 90 superficiels.
- § in. Des Pyramides.
- 194. La pyramide est un solide terminé par un triangle, un carré, un polygone ou toute figure rectiligne, régulière ou irrégulière, qui lui sert de base, et dont tous les côtés sont réunis dans un seul point plus ou moins élevé de cette base, qu’on appelle le sommet de la pyramide.
- 195. La pyramide prend, ainsi que le prisme, le nom de sa base; ainsi, la fig. 96 est une pyramide triangulaire 1 parce que c’est un triangle qui en est la base ; la fig. 97 e?^ une pyramide quadrangulaire, parce que c’est un carré q1'1 en est la base; la fig. 98 est une pyramide pentagonale’ parce que c’est un pentagone qui en est la base, et ainsi d# suite.
- p.42 - vue 51/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 43
- 196. La surface de tous les côtés d’une pyramide droite ®®t égale au produit du pourtour de la base, par la moitié de la hauteur de la ligne perpendiculaire ou apothème A B ( fig. 97 ), abaissée du sommet de la pyramide sur un des cétés de la base, ce qui est évident puisque la pyramide est terminée dans son contour par des triangles de même hauteur dont toutes les bases réunies composent ce contour.
- 197. Ainsi, je suppose que la pyramide quadrangulaire {fig- 97) a 3 p. de chaque côté de sa base, et que l’àpothê-Bae A B a 6 p. 2°, je dis :
- 6 p„ 2a
- 3X4=!2X————37 pieds.
- 2
- Ainsi la superficie de ces quatre côtés est de 1 t. 1 p^
- 198. Nous ferons observer qu’il faut toujours, pour obtenir la Surface d’une pyramide, se servir de l’apothème et non, d une ligne d’angle comme AD, A E, etc., qui serait trop longue, ni de la ligne d’axe AG (^.97) qui serait trop courte.
- 199. Une pyramide, quel que soit le nombre de ses cô-tes, a pour cube le tièrs d’un prisme de même base et de btènae hauteur ; ainsi, si l’on suppose un instant que la py-4®Uiide AEFGD {fig. 97) est un prisme quadrangulaire , ~EFG, HIK.L, qui a 3 p. de base sur toute face et 6 p. de hauteur, on aura :
- 3X3=9X6=54.
- Ainsi le cube de ce prisme sera de 54 p. dont le tiers est de
- p.
- 200. Ou autrement il faut multiplier la superficie de la base de la pyramide D E F G par une ligne perpendiculaire. A C abaissée de son sommet sur cette, base, laquelle a 6 p., brème fig. 97, ainsi nous aurons
- &
- 3 X 3—9X*—pieds.
- 3
- ^lême produit que ci-dessus.
- 201. Si une pyramide était tronquée, comme fig. 99, ou en calcule la solidité entière, et l’on déduit, par le même Procédé, la partie enlevée ou supprimée; si cette troncatur» otait faite obliquement, comme CD {fig. 96, 96 et 99) , nn prendrait toujours la hauteur perpendiculaire du milieu Jnsqu’à la buse, ce qui donnerait une hauteur réduite»
- p.43 - vue 52/329
-
-
-
- 44 MANUEL
- § iv. Du Cylindre.
- 202. Un cylindre est un solide élevé parallèlement entre deux cercles égaux (fig. 100).
- 203. On peut considérer un cylindre droit comme un prisme d’une infinité de côtés ; c’est pourquoi sa surface, sans y comprendre les bases, est égale au produit du contour d’une de ces bases par sa hauteur.
- 204. Ainsi, supposons le cylindre (/zg. io ) la partie inférieure du fût d’une colonne de i mèt. 35 c. de diamètre pris à ses deux bases A B et C D , ce diamètre , multiplié par 3 et 1, donnera 4 , 18 de circonférence, qui, multipliés par 3 mètres de hauteur, donneront, en superficie, 12 mèt.
- cent.
- 203. La solidité d’un cylindre se trouvé en multipliant la superficie de sa base (i64)'par sa hauteur ; nous avons vu que ce cylindre {fig. mo), avait 1 mèt. 33 c. de diamètre, et par conséquent 4, 18 de circonférence; cette circonférence, par la moitié du rayon, nous donnera *
- i,33
- ----X4>i8=t,39
- 4
- pour la superficie de la base , lequel produit 1,39 multiplié par 3 mèt., la hauteur du cylindre donnera l\ mèt. 17 c. cubes.
- 206. Nous alternons ainsi les exemples en anciennes et nouvelles mesures, afin de familiariser nos lecteurs avec les différens genre de calcul.
- 207. Si le Cylindre était coupé obliquement, il faudrait prendre la hauteur au point G, qui serait la moyenne proportionnelle entre la hauteur C H, que je suppose ici être de 1 mèt. 20 c., et la hauteur D I, que je suppose être de 4n«y mnsi la moyenne proportionnelle G F sera 1 mèt. 80 c. , qui, multipliée par la superficie de sa base, 1 mèt. 39 c. , donnera pour le cube de cette dernière portion du cylindre, a mèt. 5o c.
- § v. Du Cône.
- 208. Un cône est un corps solide, dont la base est un cercle, et dont la grosseur ya toujours en diminuant et en ligne
- p.44 - vue 53/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 45
- droite, jusqu’à ce qu’elle se termine à un point commun À (Ag. 101 ) qu’on appelle sommet du cône.
- 209. Le cône droit {fig. >01 ) peut aussi être considéré comme une pyramide d’une infinité de côtés; sa surface, non compris sa base, est égale au produit du pourtour de cette base, par la moitié d’un de ses côtés ou apothème A B ou A G, llgne abaissée perpendiculairement du sommet sur la signe fi1*1 termine la base; ainsi, supposant que ce cône ait la baeme base que le cylindre (fig. i« o) et par conséquent f\ baet. 18 c. de circonférence, si la hauteur de l’apothème est de 3 mètres, nous aurons
- 3
- . 4,i8X—
- 2
- pour la superficie du cône, moins sa base.
- 210. Pour avoir la superficie d’un cône qui serait tronqué droit (fig. 102 ), c’est-à-dire dont les deux bases seraient Parallèles, il faut multiplier un de ses côtés comme A B, par j® bioitié de la somme des circonférences réunies des deux bases, puisque cette surface peut être considérée comme un trapèze, dont les deux bases seraient égaies aux circonférences des deux bases du cône tronqué , et qu’on a la sur-jace d’un trapèze en multipliant sa hauteur par la moitié de *a somme des deux bases ( ujd )
- 211. Également la surface d’un cône tronqué est le produit d on de ses côtés comme A B, multiplié par une base moyen-be E F prise au milieu de la hauteur.
- 212. Si un cône ou une pyramide étaient tronqués ou cou» P®s sur un plan oblique C D, comme .//g. 9^, 9^ > 99 et 102> J® superficie se trouverait, en additionnant ensemble le côté :f Plus bas et le côté le plus haut ; on en prend la moitié que
- °n multiplie par le pourtour aussi réduit, des deux bases additionnées ensemble.
- Si.un cône avait pour base un ovale ou un spéreïde, on conçoit qu’il ne s’agirait que de faire les mêmes opérations que *;elles décrites ci-dessus pour en trouver la surface ; il fautait seulement, pour obtenir le pourtour et la superficie des bases, prendre la moyenne proportionnelle des deux axes ( 171 ).
- 215. On peut considérer le cône comme une pyramide dont la base serait un polygone d’une infinité de côtés, conséquemment la solidité d’un cône est le tiers de celle d’uncy-
- p.45 - vue 54/329
-
-
-
- 46 MANUEL
- lindrc de même base et de même hauteur (196); ainsi, suppo* sons que le cône ( fig. 101 ) ait 3 met. 00 c. de hauteur et
- 33 c. de diamètre à sa base, comme le cylindre {fig. 100), cette base aurait donc 1 mèt. 3g c. de superficie, qui, multipliée par 3 mètres, hauteur du cône, donnerait 4 mèt. 17 c. cubes (2of), dont le tiers est 1 mèt. 3g c. ; on peut, ce qui est la même chose, multiplier la base par le tiers de sa hauteur
- 3
- 1,39 X —= 1;39*
- 3
- 214. Lorsqu’un cône, un prisme ou une pyramide sont inclinés, comme fig. io3, on obtient la superficie en prenant pour hauteur la moyenne proportionnelle entre le petit côté A B, et le côté le plus long A C ; le reste de l’opération se fait comme si ces figures étaient droites (169).
- 215. Ainsi que le cylindre, il suffira, pour en avoir lecube ou solidité, de faire tomber une perpendiculaire A D sur la ligne de base ; ce sera la hauteur de ces figures inclinées, le surplus de l’opér^ion est parfaitement le même (190).
- § vi. De la Sphère.
- 216. La sphère est un solide terminé de tous côtés par une surface dont tous les points sont également distans d’un centre commun A [fig. io4) , c’est ce qu’on appelle vulgairement une boule.
- 217. On appelle secteur sphérique, une portion de sphère qui serait engendrée par un secteur de cercle , dont la base serait au centre de la sphère et qui tournerait autour d’un rayon , ce serait enfin une espèce de cône dont la base serait convexe comme la portion B {fig. 104 ).
- 218. On appelle segment sphérique, une portion de sphère formée par la surface et par un plan droit qui couperait la sphère comme C, même figure.
- 219. Si cette sphère était coupée en deux parties égales, sur un plan qui traverserait le centre A, chaque portion ne serait ni un segment ni un secteur, mais bien une demi-' sphère.
- 220. La surface d’une sphère est égale au produit delacir-
- p.46 - vue 55/329
-
-
-
- d’architecture. 47
- Conférence de son plus grand cercle, prise sur l’axe D B par son diamètre, ou, en d’autres termes, cette surface est égale 0 <a surface convexe d’un cylindre circonscrit F G II I ; car, d une manière ou de l’autre, on obtient le même quotient en Multipliant la circonférence du grand cercle de la sphère par ®J*u diamètre, ou le pourtour du cylindre par sa hauteur. Exemple : la sphère ( fig.-i*'4 ) a 2 p. n° de diamètre à son plus grand cercle D E, la circonférence sera donc de g p. 20 qUi multipliée par le diamètre 2 p. 11°, donneront 36 P- Êoxui.de surface.
- 221. Si maintenant nous voulons mesurer la surface du cy-Mdre F G H I circonscrit à cette sphère, comme ce cylindre ÔUra infailliblement g p. 2*> de circonférence, puisqu’il touche Partout la sphère à son axe, laquelle circonférence, multipliée P^r 2 p. 1 qui est aussi la hauteur de la sphère, il viendra llecessairement le même produit que ci-dessus, puisque le Multiplicateur et le multiplicande n’ont pas changé.
- 222. La surface d’une sphère est aussi quadruple de celle un de ses plus grands cercles; car cette surface, comme on
- jUentde le voir, est égale au produit de la circonférence par ® diamètre ; au lieu que la surface d’un cercle est égale au Produit de la circonférence par la moitié du rayon ou quart Qu diamètre.
- 225. Pour obtenir la surface d’un segment ou d’une sec-°a de la sphère comprise entre deux cercles parallèles, <;°Mme L ( fig. 104 ), il faut multiplier la circonférence d’un ®s grands cercles de la sphère parla partie du diamètre com-Prtse dans ce segment ou portion de la sphère.
- 224. Quant au secteur B, puisqu’on peut le considérer c°tnrne cône, on sait comment en obtenir la surperficie et le jMbe ( 20g, 213 ), en prenant une hauteur réduite à cause de a base convexe".
- 225. Pour avoir la superficie d’une portion de sphère C, 0,1 multiplie aussi le grand diamètre de la sphère par la plus §rande hauteur de la portion proposée, on a alors un rec-angle que l’on multiplie de nouveau par 3 et V7, le résultat est la surface que l’on cherche.
- 226. Nous venons de voir comment on peut connaître la sM’face d’une sphère. Pour en avoir la solidité, il faut multi-Puer cette surface par le tiers du rayon ou le sixième de son
- p.47 - vue 56/329
-
-
-
- 48 MANUEL
- diamètre ; ainsi donc la sphère [fig. io4) ayant 26 p. 8° 10 1
- de superficie , on dira :
- 2 p. 11°
- 26 p. 8° 10 1. X — '---—1 = i3 p. peu moins.
- 6
- 227. La solidité de cette sphère est aussi égale A cell{ d’une pyramide ou d’un cône qui aurait ^our hauteur lfi rayon de cette mêm*e sphère , et une base égale en superficie à'la surface de la sphère (199) ; car
- 2p. 11°
- -----X 26 p. 8° 10 1. = 39 p. peu moins ;
- 39p.
- et-------= i3 p.
- 3
- Elle est aussi les deux tiers de la solidité du cylindre circons' crit (200) ; ainsi, pour trouver la superficie de la base du même cylindre [fig. io/j), je dis :
- 2 p. j i°
- 9 p. 20 X .........—1— = 6 p. 8° 51. superficie
- 4
- de cette hase ; ensuite, pour trouver la solidité , je dis :
- 6 p. 8° 51. X 2 p. n° = 19 p. 5°
- 29 p. 5°
- Or,.............. 6 p. 5° 81.
- 3
- et 6 p. 5° 8 1. X 2 = i3 p. peu moins.
- Total égal à celui ci-dessus.
- 228. La solidité d’un secteur sphérique B ( fig. 104 ) es1 égale au produit de la portion de la surface qui lui sert dÉ base , par le tiers du rayon, puisqu’on peut le considéré comme un cône dont cette portion de surfaée serait la bas«:
- 229. Quant au segment G , comme il y a toujours unc portion du secteur, il faut achever ce secteur par la pensée en chercher la solidité, comme nous avons dit ci-dessus, retrancher ensuite le cône à plan droit, qui se trouve depu1' la base de ce segment jusqu’au centre de la sphère ; ce qul restera sera nécessairement la solidité du segment que l’0" cherche.
- 230. En général tous les autres solides, réguliers ou irx®'
- p.48 - vue 57/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 49
- gulîers, se peuvent mesurer delà même manière que les pré-cedens, eu les décomposant en prismes ou en pyramides.
- 231. De tout ce qui vient d’être dit, il résulte les rapports survans entre les solides ; savoir :'si deux solides de la même esPece , comme deux prismes, deux cylindres, etc., ont les memes bases, leur solidité seracomme.leur hauteur; et, s’ils ont même hauteur, la solidité sera comme les bases ou comme les carrés d’une des dimensions de leurs bases.
- 252. La sphère est au cylindre circonscrit comme deux est à trois, c’est-à-dire qu’elle en est les deux tiers, puisque nous avons vu qu’on a la solidité d’un cylindre en multipliant sa base par sa hauteur.
- 233. La base d’un cylindre circonscrit est égale à la surface d’un des grands cercles de la sphère qui passe par le centre , ce qui donne la solidité d’un cylindre circonscrit égal au produit du grand cercle de la sphère par la hauteur du cylindre , ou , ce qui est la même chose , par le diamètre de la sphère ; d’ailleurs la solidité de la sphère est égale au produit de sa surface par le tiers du rayon ; et cette surface étant Quadruple de celle d’un ces grands cercles, il faut en conjure que la solidité de la sphère est égale au produit de quatre fois un de ces grands cercles par le tiers du rayon , ou , Ce qui est la même chose, au produit d’un de ces grands cer-oles par quatre fois le tiers du rayon ou les deux tiers du diamètre ; donc puisque celle du cylindre se mesure par tout le uiamètre,’il s’ensuit nécessairement que la sphère est les deux tiers du cylindre.
- § vu. De ta Sphéroïde.
- 254. La sphéroïde est, ainsi que lg sphère , les deux tiers uu cylindre A B G D qui lui est circonscrit, c’est-à-dire qui a pour diamètre le petit axe E F, et pour hauteur le grand axe S H (fil}' i<>5 ). La sphéroïde est aussi quadruple d’un cône E G F, dont la base aurait pour diamètre le petit axe E F, pour hauteur la moitié du grand axe G H.
- 255. Nous nous sommes un peu étendu sur ces démonstrations, parce que toutes les formes de l’architecture affectent toujours quelques figures géométriques et que ces développe-*?ens étaient indispensables pour les opérations du toisé ; car Sl l’on veut, par exemple , obtenir la superficie d’une coupole sphérique ou d’un dôme, soit pour en toiser la taille du
- 5
- p.49 - vue 58/329
-
-
-
- SO MANUEL
- parement en pierre, soit la peinture , si cette coupole a la hauteur du rayon ou demi-diamètre , on sera convaincu que sa surface est celle d’une demi-sphère ; il faut donc savoir calculer la surface de cette sphère , et prendre la moitié de ce résultat pour la superficie de cette coupole.
- 236. Si maintenant cette coupole est percée par le haut d’une lanterne ou rachetée par des lunettes, il faudra savoir déduire , sur la superficie, les portions de sphère qu’elles représentent.
- 237. Si ce dôme est une sphéroïde, c’est-à-dire si la montée est plus haute que le demi-diamètre, il faudra aussi savoir quelle est la superficie de cette demi-sphéroïde.
- 258. Si l’on a des colonnes à toiser, la colonne représentant un cylindre, il faut savoir trouver la surface et la solidité de celte figure pour se rendre compte du cube de pierre en œuvre et des tailles circulaires du parement ; enfin on a continuellement besoin de faire ces applications, soit dans le dessin, soit dans la pratique.
- Extraction des Racines.
- 259. Une racine est une quantité qui, multipliée par elle-même une ou plusieurs fois , donne un produit qui se nomme puissance ; la première puissance d’un nombre quelconque est ce nombre lui-même et n’a point de racine ; ainsi 6 est la première puissance du nombre 6. La seconde puissance, qui se nomme racine carrée, est un nombre multiplié une fois par lui-même, ainsi le nombre 6 étant multiplié par lui-même donne 36, qui est la racine carrée de6, ce qui produit une superficie ou surface. La troisième puissance , que l’on nomme cube ou racine cubique, est produite par un nombre multiplié deux fois par lui-même ; ainsi le même nombre 6 multiplié par 6 donne, comme on a vu ci-dessus, 36, lequel produit multiplié dé nouveau par le même nombre 6, donne 216 pour rqcine cubique.
- 240. On élève aussi tous les nombres quelconques à la quatrième, cinquième puissance, etc.Mais ces calculs ne sont employés que dans les hautes mathématiques, voilà pourquoi nous n’en parlerons pas ici.
- 241. La décomposition des nombres se nomme extraction des racines.
- p.50 - vue 59/329
-
-
-
- 51
- D’ARCHITECTURE.
- § t. Extraction de la Racine carrée.
- 242. L’extraction de la racine carrée des nombres simples est extrêmement facile, et les premières notions de l’arithmé-Uque suffisent, car tout le monde trouvera, sans mettre la toam à la plume, que la racine carrée de i6 est 4, puisque 4 fois 4 font 16, que celle de 4g est 7, celle 81, g , et ainsi de suite; mais pour les nombres complexes il faut employer le calcul pour aider à l’opération.
- 245. Le nombre donné étant de trois chiffres ou d’un plus grand’nombre, il faut partager ce nombre donné en D'anches de deux chiffres chacune , en commençant par la droite, la première tranche à gauche pouvant n’avoir qu’un seul chiffre.
- 244. Il est à remarquer ,
- r° Que la racine a toujours autant de chiffres qu’il y a de tranches dans le nombre donné ;
- 20 Qu’une racine carrée , composée d’un seul chiffre , a P°ur carré 1 chiffre au moins et 2 au plus ;
- 3° Si elle a 2 chiffres, elle a toujours pour carré 3 chiffres au moins, jamais plus de 4 ;
- 7 Si elle a 3 chiffres , son carré est de 5 chiffres an hïoins, jamais plus de 6;
- Si elle a 4 chiffres, son carré est de 7 chiffres au moins et jamais plus de 8, et ainsi à l’infini, en augmentant tou-jours de 2 en 2 ;
- 6° Si l’on jette un coup-d’œil sur les tables qui suivent, on verra que parmi les nombres simples il en est peu qui 8_°ient susceptibles de donner des tracés parfa ts. On appelle ^cornmensurables les nombres qui, multipliés par eux-^êmes, laissent un reste.
- 245. Si nous cherchons, par exemple la racine carrée ^64, ce carré renfermant 4 chiffres ou 2 tranches, la racine aura 2 chiffres.
- p.51 - vue 60/329
-
-
-
- 52 'MANUEL
- 246. Nous écrirons le nombre 8,464 en deux tranches ,
- comme on le voit ici :
- 84,64 92
- 3>64 182 2
- 364
- Nous tirons une ligne sous ce nombre , que nous coupons par une perpendiculaire , ainsi qu’on le fait pour les divisions ordinaires ; nous cherchons le plus grand carré contenu dans la première tranche à gauche 84, nous aurons 81, dont la racine est 9 ; nous écrivons cette racine au quotient ; nous soustrayons ce carré 81 du nombre 84, il nous reste 8, que nous écrivons au-dessous, et nous descendons la dernière tranche à côté, ce qui fait 364 ; nous doublons la racine 9 et nous portons i8 au-dessous de cette racine ; nous séparons ensuite par un point les deux chiffres du deuxième membre du carré du dernier 4> vient 36, et nous disons en 36 com" bien de fois 18 ? il y est deux fois, que nous posons à la racine et à la suite du chilfre 9 , puis à côté de 18, ce qui fait 182 , que nous multiplions par 2, second terme du quotient, vie«' dra36ï, égal au deuxième membre du carré ; cette égalité dans les deux nombres prouve que le nombre 92 est la racine carrée très-exacte et sans reste du nombre donné 8,464.
- 247. Nous donnons ici une table des racines carrées et cubiques, depuis 1 jusqu’à 1,000, ces tables ayant l’avantage de résoudre toutes les questions de cette nature , sans avoir recours aux calculs ; nous nous dispensons d’entrer à cet égard dans des détails qui deviendraient d’autant plus insignifiant qu’on trouvera ces opérations très-détaillées dans le Manue* de Géométrie, qui fait partie de cette Encyclopédie.
- p.52 - vue 61/329
-
-
-
- INES
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17
- 18
- 19
- 20
- 21
- 22
- 23
- 24
- 25
- 26
- 27
- 28
- 29
- 50
- D’ARCHITECTURE,
- 55
- DES RACINES CARRÉES ET CUBIQUES DEPUIS 1 JUSQU’A 1000. *
- CARRÉS.
- 1
- 4
- 9
- 16
- 25
- 36
- 49
- 64
- 81
- 1 00
- 1 21 1 44 1 69
- 1 96
- 2 25
- 2 56
- 2 89
- 3 24
- 3 61
- 4 00
- 4 41
- 4 84
- 5 29
- 5 76
- 6 25
- 6 76
- 7 29
- 7 84
- 8 41
- 9 00
- CUBES.
- 1
- 8
- 27
- 64
- 125
- 216
- 343
- 512
- 729
- 1 000
- 1 531
- 1 728
- 2 197
- 2 744
- 3 375
- 4 096
- 4 913
- 5 852
- 6 859
- 8 000
- 9 261
- 10 648
- 12 167
- 15 824
- 15 625
- 17 576
- 19 683
- 21 952
- 24 389
- 27 000
- 5-
- p.53 - vue 62/329
-
-
-
- 31
- 32
- 33
- 3-4
- 35
- 36
- 37
- 38
- 39
- 40
- 41
- 42
- 43
- 44
- 45
- 46
- 47
- 48
- 49
- 50
- 51
- 52
- 53
- 54
- 55
- 56
- 57
- 58
- 59
- 60
- 61
- 62
- 63
- 64
- 65
- MANUEL
- ARRÉS. CURES.
- 9 61 29 791
- 10 24 32 768
- 10 89 35 93.7
- 11 56 29 304
- 12 25 42 875
- 12 96 46 656
- 13 69 50 653
- 14 64 54 872
- 15 21 59 319
- 16 00 64 000
- 16 81 68 921
- 17 64 74 088
- 18 49 79 507
- 19 36 85 184
- 20 25 91 125
- 21 16 97 336
- 22 09 103 823
- 23 04 110 572
- 24 01 117 649
- 25 00 125 000
- 26 01 132 651
- 27 04 140 608
- 28 09 148 877
- 29 16 157 464
- 30 25 166 375
- 31 36 175 616
- 32 49 185 193
- 33 64 195 112
- 34 81 205 379
- 36 00 216 000
- 37 21 226 981
- 38 44 238 328
- 39 69 250 047
- 40 96 261 144
- 42 25 274 625
- p.54 - vue 63/329
-
-
-
- 66
- 67
- 68
- 69
- 70
- 71
- 72
- 73
- 74
- 75
- 76
- 77
- 78
- 79
- 80
- 81
- 82
- 83
- 84
- 85
- 86
- 87
- 88
- 89
- 90
- 91
- 92
- 93
- 94
- 95
- 96
- 97
- 98
- 99
- 100
- d’architecture.
- 55
- CARRÉS. CUBES.
- 43 56 287 .496
- 44 89 300 703
- 46 24 314 432
- 47 61 328 509
- 49 00 343 000
- 50 41 357 911
- 51 84 573 248
- 53 29 589 017
- 54 76 405 224
- 56 25 421 875
- 57 76 438 976
- 59 29 456 553
- 60 84 ’ 474 552
- 62 41 * 493 059
- 64 00 512 000
- 65 61 531 441
- 67 24 551 368
- 68 89 571 787
- 70 56 592 704
- 72' 25 614 125
- 73 96 636 056
- 75 69 658 503
- 77 44 681 472
- 79 21 704 669
- 81 00 729 000
- 82 81 753 571
- 84 64 778 688
- 86 49 804 357
- 88 36 830 584
- 90 25 857 575
- 92 16 884 756
- 94 09 912 673
- 96 04 « 941 192
- 98 01 970 296
- 1 00 00 4 000 ooo
- p.55 - vue 64/329
-
-
-
- MANUEL
- 56
- RACINES. CARRÉS. CURES.
- 101 1 02 01 ' 1 030 301
- 102 1 04 04 1 061 208
- 103 1 06 09 1 092 727
- 104 1 08 16 1 124 864
- 105 1 10 25 1 157 625
- 106 1 12 56 1 192 016
- 107 1 14 49 1 225 045
- 108 1 16 64 1 259 712
- 109 1 18 81 . 1 295 029
- 110 1 21 00 1 331 000
- 111 1 23 21 367 651
- 112 1 25 44 1* 404 928
- 113 1 27 69 1 442 807
- 114 1 29 96 1 481 544
- 115 1 32 25 1 520 875
- 116 1 34 56 1 560 896
- 117 1 56 89 1 601 613
- 118 1 39 24 1 643 032
- 119 1 41 61 1 685 159
- 120 1 44 00 1 728 000
- 121 1 46 41 1 771 561
- 122 1 48 84 1 815 848
- 123 1 51 29 1 860 867
- 124 1 53 76 1 906 624
- 125 1 56 25 1 953 125
- 126 1 58 76 2 000 376
- 127 1 61 29 2 048 385
- 128 1 63 84 2 097 152
- 129 1 66 41 O 146 689
- 130 1 69 00 2 197 000
- 131 1 71 61 2 248 091
- 132 1 74 24 2 299 968
- 433 1 76 89 2 352 637
- 134 1 79 56 2 406 104
- 135 * 82 25 2 460 57 L
- p.56 - vue 65/329
-
-
-
- B’ARCHITECTURE.
- 57
- RACINES. CARRÉS. CUBES.
- 456 1 84 96 2 515 456
- 157 1 87 69 2 571 555
- 158 1 90 44 2 628 072
- 159 1 95 21 2 685 619
- 140 1 96 00 2 744 000
- 141 1 98 81 2 803 221
- 142 2 01 64 2 865 288
- 145 2 04 49 2 924 207
- 144 2 07 56 2 985 984
- 145 2 10 25 5 048 625
- 146 2 15 16 5 112 136
- 147 2 16 09 * 5 176 523
- 148 2 49 04 5 241 792
- 149 2 22 01 5 507 949
- 150 2 25 00 3 575 000
- 151 2 28 01 3 442 951
- 152 2 51 04 5 511 808
- 155 2 54 09 5 581 577
- 154 2 57 16 3 652 264
- 155 2 40 25 5 725. 875
- 156 2 45 56 3 796 416
- 157 2 46 49 5 869 893
- 158 2 49 64 5 944 312
- 159 2 52 81 4 019 679
- 160 2 56 00 4 096 000
- 161 2 59 21 4 173 281
- 162 2 62 44 4 251 .528
- 165 2 65 69 4 530 747
- 164 2 68 96 4* 410 944
- 165 2 72 25 4 492 155
- 166 2 75 56 4 574 296
- 167 2 78 89 4 657 465
- 168 2 82 24 4 741 632
- 169 2 85 61 4 826 809
- 170 2 89 00 4 913 000
- p.57 - vue 66/329
-
-
-
- 58
- MANUEL
- RACINES. CARRÉS. CUBES.
- 171 2 92 41 5 000 2.11
- 172 2 95 84 5 088 448
- 173 2 99 29 5 177 717
- 174 3 02 76 5 268 024
- 175 3 06 25 5 359 375
- 176 3 09 76 5 451 776
- 177 3 13 29 5 545 253
- 178 v 3 16 84 5 659 752
- 179 3 20 41 ' 5 755 559
- 180 5 24 00 5 832 000
- 181 5 27 61 5 929 741
- 182 J5 31 24 6 028 568
- 183 3 34 89 6 128 487
- 184 • 3 38 56 6 229 504
- 185 3 42 25 6 331 625
- 186 3 45 96 6 434 856
- 187 3 49 69 • 6 539 203
- 188 3 55 44 6 544 672
- 489 3 57 21 6 751 269
- 190. 3 61 00 6 859 000
- 191 3 64 81 6 967 871
- 192 5 68 64 7 077 888.
- 193 % 72 49 7 189 057
- 194 3 76 56 7 301 384
- 195 3 80 25 7 414 875
- 496 O 84 16 7 529 536
- 49J 3 88 09 7 645 375
- 198 3 92 04 7 762 592
- 199 3 96 01 7 880 599
- 200 4 00 00 8 000 000
- 201 4 04 01 8 120 601
- 202 4 08 04 8 242 483
- 203 4 12 09 8 365 428
- 204 4 16 16 8 489 664
- 205 4 20 25 8 615 125
- p.58 - vue 67/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 59
- RACINES. CARRES. CUBES.
- 206 4 24 56 8 741 816
- 207 4 28 49 8 869 743
- 208 4 32 64 8 998 912
- 209 4 56 81 9 129 329
- 210 4 41 00 9 261 000
- 211 4 45 21 9 393 931
- 212 4 49 44 9 528 128
- 215 4 55 69 9 663 597
- 214 4 57 96 9 800 544
- 215 4 62 25 9 938 575
- 216’ 4 66 56 10 077 696
- 217 4 70 89 10 218 313
- 218 4 75 24 10 360 252
- 219 4 79 61 10 505 459
- 220 4 84 00 10 648 000
- 221 4 88 41 10 793 861
- 222 4 92 84 10 941 048
- 223 4 97 29 11 089 567
- 224 5 01 76 11 239 424
- 225 5 06 25 11 390 625
- 226 5 10 76 11 545 176
- 227 5 15 29 11 697 083
- 228 5 19 84 11 852 552
- 229 5 24 41 12 008 989
- 230 5 29 00 12 167 000
- 231 5 33 61 12 326 391
- 252 5 38 24 12 487 168
- 233 5 42 89 12 649 537
- 234 5 47 56 12 812 924
- 235 5 52 25 12 977 875
- 236 5 56 96 15 144 256
- 237 5 61 69 13 512 053
- 258 5 65 44 13 481 272
- 239 5 71 21 15 651 919
- 240 5 76 00 13 824 0 00
- p.59 - vue 68/329
-
-
-
- €0
- MANUEL
- RACINES. CARRÉS. CUBES.
- 241 5 i 80 81 13 997 521
- 242 5 85 64 14 172 488
- 243 5 90 49 14 348 907
- 244 5 95 36 14 526 784
- 245 6 00 25 14 706 125
- 246 6 05 16 14 886 936
- 24 7 6 10 09 15 069 223
- 248 6 15 04 • 15 252 992
- 249 6 20 01 15 438 249
- 250 6 25 00 15 625 000
- 251 6 30 01 15 813 251
- 252 6 35 04. 16 003 008
- 253 6 40 09 16 194 277
- 254 6 45 16 16 387 064
- 255 6 50 25 16 581 375
- 256 6 55 36 16 777 216
- 257 6 60 49 16 974 593
- 258 6 65 64 17 173 512
- 259 6 70 81 17 373 979
- 260 6 76 00 17 576 000
- 261 6 81 21 17 779 581
- 262 6 86 44 17 984 728
- 263 6 91 69 18 191 447
- 264 6 96 96 18 399 744:
- 265 7 02 25 .18 609 625
- 266 7 07 56 18 821 096
- 267 7 12 89 19 034 163
- 268 7 18 24 19 248 832
- 269 7 23- 61 19 465 109
- 270 7 29 00 19 683 000
- 271 7 34 41 19 902 511
- 272 7 39 84 20 123 648
- 273 7 45 29 20 346 417
- 274 7 60 76 ' 20 570 824
- 275 7 56 25 20 796 875
- p.60 - vue 69/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 61
- racines. CARRÉS. CUBES.
- 276 7 61 76 21 024 576
- 2 77 7 67 29 21 253 933
- 2 78 7 72 84 21 484 952
- 279 7 78 41 21 717 639
- 280 7 84 00 ’ 21 952 000
- 281 7 89 61 22 188 041
- 282 7 95 24 22 425 768
- 283 8 00 89 22 665 187
- 284 8 06 56 22 906 304
- 285 8 12 25 23 149 125
- 286 8 17 96 23 393 656
- 287 8 23 66 23 639 903
- 288 8 29 44 23 887 872
- 289 8 35 21 24 137 569
- 290 8 41 00 24 389 000 .
- 291 8 46 81 24 642 171
- 292 8 52 64 24 897 088
- 293 8 58 49 25 153 757
- 294 8 64 36 25 412 184
- 295 8 70 25 25 672 375
- 296 8 76 16 25 934 336 ,
- 297 8 82 09 26 198 073
- 298 8 88 04 26 463 592
- 299 8 94 01 26 730 899
- 300 9 00 00 27 000 000
- 301 9 06 01 27 270 901
- 302 9 12 04 27 543 608
- 303 9 18 09 ' 27 818 127
- 304 9 24 16 28 094 464
- 305 9 30 25 28 372 625
- 306 9 36 36 28 652 616
- 307 9 42 49 28 934 443
- 308 9 48 64 29 218 112
- 309 9 54 81 29 503 629
- 310 9 61 00 29 791 000 K
- p.61 - vue 70/329
-
-
-
- 62
- MANUEL
- racines. carrés. CUBES.
- 311 9 67 21 30 080 231
- 312 9 73 44 30 371 328
- 313 9 79 69 30 664 297
- 314 9 85 96 30 959 144
- 315 9 92 25 31 255 875
- 316 9 98 56 31 554 496
- 317 10 04 89 31 855 013
- 318 10 11 24 32 157 432
- 319 10 17 61 32 461 759
- 320 10 24 00 32 768 000
- 321 10 30 41 33 076 161
- 322 10 36 84 33 386 248
- 323 10 43 29 33 698 267
- 324 10 49 76 ' 34 012 224
- . 325 10 56 25 34 328 125
- 326 10 62 76 34 645 976
- 327 10 69 29 34 965 783
- 328 10 75 84 35 287 552
- 329 10 82 41 35 611 289
- 330 10 89 00 35 937 000
- 331 10 95 61 36 264 691
- 332 11 02 24 36 594 368
- 333 11 08 89 36 926 037
- 334 11 15 56 37 259 704
- 335 11 22 25 37 595 375
- 336 11 28 96 37 933 056
- 337 11 35 69 38 272 753
- 338 11 42 44 38 614 472
- 339 11 49 21 38 958 219
- 340 11 56 00 39 304 000
- 341 11 62 81 39 651 821
- 342 11 69 64 * 40 001 688
- 343 11 76 49 * 40 353 607
- 344 . 11 83 36 40 707 584
- 345 11 90 25 41 063 625
- p.62 - vue 71/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 65
- RACINES. CARRÉS. CUBES.
- 346 11 97 16 41 421 736
- 347 12 04 09 41 781 923
- 348 12 11 04 42 144 192
- 349 12 18 01 42 508 549
- 350 12 25 00 42 875. 000
- 351 12 32 01 43 243 551
- 352 12 39 04 43 614 208
- 353 12 46 09 43 986 977
- 354 12 53 16 • 44 361 864
- 355 12 60 25 44 738 875
- 356 12 67 36 45 118 016
- 357 12 74 49 45 499 293
- 358 12 81 64 45 , 882 712
- 359 12 88 81 46 268 279
- 360 12 96 00 46 656 000
- 361 13 03 21 47 045 881
- 362 13 .10 44 47 437 928
- 363 13 17 69 * 47 832 147
- 364 13 24 96 48 228 544
- 365 13 32 ' 25 48- 627 125
- 366 13 39 56 49 027* 896
- 367 13 46 89 49 430 863
- 368 13 54 24 49 836 032
- 369 13 61 61 50 243 409
- 370 13 .69 00 50 653 000
- 371 13 76 41 51 064 811
- 372 13 83 84 51 478 848
- 373 13 91 29 51 895 117
- 374 13 98 76 52 313 624
- 375 14 06 25 52 734 375
- 376 14 13 76 53 157 376
- 377 14 21 29 53 582 633
- 378 14 28 84 54 010 152
- 379 14 36 41 54 439 939
- 380 14 44 00 54 872 000
- p.63 - vue 72/329
-
-
-
- 581
- 582
- 585
- 584
- 585
- 586
- 587
- 588
- 389
- 590
- 591
- 392
- 393
- 394
- 395
- 596
- 397
- 398
- 399
- 400
- 401
- 402
- 403
- 404
- 405
- 406
- 407
- 408
- 409
- 410
- 411
- 412
- 415
- 41A
- MANUEL
- CARRÉS.
- CUBES.
- 14 51 61 55 306 341
- 14 59 24 55 742 968
- 14 66 89 56 181 887
- 14 74 56 56 623 104
- 14 82 25 57 066 625
- 14 89 96 57 512 456
- 14 97 69 57 960 603
- l!j 05 44 58 411 072
- 15 13 21 58 865 869
- 15 21 00 59 319 000
- 15 28 81 59 776 471
- 15 36 64 ' 60 236 288
- 15 44 49 60 698 457
- 15 52 36 61 162 984
- 15 60 25 61 629 875
- 15 68 16 62 099 136
- 15 76 09 62 570 773
- 15 84 04 63 044 792
- 15 92 01 • 63 521 199
- 16 00 00 64 000 000
- 16 08 01 64 481 201
- 16 16 04 64 964 808
- 16 24 09 65 450 827
- 16 32 16 65 939 264
- 16 40 25 66 430 125
- 16 48 36 66 923 416
- 16 56 49 67 419 143
- 16 64 64 67 917 312
- 16 72 81 68 417 929
- 16 81 00 • 68 921 000
- 16 89 21 69 426 531
- 16 97 44 69 934 528
- 17 05 69 70 444 997
- 17 15 96 70 957 944
- 17 22 25 71 473 375
- p.64 - vue 73/329
-
-
-
- 416
- 417
- 418
- 419
- 420
- 421
- 422
- 423
- 424
- 423
- 426
- 427
- 428
- 429
- 430
- 431
- 432
- 433
- 434
- 455
- 436
- 457
- 438
- 459
- 440
- 441
- 442
- 443
- 444
- 445
- 446
- 447
- 448
- 449
- D’ARCHITECTURE. 65
- CARRÉS. CUBES.
- 17 30 56 71 991 296
- 17 38 89 72 511 713
- 17 47 24 73 034 632
- 47 55 61 73 560 059
- 17 64 00 74 088 000
- 17 72 41 74 618 461
- 17 80 84 75 151 448
- 17 89 29 75 686 967
- 17 97 76 76 225 024
- 18 06 25 76 765 625
- 18 14 76 77 308 776
- 18 23 29 77 ,854 483
- 18 31 84 78 402 752
- 18 40 41 78 953 589
- 18 49 00 79 507 000
- 18 57 61 80 062 991
- 18 66 24 80 621 568
- 18 74 89 81 182 737
- 18 83 56 81 .746 504
- 18 92 23 82 312 875
- 19 00 96 82 881 856
- 19 09 66 83 453 453
- 19 18 44 84 027 672
- 19 27 21 84 604 519
- 19 36 00 85 184 000
- 19 44 81 85 766 121
- 19 5o 64 86 350 888
- 19 62 49 86 938 307
- 19 71 36 87 528 384
- 19 80 25 88 121 125
- 19 89 16 88 716 536
- 19 98 09. 89 314 623
- 20 07 04 89 915 392
- 20 16 01 90 518 849
- 20 25 00 91 125 000
- p.65 - vue 74/329
-
-
-
- 66
- MANUEL
- racines. CARRÉS. CUBES,
- 451 20 34 01 91 733 851
- 452 20 43 04 92 345 408
- 453 20 52 09 92 959 677
- 454 20 61 16 93 576 664
- 455 20 70 25 94 196 375
- ' 456 20 79 36 94 818 818
- 457 20 88 49 95 443 993
- 458 20 97 64 96 071 912
- 459 21 06 81 96 702 579
- 460 21 16 00 97 336 000
- 461 21 25 21 97 972 181
- 462 21 34 44 98 611 128
- 463 21 43 69 99 252 847
- 464 21 52 96 99 897 344
- 465 21 62 25: 100 544: 625
- 466 21 71 56 101 194 696
- 467 21 80 89 101 847 563
- 468 21 90 24 102 503 232
- 469 470 21 22 99 09 61 00 103 103- 161 823 709 000
- 471 ' 22 18 41 104 487 111
- 472 22 27 84 105 154 048
- . 473 22 37 26 105 823 817
- 474 22 46 76 106 496 424
- 475 22 56 25 107 171 875
- 476 22 65 76 107 850 176
- 477 22 75 2$ 108 531 333
- 478 22 84 84 109 215 352
- 479 22 94 41 109 902 239
- 480 23 04 00 , 110 592 QOO
- 481 23 13 61 111 284 641
- 482 23 23 24 111 980 168
- 483 23 32 89 112 678 587
- 484 23 42 56 113 379 904
- 485 23 52 25 114 084 125
- p.66 - vue 75/329
-
-
-
- 486
- 487
- 488
- 489
- 490
- 491
- 492
- 493
- 494
- 495
- 496
- 497
- 498
- 499
- 500
- 501
- 502
- 503
- 504
- 505
- 506
- 507
- 508
- 509
- 510
- 511
- 512
- 513
- 514
- 515
- 516
- 517
- 518
- 519
- 520
- D’ARCHITECTURE
- 67
- CARRÉS.
- CUBES.
- 23 61 96 114 791 256
- 23 71 69 115 501 303
- 23 81 44 116 214 272
- 23 91 21 116 930 169
- 24 01 00 417 649 000
- 24 10 81 118 370 771
- 24 20 64 119 095 488
- 24 30 49 119 823 157
- 24 40 36 120 553 784
- 24 50 25 121 287 375
- 24 60 16 122 023 936
- 24 70 09 122 763 473
- 24 80 04 123 505 992
- 24 90 01 124 251 499
- 25 00 00 125. 000 000
- 25 10 01 125 751 501
- 25 20 04 126 506 008.
- 25 30 09 127 263 527
- 25 40 16 128 024 064
- 25 50 25 428 787 625
- 25 60 36 429. 554 216
- 25 70 49 130 323 843
- 25 80 64 431 096 512
- 25 90 81 131 872 229
- 26 01 00 ' 132 651 000
- 26 11 21 433 432 831
- 26 21 44 134 .217 728,
- 26 31 69 135 005 697
- 26 41 96 135 796 744
- 26 52 25 136 590 875
- 26 62 56 137 388 096
- 26 72 89 138 188 413
- 26 83 24 438 991 832
- 26 93 61 139 798 359
- 27 n 00 140 608 000
- p.67 - vue 76/329
-
-
-
- 523
- 524
- 525
- 526
- 527
- 528
- 529
- 530
- 531
- 532
- 535
- 534
- 555
- 536
- 537
- 538
- 539
- 540
- 541
- 542
- 543
- 544
- 545
- 546
- 547
- 548
- 549
- 550
- 551
- 552
- 553
- 554
- 555
- MANUEL
- carrés.
- CUBES.
- 27 14 41 141 420 761
- 27 24 84 142 236 648
- 27 35 29 143 055 667
- 27 45 76 143 877 824
- 27 56 25 144 703 125
- 27 66 76 145 531 576
- 27 77 29 146 363 183
- 27 87 84 147 197 952
- 27 98 41 158 035 889
- 28 09 00 148 877 000
- 28 19 61 149 721 291
- 28 30 24 150 568 768
- 28 40 89 151 419 437
- 28 51 56 152 273 304
- 28 62 25 153 130 375
- 28 72 96 153 990 556
- 28 83 69 154 854 153
- 28 94 44 155 720 872
- 29 05 21 156 590 819
- 29 16 00 157 464 000
- 29 26 81 158 340 421
- 29 37 64 159 220 088
- 29 48 49 160 103 007
- 29 59 36 160 989 184
- 29 70 25 161 878 625
- 29 81 16 162 771 336
- 29 92 09 163 667 323
- 30 02 04 164 566 592
- 30 14 01 165 469 149
- 30 25 00 166 375 000
- 30 36 01 167 284 151
- 30 47 04 168 196 608
- 30 58 09 469 112 377
- 30 69 16 170 031 464
- 30 80 25 170 953 875
- p.68 - vue 77/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 69
- racines. CARRÉS. CURES.
- 556 30 91 36 171 879 616
- 557 31 02 49 172 808 693
- 558 31 13 64 173 741 112
- 559 31 24 81 174 676 879
- • 560 31 36 00 475 616 000
- 561 31 47 21 176 558 481
- 562 31 58 44 177 504 328
- 563 31 69 69 178 453 547
- 564 31 80 96 179 406 144
- 565 31 92 25 180 362 125
- 566 , 32 03 56 181 321 496
- 567 32 14 89 182 284 263
- 568 32 26 24 183 250 432
- 569 32 37 61 184 220 009
- 570 32 49 00 . 185 193 000
- 571 32 60 41 186 169 411
- 572 32 71 84 187 149 248
- 573 32 83 29 488 132 517
- •574 32 94 76 189 119 224
- 575 33 06 25 190 109 375
- 576 33 17 76 191 102 976
- 577 33 29 29 192 100 033
- 578 33 40 84 193 100 552
- 579 33 52 41 194 104 539
- 580 33 64 00 195 112 000
- 581 33 75 61 196 122 941
- 582 33 87 24 197 137 368
- 583 33 98 89 198 155 287
- 584 34 10 56 199 176 704
- 585 34 22 25 200 201 625
- 586 34 33 96 201 ‘230 056
- 587 34 45 69 202 262 003
- 588 34 57 44 203 297 472
- 589 34 69 21 204 336 469
- 590 34 81 00 205 379 000 '
- p.69 - vue 78/329
-
-
-
- 592
- 593
- 594
- 595
- 596
- 597
- 593
- 599
- 600
- 601
- 602
- 603
- 604
- 605
- 606
- 607
- 603
- 609
- 610
- 611
- 612
- 613
- 614
- 615
- 616
- 617
- 618
- 619
- 620
- 621
- 622
- 623
- 624
- MANUEL
- carrés.
- CUBES.
- 34 92 81 206 425 071
- 35 04 64 207 474 688
- 35 16 49 208 527 857
- 35 28 36 209 584 584
- 35 40 25 210 644 875
- 35 52 16 211 708 736
- 35 64 09 212 776 173
- 35 76 04 213 847 192
- 35 88 01 214 921 799
- 36 00 09 216 000 000
- 36 12 01 217 081 801
- 36 24. 04 218 167 208
- 36 36 09 219 25.6 227
- 36 48 16 220 348 864
- 36 60 25 221 445 125
- 36 72 36 222 545 016
- 36 84 49 223 618 543
- 36 96 64 224 755 712
- 37 08 81 225 866 529
- 37 21 00 226 981 000
- 37 33 21 228 099 131
- 37 45 44 229 220 928
- 37 57 69 230 346 397
- 37 69 96 231 475 544
- 37 82 25 232 608 375
- 37 94 56 233 744 896
- 38 06 89 234 885 413
- 38 19 24 236 029 032
- 38 31 61 237 176 657
- 38 14 00 238 328 000
- 38 56 41 239 483 061
- 38 68 84 240 641 848
- 38 81 29 241 804 367
- 38 93 76 242 970 624
- 39 06 25 244 140 625
- p.70 - vue 79/329
-
-
-
- 626
- 627
- 628
- 629
- 630
- 651
- 632
- 633
- 634
- 633
- 636
- 657
- 638
- 639
- 640
- 641
- 642
- 645
- 644
- 643
- 646
- 647
- 648
- 649
- 650
- 651
- 652
- 653
- 654
- 655
- 656
- 657
- 658
- 659
- D’ARCHITECTURE,
- 71
- CARRÉS.
- CUBES.
- 59 18 76 245 514 376
- 39 31 29 . 246 491 883
- 59 43 84 247 673 152
- 39 56 41 248 858 189
- 39 69 00 250 047 000
- 39 81 61 251 239 591
- 39 94 24 252 435 968
- 40 06 89 253 656 15T
- 40 19 56 254 840 104
- 40 32 25 256 047 875
- 40 44 96 257 259 456
- 40 57 69 258 474 855
- 40 70 44 259. 694 072
- 40 83 21 260 917 119
- 40 96 00 262 144 000
- 41 08 81 263 574 721
- 41 21 64 264 609 288
- 41 34 49 265 847 707
- 41 47 36 267 089 984
- 41 60 25 268 556 125
- 41 73 16 269 586 136
- 41 86 09 270 840 023
- 41 99 04 272 097 792
- 42 12 01 273 359 449
- 42 25 00 274 625 000
- 42 38 01 275 894 451
- 42 51 04 277 167 808
- 42 64 09 278 445 077
- 42 77 16 279 726 264
- 42 90 25 281 011 575
- 43 03 36 282 300 416
- 43 16 49 283 593 595
- 43 29 64 284 890 312
- 43 42 81 286 191 179
- 45 56 00 287 496 000
- p.71 - vue 80/329
-
-
-
- *72
- MANUEL
- RACINES. CARRÉS CUBES.
- 661 43 69 21 288 804 781
- 662 43 82 44 290 117 528
- 665 43 95 69 291 434 247
- 664 44 08 96 292 754 944
- 665 44 22 25 ' 294 079 625
- 666 , 44 35 56 295 408 296
- 667 44 48 89 296 740 963
- 668 44. 62 24 298 077 652
- 669 44 75 61 299 418 309
- 670 44 89 00 300 763 000
- 671 45 02 41 302 111 711
- 672 45 15 84 303 464 448
- 673 45 29 29 304 821 217
- 674 45 42 76 306 182 024
- 675 45 56 25 307 546 875
- 676 45 69 76 308 915 776
- 677 45 85 29 310 288 733
- 678 45 96 84 311 665 752
- 679 46 10 41 313 046 839
- 680 46 24 00 314 432 000
- 681 46 37 61 315 821 241
- 682 46 51 24 317 214 568
- 683 46 64 89 318 611 987
- 684 46 78 56 320 013 504
- 685 46 92 25 321 419 125
- èse 47 05 96 322 828 856
- 687 47 19 69 524 242 703
- 688 47 33 44 325 660 672
- 689 47 47 21 327 082 769
- 690 47 61 00 328 509 000
- 691 47 74 81 329 939 371
- 692 47 88 64 331 573 888
- 693 48 02 49 332 812 557
- 694 48 16 36 531 255 384
- 695 48 30 25 • 555 702 375
- p.72 - vue 81/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 73
- RACINES. CARRÉS. CURES.
- 696 48 44 16 537 . 153 536
- 697 48 58 09 558 608 873
- 698 48 72 04 34Q 068 592
- 699 48 88 01 341 532 099
- 700 49 00 00 543 000 000
- 701 49 14 01 344 472 101
- 702 49 •28 04 345 948 408
- 703 49 42 09 347 428 927
- 704, 49 56 16 348 913 664
- 705 49 70 25 550 402 625
- 706 49 84 36 351 895 818
- 707 49 98 49 353 393 243
- 708 50 12 64 554 894 912
- 709 50 26 81 356 470 829
- 710 50 41 ÔO * 357 911 000
- 711 50 55 21% 359 425 431 _
- 712 50 69 44 560 944 128
- 713 50 83 69 562 467 097
- 714 50 97 96 563 994. 544
- 715 51 12 25 565 525 875
- 716 51 26 56 567 061 698
- 717 51 40 89 568 601 813
- 718 51 55 24 370 146 232
- 719 51 69 61 571 694 959
- 720 51 84 08 575 248 000
- 721 51 98 41 374 805 361
- 722 52 12 84 576 567 048
- 723 52 27 29 577 933 007
- 724 52 41 76 579 503 424
- 725 . 52 56 55 581 078 125
- 726 52 70 76 582 657 176
- 727 52 85 29 384 240 583
- 728 52 99 84 385 828 552
- 729 53 14 41 387 420 489
- 730 53 29 00 589 817 0 00
- p.73 - vue 82/329
-
-
-
- 74
- MANUEL
- RACINES. CARRÉS. CUBES.
- 731 53 43 61 390 617 891
- 732 53 58 24 392 223 168
- 733 53 72 89 393 832 837
- 734 53 87 56 395 446 904
- 735 54 02 25 397 065 375
- 736 54 16 96 398 688 256
- 737 54 31 69 • 400 315 553
- 738 54 46 44 401 947 272
- 739 54 61 21 403 583 419
- 740 54 76 00 405 224 000
- 741 54 90 81 406 869 021
- 742 55 05 64 408 518 488
- 743 55 20 49 410 172 407
- 744 55 35 36 411 830 784
- 745 55 *50 25 413 493 625
- 746 55 65 -46 415 160 936
- 747 55 80 09 416 832 723
- 748 55 95 04 418 508 992
- 749 56 10 01 420 189 749
- 750 56 25 00 421 875 000
- 751 56 40 01 423 564 751
- 752 56 55 04 425 259 008
- 753 56 70 09 426 957 777
- 754 56 85 16 428 661 064
- 755 57 00 25 430 368 875
- 756 57 15 36 432 081 216
- 757 57 30 49 433 798 093
- 758 57 45 64 435 519 512
- 759' 57 60 81 437 245 479
- 760 57 76 00 438 976 000
- 761 57 91 21 440 711 081
- 762 58 06 44 442 450 728
- 763 58 21 69 444 194 947
- 764 58 36 96 445 943 -744
- 765 , 58 52 25 447 697 135
- p.74 - vue 83/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE,
- 75
- RACINES. CARRÉS. CUBES.
- 766 58 67 56 449 455 096
- 767 58 82 89 451 217 663
- 768 58 98 24 452 984 832
- 769 59 13 61 454 756 609
- 770 59 29 00 456 533 000
- 771 59 44 41 458 314 011
- 772 59 59 84 460 099 648
- 773 59 7o 29 461 889 917
- 774 - 59 90 76 . 463 684 824
- 775 60 06 25 465 484 375
- 776 60 21 76 467 288 576
- 777 60 37 29 469 097 433
- 778 60 52 84 470 910 952
- 779 60 68 41 472 729 159
- 780 60 84 00 474 552 000
- 781 60 99 61 476 379 541
- 782 61 15 24 478 211 768
- 783 61 30 89 480 048 687
- 784 61 46 56 481 890 504
- 785 61 62 25 483 736 625
- 786 61 77 96 .85 587 656
- 787 61 93 69 487 443 403
- 788 62 09 44 489 •503 872
- 789 62 25 21 1 491 169 069
- 790 62 41 00 493 059 000
- 791 62 56 81 494 913 671
- 792 62 72 64 496 793 088
- 793 62 88 49 498 677 257
- 794 63 04 56 500 566 184
- 795 63 20 25 502 459 875
- 796 63 36 16 504 358 336
- 797 63 52 09 506 261 573
- 798 63 68 04 508 169 592
- 799 63 84 01 510 082 599
- 800 64 00 00 512 000 000
- p.75 - vue 84/329
-
-
-
- 801
- 802
- 803
- 804
- 805
- 806
- 807
- 808
- 809
- 810
- 811
- 812
- 813
- 814
- 815
- 816
- 817
- 818
- 819
- 820
- 821
- 822
- 823
- 824
- 825
- 826
- 827
- 828
- 829
- 830
- 831
- 832
- 833
- 834
- 835
- MANUEL
- carrés.
- CUBES.
- 64 16 01 515 922 401
- 64 32 04 515 849 608
- 64 48 09 517 781 627
- 64 64 16 519 718 464
- 64 80 25 521 660 125
- 64 96 56 523 606 616
- 65 12 49 525 557 943
- 65 28 64 527 514 112
- 65 44 81 529 '475 129
- 65 61 00 531 441 000
- 65 77 21 533 411 731
- 65 93 44 535 387 328
- 66 09 69 537 567 797
- 66 25 96 539 353 144
- 66 42 25 541 343 575
- 66 58 56 543 338 496
- 66 74 89 545 558 513
- 66 91 24 547 •343 432
- 67 07 61 549 353 259
- 67 24 00 551 368 000
- 67 40 41 553 387 661
- 67 56 84 555 412 248
- 67 73 29 557 441 767
- 67 89 76 559 476 224
- 68 06 25 561 515 625
- 68 22 76 563 559 976
- 68 59 29 565 699 283
- 68 55 84 567 663 552
- 68 72 41 569 722 789
- 68 89 00 571 787 000
- 69 05 61 573 856 191
- 69 22 24 575 930 568
- 69 58 89 578 009 557
- 69 55 56 580 095 704
- 69 72 25 582 182 875
- p.76 - vue 85/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- Ï1
- racines. CARRÉS. CUBES.
- 836 69 88 96 584 277 056
- 837 70 05 69 586 376 253
- 838 70 22 44 588 480 472
- 839 70 39 21 590 589 719
- 840 70 56 00 592 704 000
- 841 70 72 81 594 823 321
- 842 70 89 64 596 947 688
- 843 71 06 49 599 . 077 107
- 844 71 23 36 601 211 584
- 845 71 40 25 603 351 125
- 846 71 57 16 605 495 736
- 847 71 74 09 '607 645 423
- 848 71 91 04 60 9 800 192
- 849 72 08 01 611 960 049
- 850 72 25 00 614 125 000
- 854 72 42 01 616 295 051
- 852 72 59 04 618 470 208
- 853 72 76 09 620 650 4 77
- 854 72 93 16 622 835 864
- 855 73 10 25 625 026 375
- 856 73 27 36 627 222 016
- 857 73 44 49 629 422 793
- 858 73 61 64 631 628 712
- 859 73 78 81 633 839 779
- 860 73 96 00 636 056 000
- 861 74 13 21 638 277 381
- 862 74 30 44 640 503 928
- 863 74 47 69 642 735 647
- 864 74 64 96 644 972 544
- 865 • 74 82' 25 647 214 625
- €66 74 99 56 649 461 896
- 867 75 16 89 651 714 363
- 868 75 34 24 653 972 032
- 869 75 51 61 656 234 909
- 870 75 69 00 658 503 000
- p.77 - vue 86/329
-
-
-
- 78
- MANUEL
- RACINES. carrés. CUBES.
- 871 75 86 41 660 776 311
- 872 76 03 84 663 054 848
- 873 76 21 29 665 338 617
- 874 76 38 76 667 627 624
- 875 76 56 25 669 921 875
- 876 76 73 76 672 221 376
- 877 76 91 29 674 526 133
- 878 77 08 84 676 836 152
- 879 77 26 41 679 151 439
- 880 77 44 00 681 472 000
- 881 77 61 61 683 797 841
- 882 77 79 24 686 128 968
- 883 77 96 89 688 465 387
- 884 78 14 56 690 807 104
- 885 78 32 25 693 154 125
- 886 78 49 96 695 506 456
- 887 78 67 69 697 864 103
- 888 78 95 44 700 227 072
- 889 79 03 21 702 595 369
- 890 79 21 00 704 969 OOO
- 891 79 38 81 707 347 971
- 892 79 56 64 709 732 288
- 893 79 74 49 712 121 957
- 894 79 92 36 714 516 984
- 895 80 10 25 716 917 375
- 896 80 28 16 719 323 136
- 897 80 46 09 721 734 273
- 898 80 64 04 724 150 792
- 899 80 82 01 726 572 699
- 900 81 00 00 729 000 01)0
- 901 81 18 01 731 432 701
- 902 81 36 04 733 870 808
- 903 * 81 54 09 736 314 327
- 904 81 72 16 738 763 264
- 905 81 90 25 741 217 625
- p.78 - vue 87/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE.
- 19
- racines. CARRÉS. CUBES. «
- 906 82 08 36 743 677 416
- 907 82 26 49 746 142 643
- 908 82 44 64 748 613 312
- 909 82 62 81 751 089 429
- 910 82 81 00 753 571 000
- 911 82 99 21 756 058 031
- 912 83 17 44 758 550 528
- 913 83 35 69 761 048 497
- 914 83 53 96 763 551 944
- 915 83 72 25 766 060 875
- 916 83 90 56 768 575 296
- 917 84 08 89 771 09.5 213
- 918 84 27 24 • 773 620 632
- 919 84 45 61 776 151 559
- 920 84 64 00 778 688 000
- 921 84 82 41 781 229 961
- 922 85 00 84 783 777 448
- 923 85 19 29 786 330 467
- 924 85 37 76 788 889 023
- 925 85 56 25 791 453 125
- 926 927 85 85 73 93 76 29 794 796 022 597 776 983
- 928 86 12 84 799 178 752
- 929 86 30 41 801 765 089
- 930 86 49 00 804 357 000
- 931 86 67 61 806 954 491
- 932 86 86 24 809 55 7 568
- 933 87 04 89 812 166 237
- 934 87 23 56 814 780 504
- 935 87 42 25 . 817 400 375
- 936 87 60 96 820 025 856
- 937 87 79 69 822 656 953
- 938 87 98 44 825 293 672
- 939 88 17 21 827 936 019
- 940 88 36 00 830 584 000
- p.79 - vue 88/329
-
-
-
- 941
- 942
- 943
- 944
- 945
- 946
- 947
- 948
- 949
- 950
- 951
- 952
- 953
- 954
- 955
- 956
- 957
- 958
- 959
- 960
- 961
- 962
- 963
- 964
- 965
- 966
- 967
- 968
- 969
- 970
- 971
- 972
- 973
- 974
- 975
- MANUEL
- CARRÉS.
- CUBES.
- 88 54 81 833 237 621
- 88 73 64 835 896 888
- 88 92 49 858 561 807
- 89 11 36 841 232 384
- 89 30 25 843 908 625
- 89 49 46 816 590 536
- 89 68 09 849 278- 123
- 89 87 04 851 971 392
- 90 06 01 854 670 349
- 90 25 00 857 375 000
- 90 44 01 860 085 351
- 90 63 04 862 801 408
- 90 82 09 865 523 177
- 91 01 16 868 250 664
- 91 20 25 870 983 875
- 91 39 36 873 722 816
- 91 58 49 876 467 493
- 91 77 64 879 217 912
- 91 96 81 881 974 079
- 92 16 00 884 736 000
- 92 35 21 887 503 681
- 92 54 44 890 277 128
- 92 73 69 893 056 347
- 82 92 96 895 841 344
- 93 12 25 898 632 125
- 93 31 56 901 428 696
- 93 50 89 904 231 063
- 93 70 24 907 039 232
- 93 89 61 909 853 209
- 94 09 00 912 673 000
- 94 28 41 915 498 611
- 94 47 84 918 330 048
- 94 67 29 921 167 317
- 94 86 76 924 010 424
- 95 06 25 926 859 375
- p.80 - vue 89/329
-
-
-
- 976
- 977
- 978
- 979
- 980
- 981
- 982
- 983
- 984
- 985
- 986
- 987
- 988
- 989
- 990
- 991
- 992
- 993
- 994
- 995
- 996
- 997
- 998
- 999
- 1000
- D’ARCHITECTURE.
- 81
- CARRÉS.
- 95 25 76 929 714 176
- 95 45 29 932 574 833
- 95 64 84 935 441 552
- 95 84 41 958 313 739
- 96 04 00 941 192 000
- 96 23 61 944 076 141
- 96 43 24 946 966 168
- 96 62 89 949 862 087
- 96 82 56 952 763 904
- 97 02 25 955 671 625
- 97 21 96 958 585 256
- 97 41 69 961 504 803
- 97 61 44 964 430 272
- 97 81 21 967 361 s 669
- 98 01 00 970 299 000
- 98 20 81 973 242 271
- 98 40 64 976 191 488
- 98 60 49 979 146 657
- 98 80 36 982* 107 784
- 99 00 25 985 074 875
- 99 20 16 988 047 936
- 99 40 09 991 026 973
- 99 60 04 994 011 992
- 99 80 01 997 002 999
- 100 00 00 10Q0 000 000
- p.81 - vue 90/329
-
-
-
- 82
- MANUEL
- ARTICLE VI.
- ITracê des figures géométriques sur le papier.
- 249. On a constamment besoin du secours de la géométrie dans presque tous les arts et métiers , et notamment pour le dessin et pour les diverses opérations de l’archilecture-pratique ; c’est pourquoi les procédés qui vont être décrits sont également applicables au tracé du dessin, aux bà-timens en construction, et sur le terrain.
- § I. Élever une perpendiculaire d’un point donné sur une ligne droite horizontale ou inclinée.
- 250. Soit la ligne A B {PI. 6, fig. 106); on veut élever une perpendiculaire au point C; de ce point G tracez d’une même ouverture de compas, les petits arcs A B qui viennent couper la ligne horizontale : ouvrez ensuite le compas à volonté, et des points A et B formez la section D, et de cette section, tracez la perpendiculaire cherchée C D. C’est ce que les ouvriers appellent trait carré.
- § il. Faire une ligne horizontale sur une perpendiculaire.
- 251. Soit la ligne A B {fig. 107); tirez du point B comme centre à volonté , l’arc D E qui coupera la ligne A B par un point C, et de ce point C, comme centre, ouvrez votre compas à volonté, et faites la section D E avec le premier arc; de ces deux points tirez la ligne DE, qui sera l’horizontale que vous cherchez.
- § ni. Abaisser une perpendiculaire sur une ligne.
- 252. Soit la ligne A B {fig. 108); on a besoin de faire tomber une perpendiculaire du point G ; de ce point, comme centre, ouvrez le compas à volonté, de façon que l’arc A B forme un point d’intersection avec la ligne horizontale; ensuite de ces deux points comme centres, et par une ouverture de compas commune, faites la section D, et tirez la ligne C D, qui sera la perpendiculaire que l’on cherche.
- 255. Si l’on n’avait pas de place au bas de la ligne AB, on pourrait faire la section du même côté que le point C, comme ici, par exemple, au point E, ce qui se fait aussi
- p.82 - vue 91/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 85
- des points A et B, comme centres , et d’une seule ouverture de compas ; alors la ligne E F est la perpendiculaire que l’on cherche.
- § iv. Élever une perpendiculaire à l’extrémité d’une ligne.
- 254. Soit une ligne A B {fig. » 011 vent élever une Perpendiculaire à l’extrémité B. De ces points A et B, pris comme centres, décrivez les portions de cerclés A C et B G de la même ouverture de compas ; ensuite du point C, formé par l’intersection de ces deux arcs, faites de ce point C, comme centre et toujours de la même ouverture dé compas, *e petit arc D; alors des points A et C tirez une ligne droite 'lue vous prolongerez jusqu’au-delà de l’arc D : cette ligne alors formera une section à ce dernier point D. De cette section D au point B tirez une ligne droite D B qui sera la perpendiculaire cherchée.
- 255. On peut encore faire cette opération d’une autre Manière : d’un point G (/?g. iio) pris à volonté et comme centre, décrivez une portion de cercle À B D; ensuite des points A et C tirez une ligne droite prolongée jusqu’au D, 9*» formera section à ce dernier point; tirez alors la ligne * D, et vous aurez la perpendiculaire que vous cherchez.
- S v. Diviser une ligne droite donnée, en deux parties égales.
- 256. La ligne A B étant donnée, on veut la diviser en deux parties égales sans tâtorinemens. II ne s’agit que de se Placer en A ou en B. Comme centre , et d’une même ouverte de compas indéterminée, mais d’à peu près les trois Quarts de la longueur de cette ligne, décrivez les deux séchons G D desquels vous tracerez une ligne qui coupera la “gne A B en deux parties égales, au point E (/2g. ^67 ).
- ® v'i. Mener une ligne droite parallèle d une première donnée.
- 257. On demande une parallèle à la ligne À B [fig. 1t1 ), d ’m point G pris "à volonté et comme centre ; ouvrez votre t0jnpas à la distance voulue par la hauteur de la parallèle,
- décrivez l’arc DEF: reportez cette même ouverture de d°mpas à l’autre extrémité dé la ligne A D au point et
- p.83 - vue 92/329
-
-
-
- 84 MANUEL
- tracez nn arc semblable H I K ; tracez ensuite comme tangente la ligne L M, qui touchera, en un point seulement, les deux arcs en I et en E : cette ligne L M sera la parallèle de A B.
- § vii. Faire passer la circonférence d’un cercle par trois points donnés.
- 258. Soient les trois points donnés ABC [fig- 112). Ou veut faire passer un cercle par ces trois points, ou bien lecen* tre D d’un cercle étant perdu, le retrouver en posant sur sa circonférence les trois points ABC à volonté ; des points A et B, et d'une ouverture de compas commune et à volonté, faites les arcs ou sections E F, ensuite des points B et C comme centre ; faites aussi d’une seule ouverture de compas encore à volonté, la seconde section GH, et de ces quatre intersections tirez la ligne E F prolongée jusqu’au D, et la ligne G H prolongée aussi jusqu’à ce qu’elle fasse intersection avec la première ; le point D qui résultera de leur rencontre est le point de centre du cercle ou de la portion du cercle que l’on cherche.
- 259. C’est ainsi que l’on retrouve le centre d’un cercle» lorsqu’il n’en reste aucune trace. Ainsi le cercle ABC exis' tant, dont on a besoin de connaître le centre, on place an hasard trois points sur sa circonférence, tels que ceux ABC» et l’opération ci-dessus étant faite et ayant trouvé le point D» on s’assure que ce point est bien le centre en faisant passer la pointe du compas ou le cordeau sur toute la cir' conférence.
- On peut encore, par le même procédé, achever un cercl® dont on n’aurait qu’une portidh.
- § vin. Décrire une portion de cercle par trois points don'
- nés, lorsqu’il y a impossibilité de le faire par le centre-
- 260. Les trois points ABC [fg. n3) étant donnés s,l( une base A B, tirez d’abord les lignes À C et C B ; ensuit® par les points A B comiqj centre : ouvrez votre compas * volonté et décrivez les deux arcs égaux DE et F G ; divisé ensuite les portions d’arc DI et F II, compris entre jcS côtés du triangle A B C, en un certain nombre de parti® égales : ici nous le divisons en trois parties par les points A »
- p.84 - vue 93/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 85
- ht MN. Si le point C est à égale distance des points A et B, les arcs D I et F II seront égaux; et si ces ares sont •divisés chacun en un même nombre de parties égales, il est évident que les parties de l’un seront égales aux parties de l’autre ; portez ensuite sur le prolongement I E et H G autant de parties des arcs D I et F H qu’il y en a dans chacun de ces arcs, moins une ; ainsi dans cette figure il faudra en porter deux , ce qui donnera les points O P Q R : menez alors des lignes droites du point A aux points P O KL, que vous prolongerez indéfiniment ; menez de N M Q R, des lignes semblables et aussi prolongées du point B aux points qui rencontreront les premières au points S T U Y. Ces points de rencontre seront avec le sommet C ceux par lesquels l’arc doit être tracé à la main.
- § ix. Décrire différentes espèces d’ovales.
- 261. Le premier de ces ovales ( fig. 114 de la PI. 6) est le moins allongé de tous. Le grand axe A B étant donné, di-visez-le en cinq parties égales, et des points C et D les plus rapprochés du milieu, ouvrez votre compas au point A ou B, les arcs de cercles E A F et GBHqui, étant prolongés, forment deux pointsde section I et K ; ouvrez alors du point L, et de ce point comme centre tracez l’arc F H,-ensuite retournez votre compas et prenant K pour centre, et de la mémo ouverture, tracez E G, qui complétera l’ovale.
- 262. L’ovale {fig. 115) se décrit au moyen de deux cercles. Soit le même axe AB donné,divisez-le en trois parties égales, et des deux points intérieurs C et 1) comme centre, décrivez les deux cercles A G E D F II et B K F C E I, qui passeront Par les extrémités A et B du grand axe donné. La rencontre de ces deux cercles aux points E et F donneront deux nouveaux points de centres, d’où on formera, d’une ouverture de compas commune, les arcs G I et H K, lesqu^p joignant les portions de cercles G À II et I B IC, compléteront cet 'uvale, qui est plus allongé que le premier.
- m 265. Pour obtenir le troisième ovale {fig. 116), il faut di-Viser le grand axe A B en quatre parties égales, et des points intermédiaires C D E que donnera cette division, on décrira trois cercles égaux, dont les deux extrêmes viendront toucher les points A et B. Ces trois cercles formeront quatre intersections F G H I, desquelles, en passant par les centres C et E, ®n tirera les lignes G F prolongées jusqu’en K, et O; C H pro-
- 8
- p.85 - vue 94/329
-
-
-
- 86 MANUEL
- longée jusqu'en N et en P; GE prolongée jusqu’en L et en O, et enfin la ligne El prolongée jusqu’en M et en P. Les portions de cercles NA K et MBL feront partie de l’ovale cherché, qui sera complété en ouvrant le compas au nouveau point d’interseciion O, comme centre, et en traçant la portion de cercle K L, et se reportant ensuite au point opposé P, comme centre, et eu décrivant de la même ouverture de compas l’arc N M.
- 264. L’ovale (/îÿ. 117) est beaucoup plus allongé que les précédens ; le grand axe A B étant donné on le divise en cinq parties égales, et des points C et D les plus rapprochés de l’extrémité de l’axe , ouvrez votre compas à l’autre point, et décrivez les portions de cercles E D F et G G H de la tnême ouverture de compas; des points de section I et K que donneront ces deux arcs, tracez les lignes I G prolongée jusqu’en L, K C prolongée jusqu’en M ; K D prolongée jusqu’en N, et I 1) prolongée jusqu’en O. Ensuite , du point C comme centre, ouvrez en A, extrémité de l’axe, et décrivez l’arc L A M, et de la même ouverture de compas, reportez-vous en D, et décrivez l’arc semblable N B O. Enfin du point I ouvrez à L ou à O, et tracez cette portion de cercle ; reportez-vous ensuite à K, comme centre, et tracez l’arc M N qui terminera votre ovale.
- Tracer l’Ovale dit Anse de panier.
- 265. L’anse de panier s’emploie pour la construction dcS voûtes, lorsqu’on n’a pas assez de hauteur pour avoir un plein cintre; ainsi, dans celte espèce d’ovale le grand et le petit axe 6ont donnés. Le grand axe A B (fig. 118) étant donné comme aux autres ovales, ainsi que le petit axe G, tracez une ligne perpendiculaire de ce point C au point D qui coupera le grand axe en deux parties égales au point E. Placez-vous à ce point E commeftentre , et décrivez lg demi-cercle A F B ; ensuite divisez en trois parties égales l’espace F E qui est la diffé-r rence des deux axes, l’une de ces parties étant reportée en contre-bas du point G du petit axe, il restera la distance G Ef ouvrez votre compas au point E jusqu’au point G, et de cette ouverture de compas en vous plaçant au point A et B, comme centre, décrivez les arcs H I et KL, qui viendront couper le grand diamètre au point H et K. De ces deux derniers points comme centre et toujours de la même ouverture de compas, tracez les portions d’arcs A I et B U, qui feront partie de
- p.86 - vue 95/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 87
- l’anse de panier que vous cherchez. Enfin des intersections I et L placez-vous à l’un de ces points comme centre, ouvrez à l’autre point et tracez les arcs I D et L D qui donneront l’intersection D sur la ligne perpendiculaire ; alors, et encore de la même ouverture de compas , vous aurez l’arc I L qui viendra passer par la hauteur donnée C, et qui complétera avec les arcs A I et B L l’anse de panier.
- 266. Lorsqu’on n’a pas de hauteur pour faire cette épure, ou conçoit qu’il est indifférent de se placer au point E comme centre, et de décrire, de la hauteur donnée, l’arc C M, parce qu’alors l’espace A M sera toujours la différence des deux diamètres ; ainsi, cette différence A M étant divisée en trois comme l’aurait été G F, et une de ces portions étant reportée en dedans en N, il en résultera toujours que N E sera égale h E G. Pour tout le reste, l’opération est la même.
- 267. Lorsque ces sortes d’épures se font sur le terrain, ou sur des enduits de murs disposés pour les recevoir , on les trace avec un trusquin au lieu de compas.
- Ellipse ou Ovale du jardinier.
- 268. On appelle ainsi cet ovale, parce qu’il se trace ordinairement sur le terrain, au moyen d’un cordeau et de trois Piquets.
- Le point A [fig. 119) étant le centre d’un ovale que l’on Veut tracer sur le terrain , on demande que le grand axe soit fixé au point B, et le petit au point D ; tracez une ligne B A, prolongée jusqu’en C, et une perpendiculaire D A, prolongée jusqu’en E ; placez votre piquet au point A comme centre, et fixez à la longueur du cordeau B un autre piquet; reportez Votre premier piquet au point D , et décrivez de cette ouverture un arc qui viendra couper la ligne B G aux points F etG; P'antez sur ces deux points deux piquets et un troisième en B en G, à volonté, tournez alors un cordeau serré fortement un piquet B à celui G ou de F en C, ce qui est la même chose, Ce cordeau aura alors le double de la longueur B G ; enlevez ulors le piquet B, et en le passant au centre du cordeau, tra-cez avec ce piquet mobile l’ovale B D C E, qui passera nécessairement par les deux points donnés.
- p.87 - vue 96/329
-
-
-
- 88 MANUEL
- § x. Tracer un Arc rampant de deux ouvertures de compas.
- 269. La ligne A B d’un arc rampant {fig. 120) étant donnée, et la hauteur de rampe B C, tirez la ligne perpendiculaire D E au milieu de la base, et celle A G du rampant, qui coupera la perpendiculaire au point F, faites la distance F D égale à A F, et tracez la ligne A D ; de ces deux points et ouverture à volonté, faites une section G, et de cette section au point F, tirez une ligne droite , qui, étant prolongée sur la base A B, donnera le point H ; de ce point II, comme centre, ouvrant à À ou à D, décrivez cet arc, tirez ensuite la ligne D H sur laquelle viendra celle I C, parallèle à À B, ce point I sera le centre de l’arc D C, qui, avec A D , complétera l’arc rampant demandé, dont la partie C B sera le pied droit.
- 270. ' Ces sortes d’arcs se font habituellement pour dégager et soutenir les escaliers en pierre.
- Décrire un Arc rampant d'un Arc droit.
- 271. L’arc ABC (fig. 121) étant donné, et la hauteur du rampant demandé À D, tirez d’abord une ligne rampante D C, divisez ensuite votre arc droit en plusieurs parties égales, comme par exemple ici, en huit parties, élevez des perpendiculaires de chacune de ces divisions, portez ensuite au-dessus de la tige de rampe D C, les hauteurs des aplombs de l’arc droit 1, 2, en E F ; 3, 4, en G H; 5, 6, en I K; 7, 8, en L M; g, 10, en N O; n, 12, en P Q; et enfin i3, 14, en R S ; tracez ensuite à la main l’arc D E G I L N P R C , en passant par tous les points donnés.
- § xi. Tracer un Carré.
- 272. Le côté ou base A B (fig. 122) d’un carré étant donné, élevez aux extrémités A et B, une perpendiculaire A C (z54), ouvrez ensuite votre compas de A en B, et tracez les arcs A D et B C de la même ouverture de compas ; mettez-vous ensuite au point G, et tracez toujours de la même ouverture la section D, qui sera la rencontre des lignes B D et C D, qui compléteront le carré demandé.
- § xii. Inscrire un Carré dans un cercle,
- 273. Soit donné le cercle AB CD (fig. ia3), tracez
- p.88 - vue 97/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 89
- ligne diamétrale D B , et de ces deux points comme centre, tracez à volonté, et d’une même ouverture de compas, les sections E F, pour avoir la ligne perpendiculaire C À. Il est évident que ces deux lignes partageront le cercle en quatre parties égales ; tracez alors de ces quatre points qui touchent à la circonférence, les quatre côtés de votre carré AB, B C, CB et DA.
- 8 Xin. Diviser un Cercle en cinq parties égales pour y inscrire un Pantagone.
- 274. Pour partager un cercle en cinq parties égales, il faut d’abord tirer une ligne diamétrale AB [fig-1-4) î élevez le rayon C D, perpendiculaire à ce diamètre, partagez le rayon C B en deux parties égales, et de ce point de division E , comme centre, tracez l’arc DF; la ligne droite D F, tirée de ces deux points, sera la cinquième partie du cercle; ainsi, ouvrez votre compas à ces deux points et placez-le quatre fois sur la circonférence, vous aurez alors les cinq côtés du pentagone.-
- 8 xiv. Inscrire un Triangle éguilatéral, un Oxygone ou un Dodécagone.
- 275. L’oxygone ayant six côtés, l’un de ces côtés est. égal au rayon du cercle ; ainsi, il ne s’agit que de porter six fois ce rayon sur la circonférence; en divisant chacun de ses payons en deux, on aura le polygone à douze côtés, appelé dodécagone ( 162). Si, au contraire, on ne prend que trois de ces points de deux en deux ; on inscrira un triangle équi-» latéral (116).
- § xv. Inscrire un Eptagone..
- 276. Lé cercle étant donné [fig. 12.5), tirez le rayon A B que Vous diviserez en deux parties égales : du point C que donnera cette division, tirez perpendiculairement à A B la ligne
- C E, la longueur C D ou C E sera la septième partie de la clrconférence. Cette opération n’est pas d’une exactitude Mathématique, mais elle suffit dans le dessin.
- § xvi. Inscrire un Octogone.
- 277. Préparez quatre divisions perpendiculaires comme Pour inscrire un carré, divisez deux des quarts de cercle en
- 8.
- p.89 - vue 98/329
-
-
-
- 90 MANUEL
- deux parties égales ; de ces points au centre, tirez des lignes diamétrales , qui prolongées de l’autre côté de la circonférence , diviseront cette circonférence en huit parties ; de ces huit points tracez les côtés de votre octogone.
- § xvu. Décrire un Triangle équilatéral en dehors d’un cercle.
- 278. Le cercle (fig. 12C) étant donné, divisez sa circonférence en trois parties égales comme il est dit ci-dessusfiyfi); du point de centre À, tirez les lignes indéterminées A B, A G et A D , qui passeront par les points de jonction du triangle , tirez ensuite les tangentes B C, C D pt D B, parallèles à chacun des côtés du triangle inscrit ; si ces lignes sont justes , elles se croiseront sur les points B G et D que l’on aura tirés du centre.
- 8'xvui. Faire un Triangle équilatéral dont un côté est donné.
- 279. Le côté C D étant donné , même fig. 126, ouvrez de C en D , et décrivez les deux arcs de cercle D B et G B ; le point de section B que formeront ces deux arcs sera la troisième peinte du triangle cherché.
- g xix. Inscrire une Etoile à six pointes dans un cercle.
- 280. ïl ne s’agit que de porter le rayon sur la circonférence , comme pour faire un oxygone, et de tirer des lignes droites de chacun des points à un autre , en passant un; on aura alors deux triangles équilatéraux croisés, qui formeront l’étoile.
- § xx. Du tracé de quelques moulures et des cannelures.
- 281. Le congé {PI. 2 , fig. 6) est un quart de cercle qui a toujours pour dimension la hauteur du filet ou listel du dessous ; il uc s’agit donc, pour le tracer, que de porter au-dessus de ce filet la même hauteur , et d’élever perpendiculairement la ligne de son profd en a; la rencontre de ces deux lignes est le point de centre, comme on le voit dans la figure.
- 282. La baguette [fig. 8) et le tore {fig. 9) se tracent eu prenant moitié de leur hauteur et en décrivant un demi-cer-’ de parfait.
- p.90 - vue 99/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 91
- 283, Les cavets et quarts de ronds sont aussi des quarts de cercle parfaits; il ne s’agit, pour avoir leur centre que de faire tomber des lignes perpendiculaires en ouvrant le compas comme leur hauteur ; mais quelquefois aussi ces moulures sont alongées comme fig. n, et i3 bis, alors on ouvre le compas sur la diagonale des deux saillies, et on trace des points de section ainsi que l’indiquent les figures ; et de ces points de section et toujours de la même ouverture de compas, on trace le galbe de la moulure; mais le plus souvent, lorsqu’on veut donner une saillie extraordinaire déterminée par quelque circonstance, on trace ces moulures à la main pour leur donner plus de grîtce.
- 284. Pour les talons et doucines (fig. l4, *5, 16 et 17), ces moulures se profilent au moyen d’une ligne diagonale tirée des deux saillies, laquelle ligne diagonale se partage en deux parties égales; on fait ensuite des sections opposées, comme si on voulait faire deux triangles équilatéraux, et la troisième partie d’arc tirée de la section, forme la moulure.
- 285. Quelquefois les talons et doucines ont leur hauteur pour saillie, comme fig. t4 bis, alors le carré que cette saillie produit, doit être divisé en quatre carrés égaux, pour trouver les deux centres.
- 286. La moulure (fig. 18) est une sco'ie qui est employée dans les bases de colonnes ionique, corinthienne et comporte ; elle se décrit de plusieurs manières en raison de la saillie qu’on lui donne : celle que nous allons indiquer est la plus sûre. Vous divisez la hauteur en trois parties égales sur une perpendiculaire a b, et vous portez deux de vos mesures sur cette ligne prolongée, trois de ces mesures forment la scorie ; de l’un de ces poin'.s vous décrivez le petit cercle c d, et du second vous décrivez l’autre portion de cercle d e, qui s’arrête par le prolongement d’une ligne inclinée, partant du point a à ce point de centre, et prolongée juSqu’en e, et enfin du cinquième point a, comme centre, terminez la scotie par l’arc e b.
- 287. Les modifions et consoles ( fig. 21, 22, 2% 24, et 25} se tracent quelquefois au compas, mais le plus souvent on les dessine à la main , parce que leur saillie et leur gable dépendent le plus souvent du goût de l’architecte.
- 288. Les cannelures imitées do l’ordre dorique grec, comme fig. 3i ; même pl. ?, go tracent en faisant des sec-
- p.91 - vue 100/329
-
-
-
- 92 MANUEL
- tions, comme il est indiqué sur la figure, et comme on les fait pour obtenir des triangles équilatéraux; le troisième arc décrit de chacune de ces sections, est le galbe de la^annelure.
- 289. Les cannelures employées dans les ordres romains (fig. 3a et 33), sont plus creuses, et, au lieu de se joindre en* semble par des arêtes vives, elles laissent entre elles un carré qui est d’environ moitié ou un tiers de largeur de la cannelure, et le centre de ces cannelures, au lieu d’être en dehors comme l’exemple ci-dessus, est sur la circonférence même, ainsi que l’indiquent ces figures.
- 290. Quelquefois ces dernières cannelures sont remplies d’une baguette que l’on y conserve jusqu’à une certaine hauteur de la colonne; par exemple, jusqu’au tiers inférieur; les architectes modernes les ont employées souvent, ainsi que divers ornemens, pour enrichir les cannelures, comme on le voit encore au vieux Louvre.
- 291. Ce que nous venons de dire sur la géométrie élémentaire nous paraît suffisant pour les applications usuelles à l’art de bâtir, et nous nous abstenons d’autant plus de nous appesantir sur cette science, qu’elle fait l’objet spécial de l’un des Manuels qui composent la collection de Y Encyclopédie des Sciences et des Arts, où l’on trouve, ainsi que dans le Manuel d’Arithmétique, tout ce qui manque ici; nous devions éviter les redites et nous occuper particulièrement des principes généraux de l’«r< de bâtir.
- p.92 - vue 101/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 93
- CHAPITRE III.
- PRINCIPES GÉNÉRAUX DE CONSTRUCTION.
- 292. L’art de la construction n’est autre chose que la toise en pratique des principes d’architecture, dont nous avons donné une idée succincte au chapitre premier.
- ARTICLE PREMIER.
- Des Travaux en général. § 1. De l’Architecte.
- 293. Soit habitude de voir exécuter des travaux de bâ-Lmens par des individus qni n’ont fait aucune étude et qui, par conséquent, ignorent même les premiers élémens de l’art e construire, ce îjui se voit fréquemment, surtout depuis 9uelques années; soit parce que l’on se sent doué de quelque intelligence, on croit assez généralement que ces travaux pas de grandes connaissances et n’offrent pas des ‘Uicultés sérieuses; aussi cette erreur a-t-elle été, particu-,erement dans ces dernières années, funeste à une grande quantité de propriétaires qui, s’étant livrés à des spéculations onstrucuses, dontun artiste expérimenté les aurait détour-to*s, ont consommé promptement leur ruine et celle des en-cepreneurs appelés à coopérer ou à réaliser des plans aussi al conçus que mal exécutés. Cependant on ne saurait être cr°P Persuadé, qu’abstraction faite du goût, de l’étude et des ^onnaissances acquises dans les beaux-arts, l’architecte, pour Pas commettre d’erreurs graves, toujours préjudiciables ^ enc°re joindre à la théorie tous les élémens de la pra-not‘ons nécessaires de la mécanique, de la physique tif’ * ^‘sto*re naturelle, et que ces notions doivent être for-y le.es Par une longue expérience et par toutes les cb;er-da 10lp ^Ue cet arf*ste est journellement à même de faire ns * exercice de sa profession.
- 294 bis. Il est indispensable, en outre, que 1 architecte soi atoiüer avec les lois et ordonnances, qu’il connaisse bien le c°utumcs et les usages du pays, afin de prévoir et d’éviter le
- p.93 - vue 102/329
-
-
-
- 94 MANUEL
- contestations entre voisins, de faire valoir les droits de son client, de le préserver de toute usurpation, soit de la part des particuliers, soit de celle des agens de l’autorité ; entin, pour ne pas construire contre les réglemens.
- 294. Il faut enfin qu’un architecte connaisse bien les qualités, les défauts, les inconvénieiis et le prix de tous les matériaux qu’il fait employer, afin d’être en état de les disposer comme il convient, non seulement sous le rapport des règles du goût, mais aussi sous celui, bien important, de la solidité et de la durée ; avec celte connaissance, il pourra également prévoir les dépenses, à très-peü de chose près.
- 295. Il est très-rare qu’un entrepreneur, quelque intelligent qu’il soit, puisse réunir toutes ces connaissances, qui ne s’acquièrent qu’avec beaucoup de temps et d’aptitude et une certaine fortune, dont les entrepreneurs sont rarement à même de disposer lorsqu’ils commencent à exercer leur profession ; aussi voit-on presque toujours les propriétaires, qui ont voulu éviter l’intervention d’un architecte, avoir recours ensuite à lui, soit pour régler les contestations qui s’élèvent entre eux et leurs entrepreneurs, soit pour modérer les prix exorbitans portés aux mémoires , soit enfin pour reconnaître des malfaçons, des erreurs et des omissions.
- 296. Les honoraires de l’architecte sont fixés à cinq pour cent, ou un vingtième du montant total des mémoires de tous lés travaux dont il a fait les plans, dont il a suivi l’exécution et dont enfin il a vérifié et réglé les mémoires. Ces honoraires sont sufiisans dans les constructions ordinaires ; mais pour celles qui exigent des essais, des études, un grand nombre de dessins pour les distributions et la décoration, enfin beaucoup de détails partiels et dont les difficultés d’exécution réclament le concours et la présence habituelle d’un ou de plusieurs inspecteurs, ces émolumens sont augmentés en raison de ces diverses circonstances, et il est accordé alors six, sept, et même sept et demi pour cent, si l’on ne préfère payer à part les dessins terminés ou rendus.
- § n. De l’Inspecteur. •
- 297. Pour être bon inspecteur, il faut être architecte soi-même ; les fonctions de cet employé consistent à surveiller les travaux suivant les plans et détails donnés, do prendre los attacbemens, soit écrits, soit figurés, de tous les ouvrages qu‘
- p.94 - vue 103/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 95
- doivent être détruits, ou cachés par d’autres ; tenir note des journées que l’on emploie pour le compte de la régie, c'est-à-dire, qui sont payées par le propriétaire, pour les ouvrages non susceptibles d’être mesurés ni toisés, et enfin-de constater les pesées des fers , cuivres, plombs, fontes, etc., employés dans les bâtimens ou donnés en compte aux entrepreneurs.
- g m. Des Vérificateurs.
- 298. Il est rare que l’architecte s’occupe lui-même de la Vérification et du réglement des mémoires ; c’est un vérifica-leurqu’il charge ordinairement de ce travail pour son compte; alors les attachemens pris dans le courant des travaux , lui Sont remis comme pièces de conviction à l’appui des mémoires produits par les entrepreneurs ; «cette vérification se paie ordinairement de un à deux et h deux et demi pour cent, on raison de l’importance des travaux, de la nature, de la facilité et du produit des opérations; et ce prix est compté dans les cinq pour cent qui sont alloués à l’architecte pour ses honoraires.
- § iv. Des diverses Natures d’Ouvrages de bâtimens.
- 299. L’architecte emprunte , pour l’exécution de ses pro-jets, le secours de plusieurs professions, telles que
- La terrasse ,
- La maçonnerie,
- La charpente,
- La couverture,
- La plomberie,
- La fontainerie,
- La serrurerie,
- La menuiserie,
- Le carrelage,
- La marbrerie,
- La poêîerie,
- La peinture,
- La dorure,
- La vitrerie,
- Le pavage.
- 300. Pour rendre plus sensibles et plus palpables les ope
- p.95 - vue 104/329
-
-
-
- 96 MANUEL
- rations-pratiques de l’art de construire , nous avons composé un projet de château avec ses accessoires, et nous y avons réuni le plus d’exemples possibles ; nous présenterons chaque partie de cette composition sous diverses hypothèses, et nous les supposerons construites de différentes manières.
- 301. On sentira que le cadre adopté pour ces Manuels ne nous permettra pas de nous étendre suffisamment sur chacune des parties que nous traiterons, et encore moins de parler de certains ouvrages de luxe, qui ne s’exécutent que très-rarement et dans les grandes villes; quarante volumescomme les Manuels ne suffiraient pas pour approfondir toutes les sciences qui se rattachent à l’art de l’architecture et pour lesquelles il faut suivre des cours très-nombreux , très-suivis; puisque dix à douze années d’études demandent ensuite à être appuyées de plusieurs années d’expérience.
- 302. Les notions que l’on trouvera dans ce traité serviront de guide, au défaut de ces connaissances positives, d’une part aux entrepreneurs et particulièrement à ceux des campagnes, ces derniers ne pouvant point emprunter les secours de l’art aussi facilement ni aussi fréquemment que ceux des grandes villes ; d’une autre part ils offriront au propriétaire qui se plaît à diriger ses constructions , les moyens de juger par lui-même si les ouvriers placés sous sa direction exécutent , comme ils le doivent faire , les différens travaux qui leur sont commandés; les principes que nous y développons pourront aussi lui être utiles pour composer lui-même quelques plans qui n’exigent pas la réunion" de toutes des ressources de l’art. Considéré sous ce point de vue, nous pensons que le Manuel d’Architecture ne sera pas moins utile que tous ceux qui composent déjà celte intéressante collection,
- article ii.
- Des Fouilles.
- 303. La fouille des terres consiste à enlever, jusqu’à la profondeur indiquée par les plans d’un bâtiment, Jes terres qu’on doit en retirer pour faire les caves et les fondations; ces terres sont extraites avec des pioches et des tournées, jetées sur berge, à la pelle, jusqu’à six pieds de profondeur, et enlevées ensuite, soit à la brouette , soit au tombereau, & des distances déterminées.
- p.96 - vue 105/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. ST
- 304. Si la Fouille a plus de six pieds de profondeur ( i ), on la jette sur une banquette, c’est-à-dire sur un redent de terre conservé à cette hauteur; si elle a plus de douze à treize pieds de profondeur, on conserve deux redents ou banquettes : sur chacune de ces banquettes est placé un homme qui reprend à la pelle la terre que lui jette celui du fond, et ainsi de suite jusqu’au dernier, qui les jette sur la berge au bord de la fouille.
- 305. Le prix de ces fouilles est en raison, m de la nature du terrain et des difficultés qu’elles présentent, si on est obligé de les étayer et étrésillonner, ou encore d’y faire des épuisemens; 20 du nombre des banquettes; o° de l’espèce de transport et de la quantité des relais; 4° et enfin si la fouille est faite en tranchée ouverte ou en rigole.
- 306. On appelle tranchée ouverte une fouille d’une grande largeur, où plusieurs ouvriers peuvent travailler sur le même rang, telles que celles faites pour des caves ou des canaux. On appelle rigole les tranchées étroites dans lesquelles un ouvrier seul peut travailler, telles que celles faites Pour des murs en fondation, pour des pierrées, conduites d eaux, et autres semblables.
- 307. On ne se sert des brouettes pour le transport des terres que lorsque la distance à parcourir est peu considérable ; mais lorsque , au contraire, le dépôt est très-éloigné et que la localité le permet, on les charge dans les tombereaux pour les transporter aux lieux de leur destination; je pr;x de ces transports est ordinairementconvenu d’avance; d diffère dans chaque pays, dans chaque localité, et même dans chaque saison, à cause des travaux de l’agriculture,
- 0O8. Nous allons maintenant donner quelques exemples du toisé de la fouille d’un bâtiment :
- Le château (planche 3) étant supposé à construire, il faut
- (; ) Nous répétons que nous emploierons presque toujours les Mesures de toises, pieds et pouces, parce que nous ne Perdons point de vue que nous écrivons particulièrement Pour les entrepreneurs de la campagne, dont la plupart ** °nt jamais pu s’habituer aux mesures métriques , quoi-qn elles soient d’un usage plus facile.
- 9
- p.97 - vue 106/329
-
-
-
- 98
- MANUEL
- t. p. o.
- faire une fouille pour les caves et bûchers souterrains, de ig t. de longueur
- sur 7 t. de largeur, pour le grand parallélogramme,cequiproduitensuperficie. i33 t.
- Les deux pavillons en avant-corps à droite et à gauche, et ceux sur le jardin, ont chacun i3 p. de largeur sur 21° de ‘saillie, ce qui fait pour les quatre. . . 2 1/2 1 o
- L’avant-corps circulaire de la rotonde du milieu, côté du parc, a 4 t. de diamètre , ce qui fait pour la moitié de la
- superficie du cercle ( 163-4)......... 6 o 10 3
- Enfin, l’avant-corps du milieu , côté de la cour d’honneur, non compris ses colonnes, est de 4 sur 210, ce qui produit en superficie................... 10 6 o
- Total des superficies de la fouille principale............................i4~ t. 1/2 J7 P- 3°
- Cette fouille est de g p. de profondeur , terme moyen de la hauteur du terrain; il serait facile, en multipliant le produit ci-dessus par 9 p. ou it. J, d’obtenir la quantité de toises cubes de cette fouille, mais il est rare que la superficie du dessus du terrain que l’on a à fouiller, soit bien de niveau ; nous supposons donc celui-ci en pente et couvert de monticules d’inégales hauteurs ; dans ce cas on laisse des témoins ou butes de terre, de distance en distance; par exemple ici, d’environ 12 p. en 12 p. sur tous les sens; on additionne ensemble toutes les hauteurs qu’ils produisent, et le total se divise ensuite par le nombre des témoins ; le quotient que donne cette division est la hauteur réduite de la fouille.
- Exemple :
- S09. La fouille do ce bâtiment, exprimé pl. 7, fig. 127f contient au milieu 16 témoins , dont un de 7 p. 90 de hauteur , ci..................... 7 p. 90
- Un de........................... 8 o
- Un de ... ;................... 6 10
- Un do........................... 7 2
- Un de • • • •................... 8 3
- Un de........................... 9 ai
- Un de.......................... 9 ïo
- p.98 - vue 107/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 99
- Un de......................... 9 P- °°
- Un de........................... 10 0
- Un de........................... 8 4
- Un de......................... 8 1 >
- Un de......................... 9
- Un de . •................. ie
- Un de . ..................... 9
- Un de........................... 8
- Et enfin un de... .............. 8 9
- Ajoutez à cette quantité chacun des points de hauteur pris sur les bords de la fouille, au nombre de dix-huit, mais les deux opposés pris pour moitié seulement, alors on aura le point 1
- ! 8 p. 0°
- Le point 2 de. . 8 4
- Dont la moitié est de . . 8 p. 2°
- Le point 3 de. . 8 6
- Le point 4 de. . 9 8
- Dont la moitié est de . . ...... 9 1
- Le point 5 de. . 8 3
- Le point 6 de. . 7 5
- Dont la moitié est de . 7 ÎO
- Le point 7 de. . 8 9
- Le point 8 de. . 7 9
- Don^ la moitié est de . . 8 3
- Le point q de. . q 10
- Le point 10 de • 8 6
- Dont la moitié est de . 9 2
- Le point 11 de • 10 6
- Le point 12 de • i° 6
- Dont la moitié est do . 10 6
- Le point i3 de • 9 3
- Lepointi4do . 10 1
- Dont la moitié est de . 9 8
- Le point 15 de . 10 7
- Le point )6 de . 11 3
- Dont la moitié est de . ..... . 10 a 1
- Le point 17 de . 9 4
- Le point 18 de . 8 8
- Pont la moitié est de • * 9 OO
- Total. . 220 p.
- l>fC GO
- p.99 - vue 108/329
-
-
-
- 100 MANUEL
- Divisez ce produit par le nombre ?5, total des témoins, viendra pour quotient 8 p. io°, qui sera la hauteur réduite des terres enlevées ; cette hauteur réduite multipliée par i4(i) 2 t. 1/2 i6p.3o, toal des superficies, il résultera pour cube de fouilles...................... 210 t. o p. 5<> 51.
- Il faut ajouter maintenant les tranchées ou rigoles pour les murs en fondation au-dessous du sol des caves, savoir : les deux murs de face, chacun 191. de longueur ; trois murs de refends de chacun 5 t. 2 p., pris en dedans ; quatre autres au droit du pavillon , de chacun 5 t. 5 p. 60; le mur de refend sur la longueur de 18 t. pris en dedans; la plus épaisseur des pilastres du vestibule de 3 t. 3 p.; un demi-cercle pour la rotonde sur le jardin, lequel ayant 4 t. de diamètre en dehors et 3 t. 1 p. en dedans, dont la moitié pour diamètre moyen est de 3 t. 3 p. Co? ce qui donne ( i63-4 ) pour la demi-circonférence 33 p. io°. Toutes ces longueurs réunies produisent h>4 U 4 P- lf'°, les-quels, sur 1 p. 60 de largeur, produisent en superficie 43 t. 1/2 6 p. (1) qui, multipliés par 2 p. de profondeur des rigoles , donnent un cube de.......... 141. 3 p. 4° o L
- Les deux massifs triangulaires du mur au-dessous du salon , côté du vestibule, formant chacun un triangle équilatéral, de 4 p. de base, ce qui fait pour les deux ( 124 ), en superficie, 16 p., qui, sur 2 p. de profondeur, produisent un cube de.................................... o t. o p. to° 8 h
- (i) Il y a bien dans ces calculs quelques lignes en plus o«
- en moins, mais on les abandonne toujours dans les ouvrage* de bàtimens, et surtout dans les mesures cubiques ; on ne les place que dans le résultat.
- p.100 - vue 109/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. Le massif sous les colonnes, côté du jardin, de 5 t. 2 p. de diamètre pris en dehors, et de 4 toises en dedans, ce qui fait pour diamètre moyen pris au milieu, 4 t. 4 p., et pourra demi-circonférence (i63~4) 7 t. 2 p., qui, de quatre pieds de large, donne une superficie de 4 t. I 16 p., sur 4 P* 6° réduits de profondeur, produit en cube. . • • • Enfin la fouille pour le massif de l’avant-corps et d.u perron sur la cour d honneur, de 4 t. de longueur sur 2 t. de largeur et 1 p. 6° réduits de profon-fieur, produit en cube........
- 101
- 3 t. 4 p. o° o 1.
- 3 t. 2 p. o° o 1.
- Ee total des fouilles sera donc de • . . • 23i t. 4 p. 8° 1 1.
- SlO. C’est ainsi que presque toujours on toise les fouilles, lorsqu’il ne s’agit que d’un bâtiment; mais lorsque ces travaux sont d’une grande importance, tels que les mouvemens fio terre pour établir un parc, ou encore les fouilles d’un canal, ou autres , on opère géométriquement, afin d’obtenir des résultats plus exacts,
- 311. En général, toutes les fouilles se faisant sur un plan droit ou incliné, il est très-facile de les cuber, si après avoir hxé des jalons ou piquets de distance en distance , et autant que possible à des espacemens égaux, les terrassiers ont laissé des témoins ou masses de terre à chacun de ces piquets; Pour avoir ces fouilles extrêmement justes, il faut se rappeler cette proposition géométrique, que les prismes des mêmes Cases étant entre eux comme leur hauteur , leur somme égale à la moyenne proportionnelle arithmétique de outes les hauteurs , multipliées par la surface dr P an ; ainsi, par exemple , en supposant le cube de terre e-ovee ( J>/. 7 } 12de 20 t- de longueur sur i5 t. de la
- |>eur, je place des piquets de 5 t. en b t. en A B C D E, et jusques et y compris U sur la surface du sol ; et les terrasse ayant fait leur fouille, doivent avoir laissé sous chacun* ces piquets un massif de terre en forme grossière de pj*" me ou cône tronqué, comme fig- Chacun de es P0|nts ou piquets forment autant d’angles de douze pris>es semblables, qui ont chacun 5 X û — 20 '• superficielles®» mesure alors la liautour de tous ces témoins, perpendicuU'Ç
- 9-
- p.101 - vue 110/329
-
-
-
- 402 MANUEL
- rement au plan de la fouille, en prenant à chaque piquet autant de fois cette hauteur qu’ils forment d’angles à un prisme; par exemple, 'on conçoit que le piquet A {fig. 12B et 129) ne Forme que l’angle d’un de ces prismes, quoiqu’il est placé à l’angle de la fouille ; celui B, au contraire, réunit deux angles de prisme, puisqu’il est sur le bord de la fouille et non pas sur un angle (0; celui F forme quatre angles de prisme, attendu qu’il est au milieu de la fouille et isolé de toutes parts ; ceci bien compris, nous mesurons la perpendiculaire A i, à l’angle de la fouille que nous supposons avoir 6 p. i°, je porte cette mesure de six pieds i° une seule fois, puisque ce n’est qu’un angle de
- prisme, ci................................. 6 p. i°
- Le point B 2, a 6 p. 3°, et je porte deux fois cette mesure à cause des deux angles de prisme qui sont compris dans cette perpendi?
- culaire, ci................................ 12 p.
- La perpendiculaire G 3 , portée deux fois par la même raison, elle a 6 p. 8° , ci. . . i3 p. 4°
- La perpendiculaire D 4, une seule fois, a
- 7 p., ci.................................... . 7 p. o°
- E 5, a 6 p. 90, ci pour deux fois .... i3 p, 6°
- F 6, porté quatre fois, puisque cette perpendiculaire étant isolée de toutes parts, représente quatre angles de prisme , elle 07 p.
- 4°, ci pour quatre fois. .................. 29 p. 4^
- La perpendiculaire G 7 , a 7 p. 4 p°> ci pour quatre fois par la même raison. ... 29 p. 49
- H 8, de 7 p. 9U pour deux fois, ci . . . i5 p. 6*î
- I 9, a 6 p. 6°, ci pour deux fois .... i3 p. o
- K iu, a 6 p. 90, ci pour quatre fois. . . 27 p. o
- L n , a 7 p., ci pour quatre fois. ... 28 p. o
- ^ u, a 7 p. 4°, ci pour deux fois . . . 14 p. 8°
- ) Les terrassiers ne laissent pas ordinairement de té-nias sur le hord do la fouille comme nous les avons mar-qu, en A et B {fig. 120). 'Nous les avons figurés pour être ph: intelligibles. Us laissent seulement le piquet comme ^«1, puisque tous les points A B G D H M Q U T S 11 NI £ (/$. 128), qui sont les limites de fouille, on peut la xnesu-îu" «ur la coupure même.
- p.102 - vue 111/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- N i3, a 6 p, 8°, ci pour deux fois . . .
- O il\, a 7 p. 2°, ci pour quatre fois. . .
- P i5, a 7 p, 6o, ci pour quatre fois. • •
- Q 16, a 7 p. 9°, ci pour deux fois. . . .
- R 17» a 7 p. 9°, ci pour une fois ....
- S 18, a 8 p. 2“, ci pour deux fois . . •
- T 1 g, a 8 p. io°, ci pour deux fois . . . Et enfin TJ 20 , a 9 p. 60, ci pour une fois
- 405
- i3 p. 40 28 p. 8° 3o p. o
- i5 p. 6»
- 7 P- 9° îG p. 4Ü 17 p. 8°
- 9 p- G°
- Total........... 348 p. o»
- Ayant 48 divisions pour les quatre angles de chacun des douze prismes, je divise cette somme par ce nombre 48 , et j ai pour hauteur moyenne, 7 p. cio, que je multiplie par la totalité des douze bases de 2b t. chacune, et j’ai
- 7 p. 3° X t. = 3o t. 1 p. 3° par prisme, et 3o t. 1 p. 3° x 12 == 302 t. I cubes de fouille.
- On peut obtenir, parla même méthode, le toisé ovant de faire la fouille, pour avoir un aperçu de la dépense;
- ne s agira , pour cela , que de planter les piquets de niveau ®ur les têtes, ou inçlinés suivant la direction du fond projeté de la fouille , ou bien faire sur ces piquets des marques 0 ce niveau ou obliquité ; ayant d’un point fixe la profon-eur de cette fouijle, on mesurera chacun de ces piquets de-PU1S *e S°1 jusqu’à sa tète ou à la marque , on déduira cette auteur de la profondeur donnée, et le reste sera la mesure porter », 2 ou 4 fois, selon que ces points seront communs 2 ou 4 prismes; comme il est dit ci-dessus.
- 313. R est bien entendu que si on avait fait un emprunt, et eniprunt serait aussi déduit.
- s14. Si le plan de la fouille à faire était inégal, c’est-à-dîre inscrit dans une ligne irrégulière , comme PL 7, fl9- !3o , i’on tirerait, au moyen de jalons, des lignes droites Parallèles A B, C D, E F, etc-, et d’autres lignes d’équerro, A- G, etc., à des distances égales, et l’on planterait, de mémo fiue ci-dessus, des piquets aux sections formées par ces lignes, lesquelles seront toujours les places des témoins, et on toisc-rait les.cubes de toutes les parties entières, comme ci-dessus, ®u observant néanmoins de toiser chacune séparément les Parties qui ressortent des carrés, puisqu’elles ne fortnent PaS
- p.103 - vue 112/329
-
-
-
- 104 MANUEL
- de prismes complets : tous ces cubes ajoutés ensemble formeront le total de fouille.
- 315. Quelquefois il faut rapporter des terres et d’autres fois il en faut enlever : si l’on veut savoir d’avance quelle quantité il faudra enlever ou rapporter, il ne s’agira que de niveler le terrain, ainsi qu'il suit : supposons que l’on veuille faire une pente régulière et en ligne droite du point A au point B (fig. i3i ), il faut, en partant du point B le plus élevé , déterminer la ligne droite horizontale B G ainsi que la hauteur perpendiculaire A C ; on pourra alors avoir la surface du triangle A C B, qui sera le même que celui B D A : on divisera la longueur de la ligne horizontale B G en plusieurs parties égales, comme ici, par exemple, en quatre parties, sur chacun desquels points on plantera un piquet; cela fait, on déterminera les hauteurs depuis le dessus du terrain jusqu’à la ligne B C ; si ce point G était trop élevé pour que l’on puisse mesurer cette hauteur A C , l’on baisserait le niveau à mesure que l’on irait de B en A, en ayant soin de noter les hauteurs partielles d’un niveau à l’autre,
- ainsi que les intervalles entre chacun d’eux (Q. .
- 316. Supposons donc que la perpendiculaire A C, a 12 p. o“, je porte cette mesure une
- seule fois, ci............................... 12 p. o°
- La hauteur E F a 8 p. 6o, que je porte deux
- fois, ci....................................... 17 0
- La hauteur G H est de 4 p- 6°, que je porte
- deux fois, ci................................... 9 o
- La hauteur I K, 4 p. aussi deux fois, ci.... 8 o
- La hauteur B 0, ci............................ o o
- Total............. 4h p- o°
- 316 bis. Je divise cette quantité par le nombre huit, égal aux hauteurs portées ci-dessus, et j’ai pour hauteur réduite à p. 90 ; ces b p. 90, multipliés par la longueur supposée, 4° P- de la ligne horizontale A D, ou B G , produira 2io p. carrés.
- 317. Le triangle A C B, ou celui B D A, ayant chacun, d’après les dimensions ci-dessus, ï4o p. carrés de superficie,
- (1 ) Voie le Mtmwl d’Mpontage.
- p.104 - vue 113/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 105
- il en résulte que, sur chaque pied de longueur de ce réglement de pente A R, il faudra enlever 10 p. cubes de terreT car 2,£‘>—• jo =3 23o ; c’est pour chaque toise de longueur ho p. cubiques. Ainsi, en supposant que cette pente soit failo sur une longueur déterminée de îoo t., il faudra donc enlever 6,ooo p. cubiques de terre qui, divisés par 216, produi-ront 27 t. 4 p. 80.
- 518. Si, au contraire, la somme des hauteurs AC, EF, ” H > I K et B, excédait celle de l’un des triangles À C B ou B D A, au lieu d’être moindre, comme à l’exemple ci-essus > la différence serait celle des terres à rapporter ; par exemple, je suppose que ces huit hauteurs, au lieu de donner p. 9° réduits, produisent 7 p., ces 7 p. multipliés par 4« p. argeur horizontale de la pente à régler, produiront 280 p. os triangles A C B ou B D A produisant toujours 2^0 p. oette différence de 4° P- serait les terres qui manqueraient Pour régler la pente : ainsi donc il faudrait, à chaque pied e longueur de cette pente, rapporter 4o p. cubiques de erres, ce qui ferait pour chaque toise courante 240 p.; et uhn, pour les 1001. de longueur sur lesquelles cette pente °it êtrefaite, 000 p. cubiques qui, divisés par 216 p. prouvent u 1 t. o p. 8° cubes de terres à rapporter.
- de°^ ^ bien urgent, dans les fouilles un peu profondes, de les éboulisdes terres qui combleraient une partie
- . a tranche, et qui forceraient de faire l’ouvrage à deux s, cette précaution est également nécessaire pour la sûreté des ouvriers.
- 520. Bans les fouilles d’une grande largeur, on prévient ces sortes d’accidens en plaçant des couchis dans le fond de la ouille, et en étayant lesberges par des contre-fiches inclinées Placées sur ces couchis, et butant sur des madriers ou plats-bords dressés sur les parois de la fouille, et destinés à les recevoir. Ces étaiemens doivent être multipliés en raison do la nature des terres.
- 5^1.Dans les retranchées étroites, comme fouillesde puits, de fondations ou d’aqueducs, les terres sont étrésillonnées, c est-à-dirç, que l’on place verticalement des madriers ou P ats-bords aux deux parois de la tranchée, sur lesquels on P ace de l’un à l’autre, horizontalement et dans le sens de la argeur des fouilles, des étrèsillons qui, comprimant les Pats-bords sur les parois, maintiennent parfaitement les
- p.105 - vue 114/329
-
-
-
- 406 MANUEL
- berges {Voyez le Manuel du Charpentier, qui donne le détail de ces élrésiüonnemeus). C’est en raison de ce nombre d’étrésillons , qui entravent nécessairement le travail dos terrassiers, que l’on doit payer la toise cube de fouille.
- article ni.
- De VEntrepreneur de Maçonnerie et de ses Ouvriers.
- 322. Cette profession, une dos plus importantes de l’art de bâtir, exige des connaissances assez étendues de la part de ceux qui l’exercent ; les entrepreneurs de maçonnerie qui ont des entreprises considérables ne peuvent suffire eux-mêmes à tous les détails et à la surveillance des travaux souvent disséminés , à des distances éloignées les unes des autres ; ils se Xont donc aider par plusieurs chefs ouvriers, savoir : par un commis conducteur des travaux, lequel surveille et dirige sous ses ordres tous les ateliers , reçoit en son absence les instructions de l’architecte, prend note des fournitures, e;c. Enfin, ce commis, s’il a les connaissancesrpratiques nécessaires, s’il est probe, actif, intelligent, est un second lui-même.
- 523. De plus, dans chaque atelier, il y a un maître compagnon maçon, lequel a la surveillance de tous les maçons et garçons-maçons de l’atelier. C’est lui qui les place et les dirige selon leur savoir faire , qui prend note de leurs journées et du temps qu’ils perdent, et qui en dresse un rôle pour la paie ; il est également chargé de recevoir, compter et mesurer lesmatériauxqui arrivent, etdeles refusers’ilsn’ont pas la qualité requise ; il prend aussi, de concert avec l’architecte ou son inspecteur, les atlachemens des ouvrages cachés ou à détruire, et leur rend compte des journées employées en régie, c’est-à-dire qui sont à la charge des propriétaires. Ce chef, qui est attaché exclusivement à un seul atelier, different en cela du commis qui les parcoure tous, doit être intelligent, exact à se trouver au chantier un quart' d’heure avant l’entrée des ouvriers, et doit en sortir le dernier ; il faut aussi qu’il soit sobre pour qu’il ne se dérange jamais aux heures du travail, qu’il ne boive pas avec les ouvriers, et qu’il résiste aux moyens de séduction que pourraient employer près do lui les marchands carriers , ou autres , pour l’engager à fermer les yeux sur les défectuosités pu les quantités des matériaux qu’ils fournissent ; on voit ,
- p.106 - vue 115/329
-
-
-
- 101
- D'ARCHITECTURE.
- d’après cet exposé, de quelle importance il est pour un entrepreneur de faire un bon choix, puisque le maître compagnon peut à tout moment compromettre ses intérêts, au lieu de le servir.
- 324. Les tailleurs de pierre ont aussi un chef nommé ap-pareilleur, qui les dirige : cet ouvrier doit connaître parfaitement la science du trait, ou, en d’autres termes, du tracé ou coupe des pierres. Cette connaissance est surtout indispensable dans les constructions majeures où l’emploi de la pierre est considérable. Dans les constructions ordinaires,
- ® ®st un tailleur de pierre intelligent que l’entrepreneur place ® la lete des autres, pour remplacer l’appareilleur. Ces ouvriers , qui pour la plupart n’ont qu’une idée confuse de la géométrie élémentaire, mais qui ignorent totalement la géométrie descriptive, se tirent pourtant d’affaire dans les Cas ordinaires, à l'aide de quelques principes routiniers.
- 525. Le grand art de l’appareilleur et de celui qui le rem» place, est de savoir tirerleparti le plus avantageux de toutes es pierres du chantier, pour qü’il y ait le moins de déchet possible, relativement à la place qu’elles doivent occuper.
- o26. Les ouvriers de maçonnerie prennent différens ^°tüs, en raison de leur genre de travail; savoir : les scieurs ? P1erce qui débitent ou divisent à la scie les blocs de pierre qui arrivent delà carrière > d’après le tracé de l’appa-^cvleur. Si c’est de la pierre tendre, elle se divise avecuno c‘é ^ grandes dents, et avec le concours de deux scieurs ; Ppur la pierre dure, le fer de scie est uni, et le joint de la « îre roonillé constamment avec du grès détrempé; ces r es d'ouvriers sont presque toujours à la tâche, c’égt-à-^re fi*1 Us sont payés à tant par pied superficiel de sciage P aPres je toisé qui en est fait conjointement entre eux et aPpareilieur qui dirige l’atelier, ou le commis-conducteur.
- ne°M " k-eS de pierre sont des ouvriers qui pren-
- a d' 4 P'.erre lorsqu’elle a été débitée par le scieur, si le bloc t ijU^u^r cette opération; ou autrement, iis la prennent d’a 6 .Sort carr>cre ; ils en dressent les paremens
- ies^fGS ^ *n^*cation de l’appareilleur, et la tablent sur toutes D faces d’après le tracé que ce chef-ouvrier en fait, par lUveau ou par équarrissement.
- Ç) Q r
- lée " • ? P°sear est celui qui met eu place la pierre lail-
- > qm l’aj.uste de niveau , la fiche et la coule. 11 n’y a or-
- p.107 - vue 116/329
-
-
-
- 108 MANUEL
- dinairement qu’un seul poseur dans un atelier, à moins qu’il ne soit très-considérable.
- 329. Lv contre-poseur est l’ouvrier qui aide le poseur dans son travail.
- 330. Les compagnons maçons sont ceux qui emploient le plâtre, qui font les plafonds, les corniches, le remplissage des cloisons, etc. C’est une sorte de talent que de savoir bien faire les plâtres, pour ne pas perdre cette matière et bien dresser de grandes parties lisses ; les bons maçons font aussi beaucoup plus d’ouvrage que les mauvais , en ce qu’ils saisissent le plâtre à son point, et ne le laissent pas prendre en partie dans l’auge.
- 331. Les aides, garçons maçons ou manœuvres sont ceux qui battent le plâtre, le passent au tamis, le gâchent dans l’auge , et le portent aux maçons.
- 332. Les limosins sont ceux qui construisent les murS en moellons, et les garçons limosins sont ceux qui font le mortier et qui leur apportent sur le tas.
- 553. Les grands ateliers ont encore des bardeurs. Ce sont des garçons forts qui s’attellent aux chariots pour transporter la pierre du chantier où elle a été taillée à pied-d’œuvre, et qui montent avec la grue et les autres équipages destinés à cet effet ; c’est ordinairement un contre-poseur qui les dirige pour le chargement de la pierre, afin d’éviter les épaufrures que les arêtes éprouveraient si on n’apportait pas dans ce transport tous les soins nécessaires-
- article iv.
- Des Matériaux et de leur emploi.
- § i. De la Pierre.
- 334-. Chaque pays produit des matériaux différens dont ü est impossible d’embrasser la généralité. La pierre , où il ^ en a, a plus ou moins d’affinité avec celles des environs d® Paris, dont nous allons parler ; savoir : la roche qui est très' dure et coquilleuse ; elle se tire des carrières de Bagneu*-Cette roche s’emploie plus particulièrement en assises d® retraite au-dessus des fondations ; on la débite aussi en dalles , pour les corridors et les cuisines ; ces dalles se pren' nent ordinairement dan# v«e roche basse que l’on uonù»6
- p.108 - vue 117/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 109
- plaquette et qui n’a que 8 à 9° d’épaisseur, parce que le trait de scie qui la divise par le milieu fait le parement des dalles.
- 355. Sèvres, Vaugirard, près de Paris, fournissent aussi de la roche, mais de qualité beaucoup inférieure à relie de Bagneux, et on ne s’en sert guère que pour les constructions à l’extérieur.
- 336. Les constructions dans Paris se font, pour les jambes ètrières et les points d’appui qui doivent supporter un grand fardeau, en pierre dure franche, extraite des mêmes plaines, ainsi que de Chdtillm, de Montrouge, d’Ar-cueil, etc. Les points intermédiaires peuvent se monter en Ÿergeîé ; cette pierre, ainsi que le Saint-Leu, se tire des carrières de Saint-Leu sur la rivière d’Oise ; elle est d’un grain très-gros, mais tendre, et se débite à la scie à dents, ko Saint-Leu est plus fin , d’une densité plus inégale, et emploie aux mêmes usages.
- 357. H vient aussi de Vile Adam, une pierre tendre plus fine que les deux précédentes, dont la densité est égale à celle du vergeié tendre ; on la nomme parmin.
- oû8. Le Conflans vient, ainsi que les précédentes qua-* es, par la rivière d’Oise; cette pierre a un grain très-fin , est plus blanches que les précédentes. On s’en sert parti-ofierementpour tourner des balustres et pour les bas-reliefs seulpiés.
- et'w^' ^a^n^~-^aur y près Vincennes, Gentilly , Nanterre ontesson fournissent une qualité de pierre, nommée ‘zmbourde.
- ^40. Les pierres dures qui s’emploient à Paris sont le de p’ ^eite Pierre est la plus fine de toutes celles des environs on fl-S-’ 61 est exceUesîle : ayant le grain très-fin et très-dur, 0 ea Itdt des marches, seuiis, tablettes, dalles , et tous les fv*7ra'=es de peu d’épaisseur ; il se tire aussi des carrières d Arcueil et de Bagneux.
- Sfl. Celte pierre a une variété très-réfraictaire, que l’on
- cliquât.
- 342. La plaine de Créteil, près Charenton, fournit liais tendre, dit liais rose, moins dur que ce ui c«eil, avec lequel on fait, dans le pays même , des auges « Principalement du carseau octogone, de diverses duneusi /
- p.109 - vue 118/329
-
-
-
- 110 MANUEL
- depuis Ï2° jusqu’à 70, pour vestibules et salies à manger, ainsi que des dalespour bandes d’encadrement.
- 343. On tire aussi du village de Saülancourt, près Melun, pour les édifices publics, et notamment pour les ouvrages faits dans l’eau, une pierre dure d’une excellente qualité.
- 344. On fait venir aussi de la pierre de Tonnerre, qui est d’un beau grain et d’une contexture serrée; sa densité est entre la pierre franche et le liais ; on peut l’employer particulièrement dans des ouvrages très-soignés, attendu son extrême blancheur.
- 345. La pierre est, de tous les matériaux , celui qui résiste le plus aux injures du temps et aux fardeaux ; néanmoins, celles dont le grain est moins serré ou qui contiennent des parties argileuses sont plus ou moins susceptibles de se fendre à la gelée, parce que l’eau s’insinuant par les petit es fentes ou veines imperceptibles qui s’y trouvent, lorsqu’elle est ainsi saturée d’humidité et que les gelées arrivent, le volume de l’eau augmente, et fait fendre la pierre.
- 346. Dans chaque pays, on peut juger par l’expérience, de la qualité de la pierre par la manière dont elle s’est comportée dans les bàtimens construits depuis plusieurs années. Mais si l’on vient à ouvrir une nouvelle carrière, on peut reconnaître si les pierres qu’elle fournit sont gélisses ou non, par un procédé indiqué par M. Brard , savant minéralogiste. Ce procédé, fort simple, consiste à faire bouillir pendant une demi-heure , dans de l’eau saturée de sulfate de soude, un cube de o,o5 de la pierre à éprouver, après l'aVoir pesée; à suspendre ensuite ce cube et à l’arroser de temps en temps avec l’eau de la dissolution; en pesant de nouveau ce cube, après quelques jours, on sera dans le cas de décider du degi'é de gélivité de cette pierre par la quantité de liquide dont elle se sera saturée.
- 347. Si l’on a le temps de faire l’épreuve, on peut expose? plusieurs quartiers à la gelée sur un terrain humide ; si ell0 a résisté dans cette situation , on peut l’employer sans crainte.
- 348. Toutes ces sortes de pierres se livrent b Paris, 8,1 mètre cube; les carriers les transportent dans les chantier® des entrepreneurs.
- p.110 - vue 119/329
-
-
-
- d’archïtectotæ . ai
- 349. La pierre a différentes défectuosités qui sont de pe-tltes fissures qui la divisent quelquefois d’une manière imperceptible, et qui, dans l’emploi, occasionenl la rupture de la pierre ; des filandres, qui sont des fentes plus considérables que les fils, des moies ou cavités plus ou moins profondes, lesquelles sont remplies de la substance terreuse appelée le bousin. On appelle donc pierre pleine, celle qui ne contient ni coquilles, ni moies, ni fils, ni filandres ; pierre Tranche, celle qui se travaille bien, qui nrest ni trop dure trop tendre, et qui, n’offrant aucun défaut, peut être considérée comme d’une composition très-homogène ; pierre fiere, celle qui est difficile à travailler et qui repousse le mar-> tel que le criquart et la roebe ferrée.
- § 11, Bu Moellon et de la Meulière.
- odO. Le moellon n’est autre chose qu’une pierre calcaire PJus ou moins dense, tirée des mêmes carrières que les Plerres ci-dessus ; il se trouve quelquefois dans les bancs in-ecmédiaires. Il y a aussi des carrières qui ne produisent que jJ1 ^ccjlon, parce que la matière n’a pas encore acquis toute Pétrification nécessaire pour être tirée en blocs d’une dre if ^^mens*on ? il y a du moellon dur et du moellon ten-e-11 faut que le constructeur évite le mélange des deux sof S,>et 9U d ait soin d’employer le plus dur aplomb des îves d enchevêtrures, des poitreaux et des portées des g'lclPa^!s pièces du comble; les intervalles n’ayant rien à PPorteç peuvent être élevés en moellon tendre.
- Cette matière se livre aux ateliers des entrepreneurs Cli>e (IIJ elle sort de la carrière; elle y est entoisée, la toise 3 !2p. 6° de longueur sur 6 p. 3° de largeur, et
- 7lg ° de hauteur, ce qui produit ^54 p« cubes au lieu de jj0 '. et usage a été adopté pour compenser le déchet de l’étage du moellon lors de la pose.
- 352 T .
- quela p ? raeulière est très-inégale, quelquefois poreuse, envir e*°aS auss* dure fiue sf'ex : e^e se lare Pour Paris des fait °n.s de Corbeil, de Brunoi et de Manger on ; on en lej - eijlr aussi de Versailles et de Meudon; elle »e vend sur P°r s de Paris, au mètre ou à la toise cube.
- 553.
- § m. Du Plâtre.
- On se sert de plusieurs matières pour lier ensemble
- p.111 - vue 120/329
-
-
-
- *112 MANUEL
- la pierre et le moellon ; les principales sont le plâtre et le* mortiers. Le plâtre, qui se trouve en assez grande abon-dance en France, et particulièrement aux environs de Paris, est une pierre gypseuse que l’on cuit dans un four, que l’o» bat ensuite, que l’on passe au panier ou au tamis pour être employée lorsqu’elle est mélangée d’une certaine quantité d’eau. Si le plâtre est sec et aride, il est sujet à se lézarder et à se détacher après l’emploi. Il faut, pour être bon, qu’il soit gras et bien cuit : il sera facile à employer et prompt à faire liaison s’il n’y a pas long-temps qu’il est sorti du four; car si on l’expose au grand air, au soleil ou à l’humidité, il s’échauffe ou s’évente et perd alors toutes ses qualités. Cette matière, qui est extrêmement avantageuse en ce que son action est très-prompte , puisqu’elle durcit à l’instant, sert aussi à faire des plafonds, des corniches, des enduits de ra* valemens, des tuyaux de cheminées; à hourder ( i ) des cloisons et pans de bois, à renformir et crépir les vieux murs> à couler et ficher les pierres; elle sert enfin aux ouvrage* les plus grossiers comme les plus finis. Le plâtre se vend , i Paris, au muid de trente-six sacs, lequel se subdivise en trois Voies de douze sacs chacune.
- 554. Cette précieuse matière, qu’on peut appeler un mor tier naturel, s’empare avec beaucoup d’avidité de l’eau qu’on lui donne dans l’action de gâcher, c’est pourquoi il faut quelques précautions et même quelque sagacité pour fait® cette opération convenablement; il est de certains cas, pat exemple, où l’on doit y mettre peu d’eau ; c’est ce que l’on appelle gâcher serré ; il doit être préparé ainsi pour hourdef des murs ou des cloisons; dans d’autres cas, il doit être plu* clair, c’est-à-dire délayé avec plus d’eau , comme pour jeter des plafonds, traîner des corniches, faire des enduits, etc.! mais il faut avoir soin de ne jamais mettre trop d’eau, car alors il serait noyé, se fendrait en séchant et tomberait en écailles : en le remuant pour que toutes les parties soien1 mises en contact avec le liquide dont il a besoin, on doi1 éviter de le tourmenter inutilement lorsque le liquide y es! tout-à-fait introduit.
- (0 Ne pouvant pas expliquer ici tous les termes dont non* nous servirons dans ce traité , on aura toujours recours ^ Yocabulaire du deuxième volume.
- p.112 - vue 121/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 115
- Il y a quelques qualités inférieures de plâtre qui Sont mélangées de parties terreuses, elles sont alors plus enîes à prendre consistance, et demandent plus de soin T516 les qualités supérieures dans la manière de les gâcher, sons quoi elles durcissent difficilement, s’égrènent et ne peu-Ÿeut former des arêtes vives : cela arrive aussi quelquefois rçu.and les plâtres, quoique de bonne qualité, n’ont pas été coits avec l’attention convenable.
- 006. Le plâtre s’altère dans les endroits humides et à la ongue se délaierait dans l’eau ; c’est pourquoi on ne doit ja-ais 1employer que pour des constructions faites dans des • droits secs et aérés, et jamais dans des fondations, dans s terres ni dans les caves; là le mortier doit être seul oaployé, parce qu’il se durcit à l’humidité.
- Le plâtre, ramené à l’état solide , devient , lorsqu’il pur et bien cuit, plus dur que la pierre dont il provient ; S,,ajs ll faut bien faire attention qu’il augmente de volume en ç. lant et qu’il opère une poussée sur tout ce qui lui résiste; ^ pourquoi, lorsque dans les murs en élévation on monte e ® enc°ignures et des*chaînes en pierre, on laisse toujours , re elles et les parties de moellons bourdées en plâtre, un lïlent_ de deux ou trois pouces, que l’on remplit après jj f.’ seulement lorsque la masse à fait tout son effet :
- en est ainsi des aires et des plafonds , que l’on isole des .u» et.^es cloisons par la même raison, pour remplir en-^ecesinlervalleslorsqucleplàtre a pris toute son extension.
- bce°^* ^ ‘^el'itecle doit veiller, lors de l’emploi du plâtre, 0 ® cïue ^es ouvriers n’y mêlent pas de la terre ou du sable, „ fe.s Fatras pilés et passés au tamis , ce qu’ils font queî-ôto °!sP°ur hourder ; ce mélange, que l’on appelle musique, flUeT1 l)^tre.une grande partie de sa force ; ii n’y a, du reste, es 0uvriers de mauvaise foi qui se le permettent.
- § iv. Carreaux de plâtre.
- a fait des carreaux de plâtre (fig soit avec
- 'r plâtre pur, soit avec celte matière mêlée de platras et de r<gmsns de pierre tendre ; ces carreaux, qui ont le plus Qinmunément à i<> à 12° de hauteur sur i/( à ib° de longueur, 2 a 0° d’épaisseur, se coulent dans des châssis ou des ot|les préparés exprès ; on conserve au pourtour de l’épais-
- xo.
- p.113 - vue 122/329
-
-
-
- 114 MANUEL
- seur une rainutfe pour pouvoir y introduire du plâtre gâché, afin de les lier ensemble lors de l’emploi,
- 360. Ces carreaux ne font pas des constructions solides ; mais on s’en sert souvent dans des intérieurs, lorsque l’on veut subdiviser quelques appartenons, et que l’on veut éviter l’humidité qui résulterait de la construction d’une cloison ordinaire.
- § v. Des Plâtras.
- 361. Les plàtrag qui proviennent des démolitions des vieux ouvrages en plâtre s’emploient aussi dans les constructions neuves, pour hourder les pans de bois, pour faire les chaînes des lambourdes des parquets, et pour les jambages des cheminées, lorsqu’on ne les fait pas en brique. On doit éviter de se servir de ceux qui proviennent des tuyaux de cheminées, et particulièrement dans les endroits où le plâtre peut rester à nu, parce qu’alors la suie qui y est attachée repousse, et, reparaissant sur cet enduit, forme des taches rousses fort désagréables, qu’il est impossible d’enlever.
- 362. Il ne faut jamais non plus réemployer des plâtras qui sortent des rez-de-chaussées et qui ont contracté quelque humidité , parce que ces plâtras étant chargés de nitrate de potasse, le conservent et le reproduisent bientôt partout où on les place , et y perpétuent, par conséquent, cette humidité.
- 363. Pour Paris cette observation est oiseuse, parce qu’aussitôt qu’il y a une démolition, les salpètriers sont autorisés par la loi à s’emparer de tous les plâtras chargés d® salpêtre, et de les enlever.
- § vi. De la Chmx.
- 364. Toutes les pierres dites calcaires se convertisseut en chaux par la calcination ; mais celles dites propremeid pierres à chaux étant abondamment pourvues de carbonate calcaire, et ayant par conséquent moins de substance5 étrangères à sa composition, c’est celles-là que l’on soumet & la cuisson.
- 565. Celte pierre, propre à faire la chaux, se trouve daüs les environs de Paris, à lèvres, à tendon, à Marly, à Mc-
- p.114 - vue 123/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 113
- toû, à Essonne, à Senlis, à Rambouillet, k Chàteau-Laudon et k Senonches.
- 366. Lorsque la chaux est de bonne qualité, il faut qu’en trappant dessus elle rende un son clair et sonore , et qu’étant eteinte elle soit grasse et s’attache aux objets qu’on plonge dedans. Toutes les chaux se cuisent dans des fours chauffés d^ec du bois ou de la houille ; elle reste ordinairement trente-Slx °u quarante heures au feu : on la relire par parties à *°esure qu’elle est cuite. On reconnaît que la calcination est à son- • -
- point, par les diverses couleurs que prennent successi-les carbonates ; ils sont d’abord noirs, et deviennent euâtres, ensuite verdâtres, et prennent enfin une teinte aache ou fauve ; c’est alors qu’ils sont dissolubles dans l’eau.
- Si la calcination était trop prolongée, la chaux pcr-urait de sa qualité, parce que la carbonate se combinant °rs avec les autres substances, telles que la silice, la cendre, o c‘ ’ elle devient, dans cet état, impropre aux constructions : n nomme cette mauvaise chaux chaux morte ou chaux "fûlée.
- so^*^" Dachaux doit être éteinte peu de temps après sa ruedu four; il faut avoir soin d’empêcher l’humidité d’y l’ét'e,trer’ Car a^ors e^e se désunit et tombe en poussière ; on fo e,nti 0Tdinairement dans un bassin préparé k côté de la daT?6 ^ °n veut cnnservcr- bassin est fait avec des t es de champ scellées en plâtre ou en mortier, et sur le d Fra,n nième ; la fesse est creusée dans le terrain ; on la jette nens e bassin en y versant de l’eau avec précaution pour J3?,8 ia noyer, et on la remue avec des rabots à mesure co a - Se dissout. Quand elle est délayée, on débouche le j Ult Tui est en face de la fosse, et on la laisse écouler : jajS(lue toute la,chaux est ainsi éteinte par bassinées, on j, 8:Se a fosse k découvert pendant quelques jours, et on la err,°avrc easuitede quelques pouces d’épaisseur de sable pour elle*00 lGr contract de l’air ; conservée ainsi fort long-temps, ne perd rien de sa propriété.
- les^^’ seu^e chaux de Senonches ne s’éteint pas comme imff>>eC^^entes : nn i’étouffe sous une couche de sable qu’on e ' e d eau ; cette dissolution s’opère en vingt-quatre heures un u°n ®ans ébullition sensible ; on la retrouve alors dans plov >al r f>ate tr^s'cp*isse, que l’on ne doit pas tarder à em-'er‘ ^^tte chaux n’augmente point de veliyue par ï’étoi-
- p.115 - vue 124/329
-
-
-
- 116 MANUEL
- gnage, mais tonies les antres produisent dans cet état environ le double de la chaux vive.
- 370. Il y a deux sortes de chaux, savoir : la chaux grasse et la chaux maigre ; la première est celle qui augmente considérablement de volume à l’extinction, parce qu’elle absorbe jusqu’à trois fois son poids d’eau ; elle est ordinairement blanche; elle est la plus profitable aux entrepreneurs, attendu qu’elle se combine avec une plus grande quan* tité de sable ; c’est aussi celle qui est employée le plus ordinairement, à Paris, dans la confection des mortiers pour les maçonneries ordinaires ; mais il faut bien se garder de s’en servir pour les travaux hydrauliques ou souterrains, parce qu’elle ne s’y durcirait pas. Toutes les chaux des environs de Paris indiquées ci-dessus, sont dans cette classe, excepté celle de Senonches.
- 371. La chaux maigre foisonne peu on ne foisonne point du tout, et prend peu de sable : telle est celle de Senonches ; cette qualité est moins blanche que les autres, et durcit promptement à l’air. Cette chaux est employée aux mêmes usages que les précédentes, et notamment dans les endroits humides, elle diffère des premières en ce qu’on doit en faire usage aussitôt après l’extinction.
- 372. Ou a découvert aussi, depuis quelques années , des chaux hydrauliques. Celles-ci ne sont pas faites avec des pierres à chaux proprement dites, mais avec des pierres calcaires impures, qui, soumises à une cuisson convenable , se dissoudent dans l’eau , sans le secours d’aucun corps étrangers. Ces sortes de chaux sont très-propres aux ouvrages faits dans l’eau ; elles s’y durcissent presque aussitôt, et donnent, en général, un mortier extrêmement dur quand elles sont mêlées avec une quantité d’eau convenable. La meilleure de ces chaux est celle qui provient du galet ds? Boulogne : cette pierre, que l’on trouve sur le bord de la mer en morceaux bruns et schisteux, étant calcinée, produit une chaux qui prend presque aussi vite que le plâtre.
- 373. Comme les bonnes chaux hydrauliques sont fort rares, on a essayé, et l’on a souvent réussi à convertir les chaux ordinaires en chaux hydrauliques , en pétrissant de la chaux on poudre avec une certaine quantité d’argille , pour en for* mer des boules que l’on calcine à l’aide d’un feu modéré et long-temps soutenu, après les ayojr laissé pécher,
- p.116 - vue 125/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 417
- 374. Dans cette opération, la proportion de l’argile que l’on ajoute à la chaux doit varier selon ses propres qualités et celles de la chaux même ; car, si le mélange n’est pas convenablement combiné, elles ne fusent plus , et forment une pâte qui prend corps dans l’eau.
- 375. Les procédés d’extinction varient aussi, pour les cbaux ordinaires : on verse assez d’eau sur la chaux vive pour la saturer entièrement et la réduire de suite en chaux coulée °u éteinte. Quelques chaux absorbent trois fois leur poids d’eau ; quelques autres leur poids seulement, en raison de leur qualité.
- 576. Le volume de cette chaux éteinte augmente aussi en raison de la pureté de la chaux vive; ce volume est le plus ordinairement du double, et quelquefois plus.
- 577. Ce procédé d’extinction divise parfaitement la chaux et lui donne tout le degré de blancheur dont elle est susceptible. La seconde manière se nomme par immersion ; on concasse tous les morceaux de chaux vive , à peu près de la grosseur d’une noix, on la plonge dans l’eau pendant quelques secondes, et on la retire avant sa fusion ; dans cet état elle se hoursouffle , éclate, répand des vapeurs, et se réduit en poudre ; si on veut la conserver long-temps, il faut alors lu placer dans un endroit très-sec, et la garantir du contact de 1’ air. Cett^chaux ne s’échauffe plus lorsqu’on la détrempe de nouveau ; elle ne relient dans ce procédé d’extinction qu’un sixième de son poids d’eau ou un tiers au plus , et son Volume ne s’élève qu’à moitié en sus de celui de la chaux Vive; quelquefois un peu plus, en raison de ses parties constituantes.
- 378. Nous avons dit plus haut comment on éteignait la chaux de Senonches sur le sable ; mais il est un quatrième Procédé que l’on peut nommer extinction spontanée ; il consiste à laisser la chaux vive se dilater à l’air libre ; il se Produit alors un léger dégagement de chaleur sans vapeur viable. Cette chaux est beaucoup moins blanche que les autres, et a moins de ténacité, parce qu’elle est moins bien divisée.
- 379. La chaux vive se trouve sur les fours même, ou dans les dépôts des chaufourniers ; elle se vend à Paris au mètre cube, ou au muid de quarante-huit minots ou pieds cubes : ce muid se divise en douze setiers de deux mines chacun , la tüine contenant deux minots; elle se livre encore à la futailie,
- p.117 - vue 126/329
-
-
-
- 118 MANUEL
- contenant huit minots ou pieds cubes, six futailles pour an muid : les mesures doivent être remplies, moitié combles, moitié rases.
- § vn. Des Mortiers.
- 380. Le mortier est un corps solide qui résulte du mélange de la chaux avec le sable ou le ciment ; en général, pour que les mortiers soient bons, on mêle un tiers de chaux avec deux tiers de sable. Ces quantités doivent varier cependant en raison des qualités des uns et des autres. Lorsque là chaux est récemment éteinte, on opère le mélange en le corroyant avec des rabots en bois , sans y mêler d’eau ; dans le cas contraire, il faut toujours y introduire le moins d’eau possible. Des ouvriers, pour épargner leur peine, et les entrepreneurs pour faire foisonner le mortier, c’est-à-dire pour «n augmenter le volume, commettent souvent la faute très-grave de le délayer avec beaucoup plus d’eau qu’il n’en faut» ce qui retarde et empêche même la combinaison des substances, rend nulle leur adhérence, et détruit leur ténacité. On ne saurait donc trop répéter qu’il ne faut point ou presque point d’eau pour faire de bon mortier, et par conséquent de bonne construction.
- 581. Au surplus ce mélange d’eau, ainsi que les quantités proportionnelles de sable ou de ciment avec^fa chaux, ne peuvent se fixer d’une manière bien positive que d’après des expériences faites sur la nature de chacune de ces substances, parce qu’elles sont combinées dans des proportions diverses avec des matières hétérogènes qui atténuent plus ou moins leurs propriétés. Ce n’est donc que par l’analyse de chacune de leurs parties constituantes que l’on pourra fixer les quantités réciproques qui peuvent produire le meilleur mortier.
- § viii. Des Sables.
- 382. Il y a plusieurs espèces de sables, savoir : i° les gables ordinaires provenant des sablonières, ils sont plus ou moins mêlés de matières terreuses, les plus purs sont le» meilleurs; a° les sablons tirés aussi du centre de la terre; 3° les sables des ravines qui ont été entraînés par les eaux, ces derniers sont très-bons dans la construction ; 4° et enfin le» sables de rivières.
- 383. Le bon gable de carrière se reconnaît, si en le mê-
- p.118 - vue 127/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 119
- l^nt dans l’eau et le remuant, cette eau reste limpide ; si au contraire elle devient épaisse et bourbeuse, c’est un signe certain qu’il contient une quantité de terre qui détruit sa
- qualité.
- . 384. On se sert aussi quelquefois du sable de mer, mais est rare qu’il fasse de bons ouvrages, parce qu’étant fortement imprégné de sel marin ou muriate de soude, il cause Sur la surface des ouvrages faits avec ces mortiers, une efllo-rescence qui les détruit très-promptement.
- 385. Lorsque les sables sont mêlés de trop gros grains, les passe à la claie ; si, lorsqu’ils sont âpres et frottés dans *es mains , ils n’y laissent aucune trace de terre, on peut les considérer comme bons pour la construction.
- 586. Cette substance se trouve presque partout : à Paris elje se tire particulièrement des plaines de Grenelle et du milieu de la Seine ; elle s’y vend au tombereau contenant euviron un mètre cube.
- § ix. Des Cimens.
- 587. Les cimens sont de plusieurs espèces ; les meilleurs s°iU faits en morceaux de briques et de tuiles de Bourgogne concassés, grès de poteries et carreaux; on y emploie aussi des gazettes provenant des manufactures de Porcelaine.
- 388. On en fait aussi d’inférieurs avec des tuiles, briques et carreaux qui se fabriquent aux environs de Paris. Ces CiRiens se vendent à Paris au muid de quarante-huit sacs, c°utenant chacun un pied cube.
- , 589. On les mêle avec un quart ou un tiers de chaux eteinte , sans mélange d’eau , et en raison de l’énergie de Cette chaux.
- 590. On fait quelquefois des mortiers à la chaux vive ; il faut alors un peu moins que de chaux éteinte. Ces derniers sont destinés particulièrement à des ouvrages dans 1 eau.
- 591. On fait aussi un ciment d’eau-forte pour les mêmes ouvrages ; c’est le résultatdu mélange d’argile et d’eau-forte, uistiîléc par le moyen du nitre ; le résidu qu’on retirait du *ond des cornues après la distillation, formait une espèce de Pouzzolane qui était d’un usage excellent; mais cette matière
- p.119 - vue 128/329
-
-
-
- 120 MANUEL
- est aujourd’hui extrêmement rare, parce que les fabncans de produits chimiques tirent maintenant de l’alun de ces résidus.
- § x. De la Pouzzolane. •
- 392. La pouzzolane est un ciment naturel, élaboré et cuit dans un volcan, qui l’a ensuite vomi et rejeté au loin. Cette matière, qui tire son nom de Pouzsole, en Italie, est très-poreuse et extrêmement légère ; par cette raison, mêlée avec la chaux, elle a une cohérence très-intime avec la pierre, et devient en peu de temps d’une dureté extraordinaire. On la trouve dans plusieurs contrées de l’Italie , et en France dans les départemens du Puy-de-Dôme, de l’Ardèche et de la Haute-Loire ; il est présumable que l’on en rencontre partout où il y a eu des volcans.
- § xi. Du Pisê.
- 593. Le pisé dont on se sert dans quelques provinces, et notamment du côté de Lyon, n’est autre chose qu’une terre plus ou moins franche, plus ou moins argileuse, refoulée et comprimée dans des moules en bois pour en faire des moellons ou de grandes briques non cuites. Ces briques sont de diverses dimensions, et disposées dans le moule pour la place qu’elles doivent occuper ; leur confection ne consiste qu’à choisir de la terre compacte, la corroyer et la mettre dans des moules qui aient l’épaisseur des murs qu’on veut établir , à l’y battre et condenser le plus possible , et de la laisser sécher ensuite hors du moule , jusqu’à ce qu’elle ait acquis la consistance convenable pour être employée.
- 394. On place ensuite tous ces morceaux les uns sur les autres, en les reliant avec de la terre semblable et liquide en guise de mortier , et on en fait des murs de clôture , deS chaumières et maisons de peu d’importance, enfin desbàti-menspour exploitation de ferme, dout la durée dépend >°du choix de la terre ; 2° du soin apporté à sa manipulation; 3° de la force de compression qu’elle a subite.
- § xii. De l’Argile. ,
- 595. L’argile , que les naturalistes appellent alumine, et que l’on appelle terre glaise dans les bâtiinens, est une terr® grasse, souvent mêlée d’une certaine portion de silice ou sa'
- p.120 - vue 129/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 421
- Mon, qui a beaucoup de ténacité; lorsqu’elle est pure, on s’en sert pour faire des conrois autour des bassins et des rivières factices, pour éviter les infiltrations des eaux; mêlée avec de certains sables propres à cet usage, on en fait de la brique, de la tuile, du carreau et des poteries, du pisé, etc.
- 596. La terre à four est aussi une argile dans laquelle fl outre beaucoup de sablon. Ce'te terre , humectée, s’emploie comme mortier dans la confection des fours, des fourneaux d’usines, et en général de toutes les constructions qui sont destinées à recevoir une grande impression du feu.
- § xiii. Dm Salpêtre.
- 597. On appelle ainsi dans la construction le résidu des terres qui ont été lessivées pour en tirer tout le nitratre de potasse qu’elles recèlaient, et qui ne contiennent plus, par conséquent, que très-peu de parcelles de cette substance; taais elle a plus qu’aucune autre de la tendance à en recevoir de nouveau-
- 598. On se sert de cette matière comme de mortier pour construire des murs de clôture peu importans. A Paris ou en couvre le sol des caves, des celliers, et d’autres endroits que Tonne peut ni paver, ni carreler, ni daller. Après avoir bien dressé ce sol, on en étend sur la surface î, 2 ou 3 pouces , on le bat ensuite avec des battes, en l’humectant un peu ; et souvent après cette première opération on repasse Une couche de salpêtre très-fin , que Ton bat de même pour Unir le travail, en observant de donner une pente convenable.
- § xiv. De la Brique.
- 599. La brique est une matière dont on connaissait l’usage dès la plus haute antiquité, puisque les Egyptiens en ont construit des monumens et des quais : les Romains l’employaient beaucoup ; ils en faisaient de diverses formes pour faciliter la liaison et en former des compartimens pittoresques ; et, en effet, c’ est une des meilleures matières que Ton puisse employer dans les constructions ; mais la qualité de la brique dépend d’abord du choix des terres ^ui la composent, et des soins qu’on apporte à sa préparation, à sa dessication
- à sa cuisson.
- 400. Enfin toutes les terres grasses et argileuses, lors-
- 11
- p.121 - vue 130/329
-
-
-
- 122 MANUEL
- qu’elles sont purgées des parties calcaires et d’une partie des pyrites qu’elles contiennent, sont propres à faire des briques; il faut enlever les parties calcaires, parce que cette Substance acquérant une grande affinité pour l’eau et s’emparant de l’humidité, même au travers de l’épaisseur de la brique et du vernis, elle peut, en se dissolvant, augmenter son volume et la briser. Lorsque les pyrites sont abondantes, elles forment des fondans trop énergiques.
- 401. Nous ne nous étendrons pas sur la préparation et la cuisson de ces terres, parce que la collection encyclopédique doit comprendre le Manuel du Briquetier, dans lequel Cette matière sera traitée d’une manière spéciale et étendue : nous dirons seulement qu’elle se fabrique dans presque toute la France, mais que les meilleures que l’on emploie à Paris sont celles de Bourgogne et de Montereau, et qu’elle» se vendent au mille.
- 402. On reconnaît la bonne brique lorsqu’elle produit ua Bon clair, que sa cassure présente des aspérités, et ne donne point de poussière, et lorsqu’enfin, trempée dans l’eau , elle xte s’en saisit pas. Un peu d’habitude suffit pour ne pas se tromper à cet égard.
- 403. La brique est employée particulièrement aux tuyaux de cheminées encastrées dans l’épaisseur des murs, et alors il faut que les languettes en soient faites en tuile de Bourgogne. Quant aux tuyaux adossés aux murs, ils peuvent être faits en brique de pays ; mais, dans les deux cas, les têtes et les fermetures doivent être en tuile de Bourgogne, à partir du comble jusqu’en haut ; on en fait aussi des carrelages d’àtre de cheminées de cuisine, et autres susceptibles de recevoir l’action d’un grand feu, et quelquefois des pièces entières dans des rez-de-chaussées ; alors cette brique est posée de champ, comme fig. 1Ô2, ou en épis comme fig. i53, ou comme fig. 164, ou enfin de quelque manière que ce soit, sur un bon lit de mortier, et jointoyée avec le même mortier, mais plus fin ; on en construit aussi des fours dont les voûtes son t en tuiles, et tous les fourneaux de fabrique, chaudières à vapeur et autres ; mais pour ce dernier cas on se sert plus volontiers de briques de pays ; et à Paris la brique de Sarcelles est employée spécialement à cet usage, et dan» l’intérieur des poêles, parce que cette dernière résiste plus au feu, et s’y vitrifie moins promptement que la brique de Bourgogne.
- p.122 - vue 131/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. § xv. Des Carreaux.
- 123
- 404. Le carreau de terre culte se fait avec une terre plu» chargée dé sable et de silice que celle pour la tuile et la brique; etcomme le degré de cuissonn’est pas aussi considérable, il n’est point vitrifié à sa surface. On fait du carreau de diverses formes et de plusieurs grandeurs et épaisseurs; savoir i du carré de 6° de face et de io à 12 1. d’épaisseur, avec lequel on pave les êtres de cheminées, les fours et autres endroits susceptibles de recevoir l’action du feu; c’est pourquoi en l’appelle carreau à four,
- 405. L’oxygone, ou carreau à six pans, qui a communément 6 pouces mesuré transversalement d’un pan à l’autre, et 8 à 9 lignes d’épaisseur : ceux-ci sont destinés à carreler les appartemens ordinaires. On en faisait autrefois de cette forme qui avait 3° g 1. à 4»; mais on n’en fait plus à cause de la multiplicité des joints que ce carrelage présente.
- 406. Il se fait du carreau dans tous les environs de Paris. Te meilleur est celui de Massi, près Palaiseau. On en fait de très-bon à Chartres, à Avesnes, et dans diverses provinces de France : ces carreaux sont de plusieurs largeurs et épaisseurs; mais, en général, les plus communes sont celles dont nous Venons de parler.
- 407. On reconnaît facilement la qualité du carreau en frappant dessus avec un corps dur ; si on obtient un son clair et net, c’est une preuve de bonne qualité. Souvent, quoique les carreaux de bonne qualité soient durs et plus susceptibles de résister aux chocs, ils ont souvent le défaut de se gauchir ou voiler à la cuisson : il en résulte un grand inconvénient dans l’emploi; c’est qu’on rencontre continuellement sous les pieds les angles ou cornes de ces carreaux ; il faut donc que l’entrepreneur prenne garde à cette défectuosité , qui le force à passer la surface au grès pour l’arraser, ce qui sst une double façon onéreuse, laquelle souvent ne lui est Pas payée.
- § xvi. Des Poteries.
- 408. On appelle poteries des espèces de boisseaux sans fond [fig. 155 ), ayant un collet et un bourrelet pour s’emmancher les unsdans les autres. La terre qu’on emploie, est à peu près de même nature que celle des briques, tuile» et car-
- p.123 - vue 132/329
-
-
-
- 124 MANUEL
- reaux : on en fait en terre cuite et en grès , autre espèce de terre cuite qui diffère peu de la première, mais qui est plus dure et d’un meilleur usage. C’est cette dernière dont on se sert plus volontiers pour les descentes de fosses d’aisances ,. parce qu’elle est impénétrable à l’eau : il y a des chausses d’aisance que l’on vernisse à l’intérieur ; les collets servent à maintenir les colliers en fer à scellement A, avec lesquels on fixe ces descentes le long des murs. Les tuyaux destinés à cet usage ont 9, io ou 11 pouces de diamètre, et de 9 pouces à 1 pied de hauteur ; ceux pour ventouses de lieux d’aisances ou pour descente d’eau ont de 6 à 4 pouces de diamètre : on fait aussi des tuyaux de grès pour le même usage, de 2 pieds de long et de 3 à l\ pouces de diamètre, dont on se sert également pour conduire des eaux non chargées d’un endroit à un autre ; alors on les place dans la terre horizontalement avec une légère pente : on place chaque nœud sous une calle en moellon , et on entoure et garnit ce nœud d’une chemise en ciment. Ces sortes de conduites étant très-fragiles , et n’étant ordinairement disposées qu’à plusieurs pouces du sol, on doit éviter de les placer dans des endroits où il passe de lourdes voitures.
- 409. Le boisseau B (fig. i55 ) se nomme une culotte, parce qu’il a deux branches dont l’une s’emmanche avec le cours du tuyau et l’autre vient aboutir à un siège d’aisance, si c’est une chausse; ou à une cuvette, si c’est un tuyau de descente des eaux ménagères, etc.
- 410. Lorsque les chausses sont placées, on les recouvre ordinairement d’un enduit ou chemise en plâtre pour éviter les infiltrations.
- 411. On fait aussi des mitres de cheminées de la même matière et de diverses formes : les meilleures sont celles do Fougerolles, lesquelles portent un rebord A {fig. i56) en saillie qui garantit le solin en plâtre B, dont on entoure le refeudiement qui se trouve au-dessous, et qui présente des aspérités pour le recevoir.
- 412. On fait aussi pour des voûtes très-plates des pots à voûtes [fig- *56 bis), qui présentent une grande légèreté, lesquels sont en forme de cône d’un côté, s’élargissent et prennent insensiblement la forme carrée à l’autrecxtrémité. lies voûtes, bien garnies en plâtre, mais dont on fait peu d'usage, ont Je triple avantage d’être construites sur uns
- p.124 - vue 133/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 125
- corde très-allongée et une flèche très-basse, d’être légères et incombustibles.
- § xvn. Des Marbres.
- 413. Les marbres sont des pierres calcaires que les minéralogistes appellent carbonate de chaux; les plus durs et les plus pesans sont les plus susceptibles de recevoir un beau poli; les marbres employés dans les bàtimens , et qui se trouvent maintenant dans le commerce , sont qualifiés de Marbres antiques ou marbres modernes ; on appelle marbres antiques ceux qui proviennent de carrières maintenant inconnues , de l’Egypte, de la Grèce et de l’Italie ; les marbres modernes sont ceux qui proviennent des carrières maintenant exploitées en Italie , en Belgique et dans divers dcpar-temens de la France.
- 414. Les marbres les plus généralement employés en France, pour chambranles de cheminées , carrelages à eom-partimens , revêtemens , etc., sont : le marbre Saint-Anne, composé de taches blanches sur un fond noirâtre ; le petit granit, qui est très-dur et prend très-bien le poli; les marbres de Flandre, mêlés de rouge , de brun et de blanc ; le Marbre royal, qui n’est qu’une variété de ce dernier ; le Languedoc, la griotte, le Narbonne, la brèche d’Alep, le séracolin , le vert-campan, tiré des Pyrénées, le mal-plaquet et le cerf ont aine des Ardennes, le barbançon du Nord, le marbre noir de Namur et de Dinant, le stinckal, Lélinghen ou pierre de Boulogne , du Pas-de-Calais, le lu-Machelle de la Côte-d’Or et du Calvados. Tous ces marbres, qui se tirent de France, ont beaucoup de variétés et sont les moins chers.
- 415. Les marbres qui nous viennent d’Italie sont : le porte-or, le jaune de Sienne, les brèches violettes, africaines , et de Venise , les verts de Yéronne et d’Egypte, le bleu turquin, le bleu fleuri ou panaché; les marbres blancs de Carare : ces derniers sont en général d’un prix *rès-élevé.
- 416. On tire encore d’Espagne nn beau marbre très-varié, que l’on nomme brocatelle d’Espagne.
- 417. Parmi les marbres antiques on distingue des bleus-turquins, des noirs et verts antiques, diverses brèches et brocatelles, le marbre africain, quelques lumachcllcs, etc.
- p.125 - vue 134/329
-
-
-
- 126 MANUEL
- 418. Les mabres ont plusieurs défectuosités qu’il est bon de faire remarquer; les marbres terrasseux sont ceux qui ont des fissures plus ou moins grandes, remplies de substances tendres et terreuses et que l’on est obligé de remplir en mastic ; quelques marbres de France, tels que la pierre de Boulogne, par exemple, sont remplis de ces fissures.
- 419. On appelle marbres filandreux ceux qui ont des fils qui reparaissent toujours lors du polissage et qui les rendent sujets à se casser-, un marbre pouf est celui qui est susceptible de s’égrener et sur lequel, par conséquent, on ne peut pas faire d’arêtes vives ; un marbre fier est, au contraire, celui qui, par sa dureté, résiste au ciseau et s’éclate facilement lorsqu’on veut y former des arêtes. 11 faut très-peu d’ex? périence dans la pratique pour reconnaître ces défauts.
- § xvm. Des Granits.
- 420. Cette matière, susceptible de prendre le poli, se compose de l’aggrégation de trois substances cristalisées, savoir : le mica, le feld-spalh et le quartz ou silice (i). Ces granits sont en général d’une grande solidité ; on les emploie dans plusieurs départemens de la France, à Nantes, à Cherbourg , etc.; on en fait venir aussi tout taillé en bornes, marches, bordures de trottoirs pour les rues et les ponts, dalles de murs, bahuts de grilles, etc.
- 421. Il y a des granits très-beaux, de diverses couleurs, dont on fait des chambranles de cheminées, des tablettes, etc.
- § xix. Des Stucs.
- 422. Les stucs s’emploient dans les appartemens de luxe, notamment dans les vestibules, les escaliers et les salles à manger, où ils prennent la place des enduits en plâtre ou des lambris en menuiserie ; ils peuvent se varier à l’infini, et non
- (i) En général, nous ne dirons qu’un mot sur la nature de® métaux et des minéraux, ce serait répéter les analyses contenues dans le Manuel de Minéralogie , qui fait partie de cette collection et auquel nous renvoyons nos lecteurs ; nous of considérons ces matières que pay l’cjnploi que l’on en fa*^ dans ie? bâtijaens.
- p.126 - vue 135/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 127
- seulement un peut imiter, avec cette matière, tons les marbres , mais on peut composer toutes les variétés que le caprice suggère. Ils se font de différentes manières : on peut y employer indifféremment ou du plâtre ou de la chaux vive,
- J mêler des colles et d’autres matières formant gluten ; on y Mêle aussi quelquefois des petits morceaux d’albâtre, de marbre blanc statuaire, ou d’autres marbres choisis dans les Moins réfractaires ; ensuite on. le frotte, on le polit et on l’adoucit parfaitement. Cette matière, qui a l’éclat du plus beau marbre, n’en a pas la consistance ni la durée, elle se raie assez facilement. Il faut éviter de faire des stucs dans des endroits humides, parce qu’alors ils se tacheraient ; mais *ls se conservent très-bien dans des endroits secs, et en général dans l’intérieur des appartemens,
- g xx. Du Grès.
- 423. Le grès dont se servent à Paris les paveurs, et dans, certaines provinces de la France où il est commun, peut se diviser en trois classes, savoir ; le grès argileux, le grès calc,aire et le grès siliceux, qui est le meilleur de tous.
- 424. Le grès argileux se trouve, ainsi que les pierres calcaires, par couches horizontales; on l’emploie beaucoup, dans Quelques contrées au sud-est de la France, dans les constructions. Ce grès est très-facile à tailler en sortant de la carrière ; mais, après un certain temps, il prend, par son contact avec l’atmosphère, un degré de dureté égal aux autres pierres calcaires.
- 425. Le grès calcaire est plus ou moins dur, suivant qu© le gluten calcaire, qui en réunit les grains, est plus ou moins fondant. Cette qualité, qui n’est pas propre à la construction , se tire, pour Paris, d’Etampes, de la forêt de Fontainebleau , de Meulun, de Louvres, etc. ; on s’en sert pour le pavage des grandes routes et des rues de Paris, concurremment avec celui de Marly.
- 426. Dans les lieux où sont les blocs de ces grès on s’en sert néanmoins ponr élever des murs, et on en fait des écoin-Çons pour les angles et les chaînes de bâtimens ; mais, outre jpi’il se lie mal avec les autres matériaux et avec les mortiers, d a encore l’inconvénient de recevoir l’humidité et de la propager dans l’intérieur degfcîltjfBéBg dapjlesquelgoarejtnploio-
- p.127 - vue 136/329
-
-
-
- 128 MANUEL
- 427. Le grès siliceux proprement dit ^ear tous les grès sont siliceux) est très-dur, et les grains qui le composent sont très-fins; on l’emploie quelquefois dans les soubasse-inens, et notamment à Fontainebleau et à Rambouillet, comme pierre à bâtir; cette dernière qualité est très-bonne pour le pavage.
- § xxi. De la Craie.
- 428. La craie ou blanc d’Espagne, qui ne s’emploie que dans la peinture sous le nom de blanc de molleton, est un carbonate calcaire très-abondant en Angleterre, dans plusieurs provinces de France, telles que dans les départemens de l’Aube, de la Marne et de la Seine-Inférieure; on en lire aussi beaucoup des environs de Paris, de Bougival, de Meu-don et de Saint-Leu, où cette matière reçoit une préparation pour en former une espèce de pâte et lui donner la forme de petits cylindres, d’environ 18 1. de diamètre sur 5o de hauteur que l’on nomme pains de blanc et qui se vendent au cent.
- § xxn. Du Blanc en bourre.
- 429. Dans quelques départemens de la France où il n’existe pas de plâtre , on le remplace assez imparfaitement par un mortier fait avec de la bourre ou poil de vache ou de veau, que l’on mêle avec de la chaux plus ou moins éteinte, de manière à donner une certaine consistance à cet amalgame ; il faut 12 à ib onces de ce poil par pied cube de chaux éteinte ; le gris sert pour le bourdis et le gobtis, et le blanc, que l’on fait exprès, sert pour le dernier enduit, qui est lissé avec beaucoup de soin , et qui a l’aspect d’une espèce de stuc blanc : c’est ce dernier que l’on nomme blanc en bourre.
- 450. Les ouvriers qui emploient le blanc en bourre se nomment plafonneurs ; ils se chargent aussi de peindre tout ce qui est en détrempe , les peintres n’étant appelés ordinairement que pour ce qui se fait à l’huile.
- 451. Il est à remarquer que le blanc en bourre n’offrant pas la solidité du plâtre, on ne peut pas s’en servir pour faire des scellemens.
- § xxiit. Poids des Matériaux.
- 432. Il est essentiel, pour un architecte, de connaître le
- p.128 - vue 137/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 129
- Poids très-approximatif de tous les matériaux qu’il emploie dans la construction , s’il veut se rendre compte du fardeau Qu’i! imposera, soit au sol, soit aux bâtisses inférieures, s’il Veut aussi les faire transporter d’un endroit dans un autr.e, 8 il veut enfin calculer le degré de compression ou de poussée de ces matériaux, afin de leur opposer des résistances convenables; les pesanteurs indiquées au tableau qui suit ne sont Qu’approximatives, ainsi que nous venons de le dire, parce Que ces différentes matières varient en raison, i° de l’homogénéité plus ou moins parfaite des substances qui les composent ; 2° de la température qui influe aussi sur elles ; 3° ou enfin de la composition et de la fabrication de quelques-unes de ces matières, telles que la brique, carreaux, etc.
- p.129 - vue 138/329
-
-
-
- 150
- -MANUEL
- TABLEAU
- Du poids d’un pied ou d'un mètre cube des diverses matières employées dans les bâlimens.
- 433.
- POIDS
- NATURE DES MATIÈRES-
- d’un d’un
- pied cube. mètre cube*
- Pierre dure franche des en-
- virons de Paris et de l’île
- Adam . 145 lir, 4234 lit.
- Pierre de roche 150 4580
- —> de Chàteau-Landon . . 460 4672
- Liais 170 4964
- Pierre tendre de Verge lé,
- Saint-Leu et autres sem-
- blables 120 3504
- Mor lier de chaux et sable . . 105 3066
- — de chaux et ciment, . . 115 5358
- Plâtre gâché ' . . 95 2774
- Marbres des diverses contrées
- de la France 200 5840
- Sable de rivière 130 3796
- de carrière . . . • 110 3212
- Schistes argileux 125 3650
- Grès . . . . 190 5548
- Pierres à ardoises ..... 160 4672
- Chaux vive 60 1752
- Terre ordinaire ...... 105 3066
- — à four : 115 3358
- — grasse 120 3504
- Argile 130 3796
- p.130 - vue 139/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 131
- POIDS
- NATURE DES MATIÈRES.
- d’un d’un
- pied cube. mètre cube.
- Fer forgé. .’ 'ï : :< : j , 540 Iiv. 15768 liv.
- - de fonte . ^ . . . . . 560 16352
- Acier .......... 580 16936
- Plomb .......... 810 23652
- Etain .......... 520 15184
- Cuivre jaune ....... 530 15476
- rouge 610 17812
- Fois de chêne vert ..... 60 1752
- - de chêne sec. ..... 53 1548
- t— de noyer ....... 45 1514
- d’orme et de tilleul . . 40 1168
- de sapin ....... 58 1110
- d’aulne 37 1080
- de hêtre où de frêne . . 40 1168
- Eau de pluie, de source ou
- de rivière 70 2031
- Erique de Bourgogne , le
- millier. 4200 le millier.
- de Sarcelles 3500
- - des environs de Paris ,
- dite de pays 5800
- Tuile de Bourgogne, grand
- 4000
- — <— petit moule. 2700
- — — de pays . . 2400
- Grand carreau de 6 pouces. . 1600
- *— —à four, de 7 pou-
- ces et 16 lignes d’épaisseur. 3500
- p.131 - vue 140/329
-
-
-
- 452
- MANUEL
- ARTICLE V.
- Des Ouvrages faits dans l’eau, et des Murs en général-
- § i. Des Ouvrages dans Veau.
- 434. En général tous les ouvrages faits dans les terres humides, ou qui sont destinés à contenir une certaine quantité d’eau, exigent la plus grande attention, et doivent être liaisonnés avec des mortiers de chaux hydraulique et cimens; dans quelques provinces on.y emploie des cendrées; ces cendrées se trouvent partout où l’an brûle de la houille. Les cendres qui en proviennent, mêlées avec de la chaui que l’on vient d’éteindre, constituent un mortier qui est excellent pour ces sortes de travaux , surtout si la chaux est de bonne qualité ; oh y emploie aussi des Pouzzolanes (i).
- Construction des Puits, Bassins, Citernes et Réservoirs.
- 435. Un puits se construit généralement sur un rouet en charpente, comme DU 7, ftg idx, lequel a pour diamètre le diamètre de l’extérieur des murs de ce puits, plus 6° environ : ainsi, par exemple, si le diamètre intérieur est de trois pieds, et que les murs aient io pouces d’épaisseur, me* sure qu’on leur donne ordinairement, le tout fait h p. 6°', il faut donc que le rouet ait six pieds; ce rouet est fait ordi-nairement en madriers de chêne de 4 à n pouces d’épaisseur, bien assemblé et chevillé; quelquefois , pour plus de précaution , on relie les assemblages par des plates-bandes en fer (fig. i33) ; on élève sur ce rouet le mur circulaire en moellon piqué, dont le parement est taillé selon une cerce dont la courbure est une portion du diamètre intérieur , et dont les joints tendent au centre. On laisse, de distance en distance , et surtout aux endroits où il y a des sources, des ouvertures oblongues, ou barbe-à-canne, qui laissent pénétre? l’eau dans le puits.
- 436. Quelquefois, lorsque le terrain est un sable mouvant , on établit d’abord le rouet à une certaine profondeur, sur le sable même, et l’on construit le mur au-dessus, pué* on tire ce sable peu à peu , et toujours bien horizontalement,
- (O Voir ce mot au n, 392.
- p.132 - vue 141/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 153
- «le sorte qne le rouet descend de lui-même et prend la place du sable que l’on vient d’extraire , jusqu’à ce qu’enlîn il se trouve sur un terrain solide propre à le soutenir ; alors il faut f aire le rouet comme fig. i33, afin que l’on puisse monter le sable par le vide du milieu.
- 457. Il est bon de ne confier la construction des puits qu’à des ouvriers habitués à les entreprendre; ces ouvriers ne faisant que cela, connaissent la nature du terrain, le sondent plus facilement, et procèdent à l’extraction des terres avec plus de facilité et d’éconcmie que les maçons ordinaires , parce qu’ils sont équipés pour ces sortes de travaux, et qu’ils sont pour ainsi dire familiarisés avec les dangers qu’ils présentent.
- 458. Le mur cylindrique d’un puits doit toujours être élevé au-dessus'du sol d’environ 2 pieds 6 pouces, soit en pierre, soit en moellon piqué , soit en brique, de 9 à 12, pouces d’épaisseur, et recouvert d’une mardelle en pierre dure , de 5 à 6 pouces d’épaisseur.
- 439. La construction des bassins, citernes et réservoirs , réclame la plus grande attention, tant pour le choix des matériaux qui doivent être imperméables à l’eau , que dans la confection des joints en mortier de chaux hydraulique et Çunent, cendrées ou pouzzolanes; souvent, pour éviter les mfiltrations, on fait des doubles murs, en laissant un inter-7alIctdo 12 à îo pouces entre eux, ainsi qu’un double plafond , comme on le voit fig. i34. Cet intervalle est rempli °n argile ou terre glaise , humectée , épuré, mise par lits et foulée avec les pieds, et le fond au-dessus du premier plafond doit être pavé sur une bonne forme èn mortier de chaux et Soient, le pourtour du mur de douve qui contient l’eau, doit être revêtu d’un fort enduit de même mortier , dont la dernière couche doit être repassée à plusieurs fois àla truelle
- lissée jusqu’à parfaite siccité. Lorsqu’on ne veut pas paver *e plafond, on le garnit aussi d’un enduit semblable, de 1 à a pouces d’épaisseur.
- 440. Lorsqu’on fait des citernes pour conserver les eaux Pluviale dans les pays où l’on ne peut en obtenir autrement, il faut prendre les mêmes précautions, en observant d y faire un conduit de décharge à sa partie supérieure, et de faire une chappe dç 2 à 3 pouces en mortier de ciment
- 12
- p.133 - vue 142/329
-
-
-
- 154 MANUEL
- sur la voûte qui recouvre la citerne, pour éviter les dégradations.
- 441. Les fosses d’aisance et les puisards exigent les mêmes précautions, excepté les conrois en glaise.
- g il. Des Fondations en général.
- 442. L’objet auquel le véritable constructeur doit faire la plus scrupuleuse attention, c’est sans contredit de s’assurer de la qualité du sol sur lequel l’édifice à construire doit s’appuyer ; on la reconnaît après les fouilles ; et si ce terrain n’est pas égal, on a recours à la sonde ou aux puits. Ce n’est guère que pour les constructions d’une grande étendue que l’on est obligé de faire l’emploi de ces moyens extraordinaires ; aussi nous abstiendrons-nous de décrire ces opérations*
- g in. Des Fondations dans Veau.
- 443. Lorsque l’on fonde un édifice sur un terrain qui n'a point de consistance, on place au-dessous de la première assise de libage des racinaux A ( fig. i^5 ), qui ont en longueur environ î pied de plus que cette assise de libage, lesquels racinaux reçoivent deux ou trois rangs de plates-formes B > sur lesquels se posent les libages C, qui ont environ 6 pouces de plus que le mur de fondation élevé dessus ; de sorte que, si le mur de fondation a pouces d’épaisseur, l’assise ou les assises de libages auront 3o pouces, ainsi que les plates-formes entre lesquelles on peut laisser sans inconvénient quel* ques pouces d’intervalle -, et les racinaux A auront 3 pieds.
- 444. Lorsque l’on peut donner un peu d’empâtement au* plates-formes sur le libage , cela n’en vaut que mieux ; les ra-cinaux sont battus à la demoiselle, et placés parfaitement de niveau ; on remplit ensuite les intervalles E en moellonnaill® aussi battue ; on pose alors les plates-formes B, que l’on assemble à queue d’aronde et à moitié bois, comme on le voit en F , et on les cheville sur les racinaux; c’est alors qué l’on pose la première assise de libage C {fig. i/jo et dont on a soin que les lits, et particulièrement celui de dessous, soient bien faits; et c’est sur cette assise, qui est quelquefois doublée , comme on le voit en D {fig. i4o),q«e l’on élève les murs en fondation H.
- 445. Dans les édifices importons, çes assises sent encore
- p.134 - vue 143/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE, 1S5
- Kées par des crampons ou agrafes à talons G ( fig. t45), et entaillées de leurs épaisseurs,
- 446. La mesure ordinaire des racinaux est de 10 h 12 péuces de large sur 6 à 9 pouces d’épaisseur : les plates-for-nies doivent avoir ensemble au moins la largeur dulibage, plus quelques pouces; mais on peut, comme nous T ayons dit, laisser un peu d’espace entre elles ; on leur donne habituellement 6 à 7 pouces d’épaisseur,
- 447. Lorsque l’on construit des fondations dans l’eau, il faut enfoncer dans le sol des pieux de distance en distance, jusqu’au refus du mouton, c’est-à-dire jusqu’à ce que le fond du terrain offre assez de résistance pour arrêter le bout de ces pieux ; Lorsqu’on a déterminé par des sondes faites dans le terrain pour reconnaître la longueur que doivent avoir les pieux, il faut les préparer, les appointer, les armer d’un sabot en fer A [fig. 146), et d’une frette B à la tête pour l’empêcher d’éclater lorsque le mouton tombe dessus. 11 est de la prudence de l’architecte de donner à ces pieux une .grosseur convenable, et en rapport avec leur longueur : on les place de 3 pieds en 3 pieds, ou à peu près, selon l’importance des murs qu’ils doivent recevoir.
- 448. Ce travail exige, de la part de l’architecte, une grande connaissance du terrain, parce que l’on peut percer une couche de terre solide sur laquelle les pieux eussent pu être arrêt tés, comme on peut s’arrêter aussi sur une couche qui paraît solide, mais qui, n’ayant pas assez d’épaisseur et ayant au-dessous une mauvaise terre, peut se rompre par la suite ; enfin, mille incidens que l’on ne saurait prévoir, peuvent naître dans le cours d’un travail de cette nature qui aurait un© grande étendue : c’est à l’expérience et au talent de l’architecte & triompher des obstacles imprévus qui peuvent se présenter.
- 449. Les pieux, dans une fondation, doivent être disposés en quinconce, ainsi qu’on le voit en A [fig. 14? )> et lorsqu’ils ont été enfoncés jusqu’à ce que la percussion du mou-ion n’opère plus rien, et que l’on est sûr, par plusieurs coups réitérés infructueusement, qu’ils se sont arrêtés dans un ter» rain ferme, il faut les réceper, c’est-à-diré couper toutes les têtes de niveau par le haut, à la hauteur qui aura été fixée Pour l’arase du dessous des fondations ; alors on ôte quelques pouces de terre autour de ces pieux, que l’on remplace par du moellon dur pour remplir tous les intervalles B, et
- p.135 - vue 144/329
-
-
-
- 136 ;MANUEL
- l’on bat ce moellon jusqu’à ce qu’il arase la tête des pilots, sur lesquels on place ensuite les racénaux C qui y sont cloués et chevillés; et sur ces racinaux on place les plates-formes D, après avoir rempli aussi l’épaisseur de ces racinaux avec du moellon dur, et c’est sur ces plates-formes que l’on met la première assise de libage,ainsi que nous l’avons expliqué ci-dessus.
- 450. On place aussi quelquefois sur ce pilotis un grillage en charpente [fig. îzjB) assemblé à queue d’aronda, et maintenu encore avec des équerres et des plates-bandes en fer ; on bat aussi des pieux de garde plus élevés que les plates-formes, afin d’arrêter et d’encaisser la maçonnerie ; mais ces sortes de précautions, et d’autres encore que les circonstances peuvent suggérer, n’étant prises que très-rarement et pour des monumens du premier ordre , nous ne nous y arrêterons pas dans un manuel qui ne peut être considéré que comme élémentaire.
- 451. On ne doit employer aux ouvrages dans l’eau et dans les terres que le bois de chêne , parce que c’est le seul bois qui se conserve dans l’humidité : il faut avoir grand soin aussi de poser à sec l’assise du libage sur les plates-formes, parce que la chaux que contient le mortier, brûlerait l.e bois.
- § vi. Fondations dans les terres solides et autres.
- 452. Lorsque les fouilles ont donné au niveau des fondations un sable fin et compacte, ou du gravier mêlé d’argile, de la terre franche vierge, c’est-à-dire qui n’ait pas été remuée, ou enfin si on a rencontré le tuf ou le roc, l’on peut être assuré que le sol est bon, et l’on peut construire hardiment sur ces sortes de terrains.
- 455. Si l’on trouve, au contraire, de la glaise, une terre humide pénétrée par des sources d’eau, du sable mouvant, ou enfin des terres jectices, c’est-à-dire qui ont été remuées ou rapportées précédemment, ces sortes de terrains n’ayant pas la consistance nécessaire pour recevoir le poids dont ils doivent être chargés, il faut que l’art y supplée.
- 454. Si le terrain est susceptible par sa nature de'se comprimer également, on établit sous la fondation, des racinaui en charpente à l’espacement que l’on juge nécessaire et sur lesquels on pose des plates-formes chevillées dont les joints se font à queue d’aronde. Les intervalles entre les racinaux
- p.136 - vue 145/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. Ï57
- se remplissent en moellonnaille hourdée à bain de mortier ou de plâtre.
- 455. Si, au contraire, le terrain est trop marécageux et ne présente aucune résistance à la compression qu’il doit éprouver , on établit des pilotis ; un pilotis se compose de plusieurs rangs de pieux ou pilotis en chêne ferrés par un bout, lesquels sont enfoncés à l’aide d’un mouton ; ces pieux se réceptent ensuite de niveau, et l’on établit un grillage en charpente; sur ce grillage on pose un ou plusieurs rangs de plates-formes en madriers, de 2 à 3° d’épaisseur, à plat-joints serrés et chevillés sur le grillage; c’est sur ce rang de madriers que l’on pose une assise de libage de fortes pierres de même hauteur , lesquelles doivent faire parpin, si c’est un mur d’une dimension ordinaire, c’est-à-dire former toute l’épaisseur de ce mur ; si le mur est d’une très-forte épaisseur, il fautque ces pierres forment liaison. Nous avons donné à l’article ouvrages dans l’eau les détail^ nécessaires pour bien comprendre cette construction, avec les figures à l’appui.
- 456. Il est bon de faire observer ici deux choses très-essentielles : c’est, i° de ne placer dans les fondations pour ra-cinaux, plates-formes, pilots ou madriers, que dubois de chêne, c’est le seul qui se conserve à l’humidité ; 2° les maîtres maçons mettent souvent l’assise en libage, dont nous Venons de parler, telle qu’on l’apporte de la carrière, c’est-à-dire avec le bousin ou partie tendre des lits , et ils remplissent les défectuosités avec des garnis ou moelionnailles ; l’architecte ni l’inspecteur ne doivent pas le permettre, parce que cette partie tendre venant à être comprimée par le poids des assises supérieures, produit un affaissement considérable, et les joints n’étant pas rapprochés, peuvent laisser des vides qui compromettent aussi la solidité. C’est par suite de cette Manière de construire, par laquelle on économise des matériaux au détriment de la perfection de l’ouvrage, que tant de bàtimens élevés à Paris sans le secours des architectes ou sous la direction de jeunes artistes qui n’ont point encore acquis d’expérience, sortent de leur aplomb et menacent ruine, même avant d’être achevés ; c’est par suite de cette économie mal entendue, ou du mauvais choix des matériaux qu’on est obligé de reprendre en sous-œuvre une partie de ces bâtimens neufs, entrepris et faits les clefs â la main, parce que les entrepreneurs, faisant alors ces travaux à trop bas prix à cause de la concurrence que le propriétaire leur oppose, se trouvent
- 12.
- p.137 - vue 146/329
-
-
-
- 438 MANUEL
- obligés, par la position où ils se sont placés, ou de tromper le propriétaire ou d’être dopes de feur marché, et comme dans ce cas l’intérêt personnel est le plus impérieux, le choix de la manière d’agir n’est point douteux ; aussi est-il extrêmement rare qu’un entrepreneur, qui a fait un marché en bloe ou les clefs à la main, ou même encore au toisé, mais à prix débattus d’avance, ne fasse tout son possible pour éloigner le propriétaire de prendre un architecte, parce que celui-ci le surveillerait, concourrait dans son intérêt à la rédaction, et à l’exécution scrupuleuse des termes du marché, prendrait attachement de tous les objets cachés sur lesquels on en impose souvent, puisqu’on ne produit les mémoires que lorsqu’il n’est plus possible de vérifier, etc. ; aussi ces entrepreneurs préfèrent-iis payer des jeunes gens inconnus, pour leur faire faire des plans, tant bien que mal, qu’ils présentent comme d’eux-mêmes, que de laisser pénétrer un architecte dans la maison; souvent même étant prés de signer nn marché dont toutes les conventions sont adoptées par les deux parties, si un architecte est appelé ensuite pour diriger les travaux convenus, sa présence seule détruisant tout à coup les espérances des bénéfices illicites que l’on convoitait sur u» marché qui paraissait tout à l’avantage du propriétaire, l’entrepreneur se retire et laisse la place à un autre ; ce fait nous -est arrivé personnellement plusieurs fois.
- 457. Il faut donc, pour que l’assise de libage ait toute la solidité requise, que tout le bousin, ainsi que nous l’avons dit plus haut, soit abattu et que les lits soient bien dressés et rustiques ainsi que les joints ; cette assise doit être coulée et garnie en bon mortier. Lorsque l’édifice est important, ou très-élevé, on place deux assises de ces libages, avec l’attention de bien liaisonner les joints, ainsi qu’on le voit fsg. i4opi. 7; sur ces libages sont élevés les murs de fondation en bons moellons durs, bien ébousinés, liaisonnés avec soin et hour-dés aussi à bain de mortier; en formant en pierre, ainsi qu’on le voit dans la même fig., des chaînes dans les angles et sous les principaux piliers et colonnes, sous les angles formés par la rencontre des murs de refend, sous les pieds-droits des portes , sous la retombée des Yoûtes et sous la portée des pièces principales des combles et des planchers, ou autres parties supérieures qui doivent supporter des charges considérables ; ces murs de fondation, élevés ainsi perpendiculairement, doiyent avoir au moins 3° d’empatemept de chaqu0
- p.138 - vue 147/329
-
-
-
- d'architecture. 139
- côté sttr les murs supérieurs en élévation au-dessus du sol, c'est-à-dire, que si ces murs ont i8°, la fondation en aura 3o, et ainsi de suite ; le grillage en charpente, le plancher en Madriers et l’assise de libage doivent avoir 60 de chaque côté de plus que cette fondation ; ainsi, si ce mur de fondation a -*4° d’épaisseur , il est bon que l’assise ou les assises de litages aient 36 pouces de largeurs.
- 458. Lorsque le sol est bon, il suffit de niveler parfaitement la tranchée de fondation, de poser une assise de libage immédiatement sur ce sol, et d’élever ensuite les tours, comme il vient d’être dit,
- 459. Si l’édifice à construire n’est pas très-élevé , on peut s’abstenir de faire des chaînes en pierre, et même l’assise de libages ; il suffira alors de placer en première assise de fondation sur le sol, les moellons de la plus grande dimension que l’on trouvera, et de monter ainsi le mur toujours d’aplomb et de niveau.
- 460. Il est bon de remarquer que lorsque les entrepreneurs ne sont pas surveillés, ils placent souvent du moellon tendre sur les points d’appui ; c’est ce qui occasione souvent des tassemens considérables et des déchiremens qui entraînent quelquefois la chute de l’édifice, parce que ces tooeilons ne pouvant résister à la compression, se fondent et s’écrasent bientôt sous la charge qui leur est imposée ; c’est encore une des causes de la défectuosité des maisons récemment construites à Paris.
- 461. Dans quelque casque ce soit, il faut toujours que les lits des matériaux qui forment la composition d’un mur, soient parfaitement horizontaux, que les joints soient perpendiculaires , et qu’ils ne se rencontrent ni sur les faces ni dans les épaisseurs, c’est-à-dire qu’ils soient toujours croisés et se trouvent à peu près au milieu des assises du dessus et du dessous.
- § V. Des Murs en élévation.
- 462. Dans les constructions ordinaires on peut faire les tours de diverses manières, savoir : r° tout entier en pierre de taille ; dans ce cas, tout le rez-de-chaussée est en pierre dure et les autres étages en pierre tendre avec des chaînes en pierre dure; 2» partie en pierre, partie en moellon, meulière et brique; dans ce cas, o» construit jusqu’il hauteur de retraite
- p.139 - vue 148/329
-
-
-
- \m MANUEL
- en pierre dure de roche ou équivalente, les jambes étriêres et les jambes sous poutres en pierre franche, et tous les remplissages et les étages supérieurs en moellons et meulières, etc. Il est bon dans ce cas d’élever les encoignures en pierre; 3° tout en moellon ou meulière; 4° én plâtras pour les ouvrages de peu d’importance, tels que les murs-dossiers de cheminée; 5° et enfin en terre ou pisé, que l’on n’emploie auxenvirons de Paris que pour clore les jardins des maraîchers, mais qui s’emploie souvent avec plus d’avantage dans quelques départemens au sud-est de la France.
- •463. Les murs de la première classe, c’est-à-dire ceux entièrement en pierre, doivent être Lourdes avec de bon mortier ; on appelle cette opération ficher, ce qui se fait en étendant une couche de ce mortier sur l’assise déjà posée, avec des petits morceaux de latte ou des petites plaques de plomb, et on garnit bien de mortier le dessous des lits, ainsi que les joints, en introduisant ce mortier dans tous les intervalles où il n’aurait pu pénétrer, au moyen d’une fiche en fer destinée à cet usage.
- 464. Lorsqu’on emploie le plâtre pour couler la pierre, on commence par boucher les joints sur les paremens avec de l’étoupe ou du plâtre serré ; il faut délayer le plâtre du coulis très-liquide, et le noyer pour qu’il puisse se verser dans le godet ou entonnoir préparé d’avance. On conçoit que ce coulis n’èst pas très-solide, parce que ce plâtre, ainsi délayé , ne peut offrir qu’une faible résistance à la pression des assises supérieures ; mais les lits étant bien faits et les coulis bien disposés, on ne doit rien craindre.
- 465. On remplit souvent les joints de la pierre dure ave® du mortier mêlé de chaux et de grès , et ceux de la pierre tendre avec des morceaux de cette même pierre pulvérisée, qu’on mêle avec un peu de plâtre, ce qui se nomme mortier •de badigeon.
- 46G. Souvent les murs se composent de plusieurs sortes de matériaux, par exemple, de pierres et de moellons, quelquefois de briques, quelquefois de meulières, selon les productions du pays où l’on construit, ou le genre de décoration que l’artiste a adopté ; quelquefois aussi les chaînes sont de quelques pouces en saillie sur les murs, pour en augmenter la solidité, lorsqu’elles doivent s’opposer à de grands efforts-
- 407, Qu fait goûtent des chaînes dans le sens horizon-
- p.140 - vue 149/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 141
- tal, que l'on place k la naissance des coûtes, au Ras des croi" sées, pour se relier avec les appuis; au droit des hauteurs de planchers, et enfin k la partie supérieure du bâtiment, les morceaux de pierre qui forment ces chaînes sont souvent reiiés ensemble par des crampons en fer et k talons {fig. i5o); les anciens les faisaient k queue d’aronde, ainsi qu’on le Voit dans la même figure. Ils sont encore employés de nos jours dans les monumens du premier ordre. Le scellement de ces crampons se fait, soit en tuileaux et mortier, soit en plomb : il est essentiel, particulièrement au milieu d’un en-lablement élevé, et sur l’assise formant cimaise de l'entablement , d’en faire usage pour empêcher l’écartement.
- 468. Lorsque, par économie, on ne met pas de chaîne? horizontales en pierre à différentes hauteurs du bâtiment, il est indispensable de relier la construction par des chaînes en fer plat, k moufles et k clefs {i), avec des ancres placés au parement extérieur des murs et dans tous les sens, pour prévenir l’écartement de ces murs. Ces chaînes se placent ordinairement k chaque hauteur de plancher, et la dernière au droit de la cimaise de l'entablement, c’est-à-dire immédiatement au-dessous de la plate-forme des combles.
- 469. En général, l’épaisseur des murs doit être proportionnée à leur hauteur, à la quantité des matériaux qu’on y emploie et à la charge qu’ils doivent supporter; on donne toujours aux murs de faces ou de pignons, tant soit peu de fruit ou talus en dehors ; ce fruit est ordinairement de 3 lignes par toise, de sorte qu’un mur de 6o pieds d’élévation *îuia2.i pouces par le bas, sera réduit par le haut à 18 pouces environ, la face intérieure se montant toujours d’aplomb; lorsque le parement extérieur d’un mur de face est décoré de Plinthes ou bandeaux, on peut diminuer les murs de i pouce °n t pouce 6 lignes, au-dessus de chacune d’elles.
- 470. Les murs de refend doivent toujours être montés d’aplomb sur les deux faces, et peuvent être diminués d’é-paisseur d’un pouce de chaque côté, à chaque hauteur de planchers, pour moins charger les parties inférieures, ce qui, ^pendant u’est guère exécutable, si l’on a des tuyaux de cheminée dans l’intérieur de ces murs.
- 471. Dans les bâlimens ordinaires, les murs de face et de
- ( i} Il en est parlé au Manuel du Serrurier.
- p.141 - vue 150/329
-
-
-
- 442 MANUEL
- refend, de 18 à 19 ponces au pied, son* réduits à i5 ou 16 pouces à l'entablement ; la retraite a 1 pouce 6 lignes en sus à l’extérieur, et la fondation à 5 pouces au-dessous du sol doit avoir 3 pouces d’empâtement de chaque côté, c’est-à-dire que si le mur a 19 pouces sur la retraite, cette retraite ayant 1 pouce 6 lignes d’épaisseur, le mur des caves ou fondations aura 36 pouces 6 lignes,
- 472. Tous ces murs, ainsi que nous l’avons dit, doivent être reliés avec des chaînes ou tirans en fer , assemblés au moyen de moufles et de talons garnis de leurs frètes et clavettes en harpon ; à l’extrémité de ces chaînes sont des ancres pour empêcher la désunion de toutes les parties et arrêter la poussée, soit du plâtre, soit des clavaux d’arcade, etc.
- 475. Si l’on emploie de la brique dans les murs, elle n’y est souvent qu’accessoire ; les encoignures, tablqaux de baies de portes ou de croisées, bandeaux au droit des appuis et plates-bandes de ces baies, sont presque toujours en pierre de taille ou en moellons.
- 474. L’épaisseur des murs en briques se détermine par le# dimensions de la brique même ; ainsi la brique ayant 3 pouces de longueur sur /j de large, on peut faire un mur de H pouces d’épaisseur ou d’une brique comme fig. i36, qui présente une première et deuxième assise; S’il y a 12 pouces d’épaisseur ou une brique et demie, on le liaisonne ainsi qu’on le voit fig. r36; s’il a ao pouces, c’est-à-dire deux briques et demie, comme la fig. 107.
- 475. Il est essentiel d’observer qu’on ne doit jamais placer de cheminées dans l’intérieur des murs mitoyens ou qui peuvent le devenir, parce que le voisin est autorisé à les fairo supprimer, i° parce que ces murs doivent toujours conservé* leur épaisseur entière ; 20 parce que, si l’on achète la mitoyenneté , ce qui ne peut se refuser dans aucun cas, on peut construire, et alors les planchers se trouveraient souvent au droit des tuyaux.
- 476. On doit aussi éviter, avec le plus grand soin, dans la construction des murs, d’élever des trumeaux sur le milieu des grandes plates-bandes ; car cela ferait un mauvais effet sous le rapport du goût, parce qu’on est souvent obligé, dan» ce cas, de soutenir la clef de la plate-bande par une colonne en bois ou enfer, comme A fig. t?8, ce qui peut, dans certains cas, être insuffisant; car si,.trop chargée, la plaie-
- p.142 - vue 151/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 143
- bande venait à fléchir, cette clef, qui se trouverait trop comprimée sur la colonne dont le dessus a très-peu de surface, fendrait et éclaterait. Il faut donc, lorsqu’on est contraint de faire un trumeau au-dessus d’uné grande baie, substituer une arcade à ime plate-bande, comme on le voit fig. i3g.
- 477. Les murs prennent dilférens noms en raison de leur forme, savoir : Les murs droits, dont les deux faces sont deuxlignesdroites parallèles, élevéessur des plans verticaux, comme le profil fig. 107. Les murs en talus, dont une face seulement est verticale et l’autre inclinée, comme le Profil fig. i58, ou d double talus ,lorsque les deux faces s°nt inclinées l’une vers l’autre, comme le profil fig. i5g. Cylindriques, comme le plan fig. 160, dont les deux pa-cemens forment deux courbes parallèles décrites par le même centre : ces derniers peuvent être en talus.
- 478. Dans la construction des murs et des voûtes, il no faut jamais dévier des principes qui suivent, savoir : i° les Pierres doivent toujours être disposées de manière que leurs, Uts de carrière soient perpendiculaires à la direction de la force qui agit sur elles en les comprimant ; ainsi, par exemple, dans les murs, celte direction agit de haut en bas; ainsi, les lits de carrière doivent toujours êtrè sur le plan horizontal ; 20 les lits et joints des pierres doivent toujours être des Surfaces planes, à moins que la nature de l’ouvrage ne s’y °Ppose absolument, parce qu’il est plus facile de faire deux surfaces planes qui doivent se joindre à juxta - position, que toute autre ; b° autant que possible, les faces des pierres doivent former avec leurs joints des angles droits et jamais des angles aigus, à moins que la forme de l’ouvrage ne consigne le constructeur à en agir autrement; 4° les lits appliqués les uns sur les autres doivent se toucher également partout, parce que deux pierres posées l’une sur l’autre offrent d autant plus de résistance que les faces superposées sé tournent par un plus grand nombre de points; 5° toutes les P’-erres d’une assise doivent être posées sur un plan de niveau, ci avoir par conséquent la même hauteur entre leurs lits;
- 0 les pierres d’une assise doivent toujours être en liaison sur ceiles de 1’ assise au-dessous.
- 479. Cette liaison des pierres les unes sur les autres, qui Peuvent s’arranger de différentes manières, ainsi qu’on le V0lt dans les fig. 161 et suivantes , est indispensable pour la
- p.143 - vue 152/329
-
-
-
- 444 MANUEL
- solidité de l’ouvrage, parce qu’ainsi placées, eJîes se trouvent comme enchaînées les unes aux autres par l’action de leur propre poids.
- 480. Les pierres cubiques ont généralement plus de résistance que celles qui ont la forme d’un parailélipipède méplat ou plus ou moins allongé, mais, d’un autre côté, cette forme cubique se prête mal aux liaisons si nécessaires pour obtenir la solidité requise. II faudra donc, à cet égard, donner aux pierres à peu près les proportions suivantes : savoir, pour les pierres très-dures, Comme roches ferrées, ciiquarts, liais et autres de natures semblables, la longueur et la largeur peuvent être de une à cinq fois l’épaisseur; pour les pierres dures telles que les pierres dures franches des environs de Paris et de l’île Adam, cette longueur et largeur peuvent être depuis une jusqu’à quatre fois l’épaisseur ; pour celles qui ont moins de consistance, telles que les iibages, la longueur et la largeur seront de une à trois fois égales à l’épaisseur; et enfin, pour les pierres tendres, telles que le "Vergelé, le Saint-Leu, etc., on donnera à la longueur et à la largeur depuis une jusqu’à deux fois seulement l’épaisseur entre les lits.
- 481. Le rapport qui doit exister entre la longueur et la largeur, peut varier à volonté entre les limites que l’on vient de poser pour ces deux dimensions, en observant toutefois qu’une pierre à base rectanguiaire a d’autant moins de résistance que les côtés du rectangle diffèrent davantage.
- 482. On appelle les lits d’une pierre les surfaces planeS et rustiquées seulement, qui posent horizontalement sur l’aï'' sise inférieure, et qui reçoivent l’assise supérieure ; les joint* sont les côtés élevés verticalement, jqui joignent les deu* pierres les plus voisines ; les paremens sont les parties layéeS qui restent apparentes après l’entière confection du mur; une pierre boulisse, ou faisant parpaing est celle qui a asseï de longueur pour faire seule l’épaisseur entière d’un mur, et qui a, par conséquent, deux paremens parallèles entre eux» commeonle veit^î. 8, fig. îtii; un carreauesl une pierre qui» ne faisant pas seule l’épaisseur d’un mur, n’a, par conséquent qu’un parement dans sa longueur, comme fig. 162; enfin» on nomme libage toute pierre qui, faisant partie de l’épaisseur d’un mur n’est vue d’aucun côté, comme A fig. i64.
- 483. Nous donnons, par les fig 161 à 172, quelques exemples de oombinmous d’appareils. La fig. i6r est«“
- p.144 - vue 153/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. U$
- mur formé de parpaings. Si tous les blocs de pierre venaient des carrières dans des dimensions égales, on les poserait de manière à ce que les joints verticaux répondissent exactement au milieu de la longueur des pierres des deux assises supérieures et inférieures, comme A B; mais comme elles sont inégales, il faut seulement que l’apareilleur dispose ses joints de manière à approcher le plus possible de cette régularité.
- 484. Si le mur était d’une épaisseur trop considérable pour être formé d’une seule pierre, on peut faire la première assise en boutisse ou parpaing , former ensuite l’assise au-dessus par deux rangs de carreaux formant ensemble l’é-paisseur du mur, et dont les joints seront posés en liaisons l’un par rapport à l’autre, et aussi par rapport aux parpaingg de l’assise inférieure : et on continuera ainsi alternativement ces deux genres d’assises, ainsi qu’on le voit dans la fig. 17a-, Ou pourrait aussi faire un carreau large et un carreau étroit, cinsi qu’on le voit fig. 16a. On voit, par cette figure, que fout le mur se compose de carreaux disposés de manière à ce qu’un parement soit formé alternativement de carreaux larges et étroits les uns sur les autres, afin que les joints, s«r la longueur du mur, se trouvent en liaison, ainsi que ceux entravers; cette disposition sera comprise facilement à l’aspect de cette fig. 162.
- 485. Si deux rangs de carreaux ne peuvent pas faire l’é-Paisseur du mur, on remplit l’espace qui reste à l’intérieur, Soit par une maçonnerie posée à bain de mortier et bien battue , soit par des libages, comme A fig. 164. Dans ce cas, il faut que cette maçonnerie soit toujours arasée assise par assise.
- 486. On peut aussi, si le mur est trop épais pour que deux carreaux ne suffisent pas pour en faire l’épaisseur, à moins que d’avoir des blocs de grande dimension , ne faire fin’une assise sur deux, composée de deux carreaux, et élever l’assise au-dessus de deux carreaux avec un libage au milieu, et ainsi alternativement jusqu’à ce que le mur soit monté entièrement. La fig. s 65 indique cette disposition.
- 487. On peut aussi alterner sur la même assise les carreaux et les boutisses, ainsi qu’on le voit à la fig. 1G6.
- 488. Les anciens et quelques modernes, tout en ayant le
- p.145 - vue 154/329
-
-
-
- 146 MANUEL
- soin de poser les pierres parfaitement en liaison les unes sur les autres, ainsi que nous venons de l’expliquer, les réunissaient encore souvent par des agrafes A {fig. 162) ou par des crampons à queues d’aronde B {fig. 161 ) en bois dur ou en bronze scellés dans les lits ; mais il est à remarquer que, dans l’antiquité, les pierres se posaientpresque toujours à nu les unes sur les autres, sans aucun gluten ou mortier, tandis que les modernes ne les posent jamais à sec : néanmoins, dans les constructions d’une grande importance, et dans certains cas extraordinaires, on peut aussi faire usage de ces moyens, indépendamment des mortiers.
- 489. Lorsque des murs font jonction les uns avec les autres, il faut que les assises successives de tous ces murs soient élevées, autant que possible, sur le même plan horizontal , c’est-à-dire que la même hauteur d’assise règne partout lorsqu’elle est commencée; ainsi, par exemple, si la première assise à i5° de hauteur, il faut que toutes les pierres de cette assise, ainsi que celle du mur qui doit faire jonction avec elle, aient x5° de hauteur. Si l’assise supérieure a if)°, il faut aussi que celle des murs qui joignent le premier, aient 160 partout, et ainsi de suite.
- L’inspection des figures 167, 168, 169, 170, 171, 171 et 173, suffira pour faire connaître comment ces jonctions doivent être liaisonnées.
- 490. Après avoir consolidé le terrain qui doit recevoir les fondations par lés moyens que nous avons indiqués plus haut, on pose une première assise de libage de 6 à î.io plus large que l’épaisseur des murs, afin de former empalement sur chacune de leurs faces ; cette première assise étant posée parfaitement de niveau dans tous les sens, et bien serrée dans ses joints, on pose ensuite la seconde en liaison sur cette première , sur un lit de ûiortier fin d’environ 5 à 6 lignes d’épaisseur. Pour bien asseoir ces pierres sur leurs lits, on les bat jusqu’au refus d’une demoiselle en bois , ferrée vers le pied d’un large cercle en fer ou en tôle , mais non ferrée en dessous. Cette opération comprime fortement le mortier pour remplir les inégalités des lits et faire refluer ce qui est surabondant : c’est alors que l’on dérase le.lit de dessus parfaitement de niveau, tant dans le sens de la longueur que dans celui de la largeuj , et on continue de poser de la même manière toutes les assises supérieures jusqu’à 4 ou 5° en cou-
- p.146 - vue 155/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 147
- trebas du niveau du sol. Si l’on n’a que des chaînes ou des encoignures en pierres avec des intervalles en moellons, il faut monter le tout d’arasement, c’est-à-dire à la même hauteur en même temps, afin que tous les murs du bâtiment soient mieux reliés ensemble, et que le sol étant comprimé également, le tassement soit uniforme.
- 491. Lorsque les fondations sont terminées, on arase bien de niveau le dessus de la dernière assise ; et sur le lit de dessus, si la fondation est entièrement en pierre , ou sur un enduit que l’on fait sur les parties en moellons, on trafce toutes les faces horizontales des murs en élévation avec la retraite que l’on veut leur donner, et sur ce tracé on pose la première assise de retraite, en commençant par les encoignures, en ayant soin d’étendre toujours sur chaque lit un bain de mortier de 3 lignes d’épaisseur, et battant chaque pierre avec la demoiselle, comme nous l’avons dit; ces pierres d’encoignures étant bien fixées, on fait tendre de l’une à l’autre une ligne ou cordeau qui sert de guide au poseur pour aligner les paremens des pierres intermédiaires, ou auxli-mosins pour poser leurs moellons, en observant de se retraiter d’un pouce, pour l’épaisseur de l’enduit qui doit représenter le parement de la pierre,
- 492. Mais les pierres d’encoignures conservant un excès de pierre pour faire après coup le parement, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il vaut mieux, au lieu de s’en rapporter à ces paremens pour tendre le cordeau, poser une forte règle à chaque extrémité des murs, de manière que le côté dressé de la règle se trouve , non pas dans le plan de la face du mur, mais dans un plan parallèle qui serait avancé en dehors, ce qu’on appelle un emprunt. Le cordeau fixé sur ces deux règles, et éloigné également de quelques pouces parallèlement à sa face, rien ne pourra plus gêner, et il sera parfaitement droit.
- 493. S’il s’agissait de murs cylindriques, après avoir arasé bien de niveau le lit de dessus de la dernière assise des fondations, on tracerait sur ce lit le plan des courbes avec la plus grande précision, et on ferait des règles cintrées sur chacune de ces courbes ou sur l’épure, pour tracer la pierre, en ayant soin que tous les joints tendent au centre.
- 494. Lorsque l’appareilleur a tracé son épure des murs en grand, il doit en faire une seconde parfaitement semblable
- p.147 - vue 156/329
-
-
-
- 148 MANUEL
- en petit sur une feuille de papier qu’il porte constamment sur lui, et sur laquelle il cote toutes les mesures prises sur l’épure en grand. On appelle cette épure calejnn; ce calepin contient la figure de toutés les cerce(s ; tous les panneaux de tètes et de projections horizontales y sont lerés sur l’épure en grand, c’est alors qu’il prend sur cette dernière épure les dimensions de chaque pierre pour faire sa commande à la carrière, où il fait faire le débit des blocs ; et en présentan t ces panneaux pour tracer la pierre, il doit s’attacher particulièrement à éviter, autant que possible , les déchets. Lorsqu’une pierre est taillée, il l’indique sur son calepin par des lettres alphabétiques, des chiffres, ou d’autres marques qu’il trace de même sur la pierre pour la reconnaître ; de plus, pour aider l’intelligence du poseur, il marque le lit de dessus par le signe X , et celui de pose ou dessous par 0 ou (-[-).
- 495. L’entrepreneur et son appareilleur, et même l’architecte de son côté, pour s’assurer de la bonne exécution des travaux qu’ils dirigent, doivent veiller à ce que les tailleurs de pierre dressent très-exactement les lits et les coupes, et en général toutes les faces portantes de la pierre, afin qu’il ne reste entre elles, lors de la pose, que le moins de vide possible , car c’est de cette juxta-position que dépend toute la solidité de l’ouvrage. Mais pour les faces apparentes, comme il faut toujours que les ravalemens soient faits sur place , on doit se contenter de les ébaucher au marteau, en laissant 3 à 4 lignes en plus de la véritable surface qu’on veut avoir eu définitive, s’il s’agit de pierre tendre, comme le Yergelé ou le Saint-Leu, et seulement i à u lignes lorsqu’il s’agit de pierre dure.
- 496. Pour que cet excès de pierre qu’on laisse sur les pa-remens ne puisse induire en erreur le tailleur de pierres ni le poseur, on les prévoit et on y a égard, en faisant les épures et en traçant chaque pierre, d’après ces épures, avec la même précision que si elle devait rester dans cet état.
- 497. Les assises des murs en pierre conservant, par la première taille, un excédant de matière sur ces surfaces, ainsi que nous venons de l’expliquer, il faut que le ravalement règle la surface véritable après que la pose est terminée, c’est donc une seconde taille que l’on aura à faire sur tout le ravalement ; on se rendra compte de ce que l’on aura à retondre en plaçant des fils à plomb et des cordeaux dans le sens horizontal, du haut en bas et à chaque extrémité du mur sur
- p.148 - vue 157/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 149
- la longueur, de manière que le plan vertical, fixé d’après ces repères, puisse atteindre aux endroits les plus creux de cette face; il faut que ces lignes soient tendues à quelques pouces de la distance du mur, ce que l’on appelle un emprunt. Lorsque les repères sont fixés, on attache des broches aux extrémités, et on tend les lignes à la distance de l’emprunt que l’on a choisi arbitrairement; on taille alors un bout de latte ou un morceau de bois méplat, comme PI. 7, fig. 149, de manière que la distance A B soit celle comprise entre la ligne et Le repère, en ajoutant l’épaisseurdelaligne ; au moyen de ce régulateur, que les ouvriers appellent échantillon, on fait des repères de distance en distance sur le nu du mur , dans les deux directions verticales et horizontales; cela fait, on ôte les lignes, et on réunit tous ces repères par des tailles , de tous les sens de l’une à l’autre, que l’on dresse bien à la règle. Tous ces points donnés et rejoints, on taille tous les intervalles de l’un à l’autre, en appliquant de temps en temps la règle sur le parement qui doit, pour être bien fait, ne laisser aucun intervalle entre elle et ces premiers points donnés.
- 498. Si on a à faire le ravalement de murs cylindriques ou côniques, il faut se servir de cerces levées sur le plan horizontal des faces, et tailler d’abord des rigoles cylindriques sur les arêtes des lits des assises, lesquelles arrêtes cylindriques déterminent naturellement la profondeur des tailles que doit avoir le ravalement.
- § vi. Des Murs de clôture.
- 499. Les murs de clôture étant moins importans que les autres, se construisent avec les matériaux qui se trouvent le plus communément dans le pays ; les meilleurs sont ceux faits on moellons ou meulière , avec une hauteur de retraite eu moellons piqués ou essemiliés, hourdés en mortier de chaux et sable, et des chaînes en pierre de 18 24 pieds de milieu en milieu , comme fig. 14°. Ces murs se couvrent ordinairement d’un cours de dalles taillées en bahu avec larmier, ainsi fiu’on en voit le profil, fig. 141.
- 500. Ceux qu’on doit préférer ensuite sont totalement en moellons piqués ; on en fait aussi en moellons bruts avec crépi en mortier de chaux et sable ou plâtre. 11 est toujours fco« de conserver dans ces murs quelques assises en moellon
- i3.
- p.149 - vue 158/329
-
-
-
- 150 MANUEL
- essemillé formant retraite ; enfin on fait des murs de clôture ayant seulement des chaînes en moellons bruts hourdés en plâtre ou en mortier, d’environ 3 pieds de largeur réduits, et espacés de i5 pieds, de milieu en milieu, dont les inter--valles sont remplis en mêmes moellons ou en pierrailles, mêlées , hourdés seulement en terre; on recouvre ensuite le tout d’un crépi uniforme en plâtre ou en mortier de chaux et sable : souvent à la hauteur de 2 ou 3 p. du sol, on fait un enduit lissé en bon mortier de chaux et ciment, ces murs ont généralement i5 à i8° d’épaisseur par le bas, réduits à 12 ou i5o par le haut, et 8 p. de hauteur. On les couronne ou d’une bordure en pierre de champ, comme fig. i42, ou d’un chaperon en plâtre ou en mortier, comme fig. i43.
- 501. Lorsque les murs de clôture ont une terre élevée à soutenir, on peut les faire d’une forte épaisseur par le bas du côté des terres, et en talus à l’extérieur, comme on le voit fig. 144 ï et si'l’on craint encore que cette terrasse repousse la construction, on élève, de distance en distance , des éperons ou contre-forts, comme A, même fig. ; dans ce cas, où le terrain est élevé plus d’un côté que de l’autre, on réserve, lors de la construction, des barbacanes A, fig. 140, de 3° de largeur environ, sur 1 à 2 p. de hauteur, selon qu’on le jugera convenable, afin de faciliter l’écoulement des eaux pluviales que les terres reçoivent et qui tendent à les gonfler et à augmenter les poussées, si elles ne trouvaient pas d’issue par ces barbacanes.
- ARTICLE VI.
- Des Plates-Bandes et Voûtes en pierre.
- 502. L’art de la coupe de pierre est une des parties les plus essentielles de l’architecture-pratique, en ce qu’il contribue le plus à la solidité et à la décoration des édifices, lorsque l’on suit dans les appareils les lois de la stabilité , les bornes que prescrit l’économie bien entendue et les règles sévères du bon goût.
- 503. Nos lecteurs comprendront facilement que, dans un ouvrage de la nature d’un Manuel, nous ne pouvons, pour ainsi dire, qu’effleurer notre sujet, et indiquer les principes généraux ; il eût été impossible, en effet, d’approfondir toutes les connaissances et toutes les combinaisons dont se compose la science si difficile de l’architecture-pratique.
- p.150 - vue 159/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 151
- Ce Manuel d’Architecture n’est donc, à proprement parler, que celui de la maçonnerie, puisque la collection encyclopédique des sciences et des arts contient des traités spéciaux pour chaque nature des travaux qui se rattachent à l’art de bâtir sous les titres de Manuels de Géométrie, de Coupe de pierres, de Charpente, de Menuiserie, de Serrure-pe, des Poids et Mesures, etc., etc., qui formeront comme *e complément et le développement obligé d© celui-ci.
- § I. Des Plates-Bandes.
- 504. Lorsque la partie supérieure d’une baie de porte ou d'une croisée est cintrée, comme ici les ailes du château {PI. 4, fig. 3p), on la nomme arcade; lorsqu’elle est, au contraire , plane et horizontale, comme au rez-de-chaussée de ta façade principale, même planche, on la nomme plaie-bande.
- 505. Les baies sont presque toujours trop larges pour que tes plates-bapdes soient d’un seul morceau, et la pierre que l’on y emploierait dans ce cas pourrait se rompre sous le poids des constructions supérieures, c’est pourquoi on a imaginé de les composer de plusieurs morceaux , que l’on dispose de manière à ce qu’ils se servent mutuellement de soutien : cet arrangement consiste en ce que tous les morceaux d’une plate-bande en quelque nombre qu’ils soient, forment ensemble un trapèze , comme A B G D (Pi. 8, fig. 176), dont la base supérieure A C soit plus grande que la base inférieure BD, qui est toujours égale à la largeur de la baie, et que tous les joints , tendant à un centre commun E, fassent de ces morceaux autant de coins qui agissent l’un sur l’autre par leur coupe et par leur propre poids ; car on sent que , si ces joints °u coupes étaient verticales au lieu d’être inclinées, ou bien encore inclinées dans le sens contraire, chacun de ces morceaux , en glissant les uns sur les autres, tendrait à tomber.
- 506. ôn appelle claveau chaque morceau F G II I de la plate-bande à droite et à gauche de la clef E, et sommier les morceaux M N qui portent sur les pieds droits.
- 507. On nomme extrados la face horizontale A C d’une Plate-bande, et intrados celle du dessous B D.
- 508. Le nombre des claveaux doit être proportionné à la largeur des baies; mais, quelle que suit cette largeur, ce nom-
- p.151 - vue 160/329
-
-
-
- 152 MANUEL
- bre de claveaux, ainsi que dans une voûte le nombre des voussoirs, doit toujours être impair, afin d’avoir toujours dans le milieu une clef L ; cette disposition est absolument indispensable, parce que si ce nombre de claveaux était pair, il y aurait un joint vertical O , P ( fig. ijà ), ce qui ferait un très-mauvais effet, et ôterait beaucoup à la solidité. Lors* qu’une plate-bande est mal construite, ou que, trop chargée, elle fait fléchir les pieds droits qui la supportent, les deux coupes vers la clef s’ouvrent par en bas, tandis qu’au corn traire celles vers les sommiers et les autres coupes intermédiaires, à droite et à gauche de la clef, restent serrées l’une contre l’autre, tel qu’on le voit à la fig. 176.
- 509. Nous donnons ici plusieurs sortes de plates-bandes; savoir: celles fig. 177, 178, *79, >82 et i83, qui conviennent aux portes et croisées de petites et de moyennes dimensions. La fig. 178 est ceüe employée au rez-de-chàussée du château (PE 4), laquelle est très-solide. Dans la fig. 17ÇU on voit que le lit de pose des sommiers E F est plus bas que l’intrados, et que les premiers claveaux A B C D ayant des crossettes, ainsi que ceux G H près de la clef, il est impossible que ces claveaux puissent glisser, et on remarquera que plus le tas de charge IB et KD sera grand, plus le claveau sera engagé sous la charge des parties supérieures du mur , et par conséquent plus il sera solide : néanmoins, il ne faut pas lui donner trop d’étendue, parce qu’alors ce claveau pc « rait se rompre sous la charge, comme on le voit à F L.
- 510. Il faut donc, pour garder un juste milieu, que le ta* de charge IB ou RD égale au plus la hauteur de l’assise dç mur, avec laquelle ces claveaux s’accorderont, et au moins à la moitié de cette même hauteur.
- 511. Lorsqu’on met deux ou trois claveaux en tas de charge a droite et à gauche des sommiers, on obtient toujours plu* de solidité, surtout si le joint vertical A K (fig. 177) tombe en plein sur le jambage , ou au moins comme I G «(plomb de l’arrête D de ce jambage.
- 512. Quelle que soit la forme d’appareil que l’on adopta pour une plate-bande, les coupes de la clef doivent toujours rester informes, parce que dans la pratique ôn commence par poser les sommiers, ensuite et successivement les cia' veaux à droite et à gauche, et enfin la clef qui est toujours posée la dernière : or, le vide qui reste pour cette clef n’est
- p.152 - vue 161/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 155
- jamais très-exactement celui indiqué par l’épure ; c’est pourquoi l’on est obligé d’attendre que tous les claveaux soient posés pour prendre sur place, bien juste la mesure de cette clef, qui doit entrer à sa place , en serrant tout le reste de la plate-bande -, afin que , par sa seule pression, elle maintienne solidement les autres claveaux à leur place.
- 515. La fig. 179 représente un appareil de plates-bandeg à crossettes : l’effet de ces crossettes est à peu près semblable aux claveaux en tas de charge ; elles sont quelquefois apparentes sur la face de la plate-bande , comme l’indique cette ligure ; mais on peut aussi ne les pratiquer que dans l’intérieur, en démaigrissant un claveau, ce que l’on appelle fe~ vielle, et en faisant une sorte de tenon dans celui d’à côté pour y être encastré, ce que l’on nomme le mâle ; mais ces ruàles et femelles demandent trop de suggestions : il est bien plus simple et plus solide de faire les coupes uniformes, et de les empêcher de glisser les unes sur les autres au moyen de goujons en fer a [fig. 17b), lesquels sont scellés dans les joints de coupe.
- 514. Il est encore préférable d’employer pour le même objet des crampons en Z, comme b à la même figure. Ces Z *eronl aussi en fer ou en bronze, et scellés en mortier gras °u en plomb, après les avoir enduits d’une forte couche d’huile bouillante, de bitume ou d’un vernis gras quelconque ; *1 est à remarquer que ces scellemens ne doivent jamais être faits ni en plâtre ni en soufre , parce que ces matières attaquent et oxident le fer très-promptement.
- 515. Si l’on ne veut pas mettre de goujons ni de crampons dans les joints de coupe, on peut les remplacer par un tirant en fer Q R {fig. 170), qui sera entaillé dans le milieu de a largeur de l’intrados, lequel sera fixé à ses extrémités par deux ancres verticaux S T et U Y , qui passeront par les œils Q R, et qui seront placés dans l’intérieur des jambages ; ces *{ûcres doivent avoir au moins pour longueur trois hauteurs u assises, afin de pouvoir embrasser au moins une assise et **emie de pied-droit, et la moitié du cours d’assise au-dessus
- claveaux. Cette armature empêche nécessairement les P°ints B et D de s’écarter; en conséquence, les coupes ne Peuvent s’ouvrir par le haut vers les sommiers et par le bas fors la clef, ainsi qu’on le voit dans la fig. 176. Cette arma-
- p.153 - vue 162/329
-
-
-
- 454 MANUEL
- ture n’exclut pas néanmoins l’usage des crampons dont il vient d’être parlé , si le cas l’exigeait.
- 516. On pose quelquefois uu tirant sur l’extrados A C, mais alors il n’agit plus avec autant de force, à moins qu’a-lors on y suspende les claveaux au moyen de T enfilés à ce tirant par des œils, qui sont percés à leur partie supérieure, ainsi qu’on le voit fig. 180. On peut ajouter encore à la solidité de cette armature , en assemblant à talons sur ce tirant un arc BAG, auquel les T seraient accrochés ; enfin, dans les circonstances majeures, on peut encore obtenir un surcroît de solidité en mettant deux tirans, comme fig. 181. L’un X I A B sur l’extrados , l’autre G D incrusté dans l’intrados , lesquels sont fixés aux mêmes ancres E F et G H, Ces deux tirans peuvent être réunis par des montans en fer noyés dans les coupes, et assemblés à talons sur le tirant de l’extrados, on peut aussi y ajouter un arc comme ci-dessus, sur lequel seraient accrochés ces montans.
- 547. Nous donnons ici {fig. 184) la coupe du porche de l’église Sainte-Geneviève de Paris, pour faire‘comprendre jusqu’où peut aller la combinaison de ces armatures dans un édifice d’une grande dimension.
- 518. Pour tracer les claveaux d’une plate-bande , on com" mence par tracer sur un mur ou toute autre partie lisse, comme un enduit, par exemple, une épure, grande comme nature, de la totalité de cette plate-bande ; ensuite on lève un panneau de tête pour chaque claveau de chacune des moitiés de cette plate-bande, pour un des sommiers et pouf la clef, et pour les tailler on choisit des pierres sur lesquelles puisse être appliqué le panneau du claveau que l’on veut faire, et dont la longueur égale l’épaisseur de la plate-bande-On commence d’abord par tailler le lit de pose D R [fig. 17.^) (Ici c’est un sommier; mais si c’est dans un claveau, cette partie de dessous, comme ici P X ou X D, se nomme U douelle) ; on fait ensuite et parallèlement l’autre tête, en observant entre ces deux têtes une distance égale à l’épais* seur du mur; cela fait, on applique le panneau, et l’oU trace le joint de coupe D C, le lit de dessus C Y , et Ie joint vertical R Y au-dessus du pied droit ; l’on taille le tout selon le tracé, et le sommier est terminé. Il en est ains» de tous les morceaux qui composent une plate-bande : on cofl* Çfit que, pour l’autre côté , il faut retourner les panneau*-
- p.154 - vue 163/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 153
- Quant à la clef, il ne faut que préparer en gras les joints de c°upe, parce que, lors de la pose, il faut quelquefois les dé-tOaigrir un peu, ainsi que nous l’avons dit plus haut (5 j 2).
- § n. Des Voûtes et Arcades en général.
- 519. Les voûtes sont les constructions les plus imposantes édifices publics ; mais leur érection est soumise à des rè-
- S|es dont on ne saurait s’affranchir sans danger, lesquelles regles prises dans les lois de la statique et de l’équilibre, déterminent des rapports exacts entre les murs en supports et courbe , le diamètre et l’épaisseur des voûtes (6bg et suiv.)
- 520. La première condition à remplir pour la solidité des v°ûtes, dit un auteur moderne, est la perfection dans la Imposition du plan de l’édifice. Il faut donc , par des combinaisons heureuses, en faire concourir toutes les parties P°ur coopérer à la même fin, la force des voûtes, de telle panière toutefois que dans les distributions des masses , on J1 aperçoive aucun point comme auxiliaire, ou indirect con-re leur poussée, et pour tracer de pareils plans, il faut le c°ncours du génie et de la science.
- 521. Et, passant aux exemples qui doivent rendre sensi-I,es ces proportions sur lesquelles, selon lui, repose toute a théorie de la construction des voûtes, il cite les suivans :
- , Le temple antique de Mars à Rome, enrichi d’un péristyle a j extérieur qui entoure la Cella, est surmonté d’une voûte en Plein-ceintre, un seul mur compose le corps de l’édifice sur chaque côté, et sert de soutien unique et naturel à cette ^Ûte ; aucun contre-fort, aucun arc-boutant, aucun éperon Parasite, ne déshonorent l’ordonnance du monument.
- . 522. Il convient d’observer cependant que la distribution Sl«iple du plan du mur du temple de Mars, ne suffit à sa ^rande voûte qu’à raison de son module moyen. Le plan de ?ut autre monument dont les voûtes auraient quarante , ®ffiquante, soixante pieds et plus de diamètre, ne pourrait ®*ire d’une aussi simple composition ; il absorberait des mariaux surabondans ; il ferait éprouver une perte dans les arfaces , et reporterait un pareil édifice aux premiers âges e l’architecture.
- 523. Une remarque à faire se présente sur ce point important de construction.
- p.155 - vue 164/329
-
-
-
- 156 MANUEL
- Les voûtes d’un grand module, principalement celles de cinquante, soixante et quatre-vingts pieds d’ouverture, sont beaucoup plus difficiles à établir que les arches en plein-ceintre, l’espèce dont il s’agit, de mêmes dimensions qui sont celles de nos plus beaux ponts. La raison en est évidente; elle tient à ce que les voûtes des ponts reposent sur des piles peu élevées , tandis que les voûtes des grands édifices s'érigent sur des bases d’une élévation considérable. Dépareilles voûtes exigent le concours de points d’appui divers, qui des-sinent des distributions accessoires plus ou moins grandes proportionnellement au degré du module de la voûte ; tous points d’appui utiles à l’usage de l’édifice, et qui en devien-nent les supports puissans.
- Des moyens de ce genre nous sont offerts dans la cathédrale de ül-Pielro, l’un des plus grands temples , modernes connus. Le plan de cet édifice, de forme parallélogramme, a deux cent trente-sept pieds de longueur, non compris la saillie de trente pieds, d’un avant corps à son chevet, et d’une niche ; un péristyle hexastyle de vingt-un pieds de largeur décore son fronslispice ; la longeur totale est de deu* cent quatre-vingt-huit pieds; et la largeur, hors-œuvre de l’édifice, de cent cinquante-sept pieds : le diamètre de la grande voûte a soixante-quinze pieds.
- Les distributions dans ce plan, habilement combinées* produisent des masses d’une résistance complète contre la puissance colossale de la voûte, qui à peu d’exemples : les masses à compter des pilastres qui décorent la nef du leva'1 pie, jusqu’aux nuds des murs extérieurs, ont, sur chaque côté, quarante-trois pieds.
- Ce temple moderne , si différent dans son plan des édifi' ces antiques qui vont être cités plus loin, offre cependant les mêmes rapports entre le diamètre , soixante-quinze pieds * de. sa grande voûte et de ses soutiens, que ceux qui existaient nu Temple de la Paix à Rome, dont le diamètre est de soixante-dix-sept pieds cinq pouces, et les masses des distrP butions qui l’appuient, quarante-huit pieds.
- 524. De semblables rapports existent dans la salle prince pale, qui occupe le centre du plan des thermes de Dioclétien' La voûte de ce monument célèbre avait soixante-seize pieds ie diamètre et quatre-vingt-treize pieds huit pouces de hauteur sous clef; des distributions latérales opèrent les mêmes ef' fets de résistance que dans les deux temples précédons, 1’**®
- p.156 - vue 165/329
-
-
-
- D’ARCIIÎTECTÜRE. 157
- antique, l’autre moderne, contre l’énorme poussée de ces Voûtes gigantesques.
- 525. Le même auteur établit en principe général que les courbes d’une voûte quelconque sont la continuité des murs droits au-dessus desquels elle s’érige. Ces courbes ne diffèrent de leurs bases que par leurs diverses inclinaisons : et de ces positions différentes, résulte l'accroissement plus ou moins considérable à donner aux parties verticales des murs, au-delà de leur épaissenr naturelle ; accroissement combiné du développement des parties inclinées, avec l’action que, dans leur état particulier, et c*Iui de l’espace de leur coupe, elles exercent contre les murs, et selon la nature de leur plan.
- 526. Quoique l’épaisseur propre des voûtes soit réglée d’abord par leurs diamètres, elles éprouvent encore des différences, i° selon la forme du plan, l’espèce de la coupe, plein-ceintre, éliptique, ogive, etc.; 2° selon la nature et l’échantillon des matériaux qui construisent les voûtes, et <lui influent également sur leurs supports.
- 527. La meilleure manière de construire les voûtes est, sans contredit, de n’employer que la pierre , ainsi que pour les murs; mais cette manière est presque partout très-dispendieuse , à cause des tailles et de la pose. Dans ce cas, on fait seulement les pieds-droits et les fermetures de têtes en pierre, et le surplus en moellons piqués et taillés en voussoirs, ce que l’on appelle moellons pendans : le tout doit être hourdé de chaux et sable et les reins remplis presque jusqu’à la hauteur de l’extrados en maçonnerie de moellons et de garnis, hour-dé? aussi à bain de même mortier; nous ne saurions trop vépéter que lé mortier résiste mieux dans les lieux humides flue le plâtre : cette manière, qui a une grande adhérence ®vec le moellon et la meulière, n’offrant pas l’inconvénient de pousser au vide et prenant une grande consistance, il en résulte que la construction présente, avec le temps, une seule •ûasse extrêmement solide.
- 528. On fait aussi des arcs en pierres de taille, de distante en distance, et les intervalles en moellons bruts, ou seulement essemillé, que l’on recouvre d’un crépi ou d’un enduit en plâtre ou en mortier de chaux et sable ; toutes ces voûtes doivent avoir environ i5° à la clef, et devenir graduellement plus épaisses jusqu’à leur naissance, de manière qu’elles «lient à cos doux points environ lO à 20°.
- j4
- p.157 - vue 166/329
-
-
-
- 158 MANUEL
- 529. Lorsqu’il y a quelques motifs de faire les voûtes plu* minces, soit à cause du niveau d’eau qui ne permet pas de faire des caves très-profondes, soit à cause de tel autre obstacle qui peut se présenter, on les fait alors en briques, plus ou moins surbaissées,auxquelles on peut ne donner que4°àla clef, c’est-à-dire la largeur d’une brique ; mais alors ces voûtes ne peuvent être que de petites dimensions, ou bien elles doivent être maintenues de distance en distance par des arcs en pierre, ou par des arêtes ou angles rentrans de même matière , quand elles forment voûtes d’arête ou acs de cloître ; ces voûtes se construisent aussi enjiriques ou en pots creux. {Pl.l, fig. 161).
- § m. Des Voûtes et Arcades en berceau plein-cintre, et autres.
- 550. Les voûtes en berceau sont celles dont la face apparente est une surface demi-cylindrique, ou une courbe quelconque ; lorsque cette courbe est une demi-circonférence de cercle , comme PI. 9, fig. i85, on l’appelle en plein cintre; lorsqu’elle estformèe d’une demi-ellipse, comme fig. 186, on l’appelle anse de panier; si c’est un arc de cercle moindre que la demi-circonférence, comme fig. 187, on la nomme arc surbaissé ; si, au contraire, ce cintre est une demi-ellipse ou anse de panier, mais dont le petit axe est horizontal et le grand axe vertical, comme fig. 188, on le nomme arc surhaussé.
- 551. La fig. 189 est un arc en ogive : ce cintre est formé par deux arcs de cercle dont les centres sont recpective-ment aux points de la naissance de ces arcs ; ainsi, le centre de l’arc A G est en B, et celui de l’arc B C est en À.
- 552. La fig. ign est un arc rampant. Il faut avoir soin, dans ces arcs, ainsi que dans tous ceux qui se forment de plusieurs autres, de faire tendre les joints de coupe à celui d’où est tracé la partie d’arc sur lequel se trouve la division.
- 555. Quant aux épures de ces voûtes, elles ne présentent aucune difficulté; il s’agit seulement de tracer la courbe principale qui constitue la voûte, de la diviser ensuite en autant de parties égales que l’on veut avoir de voussoirs, de mener les joints de coupe par les points de centre, ainsi qu’il vient d’être dit; sur cette épure on taille des panneaux de tête en
- p.158 - vue 167/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 159
- volige, comme pour les plates-bandes, et on taille les vous-Soirs de la même manière.
- 534. On trace et on taille les voussoirs d’une voûte, soit par équarrissement, et cette méthode est la plus généralement suivie et la plus sûre, quoiqu’elle exige plus de pierres lue la seconde, lorsque l’appareilleur ne sait pas la modifier avec intelligence ; soit par panneaux, méthode moins exacte, quôiqu’elle nécessite un plus grand attirail préparatoire. Nous ne traiterons pas ici de ces deux méthodes qui nous entraîneraient trop loin : ce serait faire le premier chapitre d’un cours de coupes de pierres, et tout le monde sait que cette science exige un traité spécial; c’est pourquoi nous renvoyons nos lecteurs, pour cet objet, à notre Manuel de la coupe des pierres qui fait partie de la collection encyclopédique.
- 535. La surface cylindrique intérieure d’une voûte, quelle que soit d’ailleurs sa courbe, se nomme intrados ,. et la surface extérieure extrados. Quand même cette surface ne serait pas parallèle à la première, quand l’extrados est parallèle à l’intrados , comme A B G D , fig. i85 , on l’appelle berceau cxtradossé. C’est ainsi qu’on les fait toujours pour les caves, lorsque les murs sont remplis en moellons et moellonnailles ; Riais dans les constructions en élévation, cette distribution Serait la moins solide de toutes et serait défectueuse en ce qu’elle s’arrangerait mal avec les assises des murs avec lesquels les claveaux ne se lieraient pas, et qui laisserait à ces Assises des angles trop aigus; ainsi qu’on le voit en H, la disposition de l’autre moitié de cette fig. C E F G est beaucoup plus convenable et plus solide, en ce que les claveaux sont en tas de charge d’arase avec les assises, et que leurs Joints verticaux ne laissent pas de parties faibles dans ces assises.
- 536. Les morceaux de pierre qui forment une voûte , de quelque courbe que ce soit, se nomment voussoirs ; les faces portantes de ces voussoirs se nomment coupes; leur face, qui fait partie de l’intrados, se nomme douelle ; celle qui lui est opposée , et qui fait partie de l’extrados, prend le Rom à'extrados de voussoir ; enfin, les deux autres faces *e nomment joints, si la voûte est composée de plusieurs morceaux sur la longueur, et têtes si elles font parement.
- 557. Ainsi que dans les plates-bandes, il faut que le cin-
- p.159 - vue 168/329
-
-
-
- 160 MANUEL
- tre d’une voûte soit toujours divisé en un nombre impair de voussoirs, afin qu’il s’en trouve toujours un au sommet de la voûte, que l’on nomme la clef; cette disposition est indispensable tant pour la solidité que pour la régularité de l’appareil. Î1 est aussi essentiel de faire observer que toutes les douelles des voussoirs qui composent une voûte, doivent être d’une égale largeur ; il faut donc , pour tracer l’épure, diviser l’arc intérieur E G D , comme ici fig. , en autant de parties égales qu’on voudra avoir de voussoirs, et toujours en nombre impair, à cause de la clef ; ensuite oh mènera des lignes droites de toutes ces divisions au point du centre I, puisque cet arc est plein-ceintre ; ces lignes de coupes seront arrêtées par leur rencontre avec les lits des assises horizontales.
- 538. Si l’arc est une anse de panier, comme fig. 186 , ces joints de coupes sont tracés, en passant par le centre de la partie de l’arc syr laquelle se trouve les divisions , ainsi qu’on le voit par les dispositions de ladite fig. 186.
- § iv. Des Voûtes d’arêtes et en arc de cloître.
- 539. Les voûtes en arc de cloître sont toujours très-solides, parce qu’elles n’ont pas de poussées ; bien disposées, elles produisent un très-bon effet. On peut en faire usage dans des salles, des galeries, des grands corridors, des vestibules, etc. A l’extérieur, on peut les établir sur des architraves appareillées en plates-bandes et soutenues par des colonnes, des pilastres ou des pieds-droits.
- 540. Ces voûtes se composent de l’intersection de deux surfaces cylindriques placées d’équerre à la même hauteur; la forme des projections qu’elles produisent dépend de celles des surfaces qui s’intereeptent, et de la position respective de ces surfaces, l’une par rapport à l’autre ; ainsi, quand la forme et la position de deux surfaces cylindriques sont fixées, la nature de leur intersection est nécessairement connue.
- 541. Les voûtes en arc de cloître peuvent s’exécuter sut tous les plans et à toutes les courbures. Si les diamètres des berceaux qui la composent sont égaux, comme ici PI. 9, fig. 191 , les cintres principaux , ainsi que les intersections 1© seront aussi ; si, au contraire, ils sont inégaux ou sur un plan irrégulier, comme les fig. 192 et 198, les cintres sont inégaux en raison de leur diamètre , et un seul de ces cintres étant
- p.160 - vue 169/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 161
- donné, les autres dépendent du premier, parce que la projection horizontale de l’intersection de ces berceaux doit être toujours sur les diagonales du rectangle sur lequel la Voûte est établie.
- 542. Ainsi que dans les voûtes plates, le carré, le parallélogramme, le trapèze et les polygones sur lesquels pose une Voûte d’arête ou en arc de cloître, et les projections horizontales des douelles de cette voûte doivent former des polygones semblables, situés les uns dans les autres, ayant leurs côtés parallèles, ainsi qu’on le voit dans les plans de la PL 9.
- 543. Ces voûtes sont ordinairement séparées entre elles par des arcs doubleaux A (fig. 191), lesquels arcs doubleaux ne sont autre chose que des arcades en berceaux, ayant la même courbe que les voûtes d’arêtes qu’ils séparent, et qui forment une espèce de bandeau en saillie sur la surface de la voûte principale ; les claveaux de cet arc doubleau doivent toujours être en liaison avec ceux des voûtes principales.
- 544. Ce que nous venons de dire pour les voûtes en arc do cloître peut s’appliquer également aux voûtes d’arêtes, avec lesquelles elles ont beaucoup d’analogie, quoiqu’elles ne se ressemblent point, puisqu’elles sont le contraire des autres, ainsi qu’on peut le voir par la répétition des mêases figures, qui font voir dans les fig. iq4, '9$ et 196 des voûtes d’arêtes sur les mêmes plans que les premières : on comprendra facilement cette différence par l’inspection des joints de celles-ci.
- g v. Des Voûtes sphériques.
- 545. On appelle voûte spbériqne celle dont l’intrados a la figure d’une demi-surface concaye.sphérique, et dont le plan est un cercle ( Voyez la coupe , fig. 197 , et le plan , fig. 198} ; on l’appelle sphéroïde si le plan est un ovale. Ces voûtes peuvent être entières comme les dômes, ou en demi-voûtes, comme, par exemple, des niches. Si elles sont extradossées, on choisit pour la forme d’extrados une surface sphérique ou sphéroïde, qui peut n’être pas équidistante de l’intrados, mais qui doit avoir avec lui le même centre de votation, comme A [fig. 197), où l’on voit que celte différence produit des claveaux d’une moindre épaisseur vers la clef, appareil qui rend ces sortes de constructions plus légères;
- 14.
- p.161 - vue 170/329
-
-
-
- 462 MANUEL
- l’autre côté B de cette figure est extradossée également paf" tout. La fig- 198 est le plan de cette voûte.
- 546. Quelquefois on dispose les assises de ces sottes de voûtes de manière qu’elles se trouvent comprises entre des plans qui ferment des triangles, des quadrilatères, ou même des polygones plus'ou moins réguliers. Cette manière vicieuse d’appareiller ces voûtes est contraire à la solidité, en ce qu’il en résulte des voussoirs en enfourchement, qui n’offrent presque pas de consistance, parce qu’ils sont trop amincis par le bas ; de plus, la main-d’œuvre est beaucoup plus considérable que pour les voussoirs ordinaires disposés horizon-taleTnent, et ils occasionent un déchet de pierre qui les rend très-dispendieux.
- § vi. Des Voûtes annulaires.
- 547. Les voûtes annulaires sont celles que l’on établit sur deux murs cylindriques droits à bases concentriques. Ces sortes de voûtes peuvent être, ainsi que les autres, de toutes les courbes possibles, extadossées ou non. Les joints de coupe doivent être tracés du même centre que les murs, et les joints de tête tendent à ce même centre, le tout ainsi qu’on le voit à la fig. 199.
- § vu. Des Pendentifs.
- 548. Les pendentifs ne sont autre chose que ce qui reste d’une voûte sphérique ou sphéroïde, laquelle voûte est tronquée par des plans verticaux, tels que de grandes arcades. Un pendentif ne peut être régulier que lorsque le plan horizontal qui sert de base à la voûte est régulier lui-même, comme un cercle ou un polygone ; car alors les intersections des faces des murs avec l’intrados du pendentif, sont des courbes égales entre elles. {Voy. le pendentif A, fig. 200, avec son plan, fig. 201).
- 549. Les pendentifs, quels qu’ils soient, doivent toujours être appareillés par assises horizontales ; toute autre manière est vicieuse et de mauvais goût.
- § vm. Des Voûtes côniques.
- 550. On appelle voûtes côniques toutes celles dont l’intrados est une surface cônique quelconque : cette courbe peut
- p.162 - vue 171/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 1Ô5
- Être fermée ou, comme fig. 2.02, ouverte, comme pour des soupiraux ou des portes, comme fig. 10b et 204.
- 551. Les voûtes coniques ne peuvent être pratiquées qu’au travers des murs : on les appelle alors portes ou arcades cdniques, ou dans l’encoignure formée par la rencontre de deux murs droits ; alors elles s’appellent trompes.
- 552. L’appareil de ces espèces de voûtes est absolument le taême que pour les portes en berceaux; on les exécute très-rarement pour les constructions ordinaires : l’architecture militaire seulement, pour laquelle l’élégance des formes n’est comptée pour rien, les applique assez souvent dans les fortifications.
- § ix. Des Descentes en berceau.
- 555. Dans les voûtes droites, les angles qui forment les douilles des voussoirs avec leurs têtes sont toujours droits ; biais dans les voûtes rampantes pour descente d’escaliers ou autres, ainsi qu’on le voit fig. no5, les surfaces des voussoirs étant inclinées à l’horizon, forment avec les faces des biurs des angles d’autant plus aigus que le rampant du berceau est plus rapide; les lits des assises du mur A doivent toujours être horizontaux, mais tes surfaces de pose des Voussoirs des berceaux de descente étant inclinées, ne peuvent pas s’accorder aussi bien avec les lits des assises des murs, comme dans les voûtes droites, ce qui est une défectuosité que le bon goût réprouve, comme on le voit en A, même fig. 2r>b. Il faut donc que les sommiers soient disposés de manière à faire également partie du mur et de la voûte ramr Pante, en les disposant ainsi qu’on le voit en B dans la ftiême figure.
- § x. Des Voûtes plates.
- 554. Les voûtes plates sont assez solides lorsqu’on apporte beaucoup de soin dans leur exécution ; mais on ne doit pas abuser de leur usage , et il ne faut les employer que dans de petits espaces, tels qu’une galerie, ainsi que dans les ailes du château, PI. 3, ou dans de petites salles; ou si l’on en fait usage dans des.salles ou des vestibules de grande dimension , il faut alors les soutenir par un certain nombre de colonnes ou de pilastres disposés en quinconce pour en supporter la charge, qui autrement dçYiendjîaU énorme, et qui,
- p.163 - vue 172/329
-
-
-
- 464 MANUEL
- poussant les premières assises des claveaux vers les points d’appui, finirait par les déverser, ce qui occasionerait la chute de la voûte.
- 555. Ces sortes de voûtes dont l’intrados est une surface
- plane et horizontale, tiennent lieu de plancher au-dessus de péristiles ouverts ou de galerie en terrasses, comme ici, par exemple, celles en ailes des Planches 3 et 4 doivent être construites de manière que les assises des claveaux dont elles sont composées soient, autant que possible, parallèles aux faces dqs murs ou points d’appui qui les supportent ; ainsi, dans cette galerie dont le plan est PI. 3, les points d’appui sont deux arcades et deux plates-bandes, qui forment ensemble un carré presque parfait; les projections horizontales des arêtes des douelles des sept voûtes plates qui composent une de ces galeries, formeront des carrés semblables les uns dans les autres, dont les côtés seront parallèles à ceux formés par les arêtes des plates-bandes et par les faces intérieures des têtes de ces plates-bandes. Cette disposition est rendue sensible par la fig. 206. 1
- 556. Si l’espace était cylindrique, comme fig. 2^7, qui est le plan d’une tourelle, il faudrait que les projections horizontales des arêtes des douelles soient aussi circulaires, ainsi qu’on le voit au plan. Si cette voûte était renfermée dans un espace octogone ou dans un autre polygone quelconque, il faudrait suivre le même principe, comme on le voit fig. 208. Il résulte de ces dispositions que le contour des assises va toujours en diminuant de l’une à l’autre, de telle manière qu’elles finissent par un seul morceau de pierre a, qui est la clef de la voûte et qui la termine.
- 557. Les joints de coupe de ces sortes de voûtes tendent toujours à un centre, ainsi qu’on ie voit dans les coupes, fig. i<& et 207; autrement, et si ces joints étaient verticaux? ils tendraient à glisser. Ces joints peuvent se faire aussi 8 crossettes, ainsi qu’on le voit à la moitié de la fig. 206.
- 558. Nous ferons observer que ces sortes de voûtes n’ont presque pas de poussée, et notamment si le point de centra des joints de coupe est élevé de manière à ce qu’ils soient inclinés convenablement.
- 559. La fig. 209 indique le plan d’une de ces voûtes plates à la rencontre de deux galeries droites, dans le cas où on n® voudrait pas faire de plates-bandes au droit deganglesdesffiurî’
- p.164 - vue 173/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 165
- 560. Pour plus de solidité et dans les salles cylindriques,
- remplace quelquefois ces voûtes plates par une yoûte cô-
- tdque très-méplate, ainsi que la coupe ( fîg. 207 ). Ces voûtes sont plus légères si elles sont extradossès horizontalement, parce qu’alors la moindre épaisseur se trouve au sommet.
- 561. La fig. 202 est une flèche'conique ; on remarquera flue pour cette espèce de voûte , il faut que les joints de pose A B soient perpendiculaires à la ligne d’inclinaison C D. L’inspection de cette fig. 202, suflira pour faire comprendre fine ces joints ainsi disposés , donnent à ces sortes de constructions toute la solidité dont elles sont susceptibles.
- 562. Il est encore d’autres espèces de Yoûtes et de trompes dont nous ne parlerons pas, i° parce qu’il est impossible de présenter dans un ouvrage de la nature de celui-ci, une théorie qui embrasse tous les genres de voussures, lesquelles peuvent se varier à l’infini, en raison des positions et des circonstances particulières ; 20 parce qu’un très-petit nombre de ces voûtes est maintenant en usage dans les bàtimens particuliers ; on aura d’ailleurs recours à notre Manuel de Coupe de pierre, si l’on veut approfondir cette science , qui Comprend non seulement le tracé et la taille des différentes espèces de voûtes considérées chacune en particulier, mais de toutes celles qui, se pénétrant réciproquement les unes les autres, offrent une multitude de combinaisons dont les résultats sont en harmonie avec les règles de la bonne construction.
- § xf. De la Pose des voûtes en pierre.
- 563. Il est essentiel d’apporter la plus minutieuse attention à la taille des coupes de voussoirs, parce qu’ils faut qu’ils Puissent être posés immédiatement les uns sur les autres, afin d’éviter toute espèce de tassement dans les voûtes, parce que Ces iassemens pourraient occasioner leur chute ou l’écrase-tfient de ceux des voussoirs qui ne porteraient pas parfaitement sur leur coupe, ou au moins , lors du décintrement, le dérangement de quelques-uns de ces voussoirs pourrait changer la forme de l’intrados, quoique cependant on prévoie ces
- assemens, et que l’on en tienne compte en taillant et en po-Sant les voussoirs.
- 564. Pout remplir les vides que l’imperfection des coupes peut laisser entre elles, on introduit du mortier ou du
- p.165 - vue 174/329
-
-
-
- 166 MANUEL
- plâtre clair par le moyen de petites rigoles que l’on creuse dans ces coupes, en ayant la précaution de ne pas IeS pro* longer jusqu’aux faces apparentes.
- 565. Lorsque les jambages sont montés jusqu’au niveau des naissances, et qu’on a dérasé les lits de dessus àce niveau, on établit de chaque côté 1-a première assise A [fig. 21 <:)', en ayant soin de faire raccorder l’arête inférieure de la douelle avec l’arête supérieure des tableaux, et de raccorder les tê-tes avec les faces du mur au travers duquel la voûte est pratiquée. On établit ensuite, de distance en distance, les cintres en charpente B, destinés à recevoir et à soutenir les voussoirs jusqu’à ce que la pose soit terminée et que les clefs C soient en place; sur ces cintres on pose des plats-bords, chevrons ou solives B, que l’on appelle couchis, de l’un à Eautre cintre dans le sens de la voûte. Ces couchis doivent former ensemble la même courbe que les douelles des voussoirs qu’ils doivent soutenir, et doivent porter eux-mêmes sur des calles , aiïn de faciliter le décintrement , lorsque la voûte est terminée.
- 566. Les cintres en charpente sont composés de plus ou moins de pièces de bois, en raison de l’entendue de la voûte; mais, quelque que soit cette étendue, leurs assemblages doivent être tels que la charge successive des voussoirs ne puisse jamais les faire fléchir, parce qu’alors cet effet, en faisant changer leur forme et leur courbure, déplacerait les voussoirs et changerait aussi, par conséquent, la forme de la voûte.
- 567. Pour adapter ces cintres en charpente , on commence par fixer solidement une règle bien dressée D E disposée horizontalement, ainsi qu’on le voit aux ji&. 11 <» et 211. On trace sur cette règle les saillies des douelles prises dans l’épure, avec les numéros 1,2, d, 4 jusqu’à 6 , qui sont les aplombs des joints des douze voussoirs et de la clef ; et, sur une autre règle , placée perpendiculairement, on porte, à partir de la naissance A, toutes les ordonnées du cintre du berceau , que l’on marque sur cette règle des mêmes chiffres 1,2, 3„4, h* 6. On détermine ensuite, par un instrument appellé ibclinateaf {./'§• 212 K l’inclinaison de la coupe du lit de dessus de chaque assise. Les deux règles dont nous venons de parler fixant la hauteur et la saillie de l’arête supérieure de chaque assise, on opérera sans tâtonnemens. Voici commentM. Dou-liot, payant professeur, dans son Traité spécial de eoupo
- p.166 - vue 175/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 167
- de pierre, s’exprime sur cet inclinateur et sur la manière de Remployer ; nous ferons observer, toutefois, que cet instrument n’est véritablement utile que lorsqu’il s’agit de voûtes d’un très-grand diamètre, comme celles des églises, salles Publiques, arches de pont, etc.
- 568. «Cet inclinateur , dont j’ai vu faire usage pour la Pose des ponts en pierre de taille, doit être fait avec beaucoup de soin, de la manière suivante : on fera faire, par un menuisier, un châssis a b c d{fig. 212) parfaitement carré, d’un boisbien sec et avec des ais de 0. cent, lî ,(i°) d’épaisseur, ®u moins, sur 5 cent. (20) de largeur, assemblé solidement. aux angles. Sur les deux côtés contigus d adc de ce châssis, on assemblera un morceau de bois de même largeur et épaisseur que le châssis, corroyé en quart de cercle, comme les lettres i k l m l’indiquent. Sur les milieux des côtés d a et d c on mènera les droites i 0 k 0, qui se rencontreront sur la diagonale menée par les points d i au point 0, où Ton percera un petit trou rond, dans lequel on fera passer le bout d’un fil à plomb, qu’on nouera par derrière pour l’empêcher de sertir.
- 569. «Alors on transportera le côté a b de l’instrument successivement sur chaque coupe du centre principal du berceau ( dans l’épure ) ; et par le point 0 de suspension du fil 4 plomb, on abaissera une perpendiculaire à la ligne de terre 'Itt’on tracera sur le quart de cercle de l’inclinateur, chaque f°is que l’on passera d’une coupe à l’autre ; ce qui donnera, sur l’inclinateur , les droites marquées par les numéros 1, a, 3, 4, 5, b, 7, et l’instrument sera terminé. Quand °u voudra vérifier si la coupe de la pierre assise a l’inclinai-®on qui lui convient, on posera le côté a 6 de l’indicateur sUr le plan de cette coupe, dans une direction perpendiculaire à l’arête de douelîe, et si le fil à plomb bat sur la droite Marquée par le numéro 1 du quart de cercle de l’indicateur,
- coupe aura l’inclinaison qu’elle doit avoir. Pour la coupe
- la seconde assise, le fil ù plomb devra tomber sur la droite parquée par le numéro 2, et pour celle de la troisième as-s,se sur la droite numéro 3, et ainsi de suite, comme la fy. 2.10 l’indique, pour la coupe de la quatrième assise, où ' inclinateur est indiqué par les lettres a b cd, et le fil à Plomb par les lettres 0 p. Voici maintenant comment on Procédera b la pose du berceau :
- p.167 - vue 176/329
-
-
-
- 168 MANUEL
- 570. » Après avoir posé la première assise comme il a été dit précédemment, on dérasera la coupe et le lit supérieur bien de niveau, et de manière que la coupe ait l’inclinaison qu’elle doit avoir, ce qu’on déterminera au moyen de l’incli-nateur.
- 571. » Cela fait, on posera la seconde assise ; et pour déterminer la hauteur de la saillie de l’arête supérieure de la douelle de cette assise : i° pour vérifier la saillie, on fera tomber un fil à plomb , plus bas que la règle a b [fig. 210), que l’on appuiera contre l’arête en question. Si cette arête a la saillie qu’il lui faut, le fil à plomb battra sur la droite, numéro 2 de la règle a b; 20 pour vérifier la hauteur, on posera le bout 0 de la règle indiquée à côté de cette fig. 210, verticalement sur la règle horizontale a b, et si l’arête dont il s’agit répond juste au numéro 2 de la règle des hauteurs, cette arête sera bien disposée. Ensuite, on vérifiera l’incli" naison de la coupe avec l’inclinateur, et si la coupe a trop d’inclinaison , on tâchera de corriger ce défaut sans mettre de cales par derrière, en retouchant, soit la coupe du des' sous, soit celle de dessus, soit en les retouchant toutes les deux, suivant le cas. Si la coupe n’a pas assez d’inclinaison, et que d’ailleurs la douelle soit bien disposée , on laissera la pierre excédante en haut de la coupe, pour l’ôter, en déra" sant la coupe entière de l’assise.
- 572. » Pour qu’une assise soit bien posée, entre les trois précautions que nous venons d’expliquer, il faut que les arê' tes des douelies soient bien en ligne droite dans toute la Ion" gueur du berceau, et que les têtes des voussoirs des extrémi' tés se raccordent avec les faces extérieuresdu mur au travers duquei le berceau est pratiqué, ce qu’on fera comme s’il s’a" gissait simplement des pierres de ce mur. On continuera de poser successivement les autres.assises de la même manière, en ayant toujours soin de déraser la coupe supérieure de chaque assise, dès qu’elle sera mise en place , et qu’on aura coulé du mortier ou du plâtre clair dans la coupe inférieure pour empêcher que la poussière n’entre. Ce coulage ne peu*’ se faire à mesure de la pose que pour les premières assises; quand on arrive près de la clef, il ne faut couler qu’après avoir terminé la pose de la voûte et avant le déemtrement; il f a encore une précaution importante à avoir en posant un berceau, surtout quand il s’agit d’une grande voûte telle qu’un® arche de pont : c’est de peser de manière que le cintre e®
- p.168 - vue 177/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 169
- charpente soit chargé le plus uniformément possible, c’est-à-dire qu’après avoir posé une assise à droite, il faut poser sa Correspondante à gauche, et ne jamais poser deux assises de suite du même côté : de cette manière, si le cintre en charpente est bien fait, il ne changera pas de forme, ou s’il tend à en changer, il sera facile de le contenir en le chargeant d’un certain poids au sommet, qu’on allégera à mesure que la posé s’approchera de la clef. Quand les deux contre-clefs seront posées, on prendra la mesure de la clef, ou la taillera, et on la posera. »
- § xn. Bu Ravalement des voûtes.
- 573. Pour ravaler ou tailler l’intrados d’un berceau de plein-ceintre ou surbaissé, la première opération à faire est de dresser, avec beaucoup de précision, les deux arêtes de naissance ou tètes deces berceaux,de manière qu’elles soient parallèles entre elles, et se raccordent parfaitement avec les faces des pieds-droits ou des murs dans lesquels elles sont pratiquées ; on fixe ensuite deux règles au niveau de la naissance, dont une à chaque bout du berceau, de manière que icur direction soit perpendiculaire aux arêtes des naissances; ces règles étant dressées sur deux faces, l’une de ces faces sera de niveau et l’autre verticale ; la première donnera la hauteur des ordonnées de la section droite au moyen desquelles on fait des repères bien justes sur chaque arête de doueïlc; la seconde sert, au moyen d’une ligne à plomb, pour U'acer avec des points, sur l’intrados, la section droite de Cét intrados ; on lève alors sur l’épure, des cerces, au moyen desquelles on réunit tous les repères par une espèce de rigole ou ciselure, qui aura nécessairement la courbure du cintre du berceau ; dans le fond de cette ciselure on trace toujours par points, l’intersection du plan de la section droite ®Vec l’intrados de la voûte, au moyen d’une ligne à plomb> et l’on fait glisser sur la face verticale, des règles placées au biveau des naissances.
- 574. Au moyen de ces rigoles , ou ciselures faites sur les Assises horizontales des douelles d’une règle qu’on fera glisser *ur les sections droites de ces ciselures, et d’une cerce ayant
- courbure de la douellc, que l’on fera glisser sur cette ^Quelle, on réglera facilement la taille définitive.
- 575. S’il est question d’une yoùte en arc de cloître, on
- i5
- p.169 - vue 178/329
-
-
-
- 470 MANUEL
- commence par bien dresser les arêtes des naissances, de manière qu’elles se raccordent parfaitement avec les faces des murs formant tête; ensuite, on place horizontalement, au niveau de la naissance de la voûte, une règle dressée sur deux faces, de sorte que la côte verticale de cette règle se trouve dans le plan vertical des intersections des pans de la voûte ; alors les ordonnées de la courbe de ces intersections forment, au moyen d’une ligne à plomb, autant de repères angulairessur cette règle, qu’il y a d’intersections. On réunit ensuite ces repères angulaires, en faisant usage de cerces qui suivent les courbes d’intersection, au moyen de quoi on taille chacune des parties en arc de cloître.
- ARTICLE VII.
- Des autres Ouvrages en pierre.
- § i. Des Piédestaux en pierre.
- 576. Les piédestaux doivent être faits de trois morceau* ou plus; savoir : un pour la base A et B, y compris le socle {PI. 10, fig. ïi3), si ce piédestal est de petite dimension, un pour le dé C et un pour la corniche D ; si, au contraire, il est très-grand, on sera forcé de faire le dé G en deux ou trois assises, dont la dernière portera le congé et le carré, de faire séparément la base A et le socle B ; si on est obligé de faire le dé en plusieurs morceaux, il faut disposer l’appareil par assises horizontales d’égales hauteurs , et si chaque assise a plusieurs morceaux, il faut faire les joints verticaux avec la plus grande régularité possible , et en mettre le moins que l’on pourra sur les faces principales; c’est pourquoi on doit, dans ce cas, choisir les plus forts morceaux que l’on pourra trouver, pour la construction de ces piédestaux. (Voir la PI. îo, fig. 213.)
- 577. Le ravalement des parties carrées , ou sur le plan d un parallélogramme, ne présente aucune difficulté : il s’agit seulement de tailler les faces de manière qu’elles soient toutes les quatre parfaitement verticales, bien planes et bien d’équerres entr’elles ; ensuite on a un échantillon ou calibre en volige ou en tôle, égal aux moulures de corniches, an moyeu duquel et d'iine ligne à plomb, on fait des repères à chaque extrémité, de sorte qu’en dressant la face verticale d’après ces repères, la saillie des moulures soit égale à cet échantillon ou calibre.
- p.170 - vue 179/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- § il. Des Colonnes.
- 171
- 578. Les colonnes sont toujours appareillées par assises horizontales, ainsi qu’on le voit fig. 214, que l’on nomme tambours de colonne ; les lits de ces tambours doivent être dressés avec le plus grand soin, afin qu’ils portent les uns sur les autres sur toutes leurs surfaces. Quelques architectes font ces lits un peu concaves, afin que les arêtes soient plus rapprochées, et que les joints soient, pour ainsi dire , imperceptibles, ainsi qu’on le voit en A; mais alors ces tambours ne portant plus que sur les arêtes, la charge les fait éclater nécessairement, malgré le lit de mortier fin sur lequel on les pose. On doit se rappeler encore les accidens arrivés aux piliers du dôme du Panthéon, à Paris , causés par l’évidement des lits des colonnes qui étaient faites ainsi qu’on le voit en B.
- 579. « Il résulte de cette manière de creuser le lit des pierres jusqu’à 4 à 5° près des paremens, dit M. Piondelet, dans son opuscule sur le Panthéon Français , que les joints de derrière ont 8 à i" 1-, tandis que ceux qui sont apparens n’ont que 2 1. d’épaisseur ; d’où il arrive que lorsque le tàs-sement occasioné par la charge supérieure vient à se faire, tout le poids se porte sur la partie qui est la moins susceptible d’être comprimée, c’est-à-dire sur les 4 à 5» de plumée réservée auprès des paremens, et surtout aux endroits des cales. G’est ce qui fait qu’après le moindre tassement les joints ne se trouvant plus susceptibles de compression, les paremens éclatent, tandis que les joints du milieu, qui ont quatre fois plus d’épaisseur, se trouvent à peine assez resserrés pour équivaloir à la retraite qu’éprouve le mortier, par l’évaporation de la quantité d’eau qu’on est obligé d’y mettre pour la faire couler sous toute l’étendue du lit de la pierre. H est cependant bon de remarquer que ce procédé n’ayant eu lieu que pour les pierres qui forment'paremens, les inconvé-niens qui en résultent sont moins dangereux pour les parties en fondations, qui forment de très-gros iftassifs, surtout si les pierres du milieu sont posées immédiatement sur le mortier et battues à la hie, parce que les retraites et les empate-®iens font qu’il n’y a guère que le milieu qui réponde aux constructions supérieures. »
- 580. On voit, par cette fig. 214 , que ce premier tambour qui pose sur la base, porte le congé et le filet, et que
- p.171 - vue 180/329
-
-
-
- 172 MANUEL'
- i’astragale est prise dans le dernier tambour qui supporte le chapiteau; les lignes ponctuées indiquent le carré de la pierre dans lequel les moulures sont prises.
- 581. On fait quelquefois aussi des colonnes en trois morceaux seulement ; savoir : un morceau pour le chapiteau, un pour le fût et un pour la base ; mais alors celui du fût est un délit, ce qui est un très-grand vice de construction; il y a d’ailleurs très-peu de natures de pierres qui soient propres à une construction de ce genre. La pierre de Tonnerre est à peu près la seule convenable, mais alors il est urgent que ces colonnes ne portent rien, ou très-peu de chose.
- 582. Lorsque les colonnes soutiennent des plates-bandes, on passe dans l’assise du chapiteau, dans celle qui porte l’astragale, et même dans celle au-dessous, une ancre en fer G D, qui, passant dans l’œil E d’une chaîne F G, incrustée dans l’intrados de cette plate-bande, ainsi que nous l’avons dit plus haut, vient s’accrocher de même aux colonnes qui suivent, ce qui relie ensemble tout le système de la construction ; ces ancres s’accrochent encore à d’autres tir ans H I in-crustrés dans les plates-bandes transversales, qui sont elles-mêmes retenues par des ancres semblables. La fig. 2x5, qui est le fragment du plan d’un portique à colonnes, fera comprendre cette disposition.
- 583. Pour incruster les chaînes dans les plates-bandes, il ne s’agit que de faire une entaille de la grosseur du fer qui la compose, au milieu de la largeur de l’intrados de cette plate-bande, et seulement un peu plus profonde, afin qu’une fois la chaîne posée, on puisse la recouvrir de plâtre ou d’un ciment fin; mais, pour parvenir à l’incrustement des ancres verticaux, on se sert d’un outil aciéré et à pointesde diamant très-aiguës, ainsi qu’on le voit fig. 216; après avoir amorcé le trou au ciseau, on introduit cet outil en le .faisant tomber continuellement de son poids dans l’assise , et en retournant toujours l’outil pour que les pointes se déplacent ; on introduit du grès mouillé dans le trou, pour aider à l’opération; la tige de l’outil étant proportionnée à la profondeur du trou qu’on veut faire, il en résulte qu’il pénètre jusqu’au point D, en traversant successivement les deux assises ; on appelle ce travail, par analogie, battre le beurre.
- 58-4. Il y a deux manières de diminuer le fût des colonnes ; quelquefois cette diminution ne commence qu’au tiers de la
- p.172 - vue 181/329
-
-
-
- 473
- D’ARCHITECTURE, hauteur du fût, et la surface de cette partie du fût qui va en diminuant, est engendrée par une ligne courbe dont on donne les principes dans tous les vignoles ; d’autres fois cette diminution part en ligne droite depuis le congé de la base jusqu’à celui de l’astragale du chapiteau. Cette dernière, qui est celle des Grecs, est la plus communément usitée maintenant.
- 583. Quel que soit, de ces deux genres de galber le fût des colonnes , celui qu’on adopte , on prend toujours pour Point de départ de ce galbe, la partie supérieure du congé de la base. Supposons donc que la fig. 21/j. est l’épure en grand de la colonne qu’on veut ravaler, on élevera para-iellement à l’axe E H une perpendiculaire I K, à une distance à volonté L M du nu du bas de la colonne , qui pourra être égale, si l’on veut, à la saillie de la base, on prolongera sur cette perpendiculaire I K les projections verticales 1, 2, 3, 4, 5, 6, etc., des lits des tambours jusqu’à leur Rencontre avec cette perpendiculaire I K. Ou, si la colonne .riait d’un seul morceau, on mènerait parallèlement à la ligne de terre K N une suite de lignes à distances à volonté, et que l’on prolongerait de même sur la perpendiculaire I K. Cela fait, on taille une quantité d’échantillons, comme PI. 7, fig. 1^9, dont les longueurs À B seront successivement égales à 1, 2, 3, 4, 5, 6, etc., que l’on numérotera pour ne Pas les confondre.
- 386. Cette préparation terminée, on fait descendre un. h plomb depuis le haut jusqu’en bas de la colonne ravalée, lequel sera fixé par les deux extrémités à la même distance de la colonne que l’on aura placée sur la ligne perpendiculaire 1 K. ; alors on trace sur le fût l’intersection d’un plan vertical, *jui passera à la fois, et par cette ligne verticale et par l’axe de la colonne, en marquant successivement les points, qu’on punira sur une règle ; ensuite, on marque sur la colonne les distances des lignes droites prolongées 1,2, 3, 4, fi, 6, etc., ri on fera de toutes ces distances une cerce avec laquelle, en * appliquant sur la colonne, on taillera une rigole ou ciselure; appliquant ensuite cette même ligne à plomb de l’autre côté du carré de la base, on répète cette opération, et ainsi de suite pour les quatre côtés. C’est alors qu’au moyen de cerces rieuses, égales au moins à un quart de cercle du diamètre de cette colonne, et dont les rayons vont ordinairement d’un joint à l’autre en partant du bas, on achèye le ravalement do
- cette colonne.
- 10.
- p.173 - vue 182/329
-
-
-
- 174 MANUEL
- 587. Dans le cas où les colonnes doivent avoir des canner lures, il ne s’agit, pour les tracer avec la précision nécessaire, que d’y a distribuer le nombre et la largeur en haut et en bas du fut, de manière qu’elles se correspondent parfaitement d’aplomb ; on tend ensuite un cordeau rougi avec de la sanguine sur les points correspondant haut et bas, qui déterminent les largeurs de ces cannelures, et on le fait Lattre sur le fût en le pinçant au milieu , de manière qu’il laisse une marque sur toute la hauteur du fût, lesquelles marques on a soin de graver ensuite avec une pointe aciérée, pour qu’elles ne puissent s’effacer.
- § ui. Des Entablemens.
- 588. Une seule chose est à observer dans l’appareil d’uù entablement supporté sur un mur, c’est de donner aux pierres qui forment la corniche, assez de portée sur le mur, ou, en d’autres termes, assez de queue , non seulement pour-qu’elles ne fassent pas la bascule en avant, mais encore pour qu’elles aient une stabilité convenable , tant pour se soutenir par leur propre poids , que pour supporter les pieds des chevrons qui viennent quelquefois un peu en dehors de l’aplomb du parement extérieur du mur, ainsi qu’on le voit (fig. 217); ce qui est nécessaire, surtout lorsque l’entablement a beaucoup de saillie. Afin d’éviter un égoût trop méplat , la longueur de la queue de chacune des pierres qui composent une corniche doit donc être au moins égale à sa saillie hors du nu du mur ; il est toujours plus convenable que cette queue soit égale à l’épaisseur du mur, comme ici à G D; et dans le cas où la plate-forme portant le pied des chevrons dépasserait le nu extérieur, ainsi qu’on le voit à cette même figure , il serait mieux encore que ces assises de corniches puissent dépasser le nu intérieur, comme en E F , si le plancher se trouvait en dessous, et que ces saillies se trouvent dans des greniers, comme il arrive presque toujours.
- 589. Quand une corniche A est faite en pierre tendre, la cimaise B doit être en pierre dure , autant que la localité le permet, et cette précaution est toujours indispensable lorsque le dessus reste à découvert.
- 590. La meilleure manière d’appareiller une corniche > c’est de disposer les lits de carrière yerticaleraeat, c’es'rà-direj
- p.174 - vue 183/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 175
- que ces lits doivent faire les joints ; lorsqu’on les dispose par lits de carrière , comme pour les murs, il arrive souvent que par l’effet de la gelée ou de la pression latérale, des parties de l’arête inférieure du larmier s’écornent et se détachent ; cependant, si la pierre est de bonne qualité et bien ébousi-ïiée, on peut également faire des corniches sur les lits de carrière horizontaux, sans beaucoup d’inconvénient ; on observera que toutes les assises de la cimaise doivent être cramponnées, afin de former un ensemble, et d’éviter l’écartement que pourrait provoquer, soit le tassement inégal des parties inférieures, soit quelques pièces de la charpente qui tendraient à pousser au vide.
- 591. Lorsqu’on le croit nécessaire, par exemple, si au lieu d’un comble on a une terrasse, avec balcon en saillie au-dessus de l’entablement, il est bon de cramponner chaque assise de cette corniche avec la dernière assise du mur, ainsi qu’on le voit en G H, parce qu’autrement la charge du balcon et celle des personnes qui Viendraient s’y appuyer, se trouvant toufi-à-fait en porte à faux sur le plein du mur, pourrait les faire basculer,
- 592. Nous n’avons rien à dire sur les distributions des joints verticaux, seulement nous recommanderons de faire les corniches, et particulièrement les cimaises avec de grands morçeaux de pierre, afin d’éviter la multitude de joints; on aura aussi attention, s’il entre des denticules, des modifions ou des consoles dans la décoration de cette corniche , de s’arranger de manière que jamais un de ces joints lie vienne couper une denticule, un modillon, ni une console, il faudra toujours le mettre dans le noir des denticules , et dans l’intervalle des modifions.
- 595. Lorsque l’entablement est supporté sur des colonnes, on fait une suite de plates-bandes dans la hauteur de l’architrave, et la frise par assises horizontales, comme A (fig. 21b), ou par un second rang de plates-bandes R, dont les sommiers sont posés aplomb des colonnes ; quant à l’entahle-ment, il doit toujours être fait comme nous l’avons expliqué ci-dessus. On consultera ce que nous avons dit au numéro 5i4 sur les moyens de rglier ces plates-bandes au moyen de crampons en Z , ou de goujons, et par des ancres et titans , qui sont toujours nécessaires lorsque les colonnes sont isolées, et en avant-corps sur le reste du bâtiment, comme
- p.175 - vue 184/329
-
-
-
- 470 MANUEL
- au porche de l’entrée principale {PI. 5), de manière que l’entablement soit en retour d’équerre à chaque extrémité.
- 594. Lorsque l’entablement est de petite dimension, on peut faire la plate-bande de l’architrave et de la frise d’une seule assise, de manière que la corniche pose immédiatement sur la frise ; mais alors, pour que les sommiers ne se rapprochent pas trop et ne fassent pas un angle trop aigu au sommet, on ne les fera monter que jusqu’à la hauteur de l’architrave, et on fera les premiers claveaux à droite et à gauche en tas de charge, de manière à ce qu’ils viennent se rejoindre au-dessus de ce sommier par un joint vertical qui aura toute la hauteur de la frise.
- 595. Dans le cas où cette plate-bande est divisée en deux assises , à cause de la grande hauteur de la frise et de l’architrave, il faut les relier par des tirans et des ancres; ces tirans doivent être placés entre les deux plates-bandes, et les ancres doivent traverser les deux sommiers, monter dans la corniche et descendre dans la colonne, ainsi qu’on le voit en DEF (fig. 218 ) ; mais si cette frise avait une grandehauteur, il faudrait la former par une suite de berceaux surbaissés, ainsi qu’on le voit dans la PI. 8, fig, i8q.
- § iv. Des Péristyles.
- 596. Les péristyles sont une partie importante des édifices publics et, sur une plus petite échelle , dans les habitations particulières, ce que les anciens nommaient atrium. Ils précèdent les escaliers et les appartemens, et doivent donner une idée de la grandeur et de la richesse de ces derniers, ainsi que de la magnificence du maître. Les colonnes jouent ordinairement le premier rôle dans les péristyles d’apparat; les plates-bar.des et les grands caissons dont sont ornés les plafonds, leur donnent un air de noblesse et de dignité qui annoncent la destination des bâtimens dont ils font partie.
- 597. La simplicité de distribution et de décoration est le caractère distinctif d’un péristyle ; les ordres toscan ou dorique doivent seuls y être employés, afin de laisser dominer les ordres ionique et corinthien dans les intérieurs. Les issues doivent en être percées de telle sorte qu’ils s’aperçoivent d’abord sans aucune recherche, et disposées en face les unes des autres pour la facilité des communications intérieures et des entrées et des serties.
- p.176 - vue 185/329
-
-
-
- f D’ARCHITECTURE. 177
- Notre climat humide et pluvieux exige qu’ils soient fermés Par de grandes portes vitrées ; néanmoins, lorsqu’on peut les hisser ouverts, ils présentent plus de noblesse et de grâce.
- 598. Les grands escaliers qui conduisent aux divers apparitions de la maison doivent y être placés d’une manière Sensible, et la largeur de leur emmarchement doit être d’acid avec l’étendue du péristyle, afin qu’il y ait harmonie et unité de dispositions.
- 599. Lé péristyle principal d’un édifice public ou d’une
- ?rande maison d’habitation, doit toujours occuper le milieu i corps de logis dont il fait partie, et toutes les issues in-efieures doivent y communiquer. Voir la fig. 12,
- ^i donne l’idée d’un péristyle de grande maison.
- , 600. Nous entendons parler ici de vestibules ou péristyles '•dérieurs , quant aux péristyles extérieurs, comme ceux de is temples modernes, tels que Saint-Sulpice, le Panthéon, ** Madelaine, etc., nous n’en parlerons point, parce que ne Avenant qu’à des monumens publics, ils ne sont plus de "otre sujet.
- § v. Des Frontons.
- 601. Ce que nous venons de dire de l’appareil des enta-"lenaens peut également s’appliquer aux frontons : nous de-^°tis seulement faire observer qu’il faut que les joints A B 'fig. 119) des pierres qui forment les corniches rampantes s°jent d’équerre avec la rampe, et que ces joints soient dis-tribués de manière que les deux pierres qui forment les re-*°urs C G, au bas du fronton, portent aussi une partie de la c°rniche horizontale. Il faut enfin que le morceau du milieu •Jdi est au sommet du fronton commence les deux rampes et 4ssecîef, comme on voit dans ladite fig. 119; il faut que l°ds ces morceaux soient agrafés ensemble par des cramas , ainsi qu’il a été dit ci-dessus (5go).
- . 602. Si le fronton est soutenu par un mur, il faut tou-I°«rs qu’il soit appareillé par assises horizontales, s’il n’est trop considérable; s’il est supporté par des colonnes, •ussent-elles même isolées, on peut l’appareiller de même, s’il s’agit cfun très-grand fronton construit sur des co-°»nes isolées en avant-corps, comme, par exemple, celui fui Panthéon français, à Paris, que nous avons donné [PI. fig. 184), on fera des arcs dans l’intérieur pour alléger les
- p.177 - vue 186/329
-
-
-
- 178 MANUEL
- constructions. Gette figure fait voir aussi L’ensemble des armatures en fer employées à ce fronton. Nous croyons devoir ici extraire ce qui suit d’un ouvrage de M. Rondelet sur ce | magnifique édifice ; cet auteur y donne une idée de précautions à prendre pour toutes les constructions en général, e.t cet extrait offre une description particulière du fronton de ce monument et de ses armatures.
- 605. « La solidité d’un édifice, dit 11. Rondelet, dépend de trois conditions principales : i° de la fermeté du sol 2° de la bonne construction des ouvrages établis dessus; !J°deS dimensions à donner aux murs et aux points d’appui, tant par rapport à la charge qu’ils doivent soutenir qu’à cause des efforts auxquels ils pourraient avoir à résister. »
- 604. D’après ces principes, le premier soin de l’archi-tecte de Sainte-Geneviève fut de s’assurer du sol, et par les recherches qu’il fit à ce sujet, il reconnut que l’espace que devait occuper son édifice était criblé d’une infinité de puits comblés avec des décombres.
- 605. « Tous ces puits, dont quelques-uns avaient jusqu’à 8o p. de profondeur, furent fouillés de nouveau et remplis en maçonnerie solide , faite en moellons et libages , c’est-à-dire en pierres de taille sans paremens, et dont les lits et joints étaient dressés à la pointe. Ce remplissage eut lieu jusqu’au niveau des plus basses fondations qui se trouvent environ à 3o p. au-dessous du pavé de la place.
- 606. » Après cette première opération qui remédiait à toutes les excavations, on égalisa le fond, qui se trouva un bon sable, dont on fit usage pour le mortier employé dans la maçonnerie des fondemens. Sur toute la superficie de ce fond, bien nivelé et battu , on posa quatre assises de libages à bain de mortier et battues à la hie. C’est sur ce massif général qu’on traça le plan de l’édifice, afin de mieux observer les retraites et les empatemens qu’il était à propos de donner aux murs et points d’appui, à l’effet de leur procurer plu* d’assiette.
- 607. » Les fondemens de tous les murs et massifs furent construits en libages. Au-dessus de toutes les colonnes isolées on éleva des piliers de 6 p. en carré, en pierres de taille, avec des paremens rustiqués qui formaient des liaisons sur tous les sens; et, afin d’entretenir et de lier ces piliers le* uns avec les autres, on construisit dans les intervalles, de*
- p.178 - vue 187/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 179
- tours en moellons de 3 p. d’épaisseur. Quoique ces murs fussen t posés sur le massif général, ils furent érigés sur deux ®ssises de pierres taillées en voussoirs, formant ensemble un double arc renversé.
- 608. » Le motif de ces arcs était d’étendre l’effort de la Pression provenant de la charge des pilliers sur une plus grande surface, c’est-à-dire sur toute celle où portent les tocs. Ce moyen a été imaginé afin d’éviter de fonder un mur continu sous des points d’appui isolés, placés dans une même direction ; mais comme ici les piliers sont érigés sur un toassif en pierres de taille, composé de quatre assises, on Peut regarder cette précaution de l’architecte comme surabondante.
- 609. » Outre les murs en moellons qui reliaient les piliers Servant de fondemens aux colonnes, on remplit encore en toaçonnerie le vide carré qu’ils laissaient entre eux.
- 610. » On observa surtout le plus grand soin à construire la massif général sous les quatre pilliers du dôme. II fat exécuté tout en libages posés à bain de mortier et battus à la hic ; chaque assise fut posée en retraite, afin de procurer plus d’empâtement, surtout à l’intérieur, où l’on présumait que la plus forte pression devait se faire.
- 611. » Dans le vide circulaire qui restait au milieu de ce toassif, on construisit deux autres murs concentriques, réunis par des voûtes en moellons avec des chaînes de pierres.
- 612. » Enfin, sous les colonnes isolées qui sont autour du dôme , au lieu de piliers, on construisit des murs en libages , qui se relient avec les massifs des piliers du dôme et ceux des pans coupés, formés par les murs extérieurs de l’édifice. Les vides entre ces murs furent remplis en maçonnerie de moellons jusqu’au principal sol de l’édifice.
- 615. » Le surplus des murs en fondation et des massifs, tout des nefs latérales que de la nef d’entrée et du grand Porche, ne fut d’abord monté que jusqu’à environ 12 p. au-dessous du sol principal; à cette hauteur on remblaya en ferre toutes les parties qui ne l’avaient pas été en maçonnerie de moellons, et on établit une distribution de murs pour re!ier tous les massifs et points d’appui correspondans avec ceux du haut, à l’effet de former des caveaux voûtés sous chaque entre-colonnement. L’espace répondant au milieu de
- p.179 - vue 188/329
-
-
-
- 180 MANUEL
- ces nefs fut divisé en trois berceaux sur la largeur, q»> se continuent dans toute leur longueur.
- 614. » Les voûtes sous le grand porche consistent en une voûte principale qui occupe toute la partie du milieu, et à chaque extrémité, en deux berceaux qui se recroisent sous le Vide des entre-colonnemens. Tout autour, sous les marches du perron, règne une galerie voûtée en arc rampant. Toutes ces voûtes sont en moellons piqués avec des chaînes efl pierre de taille, ainsi que les partie.s de murs qui ne répondent pas aux murs et points d’appui du haut.
- 615. » Tous les libages employés aux constructions que l’on vient de décrire ont été tirés des carrières d’Arcueil, de la meilleure qualité, posés bien de niveau sur celles, en bonne liaison, de manière qu’ils forment harpe de tous côtés dans les murs et massifs de moellons qui les environnent.
- 616. » Toutes les pierres de taille formant parement à l’extérieur, jusqu’à vingt pieds d’élévation au-dessus du sol du rez-de-chàussée, sont tirées du fond du Bagneux; les en' trepreneurs avaient acheté les carrières afin d’employer conS' tamment la même pierre ; pour n’avoir que la partie la plus dure de cette pierre, on a réduit les assises à 11° d’épaisseur, en observant de finir de poser chaque assise dans toute l’étendue avant d’en recommencer une nouvelle , afin que le tassement se fit également.
- 617. » Après que toutes les voûtes des caveaux souterrains furent formées, et qu’on eût élevé tous les murs et points d’appui du bas, à la hauteur du sol et des nefs, on remplit les reins des voûtes en bonne maçonnerie de moellons et mortier, pour former un arrasement général.
- 618. » Sur cette superficie bien de niveau, on traça de nouveau le plan de l’édifice, en observant des retraites o« empatemens tout autour des murs, massifs et points d’appui en fondation, afin de donner plus d’assiette et de stabilité aux parties supérieures. La construction de ces parties continua à se faire avec les mêmes procédés et les mêmes soins jusqu’à 4 à 5 p. au-dessus du sol pour les murs extérieurs. Ce fut à celte époque, c’est-à-dire en septembre de l’année 1']C[\, que Louis XY posa la première pierre d’un des piliers du dôme. Cette cérémonie , qui se lit avec beaucoup d’éclat, éveilla la jalousie de quelques personnes contre l’architecte
- p.180 - vue 189/329
-
-
-
- »’ARCHITECTURE. 181
- de ce monument ; on lui reprocha que la taille des pierres revenait à plus de soixante livres la toise carrée; ce qui était quatre fois plus cher que dans les bâlimens ordinaires.
- 619. » On le força, pour ainsi dire, de donner cette taille b la tâche banale des ouvriers. Ce moyen vicieux eut lieu pour toutes les parties de l’édifice, jusqu’à la hauteur des chapiteaux des colonnes. Les inconvéniens qui en sont résultés Sont que toutes les parties qui n’étaient point apparentes , telles que les lits et joints, furent faites à la hâte, mal dégauchies, et avec des Haches. On était obligé, pour poser ces pierres, de les échafauder sur des cales plus ou moins épaisses , pour contenter l’aplomb des paremens et le niveau des assises. Comme c’est la construction des piliers du dôme qu’il est le plus important de connaître, je vais joindre ici un détail qui m’a*été communiqué par un constructeur habile, qui était alors employé comme tailleur de pierre et compagnon, du temps de ces travaux.
- 620. » La pose des assises des piliers du dôme se Commençait ordinairement par la grande face, d’abord parle tambour d’une des colonnes engagées, ensuite par le pilastre, en continuant ainsi jusqu’à l’autre colonne. Toutes les pierres étaient posées sur des cales de deux lignes d’épaisseur, du côté du parement, placées à environ trois pouces de l’arête, et par derrière sur des cales ou des coins plus ou moins épais, Selon que les pierres étaient plus ou moins démaigries. Le ficheur commençait son opération par jeter de l’eau sous la pierre pour l’arroser dans toute son étendue, et en chasser la poussière. Après avoir fiiassé le joint du parement, il formait un godet en mortier le long du joint de derrière, dans lequel il versait une quantité ,de coulis proportionnée à la grandeur de la pierre, pour faciliter l’introduction du mortier jusqu’à l’autre extrémité ; ensuite il finissait par remplir son joint avec du mortier ordinaire qu’il poussait dessous avec la fiche, jusqu’à ce que là pierre fît un mouvement tendant à la soulever età la déranger, ce qui lui indiquait qu’elle était assez fichée. Cette opération se continuait avec assez de facilité pour toutes les pierres de la grande face et de celles en retour ; mais il n’en était pas de même de la troisième face, surtout lorsque les pierres avaient beaucoup de queue, ce qui était alternativement indispensable pour former liaison dans le pilier. Alors le poseur commençait à mettre les
- 16
- p.181 - vue 190/329
-
-
-
- 182 MANUEL
- fortes pierres du côté où le pilier avait le plus d’épaisseur, et finissait son assise par l’endroit où il était le plus mince. D’après cet exposé, on sent que le fichage des pierres de cette dernière face n’était pas aussi facile que celui des deux autres : le défaut d’espace ne permettant pas de faire jouer la fiche par le travers de la pierre , on était alors réduit à la ficher par le hout ; enfin , lorsque le poseur arrivait à la dernière pierre formant clausoir, qui était plus ou moins longue , suivant le joint de dessous qu’elle devait recouvrir pour former liaison, après l’avoir placée sur ses cales, comme il se trouvait serré de tous côtés , on était réduit à remplir le joint de lit et les joints montans avec du simple coulis : on le faisait plus ou moins clair, selon la grandeur de la pierre et celle des joints.
- 62f. » Quant au vide qui restait dans le milieu, lorsque les pierres des parehiens étaient posées, on les remplissait avec des libages taillés e xprès pour la place ; les plus forts étaient posés sur cales et fichés , les moyens étaient posés sur mortier et battus à la hie : les joints montans de tous les libages étaient coulés ou remplis en mortier, suivant leur largeur.
- 622. » Lorsque le remplissage était fini, un tailleur de pierre procédait au dérasement du tas , c’est-à-dire du dessus de l’assise, et finissait par démaigrir le dessus du lit des pierres qui ne l’avaient pas été au chantier.
- » Voilà exactement la manière dont chaque assise du pilier du dôme a été construite et mise en place. On a employé les mêmes procédés pour toutes les autres parties de l’édifice qui furent construites dans le même temps. »
- 623. « Sur la fin de 17711, lorsque je fus chargé, par feu Soufflot, de tous les détails relatifs à la construction, les colonnes du porche de l’entrée et les murs extérieurs de l’édifice étaient élevés jusqu’au-dessus de l’astragale.
- 624. » Dans l’intérieur, l’entablement était posé aux piliers du dôme, ainsi que trois assises au-dessus formant socle. Tous les chapiteaux des colonnes isolées étaient en place, ainsi que la partie de l’architrave formant sommier.
- 625 » Il s’agissait alors de poser les chapiteaux des grandes colonnes du porche, et de faire les plates-bandes et les voûtest La grande portée des unes et des autres, jointe
- p.182 - vue 191/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 185
- *u peu de résistance des colonnes, avait déjà fait essayer plusieurs projets dont on n’était pas content : la difficulté ctait non seulement de contenir la poussée des plates-bandes, •Hais de les construire de manière à former une espèce d’en-tayure, qui, lourde pousser, pût soutenir les efforts de la grande voûte du milieu du porche et des plafonds.
- 626. » L’idée de feu Soufflot était d’élégir les parties au-dessus des plates-bandes par des arcs dont il fallait encore contenir ia poussée. Après y avoir bien réfléchi, je trouvai qu’il était possible de détruire un effort par l’autre, en suspendant, pour ainsi dire, une partie de chaque plate-bande âUx voussoirs inférieurs de l’arc en décharge placé au-dessus, l'our mieux faire comprendre ce mécanisme, je fis un modèle a pouce pour pied, qui fut accepté , et je fus chargé de suivre 1 exécution. L’appareil est disposé de manière que les sommiers de chaque plate-bande ont une double coupe qui les îend communs à l’arc et à cette plate-bande ; le derrière des deux premiers voussoirs de cet arc, posé sur chaque sommier, forme un joint d’aplomb dans lequel sont placés deux ancres de fer ; à ces ancres sont enfilés de droite et de gauche deux étriers de même matière, qui s’accrochent à un T, réunissant les sept claveaux du milieu de la plate-bande par le moyen d’un fort boulon à écrou qui les traverse tous ; il récite de cet arrangement que la poussée de l’arc ne peut agir sans soulever les sept claveaux du milieu de la plate-bande , détruire par conséquent la poussée.
- 627. » Outre ce moyen, les claveaux des plates-bandes s°nt encore soutenus par deux rangs de T enfilés par des Narres qui passent sur leurs extrados, et par une forte chaîne dans le milieu. Chaque barre qui enfile le T est soutenue dans sa portée par deux étriers qui s’accrochent à d'autres barres placées sur l’extrados des arcs. Toutes ces barres sont Pliées, au bout les unes des autres, par des emmanchemens, et arrêtées à leurs extrémités par des ancres pour former chaîne. Tous ces moyens réunis forment une enrayure capable de soutenir l’effort des voûtes de l’intérieur, disposées d’ailleurs de manière à en avoir peu. La grande voûte du mi-beu , qui a 58 pieds 6° de diamètre au droit des arcs doubleaux, sur 18 pieds de hauteur du cintre, va en diminuant d’épaisseur, depuis la naissance jusqu’au milieu où elle n’a que 8°, ce qui affaiblit beaucoup la poussée. Comme la par-
- p.183 - vue 192/329
-
-
-
- 184 MANUEL
- tie du milieu de cette voûte a peu de courbure, on l’avait surhaussée d’environ d°, croyant qu’au décintrement elle baisserait au moins d’autant ; mais les butées étaient tellement fixes que cet effet n’a pas eu lieu, et que l’on aperçoit des tribunes ce léger pli, en y faisant attention.
- 628. » Dans toute cette construction, ainsi que dans toutes celles qui ont été faites depuis, les lits et les joints de pierre n’ont pas été démaigris ; on s’est contenté de les piquer légèrement.
- 629. » Le moyen employé pour les plates-bandes du portail du Panthéon est représenté par la fig. 184, PI. 8. Ces plates-bandes ont 5 mètres 270 millimètres de portée ( 16 p. 3o), et 6 mètres 5i‘i millimètres (21p. 10 ) d’un axe de colonne à l’autre ; leur largeur est de 1 mètre 5yo millimètres ( 4 p. 100 ), et 1 mètre 10 centimètres ( 3 p. 4° 6l.) de hauteur. Elles sont divisées en i3 claveaux formant trois évidemens A> B , C, à l’intérieur. Les sommiers de ceS plates-bandes ont leurs joints inclinés de soixante degrés. Les claveaux sont maintenus par deux rangées de T en fer, portant d’un bout un talon et de l’autre un oeil. Les talons sont scellés dans les joints pour servir de goujons , et lescefis, qui passent au-dessus de l’extrados , sont enfilés par des barres qui se réunissent pour former chaîne ; outre ces barres et ces T, il y a dans le milieu de la largeur une autre chaîne composée de forts tirans arrêtés aux axes des colonnes. Au lieu d’une double plate-bande, comme dans les exemples précédons , on a construit au-dessus de chacune de ces plates-bandes un arc qui leur sert en même temps de soutien et de décharge ; il est érigé sur les mêmes sommiers que les plates-bandes. Le rayon de cet arc , qui comprend 120 degrés, est de 9p. 80 (2 mètres i4o millimètres), tandis que celui de l’arc A B, que comprend la plate-bande, est de 22 p. (7 mètres 146 millimètres). L’arc est divisé en treize voussoirS extradossés carrément.
- 630. » On a placé de chaque côté de cet art des ancres aplomb CD, EF, auxquels sont accrochés des étriers L
- G H, qui supportent les sept claveaux du milieu, réunis par un fort boulon r s qui les traverse ; il résulte de cet arrangement qu’en faisant abstraction des chaînes et autres moyens employés pour résister à la poussée des arcs et des plates-bandes, ces efforts se détruisent mutuellement; car il est
- p.184 - vue 193/329
-
-
-
- d’architecture. 185
- évident que la plate-bande ne peut agir qu’en tendant à rapprocher les premiers voussoirs de l’arc auquel elle est suspendue, tandis que, d’un côté, cet arc chargé d’une partie du poids de la plate-bande, ne peut céder à cet effort sans soulever la plate-bande à laquelle sont accrochés les étriers qui empêchent les premiers voussoirs de s’écarter.
- 631. » L’idée de ce moyen est le résultat de plusieurs expériences que j’avais faites, afin de parvenir à connaître la manière dont les voûtes agissent lorsque les pieds-droits sont trop faibles pour résister à l’effort qui en résulte, j’avais éprouvé qu’en suspendant un poids à l’intérieur d’un arc placé sur des pieds-droits trop faibles, par le moyen d’un fil passant par les joints à une certaine hauteur, la poussée se trouvait supprimée : ce moyen, étudié d’une manière convenable, fut adopté par M. Soufflet, qui m’avait chargé de la direction de toutes les opérations relatives à la construction.
- 632. » D’après ce procédé, on aurait peut-être pu diminuer beaucoup le nombre des fers employés à cette construction , tels que les T, les barres qui les enfilent et les étriers marqués N. Il suffisait de quelques goujons scellés dans les joints, afin d’empêcher les claveaux de glisser ou d’agir comme des coins ; mais ces moyens surabondons ne tendent qu’à une plus grande solidité. »
- § vi. Valeur des diverses tailles de pierre.
- 633. Les tailles de paremens rustiques, comptent pour demi-taille, c’est-à-dire qu’une toise superficielle de cette taille est portée hors ligne dans les mémoires pour une demi-
- toise, ci..................................... i
- La taille d’un parement layé, ou une face de sciage, mais sans layement, sur le tas, compte toise pour toise, ci................................ i
- Celles faites d’après des évidemens d’angles sur le chantier...................................... 3/4
- Lorsque ccsmêmes tailles sont circulaires comme pour bornes, tambours de colonnes, etc., après épannelage... ................................ l
- Si l’on n’a point compté d’évidement; ou d’é-pannelage , ces mêmes tailles circulaires comptent pour.......................................... i ,j/2
- p.185 - vue 194/329
-
-
-
- 186 MANUEL
- Toutes les doubles tailles pour former pentes, pour balcons, fermetures de cheminées, cuillers en pierres sous les tuyaux des descentes, etc. . . . j/2
- Les lits et joints terminés............. j/*
- ARTICLE VIII.
- Des Perrons et des Escaliers.
- 634. Autrefois les architectes croyaient faire preuve de talent en composant des choses contournées et bizarres qui s’écartaient tout-à-fait de leur but, et des convenances ; le nec plus ultrd de l’art consistait alors dans la difficulté vaincue seulement; de là toutes ces voûtes, ces trompes, ces ressauts, ces escaliers et ces sculptures de mauvais goût, dont on voit encore quelques exemples dans les anciens châteaux et dans certains édifices publics; mais depuis que l’architecture est rendue à sa simplicité primitive, par suite des nombreuses explorations faites par les artistes sur le sol classique de l’Italie, explorations qui ont donné une nouvelle direction à l’école française, on a proscrit avec raison toutes ces formes tourmentées et ces accessoires sans motifs, qui se ressentaient de la barbarie et de l’ignorance des premiers temps.
- 635. Les escaliers peuvent être faits de trois manières différentes, en pierre, en charpente ou en menuiserie; dans les édifices publics, ils sont prësque toujours en pierre depuis le bas jusqu’en haut ; dans les hôtels et les maisons considérables, la révolution du rez-de-chaussée au premier étage seulement est en pierre, les étages supérieurs sont en charpente; dans les bâtimens ordinaires, tout l’escalier est en charpente ; seulement les deux premières marches, que l’on appelle marches jumelles parce qu’elles sont prises dans un seul morceau de pierre, lesquelles portent la volute dans laquelle est scellé le pilastre de la rampe, sont faites en pierre; quelquefois même on ne fait de cette matière que la première marche; les petits escaliers dérobés, ceux qui conduisent à des belvédères, les escaliers des magasins, des cafés, etc., pour lesquels on a très-peu de place et qui exigent une certaine élégance, se font en menuiserie ; les uns sont maintenus entre deux limons, d’autres sent suspendus sur leur coupe.
- p.186 - vue 195/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 187
- 656. Quant aux perrons, comme Us sont toujours à l’extérieur , on les fait en pierre, quelquefois entre deux murs droits, ou à redents, comme celui de la cour [PI. 3 et 4 )• Quelquefois aussi les marches sont retournées d’équerre à droite et à gauche : du reste la forme des perrons et des escaliers est subordonnée à la localité, et au goût de l’architecte.
- H y a néanmoins quelques principes à suivre et quelques proportions dont on ne peut pas dévier sans de graves inconvé-üiens, et à moins qu’on n’y soit absolument forcé par quelques obstacles impossibles à vaincre, et encore n’est-ce jamais que dans les petits escaliers qui ne sont pas d’un service habituel qu’il est permis de dévier de ces principes, les escaliers principaux n’admettant à cet égard aucune modification qui nuirait à l’agrément et à la commodité.
- 637. La largeur du dessus de la marche, c’est-à-dire de la face sur laquelle on pose le pied, s’appelle le giron; la longueur de la marche prise entre les deux limons, ou depuis le mur jusqu’au limon, s’appelle emmarchement.
- 658. La hauteur et le giron des marches d’un escalier additionnés ensemble, doivent produire autant que possible ; l’une de ces mesures pouvant varier, il faut que l’autre Jane en sens inverse, c’est-à-dire que si l’on augmente la l'auteur, il faut que le giron soit diminué en raison de cette "Ugmentation : la plus grande hauteur que l’on donne aux ^arches ordinaires est de 6° ; le giron aura conséquemment 120 au moins ; mais si, comme dans les escaliers d’apparat, °u ne donne que 4° 3 ou 5° à la marche, il faut que les gi-r°ns aient i3« ; ou i3°. On ne peut pas donner moins de 4°
- ^ la hauteur des marches, parce qu’alors, elles ne conserveraient pas assez de solidité; du reste, la hauteur la plus fiabituelle, celle qui donne le plus de caractère à un escalier et qui suffit pour la facilité de monter et de descendre, est de tio.
- 639. On appelle marches dansantes celles qui sont dans les quartiers tournans. Autrefois on ne faisait danser les ^arches qu’à partir du centre du limon courbe, comme on v<ùt en A { fg. 220 ), ce qui ne laissait presque pas de giron au collet B, et ce qui rendait, par conséquent, ces quartiers lournans incommodes et dangereux. Aujourd’hui, et particulièrement lorsque les limons droits ne sont pas d’une grande étendue , presque toutes les marches sont dansantes,
- p.187 - vue 196/329
-
-
-
- 488 MANUEL
- c’est-à-dire que celle du milieu ou quelques-unes seulement sont droites, et conséquemment d’équerre avec ce limon, et que les autres commencent à danser graduellement, ce qui laisse un giron convenable au collet, ainsi qu’on le voit en C, même fig. 220.
- 640. Dans les marches droites, le giron est facile à fixer; car si la hauteur de la marche est de 6°, ainsi que nous l’a-vons dit plus haut, ce giron aura 120 du côté du mur, et 120 également du côté du limon, c’est-à-dire que les rives de ceS marches seront parallèles entre elles; mais lorsque les marches sont dans des quartiers tournans, ou en approchent, ce giron devient peu à peu plus grand du côté des murs, et 6e rétrécit du côté du collet; mais il faut toujours que les 120 obligés passent par une ligne de milieu D E, tracée droite et parallèle au limon droit, et continuant à tourner dans les quartiers tournans, et par le centre des limons courbes > ainsi qu’on le voit dans la même fig. 220.
- 641. Dans des escaliers de greniers ou autres semblables, où l’emplacement est très-exigu, on fait quelquefois des mar ches de 70 et 70 1/2 de hauteur, dont les girons n’ont que $ à 90; encore bien que ces sortes d’escaliers soient très-in-commodes, on peut pourtant les faire ainsi lorsqu’ils n’ont point d’importance réelle; mais ils seraient intolérables pour un service principal.
- 642. L’emmarchement, ou la longueur des marches d’ufl escalier, n’est fixé que par son emplacement, par le genre de l’édifice, et par l’importance des appartemens auxquels il conduit, parce que dans l’architecture tout doit être d’accord; il serait ridicule, par exemple, d’arriver à dévastés galeries, à des sa'ons somptueux par des escaliers de trois pieds de largeur , ou de trouver des appartemeng mesquins et d’une petite proportion au premier étage d’un escaliec qui aurait 6 à 8 pieds d’emmarchement, ainsi le goût et 1® raisonnement doivent suffire pour mettre un escalier en rapport avec la localité qu’il doit desservir.
- 645. Il en est de même des paliers , qui doivent toujours avoir une largeur proportionnelle avec la longueur des marches , c’est-à-dire qu’ils doivent avoir au moins la mêm® largeur ; ainsi, si l’emmarchement est de 4 pieds, il est convenable que les paliers aient aussi 4 pieds ; quant aux palierS de repos, leur largeur est déterminée par les limons.
- p.188 - vue 197/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 189
- 644. On peut ajouter à ces données générales quelques Principes de convenances auxquels on pourra ne pas s'assujettir rigoureusement, si la localité, ou quelques circons-'pnces ne le permettent pas.
- 645. On appelle rampe ou volée d’escalier une suite non ùiterrompue de marches, laquelle est comprise entre le sol d’où part l’escalier et le premier palier, ou entre deux paliers ; pour que la première volée s’annonce d’une manière Convenable, il faut qu’elle se compose de trois à cinq marches , et toujours autant que possible en nombre impair, Cinsi que les autres ; une ou deux ne présenteraient qu’une Saasse pauvre et mesquine, et seraient incommodes pour la biontée, le plus que doit contenir une volée, est de vingt et ùne marches sans palier de repos ; il est essentiel aussi que toutes les marches d’un escalier soient parfaitement égales de hauteur et de giron, autrement les personnes qui montent et lui descendent éprouvent un choc désagréable et fatigant.
- 646. Nous allons donner quelques exemples d’escaliers les plus généralement usinés.
- Les plus beaux et les plus importans sont les escaliers i Campe droite et à repos entre deux murs, tels que celui du palais de la Bourse et du Tribunal de Commerce, à Paris ; dans les escaliers de cette espèce, les marches sont scellées par les deux bouts dans des murs droits et parallèles ; le dessous reste quelquefois apparent, quand elles n’ont que 4 h h pieds dejargeur, et qu’elles peuvent être faites par conséquent d’un seul morceau de pierre ; anais lorsqu’elles sont d’une grande largeur , elles reposent sur les extrados et les Passifs de remplissage des arcs rampans destinés à les recevoir, ainsi qu’on le voit fig. 221.
- 647. Ces escaliers peuvent être à une ou à plusieurs Hiontèes, et chaque montée peut avoir une ou plusieurs campes ou volées; si le nombre des rampes est un peu considérable , il est convenable de diminuer celui des marches d’une rampe à l’autre, à partir de celui du bas, parce qu’a-h>rs plus on se fatigue en montant, et plus souvent on Rouve un palier de repos ; ainsi, par exemple, nous supposons que cet escalier ait trois rampes, et que la première rampe ait dix-neuf marches, la seconde ne devrait en avoir que dix-sept, et la dernière quinze ; car il est à remarquer <Jùe ces sortes d’esçaliers, qui sont d’qn fort bel effet, sur-
- p.189 - vue 198/329
-
-
-
- 190 MANUEL
- tout lorsque l’embranchement est très-large, doivent être divisés par volées de marches en nombre impair ; il est bon aussi de ne donner à ces marches que 5o \fi de hauteur, et par conséquent 120 1/2 de giron, alors ils auront un très-beau caractère et seront d’une grande facilité pour l’usage.
- 648. On pourrait multiplier à l’infini les dispositions des escaliers ; nous allons seulement offrir quelques exemples parmi ceux qui sont le plus en usage. La fig. 222 est un escalier qui se compose de deux rampes, d’un palier intermédiaire à mi-étage et du palier d’arrivée : cette première révolution peut être répétée à chaque étage, soit en conservant la même longueur d’emmarchement, soit en diminuant graduellement à chaque étage, ce qu’on appelle alors escalier en entonnoir.
- 649. La fig. 2.23 est un escalier à trois rampes par étage avec deux paliers carrés de repos et le palier d’arrivée.
- 650. Celui fig, 224 se compose d’une seule rampe par le bas, par laquelle on arrive à un grand palier de repos qui comprend la largeur totale de la cage , et d’où partent deux rampes égales, qui viennent toutes deux aboutir au grand palier d’arrivée. Les escaliers de ce genre ne montent jamais plus haut que le premier étage ; ils sont ordinairement destinés à conduire à des appartemens très-vastes et très-riches, ainsi que celui fig. i'±b, qui diffère de celui-ci seulement en ce que la rampe de départ aboutit à un palier carré duquel partent deux rampes d’équerre en sens contraire, lesquelles conduisent châcune à un second palier de repos qui
- •reçoivent chacun une rampe qui conduit enfin au grand palier d’arrivée.
- 651. On voit que dans ces grands escaliers d’apparat, on évite les marches dansantes ou quartiers tournans. .
- 652. La fig. 226 est un escalier à noyau carré, qui peut être voûté en vis Saint-Gilles, s’il est construit en pierre : ou bien le dessous des marches peut rester apparent, étant scellées dans les deux murs.
- 655. La fig. est un escalier dans une cage terminée par une partie circulaire ; celui fig. 228 est un escalier construit suivant la forme d’une cage en trapèze irrégulier.
- 654. La fig. 229 est un escalier entre deux murs cylin-
- p.190 - vue 199/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 191
- driques droits et d’une seule montée; dans ces sortesd’es-^aliers, qui peuvent conduire à plusieurs étages, les projetions horizontales du devant des marches tendent toutes centre commun du plan des murs ; que ces escaliers soient e'liptiques, comme fig. a3o, ou cylindriques, les deux jurs doivent toujours en être concentriques; ils peuvent ®lre voûtés avis Saint-Gilles rondes, s’ils sont en pierre.
- 655. Quelquefois le mur qui soutient l’about des marches du côté du centre, peut, au lieu de s’élever indéfiniment, Se terminer en gradins de la hauteur de deux ou trois marges , et, par conséquent, leurs retraites égales au même J'ombre de girons, comme on le voit en À, fig. 2.31 , ou men encore former limon, présentant sur le dessus une Sl>rface carrée pour recevoir une rampe, comme on le voit 6î> B, même fig.
- 606. Toutes ces sortes d’escaliers, qu’ils soient à rampe droite ou à rampe courbe , avec ou sans paliers , qu’ils aient J'ne ou plusieurs révolutions , peuvent, s’ils sont en pierre1, *3re suspendus en vis à jour.
- 657. Dans ce cas il n’y a point de limons, ou ces limons s°nt en coupe et pris dans la masse de la pierre de chaque Marche ; les faces des marches apparentes en dessous forment ^semble une surface hélicoïde ( 1 ) qui se continue dans l°ute l’étendue de l’escalier, en raison de son emmarehe-jent. La surface cylindrique des tètes apparentes et isolées des marches, doit être toujours concentrique ou parallèle aux faces intérieures des murs de la cage, et, ainsi que ^ous l’avons déjà dit, les projections horizontales du devant des marches doivent être parallèles aux faces des murs, si ta cage est carrée ; ou tendre au centre unique si la cage est c{rculaire ; ou enfin tendre aux différens centres de l’ovale Sl cette cage est ovale ou elliptique. Quant à la longueur des ^arches, elle ne doit jamais dépasser le tiers du diamètre du plan de la cage, lorsque cette cage est circulaire ou elliptique ; si elles étaient plus longues, le giron deviendrait
- (Q L’hélicoïde est une ligne courbe qui se forme en fié— chissaut l’axe d’une parabole dans un cercle et en donnant uinsi de la divergence aux demi-ordonnées, en d’autres termes, c’est une spirale parabolique.
- p.191 - vue 200/329
-
-
-
- 192 MANUEL
- trop étroit du côté des têtes ou du centre, et, par conséquent, l’escalier serait très-incommode.
- 658. Pour composer un escalier, quel qu’il soit, on n’a que trois problèmes à résoudre ; savoir : i° Lorsqu’on al® cage ou l’emplacement qu’il d;it occuper, et la hauteur de l’étage auquel il doit conduire étant donnée, trouver la meil' leure disposition possible relativement au point du départ et à l’arrivée ; 2° cette première disposition étant donnée, cont' biner ces élémens avec l’espace que l’escalier doit occuper en projection horizontale; 3o s’il y a plusieurs révolutions ou plusieurs rampes ou volées à plomb, ou se croisant les unes sur les autres, calculer les échappées qui conviennent en raison du genre de service auquel cet escalier est assujetti.
- 659. L’étude d’un escalier, lorsqu’il est un peu compliqué, demande beaucoup d’habitude; la première chose & faire, c’est de dessiner le plan bien exact de la cage où d doit être placé , en désignant sur ce plan les issues de chaque étage par lesquelles on entre dans cette cage, et par lesquelle3 on arrive à tous les appartemens de l’étage du départ et de celui d’arrivée ; il faut encore observer s’il n’y a point des issues qui doivent être ménagées au-dessous des marches> soit pour les descentes des caves, soit pour des cours latérales, des cuisines ou autres dépendances; ensuite, c’est de chercher le nombre des marches qui doivent composer l’escalier projeté. Ce nombre se trouvera naturellement en divisant 1® hauteur à laquelle il faut monter par celle qu’on voudra donner aux marches, le quotient sera le nombre demandé ! ainsi, par exemple, nous devons composer une révolution d’escalier pour arriver du rez-de-chaussée au premier étage! le rez-de-chaussée a entre le sol et le plafond, i4p. j° 5 I. d» hauteur , le plancher bas du premier étage a, y compris Ie plafond et le parquet, 14° d’épaisseur , ce qui fait en tout tu p. '° 5 1. pour la montée de notre étage ; nous avons dit plus haut que l’on ne pouvait donner plus de 6° de hauteur à chaque marche, mais que l’on pouvait donner moins ! nous diviserons donc la hauteur totale i5 p. 3°5ol, pardi , qui sera le nombre de marches demandé ; et comme i 5 p-ne peuvent être divisés en 3i , nous réduirons ce nombre de pieds en pouces, en les multipliant par 12 , ce qui donner® 180 , auxquels nous ajouterons les 3° restant, viendra i83°> lesquels divisés par b, que nous porterons en quotient, il nous restera 28° ; et comme 28 ne peuvent pour être divisé*
- p.192 - vue 201/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 493
- par 3i , nous subdiviserons de nouveau ces 28° restant par t'-t, viendra 366 1., auxquelles nous ajouterons encore les 61. de la hauteur, i5 p. 3° 51., et nous aurons 341 1., lesquelles toujours divisées par 3i , nombre des marches nous donneront il au quotient; ainsi chacune de nos trente et une tûarches aura 5o ni. de hauteur.
- 660. Si la quantité fractionnaire était trop minime au-dessus de 60 de hauteur, et qu’elle 11e donnât, par exemple, que une ou deux lignes en plus de ces 6°, il vaudrait mieux les ajouter à la hauteur des marches, que de faire ces marches trop basses , et que cette quantité fractionnaire ne donnât, par exemple, que 5® et quelques lignes.
- 68l. Après avoir trouvé le nombre des marches, il restera à diviser ce nombre en autant de parties que l’escalier devra avoir de rampes , et on fixera la largeur des paliers , en observant toutefois que le giron de la marche palière étant compris dans cette dernière largeur, il faudra , pour chaque rampe , un giron de moins qu’il n’y a de hauteur de Marchés; ensuite on multipliera le nombre des girons et chaque rampe par la largeur d’un seul, ce qui donnera l’étendue horizontale de chacune de ces rampes; ayant réuni toutes ces étendues auxquelles on ajoutera les largeurs des paliers, on aura l’étendue totale de l’escalier. On placera ensuite sur le plan la première marche du bas, qu’011 appellera ligne de départ, et à partir de cette ligne on tracera successivement, et à la suite les uns des autres, la longueur de la première rampe, la largeur du premier palier, la longueur de la seconde rampe, et ainsi de suite , le tout en suivant le contour de la ligne ponctuée, ainsi que nous l’avons indiqué à la fig. 2 20.
- 662. Le plan étant ainsi disposé, l’appareillcur fait une épure en grand sur un enduit du mur, ainsi qu’une coupe de hauteur, sur laquelle il trace toutes les projections; il établit ensuite des paneaux de tète, et fait débiter et tailler sa pierre en raison de son épure.
- 663. Lorsque les marches portent une moulure sur le de-
- vant, comme dans tous les escaliers intérieurs, cette moulure, qui a i5 à 18 lignes de saillie , n’apporte aucun changement dans la disposition générale de l’escalier, puisque l’on porte cette saillie en avant de chaque marche , soit en projection horizontale , soit en profil. '
- 17
- p.193 - vue 202/329
-
-
-
- 194 MANUEL
- 664. Dans les marches en pierre, il est bon de faire deâ refeuillemens, comme on le voit (fig. 232), pour que les marches ne se déplacent point; l’encastrement [fig. 233) serait bien pour un perron à découvert, afin d’empêcher les eaux pluviales de filtrer au travers des joints.
- 665. Les marches en pierre d’un escalier étant taillées, on les pose immédiatement les unes sur les autres sans aucune cale, et bien de niveau sur la longueur, en ayant soin de leur donner environ une ligne de pente dans le sens du giron ; si le dessous de l’escalier est voûté, il faut faire avec beaucoup de soin les reins des voûtes et les araser bien de niveau ; od coule ensuite chaque marche à mesure qu’on la pose; I’ap-pareilleur doit, dans tous les cas, tracer les hauteurs de ces marches dans la cage , afin d’être sûr d’arriver juste.
- 666. Quant aux escaliers en charpente, ils sont toujours supposés sur un mur d’échiffre bien fondé, construit en pierre ou en moellons, sur lequel est placé, à la hauteur du soi du rez-de-chaussée, un parpm en pierre qui supporte le patin dans lequel est assemblé le premier limon ; les marches sont assemblées dans les limons d’environ un pouce; chaque pièce de ces limons est maintenue et réunie par un boulon à vis et à clavette, et à chaque volée est un boulon d’écartement placé dans le sens de la longueur des marches, afin de serrer ensemble les marches et les deux limons , si l’escalier est isolé; et si, au contraire, il est adossé à un mur, ce boulon y est scellé ainsi que les marches. Les fig. 0.34, 233 et 236 sont des angles de perrons pour montrer les dispositions des joints en raison de la forme.
- 667. Il serait impossible de donner dans ce Manuel, une théorie complète de la construction des escaliers. Les appareil-leurs etles charpentiers qui se livrentàce travail, en font une étude particulière, suivent des cours , consultent les ouvrages qui ont traité spécialement de ce sujet ; ouvrages qui sont eux-mêmes très-volumineux et qu’il serait impossible d’analyser ici avec succès. ( Voyez les Manuels du Menuisier et du Charpentier.)
- ARTICLE IX.
- De la Poussée et Résistance des corps.
- 668. La résistance des corps est en raison de leur densité
- p.194 - vue 203/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 195
- de leur ténacité, selon la position et la direction delà force qui leur est opposée : cette force exerçant son action, soit par le choc, soit en poussant ou en tirant, ou enfin par la compression, il serait intéressant, pour toutes les personnes 9ni s’occupent de construction, de connaître la résistance exacte et précise que peuvent opposer les différens solides qui en font partie ; mais, quoiqu’en théorie , des mathématiciens et des savans du plus grand mérite se soient occupés, *vec quelques succès, de calculer les résistances positives et négatives, la nature même des substances sur lesquelles fis ont opéré n’étant pas toujours homogène, et tant de causes physiques modifiant la conformation et l’action de la matière, les résultats qu’ils ont obtenus n’offrent encore xien d’assez exact pour que la pratique puisse s’en emparer Aveuglément, et nous avons sous les yeux un exemple bien récent de cette vérité : le pont des Invalides ne pouvait être confié à un théoricien plus profondément instruit que M. Na-Vier, et nous savons quel résultat il a obtenu ; car, à quelque cause étrangère que l’on puisse attribuer cet événement, on fie peut s’empêcher de penser que le savant ingénieur aurait dû prévoir tous les cas fortuits, et assurer la solidité de sa construction, non seulement par les calculs abstraits de la théorie, mais encore par l’application des exemples que pouvaient y ajouter l’expérience et l’observation.
- 669. Il ne faut pas cependant conclure de ces réflexions que la science soit inutile ; les résultats qu’on en obtient sont, toujours très-précieux, mais il ne faut pas non plus donner Une entière confiance aux conséquences que l’on en tire. La Pratique veut une précision moins rigoureuse ; il faut donc, par prudence , supposer l’effort beaucoup plus considérable qu’il ne l’est en effet, et ajouter, par conséquent, à la force qui, d’après les quantités données par les spéculations mathématiques , serait suffisante pour la neutraliser,
- 670. Les forces agissent de plusieurs manières : elles tendent quelquefois à rompre les solides qui lui sont opposés, quelquefois à les écraser, ou enfin à les repousser et à les renverser. Ces différens efforts se font en raison de la position respective des corps. Par exemple, une masse de terre élevée fait un effort plus ou moins considérable pour renverser le mur de soutènement qui lui est opposé ; une poutre trop faible rompra sous la charge d’un plancher ou des constructions qui poseraient sur elle ; des assises de pierres trop
- p.195 - vue 204/329
-
-
-
- 198 MANUEL
- tendres on mal ébousinèes, ou dont les lits seraient évidéa, peuvent s’écraser sous le poids des constructions dont on les charge; une voûte dont tous les claveaux tendent au centre peuvent écarter les murs sur lesquels les sommiers sont supportés , si ces murs n’ont pas la force convenable pour résister à cette action; des murs ou une charpente de comble, qui poussent au vide, sont maintenus par des chaînes en fer; mais ces chaînes rompront bientôt, si elles ne sont pas calculées de manière à neutraliser l’effet de cette construction.'
- €71. Ainsi que nous l’avons dit, on ne peut pas considérer comme homogènes les différentes substances que l’on aurait éprouvées par des expériences et par le secours des calculs. Les bois , par exemple / contiennent des nceuds, des couches ligneuses plus ou moins serrées. La même essenee a plus ou moins de ténacité , en raison de l’âge de l’arbre , du pays, de l’exposition, de la nature du sol qui l’a produit, etc. ; le sciage qui tranche ses fibres ligneux peut diminuer une portion de sa force en raison de l’arrangement de ces fibres : le fer a des grains plus ou moins serrés qui dépendent de sa nature primitive et de sa préparation dans les fonderies , et varie, ainsi que tous les autres métaux par ses degrés de dilatation et de compression. Le marbre et la pierre ont des moyes, des fils et des parties terrasseuses; enfin, l’état seul de l’atmosphère suffit pour occasioner des variations infinies aux résultats des expériences ; de plus, on observera que la résistance s’affaiblit toujours par la constance d’un effort eontinu et permanent.
- 672. On appelle, dans la mécanique, centre de gravité d’un corps, le point où l’on suppose réuni tout le poids de ce corps, et où passerait la direction de Faction d’un autre corps sur l’extrémité ou la pointe duquel le premier serait en équilibre.
- 673. Dans un corpsdont toutes les parties sont parfaitement homogènes, le centre de gravité est précisément le centre de la figure de ce corps ; mais s’il est plus dense dans quelques-unes de ses parties que dans d’autres , le centre de gravité ne peut être au centre de la figure, puisqu’alors, tendant à pencher plus d’un côté que de l’autre, s’il était suspendu ou posé sur une pointe au milieu de la figure, l'équilibre serait rompu , et ce corps finirait par tomber.
- p.196 - vue 205/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 497
- 674. On appelle équilibre l’état d’un corps abandonné à *ui-même sur un angle aigu , comme le tranchant d’une lame ou sur une pointe, qui pèse également d’un côté comme de | autre de cette pointe ou de cet angle, et reste dans cet état jusqu’à ce qu’une cause étrangère , comme le vent, une secousse ou le dérangement du point d’appui, viennent le troubler ; pour qu’un corps reste en équilibre, il faut nécessairement que son centre de gravité soit dans la Verticale élevée 6ür le centre de suspension de ce même corps.
- 675. Un levier est un corps toujours considéré, quelque forme qu’il ait d’ailleurs, comme une droite solide dont on ®e sert pour vaincre la résistance d’un autre corps : le levier a trois effets bien distincts, savoir : la force agissante, la force résistante et le point d’appui, qui est aussi une force résistante, mais immuable , ou considérée comme telle. Que le levier soit droit, courbe ou coudé , comme on considère toujours le point d’appui fixe et immobile, le point entre eeiui-ci est le centre du levier comme invariable, et le levier loi-même comme inflexible, trois conditions nécessaires dans la théorie comme dans la pratique : on n’estime toujours la distance au point d’appui que par la ligne droite, lui, partant de ce point, est perpendiculaire à la direction de la force agissante.
- 676. Pour qu’une puissance agissante, comme A B,fig. 24 x et 242, soit en équilibre avec la puissance résistante ou le poids C, il faut que cette puissance A ou B, multipliée par 8a distance au point d’appui û, que l’on appelle bras de levier, soit égale au produit de ce point résistant C, multiplié par son bras de levier, ou de même par la distance de ce point d’appui D ou point G , où il agit par sa résistance.
- 677. Supposons donc le poids C de 3okilogrammes ; que la distance E D soit de 1 décimètre, et la distance D F de d décimètres, il faut que la puissance B soit de 10 kilogrammes ; car en appelant a la distance E D et b celle D F, on ^dra b = 3 a ; et si 3o, valeur en kilogrammes de C multipliée paru, est égale à 10, valeur de B en kilogrammes, ûiultipliée par b, on aura
- 00 X a = xo X ou
- 3oX« = ioX 3 a
- * Si maintenant on rapproche le poids C en H ; à 5 centi-
- p.197 - vue 206/329
-
-
-
- 498 MANUEL
- mètres de distance seulement du point d’appui D, on terra que b vaut alors 6 a; par conséquent on aura
- a X 3o = 5 X 6 a.
- 678. II en résulte que la puissance agissante B n’aurait plus besoin que de 5 kilogrammes de force pour être en équilibre avec le poids G reporté au point H.
- 679. Avançons maintenant en A cette puissance agissante B appliquée en G, et supposons que la distance de ce point G au point d’appui D n’est plus que de deux décimètres, alors b ne vaut plus que 2 a, et on a
- . a X 3o = 2flXi5.
- Il faut donc ici que la puissance agissante ait îô kil. de force.
- § i. Force et Résistance des bois.
- 680. Les pièces de bois placées horizontalement sont beaucoup plus fortes lorsqu’elles sont posées de champ, c’est-à-dire, lorsque la plus grande dimension de leur base est verticale, que dans le sens opposé ; il est résulté des expériences faites à ce sujet par les théoriciens les plus instruits, que les pièces A B et G D ( fig. 287 et 258) sont égales, mais posées différemment, les rapports des forces de ces pièces sont toujours en raison du carré de la hauteur de ces mêmes pièces comparées entre elles, toutes les autres dimensions étant d’ailleurs égales ; ou en raison de leurs bases multipliées par le carré de la hauteur, quand leurs longueurs seules sont égales; ou enfin en raison du produit de leurs bases, multiplié par le carré de la hauteur, et divisé par leurs longueurs, si aucune de leurs dimensions ne se ressemblent. Ainsi, par exemple, les pièces A B et C D étant égales, ont chacune 12 centimètres sur 22 centimètres ; la base 12 multipliée parlecarréde sa hauteur 22 donnera 0808, qui représente la résistance'de cette pièce.
- 12 X m X 22 =58o8.
- 681. Maintenant si nous cherchons la résistance de la pièce G D par le même procédé , nous trouverons 3168. .
- 22 X 12 X 12 = 3168.
- 682. La proposition de ces deux produits prouve que I® pièce CP, quoique égale dé dijççnsion, de qualité, de
- p.198 - vue 207/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. m
- ^nlcxture, etc,, se rompra sous une charge moitié moindre ?ue celle qui ferait céder la pièce A B posée de champ, puisque cette proportion est de 12/20,
- 683. Ces deux pièces de bois se briseront aussi sous des tardeaux inégaux, si l’une est posée seulement et isolée sur tas deux points d’appui, comme fig. 239 ; si l’autre est parfaitement scellée et maintenue aux deux extrémités dans des: appuis qui ne peuvent fléchir ni se soulever , quelque poids ^«’ait à supporter la pièce de bois, qui, par conséquent, se Tompra nécessairement à l’endroit où se fait tout l’effort, tomme ici, fig. 240, il est reconnu que la différence de résistance de ces deux pièces, d’ailleurs égales dans toutes leurs dimensions, et posées l’une comme l’autre , 6oit sur le champ, soit sur le plat, est comme 2 à 3. Ainsi, si la pièce* fig. 240, rompt sous une charge de 3,000 pesant, la pièce * fig. 23g, ne supportera que 2,000 avant de se rompre : nous conseillerons à nos lecteurs de lire, sur cet objet important, le Traité de la force des bois, par Camus de Mézières, et l’ouvrage plus récent de M. Girard, inspecteur des ponts et chaussées. Quant à nous, les bornes de ce Manuel ne nous permettent pas de nous étendre davantage sur ce sujet, et nous pensons que ces deux exemples que Ton Peut appliquer utilement à toutes les dimensions des bois que Ton voudra employer, suffiront pour en calculer très-approximativement la force.
- § h. De la Poussée des terres.
- 684. Les substances qui forment les terres sont de différentes natures, comme chacun sait; il y en a dont les parties Ont tellement d’adhérence entre elles, qu’elles peuvent, étant coupées verticalement, se maintenir seules pendant un certain temps; telles sont les terres franches, argileuses, les glaises, etc. D’autres , au contraire , ont si peu de liaison «entre leursparties, telles que le sable, que, tranchées comme les premières, elles s’écroulent et forment avec la verticale tin demi-angle droit, tout le reste ne pouvant rester en place sans y être retenu par un corps quelconque ; on conçoit que ce sont ces dernières qui, tendant le plus à glisser, font conséquemment le plus d’efforts pour renverser le corps qu’on leur oppose; ainsi {fig. 2^3) est construit un mur À pour résister à l’effort de la portion de terre B G D d’uno terrasse qui tend à glisser et à le renverser, il faut, po«r
- p.199 - vue 208/329
-
-
-
- 200 MANUEL
- que ce mur reste à sa place, que sa propre masse, multipliée par sa force B C de résistance, soit égale au moins à la masse pesante des terres qui sont comprises dans le triangle BGB, multipliées par la force de pression , exprimée par B D ; et en supposant que la pesanteur spécifique des deux substances soit la même , et que la hauteur B C soit de 20 mètres, on aura pour valeur des terres du triangle 20 )(5, moitié de B D —- 100, qui, multipliés par m représentant les forces avec lesquelles elles agissent, donnent t,ooo pour l’efforttotal des terres contre ce mur; et comme la hauteur est 20, comme celle des terres, si, après avoir multiplié cette hauteur par sa force de résistance, qui est de la même valeur puisque cette force indiquée par la perpendiculaire à sa direction , est cette même hauteur 20, on obtient pour résultat 4°<>, que l’on divise par le produit de la masse agissante qui est ici de 1,000, on verra que l’épaisseur de ce mur est de 2 m. 5o c.
- 685. Ici nous avons raisonné dans l’hypothèse que les substances sont d’une densité égale ; mais, comme la pesanteur spécifique de la pierre est à celle des terres ordinaires , à peu près comme 3 est à 2 , il s’ensuit qu’on peut réduire cette épaisseur de mur à 1 m. 67 c., qui sont les deux tiers de 2 m. 5o c., et qu’il y aurait encore équilibre ; mais, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il ne sufiit pas , en construction , de s’en tenir seulement au résultat que donnent les calculs, la prudence exige au contraire de donner toujours un peu plus de force à la résistance, afin que dans le cas de charge accidentelle, comme ici, par exemple, le gonflement des terres par l’infiltration des eaux, des dépôts de matériaux qui se feraient sur cette terrasse, le passage de grosses voitures , etc., le mur fût eu état de se soutenir, il serait donc convenable d’augmenterl’épaisseur mathématiquement juste, de 1 m. 67 c., et de le construire d’environ 2 m. d’é-paisseur.
- 686. On fait ordinairement ces murs en talus du côté opposé à la force agissante, comme ici E F, ou bien on fait des éperons ou contre-forts de distance en distance, comme on le voit au plan fig. 243 bis.
- § m. Poussée des Voûtes.
- 687. Les différejuces 4’action du poids des voûtes sot
- p.200 - vue 209/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 301
- Wrg supports, sont, en raison de leurs diverses formes, des Averses natures de matériau*, et d’autres causes accidentes, ce qui a toujours laissé quelque incertitude dans l’ex-Pression précise de la poussée des voûtes; néanmoins, comme °a connaît mieux la densité de la pierre et les points où cette action de poussée s’exerce, ou les a soumis plus facilement au calcul.
- 688. En général, la rupture a lieu dans les voûtes, à la .clef et à peu près au milieu de la douelle ou de l’espace compris entre la clef et la naissance À, comme on le voit fig. a44, etsi les piliers, les murs ou pieds-droits qui les supportent sont Ifop élevés ou trop faibles, ils éprouveront aussi une rupture h Peu près à la hauteur qu’ils auraient dû avoir, comme icienB.
- 689, Les voussoirs d’une voûte aboutissant tous à un Centre commun, ou même à deux ou trois centres en raison de sa forme, devraient être considérés, s’ils n’avaient pas de liaison entre eux, comme autant de coins tendant à glis— ser les uns sur les autres, dont la pesanteur spécifique représente une puissance qui donne à chacun d’eux la force de Pousser ses deux voisins, et cette force aura d’autant plus d’énergie que les joints de ces voussoirs seront plus perpendiculaires à l’horizon ; c’est le résultat de tous ces efforts réunis qui tendent à écarter les murs qui soutiennent une voûte et que l’on appelle poussée des voûtes ; ainsi, pour pouvoir Proportionner l’épaisseur des murs ou pieds-droits à l’effort total de cette voûte, il faudrait nécessairement connaître l'action exercée par chaque voussoir, et quand on aurait fait ces calculs, il faudrait encore ajouter quelque chose à leur produit, parce que la maçonnerie n’a pas toujours la perfection qu’on lui suppose, et que des causes accidentelles peuvent augmenter cette action ; il faudrait donc parer à cet inconvénient en donnant plus de force aux supports que l’on n’en Çïige, en effet, dans la construction; mais ces voussoirs ctant liés avec un bon mortier, ne font plus, pour ainsi dire, qu’une seule pièce ; ainsi on peut se dispenser de calculer ‘ effort particulier de chacun de ces voussoirs, qui exerceraient ®u surplus une action plus ou moins énergique les uns sur 'es autres, en raison de leur position et de leué direction; en peut donc obtenir un résultat satisfaisanten se rappelant, 10 que la rupture d’une voûte a presque toujours lieu, ainsi que nous l’avons dit plus haut, à la clef et au milieu des
- p.201 - vue 210/329
-
-
-
- 202 MANUEL
- reins ; 2°que plus la voûte aura d’épaisseur, plus il y aura d® poussée ; 3° que plus les pieds-droits seront élevés , plus d leur faudra donner d’épaisseur; 4° que plus une voûte sera surbaissée au-dessous du plein-cintre, plus l’effort de la pous' sée sera considérable , parce que les joints d’une grande par' tie des voussoirs approcheront davantage de la verticale ; 5° que par la même raison, plus celte voûte sera élevée au' dessus du plein-cintre , moins la poussée aura d’action, puis* que la plus grande partie des joints se rapprochera davantage de l’horizontale.
- 690. Lorsqu’on peut donner aux murs ou aux pieds-droits qui sont destinés à soutenir une voûte un peu de talus à l’extérieur comme A B [fîg. u45), ou les contrebuter par un second G 1), comme pour les bas côtés d’une église, l’action agissante devient presque nulle, et l’on peut construire alors lès supports plus légers.
- 691. Une chaîne dont les anneaux sont égaux et parfaitement polis, étant suspendue par ses deux extrémités A B (fig. 241'), s’incline suivant une courbe que l’on appelle la chaînette ; il est démontré par les calculs faits d’après l’équation de cette courbe, qu’une voûte dont l’intrados suivrait cette forme, étant même de moindre épaisseur que d’autres, serait extrêmement solide, et que par le fait seul de cette courbure elle n’aurait point de poussée. M. Rondelet a fait à cet égard un essai qui paraît décisif; cet auteur rapporte r dans son ouvrage sur Y Art de bâtir, qu’iî a placé des boules sur une dalle de pierre , de manière que leurs points de contact se trouvaient sur l’axe de la chaînette , et qu’en redressant ensuite cette dalle verticalement, il est parvenu à faire tenir les boules en contact en fixant seulement les deux premières aux points A et B, de manière à ce qu’elles ne puissent se déranger ; on conçoit, par cette expérience , pourquoi cette courbe donne plus de solidité aux voûtes que tout autre.
- 692. Comme la courbe de la chaînette ne paraît pas très-régulière à l’œil, on peut y faire sans inconvénient quelques additions : telles, par exemple, que la courbe D E qui lui donnerait alors l’apparence d’un plein-cintre, et qui noterait rien à la propriété et à la solidité primitive de cette voûte, mais qui nécessiterait une plus épaisseur de mur pouf supporter la saillie A B ; à moins que l’on ne veuille, pouf éviter cette plus épaisseur, faire un encorbellement F. Ainsi,
- p.202 - vue 211/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 203
- t^us dans la construction des coûtes on approchera de la Courbe de la chaînette, plus elles seront solides et moins Sujettes à la poussée.
- ’ 693. Il est très-rare, dans les constructions ordinaires, que des voûtes soient supportées sur des piliers isolés ; ce sont toujours des caves dont les berceaux sont doubles ou triples, cjui, par conséquent, se contrebutent réciproquement et dont les terres maintiennent les murs et la poussée , et ici on n’a besoin que de l’expérience de la pratique. Ces voûtes sont construites ordinairement en moellons piqués dont les joints tondent au centre , avec des chaînes en pierre de distance en distance, lesquelles sont placées comme points d’appui sous les trumeaux, sous les poutres portant plancher, aux angles des bàtimens et au droit de la jonction des murs de refend ®vec les murs de face ; les portes de ces caves se cintrent aussi Couvent en pierre ; l’épaisseur que l’on donne le plus communément à ces voûtes est de id°, et les murs qui les supportent °nt i4°- Dans le cas de constructions extraordinaires, qui n’ont lieu que dans les édifices publics, tels que des voûtes extérieures d’un grand diamètre , des dûmes ou coupoles, etc., fi faudrait avoir recours aux ouvrages dans lesquels on a traité avec plus de succès sur la poussée des voûtes : l’on consulterait alors avec fruit la théorie de MM. Gauthey, de Proriy et Xavier, et les expériences de M. Rondelet.
- ARTICLE X.
- Des légers Ouvrages.
- 694. Dans la maçonnerie on appelle légers ouvrages ou simplement légers, tous les ouvrages où le piâtre est employé Seul, comme les pigeonnagcs de tuyaux de cheminées, les Crépis et enduits ; ou avec un lattis, comme les plafonds, les aires de planchers, les cloisons et pans de bois, etc. ; on compte aussi dans les légers, les hourdis en plâtras et plâtre , les sièges et chausses d’aisances, les fourneaux potagers , les corniches et entablemens en plâtre, les seellemens, lorsqu’ils sont faits avec cette matière et du tuileau, les chaînes et augets pour seellemens de lambourdes ; chacun de ces ouvrages est porté dans les mémoires comme valeur en légers , et est évalué en fractions de toise ou mètre superficiel, on raison de l’importance de l'ouvrage, comme on le verra au tableau, p. 21g.
- p.203 - vue 212/329
-
-
-
- 204 MANUEL
- 695. Tous les légers ouvrages étant faits en plâtre, on n* peut donner aucune théorie à cet égard, la pratique seule et ce que nous avons dit sur les murs, entablemens, etc., suf-lira : cependant, comme les cheminées peuvent se construit® de différentes manières, nous 'croyons devoir entrer à c® sujet dans quelques détails.
- 696. Les cheminées se font, soit en pierre (ce qui est fort rare), soit en brique (ce qui est la meilleure construc-tion), soit enfin en plâtre; le mortier se liant mieux ave® la brique que le piàtre, il faut l’employer lorsqu’on le peut; lorsque les tuyaux sont compris dans l’intérieur des murs, 1® languette du dossier, c’est-à-dire celle de derrière, se fait en briques de plat, elle a par conséquent 4 pouces d’épaisseur, et la languette de face en briques de champ, et n’a par coir séquent que 2 pouces, ce qui fait, avec les enduits extérieur* et intérieurs, 3° à 3° 6 1.; lorsque ces tuyaux sont adossé* au mur, il est bon de faire toutes les languettes en brique* de plat, et seulement celle de refend ou de séparation en briques de champ. Enfin on construit les tuyaux de chemi-née en pigeonnage. Ce pigeonnage est une languette en plâtre au panier, de 3 pouces environ de hauteur, y compris les enduits des deux côtés ; il faut avoir soin que celui de l’intérieur soit bien fait, parce que plus il est uni, moins U suie s’y attache.
- 697. Il est essentiel que ces tuyaux soient faits en briqu® ou en plâtre, s’ils sont adaptés contre les murs; de faire de* tranchées de 1 à 2° de profondeur dans ces murs , avec de* trous plus profonds de 8 en 8° environ, pour que ces tuyau* soient bien Jiaisonnés avec les murs.
- 698. Les tuyaux, dans les maisons ordinaires, doivent avoir au moins ifc° de largeur sur g0.
- 699. On fait aussi des tuyaux en brique, en fonte ou efl poterie , dont l’orifice circulaire n’a pas plus de g0 de diamètre , et ces cheminées plus étroites sont moins susceptible* de fumer que les antres.
- 700. On doit proportionner les manteaux de cheminées aux pièces dans lesquelles ils sont faits ; dans les maisons particulières, ils ont depuis 5 pieds dans les cabinets , jusqu’à 5 pieds ; dans les salons, dans les palais qui ont de grandes galles, des galeries, on en fait encore de 6 à 8 pieds ; dans
- p.204 - vue 213/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 205
- les cuisines et offices, l’eraplacement règle cette dimension ; tous ces manteaux sont faits en plâtras ou en briques, ou toême en pierre, selon l’usage auquel ils sont destinés; les cheminées ordinaires ont de 3 à 4 pieds de hauteur, celles des cuisines se font en hottes de 6 à 8 pieds, et on garnit *es contre-cœurs en plaques de fonte ; dans les grandes cuises ces plaques ont quelquefois jusqu’à i pouce ou i5 lignes d’épaisseur; mais lorsqu’elles doivent être exposées à "n degré de chaleur très-considérable, il ne faut pas les Seller, mais seulement les maintenir avec de fortes barres de fer, qui laissent libre l’action de la dilation ; autrement, Sl elles sont comprimées, elles tendent à se rouler et à ployer.
- 701. Les barres de manteaux de toutes les cheminées doivent être en fer ; néanmoins, lorsque les hottes sont saillantes, on les fait quelquefois en bois, que l’on revêt au pourtour d’un fort enduit en plâtre, ce qui est défendu par les lois, et particulièrement dans les grandes villes.
- 702. Les trémies au-devant des foyers doivent être tenues assez larges pour que l’on ne puisse craindre que le feu se communique au plancher ; les lois exigent que dans les che-tninées ordinaires il y ait au moins 3 pieds d’isolement de tnur , et que les jambages a ( fig, 247) soient construits dans &uvre des solides d’enchevêtrure, ou qu’une partie au moins excède la rive intérieure ; la trémie est garnie de bandes de trémies b en long et en travers pour maintenir la maçonnerie pleine en plâtras et plâtre, ou, à leur défaut, en recoupe de pierre et mortier, de toute l’épaisseur du plancher, °u enfin en briques ; dans ce dernier cas, les barres de tré-tnies ne sont pas indispensables, mais il faut avoir soin alors de faire faire sur les solives d’enchevêtrure une coupe inclinée et qui sert de coussinet pour adap:er les premières brigues, afin de pratiquer une petite voûte extrêmement plate b:
- faut maçonner ces voûtes avec du mortier.
- 705. Lorsqu’on veut faire après coup une cheminée dans ûne pièce qui n’a pas été destinée d’abord à être chauffée, comme alors il n’y a point de trémie préparée, et que l’âtre Par conséquent poserait immédiatement sur le carreau, il faut faire ce qu’on appelle un âtrerelevé, avec une épaisseur ou dcuxde-briques de plat, sur lesquelles on pose des petites, barres en fer de carillon pour maintenir une aire et le carrelage au-dessus, quelquefois, sur les tassots de briques, oh
- 18
- p.205 - vue 214/329
-
-
-
- 206 MANUEL
- met une plaque de fonte unie, ce qui dispense dés barres et du carreau ; dans tous les cas il est indispensable d’isoler cet Être relevé, de manière que l’air puisse circuler librement entre lui et le plancher; on ferme alors le devant par une galerie découpée à jour, en tôle ou en cuivre, ou par un châssis en toile métallique.
- 704. Les fourneaux potagers des cuisines sont construits le plus souvent en plâtras et plâtre ; lorsqu’on a distribué les réchauds en fonte dont on veut les garnir, ces réchauds ainsi que le hourdis, sont maintenus par des barres de petit fer de carillon, ou seulement par des fantons ou côtés de va' elles, posées tant en largeur qu’en longueur. Dans les grandes cuisines, il est bon de les faire en briques et en mortier; le dessus est carrelé en carreaux de terre cuite ; lorsqu’on veut plus de propreté on les carrelle en carreaux de faïence, en mettant un ou deux rangs de ce carreaux de champ le long des murs : ces fourneaux doivent toujours avoir une paillasse ou cendrier carrelé, à la moitié de leur hauteur, pour recevoir les braises ou cendres chaudes qui s’échappent au travers des grilles des réchauds ; le dessous de celte paillasse sert ordinairement de charbonnier ; les jambages qui les supportent sont construits quelquefois en plâtras et plâtre, mais le mieux est de les faire en briques. Ces fourneaux s’établissent toujours sur une hauteur de a p. 8 à g°, et sur une largeur de ’ p. 6° environ ; quant à la longueur, elle est proportionnée à l’emplacement, et à l’importance de la maison.
- 70o. Dans les maisons ordinaires , il faut garnir ces fourneaux d’une série de réchauds depuis 4° jusqu’à > t à 12.° carrés , et placer à une extrémité une poissonnière de 15 à 18°.
- 70ô. Ces fourneaux sont armés au pourtour de bandes en fer carré , celle du haut en fer plat qui maintient le carreau ; s’ils sont d'une grande dimension, on place une barre verticale au droit de chaque jambage, et une dans chacun des angles, pour plus de solidité.
- *07. Les fours à cuire le pain et la pâtisserie doivent en général être construits sur un terrain solide ou sur bonnes voûtes; la partie inférieure peut se construire , soit en moellons , soit en pierre ou en briques , mais il faut mettre beaucoup de soin à la partie intérieure appelée chapelle du four, parce que cette partie devant recevoir l’action d’un feu violent, doit être faite de manière à résister à cette action sans
- p.206 - vue 215/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 207
- briser ni se fendre : c’est pourquoi on emploie pour les Coûtes des fours, le tuileau, que l’on maçonne avec de U terre franche dite terre à four, qui est une argile mêlée d’un feu de sablon; il faut prendre garde qu’il ne s’y trouve des Parties calcaires, parce qu’alors elles se vitrifieraient au feu : cette voûte ou chapelle est toujours très-surbaissée, l’àtre se fait en carreaux de terre cuite très-dure et de très-bonne qua-fîté, que l’on maçonne aussi avec cette même terre à four.
- 708. La loi exige que ces fours soient éloignés des murs, ^particulièrement des murs mitoyens, parce qu’autrement *1 pourrait s’ouvrir des crevasses par où la flamme s’introduirait avant que l’on ne puisse s’en apercevoir ; cette distance °u isolement, qui doit être de quelques pouces, s’appelle le four du chat.
- 709. Il serait inutile, et il n’entre pas d’ailleurs dans botre plan, de parler des fourneaux d’usines, qui ont mille formes adaptées aux divers besoins des fabriques, il suffira de dire qu’en règle générale, ces fourneaux doivent être fondés autant que possible dans des terrains secs ; que l’intérieur doit en être construit avec des pierres naturelles, des briques °u autres pierres factices en état de résister à l’action d’une grande chaleur ; qu’il faut avoir soin dé les armer de bandes de fer en raison de la force et de la continuité du feu qui, tendant à raréfier le peu d’humidité qui est restée dans la Maçonnerie, fait effort pour tout détruire ; que par cette raison il faut pratiquer dans l’intérieur de cette maçonnerie ; des évents ou petits canaux circulant autour du foyer de chaleur, et donnant continuellement issue à l’air atmosphérique; dans ces sortes de constructions, il est essentiel de faire un bon choix de briques, parce que les unes soutiennent très-bien l’action du feu , telles sont les briques de Sarcelle près Paris, tandis que d’autres, dans lesquelles il se trouve du carbonate de chaux (î), y entrent enfusion et s’y vitrifient; parmi les pierres naturelles il est des roche1;, des grès, des granits et des schistes très-propres à ces constructions, tandis que d’autres se fendent, éclatent et se décomposent ; il faut donc bien étudier et éprouver les matériaux que l’on emploie Pour ces sortes de constructions.
- „ .(*) Voyez le Manuel de Minéralogie, par M. Blondeau, qui fait partie de cette Collection.
- p.207 - vue 216/329
-
-
-
- 208
- MANUEL
- ARTICLE AI.
- Manière do toiser les Murs, Voûtes, Colonnes et autres Ouvrages de bâtimens,
- 710. Pour apprécier comme il convient les travaux de construction, il faut considérer, io la matière employée, sa quantité et les détails que le genre du travail comporte ; 20 le temps de l’envoi et celui employé à façonner ces matériaux en raison de la nature et de la perfection du travail, à transporter, monter, et pour mettre en place ; les faux frais qui comprennent la patente payée par l’entrepreneur, les locations de chantier et de boutique , usage des outils, machines et cordages ; 4° enfin les bénéfices qui doivent être légalement alloués à l’entrepreneur ; avec ces quatre élémens dont les prix partiels sont bien connus, il est facile de fixer 1a valeur de chaque nature de travail.
- § I. Toisé de Murs.
- 711. On Comptait autrefois les murs en superficie et on leur appliquait à chacun des prix différens, et sous le nom d'usages, on faisait des appréciations variables, parce qu’elles n’étaient pas basées sur la vérité ; il en résultait souvent des procès, parce que les architectes et les vérificateurs avaient diverses opinions en raison des divers systèmes que suivaient les praticiens; par exemple , les uns voulaient que les murs fussent mesurés pleins, quoiqu’ils fussent plus ou moins percés de baies, de portes et de croisées, que ces baies soient cintrées ou en plates-bandes, ou garnies de lintaux; les autres déduisaient, dans certains cas, une portion de ces vides ; on comptait aussi comme demi-face tous les retours de murs, c’est-à-dire qu’ou ajoutait à leur longueur la moitié de leuf épaisseur ; ainsi, un mur de 12 p. de long et 18° d’épaisseur qui était isolé, produisait, y compris les deux demi-faces de tête, i5 p. 6° de longueur ; s’il s’agissait d’un pied droit ou pilier carré, par exemple, de 2 p. en tout sens , il comptait pour 4 p., toujours sur son épaisseur de 2 p. ; ainsi, si ce pilier avait io p. de hauteur en pierre, on voit qu’il a 4° p. cubes, mais avec ses deux demi-faces, étant compté de 4 P1 sur 2 p. d’épaisseur, et sur sa hauteur 10 p. f il produit précisément 80 p. cubes, ou le double de sa valeur réelle; le propriétaire payait doue, par cet usage abiisif, deux fois la
- p.208 - vue 217/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 209
- Valeur à l’entrepreneur de ce pilier, les arêtes seulement c’étaient pas comptées.
- 712. Maintenant les murs sont comptés pour ce qu’ils sont en œuvre , c’est-à-dire que l’on prend leur longueur sur leur hauteur, tous vides déduits ; que l’on multiplie le produit par l’épaisseur, pour en former un cube, lequel est payé en raison de sa nature et sans rien ajouter ni retrancher de ce cube véritable ; on compte ensuite à part tous les enduits, frètes , feuillures, ou enfin toutes les tailles de paremens, de saillies ou de moulures , pour ce qu’elles sont.
- 713. Il faut distinguer dans le toisé d’un mur, les parties en pierre tendre de celles en pierre dure, et celles-ci du moellon brut essemillé ou piqué , de la brique , de la meulière ou dès plâtras ; il faut distinguer encore ce qui est coulé, hourdé, jointoyé , crépi ou enduit, soit en plâtre , soit en mortier de chaux et sable ou en ciment ; lorsque ceg murs sont construits partie en pierre, partie d’autres matériaux, il faut défalquer toujours les unes des autres.
- 714. Si l’on mesure les murs à l’extérieur, il faut déduire Une demi-épaisseur à chaque retour; sionles mesureintérieu-rement, au contraire, il faut y ajouter une demi-épaisseur à chaque angle, si ces murs forment ensemble un angle droit; si l’angle, au contraire, est aigu ou obtus, on doit retancher ou ajouter la différence du parement intérieur sur l’extérieur,
- 713. Si le mur est circulaire en plan, tel, par exemple, que celui d’un puits, on le mesure en dehors et en dedans, et on additionne les deux longueurs dont on prend moitié, qui est la taesure proportionnelle, que l’on multiplie ensuite par la hauteur. Lorsqu’on comptait les murs pleins sans déduction des baies , des feuillures et embrasemens, les scellemens de gonds, gâches, pâtes de croisées, barreaux de fer, etc., c’étaient point comptés, à moins qu’ils ne soient placés plus tard ; pour les baies de portes ou de croisées cintrées qui n’a-Vaient point de seuils ni d’appuis, on comptait plein le vide du cintre depuis les dessous de l’imposte.
- 716. Les murs de clôture se mesuraient sur leur longueur et hauteur jusqu’au-dessous de la bordure ou du chaperon ; si cette bordure ou chaperon avait deux égouts ou deux pentes , on ajoutait 2 p. à la hauteur ; si elle n’avait qu’une seule pente, on n’ajoutait qu’un pied. Cet usage s’est conservé-
- p.209 - vue 218/329
-
-
-
- 210
- MANUEL
- § il. Toisé des Marches.
- 71?. Les marches en pierre se mesuraient sur leur longueur par le pourtour de leur giron et de leur épaisseur de face, ce qui donnait encore un cube supérieur à celui en oeuvre. On les mesure à présent par équarrissement, comme il est dit plus loin, n° 7/^9, pour les mardelles de puits.
- § m. Toisé des Colonnes.
- 718. On mesurait les colonnes comme des pilastres carrés, ayant un diamètre sur chaque face; c’est-à-dire que l’on prenait le diamètre d’une face auquel on ajoutait un second diamètre pour les deux demi-faces, et ces deux diamètres ensemble étaient considérés comme largeur ; on prenait le diamètre pour épaisseur, et on multipliait par la hauteur totale, ce qui produisait précisément le double du cube de la pierre employée : la superficie de la taille était comptée comme deux paremens droits, on y ajoutait la moitié du produit pour la circulaire , on détaillait ensuite les moulures des bases et des chapiteaux selon leurs moulures et leur pourtour.
- 719. Maintenant on multiplie le diamètre par lui-même, et le produit sur la hauteur de la colonne donne le cube. Par exemple, ici ( PI, 3 et /j ) les colonnes des porches ayant i3 p. 4° de hauteur sur 200 de diamètre, suivant l’ancien système, en mesurant la base qui a 3oo de socle et io» de hauteur, on aurait 3ot> de face, plus deux demi-faces de chacune i5o fait 6c° =5 p. Ces 6 p. de face supposés sur 3oo d’épaisseur, produisent 12 p. 60, lesquels, multipliés par îoo, hauteur de cette base , produisent
- en cube...................................xo p. 5o
- Le fût de aoo de diamètre, plus deux demi-faces de ico, produisent 4< °=3 p. 4°, lesquels multipliés par 20° de diamètre produisent 5 p. 60 81., lesquels multipliés par 11p. 8°, hauteur de ce fût, entre base et
- chapiteau , produisent....................64 p. 9° 9 1.
- Le chapiteau même cube que la base, ci. 10 p. 5° »
- Total du cube de pierre, supposé selon les anciens usages. v ^ P* 7® 9
- p.210 - vue 219/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 211
- 120. Les tailles des paremens seraient comptées le double des superficies ; savoir : la base et le chapiteau, iop. pour les deux faces sur ensemble 2o° de hauteur produisant 16 p. 8° superficiels, plus, moitié en
- sus pour le circulaire, ci. . ..............o i p. 7 0
- Le fût, 6 p. 8° pour les deux faces sur 11 p. 8° de hauteur, produit 77 p. 90 Jj 1. plus moitié en sus pour le circulaire, ci. . . 3 088
- Total selon l’ancien usage, de la taille des Paremens de cette colonne....................
- 3 t. 1/2 i5p.
- Viennent ensuite les moulures, pour le toisé desquelles il n’est rien changé.
- 721. Maintenant on compte simplement le carré dans lequel les tambours de la colonne ont été pris; ainsi, pour la base de la Çolonne ci-dessus, on multiplierait son carré 1,,Q par lui-même, ce qui produit 6 p. 3°, lesquels, multipliés par la hauteur u/, Produisent.................................
- Le fût 20° sur 20° produit 2 p. o° 4 L, <pii, sur 11 p. 8° de hauteur, produit en cube..................................
- Le chapiteau même cube que la base, ci.
- 5P.
- 32 p. 5 p.
- 2° 6. 1. 50
- 2° 6 I.
- Total du cube véritable. 4u p. mu o 1.
- 722. Pour la taille des paremens des Quatre faces de la base et du chapiteau, ensemble i" p. de pourtour sur 1 p. 8° de hau-
- teur, produit. ,........................o o 16 p. 8°
- La plus value des quatre arêtes, ensemble 6 P- 8°, sur 5° courans de taille , produit. .001 8
- Le fût, de 200 de diamètre, multiplié par 3fois et 1/7=;5 p. 3« de pourtour sur 11 p.
- de hauteur , produit 62 p. superficiels, auxquels on ajoute moitié en sus pour le circulaire et épannelage produit..........2 1/2 3 o
- Total des tailles, 3 t. o 3 p. 4”
- p.211 - vue 220/329
-
-
-
- 212 MANUEL
- 723. Pour les colonnes engagées dans un mur [PI. t2> fig. 269), on ajoutait la partie du diamètre qui était saillant* À B au demi-diamètre D E, et l’on prenait pour épaisseu1 le diamètre G B , et les deux mesures étant cubées avec 1* hauteur totale, le résultat était compté comme mur à dent paremens,
- 724. Maintenant chaque assise est comptée séparément e* en raison des harpes qu’elle a dans le mur ; ainsi le tambour fig. 269 serait mesuré comme un parallélogramme I G M f sur sa hauteur, dont on déduirait pour évidemèns et déchet les deux parties abattues HGC R et A BF L. Ensuite oO compterait les tailles circulaires comme dessus.
- 725. Si une colonne était engagée fdans l’angle comcoe fig- 270, on prenait la partie saillante A H ou B F qu’o# ajoutait au demi-diamètre A M, et la partie A M N y était portée encore pour moitié ou pour i/3 de la précédente , e» raison de sa proportion avec le reste de la colonne ; on prc" nait ensuite le diamètre entier F G pour l’épaisseur.
- 726. Ces usages conventionnels ont disparu pour faire plac* à un mesurage beaucoup plus juste, et qui n’accorde rie» que ce qui est fait et fourni ; ainsi on toise maintenant chaque assise pour ce qu’elle est en effet ; savoir : ici, en raison de$ harpes qui se lient avec le corps du mur , on aurait un mot' ceau dont le côté G E multiplié par G I donnerait une super" ficie qui, multipliée à son tour par la hauteur, donnerait le cube de la pierre fournie ; ensuite on compterait en évidement pour dégager les parties saillantes de la colonne et l’angle intérieur du mur les parties 1 K A H , B D E F et C P L 0 qui , multipliées sur la même hauteur, donnerait le cube compté; comme refouillement et déchet, le surplus serait compté comme fourniture, taille de lits et joints, et enfle on compterait les tailles droites et circulaires comme il est indiqué ci-dessus.
- On voit par ce peu d’exemples, combien était abusif c® qu’on appelait autrefois usages.
- § iv. Toisé des Voûtes.
- 727. Il n’est presque jamais possible, pour prendre la di" mension des voûtes, d’appliquer la toise ou le mètre sur lei»f doueile ou intrados, il faut donc avoir recours aux principe de géométrie.
- p.212 - vue 221/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 213
- 728. Pour les voûtes en berceau, ou plein-cintre , l’usage ^ait de réunir le diamètre A B , PL 12 fig. 271 à la somme 'ta la montée ou rayon G D et d’ajouter le septième du tout pour former la circonférence intérieure de cette voûte, 70e l’on multipliait alors par la longueur pour avoir la superficie totale, sans rien ajouter ni diminuer, quelque circon-taresce qu’ait eue d’ailleurs l’extrados ou surface extérieure, et cette superficie était calculée sur l’épaisseur de cette voûte.
- ajoutait ensuite pour valeur du remplissage des reins un fiers du produit total : on comprendra facilement tout ce Qu’avait de défectueux cette bizarre manière de mesurer c®s sortes d’ouvrages , puisque d’abord l’opération en elle-taême, ne pouvait présenter aucune justesse, et qu’ensuite les teins de ces voûtes étant bloquées souvent avec des recoupes fie pierres, et même des plâtras mêlés, et hourdés en plâtre °u en mortier inférieur, on confondait évidemment plusieurs Natures d’ouvrages qui n’avaient aucune analogie entre elles; fie plus, dans les voûtes d’un grand diamètre, le remplissage fies reins produisant plus du tiers <ie la voûte, il y avait perte pour l’entrepreneur, et dans le cas contraire, le bénéfice était excessif et inégal, puisque cette proportion du tiers fiepassait de beaucoup la valeur du travail.
- 729. Maintenant, il ne s’agit pour obtenir la mesure bien Précise' de cette voûte, que de prendre le diamètre AB, ®Uquel on ajoutera une des épaisseurs B E ; on multipliera ces deux sommes réunies par 3 et 1 he, on prendra la moitié fie produit qui sera la demi-circonférence moyenne, prise Partout au milieu de l’épaisseur , et, multipliant le tout par ta longueur totale du berceau à ses deux têtes, on aura la superficie totale, qui, multipliée à son tour par l’épaisseur B E, fionnera le cube de ladite voûte , dont on prendra à part le ^filage ou parement piqué en superficie, pour en faire un ®rticle séparé.
- 730. Quant au remplissage des reins, on cherchera la superficie des deux triangles F G K et F H I qui seront ensemble c°mme un parallélogramme qui aurait pour premier côté ^ G ou F H et pour deuxième côté G K. ou H I dont on déduira tas deux segmens de cercle K F et F I ( 169), et le surplus Multiplié par la longueur de la voûte sera le cube des reins Sue l’on comptera comme massifs à bain de plâtre ou de mortier selon la nature de l’ouvrage.
- On peut encore proposer pour ces reins an'parallélogramme
- p.213 - vue 222/329
-
-
-
- 214 MANUEL
- G H I K, dont on déduira le segment de cercle K FI, et 1® surplus multiplié par la longueur de la voûte, donnera 1® | même résultat que par l’opération ci-dessus.
- 731. Si la voûte est biaise , c’est-à-dire que les murs qui la supportent, quoique parallèles entre eux, ne soient pas à angles droits aveç. le cintre , comme fig. 272, il ne faut pa*’ mesurer le diamètre de la voûte suivant la ligne de tète A B* mais bien sur une ligne B C retournée d’équerre sur les murs-
- 732. Lorsqu’une voûte est plus étroite à une de ses extrémités qu’à son entrée, comme fig. 273, ou ajoute ensemble les circonférences des arcs des deux bouts de la voûte A B F et G D E , on prend la moitié de leur somme que l’on multiplie par la longueur de leur axe, comme G H. Il en est de même pour le remplissage des reins , dont on prend aussi la.moyenne proportionnelle par le même procédé.
- 733. Lorsqu’il se trouve des chaînes en pierre dans des Voûtes en moellon ou en meulière, on déduit la place de ceS chaînes calculées sur la longueur réduite de leurs claveaux, et on les compte ensuite pour ce qu’ils sont. Il en est de même lorsqu’il se trouve dans ces voûtes quelques assises en pierre rachetant le berceau, on les cube, et elles sont déduites do celui de la voûte.
- 734. Les voûtes d’arêtes se composent de la rencontre de deux berceaux qui, en se croisant, font paraître les arête* de rencontre en saillie en formant quatre lunettes [fig. 17b)’ celles en arc de cloître sont formées de quatre portions de cercle, dont les angles de rencontre se projetant en dedans, produisent précisément l’effet contraire à celles des premières.
- 735. Dans les élèmens de géométrie, on démontre que la superficie d’un pan ou côté d’une voûte en arc de cloître, en plein-cintre, est le double de celle du triangle qui exprime sa projection sur le plan horizontal : en conséquence la surface entière de cette voûte sera donc le double de celle de son plan.
- Or, puisque la surface d’une lunette en plein-cintre est égale à la différence entre les surfaces du cylindre dont elle fait partie et les deux demi-pans en arcs de cloître qu’on eU a retranchés, ces deux demi-pans équivalent à un pan dont la superficie est égale au double des triangles qui leur servent de base, ou est égale au parallélogramme , projection du cylindre complet de la lunette.
- p.214 - vue 223/329
-
-
-
- B’ARCHITECTURE. 219
- 736. Il est reconnu ensuite que les superficies d’une voûte d’arête est à celle en arc de cloître comme 4 est à 7 ; il s’ensuit que lorsqu’on connaît la surface de l’une des deux Coûtes, on connaît l’autre : car si on a une voûte en arc de Uoître de 18 pieds de diamètre, et qu’on en cherche la surface comme nous venons de l’indiquer, on aura 72 pieds de pourtour qui, multipliés par 9 p., donneront 648 p. =18 t. superficielles. On établira ensuite cette proportion pour obtenir la superficie de la voûte en berceau 7 : 4 : : 648 p. : ^70 p. 3o := rot. 8° 10. 3.
- 757. Les murs et piliers qui soutenaient ces sortes de Coûtes étaient autrefois comptés arcades , murs et piliers ensemble , en les mesurant sur la longueur totale et les multipliant sur toute la hauteur depuis le sol jusqu’à la clef, en Caison de l’épaisseur de ces murs et sans rien déduire pour les vides, mais cet usage abusif qui tolérait les arcs intermédiaires donnait à l’entrepreneur ce qui ne lui était pas dû ; car si le cintre avait 18 p. de diamètre, la largeur d’un pilier ®yant 2 p. et l’épaisseur de la voûte 18 pouces, on aura la ^auteur totale AB = i'> p. 6°. Multipliant ensuite par cette ’îuantité le diamètre G D , auquel on ajoute l’épaisseur du Pdier D E = 2op., on aura 210 p. superficiels, lesquels Multipliés alors par l’épaisseur de ce pilier, 2 p. donneraient 4'*o p. cubes, tandis que si l’on comptait seulement la superficie du cintre multiplié par l’épaisseur de la voûte, en y ajoutant même un tiers pour le remplissage des reins, on c’aurait pour résultat que 90 p., qui est en effet le cube réel.
- 758. Lorsque les voûtes sont érigées sur des plans irréguliers comme fig. ig'5 et ig6 , on prend la somme des quatre eôtés que l’on divise par quatre pour avoir la moyenne proportionnelle; ainsi, en supposant que le premier côté ait 9 p., le deuxième 14 p. 6°, le troisième 10 p. 90, et le quatrième Lr) p. 90, le tout produira 5o p. de pourtour qui, divisés par Quatre , donneront 12 p. fio pour mesure réduite de chacun des côtés : le surplus de l’opération comme ci-dessus.
- 759. Les voûtes sur noyau dites voûtes annulaires, sur hn plan carré fig. 276, lorsqu’elles sont droites, se mesurent soit par leur milieu, soit sur les murs et le noyau dont Je pourtour est pris ensemble, et que l’on divise par deux, et *e cintre se mesure ainsi qu’il est dit ci-dessus (729). Ici les murs extérieurs ont 24 p. —|— 18 — 42 X 2 =: 84 p. 1© hoyau a 8p. -J- 2 p. = 10 p. X 2 = 2°; ensemble i<»4 p-?
- p.215 - vue 224/329
-
-
-
- 216 MANUEL
- qui, divisés par deux, donnent 52 p. de pônrîour; et si ofl mesure au milieu, on trouvera que l’axe A B a 16 p., celui B G 10 p- ensemble .26 p., qui, multipliés par deux pour les deux autres parties opposées, donnent un pourtour égal de S'j. pieds.
- 740. Si cette voûte est sur un plan circulaire, comme fig» 276, on prend le diamètre du noyau qui est ici de 6 p., on ajoute un des diamètres 6 p., ce qui produit 12 p. que l’on multiplie par 3 et 1/7, et l’on a, pour somme totale du pour' tour, 37 p. 80 7 l. peu moins, qui, multipliés comme les précédentes, donnent le total de la superficie intérieure de cette voûte.
- 741. Lorsque ces voûtes sont inclinées comme pour des escaliers, on prend lés mesures comme il vient d’ètre dit, mais sur la ligne de pente.
- 742. Les voûtes sphériques [fig. igy et 198) et les voûtes sphéroïdes (5 *5), se mesurent en multipliant la circonférence par la flèche ou montée de la voûte , soit qu’elles aient de hauteur un demi-diamètre , ce qui est plein-cintre, soit que cette montée soit plus élevée, ce qui s’appelle voûit surhaussée, ou qu’enfin elle ait moins du rayon, ce qui est alors une voûte surbaissée en segment de sphère ou en anse de panier.
- 743. Si la voûte est sphéroïde, on trouvera la circonférence par le procédé indiqué au numéro 171.
- 744. Les voûtes en eul-de-four se mesurent comme les précédentes, si ces sortes de voûtes sont tronquées par le haut) comme/z'g. 277, pour l’ouverture d’une lanterne vitrée ou au' tre, ayantd’ahord la surface entière de la voûte comme il vient d’être dit, et ensuite mesurer la circonférence de la base de la partie tronquée, au droit de la ligne horizontale AB) laquelle étant multipliée sur la hauteur G D, donnera un pro* duit qui sera soustrait de la superficie totale.
- 745. Les voûtes en pendentifs (/zg. 278) sont assimilées pour leur mesurage aux voûtes sphériques qui seraient trou-) quées et dont les sections seraient produites par les murs q«* les supportent, et qui ne seraient entières que dans leurs an' gles des diagonales, puisque le plan d’une voûte de cette espèce est inscrit dans un cercle qui lui sert de base et qui est coupée par les faces des murs s car, supposant le plan carré
- p.216 - vue 225/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 21T
- fig. vjg., inscrit dans an cercley les quatre faces des murs A Ê, B D, D C. et C A décrivent autant de segmens de cercles vides dans cette voûte, et il ne reste plus sur chaeune de ces faces qu’un cintre a. b. c. fig 278., et ces segmens doivent être considérés et tiennent, en effet, la place de quatre segmens de sphère si la voûte est plein-cintre, et des segmens de sphéroïde si elle est surhaussée ou surbaissée. Conséquemment, Pour mesurer la surperficie de ces sortes de voûtes , il faut d’abord les considérer comme entières et complètes , et ensuite en déduire les ségmeiis formés par la rencontre des hiurs.
- 746. Ces voûtes se construisent quelquefois sur des plans °xygones ou octogones; elles sont mesurées par le même procédé, mais, au lieu'de déduire alors quatre côtés pour les Actions, il faut en diminuer six à l’oxygone et huit à l'octogone , en un mot autant qu’il y a de côtés et par conséquent de plans formés par la rencontre des murs.
- 747j Tous les exemples qui précèdent sur les anciens Mages comparés avec la vérité, prouvent qu’il convient de Cuber tous les ouvrages en maçonnerie qui en sont susceptibles, pour ce qu’ils sont réellement; et d’évaluer à part l°us les paremens en superficie, en raison de leurs mains-d'œuvre et des déchets qu’ils occasionent.
- § v. Toisé des Puits.
- 748. Pour mesurer les puits ronds, il faut prendre la mesure du diamètre intérieur A B, fig. 280, à laquelle on ajoutera une des épaisseursdes murs B C : ces deux dimensions réunies donnant le diamètre moyen de l’intérieur à l’extérieur, est Multiplié par 3 fois J/7 pour obtenir la circonférence moyenne, Comme si elle était prise au milieu de l’épaisseur du mur i laquelle circonférence étant multipliée par la hauteur totale, depuis le rouet jusqu’au-dessous de la mardelle en Pierre, donne la superficie total que l’on cherche ( 166j.
- 149. On mesure ensuite.la mardelle eu pierre pour ce ÇM’eîie est, en équarrissant les morceaux dans lesquels elle a etè prise ; ainsi, en supposant qu’elle soit en trois morceaux , °u mesure le premier A B C D, fig. 281, sur sa longueur EF, Multipliée par la largeur F G, et le produit étant multiplié Ensuite par l’épaisseur, donne un cube dont on déduit pour Vefomllement et déchet, les trois triangles A I D, B E K et G F L, le surplus pour fourniture et pose : les tailles cir-
- J9
- p.217 - vue 226/329
-
-
-
- 218 MANUEL
- culaires et de dessus sont comptées ensuite pour ce qu’elles ont en effet.
- Les deux Autres morceaux sont équarris de même.
- C’est ainsi que l’on toise tous les autres ouvrages en pierre.
- 750. Si le puits est ovale, il ne s’agit que de réunir les deux diamètres, d’en prendre la moitié de la somme, qui sera multiplié par 3 fois 1/7, et on aura la circonférence (171).
- 8 vi. Toisé des languettes de briques.
- 75Î.Les languettes enbriquesde champ, ayant alors îpouces ou 55m d’épaisseur et celles de plat de 4 pouces ou 1 ie se mesurent à la toise ou au mètre superficiels ; mais lorsqu’elles ont une plus grande épaisseur, elles rentrent dans la classe des murs, et on les considère comme murs en brique, alors on les soumet au métrage cubique, en raison de leur épaisseur, et si les paremens sont en frottis et rejointoyés, on compte cette face à part et en superficie: si ces surfaces sont enduites, on les compte en légers pour ce qu’elles valent (voir 758).
- § vu. Toisé des cloisons et pans de bois.
- 752. Les cloisons en menuiserie et pans de bois en charpente sonthourdés en plâtras provenant de languettes de cheminées ou autres, posées de champ entre les deux lattis à clair-voie cloués aux deux côtés des bois et de ;j° en 4°; ces plâtras sont réunis avec du plâtre au panier, ensuite on enduit des deux côtés en plâtre au sas pour couvrir les poteaux et tournasses des pans de bois; mais dans les cloisons de menuiserie, les montans,tr averses et huisseries de portes étant équarries et refouillées, ces bois restent appareris.
- 753. Les pans de bois se toisent en superficie pour ce qu’ils sont, tous vides de portes et de croisées ou autres déduits ; mais , pour les cloisons, non seulement on déduit les baies , mais aussi la largeur des bois qui restent apparens.
- § vin» Toisé des légers ouvrages en plâtre.
- 754. Dans presque tous les légers ouvrages, on emploie de la latte de cœur de chêne, et du clou pour l’attacher, des plâtras et du plâtre pour les hourder : ce sont les plafonds, îes aires et les cloisons et pans de bois.
- p.218 - vue 227/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 219
- 755. Si un plancher est hourdé plein, on le latte au-dessus 8 clair-voie , seulement pour le plafonner, mais s’il n’est pas hourdé entre les solives, ou si, en remplacement du hourdis, il n’a pas été faitd’augets, il faut qu’il soit latte-jointif. Pour le hourdis on emploie le plâtre au panier, ainsi que l’aire au-dessus qui ne doit avoir que 2. pouces (55 <\) d’épaisseur, tuais, pour les plafonds, on se sert de plâtre passé au tamis.
- 756. Il est bon d’observer qu’il est rare que les planchers Soient hourdés pleins maintenant, parce que ce hourdis surcharge-les planchers ; on se contente de faire des augets cintrés qui maintiennent le roulement des planchers et leur donne toute la consistance nécessaire sans occasioner une charge inutile et dangereuse.
- 757. Les aires se font sur lattis jointifs sans être cloués, avec quelques lattes fixées en travers pour maintenir les premières.
- 758. Tous les planchers, aires , plafonds, etc., se mesurent en superficie, en déduisant les vides ; chacune de ces parties de travail à une valeur relative prise dans celle des légers ouvrages et sont évaluées pour une fraction plus ou ûtoins grande de ces légers, suivant le tableau ci-après.
- Tableau de la valeur des légers ouvrages.
- 759. Les crépis de vieux murs avec hachis des anciens, comptent pour 1/6 de toise, c’est-à-dire que six toises superficielles de ce travail valent une
- toise de légers ouvrages, ci, , . .............. 1 /6
- Les crépis et enduits sur mur neuf en moellons . 1 /4
- Les hachis, crépis et enduits avec renformis . . . j/3
- Les rejointoyemens seuls des vieux murs....... 1/8
- Les.ravalemens extérieurs en plâtre. ...... 1/2
- Les échafauds seuls pour des ouvrages très-élevés. 1/12 Les hourdis et recouvremens des deux côtés d’un
- pan de bois, pour les deux côtés................. 1
- Cloisons légères hourdées et ravalées des deux côtés ............................................ 1
- Recouvrement de bois de charpente , comme poteaux, poutres apparentes, sablières, etc........... 1/2
- Plafonds et lambris sur lattis jointif........ 1
- p.219 - vue 228/329
-
-
-
- 220 MANUEL
- Plafonds avec augets entre les solives ...... i ifi
- Plancher hourdé plein, et. plafonné avec aire au
- dessus , sans lattis.............................. i
- Idem avec lattis, ............................. 1 1/6
- Trémies de cheminées hourdées en plâtre, y
- compris plafond et aire................ i/2
- Aire latté jointif ........................ 1 i/2
- Idem avec entrevoux dessous.................... 2/3
- Scellemens de lambourdes de parquets avec augets..............................................‘ î/3
- Idem avec chaînes en plâtras et plâtre......... i/2
- Languettes de cheminées pigeonnées. ...... 1
- ARTICLE XIL.
- De la Charpente.
- 760. Tous les bois que l’on emploie dans les bâtimens doivent avoir quelques années de coupe, afin qu’ils soient dégagés de l’humidité de la sève, autrement, renfermés de suite dans les plâtres, ils s’échauffent et pourrissent bientôt ; il faut qu’ils soient de droits fols, qu’il n’y ait point de nœuds vicieux qui interrompent leurs filamens; qu’ils ne soient point roulés ; qu’il n’y ait point d’aubier, parce qu’a-lors les vers s’y mettent bientôt et s’introduisent peu à peu jusqu’au cœur; qu’ils soient d’une consistance ferme et serrée ; enfin il faut éviter le bois gras, qui ne vaut jamais rien,
- § I. Des Combles en Charpente.
- 761. On élevait autrefois les combles à une hauteur excessive , ce qui employait une quantité considérable de bois, chargeait les bâtimens d’un poids énorme, et qui, le plus souvent, percés de grandes lucarnes et d’œilsde bœufs con* tournés de mille manières, produisaient le plus mauvais effet. Mansard, qui a, le premier, senti ce qu’avaient de défectueux des combles de cette espèce, a cherché à les corriger, et les a remplacés par ceux qui ont conservé son nom et que l’on appelle combles brisés en mansardes (fig. uüi ). Mais ces derniers étant eux-mêmes d’un mauvais goût, il est plus convenable de couronner le bâtiment par un étage en at-tique, comme on le voit {PI. â), parce que, outre que cet attiquc ajoute à la décoration, l’étage qu’il contient est carré, Ct les combles sont moins considérables.
- p.220 - vue 229/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 221
- 762. L’usage le plus généralement suivi pour les pentes des combles, est de leur donner en hauteur H moitié de leur largeur au plus, et le tiers au moins lorsqu’ils doivent être couverts en tuiles, et du tiers au quart lorsqu’ils doivent être couverts en ardoises ; c’est-à-dire que le comble d’un bâtiraient de 3o p. hors œuvre couvert en tuiles, aura t5 p. de fauteur au plus et i >> au moins, et s’il est couvert en ardoise, d aura i r> p. au plus et 7 p. 6° au moins ; c’est la proportion Tue nous avons adoptée pour notre projet de château (PI. 4), dont le comble a de largeur 3u p. pris sur les plates-formes flu pied des chevrons, et 8 p. de hauteur depuis les semelles haînantes jusqu’au-dessus du faitage.
- 763- On ferait un volume entier de la manière de diversifier les dispositions des combles; on en a parlé plus au Wg dans le Manuel du Charpentier, où l’on a indiqué les grosseurs relatives de chaque pièce en raison de leur longueur et de leur usage ; en général, l’étude de la charpente,
- Ct en particulier celle de la composition des combles sont très-importantes dans la pratique, car si l’on emploie des bois frop forts et en trop grande quantité, dans les planchers, combles ou pans de bois, cet excès cause deux sortes de dommages; savoir, que les murs sont trop chargés, et ensuite que cette charpente est plus dispendieuse ; si, au contraire, on met les bois trop faibles, trop espacés, ou que les assemblages aient fine mauvaise disposition, ces bois fléchissent, et l’ensemble de ces constructions trop légères périt bientôt.
- 764. Dans les systèmes de combles que l’on adopte, il faut combiner les diverses pièces qui composent les fermes, de manière qu’elles ne poussent pas au vide,- parce qu’aiors elles feraient’effort sur les murs, les repousseraient et leur don-? fieraient bientôt un sur-aplomb qui, accélérerait leur chute.
- g n. Des Planchers.
- 765. On faisait autrefois presque tons les planchers en bois de brin ; des poutres énormes scellées d’un mur à l’autre supportaient dans toute leur longueur des travées de solives dont les dernières allaient se sceller dans les murs fine à une (Y. fig. 202). Il résultait de cette disposition, Tue l’on voit au plan fig. 2:53, que les poutrbs étant chargées dans toute leur longueur, devaient être d’une très-grosse proportion relativement à leurs portées, et qu’elles étaient
- j 9-
- p.221 - vue 230/329
-
-
-
- 222 MANUEL
- toujours apparentes au-dessous des plafonds, ce qui était choquant et ne pouvait s’adapter à aucune décoration régulière; de plus, les abouts de solives étant scellés dans les ïnurs, il en résultait que ces murs étaient criblés à tous les étages de tranchées et de trous qui les affaiblissaient; il serait d’ailleurs difficile maintenant de trouver dans les forêts des poutres de 18 à 200 carrés sans aubier, qu’exigerait une portée un peu considérable, parce que tous les bois de cette dimension sont maintenant frappés du marteau de l’Etat, et conservés pour les besoins de la marine ; et comme ce n’est qu’avec des permissions spéciales obtenues très-difficilement que l’on peut enlever quelques morceaux pour des cas extraordinaires, il ne serait pas possible de s’en procurer pour tous les usages des bâtimens particuliers, si les planchers étaient encore faits d’après ce système ; de plus, ils seraient d’un prix énorme, parce que les bois qui dépassent 12 ou i5° d’équarrissage sont beaucoup plus chers. On ne se sert donc maintenant de bois d’un fort équarrissage que pour des poi-treaux et des noyaux d’escalier.
- 766. Dans la fig. a54, qui représente le cabinet a du plan du château ( PI. 3 ), on verra la manière dont on dispose maintenant les planchers; celui-ci se compose de quatre solives d’enchevêtrure a, scellés dans les murs, dans lesquelles sont assemblés six chevêtres b, qui sont chevauchés ainsi qu’on le voit, afin que les solives de remplissage aient à peu près la même longueur, et que les tenons de ces che-vètres ne se trouvent pas en face les uns des autres , parce qu’alors les mortaises faites pour les recevoir, affaibliraient trop les enchevêtrures.
- 767. Ces pièces sont faites en bois de brin de 8 à 90 carrés ; les solives de remplissage c sont en bois de sciage , posées de champ : elles ont dans ce plancher 3o d’épaisseur et 7 à 80 de hauteur, et sont espacées de 120 de milieu en milieu , ce qui laisse 9° de vide entre chacune d’elles.
- 768. Lorsque les chevêtres b s’éloignent du mur, il faut placer le long de ce mur des faux chevêtres d.
- 769. On voit par cette disposition, i° que les solives d’en' chevêtrure qui remplacent les poutres d’autrefois, au lieu d’être chargées dans toutes leur longueur, ce qui exigeait des pièces énormes, supportent tout le fardeau des travées â leurs extrémités seulement; a° que les soliyes de remplissage étant
- p.222 - vue 231/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 225
- posées de champ, acquièrent beaucoup plus de force, ainsi que ftous l’avons démontré, n° 680 et suiv. ; -5° que ces enchevêtrures , ainsi que les travées de remplissage, sont entièrement noyées dans l’épaisseur du plancher ; car, en supposant Jlue ces pièces principales aient 90 de hauteur, si l’on ajoute 'l0 pour l’aire et le carreau, et 1° pour le plafond , on aura *3° d’épaisseur sans aucune saillie au-dessous.
- 770. Les assemblages des chevêtres dans les enchevêtrures ôtant susceptibles d’échapper, on place aux jonctions e des étriers en fer plat (fig. 255) qui embrassent le chevêtre et Viennent se poser à talons coudés sur la face du dessus de l’en-chevêtrure, et s’y fixer au moyen de quatre clous faits exprès pour cet usage.
- 771. Les planchers d’un étage se relient ensuite tous ensemble par des plates-bandes en fer f, portant un petit talon é chaque extrémité. Ces plates-bandes sont encastrées dans tas pièces principales , ainsi que leurs talons, et toujours en faces les unes des autres, afin que ces planchers ne fassent ensemble qu’un corps : ici, par exemple, tous les planchers peuvent se maintenir et se relier par ce moyen, mais aux extrémités extérieures, côté du boudoir et du cabinet de loi-tatte, il faut que ces plates-bandes portent un œil pour recevoir une ancre que l’on incruste dans l’épaisseur des murs latéraux, comme on le voit en g.
- 772. Lorsque les solives ont une trop grande portée, on place entre chacune d’elles des bouts de bois ou étrésillons a ( fig. 256 ), en faisant une petite entaille dans chacune de ces solives vers le milieu , ou, si l’on en veut mettre deux rangs, aux deux tiers ; il faut que ces étrésillons entrent de force ; ils bandent alors les solives les unes avec les autres, et n’en forment plus, pour ainsi dire, qu’un corps,
- 773. On peut aussi lierner toutes ces solives par une lierne oi>[fig. 2,67) que l’on pose en travers par-dessus, en l’entaillant à moitié de l’épaisseur du bois au droit de chaque solive; ensuite on fixe cette lierne au moyen de chevilles en fer ou en bois b, ou d’un boulon en fer c passant au travers de chaque solive ; mais alors il faut observer que les trous qu’on est obligé de faire, endommagent ces solives et les affaiblissent ; les étrésillons dont nous venons de parler valent mieux par eette raison, et parce qu’ils oe dépassent point çoinine les liernes, le dessus des solives.
- p.223 - vue 232/329
-
-
-
- 224 MANUEL
- 774. On doit toujours, autant qu’il est possible, porter les enchevêtrures sur les murs de refend, autrement elles di' minuent la solidité des murs de face.
- § mi. Des Pans de bois.
- 775. Nous avons peu de chose à dire des pans de bois dont on fait usage pour les principales distributions d’un bâtiment et quelquefois aussi eu remplacement des murs de face, dans les localités où la pierre et le moellon sont rares, et aussi pour gagner du terrain, les pans de bois n’ayant que 8 à 9°> et la moindre épaisseur des murs devant être de iSo.
- 776. Il est défendu à Paris d’élever des pans de bois sur les faces des rues, et il n’est dérogé à cette défense que dans des cas extraordinaires.
- 777. Pour que les pans de hois ne poussent pas au vide, et qu’ils se lient avec les autres constructions, on place au droit des planchers, des lirans et des .ancres en fer, qui, étant maintenus sur ces planchers, viennent s’accrocher aux deux extrémités, et toujours d’équerre avec les façades, ce qui est très-essentiel pourquele tirage s’opère d’une manière directe ; on les garnit aussi d’équerres d.n;s les angles , lesquelles équerres a ( fig. ?.58 ) embrassent ie poteau cornier et les deux sablières en retour. A chaque joint de sablière c» place des plates-bandes b , et il faut avoir soin de poser ces fers au fur et à mesure de la construction.
- 778. Les pans de bois montent ordinairement de fond, c’est-à-dire qu’ils commencent au rez-de-chaussée où la sablière basse c est posée sur un rang de parpins en pierre d qui sont eux-mêmes soutenus par une petite fondation en moellons e, ainsi qu’on le voit, mémo fi g. u58.
- 779. Lorsqu’on veut soulager un intervalle de pans de bois, soit parce qu’il y a un vide dessous, soit pour toute autre cause, on place des décharges obliques/-, de manière cependant à ne pas gêner les ouvertures de portes ou de croi-? sées ; alors le pan de bois est supporté sur les deux points d’appui g h, et l’intervalle de g à h est tout-à-fait soulagé. Ce serait aussi le cas de placer ces mêmes décharges si l’on avait à supporter h l’étage supérieur su point i un fardeaq considérable.
- p.224 - vue 233/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. § iv. Des Escaliers.
- 225
- ISO. Le Manuel du Charpentier donne les détails nécessites pour la construction des escaliers en charpente , Auxquels nous ne pourrions appliquer ici que les principes généraux des escaliers en pierre, que nos lecteurs trouveront pages ib6 et suiv.
- ARTICLE XIII.
- De la Couverture.
- § I .De VArdoise.
- 181. H y a plusieurs manières de couvrir les bàlimens ; la Plus en usage dans les grandes villes, et surtout à Paris, est la couverture en ardoise : on n’y emploie que celle d’Angers, dite grande carrée, et quelquefois de la quwrtelette, dont les dimensions sont plus petites : ces ardoises s’attachent avec au moins deux clous, sur de€a volige, et on laisse 4° de pu-reau dans les combles ordinaires ; lorsqu’ils sont plats, on ne laisse que 3° 6 1. et même 3« ; on sait que le pureau est la Partie apparente de l’ardoise.
- 182. 11 vaut mieux employer de la volige étroite pour ces aortes de couvertures, parce que trop large elle se colline à la chaleur, et soulève la couverture : les faîtages, les arêtiers et les noues des couvertures en ardoise se font en plomb ; ce-^ Pendant lorsqu’on veut économiser cette matière, on peut euiployer pour les faîtages, des faîtières en tuile de Bourgogne, ou les faîtières à bourlets, d’invention récente ; on peut aussi faire des franchis aux arêtiers et aux noues inclinées : l°us les filets et solins se font en plâtre, et les égouts, pour Plus de solidité, se font en tuiles de Bourgogne, que l’on Peint en noir à l’huile par-dessous, et sur les épaisseurs aPparentes, pour éviter la disparate choquante que produisit la différence des couleurs.
- § h. De la Tuile.
- 183. La deuxième sorte de couverture se fait en tuile. II y a de la tuile du petit moule et du grand moule : les meilleures sont celles de Bourgogne et de Montereau. On n’ emploie 4ue celles dites' du grand moule à Paris : elles s’accrochent sur de la latte de cœur de chêne, clouée sur les chevrons, do îüanière à laisser aussi 4° de pureau. Les égoûts se forment de
- p.225 - vue 234/329
-
-
-
- 226 MANUEL
- deux, trois, et jusqu’à cinq rangs de tuiles, lorsqu’ils sont basculés, les faîtages se font en tuiles faîtières.
- 784. Dans ces sortes de couvertures les nones se font en mêmes tuiles ou en nouettes ; néanmoins lorsqu’elles sont trop plates, il est nécessaire d’y employer du plomb : leS arêtiers, solins et et filets, se font en plâtre dans le pays où l’on peut s’en procurer, ou en mortier de chaux et sable. Il y a diverses autres sortes de tuiles, telles que les tuiles creuses» qui ressemblent aux faîtières, dont les unes sont posées suri*1 partie convexe, les autres recouvrant chacune les deux bords des deux rangs à droite et à gauche, comme on le voit fig. 249'
- 785. On fait aussi des couvertures en tuiles en S, qn* produisent à peu près le même effet, comme fig. i5o\ mais ces sortes de couverures sont très-pesantes, et par conséquent ne doivent s’employer que quand on n’a pas de tuiles plates»
- § ni. Des Bitumes,
- r 786. On couvre aussi à Parfs depuis quelque temps deS bâtimens et des terrasses en bitume ; mais ces couvertures exigent beaucoup de précautions, cette matière ayant l’in" convénient de se fondre à l’action du soleil ou de se fendre.
- 8 iv. Des Dalles.
- 787. On couvre aussi en dalles de pierre dure et mince» que l’on pose avec une pente de 2 ou 3° par toise, sur une aire en plâtre ou en mortier , et dont on remplit les joints avec du mastic de Dilh ou autre équivalent.
- § v. Plomb et Zinc,
- 788. On emploie aussi différens métaux pour les couver-’ tures : celui que l’on préfère est le plomb, à cause de sa facilité à se dilater et à se resserrer à l’intempérie de l’air, et parce qu’il ne s’oxide presque jamais : on couvre aussi en zinc, ce qui est dangereux en cas d’incendie parce que ce métal se disperse en étincelles lorsqu’il entre en fusion ; enfin on a couvert quelques bâtimens en cuivre.
- * 8 VI. Paille, Chaume, Jonc.
- 789. Dans les campagnes on fait des couvertures en paille» en chaume ou en jonc, ce qui consiste simplement à atta-
- p.226 - vue 235/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 227
- ther avec des liens de même substance la paille ou le jonc Sur les perches placées au travers des chevrons pour le rece-v°ir : les ouvriers qui font ces sortes de couvertures ne font ^dioairement que cela, et suivent les usages du pays.
- ARTICLE XIV.
- De la Menuiserie.
- 190. L’art de la menuiserie est un des plus importans de a construction, et celui qui exige les ouvriers les plus soi-£Qeux f à cause de tous les objets de décorations qui sont c°ftfiés aux menuisiers. Ayant un Manuel spécial pour cette j*r°fession, nous nous dispenserons d’entrer dans les détails J*e tous les objets qu’elle embrasse , et nous donnerons seu-e*ïlent quelques notions générales.
- § I. Des Bois.
- 191. Le chêne et le sapin sont à peu prés les seuls bois î'ie l’on emploie dans la menuiserie ; néanmoins, dans des
- extraordinaires, pour des portes, des armoires,' des J^cubîes qui doivent être polis à la cire, on se sert d’autres *ois indigènes, tels que le hêtre, le tilleul, le noyer, orme, l’érable, etc., ainsi que des bois étrangers, tels que Acajou, les satinés et autres. Les bois de chêne ordinaires Se nomment bois français ; les bois des Vosges dits de Hol-lande leur sont bien supérieurs : quant aux bois de sapin, en vient de presque tous les déparlemens.
- 192. En général, les bois destinés aux ouvrages de menuiserie doivent être choisis ; il faut qu’ils soient doux et pleins , 'sans gerçure, nœuds vicieux ni aubier, afin que, °rsqu’ils sont dressés et corroyés, les arêtes soient franches
- vives, pt que les moulures que l’on y pousse puissent être *aites avec soin et propreté.
- 193. La menuiserie exige un grand nombre d’assembîa-f>es par tenons et mortaises, rainures et languettes, ou autres;, ^ faut que ces assemblages, ainsi que les réunions d’onglets, s°ient faits avec beaucoup de précision pour que l’ouvrage ait 4 perfection requise.
- 194. Les principaux ouvrages de menuiserie sont les portes, les croisées et leurs volets, et les contrevents ; les per-s!ennes et les jalousies ; les combles dits à la Philibert De-
- p.227 - vue 236/329
-
-
-
- 228 MANUEL
- lormé; les lambris et armoires; ies cloisons, les planchera-ges et parquets ; les escaliers, etc.
- g H. Croisées, Volets, Persiennes, Contrevents.
- 795. La dimension des croisées est toujours en raison de la hauteur des,étages : on doit avoir soin seulement de laisser 5 à 6° entre l’arête du plafond d’embrasement, et le dernier membre des corniches intérieures, afin de pouvoif poser la tringle ou la cantonnière des rideaux.
- 796. Dans les grands étages, la hauteur des croisées es! de deux fois et même deux fois et demie leur largeur ; dans les entresols elles sont souvent carrées, ainsi que dans le® attiques, où elles sont quelquefois oblongues, ainsi qu’on Ie voit à la façade, planche l\.
- 797. On donne aux croisées ordinaires de 3 p. 6, à 4 p- de largeur; leurs dormans ont 18 à ai 1., les châssis i5 à 18; dans les palais, et même dans les appartemens d’apparat, elles ont quelquefois fi à 6 p. de largeur. Il faut que les dormans de celles-ci aient de 3o 1. à 3° d’épaisseur, et les châssis de 2t à i'j 1. ; les volets qui sont assemblés à petits cadres, élégis dans les battans, doivent aussi avoir des épaisseurs propor-tionnées à leuf hauteur.
- 798. Les persîennes sont composées d’un bâtis dans lequel viennent s’assembler des lattes inclinées et à quelque distance les unes des autres; quelquefois une portion de eeS lattes est mobile, et particulièrement celles qui se trouvent â la hauteur de l’œil ; alors elles sont montées sur une crémaillère à tourillons, qui les fait mouvoir de manière à les fermer entièrement, puisqu’elles sont disposées à recouvrement les unes sur les autres, et aies ouvrir .entièrement, en les tournant en sens inverse. Ces persiennes se font toujours en bois de chêne élité ; on les place quelquefois dans des dormans qui s’appliquent à l’extérieur des baies des croisées; mais le plus souvent elles sont placées simplement dans des feuillures disposées dans la maçonnerie pour les recevoir.
- 799. Lorsque la croisée est grande et contient un entresol, la persienne ouvrant alors en deux portions sur la hauteur, et ayant une partie dormante au droit de l’épaisseur du plancher, il est indispensable qu’elle soit dans un bâtis dans lequel s’assemble cette partie dormante, ainsi qu’une autre à hauteur d’appui, comme on le fait quelquefois : les battans
- p.228 - vue 237/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 229
- ®t traverses despersiennes doivent avoir au moins i5 1. d’épaisseur si elies sont de petite dimension; de 18 jusqu’à i \ 1. Sl elles sont plus grandes. Les dormans, quand il y en a, Sont de la même épaisseur ; on peut leur donner quelques lignes de plus.
- 800. Lorsqu’on fait des contrevents au rez-de-chaussée à la place des persiennes, comme ces contrevents sont destinés ^ la sûreté intérieure, il faut les faire en bois de chêne de 1>c> 1., emboîtés haut et bas avec clefs dans les joints, ainsi <îne pour les portes d’écuries ou autres extérieures. On remplace souvent l’emboîture du bas par une barre à queue qui se pourrit moins.
- g m. Des Escaliers„
- 801. Quant aux escaliers, nous nous abstiendrons d’en Parler , d’abord par la raison que les escaliers en menuiserie
- sont que très-accessoires dans cette profession, et ne se font que dans des endroits où l’emplacement est très-exigu ;
- second lieu, qu’il faudrait un traité spécial pour en parler esc professa, et enfin parce que le Manuel du Menuisier, •lui yient de paraître, offre sur ce sujet des notions satisfaisantes, ainsi que sur tous les ouvrages accessoires qui dépendent de cette intéressante partie du bâtiment.
- g IV. Des Portes cochères et autres.
- 802. Les principales portes sont les portes cochères. Pour Qu’elles soient solides, on prend les principaux bâtis dans des battans de porte cochère, qui ont 4° d’épaisseur, et dont la largeur est en raison de la grandeur de la porte. Ces bat-fons reçoivent des cadres dans lesquels sont embrevés des Panneaux de » 5 1. d’épaisseur au moins ; souvent le parement de l’intérieur est uni ou arasé ; il faut toujours ménager un guichet dans un des ventaux, et l’architecte doit s’arranger, l°rsde la composition des panneaux, pour que cette ouverture ne coupe point les moulures ni le champ d’une manière désagréable.
- 805. On fait aussi des portes charretières composées de bâtis et d’écharpes recouverts de planches corroyées et rainées Paiement, sans autre moulure qu’une baguette sur la rive des planches.
- 804. Ces sortes de portes doivent avoir au moins 8 p. de
- 20
- p.229 - vue 238/329
-
-
-
- 250 MANUEL
- largeur dans les tableaux; et les feuillures ayant 3o, il en ré' suite qu’elles auront au moins 8 p. 60. Quant à la hauteur, elle n’est point déterminée; mais la proportion la plus agréable est de une fois et demie à deux fois sa largeur. Lorsqu’elles sont élevées, on prend un entresol dans la hauteur de ceS portes, et conséquemment cette partie est dormante : on fait aussi pour l’entrée des jardins des portes à claire-voie, qui peuvent se diversifier à l’infini, selon le caractère qu’on veut leur donner, et le goût de l’architecte.
- 805. Les portes intérieures des appartemens sont ou des portes pleines ou des portes vitrées, et enfin des portes à placard à petits ou à grands cadres; les portes pleines sa placent dans les endroits qui exigent plus de solidité, et danS les lieux qui n’ont besoin d’aucune décoration ; on les fait, soit en chêne emboîté avec clefs dans les joints, soit en sapin emboité haut en bas : aux portes d’écuries ou autres, exposées aux injures de l’air, on remplace l’emboîture du bas par une barre chanfreinée en saillie au parement intérieur et assemblée à queue d’aronde; il faut que ces portes d’écurieS aient 3 p. à 3 p, 6odelarger sur 7 p. de hauteur; ellesdoivent être en chêne de i5 à 18 1. Quant aux portes arasées d’intérieur, qui se placent ordinairement dans les passages ou dé-gagemens, et sur lesquelles le papier des pièces passe souvent ce qui les fait nommer portes perdues, elles ne doivent avoir qne 27 à 3oo de largeur au plus , sur 6. p. 3° de hauteur.
- 806. Quant aux portes vitrées , elles se placent ordinairement aux cabinets d’alcôves, aux entrées de vestibules, aux devantures de boutiques et aux cloisons vitrées : ces portes peuvent être arasées avec un panneau plein par le bas, ou il glace , ou enfin à petits ou à grands cadres.
- 807. Enfin, pour les grands appartemens, comme au plaO du rez-de-chaussée du château {PL 3), on fait des portes à deux ventaux, et toutes de la même dimension, afin qu’elleS soient symétriques entre elles, puisqu’elles sont en face les unes des autres ; pour les palais, ces portes doivent avoir 6 p. de large sur 10 à 11 p. de hauteur; mais il faut alors que les pièces soient très-grandes, car l’architecte doit toujours proportionner les portes, les lambris, les cheminées, et tous les autres accessoires, à la dimension des salles , des salons, des antichambres, des chambres et des cabinets. Dans les maisons ordinaires, comme le château planche 3, ces portes à deux ventaux, doivent avoir 4 p- sur 8 à 9 de hauteur, et on
- p.230 - vue 239/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 231
- peut les couronner d’une frise et d’une corniche en menuiserie ou en maçonnerie. La largeur et l’épaisseur des chambranles doivent être proportionnées à la grandeur des portes ; les embrasemens en menuiserie doivent toujours suivre, quant aux panneaux, les hauteurs de ceux de la porte auxquels ils appartiennent ; les battons et traverses de ces portes ont ordinairement 16 1. d’épaisseur, et lés panneaux *e font en bois de gl. ou en feuillet : quelquefois ces panneaux sont à glace aux deux paremens, et l’on y ajoute des grands cadres rapportés.
- § V. Des Lambris et Armoires.
- 808. Il y a deux sortes de lambris, savoir : les lambris d’appui, qui ne garnissent les murs , les pans de bois et cloisons des pièces, que depuis le sol jusqu’à 2 à 3 pieds de hauteur , en raison de l’élévation du plancher supérieur, lesquels sont couronnés par une cimaise; on les fait unis avec clefs dans les joints et barres derrière, ou à panneaux à glaces b petits ou à grands cadres; alors toute la partie des murs qui reste entre la cimaise de ce lambris et la corniche est tendue en papier sur toile , en étoffe ou autrement.
- 809. Les lambris de hauteur remplacent ces tentures, c’est-à-dire que la menuiserie assemblée à cadres par com-partimens de panneaux et de pilastres, monte depuis la ci-taaise de lambris d’appui jusqu’à la corniche.
- 810. Les bâtis des lambris ont ordinairement 12 à i5 1. d’épaisseur ; les panneaux se font en feuillet de chêne, et le parement de derrière est toujours brut : on a soin, particulièrement dans les endroits humides, de les faire peindre par derrière , soit avec du bitume , soit avec de grosses couleurs à l’huile : souvent, pour plus de précautions, on maroufle les panneaux en grosse toile pour les empêcher de se fendre.
- 811. On doit avoir attention de ne pas poser ces lambris aussitôt après la construction des murs, parce qu’alors ils renferment l’humidité, qui, ne pouvant plus s’échapper, fait fendre, gonfler et éclater tous les panneaux ; c’est par cette raison que l’on n’enduit pas ordinairement les murs qui doivent les recevoir : on se contente de les rejointoyer et de laisser le moellon apparent, ou, si on le recouvre, ce n’est que d’un gros crépis fait avec de la mouchette.
- 812. Lorsqu’on fait des lambris de hauteur, onembrève
- p.231 - vue 240/329
-
-
-
- 232 MANUEL
- les parquets de glace dans des bâtis, afin que tout ne fasse qu’un corps.
- 813. Les armoires font souvent partie des lambris de hauteur; elles servent à cacher la saillie des tuyaux de cheminée; le double parement se fait à glace ou àbouveinent simple; lorsqu’elles sont sous tenture, on les fait en bâtis de sapin d’un pouce, et mêmes panneaux à l’intérieur , mais arasées du côté de la pièce, pour recevoir la toile et le papier : il faut avoir soin, dans l’un et l’autre cas, que ces armoires ouvrent immédiatement au-dessus de la cimaise pour celles en hauteur, et entre cette cimaise et la plinthe, lorsqu’elles sont dans le lambris d’appui.
- g vi. Des Combles en, menuiserie.
- 814. Les combles en menuiserie dits à la Philibert Delorme, parce que cet architecte célèbre les a construits ainsi le premier, sont très-légers, susceptibles d’être exécutés sur un très-grand diamètre ; ils se forment d’un assemblage de fermes serrées et composées de courbes ou hémicycles doubles, ou même triples, en planches de sapin dressées et blanchies en gros pour être appliquées les unes sur les autres. LesditeS fermes sont espacées de 180 à i p. de l’une à l’autre, maintenues à leur place réunies par des liernes aussi en sapin, qui passent dans des mortaises, et qui sont serrées par des chevilles. Le Manuel du Menuisier de notre collection, donne les détails de ces sortes de combles, les seuls dont les menuisiers soient chargés.
- § vu. Des Cloisons.
- 815. Les distributions accessoires des appartemens se composent de poteaux et traverses, et d’huisseries de 3° carrés en chêne, dressés et corroyés avec une feuillure au droit des ouvertures de portes, et une double nervure du côté opposé pour recevoir le bout de la lqjte. Ces cloisons portent des traverses hautes et basses clouées au plafond et assujetties sur le carreau, et des entretoises au milieu ; si l’appartement est un peu élevé, il faut deux rangs d’entretoises; les remplissages se font en sapin de bateau refendu.
- 816. Ces cloisons sont lattées des deux côtés en lattes de cbA.ne de 4° en 4o, et hourdées comme les pans de bois,
- p.232 - vue 241/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 233
- toais en plâtras minces, et recouvertes des deux côtés d’un enduit en plâtre qui affleure les bois.
- 817. Lorsque l’on veut donner beaucoup de légèreté à ®es sortes de cloison, on laisse le milieu vide et on latte chaque côté jointif ; on les nomme alors cloisons creusées, et chaque côté compte pour l’entier de léger.
- 818. Pour former des cabinets d’alcôves ou autres,,on fait aussi des cloisons en bois de sapin blanchi des deux Jjôtés, assemblées à rainures et languettes arrêtées haut et «as dans les coulisses, et barrées d’une barre en chêne dans
- milieu de leur hauteur, lorsqu’elles sont un peu élevées; comme cette barre est tout-à-fait saillante, il faut la chanfreiner et la poser du côté le moins apparent. On peut aussi, pour déguiser une partie de son épaisseur, y faire deux rainures et assembler â languettes les bouts des planches , qui alors seront coupées en deux sur la hauteur.
- 819. On fait aussi des cloisons à plats-joints ou k claire-voie pour les séparations de caves, de magasins, etc. ; °n emploie pour celles-ci du bois de bateau de la dernière Qualité.
- g vin. Des Planchers et Parquets.
- 820. Les planchers en menuiserie se font ordinairement en bois de chêne, surtout au rez-de-chaussée; les plus simples se font de toute la largeur des planches , les joints de rive dressés et posés à plats-joints : le mieux est de les assembler à rainures et à languettes ; mais ces planches, conservées dans toute leur largeur, travaillent, secofflnent Ct se déjettent ; c’est pourquoi on planchéie les appartemens en frises de 4° de largeur, que l’on pose soit à l’anglaise, c’est-à-dire les joints en bois de bout contrarié , soit en épi, ce que l’on appelle point de Hongrie : ce point de Hongrie se fait ordinairement en chêne de ial. et de i5 1. pour les rez-de-chaussées ; on coupe la planche de six pieds en deux sur la longueur, et quelquefois en trois, ce qui augmente le prix de façon.
- 821.. Les parquets sont ordinairement composés de feuilles carrées kcompartjmens , de 3 p. carrés environ , que l’on pose avec des frises au pourtour ; les bâtis de ces feuilles portent des rainures ; et les frises, des languettes pour les assembler. Ces feuilles de parquets doivent être faites en
- p.233 - vue 242/329
-
-
-
- 23 4 MANUEL
- chêne parfaitement sec; les pahneaux et les colifichets M font en merrain ; les bâtis ont iS h 21 1. d’épaisseur, en raison de l’emplacement auquel ils sont destinés, les plus épais devant toujours être placés dans les rez-de-chaussée. On fait aussi d’autres parquets en feuilles, et d’autres dits parquets sans fin, selon des dessins donnés.
- 822. On fait aussi, dans les appartemens de grande importance, des parquets à compartimens et à dessins avec plates-bandes au pourtour, ayant dos étoiles ou rosaces riches au milieu. Ces sortes de parquets se font en bois exotiques et indigènes de toutes espèces, et sont plaqués et collés sur un premier plancher en chêne parfaitement dressé.
- 823. Pour la pose des planchers et des parquets , on dispose quelquefois le dessus des solives exactement de niveau, afin d’éviter l’épaisseur et la dépense des lambourdes; néanmoins , comme ces sortes de planchers sont très-sonores lorsqu’ils sont vides, il faudrait qu’ils fussenthourdés pleins : alors l’éconnomie disparaît, mais on a toujours l’avantage de gagner l’épaisseur de l’aire et celle des lambourdes, qui sont ensemble de 5 à 60 ; on fait donc communément une aire sur les solives ; on pose des lambourdes en chêne de 3° carrés au droit des joints du parquet ; ces lambourdes sont scellées parfaitement de niveau , en plâtras et en plâtre , et elles reçoivent les parquets ou planchers qui y sont cloués, non pas, comme autrefois, d’une manière apparente, avec des broches ou clous sans tête qui ressortaient souvent et qui blessaient le pied, mais seulement dans les languettes et avec des clous d’épingles que l’on repousse avec des chasse-pointes.
- 824. Il est essentiel, lorsqu’on pose des parquets, que les lignes des joints ou les diagonales soient, autant que possible, parallèles aux murs; dans les points de Hongrie surtout, il faut que la pointe ou le milieu du rang soit précisément au milieu des portes principales ; s’il est chevauché, il faut que les retours soient précisément en face du milieu des chambranles des cheminées. Si l’on peut régulariser ainsi les milieux de croisées, ia disposition générale n’en aéra que plus agréable.
- p.234 - vue 243/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 23$
- ARTICLE XV.
- Le la Serrurerie.
- 825. Le fer est, de tous les métaux , celui qui rend le plus de services dans les ouvrages de bàtimens ; non seulement il est indispensable pour en assurer la solidité, mais il Sort aussi à leur décoration,
- 826. Il est bien essentiel de choisir la qualité dé fer Propre à chaque genre d’ouvrage : s’il est destiné, par Exemple, à porter un fardeau considérable, il,doit résister Par sa seule force d’inertie ; il faut donc, dans ce cas, du fer dur et fort ; si, au contraire, il doit résister à des efforts de tirage qui tendent à rompre sa ténacité et sa puissance de cohésion, comme les tirans et les chaînes de murs, il faut alors employer du fer doux.
- 827. Quoique dans le Manuel du Serrurier les différons ouvrages de serrurerie soient détaillés, nous ne pouvons bous dispenser de donner ici quelques notions générales sur l®s qualités et les défauts de ce métal, qui prend différens boms en raison des formes qu’on lui donne sous le martelage ou au laminoir, et en raison de sa dureté et de sa ductilité.
- 828. On appelle fer fort ou dur celui dont la cassure offre un grain gris, assez uniforme et entremêlé de quelques fils tendineux, qu’on appelle nerfs. Cette qualité, qui résiste plus par sa force d’inertie que par sa cohésion, est propre aux ferrures de grosse dimension, telles que pivots de portes cochères, poteaux ou colonnes pour mettre sous las poitraux qui ont de grandes portées, linteaux, bandes de trémies, etc.
- 829. Le fer doux ou nerveux, que l’on appelle aussi fer *nou, est celui qui se casse difficilement, qui est gris, comme le précédent, dans sa cassure, mais qui, en se déchirant , pour ainsi dire, laisse voir toutes les fibres qui le composent. Ce fer doux a une grande puissance de cohésion; c’est aussi celui que l’on doit employer pour des chaînes, tirans, ou plates-bandes qui doivent résister à des efforts de portée ou de poussée.
- 850. On appelle aussi fer cassant à chaud ou rouvrain , un fer paiUenx qui a beaucoup de gerçures et de découpures
- p.235 - vue 244/329
-
-
-
- 256 MANUEL
- à sa surface. Ce fer est pliant et malléable à froid ; mais il se fend ou se rompt quand il dépasse le rouge cerise; lorsqu’au contraire les grains de la mie sont gros et brillans, il y a moins de cohésion entre ses parties : on l’appelle alors fer cassant à froid.
- 831. Les fers qu’on emploie à Paris viennent de Suède, d’Allemagne et d’Espagne ; ces contrées en fournissent de très-bonnes qualités ; il en vient aussi de quelques départe-mens de la France , dont les meilleurs sont tirés des dépar-temens de la Nièvre, de l’Indre et du Cher, et de plus médiocre de l’Orne, de la Sarthe, de l’Eure, de la Cqte-d’Or, de la Haute^Marne, de la Meuse, de la Haute-Saône, ete-
- 832. On donne , dans les fonderies et dans les fenderies, diverses formes au fer, soit par le moyen du martelage, soit par la pression des cylindres et des rondelles. Le plus petit fer refendu ainsi s’appelle fanton ou côte de vache : on appelle, en général, les fers qui ont cédé à l’effort des rondelles, fer refendu; celui qui est passé sous le cylindre est ordinairement très-doux., c’est celui qu’on appelle fer coulé de Berry.
- 833. Le fer prend aussi le nom de fer plat ou fer carré. Le plus petit des fers carrés est le carillon. Ces fers carrés sont propres aux barres de languettes, trémies et manteaux de cheminées, barres et barreaux carrés, ancres des titans, etc.
- 834. Les fers plats sont employés pour étriers, harpons, plates-bandes, tirans, etc.
- 835. On appelle fer battu celui qui, par le.martelage d’un martinet, a été étendu dans tous les sens pour le rendre méplat et lui donner une superficie assez considérable relativement à son épaisseur ; on le passe ensuite au laminoir ; tels sont la tôle et le fer-banc.
- 836. Enfin, au moyen des filières, on réduit le fer en tringles de différens diamètres et en fils plus ou moins fins : on appelle ceux-ci fers ronds. Depuis le plus fort diamètre jusqu’à 12 1., ils sont employés pour barreaux de grilles; on les appelle tringles depuis cette dimension jusqu’à 3 à 4 1-de diamètre; et enfin au-dessous ce sont des fils de fer qui portent çhaçua leur nujpéro en raison de leur grosseur.
- p.236 - vue 245/329
-
-
-
- d’architecture. 237
- 837. On appelle aussi fer estampé un petit fer plat et ar_ge, et on l’appelle bandelette lorsqu’il n’a que 3 1. d’é-Passeur sur 6 à y 1, de large î on fait aussi toutes sortes de Cous qui serrent à presque toutes les professions du bâtiment.
- 838. Il est Sien essentiel d’empêcher le fer que l’on in-* Doduit dans l’intérieur des constructions, et particulière» ment dans la pierre, de se convertir en oxide, c’est-à-dire de se rouiller, parce qu’alors sa solidité et sa ténacité diminue e& raison de l’oxidation qu’il éprouve, et qui finit non seulement par le détruire lui-même, mais qui produit un gonflement qui fait bientôt éclater les objets qui le recèlent, et bouleverser , par conséquent, ce qu’il était destiné à lier ou ^soutenir : c’est pourquoi il faut, dans ce cas , l’enduire de mtnme ou d’un corps gras quelconque, qui le préserve de * °xidation.
- 839. Les fontes de fer, que l’on appelle simplement fon-fas, sont de deux qualités, savoir : la fonte douce, qui est mdinairement grise, parce qu’elle contient une assez grande Quantité de charbon : cette qualité a plus de ténacité que la Seconde, et se laisse assez facilement travailler ; elle peut se Percer à froid et se limer ; la fonte aigre est beaucoup plus dure et presque impossible à travailler : elle ne contient Presque pas de charbon, elle est très-fragile et cassante. On fait, en fer fondu, des plaques et garnitures de cheminées et de poêles, des réchauds et poissonnières pour les cuisines, des tuyaux de descente et chausses d’aisances et de conduites d eau, des bornes, etc.
- 840. Le fer se réduit aussi en acier de différentes natures , et l’acier est d’autant meilleur qu’il s’éloigne davantage des qualités du bon fer; car le meilleur fer est celuiqui contient 'e plus de nerf, et le meilleur acier est au contraire celui 'lui n’en présente aucun dans sa cassure, dont le grain est le plus fin, le plus égal et le plus homogène possible. Il y a fa°is sortes d’acier; savoir : acier naturel, qui s’obtient ® fa forge par les mêmes procédés que l’on emploie pour avoir du fer fort; Yacier de cémentation, qui provient de l’introduction de barres de fer , de la meilleure qualité possible, dans des caisses remplies de poussier de charbon , qu’on expose ensuite à un feu violent long-temps soutenu ; et enfin * acier fondu, qui n’est autre chose que de l’acier naturel ou de l’acier de cémentation coulé or. fondu dans un creuset.
- p.237 - vue 246/329
-
-
-
- 238 MANUEL
- 841. Outre les ouvrages en fonte, les gros fers et Ie* clous nécessaires dans un bâtiment, le serrurier fournit aussi la quincaillerie ou serrurerie proprement dite , qui comprend la généralité des objets que l’on peut faire en fer ou en acier» tant pour la solidité que pour la sûreté et la décoration. Le* articles de quincaillerie sont innombrables î les principaux et les plus en usage sont les serrures de toutes espèces, de toutes grandeurs, depuis 15 1. jusqu’à 8 à 90, à tour et demi» à pêne dormant, à pêne fourchu ou de sûreté , à étoquiauX» à bascule, etc. ; les becs-de-canne, les équerres, les T, le* loquets et loque taux; les verroux à ressorts, à placards, à demi' placards, les gâches de toute espèce, les pivots et bourdon' nières avec leurs crapaudines, les targettes, les charnières, couplets, fiches et broches à boutons, à vases, de brisures, etc-! les pentures et leurs gonds, les espagnolettes avec leurs poignées, supports, pannetons, contre-pannetons ; les son' nettes, leursmouvemens, conduits, ressorts de rappel, etc., dont le Manuel du Serrurier donne de plus grands détails. ,
- 842. Nous avons parlé, dans les principes généraux dû construction, des gros ouvrages en fer nécessaires à retenir les écartemens et les poussées, et à lier ensemble toutes les parties d’un édifice quelconque ; ce que nous aurions à dire ne tient plus à la solidité, mais seulement à la sûreté intérieure et à la décoration. Ces objets, qui sont à l’infini et dépendent presque tous de la quincaillerie , n’entrant pas dans notre sujet, nous renverrons donc nos lecteurs aU Manuel du Serrurier qui vient d’être publié.
- 843. Il en est ainsi de la peinture, de la poêlerie , et enfin de toutes les autres professions accessoires qui tiennent au bâtiment, et auxquelles le même libraire destine des Manuels spéciaux.
- p.238 - vue 247/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 259
- CHAPITRE IV.
- X.0IS, COUTUMES ET OKDOXXANCES CONCERNANT LES BATIMENS.
- Il ne suffit pas aux personnes qui se livrent à l’art de la Construction, de connaître les principes de cet art; il est très-important qu’ils joignent à ces connaissances-pratiques celles des lois et ordonnances qui régissent la matière : autrement ils seraient souvent en contradiction avec ces lois, et ^lors les agens préposés par l’autorité pour veiller à leur exécution, feraient démolir tout ce qui ne serait pas conforme * leurs dispositions.
- Ces lois étant fondées, les unes sur des motifs d’utilité générale, les autres sur les droits réciproques des propriétaires, si l’on veut éviter les désagrémens et les procédures qu’entraîneraient nécessairement des constructions qui froisse-faient les droits des voisins, il faut que l’architecte et l’entrepreneur de bâtimens soient familiers avec les réglemens qui établissent d’une manière positive les obligations de chacun.
- C’est pourquoi nous avons cru utile de présenter ici un Extrait des lois, ordonnances et décisions qu’il est indispensable de connaître lorsque l’pn dirige des constructions.
- § i. Des Alignemens.-
- U n’est guère d’endroits où l’on ne soit assujetti à certains régleroens, lorsqu’on veut construire ou planter sur les rives d’une voie publique , soit rue, soit grand chemin, soit chemin vicinal ; lorsqu’il s’agit de le faire sur les rues ou grands chemins, c’est au préfet du département que l’on doit s’adresser, en lui présentant une pétition à ce sujet ; s’il est Question d’un chemin vicinal-, c’est au maire de la commune.
- Les alignemens sont de deux espèces , savoir : les aligne-btens de séparation entre des propriétés particulières, et les alignemens en rapport avec l’intérêt général.
- On doit, lorsqu’on veut construire, consulter la loi dit 16 septembre 1807, qui prescrit la marche à suivre à
- p.239 - vue 248/329
-
-
-
- uo MANUEL
- cel égard. Lorsqu’un propriétaire fait volontairement démolir sa maison, ou lorsqu’il est forcé de la démolir pouf cause de vétusté, il n’a droit à une indemnité que pour valeur du terrain délaissé, si l’alignement qui lui est donné par les autorités compétentes le force à reculer s® construction. [Art. 5o.)
- Les maisons et bâtimens dont il serait nécessaire de faire démolir et d’enlever une portion pour cause d’utilité publique légalement reconnue, seront acquis en entier, si le propriétaire l’exige, sauf à l’administration publique ou au* communes à revendre les portions des bâtimens ainsi acquises, et qui ne seront pas nécessaires pour l’exécution du pian. La cession par le propriétaire à l’administration publique ou à la commune, et la revente, seront effectuées d’après un décret rendu au conseil d’état, sur le rapport du ministre de l’intérieur, dans les formes prescrites par la loi-{Art. 5i. )
- Dans les villes, les alignemens pour l’ouverture de nouvelles rues, pour i'elargissement des anciennes qui ne font point partie d’une grande route, ou pour tout autre objet d’utilité publique, sont donnés par les maires, conformément au plan dont les projets ont été adressés aux préfets, et transmis avec leur avis au ministre de l’intérieur, et arrêtés au conseil d’état.
- En cas de réclamation de tiers intéressés, il sera de même statué en conseil d’état sur le rapport du ministre de l’intérieur. {Art. àu.)
- Au cas où, par les alignemens arrêtés , un propriétaire pourrait recevoir la faculté de s’avancer sur la voie publique* il sera tenu de payer la valeur du terrain qui lui sera cédé dans la fixation de cette valeur, les experts auront égard à cé que le plus ou le moins de profondeur du terrain cédé, la nature de la propriété, lereculementdu reste du terrain bâti ofl non bâti loin de la nouvelle voie, peut ajouter ou diminuer de valeur relative pour le propriétaire.
- Au cas où lé propriétaire ne voudrait pas acquérir, l’administration publique est autorisée à le déposséder de l’ensemble de sa propriété, on lui payant lq valeur telle qu’elle était avant l’entreprise des travaux ; la cession et la revente seront faites comme il a été dit en l’article 5i ci-dessus. {Art. 55.)
- p.240 - vue 249/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 241
- Lorsqu’il y aura lieu en même temps à payer une indem-fi'té à un propriétaire pour terrains occupés , et à recevoir de lui une plus value pour des avantages acquis à ses propriétés restantes, il y aura compensation jusqu’à concurrence, et le surplus seulement, selon les résultats, sera payé au propriétaire ou acquitté par lui. ( Art. 5q.)
- § h. Garantie ; précautions à prendre pour la solidité.
- Les bâtimens et la solidité de leur construction sont considérés d’une importance telle, qu’il en a été établi une garantie dont sont passibles les constructeurs; et, en effet, celui qui a l’intention de faire bâtir, n’est point obligé d’avoir les connaissances indispensables pour s’apercevoir, pendant le Cours même des travaux, si l’on y emploie les matériaux Convenables, et s’ils sont disposés ainsi qu’il est nécessaire pour en obtenir l’effet désirable; au lieu que celui qui se livre 6 l’entreprise des constructions, doit indispensablement avoir ces connaissances , autrement il peut être taxé de se mêler d’un état auquel il ne connaît rien , ou d’avoir voulu tromper ; car les inconvéniens plus ou moins graves qui peuvent Césulter des malfaçons ou de mauvais matériaux, prennent leur source, ou dans l’ignorance, ou dans l’inattention du Constructeur : or, comme l’effet n’en est pas moins le mémo et aussi préjudiciable aux intérêts de celui qui a placé sa confiance dans ce constructeur, sa responsabilité doit être la toême. Les Romains, non seulement avaient déterminé un Certain laps de temps, pendant lequel on pouvait juger de la solidité ou des défauts des constructions, mais encore les entrepreneurs des constructions, qui avaient employé leur art Çt leur connaissance à tromper le public et les particuliers, étaient exclus de la société civile, et quelquefois même fouettés, rasés et bannis, toutefois après avoir reconstruit à leurs L'ais et dépens les ouvrages défectueux.
- Le laps de temps qui était fixé pour.cette garantie ou responsabilité était de quinze ans pour les édifices publics , et de dix ans pour les bâtimens particuliers, à partir du jour °u la construction était censée complètement achevée.
- En France, le temps fixé pour cette garantie par les articles 1793 et 1270 du Code civil, est de dix ans, sans établir la différence entre les édifices publics et les bâtimens particuliers ; en conséquence, les aicliUectes, entrepreneurs, ma-
- 21
- p.241 - vue 250/329
-
-
-
- 242 MANUEL
- çons, les charpentiers, etc., sont garans pendant dix ans la durée de leur ouvrage ; c’est pour quoi, si dans le cours de# dix années postérieures à la réception dudit ouvrage, il s® trouve des défauts considérables dans la maçonnerie ou la charpenterie, l’entrepreneur dont ils sont le fait est tenu de les réparer à ses frais, et de tenir compte des indemnités aux-' quelles ces défauts peuvent avoir donné lieu ; il ne pourrait même s’exempter de cette garantie, quand il prouverait que Son ouvrage est conforme aux plans et devis , parce qu’avant tout il doit être exécuté selon les règles de l’art et de la solidité; il ne pourrait pas davantage s’autoriser du vice du sol qu’il ne connaissait pas, ni du travail de ses ouvriers, puisque l’article 1792 s’exprime sur le premier cas, et l’article 1797 répond à l’autre objection. Voici comment s’exprime le Code civil à ce sujet :
- Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine, lorsqu’elle est arrivée par suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa construction. (Code civil, art. i386. )
- Si l’édifice construit à prix fait, périt en tout ou en partie par le vice de la construction , même par le vice du sol, les architectes et entrepreneurs en sont responsables pendant dix ans. ( Id. 1792. )
- Le maître peut résilier , par sa seule volonté , le marché à forfait, quoique l’ouvrage soit commencé, en dédommagea ntTcrit repreneur de toutes ses dépenses, de tous ses travaux, et de tous ceux qu’il aura pu gagner dans cette entreprise. [Id. 1794.)
- L’entrepreneur répond du fait des personnesqu’il emploie.
- [Id. 1797.)
- Après dix ans, l’architecte et les entrepreneurs sont déchargés de la garantie des gros ouvrages qu’ils ont faits ou dirigés. ( Id. 2270. )
- On voit, par ce dernier article, que l’entrepreneur ne peut pas se regarder comme libéré de sa garantie , même après la réception qui a été faite de son ouvrage, ni par jugement rendu sur rapport d’experts, avant la prescription de dix ans, parce que le procès-verbal de réception n’a pu porter que sur la présomption, d’après ce qui est visible/ que les conditions établies sont remplies, et que les ouvrages
- p.242 - vue 251/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 245
- sont faits suivant les règles de l’art : or, cette présomption se trouve détruite par la démonstration que procure l’évène-toent ; mais comme c’est du jour de cette réception que date le commencement des dix années, il est important pour l’entrepreneur de faire fixer cette date paf une réception faite, soit de gré à gré, en remettant les clefs au propriétaire qui, Prenant possession de sa chose, en annonce la réception, soit en la faisant constater par experts ou par un acte authentique quelconque.
- Quant aux précautions à prendre Relativement à la solidité, un jugement du maître général des bdtimens, du
- octobre >685 , s’exprime ainsi sur les murs en fondation : Depuis le bon et solide fond jusqu’au rez-de-chaussée des rues ou cours, seront construits avec moellons et libage de bonne qualité, bien èbousinés, les lits et joints piqués et élevés d’arases et liaisons jusqu’au rez-de-chaussée ; lesquels murs en fondation seront maçonnés avec chaux et sable, et d'épaisseur suffisante pour l’élévation qu’il y aura au-dessus, observant d’y mettre des parpins et boutisses le plus qu’il se pourra.
- Il est pareillement ordonné que le mortier soit fait et com-» posé de bon sable graveleux, dans lequel mortier il entrera les deux tiers de sable, et l’autre tiers de chaux éteinte.
- Les murs qui seront élevés au-dessus du rez-de-chaussée, avec moellons et mortier de chaux de sable, seront de pa* veille qualité que ceux des fondations ci-dessus, en y observant les retraites ou empatemens au rez-de-chaussée , ainsi qu’il est d’usage.
- Ainsi le mur de fondation, qui aura deux pieds (65 cent. ) d’épaisseur, portera au rez-de-chaussée un mur de i&° (49 cent.) lequel sera posé au milieu de l’épaisseur du premier, de manière à laisser déborder celui-ci de trois pouces (6 cent.) de chaque côté.
- Il ne sera fait ni construit de gros murs en fondation, façonnés avec plâtre.
- Quant aux murs que l’on construira avec moellons et plâtre au-dessus du rez-de-chaussée, on observera de même de piquer et tailler les moellons par assises et liaisons, ainsi qu’aux murs faits avec moellons et mortier de chaux et sable, vulgairement appelé de limosinerie, dont le plâtre
- p.243 - vue 252/329
-
-
-
- 244 MANUEL
- que l’on emploie à la construction desdits murs sera passé au crible ou panier, Défense d’en user autrement à l’avenir, à peine d’amende contre les ouvriers contrevenans, et de dé" molition de leur ouvrage.
- Et pour plus grande solidité auxdifs murs élevés en plâtre au-dessus du rez-de-chaussée, on pourra placer, au-dessus dudit rez-de-chaussée, une ou deux assises de pierre de bonne qualité, et principalement aux’murs de pignons.
- Par le réglement du ier juillet 1712, il est dit: Ordonnons qu’à l’avenir, dans la construction de tous les bàtimens, ies entrepreneurs, ouvriers et autres qui s’y trouveront employés, seront tenus, à l’égard de la maçonnerie qui se fera sur ies pans de bois, outre la latte qui s’y doit mettre de 4 en 4°, suivant les réglemens, d’y mettre des clous de charrettes, de bateaux et chevilles de fer en quantité, et enfoncés suffisamment pour soutenir les entablemens, plinthes, avant" corps, et autres saillies.
- Pour les murs de face de bàtimens qui se construiront avec moellons et plâtre , ou mortier de chaux et sable, outre les moellons en saillie dans lesdites plinthes et entablemens, ‘aussi suivant les réglemens, ils seront pareillement tenus d’y mettre des fentons de fer aussi en quantité suffisante pour soutenir lesdites pünles et entablemens, avant-corps et autres saillies.
- Et quant aux bàtimens qui se construiront en pierres de taille, les entablemens porteront le parpin du mur, outre la saillie; et au cas que la saillie de l’entablement soit si grande qu’elle puisse emporter la bascule du derrière, ils seront tenus d’y mettre des crampons de fer pour les retenir dans le mur de face au-dessous.
- Le tout à peine, contre chacun des contrevenans, entrepreneurs, abusans et mesurans de l’art de maçonnerie, de demeurer garans et responsables, en leurs propres et privés noms, des dommages et intérêts des parties, sans préjudice de plus grandes peines , s’il y échet, et de rétablir à leurs frais et dépens, et sans répétition contre les propriétaires, les bàtimens où se trouveront lesdites malfaçons.
- U est défendu à tous architectes, entrepreneurs, maçons, charpentiers et autres ouvriers travaillant à la construction des maisons et bàtimens, même aux propriétaires faisant
- p.244 - vue 253/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 245
- travailler à la journée, de faire construire aucun pan de bois *ur rue et autres endroits, sans que les poteaux, fourant ‘esdits pans de bois, ne soient ruelles , tamponnés et espacés plus de g à kj° (25 à 27 cent.) d’entrevoux, et lattés avec lattes de cœur de chêne, de 3o en 3° (8 cent. ). [Réglement du i3 octobre 1724.)
- Défendons à notre grand-voyer de permettre qu’il soit fait aucunes saillies, avances et pans de bois aux bàtimens neufs, ni ouvrages qui puissent conforter, conserver et soutenir telles qui existent aux bàtimens anciens.
- Ni qu’il soit fait aucun encorbellement en avance pour porter aucun mur, pan de bois ou autres choses en saillie, et porter k faux sur lesdites rues ; ainsi faire le tout continuer à plomb depuis le rez-de-chaussée.
- Pareillement avons défendu et défendons de faire préaux ftî aucuns jardins en saillie aux hautes fenêtres, à peine d’amende dé dix livres contre ie contrevenans. (JMit de décembre 1607. )
- .N’est loisible à un voison de mettre ou faire mettre, et loger les poutres et solives de sa maison dans le mur d’entre «on voisin et lui, si ledit mur n’est mitoyen. ( Coût, de Paris, art. 206.)
- Il n’est loisible à un voisin de mettre ou faire mettre, et asseoir les poutres de sa maison dans le mur mitoyen d’entre lui et son voisin, sans y faire faire et mettre jambes parpaignes ou chaînes et corbeaux suffisans de pierres de taille pour porter lesdites poutres, en rétablissant ledit mur ; toutefois, Pour les murs des champs, il suffit y mettre matière suffisante. [Idem, art. 207.)'
- Aucun ne peut percer le mur d’entre lui et son voisin, Pour y mettre et loger les poutres de sa maison, que jusqu’à l’épaisseur de la moitié dudit mur, et au point du milieu, en rétablissant ledit mur; en mettant ou faisant mettre jambes, chaînes et cordeaux comme dessus. [Idem, 208.) Voyez plus loin l’art. 65j du Code civil, qui annulle cette défense.
- On doit, pour certaines constructions, laisser des distances entre les murs, ou établir des contre-murs.
- Voici les règles à suivre k cet égard :
- Celui qui fait creuser un puits ou fosse d’aisance près d’un mur mitoyen ou non ;
- p.245 - vue 254/329
-
-
-
- *246 MANUEL
- Celui qui veut y construire cheminée ou âtre, forge, foi»1 ou fourneau,
- Y adosser une étable,
- Ou établir contre ce mur un magasin de sel ou anw* de matières corrosives,
- Est obligé à laisser la distance prescrite par les réglement ou usages particuliers sur ces objets, ou à faire les ouvrage* prescrits par les mêmes réglemens et usages, pour éviter de nuire au voisin. [Coût., art. 674.)
- Nul ne peut faire fossés à eau ou cloaque, s’il n’y a sis pieds (2 mèt.) de distance en tous sens des murs appartenant au voisin , ou mitoyens. {Coût, de Paris, art. 217.)
- Qui fait étable contre un murmitoyen doit faire un contre' mur de 80 (21 cent.) d’épaisseur, de hauteur jusqu’au rer de-mangeoire. [Id., art. 188.)
- Qui veut faire cheminées et âtres contre le mur mitoyen doit faire contre-mur de tuilots ou autre chose suffisante de demi-pied (16 cent.) d’épaisseur. (Id., >89.)
- Observation. Maintenant les plaques de fonte dont on fait usage dispensent de la construction de ces contre-murs.
- Qui veut faire forge, four ou fourneau contre le mur mi-toyen, doit laisser demi-pied ( 16 cent. ) de vide et intervalle entre deux, du mur du four ou forge , et doit être ledit mur d’un pied (32 cent.) d’épaisseur. C’est ce qu’on appelle le tour du chat. (Id., 190.)
- Qui veut faire aisances de privés ou puits contre un mur mitoyen, doit faire un contre-mur d’un pied (3a cent.) d’épaisseur, et où il y-a de chacun côté puits, ou bien puits d’un côté et aisance de l’autre, suffit qu’il y ait quatre pieds (1 m. 3o c. ) de maçonnerie d’épaisseur entre deux, comprenant les épaisseurs des murs d’une part et d’autre , mais entre deux puits, suffisent trois pieds (environ un mètre) pour le moins. (Coût, de Paris, art. 191.)
- Celui qui a place, jardin ou autre lieu vide, qui joint immédiatement au mur d’autrui ou mur mitoyen, et y vent labourer et fumer, il est tenu de faire contre-mur de demi' pied ( 16 cent.) d’épaisseur; et s’il y a terres jetasses, il est tenu de faire contre-mur d’un pied (32 cent.) d’épaisseur-(Id., art. 192.)
- Tout propriétaire doit établir de? toit? de manière que les
- p.246 - vue 255/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 247
- eaux pluviales s’écoulent sur son terrain ou sur ]a voie publique ; il ne peut les faire verser sur le fond de son voisin.
- ( Code civil, art. 681. )
- h’Edit du mois de décembre 1607 fait défense à toutes personnes de faire creuser aucune cave sous les rues ; néanmoins un arrêt du conseil d’état, du 3 août ib85, permet aux propriétaires, dont une partie des maisons aurait été prise pour former ou élargir les rues, de conserver la jouissance des caves, qui, par l’elfet du rétrécissement des maisons, se trouveraient sur la voie publique, si d’ailleurs il était reconnu qu’elles fussent voûtées avec solidité.
- Nul ne peut, sans autorisation, élever aucune habitation ni creuser un puits, à moins de cent mètres des nouveaux cimetières transférés hors des communes, en vertu des lois et réglemens.
- Les bâlimens existans ne peuvent également être restaurés ûi augmentés sans autorisation.
- Les puits peuvent, après visite contradictoire d’experts , être comblés , en vertu d’ordonnance du préfet du département, sur la demande de la police légale. [Décret du 7 mars 1808.
- § iii. Précautions particulières pour prévenir les incendies,
- h’Ordonnance du lieutenant de police de Paris , du 26 janvier 1872, ordonne i° qu’à l’avenir, tant aux bà-mens neufs qu’en tous rétabiissemens de maisons, il sera fait des enchevêtrures au-dessous de tous àtres et foyers de cheminées, de quelque grandeur que puissent être iesdites cheminées et maisons où elles seront faites.
- 20 Que, pour lesdits àtres.et foyers, il sera laissé 4 pieds d’ouverture au moins ( 1 mètre 3o cent. ) et 3 pieds de profondeur (98 cent.), depuis le mur jusqu’au chevêtre, qui portera-les solives.
- 3o Qu’il y aura 60 ( 16 cent. ) de recouvrement de plâtre de toutes parts, tant auxdits chevêtres qu’aux solives d’enchevêtrure, et.que, pour soutenir et porter ledit recouvrement, les chevêtres et solives d’enchevêtrure seront garnis Suffisamment de chevilles de fer, de 6 à 70 ( tü à 19 cent.)
- p.247 - vue 256/329
-
-
-
- 248 MANUEL
- de longueur, et de clous de bateaux ; en sorte qu’àprès le recouvrement il puisse rester pour les tuyaux des cheminées ai moins 3 pieds ( 98 cent. ) d’ouverture dans œuvre , et 9 à (24^37 cent.) de largeur aux tuyaux, aussi dans œuvre-
- 40 Seront faites pareilles enclievôtures dans tous les étages à l’endroit des tuyaux de cheminées, de 4 pieds ( 1 mètre 3o cent. ) d’ouverture, à la réserve néanmoins de la profondeur , qui ne sera que de 16° ( 4° cent.) seulement, depuis le mur jusqu’au chevêtre, et lequel chevètre sera recouvert de plâtre de 5 à 60 ( i3 à 16 cent. ), en sorte qu’il se trouV® 9 à 1 oo ( 2't à 27 cent. ) de la largeur dudit tuyau.
- 5° Que les languettes des cheminées qui seront faites de plâtre auront 2 ). (7 cent.) d’épaisseur au moins, eu
- toute leur élévation.
- 60 Qu’en tous bâtimens neufs seront laissés des moellons sortant du mur pour faire liaison de jambages des cheminées, et où ils ne pourraient être laissés, seront employés des clous de fer hachés à chaud, de longueur au moins de 90 (24 cent.), et ne seront pour ce employés, tant auxdils bâtimens neufs qu’aux rétablissemens, aucunes chevilles ou feutons en bois.
- Seront tenus , tous maçons ou charpentiers de cette ville, d’observer la présente ordonnance, à peine de 800 liv. d’amende, et d’être responsables de toutes les pertes et dommages qui en pourraient arriver, même de tous les frais de rétablis-mens nécessaires, en cas de contravention.
- Comme aussi seront tous les propriétaires de cette ville, faisant travailler à la journée, tenus d’observer pareillement ladite ordonnance, et ce, sous les mêmes peines, et de prison à l’égard des compagnons et ouvriers qui auront été par eux employés.
- Enjoignons en outre très-expressément â tons propriétaires ou locataires des maisons, de faire tenir nettes les cheminées des lieux qu’ils habitent, à peine de 100 liv. d’amende contre ceux qui se trouveront habiter les maisons ou chambres dans les cheminées desquelles le feu aura pris, faute d’avoir été nettoyées, encore qu’aucun autre accident ne s’en fût suivi.
- Ordonnance de police du 16 février iy35. Art. 1. Très expresses inhibitions et défenses sont faites, conformément à d’autres erdonpances des 26 japyier J.672 et 11 avril 1698,
- p.248 - vue 257/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 249"
- atous maçons, charpentiers, compagnons et fnancêuyres, de ^ire aucuns manteaux et tuyaux de cheminées, adossés con-}re des cloisons de maçonnerie et charpenterie, de poser des ahes de cheminées sur les solives des planchers, et de placer des bois dans les tuyaux, lesquels ils construiront de manière ?1e les enchevêtrures et solives soient à la distance de 3 p.
- gros murs, en sorte que les passages desdites cheminées a>ent environ 1 r> ou 120 de largeur et 3 pieds de long, et ce, Non compris la charge de plâtre, tant sur les solives, chevê-!i'es et autres bois, qui sera de 6°, en sorte qu’il n’en puisse Priver aucun incendie, le tout à peine de too fr. d’amende , de tous dépens, dommages et intérêts. Pourront, les comptons et journaliers, être emprisonnés en cas de contravention.
- Art. 2. Les propriétaires sont tenus d’empêcher les con-*r9Ventions à l’article ci-dessus , à peine de pareille amende.
- Art. 20. Ordonnons que tous maçons, charpentiers, couleurs, plombiers et autres ouvriers artisans, seront tenus, Ma réquisition des officiers de police, de se transporter à instant sur les lieux où sera l’incendie, avec les ustensiles Nécessaires pour éteindre le feu, à peine de 5oo francs d’amende contre chacun.
- Art. 21. Disons que l’ordpnnance du 25 février 1716 sera Reculée, et qu’en conséquence l’inspecteur des pompes sera tehu de faire poser régulièrement aux coins des rues, des fiches de six mois en six mois , indicatives des lieux où les Pompes sont déposées, des noms et demeures des gardiens édites pompes.
- D’après une ordonnance du bureau des finances de Paris, du 18 août 1667 , les propriétaires sont tenus, sous Peine de i5o liv. d’amende, de faire couvrir les pans de bois
- leurs bâtimens de lattes , de clous et de plâtre , tant en ^edans qu’en dehors , en telle manière qu’ils soient en état •te résister au feu.
- § iv. Sur l’Etablissement des Manufactures, dites insalubres.
- Décret du i5 octobre 1810. Art. x. A compter de la Publication du présent décret, les manufactures et ateliers qui répandent une odeur insalubre ou incommode, ne pour-
- p.249 - vue 258/329
-
-
-
- 250 MANUEL
- ront être formés sans une permission de l’autorité ad mini*' trative : ces établissemens seront divisés en trois classes.
- La première classe comprendra ceux qui doivent être cio1' gnés des habitations particulières.
- La seconde, les manufactures et ateliers dont l'éloigne' ment des habitations n’est pas rigoureusement nécessaire) mais dont il importe néanmoins de ne permettre la forma' tion qu’après avoir acquis la certitude que les opération* qu’on y pratique sont exécutées de manière à ne pas incona' moder les propriétaires du voisinage, ni à leur causer de* dommages.
- Dans la troisième classe, seront placés les établissement qui peuvent rester sans inconvénient auprès des habitations) mais qui doivent être sous la surveillance de la police.
- Art. 2. La permission nécessaire pour la formation de* manufactures et ateliers, compris dans la première classe» sera accordée avec les formalités ci-après, par un décret Tendu en notre Conseil d’Etat ;
- Celle qu’exigera la mise en activité des établissemens coi»' pris dans la seconde classe, le sera par les préfets, sur l’avis des sous-préfets.
- Les permissions pour l’exploitation des établissemens placés dans la dernière classe, seront délivrées par les sous-préfets , qui prendront préalablement l’avis des maires.
- Art. 3. La permission pour les manufactures et fabriques de première classe ne sera accordée qu’avec les formalités suivantes :
- La demande en autorisation sera présentée au préfet, et affichée par son ordre dans toutes les communes, à cinq hi" lomètres de rayon.
- Tout particulier sera admis à présenter ses moyens d’opposition.
- Les maires des communes auront la même faculté.
- Art. 4. S’il y a des oppositions, le Conseil de préfecture donnera son avis, sauf la décision du Conseil d’Etat.
- Art. 5. S’il n’y a pas d’opposition, la permission sera accordée , s’il y a lieu, sur l’avis du préfet et le rapport de notre ministre de l’intérieur.
- Art. 6. S’il s’agit de fabrique de soude, ou si la fabrique doit être établie dans la ligne des douanes, notre directeur général de douanes sera consulté,
- p.250 - vue 259/329
-
-
-
- Art.
- D’ARCHITECTURE. 251
- L’autorisation de former des manufactures et ate-
- i....7
- liers compris dans la seconde classe, ne sera accordée qu’après Ile les formalités suivantes auront été remplies.
- L’entrepreneur adressera d’abord sa demande au sous-Pféfet de son arrondissement, qui la transmettra au maire ta la commune dans laquelle on projette de former I’éta-pissement, en le chargeant de procéder à des informations ta commodo et inèommodo. Ces informations terminées, le Sous-préfet prendra sur le tout un arrêté qu’il transmettra an l^èfet. Celui-ci statuera, sauf le recours à notre Conseil d’Etafe Par toutes les parties intéressées.
- S’il y a opposition, il y sera statué par le Conseil de préfec-1 tare, sauf le recours au Conseil d’Etat.
- Art. 8. Les manufactures et ateliers ou établîssemens portas dans la troisième classe ne pourront se former que sur la Permission du préfet de police à Paris, et sur celle du maire tans les autres villes.
- S’il s’élève des réclamations'contre la décision prise par le Préfet de police ou les maires, Sur une demande en formatai! de manufacture ou d’atelier compris dans la troisième 'tasse, elles seront jugées au Conseil de préfecture.
- Art. g. L’autorité locale indiquera le lieu où les manufactures et ateliers compris dans la première classe pourront Rétablir, et exprimera sa distance des habitations particu-taeres. Tout individu qui ferait des constructions dans le voilage de ces manufactures et ateliers après que la formation aura été permise, ne sera plus admis à en solliciter l’éloi— taement.
- Art. to, La division en trois classes des établissemens quî répandent une odeur insalubre ou incommode, aura lieu cÇnformément au tableau annexé au présent décret. Elle servira de règle toutes les fois qu’il sera question de prononcer sUr des demandes en formation de ces établissemens.
- Art. 11. Les dispositions du présent décret n’auront point d’effet rétroactif : en conséquence, tous établissemens qui s°nt aujourd’hui en activité , continueront à être exploités librement, sauf les dommages dont pourront être passibles tas entrepreneurs de ceux qui préjudicient aux propriétés de taiirs voisins -, les dommages seront arbrités par les tribunaux.
- p.251 - vue 260/329
-
-
-
- 252 MANUEL
- Art. 12, Tontefois, en cas de graves inconvéniens po»* la salubrité publique, la culture ou l’intérêt général, les fa' briques et ateliers de première classe qui les causent, pouf ront être supprimés, en vertu d’un décret rendu en notr* Conseil d’Etat, après avoir entendu la police locale, pris l’avis des préfets, et reçu la défense des manufacturiers o*1 fabricans.
- ArtT i5. Les établissemens maintenus par l’art. il cessfl' ront de jouir de cet avantage dès qu’ils seront transféré8 dans un autre emplacement, ou qu’il y aura une interruptiu” de six mois dans leurs travaux. Dans l’un et l’autre cas, entreront dans la (catégorie des établissemens à former, ils ne pourront être rem s en activité qu’après avoir obtenu» s’il y a lieu , une nouvelle permission.
- NOMENCLATURE DES MANUFACTURES , ÉTABLISSEMENS ET kt%" LIEES RÉPANDANT Uî% ODEUR INSALUBRE OU INCOMMODE» DONT LA FORMATION NE POURRA AVOIR LIEU SANS UNE PER' MISSION DE L’AUTORITÉ ADMINISTRATIVE.
- Etablissemens et Ateliers qui ne pourront plus être formés dans le voisinage des habitations particulières, et poUf la création desquels il sera nécessaire de se pourvoir & l’autorisation du Ministre de l’Intérieur.
- Àmidonniers.
- Artificiers.
- Bleu de Prusse. Boyaudiers.
- Charbon de terre épuré. Charbon de bois épuré. Chiffonniers.
- Colle-forte.
- Cordes à insirumens. Cretonniers.
- Equarissage.
- Eau-forte, acide sulfurique, etc»
- Suif brun.
- Ménageries.
- Minium, •
- Fçurs à piètre.
- Fours à chaux.
- Porcheries.
- Poudrette.
- Rouissage du chanvre.
- Sel ammoniac.
- Soude artificielle.
- Taffetas et toiles vernis. Tueries.
- Tourbe carbonisée.
- Triperies.
- Echaudoirs.
- Cuirs vernis.
- Cartonniers.
- Fabriques de vernis.
- Fabriques d’huile de pieds oU de cornes de bœuf.
- p.252 - vue 261/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 2§5
- Ütablissemens et Ateliers dont' l’éloignement des habitations n’est pas rigoureusement nécessaire, mais dont il importe néanmoins de ne permettre la formation qu’après avoir acquis la certitude que les opérations qu’on y pratique sont exécutées de manière à ne pas incommoder les propriétaires du voisinage, ni à leur causer dés dommages. Pour former ces établissement, l’autorisation du préfet sera nécessaire.
- dlanc de céruse.
- Chandeliers.
- Corroyeurs.
- Couverturiers. dépôts de cuirs verts, distilleries d’eau-de-vîe. ï'onderie de métaux.
- Affinage des métaux au fourneau à manche.
- Suif en branche.
- ^oir d’ivoire.
- ^oir de fumée.
- Plomberies.
- Plomb de cbasse.
- Salles de dissection.
- Fabriques de tabac.
- Taffetas cirés.
- Vacheries.
- Teinturiers.
- Hongroyeurs.
- Mégissiers.
- Pompes à feu.
- Blanchiment de toiles paf l’acide muriatique oxygéné. Filatures de soie.
- Etablissémcns et Ateliers qui peuvent rester sans inconvé-niens auprès des habitations particulières , et pour la formation desquels il sera nécessaire de se munir d’une permission du sous-préfet.
- Aîum. Cornes transparentes,
- douions. Caractères d'imprimerie,
- d.asseries. Doreurs sur métaux.
- Ciriers. Papiers peints.
- Co des de parchemin etd’aroi- Savonnerie, etc. don. Vitriol.
- Ordonnance du Roi, du 14 janvier 1815.
- Art. 1. A compter de ce jour, la nomenclature jointe à la présente ordonnance servira seule'de règle pour la formation des étabiissemens répandant une odeur insalubre ou incommode.
- Art. 2. Le procès-verbal de formation de commode tet in-
- 22
- p.253 - vue 262/329
-
-
-
- 254 MANUEL
- commodo , exigé par l’art. 7 du décret du i5 octobre xB10, pour la formation des établissemens compris dans la seconde classe de la nomenclature, sera pareillement exigible, en outre de l'affiche de demande, pour la formation de ceux compris dans la première classe.
- Il n’est rien innové aux autres dispositions de ce décret.
- Art. 3. Les permissions nécessaires pour la formation des établissemens compris dansla troisième classe seront délivrées dans les départemens, conformément aux art. 2 et H du décret du i5 octobre jBio, par les^sous-prèfets, après avoir pris préalablement l’avis des maires et de la police locale.
- Art. /{• Les attributions données aux préfets et aux souS-préfets, par le décret du 10 octobre 1810 , relativement à la formation des établissemens répandant une odeur insalubre ou incommode, seront exercées par notre directeur général de la police dans toute l’étendue du département de la Seine, et dans les communes de Saint-Cloud, de Meudon et de Sèvres, du département de Seine-et-Oise.
- Art. 5. Les préfets sont autorisés à faire suspendre la formation ou l’exercice des établissemens nouveaux qui n’ayant pu être compris dans la nomenclature précitée , seraient cependant de nature à y être placés. Us pourront accorder l’autorisation d’établissement pour toufe ceux qu’ils jugeront devoir appartenir aux deux dernières classes de la nomenclature, en remplissant les formalités prescrites par le décret du i5 octobre 1810, sauf, dans les deux cas, à en rendre compte à notre directeur général des manufactures et du commerce.
- PREMIÈRE CLASSE.
- Établissemens et Ateliers qui ne pourront plus être formés dans le voisinage des habitations particulières, et pour la création desquels il sera nécessaire de se pourvoir d’une autorisation de Sa Majesté, accordée en Conseil d’Êlat.
- Acide nitrique ( eau-forte ) ( fabrication de 1’ ),
- Acide pyroîigneux (fabrique d’), lorsque les gaz se répandent dans l’air sans être brûlés.
- Acide sulfurique (fabrique de F), affinage de métaux au fourneau à coupelle ou au fourneau à réverbère.
- p.254 - vue 263/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE.
- 255
- Amidonniers.
- Artificiers.
- Bleu de Prusse (fabrique de), lorsqu’on n’y brûlera pas *a fumée et le gaz bydrogèue sulfuré.
- Boyaudiers.
- Cendres gravelées (fabrique de) , lorsqu’on laisse répandre la fumée en dehors.
- Cendres d’orfèvres (traitement des) par le plomb. Chanvre (rouissage du) en grand par son séjour dans l’eau. Charbon de terre (épurage du) à vases ouverts.
- Chaux (fours à) permanens.
- Colle forte (fabrique de).
- Cordes à instrumens ( fabrique de ).
- Cretonniers.
- Cuirs vernis (fabrique de ).
- Equarrissages.
- Echaudoirs.
- Encre d’imprimerie (fabrique d’).
- Fourneaux ( hauts ).
- Les établissemens de ce genre ne seront autorisés qu’au-lânt que les entrepreneurs auront rempli les formalités pres~ critespar la loi du ai avril 1810.
- Glaces (fabriquesde).
- Goudron (fabrique de ).
- Huile de pied de bœuf (fabrique d’).
- Huile de poisson ( fabrique d’).
- Huile de térébenthine et huile d)aspic ( distillerie en grand d’)
- Huile rousse (fabrique d’).
- Litharge (fabrication de la),
- Massicot ( fabrique de ).
- Ménageries.
- Minium (fabrication du).
- Noir d’ivoire et noir d’os ( fabrique de ), lorsqu’on n’y brûle pas la fumée.
- Orseille ( fabrication de F ).
- Plâtre (foursà) permanens.
- Pompes à feu ne brûlant pas la fumée.
- Porcheries.
- Poudrettes.
- Rouge de Prusse ( fabrique de ) & vases ouverts.
- Sel ammoniac ou muriate d’ammoniac (fabrication de) par le moyen de la distillation des matières animales.
- p.255 - vue 264/329
-
-
-
- 256 MANUEL
- Soufre ( distillation dn ).
- Suif brun ( fabrication du ).
- Suif eu branche ( fonderie du.) à feu nu.
- Suif d’os (fabrication du).
- Sulfate d’ammoDiaa (fabrication du) par le moyen de 1® distillation des matières animales.
- Sulfate de cuivre ( fabrication du ) au moyen du soufre et du grillage.
- Sulfate de soude ( fabrication du ) à vases ouverts..
- Sulfures métalliques (grillage des) en plein air.
- Tabac ( combustion des côtes du ) en plein air.
- Taffetas cirés ( fabrique de ).
- Taffetas et toiles vernis (fabrication des).
- Tourbe ( carbonisation de la) à vases ouverts.
- Tripiers.
- Tuileries dans les villes dont la population excède dis mille âmes.
- Vernis (fabrique de).
- Verre, cristaux et émaux (fabrique de).
- Indépendamment des formalités prescrites par le décret du io octobre 1810, la formation des fabriques dece genre ne pourra avoir lieu qu’après que les agens forestiers eu résidence sur les lieux auront donné leur avis sur la question de savoir si la reproduction des bois dans le canton, et les besoins des communes environnantes, permettent d’accorder la permission.
- DEUXIÈME CLASSE.
- Etallissemens et Ateliers dont l’éloignement des habitations n’est pas rigoureusement nécessaire , mais dont il importe néanmoins de ne permettre la formation qu’après avoir acquis la certitude que les opérations qu’on y pratique seront exécutées de manière à ne pas incommoder les proprié•> taire s du voisinage, ni à leur causer des dommages.
- Pour former ces établissemens, l’autorisation du préfet sera nécessaire, sauf, en cas de difficulté, ou en cas d’opposition de la part des voisins, le recours à notre Conseil d’Etat.
- Acier ( fabrique d’).
- Acide muriatique (fabrique de 1’ ) à vases clos.
- p.256 - vue 265/329
-
-
-
- 257
- D’ARCHITECTURE.
- Acide muriatique oxygéné (fabrication de 1’).
- Acide pyroligneux (fabrique d’) lorsque les gaz sont brûlés.
- Ateliers à enfumer les lards.
- blanc de plomb ou de céruse (fabrication de). .
- Bleu de Prusse ( fabrique de ) lorsqu’elles brûlent leur fumée et le gaz hydrogène sulfuré, etc.
- Cartonniers.
- Cendres d’orfèvres (traitement des) par le mercure et la distillation des amalgames.
- Cendres gravelées (fabrication des) lorsqu’on brûle la fumée.
- Chamoiseurs.
- Chandeliers.
- Chapeaux (fabriques de).
- Charbon de bois fait à vases clos.
- Charbon de terre épuré, lorsqu’on travaille à vases clos. Châtaignes (dessication et conservation des). Chiffonniers.
- Cire à cacheter (fabrique de).
- Corroyeurs.
- Couverturiers.
- Cuirs verts (dépôts de).
- Cuivre (fonte et laminage de)
- Eau-de-vie (distillerie d’),
- •Faïence (fabrique de).
- Fondeurs en grand , au fourneau à réverbère.
- Calons et tissus d’or et d’argent (brûleries en grand des). Genièvre (distilleriesde).
- Goudron (fabriques de) à vases clos.
- Hareng (saurage du). .
- Hongroyeurs.
- Huiles (épuration des) au moyen de l’acide sulfurique. Indigoteries.
- Liqueurs (fabrication des).
- Maroquiniers.
- Mégissiers.
- Noir de fumée (fabrication du).
- Noir d’ivoire et noir d’os (fabrication des) lorsqu’on brûle la fumée.
- Or et argent ( affinage de 1’ ) au moyen du départ et du fourneau à vent.
- Os (blanchiment des) pour les éventaillistes et bou-tonniers.
- 22,
- p.257 - vue 266/329
-
-
-
- MANUEL
- 25S
- Papiers (fabriques de).
- Parcheminiers.
- Pipes à fumer (fabrication des).
- Plomb (fonte de) et laminage de ce métal. Poêliers-fournalistes.
- Porcelaine (fabrication de la).
- Potiers de terre.
- Rouge de Prusse (fabriques de) à vases clos.
- Salaisons (dépôts de).
- Sel ou muriate d’étain (fabrication du).
- Sucre (raffineries de).
- Suif (fonderies de) au bain-marie ou à la vapeur.
- Sulfate de soude (fabrication du) à vases clos.
- Sulfate de fer et de zinc (fabrication de ) lorsqu’on forme ces sels de toutes pièces avec l’acide sulfurique et les substances métalliques,
- ' Sulfures métalliques (grillages des) dans les appareils propres à retirer le soufre ou utiliser l’açide sulfureux qui se dégage.
- Tabacs (fabriques de).
- Tabatières en carton (fabrication des).
- Tanneries.
- Toiles (blanchiment des) par l’acide muriatique oxygéné. Tourbe (carbonisation de la) à vases clos.
- Tuiles et briqueteries. *
- TROISIÈME CLASSE.
- Elallissemens et Ateliers qui peuvent rester sans inconvénient auprès des habitations particulières, et pour la formation desquels il sera néanmoins nécessaire de se munir d’une permission, auoc termes des art. 2 et 8 du décret du i5 octobre 181 h et de l’art. 0 de la.présente ordonnance-
- Acétate de plomb (sel de saturne) (fabrication de 1’). Batteurs d’or et d’argent.
- Blanc d’Espagne (fabriques de) .
- Bois doré (brûleries de).
- Boutons métalliques (fabrication des).
- Borax (raffinage du).
- Brasseries.
- Briqueteries ne faisant qu’une seule fournée en plein air ?
- comme on le fait en Flandre,
- p.258 - vue 267/329
-
-
-
- 259
- D’ARCHITECTURE.
- Camphre (préparation et raffinage du).
- Caractères d’imprimerie (fonderies de).
- Cendres (laveurs de).
- Cendres bleues ou autres précipités de cuivre ( fabrication des).
- Chaux (fours à) ne travaillant pas plus d’un mois par année.
- Ciriers.
- Colles de parchemin et d’amidon (fabriques de).
- Corne (travail de la) pour la réduire en feuilles.
- Cristaux de soude (fabrique de), sous-carbonate de S(>ude cristallisée.
- Doreurs sur métaux.
- Eau seconde (fabrication de T) des peintres enbàtimens, S’calis caustiques et dissolutions.
- Encre à écrire (fabriques d’).
- Essayeurs.
- Fer-blanc (fabriques de).
- Feuilles d’étain (fabrication des).
- Fondeurs au creuset.
- Fromages (dépôts de).
- Glaces (étamage des).
- Laques (fabrication des).
- Moulins à l’huile.
- Ocre jaune (calcination de T) pour la convertir en oere rouge.
- Papiers peints et papiers marbrés (fabriques de).
- Plâtre (fours à ) ne travaillant pas plus d’un mois par année.
- Plombiers et fôntainiers.
- Plomb de chasse (fabrication du).
- Pompes à feu, brûlant leur fumée,
- Potasse (fabriques de).
- Potiers d’étain.
- Sabots (ateliers à enfumer les).
- Salpêtre (fabrication et affinage du) .
- Savonneries.
- Sel de soude sec ( fabrication du ), sous-carbonate de soude sec.
- Sel (raffinerie de).
- Soude (fabrication de la) ou décomposition de sulfate de soude.
- Sulfate de cuivre (fabrication du) an ©oyen l’acid®
- p.259 - vue 268/329
-
-
-
- 200 MANUEL
- sulfurique e t de l’oxyde de cuivre, pu du carbonate de cuivre-
- Sulfate de potasse ( raffinage du ).
- Sulfate de fer et d’alumine , extraction.de ces sels, des matériaux qui les contiennent tout formés, et transformation du sulfate d’alumine en alun.
- Tartre ( raffinage du ).
- Teinturiers.
- Teinturiers-dégraisseurs.
- Tueries dans les communes dont la population est au-dessous de dix mille habitans.
- Vacheries dans les villes dont la population excède cinq mille habitans.
- Vert-de-gris et verdet ( fabriques de).
- Viandes (salaison et préparation des).
- Vinaigre (fabrication du).
- L’accomplissement des formalités établies par le décret du i5 octobre r8io et par notre présente ordonnance, ne dispense pas de celles qui sont prescrites pour la formation des établissemens qui seront placés dans le rayon des doua-
- , us.-. 1 r.îëre .. "n'eue h:;-;. . ou non : les
- réglemens à ce sujet continueront à être en vigueur.
- g V. Sur les Maisons â démolir pour cause de. péril imminent,.
- C’est, d’après la loi du 3 brumaire an w (?.5 octobre >795), au tribunal de paix à appliquer toutes les peines de police municipale, relativement aux chemins, aux alignemens, etc., sur la réquisition des adjoints au maire ; mais ce tribunal ne peut être obligé d’appliquer ces peines sur le vu des procès-verbaux de l’auSoritè administrative. Si celle-ci est tenue de faire appeler devant la première l’individu qu’elle veut faire condamner, ce n’est pas pour que cet individu reste passif, mais bien pour qu’il soit entendu dans ses moyens de défense; si le juge les trouve fondés, si les faits avancés par l’administration ne sont pas exacts , ou s’il n’en résulte pas les conséquences qu’on on veut tirer, il peut, sans aucun doute, rejeter la demande.
- En cela il ne critique pas les actes administratifs proprement dits, il .examine seulement si, dans l’espèce, il y a lieu à appliquer les peines qui sont affectées à l’infraction des réglemens de police,
- p.260 - vue 269/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 261
- Ainsi l’autorité administrative détermine l’ouverture, la lîrgeur et la direction des chemins; elle arrête, en conséquence, les plans qui devront être suivis à l’avenir, et d’après ksquels des façades de maisons devront être reculées ; mais die ne doit ordonner de reculement de ces façades que lorsqu’elles sont dans le cas d’être reconstruites, sans quoi elle *uet la commune dans l’obligation de payer au propriétaire Une indemnité pour la privation prématurée qu’on lui fait éprouver; encore faudrait-il, même en ce cas, qu’elle fît prononcer l’autorité souveraine sur l’utilité publique.
- Elle peut ordonner la démolition d’un mur qui surplombe de la moitié de son épaisseur ; elle peut aussi ordonner, dans le cas où une façade doit être reculée, qu’elle le sera immédiatement , si le rez-de-cbaussée menace ruine, parce que la solidité de la partie supérieure dépend de celle de la partie Inférieure; enfin elle peut s’opposer à l’entretien des fondations et du rez-de-chaussée , parce que la jouissance du pro* priétaire ne doit plus dépendre que de la durée de ces bases, dans l’état où elles se trouvent au moment où le plan général ou particulier est arrêté et notifié aux propriétaires.
- Mais les droits de l’autorité administrative, à ce sujet, sont Subordonnés à des circonstances de fait dont elle ne doit pas être juge, si l’existence en est contestée par les propriétaires. Cette autorité détermine ce que l’utilité publique exige qu’il soit fait dans tel cas ; l’autorité judiciaire prononce sur la réalité du cas prévu ; elle ne prononce rien sur les plans arrêtés par l’autorité administrative, elle déclare seulement que les circonstances qui devaient donner lieu à l’exécution de Ces plans, ne sont pas encore réalisées.
- Il est toujours indispensable de suivre ce système, puisque les lois qui l’établissent n’autorisent que l’autorité judiciaire à appliquer les amendes de police encourues par les contreve» üans, et que l’autorité administrative ne peut le faire qu’en Siatière de grande voirie.
- Le Conseil de préfecture n’est pas dans le cas, même, d’être consulté sur la question de savoir si l’administration municipale peut, ou non, introduire ou défendre une action devant l’autorité judiciaire, au sujet de la demande qu’elle a faite de la démolition ou de la réparation d’un mur ou d’un bâtiment, parce que la loi a classé ces objets parmi ceux de
- p.261 - vue 270/329
-
-
-
- 262 MANUEL
- simple police , qu’elle peut déférer aux tribunaux lorsqu’il 1 a résistance, sans y être préalablement autorisée.
- Mais le préfet doit veiller à ce que les maires, par zèle pour la salubrité ou l’embellisement de leurs communes, »e provoquent pas de démolitions prématurées que les juges ne pourraient ordonner. Comme il ne doit être question, da»s ces demandes , que de l’exécution de réglemens ou de plans arrêtés par le gouvernement, il doit exiger que les maires* avant d’intenter des poursuites de quelque importance, lut fassent connaître les motifs et les circonstances qui y donnent lieu.
- Ainsi, dans le cas où un maire voudrait faire démolir «n bâtiment parce qu’un étage supérieur tombe en ruine, 1® préfet aurait à faire observer à ce maire que la dégradation d’un étage supérieur ne peut être un motif pour condamner les parties inférieures; de ce qu’une façade devra être reculée, il n’en résulte point qu’on ne peut pas entretenir les parties supérieures; car, s’il en était ainsi, du moment où le nouvel alignement serait arrêté, on pourrait interdire au propriétaire tout entretien, même de la couverture établie sur cette façade, et cette doctrine serait attentatoire à la propriété; elle serait contradictoire avec le principe même qui l’établit, car on n’ajourne la démolition que pour épargner à la commune la nécessité de payer le prix de l’immeuble , et dans la supposition que le propriétaire, n’ayant à le démolir que lorsqu’il tomberait de lui-même en ruine, il subira une petite perte. Mais si l’on hâte celte ruine, en empêchant le propriétaire de soigner même les parties supérieures de la maison, et si, parce qu’elles sont défectueuses vers le toit, on exige qu’il démolisse le tout, on rend illusoire l’ajournement accordé pour la démolition, et l’on rentre ainsi dans l’obligation , 10 de faire juger par le gouvernement qu’il est nécessaire de détruire sur-le-champ l’édifice, 2° d’en payer le prix avant d’en commencer la démolition. (Observations du Ministre de l’intérieur du 13 février 1806. )
- La législation établie dans ces observations est. celle qui existait anciennement, ainsi qu’on le verra par les déclarations du 18 juillet 172g et du 18 a,oût 1730, qui contiennent les dispositions suivantes :
- 10 Les commissaires de la voirie doivent avoir une attention particulière, chacun dans leur quartier,pour être instruits
- p.262 - vue 271/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 263
- ’tas maisons et bâtimens, et de tout ce qui pourrait, par sa chule, nuire à la voie publique, où il y aurait quelque péril;
- 2° Aussitôt qu’ils en ont avis, ils doivent se transporter s,ir les lieux, et dresser procès-verbal de ce qu’ils ont remarqué ;
- 3° L’autorité ayant la police de la ville, fait assigner, sans retard, à la requête du commissaire du gouvernement Près le tribunal civil, les propriétaires ;
- 4° Les assignations sont données au propriétaire; en cas ^absence, dans la maison menaçant péril, au principal lo-cataire, et à défaut à l’un des locataires ;
- Le tribunal ordonne la visite des lieux par experts ;
- 6° Si le propriétaire comparaît et ne dénie pas le péril, il est condamné à le faire cesser dans un temps donné ;
- 7° S’il nie le péril, il peut nommer un expert; à défaut, colui du tribunal procède seul ;
- 8° S’il a nommé un expert, et que celui-ci soit d’avis diffèrent, le tribunal nomme un tiers expert ; .
- 9° Le péril étant constaté, le propriétaire est condamné à employer des ouvriers dans le délai fixé pour le faire cesser. S’il ne s’y conforme pas, les juges ordonnent qu’il en sera mis à la diligence de l’autorité ayant la police. Ils sont payés s*ir les matériaux, même sur le fonds de la maison ;
- 1
- 1
- lo» Dans le cas où le péril est très-urgent, l’autorité ayant a police, peut ordonner provisoirement ce qu’elle juge abso-Uf»ent nécessaire pour la sûreté publique ;
- et i2« Les jugemens du tribunal sont sujets à l’appel, mais ils peuvent être exécutés provisoirement.
- H y a lieu à démolition d’un bâtiment,
- 10 Lorsque c’est par vétusté que l’une ou plusieurs jambes Prières, trumeaux ou pieds-droits sont en mauvais état ;
- , 20 Lorsque le mur de face sur rue est en surplomb de moi-bè de son épaisseur , dans quelque état que se trouvent les Jambes étrières, les trumeaux et pieds-droits ;
- 3° s; le mur sur rue est à fruit, ou qu’il ait occasioné sur la face opposée un surplomb égal au fruit de la face sur rue;
- 4° Chaque fois que les fondations sont mauvaises, quand
- p.263 - vue 272/329
-
-
-
- 264 MANUEL
- il ne se serait manifesté dans la hauteur du bâtiment auc«â fruit ou surplomb ;
- 5o S’il y a un bombement égal au surplomb; néanmoins* j si ce bombement ne se manifeste que dans les étages supé'! rieurs, tels que l’on puisse les réparer en conservant moitié des étages inférieurs, et sans toucher à ces derniers, on per met alors le rétablissement des étages supérieurs, à la chargé de ne point conforter ceux conservés : on suit, en pareil cas* j les mêmes règles que si l’on demandait à exhausser un bâ'l liment.
- Ces ordonnances royales ont été maintenues provisoire' meut par l’art. 29 de la loi du 22 juillet 1791 > et aucune l®1 postérieure n’y a dérogé ; seulement les attributions des di'j verses autorités ont été modifiées par les réglemens subsé-quens, qui, du reste , ne changent rien à leurs dispositions.|
- § vi. Sur les murs mitoyens.
- Les murs mitoyens sont ceux qui partagent les héritages entre particuliers : ces murs sont souvent la source de pro' cès entre les voisins ; c’est pourquoi il est à propos d’expli' quer , autant qu’il est possible, les moyens d’éviter les contestations qui en naissent. 11 faut premièrement donner une idée juste de la position de ces murs; et pour cela, il faut imaginer une ligne droite ou un plan passant dans le milieu desdilsmurs, que l’on peut appeler leur centre : cette ligne doit répondre en toutes ses parties à celle qui sépare immédiatement lesdits héritages, c’est-à-dire qu’il faut que l’épaisseur desdits murs soit prise également de chaque côté sur chacun des héritages, à moins qu’il n’y ait nécessité de leur donner plus d’épaisseur d’un côté que de l’autre, comme quand les terres sont plus hautes d’un côté que de l’autre, ou quand il y a plus de charge à porter d’un côté par la plus grande élévation d’un bâtiment. Dans tous ces cas, il faut que celui qui a besoin de plus d’épaisseur que l’ordinaire, prenne cette épaisseur sur sa propriété.
- L’épaisseur ordinaire des murs mitoyens doit être de 15 à ï8 pouces. U faut que la ligne du milieu de ces murs soit exactement aplomb, afin qu’ils ne soient pas plus inclinés d’un côté que de l’autre, et que si l’on veut diminuer de leur épaisseur par le haut, cette diminution soit égale de chaque côté-
- Quand on veut construire un mur mitoyen à neuf, ou en
- p.264 - vue 273/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 265
- établir un ancien, il faut que chacun des raisins h qui appartient le mur nomme de son côté un expert d’office, pour ®n donner l’alignement, afin d’éviter les contestations qui
- pourraient arriver par la suite, s’il n’était pas fait dans les limites respectives des deux propriétés. Chaque voisin intéressé donne alors un pouvoir à son expert : ensuite on procède audit alignement par une déclaration et uns description de l’emplacement sur lequel ledit mur est assis et Posé; par exemple, si c’est un mur à construire à neuf sur des héritages qui n’ont point eu d’autre séparation qu’une haie ou un fossé, etc., il faut demeurer d’accord de la ligne qui doit fixer la séparation desdits héritages, en faire une %ure sur une feuille particulière , pour joindre à la minute, °u la faire sur la minute même, et marquer sur cette figure toutes les choses qui sont proches et attenant ledit alignement, afin de faire connaître par l’acte, que l’on a observé tout ce qui était nécessaire. TI faut ensuite faire tendre une ligne sur le sol, et d’un bout à l’autre, où doit être donné I’aligne-hient, pour connaître si la ligne de séparation desdits héritages est une ligne droite, ce qu’il faut faire autant qu’il est possible; mais, s’il a des plis et des redents, il les faut observer et les marquer sur la figure, pour en faire mention dans le rapport. Ces plis et ces redents oceasionent souvent des contestations entre les voisins; c’est pourquoi Cet objet mérite d’être bien examiné.
- Après avoir bien reconnu la ligne de séparation des héritages, soit d’une ou de plusieurs lignes droites, formant des angles qu’on appelle plis et coudes ou redents, il faut donner l’alignement en question de l’un des particuliers ou voisins. Supposant que la ligne de séparation soit droite d’un bout à l’autre, et que l’on soit convenu de l’épaisseur que doit avoir le mur Hütoyen, après avoir fait le procès-verbal et la description des lieux , il faut s’expliquer en ces termes : Et après avoir tendu une ligne d’un bout à l’autre du côté d’un tel voisin, nous avons reconnu, que lesdils héritages étaient séparés d’un droit alignement sans plis ni coudes , et pour donner icelui alignement à tel bout, nous avons fait une marque en forme de croix sur telle pierre ou moellon (ou autre chose prochaine qui ne puisse pas être remuée); lequel mur sera Posé à tant de centimètres d’intervalle et de distance d’icelle croix, et pourchassera (c’est le mot ancien) son épaisseur du côté de Vautre voisin.
- 23
- p.265 - vue 274/329
-
-
-
- 266 MANUEL
- Il faut remarquer ladite épaisseur, et en faire autant à l’autre bout dudit mur, à peu près à même distance; car il est mieux que les repères soient parallèles au mur ou le mur parallèle aux repères; cela n’est pourtant pas absolument nécessaire. L’on prend ces distances pour vérifier si le mur a été bien posé suivant le rapport, ce que les experts doivent revenir vérifier sur les lieux, quand le mur est fait, pour voir si l’on n’a rien changé aux repères.
- Aux anciens murs que l’on veut abattre en tout ou en partie, il y a beaucoup de précautions à preudre pour les reconstruire, et pour voir les termes sur lesquels on doit donner l’alignement; car souvent les murs sont corrompus partout ; mais il faut toujours s’attacher aux marques que l’on peut avoir au droit du sol ou un peu au-dessous, car c’est l’endroit qui doit tout régler, étant supposé ne pouvoir pas changer, et si l’on ne trouvait pas encore son compte , il faut prendre le dessus des retraites du pied du mur. Ces termes se peuvent connaître par quelques pierres ou moellons dont les paremens ne seront pas déversés, et pour qu’il n’y eût pas une de ces marques qui fût douteuse, il faut avoir recours aux fondemens, pour en tirer les conséquences les plus justes qu’on pourra, ce qui peut se Faire en découvrant plusieurs endroits qui n’auront pas été remués, y faire tendre des lignes, et y faire tomber des aplombs pour trouver la vérité.
- Quand on n’abat pas entièrement les murs mitoyens, à cause qu’ils ne sont endommagés qu’en certains endroits , comme jusqu’à une certaine hauteur, on le fait par reprises ou ce-que l’on appelle par épaulées ; ce qui se fait par le moyen des chevaiemens et étaiemens sur chaque plancher ; l’on abat ensuite ce qui se trouve déversé et corrompu aussi bas qu’il est besoin ; l’on en donne l’alignement, comme il a été dit, en marquant l’ancienne épaisseur du mur qu’il faut prendre au rez-de-chaussée , pour en faire mention dans le rapport, afin de rétablir le mur sur la même épaisseur.
- Pour parvenir à la connaissance de ce qui peut être bon ou mauvais dans ces murs , afin d’en conserver ou d’en abattre ce qui est nécessaire, il faut faire percer les planchers de fond en comble en plusieurs endroits, pour y passer un fil .aplomb le long desdits murs, et voir si en les relevant sur
- p.266 - vue 275/329
-
-
-
- L’ARCHITECTURE. 207
- l’alignement que l'on aura donné , le haut se pourra conserver, ce qu’on appelle recueillir, c’est-à-dire, que ce haut Soit dans sa première situation ; ce qui est bien, rare , car il y a toujours quelque chose à dire , mais on ne laisse pas de Conserver ce qui peut l’être. C’est pourquoi les experts disent
- pareil cas dans leurs rapports , que ledit mur sera élevé jusqu’oii l'ancien pourra être recueilli, si recueillir se peut. Cela n’est exprimé qu’en termes indéfinis, afin de ne pas répondre d’une hauteur fixe, si l’on est obligé de monter plus haut.
- On doit bien expliquer, dans le rapport, combien ehacun des particuliers voisins sera tenu de payer pour sa part et portion du mur mitoyen, suivant la coutume ; car il a y bien des choses à observer, et voici à peu près les cas qui peuvent arriver, et qui ne sont que tacitement expliqués dans la coutume.
- Premièrement, à l’égard des fondemens des murs, personne ne peut se dispenser, sous quelque prétexte que ce soit, de les fonder sur une terre ferme et solide, qui n’ait point encore été remuée, ce qu’on appelle terre neuve reconnue pour solide ; car il y en a qui n’exigeant qu’un mur de clôture, et d’autres en ayant besoin pour porter un bâtiment, l’un ne voudra pas fonder si bas que l’autre, parce qu’il n’a pas une si grande charge à élever; mais il faut absolument fonder sur une terre ferme, quelque mur que ce soit. Il est Vrai que si celui qui veut faire un bâtiment ne se contente pas du solide qu’il faut pour faire un mur ordinaire, et qu’il Veuille fouiller plus bas pour des caves ou autres choses , il doit faire ce surplus à ses frais : tout cela doit être réglé par la prudence et la justice des experts.
- A l’égard de la plus épaisseur et de la qualité desdits murs,, celui qui n’a besoin que d’un mur de clôtûre n’y est point obligé quand il ne veut pas se faire payer des charges ; mais: s’il s’en veut faire payer, il est obligé de contribuer pour sa Moitié à toute la dépense, depuis la bonne terre jusqu’à hauteur de clôture, ou de celle qu’il hébergera. Si celui qui n’â eu d’abord besoin que d’un mur de clôture simplement, et ü’est point entré dans la dépense de la plus-valeur et de la plus-épaisseur dudit mur, veut ensuite bâtir et s’héberger contre ledit mur, il faut qu’il rembourse celui qui l’a fait bâtir pour porter un bâtiment, non seulement pour la plus va-
- p.267 - vue 276/329
-
-
-
- 268 MANUEL
- leur de la meilleure qualité et de la plus-épaisseur, mais même pour la terre qu’il èura prise de son côté, suivant l’estimation des experts,
- Si le même, qui n’a eu besoin d’abord que d’un mur de clôture, a contribué pour sa part et portion de la plus-valeur et de la plus-épaisseur, et a donné sa part de la terre pour la plus-épaisseur, il doit avoir les charges de six toises l’une, de ce qui sera bâti au-dessus de lui; mais s’il veut à la suite bâtit et s’héberger contre ledit mur, il doit rendre la somme qu’il a reçue des charges de ce qu’il occupera seulement ; s’il voulait élever plus haut que son voisin, non seulement il doit rendre toute la somme des charges qu’il aura reçues, mais il doit payer celles de la hauteur qu’il aura élevée plus que son voisin ; si enfin le premier a bâti des caves au-dessous des fondations d’un mur ordinaire, celui qui a bâti à la suite, et qui veut se servir du mur desdites caves , doit payer sa part et portion dudit mur en ce qu’il occupera au-dessus de cette fondation.
- On peut, sur ces principes, connaître dans tous les cas la justice qu’il faut rendre aux particuliers sur le fait des murs mitoyens ; car il est presque impossible de rapporter toutes les circonstances qui peuvent arriver : c’est pourquoi il faut laisser le reste à la prudence des experts.
- Voir les articles de la Coutume de Paris et du Code civil, qui régissent cet objet important, ainsi que les fossés mitoyens :
- Si aucun veut bâtir contre un mur non mitoyen , faire le peut, en payant la moitié tant dudit mur que fondation d’i-celui, jusqu’à son héberge, ce qu’il est tenu de payer auparavant que rien démolir ni bâtir ; en l’estimation duquel mur est comprise la valeur de la terre sur laquelle ledit mur est fondé et assis , au cas que celui qui a fait le mur l’ait tout pris sur son héritage. ( Coût, de Paris, art. 194-)
- Il est loisible à un voisin de hausser à ses dépens le mur mitoyen d’entre lui et son voisin si haut que bon lui semble, sans le consentement de sondit voisin, s’il n’y a titre au contraire , en payant les charges , pourvu toutefois que le mur soit suffisant pour porter le surhaussement; s’il n’est suffisant, faut que celui qui veut rehausser le fasse fortifier, et se doit prendre l’épaisseur de son côté. ( Id. 195, )
- p.268 - vue 277/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 269
- Si le mur est bon pour clôture et de durée, celui qui veut o&tir dessus et démolir ledit mur ancien , pour n’ètre suffisant pour porter son bâtiment, est tenu de payer entièrement les frais; en ce faisant, ne paiera aucunes charges; mais sd s’aide du mur ancien, il paiera les charges. [Id. 196.)
- Les charges sont de payer et rembourser par celui qui se l°ge et héberge , sur et contre le mur mitoyen, de six toises 1 une ( ou un sixième) de ce qui sera bâti au-dessus de dix p. (3 met. u5 centimètres). [Id. 197.)
- U est loisible à un voisin se loger ou édifier au mur commun et mitoyen d’entre lui et son voisin , si haut que bon lui semblera, en payant la moitié dudit mur mitoyen, s’il n’y a btre au contraire. [Id. 198.)
- Les maçons ne peuvent toucher ni faire toucher à un mur Citoyen pour le démolir, percer et rétablir, sans y appeler les voisins qui y ont intérêt, par une simple signification seulement, et ce, à peine de tous dépens, dommages et intérêts, et rétablissement dudit mur (1). [Id. 2o3.)
- Il est loisible à un voisin percer ou faire percer et démolir le mur commun et mitoyen d’entre lui et son voisin, pour se *°ger et édifier , en le rétablissant dûment à ses dépens, s’il n’y a titre au contraire, en le dénonçant toutefois au préalable à son voisin, et est tenu de faire incontinent et sans discontinuation ledit rétablissement. (ld. 204.)
- Il est loisible à un voisin contraindre ou faire contraindre Par justice son autre voisin à faire ou faire refaire le mur ou édifice commun, pendant et corrompu entre lui et sondit voisin , et d’en payer sa part chacun selon son héberge, et pour telle part et portion que lesdites parties ont et peuvent avoir ®ndit mur et édifice mitoyen. [Id. 2o5. )
- Tous murs séparant cours et jardins sont réputés mitoyens s’il n’y a titre contraire, et celui qui veut bâtir nouveau mur °u refaire l’ancien corrompu , peut faire appeler son voisin Pour contribuer au bâtiment ou réfection dudit mur ; ou bien lui accorder lettre, que ledit mur soit tout sien. [Id. 211,}
- t (0 La signification doit être faite par huissier, afin qu’on »en prétende pas cause d’ignorance, à moins qu’on n’y ait consenti à l’amiable et pat écrit.
- p.269 - vue 278/329
-
-
-
- 270 MANUEL
- Dans les villes et dans les campagnes, tout mur servant de séparation entre bâtimens jusqu’à l’héberge, ou entre cour* et jardins, et même entre enclos dans les champs, est pré" s inné mitoyen, s’il n’y a titre ou marque contraire. ( Code civil, ôb5. )
- B y a marque de non-mitoyenneté lorsque la sommité est droite aplomb et de sou parement d’un côté , et présente de l’autre un plan incliné.
- Lors encore qu’il n’y a que,d’un côté , ou un chaperon ou des filets et corbeaux de pierre qui y auraient été mis en bâtis* sant le mur.
- Dans ce cas, le mur est censé appartenir exclusivement au propriétaire , du côté duquel sont l’égoût ou les corbeaux et filets de pierre. [Id. 65/j.)
- La réparation et la reconstruction du mur mitoyen sont à la charge de tous ceux qui y ont droit, et proportionnellement au droit de chacun.'[Id. 655.)
- Cependant tout coopropriétaire d’un mur mitoyen peut sa dispenser de contribuer aux réparations et reconstructions , en abandonnant le droit de mitoyenneté , pourvu que le mur mitoyen ne soutienne pas un bâtiment qui lui appartienne. [Id. 655.)
- Tout coopropriétaire peut faire bâtir contre un mur mitoyen , et y faire placer des poutres ou solives dans toute l’épaisseur du mur, à cinquante-quatre millimètres (deux pouces ) près , sans préjudice du droit qu’à le voisin de faire réduire à l’ébauchoir la poutre jusqu’à la moitié du mur, dans le cas où il voudrait lui-même asseoir des poutres dans le même lieu , ou y adosser une cheminée. (Code civil, 65y.)
- Tout propriétaire peut faire exhausser le mur mitoyen, mais il doit payer seul la dépense de l’exhaussement, Tes réparations d’entretien au-dessus de la hauteur de la clôture commune, et en outre l’indemnité de la charge en raison de l’exhaussement et suivant la valeur. [Id. 658.)
- Le voisin est reçu, quand bon lui semble, à demander moitié du mur bâti sur le fonds de son voisin, en remboursant moitié dudit mur et fonds d’icelui. ( Coût, de Paris , 212. )
- Le voisin qui n’a pas contribué à l’exhaussement, peut en acquérir la mitoyenneté en payant la moitié de la dépense
- p.270 - vue 279/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 271
- Tu’il a coûté, et la valeur de la moitié du sol fourni pour • excédant d’épaisseur, s’il y en a. ( Code civil, 660. )
- Tout propriétaire joignant un mur, a de même la faculté de le rendre mitoyen en tout ou en partie , en remboursant au maître du mur la moitié de sa valeur, ou la moitié de la Valeur du sol sur lequel le mur est bâti. {Id. 661. )
- Les filets doivent être faits |i) accompagnés de pierre, pour connaître que le mur est mitoyen ou à un seul. ^ Coût. de Paris, 214.}
- Si le mur mitoyen n’est pas en état de supporter l'exhaussement, celui qui veut l’exhausser, doit le faire reconstruire en entier à ses frais, et l’excédant d’épaisseur doit se prendre de son côté. [Code civil, 65g.]
- L’un des voisins ne peut pratiquer dans le corps d’un mur mitoyen aucun enfoncement, ni appliquer ou appuyer aucun ouvrage sans le consentement de l’autre, ou sans avoir, à son refus, fait régler par experts les moyens nécessaires pour que le nouvel ouvrage ne soit pas nuisible aux droits de l’autre. [Id. 662.}
- Chacun peut contraindre son voisin ès-villes et faubourgs, prévôté et vicomté de Paris, à contribuer pour faire faire clôture, faisant séparation de leurs maisons, cours et jardins és-dites villes et faubourgs, jusqu’à la hauteur de 10 p. de
- (1) On termine le plus souvent un mur de clôture par un chaperon à deux pentes, avec un filet ou mouchette pendante et larmier de part et d’autre, s’il est mitoyen; et ce chaperon se fait en une seule pente, avec ou sans filet du côté de celui à qui le mur appartient, quand il est à un seul. Ce larmier ne se fait pas toujours avec pierres, mais souvent en plâtre sur moellon, etc. Quand il n’existe point de chaperon, il est difficile de prononcer si le mur est ou n’est pas mitoyen, à moins qu’il n’y ait titre écrit. Il est des pays où l’on pratique dans les murs des espèces de petites niches du côté de chaque propriétaire, pour indiquer la mitoyenneté ; on appelle ces niches des potelles, dont la profondeur étant de toute l’épaisseur qui appartient à celui du côté duquel elle se trouve, fait connaître la ligne de séparation : aussi ces potelles ne se font-elles pas au droit les unes des autres, parce qu’il en résulterait une ouverture au mur.
- p.271 - vue 280/329
-
-
-
- 272 MANUEL
- haut du rez-de-chaussée compris le chaperon* ( Coût, de Paris, 209.)
- Lorsque les différens étages d’une maison appartiennent à divers propriétaires, si les titres de propriété ne règlent pas le mode de réparations et reconstructions, elles doivent être faites ainsi qu’il suit.
- Les gros murs et le toit sont à la charge de tous les propriétaires , chacun en proportion de la valeur de l’étage qui lui appartient.
- Le propriétaire de chaque étage fait le plancher sur lequel il marche.
- Le propriétaire du premier étage fait l’escalier qui y conduit; le propriétaire du second étage fait, à partir du premier, l’esalier qui conduit chez lui, et ainsi de suite.
- ( Code civil, 661.)
- Lorsqu’on reconstruit un mur mitoyen ou une maison, les servitudes actives et passives se continuent à l’égard du nouveaumur ou de la nouvelle maison, sans toutefois qu’elles puissent être aggravées, et pourvu que la construction se fasse avant que la prescription soit acquise. {Id. 665. )
- Tous fossés entre deux héritages sont présumés mitoyens , s’il n’y a titre ou marque du contraire. ( Id. 666. )
- Il y a marque de non mitoyenneté lorsque la levée ou lo rejet de la terre se trouve d’un côté seulement du fossé. {Id. 667.)
- Le fossé est censé appartenir exclusivement à Celui du côté duquel le rejet se trouve. ( Id. 668. )
- Le fossé mitoyen doit être entretenu à frais communs. {Id. 669.)
- Toute haie qui sépare des héritages est réputée mitoyenne, à moins qu’il n’y ait qu’un seul de ces héritages en état de clôture, ou s’il n’y a titre ou possession suffisante au contraire. {Id. 670. )
- Il n’est permis de planter des arbres de haute tige qu’à la distance prescrite par les réglemens particuliers actuellement existans, ou par les usages constans et reconnus, et, à défaut de réglemens et usages, qu’à la distance de deux mètres de la ligne séparative des deux héritages, et à la distance d’un demi-mètre pour les autres arbres et haies voisines. {Id. b7‘-)
- p.272 - vue 281/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 273
- De voisin peut exiger que les arbres et baies plantés à une Joindre distance, soient arrachés,
- Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres du voisin peut contraindre eelui-ei à couper ces branches.
- Si ce sont les racines qui avancent sur son héritage, il a le •boit de les y couper lui-même, (Id. 672.)
- Des arbres qui se trouvent dans la haie mitoyenne sont citoyens comme la haie, et chacun des deux propriétaires a •boit de-requérir qu’ils soient abattus. (Id. 6.7b.)
- § vu. Des Vues sur les voisins.
- En mur mitoyen, ne peut l’un des voisins, sans l'accord
- le consentement de l’autre, faire faire fenêtres ou trous Pour vues, en quelque manière que ce soit, à verre dormant °<i autrement. [Coût, de Paris, 199 )
- Toutefois, si aucun a mur à lui appartenant, joignant sans •hoyen à l’héritage d’autrui, il peut, en icelui mur, avoir bnêtres, lumières ou vues aux us et coutumes de Paris; c est à savoir de 9 p. ( 2 m. 93 cent.) de haut au-dessus du rez-de-chaussée et terre, quant au premier étage, et quant ®ux autres étages, de 7 p. (2 m. 26 cent.) au-dessus du sol •b l’étage. (Id. 200.)
- Fer maillé est treillis, dont les trous ne peuvent être que de 4° (ro5mill.) en tous sens, et verre dormant est verre attaché et scellé en plâtre, qu’on ne peut ouvrir. (Id. 201.)
- Aucun ne peut faire vues droites sur son voisin ni sur Places à lui appartenantes, s’il n’y a 6 p. (2 mèt.) de distance. (Id. 202.)
- E’un des voisins ne peut, sans le consentement de l’autre pratiquer dans le mur mitoyen aucune fenêtre ou ouverture, 6n quelque manière que ce soit, même à verre dormant. {Code civil, 67.5.)
- Ee propriétaire d’un mur non mitoyen, joignant immédia* tement l’héritage d’autrui, peut pratiquer dans ce mur des 3«urs ou fenêtres à fer maillé èt verre donnant.
- Ces fenêtres doivent être garnies d’un treillis de fer, dont les mailles auront 1 décimètre (environ 3° t< 1.) d’ouverture au plus, et d’un châssis à verre dormant. (Id. 679.)
- p.273 - vue 282/329
-
-
-
- 274 MANUEL
- Ces fenêtres on jours ne peuvent être établis qu’à a6 décim-(8p.) au-dessus du plancher ou sol de la chaussée, et à 19 décim. (6p.) au-dessus du plancher pour les étages supérieurs. (Id. 677.)
- On ne peut avoir des vues droites ou fenêtres d’aspect, ni balcons ou autres semblables saillies sur l’héritage clos ott non clos de son voisin, s’il n’y a 19 décim. (6p.) de distance entre le mur où on les pratique et ledit héritage-(M. 67».)
- On ne peut avoir des vues par côté ou obliques sur le même héritage s’il n’y a 6 décimètres (2 p.) de distance. (Id. 679.)
- La distance dont il est parlé dans les articles précédens, se comptent depuis le parement extérieur du mur où l’ouverture se fait, et, s’il y a balcons ou autres semblables saillies, depuis leur ligne extérieure jusquà la ligne de séparation des deux propriétés. (Id. 680.)
- ARTICLE II.
- Des Servitudes.
- § 1. Des Droits sur les propriétés en général.
- Quiconque a le sol appelé, l’étage du res-de-chaussêe d’aucun héritage, il peut et doit avoir le dessus et le dessous du sol, et peut édifier par-dessus et par-dessous, et y faire puits, aisemens et autres choses licites, s’il n’y a titre contraire. ( Coût, de Paris, art. 187.)
- La propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous.
- Le propriétaire peut faire au-dessus toutes les plantations et constructions qu’il juge à propos, sauf les exceptions établies au titre des servitudes ou services fonciers.
- Il peut faire au-dessous toutes les constructions et fouilles
- Su’il jugera à propos, et tirer de ces fouilles tous les pro-uits qu’elle peut fournir , sauf les modifications résultant des lois et réglemens relatifs aux mines, et des lois et régie-mens de police. ( Code civil, art. 552.)
- Toutes constructions, plantations et ouvrages sur un terrain ou dans l’intérieur, sont présumés faits par le propriétaire, à ses frais, et lui appartenir, si le contraire n’est
- p.274 - vue 283/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 275
- prouvé ; sans préjudice de la propriété qu’un tiers pourrait ®voir acquise ou pourrait acquérir par prescription, soit ^ Un souterrain sous le bâtiment d’autrui, soit de toute autre Partie du bâtiment. ( Id. 553. )
- Le propriétaire du sol, qui a fait des constructions, plantations et ouvrages avec des matériaux qui ne lui appartenaient Pas, doit en payer la valeur; il peut aussi être condamné ^ des dommages et intérêts, s’il y a lieu ; mais le propriétaire des matériaux n’a pas le droit de les enlever. ( Id. 554- )
- Lorsque les plantations, constructions et ouvrages ont été faits par un tiers et avec ses matériaux, le propriétaire du fonds a droit ou de les retenir ou d’obliger ce tiers à les enlever.
- Si le propriétaire du fonds demande la suppression des plantations et constructions, elle est aux frais de celui qui les a faites , sans aucune indemnité pour lui ; il peut même être condamné à des dommages et intérêts, s’il y a lieu , pour le préjudice que peut avoir éprouvé le propriétaire du fonds.
- Si le propriétaire préfère conserver ces plantations et constructions, il doit le rembourser de la valeur des matériaux et du prix de la main-d’œvre, sans égard à la plus ou moins grande augmentation de la valeur que le fonds a pu recevoir. Néanirtoins, si les plantations, constructions et ouvrages ont été faits par un tiers évincé qui n’aurait pas été condamné à la restitution des fruits, attendu sa bonne foi, le propriétaire ne pourra demander la suppression desdits ouvrages, plantations et constructions, mais il aura le choix ou de rembourser la valeur des matériaux et du prix de •Uain-d’œuvre ou de rembourser une somme égale à celle dont le fonds a augmenté de valeur. ( Id. bb5. )
- § ii. Servitudes qui dérivent de la situation des lieux.
- Les fonds inférieurs sont assujettis, envers ceux qui sont plus élevés, à recevoir les eaux qui en découlent naturellement, sans que la main de l’homme y ait contribué.
- Le propriétaire inférieur ne peut point élever de digue cjui empêche cet écoulement.
- Le propriétaire supérieur ne peut’rien faire qui aggrave la servitude du fonds inférieur. ( Code civil, 64'). )
- Celui qui a une source dans son fonds peut en user à sa Volonté, sauf le droit que le propriétaire du fonds inférieur
- p.275 - vue 284/329
-
-
-
- 276 MANUEL
- pourrait avoir acquis par titre ou par prescription. [Id. 641.1
- La prescription, dans ce cas, ne peut s’acquérir que pa^ une jouissance non interrompue pendant l’espace de 3o an' nées, à compter du moment où le propriétaire du fonds in' férieur a fait et terminé des ouvrages apparens destinés à fa* ciliter la chute et le cours de l’eau dans sa propriété. [Id. 6^-)
- Le propriétaire de la source ne peut en changer le cours» lorsqu’il fournit aux habitans d’une commune, village ou ha' meau, l’eau qui leur est nécessaire ; mais si les habitans n’en ont pas acquis ou prescrit l’usage, le propriétaire peut récia' mer une indemnité, laquelle est réglée par experts. [Id. 643.)
- Celui dont la propriété borde une eau courante autre que celle qui est déclarée dépendante du domaine public par Par ticle 538, au titre de la distribution des biens, peut s’en servir à son passage pour l’irrigation de ses propriétés.
- Celui dont cette eau traverse l’héritage, peut même en user dans l’intervalle qu’elle y parcourt, mais à la charge de la rendre, à la sortie de son fond, à son cours ordinaire-
- (M.6 44.)
- S’il s’élève une contestation entre les propriétaires aux" quels ces eaux peuvent être utiles, les tribunaux, en pronoE' çant, doivent concilier l’intérêt de l’agriculture avec le res" pect dû à la propriété, et, dans tous les cas, les réglemenS particuliers et locaux sur le cours et l’usage des eaux doivent être observés. 1
- Un particulier peut avoir besoin, pour la fertilisation de terrains attenant à une commune, des eaux qui coulent dans quelques-unes des rues de cette commune.
- Le conseil municipal peut, par une délibération approuvée parle préfet, autoriser cette prise d’eau, et la confection, aux frais du demandeur, des aqueducs nécessaires pour les diriger vers ses propriétés.
- Cette concession n’est pas dans le cas d’être autorisée par une loi, parce qu’elle n’a pas pour objet une propriété dont la commune ne puisse disposer que dans cette forme. [Avis du Conseil d’Etat.)
- La concession peut être gratuite, comme elle peut être faite moyennant une redevance quelconque en faveur de la commune.
- Les droits d’autrui doivent être réservés pour le cas où il
- p.276 - vue 285/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 217
- ®n existerait, et le concessionnaire rendu garant de toute action qui pourrait s’élever au sujet de la concession.
- Ce concessionnaire doit ne pouvoir changer la direction *les aqueducs qu’en vertu de l’autorisation de l’administration municipale. La première direction doit également être déterminée ou approuvée par cette administration. (Edit du ùiois de décembre 1607. )
- Tout propriétaire peut obliger son voisin au bornage de leurs propriétés contiguës. Le bornage se fait à frais communs. {Code civil, 646.)
- Tout propriétaire peut clore son héritage, sauf l’exception Portée en l’article 682. (Id. 647.)
- Le propriétaire qui veut se clore , perd son droit au par-tours et vaine pâture, en proportion du terrain qu’il y soustrait. (là. 648.)
- Le propriétaire dont les fonds sont enclavés, et qui n’a Aucune issue sur la voie publique, peut réclamer un passage sur les fonds de son voisin pour l’exploitation de son héritage, à la charge d’une indemnité proportionnée au domina ge qu’il peut occasioner. (Code civil ,082.)
- Le passage doit régulièrement être pris du côté où le trajet tst le plus court du fonds duquel il est accordé. [Id. 683.)
- Néanmoins, il'doit être fixé dans l’endroit le moins dommageable à celui sur le fonds duquel il est accordé. [Id. 684.)
- L’action en indemnité, dans le cas" prévu par l’article 682, ®st prescriptible ; et le passage doit être continué, quoique l’action en indemnité ne soit plus recevable. [Id. 686.)
- § ni. Comment s’acquièrent ou s’établissent les servitudes.
- Droit de servitude ne s’acquiert par longue jouissance, Quelle qu’elle soit, sans titre, encore que l’on ait joui par cent ans ; mais la liberté se peut réacquèrir contre le titre de servitude par trente ans, entre âgés et non privilégiés. [Coût, de Paris, art. 186.)
- Il est permis aux propriétaires d’établir sur leurs propriétés, ou en faveur de leurs propriétés, telles servitudes que l'on leur semble, pourvu néanmoins que les services établis De soient imposés ni à la personne ni en faveur de la per-
- 24
- p.277 - vue 286/329
-
-
-
- 278 MANUEL
- sonne, mais seulement à un fonds et pour un fonds, et pourvu
- que ces services n’aient d’ailleurs rien de contraire à l’ordre
- public.
- L’usage et l’étendue des servitudes ainsi établies, se règlent par le titre qui les constitue ; à défaut de titre, par les règle* ci-après. ( Code civil, 686. )
- Les servitudes sont établies ou pour l’usage des bâtimenS* ou pour celui des fonds de terre.
- Celles de la première espèce s’appellent urbaines, soit que les hâtimerts auxquels elles sont dues soient situés à la ville ou à la campagne.
- Celles de la seconde espèce se nomment rurales. (Zd.687.)
- Les servitudes sont ou continues ou discontinues.
- Les servitudes continues sont celles dont l’usage est ott peut être continuel, sans avoir besoin du fait actuel de l’homme : tels sont les conduites d’eau , les égoûts, les vues et autres de pette espèce.
- Les servitudes discontinues sont celles qui ont besoin dû fait actuel de l’homme pour être exercées : tels sont les droits de passage, puisage, pacage et autres semblables. ( Id. 688.)
- Les servitudes sont apparentes ou non apparentes.
- Les servitudes apparentes sont celles qui s’anoncent par des ouvrages extérieurs, tels qu’une porte, Une fenêtre, uû aqueduc.
- Les servitudes non apparentes sont celles qui n’ont pas de signe extérieur de leur existence ; comme, par exemple , la prohibition de bâtir sur un fonds, ou de ne bâtir qu’à une hauteur déterminée. ( Id. 6^9. )
- Les servitudes continues et apparentes s’acquièrent par titre, ou par la possession de trente ans. ( Id. 69^.}
- Les servitudes continues non apparentes et les servitudes discontinues , apparentes ou non apparentes, ne j>euvents’é' tabür que par litres.
- La possession, même immémoriale, ne suffit pas pour le* établir, sans cependant qu’on puisse attaquer aujourd’hui le* servitudes de cette nature, déjà acquises par la possession dans les pays où elles pouvaient s’acquérir de cette manière-( Id. 691. )
- Quand un père de famille met hors ses mains partie de sa maison, il doit spécialement déclarer quelles servitudes il re'
- p.278 - vue 287/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. X 279
- tient sur l’héritage qu’il met hors ses mains, ou quelles il constitue sur le sien : les faut nommément et spécialement déclarer, tant pour l’endroit, grandeur, hauteur, mesure qu’es-Pèce de servitude, autrement toutes constitutions générales de servitudes, sans les déclarer comme dessus, ne valent. {Coût, de Paris, art. 2i5.)
- Destination de père de famille, vaut titre quand elle est Ou a été par écrit, et non autrement. (Id. 216.)
- La destination du père de famille vaut titre à l’égard des Servitudes continues et apparentes. (Code civil, 692.)
- Il n’y a destination du père de famille que lorsqu’il est prouvé que les deux fonds actuellement divisés ont appartenu ou même propriétaire , et que c’est par lui que les choses ont été mises dans l’état duquel résulte la servitude. {Id. 6g3.)
- Si le propriétaire de deux héritages, entre lesquels il existe un signe apparent de servitude, dispose de l’un des héritages sans que le contrat contienne aucune convention relative à la servitude, elle continue d’exister activement ou passivement en faveur du fonds aliéné et sur le fonds aliéné. {Id, 194.)
- Le titre constitutif de la servitude, à l’égard de celles qui Ue peuvent s’acquérir par la prescription, ne peut être remplacé par un titre récognitif de la servitude, et émané du propriétaire du fonds asservi. [Id. 6g5.)
- Quand on établit une servitude, on est censé accorder tout ce qui est nécessaire pour en user.
- Ainsi la servitude de puiser de l’eau à la fontaine d’autrui importe nécessairement le droit de passage. [Id. 696.)
- § iv. Servitudes établies par la loi.
- Les servitudes établies par la loi ont pour objet l’utilité Publique ou communale, ou l’utilité des particuliers. ( Code civil, 649.)
- Celles établies pour l’utilité publique ou communale ont pour objet le marchepied le long des rivières navigables ou flottables, construction ou réparation des chemins, et autres ouvrages publics ou communaux. [Id. 65".)
- Tout ce qui concerne.cette espèce de servitude est déterminé par des lois ou des réglcmens particuliers.
- p.279 - vue 288/329
-
-
-
- 280 MANUEL
- La loi assujettît les propriétaires à différentes obligations l’un à l’égard de l’autre, indépendamment de toute convention, (Id. 65i. )
- Partie de ces obligations est réglée par les lois sur la police rurale; les autres sont relatives aux murs et aux fossés mitoyens , au cas où il y a lieu à contre-mur, aux vues sur la propriété du voisin,àl’égoût des toits, au droit de passage.(M.65'i,)
- § r. Droits du Propriétaire du fonds auquel la servitude est due.
- Celui auquel est due une servitude a droit de faire tous les ouvrages nécessaires pour en user et pour la conserver. (Code civil, art, 697. )
- Ces ouvrages sont à ses frais et non à ceux du propriétaire du fonds assujetti, à moins que le titre d’établissement de la servitude ne dise le Contraire. ( Id. 698. )
- Dans le cas même où le propriétaire du fond assujetti est chargé par le titre de faire à ses frais les ouvrages nécessaires pour l’usage ou la conservation de la servitude, il peut toujours s’affranchir de la charge, en abandonnant le fonds assujetti au propriétaire de fonds auquel la servitude est due. {Id. 690.)
- Si l’héritage pour lequel la servitude a été établie vient à être divisé, la servitude reste due pour chaque portion, sans néanmoins que la condition du fonds assujetti soit aggravée.
- Ainsi, par exemple, s’il s’agit d’un droit de passage , tous les co-propriétaires seront obligés de l’exercer par le même endroit. ( Id. 700. )
- Le propriétaire du fonds débiteur de la servitude ne peut rien faire qui tende à en diminuer l’usage ou à le rendre plus incommode.
- Ainsi, il ne peut changer l’état des lieux, ni transporter l’exercice de la servitude dans un endroit différent de celui où elle a été primitivement assignée.
- Mais cependant, si cette assignation primitive était devenue plus onéreuse au propriétaire du fonds assujetti, ou si elle l’empêchait d’y faire des réparations avantageuses, il pourrait offrir au propriétaire de l’autre fonds un endroit
- p.280 - vue 289/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. ./ x 281
- 9üssi commode pour l’exercice de ses droits, et celui-ci ne Pourrait pas le refuser. [Id, 701. )
- De sou côté , celui qui a un droit de servitude ne peut en User que suivant son titre, sans pouvoir faire, ni dans le fonds qui doit la servitude, ni dans le fonds à qui elle est duej de changement qui aggrave la condition du premier. [Id. 702.)
- § vi. Comment les Servitudes s’éteignent.
- Les servitudes cessent lorsque les choses se trouvent en tel etat qu’on ne peut en user. ( Code civil, art. 703.}
- Elles revivent si les choses sont rétablies de manière qu’on Puisse en user, à moins qu’il ne se soit écoulé un espace de lemps suffisant pour faire présumer l’extinction de la servitude , ainsi qu’il est dit à l’art. 707. [Id. 704.}
- Toute servitude est éteinte lorsque le fonds à qui elle est due, et celui qui la doit, sont réunis dans la même main. [Id. art. 7<j5. )
- La servitude est éteinte par le non-usage pendant trente Uns. ( Id. 706. )
- Les trente ans commencent à courir, selon les diverses espèces de servitudes, ou du jour où l’on a cessé d’en jouir, lorsqu’il s’agit de servitudes discontinues, ou du jour où il a été fait un acte contraire à la servitude, lorsqu’il s’agit de servitudes continues. [Id. 7°7- )
- Le mode de la servitude peut se prescrire comme la servitude même, et de la même manière. [Id. 708. )
- Si l’héritage en faveur duquel la servitude est établie appartient à plusieurs par indivis, la jouissance de l’un empêche la prescription à l’égard de tous. [Id. 707. )
- Si, parmi les cc-propriétaires il s’en trouve un contre lequel la prescription n’ait pu courir, comme un mineur, il aura conservéle droit de tous les autres. [Id. 710.)
- Toutes les actions, tant réelles que personnelles, sont prescrites par trente ans, sans que celui qui allègue cette Prescription soit obligé d’en rapporter un titre ou qu’on puisse lui opposer l’exception déduite de la mauvaise foi.. [Id. 2262.)
- 24..
- p.281 - vue 290/329
-
-
-
- 282
- MANUEL
- ARTICLE III.
- § i, Expropriation pour cause d’utilité publique.
- Extrait de la loi du 16 septembre t8c,y. Lorsque, par l’ouverture de nouvelles rues, par la construction de quais ou par tous autres travaux publics généraux, département taux ou communaux, ordonnés ou approuvés par le gouvernement , des propriétés privées auront acquis une notable augmentation de valeur, ces propriétés pourront être chargées de payer une indemnité, qui pourra s’élever jusqu’à 1? valeur de la moitié des avantages qu’elles auront acquis ; I® tout sera réglé par estimation dans les formes déjà établies par la présente loi, jugé et homologué par la commission qui aura été nommée à cet effet. (Art. 3>>.)
- Les indemnités pour paiement de plus value seront acquittées au choix du débiteur, en argent ou en rentes constituées , à 4 p. cent net, ou en délaissement d’une partie de la propriété, si elle est divisible ; ils pourront aussi délaisser en entier les fonds, terrains ou bâtimens dont la plus value donne lieu à l’indemnité , et ce , sur l’estimation réglée d’après la valeur qu’avait l’objet avant l’exécution des travaux desquels la plus value aura résulté.
- Il n’y aura qu’uq droit fixe d’un franc pour l’enregistrement de l’acte de mutation de propriété.
- Les indemnités dues auront privilège sur toute la plus value, à la charge seulement de faire transcrire le décret qui aura déclaré qu’il y avait lieu à l’application des deux articles précédens, et la décision de la commission, dans le bureau des hypothèques de la situation des biens. (Id. art.3i.)
- Lorsque, pour exécuter uu dessèchement, l’ouverture d’une nouvelle navigation, un pont, il sera question de supprimer des moulins et autres usines, de les déplacer, modifier , ou de réduire l’élévation de leurs eaux , la nécessité en sera constatée par les ingénieurs des ponts et chaussées. Le prix de l’estimation sera payé par l’Etat lorsqu’il entreprend les travaux; lorsqu’ils sont entrepris par des concessionnaires, le prix de l’estimation sera payé avant qu’ils puissent faire cesser le travail des moulins et usines.
- Il sera d’abord examiné si l’établissement ne soumet pas les propriétaires à voir démolir leurs établissemens sans in-4emnité f si l’utilitc publique le requiert. (Id. art.
- p.282 - vue 291/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 283
- Les terrains nécessaires pour l’ouverture des rues, la formation des places et autres travaux reconnus d’une utilité générale, seront payés à leurs propriétaires , et à dire d’ex-Perts, d’après leur valeur avant l’entreprise des travaux, et ®ans nulle augmentation du prix d’estimation. {Id. art. 49-)
- Les terrains occupés pour prendre les matériaux nécessaires aux routes ou aux constructions publiques, pourront être payés aux propriétaires comme s’ils eussent été pris pour la route même.
- Il n’y aura lieu à faire entrer dans l’estimation la valeur des matériaux à extraire, que dans le cas où l’on s’emparerait d’une carrière déjà en exploitation ; alors lesdits matériaux seront évalués d’après leur prix courant, abstraction faite de l’existence et des besoins de la route pour laquelle ds seraient pris, ou les constructions auxquelles on les destine. [ld. art. 55.)
- Les experts, pour l’évaluation des indemnités relatives à Une occupation‘de terrains, dans les cas prévus au présent titre, seront nommés, pour les objets de travaux de grande voirie, l’un par les propriétaires, l’autre par le préfet ; et le tiers-expert, s’il en est besoin, sera de droit choisi par l’ingénieur en chef du département : lorsqu’il y aura des concessionnaires, un expert sera nommé par le propriétaire , un par le concessionnaire, et le tiers-expert par le préfet. [Id. art. 56. )
- Le contrôleur et le directeur des contributions donneront leur avis sur le procès-verbal d’expertise qui sera soumis, par le préfet, à la délibération du conseil de préfecture; le préfet pourra, dans tous les cas, faire faire une nouvelle expertise. {Id, art. 57.)
- Nota. La loi du 7-11 septembre 1790 avait commis Je juge de paix pour évaluer les indemnités dues, et lorsqu’il y avait contestation sur leur quotité.
- Les indemnités pour plus value, dues à raison des travaux déjà entrepris, et spécialement des travaux de dessèchement, seront réglées d’après les dispositions de la présente loi. Des céglemens d’àdministration publique statueront sur la possibilité et le mode d’application à chaque cas ou entreprise Particulière; et alors l’organisation et l’intervention de la Commission spéciale seront toujours nécessaires- (M.'artt 58.)
- p.283 - vue 292/329
-
-
-
- 284 MANUEL
- Toutes les lois antérieures cesseront d’avoir leur exécution , en ce qui serait contraire à la présente. ( Id. art. 69. )
- § u. Des Indemnités.
- Dans tous les cas où l’expropriation sera reconnue et jugée légitime , et où les parties ne resteront discordantes que gur le montant des indemnités dues aux propriétaires , le tribunal fixera la valeur de ces indemnités , eu égard aux baux actuels, aux contrats de vente passés antérieurement, et néanmoins aux époques les plus récentes , soit des mêmes fonds, soit des fonds voisins de même qualité, aux matrices des rôles et à tous autres documens qu’il pourra réunir.
- (Loi du 8 mars 1810 , art. 16. )
- Si ces documens se trouvent insuffisans pour éclairer le tribunal, il pourra nommer d’oflice un ou trois experts: leur rapport ne liera point le tribunal, et ne vaudra que comme renseignement. ( Id. arL 17. )
- Dans le cas où il y aurait des tiers intéressés à titre d’usufruitier, de fermier ou de locataire, le propriétaire-sera tenu de les appeler avant la fixation de l’indemnité , pour concourir, en ce qui les concerne , aux opérations y relatives, sinon il restera seul chargé envers eux des indemnités que ces derniers pourraient réclamer. ( Id. art. 18. )
- Les indemnités des tiers intéressés ainsi appelés ou intervenons , seront réglées en la même forme que celles dues aux propriétaires.
- Avant l’évaluation des indemnités, et lorsque le différent ne portera point sur le fond même de l’expropriation, le tribunal pourra, selon la nature et l’urgence des travaux, ordonner provisoirement la mise en possession de l’administration : son jugement sera exécutoire. ( Id. art. 19. )
- § m. Du Paiement.
- Tout propriétaire dépossédé sera indemnisé conformément à l’art. 545 du Code civil. ( Voyez cet article, page u85 ci-après. )
- Si des circonstances particulières empêchent le paiement actuel de tout ou partie de l’indemnité, les intérêts en seront dus à compter du jour de la dépossession , d’après'l’évaluation provisoire ou définitive de l’indemnité, et payés de six
- p.284 - vue 293/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 28&
- e& six mois, sans que le paiement du capital puisse être regardé au-delà de trois ans , si les propriétaires n’y con-^ Mutent. (Id. art. 20.)
- Lorsqu’il y aura des intérêts échus et non payés par l'administration débitrice, ou lorsque le capital ou partie du, Capital de l’indemnité n’aura pas été remboursé dans les trois ans ou dans les termes du contrat, les propriétaires ou Autres parties intéressées pourront remettre à l’administration des domaines, en la personne de son directeur dans le département de la situation des biens, un mémoire énonciatif des sommes à eux dues, accompagné des titres à l’appui : cette remise sera constatée par le récépissé du directeur ou Par exploit d’huissier.
- Si, dans les trente jours qui suivront, le paiement n’est Pas effectué, les propriétaires ou autres parties intéressées Pourront traduire l’administration des domaines devant le tribunal, pour y être condamnée à leur payer les sommes k eux dues, à l’acquit de l’administration en retard, et sauf le fecouvrement exprimé en l’art, 24 (Id. 21.)
- Avant qu’il soit statué sur l’action récursoire dirigée contre l’administration des domaines, le procureur du Roi Pourra requérir, pour en instruire le garde-des-sceaux, ministre de la justice, un ajournement d’un à deux mois, qui devra, en ce cas, être prononcé par le tribunal. (Id. art. 22.)
- Si, durant cet ajournement, nulle mesure administrative n’a été prise pour opérer le paiement, le tribunal prononcera après l’expiration du délai. (Id. art. 23.)
- Lorsque l’administration des domaines aura, par suite dos condamnations prononcées contre elle en exécution des dispositions ci-dessus, déboursé ses propres deniers à l’acquit d’autres administrations, elle se pourvoira devant le gouvernement, qui lui en procurera le recouvrement ou lui eu tiendra compte, le tout ainsi qu’il appartiendra. (Id. art. 24.)
- Nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si Ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste
- préalable indemnité. (Code civil, art. 545.)
- L’expropriation pour cause d’utilité publique s’opère par 1 autorité de la justice. (Art. 1er de la loi du 8 mars 1810.)
- Les tribunaux ne peuvent prononcer l’expropriation qu’ai*
- p.285 - vue 294/329
-
-
-
- 286 MANUEL
- tant que l’utilité en a été constatée dans les formes établies par la loi. ( Art. 2 ibid.)
- Ces formes consistent :
- i° Dans l’ordonnance du Roi, qui seul peut ordonner des travaux publics ou achats de terrains ou édifices à des objets d’utilité publique ;
- 20 Dans l’acte du préfet, qui désigne les localités ou ter'1 ritoires sur lesquels les travaux doivent avoir lieu, lorsque cette désignation ne résulte pas de l’ordonnance même, et dans l’arrêté ultérieur par lequel le préfet détermine les pro* priétés particulières auxquelles l’expropriation est appli' cable. (Art. 3 ibid.)
- Cette application ne peut être faite à aucune propriété particulière qn’après que les parties intéressées ont été mises en état d’y fournir leurs contredits. ( Art. 4 «Md.)
- La décision rendue, la propriété privée entre dans le do' maine public, et dès lors toute hypothèque est purgée. LeS inscriptions, s’il en existe , ne peuvent valoir que comme oppositions sur le prix ou indemnité.
- En conséquence, chaque propriétaire dépossédé doit, pour recevoir le paiement de sa propriété, rapporter un certificat du conservateur des hypothèques, portant qu’Ü n’existe point d’inscriptions : s’il y a des créanciers, le pris de la propriété sera distribué h ceux dont les droits seront légalement établis et jusqu’à concurrence de leurs créances, ou conformément aux cas prévus par le Code civil. (Avis, du grand-juge, ministre de la justice, du 4 thermidof an xiii, 2$ juillet i8o5.)
- article iv.
- Etablissement et entretien du pavé des rues et des routes.
- L’ordonnance de police du n5 février 1669.*-—Fait défense aux entrepreneurs et adjudicataires du pavé d’em' ployer du pavé qui ne soit de sept à huit pouces en tous sens ; leur enjoint de l’assimiler et de le mettre en bonne liaison à joints carrés, sans laisser plus de six lignes de joint, tant en bout qu’en rive , et de mettre sous la forme dudit pavé trois pouces de sable neuf au moins ; de conduire les pentes
- p.286 - vue 295/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. \ 287
- des ruisseaux également, ayant au moins trois lignes de Pente par toise, et les revers des rues, quatre 'pouces au Plus.'
- Fait défense de faire aucun trou dans le chemin de terre, étant à côté ou aux environs des chaussées des banlieues, le tout à peine de 5o livres d’amende contre les entrepreneurs, et de i5 livres contre les paveurs.
- Il est également défendu aux ouvriers paveurs de désemparer les ateliers et de passer au service d’autres entrepreneurs, sans permission de celui qui les emploie, nid’ abandonner leur ouvrage, à peine de x5 livres d’amende.
- Premier pavé des rues. — Cette partie d’administration dés communes, se divise en premier établissement du Pâté, et en réparation ou entretien.
- La loi du 11 frimaire an vu ( ier décembre 1798 ) a réglé •lue l’entretien du pavé serait à la charge des revenus mu-. ftioipaux.
- Mais aucune loi n’a réglé les devoirs des particuliers ou des communes, relativement au premier établissement du Pavé des rues ; dans cette circonstance on ne peut que recourir à la jurisprudence qui s’est formée sur ce point pou r la ville de Paris.
- L’art. 2 de l’ordonnance royale de novembre i53g, porte :
- •< Toutes personnes quelconques, de quelque état qu’elles a soient, feront paver à pente raisonnable , et entretenir a le pavé en bon état, et les rues nettes. » Postérieurement, le parlement prononça le contraire relativement à l’établissement du premier pavé , etc. Le législateur crut devoir en faire une obligation spéciale aux propriétaires, au lieu de les rappeler à cet égard à un principe posé et reconnu.
- On est donc fondé à croire qu’aucune loi n’a réglé positivement cette partie, la jurisprudence ne présentant rien de certain, jusqu’à ce que l’autorité judiciaire prononçât l’obligation à la charge des propriétaires et dont le pouvoir administratif ne s’est écarté que dans des cas particuliers : on voit Par le bail de l’entreprise du pavé de Paris, passé le 10 février 1730 , pour neuf années, qu’il n’est plus question de l’établissement du premier pavé, ni de l’entretien à la charge •Iss propriétaires.
- Pour se former une opinion fixe sur cet objet, il estbesoip
- p.287 - vue 296/329
-
-
-
- 288 MANUEL
- de s’arrêter aux différentes considérations qui ont déterminé la décision des parlemens.
- Celle qui a amené le parlement de Éaris à charger de cette dépense les seigneurs hauts-justiciers (la perception par eu*> à leur profit, des droits de voirie), existe contre les coffl' xnunes qui seules perçoivent actuellement tous les droits de ce genre, non seulement à l’égard des marchands et artisans ambulans, mais surtout sur les propriétaires de maisons , à raison des bornes, des saillies, des ouvertures, des seuils, etc.
- Le motif invoqué par l’ancien gouvernement pour charger les propriétaires des maisons de la dépense du premier pavé» ne paraît pas suffisant pour légitimer cette obligation ; le» propriétaires ont, sans doute, intérêt à avoir des communica-tions faciles avec leurs habitations , et à jouir de la salubrité; mais cet intérêt est égal pour tous les autres habitans ; ici l’in-térêt particulier satisfait à l’intérêt général, comme celui-ci satisfait à l’intérêt particulier ; tous deux commandent l’établissement du premier pavé, mais tous deux ne doivent pas y être égalementobligés ; en effet, une rue ouverte n’appartient plus ni aux propriétaires du terrain, ni à ceux des maison» qui la bordent, mais à la commune ; celle-ci jouit, non seulement de tous les droits de voirie résultant de son ouverture et de l’élévation des batimens, mais encore des centime» additionnels aux contributions foncière, mobilière et somptuaire , et aux patentes que produisent les nouvelles habitations, tandis que les propriétaires ne reçoivent de l’établissement du pavé que plus de facilité pour faire valoir leurs habitations, et que la commune profite encore progressivement de l’amélioration de ces propriétés.
- Les revenus municipaux sont spécialement destinés à l’établissement et à l’entretien des choses communes, nécessaires , ou utiles à tous les citoyens. Rien n’est plus nécessaire à la salubrité d’une ville que le pavage de toutes ses parties intérieures, et rien n’est plus utile à ses habitans.
- Ce sont ces motifs qui, sans doute , ont déterminé les législateurs à mettre l’entretien du pavé à la charge des communes; ils rentrent en effet dans le principe d’utilité publi' que, qui a fait mettre à la charge du trésor public et à celle des communes, la confection et l’entretien des chemins nationaux et vicinaux. Il n’y a aucune différence dans l’usage
- p.288 - vue 297/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. X 289
- »i dans les effets ; les unes comme les autres appartiennent au public, à la communauté ; c’est donc à celle-ci à les mettre en état d’être utiles à ce public.
- Cependant il paraît juste de distinguer les rues ouvertes par les propriétaires du terrain avec la permission de l’autorité municipale, dans la vue de donner plus de valeur à ce terrain, ou pour toute autre raison d’intérêt particulier, de celles ouvertes par l’autorité municipale pour satisfaire le besoin public; dans le premier cas, la municipalité peut attacher à la permission qu’on lui demande les conditions qu’elle juge nécessaires pour assurer la salubrité et la commodité publique , à la décharge de la commune.
- Mais lorsque l’ouverture de la rue a lieu spécialement pour l’utilité publique, et sur la réquisition de l’autorité administrative , on croit, d’après les motifs déjà énoncés, qu’il ne peut être juste d’obliger les propriétaires riverains à établir le pavé.
- Il existe encore d'autres considérations puissantes qui fortifient cette opinion. Si on examine l’effet du système contraire, on remarquera que de certaines rues faisant suite à des grandes routes et devant conséquemment être pavées aux frais de l’Etat, l’égalité des droits ou des charges serait rompue entre les propriétaires qui borderaient ces rues, et ceux des autres parties de la commune, et que la valeur dont jouiraient les premiers, serait d’autant plus insupportable, qu’ils réuniraient les autres avantages que procure un passage public , tant à l’exercice de l’industrie qu’à la valeur des immeubles.
- La justice distributive serait également violée habituellement entre les propriétaires riverains des autres rues de la commune, soit parce que les revers d’une même rue ne sont pas toujours égaux en largeur, soit parce que ceux des rues ayant une chaussée au milieu, sont généralement plus étroits que ceux que forment le ruisseau au milieu de la rue, et quo cependant les propriétés élevées le long de ces rues à chaussées se trouvent situées plus avantageusement et rapportent davantage.
- Le système d’établissement du premier pavé aux frais des communes, dans le cas où l’autorité publique fait ouvrir les Lues- ou les trouve ouvertes, paraîtra d’autant plus raison-
- a-5
- p.289 - vue 298/329
-
-
-
- 290 MANUEL
- nable, si l'on coîïs:dère que ces rues i*e se trouvent que successivement bordées de maisons, que l’on ne peut exiger d’un seul ou de quelques propriétaires, le pavage de toute la rue, et que cependant ce pavé ne peut s’établir partiellement.
- Enfin, qu’une rue de village peut être unie à la ville, malgré le vœu de ses habitans, et qu’il serait injuste qu’ils se trouvassent obligés de faire une dépense en pavé qui, pour beaucoup de propriétaires, égalerait la valeur de leur maison au moment même où ils se trouveraient soumis à des droits et à d’autres charges de ville très-onéreux pour eux.
- L’administration, ou plutôt le conseil des ponts et chaussées , voudrait établir que les rues faisant suite à de grandes routes, ne doivent être confectionnées et entretenues aux frais du gouvernement, que dans une certains largeur qui peut être moindre que celle,du pavé de la rue; mais ce désir n’est pas raisonnable : d’abord, sous le rapport de l’entretien, la loi ne fait aucune distinction ; d’un autre côté, les rouliers, les voitures publiques parcourent toute la largeur de la rue, et une commune voudrait en intercepter une partie, que l’administration publique s’y opposerait; d’ailleurs on ne pourrait réparer une seule partie d’une rue, sans, par ce travail même, détruire l’ensemble du pavé et la solidité de la route. On ne doit pas espérer de pouvoir obliger une commune sans argent, à faire en même temps les réparations qui dans ce système seraient à sa charge.
- On conclut de la jurisprudence rapportée et des considérations ci-dessus, i0 que le premier pavé des rues ouvertes pour l’utilité publique doit être à la charge des communes et non des propriétaires de maisons ;
- j.° Qu’au surplus, dans le silence de la législation sur la matière, on ne peut forcer les propriétaires de maisons à faire le premier pavédesrues ouvertes pourl’utilité publique;
- 3° Que les rues faisant suite aux grandes routes doivent être pavées et entretenues entièrement aux frais de l’administration des ponts et chaussées.
- ARTICLE V.
- Plantations d’Arbres bordant les chemins publics.
- Extrait d’un arrêté du Conseil d’Etat, du 3 mai 1720.
- Tous les propriétaires-d’héritages tenant et aboutissant aux
- p.290 - vue 299/329
-
-
-
- D'ARCHITECTURE. 291
- grands chemins et branches d’iceux, seront tenus de les planter d’ormes, hêtres, châtaigniers, arbres fruitiers ou autres arbres, suivant la nature du terrain, à là distance de Ho p. (g mèt. jS cent.) l’un de l’autre, et à une toise au moins ( i mèt. 95 cent.) du bord extérieur des fossés desdits grands chemins, et de les armer d’épines, et ce , depuis le mois de novembre jusqu’au mois de mars inclusivement ; et si aucuns desdits arbres périssaient, ils seraient tenus d’en planter d’autres dans l’année.
- Extrait d’une Ordonnance du Roi du 4 août i83i. H est défend^ de planter aucuns arbres à une moindre distance de 6 p. (1 mèt. 9.1) cent.) du bord extérieur des fossés à berges, à peine de 5<m liv. de dommages et intérêts.
- Extraits d’une Ordonnance du Bureau de Finances , du 29 mars 17^4. Les propriétaires sont tenus de laisser 3o p. (9 mèt. 7 5 cent.) au plus, et 18 p. (0 mèt. 80 cent.) au moins de distance d’un arbre à l’autre, et 6 p.
- ( i mèt. g5 cent.) d’intervalle entre les arbres et le bord extérieur des fossés ou berges étant le long des chemins, dont l’alignement aura été fixé ; de les armer d’épines, de remplacer, avant le 16 j anvier de chaque année, ceux qui périront, Par d’autres bien droits et de même espèce; de faire labourer tous les ans, à la fin de l’hiver, la terre au moins sur 4 p.
- ( 1 mèt. 3o cent.) en carré autour du pied des jeunes arbres; de les ébourgeonner et entretenir, et de les faire élaguer dans les temps prescrits par les réglemens : à défaut, il y sera pourvu par l’administration, qui délivrera un exécutoire des frais faits, et dont le recouvrement sera poursuivi comme le recouvrement des deniers publics.
- ARTICLE vi.
- Chemins de halage et constructions sur les rivières.
- Les servitudes établies par la loi pour l’utilité publique ou communale, ont pour objet le marchepied le long des rivières navigables ou flottables, la construction ou réparation des chemins et autres ouvrages publics ou communaux, i Code civil, art. 6bo. )
- Les propriétaires des héritages aboutissant aux rivières navigables, laisseront, le long des bords, 24 p. (7 mèt. 8j c. ) au moins de place eu largeur, pour chemin et trait des cbe-
- p.291 - vue 300/329
-
-
-
- 292 MANUEL
- vaux, sans qu’ils puissent planter arbres ni tenir clôture ou haies plus près de 3o p. ( g mèt. cent. ) du côté que les bateaux se retirent, et 10 p. (3inèt. 2Ô cent.) de l’autre bord, à peine de cinq cents livres d’amende, confiscation des arbres, et d’être, les contrevenans, contraints à réparer et remettre les chemins en état, à leurs frais. (Edit d’août 1669, art. 7, tit. 28.)
- Les propriétaires riverains de rivières navigables sont tenus de laisser le long des bords, B mèt. (24 p. 8°) pour le trait des chevaux. Les arbres, les fossés, murs, ne peuvent être plantés, creusés ou élevés plus près que de 9 mèt. 8 déc. (3o p.) à peine de destruction à leurs frais, et dommages-intérêts, et î mèt. 3 décim. (4 p.) le long des rivières et ruisseaux flottables, à bûches perdues, aux mêmes peines.
- Nul ne peut en détourner l’eau ni en altérer le cours , par fossés, tranchées, canaux ou autrement, sous les mêmes peines.
- On ne peut non plus tirer du sable ou autres matériaux à moins de n mèt. 7 décim. (6 t.) des rivages. {Arrêté du l3 nivôse an v, 2 janvier 1757- )
- Les contraventions mentionnées dans le décret du 4 prairial an x..., qui ordonne la publication de l’art. 7 du titre 28 de l’ordonnance de 1669, relatif aux chemins de ha-lage dans les départemens de la ci-devant Belgique, seront jugées administrativement, conformément à la loi du 29 floréal an x , et la disposition contraire contenue dans le décret du 4 prairial dernier est révoquée. ( Décret du 8 vendémiaire an xiv, 3o septembre i8o5, art. 1. )
- . Les dispositions de l’article 7, titre 28 de l’ordonnance de 166g, sont applicables à toutes les rivières navigables du royaume, soit que le gouvernement se soit déterminé depuis, ou se détermine aujourd’hui et à l’avenir à les rendre navigables. {Décret du 22 janvier i8i>8, art. 1.)
- En conséquence, les propriétaires riverains, en quelque temps que la navigation ait été ou soit établie, sont tenus de laisser le passage pour le chemin de halage. {Id. art. 2.)
- U sera payé aux riverains des fleuves ou rivières où la navigation n’existait pas et où elle s’établira, une indemnité proportionnée au dommage qu’ils éprouveront; et cette indemnité sera évaluée conformément aux dispositions de la loi du 16 septembre dernier. {Id. art. 3.)
- p.292 - vue 301/329
-
-
-
- d’architecture. 293
- L’administration pourra , lorsque le service n’en souffrira pas , restreindre la largeur des chemins de halagë , notamment quand il y aura antérieurement des clôtures en haies vives, murailles ou travaux d’arts, ou des maisons détruites.
- ( Id., art. 4- )
- Il est défendu à tous mariniers, voituriers par eau et conducteurs de trains, de faire passer leurs bateaux et trains de bois par les arches dans lesquelles on travaille aux piles, crèches et radiers, et à tel autre ouvrage que ce puisse être; de faire aucun dommage aux batardeaux, ponts de service , cintres , pieux , échafauds et autres préparatifs pour lesdits ouvrages, à peine de 3oo fr. d’amende, outre le dédommagement des entrepreneurs à dire d’experts. (Ordonnance du 27 juillet 1723.)
- Nul ne peut faire moulins, bâtardeaux, écluses, gords, pertuis, murs, plans d’arbres, amas de pierres, de terres, de fascines, ni autres édifices, ou empêchemens nuisibles aux cours de l’eau, dans les fleuves et rivières navigables et flottables, ni même y jeter aucunes ordures, immondices, ou les amasser sur les quais ou rivages, à peine d’enlcvement aux frais de ceux qui les auront faits ou causés, et de 5r>o fr. d’amende , même contre les fonctionnaires publics qui auront négligé de le faire.
- Ceux qui ont fait bâtir des moulins , écluses , vannes , pords et autres édifices, dans l’étendue des fleuves et rivières navigables ou flottables, sans en avoir obtenu la permission , sont tenus de les démolir, sinon ils le sont à leurs frais et dépens.
- II est défendu à toutes personnes de détourner l’eau des rivières navigables ou flottables, ou d’en affaiblir ou altérer le cours, par tranchées, fossés ou canaux, à peine d’être punies comme usurpatrices, et condamnées aux dépens de réparations. ( Ordonnance du mois d’août 1669.)
- Personne ne peut se servir de l’eau des fleuves et rivières navigables ou flottables, soit pour l’irrigation de ses propriétés, soit pour tout autre usage. [Code civil, art. 644*)
- Les propriétaires riverains sont cependant autorisés à y faire des prises d’eau, en vertu du droit commun, sans néanmoins en détourner ni embarrasser le cours d’une manière nuisible au bien général et à la navigation établie. [Loi du 6 octobre 1791.)
- p.293 - vue 302/329
-
-
-
- 294 MANUEL
- Toute personne qui désirera établir un pont, une chaussée permanente ou mobile, une écluse ou usine, un batardeau, moulin , digue ou autre obstacle quelconque au libre cours des eaux, dans les rivières navigables ou flottables, dans les canaux d’irrigation ou de dessèchement généraux, devra donner sa demande motivée et circonstanciée au préfet du département du lieu de l’établissement projeté. Le préfet, après avoir examiné la pétition, en ordonnera le renvoi au maire de la commune, à l’ingénieur ordinaire de l’arrondissement, et à l’inspecteur de la navigation, partout où il y en aura d’établi. Le maire aura à examiner les convenances locales et l’intérêt des propriétaires riverains ; et afin d’obtenir à cet égard tous les renseignemens, et de mettre les intéressés à même de former leurs réclamations, il donnera l’affiche et fera afficher la pétition à la porte principale de la maison commune ; cette affiche devra demeurer posée pendant l’espace de vingt jours, avec invitation aux citoyens qui auraient des observations à proposer, de les faire à la mairie danslesdits vingt jours, ou au plus tard dans les trois jours qui suivront l’expiration du délai do l’affiche.
- Le maire y ajoutera ensuite ses observations ; et indépendamment de la précaution ci-dessus indiquée, il ne négligera aucune des connaissances qu’il pourra acquérir par lui-même, soit par son transport sur les lieux, soit par la réunion des propriétaires d'héritages riverains et de ceux des usines inférieures et supérieures , soit enfin par le concours des ingénieurs et inspecteurs, s’ils peuvent être réunis au maire par le sous-préfet.
- Si l’ingénieur opère séparément, afin de le faire en plus grande connaissance de cause, il attendra l’expiration des délais indiqués et la formation des observations du maire, qui luiseront remises avec toutes les pièces par le sous-préfet, auquel le maire les aura adressées. Il examinera parles règles de l’art les inconvéniens ou les avantages de l’établissement, et pesera sous ce rapport la valeur des objections qui auront pu être faites. Lorsqu’il n’y aura pas d’inspecteur de la navigation dans l’arrondissement, il s’aidera des observations des mariniers instruits, sur l’effet que pourra produire, quanta l’action des eaux, l’étahlissement projeté, et prescrira la manière dont cet établissement devra se faire, ainsi que l’étendue et la proportion des \annes, écluses, déversoir»; etc. ; il fera du tout un plan qu’il joindra à son rap-
- p.294 - vue 303/329
-
-
-
- j D’ARCHITECTURE. 295r
- f^rt. La formation du plan sera aux frais de la paytie requérante.
- L’inspecteur de la navigation se concertera autant que possible avec l’ingénieur ordinaire , qui, dans tous les cas, devra lui donner communication des pièces j il examinera l’objet sous le rapport de la navigation ; il pourra faire son Apport de la navigation, séparément : cependant, lorsque l’ingénieur et l’inspecteur seront d’accord, rien n’empêchera ïue la rédaction ne soit commune; dans ce dernier cas, il sera formé une double minute ; dont l’une restera entre les •nains de l’inspecteur, et l’autre entre celles de l’ingénieur. Toutes ces pièces seront remises au sous-préfet, qui les adressera au préfet, avec son avis.
- L’ingénieur en chef donnera son avis sur le rapport de l’ingénieur ordinaire.
- Quant à l’inspecteur de la navigation , soit qu’il opère seul ou divisément, il devra toujours adresser une expédition de Son rapport au bureau de la navigation, indépendamment de telle qu'il remettra pour le préfet.
- Aussitôt la clôture des visites et rapports, toutes les pièces seront remises au préfet pour former son arrêté motivé, lequel, par une disposition expresse, portera surséance d’exécution jusqu’à l’intervention de la sanction du gouvernement.
- Conformément à l’arrêté du 29 floréal an vi, tous les arrêtés d’autorisation des préfets devront contenir :
- i° L’obligation expresse aux ingénieurs de surveiller immédiatement l’exécution des travaux indiqués aux plans et devis;
- 20 Celle au cessionnaire de faire k ses frais, après les travaux achevés , constater leur état par un rapport de l'ingénieur , dont ur.e expédition sera déposée aux archives de la Préfecture, et l’autre adressée au ministre de l’intérieur ;
- 3° D’insérer la clause expresse que dans aucun temps, ni sous aucun prétexte , il ne pourra être prétendu indemnités, nommages, ni dédommagemens par les concessionnaires ou ceux qui les représenteront, par suite des dispositions que le gouvernement jugerait convenable de faire pour l’avantage la navigation, du commerce ou de l’industrie, sur les cours d’eau où seront situés les établissemens.
- L’arrêté du préfet étant formé, il sera adressé au ministre
- p.295 - vue 304/329
-
-
-
- 396 MANUEL
- de l’intérieur, pour, d’après l’examen, être homologué, s'il y a lieu.
- Faute par le requérant de se conformer exactement au* dispositions de l’arrêté de concession qu’il aura obtenu , l’aw torisation sera révoquée, et les lieux remis au même état où ils étaient auparavant à ses frais. Il en sera usé de même dans le cas où le concessionnaire, après avoir exécuté fidèle' ment les conditions qui lui auront été imposées, viendrait par la suite à former quelqu’entreprise sur le cours d’eau, ou changer l’état des lieux sans s’y être fait autoriser.
- Anciens Etablissemens. Les mêmes règles que celles ei-dessus prescrites pour les nouveaux établissemens, auront lieu toutes les fois qu’on voudra changer de place les anciens, ou y faire quelque innovation importante. On observera de plus, à l’égard de ceux-ci, d’examiner les titres de jouissance, pour connaître si ces titres se trouvent avoir été confirmés , d’après la discussion qui doit en être faite en exécution des dispositions de l’arrêté du 19 ventôse. ( Instruction du 19 thermidor an vi, b août 179S. Sur les formalités à remplir à l'effet d’obtenir l’autorisation exigée par l’art. 9 de l’arrêté du 19 ven tôse même année.}
- article vu.
- Des Baux et Locations.
- L’objet de cet article fait continuellement le sujet de cou-testations et de procès entre les propriétaires et les locataires; aussi nous nous étendrons un peu sur les difficultés sans nombre qui se présentent souvent. Nous consulterons à cet égard les légistes qui ont traité plus particulièrement cette matière, devenue si importante dans les relations civiles.
- Nous prévenons nos lecteurs que le classement des paragraphes nous a forcé de citer plusieurs fois les mêmes articles eje lois et du code. Nous avons pensé que ces articles n’étant souvent analysés que très-succinctement, et^mêmo seulement indiqués, le texte n’en serait pas charge, et qiiS cela éviterait des recherches.
- p.296 - vue 305/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE.
- 297
- § i. Location de biens de ville et baux à ferme.
- Le contrat de louage est de deux sortes, celui des choses ®t celui des ouvrages.
- Celui qui s’oblige à faire jouir l’autre s’appelle locateur, °u bailleur, ou propriétaire, ou principal locataire; et Celui qui prend la jouissance s’appelle preneur, locataire °u sous-locataire, lorsque ce sont des biens de ville qui sont loués, et fermier, lorsque ce sont des biens de campagne.
- Le contrat qui se gouverne par les seules règles du droit Naturel est un contrat consensuel, étant formé par le seul consentement des parties, et il est synallagmatique lorsqu’il contient des engagemens réciproques contractés entre les parties; mais il est communicatif quand chacune se propose de recevoir autant qu’elle donne, soit une somme d’argent, soit une valeur, etc., pour une jouissance de lieu °u de chose louée. On passe des baux à ferme pour le travail °u le service , ou à cheptel pour les biens ruraux.
- Dans les meubles ou choses mobilières compris dans un Contrat de louage, sont toujours exceptés les objets qui se consomment par l’usage qu’on en fait, tels que l’argent comptant, le blé, le vin , l’huile, les fruits, etc., attendu qu’il est do la nature du contrat de louage que le locateur conserve la propriété de la chose dont le locataire n’a que la jouissance et l’usage.
- Mais les chevaux, les voitures, les tapisseries , les livres et autres meubles, aussi bien que des maisons, des prés, des bois, des terres labourables, etc., sont compris dans les choses louées.
- Le loyer verbal se manifeste par l’occupation, parle preneur ou locataire , lequel emporte nécessairement la preuve du consentement du bailleur ou locateur qui a livré les lieux et en a remis les clefs.
- L’usage à Paris et dans quelques pays est que la location Verbale s’opère par une remise de pièce de monnaie, appelée denier à Dieu, parce qu’elle est donnée (communément) P°ur les pauvres ou pour le portier de la maison, et que, lorsqu’elle est acceptée , elle sert de titre si, dans les vingt-quatre heures , l’un ou l’autre des deux contractans ne s’est pas dédit en renvoyant ou reprenant le denier à Dieu. (Poth;er , n° 3gi.)
- p.297 - vue 306/329
-
-
-
- 298 MANUEL
- Si la location verbale n’a encore eu aucune exécution, et que l’une des parties la nié, la preuve n’en peut être reçue par témoins. {Art. i"ji5 du Code civil.) La cour de cassation (section civile) a décidé qu’on ne pouvait point appliquer au contrat de louage l’art. r3ri du Code civil, qui admettait la preuve au-dessous de i5o fr. ; que l’art. 17r5 contenait une exception à cet art. i34c ( Arrêt du 12 mars iî316. Affaire Bonnet contre Froidevaux et Bouquet.)
- Les locations verbales ne sont point sujettes à enregistrement, alors même qu’elles sont reconnues et constatées, soit en justice et ailleurs. [Arrêt de la Cour de cassation (section civile), les xer, 12 et 17 juin 1811.)
- La location par écrit sous seing-privé est sujette à l’enregistrement, et conséquemment il doit être écrit sur papier timbré, sans pouvoir couvrir les empreintes des timbres, sous peine d’amende de tô fr. {Lois du 13 brumaire an vn, art. 12, 21 et 26; du 22 frimaire même année, art. a5 et 69, § 3 , e< du 27 ventôse an ix, art. 8. )
- Le droit d’enregistrement des baux à ferme ou à loyer , et des sous-baux, subrogations, cessions et rétrocessions do baux, réglé par l’art. 69 de la loi du 22 frimaire an vii, devait être payé un franc par cent francs sur le montant des deux premières années, et à 26 cent, par cent francs sur celui des autres années; ce droit est réduit, par l’art. 8 de la loi du 27 ventôse an îx, à 7b cent, pour les deux premières années, et reste à 26 cent, par cent francs sur le montant des années suivantes.
- Et, suivant l’art. 9, le droit d’enregistrement des eau-tionnemens de baux à ferme ou à loyer est de moitié de celui fixé par l’art. 8.
- Sont assujettis au droit d’un franc par cent francs les baux à ferme ou à loyer d’une seule année.
- A ces droits, il faut ajouter le décime par franc établi à titre de subvention de guerre par la loi du 6 prairial an vu : la loi du 2b avril ibr6 n’ayant rien changé à ces dispositions.
- Aux termes des articles 41 et 42 de la loi du 22 frimaire an vu, aucun bail sous signature privée ne peut être mentionné dans un acte judiciaire ni produit en justice sans être -enregistré , à peine contre les officiers ministériels et publics de 5o fr. d’amende, et de répondre personnellement du droit.
- p.298 - vue 307/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 299
- Un bail sons signature privée n’a de date que du pour où ]j est enregistré. Si l’acte ou bail sous signature privée contient des conventions synallagmatiques ou obligatoires de Part et d’autre,- il doit être fait double, et contenir sur chaque original ou double la mention expresse qu’il est fait double. (Code civil, art. 1025 et i328.)
- Un locataire a droit de sous-îouer et même de céder son huil, à moins que cette faculté lui soit interdite : cette clause est toujours de rigueur. (îd., art. 1717.)
- Le propriétaire peut demander la résiliation du bail lorsque le locataire sous-loue malgré la défense qui lui est faite par la clause du contrat. (Arrêt de la Cour de cassation, Section civile, du 12 mai 1B1 y.)
- Le temps pour lequel on peut louer n’est pas limité, Puisqu’on peut faire des baux à vie et des baux emphytéotiques, ou de gg ans.
- Si le locataire d’une maison ou d’un appartement continuait sa jouissance après l’expiation du bail par écrit, sans Opposition de la part du bailleur, il serait censé les occuper ®ux mêmes conditions, etc. [Code civil , art. 1789.)
- L’usage à Paris est qu’on fasse des baux pour 3, 6 ou 9 années; mais si la location est verbale, elle est censée faite pour une année, le prix se stipulant toujours pour tine année.
- Les quatre termes ordinaires par lesquels on loue commencent au ier janvier, au ter avril, au icr juillet, au Jer Cclobre.
- Dans plusieurs localités, on n’a qu’un terme dans les baux des maisons, lesquels commencent et finissent: celui des maisons de ville, à la Saint-Jean , et celui pour la campagne à la Toussaint. (Pothier, n° 29.) Alors c’est l’u-sage des différens pays qu’il faut consulter. Au surplus, rien s’oppose à ce qu’il soit dérogé aux usages par les conventions , à moins que la loi ne prescrive des règles dont on ne Peut s’écarter. [Voir les articles du Code civil, 1427, i43°, et le Traité de la Communauté, par Lebrun,
- n° 43.)
- Le bail d’un appariement meublé est censé fait à 1-an-hée, quand il a été fait à tant par an ; au mois, quand il a
- p.299 - vue 308/329
-
-
-
- 500 MANUEL
- été fait à tant par mois; au jour, s’il a été fait à tant pat jour. Si rien ne constate que le bail soit fait à tant par an» par mois ou jtar jour, la location est censée faite suivant l’usage des lieux. [Art. 1758 du Code civil.)
- Quant au bail des meubles pour garnir une maison en' tière, un corps de logis entier, une boutique, etc. ( Voit l’art. 1767 du Code civil), ces meubles doivent répondre pendant tout le temps du bail de la sûreté des loyers. ( Po' thier , Traité du Contrat de louage, n° 2/j t et suiv. )
- Le bail, sans écrit, d’un fonds rural, est censé fait pont le temps qui est necessaire, afin que le preneur recueil!6 tous les frais de l’héritage affermé. [Art. 1774 du Code civil.) Si les terres labourables sont partagées en trois sole$ ou saisons, comme en Beauce ou en Brie, le bail est censé fait pour trois ans; et lorsqu’elles ne le sont qu’en deux» comme dans le Aal de Loire, le bail est censé fait pour deux années. (Pothier, n° 28.) Celui pour les héritages ruraux cesse à l’expiration du temps qu’il fixe [Art. 177b du Code civil), et il n’est pas nécessaire de donner ou re' cevoir congé comme dans les loyers des maisons. [Id. ar* ticle 1776.}
- Le bail des biens de campagne ou ruraux cesse de plein droit à l’expiration du terme fixé, lorsqu’il a été fait pat écrit, sans qu’il soit nécessaire de donner congé. ( Code civil, art. 17^7.)
- Celui qui cultive sous la condition d’un partage de fruits avec le bailleur , ne peut ni sous-louer ni céder, si la faculté ne lui en a été expressément accordée par le bail. [Code civil, art. 1763.)
- En cas de contravention, le propriétaire a droit de rentrer en jouissance, et le preneur est condamné aux dommages-intérêts résultant de l’inexécution du bail. [Id. art. J764.)
- Si, dans un bail à ferme, on donne aux fonds une contenance moindre ou plus grande que celle qu’ils ont réellement , il n’y a lieu à augmentation ou diminution de pri* pour le fermier, que dans le cas et suivant les règles exprimés au titre de lavente. [Id. art. 176S.)
- Si le preneur d’un héritage rural ne le garnit pas des bestiaux et des ustensiles nécessaires à son exploitation, s’il
- p.300 - vue 309/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 301
- abandonne la culture , s’il ne cultive pas en bon pèïe de famille, s’il emploie la chose louée à un autre usage qde celui duquel elle a été destinée ; ou en général, s’il n’exécute Pas les clauses du bail, et qu’il en résulte un dommage pour ^ bailleur , celui-ci peut, suivant les circonstances, faire résilier le bail.
- En cas de résiliation provenant du fait du preneur, celui-ei est tenu des dommages et intérêts, ainsi qu’il est dit en l’art. 176i. {Id. art. 176G.)
- Tout preneur de bien rural est tenu d’engranger dans les lieux à ce destinés d’après le bail. {Id. 1767.)
- Tout preneur de bien rural est tenu, sous peine de tous dépens , dommages et intérêts , d’avertir le propriétaire des Usurpations qui peuvent être commises sur les fonds.
- Cet avertissement doit être donné dans le même délai qui celui qui est réglé en cas d’assignation, suivant la distance des lieux. {Id. 1768.)
- Si le bail est fait pour plusieurs années , et que, pendant la durée du bail, la totalité de la moitié d’une récolte au moins soit enlevée par des cas fortuits, le fermier peut demander une remise du prix de la location, à moins qu’il ne Soit indemnisé par les récoltes précédentes.
- S’il n’est pas indemnisé, l’estimation de la remise ne peut avoir lieu qu’à la fin du bail, auquel temps il se fait une compensation de toutes les années de jouissances.
- Et cependant le juge peut provisoirement dispenser le preneur de payer une partie’du prix, en raison de la perte oulferte. {Id. art. 1789-)
- Si le bail n’est que d’une année , et que la perte soit de la totalité des fruits, ou au moins de la moitié, le preneur sera déchargé d’une partie proportionnelle du prix de la location.
- Il ne pourra prétendre aucune remise, si la perte est moindre de moitié. {Id. art. 1770.)
- Le fermier ne peut obtenir de remise lorsque la perte des ruits arrive après qu’ils sont séparés de la terre, à moins que le bail ne donne au propriétaire une quotité de la récolte en nature, auquel cas le propriétaire doit supporter sa
- 2G
- p.301 - vue 310/329
-
-
-
- 502 MANUEL
- part de la perte, pourvu que le preneur ne fût pas en de' meure de lui délivrer sa portion de la récolte.
- Le fermier ne peut également demander une remise lors' que la cause du dommage était existante et connue à l’épo' que où le bail a été passé. (Id. art. 1771.)
- Le preneur peut être chargé des cas fortuits par une Stipulation expresse. {Id. art. 1772.)
- Cetle stipulation ne s’entend que des cas fortuits ordinal' tes, tels que grêle, feu du ciel, gelée ou coulure.
- Elle ne s’entend point des cas fortuits extraordinaires; tels que les ravages de la guerre ou une inondation auxquels Je pays n’est pas ordinairement sujet, à moins que le pre' neur n’ait été chargé de tous les cas fortuits , prévus ou ira' prévus. {Id. art. 1773.)
- Le bail, sans écrit, d’un fonds rural, est censé fait pour le temps qui est nécessaire, afin que le preneur recueille tous les fruits de l’héritage affermé.
- Ainsi le bail à ferme d’un pré, d’une vigne ou de tout autre fonds dont les fruits se recueillent en entier dans le cours de l’année , est censé fait pour un an.
- Le bail des terres labourables, lorsqu’elles se divisent par soles ou saisons , est censé fait pour autant d’années qu’il y a de soles. {Id. art. 1774.)
- Le bail des héritages ruraux, quoique fait sans écrit, cesse de plein droit à l’expiration du temps pour lequel il est censé fait, selon l’article précédent. {Id. art. l'i'jb.)
- Si, à l’expiration des baux ruraux écrits, le preneur reste et est laissé en possession , il s’opère un nouveau bail dont l’elfet est réglé par l’art. 1774. {Id. art. 177b.)
- Le fermier sortant doit laisser à celui qui lui succède dans la culture, les logemens convenables et autres facilités pour les travaux de l’année suivante, et réciproquement le fermier entrant doit procurer à celui qui sort les logemens convenables et autres facilités pour la consommation des fourrages et pour les récoltes restant à faire.
- Dans l’ùn et l’autre cas, on doit se conformer à l’usage des lieux. (M. art. 1777.)
- Le feumier sortant doit aussi laisser les pailles çt çngrais
- p.302 - vue 311/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 303
- de l’année, s’il les a reçus lors de son entrée en jouissance ; et quand même il ne les aurait pas reçus, le propriétaire pourra les retenir, suivant l’estimation. [Id. art. ±778.)
- Lorsque les bois-taillis d’un domaine sont partagés en plusieurs coupes dont il s’en fait une tous les ans, et que le bail m’exprime pas un temps limité, il est censé fait pour autant d’années qu’il y a de coupes. (Pothier, n. a8.)
- Pour un étang qu’on ne pêche que tous les trois ans, il n’est affermé que pour trois ans, si un bail ne le livre pour plus de temps.
- La convention du prix des loyers étant libre entre le bailleur , le propriétaire et le preneur, ou le locataire, tous sontroaîtres de stipuler celui qu’ils veulent. Le Code civil dit : on peut louer par écrit ou verbalement. (Art. 1714.)
- Si le bail fait sans écrit n’a encore reçu aucune exécution , et que l’une des parties le nie, la preuve ne peut être reçue par témoin, quelque modique qu’en soit le prix, et quoiqu’on allègue qu’il y a eu des arrhes donnés.
- Le serment peut seulement être déféré à celui qui nie le bail. {Code civil, art. 171b.)
- Lorsqu’il y aura contestation sur le prix dubail verbal dont l’exécution a commencé, et qu’il n’existera point de quittance, le propriétaire en sera cru sur son serment, si mieux n’aime le locataire demander l’estimation par experts, auquel eas les frais de l’expertisse restent à sa charge , si l’estimation excède le prix qu’il a déclare. {Id. art. 1716.)
- Le prix peut être payé ou en numéraire métallique en entier , ou en numéraire en partie , et en grains et denrées en partie, ou en totalité en grains, ou en denrées de telle nature, ou en bestiaux de telle espèce, ou même en travaux et services, et cette convention est au choix des contractans. (Pothier, n» 89 et 4o. )
- Dans les tacites réconductions ou continuations de locations, le bail cessant à l’expiration des baux écrits, le locataire estcensélesoecuperauxmêmesconditkms, etilfautpour l’expulser un nouveau congé. [Codecivil, art. i'j'iSet 1759.)
- Les loyers prescriptibles par cinq ans, à partir de l’expiration du bail (art. 2277 du Code civil), ne sont pas nais
- p.303 - vue 312/329
-
-
-
- 504 MANUEL
- à couvert de la prescription par la tacite reconduction. [ÂrrÏÏ delà cour de cassation, du 2 b octobre 1813.)
- Lorsqu’il y a un congé signifié , le preneur , quoiqu’il ai* continué sa jouissance, ne peut invoquer la tacite réconduC' tion, et la caution donnée par le bail ne s’étend pas au* obligations résultant de la prolongation. {Code civil, artr des 1739, 1740,i774, 1776.)
- § 11. Baux à cheptel.
- Le bail h cheptel est un contrat par lequel l’une des parties donne à l’autre un fonds de bétail pour le garder, le nourrir et le soigner, sous les conditions convenues entre elles. (Art. 1800, Code civil.)
- O11 distingue quatre sortes de cheptels : i° cheptel simple ou ordinaire ;
- 2° Cheptel à moitié;
- 3o Cheptel donné au fermier, dit cheptel de fer. {Code civil, art. 1801 à i83o.)
- Enfin le 4e est une espèce de contrat improprement appelé cheptel. {Code civil, art. i83i.)
- Pothier regarde le chept el des porcs comme usuraire ou trop onéreux au preneur. Il n’autorise que celui des bêtes à laine, des chèvres, desbeeufs, des vaches, des chevaux etdesjumens; mais l’art. >8o4 du Code rejette celte opinion , et adopte la disposition de la coutume du Nivernais qui autorisait le chep-tel de toute espèce de bétail. (P. Pothier dans ion Traité des cheptels, n° 2î. )
- Pour l’estimation qui se fait à la fin du bail, voir Pothier dans le même Traité, n° 6 ; pour la coutume du Berry, ibid. n° 3‘ ; et pour les dommages et intérêts qu’un bailleur peut demander suivant le préjudice qu’il aurait éprouvé. ( Code civil, art. 176b.)
- Pour l’obligation que contracte le bailleur, de faire jouir du cheptel le preneur pendant la durée du bail, V. Pothier , no 32.
- Pourquoi le preneur est tenu à des dommages et intérêts (Pothier, n° 3 b), et pourquoi il ne peut être tenu de représenter les peaux des moutons mangés ou dévorés par les loups. {Id. n°52.)
- p.304 - vue 313/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. SCS
- Pour le droit de suite ou revendication du badlèur. {Pothier, n° 4° à 52. )
- Pour ce qu’on appelle cheptel de fer, consultez Pothier, n° 65, et le Code civil, art. iÔ2i et tu t vans, ainsi conçus :
- Ce cheptel est celui par lequel le propriétaire d’une métairie la donne à ferme à la charge qu’à l’expiration du bail le fermier laissera des bestiaux d’une valeur égale au prix de l’estimation de ceux qu’il aura reçus. {Code civil, art 1821.)
- L’estimation du cheptel donné an fermier ne lui en transfère pas la propriété , mais néanmoins le met à ses risques.
- (Id. 1822.)
- Tous les profits appartiennent au fermier pendant la durée de son bail, s’il n’y a convention aontraire. (Id. 1823.)
- Dans les cheptels donnés au fermier, le fumier n’est point dans les profits personnels des preneurs, mais appartient à la métairie, à l’exploitation de laquelle il doit être uniquement employé. (Id. 1824.)
- La perte même totale et par cas fortuit, est en entier pour le fermier, s’il n’y a convention contraire. (Id. iSib.)
- À la fin du bail, le fermier ne peut retenir le cheptel en en payant l’estimation originaire ; il doit en laisser un do valeur pareille à celui qu’il a reçu.
- S’il a du déficit, il doit le payer ; et c’est seulement l’excédent qui lui appartient. (Id. 1826.)
- Si le cheptol périt en entier sans la faute du colon, sa perte est pour le bailleur. (Id. 1827.)
- On peut stipuler que le colon délaissera au bailleur sa part de la toison, à un prix inférieur à la valeur ordinaire.
- Que le bailleur aura une plus grande part du profit;
- Qu’il aura la moitié des laitages;
- Biais on ne peut pas stipuler que le colon sera tenu da toute la perte. (Id. 1828.)
- Ce cheptel finit avec le bail à métairie. (Id. J829.)
- 11 est d’ailleurs soumis à toutes les règles du cheptel simple, (Id. i83o.)
- Le preneur avertit le baillent' de la tonte des moutons-(Pothier, n° 3g. )
- 26*
- p.305 - vue 314/329
-
-
-
- SOS MANUEL
- La discussion au conseil d’état dans la séance du 9 nivôse an 12, relativement à la perte qui doit être supportée en commun , contredit le principe posé par Pothier dans son n0 Ô3, {Cheptel.)
- La cour royale de Poitiers a jugé dans le cheptel simple, que la perte survenue sans la faute du preneur, et par cas fortuit, est commune entre le bailleur et le preneur. {Arrêt du 2 frimaire an x.)
- Pour ce qui concerne le partage ou le paiement du prix du cheptel, Voy. Pothier, n°s5i, 55, 5y, 58.
- Le preneur d’un cheptel de fer, n’est pas privé du droit d’en distraire quelques parties pour ses opérations commerciales, dans le cours de la jouissance , et ses créanciers ne peuvent être empêchés conséquemment de les saisir et faire vendre , tant que le fonds du cheptel ne s’en trouve point aliéné de manière à compromettre les iutérêts du bailleur.
- ( Arrêt de la Cour de Cassation, sect. civ., du 8 décembre tuo6.)
- Le fermier peut vendre h son profit le croît des bestiaux. (Pothier, n° 69.)
- En quoi le fermier doit supporter la perte, quand même le déficit serait arrivé par des cas de force majeure et sans sa faute. (Pothier, n° 67.)
- Sur les conventions dont est susceptible un contrat improprement appelé cheptel. (Pothier, n° 71 et suivans. )
- g ni. Baux à vie et emphytéotiques.
- Le bail à vie est celui par lequel un propriétaire cède la jouissance d’un bien, soit d’une maison, soit d’une terre, pour la vie d’une personne , après la mort de laquelle ce bien doit retourner au propriétaire ou à ses héritiers.
- Le bail emphytéotique est celui par lequel un propriétaire cède à quelqu’un la jouissance d’un terrain , à la charge d’y bâtir; ou d’une maison, à la charge de la reconstruire et rétablir en entier ou avec les changemens jugés nécessaires; ou d'un héritage, à la charge de le cultiver et améliorer, pour un prix en argent payable chaque année, ou pour des rétributions en grains et denrées, et avec telles conditions que les parties yeulenl établir, sous l’obligation qu’après le temps
- p.306 - vue 315/329
-
-
-
- D’ARCHITECTURE. 307
- ^ l’emphytéose expiré, la jouissance du terrain et desbàti-^ens y construits , ou rebâtis, ou du fond amélioré , retourna au propriétaire qui en a fait bail, ou à ses héritiers.
- Les baux à vie étant passibles du droit proportionnel de ^ p. o/o aux termes de l’art. 69, § 7, n° 2 , de la loi du 22 frimaire an vii, il importe peu que le bail à vie ait eu tout son elfet. Il suffit qu’il ait donné lieu au droit de 4 p. 0/0 > dès l’instant que la convention dont il fait partie a été arrêtée et que ce droit ait été exigé en temps utile, pour que la contrainte décernée ië soit valablement. ( Arrêt de la Cour de Cassation du a5 novembre t8t>8, affaire des sieurs Godin et Matherat, contre la régie de l’enregistrement. )
- Le preneur à vie est comparé à l’usufruitier ; ses droits sont déterminés par les art. 082 et 5yg du Code civil, et ses obligations le sont par les art. 600, 6o5, 606, 607, 6.18, 6i3 et 614 du même Code.
- La vente de la chose baillée à vie ne ferait aucun changement dans le droit du preneur, et l’acquéreur serait tenu de maintenir la jouissance, le bail à l’égard du preneur étant une investiture pour toute sa vie, sous les seules obligations portées au contrat, et il est une aliénation temporaire de la part du bailleur. L'art. 2059 du Code civil, sur le stellionat, pourrait lui être appliqué, à moins toutefois qu’il ne vendit que la nue propriété, qui lui appartient toujours.
- A la fin du bail à vie, les héritiers du preneur sont obligés de remettre les choses dans l’état où il les a reçues. Le bailleur et ses héritiers sont tenus de maintenir les baux dont la durée n’excède pas celle de neuf années pour lesquelles le mari ou le tuteur peuvent en faire ( art. x 4^9 et *4^u ) ï au~ trement ils peuvent être réduits. (Id. 5c)5.)
- Le preneur à bail emphytéotique n’ayant qu’une possession précaire, ne peut jamais acquérir par la prescription le bien qui lui est loué. ( Code civil, art. 2236. )
- Le preneur doit remplir exactement les engagemens qu’il a contractés. (Art. 1764» 17^^> cités page 384- )
- Dans le bail à vie, le défaut de paiement de la redevance pendant trois années donne droit au bailleur de demander Ja résiliation du bail.( Fïrrirre , au mot emphylêose.)
- p.307 - vue 316/329
-
-
-
- 308 MANUEL D’ARCHITECTURE.
- Les biens donnés à emphytéose doivent aussi être et sent susceptibles d’hypothèque. ( Coda civil, art. ziiiï.)
- m DU PKEM1KK VOimiE.
- p.308 - vue 317/329
-
-
-
- TABLES DES MATIÈRES
- OOJVTENUES
- DANS LE PREMIER VOLUME.
- Page.
- Introduction......................................... v
- Chapitre premier. But et moyeu» de l’Architecture ..................................... x
- 8 i. Principes pour la composition d’un bâtiment. 4
- § 3. Proportions des cinq ordres en général.. . . G
- Des Colonnes.............................. 7
- 8 3, Des entre-colonnemens......................... 8
- § 4* Des Portiques...............................ihid.
- § 5. Des Piédestaux.............................. 9
- § 6, Manière d’obtenir le module d’un ordre. . . ihid.
- § 7. Subdivisions des Ordres d’architecture. ... io
- § 8. Des Moulures en général........... n
- § 9. Des Ordres grecs . .........................ihid.
- Ordre dorique grec .......................ihid.
- Ordre Corinthien .........................ihid.
- Ordre Ionique.............................ihid.
- § 10. Ordres Romains................................ *5
- § 11. Des Cannelures.................. . ........ihid.
- 8 12. Des Pilastres................................ *4
- § i3. Des Ordres élevés au-dessus les uns des autres ..............................................
- 8 i4* Des Frontons et Acrotères. . ................. xG
- 8 i5. Des Socles et Piédestaux de soubassement. . 17
- 8 16. Des Portes et Croisées........................ *8
- Chapitre II. Géométrie élémentaire appliquée au toisé et aux opérations du dessin................... 19
- Article premier. Des Lignes et de leurs diverses dispositions .......................................ihid.
- p.309 - vue 318/329
-
-
-
- 510
- TABLE
- article il. Des Angles,
- Page
- 23
- article ni. Des Plans ou Surfaces,
- 31
- g i. Des Triangles..............................ibid.
- g 2. Des Figures à quatre côlés................... 33
- g 3. Des Polygones réguliers..................... 33
- g 4. Du Cercle et de l’Ovale, ou Ellipse......... 313
- g 5, De l’Hypothénuse. ........................... 33
- article iv. Des Solides. ........................... 3g
- § i. Des Polyèdres réguliers......... ibid•
- g 2. Des Prismes.......Y.................. 41
- g 3. Des Pyramides........................ 4a
- g 4- Du Cylindre . . . . ................ 44
- g 5. Du Cône. ........................ ibid.
- g 6. De la Spère ; ...................... 46
- g 7. De la Sphéroïde . . ................. 49
- article v. Extraction des Racines. ........ 6a
- g 1. Extraction de la Racine carrée....... 5i
- g 2. Table des Racines carrées et cubiques, depuis
- 1 jusqu’à 100. ............ 5g
- art. vi. Tracé des Figures géométriques sur le papier. 82
- g 1. Elever une perpendiculaire d’un point donné
- sur une ligne droite horizontale ou inclinée, ibid. g 2, Faire une ligne horizontale sur une perpendiculaire ..........................................ibid.
- g 3. Abaisser une perpendiculaire sur une ligne. . ibid. g 4* Elever une perpendiculaire à l’extrémité d’une
- ligne. ................................... 83
- g 5, Diviser une ligne droite donnée en deux par-
- ties égales................................ ibid,
- g 6. Mener une ligne droite parallèle à une première
- donnée . . . *...............................ibid.
- g 7. Faire passer la circonférence d’un cercle par
- trois points donnés ........................... 84
- g 8. Décrire une portion de cercle par trois points donnés, lorsqu’il y a impossibilité de le faire
- par le centre............................... ibid.
- g 9. Décrire différentes espèces d’ovales........... 83
- Tracer l’ovale dit anse de panier.......... 83
- Ellipse ou ovale du jardinier. ...... 87
- p.310 - vue 319/329
-
-
-
- DES MATIÈRES. 314
- Page.
- § 10. Tracer un arc rampant de deux ouvertures de
- compas.............•.................... 8$
- Décrire un arc rampant d’un arc droit. . . . ibid.
- § il. Tracer un carré ........................ibid.
- g 12. Tracer un carré dans un cercle .........ibid.
- g i5. Diviser un cercle en cinq parties égales pour
- y inscrire un pentagone ................... 8g
- g i4* Inscrire un triangle équilatéral, un oxygone
- ou un dodécagone ...................... ibid.
- g i5. Inscrire un eptagone. ...................ibid.
- g 16. Inscrire un octogone.....................ibid;
- g 17. Décrire un triangle équilatéral en dehors
- d’un cercle . .......................... . 90
- S 18. Faire un triangle équilatéral dont un côté
- est donné ......................, . . . ibid.
- g 19. Inscrire une étoile à six pointes dans un
- cercle..................................ibid»
- g 20 Du tracé de quelques moulures et des cannelures ...................................... t . . ibid.
- Cïiap. III. Principes généraux dé construction.
- article premier. Des Travaux en général.
- g 1. De l’Architecte . . . ................... g3
- g 2. De l’Inspecteur. ........................ 94
- g 3. Des Vérificateurs....................... g5
- g 4. Des diverses natures d’ouvrages de bàtimens. ibid.
- article 11. Des Fouitles......................... 96
- Article iii. De l’Entrepreneur de maçonnerie et de
- ses ouvriers.....................................J 06
- article iv. Des Matériaux et de leur emploi.
- g 1. De la Pierre............................... 108
- g 2. Du Moellon et de la Meulière.................. m
- g 3. Du Plâtre ................ ibid.
- g 4. Carreaux de plâtre....................... 113
- g 5. Des Plâtras. ... . . . . . . .......... . u4
- g 6. De la Chaux . .............................ibid.
- g 7. Des Mortiers. .............................. 118
- g 8. Des Sables............................. - ibid.
- g 9. Des Cipiens .......................... . 119
- p.311 - vue 320/329
-
-
-
- 312
- TABLE
- Page'
- g 10. De la Pouzzolane.................... . . . 131
- § n. Du Pisé..................................MU.
- g 12. De l’Argile.............................Md,
- § i-3. Du Salpêtre..............................121
- § 14- De la Brique.............................Md,
- g )5. Des Carreaux.............................123
- § 16. Des Poteries........................., . Md,
- g 17. Des Marbres ............ . 125
- g 18. Des Granits. ............................126
- § 19. Des Stucs. .............................. . %bid.
- § 20. Du Grès.....................................
- § 21. De la Craie................................ 128
- g 22. Du Blanc en bourre......................Mi.
- g 23. Poids des Matériaux....................... Md.
- article v. Des Ouvrages faits dans Veau, et des Murs en général.
- § 1. Des ouvrages dans l’eau. . . : . . ; ; 7 i3a
- Construction des puits, bassins, citernes et
- réservoirs............................. . Md.
- § 2. Des fondations en général................i34
- g 3. Des fondations dans l’eau...............Md.
- g 4. Fondations dans les terres solides et autres . i36
- g 5. Des murs en élévation....................139
- g 6. Des murs en clôture......................lig
- article vi. Des plates-bandes et voûtes en pierre . . i50
- g 1. Des Plates-Bandes. ...........................i5i
- g 2. Des Voûtes et Arcades en général. .... i55
- g 3. Des Voûtes et Arcades en berceau, plein-
- cintre , et autres......................i58
- g 4. Des Voûtes d’arrêtés et en arc de cloître . . 160
- g 5. Des Voûtes sphériques...................161
- g 6. Des Voûtes annulaires . • • • . • ... 162
- g 7. Des Pendentifs ............................ibid.
- g 8. Des Voûtes côniques ........................ibid-
- g 9. Des Descentes en berceau ........ 163
- g 10. Des Voûtes plates . . .....................ibid.
- g 11. De la pose des Voûtes en pierre. ..... 2 65
- g 12, Du ravalement des Voûtes. . . • • ♦. », . 169
- p.312 - vue 321/329
-
-
-
- DES MATIÈRES.
- 313
- Page.
- Article vu. Des autres Ouvrages en Pierre.
- § 1. Dès Piédestaux.............. 170
- § 2. Des Colonnes ...........................171
- § 3. Des Entableinens .......................174
- § 4. Des Péristyles. ........................176
- g 5. Des Frontons............................J 77
- g 6, Valeur des diverses tailles de pierres . . . i85
- Art. viii. Des Perrons et des Escaliers.............186
- Aivt. ix. Delà Poussée et résistance de» corps. . . . 194
- g j . Force et Résistance des Bois................198
- g 2. De la Poussée des Terres....................199
- g 3. Poussée des Voûtes..........................200
- Art. x. Des légers Ouvrages..........................ao5
- Art. xi. Manière de toiser les Murs, Voûtes, Colonnes et autres Ouvrages de Bdtimens.
- g 1. Toisé des Murs...........-.................208
- g 2. Toisé des Marches....................210
- g 3. Toisé des Colonnes..................ibid.
- g 4. Toisé des Voûtes........................212
- g 5. Toisé des Puits......................217
- g 6. Toisé des Languettes de briques....218
- g 7. Toisé des Cloisons 6i Pans de bois. .... ibid.
- g 8. Toisé des légers Ouvrages en plâtre .... ibid.
- Art. xii. De la Charpente..........................220
- g 1. Des Combles en charpente...................ibid.
- g 2. Des Planchers..............................221
- g 3. Des Pans de bois.......................... 224
- g 4. Des Escaliers ............................ 225
- Art. xiii. De la Couverture.
- g 1. De l’Ardoise. ; 7 7 7 . . . . . 225
- g 2. De la Tuile.............................. ibid.
- g 3. Des Bitumes............................... 226
- g 4. Des Dalles.............................. ibid.
- g 5. Plomb et Zinc........................ .ibid.
- g 6. Paille, Chaume, Jonc. ...................... • ibid.
- %?
- p.313 - vue 322/329
-
-
-
- 314
- TABLE
- p,ge.
- art. xiv. De la Menuiserie.
- § t. De? Bois .................................. 227
- g 2. Croisées, volets, persiennes, contrevents . . 228
- g 3. Des Escaliers......................... 229
- g 4* Des Portes cochères et autres........ibid<
- g o. Des Lamhris et armoires. 281
- § 6. Des Combles en menuiserie................ . 232
- & 7. Des Cloisons. ..................... ibid-
- g 8. Des Planchers et Parquets . . ....... 252
- art. xv. De la Serrurerie. . . .................235
- Chap. IV. Lois, coutumes et ordonnances concernant les bdtimens,
- g 1. Des Àlîgnemens............................ 239
- g 2. Garantie ; précautions à prendre pour la solidité. . . .........................................a4t
- g 3. Précautions particulières pour prévenir les incendies . ....................................... 247
- § 4- Sur l’établissement des manufactures dites
- insalubres............................... 249
- g 5. Sur lesMaisons à démolir pour cause de péril
- imminent ................................ . 260
- g 6. Sur les Murs mitoyens......................264
- g 7. DesYues sur les voisins....................27^
- art. 11. Des Servitudes........................ 27^
- g 1. Des Droits sur les propriétaires en général . . ibid-g 2. Servitudes qui dérivent de la situation des (
- lieux ..•..*.............................. 272
- g 3. Comment s’acquièrent ou s’établissent les servitudes ............................................ 277
- g 4- Servitudes établies par la loi. . . .............279
- g 5. Droits du propriétaire du fonds auquel la servitude est due.........................................28»
- g 6. Comment les servitudes s’éteignent...............281
- art. m. Expropriation pourl cause d'utilité publique .....................................282
- g 2. Des Indemnités...........................284
- g 3. Du Paiement. ............... ib%d‘
- p.314 - vue 323/329
-
-
-
- DES MATIÈRES.
- 315
- âge.
- Art. iv. Etablissement et entretien du pavé des mes et
- 'des routes........................286
- Art. v. Plantations d’arbres bordant les chemins
- publics.......................................290
- Art. vi. Chemins de halage et constructions sur les
- rivières................................ 291
- Art. vu. Des Baux et Locations....................296
- § 1. Locations des biens de ville et baux à fermes. 297
- § 2. Baux à cheptel......................3o4
- § 3, Baux à vie et emphytéotiques........3u6
- FIS VU LA. TABLE des MATIÈRES.
- p.315 - vue 324/329
-
-
-
- »
- , - ï » «otistiH j îs înamijHit'.SS .vi .r
- SSr ............ .iaUi f>al» '
- <• < :..i‘i.««^lo .«1 «|X;V% ; -il *tr«jUni>- 'A .Y .T -
- <M;C » » - • • * j- • • • * • • î'j:i4*T^
- c-i*•-.*, «çi>U»A *S »*i icnto .1/ .t,
- .tW* .............. V.aiy
- 0:»Ê ..............)s v 3. *iÆ .ny .t,
- • v- .«r'WJïl.a XB*tf-l'»'9Ü>y ibp.m'.d «ob wurJaon.l. t %
- . . . • . f. • • • - Iïifji.d3 S xui’.îl .£ $
- ü *. * .... g'Js'piJoÿl/dfjma i*j aiy y.'i; r .t.
- ; , ( '• •' '•' : '•
- *! .- ». / H'' ‘ .
- :.S ^
- Là®
- .«4 !x:tik ha ajqlt 1..: au t»
- 'l*f '%s.V\
- r>t <-.
- ' i' l:v :
- p.316 - vue 325/329
-
-
-
- ÿz 'Zljttuuoj
- ptnuT xxeufnfjjfrpruji Tm&dvy^
- t fV> -P\r
- 7>W f
- ivj-avtf JreAtf. Imr.
- pl.1 - vue 326/329
-
-
-
- Manuel d‘Arc/utecfiire . PL 2
- FL 3
- JrcJtù. Tm
- K r "
- i.
- Ï ! jf.(7»A.MC1üX
- 'i 1 O.,,
- pl.2 - vue 327/329
-
-
-
- pl.5 - vue 328/329
-
-
-
- /Manuel7 d jîrc/i/echire. Pf 0 .
- pl.6 - vue 329/329
-
-