Nouveau manuel du menuisier de l'ébéniste et du layetier
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- NOUVEAU MANUEL
- DU
- menuisier,
- DE
- L’ébéniste et du laïetier.
- TOME PREMIER.
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- AVIS.
- Le mérite des ouvrages de VEneyclopêdie-Roret leur a valu les honneurs de la traduction, de l’imitation et de la contrefaçon. Pour distinguer ce volume il portera, à l’avenir, la véritable signature de l’éditeur.
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- MANUELS-RORET.
- NOUVEAU MANj_[|L
- MENUISIER,
- I.’ÉBËNISTE ET DE IAÏETIER,
- CONTENANT
- Tous les détails utiles sur la nature des Bois indigènes et exotiques ; la manière de les préparer, de les teindre; les Principes du dessin géométrique et des projections, exposés d’après la méthode de M. Fran-CCEUR, et appliqués à la coupe des bois ; la manière de mesurer et d’estimer les travaux du Menuisier; la Description des outils les plus modernes et les mieux perfectionnés ; l’art de faire la menuiserie fixe, la menuiserie mobile et toute espèce de meubles; de les polir et vernir; d'exécuter le placage et la marqueterie; enfin l’art du Layetier, et ses applications les plus nouvelles.
- Par M. NOSBAW, menuisier-ébéniste.
- Ouvrage orné de planches.
- Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée.
- TOME PREMIER.
- ^ LA LIBRAIRIE ENCYCLOPÉï^m^jpE -ROkET,
- RÜE HADTEFECILLE, N° iû-w;.
- 1839.
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- INTRODUCTION.
- L’art du menuisier est un des plus connus, et il en est peu d’aussi importans : il est susceptible d’un très-grand nombre d’applications scientifiques; et par ces deux raisons, il est naturel de croire que c’est un de ceux auxquels les écrivains et les savans donnent le plus d’attention. Il n’en est rien; on l’â livré presqu’entièrement à la routine. Seule, la sagacité des artisans lui a fait faire quelques progrès ; il a été enrichi par les ouvriers et non par les doctes : on dirait que la science ne lui a été utile que par cas fortuit. Grâce au prodigieux développement que le mouvement industriel a reçu de nos jours, cet art n’est pourtant pas resté stationnaire; il a, au contraire, marché à grands pas vers la perfection. Le progrès général du goût, l’observation des règles de l’architecture, ont épuré ses formes; la chimie a fourni quelques applications heureuses à la teinture des bois; elle a donné les moyens d’imiter ceux qui sont exotiques avec ceux qui nafisseot dans nos forêts. On a appris à les mieux polir, à faire ressortir leurs veines, à les recouvrir de vernis transparens qui ajoutent à leur éclat et conservent leurs nuances. Dans beaucoup de cas, la connaissance des lois de la physiologie végétale a enseigné des règles pour rendre l’ouvrage plus solide, les bois plus compactes, leur travail plus facile. Enfin, l’invention des scies mécaniques, en permettant de diviser les bois précieux en feuilles très-minces et très-régulières, a rendu le placage plus solide, moins sujet a se tourmenter, et infiniment plus beau.
- Je ferai connaître avec soin et détail toutes ces découvertes nouvelles; les mettre à la portée de tout le monde sera le premier service que rendra cet ouvrage. Mais il y a une autre Partie de mon travail encore plus essentielle.
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- Dans chaque système de connaissances spéciales, il est des notions, pour ainsi dire élémentaires, sur lesquelles tout repose et desquelles toutes les autres dérivent. De même, dans tous les métiers, il y a un petit nombre d’opérations simples, que l’on répète sans cesse, dont toutes les autres sont le résultat, et qui, par leur combinaison, produisent les opérations les plus compliquées. Ainsi, dans la menuiserie, quelques travaux principaux, tels que scier, corroyer, entailler, percer le bois, assembler les pièces, reviennent à chaque instant et constituent presque tout l’art. J’ai dû décrire ces travaux avec le plus grand détail, indiquer la meilleure manière de les exécuter, faire connaître les bonnes habitudes qu’il importe de contracter pour opérer mieux et plus vite, ainsi que les méthodes les plus sûres pour tenir et diriger les outils. J'ai donné la plus grande attention à cette partie de mon travail, que l’expérience-pralique et la fréquentation des ateliers pouvaient seules mettre en état de bien exécuter.
- L’ouvrier le meilleur ne produira jamais de bons ouvrages, ou du moins il perdra beaucoup de temps et sera surpassé par un ouvrier médiocre, s’il n’est approvisionné de bons outils. C’est une observation faite par l’homme qui, de nos jours, a rendu le plus de services à l’industrie, par M. Charles Dupin, qu’un bon choix d’instrumens, pris tous de bonne qualité, suffît pour assurer à un ouvrier un excédant de bénéfices annuels 4°nt la réunion mettrait sa vieillesse à l’abri du besoin. L’importance de cette observation m’a déterminé à donner une grande étendue à celte partie de mon travail. J’ai décrit tous les outils qui sont ou peuvent être utiles au menuisier, les anciens comme les plus nouveaux, surtout ceux qui économisent le temps ou diminuent la peine. On trouvera dans cette section plusieurs choses nouvelles.
- Enfin , comme il est indispensable que le menuisier sache bien quelles sont la nature et les qualités des matériaux qu’il emploie, je me suis attaché à donner une connaissance corn-
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- plète de la structure, des qualités du bois, et de ses diverses espèces.
- Voici dans quel ordre j’ai divisé mon ouvrage :
- La Première Partie traite, dans une première section, des Matériaux du menuisier, des bois, de leur structure, de leur qualité, des préparations qu’on leur fait subir, des diverses espèces de bois indigènes et exotiques. C’est, je crois, le travail le plug complet qui ail encore paru sur cette matière.
- La seconde section est consacrée à la description des outils divisés en plusieurs classes.
- La Deuxième Partie fait connaître les travaux du menui-sier. La première section est remplie par d’amples détails sur les principes de cet art, c’est-à-dire sur les opérations fondamentales. Les deux autres contiennent la description délail-lée, lo je tous jes ouvrages de menuiserie en bâtiment, mobiles ou dormant; 2° de tous les meubles connus.
- Enfin, Y Art de l’Èbénisle, qui complète ce Manuel, apprend à travailler les bois durs, à faire le placage, la marqueterie; à polir et vernir les bois, à préparer les veines nécessaires; il est terminé par une collection de recettes, presque toutes éprouvées et la plupart très-nouvèlles, pour feindre et colorer les bois.
- Plusieurs autres ouvrages ont été déjà composés sur l’art du menuisier; je dois en dire quelques mots, afin que le lecteur voie en quoi mes devanciers ont pu m’être utiles.
- Le plus ancien livre que je connaisse sur cette matière est 1 Art du Menuisier, publié par Roubo, en 1770, avec l’approbation de l’Académie des Sciences. Cet ouvrage, composé de Slx grands volumes in-folio, n’a certainement jamais été le livre des ouvriers, auxquels son prix élevé permettait rarement d’en faire l’emplette. Il a beaucoup vieilli; les nombreuses planches qu’il renferme sont devenues inutiles, et ce Volumineux travail ne serait plus bon qu’à figurer dans les catalogues de bibliographie, si on n’y trouvait eà et là quelques observations utiles, quelques bons conseils sur la ma—
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- nière de diriger les outils. Il renferme aussi tout ce qu’il e?1 ï nécessaire de savoir sur la construction des billards. 8
- Roubo était trop volumineux ; on a songé à le réduire. O® ^ en a publié un abrégé en deux minces in-12, dont l’un es1 ‘ entièrement rempli de planches déjà vieillies. Les six vo-lûmes in-folio de l’auteur original ont été concentrés et ] 182 petites pages imprimées en gros caractères, et qui ren' < ferment en outre des notions d’architecture, de géométrie: < de longues tables de conversion des mesures anciennes et ‘ mesures nouvelles, et beaucoup de répétitions. En revanchei il renferme aussi un assez grand nombre de phrases incom' piétés.
- Plus récemment (en 1825), M. Mellet a publié un Art à'1 Menuisier en meubles, en un volume in-8°, infiniment plu* Utile. L’art de plaquer les meubles est décrit avec soin. Le® procédés que l’auteur indique pour polir et vernir sont bien choisis, et il a compilé beaucoup de recettes pour teindre et Colorer. Néanmoins, dans cette dernière section, il y a beaucoup de lacunes, et j’ai vu avec surprise qu’il ne contenait rien sur l’emploi de l’acétate de fer dont on a tiré, dans ce® derniers temps, uu si beau parti; rien sur la coloration de l’érable par l’eau forte, et qu’on n’y trouvait pas même 1* teinture d'acajou à l’alcool, que préparent et vendent à Pari® presque tous les droguistes. Il donne des notions suffisante* pour beaucoup de bois exotiques; mais, en revanche, il a négligé les bois indigènes, que je crois au contraire bien plus important de faire connaître avec soin. Enfin, si l’oD retranche de son ouvrage les accessoires qu’il renferme, on trouvera que la partie relative aux travaux du menuisier proprement dits, se réduit à 150 pages environ. La description si importante des outils est presqu’entièrement négligée. Néanmoins ce livre est encore ce que nous avons de mien* sur l’art qui m’occupe. On trouve d’exc'ellentes indications dans Nicholson, et dans le nouveau Vignole des Menuisiers, par M. Goulon (1855), mais des indications seulement : h
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- premier traitant la menuiserie comme un des accessoires de son intéressant travail; le second donnant dans un seul volume la description de tous les plus grands ouvrages de ®et art.
- Les détails dans lesquels je viens d’entrer prouvent que, pour composer ce Manuel, la réflexion et l’observation m’ont el® plus utiles que les livres. C’est ainsi, je crois, qu’il faudrait composer tous les traités de technologie. Je me suis attaché h donner à mon style le plus de simplicité, de clarté possible, et tout en multipliant les détails, j’ai évité d’être trop diffus. Je crois qu’un ouvrage du genre de celui-ci est parfaitement rédigé quand il est compris sans peine. Afin que les ouvriers et les personnes qui n’ont pas l’habitude de fréquenter les ateliers puissent me lire sans difficulté, j’ai évité 1 emploi trop répété des expressions techniques, et n’ai pas craint de recourir souvent au périphrases. J’ai même eu la précaution de placer à la fin de l’ouvrage un petit vocabulaire de toutes ces expressions et de quelques autres que les ouvriers emploient communément.
- Pour faire de ce Manuel un livre utile, je n’ai point épargné la peine ; aurai-je réussi? Ce n’est pas à moi d’en juger, ^lais le moment est venu, je crois, de faire de bons ouvrages technologiques. Maintenant, beaucoup de personnes instruites et riches apprennent un art mécanique, l’exercent Par amusement, pour se distraire ou se délasser des travaux intellectuels bien plus fatigans. Ce sont elles qui pourraient fournir de bons traités à l’industrie. Elles savent réfléchir, écrire ce qu’elles ont vu, connaissent à la fois le langage de 1 ouyrier et celui de la science, peuvent visiter beaucoup d’ateliers, comparer les divers procédés : pourquoi ces amateurs, riches de tant de trésors, ne rendraient-ils pas en masse aux ouvriers les documens qu’ils en ont reçus en détail ?
- La première édition de ce Manuel a paru à la fin de 1827; et depuis ce temps plusieurs éditions imprimées à grand Nombre ont été épuisées. Ce débit rapide m’imposait des
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- obligations graves, et je me suis efforcé de mériter l'accueil d( public par de nombreuses améliorations. Indépendamme*1 d’additions considérables à la partie relative aux bois et atf 1 outils, qui ne cessera pas d’être plus complète que tout {l qui a été récemment publié sur la même matière, j’ai ajout plusieurs procédés nouveaux pour imiter les bois exotique» des détails sur la menuiserie d’église; de nouvelles et nom' breuses applications de la géométrie à l’art du menuisief l’art de toiser et d’évaluer toute espèce d’ouvrage de menu> sérié; un chapitre contenant les notions élémentaires de l’a* chitecture ; enfin un autre chapitre dans lequel, m’aidant de travaux deM. Francœur, j’ai tâché de mettre à la portée d' toutes les intelligences les principes de l’art du trait. Ainsi cet ouvrage sera en même temps un traité spécial de l’art di l’ébéniste et du menuisier, et une espèce de résumé de toute! les connaissances qui peuvent leur être utiles.
- Pour cette nouvelle édition, j’ai fait plus encore : j’ai ten» l’ouvrage au courant des progrès que le temps a procurés 1 l’art de travailler les bois; j’ai compulsé et trouvé dans le1 travaux industriels des indications précieuses; enfin, poil*1 répondre au voeu d’un grand nombre de lecteurs, j’ai ajout* par appendice, à la fin de l’ouvrage, Y Art du Layetier, ce gro»' sier mais utile diminutif de la menuiserie. Sa description man'^ quait aux premières éditions de cet ouvrage, et l’addition qu^ nous en faisous, achève de le rendre parfaitement complet';
- Nous terminerons cette introduction par quelques notion’ assez curieuses sur l’étymologie du nom de Menuisier. 0* les appelait autrefois huchers, parce qu’ils confection' naientles huches, espèce de coffre à pétrir et à mettre le pain « puis huissiers, à raison des huis, ou portes, leur ouvrage1 enfin, un arrêt de 1382 leur fit donner le nom de menuitierh du mot latin minutarius, ouvriers s’occupant de menus ou' vrages.
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- menuisier.
- PREMIÈRE PARTIE.
- DES BOIS ET DES OUTILS.
- PREMIÈRE SECTION.
- Ü DES BOIS, DE LEUR NATURE ET DE LEURS ESPÈCES.
- ( —— 9-&Q-------
- * CHAPITRE PREMIER.
- 'Notions sur la nature des bois, leur force et les différens t<
- 5EjiS DANS LESQUELS ON LES DEBITE ET ON LES EMPLOIE.
- v Lorsqu’on divise horizontalement la tige des végétaux qui jfnous fournissent nos bois, on reconnaît le plus souvent à des t,Rances distinctes, qu’elle est composée, indépendamment de Bj ec°rce, de deux parties très-différentes, Vaubier et le bois ^°Prement dit. ~L’aubier, qui est la partie la plus rappro-J'hèe de l’écorce, est composé de couches concentriques, qui D' p sont pas encore converties en bois parfait; il est, parcon-u^equent, d’un tissu moins dur et moins coloré que le bois. g A aubier est d’autant plus épais que les arbres ont plus de ''Sueur et poussent plus rapidement. Il y a des arbres dont le ' r°nc paraît entièrement composé de cette substance : tels l'Sont en général le peuplier, le tremble et quelques autres Hle l’on désigne ordinairement sous le nom de bois blanc. ~epeu de dureté et de solidité de l’aubier le fait bannir e fous les ouvrages pour lesquels il faut un bois com-
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- pacte et homogène ; il en résulte quelquefois une assez grand® perte; et, pour prévenir cet inconvénient, on a cherché à aug' menter la dureté de l’aubier. On y parvient pour certain* arbres, tels que le chêne et le sapin, en les écorçant quelqu® temps avant que de les abattre.
- Le bois proprement dit est celte partie du tronc la pin* dure, la plus solide, la plus foncée en couleur, recouverte pa< l’aubier, et creusée à son centre par le canal qui contient 1< moelle. La ligne de démarcation entre la couleur de l’aubio et celle du bois est ordinairement assez nettement tranchée Quelquefois les deux couleurs contrastent ensemble de la ma; nière la plus brusque. Par exemple, dans un des arbres q»1 fournissent l’ébène, l’aubier est blanc, tandis que le centd est d’un noir foncé.
- La couleur du bois offre, dans les végétaux, de nombreuse* variétés; il en est de même de la dureté, que l’on a comparé* à celle du fer, dans quelques arbres qui en tirent leur notf vulgaire. En général, les végétaux ligneux qui croissent dan* les climats très-chauds sont plus durs que ceux de notr* pays; ils sont aussi d’une couleur plus foncée.
- La dureté est, dans les bois, un des caractères les plus eS' sentiels, un de ceux qu’il importe le plus de connaître.En gé néral, elle est proportionnée à la pesanteur du bois, ce qi> n’est pourtant pas une règle tout-à-fait sans exception, pui* que le noyer et le sorbier des oiseleurs, ayant à peu près 1‘ même pesanteur, le second est néanmoins plus dur que 1 premier. Cependant, comme cette indication est ordinairemeU très-sûre, je donne ici un tableau de la pesanteur des bois d1 France. Ce tableau a été dressé par M. Varenne de Fenill® et ses calculs ont été faits sur un mètre cube de chaque espèO de bois bien desséché. La pesanteur est exprimée en kilo' grammes, et il sera facile de la comparer à celle de l’eaO qui pèse juste 1,000 kilogr. par mètre cube.
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- TABLEAU de la pesanteur des bois de France.
- Sorbier cultivé.
- Lilas.
- Cornouiller. . . Chêne vert.
- Olivier.
- Buis. '
- Pommier courpendu Cerisier Mahaleb.
- Prunier. . . *
- Oranger.
- Aubépine. . 1 . . *aux acacia. . .
- Cerisier. . . .
- Hêtre............
- Aerprun. . . .
- poirier sauvage. . Cytise des Alpes. . Crable duret. .
- Mélèze...........
- Lécher...........
- Prunellier. .
- Charme.
- Gommier de reinette Platane. .... Sycomore. .
- Arable champêtre. Orme. ....
- kil. kil.
- 1030 Abricotier. . . . 712
- 1029 Noisetier 701
- 994 Pommier sauvage. 694
- 993 Bouleau. .... 688
- 992 Tilleul. . . . . . 687
- 982 Cerisier 682
- 946 Houx. 678
- 888 Sorbier des oiseleurs. 669
- 878 Pommier cultivé. , . 654
- 845 Noyer. ..... 629
- 827 Mûrier blanc. . . 626
- 820 Erable plane. . 618
- 800 Sureau 602
- 786 Mûrier noix. 599
- 779 Marseau 592
- 775 Châtaignier. . . . 588
- 759 Genévrier 587
- 754 Mûrier à papier. . 572
- 755 Ypréau 558
- 750 Pin de Genève. 550
- 749 Peuplier blanc. 550
- 744 Tremble. .... 538
- 757 Aulne 510
- 737 Maronnier d’ïnde. 506
- 737 Peuplier de Caroline. 492
- 736 Sapin 465
- 730 Peuplier noir. . 457
- 723 Saule 592
- 724 Peuplier d’Italie. . 560
- De la force des bois.
- Après des observations sur la pèsanteur des bois, viennent |°«t naturellement des aperçus sur leur force. Des aperçus seulement; car le sujet est si fécond, les applications sont si mul-bpliées et si importantes, les calculs algébriques qui s’y rattachent sont tellement compliqués et savans, quej’on ferait aisément tout un ouvrage sur ce sujet ; ouvrage docte et coû-teux> toul-à-fait au-dessus de la portée des ouvriers. Menuisier. 1. 2
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- Nous nous bornerons donc aux aperçus les plus clairs, aux notions les plus faciles, empruntées à Buffon, à MM. Parent et Bellidor, dont les'expériences prouvent, sans réplique,
- 1° Que plus le bois a de pesanteur, plus il a de force ;
- 2° Que le sapin porte un poids plus lourd que le chêne ;
- 3o Que plus il est pris près de sa racine, plus il est pesant et fort ;
- 4° Que la position du bois importe beaucoup à sa force;
- 5° Que sa forme doit être assortie à sa position.
- 1°. Expériences de Buffon. — Sur quatre barres de chêne, longues de trois pieds, et d’un pouce carré de grosseur, prises au centre de l’arbre, et posées horizontalement sur deux points d’appui, un de chaque bout, il a placé différons poids. La première barre pesait 26 onces zl/™, et a supporté, le moment avant sa rupture, dans son centre, un poids de 501 livres. La seconde barre pesait 26 onces ls/32, et a supporté un poids de 289 livres. La troisième pesait 26 onces iG/%2, et a supporté un poids de 272 livres. La quatrième, 26 onces 15/32, elle a supporté 272 livres.
- Le même bois pris à la circonférence de l’arbre, savoir au point le plus éloigné du centre, à côté de l’aubier, sans pour cela en avoir aucune partie, a été disposé en barres divisées et disposées comme les précédentes. La première pesant 26 onces 26/SÏ, a supporté dans son milieu, l’instant avant de rompre, un poids de 262. La seconde, pesant 25 onces 20/32, a supporté 2S8 livres. La troisième, 25 onces un poids de 255 livres. La quatrième, 25 onces il[n, elle a supporté 255.
- De quatre barres pareilles en aubier, la première pesant 2o onces s/32> a supporté un poids de 248 livres. La seconde,
- 24 onces 3*/s2, a porté 242 livres. La troisième, pesant 24 onces 30/î2, un poids de 24t livres. La quatrième, 24 onces »*/«., un poids de 240 livres.
- 2°. Expériences de 31. Parent. — Un morceau de chêne, médiocrement dur, sec, et sans nœuds, épais de cinq lignes, long de cinq pouces et demi, posé de champ, et retenu par l’une de ses extrémités, a soutenu par l’autre un poids de
- 25 livres.
- Un second morceau, semblable en grosseur, double en longueur, posé de champ sur deux points d’appui, un à chaque bout, a soutenu au centre un poids de 54 livres et demie. Un troisième morceau, tout pareil au précédent, mais de
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- chêne tendre, et serré par ses deux bouts, a soutenu à son milieu un poids de 51 livres.
- Maintenant, un premier morceau de sapin exactement semblable au premier morceau de chêne, disposé exactement de Htême, a soutenu à son extrémité libre un poids de 37 livres.
- Un second morceau de sapin, répondant en tout au second morceau de chêne, a soutenu un poids de 68 livres.
- Un troisième morceau de sapin, dans la même position que •e troisième morceau de chêne, a soutenu dans son centre un Poids de 106 livres.
- 5°. Autres expériences, — Tirez d’un chêne deux solives, ayant chacune quatre pouces carrés de grosseur, et neuf pieds de long, prises au bout l’une de l’autre. Celle du haut de 1 arbre pèsera 71 livres, et celle du bas 77. Celle-ci posée horizontalement sur deux points d’appui, un de chaque bout, est chargée au centre, en quinze minutes, d’un poids de 4,100 •ivres. Elle ploie d’abord de 4 pouces 10 lignes, ensuite elle éclate, elle baisse de 7 pouces 6 lignes, et se rompt ensuite. Lautre, chargée d’un poids de 3,950, en 12 minutes, ploie d’abord de 5 pouces 6 lignes, puis éclate, baisse de 9 pouces, el se rompt après cela.
- Expériences de M. Bellidor. — Les bois posés horizontalement pour supporter quelque fardeau doivent être méplats el posés de champ. Et pour preuve, deux solives en bon chêne, ayant chacune 12 pieds de long, et l’une 6 pouces Carrés de grosseur, l’autre 5 sur 7, ont porté : la première un poids de 16,200 livres; la seconde, un poids de 18,575 livres. Celle—là était posée horizontalement sur deux points d’appui, •®s bouts engagés dans un mur, et le poids rois à son centre. Ceïle-ci, également engagée dans la muraille, était posée de ehamp. Cette position est donc préférable.
- Le bois est formé de couches qui s’enveloppent et se recouvrent. Celles qui sont au centre et les plus rapprochées de •a moelle sont les plus anciennes et les plus dures. Celles qui touchent l’aubier sont plus molles et participent un peu de sa nature. Toutes ces couches sont composées elles-mêmes longues fibres collées les unes à'côté des autres et parallèles au canal médullaire qui est au milieu de l’arbre. Leur existence est bien démontrée par la facilité avec laquelle le bois se fend dans le sens de la longueur des fibres, ou, comme °n le dit, suivant le fil dis bois. Il y a cependant un grand nombre de bois, tel que celui de l’orme tortillard, du grouiller, dont les fibres, au lieu d’être parallèles, sont enlrela-
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- cées et comme entortillées en tous sens. Quand cette disposition est bien marquée, il est alors difficile de travailler ces bois, qu’on appelle, par cette raison, bois rebours.
- Lorsqu’on a scié transversalement un tronc d’arbre, on aperçoit aisément les lignes circulaires formées par les couches concentriques du bois ; mais quand on examine avec beaucoup d’attention la coupe horizontale du tronc, onvoitqu’in-dépendamment de ces lignes, il y en a d’autres qui vont de la circonférence au centre, et qui se réunissent toutes au canal médullaire. Quelques-unes cependant ne vont pas tout-à-fait jusqu’à la circonférence. Ces lignes, qui sont très-apparentes dans le chêne, le hêtre, et qu’un botaniste a comparées aux lignes horaires d’un cadran solaire, sont tout-à-fait disposées comme les rayons d’une roue. On les appelle prolon-gemens ou rayons médullaires.
- D’importantes considérations résultent de cette structure du bois. On a remarqué d’abord que le bois qui diminue beaucoup de volume en se desséchant, se retire dans le sens de la largeur, mais jamais dans le sens de la longueur. On a conclu que les fibres ne se raccourcissaient, jamais, et que le resserrement produit par la dessiccation provenait de ce qu’elles se rapprochaient. Cette observation a donné les moyens de prévoir en quel sens aurait lieu la retraite, de sorte que dans le cas où l’on est obligé d’employer des bois verts, on peut prendre les précautions nécessaires pour que les inconvéniens qui peuvent en résulter soient aussi faibles que possible.
- Du même fait il résulte qu’il n’est pas indifférent d’employer du bois scié dans tel sens plutôt que dans tel autre. Si les fibres du bois ont été tranchées, toute la solidité du bois proviendra seulement de ce qu’elles sont collées à côté les unes des autres, et on s’aperçoit bientôt combien est faible l’adhérence que leur a donnée la nature, quand on essaie de rompre une planche qui a été sciée dans cette direction. Si. au contraire, la fibre a été ménagée et si on lui a conservé toute la longueur possible, alors, pour rompre le morceau de bois, il faut non plus seulement détacher les fibres des unes des autres, mais les casser. C’est comme si on avait à brisef un faisceau de baguettes. Il faut en outre avoir soin, lorsqu’une pièce d’un petit volume doit résister à une pression assez forte, que les portions de couches concentriques qui la composent aient leur largeur dans le sens de la résistance. Supposons qu’il s’agisse de soulever une pierre avec un levief
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- bois. Si, lorsque la barre de bois est engagée sous la pierre, les couches concentriques sont parallèles au sol, elles pourront plier comme le feraient dans celte position des mes élastiques superposées, se séparer les unes des autres, el Par suite se rompre ; mais si la largeur de ces portions de couches concentriques est perpendiculaire au sol, elles ne se rompront pas plus que ne le ferait un faisceau de lames superposées, et qui seraient placées de champ, c’est-à-dire sur ur tranche. Les portions de couches concentriques du levier ne sont, en effet, pas autre chose que des lames collées ensemble les unes sur les autres.
- 1 j, s.lruclure du bois sert encore de guide quand il s’agit e débiter un tronc, c’est-à-dire, de le diviser en madriers en planches. On fait celte division dans des sens bien dif-erens, suivant qu’on a égard à la beauté du bois ou à sa solidité.
- Si on veut des madriers ou des planches solides, on scie t on refend parallèlement au canal médullaire, qui est au miueu du tronc. Dans ce cas, toute la longueur des fibres est conservée; c’est ce qu’on appelle bois de fil ou scié sui-Vant le fil du bois.
- Si on veut au contraire faire ressortir les veines du bois, ,Sa.ns s’inquiéter de sa solidité, on coupe le tronc perpendicu-Irement à son canal médullaire; alors toutes les fibres sont *;0l,pées, et les plateaux quJon obtient ont tous l’empreinte es couches concentriques ; c’est ce qu’on appelle bois tranché.
- . vtiand il y a une trop grande régularité dans les lignes circulaires qui forment les couches et qu’on est bien aise de etruire cette symétrie, on scie le tronc obliquement à la longueur des fibres, ou en semelle. Cette coupe en diagonale est P)us solide que la précédente, et les veines du plateau sont '^posées en forme d’ovale ou en doubles gerbes, j y a une quatrième manière de refendre le bois, dont les hollandais ont long-temps fait un mystère. Elle donne des re_3uliais plus brillaus el presque aussi solides que la pre— m,ùre. Voici quelle est la manière de procéder. On commence Par diviser le tronc parallèlement à sa longueur, en quatre Portions de cylindre; on refend ensuite en planches ces ma-riers triangulaires, en commençant par un angle et en di-r'geant la scie perpendiculairement à la largeur des couches concentriques. La première pièce qu’on enlève par ce moyen n est pas autre chose qu’un liteau triangulaire. On obtient ensuite des planches dont la largeur augmente jusqu’à ce
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- qu’on soit arrivé au point de la surface extérieure du madrier, qui est opposé au sommet de l’angle qui était au cœur de l’arbre. A partir de ce point, la largeur des planches recommence à diminuer, et l’on finit encore par un liteau triangulaire. Cette manière de débiter le bois a pour but de couper obliquement les prolongerions médullaires dont nous avons parlé.. Ces prolongemens, que les ouvriers appellent la maille, forment, à la surface des planches, des taches brillantes ou miroirs, et c’est pour que ces taches soient plus grandes qu’on procède de cette manière. C’est ce qu’on appelle refendre sur la maille. Les Hollandais, qui travaillaient ainsi le chêne, cachaient leur procédé, et on croyait généralement que cette maille large et apparente provenait d’un» espèce de chêne qui ne croissait qn’én Hollande, tandis que c’était tout simplement du chêne acheté dans nos forêts.
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- CHAPITRE IL
- DES DIVERSES MANIÈRES DE PRÉPARER LE BOIS AVANÏ DE LE TRAV AILLER.
- De la dessiccation du bois.
- La sève qui existe dans tous les bois, est une cause inévitable d’altération. Elle s’échauffe et fermente même dans ceux, qui sont de meilleure qualité, et travaille jusqu’à ce qu« le temps Fait détruite. Dans les bois de qualité inférieure) cette fermentation a des' effets encore plus fâcheux, surtout s’ils n’ont pas été coupés dans la saison convenable. La cof' ruption de la sève attire les insectes, qui rongent et coupefl* les fibres; elle fait bomber, fendre et même pourrir les boi* avant le temps. Par son évaporation, elle donne lieu à u* resserrement quelquefois considérable ; les pièces de l’ou vrag( fait avec du bois vert se séparent, et si elles sont assemblée* d’une manière invariable, elles se fendent. Ï1 ne faut doo( employer les bois qu’après les avoir bien fait sécher, ce qu o® obtient en les exposant à l’air, sous un hangar.
- Procédé de Mugueron pour dessécher les bois.
- La dessiccation obtenue par le moyen précédent est lent* et n’est jamais complète. Il y a près de cinquante ans q*>‘ M. Mugueron, maître-charron à Paris, inventa un moye'1
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- jngenieux qui produit de bien meilleurs effets. Il consiste ^°ut simplement à faire bouillir le bois dans de l'eau et à le air,® ensuite sécher h l’étuve. Par cette opération, le bois est n Prennent dépouillé de cette partie extractive ; ses fibres e rapprochent, sa sève est remplacée par l’eau qui s’évapore Promptement. On peut même, comme nous allons le voir, eter à l’eau d’autres substances qui pénètrent jusqu’au Ur du bois et lui donnent de nouvelles qualités. La dé— j°uverte faite par M. Mugueron, obtint l’approbation de Academie des Sciences. Voici le résultat des épreuves faites ^0|ts ses yeux : 1° le meilleur bois acquiert un tiers de force ? plus que sa force naturelle ; 2° le bois vert auquel il fallait r Rieurs années pour pouvoir être employé, peut l’être très-Proiûptemeni; 7>° le bois qui n’était propre à rien, rendu P.Us dur, devient utile à plusieurs, ouvrages; 4° les bois Usi préparés sont moins sujets à être fendus, gercés et ver-®°ulus; 50 on pent5 dans l’emploi, diminuer d’un tiers la b^osseur de certaines pièces de bois; 6° le bois devient flexi-e> il en résulte qu’on peut redresser les pièces qui sont c°urbées, et, quand on le désire, ceintrer dans tous les sens Cetles qui sont droites.
- Il n’est pas douteux que cette dernière propriété, si re— arquable dont M. Mugueron avait tiré parti pour le char-SIX;. n’ait été l’origine de la prétendue découverte que *• Isaac Sargent a rajeunie, et sur laquelle nous donnerons j^nauveaux détails dans la première section de la deuxième
- Modification du procédé de M. Mugueron, par
- M. Neuman.
- . M. Mu gueron, pour appliquer sa découverte, avait fait aire d’immenses chaudières; mais, comme tout le monde ne P®ut pas en faire autant, on avait à peu près abandonné son Pjocedé. M. Neuman, menuisier d’Hanovre, et plusieurs ébé-nistes anglais en ont rendu l’emploi bien plus facile en se ser-Tf’ff du chauffage à la vapeur pour faire entrer l’eau en ébul-htion.
- Celte nouvelle manière de procéder est très-simple. On met „e® pièces de bois dans une forte caisse en chêne, dont les Joints ont été bien mastiqués. On a soin que les diverses P'èces de bois ne s’appliquent pas exactement l’une sur autre. Il y a au fond de la caisse un robinet qu’on ouvre et
- rme à volonté. On la remplit d’eau.
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- on
- Sùr un fourneau placé à côté de la caisse, est une chaOCe dière pleine d’eau et fermée par un couvercle en forme d’en tonnoir renversé. Pour que la vapeur ne puisse pas s’échaf per en glissant entre le couvercle et la chaudière, on boud la jointure avec de la terre glaise, ou mieux encore avec b d; la chaux vive délayée avec du blanc d’œuf, mêlé à l’avact fe avec un peu d’eau. Au sommet du couvercle, on a soudé » gros tuyau qui s’élève d’abord verticalement, puis se rfte courbe et descend au fond de la caisse en bois. Quand 0 si chauffe fortement la chaudière, l’eau qu’elle renferme enU en ébullition, la vapeur sort par le tuyau du couvercle, ddi ne trouvant point d’autre issue, passe à travers la mass1 q d’eau contenue dans la caisse, qu’elle finit par échauffer. L’° d pération est plus ou moins longue, et l’ébullition doit être ph s ou moins long-temps soutenue, suivant que les pièces de bo|: Cl renfermées dans la caisse sont plus ou moins grosses. O»1'® atteint le but, quand l’eau qui sort de la caisse n’est pbd colorée par le bois soumis à l’opération. P
- Ce procédé pourrait, je crois, être employé avec beaucofll4 de succès, pour teindre le bois en grand. Il suffirait pour cei;s de remplacer l’eau de la cuve par la liqueur colorante qu’o( aurait d’abord chauffée. Il est présumable qu’on aurait de; teintes bien plus vives, si, après avoir fait subir au boisur‘j première ébullition dans l’eau pure, on les plaçait dans liqueur colorante, soit de suite, soit après les avoir fait sé' t cher; je ne doute pas que, par ce moyen, la couleur ne pé' nétrât jusqu’au cœur du bois.
- En France, on pratique depuis long-temps un procédé d( j lixivation à peu près analogue, dans l’intention de garanti* ( les bois de la piqûre des vers. On les met bouillir dans d^. chaudières où l’on a jeté des cendres de bois neuf, et on y laisse pendant une heure environ.
- Moyen de rendre les bois inaltérables.
- Il y en a un bien simple, il consiste à jeter du sel de cuisit dans la cuve de Neuman. Aux Etats-Unis, on fait marine* dans le sel les bois qu’on destine à la charpente. Un journal allemand annonçait, en 1813, qu’à Copenhague, le charnpi' gnon s’étant mis sur le bois du plancher de la Comédie, aval1 gagné au point que le plancher vint à manquer; on en con' struisit un nouveau, qu’on eut soin de frotter d’une dissolu' tion de sel. Au bout de dix ans, le bois de ce plancher e?1
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- ®ncore aussi sain et aussi bien conservé que s’il était tout ré-eQ^ La charrée de savon a la même propriété.
- Manière de rendre le bois incombustible.
- Suivant Faggot, il suffit, pour cela, de le faire bouillir fe*')8 UDe t^sso^ut*on d’alun ou de vitriol vert (sulfate de
- , ^es bois imprégnés d’urine ne se consument qne très-len-oieul. On trouve dans le Monats blatt filr Bauwesen, que la'°n ^ess've schiste alumineux avec de l’urine, et qu’on I jJ^.P^dant quatorze jours dans cette liqueur des morceaux } „ . 8 Pi*1 de trois pouces d’épaisseur, ils deviennent pres-
- MUe incombustibles. Après les avoir laissé sécher, si onlesmet t sfv feu* y resteul pendant près d’une demi-heure sans tcn r ^ Aération î c’est seulement au bout de ce temps qu’ils 10 ^^enceront à se charbonner, mais ils ne produisent plus de jttttine. Sans doute ces procédés sont coûteux, et il est moins lspendieux de payer une prime d’assurance. Mais les Com-^?D,êsd'Assurance contre les incendies ne peuvent pas mettre I abri des accidens les habitans des maisons, et la foule qui ( 6 Presse dans les théâtres, ci Procédé pour durcir le bois.
- n»
- 91” °r.-°n Vei,t donner au bois une très-grande dureté, il faut 1* /hbiber d’huile ou de graisse et l’exposer pendant un certain 'y, ,Ps ^ une chaleur modérée. Il devient alors lisse, luisant et j, es-dur quan(j s’est refroidi. C’estd’un procédé semblable x e se servent quelques sauvages pour durcir le bois avec Ie-1* j* f î^s construisent leurs armes et leurs outils. Ainsi préparé, l'(et | 8 devient assez dur pour tailler et percer d’autres bois, e> les piques graissées, chauffées et séchées delà sorte, ei " ûvent traverser le corps d’un homme de part en part.
- r°cédé de M. Atlêe pour durcir le bois et l’empêcher de travailler par l’effet de l’humidité. bois est d’abord débité en planches ou en pièces parallé-e! je§ratllIniques qui doivent avoir une épaisseur égale sur toute ial jjUr'°ngueur; ensuite ces pièces sont passées entre les cy-i- dres de fer ou d’acier bien poli, d’un laminoir qui les lit ^ manière des feuilles métalliques. L’ècartement
- y re les cylindres se règle suivant l’épaisseur du bois ; mais y ï u.r ^û’il n’éprouve pas une compression brusque, qui root-,sl * ®tt les fibres et le ferait éclater, l’auteur propose de placer
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- plusieurs paires de cylindres à la suite l’un de l’autre, que la pression soit graduelle et successive. L’écartement'iç, ces cylindres devra être tel, qu’à mesure qu’ils s’éloignent1 soient plus serrés. M. Atlée assure que par ce moyen la s®’CQ ou l’humidité est forcée de sortir du bois sans que ces fîl^p, soient rompues : ce bois sera ainsi plus compacte, pluslou^j plus solide et moins susceptible de se pourrir. C’est prin^ paiement pourl’ébénisterie que l’auteur recommande son us>i comme ne travaillant pas, prenant un beau poli et se ray3^ difficilement. On est dispensé d’ailleurs de l’emploi de la v3^ lope et du rabot, attendu que le laminage donne aux plancb^ une surface très-unie. ,j(
- Je dois faire observer que les bois noueux ne subirait pas le laminage sans éclater, quelles que fussent les précalP tiens prises pour graduer la compression.
- Conservation des bois par l’acide pyroligneux.
- Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de rapporter^, expériences faites par un Américain du nord, qui a consat,j plusieurs années aux épreuves et aux recherches d’un mofy de conserver le bois des vaisseaux, et qui s’est arrêté à l’e^| ploi de l’acide pyroligneux, comme le plus sur et le meill^ des préservatifs contre la piqûre des vers, la pourritur(c etc. (1). Pour faire ses expériences, il a exposé à la cha" cissure deux pièces, de bois vert abattues depuis lon?( temps et qu’il avait auparavant imprégnées d’acide pyrol'j gneux. Il a été reconnu que ces bois n’avaient pas éproU'( le moindre dépérissement, tandis que des pièces de la mêi^ espèce, et semblables en tout à celles sur lesquelles faisait l’expérience, se sont moisies et ont même tombé pourriture. ]
- On savait déjà que l’acide pyroligneux conservait les so^ stances animales; mais on n’avait eu jusqu’ici que des dout(, sur les effets de son application aux substances végétales,! surtout aux poutres, aux planchers, aux bordages des vais seaux.
- Ce procédé est si simple et si facile, qu’il semble impo*
- (1) M. Briant a obtenu un brevet pour la conservation des bois *’ moyen du sulfate de fer ; nous aurons occasion de parler de la déco* verte de cet habile industriel.
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- 'ésfd'toj *eS constructeurs se refusent à l’adopter. En voici
- Après avoir scié, on façonne les différentes pièces de la ostruction, on les met à couvert pendant huit ou dix jours :l°Ur les empêcher d’être mouillées, et chaque jour on leur ^PPucjue avec une brosse une couche d’acide qui les pénètre ; ®nviron un pouce de profondeur.
- et t^°'t être aiJattu depuis un assez long temps pour
- j, re Sc'ô, et l’on observe que, le cœur du chêne étant na— i rellement moins corruptible, on peut se dispenser de lui autant de couches qu’aux autres parties plus voisines il e lecorce, ou aux autres espèces de bois.
- 'Procédé de M. Callender pour préparer le bois d’acajou de manière à le qarantir des influences de l’atmosphère.
- J[ On sait que les Anglais fabriquent tous leurs meubles d’a-/aj°u en bois plein, tandis que chez nous on est dans l’usage plaquer, ce qui permet d’obtenir des ronçures et des .peines agréables et variées. Lorsque ce placage est bien fait, e»’ est tout aussi solide que le bois plein ; mais il faut avoir soin fre fixer les feuilles sur des bois déjà très-secs, avec de la iflCo'e qui ne SQjt pas tr0p hygrométrique. i£ E paraît que l’humidité du climat fait voiler les bois d’a-)lfa!°u, du moins ceux récemment travaillés, ce qui oblige à j(*e.s faire sécher préalablement, opération longue et dispen-,frleuse qui ne remédie souvent qu’imparfaitement à ce défaut. • Callender propose de l’abréger par un procédé fort simple il a communiqué à la Société d’encouragement de Londres, P pour lequel il a obtenu une récompense de quinze guinées. or fonsiste à placer les bois dans une caisse ou chambre her-iKp ^tiquement fermée où l’on fait arriver, par un tuyau abou-^r'ssant à une chaudière, de la vapeur d’eau qui ne doit pas au-dessus de la température de 80 degrés de Réaumur. Après que les bois ont été ainsi exposés pendant deux heures, ou moins, à l’effet de la vapeur, et qu’on juge qu’ils en sont bien pénétrés, on les porte dans une étuve ou dans lm atelier chaufFé, où iis restent pendant vingt-quatre heures s^ant d’être mis en œuvre. Nous observons que l’auteur n’en-3o#tend parler que des bois de moyenne dimension , c’est-à-dire j*e. ceux d’un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, dont on *ail ordinairement des chaises, des balustrades, des lits, etc.
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- On conçoit que des pièces d’un plus fort échantillon exiget plus de temps pour être complètement desséchées.
- De beaux blocs d’acajou sont souvent déparés par des tact1 et des veines verdâtres qui renferment des insectes qui " tardent pas à les attaquer. M. Callender assure que son pd cédé remédie à ce double inconvénient, en effaçant les tache* et en détruisant les larves des insectes.
- Plusieurs habiles ébénistes de Londres ont pratiqué ad succès ce moyen dont ils ont rendu le compte le plus saù faisant. Ils attestent que l’acajou ainsi préparé, ne se déje1; pas quand il est exposé au soleil et à la chaleur; qu’il ne 5 manifeste point de gerçures, et que sa couleur acquiert ph d’intensité.
- Nous ne doutons pas que ce procédé ne trouve de noB> breuses applications en France, surtout pour empêcher! bois d’être piqués des vers.
- Procédé de W. Paulin Dêsormeaux pour la conservât des lois.
- Après l’abattage et la rentrée des bois dans le cellier, * débite ceux en grume, en bûches de quatre à cinq pieds( longueur, on colle sur les bouts des rondelles de papier s( lesquelles on répand ensuite de l’huile. Pour les garantir ‘ la piqûre des vers, on écorce ces bûches un au après b1 abattage, au printemps, à l’instant où les œufs des insedf déposés dans cette écorce, commencent à éclore. L’écof' ôtée, le bois sèche et durcit : les œufs, s’ils éclosent, 1 peuvent nuire au bois, et ceux déposés par la suite ne pe» vent y causer de dommage ; le ver, lorsqu’il éclot, ne trouv3' plus l’écorce qui le nourrit jusqu’à ce qu’il soit assez f° pour perforer le bois même. C’est surtout pour les bois fri, tiers, c’est-à-dire les bois les plus précieux, que ce procé( offre de l’avantage. Le noyer n’est garanti, par ce moyen, des gros vers, les petits parvenant encore à s’y loger; ro} il fait exception, et c’est toujours quelque chose d’avoir sd lement à redouter ces derniers qui n’ont point d’action 5( le bois verni.
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- CHAPITRE III.
- DES DIVEltSES ESPÈCES DE BOIS INDIGÈNES.
- Je diviserai en deux classes les bois que je veux faire con-uaître; savoir : les bois originaires de France ou qui y sont “eclimatés, et les bois qui croissent dans d'autres pays. ^afmi ceux dont je parlerai, il y en a quelques-uns qui s®ryent plus souvent au tourneur qu’au menuisier; mais je n pas cru devoir les omettre. Pour que les recherches dotent plus faciles, j’ai disposé les notices par ordre alpha-clique.
- Abricotier.
- C’est un bois assez agréablement veiné; mais on s’en sert Peu> parce qu’il est sujet à fendre. Il se polit difficilement,
- <il souvent il est pourri au cœur. •
- Acacia.
- , Ce bel arbre, apporté en France en 1600, par M. Robin, n.est pas encore assez estimé chez nous. Il vient extrêmement "te. Quand un homme se marie aux Etats-Unis, il arrive Savent qu’il plante en acacias plusieurs acres de terrain, et Ç bout de vingt ans, ia coupe de ces arbres lui suffit pour établir ses enfans. Ce bois, qui ne pourrit ni à l’eau ni à a'r» que les vers n’allaqucnt point, est d’un grain fin, °syez dur et bien veiné. Il est d’un jaune verdâtre, et ses J’yines brunes tirent aussi un peu sur le vert. Il se polit très-,len, et le brillant de son poli offre un salinage agréable 8 l’œil. Ce bois, nerveux et léger, convient mieux que tout 8utre pour faire des chaises.
- Alizier ou Alouehier.
- Cet arbre est malheureusement exposé à être attaqué par les vers, qui, après avoir rongé l’écorce, pénètrent jusqu’au "Eur. Jeune, il est blanc , doux sous l’outil, a un grain très-:ln > et des veines disposées comme le noyer. Il reçoit les mou-*Ures les plus déliées. En vieillissant, il devient rougeâtre, 8cquiert de la dureté, et peut recevoir un beau poli ; il prend hès-bien les teintures rembrunies. Il a quelquefois au cœur des veiiîes d’un beau noir, qui, malheureusement, sont
- cassantes.
- Menuisier. 1. 3
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- Amandier.
- C’est un excellent bois, que les ouvriers nomment faut gaïac ou gaïac de France. En effet, le bas du tronc, quand le bois est bien sec, n’est pas tout-à-fait sans ressemblance avec le gaïac. Quand il est scié avec une scie à denture très-fine , il est luisant comme ce bois exotique, très-pesant, très-dur et imprégné de résine; il est excellent pour faire de* manches de ciseau qui résistent long-temps au maillet : iï est bien veiné, mais très-susceptible de se fendre en spirale' Avant de s’en servir, il faut le laisser très-long-temps sécher à l’air, sans cela il serait impossible d’en tirer parti*
- Aulne.
- Son bois est blanc, facile à teindre, surtout en noir, et le5 ébénistes l’emploient souvent au lieu de l’ébène; il est d’une coupe lisse et nette sur le ciseau. Les sculpteurs et les tourneurs l’estiment, quoiqu’on ne puisse ni le poncer ni le vernir; il reçoit bien les moulures, mais les vers s’y mettent aisément. On l’emploie le plus ordinairement à faire des chaises communes et des échelles, qui ont l’avantage d’être Irès-légères ; mais cet arbre porte des espèces de loupes ou excroissances qui, dans ces derniers temps, ont été tra--vaillées avec succès. Ces loupes sont agréablement mélangées de dessins rouges et moirés; elles présentent l’aspect de l’acajou, et ont le grain de la loupe d’orme; mais le placage qui en résulte est très-tendre, et se raie aisément.
- Azerolier.
- C’est une espèce de néflier. ( Voyez ce mot. )
- Bouleau.
- Ce bois est solide, mais moins dur dans nos climats que dans le nord. Sa couleur est d’un blanc rougeâtre; son grain n’est ni An ni grossier quand il est sec : on en fait des ustensiles de ménage, des sabots, des jougs et autres instrumens aratoires. Il se forme sur le bouleau des nœuds ou loupes d’une substance rougeâtre, marbrée, légère, solide et non fibreuse, recherchées par les tourneurs.
- Buis.
- Uy en a deux espèces, le buis de F rance et le buis d’Espagne. Le buis de France est presque toujours rabougri. Tout le monde sait qu’il est jaune, nuancé de yert, qu’il est assez dur
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- que les tourneurs le recherchent. Souvent il porte à fleut e terre des excroissances ou loupes difficiles à travailler, et ont on fait beaucoup de cas. Souvent on obtient deces loupes une manière artificielle. Pour cela, on fait passer une branle par une virole de fer qu’elle remplit exactement. La bran-no ne peut plus grossir, la sève s’y accumule et la gonfle au-nossous de la virole. Il y pousse d’autres petites branches que l’on coupe, ce qui produit des nœuds; le gonflement oontinue toujours, et l’on finit par avoir une loupe plus facile î travailler et aussi belle que celle que produit la nature. On a,t ressortir les veines de ces loupes à l’aide d’une teinture ? bois d’Inde et d’un mélange d’acétate de fer et d’acide Citrique.
- l’exposition de 1827, on a vu une petite table plaquée ®n huis et vernissée, dont les nuances produisaient uu effet tres-agréable.
- buis d’Espagne est ainsi nommé, parce que c’est sursaut dans les Pyrénées qu’il croît avec abondance. On le trouve * é haute tige, droit et sans nœud. Ses qualités sont celles buis ordinaire; il se polit de même, mais porte rarement de® loupes.
- Cèdre.
- rareté, la beauté et l’incorruptibilité de ce bois l’ont *ei><lu célèbre. Il est excellent pour la charpente et devrait ®tre multiplié. Sa croissance est rapide. Il se plaît dans les grains pierreux, sablonneux et maigres; on pourrait en cou-v^r les coteaux arides, et le placer dans les bosquets d’hiver 011 il ferait un bel effet. Le bois de cèdre est rougeâtre, odoriférant. On a prétendu que les charpentes des temples de ^rusalem et de Diane, à Éphèse, avaient été construites avec Ce bois; mais M. de Feuille fait observer avec raison que cet arbre n’ayant pas plus de vingt pieds de haut, ne peut servir a la charpente d’aussi grands édifices. Le même auteur doute fiocore plus qu’on l’ail employé, comme le rapporte l’histoire, a sculpter la statue de Diane dans le même temple. Ce bois est trop mou et d’un grain trop inégal pour cela ; il se fend en autre très-aisément.
- Cerisier.
- Il y en a plusieurs espèces.
- Le Cerisier ordinaire a l’aubier blanchâtre et le cœur d’un *°uge assez semblable à celui de l’acajou, ce qui le rendrait
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- bien plus précieux pour J’ébénisterie si cette couleur se soutenait. On la fixe bien en partie en y passant de l’eau de chauSi mais alors la couleur brunit et devient moins agréable; c’e*1 pourtant une des plus solides parmi celles qu’on communiq'J* artificiellement. Il est un peu trop tendre pour la grosse menuiserie, ainsi que les suivans, et ne peut d’ailleurs êlre-eu*' ployé pour les ouvrages qu’on exposerait à l’air.
- Le Merisier, dont le bois est plus serré, plus dur que celui des cerisiers ordinaires, prend mieux le poli, et par cette raison mérite de beaucoup la préférence. Mais, comme le cerisier, il pâlit extraordinairemeut en vieillissant, quelle qu{ soit la couleur qu’on lui ait donnée, et sous ce rapport, il es! moins propre que le noyer è l’imitation de l’acajou. C’est, d’ailleurs un bois très-sujetà la vermoulure, et dont les planches sont rarement saines en entier, de sorte qu’il y a bea«' coup de déchet. Néanmoins, quand on le traite par les acide* et quand on choisit un bois riche en accidens, on produit de* meubles très-élégans et très-recherchés. On a vu à Paris de* fauteuils et des chaises de merisier vernis qui étaient du plu* bel effet. C’est surtout pour ce dernier genre de travail qu’o® fait un grand usage de ce bois. Néanmoins, pour les chaise* communes il faut lui préférer l’acacia qui est bien plussolidei et qui deviendrait peut-être aussi beau si on s’étudiait à lf teindre et à lui appliquer les acides.
- Le Guignier est encore plus dur que le merisier. Il es* aussi plus liant, plus roncé. Les planches du guignier ornée* de nœuds font de très-beaux dessus de table. Ces nœuds, vert' olive avec des accidens rougeâtres, blancs ou bruns, se détachent sur un fond vert tendre. On ne doit donc y mettr* une couleur que dans le cas où il ne présente que très-pe11 de nuances.
- Le Cerisier mahaleb, ou bois de Sainte-Lucie, croît el> abondance dans les Vosges, près du village de Sainte-Lucie-Sa couleur naturelle est celle du cerisier, mais il brun'1 beaucoup en vieillissant. Il a une légère odeur de violette-II ne faut pas le confondre avec le bois de palissandre qu’of nous apporte de 1 île de Sainte-Lucie, et qui a une odeur semblable à celle dn mafia,leb.
- Le Cerisier à grappes, ou putter, ressemble beaucoup a*[ précédent, et présente un beau yeinage quand il est débit* en semelle.
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- Charme.
- La contexture des fibres du charme est singulière. Ses bches concentriques ne suivent point une couche exacte-eot circulaire comme celle des autres arbres; elles sont a-«P . s en z‘gzag. Le charme est par conséquent rebours, bcile à travailler, et s’enlève en éclats sous l’outil. En yanche, il fait peu de retraite et est très-dur, ce qui le . nt* supérieur à tous les autres bois pour la confection des trumens qui doivent frapper de grands coups ou opposer e forte résistance. Son grain est serré, il est d’un blanc a > doù il résulte qu’on l’emploie souvent pour faire des ses de damier ou des filets de marqueterie. Il se polit diffi-e*nent ; cependant on en vient à bout quand on l’attaque , ec un outil affûté bien vif. Celui qui vient dans les terrains , biides est mou, sans consistance, et doit être rejeté. Le arWe noueux fournit les meilleurs maillets.
- Châtaignier.
- 9 est un des meilleurs bois pour la charpente et la menui-etrie commune. On en fait d’excellens cercles de tonneaux , ^quelques ouvriers prétendent qu’il ne se retire pas en sé-ant. S’il possédait vraiment cette qualité, on devrait le ^ , rer à tout autre bois pour les bâtis destinés à être pla-j. mais il est maintenant si rare à Paris, qu’on ne le s ingue pas du chêne auquel il ressemble. Il ne faut pas , 01re, comme l’ont dit plusieurs auteurs, que les charpentes 0U Louvre et de presque tous les grands édifices gothiques , été faites en châtaignier. Daabenlon a prouvé que ces arpentes sont en chêne blanc, qui, lorsqu’il a vieilli, a aspect du châtaignier.
- Chêne.
- C’est peut-être de tous les bois celui que l’on emploie Je Jj.bs dans la charpente et dans la menuiserie; il est en effet blicile d'en trouver un qui soit plus propre à cet usage, moiqo’ii ait peu d’éclat, et que son tissu grossier ne permette feûere d’y pousser des moulures. De toutes les espèces, le lene blanc est la meilleure. L'yeuse, ou chêne vert, est cependant plus dur. On trouve quelquefois des loupes de chêne Hui égalent en beauté les bois d’èbénisterie les plus remarquables. Elles viennent de Bretagne, mais ne doivent être
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- employées que fort sèches, parce qu’elles éprouvent un retra*1 considérable.
- Ce bois a tant de débit et d’importance, que nous devo^ traiter de ses différentes espèces en détail.
- lo Chêne de Fontainebleau. — Plus beau que le chêne & Champagne, si connu des ouvriers parisiens, ce bois e-:i moins solide, surtout lorsqu’on l’emploie à l’extérieur des lù timens, Des vers qui le rongent avant qu’il soit abattu, & profondes gerçures, dégradent souvent les planches qui en viennent, et leur font éprouver un assez grand déchet. V trous de vers ont quelquefois jusqu’à neuf lignes de dis' mètre; et alors, le parti à prendre de ce bois, est de l’efli' ployer aux cadres et moulures. D’ailleurs, il est doux à tra vailler, à raison de son grain gros et tendre.
- 2° Chêne des Vosges, — Il fournit un bois très-estimè, ( propre aux décorations intérieures et distinguées des appa( temens. Sa beauté surpasse celle du chêne de Fontainebleau et sa durée égale celle du chêne de Champagne , lorsqu’il e* tenu dans un endroit sec; de plus, il est exempt des défaut de l’un et de l’autre. Sa couleur est belle; son grain très' doux, gros et poreux. On peut en faire des bâtis, cadff et panneaux.
- 5° Chêne de Champagne. — Les qualités spéciales de ce 1# sont la durée et la solidité : c’est celui qu’il faut emplo}'®1 de préférence pour les ouvrages destinés à porter quelquÇ fardeaux. On en fait grand usage, tant à l’extérieur qù l’intérieur des bâtimens, principalement pour les bâtis. SP fils étant droits et fort serrés, le font convenir aux asseifl' blages. Il convient également aux panneaux lorsqu’il est bie( sec.
- Des trains, flottant sur la Marne, transportent ce bois1 Paris : c’est donc un bois flotté, circonstance qui ne dirnim1 en rien sa bonne qualité, mais le rend d’un travail asse désagréable, parce que beaucoup de grains de sable attacha à sa surface le rendent graveleux. Le chêne des Vosges u pas cet inconvénient; d’ailleurs il est débité par des moulin ce .qui rend ses planches plus droites que celles des chênes1^ Champagne et de Fontainebleau.
- Quand le chêne de Champagne est débité sur mailles, 1 est infiniment plus solide et plus avantageux; il se retiref se colline beaucoup moins, et l’on doit toujours le chois|[ débité de la sorte, surtout lorsqu’il est question de panneau'
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- On sait qu’une planche débitée sur mailles fend difficilement, tandis qu’une planche débitée dans le sens contraire se fend souvent d’elle-même à l’air. Outre ce grand avantage, les Vailles, ainsi présentées, rendent le bois beaucoup plus beau, grâce à leurs nuances transparentes, à leur brillant éclat.
- Un seul inconvénient est attaché à l’emploi du bois sur failles. Cet inconvénient consiste dans l’extrême difficulté de rendre exactement unie la surface d’un panneau de bois ainsi débité. Quelque soin que l’on mette à faire agir le ra-i t| il coule toujours un peu sur la maille toujours plus dure et plus saillante que les parties environnantes ; et, quoi 3°.°n fasse, chaque maille présente une légère inégalité, rait-on usage du racioir? c’est encore pis; et, lorsqu’une *aible épaisseur de peinture et de vernis recouvre le bois, eile a,sse apercevoir les mailles imparfaitement polies. Toutefois, les avantages du bois sur mailles sont si importans, qu’on doit, pour se les procurer, se résigner à ce désagrément-là.
- Les anciens en jugeaient bien ainsi, puisque, pour leurs Panneaux, ils choisissaient toujours des planches refendues au contre, et sur mailles, comme nous le voyons dans les panneaux des vieux lambris.
- Chêne du Bourbonnais. — Voici la plus mauvaise espace de chêne : il a beaucoup de défauts. Il est poreux, dur, difficile à travailler, et de plus très-sujet à se tourmenter. Son aubier, fort considérable, se décompose entièrement et tombe en poussière en moins de trois ans; et si l’on néglige d’extraire cette partie, ses vers pénétrent dans le cœur du bon oois, et le perdent aussi quelques années après. Si on en fait usage pour des ouvrages placés dans des lieux humides, d se pourrit; dans des lieux secs, il se pique : aussi, par tous ces motifs, il est rebuté de la menuiserie en bâtimens, et se vend à plus bas prix que toutes les autres espèces de chêne.
- Un de ses désagrémens est d'être mal scié ; on y pvut trouver, dans la même planche, douze et vingt lignes d’épaisseur, d’un bout à l’autre. Son seul avantage est d’offrir, grâce à son débit en deux échantillons variés (je vais expliquer cela ), Une grande quantité de longueur et d’épaisseur qui procure un assortiment considérable avec assez peu de bois.
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- Chêne de Hollande ou du nord.
- Ce bois est plus estimé que nos meilleurs chênes indigènes ; il passe pour réunir toutes leurs qualités; mais son principal mérite est d’être débité sur mailles.
- Si l’on est d’accord sur son bon emploi, on est divisé, en revanche, sur le pays qui le produit. Les uns disent qu’il croît dans le nord, d’où les Hollandais le tirent en grume» et le font ensuite débiter dans leurs scieries mécaniques, ce qui cause un déchet considérable et des échantillons étroits. D’autres prétendent au contraire que ce soi-disant bois de Hollande est notre chêne des Yosges, que les Hollandais transportent en grume dans leurs canaux où ils le laissent séjourner quelque temps, puis ils le débitent sur mailles. Quoi qu’il en puisse être, c’est un excellent bois.
- Débit du bois. — Echantillons.
- J’ai promis, ci-dessus, d’expliquer ce que l’on entend par ces mots, et je vais tenir ma promesse.
- Les échantillons sont les dimensions diverses du bois débité, auxquelles on donne un nom particulier, suivant leur nature.
- L’échantillon de six à neuf lignes d’épaisseur sur huit à neuf pouces de largeur, s’appelle feuillet : il se nomme aussi panneau, parce que les panneaux sont faits principalement avec cet échantillon-là.
- De dix à treize lignes d’épaisseur, sur huit à neuf de largeur, l’échantillon est nommé entrevoux, ou bois de pouce.
- Epais de quinze jusqu’à dix-huit lignes , et large de huit à neuf pouces, il se nomme planche, ou bois de quinze lignes. Cet échantillon sert de base au prix des autres échantillons.
- Vient ensuite un échantillon de vingt et une lignes d’épaisseur sur une largeur de huit à neuf pouces : il ne reçoit pas de nom particulier. On l’appelle planche, ou bois de vingt et une lignes, ou planche de dix-huit lignes lorsque son épaisseur est réduite à ce nombre-là.
- L’échantillon qui suit a le nom de doublette, parce qu’il se compte dans le commerce comme double du bois de quinze lignes. Ï1 a deux pouces à deux pouces et demi d’épaisseur sur onze pouces et demi ou un pied de largeur.
- L’échantillon appelé battant de porte-cochère, parce qu’il n’est guère employé qu’à faire cela, est débité depuis quatre pouces jusqu’à quatre pouces et demi d’épaisseur sur onze
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- P°uces et demi ou un pied de largeur. Il se compte dans le c°mmerce le quadruple des planches de quinze lignes.
- Les bois débités en planches de plus grande dimension que les échantillons décrits, sont tous compris sous le nom gé-oéral de madriers.
- , -Nous allons à présent parler de chevrons ou membrures, e<dianlilions débités moins méplats ou plus carrés. Le che-Vr°n ordinaire se débite à trois pouces d’épaisseur sur trois Pouces à trois pouces et demi de largeur, et se compte au toeine prix qne l’enlrevoux.
- On débite encore un autre échantillon de chevron, plus torl que le précédent. Epais de trois pouces et demi sur trois Pouces trois quarts à quatre pouces de largeur, il est assez ï.ar®> et se vend au même prix que la planche de quinze ‘gnes.
- La membrure se débite à trois pouces d’épaisseur sur cinq Pottces et demi à six pouces de largeur. Elle se vend au même aux que le bois de quinze lignes qui, d’ailleurs, sert tou— j^hrs de base pour les prix, quand il s’agit du chêne de Lhampagne.
- Tous ces échantillons présentent diverses longueurs, de-PUls six pieds jusqu’à douze, et se comptent dans le com-^firce au cent de toise pour tous les bois. Mais la base varie.
- , Insi, pour le chêne des Vosges et de Fontainebleau, c’est ? planche débitée à un pouce d’épaisseur sur neuf pouces e largeur, et d’une longueur de six pieds, qui sert d’unité de base. Tous les échantillons sont réduits au prix du cent ^planches d’une demi-toise, qui produit cent toises cou— rantes ( toises linéaires ) de planches.
- jLe chêne du Bourbonnois, que l’on transporte à Paris, ® est guère débité que de deux échantillons : 1° de planches ePaisses d’un pouce à quatorze lignes, et larges de huit à *euf pouces sur diverses longueurs, depuis quatre jusqu’à Jjouze pieds, et quelquefois plus, ce qui est rare cependant; . ^e planches débitées depuis quinze jusqu’à vingt-deux "gués d’épaisseur, sur neuf à dix pouces de largeur, et, c°mrne le précédent, de longueurs diverses. On trouve quelquefois des chevrons, des membrures et des doublelles, mais rarement. Le chêne de Hollande se compte commerciale-tttent comme le chêne de Fontainebleau et des Vosges.
- Citronnier. ( Voyez Oranger. )
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- Cognassier.
- Bois jaune, d’un tissu serré, assez ordinairement noir *a centre, ^susceptible de recevoir un beau poli. Comme il eS* très—sujet à fendre, il faut le tenir long-temps à la caye. 0° le monte progressivement marche par marche.
- Cormier.
- Plus dur et plus liant que l’alizier, il doit encore être pré' féré à ce dernier bois, parce qu’il est d’un rouge brun plus foncé. Celui de montagne, moins gros que celui de plainei est cependant plus beau et nuancé de veines noires d’un très-bel effet. Malgré sa dureté, il est facile à polir. On l’eni' ploie pour faire les fûts des varlopes, demi-varlopes, rabots et autres outils à fûts. Ce bois, d’ailleurs très-pesant, a pourtant le défaut d’être sujet à se tourmenter. A l’exposition de 1827, il y avait une table à l’antique, très-belle et toute plaquée en cormier.
- Cornouiller.
- Il est brun au cœur et noircit en vieillissant. Sa croissanca est très-lente. II a un aubier blanchâtre avec une légère nuance de rose. Il est dur et d’un grain serré, susceptible de recevoir un beau poli, très-propre à faire des massues de fléau, mais souvent tellement criblé de nœuds qu’il devient impossible de le travailler.
- Cyprès.
- On en compte plusieurs espèces. Le Cyprès commun, originaire du Levant, croît avec abondance dans la plupart des îles de l’Archipel; il vient aussi en France. Son bois dur, très-serré, presque incorruptible, est très-propre à faire des pieux, des palissades, des barrières et autres ouvrages extérieurs pour lesquels il faut des bois de longue durée. Son odeur pénétrante et suave a quelque analogie avec celle du santal. Sa couleur est d’un rouge très-pâle, avec quelques veines brunes.
- Le Cyprès horizontal croît dans les îles du Levant et vient plus haut que le précédent. C’est le principal bois de charpente de l’Asie. Très-bon pour faire des planches, il acquiert en peu de temps la grosseur du chêne, quand il est bien cultivé. Autrefois, dans l’île de Candie, on l’appelait dos filiœ, parce que le prix d’un seul de ces arbres suffisait pour doter une fille. Il résiste aux vers et passe pour incorruptible. Ou
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- s en servait en Egypte pour faire des cercueils qui durent en-J0re- Les portes de l’Eglise Saint-Pierre, construites du ®nips de Constantin, étaient encore en bon état quand, onze s,ecles après, le pape Eugène IV les remplaça par des portes efi bronze.
- Cytise des Alpes.
- Ce petit arbre croît naturellement dans les Alpes suisses, juliennes, et dans le midi de la France. Son bois est très-dur, r®s-souple et très-élastique. En Provence. on l’emploie à »?e des rames et des bâtons de chaises à porteurs. Dans le façonnais, on le courbe en arcs qui, après un demi-siècle, c°nservent toute leur élasticité. Il est assez semblable, par sa j^uleur, à l’ébène vert. Son cœur, d’un vert sombre, est enr 0l>ré d’un aubier d’une couleur tranchant agréablement. Le Pointillé de son fil et ses nervures concentriques, rayonnant u centre à la circonférence, font un bel effet. Il prend bien e P°li, et l’acide sulfurique le noircit profondément, jEbénier {faux ). Voyez Cytise.
- Erable.
- C y en a deux espèces.
- ** Erable commun, ou petit érable des bois, est un bois dur, ?°Ople, liant, assez ferme, et fin comme celui de tous les crables. Il prend un beau poli et est très-recherché quand il 4 beaucoup nœujs_ ga couleur est d’un jaune très-pâle, *?a's l’action de l’eau forte la rend dorée et chatoyante. ^b>rs, quand on plaque un meuble avec du broussin d’é-ïable, traité de cette manière, qu’on l’a poli et verni avec Soia,-il fait le plus bel effet, et peu de bois exotiques lui sont préférables. Plusieurs meubles, construits de la sorte, ont Universellement fixé l’attention aux dernières expositions. ^a loupe d’érable produit encore un plus bel effet, mais elle est rare. Ce bois prend aussi différentes nuances par l’action J’acélate de fer. A l’exposition de 1827, un superbe billard entièrement plaqué en érable ondulé, et un secrétaire, revêtu loupe d’érable et de bois de citronnier mélangés, attiraient attention de tous les connaisseurs.
- L'Erable sycomore se travaille bien sous la varlope. C’est fin bois blanc, tendre, agréablement ondulé et veiné. Il prend fin beau vernis, et l’on recherche le sycomore marbré des fiionlagnes.
- ^1- Varenne de Fenille parle d’une espèce d’érable, qu’il
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- décrit sous le nom d'érable duret et qui croît dans les mot)' tagnes du Jura. Elle paraît peu connue des botanistes; ma': les liabitans de ces montagnes lui donnent la préférence su* toutes les autres espèces d’érable. Son bois est plus dur, moif: sujet à se fendre, et cependant on n’y distingue ni aubier f couches annuelles.
- Frêne,
- Ce superbe arbre forestier est, de tous les grands végétait' de France, celui qui fournit le bois le plus flexible. On en fa1 de bons manches de marteaux, d’excellens montans d’échelle* des montures de scie. Son bois, d’un assez beau blanc, rap de jaune à la séparation des couches concentriques, est pe* serré et assez difficile à raboter.
- Mais ce qui rend surtout ce bois précieux pour l’art q» nous occupe, ce sont ces loupes énormes, que l’on peut quel quefois débiter en quartels de quatre pieds de haut sur quata pieds de large, et dont l’emploi est une des plus précieuse découvertes de l’ébénisterie moderne. On peut en distingue* trois espèces, la brune, la blanche et la rousse.
- La couleur sombre de la loupe brune est, dit-on, le ïe/ sultat des vapeurs méphytiques dont elle se pénètre dans dp fosses de fumier où on les laisse pendant long-temps. Elle* la couleur de la noix de coco, mélangée de dessins d’uü* nuance plus tendre et même de parties blanches, qu’on prefl' drait pour des corps étrangers. Cette variété est sujette à d£f crevassesqu’il faut boucher comme celles de la loupe d’orme Néanmoins, plusieurs ébénistes habiles, pour perdre moins d* temps, se contentent de remplir les petit» vides avec un ipasti1 fait de sciure de bois et de colle forte, qu’ils remplacent quel' quefois avec du vernis au pinceau épaissi à une douce chaleut Quand la crevasse est trop grande, il faut nécessairement col' 1er une pièce de rapport. Celte loupe et ses suivantes, ff elles à travailler en tous sens, reçoivent un poli de glace * imitent le plus beau marbre. On peut y faire les moulures 1£: plus délicates.
- La loupe blanche n’a été soumise à aucune influence élro**' gère. Aussitôt qu’elle est détachée de l’arbre, on la renferB)* dans un endroit sec. Elle n’est pas crevassée comme la préc£' dente. Un beau moiré blanc, mélangé d’une couleur tendr1 café au lait, et parfois d’accidens gris-bleu, forme la teint' primitive de cette loupe. Mais, par les acétates de fer, doi*1
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- composition et l’emploi seront indiqués dans le dernier chapitre de l’ouvrage, on peut à volonté la teindre en beau ^ert jaspé, en brun roux mêlé de gris blanc et de jaune; ®^fin, en brun foncé, nuancé de noir et de rouge sombre. Suivant les plus habiles ébénistes, on doit scier en feuilles la loupe de frêne blanche presque aussitôt que l’arbre est abattu. Alors les feuilles n’ont pas de gerçure. A la vérité elles se tourmentent beaucoup; mais en les tenant pendant quelque tcnips dans un endroit humide, et en les pressant ensuite entre des cales chaudes, on les rend aussi unies que des feuilles oe papier. Il faut avoir soin que les cales soient bien polies et sans défaut. On doit aussi les frotter avec du savon et non Pa® avec de la cire : sans cela, la blancheur du bois serait itérée.
- La loupe rousse est d’un jaune obscur mêlé de roux. M. Dé-^ormeaux à qui j’emprunte ces détails, et qui, le premier, a décrit ces trois variétés, croit que la différence de couleur prônent uniquement de ce que la loupe rousse a séjourné dans e®u et la loupe brune dans du fumier.
- Les ouvriers qui emploient la loupe de frêne en placage ne Rivent pas oublier qu’elle exige des bâtis plus solides que * âcajou.
- Fusain.
- , Avec ce bois, qui est jaune, on fait des pieds-de-roi, des tegles, des fuseaux. Il obéit bien au ciseau, et les sculpteurs Ço font usage; mais c’est un arbuste trop petit pour avoir de * importance. Dans quelques pays, après avoir divisé les branles en copeaux longs et minces, on frise ces lanières et on en des balais à chasser les mouches.
- Fustel. ( Voyez Sumac ).
- Gainier ou arbre de Judée.
- Cet arbre croît spontanément en Espagne, en Italie et dans le midi de la France. C’est un des plus beaux arbres d’agrément. Ses feuilles sont grandes et belles, et au printemps il se ' couvre d’une multitude de fleurs roses. Sa couleur est assez semblable à celle de l’acacia. Quand on le débite à bois de Iji, il est aisé à polir, et son aspect filandreux est agréable. Son aubier blanchâtre tranche agréablement avec son cœur Veft jaune, diapré de veines d’un vert plus foncé.
- Menuisier. 1. 4
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- Genévrier.
- Bois tendre, susceptible d’un beau poli, répandant un® odeur faible, mais agréable, et joliment veiné. Il ne peu1 être utile que pour de très-petits ouvrages ou pour la marqueterie.
- Guignier. ( Yoyez Cerisier ).
- Hêtre.
- Suivant M. Yarenne de Feuille, ce bois ne paraît ni d’un6 grande force ni d’une grande élasticité ; il se tourmente, s® fend avec excès et fait prodigieusement de retraite; le grain n’est pas assez homogène pour recevoir un beau poli. Le* faisceaux de fibres ( prolongemens médullaires ) qui tende»1 de la circonférence au centre sont très-prononcés, de sorte qu® de quelque manière qu’on le débite, la moelle est toujour* très-apparente. Ce bois est sujet à la vermoulure; mais ot l’en garantit en le tenant vingt semaines dans l’eau. On pré' tend aussi qu’il y est moins exposé quand il a été coupé en été’ Ce bois est un des plus employés; il supporte bien le fût1 assemblage, se laisse couper dans tous les sens, et est très-utile pour la construction des banquettes et autres siège* communs. On aurait tort de l’employer,'comme le font quel' ques ébénistes et comme le conseille M. Paulin Désormeau*» pour faire les bâtis et les intérieurs de meubles destinés * être plaqués. Le hêtre même très-sec se tourmente toujour* et finit par faire éclater la feuille de bois plus précieux doD1 on le recouvre. En revanche, c’est après l’orme le bois Ie plus convenabe pour les tables d’établi. A Paris, on en fai* des commodes auxquelles on donne la couleur du noyer, et les frottant avec du brou de noix, qu’on a broyé et laisse pourrir, ou qu’on a fait bouillir dans l’eau jusqu’à ce qu’il se soit réduit en pâte. La fraude est néanmoins facile à découvrir, car les miroirs ou petites plaques luisantes formée* par la moelle abondent sur le hêtre et ne se trouvent pas sut le noyer.
- Le layetier fait grand usage du hêtre ; il l’emploie et planchettes, ou goberges, à une quantité de menus ouvrages^ Houx.
- C’est un bois excessivement dur et blanc. On prétend, dan* plusieurs ouvrages, qu’il ne surnage pas sur l’eau ; c’est un® erreur, puisqu’il pèse à peu près moitié moins que ce liquide-
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- Ce bois est susceptible d’un poli parfait; U est du plus beau blanc possible, et on serait tenté de le prendre pour de l’ivoire, ^omme cette substance, il jaunit un peu en séchant. Les labletiers l’emploient pour faire les cases blanches de leurs uamiers, et comme son cœur un peu noirâtre prend la cou-eur noire plus parfaitement que tout autre bois, on pourrai a.Uss>i le substituer à l’ébène. Par malheur, il est tres-diffi-C|le à travailler, et le fer du rabot doit être bien affûté et très-Pfiu incliné. Ce bois fournit aussi les meilleures baguettes de usd. A. l’exposition de 1827, il y avaitune table dehoux don a blancheur, relevée par des baguettes d’amaranthe, prouvait le plus agréable effet. Une disposition analogue char-biaitégalement, en 1834, tous les regards; d’ailleurs, à cette exposition, le houx se multipliait en incrustations sur le Palissandre, l'angica; mais on a blâmé justement son mélange ®Vec l’ivoire. En effet, les teintes blanchâtres de ces deux ob-J,eV doivent présenter une discordance désagréable. Tout-à-4lt dépourvu de nervures et fort dur, le houx est peut-être utoins propre à faire des incrustations qu’à en recevoir.
- If-
- . M. de Fenille le regarde comme le plus beau de nos bois Indigènes pour la marqueterie. Il souffrela comparaison avec a Plupart des bois que l’on fait venir à grands frais d’Amé-^ue pour le même objet. La couche peu épaisse de son au— lerï d’un blanc éclatantet très-dur, recouvre un bois plusdur enc°re, plein, sans pores apparens, qui reçoit le poli le plus Ÿ,f. et d’un rouge orangé. Sa couleur est d’autant plus foncée q*16 l’arbre est plus vieux. Elle tire plutôt sur l’orangé que Sur le rouge quand le bois est nouvellement employé; mais ?Vec le temps, l’air et la lumière, en le rembrunissant, l’emplissent.
- “ Le hasard m’a fait découvrir, dit le même auteur, q® on pouvait aisément lui donner la couleur d’un pourpre piolet assez vif, qui le rapproche encore plus de la beauté bois des Indes. L’artifice consiste à en immerger des tablettes très-minces, que les ébénistes appellent des feuilles, ûans l’eau d’un bassin pendant quelques mois. Cette opé-ratiou, infiniment simple, développe sa partie colorante de panière à produire le changement avantageux que j’annonce, j °pération réussit mieux et plus promptement si le bois a *°ute sa sève. »
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- Tout ce que dit cet auteur sur ce bois est fondé, et ne peut recevoir aucun reproche d’exagération, quand on sait choisir l’if; car s’il y a des ifs qui sont bien veinés, bien ronceux» il y en a d’autres qui trompent toutes les espérances. Les ouvriers distinguent par cette raison l’if anglais de l’if français. Cette distinction est juste ; mais la dénomination es* fautive, car l’if prétendu anglais, que nous appellerons if noueux, et qui seul est veiné, croît abondamment en France. Cet arbre pousse dans les endroits pierreux, s’élève rarement à une grande hauteur, est tout hérissé, depuis le pied, de petites branches qui se prolongent dans l’intérieur, et forment le roncé. Son écorce est comme rocailleuse et profondément sillonnée dé gerçures, et quand l’arbre a crû dans un terrain ferrugineux, le bois est jaspé d’un violet bien prononcé qui ajoute à sa beauté ; malheureusement l’exiguilé des dessins d« ce bois ne permet pas de l’employer pour de grands meubles. L’if ordinaire, qui est loin d’avoir le même mérite, quoique la couleur soit à peu près la même, est droit, non hérissé de branches, et al’écorce lisse. On peut le veiner artificiellement avec les acétates de fer et l’eau forte.
- Judée (arbre de). Voyez Gainier.
- Lierre.
- Bois léger et spongieux, qui ne peut servir qu’à faire de* polissoirs.
- Lilas.
- Son bois est très-dur et le plus pesant des bois indigènes après le sorbier. Son grain est aussi compacte et aussi serré que celui du buis. Sa couleur est grise, mêlée quelquefois de veines couleur de lie de vin. Les Turcs font des tuyaux de pipe avec ses branches qu’ils vident de leur moelle.
- Lucie {bois de Sainte). Voyez Cerisier.
- Mahaleb. (Voyez Cerisier.)
- Marronnier d’Inde.
- Bois tendre, spongieux, peu propre au chauffage, souvent abandonné aux sculpteurs et aux layeliers. Un ébéniste de Lyon l’a pourtant fait servir à plaquer des meubles qui avaient un aspect agréable; il a été imité par M. Chireau, ébéniste à Paris, qui a présenté à l’exposition de 1827 un très-beau b'd' lard plaqué en loupe d’orme et en bois de marronnier. Le
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- j'acloir suffit presque pour polir ce bois, et il devient très-beau sous la ponce à l’eau. Frotté avec une décoction de bois i Brésil et de Fernambouc, sans alun, il prend bien la cou-eur d’acajou, et devient très-brillant par l’application d’un Vernis. A l’exposition de 1834 le marronnier a été employé en incrustations.
- Mélèze.
- Suivant M. Latour d’Aigues, ce bois serré, n’étant pas rempli de nœuds comme le sapin, est l’émule du chêne par sa flurée, et même le surpasse. Dans des treillages construits Partie en chêne, partie en mélèze, on a vu le chêne se pourrir e premier. Le mélèze n’est point sujet à plier. Très-bon pour ^menuiserie commune, il est employé dans la Provence à aire des tonneaux, et la finesse de son grain retient parfai-eQient les esprits des liqueurs sans altérer leurs qualités. Sui-^ant Miller, qui confirme ces éloges, il résiste à l’action de 3|r et de l’eau mieux que le chêne; mais d’autres auteùrs lui reprochent de se tourmenter et de transsuder long-temps, flaand il est exposé à la chaleur, une résine qui doit en faire Proscrire l’usage.
- Merisier. (Voyez Cerisier.)
- Micocoulier.
- Bois noir, pur, compacte, pesant et sans aubier; il est Relient pour les ouvrages qui exigent de la souplesse, et "uhamel le regarde comme le bois le plus pliant. Autrefois 11 était réputé le plus dur après l’ébène et le buis; il ne c°ntracle jamais de gerçures, et ses racines moins compactes fiae le tronc, sont plus noires. On dit que scié obliquement à couches, il peut suppléer le bois satiné qu’on apporte a Amérique. La couleur n’est pourtant pas la même; néanmoins il est probable qu’il produit alors beaucoup d’effet. Il Se polit bien.
- Mûrier.
- . Ce bois des deux espèces de mûrier est chanvreux et diffi-cde à polir. Le mûrier noir a une couleur plus foncée, assez semblable à celui de 1 'acacia ; le mûrier blanc, dont la couleur est plus claire, n’est guère employé qu’à faire des tonneaux, *1U|, dit-on, communiquent un goût agréable au vin blanc.
- Néflier.
- Ce bois est en grande réputation pour la fabrication des
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- cannes, et convient en effet très-bien à cet usage. II joint Iâ flexibilité à une extrême dureté. Son grain est fin, égal, et paf conséquent on peut obtenir un beau poli; mais ce bois, qul est gris, veiné de quelques nuances rougeâtres, sèche lente' ment et se tourmente beaucoup.
- Noisetier.
- Bois très-flexible, d’une couleur de chair pâle, d’un graifl plein et égal, mais trop tendre pour recevoir un beau polo
- Noyer.
- C’est le rival de l’acajou, auquel les Anglais le préfèrent. Sa couleur est sérieuse, mais elle est belle; il n’existe pas de bois plus doux, plus liant, plus facile à travailler. En le tenant immergé dans l'eau pendant plusieurs mois, on renforce sa couleur, et ses larges veines noires sur un fond brun sont beaucoup plus prononcées. Les racines de cet arbre, qui sont assez grosses pour être employées, ont des veines ondoyées et chatoyantes d’un bel effet.
- C’est en Auvergne que croissent les plus beaux noyers. Le5 veines noires qui les sillonnent ne sont pas des accidens comme dans le noyer ordinaire; elles s’y trouvent constamment, et forment le caractère qui les distingue. On les scie en épais plateaux que l’on envoie à Paris. Quand on veut que ce bois soit encore plus beau, on le fait séjourner quelque temps dans de> fosses de fumier. Lorsque l’on veut céder au caprice de la mode, il est facile de donner au noyer peu foncé la couleur et l’aspect de l’acajou. Nous en donnerons plus bas les moyens. C’est de tous les bois celui qui se prête le mieux à celte imitation, et conserve le plus long-temps la couleur.
- Olivier.
- L’olivier, qui croît en abondance dans le midi, est recherché par les ébénistes et mérite de l’être. Son odeur agréable, *a couleur jaune nuancée par des veines brunes, le beau poli qu’d est susceptible de recevoir, concourent à le rendre précieux. On attache surtout du prix à ses loupes et à ses racines; mais ce bois a l’inconvénient d’être tortueux et fragile : ses couches concentriques ont très-peu d’adhérence ensemble.
- L’olivier se prête particulièrement à une agréable fantaisie» dont M- Youf a exposé en 1854 un exemple lout-à-fait gracieux, c’est-à-dire une jolie table en Mosaïque d’olivier. Ce genre de bois s’obtient en formant des faisceaux de branches
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- d olivier dans les vides desquels on enfonce avec force des c°ins du même bois; puis on donne un trait de scie perpendi-C|dairement à la direction des branches, et l’on obtient ainsi üne sorte de bois d’un aspect très-agréable et très-nuancé.
- Oranger.
- L’oranger et le citronnier sont des bois jaunes, d’ur.e odeur Agréable. Le premier n’est guère susceptible de recevoir un "eau poli; quant au second, il est maintenant fort à la mode. ^ l’exposition de 1823, on vit un secrétaire qui en était re-et maintenant on en fait encore beaucoup de petits ou-*rages de tabletterie, ornés de clous d’acier, tels que néces-Saires, boîtes à thé, etc. Ce bois prend difficilement la colle el fait un mauvais placage.
- Orme.
- Le bois de l’orme ordinaire est aussi précieux que le chêne ; dyr, liant, facile à travailler, et très-propre surtout à faire des pièces cintrées. C’est le meilleur des bois pour le charronnage, les tables d’établi, de cuisine, et les billots de boucher.
- Pour l’ébénisterie , on donne la préférence à l’orme tortillard. dont les fibres sont extrêmement serrées, entrelacées, de sorte que le bois paraît ne pas avoir de fil. Lorsqu’un tenon de bois dur, et qui ne fléchit pas, est enfoncé à grands coups de marteau dans une mortaise creusée dans l’orme, les fibres de ce dernier, forcées de céder à l’impulsion, réagissent entité contre le tenon et le serrent comme dans un étau.
- De nos jours, l'orme tortillard a été employé avec un très-grand succès par plusieurs ébénistes.
- Ce bois est bien nuancé et tout pointillé. Il se polit difficilement, prend bien le verniset ressemble alors à un beau marbre, surtout lorsque des nœuds rougeâtres traversent l’aubier recouvert de bois fait d’une teinte plus foncée, el dont les nuances varient depuis le brun noir jusqu’au rouge carminé. On tire surtout un parti avantageux des têtes d’orme qui ont été régulièrement ébranchées. Néanmoins, on leur préfère eucore les loupes d’orme débitées en feuilles de placage. On désigne par ce nom des excroissances d’une nature particulière formées par l’entrelacement d’une multitude de fibres, et d’un grain très-serré.
- Deux difficultés s’opposent cependant à ce qu’on en fasse un aussi grand usage que semble l’indiquer la beauté de la matière. Ce 'mis est très-rebours et fort difficile à corroyer et
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- à polir ; d’un autre côté les loupes sont presque toujours creusées d’une multitude de petits trous et de petites crevasses. Il n’y a pas d’autre remède que de boucher ces défauts avec un grand nombre de petites chevilles que l’on fixe dans le5 cavités avec un mélange de bonne colle forte et de pousssière fine d’acajou ou de bois de corail. On commence par rempli* les vides avec le mastic, on y enfonce les chevilles après le» avoir trempées dans delà colle, et quand tout est sec on enlève ce qui déborde avec une scie. Mais on sent combien cette opération doit être longue et combien on perd de temps à couper toutes ces chevilles. La couleur un peu sombre des meubles plaqués en loupe d!orme, et leur cherté, qui provient de la difficulté qu’on éprouve à les polir, se sont seules opposées à ce qu’ils deviennent d’un usage général.
- Pêcher.
- Lorsque le pêcher a crû en plein vent, M. Yarenne de Feuille le regarde comme un des plus beaux indigènes qu’oo puisse employer en placage. Loin d’altérer sa couleur, le contact de l’air ajoute à sa beauté. Ses veines sont larges, bien prononcées, d’un beau rouge brun, couleur de tabac d’Espagne, entremêlées d’autres veines d’un brun plus clair. Le grain de ce bois est fin; il reçoit un beau poli; mais il faut avoir soin de le débiter en feuilles, tandis qu’il est encore vert; car, sans cela, il est sujet à se gercer, et alors il y aurait beaucoup de perte.
- Peuplier.
- On en distingue plusieurs espèces.
- Le Peuplier grisaille, que les ouvriers appellent bois gri-sard, forme de belles boiseries qui durent long-temps, si le lieu où on les place n’est pas humide. Débité en petites planches minces et étroites, il sert en Flandre à faire de beaux parquets; on doit l’employer bien sec. Il se laisse travailler sans peine, se prête bien à l’assemblage, et reçoit un beau poli qui manque pourtant declat. C’est un bois très-blanc, moins tendre que les autres bois de même espèce : il présente par-ticulièrementdans le cœur, des veines d’un rouge rose qui ressortent très-bien quand on applique sur ce bois une couleur jaune, composée tout simplement d’esprit de vin et de terra-mérita, couleur végétale extraite de la racine du cucurma. Ainsi préparé, le peuplier grisaille imite le citronnier, et sert pour des intérieurs de secrétaires; mais cette couleur est peu solide.
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- Le Peuplier-tremble. C’est un bois blanc et tendre dont la ^°üge sans nœuds est très-utile aux ébénistes pour faire les Panneaux des bâtis, qu’ils recouvrent ensuite de placage.
- Le Peuplier noir. Cet arbre, qui croît promptement, est Irès-recherché dans le midi de la France pour la charpente légère.
- Le Peuplier d’Italie. On en fait moins de cas que des autres, à cause de sa contexture spongieuse et de la facilité avec laquelle il se pourrit; néanmoins, sa grande légèreté et son bas Prix doivent le faire employer de préférence par les layetiers. one caisse d’emballage en planches épaisses d’un pouce, ’0l)gue de quatre pieds, large de trois, haute de deux, pèse en tremble, quarante-trois livres quinze onces ; en sapin, trente-sept livres treize onces ; en peuplier d’Italie, vingt-*euf livres six onces. Cette différence n’est pas à pas négliger P°ur le commerce.
- On prétend que le peuplier d’Italie ne se retire pas ; et par relie raison les ébénistes lui donnent la préférence pour les Panneaux de secrétaires et de bureaux qui doivent recevoir 1,11 dessus de maroquin ou de basane.^
- Le layetier préfère le peuplier à tout autre bois pour les disses d’emballage, à cause de sa grande légèreté.
- Pin.
- Cel arbre résineux est très-bon pour la charpente; il fournit t* excellens corps de pompe; mais son odeur doit le faire reje-1er de la menuiserie intérieure.
- Platane.
- Ï1 n’est naturalisé en France que depuis peu de temps. "Uffon planta le premier , à Paris, au Jardin des Plantes,
- Bacon fut le premier qui en introduisit un en Angleterre. Let arbre est maillé comme le hêtre ; il se tourmente de même quand il n’est pas employé parfaitement sec. Mais son grain est plus fin ; il reçoit un plus beau poli, et, comme on peut le coupgj. dans tous les sens, on en profite pour faire ressortir ^es accidens et des teintes qui ajoutent à sa beauté. Sa sur-f&ce est quelquefois comme diaprée. Il est d’un blanc un peu ade, qu’on peut aisément relever avec une légère teinture. Qléarius nous apprend qu’en Perse, où on l’emploie pour la Menuiserie, après qu’il a été frotté d’huile, il contracte une couleur brune, mêlée de veines jaspées, qui le rendent préférable au noyer. Sur certains platanes, ou remarque des
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- anneaux tout autour de la tige. Ce caractère indique les aï' bres les plus noueux et ceux qu’on doit préférer pour l’ébé-nisterie. Il y eu avait une jolie table à l’exposition de 4827-
- Poirier.
- De tous les bois, celui-ci est le plus facile à travailler; il se laisse couper et tailler en tous sens sans la moindre diffi-culté. On donne la préférence au poirier sauvage; il est plu» dur, et sa pâte est si fine qu’elle reluit sous le tranchant du ciseau. Il peut recevoir le plus beau poli, et sa couleur jaune est veinée de filets d’un noir d’ébène brillant et d’un rouge brun très-vif. Il reçoit parfaitement lesmoulures donton veut l’orner. Quand il a été cultivé, il est moins dur, d’une couleur rougeâtre, mais toujours facile à travailler. Il prend très-bien la teinture noire.
- Pommier.
- C’est un bois fort semblable au cormier par sa couleur et par ses veines ; il est plus facile à travailler ; mais les planches qu’on en retire se fendent et se voilent à l’excès.
- Le pommier sauvage est, en revanche, un des meilleurs arbres que nous fournissent nos forêts. Il n’est pas sujet à se fendre ; son cœur est d’un beau rouge, son aubier d’un jaune qui devient un peu rougeâtre au poli à l’huile ; des nœuds et des veines nuancent ce fond richement coloré. On peut remarquer qu’en général, les plus beaux bois de nos climats sont ceux que fournissent les arbres fruitiers. Celui dont je viens de parler n’est pas aussi employé qu’il mériterait de l’être.
- Prunier.
- Le prunier sauvage est ordinairement d’un trop petit volume pour qu’il soit nécessaire de s’en occuper. Sa couleur est semblable à celle du pêcher, et il se tourmente beaucoup-
- Le prunier cultivé mérite beaucoup plus d’attention. Ce bois, doux et liant, peut être travaillé avec la plus grande facilité. Ses veines sont variées, ondées de brun et d’un jaune rougeâtre; quelquefois il est parsemé de petites taches d’un rouge très-vif qui rendraient ce bois plus précieux encore si elles étaient plus abondantes. De tous nos bois indigènes, c’est celui qui reflète le mieux la lumière, quand il a été bien poli et recouvert d’un vernis. Les ébénistes de quelques provinces l’emploient beaucoup, et le désignent par les noms de satiné de France, satiné bâtard.
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- Parmi les diverses espèces de prunier, il faut surtout remarquer le prunier dit de Saint-Julien, Sa couleur et ses re-imitent assez bien l’acajou. Rouge au cœur, ce bois est i un blanc yeri près de l’écorce; mais on donne à l’aubier ‘a même couleur qu’au cœur, en l’imbibant d’acide nitrique d’un peu d’eau. Cet acide ( ou eau forte ) n’agit pas sur le cœur. En variant les acides, et surtout en recourant aux Relaies de fer, on peut faire un très-beau veiné artificiel. 'Oyez à la fin du dernier chapitre de Y Art de l’Ebéniste.
- Les ébénistes ne savent pas assez tirer parti de ce bois et du contraste qui existe entre le cœur et l’aubier, auquel on donne une consistance presque égale à celle du bois fait, le coupant en bonne saison après l’avoir écorce un an davance.
- Sapin.
- Pois blanc, très-employé, quoiqu’il soit assez souvent Ooueux, et que ses nœuds se détachent quand il est sec. On 11 en fait aucun ouvrage destiné à être plaqué, parce que les Peines résineuses dont il est traversé prennent mal la colle. Il eonvient bien aux layetiers.
- On divise, à Paris, le sapin en quatre espèces différentes, ®mployées toutes à la menuiserie de bâtiment. Ce sont, 1° le Sapin du nord, ou sapin de Hollande, divisé à son tour en SaPin rouge et sapin blanc; 2° le sapin de Lorraine; 3° le Sapin d’Auvergne; 4° le sapin de bateaux, dont nous parle-r°ns en traitant l’Art du Layelier,
- Sapin du nord ( sapin rouge ).
- Ce genre de sapin , lorsqu’il est de couleur rouge, est le pilleur de tous les sapins, puisqu’il réunit tous les mérites, *a beauté, la solidité, la facilité du travail. Il se coupe bien, ‘°urnit de bons assemblages, résiste à l’humidité plus que le chêne de médiocre qualité, et fournit la meilleure menuiserie bàtimens, après le châtaignier et le bon chêne. Une partie cette supériorité sur les sapins ordinaires est due à la précoce de la matière résineuse dans les fibres du bois ; ce qu’on exprime en disant que l’arbre n’a pas été saigné avant d’être tàattu. La résine qu’il contient alors remplit ses pores, les rend moins spongieux, et par conséquent, moins susceptibles ^ aspirer l’humidité; elle nuance agréablement ses veines, et fend son grain d’un plus facile travail. Aussi l’emploie-t-on P°ur la menuiserie extérieure et intérieure.
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- Ce bois droit en Norvège, où les Hollandais vont le chef' cher, soit pour le vendre en grume aux marchands français soit pour le débiter eux-mêmes.
- Sapin blanc. Il est fort inférieur au précédent. Sa coü' leur est blanche sans aucune veine rouge; son débit a 1^ par madriers de trois pouces d’épaisseur sur huit pouces ^ largeur, et de toutes longueurs jusqu’à vingt ou vingt-quad‘ pieds, vendus au cent de toises linéaires.
- Sapin de Lorraine.
- Il est flotté, et par suite, un peu graveleux ; inconvéni®11 bien compensé par sa beauté, car cette sorte de sapin vie1* immédiatement après celui du nord, quoiqu’il soit bien moi®’ solide. Il en approcherait davantage sans les saignées que* lui a fait subir, et qui lui enlèvent avec sa matière résineux-une grande partie de sa qualité ; qui le rendent dur à trava®' 1er, spécialement pour ses nœuds qui sont d’une dureté sa®; égale ; mais, par compensation, il est plus léger, plus facile' sécher, à prendre la colle.
- II est débité par planches de onze et douze pieds, quisi comptent, dans le commerce, au cent, réduites à huit poucf de largeur sur onze pieds de longueur. La plus grande part|f a un pied de largeur, et un pouce d’épaisseur : le feuillet off®' de semblables dimensions, et n’a que six à huit lignes d’®' paisseur.
- Sapin d'Auvergne.
- Relativement à la qualité, le sapin des montagnes d’Afl‘ vergne a beaucoup de ressemblance avec celui de Lorrain®1 comme lui, il est saigné et flotté; plus que lui, il est dur e) noueux. Relativement au débit, ses planches portent, à l’ordi' naire, douze pieds de long, un pied de large, et quinze lign®' d’épaisseur ; échantillon qu’on appelle sapin de quinze lign®: ou forte qualité.
- Il y a encore un échantillon, nommé madriers, qui compte pour deux planches de quinze lignes d’épaisseur. 1* est épais de deux pouces à deux pouces et demi, large d’u® pied, et long d’une toise; quelquefois plus, mais fort rare' ment.
- Nous ne dirons rien pour le moment du sapin de bateau*! qui convient surtout aux ouvrages bruts; et nous parlerons en passant du chêne de bateaux, qui a tous les défauts du sa' pin, et qu’on emploie seulement à faire des cloisons de cav®s ou des planches à bouteilles.
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- Sycomore, ( Voyez Erable ).
- Sorbier.
- Le plus pesant et le plus dur des bois fournis par les grands arbres de France. Sa fibre est homogène, son grain il prend bien le poli. Sauvage, ses qualités sont à peu Pres les mêmes. Il résiste parfaitement au frottement et à la percussion.
- Sumac.
- Cet arbrisseau, de six pieds de haut environ, croît dans le midi de la France. Son bois est compacte, d’un jaune as-®ez vif, mêlé d’un vert pâle et assez agréable. L’aubier est ®Ianc. Les ébénistes l’emploient beaucoup.
- Tilleul.
- Bois tendre, très-employé par les sculpteurs; mais mauvais P°ur la menuiserie, parce qu’il se broie bientôt sous le ciseau.
- Tremble. (Voyez Peuplier).
- Yeuse. (Voyez Chêne ).
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- CHAPITRE IV.
- DES BOIS EXOTIQUES.
- Acajou.
- On donne aux îles le nom de pommier d’acajou à un arbre <îont le bois est blanc et qui est utile, quoiqu’il soit ordinairement tortueux, parce qu’on s’en sert pour faire des corniches et des cintres. On voit que cet arbre, que Linné appelle anacardium, ne doit pas être confondu avec celui qui fournit l’acajou des ébénistes, et dont le vrai nom est mahogon. Voyez ce mot.
- Agra ( bois de ). Voyez Chine ( bois de ).
- Âgaloche.
- Ce bois est fort célèbre dans l’Orient à cause de l’odeur Agréable qu’il répand quand il brûle. Il y en a diverses espèces, qu’on désigne par les noms de bois d’aigle, bois d’aloès, bois de calambac. Il parait que ces différens noms n’indiquent pas des espèces différentes d'arbres, mais des morceaux du même végétal, plus ou moins foncés en couleur, plus ou moins odoriférans, suivant qu’ils sont pris dans telle ou telle parti e
- Menuisier. 1. 5
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- de l’arbre, ou Suivant que l’arbre lui-même était plus ou moins vieux. C’est un bois résineux, pesant, d’une saveur amère, très-aromatique, Les parties les plus recherchées sont celles qui avoisinent les nœuds, parce qu’elles renferment plus de résine. Aux Indes, à la Chine et au Japon, on le vend au poids de l’or. On sent qu’un bois pareil ne peut être em-ployé qu’à de très-petits ouvrages. Cependant, il en arrive du Brésil et du Mexique, dont le prix est moins élevé ; tantôt il est d'un rouge brun marqué de lignes résineuses et noirâtres, tantôt il est d’un brun vert. Les morceaux en sont assez gros. La variété à laquelle on donne spécialement le nom de bois d’aigle est plus noire, plus compacte et assez semblable à l’ébène.
- Aigle (bois d’).
- Yariété de Yagaloche.
- Aloès. (Voyez Agaloche).
- Amaranthe.
- Bois d’uh violet brun, qui vient de la Guyane. Il est assez dur et prend un beau poli, quoique ses pores ne soient pas très-serrés. Comme sa couleur est sombre, on ne l’emploie avec succès que pour de petits ouvrages et dans la marqueterie. Avant de le vernir, il faut le laisser quelque temps à l’air afin qu’il prenne sa couleur.
- Âmboine (bois d’).
- Ce bois, qui porte le nom de l’île qui le produit, a de nom* breux rapports avec le courbari, le calliatour, etc.
- Angica.
- Les couleurs de ce beau bois sont vives et variées. Le fond jaune présente de belles nervures brunes, dont les tons chauds sont très-agréables à l’œil. TJn tel bois doit rejeter forcément les incrustations : cependant l’exposition de 1854, qui nous a révélé son mérite, nous l’a montré aussi gâté par ces malencontreux ornemens.
- Amourette. Voyez Chine (bois de la).
- Anis. ( Voyez Badiane ).
- Aspalalh.
- On peut en distinguer deux espèces. L’une, dont le bois est noir, et que les ébénistes confondent avec l’ébène, quoi-
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- que ce ne soit pas le même bois; l’autre, qui est d un brun obscur, avec des veines longitudinales plus foncées, assez semblable à une espèce d’aloès, mais ne répandant aucune odeur.
- Badiane.
- Cet arbrisseau croît naturellement à la Chine. Son odeur lui a fait donner le nom de bois d'anis, et ses capsules, très-c°nnues dans la parfumerie, portent celui d’oms étoilé. Ce bois est dur, d’un gris quelquefois rougeâtre et propre à la marqueterie.
- Balatas.
- On donne ce nom à des arbres qui croissent en Amérique surtout à Cayenne. Les espèces qu’on désigne sous le nom j,® balatas rouge, balatas blanc, peuvent être employées dans * ébénisterie, et portent aussi le nom de bois de capucin.
- Balsamier de la Jamaïque,
- On l’appelle vulgairement bois de rose de la Jamaïque. Il ® beaucoup de ressemblance pour l'odeur et la couleur, avec e frai bois de rose ou de Rhodes.
- Bambou.
- Il y en a un grand nombre d’espèces, elles sont peu con-n,,us en Europe; néanmoins, je dois dire quelques mots des Principales.
- . Le Bambou telin croît à Java et à Amboine ; fendu en plu-Sleurs lattes, il fait des bancs, des cloisons, des feuilles de Parquet. Entier, on s’en sert pour des inontans d’échelle ; quand 11 est très-gros, on l’emploie en guise de solives qui ont l’avantage d’être très-légères. Mais, dans les incendies, l’air que ces solives renferment, dilaté par la chaleur, les fait éclater avec explosion.
- Le Bambou ampel-, commun dans loutel’Inde, est très-léger, elsidur, qu’il peut pénétrer les bois mous, et qu’on en fait des c°uteaux avec lesquels on fend les autres bambous en clis-Sage. Les tiges du diamètre de cinq pouces servent à porter palanquins. Les Tissadors, qui recueillent le vin de pal-*jl,Ier, en font des ponts très-légers avec lesquels ils passent d un arbre à l’autre, sans avoir besoin de descendre. Je crois que ce végétal serait utile en France.
- Le Bambou bulu—suy abonde aux Moluques ; son bois ®st si dur qu’il fait étinceler les lames de couteau. Ses arti-culations sont couvertes de gaines ridées comme la peau de
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- chien de mer, avec lesquelles on peut polir le fer et les os. Ce bambou est excellent pour faire des cannes, des flûtes, des supports de ligne.
- Le Bambou outick est le plus utile pour les Européens. Ses articulations, longues d’un pied et presque entièrement ligneuses, sont lisses, luisantes, d’un beau noir; on s’en sert pour le placage et pour faire des tablettes d’écritoire.
- Bignone ébène.
- Cet arbre, de l’Amérique méridionale, produit l’ébène verte-Ce bois, dépouillé de son aubier grisâtre, qui est inutile, est d’un vert olive, semé de veines plus claires. Il ressemble beaucoup au bois de grenadille, est excessivement dur, prend toutes les formes qu’on veut lui donner et reçoit le poli le plus éclatant, Ses fibres sont remplies de résine qui forme une infinité de points rangés en lignes parallèles aux couches concentriques. Cette résine, qui est verte, brunit avec le temps, si on ne prévient pas celelfet par l’application d’un vernis.
- Une autre espèce de bignone donne l’ébène jaune.
- Bourra-courra.
- Le bourra-courra, qu’on appelle aussi bois de lettre, vient à la Guyane hollandaise, où il n’est pas très-commun. Il est d’un rouge cramoisi très-vif, tacheté de mouches irrégulières et noires, qui lui ont fait donner son nom vulgaire, parce qu’elles ressemblent assez aux caractères d’un livre. L’arbre qui le fournit a trente ou quarante pieds de haut. Le cœur est compacte, extrêmement dur, mais un peu sujet à rompre ; il prend le poli le plus brillant. L’aubier, qui est épais, jaune et moucheté de noir, est vendu dans le commerce comme une espèce particulière de bois de lettre.
- B, l'êsillet ou bois de Brésil.
- Ce bois, qui sert surtout à la teinture, est foncé, très-duf et susceptible de devenir très-brillant sous la ponce.
- CalUalour.
- Les teintes de ce bois ont de l’analogie avec celles du palissandre, mais elles sont mieux veinées et d’un aspect plus animé.
- Campêche (bois de).
- Il est fourni par un bel arbre qui s’élève à trente ou quarante pieds et croît abondamment sur les bords de la baie de
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- Lampêche. Comme on l’emploie beaucoup dans la teinture, u forme un objet de commerce précieux. L’aubier est d’un jnanc jaune. Le cœur, que l’on importe seul, est d’un rouge fillant et comme glacé de jaune. Il est un peu difficile à tailler et à raboter, parce que ses fibres sont croisées en différens Sei)s ; mais il prend un beau poli. On recherche beaucoup les Parties noueuses.
- Cannellier.
- Les vieux troncs de cet arbre fournissent des nœuds rési— neux, ayant l’odeur du bois de rose et qu’on peut employer aussi dans l’ébénisterie. Voyez aussi le mot Laurier.
- Cayenne (bois de).
- Il y a, dit M. Mellet, deux sortes de bois de ce nom. L’un est veiné de jaune et de rougeâtre, à grain fin et serré ; l’autre ®st d’un brun rouge, veiné et grisâtre sur les bords. Tous les aeux sont semés de petites cavités remplies d’une espèce de 8°nune ou de résine qui s’évapore à l’air. Cette matière gom-JJ*euse suit les fibres longitudinales du bois, et paraît à bois re bout contenue dans une infinité de petits tuyaux, semés Régulièrement ; ce qui n’empêche pas que ce bois ne se Palisse très-bien.
- Cèdre. Voyez Genévrier de Virginie, et au chapitre précédent.
- Charme d’Amérique.
- L’arbre que les botanistes nomment charme-houblon donne bois dur, brun, très-estimé, et qui porte au Canada, où Croît, le nom de bois d’or.
- Chine (bois de la).
- On donne ce nom à plusieurs espèces de bois très -diverses , sont en général d’un brun obscur, veiné et moucheté , très-durs, faciles à polir, à pores peu visibles.
- On distingue parmi toutes ces espèces le bois d’Agra, qu «st très-odorant; le bois d’amourelle, qui offre aux yeux une Multitude de nuances entremêlées depuis le rose jusqu’au rouge brun très-foncé ; le bois de badiane ou d’ams auquel j ai c°nsacré un article spécial.
- Citron {bois de). Voyez l’article suivant.
- Coco {bois de).
- Ce bois, très-commun aux Antilles et dans presque tous les Pays chauds, est très-dur, très-serré, très-compacte; dans
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- quelques espèces; jaune d’abord, il devient comme les autre* d’un brun sombre, sans veinage, auquel on peut donner un poli de glace. Quelques autres espèces ont une odeur agréable qui leur fait donner le nom de bois de citron.
- Copaiba {bois de ).
- Ce bois est d’un rouge foncé parsemé de taches d’un roug® vif. II est aussi dur que le chêne, et a l’odeur du Fer^ nambouc.
- Condori. (Voyez l’article suivant.)
- Corail ( bois de ).
- Il y en a deux espèces principales; celle qui provient d® condori à graines rouges ou adenanthera pavonia, qui croî1 dans l’Inde, est très-dure, d’un jaune obscur, et peut être confondue avec le santal rouge.
- L’autre est produite par l’eritherine rouge, et nous viefl* des Antilles. Elle est d’une belle couleur de corail, tantôt uniforme, tantôt nuancée de veines d’un brun clair qui !a rendent encore plus précieuse. Néanmoins, comme cette der' nière variété est très-poreuse, elle n’est parfaitement beHe que de fil.
- Quand on fend l’eritherine rouge, elle paraît jaune et rougit que par suite à sou exposition à l’air.
- Cormier des îles.
- Il croît dans les mornes des Antilles et dans les forêts de !J Louisiane, n’a pas d’aubier, prend un superbe poli, est plu* foncé en couleur et mieux veiné que le cormier de France ; auquel d’ailleurs il ressemble beaucoup.
- Çourbari.
- À la dernière exposition, ce bois si remarquable a été avaO' tageusement remarqué, surtout aux superbes pianos de Pleyel. H a tous les caractères du calliatour, et se rapprocb8 ainsi du palissandre.
- Cyprès du Japon.
- Ce bois mou, qui croît aisément au Japon et à la Chin®< prend facilement les empreintes qu’on veut lui donner. O® en fait des boîtes et des petits coffres; mais avant de Veto' ployer, on l’enterre quelque temps, puis on le met macéré dans l’eau ; il prend alors une couleur bleuâtre.
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- Ébène.
- On en distingue un grand nombre d’espèces. Les principes sont la noire qui provient du plaqueminier ébène, du Ujabolo et de l’ébénoxille ; la verte, qui est fournie par la ^‘gnone ébène; l’ébène de Crète, qui est une anthyllide; l’é— ®ne des Alpes ou cytise, que nous avons fait connaître en par-®nt des indigènes; l’ébène de plumier, qui est unaspalalh. ''ayez les mots Plaqueminier, Ebénoxille, Bignone ébène, AsPalath.
- Ebénoxille.
- C’est un grand arbre qui croît à la Cochinchine, à la côte ®, Mozambique et aux Philippines. Il produit une espèce ebène, qu’on nomme ébène de Portugal. Son bois est uu brun obscur ; on y distingue facilement les fibres. Il esl plus dur que l’ébène, mais moins noir.
- Epi de blé.
- On ne connaît pas l’origine de ce bois tout couvert de stries 11 un noir rougeâtre entremêlé de raies couleurde chair beau-c®up plus fines et de petits points ovales, aussi couleur de ctlair, éparpillés sur un fond brun.
- Erilherine. "Voyez bois de corail.
- Fer (bois de). Voyez Sidérodendre.
- Féroles {bois de).
- U y en a trois espèces. L’une est d’un jaune clair; l’autre, u un jaune plus foncé, mêlé de lignes plus claires et plus ob-ScUres; la troisième, d’un pourpre très-vif avec de nombreuses Veines brunes extrêmement fines. Ce bois, qui nous vient de ja Guyane et des Antilles, reçoit un beau poli,surtout quand jlest rouge, et devient alors chatoyant comme le satin, ce qui ui a fait donner le nom de bois satiné. Ces reflets brillans, flui proviennent d’une contexture un peu analogue à celle de la nacre de perle, le font rechercher comme un des plus beaux k°is exotiques.
- Ga'iac.
- Ce grand arbre, de la famille des rutacés, croît abondamment aux Antilles, au Mexique, et surtout à Saint-Domingue, et donne un bois d’une dureté presque métallique. Il a Peu d’aubier; son bois est dur, compacte, pesant, aromatique, extrêmement résineux. Il émousse les meilleurs outils, et c’est le bois qu’on peut employer avec le plus de succès pour les uianches d’outils, les poulies de navires, les roulettes de lit.
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- Quand l’arbre est vieux, le cœur est d’un brun foncé p®u agréable; mais, dans sa jeunesse, il est tout entier d’une couleur plus claire mêlée de veines jaunes et verdâtres. Quel' quefoismêmela couleur jaune domine. Dans ces derniers ca?> il est recherché pour l’ébénisterie, et n’est pas trop diffi' cile à polir; mais pour celte opération, il faut employer l’eau et non pas l’huile.
- Genévrier de Virginie.
- C’est un bel arbre à cime conique et pyramidale, à tronc droit, revêtu d’une écorce rougeâtre, qu’on appelle aussi cèdre rouge de Virginie. Il croît dans les sables les plus arides de l’Amérique méridionale. Dans ces contrées on le recherche pour la charpente, et il sert à la construction de divers us' tensiles. Les pores sont remplis d’une résine amère qui em" pêche les vers de l’attaquer, et le rend précieux pour la me* nuiserie soignée. Ou en fait de très-jolis secrétaires qu’on transporte dans les pays chauds, où ils sont très-utiles pour conserver les papiers. En effet, l’odeur pénétrante et pourtant agréable de ce bois écarte les insectes si nombreux dans celle partie du monde, et qui, sans cela, les auraient bientôt dé' vorés.
- Grenadille.
- Ce bois est dur, se raboLe bien, et reçoit le plus brillant éclat, mais se casse aisément; il est assez joliment moucheté' On prétend que lesiustrumens à vent faits avec ce bois sont les plus harmonieux.
- Heister.
- Le bois qui fournit cet arbre est nommé aussi lois dt perdrix, parce qu’à la Martinique, où il croît, on appelle perdrix les tourterelles qui recherchent ses fruits avec avidité-C’est un bois d’un gris brun plus clair que le palissandre avec lequel on le confond quelquefois. Quand il est débité obliquement, outre les fibres longitudinales, on aperçoit une multitude de petits points et de veines noires transversales» qui sèment la surface du bois, tantôt d’un pointillé délicat, tantôt d’une sorte de réseau très-fin et très-délié. Ce bois prend un poli de glace.
- Jaune (bois). Voyez Mûrier des teinturiers.
- Laurier.
- Les îles de France et de Bourbon en produisent une espèce qu’on appelle laurier cupulaire, et qui est plus grande et plus
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- fort.
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- l'ieque celle qu’on cultive dans nos climats. Son bois sert à a‘re des lambris, des planches, et toutes sortes de meubles 8* menuiserie. Lorsqu’on l’emploie, il exhale une odeur forte désagréable. Sa couleur a de l’analogie avec celle de notre j°yer. Les hahitans l’appellent cannellier, et son bois reçoit ®°m de bois de cannelle.
- laurier rouge de la Caroline mérite aussi notre attention, est un bois fort estimé en Amérique : on en fait de beaux ®eubleS; et Catesby dit en avoir vu des morceaux choisis ‘l11 ressemblaient à du satin ondé.
- Lettre (bois de). Voyez Bourra-courra.
- Magnolier.
- Le magnolier acuminé est un grand arbre d’un excellent pour beaucoup d’ouvrages. Il est très—dur, d’un beau ?rain et de couleur orange. Il croît à la Pensylvanie et réussit en France.
- Mahogon.
- „ Cet arbre, que les botanistes appellent swietenia, nous 0l,rnit l’acajou. Il est d’un beau port. Son écorce est cendrée 61 Parsemée de points tuberculeux. Il croît dans les îles du 5°ue du Mexique, mais commence à devenir rare dans quel-1“es-unes.
- Tout le monde connaît ce bois, un des meilleurs qu’on "aisse employer pour la charpente et la menuiserie. Il peut aervir aux ouvrages les plus grossiers comme aux ouvrages es plus délicats. Les Espagnols, qui ont un chantier de coas-Action à la Havane où ce bois abonde, le préfèrent à tout pour la construction de leurs vaisseaux de guerre, parce 5*1 il est d’une grande durée, qu’il reçoit le boulet sans se etidre, et qu’en mer les vers ne s’y mettent pas. Les Anglais, Jl*11 se le procurent en grande quantité par leur commerce, e f°nt servir aux usages les plus communs ; et nous, nous le Référons à tous les autres bois pour le placage et les meubles ? Prix. On met ce bois dans le commerce en madriers d’en— ^lr°n dix ou douze pieds de long sur une largeur de quatre, etmême davantage. L’acajou se vend d’autant plus cher qu’il Provient d’ un arbre plus vieux; parce qu’en avançant en âge, ® b°*s de l’arbre devient plus compacte, d’une couleur plusfon-j6ei mieux veiné, et susceptible de recevoir un plus beau poli. I 8 nœuds et les accidens de ce bois augmentent son prix et e font rechercher. Il y en a une variété qu’on nomme acajou Moucheté, dans laquelle ces accidens plus nombreux et entre-
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- mêlés de mouches brunes ajoutent beaucoup à la beauté bois. On recherche aussi beaucoup Yacajou ronceux, £lue l’on croirait couvert d’herborisations; c’est celui qui provient de la culasse des arbres. Les racines sont aussi très-belle^ mais elles coûtent d’autant plus cher qu’elles donnent beat1' coup de peine à arracher et qu’on en trouve rarement d’n» gros volume. Il y en a une dernière espèce, que l’on nonin^ acajou bâtard, dont la couleur est ordinairement peu foncée-L’acajou chenille est moins ijouge, moins veiné, et' d’un to® plus chaud que l’acajou ordinaire.
- L’acajou, qui d’abord est d’un jaune rougeâtre assez clair brunit beaucoup en vieillissant, surtout quand il est exposé a® soleil. C’estle poli qui fait ressortir ses veines jusque-là très' peu apparentes ; il en résulte qu’il est extrêmement difficile de le bien choisir quand il est en billes, et que les plus adrod* peuvent se tromper. Il est rare cependant que l’acajou ne soi* pas moucheté quand on remarque à la circonférence de la bil!f des espèces de trous de vers. La partie de l’arbre où coin' mence la division des grosses branches, est celle qui fourn'1 le bois le mieux roncé, quand on fend le morceau fourcb® dans toute-sa longueur, en suivant le milieu des deux bran" ches (1).
- Mancenillier.
- Ce bois américain dure long-temps, a un beau grain, «* prend bien le poli. Il est d’un gris cendré, mêlé de brun, ave® des nuances de jaune. On l’emploie en Amérique à faire de» meubles de prix, et surtout de très-belles tables dont la sut' face est lisse et comme marbrée. Lorsqu’il est vert, l’arbr® contient une sève extrêmement vénéneuse, dont les gouttelette» brûlent comme des charbons ardens. On est obligé, pour l’a' battre, de se couvrir le visage d’une gaze et de prendre de* gants. Comme cette sève conserve long-temps sa propriété délétère, je crois qu’il serait prudent de bannir ce bois de I® menuiserie, ou du moins de ne s’en servir qu’après l’a voit fait long-temps bouillir dans l’eau.
- Marbré (bois).
- C’est une variété du bois de Féroles. Son cœur est nuanc® de veines rouges sur un fond blanchâtre.
- (1) Les journaux anglais ont annoncé que l’exploitation des boi» d’acajou allait prendre un grand accroissement par les soins d’un® compagnie qui y consacrait des fonds considérables et voulait y intro*. ctuire toute la puissance et l’économie des arts mécaniques.
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- Mûrier des teinturiers.
- Il croît en abondance dans les forêts de l'Amérique. C’est grand et bel arbre dont le bois, d’un jaune brillant et doré, polit bien ; il est propre à la teinture et porte aussi le nom de bois jaune.
- Noyer de la Guadeloupe.
- On en trouve beaucoup dans cette île et à la Jamaïque, où est connu sous le nom de fablier. Il ne ressemble en rien, Pour le veiné et la couleur, au noyer de France; il est dur, lisant, d’un jaune tendre, veiné d’un jaune plus foncé, et se Polit bien.
- Or (bois d'). Voyez Charme.
- Palissandre.
- Il vient principalement de l’île Sainte-Lucie, est très-dur, d un brun violet avec quelques veines plus claires, qui forcent souvent de beaux contours, de larges dessins accidentels c°Oime l’acajou. Cependant, naguères, il paraissait monotone, etpeu susceptible de servir à de grands ouvrages, quoiqu’il n°us arrive en fortes pièces. Mais depuis quelque temps il ^prenait insensiblement faveur, et l’exposition de 1854, les e^gans et riches travaux de MM. Chenavard, Bellangé, Du-ta*id, etc., l’ont tout-à-fait placé hors de ligne. Maintenant ®-e bois employé est plus cher que l’acajou, quoique bruts ‘eUr prix soit le même.
- A raison de sa teinte brune, de ses nervures qui n'ont pas couleur beaucoup plus foncée que le fond, le palissante est très-propre à recevoir les incrustations ; à raison de ®a contexture molle, il est aussi très-convenable pour en Lire, 11 exhale une odeur agréable, analogue à celle du bois p® Sainte-Lucie ou Mahaleb, avec lequel parfois on le con-‘°nd à tort.
- Perdrix ( bois de). Y oyez Heister.
- Plaqueminier.
- Le Plaqueminier ébène qui croît à Madagascar, nous fourbit l’ébène, dont tout le monde connaît le noir brillant, le ^eau poli et la dureté. Plus l’arbre est vieux, plus il a de Prix; mais ce bois est sujet à fendre.
- , Le Plaqueminier dodècandre croît à la Cochinchine. Quand ’l est très-vieux, son bois, excessivement compacte et pesant, (S1 d’un beau blanc nuancé de veines noires.
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- Rose ou de Rhodes ( bois de ).
- On donne ce nom à plusieurs espèces de bois venus df! Antilles et du Levant, et même de la Chine, d’une coule,,, rose ou feuille-morle, veinés quelquefois de jaune, de roujf violet et comme marbrés. On les connaît aux Antilles so®! le nom de liseron à bouquet, balsamier, licari ; quand on lf! travaille, ils ont une douce odeur de rose, pâlissent en vie1! lissant, si on ne les vernit pas, et ne se laissent bien polir g0' l’eau, parce qu’ils sont résineux.
- Santal.
- On distingue le santal blanc, le santal rouge et le sa»*1 citrin. Les arbres qui les fournissent croissent aux In^ orientales.
- Le Santal citrin est assez compacte, exhale une ode®1 aromatique, se fend aisément en petites planches. Sa co»' leur est d’un roux pâle, tirant sur le citron, et son odeur *’ analogue à celles du musc, du citron et de la rose réunie-Le Santal blanc est d’une couleur blanche, tirant un sur le jaune. Il est probable que, de ces deux espèces, ' première est le cœur, et la seconde l’aubier dupetrocarf santalinus.
- A l’égard du Santal rouge, on ne connaît pas bien l’art® qui le produit, mais on présume que c’est une espèce ® condori; il est d’un rouge obscur, à fibres tantôt droit*; tantôt ondulées, imitant des vestiges de nœuds, et ne se d>: tingue guère du bois de Brésil que par sa saveur astringeo1'
- Satiné (bois). Voyez Féroles.
- Sidérodendre.
- Il croît à la Martinique. C’est le plus dur de tous l( bois. Quand il est sec, les meilleures haches s’y brisent.^ en fait des meubles de prix et des ustensiles recherchés,' prenant la précaution de le travailler vert ou de le tenir da(' l’humidité jusqu’au moment où on l’emploie. Qn l’app*® aussi bois de fer.
- Swietenia. Voyez Mahogon.
- Violet {bois).
- Moins usitée qu’elle ne l’était autrefois, celte espèce de f lissandre, dont le nom indique la couleur, est marbrée ® veines plus claires et se polit bien.
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- DEUXIÈME SECTION.
- INSTRUMENS ET OUTILS DU MENUISIER.
- Dans presque tous les arts mécaniques, on a besoin d’ap-pareils particuliers, à l’aide desquels la matière première est fixée et maintenue d’une manière invariable et de telle sorte ^Ue leS deux mains soient entièrement libres pour l’exécution des travaux. Mais il n’en est aucun dans lequel les in-strumens de ce genre soient plus multipliés que dans la menuiserie. Indépendamment de ces outils, elle en emploie beaucoup d’autres, qui servent à couper, creuser ou percer le bois, a unir ses surfaces, à lui donner diverses formes ou à tracer l’ouvrage.
- Examinons et décrivons tous ces outils, tout en renvoyant ** d’autres chapitres ceux qui ne servent que rarement et fions une seule opération. Faisons connaître avec étendue tous les outils nouveaux, toutes les améliorations que les anciens ont subies.
- J’ai cru ne pouvoir donner trop de soin à cette importante Partie de mon travail, et je ne saurais assez engager ceux pour qui j’écris, à mettre à profit les documens qu’il renferme. Un fion choix d’outils peut suffire a assurer l’existence d’un ouvrier. Récemment, un de nos savans les plus utiles à l'industrie, M. le baron Dupin, a prouvé, par le calcul, que si un Ouvrier employait mille francs à se procurer d’excellens outils, dès la fin de la première année il en résulterait pour lui Un surcroît de bénéfices suffisant pour le couvrir de l’intérêt fie l’argent, entretenir les outils; et enfin, qu’il y aurait encore un petit excédant, qui, mis de côté, formerait 6,000 fr. ou bout de vingt ans, et 14,000 au bout de quarante-deux ans. De semblables calculs tiennent lieu de conseils.
- Menuisier. 1.
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- CHAPITRE PREMIER.
- INSTRUMENS ET OUTILS PROPRES A ASSUJETTIR LES PIÈCES DE ROIS Qü’ON VEUT TRAVAILLER.
- 1°. l’Etabli.
- C’est sans contredît, de tous les outils de menuiserie, celui dont l’usage est le plus fréquent. C’est sur l’établi que presque tous les travaux s’exécutent. Il sert, soit qu’on veuille raboter et polir une planche sur le plat, soit qu’on veuille la dresser et l’unir par les côtés, soit qu’on ait le projet de la scier transversalement ou de l’entailler.
- On donne ce nom à une espèce de table ou banc, large pour l’ordinaire de dix-huit à vingt-quatre pouces, long de six à huit pieds. Sa hauteur doit être d’environ trente pouces, elle doit varier suivant le plus ou le moins de grandeur de la taille de l’ouvrier, et de manière qu’il puisse travailler commodément. L’instrument se compose de deux parties princi^ pales, la table proprement dite et les pieds. La table est formée d’ordinaire d’un plateau d’orme ou de frêne. L’orme étant le plus pesant et le plus commun des bois qu’on peut employer à cet usage, est, par cette raison, préférable, puisqu’il est alors plus difficile d’ébranler l’établi. Le hêtre qui, comme l’orme et le frêne, a la propriété de ne pas se fendre, fait aussi des tables de ce genre excellentes. Les pieds sont ordinairement en chêne et très-forts, au nombre de quatre otf six, suivant la grosseur de l’établi.
- Comme il est essentiel d’unir les pieds à la table, de la manière la plus solide, on doit les assembler à enfourche-ment double. Ces pieds seront réunis par le bas et à quelques pouces de terre avec une traverse assemblée avec les pieds à tenons et mortaises. On peut, dans le bas de l’établi, pratiquer des tiroirs qui serviront é renfermer des outils; ofl peut le clore en partie tout autour avec des planches qui serviront encore à mieux lier les pieds entre eux.
- La table, épaisse d’au moins trois pouces, est percée bien perpendiculairement d’un certain nombre de trous circulai--res. Ils ont un pouce ou un pouce et demi de diamètre, et sont dispersés irrégulièrement sur la table. A trois pouces à peu près du devant de la table et proche d’une de ses exlrémi'
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- tés, on creuse un autre trou carré ayant deux pouces de côté. Il traverse la table de part en part comme les trous circulaires; ses parois sont bien unies et taillées bien perpendiculairement. Les trous ronds sont destinés à recevoir les valets; dans le trou carré glisse à frottement une boîte ou lige de bois carrée, garnie à son extrémité supérieure d’un crochet dentelé. Lors-tjue le crochet est convenablement enfoncé dans la boîte, il a 1 air d’une plaque de fer mince, triangulaire, fixée à angle droit sur le sommet de la boîte, affleurant avec le dessus, débordant un peu par le devant, de manière à présenter en saillie une rangée de dents aiguës, faisant face à l’extrémité de la table opposée à celle dans laquelle la mortaise carrée a elé pratiquée. On peut, à coups de maillet, hausser ou bais-Ser cette boîte : la hausser en frappant par dessous, la baisser
- frappant par dessus, de telle sorte que le crochet puisse à vo-*°ntè être plus élevé que la table de plusieurs pouces, ou la l°ucher tout-à-fait. C’est contre ce crochet que l’on fixe, d’un c°up de marteau, les planches que l’on se dispose à corroyer °u à polir. Les dents pénètrent dans l’épaisseur ; le mouvement de la varlope, l’espèce de choc qui en résulte les fait enfoncer davantage, et aucune saillie ne la gêne dans son action, puisque le crochet, faisant le sommet de la boîte, est toujours au-dessous de la face supérieure de la planche. À force de haus-s®r et baisser la boite, la mortaise dans laquelle elle glisse s agrandit, le mouvement devient trop libre. Autrefois, il n’y ®Vait d’autre remède que de refaire la boîte; maintenant on a tniaginé de la fixer à la place convenable avec une vis de Pression. A cet effet, l’extrémité de la table est percée d’un tr°u horizontal, parallèle à la longueur de l’établi, et péné— trant jusqu’à la boîte; ce trou est taraudé. On y place une vis a tête large et aplatie qui, suivant qu’on la tourne dans un Sens ou dans un autre, laisse glisser, en se retirant, la boîte garnie du crochet, ou, pénétrant à travers le trou pratiqué dans la paroi de la mortaise, assujettit cette boîte contre la paroi opposée. On sent que la vis doit être assez forte et coupée carrément à son extrémité.
- La fig. l, pl. lre; représente l’établi avec la boîte à crochet et les trous circulaires dont nous devons maintenant expliquer l’usage; après avoir dit que l’établi du layetier n’offre ou plutôt n’offrait point ces trous, ou un tout au plus du c<Hé du crochet, parce que cet ouvrier n’emploie pas de valet.
- Le crochet est suffisant pour assujettir la planche soumise
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- à l’action de la varlope; mais si on voulait scier transversalement une planche, la raboter en travers, la creuser avec le ciseau ou le bédane, on sent qu’on ne pourrait plus en attendre d’effet. Il ne peut servir que lorsque la direction donnée à l’instrument pousse la planche contre ses dents. Dans les autres cas, on a recours au valet.
- Il y en a diverses espèces. Le plus communément employé est un crochet en fer, dont la tige cylindrique a de dix—huit pouces à deux pieds de longueur, et un diamètre d’un pouce à un pouce et demi. La partie supérieure se recourbe et se termine en une pale large et mince (fig. 1, d), qui, lorsque la tige est dans une position perpendiculaire, se trouve presque complètement horizontale. L’inclinaison de la pale et son amincissement doivent être tels qu’elle ne puisse pincer le bois, quand on emploie le valet à cet usage, que par son extrémité. En frappant avec un marteau sur le valet qu’on se propose d’acheter, on s’assure par la nature du son qu’il n’a aucun défaut. Ou doit rejeter tous ceux qui ne sont pas beaucoup plus forts au coude que partout ailleurs. C’est par là surtout que souffre cet outil; et de ce renforcement dépend toute sa solidité.
- Lorsque le valet est placé dans un des trous de l’établi, la tige y glisse commodément dans une position perpendiculaire ; mais lorsque l’on place une planche entre la pâte et l’établi, l’épaisseur de la planche la soulève, et, par conséquent, écarte la tige de sa situation perpendiculaire, pour lui donner une situation oblique. Alors elle glisse avec peine dans le trou et frotte, par sa partie supérieure, contre le rebord du trou, du côté éloigné de la planche, et, par sa partie inférieure, contre la partie inférieure du trou, du côté rapproché de la planche. Si l’on donne quelques coups de maillet sur la tête (d) du valet, la tige enfonce, mais comme la pâte n’enfonce pas en même temps, l’obliquité augmente, la pression de la tige contre les parois du trou s’accroît, le frottement ne permet plus à la tige de couler. Elle est fixée d’une manière invariable, et, par la même raison, la pâte, devenue immobile, fixe à son tour la planche B, en la pressant contre la table de l’établi ; alors la planche peut être sciée, entaillée, frappée dans tous les sens et ne change plus de place. Le valet l’assujettit, par la face supérieure, comme le crochet l’assujettissait en pénétrant dans l’épaisseur. Mais on sent que l’élévation du valet, au-dessus de la surface, ne
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- Permettrait plus de la raboter commodément. Pour dégager j® planche, U suffit encore de frapper le valet par-dessous, à I extrémité de la tige, ou de donner quelques coups à côté de la tète, de manière à détruire l’obliquité.
- Ces coups de maillet occasionnent presque toujours une empreinte de la pâte dans la planche; pour éviter cet inconvé-n|ent, on emploie le valet à vis. La pâte est taraudée et porte üoe vis de pression (fig. 2). Lorsqu’on l’enfonce, elle ren— contre la planche, la presse ; mais, en même temps, élève la pâte par un mouvement uniforme et cause l’obliquité, et, Par suite, la pression.
- La partie de la vis qui touche le bois a peu de surface. II Peut donc en résulter encore une empreinte nuisible aux ouvrages délicats et soignés. On remédie tout-à-fait à ce mal h
- * aide du valet à yis et à écrou, qui n’a d’autre défaut que dêtre d’un usage un peu embarrassant (Voyez fig. 3). Il se compose 1° d’une vis à tête sphérique, percée d’un trou transversal dans lequel est passée une tige de métal, àl’aidede laquelle on tourne la vis ; 2° d’un double crochet se recourbant a droite et à gauche, et se terminant de chaque côté par un Plateau large et épais (B, C) ; 5° d’un écrou (D) placé au-des-s°us du crochet. On peut se dispenser de tarauder le trou du crochet dans lequel passe la vis, et le faire assez grand pour qu’elle y coule librement. La tête de la vis suffit pour faire descendre le crochet. L’inspection de la figure fait déjà dévier P-usage de cet instrument. On ôte l’écrou; on passe la hge de la vis dans le trou de l’établi ; on remet l’écrou de Manière à ce que la table de l’établi se trouve entre le crochet et l’écrou. On place la planche à fixer sous la pâte du crochet et on tourne la vis. La pâte descend, et par suite de c® mouvement, l’ouvrage et la table de rétabli se trouvent serrés l’un contre l’autre entre l’écrou et le crochet. Mais si
- * °n ne prenait pas une légère précaution, une des pâtes des crochets portant sur l’ouvrage, et se trouvant, par conséquent, plus élevée, le bois serait pressé, non par la partie large et aplatie de la pâte, mais par l’angle le plus voisin de lu vis, et il eu résulterait une empreinte. Il faut donc avoir grand soin de maintenir l’horizontalité, en plaçant sous l’autre Pâte un appui quelconque, égal eu hauteur à la pièce de bois que l’on veut assujettir. Ce soin paraît minutieux; mais ce que je viens de dire en prouve la nécessité, et la fréquentation des ateliers la fera encore mieux sentir. A ce premier
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- inconvénient, il faut en ajouter un autre. Chaque fois qu’on veut changer le valet de place, il faut Ôter l’écrou, soulever la vis, puis le crochet, remettre l’écrou, faire tourner long' temps la vis; de là des pertes de temps préjudiciables. Je crois qu’il vaut beaucoup mieux s’en tenir à l’usage du valet ordinaire et du valet à vis de pression, sauf à mettre entre la pâte et l’ouvrage, ou entre la vis de pression et l’ouvrage, un bout de planche bien dressé. On en a toujours de reste, dans un atelier de menuiserie, et il n’en faut pas davantage pour préserver de toute empreinte les bois à ménager.
- Je vais néanmoins encore décrire une troisième espèce de valet, dit valet à bascule, qui a les avantages du valet à vis simple sans avoir ses inconvéniens. La pièce principale de ce valet est assez semblable à un valet ordinaire, ainsi qu’on peut s’en convaincre en jetant les yeux sur la fig. 5* G. Mais la partie supérieure, au lieu de se courber vers la terre, se relève, et au lieu d’être amincie en pâte, finit par un en-fourchement; dans cet enfourchement est fixée, à l’aide d’une goupille, qui lui permet de se mouvoir, comme un fléau de balance, une pièce semblable en tout à l’extrémiie supérieure d’un valet ordinaire. La tôle de cette pièce mobile est taraudée, et porte une vis à tête plate dont l’extrémiie s’appuie sur la pièce que nous avons décrite la première. Quand on tourne la vis de façon à l’enfoncer dans le trou taraudé, il faut nécessairement que celle extrémité de la pièce mobile se soulève. Alors elle fait bascule, l’autre bout terminé en pâte s’abaisse et presse graduellement la planche qu’on a mise au-dessous.
- Les moyens de maintenir les bois sur l’établi ont tous quelque désavantage. Le crochet n’est bon que lorsque l’on pousse la varlope longitudinalement, en dirigeant sa course contre le crochet; et il est quelques bois qu’on est forcé de ra* boter en travers. Les valets occupent une partie de la face supérieure de la planche; et, de ces deux instrumens, l’uo servant à un usage, l’autre à l’autre, il arrive que si, après avoir raboté, on veut entailler ou creuser le bois, il faut mettre le crochet, puis l’ôter si l’on veut raboter de nouveau' 11 en résulte une perte de temps désagréable. Pour éviter cela, on a imaginé, en Allemagne, de serrer la planche à travailler entre deux crochets qui l’assujettissent en pénétrant dans l’épaisseur à chaque extrémité. Les établis qui permettent cette manœuvre ont été introduits depuis peu de temps ea France, sous le nom d’établis d Vallemande.
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- Ces établis, au lieu de porter seulement des trous ronds à placer les valets, sont percés d’une ou plusieurs rangées d'ou-Vertures carréesdans lesquelles on peut placer des mentonnets. Ce sont des tiges de fer carrées, recourbées en crochet au som-Eaet. Quelquefois la partie recourbée est aussi grosse que la Cge; d’autres fois elle est plus mince, plus large et semblable aU crochet de l’établi ordinaire ; elle est aussi dentée dans ce second cas. C’est entre deux de ces crochets que la plancheest «xèe. Mais, pour que le bois soit bien assujetti par ce moyen, d est nécessaire que l’un des crochets puisse à volonté être Serré contre la planche. On y parvient en plaçant un des toentonrtets dans une pièce de bois mobile, placée à l'extrémité de l’établi, se déplaçant d’une certaine quantité par un •mouvement parallèle à la longueur de l’établi, et désigné par le nom déboîté de rappel.
- L’usage decettc boîte de rappel étaul encore peu connu dans *es provinces, je crois devoirdonner, sur sa construction, des détails assez étendus pour que chaque menuisier puisse l’exé-euter lui-même.
- On commence par faire à la table do l’établi une entaille dont la longueur est égale au quart de la longueur totale de ^a table ou un peu moins, et dont la largeur est du tiers de ^ largeur de lalable (voyez fig. 4). On voitdéjà qu’ilfaut que los pieds ne soient pas de ce côté tout-à-fait à l’extrémité de ^établi, sauf à soutenir cette extrémité par un cinquième pied Placé au-delà de l’entaille. Cette précaution est indispensable. On cloue ou l’on assujettit avec des vis, sous la table, une traverse A B, forte et bien dressée, saillante, en avant de l’établi, de manière à être de niveau avec le bord P. Une autre traverse G D, fixée en G, sous l’établi, vient en B s’assembler à queue d’aronde avec la traverse A B. Celte seconde traverse est moins élevée que la première d’un demi-pouce. Sur le côté F de la table on fait une entaille longitudinale assez profonde, puis on refouille sous ses parois et l’on y creuse Une rainure dans laquelle ne planche puisse commodément glisser à coulisse. On peut, si l’on veut, se dispenser de faire mette rainure et se contenter de bien unir les bords de cette entaille destinés à soutenir la boîte de rappel qui doit glisser, aller et venir, portée par ces bords et par les deux traverses.
- La partie principale de la boîte (voyez fig. 5) est lu tète z, formée d’un morceau de bois dur dont les bouts doivent être parallèles à la longueur de l’établi: par conséquent, cette tête
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- se présente à bois de bout contre la paroi G, lorsqu’on la mise en place. Elle est percée dans sa partie supérieure d un trou carré dans lequel ou place le mentonnet ce. Si l’on reut, on fait la tête plus longue, on y perce plusieurs trous, et 1 °n raccourcitlavisde rappel; mais cette méthode est moinsbonne, la tête est moins solide et le mouvement de la boîte est plu* borné. Par-dessous, celte espèce de cube en bois est entaille carrément (voyez fig. 6, la coupe de la tête; Q l'entaille)-C’est dans cette rainure que se loge la traverse C D (fig. 4), destinée à diriger en droite ligne le mouvement de la boîte. Le reste de l’extérieur de la boîte est formé de cinq fortes planches. Celle qui est à l’extrémité plus courte que la têtes (voy. fig. 5) > est percée en k d’un trou destiné à passer la vis li. Elle doit même être formée de deux pièces que l’on assemble à rainure etlanguette, après que la vis a été convenablement placée. L» planche de dessous s’assemble au-dessus de la rainure conductrice creusée dans la tête. Mais la planche de derrière (fig. 7) > qui doit toucher la paroi F (fig. 4) de l’établi, mérite une attention spéciale. Elle est percée d’une longue ouverture, comine le représente la figure 7, et ses bords sont taillés en languette destinée courir dans la rainure creusée sur les bord» de l’entaille F (fig. 4). Si on n’a pas fait cette entaille, il suffit de bien dresser les bords inférieur et supérieur de celte planche ; moins haute, dans ce cas, que celle de devant taillée de manière à pénétrer juste et à coulisse dans l’entaille F, elle s’unit solidement avec la tête, et la figure 6 représente cet assemblage : Q est la tête, b la planche de derrière avec sa double languette. Toutes les planches qui forment la boîte doivent être en bois dur, bien assemblées en feuillures ; il est bon de consolider le tout avec quelques vis placées de distance en distance.
- Venons à la manière de faire mouvoir la boîte. On se sert pour cela de la vis de rappel li. Cette vis, fixée en l dans la têtes (fig. 5), de manière néanmoins à pouvoir tourner, passe ensuite dans un écrou m, dont la queue, passant à travers la fente longitudinale de la planche de derrière, va s’enfoncer en V (fig. 4) dans l’établi, où elle est maintenue à l’aide de deux boulons qui la traversent ( voyez fig. 8). Cet écrou, glissantlibrement dans la fentede derrière de la boîte, ne fait pas corps avec elle; mais la vis est en quelque sorte unie à la boîte par un collet ou gorge circulaire qu’elle porte en V (fig. 5), et dans laquelle s’engagent deux clayettes de fer ,
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- inhérentes l’une à la planche inférieure, l’autre à la planche supérieure de la boîte. La tête i de la vis, percée d’un trou fansversal, sort en /«, comine le représente la figure.
- Si,maintenant, on placela boîte sur la traverse CD {fig. 4), e manière à ce que l’entaille de la tête soit à cheval sur cette h'averse, si l’on fait glisser les languettes de la planche de errière dans les rainures de 1 entaille F, si la queue de ecrou, enfoncée en Y, est solidement rivée avec ses deux °ulons, on verra facilement comment se meut la machine.
- Quand, à l’aide d’une tige de fer placée dans le trou de la ,ete de la vis, on la fait tourner, cette vis, prise dans un e®r°ù, est forcée d’avancer ou de reculer ; et comme d’une part ® *e tient à la tète z, tandis que, de l’autre côté, elle est main-®uue en Y par deux clavettes, elle entraînera la boîte avec ®*le en avant ou en arrière; la queue de l’écrou ne gênera pas a marche de la boîte, puisque la planche de derrière est fen-<,Ue longitudinalement. La saillie de p {fig. 9) de la tête ®rrêtée par l’exhaussement de la traverse AB {fig. 4), au-^essus de la traverse CD, ne permettra plus à la boîte de imiter sa place après qu’on aura fixé ces traverses, qui ne Rivent être définitivement consolidées qu’après qu’on a mis a boîte là où elle doit être, et boulonné la queue de l’é— cr°u. On sent que le dessus de la boîte doit être de niveau aVec le dessus de l’établi.
- Maintenant, avec cet appareil, veut-on fixer une pièce de bois? Rien ne sera plus facile. Soit la planche e c {fig. 9 ); Placez un menlonnet dans un des trous de la table de l’établi; Placez l’autre mentonnet dans la boîte, mettez la planche entre les deux menlonnets, tournez la vis, bientôt le mentonnet Mobile aura, en s’avançant, pressé la planche contre le men-hmnet de l’établi. Si la planche était plus longue, on placerait 1® mentonnet dans un trou plus éloigné de la boîte; mais ces *rousne doivent pas être séparés entre eux par un intervalle plus grand que celui que peut parcourir la boite, afin que son •Mouvement puisse compenser l’écartement de ces trous.
- Cette manière de fixer les bois sur l’établi est solide, invariable. On peut les assujettir ou en long ou en travers, travailler dans tous les sens et dans toutes les positions. Enfin, îuand on se sert de menlonnets dont le crochet est aplati et ^enté, la face supérieure delà pièce de bois et deux des faces latérales sont entièrement libres. En outre, la boîte peut servir de presse dans un grand nombre de cas, et assujettir les
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- pièces que l’on veut refendre ou tailler, en les fixant, à l’aid® de la vis de pression, contre la paroi G de l’établi (fig. 4).
- Nous allons donner une manière plus simple et plus claire de construire cette presse, qui est d’une importance telleroe111 majeure, qu’il est impossible de laisser subsister aucuoe obscurité sur ce qui concerne sa construction. Nous en emprunterons la description au Journal des ateliers, mar* 1829, page 51 en laissant parler le rédacteur.
- « Presse à Vallemande d'après un procédé perfectionne•
- »Les presses allemandes sont une amélioration généralement sentie : elles facilitent considérablement le travail; c'est ce qul nous a déterminés à donner trois modes différens de con-Struction de cet appareil dans notre Art du Menuisier. Non* ne connaissions pas alors celui dont nous allons faire mention....La presse allemande, telle qu’on la fait communé-
- ment, a un grave inconvénient, c’est d’être sujette assez souvent, par suite du travail des bois, à se disjoindre d’avec la table de l’établi : la poussière s’introduit dans la boîte paf l’écartement, elle travail de la presse est promptement entravé. Suivant la nouvelle manière de faire, cette disjonctio11 n’est plus à craindre; on n’a plus de châssis conducteur 1 construire, et l’on n’a plus besoin d’entailler le dessous de la table de l’établi.
- » Ainsi qu’on peut le voir par la figure 165, pl. 6 (l), la vis de celte presse n’offre rien de particulier : seulement le tourillon aestgarni en cuivre ; quant à la boîte (/h?.166), ellen’offre également aucune particularité; construite solidement en hêtre ou en chêne, un de ses côtés, celui qui touche au champ de l’établi, n’est point recouvert ; les deux morceaux qui forment les deux bouts sont très-épais. Le bout a est percé au centre d’un trou livrant passage au collet de la vis. Dans un encastrement b, pratiqué sur son champ intérieur, il reçoit la cle d’arrêt vue de face (fig. 170 A’), qui en entrant dans la rainure circulaire b (fig. 165) forme le rappel.
- » L’autre bout c est percé au centre du côté de l’intérieur de laboîle, d’un trou danslequels’engageletourillona (fig. 165)-Sur son champ intérieur se trouvent en saillie deux tenons à destinés à glisser à pression sentie dans les coulisses dd (fig• 167). C’est dans ce boute que s’implante le mentonnel en fer vu de face et en profil (fig. 170 B’).
- (1) Les additions multipliées apportées à cette édition, et l’ordre dc= figures ont exigé cet intervalle,
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- >> La fig. i 67 représente la partie postérieure de la quartelie table de l’établi, èchancrée à l’endroit occupé par la boîte W.166). On voit en a les trous dans lesquels se place le men-°nnet faisant face à celui planté dans la partie c de la boîte, devant agir concurremment avec lui : on voit en b et en Perspective la pièce de derrière vue à part [fig. 168), et telle Qu’elle se présente lorsqu’on regarde l’établi par son bout P°stérieur.
- “ On voit en e de cette même fig. 168, une mortaise percée travers de la table, dans laquelle s’engage à pression sentie *a queue de l’écrou représenté à part {fig. 169 ) ; en/est l’en-^strure de l’écrou du boulon de devant f{fig. 168); en g la eu*llure [fig. 167) dans laquelle se place le contre-écrou vu 4 Part [fig. 170 C’).
- “Le premier écrou [fig. 169) est maintenu en place, 1° par a Pression qu’il éprouve dansla mortaise e ; 2° par le boulon ,> Passé dans la queue de cet écrou et vissé dans l’écrou i. Ce aulon, dont la tête est noyée, est apparent sur le côté de etabli opposé à celui offert par la fig. 167 : c’est à l’aide de Ceboulon qu’on fait avancer ou reculer l’écrou [fig. 169).
- “Quant au second écrou [fig, 170 C’),il se meut également en j^tit et en arrière, au moyen de la pression qu’il éprouve de a Part de la pièce de derrière (fig. 168), laquelle pression est *)eglèe par l’effort des boulons fk, passant par les coulisses {fig. 170C’). L’encoche m pratiquée en dessous de la queue e.cet écrou etapparente en dessous de l’établi, sert à donner Prise au coin à l’aide duquel on recule l’écrou en le chassant a c°ups de marteau. Lorsqu’il est en place, on le maintient Par la pression des boulons fk.
- » La pièce de derrière (fig. 168) est elle-même un peu mobile J*avant en arrière, et viceversd, les trousdanslesquels passent es boulons fk étant ovalisés à cet effet.
- » Pour percer la mortaise e et placer convenablement la eüillure g (fi,g. 167', il convient de placer d’abord la vis de rap-Pri ifig- 165) dans les écrous (fig. 169 et 170C’) et de faire le tracè; ces écrous étant présentés horizontalement au champ la table de l’établi.
- “ Expliquons maintenant comment ces diverses pièces opé-tentleperfectionnement del’ensemble. Si, par suitedu retrait Pr°duit par ladessiccation, le champ de l’établi (fig. 167) vient ? teculer, le côté correspondant de la boîte (fig. 166) cesse de Joindre. Si ce retrait a eulieu également sur toute la longueur, °Q Se contente alors de tirer les écrous en arrière, savoir : ce-
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- lui fig. 169, en serrant leboulon h, et celui fig. 170 C’, en de8'
- serrant les boulons fk et les resserrant lorsqu’il est repousse'
- On repousse par lemême moyen la pièce de derrière (fig.V&r Si ce retrait n’est que partiel, on redresse et on fait la même opération pour le rapprochement de la boîte. Il en est auss1 de même lorsque c’est du côté de la boîte que le retrait a lieu. On la redresse au rabot si le retrait est partiel; s’il est général, on recule les écrous, et la boîte joint contre l’établi*
- » Cette manière de faire la presse allemande est simple et commode; elle le cède aux autres manières sous le rapport^ grand écartement et de la résistance contre les fortes près' sions; mais elle offre un avantage précieux qui ne se rencofl' trépas ailleurs, celui qui résulte de sa parfaite et constant adhésion contre le champ de l’établi. »
- Ces procédés, pour fixer le bois sur l’établi, ne suffisent pa* encore pour tous les ouvrages qu’on a à exécuter, ’lrès-souveo on a besoin de poser la planche que l'on travaille, non pas “ plat, mais de champ, c’est-à-dire sur la tranche, sur le côte* On n’y parviendrait pas par les moyens que nous avons de' crits. Si on se servait des valets, la planche n’étant pas soit' tenue latéralement, finirait par vaciller et tomber à plat.
- Dans ce cas, on applique la planche contre les côtés de I e' tabli, de telle sorte que son plat en touche les pieds latéralement, Yoici le moyen delà soutenir dans cette posili°n,‘ Au côté de la table de l’établi on adapte une traverse sol*' dement fixée, taillée obliquement à l’extrémité et placée de telle sorte que son biseau (sa partie oblique ) forme un ang'e rentrant avec le bord de la table (Y. fig. i,pl.lr*). Les sont percés de plusieurs trous D. On place dans un de trous une cheville de bois ou un valet plus court que les val«is ordinaires, et que l’on désigne par le nom de valet de pid' On place un valet dans un des lrous.de l’autre pied, et s»( ces deux valets on pose la planche, on la pousse de mani^( à ce que son extrémité s’engage dans l’angle formé par traverse C. Celte pièce de bois l’empêche de glisser le long la table; les valets, que l’on assujettit avec un coup demaill6*' l’empêchent de tomber en avant, et l’on peut commodéro®11 travailler la tranche, y faire des moulures ou les polir, pour*11 que le rabot ou le guillaume soient dirigés contre l’angle $ crochet formé par la traverse de bois. t
- On remarque sans peine, dès la première vue, combic! cet appareil est incomplet et insuffisant; aussi est-il dès*
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- présent assez généralement abandonné. On le remplace avec beaucoup d’avantage par une presse adaptée au pied de l’établi (voyez fig, io). La pièce principale, nommée mors, a la forme d’une grande mâchoire d’étau placée verticalement le long du pied*. Aux deux tiers de sa hauteur à peu près est un trou dans lequel passe librement une vis qui tourne horizontalement dans un trou taraudé, percé dans le pied de l’établi vis-à-vis le trou du mors. Lorsqu’on tourne lavis à l’aide de la tringle mobile qui traverse sa tète, cette vis avance dans le trou du pied, et comme sa tête est trop grosse pour passer à travers le trou du mors, elle serre cette pièce de bois contre l’établi; le bas du mors est assemblé avec une traverse carrée qui glisse dans une mortaise de même forme, oreusée au bas du pied. L’ouvrage qu’on place entre la presse ®t l’établi, soutenu à une extrémité par la vis, et à l’autre Par un valet ordinaire, est maintenu par devant par la presse.
- Souvent on se dispense d’employer le valet de pied en adaptant au-devant du pied de derrière un tasseau placé à la hauteur du dessus de la vis de la presse, et sur lequel on fait porter le boutde la planche opposé à celui que maintient k presse.
- Telle est la presse généralement en usage; mais des ébé-^stes intelligens ont inventé et adopté une presse horizontale rç'drend les mêmes services que la presse verticale, et permet en outre de pincer un morceau de bois ou un panneau de 'a hauteur de l’établi.
- L’extrémité de l’établi, garni de cette presse, est représentée fi9• 10*. Elle consiste, comme on voit, en une traverse hori-2°ntale de dix-huit pouces de long, aussi épaisse que l’établi, contre le bord duquel on peut la serrer à l’aided’une forte vis en bois dur; la tête de cette vis est percée d’un trou propre à recevoir un levier, à l’aide duquel on peut serrer autant •pi’on veut. Celte vis est placée près d’une des extrémités
- la presse; l’autre extrémité, qui répond au bout de l’établi, porte une traverse en bois dur qui s’enfonce dans l’épaisseur delà table à mesure que la presse s’en rapproche. Cette traverse ou conducteur a pour but de maintenir la presse dans Oneposition parallèleau bord de l’établi, et d’empêcher qu’elle ne s'en rapproche plus par un bout que par l’autre ; ce qui Priverait infailliblement quand on serre avec force une pièce Un peu grosse, et ce qui aurait l’inconvénient grave de briser
- Menuisier, 1.
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- les filets de la vis. Pour faire l’espèce d’étui dans lequel Je conducteur glisse à frottement doux, on creuse dans l’extre-mité de l’établi une coulisse de la grandeur convenable, et on la recouvre avec une pièce de bois e, que l’on fixe avec des vis à bois ou de fortes pointes.
- Ordinairement on s’en tient là ; mais le conducteur n’est pas toujours suffisant pour maintenir la presse bien parallèle quand elle supporte un grand effort. Quand on veut n’avoir rien à désirer, il faut y ajouter la vis c, que l’on fixe solidement à la presse, et qui glisse librement, et sans tourner, dans un trou cylindrique creusé dans l’établi ; elle est en fer, à pas très-incliné, et porte un écrou d qui tourne très-librement-Quand l’ouvrage est déjà serré , on applique, en le faisant tourner rapidement, l’écrou contre l’établi ; alors on peut serrer tant que l’on veut, rien ne dérangera le parallélisme delà presse maintenue- à la fois par la vis et par le conducteur. Cette vis, que l’on fait quelquefois en bois, est moins forte que la première dont nous avons parlé. Quand on ne veut pas qu’elle fonctionne, ou quand on veut fermer tout-à-fait la presse, on fait remonter l’écrou dans une encastrure pratiquée à la naissance de la vis. Il va sans dire qu’il faut donner à la table de l’établi une épaisseur assez grande pour qu’elle ne soit pas trop affaiblie par toutes ces ouvertures ; et il est facile de voir que cette excellente presses’associe émerveille aux établis les mieux perfectionnés.
- Peu de mots compléteront ce qu’il nous reste à dire sur l’établi. Sur le côté opposé à la presse, on enfonce à mortaise deux tasseaux espacés d’environ un pied et demi, et saillans de huit à dix lignes : sur ces tasseaux on cloue une planche étroite et longue d’un pied et demi. Par cela seul qu’elle est clouée sur les tasseaux, elle est séparée de quelques lignes de l’établi.Cet appareil, nommé râtelier, sert à placer divers outils, dont la partie étroite passe à travers l’intervalle, tandis que la partie large les arrête et les tient suspendus. On place ordinairement ainsi les outils à manche, tels que ciseaux, fermoirs, etc. Les tasseaux et le râtelier doivent être de niveau avec le dessus de l’établi.
- A côté de ce râtelier, et toujours sur le côté de l’établi, on fixe un autre tasseau; mais celui-ci doit être plus bas que le dessus de l’établi, de deux pouces environ. Il est percé d’une mortaise, et sert à recevoir l’équerre lorsqu’on n’en fait pas usage.
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- M. Erhenberg, fabricant d’outils, rue de Charonne, n° 24, a exposé en 1827 un établi modifié en plusieurs points importes et qui doit être préféré à tout autre par l’amateur qui 'ait de la menuiserie un amusement. Nous allons décrire ces perfectionnemens en peu de mots.
- Cet établi est mobile et se démonte aisément. Les pieds de chaque extrémité sont unis ensemble par deux courtes tra-vprses inférieures et supérieures assemblées à tenon et che— filées. Quand la table de l’établi est en place, elle repose sur les traverses supérieures auxquelles on l’unit avec de longues Vls à bois ; ou bien, plus simplement, on fait entrer les transes dans des rainures creusées sur la table. Lorsque les p!eds des extrémités sont accouplés, ainsi que nous venons de 1° dire, on unit l’un à l'autre ces deux couples de pieds par On moyen facile. Le bas de chaque pied est percé d’une morose. Dans ces mortaises on fait passer deux longues traverses *loi complètent le carré long avec celles qui sont à demeure. Cn fixe momentanément en place ces traverses longues au moyen de clés d’arrêt. Pour cela, l’extrémité de ces traverses taillée en tenons se prolonge au-delà du pied dans lequel elle entre; et cette extrémité saillante est percée d’une mor— taise perpendiculaire dans laquelle on enfonce, à coups de Marteau, la clé ou coin de bois. Toutes ces pièces peuvent donc être facilement montées et démontées.
- Cet établi porte une presse horizontale semblable à celle ^e nous venons de décrire. Il est aussi muni d’une presse d’établi à l’allemande. La seule modification un peu impor-tante qu’il lui ait fait subir, consiste dans la manière dont la vis de rappel est fixée à la boîte. La vis ne porte pas un renflement creusé d’une gorge dans lequel entrent deux clavettes ; mais elle est creusée d’une rainure circulaire ou collet dans *a partie qui passe au milieu de la petite planche qui forme ^extrémité de la boîte opposée à la tête. Cette rainure reçoit One clé d’arrêt formée de deux longues clavettes réunies en One seule pièce à leur extrémité supérieure, de manière à faire par le bas une espèce de fourche ou de fer à cheval dont l’écartement embrasse exactement la vis à l’endroit où elle est amincie par une rainure. Celte clé d’arrct passe à tra-Vers une mortaise pratiquée verticalement dans la boîte au-dessus de la rainure dans laquelle se logent ses deux branches. Qn l’enfonce entièrement dans la mortaise ; mais alors la par-fm inférieure dépasse par-dessous. Comme la partie supé—
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- rieure est taillée en mentonnet, on peut lui en faire remplir les fonctions; pour cela il suffit de faire rentrer la partie inférieure pour que le haut fasse saillie au-dessus de la boîte. Les mentonnets ont leur crochet taillé en mâchoire d’écrou, ce qui leur donne beaucoup de solidité. Le côté opposé au crochet est muni d’un ressort qui leur permet de se soutenir seuls dans le trou de l’établi à diverses hauteurs, résultat qui provient de la pression exercée par le ressort contre la paroi de l’écrou. Et, comme le mentonnet est percé dans sa partie supérieure d’un trou taraudé dans lequel on peut placer à volonté une vis finissant en pointe, chaque mentonnet peut faire les fonctions d’une poupée de tour. Deux de ces mentonnets opposés l’un à l’autre remplissent à merveille les fonctions de la machine à plaquer les colonnes. Enfin, pour coin* pléter, on a placé sur le derrière une longue presse horizontale , régnant d’un bout de l’établi à l’autre, formée d’une longue et forte traverse percée à chaque extrémité d’un trou dans lequel tournent librement deux grosses vis à tète, percées transversalement. Ces vis, qui tournent ensuite chacune dans un trou taraudé, percé horizontalement dans l’épaisseur de la table, servent à rapprocher et serrer à volonté la traverse contre le bord de l’établi. Cette presse est infiniment commode quand on veut travailler de champ quelque longue pièce, ou la plaquer. Elle peut aussi recevoir les poupées d’un tour quand la traverse est convenablement écartée du bord de la table.
- 4 2° Etabli perfectionné.
- M. Fraissinet a pris un brevet d’invention pour un nouveau procédé de construction d’un nouveau banc de menuisier avec ses accessoires.
- Explication des figures qui représentent ce banc dans sou ensemble, et diverses parties accessoires.
- Fig, 245, pl. 7 , élévation de face de cet établi.
- Fig. 246, coupe transversale.
- Fig. 247, plan.
- a, pieds et traverses de l’établi.
- b, deux pièces de bois formant une aile de chaque côté du banc ; chacune de ces pièces est percée de trois mortaises ou coulisses verticales que l’on voit ponctuées en e {fig. 245)<
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- d, six boulons entrant dans, les coulisses e, et se Tissant |*ans la tête du banc : ils servent k fixer les pièces 6 à la «auteur convenable contre les côtés de l’établi.
- e {fig. 246, 247 ), quatre vis servant à presser l’une contre * autre les pièces de bois que l’on veut corroyer ou dresser.
- f, deux pièces servant de support à la varlope; elles ont «e chaque côté, et à leur partie supérieure, un rebord qui c°ule dans une coulisse i pratiquée dans l’épaisseur des ailes b.
- 9, ouverture réservée dans la largeur du banc pour la Marche des crochets h.
- k* quatre boulons passant sous les supports de la varlope,
- servant à rapprocher les crochets et à les serrer contre
- !es pièces de bois à corroyer. Comme dans certains cas ces "°ulons seraient trop courts, on se servira, pour parer à cet •«convénient, de petites planches préparées à cet effet qui Rajustent et qui glissent dans des coulisses pratiquées inlé-rieurement dans les longues traverses supérieures de l’établi : ‘as crochets sont fixés par des vis portant écrou en dessous banc.
- m [fig. 247), servant à assembler aux extrémités les ailes b.
- n, deux emboîtures à coulisse, assemblées aux deux bouts du banc.
- K pièces de bois ou cales laissant des deux côtés un espace four que le fer de la varlope puisse mordre sur toutes les P|èces à corroyer, et pour empêcher la vis e d’appuyer sur les P'oces de bois soumises au travail.
- Les supports et les crochets marchant à volonté, peuvent 'j‘°rs se placer k des distances convenables qui dépendent «es pièces qu’on veut corroyer, et la varlope qui se meut sUr ces supports et que l’on voit de profil {fig. 255), doit avoir une longueur suliisante pour ne pas heurter par ses deux «outs contre lesdits supports. Cette varlope se pousse avec Ratant de facilité que celle dont on se sert habituellement, et lorsqu’elle cesse d’enlever des copeaux , toute la surface sur [aquelle on opère se trouve terminée. Cela fait, on retourne
- les
- opéré
- pièces et on recommence la même opération. Les supports {montent et descendent k volonté avec les ailes b, pour s’ajuster suivant l’épaisseur des pièces de bois sur lesquelles le travail se fait.
- Pour faire usage de ce banc et retirer tous les avantages fiu il est susceptible de procurer, on le charge de la quantité u® bois qu’il peut contenir, placé sur un ou deux rangs, se-
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- Ion la longueur des pièces ; après les avoir préalablement débitées à la scie, tant en longueur que largeur, et lorsqu’on les a assujetties par le moyen'des crochets fixés sur ce banc, on opère avee la plus grande facilité et on met toutes les pièces à l’équerre, face par face, sans qu’il soit nécessaire de marquer aucune pièce au trusquin, ni de faire usage d’équerre. Par cette méthode, une personne quelconque pourra être chargée du travail et faire dans un même temps autant de besogne que quatre bons ouvriers qui se serviraient des outils ordinaires.
- L’appareil que l’on voit de côté et en plan {fig.^â et 254), est établi pour monter des cadres de tableaux, estampes, etc.; il est formé d’un plancher a, destiné à recevoir les pièces de bois déjà préparées à onglet, et d’une traverse diagonale b qui est fixée à ses extrémités par deux vis c ; celle même traverse porte, dans son milieu, une troisième vis à servant à assujettir la pièce.
- Fig. 256 et 262, élévation et plan d’un mécanisme propre à former une quantité de tenons à la fois et d’un seul trait; on le charge d’autant de pièces de bois qu’il en peut contenir et qu’on assujettit par quatre vis à poignée 6, vissées dans 1* traverse supérieure e; les bouts appuyent sur une pièce de bois d. On commence le travail par tracer un trait à l’équerre sur le bout des pièces de bois auxquelles on veut pratiquer des tenons ; on passe le rabot représenté sur deux faces, (fig.260 et 261 N’), pour dresser le bois de bout jusqu’à ce qu’on soit arrivé au trait qu’on a tracé. On fait ensuite les arrase-mens avec la scie montée en forme de bouvet, que l’on voit sur deux faces (fig. 266 et 267), à la profondeur et à la distance convenables; il serait même à propos d’avoir un second bouvet de même forme pour faire une seconde incision au même degré de profondeur au milieu du bois à enlever, pour former la face entière des tenons, attendu que ces deux empreintes donneraient beaucoup de facilité pour enlever le reste avec le guiîlaume. On tourne ensuite le mécanisme pour achever le* tenons de la même manière, du même bout; et l’on agit de même pour l’autre extrémité de la pièce de bois, si elle doit porter un tenon.
- Fig. 248, 249, élévation et coupe horizontale d’an mécanisme propre à former les onglets; ce mécanisme et celui qul est représenté fig. 255 et 254, s’assujettissent sur un banc quelconque à l’aide d'un ou de deux valets.
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- Fig. 285, racloir, dont la forme peut être celle d’un rabot fond, d’une varlope, d’une mouehette ou d’une moulure quelconque : il dresse et polit le bois sans laisser d’inégalités.
- Fig.250, 251,2S9, vue, surtroisfaces,d’unoutilau moyen duquel on fait avec célérité aux extrémités des bois coupés d’onglet, des mortaises sans risque de fendre le bois, pour peu qu’il reste d’épaisseur en dehors de ces mortaises.
- Fig. 257, plan d’un châssis épais propre à faire des coffres et autres objets, formant onglet à chacun des quatre angles. Huit vis a, dont on ne voit que quatre dans la figure, parce que les autres sont placées directement au-dessous de celles-ci dans l’épaisseur des côtés du châssis, servent à rapprocher les côtés b, c de la boîte qu’on veut former; des deux autres côtés d, e sont appliquées contre deux des côtés du châssis. Hans chaque angle, il y a de petits crampons en fil de fer qui se grippent dans l’épaisseur des bois, à l’endroit des onglets.
- Fig. 258, racloir en forme de rabot à deux manches, pour arrondir et adoucir les pièces de bois.
- Fig. 261 O’, autre racloir dont la coupe est la même que celui en usage, et qu’on peut monter indifféremment à un ou deux fers pour dégrossir les pièces qu’on veut arrondir.
- Fig, 258 L’etM’, élévation et coupe verticale d’une machine destinée au même usage que celle représentée fig. 248 et 249.
- 5° Les Presses.
- 11 y en a plusieurs espèces; dans toutes, une ou plusieurs vis forment les pièces principales. Leur principale destination est d’assujettir l’ouvrage lorsqu’on veut le débiter ou le coller,
- La presse horisontafo est ainsi nommée à cause de la direction de son mouvement et de la position dans laquelle on la place sur l’établi. Elle se compose de deux pièces de bois, dont les quatre faces sont bien dressées, percées chacune et à égale distance de chaque extrémité, de trous taraudés destinés à recevoir des vis à tête percée (fig. 11,pl. lre). Dans les trous des têtes de vis, on fait passer des boulons de fer à l’aide desquels on tourne successivement chaque vis d’une égale quantité. Ce mouvement force les traverses de bois à se rapprocher ou à s’écarter, et par conséquent aussi à serrer plus ou moins l’ouvrage placé entre les deux traverses. Gette presse se couche sur l’établi, où il est facile de la fixer à l’aide du valet.
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- Le mouvement de la presse verticale (fig1.12) est tout différent. Elle se compose 1° d’une traverse de bois placée horizontalement, et dans laquelle sont assemblées et fixées avec solidité deux vis s’élevant bien parallèlement entre elles, et verticalement par rapport à la traverse; 2° de ces deux vis ; 5° d’une deuxième traverse de bois, percée de deux trous, dont le diamètre est plus grand que le diamètre des vis, de manière à donner à celles-ci un libre passage; 4° de deux écrous ou osselets taraudés qu’on fait tourner autour des vis, soit avec des oreilles, soit à l’aide d’une clé. Si ces écrous sont placés près de l’extrémité la plus élevée de la vis, il deviendra facile de hausser jusqu'à eux la traverse supérieure, de placer l’ouvrage entre les deux traverses, et d’assujettir celle de dessus contre l’ouvrage en la pressant avec les osselets qu’on fait tourner à cet effet. Cette presse maintient l’ouvrage dans une position horizontale, et on la fixe sur l’établi avec le valet, ce qui devient facile, puisque la traverse inférieure est plus longue que la traverse supérieure. On l’emploie souvent à maintenir le placage; mais plus souvent on a recours, dans ce but, au châssis d’ébéniste.
- C’est encore une espèce de presse plus compliquée, mais d’un usage plus sûr et plus commode que la précédente. Imaginez un châssis solide et quadrangulaire, formé de quatre pièces de bois solidement assemblées [fig. 13). C’est de la manière dont est fait cet assemblage que dépend la bonté de la machine. Les vis tendent toujours, par leur effort, à séparer la traverse inférieure de la traverse supérieure ; il faut donc que ces traverses soient solidement assujetties dans les montans. Pour cela, on les assemble ordinairement à tenon et à mortaise; mais peut-être vaudrait-il mieux tailler en fourche la traverse, et faire pénétrer dans l’enfourchement le montant entaillé à cet effet sur les côtés. La supériorité de cet assemblage paraît incontestable, puisque, par ce moyen, on réserve plus de force aux traverses qui fatiguent bien davantage. La face interne des montans est creusée d’une rigole ou rainure, commençant au-dessous de la traverse supérieure, et allant jusqu’au-dessous de la traverse inférieure. Entre ces deux traverses se meut librement une traverse mobile, terminée à chaque bout par une languette ou tenon qui glisse dans la rainure des montans et empêche la traverse mobile de sortir des châssis. La traverse supérieure est percée perpendiculairement de plusieurs trous également espacés et
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- taraudés, c’est-à-dire dans les parois desquels on a creusé Un pas de vis. Dans ces trous se meuvent des vis à tête per— ®ee> et dont le filet saillant pénètre dans la partie creuse de *a vis dont le trou est intérieurement revêtu. Leur extrémité Porte contre la traverse mobile, et la presse de toute leur *°rce contre la traverse inférieure. La traverse supérieure U est là que pour guider la vis et lui servir de point d’appui.
- On peut multiplier les vis à volonté, de manière à augmenter aussi à volonté la force de la presse; on peut en faire ^e diverses grandeurs, dont les montans sont plus ou moins espacés, de manière à permettre l’introduction,entre les deux ^averses, d’ouvrages plus ou moins étendus. Enfin il est Possible d’employer plusieurs de ces presses à la fois. Si, par exemple, on voulait coller du placage sur un panneau très— *0ng et maintenir solidement la feuille mince de bois précieux, tandis que la colle sèche, on pourrait faire passer le tout à travers trois ou plusieurs châssis ; et en faisant faire le même Nombre de tours à chaque vis, dont nous supposons les filets également inclinés, presser l’ouvrage d’une manière égale aUx extrémités et au milieu.
- Les presses à main doivent être, comme l’indique leur n°m, plus commodes à manier. Elles sont formées par un châssis rectangulaire, dont l’un des montans est une vis à tête percée qui glisse et se meut dans un trou taraudé à l’extrémité de la traverse supérieure, et dont le bout presse 1 ouvrage contre la traverse inférieure. Pour que les trois Pièces fixes soient solides, il est indispensable de les assembler à tenon et à mortaise, ou, si l’on aime mieux, à enfour-chement double; il y a encore suffisamment de solidité, même dans ce dernier cas. De simples chevilles s’opposent .seules, 'lest vrai, à ce que les traverses, que l’on nomme aussi les branches de la presse, sortent de l’enfourchement creusé dans Ie montant ou la pièce fixe, verticale et parallèle à la vis." Mais, comme la vis est située à l’extrémité de la branche, son mouvement tend moins à faire sortir verticalement la branche hors de l’enfourchement, qu’à soulever une de ses extrémités, et à lui faire décrire une portion de cercle autour des chevilles, qui alors serviraient de pivot. Mais l’extrémité de la branche, taillée en forme de double tenon, appuyant à plat s»r le fond de l’entaille creusée dans le montant, produit l’effet d’un levier, et s’oppose à cet effet tant que les chevilles ne cassent pas. L’effort qu’ont à supporter les chevilles n’est
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- même pas aussi grand qu’on pencherait à le croire, parce que l’arrasement, c’esl-à-dire l’excédànt d’épaisseur de la branche sur le tenon, s’appliquant exactement contre la face latérale du montant, forme encore un levier qui trouve à son extrémité supérieure un point de résistance efficace dans cette face latérale. Souvent la tête de la vis, au lieu d’être percée, est octogone ou exagone (à 6 ou 8 pans), ce qui permet de la faire tourner à la main, sans recourir à un boulon.
- Souvent on fait ces presses en fer. Alors elles sont plu5 petites, et le montant ne forme qu’une seule pièce avec les deux branches. Dans ce cas, la tête de la vis est ordinairement à oreilles.
- L’usage de ces deux presses est le même ; il sert à assujettir les petites pièces que l’on veut coller ensemble, ou à fixer les grandes pièces par les bords. Rien n’empêche de les multiplier, et d’en employer plusieurs en même temps; mais) quand on s’en sert, comme le bout de la vis porte immédiatement sur l’ouvrage, et que la pression a lieu sur un espace de peu d’étendue, on a à craindre des empreintes qui détérioreraient des ouvrages délicats. Il faut alors placer, entre la vis et la pièce de bois qu’on travaille, un intermédiaire plus ou moins flexible et d’une forme appropriée à la circonstance. »
- 4o La servante.
- Il arrive souvent, lorsqu’on travaille de grandes pièces, qu’elles ne peuvent pas porter entièrement sur l’établi. Si elles le dépassent de beaucoup, si elles sont minces et susceptibles de se courber par leur propre poids, il devient nécessaire de leur donner un point d’appui. C’est à quoi l’on parvient à l’aide de la servante, instrument construit pour fournir un support transportable, et dont la hauteur varie à volonté (fig. 14).
- Sur un pied massif ou à quatre branches, et pour lequel la pesanteur est un mérite, puisqu’elle augmente la solidité, s’élève verticalement une pièce de bois plus large qu’épaisse. Sa hauteur doit surpasser au moins d’un tiers celle de l’établi. Sur l’un de ses côtés elle est garnie de dents ou taillée en crémaillère. Ce travail est facile. Pour l’exécuter, on divise en parties égales le côté de la traverse. Ou la couche sur l’établi, et à chaque division on scie jusqu’à la profondeur d’un pouce ou dix-huit lignes, de manière que le
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- lrait de scie soit bien vertical. Cela fait, on place la scie à la surface sur la première division, et lui donnant une position oblique, on la fait aller et venir de façon que, coupant depuis extrémité supérieure de la première division jusqu’à l’extré-Unté inférieure de la seconde, elle enlève par ce mouvement, en diagonale, une pièce de bois triangulaire. On répète la tttême opération à toutes les divisions. C’est le long de ce jüopiant que se meut le support ; ce sont les dents qui doivent *e retenir à la hauteur qu’on désire. A cet effet, la partie plane des dents est tournée vers le haut. Le support glisse le °ng du côté uni du montant opposé à la crémaillère. II porte une bride en fer retenue par une goupille qui lui sert du pivot, autour duquel elle peut décrire des portions de Cercle. Lorsque cette bride est dans une position horizontale, croise la traverse à angle droit, elle est plus grande que es dents de la crémaillère, et leur livre un libre passage; fr'ais si on laisse le support livré à lui-même, son poids fait Prendre à la bride une position oblique; son ouverture n'est Plus suffisante, et l’extrémité de la bride est arrêtée par les dents. La pesanteur de la pièce que l’on pose sur le support c°ntribue à le fixer d’une manière plus invariable. Si on le bouve trop bas, on le soulève et on fait passer la bride pardessus une dent plus élevée; il faudrait faire l’inverse si on v°ulait 1® baisser. Pour compléter tout ce qu’il y a à dire sur £et instrument commode et souvent indispensable, il me suf-lra d’ajouter que les dents ne doivent pas être trop espacées, ‘‘fin qu’il y ait plus de variation dans les différais degrés de ^auteur du support, et que l'une d’elles doit être placée de s°rte qu’on puisse mettre le support de niveau avec le dessus de l’établi.
- 5° Les Sergens.
- Les instrumens que j’ai déjà décrits comme propres à Maintenir l’une contre l’autre deux ou plusieurs pièces de huis que l’on veut coller ensemble, ne peuvent être employés ^ue pour embrasser l’épaisseur des pièces, lors, par exemple, lue l’on veut unir deux planches par leur surface la plus large, °u joindre à une planche une très-mince feuille de bois préaux. Mais on n’a plus la même commodité lorsqu’il faut col-^er deux planches par la tranche. Quelle serait alors la presse assez large pour embrasser la largeur des deux planches à la *°is ? Pour les placer d’ailleurs sous la presse, il faudrait les
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- poser debout sur leur côté le plus mince, les mettre de champ) et la base étant extrêmement étroite, elles ne pourraient que bien difficilement se maintenir dans cette position. Pour pe° que celle base ne fût pas parfaitement dressée, parfaitement plane, la pression de la vis suffirait seule pour tout déranger-Il a donc fallu chercher d’autres instrumens. Tels sont le* sergens. Il y en a de plusieurs sortes; je n’en décrirai que deux, parce qu’ils peuvent suffire à tous les cas, qu’ils sont simples, commodes, et ne diffèrent des autres que par le défaut de quelques accessoires plus gênans qu’utiles.
- Le plus ancien et le plus simple, le seul qui fût connu du temps de Roubo, dont le volumineux ouvrage sur la menuiserie ne sert plus guère qu’à constater les immenses progreS que cet art ou ce métier ( comme on voudra l’appeler ) a fait* depuis cinquante ans, se construit toujours en fer. C’est une tige carrée dont la longueur varie depuis dix-huit pouces jusqu’à six ou huit pieds. A son extrémité, elle est recourbée de manière à former un crochet (voyez fig. 15). Cette portion du sergent, que l’on désigne sous le nom de mentonnet, a trois ou quatre pouces de courbure pour les petits sergens, et si* pouces pour les plus grands. Un autre mentonnet mobile A glisse le long de la tige du sergent. C’est une autre petite tig0 de fer, longue de trois à six pouces, courbée presque à angle droit à une des extrémités, percée à l’autre d’une douille carrée P d’un diamètre intérieur un peu plus grand que la tige du sergent. La petite surface plane que l’on ménage à l’extrémit0 inférieure de chaque mentonnet, est rayée en différens sens» afin de ne pas glisser sur le bois. Voici maintenant la manière de se servir de cet instrument. Supposez que l’on ait à serrer et maintenir deux planches collées par la tranche. Après 10S avoir posées sur l’établi, ou sur deux tréteaux, on applique I0 mentonnet fixe contre l’un des côtés, l’une des tranches de l’assemblage; on fait glisser l’autre mentonnet jusqu’à ce qu0 la portion recourbée vienne aussi s’appuyer contre l’autr0 tranche de l’assemblage. On donne alors quelques coups d0 marteau sur la douille du mentonnet mobile, que l’on nomm0 aussi la pâte du sergent, pour le rapprocher du mentonnet fixe. Alors la pale prend une position oblique, parce qu’ell0 peut avancer par le haut, tandis que les planches l’empêchent d’avancer par le bas. La vive arête interne dans la douille s’abaisse du côté du mentonnet immobile, presse la face supérieure de la tige du sergent, et comme celte face n’est paS
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- polie, le frottement de cette partie anguleuse de la douille sur cette surface rugueuse suffit pour maintenir en place la pâte ; et par conséquent, les deux planches que celte pâte rapproche par sa partie inférieure. Cet effet de frottement est analogue à celui qui empêche la tige du valet de courrir dans le trou de ‘établi, après qu’on a placé sous sa pâte une pièce de bois *101 lui fait prendre une position inclinée. Mais, si la théorie de ces deux genres de pression est la même, les inconvéniens 8°nt semblables dans l’un et l’autre cas. Il faut donner des coups de marteau sur la douille du mentonnet mobile, comme Sur la tête du valet. De là, des secousses, des chocs irrégu-l’ers; de là, des empreintes nuisibles à la perfection de l’ouvrage.
- Tout cela n’a pas lieu avec la seconde espèce de sergent dont la manœuvre, en revanche, est moins rapide. On le construit souvent en bois, et le menuisier aura l’avantage de Pouvoir le faire lui-même. Il se compose d’une pièce de bois, longue d’environ cinq pieds, moyen terme, large de trois ou Quatre pouces, épaisse de deux. D’un côté, sa tranche est taillée en crémaillère comme le montant d’une servante. Les dents de cette crémaillère soutiennent, à l’aide d’une bride en métal, un support absolument semblable à celui de ce dernier tostrument, mais dans des dimensions différentes; il est plus lorge et beaucoup plus épais; c’est le mentonnet mobile de cette espèce de sergent, et cela suffit pour connaître quelles doivent être ses proportions. A l’extrémité de cette tige vers ^quelle sont tournés le dessus du support et, par conséquent, ls surface horizontale des dents, s’assemble à l’angle droit, é tenon et à mortaise, une traverse de bois dont l’épaisseur el la largeur sont égales à l’épaisseur et à la largeur de la tige, dont la longueur est égale à la saillie du support. Cette traverse forme un mentonnet fixe, ce qui la distingue surtout du Mentonnet fixe de l’autre sergent, dont, pour ainsi dire, l»ut l’avantage est de porter, presque à son extrémité, un ‘rou taraudé dans lequel tourne une vis dont la têle à huit Pans est aisément mise en mouvement avec la main. Cette vis se meut parallèlement à la crémaillère. On comprend facilement l’usage de cette machine.NPlacée dans une positon horizontale, elle serre les planches contre son support par la pression qu’exerce sa vis. Ce mouvement de la Vis, doux et uniforme, risque moins de meurtrir la tranche des planches à coller; son seul inconvénient est que les limites Menuisier, i. 8
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- eh sont assez bornées, et que l’intervalle entre les mentonnets, entre le support et le bout de la vis seraient peu variables; mais la mobilité du support compense amplement ce désavantage. Cette machine n’est qu’u modification de la presse à main; elle en diffère uniquement parce que la vis est proportionnellement bien plus courte, et parce que la tige en est plus grande et d’une longueur variable. Quand on s’en sert, on place une cale entre la planche et la vis.
- Le sergent à vis et à crémaillère s’exécute aussi très-bien en fer; il est même plus solide. Alors le mentonnet porte-vis est d’une seule pièce avec la lige, et bien moins susceptible de se casser.
- 6° Banc du menuisier en chaises.
- Rien de plus simple que cet appareil, commode dans bien des circonstances. Qu’on s’imagine un banc de quatre pieds de longueur tout au plus, plus élevé d’environ trois pouces à une extrémité qu’à l’autre. Sa hauteur doit être telle qu’en puisse commodément s’y asseoir à cheval. A son extrémité la plus basse est adaptée une planche en bois dur, de même largeur que le banc, avec lequel elle forme un angle presque droit en s’élevant au-dessus de sa surface d’environ un pied. Elle doit être perpendiculaire au sol, et c’est pour cela que, le banc étant incliné, l’angle qu’elle forme avec sa surface n’est pas tout-à-fait droit. L’ouvrier s’assied à cheval sur le banc, la poitrine tournée vis-à-vis cette planche. Il a sur sa poitrine un plastron ou pièce de bois légèrement courbée et fixée avec une courroie. Le morceau de bois qu’il veut travailler, appuyé d’un côté sur ce morceau de bois, porte par l’autre bout contre la planche; mais pour que ce point d’appui soit solide et que le morceau de bois ne glisse pas, on a taille dans la planche une ouverture carrée revêtue intérieurement de fer, pour que les bords ne soient pas trop vite usés par le frottement. Au-dessus de celte entaille et à quelque lignes seulement du bord supérieur de la planche, on cloue quelquefois une petite traverse d’un demi-pouce de saillie et sur laquelle on appuie aussi quelquefois l’ouvrage. Cet instrument est commode lorsqu’on veut travailler une pièce de bois avec le couteau à deux mains ou la râpe.
- 7° Les Etaux.
- Un outil qui, saisissant l’ouyrage par un très-petit nombre
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- de points, permet de travailler tous les autres et de lui faire prendre toutes les positions les plus différentes, est assurément très-utile. Tel est l’étau que , dans ces derniers temps, °n a singulièrement perfectionné.
- Parmi les espèces anciennement connues, il n’y en a que deux qui puissent être de quelque utilité au menuisier, ce sont l’étau à pied et l’étau d’horloger.
- Comme l’étau, à pied se Irouye chez tous les marchands d’outils, même en province, je crois inutile de le décrire; j aime mieux indiquer les caractères auxquels on reconnaît qu’un de ces instrumens est de bonne qualité.
- Les mâchoires de l’étau doivent être fortes, s’ouvrir aisément et beaucoup. Elles doivent joindre bien exactement pour qu’elles saisissent fortement l’objet qu’on leur présente; d est nécessaire qu’elles soient intérieurement taillées comme mie lime et convenablement trempées. Le degré d’inclinaison des pas carrés de la vis n’est pas indifférent. Si ces pas sont très-inclinés, leur marche sera plus rapide , les mâchoires se serreront plus vite; il faudra moins de tours de manivelle pour les rapprocher; mais elles supporteront un moins grand effort. Si le pas est moins incliné, le contraire arrivera, l’opération sera plus longue, mais la pression sera plus sûre : l’étau ne sera pas exposé à lâcher prise et à s’ouvrir, ce qui aurait lieu dans le cas précédent, si l’on ne prenait pas la précaution de serrer de temps en temps. Il faut que la vis soit bien cylindrique, que les parties creuses ou ècuelles soient justes, aussi larges que les parties saillantes ou filets. On préfère celles dont la tète a été forée à froid. La vis doit remplir exactement la capacité de la boîte ou écrou dans laquelle elle s’engage. On trouve de ces boîtes dont le filet de vis a été brasé, d’autres qui ont été faites en coupant le filet avec un crochet. Les premières sont bien inférieures ; mais souvent on u’en trouve pas d’autres.
- Êtau d’horloger. - Ses deux parties pincipales sont les deux mâchoires A, C ( fig. 16 ). Elles doivent être fortes et trapues. Ordinairement on les fait en fonte, la partie supérieure est en acier fondu. On ajuste avec des vis cette partie recourbée à la partie inférieure. Les deux mâchoires, unies ensemble en D avec un fort boulon, se meuvent à charnière et peuvent, par conséquent, s’écarter et se rapprocher à volonté. La branche ÀB porte un trou taraudé ; celle CD est percée d’un autre trou plus grand, à travers lequel glisse librement ufie forte vis, qui va s’engager ensuite dans le trou taraudé
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- delà première mâchoire comme dans un écrou. La tête de la vis est percée d’un trou dans lequel passe une tige de fer destinée à la faire mouvoir. On sent que le mouvement de cette vis peut serrer les deux mâchoires avec une force extrême. Au point de leur jonction est un ressort soudé, à l’une, poussant l’autre avec élasticité et tendant, par conséquent, à les faire ouvrir dès que le mouvement de la vis le permet. La branche AB porte une saillie armée par dessous de trois pointes aiguës, chargée par-dessus d’un tas en acier propre à servir d’enclume au besoin. Au bas est une autre saillie cylindrique taraudée, que l’on désigne sous le nom de talon. Elle doit être très-forte ainsi que la première. Dans son écrou est une vis, sur le bout de laquelle on a fixé à demeure un chapiteau circulaire armé de trois pointes. Celte vis armée de pointes, et les pointes de la saillie supérieure nommée la pâte servent à saisir solidement une épaisse planche d’orme ou d’olivier, que l’on assujettit à son tour avec le valet, de telle sorte que l’étau semble faire momentanément partie de l’établi.
- Êtau du comte de Murinais. —Un étau d’horloger est d’un usage fort restreint, à cause du peu d’écartement de ses mâchoires. On a souvent besoin de saisir de grosses pièces de bois dur, une loupe d’aulne ou d’érable, pour les débiter, on aura besoin de saisir d’autres pièces dans le sens de la longueur; avec cet outil, c’est une chose impossible. Les étaux à pied ordinaires présentent une assez grande ouverture de mâchoire; mais alors ils ne serrent que par la partie inférieure de la mâchoire , et la pression est peu solide. Yaine-ment on a essayé , pour corriger ce défaut, de donner à ces mâchoires une inclinaison telle que l’étau fermé, en serrant un objet de peu de volume, ne pince que par la partie supérieure. Cette inclinaison ne fait sentir ses heureux effets que jusqu’à un certain degré d’écartement. On a cherché d’autres moyens; on a réussi', mais tous ces procédés étaient dispendieux et peu durables. Le comte de Murinais a été plus heureux : il a inventé un étau qui semble réunir toutes les conditions désirables. Je vais en donner la description d’après le Bulletin universel des sciences, de M. le baron Férussac (section mécanique, année 1824)..Je voudrais qu’elle pût servir à naturaliser cet utile instrument dans les ateliers de menuiserie. Seul, cet étau peut remplacer presque toutes les presses; il est bien plus solide et la manœuvre en est plus facile, puisque l’on n’a jamâis qu’une seule visa faire mouvoir.
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- La fig. 17 fait connaître cet ingéhieux outil. Les deux mâchoires qui le composent ne sont pas unies à charnière. La mâchoire D est unie solidement à deux barres horizontales, ‘Une taraudée, l’autre simplement arrondie. Toutes les deux glissent librement et sans trop forcer, dans les trous P et G Pratiqués dans la mâchoire E. Ces deux mâchoires sont encore réunies par une forte vis à filet carré destinée à opérer h* pression, qui, par conséquent, peut bien entrer librement nans le trou de la mâchoire 1), mais qui doit, en revanche, trouver un écrou dans le trou taraudé de la mâchoire E. C’est Par le prolongement de cette même mâchoire que l’étau est , soit sur l’établi, soit sur une forte planche de bois dur.
- Voici maintenant la manière de s’en servir. Quand l'écartement qu’on veut donner aux mâchoires a lieu au moyen du desserrement de la vis à pas carrés, les deux tiges parallèles A et B ont glissé librement dans les trous C et P et ont maintenu le parallélisme entre les deux mâchoires, dont l’écartement n’a d’autre limite que la longueur de ces deux traverses. Lorsqu’on veut serrer un objet quelconque, après l’avoir placé entre les deux mâchoires, on fait tourner rapidement l’écrou G, dont la marche doit être très-libre, jusqu'à ce cpi’il vienne s’appliquer en H contre le montant E. On peut alors serrer tant qu’on voudra. Vainement la puissance de la vis tend à rapprocher par le haut et par le bas les mâchoires, elles sont arrêtées en haut par l'objet soumis à leur action, en bas par l’écrou G qui partage la moitié de l’effort de pression. Avec cet étau on n’a pas de détérioration à redouter par suite du forcement des traverses inférieures; car ces traverses représentent une force équivalente à celle d’une harre unique dont l’épaisseur totale serait égale à l’espace compris entre la partie supérieure de la barre A et la partie inférieure de la barre C, force qu’on peut augmenter à volonté en donnant plus ou moins d’écartement à ces barres.
- Les manufacturiers qu’on a chargés d’exécuter le procédé de M. de Murinais, dont il leur a généreusement abandonné la découverte, ont pensé faire une amélioration à l’étau, en faisant le barreau B carré, au lieu de le faire rond, comme le voulait l’inventeur. Ils ont en cela fait une faute, car ils ont créé une difficulté de fabrication, sans ajouter à la solidité. Line barre ronde glissant dans un trou rond, est facile à faire, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit d’ajuster exactement «ne tige carrée dans une mortaise carrée.
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- Il vaudrait mieux en revenir à l’idée première de Fauteur-Il serait aussi plus économique d’exécuter l’étau en fonte douce. Les deux mâchoires proprement dites I sont seules en acier. On les fixe après l’étau, à l’aide de deux vis dont 1® tête s’enfonce dans leur épaisseur. Cette méthode a cet avantage que, lorsque la dent des mâchoires s’est usée, on pent détacher ces rondelles d’acier, soit pour en remettre de neuves , soit pour détremper les anciennes, les retailler, leS tremper une seconde fois et les fixer de nouveau en place.
- Je finirai les détails que j’ai cru devoir donner sur cet instrument peu connu , en conseillant, comme le laborateur de M. Férussac, de placer un support sous le montant D, afin de prévenir avec plus de sûreté le gauchissage de la vis et des barres horizontales. Cet écrivain voudrait que le support fût fixé à demeure, ou, pour mieux dire, que le montantV fût prolongé jusqu’à terre. Il y aurait à cette disposition autant d’inconvénient que d’avantage. On ne pourrait se servir de l’étau que dans un endroit déterminé de l’atelier. Comme la précaution dont nous parlons ne peut être utile que dans les cas où l’on veut soumettre l’objet pris entre les mâchoire8 à une forte percussion verticale, je crois qu’il vaut mieux se borner à placer, dans ce cas, un support mobile sous le mon* tant. Un poteau en bois remplirait très-bien ce but.
- 9° L’Ane. (Voyez fig. 18).
- L’âne est une espèce d’étau d’un usage très-commode quand on veut chantourner des planches minces. Il est tout simple' ment formé d'un montant de bois très-liant et très-élastique, que l’on a entaillé verticalement en forme de fourche. Le montant de cette fourche forme les mâchoires de l’étau, et ces mâchoires sont élastiques.
- Cet étau est solidement fixé sur un banc dont la traverse horizontale est percée et supporte un montant vertical un peu moins élevé que l’écrou. Un levier recourbé, fixé par un bout à ce montant, va s’appuyer sur l’autre au sommet d’une des mâchoires; une corde attachée à ce levier peut être tirée à volonté à l’aide d’une pédale : quand l’ouvrier, qui se place à cheval sur le banc, presse la pédale et tire la corde, le levier pousse la mâchoire qu’il touche et la rapproche de l’autre; l’étau alors est fermé. Quand la pression de la pédale cesse, il se rouvre par son élasticité.
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- CHAPITRE IL
- DÙ TOUR ET DE SES ACCESSOIRES CONSIDÉRÉS DANS REIJRS RAPPORTS AVEC L’ART DU MENUISIER.
- Le tour est aussi un instrument destiné à fixer et mainte— *J,r le bois. Tout le monde sait que, par cette machine, la pièce ‘le bois à travailler est prise entre deux pointes de métal comme entre deux pivots, et mise en rotation, à l’aide d’une Pedale. Cet ingénieux instrument, d’abord très-simple, et que quelques personnes ont compliqué jusqu’à l’extravagance, a donné naissance à un art tout entier. Il est, par conséquent, «ien clair que je ne dirai pas ici tout ce qu’a besoin de savoir *e tourneur, et je dois, à cet égard, me borner à renvoyer au Manuel du Tourneur, de rEncyclopédie-Roret. Mais, comme *1 y a des rapports fréquens entre ces deux métiers ; comme le menuisier serait à chaque instant embarrassé s’il ne savait façonner un cylindre, tourner un pied de table, une colonne, la pomme d’un bois de lit; comme tout cela peut s’exécuter avec des inslrumens extrêmement simples, je crois utile d’en dire quelques mots,
- 1° Etabli du Tourneur,
- Il est ordinairement entièrement semblable à l’établi du Menuisier, dont il ne diffère que par une fente ou mortaise longitudinale percée à six pouces du devant de l’établi, large de quinze à dix-huit lignes, et se prolongeant jusqu’à sept ou huit pouces des extrémités. Mais je suis loin d’engager le menuisier à se faire ainsi tout exprès un pareil instrument, dont le premier inconvénient serait de prendre dans l’atelier une place précieuse. J’aime mieux lui indiquer les moyens de convertir à volonté son établi ordinaire en établi de tourneur.
- Il suffit, pour cela, d’ajouter à la table de l’établi une membrure ou traverse d’orme ou de hêtre, en laissant entre elles un écartement convenable. Cette traverse doit être aussi longue que l’établi, d’une pareille épaisseur et large d’environ six pouces. On creuse une mortaise de dix-huit lignes de large et dix ou douze lignes de haut à chaque bout de l’un des grands côtés de la table de l’établi et dans son épaisseur. On présente la traverse à la table : on marque les points qui correspondent aux mortaises ,et précisément à la même place
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- dans l’épaisseur de cette traverse. On creuse deux autres mortaises de pareille dimension ; on prend alors une pièce de bois deux fois plus longue qu’il n’y a de distance du bout de la mortaise au bout de la table de l’établi' ; il convient même quelle ait de plus dix-huit lignes de longueur; sa largeur doit être de quinze à dix-huit lignes. Dans le milieu de cette pièce de bois on creuse de part en part une fente ou mortaise dont les dimensions sont absolument semblables, à celles des mortaises déjà pratiquées aux deux bouts de la traverse et de la table. Dans cette mortaise on enfonce une pièce de bois, de largeur et d’épaisseur convenables, faisant de chaque côté une saillie égale en longueur à la profondeur des mortaises de la traverse et de l’établi. Il en résulte une croix dont les deux bras, plus minces, sont de véritables tenons. On construit une seconde croix semblable à celle-ci, puis on enfonce un des tenons de la première dans une des mortaises de l’établi, l’autre tenon dans la mortaise correspondante de la traverse. On place de même l’autre croix à l’autre extrémité. Les bras les plus épais règlent l’écartement de la table de la traverse, et l'établi du menuisier est changé en établi de tourneur. Toutes ces pièces paraissent n’en faire qu’une seule quand l’assemblage est bien fait; mais, pour plus de solidité, il convient de traverser à chaque bout la table de l’établi et les tenons par de fortes vis, dont la tête peut être noyée dans l’épaisseur de la table. On en fait autant à chaque extrémité de la traverse. Il va sans dire que la tête de la vis doit être fraisée, c’est-à-dire creusée longitudinalement d’une fente dans laquelle on place un mauvais ciseau, quand on veut la tourner. Rien n’est plus facile que de rendre l’établi à sa destination primitive; il suffit d’ôter les vis et de donner quelques coups de maillet dans une direction convenable pour séparer les mortaises des tenons, et, par conséquent, la traverse de la table.
- 2° Les Poupées.
- Les poupées forment la partie essentielle du tour. On donne ce nom aux deux pièces de bois placées dans la fente de l’établi, qui, à l’aide des pointes d’acier dont elles sont armées, portent l’ouvrage comme sur un pivot, et permettent de lui imprimer un mouvement de rotation. L’établi ne sert, en quelque sorte, qu’à les supporter.
- Il y a plusieurs espèces de poupées, ou du moins il y a
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- Plusieurs manières de fixer la poupée sur l’établi; maistouteè insistent dans un pilier en bois de forme carrée, de hauteur grosseur variables, terminé dans la partie inférieure par JA tenon qui doit glisser librement dans la fente de l’établi, bette partie sert à guider la poupée dans la fente. Comme, s’élargissant, la poupée présente, de chaque côté, une surface qui forme un angle droit avec les surfaces latérales uu tenon, et s’applique exactement sur le dessus de l'établi; Cet élargissement maintient la poupée dans une position bien Perpendiculaire, et ne lui permet pas de trop s’enfoncer dans a fente. Un tenon ordinaire, placé dans une mortaise quinze °u vingt fois trop longue, donnera une idée nette de cet appareil.
- Les faces des deux poupées, qui sont opposées l’une à l’au-,e> sont armées chacune, au milieu de leur extrémité supé-ïleUre, d’une pointe d’acier. Ces deux pointes forment un an-gle droit avec la poupée; elles sont, par conséquent, dans **ne situation horizontale, tournées l’une vers l’autre et dans Une position telle que la ligne qui les unirait se trouve Yé-P°ndre précisément au milieu de la fente de l’établi. On est 8ssuré que ce résultat est atteint quand les poupées ayant été Approchées autant que possible, l’extrémité des pointes se Ancontre exactement et sans se croiser.
- Maintenant, tout l’usage de ces pièces doit être facile à c°ncevoir. On comprend comment les poupées s’écartant à Volonté l’une de l’autre des pièces de bois de diverses longueurs, peuvent être prises et suspendues par les pointes; Aais, après avoir exécuté cette manœuvre, il est nécessaire ue fixer solidement les poupées à la place convenable, sans quoi le mouvement de rotation qu’on imprimera plus tard à 1 ouvrage les écarterait l’une de l’autre, et mettrait tout en désordre.
- Pour les assujettir ainsi, il existe deux moyens principaux qui ont fait distinguer les poupées en poupées à clé et poupées à vis.
- Les premières sont les plus anciennes, les plus usitées, et neaumoins les plus incommodes; leur queue ou tenon se prolonge de cinq ou six pouces au-dessous de la table de l’établi. Lotie queue est percée d’outre en outre d’une mortaise qui Croise à angles droits la fente longitudinale de l’établi, et qui, par conséquent, est creusée dans les parois de la queue, qui glissent le long des grandes parois de la fente. Celte mor—
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- taise, qui commence à deux lignes environ an-dessus de I® face inférieure de l’établi, descend deux pouces plus bas et n’a pas plus de huit lignes de largeur. On place dans cette mortaise la clé, espèce de règle en bois dur, épaisse de sep1 lignes au plus, large, à une de ses extrémités, d’un pouce et demi, et de deux pouces et demi ou trois pouces à l’autfe bout. Elle entre d’abord sans effort dans la queue de la pe*1' pée et se place transversalement à la fente de l’établi; m®13 bientôt elle occupe toute la partie de la mortaise qui descend au-dessous de l’établi. On donne sur la tête de la clé quel' ques coups de masse de fer; elle tend alors à occuper p!uS de place encore dans la mortaise; comme le dessous del’él®' bli ne lui permet pas de s’élever, elle tire à elle la poupee avec toute la force d’un coin ; mais comme celle-ci ne peut descendre au-dessous de certaines limites, à cause de son élargissement supérieur, il en résulte uDe double pression-L’établi est serré entre l’élargissement supérieur de la pou--pée et la clé, qui équivaut à un élargissement inférieur ; p®r conséquent, la poupée ne peut plus glisser ni à droite ni ^ gauche. Si on veut la changer de place, il est facile de Iul donner toute sa mobilité ; il suffit de faire sortir la clé en tout ou en partie, en donnant quelques coups sur son extrémité 1® plus étroite. Il est important de faire la clé assez mince pouf qu’elle ne puisse jamais remplir toute la capacité de la mor^ taise. Elle ne doit, en aucun cas, presser par les côtés, car elle ferait éclater la queue du premier coup; et, pour produire tout son effet, c’est assez qu’elle presse par le haut et par Ie bas. La manœuvre de cette espèce de poupée est simple, mai3 elle présente un grand inconvénient : la queue ou tenon forme au-dessous de la table une saillie assez forte qui» pendant le travail, peut aisément blesser le genou de l’ou-' vrier. C’est, pour cela surtout qu’il faut préférer les poupées à vis, dont la manœuvre est encore plus facile.
- La queue ou tenon de celles-ci est beaucoup moins Ion-' gue; quand la poupée est en place dans la fente de l’établi» loin de former au-dessous une saillie, le tenon doit, au coû' traire, être dépassé d’une ou deux lignes par la surface infé^ rieure delà table. Il faut, par conséquent, qu’il ait pour ce!® une longueur moindre d’une ou deux lignes que l'épaisseur de l’établi. A l’extrémité de ce, tenon, au milieu de sa surface inférieure, et bien perpendiculairement à celle surface, ofl plante une forte vis qui forme alors comme le prolongement
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- jju tenon. Au lieu d’avoir une tête, celle vis se termine à l une de ses extrémités par une pointe aiguë que l’on enfonce '•ans le bois. Cette partie doit être taillée carrément, et la poupée sert de tête à la vis, dont le pas doit être fort et peu tapide. Lorsque la poupée est en place, la vis descend d’un Pouce environ au-dessous delà table de l’établi. On fait alors Passer cette partie saillante de la vis par le trou d’une se— ^Ue ou pièce de fer en forme de carré long, plus allongée 3ue la fente de l’établi n’est large, et percée d’un trou dans *equel la vis entre librement et sans frotter. On place cette sauielle de telle sorte qu’elle croise à angles droits la fente de * etabli, comme le fait la clé des anciennes poupées, et de Suite on fait passer autour de la vis un écrou en fer armé de deux fortes oreilles. Cet écrou suit, en tournant, le filet de la Vls, rencontre la semelle, la pousse devant lui, finit parl’ap-Pfiquer avec force contre le dessous de la table, et exerce a*usi une puissante pression inférieure analogue à celle de la c^. Veut-on lâcher, afin que la poupée puisse glisser, on toUrne un peu l’écrou en sens inverse; la semelle descend, le Mouvement redevient libre. On voit combien celte opération est facile, puisqu’il ne s’agit jamais que de faire faire un tour ou deux à l’écrou. Il n’est pas même nécessaire de le séparer entièrement de la vis, lorsqu’on veut sortir la poupée de la fente de l’établi. En effet, si on a fait la semelle suffisamment étroite, au lieu de faire croiser sa longueur avec ï établi, on la retourne de manière qu’elle soit parallèle à la fente, et alors elle passe aisément à travers.
- Quelque simple que soit cette opération, répétée trop souvent, elle est fatigante, et l’on a fini par trouver un moyen facile de la rendre moins fréquente : il suffit pour cela de tendre une des pointes mobiles.
- Les deux poupées, avons-nous dit, sont, à leur extrémité, armées chacune d’une pointe latérale. Celle de la poupée de gauche est fixée à demeure et d’une manière invariable. Il n en est pas de même de celle de la poupée de droite. Cette poupée, à son extrémité supérieure, et à la hauteur de la pointe de gauche, est percée d’outre en outre d'un trou taraudé, dirigé parallèlement à la fente de l’établi, et comme doit l’être la pointe elle-même. Dans ce trou se meut une forte vis en fer terminée à droite de la poupée par une tête forée, à gauche par une pointe acérée qui forme la pointe de c6tle poupée. Cette vis doit avoir une longueur triple de l’é-
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- paisseur de la poupée. Alors on esl libre de faire avancer ou reculer la vis à l’aide d’une tige de fer placée dans sa tête, et ce mouvement dispense souvent de changer la poupée de place, surtout lorsque le mouvement du tour a un peu approfondi la cavité creusée par la pointe dans l’ouvrage, et qu’il ne faut qu’un très-faible rapprochement des poupées-Ce système n’a qu’un seul inconvénient : le mouvement imprimé à l’ouvrage se communique à la pointe; il agite et se* coue la vis en divers sens et finit par user et détériorer Ie filet du trou taraudé. Mais le remède est simple et facile-On prend une peau d’anguille fraîchement écorchée; on en coupe un morceau là où le corps était à peu près de la gros* seur de la vis ; on passe, la vis dans cette espèce de fourreau, puis on la fait pénétrer en tournant dans le trou taraudé. peau d’anguille suit tous les contours du pas de vis , adhère, en se séchant, aux parois du trou dont elle devient inséparable, et compense son élargissement.
- Comme il est bien avantageux que les pointes soient en acier de bonne qualité, on a imaginé de faire des pointes mobiles qui s’enclavene à tenon carré, ou sévissent dansleS grosses vis du tour à pointe. Par ce moyen, on n’a pas à craindre que la soudure altère les qualités de l’acier. On peut changer aisément les pointes lorsque la nature de l’ouvrage exige qu’elles soient plus ou moins aiguës; enfin il est plus aisé de les aiguiser lorsqu’un long service lésa émoussées; mais si l’acier est bon, cela arrive bien rarement.
- 3° Le support.
- On donne ce nom à un accessoire du tour, destiné à soutenir et à guider l’outil à la hauteur de la pièce de bois que l’on veut entamer. Il y en a un grand nombre d’espèces plus ou moins ingénieuses, plus ou moins commodes; la nature de cet ouvrage ne me permet de décrire que la plus simple. Pour les autres, je renvoie au Manuel du Tourneur,, de l ’Encyc lopédie-llorel.
- Celui dont nous nous occupons est plus spécialement connu sous le nom de barre d’appui; c’est une barre de bon bois de chêne ou de hêtre, d’une longueur au moins égale à celle de la fente de l’établi, large de deux pouces, épaisse d'un demi-pouce, et dont les vives arêtes de devant ont été abattues de telle façon qu’elle ait la forme d’un demi-cylindre. Cette barre doit être placée en avant de la poupée, de ma-
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- nière qu’on puisse l’approcher ou l’éloigner à volonté; il faut encore qu’elle soit fixée de manière à permettre de séparer plus ou moins les deux poupées ; c’est à quoi l’on parvient Par le moyen suivant : on perce de part en part chaque pou-l'oe, d’une mortaise ayant un pouce et demi de hauteur sur un demi-pouce de largeur ; le haut de celte mortaise hori-z°ntale doit être placé juste à deux pouces deux lignes au— dessous de l’extrémité des pointes dont elle croise la direction. Dans chacune de ces mortaises, glisse, sans pouvoir balotter, Un liteau de fer d’environ un pied de longueur, remplissant exactement leur capacité ; on peut l’enfoncer dans la mortaise, °u l’en retirer à volonté. Sur l’extrémité antérieure de ce Uteau, s’élèvent perpendiculairement deux autres petits liteaux hauts de deux pouces, séparés de six lignes, formant ÜI1e fourchette ou un double crochet soudé à angles droits avec le liteau horizontal. Le liteau de l’autre poupée porte Un appareil semblable; la pièce antérieure de chaque four— cltelte est taraudée et munie d’une vis de pression; c’est dans chacune de ces fourchettes qu’est placée l’extrémité de chaque harre d’appui. Lorsque la vis de pression n’est pas fermée, ejte peut glisser librement entre les deux pièces de fer verticales, et par conséquent n’empêche pas d’écarter ou de rapprocher les poupées; mais à l’aide de deux vis de pression on Peut momentanément la fixer : on peut aussi l’éloigner plus °u moins des pointes en tiraut à soi ou en enfonçant les deux titeaux qui traversent les poupées. Pour assujettir ces liteaux dans différentes positions, on se sert encore d’une vis de Pression; à cet effet, la face droite de la poupée de droite, et la face gauche de la poupée de gauche, sont percées chacune d’un trou taraudé qui pénètre jusqu’à la mortaise dans ^quelle sont logés les liteaux : c’est dans ces trous qu’on Place les vis de pression. Comme on tourne quelquefois des pièces d’un très-faible diamètre , et qu’il peut être com-teode que la barre d’appui ne soit pas séparée de l’ouvrage par un intervalle aussi grand que la moitié de l’épaisseur de la poupée, on peut faire à celle-ci, au-dessus de la mortaise et en face du double crochet, une entaille de deux pouces de ha uteur, qui permette au liteau d’enfoncer davantage, el à la barre de pénétrer dans l’épaisseur de la poupée. Grâce à celte construction, la barre d’appui peut être mue d’avant eu arrière comme de droite à gauche, et réciproquement. Si, indépendamment de ces deux mouyemens, on
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- voulait la hausser et la baisser à volonté, cela deviendrait facile à l’aide d’une addition bien simple, mais qui n’a encore été décrite nulle part. On creuse un peu plus bas la mortaise destinée à recevoir le liteau mobile; le double crochet est à proportion plus allongé; les deux montans qui le forment passent à travers une plaque de fer, épaisse de trois lignes, placée horizontalement, et percée à chaque extrémité d’un trou, carré qui lui permet de glisser, verticalement et sans vaciller, le long de ces montans; la partie du liteau mobile, comprise entre eux, est percée d’un trou taraude destiné à recevoir une vis, dont la pointe vient s’appuyer contre la plaque de fer mobile. Or, comme l’extrémité de la barre d’appui repose sur cette plaque de fer, comme celte plaque de fer repose sur la vis, il est évident qu’en tournant cette vis, on élevera ou abaissera à volonté la plaque de fer, et par conséquent aussi l’extrémité de la barre d’appul qu’elle supporte : on pourra en faire autant à l’autre bout par le même mécanisme; mais ce mouvement ne peut être utile que dans un bien petit nombre de cas.
- 40 La Perche, l'Ârc et la pédale.
- Après avoir indiqué rapidement les moyens qui servent à suspendre l’ouvrage que l’on veut mettre en rotation , indiquons les appareils qui servent à lui communiquer ce mouvement.
- On enroule autour de l’ouvrage une corde un peu serrée, qui est tirée tantôt de haut en bas, tantôt de bas en haut; tour-à-tour elle monteet descend ; et, comme le frottement ne lui permet pas de glisser sans une grande difficulté, comme l’ouvrage est librement suspendu sur deux pivots, au lieu de glisser, elle le fait tourner. Voyons quels sont les procédés employés pour tirer la corde de bas en haut, pour la faire monter.
- Le plus simple de tous est la perche. C’est ordinairement une perche de bois d’érable ou quelquefois de frêne, de six a sept pieds de long, aplatie dans toute son étendue, de manière à avoir deux faces principales plus épaisses à un bout qu’à l’autre; elle doit former un ressort médiocrement flexible .-cette perche est suspendue au plancher. Son extrémité mince, celle à laquelle on attache la corde, se présente un peu en avant de la fente de l’établi; l’autre extrémité est percée d’un trou dans lequel on passe librement un clou à grosse tête et à tige ar-
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- rondie, que l’on enfonce dans une des poutres du plancher ; ® est lui qui sert à fixer la perche ; il fait en même temps l’of-hce d’un pivot. La perche repose, à moitié de sa longueur, S|ir une traverse arrondie longue de trois pieds, et suspendue Par des crochets en fer à six pouces au-dessous du plancher. Ce mode de suspension de la perche permet de la faire mou-Voir tantôtà droite, tantôt à gauche; la corde fixée à son extrémité est relevée avec force par son élasticité, lorsqu’on * a tirée de haut en bas; et comme la perche est mobile, on Peut changer au besoin la direction de l’ouvrage.
- L’arc est un ressort du même genre, mais qui a sur la perche grand avantage d’occuper moins de place ; sous ce rapport est bien préférable, surtout dans les cas qui nous occupent spécialement.
- Il se compose ordinairement de cinq ou six lames très-minces, d’un acier trempé très-doux; la lame supérieure a fiuatre pieds, les autres diminuent graduellement de longueur. Cn peut aussi le faire de trois ou quatre lames de sapin ou de ®°yer mises sur le plat; mais toutes alors sont de la même longueur, seulement elles diminuentd’épaisseur vers les extrémités. Enfin, quelquefois il est simplement formé d’un seul morceau de frêne bien sain et sans gerçure, aminci vers les •jeux bouts; lorsque l’arc est en bois, il doit avoir deux pieds longueur de plus que l’arc d’acier.
- Quelle que soit la matière employée, il est tendu avec une c°rdede manière à ce qu’il forme ressort. Sur cette corde est enfilèe une petite poulie, dans la gorge de laquelle on attache solidement la corde destinée à communiquer le mouvement à ouvrage, l'arc est suspendu à une traverse fixée au plancher, 61 le long de laquelle on peut le faire courir à volonté.
- Si l’on veut un ressort encore plus simple et une suspen— Sl°n plus commode, on peut faire une colonne mobile qui se place au haut de l’établi, de la même manière qu’une poupée;
- son extrémité supérieure on enfonce, par le gros bout, une l°rte lame de fleuret dont la pointe a été courbée en crochet P°ur retenir la corde. Afin de profiler de tout le développement du ressort, il faut enfoncer la soie ou partie forte de la mine, de telle sorte qu’elle se trouve moins élevée que la Pointe, qui décrira alors un arc de près de deux pieds : c’est Uae perche en miniature qu’on peut placer ou ôter, à volonté.
- La pédale sert à tirer la corde en bas, à la faire descendre; e'le est composée de trois pièces de bois dur, assemblées eu
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- forme d’A, dont l’un des jambages serait allongé au sommet d’un tiers de sa longueur; le bas des deux jambages est arrondi ; tous deux posent à terre ; mais le prolongement de l’un d’eux est soulevé par la corde, dont l'extrémité inférieureest enroulée tout autour. Dans cette situation, si i’on pose le pied sur la pédale, dont le sommet est ainsi élevé d’un pied environ, il sera facile de l’abaisser en pressant; mais on ne pourra le faire sans tirer la corde, sans'tendre par conséquent l’arc ou la perche dont l’élasticité relèvera la pédale dès qu’on cessera de presser. En appuyant et en soulevant ainsi le pied lour-à-tour, on communique rapidement à la corde un mouvement de va et vient rectiligne; et comme cette corde, passant dans la fente de l’établi, fait plusieurs tours autour de la pièce de bois suspendue entre les pointes, elle lui communique un mouvement circulaire alternatif, qu’on peut rendre très-rapide.
- CHAPITRE III.
- DES INSTRUMENS A DÉBITER LE BOIS.
- On entend par débiter le bois, lui donner les dimensions convenables à l’ouvrage qu’on se propose d’entreprendre. S’il s’agissait de commencer par débiter un tronc d’arbre, nous devrions placer au nombre des instrumens à décrire dans ce chapitre, la hache, que tout le monde connaît, espèce de marteau tranchant destiné à faire servir la puissance du choc à la division de la matière ; le coin, plus simple encore, qui, place dans une fente étroite, y estenfoncé à l’aide d’un pesant marteau de bois, l’agrandit graduellement et divise les fibres dans lesens de la longueur : je devrais enfinparlerdel’art du scieur de long, qui divise un tronc d’arbre en membrures, en plateaux ou en planches, et dont tout le talent consiste à suivre exactement, avec une scie assez semblable à la scie à refendre dont nous parlerons plus bas, une suite de lignes parallèles tracées sur la pièce de bois préalablement assujettie sur une espèce de chevalet. La description de cet art borné ne serait pas ici à sa place, elle forme plutôt un accessoire du Manuel Charpentier ; car le menuisier ne se charge jamais de ce tr®' vail, et achète le bois dont il a besoin, lorsqu’il a été rédud à l’état de bois d’échantillon, c’est-à-dire réduit aux dimensions les plus ordinaires et transformé en planches, en tabler
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- ^membrures ou en chevrons. Une lui faut donc, pour débiter son bois, qu’un petit nombre d’outils; les principaux sont la scie à refendre, la scie à débiter, la scie à chantourner, la scie a l'allemande, les diverses scies à la main, etc. Nous ne parlerons, dans ce chapitre, ni de la scie à tenon, ni de la scie a arraser, dont la description sera plus convenable ailleurs , puisqu’à proprement parler, elles ne servent pas k débiter le bois.
- 1° La Scie à refendre.
- Comme je viens de le dire, celte scie ressemble beaucoup à eelledu scieur de long. Imaginez un châssis en bois dur, for-de quatre pièces de bois assemblées carrément, de telle sorte que les extrémités des deux traverses entrent à tenon Por chaque bout dans des mortaises creusées aux extrémités deux montans ; ce châssis a environ deux pieds de large Sur trois pieds ou trois pieds et demi de haut (voyez fig. 19). Latraverseinférieureel la traverse supérieureportentchacune une boîte. On donne ce nom à une pièce de bois carrée, percée d’outre en outre d’une mortaise, dans laquelle passe la l'averse; à son extrémité, tournée vers l’intérieur du châssis, chacune de ces boîtes a une fente ou rainure formée avec un s‘rop!e trait de scie donné transversalement à la mortaise. Dans chacune de ces deux rainures est fixée, avec une goupille, la lame, placée par conséquent de telle sorte, que le plat soit lourné du côté des montans et que la denture se présentant ert avant, soit à une égale distance de l’un et de l’autre. Une des premières conditions de toute monture de scie, c’est qu’on Puisse tendre et détendre la lame à volonté; voici comment cette condition est remplie dans celle qui nous occupe. La toortaise de la boite supérieure n’a que la largeur nécessaire Pour donner passage à la traverse; ruais elle est plus longue fiüe celte traverse n’est large, et, soit en haut soit en bas, il reste un interstice entre la traverse et les parois inférieure et supérieure de la mortaise. Autrefois on plaçait un coin dans l’interstice supérieur; quand on enfonçait le coin, un des côtés étant appuyé sur la traverse, l’autre élevait forcément la hoîte et tendait la lame; l’inverse avait lieu dans le cas contraire. Récenunentona imaginé de pcrcerd’un troutaraudé l’extrémité supérieure de la boîte ; ce trou vient aboutir dans la mortaise, dont il fait pour ainsi dire la continuation, puisqu'il est dirigé dans le même sens que la lame de la scie. Dans
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- ce trou est une vis de pression à tête plate ; le bout de la vis appuie sur la traverse, par conséquent, lorsqu’on la tourne de manière à l’enfoncer dans la mortaise, elle produit un effet semblable à celui du coin, en soulevant la boîte, mais elle n’a pas, comme lui, l’inconvénient de se déranger, et son service est plus sûr.
- La lame de cette scie est, comme toutes les autres, un ruban d’acier trempé, mince et élastique, dont l’un des bords est taillé avec une lime de manière à présenter une rangée de dents. Ce sont autant de petits coins bien aigus qui, recevant une impulsion vive, pénètrent entre les fibres du bois, les coupent ou les déchirent. Les dents.de la scie à refendre sont inclinées, de sorte que l’outil ne mord qu’eu descendant. Cette scie sert à couper le bois dans le sens de sa longueur.
- 2° Scie à débiter.
- La forme de cette scie {fig. 20) est tout-k-fait différente. Deux traverses, longues chacune d’environ dix-huit pouces, sont réunies par un montant qui pénètre à tenon au milieu de chacune d’elles. On a soin de laisser les deux mortaises un peu longues; l’excédant d’épaisseur du montant sur les tenons qu' le terminent, doit être aussi assez considérable pour fournir u» point d’appui solide aux traverses ; l’un des bouts de chaque traverse porte par une rainure dans laquelle les extrémité8 de la lame de la scie sont fixées par des goupilles. Cette fois la lame est dans une situation tout-à-fait opposée à celle de la scie à refendre. Le plat, au lieu de croiser les traverses, est dans la même direction , et la denture forme la ligne extrême d’un des côtés delà scie. Les deux traverses sont doflc unies au centre par un montant à l’une des extrémités de la lame; leur autre extrémité est unie par une double corde retenue dans une entaille faite au bout de chaque traverse. Cette corde a un but spécial à atteindre : elle sert à tendre la lame-Pour cela, entre les deux doubles, on introduit un long morceau de bois ou garrot; on lui fait faire plusieurs tours! la torsion qui en résulte raccourcit la corde; il faut donc que les extrémités des traverses qui la supportent se rappr»' client; et dès-lors il est nécessaire que les deux autres extrémités s’éloignent, ce qui tend forcément la lame. Il y a pb1' sieurs manières d’arrêter le garrot : tantôt on le fait assez long pour que le montant ne le laisse pas passer, et, da«5
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- ®e Câs, quand on veut le faire tourner, on lui donne une po-S|tion oblique; tantôt on creuse dans la tranche du montant ®ne mortaise qui reçoit à volonté la pointe de ce morceau j*e bois. Lorsqu’on emploie une scie de ce genre à débiter *e bois vert, les dents doivent cire très-longues, très-aiguës, suffisamment espacées. Au contraire, les scies à débiter les bois secs et durs doivent avoir les dents plus fines; la Qualité de l’acier doit être meilleure ; et même, quand on veut ®g(r sur les bois les plus compactes, on a besoin de scies dont *a monture soit entièrement en fer, la denture encore plus jlne, et dont la lame aille en s’amincissant du'côté opposé à dentelure.
- . Comme la lame des scies à refendre est tendue par la tor-si°n d’une corde, et comme toutes les cordes sont plus ou moins hygrométriques, c’est-à-dire sujettes à s’allonger ou à se raccourcir suivant que l’air est plus ou moins humide, il faut a'oir bien soin, toutes les fois que l’on met de côté la scie pour ne plus s’en servir de quelque temps, de lâcher le gar-r°t et détendre la corde. Sans cela, si l’humidité venait à gonfler la corde et à la rendre par conséquent plus courte, la Monture se briserait à l’improviste, ou tout au moins deviendrait gauche et courbée.
- 5° Scie allemande (fig. 21).
- Elle ressemble beaucoup à la scie à débiter; sa lame est Montée de même sur deux traverses séparées par un montant flui s’assemble avec elles à tenon et mortaise. De même encore °n tend la lame avec une double corde et un garrot dont la pointe est reçue dans une mortaise latérale du montant. Ces points de ressemblance constatés, examinons les différences. D’abord la denture est plus fine que la denture ordinaire des scies à refendre; ensuite (et c’est là la modification la plus ^portante), la rainure de l’extrémité des traverses dans laquelle la [ante de la scie à débiter est fixée avec une goupille, est remplacée dans la scie allemande par un trou cylindrique parallèle à la longueur du montant, perpendiculaire à la longueur de la traverse, et percé très-près de son extrémité. Dans ce trou passe un boulon en fer terminé du côté de l’intérieur de la monture par une mâchoire ou double lame de fer, dans laquelle la lame de la scie est prise et fixée par une ou plusieurs goupilles, et du côté extérieur par une poignée en bois à l’aide de laquelle on peut tourner et retourner fa lame a volonté.
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- L’autre traverse est armée de même. Il résulte de cette disposition que le plat de la lame peut tantôt être mis dans une situation telle qu’il soit opposé à la tranche du montant» tantôt dans une position semblable à celle du plat du montant, tantôt dans une position intermédiaire. Pour faire cette opération, il faut tourner les poignées l’une après l’autre et préalablement détordre la corde d’un ou deux tours. De cette mobilité de la lame résultent de grands avantages. On peut, avec la scie allemande, détacher du bord ou de la tranche d’une planche une pièce très-mince, ce qu’on n’exécuterait pas avec la scie à refendre si la planche était très-large. La scie allemande donne seule le moyen de découper des parties courbes ayant un grand rayon. Enfin» quand on met sa lame dans la même position que celle de 1* scie à débiter, elle sert aux mêmes usages. Il est évident que les boulons qui guident la lame doivent tourner à frottement un peu dur dans les trous des traverses. Il faut avoir bien soin que les deux poignées soient tournées précisément au même degré, sans cela la lame, au lieu d'être droite, serait tordue, et il deviendrait presque impossible de la diriger.
- Un auteur moderne conseille avec raison de ne pas amincit l’extrémité du montant pour le faire entrer dans les traverses; il aime mieux qu’on tienne le montant plus fort que de coutume, et qu’à ses deux extrémités on le taille en fourchettes destinées à recevoir les traverses.
- Le même auteur engage beaucoup à n’employer qu’une seule goupille pour unir aux poignées en bois les chaperons ou lames de fer formant les mâchoires entre lesquelles la lame de scie est arrêtée; cela est bien plus facile et aussi solide quand on a soin de faire la goupille assez forte. La lame doit toujours être unie à la mâchoire par une bonne vis.
- 4° Scie à tourner ou chantourner.
- Plus petite que la précédente, à lame plus étroite, ell0 lui ressemble d’ailleurs parfaitement et est spécialement destinée à suivre tous les contours, toutes les courbures des bois qu’on ne débile pas en droite ligne.
- 5° Scie à double lame ( fig. 22),
- Il est commode d’avoir sur la même monture deux lame® de scie dont la denture soit différente. C’est le moyen d’avoir en même temps dans la main deux instrumens divers. ^
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- semblait difficile d’atteindre ce résultat et de se réserver la laculté de tendre à volonté les deux lames; voici comment on y est pafvenu : une des lames est fixée dans des rainures à •une des extrémités des traverses, comme dans la scie à dé-uder ordinaire; l’autre extrémité, au lieu de porter-une en-•uille propre à recevoir une corde, est percée d’un trou comme naus la scie à chantourner. Dans le trou de chacune des transes on place une longue vis terminée à l’intérieur de la monture par une mâchoire dans laquelle est fixée une lame Plus courte que le montant; l’autre extrémité de la vis est garnie d’un écrou à oreilles, de telle sorte que la traverse soit Placée entre l’écrou et la mâchoire. En serrant l’écrou on force m traverse à se rapprocher de la mâchoire, et, par conséquent, de la traverse opposée ; donc les autres extrémités des haverses'doivent s’écarter et tendre une des lames, tandis que l’action des écrous tend l’autre. Pour que ce mouvement Puisse s’opérer, il faut qu’il y ait assez de distance entre la mâchoire et l’écrou, sans cela il ne resterait pas suffisamment *1 espace pour le jeu des traverses. Par ce procédé on a un m°yen de tension plus sûr que la corde, indépendant des vi-c,ssitudes atmosphériques, et l’on réunit sur la même mon— lure la scie à débiter et la scie à tourner.
- 6° Scies à main.
- Quelque variées que soient les scies précédentes, elles ne peuvent pas suffire encore à tous les besoins du menuisier. Il lui arrive souvent d’avoir à faire dans une planche une ouverte carrée ou circulaire; il lui serait très-commode alors de se servir de la scie ; mais comment avec la scie ordinaire entamer le milieu d’une planche? cela serait impossible. Il faut se servir delà scie à main, appelée passe-partout. C’est une lame d’acier ayant la forme d’une lame d’épée plate, dentelée sur un de ses côtés, finissant en pointe et augmentant de largeur depuis l’extrémité jusqu’à la partie la plus voisine du cylindre du bois dans lequel elle est emmanchée. Lorsque , avec oette scie, on veut scier une planche sans loucher au bord, °u fait, à l’endroit où l’on veut commencer, un trou suffisant pour donner place à la pointe de la scie ; on la met en mouvement. Son action allonge l’ouverture, la lame pénètre plus profondément; le mouvement devient plus facile; et, comme on n’est pas gêné par un châssis, il est aisé de faire suivre à l’outil toutes les directions tracées sur la planche. Il y a des
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- scies de ce genre de diverses dimensions ; quelques-unes sont plus larges que les lames des scies ordinaires, et toutes sont plus fortes et plus épaisses, ce qui devient indispensable puis-que rien ne les soutient.
- ïl y a d’autres espèces de scies à main (fig. 23), remarquables par la finesse de leur denture et la facilité avec laquelle on peut, soit tendre leur lame, soit les manier. U» manche en bois, de forme à peu près cylindrique, renferme une tige de fer terminée en mâchoire, dans laquelle est fixée une très-mince lame de scie. Cette tige de fer, sa scie qu’elle supporte, forment en quelque façon le prolongement de l’axe du cylindre. Le bout du manche, où s’engage la scie, est serré par une forte virole en acier, en fer ou en cuivre, de laquelle part un arc métallique dont l’autre extrémité va joindre le bout libre de la scie. Ce bout de la scie opposé au manche, est pris dans une mâchoire terminée par une vis ayant une porte carrée qui passe sans frottement dans ua trou pratiqué au bout de l’arc métallique. Un écrou à oreilles permet de rapprocher à volonté l’extrémité de l’arc métallique de là mâchoire. Quand on fait cette manœuvre, cet arc est recourbé davantage, son élasticité augmente puisqu’il est plus fortement tendu, et par la même raison il accroît la tension de la lame qui lui tient lieu de corde. Cette scie, dont la lame est mince et très-droite, dont les dents sont très-fineS) est employée avec avantage à scier les bois durs.
- 70 Scie d’horloger (fig. 24).
- Le menuisier qui travaille souvent sur des bois de ce genre fait bien de se munir de cette scie, qui n’est qu’une variété commode et économique de la précédente. Les mâchoires, au lieu de contenir la lame d’une manière invariable, peuvent la lâcher à volonté. On ne les réunit pas avec des goupilles, mais avec des vis qui permettent de les serrer et desserrer quand on veut. De là ce premier avantage que l’on peut renouveler la lame de scie chaque fois que cela devient nécessaire; que pour faire cet échange on n’a pas besoin de recourir à un ouvrier ; enfin qu’on peut employer avec la même monture des lames à dentures différentes, et que l’on varie suivant l’ouvrage à exécuter. Mais on a voulu en outre que la même monture servit à utiliser même les fragmens de lame brisée, et on y est parvenu en rendant variable la longueur de l’arc élastique. Pour cela on a composé cet arc de
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- ^ux parties : Tune, qui fait corps avec la virole, s’élève perpendiculairement au manche et à la lame; elle se termine par up- anneau dans lequel doit glisser l’autre portion de l’arc ; Cet anneau est percé au sommet d’un trou taraudé, dans le-tluel est une vis de pression. La seconde partie de l’arc, lu’on appelle coulant, est destinée à former ressort. C’est u;n cylindre d’acier dont l’extrémité élastique se recourbe et s unit è la mâchoire mobile avec laquelle il fait corps. La par-|>e cylindrique glisse dans l’anneau dont nous venons de par-leri on l’arrête où l’on veut avec la vis de pression, et cela Suffit pour donner le moyen d’allonger ou de rapetisser l’arc, donner la tension à la lame est une chose facile avec ce Système. Lorsqu’elle a été placée entre les deux mâchoires, à * aide des vis qui la serrent, on pousse la queue du coulant de Manière à allonger l’arc le plus possible. Comme la lame s’op-P°se à cet allongement, la partie flexible du coulant plie davantage, et si alors on fixe le tout à l’aide de la vis de pres-®,0n, la portion courbée du coulant étant toujours déterminée .s’étendre, tendra la lame par son élasticité. De cette ma-n,ère on emploiera jusqu’au dernier fragment de lame de sCe. Cette monture économique n’est pas chère , on la trouve P°'ïï trente ou quarante sous chez les marchands quincailliers tl® Paris; pour le quart de ce prix on a une douzaine de pe-tltes lames d’acier, toutes taillées, dont les morceaux peuvent ®ncore servir. Yoilà bien des raisons pour désirer que cet utile ïnstrument se propage dans les provinces où il est encore Presque inconnu.
- 8° Scies à chevilles et à placage.
- C’est tout bonnement une lame de fer et d’acier einmàn-e"ée, plate , recourbée, et dont les deux côtés sont garnis de ^euts qui n’ont pas d’inclinaison. ïi en résulte que la lame Deut s’appliquer exactement sur toute espèce de pièces de k°is chevillées, et couper près à près la partie delà cheville <lUl dépasse. Lorsqu’au lieu de se servir de ce moyen, ou d’em-Pl°yer un ciseau , on se contente de renverser d’un coup de Marteau la partie des chevilles qui reste en dehors après (lu’on les a préalablement enfoncées, il arrive souvent que la cheville rompt au-dessous du nu de l’ouvrage, ce qui produit cavités difformes désignées par les ouvriers sous le nom de ^tes de mort.
- On appelle spécialement scie d placage celle dont la poi-
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- gnée est droite et relevée, et scie à chevillés, celle dont 1® poignée est recourbée en avant. Ordinairement les dents d® ces scies sont [droites; mais quelquefois la dent du miheU seule est droite,et les autres sont toutes inclinées vers cette dent, c’est-à-dire moitié de droite à gauche, moitié de gauche à droite.
- 9° Scie circulaire.
- Je ne me propose point de parler de ces grandes scies mise* en action par de puissans moteurs, et qui débitent avec uml de promptitude les plus grosses pièces de bois, elles ne f<ml point partie du domaine de la menuiserie, et c’est au mécanicien à en expliquer la construction. Ce n’est pas ici no*> plus le lieu de faire connaître les scies mécaniques qui divisent les bois précieux en feuilles si minces et si égales; il plus convenable de renvoyer le peu que nous avons à en dii'e à la partie de cet ouvrage consacrée spécialement aux travail* de l’ébéniste. Mais j’ai remarqué que dans nombre de cas Ie menuisier a besoin d’une grande quantité de petites planchettes taillées avec régularité; que leur construction lui faisait perdre beaucoup de temps, et j’ai pensé qu’on me saurait gré de lui faire connaître et de contribuer à introduit dans les ateliers, une espèce de scie mécanique infiniment simple, connue seulement de quelques tabletiers et quelque* tourneurs sous le nom de mandrin porte-scie. Elle se compose d’une lame de cinq à six pouces de rayon, montée su* un axe. Cet axe est établi sur un bidet au moyen de deu* montans qui reçoivent ses extrémités taillés en tourillon. A l’une de ces extrémités on adapte une manivelle, et tandi* que-par le moyen de cette manivelle la scie est mise en mouvement par un ouvrier, un autre ouvrier présente à la sc<e la pièce que l’on veut refendre. J’entrerai dans de plus grand’ détails sur la construction du mandrin porte-scie, afin qUe chaque ouvrier puisse l’exécuter lui-même, ou le faire exécuter sous ses yeux ; même dans les parties de la France mj l’on aurait de la peine à se procurer la scie circulaire, et qul en est la pièce essentielle. C’est elle que j’enseignerai d’abof® à faire.
- On se procure la partie large d’une faux, ou tout auti'e morceau d’acier aplati pouvant donner la circonférence d® cinq ou six pouces; on le bat et on le dresse à froid, sur une enclume bien unie, de manière à ne lui laisser qu’un quart d®
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- d'épaisseur environ. Cela fait, on trace eur la plaque un cercle le plus grand possible, et on en marque le centre
- faisant un peu pénétrer, d’un coup de marteau, un poinçon d acier là où était la pointe du compas; là, on perce un trou bien circulaire de huit ou dix lignes de diamètre, puis on perce ba autre trou de trois lignes de diamètre, à quatre lignes de distance du premier; ou bien on fait avec la lime, à partir du trou central, une fente large de deux lignes et longue de ClDq ou six; cette espèce de roue terminée, il faut lui conduire un essieu propre à la maintenir dans une position bien Perpendiculaire, et à lui communiquer un mouvement circulaire très-rapide.
- Cet essieu est formé de deux pièces ; la première se compose de trois parties, savoir : 1° un tenon cylindrique entrant juste dans le trou central de la roue d’acier; ce tenon porte bn filet de vis assez fin et à pas peu incliné ; 2° une embâse °u renflement pareillement cylindrique, ayant environ un Pouce de longueur sur deux pouces de diamètre; cette embase, coupée à angles droits du côté du tenon, doit être de ee côté légèrement concave, afin que la roue d’acier puisse coller bien exactement sur ses bords, lorsqu’on les presse con-lre celte surface; 3° d’un autre tenon cylindrique servant ^ axe, à proprement parler, mais n’ayant pas de pas de vis. Cette pièce présente par conséquent un gros cylindre d’un Pouce de long, placé entre deux autres cylindres de moindre diamètre, dont l’un, armé d’une vis, a six lignes de longueur, tandis que la longueur du cylindre uni est invariable.
- La seconde pièce de l’essieu ne diffère de la première que Par l’absence de la vis cylindrique : elle se compose de même de deux cylindres de différente grosseur, mais dont chacun a t®s mêmes dimensions que le cylindre correspondant de l’autre Partie ; dans cette seconde pièce, le cylindre qui sert d’embâse Est percé à son centre, d’un trou taraudé dans lequel s’ajusta Exactement le tenon cylindrique et à vis de la première pièce. Il en rséulte que, si on fait passer le tenon dans le trou central de la roue d’acier, si ensuite on visse ce tenon dans la trou taraudé, la roue sera prise entre les deux embâses, et Maintenue dans une position perpendiculaire à l’axe; mais Pour qu’elle ne puisse glisser en tournant entre ces deux pièces, 0n percera sur l’une des embâses un trou parallèle au tenon, aussi éloigné de ce tenon que le petit trou latéral de la roue Est éloigné du trou central; ce petit trou de l’embase rece-
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- vra de force une cheville en fer qui pénétrera pareillement dans le petit trou de la roue, mais sans trop dépasser sa surface, sans quoi les deux embases ne s’appliqueraient pas exactement epntre le plateau d’acier.
- Cela fait, on place l’instrument sur un tour, et avec un bon burin on met la plaque au rond, en enlevant tout ce qui dépasse le cercle qu’on a déjà tracé; avec la .pointe du même burin, on tracera un cercle à une petite distance de la circonférence; ce cercle servira de guide pour limer les dents; par conséquent, il doit être plus ou moins éloigné du bord, suivant qu’on voudra qu’elles soient plus ou moins longues; une ligne présente un moyen terme convenable ; ensuite, tailler les dents avec une lime tiers—points, elles doivent être un peu inclinéeset avoir d’ailleurs la forme ordinaire; chacune d’elles formera un petit biseau pointu et tranchant, et toutes doivent être faites de même et avoir la même direction. Cette opération exige beaucoup de précaution et d’adresse pour ne pas altérer la forme circulaire de la scie; cette forme est une condition indispensable pour l’effet de l’instrument : on s’assure qu’on a atteint ce but en présentant un morceau de bois à la scie, pendant qu’elle tourne, de manière à ce qu’il la touche à peine; on voit alors si toutes les dents le frappent de la même manière, et portent sur lui de la même quantité ; si quelques-unes sont plus longues, il faut savoir les distinguer des autres; on substitue, au morceau de bois d’épreuve, une tige de fer qu’on approche insensiblement et à peine; les dents les plus longues sont les premières qui le rencontrent; la dureté du fer y laisse une légère empreinte, à l’aide de laquelle on les reconnaît ; alors on les lime et on les met à la mesure convenable. En multipliant ces épreuves, on parvient à obtenir une régularité parfaite; mais on sent qu’après avoir raccourci quelques dents par la pointe, il est nécessaire de les allonger par la ba/e, en creusant un peu plus profondément l’intervalle qui les sépare des autres. On se dispense de toute la peine que cause cette opération, quand on peut se procurer une scie circulaire toute taillée; il ne s’agit plus alors que de la monter sur son axe.
- On place ordinairement cet instrument entre les deux pointes d’un tour, et on lui imprime un rapide mouvement de rotation continue, k l’aide d’une roue à laquelle il communique par une corde sans fin ; lorsqu’il tourne, on approche la planche à scier ? et l’on peut présumer combien doit être rapide
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- et régulière l’action de cette machine : elle est telle, qu’en dix Secondes on peut faire un trait de dix-huit pouces sur une planche de trois lignes d’épaisseur.
- Mais ce n’est pas ainsi que je proposerai d’employer la scie Mécanique dans les ateliers de menuiserie. On n’a pas toujours un tour à sa disposition, et quand on en possède un, lui communique ordinairement le mouvement à l’aide u une pédale; de telle sorte , que le mouvement de rotation, au lieu d’être circulaire continu, comme il le faudrait pour le service de la scie, est circulaire alternatif. Pour y suppléer, nous avons un moyen bien simple. Dans tout atelier menuiserie passablement monté , on trouve une meule qui Seft à affûter les outils. Nous en donnerons plus loin la description; pour le moment, il me suffit de dire que cette meule est animée d’un mouvement circulaire continu qu’on lui communique à l’aide d’une pédale. Or, quelques-unes de ces Pédales, au lieu de faire mouvoir directement la meule, font Turner d’abord une très-grande roue, qui, à l’aide d’une c°rde sans fin, communique son mouvement à une petite P°ulie placée au bout de l’axe de la meule ; il en résulte que Ja poulie, et ensuite la meule, font plusieurs tours lorsque !a roue motrice n’en fait qu’un seul, ce qui rend la rotation lnfiniment rapide. C’est une meule ainsi montée qu’il faut av°ir ; sa pédale servira à deux fins. En effet, nous pourrons à volonté substituer le mandrin porte-scie à la meule; JJ suffira de faire l’essieu de l’un aussi long que l’essieu de 1 outre, de leur donner le même diamètre, de les terminer l°us deux du même côté par une poulie semblable; dans oette hypothèse, si nous calculons que chaqueNmouvement oo pied fait faire un tour à la grande roue; si, par suite de a disproportion entre le diamètre de cette roue et le diamètre delà poulie, une révolution de la première fait faire cinq 'ours à l’autre ; si enfin la circonférence de la scie présente cent cinquante dents, chaque mouvement du pied fera éprouver à a pièce de bois soumise à l’action de l’instrument, huit cents coups d’un biseau acéré.
- Cela suffit pour faire connaître la puissance de cet outil, dont les effets surprennent toujours ceux qui le , voient pour a première fois, et qui n’avait encore été décrit dans aucun ouvrage sur l’art dp menuisier. On peut débiter de celte façon des planches de deux pouces d’épaisseur; mais nous ne conseillons pas de l’employer à cet usage, il nécessiterait
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- une trop grande force. Lorsqu’on a à travailler sur une plan* che trop longue, on peut, après l’avoir fendue par un bout» la retourner, présenter l’autre extrémité à l’instrument et augmenter ainsi sa portée du double; on peut la rendre plu* grande même en présentant la planche obliquement à l’axe et de manière à ce qu’elle forme une tangente avec la circonférence. Mais dans ce cas, comme la scie agit obliquement à la surface de la planche, elle entame en même temps une plus grande épaisseur, ce qui rend une plus grande force nécessaire.
- En finissant, je dois dire que l'arc et les embâses du manr drin porte-scie sont ordinairement en buis ; mais cette méthode n’est utile qu’autant que l’ouvrier ne sait tourner que le bois et veut le faire lui-même. Dans le cas contraire, et surtout quand il veut substituer ce mandrin à la meule à aiguiser, il vaut infiniment mieux faire l’axe en fer. Je conseillerais alors un mode de construction plus simple que celui que j’ai indiqué d’après les mandrins porte-scie actuellement en usage. Il serait plus commode de faire l’axe d’une seulo pièce et d’un diamètre égal partout. Au milieu, et sur une longueur d’environ un pouce, il serait fileté; et après avoir placé la scie circulaire au milieu de ce filet, on l’assujettirait de droite et de gauche avec des écrous. Pour se ménager plus de facilité dans le cas où l’on voudrait serrer ou lâcher les écrous, ils devraient avoir des oreilles, à moins qu’on n’aimât mieux, et avec raison, se servir d’une clé. L’un des écrous pourrait être fixé sur l’axe par une goupille ou une forte soudure; ce serait alors une véritable embâsp, semblable à celle que porte l’axe du plateau d’une machine électrique. L’un des écrous doit avoir toujours sur sa face qui s’applique contre la scie, une petite goupille saillante, destinée à entrer dans le trou latéral de la scie circulaire et à l’empêcher de tourner dans les écrous.
- 10° Scie mécanique et circulaire perfectionnée.
- Brevet d’invention et de perfectionnement pour des moyens mécaniques employés par la scie circulaire ou sans fin, qui sont propres à découper le bois ou toute autre matière dans les formes et figures rectilignes et à l’aide desquelles on confectionnera notamment les parquets à compartimens et les mosaïques, du Sr Klispis, à Paris.
- Ces moyens consistent à découper une planche en plu-
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- s'eurs parties qui aient toutes exactement la même figure rectiligne quelconque, et à former sur ces morceaux de bois des rainures et des languettes en même temps qu’on les dé— c°upe dans la forme convenable, soit pour former les divers c°mpartimens d’un parquet, soit pour tout autre ouvrage, comme dessus de tablettes, guéridons, panneaux, plinthes, piastres, portes, etc,
- Les opérations qui ont pour objet de disposer ces morceaux d6 bois pour être ajustés, s’exécutent surdifférens établis portât divers arrangemens de scies circulaires, qui, toutes, sont ,ftises à la fois en mouvement par un seul et même moteur quelconque.
- Explication des figures qui représentent les diffêrens établis dont on vient de parler.
- Planche S, fig. 280 et 281. Elévation et plan d’un établi sur lequel sont montées deux scies circulaires AB.
- La scie circulaire A est destinée à débiter le bois en plan-c«e de l’épaisseur et de la largeur qu’on désire.
- C, plateau en bois posé à plat sur le bâtis B; il porte une °ngue pièce de bois E qui sert de conducteur ou de guide et que l’on peut approcher ou éloigner à volonté. Des trous F s°ut pratiqués à cet effet sur le plateau : ces trous reçoivent deux boulons G, qui entrent chacun dans une petite cou->sse I pratiquée en travers de la pièce de bois E. Les bou— 0t*s G sont munis chacun d’un écrou à oreilles servant à l^er le guide E sur le plateau G ; par cette disposition, la distance entre la scie À et le conducteur E se détermine à y°lonté, suivant l’épaisseur du bois que l’on veut couper.
- Le morceau de bois que l’on soumet à l'action de la scia ^ est appliqué par l’ouvrier contre le conducteur E et pressé Par lui sur les dents de la scie.
- La scie B sert à couper suivant le3 angles déterminés, au dveyen d’un oulil, les bois qui ont été préparés par la scie A.
- L’outil qui sert à couper ces morceaux de bois sous diffé-rens angles, s’appelle couloir ; il est représenté en plan fig. 30J,,
- élévation latérale fig. 302, et verticalement par le bout .£• 285; il est formé d’une planche de laiton a portant plu-sieurs traverses bedef, qui formeut différeus angles avec es bords de cette planche. Cette planche de cuivre a au— essous une languette g, qui s’ajuste dans la rainure h pra-'quéesur le plateau C , fig. 280 et 281.
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- 7e, fig. SOI et 283, fenle dans laquelle entre la scie B des fig. 13 et 14.
- i, fig. SOI et 302, quatre petites pièces de bois se fixant à la distance que l’on veut du passage de la scie, et qui, servant d’appui en même temps que les traverses bcdef aux plan' ches que l’on découpe, règlent la longueur qu’on veut donner à tous les morceaux ; cette longueur est déterminée par le* vris de rappel 11.
- m, longue traverse fixée par dés vis n sur les traverse be âef; elle porte en outre quatre vis de pression o dont les bouts inférieurs appuient sur les pièces de bois i.
- Les angles formés par les1 traverses bcde, avec la fente permettent de découper des morceaux propres à former des carrés, des triangles, des losanges, etc., à l’aide desquels on peut composer des figures carrées, pentagonales, hexagonales, octogonales et autres.
- il0 Description d’un autre outil, ou couloir du genre pré" cèdent, destiné à couper de grandes pointes d’étoiles.
- Ce second outil, qui est représenté en plan fig. 282, en élévation latérale fig. 284, et par le bout fig. 285, est, comme le premier, formé d’une planche de laiton a sur laquelle sont ajustées trois traverses b c d, dont les deux premières sont posées sur la largeur, et la troisième sur la longueur. Une fente e est également pratiquée dans la planche pour le passage de la scie, et cette planche a aussi une languette g en dessous pour entrer dans la rainure h des fig. 280, 281.
- fi, fig. 282, deux planches destinées à servir d’appui au* morceaux de bois fc que l’on veut découper.
- On se sert de cet outil en appliquant une planche bien corroyée sur la scie contre le côté de la planchette /‘et contre ce-lui de la planchette i dans la position ponctuée : on abat de cette manière, au moyendelascie, un angle Imn, fig. 282, égal à la moitié de l’angle que l’on veut obtenir. Dans cette position, les deux planchettes qui servent d’appui présentent un angle droit l mo. On retourne la planche à laquelle on vient d’enlever une pointe ; on applique le côté n p contre la plan' chette f, et le côté inférieur contre le côté de la planchette * que l’on dérange à cet effet. Alors le point n se trouve port® en m et le point m en q : on obtient de celte manière autant de morceaux qm n, fig. 282,286, que peut en donner la p!anche que l’on débite, en la retournant chaque fois sans avoir besoin de déranger les planchettes fet i.
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- On voit comment, à l’aide des deux outils que l’on vient de décrire, on peut obtenir tous les compartimens d’un parquet 0u de tout autre ouvrage de goût : en,employant les bois de lotîtes les couleurs on arrivera à former des dessins variés.
- Mais les bois découpés par les seuls procédés que l’on vient d exposer, donnent des parties qui ne peuvent être réunies *îu à la colle ou bien avec des languettes rapportées.
- ^-° Moyens de pratiquer des languettes et des rainures dans le bois en même temps qu’on le coupe.
- » Ces moyens consistent à découper, suivant diverse» dimensions et selon toutes les formes polygonales les plus en Usage, des planches de laiton qu’on appelle calibres.
- Sur l’une des faces de l’un de ces calibres représenté sur deux faces opposées et de profil, fig. 287, et à la même distance à chacun de ses côtés, sont pratiquées deux rainures parallèles entr’elles et au côté duquel elles correspondent.
- Ce calibre est utilisé sur l’établi représenté en élévation et enplan, fig. 289 et 290, sur lequel sont montées, sur deux plateaux c d, deux scies circulaires a b, destinées à faire chacune une opération différente. Le plateau c de la scie a est ^e; l’autre plateau d, qui est ipobile, se place au moyen des fis e à la hauteur nécessaire pour que la scie qui le traverse *e dépasse plus ou moins, selon l’objet qu’on se propose de Couper.
- fg, deux languettes fixées sur l’un et l’autre plateau ; elles conservent entre elles et la scie une distance égale à celle qui existe entre les deux rainures du calibre et le côté auquel elles s°nt parallèles, de sorte que le calibre étant posé à cheval sur les deux languettes, affleure, lorsqu’on le pousse, la scie sans en recevoir l'action.
- Cela posé, si l’on conçoit un morceau de bois h, vu en dessous et de profil, fig. 291, appliqué du côté qu’on appelle pare-*nentsur la face du calibre triangulaire i de la fig. 287, laquelle est garnie de trois petites pointes pour retenir la pièce, h pendant qu’on fera glisser ce calibre près de la scie a, fig. 289 et 290, co qui en dépassera sera abattu. On pourra découper entiè— fement ce morceau de bois, en apportant, chacune à leur tour, les rainures de chaque côté du calibre sur les languettes f g de la scie a; on obtiendra, de cette manière, une figure parfaitement égale au calibre.
- Maiscommeil s’agitde formerdesrainures et des languettes
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- tout en donnant au morceau de Lois la forme du calibre sur lequel il est appliqué, on ne coupera pas tous les côtés afin d’en conserver un ou plusieurs (suivant la manière dont les diffèrens compartimens devront être ajustés), pour y former des languettes, tandis que les côtés coupés suivant le calibre seront destinés à avoir des rainures; celte double disposition se remarque en plan et de profil, fig. 292.
- Les choses ainsi disposées, on porte le calibre sur les languettes conductrices f g du plateau d, ayant préalablement élevé ce plateau à une hauteur telle que la scie ne dépasse que de la quantité nécessaire pour déterminer l’épaisseur de l’arrasement de la languette.
- Lorsqu’on passe le calibreàla scie 6, fig. 290, en soumettant à son action le côté k, fig. 292, du morceau de bois placé sur ce calibre, lequel côté n’a pas été coupé par la scie a, il reçoit de la scie b sur l’une de ses faces un trait de scie l, fig-28, qui forme la profondeur de l’arrasement.
- Pour faire l’arrasement sur l’autre face, on détache le morceau de bois du calibre, et on le porte sur une machine qui, au moyen de quatre opérations, achève les languettes et creuse les rainures.
- Celle machine est représentée de face fig. 294, et en plan fig. 295, en coupe horizontale fig. 296, en élévation de chaque bout, fig. 297 et 298.
- La première des quatre opérations qui s’effectuent sur cette machine, consistant à obtenir l’arrasement pour languette sur l’autre face du morceau de bois que l’on vient de détacher du calibre, se fait au moyen de la scie circulaire a, fig. 294, 295,296, 297.
- La deuxième opération ayant pour objet de déterminer la longueur de la languette, se fait avec la scie b, fig. 29, 50, 31 et 35.
- La troisième opération par laquelle op abat les joues des languettes se pratique à l’aide des deux scies c d.
- Enfin, la quatrième et dernière opération, consistant à pratiquer les rainures, se fait sur ces deux scies e f.
- Toutes ces différentes scies sont montées sur un même axe horizontal g.
- b, fig. 295, 296,297, châssis ayant intérieurement deux rainures dans lesquelles glissent deux languettes pratiquées sur les côtés d’une tablette i, placée sur la scie a. Sur cette tablette et au-dessous de la scie a est ajustée une languette de
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- k, qui est de même épaisseur que la scie. La tablette i peut être élevée et abaissée au moyen des vis de rappel m, fig. 294, et elle est poussée à droite et à gauche par deux autres '•s de rappel pareilles à celles que l’on voit en l, fig. 294, et par une troisième vis n, /îÿ.294, 295,298, qui la presse en tttême temps sur le bâtis de la machine, pour la fixer dans position qu’on lui a donnée.
- Les choses étant ainsi disposées, et la languette k étant supposée exactement placée dans le plan vertical de la scie a, c°mme l’indique la fig. 294, alors on pose sur la tablette à coulisse i le morceau de bois qu’on a détaché du calibre, de Uianière que le trait de scie qu’on a déjà fait sur l’établi, fig. ^^9,290, reçoive la languette de fer k, fig. 294,295 : on appuie sur ce morceau de bois, avec le levier o qui est, à cet effet, jUuni d’une vis à tête, ou d’uue broche p, fig. 297 ; on pousse Ja tablette i sur la scie, et l’on obtient de celte manière sur h morceau de bois un second arrasement qui correspond par-faitement au premier qui a été fait sur l'établi, fig. 289. Ce Utorceau de bois, alors disposé comme on le voit en plan et du profil, fig. 299, est soumis à l’action de la scie b, fig. 294, ^95, 296, 298, qui détermine la largeur de la languette. A cet effet, sur une tablette q, fig. 294,295 et 298, est ajusté un guide r démêlai, qu’on approche ou qu’on éloigne de lascie, à l’aide de deux vis s, fig. 294, 295, qui tiennent au bâtis. Le morceau de bois sur lequel on se propose de former la languette, étant posé à plat sur la tablette q, de manière que le guide r soit en-§agé dans l’un des deux arrasemens, on pousse ce morceau de bois sur la scie, qui abat tout ce que la languette a de trop en largeur, et qui rend le morceau de bois, comme le représente de face et de profil la fig. 500.
- La languette ainsi disposée, il ne reste plus pour l’acheter entièrement, qu’à en abattre les deux joues; c’est l’outrage des deux scies cd, fig. 294, 295. Voici l’explication des dispositions qui facilitent cette opération.
- Quatre montans tt’ fixés sur le bâtis portent deux plateaux angulaires u iï, ayant chacun sur le côté deux entailles verticales pour recevoir les montans ces plateaux peuvent glisser de haut en bas le long de leurs montans; leur élévation se règle par des vis de rappel vv’, fig. 294, de manière à ne laisser passer au-dessus de ces plateaux que la quantité nécessaire des scies c d.
- Les plateaux u u’ sont retenus sur les montans t t’ par des boulons munis d’écrous à oreilles x x’.
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- y ydeux pièces de bois posées sur les plateaux u u\ pour servir de guides ; ces guides sont retenus sur leurs plateaux respectifs par des vis logées dans des coulisses, et portant au-dessous des écrous à oreilles %%' pour les manœuvrer à volonté.
- a’a2, vis avec têtes à oreilles, servant à rapprocher ou à éloigner les guides y y’ des scies c d. La distance entre Ie guide y et la scie c se détermine suivant l’épaisseur de la joue de la languette, et celle entre le guide y’ et la scie d est égale à l’épaisseur de ladite joue, plus à celle de la languette ; de sorte que, en appliquant le parement du morceau de bois que l’on veut iangueller contre le guide y, et poussant ce morceau de bois sur la scie, on enlève une joue de la languette, c’est-à-dire qu’on obtient le profil, fig. 305a; plaçant ensuite le même parement de ce morceau de bois contre le guide y » et poussant sur la scie, on abat la seconde joue de la languette, ce qui donne le profil, fig. 303 b, où l’on voit la languette entièrement terminée.
- Il ne reste plus, pour compléter le travail, qu’à faire la rainure. Cette opération s’exécute, comme nous l'avons déjà dit, au moyen des scies e qui sont un peu plus'épaisses que les scies c d. Ces scies, qui dépassent leurs plateaux d’une quantité égale à la profondeur que l’on veut donner aux rainures, sont embrassées et environnées par des plateaux triangulaires b’b2 et des guides c c2, disposés absolument de la même manière que les plateaux u u' et les guides y y’; la rainure se fait en deux fois : on applique d’abord le parement du morceau de bois contre le guide c-, et la scie f fait une rainure étroite d’, fig. 504 c, de la profondeur déterminée parla quantité que chacune des scies e/dépasse au-dessus des plateaux è’è2, quantité qui doit être la même pour chacune de ces scies. On soumet ensuite le même morceau de bois à l’action de la scie e, en appliquant le même parement contre le guide c. Cette seconde scie forme une seconde petite rainure qui, confondue avec la première, faite par la scie f, donne la rainure e, fig. 304d, que l’on a voulu pratiquer et qui doit recevoir les languettes, obtenues par la méthode décrite plus haut.
- Moyen de découper de petits morceaux de bois de diverses figures.
- Ce moyen consiste en un établi représenté en plan etenélé-
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- dation, fig. 305 et 306, pl.id., sur lequel on découpe un mor-®eau de bois, tel que celui que l’on voit sur son épaisseur et ® plat, fig. 307, 308, en triangles, en^arrés,enlosanges, d’une mmension aussi petite que possible pour faire de la mosaïque.
- Sur cet établi est montée une scie circulaire «qui traverse '‘J1 plateau b dont on règle la hauteur, au moyen des vis c; ce Poteau porte une règle de champ ou languette d que l’on Pe,It approcher plus ou moins de la scie, en faisant usage des Moyens déjà décrits plus haut pour obtenir un effet semblable. Lorsqu’on a préparé le morceau de bois, fig. 306, 307, 308, manière que deux de ces côtés ef, f g forment entr’eux un ®tigle droit ou l’angle d’un polygone régulier, on le passe sur ? scie en se guidant sur la languette d, fig. 305,306, et on ob->ent un trait de scie h, fig. 307 et 308, parallèle au côté '.9-, suivant lequel on s’est guidé en l’appuyant contre la a,)guette en même temps qu’on a poussé sur la scie.
- il faut avoir soin de commencer à fendre ainsi son bois en travers du fil. Le premier trait de scie étant donné, on place 6 morceau de bois de manière que la languette d entre dans a fente h; on pousse alors ce bois sur la scie, et on obtient llne seconde fente, qui, à son tour, va se placer sur la lancette d pour former une troisième fente, ainsi de suite pour f°ute autre fente qu’on veut former.
- En appliquant à son tour le côté e f du morceau de bois, 'l9. 307, 308, contre la languette d, fig. 305, 306, et opérant j^mme on vient de le faire pour le côté f g, on obtiendra sur °ute la surface du morceau de bois des carrés semblables à Ceux de la fig. 309. Si les deux côtés e f, f g forment entr’eux angle droit et d’autres figures ; si ces mêmes lignes contiennent entr’elles un tout autre angle : ces diverses figures ^coupées seront propres à former différens dessins.
- . Eour détacher tous les petits morceaux de bois tracés par es différens traits de scie, on porte le morceau de bois où ils 8e trouvent sur l’établi, fig. 280 et 281 ; on l’appuie contre le Suide C, et la scie À abat tous ces petits morceaux.
- description d'une petite machine (fig. collectives 147, 148, PL 5), propre à couper les bois et les métaux, employée en Angleterre.
- ,, « On se sert, dans les ateliers de construction de Londres, a Une espèce de tour, sur l’arbre duquel est montée une fraisée 0,1 scie sans fin, destinée à couper, sur toute la longueur et
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- «paissent, les pièces de Lois et de métal qtfi entrent dans 1® composition des machines ou mécanismes.
- Cette machine simple^t ingénieuse, construite par M. Ioway, habile mécanicien, opère avec une célérité et u»e précision remarquables. L’emploi de la fraise n’offre san® doute aucune idée nouvelle ; mais le principal mérite de ee tour consiste à pouvoir régler à volonté la vitesse des mouve' mens, ainsi que l’épaisseur, la largeur et l’angle , d’après le®' quels la pièce doit être coupée.
- Comme la machine dont il s’agit n’est encore employé® en France que par M. Calla et dans la fabrique de M- Dol" fus, à Mulhausen, nous avons cru devoir la faire dessiner et graver, dans l’espoir qu’elle pourra être promptement intrO' duite dans nos ateliers, ses avantages sur les moyens ein'1 ployés jusqu’à présent pour le même objet étant inconte®^ tables. Le mécanisme èn sera aisément compris à la simplff inspection des figures.
- Explication des figures collectives. Fig. 147, ire série* et fig. 148, 2e série, de 11 à 14. Les mêmes lettres in‘ diquant partout les mêmes objets, pl. 5.
- Figures 9 et 10, vue de l’ensemble de la machine, monte® et prèle à fonctionner.
- Fig. 9, élévation latérale du côté de la fraise.
- Fig. 10, la machine vue par-devant et du côté où se plsf l’ouvrier. On peut la faire mouvoir soit au moyen d’une pédale, comme les tours ordinaires, soit par tout autre moteuf' Fig. l, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 11, 12, 13, 14, détail des pièce® qui composent la machine.
- Fig. 8, vue en dessus de la table sur laquelle on place Ie* pièces destinées à être coupées.
- Fig. 11, coupe de cette même table.
- Fig. 14, l’axe portant les pignons qui font agir les créma« lères, vu séparément.
- Fig. 12, l’une des crémaillères, vue en élévation et de face* ' Fig. 13, la même, vue de profil.
- Fig. 3 et 5 bis, l’une des coulisses, vue en dessous et ^ coupe.
- Fig. 6 et 7, vis de pression qui règle l’écartement d® coulisses. '
- Fig. 4 et 8, plan et élévation du guide oblique et de I e'’ crou à tige qui le fait mouvoir.
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- Fig. 1, la fraise montée sur sou arbre, vue en coupe.
- Fig. 2i, la même, vue en élévation et séparée.
- A, scie circulaire ou fraise en tôle d’acier, qui doit être parfaitement dressée.
- B, arbre en fer sur lequel la fraise est solidement montée.
- C, poupées à pointes entre lesquelles tourne l’arbre B.
- B, montant du bâtis.
- E, sommier du bâtis sur lequel sont établies les poupées.
- E, arbre coudé tournant entre les pointes des deux vis GG, «xés dans le montant DD du bâtis.
- H, g;rande poulie en bois à trois gorges de rechange. Elle ®st fixée au moyen de vis à bois sur une roue en fonte de fer G montée sur l’arbre F, et faisant fonction du volant.
- J, petite poulie en bois montée sur l’arbre B, et qui reçoit e mouvement de la poulie U, au moyen d’une corde sans f'n K.
- L, pédale sur laquelle l’ouvrier agit avec le pied pour faire Pouvoir la machine.
- M, axe de cette pédale oscillant entre les vis à pointes NN, taraudées dans le bâtis.
- O O, bras qui supportent la pédale.
- P, traverse qui transmet, au moyen de la bielle Q, le Mouvement de la pédale à l’arbre coudé F.
- R, table en fer fondu, dressée, sur laquelle on fait couler
- bois ou le métal à scier.
- SS, cadres en fonte de fer qui supportent la table R. Ces Jjeux cadres glissent verticalement entre les coulisses de cuivre ET, fixées sur le sommier E du bâtis, et dont l’écartement est réglé par des vis de pression U U.
- V V, crémaillères en cuivre, fixées sur les cadres SS.
- X, axe tournant dans des coussinets adaptés sur le sommier E, et muni de deux pignons n n, qui engrènent dans 'es crémaillères Y Y.
- Y, guide parallèle en fer fondu. Ce guide étant susceptible fi,e s’éloigner et de se rapprocher de la scie A, son parallé— bsme avec cette scie est conservé par les deux petits bras Z Z JHu se meuvent autour des centres a a. La distance du guide a la scie est réglée par le boulon b qui coule dans une rainure c°urbe c.
- d, guide oblique en cuivre posé sur le petit coulisseau e. Il est construit de manière à former avec le coulisseau difFérens angles, dont la valeur peut se déterminer au moyen d’une di-
- Menuisicr. 1. 11
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- vision gtaduée, tracée sur le même coulisseau. L'écrou à iig0 A fixe le guide dans la position qu’on lui a donnée. Le coulisseau coule horizontalement entre la table R, dont le champ est rendu angulaire à cet effet, et la coulisse f fixée sur I0S cadres S S, au niveau de la table. Le parallélisme de la coulisse avec la table est réglé par les vis de pression g g.
- Pour faire usage de cette machine , on fixe d’abord le guid0 parallèle Y à une distance voulue de la scie, en se guidant sur une échelle graduée K, gravée sur la table. On pose pied sur la pédale , et on lui imprime le mouvement connu0 à un tour à pédale ordinaire, puis on place sur la table R I0 pièce de bois ou de métal destinée à être coupée; on la pousse contre les dents de la scie, en l’appuyant dans l’angle qo0 forment le guide et la table. En opérant de cette manière, on ne peut faire dans le bois qu’un trait de scie parallèle au bord, qu’on appuie contre le guide ; mais si on veut scie0 dans une autre direction, on appuie la pièce contre le guid0 oblique d, et on fait tourner celui-ci sur son centre, ail moyen de la vis à lige h, jusqu’à ce que la ligne suivant laquelle on veut scier, se trouve dans le plan de la scie ; alors on donne le mouvement à la pédale, et l’on pousse tout à la fois le guide et le bois.
- La hauteur de la table R , par rapport à la scie , peifi encore varier sur l’épaisseur de la pièce à scier. Un carré /, pratiqué au haut bout de l’axe X, reçoit une manivelle : e° tournant celte manivelle à droite ou à gauche, on élève ou on abaisse les crémaillères V Y, et par conséquent la table fi à laquelle elles sont liées. Les vis m servent à serrer les cadres S S et à les fixer à la hauteur qu’on leur a donnée.
- Une scie semblable au fond, mais différente par les formes, a été importée d’Angleterre par M. de Pontejos. Cette sci0 est employée dans plusieurs grands ateliers, notamment dans ceux de M. Pape, célèbre facteur de pianos à Paris : l09 ouvriers en sont fort satisfaits.
- Description d'une machine à scier les bois en feuilles> par M. Cochot, mécanicien, de Paris.
- Fig. o 13, pi. 9e. — Élévation.
- Fig. 314. — Plan.
- A , bâtis en bois.
- B, presse à deux jumelles, l’une fixe et l’autre mobile
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- ^our serrer le châssis de division C, et faire avancer la pièce de bois D destinée à être sciée.
- E, vis en bois traversant les deux jumelles pour serrer *e châssis C : ce châssis porte deux traverses F, garnies, chacune intérieurement, d’une plaque G en cuivre , pour recevoir les quatre galets H, aussi en cuivre, retenus au châssis * Par des chapes en fer, et roulant sur pivots en acier.
- J, traverse en bois, placée au milieu du châssis I, et portant deux morceaux de bois K inclinés, pour pousser, au moyen de deux galets L, les brosses M sur la scie à couteau pour dégager ses dents de la sciure qui s'y attache fortement. Cette scie a six centimètres de largeur, un millimètre d’épaisseur, depuis le dos jusqu’aux deux tiers de sa largeur, et un tiers de millimètre depuis cet endroit jusqu’à m denlurè. Les dents, d’environ deux millimètres de longueur, sont éloignées l’une de l’autre d’un centimètre. Cette scie, au fur et à mesure qu’elle s’use, doit être amincie; sa longueur doit aussi varier selon la grandeur de la mécanique , ou selon qu’elle est plus ou moins ancienne.
- O, deux traverses en bois portant les brosses et les galets L.
- E, deux ressorts en acier ayant pour fonction de retirer les traverses O au moment où les morceaux de bois K s’en retournent après avoir rencontré les galets L.
- Q, deux morceaux de bois garnis de crin, pour adoucir •effet des ressorts P.
- E, monture de la scie fixée sur le châssis I par deux vis S.
- T, écrous pour retenir et tendre la scie.
- TJ, châssis en acier (voyez les détails) composé d’une traverse et à deux montans ; il porte deux couteaux en acier, qui, à l’aide des montans, maintiennent la scie pendant son mouvement, et empêchent que la feuille qui se sépare du b|oc ne soit endommagée. Les couteaux fixés à la traverse Se trouvent, pendant le travail, entre la feuille et la scie. Les ^eux montans, entre lesquels circule la scie, portent aussi oeux guides en acier qui les serrent contre celle scie à laquelle ils servent de points d’appui.
- V, planche appuyant sur le bloc de bois D, et fixée par vis X au châssis à coulisse X , qui monte ou descend, vivant l’impulsion qu’il reçoit de la crémaillère a.
- b, deux supports en bois, mobiles, destinés à resserrer m châssis X dans ses rainures, au moyen des vis c.
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- d , deux montans en bois fixés au bâtis , et portant deu* rainures qui reçoivent le châssis Y.
- e, pièce de bois en forme de T, adaptée au montant di et portant, à chacune de ses extrémités, un support f en bois, garni d’une vis qui sert d’axe à l’arbre g.
- h, pièce de bois retenue à l’arbre g par une charnière en fer, et armée, à son extrémité , d’un cliquet fourchu qui communique le mouvement à la grande roue i, afin d’élever au-dessus du trou, creusé sous le patin, la pièce de bois soumise à l’action de la scie.
- j, arbre en fer, servant d’axe à la roue i et au pignon le t ce pignon engrène la crémaillère a qui fait monter le châssis Y, auquel est retenue la pièce de bois à débiter.
- I, verge de fer coudée, fixée à l’arbrp g, et traversant un levier en bois m retenu au châssis I; cette verge donne le mouvement à l’arbre//, celui-ci le transmet au cliquet fourchu de la pièce de bois h qui fait marcher la grande roue à rochets i.
- u, ressort en acier appuyant sur le grand cliquet h.
- o, second cliquet servant à retenir la roue i.
- p, grand ievier dont un bout est attaché à la manivelle' coudée qt et l’autre bout est traversé par le boulon r, retenu dans les montans s, fixés sur le châssis I.
- t, pignon en fonte de fer, engrenant la roue u.
- v, arbre en fer, portant deux manivelles à l’aide desquelles on donne le mouvement à toute la machine.
- x, volant en plomb pour régulariser le mouvement.
- y, morceau de bois glissant dans une rainure et servant à soutenir le cerceau % qui soutient et préserve de tout accident la feuille à mesure qu’elle se détache du bloc.
- , cadran de division pour l’épaisseur des feuilles.
- , châssis à coulisse portant le cadran.
- c, aiguille servant de régulateur à la vis d.
- 13° Le Hacher on.
- Dans quelques provinces, dit M. Désormeaux, on emploie, pour dégrossir le bois, des hachettes ou hacherons dont je regrette que l’usage ne soit pas plus répandu. Cet instrument, comme on voudra le nommer, doit être en petit ce que la doloire du tonnelier est en grand. Les hacherons doivent avoir la table ( on nomme ainsi la planche dont ils sont garnis) à gauche, et le biseau par conséquent à droite. Le manche
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- doit se recourber en s’éloignant de la table, de manière qu’en planant une planche d’une certaine largeur, les doigts de 1 ouvrier ne se froissent point contre le bois.
- 'VvvvHwvwvwvw'wuuHiivvvwu'viwvmivwmuw' iwüiwvmuw
- CHAPITRE IY.
- DES 1NSTKUMEKS A CORROYER LE BOIS.
- On entend par corroyer, l’action d’aplanir et de dresser fis pièces de bois, tant sur la surface que sur la tranche; de |eur donner la largeur et l’épaisseur nécessaires ; enfin, dans 'es parties cintrées, de donner la courbure ou l’inclinaison ‘loi convient à l’ouvrage. Celte opération est indispensable, Puisque la scie du scieur de long donne les planches raboteuses, d’épaisseur ou de largeur inégales dans différens Points. D’elle dépend en grande partie le fini de l’ouvrage, ®t le poli le plus soigné ne pourrait y suppléer, car le polissage n’enlève que les petites inégalités et non les grandes ; ‘1 est tout-à-fait insuffisant dès qu’il s’agit de donner aux Averses surfaces le parallélisme nécessaire. Indépendamment outils à tracer et à mesurer, dont nous parlerons plus *ard, on se sert pour corroyer les bois, de divers instrumens spéciaux; ce sont : la varlope, la demi-varlope ou riflard, bi varlope à onglets, les rabots, le guillaume , le feuilleret.
- La théorie de tous ces instrumens se réduit à ceci : adapter Uîl outil tranchant ou ciseau à une surface parfaitement plane 1*fi le guide danstsa marche, et le force à couper tout ce qui n’est pas dans la ligne horizontale. Cette théorie bien simple rendra facile l’intelligence de tout ce qui va suivre. Je dois ‘‘éanmoins faire observer dès à présent que la surface régu-‘®trice de l’instrument devant, pour qu’il produise son effet, s appliquer exactement sur la pièce de bois que l’on travaille, si, au lieu d’une surface, plane, on veut obtenir une sarface courbe, il faut que la surface régulatrice soit courbée eHe-même. Il y a plus, elle doit être convexe si l’on veut °blenir une surface concave , afin de permettre au 1er de Pénétrer dans le bois; elle doit être concave si on veut obtenue surface convexe, puisqiralors elle empêche le fer de tordre autant au centre qu’aux extrémités, ce dont on a Précisément besoin. Ces outils et quelques autres sont dé-s,gués soug le nom générique d’outils à fût.
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- 1° Les Varlopes.
- La varlope ordinaire {fig. 25, pl. lre) est composée d’uti fût, d’un fer et d’un coin.
- Le fût a comme l’indique la figure, à peu près la forme que les géomètres désignent par le nom de parallélipipède rectangle; c’est une pièce de bois très-dur et bien dressée, dont les quatre faces les plus longues, ayant la forme d’un carré long, sont bien perpendiculaires l’une à l’autre. Ce fût a communément vingt-sept pouces de long, deux pouces et demi ou trois pouces d’épaisseur, et quatre pouces moins un quart ou quatre pouces dans sa plus grande hauteur. Cette hauteur en effet diminue d’environ neuf lignes à chaque extrémité. Cela ne provient pas de la surface inférieure, qui doit toujours être parfaitement plane, mais de la surface supérieure qui est légèrement courbée et s’abaisse aux deu* bouts. A quelques pouces de sou extrémité postérieure on adapte à tenon et à mortaise, une espèce de poignée ou d’anneau qui sert à pousser l’instrument ; on fixe un bouton près de l’extrémité antérieure. Au milieu de l’épaisseur du fût, et à peu près à égale distance des deux bouts, on creuse un trou nommé lumière A, qui forme une des parties principales de l’outil, celle peut-être d’où dépend le plus sa bonté. C’est là que doit être placé le fer dont elle règle l’inclinaison ; le coin sert à l’v fixer. Ce trou est évasé, assez grand par le haut, et finit au-dessous de la varlope par ne plus être qu’une fente transversale à la longueur de l’outil, longue d’environ deux pouces et large seulement d’une demi-ligne, afin que le copeau que le fer détache et qui tend à se tourner en spirale ne puisse plus sortir de la lumière dès qu’il y est engagé. Le fer est appuyé contre la paroi du derrière de la lumière, celle qui est la plus rapprochée de la poignée. O» lui donne une inclinaison d’environ 45 degrés, c’est-à-dire une inclinaison égale à celle d’une ligne oblique qui, partant de la jonction d’une ligne horizontale et d’une ligne verticale, s’écarterait autant de l’une que de l’autre. La paroi opposée de la lumière est bien moins inclinée; l’intérieur de la lumière est muni de deux épaulemens ou saillies contre lesquels le coin vient s’appuyer.
- Le fer a environ deux pouces de large et sept ou huit pouces de long au moins. 11 est plat et composé d’une lame d’acier et d’une lame de fer qu’on soude ensemble par leur surface et qu’on trempe ensuite. Orrl’aiguise en usant la lam®
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- fer de telle sorte que son épaisseur forme un biseau ou P'an incliné, lorsque le fer est dans une position perpendi-Claire; mais lorsque ce fer est placé dans la varlope, et par ®°nséquent penché en arrière de 45 degrés, ce plan incliné prient horizontal et forme, pour ainsi dire, la continuation no la surface inférieure de la varlope. On doit en conclure cine ce biseau doit former avec la surface de la lame d’acier, !ln angle qui a pareillement 43 degrés; mais, presque tou-l°urs, il est plus aigu, et souvent il n’a que 25 degrés. Il est ^ocessaire d’aiguiser le fer bien carrément et de telle sorte l*1® la ligne tranchante soit aussi horizontale que le dessous no la varlope. Néanmoins les angles sont légèrement et in^ lisiblement arrondis. S’ils conservaient leur vivacité, les b°>s soumis à l’action de la varlope, seraient souvent sillon-nes en long par les ang!e$.
- , De coin qui sert à tenir le fer est éyidé par le milieu : il aut qu’il serre un peu plus par le bas que par le haut, et
- il joigne bien des deux côtés. A Paris, depuis assez long-te«ips, on n’évide plus le coin, qui est plat sur ses deux fa— et moins épais. On enfonce le coin avec un marteau, on e desserre en frappant quelques coups sur l’extrémité de la Varlope; cela suffit pour l’ébranler; mais quelques personnes ®Went mieux pratiquer une entaille sur la face antérieure ou coin, et s’en servir pour le retirer avec le manche d’un Marteau. Il est essentiel de serrer convenablement le coin de *®lle sorte qu’il assujettisse bien solidement le fer sur le der-•oère de la lumière ; sans cela, lorsque l’on fait agir l’instru— î^ent, le fer ballotte entre le coin et la paroi postérieure de *0 lumière. Au lieu de couper le bois vif et facilement, il j;essaute, fait faire des soubresauts à l’instrument, et la sur-uce ne s’unit pas. Les ouvriers expriment cet effet en disant lue l’oulil broute.
- De l’immobilité du fer, de la manière dont la surface de uesxqus est dressée, de l’inclinaison de la lumière et de la fa— jûlité avec laquelle elle vomit les copeaux, dépend toute la °nté de la varlope.
- . Tous les ouvriers savent tracer la lumière de leurs varies; mais il n’en est pas de même des amateurs, qui pour-|a,H sont quelquefois bien aises de savoir faire eux-mêmes eurs outils. Comme M. Désormeaux a décrit celte opération avec une clarté suffisante, je m’aiderai de son travail. Pour I parvenir sûrement, dit-il, il faut d’abord mettre son bois
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- bien d’équerre; puis, après avoir parfaitement dressé la f«ce la plus saine, celle qui se trouve être la plus foncée en couleur» qu’on peut supposer, par conséquent, approcher davantage du cœur du bois, et qu’on destine à être le dessous du cœuf de l’outil, on trace légèrement sur cette face, à six pouces efl" viron du bout antérieur, une ligne transversale bien d'équerre» puis, derrière cette ligne et à la distance de deux lignes, deu* lignes et demie, ou même trois lignes, on trace une second® ligne parallèle à la première. L’entre-deux de ces lignes dé' termine la largeur que doit avoir la lumière; on pose ensui16 le fer à plat sur le milieu du dessous, sur les deux lignes qu’on vient de tracer; on marque avec un poinçon la laf-^ geur de ce fer, et, avec un trusquin, on trace de chaque côte une ligne parallèle à ce côté, qui sert à déterminer l’épais" seur des joues. Avec la même ouverture de trusquin, o*1 trace deux lignes pareilles sur la face supérieure de la var-lope. Nous avons vu que l’opération avait commencé par Ie tracé de deux lignes transversales, espacées de deux à troi» lignes, et bien parallèles entre elles ; on prolonge ces deu* lignes sur un des côtés et sur le dessus de la varlope : cela fait, on applique une équerre d’onglet (propre à tracer ut* angle de quarante-cinq degrés) contre le côté de la varlope» de façon que le sommet de l’angle de l’équerre joigne le bas de la seconde des deux lignes dont nous venons de parler (celle qui est la plus éloignée du bout antérieur). Le long du côté incliné de l’équerre, on trace une ligne qui va en diagonale du bord inférieur au bord supé' rieur de la varlope, et indique la pente que devra avoir le fer. On répète celte opération sur l’autre côté de la varlope, et on réunit les deux diagonales qu’on a ainsi obtenues, par une ligne qu’on trace sur le dessus de la varlope, et qui est parallèle aux deux lignes qu’on y avait déjà tracées. Il ne resté plus alors qu’à tirer, entre cette dernière ligne et les autres, une ligne séparée de la dernière, à proportion de l’épaisseur qu’on donne au coin : cette ligne règle la place où doivent être taillés les épaulemens destinés à retenir le coin. Pour vider la lumière, les uns emploient tout simplement le ciseau elle bédane, les autres percent des trous perpendiculaires eu suivant les lignes des côtés de la varlope qui ont cette direction, et font ensuite partir avec le ciseau le bois intermédiaire; mais les amateurs qui voudraient faire leurs outils agiront beaucoup plus prudemment en perçant
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- trou perpendiculaire à chaque angle de la lumière et à ne ligne en dedans, pour enlever ensuite le bois avec une de ®es petites scies appelées passe -partout, sauf à terminer la Pente avec le ciseau en suivant bien exactement le tracé. °rsque la lumière est vide, on enlève le bois qui est sous ®s epaulemens, en passant une scie par la lumière, et en se reg'ant toujours sur le tracé. On polit ensuite la lumière 4ussi exactement que possible; une lime douce est l’instru— ^ent qui réussit le mieux : si on n’en a pas, on peut se ser-lr d’un morceau de tilleul huilé et saupoudré de pierre P°nce broyée.
- La demi-varlope, nommée aussi riflard, ne diffère des Orlopes ordinaires que parce qu’elle est moins longue d’un i.nart ou d’un cinquième. La construction est d’ailleurs en-Ierement analogue; mais la lumière est plus inclinée, afin jUe le fer ait plus de pente et morde davantage le bois, «ans le même but, au lieu de l’i
- do
- 'affûter carrément, on lui
- nue une forme un peu arrondie ; et comme, par suite de Cette construction, il enlève les copeaux plus épais, on donne ?n peu plus de largeur à la fente inférieure de la lumière par Quelle ils doivent passer. Cet instrument sert à blanchir les °'s, c’est-à-dire à en découvrir la surface, à en faire dispa-les inégalités les plus considérables : quand on a fait ^'nsi ie pi,]S gros de l’ouvrage avec un outil expéditif, on ernaine avec la varlope ; mais pour les travaux communs, il 5rrive souvent qu’on se contente de blanchir, j La varlope à onglet, plus petite encore que la demi-var— l°Pe; elle ne porte pas de poignée, et sert spécialement à unir dresser le» petits ouvrages. Il faut en avoir plusieurs qui fixèrent entre elles par le degré d’inclinaison du fer. Celles Qnt le fer est presque perpendiculaire et à biseau court, Sftrvent à travailler les bois durs, noueux et rebours. Elles ^ plus de force et prennent moins de bois à la fois. On en * dont l’inclinaison est de 45 degrés, comme dans les autres ar*opes, et celles-là servent pour les bois ordinaires.
- , Au nombre des variétés des varlopes à onglet, il y en a eUx qu’il faut distinguer ; c’est la varlope à double fer et la ®rlope à semelle en fer. La première porte en effet deux
- car, à
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- r.s; elle a l’avantage de ne jamais faire d’éclats,
- P®>ne soulevé par le fer coupant, le copeau rencontre le fer ? dessus, qui le rompt à sa base. Pour obtenir cet effet, on Pl^Ce les deux fers l’un sur l’autre, en tournant les biseaux
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- l’un sur l’autre, de façon que le fer, dans cette situation) présente l’aspect d’un fermoir à double biseau. Le fer <i0 dessus, destiné à rompre le bois, a le biseau arrondi ; il ®st dépassé d’une ligne environ par le fer de dessous.
- Souvent à Paris, et presque toujours en province, on sé' pare les deux fers par le coin. On obtient ainsi de meilleur® effets; mais il est extrêmement long et difficile de mettre e!1 fût. Pour cela, dans beaucoup d’ateliers, on met immédiat®-' ment ces fers l’un sur l’autre; mais cette pratique a encor0 des inconvéniens; les fers ne conservent pas long-temps l®at situation respective, et il vaut bien mieux se servir de double* fers unis entr’eux par des vis, jouant dans des coulisses q111 permettent de varier la distance des biseaux. Comme ceS doubles fers se vendent tout préparés , et qu’il suffit de leS voir pour connaître comment on peut s’en servir, et que 1® menuisier ne pourrait pas les faire lui-même, je ne perdr®1 pas à les décrire une place qui peut être mieux employée.
- La seconde variété tire son nom de la semelle ou lame d0 fer dont elle est doublée par dessous, et qu’on y ajuste moyen de six vis, dont la tête pénètre dans la semelle, et q®1 la réunissent solidement au bois. Cette varlope est aussi spe' cialement consacrée au travail des bois durs et rebours, °u au travail des bois de bout, c’est-à-dire des bois dont il fau* trancher perpendiculairement les faisceaux de fibres. Sa 1°' mière est extrêmement inclinée, et le fer est placé en seD* inverse, de telle sorte que le tranchant s’appuie contre dessous de la semelle de fer avec lequel il affleure.
- Celte longue lumière diminue nécessairement la force $ l’outil, elle ne laisse d’ailleurs passer les copeaux qu’av®{ peine; pour parer à ces deux inconvéniens, on a imaginé & faire à cette varlope une double lumière : l’une, inclinée ^ arrière et très-étroite, reçoit le fer et le coin qui la rempli8' sent; l’autre, inclinée d’arrière en avant, sert au passage de* copeaux. A présent on fait souvent la semelle en cuivre.
- 2° Les rabots.
- Les rabots ne sont vraiment pas autre chose que de petit®8 varlopes, plus petites que toutes celles dont nous avons parlé* et dont la manœuvre est plus facile. On en fait depuis tro1* pouces et demi de longueur jusqu’à près d’un pied. Le deg>'0 d’inclinaison du fer varie comme dans la varlope à onglet.
- Mais il est une espèce de rabot qui n’a rien d’analogue paf'
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- 1,11 les varlopes. Je veux parler des rabots cintrés. Ôn a déjà V|* que l’on n’a pas seulement à corroyer des surfaces planes, mais encore des surfaces courbes. Les rabots cintrés sont Ce,’.x dont le fût courbé de diverses manières est propre à ce travail. Si l’on veut obtenir une surface convexe dans la lon-§uçur, et semblable au dessus d’une varlope, par exemple, 5Ul est plus élevé de neuf lignes au milieu qu’aux extrémités, 11 faudra un rabot dont la surface inférieure présente une a°ncavité équivalente; sans doute, si on posait ce rabot à plat t®11* toute sa longueur sur la pièce de bois à travailler, il Ile produirait aucun effet, et sa concavité ne permettrait j*as au fer et au bois de se rencontrer ; mais si le bout du ra-i01- est appliqué à l’extrémité de la pièce de bois, et qu’on e pousse dans cette position, le fer commencera par enlever a partie la plus saillante, l’angle. Insensiblement celte partie anguleuse prendra une forme plus ou moins arrondie, et se boulera en quelque sorte sur la concavité du rabot. Quand °n aura fini à celte extrémité, le rabot, que l’on continue de P°üsser à diverses reprises, ira frapper l’autre angle en des-CeQdant, et là produira encore un effet semblable.
- Si on veut, au contraire, une surface concave, il faudra poudre un rabot dont la surface inférieure soit convexe. En 6 promenant d’abord au milieu de la pièce de bois, on ne ®rdera pas à y produire un enfoncement, et cet enfonceront augmentera de plus en plus en prenant la forme dési-fee- Le fer, en effet, enfonce tant que le fût ne s’oppose pas a son introduction; et comme le fût s’y oppose plus tard ailx extrémités qu’au centre, c’est relativement à ces extrémités qu’il enfoncera le plus.
- Quelquefois on a à travailler des pièces de bois cintrées à U fois sur le plan et sur 1 élévation; il est nécessaire alors *je se servir de rabots cintrés aussi dans les deux sens, ou à , °uble courbure. Si, en effet, le fût était plan latéralement, l*ne pourrait pas s’appliquer sur la courbure latérale.
- Comme chaque rabot cintré ne peut donner qu’une de ce3 ®spèces de courbures, qu’un seul degré de convexité ou de c°ncavité, il en résulte qu’on est forcé d’en avoir un assortiment ; cela ne suffit pas encore.
- En effet, on a souvent à donner au bois une courbure transversale, à l’arrondir en portion de cylindre ; alors il faut 'me nouvelle espèce d’instrument. Tel est l’usage du rabot ï'm l’on désigne spécialement sous le nom de mouchette
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- [fig. 26). Son fût est creusé par-dessous en rigole. C’e®1 dans celte espèce de cannelure que se modèle la portion d® cylindre que l’on veut obtenir, et le tranchant du fer est ta$e en croissant {fig. 26 bis).
- Le rabot rond est l’inverse du rabot mouchette; au liel1 d’être creusé par-dessous, il est convexe; il creuse une rigole au lieu d’en porter une; le tranchant de son fer est arrondi ^ lieu d’être taillé en croissant, de telle sorte qu’avec un de ce* deux rabots on pourrait faire le fût de l’autre. Il faut répété pour eux la même observation que nous avons déjà faite potb les rabots cintrés. Il est indispensable d’en avoir plusieuf’ de diverses largeurs et de différentes courbures.
- Comme ces rabots sont exposés à un frottement répété, faut choisir, pour les faire, un bois extrêmement dur; c’es* pourquoi on donne d’ordinaire la préférence au cormier. IleS* préférable de leur adapter une semelle semblable à celle dda varlope à semelle en fer. Cela vaudrait quelquefois autan1 que d’employer, comme on le fait dans plusieurs ateliers, de* rabots entièrement en fer.
- Ces rabots sont formés d’une boîte en fer allongée, ouvert en haut, percée par-dessous d’une fente analogue à celle delJ lumière. Ils renferment d’abord un premier coin en bois, ^ surface plus ou moins oblique, sur laquelle le fer tranchai est appuyé. Il est maintenu dans cette position par un auffi coin en bois qui, d’un côté le presse, et de l’autre s’appiU* contre un boulon enfer fixé invariablement dans les côtésde la boîte. Ce système a cet avantage qu’avec le môme rabot of peut varier à volonté l’inclinaison du fer. Il suffit d’avo|( plusieurs couples de coins, et de donnera celles de leurs facd qui doivent maintenir le fer, des degrés d’inclinaison diffd rens.
- Machine propre à raboter les bois de toute nature, et $
- toutes dimensions-, et à y pratiquer des rainures, Wv
- guettes et moulures, par M. Roguin, de Paris.
- L’objet de cette invention est de réduire de beaucoup 1* main-d’œuvre dans la préparation des bois pris à l’état de* madriers et de planches.
- Le travail du bois, quel que soit l’usage auquel on le des' tine, peut se réduire à quatre opérations principales, qui sou1'
- 1° Raboter;
- 2° Faire les rainures et les languettes pour joindre bs bois;
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- °° Faire les moulures qui servent d’ornemens ;
- 4° Faire les tenons et les mortaises pour assembler l’ou« 'rage.
- Cette dernière opération n’est pas susceptible d’être faite Par nne machine, puisque la place des tenons et des mortaises dépend de la longueur des bois d’assemblage, et que celte l°ngueur est soumise elle-même aux dimensions de tout Fôu-Vrage; mais les trois premières opérations peuvent être faites
- sont réellement exécutées par la machine dont voici la des-cription :
- Fl. 9e, fig. 315, élévation de côté.
- Ft’â'. 316, plan.
- , Celte machine esl formée d’un établi composé de deux par-^Ies> l’une, a, qui est fixe, et l’autre, b, qui est mobile et qu’on appelle le chariot. Ce chariot porté sur six roulettes, et que la .8- 517 représente en particulier de côté, roule sur une par-tle saillante c, appelée corniche ; il est muni d’un fond mobile Jfid) au moyen de vis de rappel placées de haut en bas dans .épaisseur des bois qui forment l’assemblage du chariot, est ®'evé ou abaissé, selon que l’exige la plus ou moins grande epaisseur du bois soumis à l’action de la machine.
- Ce chariot est tiré par un treuil d, dont l’axe porte, à son extrémilé, une roue dentée e, dans laquelle s’engrène un pi-gnon /'dont l’axe reçoit une manivelle g.
- Sur la partie fixe a de l’établi, est placé horizontalement 1,11 arbre eu fer h, représenté en particulier par la fig. 4e, dont les tourillons tournent entre des coussinets de cuivre *°.gés dans des supports en fer i; ce même arbre tourne un Ptgnon k avec lequel engrène une grande roue l, qui reçoit * action d’une manivelle m ; il porte aussi les rabots, qui sont Ojlindriques, et dont le diamètre et l’épaisseur dépendent de l’effet qu’ils doivent produire. Les lames dont les cylindres s°nt garnis, sont prises dans l’épaisseur du fer; elles sont jaiiièes obliquement. Àu milieu du cylindre est un trou dans laquel entre l’arbre ; les outils sont fixés sur cet arbre par des g°upilles.
- n, rabot uniquement destiné k raboter le bois.
- o, rabot bouvet faisant une rainure.
- P, assemblage de deux rabots bouvets, laissant entr’eux l’intervalle d’ une languette.
- ?, assemblage de trois rabots formant une moulure présentât une doucine entre deux carrés.
- Menuisier. 1.
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- r, fig. 316, planche posée à plat sur le chariot, et sur Ie bord de laquelle le rabot q fait une moulure.
- s, planche posée de champ sur le chariot, et sur laquelle Ie rabot o pratique une rainure.
- t, planche posée également de champ sur le chariot, et sut laquelle le rabot p pratique une languette.
- u, cordes à l’aide desquelles'le treuil d fait marcher le cha-riot.
- v, châssis en bois adapté à l’établi, et servant à porter l’axe de la roue l et l’une des extrémités de l’arbre h.
- æ, traverse en bois nommée le guide.
- g, petit bras courbe qui supporte le pignon f.
- Jeu de cette machine.
- Si le chariot tiré par le treuil parcourt, je suppose, cio<l millimètres en une seconde, le rabot porté sur l’arbre h, que met en mouvement la roue l, fait, pendant le même temps, dix révolutions sur lu.-même ( les dents du pignon k sont à celles de la roue l comme un est à dix) ; or, ce rabot étant arme de dix-huit lames, il résulte des mouvemens combinés du t l’outil et du bois soumis à son action, que cent quatre-vingts lames agissent successivement sur une longueur de cinq mil-limètres de bois, qui, à raison du mouvement lent, régulier et progressif, du chariot sur lequel il est placé, présente successivement à chaque lame une nouvelle parcelle de bois S enlever.
- Dans la machine d’essai dont on vient de Voir l’explication, l’action est imprimée à bras d’hommes, et on perd en temps ce que l’on gagne en force; mais, dans une machine établie en grand, il en serait autrement. La force motrice sera un manège ou une machine à vapeur; alors , les outils, pouvant avoir un plus grand diamètre, pourront avoir plus de lames, et, maître de la force à donner au moteur, on pourra, en accélérant le mouvement de rotation des outils, accélérer en-proportion le mouvement progressif du chariot.
- Le retour du chariot, par l’un des moyens que fournit la mécanique pour changer le mouvement circulaire continu en mouvement rectiligne alternatif, ferait perdre un temps considérable, puisque le temps employé au retour du chariot, devrait être égal à celui qu’il aurait mis à aller ; je me propose d’utiliser ce retour dans l’emploi de la machine en grand, et de ne perdre, au moyen d’une suspension de mou-
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- yement, que le temps nécessaire pour retournep ou changer
- le hois.
- A cet effet, un second arbre sera placé après le premier. ïl Portera, à son extrémité, une roue de la même dimension que 'e pignon du premier, laquelle roue, engrenant dans ce pi— gnon, tournera et fera tourner le second arbre en sens confire du premier; pour que les outils portés par le second arme n’arrêtent pas le bois dans son premier mouvement d'aller, Ce second arbre sera porté par des supports à charnière, de manière à pouvoir être levé et baissé à volonté.
- Par ce moyen fort simple, les deux mouvemens de va et Dent du chariot sont utilisés, et il n’y a, comme je l’ai déjà n*t, de perdu que le temps nécessaire pour retourner et changer le bois.
- '^VVWHttWMVWnVUVVWUVtUWVUUVUVVUVV.tUWVVVVVVWHIftUW
- CHAPITRE Y.
- bES INSTRUMENTS A CREUSER ET PERCER LE BOIS. — OUTILS, MACHINES POUR LE MÊME OBJET.
- Les instrumens dont nous avons parlé dans ce chapitre SoiU si simples, et, en général, tellement connus, qu’il devient Presque superflu de les décrire. Nous dirons pourtant quelques mots de chacun, afin qu’on ne puisse pas nous reprocher de lacune, et nous dédommagerons le lecteur par l’indication de Machines propres à remplacer ces outils, ou du moins à diriger son attention sur les moyens d'y suppléer.
- 1° Le ciseau [pi. lre,
- Cet outil consiste dans une lame de fer et d’acier fixée dans hn manche de bois. Ce manche est cylindrique ou à plusieurs Pans, et long d’environ cinq pouces. La lame est composée *1 une lame d’acier, et d’une lame de fer soudée à plat sur la Première pour la renfoncer. Aplatieet large par lebas, comme le représente la fig. 2 7, elle se termine tout-à-coup par une hge carrée et assez forte, qui pénètre dans le manche. Dans Certaines professions, on se sert de ciseaux aiguisés sur les côtés, et le tourneur, entr'autres, en fait un fréquentusage. Mais le ciseau du menuisier n’est jamais tranchant qu’à son extrémité. On fait le taillant en usant la lame sur la pierre, à son extrémité, de telle sorte qu’en rongeant d’abord le fer et eu-
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- suite l’acier, Si l’aide du frottement, on y fasse un biseau qo* présente par le profil de son épaisseur un angle de trente de* grés, c’est-à-dire un angle plus petit des deux tiers que cela1 que forment, en se rencontrant, une ligne horizontale et un® ligne verticale. Il faut en avoir un assortiment de toutes les largeurs, depuis un pouce jusqu’à trois lignes.
- 2° Le Fermoir.
- C’est une espèce de ciseau qui, au lieu d’avoir la form® d’une pelle allongée, comme l’outil que je viens de décrire) va en diminuant graduellement de largeur, depuis son extrémité jusqu’au manche. La lame, formée de même d’acier, est composée de trois lames soudées à plat les unes sur les autres, de telle sorte que celle d’acier soit prise entre deux lames de fer; son tranchant est formé par la rencontre de deux biseau* allongés. On obtienlcetteforme en usant insensiblement chaque lame de fer, de façon que son épaisseur aille en diminuant, depuis lemanche jusqu’à l’extrémité. Cet instrument, comme on le voit, est mince, faible et peu propre à vaincre de grandes résistances. La largeur varie depuis dix-huit jusqu à si* lignes. La longueur est proportionnée à ces largeurs. Il est bon d’en avoir un assortiment. Le fermoir doit s'affûter toujours à biseau droit.
- 50 La Gouge.
- On peut la définir un ciseau à fer cannelé ou dont la largeur est courbée en demi-cercle; sa perfection consiste en ce que sa cannelure soit bien creusée, également évi-dée, pour que le biseau qui est en dessous ou du côté concave, et qui aboutit contre le bord de la cannelure, puisse donner au tranchant la forme d’un demi-cercle bien régulier. Le biseau des gouges doit être plus allongé ou plus court, selon que le bois dont/on se sert est plus tendre ou plus dur.
- 4° Le Bédane ou Bec-d'âne (fig. 27 bis).
- L’objet principal de cette quatrième sorte de ciseau est d’entailler profondément le bois. Gomme il doit vaincre alors une grande résistance, on le taille sur le champ du fer. Par ce moyen la ligne oblique formée par le biseau, au lieu d’aller d’une des faces de la lame à l’autre face, va de l’un des côtés à l’autre. Pour que l’instrument ne resle pas engagé dans l’ouvrage, lorsqu’on a à creuser beaucoup, on a
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- s°in de diminuer graduellement l’épaisseur de la lame à me-S(*re qu’on approche vers le manche. Sa force lui est conser-malgré son rétrécissement, si on a soin de laisser son hamp d’une longueur suffisante. Dans ce cas, la forme de J|gne brisée ou anguleuse que présente un des côtés de l’in— *hument, lui permet de faire toutes les fonctions d’un levier.
- sans dire que le tranchant devant toujours être formé Par la lame d’acier, la situation du tranchant doit régler la Quation de cette lame , et que , par conséquent, dans le bé-flane elle est soudée non plus sur le plat de la lame de fer, c°tujue dans le ciseau et la gouge, mais bien sur sa tranche D Ü1 ^e, par cette raison, l’épaisseur de la lame de fer doit elre égale à la largeur de la lame d’acier et à la longueur du lranchant.
- H faut avoir un assortiment de bédanes, comme on a assortiment de gouges, de ciseaux et de fermoirs. C’est surtout pour le bédane que cet assortiment est indispen— sableparce qu’il sert à tailler les mortaises : il faut en avoir depuis deux lignes de largeur jusqu’à dix, et ne pas es choisir d’un acier trop dur, parce que cet outil est sujet à s’ébrécher.
- La manière de se servir de ces quatre espèces d’instru-[Uens est la même : tandis que de la main gauche on tient ' 'ustrumenl dans une situation presque verticale, on frappe sur le manche à coups de maillet, et le fer entre dans le bois (i). s
- 5° Le Bec-de-cane.
- Espèce de bédane, plus allongé, plus faible et plus étroit, u°at le menuisier se sert pour les petits objets et les bois «tous.
- 6° Le Maillet.
- Cet instrument est un des plus connus; il se compose d’une ^asse de bois ordinairement cylindrique, tronquée carré— Usent à son extrémité. Celte pièce, faite d’un bois très-dur peu sujet à travailler, est percée d’un trou rond, perpendiculaire à son axe ou à sa longueur, et la traversant au Milieu dé part en part. Dans ce trou on enfonce un manche d un bois liant et peu susceptible de rompre. Il doit entrer de force et dépasser la tête du maillet de huit pouces de lon-
- de
- (t) Dans les nouveaux bédanes on ne fait plus de talon; le plus épais l’outil est du côté {lu manche.
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- gueur d’un côté, d’un demi-pouce environ de l’autre. Av®c un fermoir on fend jusqu’à la tête cet excédant d’un demi' pouce, on place dans la fente un petit coin en bois, qu’on fait entrer de force le plus profondément possible. Comme on doit avoir eu soin de faire le trou cylindrique de la tête un peu plus évasé de ce côté que de l’autre, ses parois ne près* sent pas d’abord la surface du manche. Le coin de bois peut dès-lors pénétrer, même dans la partie du manche qui es1 logée dans la tête, jusqu’à la profondeur d’un demi-pouceî il rend la fente plus profonde, grossit*pour ainsi dire Ie manche, en séparant les deux parties qui le composent et entre lesquelles il s’insinue. Il les applique exactement et avec force contre les parois du trou. On coupe alors avec un® scie toute la portion du manche qui excède, de ce côté, la tête du maillet. Par suite de cette opération et du renflement qui en résulte à l’extrémité du manche, il ne peut plus se séparer de la tête, surtout si l’or, a eu la précaution de donner un diamètre un plus grand à la portion par la' quelle on doit le saisir, et qui sort de l’autre côté de la tête, de huit pouces environ. Toutes ces petites précautions/ connues d’ailleurs du moindre ouvrier, sont indispensables sJ l’on veut avoir un bon maillet. On en sentira l’importance si l’on réfléchit que c’est un des outils dont l’usage est le plu* fréquent, et qu’on serait exposé à bien des pertes de temps s’il fallait revenir souvent à consolider le manche. Il vaut mieux , en le confectionnant, prendre un peu plus de peine pour n’avoir plus besoin d’y retoucher. Il faut avoir soin de ne pas fendre le manche dans le sens du fil du bois de la tête, mais en travers ; sans cela on aurait à craindre que le coin la fit éclater. On doit aussi ne donner la dernière façon à la tête qu’après avoir emmanché.
- La force de la tête, qui est ordinairement en bois de charme on de frêne, varie suivant l’usage auquel on destine l’instrument. U est bon d’en avoir plusieurs. En effet, tou1 son service est fondé sur la puissance du choc; mais on sait que la force communiquée au corps qui reçoit le choc est toujours d’autant plus petite que la masse de ce corps est plus grande relativement au corps qui frappe : par exemple, que le ciseau qui pèserait une livre, frappé avec un maillet pesant aussi une livre, enfoncera moitié moins que s’il était frappé avec un maillet de deux livres, mu avec la même force ; qu’il enfoncera aussi moitié moins que ne ley ferait
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- jjflns les mêmes circonstances un ciseau pesant seulement une enai-üvre ; et comme, d’un autre côté, il serait fatigant d’agir Oujours avec un gros maillet, quand il n’en faudrait qu’un ?eÜt, il convient de proportionner sa force à la nature de °Uvrage. Ceux que l’on fait le plus ordinairement ont sept P°Uces de longueur sur quatre de diamètre.
- Manière d’emmancher les outils.
- ciseaux, les gouges, les fermoirs, les bédanes, sont erminés par un manche en bois, de forme cylindrique ou Pr,smatique , et d’un diamètre toujours plus grand que celui .u fer. Ordinairement ils vont en s’élargissant vers la par— tle supérieure sur laquelle on frappe avec le maillet. La Partie amincie du fer est enfoncée de force dans le manche. “°ur cela on commence à y percer avec une vrille un petit lf°u dâns lequel on fait entrer la pointe du fer que l’on llent dans la main gauche. On frappe alors quelques coups ®ür le manche, ce qui suffit si l’outil n’est pas très-fort; il PQit de s’assujettir par l’usage. Si on veut le fixer d’une fa-î°n invariable, il vaut mieux s’y prendre de la manière suivante : on prend une petite vrille avec laquelle on perce un Petit trou à la base du cylindre et précisément au point Entrai; ensuite, prenant d’autres vrilles de plus en plus bosses, on les fait tourner l’une après l’antre dans le trou, de manière à l’amener peu à peu à un diamètre égal à celui de la partie du fer qui doit être enfoncée, pris à l’endroit *e plus fort. Mais, comme cette portion du fer qu’on appelle la soie va en diminuant jusqu’à l’extrémité, et que si Ie trou était égal dans toute sa profondeur, l’outil, quoique gêné près de l’orifice, serait trop à l’aise au fond et ballotterait dans le manche, il faut avoir soin d’enfoncer de moins et> moins chaque vrille, à mesure qu’elles augmentent de grosseur, afin que le trou soit conique; par ce moyen, la soie sera également serrée dans toute sa longueur, et l’outil solidement emmanché. Celte opération préliminaire terminée, on serrera fortement l’outil dans les mâchoires d’un étau, en dirigeant la soie en haut. Ou fera entrer cette soie dans le trou du manche, et on l’enfoncera le plus possible; on finira Par donner deux ou trois coups de maillet.
- ÏI y a des outils qui seraient gâtés dans celte opération par les mâchoires de l’étau; il y a un moyen bien singulier et bien simple de s’en dispenser. Après avoir enfoncé à la main la
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- soie dans le manche, le plus possible, on prend le mancb* dans la main gauche, de telle sorte que le fer soit tourné e® bas et suspendu en l’air. Bans cette position, avec la mai» droite, on donne de forts coups de maillet sur le manche, h semble que ces chocs répétés devraient faire sortir l’outil du lieu et le lancer au loin; point du tout : par une espèce & coqtre-coup, la soie remonte dans le trou et s’enfonce de plu* en plus.
- Lorsqu’ensuite on se sert de l’outil, les coups multiplié5 qu’il reçoit devraient faire pénétrer de plus en plus la soie dans le manche, et finir par le faire éclater. 11 y a deu* préservatifs contre cet accident : ou la soie, à un ou deu* pouces de son extrémité, est munie d’une espèce d’élargis' sement ou d’un anneau circulaire fixe et qui ne permet pa* au fer d’enfoncer davantage dans le bois, ou bien le côt® du manche où entre la soie est entouré d’un anneau oO virole en cuivre, ou en fer, qui le consolide et ne lui perme* pas d’éclater quand même le fer enfoncerait outre mesure.
- Il sera utile d’indiquer ici une manière ingénieuse de fait® ces viroles en les coulant en étain sur le manche même. A cet effet on creuse à l’extrémité du manche, là où doit être la vi' rôle, une entaille cylindrique, une véritable rainure qui n’est bordée au bout du manche que par un bourrelet d’environ une ligne de large; cette entaille a une ligne de profondeur; le fond en est raboteux; il est même prudent d’y creuset quelques trous peu profonds. Oa prend une bande de carte à jouer d’une largeur double de celle de l’entaille, et d’une longueur telle, qu’un des bouts puisse se croiser un peu sur l’autre après avoir entouré le manche; on roule cette bande sur l’entaille, de manière que sa largeur déborde de chaque côté l’entaille de quelques lignes sur le plein du bois; on fixe la bande à droite et à gauche avec un fil mouillé; puis, avec un canif dont la pointe coupe bien, ôn fait à la carte une incision en forme de croix; ensuite on relève les angles de cette incision de manière à former une espèce d’entonnoir, par lequel on verse de l’étain fondu, qu’on fait bien de combiner avec un peu de zinc, afin qu’il soit plus dur. Pour cette opération, il ne faut pas que le métal soit trop chaud ; on profite du premier moment où il devient liquide; s’il y a quelques inégalités à la virole, on les fait disparaître à l’aide de la râpe, et on diminue de la même manière la largeur du bourrelet en bois qui borde cette virole, et termine le manche d’un côté.
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- 7° Manches universels.
- L’opération d’emmancher les outils est un peu longue et lQutieuse ; les personnes qui font de la menuiserie un amu-se dispensent de ce travail à l’aide de manches uni— rsels, qui ne conviennent guère qu’à elles,* fis consistent de même dans un cylindre de bois percé au jetdre, d’un trou dont la forme varie suivant qu’on destine e Manche à servir pour des outils à soie carrée , à soie plate ^ a soie arrondie ; le trou est assez grand pour recevoir une °le un peu forte. Le manche universel est .muni comme les utres, d’une virole; mais il porte de plus un trou latéral arandé , dans lequel est une vis de pression avec laquelle on j,SslIjeuit la soie contre la paroi du trou. Ces manches, que 011 désigne® aussi sous le nom de manches de paresseux , ne Peuvent guère servir à des ouvriers de profession : ils per-ra*®nt trop de temps à placer dans lé manche et à en sortir >°Ur-à-tour des outils dont ils font un fréquent usage; d’ail— e,Urs, le même manche, soumis continuellement aux coups tepétés du maillet, serait bientôt comme écrasé, et hors de Service : mais j’ai du, malgré cela, dire quelques mots en posant de ces manches précieux pour l’amateur qui, fatigué par outils, n’aime pas à perdre son temps en préparatifs, et Ailleurs est quelquefois bien aise de ne pas consacrer beau-*!0up de place à ces instrumens, et de renfermer tout son atelier une boîte.
- 8° La Râpe à bois.
- C’est une espèce de lime qui, au lieu d’être sillonnée a® raies croisées en différens sens, est hérissée de dents pliantes soulevées avec une pointe de fer. Ï1 y en a de bien f®8 formes différentes; les unes sont cylindriques, d’autres P*ates, d’autres cylindriques d’un côté et aplaties de l’autre : jusque toutes sont plus étroites à l’extrémité qu’à la base; Autres sont plus ou moins rudes. Enfin il en est quelques-dont la soie est coudée de manière à faire un angle droit avec la lime proprement dite; celles-là sont très-commodes '°rsqu’on veut agir dans une partie déjà creusée, où ne poliraient pénétrer commodément les autres limes.
- 9° La Vrille.
- En parlant de la manière d’emmancher les outils, nous av°ns indiqué l’usage de cet instrument, le plus connu de CeUx qui servent à percer le bois circulairement; il nous reste
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- à le décrire. Il consiste dans une tige de fer cylindrique ^ trois à cinq pouces de longueur; cette tige est creusée ri cuiller ou cannelée à l’une de ses extrémités, et les côtés <* la cannelure sont aiguisés en biseau. A la suite de la canne' Jure sont trois ou quatre pas de vis diminuant graduelleiiiri de diamètre, et finissant par une pointe qui, de ce côfoi termine la vrille; l’autre extrémité a la forme d’une poin|e aplatie : c’est à ce bout qu’on adapte la poignée. On donri ce nom à une traverse en bois dur, arrondie, diminuant f diamètre vers ses extrémités, et longue de deux ou tr°'s pouces; elle est percée d’outre en outre par un trou allongé dans lequel on enfonce la pointe aplatie de la tige de fer. largeur de cette pointe est transversale à la longueur de 1* poignée, et son aplatissement ne lui permet pas de tourne1 dans le trou. On a soin , lorsqu’on enfonce la pointe , qu’eU* soit un peu saillante au-dessus de la poignée, ensuite on ri bat cet excédant, de sorte que la tige de fer ne puisse pl°! changer de place. Lorsque, tenant la poignée dans la main on appuie la pointe de la vrille sur une planche, la pressé la fait enfoncer un peu ; si on tourne, le filet de la vis pénèfi* en coupant le bois, et ce premier tour fait, on ne peut** faire un second sans que l’inclinaison delà vis la contraig11' à entrer encore davantage. Enfin, la cuiller entre à son tout et son taillant ronge latéralement le bois et le coupe en petif* fragmens, qui se logent dans la cannelure. II faut avoir soi* de retirer de temps en temps la vrille pour la dégager copeaux. La tige de fer est plus large à l’endroit où la canne Jure se réunit au pas de vis, qu’à tout autre endroit; saü! cela l’outil risquerait de rester engagé dans le bois. Quelque fois le fer de la vrille n’est pas creusé en cuiller à son extré mité, et ne présente qu’une vis conique à cinq ou six pj: de plus en plus rapides ; alors la vrille pénètre comme fl1 poinçon, en écartant et refoulant ensuite latéralement W fibres du bois: dans ce cas, elle fait souvent éclater l’oO' vrage. La vrille à cuiller a'aussi cet inconvénient, quW évite en partie en se servant d’abord de vrilles très-fines sauf à élargir ensuite le trou avec des vrilles d’un plus foi calibre.
- 10° Les Tarières.
- Les tarières ne sont souvent pas autre chose que des vrilla construites sur de beaucoup plus grandes dimensions. La pé
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- j’tlee est beaucoup plus longue, et pour la faire tourner on e sert des deux mains; quelquefois cependant le fer présente jJ10 différence remarquable. Lorsque l’on enfonce la vrille, 8 biseaux de la cuiller étant tournés dans le même sens, un u c°upe le bois, et le second, qui marche alors à rebours, sert qu'au moment où l’on imprime à la vrille un mou-nrent contraire pour la sortir du trou. Dans ce cas, ce se-n(* biseau relève et détache les parcelles de bois que le n emier s’était borné à coucher; mais on a trouvé le moyen . donner une utilité directe aux deux biseaux des tarières, d'dessus de la vis conique, le fer est aplati, puis il se rc-urbe sur les bords de manière à présenter deux biseaux * r'gés l’un en avant, l’autre en arrière. Si on coupait le r à cet endroit et perpendiculairement à son axe, la coupe . rait à peu près la figure d’une S. C’est en quelque sorte dx cannelures accouplées ensemble et tournées en sens con-a're. Pour peu que l’on réfléchisse, on verra que par suite 6 cette construction les deux biseaux doivent couper simul-ta»«ment.
- 11° Nouvelle Tarière en hélice.
- ^ous trouvons, dans de récens travaux, la description de tarière propre à percer avec facilité et promptitude les l)°.,s les plus durs, et celle d’un appareil propre à la fa-Jdlüer, par 3J. Church, de Birmingham, en Angleterre. °ds en indiquons encore une autre, et nous nous abste-,QQs d’en donner la figure, parce qu’elle a été déjà décrite ds plusieurs ouvrages, et notamment dans le Journal des ' chers, n° d’octobre 1829, fig. 12 et 13. Nous aurions Ss< bien désiré mettre sous les yeux du lecteur une série ^ arl'cîes relatifs au forage des métaux et au percement des °ls> qui se lisent dans ce même journal, et dans lesquels , °dt passés en revue, et appréciés, les différens moyens mis en ’\,aH(lde; et où d’autres, inconnus, sont mis en évidence.
- 3's ie nomjjre ^es figures et la longueur du texte sont . s> qu’il nous faut nécessairement renvoyer à cet ou— ^rage.
- Ï1 est peu d’opérations des arts mécaniques qui se prali-.ideru plus fréquemment que celle de percer les bois ; et les ! ^rumens employés à cet effet sont en grand nombre.
- 1 Les tarières dont se servent les charrons et les charpen-
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- tiers sont, comme on sait, composées d’une mèche rondeef acier trempé, dans laquelle est creusée une gouge ou tière à bords tranchans, terminés par un tranchant horizon'® mais la manœuvre de cet outil exige, outre une certaine de* térité de la part de l’ouvrier, beaucoup de force; il n’ope(t d’ailleurs que lentement.
- La tarière anglaise que nous indiquons n’a pas les inêin® inconvéniens; l’autre , la tarière à lame torse, en usage $ Etats-Unis d’Amérique , présente aussi plusieurs avantagé mais elle est difficile à aiguiser lorsqu’elle est émoussée.
- « Celle dont nous offrons la description, quoique constr11'1 sur le même principe, en diffère cependant sous plusie”1 rapports. Sa forme est celle d’un tire-bouchon ou d’un rul>! tourné en hélice, comme on le voit, fig. 268 , pl. 8. Le ceri est occupé par une broche, fig. 269, terminée à son extréi»’1 inférieure en pointe de vrille, et à son extrémité supérie»’ par un pas de vis qui entre dans un écrou pratiqué dan* mèche z. Cette broche sert à guider la direction delà tarie’ et à la centrer. On la retire lorsqu’on a besoin d’aiguiser 1’°’ til, ce qui se fait avec la plus grande facilité sur telle me1’ qu’on le désire, sans déranger sa forme ou son diamètre. ’ tarière opère avec une étonnante rapidité et perce les bois I1 plus durs et les plus épais , sans que l’ouvrier qui la mantf’ vre ail besoin de déployer beaucoup de force. Le trou qu’e' fait est uniforme et d’une surface polie; les copeaux se dé J' gent au fur et à mesure qu’elle pénètre dans le bois, sans f l’ouvrier soit obligé de la retirer pour la vider. L’auteur sure que dans ses effets elle peut remplacer six tarières of dinaires. »
- » La construction de cet outil exige beaucoup d’attenti’ pour que les filets soient également espacés et de la mêi* épaisseur partout (1 ). Cette difficulté paraît avoir frappé l’*1 teur; aussi a-t-il imaginé une machine au moyen de laquej on peut fabriquer la nouvelle tarière avec toute la régulât’ possible. Voici la manière de procéder :
- » On commence par forger une lame d’acier d’une longue’ suffisante, et à laquelle on donne la forme représentée e
- (I) Ces filets, ou plutôt ces tours de l’hélice, n’ont pas besoin de r gularité, puisqu’ils n’engrènent point : ils n’ont besoin que d’ôtre -! la même ligne droite.
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- *?®P6jfig.2?0. Onvoitqu’elle est évidée des deux côtés, apla-’e en dessus et en dessous, et plus large par le haut que par e bas. La largeur de celle lame est d’environ les deux tiers du •amètre de la tarière, et son épaisseur de moitié. A près avoir forgée, elle est enroulée autour d’un mandrin, au moyen e *a machine que nous allons décrire.
- «La figure 271 est une élévation latérale delà machine, et la gnre 272, une coupe sur la ligne A B. A est lebâtis qui sup-P°rte les diverses parties du mécanisme ; B le mandrin autour auquel la lame d’acier est enroulée; il porte une gorgé ou rai-üre en hélice dans laquelle se loge cette lame. L’extrémité P°stérieure de ce mandrin est taraudée sur une certaine lon-jpieur, et passe dans un écrou c, fixé au bout du canon ou cy-fig u creux d/ ce mandrin et son écrou sont vus séparément,
- Sur l’axe du canon d est montée une roue dentée e, me-ee par un pignon f o,t par une manivelle û.ggg, fig. 272, sont °is cylindres de laminoirs reposant sur des coussinets logés ans des rainures des plaques pp. Ces coussinets, et par suite es cylindres gg sont serrés latéralement sur le mandrin b, moyen des vis de pression hh, et en dessus par un double ^grenage nn, qu’on fait tourner à l’aide de la clé q. Pour aire tourner les cylindres gg , trois tiges ii réunies à leur extrémité postérieure par un genou de cardan rr, reçoivent, Par l’autre bout, les roues dentées II, dans lesquelles engrène ^î1 Pignon unique s, monté sur l’arbre du canon d. Les tiges n reposent sur des coussinets dans les plaques kk.
- , « Telle est la machine imaginée par l’auteur pour former es filets de la tarière; voici la manière de s’en servir.
- « La lame d’acier t, fig. 272, de la forme indiquée ci-dessug, est d’abord époinlée et amincie par sou bout; on y pratique petite entaille et on la présente ainsi dans la rainure du Mandrin, au-dessous du crochet m qui la saisit. On la serre e°suile dans le laminoir, en abaissant le cylindre supérieur g û(i moyen de l’engrenage nn. Cette opération terminée, on aPpîique un homme à la manivelle u, et on fait tourner le ®a°on d par l’engrenage e f. Le mandrin fixé au canon d °urne d’abord avec lui; mais bientôt, attiré par l’écrou c qui stationnaire, son extrémité taraudée rentre dans la ca-,llé du canon ; ce qui force la lame t, pressée par le laminoir, f passer successivement dans la gorge en hélice du mandrin : c est ainsi que les filets de la tarière sont enroulés. Le man— i. 13
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- drin continuant de tourner, le bout antérieur du filet va butef contre l’arrêt o qui empêche son mouvement ultérieur.
- Le filet de la tarière ainsi formé , laisse au centre un pas-agedans lequel on introduit la broche, Gg.269; mais avant de placer cette broche, la tarière est trempée et son bout est passe sur une meule pour y former deux tranchans : l’un qui coupe presque horizontalement comme une gouge, l’autre qui coup6 verticalement comme un couteau. On a vu dans la coupei ûg. 270, que la lame t est évidée des deux côtés, plate et large en dessus, étroite en dessous, et que cette forme présente déjà des angles très-aigus. Après avoir été tirée en hélice, et tenue verticalement, les parties évidées tournées en dedans seront immédiatement l’une au-dessus de l’autre. La partie concave supérieure étant considérée comme la gouttière d’une gougei on y forme un bord tranchant en usant sur la meule le côte opposé du filet, à l’extrémité de la tarière, de manière à lui donner une forme convexe correspondant à la forme concave de sa partie supérieure. Ce tranchant®, fig, 268, sera presque dans la direction horizontale, ayant son bord extérieur un peu relevé', en passant l’outil sur la meule, on aura soin de rendre ce bord assez tranchant pour qu’il pénètre facilemenl oar son angle dans le bois. Le couteau en hélice du filet es! ormé sur le bord inférieur x de la lame, en usant ce bord sut a meule, de manière à laisser un tranchant très-vif.
- » L’instrument étant ainsi aiguisé, on introduit la broche) ig. 2, qu’on visse au centre de la mèche ; on monte cette mèche sur une poiguée ou levier, comme les tarières ordinaires.
- Explication des figures 268, 269, 270, 271,272 et 275 de la planche 8.
- Figure 268, la tarière vue séparément, munie de la broche'
- Fig. 269, broche terminée en forme de vrille.
- Fig. 270, coupe de la lame d’acier destinée à former la ta' rière.
- Fig. 271, élévation latérale de la machine pour former le’ filets de la tarière.
- Fig. 272, coupe delà même machine prise sur la ligne Aï de l’élévation.
- Fig. 273, le mandrin et le canon vus séparément.
- au, bâtis de la machine ; b, mandrin portant une gorge eJ1 hélice; c, écrou dans lequel passe l’extrémité taraudée d11 mandrin ; d, canon qui fait tourner le mandrin ; e, roue deu'
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- tee fixée sur l’axe de ce canon; f, pignon engrenant dans la r°ue précédente; gg, cylindres de laminoir; hh, vis pour Serrer ces cylindres ; ii, tiges qui font tourner ces cylindres 99; kk, plateau dans lequel passent les liges ii; II, roues entées, monlèes sur l’extrémité de ces tiges ; m, crochet qui arrète la lame t dans la gorge du mandrin; nn, engrenage Jim serre le cylindre supérieur du laminoir ; o, butoir contre lequel s'arrête le filet de la tarière lorsqu’elle est achevée; PPi plateaux antérieurs qui reçoivent les cylindres gg du la-iiunoir; q, levier qui fait tourner l’engrenage»; r, r, genou ne cardan des tiges i; s, pignon monté sur l’axe du canon d, et engrenant dans les roues II; t, lame d’acier; u, manivelle ; ?» extrémité inférieure de la tarière; xx, bord tranchant in-erieur du filet; z, mèche de la tarière.
- 12o Le Perçoit.
- C’est une espèce de poinçon en acier, ou de tige pointue eiï»nanchée comme un ciseau : les perçoirs sont aplatis et Présentent de chaque côté un tranchant qui coupe les fibres
- bois dans lequel on les enfonce.
- 13° Le Vilebrequin ( fig. 28, pl. lre ).
- Ile tous les instrumens à percer, le vilebrequin est sans contredit celui dont l’usage est tout à la fois le plus étendu, e plus sûr et le plus commode. On le fait ,en bois ou en fer; e vilebrequin en fer est certainement préférable, même sous e.raPP*>H de l’économie, puisque le vilebrequin en bois a be-soin de fréquentes réparations. Il se compose premièrement fl une tête ayant à peu près la forme d’un champigndn, ou d’un pos manche de cachet, et percée au centre dans la direction fle l’axe. La partie inférieure est munie d’une virole en métal ^uand le vilebrequin r.’est pas en fer. La seconde pièce résidé un peu à un C, ou à un croissant; à l’extrémité de sa branche supérieure est adapté à angle droit un boulon en fer H11! la surmonte et s’enfonce dans le trou de la tête du vile— Requin. L’extrémité de la branche inférieure de cette pièce est renflée et percée d’un trou vertical cylindrique ou formant un conduit ou tube de six ou huit lignes de long, percé Jttéralement d’un trou taraudé garni d’une vis de pression. ^ans ce tube on fixe, à l’aide de la vis de pression, une mèche °u espèce de fer de vrille à soie cylindrique ou carrée. La Pointe est dirigée en dehors du croissant, et par conséquent
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- cette mèche est dans une situation analogue à celle du bon-Ion qui est adapté à l’autre branche. La figure achèvera de faire comprendre la forme de cette partie de l’instrument.
- Si, après avoir placé le boulon dans la tête, et la mècb® dans le conduit ou la lumière du croissant, on place le tout dans une situation perpendiculaire, la pointe de la mèche étaot appuyée sur l’endroit que l’on veut forer, si on appuie sur 1® tête avec la main gauche, il sera facile de faire tourner l’outu avec la main droite, en prenant avec cette main le milieu du croissant qui sert de poignée, et en lui imprimant un mou* veinent circulaire. Pour lui donner ce genre de mouvement! si nous supposons la convexité du croissant à gauche, il fa»' dra l’amener d’abord devant soi, puis à droite; continuer d® manière à ce que la concavité du croissant soit en face dü corps; ramener enfin la convexité dans sa première position! et continuer ainsi en faisant décrire plusieurs cercles à ceUe poignée. Le centre de ces cercles est marqué par le trou d® la tête et la pointe de la mèche : le boulon et cette mèche ser vent de pivot, et ce mouvement de rotation joint à la près' sion exercée par la main gauche, suffit pour que la mèche p®' nètre dans le bois.
- S’il faut percer un trou horizontal, on fait prendre ceIW position au vilebrequin ; mais, afin d’agir avec plus de fore® et d’aisance , on appuie dans ce cas la tête contre l’estomaci avec lequel on pousse l’instrument contre le bois, au lieu d® le pousser avec la main gauche. De cette façon on a les deu* mains libres, ce qui permet de vaincre une plus grande r®' sistance. On est obligé de prendre ce parti, par le même ro°' tif, quand il faut percer un trou vertical dans un morceau d« bois très-dur. Alors on est forcé de se pencher sur i’instrU' ment, de manière à ce que le poids du corps puisse le mai)*' tenir, sans néanmoins s’écarter de la perpendiculaire.
- Une circonstance particulière rend cette manière de tra' vailler encore plus pénible. La tête de l’instrument est ton' jours assez large, puisque d’ordinaire elle a pour le moi»’ trois pouces de diamètre. Néanmoins la pression qu’eH* exerce souvent sur le creux de l’estomac finit par fatigué cette partie. Pour y remédier, on a cherché à faire porter 1* pression sur une plus grande surface, sans rendre l’instrume»1 plus embarrassant. Yoilà la manière dont on s’y est pris-
- A l’aide de deux courroies et d’une boucle garnie d’un dillon, de manière à pouvoir serrer et desserrer à volonté
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- °n fixe sur l’estomac un plastron en bois qui le recouvre Presque en entier. Ce plastron est formé d’un morceau de P anche un peu concave du côté du corps, convexe du côté ®Pposé. Sa surface extérieure est criblée de creux circulaires, Profonds de deux lignes et d’un diamètre égal à celui du °ulon du vilebrequin. Alors on ôle la tète de l’instrument, et P°ur le faire tourner, on place la pointe du boulon dans l’un creux du plastron qui remplace momentanément le trou e la tète. Dans l’usage habituel, l’ouvrier, pour ne pas P®rdre de temps, néglige souvent de se servir des courroies. 5 pression du corps contre l’instrument suffit pour mainte-lp le plastron dans une position fixe.
- ,e ne saurais trop engager les ouvriers à se servir de cetle P ecaution sanitaire. La manœuvre de l’instrument n’est pas I us embarrassante, et l’on fatigue beaucoup moins. Il y a eme cet avantage que , si l’on donne une direction oblique 1x creux supérieurs du plastron, en les approfondissant un Peu de bas en haut, on n’a pas besoin de pencher autant le c°rps lorsqu’on veut percer un trou vertical.
- . est bon d’avoir deux vilebrequins : l’un est approprié spé-, 1efnent à cet usage, il n’a pas de tête, et porte un boulon qui a Pas plus d’un nouce de long. Il se niche alors plus com-
- '^ene puisse jamais s’en séparer. A cet effet, elle est percée °utre en outre, et le boulon qui est plus long qu’elle, la dé-g SSe un peu; on fait entrer cctle partie du boulon dans un Ueau de métal un peu aplati, et onia rive par-dessus, de le sorte qu’elle ne puisse plus passer h travers l’anneau , ni {\\r conséquent sortir de ia tète. Ï1 en résulte que les deux r eces de l'outil ne peuvent plus se séparer, qu’on n’a plus à J l'dre de temps pour les remettre ensemble, ni à chercher °0g-temPs l’une ou l’autre , comme il arrive quelquefois saris .a Bans le cas même où l’on vendrait n’avoir qu'au seul , e.nrequin, il faudrait prendre cette dernière précaution, j a|s alors il serait bon de donner au boulon une saillie d’un ®lü>-pouce au-dessus de la tête. Cette saillie servirait à em— * °yer i’oulil avec le plastron ; mais cette méthode n’est pas ^0re trcs-commune.
- le répète, il vaudrait mieux avoir deux vilebrequins, h .rions maintenant des mèches que le vilebrequin est des-à faire tourner.
- ja°dément dans les creux du plastron, et est moins sujet Ullotter I/niitro vilptirormin ec!.construit de telle, sorte,mie
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- Leur soie on partie supérieure (le la tige de fer qui le constitue, est ronde ou carrée, suivant la forme de la lumière ou conduit qui doit les recevoir ; mais toutes les soies destinées à un même vilebrequin, ont forcément la même forme eJ le même volume. La soie de toutes les mèches est carrée, fl est assez difficile de leur donner cette forme avec précision-Elles s’ajustent avec peine, et l’î>n en a aussi beaucoup pour creuser convenablement une lumière carrée. Dans cesdernief8 temps, on a senti combien la forme ronde est préférable, J>6 fùt-ce que parce qu’elle permet de tourner les mèches, et de leur donner une régularité et une élégance jusqu’alors inconnues. Si la pièce doit donner beaucoup de peine à percer,sl la mèche doit fatiguer beaucoup, il est nécessaire, quand emploie une mèche ronde, de la fixer avec une clé d’arrêt; C’est une espèce de goupille ou moeceau de fer carré, qul traverse la lumière du vilebrequin et la soie, au moyen d’un® encastrure pratiquée dans l’un et dans l’autre.Ordinairement; cependant, on se contente de fixer la mèche avec une vis qul dispenserait même dans tous les cas de recourir à la clavettei si on la faisait faire assez forte et un peu longue, et si l’ot creusait dans la soie un trou dans lequel la vis pénétrerait & volonté. Si la lumière ne traverse pas les branches du crois; sant d’outre en outre, ou si la mèche porte un renflement qn1 ne permette pas à sa tige d’enfoncer dans la lumière plus qo’tf ne faut, la clavette et la vis de pression sont à peu près in«' tiles. Le fer étant pressé entre le vilebrequin et l’ouvrage,^ est impossible que la soie sorte du conduit; et s’ils sont bief ajustés il n’y a pas de ballottement à craindre.
- Les Anglais remplacent la vis de pression par un ressof1 placé dans la lumière et qui presse la soie. Ce prétendu pef' fectionnement n’a que bien peu d'importance.
- La partie de la mèche qui est spécialement destinée à pet' cer, mérite une attention particulière. On lui donne différente' formes. La plus ancienne est celle d’un fer de gouge, dont f biseau serait relevé par le bas de manière à donner à la part11 inferieure de la cannelure la forme d’une cuiller, dont i partie la plus large terminerait la mèche. Celte forme est ^ plus simple; elle est particulièrement utile pour percer le bo|: de bout, c’est-ft-dire de manière que le trou soit parallèle1 la longueur des fibres. Quelquefois, à côté de la cuiller, lf mèche porte une pointe un peu allongée, mais dont la dire£ tion est la même, et qui forme une espèce de prolongerne”
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- 'aléral. Cette pointe pénètre dans le bois de la première, et ait une espèce de pivot autour duquel la cuiller tourne en j^upant le bois, tant avec son biseau inférieur qu’avec son jonchant latéral. Dans ce cas, le trou a un diamètre double u diamètre de la mèche.
- La mèche à trois pointes a l’avantage de faire les trous parlement ronds et bien plats au fond, au lieu d’avoir la-forme e calotte que leur donne la mèche à cuiller.
- -Ca partie inférieure de cette mèche est très-élargie et re-*j°Urbée comme le fer d’une gouge; mais son extrémité porte eUx échancrures demi-circulaires, séparées par une pointe estinée à servir de pivot ; à droite et à gauche de cette pointe ^nirale, sont les deux échancrures qui, s’étendant jusquéau °rd de la mèche, forment là, de chaque côté, une autre P°inte ; l’une de ces pointes est aiguisée latéralement en bi— j,eau> et destinée spécialement à couper les parois du trou ; autre, aiguisée des deux côtés, et recourbée dans toute sa 0,)gueur, de manière à former un angle droit avec le reste de a mèche, à couper horizontalement le fond du trou, et à lui °nner une forme plane. (Voyez fig. 29.)
- Pans divers travaux récens l’on trouve la description One mèche anglaise perfectionnée par M. Lenormand, c* qui peut s’agrandir à volonté. Elle est composée du c?rps de la mèche et de deux platines que l’on fixe avec des à tête perdue; ces platines sont percées d’outre en outre, jj une coulisse qui permet de les faire avancer ou reculer, de *aÇon que tantôt elles sont cachées par le corps de la mèche, ta»tôt elles le débordent. A la pointe centrale on a substitué One vis faite en forme de queue de cochon. Avec une mèche I ce genre, ayant six lignes de largeur, on peut, en déve-*°ppant les platines, faire un trou de neuf lignes de diamètre,
- 14° Le Drille (fig. 50).
- Cet instrument est spécialement employé à percer des trous <en perpendiculaires dans les métaux et les bois durs; il ne 6ert ordinairement à faire que des trous d’un petit diamètre, jbais qui peuvent ensuite servir de guide à la vrille ou au vile-requin, et assurer leur marche.
- , Ee drille consiste dans une longue tige de fer percée par le bas d’une lumière analogue à celle du vilebrequin, et dans laquelle on ajuste une mèche à l’aide d’une vis de pression et ® Un trou latéral taraudé : cette tige est droite, plus mince par
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- le haut que par le bas, et cylindrique vers son extrémité 5»' périeure, qui est percée transversalement d’uu trou asseî grand pour qu’on puisse y passer une courroie.
- A un ou deux pouces de la lumière au plus, et par conse' quent aussi loin que possible de l’extrémité supérieure, 0<> enfile sur la tige, et on fixe solidement avec un écrou un disqllî ou plateau pesant, en plomb ou en fonte, et d’un diamèl(f presque égal au quart de la longueur totale de la tige.
- Enfin, une traverse en bois, plus courte de moitié que1 tige, et percée à son centre d’un trou dans lequel cette de fer doit passer avec la plus grande facilité, complète »e instrument.
- Yoici maintenant quelle est la manière de le monter et s’en servir.
- On place un foret dans la lumière ; ce foret, de grande»1 variable, diffère d’ailleurs des mèches de vilebrequin pal sa figure; elle finit en forme de losange, dont l’une à.® pointes sert de pointe au foret; chacun des côtés inférieur’ du losange est taillé en biseau mais de telle sorte qu’il y alt un biseau sur chaque face, et qu’ils soient l’un devant, l’autf* derrière.
- Le foret placé, ou fait passer la tige de fer par le trou d* la traverse ; on fait de même passer ia courroie par le tro» supérieur de la tige de fer, et l’on attache d’une manier* quelconque les deux bouts de la courroie aux deux bou1’ de la traverse, au moyen des deux trous par lesquels o" enfile les bouts de la courroie, auxquels on fait ensuite u*1 nœud un peu gros et bien solide, pour les empêcher d{ sortir. Ainsi placée, la courroie doit être tenue un peu courte et soulever légèrement la traverse qui la tend par sa pe' santeur.
- L’instrument étant ainsi monté, on place la pointe de 1J mèche a l’endroit où doit être percé le trou; on tient 1* drille dans une position bien perpendiculaire, puis on fad faire sept ou huit tours à la traverse autour de la tige; p»( suite de ce mouvement, la courroie est enroulée autour de tige, décrit plusieurs spirales, et remonte la traverse q»1 s’éloigne alors du disque en métal d'une distance plus o» moins considérable, suivant qu’on lui a fait faire plus o» moins de tours; alors, sans écarter le drille de sa position perpendiculaire, dans laquelle son poids le maintient facile' ment, on prend la traverse à de.ux mains et on la ramèn4
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- J^usquement sur le disque, puis on la livre à elle-même, sans °ütefois la lâcher, mais en permettant aux deux mains de sâivre son mouvement; ce mouvement de haut en bas, im-Pr|mé rapidement à la traverse, lire la corde enroulée autour e la tige et force par conséquent cette tige à retourner rapi-ement; le pesant disque de métal, placé au-dessus de la Minière pour servir de volant, maintient la perpendiculaire . .s anime, d’une grande force. Comme cette corde a été aissée libre, elle s’enroule de nouveau autour de la tige en ?ei)s contraire; dès qu’on voit ce mouvement de rotation prêt a s arrêter, on redescend brusquement la traverse, et l’instru-^fint tourne en sens inverse; onia laisse libre; le mouve-de rotation du drille continuant, la corde s’enroule une r°isièine fois ; la traverse remonte ; on la redescend, et l’on a°ntinue de maintenir ainsi le mouvement de rotation à l’aida . .c®Ue impulsion intermittente de haut en bas, pourvu qu’on eJ'lta soigneusement que la traverse descende assez pour tou-C®®J; le disque de métal.
- . Telle est la manière de manœuvrer ce singulier et utile lnstrument, qui a, comme je l’ai déjà dit, l’important avantage de creuser des trous toujours bien perpendiculaires; surtout si le disque est partout d’une pesanteur et ®Une épaisseur égales, de manière à maintenir la tige bien en équilibre.
- 15° Le Jour et.
- . Te touret ou porte-foret sert à soutenir, dans une potion horizontale, des forets souvent semblables à ceux i*1 drille, auxquels on imprime un mouvement de rotation .Jant alternativement d’arrière en avant et d’avant en arriéré.
- Te plus ancien de ces instrumens est encore le plus simple le plus utile; c’est celui que l’on trouve le plus souvent ^ ez les marchands d’outils : ordinairement il est en cuivre. I s deux principales pièces qui le composent sont l’arbre et e_support (voyez fig. 31). Le support est une pièce de cutvre carrée, évidée par en haut de manière à ne plus pré-senter qu’une barre sur laquelle s’élèvent deux piliers car-res opposés l’un à l’autre et assez semblables, en petit, aux P°upées du tour à pointe ; elles sont percées de deux trous creusés bien horizontalement et bien en face l’un de l’autre : hn est un peu conique et va, en s’évasant du dehors en
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- dedans; l’autre est taraudé et rempli par une longue ^ qui peut avancer ou reculer à volonté, et qui finit en poi»te semblable à celle d’une poupée. On voit déjà que le nooutf ment de la vis est destiné à compenser l’immobilité du p1' lier; au-dessous du support est une vis conique que lot fait pénétrer dans un trou pratiqué dans l’établi ou dat* une planche épaisse ; par ce moyen, le support est parfaile' ment fixé.
- L’arbre est en fer, son extrémité porte un canon, espèce ^ lumière dans laquelle on fixe la mèche à l’aide d’une vis pression; à partir du canon, l’arbre se renfle coniqueme»1' forme ensuite une espèce de poulie au-delà de laquelle ilsl termine d’une manière quelconque : celte extrémité est to°' jours creusée d’un petit trou. Ou fait passer le canon par l* trou conique du pilier du support, de telle sorte qu’il forto* une saillie extérieure; le renflement de l’arbre l’empêche^1 trop sortir : on le soutient à l’autre extrémité en faisat| avancer la vis de l’autre pilier, jusqu’à ce qu’elle entre da» le trou creusé au bout de l’arbre , qui se trouve alors soute»11 à peu près comme s’il était sur un tour.
- Dans ces derniers temps, on a exécuté des supports eli bois dur, et les trous sont remplacés par des coussinets ef métal, creusés triangulairement pour recevoir l’arbre, {| enclavés dans le bois. Au lieu d’être armés en dessous d’u»1 vis conique, ces supports se terminent inférieurement par u»' espèce de tenon que l’on pince entre les mâchoires d’»* étau, de manière à ne jamais être embarrassé par le to11 ret, qu’on range sans peine quand on ne veut plus s’et servir.
- Pour le faire fonctionner, il suffit de présenter l’ouvrag1' .à la mèche , et de mettre l’arbre en mouvement avec un de: archets dont les horlogers se servent pour faire mouvoir 1{‘ pièces placées sur leur tour à pointe.
- Cet archet est le plus communément fait avec nu fleur»' On perce sur le plat de la lame, à un peu moins d’un pou»1 au-dessus de la naissance de la queue, un trou dans lequel0* rive solidement un petit boulon de fer arrondi, d’un b°(| pouce de long, et terminé par un bouton un peu plus gr°:, que le boulon; on recourbe la pointe de la lame en croche1,;! dans lequel on passe la boucle d’une corde à laquelle on fa1' faire deux tours sur la poulie de l’arbre, et qu’on arrête e»' suite en lui faisant faire un ou deux tours sur le boulon, apf£:
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- ^ frvoir tendue assez pour qu’elle courbe la lame ; cet archet est ?5rdi d’un manche en bois dur, armé d’une virole : on se sert j^dinairement, Pour te tendre, d’une corde à boyau. Les ta-jetiers, qui font servir quelquefois le tourel à la confection ouvrages très-déücats, le font plus fréquemment mouvoir ^ec un archet en baleine.
- 16o Nouveau porte-foret.
- La figure 32 représente un autre porte-foret, et l’on voit ^,e forme a beaucoup d’analogie avec celle d’un cachet, 'trbre, à l’une de ses extrémités, porte à l’ordinaire un ca-muni de sa vis de pression. Il présente ensuite une pe-e Portion cylindrique; mais après il devient carré, et sur d£.,e partie on monte une poulie en buis dont on connaît la destination. A partir de ce point, l’arbre reprend °rme d’un cylindre long de trois ou quatre pouces, sui-Ceat les dimensions qu’on veut lui donner. On fait passer fQ cylindre dans une espèce de tube en bois très—dur qui la tigg celte eSpèce de cachet. La sommité de l’arbre Cl, rivée sur une rondelle en fer qui s’appuie dans un trou c ®usé au bout du tube : il ne permet plus à l’arbre de sortir; ai-ci est d’ailleurs logé à l’étroit, pour qu’on n’ait pas à ! j^mdre qu’il ballotte, quoiqu’il puisse tourner librement.
- : 0tiexlrémité du tube est garnie d’un pas de vis à l’aide duquel I ^ y ajoute la tète du porte-foret, semblable à la tête d’un i le cacLet i et creusée de manière à ne gêner en rien
- ( gouvernent.
- fQ I porte-foret est mis en rotation à Vaide de l’archet. (tai *e tient comme un vilebrequin; il perce soit horizon— o^ement, soit verticalement, et quand il est bien exécuté,
- a Peine à concevoir comment l’arbre est placé et se f'beut.
- e, 17» Rabot à crémaillères.
- .Cet outil est d’autant plus utile, qu’il facilite le travail et il,, ane des résultats supérieurs; il sert à faire des crémaillè-c(„8 bois d’une parfaite régularité. Cet outil, monté sur Aa fût à peu près semblable à celui du feuilleret, est com-se (pyjj coujeau ptacé à un pouce à peu près de I’extré— 0f'cî^ antérieure du fût, et disposé de manière à ne pas faire t;t a^er le bois de travers; il porte en outre un fer incliné iL ^‘agonale par rapport au couteau. Avec cet outil on fait r ar tonte la longueur et dans toute la largeur d’un madrier
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- d’épaisseur suffisante, des entailles rectangulaires de la pi®* parfaite égalité. Pour avoir les crémaillères, on refend e®' suite le madrier sur sa longueur, à la largeur convenable-
- t8o Machine à percer les mortaises.
- « L’invention de cette machine-outil est due à M- Brune*1 et la description suivante est extraite de ses travaux.
- Il existe déjà plusieurs machines servant à percer desnj01' taises : une anglaise, une américaine; mais leur emploi”® s’est pas répandu parce qu’elles exigent de grands développa mens de force motrice, et qu’elles sont sujettes à se dèrangetl ce qui les rend d'un entretien coûteux. 11 paraît que la E°a( chine de M* Brunei n’a pas ces inconvéniens. Aous dis°®! il paraît, car nous n’avons rien d’assuré à cet égard, et no®! la donnons, moins dans l’espoir qu’elle sera imitée par o°s menuisiers, que dans celui qu’elle appellera leur attend0® sur une des opérations les plus communes de l’art ; sur 1°: mortaises, qu’ils creusent péniblement à la main, tandis qu 1 serait possible de trouver une machine-outil plus usuelle q®f celle de M. Brünel, qui fît cette opération de tous les insta®* plus régulièrement et surtout d’une manière plus générale-
- C’est ainsi que s’exprime le traducteur de la description ®( cette machine assez compliquée, mais intéressante sous pi®' sieurs rapports.
- Fig. 171, pl. 6 et ses détails de 9 à 17.
- Fig. 9, élévation de face.
- Fig. 10, élévation vue de côté.
- Fig. il, coupe horizontale selon x x de la fig. 10.
- Fig. 12, coupe horizontale selon y y, même fig.
- Fig. 13, 14, 15, 16, 17, pièces de détail vues séparémeo*
- La machine est supportée par un bâtis en fonte. Le cha' riot en fonte de fer A (auquel on peut d’ailleurs donnd toute autre forme) porte les pièces dans lesquelles on ve®* percer des mortaises. Sur le bâtis, existent des guides si® lesquels glisse le chariot qui avance à chaque coup de cise®" d’un espace égal à l’épaisseur du bois enlevé : ce mouvem®0; est réglé, et la progression cesse dès que’le ciseau est arrh® à l’endroit où la mortaise doit se terminer. Deux règles à1 métal B B sont fixées par des vis aux colonnes ou monta®’ du bâtis; elles sont rainées en angle saillant sur lequel glisse®* deux réglettes a, dont les champs sont rainés en angle rentra®*
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- s ajustant sur les angles saillans des règles B. Ces deux ré— 8‘eltes a convergent ensuite et se réunissent en a’.
- Le porte-outil reçoit son impulsion au moyen d’une mani-Ÿelle 6, placée à l’extrémité de l’arbre horizontal C, qui tourne etHre des C0USSjne|S dont l’un se trouve sur la traverse D, ^ l autre sur le support E, à l’autre extrémité de la machine.
- Cet arbre reçoit son m'ouvement d’une courroie, mue par
- ntoteu
- , —v„r principal, et qui passe sur l’arbre C en embrassant
- Poulie F.
- volant. H, bielle, attachée par le bas à la manivelle b, par le haut au point de jonction a’ des réglettes a.
- ] . c> tourillon attenant à la jonction des réglettes a et de la elle 15 ; il glisse dans un collier formé par la réunion des ^ ontans courbes qui dominent les colonnes du bâtis ; et sert ormer au porte-outil et aux ciseaux qui y sont attachés, n Mouvement vertical.
- d d, traverses fixées aux réglettes a : elles soutiennent les *UUS || au moyen des porte-outils qui avancent par devant. jVS Porte-outils, vus en plan fig. 11, reçoivent les ciseaux ans leurs cavités, où ils sont fixés par les vis de pression ee. a fiff- 15 représente un porte-outil vu à part, dans cette fi-lellre Iestle ciseau. On peut monter ou descendre à volonté ciseaux pris dans les porte-outils, selon la profondeur à °ner aux mortaises qu’on veut percer.
- Nous avons vu plus haut que A est le chariot sur lequel placées les pièces dans lesquelles on veut pratiquer des 0|,taises. L’impulsion lui est communiquée par la vis J pas-t d*ans un écrou placé au centre du rochet K, dont l’arbre dans un collier qui se trouve dans la traverse L du bâ-st Ln tournant, le rochet attire dans son écrou la vis J qui 1Ie en même temps le chariot A auquel elle est adjointe, cha^ar su*te ce mouvemenl> Ie Lois supporté par ce
- g ^ est le cliquet /‘dont la dent pousse le rochet qui lui donne ,°ù mouvement (voyez fig. 13). Ce cliquet f tient par une ^i[sure au bout inférieur d’une petite bielle M (même fig, l’autre bout de cette bielle qui forme chape, dans la-uCieilo tourne un galet g’, s’appuie au moyen de ce galet sur t*le poulie excentrique h, montée sur l’arbre C, à chaque ,°Ur, et lorsque les outils sont libres et au bout de leur course, a Poulie excentrique h pousse la bielle m, qui, elle-même, Menuisier. 1. IL
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- virant sur le nœud qui se trouve au milieu de sa longueur, e* sur lequel elle fait bascule, pousse le cliquet / qui fait viret le rochet K et avancer la vis J, qui entraîne le chariot A et le bois qu’il supporte. La grandeur des dents du rochet dé' terminant l’avancement du bois, détermine aussi l’épaisseur des copeaux enlevés par les ciseaux.
- N, roue dentée, montée sur l’arbre de la roue à rochet et tournant avec elle. Elle engrène avec le pignon O de l’arbre de là manivelle Q. C’est en tournant cette manivelle que l’ouvrier fait avancer ou reculer le chariot.
- On règle à volonté le mouvement du chariot selon la longueur des mortaises qu’on veut percer. Le cliquet / pose sur l’extrémité d’un levier i fixé par une mure mobile qui l'attache après l’une'des colonnes du bâtis. ïl se trouve soulevé par l’autre extrémité par un second levier/, recourbé , ayant une attache au milieu, et faisant bascule. A l’endroit où ce levier/ touche le levier i, se trouve un galet, ou roulette, se mouvant dans une chape formée par l’extrémité de ce levier! ce galet est destiné à diminuer les frottemens. Son extrémité opposée k est chargée d’un poids, qui en faisant baisser k fait lever/, qui soulève le levier i, qui, lui-même, soulève le cliquet /et laisse libre le rochet K. qui est alors désengrené-Alors le chariot est libre et sans mouvement. Lorsqu’il est en mouvement, le poids k du levier / kest supporté par une régi® en fer l, fig. 9 et 12, qui est fixée par des vis sur le côté du bâti’ A. Cette situation permet au cliquet/ de descendre et d’en-grener avec le rochet K. Alors, à chaque tour, la dent du cliquet pousse le rochet, et le fait tourner jusqu’à ce que le chariot et la pièce à percer qu’il supporte, aient parcouru l’espace qu’ih doivent parcourir selon la longueur qu’on veut donner à h mortaise. Lorsque le poids est parvenu à l’extrémité de la règle /, il tombe, et par ce mouvement de bascule des leviez i, /, k que nous venons d’expliquer, le cliquet cesse d’engrener et le chariot s’arrête.
- L’arbre C porte un volant G et une poulie plate F, qui n® sont point fixés sur cet arbre, mais qui tournent avec lui moyen d’un encliquetage. Pour embrayer, ou approche de la poulie F la roue R, fig. 1 !, qui se meut dans le sens de l’a*e de l’arbre et qui est entraînée par des éloquiaux dans son mou' veinent de rotation; le levier S, même fig. 11, qui vire suru® nœud s’, sert à operer le rapprochement de la roue II etl’eni-brayure ; les pointes des vis m se logent dans une rainure circu-
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- taire pratiquée à cet effet dans le manchon de la roue R qui 11 embraye point au moyen d’étoquiaux avec la pnulieF, mais étant conique, et étant reçue dans une cavité également c°nique, adhère fortement par la seule résistance du frottement.
- Pour que l’arbre entraîné par l’impulsion du volant ne Pumse tourner après qu’on a desembrayé, ce qui serait très-auisible à l’opération, le côté de la roue R opposé à celui qui s msère dans la poulie F est aussi de forme conique et vient pénétrer, lorsqu ’on débraye, dans la cavité de même forme e ta roue T, fixée solidement au bâtis : par ce moyen, l’arbre est instantanément arrêté.
- La forme des ciseaux II ( voy. fig. 14) mérite une atten— ton particulière : ils portent sur chaque côté de la lame une Petite rainure en queue d’aronde qui reçoit une dent n dont la mitant se trouve former la partie postérieure des ciseaux; e 'es servent à couper net les angles de la mortaise à chaque CPUP de ciseau et à préparer le copeau que le coup suivant de c*sean doit emporter, et cela, sans écorcher les angles de la Mortaise; une seule opération de la machine suffit, par ce ptoyen, pour rendre la mortaise parfaitement vide et dressée ® 1 intérieur.
- Une petite languette d’acier o, faisant ressort, est fixée de-^ant la lame du ciseau par une vis s’enfonçant dans le corps même du ciseau, dans lequel la languette o est encastrée par e haut. Son usage est d’écarter les copeaux au fur et à me-Sure que les ciseaux les coupent.
- La pièce de bois dans laquelle il s’agit de percer les mortes est fixée sur le chariot A au moyen de la vis p, fig. 10 et ta machine est munie de trois vis semblables, afin qu’on Puisse y fixer à la fois trois morceaux de bois, qui sont supputés par leur autre bout par des tasseaux rr, fig. 12, attachés à la traverse q adhérente aux deux côtés du chariot. Au moyen d’entailles pratiquées le long de ces deux côtés, on r6ÇuIe ou on avance cette traverse q selon la longueur des P'éces à maintenir entre elle et les vis p. La fig. 16 repré— sente la traverse q vue de côté : les cercles qu’on y distingue s°nt en fer et saillans, ils remplissent vis-à-vis des morceaux Passés par les vis p les fonctions des grilles dans les établis 0rdinaires ; ils s’impriment dans le bois et le retiennent.
- Une petite règle de fer, t, fixée sur deux chevilles w, qui Pmit glisser selon leur longueur, forme le guide de la partie
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- supérieure de la pièce de bois. Les deux bras r de la pièce* se trouvent à la même distance l’un de l’autre que les vis p, et les morceaux de bois s’ajustent en faisant glisser la pièces aU moyen de la vis qui la fixe à la traverse q; cette vis passe dans une rainure pratiquée dans la pièce, et l’on peut ainsi la ser' rer à la distance voulue par l’épaisseur du morceau de bois à percer.
- Effet de la machine.
- Les morceaux à percer sont fixés entre les vis p du chario* et les anneaux saillans de la traverse q; l’ouvrier fait tourner la manivelle Q jusqu’à ce que l’ébauche de la mortaise (1) soit arrivée sous le ciseau ï, il fait alors embrayer la machine en poussant la roue R contre la poulie F ; après le premier tour les ciseaux se relèvent, l’excentrique h met en mouvement levier coudé qui fait mouvoir le cliquet f, qui fait lui-même tourner d’une dent le rochet K, qui lui-même encore fait avancer la vis de rappel J, qui amène le chariot A et la pièce qu’il supporte, le tout ainsi qu’on l’a vu ci—dessus. Cette opération se continue jusqu’à ce que la mortaise soit arrivée à la longueur qu’elle doit avoir; alors le poids Je du levier y ^ n’étant plus soutenu par la règle l, tombe, fait mouvoir les leviers j i qui enlèvent et désengrènent le cliquet f; le bois reste immobile, et l’ouvrier arrête alors le mouvement des ciseaux en ramenant la roue R. dans le cône de la roue fixe Ti ainsi qu’il a été dit, ce qu’il prend soin de faire lorsque les ciseaux sont au plus haut de leur course.
- On annonce que l’effet de ces machines est si prompt, qu’on en a vu .une faire 400 tailles par minute. On ne peut, dit-on, distinguer l’action des ciseaux (2), tant elle est rapide, et l’on voit tomber les copeaux et grandir les mortaises sans cause apparente.
- (1) Il est plus que probable , d’après eette phrase, que les mortaise* sont préparées à l’avance; on fait assurément des avant-trous; et il ne s’agit ici que des mortaises débouchées, ce qui restreint considérablement l’effet de la machine. On pourra trouver mieux et surtout quelque chose de beaucoup plus simple que cette machine. (Note duTmducleur-)
- (2) Si ce mouvement est si rapide, comment arrêter les ciseaux au plu* haut de leur course? [Idem.)
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- ^CHE à percer des trous de diamètres diffêrens, fig.
- 1"2 ,pi, 6, et ses détails, de 18 à 22 (1).
- » ç ^es m5ches d’un fort diamètre sont les outils qui, dans » ,es derniers temps. ont attiré l’attention des ouvriers et » S6S Peysonnes qui s’occupent de technologie, parce qu’elles. » cwnt ^epdroit faible de l’outillage. Les diamètres de » “ millimètres et au-dessous se trouvent aisément et » a,ssez bonne qualité chez les marchands d’outils; mais j, Pafse cette mesure, l’assortiment devient difficile à com— » v uter ’ auss^ u-t-ou vu dernièrement des essais de nou— „ edes formes, et des mèches à trois pointes diversement „ c°nstruiles. On a fait une mèche assez ingénieuse dont les » 1®S» en s’éloignant ou se rapprochant de la pointe du
- >, pGntre) permettent de faire des trous de diamètres différens. a | tle idée est heureuse; mais avant d’en faire part à nos „ ecleurs, nous croyons devoir la mettre nous-même à h e.Xecution et étudier son effet; encore bien que nous ne met-# 10.ns pas en doute la bonne foi et l’expérience des auteurs en ont parlé (2), en attendant, nous leur ferons con-
- «£ï eus donnons cette mèche avec d’autant plus de confiance que nous Parf' 0'13 fabriqueru ne pour notre usage particulier, et qu’elle réussit tPo a'tement bien et sans efforts. Nous avons, avec son aide, percé un ci| de cinq pouces de diamètre dans un madrier de chêne, aussi fa-^«t que .nous aurions percé un trou de 15 lignes avec les mèches 4 J.n.a*res. Nous copions mot à mot les deux articles du Journal des tiers qui la concernent, parce que l’un est le corollaire de l’autre. cet promesse a reçu son accomplissement dans le 9e numéro de
- (i„ 0Uvi'age. Cette mèche perfectionnée y est dessinée avec soin : onze cj re® s°nt consacrées à sa démonstration, qui est d’ailleurs clairement trg - Pa9e 261 el suiv. du texte, qui contient également des choses Ig^^'^éressantes etdes aperçus toutnouveaux sur les moyens de percer to Nous regrettons bien vivement de ne pouvoir transcrire ici
- Squ' es articles qui seraient d’une utilité spéciale aux menuisiers; mais Conf ne Pouvons faire passer tout ce journal dans nos pages; nous nous kntCnterons d’en conseiller la lecture à ceux qui attachent de l’impor-^ au Perfectionnement des machines-outils de leur profession. Nous 1 Pelons particulièrement l’attention sur les articles suivans : Bédanes, Co i ’ — Billard nouveau, p. 286. — Ciseaux de menuisier, p. 318. — p pour les bois indigènes, p. 51. — Fers de rabots et de moulures, liè'p*?- — Idem de bouvets, p. 518. —Id. de fermoirs, p. 549- — Loupe jv. b'êne, p, IG. — Outils de Binant, p. 61. — Outils de Camus, p. 247. p ^®au rapporteur, p. 285. — Parquet mosaïque, p. 256. — Porte-queue, — Presse à plaquer, p.205.—‘ Presses d’établi nouvelles, p. 555. Habot à semelle de fonte, p. 14. — Sergens de menuisier de diverses \,ïtes> P- 86. — Filière à bois, p. 198. — Moven de remplacer la pressa “demande, p, 505. •
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- » naître une mèche très-commode que nous avons vue dan* » les ateliers de M- Cochot, artiste éminemment dislingue » que nous aurons plus d’une fois l’occasion de citer, parce » que la nature l’a doué d'un génie inventif qu’il applique » journellement aux découvertes utiles. Cette mèche, dofll » nous avons été mis à même de voir les effets, opère facile” » ment, et sans grande dépense d’efforts, le percement entra” » vers d’une table d’ètabli; elle offre en outre cet avantage » que, lorsqu’il s’agit d’encastrer la tête d’un boulon, 011 » peut d’abord faire la noyure de la tète, et percer ensuite 1® » trou qui doit recevoir la tige.
- » Elle se compose 10 d’une lige en fer plus ou moins longue» » plus ou moins forte, suivant sa destination : cette tige est » ronde et s’élargit par le bas en un renflement percé d’un® » mortaise transversale a, fig. 18; elle est terminée par Ie » bas par une vis tire-fond b. La mortaise a doit être bien » dressée à l’intérieur. On lui donne assez ordinairement» » pour les mèches d’un petit diamètre, un dégagement c paf » lequel s’échappe le copeau.
- » 2° D’une pièce en acier qui est la mèche proprement >» dite, et que les fig. 19 et 20 fout voir sur diverses faces» » savoir : la fig. 19, de face et de profil, et la fig. 20, efl « dessus et mise en place. Cette pièce diffère <i« la part1® » inférieure des mèches à trois pointes ordinaires par l’en' » taille a, qui doit être égale.en longueur à la grandeur da » diamètre du renflement de la tige. Son épaisseur doit être » exactement semblable à la largeur de la mortaise a, fig. 18» » dans laquelle elle doit entrer avec peine. Le profit dessinés » part, à droite de la fig. 19, indique l’inclinaison qu’il c ofl” « vient de donner au couteau. Lorsque la mèche est grande» » on incline le champ du couteau et du traçoir de manière 8 » éviter les frottemens nuisibles, ce qui fait que les partie* » tranchantes rencontrent seules la matière. La fig. 20 fer8 » comprendre quelle doit être cette inclinaison du fer rela-» tivement au cercle ponctué qui indique ia grandeur du lro«;
- » Enfin, lorsque la mèche, fig. 19, est passée par le eût® » du traçoir .dans la mortaise a, fig. 18, et que l’entaille <* » est placée à cheval sur i’épaulemenl inférieur de la mor-” » taise, on passe dans le vide excédant de celte mortaise, 1® » coin en fer représenté fig. 21 , que l’on chasse avec fore® » à l’aide d’un marteau, afin qu’il opère pression sur la mèche» » et empêche l’entaille a de quitter sa position. A cet effet»
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- 8 il sera convenable de disposer le coin de manière à ce qu’il 8 ne touche que faiblement sur les côtés, et que tout son 8 effort ait lieu en haut et en bas.
- La fig> 22 représente la mèche toute assemblée : les 8 lettres de renvoi sont les mêmes. Nous appelons sur cet °util l’attention de nos lecteurs ; il est d’une confection fa-1 c'le, et, en assortissant les mèches,/^. 19, la même tige Peut servir à percer des trous depuis 34 jusqu’à 81 millimétrés, et même davantage. On aura soin que le côté du c°uleau soit de quelque chose moins long que le côté du
- I traçoir, et que ce traçoir, dans les grandes mèches, affecte autant que possible la forme du bédane. Cette mèche peut marcher seule; mais, en général, il convient de percer un
- 8 avant-trou dans lequel s’engage le tire-fond b (1). »
- Journal des Ateliers.
- La Même Mèche avec le conducteur de M- Dupont.
- (< Monsieur, la profession de tourneur que j’exerce depuis 8 l°ng-temps, m’ayant souvent mis dans la nécessité de per-cer des trous de tout diamètre, j’ai été obligé/pour donner 8 an peu de perfection à mon ouvrage, de chercher dans 8 mon imagination des moyens que je ne connaissais pas. J’ai 8 ®té surpris de trouver dans votre dernier numéro, à l’ar-8 l'cle Menuiserie, la description d’une mèche dont je me 8 croyais l’inventeur. Il y a plusieurs années que je m’en
- II Sers. Je l’avais d’abord faite comme celle de M. Cochot; 8 mais j’ai reconnu que pour le peu qu’on appuie d’un côté 8 Plus que de l’autre, la mèche s’engage, et que la pointe 8 du traçoir risque alors de se casser (2). Pour remédier à 8 Cet inconvénient, j’ai imaginé d’en faire une autre et d’y 8 pisser , en place du tire-fond indiqué b sur la figure, une
- tige avancée de trois pouces qui sert de conducteur, la— 8 Quelle est taraudée, dans toute sa longueur, d’un filet très-
- s (t) H faut une grande habitude pour faire marcher cette mèche sans ponducteur : c’est ce qui fait que nous préférons adopter le cor-^Çctif (îe J!_ Dupont, ci-après donné. Le conducteur est très-simple : est un8 p|anohe posée debout; on y fait sur le haut une petite en-Qche semi-circulaire avec une râpe demi-ronde, dans laquelle encoche ? tait appuyer la tige de la mèche. Par ce moyen on perce très-fa-Usiuent avec cette première mèche : il n’est pa3 besoin alors de faire
- 8 avant-tr0u.
- (-) Cela n’est pas à craindre avec le support.
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- » fin ( une demi-ligne environ ). Je perce un avant-trou dans » lequel j’introduis le conducteur un peu juste , et je perc® » sans effort, et je puis dire avec perfection , des trous de » et 4 pouces ; on pourrait même en percer de 5 et de 6 av«c » la même tige, qui a sept à 8 lignes de grosseur. J’attacbe » de l’autre côté du morceau que je perce, une planchett® » de 9 à 10 lignes d’épaisseur, qui est aussi percée, et qul » sert à tirer la mèche (1).
- » Dupont père, tourneur à Ghàtillon. »
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- CHAPITRE YL
- DES INSTRUMENT A MESURER ET TRACER.
- 4° Le Compas.
- Chacun connaît cet instrument; on sait qu’il consiste en deux tiges de métal, pointues à une extrémité, et réunies pal' l’autre à l’aide d’une charnière qui permet de les écarter et de les rapprocher à volonté, de telle sorte qu’elles forment des angles de tous les degrés.
- Le compas de menuisier, qui sert à la fois à prendre des mesures, à tracer des cercles ou des portions de cercle, et ^ exécuter diverses opérations de géométrie (2), est ordinaire* ment en fer avec des pointes d’acier. Les branches sont & moitié cylindriques, et leur longueur est de sept à huit pouces. Il y a de plus grands compas qui ont quinze ou vingt pouces et servent à faire des compartimens; enfin, on emploi un compas de fer plat d’environ deux pieds et demi de longueur, que les ouvriers nomment fausse équerre de fer.
- 2° Le Pied de roi et le demi-mètre.
- Je ne dirai rien de la règle ; elle est trop connue pour qu'il
- (1) Dans la mèche que nous avons fait confectionner par M. Dupont père, et dont nous nous servons tous tes jours avec avantage, le con* docteur est parfaitement cylindrique, long de 128 millimètres, gros 16 à 18 millimètres. Le copeau sort uniforme, épais d’un millimètre ; 1° trou est parfaitement nej en dedans.
- (2) Voyez les principes ou figures de géométrie que l’on exécute av<’(! le compas, planche 1.
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- 5°it «tiie d’en parler (1), Je me contenterai aussi de nommer e Pied de roi. Lorsqu’on veut l’acheter, il est bon cependant ® s assurer qu’il a une longueur convenable, et de vérifier, vec Un compag > l’exactitude de ses divisions: Il suffit pour £ a prendre entre les deux pointes un certain nombre de visions, six lignes par exemple, et, sans changer l’écarte-ejvt dès branches, de placer ces deux pointes sur un autre “voit du pied de roi, pour voir si partout elles embrassent actement le même nombre de divisions, et si, par consé-*es lignes sont bien égales les unes aux autres, l’insisterai davantage sur l’utilité du demi-mètre, plus régiment en usage, et qui mérite à tous égards la préférence. et instrument dont la longueur répond à un pied six pouces /"l lignes, lorsqu’il est entièrement ouvert, et par conséquent nÇuf pouces environ, quand il est fermé, est facilement exè-e en cuivre; il se compose de deux branches, dont l’une >?: creuse, et reçoit à frottement l’autre branche, qui est mo-1 ®. L’instrument peut, par ce moyen, être allongé ou rac-°Hrci de moitié, ce qui le rend très-portatif, et surtout très-0&imode pour prendre la distance qui existe entre deux ^ar°is, puisqu’on peut se borner à lui donner juste la lon-“udjr nécessaire. L’outil doit porter cinquante divisions ou emimètres; mais il est important de remarquer qu’ils sont umérotés en sens inverse, et que le vingt-sixième centimètre, a l'eu d’être porté à l’extrémité de la branche mobile qui pé-. tre la première dans la branche creuse, et par conséquent côté le plus rapproché du vingt-cinquième centimètre, est p aÇé à l’autre bout; par ce moyen, lorsque cette branche est hèrement tirée, la cinquantième division est la plus rap-^rÇchée de la vingt-cinquième. Lors donc que l’on veut sa-°lr combien de centimètres marque l’instrument, il faut re-j? rcer au point de la règle mobile, le plus voisin de la règle dise; un coup-d’œil jeté sur le demi-mètre fera facilement éprendre tout cela.
- (.J!) Pour vérifier si une règle est droite, il faut l’appliquer par un I aDiU-SUr une autre règle; puis, tournant adroite ce qui était à gauche,
- 1 «’fdier le même côté sur le même endroit de la règle d’épreuve qu’on ion as changée de place. On peut être assuré que la règle est très-tei?ne si,- dans les deux cas, les deux règles se sont appliquées exac-«i ] etît Pi'ne sur l’autre, ce dont on s’assure en regardant à contre-jour a lumière ne passe pas entre elles. Il vaut bien mieux se servir de ^j^.viicédé,indiqué par M. Desnanot, que de se contenter de bornover Sl que le font pour l’ordinaire les menuisiers.
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- Le demi-mètre a sur le pied de roi le grand avantage d ne pas se fausser, ce qui arrive souvent à ce dernier, au p°lB de réunion des deux branches ; il a l’avantage encore de miliariser l’ouvrier qui s’en sert, avec les nouvelles mesure8» bien plus commodes pour le calcul que les mesures ancienne8. Cela seul est inappréciable ; car à l’aide du système métriq“e’ l’ouvrier le moins intelligent serait bientôt en état de falte tous ses toisés lui-même. Enfin, comme l’a fait obsertef M. Lacroix, dans son Manuel d’arpentage de VEncyclopédie Roret, il ne pourrait manquer d’obtenir plus de précisi®11 dans le coup-d’œil et dans ses opérations, en employant ul,e mesure non-seulement mieux faite que le pied, mais encote dont la dernière division ( le millimètre ) étant environ deu* fois plus petite que la ligne, l’obligerait à prendre plus eXaC' tement ses dimensions.
- Celte dernière considération m’engage à ajouter, d’apreS ce même écrivain, que M. Kutsh, dont le dépôt est à Paf,s» rue de la Tixeranderie, a exécuté en buis, en employant uH® machine à diviser, des doubles décimètres dont les divis>°fS sont aussi nettes qu’exactes, et dont le prix n’est pas supe' rieur à celui des pieds de roi de la même matière, le plus s°u' vent mal exécutés.
- 5° Le Maître à danser ( %. 35, pl. ire ),
- J’ai dit que le demi-mètre est très-commode à emplo)"1 quand on veut mesurer la distance des parois intérieures certains ouvrages, tels que les cases d’un chiffonnier. Go®1"6 on peut l’allonger et le raccourcir à volonté, il s’applique e"; effet très-commodément contre chacune de ces faces interne®1; mais il cesse d’être utile si elles sont peu séparées. Dans ce caSl il est difficile de s’en servir avec l’assurance d’une grafl" exactitude. Il y a cependant des cas où l’on a besoin de voir parfaitement à quoi s’en tenir. Par exemple, lorsqu’®" a fait une mortaise ou entaille longitudinale, dans laqu®" on veut faire pénétrer une pièce de bois, il faut parfaite®6" connaître la longueur de l’entaille, afin d’y proportion^1 les dimensions du tenon ou partie amincie de la pièce de b6" qui doit être reçue dans la mortaise. C’est à quoi peut serV>f> mieux que tout autre instrument, l’espèce de compas coP' nu spécialement sous le nom bizarre de maître à dans(fl et qui, malheureusement, n’est pas usuel chez les menuisi6"8' auxquels il éviterait bien des tâtonnemens.
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- Ce Coinpâs est formé de deux branches dont la moitié su-perieure a la forme d’un demi-cercle, tandis que la moitié n erieure, d’abord droite, se recourbe un peu à l’extrémité, e manière à former une courte saillie, dirigée du même côté 4*ie la convexité de la moitié supérieure. Ces deux branches j°nl croisées l’une sur l’autre, percées au point où commence c°urbure, et réunies à cet endroit par une goupille en cui-e; rivée des deux côtés en une large tête, et formant une spece de charnière. Il en résulte qu’on peut écarter ou rap-J rocher comme on veut les deux branches, et se servir de ùr écartement plus ou moins grand pour prendre les rae-res. Quand elles sont fermées autant que possible, les deux Wrtieg droites se touchent dans toute leur longueur, repré-e®tant assez bien, à cause des deux petites saillies qui les J*ccornpagnent latéralement, la position des jambes d’un maî-de danse, qui enseigne à écarter le plus possible la pointe pieds. Les deux croissans ont, au contraire, la forme co cercle ; mais ils sont séparés au sommet, d’un intervalle l^ccisément égal à celui qui existe entre les extrémités des ad!ies inférieures. Cette relation doit toujours exister exac-
- e«t, quel que soit le degré d’écartement des branches ; constitue la bonté du maître à danser, qui ne remplit son d’autant que l’espace entre la pointe des deux croissans
- Ictri die
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- toujours parfaitement égal à l’éloiguement des pointes es saillies inférieures.
- peut facilement vérifier si le compas remplit cette s édition. Au moment où on l’achète et où on en a plusieurs la main, il faut les mesurer l’un par l’autre, et s’assurer .8 jambes de l’un entrent bien juste entre le sommet des 0|ssans de l’autre, et réciproquement. Si on n’avait pas au t kln.S deux de ces compas à sa disposition, on prendrait une Ratière fermant un peu raide; on prend la gorge entre les fauches courbes du compas, et sans changer sa position, on j cae de faire entrer les pieds dans le couvercle. S’il est bon, 1^? pieds entreront à frottement doux. J’ai dû donner ces dé-parce que ce compas, qui a beaucoup de valeur lors-d est bien juste, en a infiniment moins lorsqu’il ne l’est ce qui arrive souvent, parce que son ajustage est une Pffjition longue et difficile.
- L après ce que nous venons de dire, l’emploi de l’instru-
- 111 est facile h comprendre. Yeut—on, après avoir creusé mortaise, tailler un tenon qui la remplisse avec la plus
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- grande exactitude, on enfonce les jambes du maître à do> ser dans la mortaise; on les écarte jusqu’à ce qu’elles toii' chenl de part et d’autre les parois dont on veut mesuré l’éloignement : alors, l’écartement des branches courbes t®' dique avec précision les dimensions correspondantes que tenon doit avoir, et rien n’est plus facile que de porter cetl® mesure sur le morceau de bois destiné à ie faire. Si, le teu0l) étant fait, on voulait avoir la longueur de la mortaise, il fau" drait agir en sens inverse, saisir le tenon entre les branche5 courbes, et prendre pour mesure l’espace compris entre leS pointes des saillies; mais ce cas se présente rarement : ilest plus sûr d’appliquer le tenon là où doit être creusée la mor' taise, et dont on trace les dimensions exactement avec un® pointe de fer qu’on fait glisser le long des bords du tenon? en appuyant un peu,
- 4° Le fil à plomb.
- Les menuisiers ont souvent besoin de savoir si une pi®c® de bois est posée bien verticalement ou, comme ils le diseflb bien d’aplomb. D’autres fois ils ont besoin de donner à leuf ouvrage une position bien horizontale; pour tout cela le fil9 plomb est l’instrument le plus commode.
- Comme l’indique son nom, c’est tout bonnement un gl°" bule de plomb ou de fer de la grosseur du pouce, suspend" au bout d’une ficelle. Celte masse tend , par sa pesanteur, & se diriger toujours vers le centre de la terre, et fait prends à la ficelle la même direction; et comme la ligne verticale e»1 précisément celle qui est supposée aller de la circonférence au centre de la terre, on ne peut avoir de meilleur moyen d® vérification que ce simple instrument. Il y a plusieurs ta&' nièresd’en tirer parti, plusieurs façons de suspendre le plomh pour mieux observer la direction de la ficelle; voilà celle q"1 me semble la plus simple, qui se prête le mieux à tous Ie* besoins.
- On prend une planche longue d’environ deux pieds, large d’à-peu-près six pouces ; on la dresse sur ses faces» puis on rabote ses côtés avec la plus grande exactitude, d® telle sorte qu’ils soient bien parallèles entr’eux, et que ceux q"1 ne sont pas opposés l’un à l’autre fassent un angle droit bie” exact, ce dont on s’assure facilement avec l’équerre, comi"0 nous le verrons bientôt. Cela fait, on trace au milieu d’un® de ses surfaces, une ligne qui divise exactement sa Iarge"f en deux parties. Au bas de la planche, en prenant cettc
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- ligne pour centre, on trace on demi-cercle dont la convexité «st tournée yers le haut, dont les extrémités aboutissent au as de la planche, à un pouce environ de chacun de ses cô-«s- Avec une scie à chantourner, on enlève tout ce qui est c°ttipris dans cette couche, de manière à former une échan-Cr<ire demi-circulaire. Au haut de la planche, et sur la ligne ^sdiane qui divise sa largeur, on donne un irait de scie, ?Vec une scie dont la voie soit un peu large ; il en résulte une «®te longue d’à-peu-près un demi-pouce et dont la ligne ?*ediane semble être la prolongation. On fait un nœud à un °ut de ficelle , on fait passer ce bout dans la fente, de telle s°rle qu’il y soit arrêté par le nœud ; à l’autre extrémité on ®Uache le plomb, et la ficelle doit être assez grande pour qu’il s? Ifouve suspendu au-devant de l’échancrure circulaire infé-r'eure, et ballotter librement entre ses parois. Sans cette pré-««Jition, son épaisseur ne permettrait pas à la ficelle de s’ap-Phquer exactement contre la planche.
- . La manière de s’en servir est simple : veut-on vérifier si une P'ece de bois est verticale, on applique contre sa surface un Ces plus longs côtés de la planche : alors si la ficelle tendue P,ar le plomb ne suit pas exactement la ligne médiane, si elle
- * «n écarte à droite ou à gauche, en un mot si le plomb ne °uche pas loin au milieu de l’échancrure demi-circulaire , la P'ece de bois n’est pas d’aplomb.
- .Veut-on, au contraire, mesurer l’horizontalité d’une autre Mce de bois, la chose n’est pas plus difficile. On place sur ? pièce de bois le bas de la planche, de manière à.ce que les I «Ux extrémités du croissant formé par l’échancrure circu-<llre s’appliquent sur cette pièce de bois, et l’on tient cette Planche assez verticalement pour que le plomb puisse se ba-ailcer librement, ce qui n’aurait pas lieu à cause du frotle-Iïl°nt, si on inclinait en arrière. Dans ce cas, il est évident la pièce de bois ne penche ni à droite ni à gauche si le fil
- * Plomb ne penche d’aucun de ces côtés ; en posant la planche «ansversalement à sa première direction, on vérifiera de ^'éme si la pièce de bois penche en avant ou en arrière.
- 5° Les rêglets (fig. 54, pl. 2).
- Cet instrument sert à mesurer, non pas si une pièce de bois «st bien horizontale, mais si aucune de ses faces ne s’écarte o® l’horizontalité ; en un mot, si, dans le langage des ou-Vr>ers, la surface est bien dégauchie.
- Menuisier, i.
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- Il consiste dans deux planches parfaitement dressées sur la tranche et d’une hauteur bien égale, réunies entCelles à l’aide d’une traverse qui permet de les écarter ou de les rapprocher comme on veut. La traverse est carrée; elle glisse dans un® mortaise pratiquée dans chaque planche ; les parois inférieure* de la mortaise sont bien parallèles aux bords inférieurs delà planche, afin que les bords des planches se trouvent ans*1 bien parallèles l’un à l’autre. La manière de se servir de cet instrument est tellement simple, que nous n’entrerons dan* aucun détail à cet égard. On voit qu’il suffit de l’appliquer sur l’ouvrage en différens endroits, et que s’il n’en joint psS bien exactement la surface sur tous les points, il y a dan* cette surface un défaut d’horizontalité.
- 6° Le Niveau.
- Il sert au même usage que les réglets, et n’est pas autre chose qu’une application du fil à plomb. Deux pièces de bois assemblées à angle droit sont réunies par l’autre bout, & l’aide d’une traverse dont le milieu est exactement marqué; le fil à plomb est attaché au sommet de ce triangle, et la ficelle indique l’horizontalité quand elle coïncide avec le repère fad au milieu de la traverse. Comme les montans qui forme®! l’angle sont posés de biais, leur extrémité inférieure est aussi taillée de biais, afin de s’appliquer sur les surfaces planes*
- 7° Le compas à verge. ( fig. 3s.) .
- Les outils dont j’ai parlé depuis le commencement de ce chapitre sont spécialement employés à mesurer; quelques-uns cependant servent aussi à tracer : tel est le compas ordinaire > par la description duquel j’ai commencé cette série.
- En même temps qu’on l’emploie à mesurer les distances d’un point h un autre, on le fait souvent servir à décrire des courbes; mais son étendue est bornée. Si l’on écarte trop ses branches, la moindre pression les fait rentrer encore davan* tage ; il se dérange pendant l'opération, et devient un instru* ment infidèle. Si on lui donne assez de longueur pour n’avoir pas besoin de le trop ouvrir, il devient lourd et embarras-gant : on remédie à tout cela à l’aide du compas à verge.
- C’est une longue tringle de bois ayant ordinairement ur> pouce d’équarrissage, et depuis six jusqu’à douze pieds de longueur; l’un de ses bouts est encastré à mortaise et d’une manière fixe dans une planche épaisse d’un pouce, haute de
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- Quatre, large de trois par en haut et arrondie en dessous : fte planche est traversée perpendiculairement à la longueur ? *a tringle, par une pointe en fer qui sort en dessous d’en-Vron un pouce. L’autre bout de la traverse glisse à frottement a°s une mortaise carrée pratiquée au milieu d’une autre plan-Cae semblable en tout à la première, et armée de même d’une Pointe de fer ou d’acier : cette seconde planche est par confient mobile; toutes les deux sont, à proprement parler, les eüx branches de cette espèce de compas. La tringle horizon-a‘e tient lieu de charnière et règle l’écartement des branches ; °.n fixe où l’on veut la planchette mobile par un moyen bien s,niple. Cette planche est percée du haut en bas d’une mortaise Perpendiculaire, un peu conique, qui passe à côté de la mor-a,Se horizontale, et la pénètre d’environ une ligne. Lorsque la frtaise horizontale a reçu la tringle, on place dans la mor-aise verticale un petit coin de bois ; à mesure qu’on l’enfonce,
- 1 presse la tringle qu’il rencontre, contre la paroi latérale °Pposée de la mortaise horizontale, et par suite de cette pres-ne lui permet plus de glisser : ce moyen est assez mau-La pression de ce coin, qu’on appelle la clé, sillonne empreintes rapprochées tout un des côtés de la tringle, et e rend raboteux; il vaudrait bien mieux percer le haut de a planchette d’un trou taraudé qui irait aboutir à la mortaise, P®r conséquent aussi à la tringle, et dans lequel on mettrait »n® xis de pression qui n’aurait pas cet inconvénient, et qu’on fait mouvoir bien plus aisément que le coin. Du reste, la f'bilité de cette planche permettant d’écarter ou de rappro-®her à volonté les deux pointes, et la tringle pouvant avoir jusqu’à douze pieds de long, on sent qu’on peut tracer avec 6 compas à verge des cercles ayant depuis douze pieds jus-f à vingt-quatre pieds de diamètre; pour cela, il suffit de Pjacer une des pointes au centre, et de s’en servir comme ^ pivot autour duquel on fait tourner l’autre.
- Deux clous et un simple cordeau suffisent pour remplacer atl besoin cet instrument, et tracer, s’il le faut, des portions ?e cercle d’un plus grand diamètre. On fait une petite boucle achaque bout, choisi à cet effet de la longueur nécessaire; on ,a|t passer un clou dans chacune de ces boucles; ils tiennent lÇu de pointes, et le cordeau bien tendu remplace pas,sarment la tringle; il suffit de le faire tourner autour d un fs clous, et l’autre décrit une courbe dont tout les points sont doignés du centre d’une distance constamment égale à la loueur de la corde,
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- 8° Le Curvotrace de M. Tachet.
- Le curvotrace a été récemment exécuté parM- Tachet. la théorie en est simple. Si l’on se représente une lame très' élastique pouvant recevoir de la pression des doigts toute* sortes de formes , il est aisé de concevoir qu’en la posant de champ sur un panneau ou toute autre pièce de bois, on aura un régulateur qui servira à tracer une courbe quelconque av®c pureté et précision ; mais la main ne pouvant maintenir long" temps la pression aux mêmes points , même avec le secour* de deux personnes, les courbes se déformeraient et on n’a®' rait rien d’exact : l’instrument de M. Tachet remédie à cet inconvénient. Imaginez d’abord une règle en bois suffisant' ment épaisse, percée au milieu d’une rainure allant jusqua un demi-pouce de chaque extrémité, et interrompue, si ï’0lJ veut, pour plus de solidité, vers le milieu de la règle. faut que les parois de cette rainure soient bien parallèles a® bord de la règle. Appliquez sur la surface supérieure de cette règle, deux mains artificielles ou lames de métal aplatie*) et fixez-les avec deux vis mobiles dans la rainure, de faço® que les deux mains puissent être écartées ou rapprochées i volonté ; de façon aussi qu’elles puissent croiser la règle son* des angles différens. Pratiquez à l’extrémité de chaque maint des ouvertures dans lesquelles vous puissiez faire couler uue règle d’acier dont le plat soit parallèle à l’épaisseur de la règle en bois, et placez-y des vis de pression qui pourront arrê' ter la règle d’acier après qu’elle aura été fléchie; vous aure* alors le curvotrace. On sent en effet que, grâce à la rainure* aux mains et aux vis de pression, on peut donner à la lai»e élastique toutes les courbures désirables, et la fixer invaria' blement dans la position voulue. A l’aide de cet instrument, o° obtient un nombre infini de courbes, on trace d’un seul jet une doucine, un talon, et toutes sortes de moulures. Il e*1 utile pour tracer des calibres de diverses formes et grandeur*' Le curvotrace a été approuvé, et l’inventeur le vend 36 fr. av®c ses deux lames d’acier, longues de cinq pieds, et dont l’un®) plus épaisse, sert pour les courbes moins prononcées.
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- L équerre sert à tracer des lignes perpendiculaires au côté une pièce de bois; cet instrument est composé de deux j lnS*es de bois assemblées à angle parfaitement droit; l’une e ces tringles est plus épaisse que l’autre; on la nomme la ; elle porte à l'une de ses extrémités une entaille lout-.'"‘a,t semblable à celle qu’on obtiendrait en coupant en , ux une traverse dans laquelle on aurait creusé préala— enient une mortaise; là s’assemble bien solidement et bien rrement l’autre tringle qu’on appelle la lame; la première vec® a le plus souvent dix pouces de long, un pouce et emi de large , et dix lignes d’épaisseur; la seconde a quinze P°tices de long, trois à quatre lignes d’épaisseur, et deux pttces de largeur : il y a pourtant de grands triangles dont a lame a trois pieds , et même davantage; mais alors, pour ?'pe ^'assemblage des deux tringles soit solide , il faut le for-,a®r par une traverse ou écharpe, qui les réunit en s’ajustant .“‘'quement dans deux mortaises creusées dans l’épaisseur du
- 9° L’Equerre ou Triangle (fig. 36).
- différence d’épaisseur entre la lame et la lige a un très-j?rand avantage; tandis que la tranche de la tige, ou plutôt excédant d’épaisseur de celte tranche s’applique exactement c<?ntre la tranche d’une planche, ou contre le côté d’une P,lece de bois, la lame porte d’aplomb sur la surface supé-r'eUre, et s’y applique exactement; alors, si on veut tracer °e ligne bien perpendiculaire à la tranche, il suffît de sui— le bord de l’équerre avec la pointe à tracer; on donne ce ^®m à une pointe d’acier garnie d’un manche qui sert à la
- l’équerre sert aussi à mesurer si les faces d’une solive ou 5 UlIe autre pièce de bois sont bien à angle droit; pour s’en assurer, il suffit de faire entrer l’angle saillant de l’ouvrage a°s l’angle rentrant de l’équerre; s’ils s’emboîtent bien fadement l’un dans l’autre, si les faces de l’ouvrage tou-caent partout l’épaisseur de la lame et de la tige, on est sûr *'«voir réussi.
- 40° VEquerre-onglet.
- , On est fréquemment obligé de tracer sur une planche es lignes obliques; et très-souvent ces lignes doivent faire ,Vec le côté de la planche un angle de quarante-cinq degrés
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- ou égal à la moitié d’un angle droit. On a senti la nécessite de faire pour cela une équerre spéciale, et on l’a construite de telle sorte qu’on puisse donner en même temps le moyen de tirer des perpendiculaires, ou lignes formantun angle droit-La lige de cette équerre, représentée fig. 57, est creusée dans sa longueur, sur le côté, par une profonde rainure, dans la-quelle on fixe, en guise de lame, une planche mince en bois dur et bien dressée. Cette planche forme parle haut, avec 1® tige, un angle droit. La tige est taillée obliquement par le bas, il en est de même de la planche, dont le bord forme avec l’épaisseur de la tige, un angle de 135 degrés, et, par conséquent, égale à un angle droit et demi. Lorsqu’on applique tige contre le côté d’une pièce de bois, et qu’avec une point® à tracer on suit l’obliquité de la planche, il en résulte une ligne pareillement oblique, et qui étant inclinéed’un côté de 435 degrés, l’est nécessairement de l’autre de 45. Enfin, la planchette ou lame de l’équerre-onglet porte au milieu une échancrure en forme d'angle droit rentrant, ce qui permet de l’employer comme l’équerre ordinaire, pour vérifiée si les faces d’une pièce de bois sont perpendiculaires l’une à l’autre.
- 41° La Sauterelle ou fausse Equerre ( fig. 38 }.
- L’équerre-onglet sert à tracer les lignes inclinées de 45 degrés d’un côté, et de 135 de l’autre; la sauterelle ou fausse équerre sert à tracer toutes les autres lignes obliques. Comme les degrés d’inclinaison varient à l’infini, il faut nécessairement que la lame destinée à les donner, varie aussi de position de toutes les manières. La tige de la sauterelle est ouverte et entaillée dans le milieu de son épaisseur, de manière à former une espèce de fourche, ou à présenter deux lame* parallèles faisant corps ensemble par le bas. On place entre ces deux lames la lame mobile, et on les arrête ensemble avec un clou rivé ; il en résulte que la lame peut s’ouvrir et se fermer è volonté comme un couteau. L’extrémité de cette lame est taillée obliquement; il en est de même du bas de l3 fourche creusée dans la tige; il en résulte que l’outil peut être fermé assez complètement pour que la lame mobile disparaisse tout-à-fait entre les deux lames fixes, et que cependant il ne soit pas difficile de l’ouvrir.
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- 12° Le Trusquin ( fig. 59 ).
- a* <^cr*f les outils propres à tracer les courbes, ceux que 11 emploie pour mener, sur une surface du bois, des lignes P rpendiculaires ou obliques à la surface latérale, ou , pour t>a T ^US jusl®’ a ligne que ces deux surfaces forment ^ leur jonction; il me reste à parler du trusquin, qui sert f„.,racer sur une planche des lignes parallèles aux côtés de ette planche.
- trusquin est composé 1° d’une tige de bois de dix à 0 Ze lignes en carré, sur un pied de longueur; 2° d’une tête a planchette, épaisse d’un pouce, large de trois, longue de H atre au moins. Cette tête est percée au milieu d’une mor-j.'se carrée dans laquelle glisse la tige qui doit former avec (j,e Un angle droit. La face inférieure de la tige est armée une pointe de fer d’environ une ligne de long, et faisant û angle droit.
- Maintenant, si on suppose la tête arrêtée à un endroit quel-°nque de la tige, et qu’on fasse en idée glisser cette tête ®0lUre le côté d’une planche, on verra que la pointe, placée a *a face inférieure de la tige, tracera une ligne sur la planche; ^ae la pointe étant toujours également éloignée de la tête,
- par conséquent, de tous les points de la tranche de cette Planche le long de laquelle on fait glisser cette tète, la ligne acée par la pointe sera forcément également éloignée sur aus ses points des points correspondans de la tranche de la I ®nche; que, par conséquent, elle lui sera exactement pa-r3uèle ; car une ligne est parallèle à une autre ligne ou à ,ne autre surface, quand, d’un bout à l’autre, elle en est également éloignée.
- La mobilité de la tête permet de tracer des parallèles plus 011 moins rapprochées du bord de la planche, et cette tète est fixée à l’endroit convenable à l’aide d’une mortaise co— P'que, creusée verticalement dans son épaisseur, et destinée recevoir un coin qui rencontre et presse le côté de la tige. 0tllme je l’ai dit en décrivant le compas à verge, ce moyen ^?rait très -avantageusement remplacé par une vis de près—
- , L y a des trusquins dont le plat delà tête est cintré, afin ('e pouvoir tracer des courbes parallèles a des surfaces r°Urbes; d’autres qui, étant destinés à atteindre le fond des S°rgeset des ravalemens, sont armés de plus longues pointes.
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- 13° Nouveau Truiquin (fig. 40 ).
- Ce trusquin, récemment inventé, est en cuivre. Il se co®' pose de deux branches dont l’une est creuse, de telle sorte qu’elles glissent l’une dans l’autre. La branche creuse p°rle une partie saillante par le bas, qui règle la marche de l’°u'‘ til. La branche mobile est armée de la pointe qui glisse volonté dans une mortaise, de sorte qu’on peut la rendre pjuS ou moins saillante. On la fixe avec une vis de pression. l®e autre vis de pression sert à fixer où l’on veut la branche w°' bile, dont le mouvement est réglé d’autant plus aisémen qu’elle est divisée sur une de ses faces en centimètres et f millimètres. Ce nouvel instrument unit, comme on le vo>j> la commodité à la précision; mais l’ancien trusquin a sur*e nouveau le grand avantage que les menuisiers peuvent Ie faire eux-mêmes. Si l’économie les décide à continuer à se° servir, ils feront bien de substituer au coin une vis de preS' sion, qu’ils peuvent faire eux-mêmes, et que, dans tous leS cas, ils remplaceraient très-bien par la première vis en fef qu’ils rencontreraient. Ils y trouveront cet avantage que leS opérations se feront d’une manière bien plus prompte, qu’ils n’auront pas besoin de renouveler si souvent le®r trusquin.
- 14° Compas elliptique ou équerre mobile.
- Nommé aussi compas à ovale, cet outil sert uniquemeo1 à tracer des ovales ou ellipses; aussi n’est-il pas beaucoup en usage. Il le mérite cependant, car son emploi est bien pi®5 facile et plus prompt qu’une opération géométrique. Sa verge et sa poupée ressemblent à celles du compas à verge : J3 première est retenue par deux coulisseaux mouvans qui cif' culent chacun dans une des coulisses qui leur sont perpendi' culaires. Pour tracer une ellipse dont les axes sont bornés, suffit d’éloigner la poupée d’une distance égale à la moitié d11 grand axe ; de placer ensuite le point mobile de la verge, eI‘ l’éloignant de la poupée d’une distance égale à la moitié d® petit axe.
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- ^ ^ V\\\W%A WMWY\ Vl\\ UW VW\ VW» WV4 WW WW WW WW VVV\WVfc WW
- CHAPITRE VH,
- OUTILS SERVANT A ASSEMBLER.
- Ce n’est pas dans ce chapitre que je dois chercher à faire ^naître les différentes manières d’assembler; mais, pour ]>e fa’re dès à présent comprendre, j’ai besoin de dire que ^°peration désignée par celte expression générique consiste munir des pièces de bois en faisant pénétrer leurs extrémi-s les unes dans les autres. On obtient cet effet en creusant s entailles ou mortaises dans quelques-unes de ces pièces, en amincissant le bout des autres de telle sorte qu’il puisse trer dans la mortaise. On pourrait déjà en conclure que s outils qui servent à assembler sont tout simplement ceux H11 on emploie à entailler le bois ou à tracer. Néanmoins, j ‘'•me on a désigné spécialement depuis long-temps, sous n°m d’outils d’assemblage, une classe d’instrumens con— acrés à cet usage, d’une manière plus particulière, j’ai cru e devoir pas m’écarter de cette ancienne classification à laquelle on est accoutumé.
- , m ne dirai cependant rien de particulier sur deux espèces j® scies qu’on place ordinairement dans cette catégorie, sde à tenon et la scie à écraser. La première a de vingt-lnq à trente pouces de long, sur deux pouces ou deux pouces ^ l'gnes de large; la seconde est plus petite et plus étroite environ un tiers; toutes deux ont une denture fine, bien Suie, peu couchée, à laquelle on donne peu de voie. Elles °nt montées comme la scie à l’allemande ou la scie à lour-er> dont elles ne diffèrent que par leur dimension, le soin lequel on les monte et on les affûte, enfin, l’usage ex-nsif auquel il convient de les consacrer.
- Mais il y a une autre espèce de scie à arraser que je dois Pms soigneusement faire connaître : sa description, celle du rusquin d’assemblagé et du bouvet à assembler, composeront Ce chapitre.
- 1° Scie à arraser ( fig. 4l ).
- Pour qu’un assemblage soit bien fait, pour qu’il soit solide 6 apparent le moins possible, il faut que la partie amincie HUi doit entrer dans la mortaise soit partout de la même épais-
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- seur, au lieu d’aller progressivement en augmentant; de tell® sorte que sa surface aille faire un angle droit avec l’excède11 d’épaisseur de la pièce de bois, et que cet excédant d’épaisseur présente un plan bien vertical à la surface de la parl1® amincie. Cette portion de la pièce de bois, plus mince et p'uS étroite, est appelée tenon; on nomme arrasement le plan pet” pendiculaire à chacune des faces du tenon. Pour faire l’arra' sement, il faut scier les fibres du bois, et c’est l’usage a®" quel on destine la scie à arraser ordinaire. On commence pal assurer sa marche à l’aide d’une ligne tracée à l'équerre J mais pour peu que le mouvement de la main fasse incli®et la'scie à droite ou à gauche, la lame devenant oblique, Tar' rasement cesse d’être perpendiculaire au tenon, et ne peU! plus joindre avec exactitude la face de la pièce de bois q°l porte la mortaise. C’est pour parer à cet inconvénient qu’011 a construit la scie à arraser dont nous nous occupons.
- Elle est montée sur un fût assez semblable à celui d’o°® varlope, mais de moitié moins long; au lieu d’être parfait®' ment droit par-dessous, le fût est plus saillant d’un côté q®e de l’autre. Cette portion saillante forme, toutle long de l’outil» un prolongement dont la paroi interne fait, avec le reste de la face inférieure du fût, un angle parfaitement droit. Cefi® paroi est bien dressée et parfaitement unie. Sur le côté dû fût opposé à cette paroi, on cloue la lame de la scie; il eI! résulte que cette lame est parfaitement parallèle à la par°l interne du prolongement dont je viens de parler, et qu’à la manière dont elle en est séparée, on croirait qu’il existe entf® elle et ce prolongement une espèce de gouttière ; la scie est a® peu plus courte que cette portion saillante du fût qu’o® nomme la joue.
- Maintenant, si on veut faire un tenon et couper un arras«-ment à l'extrémité d’une pièce de bois, rien ne sera plus facile. On s’assurera d’abord, à l’aide de l’équerre, que les sut' faces qui la terminent sont bien perpendiculaires l’une à l’autr®' On appuiera la joue de la scie contre celle de ces surfaces à laquelle l’arrasement doit être parallèle, et l’on sciera. Le trad de scie sera nécessairement parallèle à la face contre laquell® la joue va et vient, puisque cette face règle la marche de 1® lame de scie qui lui est parallèle. On va ainsi jusqu’à la profondeur convenable, et l’on est toujours sûr que l’arrasemeid sera perpendiculaire à la face inférieure ou à la face supérieure de la pièce de bois, et parallèle à l’extrémité duteno®1
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- ^ donnerai de plus grands détails sur la manière dé se servir oette scie, quand je parlerai de la manière d’assembler.
- 20 Trusquin d’assemblage.
- On sait déjà que le trusquin ordinaire sert à tracer des H— S es parallèles à une surface quelconque. On sait aussi que, la;. r Se diriger quand on veut creuser une mortaise ou en-1 le longitudinale destinée à recevoir un tenon, il faut commencer par tracer deux lignes parallèles entre elles et paral-j es en même temps au côté de la planche ou de la traverse sur 6^e °n lrava'^e- L’écartement de cec deux lignes règle la le t^6Ur ^amo, ^a'ss’ on pourrait tracer ces deux lignes avec . fnsquin ordinaire; mais pour avoir plus tôt fait, on em-5 16 nn trusquin spécial ; chaque face de la tringle porte . 0* pointes au lieu d'une ; leurécartement règle l’écartement dçS|^eux «gnes : elles doivent donc être placées au-dessus l’une 1m outre, relativement à la tête; par ce moyen, les deux t>nes sont tracées simultanément et d’un seul coup. Pour a y a‘t plus de variété dans l’écartement des parallèles °n trace ainsi, on taille la tringle à huit faces, et l’écarte-jlent des pointes qui arment chacune des faces est différent: *arie de huit à deux lignes, et répond par conséquent à la ‘Crence de grosseur des assemblages les plus usités. La tête octogone comme la tige ; par conséquent la clé ne peut pas e placée latéralement. Elle est enfoncée au milieu de la tête |. Pénètre dans la tige, qui pour cela est évidée dans son mi-®u en forme de coulisse. Elle a, par conséquent, beaucoup ^ a,ùs de solidité, et c’est une raison de plus pour substituer a clé une vis de pression.
- o° Bouvet d’assemblage.
- Lorsqu’on veut unir deux planches par leur tranches, il faut J Cliquer dans la tranche de l’une d’elles une longue mortaise ,} ! yogne d’un bout à l’autre, et qui prend le nom spécial de ifture; il faut tailler sur la tranche de l’autre planche un On0nd’égale longueur etpeu saillant,qu'on nomme languette. j. exécuterail ces opérations bien lentement et d’un manière a.en. imparfaite avec les outils ordinaires. Au contraire, on dnt le but très-vite et parfaitement bien à l’aide desbou-d assemblage.
- 0 donne ce nom à des outils à fût faits comme un rabot, ayam même une très-grande analogie avec le rabot rond et
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- le rabot mouchette. Un des bouvets est creusé en dessous pa* une rainure, et son fer est fourchu, celui-lk sert à faire la 'aB guette. Il suffit pour cola de le pousser à diverses reprises la tranche de la planche. L’autre bouvet a, au contraire, u° fer simple etétroitpour creuser la rainure. Les bouvets donc toujours par couple, afin que la languette que fait 1 u° s’ajuste toujours exactement dans la rainure que creuse l’autr6. On est obligé d’en avoir de différentes dimensions, puisqu0,1 est obligé de donner plus ou moins de force aux assemblage Quand les planches à unir n’ont que six lignes d’épaisseur < les bouvets qui servent à les rainer et à les languetlef nomment bouvets de panneaux. A neuf lignes, ils se noi°' ment bouvets de trois quarts; à un pouce, bouvets d’un poVef'
- Sur le côte du fût, on visse une planchette épaisse de lignes, bien dressée sur ses faces, et qui déborde d’un defljj' pouce .au moins la surface inférieure du bouvet avec laque11 elle forme un angle droit. Lorsqu’on fait courir le bouvet sl)t la tranche de la planche, cette planchette saillante, ou j°^ du bouvet, en s’appuyant sur la surface de la planche , règ|e la marche de l’outil, en sorte que la rainure ou la langue!1® sont toujours bien parallèles à cette surface. Quelquef®1* on taille le fût de manière que la joue soit d’une seule pi®ce avec lui.
- Les dimensions des fers varient suivant l’épaisseur ^ planches qu’on travaille. On se sert le plus ordinairement® ceux qui ont de quatre à neuf lignes. Le fer simple do1’ entrer exactement dans le fer fourcbu.
- On est quelquefois obligé de creuser une rainure à uneaSSe® grande distance du bord d’une planche, etcependantbien Ÿ‘ rallèlement à ce bord. C’est à quoi l’on parvient à l’aided® louvet de deux pièces. La joue de ce bouvet est mobile ; olJ peut l’éloigner ou la rapprocher à volonté de la partie du qui porte le fer. A cet effet on a fixé dans cette partie du lü deux tringles de bois carrées qui glissent dans deux rn®r taises creusées dans la planchette qui forme la joue. Ce1*® planchette est par le haut de niveau avec la face supérie«r® de l’autre portion du fût, et descend par le bas, comi»e 1 l’ordinaire, au-dessous de la face inférieure. On écarte p^s ou moins la joue du fer en la faisant glisser sur les tringl®" qui doivent être bien parallèles entre elles et ne pas vacil^ dans les mortaises. On la fixe où l’on veut à l’aide de de®* vis de pression placées au-dessus des mortaises. On empl°|e
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- j*ussi, aa lieu de vis, des clavettes pareilles à celles du Iras-*Uln commun; mais cela ne vaut rien.
- 4» Bouvet à approfondir.
- On donne ce nom à une espèce de bouvet de deux pièces, j s'Compliquè, très-coûteux, et dont l’usage est assez borné. T. ne te décrirai pas, parce que la description n’apprendrait en à ceux qui le connaissent, et qu’elle serait insuffisante à Ux qui 11e le connaîtraient pas. Car, quelqu’étendus que fus-nt les détails dans lesquels j’entrerais, ils ne suffiraient pas Pour que, d’après leurs indications, on pût construire la ma—
- > but de cet outil est de creuser
- Je me borne donc à direque le bt
- os rainures d’une profondeur eld’un écartement variables. On hent cet effet en armant le fût d’une lame d’acier saillante ®ns laquelle est logé le fer, et qui pénètre avec lui dans la ra,_nure. Cette lame d’acier est bordée d’une réglette mobile 31*1 se fixe par des vis de pression, le long de la lame, à une ®uteur variable. Cette réglette horizontale empêche la lame acter de pénétrer plus qu’on ne veut, et sa position règle la Profondeur que doit avoir la rainure.
- On se sert principalement de cet outil quand on veut pra-l|quer de larges et de hautes feuillures. A cet effet, on creuse !*ne première rainure sur la face de la planche, puis sur sa rsnche ui>e seconde rainure qui va joindre la première à an-S|es droits. Oa enlève de cette manière une tringle qui laisse ^tee la place de la feuillure. 11 est évident qu’on n’oblien-rait pas cet effet avec un bouvet qui ne permettrait pas de aii*e de profondes rainures, et que les feuillures faites de Cette manière auraient toujours les mêmes dimensions, si on î*e pouvait changer à volonté l’écartement de la joue et la pro-0Ddeur de la rainure.
- ^tvnmtmvmHmumwuvnmuwuumvimuwuuwAHui
- CHAPITRE YIIL
- des outils propres a faire les moulures.
- On donne le nom de moulures à des ornemens de raenui— Serie tantôt saillans, tantôt enfoncés dans l’épaisseur de l’ou— ^ge. Us affectent différentes formes dont quelques-unes °nt reçu des noms particuliers, et nous nous réservons de dé-
- nuisier. 1. 16
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- crire plus loin et en détail ces espèces de sculptures : je pe veux parler maintenant que des outils qui servent à les faire' Ces outils varient suivant qu’on les destine à faire des sculp' tures interrompues ou des moulures proprement dites, qul doivent régner d’un bout à l’autre de l’ouvrage. C’est po«r le second cas surtout qu’on emploie des instrumens partie11' liers ; les sculptures qui ne doivent pas être exécutées parai' lèleruent au bord de l’ouvrage, sont faites le plus souveid avec le ciseau et la gouge; néanmoins on a aussi quelquefois recours à certains outils spéciaux par lesquels je vais coiï>' mencer.
- lo Le fermoir à nez rond.
- Il ne diffère du fermoir ordinaire que parce que son Iran' chant est oblique et son extrémité anguleuse. Il est commod® pour fouiller au fond des angles rentrons.
- 2° Les Carrelets ou Burins.
- Qu’on imagine un fermoir ordinaire plié dans sa largeuf) de telle sorte que le tranchant fasse un angle droit : il en re' sultera un outil à tranchant d’acier, garni d’un manche bois, et dont le fer, un peu courbé, est d’une forme triangU' Iaire par sa coupe, et évidé en dessus dans une partie de longueur. Tel est le carrelet ou burin à bois ; cet outil de pe' tile dimension sert à couper et à évider les filets.
- 3° Les Scies à dégager.
- Ce sont de petits outils à manche; l’extrémité du fer es' reployée à angle droit et garnie de dents. Il y en a de différentes épaisseurs; il y en a aussi de coudées, qui font l’office de bédanes dans les cintres.
- 40 Les Molettes.
- Tout le monde sait que le bois est susceptible de recevoir des empreintes; on a mis à profit cette propriété, pour y imprimer, d’une manière commode et expéditive, certaine8 sculptures qui sont peu saillantes, telles que des cordons de perles, des suites de losanges, etc. On se sert à cet effet des molettes, dont l’usage est beaucoup plus convenable lorsqu’à11 travaille sur des métaux ductiles, mais qui peuvent cependant être mises quelquefois à profit sur le bois.
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- Les molettes sont de petits demi-cylindres d’acier gravés, ?Vec lesquels on forme, sur des moulures saillantes, tout le °ng de l’ouvrage, des enjolivemens de différens genres, tels 3Ue godrons ou cordes de puits, des perles, des losanges, etc. ^es cylindres sont aplatis d’un côté, ou même légèrement CreUsés en demi-cercle, et dans celte espèce de gorge ou sur ®elte surface plate, ils portent en creux l’ornement qu’ils aoivent produire en relief sur le bois.
- Chaque molette est percée transversalement au milieu. A a'de de ce trou et au moyen d’une goupille qui la traverse, j“n la monte sur une espèce d’outil en fer terminé par deux oranches ou mâchoires parallèles, percées à leurs extrémités d autres trous dans lesquels passe la clavette; par conséquent, a Urolette peut tourner autour de la goupille entre les deux Mâchoires. La soie de cet outil, désignée sous le nom de P°rte-molette, est contenue dans un manche en bois. La goujon doit être à tête fendue comme une vis, limée bien rond, *)’en juste au trou de la molette, et taraudée à l’extrémité.
- trou de l’une des mâchoires est aussi taraudé; l’autre lr°ü est un peu plus grand et parfaitement cylindrique ; tandis que celui qui est muni d’un filet de vis est légèrement c°nique. On peut donc faire entrer la goupille par un de ces tr°us, et visser son extrémité dans l’autre, après qu’elle a *raversé la molette, que, par ce moyen, on peut changer à Volonté.
- Il est bon de faire cette espèce de vis'ou de pivot à tête fen-iUe et carrée, afin de pouvoir se servir indifféremment, pour a visser, d’un tourne-vis ou d’une pince.
- Comme les molettes n'ont pas toutes le même diamètre, ^ qu’elles glisseraient à droite ou à gauche entre les mâ-choires, si elles ne les joignaient pas exactement de chaque cèté, on est obligé d’avoir différens porte-molettes, et de les Varier suivant la grosseur du cylindre. On s’est récemment dispensé de cette multiplicité d’inslrumeDS à l’aide du porté-niolette universel. Les deux mâchoires de cet ouiil sont Mobiles, et peuvent être écartées ou rapprochées à volon-Pour cela une seule d’entre elles fait corps avec l outil. Cuire le trou de la goupille, elle porte dans le bas un *r°u carré. L’autre mâchoire est armée latéralement d une Pedle traverse ajustée à angle droit et qui glisse dans le trou Carré de la première. Cette traverse règle le parallélisme des ^e,tx mâchoires, et la goupille qu’on tourne à volonté les
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- rapproche jusqu’à ce que leur écartement ne soit pas pl°* considérable que l’épaisseur de la molette qu’elles doive11 joindre de chaque côté.
- Nous verrons plus loin quelle est la manière d’employ®1 cet outil. Passons maintenant à ceux qui servent à faire de longues moulures parallèles au bord ou à l’une des surfa®®5 de l’ouyrage.
- 5° Le Guillaume ( fi g. 42).
- Cet outil à fût est propre à agrandir des angles rentrai' Il se compose d’un fer, d’un fut et d’un coin. Ce fût a qui®*® ou seize pouces de longueur sur trois pouces et demi de baU' teur et un pouce ou quinze lignes d’épaisseur. Par-dessouS, et à environ six pouces de celle de ses extrémités vers 1®' quelle est tourné le tranchant du fer, est percée une lumière d’une forme toute spéciale. Par le bas elle traverse de parte® part le fût qui est à jour dans cette partie. D’abord très-étroite, et ne laissant de place que pour le fer et le passag® du copeau, elle augmente de grandeur et prend la forme d’u® demi-cercle de quinze lignes environ de diamètre. Cetl® partie forme une espèce d’entonnoir, duquel les copeaux doivent sortir aisément après s’y être contournés en spiral®' Par le haut, la lumière se rétrécit toul-à-coup, et se transforme en une mortaise ou trou carré, ayant environ quatr® lignes de côté, et aboutissant à la surface supérieure.
- Le fer est taillé en forme de pelle à four. Sa partie élargi qui est carrée, affleure le fût de chaque côté, et sa queue, eu partie rétrécie, logée dans la mortaise, dont l’obliquité règle l'inclinaison du fer, y est maintenue par un c'oin d® forme convenable. On lient le fer du guillaume le plus droit possible, et comme il supporte de grands efforts et qu’il est faible dans sa partie supérieure, il convient de l’ajuster le pluj solidement qu’on peut. La lumière doit être parfaitement remplie par le coin et le fer. Si l’on veut, pour plus de solidité, faire le coin plus large que le fer, il faut creuser da®s la lumière une encastrure où le fer puisse se loger exactement. Il faut avoir soin aussi de prolonger le coin sur le fe[ jusques un peu avant dans la partie évidée de la lumière, e® l’amincissant assez pour qu’il n’empêche pas le mouvement du copeau. Quelques ouvriers collent sous le fer un morcea® de cuir : c’est une mauvaise pratique. Ce qui les trompe» e’est que le cuir étant moins sonore que le bois, ils n’enten-
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- jtant pi„s ies yibrations <]„ fer et i8 croient mieux ajusté ;
- ' a°dis qu’à cause de la molesse de cette matière, il repose ûl0>ns solidement sur elle que sur le bois.
- Les guillaumes se distinguent en guillaumes courts,
- I,r°îts, cintrés, dont le nom indique suffisamment la forme et usage. Il y a aussi des guillaumes à navette, ou dont le J?1 à triple courbure est cintré par dessous et de chaque côté.
- nfin, je d0;s dire quelques mots du guillaume à plates-ban-deji) qui présente quelques particularités remarquables.
- Sa lumière traverse le fût de part en part comme dans le jjU'llaume ordinaire, néanmoins on n’emploie cet outil que j u“ côté, et de l’autre il est muni par dessous d’un conduc-ou petite joue saillante. Son fer, au lier, d’avoir la forme . pelle à four, a partout la même largeur du côté de la l0,|e. I)e l’autre côté, il est comme celui du guillaume ordi— ^aire. U est aiguisé carrément, et placé un peu obliquement d Itt largeur du fût.
- Dans le guillaume de côté, le fer est placé perpendiculairement ; mais il est aussi un peu oblique à la largeur du . L afin qu’il coupe mieux sur le côté, ce qui est l’unique des-Lnation de cet outil.
- 6° Le Feuilleret,
- C’est une autre espèce d’outil à fût fort ressemblant au Saillaume, surtout au guillaume à plates-bandes, et qui sert a faire les feuillures ou angles rentrans, parallèles au bord 0u à la rive d’une planche. Le bois a les mêmes dimensions fiue celui du guillaume ordinaire, c’est-à-dire quinze pouces de long, trois et demi de large et un d’épaisseur. Ce fût est araiè par-dessous d’une joue épaisse, de trois ou quatre li-§nes de saillie. La portion rentrante de la surface inférieure «« d’une largeur un peu moindre de la largeur du fer. La lu-^tère est formée par une entaille faite dans le bois, régnant du haut en bas, profonde ordinairement d’environ six ou sept 'gnes, et assez large par le haut pour contenir à la fois le fer et le coin qui doit l’assujettir. On tient le fer plus large fiû’il ne paraît devoir l’être. Mais d’abord il faut qu’il pénètre d Une ligne environ dans la joue et au fond delà lumière où 1 on a creusé pour cela une rainure ; il en résulte que de ce côté les copeaux ne peuvent pas passer entre le fer et le fût. En outre le fer est encore tenu un peu large, parce qu il doit légèrement saillant en dehors, afin de couper par son
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- arête, qui est athée. Il porte, par conséquent, un trancb«nl latéral qui forme un angle droit avec le tranchant de son e*' trémité, et l’instrument coupe tout à la fois par côté et par' dessous. Il est d’ailleurs partout de la même largeur. fait des feuillerets de diverses grandeurs.
- 7° La Guimbarde.
- Cet outil diffère des autres outils à fût en cela qu’on le falt mouvoir transversalement à sa longueur, au lieu de le pou*' ser comme les feuillerets et les guillaumes. A cet effet, *a largeur est telle qu’on peut le prendre par une main à chaqu® bout, et le faire aller et venir devant soi. Au milieu de fa longueur, on place dans une lumière un peu inclinée un fef qui a, par conséquent, peu de pente, et dont le tranchant) placé en sens inverse de celui des autres outils à fût, est pa' rallèle à la longueur du bois. Cet instrument sert à fouillé des fonds parallèlement au-dessus de l’ouvrage. Pour celai on fait sortir plus ou moins, suivant le besoin, le fer dont l’épaisseur doit être proportionnée à l'effort que support î’oulil.
- 8° Bouvet à noix.
- C'est un bouvet dont le fer présente tantôt un tranchant creusé d’une entaille demi-circulaire, tantôt un tranchant dont les angles sont, au contraire, graduellement arrondi* comme le serait l’extrémité du fer d’une gouge plate. Cet instrument, qui d’ailleurs est en tout semblable au bouvet d’assemblage déjà décrit, sert, dans le second cas,àcreuserde* moulures en forme de rainure arrondie dans le fond, en moi' tié de cylindre creux, tantôt à faire d’autres moulures sent' blables à des languettes arrondies aussi en demi-cylindre.
- 9° Mouchette à joue.
- Elle ne diffère de la mouchette ordinaire que par la jou® dont elle est armée, et qui la dirige parallèlement à 1® tranche, lorsqu’au lieu de s’en servir pour arrondir la riv® d’une planche, on veut faire sur le bord d’une planche un® moulure en forme de portion de cylindre coupé parallèlement à ion axe.
- 10° Le Bec-de-Cane.
- Cet outil à fût, fort semblable au feuilleret, a l’extrémit*
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- son fer recourbée en forme de croissant sur le côté. Ce .fauchant latéral et demi-circulaire est aiguisé avec soin. A aide de cet outil, on arrondit par-dessous certaines mou-ires, et on travaille des portions d’ouvrage où la mouchelte 8J°ue ne pourrait atteindre.
- Outre les outils à moulures dont je viens de parler, il y en ? bien d’autres espèces ; tous prennent le nom des mou-ires qu’ils servent à faire : tels sont les gorges, les gorgets, jes tarabiscots, les grains d’orge, etc. Ces instrumens, cons-ruits toujours sur le même système, ne diffèrent que par a forme du fer, qu’on achète tout taillé chez le marchand i outils, et la forme de leur surface inférieure, dans laquelle °i creuse ce qui doit être saillant dans l’ouvrage, et réciproquement. Quelques-uns, tels que les doucines à baguettes et estalons renversés, ont deux fers disposés de manière à pro-Ulre les moulures de ce nom.
- En général, ces outils doivent avoir huit pouces de long trois de haut ; leur épaisseur est proportionnée à la dimension de la moulure. Les lumières ont environ cinquante legrés d’inclinaison, et la paroi de la cavité où les copeaux se contournent en spirale, doit être déversée en dehors pour fa-eiliter leur évacuation; pour qu’ils ne s’intréduisent pas en-le fer et la joue, il est bon que ceini-ci pénètre dans le u°is d’environ un quart de ligne. Tous ces instrumens ont Une conduite ou tme joue, ce qui les rend plus doux à pous-Seri quelques-uns même en ont deux, une par côté, l’autre {far des sus , de sorte que l’une s’appuie sur la tranche et * autre sur la surface supérieure du bois : celte précaution indispensable quand on veut faire la moulure sur l’angle i lue planche. Il y a des outils de ce genre dont la joue est Mobile et doit être plus ou moins écartée ou rapprochée, comme ccile du bouvet de deux pièces.
- On sent que le fût de ces outils, soumis à un frottement c°ntinuel, et par conséquent exposé à s’user très-vite, au-fait besoin d’être fait d’an bois très-dur. Le cormier, qui joint à celte qualité celle d’être très-liant, conviendrait mieux 9ue tout autre ; mais il est sujet à se tourmenter ; et par conséquent les formes qu’on lui donne s’altèrent à mesure qu’il sàohe, ou par suite des alternatives de chaleur et d’humidité. Eour remédier à cet inconvénient, on fait le corps du fût en
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- bois de chêne, et la surface inférieure est formée avec u°_e planchette de cormier sur laquelle on taille la contre-pa,l’e de la moulure. Il ne reste plus qu’à unir ces deux pièces ensemble avec de la colle ou à l’aide de chevilles. Pour fi110 les outils à moulures fonctionnent bien, il est indispensable que le dessous du fût soit taillé bien exactement sur le fefj et toujours soigneusement graissé.
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- CHAPITRE IX.
- DE LA MANIÈRE D'AIGUISER EX D’ENTRETENIR LES OUTILS.
- L’affûtage contribue, bien plus qu’on ne pense, à la ptef-fection des travaux de menoiserie, et des outils bien affilé suffisent souvent pour donner à un ouvrier une grande prééminence sur un autre. Il en résulte toujours au moins une grande économie de temps et de fatigue, ce qui est bien suffi' sant sans doute pour qu’on ait le droit de s’étonner du si" lence complet qu’ont gardé sur celte importante matière, ceu* qui ont décrit l’art du menuisier, et pour m’autoriser à donner au contraire de grands détails.
- Dans un grand nombre d’ateliers on simplifie beaucoup, se bornant à frotter les fers, à aiguiser d’abord sur un gr®s plat et mouillé, puis sur une de ces pierres grises semées de points brillans qu’on désigne sous le nom de pierre à affile?' Mais comme je pense qu’en ce point il ne faut pas de parci' monie; comme il est presque impossible de régler à volonté l’inclinaison du biseau de l’outil en l’affilant sur le grès; comffle en outre la pierre à aiguiser ordinaire est trop grossière pouf donner au tranchant le fini convenable, j’indiquerai les pro' cédés les meilleurs et les plus sûrs. Je parlerai donc successivement de la meule, de son choix, de la manière de la monter, de la manière de s’en servir ; de la pierre du Levant, deS lapidaires; enfin je ferai connaître la façon particulière dont onaffûteles scies; mais, d’abord, jedonnerai quelques conseils sur la manière d’entretenir les outils en bon état, et surtout de les préserver de la rouille.
- Il est beauconp plus important qu’on ne le pense communément, de remettre les outils en place dès qu’on ne les emploi®
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- Phs ; ontre qu’on ne perd pas de temps h les chercher, on n’a Pas à craindre qu’ils émoussent réciproquement leur tranchant *n se frappant mutuellement, ce qui oblige de les affûter plus •'Ëquemmeni, et occasionne une grande perte de temps et de ain-d’œuvre. Il faut aussi les tenir, autantque possible, bien P°bset exempts de rouille. Ces soins sont minutieux en appa-fence; cependant les Anglais ne les négligent jamais : ils savent fes-bien qu’un atelier propre et bien arrangé, des outils nets brillans, attestent l’ordre, l’aisance de l’ouvrier, et attirent es Pratiques.
- four dérouiller commodément les outils, il faut mêler en-s«inble une livre d’argile bien tenace, unedemi-livre debrique Pdée très-fin, deux onces d’émeri et autant de pierre ponce «d poudre; on délaie le tout avec du lait, de'manière h en ïlre une pâte ferme qu’on roule en bâtons dont on se sert P°ur frotter quand ils sont secs.
- Lorsqu’on est parvenu à rendre le fer bien net et bien poli, j; faut le préserver de la rouille. Dans ce but, présentez l’ou-dau feu, faites-le chauffer un peu fortement sans trop approcher, puis frotlez-le avec de la cire blanche ; faites chauf-Jer de
- nouveau et essuyez avec un morceau de drap.
- Pour les outils délicats, il vaut mieux employer un vernis. ~es Anglais en obtiennent un très-bon pour cela, en faisant °ndre au bain-marie, dans une quantité d’esprit de vin sudiste pour tout dissoudre, une once de mastic, unedemi-once camphre, une once et demie de sandaraque, unedemi-once de résine élemi. On peut l’employer à froid.
- Conté, qui a rendu tant de services à l’industrie, employait do moyen encore préférable. Après avoir nettoyé les outils aVec une forte lessive, il se servait, pour les vernir, d’un mé-ange de vernis gras à la résine copale, avec une, deux ou diême trois fois autant d’essence de térébenthine; plus il y a d essence, plus le vernis est transparent. Il l’appliquait avec dde éponge très-fine, imbibée d’abord d’essence, pressée entre es doigts, imbibée de vernis, puis pressée de manière à n’en aisser que très-peu. On la passe légèrement sur la pièce, en filant de repasser de nouveau après que la première couche ïst sèche. Ce procédé est très-bon, surtout pour les amateurs.
- 1° Delà Meule.
- La meule dont le menuisier se sert pour aiguiser ses outils, d'1 l’auteur que je viens de citer, ne doit être ni trop dure ni
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- trop tendre. On la choisira d’un grain fin et le plus égal p°*' sible, d’environ trente lignes d’épaisseur sur dix-huit pouce* de diamètre. Il faut ensuite se procurer une auge montée sur quatre pieds, disposée de telle sorte que ses bords soient à peU près à la hauteur du creux de l’estomac, etque la roue puis*e plonger de trois pouces au moins dans l’eau qu’elle contient' Quelques ouvriers se servent de la meule à sec. Ils ont évidefÇ' ment tort, car en s’usant et en usant le fer, la meule produit une poussière fine et pénétrante qui voltige dans l’air, entr6 dans la gorgeet les narines, les irrite et cause par fois des l>e' morragies. D’un autre côté, la meule s’échauffe en frottant sans cesse contre le fer, et soit par ce motif, soit parce qu’ell® glisse moins aisément, elle finit par détremper rapidement leS outils qu’on lui présente.
- Au moment d’acheter la meule, il faut bien prendre garde® ce qu’elle n’ait ni fente, ni cavités ni crevasses ; les défaut* de ce genre sont communs, et les marchands les cachentel1 les recouvrant avec du plâtre saupoudré ensuite de poussier6 de grès. On s’assurequ’il n’y a ni cavités ni crevasses, en sou' dant cà et là avec une pointe de fer ; on fait ensuite résonnet la meule en frappant sur les bords avec une clé ou un ciseaUi et si elle rend un son bien plein, on peut être sùr qu’elle n’est ni fendue ni crevassée. Les meules sont percées d’un trou o11 œil par lequel passe l’arbre ou l’épine sur lequel on les sus" pend pour les faire tourner. On s’assure qu’il est bienau centf6 en mesurant avec une ficelle. Si l’œil est grand et arrondi, o® peut tenir pour certain qu’on n’a sous les yeux qu’une vieil!® meule qui a été retaillée. La trop grande ouverture de l’®1* est Un défaut grave, parce qu’elle multiplie beaucoup Ie* difficultés que l’on trouve toujours à placer l’arbre bien a® centre.
- La forme de l’arbre est simple : il est fait d’un barreau d6 fer, carré dans la partie qui doit être placée dans l’œil de 1* meule, tourné ensuite en cylindre, portant à l’une de ses é*' trèmités tflie autre portion carrée qui entre dans le trou d® la manivelle. A ce même bout, l’arbre est terminé par un® courte portion de cylindre recouvert d’un pas de vis desti®e à recevoir l’écrou qui maintient la manivelle. L’autre extr®' mité peut être uniformément cylindrique; néanmoins, il est bon d’y ménager un anneau d’un plus grand diamètre, ou es' pèce de disque mince, dont nous verrons plus loin l’usage' La manivelle a la forme ordinaire; d’un côté, elle est ouvert® en carré pour recevoir le carré de l’arbre.
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- Il ne s’agit plus que de monter la meule sur l’arbre. Pour *. > on la place sur un établi de menuisier, dans une situa-'°n telle que son œil réponde à un des trous dans lequel on w,) place le valet. Alors on place l’arbre, on le fixe avec un Pefit coin de bois, on s’assure avec un équerre qu’il est dans ^fte position bien verticale. Lorsqu'on a trouvé celle posi— l0^î > avec d’autres coins on assujettit l’arbre de telle sorte *1 ne puisse s’en écarter, et on achève de l’y maintenir uûe manière invariable avec du plâtre, ou mieux encore en J Versant du plomb, qu’on a soin de ne faire chauffer qu’au-qu’il le faut pour qu’il soit liquide. Le plomb est préféré au plâtre, qui est sujet à se détacher et à tomber, ce qui à recommencer cette opération minutieuse et difficile.
- I On fait ensuite une entaille en forme de Y à chacun des °»gs côtés de l’auge, au-dessus de laquelle doit tourner la J^ule : c’est dans ces entailles que reposent les collets ou por-'ons cylindriques de l’arbre. Si on veut arriver à plus de per-®ciion, on fait dans les bords de l’auge deux entailles longitu-,nales qui vont en se rétrécissant vers le haut, et dans esquelles on fixe deux traverses d’un bois très-dur, tel que e cormier ou le gaïae. C’est dans ces traverses, désignées par
- 8 nom spécial de coussinets, qu’on creuse les entailles en Y. . Les coussinets ont précisément la largeur du collet ou de
- 9 portion cylindrique de l’arbre, ce qui rend impossible tout Mouvement de va et vient. On s’en assure encore mieux en treusam, dans l’entaille qui est à la gauche de l’ouvrier, une autre entaille bien plus étroite, transversale à la première, el dans laquelle tourne la saillie en forme de disque ou d’a-r8l-c que porte l’extrémité gauche de l’arbre, et dont j’ai déjà Parlé. C’est dans ces entailles que tourne l’arbre de la meule, aPrès qu’on a eu la précaution d’huiler le bois et le fer. Cela
- suffirait pas long-temps pour rendre la rotation facile; ®’Çntôt elle serait ralentie, et même les collets de l’arbre seraient usés et rendus inégaux par le sablcn détaché par l’af-’ètage, si on ne prenait la précaution de recouvrir les coussins, soit avec une petite traverse de bois entaillée par-dessous, manière à ne pas gêner le mouvement de l’arbre, soit avec Uïle lanière de cuir.
- Avant d’aller plus loin, on doit construire la pédale des— llnée à faire tourner la meule. Sa structure est simple, et chacun la connaît. On perce un trou au pied de la meule, le Plus rapproché du corps, du côté droit; oa fixe un boulon
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- dans ce trou. Sur cette tige, située horizontalement 4 °n pouce et demi environ au-dessus du terrain, on fait rep°se^ une extrémité d’une planche à peu près égale en longueur la longueur de l’auge. Deux anneaux, placés sous ce b°® de la planche ou pédale, l’unissent au boulon en forme 4® charnière, l’autre bout est attaché par une longue corde a® bouton de la manivelle, de telle sorte que lorsque le bon*0® est aussi haut que possible, la pédale présente un plan r**' clinè beaucoup plus élevé du côté delà corde que du côté®® boulon. Les choses étant dans cette situation, si avec le p'efl on presse vivement la pédale, le boulon de la manivelle des' cendra, mais par cela même, la meule aura reçu un mouvp' ment d’impulsion qui, à raison de l’excédant de force qui a él® communiqué, ne lardera pas à faire remonter le bouton-on le rabaisse avec le pied, précisément au moment où il vie® de dépasser le point le plus élevé pour redescendre, et si °® continue ainsi ce mouvement de pression alternatif, dont10 à la pédale, on fera prendre facilement à la meule un m°u' vement de rotation suffisamment accéléré.
- Dès qu’on est parvenu à faire tourner la meule, il faut e® profiler pour s’assurer si elle est parfaitement circulaire. P0®1 cela , on prend une vieille lime qu’on a cassée à l’extrémil®' on l’appuie sur le bord de l’auge, de telle sorte que son angj6 le plus vif porte sur la face latérale de la meule, le plus p®eS possible de la circonférence. On fait alors tourner la meul®i en la faisant aller d’arrière en avant. L’angle de la lime qu’c11 appuie avec force et sans changer de place, trace sur le g®eS un cercle qui indique de combien la meule s’écarte d’ufle forme exactement circulaire. Alors, avec un marteau et ciseau , on enlève les parties excédantes , et lorsqu’on a f<"* le plus gros de la besogne, la meule étant posée à plat su® l’établi, on la place de nouveau sur les coussinets, on 1® fait tourner d’arrière en avant le plus vite possible, et, e® lui présentant alors le tranchant d’un vieux fer de varlope* on achève de la mettre parfaitement au rond. Cette opératio® doit se faire à sec.
- Venons maintenant à la manière de se servir delà meul® pour aiguiser les outils, c’est-à-dire pour user leur extréroh0 en biseau. Pour agir convenablement, il faut se rappelé®1 comme le point le plus essentiel, que tous sont composés d® fer et d’acier. Il ne faut donc jamais oublier que les ciseau** les bédanes, les fers de rabot, de varlope, n’ont d’acier quC
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- Sur le dessus qu’on appelle la planche ; que le fermoir, an contraire, a son acier au milieu, soudé entre deux lames de eri que la gouge a son acier en dehors (1). Ajoutons encore, c°mme un principe général, que le biseau des instrumens destinés à couper le bois, forme ordinairement un angle de hente degrés, ou égal au tiers de l’angle formé par une ligne Perpendiculaire à une autre ligne.
- Quand on veut aiguiser un outil à un seul biseau , on le Présente à la meule le fer en dessous, l'acier en dessus. L’outil est tenu dans la main gauche , pose par son extrémité sur la surface circulaire de la meule, dans la position telle que * angle de fer, en s’usant par ce contact, se change en une Petite surface plane qui doit s’unir avec la surface de la Penche, en formant l’angle qu’on veut obtenir. La main Souche ne change jamais de place ; mais comme il est bon de Cendre l’angle du biseau moins aigu quand on veut travailler sur du bois très-dur, on règle la manière dont l’outil touche ® meule, en baissant ou haussant le manche qu’on tient dans !a main gauche. On fait alors tourner la meule pendant luelque temps, de telle sorte qu’au lieu de revenir sur l’outil, elle semble fuir devant lui et s’éloigner de l’ouvrier. Au bout d’un temps plus ou moins long, on examine le fer, et si la surface produite par l’affûtage s’unit à celle de la planche par 1111 angle bien vif et sans aucune petite surface intermédiaire, °u s’il y a à la planche un rebroussement quelconque produit Par son extrémité qui a été rejetée en dessus, l’affûtage est Géminé, et la meule a rendu tout le service qu’on en pouvait ^tendre.
- Le fermoir a deux biseaux très-allongés. Il faudra donc répéter l’opération des deux côtés. La gouge, par sa forme de-Ccti-circulaire , exige une autre manière de procéder. Au lieu de tenir la main immobile, il faut la tourner sans cesse, afin jlU’elle s’use sur toute sa demi-circonférence, et pour cela fa présenter à l’angle de la meule, qui seule peut atteindre l'intérieur de la cannelure. Il vaut mieux se servir, Pour aiguiser cet outil, des lapidaires dont je parlerai plus fard. Si l’outil a un biseau sur le côté, alors on le présente transversalement à la meule , et on l’aiguise comme un ciseau ordinaire, ou bien on l’applique contre le côté de la meule.
- (1) Je ne parle ici que de la gouge du menuisier, car c’est le contraire pour celle du tourneur.
- Menuisier. 4.
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- C’est même ce dernier moyen qu’il faut toujours employé lorsqu’on achève d’affûter le bédane. Sans cela, comme à ra>' son de l’épaisseur du fer son biseau est très-allongé, la for®1® circulaire de la meule le rendrait sensiblement concave, et1 ferait moins bien le service.
- 2° De la pierre à l'huile.
- La meule ne suffit pas pour affûter un outil; elle lui la>sS® toujours un morfil, c’est-à-dire que l’acier rendu de plus plus mince, finit par se rebrousser et nuire à l'action du ira*1' chant. Si on essayait de l’enlever en appuyant la planche contre la meule en mouvement, on userait l’acier, et l’instrU' ment serait détérioré. Il vaut mieux prendre un morceau d® bois tendre et de fil, présenter le tranchant du fer à l’angle du bois et le faire glisser comme si on voulait couper. Mais» après qu’on s’est débarrassé, par ce moyen, du morfil cfi" reste entre les fibres ligneuses, le tranchant de l’outil ®sl rude, inégal et de mauvais service. 1! faut donc trouver u® moyen pour terminer l’affûtage et enlever ces aspérités sa®8 produire un nouveau morfil. C’est pour cela qu’on emploie I® pierre à l’huile. Plus chère que la pierre à aiguiser ordinaire» elle rend aussi de bien plus grands services.
- Cette pierre, appelée aussi grès de Turquie, pierre d** Levant, se trouve aux environs de Constantinople; de viennent lesmeilleures. On en trouve en Lorraine, et d’autre8' moins bonnes encore, sont envoyées de Fontainebleau. Celle* du Levant sont d’un gris-blanc sale , et leurs angles sont de" mi-lransparens; la pierre de Lorraine est d’un brun roug®' Celle qui convient au menuisier ne doit pas être trop dure; ce dont on s’assure en coupant ses angles avec un coule®11 bien tranchant. Cette épreuve est d’autant plus important® que ces pierres durcissent par l’usage. Il faut aussi s'assurer» autant que possible, que la pierre est partout d’une dureté 8 peu près semblable. Quelquefois elle renferme des nœud* fort durs, qui, s’usant moins vite , finissent par former de* aspérités très-incommodes. On doit, par ce motif, reieler ah' solument toutes les pierres tachetées de roux. I! faut encor® s’assurer qu’elle mord bien. Pour cela, on la frotte avec d® l’huile et l’extrémité d’une lime, comme si on voulait y for< mer un biseau. Si la pierre est de bon service, la lime y laisse à chaque frottement, une trace d’un gris bleuâtre; enfin , si» après quelques allées et venues, on a formé une petite fà" celte bien plane, et terminée par des angles bien vifs, on»
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- °l>lenn le meilleur indice. Si on trouvait à acheter une vieille P'erre sillonnée en plusieurs endroits, ou brisée, et d’une °rrne irrégulière à une de ses extrémités, il ne faudrait pas *Iue cela arrêtât. On rendrait régulière la forme de la pierre 'a sciant à sec avec une scie de rebut, qu’on retaillerait es qu’elle cesserait de produire une poudre abondante et anche. Quant aux sillons ou autres inégalités de la surface 3Ul proviendraient de l’usage et non pas de différences dans a dureté, on y remédierait en frottant la pierre sur une plaque en fonte, saupoudrée de grès pilé, jusqu’à ce qu'enfui ,*e fût devenue bien plane. On monte ordinairement ces P’crres sur un morceau de bois, dans lequel on les fixe au ®*°yen d’une entaille de forme convenable qu’on a préalable-®e«t creusée. Ce morceau de bois est beaucoup plus long d un côté, que la pierre, afin qu’on puisse le prendre sous le *alet.
- ,, Quand on veut se servir de cette pierre pour compléter affûtage d’un instrument et faire disparaître les inégalités Pr°duites par la rupture du morfil ou le grain trop grossier ® la meule, on commence par y verser un peu de très-bonne Hile. Puis, prenant le manche de l’outil de la main droite et ® fer de la main gauhe, on applique bien exactement, contre a surface de la pierre, le biseau que la meule a formé, et, da«s cette situation, on fait décrire à l’outil une infinité de cGrcles et de spirales. Comme la convexité de la meule donne °ujours au biseau un peu de cavité, il ne touche la pierre fine par son sommet et par sa base. Lors donc que ces deux Parties ont été bien polies par la pierre, et que les stries cau-®ees par le grain de la meule ne sont plus visibles que dans espace intermédiaire, on termine l’affûtage en promenant a^ec lenteur l’outil de droite à gauche et de gauche à droite: alors on essaie d’enlever avec le tranchant l’épiderme du dedans de la main; s’il l’enlève, le travail est terminé. Quel— fiUefois en pinçant l’outil entre l’index et le pouce, et en lefai-sant glisser entre ces deux doigts, on s’aperçoit qu’il reste un Peu de morfil du côté de la planche. Pour l’enlever, il faut repasser un peu l’instrument sur la pierre en le tournant de Cecôtè; mais ayez soin qu’il pose bien à plat, sans quoi tout serait gâté. Lorsque, pendant ces opérations, il se détache de Petites parcelles d’acier, il faut de suite les ôter de dessus la Pierre ; et si celle-ci s’était, à la longue , recouverte de cam— "°uis, il faudrait avoir soin de la nettoyer en la raclant avec
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- le côté d’un fer de rabot ou d’un ciseau, et ensuite en la frottant avec du liège et du grès pilé.
- 3° Composition d’une pierre artificielle propre à aiguisé les faulx et autres instrumens tranchons.
- La description du procédé suivant est due à M. J- Hélix*
- « On coupe en parties minces, avec une plane, de la terre la plus propre à produire un mordant, que Ton met dans trou pavé au fond et au pourtour, on laisse cette terre dans trou pendant quarante-huit heures : le temps expiré on la rs' tire, et après un jour de repos, on la pétrit d’abord avec le$ pieds, puis, avec les mains , on en fait une pâte que l’on fa' çonne en pierre à aiguiser. Ces pierres molles s’exposent J l’ombre sur des planches pendant six jours; après quoi elle8 sont portées dans un four à réverbère de trente-six pieds de long sur huit de large et six de haut, où elles sont cuites de la manière suivante.
- On allume à l’embouchure du four un feu que l’on entrer tient pendant quatre jours sans interruption : ce feu est très* petit pendant les deux premiers jours, et très-grand pendant les deux derniers. Lesquatre jours écoulés, on éteint le feu, e* deux jours après, on retire les pierres qui sont bonnes i employer, et avec lesquelles on peut travailler le fer aussi bien qu’on le fait avec la lime la mieux acérée.
- 4° Limes en terre cuite-
- Ce procédé, emprunté aux annales des arts et manufac' tures, se rapproche beaucoup du précédent, que son auteur 3 cru tout-à-fait nouveau.
- On doit choisir cette terre appelée grès, avec laquelle o® fait certaines cruches et bouteilles extrêmement dures. Après l’avoir pétrie, on la dispose en pains, affectant la forme de8 limes-carreaux dont les serruriers se servent pour dégrossi1 l’ouVrage. On enveloppe ces pains avec une toile neuve don* le grain est proportionné à la taille des limes qu’on veut obx tenir. On presse cette toile sur la terre molle, de manière à c« que les fils s’y impriment. C’est dans cet état que l’on me! les pains au four où ils sont cuits. Les limes, assure-t-ofli font très-bon usage. Je n’en ai pas une expérience person' nelle.
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- 5° Les pierriers.
- aio^*-* m°yer!S 9ue Je viens de décrire sont insuffisans pour s'user les gouges et surtout le tranchant diversement con-ourné des fers des outils à moulures. Il a donc fallu donner a >?renles formes appropriées à des pierres du Levant. Il y eu O arrondies, d’anguleuses, ou dont la surface supérieure 1 esente différentes courbures, et sur lesquelles on peut af— er les fers des outils à moulure, tels que bouvets, mou— eUes, tarabiscots, etc., en les promenant longitudinalement ,'lr la pierre. Toutes ces pierres sont fixées par des coins ails des entailles pratiquées sur une pièce de bois. C’est à Cet ulfle instrument qu’on donne le nom de pierriers.
- 6° Les Lapidaires.
- Les lapidaires n’ont pas d’autre utilité que les pierriers, ils sont moins coûteux et plus commodes; le menuisier 9U| tourne un peu, les fait aisément lui-même , et je suis ®tonné que l’usage n’en soit pas plus répandu. Un arbre sem-jable à celui de la meule, et qui peut être mis à la même Place après qu’on a ôté l’eau contenue dans l’auge, porte un ®ertain nombre de roues en bois de noyer, séparées par des a,I1pons de bois percés au centre. On a donné à la surface Oculaire de ces roues la forme de différentes moulures; on e.s imbibe d’huile, on les saupoudre d’émeri bien fin ou de P'erre du Levant pilée, et on s’en sert très-commodément P°Ur aiguiser le tranchant contourné des outils à moulures, aPrès avoir affûté, s’il le faut, le côté plat sur la pierre à huile. On fait tourner les lapidaires avec la pédale de la ttleule, et, comme les roues qui les composent sont maintenues sur l’arbre par un écrou, on peut les renouveler et les c“anger à volonté.
- 7° Manière d’aiguiser les scies.
- L'affûtage des scies consiste à hérisser un de leurs côtés de Petits triangles plus ou moins inclinés par leur pointe du côté °h |’on pousse la scie. On se sert à cet effet de limes douces, e* l’on espace plus ou moins les dents, suivant la nature de la ?c'e ; on en varie aussi la longueur. Celles de la scie à débiter es bois verts sont séparées enîr’elles par un espace égal à la
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- longueur de leur base. Les autres se touchent par le bas, ï°a!s diminuent de longueur et augmentent de finesse depuis la sC'e à refendre jusqu’à la plus fine scie à chantourner.
- On se sert, pour les affûter, de limes triangulaires de du'e' rentes grosseurs, appelées tiers-point. Elles sont montée* dans un manche ordinaire en bois, et d’une longueur de cioî pouces.
- Quand on veut affûter une scie, on place sa lame dafl* une entaille, laquelle s’arrête sur l’établi, par le moy®11 d’un valet; et, à mesure qu’on a limé une longueur y la scie, on la fait avancer dans l’entaille dont on desserre >e coin pour cet effet, et on le resserre ensuite, en observa11 que la scie déborde le nu de l’entaille d’environ deux lig°eS de plus que la profondeur des dents.
- On ne fait pas mouvoir la lime dans une direction parf®1' tement perpendiculaire à la longueur de la scie, ou la lijl au contraire aller obliquement et de manière qu’elle lais*8 un biseau à chaque côté du triangle. Il est essentiel, pour1! scie à débiter, que les biseaux ne soient pas tous iücline’I dans le même sens, et cela est convenable pour toutes Ie* autres espèces. Pour y parvenir, on lime les dents de deux eI1 deux, en tenant le manche de la lime plus près du corps que delà pointe, et cette première opération faite, ou retour11® la scie pour limer les autres dents de la même manière.
- Lorsqu’on lime une scie, il faut avoir soin que toutes l®sj dents soient d’une hauteur bien égale, qu’elles se dresse®1 parfaitement dans toute la longueur de la lame, et qu’cll®si soient limées perpendiculairement à sa surface. On doit Hin®* chaque dent en commençant par celle du haut, qui doit êtf8 à gauche de l’ouvrier, et il ne faut ôter du fer de la lame q®6 la quantité nécessaire pour rendre la pointe des dents bie" unies. Quand elles sont toutes affûtées, on passe légèrement Ta lime sur le plat de la scie, pour ôter les bavures qu’on3 faites en la limant. On passe aussi sur les dents de la scieufl8 longue et large lime plate , afin de les mettre delà même lo»' gueur, sauf à approfondir ensuite celles qui ont été raccouf'1 cies par cette opération , et à aiguiser de nouveau leur point®1 îl ne reste plus qu’à donner la voie à la scie : on entend p®( là, incliner un peu les dents alternativement à droite et3 gauche. On incline à droite celles qui ont le tranchant deletd biseau du côté droit; à gauche, celles qui l’ont du côté ga®' che : cela se fait alternativement et en raison de la grande»*
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- des dents, en observant toutefois de ne pas les déverser assez P®nr que l’épaisseur intérieure d’une dent laisse du vide entre jj. et l'intérieur de celle qui la précède, parce qu’une scie evoyée de cette manière, ne pourrait plus aller et s’engage-rait immanquablement dans le bois.
- , V *mporte beaucoup que la voie d’une scie soit égale, c’est-re que les dents soient également déversées des deux cô-®s> parce qu’autrement la scie n’irait plus droit, et qu’elle evoyerait du côté où les dents seraient plus déversées. .
- *1 ne faut presque pas donner de voie aux scies qui sont exlrèmement fines, parce que quand la lame est bien faite, elle esl plus épaisse sur le devant ou côté de la denture, ce qui suffit pour en faciliter le passage. Cette observation est générale Pour toutes les lames de scies, qu’on doit toujours choisir Plus minces du derrière que du devant, et bien égales dans 0|Jles leurs longueurs.
- Les diverses espèces de scies ont plus ou moins de voie. On Cîl donne beaucoup à la scie à débiter les bois verts, presque Pas aux scies employées pour les ouvrages délicats ou pour ravailler les bois très-secs et très-durs. Si on avait donné la ^0le à une scie inégalement ou plus fortement qu’il ne faut, la corrige en mettant la lame entre deux planches dres-See®, et en frappant dessus à petits coups.
- , 0° donne de la voie aux scies avec un outil nommé tourne-a'9auche , que nous ne dessinons pas. Ce n’est autre chose un morceau de fer plat, quelquefois monté dans un manche bois, et qui présenie des entailles de différentes épaisseurs, Pour servir à des scies plus ou moins épaisses. D’autres ouvriers emploient, pour cette opération, une vieille lame de rabot, au bout de laquelle on a pratiqué quelques entailles ‘•ans lesquelles on prend les dents.
- 8° Affûtage des scies.
- Les tiers-points de Schmidt passent pour les meilleurs qu on Puisse choisir pour l’affûtage des scies. Cet habile fabricant a calculé que, pour cet usage, le tiers-point à taille croisée était ùmins propre que celui taillé seulement sur un seul sens, il fait ses limes en écouene très-fine : cette manière, qui lui est Particulière, offre cet avantage, qu’en limant des deux côtés les lames de scies fort minces, c’est-à-dire en limant d abord un s6ulcôté, de deux dents l’une, puis après avoir retourné la lame,
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- en répétant l’opération sur l’autre côté, on déverse une bavnr® de chaque côté, qui tient en quelque sorte lieu de la voie qu6 l’on donne aux scies ordinaires.
- Les limes de Schmidt présentent en outre cette parlicula" ritè, qu’elles ne sont point aiguës sur les angles ; c’est Ie moyen de leur faire rendre un plus long service. Dans leS , tiers-points ordinaires, la taille des angles est toujours aigu^» et c’est par ces angles que les limes commencent à blanchir-Les vives-arêtes du tiers-point pénétrant dans la matière et s y engageant profondément, s’égrènent facilement : les dents de ! leur sommet se brisent, ou se détrempent par suite de la cba' l leur produite par le frottement, qui agit fortement sur de* parties aussi ténues. Dans le limage des scies, il n’est nul l>e' soin d’ailleurs que l’angle rentrant soit bien aigu, c’est att contraire une imperfection ; la poussière s’y amasse et tient davantage. Lorsque le tiers-point ne coupe pas sur ses angle5» le fond de la dent s’arrondit, et les bons limeurs, dans leS scieries de placage, prétendent que cette disposition doit être préférée. (Journal des ateliers.)
- 9° Etau mobile propre à limer les scies.
- Tous les menuisiers connaissent l’entaille qu’on fait à l’eX' trémité d’une planche afin de maintenir la lame de scie qu’on est en train de limer, et dans laquelle entaille la lame est re-tenue par un coin: celte méthode, très-suffisante pour limer droit les dénis d’une scie, devient insuffisante s’il s’agit de limer les dents de côté et de deux dents l’une, ainsi qu’on I® pratiqua pour couper les bois verts et le bois de chauffage’ Nous croyons donc à propos de leur faire connaître l’existence de»; étaux mobiles sur lesquels on lime les scies avec uneéton' nantefacilité. Le menuisier a d’ailleurs très-souvent besoin d’un petit élan à griffe, et souvent il le monte après une forte planche qu’il prend sous le valet lorsqu’il y a de petits limage5 à faire. L'étau mobile se place également sur une planche qu’on peut prendre de même sous le valet, et il offre de pi»5 une grande commodité pour les chanfreins et autres ouvrage5 qui ne se feraient que difficilement sans son secours. Au moyen d’un appareil peu coûteux (2 à 3 francs, selon la force de l’étau ), toute personne «ayant un étau à griffes ordinaire, vieu* ou neuf, pourra rendre cet étau mobile et tournant en tou5
- Indépendamment delà facilité qu’on a de le mettre,corqm®
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- ®®Jis venonsdelediré, après une planche qu’on fixe sur l’établi aide du valet, cet appareil se pose aisément, immédiate-ent si on le préfère, après l’établi, en dessus ou en dessous e la table, selon la hauteur qu’on veut donner à l’étau. 11 se P°se égalcraent sur le champ de cette table, et à l’un de ses Ja'ns. U peul gtre aussi piacé après l’appui et même le dor-a»t d’une croisée, après une traverse quelconque fixée dans ® mur; et enfin, être mis dans une infinité d’endroits où les e aux ordinaires ne peuvent trouver place. Il peut être posé ayec des vis, par simple approche, ou bien avec entaille et e'>castrement. On peut le mettre sur une marche d’escalier, Sür Une ralnpe en bois, sur un plan incliné, etc., etc.
- ». L’étau monté sur cet appareil devient mobile à volonté, tourne sur lui-même horizontalement, il tourne verticale-il tourne incliné à tous les degrés, et au moyen d’un ooup de main sur le levier ou manette, on lui fait prendre, ar>s telle position qu’il se trouve, une immobilité aussi con-atante que s’il était fixé à demeure dans cette position. Tout *îau ^ griffes, vieux ou neuf, quelle que soit sa forme, peut e ro monté sur cet appareil, et être sur-le-champ converti en étau tournant plus solide que ceux qui coûtent 250 fr., ayant des mouvemens plus prompts et plus variés; sans efre> comme ces derniers, sujets à de fréquentes et difficiles j^parations. La Société d’encouragement a donné son appro-ation à ce mécanisme, et nous n’aurions pas manqué de tanscrire l’article en entier, si cet objet était plus direct à art du menuisier : ceux de nos lecteurs qui voudront en Prendre une plus ample connaissance, pourront consulter le Procès-verbal de la séance du 10 mars 1850, et la figure gra-Vee qui est jointe au bulletin. On trouve d’ailleurs le Pro-sPectus de ces appareils chez l’auteur.
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- SECONDE PARTIE.
- DES TRAVAUX DU MENUISIER'
- Cette seconde partie est subdivisée en trois sections. DanS la première, après avoir exposé quelques notions de géoffl*' trie-pratique, indispensables pour le bon menuisier, Ie* principes d’architecture qui lui sont utiles, elles élémens^e l’art du trait, nous ferons connaître en détail les opèrati fondamentales de son art, celles qui reviennent à chaque instant, et qu’il est obligé d’exécuter dans presque tous seS travaux. La seconde section sera consacrée à décrire les dû' férens ouvrages du menuisier en bâlimens. La troisième ^ réservée pour la menuiserie en meubles.
- PREMIERE SECTION.
- CONNAISSANCES PRÉLIMINAIRES ET OPÉRATIONS FONDAMENTALES.
- CHAPITRE PREMIER.
- OPÉRATIONS DE GÉOMÉTRIE-PRATIQUE, OU MANIÈRE DE TRACE* D’OUVRAGE ET DE MESURER DES SURFACES.
- Avant de se mettre à l’établi et de s’armer de la scie ou & la varlope, le menuisier doit faire quelques opérations io' dispensables, et sans lesquelles il lui serait impossible d’af' river à aucun bon résultat. S’il s’agit de menuiserie et> bâtirnens, par exemple, de faire un lambris, de construit® une porte, il doit commencer par s’assurer des dimension® de l’ouvrage qu’il a à faire, et mesurer l’emplacement.
- S’il veut orner la porte ou le lambris de moulures, s1 se propose de construire un meuble dont les dimensions soient pas bien réglées, on dont les proportions soient u"®
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- ^ffaire de goût, il a besoin, pour vérifier ses idées et leur de tracer un dessin ou plan de son ou—
- . Au moment de réaliser ses conceptions, il n’a encore sous ® niain que des pièces de bois brutes qu’il doit entailler de lverses façons, rendre semblables ou proportionnelles les aes aux autres. Par conséquent, il faut tirer des lignes, me— Surer des angles, en un mot tracer l’ouvrage.
- Enfin , avant de rien entreprendre , s'il veut, avant de de-a°der un prix quelconque, savoir évaluer avec exactitude s?a °uvrage, il faut qu’il puisse connaître et calculer avec pré-Cls'on les dimensions de la muraille à revêtir, du meuble à eX<nUler’ ou de mesurer les surfaces.
- "e ces quatre opérations, trois sont essentiellement arith-^eliques : la première se confondrait même entièrement atec la seconde , si quelques détails enseignés par la pratique, e|d une incontestable utilité, ne commandaient d’en faire une c asse à part. Je dirai sur chacune d’elles tout ce qu’il est nécessaire de savoir; mais la nécessité d’abréger, de tout dire ans le moindre espace possible, ne me permettra pas de faire ^'•naître la raison des méthodes que j’indique, le pourquoi es produisent tels ou tels résultats.
- Quant à la seconde opération, à la manière de dessiner à a^ance l’ouvrage, ce n’est pas' dans un ouvrage de ce genre ü est possible de l’enseigner. Evidemment on ne peut ap-Prendre le dessin qu’en voyant dessiner et en dessinant soi-^ «me. Tout ce que je pourrais dire sur ce point, se réduirait " Quelques principes de perspective, nécessairement incom-1 ois et présentés trop en abrégé. Je crois donc n’avoir rien e tttieux à faire que de renvoyer au Maniiel du Dessinateur, 6 fEncyclopédie-Roret.
- § I. — Manière de mesurer l’ouvrage.
- J ai déjà fait connaître les inslrumens dont on se sert pour Rendre les petites dimensions, et j’ai conseillé d’employer e préférence le demi-mètre ou le double décimètre. Pour les jf,randes dimensions, il est plus expéditif de se servir d’une ^eg!e d’un ou de deux mètres de long, sur laquelle on a tracé es lignes de division de centimètre en centimètre. Si, par ce loyen, on veut avoir la longueur d’une muraille, on cherche y^bien de fois sa longueur renferme la longueur du mètre. eut-on avoir sa hauteur? on répète la même opération.
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- Pour suppléer au défaut d’une règle divisée qu’ils n’0®1 pas toujours sous la main, il arrive quelquefois aux menui* siers de prendre une longue règle ordinaire , et de mesurer combien de fois sa longueur est contenue dans la longueur <je la muraille. Un chiffre tracé au crayon sur la surface de I® règle, indique ce premier résultat. Mais cette mesure i>esl pas toujours précise; la longueur de la muraille n’est paS toujours exactement divisible par la longueur de la règle; et l’on finit le plus souvent par trouver un reste de muraille pl,lS court que la règle. Dans ce cas , on indique celle dimension a l’aide d'une raie transversale, faite sur la règle, dont la p°r" tion comprise entre son extrémité et cette ligne est égale en longueur à la portion excédante de la muraille ; et, pour pas confondre entre les deux bouts de la règle, pour ne pas prendre une extrémité pour l’autre, on fait un signe quel' conque, une croix, par exemple, du côté droit de la ligne» si c’est la portion de droite qui forme la mesure; du côW gauche, si c’est au contraire la partie à gauche de la ligne.
- La même règle peut servir à prendre diverses dimensions' Il suffit pour cela de mettre, à côté des chiffres et des lignes tracées sur la règle, des signes dont l’ouvrier est à l’avanc® convenu avec lui-même, et qui lui indiquent que telle mesuré est celle de la longueur, telle autre celle de la largeur, etC' Mais comme cette espèce d’alphabet de signes change avec Ie* ouvriers, que souvent celui du maître diffère de celui des ap' prentis, que des confusions peuvent avoir lieu, il vaut inh" niment mieux mesurer avec le mètre double ou simple, et no* ter les résultats qu’on obtient, sur un morceau de papier, qu< tout le monde peut comprendre. L’autre méthode n’est bonn« que pour les ouvriers qui ne savent pas lire, et doit Jeul être abandonnée.
- Avant de mesurer une place quelconque, il faut observe! si elle a des saillies ou des enfoncemens, si elle est ou n’e*1 pas d’aplomb. D’abord, parce que ces irrégularités, si elle1 étaient considérables, pourraient rendre les mesures fautives ensuite, afin de masquer ces défauts en faisant l’ouvrage. la même raison, avant de prendre la hauteur d’une mil' raille, il est bon de se munir d’un plomb attaché à unelongu* ficelle, d’appliquer cette ficelle au plafond, de telle sortei que le plomb librement suspendu, louche le bas di/mur Alors on est assuré de bien connaître s’il est à'aplomb, et 00 peut sans crainte prendre la mesure le long de la ficelle.
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- A l’égard des irrégularités qui ne proviennent pas seulement du défaut d’aplomb, il y a un moyen bien facile d’en ®v°ir le plan et de le tracer sur une planche. Appliquez c°nlre la muraille irrégulière la rive d’une planche, de façon 9ue sa surface fasse un angle droit avec la surface du mur, Lia riye de la planche ne s’appliquera certainement pas avec Exactitude sur la surface du mur, et, dans les endroits où ce-u,'ci est creux, il y aura des interstices. Prenez ensuite un c°mpas à mouvement un peu raide et dont la charnière ne ?°'t pas trop douce ; ouvrez-le précisément de telle sorte que, «rsqu’une Ses branches touche par la pointe le mur à endroit où il se renfonce le plus, l’autre branche vienne abomir à la rive de la planche; alors, portant le compas °lljours ainsi ouvert au sommet de la planche, tenez-le de s°rte que ses deux pointes soient toujours dans un plan bien horizontal, et que l’une ne soit ni plus basse ni plus haute RUe l’autre; puis, faitesrle descendre de telle façon, que Une des pointes glisse toujours sur le mur, et que l’autre race une ligne sur la planche. Les inégalités de la muraille er°nt tour-à-tour avancer ou reculer la pointe du compas (111' la louche. Celle -ci, à son tour, fera pareillement avancer 0b reculer la pointe qui trace une ligne sur la planche, et Cet|e ligne représentera exactement les saillies ou les enfon— Cemens du mur. Si on sciait la planche en suivant cette ligne, h® de ses côtés s’appliquerait exactement sur la muraille, et * n’y aurait presque pas de bois perdu si, comme je l’ai con-?e|hé, on n’ouvrait le compas que de l’étendue du plus grand ’nterstice entre la muraille et la rive de la planche. Si on no 'eut qu’un simple plan, on peut se dispenser de celte pré— oaution. On peut aussi, dans ce cas, employer, au lieu d’un o°fnpas, une tige de trusquin que l’on maintient avec plus de jaciliié dans une position horizontale, et dont la pointe trace ® ligne. Il me reste deux observations à faire. Quand on veut prendre la mesure d’une porte, si l’on a à faire à la fois les Wontam et la porte proprement dite, il suffit de mesurer la '®rgeur et la hauteur de l’ouverture pratiquée dans la mu-rndle et qu’elle doit fermer; on règle ensuite à volonté les dimensions de chacune des deux parties ; mais, quand il n’y a 1Ue la porte à faire, on doit observer que l’ouverture de la biuraille n’a pas partout la même largeur et la même hau— teur. D’uu côté, il y a une petite saillie en maçonnerie ou en pierre, sur laquelle la porte doit s’appliquer, qui retient l’ou-
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- verture, et forme ce qu’on appelle la feuillure ou un angl® rentrant et droit avec le parement qu’on nomme le table3"1 En haut, il y a une feuillure semblable. Il faut donc, à pe'"e de faire la porte trop étroite et trop basse , prendre la mesufe entre les tableaux, et du fond de chaque feuillure.
- Il 'en est de même à l’égard des croisées, pour lesquelles ^ mesure doit pareillement être prise entre les tableaux, ta"1 en largeur qu’en hauteur, en observant que les feuillures sof1 souvent inégales.
- §11- — Manière de tracer l'ouvrage.
- Jusqu’à présent j’ai employé diverses expressions, telle*, que lignes perpendiculaires, verticales, parallèles, emprufl' tées au langage du géomètre, et auxquelles la nature d" Sujet me contraignait impérieusement à recourir. Alors ]6 m’en servais rarement; mais maintenant, forcé d’en fa<re un plus fréquent usage, je risquerais d’èlre tout-â-fait obS' cur si je différais plus long-temps à faire connaître leur r3' leur (t).
- Les lignes prennent différens noms, suivant leur direction) leur situation relativement au centre de la terre, leur situ3' lion entr’elles.
- Relativement à la direction, on appelle ligne droite ceU6 qui va par le plus court chemin d’un pointé un autre; Uÿnl courbe, celle qui s’éloigne insensiblement de la ligne droite ; et finit graduellement par la rejoindre; ligne brisée, celle qul est formée d’un nombre indéterminé de lignes droites pluS petites, et se joignant par leurs extrémités sans être dans 1J même direction.
- Quant à leur situation , relativement au centre de la terrej; on appelle ligne verticale celle qui se dirige vers le centr6 par îe plus court chemin. Le fil à plomb est toujours dau* une situation verticale, Ou s’allache à donner une as'l siette pareille aux murs des édifices, à les élever verticale ment.
- La ligne horizontale, au contraire, est celle dont tons Ie* points sont également éloignés du centre de la terre, ceU6 dont les deux bouts sont dirigés vers l’horizon. Les bra* d’une croix peuvent donner idée de l’horizontalité.
- (1) Yoye%, pour toutes les opérations géométriques, la planche pre' mûre. ,
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- On appelle ligne oblique celle à qui ni l’une ni l’autre de es définitions ne peut convenir, et qui est inclinée par rap-P°rt à l’horizon.
- Lorsqu’on s’attache, au contraire, à la situation des lignes r elles , on désigne par le nom de ligne perpendiculaire à antre ligne, celle qui, partant d’un point quelconque, eut joindre l’autre au point directement opposé, sans pen-er d’aucun côté. On indique, au contraire, par la dé— Kiination de ligne parallèle à une autre ligne, celle dont u,s les points sont également éloignés d’une autre ligne, et " J ne s’en éloigne ni ne s’en rapproche jamais, de telle sorte ’l'i on pourrait les prolonger à l’infini sans qu’elles se ren-c°ntrassent. Dans ce sens encore, la ligne oblique est celle qui £roise une autre ligne en penchant plus d’un côté que de aulre. De tout cela il résulte qu’une ligne horizontale est allèie à l’horizon, et que la ligne verticale est perpendi— Claire à la ligne horizontale.
- Leux lignes qui se rencontrent forment entr'elles ce qu’on aPpelle un angle. On dit qu’un angle est plus ou moins Srand, suivant que les lignes qui le forment, après s’être punies en un point, s’écartent ensuite plus ou moins vite Une de l’autre. Mesurer un angle consiste à mesurer un Parlement.
- -Pour mesurer un angle, on ouvre un compas d’une quao-dé quelconque; on pose une de ses pointes à i’intersec— i°n des deux lignes au sommet de l’angle, l’autre pointe ppose sur un des côtés; alors on fait tourner le compas de aÇon que cette pointe aille toucher l’autre côté en traçant üne ligne courbe ou portion de cercle, Cette portion de c«rcle est la mesure de l’angle; et si, après avoir fait cette pénie opération sur un autre angle sans changer l’écartement des branches du compas, on trouve que l’arc du cercle coin-Pr's entre les côtés du premier est plus court que l’arc du prcle compris entre les côtés du second, le premier angle est e phis petit.
- . Pour avoir un cercle de comparaison, on suppose que la c,rconférence du cercle est divisée en trois cent soixante Parties, qu’on appelle degrés, et l’on en conclut qu’un angle e*t d’autant plus grand que l’arc du cercle compris entre ses ^Hés est formé d’un plus grand nombre de ces parties et degrés.
- A’usi, si autour du point d’intersection de deux lignes
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- perpendiculaires l’une à l’autre et se prolongeant après leflt jonction en formant quatre angles, on décrit un cercle, 0* verra que ce cercle est partagé en quatre parties égales paf les deux lignes. Chacun des angles a donc pour mesure Ie quart d’une circonférence de cercle; et, puisque la circoü' férence entière est divisée conventionnellement en 360 degrés chacun de ces angles aura pour mesure le quart de 560 d«' grés, ou 90. Il sera, pour me servir de l’expression usitée, ouvert de 90 degrés. Si du sommet de cet angle on tire ut>e ligne oblique, également éloignée des deux côtés, elle divi' sera cet angle en deux, et chacun de ces angles nouveau* aura pour mesure 45 degrés. Si on eût partagé en trot* l’angle de 90 degrés , il est évident que chacun de ces tiers eût été de 30 degrés.
- On est convenu d’appeler angle droit celui qui a pouf mesure le quart d’une circonférence, ou 90 degrés. ÂngÜ aigu, tout angle qui a moins de 90 degrés. Angle obtusf tout angle qui a plus de 90 degrés.
- A l’égard du cercle, chacun sait qu’on entend par ce no® une ligne réunie par les deux bouts, et dont tous les point* sont également éloignés d’un autre point nommé centre. O'1 appelle diamètre toute ligne droite qui, passant par le centré aboutit par chaque extrémité à la circonférence, en coupant le cercle en deux moitiés ; rayon, toute ligne droite allant dn centre à la circonférence; tangente, toute ligne droite tou** chant par un point quelconque une circonférence du cerclC'
- Enfin, l'on entend par triangle, l’espace renfermé entre trois lignes réunies en formant trois angles.
- Le carré est formé de quatre côtés égaux.
- Le.parallélogramme, de quatre côtés réunis en formant! quatre angles droits ; les côtés inégaux en longueur sont pouf' tant égaux chacun avec celui qui lui est parallèle.
- Le losange est un carré qui a deux angles aigus et deu* obtus.
- Le trapèze a quatre côtés, dont deux seulement sont p»' rallèles, et l’un d’eux est plus court que l’autre.
- Le pentagone est une figure régulière à cinq angles et a six côtés.
- U hexagone a six angles et six côtés ; l’heptagone a sep* angles et sept côtés; l’octogone a huit angles et huit côtés. O11 désigne toutes ces formes par le nom générique de polygones•
- Les notions préliminaires étant exposées, venons aux ap'
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- locations, et voyons la manière de tracer sur le bois les diffé-entes lignes qui doivent ensuite guider l’outil.
- 10 Manière de tracer une ligne droite. — On sait déjà que pour cette opération on se sert de la règle; mais quand on a pas de règle assez longue, comment faire? Prendre un ^rdeau , le frotter de craie ( chaux carbonatée appelée blane Espagne ou blanc de Paris), le tendre ensuite fortement pr les deux bouts sur la planche et à l’endroit où l’on veut racer la ligne droite; pendant ce temps une autre personne e Pince par le milieu de sa longueur, l’élève en le tirant bien Perpendiculairement, sans le diriger ou à droite ou à gauche.
- . °ut-à-coup on le lâche. Le cordeau, rendu élastique par a tension, revient s’appliquer sur la planche, la frappe for-einent, et la craie dont il était couvert y irace une ligne droite. , ~° Manière de tracer un cercle. — En décrivant les outils ® tracer, j’ai dit tout ce qui est utile sur ce point, et fait ^•maître l’emploi du cordeau pour cette opération, quand c°mpas à verge est insuffisant.
- . Manière de faire un angle égal à un autre angle. — a manière la plus simple d’opérer est sans contredit de 5 acer la pièce de bois anguleuse sur celle que l’on veut tailler 6 ùïême, et de suivre ses contours avec une branche de compas dont la pointe les trace sur la pièce de bois inférieure.
- a,s) quand cela n’est pas praticable, il faut bien recourir aux Procédés de la géométrie. Supposons qu’à l'extrémité d’une P anche on veuille tailler un angle destiné à remplir, dans ,ftl lambris, une ouverture anguleuse, nous prendrons un r°mpag aux branches duquel nous donnerons une ouverture ,rbîtraire; nous placerons une des pointes là où doit être sur ,a Planche le sommet de l’angle, et nous le ferons tourner lelle sorte que l’autre pointe décrive, sur cette même plan-i un arc de cercle d’une longueur indéterminée, mais plu-lr°P grande que trop petite. Sans changer l’écartement es branches du compas, allez placer une de ses pointes au Sotnmet de l’angle creusé dans le lambris, aussi près que Passible du bord; à cause de l’ouverture, on ne peut pa* racer là un arc de cercle; mais pour y suppléer , appuyez Qur-à—tour l’autre pointe du compas sur les deux bords de ®agle, par celte opération l’arc du cercle n’aura été décrit tffi^en l’air; mais les deux points qu’il est essentiel de con— lettre, ceux qui indiquent l’écartement des côtés, seront ^arqués. Prenez avec votre compas la distance qui existe
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- entre les deux marques faites à ces deux points par la pre5' sion de la pointe; portez cette distance sur l’arc du cefc!® que vous ayez tracé sur la planche, et tirez des lignes, ^ll point marqué ayec le sommet de l’angle aux deux point* donnés; par cette dernière opération, l’angle que vous chef' chez sera exactement tracé : si l’angle était droit, ou égala un de ceux de l’équerre d’onglet, on aurait plus tôt fait de se servir de l’un de ces deux iustrumens.
- 4° Manière de diviser un angle en plusieurs parties. De son sommet pris pour centre, tracez avec un compas uD arc de cercle qui unisse les deux côtés; puis, par les moyen* que j’indiquerai plus bas, divisez l’arc de cercle en autant parties que vous voulez avoir de divisions dans l'angle,el finissez en tirant des lignes du sommet de l’angle à chacu11 de ces points de division.
- 5° Manière de tracer les lignes perpendiculaires à «n* autre ligne. — Cette opération se décompose en plusieuf’ problèmes. Youlez-vous faire passer une perpendiculaire pa( le milieu d’une ligne, donnez k un compas une ouvertuf® plus grande que la moitié de cette ligne, posez une pointe3 une des extrémités de la ligne, et de ce centre décrivez 1111 cercle; répétez la même opération à l’autre bout de la iig,,e sans changer l’ouverture des branches, les deux cercles q*ie vous venez de tracer se couperont en deux points, l’un au' dessus, l’autre au-dessous de la ligne; unissez ces deü* points d’intersection des cercles par une autre ligne, ce set® la perpendiculaire que vous cherchez. Tous pouvez, si vo**’ voulez, vous dispenser de tracer les cercles entiers. On pe*1' se contenter de faire de chaque extrémité de la ligne deii* arcs de cercle, l’un au-dessus, l’autre au-dessous. Ce moy*®11 facile est extrêmement commode toutes les fois qu’on est da*1* line position à ne pas pouvoir employer l’équerre. Nous e" verrons plus bas une importante application.
- Si d’un point quelconque, que nous appelons A, p!acl‘ au-dessus d’une ligne, ou veut abaisser une perpendiculab3 sur cette ligne, l’opération sera un peu différente. On placer*1 sur  une pointe du compas, plus ouvert qu’il ne le faudra)*1 pour que l’autre pointe allât toucher la ligne par le plus co»*1, chemin, et dans cette position , on trace deux petits arcs ^ cercle sur cette ligne. De chacun des points que ces arcs ^ cercle indiquent, et avec une ouverture de compas plus gran^1 que la distance qui les sépare, on trace un arc de cercle a*1'
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- ^®sso«s de la ligne; les arcs se croisent entre eux, on n’a j us CIU ^ réunir ce point et le point A par une ligne qui est ® perpendiculaire cherchée. Dans le cas où on peut se servir ^.equerre, on obtiendrait le même résultat en appliquant là de l’équerre contre la ligne, et en la faisant glisser jus-j ^ ce que le point À soit rencontré par la lame, le long de al°rs on n’aurait plus qu’à tracer.
- . .Si le point par lequel on veut faire passer la perpendicu-•re était sur la ligne même qu’elle doit joindre , la manière °pérer serait à peu près la même. Avec une même ouver-Ure de compas , on marquerait de chaque côté, sur la ligne, eux autres points également éloignés de celui-là; puis, de Ces deux centres, ou tracerait les deux arcs de cercle enlre-Cr«isés; on les tracerait au-dessus et au-dessous de la ligne, Suirantla position qu’on voudrait donner à la perpendiculaire.
- Si on voulait faire passer une perpendiculaire par l’extré— jtttté d’une ligne, on agirait de même, après avoir prolongé a ligne de ce côté—là.
- Isatis le cas où cette ligne ne pourrait être prolongée, il y durait encore un moyen : d’un point quelconque pris comme CetUre, au-dessus et au-dessous de la ligne, on tracerait, en Ouvrant convenablement le compas, un cercle qui remplirait la double condition de toucher la ligne à l’extrémité où l’on *eut faire passer la perpendiculaire, et de couper cette même l'goe dans un autre point. Cela est toujours possible. Par le Point où là ligne serait coupée, et par le centre du cercle, °n tracerait un diamètre ou ligne qui irait, par son autre extrémité, couper la circonférence du cercle. Enfin, du point où ce diamètre toucherait la circonférence, on abaisserait, sur 1 extrémité de la ligne où doit passer la perpendiculaire, une aulre ligne qui serait cette perpendiculaire elle-même.
- 6° Manière de diviser une ligne en deux parties égales. “T- Il faut, à l’aide du premier procédé que nous avons indiqué dans le n° 5, abaisser une perpendiculaire qui coupe Cette ligne par le milieu. On voit que, dans ce cas, il ny 0 pas moyen de se servir d’équerre.
- 7° Manière de tracer une ligne parallèle à une autre ligne. — Lorsqu’il ne s’agit que de parallèles peu écartées les unes des autres, le trusquin d’assemblage dispense de toute opération géométrique. Le trusquin ordina:re ou lecom-pas à verge peut aussi très-bien servir à cela, quand il s’agit de lignes parallèles à une des faces d'une pièce de bois; car
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- la tête de l'outil, en glissant contre cette face, règle le par®!' lélisme. Mais il faut d’autres moyens dans les autres ctë< heureusement assez rares. Elevez deux perpendiculaires sut deux points quelconques de la ligne à laquelle vous voul®* trouver une parallèle. Marquez sur chacune de ces perp00' diculaires, en partant du point par lequel elle touche la lignât la distance qui doit séparer les deux parallèles, et menez u"e ligne par les deux points que vous avez ainsi marqués sur les perpendiculaires; cette ligne remplira toutes les conditions requises ; elle sera éloignée de la distance donnée, e* s’écartera également de la première par tous les points. Voulez-vous agir avec plus de célérité, sauf à obtenir un p00 moins de précision? écartez les branches de votre compas d* la distance qui doit séparer les deux lignes : placez une de* pointes près de l’une des extrémités de la ligne donnée, et tracez un demi-cercle; faites-en autant près de l’autre extré-, mité, et tirez une ligne par le sommet de ces deux demi-cercles.
- 8° Manière de trouver le centre d'un cercle. — Celle opH ration peut recevoir de fréquentes applications. On a besoin» par exemple, de savoir la pratiquer toutes les fois qu’il est question de trouver le centre d’une table ronde qui doit êir® supportée par un seul pied. On avait bien ce centre lorsqu'on a tracé d’abord la forme de la table; mais il arrive souvent qu’en corroyant le bois, on fait disparaître la trace qu’avait faite la pointe du compas. Pour le retrouver, marquez trois points quelconques sur la circonférence du cercle; plus ceS points seront éloignés les uns dés autres, plus l’opération sera facile, pourvu que leur étendue n’excède pas l’ouverture moyenne du compas; unissez ces points entre eux, en tirant une ligne du premier au second, et une autre ligne du second au troisième. Ces deux lignes forment alors un angle entre elles. Faites passer une perpendiculaire au milieu de la pre-mière ligne, en vous servant du premier procédé indiqué souS le n° 5. Faites passer une autre perpendiculaire par le milieu de la seconde ligne; prolongez ces deux perpendiculaires jusqu’à ce qu’elles se rencontrent dans l’intérieur du cercle; l0 point où elles se croisent est le centre.
- 9° Manière de faire passer une circonférence de cercle pu* trois points qui ne soient pas en ligne droite. — Lorsqu’oU veut transformer en plateau circulaire une planche d’un0 forme irrégulière , de manière à perdre le moins de bois pos-
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- *'^e> il importe de savoir où placer la pointe du compas , Pour que je cercle qu’on va tracer affleure juste les trois Points dans lesquels la planche a le moins d’étendue. Afin arriver à ce but, il faut agir comme dans le cas précédent : arquer les trois points, les unir par deux lignes qu’on coupe milieu par deux perpendiculaires dont l’intersection mar-le centre du cercle qu'on veut tracer. On connaît cette Peration sous le nom de trois points perdus.
- loo Manière de diviser un arc de cercle en plusieurs Parties égales. — Il faut commencer par le diviser en deux Pitiés qu’on subdivise ensuite en deux autres, et ainsi de Pour cela on agira comme si cet arc de cercle était une 'Sue qu’on voulût couper en deux par une perpendiculaire, °n procédera comme il a été exposé au commencement du S. j’ai déjà dit que cette opération servait à diviser un j êleen parties égales [voyes n° 4). Pour cela, après avoir r3cé du sommet de cet angle un arc de cercle d’un rayon *Uelconque, et qui aboutit aux deux côtés de l’angle, avec ûe ouverture de compas on trace deux arcs de cercle en avant de l’angle, en posant la pointe du compas, successi— e®ent, à chaque extrémité du premier arc de cercle; il ne ®ste plug qU’à tirer une ligne qui aille du sommet de l’angle ï Point d’intersection des deux derniers arcs de cercle. En 'et » on a, par ce moyen , divisé en deux l’arc de cercle qui esure l’angle, et par conséquent l’arc lui-même.
- 0 Manière de trouver le centre d’un triangle, ou de faire Passer un cercle par le sommet de chacun de ses angles — V esl une application de la neuvième opération; il faut agir 6 même, car tout se réduit à faire passer un cercle par trois Points donnés; ou à trouver le centre d’un cercle qui rem-Pbsse celle condition.
- 12° Trouver le centre d'un polygone régulier. —Cela se reduit à trouver un cercle qui passe par le sommet de tous ses '"’gles. Or, il est démontré, en géométrie, que le cercle qui Passe par le sommet de trois angles d’un polygone régulier, Passe peu le sommet de tous les autres. Il suffit donc de choi-*lr trois angles voisins l’un de l’autre, et d’opérer pour leurs rois sommets comme pour les trois points du neuvième pro-'ênae.S’il s’agissait d’un carré, d’un losange ou d un paral-.®*°gramme rectangle, il serait plus expéditif de tirer, dans mtérieur, deux diagonales de deux lignes, allant de chaque
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- angle à l’angle opposé. Le point où elles se croiseraient set^ le centre cherché.
- 15° Construire un triangle égal à un autre triangle. "V Commencez par tracer une ligne d’une longueur égale à 1*! base ou à la ligne inférieure du triangle ; de l’extrémité dro>te de cette ligne, prise pour centre, et d’une ouverture de coifl'i pas égale en longueur au côté droit du triangle à imitât; tracez un arc de cercle au-dessus de la ligne, de l’extréw1*8 gauche de la même ligne, et avec une ouverture de compai( égale à la longueur du côté gauche du triangle, tracez unautt* arc de cercle qui croise le premier; tirez ensuite deux ligi,ei qui aboutissent du point d’intersection des deux arcs à chaq*j{ extrémité de la ligne représentative de la base, et ces trot* lignes formeront un triangle exactement semblable au pre' mier.
- 14° Construire un parallélogramme rectangle égal à autre parallélogramme. — Tirez une ligne égale en loo'l gueur à la base du parallélogramme; élevez à chaque bo»1 deux perpendiculaires égales aux côtés du modèle; réunis" sez-les par une ligne tirée de leur extrémité supérieure.
- 15° Manière de trouver la mesure de la circonférence d'^ cercle, quand la longueur du diamètre est connue, ou ce$ du diamètre, quand on connaît la mesure de la circonférenc — Dans beaucoup d’opérations, il arrive qu’on a besoin ^ cette connaissance. Presque tous les ouvriers savent que circonférence a un peu plus du triple de la longueur du dis' mètre, et que celui-ci est un peu moins long que le tiers d® la circonférence. En cette matière on ne peut jamais arriver ^ une précision parfaite; mais il est possible d’en approché beaucoup plus qu’on ne le ferait à l’aide des procédés ordi" naires. On sait, par exemple, que le diamètre est à la circoP' férence dans le rapport de 7 à 22. Ainsi, le diamètre éta»* connu, il faut multiplier sa longueur par 22, diviser Ie produit par 7, et l’on aura pour résultat la mesure de la cit' conférence. Si l’on veut abréger, on triple la longueur d® diamètre, on y ajoute le septième de ce diamètre, et l’on af' rive ainsi au même résultat. Si, au contraire, on connaît la mesure de la circonférence, et qu’on veuille obtenir celle d>* diamètre, il faut multiplier la circonférence par 7, et divisé le produit par 22.
- Ces quinze problèmes bien appliqués peuvent suffire à to»s es besoins du menuisier, et lui donner les moyens de lrac«(
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- üles les lignes qui peuvent être tracées géométriquement. ^ l>e su'.s néanmoins si convaincu des avantages que donnent qu °.llïr,er des connaissances un peu étendues en géométrie, jj| ,ele va's ajouter à ce premier travail quelques autres pro-Jflt?6» Pour ïes(luels je m’aiderai des travaux récens de J*-* rancœuretDesnanot.
- de f.ns ^es arts» dit ce dernier écrivain, on emploie souvent p “gnes droites et des arcs de cercle tellement disposés que nj l'Pa*se de la ligne droite à la ligne courbe sans apercevoir di/T')U^e n’ jarrct* Quelquefois ce sont des arcs de. cercle de erens rayons qui se continuent dans le même sens ou dans p scns diffèrens, sans que l’œil puisse apercevoir où finit Ua et où commence l’autre. Nous allons voir comment on uent ces effets.
- ^6° Décrire un arc de cercle qui commence à l’extrémité droite, de manière qu’il ne paraisse ni coude ni jarret. Un Jileyez une perpendiculaire à l’extrémité de la ligne, posez 6 pointe du compas sur celte extrémité, l’autre surun point ^•conque de la perpendiculaire, et décrivez un arc de cercle Prenant ce dernier point pour centre,
- *0Par l’extrémité d'un arc de cercle, mener unedroite qui t n(,nwe l’arc sans faire ni coude ni jarret. — Cherchez le P ntre de l’arc de cercle (8e probl.); conduisez un rayon ou Sûe allant de l’extrémité de l’arc au centre ; élevez une per-li» 'Cu^a're sur l’extrémité du rayon qui touche l’arc, cette Refera la continuation de l’arc du cercle.
- *°° Décrire un arc A qui soit le prolongement d’un autre s c B, quoique le ragon du premier soit différent de celui du Co«d. — Xirez de l’extrémité de l’arc B, que vous voulez jûlonger, une ligne qui aille à son centre ; prolongez, s’il est cessaire, au-delà du centre; alors, posant une pointe du ^pas sur cette ligne, et l’autre à l’extrémité de l’arc B, c Ctlvez le cercle A en prenant pour centre le point où la f •ùpas louche la ligne qui passe sur le centre de B; si le r7°ti de l’un des arcs éiait plus grand de beaucoup que le j l'aulre’ quoique les deux arcs se joignissent bien,
- ^oilférenee de courbure produirait une disposition cho—
- A 19° Décrire un arc de cercle dont la courbure soit opposée
- celle d'un autre arc de cercle, et paraisse en être le pro-0ll9ement. — Ce problème, comme l’on voit, se réduit à ràcer géométriquement une figure régulière qui ait quelque
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- resssemblance avec une grande S. Supposons que l'arc0' cercle supérieur qui nous est connp, ail sa concavité née à droite, ce sera par conséquent aussi à droite que son centre; menons de ce centre, à l’extrémité inférieure de1 j courbe, une ligne que nous prolongerons à gauche d’une I0®'! gueur égale au rayon que nous voulons prendre pour faire; ' second arc de cercle, celui dont la concavité doit être tourné à gauche ; donnons au Compas une ouverture égale à celle fl"1 doit avoir le rayon ou demi-diamètre de ce second arc, plaçant une des pointes du compas sur la ligne que uol)l avons tracée, l’autre pointe sur l’extrémité inférieure du pre rnier arc, nous obtiendrons la courbe cherchée, en fais*"1 tourner cette seconde pointe du compas autour de la premièr8
- 20° Arrondir régulièrement la pointe d’un angle. -—• BAC (fig. b, pl. tre) l’angle que l’on veut arrondir. Supp* sons que le point où l’on veut faire commencer l’arrondi sement soit celui qui est marqué D : on marque sur l’atii(l côté de l’angle en E un point qui soit aussi éloigné du so^ met A que le point ; menez DE perpendiculaires sur AC ; T* perpendiculaires sur ÀB; du point F où ces perpendicula|t8 se coupent, et d’un rayon égal à ED, on décrit l’arc de cer£l ED, qui arrondit l’angle convenablement.
- 21° Tracé des diverses moulures. — Je ferai connaître8' détail, au chapitre VI, ces opérations fondées entièrement s® l’application des règles précédentes.
- 22° Tracer une volute autour d’un point donné pour ce^f (fig. lre).— On peut tracer une volute par des de®1' circonférences. Par le point A, centre donné, menez la lig8' MN; A servira de centre pour tracer la demi-circoufére®8 BC ; B sera le centre de la demi-circonférence CD; A sera1 centre de DE, de EG ; B sera le centre de EF, de H G,el comme on voit, cette réunion de demi-cercles formera la Iule.
- On peut, avec plus de succès encore, tracer la volute p'1 quarts de circonférence en prenant pour sommets les angl; d’un carré. Dans la figure d (pl. lr0) on voit le carré ti:
- 3 , 4, dont les côtés sont prolongés vers m, n, p et q ; 1 8 le centre de l’arc AB; 2 celui de l’arc BC; 5 celui de l’arc O
- 4 celui de l’arc DE : 1 celui de l’arc EF, etc. Au milieu1 1, 4, est le centre delà volute; plus le carré i, 2, 3, 4,s*1 petit, plus on pourra faire faire de tours à la volute.
- 25° Tracé de la volute ionique (fig. f, pl. tre). ~_CS‘
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- ^lute, employée très-souvent en architecture et assez Sôu-Conf,aussien menuiserie, fait trois tours terminés par unecir-Con er?nc® qu’on nomme œil de la volute ; à chaque tour (non Ce i^nS v°iute s’approche de moins en moins du
- “ feipar conséquent chaque tour est décrit au moyen d’un 0 rJje c”^erent’ et puisqu’il y a trois tours, il faut trois carrés °uze centres, indépendamment du centre de la volute qui est celui de l’œil.
- Voici la manière de s’y prendre pour tracer cette volute : d i?^.011 a *e point A, où elle commence, et le point C, centre ,e œil, on divise la droite AC en neuf parties égales, et on °nne pour rayon à l’œil une de ces parties; on trace cetœil; j Potage le diamètre EF en quatre parties égales aux points el 4 ; sur 1,4, construisez le carré 1, 2, 5", 4, dont le côté st égal au rayon de l’œil, et autour duquel vous tracerez le Premier tour AB de la volute, suivant ce qui a été indiqué ,a numéroprécédent (2e manière) ; pour tracer le deuxième jour BD, divisez C1 en trois parties égales, comme vous e voyez fig.g, pi. ire; portez ces divisions sur C4, et °as aurez les points 5,9, 12, 8 ; tirez C 2 et C 3 , par les P°mts 5 et S; menez parallèlement il, 2 les lignes 5, 6, >’ 7 > tirez 6, 7, et vous aurez le carré 5, 6, 7, 8, au moyen duquel vous décrirez le second tour de la volute; par les Points 9 et 12, menez parallèlement à 1,2, les lignes 9, 10 H, 12 ; tirez 10,11, et vous aurez le carré 9,10, 11,12 , outour duquel vous tracerez le troisième tour DE de la °'Ute : vous vérifierez votre construction en observant que a droite AB doit être 4 parties de AC; la droite BD deux Pitiés et 2/s de A C ; la droite DE 1 partie et ‘/s de AC.
- ^ans cette volute, pour former la continuation du listel, otj en trace une autre abc qui, dans la figure, est pointillée. T'.'œ a le même centre que la première, et commence en a, •stant de A d’une partie de AC, largeur du listel. On la rt>ce de la même manière que la première, autour de trois îjO'iyeaux carrés. Le côté du grand carré doit être les sept ôit'.èmes de 1, 4, ou, ce qui revient au même, le huitième e aE. Partageant donc oE en huit parties, une de ces Mesures donnera le côté du carré, qu’on tracera comme on a tracé 1, 2, 3, 4, autour duquel on décrira le premier tour la volute, et qu’on divisera ensuite comme on a divisé ’ 2 j 5, 4, pour avoir les autres centres.
- Menuisier. 1. 19
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- 24° Tracer l’ellipse dite ovale du jardinier. — Cette °le gante figure peut être tracée avec !a plus grande facilité-
- Soit AB {fig. ù, pi. ire) ]a longueur que vous voulez ner à l’ovale , et FE sa largeur. Tirez par le milieu de A j une perpendiculaire FOE, dont la partie supérieures0' égale à la moitié de FE, et la partie inférieure égale auSïj à la moitié de FE; ayez un compas ouvert d’une étend10 égaie à OA, ou un cordeau de cette longueur; portez une pointes du compas ou un des bouts du cordeau en ï> î.j l’autre pointe du compas ou l’autre bout du cordeau sur Af à droite et à gauche de F E ; marquez les points C et J' où cette pointe ou ce bout de cordeau louchent la ligne A®' alors prenez un cordeau d’une longueur égale à AB, fi%e! une de ses extrémités en C, et l’autre en D, avec un clou0' de toute autre manière. Avec une pointe ou un petit piqüt| tenu d’aplomb, tendez le cordeau jusqu’en F, et en le le»3'1' toujours tendu, faites glisser la pointe de F en A, puis01 F en B ; dans ce mouvement, la pointe tracera la moitié * l’ovale ; on aura l’autre moitié en tendant ensuite le corde3* vers E, et en faisant glisser la pointe de E en A, puis E en B.
- 25° Seconde manière de tracer une ellipse. — On tra(1 d’abord les deux axes perpendiculaires AB, DE, pour ra^' quer les sommets A et B, le centre C , et la dimension c* longueur et en largeur; ces lignes sont perpendiculaires,8' chacune coupe l’autre par moitié. ( Yoyez fig. i, pl. lre-)
- Sur le bord d’une règle MN, ou d’une bande de papicf portez les longueurs M I, MK, à partir du bout M ; c°' longueurs étant celles des demi-axes AG, CD, vous auïf les points K et I; cela fait, présentez la règle ou la bail"1 de papier de façon que le point K tombe quelque part sur*1 grand axe AB, et le point I sur l’un des points du petit a*1 DE; l’extrémité M sera sur l’ellipse. En tournant la règ'1 MN de toutes les manières possibles sans cesser de satisfa'*1 à cette condition, le bout M tracera toute l’ellipse.
- 26° Troisième manière de tracer une ellipse. — Tra^ d’abord les deux axes comme dans le cas qui précède, pl'|: du centre C {fig. j, pl- tre), décrivez deux cercles C5‘ CB, qui aient ces axes pour diamètre; c’est entre ces de'1’ courbes qu’est enfermée l’ellipse qu’on veut tracer. Me*18 un rayon CN et une perpendiculaire P N sur l’axe AB; cf lignes passant en un point quelconque de la grande circonff
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- ^Ce Par ^ point Q, où ce rayon rencontre le petit cercle, nez QM parallèle à l’axe AB, vous aurez un point de p e %ne qui sera dans l’ellipse; ce sera celui où elle cou— Vo 8 8 PerPen<lict,laire P N- En répétant cette opération, (lel’ ^tiendrez successivement un grand nombre de points empse que vous réunirez ensuite par un trait continu. Ven 0IûiIle Pour faire avec précision les opérations que nous p. 01*s de décrire, il faut prendre quelque soin, la paresse ou cap10rance des ouvriers et des artistes les porte, ditM. Fran-g|jUr> a préférer une courbe qu’on nomme anse de panier. • e est formée d’arcs de cercle ajustés bout à bout, sans j.,retet imitant la figure ovale de l’ellipse. Mais celle der— re courbe, continue cet auteur, a un contour gracieux qui pa,^9Ue à l’autre; il faut donc, dans tous les cas, accorder la terence aux tracés qu’on vient de donner, et parliculière-t, nt lorsqu’on veut faire des voûtes surbaissées ou surmon-*-"°n donne ce nom aux voûtes dont la forme est celle aics d’ellipses portés sur les extrémités du petit ou du grand l^.6' On appelle un plein ceintre les voûtes qui sont circu— !^eSi Voici, au reste, la règle pour décrire l’anse de panier, (j "Manière de décrire une anse de panier. — Tracez les u®1** axes rectangulaires AB, DG ( fig. /e, pl. lr,t) : c’est le p atre, G D la montée ; menez les cordes BD, AD, et portez P en CF : AF sera la différence des demi-axes que vous ^fndrez en DO et DH. Aux centres K et I de BH et tjr ’ élevez les perpendiculaires KE , 1E, qui iront concou-; Ce en un point E de l’axe CD prolongé; ce point E sera le . Ço’ltre de l’arc de cercle MD N ; les points G et L de ren-ic lre de ces dernières droites avec l’axe AB, seront les i jj,' tres des deux arcs BM, AN, qu’on verra se raccorder ,i bien avec le premier MN. Cependant, si la courbe était l'in *‘?|lrkaissée, si CD, par exemple, était moindre que la , ûié de AC , les trois arcs de cercle formeraient un jarret °n°ncé vers leur jonction, et leur courbe serait défectueuse. >i(p Manière de tracer un arc rampant. — Les extrémités .] ao centre ne partent pas toujours de la même hauteur, et Ui l!one qui va de l’une à l’autre est souvent inclinée à l’bo-1)g 0tltale ; c’est ce qui arrive pour les arcades destinées à (,0bpten'r des rampes. La courbe suivant laquelle on est alors da î^e tracer l’arcade, prend le nom d’arc rampant. Voici ^>aIllan*ére de le tracer eatre deux lignes parallèles l’une à
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- Dans la fig. I (pl. ire) les lignes parallèles entre Ie*' quelles il faut tracer l’arc, sont désignées par les lettres AK; et les lettres A, B désignent les points où doit coi#', mencer l’arc. Tirez les lignes AC et B G perpendiculab®* aux lignes AK, B C, unissez les points A et B par une ault* ligne, et par le point E, milieu de la ligne AB ; menez EU parallèle à AK ou à BC; cette ligne ED doit être égalee(l longueur à EA ou à EB. Tirez une ligne du point A3® point D; sur le milieu de AD, élevez la perpendiculaire F' que vous prolongerez jusqu’à ce qu’elle coupe AC en L; point L est le centre de l’arc AD, et le point où la ligne D' coupe la ligne B G sera le centre de l’arc BD : ces de11* arcs formeront l’arc rampant demandé.
- § III. — Manière de mesurer les surfaces.
- Ce paragraphe sera court, et, puisque j’ai dû m’interd|(1 le développement des théories, je n’aurai à indiquer qu®1 petit nombre de règles, dont l’application facile ne per##1 tra pas à l’ouvrier de se tromper dans l’évaluation des q#al1 tités de bois qui doivent entrer dans les travaux qu’il pt# jette.
- Il doit d’abord examiner la forme de la paroi qu’il Ve® revêtir, du parquet qu’il veut faire , etc.; car l’opération rait différente suivant qu’il s’agirait d’un rectangle, d’|l! triangle, d’un trapèze ou d’un losange.
- Si on veut toiser un rectangle, ou savoir combien il.re11 ferme de mètres ou de décimètres carrés, il faut, puisqu’il deux côtés d’une même longueur et deux côtés d’une long#ef différente, mesurer avec un instrument quelconque comE1 de mètres ale côté le plus long, combien de mètres a le $ le plus court; multiplier ces deux longueurs l’une par l’auù et le résultat indiquera le nombre de mètres ou de déc1 mètres carrés contenus dans le parallélogramme. Donne* un exemple qui aura l’avantage de rendre cela encore plf clair, et de rappeler en même temps la manière de faire coopération arithmétique. Supposons que le rectangle à to$ ait 49 mètres 54 centimètres par ,1e plus long côté , et par1 plus petit, 15 mètres 2 7 centimètres : c’est 49,5-4 mètre8 multiplier par 15,27. Faisons comme on le fait toujours * pareil cas, supprimons la virgule qui sépare les décimales® les portions de mètre, des mètres, et multiplions tout si#1 plement 4954 par 152 7 : nous aurons pour résultat 7504’D!
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- l’our trouver dans ce nombre les chiffres qui indiquent les Actions du mètre et ceux qui marquent le nombre des mètres, ®«s ceux de mes lecteurs qui ont les premières connaissances Arithmétique décimale savent déjà qu’il faut séparer à droite, Par une virgule, autant de chiffres qu’il y en avait dans le ultipiicande et le multiplicateur réunis, pour marquer les factions de mètre. Dans l’exemple que nous avons choisi, il J Avait d’un côté 27, de l’autre 54, c’est-à-dire quatre chif-res- Nous écrirons donc 756,4788. Mais qu’indiquent ces Quatre derniers chiffres? non pas seulement 4758 dix mil— le*Ues de mètre carré, ce serait une erreur de le croire ; mais Un résultat bien plus fort, c’est-à-dire 47 décimètres carrés ^ à8 centimètres carrés. Pour le faire connaître, il faut sé-P.arer de deux en deux par d’autres virgules les chiffres dé-ffttaux, et écrire 756,47,58. Si, dans le principe, on avait eu es clùffres décimaux en nombre impair, on les eût transfor-es en nombres pairs en y ajoutant un zéro, ce qui ne change Pas la valeur et rend l’opération plus facile. Si donc on avait 'u 7>25 à multiplier par 5,7, on eût changé ce dernier nombre 11 3,70. On calcule d’ailleurs de môme dans toutes les opé-Atiotrs. si on veut calculer en toises, pieds et pouces, il y «ne autre précaution à prendre dans le cas où chaque côté 6 contient pas un nombre exact d’unités. Il faut transfor-er tout eu unités de la plus petite espèce. Supposons un ectangle de 2 toises 3 pieds 5 pouces de long, sur 4 pieds Pouces de large; je commence par réduire les deux toises j,’1.pieds, en multipliant 2 par 6; au produit, qui est i2 , J a]oute les 3 pieds: total 15 pieds, que je multiplie par 12 ç.°«r les convertir en pouces; et en ajoutant au produit les lnq pouces de hauteur du rectangle, j’ai un total de 185 P°nces. Je répète la même opération pour la largeur. Les 4 P'cds me donnent 48 pouces, auxquels je dois en ajouter 6
- i utres , ce qui fait 54. Je multiplie ce total par 185 , et j’ai ,P°Ur produit 9990 pouces carrés. Puisque le pied carré con-I eot 144 pouces carrés, pour réduire mes 9990 pouces car-( as en pieds carrés, je divise 9990 par 144, et je trouve 69 r!e<ls carrés, et 54 pouces carrés de reste. Pour réduire les Pfeds carrés en toises carrées, je divise 69 par 56, nombre
- (,.es pieds carrés contenus dans la toise carrée. J’ai pour quo— t ,enl 1 toise, et 53 pieds carrés de reste. Mon rectangle a
- ii 0llc une toise carrée, 35 pieds et 54 pouces carrés. Cette a,lîère d’opérer est, comme on le voit, beaucoup plus com-
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- pliquée que la précédente, et l’avantage est, dans ce ca! comme dans tous les autres, en faveur du système trique.
- Pour toiser un triangle. — On commence par abai®se une perpendiculaire de son sommet sur sa base, en Prolog géant pour cela celte base idéalement, dans le cas où ce® précaution est nécessaire; ce qui arrive toutes les fois quü des angles du triangle est obtus. Cette perpendiculaire don®1 la hauteur du triangle; on la mesure. On mesure aussi base du triangle, sa base réelle, et sans tenir compte “ prolongement idéal dont je Tiens de parler. Cela fait, multiplie la base par la moitié de la hauteur, ou la haute}'1 par la moitié de la base. Quel que soit le parti qu’on ch«>' sisse, on arrive toujours au résultat cherché. Soit la haute®’ 20 mètres, la base 50, on multiplie 50 par 10, ou 20 par et dans tous les cas on arrive à 500.
- Pour toiser un parallélogramme. — On sait déjà col" ment il faut opérer dans le cas où c’est un parallélogran# rectangle; mais si c’est un losange, la marche n’est plus1' même. On le divise en deux triangles, en tirant intérieure' ment une ligne d’un angle à l’autre : on mesure les de" triangles et on ajoute les produits; ou bien encore d’®1 point quelconque d’un des côtés du parallélogramme, e! abaisse une perpendiculaire sur le côté opposé qu’on cou® dère comme la base. On mesure cette perpendiculaire, t. indique la hauteur; on mesure aussi la base, et on multipl1 l’un par l’autre.
- Pour toiser un trapèze. — On mesure séparément les de® côtés qui sont parallèles , et on ajoute ensemble les produi® On abaisse une perpendiculaire de l’un de ces côtés s® l’autre; on la mesure, puis on multiplie par la moitié" cette mesure les mesures additionnées de deux côtés paraît les. Soit 10 mètres la longueur d’un de ces côtés, 15 mèù* celle de l’autre, 20 mètres la hauteur, on ajoute ensemble 1 et 15 — 25 qu’on multiplie par 10, moitié de la hauteur, ® bien on multiplie 20 par 12,50. On peut encore, si ® veut, diviser le trapèze en deux triangles, les toiser®1 parement, et ajouter ensemble les résultats des deqx opéf tions.
- Pour mesurer la surface d’un cercle. — On peut d’abo® le diviser en un certain nombre de triangles en tirant ^ rayons également espacés du centre à la circonférence, 1
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- j^esurer séparément ces triangles; mais il est un moyen . ‘en plus expéditif. On mesure le diamètre, et on calcule a circonférence par le moyen indiqué au § précédent, n° 9, Puis on multiplie la longueur de la circonférence par ie quart u diamètre; ou bien encore, la longueur de la circonfé— j'puce étant connue, on calcule celle du diamètre, et on mul-llP‘ie le premier nombre par le quart du second.
- A- l’aide de ce petit nombre de procédés, il est possible de Ujesurer les surfaces les plus irrégulières, les polygones les Plus compliqués, car il n’en est pas qu’on ne puisse diviser idéalement en triangles dont on calcule séparément les sur-aces. Peu importe que quelques-uns soient terminés en c®rtains points par des lignes courbes, puisque les plan-uhes qu’on a employées étaient droites, et qu’il a fallu leur °nner par les côtés celte forme courbe qui a fait perdre du bois.
- CHAPITRE II.
- la manière de débiter et couper les bois.
- On entend par débiter les lois, l’opération de les scier ou ^fendre, soit dans la largeur, soit dans l’épaisseur; de les Viser, en un mot, en pièces de diverses dimensions, et dont a longueur, la largeur ou l’épaisseur soient convenables pour es ouvrages qu’on se propose de faire.
- La scie est l’instrument qu’on emploie à cet usage. On lui °nne plus ou moins de voie, suivant le degré de dureté du 0ls qu’on débite; mais il faut qu’elle en ait beaucoup et 1u.e les dents soient longues et bien espacées quand on tra-^aille sur du bois vert; sans cela la sciure s’accumule entre es dents et gêne la marche de l’instrument ou le fait aller de ravers. On est sûr de ne jamais aller droit quand on veut oouper (jgg ]j0jg teDC[res et verts avec des scies à dents courtes, oes et ayant peu de voie. On ne réussirait pas mieux en employant, pour des bois durs, les scies dont je viens de Recommander l’usage pour les bois verts. La raison en est simple : dans ce cas on a une résistance plus forte à vaincre, ’1 faut donc agir sur une ligne plus étroite. Dans le cas précédent , au contraire, le bois étant peu compacte, la fibre otant pius molle, on ne coupe pas net; la fibre cède et se dé-
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- ehire plutôt qu’elle n’est coupée, el la sciure plus grosse 3*1 rait bientôt empâté les dents si on ne leur donnait pas plus grande longueur.
- Il est d’autres précautions indispensables pour scier bt*" droit. Il faut affûter avec soin la scie, et ne pas craindre dj mettre trop de temps; la célérité avec laquelle marchera l’ou'l vrage en aura bientôt dédommagé. Frottez-la aussi de ternp* à autre avec un corps gras, soit du suif, ou un morcea" de lard. Quand vous voulez scier, présentez l’instrument bi®11 perpendiculairement à la pièce de bois, en lui faisant suivfe bien exactement le trait qu’on a tracé pour le guider; eff*' cez un peu votre corps pour qu’il ne gêne pas le mouvemc11* des bras, el poussez bien droit et sans balancer. L’impul' sion que vous donnez doit communiquer à la scie un rao®' veinent de va et vient, franc, net et sans hésitation. Il ne fa0' pourtantpas aller trop vite ni trop appuyer sur la scie,car 1* résistance pourrait devenir trop grande; la lame ne pouvait plus aller d’arrière en avant, se courberait brusquement, ®* si ce mouvement se répétait plusieurs fois, le trait prendra1' nécessairement de la courbure. En outre, cette manière d® procéder détériorerait promptement l’instrument. Quant à I® manière de tenir la scie, chacun sait qu’on (a prend à de®* mains par une des traverses, et que la pointe des dents do1' toujours être poussée en avant quand cette pointe est incliné®1 Chacune de ces dents est un petit coin armé latéralement d’u® biseau, et la puissance de la scie vient de ce qu’elle en pie'' sente un grand nombre qui pénètrent dans le bois et le coupe®* simultanément. Quand une scie a plus de voie d’un côté q®e de l’autre, on s’en aperçoit à ce qu’elle tend toujours à tout' ner de ce côté. Quand une scie s’échauffe trop, c’est qu’eH® ne convient pas à l’ouvrage; il faut en changer, sans qu*®1 elle se détremperait.
- Mais pour déliter convenablement le bois, il ne suffit paS de savoir bien diriger la scie , i! faut encore connaître la m®' nière de diviser une pièce, de manière à n’en rien perdre ®* à en tirer tout le parti possible ; et lorsqu’il est question d’e®' tamer des bois précieux , il faut aussi savoir s’y prendre à® façon à faire ressortir tous les beaux accidens qu’ils peuve®* renfermer. Dans ce dernier cas surtout, il faut long-temps hésiter à mettre la scie dans un morceau de bois; on doit *e bien examiner, car le mal serait grand et irréparable si 0,1 sacrifiait un beau veinage.
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- » diverses manières de débiter le bois. Quand on veut tenir des pièces minces, telles que des panneaux, on le di-,Se sur son épaisseur, ce qui s’appelle scier ou débiter sur 'e champ.
- Quand au contraire on veut obtenir des pièces fortes et feu longues ou peu larges, alors on divise la longueur ou a largeur en faisant mouvoir la scie parallèlement à la °ngueur ou à la largeur, et perpendiculairement à la plus 8rande surface; c’est ce qu’on appelle scier ou débiter sur le plat.
- , Ï1 est essentiel de choisir pour les débiter sur le champ, jes planches sans nœuds, sans gales, sans défauts, puisque es parties qu’on en tire sont celles qui, dans l’ouvrage, oc-CuPent le plus de surfaces. On donne aussi la préférence à * .lès qui ont une belle couleur, ou qui sont nuancées de eines, ce dont on s’assure en sondant le bois; c’est—à—dire ^ donnant sur sa superficie un ou deux coups de riflard ou edemi-varlope, pour la mettre à découvert.
- On préfère aussi pour cela celles qui sont sur la maille bois, c’est-à-dire celles dont la surface est oblique aux ray°ns qui s’étendent du centre à la circonférence. Le bois ?°Upé en ce sens est moins sujet à se tourmenter. Cependant ! Se polit plus difficilement; mais il produit un bien plus e‘ effet pour les bois qui ne sont que vernis.
- , On débitera sur le plat les planches qui ont des fentes ou nœuds, parce qu’il sera bien plus facile de faire dispa-ïahre ces défauts dans les différentes coupes, et de s’arran-|er de manière à perdre, par suite, le moins de bois possible.
- <1 ailleurs on était obligé d’en conserver quelques-uns, le 1,1 ®1 serait moins grand, car ces imperfections sont bien llloins en évidence, bien moins désagréables a l’œil sur un Citant ou une traverse, qu’elles ne le seraient sur un pan-1 ^u d’une bien plus grande surface.
- Avant d’entreprendre de débiter du bois pour un ouvrage ' ^elconque, il faut commencer par se rendre compte du ' Nombre et de la nature des pièces dont on a besoin, calculer j ®0lûbien il faut de battans, combien de montans, de traverses, e panneaux; quelles seront leurs dimensions, les moulures ’ °nton veut les orner. Ce dernier point n’est pas sans im— ' Jj°rtance, car il est bon de réserver pour les pièces qui 1 °ivent porter des moulures, les côtés où le bois est moins ur et qui était le plus voisin de l'aubier, afin qu’on puisse es pousser plus commodément.
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- Cela fait, on établit l’ouvrage, c’est-à-dire qu’on indiq0®1 par des marques sur la pièce de bois à débiter, les battan^ lés montans, les traverses, etc. On choisit à cet effet d«* planches ou autres pièces de dimensions convenables. S1' s’agit de faire de grands batlans, il faut prendre des planche* longues, bien droites et de fil. Si la planche avait des fente* ou d’autres défauts, on tâcherait de prendre des battans d® moyenne grandeur dans la partie qui en serait exempte,e* on emploierait le reste à faire de petites pièces, telles q11® des traverses.
- Pour établir l’ouvrage, on choisira la rive ou l’arête bois la plus droite, et l’on marquera sur chaque face les la*' geursdont on a besoin, en tirant des parallèles à celte arêWi ce qu’on exécutera sans peine à l’aide du trusquin. Ma**' dans cette opération, il faut avoir soin de mettre envir0'1 trois lignes de trop à chaque largeur, parce que le passai de la scie fait perdre une partie de cct excédant et que corroyage a bientôt enlevé le reste.
- Si la pièce qu’on veut employer n’a aucune arête passable' ment droite, il faut en dresser une avec la varlope, ou,s! l’on aime mieux, tracer une ligne qui suive le plus près poS' sible les parties centrales afin de perdre moins de bois Celte première ligne servira de guide pour mener les pa'1 rallèles; mais dans ce cas on ne poura pas se servir d*11 trusquin. i
- Si les arêtes ou les côtés d’une planche étaient par trop < courbes, il faudrait bien se garder de sacrifier toutes les pat'1 lies excédantes d’un côté ou de l’autre. Il serait bien pis** économique de la diviser en plusieurs longueurs, et des®* servir de chacune de ces portions, que l’on couperait de ma'* nière à ce que toutes fussent à peu près droites, pour fait® des traverses ou des montans de même grandeur. 1
- Il est superflu d’ajouter qu’il faut toujours proportionnât la longueur des pièces que l’on emploie à la longueur de** morceaux qu’on veut en retirer. Par exemple, il ne faudra*1; pas, à moins qu’il n’y eût à l’une des extrémités des nœud** ou des fentes, employer une planche de six pieds pour coupe** un montant de cinq. Il resterait un bout de planche lonjt d’un pied dont on ne saurait plus que faire. 8
- Il ne faut pas, au reste, que le menuisier se contente d®l débiter au jour le jour les bois dont il a besoin. Il doit a** contraire s’en faire une provision. D’une part, ce sera u»1!
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- ^<>nne manière d’empioyer le temps de morte saison où l’on anque d’ouvrage; d'autre part, le bois débité séchera mieux, *1°>mage en sera plus solide.
- ^ On trouve d’ailleurs dans le commerce, sous le nom de bois échantillon, des bois qu'on a sciés et débités dans les forêts *:0v,r des usages déterminés. Ces différentes espèces de bois Prennent divers noms, suivant leurs dimensions.
- On réserve spécialement le nom de planches à des portions arbres très-minces relativement à leurs autres dimensions,
- gués de six à vingt-cinq pieds, larges de neuf pouces à pied.
- Ion
- an
- ^ Quand la planche a deux pouces d’épaisseur, on l’appelle l°ubelle. Si elle est épaisse de trois à cinq pouces on la n°Uime table.
- sj membrure a de quinze à vingt pieds de long, cinq on x ponces de large et trois d’épaisseur.
- S c^evrons ne diffèrent de la membrure que parce qu’ils environ quatre pouces d’équarrissage.
- , b entrevoux a jusqu’à dix pieds de long sur une épaisseur e neuf lignes.
- Ca volige n’a que six. lignes d’épaisseur; le feuillet n’en ju® trois.
- ^ C ouvrier qui n’aura que de grosses pièces de bois et vou-u en avoir de plus minces, fera bien de se régler eu les ^ uitant sur ces dimensions, qui sont commodes et satisfont (jfl°Us les besoins. Ainsi, s’il veut faire des voliges, il pren-,a pour cela une doübelte qu’il refendra en trois, en la di— c 9»t sur son épaisseur par deux traits de scie. Au premier ^p-d’œil il semble que les voliges ainsi obtenues devraient tfr? troP épaisses; mais il faut tenir compte des deux ou i °ls lignes que fait perdre chaque passage de la scie.
- «faut faire des observations analogues lorsqu’on débile les ,f'eces de bois dans tout autre sens. Si donc on veut trois idav?rses de deux pieds, il faudra scier en trois un chevron I e six pieds de longueur. De cette manière on ne souffrira Sy*10*1116 perte. Je ne conseille pas, au reste, de débiter à l’a-^'ttice les üois relativement à la longueur. Cette dimension trop variable dans les dinérens ouvrages; et par cette ’ Peration on activerait peu la dessiccation des bois. Il en est (jurement lorsqu’il s’agit de débiter sur le champ, parce qu’a-®rs les pièces de bois sont rendues plus minces, qu’on met à H e®°uvert une bien plus grande surface, et que par conséquent e dessèchement s’opère avec une tout autre rapidité.
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- CHAPITRE III.
- NOTIONS D’ARCHITECTURE.
- On pense bien que, dans un ouvrage de la nature de ce1°f ci, je ne veux pas donner des notions complètes d’architectud' elles seraient déplacées. D’ailleurs je n’ai pas la prêtent'0? de faire toute une encyclopédie à propos de l’art du mefl01 sier. Mais il est des choses qui ne peuvent être ignofe° même par l’ouvrier le plus ordinaire; telles sont les noti0" de l’architecture qui servent à régler les proportions 0 différens ouvrages.
- Ce n’est pas que ces proportions soient rigoureusetHe' déterminées; mais en comparant les plus beaux ouvrage? ceux qui méritaient le mieux d’être pris pour modèles,1 a remarqué entre leurs diverses parties des proportions1 rapports qui ont servi de règles pour les imiter. Ce J>e; pas qu’on soit rigoureusement astreint à suivre ces rappel? mais ceux qui s’en écarteront renoncent à profiter de l’exf1 rience de leurs devanciers. Ils subiront toutes les chances0 hasard, et risquent de s’en trouver fort mal ; tandis q"? se mettent à l’abri de toute critique en se conformant à0? règles dont une longue expérience a prouvé le mérite;' ne courent plus le risque de faire des ouvrages dénués* grâce, ridicules ou grossiers.
- On compte cinq ordres d’architecture, savoir : l’ordre can, l’ordre dorique, l’ionique, le corinthien et le composé
- On distingue dans chacun trois parties principales : la f, lonne, Y entablement qui la surmonte, et le piédestal qui supporte. Celte dernière partie manque souvent, et est re" placée par une seule plinthe ; l’ordre est alors réduit aux <h? autres parties. Quelquefois même un ouvrage ou un èdiu n’ont pas de colonnes, ce qui n’empêche pas qu’ils ne soi® construits suivant tel ou tel ordre, à cause des proporl'0' qu’on y a observées.
- L’ordre corinthien se distingue par la richesse des sculp? res qui décorent sa frise; le chapiteau des colonnes est a"! revêtu de deux rangs de feuilles et de huit volutes.
- L’ordre ionique est remarquable par les volutes de chapiteau.
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- L’ordre dorique a sa frise ornée de triglyplies et de métopes.
- ,L ordre toscan, le plus simple et le plus solide de tons, admet aucun ornement.
- ^ Outre ces caractères, les divers ordres sont encore distin-feties par jes proportions qui en règlent les parties.
- P est inutile d’entretenir mes lecteurs de divers ordres Particuliers qui ne leur apprendraient presque rien, et qui • 0us entraîneraient dans de trop longs détails. Voici les restions qu’on doit établir entre les parties principales des 0rdres d’architecture.
- Hans tous les ordres, l’entablement a pour hauteur le quart 06 'a colonne, le piédestal, le tiers. Chacune de ces trois Parties est sous-divisée elle-même en trois, savoir :
- Le piédestal, en corniche, dé et base.
- La colonne, en base, fût et chapiteau.
- L’entablement, en architrave, frise et corniche.
- On a soin de proportionner la grosseur de la colonne à son flr<Le, à sa hauteur et à l’élévation totale de l’édifice,
- . La colonne toscane , en y comprenant sa base et son cha— J*,l®au, a pour hauteur sept fois son diamètre; la dorique, ^uit fois ; l’ionique, neuf fois; Sa corinthienne , dix fois.
- Les sous-divisions sont également réglées sur cette échelle, Ce qui a fait donner le nom de module au rayon de la colonne, 0(1 à sa depii-grosseur, qui, une fois déterminée, donne à son '•°ur la hauteur delà frise, de la corniche, du fût, etc. Ce Module se divise eu douze longueurs égales, dans les deux ï>retniers ordres, et en dix-huit dans les deux autres : ces Actions sont nommées des parties.
- Voici les nombres de modules qui, pour chaque ordre, c°Qviennent aux sous-divisions.
- Ordre toscan.
- Colonne........................14 modules.
- «ase............................................1 ')
- Pût.......................................... 12 S 14
- Chapiteau...................................... 1 '
- Entablement.....................5 modules */»
- •pchitrave. ....................................1 )
- Prise...........................................1 */. S 3 */,
- Corniche...................:.................... 1 V3 1
- Menuisier. 1. 20
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- — 230 *-
- Piédestal...........4 modules 2/3
- Corniche................. V2 ) „,
- Dé. . .......................3 */* > **/'
- Base . ........... . 1f1 S
- En tout 22 mod. y 6; et sans piédestal, 17 mod. Y2-L’interyalle des colonnes, qui se nomme enlrecolonnem est de 4 modules 2A.
- Ordre dorique.
- COLONNE. . . . . . . 46 modules.
- Base .... il
- Fût. ..... .... 44 >
- Chapiteau. . . . * . . .... 1 S
- Entablement . . . . . . 4 modules.
- Architrave . . . . .. ; ï .... 1 )
- Frise * . . . . ÎVA
- Corniche , . . . 4 7. S
- Piédestal.. .
- Corniche
- Dé . * * . 5 m. 4 p. >
- Base . ... . . . 2M
- En tout 26 modules
- L’entrecolonnement est de 4 modules 2/«.
- Ordre ionique.
- COLONNE. ....... 48 modules.
- Base................. 4 1
- Fût. . 16 m. et 6 parties (1). ... 16 6 > 48
- Chapiteau. . ... t .... n 42 )
- Entablement. . . . < » . 4 m. 9p.
- Architrave. . . . . . » •» . 4 m. 4 p. */» )
- Frise. . , . . •. s . . » • 4 9 S 4 9
- Corniche. .......... 1 13 Vs S
- Piédestal. . ... . ^ . 6 modules.
- Base...................... .. O m. 40 p. )
- Dé. . - ,......................4 16 \ 6
- Corniche. 40 )
- (I) A partir de çet ordre, le module se divise en 18 parties.
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- — §51 —-
- Ces mesures ne sont pas invariables : le dé se fait un peu P*Us> un peu moins haut.
- Hauteur totale de l’ordre, §8 in. 9 p.
- Ordrec orinlhien.
- COLOISTSE. , .
- Hase.
- Pût .
- Chapiteau ,
- Entablement. ";rchitrave. , . .
- Prise............
- Corniche...........
- 28 modules.
- 1 m.
- 16 12
- 2 6 5 modules.
- 1 m. 9 p.
- 1 9
- Piédestal. ... 6 modules 12 parties.
- ®ase. .... .................Om. 14p. i/a
- *}é................., .... 5 1
- Corniche. ........ 14 V2
- Hauteur totale de l’ordre, 31 modules 12 parties.
- I
- S
- 20
- 5
- 612
- Ordre composite.
- o On a mis le composite (dit M. Paulin Désormeaux) au ïang des ordres, bien qu’il ne soit réellement que l’ordre corinthien auquel on ajoute les caractères distinctifs du chameau ionien (les volutes) ou tous autres ornemens, suivant ® goût et le caprice. L’ordre composite a été le premier pas a*t vers la décadence; l’homme qui ne peut s’arrêter dans désirs, n’a pu se contenter long-temps du beau simple :
- 1 foi a fallu le beau surchargé.
- " Le piédestal de cet ordre est en tout semblable à celui de l’ordre précédent. La base corinthienne ou la base attique ? euiploie de même pour cette colonne, et le fût s’élève dans es mêmes proportions : c’est par le chapiteau seulement que
- , °rdre composite diffère du corinthien... Le fut peut être
- paiement orné de cannelures qui peuvent être au nombre de ?»ngt ou 24 comme dans l’ordre ionique ; mais le module etant plus petit, les cannelures seront conséquemment plus Petites pour répondre au reste de la composition. Le me— fjuisier aura peu souvent l’occasion de canneler des colonnes: î sera plutôt appelé à pratiquer cette opération sur des pi— astres, et alors il pourra le faire aisément en construisant llt)e espèce de bouvet à joue mobile, armé d’un fer arrondi,
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- etc., etc. On met 7 cannelures sur chaque pilastre, et I tervalle ou listel qui les sépare doit être d’un tiers ou d®11
- quart de la cannelure.... S’il y adescablins, ils seront d®11
- tiers ou d’un quart de la hauteur..... Le menuisier ne d®>
- point mettre de cannelures sur les côtés du pilastre faisant saillie, etc., etc. »
- Pour élever un ordre d’une hauteur donnée, on divi*1 cette hauteur, exprimée en mètres, par le nombre de fl>0' dules dont est formé l’ordre dont il s’agit ; le quotient set* le module, ouïe demi-diamètre du bas delà colonne. Noll! disons le bas, parce qu’on trouve que la colonne a plus & grâce, en l’amincissant, vers son sommet, et in sen si b lente11' d’un tiers de module dans les deux tiers supérieurs de sÇ® fût. Le module ainsi déterminé, on compose sur cette uo||( une échelle qui sert à donner les hauteurs de toutes les so®8' divisions. On trace une verticale, sur laquelle on pot1' successivement les longueurs de la corniche, de la frise, ^ l’architrave, etc. ; par les points ainsi fixés, on trace des p* rallèles horizontales, entre lesquelles seront comprises tout®' les moulures de l’ordre.
- L’ébéniste veut-il, par exemple, soutenir le marbre d’u®1' commode par des colonnes corinthiennes, sans piédestal >f entablement : en supposant que la hauteur du meuble so1' de 12 décimètres, il divise 12 par 20, nombre des module de la colonne, et trouve que le module aura 6 centimètre5, ce sera l’unité de l’échelle; la colonne aura 12 centimètre d’épaisseur par le bas ; le fût, dix décimètres de hauteur la base, 6 centimètres, et le chapiteau, 14 centimètres.
- Réciproquement, si l’on entoure le bas d’une colonne d’®( fil, pour en mesurer la circonférence , en multipliant p*1 0,159, on en conclura le rayon ou module, et par suite I® hauteurs de l’édifice entier, et de toutes ses parties, sel°( l’ordre observé dans sa construction. C’est sur ces principe que s’exécutent toutes les compositions d’architecture.
- Les Frontons sont des constructions triangulaires, dont I1 hauteur peut beaucoup varier selon l’étendue. II y en a ^ petits dont la hauteur est le tiers de la base; d’autres so® construits sur le quart, le cinquième, ou le sixième. Celte d'" mension dépend du goût de l’artiste. Il en est à peu pr? de même des diverses moulures qui composent les corniche* chapiteaux, etc.
- Les pilastres sont des colonnes carrées (des parallélip1'
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- Ndes) rarement isolées : on les engage dans les murs ou 01®eries, et on les fait saillir à peu près d’un tiers ou d’nu jpiarl de module. D’ailleurs, les ornemens, les chapiteaux, la a?e> toutes les proportions enfin y sont réglées d’après les Preceptes de l’ordre qu’ils représentent.
- >'UvvtWWmHV(H«VV«WUWVt«»UMW««HUHMWnUWVIMUWMM
- CHAPITRE IV.
- DU DESSIN ET DU TRAIT DU MENUISIER.
- Après avoir exposé avec les détails nécessaires les principes 6 la géométrie-pratique, la manière de tracer toute espèce e figure régulière, de mesurer toute espèce de surface ; après a,roir donné, à l’aide de quelques notions d’architecture, les Proportions qui doivent régler les compositions du menui— Sler> il me reste, pour compléter tout ce que j’ai à dire sur les ^naissances préliminaires indispensables au menuisier, à entrer dans quelques détails sur le dessin.
- On sent bien que je n’ai pas la prétention de donner aux °aVriers des moyens de se passer de l’habitude et du travail Nécessaires pour faire à la main de beaux dessins; aussi tel 11 esl pas mon projet. « Suivez les écoles gratuites qui se sont Multipliées dans toutes les villes importantes : » tel est le Scul conseil que je peux donner à cet égard.
- Mais il esl une espèce de dessin qui s’exécute avec la règle le compas, que l’on sait déjà presque en entier quand on sait faire les opérations que j’ai enseignées pour tracer les diverses figures ; une espèce de dessin qui n’a pas pour lui avantage de la beauté, mais celui de la régularité et de Exactitude; c’est là celui dont je voudrais exposer les prin* ClPes fondamentaux.
- * Un dessin ordinaire, dit M. Francœur, quelque fidèle il soit, peut bien donner l’idée de la forme extérieure des c°rps et de leur situation mutuelle, mais ne saurait servir de jjjiide assuré à l’ouvrier qui veut en déduire la figure et les Mmensions des pièces qui entrent dans leur construction. » fi examen de la majeure partie des figures de la planche iv ïendra cela sensible; un grand nombre de pièces n’y sont Pas Vues sous leur véritable forme, et le raccourci de la per-sPective en altère les dimensions véritables. Cependant, fait °bserver l’auteur que je viens de citer? un comble en char-
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- pente, «ne porte, sont composés de pièces d’assemblagei d0"! chacune doit être taillée et préparée d’avance, de manier® n’avoir besoin d’aucune correction pour occuper sa place ' l’ensemble et se lier avec ses voisines.... Or,comment espep qu’un dessin qui ne montrele plus souvent que les parties e* rieures, et qui ne donne aux lignes que des longueurs etü , positions apparentes, puisse fournir à l’artiste des mes»1’, assez précises pour que chaque pièce, fabriquée à part, en1 dans la construction générale au lieu qu’elle y doit occupel et avec les formes et dimensions rigoureusement conven»" à son emploi ?
- Ce qu'on ne peut obtenir d’un dessin ordinaire se troBf aisément par les projections.
- Malheureusement, la théorie des projections est bien <*'" cile à mettre à la portée de ceux à qui mon ouvrage est desti|ï Néanmoins, grâce aux travaux de M. Francœur, et en ï>,{' tant à profit sononvrage, j’espère venir à bout d’exposer, qui peut être le plus utile, et mettre mes lecteurs en état* tracer le plan de tous les ouvrages qu’ils voudront eidrt prendre.
- On appelle projection d’un point sur une ligne ou sut* plan, le pied de la perpendiculaire abaissée de ce point cette ligne ou sur ce plan.
- La projection d’une droite sur un plan est une autre dTt* de longueur et de directions différentes, que déterminent1' projections de ses deux extrémités; ou de deux de ses pot* pris où l’on voudra sur sa longueur.
- La longueur de toute droite dans l’espace est le plus gf^ côté d’un triangle rectangle dont les deux côtés de l’uni droit sont, l’ un la projection horizontale de la droite, l’u^ la différence de niveau des deux bouts, ou sa projection ticale.
- Lorsqu’on projette une ligne, ou un cercle, ou une cori quelconque, sur un plan qui lui est parallèle, cette fig^ s’y transporte avec la même forme et la même grandeur.
- Tels sont les quatre premiers principes que pose M. Ffa cœur. Je n’ai pas voulu le suivre dans la démonstration qa en a donnée, cela m’eût entraîné dans des détails dépK dans un ouvrage de la nature de celui-ci; mais tenons principes pour démontrés, et voyons quelles en seront conséquences.
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- Grâce à ces principes, nous savons projeter des lignes; Us savons aussi, au moyen du quatrième principe , obtenir ne ligne absolument semblable à la ligne projetée; il suffit jj®Ur cela de faire la projection sur un plan parallèle à cette
- , Mai?, comme tous les objets peuvent être décrits par «s lignes, nous en obtiendrons une figure parfaitement exacte 11 Projetant ces objets, ou les lignes qui les représentent, sur n plan qui leur est parallèle.
- Rendons ceci sensible par un exemple : soit la porte d’une ^•Uoire; supposons que nous avons posé en face une table Plus grande et dont la surface est bien parallèle à celle de la Porte. Si de chacun des points de la porte on pouvait amener One série de lignes perpendiculaires sur la table, il est clair ?Ue les points qui terminent ces lignes traceraient sur la sur-ac® unie une figure lout-à-fait semblable à la porte ; il est clair aussi que les proportions étant, par suite, parfaitement observées, les dimensions de chacune des parties de la porte iraient, parfaitement conservées sur la figure, qu’on pourrait es mesurer sur la figure comme sur la porte, et avec la fi-®Ure exécuter une porte parfaitement semblable à celle qui a Servi de modèle.
- Mais, pour obtenir ces figures, on ne peut pas procéder oomme je viens de le dire , ce serait chose trop embarrassante, heureusement le second de ces principes que nous venons d’in* 1(fuer, nous fournit un moyen de parer à cet inconvénient. Nous savons que les projections des lignes sont détermi-bees par celles des deux points extrêmes; nous savons aussi jUe la position des lignes entre elles est réglée par la mesure ue leurs angles.
- Cela établi, revenons devant la porte dont nous voulons aŸoir la figure.
- Je remarque que celle porte (voyez fig. 84, pl. 2®) a une °rme parallélogrammique. Je mesure la ligne que torme la Partie inférieure et horizontale , et je la figure sur la table où yeux la dessiner, par une autre ligne pareillement horizon-a*e et de même longueur. Les lignes qui terminent les mon-,ans paraissent verticales; je m’en assure avec l’équerre, je }®s mesure, et je Ie.s figure par deux lignes d’égale longueur b'evées verticalement à chaque extrémité de la ligne horizon-a^e par laquelle j’ai complété mon tracé. Le parallélogramme est bientôt complet. Je porte sur la ligne du haut et sur la
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- ligne du bas la largeur des battans, puis je porte sur mon des;
- sin l’épaisseur des montans, puis celle des traverses, ce qf1 me donne aussi la dimension des panneaux. Alors mon dess® est tracé; il est semblable à la figure 84. Si, au lieu d’av01 affaire à des lignes se coupant à angles droits, j’avais renco®
- tré quelque angle plus aigu ou plus obtus ( voyez, par exe®, pie , fig. 81), je n’aurais pas été embarrassé , car je sais dejJ ^ faire un angle égal à un autre angle. Ma figure ainsi tracée®,, me donne que l’apparence extérieure, et certaines parties® diverses pièces de bois restent cachées; mais rien ne i
- pêche de les rendre sensibles et de figurer les tenons et jeîj | mortaises comme on l’a fait pour les divers panneaux rep®'1 i sentés fig. 86, en me servant de lignes ponctuées ou tracée* avec un crayon d’une autre couleur. . .
- Jusqu’à présent, mes dessins sont d’une grandeur égale l’objet représenté; mais cela est embarrassant dans un tre*' grand nombre de cas, et dans plusieurs cas, impossible. > m’affranchirai de cette gêne en réduisant proportionnelleme® mes dessins; en représentant dans mes figures les pieds psl des lignes, les mètres par des centimètres, etc.; en traça®1 par exemple, une ligne de 12 centimètres pour une ligne® 12 mètres, et ainsi de suite. On sent en effet que si l’on fal subir la même réduction à toutes les parties du dessin,iei proportions restant les mêmes, le dessin rendra les mêinel services, et qu’à l’aide de ce dessin il sera facile de rept°' duire dans les mêmes dimensions l’objet représenté; pouf^ qu’on soit averti que les centimètres du dessin sont tous la présentation d’un mètre, ou les lignes la représentation d’®1 pied.
- Il ne suffit pas d’avoir un dessin commode, il faut encof* avoir le nombre de dessins nécessaires. Il est certains obj®! qu’on a besoin de voir sous différentes faces pour pouvoir le‘ exécuter, et, par conséquent, il faut avoir les dessins de diverses faces. S’il s’agit d’un secrétaire, par exemple, il®! suffit pas d’avoir le dessin du devant, ou la projection sur 11,1 plan vertical de toutes ses parties antérieures ( ce qu’on ap' pelle 1 ’élévation) ; il faut avoir aussi la projection du fond s® un plan horizontal (ce qu’on appelle spécialement le plan} Enfin, il est des ouvrages pour lesquels il faut avoir le dessi" du devant, le dessin du derrière et le dessin du côté, ce qu’® appelle l’élévation antérieure, latérale et postérieure. Enfi®1 il est encore des cas très-nombreux où l’on a besoin de co®
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- ^re les détails intérieurs de l’objet qu’on veut faire; alors, |e SuPpose qu’il est coupé soit horizontalement, soit vertica-oient, et l’on dessine ce qu’on appelle la coupe, comme nous fi»V°ns ^ Pour *a cro'sée de M- Saint-Àmand (voy. pl. 3e, 115), et pour la traverse inférieure du pupitre portatif, 1^- ûg. 118, même planche. Les fig. 100 et 101 de cette pi ®che représentent le même objet ; mais l’une reproduit le Hv’ c'est‘a"£^re la projection horizontale, et l’autre l’eié— ton, f c’est-à-dire la projection verticale de l’escalier, vu sent qu’un dessin de cette nature ne sert pas seule— je à refaire un ouvrage déjà exécuté; il sert aussi à arrê-r à l’avance les dimensions de chacune des parties d’un !^age qu’on n’a pas encore fait. ar exemple, veut-on faire un secrétaire? on fera bien tracer l’élévation, pour régler les proportions de la plin— J’ de l’abattant, des tiroirs, etc., pour fixer sa hauteur; . *era bien d’en dresser le plan, pour marquer l’arrondisse-j.des coins ou le diamètre des colonnes; une coupe ver-indiquera la position des tiroirs et des parties intérieu-,jjS> et sur ces différens dessins, on réglera facilement la pension de chacune des pièces de bois qui doivent entrer ji®8 l’ouvrage, de manière qu’on puisse les exécuter sépa— ’jjeut, et assembler ensuite l’ouvrage à coup sûr.
- () genre de dessin s’emploie avec grand succès quand on revêtir de boiserie des surfaces courbes, des voûtes et
- res ouvrages de ce genre. Bonnons-en deux exemples, f ,*e suppose que nous ayons a revêtir de boiserie un pla-** à plein cintre, droit en plan. Je remarque que J’èléva-0tl est un demi-cercle et que les pieds droits de ce plafond d’équerre à sa face. Pour tracer le dessin, je m’occupe ;, abord du plan. Je le ferai sans peine en formant un paral-1 °gramme rectangle dont deux côtés seront égaux à la lon-: j>ueur et deux autres à la profondeur de la niche à revêtir.
- ’ ces quatre premières lignes, je marquerai l’épaisseur du ltcî,s> et en cas de besoin, la place des traverses, des mor- a'ses et des tenons. Pour avoir Y élévation, je trace d’abord ligne horizontale égale à la longueur du plan, et sur le ^ “'eu de laquelle j’abaisse une verticale dont la hauteur est gale à celle de la voûte au-dessus de la naissance du centre; ^ 8j du point où ces deux lignes se coupent, je trace un demi-j^cle qui va de l’extrémité de la verticale aux deux extrémi— es fie l’horizontale. Pu même centre, pour marquer l’épais-
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- seur du bois, je trace un autre demi-cercle intérieur; “ façon que l’intervalle des deux cercles règle cette épaisse1,, Ces deux cercles ayant ainsi réglé l’épaisseur des courbej'
- serviront pour tailler les pièces qui les composent et don1 ^
- longueur est aussi marquée. Enfin, deux demi-cercles eotf' les deux premiers règlent la largeur de la rainure dans 1®' ( quelle doivent s’ajuster les panneaux. ].
- J’emprunte mon deuxième exemple à M. Désormeaux/j ^ je choisis parmi ceux qu’il a compilés çà et là. La fig. 85, pb' rendra clair ce qu’il peut y avoir d’obscur dans le texte. F représente une arrière voussure dite de Marseille, plan ( , biais, et élévation surbaissée par devant, plein-cintre par i(i ® rière, droite en coupe du milieu, l’embrasure en quart*
- cercle.
- Cette arrière-voussure, dit cet auteur, dont rembras*1
- est terminée en arc, a été imaginée dans le dessin de M ^ dans cette embrasure l’un des vantaux ouvrans d’une p01 V ou d’une croisée. C’est pourquoi le plus bas de la courbej devant y doit être à la hauteur du point le plus élevé de ce du fond.
- Pour faire le plan de cette voussure, il faut que sa pro^ deur soit de même mesure que la moitié de la largeur 1 fond, et que le cintre de l’embrasure soit, en hauteur, éf à celui de la courbe du fond, afin que l’on puisse y loger1" des vantaux des portes, des croisées ou des volets. ,Ç|
- Faites donc le plan à volonté, avec l’attention que la tance AB soit égale à AC. Faites la courbe d’élévation* fond demi-cercle, en sorte que t s soit égal à p q. 1
- Divisez le plan et la coupe du milieu en quatre parties* joints de panneaux; faites-Ies horizontales en plan; éle^ ces lignes sur le quart de cercle de l’embrasure, et faite*6 les courbes qui démontrent les joints. Divisez la moitién la largeur en six parties égales, sur la courbe du fond/ tendez au centre les lignes des coupes 1, 2, 5, 4, 5, 6. 1
- Pour exécuter ces courbes, on prend leur largeur en pb et l’on tire leur longueur de leurs lignes respectives : on él^ perpendiculairement la seconde de ces dimensions sur la p1 mière, ce qui détermine l’étendue de la ligne oblique de chai coupe ( voy. iiii ). Les lignes de divisions du plan et celle!1 l’élévation étant portées, les unes horizontalement, les au1 perpendiculairement, sur la longueur et la largeur de cba1* coupe, donnent, par leur rencontre sur la ligne oblique, joints des panneaux,
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- Pour avoir le développement de la courbe d’embrasure, ltez parallèlement à la ligne biaise AB la ligne ab ; élevez per-leodiculairement les angles formés par les courbes du devant 1 Par celles du fond, ainsi que par les lignes de joints ; pre-ez ja hauteur de la courbe sur son élévation p q; prenez-y , Ssi la longueur des joints 7, 8, 9, que vous mènerez paral-^ement à a b; faites passer à leur rencontre avec les perpen-lculaires x, x, les lignes des angles intérieurs de la courbe, cel!es qui marquent son épaisseur : les rencontres de celles-1 aVec les horizontales du plan donneront les lignes des an-®extérieurs.
- Ces exemples et les principes qui précèdent doivent suffire Pour guider le menuisier intelligent, et le mettre en état exécuter le plan de tous les ouvrages pour lesquels on n’est i P*8 obligé de recourir spécialement à l’appareilleur.
- | vvv\ vvv\ v\v\ vu'.uumi uvi v\miwVwir
- CHAPITRE V.
- j(
- j DÛ CORROYAGE DES BOIS,
- K Cn entend par corroyer les bois, l’opération d’aplanir, de 1 resser leurs surfaces, de les rendre bien parallèles entre elles; ,^e 'jai s’exécute à l’aide de la varlope et de plusieurs autres P “Mis que j’ai déjà fait connaître.
- .. Après avoir choisi une planche d’une grandeur propor-10l*née à l’ouvage qu’on veut faire, on examine, quand on 8' la corroyer, quelle est celle de ses surfaces qui est le ejlus qe el (jUi présente le moins de défauts , ou celle qui e> convexe. On pose la planche à plat sur l’établi, de ma— è?leïeque cette surface soit en haut et qu’on puisse la travaillée librement. On appuie l’extrémité de la planche par le ^oieu de son épaisseur contre le crochet, et on donne à l’autre pl#Xtrémité un coup de maillet qui fait pénétrer les dents dans elbois et assujettit la planche d’une manière stable, pï S il y a de trop fortes inégalités, on commence par les faire a^uter avec le fermoir et !e maillet, en ayant soin d incliner es,lel exactement le fermoir suivant l’angle de son biseau, al On prend ensuite la demi-varlope ou riflard, et avec cet igiflstrunaent on commence adresser la surface, à faire dispa— e, a*lre les autres fortes inégalités ; en un mot on dégrossit l’ou-rage. Le riflard est l’instrument le plus commode pour cette
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- opération, parce qu’il est moins pesant, plus facile à manœuvrer, et que son fer à tranchant un peu arrondi sur les angles pénètre plus aisément dans le bois et enlève les copeaux plus épais. Mais cet instrument ne saurait suffire; et quand üa découvert toute la surface du bois, quand il l'a mise à peU près de niveau, et lorsque les aspérités ont disparu, on 1* remplace par la grande varlope. La grande étendue du fer de cet instrument, la forme parfaitement droite de son trancha^ la longueur de son fût, qui lui fait suivre toujours une direction bien horizontale, le rendent éminemment propre à terminer le corroyage, à faire disparaître les plus petites inégalités , h obtenir des surfaces bien dressées et aussi unies qu’1' est possible de le désirer.
- Quelque simple que soit l’opération de pousser la varlof' ou le riflard, il ne faut pas croire pourtant qu’elle ne demaadj aucune précaution. 11 arrive souvent à l’apprenti matlent" etqui ne se rend pas copipte de ses mouvemens, de u'obtert1 qu’une surface courbe avec une varlope des mieux dressée* Le plus ordinairement la planche se trouve bombée au milie1 et plus élevée sur ce point qu’aux deux extrémités. Il est facile de trouver la cause de ce défaut et d’y remédier. L’ap prenti tient la varlope avec les deux mains; il saisit la poigné' de la main droite , appuie la main gauche sur l’extrémité a# térieure de l’instrument, qui souvent est garni d’un bouton et pousse l’outil sur la planche, en le dirigeant du côté d> crochet de l’établi; arrivé jusqu’au bout, et lorsque le fer' dépassé la planche, il ramène la varlope à reculons jusq«\ l’autre extrémité, et recommence à pousser.
- Maintenant, qu’on fasse bien attention à ce qui se pas* dans cette opération. Lorsque l’ouvrier pose pour la premier| fois la varlope sur la planche, il faut que le fer touche 1| tranche de l’extrémité par laquelle il commence; il en résuUj que la moitié postérieure du fût est en l’air, et pour peu alof| qu’il appuie avec la main droite, il fait baisser cette partie élève la partie antérieure; dans cette position, le fer se trouq nécessairement un peu plus bas. Bientôt la varlope portai par tous les points sur la planche, ce défaut d'horizontal^ cesse. Mais, dès que l’outil touche à la fin de sa course, même effet se reproduit, puisque l’extrémité antérieure dj fût ne porte plus sur la planche, et s’abaisse pour peu qu. l’on presse avec la main gauche. Il en résulte qu’à chaq4 mouvement de la varlope, le degré d’inclinaison du fer vaf
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- *fois fois, et de telle sorte que le tranchant pénètre plus aisément dans le bois au commencement et à la fin de la course In au milieu.
- La cause du mal étant bien connue, il est facile de trouver e remède. Puisque tout provient d’un léger défaut d’horizon-afité dans la varlope, défaut qui produit peu d’effet à chaîne fois, mais qui finit par être bien sensible par suite du fffand nombre de courses qu’on fait faire à l’outil, il faut mettre |0|)s les soins possibles à l’éviter. Pour cela , en commençant a course, il faut appuyer fortement avec la main gauche, ne Pas presser du tout avec la droite, et n’employer cette main pousser, jusqii’à ce que tout le fût repose sur la planche. ''h contraire, quand on touche au terme de la course, quand 'extrémité inférieure du fût commence à dépasser la pièce de j°is qu’on travaille, la main gauche ne doit plus appuyer. La main droite seule presse et pousse ; la gauche ne sert plus ?a’à maintenir e'. diriger l’instrument dans la droite ligne. Leite manière de procéder paraît dans les commencemens em-rTrassante et minutieuse; mais toutes ces précautions sont Indispensables chaque fois qu’on veut se servir d’un outil à Pt. Heureusement les apprentis contractent bientôt l’habitude de ces mouvemens intermittens, et finissent par les exécuter snns s’en apercevoir. Par une raison semblable à celle que je 'jens de faire connaître, quand on approche du bord de la Planche, un côté seulement de l’outil est soutenu, e^la planche s®rait convexe sur sa largeur, si on ne soutenait l’outil en pendant la main à droite quand on est près du bord gauche, et a gauche quand on est à droite.
- ..Indépendamment de ces précautions, il faut avoir soin de d'en mettre en fût; c’est-à-dire de donner au fer le degré de Pente convenable, et de le disposer de telle sorte que la pe— !"e surface inclinée du biseau soit parallèle avec la surface Inférieure de la varlope, et en forme, pour ainsi dire, la con-"tuation. Il ne faudrait pas croire avancer davantage et mieux
- "ire en donnant beaucoup de fer, et en le faisant sortir par-
- ti ......................t......................
- dessous, de manière à prendre beaucoup de bois à la fois, ce lirait une erreur : il faut, au contraire, que le fer soit peu pillant. Sans cette précaution il pénètre trop profondément, ^prouve une trop forte résistance, ne peut la vaincre, s’ébréche ou ressaute sur la planche, et la couvre de profondes irrégulières entailles. Il arrive tout au moins que les copeaux étant trop gros, ne peuvent plus sortir d’eux-inêmei Menuisier. 1. 21
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- de la lumière, ils s’y accumulent, s’engorgent; on est forcé fa les retirer avec une pointe de fer, et l’on perd plus de teH>Ps qu’on n’espérait en économiser. On prévient en partie cet >8' convénient en graissant l’intérieur de la lumière : quand il! «trop de fer, on le fait entrer en donnant un ou deux coup* sur le derrière du rabot, et en frappant ensuite sur le coü1 pour l’assujettir. Au contraire, pour faire sortir le fer,0,1 frappe sur le devant ou sur le talon du fer. On doit, en frap' pant à droite ou à gauche du talon du fer, mettre la courbuf1 de ce fer bien au milieu du fût.
- Quand on a usé de tous ces soins, il n’est pas encore sü1 que l’ouvrage soit parfaitement dressé. Il l’est bien dans) sens de la longueur; mais on peut ne pas être sûr d’avo'1 passé partout la varlope un même nombre de fois; on n’a-pas sûr de l’avoir poussée toujours bien en droite ligne ; p*1 conséquent, il n’est pas certain qu’on ait bien dréssé le bof entravers. Il y a plus : quelquefois la planche est convexe' l’une de ses extrémités, et concave à l’autre; il faut donc co* naître le moyen de s’assurer de ces imperfections. Il y en un bien simple, il consiste à bornoyer, comme on dit ord' nairement. Cette opération consiste à fermer un œil, en pP çant l’autre très-près du bord de la planche ; et dans une <1 rection bien parallèle à sa surface. Alors, comme tout ce <f est dans la ligne droite doit être caché par le bord , on s’ape1 çoit des plus petites inégalités; s’il n’y avait cependant qu’# léger degré d’inclinaison à une des extrémités, on pourr» ne pas s’en apercevoir, mais on peut aisément rendre ce 4 faut beaucoup plus apparent. Pour cela, appliquez à chaq1 extrémité deux longues règles ; elles prendront nécessaire ment la même inclinaison que l’extrémité qui ne serait p: bien dressée en travers, et leur longueur rendra sensibb l’œil le moins exercé le défaut de parallélisme, On peut air ( et c’est peut-être le meilleur moyen) appliquer en tous 1 sens, sur la surface, une très-bonne règle ou un chevé bien dressé par un de ses côtés. Si en regardant à contre-jé entre ces deux objets, on aperçoit à peine ou pas du tout lumière, le travail a été bien fait; il est imparfait si la I1 inière paraît plus dans un point que dans un autre. On se s< avec beaucoup d’avantage pour cela des réglels dont j’ai dofl la description.
- Quels que soient les défauts qu’annonce la vérification, faut se remettre à raboter de manière à les faire disparaît!
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- et passer suffisamment la varlope sur les parties saillantes o« conyexeS; majs ]orSqU’on approche de la fin de l’opération, *aut souvent en venir à vérifier de nouveau, relles sont les règles générales pour dresser la surface d’une P anche ; mais on sait déjà, d’après ce que j'ai dit en décrivant es ousi/s, que lorsqu’il s’agit de dresser des morceaux de peu Rendue, et de faire de petits ouvrages, on substitue à la ^rJope, trop embarrassante dans ce cas, une petite varlope lignée sous le nom spécial de varlope-onglet, ou des rabots différentes formes. On sait aussi que quand les bois sont Urs, noueux, on se sert de fers moins inclinés, dont le bi— ?e?u est plus fort, moins aigu, et prend moins de bois à la ,01s-_ Je dois ajouter que lorsque les bois sont rebours, c’est— a-dire formés de fibres non parallèles entre elles, mais entre-îcées et croisées en différens sens, on traverse le bois, c’est-, dire qu’on pousse le rabot ou la varlope transversalement ? ta longueur. Il est dans ce cas trop difficile de faire courir le fer sur une grande surface. Heureusement on n’emploie père ces sortes de bois qu’à des ouvrages petits et destiné* " être polis.
- Quand on a bien dressé une première surface, le plus dif— ,cile de l’ouvrage est fait, car celle-là sert à dresser toutes autres, dont il ne faut s’occuper qu’après avoir fini la pre— père. Pour peu que la planche soit épaisse, on fait sur chacun **es bords, avec le trusquin , un trait que l’on suivra en corroyant la seconde surface, et qui règle son parallélisme avec Ja première ; pour cela, on fait glisser la tête du trusquin sur a surface dressée, et d'on a soin de ne pas faire varier, dans chacune des deux opérations, la longueur de la partie de la hge qui dépasse la tête, afin que l’épaisseur soit la même des deux côtés.
- Gela fait, on retourne la planche sur l’établi, on met en itair la surface non corroyée, et après avoir fixé l’ouvrage avec le crochet, on dresse cette seconde surface comme la première.
- Cette opération faite, il faut songer à dresser le côté ou la rive de la planche. Pour cela si l’extrémité de la planche est bien droite, avec une équerre on trace sur la surface de la planche, et le plus près du bord possible, une ligne perpendiculaire à cette extrémité. C’est cette ligue qui doit servir de guide. Si l’extrémité de la planche n’était pas coupée bien droit, il faudrait alors tirer, le long d’un des bords longilu-
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- dinaux, une ligne droite, en veillant uniquement à ce qu’elh suivît aussi près que possible les enfoncemens du bord, afi» i d’avoir à couper moius de bois.
- Si on a beaucoup de bois à retrancher, si le bord est très' inégal, on fixe la planche sur l’établi à l’aide du valet, puis) avec un fermoir et un maillet on enlève çà et là toutes les pat'1 ties les plus saillantes, et l’on met la rive à peu près de niveau sur tous les points, avec le trait qu’on a tracé. Il faut cepen' dant ne pas trop enlever de bois et en laisser au contraire un peu en avant du trait, afin que les premiers coups de lu varlope ne le fassent pas disparaître.
- Après ce travail préliminaire, on pose la planche de champ sur le côté de l’établi, en tournant en haut la rive qu’on veut dresser. Si on n’a pas oublié la description que j’ai donnée de l’établi, à peine est-il besoin que je dise comment la planche doit être fixée dans cette position. On voit déjà qu’elle est prise par un bout dans la presse de côté ou dans le crochet latéral, et soutenue à l’autre bout par un valet de pied. Il arrive cependant quelquefois que cette méthode doit subir un® modification. Cela est indispensable quand la planche est trop courte, et qu’elle ne peut être appuyée sur le valet. Dans ce cas, il n’y a pas d’autre moyen que de remplacer le valet de pied par une sorte de crochet mobile et temporaire. On fait dans une traverse en bois une entaille latérale triangu' laire et un peu profonde. On fixe cette traverse, qu’on appelle pied-de-biche, sur le dessus de l’établi, à l’aide du valet ordinaire; et, comme ce valet peut être mis tantôt dans un des trous de la table, tantôt dans l’autre, on s’arrange de manière que le pied-de-biche vienne se présenter à côté de l’extrémité de la planche; on l’assujettit fortement dans cette position , après qu’avec le maillet on a serré le bout de la planche contre l’entaille.
- On corroie les tranches, on les rifle comme les plus grandes surfaces, et avec bien plus de facilité, puisqu’à raison de leuf peu d’épaisseur, on n’a pas à craindre qu’elles ne soient pas bien dressées dans le sens de la largeur. Comme il serait difficile de maintenir, sur une superficie si étroite, un instrument à fût aussi long que la varlope, on se sert de préférence, pour cette opération, du rabot ou delà varlope-onglet. Lorsqu’on s’est assuré avec une règle, ou bien en bornoyant, que la tranche est bien dressée sur sa longueur, il ne resW plus qu’à vérifier si la surface nouvellement dressée fait un
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- ângle bien droit avec la première, ou lui est bien perpendiculaire; ce dont on s’assure aisément en faisant glisser d’un “fut à l’autre l’angle qu’elles forment'dans l’angle rentrant d une bonne équerre.
- L’autre tranche doit être corroyée de la même manière : “Wis il faut auparavant prendre une précaution indispensable pour mettre la planche de largeur, c’est-à-dire pour s’assurer qu’elle est aussi large à une de ses extrémités qu’à l’autre, et que ses deux tranches sont bien parallèles entre elles. On pousse la tige du trusquin de manière que la pointe soit séparée de la tête, d’un intervalle égal à la largeur que doit par-l°ut avoir la planche. On applique la tête de l’outil contre la Manche, et on le fait glisser d’un bout à l’autre, de façon qu’il trace une longue ligne au bord opposé d’une des grandes surfaces ; on en fait autant sur l’autre surface, et les deux traits qui en résultent, qui sont tous les deux bien parallèles entre et avec la tranche déjà dressée, qui sont aussi également Soignés de cette première tranche, servent de guide quand on corroie la seconde.
- Quelquefois il arrive que les deux tranches ou les deux grandes surfaces d’une planche doivent être inclinées entre elles et non parallèles. Dans ce cas, on règle les degrés d’inclinaison sur toute l’étendue de la surface avec la sauterelle ou fausse équerre. Si ce sont les deux faces de la planche qui ne doivent pas être parallèles, il faut, après avoir dressé l’une, dresser de suite la tranche le lopg de laquelle on fera glisser la sauterelle, pour vérifier.
- Si les deux surfaces devaient former entre elles un angle de quarante-cinq degrés, il vaudrait mieux se servir de 1 ’ équerre $onglet, qui donne invariablement cet angle.
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- CHAPITRE VI.
- MANIÈRE DE CHANTOURNER, CINTRER ET COURBER LE BOIS,
- Toutes les pièces de bois que l’on emploie dans la menuiserie ne sont pas planes. Souvent on en emploie qui présentent des courbures très-variées ; il est donc essentiel de savoir quelle est la manière de tailler et de corroyer ces bois; je ferai ensuite connaître en détail un procédé pour se dispenser de ces opérations difficiles.
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- La première opération à faire lorsqu’on veut chantourne?i c’est-à-dire tailler des bois courbes, est de faire un calibre• On donne ce nom à des morceaux de bois minces, taillés conformément à la courbe que l’on veut obtenir, et qui servent i ensuite de règles pour tracer l’ouvrage. On emploie ordinal'j rement pour cela des voliges de bois blanc, qu’on taille aisé-1 ment après avoir marqué la courbe avec un compas, o« après l’avoir dessinée quand elle ne forme pas une portion d® cercle. Indépendamment de ce moyen qui est connu, il en es1 un autre très-commode, que je n’ai jamais vu employer dt nos jours, quoiqu’il fût bien usité autrefois, et dont je conseil' lerais d’adopter de nouveau l’usage. Quand on veut imiter né meuble qu’on a sous les yeux et dont les courbes sont déja déterminées dans les proportionsconvenables, au lieu de tà' tonner long-temps pour arriver à faire des calibres qui aie»1 exactement lesmêmes courbures, pourquoi n’essaierait-on p3| de les calquer pour ainsi dire, avec une règle de plomb, fl1 trop mince ni trop épaisse, et à laquelle on ferait prendd toutes les formes désirables. Il suffirait, pour réussir parfaite ment, de presser la règle contre les diverses surfaces dumeubl' qu’on voudrait imiter. Si c'était un fauteuil, par exemple, o( l’appliquerait d’abord sur le dossier, puis sur les bras, puis su1 le montant qui les supporte, puis sur les pieds de derrière, i mesure qu’on prendrait ainsi l’empreinte de chacune de se; parties, on se servirait de la règle de plomb pour tracer touté les courbes sur une volige; et quand ensuite on aurait suit tous ces traits avec une scie à chantourner, on se trouvera11 muni, sans tâtonnemens, sans essais infructueux et presqt' sans peine, d’une ample provision de calibres. La même règlj pourrait servir un bon nombre de fois. C’est avec la scie 1 chantourner qu’on évide les parties concaves des pièces cintrées; mais il faut d’abord prendre la précaution de tracé deux traits parallèles qui indiquent et la courbure de lapiè« et son épaisseur.
- Il y a deux modes différens de courbure. Certaines pièce courbes sont peu larges, et alors leur courbure est prise a« dépens de la largeur de la planche qui les fournit. Il suff alors, pour tracer, d’appliquer le calibre sur la surface sup' rieure de la planche, et de tirer l’un après l’autre deux trai1 dont l’intervalle règle l’épaisseur de l’ouvrage.
- Si, au contraire, la pièce courbe a une grande largeur, I courburedoit être prisedansl’épaisseur de la planche qui s«;
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- matière première : alors, au lieu de deux traits, il faut en racer quatre sur chaque trarschedela planche qu’on a préa-, .lement dressée. On trace deux traits de chaque côté, et ils fixent être également espacés ; car ce sont eux qui déter— binent l’épaisseur, qu’il est nécessaire de rendre égale sur chaque rive. On sent que, dans ce cas, si la courbure de l’ou-Vrage doit être très-forte, il y a de l’avantage à faire la pièce c°urbe de plusieurs morceaux, parce que l’on n’aura pas be-s°>n de prendre des planches aussi épaisses, ce qui entraînera ane grande économie de bois.
- Quand on a ainsi cintré approximativement la pièce, il l’achever en la corroyant. Cette opération est d’autant Plus indispensable que la scie suit rarement avec une parfaite j^gularité les traits qu’on a tracés, et que le rabot corrige ces egères imperfections. Par ce motif, il est bon de tracer de ®°uveau.
- On dresse d’abord les pièces sur la tranche. On les met ? equerre par les deux bouts, c’est-à-dire qu’on s’assure que quatre côtés de la pièce font entre eux des angles bien droits. jUsuite on corroie l’intérieur et l’extérieur de la courbe avec ®es rabots cintrés.
- Lorsque les pièces courbes sont très-larges, on a à craindre gauchir les extrémités en les mettant d’équerre, c’est-à-dire 1,6 leur donner d’un côté ou de l’autre une inclinaison vicieuse, Ce qui suffirait seul pour empêcher de bien dresser les grandes s,1rfaces de la pièce. Pour éviter cet inconvénient, il faut ti-sur le plat delà courbe, et à son extrémité, deux traits ** après lesquels on donne deux coups de guiilaume qui y font ^be rainure. On y pose deux morceaux de bois un peu longs, qui rendent sensibles toutes les irrégularités d’inclinaison. Il y a des pièces d’une forme et d’une courbure telles, ?u’on ne peut pas les corroyer avec le rabot cintré. Alors ’l n’y a pas d’autre ressource que de les corroyer du mieux lu’on peut avec le ciseau, la râpe, ou leracloir (1 ).
- (t) Les racloirs sont des outils dont je n'ai pas encore parlé. On *lonne ce nom à des morceaux d’acier de deux ou trois pouces de long Siir environ un pouce de large. Ils entrent en entaille dans un morceau (l® bois qui sert à les tenir. On affûte le fer de ces outils à l’ordinaire, Puis, avec la quarre d’un ciseau, on replie le tranchant à contre-sens 'lu biseau, en sorte qu’en le passant sur le bois il enlève des copeaux très-minces.
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- Procédé d’Isaac Sargent, pour courber les bois.
- Jusqu’ici les moyens queje viens de décrire étaient les se°j* fréquemment employés pour se procurer des pièces do bol> courbes ; ils étaient à la fois à l’usage du menuisier et duchat' ron,du charpentier et de l’ébéniste. Presque toujourslespièceSj cintrées étaient prises dans un plus fort morceau debois qu’n était obligé de débiter avec la scie ou avec le ciseau pour o®'; tenir la forme convenable. II était impossible de ne pas coup^j le fil du bois; les mêmes fibres cesseraient d’aller d’un bout*| l’autre; de sorte que pins on cherchait à amincir l’ouvrag*;!
- afin de lui donner de la grâce, plus on le rendait fragile; pour conserver la solidité nécessaire, on était forcé de laissé
- des pièces lourdes.
- Tous ces inconvéniens cesseront d’exister quand on e®1 ploiera habituellement le procédé suivant.
- Un ingénieux artiste avait, comme je l’ai déjà dit, imagi^ en France de ramollir les bois en les faisant bouillir dat l’eau et de les contourner ensuite dans des moules dispos1 exprès, suivant la forme déterminée. Il réussissait parfadf ment; mais la grandeur des chaudières nécessaires, d’autt1 difficultés d’exécution, avaient empêché ce moyen d’être fr*' quemment usité. Un Anglaisa récemment rajeuni en Fran1 cette même méthode, mais avec des modifications qui en rt( dent l’exécution bien plus facile. Voici les moyens qu’il etf' ploie. Il fait travailler le bois à droit fil, en lui donnant j forme et la longueur qu’il doit avoir après qu’il sera court1 on ne lui conserve que la force nécessaire. Ensuite on 1’expo; à la vapeur de l’eau bouillante assez long-temps pour qu’il s^j ramolli au point de pouvoir être plié ou courbé sans se rompt; Si on n’a pas oublié ce que j’ai dit dans la première partie cet ouvrage sur la manière dont M. Neuman s’y prend po1 dessécher plus promptement et améliorer les bois, on veh que le procédé que je décris maintenant réunit à ces avantag1 spèciaux, tous ceux queM- Neuman se propose d’obtenir;1* verra aussi que pour l’exécuter il n’est pas nécessaire de' pourvoir de vastes chaudières.
- Quand le bois est assez ramolli, on le contourne dans1
- moule disposé convenablement. P.ien n’empêche de le far en bois : pour peu qu’on ait à faire un certain nombre 'J pièces de la même forme, on sera bien dédommagé de la per qu’on prendra pour cela. Ces moules sont ordinairement
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- JP de deux pièces. On laisse les bois sécher à l’ombre sans sortir des moules. Quand ils sont bien secs, ils ont acquis '^variablement la forme qu’on leur a fait contracter, et, pour a leur enlever, il faudrait les ramollir de nouveau. Ces bois, a*Osi préparés à droit fil, ne perdent rien de leur souplesse Ü! de leur élasticité. L’ébéniste, le menuisier, pourront faire formais leurs meubles à formes courbes plus légers et moins Pds; la construction des sièges y gagnera surtout prodi— fusement, et il n’est pas douteux que M- Isaàc Sargent, en Puralisant ces procédés en France, n’ait rendu nn éminent Service à notre industrie.
- ..Les ébénistes qui n’emploient pas ce procédé, savent très-
- 'en que leurs pièces chantournées manquent de solidité quand a courbure est un peu forte. Dans ce cas, en effet, la pièce est sciée presque à bois de travers, et la fibre manque de Ion-Pur. Pour remédier nn peu à ce défaut, ils creusent, au bout
- au centre de la pièce, des mortaises aussi profondes que Passible, et les remplissent par des morceaux de bois de fil c°Hés solidement.
- L’expérience a confirmé ce qu’avait annoncé la théorie; elle est en faveur des bois à droit fil. Les bois débités et cassans Par l’ancienne préparation au feu , qui leur ôte le nerf et Félicité, n’entrent plus dans aucune construction importante, ’** dans celle où le goût doit présider.
- Non-seulement Fart qui nous occupe, mais encore la char-f°nnerie, la menuiserie en carrosse, trouvent de grands avances à employer les bois à droit fil. Ils sont propres surtout '?!* perfectionnement des devantures de boutiques, objet sur
- ®quel nous appelons l’attention particulière du menuisier.
- iv\i Yvti uv,u*.v mvîuivuimwu'^vv.
- CHAPITRE VII.
- MANIÈRE D’ASSEMBLER LES PIÈCES DE BOIS.
- Il ne suffit pas de savoir dresser et chantourner les diffé-itftIUes pièces de bois qui composent un ouvrage , il faut con-Ptre Fart de les unir entre elles, de les entailler de manière leurs extrémités s'emboîtent les unes dans les autres. L est là ce qu’on appelle assembler, et il n’est pas douteux fl le cette opération ne constitue une des parties les plus implantes de Fart du menuisier; sans elle on ne ferait jamais
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- que des pièces épaisses, des fragmens, jamais un ouvragé complet; et si on la négligeait, si les joints étaient mal faits> le meuble d’ailleurs le mieux fait deviendrait grossier, cpffl' muu et ridicule. C’est de la perfection des assemblages que dépendent la solidité et l’élégance des travaux du menuisief' i On ne saurait donc y apporter trop de soin et de précision.
- Il y a plusieurs espèces d’assemblages qu’il est essentiel de connaître, afin de pouvoir les employer à propos; ma,s: ordinairement ils sont composés de tenons et de mortaises. ;
- 1° De la Mortaise.
- On entend par mortaise une cavité longitudinale dont I’ofl' verture a la forme d’un parallélogramme rectangle, et qui es1 creusée dans une pièce de bois. La mortaise est presque toü' jours beaucoup plus longue qu’elle n’est large, et la définitif11 que je viens d’en donner indique suffisamment qu’elle a quatè parois.
- 2° De l’enfourchement.
- La mortaise prend le nom d’enfourchement quand une de1 parois manque, c’est-à-dire quand l’entaille est prolong®1 jusqu’à l’extrémité de la pièce de bois dans laquelle on 1 creusée; de telle sorte que si la mortaise pénètre cette pic®1 de bois de part en part, cette extrémité forme une espèce fourche composée de deux planchettes parallèles, saillant® au bout de la pièce de bois et faisant corps avec elle.
- 5° Du Tenon.
- On appelle tenon l’extrémité de l’autre pièce de bois q1 doit entrer dans la mortaise. Pour que ces deux parties s’® daptent exactement l’une dans l’autre, il convient, on le set déjà, qu’elles aient les mêmes dimensions; par conséque»1 si les deux pièces de bois à assembler ont un égal volutn® il faut, de nécessité absolue, que pour former le tenon 1 amincisse l’une d’elles à son extrémité. On fera cet aminci sement en entaillant d’abord la pièce de bois perpendiculait ment à chacune de scs faces d’une profondeur déterminé' puis en enlevant l’excédant du bois depuis le fond de ces ® tailles jusqu’à l’extrémité de la pièce de bois, de telle soi que l’amincissement commence brusquement et non par g* dation, et que le tenon ait la forme d’une petite planche adaptée à l’extrémité de la pièce de bois. Les faces de ce'
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- Manchette font un angle droit avec l’excédant d’épaisseur de Cette extrémité, et cet excédant, qu’on appelle arrasement, 8 applique exactement sur la surface de l’autre pièce de bois rçuand le tenon est entré dans la mortaise.
- , fig. 43, pl. 2e, représente un tenon et une mortaise pla-Ces en face l’un de l’autre.
- Ce que je viens de dire indique déjà deux espèces différâtes d’asseml>!age : Y assemblage en enfourchement et l’a»* Sernblage à mortaise.
- 4° Assemblage en enfourchement.
- On sait donc que l’assemblage en enfourchement est celui jjans lequel la mortaise n’a que trois parois et règne jusqu’à ‘extrémité du bois, ce que l’on exprime encore en disant qu elle n: ’a pas d’épaulement; car on donne ce nom à la petite Portion de bois qui sépare une mortaise d’une autre mortaise, *** qui tient lieu d’extrême paroi. Dans Y assemblage en en-1 i°ut'chement, le tenon n’a point d’arrasement du côté où la Mortaise n’a pas d’èpaulemenl, et, dans ce point, il est de ^Veau avec tout le reste de la pièce de bois.
- 50 Assemblage carré.
- L’assemblage à mortaise se subdivise lui-même en plusieurs espèces qui portent différens noms.
- , On l’appelle assemblage carré quand les arrasemens sont e?aux de chaque côté. Tel est celui dont nous avons repré-Senié déjà la disposition ( fig. 4s).
- 6° Assemblage d’onglet.
- } On emploie Y assemblage d’onglet quand il est question ^ unir des pièces de bois ornées de moulures sur les bords. ^ cet effet, on prolonge l’arrasement du tenon du côté de la foulure et de manière à ce qu’il soit égal à celle-ci; dans ce Cas» au lieu de tailler latéralement cet arrasement, de façon qu’a soit perpendiculaire au tenon , on le coupe d’onglet, ou façon que ses deux surfaces forment ensemble un angle de 15 degrés. D’un autre côté, on coupe aussi la moulure sur la Pièce de bois qui forme la mortaise, de façon à ce qu’elle soit pillante en avant de répaulement, et fasse avec lui un angle 135 degrés. ïl en résulte que lorsque ces deux pièces sont ^semblées, les deux moulures semblent ne faire qu’un, et tlea ne nuit à son effet (voyez fig, 44, pl. 2e). Quand les
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- traverses qu’on assemble portent des moulures des deux côtes» alors il faut de chaque côté prendre cette précaution et cou' per chaque moulure d’onglet comme l’indique la fig. pl. 2e.
- 7° Assemblage à bois de fil.
- Cette manière de procéder n’est pourtant pas encore meilleure ; il convient de ne jamais l’employer quand on joifl* à angles droits les pièces d’un ouvrage soigné, qui sera sia1' plement recouvert d’un vernis transparent. Dans ce cas, e" effet, les fibres de l’une des traverses viendraient faire $ angle droit avec les fibres de l’autre. Il faut nécessaireme11! employer Y assemblage à bois de fil, à l’aide duquel les fibr^ se joignent bout à bout, ont l’air de se replier elles-mêio6' pour faire l’angle droit que forment les pièces. Dans cet as' sembîage, représenté fig. 48, pl. 2e, le tenon est bien dans 1* même direction que la traverse qu’il termine; la mortaise bien creusée perpendiculairement à la longueur de l’autd traverse, ainsi que cela a lieu dans les assemblages ordinal' res; mais les arrasemens elles épauiemens ont une direction tout-à-fait différente. On coupe d’onglet non-seulement 1* moulure, mais toute la traverse, le tenon excepté, de tell* sorte que la ligne d’assemblage coupe exactement en de«! l’angle droit que forment les deux pièces quand elles son1 jointes; de cette façon, l’arrasement forme, avec la trancb* interne de la traverse , un angle de 45 degrés, et il en est d* même de l’épaulement de la mortaise et de toute la porti^ de la petite surface dans laquelle elle est creusée.
- 8° Assemblage à fausse coupe.
- Lorsqu’on a des pièces de bois d’une largeur inégale e qu’on veut les assembler à bois de fil, on commence par cote per la moulure d’onglet, puis, avec un compas, prenant! largeur de la pièce la plus étroite, on porte cette étendue su1 l’extrémité de la plus large, à partir de sa tranche intérieur ou du bord de la moulure. On marque avec un point l’endroi de sa largeur, qui correspond à la largeur de la plus étroit6 et on coupe d’onglet depuis la moulure jusqu’à ce point ( fij 46, pl. 2e) ; c’est ce qu’on appelle assemblage à fausse coupl
- Lorsque, dans cet assemblage, ou dans l’assemblage à boi de fil, la coupe est trop grande après l’épaulement de la mot taise et tout à l’extrémité des traverses, on peut faire tü
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- Pe^t assemblage à enfourchement qui empêche les pièces de Varier, et les fixe plus solidement entre elles.
- 9o Assemblage à demi-bois.
- Il y a une autre espèce d’assemblage sans tenon ni mor-aise, qui est peu solide, mais promptement fait, et qu’on Ctnp!oie avec avantage dans les ouvrages communs: c’est l’os-*eniblage à demi^bois. Chacune des deux pièces qu’on astable de cette manière ( fig. 48, pl. 2e) porte un tenon *lUl n’a d’arrasement que d’un seul côté. On entaille pour j;®la chacune des traverses qu’on veut assembler ainsi perpendiculairement à sa grande surface, à une distance de son ex— vénrité égale à la largeur de l’autre traverse. Cette entaille, ou rait de scie, descend jusqu’à moitié de l’épaisseur; puis on fefend, par le milieu de l’épaisseur, l’extrémité de cette Aêtne traverse, parallèlement à sa surface et jusqu’à ce que Ce trait de scie vienne joindre le premier trait de scie perpendiculaire. Cela fait, on applique l’une contre l’autre les exfrémités des deux traverses, en opposant les angles renions aux angles saillans, puis on fixe le tout ayec des chéries ou des clous.
- Il arrive quelquefois qu’on doit assembler des pièces de Afférentes largeurs, et que les deux premières qu’on a jointes ®nsemble sont d’une dimension égale à la longueur de la pièce A)ns laquelle on les assemble ; alors il faut faire une mortaise ^ wne longueur capable de contenir les tenons des deux pièces A1 on a d’abord unies, et qu’on ne considère plus que comme 81 elle n’en faisait qu’une seule.
- Quand on a une épaisseur suffisante, on peut rendre Courge très-solide en pratiquant l’un au-dessus de l’autre deux tenons séparés par un court intervalle.
- 10° Assemblage à clé,
- , Les divers assemblages que je viens de décrire sont prin-Apaiement employés à unir les pièces qui doivent faire entre Ç'Ies un angle ; mais souvent on, est obligé d’en joindre d’au— res» parallèlement à leur longueur ou à leur largeur : par e*emp!e, d’unir ensemble plusieurs planches pour former un dessus de table. Dans ce cas, on ne peut agir de même.
- Je ne parlerai pas du moyen vulgaire et grossier, de corder les planches sur la tranche, de les placer à côté l’une
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- de l’autre, et de superposer transversalement une autre planche beaucoup plus étroite, et qu’on fixe avec des clous.
- Mais il est deux procédés plus délicats, sur lesquels je dois m’étendre davantage.
- Lorsque les planches ont suffisamment d’épaisseur, on creuse dans leur rive des mortaises placées en face l’une de l’autre; on coupe alors de petites planchettes en bois dur, ayant les dimensions en largeur telles qu’elles entrent juste dans les mortaises, et d’une largeur un peu moins grande que la profondeur des deux mortaises réunies. Ces tenons forment des espèces de tenons rapportés, qu’on appelle clés, on les enfonce par un bout dans chacune des mortaises opposées, et quand les planches sont bien rapprochées, on fixe 1® tout avec des chevilles.
- 11° Assemblage à rainure et languette.
- On assemble enfin les planches à rainure et languette, c’est-à-dire qu’avec le bouvet d’assemblage on creuse dans toute la longueur de la tranche, cette espèce de gouttière ou de mortaise, sans épaulement à aucune de ses extrémités, qu’on appelle rainure. Avec l’autre portion du même instrument, on fait sur la tranche opposée de la planche à assembler avec la première, un tenon peu saillant, régnant d’un bout à l’autre sans arrasement aux extrémités, et qu’on fixe dans la rainure avec de la colle forte. (Voyez fig, lQ,pl. 2e. )
- 12° Assemblage et Emboîtage.
- Quelquefois on emploie simultanément ces deux espèces d’assemblage pour leur donner plus de solidité; mais dans ce cas encore iis sont insuffisans. On est souvent obligé de les fortifier, en réunissant en outre les planches par-dessous avec une traverse clouée. Mais il vaut mieux donner la préférence aux assemblages à emboîtage [fig. 49'.
- Après avoir assemblé parallèlement à leur longueur un certain nombre de planches, par exemple celles qui doivent composer le dessus d’une grande table, il faut les réunir transversalement à leur extrémité par un assemblage à rainure et à clé. Pour cela, dans une traverse de longueur convenable et bien corroyée, on creuse une rainure, et, en outre autant de mortaises qu’il y a de planches. On fait une languette à l’extrémité de toutes ces planches, et au milieu de chacune d’elles on creuse une mortaise qui correspond à une
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- mortaises de la traverse. On place des clés dans les mor-a>ses, qui doivent être suffisamment profondes, et on termine etl collant les languettes dans la rainure et en chevillant les ^°rtaises. Si 1’ on veut atteindre le dernier degré de perfection 3ns ce genre, il faut laisser un petit arrasement à chaque ex-remité de la languette, et un petit épaulement à chaque extrémité de la rainure.
- Il importe cependant de remarquer que les fibres de la traverse d’emboîtage sont forcément perpendiculaires aux fibres aes planches, ce qui serait défectueux dans un ouvrage soigné; P°ur corriger ce défaut, il faudrait assembler, avec la tranche °ngitudinale des planches, et de chaque côté du dessus de table, une traverse de même longueur, d’une largeur égale à h* traverse d’emboîture, à qui on l’unirait par un assemblage c'ehois de fil. Par ce moyen, les deux traverses longitudinales et les deux traverses d’emboîture formeraient un encadrement Autour de l’ouvrage.
- Le plus ordinairement, on se dispense de tous ces soins P°ur les dessus de table. On se contente d’un assemblage à l'amure et à languette, et pour plus de solidité, on cheville lé dessus de la table dans les traverses qui unissent les pieds.
- 13° Assemblage à feuillure.
- Plus communément encore, on a recours à l’assemblage à feuillure, qui est entièrement semblable à l’assemblage à demi-bois; il n’y a de changé que la destination et la longueur de l’entaille.
- 14° Assemblage à queue d’aronde.
- Mais il est une espèce d’assemblage bien plus important, Servant égalemenl pour les bois à unir angulairement, et Pour les planches à joindre bout à bout. Je veux parler de l'assemblage à queue d’aronde ( fig. 50,pl. 2e ); il est formé de feuons évasés, plus larges à leur extrémité qu’au point où ils Joignent l’arrasement, et pénétrant dans des entailles qui, au contraire, vont en s’élargissant à mesure qu’elles s’éloignent ou bout de la planche. On voit que cet assemblage a cet avan-tage spécial, que les pièces ainsi réunies ne se séparent jamais *îuand on les tire en sens contraire, sans que, pour obtenir cet effet, il soit besoin de les coller ou cheviller.
- Quand on fait servir cet assemblage à unir des pièces de oois destinées à être fréquemment tirées dans un sens, comme
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- le seraient des tiroirs, il faut user d’une précaution spéciale-Les tenons, dont la longueur est alors égale à la largeur de I* planche qui porte les entailles, sont pratiqués dans la pièce que l’on doit tirer en avant, dans le devant du tiroir paf exemple. Ils n’éprouvent aucun rétrécissement dans leur longueur, qui est uniforme partout, mais la face antérieure est beaucoup moins large que la face postérieure, et les surfaces i latérales sont inclinées, de sorte que le rétrécissement a lieu d’arrière en avant, tandis que dans le cas précédent, le tenon avait plus de volume à l’extrémité que vers l’arrasement [ ( voyez fig. 51 ). Le simple examen des figures fera sentir mieux que tous les raisonnemeus la nécessité de cette modification,
- 15° Assemblages à queues 'perdues.
- Ordinairement les tenons de l’assemblage à queue d’aronde diffèrent des tenons ordinaires en ce point qu’il n’y a pas d’arrasement parallèle à l’épaisseur de la pièce, et qu’ils sont aussi épais qu’elle; mais dans un petit nombre de cas, où l’on veut que l’assemblage paraisse encore moins, on ne donne au tenon que les deux tiers ou les trois quarts de l’épaisseur. Le reste est coupé d’onglet, c’est ce qu’on appelle assemblage d queues perdues.
- 16° Assemblages composés.
- Peut-être pourrais-je m’arrêter là, car j’ai fait connaître toutes les espèces d’assemblages fréquemment usitées, et de celles-là on pourrait conclure aisément toutes les autres, qui n’en sont que des combinaisons. Cette matière est pourtant si importante, qu’au risque d’avoir été, à l’avance, deviné dans tout ce que je vais dire, je crois devoir ajouter encore quelques détails et consacrer quelques mots à un petit nombre de ces espèces d’assemblages.
- Il arrive quelquefois de faire deux rainures parallèles à une des deux planches qu’on veut assembler, et deux languettes parallèles à la planche correspondante. C’est, en quelque sorte, un double assemblage, qui, par cette raison, est bien plus solide; mais il faut des planches fort épaisses pour qu’on puisse l’employer.
- D'autres fois, et dans le même but, sur la rive d’une des planches on creuse une première rainure plus large qu’elles ne le sont d’ordinaire; puis, au fond de celle-ci, une autre
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- rainure plus étroite. L’autre planche est pareillement àr— ttiee de deux languettes superposées.
- Dans quelques autres cas, on fait un assemblage à rainure et anguette avec feuillure; ce sont deux modes divers d’assem-lages combinés ensemble.
- .D’autres moyens sont employés lorsqu’il faut assembler des Pjeces de différentes épaisseurs, ce qui arrive souvent dans la ^nuiserie en bâtimens.
- Alors, ou bien on creuse dans la rive de la plus épaisse feuillure ou angle droit rentrant et parallèle au fil du f01?. puis on loge la rive de la pièce la plus mince dans cette eu'Uure, et on l’y assujettit.avec des chevilles.
- Ou bien on fait une feuillure à chacune des deux planches, °a les applique l’une contre l’autre, en faisant joindre en-5einble la face interne des feuillures (fig. 52, pL 2e). Dans ce comme dans le précédent, comme dans ceux qui suivent, a planche la plus épaisse forme une saillie dans l’ouvrage.
- Quelquefois on creuse dans la rive des deux planches une rainure, et l’un des rebords des rainures sert de languette ei pénètre dans l’autre rainure ( voyez fig. 53). Dans ce cas, des planches est saillante d’un côté, l’autre est saillante ae l’autre.
- On emploie cependant de préférence l’assemblage à languette rainure, meme dans le cas où les planches diffèrent d’épais-Seur; mais dans ce cas on sent que si on veut que la saillie S0|ttom d’un côté, il faut creuser la languette ou la rainure *1°o plus au milieu de son épaisseur, mais plus loin de la face (l’1i doit être saillante.
- Dans certaines circonstances, il est bon de faire dans la ranche de la planche la plus épaisse, une feuillure égale en argeur à l’épaisseur de l’autre planche. C’est au fond de celte euiliure qu’on creuse la rainure et qu’on fait l’assemblage ^9- 52) ; il en résulte que l’excédant d’épaisseur de l’une des Planches, destiné à faire saillie d’un côté, avance de ce côté Sur la planche la plus mince et en cache le joint.
- On donne à cette combinaison le nom d'assemblage à re— c°Uvrement. (Voyez fig. 52.)
- , Je ne dois pas omettre de dire que lorsqu’on veut assembler ? ar,gle droit des pièces de bois minces, des planches dans esqueîJes on ne pourrait pas creuser des tenons et des mortes à la manière ordinaire, ou se sert de l’assemblage àrai-et àlanguette,ou d’un assemblage particulier à feuillure rainure.
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- La tranche d’une des planches porte une languette; o*1 creuse une rainure aubord de la grande surface de l’autre, et ou colle la languette dans la rainure; mais il faut bien faire i attention à la manière de combiner l’une etl’autre. Car si l’une des pièces était exposée à être souvent miseen mouvementé* tirée, ce n’est pas dans celle-là qu’il faudrait creuser la rainure, car alors toutes les fois qu’on la tirerait en avant, ce tendrait à séparer l’assemblage ; il faut au contraire que cette pièce porte la languette. Un exemple fera mieux connaît!® ceci. Supposons qu’il s’agisse de faire un tiroir. Si on creusai* la rainure de chaque côté sur le plat de la pièce de devan* qui porte le bouton, et que les pièces latérales s’y enfonçasse!)* à languette, le bois ne présenterait pas de résistance quant* on ouvrirait le tiroir, la colle seule unirait ces pièces, les rai' nures et les languettes seraient superflues. Il n’en serait p,®8 de même si les rainures avaient été creusées dans les pièce8 latérales, et si le devant du tiroir s’y enfonçait à languette : i* est évident que, dans ce cas, le devant serait enclavé dans les côtés qui présenteraient un point de, résistance. De mêmei quand on ferait le fond du tiroir, ce serait encore sur les côtés qu’il faudrait creuser les rainures dans lesquelles pénétrerai* le fond aminci par les côtés. Si on agissait autrement, 1® poids des objets amoncelés dans le tiroir ne tarderait pas J l’enfoncer. Agissez de même dans tous les cas analogues. C’es* surtout quand il s’agit de régler le choix et la disposition de ses assemblages que le meuuisier a besoin de raisonner se» travaux.
- On peut remplacer la languette par une feuillure dont b partie amincie et saillante s’enfonce dans la rainure creusé® sur le plat de l’autre pièce de bois.
- Quand on emploie un de ces moules d’assemblage, il.es* facile, en approchant ou éloignant la rainure d’une pièce, d® rendre l’autre rentrante ou saillante relativement à la pre' mière.
- 17° Assemblages à Irait de Jupiter.
- Les détails dans lesquels je viens d’entrer seraient néan moins bien incomplets si je ne parlais pas des articles destinés à rallonger les pièces de bois. Jusqu’ici, en effet, j’ai fai* connaître seulement les moyens d’assembler parallèlement o® sous un angle quelconque. L’assemblage à queue d’arond* peut servir, il est vrai, à rallonger les bois; mais il en est d®
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- èaucoup plus solides, dont je yais m'occuper. Quelquefois on Se contente de faire, à l’extrémité de chaque pièce, des en— ailles à demi-bois, et dé les armer en outre de rainures et ® languettes; on unit ensuite le tout avec de la colle et des evilles ; mais ce moyen est encore défectueux. Il vaut mieux j^tiployer le trait de Jupiter ou l’assemblage auquel on donne 6 nom de flûte ou sifflet.
- Pour l’assemblage à trait de Jupiter (fig. 84, pl. 2e), on cotUmence par faire une feuillure à une extrémité de l’une des Pieces de bois; sur la face opposée à celle dans laquelle on a Crcusé cet angle rentrant, et à quelques pouces du même bout, creuse une entaille aussi longue qu’il y a de distance de ®xtrémitè delà pièce de bois au commencement de l’entaille; ,e a une profondeur égale à peu près aux deux tiers de l’é-Psisseur de la pièce de bois , et on a soin de la faire bien pa-raHèie aux surfaces. Cela fait, ou diminue d’un tiers environ, du côté opposé à la feuillure, l’épaisseur de l’extrémité “e. la pièce de bois , à partir de l’entaille. Enfin, dans la pa-t0t latérale la plus éloignée de l’extrémité, on creuse tout auprès du fond de l’entaille, une rainure aussi profonde que a partie saillante de la feuillure est allongée, et aussi large ?“’eHe.
- On fait un travail semblable sur l’autre pièce de bois, en Creusant l’entaille dans la face par laquelle les pièces doivent 8e ioucher, ét la feuillure sur la face opposée. Dans tous les Cas> on a bien soin de donner la même dimension à toutes les Parties correspondantes des deux morceaux.
- Alors il ne reste plus qu’à faire glisser la feuillure de l’un 'J68 bouts dans la rainure pratiquée dans la paroi de l'entaille l’autre, et réciproquement la feuillure du second morceau *|ans la rainure du premier. Dans cette position, l’extrémité la première pièce se trouve logée dans l’entaille creuseo dans la seconde, et l’extrémité de la seconde est logée dans * entaille de la première. Comme le bout taillé en feuillure s enfonce dans les rainures, les entailles se trouvent un peu plus grandes que la portion de bois qu’elles doivent recevoir. D en résulte un intervalle vide, dans lequel on enfonce une c!é ou planchette de bois dur, plus large à un bout qu’à 1 au-,re, et qui fixe irrévocablement les pièces en place (voyez fiü- 55). Plus on enfonce la clé, mieux on assujettit 1 assemblage, mieux les joints se rapprochent. On scie alors de Part et d’autre les extrémités saillantes de cette planchette.
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- Dans tous les ouvrages ordinaires on fait l’assemblage à trait de Jupiter d’une manière bien plus simple. Le fond de l’entaille, au lieu d’être parallèle à la surface de la pièce de bois, est oblique, de telle sorte que l’entaille devienne de pl»s en plus profonde à mesure qu’elle est plus proche de l’extrémité de l’ouvrage. Les parois de l’entaille sont obliques au lieu d’être verticales, de telle sorte que l’entaille est plus longue au fond qu’à son ouverture. Le bout de la pièce de bois va en outre en diminuant d’épaisseur, depuis l’entaille jusqu’à l’extrémité, dans une proportion analogue'à la diminution de profondeur de l’entaille. Enfin, au lieu de creuser une feuillure tout à l’extrémité, on se contente de faire un biseau incliné du côté opposé à l’entaille. L’inclinaison de ce biseau doit être proportionnée à l’obliquité des parois de l’entaille, puisque le biseau doit s’appliquer contre la paroi. La manière de rapprocher les pièces et de poser la clé est d’ailleurs entièrement la même. ( Yoyez fig. 56. )
- On peut employer l’assemblage à trait de Jupiter pour rallonger les pièces ornées de moulures; mais, dans ce cas, il faut avoir soin de faire l’entaille après la rainure ou après la profondeur de la moulure, s’il n’y a point de rainure, afin que la clé ne se découvre point.
- Mais dans ce cas, ou se sert de préférence du second de ces assemblages que nous venons de décrire et qu’on nomme aussi flûte ou sifflet. Il convient surtout de l’employer quand toute la largeur de la pièce doit être occupée par des moulures, parce que dans ce cas, quand on vient à pousser les moulures, on a moins à craindre que le bois éclate.
- 18° Assemblage à queue de carpe ou à triple sifflet.
- Dans son excellent ouvrage, M- Couîon indique un assemblage préférable aux précédens, quand il s’agit d’une pièce destinée à une position horizontale et au support de quelques fardeaux. Gel assemblage, représenté fig. 37o, étant achevé, est indiqué par morceaux séparés (fig. 368 et 369, pl. 9). Son seul inconvénient est d’empêcher qu’on ue puisse fixer la longueur exacte, parce que n’ayant pas de joints à bois de bouts, et frappant les morceaux par l’extrémité, pour les réunir, on les fait approcher plus ou moins. Pour y remédier, M. Coulon a conçu l’idée de faire un triple trait de Jupiter, où la même clé sert à la fois pour les trois parties.
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- 49° Assemblage à flûte ou sifflet.
- On désigne encore plus spécialement sous le nom de flûte sifflet, un autre assemblage plus grossier, mais qu’on peut ^ployer sans inconvénient dans le même cas, c’est-à-dire rsque la largeur de la pièce est toute couverte de moulures, 1 9ue les autres surfaces sont peu apparentes. Il consiste à pailler les deux pièces à demi-bois, comme le présente la S- pl. 2e; l’entaille va jusqu’au bout de la pièce, mais Q suivant une ligne oblique. La pièce de bois est par consé-Went moins épaisse à son extrémité qu’au commencement de etle espèce d’entaille ou feuillure. L’unique paroi de l’entaille à angle droit avec le fond, et par conséquent est oblique a surface de la pièce de bois. Le bout de la pièce est taillé ^ biseau parallèle à la paroi de l’entaille. On applique les e«x pièces bout à bout, en tournant l’une contre l’autre les çn-'bileg; on fait pénétrer le biseau dans l’angle rentrant de la *>aroi, et on assujettit le tout avec de la colle et des chevilles.
- 20o Assemblage à enfourchement pour rallonger.
- , On emploie, dans le même but de rallonger les pièces de °‘s, un assemblage à enfourchement semblable à celui que °us avons décrit ; il ne diffère que par la direction des mor-jj^ux qui, au lieu de former un angle, sont assujettis bout bout. Le tenon a une longueur exactement égale à la pro— °bdeur de l’enfourchement.
- 21° Assemblage à pale et à queue d’aronde.
- Enfin, on fait quelquefois un assemblage à pâte .et à queue , aronde ( fig. 58 bis, pl. 2e). Les deux#pièces sont entaillées demi-bois; mais l’une porte en outre, dans sa partie amin-Ie; une entaille plus étroite à son ouverture que dans son in-erieur, et, dans l’angle rentrant de l’autre pièce, on a ménagé espèce de tenon en forme de trapèze, tenant au bois par ,eüx de ses surfaces, ét s’élargissant à mesure qu’il approche e l’extrémité. Ce tenon pénètre dans l’entaille dont nous ve-j0lls de parler. La fig. 58 représente un assemblage ana— °t>ue, mais plus simple.
- Quand les pièces à rallonger sont cintrées, la manière de Ptocéder est la même, et on emploie, de préférence à tout **lre, l’assemblage à trait de Jupiter; mais quand la cour— ll|,e des pièces cintrées sur le plan est un peu trop prononcée,
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- on doit les joindre à l’aide de tenons rapportés qu’on fi*6 dans des enfourchemens de largeur convenable, à l’aide “ deux ou trois chevilles. En jetant les yeux sur la planche 2e! on verra d’autres assemblages représentés sous les nos et 60. La figure suffit pour les faire comprendre parfait' ment.
- Manière de faire les assemblages.
- Après avoir fait connaître la forme des différens assefl1' blages et leur destination spéciale, je dois, pour compIéleI cette importante partie de mon travail, entrer dans les dèU! nécessaires sur ce qui est relatif aux moyens d’exécution. ' me suffira néanmoins de donner ces détails pour un pell; nombre d’assemblages; ils indiqueront bien suffisamment I1: manière de procéder pour les autres.
- Quand on veut faire des mortaises, on trace leur large1'1 avec le trusquin d’assemblage qui donne deux lignes bien pa rallèles, séparées entre elles de la largeur déterminée. Le*1 longeur fixe la longueur de la mortaise. On assujettit alors!1 pièce de bois sur l’établi avec le valet, puis on s’arme d’n1 bédane d’une largeur égale à la largeur de la mortaise. $ pose son tranchant à l’extrémité des deux lignes, le bise*1 étant tourné du côté de la mortaise, on frappe alors avec maillet pour faire pénétrer l’outil. On le tient d’abord d’*' plomb, puis en revenant à soi pour approfondir la morlais® On fait celle opération à chaque bout des lignes qu’on a tr* cées, et si la mortaise doit pénétrer de part en part, aph avoir suffisamment approfondi, on retourne la pièce pour el' faire autant de l’autre côté. !
- Les enfourchemens se font avec plus de rapidité encor* t après avoir donné deux coups de scie des deux côtés, à H profondeur nécessaire et en maintenant bien le parallélisme ce qui n’est pas difficile si on a commencé par tracer avec ls trusquin, on enlève avec le bédane et le maillet le bois coi* pris entre les deux traits de scie. t
- Quant aux tenons, après avoir tracé leur épaisseur sur !<i tranche de la pièce de bois qu’ils doivent terminer, en tirait! au trusquin deux lignes parallèles, fixé leur longueur par1)] longueur de ces lignes, et tiré transversalement sur chacun des deux surfaces, une ligne qui détermine la direction (li l’arrasement, on donne, en suivant les lignes parallèles, de*a traits de scie de la longueur déterminée, en se servant po*fi
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- d’une scie très-fine. Jusque-là, tout va comme pour l’en-j°urchement; mais, au lieu d’enlever le bois compris entre deux traits de scie, il faut le réserver, et abattre au con-j^ire ce qu’on conserve quand on a fait l’enfourchement. ®ur cela, on donne un autre trait de scie de chaque côté, en Vivant les lignes transversales à la surface. Ces deux traits 6 scie doivent être bien perpendiculaires aux premiers ; 1 °o s’écartait de la perpendicularité, ou si le tenon était P®8 épais à une extrémité qu’à l’autre, on le ramènerait ;a dimension nécessaire, à l’aide du feuilleret et du jpllaume : on s’assure qu’il n’est pas bien taillé, à l’aide "n compas à branches courbes, ou, mieux encore, en es-tyant de le faire pénétrer dans la mortaise. Il ne faut pas Rendre le dernier moment pour faire cette vérification; car
- tenon était trop milice, il n’y aurait plus de ressource.
- .ar la même raison , quand on tire les lignes qui règlent son tisseur, il ne faut pas oublier de tenir compte de la dimi— üfion causée par le trait de scie ; il vaut donc mieux les espa-|6ruu peu trop que pas assez, sauf à terminer avec le guiî-^ttie, à moins qu’on soit assez adroit pour suivre exacte-i j!eîit en dehors de la ligne tracée, de telle sorte que la scie ne ( "ftinue pas l’épaisseur du tenon,
- , Qn peut opérer beaucoup plus vite que cela et peut-être üssi avec plus de sûreté avec la scie à arraser que j’ai dé-, j r,te > puisqu’on scie toujours bien parallèlement à la surface filtre laquelle on appuie sa joue; mais il est indispensable !.j,en avoir un assortiment de diverses grandeurs. Quand on e,fiploie, il est presque inutile de tracer au trusquin. On .0,timence par scierl’arrasement dechaque côté, en appuyant ,a joue contre l’extrémité de la pièce de bois ; puis, avec une /0)tee scje ^ dont ]a lame est plus large et moins éloignée de 5 j°ue, on abat l’excédant d’épaisseur jusqu’à l’arrasement, L11 aPpuyant la joue d’abord sur la surface supérieure, puis ,Ur la surface inférieure de la pièce de bois.
- Quand le tenon et la mortaise, ou le tenon et l’enfourche-reot sont taillés, on les fait entrer l’un dans l’autre, on les f.s®ujettit momentanément avec soin dans la position qu’ils j °*vent occuper; puis on les perce l’un et l’autre de part en j rt, et à deux endroits, à l’aide du vilebrequin. Dans chacun i.es trous, on enfonce à coups de maillet un de ces petits cy-Ifldres en bois qu’on appelle chevilles. En perçant, il faut pV°ir soin de ne pas trop suivre le fil du bois, sans quoi on
- etait fendre. On finit p ar
- 'excédant des chevilles.
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- La manière de procéder est la même pour les assemblage d’onglet, à bois de fil, à fausse coupe ; sauf que l’arrasement étant oblique , est tracé avec l’équerre d’onglet, et que la sut' face dans laquelle on creuse la mortaise est aussi tracée & même.
- Quand il s’agit d’un assemblage à rainure et à languefi®' on fait avec le bouvet la languette. Pour cela, après avo|( dressé la planche sur la tranche, on abat les angles avec 1{ rabot, et on fait ensuite aller et venir le bouvcl creux. Poül s’assurer qu’on atteint juste la dimension convenable, et qu o" ne s’est écarté ni à droite ni à gauche, on a un petit morcea® de bois dur, dans lequel on a creusé une rainure conforme’ celle qu’on veut faire sur la tranche de l’autre planche, et ^ temps en temps on présente cette courte rainure à la lac" guette commencée , en la faisant courir d’un bout à l’autr® c’est ce qu’on appelle mettre au motet. La manière de proc® der est la même pour les rainures, sauf qu’après avoir dress® la tranche, on n’abat pas les angles ; qu’on emploie l’aut®1 moitié du bouvet, celle dont le fût semble armé d’une lait' guette, et que si l’on veut vérifier de temps en temps la ra® riure, on se sert, au lieu de motet, d’un morceau de bois s»( lequel on a taillé une courte languette.
- Ces préliminaires terminés, on place les planches transvef salement sur l’établi, les unes à côté des autres, on frotfi-avec de la colle chaude la languette et l’intérieur de la rai' nure; on les fait entrer l’une dans l’autre, et on les maintie® serrées ensemble à l’aide du sergent. Il arrive quelquefois q® l’on n’a pas d’instrument de ce genre assez long pour en® brasser la largeur de toutes les pièces qu’on ajuste ainsi et' semble ; on y supplée à l’aide de 1 ’entaille à rallonger les set' gens, On donne ce nom à une tringle de bois, longue de quat® ou cinq pieds, large de trois ou quatre pouces, épaisse d’®1 pouce et demi. Sa tranche inférieure est armée d’un mento® net, tandis que la tranche supérieure est taillée en crémail' 1ère, comme la tige d’une servante, ou porte plusieurs e® tailles transversales à angles aigus, dans l’une desquelles pose la pâte mobile du sergent. L’ouvrage est pris alors p® ses deux extrémités, entre le mentonnet ou pale fixe du se® gent et le mentonnet de l’entaille à rallonger.
- Il faut agir à peu près de même pour l’assemblage à cl® après avoir creusé les mortaises, taillé et placé les clés d'®( côté, on les fixe avec des chevilles. On frotte les deux trat>'
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- shes et les clés avec de la colle ; on rapproche les deux planches en faisant pénétrer les clés dans les mortaises de la seconde planche ; on serre avec le sergent, et l’on enfonce des chevilles dans l’extrémité des mortaises où on n’en avait pas encore placé.
- Ï1 ne me reste plus que deux mots à dire sur l’assemblage
- * hait de Jupiter. Pour le tracer, on se sert du trusquin et ou compas : le feuilleret sert à faire des feuillures ; quant à
- * entaille du milieu, on coupe ses parois avec la scie. Le fond Peut se faire aussi avec une très-petite scie à arraser dont on Applique la joue contre un des côtés de la pièce de bois ; mais,
- plus souvent, après avoir commencé l’entaille avec un ci— Seau, on la termine avec la scie ordinaire ; plus souvent en-Core on la taille tout entière avec le fermoir et le ciseau. La Rainure creusée dans la paroi de l’entaille est faite avec le hédane.
- L’équerre d’onglet fournit les moyens de tracer aisément J assemblage à trait de Jupiter oblique , le sifflet ou l’assemblage à queue d’aronde.
- Je crois dire en finissant, que -le tracé exact est la chose la Plus essentielle à faire pour bien assembler; qu’on ne doit Pas craindre de multiplier les précautions et d’employer trop besoin. Un bon assemblage, sans lequel il n’y a pas de menuiserie bien faite, est le chef-d’œuvre des meilleurs ouvriers, et c’est la perfection de ce genre de travail qui, de l’a-Veu des ébénistes et des menuisiers de province, constitue la Supériorité de leurs confrères parisiens.
- Embrevemens de diverses sortes.
- Celte intéressante espèce d’assemblage est une combinaison de rainures, de feuillures et de languettes propres à joindre les bois, par leurs rives ou autres parties, soit que celles-ci restent à fleur, soit que l’une forme avant-corps, tandis que l’autre forme arrière-corps ; soit qu’on les dispose sur un angle ®Ux deux paremens.La fig.521,pl. 9, monlreremhrevement h fleur, qui a lieu lorsqu’un panneau^ a la même épaisseur que s°n bâtis b. On emploie cet embrevement aux portes unies, °rdinairement composées d’un bâtis en chêne et d’un panneau en sapin : on l’emploie aussi aux contrevents, aux fermetures extérieures de magasins.
- Un autre embrevemeut à fleur (fig. 522) est au parement et
- Menuisier. 1. 25
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- à glace au contre-parement. On en fait usage polir les porté9 d’armoire fixes, qu’un papier de tenture doit recouvrir. ba figure 525, qui désigne un embrevement, en avant-corps au parement, brut au contre-parement, s’applique lorsqu 0° champ en arrière-corps p accompagne un bâtis ou un chani' branle b.
- La fig. 524 indique un embrevement à table saillante en parement : le battant b et le panneau p étant d’égale épais' seur, on fait aux rives de chacun d’eux une rainure du tiers de leur épaisseur, puis ils font avant-corps et arrière-corps l’un sur l’autre.
- Le panneau b étant à table saillante aux deux paremenS, doit avoir deux rainures pour recevoir les deux languettes dn battant p (fig. 525).
- Occupons-nous maintenant de l’embrevement angulaire) ou réunion de deux pièces bb, à angle droit, ou tout autre angle.
- On le voit fig. 326 ; dans la fig. 327, on apprécie le cas oi* quelquefois le point est rejeté sur l’angle; dans la fig. 528) on voit l’arête du bâtis b, convertie en une moulure simple, qui encadre le panneau p, Quant aux fig. 529, 530, 551, 532 et 555, elles dessinent divers embrevemens simples de cadres b b et de panneaux pp.
- Nous savons qu’aux lambris et autres ouvrages nommé9 grands-cadres, les moulures des battans de traverse, de sonr: met, etc., ne sont pas toujours du même morceau de bois que la pièce, parce qu’il faudrait les élégir, ce qui diminuerait une partie de leurs surfaces, afin de donner le relief nécessaire au profil. Pour éviter le peu de solidité, suite nécessaire de cet élégissement, l'ouvrier fait le bâtis uni et séparément, puis il y ajoute les moulures convenables. Cela donne un« très-grande variété d’embrevemens, si grande, qu’il nou5 devient impossible de dessiner tous ceux qu’indique la com' binaison des moulures. Mais nous allons représenter ceu* qui mettent principalement sur la voie des autres.
- On voit (fig. 534) un battant b, dont la face est un champ de lambris ; une de ses rives a une rainure pour rece* voir un panneau de pilastre/?, et à l’une de ses arêtes est une baguette d’encadrement; l’autre porte une baguette bâtarde, emmanchée dans le cadre c, qui reçoit la baguette du panneau/?. La fig. 435montre un battant de lambris é, fixé à la moulure c par deux languettes; cette dernière re-
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- le panneau p. La fig. 536 offre une traverse b, ornée 11 Qne moulure pour encadrer le panneau p ; d’autres pan-aeaux, encadrés dans des moulures différentes, sont repré-Sfintés fig. 357 et 358. Les fig. 359, 540, 541, 342, 545, représentent la construction de plusieurs moulures à grand cadre, plus compliquées, et avec deux paremens. Les pan— ûeauxy sont marqués de la lettre p. Les fig. 544, 345, 346, s°nt des traverses de lambris de hauteur tl’t”; deux cimaises tanbrevéese, etc’, puis une rapportée c”; des traverses dfi lambris d’appui avec les panneauxp,p’, p”.
- Les fig. 547, 548 sont des coupes ou profil de corniches, é'ies volantes; elles sont composées de moulures embrevées c°iume les précédentes, et d’une intelligence aussi facile.
- Nous pourrions multiplier encore ces exemples et les fibres, en les appliquant à différens ouvrages de menuiserie ; ^ais ce que nous avons dit à cet égard suffit pleinement 3,1 lecteur intelligent et attentif. Il saura bien assembler une c°rniche, un bâtis de porte, d’après les principes posés J*°nr assembler un panneau de pilastre, un champ de lam-ar<s, ainsi des autres pièces. Nous ajouterons seulement, sans donner le dessin, que pour la corniche volante, après avoir façonné les moulures et la rainure d’embrevement par le procédé ordinaire, on trace les onglets, en faisant le plan de la cor-d'ohe sur une surface horizontale : on tire une ligne d’on-jjlet ou en fausse coupe, suivant l’ouverture de l’angle, et par des perpendiculaires élevées à l’aide d’équerre ou de pièces Carrées, on obtient des points précis qu’on marque sur les 3rètes de la corniche, qu’elle soit d’applique, ou bien en c°üpe.
- Les corniches en fronton se travaillent de même : quelquefois, toutes les moulures sont employées au rampant du fron-ton, et de plus, la doucine et le listel, dont nous allons bien-jét parler, sont contre-profilés en retour d’équerre. Quelquefois aussi, une partie seule des moulures de la corniche est e®ployée à décorer le fronton.
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- CHAPITRE YIII.
- DES moulures; de la manière de les faire,
- ET DU MOULAGE DES BOIS.
- § I. — Des Moulures.
- J’ai déjà dit ce qu’on entend par moulures ; je répète qu’on donne ce nom à des saillies ou à des rainures de diverse* formes, qui servent d’ornement à l’ouvrage. 11 faut mainte' nant que je fasse connaître celles de ces moulures qui sont le plus fréquemment employées. Pour les représenter dan* les figures, je les supposerai coupées transversalement à ieuf longueur. Les lignes ponctuées indiqueront les parties par lesquelles elles tiennent au corps de l’ouvrage. j
- On désigne par le nom de gorge et de feuillure les deu* moulures les plus simples de toutes; nous en avons déjà| parlé bien des fois. La première est une espèce de canal o»i de rainure en forme de demi-cylindre creux. La seconde a| la forme d’un angle droit rentrant, régnant tout le long d’une pièce de bois, et dont les parois sont parallèles au* surfaces de celte planche. La feuillure a une importante va* riété qu’on appelle plate-bande ; elle diffère de la feuillure parce qu’elle règne ordinairement sur les quatre côtés d’ufl panneau, et que la paroi perpendiculaire à la grande sur' face a bien moins de hauteur que l’autre paroi n’a de largeur.
- Le réglet, qu’on appelle aussi listel ou bandelette, a pré' cisément la forme d’une règle attachée par une de ses tram ches à l’ouvrage, etfaisant saillie tout le long (fig. 61, pl. 2e)-
- Le boudin (fig. 62, pl. 2e) n’en diffère que parce que se* angles sont arrondis. On appelle baguette un boudin moin* épais.
- D'astragale (fig. 63) est un réglet ou listel sur la face antérieure duquel règne une petite baguette. Cette moulure ressemble assez bien à la tranche d’une planche ornée! d’une languette.
- La nacelle ou trochille {fig. 64) est une gorge demi-circulaire comprise entre deux réglets dégale saillie. L^ scotie {fig. 65) en diffère parce que le réglet inférieur est
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- P^us'sa‘^an*> et 9ue courbe <î® îa gorge s’allonge
- de^e-.^Mar^e rond {fig. 66) est en tout l’inverse de cette ^Mnere moulure. Le réglet supérieur est bien plug long que e reglet inférieur, et ces deux régSets comprennent entre x non plus une gorge demi-circulaire, mais un quart de vendre.
- doucine (/ùf. 67, pl. 2e), moulure fréquemment em-| J) vee> dont la forme ne peut être dépeinte par des mots, est “'posée, pour ainsidire, d’un quart de cylindre, au bas du— ^ se rattache en saillie une gorge en quart de cercle, ou , deux parties do cercle placées en sens inverse. On l’appelle *s* Mouvement.
- I S|| ? ,aonSê (fîg. 71), parfaitement semblable à la moitié j Prieure d’une gorge ou rainure demi-circulaire, i I ba coque composée {fig. 69, pl. 2°) est une large bande-; te peu détachée du corps de l’ouvrage, et chargée eile-: e|le d’une saillie elliptique.
- I be rond est un long cylindre, ne tenant à l’ouvrage que | j)1«ne ligne aussi étroite que possible.
- I j b»n appelle ellipse, œufs, poire coupée, des moulures dont ^c°upe retrace la forme d’une moitié d’ellipse, de poire ou vue de profil {fig. 75, 77 1
- tes grains d’orge, qn’on appelle aussi dégagement ou tara-
- ^s°°l> sont des moulures dont les points détachés figurent grains d’orge.
- s bes filets ou carrés sont des moulures lisses et plates qui ryent à séparer les autres moulures.
- bes moulures, que l’on peut considérer comme simples, et lit du moins ont toutes un nom technique, servent à en HpQser un grand nombre d’autres, aux plus importantes et j. *pius usitées desquelles nous consacrerons encore quelques ^les et figures.
- Ainsi, quelquefois un œuf est surmonté dans son milieu "une bandelette ou listel; d’autres fois il est au contraire
- Par
- c^3ncré par une petite gorge demi-circulaire.
- .A* est deux autres de ces moulures que je ne peux guère initier que par les fig, 68 et 70, pl. 2e, qui les représentent ; iQe a quelque analogie avec aa congé terminé en bas par j1 Quart de rond ou une baguette peu saillante; l’autre est dissemblable à une doncine renversée, au bas de laquelle 0 aurait creusé un filet pour séparer celte moulure supè-
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- rieure d’une très-petite baguette ; on l’appelle dans quelque livres talon renversé à baguette.
- Enfin j’ai représenté, dans la fig. 72, un boudin entf'j deux doucines. Cette moulure est d’un effet agréable quan les courbes, bien tracées, se dégagent vivement des carres* mais elle ne peut être exécutée que sur des bois qui se la*5' sent couper sans peine en tous sens, et ne convient que sur I®s pièces qui ont une forme cylindrique.
- Les figures 87 et suivantes présentent d’autres modèles moulures composées.
- § II.
- Manière de tracer géométriquement les principales moulures.
- Mon projet n’est pas de donner de grands détails sur manière de tracer toutes les moulu res. Il en est d’extrêmeme^j
- simples, telles que le congé et le quart de rond, qu’on ex®': cutera sans peine à l’aide des notions de dessin géométrie)®8; que j’ai données plus haut. Mais, sous le nom de talon, ^ doucine, bec decorbin, scotie, M- Besnanot a décrit le Ira®8; de diverses moulures assez compliquées; je vais exposer cfi tracé d’après lui, parce que l’élude de ce petit nombre procédés enseignera à tracer aisément toute autre espèce moulure.
- Tracé du talon (fig. m, pl. ire).
- Les points À et'B marquent dans la figure ceux où 1’®" veut faire commencer et finir la moulure; unissez ces de®* points par la ligne AB; cherchez le milieu de celte ligne q®8 nous désignons par la lettre C dans la figure ; sur le milieu $ AC élevez une perpendiculaire EF que vous prolonger®* jusqu’à ce qu’elle coupe la droite AF parallèle à IB; s®1 le milieu de G B élevez une perpendiculaire GD que vo®: prolongerez jusqu’à sa rencontre avecBI; le point D set' le centre de l’arc II C, et le point F celui de l’arc A C.
- Tracé de la doucine («g- n, pl. lre).
- On trace cette moulure comme la précédente, seulemet1 les centres des deux arcs sont sur la ligne I) F parallèle àB I ils sont placés l’un d’un côté, l’autre de l’autre de AB. Po®1 tracer commodément les perpendiculaires E, F, G, D, on dé' crit un cercle du point C pris pour centre avec un rayon C B ensuite avec le même rayon, des points À et B pris po®1
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- *entre, on trace des arcs qui coupent la circonférence aux points H, L, O, P ; ces lignes II L et O P qui unissent ces Points deux à deux, sont les perpendiculaires demandées, e e,rées sur le milieu des deux parties de A B.
- Tracé du talon ou de la domine.
- Par deux arcs de cercle inégaux {fig- m et n, pl. ira) ‘?isez AB en neuf parties égales (prenez-en cinq pour BC
- quatre pour AC); terminez ensuite la construction à ‘a manière ordinaire.
- Autre manière de tracer le talon et la domine,
- (fig. n.)
- Si vous voulez faire une doucine, opérez comme nous *avons dit, avec cette différence qu’au lieu de tracer les arcs des points F et B, vous les tracerez des points P et L.
- Pour le talon, opérez comme pour la doucine; mais Ira-' Ccz les arcs des points H et O.
- Tracé du bec de corbin (fig. q, pl. lre).
- A E marque les deux points auxquels la moulure doit commencer et finir; prenez ED un peu plus petit que le Üers de la ligne AE; menez DB parallèle à AN; faites D C égal à B E et CB égal à CD; tirez A B et menez G K Parallèle à AE; sur le milieu de AB élevez une perpendi-culaire qui coupe DB au point H; prenez CF égal au tiers de CK; lirez F G parallèle à DB ; le point H sera le centre de l’arc AB; le point C le centre de B K; et le point F *e centre de K G.
- Tracé de lascotie (fig. r, pl. ire).
- Faites AG égal à un tiers de AD, AD étant perpendiculaire à DB ; faites aussi DB égal à DC, tirez AB et menez CE parallèle à DB, et B G parallèle à AB; du point C, comme centre, décrivez l’arc AI ; portez El de B ®u F sur B G et menez EF ; sur le milieu de EF élevez la perpendiculaire H G que vous prolongerez jusqu’à ce qu'elle coupe B G, et tirez G E que vous prolongerez vers Ï-; le point E est le centre de l’arc I L, et le point G celui de l’arc h B.
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- § III. — Manière de faire les moulures.
- J’ai décrit les outils à fût qui servent à cet usage, et les molettes auxquelles on a recours dans le môme but. Leur emploi est tellement facile que peu de détails sont nécessaires. Le premier soin doit être de bien dresser la tranche ou la partie de la planche sur laquelle on veut pousser les moulu* res. Il faut dresser aussi, avec non moins de soin, la partie contre laquelle on fera glisser plus lard la joue de l’outil à moulures. Il est indispensable que ces deux surfaces soient bien d’équerre ensemble. Après ce préliminaire on pourrait de suite attaquer le bois avec l’outil à moulures; mais ce serait se donner beaucoup de peine, que l’on peut éviter. H vaut mieux, après avoir examiné la nature de la moulure qu’on veut faire abattre, ôter avec un rabot les parties que l’on doit évidemment enlever. Par exemple, s’il s’agit d’une moulure approchant de la forme cylindrique, on eniève les deux angles de la rive sur laquelle oa veut la profiler. Si on veut faire, au contraire, une doucinc ou toute autre moulure présentant un plan incliné, on taille en biseau la rive de la planche en faisant partir un de ses angles ; aiors on est débarrassé du plus pénible de l’ouvrage, et l’outil à moulure a une résistance beaucoup moins grande à vaincre. On l’emploie en le faisant passer et repasser à plusieurs reprises comme un rabot; mais il faut avoir bien soin que la joue s’appuie toujours bien exactement contre la surface de l’ouvrage qui lui sert de guide, sans quoi la moulure cesserait d etre parallèle à celte surface.
- Lorsqu’il y a une trop forte résistance à vaincre, on est forcé de se mettre à deux après l’outil ; l’un pousse par derrière, l’autre tire par le devant.
- Lorsqu’une moulure règne tout autour d’une pièce de bois carrée, par exemple autour d’un panneau, il faut avoir bien soin que les moulures de chaque côté se joignent Irès-règu-lièrement ensemble, qu’elles soient bien d’onglet, c’est-à-dire que chaque partie de la moulure forme, avec la partie correspondante de l’autre moulure, un angle de 43 degrés. Si l’outil à moulure ne donnait pas tout à fait ce résultat, ce qui arrive rarement quand on sait bien s’en servir, il faudrait réparer l’ouvrage avec le ciseau , la gouge et le fermoir.
- On se sert encore de ces derniers outils pour continuer la moulure dans le cas où une surface perpendiculaire à celle
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- ?Ue l’on travaille ne permet pas à l’outil à fût de la pousser Jusqu'au bout. On les emploie en outre à réparer les légères efectuosités que le premier travail a pu laisser, à fouiller au ond des angles rentrons, à rendre les arêtes bien vives et len tranchantes.
- Lorsqu’il y a des parties circulaires recourbées en dessous c°ttuue dans le rond, on va fouiller au fond de ces parties le bec de cane.
- L usage des plates-bandes est si fréquent que des détails r'tts étendus sur la façon de les faire ne seront pas inu— ••es. Après avoir équarri les panneaux, c’est-à-dire les avoir à la largeur et à la longueur convenables, on fait la Plate-bande sur chacun des côtés avec le guillaume spéciale-je nt consacré à cet usage. Si le bois est trop de rebours, on 5 reprend en sens contraire avec le guillaume à adoucir, °nl les arêtes sont arrondies. Quand il le faut, on fait la Plate-bande sur les deux faces du panneau, et on s’assure 3® eJje est aussi profonde sur une face que sur l’autre, et que es dimensions sont les mêmes des quatre côtés, en mettant a,i moiet l’espèce de languette qui en résulte. J’ai déjà fait ^onnaîire cette opération en parlant de la manière de faire assemblage à rainure et languette.
- Après avoir poussé les plates-blandes autour des panneaux flVec le guillaume à plates-bandes, si on veut bien soigner ouvrage, on le replanit, c’est-à-dire qu’on enlève toutes esirrégularités, toutes les aspérités qu’a laissées le premier autil, avec un rabot ordinaire ou mieux encore avec un rabot a deux fers.
- Lorsqu’on veut orner de moulures des pièces qu’on doit jésuite assembler, il faut que l’assemblage ait toujours lieu bois de fil ; pour cela, après avoir fait les moulures, on c°üpe les arrasemens et les épaulemens en onglets ou sous 311 angle de 45 degrés. On recale ensuite les onglets avec e c>seau ou le guillaume, c’est-à-dire qu’on achève de les ^air ou de les dresser pour qu’ils joignent bien. On emploie pans le même but, la varlope d’onglet et la boîte à recaler. J-'ette boîte, que je n’ai pas encore décrite, est composée de r°is morceaux de bois joints à trois angles droits ou d’é-querre. Un des bouts de cette boîte est coupé d’onglet. Pour faire usage, on place sur l’établi la pièce de bois qu’on J’eut recaler, on applique la boîte sur cette pièce, de manière 1Ue la partie coupée d’onglet affleure le trait de l’arrasement ;
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- on assujettit le tout avec le valet, puis on recale avec la varlope d’onglet que l’on fait glisser le long de la boîte.
- Les molettes, avons-nous dit, agissent par impression Elles portent en creux la partie de la moulure qui doit êtr® saillante, afin d’enfoncer et de refouler le bois qui entoure ces portions. Elles permettent donc de faire des moulures qu’au-cun autre outil ne pourrait donner, telles que des cordons d® perles ou de losanges, des cordes à puits, etc., qu’il sera** infiniment trop long de sculpter au ciseau. La manière de s® servir de cet outil n’est pas difficile : il suffit de commencé par pousser, avec un outil à moulures ordinaire, une bagueü® ou un listel d’une largeur égale à la largeur de la molette o® du cordon qu’on veut obtenir; cela fait, on appuie le fer de la molette sur le listel et on frappe à coups de marteau sur le manche jusqu’à ce que le fer, en s’enfonçant, soit descendu au niveau du plat de l’ouvrage au dessus duquel s’élevait 1J bandelette. Le cûrdon est terminé dans ce point; on reporte Ie fer à côté et on recommence l’opération, ce qui produit un® autre petite portion de cordon contigu avec la première. 0® continue toujours ainsi jusqu’à ce que tout soit terminé.
- Machine propre à faire des moulures en bois, et à les préparer à la dorure.
- Cette machine de M. Hacks se compose d’un banc à tirer* soutenu par six pieds, dont deux sont placés verticalement aa milieu de la machine pour soutenir un tambour et une grand® roue, et dont les quatre autres sont disposés un peu obliquement vers les deux extrémités. Ces quatre pieds soutiennent* savoir : les deux de devant, une poulie de renvoi, et les deu* de derrière une roue aussi de renvoi. Ces pieds sont maintenus et assemblés par différentes traverses, dont l’une, qu‘ est placée à un pied au dessus de la table du banc, y compris son épaisseur, supporte la poulie et la roue de renvoi dont on vient de parler.
- Sur celle traverse, et contre la roue de renvoi, est une autre petite traverse dans laquelle se trouve taraudée une vis en bois pour la tension des cordes qui s’enroulent sur le tambour.
- Le tambour, qui est en bois, a vingt-deux pouces de diamètre sur huit pouces de large; il est soutenu par un arbre en fer ajusté sur les deux pieds du milieu du bâtis; cet arbre porte à l'une de ses extrémités une roue de six pieds, placée extérieurement contre le bâtis,
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- j ®Ur *a table du banc à tirer est ajusté un châssis mobilé de même longueur que la table, et portant à chaque côté une jS'e destinée à augmenter ou diminuer Remplacement de la P'Cce de bois qui doit recevoir la moulure. Ces règles sont re-^e,ioes sur le châssis, chacune par dix boulons, à l’endroit j esq«els elles se trouvent fendues de manière à ce qu’on peut s éloigner ou rapprocher l’une de l’autre.
- „ Ce châssis marche entre deux coulisses qui se trouvent ixéeg sur la table du banc.
- Sur l’extrémité de devant du banc à tirer, s’élève une cage (11 fer fondu, de quatorze pouces de large sur un pied de hau-.eur> arrêtée sur le banc par quatre boulons, dont deux sur le e^ant sont incrustés dans la cage.
- Celle cage est traversée, au milieu, par une pièce de fer ajus-Cfi à coulisse et soutenant, au moyen de deux boulons placés ,erticaleinent, un outil tranchant en acier, taillé de manière Produire les moulures que l’on veut faire, j, Ce porte-outil est dirigé par trois vis de pression, dont toe est placée en dessus et au milieu, et les deux autres en ^ssous, de chaque côté : au moyen de ces vis qui sont larau-,ees à travers la casre, l’outil monte et descend selon que l’ou-^ge l’exige.
- Une manivelle, placée extérieurement à côté de cette cage, 6st soutenue par un arbre qui traverse le banc à tirer, et qui Ç.0rt8 à l’autre bout une poulie en bois de cinq pouces de U|»mètre.
- , trois cordes distinctes impriment le mouvement à la ma* “ine : la première, qui est une corde sans fin, fait deux tour* ,llr la dernière poulie dont on vient de parler, et embrasse grande roue au moyen de laquelle on fait tourner le tam-
- La seconde corde est attachée d'un bout sur le tambour, r?monte sur la roue de renvoi et revient s’attacher au châs-Sls mobile, à trois pieds environ de son extrémité; cette corde Cl> se reployant sur le tambour par l’effet du mouvement im-Prirnè par la première corde, fait retirer en arrière le châs-S!s à coulisse.
- La troisième corde, qui est également attachée au tambour I)ar l’une de ses extrémités, remonte sur la poulie de renvoi Placée sur le devant, et son autre extrémité va s’attacher à la Partie postérieure du châssis mobile; cette dernière corde etl s’enroulant sur le tambour, rappelle le châssis en ayant.
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- Ces deux dernières cordes sont disposées sur le tambour de manière que l’une s’enroule pendant que l’autre se déroula
- Au moyen des trois cordes ci-dessus, le châssis mobile s«r lequel se trouve placé le bois à travailler, allant en avant et en arrière, fait passer le bois sur l’outil qui produit la moulure'
- Lorsque cette moulure est faite, on la garnit de blanc d’Es' pagne, et on la fait repasser de nouveau sous l’outil.
- Explication des figures qui représentent cette machin
- Planche 8, fig. 310, vue de face.
- Fig. 311, vue du côté droit.
- Fig. 312, plan ou vue par-dessus.
- f, banc à tour, soutenu par six pieds a b : les deux pieds du milieu sont placés verticalement et portent l’arbre d’o® ; tambour horizontal c sur lequel sont enroulées deux corde* d e : les quatre autres pieds b sont obliques sur deux sens' Les six pieds a b réunis par des traverses g composent ^ bâtis sur lequel est monté le mécanisme.
- h, poulie de renvoi, montée sur un châssis mobile i pla** sur le derrière de la machine ; les tourillons de l’axe de cet|( poulie tournent dans des coussinets l fixés sur le châssis mo' bile i.
- k, autre poulie de renvoi placée sur le devant de la machiné l’axe m de cette poulie tourne dans des coussinets n fixés s»1 les traverses supérieures du bâtis.
- o, fig. 311 et 312, traverse fixée à la partie supérieure d» bâtis.
- p, vis en bois, à laquelle la traverse o sert d’écrou ; le bo“* de cette vis appuie contre le châssis t,/sur lequel est établi la poulie h.
- q, manivelle dont l’axe porte une poulie à gorge r, laquelle s’enroule, sur deux tours, une corde s qui passe su( une grande poulie t en bois, montée sur l’un des bouts d{ l’axe du tambour e, auquel elle imprime le mouvement d( rotation.
- u, cage en fonte de fer, portant l’outil en acier y (fig. 3l0)i qui fait les moulures.
- v, trois vis de pression à l’aide desquelles on règle l’ou^ à volonté.
- x, pièces de fer mobiles portant ledit outil.
- s, châssis allant et venant, et relevant la baguette sur la' quelle on yeut pratiquer une moulure quelconque. L’une de*
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- ®*trémités de chacune des cordes de est attachée à ce châssis aux deux points a’ b’, fig. 311 ; l’autre extrémité de chacune de Ces cordes est fixée sur le tambour c.
- , c’> deux règles en bois entre lesquelles se trouve placée la ,aguelte à moulure : ces deux règles peuvent s’éloigner ou s approcher l’une de l’autre, suivant la largeur de la languette doit être serrée entre ces deux règles.
- ^ IV. — Procédé de M. Straker pour faire des reliefs sur le bois.
- L’emploi de la molette est très-limité. On ne peut y re-®°Urir commodément pour de petits ouvrages, et quand les ^ffles sont un peu compliquées. Le moyen découvert par Straker est beaucoup plus puissant, et applicable à un ?*®®i plus grand nombre de cas. La méthode de travailler le °is en relief est fondée sur ce fait : que si l’on creuse la sur-aÇe du bois avec un outil sans tranchant, la partie ainsi dé-Pr,tnée reprendra son premier niveau lorsqu’on la plongera dans l’eau.
- . Pour mettre cette propriété à profit, on travaille d’abord e bois dont on doit se servir; on lui donne la forme conve-^ble, et on le prépare à recevoir le dessin qu’on veut y im-Mnier. Après avoir déterminé la place où il doit être, on y applique un instrument sans tranchant, une espèce de refou-0,r en acier, qu’on enfonce à coups de marteau jusqu’à une ®ertaine profondeur. Cet outil peut bien être concave en .quel-^Ues points comme les molettes, mais il faut avoir bien soin ^Ue ses arêtes et les angles formés par les parties concaves jie soient pas tranchans. Cet instrument doit avoir à son ex-reUiitè la forme du dessin que l’on veut obtenir, de telle Sûrie qu’en s’ enfonçant il produise en creux ce que plus lard veut produire en relief. Cette opération doit être faite avec ,eaucoup de ménagement, et peut-être, au lieu de la percus-Sl°n, vaudrait—il mieux employer une pression graduée, ce ne serait pas impossible. Il suffirait pour cela de placer °IJtil et la pièce de bois sous la traverse mobile de la troi-Sle,ue espèce de presse que j’ai décrite. Dans tous les cas, on Prcnd beaucoup de précautions pour ne pas rompre les fibres . u bois, avant que la profondeur de la dépression soit égale à a hauteur que l’on veut donner au relief des figures. On re-lre ensuite l’instrument, et à l’aide du rabot ou de la râpe Menuisier. 1. 24
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- on ïèduit la surface du bois au niveau des parties déprimées ; on plonge ensuite la pièce de bois dans de l'eau froide o11 chaude ; les parties qui avaient été comprimées reprenne® leur premier niveau, et forment ainsi un relevé en bossc> qu'on peut ensuite aisément terminer avec un petit formol On pourrait, si la pièce de bois était trop grande, se dispen-' ser de la plonger dans l’eau, et se contenter de la frotter à sieurs reprises avec une éponge imbibée d’eau chaude, ce ^ produirait un effet suffisant.
- § Y. — Du moulage du Lois.
- C’est encore une opération entièrement, nouvelle, et qül1 non plus que les précédentes, n’a été décrite dans aucun o11 vrage sur l’art du menuisier ou de l’ébéniste. Dans ces deu> arts, on peut en faire de fréquentes applications, et nota®1' ment elle fournira les moyens d’embellir à très-peu de frf1' la menuiserie en bâtimens et soignée, et les meubles de pr|*' de rosaces et autres ornemens enboÎ3 rapportés. Le tableU1^ en a déjà tiré un grand parti ; et c’est à cet art qu’il df|| toutes ces tabatières dont le couvercle est orné de portrai1’ et de paysages en relief.
- Nous devons commencer par faire observer que les b0' dont le fil suit une direction constante, sont peu propre* être moulés, surtout quand on veut faire des ouvrages à? licals, car les fibres peuvent se rompre par suite de la pif sion, et il en résulterait des défauts nuisibles à la perfecti®* du dessin. Les loupes de frêne, d’érable, celles de buis s®f tout, sont bien préférables, parce que les fibres y sont cr°r sées dans tous les sens. Néanmoins, on peut employer ais^i ment, dans les ouvrages communs, certains bois tendres, tcj’j que le tilleul. En revanche, on doit s’abstenir toujours mouler les bois résineux, parce que là résine ou huile esscb'j tielle qu’ils renferment entre leurs fibres, entrant en ébun lilion par l’effet de la chaleur pendant l’opération du moi1': lage, y forme des boursouflures qui, venant à crever, fo||l| des taches désagréables sur la pièce.
- La presse est le principal instrument pour le moalage $ bois; elle est tout en fer et d’une seule pièce. Sur une fod* base, ou semelle en fer, s’élèvent deux montons, qui, en haut, se réunissent en formant une espèce d’arcade. ^ centre de l’arcade est un œil dans lequel on ajuste un écro( ou canon taraudé, en cuivre, dans lequel se meut une foi'1*!
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- *ls qui, par conséquent, est verticale. La tête de la vis est c?rr®e ; elle est séparée du filet par une embase ou anneau Clfculaire> On la tourne avec un fort levier percé à son «xtré-aité d’un trou carré dans lequel entre exactement la tête.
- {^ette'presse se monte sur un établi, de manière qu’on Prisse l’ôler et la remettre à volonté. Pour cela, on emploie j^dinairemenl un établi spécial, haut de deux pieds, très-^assifet très-solide, dans lequel la presse glisse à coulisse; ^s je conseillerai de préférence au menuisier ou à l’ébéniste JM ne font pas un fréquent usage de cet outil, d’enfoncer .^t simplement dans leur établi, ou mieux encore dans un nlot pesant qu’on peut consolider et rendre tout-à-fait inégalable avec quelque peu de maçonnerie, deux forts bou-°PS ou cylindres de fer d’un bon pouce au moins de diacre, s’élevant au-dessus de l’établi de trois pouces au , °>ns, et pénétrant de cette longueur dans deux trous percés , ^aque extrémité de la base de la presse. Cette base ne ,0lt pas avoir une moindre épaisseur, et les trous n’étant ni r°P grands ni trop petits, on peut ôter à volonté, en la 8°uleyant, la presse qui n’en est pas moins très-solide. On Peut même, si on veut ne jamais mouler que du bois, se °rner à fixer la presse où l’on voudra, et même dans le Pencher, avec deux fortes vis, ou la sceller avec du plomb eus une pesante pierre de taille.
- ^ Les autres instrumens nécessaires sont, 1° un assortiment .® Plateaux circulaires en fer, épais d’un pouce au moins; iuut en avoir plusieurs paires, à moins qu’on ne veuille °uler que des pièces d’un même diamètre.
- ~° Plusieurs anneaux aussi de différentes dimensions. Ils Ut faits en fer , garnis intérieurement de viroles en cuivre u^rées de force et rivées de haut en bas sur une feuillure on a fajt lout autour (ju j)0r£j intérieur de l’anneau. Le l^dans de ces anneaux ou de la virole en cuivre doit être I *en uni, et leur diamètre est un peu plus grand d’un côté 'Ue de l’autre. Il est bon de faire une marque à la plus grande ^erture, afin de la reconnaître de suite. t ,°° Des matrices gravées. On les fait ordinairement en ^Vfe fondu, et elles portent en creux ce que le bois doit re-‘r°duire en relief. Ces empreintes sont creusées sur des
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- andenr des anneaux 4° Un tasseau ou espèce de cube en fer, parfaitement dressé
- . eaux circulaires en cuivre, de la 0lU nous venons de parler.
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- par—dessous, un peu creux par-dessus, et pénétrant sao* peine dans les anneaux.
- 5° Des tampons en bois dur, passant librement par |e* anneaux, et destinés à en faire sortir la pièce qu’on a moulee;
- 6° Un autre tampon en fer, d’un diamètre presque aussi grand que celui du plus petit anneau.
- 7° Enfin, plusieurs rondelles en cuivre, qu’on nomiHe galets, épaisses de trois ou quatre lignes, et passant libre' ment par le plus petit anneau.
- Voici maintenant la manière de se servir de ces outils. 0t> prendra une rondelle de bois, de la grandeur convenable) arrondie, modelée sur le diamètre intérieur de l’anneau don* on veut se servir, et bien dressée sur ses surfaces. C’est cet>e rondelle qui doit recevoir l’empreinte, et il faut lui laisse* au moins cinq lignes d’épaisseur. Lorsque les fibres du b°,s sont parallèles à son diamètre, elle prend plus aisément Ie* empreintes, les conserve moins bien, et ne reçoit pas ceffi* des traits trop délicats, ce qui importe assez peu dans Ie* ouvrages de menuiserie. Lors, au contraire, que les fibre* ont été sciées transversalement, l’empreinte est plus parfaite) mais il faut employer une pression beaucoup plus considé' rable : on peut, si on veut, au lieu de dresser entièrement 1* surface qui doit porter les reliefs, y laisser quelques saillie* dans les parties correspondantes aux creux les plus profond* de la matrice. L’ouvrage en réussit beaucoup mieux.
- On chauffe deux des plateaux de fer; pendant ce temp*) on met dans un des anneaux une des matrices gravées, l’eni' preinte étant tournée en dessus. On met par-dessus la ron' delle de bois, et sur cette rondelle on applique un des gale** en cuivre. Toutes ces pièces doivent être mises par le côte le plus large de l’anneau, et aller très-juste jusqu’au fond'
- Lorsque les plateaux en fer sont suffisamment chauds, qu’on reconnaît eu y faisant tomber une ou deux goutte' d’eau qui s’évapore rapidement et en pétillant, on en me* un sur la base ou platine de la presse. On pose sur cell* plaque le moule ou anneau rempli de toutes les pièces don1 je viens de parler. On met dans l’anneau la seconde plaqu8 aussi chaude que la première, en se servant, pour les posa*! l’une et l’autre avec célérité, des pinces plates de forgerofl' Sur la dernière plaque on met le tampon en fer, par-dessu= on pose le tasseau carré, sa concavité étant tournée en dessus On fait descendre la vis jusqu’à ce qu’elle joigne bien le tas'
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- ®eau, puis on donne un ou deux tours pour presser un peu ‘°rt. Qu iaisge le tout dans celle position pendant deux minu-en attendant que la chaleur des plateaux se soit coramu-Dl(luée aux autres pièces; puis, en se faisant aider au besoin Par une ou deux personnes, on serre avec beaucoup de force. '-*n attend encore quelques minutes, puis, après avoir des— Sefré d’environ un quart de vis, on serre encore autant qu’il est possible de le faire. On laisse ensuite refroidir le tout ; ou, P°ur avoir plus tôt fait, si la presse peut se séparer de l’é-'abüj on la plonge dans l’eau froide. Il ne reste plus alors jlu'à sortir du moule la pièce gravée; pour cela on desserre a vis , on ôte le tasseau, le tampon, la plaque en renversant ‘anneau. On le place sens dessus dessous sur la platine, sa plus grande ouverture étant tournée en bas. Dans cette situation, la matrice gravée est en dessus au lieu d’être comme auparavant eri dessous. On place le tasseau sur cette matrice, ®t on fait de nouveau descendre la vis. Alors la rondelle de i°Î8 est chassée jusqu’à l’ouverture la plus large, et en sou-avant l’anueau , on la relire aisément chargée de tous les re-l!efs donnés par le creux.
- En opérant, il faut avoir grand soin de ne pas trop faire ci>auffer les plaques, car si elles étaient rouges ou presque jauges, le bois se carboniserait. Malgré cette précaution, le J°is est toujours un peu bruni ; mais peu importe, puisqu’on n’a plus à le polir, le poli, étant naturellement donné par la Patrice, quand elle a été convenablement polie elle-même, Ce qu’on ne manque jamais do faire. U arrive d’ailleurs Irès-®°UYenl que la couleur brune survenue par suite de la cha— 8ar, disparaît après une longue exposition à l’air. Mais c°mme ceia peut ne pas arriver, il faut éviter de retoucherla r°ndelle, car cette couleur ne pénètre pas avant, et les parles que ce travail mettrait à nu seraient d’une nuance différente.
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- CHAPITRE IX.
- DE L’EMPLOI DD TOUR DANS SES RAPPORTS AVEC LA MENUISERIE.
- Ce chapitre pourrait être aisément supprimé si je n’écri-Vaisque pourie menuisier des grandes villes, qui ai'avantage lîe trouver toujours à côté de lui un tourneur qui lui fait les
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- pièces cylindriques dont il peut avoir besoin, beaucoup phjs rapidement et à moindresirais qu’il ne pourrait les faire lui-même. Il vaut mieux, en ce cas, recourir au voisin et profiter de l’économie qui provient toujours delà grande habitude due à la division du travail. Mais, dans toutes les petites villes, dans les villages, on ne jouit pas de la même commodité ; l’ouvrage abonde rarement assez pour que le menuisier n’ait pas des mornens libres, pendant lesquels il est bien aise de savoir faire tout ce qui se présente, et j’ai cru devoir décrire la manière de faire les deux ou trois pièces dont le menuisier a le plus souvent besoin et qu’on ne peut exécuter que sur le tour.
- § I. Manière de tourner un cylindre ou un fût de colonne-
- On prend un morceau de bois équarri, d’une grosseur un peu plus forte que le cylindre ou la colonne qn’on veut obtenir; on abat ses quatre angles avec le couteau à deux mains ou le rabot, de manière qu’il ait huit pans; enfin, avec les outils de menuisier, on émousse encore ses huit angles pour le rapprocher grossièrement de la forme cylindrique.
- A l’extrémité et au centre de son épaisseur, on fait de chaque côté, avec un poinçon, un trou profond d’une ligne; on place la pointe des poupées dans ces creux, on rapproche les poupées , on les fixe avec les coins ou avec la vis de pression, suivant qu’on emploie l’un on l’autre de ces moyens. On place la barre d’appui à environ un pouce de la surface extérieure du morceau; on fait faire à la corde qui va de la perche ou de l’arc à la pédale, deux tours de gauche à droite autour du morceau de bois, et ou rattache son extrémité au bout de la pédale. Quand les choses sont ainsi disposées, le mouvement du pied placé sur la pédale doit communiquer au morceau de bois un mouvement de rotation régulier et alternatif d’arrière en avant et d’avant en arrière. Ce mouvement ne doit pas être trop rude, ce qui arriverait si la corde était trop tendue.
- On prend alors une gouge de tourneur, différente de la gouge de menuisier, en ce sens que son biseau est en dehors de la cannelure. On attaque le morceau de bois avec la gouge qui repose sur la barre d’appui et que l’on tient de la main droite par le manche, tandis que les doigts de la main gauche dirigent le fer de l’instrument. On incline un peu le taillant de
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- jouiil pour qu’il morde mieux, et on ne le présente pas trop rectement au centre, parce qu’il ne ferait que gratter, mais peu au-dessus de la ligne centrale, qui est supposée aller 't une pointe à l’autre. On doit attaquer le bois avec l’outil en faisant faire au biseau un angle de soixante degrés ou égal ®Ux deux tiers d’un angle droit. On reconnaît que la gouge Uiord bien quand les copeaux sont uniformes, continus et u une ligne environ d’épaisseur.
- Quand on aura fait de cette manière une première entaille, e* que l’on aura mis la pièce au rond dans un endroit quelconque, c’est-à-dire quand on verra que l’outil touche le bois *june manière continue, il ne restera plus qu’à poursuivre ,e la même manière sur tonte la surface du cylindre, et à elargir l’espèce de gorge qu’on a d’abord creusée. Pour cela, «u tient l’outil de sorte que sa cannelure soit tournée vers intérieur de la gorge déjà creusée ; et en otS,re, si c’est le Coté gauche que l’on attaque, on dirige un peu le manche ?ers le côté gauche afin que le copeau soit plus aisément re-Jeté en dedans de la gorge. Quand ensuite on voudra attaquer ® droite, il faudra tourner, au contraire, la cannelure vers la gauche , puis on dirigera un peu le manche vers la droite. A chaque fois on ne prend qu’une ligne de bois environ , et on Porte l’outil plus à droile ou plus à gauche , dès qu’on atteint *6 rond.
- Celte manière de travailler sillonne d’abord le bois de gorges circulaires; avec la gouge on abat les côtes qui les séparent, et on rend le cylindre aussi uni qu’il est possible de le aire avec un instrument qui n’est pas plane. On prend alors 1111 fermoir affûté obliquement, on le présente comme la gouge dans une situation un peu inclinée, sans cependant aire pencher le manche ni à droite ni à gauche. C’est avec ®et outil que l’on fait disparaître les côtes que la gouge avait Jaissées, et on s’assure que le but est bien atteint en passant ja main fermée sur le cylindre, car des inégalités qui seraient naperçues par l’oeil, se font sentir au toucher. La difticullé de tourner bien rond n’est pas la seule qu’on aurait à surmonter, il en est une autre non moins grande, celle de donner le même diamètre au cylindre, d’un bout à 1 autre. On s en assure, et l’on vérifie l’ouvrage en le faisant glisser en— tre les pointes d’un compas à branches courbes. Quand on a bien jaugé le cylindre, et qu’on s’est assuré de l’exactitude de ses dimensions, il ne reste qu’à le couper aux deux
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- bouts, ce à quoi l’on parvient aisément avec l’angle d’un ciseau. Pendant le cours de ces opérations, il est évident qu’il faut de temps en temps changer la corde de place, af*a de couper là ou elle était d’abord.
- §11. — Manière de tourner une boule.
- Celle opération est souvent nécessaire pour former des pommes de lit ou d’autres ornemens semblables, et n’est guère plus difficile que de tourner un cylindre. La manière de procéder est d’abord la même. On taille grossièrement un morceau de bois, de façon à lui donner approximativement la forme d’ua court cylindre, plus long cependant d’un pouce et demi environ que la pomme que l’ou se propose de faire. On met la corde à l’extrémité droite du cylindre placé entre les pointes; puis, à son extrémité gauche, on creuse avec 1® gouge une gorge ou bobine à bords relevés, de huit à dis lignes de large, et dans laquelle on place ensuite la corde pour ne plus l’en ôter, jusqu’à ce que l’ouvrage soit terminé. Cela fait, on tourne en cylindre le restant du morceau de bois; puis, quand il est bien ébauché à la gouge, on trace vers son extrémité droite des gorges do plus en plus profondes, de manière à lui donner de ce côté une forme demi-sphérique. Ou eu fait ensuite autant de l’autre côté, eu séparant par gradation la boucle de la bobine, et l’on continue graduelle* ment les gorges du milieu aux extrémités, de manière à atteindre peu à peu la forme d’une sphère. Quand on a fait avec la gouge ce qu’il est possible d’en obtenir, on continue avec le fermoir et l’on perfectionne de plus en plus l’ouvrage. Enfin , on finit par séparer tout—à-fait avec le ciseau la bobine de la sphère; ou bien, après avoir ôté la pièce de bois sur le tour, on taille la bobine en cheville, qui sert à fixer la boule là où on veut l’adapter en guise de pomme.
- Celui qui sait bien exécuter un cylindre et une boule sur le tour à pointe, sait tout faire ; car tout est une variation de ces deux formes. C’est en approfondissant les gorges par des gradations plus ou moins ménagées, égales ou inégales aux deux extrémités, qu’on obtient tour-à-lour la forme d’une sphère, d’un œuf ou d’une poire. Il n’est pas difficile non plus avec des gouges de diverses grandeurs, l’angle d’un fermoir ou d’un ciseau, et un petit nombre d’autres outils, de tracer toute espèce de moulure sur une pièce circulaire, ou d@ ménager une embase plus ou moins ornée aune pomme. L?*
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- détails qu’il faudrait ajouter ne sont plus de mon ressort, et d me suffira de renvoyer au Manuel du Tourneur, de T Encyclopédie- Roret. Néanmoins, je dois décrire encore deux opérations importantes , dont l’une donne le moyen d’obtenir très-aisément un résultat qu’on n'obtiendrait qu’avec beau— c°up de peine sur le tour, et dont l’autre n’est qu’une appli-cation fort éloignée de cet instrument.
- § III. — Manière de canneler une colonne.
- Cette opération est souvent nécessaire pour la menuiserie en bàtimens ; une colonne également cannelée est un des °rnemens les plus riches qu’il soit possible d’employer pour devant d’alcôve ou une devanture de boutique ; mais, en revanche , rien n’est plus difficile à exécuter par les procédés erdinaires. On a inventé, pour faire plus simplement ce tra-vail, des machines bien compliquées, ce qui était substituer *m inconvénient à un autre; et tout le monde a trouvé plus court de se passer de colonnes. Pour moi, je crois rendre service à l’art de la décoration, en indiquant ici le procédé si simple que M. P. Désormeaux a proposé en 1824.
- « Cette opération n’exige pas tant de frais, dit—il, et, à Groins qu’on ne soit obligé de la pratiquer souvent, on fera bien de se contenter des outils dont je vais donner la description.
- » Le premier est une roue crénelée à vingt dents. On la fait soi-même en cuivre , ou plutôt, comme on en rencontre assez communément chez les marchands de ferraille, on en achète Une toute faite, la plus exactement divisée qu’il sera possible. U division de vingt est de règle ; mais on peut, sans nuire à l’effet de la colonne, prendre, faute de mieux, une division aPproximative, comme 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23, 24. On tournera une portée aux deux extrémités de la colonne, de manière à ce que la roue dentée puisse s’y monter de façon a tenir ferme ; puis on fera un ressort coudé dont l’extrémité, *ini sera limée en tenon , puisse entrer juste dans l’entre-deux des dents de la roue. Ce ressort se fixera à l’aide de deux ou trois vis derrière la poupée gauche, à pointe fixe, du tour à pointes, et sera destiné à empêcher la roue crénelée, et par conséquent la colonne qu’elle emboîte, de tourner entre ces pointes. »
- Le troisième instrument dont on a besoin , d’après la méthode de M. Désormeaux , est un rabot à fer terminé par
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- un tranchant arrondi, ou rond entre deux carrés, suivant qu’on veut compliquer la cannelure. Jusque-là il n’y a pas de différence entre cet outil et les outils à moulure ordinaire ; mais il y en a une grande, quant à la position de la joue. Cette joue, au lieu d’être parallèle au fer et de continuer, pour ainsi dire , la hauteur du fût, est perpendiculaire au fer et forme la continuation de ce qui serait le dessus du fût dans un rabot ordinaire ; de sorte que l’angle droit que forme ordinairement la joue, au lieu d’être sons l'outil, est par côté. La fig. 74, pi. 2e, donne une idée de ce fût, supposé coupé transversalement à sa longueur. Enfin, on peut remplacer au besoin le fer arrondi du rabot par uu fer se terminant en peinte et auquel on donne le nom de grain d’orge. Laissons maintenant M. Désormeaux nous enseigner lui-même la manière de se servir de ces outils.
- « Après que la colonne sera tournée et finie, on marquera par deux traits de crayon l’endroit où l’on veut que commencent les cannelures et l’endroit où l’on veut qu’elles finissent. Puis, mettant en place de la barre d’appui une règle dont la tranche devra être parfaitement lisse et droite , et appuyant la joue du rabot sur cette barre , de sorte que le grain d’orge aille effleurer la colonne, on poussera l’outil de manière à tracer une ligne d’un coup de crayon à l’autre. Levant alors le ressort, on fera tourner la roue d’un cran, puis, après avoir lâché le ressort et s’être bien assuré que son tenon a pénétré dans l’entre-deux des dents, on tracera une seconde ligne parallèle à la première, en veillant toujours à ce que la joue du rabot plaque bien contre la traverse du support; on répétera cette opération autant de fois qu’il y aura de dents sur la roue crénelée.
- » On mettra alors dans un vilebrequin une fraise ou tige d’acier terminée par une sphère sillonnée de tranchans semblables à ceux d’une lime (voy. fig. 75, pl. 2e), et avec cet instrument on fera un petit tron rond, au commencement et à la fin de chacune des lignes tracées par le rabot. Cela fait, on mettra dans le rabot le fer rond, et on creusera les cannelures en suivant la même marche qu’on a suivie pour le tracé. Quand les cannelures seront creusées, on les polira avec un morceau de bois tendre, arrondi sur sa tranche et saupoudré de ponce pulvérisée, ou bien avec un papier de verre bien fin, collé sur un bois arrondi.
- » On conçoit qu’il faut que le fer du rabot soit de calibre
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- âvec la fraise qui a commencé et fini chaque cannelure, et que chaque diamètre de colonne exige un fer différent. Ces fers 56 font avec des lames de fleuret ou de la petite bande d’acier. Us doivent être trempés bleu foncé ou couleur d’or. On fera bien aussi de tenir la coupe du rabot un peu droite, afin d’épater le bois le moins possible. Si la colonne allait en amincissant du haut, comme cela a lieu ordinairement, il faudrait •ncliner la traverse du support suivant la courbure de la colonne (1). Il est bon d’observer que le fer doit être rapproché Ie plus possible du nez du rabot, et qu’il ne doit jamais être trop saillant. S’il est bien coupant, sa cannelure sera presque polie par sa seule action.
- » Si on voulait canneler un fût de colonne fait d’un seul Morceau avec la base et le chapiteau, il faudrait alors changer la forme du rabot, et faire en sorte qu’il ait peu de devant et peu de derrière, afin qu’il ne puisse gâter les moulures de cette base et de ce chapiteau.
- » Si on voulait faire des cannelures pleines par le bas (2), comme on le remarque assez souvent, on remplacerait le fer a tranchant arrondi parun fer échancré en forme de croissant, ^ais, dans ce cas, il ne faudrait creuseraveclafraise qu’à l’endroit où la cannelure pleine se transforme en cannelure creuse ; ce serait avec une gouge qu’il conviendrait de commencer la première. »
- Tel est le détail d’un ingénieux procédé qui lève presque toutes les difficultés, supplée par des moyens bien simples à des appareils excessivement compliqués. Celui à qui l’art en est redevable, a enrichi de même de plusieurs découvertes l°s métiers dont il s’est occupé en habile amateur.
- §. IV. — De la filière à lois.
- Manière de faire les vis sans le secours du tout
- La description de cet outil ne se rattache au chapitre qui ftous occupe, que d’une manière bien accessoire, et seulement Parce qu’il dispense d’un travail très-difficile quine s’exécute flue sur le tour. Cet instrument est un de ceux dont l’usage
- (1) Il n’est point nécessaire, à la rigueur, de changer la direction du Support : la colonne s’éloignant du support dans sa partie la plus mince, je ter du rabot mordra moins profondément, et fera une cannelure moins *arge. Ainsi Iss cannelures auront naturellement leur décroissance.
- (2} Ce qu’on nomme Cablins, en terme d’architecture.
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- est le plus décisif ; quand il est bien fait, le commençant l0 moins habile peut, du premier effort, faire une vis et sou écrou aussi bien que l’ouvrier le plus expérimenté. On voit dès-lor* quelle est son importance, puisqu’il met le menuisier en état de faire toutes les vis dont il a besoin pour ses instrumenS et mille autres ouvrages.
- La filière se compose de deux parties différentes, le t0' raud, qui fait l’écrou, et la filière proprement dite, qui f0lt lavis correspondante. La manière de s’en servir est égalera001 simple. Quand vous voulez faire un écrou, percez avec l0 vilebrequin la planche où il doit être, d’un trou égal en di0' mètre à la partie la moins volumineuse du taraud, la mesure, étant prise entre les filets de vis; alors introduisez, en I0 tournant , voire taraud dans ce trou, et quand il sera pass0 de l’autre côté de la planche, l’écrou sera fait.
- Pour tailler la vis, arrondissez grossièrement avec le f00' moir ou la râpe l’extrémité du morceau de bois que vous voU' lez changer en vis ; faites-en un cylindre d’un diamètre à p00 près égal à celui de la vis, puis faites-le passer en tournai)1 dans la filière, la vis sera terminée : toute la perfection d0 l’ouvrage dépend de la perfection de l’instrument.
- La forme des tarauds a beaucoup varié, on a long-ternp9 cherché avant d’avoir obtenu d’eux tout le service qu’on 00 attendait. Je n’en décrirai pourtant que deux espèces, la plu9 ancienne et la plus nouvelle. L’une est la plus simple, l’autf0 la plus parfaite; la première est en bois, la seconde en fer.
- Le taraud en bois peut être fait facilement partout, et c’esl pour cela que j’en parie. Quand on s’est procuré une vis 00 buis, bien faite et"de la grosseur convenable, on enlève un0 portion des huit ou dix filets de l’extrémité, parallèlement^ l’axe de la vis, et de manière que chaqne portion de filet q01 reste sur la vis après cette opération, soit plus grande à cha' cun des tours qui s’éloignent de l’extrémité. (Yoy. fig. 76i pl. 2e. ) Puis on remplace une partie du bois coupé par de9 clous enfoncés dans le bois, et dont on lime la tête, de ma' nière qu’ils forment, pour ainsi dire, une continuation du filet. On a soin que le premier qui doit entrer dans l’ouvrage soit un peu moins saillant que le second, le second, un p00 moins que le troisième. Le quatrième est aussi saillant qu0 le filet. Cet instrument, d’ailleurs très-simple et très-bon,0 ce grave inconvénient que, dès que la vive arête des fer9 est usée, le taraud ne coupe plus net, les écuelles des filets de
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- l’é
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- eerou sont inégales et raboteuses, le bois est plutôt déchiré cfte taillé.
- Le taraud en fer n’a pas cet inconvénient, surtout s’il est instruit d’après la forme que je vais décrire, et qui est la Meilleure et la plus récente.
- On tourne un morceau de fer auquel on laisse un bourre-et saillant destiné à faire des filets; on dessine sur ce bourrelet la vis qu’on veut exécuter, et on la taille ensuite à la 1(ne. Cette opération exige un habile ouvrier. On donne à j^tte vis une forme un peu conique, et le premier filet à extrémité est moins haut d’un cinquième que le second filet; celui
- -ci est moins haut dans la même proportion que le troi-**ème, et ainsi de suite jusqu’au cinquième, qui a toute la hauteur de ceux qui le suivent. Ensuite on fait à la vis quatre Entailles parallèles à sa longueur, larges d’un huitième de la circonférence, et également espacées (voyez fig. 77, pl. 2e). Vüand on veut faire un écrou avec ce taraud, on fait un trou ^’un quart de ligne plus petit que la circonférence du premier filet, et, en tournant le taraud dans le trou, l’écrou se •ait dans la perfection; mais, pour bien réussir, il faut avoir CU soin, en limant les entailles longitudinales, de les faire un Peu plus larges au fond qu’à leur ouverture, et de les couper un peu à angle rentrant, de façon que chaque dent pré— Sente de chaque côté de l’entaille une espèce de biseau. De cette façon, le bois est sans cesse coupé en montant comme en descendant, et le copeau se dégage par les ouvertures longitudinales.
- La filière est encore plus difficile à bien faire que le taraud ; |es espèces ne sont pas moins nombreuses, et il n’y en a que yeux qui rendent un véritable service. De ces deux filières, 3e ne décrirai que la plus simple, qui est aussi une des plus nouvellement imaginées.
- La principale pièce de cette filière, représentée fig. 78, 2e , est une planchette de bois dur, épaisse d’un pouce environ, d’une forme à peu près parallélogrammique et terminée à ses deux extrémités par un prolongement parallèle à >>xe, qui sert à la tenir et à la tourner avec force. Au cen-tee, est creusé un écrou qui doit servir de moule à la vis yu’on se propose de tpiller; mais, comme les filets de bois de Cetle pièce seraient loin de produire ce résultat, il faut les ar-^er de fer.
- Menuisier. 1. 2»
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- Pour cela , on creuse parallèlement à l’axe, et presque au milieu de la largeur de l’instrument, une rainure angulaire; à fond carré, dans laquelle on fixe avec un coin, comme ou le fait pour les outils à fût, un fer dont l’extrémité est taillé® en double biseau, et suivant une forme tout-à-fait semblable au filet. Comme la rainure dans laquelle on le place pénètre jusque dans l’écrou , on y enfonce aussi le fer de faço® à ce qu’il forme, pour ainsi dire, le prolongement du filet qu’il ne doit pas dépasser, et qui est interrompu en ce point. A côté de la pointe de fer est une échancrure de forme à pe® près demi-circulaire, et qui permet le dégagement du copeau. Le tout est recouvert par une autre planchette plus mince que la première, fixée avec deux vis ou deux boulons placés dans les trous qu’indique la figure. Cette planchette est percée au-dessus de l’écrou de la seconde, afin de laisser passer le cylindre qu’on veut fileter. Pour se servir de cet outil, on prend le cylindre dans un étau ; on engage dans la filière son extrémité un peu amincie, puis on tourne l’instrument à deux mains. Dès que le fer a entamé le bois, le filet de l’écrou y pénètre, et le travail se continue sans peine jusqu’à ce que tout le cylindre ait passé. Quand ou veut affûter le fer, on le retire de la rainure après avoir ôté le coin, et on aiguise le tranchant sur la pierre; on le remet ensuite eu place, en veillant à ce que sa pointe ne dépasse pas la vive arête du filet.
- Le bois qu’on emploie pour faire ainsi une vis doit êti'e doux et liant. Ceux qui conviennent le mieux sont le pommier, l’alizier et le poirier sauvage.
- Procédé pour faire des ornemens sur le bois travaillé au tour.
- Ce procédé consiste à faire une composition de gomme laque et de résine, à laquelle on ajoute des poudres diversement coloriées, pendant que la matière est liquide, par exemple, du minium, du vermillon, du bleu de Prusse, de l’indigo, du jaune de roi ( king’s yellow ), de l’ocre jaune, du noir de fumée, etc., etc.; chaque couleur formant une petite boule ou masse séparée qu’on emploie de la manière suivante : Lors--qu’on a donné au bois la forme convenable, on le fait tourner rapidement sur le tour, et on en approche un morceau de la couleur dont on veut l’orner.
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- La chaleur produite par la rapidité du frottement fait fondre une partie de la composition qui adhère au hois. On Peut alors l’étendre sur la surface de celui-ci, et le polir au üioyen d’un morceau de liège qu’on y applique fortement. On peut ensuite arrêter nettement les bords de cet anneau coloré, avec le ciseau à tourner, et appliquer aussi successivement plusieurs couleurs pour obtenir l’effet désiré.
- On voit souvent des couleurs appliquées d’une manière grossière, sur les pièces de tour en bois; ces couleurs sont Mélangées dans une composition molle dont la cire forme la Partie principale; mais il est impossible de l’appliquer d’une Manière aussi délicate que par le procédé que nous venons de décrire ci-dessus.
- Il y aurait un grand avantage à peindre aussi sur le tour les vases de bois, façon de Tumbridge.
- FIN Dü TOME PREMIER.
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- TABLE DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE TOME PREMIER-
- -0>©C-
- Introduction......................... page 5
- PREMIÈRE PARTIE.
- Des bois et des outils.
- PREMIÈRE SECTION. — DES BOIS, DE LEUR NATURE ET DE LEURS ESPÈCES.
- Chapitre premier. — Notions sur la nature des bois, leur force et les différens sens dans lesquels
- on les débite et on les emploie...............H
- Tableau de la pesanteur des bois de France. . .
- De la force des bois............................... id-
- Chap. II. — Des diverses manières de préparer le bois
- avant de le travailler.......................I®
- De la dessiccation du bois....................id-
- Procédé de M. Mugueron pour dessécher les bois.. id-Modification du procédé de M. Mugueron, par
- M. Nouman....................................... 19
- Moyen de rendre les bois inaltérables..........20
- Manière de rendre le bois incombustible. ... 21
- Procédé pour durcir le bois...................jd-
- Procédé de M. Atlée pour durcir le bois et l’empêcher de travailler par 1’effet de l’humidité. . id-Conservation du bois par l’acide pyroligneux. . . 22
- Procédé de M. Callender pour préparer le bois d’acajou de manière à le garantir des influences de
- l’atmosphère.................................23
- Procédé de M. Paulin Désormeaux pour la conservation des bois. . 24
- Chap. III. — Des diverses espèces de bois indigènes. 2»
- Abricotier................................ . id-
- Acacia........................................id-
- Alizier ou Alouehier. ......... id-
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- — 295 —
- Amandier. . . . •.......................... 26
- Aulne......................................... id.
- Azerolier.................................... id.
- Bouleau. . . ,..............................id.
- Buis......................................... id.
- Cèdre......................................... 27
- Cerisier.......................................id.
- Charme..........................................29
- Châtaignier. ..................................id.
- Chêne..........................................id.
- Chêne de Fontainebleau..........................50
- Chêne des Yosges. .............................id.
- Chêne de Champagne.............................id.
- Chêne du Bourbonnais..................... . 51
- Chêne de Hollande ou du nord....................52
- Débit du bois. — Echantillons. ...... id.
- Citronnier......................................55
- Cognassier......................................54
- Cormier....................................... id.
- Cornouiller....................................id.
- Cyprès.........................................id.
- Cytise des Alpes. . 55
- Ebénier (faux).................................id.
- Erable.........................................id.
- Frêne...........................................56
- Fusain........................................ 57
- Fustet.........................................id.
- Gaînier, ou arbre de Judée.....................id.
- Genévrier..................................... 58
- Guignier.............................,. . . id.
- Hêtre......................................... id.
- Houx...........................................id.
- If....................................... . 59
- Judée (arbre de) . . . •..................... 40
- Lierre. . id.
- Lilas................................. . . . id.
- Lucie (bois de Sainte-)........................id.
- Mahaleb...................................... id.
- Marronnier d’Inde..............................id.
- Mélèze......................................... 41
- Merisier. ............. id.
- Micocoulier................................... id.
- Mûrier....................................... id.
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-
-
- 294
- Néflier...................
- Noisetier. ......
- Noyer...................
- Olivier...................
- Oranger. ......
- Orme......................
- Pêcher....................
- Peuplier..................
- Pin. . . ...
- Platane. . • ... • . •
- Poirier...................
- Pommier...................
- Prunier. ......
- Sapin. .......
- Sapin du Nord (sapin rouge). Sapin de Lorraine. . . .
- Sapin d’Auvergne. .
- Sorbier. . . . j. . .
- Sumac. . . ....
- Sycomore. . , ....
- filleul. . r < ....
- Tremble. '. . .. ..
- Yeuse. . . . . . . .
- Chap. IV. — Des bois exotiques
- Acajou..............-
- Agra (bois d’)- . . .
- Agaloche............
- Aigle (bois d’). ....
- Aloès.....................
- Amaranthe.................
- Àmboine (boisd’).
- Amourette. ......
- Angica. .......
- Anis......................
- Aspalaili.................
- Badiane...................
- Balalas. . .....
- Balsamier de la Jamaïque. .
- Bambou....................
- Bignone ébène.............
- Bourra-courra.............
- Brésillet ou bois du Brésil. . Calîiatour.............
- 41
- 42 id-id-45 id-
- 44 id-
- 45
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- 48 id-
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- 50 id-id-id-id-id-id. id.
- 51 id-id. id-
- 52 id-id. id-
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- — 295 —
- Campêche (bois de)........
- Cayenne (bois de)............ • • . . • id.
- Cèdre.......................................... id-
- Charme d’Amérique...........................
- Chine (bois de la)............................ id.
- Citron (bois de).............................. id-
- Coco (bois de)................................ id.
- Copaïba (bois de )............................. 54
- Condori.........................................id.
- Corail (bois de)................................id-
- Cormier des îles............•...............id.
- Courbari....................................... id.
- Cyprès du Japon. ...............................id.
- Ebène................................: . . 55
- Ebénoxile.......................................id.
- Epi de blé......................................id.
- Eritherine......................................id.
- Fer (boisde). ..................................id.
- Feroles (bois de). .......... td.
- Gaïac......................................... id.
- Genévrier de Yirginie. ......... 56
- Grenadille.................................... id.
- Heister.........................................*d.
- Jaune (bois).............................. • • id.
- Laurier....................................... id.
- Lettre (bois de).............................. >>1
- Magnolier.......................................id.
- Mahogon. .......................................id.
- Mancenilier. . 58
- Marbré (bois). .................................id.
- Mûrier des teinturiers...............• • « 59
- Noyer de la Guadeloupe ......... id.
- Or (bois d’).................................. id.
- Palissandre................................... id.
- Perdrix (bois de)...............................id.
- Plaqueminier. . *d.
- Rose ou de Rhodes (bois de)......................60
- Santal......................................; id.
- Satiné (bois)................................. id.
- Sidérodendre.................................. id.
- Swietenia..................................... *d.
- Violet (bois). ............................... id.
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- 296
- DEUXIÈME SECTION. — INSTRUMENT ET OUTI^ DU MENUISIER.
- Chapitre I. — Instrumcns et outils propres à assujettir les pièces de bois qu’on veut travailler. . .
- 1° L’Etabli.......................................
- 2° Etabli perfectionné............................
- 3° Les Presses....................................
- 4° La Servante..........................
- 5° Les sergens....................................
- 6° Banc du menuisier en chaises. .................
- 7° Les Etaux......................................
- Etau à pied..........................
- Etau d’horloger...................................
- Etau du comte de Murinais.........................
- 8° L’Ane..........................................
- & id 16 79 83
- 85
- 86 id-85 id‘ 88 90
- Châp. IL—Du Tour et de ses accessoires considérés
- dans leurs rapports avec l’art du menuisier. . . 9l
- 1° Etabli du Tourneur.....................id-
- 2° Les poupées................ .... 93
- 3° Le Support. ........... 96
- 4° La Perche, l’Arc et la Pédale..........98
- Chap. III. —Des Inslrurnens à débiter le bois, . . IOO
- 1° La Scie à refendre........................ 101
- 2° La Scie à débiter......................... 103
- 3° La Scie allemande......................• . 105
- 4° La Scie à tourner ou chantourner. .... 104
- S° La Scie à double lame.......................id
- 6° La Scie à main............................ 105
- 7° La Scie d’horloger. . . 106
- 8° La Scie à chevilles et à placages. ..... 107
- 9° La Scie circulaire............................108
- 10° Scie mécanique et circulaire perfectionnée. . . 113
- Explication des figures qui représentent les différens
- établis dont on vient de parler................113
- llo Description d’un autre outil ou couloir du genre précédent, destiné à couper de grandes pointes
- d’étoiles......................................114
- 12° Moyen de pratiquer des languettes et des rainures dans le bois en même temps qu’on le coupe. . 113
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- — 297 —
- Moyens de découper de petits morceaux de bois de
- diverses figures.............................118
- Description d’une petite machine propre à couper les bois et les métaux, employée en Angleterre. . 119
- Description d’une machine à scier les bois, par M.
- Cochot........................................ 122
- 13° Le Hacheron. . ......... 124
- Chap. IV. — Des instrumens à corroyer le bois. , 125
- 1° Les Yarlopes. ..................................126
- Varlope ordinaire...............................id.
- Demi-Varlope. . ...................................129
- Varlope à onglets. . id.
- Varlope à double fer............................id.
- Varlope à semelle en fer? ....... . id.
- 2° Les rabots................................... 150
- Rabot ordinaire. . id.
- Rabots cintrés.................................... 151
- Rabot-mouchette.................................152
- Rabot rond....................................... id.
- Rabot en fer. ................................... id.
- Machine propre à raboter les bois, et à y pratiquer
- des moulures.................................id.
- Chap. V.—Des instrumens à creuser et percer le bois. 155
- Le Ciseau........................................ id.
- Le Fermoir.........................................156
- La Gouge...........................................id.
- Le Bédane ou Bec-d’àne. id.
- Le Bec-de-cane. ...................................157
- Le Maillet.................................... . id.
- Manière d’emmancher les outils. ...............159
- Manches universels............................... 141
- La Râpe à bois..................................id.
- La Vrille. ........................................id.
- Les Tarières........................... 142
- Nouvelle Tarière en Hélice....................... 145
- Le perçoir.........................................147
- Le Vilebrequin.....................................id.
- Le Drille. ........................................151
- Le Touret. . ...............................155
- Nouveau Porte-Foret. ......... 155
- Rabot à crémaillères. ......... id.
- Machipe à percer les mortaises. ..... .156
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- — 298 —
- Effets de la machine mèche à percer des trous de diamètre différent................................
- La même mèche avec le conducteur de M. Dupont .
- Chap. VI. — Des instrumens à mesurer et à tracer. .
- Le Compas......................................
- Le Pied de roi et le demi-mètre................
- Le Maître à danser.............................
- Le Fila plomb..................................
- Les Réglets....................................
- Le Niveau......................................
- Le Compas à verge..............................
- Le Curvotrace de M. Tachet. . .............
- L’Equerre ou Triangle. ........................
- L’Equerre-onglet...............................
- La Sauterelle ou fausse Equerre...................
- Le Trusquin.......................
- Nouveau Trusquin...............................
- Compas elliptique ou Equerre mobile............
- Chap. VII. — Outils servant à assembler. . .
- Scie à arraser.................................
- Trusquin d’assemblage..........................
- Bouvet d’assemblage............................
- Bouvet de deux pièces....................... . .
- Bouvet à approfondir...........................
- 160
- 163
- 164 il il 166 168
- 169
- 170 il 173 175 il
- 171 175 116 il
- il1
- il
- 179 il
- 180 181
- Chap. VIII.—Des outils propres à faire des moulures.
- Le Fermoir à nez rond.........................
- Les Carrelets ou Burins.......................
- Les Scies à dégager........................... .
- Les Molettes............>.....................
- Le Guillaume..................................
- Guillaume à navette. .........................
- Guillaume à plate-bande.......................
- Guillaume de côté.............................
- Le Feuilleret.................................
- La Guimbarde............................
- Le Bouvet à noix. ..................
- La Mouchette à joue...........................
- Le Bec-de-cane................................
- Note sur les outils à moulures,...............
- il
- 183 id• il id-
- 184
- 185 id id id-
- 180
- id-181
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- / — 299 —
- Chap. IX. — De la manière d’aiguiser et d’entretenir
- les outils......................................... 188
- De la Meule et de la manière de s’en servir. . . 189
- De la Pierre à l’huile................................ 194
- Composition d’une pierre artificielle propre à aiguiser les faulx et autres instrumens tranchans. . . 196
- Limes en terre cuite................................... id.
- Les Pierriers...........................................197
- Les Lapidaires......................................... id.
- De la manière d’aiguiser les scies. ..... id.
- Affûtage des scies.................................. . 199
- Etau mobile propre à limer les scies................200
- SECONDE PARTIE.
- Des Travaux du Menuisier.
- Première section.—connaissances préliminaires ET OPÉRATIONS FONDAMENTALES.
- Chapitre. I. — Opérations de Géométrie pratique, ou
- manière de tracer l’ouvrage et de mesurer les surfaces........................................ 202
- § I. —Manière de prendre la mesure de l’ouvrage. 203
- § il. —Manière de tracer l’ouvrage....................206
- Définitions............................................id.
- Manière de mesurer un angle......................... 207
- Manière de tracer une ligne droite....................209
- Manière de tracer un cercle............................id.
- Manière de faire un angle égal à un autre angle. . id. Manière de diviser un angle en plusieurs parties
- égales..............................................210
- Manière de tracer des lignes perpendiculaires à une
- autre ligne.........................................id.
- Manière de diviser une ligne en deux parties égales. 211 Manière de tracer une ligne parallèle à une autre
- ligne.............................................. id.
- Manière de trouver le centre d’un cercle..............212
- Manière de faire passer une circonférence de cercle par trois points qui ne soient pas en ligne droite. id.
- Manière de diviser un arc de cercle en plusieurs parties égales.......................................
- 213
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-
-
- — SÔÔ
- Manière de trouver le centre d’un triangle* . * < oio
- Manière de trouver le centre d’un polygone régulier...........................................id-
- Manière de construire un triangle égal & un autre
- triangle.......................................... 214
- Construire un parallélogramme rectangle égal à un
- autre parallélogramme..............................id.
- Manière de trouver la mesure de la circonférence d’un cercle, quand la langueur du diamètre est connue, ou celle du diamètre quand on connaît
- la mesure de la circonférence......................id-
- Décrire un arc de cercle qui commence à l’extrémité d’une droite, de manière qu’il ne paraisse
- ni coude ni jarret. ...............................215
- Par l’extrémité d’un arc de cercle, mener une droite qui continue l’arc sans faire ni coude ni jarret. . id-Décrire un arc A qui soit le prolongement d’un autre arc B , quoique le rayon du premier soit différent de celui du second.............................id-
- Décrire un arc de cercle dont la courbure soit opposée à celle d’un autre arc de cercle, et paraisse
- en être le prolongement............................id-
- Arrondir irrégulièrement la pointe d’un angle. . 216
- Tracé de diverses moulures...........................id-
- Tracer une volute autour d’un point donné pour
- centre............................................id-
- Tracé de la volute ionique...........................id.
- Tracer l’ellipse dite ovale du jardinier..............218
- Seconde manière de tracer une ellipse................id-
- Troisième manière de tracer une ellipse. , . . id-
- Manière de décrire une anse de panier. . . . 219
- Manière de tracer un arc rampant.....................id-
- § ni. — Manière de mesurer les surfaces. . . . 220
- 1° Les rectangles. ...... i . . > id-
- 2° Les triangles..................................... 222
- 3° Les parallélogrammes............................ id.
- 4° Les trapèzes.................................. . *d-
- 5° La surface d’un cercle. id.
- Chap. II. — De la manière de débiter et couper les
- bois.............................................. 225
- Des bois d’échantillon............................ . 227
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-
-
- 301 —
- Chap. III. — Notions d’architecture..............
- Chap. IY. — Du dessin et du trait du menuisier.
- Chap. v. — Du corroyage des bois.................
- Chap. VI. — Manière de chantourner, cintrer et
- courber le bois. ...........................
- Procédé d’Isaac Sargent pour courber les bois. . Exemples de bois courbés adroit fil, utiles à tous
- les genres de menuiserie....................
- Chap. VII. —Manière d’assembler les pièces de bois.
- 1° De la mortaise..............................
- 2° De l’enfourchement..........................
- 5° Du tenon....................................
- 4° Assemblage en enfourchemenl.................
- 5° Assemblage carré. .........
- 6° Assemblage d’onglet.........................
- 7° Assemblage à bois de fil................
- 8o Assemblage à fausse coupe...................
- 9° Assemblage à demi-bois......................
- 10. Assemblage à clé.........................
- 11. Assemblage à rainure et languette........
- 12. Assemblage en emboîtage..................
- 13. Assemblage à feuillure...................
- 14. Assemblage à queue d’aronde. ....
- 15. Assemblages à queues perdues. .....
- 16. Assemblages composés. ........
- 17. Assemblages à trait de Jupiter...........
- 18. Assemblage à queue de carpe, ou à triple sifflet.
- 19. Assemblage à flûte ou sifflet............
- 20. Assemblage à enfourchement pour rallonger. .
- 21. Assemblage à pâte et à queue d’aronde. . .
- Manière de faire des assemblages...............
- Embrevement de diverses sortes.................
- Chap. VIII. — Des moulures; de la manière de les
- faire, et du moulage des bois............»
- g I. — Des moulures............................
- g n. — Manière de tracer géométriquement les
- principales moulures..................
- Tracé du talon.............................
- Tracé de la doucine............................
- Tracé du talon ou de la doucine................
- 228
- 233
- 239
- 245
- 248
- id.
- 249
- 250 id. id.
- 251 id. id.
- 252 id.
- 253 id.
- 254
- id.
- 256
- id.
- 258
- 260
- 261
- id.
- id.
- 262
- 265
- 268
- id,
- 270 id. id.
- 271
- 2
- Menuisier, 1.
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- — 302 —
- Autre manière de tracer le talon et la doucine. . . 271
- Tracé du bec de corbin. ........ id.
- Tracé de la scotie................................id,
- § III. — Manière de faire les moulures. . . . 272
- Machine propre à faire des moulures en bois et à les
- préparer à la dorure.................». 274
- g IV. — Procédé de M. Straker pour faire des re-.
- liefs sur le bois. .......................277
- g V. — Du moulage du bois................ 278
- Chap. IX. — De l’emploi du tour dans ses rapports
- avec la menuiserie............................281
- § I. — Manière de tourner un cylindre ou un fût
- de colonne. ..................................282
- g h. — Manière de tourner une boule. . . . . 284
- g m. — Manière de canneler une colonne. . . . 28o
- § IV. — De la filière à bois.....................287
- Manière de faire les vis sans le secours du tour. . id. Procédé pour faire des omettions sur le bois travaillé
- au tour.......................................290
- FIN DE LA TABLE DU TOME PREMIER,
- Bar-sur-Seine. — lmp. de Saillabd.
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