Nouveau manuel complet, théorique et pratique, du dessinateur et de l'imprimeur lithographe
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- ENCÏGLOPÊDIE-RQEET.
- NOUVEAU MANUEL COMPLET,
- THÉORIQUE ET PRATIQUE,
- IBSINATM* El JE WRin
- LITHOGRAPHE.
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- Le mérite des ouvrages de V Encyclopédie-Roret leur a valu les honneurs de la traduction, de l’imitation et de la contrefaçon. Pour distinguer ce volume il portera, à l’avenir, la véritable signature de l’Editeur,
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- MANUELS-RORET. —'IzifyZfl
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- MANUEL COMPLET,
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- «SSMTEUR ET DE I/DIIT.HEIT,
- LITHOGRAPHE.
- NOUVELLE ÉDITION,
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- REVUE, corrigée, augmentée, et ornée de vinot LITHOGRAPHIES.
- Par L.-R. BRÉGEAUT,
- Lithographe breyeté, élève de M. le comte Charles DE LASTETRII.
- PARIS, U
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- A LA LIBRAIRIE ENCYCLORÉJytyOE DE RORET, / ^
- Rue Hautefeuille, /\, J
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- Bai\-61R-Seine. — lmp, da S AILLA RD.
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- AVIS DE L’ÉDITEUR.
- Les deux premières éditions de cet ouvrage, dont il ne reste pas un seul exemplaire, ont obtenu un si grand succès que, pour satisfaire aux nombreuses demandes qui nous sont faites chaque jour, nous nous empressons d’en publier une troisième que l’auteur a revue avec soin, considérablement augmentée et enrichie de notes que les principaux artistes et imprimeurs lithographes ont bien voulu lui fournir.
- Cette troisième édition entièrement à la hauteur de l’art, que l’on peut considérer comme arrivé à son dernier degré de perfectionnement , recevra, nous n’en doutons pas, un accueil favorable de la part du public, si juste appréciateur des productions utiles aux arts, à l’industrie et au commerce.
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- Au moment où ce Manuel parut, on avait publié sur4a Lithographie plusieurs ouvrages, sous différens titres, parmi lesquels nous citerons une Notice faite par un habitant de Dijon, en 1818; cette brochure est peu importante et paraît être l’œuvre d’un amateur des arts : on ne saurait cependant refuser à cette production le mérite d’être venue la première au secours des artistes. En 1819, parut un mémoire de M. Raucourt, ancien élève de l’Ecole polytechnique ; cet excellent ouvrage est encore fort utile, malgré les progrès faits daus cet art, depuis l’époque de sa publication.
- Une instruction pratique fut donnée la même année, par l’estimable inventeur, M* Senefelder ; elle contient toutes les observations chimiques qui ont rapport à
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- cette découverte, les détails relatifs à tous les procédés, dont il est également l’inventeur; enfin, une application générale et raisonnée ,des moyens d’apporter à cet art ingénieux une foule d’améliorations.
- En 1822, M. Engelmann donna un Manuel du Dessinateur, suivi d’un Traité de l’emploi du tampon; ce Manuèl est fort intéressant, mais peut-être ne contient il pas assez de renseignemens sur les rapports directs qui existent entre le dessin et l’impression et qui forment une partie essentielle des connaissances nécessaires aux artistes qui veulent obtenir des résultats satisfaisais, s’occuper eux-mêmes de l’étude de cet art en le raisonnant, et contribuer ainsi plus efficacement aux progrès dont il est susceptible.
- Enfin, en 1826, M. Houbloup, praticien distingué, a publié une théorie lithographique que nous avons été des premiers à lire et dans laquelle nous avons reconnu, avec plaisir, que notre opinion était souvent la même.
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- Depuis la mise en vente de notre seconde édition, plusieurs notices sur la lithographie ont été publiées sur diverses spécia lités de cet art intéressant, et parmi elles, nous avons remarqué celles de MiVl. Lan-glumé et Chevalier sur h manière d’enlever , au moyen d’un procédé chimique , tout ou partie d’un dessin, sans en altérer le reste , et de faire ainsi, sans donner un nouveau grain à la pierre, tous les chan-gemens désirables.
- Nous nous sommes occupés de cette recherche, dès l’année 1829, et nous donnerons des détails circonstanciés sur nos propres expériences.
- En i832, MM, Rnecht et Roissy, publièrent , en employant les moyens lithographiques, un petit « Manuel du Litho-0 graphe ou abrégé des meilleurs procé-« dés pour dessiner, graver et imprimer « sur la pierre. >/
- Ce recueil, destiné sans doute à l’usage particulier des ouvriers de l’établissement que ces deux Messieurs exploitaient
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- alors ensemble, contient des indications utiles mais trop incomplètes, les auteurs se sont tracé un cadre étroit qu’ils n’ont pas voulu dépasser, car le talent et l’expérience n’ont pu leur manquer.
- L’ouvrage de MM. Knecht et Roissy est orné de deux spécimen en gravure sur pierre, dont l’un, qui est une carte générale de la Turquie d’Europe, est d’une exécution remarquable.
- Enfin, en i835, M. Tudot vient de publier une « Description de tous les moyens « de dessiner sur la pierre avec l’étude des « causes qui peuvent empêcher la réussite « de l’impression des dessins. »
- Cette description, dont nous aimons a reconnaître le mérite, convient beaucoup plus aux artistes qui ont étudié la chimie , qu’à la plupart des jeunes dessinateurs et surtout aux imprimeurs lithographes qui sont presque sans exception, plus forts en pratique qu’en théorie.
- M. Tudot, qui, aux talens d’un artiste, joint des connaissances en chimie, parlç
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- continuellement le langage de la science, et si nous pensons que MM. Knecht et Roissy ont mis trop de simplicité, et qu’ils auraient dû donner plus d’extension h leur cadre, nous croyons aussi que l’ouvrage de Tudot est un peu savant.
- Pour prouver tout le cas que nous faisons du livre de M. Tudot, nonobstant les observations qui précèdent, nous indique-rons avec plaisir quelques-uns des procédés nouveaux qui nous ont parer mériter une sérieuse attention.
- Aujourd’hui, en donnant une troisième édition de notre Manuel théorique et pratique, nous ferons nos efforts pour satisfaire les besoins vivement sentis par toutes fes personnes qui exerceut la Lithographie, en réunissant, autant qu’il nous sera possible, dans un seul volume d’un format si commode, toutes les observations que nous avons été à même de faire pendant plusieurs années d’une pratique en grand, faite dans ses détails les plus minutieux, puisque ayant été chef d’une des premières
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- Lithographies, puis enfin, breveté imprimeur à Paris, nous avons exécuté par nos mains tous les travaux relatifs à ce genre d’impression, à partir du grainage et polissage des pierres, du broyage de l’encre à imprimer, et du tirage des épreuves comme ouvrier, jusqu’à la fabrication des vernis, des encres et crayons de tous genres pour le dessin, et aux expériences qui s’y rattachent.
- Nous ferons aussi connaître les nouveaux procédés découverts par nos collègues, en y joignant nos réflexions personnelles; notre intention étant d’augmenter ainsi les ressources que doivent présenter les ouvrages purement théoriques et pratiques , aux personnes qui se destinent à l’industrie, ou qui cherchent à lui donner un nouvel essor, en perfectionnant ses principes théoriques et la construction des machines qui servent à son exploitation.
- Comme l’invention de la Lithographie n’est pas entièrement due au hasard, ainsi que le pensent encore une infinité de per*
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- sonnes dont quelques unes ont embrassé la profession de Lithographe, nous croyons devoir donner ici une note historique, afin d’éviter qu’une partie de la reconnaissance que nous devons à l’inventeur d’une découverte qui intéresse à la fois les arts , le commerce et l’industrie, ne s’écarte pas de son véritable et légitime objet par suite du silence des apôtres de l’art.
- M. Aloys Senefelder, doué d’un esprit mventif, persévérant par caractère , était surtout animé par le désir si naturel à l’homme de devenir indépendant.
- Pendant sa jeunesse, il s’occupait de l’art dramatique, et une pièce qii’il fit imprimer lui donna l’occasion d’observer le travail des ouvriers de l’imprimerie et d’acquérir ainsi, toutes les connaissances relatives à cet art.
- Il éprouva bientôt l’envie d’imprimer scs ouvrages lui-même, mais la médiocrité de sa fortune ne lui permettant pas d’acquérir le droit qui lui était nécessaire pour lettre ce projet à exécution, il s’attacha
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- dès ce moment, à chercher un moyen moins coûteux, qui lui donnât l’occasion d’obtenir le privilège qui lui manquait.
- Il réussit assez bien à graver à l’ean forte ses ouvrages sur le cuivre, et h les imprimer par le procédé ordinaire; il avait imaginé une espèce de stéréotypage sur la cire h cacheter et sur le bois, mais l’exécution en grand exigdânt des capitaux plu* considérables que ceux dont il pouvait disposer, il eut recours au projet qu’il avait formé de s’associer avec un de ses amis qui possédait une imprimerie en taille-douce, et de continuer à graver lui-même avec sos moyens particuliers et sans le secours des outils dont se servent les graveurs*
- Les difficultés qu’il eut à vaincre lui firent chercher à composer une encre chimique, qui est presque la même que celle dont on se sert aujourd’hui pour dessinef et pour écrire sur pierre, saufquelques modifications ou additions.
- Une découverte conduit naturellement à une autre; éprouvant trop de peine &
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- repolir les planches de cuivre qui avaient ^é employées à ses premiers essais et qu’il v°ulait faire servir encore, il en attribua la cause à la rudesse de sa pierre à débrutir, et songea à s’en procurer de meilleures; il Se souvint que sur les bancs de sable de l’Isère, il avait vu des pierres qui y ressemblaient et paraissaient supérieures pour cet usage ; aussitôt il entreprit le voyage ; ^aisson désappointement fut grand, quand *1 reconnut que ces pierres étaient calcai-res; il résolut cependant d’en tirer parti, après avoir essayé si elles étaient plus faciles à débrutir et à polir que le métal.
- Comme ces pierres sont bien moins chères que le cuivre, il se décida à s’en servir pour ses nouveaux essais en gravure ^ 1 eau-forte ; il donna la préférence à celles connues à Munich sous le nom de pierre Solenhofen et qu’on employait pour carreler les appartemens.
- La première fois qu’il en fit usage il était sa»s doute loin de penser qu’elles joue-
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- raient par la suite, un aussi grand rôle dans l’art d’imprimer.
- M. Senefelder apprit seul et successivement h tracer sur la pierre les caractères d’écriture, la musique, les lettres moulées, etc.
- Enfin, un jour, la chose la plus simple et la plus indifférente, à laquelle il n’attachait aucune importance, lui fit découvrir la Lithographie.
- Il venait de dégrossir une pierre pour continuer ses essais d’écriture, lorsque sa mère vint lui dire d’écrire le linge qu’elle allait donner h laver ; 11e trouvant pas de papier sous sa main, et voulant congédier la blanchisseuse qui s’impatientait, il prit le parti d’écrire le mémoire sur sa pierre en se servant de l’encre chimique, dans l’intention de le transcrire ensuite sur le papier, aussitôt qu’on lui en aurait apporté.
- Lorsqu’il voulut effacer ce qu’il venait d’écrire, il lui vint dans l’idée de voir ce que deviendraient ces lettres tracées avec
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- son encre, composée de cire , de savon et de noir de fumée, en passant sur la pierre une préparation d’eau-forte , et d’essayer un même temps s’il ne serait pas possible d’encrer ces caractères de la manière usitée pour la gravure sur bois et la typographie, au moment de commencer l’impres sion.
- L’acide dont il se servait pour cette opération était étendu de 9710° d’eau, force calculée sur les précédens essais faits par lui en gravure sur pierre.
- Cette préparation trop forte, qu’il laissa séjourner pendant plusieurs minutes h l’instar des graveurs , donna à son écriture un relief de l’épaisseur d’une carte à jouer, et les parties légères , telles que les déliés, étaient endommagées.
- Il lui resta alors à trouver les moyens d’encrer cette planche sans le secours des °utils ordinaires ; pour y parvenir , il se servit d’un petit tampon de crin recouvert d une peau fine; ce tampon ayant l’inconvénient de mal distribuer l’encre et de la , b
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- faire prendre aussi dans les interlignes, il en forma un autre au moyen d’une petite planche unie, recouverte d’un drap très-fin à une épaisseur d’un pouce ; ce tampon remplit parfaitement son but.
- Cette opération terminée il obtint facilement des épreuves sans exercer une pression aussi considérable que celle nécessitée par ses premiers essais de lithographie en creux.
- Il appliqua ce nouveau procédé à l’exécution des planches de musique, et forma dès lors (en 1796) une imprimerie en ce genre, conjointement avec M. Gleissner, musicien de la cour de Bavière.
- On exécuta dans cet établissement divers travaux avec un succès inégal, tant en musique qu’en adresses et cartes de visites.
- Enfin ce fut en 1799 que M. Senefelder, toujours occupé d’augmenter l’importance de ses nombreuses découvertes , inventa la lithographie proprement dite , celle qui existe et que nous cultivons maintenant.
- Il serait trop long de citer ici les recher-
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- ches infinies et les expériences que cet homme infatigable a été obligé de faire pendant plusieurs années pour arriver h ce résultat presque miraculeux , qui, tout en reposant sur des bases simples et naturelles, est resté ignoré pendant une longue suite de siècles , et le serait probablement encore sans les efforts répétés du génie inventif et l’ardeur peu commune du créateur de la Lithographie.
- Cet art, connu en France seulement dépuis i8i4> existait à Munich en 1800, à Vienne en 1802 , à Rome et à Londres en 1807, Toutefois, ch fut dans le cours de cette dernière année que MM. André d’Of-fenbach essayèrent son importation en France; mais à cette époque, les procédés relatifs à cet art étaieht peu familiers à ceux-là même qui cherchaient à le propager : aussi les essais qui furent faits à Pari^ n’offrirent-ils que des résultats peu satis-faisans. Le gouvernement refusa de donner une approbation qui lui semblait peu méritée, et la Lithographie fut ainsi repoussée
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- du pays dans lequel sa prospérité est aujourd’hui plus assurée que partout ailleurs.
- Parmi les hommes qui se font un devoir d’être utiles à leurs pays, et de concourir aux progrès des lumières, M. de Lasteyrie fut le premier à comprendre toute l’importance d’un art que des essais malheureux avaient fait mal accueillir de ses concitoyens ; le premier, il entrevit les différentes applications auxquelles on pourrait le soumettre, et il entreprit à ses frais, plusieurs voyages en Allemagne, dans le seul but de recueillir lui-même, tous les ren-seignemens nécessaii^ à la naturalisation de la Lithographie en France; il poussa le zèle jusqu’à s’astreindre aux travaux d’un simple ouvrier ; il sacrifia des sommes considérables pour perfectionner cette ingénieuse invention, et, en quelques mois de soins pénibles et assidus, il parvint aux plus heureux résultats.
- A peine fondé en France, son établissement devint le rendez-vous de nos artistes célèbres ; et ses presses ne tardèrent pas à
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- multiplier les spirituelles et gracieuses compositions des Vernet, Bourgeois, Mi-chalon, Isabey, Villeneuve, Thiénon, etc.
- M. de Lasteyrie inventa h cette époque un procédé autographique, espèce de papi-rographie, au moyen duquel on pouvait reproduire toute espèce de caractères d’écriture et de dessins à l’encre enjes traçant avec une encre chimique, à l’aide d’une plume ordinaire, sur un papier couvert d’une préparation colorée.
- Le premier résultat de cette ingénieuse découverte fut l’impression des lettres autographes et inédites de Henri IV et d’un portrait de ce monarque, dessiné par notre célèbre Gérard. ,r
- Le gouvernement ne tarda pas à reconnaître les importans services de M. de Lasteyrie , et lorsqu’il présenta le premier exemplaire de l’ouvrage ci-dessus, à S. E. le ministre de l’Intérieur, i! en reçut deux brevets d’honneur et l’offre d’un privilège exclusif pour toute la France , pendant quinze années.
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- M. de Lasteyrie refusa généreusement une faveu rqui lui assurait une immense fortune rien que par la concession du privilège dans chaque ville de France, disant au Ministre « qu’il fallait que l’exercice « d’un art nouveau fut libre, que sans « cela les progrès seraient lents et dif-« ficiles, et qu’il ne voulait pas priver sa « patrie des immenses bienfaits que pro-« duirait la concurrence.
- Des ouvrages d’économie rurale, d’histoire naturelle, d’anatomie, etc., d’un mérite supérieur, ont été publiés par les soins et aux frais de M. de Lasteyrie, dont le bonheur est d’être utile à ses concitoyens.
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- En 1816, M. Engelmann , qui avait un établissement à Mulhausen , en transporta les élémens à Paris, et s’attacha à publier des collections assez intéressantes. Il est juste de le considérer comme ayant puissamment contribué aux progrès de la Lithographie en France : sa réputation d’excellent imprimeur lithographe est le fruit de sa persévérance et de ses longs
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- Savaux; les beaux et importans ouvrages sortis de ses presses en sont les preuves incontestables.
- C’est dans son établissement et dans celui de M. de Lasteyrie que ee formèrent les meilleurs dessinateurs, écrivains et imprimeurs.
- M. Engelmann qui a des connaissances en chimie et une longue expérience est Maintenant le doyen des imprimeurs-lithographes, il est parfaitement secondé dans tas vastes opérations de sa maison par M» Thierry, son beau-frère, qui depuis bien des années consacre tout son temps à l’art lithographique, qui lui doit plus d’une amélioration.
- A dater de 1818, le gouvernement aulo-risa la formation de beaucoup d’établisse-Mens lithographiques : les principales villes de province eurent leur Lithographie, et Jouirent ainsi, quoiqu’imparfaitement en-c°re, des bienfaits de cette nouvelle ressource industrielle.
- Il faut le dire aussi, c’est alors que les
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- abus commencèrent h surgir de tous côtés : chacun se crut appeler à exercer de prime abord, un état qui exige des connaissances préalables. La Lithographie ne devint entre les mains de quelques hommes avides qu’un simple objet de spéculation ; ses progrès s’arrêtèrent, son crédit commença à diminuer, et peut-être aurions-nous vu se perdre une des plus belles inventions du siècle, sans les efforts de ceux qui avaient déjà tant fait pour elle aux premiers temps de son importation.
- En effet, il ne suffit point à la prospérité d’un établissement lithographique que celui qui est chargé de le diriger soit personnellement doué de zèle et de nombreuses connaissances pratiques, il faut encore qu’il apporte le soin le plus attentif dans le choix de ceux à qui il confie l’exécution des différons travaux.
- Ce serait une erreur de croire que les fonctions de l’ouvrier lithographe se bornent à un service purement mécanique. N’a-t-il pas besoin d’instruction ou d’in-
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- telligence pour se diriger dans toutes les parties de son travail? N’a-t-il pas besoin flue son goût ait été formé par la réflexion, par l’habitude, et que quelques notions de dessin aient donné de la justesse à son coup-d’œil?
- De plus, celui qui se destine à la carrière d’imprimeur lithographe doit être jeune, robuste, propre et soigneux. Si une seule de ces qualités lui manque, il doit à l’instant même renoncer à son projet : il ne sera jamais bon lithographe.
- Ce qui ne lui est pas moins nécessaire, c est la tempérance, qui, tout en conservant ses forces, lui laisse toujours le libre exercice de ses facultés intellectuelles.
- Il faudrait donc, dans l’intérêt de l’art, donner un prompt remède au mal infini fiui résulte de la négligence ou de l’indiffé-rence apportée dans le choix des ouvriers. 4 faudrait (aujourd’hui qu’un grand nommée d’individus témoignent le désir d’adop-ler la carrière lithographique) les soumet tre» avant leur admission dans les ateliers,
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- à une espèce d’examen, qui aurait pour but de reconnaître l’éducation qu’il ont reçue, leur degré d’intelligence, la force physique dont ils sont susceptibles, le genre de vie qu’ils ont mené jusque-là.
- Ce nouvel ordre de choses, en protégeant les intérêts des arts et des artistes, tournerait à profit de ceux-là même qu’il tend à réformer.
- Mais, pour remédier aux abus qui résultent du passage des ouvriers d’un atelier dans un autre, il serait nécessaire que chacun de ces ouvriers fût muni de son livret; que nul d’entre eux ne pût être admis dans les imprimeries que sur une mention motivée qui y serait inscrite par le maître lithographe de chez lequel l’ouvrier serait sorti. ”
- On maintiendrait ainsi parmi les ouvriers une espèce de discipline dont les heureux effets ne tarderaient pas à se faiVe sentir. D’ailleurs, la présence habituelle des maîtres imprimeurs dans l’intérieur de leurs établissemens, leurs conseils donnés
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- ^ propos, les applications d’une théorie usuelle qu’ils peuvent faire, devraient aussi contribuer à la bonne conduite des ouvriers , servir leurs propres intérêts en ttiême temps que leur réputation , et hâter tas progrès de l’art utile auquel ils se sont consacrés.
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- EXTRAITS
- DES LOIS ET ORDONNANCES
- Sur la Presse, en ce qui concerne plus spécialement les Imprimeurs lithographes.
- LOI
- Relative à la Liberté de la Presse.
- Louis, par la grâce de Dieu, etc.
- Du 21 octobre 1814.
- TITRE II.
- De la Police de la Presse.
- Art. 11. Nul ne sera imprimeur ni libraire s’il n’est breveté par le Roi et assermenté.
- Art. 12. Le brevet pourra être retiré à tout imprimeur ou libraire qui aura été convaincu, par un jugement , de contravention aux lois et régleinens.
- Art. i3. Lis impiimeries clandestines seront détruites, et les possesseurs et dépositaires punis d’une amende de 10,000 fr. et d’un emprisonnement de sis mois.
- Sera réputée clandestine toute imprimerie non déclarée à la direction générale de la librairie, et pour laquelle il n'anra pas été obtenu de permission.
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- LOIS ET ORDONNANCES.
- XXV
- Art. 14. Nul imprimeur ne pourra imprimer un écrit avant d’avoir déclaré qu’il se propose de l’impri-ni®r» ni le mettre en vente ou le publier, de quelque ma-niçre que ce soit, avant d’avoir déposé le nombre pres-Cllt d’exemplaires, savoir : à Paris, au secrétariat de la direction générale, et dans les dèpartemens, au secré-tariat de la préfecture.
- Art. 15. Il y a lieu à saisie et séquestre d’un ou-'ïage :
- i°. Si l’imprimeur ne représente pas les récépissés de a déclaration et du dépôt, ordonnés en l’article précédent;
- a“- Si chaque exemplaire, ne porte pas le vrai uom et ,!* vraie demeure de l'imprimeur;
- 3°. Si l’ouvrage est déféré aux tribunaux pour son
- contenu.
- Art. 16. Le défaut de déclaration avant l’impression, e! ie défaut de dépôt avant la publication, constatés comme il est dit en l’article précédent, seront punis clia-cun d’une amende de 1,000 fr. pour la première fois, et a,ooo fr. pour la seconde.
- Art. 17. Le défaut d’indication, de la part de l’im-Prtmeur, de son nom et de sa demeure, sera puni d’une ntnende de 3,000 fr. L’indication d’un faux nom et d’une ai'sse demeure est punie d’une amende de 6,000 francs, ^ns préjudice de l’emprisonnement prononcé par le Ude pénal.
- Art. 18. Les exemplaires saisis pour simple contra-Vention à la présente loi, seront restitués après le paie-oient des amendes.
- Art. ig. Tout libraire chez qui il sera trouvé, ou qui Sera convaincu d’avoir mis en vente ou distribué un ou-^rage sans nom d’imprimeur, sera condamné à une Rtende de 2,000 fr., à moins qu’il ne prouve qu’il ait e imprimé avant la promulgation de la présente loi..
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- lois ET ORDONNANCES
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- L’amende sera réduite à 1,000 francs, si le libraire fait connaître l’imprimeur.
- Aht. 20. Les contraventions seront constatées par procès-verbaux des inspecteurs de la librairie, et des commissaires de police.
- Art. 21. Le ministère public poursuivra d’office les contrevenaus par-devant les tribunaux de police correctionnelle, sur la dénonciation du directeur général de la librairie, et la remise d’une copie des procès-verbaux.
- ORDONNANCE DU ROI
- Contenant des mesures relatives à l’Impression, au Depot et à la Publication des ouvrages.
- Au château des Tuileries, le 24 octobre i8i4*
- Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, etc.
- Sur le rapport de notre amé et féal chevalier le chancelier de France ;
- Notre Conseil d’Etat entendu, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
- Art. iec. Les brevets d’imprimeur et de libraire, défi* vrés jusqu’à ce jour, sont confirmés ; lia conditions auxquelles il en sera délivré à l’avenir, seront déterminées par un nouveau réglement (1).
- Art. 2. Chaque imprimeur sera tenu, conformément aux régleinens, d’avoir un livre coté et paraphé par le maire de la ville où il réside, où il inscrira, par ordre de dates et avec une série de numéros , le litre littéral de tous les ouvrages qu’il se propose d’imprimer, le nombre
- (») Ce reglement n’a point été fait.
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- LOIS ET ORDONNANCES.
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- de feuilles, des volumes et des exemplaires, et le format de l’édition. Ce livre sera représenté, à toute réquisition, ailx inspecteurs de la librairie et aux commissaires de police, et visé par eux s’ils le jugent convenable.
- La déclaration prescrite par l’art. 14 de la loi du 21 octobre 1814, sera conforme à l’inscription portée au livre.
- Art. 3. Les dispositions dudit article s’appliquent a,lx estampes et aux planches gravées accompagnées d’un texte.
- Art. 4. Le nombre d’exemplaires qui doivent être déposés, ainsi qu’il est dit au même article, reste fixé a cinq (1) f lesquels seront répartis ainsiqu’il suit : Un pour notre Bibliothèque, un pour notre amé et féal chevalier le chancelier de France, un pour notre mi-Distre secrétaire d’Etat au département de l’intérieur,
- pour le directeur général de la librairie, et le cinquième pour le censeur qui aura été ou qui sera chargé d examiner l’ouvrage (2).
- Art. 7. En exécution de l’article 20 de la même > les commissaires de police rechercheront et consta-ter°nt d’office toutes les contraventions; et ils seront *eUDs aussi de déférer à toutes les réquisitions qui leur Sei'ont adressées à cet effet par les préfets, sous-préfets et maires, et par les inspecteurs de la librairie. Ils e,1verront dans les vingt-quatre heures tous les procès-'Çibaux qu’ils auront dressés, à Paris, au direcleur-Seneral de la librairie; et dans les départemens, aux pTefels, qui les feront passer sur-le-champ au directeur
- () On ne dépose plus maintenant que deux exemplaires,
- cli,*» ®eP“'s la suppression de la censure cet exemplaire ne doit r'us être déposé.
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- XXVÜj LOIS ET ORDONNANCES.
- général, seul chargé par Parlicle a i de dénoncer les contrevenans aux tribunaux.
- Art. 8. Le nombre d’épreuves des estampes et planches gravées, sans texte, qui doivent être déposées dans notre Bibliothèque, reste fixé à deux, dont une avant la lettre ou en couleur, s’il eu a été tiré ou imprimé de celte espèce.
- Il sera déposé en outre trois épreuves, dout une pour notre amé et féal chevalier le chancelier de France, une pour notre ministre secrétaire d’Etat au département de l’intérieur, et la troisième pour le directeur général de la librairie.
- Art. 9. Le dépôt ordonné en l’article précédent sera fait à Parig, au secrétariat de la direction générale, et dans les déparlemens, au secrétariat de 1* préfecture. Le récépissé détaillé, qui en sera délivré à l’auteur, formera son titre de propriété, conformément aux dispositions de la loi du 19 juillet 1793.
- Art. 10. Toute estampe ou planche gravée, publiée ou mise en vente avant le dépôt de cinq épreuves, constaté par le récépissé, sera saisie par les inspecteurs de la librairie et les commissaires de police, qui efl dresseront procès-verbal.
- Art. 11. Il est défendu de publier aucune estampe et gravure diffamatoire ou contraire aux bonnes mœurs* sous les peines prononcées par le Code pénal.
- Art. 12. Conformément aux dispositions de l’art. 1® de l’arrêt du Conseil du 16 avril 1785 , cl à l’art. 3 du décret du 14 octobre 1811 , il est défendu à tous auteurs et éditeurs de journaux, affiches et feuilles périodiques, tant à Paris que dans les départemens, sou5 peine de déchéance de l’autorisation qu’ils auraient obtenue , d’annoncer aucun ouvrage imprimé ou gravé* si ce n’est après qu’il aura été annoncé par le journal de la librairie.
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- LOIS EX ORDONNANCES. Xxix
- ORDONNANCE DU ROI relative aux impression,s lithographiques.
- Au château des Tuileries, 8 ôctobre 1817.
- Loms, par la grâce de Dieu , etc., etc.
- L’art de la lithographie a reçu, depuis une époque très-récente, de nombreuses applications qu-i l’assimi-Wt entièrement à l’impression en caractères mobiles et à celle en taille douce; et il s’est formé, pour la Pratique de cet art, des établissemens de la même nature que les imprimeries ordinaires , sur lesquelles il a été statué par la loi du 21 octobre 1814.
- A ces causes, voulant prévenir les inconvéniens qui Résulteraient de l’usage clandestin des presses litlio-8raphiques.
- Vu les articles 1 r, i3 et 14 de la loi du 21 octobre 1814 ,
- Vous AVONS ORDONNÉ ET ORDONNONS Ce qui Suit :
- t Art. Ier, Nul ne sera imprimeur-lithographe, s’il n est breveté et assermenté.
- 2. Toutes les impressions lithographiques seront sou-ni»ses à la déclaration et au dépôt avant la déclaration , c°tmuetous les autres ouvrages d’imprimerie.
- LOI
- ^Ur la répression des Crimes et Délits commis
- Par la voix de la Presse , ou par tout autre
- nioj'eu de publication.
- A Paris , le 17 mai 1819.
- ^°eis , par la grâce de Dieu , etc.
- CHArtTRE PREMIER.
- Oe la provocation publique aux Crimes et Délits.
- Art. ier_ Quiconque, soit par des discours, des cri °n des menaces proférés dans des lieux ou réunion®
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- LOIS ET ORDONNANCES.
- publics, soit par des écrits, des imprimés, des dessins, gravures, des peintures ou emblèmes vendus ou distribués,' mis en vente, ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards et affiches exposés aux regards du public, aura provoqué l’auteur ou les auteurs de toute action qualifiée crime ou délit, à la commettre, sera réputé complice et puni comme tel.
- Art. 2. Quiconque aura, par l’un des moyens énoncés en l’art, i1,1', provoqué à commettre un ou plusieurs crimes, saus que ladite provocation ait été suivie d’aucun effet, sera puni d’un emprisonnement qui ne pourra être moindre de trois mois , ni excéder cinq années, et d’une amende qui ne pourra être ati-decsous de ào francs, ni excéder 6,000 fr.
- Art. 3. Quiconque aura, par l’un des mêmes moyens, provoqué à commettre un ou plusieurs délits, sans que ladite provocation ait été suivie d’aucun effet, sera puni d’un emprisonnement de trois jours à deux années, et d’une amende de 3o francs à 4,000 fraucs, ou de l’une de ces deux peines seulement, selon les circonstances , sauf les cas dans lesquels la loi prononcerait une peine moins grave contre l’auteur même du délit, laquelle sera alors appliquée au provocateur.
- Art. 4. Sera réputée provocation au crime, et punie des peines portées par l’article 2 , toute attaque formelle par l’un des moyens énoncés en l’art. ier, soi* contre l’inviolabilité de la personne du Boi, soit contre l’ordre de successibilité au trône , soit contre l’aulorite constitutionnelle du Roi et des Chambres.
- Art. 5. Seront réputés provocation au délit et puni* des peines portées, par l’article 3.
- i°. Tous cris séditieux publiquement proférés , autres que ceux qui rentreraient dans la disposition d® ^article 4 ;
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- LOIS ET ORDONNANCES.
- XXXI
- 2°. L’enlèvement ou la dégradation des signes publics *ta l’autorité royale, opérés par haine ou mépris de cette autorité;
- 3°. Le port public de tous signes extérieurs de ralliement non autorisés par le Roi ou par des réglemens de police;
- 4°. L’attaque formelle , par l’un des moyens énoncés en l’art. iei’, des droits garantis par les art. 5 et 9 de *a Charte constitutionnelle.
- , Art. 6. La provocation ,par l’un des mêmes moyens, a désobéissance aux lois, sera également punie des Pe*ues portées en l’art. 3.
- Art. 7. il n’est point dérogé aux lois qui punissent a provocation et la complicité résultant de tous actes autres que les faits de publication prévus par la prévôté loi.
- CHAPITRE ir.
- es outrages à la moralité publique et religieuse, ou aux bonnes mœurs.
- Art. 8. Tout ontrage à la morale publique et relieuse, ou aux bonnes mœurs, par l’un des moyens énoncés en l’art. iev, sera puni d’un emprisonnement d un mois à un an, et d’une amende de 16 francs à a°° francs.
- CHAPITRE ni.
- Des offenses publiques envers la personne du Roi
- j, Art. 9. Quiconque , par l’un des moyens énoncés en .frUcle iei de la présente loi, se sera rendu coupable °uenses envers fa personne du Roi, sera puni d’un e,nPrisonnement qui 11e pourra être moins de six ^ois, ni excéder cinq années, et d’une amende qui ne Pourra être au-dessous de 5oo francs, pi excéder idjOoo francs.
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- LOIS ET ORDONNANCES.
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- Le coupable pourra, en outre, être interdit de tou1 ou partie des droits mentionnés en l’article 42 du Codf pénal, pendant un temps égal à celui de l’emprisonne; ment auquel iL aura été condamné; ce temps courra * compter du jour où le coupable aura subi sa peine.
- LOI
- Relative à la Répression et à la poursuite de$ délits commis par la voie de la Presse oü par tout autre moyen de publication.
- Du 26 mars 1822. Louis, par la grâce de Dieu , etc.
- TITRE PRE MI.E R.
- De ta répression.
- Art. 1e1'. Quiconque, par l’un des moyens énoncé; en l’article 1e1 de la loi du 17 mai 1819, aura outrage ou tourné en dérision la religion de l’Etat, sera pufl* d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans, et d’une ameude de 3oo francs à 6,000 francs.
- Les mêmes peines seront prononcées contre qui' conque aura outragé ou tourné en dérision toute autre religion dont l’établissement est légalement reconnu e» F rance. •
- Art. 2. Toute attaque, par l’un des mêmes moyens 1 contre la dignité royale, l’ordre de suecessibilité a11 trône, les droits que le Roi tient de sa naissance, ceu* en vertu desquels il a donné la Charte, son autoril® constitutionnelle, l’inviolabilité de sa personne, 1®S droits ou l’autorité des Chambres, sera punie d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans, et d’un® amende de 3oo francs à 6,000 francs.
- Art. 3. L’attaque, par l’un de ces moyens, de* droits garantis par les articles 5 et 9 de la Charie
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- LOIS ET ORDONNANCES.
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- constitutionnelle, sera punie d'un emprisonnement ^ un mois à trois ans, et d’une amende de too fr. à 4,ooo francs (i).
- Art. 4. Quiconque, par l’un des mêmes moyens, a,,ra excité à la haine ou au mépris du gouvernement Roi, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à quatre ans, et d’une amende de i5o fr. à 5,000 fr.
- Ra présente disposition ne peut pas porter atteinte 311 droit de discussion et de censure des actes des mit nistres.
- Loi du 26 mai 1819.
- Art. 26. Tout arrêt de condamnation contre les auteurs ou complices des crimes et délits commis par '°ie de publication ordonnera la suppression ou la estruction des objets saisis, ou de tous ceux qui pour-r°m l’èij-e ultérieurement, en tout ou en partie, sui-'ant qu’il y aura lieu pour l’effet de la condamnation. L’impression ou l’affiche de l’arrêt pourront être or-°unées aux frais du condamné.
- Ces arrêts seront rendus publics dans la même forme *lUe les jogemens portant déclaration d’absence.
- Art. 27. Quiconque, après que la condamnation 11,1 écrit, de dessins ou gravures, sera réputée con-”Ue par la publication dans les formes prescrites par 31 tiele précédent, les réimprimera, vendra ou distri-Jllera, subira le maximum de la peine qu’aurait pu encomir l’auteur.
- 'a Charte. Chacun professe sa religion avec une e ibprté, et obtient pour son culte la même protection. t;0nï|jr*9' toutes les propriétés sont inviolables, sans aucune excepte,. . «Iles qU»on appelle nationales. la loi ne mettant aucune dif-
- ier^ce entre elles. *
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- XXXiv LOIS ET ORDONNANCES.
- Loi du 3i mars 1820.
- Art. 5. Tout propriétaire ou éditeur responsable q111 aurait fait imprimer et distribuer une feuille ou un( livraison d’un journal ou écrit périodique sans l’avo*1 communiquée au censeur avant l’impression, ou q1" aurait inséré dans une desdites feuilles ou livraisons u*1 article non communiqué ou non approuvé, sera pu®' correctionnellement d’un emprisonnement d’un mois* six mois , et d’une amende de deux cents francs à dou*< cents francs, sans préjudice des poursuites auxquels pourrait donner lieu le contenu de ces feuilles, livrai' sons et articles.
- Art. 8. Nul dessin imprimé, gravé ou lithographie ne pourra être publié, exposé, distribué ou mise*1 vente, sans l’autorisation préalable du Gouvernement-
- Ceux qui contreviendraient à cette disposition sero»1 punis des peines portées en l’article 5 de la présente lo*
- Ordonnance du ier avril 1820.
- TITRE III. Des Dessins, Estampes et gravures.
- Art. 12. L’autorisation préalable exigée par l’art. ^ de la loi du 3i mars 1820, pour la publication, exp° silion , distributiou ou mise en vente de tout dessin ^ estampe, gravé ou lithographié, qui, à l’avenir, sff* déposé conformément à l’article 8 de notre ordonnait du 25 octobre 1814, sera accordée, s’il y a lieu, cl même temps que le récépissé mentionné en l’article $ de ladite ordonnance. Toute autorisation accordée set* insérée au journal de la librairie.
- Loi du 25 mars 1822.
- Art. 12. Toute publication, vente ou mise en ventf exposition, distribution, sans l’autorisation préalab!' fîu Gouverneatent, decjessins gravés oq lithographiés
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- Lois et ordonnances.
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- *eia’ pour ce seul fait, punie d’un emprisonnement de *»» jours à six mois, et d’une amende de dix francs à Claq cents francs, sans préjudice des poursuites auxquelles pourrait donner lieu le sujet du dessin.
- Prdonnance du Roi
- Du ier mai 1S22.
- Art. ier, Dans Je cas prévu par l’article 12 de la 01 du 25 mars 1822, l’autorisation du Gouvernement jeia délivrée à Paris, au bureau de la librairie, et dans es déparlemens, au secrétariat de la préfecture, en eXecution de la loi du 21 octobre 18x4, et de notre 0|,donnance du 24 du même mois. Cette autorisation ^'tiendra la désignation sommaire du dessin gravé ou u°graphié , et du titre qui lui aura été donné.
- ®de sera inscrite sur une épreuve qui demeurera au Pouvoir de l’auteur ou de l’éditeur, et qu’il sera tenu e Ieprésenter à toute réquisition.
- ^ auteur ou l’éditeur, en recevant l’autorisation, dé-j Sera au bureau de la librairie, ou au secrétariat de ? Préfecture, une épreuve destinée à servir de pièce Comparaison ; il certifiera , par une déclaration ins* pri'? sur cette épreuve, sa conformité avec le reste de ^rfion pour laquelle l’autorisation lui sera accordée.
- ^ l’égard des dessins gravés ou lithographiés qui Ui/ C111 avaut la présente ordonnance, il est accordé 11 délai d’un mois pour se pourvoir de la même au- » dation.
- jj ^j,Notre ministre secrétaire d’état au département . , l!l,érieur est chargé de l’exécution de la présente rdanuance.
- Coda panai,
- ch^RT exposition ou distribution de
- aOsons, pamphlets , figures ou images contraires aux
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- XXXV) LOIS ET ORDONNANCES.
- bonnes mœurs, sera punie d’une amende de seize fr. à cinq cents francs, d’un emprisonnement d’un mois * un an, et de la confiscation des planches et des exenfl' plaires imprimés ou gravés de chansons, figures, ou autres objets du délit.
- 288. La peine d’emprisonnement st l’amende prû' noncées par l’article précédent, seront réduites à de* peines de simple police ,
- x°. À l’égard des crieurs , vendeurs ou distributeurs qui auront fait connaître la personne qui leur a rem's l’objet du délit;
- 20. A l’égard de quiconque aura fait connaître l’iifl-primeur ou le graveur ;
- 3°. A l’égard même de l’imprimeur ou du graveur qui auront fait connaître l’auteur ou la personne qul les aura chargés de l’impression ou de la gravure.
- 289. Dans tous les cas exprimés en la présente section , et où l’auteur sera connu , il subira le maximum de la peine attachée à l’espèce du délit.
- Disposition particulière.
- 290. Tout individu qui, sans y avoir été autorisé par la police , fera le métier de crieur ou affichetj1 d’écrits imprimés, dessins ou gravures, même muni* des noms d’auteur, imprimeur, dessinateur ou graveur) sera puni d'un emprisonnement de six jours à deu* mois.
- 463. Dans tous les cas où la peine d’emprisonnemeuf est portée par le présent Code, si le préjudice cause n’excède pas vingt-cinq francs, et si les circonstance paraissent atténuantes, les tribunaux sont autorisés * réduire l’emprisonnement, même au-dessous de *** jours, çt l’amende, même au-dessous de seize francs-Ils pourront aussi prouoncer séparément l’une ou l’autrf de ces peines, sans qu’en aucun cas elle puisse être au' c/essous des peines de simple police.
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- MANUEL
- THÉORIQUE ET PRATIQUE
- DU DESSINATEUR
- ET DE
- L'IMPRIMEUR LITHOGRAPHE.
- CHAPITRE PREMIER.
- pierres lithographiques, de leurs différentes qualités , de la manière de procéder à leur grainage et polissage.
- SECTION PREMIÈRE.
- Les pierres lithographiques sont formées de terre calcaire et d’acide carbonique ; comme Presque tous les acides et les sels neutres ont Une affinité bien plus considérable avec la P^rre calcaire, que l’acide carbonique qui s’y trouve Contenu, il en résulte que, du moment
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- 2 MANUEL DU DESSINATEUR
- qu’un autre acide se trouve en contact avec la piçrre, l’acide carbonique s’évapore, et la pierre, qui s’en trouve dégagée, devient soluble au point qu’elle serait bientôt endommagée par le séjour d’un acide plus ou moins concentré sur sa superficie, si on n’avait pas la précaution de proportionner la force de la mixtion acidulée à la dureté naturelle de la pierre, et au genre de travail qui se trouve dessus ou qui doit y être exécuté.
- Les corps gras peuvent seuls préserver la pierre calcaire des ravages des acides étendus d’eau, et c’est à cette combinaison naturelle que l’on doit l’existence de la lithographie.
- Cette espèce de pierre n’est pas aussi rare que beaucoup de personnes le pensent ; la dif-culté n’existe réellement que dans le bon chois qu’il en faut faire.
- Toutes les fois qu’une pierre est en partie soluble aux acides, qu’elle prend l’eau avec facilité, et que , par conséquent, elle s’imbibe aisément de substances grasses , qu’elle est dure, sans trou ni fissure, elle peut être employée pour la lithographie. Celles qui sont vraiment propres à cet usage se reconnaissent aux qualite's suivantes : la pâte fine, homogène»
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 3 d’une couleur blanche et uniforme, le'gèrement teintée de jaune, ayant quelque ressemblance avec les pierres du Levant, servant à repasser tes rasoirs.
- Les pierres qui, au lieu d’être blanchâtres, sont d’un beau gris perle, doivent être préférés parce qu’elles sont plus dures ; que le grain ^u’on leur donne avant de les livrer aux dessinateurs , résiste bien plus long-temps à l’impression ; et qu’ainsi les dessins exécutés sur ces dernières donnent un plus grand nombre do belles épreuves. Malgré l’abondance des pierres calcaires propres à l’art lithographique, foutes celles qui ont été découvertes en France depuis i8i4, sont bien loin d’égaler en qualité pierres que l’on tire de la belle carrière de Solenhofen, près Pappenheim, en Bavière. Ces lierres semblent avoir été créées exprès pour la lithographie ; et c’est une particularité bien Slrigulière que là où cet art fut découvert, se trouve principalement la matière principale sans laquelle on ne pourrait jamais atteindre à la perfection, perfection que l’on a obtenue, ef que de brillans essaîs et des résultats tres-salisfaisans laissaient entrevoir dépuis long-
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- 4 MANUEL DU DESSINATEUR
- Avant l’invention de la lithographie, ces pierres étaient embarquées sur le Danube, et expédiées à Constantinople, où elles servaient à daller les mosquées ; elles se vendaient et elles se vendent encore à très-bas prix dans le pays. La facilité de leur exploitation les rend d’une valeur presque nulle ; et sans les frais de transport, qui sont exorbitans, attendu qu’il ne peut se faire en partie que par terre, les droits de douane et une foule d’autres frais, jamais les pierres françaises ne pourraient soutenir la concurrence. De toutes les pierres rançaises, celles qui proviennent de la carrière de Belley, près de Lyon , sont les seules qui, par leur dureté, leurs dimensions et la qualité' de leur pâte, approchent un peu de celles de Munich ; elles leur sont peut-être préférables pour les dessins à l’encre : lorsqu’elles sont préparées avec soin , elles donnent un plus grand nombre d’épreuves ; mais les dessins au crayon, faits sur ces pierres françaises, viennent ordinairement mal, les épreuves en sont pâles, sans effet ; pendant le tirage le dessin se graisse facilement, les demi-teintes s’alourdissent, le5 parties fortes s’empâtent, et le tout finit souvent par ne plus faire qu’un voile graisseux,
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 5 connu des imprimeurs sous le nom d’estompe. ^ ailleurs ces pierres sont toujours couvertes de fissures, qui les rendent cassantes, qui ont l'inconvénient grave de marquer au tirage, et d’interrompre ainsi l’harmonie du dessin.
- Les pierres de Clhâtellerault, celles de Châ-teauroux, qui d’abord avaient donné de grandes espérances , sont généralement cassantes et remplies de défauts, au point qu’il est difficile ^en obtenir de passables dans un format de 10 011 ta pouces carrés. '
- Cependant, comme la superficie de la terre est couverte en beaucoup d’endroits d’une grande quantité de matières calcaires mêlées ^acide carbonique, il n’est pas douteux que, Par la suite, on découvrira des carrières susceptibles de fournir des pierres lithographiques l1ne aussi bonne qualité que celles tirées jus-cIu’a présent de Solenhofen ; ces découvertes Vivront probablement les progrès de cet art, Car chez l’homme, l’industrie est fille de la nécessité.
- Les premières couches qui se trouvent au commencement de l’exploitation de ces carriè-res •> sont ordinairement formées d’une pâte moUe et jaunâtre qui s’écrase aussi facilement
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- MANUEL DU DESSINATEUR
- que la craie ; chacune de ces couches se coin' pose d’un certain nombre de feuilles mince» qu’il est souvent facile de séparer, mais no® sans les briser ; lorsqu’elles ne se brisent pas s la séparation, c’est un indice certain que l’o® approche des couches qui forment l’objet de» travaux de l’exploitation.
- Ainsi les personnes qui se livrent à la recher che de ces pierres, ne doivent pas compter su> les couches superficielles, qui ne sont absolu' ment bonnes à rien, et ne considérer leur opé ration comme certaine que lorsqu’elles on1 atteint des masses qui réunissent la dureté au* qualités indispensables que nous avons citees.
- Au surplus, il serait à désirer que MM. le* Ingénieurs des ponts et chaussées qui sont ré' pandus dans les départemens , consentisse^ à concourir avec le£ personnes qui s’occupefl* spécialement de minéralogie, à recueillir ave1 soin des échantillons des différentes pierre» calcaires qui par leur aspect, leur dureté et I* finesse de leur pâte, sembleraient propres a lithographie.
- En 1827 nous avons entrepris deux voyage* dans ce but ; et en ce moment même, non» avons l’espérance d’être bientôt en mesure d’in*
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- ET DE L’iMPRiMEÜR LITHOGRAPHE. 7 diquer une nouvelle ressource, en ce genre, Tû pourra contribuer a affranchir la patrie du tribut qü’elle paie encore à l’étranger.
- M. Julia Fontenelle, savant distingué, remarqua pendant le cours de ses excursions minéralogiques dans le midi de la France, un banc placé devant la porte d’une maison de campagne Sltuée dans les montagnes de la Clape ; ce W, qui est consacré au repos des paysans, est construit au moyen d’une pierre lithographique du grain le plus fin, extraite non loin là; M. Julia Fontenelle engagea M. Bara-*ler, dessinateur lithographe , à en faire l’essai ; mais ce dernier étant obligé de partir de suite Pmar Paris, l’expérience en fut différée.
- M. Julia Fontenelle, persuadé qu’il peut etre utile en donnant suite à cette première découverte, a l’intention de faire venir de ces Plevres à Paris, afin de leur faire subir toutes les épreuves nécessaires pour constater leurs
- °Qnes qualités : il a trouvé des pierres d’une Semblable nature dans la Corbière, près de la Castel.
- En 1828, nous avons reconnu en Savoie et environs de Turin, des pierres calcaires qui Munissaient plusieurs des qualités nécessaires ;
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- 8 MANUEL DU DESSINATEUR
- et nous ne doutons pas un instant que si no«s avions fait un plus long séjour dans ce paysi nous serions parvenus à en découvrir de parlai' tement propres à l’usage de la lithographie.
- SECTION II.
- Grainage des pierres pour les Dessins au crayon.
- Cette opération , qui a subi de grand# améliorations depuis quelques années, est foi'* importante ; elle a été long-temps négligée paf suite de l’insouciance ou de l’incapacité d# ouvriers chargés de ce travail, qui en généré ne paraissent pas se douter qu’ils sont appelés' du moins en ce qui les concerne, à contribué aux progrès d’un art difficile ; rarement d’ail' leurs on les voit appliquer le raisonnement à la pratique, ils se contentent volontiers de suivd une invariable routine.
- Un bon graineur de pierres est donc u®* chose assez rare et, malheureusement, fort so®' vent mal appréciée.
- Avant de procéder au grainage des pierre5' pu doit s’assurer si elles sont parfaitement
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- ET DE L’iMPRIMEUH LITHOGRAPHE. 9 Ptanes, sans cavités ; et dans le cas où elles le seraient pas, ou qu’elles contiendraient Quelques défauts, il faut les débrutir avec du Éfres et de l’eau. Pour user et aplanir, il faut
- frotti 1
- er deux pierres d’une même dimension Uûe sur l’autre en tournant également, et en Posant avec soin sur les angles ; il faut continuer Ce travail jusqu’à ce que ces deux pierres ^sentent une surface bien unie ; ce dont on P^t facilement s’assurer au moyen d’une règle jje cuivre ou de fer, parfaitement droite, que 011 pose du côté qui doit servir d’équerre,
- M
- en différens sens, sur la surface destinée à Revoir le dessin ; si l’on ne distingue aucun l°ur entre la pierre et la règle, c’est que cette Prcraière est parfaitement plane ; dans le cas c°atraire il faut continuer le débrutissage, en aYa&t soin de l’opérer avec des pierres qui Unissent les mêmes défauts ; car du moment ^ une pierre est reconnue assez bien redressée Pour être livrée au grainage, elle doit être à part, jusqu’à ce qu’elle soit soumise à Ce bouveau travail.
- ^ grainage des pierres se fait comme le dé-ratissage , si ce n’est, toutefois, qu’au lieu du Sres on emploie un sablon 1 aune, fort en usage
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- 10 MANUEL DU DESSINATEUR
- chez, les marbriers, et qu’il faut purger de s{ parties brillantes en le passant à travers n1 tamis de laiton très fin : les nos 100 et 120 so* bons pour cet usage. Ces petites pierres ca^ louteuses qui sont ordinairement plus grossf et bien plus dures que le sablon, font & raies aux pierres , inconvénient qu’il fa': éviter.
- On répand du sablon sur l’une des pied* que l’on a mise à plat, on l’humecte avec $ peu d’eau ; on pose la seconde pierre desstf on la frotte légèrement sur l’autre en tourna* et en ayant toujours soin de passer sur les a* gles , pour ne point creuser le centre ; et 1’° continue jusqu’au moment où le sable coi* mence à s’écraser, ce que l’on reconnaît à ^ disposition des pierres à se coller ensemble.
- On répète l’opération de la même man$ jusqu’à ce que l’on ait obtenu un grain rég11 lier , et d’une grosseur proportionnée à ^ finesse du travail que l’on doit exécuter sur ^ pierre, en ayant soin de mettre, chaque $ que l’on renouvelle le sablon, la pierre de des^ dessous l’autre, alternativement, afin d’a?0 plus aisément un grain parfait.
- On peut, dans certains cas, terminer '
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- ET DE L'IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. U Surnage au moyen d’uue molette de verre et sable : ce mode de procéder s’exécute à sec eû tournant la molette et la passant également Partout, à moins que l’on n’ait l’intention d’ob-teu*r des grains de différentes grosseurs sur la j^me pierre, soit pour un portrait, soit pour es diffeVens plans d’un paysage ; dans le cas SUrt°ut où l’on voudrait arriver à donner aux Premiers plans la vigueur des tailles gravées, rrtoyen d’uu gros grain ; et la transparence Arienne des ciels au pointillé, à l’aide d’un
- grain fin.
- Jobard, imprimeur lithographe, bre-Ve*e* à Bruxelles, connu par une foule de per-^ectionnemens ou d’inventions utiles, est le Premier qui ait imaginé de donner ce qu’on appelle le dernier grain, aux pierres, en sub-^^Uant à l’eau dont on se sert pour humecter couche de sable également distribué sur la ^,e,Te, au moyen du tamis, une colle d’amidon res~claire, mise çà et là en petite quantité.
- procédé a l’avantage de maintenir le sable S||r toute la surface de la pierre d’une manière P us égale , en l’empêchant de s’écarter brusquement dès le premier tour que l’on fait faire pierre de dessus sur celle de dessous.
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- 12 MANUEL DU DESSINATEUR
- Le grainage terminé, il est nécessaire ^ laver les deux pierres à grande eau, avec u®' brosse propre, dite passe-partout, afin & faire sortir des interstices du grain l’amid®1 qui pourrait s’y fixer sans cette précaution,( devenir un corps opposant, nuisible à l’exéc® tion du dessin. Sur l’invitation de M. de L# teyrie , nous avons essayé ce mode de grainag® dont le principal avantage nous a paru être u®1 très-grande régularité dans le grain.
- SECTION III.
- Polissage des pierres pour les dessins à /’en&% à la pointe sèche, et les écritures.
- On opère pour le polissage des pierres, ^ la même manière que pour leur grainage ; n# on a soin de réduire le sablon le plus fin p®5' sible ; et lorsque les pierres paraissent parfa1 tement unies, et qu’il est difficile d’apercevo1 les interstices du grain, on les lave avec gra®1 soin pour éviter qu'il ne reste aucun grain ^ sable , et l’on achève le polissage avec u®f pierre-ponce tendre, aplanie pour cet usage et que l’on doit choisir d’une teinte blanchâtre On parvient aussi à leur donner un poli se®®
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- Niable à celui du marbre en employant de la pierre-ponce pilée et tamisée très-fin, ou du cliatbon de bois de chêne également réduit en poudre, te qui est aussi bon et moins dispendieux que l’émeri que l’on emploie ordinai-Veinml dans la manufacture de Saint-Gobin pour le polissage des glaces.
- Toutes les fois qu’un d essin ou une planche ‘1 écriture a fourni le nombre d’épreuves dont °o a besoin, et qu’on veut donner une nouvelle destination à la pierre, on efface le premier travail en traitant la pierre comme il est dit Cl~dessus.
- Il est bien important d’effacer avec le grès, de manière à ce que le dessin ou les caractères 116 reparaissent plus du tout, car sans cetle précaution l’ancien travail reviendrait avec le Nouveau, lors du tirage, et l’on devine quels relaient les inconvénieus d’uhe pareille con_ ^‘sion.
- Gu ne saurait trop recommander ce soin aux Ouvriers graineurs, qui bien souvent, par lé-8ereté ou paresse , négligent d’apporter à Cet effaçage toute l’attention qu’il réclame , Quelquefois il arrive des accidens graves pendant le tirage des épreuves, dont il est presque
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- impossible de se rendre compte, et qui n’ont pas d’autre cause que l’incapacité ou la mauvaise volonté de cette classe d’ouvriers, de la for-mation desquels on ne s’occupe peut-être pas assez.
- Il est probable qn’en exerçant sur eux une surveillance suffisante et en guidant leur intelligence par des conseils , on parviendra à réprimer ce dangereux abus.
- CHAPITRE II.
- Encre lithographique pour dessiner et pour écrire.
- Ce n’est pas seulement pour l’écriture que l’encre lithogi’aphique fait sentir toute son utilité ; cette utilité s’étend encore jusqu’aux dessins au crayon, au trait et à l’aqua-teinte ; par elle, les traits déliés acquièrent plus de netteté et de vigueur, les détails sont rendus avec plus d’exactitude, et les effets sont plus frappans d’ijlusion et de vérité.
- Aussi ne saurait-on apporter trop de soin
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- à la composition de l’encre lithographique. Les préparations qui nous ont semblé réunir les plus grands avantages s’obtiennent de la manière suivante :
- Matières.
- Suif de mouton épuré......... 2 parties.
- Cire blanche pure............ 2 »
- Gomme laque.................. 2 »
- Savon marbré ordinaire. ... 2 »
- Noir de fumée non calciné. . . » 1/6
- yManipulation.
- On fait fondre le suif et la cire dans un vase (le cuivre non étamé ou de fonte, que l’on fait chauffer sur un bon feu de charbon de bois ; lorsque ces deux substances sont entièrement liquéfiées , on y met le feu pendant une demi-minute, on y jette ensuite les deux onces de Savon, que l’on a eu soin de couper d’avance Par petits morceaux, afin d’en faciliter la dis-s°lution ; on agite ce mélange avec une spatule en fer , et ce n’est que lorsque le dernier morceau est fondu, qu’on en jette un nouveau.
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- l6 MANUEL DU DESSINATEUR
- Tout le savon étant ainsi bien fondu avec les deux antres matières, on y met une seconde fois le feu , et on le laisse bràler jusqu'à c0 que le volume soit réduit à ce qu'il était avant l’addition du savon, mais pas davantage.
- On jette ensuite avec beaucoup de précaution la gomme laque, morceau à morceau, dans le vase, toujours en remuant doucement avec la spatule, et l’on éteint la flamme si on a pu la conserver allumée jusqu’à ce moment.
- On ajoute le noir de fumée, que l’on écrase préalablement ; on remue toutes ces substances ensemble, jusqu’à ce qu’elles soient parfaite-* ment mêlées.
- Ce résidu bien concentré par une ébullition de quelques minutes, doit être coulé de suite dans un moule, ou simplement sur un morceau de marbre savonné et comprimé avec un autre morceau semblable ; on coupe cette encre en bâtons, avant l’entier refroidissement, au moyen d’une règle et d’un couteau.
- Il faut éviter de pousser la calcination des matières qui composent cette encro au poin^ de les carboniser ; il suffit qu’elles soient cas-* santés après le refroidissement , et que leS
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- BT DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 17 Morceaux ne puissent pas se rejoindre par la .pression.
- Dans le cas où on aurait de la peine à se fendre maître de la flamme et à l’éteindre entièrement en apposant le couvercle, il faudrait Retirer le vase de dessus le feu, et le laisser refroidir un instant.
- Deuxième composition (1).
- Savon de suif bien sec. ..... 3o parties. Mastic en larmes bien nettoyé. 3o »>
- Soude pulvérisée................... 3o »
- Gomme laque rouge.................i5o »
- ïïoir de fumée..................... 12 »
- Manipulation.
- On fait fondre le savon, ainsi qu’il est dit précédemment ; on jette le mastic peu à peu, en remuant toujonrs avec la spatule, pour qu’il fonde et ne s’agglomère pas ; on ajoute ensuite fa soude pulvérisée, puis la gomme laque, en
- (Omette composition nous paraît encore préférable la première.
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- MANUEL DU DESSINATEUR
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- continuant de remuer ; une fois toutes ces matières bien amalgame'es, on met le noir de fumée de la manière précitée. Après une concentration d’une minute, on jette le tout sur le marbre, et on coupe les bâtons d’encre pendant que le résidu est encore chaud, plus tard cela deviendrait impossible.
- Troisième composition.
- Cire vierge.....................12 parties.
- Graisse de bœuf fondue.......... 4 »
- Savon........................... 5 »
- Noir de fumée non calciné. ... 1 1/2
- Quatrième composition.
- Cire blanche......................8 parties.
- Suif épuré..................... 2 »
- Savon de suif.....................4 »
- Mastic en larmes................. 2 •»
- Térébenthine de Venise........... 1 »
- Noir de fumée.................... 2 »
- Ces manipulations s’opèrent comme celle de la seconde composition, seulement l’addition de la térébenthine se fait lorsque les autres matières sept fondues,
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- Cinquième composition.
- Cette composition est excellente pour l’emploi au pinceau, et convient mieux aux dessinateurs 'lui peuvent rarement, comme les écrivains , Se servir de la plume d’acier.
- Cire jaune ordinaire (1)...... 8 parties.
- Savon blanc d’huile d’olive. ... 20 »
- Suif de mouton fondu au bain-marie et dégagé des parties fila-
- menteuses................ 6 »
- Comme laque jaune..........10 «
- Noir de fumée non calciné. ... 4
- 0) La cire blanche que l’on vend dans le commerce, c°utenant presque toujours des corps gras eu étran-prs> quelques lithographes ont donné la préférence à Clre jaune, ordinairement pure de tout mélange, au SürPlus,il est facile de reconnaître la falsification de * cire en la faisant fondre dans de l’eau clarifiée que °u fait beuillir, les matières grasses se dégagent et viennent les premières à la surface, avant que l’eau ait pris son bouillon ; quant aux autres parties mélan.-Bces et qui SOnt des farineux, elles se séparent.-du c°rps principal, forment une espèce de colle cjui peut plus se joindre à la cire.
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- 20 MANUEL DU DESSINATEUR
- On fait fondre le savon, la cire, le suif; on ajoute la gomme laque, morceau par morceau, en remuant toujours ; quand le tout est fondu, on met doucement le noir, et lorsqu’il est parfaitement amalgamé avec les autres matières, on couvre la casserole afin de concentrer la chaleur pendant deux minutes au plus ; ensuite on coule le tout sur un morceau de marbré poli, comme il est précédemment indiqué.
- Imperfection de l’Encre, et moyens d’y remédier!
- L’encre est-elle insoluble?
- Ajoutez du savôn, et faites refondre sans enflammer les matières*
- Est-elle molle et gluante?
- Calcinez davantage.
- Enfin est-elle très peu soluble et pas assez noire ?
- Si après sa dissolution dans l’eau elle devient visqueuse, cela provient du trop peu de cuis-' son : continuez la calcination.
- Il faut que les bâtons d’encre soient homo-* gènes, sans bulles d’air : pour éviter cet inconvénient, il faut opérer une forte pression
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- unmédiatement après le coulage de l’encre sur le marbre.
- Pour délayer l’encre , on doit choisir une eau de fontaine douce, et donner la préférence k celle qui dissout le savon, sans efa laisser distinguer les parcelles : l’eau distillée est excellente pour cetle dissolution.
- CHAPITRE III.
- &e la jabribation des crayons lithographiques.
- La fabrication des crayons demande un soin Extrême : c’est d’elle que dépend principalement Ie succès des travaux de l’artiste ; aussi ne doit-on rien négliger pour atteindre la perfection. La société d’encouragement a proposé et accordé, k diverses époques, des prix pour le perfectionnement des crayons. Jamais nous avons concouru, malgré que nous ayons été plus d’une fois k même de le faire avec avance ? tant pour celte fabrication que pour d autres améliorations théoriques et pratiques , considérant toujours comme fort peu de chose
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- 22 MANUEL DU DESSINATEUR
- de petites découvertes communiquées par nous à nos ouvriers et à nos confrères, au fur et a mesure qu’elles étaient faites , dans le but d’être réellement utiles au progrès de l’art.
- Cependant, nous sommes loin de dédaigner le suffrage de cette honorable société, qui est une des plus belles institutions des temps mo-dernes; mais nous avons toujours pensé qu’oJ ne devait se présenter devant cet aréopage que pour des innovations importantes, pour des. améliorations réelles ; et, nous le disons à regret, bien des futilités, connues de la majeure partie des praticiens, ont été données et récompensées comme des résultats nouvellement obtenus. L’Amérique ne porte pas le nom de celui qui l’a découverte au prix de son sang» et peu s’en est fallu qu’un imposteur ne soit parvenu à enlever au célèbre Aloys Senefelder, le mérite de l’invention plus qu’heureuse de l’art lithographique.
- Nous aimons néanmoins à reconnaître que ces prix ont été quelquefois la récompense juste et méritée des efforts de nos artistes, de divers praticiens et de plusieurs chimistes distingués.
- Voulant tenir la promesse que nous avons
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- feite, nous donnerons dans ce chapitre la imposition des crayons de M. Lemercier , publiée par la société d’encouragement : M. ^cmercicer a mérité le prix proposé par elle au dernier concours, pour la fabrication de l encre lithohraphique.
- La manipulation de matières dont nous allons donner le détail, se fait comme celle de 1® première composition d’encre, en ajoutant seulement, à la fin de l’opération et un peu avant le coulage des crayons dans le moule, {p^ i , Jig. i, ) quelques morceaux de cire Vlerge..
- Première composition.
- Savon marbré ordinaire.........45 parties.
- Suif épuré...................... 6o »
- Cire vierge. ....................75 »
- Comme laque......................3o »>
- Noir de fumée dégraissé........i5 »
- A défaut d’un moule pour le coulage des Matières, on peut se servir d’un petit sac en toile, garni dans l’intérieur d’un papier savonné.
- Avant l’entier refroidissement, on retire cette
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- 2,4 MANUEN DU DESSINATEUR
- pâle du sac pour la découper en crayon5 d’une ligne carrée d’épaisseur sur i5 à 18 lignes de longueur au plus.
- Gomme ce résidu doit avoir un degré de cuisson de plus que l’encre, on a soin de lenii' les matières qvi le composent, plus loug-tcmp; sur le feu sans les enflammer.
- Deuxième composition.
- Savon de suif............. . . x5o j arlies.
- Cire blanche saus suif......<5o »
- Noir de fumée.........., . . 3o »
- Manipulation.
- Il faut couper le savon par morceanx très'1 minces, long-temps avant d’ep faire usage, et l’exposer au soleil pendant plusieurs jours, afin d’en opérer la désiccation. Dans le cas o<‘ la saison ne permettrait |xrs de l’obtenir ainsi? il suffirait d’exposer le savon sur un poêle de faïence chauffé à une chaleur ordinaire, en ayant soin de le remuer souvent.
- Lorsque ces parties de savon sont suffisamment sèches pour se briser entre les doigts a«
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- ET DE L’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 25 lieu de s’amollir, on les serre dans une boite sans les exposer a l’humidité.
- Si on le préfère, on peut sécher le savon à 1 étuve , après l’avoir coupé par rubans très-^iüces et étendu sur du papier ; de cette ma-n‘ere il se réduit facilement en poudre et devient Plus aisé à mettre en fusion.
- On jette le savon ainsi préparé dans une casserole de cuivre non étaraée et garnie d’un couvercle en tôle, avec poignée en fer, semblable à celle de la pl. i, fig. 2.
- On met cette casserole sur un feu vif, de charbon de bois ; lorsque le savon est bien fondu, on y met la cire peu à peu, en remuant avec une spatule.
- On ajoute ensuite progressivement et de la ^Qie manière, le noir de fumée, que l’on amalgame bien avec les autres composans.
- Enfin, on concentre pendant un moment en c°Uvrant hermétiquement ; et on coule les Crayons dans le moule sans laisser enflammer la pâte, qu’il ne faut pas calciner.
- Oe crayon est excellent pour les parties vigoureuses , pour les retouches et les dessins ^stinés au commerce, et qui doivent tirer grand uombre d’épreuves.
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- MANUEL DU DESSINATEUR
- Troisième composition.
- Savon de Marseille...........200 parties.
- Cire blanche sans suif.......200 »
- Gomme laque rouge............. 20 »
- Noir de fumée................. i5 »
- Manipulation.
- Elle se fait entièrement comme la precedente si ce n’est qu’on ajoute la gomme laque avant le noir de fumée, et qu’on la fait fondre avec un soin particulier.
- Il faut enflammer ces matières réunies jusqu’à trois fois, en les laissant allumées une minute chaque fois.
- Dans le cas où deux fois paraîtraient suffi' santés pour opérer la calcination, et qu’à la superficie de ce résidu il se formerait une espèce de croûte, il ne faudrait pas mettre le feu une troisième fois, et avoir soin d’enlever ces matières brûlées afin d’en dégager le surplus de la composition.
- Les crayons ainsi fabriqués sont propres a l’exécution des teintes légères, tant pour la figure que pour les ciels clairs et transpareus.
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- ET DE l’iMPRIMEUR EITHOGRÀPHE. 27
- En appuyant plus fort en dessinant sur la pierre , on peut obtenir egalement des effets vigoureux et purs.
- Il faut généralement éviter avec le plus grand soin que ces produits chimiques soient exposés aux influences de l’air froid, chaud ou humide , llne température sèche et naturelle étant un sur moyen pour leur parfaite conservation.
- Avant que de terminer ce chapitre, nous donnerons encore quelques compositions de crayons, malgré que nous soyons bien convaincus que celles qui précèdent sont suffisantes pour arriver à des résultats*'qui ne laissent rien a désirer.
- Quatrième composition.
- Cire jaune....................ta parties.
- Craisse de mouton.............. . 5 »
- Savon blanc...................... 5 »
- Comme laque...................... 2 »
- Noir de fumée.................... a »
- Cinquième composition.
- Savon marbré. Cire blanche.
- 5o parties. 3o »
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- MANUEL DU DESSINATEUR
- Gomme laque..................xo »
- Noir d’essence............... 8 »
- Sixième composition.
- Cire vierge sans suif.........20 parties.
- Suif épuré.................... 5o »
- Gomme laque rouge. 6 »
- Vermillon. ..................... 5 »
- Noir de fumée................... 3 »
- La manipulation de cette dernière compo' sition est la seule qui diffère des autres ; on fait fondre successivement la cire, le suif et le vermillon, et l’on remue ces trois substances jusqu’à ce qu’elles soient dissoutes ; aussitôt que le vermillon se forme en écume, on ajoute la gomme laque, qui doit être préalablement pulvérisée, puis enfin le noir de fumée, dont on opère le mélange en agitant le tout an moyen d’une spatule ; ensuite on verse ces matières pour les découper en crayons , si on n’a pas de moule semblable à celui déjà indiqué.
- Les raclures, les bouts de crayons lithogra-phiques, doivent être conservés soigneusement > car étant refondus ensemble au bain-marie»
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 39
- en obtient un crayon sec très-propre à 1 exécution des demi-teintes.
- Composition de crayons donnée par M. Lemercier.
- Matières.
- Cire jaune.........................3 a parties.
- Suif très-épuré...................... 4 »
- Savon blanc de Marseille...........24 »
- Sel de nître......................... 1 »
- ^°>r calciné et tamisé............... 7 »
- Le nitre est dissous dans sept fois son poids
- ^’eau.
- Fabrication.
- Ou commence par faire fondre dans la cas-Ser°le la cire, le suif; puis ensuite on jette le coupé en petits morceaux très-minces: faut en mettre peu à la fois, car l’eau. c°Utenue dans le savon nouveau, causerait une ^Uiéfaetion qui ferait répandre une partie des juatieres, qui s’élèveraient rapidement vers le des parois intérieures de la casserole. On
- doit
- remuer sans cesse avec la spatule afin dfi
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- 3t> MANUEL DU DESSINATEUR
- faciliter la fusion ; lorsqu’elle est complète, °5 continue d’agiter doucement, ce qui égaiis® la chaleur dans toutes les parties de la masse: en allant vivement on diminue cette chaleur > et en allant doucement on la laisse augmenter Lorsqu’une fumée blanchâtre succède à fumée grise qui se dégage pendant la fusio11 du savon , on retire la casserole du feu, pu>s on commence à verser la dissolution de nitr^ que l’on doit mettre sur le feu un peu d’avan^ afin de l’avoir bouillante au moment de s’e" servir ; on a une cuiller à café pour prends de la dissolution dans la petite casserole q1’1 la contient ; on commence par en laisser ton1' ber quelques gouttes sur la matière, il s’opèff une tuméfaction : on continue ainsi à vers«r goutte à goutte, puis progressivement on aug' mente jusqu’à ce que le tout soit versé. 11 c5t très-important de prendre cette précaup0’1 pour faire entrer la dissolution dans la mass^' car si on mettait tout à la fois, cela produir3'1 une explosion qui enverrait la matière de to3’ côtés.
- La dissolution versée, la tuméfaction vi#1* quelquefois jusqu’aux bords de la casserole1 guivapt le degré de chaleur où était la mgtiètf
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- lorsqu’on a fait cette addition d’eau nitrée : plus il est élevé, plus le gonflement est grand et mieux la dissolution s’incorpore. On remet ensuite la casserole sur le feu, et avec la spatule °u bat la mousse qui s’est formée, pour la faire diminuer ; la chaleur agissant à son tour, la Matière redescend à son premier niveau; on laisse chauffer le produit jusqu’à ce que, en approchant l’extrémité d’un fer que l’on a lait rougir au feu , la matière s’enflamme. Quand elle a pris feu, on ôte la casserole de dessus le réchaud et on laisse brûler pendant ^üe minute ; alors on la couvre avec son couarde , pour éteindre la flamme et empêcher ^e la température ne s’élève trop. Immédiatement après, on lève le couvercle et on laisse ^a fumée se dégager ; puis en agitant la masse avec la spatule, le feu reprend ; s’il ne reprend Pas ) il suffit d’approcher de nouveau le fer r°Uge. Supposant par once ou 5i grammes , lacune des parties des proportions précédemment indiquées , on laisse brûler encore Pendant deux minutes, et on éteint la flamme ; Sl à la surface du produit il restait encore une espece d’écume, il faudrait encore faire brûler Pendant une minute ; mais quand le me'lapge
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- a été bien fait et la chaleur bien soutenue» trois minutes sont suffisantes, et la pâte du crayon est moins cassante que lorsqu’on V® laissé brûler trop long-temps. Quand on opère sur une quantité moins forte que celle précitée, on doit réduire proportionnellement la durée de cette combustion, et surtout étouffer le feu plus souvent, pour éviter une trop grande élévation de la température, qui, en ne permettant pas d’éteindre la flamme, carboniserait une grande partie du produit. Ayant éteint et découvert, on laisse refroidir pendant quelques secondes, et alors on ajoute le noir, en le faisant tomber peu à peu, et le délayant avec la spatule jusqu’à ce qu’il n’y ait plus’ de grumeaux. Le noir étant bien mêlé, on remet la casserole sur le feu, et lorsque la pâte est ramenée à l’état liquide, on la laisse cuire i5 minutes environ.
- C’est ici qu’il faut de l’habitude , pour augmenter ou diminuer la durée de la cuisson suivant l’activité du feu, car la différence d’un feu lent à un feu vif pendant toute l’opération, nécessite un changement à ces données. Deux ou trois minutes avant la fin de la cuisson, ou ï»et fondre les bavures qni restent chaque fo»8
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- et de l’imprimeur lithographe. 33
- l’on coule des crayons. Un fait singulier cesl que cette ancienne pâte ajoutée à la ma-*’ere qui cuit, lui donne une qualité moins Usante que celle qu’elle a lorsqu’on n’y a pas cette addition : peut-être les bavures pren-^ttt-elles de l’humidité après avoir subi la Cu‘sson nécessaire (x), et alors la répandant 'kftS les matières presque cuites, leur donne Cet-te élasticité que le crayon acquiert presque toüjours avec le temps, et qui lui manque ^°rsqu’iL est récemment fait.
- Quand cette addition est faite en agitant *°ujours, et qu’on a parfaitement mêlé cette ^tienne pâte avec la nouvelle, • on retire la c*s$er0le et on agite la masse, tout en la laissant
- (l) Nous avons fait cette observation il y a plus de 10 aUs pour la première fois, des crayons secs et durs j,ü Moment de leur fabrication, peuvent devenir par action de l’air atmosphérique excessivemeut mous, arrive môme quelquefois à cenx qui sont contenus a,ls uu bocal bien bouché et déposé dans un endroit j,, » d n’est donc pas étonuant qu’il en soit ainsi à egard des bavures qu’on laisse ordinairement à tae la casserole d’une fabrication à l’autre. Des y°ns qui seraient enfermés avant leur entier refroi-SSe*nent, acquéreraient la même élasticité.
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- un peu refroidir ; alors on la coule dans ^ moule.
- CHAPITRE IV.
- De VAutographie.
- Nous laiserons parler le respectable aute^ de cet ingénieux procédé, M. de Lasteyd6' qui s’exprime ainsi, à la page 2T2 du torf cinquième de son journal des Conanissan1^ Usuelles :
- « L’autographie ne se borne pas seuleme,jt au transport des écritures et des dessins fa1*-avec de l’encre autographique.... elle est ceptible d’opérer le transport d’une feuille i^ primée en caractères typographiques , avec ll®! telle conformité et exactitude, qu’il est imp^ sible à des yeux qui ne sont pas bien exer<^ d’apercevoir quelque différence entre un ijïl primé typographique et celui qui résulte ^ l’autographie.... Ce genre peut être utile lté5 qu’il s’agit d’allier des caractères orientât!* dont on est dépourvu, avec des mots, ^
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- RT DE L’ïMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 35 Arases ou des lignes composées en. caractères typographiques. Nous avons exécuté ainsi plu-Sleurs morceaux où la langue française ou latine Se trouvaient entremêlées avec des mots ou des Phrases en chinois., ou en arabe. Nous avons P^eillement exécuté une carte topographique 0ld tous les détails étaient rendus en litho-^phie, tandis que les noms des lieux étaient ^ ^hord produits par la typographie, et en Sec«nd lieu par l’autographie. On commence ^ cette opération, par faire composer, dis-P°ser et distribuer sur une planche typographique , les mots, les phrases, les lignes, tels doivent l’être. On imprime avec cette P^che sur un papier autographique; et l’on ^Crh ensuite les mots en langues orientales ails les espaces laissés afin de recevoir ces On transporte le tout sur une pierre CPJ°Q prépare, et dont on fait le tirage à la ^Dière ordinaire. On suit le même procédé ?°l,r les cartes de géographie. Après avoir ^Primé sur un papier autographique les noms, 011 exécute à l’encre les autres parties de la Carte; l'ou transporte sur pierre. Nous avons ^Ssi exécuté des cartes tracées immédiatement
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- pierre, mais sans noms....; et apres avoir
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- fait tirer les noms sur papier blanc, on a tire sur ce même papier la carte faite sur pierre' On peut multiplier les cartes ou les dessin au trait et peu compliqués, gravés sur cuivre Pour cela on enduit d’encre autographique’ délayée à une consistance convenable, la plafl' che en cuivre, en procédant par la métho^ ordinaire. On emploie au lieu d’encre autogf3' pliique, une composition faite avec une on de cire, une once de suif, trois onces d’#1' cre, propre au tirage des épreuves en lith0' graphie. On fait chauffer le tout, et on ^ mélange bien. On ajoute un peu d’huile d’ol^ si la composition n’est pas assez liquide po^ être étendue sur la planche : celle-ci doit êti* chauffée à l’ordinaire. Après avoir fait le tira^ en taille-douee, sur une feuille de papier a'r tographique , on opère immédiatement le trai,s port sur pierre , après avoir frotté celle-ci av^ une éponge imbibée de térébenthine. Il eii nécessaire de donner trois ou quatre conps ^ presse et même plus, en augmentant chac^ fois la pression ( on suivra d’ailleurs les autr* procédés qui sont indiqués à la section 2 ^ transport sur pierre). Il est bon d’atten^ vingt-quatre heures avant de préparer la pierre’
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- afin qu’elle soit mieux pénétrée par l’encre de transport ; ensuite on gomme la pierre, on la kve et on fait le tirage. Ce procédé, qui n’a Pas encore été usité dans les lithographies, Mérite cependant l’attention des artistes, car donne le moyen de reproduire et de multiplier à l’infini des cartes de géographie, et Quelques genres de gravures qui pourraient etre livrées dans le commerce au quart de leur valeur actuelle. En effet, toutes celles qui sont faites au trait, ou celles dont les ombres sont largement exécutées ; sont susceptibles de re-Produire de bonnes épreuves au moyeu de 1 autographie. L’opération devient très- difficile l°rsqu’il s’agit de transporter des gravures en tadle-douce , dont les traits fins, délicats et ^-rapprochés, ne prennent pas toujours sur la pierre, ou s’écrasent ou se confondent par leffet de la pression.... Il faut beaucoup d’ha-^deté et d’adresse pour obtenir des épreuves , e* cette partie de l’art demande à être perfec-h°Unée. Nous sommes parvenus cependant à transporter sur une pierre une gravure bien , qui avait été tirée sur un papier ordinaire a demi collé. Après avoir poli une pierre a sec avec la pierre ponce; l’avoir fait chauffer et
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- l’avoir frottée avec de l’essence de térébenthine’ nous y avons appliqué la gravure.... Mais celle' ci avait été auparavant trempée dans l’eau t ensuite recouverte de térébenthine sur le revers puis repassée dans l’eau pour enlever la tére' bentliine superflue, enfin ressuyée avec de papier non collé. C’est dans cet état que 1® gravure , appliquée sur la pierre encore humide île térébenthine, a été soumise à la pressio® et nous a donné d’assez bonnes épreuves t n’ayant reçu de préparation qu’après avoir re' posé pendant vingt-quatre heures : les difficul' lés croissent en raison de la dimension pluS grande des gravures que l’on veut transporte1, sur pierre.
- On a aussi fait des essais pour transporter de vieilles gravures, mais on n’a réussi jusqu’il qu’imparfaitement ; ce serait rendre un grand service à l’art si l’on trouvait le moyen assufe de reproduire les anciennes gravures au moy^ de l’autographie. La chose présente de très' grandes difficultés ; nous la croyons cependant possible d’après quelques essais que nous avo»5 faits en ce genre. Il nous suffira donc de donne* ici quelques indications.
- L’encre des anciennes gravures étant parvC'
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- à un état complet de siccité, il s’agit de l'd donner du corps et de l’onctuosité. On peut a cet effet imbiber fortement une gravure a\ec l’eau dans laquelle on a dissous de la soude 0,1 même du sel ammoniac, ou du sel d’oseille.
- étendra cette gravure sur une planche en k°is, et on y répandra de l’essence de térébenthine , en tamponnant avec le doigt ou la Paume de la main, afin que l’essence s’imprè-bien dans les traits de la gravure. On applique la gravure sur une pierre, un la soumet a la pression, et on l’enlève en la mouillant ayec de l’eau. Si la gravure était trop mouillée, avant de poser sur la pierre on la fera essuyer entre des papiers non collés. On encrera eusuite avec le rouleau , ou mieux avec l’encre de feprise'(dont nous indiquons la composition). On
- se sert pour cela d’un tampon en laine ^couvert en cuir mince et non tanné.
- Le procédé de l’autograpliie présente de ÈP^ods avantages dans différentes circonstances et pour différens genres de travaux, surtout 0rsqu’il s’agit d’économie et de célérité.... ^°D-seulement il est propre à la circulation de t°us les écrits qui demandent une publication lystantanée, tels que les avis relatifs au com-
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- merce ou à quelque intérêt privé ou public» aux mémoires ou aux écrits scientifiques r lit' téraircs, etc., que l’on ne destine qu’à un petit nombre de personnes, chacun pouvant avoir une presse, et exécuter soi-même, ou avec Ie secours de ses employés ou de ses domestiques-On peut produire par ce moyen, et d’une manière très- économique, des cartes de géo-graphie, les figures de géométrie et tout genre de dessin à la plume. Les auteurs qui ont quelque connaissance du dessin peuvent exécuter eux-mêmes leurs ouvrages sur papier autographique, sans avoir recours aux artistes; car il faut un certain apprentissage' pour écrire et même dessiner à l’encre sur une pierre.
- De Vencre et du papier autographiques, leur fabrication et de leur usage.
- Si la lithographie est appelée à rendre de grands services aux arts et aux sciences, c’est surtout par le procédé autograpliique qui présente tous les avantages d’une exécution prompte et peu coûteuse ; toutes les fois qu’un travail ne devra être imprimé qu’à un petit nombre d’exemplaires, l’autograpliie méritera la pré" férence sur tous les genres d’impression.
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- Cet ingénieux procédé est aujourd’hui très-perfectionné, et l’usage n’en a jamais été si répandu ; une foule d’écrits scientifiques, de comptes - rendus, de mémoires et d’exposés tois sous les yeux des magistrats, sont aulo-8raphiés ; le commerce l’emploie aussi pour les circulaires ; il n’est pas jusqu’aux pVincipaux théâtres de Paris qui n’aient des contre-marques 011 des numéros de sortie exécutés de cette Manière.
- La plupart des ministères et des administra-t'ous publiques ont des expéditionnaires et des ^primeurs autographes ; quelques préfets en °ût reconnu les avantages , et par la suite chaque préfecture, chaque mairie importante ^Ura son atelier autographique, tant le besoin communiquer la pensée par un moyen plus Prompt que l’impression ordinaire, s’est fait v,vement sentir de nos jours.
- ^ncre autographique. Première composition.
- Gomme laque
- Lire. ....
- Suif.........
- Mastic, , , .
- 3 parties,
- i »
- 7
- 4 »
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- MANUEL DU DESSINATEUR
- Savon................... 3 »
- Noir de fumée........... i «
- Deuxième composition de l’Encre.
- Savon de suif épuré..............i oo parties.
- Cire vierge...........................108 »
- Suif................................ 5o »
- Mastic en larmes.................... 5o »
- Noir de fumée non calciné. . . 3o
- Manipulation.
- Elle se fait absolument comme celle de l’encré (deuxième composition, Chap. II); seulement on concentre moins les matières, et la flamnJÉ ne doit y être mise que pendant un instant, c®5 deux encres devant conserver davantage de leur5 parties graisseuses.
- Troisième composition. Encre autographiqi‘e liquide.
- Suif de mouton épuré.......... 3 onces.
- Cire jaune...................... 4 «
- Savon ordinaire................. » i/a
- Gomme laque jaune............... 5 •
- Mastic en larmes, . , , . . f . , , 4 «
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- ET DE L’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. l\h
- Térébenthine...................... » i/a
- Noir de fumée non calciné......... 1 »
- Manipulation.
- Gn fait fondre le suif, le savon, la gomme laque, le mastic, et quand toutes ces matières s°Qt en fusion, on ajoute la térébenthine, dont °R opère le mélange en remuant avec la spa-ensuite on ajoute le noir que l’on met peu a Peu et toujours en agitant la masse afin que ^ aRialgame soit parfait ; puis on met deux livres ^ eau clai ifiée et on fait cuire le tout sur un feu ^°llx pendant une bonne heure et demie.
- S’il arrivait que la liqueur fut trop épaisse aPrès la cuisson il suffirait d’ajouter un peu ^ eau chaude.
- Cette encre doit être coulante et d’un emploi Jusque aussi facile que l’encre ordinaire.
- Gardon, lithographe, demeurant à Paris, Passage Dauphine, n° 7, avec lequel nous avons eu quelques rapports, ayant bien voulu nous ^Urnir des notes sur le procédé autographique 0ilt il s’occupe exclusivement depuis plus de ClIlq années, nous croyons être vraiment utile leur donnant une place dans notre Manuel,
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- 44 manuel du dessinateur
- M. Gardon a fait de nombreux essais ava®* que d’arriver aux perfectionnemens réels qu’il8 apportés à cette partie intéressante de la litli°' graphie, nous ne le suivrons pas dans ses expc' riences , mais nous transcrirons presque textuel' lement les communications qu’il nous a laites qui contiennent les heureux résultats obten®" en dernier lieu.
- L’encre autographique de M. Gardon, do®* nous avons fait un fréquent usage, est d’un en1' ploi aussi facile que l’encre ordinaire, elle p®1'1 se conserver sans la moindre altération penda®’ plus d’une année en ayant toutefois le soin de 1J renfermer dans un flacon bouché à l’émeri, d®'1 posé dans un endroit plus frais que chaud ; peut en outre résister à une acidulation tres' forte, M. Gardon assure qu’il a employé sa®s altérer en rien l’écriture tracée avec son encr®‘ une préparation acide marquant de 8 à îo d®' grés au dessus de zéro.
- Composition de l’encre Gardon.
- Cire vierge. ................. 5 parties.
- Suif de mouton épuré. 5 i/a
- Savon blanc très-sec. 6 »
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- Gomme laque blonde........... 5 i!a
- Mastic en larmes............. 4 i;2
- térébenthine de Venise, une cuillerée à café................. . « »
- Manipulation.
- " Si on considère le nombre de chaque partie " cotnme autant d’onces on obtiendra environ ' Une livre d’encre, ainsi, pour cette quantité " uq pren(i une marmite en fonte de la contenance de deux ou trois litres, parfaitement
- * Propre, on la place sur un feu vif de charbon " bois en évitant qu’il s’établisse un fort cou-
- ^atit d’air qui nuirait à l’égalité de la chaleur h ferait languir la cuisson. Ensuite on met fon-
- * ^re les matières dans l’ordre ci-après :
- " Le suif, aussitôt qu’il est en fusion compte; on y ajoute la cire vierge quand elle est ^°ndue, on y met le savon en un seul morceau P°Ur éviter de répandre les matières, ce qui ar-1Ve souvent par le contact des parties aqueuses enfermées dans le savon, avec les corps gras } eîà en ébullition. Par ce moyen au contraire, sRvon doit se dissoudre sans accident, l’humi-
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- dite qu’il contient pouvant s’évaporer gradué'
- lement.
- « Il faut avoir soin de remuer avec une spâ' tule pendant la fonte du suif et de la cire.
- « Lorsque le savon est bien fondu et qu’o® n’aperçoit plus de bulles ni d’écume à la surfai on recouvre hermétiquement la marmite, remplit de nouveau le fpurneau avec du char' bon, on laisse chauffer le tout pendant un qu^ d’heure environ, et après ce temps, on découv^ brusquement la marmite; si les matières setro11' yent assez chaudes une flamme bleuâtre, se&' blable à celle du punch, en couvre la surfac«: on laisse encore la marmite sur le feu une u11' nute seulement, puis on la retire pour la mettfÉ à terre, on remue avec une cuiller en fer, ou ^ spatule, comme on agite le punch pour le fa>rf brûler, pendant quatre minutes , ensuite on re' couvre la marmite pour la découvrir aV®c promptitude quelques secondes après, le feu d°’’ reprendre, dans le cas contraire, on met le cd1' vercle sur la marmite pour empêcher le refr01' dissement, puis on allume une bande de pap>ef roulé que l’on présente à la surface en retira11’ le couvercle, le feu étant repris on le laisse aglf
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOCRAPHE. lq Pendant quatre à cinq minutes, on éteint le feu e,i replaçant le couvercle. ,
- K Pendant cette dernière opération, la composition se couvre d’une nuance violette foncée ;
- petits globules se forment sur toute la sur-^ace- des matières ; lorsque la flamme devient P^Us noirâtre, on doit recouvrir la marmite en aPpuyant sur le couvercle jusqu’au moment où *a flamme est bien éteinte, ce qui demande ordinairement deux ou trois minutes : sans cette jWnière précaution, la force de la vapeur sou-eve le couvercle, l’air s’introduit dans la marmite Ie feu s’y remet aussitôt, ce qu’il faut soi-^usemenl éviter car cette nouvelle flamme, ^boniserait les matières grasses et leur ôterait adhérence sympathique qui est leur qualité assentielle et sans laquelle il ne peut exister de 0llne encre autographique (i).
- (t On laisse reposer sans remettre sur le four-jusqu’à ce que la vapeur ait presqu’entiè-
- c J1) Quelques personnes ont la manie d’écumer l’en-^ ’ mais cela est inutile et ne peut que nuire à la Cette composition, d’ailleurs le feu fait jus-de ce qui est impur.
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- rement disparu et qu’il n’y ait plus de danger que les matières s’enflamment d’elles-mèmes.
- « Pendant ce repos on tient le fourneau $ bon état sans cependant entretenir le feu ausSl ardent que pour les premières opérations , ouï remet la marmite couverte, au bout de dix fl*1' nutes on la découvre pour jeter la gomme la<JUÉ par petites pincées en ayant soin de remuer eÿ tournant avec la spatule jusqu’à ce qu’elle s0|t soit entièrement fondue, on opère de même p°ltr le mastic en larmes et quand il est bien dissou5' on continue â remuer pendant quelques insta^ afin d’obtenir un mélange parfait.
- « On recouvre la marmite pour faire cuire Ie tout ensemble sur un feu doux jusqu’au mom^ où la fumée devient plus épaisse et l’odeur aya^ plus de force, prend à la gorge d’une maniè^ assez désagréable; alors on verse la térébentlu1^ de Venise, en remuant avec la spatule, on recoü' vre de nouveau la marmite puis on la laisse pet> dant un quart d’heure sur un feu doux a181* égal. La composition devenant plus épaisse, ont*' tire la marmite de dessus le feu pour laisser l’eJl cre refroidir jusqu’à ce que la fumée se ^ presque totalement évaporée, ensuite ou ^ coule sur une pierre lithographique ou qui mie11*
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHB. ^ est5 sur une planche polie en ayant soin de la frotter egalement partout avec du savon noir ou
- autre.
- « Une fois l’encre refroidie on la coupe par Morceaux de la dimension que l’on veut ; elle doit être flexible sous les doigts, si elle était cassante elle ne vaudrait rien car il y aurait carbonisation et elle ne pourrait subir une prépara-bon fortement acidulée ni fournir un nombre suffisant d’épreuves. »
- M. Gardon qui depuis cinq années ainsi que bous l’avons dit, s’est principalement occupé de ^ fabrication des encres , pense avec raison que ta calcination de ce produit chimique, comme Entendent certaines personnes, estime erreur Erave, qui pendant long-temps a du retarder les-P'ogrès du procédé autographique, au moyen duquel on n’obtenait pas toujours de bonnes preuves.
- En moins de deux années, M. Gardon a fabriqué tant pour Paris que pour la province pltis du cent cinquante livres de l’encre autographi-flUe dont la recette précède.
- Gardon qui dessine et écrit lui-même sur ta pierre, aime beaucoup l’art qu’il exerce, et s°u but en nous faisant quelques communica-
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- tions, en les discutant avec nous, dans deux récentes entrevues ; a été de contribuer autant qu’il est en son pouvoir, à la propagation des connaissances utiles aux personnes qui cultivent ou qui voudraient cultiver la lithographie.
- Manière de délayer l’encre autographique Gardon.
- Peu de personnes connaissent la véritable manière de délayer l’encre autographique et non5 pensons qu’il n’est pas sans intérêt d entrer à ce sujet, dans quelques détails qui pourront guider les écrivains autographes pour cette opération importante.
- Pour obtenir un verre d’encre on fait fondit 2 onces d’encre dans un verre et demi d’eau de pluie ou de rivière, que l’on met dans une petite casserolle de fer-blanc, on fait bouillir le tout sur un feu doux jusqu’à ce que l’encre soit fondue et jusqu’au moment ou l’ébullition a opère un tiers de réduction, alors, l’encre a la force convenable pour les travaux ordinaires, mais s* on veut tracer des caractères ombrés ou une écriture anglaise fine et déliée on arrivera à de meilleurs résultats on aura plus de netteté et de franchise dans les traits et les pleins seront mien*
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 5l découpés, en faisant réduire l’encre délayée à la Moitié de son volume total, c’est-à-dire trois quarts de verre pour un verre et demi.
- SECTION i.
- Papier autographe.
- Ce papier peut être employé pour les dessins au trait et les écritures. Nous allons en donner ks compositions les plus simples, dont les résultats sont immanquables.
- Matières.
- Amidon. . . ;..................12» parties.
- Gomme arabique pulvérisée. . . 4o *>
- Alun............................... 10 »
- Graines d’Avignon concassées. .18 »
- Manipulation.
- On fait un empois léger avec l’amidon en y Mettant la quantité d’eau nécessaire pour qu’il a't peu de consistance.
- Quelques heures avant de commencer cette °Pération, on fait dissoudre la gomme dans un verre d’eau de fontaine.
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- 52 MANUEL DU DESSINATEUR
- L’alun doit être egalement fondu , mais sepa> rément.
- On précipite ces deux substances l’une après l’autre dans l’empois, et en agitant le tout dô manière à en opérer le mélange parfait.
- On écrase la graine d’Avignon dans un mortier ou entre deux pierres, on la jette dans un verre d’eau que l’on fait bouillir et réduire au* deux tiers. Cette ébullition produit une teinture jaunâtre, que l’on mêle avec les matières précé-cédentespour les colorer, et composer avec elles la préparation de transport, qu’il faut appliquer à chaud, au moyen d’un pinceau dit queue de morue, sur un côté de feuille d’un papier sans colle , soit vélin , soit à vergeures.
- On étend chacune de ces feuilles sur une corde, afin de les faire sécher.
- Ensuite on passe ce papier au cylindre, sans le mettre en contact avec aucun corps gras. A défaut de cylindre, on peut se contenter de le passer sous la pression du râteau de la presse, en le posant à plat sur une pierre lithographique polie un peu plus grande que le format du papier.
- Ce travail terminé, le papier autographe doit être couvert d’un peu de sandaraque et légère-
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- toen^frotté avec une patte de lièvre, jusqu’au Moment où la préparation jaune pâlit un peu , *Oais également partout.
- Dans cet état, le papier peut être employé de suite à recevoir un dessin au trait ou des caractères d’écriture quels qu’ils soient, en mettant tous les soins que la propreté indique , et en se servant, pour écrire ou dessiner, d’une plume d’oie ou de corbeau qui n’ait point encore servi a d’autre usage, enfin en employant l’encre au-tograpliique bien noire sans être pâteuse, ce ^u’on obtient en la délayant dans une eau douce et claire.
- Lorsque le travail fait sur ce papier est terminé, ii faut en opérer le transport sur une Pierre de Munich , polie et médiocrement dore,- ce que nous indiquerons bientôt, section dixième de ce chapitre.
- "Autre composition de Papier autographe dite Allemande.
- Amidon.............................. 2 onces.
- Plâtre de viaux bustes passé et tamisé très-fin....................... 5 »
- Domme gutte, » i/a gros,
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- On manipule ces substances comme pour 1® première composition, et on applique de 1® même manière sur un papier semblable.
- Préparation autographique donnée par Sene' felder.
- On met une demi-once de gomme adragan1 dans un verre, on y jette de l’eau de pluie o11 de fontaine, en suffisante quantité pour que Ie verre soit presque plein; on laisse cette dissolu-tion s’opérer pendant quatre ou cinq jours ; a11 bout de ce temps, la gomme adragant et l’eau forment ensemble une espèce de colle semblable à l’amidon ; on remue bien ce mélange , on Ie passe dans un linge afin d’en extraire les saletés: cela fini, on ajoute une once de colle forte & Paris, cuite et de bonne qualité, puis une de®1'' once de gomme gutte dissoute dans de l’eau ; &•' suite on prend
- 4 onces de craie française.
- 1/2 once de gypse éteint et sec.
- 1 once d’amidon cru.
- Ces matières doivent être pulvérisées et paS> sées ensemble dans un tamis très«-fin, et broyai
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE.
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- 3vec une partie de l’eau gommée dont le surplus doit y être ajouté après ; il suffit alors de mettre k quantité d’eau suffisante pour donner à cette imposition la même consistance que celle nécessaire aux compositions qui précèdent, celle d’une huile légère ou d’une eau fortement su-d'e'e.
- Cette préparation peut être appliquée sur un Papier collé bien mince et non lissé, en ayant s°in de l’étendre légèrement et également partout de la même manière que les précédentes, saus qu’il soit nécessaire de couvrir la surface d" papier avec de la sandaraque pour écrire dessus.
- Composition bonne à appliquer sur un papier collé très-mince.
- Gomme adragant.............. 4 grammes.
- Colle de Flandre............ 4 »
- Blanc d’Espagne............. 8 »
- Amidon...................... 4 «
- Manipulation.
- On fait dissoudre la gomme adragant dans Pne pinte d’eau, vingt-quatre heures d’avance,
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- 56' MANUEL DU DESSINATEUR
- Ensuite on met fondre sur le feu la colle de Flandre à la manière ordinaire ; on forme de l’empois avec l’amidon, et après avoir mélange à chaud ces trois matières, on y ajoute le blanc d’Espagne réduit en poudre, en agitant de sorte à opérer un amalgame parfait.
- On applique cet encollage au moyen d’une éponge fine ou d’un pinceau dit queue de mû' rue, sur un papier collé très-fin.
- Papier transpositeur pour les Dessins au Crayofl ou Papyrographie.
- Composition.
- Colle de peau de lapin................ 2 parties.
- Colle forte pulvérisée................ » 1/4
- Colle de Flandre Jolens............... » 1/4
- Ebullition de graines d’Avignon. . . » 1/8
- Manipulation.
- On fait fondre, dans une quantité d’eau suffisante pour former une liqueur gélatineuse d’une consistance huileuse, les colles fortes de Flandre; on ajoute ensuite la colle de peau de lapin ; et , lorsqu’elle est entièrement fondue »
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 5f
- 011 y met la teinture de graine d’Avignon, ou llQe infusion de quelques morceaux de bois de
- l’Inde.
- On applique cette composition sur le papier ^ l’aide de la queue de morue, comme pour le Papier autographe ; seulement , lorsque cette Première couche est sèche, on en appose une Seconde; on lisse le papier, et l’on peut ensuite dessiner avec un crayon de la deuxième composition (chapitre III).
- SECTION II.
- Du transport sur pierre.
- On choisit, pour opérer le transport d’un dessin au trait ou d’une planche d’écriture, une Pierre de Munich un peu tendre , d’une couvrir blanchâtre, polie avec soin, parfaitement Seche et propre, et toujours d'une dimension supérieure de un ou deux pouces sur toutes les I^ces, au travail que l’on veut transporter.
- On porte cette pierre sur le chariot de la Presse, on ajuste la hauteur et la longueur de la Passion , comme s’il s’agissait de tirer une epceuve, en employant une pression assez faible.
- On apprête quelques feuilles de papier pour
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- 58 manuel du dessinateur
- servir de maculatures ; on met de l’eau claire dans une sébile, et quand tout est ainsi prépare pour cette opération qui n’est pas difficile, mais qui demande une précision et un soin extrêmes, on pose l’autographie sur du papier propre> ayant soin de tenir le travail en dessous ; on mouille le papier autographe du côté blanc avec une éponge fine, sans traîner, de peur d’é-railler le papier ou d’opérer quelques frotte-1 mens.
- Dans cet état, on pose le papier autographe sur la pierre précédemment placée sur la presse, le côté blanc en dessus, de sorte que le dessin ou l’écriture se trouve positivement en contact avec la pierre.
- On pose ensuite sur le papier autographe une des feuilles à maculer, on abat le châssis (1) pardessus , on abaisse le porte-râteau ; on met le pied droit sur la pédale , et l’on fait marcher Ie chariot, soit en levant le levier, soit en tirant à soi les branches du moulinet, suivant la construction de la presse.
- Cette première pression tirée, on défait le
- (i) Voyez le Chap. X, de la Presse lithographique•
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 5g collier, on relève le porte-râteau, ensuite le châssis, puis la feuille maculature ; et si le pa~ ï^er autographe est parfaitement étendu, on met uue nouvelle maculature, on ajoute un point de Pression , et l’on fait parcourir au chariot trois fois la distance déterminée d’avance sans chan-8er la maculature ni lever le châssis : alors le transport doit être parfaitement effectué.
- On décolle doucement le papier en l’imbibant avec une éponge mouillée; on laisse sécher la lierre avant de l’aciduler , opération qui forme f objet du chapitre IX de cet ouvrage.
- he transport des dessins au crayon s’opère de ^ même manière, si ce n’est seulement que la P'erre doit être grainée au lieu d’être polie.
- Section iii.
- bes étuves pour sécher les pierres destinées aux transports autographiques.
- Parmi les difficultés qu’on éprouve pour opé-fer des transports parfaits sur la pierre, on compte en première ligne celles que fait naître ^ imperfection du papier à transport ou la mau-^aise qualité de l’encre à autograpliier, mais le
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- froid et surtout l’humidité sont deux ennemi* pour le moins aussi dangereux.
- Pour dresser une pierre lithographique, ^ faut, ainsi que nous l’avons dit, employer Ie sable et l’eau ; pour la polir, afin qu’elle puisse recevoir un transport, on se sert de pierre" ponce et d’eau.
- Dans la première opération, le sable ouvre le5 pores de la pierre calcaire, naturellement spou" gieuse , et facilite l’infiltration de l’eau , qui pe" nètre jusqu’à une certaine profondeur; dans le seconde , la pierre ponce agissant concurrent ment avec une nouvelle quantité d’eau , détruit le grain, referme les pores de la pierre, et est bien loin de diminuer la masse d’humidité dont elle est comme saturée.
- L’action de l’air atmosphérique peut, suivant son état de sécheresse, d’âpreté, de froid ou d’humidité, diminuer ou augmenter le volume d’eau contenu dans la pierre, et par une jour" née d’été il faut encore, avec le secours du so" leil, un certain laps de temps pour sécher une pierre qui vient d’être appropriée à l’usage du transport; en hiver, la chose devient presque impossible ; on a donc dû. chercher des moyen5 plus efficaces pour arriver à ce but.
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- ET DE i/lMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 6l
- Dès les premiers temps, M. De Lasteyrie avait PeQséque pour faire un transport aulographique faciliter le décalque des caractères ou du des-8,11, il était urgent de présenter la surface de la P'erre devant un feu clair, produit par des co-PeRux ou des rognures de papier.
- Nous avons opéré par ce moyen avec succès, Pendant plusieurs années, cependant, nous rencaissions depuis long-temps que ce mode de chaufFer ou sécher la pierre laissait encore beau-c°Up à désirer, puisqu’il n’est pas possible d’armer ainsi à lui donner une chaleur égale sur ^°lHe sa surface; mais notre maison s’occupant Prnutpalemeiit de l’impression de tous les geu fes de dessins, des écritures à la plume, au pineau, et l’autographie n’étant pour nous qu’un f^ble accessoire, il appartenait à un autre de Chercher un procédé meilleur, et de faire les ^penses d’un appareil spécial.
- Gardon, que nous avons déjà eu l’occa-Sl°Q de citer avec distinction, s’occupant pres-exclusiment de l’autographie, a imaginé un j^sier en bois, de 6 pieds de haut, 6 pieds de arSe et 2 pieds de profondeur , composé de r?lyons et de compartimens perpendiculaires, È^cé à une extrémité d’un de ses ateliers , au
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- milieu d’une construction en briques, fermai de portes à coulisses , au bas duquel et au centre se trouve pratique un foyer ou four' neau , communiquant sa chaleur dans toute l’e' tendue du casier, au moyen de bouches calon' fères. Quand une pierre est demeure'e penda»1 un quart-d’heure dans ce casier, elle peut être choisie pour faire un transport autographiqufi'
- Par la nature des travaux exécutés dans so» établissement, M. Gardon emploie chaque jour quatre-vingts ou cent pierres pour les trau»’ ports; s’étant aperçu que pendant les teinp froids et humides F operation du décalque sur ^ pierre était douteuse, même sur celles poncê^ trois ou quatre jours d’avance, et qui parais' saient parfaitement sèches, il se détermina * faire construire l’étuve que nous venons de &e' crire.
- Cet appareil a encore d’autres avantages, échauffe à peu de frais l’atelier où se trouve!*1 les imprimeurs, car, pour entretenir une cl*3' leur douce et égale, il suffit de renouveler ^ combustible deux fois par jour , et afin de fa*lC connaître tout le parti que l’on peut en tire* • nous rendons compte d’une expérience faite paf
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- ET DE L’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 63 Gardon, dont nous reproduisons textuellement la note communiquée :
- « L’étuve peut ranimer les corps gras qui sont " sur la pierre, qui menacent de déménager ou
- * qui refusent de prendre le noir du rouleau ,
- J> par suite de fatigue pendant le tirage, ou " d’une acidulation trop forte. Vingt fois j’ai été " a même de réparer par ce moyen des pierres
- * laissées en mauvais état par défaut de soins ou « de savoir faire de la part des ouvriers. La
- pierre, mise au repos dans l’étuve pendant une " demi-heure, les corps gras se trouvaient rappe-" lés, et l’encrage au rouleau en devenait facile. « Il m’est arrivé, dit M. Gardon, qu’une
- * page d’autographie très-fine sur laquelle on " avait mis de la sandaraque en profusion, refusa " de se coller sur la pierre à la première pression,
- * je relevai le châssis aussitôt, et aucune trace de
- * transport n’apparaissait sur la pierre ; je la " Plaçai dans l’étuve pendant un quart-d’heure, " auhout de ce temps, je la retirai et jedécou-" Vris des caractères faiblement indiqués; je l’a-" ddulai aussitôt, et me mis à l’encrer : au pre-" ftùer coup de rouleau , toute la page ressortit " plus pure que d’habitude; enfin, je soumis la
- * P^ge d’autographie à un nouveau décalque
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- « qui s’effectua avec un plein succès. Ainsi) « grâce à l’étuve, j’ai obtenu deux transport5 « d’une seule page d’autographie. »
- Quelques personnes ont pensé remplacer l’e' tuve en jetant de l’eau chaude sur la pierre; ce moyen ne vaut rien , il sèche en apparence, ma'5 il ne sert qu’à rappeler l’humidité de l’inte' rieur sans l’anéantir; car, de cette manière) telle autographie qui s’est bien transportée, qu* a subi une bonne préparation et qui a été bie® encrée, se dépouille au bout de dix épreuves) ne vient que par partie, et disparaît presque to' talement dans les endroits les plus poreux de 1* pierre.
- Papier autographe, composition Gardon.
- Nous recommandons cette composition, qu'il*16 expérience personnelle de trois années nous a fait reconnaître comme excellente.
- La première condition du papier autograph6 est de permettre à l’écrivain un travail pur et délicat, dé transmettre ce travail à la pierre da*15 tout son entier et avec la même pureté ; d’être perméable à l’eau seulement, du côté opposé a la composition, sans que jamais on puisse re'
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- marquer de ce côté aucune espèce de suintement.
- Après avoir cherché long-temps une compo-Sltion qui pût remplir ces diverses conditions, Gardon s’est avisé de faire détremper du ta-P'oca d’Amérique , qui par sa nature est très-Sl’itineux et excessivement compacte (il peut être remplacé par la fécule de pommes de terre , qui Produit le même effet. ) Après l’avoir laissé détremper pendant l’espace de 6 heures environ, 0l) le met bouillir pour en obtenir la parfaite dis-s°lution,puis on passe le tout dans un fort linge, e* ensuite on y verse la gomme-gutte dissoute *^ns de l’eau tiède.
- Proportions.
- 1/2 livre de tapioca 1 once et 1/2 de gomme-gutte.
- ^ette composition, qui a l’avantage précieux de Se conserver pendant un mois sans tourner, s’applique sur un papier mince collé, au moyen ^Dne éponge fine ou d’un pinceau queue de
- morue.
- Lorsque la composition est sèche, il faut lfin
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- ser le papier en le passant sous la pression du râteau.
- C’était une chose fort intéressante que ^ trouver un procédé pour multiplier les plancha lithographiées ou gravées, en faisant les fralS d’une seule composition et en employant le traus' port ; de nombreuses expériences avaient éte faites avec des succès divers, ainsi que nous la' vons dit, mais jamais on n’était arrivé à nn réstfl' tat aussi satisfaisant avant l’emploi des nouveau* moyens que nous indiquerons en terminant & chapitre.
- Lerpapier autographe était depuis long-teiup5 perfectionné et laissait peu à désirer ; on ava'1 généralement adopté la roulette pour opérer Ie décalque des dessins ; cependant, quelques 1*' thographes obtenaient le transport tout simple ment avec la presse, en faisant subir au trava1 un certain nombre de pressions ; mais, ce manquait jusqu’alors et qui empêchait souve*'1 d’arriver à tirer de bonnes épreuves, c’était sence d’une composition d’encrage réunisse* toutes les qualités nécessaires.
- Pour opérer le transport d’un dessin ou d’u^ page d’écriture, on encrait sa planche avec ^ noir d’impression ordinaire, en donnant au
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- Vad une teinte vigoureuse, puis on tirait une preuve sur une feuille de papier légèrement aLiné, ou sur du papier autographe, ensuite on transportait l'épreuve sur une pierre, soit avec ^ roulette, soit à la presse.
- Le décalqué fait, on laissait sécher la pierre l’on encrait ensuite , après lui avoir fait su-une légère acidulation.
- On obtenait souvent un résultat fort imparfait, et ces transports ne donnaient qu’un assez petit Nombre d’épreuves.
- Aujourd’hui, le transport d’une épreuve gra-vée ou lithographiée n’a plus rien de fictif, c’est opération simple qui n’exige que du soin, et dont le succès est certain, en employant l’encre dont nous allons faire connaître la composition.
- ENCRE POUR TRANSPORTER.
- Matières.
- Cire jaune ordinaire, 3 parties.
- Suif de mouton épuré, i
- Vernis faible d’huile de lin , i
- ^oir de fumée calciné, 1
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- Manipulation.
- On fait fondre la cire, on ajoute le suif » e* quand il est fondu, on le mêle parfaitement avec avec la cire, au moyen d’une spatule ; ensuite 0® met le vernis, et aussitôt que ces trois matière sont bien amalgamées, on y joint le noir p®r petites parties, toujours en remuant; on co®' centre la chaleur en couvrant le vase de fo®tÉ dans lequel se trouve la composition ; au bout quelques secondes, on le retire de dessus le fe®* afin d’éviter que les matières ne s’enflamment' et avant leur entier refroidissement, on les bro'{ avec une molette.
- Cette composition doit servir à l’encrage la planche dont on désire transporter u®{ épreuve , elle donne au dessin un ton moins v>' goureux que l’encre ordinaire; mais en char géant la pierre avec soin à deux reprises, et passant le rouleau lentement, sans le laisser co®' 1er, le travail doit être parfaitement garni d’e®' cre dans toutes parties, sans en excepter 1®S plus légères.
- L’épreuve qui doit servir au transport pe®* être tirée sur une feuille du papier autograp^ de la composition de M. Gardon, que nous vP
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 69 ®°ns d’indiquer, ou si on le préféré , sur une Quille de papier de Chine, que l'on a préalablement épluché et collé du côté de l’endroit élément.
- four coller le papier de Chine destiné à cet Usage , on emploie la colle de pâte ordinaire, à ^quelle on ajoute une très-petite quantité d’eau, de pouvoir la battre et la passer plus facilement dans un linge propre, solide, mais peu Sfil'ré ; on applique cet encollage sur l’endroit papier, au moyen d’un morceau d’éponge ou d’une queue de morue assez douce, de Manière à ce que la surface du papier en soit eUtièrement, mais légèrement couverte, et lorsque cette première couche est bien sèche, on en applique une seconde avec le même soin.
- L’épreuve tirée sur l’un de ces deux papiers, côté de l’encollage, on la pose dans un vase ^rge, rempli d’eau, de sorte qu’elle surnage et *îl,e l’eau ne touche absolument que le côté du Papier opposé à celui où se trouve le travail, ce ^nier devant en être totalement exempt, sous Pe>ne de faire manquer l’opération.
- prend alors une pierre de la dimension Co*ivenable , grainée si c’est un dessin au crayon l’on veut transporter, et polie si c’est une
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- page d’écriture ou un dessin au trait ou à l’encre! dans l’un ou l’autre cas, il faut que cette pierre soit parfaitement sèche, ou, si on peut la mettre dans une étuve pendant quelques minutes avafl1 le transport, on sera encore plus certain qu’elle ne contiendra point d’humidité, condition essefl' tielle pour opérer un bon transport.
- Si on emploie la presse pour cette opération' on ajuste sa pieire dans le chariot, on règle k course de ce dernier, on met le châssis en rap' port avec l’épaisseur de la pierre ; enfin on pr^ pare tout comme pour tirer une épreuve ^ même ftrnnat que l’objet que l’on veut tranS' porter, en donnant toutefois à la pression u®* puissance ordinaire ; ensuite on prend avec p^ caution l’épreuve par les deux angles*, du mêiJ,f côté ; on la retire du vase sans permettre * l’eau de submerger aucune partie du côté ^ travail; on laisse égoutter l’épreuve, puis on 1* pose doucement sur la pierre, sans la traîner1,1 la frotter, et sans qu’elle fasse un seul pli; & fin, on la couvre de plusieurs feuilles de pap>^ de soie, qui doivent servir de maculature, et0,1 lui fait subir deux ou trois pressions lentement mais sans s’arrêter en route, et en changé11
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- P°Ur chacune d’elles les feuilles de papier de s°le) qu’il faut toujours choisir sans pli.
- Alors le transport doit être termine. On im-k&e le papier de transport au moyen d’une eponge , mais sans frotter, pour enlever le pa-Pler 5 ou bien on met la pierre dans un baquet propre, pour qu’il s’en détache de lui-^nie ; ensuite on laisse sécher la pierre assez ^0,1g-temps pour que l’eau en soit évaporée, puis 0,1 prend de l’eau fortement gommée, passée dans 1111 linge et ne contenant aucun corps étran-§er; on en couvre toute la surface de la pierre, l’on met à plat afin que toutes les parties en Estent couvertes également. Au bout de vingt-luatre heures au moins, ou enlève la gomme, 611 mettant la pierre dans l’eau un instant, afin ^frotter le moins possible, et on opère l’engage de la planche en employant encore l’encre ^transport, jusqu’à ce que toutes les pai’ties Çf| aient été bien garnies et fortifiées ; on laisse Secher pendant une heure, après quoi on fait SüW à la pierre une légère acidulation, mariant un degré au plus , et contenant de la §°Hune en suffisante quantité pour la maintenir et la faire sécher sur toute la surface.
- On peut ensuite livrer cette planche a l’impres-
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- sion, par les moyens ordinairement employés e® lithographie.
- Quand on se sert de la roulette pour opérer Ie transport sur la pierre, le reste de l’opératio*1 ne diffère en rien de ce que nous venons de de' crire.
- Cette roulette, dont nous avons parlé depi1'5 long-temps dans nos précédentes éditions , et dont nous donnons encore la figure dans celle' ci, doit être en cuivre, avoir un pouce 1/2 de diamètre sur une épaisseur ou surface roulant a peu près égale ; elle doit être garnie d’u®6 petite housse de Casimir sans couture apparent en forme de rentraiture , et parfaitement adap' tée, en sorte qu’elle ne puisse pas varier 111 plisser.
- On se sert de cette roulette, qui est monte6 comme un gallet, au moment où l’épreuve que l’on veut transporter vient d’être posée sur 1* pierre, en la passant également partout et d6 proche en proche, un assez grand nombre de fois pour obtenir un décalque complet.
- Quand 011 a une bonne presse et un râtea11 parfaitement juste , le décalque est plus facile ^ plus promptement fait qu’avec une roulette ; ce'
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- Pendant, ce dernier moyen est encore préféré Par plusieurs lithographes.
- Les presses sans râteau, mais à double cylin-fLe en fer, dans le genre de celles de M. Man-d°ux , dont nous aurons occasion de parler, nous Semblent excellentes pour faire toute espèce de transport, et surtout celui qui a pour objet de Multiplier 1 es planches à l’infini.
- Dans tout ce qui précède, nous avons pu nous repéte r un peu, mais, dans un Manuel théorique et pratique, on ne doit s’attacher qu’à une excessive clarté ; il faut conduire le lecteur c°mrne par la main; il faut, pour ainsi dire, le Lire assister aux opérations dont on lui fournit ^ exacte description, afin qu’au besoin il opère Li-méme avec fruit.
- MlVI. Reiner frères, artistes lithographes dis— tllxgués, nous otit donné la composition d’en-cr*ge que nous venons d’indiquer; elle nous pa-être une des meilleures de ce genre, et produit le même résultat que la composition d’encre &rasse que nous donnons à l’article iv du Chaire Y Re ce Manuel, en retranchant toutefois
- essence de térébenthine.
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- CHAPITRE V.
- De lafabrication des vernis propres à l’impression lithographique.
- Les vernis sont appele's à exercer une influence importante dans l’art lithographique, et si une opération est souvent négligée par quelques im' primeurs, c’est précisément cette intéressante fa' brication. Nous traiterons donc ce sujet le mien* qu’il nous sera possible, en n’omettant aucun des détails relatifs à la manipulation et au choi* des huiles.
- Nous donnerons les moyens d’éviter les acci' dens presque inséparables de ces opérations » dans l’exécution desquelles il est facile de se brû' 1er dangereusement, de perdre la vue, etc. En' fin, comme nous nous sommes utilement occupe de perfectionner la fabrication des vernis , non5 espérons être utile en offrant à nos lecteurs Ie fruit de notre travail et de nos recherches.
- Une expérience que nous avons faite en 1829* nous a donné l’idée que l’on pourrait emj>loyef
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- avec succès la résine dans la fabrication des ver-Qls, afin de les empêcher de graisser,et de donner aux épreuves plus de brillant et de transparence.
- Plusieurs lithographes ont aujourd’hui apporté ce perfectionnement dans cette fabrication, •nais nous sommes persuadés que cette idée nous est venue avant qu’ils n’y aient songé.
- Gomme nous pensons qu’il n’est pas sans intérêt pour nos lecteurs de connaître l’historique cette amélioration, nous allons entrer dans Quelques détails.
- En 1829, M. Deschamps, français établi depuis long-temps à Philadelphie, et dont le frère figeait, à Paris, la raffinerie de sucre du faubourg Saint-Denis , vint en France pour se pro-cUrer un certain nombre d’objets nécessaires à ^ industrie qu’il exerce en Amérique, mais prin-Clpalement pour connaître la fabrication des Vernis pour la typographie, ayant formé, dans s°u établissement de Philadelphie, une impri-^rie pour la publication d’un journal.
- bï. Deschamps, comme la majeure partie des Unprimeurs du Nouveau-Monde, achetait aux ^Echands anglais et à un prix exorbitant, les eUcres d’impression dont il avait besoin, ne pou-
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- vant pas s’en procurer d’une aussi bonne qua' lité dans les fabriques américaines.
- Son but en venant à Paris était de s’affranchir du tribut qu’il payait aux Anglais, en fabriquait ses encres lui-même, et ensuite de former une fabrique où les Américains trouveraient ces pi’0' duits à un prix raisonnable et d’une meilleure qualité, ci.* si tout le monde sait que les AnglalS fabriquent aussi bien que nous tout ce qui a rap' port à 1 ’art typographique, personne n’ignore que les choses fabriquées pour composer les pa' cotilles, ou expédier à l’étranger, sont peut' être plus négligées en Angleterre qu’en France-
- Pour connaître la. composition des noirs, M. Deschamps s’adressa à des fabricans de Pa' ris , qui lui fournirent d’utiles renseigneme»s> mais il ne fut pas aussi heureux près des per' sonnes qui s’occupent de fabriquer les vernis et les encres typographiques : toutes lui offrirent de la marchandise, mais pas une seule ne voulu'' consentir à lui donner le moindre éclaircissement sur les manipulations.
- M. Deschamps prit alors le parti de s’adresser aux principaux imprimeurs, qui lui répondirent qu’ils ne s’occupaient pas eux-mêmes de la fabn' cation de leurs encres ; qu’ils les achetais*1'
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- to«tes faites , et qu’à Paris, c’était une industrie ^ part ; ils l’engagèrent donc à s’entendre avec eurs fournisseurs, auxquels il eut vainement recours, car il ne put rien en obtenir.
- Deschamps était en France depuis deux , qnand il fut trouver M. De Lasteyrie, au-'liel il raconta ses mésaventures, en lui deman-quelques conseils.
- ^°us dirigions alors la lithographie de Mariet
- çt
- compagnie ; M. De Lasteyrie nous envoya Deschamps, en nou£ le recommandant d’une Manière toute particulière, en qualité de com-I^lriote et d’industriel.
- Deschamps nous fit part de l’objet de ses ^cherches, des nombreux dégoûts dont il avait ^ abreuvé, ainsi que du vif désir qu’il éprou-de ne pas retourner dans sa patrie adoptive Sï,ls emporter quelques indications précises.
- ^ ^out en accueillant bien M. Deschamps, nous 1,1 Allies sentir que la typographie ne rentrait dans nos connaissances acquises, que nous n°us en étions jamais occupé que pour notre ^ l;ilsiv, mais que cependant nous ferions tout °fi'e possible pour lui être agréable.
- Deschamps nous montra un échantillon de fabriqué à Paris ; nous l’examinâmes} et
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- nous reconnûmes qu’il devait se composé d’huile de noix et d’une certaine quantité' ^ matière résineuse nécessaire pour donner la te' nacité, le brillant, et maintenir la pureté dafl5 l’impression des caractères typographiques.
- Nous convînmes avec M. Deschamps de choisi le premier beau jour pour aller hors barrière faire des essais.
- Ce jour arriva : nous étant munis des uste11' siles nécessaires à la fabrication des vernis, u°l1 achetâmes dix livres d’huile de noix, claire rance, d’un beau jaune, deux livres de rés$ blonde commune.
- Arrivés sur le terrain, nous traitâmes l’hu1 comme il est indiqué à l’article II ci-après, eu ^ dégrairsânt avec des tranches de pain, maiset ne laissant acquérir à l’huile que la densite' $ dispensable pour faire un vernis taible. Vers ^ fin de l’opération, nous mîmes le feu à la sur^ pendant trois minutes ; après, l’avoir éteint j(i mettant le couvercle de la marmite, nous la ^ couvrîmes de nouveau, et, après cinq minütP de refroidissement, nous ajoutâmes, douce®1611 et en agitant avec une cuiller en fer, une livre ^ résine que nous avions fait fondre séparéiu611 dans une petite marmite de fonte.
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- Après avoir fait cette addition de résine, nous continuâmes à remuer en tournant, pendant quelques minutes, afin d’opérer un mélange parfait , ensuite nous laissâmes le vernis refroidir entièrement avant que de le couvrir.
- Le lendemain, M. Deschamps fit broyer un peu de noir avec ce vernis,' et se rendit chez Firmin Didot, sans lui dire d’où sortait le vernis, afin de ne donner lieu à aucune prévention, il le pria de faire tirer quelques essais de éifférens genres de caractères, pour reconnaître Sl cette encre, dont on lui offrait une assez grande quantité à un prix modéré, était d’une bonne qualité, et s’il pourrait sans inconvénient, eU faire une provision qu’il emporterait à Philadelphie.
- M. Didot, véritable artiste, accueillît M. Deschamps avec son obligeance ordinaire, et fit faire devant lui des essais qui eurent le plus brillant
- résultat.
- M. Deschamps revint tout joyeux nous faire Part de nos succès, et nous montra les spécimen qu’il emporta avec lui, ainsi que notre procédé fabrication.
- Cette expérience nous conduisit tout naturellement à penser qu’une partie de résine ajoutée
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- à nos vernis lithographiques ne pourrait que les améliorer et remédier a diverses imperfections. JVous fîmes quelques essais pour trouver la proportion nécessaire, et aujourd’hui nous donnons le résultat de nos nouvelles observations.
- ARTICLE PREMIER.
- Des huiles.
- Deux sortes d’huiles ont été reconnues bonnes pour la fabrication des vernis lithographiques 5 l’huile de noix et l’huile de lin : cette dernière a, depuis long-temps, obtenu la préférence.
- L’huile de lin est celle dont se servent aujourd’hui presque tous les lithographes ; mais , que l’on emploie l’une ou l’autre , il faut toujours les choisir très-vieilles, d’un beau jaune, et parfaitement claires.
- Cette huile, qui joue'déjà un grand rôle dans les arts et métiers, est encore celle avec laquelle on obtiendra toujours les meilleurs vernis pour la lithographie.
- Les marchands de couleurs vendent des huiles brûlées une ou plusieurs fois, auxquelles ds donnent le nom de vernis, quoiqu’elles n’aient pas en général assez de consistance.
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- Ces huiles ainsi traitées sont appelées par les chimisles huiles lithargiées, et par les artistes, ^iles dégraissées ; elles ont subi par cette maculation un commencement de décomposi-*l0Q, sont plus oxigénées et retiennent de la li-tharge ( deutoxide de plomb).
- Manipulation des vernis.
- Ch met dans une marmite, en fonte ou en fer, c°utenant vingt-cinq litres ( pl. I, Jig. 5 ) , ^inze à vingt livres d’huile de lin réunissant les ^alites ci-dessus énoncées ; on couvre herméti-1Uement cette marmite avec son couvercle tte ^me matière (pl. hfig. 4) ; on la pose en-u*te sur un trépied en fer ; on allume dessous ^ feu de bois suffisant pour échauffer l’huile ^Agressivement et sans précipitation. Aussitôt ^elle commence à bouillir, on coupe un pain ras$is de quatre ou six livres ( dans la propor-
- 0(1 de quatre livres de pain pour quinze livres
- huile) par tranches très-minces; on jette ces hanches dans l’huile, trois ou quatre à la fois, d’opérer le dégraissage.
- ^ Hiesure que ces tranches de pain sont rôties
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- sans être brûlées, on les retire avec une éc«' moire en fer {pl. J, fig. 5), on leur en subst*' tue de nouvelles : ainsi de suite, jusqu’à ce <Jue
- le pain soit entièrement consommé.
- » , . . le
- Aussitôt que cette operation est terminée, *
- dégraissage de l’huile est fini : on recouvre marmite, et on augmente la vivacité du feu manière à obtenir en peu de temps une fode concentration.
- De dix minutes en dix minutes, on découd la marmite pour voir si le feu prend naturel^' ment ; s’il ne prend pas, on essaie de l’y mett^ au moyen d’une cuiller en fer que l’on fait roü' gir, et que l’on présente ainsi à la superficie ^ l’huile (pl. I,Jîg. 5 ). Si le feu ne prend f®5 encore , c’est que l’huile n’est point ass^ chaude; il faut augmenter la concentration el1 couvrant la marmite, et en ajoutant du b°is dessous ; puis l’on emploie de nouveau le moye<l de la cuiller rougie.
- la
- Si, pendant l’opérati on, on s’aperçoit que 1 feu s’attache aux parois de la marmite, il faut ^ couvrir hermétiquement, afin d’étouffer la fla^ me, empêcher l’air extérieur d’agir, et desce15 dre la marmite dans un trou fait à cet effet.
- S’il arrivait que l’on ne mît pas assez de vi*r
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- Clté à retirer la marmite de dessus le feu, et que 011 négligeât de la couvrir parfaitement, il y a,iraitexplosion, le couvercle sauterait en l’air, ^ Cet accident pourrait entraîner la perte totale 1 huile dégraissée.
- quart d’heure après que la marmite est rer I'1 e”e du feu, on la découvre; on prend un glo-
- u‘e d’huile brûlée avec la cuiller, on la verse
- dan •
- '‘ns une coquille ou une petite assiette, suivant
- Ce que l’on a sous la main, et, au bout de quel-*îUes instans, le refroidissement de ce globule e*posé à l’air se trouvant opéré, on est à même ^connaître la consistance du vernis.
- Si Ce vernis est destiné à l’impression des des-Slt)s au trait et des écritures, il doit être suffiraient dense, et sa manipulation esrt terminée : c est ce que l’on peut appeler vernis n° i, dont rs aurons plus tard l’occasion de faire contre les différentes propriétés. Si ce vernis est, ^contraire, destiné a l’impression des dessins ^ Cl'ayon, il faut lui donner plus de densité ; ^0,ir Y parvenir, il faut chercher à y mettre de **°Uveau le feu, et l’activer en remuant avec la Miller.
- Uans le cas où la flamme ne reprendrait pas de Sll‘te, il faudrait remettre la marmite sur letré-
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- pied, et provoquer l’inflammation par un feU ai dent. Aussitôt qu’on l’a obtenue, on redescend la marmite, et on fait brûler l’huile jusqu’à11 moment où les parois commencent à s'échauffer; on pose alors le couvercle, et quand on juge que la flamme doit être éteinte, on découvreefl' core ; on prend un nouveau globule qui, ap'^5 le refroidissement, doit donner le vernis n° 2*
- Pour que ce vernis soit bon, il faut qu’eu Ie faisant filer au bout duNdoigt, les filamens, aflr vés à une longueur de deux ou trois pouce5’ se rompent d’eux-mêmes , et soient enlevés paf l’air comme un corps sec et léger ; et qu’en ^ serrant entre les extrémités des doigts, il s’e11 détache, en claquant, par fils d’un jaune brua transparent.
- Cinq minutes après que l’on est parvenua éteindre la dernière flamme et que la marmite3 été découverte, on ajoute , pour le vernis n® 1 destiné à l’impression des dessins à l’encre, d63 écritures et de la gravure sur pierr», sur ^ quantité de vingt-cinq litres d’huile, une vre de résine blonde ordinaire, que l’on a el1 soin de faire fondre séparément sans la cuire, vers la fin de la fabrication du vern>5. Cette addition doit être faite lentement et en re'
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- ET DE L’iMPKIMEüIt LITHOGRAPHE. 85 Gluant toujours avec la cuiller en fer, et ainsi que nous l’avons dit précédemment, on doit Continuer de remuer pendant quelques minutes, aprés que la résine a été versée, afin que le ir.é-lange soit parfait.
- Pour le vernis n° 2, on mettra , dans la quantité d’huile précitée, trois livres de résine fondue.
- Les vernis fabriqués pour être employés pendant les chaleurs de l’été, doivent être beaucoup plus denses que ceux destinés pour les autres saisons, la température de l’été contribuant Puissamment à les mettre en fusion : dans ce cas, c est l’expérience qui guide , et il suffit de taire l*rûler une fois de plus pendant quelques mixtes, et d’ajouter une partie de résine, en sus du poids ci-dessus fixé, qui ne doit pas être dépassé pendant neuf mois de l’année en France, ou les plus grandes chaleurs ne durent ordinai -fuient que pendant les mois de juin, juillet et
- aofit.
- Il y a différentes manières de dégraisser les Veruis lithographiques : on emploie souvent des °§Uons, des pommes de terre , du son dans un Sac de forte toile; mais l’expérience nous a
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- prouvé que le pain était supérieur aux autres
- substances pour cette opération.
- Plusieurs lithographes emploient encore les ognons rouges, on pourrait, avec plus d’avantages , se servir de l’ail indiqué par Tingry, dans son traité des vernis, comme rendant l’huile plus siccative ; mais cette qualité lui est suffisamment donnée par l’addition de quelques parties de résine ; au surplus, on obtient un résultat aussi satisfaisant en employant, ou en n’adoptant pas l’ail ou les ognons ; le choix de l’huile et l’attention apportée à sa manipulation sont les seules couditions pour faire de bons vernis.
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- ' CHAPITRE YI.
- Des Noirs de fumée, et de leur emploi dans la fabrication des Encres d'impression et de conservation.
- ARTICLE PREMIER.
- Des Noirs de fumée.
- Les noirs de charbon, ceux que l’on connaît sous les noms de noir d’ivoire, noir d’Allemagne, et dont les résidus s’obtiennent en faisant brûler des os dans un vase clos, des résines grossières, etc., sont généralement lourds, compactes et pulvérulens.
- Tous les efforts du broyeur le plus vigoureux üe peuvent suffire pour en opérer l’amalgame parfait avec le vernis d’huile ; ces noirs restent toujours en grains, et s’agglomèrent sous la rno. ' ^tte, au lieu de se fondre et de former un seul c°rps avec le vernis.
- Il est donc presque impossible de faire usage de ces noirs dans l’art lithographique ; ils ne
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- pourraient donner des épreuves pures, et se refuseraient à une distribution proportionnée a chaque genre de dessin, auxquels ils s’attacheraient inégalement; de plus, par leur durete naturelle, ils auraient peu d’adhérence avec le papier qui, par conséquent, en laisserait lui-même une partie sur la pierre, ce qui occasionnerait des accidens irréparables, sans donner un seul résultat avantageux.
- Le noir de fumée provenant de la combustion des résines choisies, convient parfaitement à l’impression lithographique.
- II est ordinairement d’un assez beau noir, doux, léger et floconneux ; il s’écrase facilement et se broie très-bien.
- Ce noir se trouve tout fabriqué chez les marchands de noir, mais il est encore imparfait ; il faut, pour en faire un bon usage, le calciner dans un creuset ou dans une marmite bien couverte, et de la même forme que celle servant au vernis , mais moins grande, et pouvant contenir deux livres de noir sans êtrg foulé.
- On pousse le feu jusqu’à ce que la marmite soit rouge, et lorsqu’il n’en sort plus ni vapeur ni fumée, on retire le noir, qui se trouve alors
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- totalement dégagé de ses parties graisseuses et dessiccatives, dont l’action serait nuisible à la pureté du dessin pendant le cours de l’impression. On obtient de très-beau noir en brûlant ensemble de l’huile ou de la cire; et noir est doux, très-fin, et n’a besoin que d’une légère calcination pour être dégagé de ses parties grasses.
- Le noir obtenu par la carbonisation des loyaux de pêches et du bois de la vigne , a un beau reflet bleuâtre, mais à la calcination il tombe facilement en cendres, et n’est peut-être pas entièrement exempt d’acide végétal.
- Il existe un autre noir, qui provient de la fumée de l’essence de térébenthine brûlée : ce ûoir est le plus parfait que l’on puisse employer pour l’impression des dessins au crayon, et il est à regretter que le prix en soit si élevé, cju’il ne pourra jamais être exclusivement adopté pour un art qui semble appelé , par sa Nature comme par sa destination, à présenter fous les genres d’économie. Toutefois on peut facilement faire de ce noir soi-même, sans la construction d’un appareil dispendieux.
- Nous en citerons un, dont l’invention simple et ingénieuse est due à un savant qui a bien
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- voulu s’occuper d’améliorations relatives à l’art
- lithographique.
- Cet appareil consiste : i° En un petit vase en fer, de la forme d’une écuelle, et qui contient un litre environ, planche I, figure 6; 2° d’une plaque en fer plat, déformé circulaire, destinée à servir de couvercle , meme planche , fig. 7 ! 3° d’une longue mèche de coton dont on laisse pendre l’extrémité inférieure au fond du vase, en passant la partie supérieure dans un liège» revêtu de fer-blanc à sa surface, en sorte que cette mèche surnage comme celle d’une veilleuse, fig. 8 ; 4° et enfin d’un cylindre creux, en carton mince collé, de deux pieds de haut sur dix' huit pouces de circonférence, fermé à la partie supérieure d’un rond de carton, le tout bien hermétiquement joint ensemble, figure 9 de la planche I.
- On met dans le vase ci-dessus désigné, une livre et demie de térébenthine ; on place la mèche, on l’allume ; et lorsque la flamme pa^ raît prendre avec trop de violence, on met Ie couvercle sur le vase en laissant un peu d’air» afin de diminuer la force de la flamme, et augmenter ainsi la fumée qui doit produire le noir.
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- Dans cet état, on couvre le tout avec le cylindre , de manière à ce que la fumée ne s’échappe pas extérieurement, et le noir qu’elle dépose en sortant du vase va s’attacher aux parois du cylindre.
- La térébenthine entièrement consumée, on recueille le noir qu’elle a produit, en frappant légèrement sur les parois extérieures du cylindre pour l’en détacher sans l’écraser : au bout de quelques instans on enlève le cylindre, et l’on ramasse les flocons de noir qui se trouant sur la table qui a servi à supporter l’ap-Pareil.
- On peut soumettre ce noir à la calcination Par le procédé indiqué plus haut, pour le noir Provenant des résines choisies.
- ART# II.
- Composition de l’Encre d’impression pour les Dessins au crayon.
- On ne saurait apporter trop de soins dans Ie broyage des matières qui composent cette encre ; car c’est par leur amalgame parfait que ^ obtient, lors du tirage, des épreuves pures
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- et de cette opération dépend le résultat de toutes celles qui precedent l’impression d’un dessin.
- Composition allemande.
- Noir de fumee calciné............. 3 onces. »
- Cire et suif par égale partie fondus ensemble et brûlés pendant 4
- minutes........................ 2 gros. »
- Bleu d’indigo pulvérisé et tamisé. 1 gros. 1/2
- On broie le bleu seul, avec un peu de verni* n° 2 ; ou ajoute la mixtion de cire et de sui^ dont on opère bien le mélange; ensuite on met du noir de fumée peu à peu, avec la quantité de vernis que l'on juge nécessaire pour donner la densité convenable.
- Composition française.
- Elle est la plus généralement adoptée par le* imprimeurs lithographes français, et malgre qu’elle présente plus de simplicité dans sa pi'6’' paration , elle est fort bonne ; nous avons obtenu des résultats très-satisfaisans, par son empl°l continuel ; des dessins d’une exécution soig&ee
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- °Qt fourni des tirages de plusieurs milliers de bonnes épreuves.
- Cette couleur d’impression se fait en broyant quantité suffisante de noir de fumée calciné avec le vernis n° 2, auxquels on ajoute une Partie d’indigô en poudre, broyé séparément d^ns la proportion d’un gros pour deux onces de noir.
- On ne parvient à l’amalgame parfait de ces. substances qu’en opérant le broyage par petites Quantités, et en n’ajoutant de nouveau du noir lorsque le dernier mis ne fait plus qu’un seul et meme corps avec elles.
- Ou continuera de broyer jusqu’au moment où ^ eQcre d’impression aura acquis assez de densité P°ur se couper difficilement avec le couteau a
- broyer.
- Pour que cette encre soit parfaite, il faut ï11 elle soit très-brillante, que l’on ne remarque pas un seul point terne , et que, dans les endroits coupés avec le couteau, elle brille autant î» a la superficie.
- Pour réussir à donner une encre d’impression fPb ait toutes ces qualités, il faut avoir un broyeur vigoureux et intelligent ; sa molette d°it étendre le noir et le vernis sur toute la
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- surface de la pierre à broyerj y passer dans tous les sens, afin d’opérer un mélange qui ne laisse rien à désirer. On doit préférer les molettes en verre ou en marbre à toutes les autres.
- Nous avons reconnu que Taddition d’un pett de suif de mouton fondu au bain-mfirie, donna** à l’encre plus de douceur, et modifiait un peU ses dispositions siccatives ; elle diminue aussi 1* dureté naturelle du bleu indigo que l’on ajoute» et dont le propre n’est pas de manquer de sécl*e' resse.
- Si on ne mettait pas de bleu dans l’encre , Ie suif donnerait un ton roux qui nuirait singulier rement à la fraîcheur des épreuves.
- Ces deux substances paraissent faites pollf être employées ensemble avec succès, mais toi*' jours dans des proportions minimes relativeme*** à la quantité du noir et du vernis.
- Lors de la publication des premières écLitio1*5 de notre Manuel, nous donnions la préférence à la composition française, dans laquelle ^ n’entrait pas de suif ; mais l’expérience nous a prouvé depuis qu’il peut être utile en le*11' ployant principalement pour l’impression deS dessins qui doivent fournir un long tirage.
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- L’encre d’impression pour les écritures ou les dessins au trait, peut être faite simplement avec L Qoir de fumée broyé avec le vernis n° i , en °Wrvant toujours le même soin dans l’amal-§aine des substances.
- ART. IV.
- De l'Encre grasse ou de conservation.
- La propriété de cette encre est d’empêcher Ls traits du dessin de sécher, et d’en faciliter aiûsi la conservation pendant un laps de temps c°Qsidérable, sans avoir aucune altération à
- Craindre.
- Composition.
- Suif de mouton épuré............... i partie.
- Cire vierge........................ 2 »
- Savon ordinaire.................... 1 »
- Encre d’impression.............*. 2 » '
- Essence de térébenthine............ » i/3
- Oû fera fondre ces matières dans une casse-l°k semblable à celle qui est employée à la
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- fabrication des crayons : dans ce cas, on la mettra sur un feu doux, pour éviter l’inflaimna' tion des substances ; on versera ensuite cette mixtion dans un pot, que l’on aura soin de tenu’ couvert jusqu’au moment où l’on voudra s en servir de la manière indiquée au chapitre XlH*
- CHAPITRE VII.
- Des papiers employés pour l’impression de* différens genres de Dessins lithographiés, d# leur mouillage, des Papiers de Chine , d de leur préparation.
- ARTICLE PREMIER.
- Le papier réunissant les qualités nécessaire» à l’impression des dessins au crayon, est jusqu* présent sorti de la belle fabrique des Vosges» appartenant à MM. Desgranges frères, et celle de M. Mongolfjer d’Annonay.
- Ces papiers sont généralement sans colle $ sans alun, d’une pâte blanche et unie, sans sécheresse et sans aspérité, graviers ou boutons»
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- et de d’imprimeur lithographe. 97 leiir grain est fin et régulier, et par conséquent ti’ès-propre 'a s’identifier avec la pierre par la Pression pour en détacher l’encre d’impression l°rs du tirage de chaque épreuve, objet dont a°Us démontrerons l’importance dans le cha-Phre XI, qui traitera spécialement de l’impres-Sl°n lithographique.
- On ne saurait trop encourager la bonne fabri-Cation des papiers français , qui ont été long-temps inférieurs a ceux que les Anglais fabriquent pour l’impression de la gravure et de la lithographie» Cependant il est juste de dire que, ^epuis quelques années, de très-grandes améliorations ont été apportées dans les fabriques françaises, et qu’il est probable que nosconcur-rens en industrie ne conserveront pas long-tcnips la supériorité qu’ils ont sur nous en ce §eUve, si l’importation du chiffon est protégée , si son exportation hors de France est sou-à un tarif élevé ; si enfin l’autorité continue a donner une impulsion salutaire au progrès de Cehe utile industrie, comme elle n’a cessé de le frire depuis quelques années, en accordant aux frbrieans français des récompenses et des men-frons honorables , lors des expositions publiques 1 industrie nationale.
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- C’est pour parvenir à de semblables résultats qu’a été fondée la Société d’encouragement) l’une des plus nobles et des plus utiles institu-tions dont la France puisse s’enorgueillir.
- Cette Société, qui compte dans son sein des hommes distingués par leur rang, leur carac-tère et leurs profondes connaissances dans tous les genres d’industrie, et surtout par l'esprit de justice et de bienveillance qui les anime, est un sûr garant des progrès sensibles que les ai'ts et l’industrie ne peuvent manquer de faire en France d’ici à quelques années.
- Heureux le pays qui possède de pareilles inS' titutions ! heureux le gouvernement qui sait, en les protégeant, leur faciliter des application5 utiles !
- Il est donc permis d’espérer que les encoura' gemens accordés à toutes les branches de l’in' dustrie hâteront le perfectionnement si dés1' rable du papier, et que, sous ce rapport, comifle sous plusieurs autres , nous n’aurons rien * envier à nos rivaux d’outre-mer.
- Pour reconnaître si les papiers employé^ pouf l’impression contiennent de la colle ou l’alun , il suffit d’un peu d’habitude : leur séche' resse au toucher, leur disposition à s'attache**
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- aux doigts après avoir mouillé un des angles de ta feuille en le passant sur la langue , leur peu 'ta transparence, la difficulté que la salive ou ^ eau éprouvent à les imbiber, sont autant d’indices certains de la présence de la colle et de
- I alun, qui sont également nuisibles à l’impres-Slon des dessins au crayon.
- Si la fabrication des papiers est perfectionnée eû France et en Angleterre, elle est encore 'tans l’enfance de l’art pour les contrées méridionales de l’Europe.
- La matière première que l’on y emploie est dune assez mauvaise qualité. Le linge de fil
- II étant pas d’un usage général et habituel, on Se sert presque exclusivement du chiffon de c°ton qui n’a pas à beaucoup près le moelleux de celui qui se compose de chanvre ou de lin.
- Les mauvaises méthodes suivies dans les opérions préparatoires telles que le triage et l'assortent des chiffons suivant leur couleur et leur 'lualité, qui sont en France l’objet de soins tous Particuliers, le blanchiment de ces chiffons ob-ta”" - d’une eau de chaux brute, au
- chimiques perfectionnés, adoptas depuis long-temps dans nos manufactures, s°ot des obstacles insurmontables à l’amélioration
- «U moyen ^tau des procédés
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- des papiers fabriqués dans toute l’Italie et une partie de la Suisse, notamment à Lugano et aux environs du lac de Como , près de Milan.
- L’état stationnaire des arts utiles dans ce pays d’ilotes où l’interêt personnel et l’avarice ont remplacé l’esprit national, menace de durer encore plusieurs générations.
- L’industrie y est presque nulle , les ouvrier5 végètent plutôt qu’ils ne vivent, et sont à l’en' tière discrétion de quelques marchands capita' listes, beaucoup plus Arabes que les Bédouins.
- Les beaux arts y sont languissans, et les ar' tistes, à l’exception de quelques-uns d’entr’eu* qui ont de la fortune, ou qui sont sous le patro' nage des anciennes familles nobles, sont très' malheureux, et ne jouissent d’aucune espèce de considération.
- A) ant été à même de faire de nombreux es' sais et des tirages sur les papiers fabriqués en Italie, nous croyons utile de donner ici le re' sultat des observations que nous avons faites.
- Ainsi que nous venons de le dire, les chiffon5 de coton ne peuvent remplacer que très-impa'-' faitement les chiffons de fil, et par leur empl°* on n’obtient jamais qu’un papier d’une pâte plu" cheuse, d’une adhérence moins franche, et en
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- opérant le blanchiment de cette pâte au moyen la chaux ordinaire, on ajoute encore à sa sécheresse naturelle.
- Nous avons remarqué que les dessins au crayon les mieux venus au tirage des essais, pouvaient a Peine donner de 5o à 100 épreuves fraîches, c°mrne le dessin ; que ce'papier, d’une nature ^Ure et sèche, prend difficilement l’eau au mouille ; que les aspérités qui forment son grain ne peuvent s’écraser par une pression ordinaire;
- par conséquent une partie de l’encre d’im-Pï'ession demeure attachée au dessin lors du hrage de chaque épreuve, y reste fixée, en augmentant progressivement et d’une manière in-SeDsihle le volume du relief.
- Ce papier, tout en refusant de prendre la l°talité de l’encre, dépose par la pression les molécules de chaux détrempée qu’il contient; Ces molécules se combinent avec l’encre d’im-Pression, l’eau du mouillage de la pierre, et ^missent par former un alcali qui, s’identifiant avec le crayon originaire, forme un corps intermédiaire entre le rouleau chargé d’encre, des-|mé à l’encrage , et le dessin , au point de para-Vserles attractions chimiques qui forment toute a lithographie ; enfin, dans cet état, les blancs
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- de la pierre se salissent, les effets vigoureux prennent un Ion grisâtre, terne, et les flfeu11' teintes deviennent lourdes ; ainsi se trouvent anéanties la transparence du dessin, ses oppositions de perspective et sa fraîcheur.
- Vainement on prétendrait remédier à ces ac-cidens, ou les éviter en donnant à la pierre une nouvelle acidulation ; en enlevant le dessin à l’es' sence, il pourrait se rétablir un peu, mais il re' tomberait bientôt dans un état pire encore.
- En faisant subir à ce papier d’abonda»5 mouillages, en le séchant en partie, en intercalant les feuilles séchées, nous sommes bien parvenus à enlever une portion de la chaux qui se trouve à la surface de chaque feuille en ne laissant au papier que l’humidité suffisante au tirage lithographique, mais la chaux qui fait corp5 avec la pâte ne saurait être expulsée, elle demeure toujours en suffisante quautité poi’r nuire aux planches dessinées, puisqu’il est vrai qu’on ne peut laver et frotter le papier cornu16 un linge, et qu’il n’est pas sans exempt* que la chaux ayant servi à blanchir les toiles & fabrique, résiste souvent à trois ou quatre lessives.
- 1/acide muriatique en petite proportion dan5
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- et de l’imprimeur lithographe. io3 * eau destinée au mouillage du papier, peut opé-rer la chute de la chaux, mais encore faut-il faire le mouillage feuille à feuille, sécher et fouiller une seconde fois à la manière ordinaire ’ûdiquée au § Ier de l’article 3 du présent Chaîne; ce moyen n’est pas sans inconvénient, Puiscpv’en imprimant, chaque épreuve tirée sur ^ papier trempé ainsi, donne au dessin une petite ^is continuelle acidulation.
- On parviendrait à vaincre ce dernier obstacle, établissant une presse à pompe pneumatique, ^°**t l’objet serait de faire disparaître entière-l’acide muriatique, mais cet expédient ne durait donner au papier l’adhérence et le moel-qui lui manquent, seulement il en devien-^rait plus facile à rompre.
- C’est donc par le choix et le triage du chiffon, s°n nettoyage par le coulage préparatoire, le Rangement de mode pour blanchir la pâte que les fabricans suisses et italiens arriveront à talquer des papiers d’une meilleure qualité pour ^ *>npression de la lithographie.
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- ART. II.
- Papiers pour l’impression des Dessins à Ven^ et des Ecritures.
- Tous les papiers vélins, à vergeures, collés sans colie, peuvent être employés avec succès a11 tirage des dessins à l’encre et des écritures ; 011 ne doit en excepter que les papiers peints, cyllB' drés et savonneux, dont l’emploi est difficile nuisible.
- Les papiers d’Annonay, d’Angoulême et d’Auvergne, sont les meilleurs pour ce geore d’impression.
- Les papiers de Normandie, dont le blaOc naturel n’est pas très-beau, parce qu’ils sofl1 fabriqués assez ordinairement avec ce qu’on appelle chiffons verts (1), sont peu propres à la lithographie; cependant, quoique l’emploi de ces papiers ne soit pas encore applicable à genre d’impression, ils ont éprouvé de grandi améliorations depuis deux ou trois ans, et il
- (i) On donne ce nom à la pâte faite avec des chiffons qui ne soient pas suffisamment pourris,
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. Iû5 Pas douteux qu,’ils parviendront, avec le temps, degré de perfection atteint par les fabriques meme genre.
- Au surplus, ce serait une injustice de penser *îl,e la négligence apportée par les fabricans est cause des retards qu’éprouvent les progrès de ccite branche d’industrie, dans une des provin-Ces françaises dont on peut citer la majeure par-*le des habitans comme intelligens et spirituels ; ^ Qualité des eaux exerce une influence très-§rande'sur cette espèce de fabrication en Nor-^odie, où l’irrigation est abondante ; les eaux S0llt souvent peu claires, et en général, les *l°yens employés pour les clarifier nuisent au aUc de la pâte quand ils ne diminuent pas son adhérence et ses bonnes qualités relativement a ltnpression.
- ART. III.
- Du mouillage des Papiers.
- mouillage du papier doit être fait, autant ^lle possible, douze ou quinze heures au moins
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- m qu il ne soit livré à l’impression ; et, comme CeUe opération diffère pour les papiers collés et
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- 106 'MANUEL DU DESSINATEUR
- pour les papiers sans colle, nous diviserons article en deux paragraphes.
- § I«.
- Mouillage des Papiers sans colle.
- Après avoir coupe le papier suivant le forfl13* du dessin, soit en demi-feuille, quart ou he1' tième de feuille, on procède au mouillage de ^ manière suivante :
- On emplit aux deux tiers un baquet, d’^ forme ovale, d’une eau claire et limpide.
- On pose le papier sur une table placée à pel1 de distance du baquet ; et sur douze à qui^ feuilles du format adopte, on en mouille une $ la trempant dans l’eau et en la tenant par cl*a' cun des angles supérieurs. Quand la feuille e‘ grande, on prend le centre de ces deux angle5’ aussitôt qu’ils sont passés dans l’eau, avec dents, sans serrer beaucoup, en saisissant le! deux angles inférieurs avec Jes mains, et l’on pal vient ainsi a mouiller la feuille sans la romp1 ou l’endommager. On pose ensuite cette feu*^ avec précaution, en la tenant par un des ang^ supérieurs et un des angles inférieurs diamétr3 lement opposés, sur le premier tas de douze °11
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 107
- ^mze feuilles sèches ; on recouvre ensuite cette Quille mouillée avec un pareil nombre de eu*Ues sèches, on en mouille une autre que l’on ^°Se de même ; ainsi de suite, jusqu’à ce que lo^es les feuilles destinées au tirage soient réu-Ules dans un seul tas.
- Lette opération terminée, on recouvre le tas papier avec un ais en bois ; on le laisse ainsi Sllï>biber lentement et de lui-même pendant piques heures, ensuite on le porte sur la presse ^‘te à satiner ( pl. I ) ; on le serre forte-et, au bout de quatre à cinq heures, il est s,Jflisamment fait et bon pour le tirage.
- Si on pressait le papier avant que l’eau eût pu Pénétrer également portout, il en résulterait que toutes les feuilles mouillées et celles environnants seraient plisse'es au point de ne pouvoir ser-Vlr » et que les autres seraient inégalement Aillées.
- Lorsqu’on retire le papier de dessous la presse, 011 le divise en deux portions égales, et l’on re-loilrne la partie supérieure, en sorte qu’elle se L°Uve au centre en réunissant de nouveau ces e,1X portions.
- Le papier peut être alors employé au tirage des essins au crayon; il a acquis par le mouillage ,
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- Io8 MANUEL DU DESSINATEUR
- l’égouttage et la pression, toute l’iutensité l’adhérence nécessaires.
- § IL
- Mouillage des Papiers collés.
- Le mouillage des papiers collés s’opère de ^ même manière que celui des papiers sans colle' si ce n’est toutefois la différence du nombre ^ feuilles.
- S’il s’agit d’un petit format comme celui d11 papier à lettre, connu sous le nom de pap1^ coquille, poulet, écu, poulet-d‘écu, cornet, etc-’ il suffit d’en faire le mouillage en trempant à ^ fois un cahier de six feuilles que l’on pose sl'r un cahier sec, et que l’on recouvre de même 1 en ayant soin seulement de laisser égoutter ^ cahier mouillé avant que de le poser.
- Pour les papiers d’un grand formation ^ mouille deux feuilles sur huit ou dix, suiv»11* qu’ils sont plus ou moins collés.
- Pour le reste de cette opération, on suit ^ point en point les instructions portées au § Ie1'
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- ET DE L’iMPKIMEUR LITHOGRAPHE. 109 Art. iv.
- la fabrication du papier de Chine, de son emploi et de sa préparation.
- ^ous empruntons à notre vénérable et ancien Patron, M. de Lasteyrie, les détails relatifs à Cette intéressante fabrication.
- Les Chinois et les Japonais fabriquent des Papiers de diverses qualités, qui, en général, diffèrent beaucoup de ceux que nous avons ^ habitude de faire en Europe. Il y en a cependant dont la qualité et l’aspect ont beaucoup d analogie avec les nôtres.
- Ils ont su employer, à la confection de ce Produit inestimable, plusieurs plantes dontnous 11 avons pas encore appris à faire usage.
- ^lais le manque de chiffons dont on se sert exdusivement en Europe, et la cherté où est Parvenu le papier , ont fait penser qu’il se-rait facile de remplacer ce vide par l’emploi des Plantes dont les Chinois font usage, ou par d’au-tles plantes analogues, indigènes à nos climats. ^ est d’après ces motifs que la Société d’encou-ragement de Paris a proposé un prix pour la fabrication du papier avec l’écorce de mûrier.
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- 110 MANUEL DU DESSINATEUR
- M. Preclitl, directeur de l’institut polytech' nique de Vienne, après avoir tente une suite d’expériences avec l’écorce de tilleul, est paf' venu à fabriquer, avec celte écorce, un papier qui imite parfaitement celui de la Chine. Il a adressé à la Société d’encouragement, le me' moire qu’il a publié à ce sujet; cette Société a fait traduire et insérer dans un bulletin, les àe' tails propres à guider nos fabricans dans ce genre d’industrie, et M. Mérimé, l’un de ses membres, y a ajouté des notes où l’on trouve des renseignemens utiles sur cette matière. O*1 y indique en même temps , d’après Kœmpfef» les procédés des Japonais, qui sont, à peu & chose près, les mêmes que ceux des Chinois' Les papiers, tels que les fabriquent ces de«* peuples, peuvent trouver une foule d’applica' tions dans nos arts, et par conséquent forint un objet de commerce parmi nous. La couleilf d’un gris tendre et flatteur à la vue, la’finesse» la douceur et l’homogénéité de la pâte, ropt fait rechercher dans ces derniers temps, poi'r les gravures en lithographie et en taille " douce.
- Il serait donc important que notre industrie se portât vers ce genre de produits. Les détail3
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. III ^outnous venons de parler en pourront faciliter moyens d’exécution.
- Suivant Kœmpfer, le papier se fabrique , au ^apon, avec l’écorce du morus papyrifera. Chaque année, au mois de décembre f on coupe les Jeunes pousses d’un an ; on les réunit en paquets trois pieds de long environ, qu’on lie fortement ensemble, et qu’on place debout dans une §rande chaudière remplie d’eau bouillanîe, mê-^e de cendres; ils doivent y rester jusqu'à ce que l’écorce, en se retirant, laisse à nu un demi-P°uce de bois ; ensuite on les retire, on les met •efroidir et on les fend pour détacher l’écorce; ^ bois est jeté comme inutile. C’est cette écorce Reliée qui forme la matière première du papier. ^vant de l’employer, on lui fait subir une autre Préparation, qui consiste à la nettoyer et la bier j afin de ne conserver que la partie pour-VUe de toutes les qualités requises. Pour cet ef-^et î on là met tremper dans de l’eau pendant bois ou quatre heures ; quand elle est ramollie, 0)1 racle , avec un couteau émoussé, l’épiderme la majeure partie de la couche corticale verte est au-dessous. L’écorce, ainsi nettoyée et biée, est plongée dans une lessive de cendres filtrée. Aussitôt qu’elle commence à bouillir,
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- on remue continuellement avec un bambou, et on ajoute de temps en temps de la nouvelle lessive , pour remplacer celle qui s’est évaporée. On continue l’ébullition jusqu’à ce que la matière soit tellement ramollie, qu’en la pressant entre les doigts , elle forme une espèce de bourre ou d’amas de fibres.
- L’écorce ayant été réduite en pâte par une longue et vive ébullition , on procède à l’opéra' tion du lavage, qui est d’une grande importance pour la réussite du procédé.
- En effet, si ce lavage ne dure pas assez long' temps, le papier, tout en prenant de la force et du corps, restera de qualité inférieure.
- Si, au contraire , l’opération est trop proion' gée, le papier, quoique alors plus blanc, sera sujet à boire l’encre et peu propre à l’écriture et au lavis.
- On conçoit donc combien il faut apporter de soin dans cette partie du procédé pour éviter le® deux extrêmes.
- Pour laver l’écorce, on la met dans une espèce de vase ou récipient à claire-voie, dans lequel0ix fait passer un courant d’eau1.
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- On la remue continuellement avec les mains Jusqu’à ce qu’elle soit entièrement délayée et réduite en fibres très-douces et menues.
- Quand on veut faire du papier fin, on répète
- lavage, et, au lieu d’un vase, on se sert d’une toile qui empêche les parties ténues de l’écorce de passer à travers et les divise davantage, à rae-sure qu’on augmente l’agitation. Il faut en même ternps, ôter les nœuds et les bourres qui auraient P11 échapper au premier lavage.
- Le lavage terminé, l’écorce est étendue sur une table unie et épaisse, et battue par deux ou L’ois ouvriers armés de bâtons de bois très-dur jusqu’à ce qu’elle soit réduite au degré de ténuité convenable. Elle devient semblable a du papier mâché, et susceptible de se délayer tellement dans l’eau. La pâte ainsi obtenue est Jetée dans une petite cuve, est mêlée avec une eau de riz épaisse et une infusion mucilagineuse de la racine oréni. On opère le mélange de ces Substances au moyen d’un petit bambou très-propre, et on continue de remuer jusqu’à ce rçu on ait obtenu une masse homogène et douce, tl une certaine consistance. Il vaut mieux employer une cqve de petite dimension parce que
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- le mélange s’y fait plus complètement. On verse ensuite la pâte dans une cuve semblable à celle en usage dans nos papeteries , et d’où on tire les feuilles, une à une , avec une forme dont le trait large est fait en petites baguettes de bambou > au lieu de fil de laiton. A mesure que les feuille5 sont faites et détachées de la forme, on les empile sur une table couverte d’une double natte de jonc. Celle de dessous est la plus grossière) la seconde, d’un tissu moins serré, est compose de brins plus fins, pour laisser facilement passe! l’eau. On met en outre entre chaque feuille une petite lame de bambou qui déborde et sert » soulever les feuilles l’une après l’autre; elle remplace. ^ïe feutre employé dans nos papeteries* Chaque tas est couvert d’une planche mince, de la forme et de la dimension des feuilles, et charge de poids légers, de crainte que les feuilles encore fraîches et humides, étant trop fortement comprimées, nese collent ensemble ou ne crèvent; puisofl augmente le poids afin d’exprimer l’eau surabondante. Le lendemain, les feuilles sont enlevées au moyen de petites lames de bambou, et collées sur des planches longues et unies, en appuyant avec la paume de la main. Elles y adhè' rent aisément à cause de la légère humidité
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- elles conservent encore; on les expose en cet e^t au soleil, et quand elles sont entièrement Seches, on les lève de dessus les planches, on les e^arbe et on les met en tas. Dans la saison ^°ide, on emploie un autre procédé pour sécher ^ papier.
- Il consiste à appliquer les feuilles au moyen ^ Une brosse de colleur, sur un mur dont les deux grandès faces sont très-unies et très-blanches...,
- A une extrémité est un poêle dont la flamme Clrcule dans toute l’étendue des vides de ce mur l'échauffe. On distingue, sur les feuilles de pa-séchées de cette manière, la face qui adhé->a*t au mur de celle qui a reçu les impressions ^es poils de la brosse. C’est sur la première c°nime la plus lisse, que les Chinois écrivent avec le pinceau et y tracent des caractères excessivement déliés. On n’emploie pas , comme cl*6z nous, le verso de la feuille ni pour l’impres-Sl°n ni pour l’écriture ; le peu d’épaisseur et la ^Rüsparence du papier s’y opposeraient. Il nous Feste à parler des divers ingrédiens dont on fait llSage dans la fabrication du papier. L’eau de d* » employée dans la préparation de I® pate ^
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- une certaine viscosité qui donne de la consiS' tance et une blancheur éclatante au papier. O*1 la prépare en jetant des grains de riz , préaL' blement humectés dans un pot de terre non vei-' nissé et rempli d’eau : on les remue, puis on les met danr un linge et on en exprime l’eau, on ^ renouvelle de temps en temps, jusqu’à ce queIe riz soit épuisé. L’infusion de la racine oréni s* fait de la manière suivante : on met macérer daS’ l’eau froide la racine pilée ou coupée en peti^ morceaux : après y avoir séjourné pendant u‘,e nuit, elle a acquis la viscosité suffisante pol,r être mêlée avec la pâte. Les proportions ^ cette infusion varient selon les saisons. Les o°' vriers japonais prétendent que tout l’art des petiers consiste à bien doser le mélange.
- Pendant les grandes chaleurs , le mélange réni est trop fluide c’est pourquoi on eu empl°|£ davantage en été qu’en hiver. En général » 51 l’on en met trop le papier devient plus mioc{ qu’il ne faut pour frisage ; si au contraire, proportion est trop faible, il devient épais inégal. On voit donc combien il importe de re” gler les proportions afin de donner au papier qualités requises. Après avoir donné les déta^9 des procédés suivis au Japon pour faire le
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- P1®1'} Kœmpfer décrit les végétaux qu’on em-Ptaie dans cette fabrication.
- Les caractères du mûrier à papier, morus papy ri fera, étant suffisamment connus, nous nous ^penserons de les rappeler ici : il nous suffira de dire que les Japonais le cultivent de boutures C0lnme les osiers.
- Les boutures , de deux pieds de long, retran-cl»e'es de l’arbre, sont plantées, le dixième mois de l’année, à une petite distance les unes des au-tres; elles poussent des rejets qui deviennent Propres à être coupés vers la fin de l’année, et do»û la longueur est ordinairement de trois à fIl,atre pieds. Ce sont les fibres fines et soyeuses de ces rejets qui forment la matière première du Papier.
- La plante appelée oréni par les Japonais est l,lle malvacée, ainsi désignée par Kœmpfer : ^koea , radice viscosa., Jlore ephemero magno fonico. Sa racine, blanche, grasse, charnue et Creuse, contient un suc mucilagineux transpa -reQt, qui mélé avec la pâte du papier, sert à lui d°nner la consistance nécessaire. Ses feuilles, dentelées, épaisses, rudes au toucher et d’un Vert foncé, ont des nervures fortement pronon-
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- cées et contiennent aussi une substance v*5' queuse. Les fleurs sont d’un rouge pourpre ; leS graines petites, raboteuses et d’un brun fonce*
- Nous terminerons cette notice en faisant co*1' naître les tentatives faites par M. Prechtl p°ur obtenir de plusieurs végétaux du papier à l’i1®1' tation de celui de la Chine. Ces essais ont ete répétés en grand dans une fabrique de pap*ef pi’ès de Vienne.
- L’auteur , après avoir détaché l’écorce du leul et de jeunes pins et de sapins, l’a placée da**5 une fosse creusée en terre et murée, dont le f était garni d’une couche de chaux. Sur cet*9 couche il a étendu un lit d’écorce surmofl^ d’une autre couche de chaux et ainsi alternat*' vement, jusqu’à ce que la fosse ait été rempli
- Alors il y a versé de l’eau et a recouvert ^ tout de planches chargées de poids, pour b*el1 comprimer la matière. Cette espèce de rouissage ou macération a duré quinze jours, au bout d^' quels on a retiré l’écorce de la fosse et on 19 battue à grands coups de maillet jusqu’à ce l’écorce verte en fût entièrement séparée et q11 ^ ne soit plus resté que les fibres blanches déliées.
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- ET DE L’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. lig Après avoir été exposées au soleil pour être anchies et bouillies daus l’eau pour les débar-^sser de la substance gommeuse qu’elles relien-ces fibres ont été soumises à des lavages j^pe'tés pour les purger de la chaux ; ensuite on
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- a fait bouillir dans de l’eau mêlée de cendres,
- °n les a rincées à l’eau claire. La' matière ob-Unue a été arrosée d’une eau de riz ou autre SuUstance mucilagineuse etlriturée daus un mor-*ler avec un pilon de bois.
- ^-Utte opération l’a convertie en une pâte a}ée, composée de filamens d’une extrême
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- j, üuité. C’est dans cette pâte, étendue d’eau, que ^ailteur a puisé avec une petite forme de vélin. es feuilles retirées de la cuve ont été appliquées des feutres composés d’une étoffe de laine ^es-gjje ; mais, après avoir été pressées, il fut ^possible de les détacher. On n’y réussit qu’avec tiques feuilles plus épaisses, qui conservèrent *jea*unoins une surface raboteuse et l’empreinte es filamens du feutre. Ce mauvais succès ayant j*eisüadé à l’auteur que la méthode usitée en Ur°pe, de relever les feuilles à l’aide du feutre ^applicable au papier de la Chine, il y *enonça et se borna, après avoir puisé avec la 0rftie,à l’appliquer sur la surface, enduite d une
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- couche de chaux, d’une e'tuve ou poêle chauffe
- au degré convenable, où la feuille adhéra auS'
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- sitôt. Il put l’enlever ensuite facilement apres séchage.
- Les feuilles ayant été mises en tas, furent co»1' primées au moyen d’une forte presse à vis. papier ainsi fabriqué ressemblait parfaitementi celui de la Chine. Il en avait la douceur et ^ finesse, et il n’est pas douteux que , plus ép3is’ il eût pu servir également des deux côtés, s°'1 pour l’écriture, soit pour l’impression. Com^ il se trouvait déjà collé en pâte, on n’eut pas soin d’un collage ultérieur. M. Prechtl , apf avoir donné ces détails, examine comparatif ment le papier d’Europe et celui de la Chi°e‘ Les chiffons de lin étant inconnus dans ce def' nier pays, parce qu’on n’y fait pas usage de toife> ils sont remplacés par des chiffons de coto3’ mais le papier de coton, couvert de duvet, es peu propre à l’écriture chinoise , qui, se fais3’1* au pinceau, exige une surface très-lisse. écorces de différens végétaux sont, sous ce rap port, bien préférables , puisqu’elles donnent1,11 papier fin, lisse et pourtant solide. On ne pellt l’obtenir qu avec des matières dont les fibres so^ très-déliées. On a vu que, pour parvenir à ce^e
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- extrême division des fibres, les Chinois emploient non-seulement des moyens mécaniques, ^Ris encore des agens chimiques. Les vieux chiffons de toile, souvent blanchis et lessivés, sont saus doute préférables comme abrégeant .l’opération ; mais il ne paraît pas démontré qu’on puisse se passer entièrement des agens chimiques, et se borner aux opérations mécaniques, c°uime on l’a fait de nos jours par l’emploi du cybndre. Q uoique cette machine soit d’une
- 8rande utilité et qu’elle réduise les filamens en 1 , A
- urins très-courts elle n’est pas en état cependant les diviser sur leur longueur, de manière à les rendre très-déliés, à moins que le chiffon ne soit tres-usé, ou que le cylindre ne tourne avec une grande vitesse, comme cela arrive dans les pape-*eries anglaises, où la grande agitation de l’eau Produit l’extrême division.
- D’après cette observation et plusieurs expé-^Uces faites en grand, l’auteur pense qu’il est '^possible de fabriquer, au moyen du cylindre, du papier d’écorce aussi fin que celui de Chine. ®°Us ce rapport, le pilon paraît avoir un avance décidé, en ce qu’il broie les fibres sans les déchirer, ce qui permet d’obtenir une division plus égale. Ainsi, pour faire du papier très-fin,
- il
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- à l’imitation de celui de Chine, M, Preclitl, pi'0' pose, après que les matières auront été traitées par les agens chimiques, de les soumettre d’abord à une légère trituration par le cylindre et ensuite d’achever l'opération par le pilon. Il pense qu’anciennement on fabriquait le papier en Europe comme on le fait encore aujourd’hui en Chine et que les chiffons e'taient d’abord traites par la chaux et soumis a la fermentation putride. On ne peut disconvenir comme le prouvent des ouvrages imprimés il y a plusieurs siècles, que ce papier ne fût de très-bonne qualité* M. Prechtl ne parait pas avoir considéré que les Chinois ne traitent par la chaux que le bambou; en effet, les fibres ligneuses du bambo11 sont tellement collées ensemble que, si cette cohésion n’était préalablement détruite par l’ac-tion de la chaux, la trituration mécanique produirait qu’une bouillie, qui, déposée sur Ie5 formes, et ensuite sur les feutres, n’aurait aucune consistance. Il n’en est pas de même des filameu* du lin, du chanvre, de l’ortie et du liber du mu> rier, ils sont tellement déliés et naturellement divisés, que l’action du maillet ou du cylindre» en les triturant, leur conserve assez de longue^ pour qu’ils se feutrent sur la forme et donnent
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- ^eu à une étoffe qui est suffisamment solide lorsqu’elle est séchée et pressée. Dans les premiers essais du papier de paille, le résultat de la trituration mécanique ne donna qu’un papier très-peu résistant. On l’obtient maintenant plus fort, eu opérant la division des fibres par le moyen de ta chaux.
- Le papier est d’autant plus fort qu’il est composé de fibres plus ténues et plus longues. Les Papiers anglais se coupent promptement dans tas plis, parce que la pâte est composée de fila-Uiens très-courts. Dans les fabriques où l’on passe les chiffons à la chaux , cette opération a P°ur objet d’arrêter l’effet de la fermentation. Lorsque quelque accident force de suspendre ou •ta ralentir la trituration, le chiffon qui est suffisamment macéré serait bientôt converti en terreau, s’il restait sur le pourrissoir.
- Ou le passe alors dans un lait de chaux, et on peut ensuite le conserver indéfiniment. Il est assez probable qu’en soumettant le chanvre ou ta lin écrus à l’action de la chaux, on détruirait Uue partie du gluten qui rend le papier transparent, qu’ensuite, à l’aide du chlore, on obtiendrait une pâte très-blanche. Quant aux écorces
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- semblables à celles du tilleul, elles ne peuvent pas plus que le bambou et la paille être triturées mécaniquement.
- Il est indispensable qu’une opération chimique en divise les fibres au dernier point de ténuité, et les dégage de la matière glutineuse qui les assemble et les rend cassantes.
- Ce papier, dont le prix est fort élevé, que l’on se procure difficilement, et en petites quantités, est à présent suffisamment remplacé par les papiers du même aspect et de la même teinte, que l’on fabrique en France, en Allemagne et en Angleterre.
- Ce papier, par sa finesse , son adhérence, sa teinte, d’un jaune gris sale, est très-utile pour mettre de l’harmonie dans les effets vigoureux des dessins, pour tempérer la lourdeur des ciels trop couverts, pour adoucir les duretés qui résultent souvent de l’absence d’une partie des demi-teintes enlevées, soit à la préparation acidulée , soit pendant le cours du tirage, par le défaut de soin de l’ouvrier imprimeur, ou par le manque de fermeté dans le travail du dessinateur, qui, ayant mollement attaqué la pierre, n’a pu donner à son dessin la solidité indispensable
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- pour résister aux efforts répétés des attractions chimiques.
- On est convenu d’appeler ce papier, papier de Chine ; et sans nous attacher k lui disputer la "validité de cette qualification, nous nous contenterons d’indiquer les avantages que son emploi présente. L’idée d’une semblable imitation est lligénieuse, elle a donné k l’Europe les moyens de se passer du secours des fabriques de l’Asie , ca créant une nouvelle ressource k son important commerce.
- Pour remplir les conditions d’une utilité parade, le papier de Chine doit être fin, d’une cou-leur jaune-gris, plutôt blanc que jaune, d’une sUrface unie, sans boutons, et couvert, le moins Possible, d’inégalités plucheuses.
- Ce papier a un verso et un recto : le recto se distingue par une nuance plus égale, et l’envers Par une plus grande quantité de parties plumeuses et filamenteuses , par de petites lignes courbes, creuses ou saillantes.
- Afin de fixer ce papier d’une manière solide Stlr le papier blanc qui doit, en lui servant de doublure, former les marges qui lui donnent de
- grâce et ajoutent k l’effet du dessin, on le re~ yet du côté de l’envers d’une légère couche d'enu-
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- pois blanc, passé dans un linge fin , et appliqué e'galement sur toute la surface, avec une queue de morue.
- Ce collage terminé , on fait sécher ces feuilles sur des cordes, en évitant soigneusement que le recto du papier en reçoive la moindre atteinte ; car ce côté étant destiné à être appliqué sur le dessin, l’autre côté recouvert ensuite d’une feuille de papier blanc, sans colle, mouillé comme il est dit au § Ier de l’article 3 du présent chapitre, on conçoit facilement que, si cette espèce d’encollage était sur le recto du papier de Chine, il se collerait sur la pierre dessinée, au point qu’on ne pourrait l’en retirer qu’en le déchirant.
- Lorsque le papier de Chine est parfaitement sec, on coupe les feuilles sur le format du dessin, en laissant deux lignes carrées de plus parce que ce papier se retire un peu en l’humectant, ainsi que nous allons l’indiquer.
- Les feuilles ainsi divisées, on en prend chaque partie, et, a l’aide d’une pointe d’acier formée d’une aiguille aplatie à son extrémité inférieure et aiguisée en biseau, on enlève légèrement, et sans percer le papier, tous les corps étrangers qui peuvent s’y être attachés pendant Ie cours de la fabrication, et qui nuiraient singu-
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- lierement a l’effet des dessins , surtout des portraits , à la ressemblance desquels ils ne pourraient manquer d’être contraires.
- Le papier de Chine ainsi préparé, collé, débité, épluché, doit être placé par carrés entre les feuilles du papier mouillé et pressé, dont il est parlé au § Ier de l’article précédent.
- Au bout d’une heure, il peut être employé ai1 tirage sans inconvénient.
- Art. v.
- Papier de Chenevotte, provenant du rouissage des Chanvres et des Lins.
- M. Laforest, propriétaire agriculteur , est ^inventeur d’une machine simple, d’une exécution facile et peu coûteuse, dont l’objet est d’opérer, avec un grand nombre d’avantages 1Jnportaus, le rouissage à sec des chanvres et des lins.
- Cette machine est connue sous le nom de fo'oj'e mécanique : elle a été adoptée par les Sociétés d’Encouragement etd’Agriculture, comme e*ant préférable à toutes celles faites précédemment , en ce qu’elle opère le rouissage à sec saps
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- entraîner la rupture des filamens, qu’elle dégage cependant parfaitement des substances résineuses et glutineuses qu’ils contiennent. Au moyen de ce rouissage, on préserve les liabitans des campagnes d’une foule de maladies qui pouvaient naître de la corruption des eaux stagnantes dans lesquelles on faisait le rouissage : ces eaux, en exhalant leur odeur méphitique, corrompaient l’air et devenaient un breuvage dangereux pour les animaux. Ainsi M. Laforest est parvenu a construire une machine qui réunit les avantages de l’économie rurale aux moyens de contribuer à la conservation de la santé publique sous les rapports sanitaires.
- Non content de ce premier pas vers des améliorations agricoles, M. Laforest s’est occupe d’utiliser la chenevotte provenant du rouissage ; et sans l’aide des machines qui servent à la fabrication du papier , il est arrivé à en donner uu qui, suivant toute apparence, pourra remplacer avec succès et économie le papier de Chine qui forme l’objet de l’article précédent, et devenir» par suite des améliorations inséparables d’une fabrication en grand , une concurrence pour tous les papiers qui sont employés pour la li-thQgraphiet
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- Le papier de chenevotte est d’une pâte fine susceptible d’un beau blanc ; son grain est réguler ; il est moelleux et doux ; il a toute l'adhérence nécessaire à l’impression des dessins au CrRyon ; enfin tout fait présumer que ce papier Pourra devenir par la suite une concurrence P°ur les papiers d’Annonay et d’Angoulême, surtout lorsque la broie mécanique sera généralement adoptée en F rance.
- Nous avons fait les premiers essais de ce papier, sur les échantillons soumis à Son Excellence le ^Unistre de l’Intérieur, et aux Sociétés d’Encou-ragement et d’Agriculture, et nous sommes à ^me plus que personne d’affirmer que ce papier est excellent.
- On est également parvenu à faire d’excellent papier avec de la paille ; M. de Lasteyrie nous a diverses fois montré des échantillons qui réunissaient toutes les qualités, et celte découverte ingénieuse est tellement surprenante, qu’elle tient du prodige, et que beaucoup de personnes refusent d’y croire.
- Si on réussit à donner ce papier au même Prix que celui sortant des autres manufactures, Cette intéressante invention contribuera à la Pr°spérité du commerce français, en devenant
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- une branche d’industrie nouvelle, et, dans tous les cas , elle fera beaucoup d’honneur à ses auteurs, au siècle et au pays'qui l’ont vu naître; c’est dans cette persuasion que nous formons des vœux ardens pour que cette decouverte soit encouragée, tant par les sociétés savantes que par notre administration , qui ne peut que ga" gner en réputation et en grandeur, en protégeant tout ce qui est d’une utilité publique.
- Art. r.
- Moyens chimiques pour reconnaître la présence des acides et de tous corps nuisibles à la U" thographie, employés pour la fabrication (fa papier.
- On reconnaît la présence des acides et des alcalis dans un papier, en laissant tomber, sur ce papier légèrement humecté, une goutte de si' rop de violettes. La couleur bleue du sirop sera changée en vert, si le papier contient un alcali; ou en rouge, s’il contient un acide, pourvu d’ailleurs que l’alcali ou l’acide soient soluble5 dans l’eau.
- Pour reconnaître l’alun, il est nécessaire àe
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- faire macérer line demi-feuille du papier dans l’eau distillée chaude, de filtrer ensuite cette eau, et de l’essayer par l’ammoniaque liquide.
- Si la liqueur filtrée est acide et si l’ammonia-’P-te y forme un précipité blanc, gélatineux, on Peut en conclure que le papier est aluné.
- Quand on veut savoir si le papier est collé à 1 amidon (colle végétale) , rien ne sera plus fa-cde à reconnaître : il suffit d’y étendre une dissolution aqueuse d’iode, qui produit dans ce cas ^Ue tache bleue très-formée sur le papier.
- Le procédé est un peu plus compliqué s’il s agit de gélatine ( colle animale) ; il faut alors essayer le décoctum du papier dans l’eau distille chaude, par une solution de noix de galle, °u bien saupoudrer de chaux une petite bande papier, l’introduire dans un petit tube de Verre scellé par un bout, et chauffer ce tube Modérément, après avoir introduit, dans la par-*le supérieure , une bandelette de papier de tournesol rouge légèrement humecté. Si la cou-leur rouge devient bleue, on a la preuve que la gélatine a servi au collage du papier.
- Enfin si la craie est incorporée à la pâte d’un papier , il fait effervescence avec les acides, et si ^ on recueille l’acide après son action, l’oxalate
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- d’ammoniaque ou celui dépotasse (sel d’oseille) y forment un précipité blanc (i).
- CHAPITRE VIII.
- ARTICLE PREMIER.
- Du Dessin au crayon.
- Du Dessin sur la pierre au crayon, à F Encre, au Grattoir, ou à la Pointe sèche; des effets et usages du Tampon ou Lavis lithographique, de VAqua-tinte.
- De tous les arts, la lithographie est peut-être celui qui réclame le plus de soins ; il exige sur' tout une propreté excessive, et c’est dans l’exé' cution du dessin au crayon que cette nécessité se fait sentir avec plus de force encore.
- La plus petite parcelle graisseuse échappée des cheveux, l’applicaticn du doigt, suffisent pour former autant de taches noires lors de l’impression, quoiqu’elles restent invisibles jus-qu’au moment du tirage.
- (i) Toutes ces expériences ont été constatées par M* Levol, essayeur à la Monnaie loyale et élève de Darcet.
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- ET DE L'IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. l33 Une bulle de salive lancée en parlant ou en éternuant, fait une tache blanche, bien qu’elle été recouverte par le crayon.
- Les petits morceaux qui tombent en taillant les crayons, par leur chute et leur séjour sur le dessin, font aussi des taches noires qu’on a déjà P^ne à détruire lors de l’impression.
- Pouç obvier à tous ces accidens fâcheux, il dons que le dessinateur prenne beaucoup précaittions , qu’il maintienne sa pierre Propre en la couvrant, chaque fois qu’il cesse travailler, avec un papier fin, et en évitant t°ut frottement.
- Au moment de commencer son dessin, l’artiste ^evra examiner si le grain donné à la pierre est k*eU en harmonie avec le genre de travail qu’il exécuter; si cette pierre est d’un format sUffisamment grand pour qu’il règne, autour du ^ssin et dans tous les sens, une marge de un ou ^ pouces ; et enfin il devra, avant de rien c°nunencer, passer sur la surface un pinceau de blaireau, afin de s’assurer qu’il n’y a point de P°ussière sur la pierre.
- Le blaireau servira également à retirer les lïl0|'ceaux de crayon qui viendraient a tomber hasard sur la pierre ou sur le travail com-
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- mencé ; mais le frottement du pinceau doit être extrêmement léger, afin de ne donner aucune adhérence aux corps e'trangers que l’on veut i’ê' tirer ; car ce contact formerait des taches ou des lignes noires qui détruiraient l’harinO' nie du dessin.
- Quelques peintres emploient le chevalet poi" dessiner sur la pierre, qu’ils posent comme une toile destinée à peindre , mais en donnant toU' tefois plus de pente qu’il n’en faut ordinaire ment pour ce dernier genre de travail, etSÉ servent de l’appuie-main.
- D’autres artistes garnissent les bords de h pierre avec de petites bandes de carton quO sont fixées au moyen d’un peu de colle à bo'1' elle ; ils posent la pierre sur une table carrée solide, en élevant la partie supérieure avec 1111 tasseau posé sur la table , de manière à donuef à la pierre une pente égale à celle d’un pup>tr légèrement incliné.
- Ensuite, pour appuyer l’avant-bras, ils p>'eli nent une petite planche de 5 à 6 pouces ^ large sur une longueur excédant celle de la sijr face de la pierre, et dont les extrémités so^ posées sur les bandes de carton, en sorte <IUÊ
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- ET DE l/lMPRIMEUR LITHOGRAPHE. i35 E chaleur du corps ne puisse pas se communi-^er à la pierre et opérer la fusion du crayon.
- Cette manière est la plus généralemont adop-te>e; cependant, il y a des dessinateurs qui présent mettre la pierre à plat sur la table, et eiïiployer la planche dont les extrémités sont s°utenues par deux tasseaux de 18 pouces à 2 pieds de longueur, et d’une épaisseur suffisante P°Ur excéder celle de la pierre de 2 lignes au •ttoins et de 3 lignes au plus. Ce moyen est celui Clïlployé par la majeure partie des dessinateurs de t°pographie et les écrivains lithographes.
- Enfin différens artistes ont fait construire des Pupitres exprès, où la pierre se trouve renfermée comme dans un cadre dont les bords ser-Vent à soutenir les planchettes qui tiennent lieu ^ aPpuie-main.
- Ea pierre étant dans cet état, on peut commencer l’esquisse ou le décalque à la sanguine avec beaucoup de légèreté, pour éviter qu’elle fasse corps avec la pierre, et n’empêche ainsi e crayon de déposer sa partie grasse , en s’inter-P°sant entre lui et la pierre.
- lorsque cette première opération est termi-1166 î il faut poursuivre l’exécution du dessin le crayon lithographique , en le taillant
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- très-fin , et en employant, suivant les besoins,
- le n° 1 et le n° 2.
- La pierre doit être attaquée avec fermeté, e* l’on doit maintenir son grainé préparatoire par des hachures hardies et soutenues.
- On peut employer l’encre lithographique au pinceau avec succès, pour les parties qui doi' vent être totalement noires ; dans les premier5 plans de paysages, dans certaines parties des costumes ; pour les contours qui nécessitent une indication prononcée, comme dans les orne-mens, les machines, l’architecture, etc., etc.,' mais il faut se garder d’en abuser, et de l’enr ployer pour les contours des figures , dans lesv quelles on ne doit s’en servir que pour le poin* noir des yeux, ce qui en augmente la vivacité et la lumière.
- On emploie le grattoir pour obtenir desblanc® vifs, des effets de lumière brillans ; pour déta' cher les nuages d’un ciel trop chargé, pour rC' présenter avec plus de vérité , par exemple , Ie passage du soleil à l’horizon, les effets de lu»® et les levers ; pour rendre le brillant et les nuafl' ces des draperies qui demandent des opposition5 tranchantes , suivant les effets calculés du joui'*
- Enfin, il faut que le dessinateur se garde bie,J
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- ^ese laisser influencer dans son travail par le ton lumineux de la pierre ; il faut qu’il dessine non pour la pierre, mais pour l’impression ; car, sans cela, il serait lui-même surpris de la diffé-rence qui existerait entre l’effet de son dessin s,lr la pierre et celui qu’il obtiendrait sur le pa-P^r, dont le blanc cru et éclatant ne tend pas a fondre les parties des dessins, et demande un ^avail parfaitement achevé. Pour arriver à ce resultat, il faut couvrir les demi-teintes avec soin et fermeté, en mettant tout en rapport, en revenant plusieurs fois sur les mêmes objets.
- Le dessinateur doit éviter, autant que possible, de souffler sur la pierre et de laisser sa res-P*ration agir sur le crayon , que cette humidité f'ède décompose en dissolvant le savon qu’il contint, graisse la pierre , donne des taches et ^es nuances à l’impression.
- Pour ne pas échauffer la pierre il faut se gar-^er de travailler à la chaleur d’un poêle, et se Servir, pour appuyer la main, ainsi que nous ve-n°ns de l’indiquer , dont on fait porter les extrémités sur deux tasseaux plus épais que la Plerre, en sorte que la courbure de la plapche P® puisse la toucher en cédant au poids du ÇQrps.,
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- Les porte-crayons dont on se sert ordinaire' ment pour dessiner se font en liège, en sureau ou en papier : nous recommandons surtout IV sage de ces derniers à cause de leur le'gèretè. Ou peut les faire soi-même au moyen d’un bout de tringle en fer de la même grosseur que les cray ons, et que l’on emploie comme un moule à cartoU' ches , en roulant autour, deux ou trois fois, des morceaux de papier colle, de six pouces de liau* sur un pouce de large.
- Lorsqu’il arrive qu’une tache grasse ou toute autre est faite au dessin pendant son exécution; on peut y remédier en faisant de suite un note veau grain avec du sablon tamisé dont il es* question au chapitre Ier ( Grainage des pierres)-en frottant légèrement et en tournant avec un( petite, molette ou un bouchon de caraffe dont 1J partie supérieure est taillée en tablette. Ce grai^ ainsi refait à plusieurs reprises, on lave la platf avec de l’eau propre, en évitant autant q>l( possible, d’en jeter sur les autres parties du deS' sin ; on laisse sécher la pierre, et on dessine d* nouveau la place enlevée (1).
- (i) Voir les nouveaux procédés indiqués page pf au cbap, XV,
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- ^°yens pour obtenir des détails en clair sur Une partie foncée, indiquée par M‘s Dorsch-"'iller et ’fuDOT.
- Ces moyens nous ont paru bien plus ingé-qu’utiles et nous sommes certain qu’en ^es employant on n’obtiendra jamais des dessins et d’une grande fraîcheur, car, en lithogra-plus un dessin est tourmenté, moins il ^°ûne de bonnes épreuves en grand nombre.
- Cependant, nous rendons justice a leurs au-leurs à qui la découverte de ces moyens a dû c°ûter plus d’un essai et nous croyons être tables h nos lecteurs en donnant les détails Süivans, que nous empruntons à M. Tudot.
- Ayant à enlever du crayon ou une partie fon-^ee> °n prend un morceau de papier végétal, on applique sur le dessin, et avec une pointe en ls °n trace sur ce papier les contours que 0ï> veut enlever en appuyant assez pour le faire j^he'rer au crayon. La pression y ayant fait ad-erer le papier, il suffit de l’enlever pour em-P°i'ter la partie du crayon qui s’y est attachée, et 9 transparence du papier permettant de tracer sieurs fois à-peu-près dans le même contour,
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- il ne faut que reporter à chaque fois une place blanche de ce papier sur ce contour pour arriver à enlever complètement le crayon.
- Dans la manière ordinaire, on peut en un in®' tant exécuter des détails en clair qu’il faudrait un temps fort long pour réserver, et que le g®at> toir ne donne qu’avec de la sécheresse. Le pr>®' cipal mérite de ce procédé est de ne pas détruit le sommet des aspérités du grain et d’éviter Ie frottement que la flanelle exige pour enlever Ie crayon auquel elle adhère : on doit donc, autan1 que possible, se rapprocher de ce moyen d’e®' levage qui, en attachant le papier au crayon, enlève une partie sans avoir besoin de s’aider d® frottement. Quelques artistes, pour ajouter i l’avantage du papier végétal, ont essayé de l’e®' duire d’une substance poisseuse, ce papier ma®' quant déjà de transparence et la perdant ent>e' rement par cette addition, l’on n’a plus eu q®e la ressource des points de repères pour tracer de nouveau sur un même contour ; ce qui a en augmenté la difficulté d’opérer avec précision*
- Autre moyen indiqué par M. Tudot, qui co®' siste à faire des crayons avec de la cire à laqufd^ on fait une très-petite addition de térébenth‘®e de Venise, pour la rendre plus poisseuse* 08
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- ET 1)E l’imprimeur LITHOGRAPHE. i4l dessine avec ce crayon en le faisant adhérer à la Partie de crayon lithographique qu’on veut en-lever de dessus la pierre ; et, agissant dans le ^eme esprit qu’avec le papier végétal, on arrive ai1 même résultat, avec cette différence qu’on a P11 voir plus distinctement ce que l’on faisait, ^ans l’un et l’autre moyens, il ne faut pas cher-CW à enlever le crayon d’une seule fois, en ap-Pl1yant fortement, parce que, au lieu de s’atta-c^er davantage au corps avec lequel on appuie, ^ crayon ne fait que pénétrer plus profondé-^ot dans les pores de la pierre, et on ne peut plus le reprendre. Sur du crayon graisseux, la Seule pression nécessaire pour y faire adhérer le Papier ou la cire, et le manque de flexibilité de Pointe ou du crayon avec lequel on appuie Suffisent pour faire pénétrer dans les pores de la Pierre le crayon lithographique au point où l’on peut le reprendre.
- Moyens pour faire des changemetis dans les dessins lithographiés.
- commence par enlever avec l’essence de l^ébenthine l’encre ou le crayon sur la place °u l’on veut faire des changemens, on y applique
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- ensuite un peu de vinaigre avec un pinceau ; °n enlève l’acide avec une éponge mouillée et lors-que la place est sèche , la retouche se fait avec la même lacilité que sur une pierre neuve. Ce moyen employé sous les yeux de la commission nommée par la Société d’encouragement a pal' faitement réussi, il est prompt et convient sur' tout aux corrections de l’écriture.
- Dès le commencement de l’année 1829» M. Maximin Montillard, ancien pharmacien a Paris, nous prêta son assistance potir découvi’11 un procédé qui permît de faire des retouches même des changemens importans dans les des' sins lithographiés, sans altérer en rien le gr3'0 de la pierre, ni les parties conservées du dessin* Après bien des recherches, beaucoup d’essais 1 laissaient toujours à désirer , nous parvum^5 enfin à obtenir ce que nous cherchions en en*' ployant la potasse caustique concentrée, et eC procédant ainsi qu’il suit : après avoir encre' Ie dessin comme pour tirer une épreuve, nous l’e®' levions entièrement à l’essence, puis nous procfi' dions à un nouvel encrage avec l’encre de con' servation, au moyen d’une éponge fine parfait' ment sèche et propre que nous avions soin d’»11*' biber de potasse caustique, nous enlevions leS
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- Bardel.
- lÉTlS^C©™!! SrAWIEIBIL&IÊi
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. l43 Parties du dessin que nous voulions changer ou refaire. Cette opération terminée, la pierre était ^avée avec de l’eau claire et aussitôt qu’elle était Seche on opérait les changemens désirés en dessinant comme sur une pierre sortant des mains du Sraineur. Sept changemens furent successivement faits sur la même planche, tous réussirent a merveille, et le dessin n’en fournit pas moins un *lrage considérable. Chaque fois qu’un changement a été fait, il est indispensable de faire subir a toutes les parties de la pierre une légère acidulation avant que d’en commencer un nouveau tirage.
- Da préparation ordinaire, étendue d’eau dans ^ proportion d’un tiers , peut être employée avec succès, dans cette circonstance. (Voir pour d autres procédés d’effaçage le Chap. XV. )
- ARTICLE II.
- Du Dessin à l'encre et des Ecritures.
- On prend, pour dessiner à l’encre ou pour tci’ire, une pierre polie et poncée, comme il est ^t à Part. 2 du chap. Ier.
- Dans le cas où l’on penserait que cette pierre
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- contient quelques parties humides, soit par ^ disposition atmosphérique ou par son expos1' tion à l’air, soit enfin par l’état du lieu d’où elle sort, et dans le cas encore où l’on craindrait les traits de l’écriture ou du dessin ne fussent su5' ceptibles de s’élargir par l’avidité de la pierre » s’imbiber d’encre, on mettrait sur cette pierre> avant de commencer le dessin, la prépara^0® suivante :
- i°. Mixtion d’eau de savon blanchie à la Iran5' parence de i’opale, en suffisante quantité p°1,r en mouiller la pierre d’une extrémité à l’autre;
- 2°. Une petite quantité d’essence de lérébe®' thine distillée.
- Pour mettre cette préparation sur la pierr®> on opère ainsi qu’il suit :
- On place la pierre au-dessus d’un petit baque* ovale, en l’inclinant au moyen d’un tassea® de bois, de manière à faciliter l'écoulement l’eau.
- Dans cette position, on verse l’eau de savo®’ en sorte qu’aucune partie de la pierre ne reste sans être mouillée.
- Ensuite on passe sur la pierre, en laissa®* aussi couler une semblable quantité d’eau clairt! et limpide; on fait sécher la pierre, et l°rS>
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- et de l’imprimeur lithographe. 1^6 ?u’on s’aperçoit qu’elle ne conserve plus de *r*ce du mouillage, on répand de l’essence dis-PPée sur tonte la surface en frottant très-légèrement avec un petit linge fin et propre, ou une ^Ponge fine.
- 4uire Mixtion pour parer au même inconvénient.
- Essence de térébenthine.............. i partie.
- Huile de lin clarifiée............. » i/*5
- On mêle ces deux substances en les agitant fortement dans une petite bouteille; ensuite on imbibe un linge propre, et assez neuf pour ^’il ne dépose pas de pluches sur la pierre que ^ °n frotte également partout avec cette simple Préparation.
- On peut ne se servir que de la térébenthine ; Cefo ne graisse pas autant la pierre, et n’exige Pas ensuite une acidulation aussi forte.
- Pour dessiner ou pour écrire , on se sert ^Une plume fabriquée avec l’acier de ressort aminé et détrempé aux acides, ou bien assez s°Uvent d’un pinceau de martre, semblable à Cei'x qui servent à peindre la miniature. Lors-
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- que l’on emploie le pinceau, il n’est point necessaire de faire subir à la pierre aucune des préparations précédentes; on l’emploie polie, mais dans son état naturel.
- Pour faire fondre J’encre lithographique, ainsi que l’encre autographique, il suffit de mettre un peu d’eau de fontaine clarifie'e dans un godet , de tremper l’extrémité du bâton d’encre en appuyant un peu, et en tournant lentement pour obtenir en peu de temps une encre noire, coulante et parfaitement délayée.
- On décalque ou ou esquisse, soit avec la sanguine, soit avec la mine de p'omb.
- Le plus de facilité que l’on trouve à se servir du piuceau ou de la plume, est ce qui doit déterminer à adopter l’un ou l’autre de préfe-rence.
- Quant à la manière de tailler les plumes et de les avoir bonnes, c’est une chose que la routine et l’attention peuvent seules donner. On emploie, pour tailler les plumes, de petits ciseaux pointus en acier fondu, pareils aux ciseaux droits dont se servent les brodeuses.
- On peut, pour user les becs lorsque la dif' férence d’égaidé est petite, se servir d’une li*00
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- ET DE l’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 1^7 d’horloger ou d’une pierre du Levant (pierre à rasoirs ).
- Au surplus, comme notre désir est de mettre tas artistes à même de se passer du secours des tiers, relativement à la fabrication et au choix des différons instrumens inventés exprès pour ta lithographie, ou adaptés h son usage et qui s°ot indispensables, nous emprunterons à ce s,1jet quelques moyens donnés par M. Senne-feltler, que nous avons employés avec succès, et ûous ferons mention, s’il y a lieu, des modifications que nous avons cru devoir y apporter, dans l'article vi qui termine ce chapitre, sous ta titre : Des Instrumens et Outils nécessaires au Dessinateur Lithographe.
- ARTICLE III.
- § I«.
- ^e Vemploi du Tampon ou Lavis lithographique, et de ses avantages.
- C’est M. Engelmann qui, le premier, apporta ce perfectionnement à l’art lithographique; et tars des essais satisfaisans qu’on en fit, on aurait
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- pu raisonnablement penser que cette decouverte apporterait à la lithographie de grands change-mens, et que ce genre de travail serait presque généralement adopté.
- Mais, depuis long-temps, les artistes refusent d’employer ce moyen, qui joint au désagrément d’une foule de soins minutieux, une série d’acci-dens presque inévitables.
- Les épreuves des dessins mis à l’effet par ce procédé n’ont jamais le brillant de celles des dessins au crayon ; elles conservent toujours la pesanteur que leur impose inévitablement l’emploi du tampon, même par une main habile.
- Nous allons cependant donner un aperçu de la méthode suivie dans l’emploi du tampon.
- La pierre destinée à recevoir ce genre de travail est préparée comme pour le crayon ; Ie décalque fait, on trempe un pinceau dans une dissolution de gomme arabique, à laquelle on ajoute vin peu de vermillon pour faire reconnaître les endroits qui en sont couverts, et on en étend sur les clairs que l’on veut réserver* On fait la même chose sur les marges du dessin.
- Lorsque cette gomme est sèche, on détrempe
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- l’encre lithographique avec de la térébenthine de Venise, sur un morceau de pierre lithographique, à l’aide d’un tampon fabiiqué avec de la peau de mouton blanche que l’on 1 emplit de coton, en laissant le côte de la chair a l’extérieur.
- Le tampon présentant une surface bien unie, °ü le trempe dans l’encre délayée, on l’es-saie sur une autre pierre qui ne sera era-Ploye'e qu’à ce seul usage. Quand le tampon ûe Retiendra plus que l’encre nécessaire au ton (il,e l’on veut donner au dessin, on commen-CerR à tamponner les teintes de fond, et on Attira par les autres qui doivent etre plus légères.
- Lorsqu’elles seront sèches, on passera une Seconde couche de gomme sur ces teintes, et °Q renforcera les autres en les tamponnant de Nouveau, jusqu’à ce qu’on ait atteint le ton 1ue doivent avoir les teintes préparatoires. Aussi-*ot qu’elles sont sèches, on lave toute la pierre, aûn tl’en ôter la gomme ; on la laisse sécher parlement , et l’on dessine par-dessus les teintes
- !a,nponnées.
- t Le véritable but atteint par cette découverte est pas la perfectipp ; mais c’est un moyeii dp
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- mettre les grands dessins à l'effet en bien moiR5 de temps qu’au crayon, puisque l’on peut tam-ponner dans une matinée des teintes préparé toires qui demanderaient plusieurs journées de travail au crayon.
- § II.
- Du lavis sur la pierre, suivant M. Tudot.
- Plusieurs artistes n’ayant pu s’astreindre à la patience nécessaire pour faire des tons fins et unis sur la pierre, avec le crayon, par la manière ordinaire, ont cherché à laver. Mais de nombreux essais ont prouvé qu’il n’était paS possible d’atteindre ce but.
- Les pierres à lithographier sont trop poreuses) elles absorbent trop promptement les liquides! ne permettent pas d’étendre une teinte, et bien moins encore de la modifier. La composition de l’encre présente aussi de grandes difficultés : d ne faut pas qu’elle soit savonneuse, autrement le plus ou le moins de fluidité la fait pénétrer inégalement et toujours trop profondément dafl5 la pierre ; et si elle est oléagineuse, elle a pr$" rçuç les mêmes inconvépiens.
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- La saponification étant le meilleur moyen de Aviser les matières grasses, et de les rendre s°lubles dans l’eau , on voit que cette composi- , fi°n présente de grandes difficultés. Cependant, après de nombreux essais, j’ai vu qu’il était deux Moyens avec lesquels on pourrait réussir.
- Le premier, par l’emploi d’un savon de ré-Sltle> attendu que cette substance paraît ü’être 1lle divisée jusqu’à un certain point et non com-P^tement saponifiée par l’alcali ; et d’ailleurs Parce qu’elle reste à la superficie de la pierre, Sails pénétrer intimement daus ses pores. Alors 011 peut, en fondant ce savon dans une quantité c°Uvenable de stéarine et de cire, lui donner la propriété de recevoir l’encre d’imprimerie suffi-SaiïUnent pour que le travail, si fin qu’il puisse etre, prenue l’encre sans s’empâter. Le second, ?ar l'emploi des savons acides : il y a, dans le lctionnaire Encyclopédique ancien, un article es-intéressant sur ce sujet ; l’emploi de ces Savons, dont la fabrication est si simple, en écar-la potasse ou la soude de la composition de etlcre, permettrait de la rendre très-liquide,
- ^ faciliterait l’exécution des teintes claires, huile saponifiée par l’acide sulfurique, acquêt» une certaine consistance qu’elle conserva
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- ., , , ,\ù
- même après qu’elle a été entiement separee l’acide qui la tenait à l’êtat de savon, ce savo11 d’huile pourrait être mêlé en petite propo" tion au savon acide de cire ; et si l’acide sulfin1 que et la matière saponifiée sont l’un et l’auV6 dans un état réciproque de saturation parfait’ ces savons donnent une encre avec laquelle 0<i pourrait laver sur la pierre, si les difficultés i'r latives à celles - ci étaient aplanies. Peut-etie les pierres factices seront-elles aptes à recevo11 l'encre en laissant évaporer, sans l’absorbe" l’eau et le liquide dans lequel l’encre est layée.
- Quelques artistes ont obtenu de bons résulta1’ en lavant avec une encre composée d’essence & térébenthine, dans laquelle ils avaient délaf du crayon. D’autres ont ébauché le dessin *l1 crayon, en l’exécutant par méplats; puis ensilé avec un pinceau et de l’eau , ils ont converti£l1 encre les teintes formées au crayon. On s servi encore de crayon délayé dans l’essence ^ lavande pour faire une teinte générale sur t oUtC la pierre : on modifiait cette teinte avec la pelle, puis avec le crayon, par la matière 9^-paire, on traçait lç dessin, on massait le» jmes, ensuite, avec u» grattoir émouss^, on ^
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- ET DE E’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. l53 Sl&ait les demi-teintes claires, et avec un grat-*°‘r coupant, on enlevait les lumières vives; eûfin, avec l’encre, on accusait fortement les VlgUeurs. J’ai déjà fait remarquer que, suivant le crayon pénétrait plus ou moins dans la ï^rre, il en-résultait des variations; on conçoit ^Ue si une différence dans le degré de force où ^ aPpuie, suffit pour causer une inégalité dans
- Manière dont l’encre d’imprimerie adhère au ^essin, on doit attendre des variations bien plus Sondes, d’une pénétration dépendante du plus 011 moins de fluidité de l’encre. On rencontre ^lquefois chez les imprimeurs des encres com-P°sées pour l’écriture , et avec lesquelles on faire des dessins au lavis, mais en employant e Procédé suivant, qui est dû à un artiste du ^Us grand mérite, l’auteur de la Conversation glaise, lithographie exécutée par le moyen J^t il s'agit. Ce procédé consiste à laver d’a-°r(ï î puis à modifier les teintes foncées au pre-^ler coup sur la pierre, en les usant avec un ^ffon de flanelle. C’est une ingénieuse appli-
- °u sur l’encre, d’un moyen que plusieurs
- CaU,
- frimeurs avaient préparé pour le crayon. t^eur l’ayant communiqué à plusieurs artistes, *cu« en a fait usage à sa manière. Je vais in-
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- diquer celle qui m’a paru la meilleure. dans un petit godet de l’encre très-épaisse, ^ cela de l’eau, une assiette et plusieurs pincea^ Les pierres calco-argileuses ayant la propr‘e* de ne pas absorber promptement l’eau , doi^ être préférées ; les plus belles sont d’une cou^ j aunâtre. Le grain donné à la pierre doit $ très-fin; l’encre préparée et la pierre ch°lS|f on commence par mouiller toute sa surface ^ de l’eau très-pure, et lorsque la pierre est6” core humectée, on étend avec un large pince3' sur toute la partie où doit être le dessin t ^ teinte d’encre très-claire , après l’avoir de'b? dans l’assiette au moment de l’appliquer. teinte générale étant posée, on la laisse sêc$ ensuite on fait le décalque du dessin ; et, qu’il est fait, on masse l’ensemble aussi juste ton que possible. Quand l’ensemble est tertf1'11 on modifie, avec le chiffon de flanelle, les tei*1*1 que l’on n’a pas pu réussir à donner. Commet plus aisé d’éclaircir les teintes que de les re^ plus foncées, on ne devra pas craindre, en 1^ de les mettre très-vigoureuses. Pour éclaircir1111 teinte , on prend un morceau de flanelle ^ pliée et doublée plusieurs fois, assez poui’ a^: nuer le degré de force de la pression par la
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. l55 11 tait entrer la flanelle dans les intervalles du ! étant ainsi pliée, on pose cette flanelle ^ ta partie qu’on veut éclaircir, et avec le ^ce ou l’index on appuie fortement en faisant
- ütasgj-
- ta flanelle, de manière à enlever par ce
- °ltement l’encre à laquelle elle s’est attachée ta pression. Il faut avoir l’adresse de ne pas
- etaad:
- re sur la partie voisine le noir qu’on en-
- a celle sur laquelle on frotte, lors même 111 or voudrait colorer davantage les parties en-
- . Nantes ; car les dernières teintes, ainsi ^tées, tiennent rarement bien, et il vaut j^eUx> si on doit augmenter l’intensité d’un 11 ’ appliquer une nouvelle teinte à l’encre ta moyen d’un pinceau. Lorsqu’on a fait . le*rer à la flanelle une portion de l’encre qui fixée sur la pierre, on doit changer de I ace ta partie ainsi salie, pour que celle avec (ïUelta on doit appuyer de nouveau prenne eUx l’encre; car plus la flanelle est propre, Ptas aisément elle s’attache à l’encre. En ^^tauant ainsi, on parvient à donner de l’u-
- 0rmité aux teintes. Au lieu de flanelle, quelles Cou
- artistes emploient des brosses à peindre, ,^lpées à la longueur de trois ou quatre lignes ; que ces brosses soient neuves ; on en a un
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- assez grand nombre pour en changer chaff116 fois qu’elles sont salies ; ensuite on les lave toute5 dans l’essence de térébenthine pour les netloyel' On emploie des patrons en cartes, pour couvr,r les parties que l’on craint de salir, et on broSsC plus ou moins fort, suivant qu’on veut éclairc,r' Ainsi que pour la flanelle . plus les brosses sod propres, et mieux on éclaircit les teintes; brosse agit plus efficacement sur les partit claires; la flanelle suffit pour user les tons f°r cés. Avec l’un ou l’autre de ces moyens, l°r! qu’on a obtenu une ébauche convenable , oi continue l’exécution du dessin, en repre»3”1 l’encre et les pinceaux pour faire les détail9, s’ils se détachent en vigueur sur un fond d3'1’ on les fait à l’encre et pendant que la loud,f d’encre est encore humide, on peut avec 11,1 petit chiffon de toile enlever l’encre en qll<^ ques parties et les modeler. Les détails avec une touche d’encre épaisse se modifié aisément ; si ces détails se détachent en d3‘( sur un fond vigoureux, on ne prend que ^ l’eau dans le pinceau ; on silhouette la pad’1 qu’on veut enlever en clair, et aussitôt ^ l’encre est amollie, on l’enlève avec un morce*1 de toile, en s’y prenant de la meme ma»i®rC
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- T1 avec la flanelle. Enfin on termine en enle-vant avec le grattoir des lumières vives que la teinte générale n’a pas permis de conserver.
- Tel est, avec l’encre, le moyen qui réussit le Phis souvent; il a permis de faire des dessins tres-remarquables ; mais il faut qu’il soit employé par des artistes d’une adresse extraordinaire. Ce moyen ne laissant que la facilité de dégrader un ton, sans permettre de l'effacer entièrement, et d’en refaire un autre à la place, ^ faut donc une franchise d’exécution et une décision qu’on n’acquiert pas aisément; ensuite chaque touche laisse sur son profil une nuance foncée qui découpe cette teinte sur celle où elle est posée , et ne permet pas de fondre l’une avec 1 autre ; eu sorte qu’on ne peut pas modeler à v°lonté. Il est encore difficile de faire de grandes Parties sans taches; et si quelques dessins au avis paraissent complets, c’est que les artistes aùxqueis üs sont dus ont eu ]e talent de composer des effets où les grandes difficultés ne se reHcontrent pas ; et, pour les accidens inévita-^es> ils ont su en tirer adroitement parti. ^'Qsi on voit que les moyens d’exécution pour fail'e des dessins au lavis sont encore incom-P^ts,et que les chances de succès sont très-
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- incertaines. Les caractères suivans aideront a reconnaître, dans les lithographies exécutées à l’encre et au crayon avec le moyen de la flanelle» les parties préparées à l’encre et celles qui Ie sont au crayon ; il suffit d’examiner la silhouette de chaque teinte, le bord est dur et découpé; au contraire celles au crayon manquent de fermeté sur les contours. »
- Après avoir indiqué les moyens employés avec le plus de succès pour dessiner au lavis sur la pierre, nous citerons le nom d’un de nos artistes distingués qui, le premier en ceg-em’e,a obtenu des résultats satisfaisans en frayant une route nouvelle.
- De nombreuses et gracieuses compositions se sont échappées de son crayon et de ses pinceaux; dire qu’il est encore permis de le placer en première ligne, pour ce procédé d’exécution» c’est nommer M. Devéria.
- art. ir.
- De la Peinte sèche ou Gravure sur Pierre.
- Ce nouveau genre de lithographie est un® concurrence pour la gravure dite à l’eau forte *
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- sur cuivre et sur acier ; il présente un peu d’économie de temps, et devient moins coûteux; les pierres lithographiques ne pouvant se lami-Uer à la pression, donnent un nombre considérable d’épreuves également bonnes.
- Les cartes géographiques, la musique, les armoiries, sont très-bien rendues à l’aide de ce procédé, surtout en petit ; l’architecture, les machines, les lettres, lorsqu’on veut obtenir nn long tirage, peuvent encore être exécutées à la pointe sèche.
- Pour préparer une pierre à ce genre de travail , il suffit de la prendre polie, sans taches , tendre, et d’appliquer sur sa surface , au moyen d’une éponge très-fine, de la gomme arabique légère, délayée dans de l’eau, avec du noir de fumée bien amalgamé, ou de la sanguine pilée, pour donner une couleur à la pierre, à laquelle on a fait préalablement subir Une préparation d’acide nitrique étendu d'eau, et réduit à la force de deux degrés au-dessus de zéro.
- Cette pierre ainsi disposée, et la gomme une fois parfaitement sèche, on opère le décalque sUr la pierre avec une couleur différente à la préparation gommeuse, et l’on repasse ensuite
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- sur tous les traits décalque's avec une ou plusieurs pointes d’acier, les unes aiguisées eu biseau, les autres pointues, etc., dans le genre des burins et échoppes à graveurs.
- On ne gratte point la pierre , on doit seulement la découvrir, en sorte que le travail se détache en blanc.
- Pour encrer ces planches avant de les livrer à l’impression, on se sert d’un morceau d’éponge fine, imbibé d’huile de lin ou d’essence de térébenthine , et frotté dans le noir broyé avec le vernis n° 1. On barbouille toute la pierre avec ce petit tampon, en frappant légèrement sur les traits du dessin ; ensuite on encre avec un rouleau neuf, garni de noir, mais sans essence. On continue cette opération jusqu’à ce que tous les traits soient parfaitement encrés et la gomme bien enlevée ; ensuite on épure les traits avec un rouleau mou.
- Pour l’impression de ces planches, on se sert de maculatures en flanelle, ou de plusieurs feuilles de papier de soie, que l’on change de temps en temps, ce qui est préférable. Dans le cours du tirage, on doit éviter avec grand soin l’emploi de la gomme et des acides, qui détruisent également ce genre de gravure.
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- M. Roux aîné, dessinateur, a fait construire u&e machine à l’aide de laquelle on peut obtenir des lignes d’une finesse extrême, qui rivalisent avec celles des ciels exécutés sur les meilleures gravures ; cet artiste a aussi imaginé plu-s*eurs petits instrumens, et il est parvenu à faire, dans ce genre de travail, des dessins qui surpas-Sent en pureté et en beauté, tout ce qui a paru Jusqu’à ce jour en gravure lithographique.
- Tous les essais faits par M. Roux, ont eu lieu sous nos yeux, et les épreuves de ces disses planches, dont plusieurs font partie de son ouvrage des Antiquités de Pompeï, sont Sorties de nos presses ; ainsi nous pouvons, mieux que personne, affirmer qu’il est maintenant Permis d’espérer que ce nouveau genre de lithographie contribuera puissamment à rendre cet art plus utile encore.
- §11.
- Procédé d'effaçage pour parvenir à la correction des dessins en gravure sur pierre, donné par la Société d‘Encouragement.
- L’acide acétique enlève bien.les traits superfi* ciels, mais il pénètre mal dans le fond des tailles l'i’ofondes, pt enlève difficilement la pQvtiçm
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- du dessin sur laquelle il agit. L’acide nitrique efface bien, mais il donne à la pierre un grain particulier. Son action doit être prolongée quelque temps. L’acide sulfurique attaque fortement la pierre, la recouvre d’une couche mince de sulfate de chaux sur laquelle on grave mal ensuite. L’acide liydrochlorique efface avec une plus grande facilité ; les traits les plus fins disparaissent, et la pierre ne change pas de grain dans le point attaqué; l’action de cet acide demande à être bien dirigée pour ne paS attaquer la pierre. Mais l’acide phospliorique enlève parfaitement le dessin; son action estmode'-rée , facile à borner aux points où il est nécessaire de la produire, et le grain de la pierre n’est pas changé. C’est cet acide que MM. Knecht et Gi" rardet avaient indiqué, et dont ils ont fait usage dans la correction de la Flore du Brésil ; il est nécessaire que la pierre soit mise préalablement a l’encre grasse avant d’enlever à l’essence Ie dessin qui est tracé, et détruire ensuite,par Ie moyen de l’acide, les traits à remplacer. On ménage ainsi les parties environnantes, et on n® risque pas de fatiguer la planche. La potasse ne produit pas facilement un effet sur la pierre in* çjsée, elle n’atta^ne que très-peu ie fond de*
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- tailles, son lisage aurait d’ailleurs l’inconvénient d’être long.
- § III.
- Pour compléter autant que possible les instructions relatives à la manière de graver sur la Pierre, nous donnons ici un extrait de l’article lithographique publié dans l’impartial du 2^ °ctobre i833, dont l’auteur, M. Olivier de ^°issy, ancien associé et successeur de M. ^Uecht, a bien voulu nous communiquer la ^ote originale.
- Bien que les procédés qu’il indique aient beau-c°up (je rapports avec ceux que nous venons de ^écrire, et ne diffèrent à peu jirès que dans
- moyens d’encrage, nous les donnerons textuellement, afin de constater l’exactitude des details fournis par nous, et de faire connaître eU même temps l’importance des résultats ob-teUus par MM. Knecht et Roissy, à l’aide d’une l°ogue expérience pratique.
- Gravure sur pierre,
- tf La gravure sur pierre ressemble, pour le travail de l’artiste, 1» la gravure à l’eau forte sur
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- cuivre et sur acier. Poilr graver de cette maniéré, on acidulé une pierre poncée, avec de l’eau, de l’acide nitricpie ou liydroclilorique et de 1® gomme arabique. L’un ou l’autre de ces acides doit être à environ deux degrés pour ne pas cor' roder la pierre. Quand la surface est sèche, °n lave légèrement la pierre, et on la colore avec de la sanguine ou du noir de fumée que l'on frotte fortement avec un morceau de laine jus' qu’à ce que la couleur ne salisse plus les mains*
- On peut alors commencer à graver avec des pointes ou des échoppes d’acier trempé, emniaU' che'esdans du bois ou du jonc. Il faut avoir son1 d’attaquer légèrement la pierre en la creusant Ie moins possible, surtout dans les traits larges ; leS traits fins, tracés franchement, doivent entame1, également la pierre dans toute leur étendue. On peut effacer les faux traits en les grattant d’une manière bien égale, avec un grattoir, ou mien* avec un petit morceau de pierre-ponce, et Ie5 parties de la pierre ainsi découvertes, sont acidulées de nouveau avec un mélange d’eau > d’acide et de gomme, dans lequel on met un peu de sanguine, afin de pouvoir graver d® nouveau sur la partie effacée,
- !< Lg grayure étant terminée, l'imprimeur verse
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- ET de l’imprimeur lithocraphe. i65 dessus de l’huile de lin qu’il étend partout avec chiffon. Après avoir laissé séjourner l’huile Pendant un quart d’heure, il essuie la pierre et ^ noircit en totalité avec une brosse garnie d’en-Cre d’impression ordinaire, délayée avec de ^ essence de térébenthine et un peu de gomme. ^ niet ensuite la pierre dans l’eau ; alors les par-lies non gravées s’imbibent de ce liquide; la S°ttune, interposée entre la pierre et l’encre, e,nporte celle-ci en se dissolvant, et il ne reste d encre que dans les tailles où la pierre étant découverte par la gravure, rien ne s’oppose k Ce qu’elle y pénètre , et, y trouvant le gras de ^ huile de lin, elle s’y fixe chimiquement.
- "Les retouches sur des pierres déjà encrées ou ^me qui ont été tirées, demandent beaucoup de précautions. Les parties que l’on veut sup-Prittier doivent être grattées légèrement, ou la Profondeur des tailles diminuée avec de la P^rre-ptmce en poudre sur un chiffon; mais avRut de faire cette opération, on doit d'abord etlcrer toute la pierre avec une encre d’impres-Sl°U particulière, dite encre grasse ou de con-'l^alion, afin que les parties qui environnent eUdroit à retoucher puissent résister k l’acide. " On acidulé ensuite toute la partie qui a été
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- grattée, avec un mélange d’eau , d’acide pb°5' phorique et de gomme. Il est utile de coloré cette composition avec de la sanguine, afin ^ distinguer les nouveaux traits en les regravaid' et, à cause de sa transparence, de pouvoir Ie* faire se rapporter à l’ancien travail conserve.
- « Pour l’impression de la gravure sur picrr®1 nous avons déjà dit qu’on se servait de brosse5' ces brosses doivent être douces et molles, ^ de ne pas rayer la pierre et de n’en pas fatiguer les tailles. L’encre d’impression adhère d»"' les tailles, non-seulement par le principe cl" mique, base de la lithographie , puisque cP tailles ont été graissées par l’huile de lin y a séjourné, mais, de plus, elle y adhère caniquement, comme sur les planches en ta>^ douce. En essuyant la pierre, quand elle & encrée, avec un tampon de drap , on ne qu’au niveau de sa surface, et on passe psf dessus l’encre d’impression qui garnit le f°" des tailles. La double cause d’adhére"^ de l’encre à la pierre, empêchant qu’auc""5 traits, même les plus déliés, ne puissent disp* raître, donne lieu à une parfaite identité d®"' les épreuves, et rend l’impression des pief1^ gravées, l’une des plus faciles en lithographie*
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- La Flore du Brésil, ouvrage compose'de i,8oo juches j gravées sur pierre et tire'es chacune à )°°o exemplaires, a été imprimée dans nos 4teliers dans l’espace de trois ans : nous nous s°mrnes servis d’ouvriers , pour la plupart cillement étrangers à la lithographie, surtout à * gravure sur pierre, et cependant il ne leur a que peu de temps pour devenir de bons ^primeurs.
- "Un fait remarquable dans l’impression de cet 0<lvrage, c’est que les pierres du titre général ^ des titres particuliers de chaque livraison, *°ütes très-chargées d’ornemens et d’un travail *res~fin, ontfourni chacune 4o à 5o,ooo épreuves, et^Ue, jusqu’à la dernière, elles ont présenté la perfection et une complète identité, restât qu’on ne pourrait obtenir par aucun autre
- ï>r°cédé. »
- Olivier de Roissy,
- ' Imprimeur lithographe, rue Richer,n° 7.
- ^ous avons vu imprimer plusieurs des planés de l’ouvrage, la Flore du Brésil, notam-^eut celles des titres, dont parle M. de Roissy, ^ Ce’ Par deux de nos élèves, Buffet et^d’Har-lftgüe, qui sont aujourd’hui de bons imprimeurs
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- lithographes; et nous pouvons affirmer, (ju’efl effet, les dernières épreuves étaient aussi bell65 que les premières.
- Nous observerons cependant, relativement a h l’emploi de la brosse pour l’encrage, que c0 moyen demande une longue habitude de la par* de l’ouvrier, qui n’arrive pas facilement à tire* des épreuves pures, tandis que l’encrage par l0 tampon de flanelle, terminé parle passage rouleau, on celui opéré par ce dernier instri1' ment seul, en le choisissant un peu mou et gari» de plusieurs flanelles, est bien plus simple, par cette raison, nous semble préférable, lort' que le genre du travaille rend suffisant(i).
- art. v.
- De l'Aqua-tinte lithographique.
- La première idée de l’aqua-tinte est due a l’estimable auteur de la lithographie ; mais se® procédés avaient bien plus de rapports avec l’aqua-tinte gravée, que l’invention nouvel!0 que nous allons faire connaître, et ne rempli saient pas aussi parfaitement le but proposé.
- (i) Le rouleau peut suffire à l’encrage lorsque le deS‘ sin est exécuté avec une pointe sèche, et qu’il n’existe pas de traits larges ou profonds.
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- j *819, M. Engelmann avait déjà découvert ^oyen d’imiter en partie ce genre de gravure; | donna à son procédé le nom d'aqua-tinte ou Qvts lithographique, ce lavis fut bientôt imité d’autres artistes , et l’usage s’en répandit ^Pidement ; on s’en lassa peu de temps après, ainsi que nous l’avons dit dans l’article 111 e cc chapitre, si l’usage du tampon est peu optent maintenant, il faut en attribuer la °aUse à la multiplicité des opérations qu’il exige, ailx accidens qu’il peut occasioner, et plus en-C°re à la médiocrité des avantages qu’il pré-Seûte, avantages parmi lesquels il n’est vrai-^eilt permis de compter que l’économie du teDflPS5 puisque les épreuves ont toujours quel_ ^Ue* degrés d’imperfection. Ces considérations, 6t ^ nécessité de donner à la lithographie un ^*’e qui approchât de l’aqua-tinte gravée, ini-^dahle au crayon, firent faire des recherches à ^ ^es les personnes qui s’occupent d’améliora-.0tls lithographiques, notamment à quelques ^Primeurs lithographes, qui réunissent aux ^ntages d’une bonne éducation l’expérience 8 °perations de tous les jours, et sont plus a e que d’autres d’apporter les perfectionne-e°s sans nombre que les heureux résultats de
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- la lithographie, jusqu’à présent, donnent droit
- d’espérer.
- M. Knecht, notre ami, qui depuis un grand nombre d’années dirigeait l’imprimerie litliO" graphique connue à Paris sous le nom de Sennefelder et compagnie, et qui depuis est devenu propriétaire de cet établissement, est le premier qui ait découvert le moyen d’imiteï l’aqua-tinte; et comme les sepcimen qu’il a fournis dans un petit ouvrage qu’il a publié , et dont l’édition est épuisée, nous ont paru atteindre le but, autant que cela est possible 'i * * des premiers essais, nous croyons être utile i nos lecteurs en publiant ici tous les détails rela' tifs à cet ingénieux procédé.
- Cette découverte est trop récente, et l’usag6 en est encore trop peu répandu, pour que quel' ques perfectionnemens aient été possibles (i)' Ainsi nous nous contenterons de suivre l’invefl' teur lui-même dans les indications qu’il donUe à ce sujet. Son ouvrage offre :
- i°. La manière d’obtenir les teintes plates de différentes valeurs ;
- (1) Nous ne connaissons rien de supérieur aux es*
- sais faits par M. Knecht, même depuis les experte*1’
- ces de M. Tudot.
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- 2°* De faire l’esquisse au pinceau en plusieurs lons ;
- 'i0- Celle d’obtenir un effet de clair sur un fond obscur naturel ;
- 4". Celle d’obtenir un effet obscur sur un ^°Rd clair naturel ;
- 5°. Celle de faire un effet en clair sur un fond °bscur, découpé sur un autre fond ;
- 6°. Celle de faire un effet obscur sur un fond
- °bscur;
- 7°* Celle d’augmente!* ou de diminuer a vo-Wté l’effet d’un dessin, soit en clair, soit en °bscur.
- §1".
- Des teintes plates.
- Pour faire rapidement des teintes , le tampon es* sans doute le meilleur moyen, en ce qu’il Produit un grain plus serré et plus égal, que
- 0,1 ne pourrait obtenir qu’avec beaucoup de Peine de toute autre manière. Nous avons trouvé les tampons composés de gélatine sont précâblés à eeux que l’on fait avec de la peau ; il est urgent cependant de les préserver de l’humidité.
- Ou frotte l’encre à lavis sur une palette de
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- marbre ou de verre dépoli, comme pour Ie* dessins au tampon, en y mêlant une goutte d’e5' sence de lavande, et on la broie encore davafl' tage par le tampon, jusqu’à ce qu’elle forme W velours très-uni sur le marbre.
- Il faut avoir soin d’en garnir le tampon egale' ment ; ce qui se fait bien en le toui’naut pour ql,e l’encre se divise aux extrémités.
- On frappe alors la pierre destinée au dessin» perpendiculairement, à petits coups redouble’» jusqu’à ce que l’on ait obtenu la teinte que l'$ désire.
- Il est bon de renouveler souvent l’encre sii( le tampon, de ne jamais se servir de celle de I® veille, et d’essayer, chaque fois que l’on auf® rechargé, le tampon sur une petite pierre, afi1 d’examiner si la teinte est convenable.
- Nous recommandons aux dessinateurs de $ faire une échelle des différentes teintes avec ^ l’encre de la Chine, et de s’en servir comtf1* modèle, pour celles que l’on donne avec ^ tampon.
- §11.
- De la Couverte,
- Passons maintenant au moyen qu’il faut ear ployer pour empêcher la pierre d’être att*
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- ET DE l’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. ifî quée par les corps gras, qui se trouvent sur le *arnpon. Les endroits que l’on veut conserver blancs, ainsi que ceux que l’on aura déjà assez tintés, doivent être préservés par une matière °Pposante à l’encre de lavis. Il n’y a rien de Meilleur que la gomme arabique dissoute dans eaui et colorée par du vermillon ou toute autre couleur différente de celle de la pierre, P°ur reconnaître facilement les endroits où on ^ aUra employée.
- Nous nommerons couverte cette mixtion de 8°oune et de couleur.
- Hien n’est si simple que de réserver des clairs, Puisqu'il ne s’agit que de peindre les endroits <IUe l’on veut réserver avec cette couverte ; et lorsqu’elle est bien sèche , on tamponne le reste, ensuite on lave la pierre avec de l’eau Pr°pre et une éponge fine : elle doit se trouver )lït-Rcte partout où la couverte a été mise.
- Quand on a donné par le tampon la pre^ ^‘ere teinte, on passe la couverte aux endroits on veut conserver cette première teinte, ^Pfes l’avoir laissée suffisamment sécher, on
- tainpoune le reste pour obtenir la seconde \ 0<* couvre un© partis, on tamponne le rptet
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- pour avoir la troisième, et ainsi de suite p°ur les autres.
- Il est necessaire d’observer que l’on fait ra' rement plus que quatre ou cinq teintes ; que h couverte doit être mise assez épaisse pour que le tampon ne puisse l’enlever ni la traverser; enfin, on doit la laisser sécher parfaitement ava^ de tamponner.
- § III.
- Des ombres au pinceau.
- Pour obtenir des ombres , il faut opérer to^1 différemment. Si, par exemple, on ne voul»11 qu’un seul trait au pinceau , on sent bien q« serait extrêmement difficile, pour ne pas di^ impossible, de passer la couverte sur toute ^ pierre, en exceptant ce trait.
- On emploie donc le moyen suivant :
- On délaie une couleur quelconque (la leure est un mélange de noir de fumée, de blaI,c de céruse, avec un peu d’essence de térébe11' thine ), en y ajoutant autant de téréhentlii^ de Yenise qu’il en faut pour lui donner la cofl' instance d’une huile épaisse ; on peindra pptte couleur tout ce que l’on voudra teW
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- ^r* La surabondance d’essence rend cette mix-*l0Q trop coulante, elle devient impraticable !aü$ la quantité nécessaire; il est donc convertie d’avoir de l’essence dans un petit vase, et ^ Y tremper de temps en temps le pinceau pour ^mollir le mélange indiqué.
- ^ous recommandons d’observer que chaque 'rait que le pinceau donne sur la pierre soit bien rir et épais. Aussitôt que les traits sont secs, jT passe indistinctement la couverte sur toute a pierre; elle s’y fixe partout, à l’exception ^es endroits peints.
- Lorsque la couverte est suffisamment sèche, 011 Verse sur la pierre quelques gouttes d’essence l^e; elle se répand sur toutes les parties peintes noir ; on les frotte avec un putois jusqu’à ce tout le noir soit enlevé ; ensuite on essuie avec un linge fin, propre et sec, jusqu’à ce que L Couleur noire soit entièrement disparue. On a*sse évaporer l’essence dont la pierre est imbi-^ee > ce qui se reconnaît à la teinte naturelle (lUe la pierre doit reprendre.
- De cette manière, la pierre se trouve à nu ^ns tous les endroits qui ont été peints ; on leur d°npe alors gyec le tampon la teinte <jue l’on
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- veut, en opérant comme nous l’avons dit da*1
- le § 11.
- Nous appellerons cette composition coule& résineuse. Elle peint la pierre sans s’attacha et puisque la couverte n’est adhérente que sü( jes endroits où la pierre se trouve à nu, l’esseré de térébenthine détruit la couleur résineuse»et l’enlève avec les parties de couverte qui se tro11 vent dessus.
- En tamponnant, l’encre a lavis pénètre et se fixe sur la pierre, l’eau enlève la gomme ; ^ sorte que par celte combinaison on obtient to<>! les travaux et toutes les teintes que l’ofl s d’abord peintes au pinceau.
- IV.
- De l’effet en clair sur unfond obscur.
- On commence par peindre les contours, $ coups de force, avec la couleur résineuse ; efl' suite on entoure la vignette'avec de la couverte* Après avoir également réservé les grands clairs' on ôte la couleur résineuse, et on donne par ^ tampon les teintes convenables, en forçant to^ jours de plus en plus le fond ; ou enlève la ctré verte avec de l’eau ? et la planche est achevée*
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- § v.
- De Veffet obscur sur un fond clair.
- Ou peint tout ce qui se découpe en ombre, avec de la couleur résineuse ; on pose la courte indistinctement sur la planche, on enlève eïisuite la couleur résineuse avec de l’essence, e* °R commence à donner la première teinte avec le tampon ; on la couvre, et, en suivant Cette marche, on arrive jusqu’au plus foncé. ^Près avoir enlevé la couverte, on donne les k,lûetés et les coups de force avec un pinceau et de l’encre à lavis , délayée avec un peu d’es-^ce de lavande. On observe ici que le dessina-*eUr ferait bien d’exécuter deux ou trois plan-
- à la fois, car il est indispensable de bien aisser sécher la couverte, ainsi que la couleur Mineuse. Gomme cela occasione toujours une ^erte detemps, on peut s’occuper d’une seconde Penche, tandis que la première sèche.
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- § VI.
- De l'effet obscur sur un fond obscur.
- L’operation est pareille aux précédentes p0l|( le commencement ; mais elle change ensu^' Quand le dessin est terminé, on passe la c<>11 verte, qu’on a soin de laisser sécher ; ensuite verse de l’esprit-de-vin sur un peu de colon >£ on cherche à enlever la couleur résineuse. ^ doit nettoyer avec du coton sec , et renouve^1 deux à trois fois l’esprit-de-vin, car les par^lf aqueuses qu’ii contient pourraient eudomin^ la couverte, et on serait obligé de la raccoi11 moder avant de tamponner.
- On conçoit facilement que ce procédé 0$ un champ vaste aux dessinateurs ; ils peuv^ par ce moyen changer à volonté leurs dessin pour diminuer la force d’une partie. On frapf fort avec un tampon dur et sans encre, on enlève presque tout ce qu’on y avait ^ auparavant. La couleur résineuse emporte 1^ une partie des premières teintes ; mais il reS* toujours un corps gras sur la pierre, qui enlevé que par l’acidulation que la planche d0' subir.
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- manière de reteinter ou donner une nouvelle teinte au Dessin.
- Quand un dessin est achevé, et que l’on y repasser une teinte, soit en général, |i°^ eil partie, on couvre les endroits que °u veut réserver, et on passe le tampon sur e feste.
- imposition de VEncre pour VAqua-tinte.
- Cire vierge........................... 1 partie.
- ^''ün blanc........................... x »
- lluile de lin......................... 1 »
- Go,Ume laque.......................... 1 «
- ^oir de fumée......................... 1 »
- Composition de la Couverte.
- Solution de gomme arabique dans de l’eau bernent teintée de vermillon.
- Autre Composition.
- gent en coquille} délayé avec de la gomme b,<îue et de l’eau. Cette composition sert
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- pour réserver les teintes données ; elle est plllS
- visible, et couvre mieux que le vermillon.
- Objets nécessaires pour l’exécution.
- i°. Un petit flacon d’essence de térébenthine distillé
- a0. Idem d’esprit-de-vin.
- 3°. Idem de térébenthine de Venise.
- 4°. Idem d’essence de lavande.
- 5°. Une petite boîte de noir de fumée.
- 6°. Idem de blanc de céruse.
- 7°. Des pinceaux de différentes espèces.
- 8°. Des tampons en peau fine ou en gélatine.
- ART. VI.
- De la Lithographie en couleur.
- On est parvenu, depuis long-temps, à don»êf des épreuves coloriées en employant autant ^ pierres lithographiques qu’il y a de teintes d& férentes; M. de Lasteyrie est le premier qui $ ait eu l’idée; dès l’année 1818, les essais qu’' fit furent satisfaisans et semblaient faire près' sentir qu’on arriverait facilement à entrer e«* concurrence avec l’impression en taille-doucc de ce genre, aussitôt qu’on aurait découve1'1 le moyen de tirer des épreuves avec une seu*e
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- Mrre, en distribuant localement les cou-
- Ws.
- depuis cette époque, bien des essa;s ont été Dits; un prix a été proposé par la Société d’en-c°uragement pour ce perfectionnement, mais les Multats présentés au Concours de i832 ne Emplissaient pas à beaucoup près, le but indi-*ïué. Ce procédé nouveau consiste à appliquer ^es couleurs à l’huile mêlées avec du vernis et M peu d’essence de citron, et à tirer une ePreuve par la pression oi dinaire, puis à char-8er de nouveau, pour obtenir une autre épreuve, Msi de suite. L’application de ces couleurs peut e*re faite en employant pour chacune d’elle un Mit rouleau à poignée perpendiculaire, monté c°«nine une roulette, ou des petits pinceaux c°llpés.
- On doit préalablement couvrir toute la partie
- essmée d’une légère couche de vernis d’en-Crage absolument incolore, avec un rouleau sPe>cialement destiné à cet usage.
- Des épreuves tirées de cette manière sont im-Mfaites et ne peuvent servir qu’au moyen de Mouches, malgré le soin qu’on apporte à l’en-Cl'age, qui ne saurait avoir lieu rapidement.
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- ART. VII.
- Des Instrumens et Outils nécessaires au Desii' nateur lithographe.
- §. I«.
- Des plumes en acier.
- Un des instrumens les plus utiles au dessin*' teur lithographe est, sans contredit, la plutf>{ en acier qui sert à écrire et à dessiner sur pierre.
- Quelque simple que soit au fond la maniè^ de confectionner ces plumes, elle exige cepon dant beaucoup d’attention et d’adresse.
- C’est de la bonté de la taille que dépend $ grande partie la beauté des écritures ou ^ dessins que l’on exécute de celte manière; ^ plus habile artiste ne peut, à l’aide d’encre cln mique, rien produire d’achevé, si sa plui^ n’est pas bien taillée et à sa main. .
- Il est donc urgent d’apprendre à confection ner'et tailler ces plumes soi-même, parce qu’in dépendamment de la grande dépense que leüf
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- *chat occasionerait en les prenant toutes faites, 0li risquerait souvent à perdre son argent, car il es* si difficile d’en trouver de propres à sou ^ge de cette manière, que cela n’arrive près-<lUe jamais , maigre' que ce soit ordinaiement ^es lithographes qui s’occupent de leur fabrication.
- On peut cependant se servir pour les travaux ‘l une exécution grossière, des plumes métalli-f|Ues qui se trouvent dans les principaux maga-Slûs de papeterie ; mais il serait impossible d’en k*re usage pour les écritures et les dessins d’une ®ûCsse ordinaire, à plus forte raison pour les c^oses extrêmement délicates.
- On confectionne les plumes spécialement '^stinées à la lithographie, de la manière suinte ;
- On prend un ressort de montre d’une largeur ^ une ligne et demie à deux lignes environ ; on 611 enlève la graisse en le frottant à l’aide d’un de sablon ou d’un morceau de pierre-ponce ^dre, ensuite on le pose dans un vase plat de Ÿerre, de faïence ou de porcelaine ; ou verse des-de l’eau forte coupée avec une égale partie eau de fontaine, le tout en suffisante quantité P°nr couvrir entièrement le ressort ; l’acide
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- commence aussitôt à agir, et on le laisse mordre ainsi, jusqu’à ce que ce ressort ait perdu a11 moins les trois quarts de son épaisseur, et soit devenu aussi souple qu’une bande semblable de papier à écrire de moyenne qualité.
- Pendant l’action du corrosif, on doit de temps en temps retirer le ressort et le sécher en l’es-suyant, soit avec du papier brouillard, soit avec un linge fin, propre et serré ; ce qui sert s rendre l’action du corrosif plus violente et plns uniforme.
- Lorsque le ressort n’a plus que l’épaisseu1, convenable , on le retire de l’eau forte ; on l’essuie fortement pour en retirer totalement lucide; enfin, on le ponce à sec jusqu’à ce qu1^ soit propre et brillant ; on le coupe ensuite ep morceaux de dix-huit à vingt lignes de longueur.
- Il est nécessaire de prendre chacun de ce* morceaux séparément pour leur donner unÉ forme demi-circulaire , en sorte qu’ils ressemblent assez au tube d’une plume ordinaire «p11 serait pourfendue, en deux parties égales , dan5 toute sa longueur, ou, si l’on veut, à une petPe rigole métallique.
- Pour parvenir à leur donner cette forme,
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- ET DK L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. l85 Se sert d’un petit marteau d’horloger, dont la ^ panne est plate, quoiqu’ayant le tranchant s°igneusement arrondi de manière à ne pouvoir couper.
- On pose un morceau de ressort sur une bande carton de pâte, qui elle-même est supporte'e Par une pierre lithographique polie, et on par-Vlcut à donner cette forme creuse à l’acier dé-trCttipe' en frappant dessus par petits coups don-lentement et d’aplomb, avec la panne du marteau, successivement sur toute la longueur ^ morceau de ressort.
- Lorsque le ressort est ainsi façonne', on prend paire de petits ciseaux d’acier fondu , ayant deux pointes e'galement fines, et on commence la taille de la plume ainsi qu’il suit :
- On fait une fente droite d’environ une ligne longueur, au centre d’une des extrémités du morceau d’acier ; ensuite on coupe avec pre'cau-^l°n une partie des côtés de chacun de ces becs ^0rme's par la fente, afin de leur donner l’aspect ta figure d’une plume taillée pour une écri-tare excessivement fine.
- Pendant cette opération de la coupe de la Ptarne, il arrive souvent qu’en rétrécissant les ? ils se recourbent ; il faut alors les redres-?
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- ser soigneusement au moyen du marteau et de l’enclume composée de la bande de carton d d’une pierre polie.
- Le plus difficile de tout ce qui précédé est de tailler les deux becs d’une e'gale finesse et d’une longueur parfaitement semblable , et de faire 1* fente sans empêcher les becs de se toucher à leef extrémité inférieure, sans cependant les fa*re chevaucher l’un sur l’autre, ce qui serait un 1°' convénient très-grave.
- Une plume bien taillée doit avoir ses deu* pointes très-égales , se toucher entièrement vei"5 le bout ; ses extrémités inférieures doivent posef en même temps sur la pierre, en suivant l’ind1' naison naturelle de la main; on peut parvenir* ce résultat au moyen des soins apportés à ^ coupe, qui seule peut y conduire ; néanmoins o” peut se faciliter l’opération en employant & dernier lieu, si besoin est, la pierre dite duL^ vaut, que nous avons indiquée.
- S- n.
- Des Pinceaux.
- Ainsi que nous l’avons dit, les pinceaux ^ piartre brune, que l’on emploie pour peindre 1*
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- ^'ûiature, sont bons pour la lithographie; la Seule difficulté existe dans le choix qu’il en faut fa‘re » et nous allons donner, autant qu’il nous Sera possible, les moyens sûrs d’y parvenir.
- Pour être convenable à cet usage, un pinceau °û être très-mince, former une seule pointe > ce qu’on reconnaît en mouillant les poils sa bouche, en les réunissant et en appli-Î^Rnt l’extrémité du pinceau sur un de ses on-^esj sans appuyer fortement ; de cette manière, Sl tas poils ne se séparent point pour former
- eux becs, il est bien certain que le pinceau est bon.
- S- ni.
- Des Pointes.
- Plies servent à exécuter le genre de travail c°üQu sous les noms de pointe-sèche, gratté ou bavure sur pierre.
- Ces pointes doivent être, autaut que possible, acier fin, trempé un peu sec, comme ce-de s burins à graver sur cuivre ; il est indis-e Pensable d’avoir des pointes de différentes! formes pour exécuter tous les genre» de tailfe,
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- et donner à ses traits la largeur ne'cessaires ; cell# dont on se sert habituellement sont pointu# comme des aiguilles, aplaties par le bas , et a1' guisees en biseau double ou simple; enfin, 011 varie leur forme suivant le besoin, (i)
- §. iv.
- Machine à dessiner ou Pantographe.
- Pour transporter exactement et en sens & verse les dessins sur la pierre, ce qu’il fa"* quelquefois absolument, surtout pour les pla# et les cartes géographiques , on se sert d’a” pantographe, en ayant soin que la pierre s#1 renversée et assure'e dans sa hauteur.
- La pointe qui dessine est alors tout-à-fait # sens inverse de celle dont on se sert à la mai® et en copiant par le bas les lignes de l’original il se forme en haut de la pierre une copie fidù^ mais opposée et en sens inverse.
- M. le comte de Lasteyrie, notre ancien patro° est propriétaire d’une excellente machine de genre, mais bien perfectionnée par un hab'^ mécanicien bavarois. M. de Lasteyrie n’en f#1
- (1) Voyez , à la fin du volume , le prix courant fabricant Bancelin.
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- ^cun usage à présent, et elle deviendrait une l*récieuse acquisition pour un artiste, et même ^°Ur le dépôt de la Guerre, où on exécute un ^Hibre infini de cartes.
- ART. VIII.
- De l’imitation de la gravure sur bois.
- Qû choisit une pierre dure, sans tache, bien onia couvre à l’exception des marges que 011 a soin de déterminer d’avance, en traçant ^ cadre au tire-ligne , d’une couche égale e®cre lithographique peu épaisse, mais assez l,°*re pour donner à la surface de la pierre une uniforme. On décalque son dessin sur Cette couche , au moyen d’un crayon rouge COlll*u sous le nom de sanguine, dont on se sert e,*core en cette occasion pour arrêter l’esquisse son dessin, que l’on termine en enlevant les a,ls et les tailles au moyen des burins, des ^°*otes et des grattoii'S dont les graveurs se ser-^ent habituellement, en sorte que le dessin se e^che en blanc sur un fond nof,r, lors du ti-V des épreuves. Pour produire ce résultat, 011 doit entamer légèrement sa pierre, comme l’avons dit pour le travail à la pointe sèche»
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- de manière à ce qu’elle soit mise à nu, et qu*' ne reste , dans les traits, aucune trace de ^ couche d’encre.
- Lorsque le dessin est terminé, on procède * son acidulation en étendant, sur toute la pierfe< une mixtion semblable à celle indiquée à la & du Chapitre IX , a laquelle il convient d’ajout de l’eau de fontaine dans la proportion d’un tier*
- Nous avons exécuté, par ce moyen, un gra^ nombre de jolis' dessins. Les arabesques, ^ vignettes, l’ornement et les différens titresel frontispices en caractères d’écriture peuvent êtf( exécutés avec succès par ce procédé.
- Nos premiers essais en ce genre ont été de^ vignettes imitant la gravure anglaise sur bois, de* tinées à servir d’enveloppes à des épingles noire* fabriquées en France. Ces deux vignettes donné un tirage de plus de 5o,ooo épreuve5’ sans que les planches aient éprouvé la moindr8 altération.
- On peut exécuter ce travail par un autre pr° cédé , qui consiste à former les traits du dessin au moyen d’une couleur gommée et fonc#’ mais du genre de celles que l’on nomme tran5' parentes; l’encre de la Chine peut être ployée avec succès. Les couleurs qui ont dü
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- COrps sont susceptibles de s’imprégner d’huile. Wsque le dessin est sec, on couvre les partie.? ^ doivent former le fond, avec de de l’huile lin qu’on laisse pendant 6 à 8 minutes, afin elle pénètre bien la pierre ; on frotte ensuite 9Vec un linge pour enlever l’huile qui pourrait trouver en trop sur la surface ; on verse de eau sur la pierre ; on enlève les traits du des-s>l1. On prépare la pierre à l’eau forte, et on ^*t le tirage.
- Ainsi tous les traits du dessin restent blancs s,lr Un fcndnoir. On peut faire de cette manière *°utes sortes de dessins, ornemens , attributs, fritures, écussons, en blanc sur un fond noir , 0,1 de couleur quelconque.
- ART. IX.
- dessin estompé ou frottis lithographique.
- ^ette manière de dessiner a été mise en usage *ers 182g : MM. Devéria et Marlet sont les pre-^,Qrs artistes français qui en aient fait usage, et Motte, imprimeur lithographe à Paris, ainsi ^UeM. Jobard, de Bruxelles, en ont eu la préfère idée.
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- Ce procédé consiste à esquisser et masser dessin au crayon sur une pierre grainée ; qlialJ on a fini, on prend un morceau de flan^( neuve, que l’on ploie plusieurs fois pour et faire une espèce de petit tampon, au moyen <lu quel on frotte toute la surface couverte ^ crayon, de manière à porter le crayon sur ^ sommités du grain de la pierre, et jusqu’à £( qu’on ait obtenu une teinte égale et liarmoi11' sée.
- Ensuite on termine son dessin en modela111 avec le crayon , en enlevant les blancs vifs 4" rendent les effets de lumière, au moyen d'^ grattoir, en attaquant franchement la piet(ê' puis on donne, avec le pinceau, les touches d’encft qui doivent former les effets vigoureux ou de'te( miner les contours fortement sentis.
- Il est bon d’employer pour ce travail crayon gras semblable à celui de la composite n° 1.
- Cette manière est assez ingénieuse, mais ^ dessins qu’on exécute ainsi sont ordinaireu1^ mous, sans effet, et ressemblent assez à &\ planche usée, ayant fourni un nombre inü*1' d’épreuves. Nous doutons, en conséquence, 4111 l’on en tire jamais un grand parti, malgré l’eC°
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- ^nriie de temps et l’extrême fccilité qu’elle présente.
- art. x.
- Lithographie et Typographie réunies.
- Extrait du 33o« Bulletin de la Socêité d’encouragement.
- C’est à la confection d’un vernis facile à Préparer et peu coûteux, qui s’applique avec Milité sur le dessin lithographique et qui adhère vilement à la pierre, qu’il peut supporter l’ac-t*on d'un acide assez fort pour la creuser profondément , sans qu’il s’en détache, même dans fos plus petits détails, que le concurrent a dû fo succès qu’il a obtenu.
- « Voici le procédé qu’il a suivi pour sa préparation : on fait fondte, dans un vase neuf en fori'e vernissée en dedans,
- Cire vierge. ................... 2 onces.
- poix noire........................' i/a »
- ^oix de Bourgogne................i/a *
- * On y ajoute peu à peu deux onces de poix grecque, ou spalt réduit en poudre fine.
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- « On laisse cuire le tout jusqu’à ce quelem^ lange soitbien fait ; on retire alors le vase du feu » on le laisse un peu refroidir, et on verse la tière dans l’eau tiède, afin de la manier facile ment ; on en fait de petites boules que l’on dis' sout, au fur et à mesure du besoin, dans l’essence de lavande, en quantité suffisante p°uf obtenir un vernis du degré de consistance coû' venable.
- « Sur un dessin fait à l’encre lithographie^ ordinaire , ce vernis sert à encrer , après av<>lf acidulé et gommé comme pour l’impression ’ mais on peut en faire usage pour exécuter tièrement le dessin, surtout si on veut, en q«e^ ques parties, couvrir la pierre pour faire un tfa' vail en blanc avec la pointe.
- « Ce vernis s’emploie plus facilement au pi®' ceau qu’à la plume ; on doit chercher le degrt de consistance où il ne coule que convenable ment.
- « Par l’un ou l’autre de ces moyens, quand dessin est terminé, on borde la pierre avec & la cire, comme pour une eau forte, et on vfff8* dessus de l’eau , à la hauteur de quelques lig»eS‘ puis de l’acide nitrique étendu d’eau, en qna° tité suffisante pour que l’action ne soit pas trof
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- V>ve. Au bout de cinq minutes, la liqueur ayant ^ retirée et la pierre lavée , on la laisse sécher on passe sur le dessin un rouleau imprégné vernis. Pour en appliquer une nouvelle cou-on se sert de ce rouleau comme à la ma-ûiere ordinaire ; quand les traits du dessin sont Wn garnis, et après que la pierre a été bordée nouveau, on acidulé une seconde fois pen-trois à quatre minutes, et on lave comme ^ première fois.
- ft Par cette seconde application, le vernis qui adhère fortement aux traits, forme un relief as-Se* considérable pour que l’on puisse tirer des ePreuves à sec.
- K Ainsi on peut dessiner sur la pierre une c^rte géographique ou tout autre objet ; tracer ^es lettres sur papier autographique et faire le report sur pierre, puis donner ensuite aux traits saillie qui permettra de mouler le tout et de k clicher avec la plus grande facilité.
- On ne peut pas obtenir par ce procédé des des-s'Us aussi déliés , aussi fins que sur le boi6 ; mais 0lx peut également imprimer à sec, sans mouiller Ipierre, et si on ne veut pas clicher, on n’a ï^s besoin d’aciduler aussi long-temps ni de Creiiser beaucoup.
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- « Nous observerons que cette manière n’est pas nouvelle, car Aloys Senefelder s’est servi d’un moyen semblable pour dessiner et impn' mer de la musique , avant que d’avoir inventé 1® lithographie proprement dite.
- CHAPITRE IX.
- De l’Acidulation des Pierres dessinées.
- ARTICLE PREMIER.
- De cette préparation en général.
- La préparation aux acides est de toutes Ie5 operations lithographiques celle qui a le pluS d’importance, et à laquelle on donnait original' ment le moins de soins.
- Tous les essais faits jusqu’à ce jour ont suffi' samment prouvé que l’acide nitrique est prête' rable à tous les autres , sans en excepter l’acifie muriatique, dont se servent encore quelques in*' primeurs lithographes.
- Le vinaigre, les acides de tartre de pommes e*
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- ET DE t’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 197 d’oseille pourraient au besoin servir à l’acidula-bon des planches lithographiées, mais le bon Marché a fait jusqu’à présent donner la préfé-rence à l’acide de salpêtre ou eau forte, proprement dite, et à l’acide muriatique.
- Ce dernier a la propriété de ménager davan-*age les demi-teintes ; mais il attaque la pierre moins franchement que l’acide nitrique, auquel °H a toujours la faculté d’ôter de sa force en Pigmentant la quantité d’eau, et en la réduisit , au besoin, à un degré au-dessus de zéro.
- L’acide sulfurique, l’huile de vitriol étendue u une grande partie d’eau , peuvent également éteindre le but de cette opération, si toutefois ie action faible est suffisante, car autrement, Pour des effets plus forts, ces acides ont la propriété de changer la pierre calcaire en plâtre, dissolvant sa superficie, ïls ne pénètrent pas dans la pierre d’une ma-Pere égale, ils l’attaquent çà et là, suivant Qu’elle contient plus ou moins de parties tendres, eH bouillonnant avec force pendant quelques minutes, en sorte que l’on serait tenté de croire eOsuite, à leur état passif, qu’ils ont cessé d’a-Slr j tandis au contraire que leurs ravages cqu-bnuent, ce dont on peut facilement acquçnMa
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- certitude en versant cette même préparation sur une portion de pierre qui n’en aurait pas encore été couverte, car alors le bouillonnement recommence avec autant de force que la première fois qu’on en a fait usage.
- La gomme peut, en certain cas, être considérée comme un moyen de préparation, et pendant les chaleurs de l’été, il faut surtout éviter d’en laisser aigrir la dissolution quand eHc doit servir h couvrir la surface d’une pierre dessinee sitôt après l’acidulation terminée, car autrement on risquerait de donner au dessin une prépara-tion beaucoup trop forte, puisque la gomme > dans cet état, devient un acide assez actif pouf préparer les demi-teintes, sans le concours ou l’addition de l’acide nitrique ou tout autre.
- La gomme a une autre destination en lithographie; dissoute dans l’eau elle devient un vernis conservateur, elle empêche l’action des émanations aériformts, la poussière, les corps gras qui peuvent accidentellement se trouver en cou-tact, d’agir sur les substances qui composent Ie tracé ou dessin lithographique ; elle retarde par l’a leur prompte dessiccation et ne permet paS le‘T* avarie ; en un mot, la gomme est, dans art, un auxiliaire extrêmement utile, <juç l’pi»
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- ÏT DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. I99 Pourrait remplacer, avec peut-être moins d’a-vantages, que par le suc d’ognons conservé dans ^ eau-de-vie, pour en éviter la corruption , Usage qui, dit-on , est répandu en Allemagne.
- La gomme arabiqne doit nécessairement pré-Seuter de l’économie , outre que son emploi 11 e*ige aucune préparation difficile ou embarrassante.
- Lorsqu’on emploie l’acide muriatique pour ^ acidulation lithographique ( cet acide est main-*eUant connu sous la dénomination d’acide hy-dro-chlorique), il faut le choisir pur; dans ce Cas > il doit être incolore ; celui du commerce îui est jaune, ne l’est pas, il est sali par des Substances étrangères; on peut reconnaître si Cet acide contient de l’huile de vitriol, en en Versant une goutte dans un verre d’eau contenant un peu de muriate de baryte; si cette eau ‘tavient louche ou laiteuse, c’est une preuve de ^a présence d’une partie d’acide sulfurique.
- L’acide nitrique doit aussi être incolore et pur ; ^ serait bon de constater la force réelle de ces ftCldes avant que d’en faire usage.
- L’acidulation a pour but i° de décaper la en enlevant les parties graisseuses imper»
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- ceptibles , qui pourraient l'empêcher de se mouiller partout où le dessin n’existe pas ;
- 2°. De dégager les interstices du grain ;
- 3°. Et de rendre le crayon et l'encre insoluble à l’eau , en leur enlevant par l’acide l’alca*1 qu’ils contiennent.
- On emploie cette préparation pour les dessin5 au crayon , à la force de deux degrés au-dess»5 de zéro.
- Pour les dessins à l’encre et les écritures, “ celle de trois degrés , en se réglant toutefois s»r la qualité de la pierre qui, lorsqu’elle est dure> peut supporter une acidulation plus forte que lorsqu’elle est tendre. Le genre du dessin doi* également guider; un dessin peu couvert, ou fad mollement, exige une préparation plus léger6 que le dessin vigoureux fait avec franchise & fermeté, pour ainsi dire d’un seul coup.
- Il est aussi essentiel que l’imprimeur connaisse la qualité du crayon quia servi à dessiner; en sorte que l’artiste doit, autant que possible) employer de préférence celui de l’imprimeur chargé du tirage de ses dessins.
- Au surplus, pour ne laisser aucun doute sur la force de la préparatiopi, qui doit avoir udc
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- gere saveur de jus de citron , on peut se servir du pèse-sels et acides ordinaire.
- Lorsqu’il s’agit depréparer un dessin précieux, dont les demi-teintes sont légères, on peut ajouter , dans un demi-litre d’eau acidulée à trois degrés un demi-litre d’une dissolution de gomme Rabique; on opère le mélange de ces deux mix-bons en les agitant ensemble.
- Dans ce cas on pourrait trouver de grands Avantages à employer pour les préparations, ^ eau distillée au lieu de l’eau ordinaire, sa grande Pureté donne plus de facilité pour arriver à un terme égal, nécessaire à ces mixtions acidulées.
- ART. II.
- ®e la manière d'aciduler les Pierres dessinées, par mixtion.
- Pour aciduler une pierre, on la place sur la ^ble (pl. ix, Jig, i ) , en élevant l’extrémité de Cette pierre du côté droit de la personne qui Prépare, au moyen d’un tasseau de quatre à cinq P°uces carrés, afin de faciliter ainsi l’écoulement
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- de l’eau acidulée, en empêchant son séjour sur
- une ou plusisui's parties du dessin.
- La pierre ainsi disposée, on verse par-dessu5 la préparation acidulée, au moyen d’un pota eau, en ayant soin delà submerger entièrement; on laisse à cette eau seconde le temps d’agir » sans laisser sécher ; on continue cette opération jusqu’à ce que l’eau jetée sur la pierre s’étend® également en nappe, et sans dérivation.
- L’acidulation ne doit durer qu’une ou deU* minutes.
- On doit toujours placer au bas les parties vigoureuses et solides des dessins ; par exemple? les premiers plans d’un paysage, les costume5 des portraits, parce que , comme on verse d’abord sur les parties légères , l’acide, qui coule avec rapidité, les attaque avec moins de force» au lieu qu’il s’attache au contraire aux parties vigoureuses qui se trouvent placées dans l’endroit où la pierre a moins de pente , et sur lequel l’écoulement de l’acide se fait plus lentement.
- Lorsque les bords de la pierre ont été salis » soit en apposant les mains , soit en essayant Ie crayon ou l’encre, il faut les nettoyer avec u® morceau de pierre-ponce trempé dans la préparation.
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- JET DE L’iMPRIMEUH LITHOGRAPHE. 2o3 Aussitôt que cette acidulation est terminée , °n passe un peu d’eau pure sur toute la surface dessin, afin de le purger entièrement de ^ acide ; et quand l’eau est disparue, on met sur foute la pierre une légère dissolution de gomme Rabique dans de l’eau, à laquelle on peut a]°uter un vingtième de sucre candi , pour eyiter que la gomme ne se gerce en séchant, et ^0rme ainsi des taches sur le dessin.
- Ï1 faut, autant que possible, laisser sécher fo gomme sur le dessin, et en remettre soigneusement sur toutes les parties d’où elle pourrait Se retirer en séchant.
- Dans le cas cependant où il y aurait urgence, 011 peut procéder au tirage une -heure après la Réparation.
- Pour l’acidulation des dessins à l’encre et des fritures, on emploie, ainsi que nous l’avons l’acide à trois degrés, en passant plusieurs fois cette préparation, dans le cas où la pierre durait été préalablement revêtue d’une mixtion d’huile, d’eau de savon ou d’essence de térébenthine.
- Pour les autographies et les écritures au pin-ceau, deux degrés suffisent, meme avec la préparation a l’essence pure.
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- On aura soin de laver ces planches rte 1* même manière que celles au crayou; on les gommera, mais on devra les encrer avec le roii' leau avant que la gomme soit sèche, sans cela le travail à l’encre prendrait moins facilement le noir d’impression.
- De Vacidulation appliquée au pinceau sur pierre.
- Quelques imprimeurs lithographes continuent à aciduler les pierres suivant l’ancienne méthode que nous avons de'crite dans l’article précédent mais le plus grand nombre préfèrent avec rai' son la préparation appliquée au pinceau dit blaireau ; nous donnerons ici les meilleures rv cetles pour composer cette dernière , en termi' nant par la nôtre, qui peut être employée av^ succès pour les dessins à l’encre et au crayon.
- art. ni.
- Première composition.
- Vin blanc Chablis ordinaire.........16 once*'
- Gomme blonde du Sénégal en poudre. . 6 »
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- ET DE L’iMPRIMEüR LITHOGRAPHE. 2o5
- Acide hydrochlorique................... 5 gros.
- ( Ou acide nitrique.................... 4 « )
- Deuxième composition en usage à Madrid.
- Eau distillée................................16 onces.
- Gomme arabique............................... 4 »
- Acide nitrique............................... 5 gros.
- Troisième composition (chimique).
- trois liv. d’acide un peu de pou-^e de marbre blanc pour saturer l’acide, lorsque ^ saturation est opérée et qu’il y a un excès de '«arbre ; on filtre le produit résultant de la combinaison de l’acide hydrochlorique avec l’oxide calcium (hydrochlorate de chaux); lorsque a filtration est terminée, on lave le filtre à plu-sieurs reprises, avec trois livres d’eau ; aussitôt )fl"e le lavage est opéré, on fait dissoudre dans e liquide obtenu , qui contient la solution première et les eaux du lavage, 12 onces de gomme ^rabique blanche, séparée de toutes substances étrangères ; la dissolution étant opérée, on y al°ute acide hydrochlorique pur, troistonces;
- 18
- On met dans une ter rine propre ,*ydrochloriauc nur : on v aioute
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- 206 manuel du dessinateur
- on mêle avec soin, et on met le. tout dans & bouteilles propres.
- Celte acidulation s’applique au pinceau comU11 les deux pre'cédentes.
- Quatrième composition.
- Eau clarifiée. ....... ....................... a livf*
- Gomme blonde en poudre tamisée.............ia
- Acide nitrique incolore à 36 degrés. . . 7 gro*
- Sucre candi...................... ......... 1 orf
- Cette dernière composition, fort simple, * habituellement employe'epar nous; on l’applif au pinceau , et on doit la laisser sécher entièf ment avant que de procéder au tirage dese
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- BT DB l’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 207
- CHAPITRE X.
- la Presse lithographique et des ustensiles qui y ont rapport.
- ARTICLE PREMIER.
- § I".
- De la Presse lithographique.
- depuis l’importation de la lithographie en ince, on a fait un grand nombre de presses sur ^‘flerens modèles, et il ne s’est pas écoulé une inée sans que quelques changemens ou amé-l°rations utiles aient été apportés dans leur instruction.
- presse à levier [Pi. 1) , presse dite à ti~ ?ly') est la première que l’on ait mise en usage *^aris; elle est excellente pour l’impression es écritures et dès petits dessins destinés au c°nunerce > attendu qu’elle offre plus de célé-que les autres presses ; mais elle ne donne
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- 208 manuel du dessinateur
- pas une pression aussi égalé , et par conséquei1’
- convient moins au tirage des ouvrages soignes-
- La presse à tiroir, dite à moulinet, est celle dont on se sert plus généralement aujourd'h111 dans les imprimeries ; la pression qu’elle don*1* est égale; elle peut être augmentée de vitesse ou ralentie à volonté, suivant le genre de de5' sin que l’on tire.
- On peut, sans trop se fatiguer, faire sUr cette espèce de presse le tirage des dessins d’i"1 grand format.
- Comme jusqu’à présent on n’a pas réussi * en faire de meilleure, d’une construction pi"’ facile et plus simple, nous en donnerons ^ figure en détaillant les differentes pièces ^ forment l’ensemble de cette machine ( PL ^
- Description de la Presse.
- i°. Chariot : c’est un parquet destiné à I* cevoir la pierre dessinée, à laquelle on fait n' lit au moyen de deux ou trois cartons de pâ*! coupés de la longueur de l’intérieur du cliari^
- 2°. Pierre posée sur les cartons.
- 3°. Calles et coins en bois pour empêcher ^ pierre de se déranger.
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- BT DE D'IMPRIMEUR LITHOGRAPHE, 200
- 4°. Charnière tenant le châssis avec le cha-r'°t î et servant à le hausser et le baisser sui-'a&t l’épaisseur de la pierre.
- 5*. Il faut qu’une presse soit garnie de deux Cassis , un petit et un grand, suivant la di-^ûsion des dessins.
- Peau de veau garnissant le châssis. Cette Peau doit être égale, mince, sans parties creu-$es> le côté de la chair en dessus ; il faut qu’elle s°*t fortement tendue , au moyen des vis et ecr°us à oreilles qui se trouvent à sa partie S|JPérieure.
- 7°* L’extrémité inférieure de cette peau est *ee au châssis au moyen d’une plate-bande garaie de ses boulons à écrous en fer.
- 8°. Vis servant à hausser et baisser le châssis, a le mettre en rapport avec les charnières.
- 9°. Râteau : il doit être ajusté en double bi-Chaque presse doit être garnie de dix-huit e*ux, depuis six pouces jusqu’à quinze ou
- H
- ^8* pouces de longueur, en augmentant de e,lli-pouce en demi-pouce.Les meilleurs se font 11 Poirier choisi et de droit fil. lo°. Porte-râteau.
- , 11<l» Boulon garni de son écrou servant d’esr pour prendre l’inclinaison de la presse.
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- 310 VlVVtt t>V Î3BS8IÎTATBÜR
- 12°. Régulateur pour élever ou abaisser Ie porte-râteau suivant l'épaisseur des pierres.
- i3°. Collier recevant le bout du porte-râteau» auquel le mouvement est donné par une cbar' nière.
- i4°. Traverses en bois garnies de leurs vis» points-d1 arrêts servent à fixer le départ et l’al' rivée du chariot.
- i5°. Crans recevant les traverses qui règle"1 la course du chariot.
- j 6°. Tablette pour poser les sébiles à eau et les éponges à gommer et dégommer ^ pierre.
- ij°. Poulies où passent les cordes des contrf poids faisant revenir le chariot au point & départ.
- i8°. Contre-poids de rappel du chariot.
- 19°. Sangle en cuir fixée au chariot par u" bride et une tringle en fer, et à l’aibre au mof d’une plaque à crampons et à vis,
- 2o°. Arbre.
- 2i°. Taquets dans lesquels l’arbre tourne.
- 220. Moulinet dont on tire les branches & yant soi pour faire marcher le chariot en roui"* ja sangle autour de l'arbre.
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- ET DK t’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 2U
- a3°. Boulon de la barre on levier de pres-
- sioii.
- 24°. Levier ou barre de pression.
- 25°. Bride en fer qui fait monter et descendre le collier.
- 36°. Crémaillère en fer avec sa cheville ser-Vailt à augmenter et à diminuer la pression. Son ^trémité inférieure est fixée après la pédale 911 moyen d’une cheville forée aux deux bouts,
- attachée avec des vis en dessous de la Ndale.
- a7°. Pédale : elle tient aux patins de la presse Par un gros boulon garni de son écrou. C’est 411 bout de la pédale, vers le centre de la presse, îue l’ouvrier imprimeur met son pied droit pour *lrer la pression.
- 28°. Contre-poids servant à faire remonter la ^rce de pression.
- a9°. Poulies de ce contre-poids.
- J°°. Patins de la presse.
- be chariot de la presse roule sur un cylindre
- bois dur ; un axe en fer est fixé au centre de ch
- ‘Renne de ses extrémités, et porte sur un cous-ep cuivre enchâssé dans les montans inté-ïleUl's de la presse, au cei4rp et perpendiculai-P^mept sous le râteau,
- * « È
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- 212 MANUEL DU DESSINATEUR
- Il est essentiel que le cylindre soit bien rond i car de lui dépend l’égalité de la pression.
- Pour mettre nos lecteurs à meme de jug®r des améliorations apportées dans la construC' tion des presses , nous donnerons également 1® figure d’une presse perfectionnée dite à engrf' nage et à manivelle, de l’invention de M. Cloue’ menuisier-mécanicien , breveté, qui depu|S dix ans, s’occupe de tous les moyens de per' fectionner ce genre de mécanique, dont l’avau' tage doit consister surtout à simplifier et dinar nuer, autant que possible, la fatigue qu’occ®' sione l’impression lithographique à ceux qui ^ livrent à l’exercice de cette pénible profession' (Voy. PL i.)
- La presse de M. Cloué est sans pédale, et) par ce moyen, les jambes de l’imprimeur son1 dispensées de contribuer au travail de la près' sion qui se donne au moyen d’un petit levier1 pompe (fig. A). Cette machine se compose & deux régulateurs, l’un placé au-dessous de culasse du porte-râteau (Jig. B ) ; l’autre son» l’agrafe, qui remplace le collier {Jig. C ).
- Le moulinet est remplacé par une manivelle P' que l’on tourne devant soi de gauche à droit®) et par une roue d’engrenage E. L’axe de ^
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- ET DE L’ïMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 2l3 Manivelle est à pompe, de sorte qu’en le pous-sur la presse on engrène , et qu’une fois la Passion faite, on peut dèsengrener en tirant ^manivelle à soi. Le chariot se rend seul à son ^°*nt de départ au moyen d’un contre-poids. Cette presse, qui n’est point rude, donne forte pression ; elle est excellente pour le *lrage des grands dessins soignés, ainsi que pour des essais lors de la mise en train.
- §H.
- p
- esse perfectionnée par Bris set, Mécanicien à Paris, rue des Martyrs, N° 12.
- description :
- ^8- 1, 2, 3. Corps de la presse formé par ^tre traverses en bois, dont deux de haut (a), ^eux de bas (b), soutenue par quatre pieds **drés placés aux angles et par deux autres ^'eds droits, dont l’un (d) est placé sur le de-et l’autre (d) sur le derrière de la presse j^rs ^e milieu de ces deux côtés ; le tout assem-e par d’autres traverses (e) , à tenons, a mot-
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- 2l4 manuel du dessinateur
- taises et maintenue par sept boulons d'écart
- ment (i).
- Fig. 4- Derrière du ports-râteau (f), ave( son moufle en fer (2), composé d’un écrou ^ oieîlle (3), traversée d’une tige taraudée (4) , forme charnière (5), avec sa partie inférieur dont l’extrémité coudée (6) s’entaille et s’adap1' par trois boulons (7), sur le pied du derrière ^ la presse. Ce moufle, qui remplace les ancien»* jumelles, permet de verser la pression à v<> lonté, facilement et sans quitter le devant de ^ presse.
- Fig. 5. Régulateur formé par la base de 1’* Ci'ou, à oreille du moufle, entaillée en grainag' et aans lèquel un cliqueteau (8) est mainte^ par ux1 ressort (9), de manière à éviter que ^ pression, «ue fois donnée, ne se dérange, sfll par le mou yement de la presse, soit par toi1’1 autre caüse.
- Fig. 6. Branche en fer coudée (10) , porta** un mantonnet à sa p'artie inférieure, et fixée s"1 le devant dupôrtc-râteatf* Ce mantonnet s’agrafr en tombant, dans la bridô à charnière, en $ sânt céder le ressort (11) qüi J est adapté, ^ qui la maintient toujours debout ev collée co»^ la presse. Cette charnière à bride (12) «e dépa^
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. Ül5 Pas l’épaisseur de la pierre ; elle est combinée P°ur ne jamais gçner l’encrage.
- Fig. 7. Jumelles en fer placées sur le pied ^r°it du devant de la presse, et formant coulisse, ^ans lesquelles monte et descend , par l’effet U barre de pression (i4) la bride à charge (12), disposée pour agrafer le mantonnet porte-râteau. Les jumelles, compris l’épais-Seür de la barre de pression, ont une saillie de
- |Q «, X
- 0 hgnes seulement,» et celles des anciennes Passes saillissaient de plus de 4 pouces du corps la presse.
- Lz barre de pression enfer (14) a été proion-* au-delà de son pivot et de son pied de pres-Sl0U également en fer, pour ajouter à son extré-^dé (i5) un contre-poids propre à enlever la Pédale et la bride à charnière pour désagraffer e Mantonnet et remplacer les poulies et le CülUre-poids à corde.
- j, 8. Contre-poids (16) non apparent à extérieur, ajusté au-dessous de la presse dans “ot d’élever la pédale et la charnière comme |jeltii décrit dans la figure précédente, et adopté e préférence, par suite de son établissement Peu dispendieux, du poids moins lourd qu’il ^c«ssite, et de ses résultats invariables*
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- 2x6
- MANUEL DU DESSINATEUR
- Même fig. (8). Arbre en fer à tourillons élég1-' de gorge, tournant sur deux coussinets en cfl*' vre, placés intérieurement dans deux poupe®’ en fer (16). Au milieu de cet arbre est ajouté une bobine (18) également en fer, sur laquelle s’enveloppe la sangle qui, lorsque la pression $ faite , se déroule d’elle-même par l'effet d’®® débraillement, sans imprimer au moulinet £{ même mouvement de déroulement.
- Fig. g. Détail en grand de la bobine (i$' dont l’embraillement (20) est produit par 1r bassement de la pédale qui, lorsqu’on doü^ la pression, force la partie inférieure du ^ vier (21) contre un ressort (22) placé au bas ^ pied de la presse, et destiné à repousser le lev>ef aussitôt la pression faite, de manière à prod®'ff le mouvement contraire, c’est-à-dire le débr^ lement.
- Fig. 10. Poupées en fer (18) fixées sur chac®" des pieds cintrés de la tête de la presse , et fermant les coussinets en cuivre (23), sur lesqu^ tournent les tourillons de l’aibre , lesquels to®' rillons, par la combinaison d’un réservoir placé au-dessous des coussinets, baignent cootl nuellement dans l’huile. Les poupées remplace® avec avantage les pieds en bois des ancien^*
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- ET DE L’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 217
- Presses, qui étaient moins justes, plus dispendieux et sujets à de continuelles réparations.
- Fig. n. Vases en cuivre fixés au-dessus des Poupées, combinés de manière à alimenter d’huile le réservoir dans lequel baignent les tourillons.
- Fig. 12. Coussinets en fer aciéré et à réservoir (a5) renfermés dans une boîte en fer (26), et c^lculés de manière à ce que les tourillons du cyl'ndre baignent toujours dans l’huile, je ^ême que les tourillons de l’arbre.
- Fig. i3. Bascule en fer portant deux four-chetles (27) destinées à recevoir les boulons du châssis, et s’adaptant au moyen de deux pivots 128), qu’on entaille et qu’on fixe à chacun des doux angles de la tête du chariot. Les deux touillons (29) de cette bascule sont élégis et à repos, de manière 'a éviter que le châssis ne haîne sur la presse pendant le cours de la pression.
- Fig. 14. Crémaillère de course composée de deux tringles (3o) en fer plat, à trous’égaux et c°rrespondans entre eux. Ces deux tringles ^ées, avec un intervalle d’un pouce environ eütre elles, sur les traverses d’écartement de la Presse5 serventde passage à un conducteur ajusté
- J9
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- 218 manuel du dessinateur
- au-dessous du chariot dont, par ce moyen, ^ course se détermine avec une broche en fer (3d qu’on place à volonté dans les trous de Iad$ crémaillère.
- Fig. i5. Console en fer placée au bout, * gauche de la presse, portant une poulie ^ rappel (32), et une vis de graduation (53), $ terminant (. départ du chariot, et le recevai* à son retour.
- Cette presse, dont nous avons examiné to111 les détails avec la plus scrupuleuse attention nous parait être la plus parfaite qui ait construite jusqu’à ce jour; elle réunit aux aval1' tages d’une dimension commode, des forfl^ élégantes, solides, et surtout une extrême pd cision dans les pièces mécaniques; la suppr^ sion des jumelles est un perfectionnement he*1 reux, et la création des réservoirs d’huile fort ingénieuse : presque tous les lithographes ^ Paris ont signé un certificat d’approbation potl ce modèle, dont nous donnons un dessin dans'* pl. h, comme un moyen de fixer l’attention ^ imprimeurs lithographes, et de les engage*1 ' utiliser les talens de M. Brisset, qui, dans genre, est un véritable artiste.
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 219
- ART. II.
- &es Ustensiles nécessaires à l’impression.
- Outre la presse à imprimer, nous donnerons iCl la description et la figure des objets aeces-indispensables à l'imprimerie
- s°lres qui sont lithographique.
- Table servant à poser la pierre sur laquelle 0,1 roule le rouleau pour le garnir d’encre, afin jjetl charger le dessin, pl. n, Jig. 2. Dans Prieur de cette table est une armoire servant 4 ''enfermer les pots contenant : i° le noir ^oyé avec le vernis; 20 le ver&ïs nécessaire l'0"!' rendre cette encre plus adhérente sui-les circonstances ; 3° le flacon d’essence ® térébenthine distillée; 4° un autre flacon acide nitrique; 5° et une fiole de gomme 4rabique dissoute dans de l’eau et passée au ^is.
- T>e tiroir de cette table doit contenir : i° une jj°iote en acier ; 20 un petit pinceau placé ,Ils une plume ; 3° un tampon en lisière de
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- 220 MANUEL DU DESSINATEUR
- drap de laine, pour nettoyer avec l’acide 1# carres de la pierre dessinée lorsqu’elles prefl' nent l’encre d’impression ; 4° enfin, les p01' gnées en cuir servant à rouler les rouleaux, tafl* sur la table au noir que sur le dessin pour Ie charger d’encre d’impression.
- § II.
- Rouleaux‘ cylindriques servant à Vimpression
- La Jig. io de la pi. i représente ces rouleau* dont la bonne qualité est extrêmement imp°r tante pour l’impression lithographique : ce so» de petits cylindres en bois lourd, parfaitenie11* ronds, aux extrémités desquels se trouvent deu* poignées en jàois également arrondies, et ^ terminant en forme de cônes. C’est à cespoigneP que l’on adapte les poignées ou tuyaux en ci^ représentés fig. g de la pi. i.
- Ces cylindres sont revêtus d’une flanelle i-c couverte d’un fourreau en peau de veau, do1*1 le côté de la chair est en dehors.
- Pour que les rouleaux soient propres à YW pression lithographique , le cuir doit être cho|5“ d’un grain fin et égal ; la couture doit être
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- et de l’imprimeur LITHOGRAPHE. 221 eû dedans, bien aplatie et marquant le moins
- Possible.
- Avant que de livrer ces rouleaux à l’im-Prcssion , on leur fait subir la préparation Vivante :
- On choisit un morceau de pierre ponce bien Pr°pre, d’une surface plane et parfaitement Sec; on frotte également sur toute l’étendue du r°oleau, afin d’en faire disparaître les parties Pêcheuses , ensuite on roule ce cylindre dans ütl peu de vernis, afin de l’empêcher de pren-^le l’eau avec laquelle on mouille la pierre des-^Re'e. Pendant le cours du travail, ou gratte e temps en temps le cuir de ce cylindre avec 1,11 couteau à broyer, afin d’en enlever les médités sans le couper. On continue celte opé-
- rar
- o°n pendant plusieurs heures dans de l’encre ^ ltnpression, et l’on n’emploie ce rouleau pour CoiïUnencer que sur des ouvrages peu soignés , Raniment les écritures : au bout de quelques l°ars , ou peut s’en servir pour l’impression des
- ^es$ins.
- doit avoir le soin de gratter son x’ouleau ^ssitot que l’on cesse de s’en servir, afin de point le rendre dur et galeux, en laissant eûcre d'impression sécher dessus, conjointe-»
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- 322 MANUEL DU DESSINATEUR
- ment avec l’eau qu’il a pu prendre pendant tirage. Lorsqu’il est gratte', on le fait se'cher sur la planche indiquée à la même figure io, pl. ir*'
- § III.
- La figure 6 représente le grattoir qui sert » enlever l’encre d’impression de dessus la pierf£ au noir, aussitôt qu’on juge son renouvelleme®* nécessaire pendant le tirage, ou lorsque l’011 commence celui d’une nouvelle planche.
- CHAPITRE XI.
- De l’Impression lithographique et des soft qu’elle exige.
- Considérations générales.
- L’impression ou tirage des planches lith0' graphiées est, sans contredit, la partie la plü> difficile de toutes celles qui composent l’e5> semble de cet art, comme elle est peut-êt^ aussi la moins perfectionnée, ou, si on aitf* mieux, celle qui est encore U plus susceptiî^
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- ET DE L'IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. a23
- l’être. Elle nécessite, de la part de l’ouvrier '•^primeur, une série de qualités qui suffisent, ^0rsqu’elles sont réunies dans un seul individu, P0Ur en faire un véritable artiste.
- Nous avons indiqué, dans l’avant-propos qui Se trouve en tête de cet ouvrage, celles qui sont impérieusement nécessaires ; et, malgré que Ces qualités ne soient pas nombreuses, elles s°nt si rarement toutes le partage des hommes exercent des professions pénibles, que, delais plus de quinze années que la lithographie Espère en France avec des succès toujours Cr°issans, on ne peut raisonnablement citer î^’une vingtaine d’ouvriers qui les possèdent ;
- s’il fallait défalquer de ce nombre ceux 5l,Xquels on ne saurait reconnaître cette tempé-raQce si nécessaire à l’application du raisonne-^nt à la partie mécanique et aux phénomènes c°ntinusls que la lithographie enfante, pour 8l*isi dire chaque jour, il serait encore réduit ^ un tiers.
- Ce résumé semblera peut-être incroyable à ceux-là même qui connaissent et apprécient ^ mieux les faiblesses humaines, et qui savent ^mbien les ouvriers sont généralement peu ?9rtés h acquérir les moyens théoriques si utiles
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- MANUEï. DU DESSINATEUR
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- à la pratique, dont ils sont la base ; cependant) disons-nous, il est exact et ne peut être juste' ment contesté.
- Il existe assurément beaucoup d’ouvriers d’»® talent ordinaire, qui joignent à la bonne v<>' lonté les avantages réels d’une conduite sage et régulière; mais, soit qu’il leur manque la foi’Ce physique, soit qu’ils aient commencé à suivre cette carrière un peu trop tard, c’est-à-d»'e dans un âge où l’on est moins docile aux co»' seils, ou qu’ils n’aient pas été assez heures* pour être bien guidés dans le commenceme»* de leur apprentissage, soit enfin que leur pr®' mière éducation ait été négligée totalement, ^ est sûr qu’arrivés à un certain degré de cap3' cité , ils sont restés et demeureront station' naires.
- Pourquoi, dira-t-on, n’arriveraient-ils p3’ comme d’autres ? Pourquoi ? rien n’est pin5 facile à résoudre que cette question. C’est qu’e' tant lithographes par routine, ne devant le»f savoir-faire qu’à la longue habitude de recoin' mencer chaque jour les mêmes opérations, sa®5 chercher à s’en rendre compte, ils réussisse»* toujours lorsqu’il n’arrive aucun accident grave au travail qui leur est confié, ou quand }ç
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 225
- Ege eu est facile , tant par le genre de dessin *lüe par la hardiesse avec laquelle il est fait, Excellente qualité de la pierre, etc., etc. Mais Essitôt qu’une difficulté survient, ils ne peu-VeRt s’en tirer, et détruisent par imprévoyance 0,1 entêtement jusqu’aux moyens naturels qui Esteraient à employer pour la surmonter.
- ^e cet état de choses est né le besoin de don-*|er aux praticiens un Manuel théorique et pra-E[ne , simple, clair et concis, dégagé de tout Çue la science peut avoir d’aride et d’inac-Cessible pour les ouvriers, qui sont souvent privés Es connaissances élémentaires.
- Nous nous estimerons heureux si nous parlons à atteindre ce but, en publiant nos Eflexions en même temps que les résultats de îl°s nombreux travaux.
- E serait à désirer, pour la prospérité de la uiographie, et même dans l’intérêt des per-S°anes qui en font leur profession, qu’un de nos Evans chimistes consentît à suivre, pendant espace de plusieurs mois , et consécutivement Einsi que l’a déjà fait un de nos savans distin-S^és, M. Chevalier), les opérations pratiques imprimerie lithographique ; qu’il s’atta-cE*t principalement à expliquer les divers acci-
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- 226 MANUEL DU DESSINATEUR
- dens dont les causes sont encore inconnues,e* qu’il indiquât les moyens sûrs d’y remédier 011 de les éviter, seule marche à suivre pour arrivé à des perfectionnemens possibles, mais dofl* l’exécution est au-dessus des facultés commun®* aux industriels.
- La chimie a, de nos jours, rendu les plu> grands services à l’agriculture, aux science31 aux arts et métiers, et au commerce en néral, et la lithographie, qui lui doit son exi3' tence, n’altend que d’elle et du temps les lll/ mières qui manquent encore à ses propagateur pour la conduire à son apogée.
- ARTICLE PREMIER.
- Du tirage des dessins au crayon.
- Lorsqu’un dessin a été acidulé et couvef1 d’une dissolution de gomme arabique, aiu5' qu’il est dit au chapitre IX de cet ouvragé et que quelques heures se sont écoulées depU|S cette première opération , on peut procéder ^ tirage des épreuves d’essais, ce qui doit être ainsi qu’il suit :
- On porte [la pierre sur le chariot de la pressé en plaçant le dessin devant soi ; on la fixe ^
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- ET DE L’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 227 ^oyen de calles et de coins, en sorte que la Cession ne puisse la déranger; on a surtout S°‘Q de s’assurer si elle est d’aplomb.
- On détermine la longueur de la course que ^ chariot doit parcourir, afin que le râteau ^isse passer sur toute la surface du dessin ; Ce que l’on fait en plaçant à la distance néces-s**re les traverses d’arrêt, indiquées sous le 110 *4 des pièces composant la presse dite à Moulinet.
- On ajuste le râteau ; on s’assure s’il est suffi-fuient grand pour dépasser le dessin d’une §&e de chaque côté , et si le biseau est égale-^nt aigu et uniforme, sans lignes et sans
- ^feuts.
- On dispose le châssis, soit grand, soit petit, Su*vant le format du dessin que l’on doit tirer; ^ R soin d’observer que le cuir soit tendu paiement partout, et qu’il approche de la sur-^Ce de la pierre à une distance de deux lignes, la toucher à aucun endroit.
- Enfin, on fixe la force de la pression en paissant le porte-râteau n° 10, en sorte que e rateau pose sur le bord de la pierre , sans l°ucher au dessin; on met le collier n° i5 ^ bout du porte-râteau ; on pose le pied sur
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- MANUEL DU BESSINATEUR
- la pédale n° 27 ; et, suivant la pression née# saire, on ajoute ou on diminue, soit par'1 régulateur, n° 12, qui se trouve sous la culas* du porte-râteau, soit au moyen de la crém^ 1ère, n° 26, qui est placée à l’extrémité de ^ barre ou levier de pression , décrit au n° * de la figure précitée.
- La pierre ainsi disposée, on prend, à l’a^ d’un couteau à broyer, de l’encre d’impressio* à laquelle on mêle un peu de vernis n° 2, ' on juge que cela soit nécessaire pour augm#1 ter son attraction avec le crayon lithographie1 qui a servi à dessiner. On broie ces deux sufr tances avec le couteau sur la pierre ou pal^1 au noir, afin de les bien amalgamer ; ensuite ^ les étend au moyen du même couteau sur ' rouleau destiné à charger le dessin; on roulec' cylindre ainsi garni d’encre , sur la palettf jusqu’à ce qu’il soit également étendu sur to1'1 la surface, ce que l’on reconnaît par la {t gulai’ité de l’aspect du grain qu’il présente $ cotonner.
- Toutes les dispositions préparatoires alf1’ faites, on enlève la gomme qui couvre la p‘efr
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- ET DE t’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 22g dessinée, au moyen d’une éponge fine, propre et trempée d’une eau claire et pure.
- La gomme parfaitement détrempée et enlevée, on prend le flacon à l’essence, on en ^pand sur le dessin qui est encore mouillé ; on Prend une autre éponge fine , exclusivement réservée à cet usage ; on passe ainsi l’essence de térébenthine sur toutes les parties du dessin, SaQs frotter et sans en laisser.
- Cette opération enlève tout le crayon, et ne kdsse à la pierre que des traces légères et grais-Seuses peu apparentes.
- La pierre étant dans cet état, on jette dessus Quelques gouttes d’eau avec les doigts ; on passe sUr toute sa surface , et même sur les marges ^anches, l’éponge fine destinée au mouillage de la pierre pendant le tirage. Cette éponge doit être très-propre , peu mouillée, et on doit eviter qu’il s’y trouve, soit de l’acide, de l’es-SeQce ou toute autre substance, qui serait, à c°up sûr, toujours nuisible au dessin.
- On prend alors le rouleau auquel on fait faire deux ou trois tours sur la palette au noir ; on le Passe sur le dessin lentement et également en difïerens sens, sans le laisser couler ; on appuie dessus sans serrer les poignées.
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- On voit le dessin reparaître peu à peu ; eh sans attendre que la pierre soit sèche, on ^ mouille de nouveau en passant l’éponge paJV tout, on roule le rouleau sur la palette pour Ie regarnir d’encre , et l’on recommence à chargé le dessin jusqu’à ce qu’il ait toute la vigueuf nécessaire, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il soit al)' solument ce qu’il était avant l’enlèvement * l’essence de térébenthine.
- Alors on prend un carré de papier mouille < destiné au tirage; on le pose sur le dessifl’ en sorte que ce dernier soit placé au centre ; recouvre ce carré de papier avec une autfe feuille collée et non mouillée, que l’on nomfl^ maculature, et que l’on a soin de choisir saD5 bouton et sans défaut d’égalité. Cette mac#' lature ne se renouvelle que lorsqu’elle deviez1 défectueuse, et plus elle a servi de fois, meil' leure elle est.
- On abaisse le châssis sans déranger le papifif et la maculature ; on abat le porte-râteau, met le collier pour donner la pression, o» pose le pied droit sur la pédale , on tire à s°' les branches du moulinet, sans arrêter, jusqu3 la fin de la course fixée pour le chariot ; ensuit on ôte le pied de dessus la pédale, on décrod^
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- collier, on redresse le porte-râteau, on re-We le châssis, on enlève la maculature, en ayant soin de mettre toujours le meme côté sur
- cuir, afin de ne pas graisser les épreuves.
- Enfin , on enlève l’épreuve légèrement, en ^ prenant par les angles opposés au châssis;
- lorsqu’elle est détachée de dessus le dessin , 011 mouille la pierre comme pour recharger le dessin.
- On examine l’épreuve attentivement, pour ^connaître ce qui peut y manquer, tant en vigueur qu’en pureté ; et l’on recommence à charger le dessin , pour obtenir une seconde épreuve.
- Ou force les endroits qui ne prennent pas suffisamment l’encre en passant lentement le bedeau à plusieurs reprises, et on nettoie les Orties lourdes ou pâteuses en le passant avec vhesse.
- On harmonise ensuite le dessin , en char-§eRnt dans tous les sens, sans appuyer autant, °U distribue l’encre suivant l’intention de l’ar-*ls*e > c’est-à-dire que si, par exemple , il s’agit dun pagsage, il faut forcer les premiers plans, ahn de rendre l’effet de perspective , et donner au ciel sa transparence ; il faut épurer autant
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- 232 MANUEL DU DESSINATEUR
- que possible les blancs réservés pour les effet5 de la lumière ou de l’eau; enfin, faire ressortir avec intelligence les oppositions, les transition5 et l’harmonie naturelle.
- Si, au contraire, c’est un portrait que 1 °n a à imprimer, la tâche de l’imprimeur devient plus difficile ; elle exige plus de soins et de pre> cautions, car un point de trop ou un de mou53 peut totalement changer l’effet d’une figure ( et en diminuer la ressemblance.
- Il faut donc, dans ce cas surtout, éviter ^ lourdeur des ombres ou l’enlèvement des demi' teintes, s’attacher à co nserver au dessin sa pm reté et le point blanc de la pierre, qui est form5 par les interstices de son grain, dans lesquel la graisse de l’encre d’impression ne doit jama*3 pénétrer.
- Donner aux vêtemens le ton , la couleur, brillant ou la transparence qui leur convient suivant qu’ils sont de drap , de velours, & soie ou d’étoffes légères.
- Rendre la vivacité des yeux en conservant ^ point de lumière dans toute sa pureté, pousse* les cheveux au ton, suivant leur couleur blon^ ou brune.
- Enfin, éviter les moindres nuances ou tache5’
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- etl tenant le rouleau propre, en nettoyant soigneusement les carres de la pierre, en n’y lais-Sant jamais de noir, en employant une encre d impression parfaitement broyée, et plutôt ^rte que trop adhérente, en choisissant le Papier sans tache de rouille ou de couleur, et toujours d’un beau blanc.
- Les dessins avec fond, tels que les intérieurs , etc., demandent surtout une attention excessive, car souvent en mouillant la pierre, Notamment pendant les chaleurs de l’été, il se forme des nuances plus claires que l’on a bien la peine à harmoniser avec le rouleau. Or, Sl l’eau pure produit cet effet, que n’a-t-on Point à craindre des acides ou des corps gras?
- Quels que soient le genre , l’importance et ^ dimension d’un dessin , on doit obtenir des resultats satisfaisans dès la troisième ou (jua-trième épreuve : aussi, lorsque ce tirage d’essais est terminé , on charge la pierre d’encre d’im-Pression, plus légèrement que pour tirer une ePreuve, mais toujours en distribuant le noir ftVec intelligence, et on la couvre de gomme dissoute dans de l’eau ; on la laisse ainsi jusqu’au Moment où le tirage doit commencer. l)a»s le c$s où il y aurait urgence de corq-
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- mencer le tirage de suite, on pourrait le faire » mais sans se hâter, afin de ne point fatiguer le dessin. Cependant il est toujours préférable d’attendre au lendemain, parce que le séjour de la gomme pendant un certain temps, à la suite du tirage des essais, contribue beaucoup à conserver la fraîcheur du dessin et la pureté des interstices du grain de la pierre.
- Le tirage des épreuves se fait comme celu1 des essais, et l’attention de l’imprimeur doit se porter à s’écarter le moins possible du mO' dèle, qui doit être choisi parmi les épreuves d’essais.
- ARTICLE II.
- Tit'age des Dessins à Vencre et des Ecritures.
- L’impression de ce genre est beaucoup moi»5 difficile que celle des dessins au crayon : aussi est-elle généralement négligée, au point quc les choses les mieux faites sont souvent mal il»' primées.
- Cependant c’est une erreur préjudiciable à b lithographie que de regarder cette partie commc indifférente; car cet art peut rendre des ser^ vices aussi importans par ce procédé que pal' çelui du crayon,
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- Son application au commerce, à l’architecture, Aux machines, aux sciences mathématiques, est Aujourd’hui d’une utilité reconnue. Il serait donc à désirer que l’on s’attachât davantage à former des ouvriers spécialement pour ce genre ; que l’on exigeât d’eux la même habilité, le üaême goût, qu’ils acquièrent ordinairement dans l’impression au crayon.
- Pour parvenir à cette amélioration, il faudrait que les imprimeurs lithographes cessassent d’entrer en concurrence avec l’impression en caractères; qu’ils soutinssent leurs prix de hrage , dans une proportion plus en rapport Avec ceux de la gravure ; en sorte que les ou-vriers lithographes pussent espérer de gagner des journées raisonnables, en se livrant exclusivement au tirage du dessin à l’encre, qui serait dès-lors plus soigné, puisqu’il serait plus c°nsidéré.
- Pour imprimer les ouvrages à l’encre, on e*nploie une couleur d’impression plus adhérente, que l’on sbtient lacilement en ajoutant ^n peu de vernis n° 1, au noir broyé avec le Vernis n° 2,
- Le tirage de ce genre peut se foire sur des papiers collés aussi bien que sur des papier;
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- sans colle, ainsi que nous l’avons explique' au chapitre VII.
- La même propreté est indispensable pour tout ce qui est lithographie : aucun art ne de-plus de soins et de précautions.
- CHAPITRE XII.
- Des accidens qui peuvent survenir pendant Vinv pression, et des moyens d‘y remédier.
- Comme la lithographie est de tous les art? celui qui présente plus de difficultés dans so» exécution, surtout en ce qui a rapport à l’impression, les accidens sont fréquens et nombreux : une longue habitude, une propreté minutieuse , une application attentive, et de tous les instans, un jugement sain et du goût, sont pour l’imprimeur lçs seuls moyens d’éviter les écueils dont la lithographie est environnée.
- Parmi ces inconvéniens, nous citerons lcs principaux : nous ferons connaître leurs causes, ainsi cjue la manière de les éviter ou d'y re«
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- dédier, en communiquant à nos lecteurs les résultats de notre expérience. Notre désir est de faciliter, autant qu’il est en notre pouvoir,
- perfectionnement d’une invention aussi ingénieuse qu’utile.
- Pour être mieux entendu des personnes auxquelles cet art est déjà familier, et pour habituer les autres à l’usage des termes techniques, ttous les emploierons de préférence, en indiquant leur signification.
- Les avaries sont connues sous les noms de bavochages, empâtemens, estompe, taches d’eau, de graisse, d'acide, de gomme ou de salive, raies de râteaux, de maculatures et de châssis, pâleur du dessin d’abord vigoureux.
- ARTICLE PREMIER.
- Des Bavochages.
- On appelle ainsi le noir d’impression qui s etend sur l’épreuve au-delà des traits du dessin °u de son cadre , ce qui est produit, soit par fue pression trop forte, soit par les plis de la ïuaculature, par l’alongement du papier ; ou hien parce que le cuir du châssis n’est pas suffisamment tendu, ou parce qu’ enfin le dessin est
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- trop chargé, l’encre d’impression pas assez
- broyée ou trop adhérente.
- Il suffit donc , pour parer à cet accident, de tendre le cuir du châssis, de changer la ma-culature, ou de diminuer la pression si elle est reconnue trop forte. Si l’encre d’impression n’est pas assez dure , ou si elle n’est pas suf&' samment broyée, il faut la changer, gratter Ie rouleau et la palette au noir, mouiller le des-” sin, l’enlever à l’essence de térébenthine saus en laisser. C’est ce qu’on appelle enlever à blanc, encrer de nouveau la pierre avec l’encr® fraîche, tirer une épreuve pâle, et ne pousser an ton que très-doucement»
- Dans le cas où ces moyens seraient insuffi' sans, ce qui n’est pas probable, il faudrait encrer une seule fois le dessin après l’épreuvfi tirée, et le couvrir de la dissolution de gomme arabique jusqu’au lendemain.
- ARTICLE II.
- Empâtemens.
- On appelle de ce nom les parties du dessin qui prennent avec trop de facilité l’encre d’im^ pression, et ne forment plus que des placards noirs et compactes.
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- Les empâtemens sont ordinairement causes : 1 par une acidulation trop faible ; 2° par le Peu de densité de l’encre d’impression ; 3° par ^ emploi d’un rouleau dont la peau, étant trop ,îeuve, est encore plucheuse ; 4° par le con-,act d’un corps gras avec la pierre , pendant ^ exe'cution du dessin ou de l’impression ; 5° soit e*ffin, faute d’avoir mouille' la pierre egalement Partout, avant de passer le rouleau dessus pour charger le dessin.
- Lorsque les empâtemens résultent d’une préparation trop faible, il suffit d’enlever le dessin a Pessence de térébenthine, de l’encrer avec encre grasse, dite de conservation (voyez clia-PHre XIII), sans trop le monter de ton ; de porter ensuite la pierre sur la table à préparer, Cl de lui faire subir une acidulation d’un de-de la laver ensuite avec de l’eau claire, ci de la laisser sous la gomme pendant quelles heures.
- On peut ensuite procéder au tirage comme pour une planche neuve.
- Lans le second cas, il faut changer l’encre ^ impression, et en prendre une beaucoup In°ins grasse, avec laquelle on encre lentement, *Près avoir enlevé le dessin à blanc, au moyen
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- 240 manuel du dessinateur
- d’une mixtion compose'e de dix parties d'ei" sence, d’une d’huile d’olives, et de dix partie5 de la dissolution de gomme arabique.
- Si le rouleau est trop neuf, il suffit d’ei* prendre un autre plus dur, et de nettoyer chargeant ; ce qui est très-facile quand on J l’habitude de manier le rouleau.
- Si les empâtemens sont causes par le cofl' tact d’un corps gras pendant l’exécution ^ dessin, il devient plus difficile d’y remédie1’' Cependant on peut piquer la partie empâté avec une pointe aiguë, en faisant un grain ai"' tificiel à la pierre, et en acidulant ensuite ave11 une préparation de trois degrés, appliquei avec un petit pinceau. On gomme toute la sur face de la pierre, on laisse entièrement séche( cette gomme, et lorsque l’on reprend la planc^ pour en faire le tirage, on la dégomme, ot l’enlève à l’essence en mettant quelques gouttf’ d’eau gommée sur les parties piquées, et 0” charge la pierre.
- S’il arrivait que les empâtemens reparu»' sent, il faudrait alors mettre la planche ei*' tière à l’encre de conservation, la gommer, et lorsqu’elle est sèche, effacer la partie empâté au moyen d’un sable fin tamisé, que l'oi
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- L°tte, soit avec une petite molette de pierre 'biographique, soit avec une molette de verre. Lorsque l’empâtement et le dessin sont entiè-^Hient disparus, on refait le grain avec le s*ble et la molette ; on lave la place en évitant la gomme ne passe dessus, et lorsqu’elle ^ sèche, on trace de nouveau la partie du ®ssin enlevée, on l’acidule, on y passe la t>0lmne, et enfin on procède à l’impression c°tnme il est dit précédemment (i).
- Lorsque les empâtemens ne proviennent que l’oubli de mouiller la pierre partout, on les Lit disparaître en mouillant de nouveau et en Passant le rouleau plus vite sur ces endroits que SUr le reste du dessin ; et s’ils ne cèdent pas de Su‘te, au bout de deux ou trois épreuves, ils ne Prissent plus.
- U faut soigneusement éviter de laisser sécher dessin ; car, pour le désempâter avec le rou-e*u, on le fatigue ou on le graisse beaucoup.
- ARTICLE III.
- Estompe.
- On nomme ainsi un voile graisseux qui s’atta-cLe a toute la surface du dessin, et que l’on distingue à peine lorsqu’il commence, mais qui
- f‘) Voirie» autres procëde's d’effaçage, p. *4* et au chap. XV,
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- i[\1 MANUEL DU DESSINATEUR
- finit par s’identifier avec la pierre elle-même i si on ne s’y oppose pas assez promptement.
- L’estompe salit les clairs en diminuant ldl( vivacité, alourdit les demi-teintes, en leur do»' nant un ton roussâtre, confond les plans cm semble, en jetant de la monotonie sur les partie vigoureuses, et en rendant nuis les effets ^ lumière.
- Cet accident provient ordinairement : i° ^ ce que le vernis contenu dans l’encre d’imprfi5' sion est mal dégraissé ou pas assez cuit ; 2° de cl que cette encre est mal broyée ; 5° des cray011' lithographiques dont la pâte savonneuse n’fisl pas assez concentrée et brûlée ; 4° de la qualé1 de la pierre, si elle est française ; 5° de tr°f mouiller la pierre; ,6° de l’inhabileté de l’om vrier graineur qui n’a pas suffisamment effa3' l’ancien dessin avant de donner le grain po11' en recevoir un nouveau ; y0 et enfin, de fi*1' capacité de l’imprimeur ou de la malpropre*1 de ses éponges, et du peu de soin qu’il ' détenir les carres de la pierre propres et sans ne»1
- On doit donc, dans les deux premiers ca* changer l’encre, gratter le rouleau et la p3' lette ; prendre un rouleau qui charge moim Dans les autres cas, il faut de plus soumet^
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 243
- dessin à une acidulation de deux degrés au ^oins et de trois degrés au plus, suivant que cette estompe est plus ou moins considérable, et lue le dessin est vigoureux ou léger, mais |^lljours après avoir parfaitement distribué avec rouleau l’encie d’impression que l’on vient renouveler.
- L faut ensuite gommer le dessin, changer la lïlaculature si elle est gi'asse, laver les éponges, Ranger l’eau de la sébile, nettoyer les carres ha pierre avec un tampon de drap, trempé ans l’acide pur, les gommer ; s’assurer si le chassîs est bien ajusté, s’il ne porte pas trop Ws sur le dessin, et enfin, s’il est gras, le
- changer.
- ^près toutes ces précautions , si l’estompe **est point encore détruite, on pourra, bien Certainement, en imputer la faute au graineur °Ü à
- a i imprimeur.
- ART. iv.
- Taches d’eau.
- Les taches d’eau n’ont ordinairement lieu que SUr les fonds unis, tels que ceux des intérieurs, ^es portraits, etc. ; elles sont fréquentes, lors-^Ue l’impression se fait pendant les chaleurs de
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- 244 manuel du dessinateur
- l’été. Elles proviennent, i° de ce que l’eau ave£ laquelle on mouille le dessin n’est point fraîche ou qu’elle contient, soit un peu d’alun, de salpêtre ou tout autre sel ou acide ; 2° de la m8' nière de mouiller en jetant l’eau avec les doig^ couverts de sueur ; 3° de ce qu’on a laissé Ye^ séjourner à la même place, et en négligeant^ l’étendre aussitôt avec l’éponge fine qui sert $ mouillage.
- Pour éviter cet accident, on doit : i° changé l’eau souvent, surtout pendant les chaleurs1 2° jeter l’eau sur l’éponge ou les carres de pierre, et non sur le dessin ; 3° et enfin, ^ mouiller aussitôt après que l’épreuve a été tirés afin d’éviter trop de sécheresse et d’âpreté.
- Ces taches sont excessivement difficiles à de' truire. Les retouches au crayon ne donnent j9 mais une parfaite harmonie aux demi-teints: qui sont seules exposées à ces avaries.
- art. v.
- Taches de graisse.
- Ces taches sont les plus dangereuses, et, po" les détruire, il n’existe que le moyen indique1 l’article 2 de ce chapitre : c’est d’effacer la p8*
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE.
- *le tachée, de donner un nouveau grain à la mo-e*te, et de refaire le dessin.
- (Voyez Chap. XY, des retouches. )
- ART. VI.
- Taches de gomme.
- Ces pierres d’une nature tendre sont plus sus-Ceptibles que les autres de ces sortes de taches ; ^ais rien n’est plus facile à l’imprimeur soigneux de les éviter.
- Chaque fois que l’on quitte le tirage d’un des-s,hpour plus d’un jour, on doit mettre la plante à l’encre de conservation, et la gommer lé-Serement.
- La gomme, pour être bonne, doit être blonde °u blanche, et bien transparente. On la fait ^issoudre d’avance dans de l’eau pure et claire, a épaisseur d’une huile légère ; on la passe dans linge fin, puis on ajoute à cette dissolution Ul1 trentième de sucre candi, pour l’empêcher ^e se lever en éclats par la dessiccation ; ce qui peut avoir lieu sans attaquer en partie le des-» s,û ? quelquefois même enlever la superficie de , pierre, et rendre ainsi le travail du rouleau Suffisant, et les retouches au crayon imprati^ lorsque, par négligence, on n’a pas mj§
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- 246 MANUEL DU DESSINATEUR
- un dessin à l’encre de conservation, et qu '* reste pendant un temps considérable dans état, il arrive ordinairement qu’il devient très' difficile de l’enlever à l’essence et d’en faire ü® nouveau tirage. Dans ce cas, il y a un moy®® aussi simple qu’infaillible d’y parvenir, et noi,s allons l’indiquer comme nous ayant parfaiteme®1 réussi sur des planches qui avaient épuisé toute’ les ressources ordinaires. Ce mcyen est d’enl®' ver le dessin à l’aide d’une mixtion composé d’une partie d’eau de fontaine, d’une part:£ d’essence, et d’un dixième d’huile de lin, bi®® amalgamés ensemble; on jette cette mixtion sur ^ dessin mouillé , et on l’enlève en frottant lég®' rement avec une éponge fine ; ensuite on enci® et on obtient une bonne épreuve après en avo'f tiré deux ou trois.
- ART. VII.
- Taches dacides ou de sels.
- Ces taches doivent leur existence à la mal' adresse de l’imprimeur , qui néglige d’éloigu®1 du chariot de la presse, ou de la tablette* éponge, les vases contenant les préparations aà1 Culées, auxquelles il est parfois forcé d’avoir sf
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- et de l’imprimeur lithographe. c°iir$ pendant le tirage ; ce qui ne saurait être
- fait
- avec trop de sagesse et de modération, puis-
- tf’1 après les matières grasses , la lithographie ne Peut avoir d’auxiliaires plus dangereux que les 3çj<les.
- Cn peu d’attention pourra donc suffire pour Avenir cet inconvénient, auquel on ne peut ^aiédier que par des retouches souvent infruc-eu$es, et toujours très-contraires à la pureté 11 dessin.
- art. viii.
- Taches de salive.
- Ces taches sont presque toujours causées par ^ défaut de soins du dessinateur, ou des perdues qui l’approchent pendant son travail. Puisque ces taches sont formées par des bulles e salive il doit être très-facile de les éviter.
- C
- uependant elles sont communes, et, sans l’ex-eiUe facilité qu’on a de les faire disparaître, es deviendraient le fléau de la lithographie. Cors du tirage de la première épreuve, le Cray°n apposé sur ces bulles n’ayant point pé-ftetré dans la pierre à cause de la présence de ce Corp$ intermédiaire, s'attache au papier, et laissa
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- 248 MANUEL DU DESSINATEUR
- voir sur le dessin des petites taches blanches de forme circulaire. Pour remédier à cet acc1' dent, on laisse la pierre un instant sans 1J mouiller, et aussitôt que le dessin paraît dégaÿ de son humidité, on retouche avec un cray0” n° 1 toutes les taches blanches ; on attend1,11 instant pour donner au crayon le temps ^ prendre ; ensuite on encre lentement et précaution deux ou trois fois. On tire une autff épreuve, et si les retouches faites ne tienne”1 pas encore, on les recommence, et les taches”* reviennent plus.
- ART. IX.
- Lignes de râteau, de maculature et de châssù
- Ces lignes, quelles qu’elles soient, ne peuve” être attribuées qu’à la négligence de l’imp”1 meur ; car, avant de commencer son tirage, s”* devoir est : i° d’ajuster soigneusement lerâtea” de s’assurer s’il est uni, de le polir avec de^ peau de chien ; 2° d’examiner si le cuir du châsse contient quelques petites pierres, provenant o” dinairement des papiers mal fabriqués que l’”11 emploie trop souvent pour le tirage, et; s’il yet
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 2^9 4> de les enlever; 3° enfin, de choisir sa macu-C|dature sans bouton et sans défaut.
- Sans cet examen préalable, il suffit de tirer une Sei,le épreuve avec des lignes, pour n’en obtenir bonnes qu’après dix, vingt ou trente raau-Va'ses, ce qui fait perdre un temps considérable, ^bgue le dessin, et consomme inutilement un Papier souvent très-cher.
- art. x.
- la pâleur d'un dessin dabord vigoureux.
- Cet accident est souvent le fruit d’une acidu-atlon trop forte : les vigueurs et les demi-tein-*Gst si elles ont résisté, sont alors brûlées, etne "^tiennent plus un corps gras suffisant pour ^‘pathiser avec l’encre d’impi ession. Souvent ^ssi cette pâleur est causée par l’emploi fait Saûs mesure, autant que sans discernement,
- Urine mêlée dans l’eau destinée au mouillage dessin, ou du vinaigre fréquemment em-^°yé, pour éviter l’estompe qui pourrait paître.
- ^ans l’un ou l’autre de ces cas, deux moyens Se présentent, et il faut les employer sans retard.
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- 2D0 MANUEL DU DESSINATEUR
- Le premier est d’enlever le dessin avec une mixtion composée de trente parties d’essence térébenthine distillée, et deux d’huile d’olive' bien amalgamées ensemble.
- On enlève le dessin à blanc, on l’encre avec un noir un peu plus adhérent que celui avec Ie' quel on doit faire le tirage ; on tire une épreuve) et si le dessin reprend sa première vigueur efl conservant sa pureté, on peut continuer l’impreS' sion.
- Dans le cas contraire, on a recours au second moyen, qui est d’enlever le dessin à l’essence pure, de le mettre à l’encre de conservation, & le montant de ton le plus possible, de le gommef lorsqu’il est sec, et de le laisser ainsi pendaR* plusieurs jours.
- CHAPITRE XIII.
- De la Conservation des Dessins pendant un temf considérable.
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- Il était bien important de trouver un moye^ de conserver pendant un long espace de temp5
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. z5l planches lithographiques, sans qu’elles éprouvent la moindre altération ; car, à défaut de Cette facilité, on était forcé de faire de suite le tll'age à un grand nombre d’épreuves, ce qui ^°rçait ainsi à des déboursés considérables en Papier et en impression, et ne mettait pas la li_ ^°graphie à même de balancer les avantages de ^ gravure, dont les cuivres se conservent pendant un temps infini, pourvu qu’on ait le soin les mettre dans un lieu inaccessible à l’hu-
- ^idité.
- Cet inconvénient a été vivement senti par les '^primeurs lithographes, notamment pour les hanches qui font partie des ouvrages de librai-r*ei et chacun d’eux s’est occupé, dans son in-teret personnel, comme dans dans l’intérêt gé-^'al, de faire des essais, et de composer des Vres dont la dessiccation fût difficile.
- Ca composition que nous avons indiquée 4 dh chapitre vx de cet ouvrage, nous sem-e réunir toutes les qualités nécessaires pour la Parfaite conservation des dessins ; mais comme 0l1 ne saurait trop multiplier les moyens de don-J*er des garanties aux personnes qui encoui’agent es arts en les utilisant, nous allons présenter
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- MANUEL DU DESSINATEUR
- encore une nouvelle composition d’encre do11' nous avons fait usage avec succès.
- Suif épuré, une once.
- Savon de Marseille, trois onces.
- Cire vierge pure, quatre onces.
- On fera fondre ces substances l’une aprf l’autre , en commençant par le savon et le si^ en les mettant dans un vase de terre placé sur"* feu de charbon de bois. Il ne faut pas pousse^ concentration au point d’enflammer ces inal,f res, il suffit qu’elles soient parfaitement fond^ et amalgamées.
- On ajoute à ce résidu une once de noir de ^ mée provenant des résines choisies mais non cJi cinées. On remue le tout en tournant avec spatule afin d’en opérer le mélange.
- Celte encre, refroidie, doit avoir la conS|: tance de la cire molle.
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- Il faut couvrir le vase, afin d’empêcher poussière d’y pénétrer.
- Lorsqu’on veut se servir de cette encre, opf prend une petite partie avec le couteau broyer; on l’étale sur le coin de la palette ' noir exclusivement destinée à cet usage; f
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 255
- Verse dessus quelques gouttes d’essence de térébenthine que l’on broie avec l’encre ; ensuite on ^ Applique avec le couteau sur le rouleau qui ne sert qu’à cette opération, et qui doit être excellent. On le roule sur la palette jusqu’à ce que ^ encre de conservation soit bien étendue, et que peau du rouleau en soit également garnie.
- Manière de mettre les Dessins à l’encre de conservation.
- Lorsqu’on termine le tirage d’une planch S°it pour le reprendre deux ou trois jours plus Urd, ou long-temps après, on doit mettre le dessin à l’encre de conservation.
- Pour cela on a soin d’épurer le dessin avec le r°uleau, et de le dégager de l’estompe, s’il y en
- On le mouille avec l’éponge, on enlève à blanc *vec l’essence de térébenthine; ensuite on le cWge avec le rouleau garni d’encre de conser-v^tion, en le montant de ton, autant que la cou-leur roussâtre de cette encre le permet.
- On laisse la pierre posée à plat pendant deux °u trois heures ; puis on la couvre d’une légère c°uche de dissolution de gomme et de sucre
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- candi, très-claire et à la consistance de l'eai' fortement sucrée.
- Lorsque cette gomme est bien sèche, oB transporte la pierre dans un lieu frais sans hu' midité, tel qu’une cave bien saine, en évitai tout contact avec les murs, surtout près d# tuyaux de descente des fosses d’aisance ; car le5 dessins lithographiés ne craignent rien tant qtie le nitrate de potasse, dont la présence se fait ot' diviairement remarquer dans ces constructions.
- Malgré qu’une longue expérience ait prouv6 qu’il est d’une impérieuse indispensabilité àt mettre les planches lithographiées à l’encre & conservation chaque fois que l’on en cesse le rage pour ne pas le reprendre immédiatement on rencontre encore des ouvriers qui, par ou' bli ou paresse, négligent de le faire ; il est donc utile d’indiquer les moyens de remédier à la de*' siccation,qui ne peut manquer d’être la suite ^ cette négligence.
- Le premier de ces moyens a été employé nous avec succès en bien des circonstances parmi lesquelles nous nous contenterons de c>' ter la principale.
- Au mois de mai 1827, M. le chevalier Lema5' son, ancien ingénieur du département de ^
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- ET DE E’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 255 Seine-Inferieure, s’était adressé à différens lithographes de Paris pour faire exécuter chez lui, rne du Regard, le tirage d’un grand dessin litho— §raphié représentant une vue du pont de Sau-tftur, qui après le tirage d’un certain nombre d’épreuves, n’avait point été mis à l'encre de Conservation, et était demeuré pendant près de deux ans dans un atelier situé au midi, sous les Combles.
- Les efforts de plusieurs imprimeurs dont l’un )°uit aujourd'hui d’une célébrité bien acquise, htrent vains : pas un d’eux n’arriva à détacher 1 encre d’impression qui s’était comme identifiée a ta pierre, et l’abandonnèrent en disant que ce dessin était bon à recommencer.
- Comme ce travail était considérable et dispendieux, M. Lemasson, après quelques jours de réflexions, nous pria de passer chez lui pour hii rendre , disait-il, un véritable service d’ami.
- Nous nous rendîmes à son invitation présenté , et nous trouvâmes ce vieillard vénérable dans une véritable désolation, car ce dessin était s°n ouvrage, et ses forces ne lui permettaient ^Ue bien difficilement de le recommencer.
- Nous examinâmes la planche et nous reconnûmes facilement qu’elle avait souffert plus
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- d’une opération, car si l’encre d’impression avait résisté à des efforts multipliés, les teintes légère5 avaient pris une mauvaise couleur terne, et pa' raissaient altérées.
- Les choses dans cet état, nous composâmes mixtion suivante ;
- Essence de térébenthine. ................... 3 partie5.
- Huile d’olive nouvelle...................... a »
- Gomme arabique fondue dans de l’eau clarifiée à la densité d’une eau forte’ ment sucrée,................................ i »
- Ces trois substances réunies dans une bouteille * mêlées avec soin par l’agitation, formèrent uoe espèce de lait.
- Après avoir fait les dispositions ordinaires po«r commencera imprimer,apprêté l’encre, etc., etc*' nous mouillâmes la pierre avec l’éponge, besfi' coup plus fortement qu’on ne fait pour l’eV' crage ordinaire, puis agitant notre mixtion, not*5 en répandîmes un tiers sur le dessin, que noi” étendîmes en frottant au moyen d’une épong6 line sur toutes les parties de la pierre couverte5 de travail, en ajoutant de temps en temps quei' ques gouttes d’eau propre destinée au mouillage'
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- A. ce premier essai, les contours dessinés à 1 encre commencèrent un peu à s’enlever par pertes parties ; mais c’était fort peu de chose.
- Nous mouillâmes une seconde fois la pierre, après avoir enlevé, toujours avec l’éponge à ce destinée, tout ce qui se trouvait de noir détaxé et de mixtion, puis ensuite nous versâmes la deuxième partie de nôtre lait chimique, en frot-Lnt toujours de la même manière.
- Cetle fois, le dessin s’enleva avec plus de fariné , et il ne resta que quelques lignes et les ^os traits du cadre, qui ne résistèrent pas au 'este de la mixtion.
- Nous mimes alors le dessin à l’encre de conservation ordinaire, après avoir bien lavé et es-Sllyé la pierre avec un linge propre.
- L’encrage se fit assez difficilement, cependant bout de trois fois tout était repris.
- Nous laissâmes ainsi la planche jusqu’au lendemain sans la gommer, et nous commençâmes ^ tirage en encrant sur l’encre de conservation fendant les cinq premières épreuves, ensuite **0us enlevâmes à l’essence et nous fîmes un beau tlrage de 5oo épreuves, après lequel la pierre ®tait plus belle que jamais.
- Dans une circonstance pareille, on peut eiq-.
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- ployer aussi arec succès, au lieu de la mixtio» qui précède, une once d’eau gommée mêlée3 huit grammes d’huile de vers.
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- CHAPITRE XIY.
- Du Transport des Gravures et des Epreuv& lithographiques sur pierre.
- Depuis l’invention de la lithographie on s’esl occupé, sans le moindre succès, du transpofl des vieilles gravures sur pierre.
- Cette découverte serait d’une important inappréciable, puisqu’elle donnerait le moy^ d’obtenir, sans un travail long et dispendieux les fac-similé d’anciennes gravures d’un gra^j prix ; mais, parmi ceux qui ont fait des essa): pour y parvenir, on compte plus d’hommes *e lés que de savans chimistes, et nous ne croyons^3 à la possibilité d’opérer cette espèce de prodi^'
- La dessiccation et l’évaporation totale des coff gras qui entrent dans la composition de l’enCft d’impression employée pour la taille-douce sou* suivant nous, des obstacles invincibles ; car p3' quel moyen pourrait-on redonner de l’acll^'
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- ET DE L’IMPRIMEUR. LITHOGRAPHE. 25g rence aux traits du dessin , qui ne forment plus ^u’un corps sec identifié avec le papier dont il est presque inséparable ?
- On a essayé de détremper quelques vieilles bavures dans l’essence de térébenthine dis-hllée, de les appliquer ainsi sur les pierres lithographiques grainées, chauffées à l’étuve ; de faire subir une pression lente et propor-*'onnée eii les passant sous le râteau de la presse, 0(1 de faire passer par-dessus une roulette en cuivre recouverte de flanelle : mais ces moyens ^’ont donné pour résultat que quelques con-t°Urs inégalement transportés, sans pureté, 11 ayant pas la force nécessaire pour subir une Acidulation d’un demi-degré, et s’enlevant avec rouleau dès le premier moment, pour ne plus reparaître.
- Nous laisserons donc ces recherches pénibles, ^peut-être à jamais infructeuses, aux savans chimistes dont notre siècle s’honore. Elles sont Plutôt du domaine de la science que propor-tionnées aux forces dé l’industrie ; mais s’il n’a Pas été permis aux lithographes de multiplier ^es planches par le transport des vieilles épreu-Ves 5 ils sont au moins parvenus à ce but à ^§Ard des épreuves nouvellement tirées,
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- Nous donnerons ici les détails d’un procéde qui a été couronné d’un succès satisfaisant' toutes les fois qu’il a été mis en usage avec ^ précautions et le soin que les transports ex*' gent.
- Lorsqu’un dessin doit tirer un grand nouibrf d’épreuves en pen de temps, et que le trava*1 d’une presse est insuffisant pour satisfaire l6' besoins du commerce et atteindre le but spéculations, on a recours au transport d’u^ ou plusieurs épreuves, et on l’effectue de ^ manière suivante :
- On dispose une pierre de Munich grain^ pour recevoir un dessin au crayon ; on a soi{ de la choisir d’une dureté moyenne, et, autan que possible, d’une teinte jaune ; on pa^ dessus une légère couche d’essence de térében thine;on la met ensuite chauffer devant un ft11 doux pendant assez de temps pour qu’elle s°)l tiède partout également, et quand cette pie^ est ainsi préparée, au moment où la pland)l vient d’étre encrée pour la première fois, que le premier essai en est tiré, on rechaïf e dessin en le poussant au ton vigoureux qu‘ doit avoir ; on en tire une épreuve sur un pa j)ier mince, blanc, vélin et recouvert d’ftlufi» ^
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- Cette épreuve est satisfaisante, on la jette de Sude dans un baquet d’eau de lontaine en la hissant surnager, et ayant soin de placer le 'kssin en dessus.
- On obtient un résultat plus certain en tirant épreuve sur une feuille de papier autographe °rdinaire et en mêlant de l’encre autograplii-’fae fondue au bain-marie, dans la proportion dixième à l’encre d’impressiou qui doit Servir à l’encrage de l’épreuve que l’on veut c°ntr’épreuver.
- On reprend ensuite cette épreuve qu’on laisse eS°utter une minute au plus , on la pose sur la P'erre sans la traîner ni la frotter ; mais en étendant de sorte que le dessin porte partout $Ur la pierre, et sans que l’épreuve fasse un SeM pli.
- Dans cet état, on prend une roulette en cuivre 011 en fonte recouverte en drap fin, de la forme ^dique'e pl, i} jig, 8.
- On passe cette roulette sur toute l’étendue ^ dessin, en appuyant légèrement de proche eiï proche, a partir d’une de ses extrémités, Sa,ls laisser aucune distance entre chacun de *es passages. Après avoir ainsi appliqué parlement l’épreuve sur la pierre, on enlève
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- doucement le papier en le soulevant par 1® deux angles placés du côté du jour ; et datt le cas où quelques parties du dessin ne seraie»1 pas transportées, on pourrait Rappliquer 1’®' preuve et passer de nouveau la roulette sü* ces endroits.
- Nous pensons que le transport au moyen & râteau est plus sûr et plus égal, mais il faut ^ garder de donner une pression trop forte pourrait doubler les traits ou nuire à pureté.
- Les presses en fer à doubles cylindres, do^ se sert exclusivement M. Mantoux, lithogi"3' phe à Paris, nous semblent plus propres qu’ar cunes de celles qui existent, même celles réceü1' meüt perfectionnées par M. Brisset, poui’^ contre’épreuve des dessins lithographiés et d® gravures sur cuivre ou sur acier.
- Dans ces presses qui sont très-belles, et peyt cire pas assez connues, le râteau en bois ®s remplacé par un gros cylindre en fer, et ^ châssis de cuir par une double flanelle.
- Il est facile de concevoir que ces pressé peuvent donner une pression égale partou1 leur marche régulière est réglée par une ma*11' velle et d’excellens engrenages.
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- On enlève enfin le papier ; on laisse la pierre a,lîsi pendant plusieurs heures, ou même jus-^ au lendemain matin.
- Enfin, on acidulé la pierre avec une prépa-ration d’un degré et demi à deux degrés au ; on la couvre de gomme ; et avant que CeUe dissolution soit sèche, on procède au ti-des essais comme pour un autre dessin : Senlement l’impression n’en peut être continuée ^médiatement après, et il faut encore em-j^°yer la gomme au moins pendant quelques ^eures.
- Oe procédé est applicable aux épreuves des bavures sur cuivre et aux écritures (1).
- CHAPITRE XV.
- ARTICLE PREMIER.
- &es Retouches aux Dessins au crayon.
- Quand, par un accident quelconque ou par Slfite d’un long tirage, un dessin commence à
- 6) \ oir la page 6y et suivantes, pour clés procédés de transport Su>vant nous méritent la pre'fe'rence.
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- se fatiguer, que l’absence des demi-teintes lu1 ôte son harmonie, il est bon de s’occuper sans retard de faire des retouches.
- Pour disposer un dessin à les recevoir, 0Ji le met à l’encre de conservation, sans cherche! à le rendre trop vigoureux ; on le laisse sèche! pendant quelques heures, afin de donner à cette encre le temps de pénétrer et de s’affermir.
- Lorsque la gomme a séjourné long-temps su! le dessin, il devient difficile de l’expulser de5 interstices du grain de la pierre; et comme ilfau* absolument qu’il n’en reste pas si on veut que les retouches soient fructueuses, on parvient » l’enlever entièrement en se servant d’un peti* morceau d’éponge fine imbibée d’acide acétique avec lequel on frotte toute la surface du dessin1 Cette opération terminée, on lave la pierre avec de l’eau pure ; et quand elle est sèche, on peu1 faire les retouches en employant le crayon dou* la composition figure sous le n° 2, au ch»' pitre III.
- Afin de remettre le dessin dans son état pi’1' mitif, autant que possible, on consulte une d«5 premières épreuves que l’on place devant soi pouf retoucher.
- Les retouche % terminées, on les laisse séch6'
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- j usqu’au lendemain, ensuite on acidulé légèrement, puis on gomme la pierre, et on la laisse reposer jusqu’au moment de reprendre le ti-rage.
- Dans le cas où le dessin serait trop graissé , il faudrait le charger et lui faire subir une acidulation faible avant que de le mettre à l’encre de conservation et d’opérer les retouches.
- ART. II.
- £>es retouches au moyen de l’encre de reprise.
- Lorsque les traits d’un dessin à l’encre, à la plume ou au pinceau, d’une planche de caractères d’écriture faus directement sur la pierre ou transportés par le procédé autographique , ne Sont point suffisamment indiqués, n’ont qu’un faible relief et manquent d’adhérence, soit qu’un tirage plus ou moins long les ait altérés, soit enfin ^ue ces traits se trouvent dans cet état au moment du transport ou après le tirage des essais, on pourra les ranimer en employant le moyen suivant :
- Après avoir encré le dessin, on couvre toute ta surface de la pierre avec de l’eau fortement Sommée, en ayant bien soin de n’en pas excep-
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- ter la moindre partie, et lorsque cette espèce de vernis est bien sec , on prend un petit morceau d’épongé fine parfaitement propre, ne contenant pas d’eau, d’acide ou de gomme, on le trempe dans l’encre de reprise nommée par les Allemands, qui les premiers en ont fait usage» annème farbe.
- Cette encre se compose ainsi qu’il suit :
- Savon blanc.................. 10 grammes.
- Suif......................... io »
- Huile de lin................... io »
- Cire jaune................... 15 »
- Noir de fumée................... 8 »
- Ces substances sont fondues et mêlées ensemble de la manière indiquée précédemment pour la fabrication des encres , en ayant soin toutefois de n’y point mettre le feu.
- On passe sur les parties faibles du dessin l’éponge imbibée d’encre , en frottant légèrement afin de ne point attaquer la gomme qui couvre les parties blanches de la pierre , et avec lesquelles il faut éviter soigneusement de mettre l’encre en contact, car cette dernière, par les
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- ET DE E’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 267 substances qui la composent, est d’une très-grande ténacité' et d’une adhe'rence facile.
- Ensuite on lave la pierre avec une e'ponge ou un linge propre , pour la dégommer et procéder ensuite à son nouvel encrage.
- Dans le cas où par malheur la pierre se trouverait tachée avec l’encre de repriseil faudrait avant que d’enlever la gomme ôter les taches en frappant doucement avec le bout du doigt que l’on trempe dans de l’eau gommée et que l’on essuie pour le tremper encore lorsque par ce choc attractif on est parvenu à détacher une partie du noir ; on continue de la même manière jusqu’à ce qu’il soit entièrement disparu.
- ART. III.
- Retouches et changemens dans les dessins par un procédé détruisant l’effet de la première acidulation et pouvant servir à l’effaçage.
- Ainsi que nous l’avons dit, pour arriver à faire tenir les retouches il faut expulser des pores de la pierre la gomme et l’acide qui s’y sont logés par suite des opérations de l’acidula-tion et du tirage.
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- L’emploi de l’acide acétique que nous avons indiqué depuis long-temps, réussit constamment , mais il ne nous semble pas préférable au nouveau moyen dont nous donnons aujourd’hui la double et ingénieuse application.
- Eau clarifiée...........................3 livres.
- Potasse à la chaux...................... i »
- Ces deux substances bien mêlées ensemble composent une liqueur qu’il faut mettre dans des flacons bouchés à l’émeri, jusqu’au moment de s’en servir. \
- § I«.
- Retouches.
- Après avoir mis le dessin à l’encre grasse, on répand sur toute la surface la préparation qui précède et on la laisse agir pendant quatre mi-* nutes au plus si le dessin est léger, et six mi' nutes s’il est vigoureux ; ensuite on lave la pierre à grande eau, on la laisse sécher et on fait les retouches.
- Yingt-quatre heures après que ce dernier
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- travail est terminé, on fait subir au dessin une acidulation d’un degré au moins et de deux degrés au plus, puis on le couvre ensuite d’une forte dissolution de gomme que l’on laisse sécher , aussitôt après on peut commencer le tirage en prenant un noir d’une densité moyenne.
- § II.
- &u procédé d’effaçage pour changer une ou plusieurs parties d’un dessin.
- On dispose exactement la pierre comme pour faire des retouches ; quand elle est sèche , on Verse avec précaution la solution précitée sur l’endroit que l’on veut enlever, on la laisse agir pendant 4 ou 5 heures, après quoi on lave la pierre, et quand elle est sèche, on dessine Bur les parties devenues blanches, sans que le grain en ait souffert en aucune manière, et lorsque le dessin est fini, on acidulé comme après les retouches.
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- CHAPITRE XVI.
- Du Satinage ou redressement des épreuves.
- Le satinage des épreuves est indispensable tcutes les fois qu’il s’agit d’un dessin soigné ; mais, pour ne pas nuire à la beauté de ces épreuves, le satinage ne doit avoir lieu que trois à quatre jours après leur tirage, temps nécessaire pour que l’encre d’impression soi* assez sèche, et ne se décharge pas sur les cartons du satineur.
- Ainsi les épreuves qui doivent être satinées > ont besoin d’être étendues sur des cartons à mesure qu’elles sont imprimées.
- Quant aux épreuves des planches d’écriture ou des dessins qui ne demandent pas tous ce* soins, il suffit de les étendre entre des cartons de pâte non lissés, pendant qu’elles sont encore humides, de charger ces cartons avec des poids ou des pierres, et de les laisser ainsi pendant l’espace de dix à douze heures. Au bout de ce temps, on les retire parfaitement redressées i et en état d’être livrées.
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- Les presses à satiner que l’on serre à force d’homme, tant au moyen d’un moulinet, que d’une barre en fer, sont bien préférables aux presses hydrauliques , qui ont l’inconvénient d’exercer une pression trop considérable, et d’opérer ainsi une forte décharge de l’encre d’impression sur les cartons lissés, en diminuant d’autant l'effet vigoureux des épreuves lithographiées qui en sont plus ou moins chargées.
- L’encre d’impression que l’on emploie pour ta lithographie étant composée avec un vernis d huile de lin, dans la fabrication duquel il n entre pas toujours des corps propres à faciliter ta dessiccation, on conçoit aisément que les épreuves doivent perdre beaucoup de leur vigueur par l’opération du satinage, qui souvent ?lnt le tirage à deux ou trois jours près; il est donc urgent d’éviter de choisir, pour l’effec-*ner, une presse mise en mouvement par les ÏU'océdés hydrauliques et de la vapeur, qui sont Sl utilement applicables à d’autres objets.
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- S9
- CHVPITRE XYIL
- Des dessins lithographiés à la manière noire> suivant !V1. Tudot.
- Nous avons déjà eu l’occasion de citer plu’ sieurs fois d'une manière fort honorable, dans Ie cours de cet ouvrage , divers procédés dont Fi»' vention et le perfectionnement sont dus àM. T*1’ dot, nous lui emprunterons encore quelqaC chose dans les détails qu’il donne sur celui de manière noire, dont quelques essais nous 0»* démontré l’utilité en laissant entrevoir la possi' bilité de diverses améliorations.
- Nous pensons, comme M. Tudot, que l'ifl1' pression des dessins à la manière noire ne pe«{ être confiée qu’aux meilleurs ouvriers; ma15 nous croyons aussi que peut-être l’on pourrait avec économie, remplacer le papier de Chine & adoptant un fond de couleur au moyen d’uHÊ teinte de vernis ; nous allons donner des détail sur ce procédé qui est connu depuis long-temp8’ dont nous ayons fait un fréquent usage p°u'
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. .0."]?) adoucir la crudité des dessins exécutés par des' Artistes peu exercés dans l’art de dessiner sur la pierre, ou pour cacher l’absence des demi-teintes , lors de l’impression des dessins usés par long tirage.
- Lorsque des épreuves sont lourdes ou trop vigoureuses , ou que le travail de l’artiste n’est point assez terminé, on donne un fond au vernis d’huile de lin plus ou moins jaune, suivant son degré de cuisson. Moins un vernis est cuit et plus il est incolore, la concentration et l’inflammation des huiles étant un moyen sûr de leur donner une teinte plus foncée.
- L’application de ce fond sur les épreuves se ^it de la manière suivante : On prend une pierre lithographique blanche et polie, d’une dimension plus grande que celle du dessin de 1 épreuve, en sorte qu’il y ait une marge de doux pouces sur chaque côté ; on choisit un °uleau de peau blanche ou au moins un rou-eau neuf, dont la peau roulée d’avance pendant Plusieurs jours dans un vernis fort, et grattée ayoc soin, ne jette plus aucune partie plumeuse ; au surplus, ce rouleau doit être exclu-s,vement réservé pour ce genre de travail.
- Ou place la pierre dans le chariot de la
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- presse ; on ajuste la largeur et la longueur de la pression, en choisissant un râteau d’une dimeo' sion convenable et en déterminant l’espace que le chariot doit parcourir, absolument comifle lorsqu’il s’agit de tirer une épreuve.
- On prend une seconde pierre blanche snr la' quelle on étend sa teinte de vernis que l’on pe^ colorer si on veut, mais que l’on doit employé seule, s’il s’agit d’imiter le papier de Chine ; 011 charge le rouleau en le tournant sur cette pèce de palette, au moyen des poignées en cu*r que nous avons décrites.
- On charge la' pierre qui est disposée sur 1J presse, en passant dessus toute la surface le rotf' leau ainsi garni de vernis, de manière à lü) donner une teinte jaune égale.
- Pour ne pas salir les marges de l’épreuve, 0<> a des cadres de papier collé très-fort, que l’ol! lait en enlevant d’un carré de papier plus gra^ que la pierre, la grandeur juste du fond qllf l’on veut obtenir.
- A chaque fois que l’on fait un fond, on un de ces cadres sur la pierre qui est dans'f chariot de la presse, en sorte qu’il s’interp°5t entre la pierre et l’épreuve que l’on pose ensuit de sorte que toute la partie du dessin ou du
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- Pler qui doit recevoir un fond de couleur soit en c°utact direct et régulier avec la pierre couverte (^e la couche de vernis; alors on met une macu-^ture, on abaisse le châssis, on donne la pres-Sl°n, on fait marcher le chariot en amenant à SOlles branches du moulinet, comme pour im-Mmer, enfin on enlève l’épreuve, on examine S| le fond est bien d’équerre et s’il est du ton que ^°d désire , afin de rectifier la pose ou la coupe ^ cadre de papier, ou bien modifier la couleur vernis, etc.
- Ce n’est pas seulement le papier de Chine l’on peut imiter ainsi à peu de frais (car "üe fois la teinte adoptée et la mise en train ter-lïlmée, ce travail est purement mécanique et ?eiit être fait d’une manière très-convenable par 1111 apprenti propre et intelligent), mais c’est ^effet du clair de lune que l’on obtient en ajou-^nt dans son vernis une petite quantité de blanc de vert, en mettant un peu dej’ouge, on eo-°ré les blancs d’un dessin qui représente un in-CeHdie pendant la nuit, et on ajoute singulièrement à son effet pittoresque.
- Maintenant nous donnerons un résumé analytique des principales opérations indiquées par Tudot, que nous ne pensons pas devoir
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- suivre dans l’immensité des détails qu’il a pu" bliés sur ce genre de lithographie.
- « La manière noire consiste à couvrir & « crayon la surface de la pierre, puis à diminué « la quantité de crayon formant un ton noir » « pour en obtenir une dégradation jusqu’à la « teinte la plus claire. »
- C’est le contraire du dessin lithographié avec le crayon comme on l’emploie habituellement» on va du clair au noir, montant successivement de ton les diverses parties du travail, jusqui leur entière mise à l’effet, par la manière noire! on obtient du clair sur le noir, en enlevant pro' gressivement le crayon engagé dans l’espa<^; existant entre les grains de la pierre.
- Le corps gras qui couvre les sommités dugraJf étant enlevé, la pierre se trouve à nu etlespoi# blancs que l’on a découverts commencent la <le' gradation des teintes, forment les aspérités q1'1 reçoivent le crayon dans la manière ordinaire, composent le travail qui vient en noir à Pifl1' pression ; mais dans la manière noire, elles donnent le point blanc sur l’épreuve.
- On emploie plusieurs moyens pour enlever ^ crayon fixé dans le grain de la pierre, tels qu6
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- Jes grattoirs, les pointes en bois, en os ou en *v°ire, et la flanelle.
- Nous avons dit au chapitre 8, page 191, que ^ flanelle pouvait être employée pour frotter la *einte préparatoire de crayon des parties fon-Cees, et la transporter ainsi sur les parties clai-res; on retire de celte manière uue portion du Cl’ayon en diminuant la puissance attractive, et 011 obtient un travail moins transparent, mais Ptas léger.
- Le crayon que l’on emploie pour dessiner à ^ manière noire doit être gras, comme celui nous indiquons la composition au ch. III, Page 21 , afin qu’il donne plus d’adhérence à ^ encre d’impression, et qu’ayant moins de tenante que les crayons secs et résineux, il se prête Plus facilement à l’enlèvement par le frottement la flanelle, et convient parfaitement à l’exé-Cution des teintes claires, pour les parties fon-Cees, mais transparentes, il est préférable tt’em-Pl°yer le crayon dont nous donnons la compo-Slhon sous le n° 2, au chapitre précité.
- Qu peut, ainsi que le dit M. Knechtdans son traité de l’aqua-tinta lithographique, établir échelle de teintes progressives du clair au non pas comme lui, sur une pierre avec de
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- 278 MANUEL DU DESSINATEUR
- l’encre et des tampons, mais en choisissant dans les deux sortes de crayons que nous citons diff?' rens degrés de cuisson, qui donneront nécessai' rement des noirs gradués.
- Ou conçoit que pour faire ce choix de crayon5 il faut en fabriquer exprès, et mettre à pad chacun des coulages faits dans le moule, & ayant soin de les numéroter à mesure, afin de ne pas les confondre plus tard.
- Pour exécuter un dessin à la manière noire* on fait son décalque sur la pierre , on trac1' tous les contours avec l’encre dont on se seé pour écrire au pinceau, et dont nous donnofl’ la composition au cliap. II, page i4; ces co»' tours doivent être légers et très-fins, car il fa?* ensuite, pendant le travail, les diviser à lapoin^ sèche afin de les mettre en harmonie avec 1?: autres parties du dessin qu’ils découperaietf1 et produiraient un bien mauvais effet.
- On peut réduire les teintes du crayon à quatd principales, qui composeront l’échelle de gr®' dation.
- Chaque crayon doit être mis dans un port? crayon séparé et numéroté, afin qu’il ne puis5 y avoir confusion pendant l’exécution du de5 sin.
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 279
- On commence par garnir avec du crayon Rendre toutes les parties claires du dessin, en Appuyant fort peu, comme on fait ordinairement pour un graine' léger et transparent.
- Les interstices du grain de la pierre étant t'emplis de crayon, on détermine le contour de cette teinte, puis on commence à enlever à la flanelle, que l’on choisit très-fine.
- On doit prendre garde de toucher les blancs fle la pierre avec la flanelle qui a servi à eulever Au crayon, et ne l’employer qu’une fois pour cette dernière opération.
- On répète l’enlevage à plusieurs reprises j us-îu’à ce que l’on ait diminué l’épaisseur du Ct>ayon et obtenu la teinte que l’on désire.
- Pour opérer cet enlevage d’une manière satisfaisante , il faut le commencer en appuyant très-peu avec la flanelle pour ne pas forcer par Au choc trop violent le crayon, à pénétrer très-avant dans les pores de la pierre ; en le terminant, au contraire, il faut appuyer davantage pour retirer le crayon du fond du grain où A s’est logé.
- Lorsque les premières teintes sont terminées, °U peut passer à celles qui doivent être faites Ayec le second numéro du crayon, il faut tou-
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- a8o MANUEL DU DESSINATEUR
- jours faire glisser la flanelle du côte' des partie*
- foncées qui avoisinent la teinte que l’on donne.
- Pour ne pas salir les teintes claires, on peu1 employer des patrons de papier fort et collé, que l’on découpe à volonté'.
- Les détails qui doivent se détacher en vigueur sur la première teinte, s’obtiennent en revenant avec un crayon ferme; on remplit le grain et on diminue l’intensité du noir comme précédent' ment.
- Les détails qui doivent se détacher en clair peuvent s’obtenir en employant le moyen dont on se sert pour enlever les lumières sur le* dessins à l’aquarelle; on prend un pinceau etdc l’eau ; on silhouette les détails, et quand Ie crayon est un peu amolli par l’eau, on l’enlève en appuyant légèrement avec un linge fin et sec* Enfin, on termine le dessin avec l’encre et lfi pinceau , le crayon n® 2, 5 ou 4, suivant comme on veut obtenir plus ou moins de vigueur, puis on donne les coups de grattoir où ils sont nécessaires aux effets de lumière.
- On peut-donner plusieurs teintes au crayoP sur une teinte primitive, afin d’arriver à ufl ton d’une transparence excessive, mais on ren^ par là l’impression presque impraticable.
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 28l
- Le grain de la pierre est une chose importante pour l’exécution de ce travail, il doit être fin, régulier, et offrir au crayon des aspérités Aillantes, on peut l’obtenir remplissant toutes ces conditions en opérant le grainage avec le sable jaune de Mont-Rouge, tamisé au tissu de laiton n° 100 , et en choisissant au préalable, fisux pierres bien planes et d’une égale dureté.
- La préparation acidulée, dont nous avons fionné la composition pour les dessins au crayon, Peut être employée avec succès sur les planches dessinées à la manière noire.
- RL Tudot a imaginé une espèce de brosse au P'Uceau, composé d’un certain nombre de fils d’acier, que les commerçans désignent sous le de corde de Nuremberg , dont chaque brin est coupé à la longueur de deux pouces, ployé centre, en sorte que les deux pointes se *°Uchent, on réunit quelques-uns de ces bouts fil métallique pour en former un faisceau ÏUe l’on emmanche dans un petit tube cylindrique de laiton ou de fer-blanc d’une longueur de 5 à 6 pouçes, et d’un diamètre proportionne4 a 1r grosseur que l’on veut donner a cet instruit, (jue M, Tudot r nommé égrainoir; il dqi^
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- 282 MANUEL DU DESSINATEUR
- être flexible comme les petits pinceaux de laiton en usage chez les doreurs sur métaux, mais bien différens pour la forme de l'instrument que nous décrivons et que nous nommerons brosse à dégrader les teintes.
- Pour ne toucher au besoin qu’une petite par-tie du dessin, on aiguise cette brosse sur une pierre du Levant, de manière à lui donner 1* forme conique des pinceaux dont les peintres se servent pour filer.
- L’artiste doit fabriquer lui même la brosse à dégrader, et, pour y parvenir, peu d’outils lui sont nécessaires, il suffit d’avoir un petit mai-" teau à pane pleine et plate, dans le genre de ceux qui sont propres à la fabrication des plu' mes d’acier dont se servent les écrivains lithographes , une pince de treillageur, des ciseau* d’acier fondu, une pierre grise à aiguiser et une pierre du Levant ; pour faire les tubes de laiton ou de fer-blanc, on a quelques bande® de ces deux métaux, plusieurs mandrins en fer rond de différentes grosseurs sur une longueur de 7 à 8 pouces ; des rognures de tringles sou4 excellentes pour remplacer ces derniers.
- ]Les mandrins servent à donner la courbé
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 283
- métal adopté pour les tubes, en le martelant dessus.
- Le crayon que l’on emploie pour dessiner à ta manière noire lorsqu’on doit se servir de la brosse à dégrader, doit être sec et cassant, contenir plus de noir et moins de savon que pour ta moyen à la flanelle, et par ce procédé une seule qualité de crayon suffit.
- Au lieu de donner plusieurs teintes de crayon, °h couvre généralement tout le grain de la pierre en une seule fois, dans toute l’étendue du cadre que l’on a préalablement tracé ; le crayon doit être distribué par de larges hachures Placées près les unes des autres, et croisées ; on doit éviter de beaucoup appuyer sur les premières , dont les traces ne pourraient disparaître eUsuite.
- L’espace que doit occuper le dessin étant ainsi paiement teinté partout, on prend un morceau de bois dur, plat à l’une de ses extrémités, et Arrondi à l’autre, assez semblable a un ébau-choir de modeleur, on met la partie plate sur la marge de la pierre , en penchant cet instrument SUr la teinte préparatoire; on passe ainsi en aPpuyant avec force d’un bout à l’autre du travail, en ayant soin de le dépasser d’un pouc§
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- 2,84 MANUEL DU DESSINATEUR
- au moins ; cette opération doit être faite de proche en proche, sur toute la partie noircie.
- On pourrait remplacer avec avantage cet ébauchoir par un galle t de Gayac, monté sur un pivot à poignée, dans le genre de la roulette à transporter, dont nous donnons la figure sous lé n° 8 de la planche première : bien entendu que le gallet doit être moins large des deux tiers.
- On conçoit parfaitement que la couche de crayon doit être très-légère, sans quoi l’ébaU' choir ou la roulette, qui doivent enlever le crayon des sommités du grain, et le conduire dans les interstices, le reporteraient sur les mai’' ges de la pierre qu’il salirait et nuirait à 1® propreté du travail.
- Si après cette opération il existait quelques points blancs, on pourrait les boucher à l’aide d’un crayon taillé très-fin , que l’on appuierai* légèrement.
- On procède ensuite à la dégradation de 1® teinte en se servant de la brosse métallique) dont nous avons donné la description; on 1® place entre les doigts à peu près comme les peifl' très tiennent leurs pinceaux, en passant cette î}rqsse dans le même sens qu’ils s’en servent ; on
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 285
- 6claircit légèrement la teinte, en la poussant ^rpendiculairement, elle pénètre dans les évités du grain où elle subdivise le crayon qui s y trouve, et en retient une partie entre ses fils.
- On doit avoir soin de nettoyer cette brosse à ^ aide d’un chiffon de toile un peu rude, autant fois que cela est nécessaire, afin de ne pas reporter les parcelles de crayon sur les nouveaux ^droits que l’on veut éclaircir.
- Lorsque les fils d’acier commencent à s’émous-Set\ on peut les aiguiser sur la pierre du Levant, ^gèrement frottée d’huile avec un linge fin , en s°rte que les fils n’en puissent retenir, car ils 116 manqueraient pas d’en mettre sur le dessin, Ce qui causerait la perte du travail.
- Après avoir obtenu la dégradation des teintes, ^ Arrive fort souvent que des points qui ne peu-vent être atteints par la brosse, demeurent plus
- fo:
- ûcds ; comme l’harmonie est indispensable , il |^l,t les attaquer au moyen d’un morceau de I acier dont on fait des plumes, auquel on donne a même courbure, et que l’on taille en curent pointu.
- termine le dessin en employant à la ma-
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- 286
- MANUEL DU DESSINATEUR
- nière ordinaire le crayon, l’encre et le grat-toir.
- Le procédé de la manière noire convient sur-tout pour rendre les ombres vigoureuses et les grands effets de lumière, son exécution est m>' nutieuse et difficile , il faut à l’artiste beaucoup de soin et de patience, son invention est plus ingénieuse que réellement utile , et pour notre compte personnel nous pensons que les artiste ne s’empresseront pas de l’adopter, et meme que peu d’entre eux se détermineront à en faire de simples essais.
- -................ " - -r=ag
- CONCLUSION.
- Telles sont les observations que plusieurs a»' nées d’expérience nous ont permis de soumettre au jugement du public. Sans doute il eût été facile de les présenter d’une manière plus p1' quante pour les gens du monde , mais nous n’a' vons prétendu nous adresser qu’aux personne-qui cultivent l’art de la lithographie, et not>5 avons pensé que dans un ouvrage rempli de détail5 purement techniques, on devait préférer l’ordre et la clarté à l’élégance et à la rapidité du style*
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 287
- Les services que la lithographie a déjà rendus aux arts, aux sciences et au commerce, Prouvent assez l’importance de son invention et son utilité. Son rang est maintenant marqué Parmi les arts industriels : elle tient le milieu eUtre les belles gravures et les gravures moyennes. Elle présente, entre autres avantages, une §rande célérité et une économie immense dans ^ exécution ; elle est la reproduction parfaite des dessins de nos grands maîtres ; elle réunit dans les mêmes mains les moyens de créer et de reproduire. Avec elle, le dessinateur se passe du graveur ; il multiplie lui-même à l’infini ses ehides d’après nature, ou les objets d’art, aussi ^ien que les créations de son génie.
- Avant l’invention de la lithographie et des Perfectionnemens survenus par suite de son 'Uiporlation en France, on publiait une foule d’ouvrages scientifiques dont la nature et l’ob-let exigeaient que des figures accompagnassent texte , et cependant la plupart en étaient dépourvus. Le prix élevé de la gravure, la tuteur de son exécution, étaient et seraient en-c°re des obstacles invincibles ; il appartenait H la lithographie de remplir cette espèce de Vlde, et de faciliter l’étude des sciences en pré-mutant aux yeux les figures à l’appuf des des-
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- 288 MANUEL DU DESSINATEUR
- criptions, en rendant ces dernières plus clair#1 plus concises, et en donnant aux démonstration5 plus de force et d’énergie.
- Le commerce n’avait d’autre moyen, po^ la publication de ses actes et de ses transaC' tions , que l’impression en caractères, moin* propre que la lithographie à ce genre d’opérations, puisqu’il lui est impossible, malgré ^ progrès étonnans de la typographie, d’imit^ aussi parfaitement l’écriture d’un commis, ^ donner leJ'ac-simile d’une signature, etc., et®' La lithographie sera toujours plus élégant®' plus expéditive et souvent moins coûteuse.
- En empruntant à nos confrères les lithogr®' plies et aux personnes qui ont écrit sur cet ar* ingénieux, la description de divers procédés <f nous ont paru devoir intéresser no» lecteur*' nous avons eu pour but d’augmenter les moy#1’ de leur publication, de les populariser po'l( ainsi dire, et de rendre à leurs inventeurs 11,1 service égal à l’Intérêt que nous trouvons uoi,s/ mêmes à justifier le titre de notre livre en X& richissanl de toutes les connaissances utiles $ ce genre.
- (liter un nouveau procédé, en nommer r*11' venteur, c'est faire l’éloge de l’un et ^ l’autre.
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- ET DE t’iMPRIMEÜR LITHOGRAPHE» 289
- PRIX COURANT
- des Presses, Pierres, Ustensiles, Outils et produits chimiques nécessaires pour l’art lithographique.
- ARTICLE Ier.
- Presses de Brisset, mécanicien, rue des Martyrs n° 12 tifaubourg Montmartre.
- PRESSES ANCIEN MODELE.
- A moulinet, me'canisme ferré sur bois, deux châgsis en bois.
- FORMAT.
- 19°. .. 26° grand-raisin. . . . 3oo f. c<
- 22°. . . 3o° jésus . . 35o
- 23°. . . 53° colombier. . . . . 4oo
- PRESSES A MOUFLES MODELE 1828 A l832.
- De sou invention, à pieds carrés', mécanisme
- 25
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- 29O MANUEL DU DESSINATEUR
- en fer, arbre de moulinet avec sa bobine e» fer poli.
- i5°. . . 18° pour carré. . . . 55o f.
- 180. . . 24° — raisin. . . . 45o
- 19°. . . 26° — grand-raisin. 46°
- 22°. . . 3o° jésus.. . < . 525
- 25°. . . 33° —- colombier. . 600
- 24°. . . 56° — grand-aigle. 700
- 29°. . . 42° —- gr. - monde. 800
- modèle i833.
- Breveté avec tous ses perfectionuemens, pieds à archivotte de 110 6 de large. L’arbre du moulinet mou té sur deux poupées en fer poli, dans lesquelles est pratiqué un réservoir d’huile pouf alimenter les coussinets pendant trois mois. Les frotteniens de l’arbre du cylindre se font également sur des coussinets ajustes dans un réservoif en fer, contenant un huitième de litre d’huile* 3o francs de plus pour les quatre premières dimensions et 5o pour les trois dernières, ci-contre»
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- ET DE l’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 291
- ARTICLE II.
- Presses de MantouX, lithographe, rue du Paon-Saint-André-des-Arts , n° Ier.
- PRESSES CYLINDRIQUES.
- Ces presses, bien supérieures aux autres pour ta promptitude du tirage ont obtenu le prix proposé par la Société d’Encouragement.
- PRESSES ANCIENNES, AYANT SERVI.
- De 18 pouces sur 22 pouces de tirage, châssis en bois à moulinet ou engrenage. . 36o
- De 18 pouces sur 22, châssis en fer. . . 400 De 22 pouces sur 28, châssis en bois. . 4oo — châssis en fer. . . 45o
- Grand-raisin, châssis en bois.............46o
- ------- châssis en fer.................520
- Grand-aigle châssis en bois...............600
- —- châssis en fer.....................660
- Grand-monde châssis en bois...............760
- — châssis en fer..............83o
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- MANUEL DU DESSINATEUR
- 292
- ARTICLE III.
- PIERRES LITHOGRAPHIQUES
- DE MUNICH.
- Dépôt chez Mantoux, rue du Paon-St.-André•
- ier CHOIX. ae 1 CHOIX.
- De 7/9 pouces. 3 f. i5 c. 3 f. C.
- 8/10 3 9° 3 20
- 9/12 5 4o 4 5o
- 10/12 6 » 4 80
- io/i5 6 5o K D 20
- 10/14 7 » 5 60
- 12/13 10 » 7 5o
- 12/14 10 5o 8 4o
- 12/16 11 » 9 »
- 12/18 n 5o 9 60
- 14/18 16 » 12 75
- i5/i8 17 » i3 5o
- 16/20 20 80 16 5o
- 18/22 3o » 23 75
- 18/24 32 5o 20 80
- 20/26 37 » 20 5o
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- ET DE l’iMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 293
- PIERRES DE MUNICH PREMIER CHOIX.
- Dépôt chez Brisset , rue des Martyrs, n® 12.
- Blanches et grises.
- e 7/8 pouc 3 f. c. De i5/i8 p. J7 f. C.
- 7/9 3 i5 0 es to" 20 80
- 8/10 5 9° lS/22 3o »
- 9A2 5 4o l8/24 32 5o
- 10/12 6 » 20/26 57 »
- 10/13 6 5o 24/3o 47 .»
- 10/14 7 » 24/32 5o 4o
- 12/15 11 » 5o/36 75 »
- 12/16 11 5o 26/40 75 »
- 14/18 16 » 28/40 80 )>
- Un troisième dépôt existe à Paris, chez
- ^olkmann, rue N.-üame-des-Victoires, n° 14.
- article iv.
- Rouleaux pour imprimer, châssis et sangles pour les presses, de la fabrique de Schmautz aine, rue du Cherche-Midi, n° 5.
- bouleaux de 12 pouces de long. 10 fr. c. de u pouces de long, 9
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- 294 manuel du dessinateur
- Rouleaux de 9 et 10 pouces de long. 8 f. c*
- — de 8 pouces de long. 7
- — de 7 pouces de long. 6
- — de 6 pouces de long. 5 5o
- Cuir à châssis ordi. de 35 P* sur 24 20
- —— de 32 P- sur 24 16
- — de 3o P- , sur 22 i5
- — de 26 P* sur 20 12
- — de 22 P- sur 18 10
- — de 18 P- sur i5 7
- Cuir à cliâs. laminé, , de 35 P- sur 24 24
- — de 32 P- sur 22 20
- — de 3o P- sur 22 18
- — de 26 P- sur 20 i5
- de 22 P- sur 18 12
- — de 18 P- sur i5 9
- ARTICLE V.
- Jnstrumens et outils pour dessiner, graver d écrire sur la pierre.
- % Ier-
- ‘Limes et feuilles d'acier pour la fabrication d$ plumes, Volkmann , rue Notre-Dame-deS' Victoires, n° i4, et Petit, tjuincailler, rue de la Barillçrie, n° i5,
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 2$
- N S II.
- Pinceaux de martre brune pour dessiner et écrire en lithographie, Alphonse Giroux, rue du Coq-Saint-Honorê, et à la Palette de Ru~ bens, rue de Seine-Saint-Germain, n° 6.
- § III.
- Grattoirs, pointes, couteaux, ciseaux, etc., de la fabrique de Bancelin , coutelier, rue de Bussy, 7i° 4o.
- Grattoir, pointe à deux tranchans. 1 f. 5o c. Idem, à un tranchant................i 25
- ^orte-pointe à deux fins............2 »
- Idem, à grattoirs...................2 5o
- battoir à ciseau emmanché. . . . i 5o
- -----feuille de sauge. . . . i 5o
- Jointe sèche à graver...................i »
- battoir porte-pointe fermant. . . 2 »
- Ci'attoir-râcloir pour la pierre au noir. 1 5o
- Ciseaux d’acier fondu pour la taille des plumes d’acier. ...... 3 »
- Couteau à gratter le rouleau. . , i 5o Couteau ^ palette pour broyer, . , a »
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- 296 MANUEL DU DESSINATEUR
- Couteau à rogner le papier, le pouce 1 25
- Manche pour ce dernier couteau, 2 5o à 3 »
- § IV.
- Moules pourfabriquer les crayons, Drevaul* mécanicien, rue delà Licorne, n° 4 (Cité).
- § V.
- Noir de fumée dégraissé, Bouju, rue des M# rais-St-Martin, n° 43.
- Art. vi.
- Produits chimiques., M. R. Brégeaut , litho' graphe breveté, n° 33, rue de VEcole & Médecine.
- Mixtion acidulée pour la préparation de planches dessinées et des écritures, la boü
- teille. . 4 f. »o
- Encre autographique liquide , le i/4 de litre.................................5 »
- ton.
- en bâton, le bâ~
- Idem
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- ET DE L’IMPRIMEUR LITHOGRAPHE. 297
- Wre lithographique , en bâton, pour la plume et pour le pinceau. . . » 75
- Wre pour imprimer le dessin, la
- livre..................................10 »
- Wre pour imprimer l’écriture, la
- livre..............................75©
- Essence de térébenthine, la bouteille 1 »
- Papier autographe, la main, coquille
- à lettre déployée.......................6 »
- Papier de chine, la feuille...............» 70
- Elûmes toutes montées, la douzaine. 8 5o brayons n° 2 et 3, la douzaine. . . » go
- ^ ernis fort pour le dessin , la livre. . 3 »
- — pour l'écriture, la livre. . .
- 2
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pag*1
- Avis dr L’Éditeur................Page 1
- Avant-propos...........................i'
- Lois et Ordonnances....................xx1'
- CHAP. I. Des Pierres lithographiques, de leurs différentes qualités, de la manière de procéder à leur grainage et polissage........................... 1
- Sect. i.....................................d
- Sect. ii. Grainage des Pierres pour les Des-
- i
- sms au crayon.................... 1
- Sect. iii. Polissage des pierres pour les Dessins à l’encre, à la pointe sèche,
- et les Ecritures................
- CHAP. II. Encre lithographique pour dessiner et pour écrire.......................lJ
- CHAP. III. De la Fabrication des Crayons
- lithographiques...............î1
- CHAP. IY. De l’Encre et du Papier autographiques , de leur fabrication
- et de leur usage...............$
- Sect. i. Papier autographe................
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-
-
- DES MATIÈRES. 299
- Pagei.
- fl
- îct. ir. Du transport sur pierre......... 57
- îct. in. Des étuves pour sécher les pierres destinées aux transports autographiques.......................5q
- ^ÏAP. Y. De la Fabrication des Vernis propres à l’impression lithographique ................................ 74
- ^•Rt. 1. Des Huiles.................80
- ^Rt. ii. Manipulation des Vernis .... 81
- ^AP. VI. Des Noirs de fumée, et de leur emploi dans la fabrication des Encres d’impression et de conservation.................................87
- ^Rt. i. Des Noirs de fumée..............id.
- ^Rt. ii. Composition de l’Encre d’impression pour les dessins au
- crayon........................91
- ^Rt. ni..................................q5
- An V
- ftT* iv. De l’Encre grasse ou de conser-
- h vation. . .....................id.
- AP. VII. Des Papiers employés pour l’impression des différens genres de Dessins lithographiés, de leur mouillage ; des papiers
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-
-
- 3oo
- TABLE
- Page'
- de Chine, et de leux' préparation.......................é
- Art. i.............................
- Art. ii. Papiers pour l’impression des Dessins à l’Encre et des Ecritures..................................
- Art. iii. Du mouillage des Papiers. . . .
- § I. Mouillage des Papiers san> colle.
- § II. Mouillage des papiei’s collés . . . ^ Art. iv. Du Papier de Chine, et de sa pré-
- paration....................iW
- Art. v. Du Papier de Chenevotte, pi’o-venant du rouissage des Chanvres et des Lins......................15
- Art. vi. Moyens pour reconnaître la présence des acides et de tous corps nuisibles à la lithographie, employés pour la fabrication du
- papier.......................
- CHAP. YIII. Du Dessin sur pierre au Crayon , à l’Encre, au Grat-toir, ou à la Pointe sèche, des effets et usages du Tampon ou Lavis lithographique, de l’A-qua-tinte................................ .
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- DES MATIÈRES. 3oi
- Pages.
- Art. i. Du Dessin au Crayon................i52
- Art. ii. Du Dessin à l’encre et des Ecritures......................................i43
- Art. iii. De l’emploi du Tampon ou Lavis lithographique, et de ses avantages......................................i47
- §. I....................................id.
- §. II. Du Lavis sur la pierre, suivant
- M. Tudot........................i5o
- Art. iv. De la Pointe sèche ou Gravure
- sur pierre......................i58
- § II. Procédé d’effaçage pour parvenir à la correction des Dessins en gravure sur pierre, donné par la Société d’Encouragement. . 161
- § III...................................i63
- Art. v. De l’Aqua-tinte lithographique. 168
- § I. Des teintes plates.................171
- § II. De la Couverte....................172
- § III. Des Ombres au Pinceau............174
- § IV. De l’effet en clair sur un fond obscur....................................176
- § V. De l’effet obscur sur un fond
- clair...........................177
- § VI. De l’effet obscur sur un fond
- obscur , , . , , , . * . . . . , 178
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- TABLE
- Pages.
- § VII. De la manière de reteinter ou donner une nouvelle teinte au
- Dessin.........................179
- Art. vx. De la Lithographie en couleur. 180 Art. yii. Des instrumens et outils nécessaires au Dessinateur lithographe......................................182
- § I. Des Plumes en acier.............id.
- § II. Des Pinceaux.....................186
- § III. Des Pointes.....................187
- § IV. Machine à dessiner ou Pantographe..................................188
- Art. vin. De l’imitation de la gravure sur
- bois...........................189
- Art. ix. Dessin estompé ou Frottis lithographique................................191
- Art. x. Lithographie et Typographie
- réunies........................19^
- CHAP. IX. De l’Acidulation des Pierres
- dessinées......................198
- Art. i. De cette préparation en général. id> Art. 11. De la manière d’aciduler les
- Pierres dessinées.............201
- Art. iii. Première composition. .... 2û4 jGHAP, X, De la Press? lithographique et
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- DES MATIERES. 3o3
- Pages.
- des Ustensiles qui y.ont rapport ..... 207
- Art. 1. De la Presse lithographique. . . id.
- §1....................................id•
- § II. Presse inventée par Brisset, Mécanicien à Paris, rue des Martyrs,
- N° 12..........................2i3
- Art. n. Des Ustensiles nécessaires à l’impression ................................210
- si. • ................................ •
- § II. Rouleaux cylindriques servant à
- l’impression..................220
- § III...................................222
- tllAP. XI. De l’Impression lithographique
- et des soins qu’elle exige. . . id. Art. 1. Du tirage des Dessins au Crayon. 226 Art. n. Tirage des Dessins a l’encre et
- des Ecritures.................234
- CHAP. XII. Des accidens qui peuvent survenir pendant l’Impression, et des moyens d’y remédier. . 236
- Art. i. Des Bavochages.................237
- Art. ix. Empâtemens.....................208
- Art. hi. Estompe ... ..................241
- Art, jVf Taches d eau, , 2^3
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Art. v. Taches de graisse...............244
- Art. vi. Taches de gomme..............24^
- Art. vu. Taches d’acides ou de sels. . . 24^
- Art. viii. Taches de salive............ 247
- Art. ix. Lignes de râteau, de macula-
- ture et de châssis..............a48
- Art. x. De la pâleur d’un Dessin d’abord vigoureux.............................249
- CHAP. XIII. De la Conservation des Dessins pendant un temps considérable....................................2 5o
- CHAP. XIY. Du transport des Gravures et des Epreuves lithographiques
- sur pierre. . . . ............258
- CHAP. X.Y. Des Retouches aux Dessins sur
- pierre...................... 26^
- CHAP. XVI. Satinage ou redressement des
- Epreuves....................270
- CHAP. XVII. Des Dessins à la manière
- noire...........,.........272
- Conclusion...............................286
- Prix courant des presses, pierres, ustensiles, etc................................289
- FIN DE LA TABLE.
- TROYES, — IMPRIMERIE DE GARDOIS.
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