Nouveau manuel complet de la télégraphie électrique
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- TSLf.llllU'IllE ÉLECTRIQUE.
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- Hue Hautefeuille, 12,
- Manuel de Galvanoplastie, OU Éléments d’Electro-Métallurgie, contenant l’art de réduire les métaux à l’aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, pla-tiner, cuivrer, etç. ; par M, Smee, ouvrage publié par M. de Valicoort. 1 vol. de plus de 500 pages, orné de figures ; prix : 3 fr. 50 c.
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- Manuel de Télégraphie électrique, par M, WALKER ; ouvrage publié par M, Magnier. 1 vol, orné de figures,
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- MANUELS-H 0 H E T
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- MMIIML COMPLET __ » , BEli A\P'/.
- TELEGRAPHIE
- ÉLECTRIQUE,
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- TRAITÉ DE L’ÉLECTRICITÉ ET DU lUCHÉTISRE,
- Appliqués à la transmission des Signaux,
- Par Charles V. WAX.KXR,
- •recteur des Télégraphes de la compagnie du chemin de fer du sud-est en Angleterre;
- Traduit de l’Anglais par M.-D. MAGNIER,
- Ingénieur civil, auteur de plusieurs ouvrages d’arts industriels, traducteur de VJElectncjté médicale, etc., etc.;
- 6uit)t b’utt Slppenbice
- Contenant diverses espèces de télégraphes électriques, un Rapport de M. Pooillet, un aperçu général de la Télégraphie et des divers moyens de transmettre des signaux, des comparaisons et des appréciations des télégraphies aérienne et électrique, des recherches sur la vitesse de propagation de l’électricité,
- ST DES RENSEIGNEMENTS SUR LA TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE ENTRE DOUVRES ET CALAIS.
- OfJVBACtë OB.VE DE FlttVRE».
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- PARIS,
- A LA UWUUUB ENCYCLOPÉDIQUE
- Rue Hautefeuille, 12.
- 1«51.
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- Le mérite des ouvrages de YEncyclopédie-Roret leuf a valu les honneurs de la traduction, de l’imitation et de la contrefaçon. Pour distinguer ce volume, il portera la signature de l’Editeur.
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- PRÉFACE
- Le peu de temps qu’il a fallu aux fils des télégraphes électriques pour se ramifier sur les continents, caractérise singulièrement cette invention. U y a quelques années seulement, nous ne connaissions cette admirable découverte que par ouï-dire ; elle ne franchissait pas le cabinet du philosophe, dans lequel son existence restait confinée ; on jetait un regard défiant à la main timide qui voulait en approcher, et il fallait pour la mettre au jour, avoir la hardiesse de s’en emparer courageusement. Or, quoique les premiers pas aient été lents, la marche fut ensuite rapide et assurée. Wheat-stone a étudié et recherché avec soin le rapport existant entre la force électrique et les corps magnétiques ou magnétisés; il a théoriquement trouvé, et prouvé bientôt après, la valeur de ces rapports peur transmettre des signaux à distances. Il eut î$. Cooke, homme doué de grandes connaissances pratiques et de beaucoup de persévérance, pour associé, et c’est à lui principalement oue nous sommes redevables d’avoir eu, sur une grande échelle, la pratique de ’a théorie dont ils avaient ensemble reconnu la vérité. B dirigea personnellement toutes les opérations des premiers télégraphes ; on peut littéralement dire qu’il n’a vécu, Télégraphie èlect. 1
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- PRÉFACE.
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- pendant un temps, que sur le chemin de fer, faisant son chez-soi et sa chambre à coucher d’un wagon.
- Depuis lors, les progrès ont été si rapides, que l’on s’est tout-à-coup trouvé entouré d’un vaste système de télégraphes, avant même que d’avoir eu le temps de savoir ce qu’ils pouvaient faire et comment ils opéraient.
- Mon but a été de fournir ces renseignements. Je me suis efforcé de rassembler dans les pages suivantes les données sur les dispositions et la marche des télégraphes électriques, tels qu’ils existent aujourd’hui en Angleterre. Je sais que plusieurs autres formes de télégraphes ont été publiées dans ce pays ; mais, en majeure partie, ils n’ont pas été appliqués, ou ne l’ont été que d’une manière si restreinte qu’il ne nous est pas possible de leur assigner la place qu’ils tiendront plus tard dans le système général.
- Si mes limites me l’avaient permis, il eut été intéressant de faire l'aperçu de tous les télégraphes électriques qui ont été proposés ; il aurait été instructif de partir des idées ingénieuses, mais impraticables, des premiers inventeurs et d’arriver progressivement à la perfection du système actuel, nous aurions vu marcher le progrès et disparaître les difficultés.
- Toutefois, je désirais tellement populariser la connaissance de cette admirable invention que j’ai dépassé les bornes que je m’étais imposées.
- Je me suis servi, comme exemple d’un système de télégraphes, de celui de la South-Eastern Railway Company, qui répondait doublement à mon objet, puisque ses télégraphes sont utilisés au service du chemin de fer en même temps qu’aux besoins du public ; puis, ayant eu, dès le commencement, la direction de ces télégraphes, j’étais parfaitement apte à rendre compte des ressources d’un semblable système.
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- PRÉFACE. f
- Comme ce petit manuel peut tomber entre les mains, ici comme ailleurs, de personnes qui n’ont pas un chemin de fer avec un télégraphe, j’ai pensé qu’il serait bien de leur donner les dessins, pris sur place, de l’as-pect général que présente l’intérieur de nos dispositions.
- Si j’avais eu assez de place pour des anecdotes, j’aurais pu emplir page sur page d’incidents, mettant à même de se faire une idée du prix d’un télégraphe électrique , bien au-delà de tout ce qui est venu à l’oreille du public. Une seul journée du travail de nos soixante-dix-sept instruments serait un document curieux. Mais on se fait facilement une idée des ressources de cette entité mystérieuse appelée électricité, entité que noua nommons difficilement chose, car elle nous échappe encore, — nous ne pouvons ni la saisir, ni la séparer de la matière : nous sommes réduits à la considérer comme une propriété, mais encore ici ne voyons-nous pas clairement tous ses rapports. Quelque familiarisé que je sois avec ces opérations, je ne puis jamais voir un signal se transmettre sans tomber en admiration devant cette création prodigieuse, — qui se meut nous ne savons comment, et qui agit nous ne savons pourquoi; mais qui transporte au loin nos pensées aussi fidèlement que nous-mêmes, de manière à nous faire oublier, parfois, que ce qui se trouve, là, devant nous, n’est que du bois et du métal, et à nous faire imaginer, absorbé dans la contemplation de ce qui se passe, que l’instrument prend vie et parle avec nous.
- Charles V. Walker.
- Tonbridge, 1er mars 1850.
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- AVIS DE L’ÉDITEUR
- A la suite de la traduction textuelle du Traité de M. Walker, nous avons mis un Appendice dans lequel sont rassemblés des documents récents et précieux, qui font de ce volume l’ouvrage le plus complet qui existe aujourd’hui sur la Télégraphie électrique.
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- 1. Dans notre traité de PElectrotypie nous avons principalement étudié l’action des courants voltaïques durant leur passage dans les solutions aqüeuses de certains sels métalliques. Ces solutions, ainsi traitées, subissent une décomposition et dégagent leurs éléments suivant des lois bien connues. Au moyen de ces lois, nous disposons très-facilement notre appareil pour extraire le métal de la solution qui le contient et lui faire prendre une forme quelconque.
- 2. Outre l’action dont nous venons de parler, les courants voltaïques en ont d’autres, et nous en avons mentionné quelques-unes dans l’introduction de notre traité ; mais il n’était pas encore alors question de la propriété sur laquelle repose la construction des Télégraphes Electriques, c’est-à-dire le rapport entre les courants voltaïque et magnétique. Il est essentiel au but que nous nous proposons aujourd’hui d’avoir quelques connaissances générales de ce rapport, ainsi que de nous familiariser avec les trois principaux instruments qui forment un télégraphe électrique, — la batterie voltaïque, le galvanomètre y et I’électro-
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- 3. Batteries voltaïques. — La puissance motrice, ou la source de la force employée à transmettre des signaux est très-simple, et très-facile à conduire. Elle ne consiste en rien de plus que du zinc, du cuivre, et de l'acide sulfurique étendu, avec des vases et du sable siliceux pur. Cette dernière matière est passive et s’emploie principalement pour éviter l'épanchement du liquide.
- Une combinaison voltaïque peut se faire de diverses manières; mais en tous cas elle exige une triade, ou la combinaison de trois choses, dont l’une, au moins , doit être un liquide ; les deux autres, dans des vues d’application, sont généralement des métaux; telles sont les triades les plus ordinairement employées. Les combinaisons de deux liquides et d’un métal ne donnent que peu de force.
- 4. Enumérer toutes les combinaisons voltaïques po<-sibles serait récapituler toutes les alternations et toutes les combinaisons que l’on pourrait faire de presque tous les corps simples et composés qui se trouvent dans un laboratoire de chimie ; mais ceci nous éloignerait de notre sujet. Enumérer les quelques combinaisons voltaïques pratiques? — c’est-à-dire celles qui fournissent facilement une abondante quantité de la force en question — en formera un petit traité. J’en ai décrit quelques-unes dans « l’électrotypie » et les autres peuvent se trouver dans beaucoup d’ouvrages récents qui embrassent l’électricité voltaïque1. Le lecteur a donc la faculté de trouver partout les renseignements les plus complets dont il peut avoir besoin; quant à l’objet qui nous occupe, il suffira de la description d’une des plus simples combinaisons, car il a été reconnu, en pra-
- • Le Manuel de Physique et le Manuel de Galvanoplastie de Encyclopédie Roret, contiennent tous les renseignements sur Vélectricité..
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- tique, qu’une combinaison simple était préférable à toutes autres. Je vais reproduire la description d’une simple paire voltaïque, telle que je l’ai donnée dans i’ouvrage cité ci-dessus :
- « Si l’on réunit, au moyen d’un fil métallique, un Morceau de zinc et un morceau de cuivre, et qu’on les place dans un vase contenant de l'eau, acidulée par l’acide sulfurique, cet arrangement constituera une couple voltaïque simple en action.
- « L’action dépend de la différence d’affinité chimique du liquide pour les métaux respectifs : le zinc sera plutôt dissous que le cuivre; en d’autres termes, l’eau (chacun sait qu’elle consiste en deux gaz, oxygène et hydrogène, chimiquement combinés) est décomposée; l'hydrogène se dégage à la surface de la plaque de cuivre, sous forme de gaz ; Yoxigène se combine avec le zinc et forme un oxyde de zinc ; cet oxyde s’unit à l’acide sulfurique, s’y dissout, et forme du sulfate de zinc. Dans toutes les combinaisons voltaïques, des actions analogues à celle-ci ont lieu. Le liquide excitant a plus d’affinité pour un métal que pour un autre. Le premier s’appelle métal positif, le second métal négatif.
- « Durant la marche de la conversion chimique dont il vient d’être parlé, il s’opère un transport rapide d’électricité entre les deux métaux. L’électricité positive passe, à travers le liquide, du zinc au cuivre, et continue alors sa course en suivant le fil qui relié les deux métaux, pour retourner au zinc. Si le fil est rompu, le transport de l’électricité est interrompu, et les effets chimiques, quant à ce qui concerne l’électricité, cessent : l’hydrogène ne se dégage plus de la plaque de cuivre, et le zinc (soit pur ou amalgamé) D’est plus dissous. »
- Ô. Parce qui précède on peut voir que, quand la
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- combinaison est bien faite, la force — la force voltaïque
- — peut exister ou rester inactive, suivant que le rapport entre toutes les parties de la triade est complet ou interrompu. Ceci peut encore être mieux compris en considérant les trois choses arrangées comme les trois côtés d’un triangle — le zinc forme un côté, le cuivre un autre côté, et l’eau acidulée le troisième côté. Tant que le triangle est complet, les côtés étant unis sans solution de continuité, et tous se touchant aux coins, comme A (dont le côté gauche peut être pris pour le cuivre, le côté droit pour le zinc, et la base pour l’eau acidulée ) ; tant qu’il en est ainsi, la force voltaïque dont on a besoin existe et se meut en course continue tout autour du triangle, en direction analogue à celle des aiguilles d’une montre dans leur mouvement ordinaire. Mais, dès que l’un ou l’autre des côtés du triangle est séparé, — soit le zinc, le cuivre, ou le liquide,
- — ou que l’un d’eux se trouve retranché des autres, la force cesse d’agir. Par exemple : si l’on interpose un morceau d’ivoire, de bois, de cristal, ou d’une autre substance que la force ne peut traverser, entre les métaux au sommet du triangle, toute action est interrompue ; cependant, en laissant ce morceau d’ivoire, nous pouvons encore rétablir l’action par un fil dont un bout communique avec le zinc et l’autre avec le cuivre. En ce cas le fil jouit de nouvelles propriétés, qui, même dans de petites proportions, peuvent se manifester d’une manière sensible et se constater par des moyens très-ordinaires; mais en augmentant ses proportions et en adoptant des dispositions qui multiplient ses effets, ils deviennent manifestes et très-prononcés. L’une des particularités d’un fil qui se trouve dans ces circonstances est de posséder des propriétés magnétiques ; il peut convertir le fer ou l’acier en aimant, et et il peut encore faire mouvoir l’acier déjà aimanté.
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- Nous allons voir maintenant comment on doit employer k fil, et de quelle manière on peut multiplier et augmenter la force qu’il possède afin de produire d’une manière pratique ces effets, qui, en réalité, sont les fieux effets dont nous ayons besoin dans nos télégraphes électriques. Le fil acquiert ces propriétés quelle que s°it sa longueur — un pouce ou un mille ; mais les effets varient en raison de cette longueur. On doit considérer en tous cas le fil, et c’est un fait réel, comme un obstacle à vaincre ; plus il est long, et aussi plus il est fin, plus l’obstacle est grand. Cet obstacle, ou cette résistance, n’influe pas du tout sur la rapidité effective avec laquelle la force se meut, et c’est ce qu’il est très-important que nous sachions : il ne fait que réduire la quantité qui se meut, et diminue ainsi l’effet. En outre, quelle que soit la valeur de la force dans une partie quelconque du circuit, elle est la même fians toutes les autres; de telle sorte que, si le fil est plus gros dans un endroit quelconque du circuit, la résistance générale est diminuée , et il passe plus de force dans chaque partie du circuit dans un temps donné. Si le fil qui joint les deux métaux était plié comme le représente cette petite fig. A, la force monterait d’un côté jusqu’au sommet et redescendrait de l’autre ; mais si on ajoutait en travers, de cette manière A, un autre fil de même grosseur, il ne passerait qu’une portion de la force par le sommet, le reste Prendrait le plus court chemin; et, en somme, il en Passerait plus dans cette position que dans l’autre. Si le bout qui traverse formait avec les autres un triangle équilatéral, deux tiers passeraient par là, et un tiers Parle sommet.
- 6. On a trouvé qu’une simple triade était suffisante pour la majeure partie des besoins électrotypiques ; mais le travail qu’il faut maintenant produire, et la
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- grande distance entre la force et le travail, exigent une succession de ces triades. Si l’on assemble du zinc et du cuivre par couples et qu’on les place dans une série de verres à boire, de manière que le zinc de chaque couple est dans un verre, pendant que le cuivre est dans le suivant, chaque verre ayant le cuivre d’une couple et le zinc d’une autre, les métaux ne se touchant pas et les verres contenant de l’eau acidulée, — nous avons une série voltaïque. En unissant les deux extrémités de la série avec un fil (§ o) la force circule, et nous pouvons vaincre un plus grand obstacle qu’avec une triade ; nous pouvons ainsi interposer une plus grande longueur de fil, et obtenir encore une force suffisante sur toute l’étendue du circuit. On peut exprimer par des équations la différence qui existe entre une simple combinaison et une série de combinaisons semblables. L’équation de notre petite triade est F = -f ; F est la force en circulation, e la valeur effective , ou la puissance électro-motrice, de la combinaison particulière employée, et R la résistance de ces trois côtés du triangle, — le zinc, le cuivre , et l’acide.. Quand on emploie un fil de communication, il faut ajouter sa résistance, et l’équation devient F ** r représente la résistance de ce fil; et plus la résistance, ou la valeur de r, est grande, et plus la valeur de F est moindre. Quand le nombre de la série augmente, nous multiplions la puissance électro-motrice; mais nous multiplions aussi la résistance R de chaque triade par le nombre de la série ; et, en laissant le fil de communication en circuit, l’équation devient F n représente le nombre de cellules.
- lia valeur de cette équation excède la dernière, parce que r, ou la résistance du fil n’a pas été changée par le reste, et l’équation représentent une plus grande
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- f°rce ; nous pouvons aussi multiplier r par n avant de réduire l’équation à la première valeur : en d’autres formes, nous pouvons adopter une plus grande longueur de fil dans le circuit, et avoir encore le même effet. En conséquence, plus il faudra que le circuit r soit long, Plus nous devrons augmenter le nombre n de la série. L’expérience seule peut déterminer ces rapports dans chaque cas. Je mentionnerai ici que, pendant que la résistance est en action directe avec la longueur du fil die est en raison inverse avec Yaire de sa section; ce qui est vrai pour la résistance de chaque triade. Ainsi, pour donner l’équation complète, nous l’exprimerons
- de cette manière : F = —" K— .
- n K O r l
- ------— + —-------; » est la
- distance entre les plaques de zinc et de cuivre, s leur aire de section, l la longueur du fil de communication et s son aire de section. De manière que la force augmente comme e , n, s, ou s augmentent ; mais que la force diminue comme n, r, o, et / augmentent.
- 7. Batteries de télégraphe. Nous avons appliqué en Angleterre le terme très-impropre de batteries à une série de combinaisons voltaïques, mais c’est cependant ainsi que nous les appellerons. Notre batterie de télégraphe consiste en un fort baquet de bois dur, ou de chêne, généralement de 76 centimètres de long sur \4 centimètres de large, divisé en vingt-quatre cellules Par des cloisons d’ardoise, ce qui donne à chaque cellule une largeur d’environ 3 centimètres. Il y a aussi de plus petits baquets de vingt cellules, comme fig. 3 § 23. La grande affaire est de rendre l’objet étanche , avec du ciment ou de la glu-marine 1. Les plaques ont
- . * La glu-marine est remarquable en ce qu’elle est complètement •osoluble dans l’eau et fait naître une adhésion extraordinaire
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- 0 m. 412 sur 0 m. 087, le zinc à 0 m. 0046 d’épaisseur, et elles sont assemblées en couples par des bandes de cuivre de 0 m. 025 de large rivées à chaque plaque. Un simple zinc commence la série, comme dans la figure, et un simple cuivre la termine. Les extrémités supérieures des couples sont vernies, dans un but de propreté et pour éviter la corrosion. Les couples de métaux sont placées à califourchon sur les cloisons d’ardoise , tous les zincs tournés du même côté. On met au fond des cellules une épaisseur de 0 m. 025 de sable siliceux ; le sable nous permet de transporter facilement d’un endroit à un autre une batterie chargée ; car nous n’introduisons juste que la quantité d’eau acidulée nécessaire pour saturer ce sable. Il sert aussi à modérer toute action irrégulière qui tendrait à se produire entre l’acide et le métal. C’est M. Fothergill Cooke qui a introduit ce système pour lequel il a une patent. La solution acide est formée d’une partie de bon acide sulfurique et de quinze parties d’eau. Je préfère augmenter le nombre de plaques pour une somme donnée de travail avec une solution plus faible, que de me servir d’une solution pl^is forte avec un moins grand nombre de plaques. Les dernières plaques de zinc et de cuivre de la série se terminent respectivement en cuivre, et c’est de ces deux bouts de la boîte que les fils sont conduits à l’appareil télégraphique. On varie le nombre des cellu-
- cnlre les pièces qu’elle sert à coller. Cette colle se compose de caoutchouc dissous dans l’huile essentielle de goudron et de gomme-laque. Les proportions employées sont de 450 grammes environ de caoutchouc pour 18 litres d’huile essentielle degoU' dron. Quand le caoutchouc est entièrement dissous et que le mélange a acquis la consistance d’une crème épaisse, ce qui a lied après dix jours, on y ajoute deux parties en poids de laque, pouf une partie de la dissolution. La matière est ensuite chauffée et coulée en plaques. Elle s’emploie à une température assez élevée, à 120 degrés environ. ( Note du traducteur.)
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- les suivant la distance qu’il y a entre les stations; pour les petits groupes de dix à quinze milles, on emploie vingt-quatre cellules; à Tonbridge nous avons quarante-huit cellules pour des distances de quarante à soixante milles ; de Douvres à Londres nous avons soixante-douze cellules. Nous employons dans ces cas plus de force que nous n’en avons besoin ; mais nous pouvons ainsi parer les pertes qui peuvent avoir lieu par un défaut ou une mauvaise insulation; circonstances dont nous allons nous occuper.
- 8. Amalgamation. On amalgame le zinc, ou on imprègne parfaitement sa surface de mercure. En pratique , cette opération se fait en lavant la surface des plaques de zinc dans de l’eau acidulée, et en les trempant dans le mercure où on les laisse pendant environ une minute. On les place ensuite de manière à égoutter le mercure en excès. Je préfère leur donner un second bain acide et un autre bain mercuriel. Elles sont alors bonnes pour l’usage. Quand elles deviennent vieilles et épuisées, on les renvoie au dépôt, où on les démonte et où on remet les métaux dans leur état primitif ; alors on réamalgame les plaques de zinc pour servir de nouveau.
- 9. Les batteries neuves, quand elles sont soigneusement montées et qu’on y apporte beaucoup d’attention , peuvent fonctionner pendant six ou huit mois, si le travail n’est pas très-fort ; et en expulsant le sable au moyen de l’eau et en en remettant de l’autre, elles ont pu fonctionner pendant dix ou douze mois, et même plus, sans qu’il ait été nécessaire d’avoir recours à une nouvelle amalgamation. Dans une lecture faite à l’institution royale, le 29 mai 1847, j’ai donné une liste de dix-sept batteries de diverses stations télégraphiques, prises au hasard, avec le nombre de semaines que leur marche a duré ; en me reportant à cette liste, je trouve que
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- 2 ont fonctionné pendant 24 semaines.
- 3 . . . .............25-6-7 »
- 2.....................32-4 »
- 2.....................55 a
- 4 ...................36 »
- 1 ...................38 »
- 2 ...................41-2 »
- 1.....................52 »»
- Les télégraphes du South-Eastern Railway (chemin du sud-est) qui a 180 milles (289 kilom. 674) et 47 stations fonctionnent avec 2,200 couples de ces plaques ; et tout le système télégraphique du Royaume-uni emploie environ 20,000 couples.
- Nous avons vu qu’un morceau d'ivoire interposé au sommet du triangle arrêtait la force et que le fil la rétablissait. L’ivoire et les métaux sont les types de deux classes dans lesquelles sont divisés tous les corps — conducteurs et non-conducteurs de l’électricité. Us sont bons ou mauvais conducteurs, et bons ou mauvais non-conducteurs, — ou on appelle quelquefois ces derniers insulateurs. Nous faisons usage de divers corps appartenant aux deux classes dans la construction des télégraphes : les conducteurs servent à envoyer la force à sa destination ; les insulateurs sont destinés à prévenir toute déviation de la route tracée. Nous allons nous occuper maintenant de l’application de la force à nos besoins.
- 10. Galvanomètres. Le rapport mutuel dont nous avons parlé entre la force voltaïque et l’aimant est d’un caractère tel qu’ils s’éloignent réciproquement et tendent à prendre respectivement une position à angles droits, ou croisée, comme par exemple, si la force voltaïque (qui, dans de telles circonstances, a été nommée courant) allait de l’est à l’ouest, la position d’équilibre de l’aimant serait dans la direction du nord
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- au sud, et si la force du courant était exactement proportionnée à la puissance et au poids de l’aimant, puisque l’un ou l’autre put se mouvoir , ce serait cette position relative qui s’obtiendrait. Si, d’un côté, l’aimant est lourd, puissant, et fixé, et que le courant traverse un fil mince, équilibré de manière à pouvoir se mouvoir , le courant s’agitera et communiquera au fil un mouvement qui le placera à angles droits de l’aimant ; si, d’un autre côté, l’aimant est petit et équilibré à la légère, comme une aiguille de compas, lorsqu’un fort courant passera près de lui le long d’un fil fort et fixe, cet aimant deviendra l’objet mobile , et prendra la position croisée , comme avant. Dans l’un ou l’autre cas le résultat est le même ; le courant et l’aimant tendent à se placer à angles droits l’un de l’autre. En appliquant ce principe, il y a en pratique plusieurs objections contre l’usage de l’aimant comme corps fixe agissant sur le fil comme corps mobile ; ainsi dans des vues d’applications — et il en nait plusieurs de ce rapport, — le fil qui porte le courant est fixé et écarte une aiguille aimantée légère et délicatement équilibrée.
- 11. Puis la direction dans laquelle a lieu cet écartement suit une certaine loi connue, et se trouve d’un côté ou de l’autre, suivant que la direction du courant varie, ou que l’on fait l’observation sur l’extrémité nord, ou sur l’extrémité sud de l’aiguille. Un cas, cité pour plus de clarté, pourra servir de clef pour tous, mutalis mutantis. Supposez que vous vous trouvez dans le centre d’une grande pièce, avec des aiguilles aimantées partout autour de vous, et dans toutes les Positions — les unes sur pivots, pointant horisontale-ment le nord et le sud ; d’autres suspendues sur des axes horizontaux délicats, et pendant dans la direction du sol, presque verticalement; d’autres tout-à-fait suspendues et verticales ; les unes sur le parquet ou
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- suspendues au plafond, les autres sur les meubles et enfin sur les murs. Alors figurez-vous qu’un puissant courant voltaïque, venant du toit, vous traverse de la tête aux pieds jusqu’au parquet, — l’effet produit sur chaque aiguille, n’importe sa position ou son mode de suspension, sera que, si vous observez son pôle nord, il se sera tourné à droite. Si les aiguilles n’étaient pas marquées, vous n’auriez qu’à regarder quel pôle va à droite pour être certain, dans ces circonstances, que c’est le côté nord. Puis ensuite, vous n’avez qu’à savoir si le courant électrique écarte à droite ou à gauche le pôle nord de l’aiguille, pour vous rendre compte s’il est ascendant ou descendant.
- 12. Pour en revenir à une simple aiguille près d’un simple courant ; si A b ( fig. 1 ) est une forte tige de métal, ayant une aiguille en acier aimanté (ns), suspendue derrière et faite pour rester verticalement quand elle ne bouge pas ; maintenant, si un courant descend le long du métal, de a à b, comme l’indique la flèche, l’aiguille se mettra dans la position N s ; l’extrémité nord à droite, comme on le voit. Si la force du courant augmente, la déflexion augmentera jusqu’à ce que l’aiguille ait atteint la position N’ s’, à angles droits du courant ; position dans laquelle elle restera, quel que soit l’excès de force que l’on donne ensuite au courant. Si la tige de métal se continuait en forme de l), comme on le voit par les lignes pointées, et si le courant au lieu de se disperser à b, se dirigeait vers c, dans le sens de la flèche pointée, alors la portion du courant b c agirait sur l’aiguille, juste dans la même proportion que la portiom a b ; et en devenant ascendant, le pôle nord (en le regardant du courant B c) poussera à gauche. Mais c’est encore la même direction effective qu’avec a b ; de manière que tout l’effet des deux portions de courant est d’augmenter la déflexion de l’aiguille.
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- 13. Le Multiplicateur. En continuant ce système, c’est-à-dire en faisant passer plusieurs fois le courant autour de l’aiguille, nous augmentons l’effet. C’est ce qui a lieu en pratique avec un fil de cuivre recouvert de coton ou de soie, roulé à plusieurs reprises sur un châssis autour de l’aiguille ; cet instrument, faisant agir plusieurs fois dans sa course la force sur l’aiguille, a été nommé multiplicateur, — et, à cause de son inventeur, multiplicateur de Sweigger ; — ordinairement, l’aiguille et la bobine en sont placées horizontalement. Le multiplicateur, suivant l’usage auquel on le destine, est formé d’une plus ou moins grande longueur de fil qui, aussi, est fin ou gros ; un petit bout de gros fil, sert pour les forts courants, et les longs bouts de fil très-fin, servent pour les faibles courants ; parce que un fort courant n’a besoin de passer que moins de fois autour de l’aiguille, ou que, pour multiplier son effet, il lui faut moins de fois qu’à un fil faible. Cet instrument est ordinairement monté avec un cercle gradué ; l’importance de l’écartement donne une idée de la valeur relative de la force, et c’est pourquoi on l’a appelé galvanomètre. Mais la valeur comparative de différentes forces n’est pas, même dans les cas les plus simples, en proportion avec'le véritable angle de déflexion.
- Les valeurs comparatives des forces peuvent s’obtenir indirectement de plusieurs maniérés, à quelques-unes desquelles nous nous en rapporterons.
- 14. Le compas galvanomètre de Jacobi consiste en Un simple fil de cuivre fort, passant immédiatement au-dessous d’une aiguille aimantée de 5 centimètres, montée sur un cercle gradué. On ne peut pas s’en servir pour de faibles courants. La valeur relative des forces Voltaïques s’obtient en observant les angles respectifs de déflexion indiqués par l’aiguille, et en multipliant le sinus de Vangle par sa tangente. On a ces valeurs
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- par l’inspection et un petit calcul qui se fait à l’aide des tables trigonométriques ; mais , pour les 20 ou 25 premiers degrés de l’octant ces valeurs sont à très-peu de chose près en proportion des carrés des angles, dont on peut alors se servir sans crainte d’erreur sensible.
- 45. Le galvanomètre tangent, dans sa forme la plus simple, diffère du précédent, en ce que,-au lieu d’un fil, c’est un ruban métallique, n’ayant pas moins de quatre fois la longueur de l’aiguille, dont on se sert pour faire passer le courant sous l’aiguille aimantée, Quand la nature du courant permet d’adopter cette disposition, l’expression de la valeur devient plus simple, car elle est en proportion de la tangente de l'angle ; ce qui peut se trouver par un simple examen, sans calcul , au moyen des tables des tangentes naturelles. En pratique, la bande métallique se prolonge autour de l’aiguille et le galvanomètre tangent devient un cercle métallique, ayant 30 à 45 centimètres de diamètre, qui porte le courant, avec une aiguille aimantée très-courte placée sur un support, dont le centre est exactement au centre du cercle. Si le fd recouvert de soie est sans discontinuation du cercle, l’instrument devient plus sensible. Pour les circonstances plus délicates, auxquelles il n’est pas applicable, on a retours à d’autres moyens dont nous allons parler.
- 4t>. Le galvanomètre sinus a, comme les autres, une aiguille-compas et un cercle gradué ; mais il est muni d’une bobine multipIicatrice de fd recouvert, dont la longueur et le diamètre sont en rapport avec la somme de force à examiner. La bobine est mobile sur son axe. L’aiguille et la bobine se placent dans le méridien magnétique; quand le courant circule et que l’aiguille est écartée, la bobine se meut après l'aiguille; et quand elle l’a attrapée, et que la direction des deux Gûïneide, on prend l’angle. La valeur des forces est en
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- proportion du sinus de l'angle, laquelle se trouvé à la simple inspection d’une table de sinus naturels.
- 17. Méthode de Ohm. Dans cette méthode il y aune bobine fixe et une aiguille-compas suspendue à un fin fil ou à un filament de cocon. Quand l’aiguille a éprouvé une déflexion, le fil, ou le filament, qui sert à suspendre, se trouve tordu jusqu'à ce que l’aiguille ait repris sa première position. Avec cet instrument, la valeur des forces est proportionnelle à l'angle, ou au nombre des degrés de torsion, dont le fil a été retordu, ce qui se trouve indiqué par un index immobile.
- 18. Vibrations de Feehncr. Elles peuvent se lire dans l’une ou l’autre forme de multiplicâteur. Placez le galvanomètre de manière à ce que les pointes de l’aiguille soient au nord et au sud, la bobine se trouvera de l’est à l’ouest; faites osciller l’aiguille, et choisissez un nombre convenable quelconque d’oscillations ; observez le temps qui s’est écoulé durant ces oscillations; et, en comparant un courant à un autre, les intensités Ou les valeurs sont inverses aux carrés du temps.
- Bien que ces méthodes puissent, chacune en leur propre place, donner les valeurs relatives des forces en action pour l’instant, nous ne devons pas perdre de Vue, que, comme le fil de chaque galvanomètre présente de lui-même une certaine somme de résistance, il circule une moindre somme de force quand le galvanomètre est dans le circuit que quand il n’y est pas ; et, Comme cette résistance n'a pas de relation fixe avec les autres résistances, on ne peut pas l’estimer à priori ; elle exige donc d’autres calculs, dans lesquels nous ne pouvons entrer ici. Nous pouvons l’exprimer par g, et la faire entrer à sa place dans l’équation (§ 6). Ainsi : F = -r-~" K , - , où l’on voit qu’elle ré-
- duit l’efiet plus, comme les autres résistances sont moindres.
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- 19. Galvanomètre astatique de Nobili — ainsi nommé parce qu’il n’a que peu ou point de puissance dirigeante; — ce galvanomètre a deux aiguilles à coudre aimantées, l’une dans l’intérieur de la bobine et l’autre au-dessus ; leurs pôles sont en sens inverse, et elles sont suspendues à un filament de cocon. On peut le rendre très-sensible. Par exemple, Matteucci en emploie un qui a 3,000 tours de fil de cuivre pur d’un
- diamètre de ^ de pouce anglais (un pouce anglais équivaut à 25 millimètres français). Une triade de deux plaques de platine, qui semblent propres, immergée dans l’eau distillée, donne une déflexion. Ce dernier instrument est le type des galvanomètres employés pour les télégraphes électriques.
- 20. Les galvonomètres télégraphiques ont eu la bobine de 0 m. 455 de long, 0 m. 05 de large, et 0 m. 044 d’épaisseur ; elle était pleine de fil de cuivre de 0 m. 00025 de diamètre. La bobine était verticale et avait intérieurement une aiguille de 0 m. 088, dont le bout nord était en bas ; une autre aiguille, comme dans le galvanomètre de Nobili, était sur la face extérieure avec son bout nord en haut et servait d’indicateur qui faisait connaître les signaux. On la voit sur la face de l’instrument, fig. 44 (§ 90), et fig. 15 (§ 104) ; la bobine se trouve dans la. fig. Z (§ 23). Ce galvanomètre était d’abord employé dans tous les instruments; mais l’expérience ayant fait voir que les vibrations de pendule d’une si longue aiguille ne pouvaient répondre à l’extrême rapidité avec laquelle les signaux s’envoient et se reçoivent, on a substitué, dans les nouveaux instruments, une aiguille plus courte et une plus petite bobine de fil plus fin.
- 24. L'aiguille diamant. La courte aiguille intérieure fut introduite par M. Holmes, sous forme de rhomboïde ou de diamant, de 0 m. 028 sur 0 m. 021. L’aiguille
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- extérieure ou l’index, est en talc. La bobine est courte en proportion, et son fil, n’ayant qu’environ 0 m. — de diamètre, est plus fin. La déflexion, dans ce système, Peut s’opérer beaucoup plus rapidement que par ceux de l’ancienne forme ; il est beaucoup plus sensible et trè$-dépourvu d'oscillation, ne produisant presque flu’un battement très-faible. Les lois du magnétisme nous apprenant que la forme allongée est la mieux calculée pour favoriser le développement de la force magnétique , j’ai été conduit à penser que, pour le même poids de métal, autrement arrangé, nous pourrions accumuler plus de magnétisme qu’avec le rhombe, et j’ai fait des expériences dans cette vue.
- 22. L'aiguille composée, que l’on voit fig. 2, fut le résultat de ces expériences. L’appareil consiste en un disque d’ivoire très-mince d’environ 3 centimètres de diamètre, portant plusieurs aiguilles courtes fortement aimantées, s n, s n, solidement tenues d’un côté ou de l’autre, ou des deux côtés du disque. Cette aiguille composée occupe la place du rhombe dans la bobine. L’aiguille indicatrice N S, a 0 m. 075 de longueur. Je l’ai faite en acier, très-amincie et aimantée. La marche des aiguilles composées est très-satisfaisante. Je m’en suis servi pendant longtemps à Londres et elles transmettaient les dépêches avec la rapidité dont il est fait mention plus loin (§ 408). En sus de leur grande puissance directrice, je crois qu’elles sont moins sujettes à se séparer de leur magnétisme par les chocs de l’étincelle (§ 84) que ne le sont les rhombes ; ce qui, en définitif, est la principale objection à faire aux rhombes.
- Cependant, quelle que soit la forme d’aiguille employée , elle doit s’écarter à droite ou à gauche, une ou plusieurs fois, en envoyant un ou plusieurs courants le long du fil dans cette direction-ci ou cette direction-
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- là: nous allons décrire le mécanisme qui accomplit cette opération.
- 25. Télégraphe. Connaissant les propriétés du galvanomètre et la disposition de ceux qui ont été employés dans les télégraphes anglais, nous sommes disposés à étudier la manière de les monter pour s’en servir, et à examiner les dispositions mécaniques au moyen desquelles nous soumettons la force voltaïque à notre volonté, pour produire telles et autant de dé-flexions galvanométriques, que nous en avons besoin, et pour les opérer rapidement.
- Les instruments que nous allons décrire ont été inventés par MM. W. Fothergill, Cooke, et Charles Wheatstone. Ils sont de deux sortes : dans l’un, on ne se sert que d’un simple galvanomètre ; dans l’autre il y a une paire de galvanomètres. Comme le mécanisme du second n’est guère qu’un double de celui du premier , c’est de celui-ci qu’il va être question. Je suppose l’enveloppe de l’instrument enlevée afin d’en faire voir clairement toutes les parties essentielles, et j’en ai dessiné une vue de derrière (/îg. 3) avec la batterie e, disposée comme pour fonctionner. Le circuit du galvanomètre a est complété par le fil w w. La vue de face se trouve fig. 15. (§ 104).
- 24. L’instrument possède un doublé caractère : il est passif, ou prêt à recevoir les signaux d’un autre instrument ; il est actif, ou prêt à transmettre les signaux à un autre instrument. En commençant par décrire comment il est monté pour recevoir les signaux, et puis comment on le dispose pour les transmettre, nous deviendrons plus aptes à l’analyser et à en comprendre la construction générale. Le châssis de la bobine (B) est en cuivre, ou (ce qui est meilleur sous plusieurs rapports) en bois poli ou en ivoire ; il est tenu par des
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- écrous sur la face de l’instrument : cette face est une plaque de cuivre vernie en dedans. On voit, à droite et au bout de la bobine, un fil court allant à un écrou final, qui, par une tige de cuivre soigneusement adaptée sur l’étui de l’instrument communique avec un autre final ü. Le bout gauche de la bobine vient aussi à un final, d’où une tige de cuivre descend sur une plaque de cuivre, cachée ici en partie ; mais on en peut Voir la forme en regardant la plaque semblable qui s’aperçoit à gauche. Ces plaques jumelles sont en communication métallique au moyen des deux ressorts droits qui se voient bien dans le dessin. Les ressorts sont en acier et forts ; ils pressent fortement deux points d’une baguette en cuivre isolée n, qui est vissée dans la caisse en bois de l’instrument. La plaque à gauche communique avec le final d, aussi par une tige de cuivre. Si, maintenant, les deux extrémités ü et o sont en communication par un fil w w, le circuit se complétera de la manière suivante : du final u dans la bobine au côté droit ; hors la bobine, au côté gauche , en bas de la plaque à droite, au haut du ressort d’acier à droite, à travers la, verge de cuivre n, au ressort d’acier gauche ; en bas, par ce ressort, à la plaque gauche , de là par la tige de cuivre au final d , puis par le fil w w au final ü, d’où nous sommes partis. A présent si le fil de v suit le haut de la ligne de chemin de fer, et le fil de D le bas de la ligne, et que le circuit soit en quelque sorte complet sur une grande échelle, comme il vient d’être décrit sur une petite échelle, tout courant électrique, en suivant le fil d’une station éloignée, traversera cette hobine dans sa course et écartera l’aiguille, ce qui formera un signal. Je mentionnerai ici que, par excès de régularité, nous adoptons un ordre qui ne varie pas pour arrêter les fils à l'instrument : c’est de mettre le fil supérieur sur l’ex-
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- trémité que montre u dans la figure, les bobines étant toutes uniformément séparées.
- 25. C’est ainsi que se reçoit un signal ; voyons maintenant pour en envoyer un. Si nous allions sur un chemin de fer, en prenant une batterie (§ 7) avec nous, et que nous coupions l’un des fils, puis que nous placions les deux bouts, ainsi obtenus, sur les deux extrémités finales de la batterie, il passerait un courant le long de la ligne et les aiguilles de ce fil feraient une déflexion ; et si nous changions de côtés, de manière à renverser les connexions , les déflexions des aiguilles seraient aussi en ordre inverse. 11 en serait de même en coupant un fil dans l’intérieur de la station, ou dans l’intérieur du télégraphe, en agissant de la même manière. Maintenant, à chaque appareil disposé pour transmettre les signaux, nous avons un agencement analogue à un fil ainsi coupé ; et près de là sont les pôles de la batterie, montés et mobiles, de manière à pouvoir aisément s’appliquer à la brèche, d’un côté ou de l’autre, suivant les besoins. Dans la fig. 3 c’est le sommet des ressorts. Ils ne sont pas unis à la verge de cuivre n ; mais, comme je l’ai déjà dit, ils appuient fortement dessus, et peuvent facilement se soulever avec le doigt, ou autrement. On comprend que quand il y en a un de soulevé le circuit est ouvert. Maintenant, près de cet endroit il y a une machine par laquelle les pôles de la batterie peuvent faire une brèche au circuit, et qui peut s’appliqner dans une direction ou dans une autre de la brèche. Le tambour B est en bois de buis, les bouts c et z sont recouverts de cuivre et isolés l’un de l’autre par le bois b, laissé entre eux. Le tambour se meut par une poignée qui ne se voit pas ici, mais qui se trouve dans la fig. 15 (§ 104) ; il est soutenu comme le représente la fig. 3. Un fort fil d’acier c est vissé sous l’extrémité c du tambour ; et un fil semblable z’ se trouve
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- au-dessus de l’autre extrémité z. Ces deux fils sont les pôles de la batterie ; z" communique avec le zinc, et e’ avec le cuivre ; ainsi : — du bout de cuivre de la batterie un fil est conduit au final c ; d’où une tige de cuivre va à un ressort courbe en cuivre qui appuie sur le bout du tambour c ; du bout de zinc de la batterie un fil va au final z, d'où aussi une tige de cuivre Va à un semblable ressort, appuyant sur la continuation du bout z du tambour, comme le montre la figure. On voit que, toutes les fois que le tambour est mis en Mouvement, le fil d’acier z' élève l’un ou l’autre des ressorts d’acier qui sont debout ; en ce moment il lève celui à droite et brise ainsi le circuit ; mais, par un Petit mouvement de plus du tambour, le fil c' pressera sur la bosse en-dessous, comme on le voit dans la figure, et il y aura ainsi une batterie-pôle de chaque côté de la brèche, alors il se fera un signal sur l’instrument et sur tous ceux en communication avec lui. Ensuite, par la disposition particulière du tambour, on peut changer le mouvement aussi rapidement qu’on peut mouvoir la main. J’ai montré les rapports d’une batterie exactement comme ils se présentent en pratique , où, quand c’est le ressort droit qui agit, l’aiguille va à droite, et quand c’est le ressort gauche, à gauche. L’aiguille qui se trouve sur la face de l’instrument a toujours le nord en haut et celle dans l’intérieur fie la bobine en bas, de manière que, par la loi que j’ai mentionnée (§ dl), si nous regardons la face d’un instrument , et que nous voyons le bout supérieur de l’aiguille aller à droite, nous pouvons être certains que, fians la moitié de la bobine de notre côté, le courant est
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- 26. L’électro-àimànt. — Nous avons vu comment la relation mutuelle entre les courants voltaïques et les corps magnétisés est utilisée pour la production des Télégraphie èlect. 3
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- signaux, et nous avons maintenant à examiner la relation entre les courants voltaïques et les corps magnétiques,— c’est-à-dire, les corps non aimantés mais susceptibles d'aimantation, — afin de comprendre les dispositions dont nous profitons pour sonner l’alarme qui attire l’attention des employés aux télégraphes. Le fer et l’acier sont les corps magnétiques les plus importants. Le bon fer acquiert à l’instant une aimantation extrême, qui aussi se disperse dès que la cause excitante n’est plus présente ; l’acier s’aimante plus lentement, mais il conserve encore le magnétisme quand la cause excitante n'est plus présente.
- Si on bobine un fil couvert de coton autour d’un barreau d’acier ou de fer, et qu’on transmette un courant voltaïque au fil, le barreau se magnétise, le barreau d’acier d’une manière permanente, le barreau de fer temporairement, en reprenant son état neutre quand cesse le courant ; ces deux propriétés s'adaptent admirablement à nos desseins, comme nous le verrons bientôt. Les barreaux de fer, dans ces conditions, sont appelés electro-aimants. En se servant de fort-fil et de puissantes batteries, on peut produire des électroaimants d’un énorme pouvoir ; de même que, avec un fil fin contourné à plusieurs reprises, une petite force électrique se trouve si souvent répétée qu’elle produit un effet, qui, autrement, ne serait pas sensible. Le| pôles magnétiques se renversent suivant que la direction du courant change. La règle est que, si en regardant le bout du barreau, le courant passe cireulai-rement, comme marche l’aiguille d’une montre, ce bout est le pôle sud. Quelle que soit la puissance répulsive d’un électro-aimant, sa puissance attractive est comparativement minime, et se perd à une très-courte distance. Le fer à cheval ou les aimants en forme de ü sont les plus puissants ; et si, après avoir attiré un mor-
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- ceau de fer qui se tiendra en travers des deux pôles, on coupe le courant, il restera une quantité considérable de magnétisme, et le fer ne se dérangera pas ; mais s’il Y a séparation le magnétisme se dissipera.
- La somme de magnétisme est représentée par la somme de force électrique, qui est la somme de la force circulant dans chaque tour du fil. Ainsi un électro-aimant de 400 circonvolutions sera deux fois aussi fort qu’un de 50 , sans changement pour augmentation de résistance de la plus grande longueur de fil, et de la plus grande distance de la dernière circonvolution au centre que celle de la première.
- 27. Télégraphe électro-magnétique. On coupe deux bouts de 5 centimètres de longueur d’une baguette de fer de 1 centimètre 1|4 de diamètre, avec ces deux cylindres comme noyau, on construit deux bobines eu mettant à chaque bout un disque en ivoire ou en cuivre d’environ 2 centimètres 1[2 de diamètre ; on les entoure de cuivre couvert de soie de 0 m. ~ de diamètre environ. Ces bobines se placent côte à côte et s’adaptent dans un fer à cheval ou dans une espèce de châssis aimanté, au moyen d’une traverse en fer doux, comme °n le voit fig. 7 (§49). La longueur de fil est continue, et le système est magnétisé chaque fois qu’un courant |e transmet le long du fil. Par une disposition, dont nous allons parler, il reprend sa condition normale quand le courant est brisé.
- 28. L’alarme. Dans la fig. 4 le point A présente, vu de côté, l’électro-aimant qui vient d’être décrit : sur le devant de cet objet se trouve un petit support en fer R de 0 m. 025 de haut sur 0 m. 0125 d’ouverture, dont n°us ne voyons ici que le champ. Ce support est attiré Par les pôles de l’électro-aimant chaque fois qu’un cou-rant circule et l’entoure, et tant que dure cette circula-
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- tion; mais l’attraction cesse à l’instant que cesse le courant. Afin d’éviter que le support ne reste attaché, comme nous l’avons dit, ce que fait souvent le fer doux, même quand la force a cessé de circuler, nous ne lui laissons jamais réellement toucher les surfaces polaires de l’électro-aimant. A cet effet, nous préparons des petits écrous de cuivre que nous garnissons d’ivoire, et nous en insérons deux dans deux petits trous forés dans le support, en laissant aux pointes d’ivoire juste la dimension qu’il leur faut pour s’opposer au contact effectif, tandis que, en même temps, le support peut approcher très-près : le support est aussi ajusté de manière que, quand il est à l’état de repos, il se trouve à un rapprochement convenable des pôles de l’aimant, car la puissance des électro-aimants diminue beaucoup quand la distance augmente. Le restant de la figure représente le mécanisme qui fait aller la sonnette ; mais on le voit au repos. Nous allons montrer comment l’électro-aimant forme détente. Le support B est monté sur le bras le plus court du levier c ; l’autre bras de levier se termine en coude ou en crochet e; ce crochet arrête une dent qui est sur la circonférence de la roue d et l’empêche de bouger ; f est un ressort faible dont l’action est de réagir sur le long bras du levier c, et au moyen duquel le support reprend la position normale quand l’attraction cesse, et le crochet e fonctionne. La figure ne montre seulement que les parties du mécanisme nécessaires à en faire comprendre le principe général : dans a est contenu le ressort principal ; b, est une roue dentée, communiquant avec a par un pignon; c, roue dentée dont le pignon communique avec b ; d, roue qui porte l’arrêt et dont le pignon communique avec c; g, échappement agissant sur la roue i, qui est sur le même axe que la roue c; h, battant, absolument semblable à un pendule court, et dont l’action est la même. Quand
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- °n fait passer le courant voltaïque le long du fil des bobines A, les noyaux en fer doux sont magnétisés, et le support b est attiré, ce qui fait lever le crochet e et permet à la roue d de bouger. La machine se trouvant ainsi libre, le ressort en a, qui est monté, la fait marcher, et le battant-pendule h vibre vivement et frappe sur le timbre d , que l’on voit en section. Quand l’aimantation cesse (en même temps que cesse le courant), le crochet e revient appuyer à sa place, par l’action du ressort f, et le carillon se termine. La force du ressort/1 Peut se modifier au moyen d’une petite vis de rappel disposée à cet effet.
- 29. Cette description fait voir que l’alarme est sonnée par un mécanisme ordinaire et que l’action de la force voltaïque se borne à lever le crochet qui retient la Mécanique; nous pouvons donc produire autant de bruit que nous voulons, car rien n’empêche que ce soit Une puissante machine qui aille, et que ce soit une forte cloche qui sonne ; c’est, du reste, ce qui a lieu dans des circonstances particulières.
- 30. Il y a beaucoup de modifications à ce principe : Par exemple, nous avons les marteaux à l’extérieur de b sonnette et dont les mouvements ne frappent qu’un coup ; nous avons le crochet e pointu, et tombant dans Un petit trou sur la face d’une roue correspondant à d ; Uous avons quelques supports marchant comme une porte, sur des pivots, et lâchant une autre forme de crochet; il y a encore la sonnette centrifuge de M. Wheatstone, où, au lieu de pendule, se trouvent deux marteaux, aux bouts d’un bras fixé sur l’axe d’une des roues, et qui, en frappant sur un timbre, font un très-fort carillon. Dans ces alarmes, l’arrêt est un fort ressort entaillé, qui retient le bras qui porte le marteau : quand le support est attiré, un lourd levier, qui n’est plus retenu, tombe et relâche le ressort, ce qui permet
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- au bras qui carillonne de marcher. Quel que soit le genre de machine que l’on adopte, l’électro-aimant attirant un support est le moyen de la mettre en mouvement. Il nous reste maintenant à voir comment le courant parvient à l’électro-aimant, et comment on l’arrête à volonté.
- 31. Poignée de sonnette, court circuit. — Dans certaines circonstances, nous employons un fil séparé pour la sonnette, et une machine spéciale pour transmettre le courant : la description de cette machine sera mieux placée et mieux comprise plus tard (§43). Nous allons nous occuper du cas où la bobine-sonnette, ou l’électro-aimant, est sur le même fil, ou sur le même circuit que la bobine-aiguille ou galvanomètre. Dans ce cas chaque courant qui passe par l’un, passe par l’autre ; et lorsque la sonnette a rempli son but d’attirer l’attention de l’employé, il serait ennuyé de son bruit pendant la lecture des signaux de l’aiguille, si on n’obviait à cet inconvénient en faisant le court circuit ; en fait, on donne au courant un chemin, pour aller au galvanomètre, beaucoup plus court et plus spacieux que par la fine bobine de l’électro-aimant. S’il fallait que le courant passât à gauche d’un fil disposé comme un A jusqu’à l’électro-aimant du sommet, puis qu’il redescendît à droite pour retrouver le galvanomètre, il est clair que le carillon sonnerait tant que la force circulerait ; mais, si l’on place un morceau de métal en travers, comme la barre d’un A, le courant n’aura pas besoin de parcourir le sommet et traversera l’électro-aimant pour poursuivre sa course ; en pratique, il se divise, et, comme la traverse est courte et forte et la bobine longue et fine, la plus grande portion suit la première voie, et ce qui passe par la seconde est si peu de chose qu’il n’y a pas là assez de force pour faire agir l’électro-aimant. Nous faisons ce court circuit en tour-
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- r'ant une poignée de cuivre, qui se voit à gauche de la %. 14 (§90). La sonnette est dans la boîte au-dessus de l’instrument ; les deux baguettes en cuivre, que l’on 'voit à gauche de la boîte de la sonnette, communiquent avec les deux côtés de la bobine. Celle qui est derrière porte le courant à la bobine de sonnette, et celle qui est devant le conduit à l’une des bobines à aiguille. Elles se continuent et descendent dans l’intérieur de l'instrument ; la poignée de cuivre communique avec celle du devant ; le ressort de cuivre, à côté de la poignée, communique avec celle de derrière ; — un morceau d’ivoire est inséré dans la poignée. Maintenant qu’elle est verticale, le ressort appuie sur l’ivoire ( qui ne conduit pas l’électricité), et le courant, ne pouvant passer sans monter par un fil et descendre par l’autre, traverse, par Conséquent, la bobine à sonnette ; mais, si la poignée est horizontalement tournée, le ressort presse sur le métal de la poignée, le court circuit se fait, alors presque toute la force passe par cette voie, et très-peu par la bobine à sonnette.
- 32. Fils de télégraphes. — Si le fil w ( fig. 3, § 23), était d’une longueur de plusieurs mètres et qu’on le coupât ; puis, si le bout partant du final U communiquait avec le final D d’un instrument exactement semblable, et si le fil de ce final d communiquait avec le dnal U de cet instrument semblable, il est certain qu’un courant de la batterie, en passant, circulerait dans les deux instruments et produirait des écartements égaux ,l l’aiguille de chacun. Ce qui se fait ainsi dans le même aPpartement sur une petite échelle, peut se faire sur Une grande échelle, pour des instruments séparés par de grandes distances. Nous allons maintenant nous occuper du mode de suspension des fils, et des précautions a prendre pour prévenir la perte de force dans sou Passage, ou sa mauvaise application.
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- 33. Les fils pour ligne ouverte sont en fer galvanisé d’environ 4 millimètres de diamètre. Le fil a passé par un bain de zinc fondu, ou comme l’on dit, a été galvanisé. Le fer se recouvre d’une couche de zinc qui, en se combinant ensuite avec l’oxygène de l’atmosphère, forme une enveloppe d’oxyde de zinc, qui met parfaitement le fil à l’abri de toute corrosion ultérieure, et qui lui donne une durée excessive. Ces fils sont supportés par des perches ou des poteaux de bois de 4 m., 25 ou 4 m. 85 à 8 m. 50 ou 9 m. 12 de hauteur. Le fil inférieur est à 2 m. 43 ou 3 m. 04 de distance au dessus du sol, à moins que des circonstances n’obligent à l’élever davantage. Ces supports ont de 0 m. 00,38,70 à 0 m. 00,51,60 carrés à la base, sur 0 m. 00,32,25 à 0 m. 00,38, 70 carrés au sommet. Ils sont peints en blanc, et charbonnés et goudronnés dans les endroits qui doivent entrer en terre. Il y en a 30 ou 32 pur mille1. Si les fils n’étaient tenus que par le bois des supports, la force dans les temps humides, passerait de fil en fil, — les courants voltaïques traverseraient l'eau en la décomposant, et le signal n’arriverait pas à sa destination.
- 34. Insulateurs. — Pour éviter ce dont il vient d’être parlé, il faut faire intervenir quelque matière meilleure non-conductrice entre le fil et le bois. La poterie commune répond parfaitement à cet objet. Si nous trempons une cruche de poterie dans l’eau, elle en sortira en majeure partie sèche, c’est-à-dire qu’il n’y restera que quelques gouttes de liquides supendues çà et là ; de même les insulateurs en terre, interposés entre le fil et le bois, s’opposent fortement à l’humidité et nous garantissent l’isolation. On leur donne la forme d’anneau, de double cône, de tube, de collier, etc., suivant les cir-
- > Le mille anglais = 1 kilom. 6,093.
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- constances dans lesquelles on les emploie. La fig. 5 représente plusieurs dispositions de lignes. A gauche est te haut d’un poteau, dont l’objet est de supporter les fils. En devant se trouve un bras en bois, entre le bras etle poteau, sont des anneaux en poterie. Une cheville en fer, traversant le bras, l’anneau, et le poteau, ainsi Çu’un autre anneau et un autre bras du côté opposé, où eUe se trouve assujettie par un écrou, assure le bras. Sur la façade de ce bras on voit quatre cônes en terre ; rte sont tenus par de grandes gâches en fer, et dans chaque cône passe l’un des fils. Pour éviter toute confusion, j’ai omis de mentionner qu’un égal nombre de fils Passe exactement de la même manière derrière le poteau.
- 35. Poteaux de détour. A droite est la tête d’un de ces poteaux sur le passage de fils qu’il maintient. Une cheville en fer traverse le poteau, et les deux bouts, qui sortent du bois, portent comme on le voit dans la figure, chacun un dévidoir consistant en un tambour entaillé, avec une roue et un crochet. Les bouts des dévidoirs sont écartés du poteau par des colliers en terre traversés Par la cheville. Le dévidoir et la cheville, étant en fer galvanisé, constituent une continuation du circuit métallique, et le courant les traverse comme on le voit dans le fil le plus élevé. Mais, comme les joints du dé-Vldoir peuvent se corroder ou former de mauvais c°ntacts, et comme la poussière peut s’amasser autour des colliers et former un réceptacle à l’eau, on a trouvé teieux de faire purement du dévidoir un dévidoir, de t’isoler du fil, et d’ajouter sur le côté, un sentier qui teène le courant d’un côté à l’autre du poteau. Cette disposition se voit au second fil. La garniture de poulie c°nsiste en un anneau de poterie, muni de deux cro-chets, dont les attaches de l’un entourent l’anneau, et celles de l’autre passent dans son centre, de manière
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- qu’ils sont isolés l’un do l’autre, ét qu’aucun courant ne peut passer de l’un à l’autre. Le fil étant coupé et les poulies se trouvant chacune de chaque côté du poteau, celui-ci est ainsi doublement en dehors du circuit. Mais le lil mince qui est soudé de chaque côté, en dehors de la poulie, permet au courant de passer. Les poteaux se placent à chaque quart de mille : la moitié des fils sont séparés à l’un des poteaux, et l’autre moitié au poteau suivant ; ils sont soutenus, en passant, par un bras derrière le poteau. Ainsi donc, chaque fil est séparé à un demi-mille de distance. Les longueurs se joignent par des bouts de fil qui se vissent ensemble, et un petit fil soudé au-dessus du joint. On adopte un appareil semblable pour les ponts et les tunnels ; mais il est supporté par la maçonnerie au lieu de poteaux. Les pointes qui dépassent communiquent par un fil avec là terre afin de mettre les poteaux à l’abri de la foudre.
- 36. La fig. 3 (bis) montre l’aspect général des poteaux télégraphiques d’un chemin de fer ; c’est une esquisse de l’endroit où l’embranchement de Tunbridge Wels rejoint la ligne principale. On voit l’habitation du stationnaire et le bureau vis-à-vis, ainsi que la disposition des fils. Sur les cinq fils que l’on voit, les deux qui sont au-dessus vont de Londres à Douvres, et les autres de Tonbridge à Maidstone. Les positions relatives de ces endroits se verront sur la carte et sur le plan fig. 9 et 10. (§ 53.)
- 37. Introduction des fils. — Au milieu de la fig. 3 j’ai fait voir la disposition par laquelle les fils sont introduits dans une station, ou qui sert à interposer un instrument dans le circuit. Le troisième fil est coupé, et l’on se sert d’un lien ; en ce cas le circuit est brisé, et la force ne pourrait passer d’un côté du lien à l’autre. Mais, s’il y a deux bou1,s de fil attachés, un de chaque côté du lien, comme je le fais voir dans le quatrième
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- bl> et que ces bouts se continuent, chacun à travers un collier de poterie, jusque dans une station, où l’un d’eux est attaché au final u, et l’autre au final d de l’instrument représenté par la fig 3 ( § 23 ), le courant pourra aller d’un côté du lien à l’autre, en passant par la bobine du galvanomètre. C’est exactement le plan suivi Pour rallier les stations télégraphiques ; et de même 9ue nous venons de parler de l’introduction d’un ins-frument, nous pouvons, sur d’autres points du fil, en introduire d’autres.
- La fig, 5 (ter) est une vue de la station de Tonbridge, montrant le dehors du bureau du télégraphe, et la manière dont les fils traversent la station. Ils sont relevés Par des suspensoirs portant des anneaux de poterie, dont on voit les deux premiers. Des liens se trouvent dans tous les fils qui passent par le châssis, et de petits fils sont conduits dans le bureau (comme on le voit %• H, g 59 ) d’un côté du lien pour une série terminée là, et des deux côtés pour une série qui se continue. Les deux fils qui, du bureau, traversent la ligne sur le bord du pont se continuent sous la route d’Hastings iusqu’à mon instrument.
- 38. Fils de rues. — Pour mener un fil sous un grand chemin et les rues d’une ville, d’autres précautions sont nécessaires. Les fils employés à cet effet sont des ûls de cuivre n° 46. ( Le fil de fer galvanisé dont il est Parlé au commencement du § 33 est désigné, chez les anglais, par le n° 8). Ces fils sont d’abord recouverts de coton imbibé, jusqu’à saturation, de goudron, puis assemblés par groupes de trois, de quatre et de plus, dans ’lans de petits tuyaux de plomb. Les tuyaux de plomb s°nt garantis par une garniture extérieure de corde goudronnée, et on ne les enterre que dans des tuyaux de fer- A certains intervalles, les bouts de divers fils, rassemblés dans un poteau de fer, dépassent la surface.
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- C’est le « poteau d’épreuve », qui sert à examiner l’état des fils respectifs. Des fils sont disposés comme il vient d’être dit du bureau central de la Telegraph Company à Lothbury, derrière la banque d’Angleterre, à l’Amirauté , à Whitehall, au bureau du télégraphe de West Strand ; aux débarcadères des chemins de fer du South-Western, du North-Western, et des Eastern counties; à Waterloo Bridge-road, à Euston-square, et à Shore-ditch; dans tous ces endroits réciproquement. Dernièrement on a posé des fils beaucoup mieux protégés, entre Lothbury et le bureau général des postes, dans St-Martin’s-le-Grand.
- 59. Gulta-Percha pour fils. — On a commencé par faire usage des fils à nu dans les tunnels, comme à découvert ( § 33) ; mais l’eau qui y filtre abondamment, la poussière des machines, la fumée, la vapeur, produisaient une grande saleté sur les isoloirs en terre, ce qui nuisait à l’insulation, ainsi un courant devant aller (disons de Douvres à Londres) le long du fil 1 trouvait, en partie, passage au fil 2 par la boue humide, et il n’y avait ainsi qu’une portion de ce courant qui s’en allait à Londres par le fil 1 et une moindre portion par le fil % pendant qu’une portion considérable retournait à Douvres par le fil 2* et qu’il y en avait un peu tout-à-fait perdu, ce qui naturellement amenait une grande confusion et n’était pas un petit inconvénient.
- 40. Les tunnels du chemin du Sud-Est me donnèrent beaucoup de peines. Je me vis forcé de chercher ui> remède à l’inconvénient dont je viens de parler et c’est alors que je fus conduit à m’occuper de la fabrication d’un fil recouvert de gutta -percha L II a été exécuté
- ’ Le Gulta-percha, qui a été importé par la mission de Chi»e et transmis en 1843 par le docteur Montgomery, est une subS' tance imperméable analogue au caout-chouc; elle se ramollit p#
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- Par M. Farster de la manière suivante : — La gomme, après être épurée, est macérée par une machine à va-Peur dans un vase de fer chauffé ; puis on la présente, Par masse, à une paire de cylindres rayés et chauffés entre lesquels elle passe et se trouve pressée par de solides cylindres de 90 à 120 centimètres de long. Cette Ratière est alors préparée pour la machine à couvrir, °ù on l’emploie pendant qu’elle est encore chaude et molle. Cette machine consiste en deux paires de cylindres creux et unis, en fer poli, chauffés, suivant les besoins, parla vapeur, et une paire de petits cylindres-coupants à rainures. Le nombre et la dimension des rainures des cylindres-coupants varient suivant la couverture que l’on désire. Le fil employé dans nos tunnels est du n° 16 ; il est recouvert par six rouleaux cannelés, Qui apprêtent six fils à la fois, et le fil alors a 6 millimètres. Les deux paires de rouleaux unis sont l’une sur l’autre à un petit intervalle ; deux des cylindres solides de gutta-percha se passent entre chaque paire et en ressortent en feuilles molles et plates ; les six fils traversent l’intervalle entre les deux paires de rouleaux. unis, et passent entre les six rouleaux rainés et coupants, l’une des deux feuilles de gutta-percha se trouve eu dessus d’eux et l'autre en dessous; et ils reviennent de l’autre côté en formant un bandeau parlait de six fils ^couverts, que l’on sépare quand on a besoin de simples fils, ou qu’on laisse ensemble quand on en a besoin en bande. J’ai substitué ce fil au fil nu, pour les conducteurs importants, dans tous les tunnels humides, et ce procédé, qui m’a permis d’exécuter des choses fiüi n’auraient pu l’être par l’ancien système, a très*
- chaleur, mais elle devient très-dure et conserve les formes du Roulage en se refroidissant. Le gulta-percha est beaucoup plu» répandu à Londres qu’à Paris, M. M.
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- bien supporté les essais prolongés qu’il a subis. Je ne doute pas qu’on en fasse usage à l’avenir dans les conducteurs de rues 1.
- 41. Le circuit de la terre. — Nous avons fait voir, en commençant (§5) qu’un circuit complet est un élément essentiel à l’existence de la force voltaïque ; nous avons montré, particulièrement en décrivant les communications de l’instrument télégraphique (/?g. 3, § 25), qu’un fil partant du final u doit ensuite retourner au final d, et constituer un circuit complet avant que que les signaux puissent passer. Poursuivant cette idée, il semblerait que si l’instrument (/?g. 3) était monté à Douvres, et qu’un fil partît du final u jusqu’à Londres, un autre fil devrait retourner de Londres au final d à Douvres, les deux fils communiquant en quelque sorte ensemble à Londres. En fait, nous aurions un bout de fil de plusieurs lieues, au lieu de quelques centimètres comme on le voit dans la ligure; et, en pratique, il nous faudrait, pour chaque série de galvanomètre, une paire de fils dont l’un serait la moitié retournante de l’autre.
- Mais, en 1837, Steinheil fit voir, et d’autres confirmèrent ensuite, qu’on peut se dispenser de la moitié retournante de fil, et que la terre elle-même remplit la fonction de ce fil j c’est-à-dire qu’elle constitue la moitié du circuit ; ainsi, au lieu d’avoir deux longueurs de fil, comme il a été décrit ci-dessus, en pratique, nous prenons un fil du final u d’un instrument placé, à Douvres et nous le conduisons au final d d’un instrument semblable qui est à Londres. Nous faisons donc communiquer par le fil le final D de l’instrument de Douvres, par la canalisation du gaz et de l’eau de Douvres, avec le final ü de l’instrument de Londres, par la canalisation du gaz et de l’eau de Londres, et nous avons
- * L’enduit isolant de M. Siemens est, eu partie, composé de gutta-percha. M. M.
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- ainsi, non-seulement un circuit fermé, mais un meilleur circuit; c’est-à-dire un circuit présentant moins 'le résistance qu’en employant un fil de retour, et nous épargnons, ainsi, moitié de la dépense de fil, tout en obtenant, de meilleurs résultats. Quand il n’y a pas de tuyaux de posés nous canalisons jusqu’à ce que nous atteignons la terre moite, où nous enterrons une plan-ohe de cuivre, et un fil procède de cette planche au bureau du télégraphe. Le dessin ( fig. 6) aidera à comprendre ce qui vient d’être dit. Il y a un instrument de télégraphe dans la cabane, à droite, et un autre instra-Uient correspondant dans le bureau, à gauche. La ligne de fils se poursuit tel qu’on le voit ; les fils, en arrivant à leur destination, sont placés sous la barrière de là route ; ils unissent le côté d d’un galvanomètre avec le côté u d’un autre.
- Les autres côtés respectifs des galvanomètres communiquent avec la terre, soit par un fil soudé à une plaque de cuivre enterrée, ou dans d’autres cas, par un ,fil passant dans un puits. La ligne pointée dans la section du sol fait voir la direction*dans laquelle la terre complète le circuit. Chaque station télégraphique est Pourvue d’un fil de terre ; afin que, en sus de son objet ordinaire (sur lequel nous reviendrons plus amplement) nous ayons la possibilité d’interrompre un point Quelconque de la ligne, et de reconnaître les erreurs.
- 42. Ce qu’il y a de plus remarquable dans le circuit de la terre c’est qu’il semble ne présenter aucune résistance à la circulation de la force, au lieu que les fils métalliques, les meilleurs de tous les conducteurs, °firent tous une résistance très-sensible ; si la terre était Une masse solide de métal elle ne fonctionnerait pas mieux. Par exemple : dix fils entrent dans le bureau de Londres (voyez fig. 10, § 52), chacun allant d’un côté du galvanomètre. Les autres côtés des galvanomètres
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- sont joints respectivement par dix fils avec une longue tige de cuivre , et ce cuivre va aux conduites d’eau. Maintenant, les fils, malgré toute notre attention et toutes nos dépenses (§ 34) pour les isoler l’un de l’autre, dans leur cours le long du chemin de fer, s’amassent l’un l’autre, et se réunissent ensemble pour ne former qu’un paquet, aussitôt qu’ils ont passé le galvanomètre. La continuation pointée des fils indiquée e à Ramsgate, àDeal, et à Douvres (fig. 10, § 52) montre cet effet.
- 43. Nonobstant cette union des fils, on peut envoyer un courant le long de l’un des dix sans qu’aucune partie se distribue sur les neuf autres ; nous nous trouvons ainsi en présence du phénomène le plus extraordinaire: un fil métallique — et l’un des meilleurs conducteurs de l’électrécité — agissant comme parfait isoloir, ou non-conducteur. Plus on examine attentivement ce phénomène, et plus il est frappant: Comme exemple, prenez deux fils seulement : ils sont unis et joints au fil de terre avant d’entrer dans l’instrument de Londres. On les tient soigneusement séparés de Londres à Douvres ; mais, après avoir passé l’instrument de Douvres ils sont unis de nouveau, et sont joints au fil de terre, de manière qu’ils forment une espèce de gance continue; cependant le courant qu’on s’est proposé de faire passer par un fil prend toujours la terre comme moitié retour-riante du circuit, et aucune portion de ce courant ne prend sa route par le fil qui l’accompagne. Mais, si une cause quelconque divise le fil de terre, le cas change tout-à-fait : le courant en annonce lui-même la nouvelle par son action renversée sur l’autre galvanomètre, car alors il accepte le fil à côté de lui, et dont il ne voulait nullement auparavant.
- 44. Cette parfaite action du circuit de la terre e communément été attribuée à la conductibilité bonà fide. Ses propriétés conductrices notoirement inférieu-
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- res, comparativement à un fil de métal, sont considérées comme plus que contre-balancées par son énorme masse. Par exemple, dans le dessin (/îg. 6) faire de la section de la masse terrestre est si grande relativement à faire de la section du fil de 4 millimètres qui accompagne le conducteur, que sa conductibilité paraît devoir être regardée comme zéro si l’on faisait une comparaison.
- 45. Poursuivons cette idée et prenons pour la terre un pouvoir conducteur maximum égal à celui de l’eau salée, ce qui est une limite extrême. Maintenant, le fil de fer, suivant Cavendish (cité dans la chimie de Brande) conduit l’électricité 4,000,000 de fois mieux que l’eau de mer. Notre fil de fer a 4 millimètres de diamètre ; le pouvoir conducteur des corps est comme l’aire de leur section. Avec ces données, un simple calcul nous fait voir qu’un cylindre de terre de 8 m. 50 aurait une section dont la puissance conductrice équivaudrait à celle d’un des fils de télégraphe. Aussi, si Un fil de 4 millimètres accompagnait une telle section de terre, c’est-à-dire s’ils étaient joints, comme cela a lieu en pratique, pour donner passage à un courant voltaïque, il en passerait exactement la moitié par chaque voie. Mais ici il n’en passe nullement par le fil à côté, parce qu’une masse de terre infiniment plus grande que celle que l’on peut dire utile sert de conducteur. S’il y avait une petite trace de courant dans le fil accompagnateur, nous pourrions faire des comparaisons ; s’il y avait — ou nous pourrions dire que le cylindre de terre est d’un diamètre de 84 mètres °u de 186 mètres; mais tel n’est pas le fait. Et ce qui plus est, c’est qu’à la station de Londres il est question de neuf fils accompagnateurs. Ceci nous forcerait ^ multiplier les chiffres ci-dessus par ^ 9 ou 3 ; et
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- nous aurions 252 ou 558 mètres. De plus encore, huit de ces fils sont plusieurs milles plus courts que les autres, et, par conséquent, meilleurs conducteurs, ce qui nous ferait encore aussi augmenter.
- 46. Ce ne sont pas les seules difficultés qui encombrent cette étude de l’action de la terre. Les matières solides de la terre n’étant que de pauvres conducteurs, nous devons donc attribuer son action aux fluides et aux corps composés qu’ils contiennent en solution. Mais Faraday dit que « sans décomposition la transmission de l’électricité n’a pas lieu » ; ainsi le liquide ou la partie humide d’un énorme cylindre, n’ayant pas moins de 600 mètres de diamètre, et s’étendant à 88 milles, subirait une décomposition, et donnerait du gaz hydrogène à Londres et de l’oxigènc à Douvres, pour que la terre serve de conducteur et forme la moitié retournante du circuit entre ces deux villes.
- 47. La terre réservoir d'électricité. — Quant à moi, j’ai vu long-temps la confusion dans laquelle cette question nous jette, et je n’ai pu admettre l’existence d’actions aussi étendues que celles auxquelles nous avons été conduits par les recherches ci-dessus ; nous sommes donc réduits à l’autre seule alternative de rejeter l’idée de conductibilité, en ce qui concerne la terre, et, en même temps, de regarder simplement le globe comme un vaste réservoir d’électricité. Nous savons que si un nuage est trop chargé d’électricité positive, ou trop chargé d’électricité négative, n’importe laquelle des deux, un éclair se forme et se dirige vers la terre, après quoi l’équilibre se trouve rétabli. De même, le conducteur d’une machine électrique étant chargé , soit posv tivement, soit négativement, se décharge à l’instant et se rétablit dans son état normal en communiquant avec la terre. De même, si le pôle d’une batterie voltaïque communique avec la terre, une certaine dé-
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- charge a Heu. Prenez, comme exemple, l’expérience de M. Gassiot. Il a isolé une combinaison voltaïque pat des supports en verre sur un fourneau d’Amott. « Si, en cet état, un des pôles est touché de la main, sa tension électrique est évidemment détruite, les mobiles de i’électroscope en communication sont inertes, pendant que ceux d’un électroscope attachés à l’autre final atteignent leur extrême divergence.... Généralement, te moyen d’élever la tension d’une extrémité de la batterie est de toucher l’autre.»— Tans. Phil. 1844. Part. 1, P-46. Dans notre cas, les deux extrémités de la batterie communiquent avec la terre — l’une à Londres et l’autre , par un long fil conducteur, à Douvres. Et il semblerait qu’ils sont respectivement neutralisés, l’un par l’électricité positive et l’autre par l’électricité négative obtenues de la terre, ou, pour employer l’autre forme d’expression, l’extrémité positive de la batterie céderait l’électricité positive à la terre à Londres , et l’extrémité négative céderait l’électricité négative au moyen du fil à Douvres, ou vice versà.
- 48. — L’improbabilité de la vieille idée de la conductibilité de la terre est plus que confirmée par les expériences récentes de M. Breguet. Ces expériences, dont l’abbé Moigno a rendu compte, ont été faites sur sur la ligne du chemin de fer entre Paris et Rouen. M. breguet a construit deux galvanomètres jumeaux (§16) aussi pareils que possible, et qui étaient très-uniformes dans leur action, afin d’apprécier, dans le même moment, la valeur respective des forces aux deux stations. Il passa des courants entre Paris et Rouen ; une fois par un circuit tout en fil, une autre fois par un circuit moitié fil et moitié terre. En substituant le circuit de terre au fil de retour, il réduisit toujours la résistance de moitié ; en d’autres termes, un cifèuit de 40 milles de fil et de 40 milles de terre, présentent la
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- même résistance, et donnent les mêmes résultats ; la terre n’offrant mille résistance ; et, s’il en est ainsi, n’agissant pas comme conducteur. M. Moigno considère la terre agissant comme « un réservoir, ou une tranchée, dans lequel l’électricité positive d’un côté, et l’électricité négative de l’autre, sont perdues ou absorbées. » Gauss, de Gottingen, émet une opinion semblable : il regarde la terre comme absorbant, ou souffrant, l’électricité. La question, cependant, reste irrésolue. Mais il nous importe peu de savoir comment agit la terre en transférant la force, pourvu que nous connaissions l’effet pratique du fil de terre. Ceci posé et entendu, nous pouvons procéder à notre description.
- 49. Les touches sonnantes, — employées à transmettre un courant lé long du fil spécialement destiné aux carillons, n’ont été qu’indiquées (§ 31 ) parce qu’il faut pour comprendre leur action connaître d’abord le circuit terrestre. Maintenant nous pouvons décrire, premièrement, la forme la plus simple ; et, secondement, la forme perfectionnée. L’une envoie le courant, d’un bout à l’autre, tout le long du fil ; l’autre envoie le courantde la station sonnant à chaque bout de fil. La fig.1 est une section de la première, et l’on y voit sa communication avec l’électro-aimant du carillon ( fîg. 4. §28); j’ai omis tous les ajustages et supports, a est un petit tambour en cuivre de 0 m. 019 de diamètre sut autant de longueur, percé dans la direction de sa longueur , par deux trous, f et g, garnis d’ivoire. Au côté, et à angles droits de chacun des trous f et g, et les rencontrant, sont percés deux trous c et z, qui sont également garnis d’ivoire. Les fiches d’ivoire c et f sont forés de manière à ce que les trous se rencontrent, précaution prise pour ne pas exposer le métal ; un fil de cuivre raide entre à /, et un écrou de cuivre est vissé à c pour le retenir et former un contact serré. La
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- toême chose se fait à z et g. Un fil de cuivre lâche est attaché à f et un autre h%g ; ils communiquent respectivement avec les extrémités cuivre et zinc de la batterie. Ainsi les têtes des chevilles c et z représentent les pôles de la batterie parfaitement isolés des métaux environnants.
- La touche sonnante est représentée au repos ; — et, comme a est de cuivre ; b’ un ressort d’acier ; d, un fil de cuivre conduisant à l’électro-aimant ; b, des bobines à fil de cuivre ; e, un fil conducteur allant, par exemple, à Ramsgate, si cet appareil était à Canterbury (voyez fig. 10, § 52); E, le circuit de terre entre Ramsgate et Ashford; a, le fil de ligne d’Ashford à Canterbury ; et 6, un autre ressort d’acier ; il y a là un circuit complet ; ainsi donc si on envoie un courant au fil d’un autre endroit quelconque du circuit, il passera par ^appareil, et, en agissant sur cet électro-aimant, il fera sonner le carillon.
- Pour nous servir de cet appareil et le faire envoyer Un courant d’une extrémité à l’autre par le fil, nous retournons le tambour d’un quart, ce qui fait presser la cheville c sur le ressort 5’, et la cheville z sur le ressort b ; c’est-à-dire que nous brisons le circuit, et mettons les Pôles de la batterie dans la rupture (§ 25), ce qui fait Passer un courant dans la direction des flèches d’un bout à l’autre le long de la ligne et met toutes les sonnettes en mouvement. L’appareil est muni d’un fort Assort destiné à faire reprendre au tambour sa position Naturelle quand la main est retirée.
- 60. Mais, avec cette touche, il est clair que si l’employé de Canterbury veut appeler l’attention à Ramsgate, il carillonne en même temps aussi à Ashford, ce ^üi est un inconvénient et une dépense inutile de force. J’ai donc imaginé la touche sonnante (fig. 8), qui envoie le courant d’un côté ou de l’autre de la ligne, suivant
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- les besoins ; et qui, en ne sonnant que dans une direction, économise la force. J’en ai muni toutes les stations intermédiaires, avec grand succès et beaucoup d’avantage.
- Prenons que cette touche est à Canterbury, où il s’en trouve effectivement une, a est le fil conducteur, de Canterbury à Ashford, d’une cheville de cuivre s, à gauche du lecteur ; e est l’autre fil conducteur de Canterbury à Ramsgate, et partant d’une autre cheville, que l’on voit à droite ; la ligne pointée e’ est le circuit de terre entre Ashford et Ramsgate ; b et b' sont deux forts ressorts en acier appuyant ferme sur les chevilles s ; les ressorts b et b' communiquent respectivement avec chaque côté de l’électro-aimant b par des fils c . Le circuit est complet, et une autre station peut envoyer un courant, supposons, dans la direction des flèches, qui met en mouvement le carillon de Canterbury. Le tambour a est en cuivre, comme avant, et percé de même ; il est aussi garni d’ivoire à f et c. et à g et s; mais, au lieu de simples chevilles, il est garni d’une forte tige courte c, et d’une plus longue s. e est une solide pièce de cuivre, de laquelle part un fil V introduit en terre à Canterbury. Maintenant, si on tourne un peu le tambour dans un sens, la sonnette d’une ligne se fera entendre ; si on tourne dans un autre sens, ce sera celle de l’autre ligne qui sonnera. Nous allons décrire un de ces deux cas.
- En faisant mouvoir le tambour, la tige courte t écarte le ressort b' du point s ; et, en continuant le mouvement, le fil r touche la communication avec la terre E. Nous commençons ainsi, comme dans toutes les opérations analogues (§ 25 et 49), par rompre le circuit, puis nous mettons les pôles c et : de la batterie dans l* brèche. Le courant vient alors de l’extrémité cuivre de la batterie par le fil f, et se trouve écarté du tambour par l’ivoire, va de c au ressort b' ; il passe par l’élec-
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- jro~aimant b en suivant la direction des flèches, et par *e fil c’ monte du ressort & à la cheville s ; de là, et Par le fil «, il va à Oxford, où il entre en terre ; puis e circuit est complété à e par le fil de terre ; et à e’ il frouve z l’autre pôle de la batterie. En ce cas, le fil e, induisant à Ramsgate, n’est pas compris dans le cirait ; et le courant ne parcourt qu’un côté de la ligne. ^ on faisait mouvoir la poignée dans l’autre direction, ® courant s’écoulerait sans mettre les timbres de cette J8ne en mouvement. Un ressort remet le tambour dans Sa position verticale.
- M. Un système de télégraphes. Connaissant à peu Pfès en détail les diverses parties d’une ligne télégraphique , nous sommes maintenant mieux disposés à étu-^er comment elles se trouvent combinées en un sys-t(iiue général. La compagnie du sud-est possède à elle ^ule un système de télégraphes qui ne communiquent Paiement, soit sous le rapport de.l’électricité, soit SOüs le rapport des relations commerciales avec d’autres ^ries : ils vont servir à notre explication. Us s’étendent Londres à Rochester, et de Londres à Douvres, avec embranchements sur la route de Kent, à Tunbridge ^ élis, à Maidstone, et à Ramsgate , Deal et Margate ; 6Ur parcours total est d’environ 182 milles. La fig. 9 6st une carte de cette étendue, et montre la position ^graphique des stations télégraphiques, ainsi que les P°rtions du chemin de fer de cette compagnie, à qui Appartient aussi la ligne de Reigate à Reading, de 4-6 Ailles de long, sur laquelle il n’y a pas encore de télé-j^Phe, et les lignes, non encore complètement terrées, de Tunbridge Wells à Hastings, et d’Ashford , près d’Hastings.
- ^ fig. 10 est le plan des appareils télégraphiques cette étendue de pays. Les lignes ~ repré-
- ^ûtent les fils, désignés en pratique par 1, 2, 3,
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- 4, etc.; les demi-points * désignent les carillons d’alarme , et les poins entiers • les galvanomètres ; les simples points sont des instruments à simple aiguille (/ig. 3, § 23, et fig. 15, § 104), et les points compris dans un cercle 0 les instruments à deux aiguilles.
- 32. Les stations sont disposées en groupes, il y en a six ou sept par groupes. Les lignes du plan sont conti-nues d’un bout à l’autre d’un groupe : où les lignes se terminent, ou s’interrompent, le groupe se termine. Le plus important de nos groupes est celui de Londres à Douvres, sur les fils marqués 1 et 2 ; on voit que ces fils passent par toutes les stations inférieures et que les stations importantes, Tonbridge, Ashford et Folkstone, sont munies d’instruments en addition aux stations finales. Pour traverser ces stations on leur ajoute des liens ; des fils sont introduits dans les instruments par chaque côté du lien, comme il a déjà été dit (§ 37). Les plus petites stations ont une seconde paire de fils, nos 3 et 4, allant d’un bout à l’autre de la ligne ; ces fils, toutefois, s’arrêtent à Reigate, Tonbridge, Ashford et Folkstone, et forment cinq groupes inférieurs de 3, 3, 6, 3 et 2 stations respectives. La série entre Douvres et Londres a cinq instruments à double aiguille ; et la sonnette est sur l’un ou l’autre des fils, comme on le voit dans le plan. Il y a quelques groupes inférieurs qui ont aussi, comme les autres, des instruments à double aiguille, avec la sonnette sur l’un ou l’autre des deu* fils ; et d’autres instruments à simple aiguille occupant un des fils, et le carillon l’autre. Londres à Reigate, y compris Merstham, a. trois instruments à double aiguille ; Douvres à Folkstone, deux ; Reigate à Tonbridge, 1 compris les stations intermédiaires, ont cinq instruments à simple aiguille sur le fil 3, et cinq alarmes sur le fil 4 ; il en est de même pour les six stations de Paddock Wood à Ashford inclusivement, et pour les trois
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- d’Ashford à Folkstone inclusivement. Une troisième paire de fil, faisant un total de six, peut se voir de Rei-gate au tunnel après Merstham. Et de Londres une paire va aux stations de Briclagers’Arms, et deux paires à Gravesend et Rochester, ce qui fait, en tout, dix entrant à la station de Londres. Il est certain, d’a-Près cela, que le nombre de fils que l’on voit sur un chemin de fer ne veut pas dire, comme les gens du monde se l’imaginent, que les télégraphes d’Angleterre exigent plusieurs fils pour marcher ; mais bien qu’il existe un grand système, et qu’il faut desservir beaucoup de stations. Quant à ce qui concerne spécialement le télégraphe, nous pourrions n’avoir que deux fils, et même un seul, entre Londres et Douvres, et conduire ces fils dans chaque station. Il est vrai, cependant, que nous ne serions pas à l’aise avec un groupe de dix-huit stations, et que, comme deux paires de stations ne pourraient employer la même partie des fils en même temps, les communications entre les stations Douvres et Londres seraient continuellement interrompues, et qu’elles interromperaient aussi, à leur tour, les autres. Alors, quoique toutes les stations seraient nominativement des stations télégraphiques, elles ne se trouveraient virtuellement autre chose que l’inverse, car constamment on serait en attente, en confusion et en interruption.
- 53. La ligne de North-kent, de Londres à Rochester, a, de même, un groupe complet de cinq stations principales sur une paire de fils, et deux plus petits groupes de six et sept stations respectivement, sur une seconde Paire . Il y a partout des instruments à double aiguille, axec des carillons sur l’un des fils d’aiguilles. Les embranchements de Tunbridge Wells, de Maidstone, de Hamsgate, de Deaï, et de Margate, ont chacun une Paire de fils par instrument à double aiguille aux stations Télégraphie èlect. 5
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- indiquées sur le plan, et un troisième fil pour le carillon. A Tonbridge, les aiguilleurs (§ 36) ont des instruments à simple aiguille et des carillons sur un seul et même fil; à Tunbridge Wells, ils ont les instruments sur un fil, et les carillons sur un second. Nous avons ainsi des exemples de plusieurs méthodes de combiner les appareils.
- 54. J’ai dit (§ 41) que toutes les stations avaient un fil de terre. J’ai montré aussi comment il fallait que tous les groupes se terminassent dans la terre; alors l’usage du fil de terre à Margate, Ramsgate, Deal, Maidstone , Tunbridge Wels, Londres, Roches-ter, etc., etc., se comprend facilement. Puis en décrivant la touche-sonnante (§50) j’ai fait voir l’application du fil de terre pour sonner l’alarme dans une direction quelconque suivant les besoins.
- 55. Appareil silencieux. Il y a une troisième application du fil de terre, dont nous nous servons à Tonbridge, Ashford, et Folkstone, sur la ligne principale; et à Le-wisham, Woolwich, et Gravesend, sur la ligne de North-kent. Prenons Tonbridge pour exemple : — nous avons représenté les fils 1 et 2, poursuivant une une course interrompue de Londres à Douvres, et comprenant dans leur course l’instrument de Tonbridge : alors, Londres faisant un signal: pour Douvres, ou Douvres pour Londres , il doit naturellement se voir à Tonbridge ; et si Tonbridge fait un signal pour Londres, il faut qu’il se voie à Douvres ; parce que le circuit commence avec la plaque de terre à Londres, et se continue par le fil non interrompu qui va à la plaque de terre de Douvres ; et, quoique inutile à Douvres, le courant, dans ce cas, doit aller jusque-là pour atteindre la terre et compléter le circuit. Mais, si nous usons d’un moyen de le faire arriver à terre à Tonbridge, nous lui épargnerons un long et inutile trajet, et il entrera
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- en terre à l’endroit le plus près : Si donc, en correspondant de Tonbridge avec Londres, nous menons à Tonbridge deux petits fils de la terre aux fils conducteurs , du côté de Douvres, de l’instrument de Ton-bridge , nous coupons la ligne et nous forçons notre signal à n’aller que dans la direction que nous voulons, c’est-à-dire, à Londres : en mettant le fil de terre de l’autre côté de l’instrument de Tonbridge, notre signal ûe passe que dans l’autre direction Une petite disposition, nommée par nous Vappareil silencieux, est Calculée pour exécuter aisément cette opération. On en oit le devant au bas de l’instrument (fig. 14 § 90), avec Un index qui indique la position dans chaque opération. Quatre ressorts, deux aux fils du côté de Londres de l’instrument et deux à ceux du côté de Douvres, sont disposés pour le service sur un cylindre en buis. Une tige de cuivre en communication avec le fil de terre est incrustée dans le bois ; et, en tournant le cylindre dans Une direction, la tige de cuivre se trouve en contact avec les ressorts du côté de Londres, ou dans la direction opposée avec ceux du côté de Douvres ; de sorte que l’un ou l’autre des fils communique avec la terre. Cette opération possède un double avantage : en réduisant de moitié la distance, elle nous permet de marcher avec une moins forte batterie ; et en limitant nos signaux à la moitié des fils, elle laisse en liberté l’autre Moitié aux autres stations ; ce qui fait que pendant que Tonbridge s’entretient avec Londres, Ashford peut s’entretenir, sur la continuation de la même ligne, avec Douvres. Le nom de cet appareil dérive d’une autre disposition qui l’accompagne : quand l’index indique le mot silence, une tige de cuivre se trouve en communication métallique avec les ressorts de chaque côté de l’un des galvanomètres, et une autre tige avec ceux de l’autre galvanomètre, nous formons donc un
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- court circuit, et nous faisons répéter nos propres signaux par notre propre instrument seulement, et les signaux passent les autres stations sans entrer dans notre instrument; en fait, c’est absolument comme si les fils n’entraient pas du tout dans la station de Tonbridge. L’appareil silencieux de la ligne deNorth-kent est le même en principe, mais sa construction est différente.
- 56. Par l’arrangement ci-dessus toute la ligne est munie d’instruments, sans qu’aucun endroit soit incommodé , et l’examen du plan fera voir que quand une station n’est pas en communication directe avec un groupe, elle peut envoyer son message partout ; par exemple, Londres envoie un message à Penshurst ensuivant, soit la voie de Reigate, soit la voie de Tonbridge.
- 57. Plates-formes. Dans les circonstances ordinaires, les lignes d’embranchements télégraphiques se terminent aux stations de jonction, comme l’embranchement de Deal à Minster, de Ramsgate à Ahsford, de Maidstone à Tonbridge, de North-kent à Londres. Mais il y a des dispositions pour changer à volonté les fils d’embranchements sur les fils de la ligne principale, à peu près comme on change les trains d’une ligne à l’autre au moyen des aiguilles. La plate-forme que j’ai inventée est un cylindre de bois de buis, incrusté de certaines tiges de cuivre, et monté sur une petite boîte de protection intérieure en acajou ; une série de ressorts d’acier pressent chaque côté du cylindre, et vont à l’extrémité extérieure de la boîte ; les fils communiquent à ces extrémités. Les tiges de cuivre sont disposées de manière que dans une position du cylindre les ressorts forment un assortiment de paires de ressorts, et qu’en faisant faire un quart de révolution ils forment un autre assortiment de paires. Nous expliquerons mieux cela quand nous décrirons l’intérieur d’un bureau de
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- télégraphe (§ 63) : pour le moment il suffira de savoir fiue dans l’un des cas les deux ressorts des fils d’embranchement s’unissent respectivement avec les ressorts du fil de terre, à la station de jonction, pendant que la |)gne principale est ouverte d’extrémité à l’autre ; dans "autre cas les deux ressorts des fils d’embranchement s unissent respectivement avec les deux fils remontant la bgne, pendant que les deux fils qui la descendent sont unis avec la terre, à la station de jonction. Dans le dernier cas, les signaux de Londres, au beu d’aller à Douvres, prennent l’embranchement descendant , — peut-être de Maidstone, de Ramsgate , et Dlême de Deal ; ce qui donne à Londres l’immense avantage de pouvoir lui-même entretenir une communication directe avec les lignes d’embranchement sans aucun autre secours de la station de jonction que de tourner d’un côté, puis ensuite de l’autre : cette marche s’explique par les lignes pointées à Ahsford. Le circuit le plus long que nous obtenions ainsi est de 433 milles, de Deal à Rochester. Je dirai que pendant que Londres et les stations d’en haut peuvent atteindre aux embranchements avec le secours des plates-formes, elles ne procurent pas le même avantage à Douvres et aux stations d’en bas , parce que ce n’est pas encore exigé.
- 38. Double plates-formes. Cependant, j’ai monté une plate-forme à double action à la station de Tonbridge {fig. 12, § 64), communiquant avec les fils qui partent de chez moi ; il n’y a qu’un cylindre, mais le cuivre est arrangé de manière et les ressorts disposés de façon fine mon instrument peut être mis en communication, soit avec Londres et la ligne de North-kent, où avec Douvres et les embranchements, suivant les besoins, ^ais, en le mettant, lui ou un autre instrument d’embranchement, en communication avec le bas de la ligne, les signaux se trouvent renversés, et l’un ou
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- l’autre de nous doit lire à l’envers, à moins d’appliquer à l’instrument un appareil renversant l’ordre des communications pour les redresser. Du reste, avec un peu d’habitude, on lit très-bien à l’envers.
- 59. Plates-formes à un fil. Il y a une troisième espèce de plate-forme communiquant au plan de la ligne. Elle sert à convertir l’instrument à double aiguille en un à simple aiguille avec l’un et l’autre fil à l’une de ses aiguilles, et servirait si les fils conducteurs se mettaient en contact. A la station intermédiaire, elle est établie de façon que les deux fils d’en haut ou les deux fils d’en bas peuvent aussi bien être mis sur l’une des aiguilles : aux stations finales elle est disposée de manière que les fils peuvent se mettre sur l’une ou l’autre aiguille ; et elle a une position additionnelle par laquelle Londres se retire du circuit, quand la station de Brick-lagers’Arms y est.
- 60. Le plan montre que les deux fils de Douvres bifurquent et ne se terminent pas seulement à Londres, mais à Bricklagers’Arms, — le fil 4 se terminant, ainsi que le fil 2, par une double branche, comme la lettre Y. Dans de telles circonstances, un signal venant deDouvres se diviserait à la jonction, et la moitié arriverait à chaque bout. Mais la règle est de ne conserver le circuit complet qu’à Londres ; et Bricklayers’Arms ne peut posséder la ligne que si les fils sont libres, en s’adressant à Londres au moyen du second télégraphe, ou des fils 5 et 6, entre ces stations. Chaque station a un cylindre en bois de buis, implanté de cuivre, qui, par un quart de révolution, permet à chaque station de briser ou de compléter le circuit. Quand Londres le laisse compléter par l’autre station, il le brise ; et il le complète de nouveau quand Bricklayers’Arms lui fait savoir qu’il a fini. Il y a des plates-formes spéciales à Gravesend et Woolwich qui permettent à Rochester ou
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- Londres de communiquer directement avec une petite station quelconque du North-kent.
- 61. Le plan est fait à l’échelle, mais pour plus de simplicité les branches y sont à angles droits. J’ai pris ta position relative de l’observatoire de Greenvich , Parce que j’espère qu’un jour viendra où des conducteurs du temps seront établis entre l’Observatoire et la station pour donner l’heure et les déterminations de tangitu».
- 62. Bureau du télégraphe. Dans le cours de nos descriptions, nous avons eu plus d’une fois occasion de parler des arrangements et des appareils d’une station télégraphique : maintenant nous allons pénétrer dans ta bureau, et y examiner de près plusieurs sujets qui n’ont encore été qu’effleurés. La station de Ton-bridge va servir à notre examen. En regardant le plan {fig. 10) on peut remarquer la position majeure de cette station : elle est à mi-chemin entre la capitale et la côte, et au centre du reste de l’exploitation. C’est ici que se règle la marche du télégraphe, nous y avons ce qu'il faut pour entretenir la régularité du service de la ligne, pour nettoyer et réparer les appareils, et entretenir toutes les stations ; c’est ici que nous plaçons toutes nos provisions. Nous favorisons et nous aidons toutes les stations, et sommes leur principale ressource
- cas de détresse ou de difficulté, nous venons à leur secours pour les messages que leurs propres forces estropieraient et nous assurons, en tous cas, une régula-rité parfaite dans le service de la ligne.
- 63. Pour rendre cette station aussi efficace que possible , je l’ai pourvue d’un système parfait d’appareils, et qui va admirablement servir aux renseignements que nous voulons donner. La fis. 11 est un dessin exact de l’intérieur du bureau de Tonbridge, tel qu’il est aujourd'hui. La table supporte quatre instruments, et un cin-
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- quième se trouve sur un tasseau contre le mur. Les fils, qui sont en cuivre couvert de coton, entrent dans la pièce, au-dessus de la fenêtre, et viennent s’enrouler contre le lambris suivant leurs destinations respectives. Quelques unes des batteries sont dans l’armoire au-dèssous de la table, et les autres se trouvent dans un endroit spécialement destiné à cet usage dans la cour de la station. A gauche, est la séparation qui, suivant les règles du service des télégraphes, ne perr^t pas au public de passer.
- 64. — La fig. 12, qui est à l’échelle, est un dessin des fils et des instruments que l’on voit en place dans la fig. 11. On peut observer la correspondance de ces fils avec ceux des lignes (fig. 10) qui les mènent effectivement. Ils ont, à droite, un numérotage correspondant. Les noS 7, 8 et 9 sont les fils de Tunbridge Wells. La lettre u se trouve à droite des fils d'en haut, et la lettre d à droite des fils d'en bas. Un fil d’en haut est celui qui vient du côté de Londres (§ 37) ; un fil d’en bas, celui qui vient du côté de Douvres. Le dernier fil, marqué e, est le fil de terre, allant aux tuyaux du gaz.
- 65. a , est une tablette d’acajou , portant, pour chaque fil de ligne, autant de conducteurs ayant l’ancienne forme des conducteurs de la foudre. Un coude de cuivre , avec des pointes et une petite boule, est attaché à chaque fil ; à l’opposé de chaque coude est placé un coude semblable ; les pointes et les boules sont aussi près que possible l’une de l’autre, sans être positivement en contact. Ces seconds coudes sont tenus à vis sur «ne tige de cuivre qui part du fil de terre E, comme on le voit en haut du système. Le principe est que les charges atmosphériques , recueillies par les fils de ligne, se déchargeront par les pointes ou les boules dans la terre ; assez souvent, dans les orages tonnants, il se fait de fortes décharges, très-vives, entre ces boules ; elles
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- finissent même par endommager les instruments, ce •lui fait que, maintenant, ces conducteurs sont rejetés. La tablette au-dessous de la tablette a , dont nous tenons de parler, porte des conducteurs d’éclair sur nn nouveau principe, représenté par la fi§. 13 et qui sera décrit plus loin (§ 81, etc.)
- 66. b est une tablette portant trois baguettes en cuivre. L’une F. communique avec le fil de terre E, de nianière que c’est virtuellement une continuation du fil fie terre, à proximité commode, derrière les instruments. Les autres marquées c et z communiquent respectivement avec les extrémités cuivre et zinc de la batterie. Elles s’étendent le long de la tablette et conduisent ainsi la puissance de la batterie à portée des mstruments. Je n’en ai indiqué qu’une partie pour éviter toute confusion.
- 67. La table et ses quatre instruments, vus en perspective dans la fig. 11 , sont ici en plan. L’instrument te plus proche de la croisée , vis-à-vis lequel l’employé est assis, et duquel la fig. 14 (§ 90) est une élévation, est celui qui communique avec Londres et Douvres. 2 est l’instrument à simple aiguille, (fig. 15 § 104). C’est ta fin d’un groupe dont Reigate est le commencement. 3 est l’un de deux instruments dont l’autre est à Tunbridge ^élls. 4 est l’instrument final du groupe de Maidstone, t'autre instrument final est à Maidstone. 5 est l’un de fieux instruments dont le semblable est dans mon habitation. Pour le comprendre dans ce plan j’en ai changé Un peu la véritable position. Les lignes pointées sont les figues extérieures des instruments. Le rapport de ces cmq instruments avec ceux des autres stations peut aisément s’inférer à l’inspection du plan [fig. 10). Je n’ai tait voir qu’à un instrument, n° 2, comment les extrémités c et z sont liées aux fils de la batterie : les fils de cuivre y vont de la tablette B. J’ai montré les extré-
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- mités c et z au repos, et j’ai omis les fils pour éviter la confusion. J’ai donné les lignes extérieures des galvanomètres et des électro-aimants de tous les instruments dont la liaison peut se tracer. Du fil de terre e, un fil va partout : aux nos 1, 2 et 3 il passe directement ; aux n°® 4 et 5 il arrive, en contournant, par le moyen des plates-formes a, b et c. Les fils qui partent du côté gauche du galvanomètre prennent tous la ligne d’en haut, ou vers Londres. Ceux de droite , la ligne d’en bas, ou venant de Londres. C’est ce que l’on peut voir eh traçant les fils sur le plan. Quand les fils se croisent sur le plan , il doit être entendu qu’ils ne se touchent pas l’un l’autre. Il n'y a pas de difficulté à tracer les fils qui vont sans interruption au-dessus de la tablette a ; mais il faut un peu plus d’explication pour comprendre ce qui concerne ceux qui passent par une plate-forme.
- 68. La plate-forme c ( § 37 ) est destinée à mettre l’embranchement de Maidstone en communication avec Londres; la plate-forme double a (§38) sert à faire communiquer l’instrument du directeur, soit avec Londres, soit avec Douvres; la plate-forme b (§59) relie tous les fils, àussi bien ceux d’en haut que ceux d’en bas de la ligne, avec la même bobine à aiguille, dans les cas de communication entre tous les fils. J’ai donné précédemment la construction et les principes généraux de la plate-forme. Je n’ai pu donner ici la section des cylindres, car le plan est sur une échelle trop petite. Cependant nous en voyons l’application par le tracé du fil i ; premièrement, pendant que la communication complète entre Londres et Douvres est ouverte ; et, secondement, quand la communication est établie entre Londres et Maidstone.
- 69. Notre premier exemple sera le parcours d’un signal allant depuis Londres jusqu’à Douvres, et dont la course est indiquée par de petites flèches. Il entre
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- dans la station par le fil supérieur 1, le premier fil à gauche; il va à gauche de la plate-forme a, où il entre par la seconde extrémité ; il traverse la boîte et le cylindre et sort de l’autre côté par l’extrémité immédiatement opposée : dans cette position, le cylindre a, pour ce fil, un morceau de cuivre implanté sur chaque côté, et uni par un lien de cuivre qui parcourt le cylindre. Ensuite le courant va en ligne directe à la plate-forme b, °ù il entre par la seconde extrémité à main gauche, et passe 'dans la direction des flèches contiguës, il l’abandonne par l’extrémité première ou supérieure du même côté. Ce tambour, ainsi arrangé, porte une tige de cuivre, suffisamment longue pour que les ressorts de ces extrémités passent dessus. Maintenant le courant Va à la plate- forme c, où il entre par la première extrémité à gauche et ressort par la seconde du même côté, la communication étant exactement semblable à celle qui Vient d’être décrite. Il poursuit à présent sa course et arrive sans interruption à l’instrument télégraphique dans lequel il entre à gauche de la bobine qui se trouve elle-même à gauche : il circule autour de la bobine et, quand il la quitte, il entoure celle de l’électro-aimant de l’alarme. Sa route est alors l’extrémité supérieure à droite de la plate-forme 6, et son point de sortie la seconde extrémité du même côté ; il quitte ainsi la station pour continuer sa course jusqu’à Douvres, par le fil ùiférieur n° 1, d.
- 70. Nous tracerons maintenant la course du même
- supérieur 1, quand la plate-forme c est tournée pour mettre Londres en communication avec Maidstone. Le c°ürant suit la même route qu’avant, jusqu’à ce qu’il arrive à la plate-forme c : il entre alors par l’extrémité supérieure à gauche et passe par la boîte et le tambour îu’il quitte par l’extrémité supérieure à droite ; puis il descend à gauche de la bobine gauche de rinstrument
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- de Maidstone, n° 4 ; passe autour de la bobine et continue sa marche jusqu’à Maidstone par le fil 3, qui devient le n" 1 de l’embranchement de Maidstone à Paddock Wood, comme on le voit dans le plan (fig. 10, §52). Mais les plates-formes sont ainsi calculées que pendant qu’elles opèrent une communication particulière à une partie de la ligne, elles pourvoient parfaitement à la partie moins immédiate, en mettant les fils qui conduisent à cette partie en communication avec la terre, ce qui complète le circuit, aussi loin qu’il aille. Dans cet exemple-ci, la même opération qui tourne les fils supérieurs 1 et 2 de Maidstone, joint la terre avec le dessus de l’instrument de manière que la communication reste parfaite entre Douvres et Ton-bridge. En suivant des yeux, et dans le sens inverse des flèches, le fil qui vient de la bobine gauche de l’instrument, on l’aperçoit à la seconde extrémité de la plateforme c; la connexion est telle ici que le circuit se continue de l’autre côté de la boîte et du cylindre, où a lieu la connexion avec l’extrémité inférieure du même côté, quand un fil descend au fil de terre commun. Ce qui vient d’être dit du fil 1, s’applique également au fil %
- 71. La plate-forme a a permis au circuit du fil supérieur 1 d’entrer d’un côté et de sortir de l’autre ; mais une position différente du cylindre fermerait ce circuit, ferait sortir le courant par l’extrémité suivante au-dessus de celle par laquelle il est entré. De cette extrémité, le fil conduit à gauche de la bobine gauche de l’instrument, n° 5 ; il passe à droite de la bobine par le fil qui passe en haut, et qui conduit le long de la portion de la ligne d’embranchement de Tunbridge Wells, et sous la route d’Hastings à l’instrument jumeau de mon bureau.
- 72. L’action de la plate-forme peut mieux se com' prendre, en montrant comment elle opère, dans se$
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- trois positions, sur les deux fils qui, de l’instrument n° S, y aboutissent. Quand ce circuit se termine à la station de Tonbridge, la course du courant s’opère directement à travers la boîte ; il y a là trois extrémités, communiquant chacune avec la terre par un fil commun. Quand on la tourne pour finir à Londres, sa course est extérieure à la boîte du même côté qu’il entre ; et quand il doit finir à Douvres, il traverse le tambour, mais de manière à sortir par la paire de fils îui passe entre les deux boîtes, l’arrangement étant tel ’ÎUe la terre, en chaque cas, communique avec le eir-cUit dont on ne se sert pas pour le moment.
- 73. Il serait trop long de décrire la course de toutes
- séries de fils ; mais, par ce qui vient d’ètre dit, le lecteur attentif n’éprouvera pas de difficulté dans l’étude de chacune, car elles sont exactement tracées et correctement nombrées. Or, en comparant ce plan avec le plan général de la ligne, il ne peut y avoir grande difficulté à reporter les arrangements spéciaux de ce bureau à la disposition générale de la ligne.
- 74. La manière dont les fils, soit d'en haut ou d'en bas, communiquent avec l’aiguille gauche (§59), par *a plate-forme b, peut être bientôt expliquée. Quand tout est bien, le tambour se présente aux ressorts de façon que les bouts de cuivre s’assemblent en paires, doux paires de chaque côté de la boîte. C’est la positon dans la course qui a été tracée du fil 1 ( § 69). Supposez que les fils en bas de la ligne soient ensemble, et fio’il faille les réunir à gauche de la bobine à aiguille dans l’intérieur de la station de Tonbridge : le fil le Ptos haut ira de la droite de la boîte à l’aiguille gauche, et les deux fils du milieu seront les fils d’en bas, nous 11 aurons qu’à tourner le cylindre pour qu’une tige de cuivre se présente et appuie sur les trois ressorts, rassemblant en même temps les fils avec une aiguille, et
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- laissant l’autre aiguille hors du circuit. Il en est de même pour le fil d’en haut ; on n’a qu’à tourner dan® l’autre direction et la tige de cuivre se présente de l’autre côté.
- 75. Circuits de carillon. — La description du eir-cuit de l’alarme (§31, 49) peut encore être mieux comprise par ce plan. Dans la course du fil 1 de Londres, après avoir passé la bobine à aiguille gauche de l’instrument n° 1, on a vu (§ 69) qu’il passait la bobine à sonnette ou l’électro-aimant, avant de quitter la station sur son chemin pour Douvres. L’aimant agissant, la sonnette marche ; mais si le portant de la sonnette ( § 31 ) était tourné, le courant passerait plutôt en travers * par les plus forts fils. Ces fils se continuent autour de la chambre, et il y a dans l’intérieur une autre poignée de sonnette à la portée de l’employé, qui peut faire le court.circuit ^ sans quitter son siège.
- 76. La tige à sonnette de Maidstone, n° 4, est sur un troisième fil, distinct de la bobine à aiguille. Le fil 5, d, descend à l’électro-aimant; il se continue de l’aimant à la touche sonnante ( § 50, fig. 8) ; de là, il remonte joindre le fil de terre E’, sur la tablette B-Le fil à timbre de Tunbridge Wells 9 suit une course semblable ; mais, toutefois, il commence par la touche sonnante, puis il va à l’électro-aimant, et enfin au fil de terre-Le fil 4, u, qui vient de Reigate, fait le même service-J’ai donné le trait de la boîte à sonnerie, et le tasseau sur lequel elle est posée et auquel se trouve la touche sonnante. D’après cette description, ces trois sonnette sont toujours en circuit, et c’est ainsi qu’elles sont dau$ toutes les stations qui en sont pourvues; mais nous avons ici un appareil supplémentaire qui peut faire Ie court circuit quand le bruit du timbre, carillonnai pour d’autres stations, interromprait le travail.
- Des dispositions telles que celles que nous venons de
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- écrire existent dans toutes les stations où elles sont eft rapports avec les besoins de chacune d’elles. Par ce simple aperçu le lecteur le plus insouciant aura pu femarquer quelles grandes difficultés on peut surmonta par des moyens d’intercommunication bien calculs entre les instruments. J’aurais pu m’étendre davantage sur les ressources de cette station, et montrer comment nous pouvons, en même temps, recevoir par ta télégraphe une dépêche de Douvres, d’un côté de la table, et en envoyer une autre à Londres, de l’autre côté; comment nous pouvons couper la ligne et en essayer la nature ; comment nous pouvons veiller aux Variations d’insulation ou à l’augmentation de résistance, et reconnaître les points les plus faibles, puis y Porter remède; comment enfin le chef peut commander tante la ligne de chez lui, la nuit, aussi bien que de son Weau, le jour, et donner, aussi promptement que la Pensée, des instructions dans toutes les occasions et en taus temps ; mais nous ne devons pas nous arrêter à ces détails.
- 77. Conducteurs de la foudre. — J’ai donné à en-tandre (§65) que la foudre n’était pas un visiteur très-e*traordinaire pour les bureaux de télégraphes, et que U°us ne pouvions pas espérer qu’il en soit autrement ^and l’orage est proche, car nos lignes de fils sont essentiellement disposées pour la recueillir, et (comme nous avons des fils de terre dans tous nos bureaux) pour la conduire, vià nos instruments dans le sol. J’ai dit (§ 55) que les poteaux avaient une défense pour les jtarantir contre un coup violent; et j’ai décrit (§ 65) Ancienne méthode de protection intérieure.
- 78. Il ne semble pas, et i’expérience jusqu’à présent confirme cette prévision, qu’une quantité dangereuse de taudre se dirige dans l’intérieur d’un bureau, car il y a beaucoup d’endroits, aux abords des constructions, où
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- le fil approche assez les canaux pour s’y débarrasser d’un excès de charge. Mais il est arrivé très-souvent qu’il a pénétré assez de foudre pour fondre le fil des bobines d’alarme et des bobines à aiguille, et même pour fondre en partie un fil un peu plus gros, ce qui effrayait par la lueur et le bruit. Les fusions ont lieu aux endroits où la foudre quitte le fil pour traverser l’air jusqu'à un conducteur allant à la terre. On doit se sou-venir aussi qu’il n’est pas nécessaire que la décharge ait lieu positivement par le fil, ou au moyen du fil, pour produire un effet sur l’instrument. Car, si la foudre éclate dans la proximité des fils, sans y toucher, elle troublera, pendant sa courte existence, l’électricité naturelle du fil, le mettra en mouvement, et cela forte-ment. Et ce phénomène, probablement plus fréquent qu’un véritable coup de foudre, est, à cause de son moins de violence, une chose plus maniable.
- 79. J’ai inventé le conducteur de la foudre représenté par la fig. 13. Les deux choses qui le distinguent sont que le fil venant du fil de la ligne, passe dans ^intérieur d'un cylindre métallique en communication avec la terre ; et que dans la longueur de l’intérieur du cylindre, le bout de fil est au moins aussi fin que celui des bobines d’alarme ou à aiguille, et même, ce qui vaut mieux, un peu plus fin.
- 80. C’est une propriété bien connue des charges ordinaires d’électricité que celle de s’étendre et d’occupé1 la surface des corps conducteurs. Si on a un vase mé' tallique isolé par des pieds de verre, et qu’on se serve d’une boule de cuivre, pendue à un fil de soie, pour conduire une charge d’électricité d’une machine éleC' trique ordinaire à l'intérieur du vase, la décharge aura lieu dès que les deux métaux se toucheront ; et en recherchant alors dans l’intérieur du vase, on n’y découvrira aucune trace d’électricité, la charge semblera
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- «vaporée. Mais, en recherchant à l’extérieur, on y retrouvera toute la charge. J’ai conclu de là que, dans le Parcours d’un fil conducteur, on pouvait tirer avantage d’une disposition intérieure d’un fort cylindre métallique, en communication parfaite avec la terre ; de manière que la charge, dans cet endroit de sa course, ne s°it en contact qu’avec la communication de la terre et que son écoulement soit facile.
- 81. La fig. 13 représente le conducteur de la foudre, Presque en grandeur réelle, a est un cylindre de cuivre d'un millim. et demi d’épaisseur (vu en secfion), en Parfaite communication métallique avec la terre par le gros fil e, et isolé du fil conducteur par un disque de bois a, et une bobine de bois bb. Les flèches montrent la direction de la charge, du fil de ligne c au télégraphe, auquel il tient par la partie d. Les bouts de la bobine s’ajustent sur la surface intérieure du cylindre, mais on y réserve de petites rainures qui permettent d’introduire deux ou trois conducteurs en fil de cuivre recouvert de soie g, plus minces que ceux qui se trouvent dans l’instrument ; le fil est dans le circuit qui prend au gros fil de cuivre e et se termine en-dessous à d ; il «st très-rapproché de la terre, — plus près, en fait, qu’un autre fil quelconque ou morceau de métal de l’intérieur de l’instrument ou du bureau. Il se trouve, «n outre, au fil e, deux moyeux f, garnis de pointes, qui touchent presque à l’intérieur du cylindre. Les bouts en bois a et d sont aussi couverts de disques de cuivre ; du disque supérieur, des pointes approchent le cylindre de terre ; et, de la partie inférieure du cylindre de terre, des pointes se présentent au disque. L’objet de la bobine g de fil très-fin est que, en raison la ténuité du fil et de sa proximité du cylindre de terre, la fusion, dans un cas extrême, s’y opérera plutôt que dans le fil de la bobine d’alarme ou dans celui
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- de la bobine à aiguille. Quant au but des pointes, il n'î a pas besoin d’explication à ce sujet.
- 82. On fit le premier usage de ces conducteurs à la station de Tunbridge Wells, où un coup de foudr® éclata quelques semaines après, et où l’action de l’ap" pareil fut ce que je l’avais prévue. La foudre passai sans danger, par le gros fil e, et immédiatement efl arrivant au fin fil g s’élança du cylindre, fit explosion-brûla la soie et découvrit le fil, à la place noire, près A-Dans cette circonstance, le coup ne fut pas fort, et Ie fil ne se fondit point.
- 83. La circonstance fut plus grave le 8 août i84$-Un violent orage se déclara pendant la nuit et se maté' festa principalement à l’extrémité d’Ahsford, sur l’eiH' branchement de Ramsgate (voyez fig. 9 et 10) : trois pû' teaux, non protégés, furent brûlés à Chartham, environ à deux milles plus loin que Chilham ; la foudre entra dan5 les stations de Chilham et d’Ashford, et effraya beau' coup par ses ruptures et ses explosions. On vit ensuite qu’à Chilham, où il n’y avait pas de conducteurs de h foudre, le fil de la bobine d’alarme était brûlé, ains1 que ceux des bobines du galvanomètre, et qu’il y avait eu de graves explosions autour de l’appareil : l’un de5 fils de cuivre n° 16 était consumé et rompu. A Ashford il y avait des conducteurs de la foudre au deux fils l’instrument, mais il n’y en avait pas au fil de l’alarme-Les bobines du galvanomètre d’Ashford, qui avaient de5 conducteurs, furent garanties ; le fil fin, ÿ, du conduC' teur de la foudre fut brûlé par l’explosion ; mais la bo' bine d’alarme, qui n’était : pas protégée, Afut atteinte par la décharge et brûlée.
- 84. Démagnétisation d’aiguilles. — Les coups de tonnerre troublent quelquefois la polarité des aiguilla5 et même les démagnétise. Ce cas est beaucoup pIuS fréquent avec les aiguilles rhomboïdales et courtes qu’a'
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- *ec les aiguilles longues ; il s’est même trouvé que ces premières avaient été démagnétisées quoique munies de protecteurs ; mais, dans l’orage ci-dessus mentionné, Pendant que le magnétisme des aiguilles non protégées de la station de Canterbury était détruit, celui des aiguilles protégées d’Ahsford existait encore. J’ai parfois tenté de croire que l’intensité et l’instantanéité de 'a charge atmosphérique ne lui permettait pas d’agir aussi violemment et aussi irrésistiblement sur le magnétisme de l’aiguille, sans écarter celle-ci avec une rapidité que ne peut suivre le métal, et que la lutte ainsi causée par la vis inertiœ du métal détruisait la disposition magnétique des particules de l’acier. De même, on Peut concevoir que la perte de magnétisme qui a lieu dans l’usage ordinaire de l’instrument, peut s’attribuer principalement à l’obstacle que les aiguilles éprouvent c°ntinuellement en frappant contre l’arrêt qui les limite.
- 8b. Orages magnétiques. — S’il restait des doutes sur la nature électrique de l’aurore boréale, ils seraient dissipés par les phénomènes que présentent les aiguilles du télégraphe , et souvent les sonnettes, sous |’influence de ce météore. Alors les aiguilles vont absolument comme si un fort courant suivait sa course ordinaire le long des fils : elles s’écartent par-ci par-là, Parfois très vite, en changeant rapidement de côté plu-SleUrs fois en quelques secondes; d’autres fois elles se Auvent plus lentement et restent écartées pendant Plusieurs minutes, d’une manière plus ou moins intense, eurs mouvements étant inconstants et incertains. Ces Phénomènes sont moins fréquemment arrivés dans la Partie de la ligne entre Reigate et Douvres, qui va Presque de e. à o., et dans la partie de la ligne entre Londres et Reigate, qui est presque N. et S. Quand, ^pendant, ils se manifestent dans les télégraphes de ces
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- endroits, nous nous attendons à avoir des manifestations d’aurore à l’approche de la nuit, et nous sommes rarement trompés. Les écartements semblent coïncider, dans leurs variations, avec les diverses phases des aurores. Sur la ligne d’embranchement allant d’Ashford à Ramsgate, ces déflexions ont été beaucoup plus ordinaires , même quand elles n’avaient pas lieu autre part et qu’il n’était pas question de phénomènes d’aurores. Cet embranchement coïncide presque avec la courir d’égale inclinaison. J’ai représenté la courbe sur la carte (fig. 9). Une aiguille trempée incline vers le même angle , G8° 40’, tout le long de cette courbe. Y a-t-il quelque rapport entre ces deux faits, c’est ce qui reste à étudier. Sur la même carte j’ai porté les courbes d’égale déclinaison; l’aiguille se tourne au même nombre de degrés nord-ouest tout le long de ces courbes. U déclinaison à Deal et Douvres est 22°, à Tonbridge elle est environ 22° 27’.
- 86. Il est fort remarquable que pendant l’année 1849 ces déflexions furent rares et peu importantes, tandis que en 1847 et 1848 elles se firent souvent sur la ligne principale, et presque journellement sur l’embranchement de Ramsgate, au point que les instruments exi' geaient des précautions extraordinaires pour les faire servir à donner des signaux ; car si les aiguilles étaiefl1 déjà écartées jusqu’aux arrêts d’ivoire (fig. 14, § 90), nous ne pouvions leur donner plus d’écartement de ^ côté. Les aiguilles sont aussi sujettes à de légères dé-flexions temporaires correspondant à certaines heure-' du jour. Les fils prennent aussi parfois l’électricité de l’atmosphère, et font impression sur les aiguilles.
- 87. Chevilles mobiles. — Nous fûmes si contraria durant 1848, que je me vis obligé de trouver un remède-On voit, sur le devant des instruments (fig. 13 et 14); une paire de petites chevilles, qui sont en ivoire, et qül
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- forment une'limite à l’écartement de l’aiguille ; alors, ^ Par une cause extérieure quelconque, et indépendante oe notre volonté, l’aiguille était appuyée contre l’une ces chevilles, nous essaierions vainement de manifester un signal ordinaire dans cette direction en voulant ecarter l’aiguille, puisqu’elle l’est déjà. Mais si, dans Ce cas, on retire les chevilles et qu’on laisse aller l’ai-êuille tant que la force naturelle peut l’écarter, nous Pouvons augmenter cette déflexion en envoyant nos courts ordinaires dans la direction voulue ; de manière <}Ue si les chevilles suivent l’aiguille dans sa nouvelle Position, et si on la place pour qu’elle soit au milieu, ftous pouvons encore obtenir chaque espèce d’écartement , quoique l’aiguille ait été fort éloignée de la perpendiculaire, pourvu toujours qu’elle n’ait pas dépassé 6s limites de la déflexion, ce qui serait extraordinaire.
- 88. Avec l’axe de l’aiguille comme centre, j’ai tracé demi-cercle et j’ai fait une espèce d’entaillure sur le
- devant de l’instrument, comme on voit fi g. 14. Sur un Risque circulaire mobile derrière cette entaillure, î ai placé les chevilles d’ivoire. Le bouton visible en-tl>e les poignées de l’instrument, mène une roue ; une *j°rde passe sur cette roue et sur les chevilles de disques ües aiguilles, et en tournant le bouton, les chevilles Vivent aisément le mouvement des aiguilles dérangées.
- 89. Bobines mobiles. — Une forte aiguille, comme Celle du télégraphe, a nécessairement une tendance à Pendre la position verticale pendant qu’on commence jm signal, c’est-à-dire quand un pôle de la batterie a brisé le circuit, et a ainsi rompu l’action externe, et
- l’autre pôle n’a pas encore touché la cheville (§25) P°Ur réparer la brèche ; elle peut produire des secousses 0,1 des oscillations aux signaux, s’ils ne sont habilement c°nduits. Pour avoir une aiguille verticale durant le ^ftips de ces déflexions, j’ai rendu les bobines mobiles
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- en les montant sur les disques ci-dessus mentionnés au lieu de les monter sur des chevilles ; et quand l’aiguill® est écartée je ne la suis pas avec la bobine, comme ou fait avec le galvanomètre sinus (§ 16), je pousse la bO' bine jusqu’à ce que l’aiguille soit, comme elle était avant, dans la verticale. L’angle, cependant, entre l’ai' guille et la bobine est, dans ce cas, plus grand qu* quand on ne bouge pas la bobine, parce que la pesaU' teur de l’aiguille agit en opposition au pouvoir de dé' flexion, quand l’aiguille forme un angle avec la verticale et réduit ainsi l’angle. Ces deux moyens ont été utilisée dans un instrument par la Telegraph Company.
- 90. Vocabulaire de la double aiguille.—Ayant décrit les appareils et les moyens qui servent à former et tran*' mettre, à volonté, des signaux à des distances éloignées» il nous reste à expliquer maintenant la manière d’inter' prêter ces signaux, pour qu’une personne comprenne l’idée qu’on a voulu lui transmettre. La chose la plue importante est l'instrument à double aiguille, vu eU élévation, fig. 14, et auquel nous avons déjà eu plu* d’une fois occasion de renvoyer le lecteur. La boîte est en acajou ; le cadran en cuivre argenté ; les chevilles efl ivoire; les aiguilles en acier aimanté; les lettres sont noires ; les poignées sont en acajou. Le cercle tout en b»s de l’instrument est l’appareil silencieux, décrit ailleurs' Ici il est disposé pour toutes les stations, de manière que les signaux venant de Londres peuvent paraître sut cet instrument et se rendre directement à DouvreS' En mettant l’index sur le nom gravé , les communie»' tions nécessaires existent.
- Nous avons à décrire comment, rien qu’avec deu* aiguilles, n’ayant chacune que deux mouvements, o* forme l’alphabet télégraphique. Sur la face de l’instrU' ment sont les lettres de l’alphabet, arrangées, coinme on le voit, seriatim en deux lignes, commençant à gaU'
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- ^ et finissant à droite, ainsi que dans l’écriture ?or-'jinaire. La première série , depuis a jusqu’à P est au-jessus des pointes supérieures des aiguilles; et la r®Pnière série de R à y en-dessous des bouts inférieurs.
- verra aussi que quelques lettres sont tracées une J®1'*» d’autres deux fois, et d’autres trois fois. Pour ^cer une lettre une fois, l’aiguille ne fait qu’un moulent ; pour la tracer deux fois, deux mouvements Aiguille ; et pour trois fois, trois mouvements. A l’é-jftrd de la rangée supérieure, on bouge l’aiguille la pïs près de la lettre et de manière à pointer vers la jttre. Quant à la rangée inférieure, on bouge les 'ptx aiguilles en dirigeant leurs extrémités inférieures la direction de la lettre voulue. Six des lettres, d, l, ai, et r, v, exigent double mouvement de Quille ou des aiguilles, d’abord à droite, puis à gau-pour c, L, et ü, et d’abord à gauche puis à droite Nr i>, "v, et v. Ces six lettres sont inscrites entre-deux ^ séparées par une double flèche. L’alphabet produit cet arrangement est d’une espèce très-simple, et apprend fort aisément. Il paraît confus à l’étranger; ÎNs quand celui-ci en a la clef, la difficulté disparaît :
- ' Peut sembler à première vue qu’un alphabet gravé ^ Un cadran circulaire et une aiguille disposée pour pûter chaque lettre, serait le plus simple ; de telles j graphes existent, et il en est dont la disposition est .^-heureuse ; effectivement il y en a quelquefois de ^ simples qu’il n’est pas étonnant que le public qui, en générai, juge légèrement et sans étudier le mérite pra-, soit disposé à admirer et à donner la préférence * A, B, u, dont on peut désigner chaque lettre, ce qui ^ tout simple.
- ^ • Un alphabet nouveau effraya beaucoup le gouvernaient Français, et qqand l’adoption du télégraphe ^trique fut décidée, on crut devoir recourir à une
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- construction présentant à l’œil les mêmes signaux q"{ ceux du sémaphore Chappe. Le sémaphore Chappf ressemble à un T ; la tige verticale est fixe; la tige h0, rizontale peut se mouvoir et former divers angles ave( la tige verticale ; les deux petits bras peuvent aussi f°r' mer divers angles avec la tige horizontale. Dans le cot respondant électrique, il ne fut pas possible de mouv^ la tige horizontale et l’on ne put rendre mobiles quele; petits bras; ainsi le pouvoir était limité. Comme on vait, s’y attendre, les employés eurent plus de difficulté à se familiariser avec la marche de ce nouvel instrumeD1, qu’à apprendre un nouveau vocabulaire de signaux.
- 92. Mais est-ce une si grande affaire que d'appren^ un nouvel alphabet? Tout écolier en connaît aujourd’^ quelque demi-douzaine, tous différents, sans qu’11, seul ait des lettres formées par si peu de coups de pi11 mes que les lettres télégraphiques par les mouveme^ de l’aiguille. Prenez l’un de nos plus simples alphabet les CAPITALES ROMAINES, par exemple, et placezf! regard de quelques lettres les signes télégraphiqut' correspondants et vous en verrez la simplicité :
- A E / « ///
- b^f^b\
- 95. La simplicité de ces signes est évidente. Il f9'. deux lignes diagonales et une ligne horizontale p^ former a romain, il suffit de deux diagonales pour a télégraphique ; une verticale et trois horizontales s9*1 nécessaires pour le E romain, il ne faut qu’une âiv$, nale pour le E télégraphique, et ainsi de suite ; la férence est que tout le monde connaît l’alphabet rorn^ et qu’il n’y a que quelques personnes qui ont étudié signes télégraphiques. Ces derniers sont réellement ^ pies et distincts ; ils sont intelligibles et très-lisible!. applicables au langage ordinaire, on ne peut plus.
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- sonne, du reste, n’en doute en voyant un employé revoir une dépêche.
- 94. Quand on voit fonctionner un télégraphe pour la première fois, l’effet tient du merveilleux ; à part la Question du fait que les aiguilles sont mises en action Par un individu qui se trouve peut-être à cent milles de vous ; le mouvement des aiguilles par-ci, par-là, trop Prompt pour être suivi par l’œil inaccoutumé ; l’absence de tout ordre ou de toute règle apparente dans cette Marche ; le bruit des changements entre l’un et l’autre,
- de tous deux ; la tranquillité avec laquelle l’employé tourne son aiguille sur la lettre K, à courts intervalles, Pour faire savoir qu’il entend, ou qu’il comprend le ^ot; tout cela, pour le spectateur novice, n’est que Merveille, mystère, et confusion; puis la circonstance assez rare où l’employé tourne l’aiguille vers *f-, ce qui vÇut dire qu’il ne comprend pas; et finalement la macère paisible avec laquelle cet employé vous dit, très-*roidement, que le résultat de son opération est ceci : — (< La demoiselle fort jolie, ayant les yeux bleus et de '°ugues anglaises est embarquée pour Boulogne à bord do la princesse Clémentine, qui sort en ce moment du ^rt de Folkstone ; elle est accompagnée par le grand et ueau garçon, ayant des moustaches noires et un caban de Militaire ; » — aussi tranquillement que ceci, qu’il Jjoute : — « Message et réponse, quarante mots, deux *°isla taxe de 10 shellings 6 deniers, une guinée, port llri shelling, — une livre, deux. » S’il arrive que vous s°yez le papa de la paire de beaux yeux bleus, vous donnez tout effaré, et vous souhaiteriez d’être courant djectrique, afin de pouvoir être envoyé après les fu-
- 95. A propos d’envoyer quelque chose plus solide ^’un courant électrique par les conducteurs télégraphiques , les anecdotes suivantes sont on ne peut plus
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- vraies; et, si quelque bon ami des individus en question en avait l’occasion, ce serait une charité méritoire que de leur offrir un exemplaire de ce livre — ce ne serait pas de l’argent perdu.
- A Douvres un individu se présente, un après-midi, au bureau du télégraphe, avec une somme d’argent qu’il demande à l’employé d’envoyer, en proprià forma, à Londres par le télégraphe , à l’adresse d’un certain banquier. Cet argent était destiné à solder un billet échu ce jour-là, et il n’était plus temps pour le train. 11 sembla très-étonné qu’on ne pût envoyer lés espèces par le télégraphe.
- Une autre fois un domestique en livrée arrive, tout essouflé, au bureau de Londres où il présente un petit paquet pour être transporté à la campagne par le télégraphe. 11 paraît qu’on lui avait dit de l’envoyer par le train, mais qu’il était arrivé juste un moment trop tard, et, comme sa commission était importante, il avait cru sortir de son dilemme et trancher la difficulté en ayant recours au télégraphe.
- 9G. Mais revenons-en à l’alphabet : et ici je mentionnerai, en passant, qu’on fait circuler le courant voltaïque, et qu’on dévie les aiguilles en donnant un coup de main à droite ou à gauche aux poignées qui sont en bas de l’instrument. Ayant donné une idée générale des signaux, je n’ai pas besoin de m’occuper de cbaque lettre, — le lecteur s’en rendra bien compte lui-même, — mais je décrirai les signaux arbitraires, aussi gravés sur le devant. Le signe formé par une croi* de Malte -J-, qui représente un point (que les anglais appellent stop ) sert, à celui qui envoie la dépêche, à la fin de chaque mot, et à celui qui la reçoit, quand il ne le comprend pas. Alors il suffit d’y diriger l’aiguille, par un simple écartement à gauche. Le lectem' pointe la lettre K quand il comprend le mot. De»*
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- coups à la lettre k s’emploient pour dire « oui ». Pour épeler, par exemple, le mot hem (poule), nous faisons les quatre mouvements suivants :
- Le premier mouvement ( ) se fait avec l’aiguille
- droite, et représente H
- Le second mouvement ( / ) se fait avec l’aiguille gauche, et représente E
- Le troisième mouvement ( / ) se fait avec l’aiguille droite, et représente N
- Le quatrième mouvement ( \ ) se fait avec l’aiguille gauche, et représente *4*
- 1® dernier indique la fin du mot. Si le correspondant eutend, il fait avec l’aiguille gauche la première des Aviations suivantes ; sinon, il fait la seconde :
- / \
- Quelques-unes des lettres sont plus petites que les autres, uniquement pour pouvoir les placer aisément sur Plaque, car si on les faisait toutes grandes il n’y aurait pas assez de place.
- 97. Les mots attendez et allez toujours, gravés sur instrument, sont d’utiles signaux. Si Londres s'adresse à Douvres, quand Douvres est occupé et ne Peut, pour l’instant, être attentif, Douvres échange des signaux avec Londres pour faire savoir ce dont il s’agit,
- dirige le bout inférieur de ses aiguilles sur la lettre ou le mot « attendez. » Quand il est libre et prêt à Recevoir le message, il s’adresse à Londres, échange des signaux à la manière ordinaire, et dirige les aiguilles sur W, ou « allez. »
- 98. Mais je dois expliquer ce qu’est « la manière ordinaire » ; car il est surtout important pour les deux étions intéressées dans une communication quel-uorique de bien s’entendre avant que de commencer ; 11 faut que celui qui reçoit sache qui lui envoie, et que
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- celui qui adresse un message sache si c’est bien la station qu’il veut qui le reçoit. Les noms de six stations sont inscrits, un sur chacune des grandes lettres, qui sont celles des instruments, comme celui de Ton-bridge marqué n° 1, dans la fi g. 12, les noms sont ceu* des stations de première classe sur la ligne principale i commençant avec Londres à la lettre R, et continuant, dans le sens du mouvement d’une aiguille de montre, par Reigate, Tonbridge, Ashford, Folkstone, jusqu’à Douvres, à W. Cet ordre de signes des stations se conserve partout, le commencement est toujours à R et la fin à w, tant que le nombre six soit atteint. Maintenant, si Londres veut communiquer avec Tonbridge, il dévie quelque temps l’aiguille vers E ; chaque mouvement fait sonner à Tonbridge le timbre, qui, comme nous l’avons vu (§69), est sur le même fil que l’aiguille gauche , l’attention de l’employé est attirée, et voyant le signal, il détourne l’aiguille de sonnette et répond efl répétant lui-même le signal ; cela ne va pas mal : Londres a attiré l’attention de Tonbridge et en est averti-Alors il pousse son aiguille sur R, son propre signe, qu1 fait savoir à Tonbridge qui l’appelle ; Tonbridge répète R pour faire voir qu’il comprend. Londres lui parle et le message commence à se communiquer ; Tonbridge -fait savoir, par e, qu’il entend, à chaque mot, ou s’H doute, demande qu’on répète, en faisant le signe qui veut dire « non compris. » Quand tout est dit, Londres fait deux mouvements à gauche avec l’aiguille gauche , et si Tonbridge n’a rien à répondre, il fait deu* mouvements semblables, ce qui termine tout, enfiu l’employé de Tonbridge envoie, à la main, le message à sa destination.
- 99. Vocabulaires particuliers. Deux employés aux télégraphes, l’un à Douvres et l’autre à Londres, peuvent aisément modifier ce mode, de manière à ce que
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- stations intermédiaires qui voient leurs signaux ne Puissent pas les lire. Ainsi, on pourrait convenir que tes écartements à droite se liraient à gauche, et vice versa, pour l’une des aiguilles ou pour toutes; ou on regarderait l’aiguille gauche comme étant la droite, ou toutes deux l’une pour l’autre ; on voit qu’une grande Variété peut s’obtenir, et on lirait aussi rapide^ aient que par la manière ordinaire. Les mots qui ont l’air cabalistiques, « Rnfy rohc ox fmirohb oh Mihcih ? » voudraient dire, par un de ces moyens, J' What wind is blowing in London ? » (Quel vent fait-*1 à Londres?) Par un autre moyen, ces mots étranges, « xkecoam ywaoh ovxy mefy fiw yne yolex, » signifiaient « spécial train just left for the Times. » (Le train spécial part maintenant pour le Times.) Ce ne serait Pas un moyen de célérité pour adresser de simples îlots, mais en ayant la clef, on pourrait les transmettre teès-rapidement.
- 100. Les chiffres s’indiquent aisément ; ils sont arrangés seriatim sur quelques-unes des lettres ; et par une invention faite relativement à un certain mouvement )te l’aiguille, qui indique cette figure au lieu de la lettre, d ne se rencontre pas de difficulté.
- 101. La lettre h seule, et suivie par •’£% est le signal Particulier qui nous sert à faire savoir que les prochains Mouvements indiqueront des chiffres; alors notre correspondant, pour faire voir qu’il comprend et qu’il sait ce qui va venir, répète le h, suivi du même signe. Après cela, d nous faisons les mouvements qui, en lettres, replanteraient H en, ils signifient 437 ; ces chiffres étant Placés au-dessus de ces lettres. La lettre w, interposée Parmi des chiffres, sert à séparer les décimales : H F. w N, u propos d’argent, signifie 43 1. 7 s.; à propos de me-sure, 43 pieds 7 pouces ; à propos de temps, HWün, v°udraientdire 4 heures 37 minutes; et ainsi de suite.
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- Nous avons un signal pour la période, et pour les pa~ ragraphes ; nous en avons un pour les mots soulignés-Nous avons aussi plusieurs signaux spéciaux très-pré' cieux. Il y a en outre un signal parmi les employé? pour rire, et un autre pour témoigner l'étonnement.
- 102. Il y a un genre particulier dans la manière d« donner les signaux, comme dans l’écriture à la main! et il est presque aussi difficile de contrefaire l’un que l’autre. Nous savons tout de suite, après quelques si' gnaux, le nom de l’employé qui se trouve à l'instrument éloigné : l’un, par hasard, a les mouvements fermes et graves; l’autre légers et prompts; celui-ci est brutal» celui-là est doux ; l’un est patient, l’autre est pressé! et quant une recrue essaie, on s’en aperçoit de suite-On y découvre souvent les habitudes et le caractère! et parfois la patience est soumise à de rudes épreuves-Je dois ajouter à ce qui précédé que le bon praticien es1 si versé dans les signaux qu’il pourrait aussi bien tra' vailler avec un cadran blanc.
- 103. Vocabulaires secrets. L’extension que l’on peu1 donner au secret d’une correspondance est illimitée : 1* gouvernement et les particuliers pourraient, suivant W occasions, soit produire leurs idées en langage mysté' rieux, soit intervertir à volonté les lettres de l’alphabet-de manière à nous confier une dépêche dont l’interpréta' tion ne serait possible qu’à eux ; c’est ce qui nous arrivé souvent ; nous n’y mettons pour condition que de dé' clarer que la dépêche est secrète. Comme ce genre àe dépêche est plus important pour celui qui l’envoie, e1 qu’il demande plus de temps et plus de précautions $ notre part, le prix en est plus élevé.
- 104. Vocabulaire de l’aiguille simple.— D’apfé5 ce qui a été dit, il suffira d’ajouter quelques mots pour e*' pliquer la marche de l’aiguille simple. Avec deux aiguille?' le plus grand nombre de mouvements pour former
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- lettre quelconque est trois ; avec celle-ci, quelques-unes des lettres exigent quatre mouvements ; et comme il n’y a ici qu’une aiguille, la combinaison des mouvements Pour former les lettres est plus grande et plus variée, Par conséquent la conversation est moins rapide. La $9. i 5 est une élévation d’un instrument à simple aiguille. L’alphabet est tracé à droite et à gauche de l’aiguille, plutôt par rapport à la commodité et à l’habitude do commencer l’alphabet par A et de le continuer dans 1 ordre, que par égard pour le maniement de l’aiguille ; par il n’y a d’autre règle que pour les lettros qui sont lci placées à gauche de l’aiguille, le dernier mouvement lui fait une lettre donnée est à gauche, quels que soient les autres mouvements qui entrent dans la formation de ia lettre ; par exemple, l nécessite quatre mouvements lui sont à droite, à gauche, à droite, à gauche, finissant ^ gauche ; de même les lettres placées à droite de l’aiguille finissent avec le mouvement à droite, comme W, •lui est formé par quatre mouvements, trois à gauche le quatrième à droite. Le système suivi dans la formation de cet alphabet est assez simple; on l’a bientôt acquis quand une fois on en a le principe. En dessous de chaque lettre, il y a un signe d’une ou de plusieurs %nes diagonales, penchées à droite ou à gauche, ou même dans les deux directions. Quelques-unes des diagonales sont entières, les autres ne sont que des moitiés; *e sens de la diagonale est celui de la déviation, et il s’en fait une pour chaque diagonale ; l’écartement cor-respondant à la demi-diagonale se fait le premier. **> par exemple, se fait par un écartement à droite, süivi d’un autre à gauche ; K, par un à droite, puis un autre à gauche ; h, par deux à droite et deux à gauche;
- par trois à gauche et un à droite ainsi de suite. L’usage est une, deux, trois et quatre déviations à gau-che pour les quatre premiers signaux ; puis une à droite,
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- et une, deux et trois déviations à gauche, pour ceux qui suivent ; puis deux à droite et une et deux à gam che après ; puis trois à droite et une à gauche ; puis une à gauche, une à droite et une à gauche ; et enfifl à droite et à gauche, à droite et à gauche, ce qui atteint L, et complète la première moitié de la série. L’autre moitié est la contre-partie avec les déviations à l’inverse'
- 105. Les signaux particuliers pour les stations des groupes à simple aiguille sont tout-à-fait arbitraires et pris parmi ces signes, suivant les besoins; mais un« fois d’accord sur un signal, quand on a fait sonner Ie timbre et fait le signal, on attend que la station correS' pondante y réponde. L’instrument ci-dessus appartient au groupe entre Tonbridge et Reigate (N° 2 de la figuft 12, § 64); il porte cinq petits écriteaux, sur lesquels sont les noms et les signes particuliers des cinq station5 formant le groupe. Si l’employé de Reigate entend Ie carillon et voit répéter la lettre m, il sait que c’est qu’o» le demande : une déviation à droite, ou m , étant soi1 signal. On se sert aussi de ce mode si une circonstance accidenlelle convertit la principale ligne en série à sim' pie aiguille (§59). Tout ce qui a été dit par rapport J la manière de converser et de répondre par les autre5 modes est applicable à celui-ci. Le arrêt ainsi que l5 entendu sont donnés de la même manière ; et il y a un5 série de chiffres et de signaux spéciaux, exactemen1 comme dans l’autre instrument. Les chiffres sont inS' crits sous l’aiguille, dont la moitié inférieure sert à $ indiquer; dans la fig. 4, par exemple, le bout inférieuf de l’aiguille se pousse une fois à droite et une fois * gauche.
- 106. Voleur des signaux. — La manière dont Ie; dépêches de journaux se transmettent de Douvres11 Londres, fera bien voir à quel degré de perfection ^ arrivée l’aiguille télégraphique et l’aptitude des employé
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- chargés du service. Le courrier envoyé de Paris vers toidi apporte en Angleterre les dépêches contenant les Ornières nouvelles, destinées à paraître dans le journal du matin. A cet effet, il faut qu’une copie en soit remise a l’éditeur de Londres vers trois heures du matin. Les dépêches nous parviennent à Douvres peu après l’arrive du paquebot, qui est subordonnée au vent et à la toarée. L’employé de service à Douvres, après avoir jeté Un coup-d’œil rapide sur le manuscrit et avoir reconnu jfue tout lui était facilement intelligible, s’adresse à tendres et commence la transmission. La nature de ces dépêches peut se voir journellement dans The Times (dans le journal anglais le Temps). La variété des nouilles, et les changements continuels des noms et des Places, montrent bien les ressources qu’offre maintenant le télégraphe électrique. L’employé, qui est tout iul, met le papier devant lui, bien au jour, s’assied à Instrument, et donne la dépêche, lettre par lettre et iot par mot, à son correspondant de Londres ; et quoique l’œil aille vivement de la copie manuscrite à l’ins-trUment télégraphique, qui occupe ses deux mains, il est rarement obligé de s’interrompre et ne commet presse jamais d’erreur. Et, en raison, de l’extrême limite de temps qu’il a pour compléter toute son opération, il
- V peut pas, comme le compositeur d’imprimerie, corder sa copie.
- 107. A Londres, il y a deux employés à la besogne : qui lit les signes à mesure qu’ils arrivent, et un au-I e qui les écrit. Ils ont préparé d’avance leurs livres et enrs papiers ; et, aussitôt que le signal d’avertissement Vf donné, l’écrivain se met devant son livre-journal, lecteur lui transmet distinctement, un à un, les ftl°ts qui arrivent ; en même temps, un commissionnaire
- VI allé chercher un cabriolet, qui se trouve ainsi tout PVt. Quand la dépêche est terminée, l’employé qui l’a
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- reçue lit le manuscrit de l’autre pour voir s’il ne s’est pas trompé. L’heure et la minute sont notées au commet)' cernent et à la fin; on signe une copie qu’on envoie cachetée à sa destination ; la transcription sur le jour' nal reste comme copie de bureau, et comme mot-à-nte1 authentique de ce que nous avons donné. La copie e* l’original se retrouvent ensemble au bureau central de Tonbridge, de bonne heure, et sont comparés. Quand le travail est fini et la dépêche envoyée à sa destina' tion, les employés comptent le nombre de mots et Ie nombre de minutes, et en font la moyenne par minute' Ordinairement on trouve de douze à quinze mots pa1 minute ; il est même très-ordinaire d’avoir dix-sept o» dix-huit mots par minute, et même vingt. En fait, quand tout va bien et que l’insulation est bonne, on peut conaf ter sur dix-sept ou dix-huit mots.
- 108. La liste suivante de dix-sept dépêches qui on1 été transmises dans une semaine du mois d’août 1849' peut servir de document. J’ai donné le nombre de mot* et le compte par minute :
- 361 mots.. . 13 % mots par minute.
- 166 — 8X
- 383 — 14 X -
- 117 — 17X —
- 101 — 20 X -
- 288 — 17 —
- 274 — 15X ~
- 106 — 15 X —
- 102 — 12X ~
- 331 — 1?X -
- 75 — 18 X ~
- 109. Le 11 décembre 1849, au grand étonnement ^ marchands et des banquiers de Paris, trois indivU^
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- Vlnrent à la Bourse à une heure et demie, avec 150 exemplaires du Times, imprimée à Londres le matin du rnême jour ; et non-seulement le Times contenait les Nouvelles de Paris de la veille au matin, mais encore les c°ürs de fermeture de la Bourse de la veille au soir.
- HO. Le télégraphe électrique contribua pour beau-CùuP dans la réalisation de ce fait. A une heure huit ^toutes, la dépêche de 521 mots, et le cours de la ®°Urse, équivalant à 55 mots, nous furent remis à Dou-Xfes par la malle ordinaire de Calais. En trente-deux joutes, c’est-à-dire juste à une heure quarante minu-% nous remettions copie correcte de ces documents au j,Ureau du Times, à Londres. La dépêche nous occupa r^-lmit minutes, ce qui fait dix-sept mots 5/6 par ^nute; le cours de la Bourse nous prit deux minutes. /Hâtivement à ce dernier, la proportion est élevée, Parce que, la majeure partie étant faite d’avance, il n’y l’lue les fluctuations qui sont nouvelles. Il n’y avait rien extraordinaire pour nous dans ceci, quoique l’exécu-:l°tl fût prompte ; et le lendemain matin l’écrivain de ^ndres fut .bien surpris par le télégraphe, — les mots ^ lisaient plus vite qu’il ne pouvait les écrire convenaient.
- .iis n’avons eu la dépêche du Times du 1er janvier «50 que trente-trois minutes : elle fut lue à raison de | mots 1/2 par minute. Je fis un essai le même jour Recette dépêche, et pendant que j’écrivais, l’employé ®Tonbridge la lisait, venant de Douvres, à raison de ^ftiots 3/5 par minute; les signaux étaient très-bons-^ Hl. Télégraphes et chemins de fer. —- La télé-^r®phie électrique est fort redevable aux chemins de sinon pour son existence, du moins pour la main i ,llcale qu’ils lui ont tendue et pour la protection qu’ils j/1 °nt donnée : il est de fait que, sans eux, l’invention ri*it restée longtemps à l’état de conception sans ap-
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- plication ; ils lui ont donné des sentiers tout frayés d’en* droits en endroits, qui lui ont permis de mettre sa valeur en évidence. Aussi l’enfant n’a pas été ingrat envers son père nourricier : il a rendu dix fois plus qu’d n’avait reçu. Les paisibles poteaux et les conducteur* silencieux, le zinc et le vitriol, le cuivre, l’ivoire, ^ poterie et le gutta-percha entrent pour une plus grande part dans l’économie d’un chemin de fer que ne peuvent le supposer les actionnaires.
- 112. Pour avoir une idée des services que peut rendre cette invention aux chemins de fer, prenez [e travail fait à la station de Tonbridge pendant les trois mois d’août, septembre et octobre 1848. En s’en rap' portant au livre des messages, où il est d’habitude d® porter toutes les communications, on voit qu’il est pas*e dans cet intervalle plus de quatre mille messages, que j’ai soigneusement classés comme suit :
- messa(5eS'
- 1° Concernant les trains ordinaires.......1,468
- 2° — trains spéciaux....... 429
- 3° — voitures et différ. ustensiles 79^
- 4° — employés de la compagnie 607
- 5° — machines.............. ISO
- 6° — divers sujets......... 16?
- 7° Messages adressés à d’autres stations ... 499
- Total............4,110
- 113. 1° Il serait trop long de faire l’analyse complet de ces sept groupes; le lecteur peut bien s’imagina que, dans ce qui comprend les trains, tout ce qui cotf' cerne la marche ou la sûreté d’un train, a été, une f°lS ou l’autre, le thème des signaux télégraphiques, et cçl® depuis l’instant de son départ jusqu’à ce qu’il ait attei*1* le but de son voyage, annonçant sa marche et son rivée d’une manière aussi distincte et aussi palpable au*
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- yeux de l’esprit, que si on le voyait réellement passer avec ses propres yeux. C’est si vrai que nous sommes habitués à dire : je vois passer le convoi à tel ou tel endroit, quand, en réalité, nous ne voyons que le signe télégraphique. Si les trains sont en retard, la cause en est connue ; s’ils sont en détresse, ils ont bientôt du secours ; s’ils sont pressés et qu’ils ne vont que lentement, hs demandent du renfort qu’on leur envoie ou qu’on leur prépare ; s’il y a quelque chose d’extraordinaire sur la lfgne, ils en sont prévenus et par conséquent à l’abri ; s’ils sont arrêtés faute de pouvoir marcher, on U’a plus besoin d’envoyer une machine à la découverte : Quelques déviations d’aiguille donnent tous les renseignements nécessaires.
- 114. 2° Les trains spèciaux ne peuvent être réellement spéciaux que sur un chemin de fer ayant un télégraphe. Mon idée d’un tel train est qu’on puisse l’avoir â souhait, et que le chemin soit libre devant lui. Sur Un chemin de fer comme celui du Sud-Est, qui est la grande voie entre le continent et l’empire britannique, des courriers, comme cela arrive, peuvent débarquer à toutes heures, sans qu’on en soit nullement averti, et avoir besoin de se rendre immédiatement à Londres. Que YOndine arrive à Folkstone avec des dépêches Pour les journaux du matin, et pleines de grands événements nouveaux qui se rapportent à la guerre et aux Apparences de guerre, aux trônes qui chancèlent ou aux Oouronnes qui tombent, — circonstances qui n’étaient Pas rares dans l’année 1848, — le courrier ne doit pas redouter de manquer le train, ni craindre d’arriver trop tard à Londres pour la première édition. S’il ne trouve pas de machine à Folkstone, le télégraphe lui eU aura bientôt fait venir une d’où il s’en trouve de ré-Serve; mais, non-seulement cela, il fera encore tenir la voie libre devant lui, en prévenant à temps le train qui
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- le précède de se ranger pour qu’il passe. Sur une ligne comme celle-ci, le voyageur qui se trouve dans le train en avant n’a pas besoin d’avoir peur, comme il le pourrait autrement, qu’une machine impétueuse, portant avec elle la destruction et la mort, s’élance subitement sur lui. Les conducteurs de son train sont avertis par le télégraphe de ce qui vient derrière ; ils savent l’heure et l’endroit où il faudra se ranger pour déblayer le chemin. Plus de quatre cents signaux en trois mois prouvent combien on peut régulariser la course dds trains spéciaux, et contribuer au confortable des voyageurs, par les télégraphes.
- 415. 5° Une somme donnée de travail s’accomplit avec une moindre somme de traction sur un chemin de fer à télégraphe bien établi que partout ailleurs ; on y dépense beaucoup moins de travail à parcourir inutilement la ligne. Cette économie produite par le télégraphe est grande. Journellement et presque à tout moment, les stations ont des besoins imprévus de voitures ou d’autres objets que peuvent leur procurer d’autres stations, en en étant averties par le télégraphe qui est Un moyen bien moins dispendieux que tout autre. Dans l’espace de trois mois, il a été récemment fait environ mille demandes de diverses voitures et autres objets; L’urgence ou l’opportunité de ces demandes est parfois même douteuse. A une petite station, dite Ileadcorn, il arriva inopinément une quantité de hcublon du vok* sinage; il n’y avait ni trucks, ni bâches, les dernières venaient justement d’être renvoyées; le temps était sombre et menaçant, de grosses gouttes commençaient à tomber ; le magasin et les tentes étaient pleins. On fit savoir l’embarras dans lequel on se trouvait à Ashford» sans résultat ; à Canterbury, presque en vain ; à Ton-bridge, on envoya peut-être quelques trucks, mais sans bâches pour les couvrir ; et enfin au dépôt, d’où
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- on envoya tout ce qu’il fallait. Maintenant, si toutes ces allées et venues s’étaient faites par lettres, envoyées Par un train, il n’y aurait plus eu d’opportunité, c’est-à-dire que le mal aurait été fait quand les objets destinés à l’éviter seraient arrivés ; car la lettre aurait d’abord été adressée à l’administration générale, à Londres, où elle serait probablement restée jusqu’à un départ pour une station, Çanterbury par exemple, où l’employé sait, parles rapports de mouvements, que les objets demandés se trouvent. Cet employé aurait donc écrit par le premier train à Çanterbury. Mais le ®oir serait arrivé, ou l’objet aurait pu se trouver occupé, eu même, en supposant qu’on pût le prêter, il serait Possible qu’on n’eût pas immédiatement à sa disposition de moyens pour l’envoyer.
- Outre les messages indiquant les besoins journaliers, °n a encore la ressource de donner au chef du dépôt un rapport de toutes les stations, lui indiquant, tous les matins, ce qui se trouve dans chacune d’elles.
- 116. 4° Plus de six cents messages, en trois mois, entre l’administration , les directions et les subordonnés, prouvent assez l’espèce d’omniprésence que peut donner le télégraphe à une direction de chemin de fer. Ü lui épargne de longues heures d’attente, lui évite des Voyages, des allées et venues qu’il faudrait faire, et lui abrége ainsi bien des inquiétudes. Il résulte beaucoup de confiance dans le service de ce que l’administration Puisse donner des instructions inopinément nécessaires, et être toujours consultée, au besoin, par ses employés de toutes les parties de la ligne.
- 117. 5° Nous avons déjà vu que le télégraphe communique la situation des trains qui sont dans l’embarras aUx stations pourvues de locomotives disponibles ; il r®gle aussi l’envoi des machines, quand il arrive un accent qui nécessite un nouveau renfort, ou quand on
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- a besoin de provisions extraordinaires. Mais l’économie la plus importante que peut procurer le télégraphe, est la réduction du nombre des conducteurs de machines. Il y avait ici deux stations, et peut-être trois, qui avaient d’abord des conducteurs et qui maintenant n’en ont plus : quand il faut des machines, on se les procure par le télégraphe. Sur une partie de la ligne encore sans télégraphe, on pourrait supprimer un conducteur si Ie télégraphe y était. Maintenant, comme 1 ’entretien et les gages pour une simple machine coûtent par semaine une somme plus considérable que celle qu’i* faudrait payer à toute une division de commis de télé-graphe, si l’on supprimait seulement une machine, et par conséquent les mécaniques et les ouvriers employés aux réparations et au maintien de la ligne en bon état, il résulterait dans la comparaison une grande différence à l’avantage du télégraphe.
- 118. 6° Toutes les autres correspondances ont été classées sous le titre « divers. » Le signal-éclair, n’ifli' porte l’heure et le sujet, est soumis à notre volonté.
- 119. 7° Il paraît aussi qu’il y a eu 500 messages & transmettre, soit pour passer aux plus petits groupes, ou pour aider les autres stations dans les circonstances de mauvaise insulatkm, ou d’accident quelconque. Quand on ajoute à tout cela les signaux que l’on n« compte pas parce qu’ils ont essentiellement rapport ati télégraphe lui-même et à son entretien, puis les expé' riences sur les signaux et les essais, il ne nous res# sous tous les rapports, aucun doute sur la valeur et le* ressources de nos instruments.
- 120. Dans le journal The Times, du jour où j’écn3 ceci, se trouve la preuve de l’état auquel un train pe^ se trouver réduit quand il est dépourvu de l’aide d'u# télégraphe. Une personne avait passé la journée à ujj bain populaire, et, ainsi que beaucoup d'autres, y étan
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- restée jusqu’au « dernier convoi. » Le train arrivé, quand tout le monde fut placé, vingt-sept voitures étaient remplies. La machine allait facilement avant cette surcharge ; mais alors elle n’avança plus que péniblement. « Nous allions, écrit-on, un train de limaçon , nous arrêtant comme d’habitude aux diverses stations avant que d’arriver au milieu du grand tunnel, où nous nous arrêtâmes tout-à-fait, et où nous restâmes Presque suffoqués par la vapeur et la fumée durant trente-cinq minutes, au milieu des cris des femmes des 'secondes et des troisièmes, qui étaient dans une obscurité
- complète....» La position n’était assurément pas très-
- plaisante , et l’on se demandait, avec raison, « si le train était trop considérable pour une machine, pourquoi ne pas en avoir mis deux? » Oui, là était l’anicroche. Mais on ne pouvait pas alors en demander Une autre. Le conducteur aurait dû voir que le nombre de voyageurs était trop considérable pour sa machine, niais il n’avait aucun moyen à sa disposition, il fallait donc tâcher de faire de son mieux ou laisser une partie des voyageurs, et oela parce qu’il n’y avait pas de télégraphe pour demander de l’aide.
- 121. Comme contre-partie de ce qui précède, on peut citer qu’un autre jour, une des institutions charitables de Londres donna aux enfants une récréation à Tun-bridge Wells : ils occupèrent tout un grand convoi spécial. La machine qui conduisait en partant de Londres, c’aurait pas pu monter la pente de l’embranchement (§ 36) qui quitte à Tonbridge la ligne principale ; et la tnachine-pilote était occupée d’un autre côté. A l’instant le télégraphe ordonna à la machine de Tunbridge Wells de venir, et elle se trouvait à la jonction avant la machine elle-même qui en avait besoin. Je pourrais remplir ce livre d’anecdotes semblables.
- 122. Le jour du nouvel an de 1850, le télégraphe
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- prévint une catastrophe qui est épouvantable rien qu’à penser. Un train vide s’étant choqué à Gravesend, le conducteur fut jeté hors de la machine, et celle-ci continua à courir à grande vitesse vers Londres. Avis fut immédiatement donné à Londres et aux autres stations, et pendant que la ligne était libre, une machine et d’autres dispositions se préparaient pour recevoir 1® fuyarde. D’un autre côté le directeur partit avec une machine sur la ligne ; manœuvra de manière à laisser passer l’autre, puis à se mettre en chasse après elle sur la même ligne, et le conducteur de sa machine s’étan* emparé de la fugitive, tout danger disparut. Douze stations furent traversées sans accident : la machine passa à Woolwieh en faisant quinze milles à l’heure ; elle était environ à deux milles de Londres quand on l’arrêta. On peut dire que si l’on n’avait été averti de son arrivée, le montant du dommage qu’elle aurait causé aurait équivalu à la dépense de toute la ligne télégraphique. Le télégraphe a ainsi payé, ou en grande partie, son installation.
- En regard de ce qui précède, citons que quelques mois auparavant, une machine partit de New-Cross vers Londres. La compagnie de Brighton n’ayant pas de télégraphe, il ne fut pas possible d’avertir de son approche. Heureusement la plate-forme d’arrivée étaü libre, la machine poussadevant-elle le tampon fixe , et, renversa, avec une violence effrayante, le mur du bureau des bagages.
- 123. Service public du télégraphe électrique.
- Un des côtés caractéristiques des télégraphes de l’empire Britannique est que, en vertu d’une loi, « tout Ie monde indistinctement, sans faveur ni préférence, a l0 droit d’envoyer ou de recevoir des messages par le télé' graphe, et ce droit n’est primé que pour le servie0 de sa majesté, et les besoins de la compagnie, » natm
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- Tellement il est, « soumis à une uniformité de prix et aux règlements raisonnables qui peuvent être faits de temps en temps par ladite compagnie de chemin de fer. »
- 124. Lçs prix établis par la compagnie du, télégraphe électrique, ainsi que ceux de la compagnie du chemin de fer Sud-Est, sont basés, ceux de la dernière, sur 15 centimes par mille pour vingt mots, et cinq francs est le minimum ; les prix de la première sont basés sur 10 centimes par mille pour vingt mots, pour les petites distances, avec décroissance en proportion que la distance augmente.
- 125. Je ne suis pas disposé à penser qu’une réduction Quelconque , prudemment faite dans ces prix, produisit aux télégraphes une augmentation équivalente de travail. Le service des malles est si parfait, et les taxes Postales sont si basses en Angleterre, qu’aucune réduction dans nos tarifs ne saurait nous mettre en concurrence avec la poste aux lettres, ni lui faire tort de beaucoup de paquets de lettres. Nous avons une existence séparée : le télégraphe électrique fait ce que la thalle ne peut pas ; il distance les pigeons voryayeurs, il
- plus vite que le vent, il arrache le sablier de la main du temps, et efface les limites de l’espace. Or, pendant qu’il peut arriver que le télégraphe fasse des transports qui pourraient quelquefois s’opérer autrement, tl faut que l’on ait recours à lui quand tous les autres Moyens ne sauraient le remplace, — en fait, quand d faut exécuter un service qu’il serait matériellement ossible d'accomplir autrement. Dans un grand pays commercial comme celui-ci, et dans un pays où les restions sociales sont si étendues, ces circonstances se Présentent à chaque instant, et sont, comme nous le vv°yons par les dépêches qu’on nous confie, du carac-^re le plus varié.
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- 126. Si nous pouvions soulever le voile des secrets que nos rapports avec le public nous obligent de garder sur la correspondance dont on nous fait les dépositaires, il y aurait de quoi remplir plusieurs volumes d’anxiétés domestiques, en partie analogues, puisque ce n’est que dans les circonstances graves et soudaines que le public a recours à nous, comme on a recours au médecin en cas de maladies. Ces anxiétés ont quelquefois un côté comique; d’autres fois, elles sont excessivement pénibles. Nous avons été chargés de commander un turbot, et un cercueil; un diner, et un médecin! une nourrice au mois, et une jaquette de course ; une machine spéciale, et une chaîne câble ; un uniforme d’officier et des glaces du lac de Wenham; un ecclésiastique, et une perruque d’avocat ; un étendard royal» et un panier de vin ; et ainsi de suite. En laissant de côté ce qui n’est pas clair que quelques-uns semblent avoir laissé dans des convois, les voyageurs ont retrouvé des objets très-divers au moyen du télégraphe. On a laissé dans des convois une lorgnette, un cochon ; une ombrelle, une bourse et un baril d’huîtres ; un grand habit et une poupée; et des boites et des caisses, et id genus omne, sans nombre.
- J 27. Révolution française. — Les services rendus au public, par le télégraphe électrique, pendant le® différentes phases de la dernière Révolution Français® furent très-grands. Les premières nouvelles de cet événement arrivèrent en Angleterre par un bateau pilote, et furent immédiatement transmises à la métropole. Dès ce moment, jour par jour, et pour ainsi dire sans relâche , un fleuve continuel de correspondances arrivai* à Londres par le fil magique ; et pendant que le commissaire et les directeurs de ce chemin de fer étaient nuit et jour à la station télégraphique de Londres, afin de procurer toutes les facilités au gouvernement, à la
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- presse, et au public, dans ce moment d’excitation, le directeur des télégraphes se posa sur la côte, aux stations de Douvres et de Folkstone, pour recevoir les avis et les transmettre à Londres. De cette façon chaque scène successive de la révolution, aussi bien que son effet sur les autres contrées continentales, arrivait à’a-bord à Londres par la ligne télégraphique ; ce qui permit de prendre beaucoup de dispositions importantes aüx villes de la côte intéressées dans ces événements.
- 128. Toute la semaine le temps fut humide et tem-Pestueux, et aussi défavorable que possible à la marche d’un télégraphe ; de plus les fils de Gutta-Percha n’étaient pas encore posés dans les tunnels. Nous étions aüssi justement occupés, lors des premières nouvelles, ^transporter une partie des fils du viaduc dans les jardins de Bermondsey ; et cependant, aucun retard, aucune erreur, aucune omission, n’eurent lieu. Toutes ks dépêches qui nous furent confiées, suivirent le fil en toute sûreté, et arrivèrent à leur destination.
- 129. J’ai dit qu’il ne serait pas facile de réduire nos Prix au point de faire concurrence à la poste aux lettres , et obtenir une grande augmentation de besogne, Uiais je ne crois pas non plus qu’un tel état de choses s°it à souhaiter, car notre spécialité en souffrirait; chacun aurait à attendre jusqu’à ce que le message d’un autre fut parti, et le télégraphe, au lieu d’être, en général , libre quand on en a besoin, ou du moins de r‘o pas perdre grand temps à tous venants , serait toujours occupé, et il faudrait tant de temps aux messages pour que leur tour de partir arrivât, que l’objet essentiel du télégraphe serait manqué.
- 130. La liste suivante, qui est loin d’être complète, donnera quelque idée des diverses espèces et de la mul-hplicité des services requis du télégraphe :
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- Accidents. Elections. Passagers.
- Annonces. Adultères. Paiements.
- Rendez-vous. Témoignages. Police.
- Arrivées. Fonds et partages. Politique.
- Arrestations. Gouvernement. Poste aux chev., etc*
- Banquiers. Santé. Rapporteurs.
- Lits. Hôtels. Bemises.
- Billets. Jugements. Répit.
- Naissances. Pertes de bagage. Vols.
- Séditions. Marché. M ouvements royau*1
- Conseils, Médecins. Sentences,
- Couriers. Météorologie. Nouvelles navales.
- Récoltes. Accidents de convois Provisions de mer.
- Douanes. Meurtres. Courses.
- Morts. Nouvelles. Témoins.
- Dépqrts. Nourrices. Naufrages.
- Dépêches. Ordres.
- 131. En jetant les yeux sur cette liste, quelle corn
- fiance le public n’a-t-il pas dans le télégraphe ! Pouf adresser à notre ami le plus cher une lettre remplie des plus secrètes pensées de notre cœur, — pour confier un tel document à des mains étrangères, à des hommes que nous n’avons jamais vus, dont nous n’avons aucune idée personnelle, il faut avoir une grande confiance» une grande foi dans les institutions de notre pays. If facteur de la poste ignore les joies ou les douleurs qu’i' porte ; il en est tout autrement avec le télégraphe, nouS sommes dans la confidence du public, nous connaissons la nouvelle que nous portons. La preuve que cette cofl' fiance a été bien placée, c’est l’augmentation progressif dans le nombre et la valeur des dépêches qui nous son1 confiées.
- Je ne suis pas éloigné de la vérité en disant que dividendes du télégraphe du chemin de fer Sud-Es1 ont été de 1 3 -y 2 ~ et 3 -y pour 0/0 par an, pour
- les quatre sémestres finissant en janvier et eh juillet années 1848 et 1849, toutes dépenses et frais d’entre' tien faits. Il faut ajouter, ce qui n’entre pas dans Ie compte ci-dessus, les services rendus, par le télégf^'
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- Phe au chemin de fer lui-même et dont il a déjà été
- Parlé (§ 112, etc.)
- 132. La Compagnie du télégraphe électrique. — Les lignes mentionnées dans nos explications sont, c°nime il a été dit (§ 51), la propriété de la compare du chemin de fer du Sud-Est. Elles furent érigées P°ur elle par la Electric Telegraph Company, » à •fai appartiennent les droits de brevets pour cette exploitation ainsi que plusieurs autres inventions propres * transmettre les signaux au moyen de l’électricité. La c°tïipagnie télégraphique a, cependant, construit pour ePe-même un système considérable de télégraphes, d’elle dirige et entretient ; ses stations se trouvent déjà ^ns presque toutes les parties du royaume et s’augmentent encore.
- 135. Cette compagnie fut incorporée par acte du Parlement le 18 juin 1846. Elle peut acquérir des lettres Patentes qui seront prolongées tant qu’il sera jugé convenable par la couronne : elle peut céder des licences P°Ur l’usage des inventions brevetées, ou vendre, louer, céder ses télégraphes. Elle est tenue de céder à qui-®°nque lui est désigné par le Conseil Privé, une licence **e construire un télégraphe, d’accord sur les conditions, P°nr le service du gouvernement de sa Majesté, en en j^nt dûment requise. De plus, chaque télégraphe élec-*r.1(lue sera, en tous temps et raisonnablement, dispose au service de Sa Majesté, dont les messages de-r°nt toujours avoir la priorité sur tous les autres Jjaelconques, « et il sera obligatoire à tous les employés ^ la compagnie de transmettre et de délivrer ces mes-convenablement, et de suspendre la transmission ei tous autres messages de telle ou telle station , jus-^ à ce que lesdits messages du service, ou pour le ser-lce, de ga Majesté aient d’abord été transmis ; » pour ^°i raisonnable rénumération sera faite; En cas de cir-
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- 100 MANUEL
- constances imprévues, il sera permis à l’un des secrétaires d’Etat de provoquer la prise en possession de tous les télégraphes et appareils aux diverses stations de la Compagnie, de ses licences, ou représentants, pendant une semaine, et de les retenir de semaine en semaine » s’il est utile pour le service public, en payant pour ce le dommage causé chaque semaine.
- 134. L’acte fait provision pour la Compagnie contre la négligence ou le manque de soin de ses employés ou autres ; et lui donne les pouvoirs nécessaires pour construire et entretenir ses appareils. Quoique cet acte ne soit en vigueur que depuis trois ans et demi, les opérations se sont déjà étendues sur 2,225 milles (3,580 ki-lom. 6925) ; 482 instruments à double aiguille ont été établis, ainsi que 86 à simple aiguille ; et il y en aura encore d’ajoutés avant que ce livre ne parvienne entra les mains du lecteur.
- 135. Liste des lignes télégraphiques. — Les détails statistiques suivants sont exacts, à l’époque où nou5 écrivons : —
- (Voir le tableau ci-conlr«.)
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- DE TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. 101
- « 2 2 T
- DÉSIGNATION DU CHEMIN DE FER. N° de mille! N° de fils. c 2: 25 (B J2. 2 3 g 3 p. O g O; S* (? £ fis *1 -• d 09 5 e g mgueur de li de rue.
- n £ P ? i P- 09 3 (T)
- , , . Edimbourg et glascow, *jgne du tunnel. 47 l/a 1 5 2 8 2 l/3
- EDIMBOURG ET NORD, ^branchement de Dundee. P » de Perth... Edimbourg et Granton j*igné de Leith 36 6 3 1 i/t 1 3 3 3 3 6 3 3 : ••
- Uiftne du\t.nnnel 2 2 . T
- NORD BRITANNIQUE, ^branchement de Dalkeith. ,. « d’Haddington. ^gne du tunnel. 58 1 i/4 5 13/4 5 2 2 2 8 2 2 2
- ÏORK, NEWCASTLE ET BERWICK.
- Newcastle à Berwick 65 iA 45 5 7
- *ork à Darlington 7 6 9
- ^arlington à Newcastle •^branchement de Shields.. « Sunderland. « Durham... », « Richmond., j.stfield et South Shields.... ^branchement de Stockton. 38 t/» 11 2 j/4 2 t/4 9 19 i/i 8 3 3 2 2 1 1 6 2 2 1 1 8 4 2 1/8
- ÏORK ET NORTH MIDLAND. y°rmanton à York 24 i/î 42 i/* 18 36 5
- 3 5 r
- ..^branchement d’Harrogate. «UH et Selhy 3 5 2 5 • • ’ V
- 33 3 4
- 'Ormanton à la jonction de j,Milford 10 2 2
- 51 7 24
- 20 3 4 # ,
- t^ïerpool et Southport..... ^arcashire Est t.. 13 t/4 12 \/% 3 3 3 , , , .
- A reporter ‘615 3/4 96 117 23 1 */8
- Télégraphie électrique*
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- MANUEL
- Report 615 3/4 96 117 23 i «A
- MIDLAND RAlLWVAY.
- Birmingham et Gloucester.. < 53 7 9
- Birmingham et Derby, t .. .. d° d° 6 i/a 34 3/4 7 5 5 1
- Derby et Lincoln 48 3/4 3 4
- Derby et Rugby* d° d° Leicester et Peterborough... 24 i/a 24 3/4 4 3/4 7 5 3 7 • *
- d° d° .... d° d° , . Derby et Leeds. * .. 1 * ... . 23 25 1/4 5 7 11 * *
- 73 7 9 16
- Embranchement de Shefïïeld. 5 3 2
- Leeds et Bradfort d° d° 11 2 3/4 6 3 5
- d° d° ligne du tunnel. 1 i/a 2 2 *
- Embranchement Skipton.. .. 15 >/4 3 5
- LONDRES ÈT NORD-OUEST.
- Londres à Birmingham.. . . d3 d° 5 107 i/a 9 7 9 i • •
- d° d° ligne du tunnel. 1 3 2
- d° d° Camb. Incl. . . 1 i/4 6 4 2
- Jonction Fst de Londres.. .. l/a 2 4
- Birmingham et Manchester.. d° d° ... 80 5 3 i/4 31 i/a 7 8 8 6 1 .1/3
- Manchester et Liverpool.. . 6 5 .,/3
- d° d" ligne du tunnel. 1 i/a 2 3
- South-Devon 53 4 10
- Embranchement de Torquay. 4 3 2
- Chemin de Newmarket. . .. 17 9 4 • •
- Union de l’Est 16 ï,'4 5 7
- d° ligne du tunnel. 2 3/4 2 3 • •
- LONDRES ET SDD-OUEST.
- Londres à Southampton.... 74 4 4
- d° d° 6 6 2 • .
- Embranch. de Portsmouth. 21 4 4
- « Gosport. . .. 5 4 1
- Southampton et Dorchester. 61 3 7
- Embranchement de Poole... 2 3 2
- COMTÉS EST.
- Londres à Brandon....... 88 1/4 7 40 • •
- Londres à Slratford 3 3/4 ‘ 2 4 ' "H
- A reporter 1563 i/a w 286 HT 2»/8
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- DE TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
- 103
- Report....
- Ligne de Brick-lane. ......
- Embranchement d’Enfleld. .
- « Hertford. .
- Cambridge et Saint-lves....
- El y et Peterborough......
- March et Wisbeach.........
- Londres et Cojchester.....
- Borest-gate et Stratford... ,
- Maldon et Braintree.......
- Stratford et jonction de Tha-
- mes. .................
- North Woolwich............
- CHEMIN DE NORFOLK.
- Brandon à Norwich.........
- v d» d° ............
- Norwich et Yarmouth.......
- Embranchera, de Lowestoft.
- » Oereham.
- Oereham et Fakenham.......
- STAFFORDSHIRE NORD.
- Stoke à Norton Bridge.....
- Embranchement de Cohvich.
- Stoke à Burton............
- d° d° dépôt...
- staffordshire nord (cont.).
- Stoke à Crewe............
- Harecastle, ligne du tunnel. . Embranch. de Maccleslield.. 'allée de Churnet.........
- Staffordshire sud.........
- d» d° ....
- I ^ortham pton et peterboro’
- d° Extension h Walverton.
- Londres et Croydon........
- Çreat Western.............
- Lignes de rues de Londres. .
- Manchester et Sheiïield...
- d° Woodhe-id, ligne ! du Tunnel.. . .
- ij Ambergate, Matlock et Bux-
- ji. ton...................
- j' *mnctres et Blackwall..
- A reporter....
- 1563 1/2
- „ ,/a 3 i/4
- 7
- 14 3/4
- 50 9
- 51 i/4
- 1 i/4 12
- 2 3/4 2?/4
- 57 3/4 10 i/4 20
- 12
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- 10 3/4 18 3/4 29 i/»
- 14 1/2
- 1
- 19 1/2 27
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- m
- 101/2 8 19
- 2
- 3 1/4
- 11 1/2 3 1/2
- 2040
- 280 286 44 12 i/S
- 2 3
- O 2 . ,
- 3 3
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- 5 7 t . . ,
- 3 2
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- MANUEL
- Report 2040 385 414 53 9 ')
- Ligne de Caldon-Low Quarry, 3 i/4 1 4
- Moira Colliery. i/i 2 2
- Maryport et Whitehaven.... j/i 4 4
- Ligne de la C® de Butterley.
- Butterley Iron. 2 '/> 1 • • 2
- SUD-EST.
- Londres à Douvres 88 3t U 4 2 11 88 2 18
- d° à Bricklayers’Arms..
- Tonbridge àTunbridge Wells 5 3 2 4
- d° àHastings-Road. . 1 2 2 - V
- do au Laboratoire... 1 2
- Paddock-Wood à Maidstone.. 10 3 5
- Ashford à Ramsgate.J...... 30 3 5
- Minster à Deal 9 3 3
- Ramsgate à Margate 4 3 2
- TOTAL. .... 2218 3/4 415 540 16 10}
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- DE TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. 105
- 136. Stations télégraphiques. — Voici la liste des dations qui se trouvent sur ces diverses lignes :
- LISTE DES STATIONS DE TÉLÉGRAPHES.
- Abbey-Wood.
- “'nwick.
- Ainbergate.
- Ashlord.
- «arnsley.
- °«rwick-on-Tweed.
- ??>’erley.
- ?!rmingham.
- “jshopsloke.
- "•ackheath.
- Sradford.
- “Hdlington.
- “roxbourne.
- "Urton-on-Trent.
- ^•nbridge.
- ^nterbury.
- Jjbarlton.
- ^belmsford.
- ^heltenham.
- “hesterfield.
- Chilham.
- ^olchester.
- ^rlington.
- Hartford.
- beal.
- gerby.
- Douvres.
- Punbar.
- Pdrham.
- 'j'jenhridge.
- gdimbourg.
- «4.
- p'asgow.
- "•oucester.
- ''Odstone.
- Gospord.
- Graveshend.
- Greenhithe.
- Halifax.
- Headcorn.
- Hertford.
- Hull.
- Hythe.
- Ipswich.
- Leeds.
- Leicester.
- Leith.
- Lewisham.
- Lincoln.
- Liverpool.
- Londres.
- Loughborough.
- Lowestoffe.
- Maidstone.
- Malton.
- Manchester.
- Mardi.
- Mardcn.
- Margate.
- Melton.
- Merstham.
- Minster.
- Morpeth.
- Newark.
- Newcaste.
- Newmaiket.
- Norwich.
- Normanton.
- Northallerton.
- Northfleet.
- Nottingham.
- Paddock Wood.
- Penshurst.
- Peterborough.
- Pluckley.
- Ramsgate.
- Reigate.
- Rochester.
- Rochdale.
- Romford.
- Rotherham.
- Rugby.
- Sandwich.
- Scarborough.
- Selby.
- Scheffield.
- Skipton.
- Slough.
- Southampton.
- South Shields.
- Staplehurst.
- Stamford.
- Saint-Ives.
- Stortford.
- Sunderland.
- Tamworth.
- Thetford.
- Thirsk. Todmorden. Tonbridge. Tunbridge Wells. Wakefield.
- Ware.
- Wateringbury.
- Wisbeach.
- Witham.
- Woolwich.
- Worcester.
- Yarmouth.
- York.
- 137. Comme mon intention n’a été que de décrire les systèmes télégraphiques en usage en Angleterre, je crois futile de parler des autres inventions brevetées appartenant à la compagnie des télégraphes, ce qui d’ailleurs Ameuterait trop ce volume ; ni de donner une liste de
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- MANUEL
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- toutes les ingénieuses dispositions qui sont encore de? propriétés particulières. Cependant, comme le télégra-phe-imprimeur deM. Bain a été dernièrement employé entre Birmingham et la station de la compagnie à Lotit-bury, je dirai que les signaux sont reçus au moyen d’une bande de papier humecté par quelque solution ehimiqbe que l’action d’un courant électrique décompose en pré' sentant une trace *. La bande se déroule à la manivelle , et le courant s'envoie à la main ou à la mécani' que; une combinaison de divers courants produit de* points et des lignes qui constituent l’alphabet.
- 138. Télégraphe sous-marin. — Voici une expression malheureuse, car elle fait penser à la multitude qu’il s’agit d'une sorte particulière d’instrument, mieiù calculée que les autres, pour conduire les signaux télégraphiques sous les flots de l’Océan. La seule ehos* sous-marine est le fil conducteur; et quand celui-ci 8* trouve in sitû, peu importe, quant à ce qu’il y a $ sous-marin, quel est le générateur du courant électrique, et quel instrument interprétateur est de chaqu® côté. Isolés comme nous le sommes des autres nation*» et grandement intéressés dans tout ce qui transpire st*r le continent, nous soupirons naturellement après le juuf où il y aura entre Douvres et Calais, et Folkstone Boulogue, des communications télégraphiques aussi faciles que celles qui existent entre Londres et Douvres.
- 139. Le premier pas a été fait ; le premier relai a traversé : de Londres on a transmis des signaux sur la côte de Folkstone, au moyen d’un fil recouvert, communiquant sous l’eau, après un parcours de deux md'
- i C’est la pointe d’un stylet qui, sous l’influence du courait*» trace à distance des points ou de petites lignes d’un bleu foncé» représentant des lettres. Pour préparer ce papier chimique, 0° commence par le tremper dans une solution d’acide sulfuriqo6’ puis dans une solution de prussiate de potasse. M. M.
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- DE TÉLÉGRAPHIE électrique. 107
- *es, au pont d’un bateau qui se trouvait à flot ; une eor-respondance a ainsi eu lieu le 10 janvier 1849. Mais, c°tnme le jour viendra certainement, bien qu’il ne soit Peut-être pas prochain, où cet embryon de l’invasion du ^Maine de Neptune sera une réalité pratique, il n’est P.as mal d’avoir fidèlement les détails de cette expé-r^nce.
- Ayant obtenu des directeurs de la Compagnie du s,1d-est, la permission d’employer dans plusieurs de nos ^Unels humides le fil recouvert de gutta-percha, à relèvement duquel je me trouvais accidentellement, il Uie vint à l’idée que j’avais à ma disposition tout ce qu’il Allait pour une expérience sous-marine : — une ligne do chemin de fer de Londres à la côte, un port dans la tPênae direction que le chemin de fer, une flotte de paquebots dans ce port, et un fil de plusieurs milles de longueur, recouvert d’une matière parfaitement isolante. ‘ est vrai que la saison (janvier) n’était pas bonne, Plais il ne fallait pas hésiter. J’expliquai mes vues aux directeurs, et j’obtins sans difficulté leur consentement
- leur appui, Le jour fixé, ils ordonnèrent à un paquebot d’être à mes ordres ; ils avaient envoyé des cartes d’invitation qui donnaient librement passage sur tout le jdiemin de fer, et de Calais et Boulogne à Folkstone, al -l(ir et retour, valables pour plusieurs jours,
- 140. J’avais choisi deux milles de fil de cuivre n° 16, gurni de gutta-percha, et personnellement éprouvé le tüUt sous l’eau, bout par bout, ainsi que les divers joints. yPrès l’avoir, ensuite, enroulé sur une espèce de dévider en bois, on le porta à Folkstone.
- La vue du port de Folkstone ( fig. 16) rendra plus Y^irs les détails de nos expériences. Un embranchement, d Environ un mille de longueur, descend de la ligne Principale du chemin de fer au port, traversant la sta-l°n par le pont mobile que l’on voit. Le bureau du té-
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- légraphe est dans la dernière pièce des bâtiments moin5 élevés, au-delà de la station. Nous sommes obligés d’é' viter le pont depuis que les bâtiments mâtés doivent entrer dans le port intérieur ; alors nous faisons faii’e un détour aux fils derrière Pavillon-Hôtel et Harbonï' Home. J’ai planté dans les sables un poteau plus éleve que la marque de l’eau, et qui me servit à établir un fi* du bureau du télégraphe au bord de la mer. Le 9, a® soir, j’essayai, pour la dernière fois, la continuité du $ en plaçant le dévidoir sur le sable et en faisant comm11' niquer le fil recouvert avec le fil venant de Londres! puis alors, l’eau à nos pieds et à la lueur des lampeSt au milieu d’un groupe mêlé et étonné de pêcheurs, d® matelots, d’officiers en retraite et d’autres, nous recoi*' nûmes que le circuit était bon en tenant une conversa' tion avec les employés de Londres.
- 141. Notre intention était de prendre le lendemain le dévidoir dans un petit bateau, de nous placer à p®11 près en ligne directe de la plage, de dévider et d’ifl1' merger notre fil tout en avançant, et d’attendre à l’ai1' cre l’arrivée du train de Londres; alors le paquebot) avec nos amis et l’appareil télégraphique sur le pont’ serait venu, dans la situation que l’on voit à droit®’ nous prendre avec le bout du fil. Mais l’aspect du temF changea dans la nuit ; le vent s’éleva, et la mer dévia* si houleuse, que non-seulement c’eût été un essai st®' rile, pour des hommes qui ne sont pas marins, que ^ faire des recherches philosophiques sur un parquet au#1 mal assuré qu’un bateau secoué par les vagues, ma** qu’il eût été impossible d’éviter la rupture du fil. Al®1’ donc, au lieu que le paquebot vienne retrouver le batea®’ celui-ci s’en alla seul, fila le fil, comme on l’avait d1®' bord pensé, et ramena le bout à la plage. Le fil le P*11’ élevé des quatre fut continué, en ligne directe de sa t®1' minaison actuelle, par le fil à gutta-percha, que l’®1
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- induisit dans la mer plus loin que la jetée et que l’on fjta devant le port ; il passait à l’entrée du port et abou-tissait à l’instrument qui était sur le pont du paquebot amarré le long de la jetée, à l’endroit qu’on le voit dans le dessin. Ainsi les conditions de l’expérience Paient les mêmes, bien que l’effet ne fût pas aussi frap-Pant que si le paquebot avait été en pleine mer avec Extrémité du fil.
- 142. Il avait été entendu d’avance que ce jour-là le |ravail du télégraphe se ferait sur un fil (n° 2) et que ‘e numéro 1 resterait libre pour ces expériences. Le bout <lu fil de Folkstone, comme je l’ai dit, était soudé au fil submergé dont l’autre bout communiquait alors avec un mstrument à simple aiguille, qui était sur le pont, et ta circuit se complétait par une plaque de terre qui était dans la mer.
- 143. Ces opérations se firent en présence de nos in-vités, qui se trouvaient à bord ; il ne s’était pas fait de
- pétition, et le fil se trouvait battu par les flots contre ta jetée. Il faut que j’avoue que je n’étais pas très à d’aise d’avoir tant de témoins, venus si loin de leurs affaires , pour assister à une expérience dont le premier ®ssai allait être fait en public. Je savais qu’un léger défaut d’insulation n’aurait pas fait manquer l’expérience, 8l. les deux milles de fil submergé avaient été seuls en e^cuit, mais quand il fallait y ajouter les quatre-vingt-ffifis milles entre la côte et Londres, je redoutais quelle circonstance fatale. Tout étant prêt, je pris la pointée de l’instrument et je fis la lettre L, signal d’appel du Londres; on eut instantanément connaissance du si-®tal ; et, à midi trois quarts, la première dépêche passa ®°Us le canal Britannique, en ligne directe pour Lourds ; elle portait : « M. Walker au directeur. — Je suis a bord de la Princesse Clémentine : j’ai réussi. » Immédiatement une correspondance fut établie. Il s’échan-
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- geu d&s communications avec d’autres stations de 1* ligne principale, et, après plusieurs heures d’immersion, le fil fut retiré sain et sauf. Il est maintenant place dans le tunnel de Merstham, et a servi depuis à l’envoi de toutes nos dépêches importantes de Londres.
- 444. Sur la carte (fig. 9, § 54), j’ai donné les cofl' tours de la côte française, avec le sondage en fathomi1 de la partie du canal entre Folkstone et Boulogne,et les deux bancs vis-à-^vis Folkstone. J’y ai aussi indi' que, par des lignes pointées, le chemin que pourrai* suivre un fil sous-marin. Il ne faut pas supposer qu’il serait praticable d’essayer l’usage d’un fil aussi fin d aussi exposé que ceux d’aujourd’hui pour traverser 1* canal ; il ne faut pas croire non plus que, si l’on n’a p&s poussé plus loin, ce soit parce que des difficultés iU' surmontables se présentent; mais il y a un obstack d’une autre espèce, et tant qu’il existera, il est pel1 probable qu’une tentative se fasse. Je fais allusion à h politique du gouvernement français qui garde à l*1’ seul l’usage et le contrôle des télégraphes en France* ainsi, lors même qu’il serait permis à un conducteik télégraphique d’arriver sur les côtes françaises, l’avair tage d’éviter deux heures, au moins, de traversée, f serait jamais proportionné à la grandeur et aux dépenses de l’entreprise. Nous devons espérer que le temf et les circonstances changeront cet état de choses, fiI que la politique permettra au public français de se sri' vir aussi librement et aussi sûrement de3 télégraphique les Anglais s’en servent aujourd’hui ; et alors, dai1! une prochaine édition de ce livre, nous pourrons étü' dier un plan de traverser le eanal. Les écrivains frair çais sur la télégraphie électrique appuient fortenie11* sur l’urgenoe d’annuler ces restrictions. Pendant fi|iv'
- 1 Le fathom anglais - 1 tuèl. 828.
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- Passion même de ces pages, la question est venue à ^semblée législative de France. Un comité qui a fait !l!1 rapport le 4 février 1850, relativement à certaines *8nes de télégraphes électiques à établir sur quelques-?ns des chemins de fer, et qui a appuyé une allocation * cet effet, s’est informé si le ministre de l’intérieur dans l’intention de livrer les télégraphes électrises au public, comme l’avait proposé son prédéces-M. Dufaure. Le ministre a répondu que c’était ^ïle question sérieuse sur laquelle il ne pourrait dè-cHer qu’aprcs renseignements ultérieurs. Ce n’est pas Vtous qu’il appartient, ni ce n’est pas ici le moment, Entrer dans les raisons de cette question, en tant que Ce qui concerne le gouvernement français, ni nous n’esterons pas d’examiner jusqu’à quel point la France t préparée à une concession si déterminée et si ^Portante. 11 nous reste seulement à espérer que les Enseignements ultérieurs » qui seront recueillis par 6 comité et présentés à l’Assemblée, peuvent avoir S tendance favorable à une abolition graduelle des frictions qui empêchent les négociants et les citoyens
- jàiçais de profiter de cette admirable application science.
- 145. Sans examiner tout ce qui se rattache à cette gestion, il semblerait qu’il devrait résulter un bien général de ce que la capitale de l’empire Britannique ^ communiquer instantanément avec les capitales es autres grandes nations d’Europe. Nous avons fait ?°he part ; nous avons étendu nos conducteurs depuis r^dres jusqu’aux côtes, à la portée du plus propice et S Principal passage entre l’Angleterre et la France. Le peiuier bureau que rencontre l’œil étranger en mettant p Pied sur le sol britannique est celui du télégraphe de Ajlkstone, ouvert, sans laveur ni préférence, au pre-ler venu. Quelques pas sur la jetée, et il peut, pour
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- une somme modique, entrer en communication immédiate avec Londres, ainsi qu’avec toutes les principale5 villes d’Angleterre. Mais le jour de la réalisation de ce projet serait plus proche que nous ne pensons, si no5 voisins de l’autre côté de la Manche faisaient comme nous, si les conducteurs que l’on établit de Paris à Calais étaient accessibles au public comme le sont les nôtres. Si la facilité de communications qui existe aujourd’hui entre Londres et Paris par les chemins de fer d les paquebots a si puissamment contribué à faire grandir les bons rapports entre les citoyens des deux pays» que sera-ce quand nous pourrons échanger nos pensée5 avec la rapidité de l’éclair?
- Note du traducteur. Pendant l’impression des pages qui pré' cèdent, tous les journaux de Paris ont annoncé que le fil sou*' marin d’un télégraphe électrique était déjà placé entre Douvre* et le cap Grinez (près Calais) ; que les expériences les plus satisfaisantes avaient eu lieu, etc.; mais rien n’est moins vrai qt# cette nouvelle qui, du reste, se répété de temps en temps dans le* journaux anglais, avec accompagnement de circonstances tell** qu’on croirait que « c’est un fait accompli, » comme dit M. Wa* ker dans une lettre du 3 août 1850, adressée à M. Magnier, qui dément, jusqu’à ce jour, toute apparence de travaux de genre.
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- wÉaiÉ^imïPiHîEië é&îe<oti&e<OT8.
- TÉLÉGRAPHE DE M. VVERNER SIEMENS.
- (Extrait par l'auteur.)
- Dans le premier chapitre de ce Mémoire, je traite de établissement du circuit télégraphique. Je commence Par faire remarquer que l’immense majorité des perturbations auxquelles sontsu.ets les télégraphes électriques Provient des variations dans l’intensité des courants employés. Ces variations, à leur tour, ont leur source surtout dans les conditions variables du circuit conducteur, énumère les causes des perturbations qui agissent prin-c*palement dans les circuits établis à l’aide de fils aé-rtens. On en peut distinguer trois classes, savoir : i°les Perturbations qui résultent des variations dans l’état isolement du fil ; 2° celles qui sont produites par des durants étrangers dus à des variations de l’électricité ^uiosphérique, y compris les dégâts causés par de vé-rîlables décharges en temps d’orage; 3° celles qui défont de lésions du circuit par accident ou par malveil-J?Uce. Ces nombreux inconvénients attachés à la situa-î*°n exposée des (ils aériens ont fait naître de bonne pire l'idée de s’en garantir en installant les fils sous rre. Cependant, les efforts tentés avant moi dans cette Action sont restés, en général, infructueux. Au prin-de 1848, le gouvernement prussien, sur ma proposition, adopta le système des fils souterrains enduits gutta-percha. Aujourd’hui, sept grandes lignes sou-Télègraphie électrique. 10
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- termines, d’une longueur développée de plus de 2,500 kilomètres, exécutées en grande partie sous ma surveillance , réunissent Berlin aux points les plus distants du nord de l’Allemagne. Après avoir fait l’historique de ce* travaux, je passe à décrire les procédés qui servent : 1° à fabriquer le fil souterrain; 2° à s’assurer de son isolement avant de l’enterrer ; 3° à l’établir convenablement sur les lignes télégraphiques ; 4° à explorer l’isolement et la continuité du fil en terre ; enfin 5° à découvrir le lieu précis de solutions de continuité, soit de l’enduit, soit du fil métallique. Cela se fait à l’aide d'une formule qui donne le lieu de la lésion à un centième près de la longueur de lignes tant soit peu étendues, ef pour le reste, moyennant la méthode que j’ai appelée de bisseclion. Le prix de revient des fils souterrains en place excède, à la vérité, celui des fils aériens, d’une fraction variable selon les circonstances; mais, en dernière an»' lyse, l’avantage, même sous le rapport des frais, & trouvera du côté des fils souterrains. Ceux-ci, en effet’ selon toutes les probabilités, jouiront d’une durée presque indéfinie, tandis que les fils aériens ont besoin d’êttf renouvelés à dès époques plus ou moins rapprochées, ^ cause de la pourriture des poteaux et d’une modificatio11 moléculaire qui, après un certain temps, altère la cohésion des fils télégraphiques et les rend cassants a# point de se rompre par le moindre effort. Quant à la sû' reté du service, autant qu’elle dépend de l’intégrité (W circuit, il n’y a pas, en réalité, de comparaison à établir entre les deux systèmes des fils aériens et souterrains. Cela est évident d’abord pour les lésions provena11* 'accident, eu causées par la malveillance ; mais, ^ plus, l’état d’isolement des fils souterrains est tout-à-fa’1 exempt des variations auxquelles est sujet celui des H'5 aériens, et, grâce à la couche conductrice du sol hu' mide qui les recouvre, les fils souterrains ne sont pluS’
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- comme les fils aériens, le siège d’incessantes fluctua-h°ns électriques par l’effet des variations de l’électricité ^mosphérique, outre qu’ils sont soustraits aux effets destructeurs du tonnerre. En un mot, les fils souterrains ^tisfont pleinement à la condition très-importante de *\e donner lieu, presque en aucune manière, à des vantions dans l’intensité des courants employés. Je termine en signalant plusieurs phénomènes remarquables l’offrent les lignes souterraines, et dont le plus saillant est dû à ce que le fil souterrain, avec son enduit isolant, ^présente une énorme jarre de Leyde qui est chargée P'ir la pile, comme cela a lieu dans une expérience bien connue de Volta.
- , Dans le second chapitre, je traite des appareils des-*|nés à transmettre et n recevoir les signaux, et en parolier des appareils télégraphiques de mon invention, adoptés par le gouvernement prussien, et d’un usage Presque général dans tout le nord de l’Allemagne. Je donne, en général, la préférence aux télégraphes dits rotatoires ou à cadran sur les télégraphes à aiguilles et a0tres, dans lesquels les lettres de l’alphabet ou les si-Sftaux télégraphiques sont composés à l’aide de signaux ^émentaires, par la raison que les avantages qu’offrent ces derniers, sous le double rapport de la simplicité de Construction et de la rapidité de la correspondance, ne fraient jamais balancer le défaut de sûreté dans la Osmission des dépêches qu’on a droit de leur reprocher. Mon télégraphe se distingue du télégraphe à cadran de Wheatstone et de ceux construits sur le même type, en ce point capital, qu’il n’y a à chaque station Ityün seul et même appareil pour la transmission et la Option des signaux, et que cet appareil est une vérifie machine électro-magnétique douée d’un mouve-Ot propre. Qu’on s’imagine une pièce de fer doux sert d’armature aux deux pôles d’un aimant tem-
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- poraire, dont toutefois un ressort tend constamment à la tenir éloignée. Dès qu’on ferme le circuit, l’armature est attirée ; mais, dans son mouvement, elle rouvre auS' sitôt le circuit, et le ressort reprend le dessus. Mais» dans le mouvement imprimé à l’armature par le ressort, le circuit venant à être fermé de nouveau, le même jeu se renouvelle indéfiniment, et il en résulte des oscilla' tions de l’armature plus ou moins rapides, qui servent à faire mouvoir une aiguille sur un cadran horizontal, sur lequel sont inscrites les lettres de l’alphabet ou tel5 signes qu’on voudra. Pour faire en sorte que faiguiHe s’arrête à une lettre donnée, il n’y a qu’à presser la toU' che correspondante d’un clavier disposé autour du ca' dran ; alors, par un mécanisme particulier, l’aiguill6 arrivée à cette lettre, le circuit ne peut plus se fermet de nouveau par le jeu du ressort, et le moteur est en' travé dans sa marche. Maintenant, qu’on s’imagine un nombre quelconque d’appareils semblables, tous dispû' sés dans le même circuit. Comme il suffit de l’interrup tion du circuit en un seul endroit pour enrayer le coU' rantdans toute son étendue, il est évident que les cillations des armatures de tous ces appareils devront être synchrones, et, par suite, les temps de marche & d’arrêt de leurs aiguilles; enfin, il n’y aura qu’à pressé i une touche d’un de ces appareils pour en voir les ai' guilles s’arrêter toutes à la fois à la même lettre. Cett* disposition offre les avantages suivants : 1° l’appareil n’exige, pour être manié, aucune dextérité particulière! 2° le circuit étant interrompu par chaque attraction de l’armature, il est impossible qu’un accroissement disproportionné de l’insensité du courant entraîne jamais & sa suite une trop forte ae’hirence de l’armature et leS perturbations qui en résultent dans les autres télégraphes en usage ; 5° la vitesse de la marche de l’apparç1 étant, tout au contraire, proportionnelle à i’intensit®
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- ôu courant, mon télégraphe, chose remarquable, fonctionne d’autant mieux et d’autant plus rapidement, jusqu’à une certaine limite, que le circuit est moins bien lsolé ; 4° à tout instant et à chaque station, tous les appareils qui font partie du même circuit peuvent être arêtes à volonté, sans que les aiguilles courent risque de détacher; 5° à l’aide d’un mécanisme approprié, ce télégraphe admet l’emploi d’une pile auxiliaire dans le Cas où il s’agit de le faire fonctionner, sans station intermédiaire, à de très-grandes distances, par exemple do SüO kilomètres ; enfin 6° il suffit d’un seul fil et d’un teul stationnaire à chaque station pour le service du télégraphe. La construction de mes carillons d’alarme repose sur le même principe que celle du télégraphe teêrne, en sorte qu’il donne le réveil indéfiniment jus-jjO’à ce qu’il ait attiré l’attention du stationnaire, qui 1 ôte alors du circuit pour le remplacer par le télégraphe. A chacun de mes télégraphes, on peut ajouter, à vplonté, un appareil qui imprime la dépêche en caractères ordinaires, sans que la marche du télégraphe en s°it d’ailleurs affectée. Dans cet appareil, il y a d’abord ÜI1 aimant temporaire qui attire son armature et l’aban-dpnne chaque fois que le télégraphe ferme et rouvre le Clrcuit. Les oscillations de l’armature sont employées, Cottime dans le télégraphe, à faire tourner un axe. Mais Cet axe, au lieu d’une aiguille, porte cette fois-ci la r°üe-type de Whealslone. Dans le mouvement de la r°üe, le poinçon correspondant à la lettre qu’indique à c!laque instant l’aiguille du cadran, vient se placer précisément au-dessus d’un marteau. Les oscillations de ^mature, outre qu’elles font tourner la roue, ferment et rouvrent le circuit d’une pile additionnelle dont le parant met en action un second aimant temporaire. ^ l aimant, en attirant son armature, fait trois choses : *° il force le marteau à appuyer le poinçon contre un
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- iis appenpice a la télégraphie électrique. cylindre noirci, entre lequel et le poinçon se trouve la bande de papier; l’impression faite, 2° l’armature fait tourner le cylindre d’une fraction de sa circonférence égale à la largeur d’un caractère ; enfin, 3° pour empêcher que l’armature reste trop longtemps attirée, elle rouvre elle-même, en arrivant au terme de sa course, le circuit de l’aimant temporaire, en sorte que le marteau retombe aussitôt qu’il a frappé son coup, et n’efl' trave jamais la marche de la roue-type. Mais toutes c# opérations n’ont pas lieu pour chaque lettre que l’aiguiH* du cadran indique successivement dans sa course rapide, parce que, dans ce cas, le circuit de faimau' temporaire ne reste pas fermé assez longtemps pouf permettre à l’aimant d’acquérir la force nécessaire. A11 contraire, quand on arrête un instant le télégraphe $ appuyant sur une touche, cette condition se trouve réalisée et l’impression se fait. Quant au nombre des su gnaux transmis par minute, le télégraphe, sans le méc*' nisme additionnel mentionné plus haut, fournit soixaojf caractères imprimés, y compris les blancs ; avec le tn®' canisme additionnel qui devient nécessaire pour les di^ tances au-delà de 300 kilomètres, ce chiffre se réduit* peu près aux trois quarts.
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- RAPPORT
- FAIT A L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- SUR LES
- APPAREILS TÉLÉGRAPHIES
- De M. SIEMENS (de Berlin),
- (Commissaires : MM. Régnault , Seggier ; — M. Pobillet , Rapporteur.)
- «S«5»
- « Le télégraphe que M. Siemens présente à l’Académie est du genre des télégraphes alphabétiques, c’est-Mire que les mouvements produits par le courant de ta pile ont pour objet de signaler à la station plus ou moins éloignée qui reçoit la dépêche les lettres successives qui en composent les mots.
- « Avant les perfectionnements considérables introduits par M. Siemens, les télégraphes de cette espèce Paient, en général, établis dans les conditions suivantes :
- « Deux fils de métal joignent les deux stations qui doivent correspondre, par exemple, entre Paris et Ber-'tai; ils sont isolés avec soin, ne communiquent électriquement ni entre eux ni avec le sol, soit qu’on les ait sUspendus en l’air en les soutenant par des poteaux espacés de cinquante mètres en cinquante mètres, soit qu’on les ait enfouis sous terre après les avoir enveloppas d’un enduit non-conducteur presque inaltérable, comme la gutta-percha convenablement préparée.
- Si, à Berlin, une pile est disposée ayant son pôle
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- positif en communication avec l’un de ces fils et son pôle négatif avec l’autre, cela ne suffit pas pour que 1® courant s’établisse ; car, à Paris, le circuit reste ouvert, puisque les extrémités des deux fils ne communiquent pas entre elles. Mais si, à Paris, l’on ferme le circuit en joignant les deux fils ou en les réunissant par un arc conducteur quelconque, le courant s’établit à l’instant, le fluide électrique circule d’une manière permanente, avec la vitesse qui lui est propre, dans toute l’étendue des fils et dans tous les appareils qui les réunissent à l’une et à l’autre de leurs extrémités.
- « On dit alors que le fluide vient de Berlin à Paris par le fil qui communique avec le pôle positif de la pile» et qu’il retourne de Paris à Berlin par le fil qui commü' nique avec son pôle négatif.
- « Cependant il faut bien se garder de prendre à la lettre ces expressions d’aller, de retour et de circula'1 tion, qui sont reçues dans la science; elles ne veulefl1 pas dire que le fluide électrique circule en effet ou qui) éprouve un mouvement de translation analogue à cela1 du liquide qui se meut dans un tube, ou à celui du ga& ; qui va du gazomèti e au bec d’éclairage ; elles signifie!)* seulement que le fluide électrique fait sentir ses effe^ sur les différents points du circuit.
- « Quand le son va frapper un écho et revient à so® j origine, on peut dire aussi qu’il a un mouvement d’al' 1er et de retour ou un mouvement de circulation, et Yof sait bien cependant qu’en réalité ce n’est pas l’air lu1' même qui se transporte depuis le point où il est ébranlé jusqu’à la surface qui fait l’écho, et depuis cette surfai jusqu’au point primitif du départ ; au lieu de se traflS' porter, l’air vibre, et ce sont ces vibrations qui se traflS' mettent successivement, et de proche en proche, av®c une certaine vitesse ; c’est donc le mouvement qui et qui revient, qui se transmet et qni circule, et nûI1
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- Pas le fluide lui-même, ou, en général, le milieu dans equel le mouvement s’accomplit.
- « C’est là ce qu’il faut entendre quand on parle de la transmission de l’électricité, comme quand on parle de *a transmission du son ou de la lumière.
- « Le courant électrique circule donc de Berlin à Paris ®t de Paris à Berlin sous la condition : 1° que la pile a°nne de l’électricité ; 2° que les fils soient bien isolés ; 30 que le circuit reste exactement fermé sur tous les P°ints de son trajet sans offrir nulle part la moindre so-Otion de continuité.
- « S’il arrive que les fils communiquent électriquement e0tre eux ; si, par exemple, on les réunit par un fil lin de ‘Oétai , par un filet d’eau ou d’humidité, ou, en général, P?r un arc conducteur, cet arc conducteur devient à Estant le siège d’un courant dérivé qui affaiblit dans certaine proportion le courant dévolu à la portion Estante du circuit.
- « Ce qui arrive pour une seule dérivation arrive pour ^ nombre quelconque, et l’on conçoit que si les poteaux 0,1 s'attachent les fils ne leur donnent pas un isolement lofait, il en résulte autant de courants dérivés que de fléaux, c’est-à-dire vingt par kilomètre, et qu’alors les ^les les plus énergiques deviennent bientôt insuffisantes P°Ur faire passer un courant efficace dans une ligne té-É8raphique d’une étendue considérable.
- « La théorie permet de calculer les intensités du cou-^àt dans les diverses portions d’un circuit ainsi ramifié manière la plus complète, pourvu que l’on con-4lsse tous les éléments de ces ramifications.
- < l< La théorie avait pareillement indiqué un moyen ^blemenl économique d’établir un circuit entre deux £°ints très-éloignés, comme Berlin et Paris. Ce moyen 0rïsisle à remplacer l’un des fils par la teire elle-même, apposons en effet qu’il n’y ait qu’un seul fil de métal
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- étendu entre ces deux points, et qu’à Paris son extrémité communique au sol par une large plaque de métal plongeant dans la Seine, ou seulement dans l’eau d’ufl puits, qu’à Berlin le pôle négatif de la pile communique aussi à l’eau d’un puits, et, par suite, aux eaux de l8 Sprée; on comprend qu’à l’instant où le pôle positif touchera l’extrémité du fil, le courant viendra, comme tout' à-l’heure, de Berlin à Paris par le fil de métal ; niais qu’au lieu de retourner de Paris à Berlin par le second fil qui n’existe plus, il s’en retournera par les eaux d8 la Seine, de la mer du Nord, de l’Elbe et de la Sprée» et de plus, par toutes les portions du sol dont la conductibilité est suffisante pour lui livrer passage. On dit alors que la terre fait partie du circuit, et l’on réalis8 ainsi une double économie en ce que l’on évite la de' pense d’un second fil et en ce que la terre, à raison de l’énorme section qu’elle offre au courant, lui oppose bien moins de résistance que le deuxième fil dont ellf tient la place.
- « Ajoutons un mot sur les signes télégraphiques.
- « Le courant qui passe d’une manière continue dafl* un circuit formé par deux fils ou par un seul fil et ^ terre, ne produisant qu’un effet constant et uniforrnô est peu propre à donner les signes essentiellement var$ qui sont indispensables à l’expression de la pensée. » est donc nécessaire de tirer du courant des effets di$' rents et de combiner entre eux ces effets jusqu’à ce l’on obtienne enfin autant de signes qu’il en faut pou| reproduire tout ce que les langues humaines peuve*1 exprimer. On y parvient d’une manière très-simple el1 interrompant le courant pour le rétablir ensuite, ete1'
- disposant les choses pour que ces alternatives donne
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- naissance à un mouvement de va-et-vient plus ou mon18 rapide ; pour cela, on introduit dans le circuit un élec' tro-ainaant qui devient aimant pendant que le cour»11
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- Passe, et qui cesse de l’être aussitôt que le courant cesse. Codant qu’il est aimant, il attire son armature, et dès le courant cesse il y a un ressort qui la rappelle ; a>nsi l’armature oscille ou vibre en quelque sorte entre Action du ressort et celle de l’électro-aimant. Ces vivions peuvent se faire avec une rapidité presque in-Croyable, car il est très-facile de construire des appareils on exécutent plusieurs centaines dans une seconde, assurément l’on parviendrait sans peine à décupler ce ''ambre. Mais, comme on le voit, il y a là une condition ^sentielle à remplir, c’est un rapport nécessaire entre a vivacité du ressort qui rappelle l'armature et la puisse attractive de l’aimant qui l’entraîne en sens con-tr; '
- aire, puissance qui dépend elle-même de plusieurs
- tinées, et surtout de l’intensité du courant.
- « Ce mouvement de va-et-vient une fois obtenu avec
- a régularité et la vitesse qu’on veut lui donner, il est ?cile de le transformer en mouvement de rotation et "avoir ainsi une aiguille parcourant un cadran sur lequel inscrit ou les lettres de l’alphabet ou d’autres signes c°Hventionnels. Alors il suffit d’arrêter pendant un ins-^t très-court, par exemple un tiers ou un quart de se-"Oüde, l’aiguille vis-à-vis de la lettre ou du signe que °fi veut faire. Par ces moments d’arrêt, on peut dire " quelque sorte que le courant montre du doigt à celui p reçoit la dépêche la série des signes dont elle se Impose ; il n’a plus qu’à les écrire quand le mot est ce qui s’annonce par un signal particulier, bu, s’il aller plus vite, les dicter à quelqu’un qui ait la main „SSez prompte pour écrire aussi vite que parle le télé-’-raphe.
- sj(< Dans le système dont il s’agit ici, chaque oscillation *hple pourrait correspondre à une lettre du cadran ; "ls il vaut mieux, en général, disposer les choses pour ^ e l’oscillation double ne fasse passer qu’une lettre ;
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- ainsi, s’il y a trente signes sur le cadran, il faudra trente oscillations doubles de l’armature pour que l’aigu^6 fasse un tour entier. Alors l’aiguille n’est arrêtée un in5' tant qu’à la fin de l’oscillation double, c’est-à-dire peD' dant que l’armature est sous l’action du ressort et no® pas sous l’action attractive de l’électro-aimant.
- « Il reste à faire comprendre comment l’opérateur & Berlin qui envoie la dépêche parvient à interrompre courant avec la vitesse et la régularité convenables,eI comment il est sûr d’arrêter l’aiguille de l’autre station c’est-à-dire de Paris, très-exactement sur les lettré qu’il veut signaler. Il a pour cela un interrupteur, c’est' à-dire une roue ayant par exemple soixante centimètre de circonférence et divisée en soixante parties égale5, ces divisions, formant une surface cylindrique sur la riphérie de la roue, sont alternativement de métal d’ivoire, c’est-à-dire conductrices et non conductrice5. Vis-à-vis de ces dernières, qui sont au nombre de trente sont reproduits dans le même ordre les trente signes d" cadran de Paris qui reçoit la dépêche. Les deux bouts éjj fil qui doivent se toucher pour compléter le circU1 viennent s’appuyer sur la périphérie de l’interrupteui'' touchant en même temps l’une des soixante division qui s’y trouvent; si c’est une division de métal, le co11' rant passe ; si c’est une division d’ivoire, il ne passe pa; Par conséquent, si l’opérateur fait tourner la roue a'01 la main pour qu’elle accomplisse une révolution entic^ en partant cl’une division d’ivoire, il est certain que*0 courant aura passé trente fois et aura été trente fois tfi' terrompu, que l’électro-aimant de Paris sera deven trente fois électro-aimant et aura trente fois cessé ^ l’être, que l’armature aura fait trente vibrations do*1 blés, et qu’enfin l’aiguille du cadran aura fait un t°u( entier comme l’interrupteur de Berlin. S’ils étai®1^ d’accord, c’est-à-dire s’ils correspondaient au naêh1
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- signe où à la même lettre en commençant, ils seront d’accord en finissant ; et rien n’est plus facile, par la correspondance elle-même, que d’établir cet accord et de le vérifier aussi souvent que l’on veut.
- « Chaque station doit avoir les deux appareils dont tious venons de parler, l’interrupteur pour envoyer la dépêche, et le cadran pour la recevoir; on ajoute encore tin troisième appareil, le carillon d’alarme, qui n’est introduit dans le circuit que dans les intervalles où la Correspondance est suspendue : alors celui qui veut envoyer une dépêche fait sonner le carillon de l’autre station pour appeler au travail les employés qui doivent la recevoir.
- « Tous les télégraphes alphabétiques construits antérieurement à M. Siemens ressemblent à celui que nous Venons de décrire ; on peut les caractériser d’une manière générale en disant qu’ils ont nécessairement un interrupteur qui se meut à la main, par celui qui envoie te dépêche ; et que, par suite, celui qui reçoit la dépêche est obligé de se taire et de rester passif jusqu’à ce que son correspondant lui laisse la liberlé de parler à son tour. Que si les divers appareils dont on a fait usage Présentent entre eux quelques différences, elles ne portent pas sur ces deux points, mais seulement sur le mécanisme qui sert à transformer le mouvement de va-et-vient en mouvement de rotation, ou sur la disposition du cadran, ou sur la forme de l’interrupteur, ou enfin sUr le nombre des divisions tant conductrices que non Conductrices dont il se compose.
- « M. Siemens a considéré sous un tout autre aspect te problème du télégraphe alphabétique, et il est entré dans une voie tout-à-fait nouvelle en se proposant de Maintenir à l’opérateur qui reçoit la dépêche, pendant teême qu’il la reçoit et qu’il écrit, son action directe et immédiate sur l’opérateur qui la lui envoie, et cela sans Télégraphie électrique. 41
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- avoir recours à un second fil, sans rompre l’accord des cadrans et des appareils et sans amener la moindre perturbation dans la série des signes dont la transmission est commencée.
- « La méthode ordinaire refuse absolument cet avantage à celui qui reçoit la dépêche ; car s’il voulait parler pendant qu’on lui parle, il en résulterait à coup sûr une confusion dont on aurait peine à sortir. S’il voit son appareil se déranger, faire un signe pour un autre et répéter tout autre chose que ce qu’on lui dit, il n’a qu’un seul moyen à sa disposition, c’est de rompre le circuit» c’est-à-dire de couper la parole à son correspondant* Alors, ce n’est qu’après des pourparlers et des pertes de temps considérables que la dépêche peut être reprise. '
- « Par la méthode de M. Siemens, celui qui reçoit la dépêche peut, au contraire, à chaque instant et sans aucun trouble, parler à celui qui la lui donne, signaler une erreur ou demander la répétition d’un signe mal fait ou mal compris.
- « Pour réaliser cet avantage, qui est d’une haute importance, M. Siemens supprime tout-à-lait l’interrupteuf dont nous avons parlé, et il dispose son appareil à cadran pour qu’il agisse absolument de la même manière» soit qu’il doive envoyer une dépêche, soit qu’il doive 1® recevoir. Essayons de faire comprendre ce mécanisme ingénieux qui fonctionne en même temps avec un® grande vitesse et avec une régularité parfaite.
- « L’armature de l’électro-aimant porte un levier d’environ un décimètre de longueur qui exerce deux action^ très-différentes.
- « Par la première, il fait passer, à chaque vibration double (aller et retour), une dent de la roue sur l’axe do laquelle est montée l’aiguille indicatrice du cadran, et
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- P&r conséquent il porte cette aiguille d’une lettre à la ^ttre qui suit.
- « Par la seconde action, il rompt le circuit et arrête îe courant dont il a lui-même reçu le mouvement ; mais d ne l’arrête qu’au moment où il est lui-même arrêté par Un buttoir dans son excursion d'aller, c’est-à-dire quand l’armature, attirée par l’électro-aimant, est venue aussi près des pôles qu’elle doive le faire : alors le circuit étant rompu, l’armature cesse d’être attirée, et se trouvant immédiatement rappelée par son ressort, le levier accomplit son retour. A peine touche-t-il à cette autre limite de son excursion, qu’il complète de nouveau le circuit, rétablit le courant, et à l’instant se trouve de nouveau emporté par l’armature pour accomplir son deuxième aller qui, par la même cause, est suivi d’un deuxième retour. Ces vibrations isochrones s’accompliraient ainsi indéfiniment tant que la pile fournirait un courant de même intensité ; puis, elles deviendraient plus lentes quand la pile s’affaiblirait, et enfin elles cesseraient après un temps plus ou moins long quand faction du courant serait devenue trop faible pour que la force attractive de l’électro-aimant pût vaincre l’inertie de l’armature et la tension du ressort qui la retient éloignée des pôles (1).
- « Deux appareils semblables introduits dans le cir-
- (0 En 1843, M. de La Rive augmentait l’action chimique d’un simple élément, en introduisant dans le circuit un électro-aimant dont l’armature, par ses vibrations lentes, déterminait des ruptures successives. En 1846, M. Froment, appliquant le mêmeprin-c|pesous une autre forme, faisait vibrer l’armature d’un électrocutant avec une vitesse assez grande pour produire des sons et ‘Wine des sons très-aigus. (Comptes rendus, tome XXIV, p. 428.) A la même époque, M. Froment employait ces vibrations comme Moteur, après avoir ajouté à son appareil un mécanisme qui se ré8lait à volonté et opérait la rupture du circuit à une période ’lhclconqus de l’excursion.
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- cuit, l’un à Berlin, l’autre à Paris, marcheraient de pair et avec un synchronisme parfait, sauf la vitesse de l’électricité qui peut ici être négligée ; et s’ils étaient d’accord au premier instant, c’est-à-dire si les aiguilles correspondaient au même signe, elles feraient des milliers de tours et marcheraient pendant des journées ou des années entières en se trouvant toujours d’accord, c’est-à-dire toujours au même instant vis à vis des mêmes signes.
- « Aucun opérateur n’est nécessaire : la pile se charge de tout.
- « Cependant, jusque-là, l’aiguille indicatrice du cadran n’aurait qu’un mouvement régulier et saccadé analogue à celui de l’aiguille à secondes d’une pendule; seulement il serait bien plus rapide, car l’aiguille indicatrice pourrait faire une révolution entière par seconde, ne mettant qu’un trentième de seconde pouf passer d’un signe du cadran au signe suivant, ce qui suppose, dans le levier de l’armature, trente vibrations doubles par seconde. Il est vrai que M. Siemens n’essaye ses appareils qu’avec une vitesse moitié de celle-ci, c’est-à-dire un tour en deux secondes, ou une vibration double du levier de l'armature en un quinzième de seconde. Cela ne veut pas dire toutefois que son télégraphe puisse faire quinze signes par seconde ou neuf cents par minute, car l’œil pourrait à peine suivre l’aiguille ; d’ailleurs, avec cette vitesse régulière et uniformément saccadée, elle montre tous les signes également et fait en dernier résultat la même chose que si elle n’en montrait aucun, puisque l’observateur qui la suit ne peut rien distinguer, rien démêler dans ses mouvements ; elle fait à peu près comme quelqu’un qui récite' rait l’alphabet plusieurs fois de suite, d’une voix parfaitement réglée et monotone, sans faire sentir aucune lettre en particulier ; à coup sûr il serait bien impossible de démêler ce qu’il a voulu dire.
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- « Il faut donc ajouter quelque chose au mécanisme dont nous venons de parler ; il faut arrêter l’aiguille dans sa course, non pas longtemps, mais pendant une demi-seconde, un tiers de seconde ou peut-être un quart de seconde, suivant la justesse des mouvements de celui qui envoie la dépêche, et le coup-d’œil plus ou moins prompt de celui qui la reçoit ; par là l’aiguille montre, choisit, ou, si l’on veut, prononce en quelque sorte les lettres sur lesquelles l’opérateur doit exclusivement porter son attention. Pour obtenir ce résultat, M. Siemens adapte circulairement autour de son cadran autant de touches qu’il porte de signes, et sur chaque touche est répété, en caractère très-apparent, le signe auquel elle correspond. En posant le doigt sur une touche, on abaisse une petite tige verticale de un ou deux millimètres de diamètre, qui vient alors barrer le passage à Un levier horizontal parallèle à l’aiguille et monté sur son axe. C’est exactement comme si l’on arrêtait l’aiguille elle-même ; mais le mécanisme est caché au-dessous du cadran pour n’en pas troubler l’aspect, et pour île pas fatiguer l’attention de l’opérateur. Il ne suffit pas que l’aiguille soit bien fidèlement arrêtée vis-à-vis du signe qu’elle doit indiquer, il importe de plus que le levier moteur, lié à l’armature, dont le même obstacle Arrête aussi la vibration, se trouve alors vers le milieu de son retour, c’est-à-dire vers le milieu de l’excursion qu’il fait sous l’influence du ressort qui le rappelle. On comprend, en effet, qu’à cet instant le circhit étant rompu depuis un certain temps, et les effets du courant ayant cessé, il y a moins de chance pour que l’armature contracte une polarité magnétique capable de troubler la marche régulière de l’appareil. Ces conditions sont très-habilement remplies par M. Siemens.
- « Celui qui envoie la dépêche n’a donc qu’une seule °pération à faire : poser le doigt successivement sur
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- toutes les touches qui correspondent à la série des signes qu’il veut transmettre. Î1 abaisse une touche, et l’aiguille indicatrice de son appareil, emportée par le mouvement régulier qui l’anime, n’éprouve rien encore ; elle continue sa marche jusqu’à l’instant où elle arrive au signe dont la touche est abaissée ; là elle s’arrête. L’aiguille de l’autre station, mue par la même force et soumise au synchronisme, ne peut pas cependant s’arrêter mathématiquement au même instant, car le levier qui la fait mouvoir, rappelé aussi par son ressort, achève forcément son retour, puisqu’il ne rencontre pas, comme son homologue de la première station, un obstacle matériel qui l’arrête ; il achève donc son retour, et prend la position où, pour sa part, il complète le circuit et rétablit le courant. Cependant, ce qu’il fait là ne peut pas avoir à l’instant même son efficacité, puisque son homologue de la première station est alors retenu en un point où il rompt le circuit. C’est ainsi que l’opérateur qui envoie la dépêche, posant le doigt sur une touche pendant une certaine fraction de seconde, détermine un instant d’arrêt pareil dans l’aiguille, de la seconde station ; mais, il faut bien le remarquer, les deux aiguilles ne peuvent pas s’arrêter au même instant : la seconde ne s’arrête qu’après un temps qui équivaut à peu près au quart de la durée d’une vibration complète. Cette circonstance est importante par l’influence qu’elle exerce sur Ie nombre des signes qui peuvent être transmis dans un temps donné.
- « Quand celui qui envoie la dépêche lève le doigt qu’il avait posé sur la première touche pour le porter sur la sèconde et faire le deuxième signe, les phénO' mènes suivants s’accomplissent. Le levier de son app3' reil, obéissant à l’action du ressort qui le tire, est libre enfin d’achever son retour, et il l’achève en effet. Alors le circuit étant partout fermé, le courant se rétablit ;
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- les armatures des deux stations sont attirées simultanément, et les aiguilles reprennent leur marche concordante jusqu’à l’instant où celle de la première station marque le second signe ; l’aiguille de la seconde station le répète à son tour ; et les mêmes phénomènes se reproduisent jusqu’à la fin de la dépêche.
- « Si tout se passe bien, l’opérateur de la seconde station n’a rien autre chose à faire qu’à suivre d’un œil attentif les mouvements de son aiguille indicatrice, et à écrire ou à dicter les signes qu’elle lui a -désignés; si, au contraire, il a un doute, ou s’il est survenu quelque dérangement, il pose le doigt sur une touche; alors l’aiguille de la première station s’arrête à ce signe, et celui qui envoie la dépêche est prévenu par là que son correspondant veut parler : l’entretien s’engage, les explications s’échangent, et bientôt le travail primitif reprend son cours. On peut dire que c’est une conversation bien ordonnée, entre deux personnes qui veulent s’entendre, chacune ayant une égale liberté de placer Son mot à propos.
- « L’appareil dont nous venons de donner une idée se suffit à lui-même ; il n’a besoin d’aucun auxiliaire lorsqu’on veut s’en rapporter au manuscrit de l’opérateur, et courir la chance des*erreurs qu’il a pu commettre, Soit en lisant les mouvements de l’aiguille, soit en écriant les signes après les avoir lus.
- « Mais, pour éviter jusqu’à la possibilité des erreurs de cette espèce, M. Siemens joint au besoin à son appareil une imprimerie magnétique, qui donne la dépêche aussi bien imprimée qu’elle pourrait l’être par la presse culinaire. Alors le stationnaire n’a pas à s’en mêler ; il Peut se promener pendant que son appareil travaille, et s’il revient au bout de quelques minutes, il trouve Une bande de papier sur laquelle sont imprimées avec une grande perfection toutes les lettres de la dépêche : elles
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- ne sont pas seulement mises à la suite l’une de l’autre, mais les blancs sont observés avec soin, petits entre les lettres et grands entre les mots. Rien n’empêcherait d’y mettre la ponctuation la plus correcte, si elle devenait nécessaire à l’intelligence du texte ; mais, en général , ce serait perdre un temps précieux à faire des signes inutiles.
- « Essayons de donner une idée de cet appareil, qui est très-bien conçu et parfaitement exécuté.
- « Un axe'vertical, en tout semblable à celui qui porte l’aiguille indicatrice du cadran, et recevant un mouvement de rotation par un mécanisme absolument pareil, reçoit à sa partie supérieure trente rayons horizontaux disposés dans le même plan et espacés également. Chacun de ces rayons, vers son extrémité la plus éloignée de l’axe, c’est-à-dire à 4 ou S centimètres de distance, porte en relief assez saillant, et sur sa face supérieure, l’une des lettres du cadran ; ces rayons étant flexibles et faisant ressort, il subira d’en pousser un de bas en haut contre la bande de papier qui se trouve ufl peu au-dessus, pour qu’il vienne la presser avec plus ou moins de force. Cette bande de papier embrasse, sut un arc d’environ une demi-circonférence, un rouleau à imprimer couvert d’une encre assez ferme. Là ou Ie papier est fortement pressé par le relief de la lettre, ü s’imprime nettement ; ailleurs il ne reçoit pas même d« taches.
- « Mais il reste bien des mouvements à combiner pouf remplir fidèlement les deux conditions suivantes, savoir’
- « 1° Pour que le rouleau à imprimer, qui doit êtr® immobile au moment où il imprime, tourne d’une quaU' tité convenable et emporte avec lui le papier pour faire un blanc, aussitôt qu’il a reçu la pression d’une lettre» et un blanc plus grand quand il termine un mot;
- « 2" Pour que le marteau, qui vient en dessous fraF
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- per la lettre, vienne juste au moment où elle s’arrête eUe-même pendant peut-être un tiers ou un quart de seconde, pour recevoir le coup.
- « Nous avons déjà dit que les rayons qui portent les lettres en relief se meuvent comme l’aiguille du cadran, c’est-à-dire qu’ils forment eux-mêmes une espèce de cadran tournant, de telle sorte que toutes les lettres en relief viennent tour à tour passer au-dessus du marteau, qui est disposé pour agir de bas en haut et toujours au friême point. Or, à la station qui envoie la dépêche, l’opérateur, mettant le doigt sur une touche, arrête un jnslant la lettre en relief de la deuxième station, comme il y arrête l’aiguille du cadran lorsqu’on se sert de l’ap-Pareil à cadran ; il ne reste donc qu’à faire jouer le marteau pendant cet instant très-court, pour que l’impression soit accomplie.
- « C’est un électro-aimant puissant qui est chargé de eet office ; il est mis en jeu par une pile particulière ou Pile auxiliaire, dont le courant n’entre pas dans le circuit télégraphique. Chaque fois que le levier moteur du télégraphe exécute une vibration pour faire passer une ées lettres en relief, il établit une communication entre •es pôles de la pile auxiliaire, ou, en d’autres termes, il ferme le circuit de l’électro-aimant d’impression, et cependant celui-ci reste inactif, parce qu’il est construit Peur obéir plus lentement à l’action de son courant; friais lorsque le levier moteur s’arrête un instant sous Action de son ressort, c’est-à-dire à sa limite de retour, afin de répéter le signe que la première station lui fait Parvenir, alors l’électro-aimant d’impression reçoit du c°urant qui le traverse une force assez prolongée pour Ifre sa lourde armature obéisse à l’attraction qu’elle prouve.
- « Dans ce mouvement, elle produit les effets suivants ;
- « 1° Par un levier un peu long, qui fait corps avec
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- elle, elle donne le coup de marteau à la lettre en relief
- qui l’attendait ;
- « 2° Par un second levier qui agit un peu plus tardivement sur une roue à rochet, elle fait tourner d’un cran le rouleau imprimeur et la bande de papier qui l’entoure; les précautions sont prises pour que le rouleau se déplace aussi dans le sens longitudinal, et puisse imprimer ainsi par les divers points de sa surface ;
- « 5° Par un troisième levier, elle vient rompre enfin le cireuit de la pile auxiliaire, et anéantir ainsi la puissance qui l’avait attirée; à l’instant, cette lourde armature , ayant pour cette fois terminé son rôle, reprend elle-même sa place, obéissant à l’action du ressort qui la sollicite, et qui devient alors prédominante;
- « 4° Par un quatrième levier qui ne fonctionne qu’& la fin de chaque mot, l’armature de l’électro-aimant d’impression fait résonner un timbre, et le stationnait peut apprécier par là si les appareils conservent leur accord ; ce dernier effet résulte d’une disposition ingénieuse : chaque mot se termine par une touche blanche , et celui des trente rayons qui correspond à cettf touche ne porte aucun relief ; alors le marteau qui frapp6 comme s’il devait imprimer, n’éprouvant pas la résistance due à l’épaisseur du relief, fait une course un pcU plus longue, et permet à l’armature dont il fait parti6 de faire elle-même un peu plus de chemin. C’est par ce1 excès d’amplitude dans le mouvement que le quatrièff1® levier peut arriver jusqu’au timbre à la fin de chaqn6 mot, et n’y arrive pas quand c’est une lettre qui s’ini' prime.
- « Enfin, M. Siemens joint encore aux appareils pré' cédents un appareil nouveau qu’il appelle transmetteuf' et qui est exclusivement destiné à transmettre les dépe' elles entre deux stations très-éloignées l’une de l’autre-Ce troisième appareil repose encor# sur le même prit1'
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- cipe ; mais, de plus, il présente une application intéressante de la théorie des courants dérivés. Le courant qui circule entre les stations, le courant télégraphique Proprement dit, peut être très-faible, parce qu’on ne lui demande presque aucun service ; sa seule fonction est d’ouvrir et de fermer le circuit en temps opportun. Alors, les courants des piles de chaque station, passant Presque exclusivement dans les appareils à signaux, ont toujours assez de puissance pour les faire marcher ; puis, quand leur rôle est fini, le faible courant télégraphique agit à son tour pour préparer l’appareil à exécuter le signe suivant.
- « La commission a examiné, avec un très-vif intérêt, les divers appareils de M. Siemens ; elle y a trouvé partout une parfaite intelligence de la théorie, et, en habile observateur, M. Siemens a su tenir compte de tous les Phénomènes si complexes qui se manifestent dans les Conducteurs et dans les électro-aimants, surtout quand les actions doivent être d’une très-courte durée.
- « Son système, médiocrement exécuté, donnerait Sans doute des résultats très-médiocyes ; mais bien exécuté, comme il l’est par M. Halske, il nous parait avoir ^e incontestable supériorité sur les appareils-du même Senre, c’est-à-dire sur les appareils alphajjétiqnes ordinaires , en ce que ceux-ci ne fonctionnent pas avec le Piême degré de sûreté et de précision.
- « Quant à la vitesse, nous sommes portés à croire que l’appareil de M. Siemens ne le cède non plus à aUcun appareil alphabétique ; nous regardons même Comme probable que les perfectionnements ingénieux que M. Siemens a apportés dans la construction des ^lectro-aimants, sont propres à lui assurer de l’avan-*age, surtout lorsqu’on a soin de ne mettre en rapport que des appareils ayant à peu près la même sensibilité relative et de ne jamais associer deux électro-aimants
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- dont l’un serait vif et l’autre paresseux. En conséquence, nous proposons à l’Académie de décider que le mémoire de M Siemens et la description de ses appareils seront publiés dans le Recueil des Savants étrangers. »
- Les conclusions de ce rapport sont adoptées.
- TÉLÉGRAPHE DE H. DUJARDIN.
- Ce système a été mis en expérience en présence de la commission des télégraphes électriques nommée paf l’assemblée législative. On a réuni, à Paris et à Lille, deux des fils de la ligne télégraphique, de manière à obtenir un circuit fermé de 140 lieues de longueur^ L’auteur a introduit, dans ce circuit, deux de ses appa' refis, une machine magnéto-électrique, à un seul ai' mant en fer à cheval composé de sept lames et portant environ 15 kilog., et un télégraphe imprimant les dé' pêches en groupes de points d’encre représentant les lettres de l’alphabet. Les courants électriques, partis de Paris, étaient obligés d’y revenir après avoir pass^ par Lille pour faire fonctionner le télégraphe. L’expé' rience a réussi complètement : l’auteur a transmis et imprimé sous les yeux de la commission, quatre-vingt' deux lettres par minute.
- En faisant cette communication à l’Académie de5 sciences, l’auteur a voulu prouver qu’on peut correS' pondre à de grandes distances au moyen d’un aimant, sans le secours de la pile et avec un seul fil. (Acadéffli1 des sciences, 11 février 1850).
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- TÉLÉGRAPHE DE M. BAIN.
- ®XtraIt des procès-verbaux des séances dn conseil d'administration de la Société d’encouragement.
- Séance du 8 mai 1850.
- M. le président annonce que M. Bain a disposé dans te salle son ingénieux système de télégraphie électrique, dont Ài. Seguier avait, dans une précédente séance, don-né une description qui a vivement intéressé les membres de la Société.
- M. le président invite M. l’abbé Moigno à vouloir bien donner l’explication de cet appareil pendant qu’il fonctionnera.
- M. Moigno s’empresse de déférer à cette invitation.
- Voici en quoi consiste l’ingénieux mécanisme de cet appareil, auquel l’auteur a donné le nom de tèlè-ÿraphe électro-chimique ^ pour le distinguer du télé-Braphe électro-magnétique généralement en usage, attendu qu’il est dépourvu d’un aimant.
- On écrit sur une bande de papier étroite continue la dépêcha qu’il s’agit de transmettre, en découpant, à ^aide d’un emporte-pièce, les lettres d’un alphabet teès-simple composé de points et de lignes horizontales, jtette bande s’enroule sur un cylindre de bois, et se déroule ensuite à l’aide d’une manivelle, pour passer sUr un second cylindre métallique contre lequel s’appuient quatre petits ressorts qui communiauent avec le fo conducteur de la ligne télégraphique ; le cylindre Métallique est lié au pôle d’une pile très-simple et d’un Petit volume.
- La bande de papier continue présente tour à tour des Parties pleines et vides ; ces dernières représentent les tettres de l’alphabet, tandis que les pleines sont du pa-Pter c’est-à-dire, une substance isolante. Tant que les Télégraphie électrique. 12
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- petits ressorts appuient sur les pleins, le circuit n’est pas formé et le courant ne passe pas ; mais, aussitôt que les ressorts rencontrent un vide, ils sont en contact avec le cylindre : dès lors la communication est établie) le courant circule et parvient instantanément à la station d’arrivée. Là un petit stylet est attaché au fd com ducteur de la ligne ; au-dessous de ce stylet tourne ufl plateau métallique que l’on recouvre d’un disque de papier chimique préparé, en le trempant d’abord dans une solution d'acide sulfurique, puis dans une solution de prussiaie de potasse. Le plateau et le dis.que humide dont il est couvert communiquent avec un des pôles de la pile à la station d’arrivée ; le courant se complète ensuite par la terre.
- La dépêche est transmise de la manière suivante: au signal donné on appuie le stylet sur le papier clib mique ; à chaque vide de la bande de papier que l’o® déroule à l’aide de la manivelle, le courant passe, et sous son influence la pointe du stylet, par l’action chimique qu’elle exerce, trace un point ou une petite ligne de couleur bleu foncé, qui est la représentation fidèle de la lettre qu’il fallait reproduire à distance,
- La bande sur laquelle on avait écrit une page entière se déroulait avec une extrême rapidité ; le plateau, entraîné par un mouvement d’horlogerie, tournait aussi avec une grande vitesse. Après 45 secondes, les 1,20*1 lettres composant cette page apparaissaient très-nettement dessinées sur les disques de papier chimique) et se trouvaient ainsi fidèlement reproduites; elles l’auraient été à 200 ou 300 lieues de distance sans plu3 de difficulté. Le mouvement imprimé au plateau est un mouvement en spirale, afin que les lignes de traits successives ne se superposent pas et restent entièrement distinctes.
- Voici les avantages que l’auteur attribue à son sys'
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- tèine de télégraphie électro-chimique : 1° plus d’économie et de simplicité dans la construction primitive ; 2° plus de rapidité dans la transmission des dépêches : Un seul fil, avec un isolement assez bon, peut transmettre 1,200 lettres par minute ou 20 lettres par seconde, c’est-dix fois plus qu’on pourrait en communiquer avec régularité et exactitude par les appareils actuellement en usage ; 3° un courant électrique plus ^ible que d’ordinaire suffit pour faire fonctionner l’ap-Pareil, et par conséquent est exposé à moins de chances d’interruption par l’imperfection de l’isolement qui récitent quelquefois des vicissitudes du temps et d’autres circonstances ; 4° plus de simplicité et d’économie dans 'entretien et la surveillance; 5° moins de chances d’er-reurs dans les dépêches transmises.
- Le télégraphe de Bain fonctionne en Angleterre, de Londres à Manchester et de Manchester à Liverpool, Cr une étendue de 300 kilomètres, et en Amérique sur Une ligne de 2,000 kilomètres.
- M. le président prie M. Bain de recevoir les félicitations de la Société pour son système de télégraphie Métrique, et il adresse à M. l’abbé Moigno les remer-ciments de la Société pour l’obligeance avec laquelle d a donné des explications olaires et précises sur le mécanisme et le jeu de ce système.
- TELEGRAPHE D’ALEXAIVDER.
- Le modèle montré par M. Alexander à la Société d?s Arts d’Édimbourg, consistait en une caisse de bois d’environ 5 pieds de long, 3 de large, 5 de profondeur " Une extrémité, et 1 à l’autre. Trente fils de cuivre ^Parés l’un de l’autre s’étendaient dans toute la tondeur de la caisse. A la station de départ, ces fils com-
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- muniquaient à un ensemble de 30 touches formant comme un clavier de piano ; ils aboutissaient à la station de départ à trente petites ouvertures espacées également par bandes sur un écran de 28 centimètres carrés. Sous ces ouvertures, à l’extérieur, étaient peintes en noir, sur un fond blanc, les vingt-six lettres de l’al-pliabet, deux points, un point et virgule, un point et un astérisque, les mêmes caractères, en un mot, déjà peints sur les touches.
- L’appareil moteur se composait d’une pile ordinaire, puis de trente aimants, placés comme dans un galvanomètre entre les sinuosités des fils conducteurs à la station d’arrivée. Chaque lettre avait ainsi son aimant portant sur son pôle nord un petit écran ou carré d« papier mobile qui, dans l’état de repos, cache la lettre'
- Si l’on appuyait sur l’une des touches quelconque, Ie courant était établi, l’aimant correspondant de la station d’arrivée se plaçait à angle droit entraînant avec lui l’écran et laissant voir la lettre.
- TÉLÉGRAPHE DE M. STEINHEIL.
- M. Steinheil a fait précéder la description de son té' légraphe graphique et phonétique de quelques remar ques importantes sur le choix des fils conducteurs et l’appareil qui doit donner naissance au courant. seuls métaux entre lesquels on pourrait balancer sont le fer ou le cuivre. Lé cuivre conduit six fois mieux que 1{ fer, mais aussi il coûte six fois plus cher, de sorte qu’e*1 employant un fil de fer qui, à longueur égale, pèse si* fois autant que le fil de cuivre, on obtiendrait le mêtfl1 effet de conductibilité et au même prix. Du reste, def raisons très-graves ont fait donner partout la préférence au fer sur le cuivre. M. Steinheil a fait aussi de nom'
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- Creuses expériences sur la diminution de conductibilité, ou mieux sur la déperdition de fluide qu’amène l’humidité et l’état électrique de l’atmosphère.
- M. Steinheil préfère aux piles les appareils électromagnétiques ; les courants nés de la pile sont, dit-il, Peu aptes à s’élancer à de grandes distances ; parce lu’en supposant même les piles formées d’un grand nombre d’éléments, la résistance qu’elles opposent au courant est toujours très-petite par rapport à celle du circuit. Pour mieux comprendre cette distinction, il ne sera pas inutile de revenir sur les principes de la télégraphie électrique, qui, aujourd’hui même encore, ne semblent pas avoir été soupçonnés par les maîtres de la science en France.
- La difficulté à vaincre, c’était surtout de rendre les électro-aimants actifs à une très-grande distance, c’est-^-dire à travers un immense circuit. On voyait, en effet, que les électro-aimants les plus puissants ne donnaient aucun signe de magnétisme, sous l’influence des piles les plus énergiques, quand ils étaient unis aux deux pôles de la pile par un fil conducteur dont la longueur dépassait certaines limites. Cette impossibilité apparente découragea d’abord M. Wheatstone; il ne crut pas qu’il Pût parvenir à établir directement des communications télégraphiques, à exercer des influences magnétiques à de très-grandes distances par l’action directe des piles °U des machines électro-magnétiques, et, pour atteindre un but qu’il poursuivait avec tant d’efforts, il se vit dans la nécessité de recourir à des moyens indirects. Il feaagina alors une disposition dans laquelle une aiguille Magnétique, dans ses déviations déterminées à toute distance par l’influence directe, entraînait avec elle deux fils, mettait ainsi en communication les deux pôles d’une pile située dans la station très-éloignée, et rendait instantanément actifs les électro-aimants qu’on
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- avait désespéré d’aimanter; c’est le moyen employé plus tard par MM. Morse et Bréguet. Quelques années après, cependant, M. Wheatslone parvint à faire mouvoir ses appareils à la distance d’un très-grand nombre de lieues par l’action directe de piles assez faibles.
- Il n’obtint, au reste, cet éclatant succès que par une entente parfaite et l’application la plus heureuse des lois de Ohm.
- L’action d’un électro-aimant dépend de trois éléments :fcelle est directement proportionelle à la force motriceîen raison inverse de la résistance du courant, et directement proportionnelle au nombre des tours du fil conducteur sur le fer doux. Il résulte de là que si le nombre des tours augmente, la force de l’électro-aimant augmentera d’une part et diminuera de l’autre par le surcroît de résistance que les tours ajoutés apportent au circuit. Si la résistance primitive des autres parties du circuit est petite, la résistance nouvelle aura une influence sensible* et il pourra arriver que la force d« l’électro-aimant soit réellement diminuée ; si, au contraire, la résistance primitive du fil conducteur est très--grande, comme c’est évidemment le cas d’un circui1 s’étendant sur une distance d’un grand nombre d< lieues, la nouvelle résistance, qui ne fera qu’une très-faible partie de la résistance totale, pourra être considérée comme ne produisant aucun effet; il ne rester que l’excès d’action dû à l’augmentation du nombre d*1 tours; et l’électro-aimant, de fait, aura plus d’énergie
- Ainsi s’explique cette contradiction apparente d’unc même cause produisant des effets opposés dans un peti* et dans un long circuit. En conformité avec ces règle; invariables, les électro-aimants de M. Wheatslone son* très-petits ; ils sont entourés d’un fil isolé très-fin, ayant une assez grande longueur, et de plus la longueur et b minceur du fil ont, avec la distance à parcourir, le rap'
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- SUR LES APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES. 143
- Port mathématique nécessaire à la production de l’effet
- voulu.
- Quoique le fil fin crée une résistance plus grande, on l’emploie néanmoins, parce que cette résistance qui reste, dans tous les cas, une fraction assez faible de la résistance totale, est largement compensée par l’énorme Accroissement du nombre des tours dans un petit espace.
- Ce que nous venons de dire ne s’applique pas seulement aux électro-aimants de la station d’arrivée, mais eQcore, et pour les mêmes raisons, aux électro-aimants l’appareil excitateur destiné à produire le courant qui doit traverser tout le circuit.
- L’étude profonde de ces faits fondamentaux a mis IVheatslone en état de produire des effets mécaniques et de montrer des signaux à toute distance, non-seulement avec des électro-aimants, mais encore directement au moyen d’une pile. C’est ainsi qu’il a, pour la première fois, fait sonner des timbres et des cloches dans des stations séparées par un immense intervalle.
- M. Sleivheil, lui, n’a employé que des appareils électro-magnétiques, parce qu’il les croit plus sûrs. C» Ue sont, en réalité, que des modifications appropriées 4e l’appareil de Clarke.
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- APERÇU GÉNÉRAL
- APERÇU GÉNÉRAL DE LA TÉLÉGRAPHIE,
- Par SI.-». MAGNIEB.
- La télégraphie, dans l’acception générale du mot, serait les moyens quelconques pour se faire comprendre, c’est-à-dire pour communiquer sa pensée, échanger se* idées et sjes sensations; à ce point de vue, la parole et ses accessoires sont la télégraphie la plus parfaite.
- Mais on ne peut se parler qu’à petites distances, et l’écriture qui peint la parole pour des distances éloignées, qui- fixe et conserve les mots, est certainement la plus belle conquête de l’esprit humain, non-seulement parce qu’elle remplace la parole fugitive, maij parce qu’elle a des applications indépendantes qui, dans l’état actuel de nos besoins et de nos habitude®' en font la base première de la société.
- » Cependant, ces admirables ressources, déjà -si pat-faites, données à l’homme, ne lui suffisent pas complètement : il lui faut maintenant des moyens de communication instantanés et universels. C’est le problêitf résolu par l’application aux signaux de l’électricité q11' se joue du temps et des distances !
- Je viens de mentionner les points extrêmes : la pa' rôle, l’écriture et le télégraphe électrique. Je vais, * présent, m’occuper de la télégraphie, dans la signifié Lion usuelle du mot.
- En établissant un télégraphe, on se propose d’avof un messager que n’arrête aucun obstacle, qui francl»1 toutes les distances avec la plus grande vitesse possible Pour atteindre ce but, on a eu recours à divers moyeh5.
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- et, sans rechercher ce qui se perd dans la nuit des temps, je mentionnerai que, d’après Polybe, la télégraphie était connue il y a deux mille ans ; qu’elle semble aVoir été perdue et retrouvée, d’abord, en 1557, par le hls de l’évêque de Bath, puis, en 1641, par l’évêque de Rester, ensuite, en France, par Dupuis, auteur de ' Origine des Cultes, en 1782; mais il est probable Wil y a eu de tout temps des télégraphes en rapport ?vee l’état de civilisation : ainsi, on se fait bien une 1(iée de signaux quelconques dans le temps des peuplais, soit pour exprimer la bonne intelligence entre voisins, soit pour transmettre des ordres et des avertissements en cas de guerre. 11 paraît que l’on a des traces de l’enfance de cet art où il ne s’agissait que de monter des objets pour dire, par exemple : « L’ennemi ^proche. » — « Préparez-vous au combat. » — « Por-kz-vous à droite ou à gauche. » — « Rendez-vous à discrétion. « — <•< Massacre général, etc. » Le moyen lui semble avoir été le plus communément employé est celui du feu : on cite que, en différentes occasions, les Minois allumèrent sur leur grande muraille des feux Aillants que n’éteignaient ni le vent ni la pluie ; — il -®st parlé de signaux de feu dans plusieurs passages de "Hliade ; — dans Agamemnon, tragédie d’Eschyle, ce ®°nt des signaux de ce genre qui annoncent la prise de ‘roie à Clytemnestre ; — enfin, les signaux par le sont mentionnés dans les écrits de Tite-Live, de ^olybe, que j’ai déjà cité, et de Plutarque. Il y a eu, dts-je, de tout temps, des correspondances par signaux, m ce qui le prouve, c’est que, suivant les historiens de ^merlan, il se servit de divers signaux pour diriger la marche de ses armées ; — que les correspondances par .s‘gnaux étaient en usage parmi les Carthaginois durant eUrs guerres en Sicile ; — qu’Aristote parle des obser-^Meurs de signaux établis de son temps ; — que les
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- correspondances par signaux sont mentionnées dans Pausanias et dans Thucydide ; — qu’il est certain que les anciens Gaulois s’en servaient ; — que César cite ufl avis donné à Orléans et transmis, en 12 heures de temps> de Gergovia des Arvernes à la position qu’il occupait) distante d’environ 60 lieues ; — et qu’enfin un lélégrti' phe romain est figuré sur la célèbre colonne TrajannC' Nous n’avons pas de renseignements sur ces télégraphes, pas plus que sur le moyen de correspondant imaginé par le bénédictin dom Gauthey, dont Condor cet, le 15 juin 1782, entretint l’Académie des Science») en disant qu’il lui paraissait pratiquable, ingénieux, e* pouvoir s’étendre jusqu à la distance de trente lieues, sans station intermédiaire et sans appareil trop consi' dérable; Condorcet disait que, quant à la célérité, ^ n’y aurait eu que quelques secondes d’une ligne à l’autre mais que le temps nécessaire pour faire entendre Ie premier signe aurait été plus long. Le mémoire manuS' crit de dom Gauthey, qui est mort depuis fort long' temps, a été remis au secrétariat de l’Académie, mai* cependant cette invention singulière n’a pas encore #6 publiée. —Mentionnons encore que l’abbé Trithèmc5 prétendu connaître un moyen de communiquer la peU' sée en peu de temps à cent lieues de distance, le cor respondant « fut il même dans un lieu inconnu à cela1 qui faisait usage du procédé » ; — et que le philosop^ Plotin avait déjà parlé des découvertes merveilleuse* opérées à l’aide d'émanations que la lumière et ^ mouvement introduisent dans certains corps.
- Quant à Xinvention des signaux sur mer, attribué6 au duc d’Yorck, mais à tort, elle reçut, en 4673, grands perfectionnements du maréchal de TourviIle'
- Ces signaux étaient en usage dès le temps de la reine Élizabeth, et, depuis bien longtemps encore, la marin® espagnole s’en servait : ainsi, en 1340, une ordonnant
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- r°yale, publiée par Fadrigué, grand amiral de Castille, lRdiqua la forme et le but d’un grand nombre de si-S^aux à employer à bord d’une flotte de vingt galères et de quarante autres navires qui venait d’être équipée contre le royaume d’Aragon ... —Maintenant, occupons-n°us de la véritable télégraphie, telle qu’elle a pris Naissance en France et telle qu’elle est employée de nos l°Urs.
- La. gloire de la fondation de cet art appartient à “Jaude Cbappe, qui faisait ses études au séminaire Angers, tandis que ses deux frères étaient dans un Pensionnat à une demi-lieue de la ville. Il paraît que Ce’-te séparation lui était très-périible et qu’en cher-cWt, pour l’adoucir, un moyen de correspondre avec Se$ frères, il imagina de placer des espèces d’ailes aux bouts d’une règle et de se servir de cet appareil P°ür former, à volonté, des signaux ou figures au nom-po de 192, qui se voyaient distinctement avec une pOette d’approche. Il convint avec ses frères que ces ^nres représenteraient des lettres et des mots, et ce 111 là, on peut le dire, le germe de la télégraphie.
- I En 1793, les frères Cbappe, après avoir composé une ^gue télégraphique appropriée à leur instrument, |*e$entèrent à la Convention leur système qui, heureu-r^eut, fut inauguré par l’annonce d’une victoire, et pCondé par des événements sans lesquels, comme le dit Chappe lui-même, il serait peut-être resté à e^t de projet dans les cartons du ministère. Voici la pnière dépêche qui fut envoyée : « La reprise de Jàdé sur les Autrichiens. » A quoi la Convention ré-pdit : « L’armée du Nord a bien mérité de la patrie! » deux expéditions furent échangées séance tenante contribuèrent beaucoup à l’adoption définitive de invention.
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- En Angleterre, on exécuta, en 4796, des appareil5 semblables à ceux de la France.
- Le télégraphe de Chàppe se compose, comme chacun sait, d’une grande pièce nommée régulateur, d de deux petites appelées indicateurs.
- Le régulateur est traversé par un axe qui le ren<* mobile et qui traverse aussi une espèce d’échelle, placée verticalement. Il prend quatre positions : verticale horizontale, oblique à droite et oblique à gauche.
- Les indicateurs sont portés sur chacun un axe et soflf mobiles aux deux extrémités du régulateur. Ils peuveJ* former des angles droits, aigus ou obtus par rapport a" régulateur. On peut leur donner de 45 en 45 degr& sept positions. Il y en avait une huitième, mais qui! été supprimée parce qu’elle ne se distinguait pas as#
- Je ne reproduirai pas la description de cet appare'1' qui ne nous serait ici d’aucune utilité et que d’ailleüf on peut se procurer facilement; mais, je vais exa#' ner, à un point de vue d’utilité popr les télégraphe électriques, et la télégraphie en général, la questi°( des signaux et des vocabulaires télégraphiques.
- « Il suffit, dit l’abbé Moigno dans un remarquai1*' mémoire sur la télégraphie électrique, de voir foncti^ ner cette machine étroite et longue (le télégrapl1' Chappe) pour comprendre qu’elle est peu visible à uj! certaine distance, et que par un temps de pluie et ^ brouillard, ou d’autres effets atmosphériques, la juf position de ses signaux doit être très-difficile à sai# Quand on considère, d’autre part, la quantité de m°l1 vements que les expéditions exigent, on conçoit barras, l’incertitude, la lenteur que ces expéditions ^ traînent. Pour donner un demi-signal, par exemple, ne faut pas faire jouer moins que toutes les pièces^ l’instrument. Qu’on apprécie le reste ! En outre, la P‘l
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- Part des signaux demeurent quelquefois dix minutes 0,1 un quart d’heure en place avant d'être aperçus et ^ansmis ; d’où il suit que les employés, qui sont peu certains de la figure ou fatigués de l’attendre, laissent s°uvent passer le signal au hasard, et commettent beaucoup d’erreurs.
- Les moyens du télégraphe Chappe sont si limités Çu’il faut employcrau moins quatre signaux pour transmettre soit une lettre de l’alphabet, soit un point, une Vlrgule, soit une simple séparation de mots, etc. Pour Produire un signal complet, il faut faire une manœuvre en six temps bien séparés qui prendront au moins vingt-cinq à trente secondes quand l’état de l’atmos-Pbère est favorable. Voici en quoi consiste cette opé-mtion : 1° observer la ligure que forme d’abord à Logique le télégraphe précédent; 2° répéter cette même figure; 5° observer ensuite si ce signal est porté dans
- direction horizontale ou verticale, ce qui veut dire lue le signal est bon ; 4° le porter de même, 5° écrire Ce signal ; 6° vérifier si le télégraphe suivant a reproduit exactement toutes ces figures. »
- Pour reconnaître la vérité de ce qui vient d’être dit, 5&ns parler des complications de changements de séries, de clefs, de vocabulaire, etc., il faut ne pas oublier que es sept positions relatives du régulateur et des indicateurs ne donnent que sept signaux, qui, multipliés par Sept, font quarante-neuf, lesquels, multipliés également Per les quatre positions du régulateur, ne dépassent pas ^ total de cent quatre-vingt-seize signaux, et que sur Ce nombre on en a encore pris plus de la moitié, formés d t'oblique de gauche, pour la police des lignes, pour ^cliquer les accidents, le repos, l’activité, les brouil-*ards, etc.; de manière qu’il ne reste que quatre-vingt-dix-huit signaux primitifs formés à l’oblique de droite P°ur la correspondance générale. Il faut aussi savoir
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- que MM. chappe ont trois vocabulaires qui sont ensembh alphabétiques, syllabiques, phrasiques et lexiques. vocabulaires, pour marcher d’accord avec le télégraphe-qui donn*e qüatfe-vihgt-doUze signaux pour la cor#' pondancë générale, ont chacun quatre-vingt-douze pag^ numérotées, depuis un jusqu’à quatre-vingt-douze. ^ chacune de ces pages, il y a une série de numéros, de
- {buis i jusqu’à 92, et à chaque numéro, dans le vocabfl' aire des mots, dès phrases ou des lettres, on a placé feti regard, soit une lettre, soit une syllabe, soit un 1# ou une phrase.
- « Maintenant, ajoute M. Moigno, pour trouver l’eS' plicatioh des signaux dans les vocabulaires, il faut qUf le télégraphe donne le signal qui indique d’abord 1£ numéro de la pagé, et qu’il donne ensuite un autre si' ghal poür indiquer l’un des numéros renfermés dans cette même page. >) De manière que, pour le vocabii' laire alphabétique, comme il faut, pour produire ui* signal cbmplët, le porter premièrement à l'obliqué s’arrêter et lé placer secondement à la verticale, & sera deux signaux pour le numéro de la page, et deu* autres signaux pour le numéro renfermé dans la page-en tout quatre signaux pour une lettre.
- « Le second Vocabulaire de MM. Chappe ne renfler# que des mots. Ainsi : quatre-vingt-douze pages, & quatre-vingt-douze mots chacune, font ensemble hui1 mille quatre cent soixante-quatre mots. Que peut-ofl obtenir, dans une correspondance générale et impré' vue, avec une si faible ressource? Quand on sait que la langue française produit plus de quinze cent mille mots différemment orthographiés, sans compter les no# propres, de personnes, de sciences, d’arts, de mé' tiers, etc.; quand on voit que les verbes seuls fournis' sent plus de neuf cent soixante mille mots aux conjugaisons, on peut juger si les huit mille quatre cent
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- soixante-quatre mots du vocabulaire lexique de MM. Chappe sont suffisants! Tout au contraire, comme ta ne sauraient être à la fois réguliers et irréguliers, Masculins et féminins, singuliers et pluriels, ils ne s’emploient que très-rarement.
- Le troisième vocabulaire de MM. Chappe est phrase. Dans celui-ci, quatre-vingt-douze pages renferment chacune quatre-vingt-douze phrases. C’est le Vocabulaire qui rend le moins de services, par la raison lue les formules déterminées ne conviennent presque Jamais pour une correspondance générale et imprévue.
- Pour employer quelquefois ce vocabulaire, on l’a appliqué spécialement aux besoins de la guerre et de la Uiarine ; mais il n’est pas plus juste dans cette application que dans les autres; et il est resté à peu près franger aux questions de sciences, d’arts, d’industrie, ta commerce, de politique, de justice, etc.
- En résumé, voici comment se fait l’envoi d’une dépêche télégraphique, de quatre-vingts à cent mots, d’après le système de France.
- Les trois quarts des mots au moins sont traduits en signaux d’après le vocabulaire des lettres et des syllabes : un huitième tout au plus, d’après le vocabulaire tas mots ; et l’autre huitième d’après le vocabulaire tas phrases et des demi-phrases. Le traducteur, on le '’oit, est obligé de passer continuellement d’un vocabulaire à un autre pour composer son travail ; quelle tae soit son habileté, il est rare qu’il ne commette pas ^erreur et qu’il n’emploie pas beaucoup de temps à tae opération aussi longue et aussi difficile.
- Une dépêche de cette étendue exige au moins huit à neuf cents signaux doubles. Supposons trente secondes P&r signal, dans les temps favorables, cela fait vingt-sept mille secondes ou sept heures et demie, pendant desquelles doit régner une attention extrême sur toute
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- la ligne des télégraphes. S’il se glisse une erreur, soit à la traduction, soit à l’expédition, et qu’il survienne un brouillard, on est obligé, non-seulement de recommencer la dépêche, mais presque toujours de la remettre au lendemain ou plus tard. De là les annonces fréquentes : « Interrompue par le brouillard, par la nuit, etc. »
- Voici du reste une appréciation empruntée à M. Chappe lui-même.
- « Mon travail, » dit-il, « facilitera les progrès de l’art « télégraphique, fournira des matériaux, et sera un « point de départ pour ceux qui voudraient faire des « recherches en ce genre. — La télégraphie sera pro-« bablement plus étudiée dans l’avenir qu’elle ne l’est « aujourd'hui, et nous continuerons, par nos rensei-« gnements, à lui servir d’appui, lors même que nous « n’existerons plus___
- « Comment n’avons-nous pas deviné que des lignes « télégraphiques établies depuis les principaux points « des côtes et de la frontière jusqu’à la capitale, pour-« raient faire du royaume de France le régulateur du « commerce de l’Europe, et de Paris le régulateur du « commerce de la France? Remarquez que cette supré' « matie ne peut être enlevée à la France... Sa position « en Europe, l’étendue de ses côtes sur les trois mers, « la facilité qu’elle a de réunir par le télégraphe l’O' « céan à la Méditerranée et à la mer du Nord, la met-« tent pour des opérations de ce genre, dans une situa' <i tion unique, qui ne peut être égalée par aucun paÿs. « Et lors même que toutes les puissances qui nous ente. vironnent se réuniraient pour correspondre télégrapld' « quement, elles ne trouveraient pas un point sur toute « l’étendue de leur domination qui pût être, comme la « France, le centre d’une communication générale. »
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- Revenons-en à la langue télégraphique. Nous savons <ju’il y a le mode phrasiquç, le mode syllabique et alphabétique.
- On a commencé par composer de petits vocabulaires de phrases, et l’on faisait coïncider ces phrases toutes fuites avec les mouvements des télégraphes. Il a pu sembler que ce système, étendu et perfectionné, était capable de transmettre toutes les dépêches. Mais c’est Une erreur qui tombe devant le raisonnement et l'expérience. Des formules déterminées à l’avance ne pourvut jamais rendre la pensée de l’homme, dans une correspondance d'événements imprévus, et ce qui le prouve c’est Charrière, qui avait le meilleur et le plus étendu des systèmes phrasiques connus, et dont le télégraphe donnait cinquante-cinq mille signaux, pendant que son Vocabulaire présentait en regard le même nombre de Phrases, Charrière n’a jamais rendu exactement une Seule des dépêches qui lui furent données, soit par l’empereur Alexandre, soit par d’autres personnes. Le Uiode plirasique ne peut s’utiliser que dans des limites hès-restreintes de cas prévus, comme pour le service des routes, les signaux de ports de mer, etc.
- Il faudrait donc avoir recours au mode alphabétique : aVoir des lettres pour former des mots qui, à leur tour, formeraient des phrases ; mais, au point de vue d'une h'ansmission lente et de moyens défectueux, ce mode, si simple et si facile en apparence, rencontre dans l’exé-cution des obstacles si grands et si nombreux qu’il ne Peut non plus remplir le but. Il n’est pas dénué d’inté-de mentionner ici les principales difficultés que l’on ^proche à la télégraphie alphabétique qu’avant l’ap-Mcation de l’électricité on avait vainement essayé de lettre en pratique eu Egypte, en Espagne, en Turquie
- en Allemagne, où, du reste, il n’en existe plus un seul.
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- « 1» Pour former des mots, il faut grouper des lettres. Quand on lit ou qu’on écrit, on a sous les yeux ou dans l’esprit le tableau des mots : si les lettres qui composent les mots se présentaient séparément, c’est-à-dire à distance les unes des autres, on ne pourrait lire ou écrire que d’une manière très-lente et incertaine, et ceux qui seraient chargés d’écouter la lecture ou de prendre connaissance de l’écrit rempliraient une tâche pénible sujette à beaucoup d’erreurs. Eli bien, ce cas serait précisément celui des signaux donnant une lettre après l’autre. Combien grande, combien soutenue doit être l’attention de celui qui expédie la dépêche ! En outre, comme il y a très-souvent des mots de douze, quinze, et même de vingt lettres et plus, ce sont autant de signaux qu’il faut exécuter pour l’envoi de chacun de ces mots. Qu’on juge de l'inquiétude, de celui qui» étant posté à l’extrémité de la ligne, reçoit avec lenteur* lettre par lettre, une dépêche un peu longue ! Et s’il arrive que l’expéditionnaire, le correspondant ou le tra-ducteur se trompe de signal ou de lettre, qu’il oublie dn séparer quelques mots, qu’il en altère le sens, comment sortir d’embarras, si ce n’est en recommençant la dépêche? Et quand on a perdu ainsi un temps favorable* qu’on retrouve à peine quelquefois le lendemain, l’opportunité de la dépêche est-elle toujours la même? No*1 assurément.
- 2» Après avoir produit des mots, il faut pouvoir jfac,< lement les séparer pour la clarté du sens. Surcroît de signaux. Pour comprendre combien cette opération met d’entraves aux dépêches, supposons une expédition de trois cents mots ; ce sont trois cent signaux de sép®' ration qu’il faut exécuter de surplus pour éviter la confusion. des mots. Somme totale : environ deux mille signaux. Or, il est de fait certain que, d’après le système alphabétique, un si grand nombre de mouvement
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- entraîne des erreurs fréquentes et graves. Nous pourrons citer pour exemple les imprimeurs, qui, tout en ayant devant eux de la copie et des caractères, ne réussissent jamais du premier coup une épreuve ; et nous ferons observer qu’en fait de télégraphie les fautes sont Parfois très-dangereuses, parce qu’uq non-sens peut compromettre les intérêts de l’Etat.
- 5° Le mode alphabétique est si simple, si facile à déchiffrer, qu’il oblige à changer souvent de clefs. Indépendamment de la perte de temps que ces changements Occasionnent, le nombre des signaux s’en accroît encore, et l’attention des expéditionnaires doit redoubler, Puisque les mêmes signaux changeai de valeur suivant les clefs. Le plus léger oubli, la moindre négligence fait tomber le traducteur dans un embarras qu’il est impossible de décrire.
- On comprendra, d’après ces observations, que si la fenteur et les erreurs inhérentes au système alphabétique sont inévitables avec des employés attentifs, elles fe seront, à plus forte raison, avec des employés distraits, négligents, malveillants, tels qu’on en rencontre dans toute espèce d’administration.
- 4o Le mauvais temps, les brouillards amènent des retards considérables dans les expéditions. Plus un té-fegraphe emploie de signaux pu de temps pour rendre fes dépêches, plus il y a de chances d’interruption, à cause des variations de l’atmosphère. Jusqu’à présent, fes télégraphes alphabétiques n’ont fourni que deux Signaux au plus par minute. Donc, une dépêche de cent à cent vingt mots, exigeant environ de onze à douze cents signaux, n’arrive à sa destination (quelque rapprochée qu’elle soit) qu’après un espace de dix heures.
- En faisant ces critiques du système alphabétique, Gonon est toujours resté au point de vue d’une
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- transmission lente; mais elles perdent beaucoup de leur valeur et sont, en partie, détruites devant le télégraphe électrique, qui peut, rapidement, à une distance quelconque, montrer beaucoup de lettres en une minute, et de plus écrire ou exprimer à distance ce® lettres dans l’ordre et les relations de distance qu’elles ont entre elles dans les dépêches qu’il faut transmettre. En Angleterre, des discours entiers, presque des volumes, ont été ainsi transmis en peu de temps. Malheureusement M. Gonon est auteur d’un mode de transmission aérienne auquel il applique, mais sans vouloir séparer l’un de l’autre, une langue, un lexique universel, à ce qu’il paraît, merveilleux, et il est enclin à repousser, quand même, tout ce qui n’est pas sort système complet. « Les esprits investigateurs, dd « M. Gonon, se demanderont sans doute ici en quoi « consiste ma méthode. Et moi prudemment je m’abs-« tiendrai de leur en donner la clef. Mais je leur dirai « du moins, que le fond de nos opérations consiste en « 40,960 ligures, au moyen desquelles je rends mol <* « mol toutes les dépêches imaginables avec les cita-« tions des langues étrangères, les chiffres, les noms « propres Allemands, Russes, Polonais, Turcs, Ara-« bes, etc. Si l’on objecte que cette quantité de figures « ou signaux étant inférieure de beaucoup à celle de® « mots français, la traduction littérale est difficile à « concevoir, je répondrai que le mérite essentiel de « mon vocabulaire consiste à fournir des signaux qu1 « expriment chacun ( une grande partie du moins, « sinon tous), deux, trois, quatre, huit, dix et jusqu’à « deux ou trois cents mots, — et que cette brachygra-« phie précieuse me permet rie rendre les dépêche® « vingt ou trente fois plus vite que le télégraphe de « radministralion. » il est fâcheux que M. Gonon ne veuille ou ne puisse pas séparer son lexique télégra-
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- Pfiique de sou instrument imparfait, ni en faire l’an-Plication par l’électricité, perfectionnement immense dans les moyens de transmission de signaux, mais duquel il ne veut pas entendre parler, et dont il s’attache au contraire à contester la valeur.
- Quant au mode syllabique, son seul avantage sur le Mode alphabétique consisterait en une quantité un peu Moins considérable de mouvements. Mais la machine ^vant être plus complexe, elle donnerait encore un Plus grand nombre de signaux pour un plus faible récitât; et tous ceux qui ont fait usage de ce mode (en dehors des moyens électriques), l’ont abandonné après îvoir reconnu son insuffisance à transmettre exactement et rapidement une dépêche.
- — En ajoutant aux télégraphes aériens, lumineux, (Moustiques et hydrauliques dont il va être parlé, les télégraphes électriques, nous voyons que les moyens de cotnmuniquer au loin nos pensées ne nous manquent Pas. Quant au meilleur de ces moyens, on pense que le Plus rapide et le plus parfait, en grand du moins, est électricité. Mais il reste un doute, c’est de savoir si ri°us confions nos pensées à cet agent sous la forme la Plus avantageuse?
- Après tout ce qui a déjà été dit à cet égard dans ce miume, je n’ai plus à m'occuper que du principe, que de la théorie de la langue télégraphique. Nous avons \ abstraction faite du tjmps, que le mode alphabétise était celui qui répondait le mieux à tous les besoins, fictivement, il suffit de réfléchir un instant combien dest rare, même dans des milliers de volumes, de rentrer les mêmes phrases, pour se faire une idée de la difficulté qu’il y a à rendre parfaitement le sens d’une Prisée, son caractère particulier, avec des phrases lou-les faites.
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- Le but, aujourd’hui, de la télégraphie doit être une parole perfectionnée, en ce sens qu’elle franchit les distances. Pour atteindre ce but, il ne faut pas suivre l’exemple des Chinois; dont les signes, au nombre de trente ou quarante mille, expriment des idées, et qm n’ont pas d’alphabet proprement dit ; ni non plus l’exemple des Japonais, dont l’alphabet, composé de quarante-trois caractères, est syllabique. On doit aussi se souvenir que la multiplicité des signes ne fait qu’augmente! les difficultés, et qu’on peut obtenir une communication rapide avec un nombre très-restreint. « On peut, dit M. Moigno, atteindre le même but a vec un seul signal, pourvu qu’il soit répété très-rapidement, et que ses reproductions soient groupées d’une manière convenable-Pour mieux faire comprendre notre pensée, analysons l’écriture usuelle, en choisissant les lettres latines majuscules. Elles se composent de six traits différents, & savoir d’une ligne droite dans quatre positions différentes : horizontale, verticale, inclinée de la droite vers la gauche, ou de la gauche vers la droite, et d’un demi-cercle ouvert à droite ou à gauche. De ces six traitSi quatre au plus entrent au maximum dans la formation de chaque lettre, dans Met W, par exemple. Si maintenant on cherche combien de lettres différentes 0® pourrait former avec ces six traits combinés au plu8 quatre à quatre, on verra, par un calcul facile, qu’o*1 obtiendrait à peu près mille cinq cent cinquante-quatrf lettres différentes; or, avec vingt-cinq lettres seulement le problème de la communication des idées est complètement résolu. Cet exemple montre clairement combien , en réalité, est inutile le grand nombre de trafi8 employés à la formation des lettres dont se compoS® l’écriture ordinaire. Supposons maintenant que nom n’employons que deux traits, et voyons s’ils seront suffisants à produire une écriture parfaite. Ces traits peu'
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- vent être réduits à la plus extrême simplicité ; ce seront, si l’on veut, deux points qui se distingueront l’un de i’autre par cette convention que le premier, par exemple, sera toujours placé à une plus grande hauteur. Si dans chaque lettre on n’admet qu’un point, les deux Points ne donneront que deux lettres ; si dans chaque 'eUre on admet un ou deux points, aux deux lettres obtenues s’en ajouteront quatre, et l’on aura en tout six litres. Si trois était le maximum des points employés, °U aurait huit nouvelles lettres, en tout quatorze. En Portant enfin à quatre le maximum des points, on obtiendrait trente-deux lettres différentes, c’est-à-dire ^tant presque qu’il en faudrait pour représenter les lettres de l’alphabet et les chiffres. Remarquons même ^’on pourrait au second point substituer le premier reproduit deux fois de suite à une très-petite distance; °o voit donc qu’un seul trait, un seul point suffisent Pleinement à la reproduction plus rapide de l’écriture, et que ce seul point, par conséquent, bien employé, remplacerait surabondamment les deux traits dont se c°mpose l’alphabet latin. Or, ce qu’un point est par {Apport à l’écriture, un son l’est par rapport à la parole, •es répétitions et les combinaisons d’un seul son suffirent donc aussi pour la formation d’une langue complète intelligible par l’oreille. »
- On voit que les conditions fondamentales que devrait fpmplir‘ un télégraphe, si l’on veut qu’il soit le plus Slàiple possible, seraient de n’employer qu’un signe, ^is produit le plus promptement possible. Pour que ce SlBne soit aussi parfait qu’il peut être, il devrait être Perçu par l’oreille.
- Les télégraphes lumineux, appelés à suppléer pen-?rt la nuit aux services des télégraphes aériens dont •e viens de parler, n’ont pas eu jusqu’à présent grand S|lccès. Les frères Cliappe ont fait à ce sujet de vains
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- efforts pendant quarante ans. M. Gonon annonce avoir résolu ce problème. « J’ai appliqué, dit-il, l’usage de « mon télégraphe de jour au service de nuit, de façon «que, sans aucun changement ni dérangement, ü « puisse fonctionner à l’aide de l’éclairage, après u® « instant de préparation. » — Je dois donner ici une idée de l’instrument de M. Gonon : 11 est composé de deux colonnes, dont l’une a 33 pieds de hauteur et l’aU' tre 28. À chacune de ces colonnes sont adaptées deu* flèches mobiles. La distance de 9 pieds, qui existe en' tre ces quatre flèches, d’une colonne à l’autre, se trou''6 remplie par six croisées qui doivent simplement s’oU' vrir et se fermer. Tous les signaux de ce télégraphe font par le moyen des quatre flèches et des six croisées qu’un seul homme fait mouvoir à l’aide d’unmécanism6 parfaitement approprié. Ce mécanisme ou répétite^ est placé dans la maisonnette des employés aux signau*-il consiste en quatre cadrans à manivelle qui correS' pondent aux quatre flèches, et en six touches qui cof' respondent aux six croisées.... - - « Je n’ai, ditM. GO' « non, qu’à ajouter des feux fixes dans mes croisées-« et des feux mobiles aux flèches pour indiquer les ^ « sitions dans la nuit aussi nettement et même pluS « visiblement que dans le jour.... »
- — M. Gauss a proposé de transmettre les signaux pf l'héliographe. Il a démontré que, dans le jour, un mi' roir de quelques pouces carrés peut projeter à une dis' tance de plus de dix lieues une lumière égale à ceHf d’une étoile de première grandeur, s’il est disposé & manière à renvoyer vers l’œil de l’observateur une p°r' tion de l’image du soleil. Pendant la nuit, ou un temps couvert, on pourrait recourir à une puissante lumière -comme, par exemple, la lumière Drummond, qui produit par un jet d’oxygène et d’hydrogène sur t,lJ morceau de chaux. Les signaux consisteraient dans uu6
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- série d’éclairs obtenus en faisant tourner le miroir ou en le cachant. M. Gauss a fait d’heureux essais de son système, qui paraît mériter d’être étudié et pouvoir facilement se mettre en pratique, sans qu’il soit besoin de lunettes, et qui offre l’avantage de ne permettre qu’aux observateurs placés aux stations de voir les signaux.
- Comparaison de la télégraphie électrique et de la télégraphie aérienne.
- Après avoir parlé de la télégraphie aérienne et lumineuse , je vais emprunter aux publications d’un des hommes de notre epoque qui se sont le plus occupés de l’art télégraphique, au docteur Jules Guyot, les réflexions suivantes sur les destinations spéciales et sur tes services divers qu’on peut attendre de la télégraphie aérienne et de la télégraphie électrique.
- Je dois prévenir mes lecteurs que je laisse complè -tement au docteur Guyot la responsabilité des idées qu’il défend, on le reconnaîtra, avec un talent digne d’une meilleure cause, c’est-à-dire, au moins, d’une cause qui ne serait pas jugée d’avance. Je donnerai plus loin la contre-partie de l’opinion du docteur Guyot, .tous le titre Avenir de la télégraphie électrique, et j’aurai ainsi mis sous les yeux de mes lecteurs les deux opinions extrêmes relativement aux télégraphes aériens et aux télégraphes électriques.
- D’abord je dois dire que le docteur Guyot a publié en 1840 un traité complet sur la télégraphie aérienne de jour et de nuit; qu’il s’est livré à de nombreuses expériences faites aux télégraphes mêmes du gouvernement, sous les yeux d’une commission composée de nos savants les plus experts dans la matière : MM. Pouil-
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- let, Armand Séguier, Darcet, l’amiral Lerey, etc. U but qu’il a poursuivi et qu’il parait avoir atteint, à travers les difficultés administratives les plus extraordinaires , était l’établissement de la télégraphie de nuit) reproduisant les mêmes signaux avec les mêmes télégraphes que ceux établis depuis plus de cinquante ans pour le jour.
- D’après M. Guyot, ce problème a été résolu complètement et de la façon la plus simple et la plus économique : quatre fanaux à double parabole, deux à verres incolores au régulateur, deux à verres légèrement colorés aux deux indicateurs, reproduisent tous les signaux de la télégraphie de Claude Chappe plus nettement la nuit que le jour.
- Le combustible employé était ce que l’on nomrn® vulgairement Y hydrogène liquide, de l’invention de l’expérimentateur lui-même : ce combustible a la précieuse propriété de n’être altéré ni par le temps, ni pat le froid, ni par la chaleur; il donne un foyer de lumière qui se maintient sans aucun soin avec le même éclat pendant les plus longues nuits -; il monte par capillarité du fond d’un réservoir situé à 16 centimètres de h flamme, et permet ainsi de donner aux fanaux u® équilibre stable qui se prête aux mouvements les plu5 rapides et les plus brusques des bras du télégraphe, f
- Sur le rapport de M. Pouillet à la chambre des députés, rapport dans lequel ce savant déclare que le problème de la télégraphie de nuit, si longtemps étudié sans succès, vient d’être enfin résolu par le docteur Guyot, les chambres ont voté 30,000 fr. pour établir dans ce système la télégraphie de nuit. Le 2o mars 1843, une ligne qui renferme 56 postes télégraphiques) sur un parcours de 80 lieues, fonctionnait sous les yeu* de la commission spéciale. Après plusieurs séances, If commission a constaté que les signaux passaient aussi
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- vite et étaient aussi visibles la nuit que le jour ; elle a déclaré la télégraphie de nuit pratique établie et a émis le vœu que la ligne de Paris à Dijon fût continuée jusqu’à Toulon.
- Mais ces expériences gigantesques s’étaient accomplies sous le patronage énergique de la commission scientifique, contre le mauvais vouloir le plus opiniâtre et le plus grossier de l’administrateur en chef des télégraphes. Le vœu d’une commission puissante par ses lumières et par l’autorité de ses membres est venu tomber sous le dépit d’un administrateur incapable, et la télégraphie de nuit fut perdue : le rapport même de la commission a été soustrait, anéanti.
- Ce même administrateur, qui, quelque temps auparavant, avait repoussé et dégoûté M. Wheatstone, qui lui proposait son télégraphe électrique, partit en Angleterre pour rechercher ce qu’il avait rejeté avec dédain et pour se venger par la télégraphie électrique des hu-Onliations qu’il avait subies dans la télégraphie aérienne. Telle est la véritable cause du premier établissement de la télégraphie électrique en France : c’est ainsi que de Mauvaises passions amènent quelquefois de bons résultats.
- Mais le docteur J. Guyot avait précédé l'administrateur en Angleterre, et il recevait les détails les plus circonstanciée sur le télégraphe électrique que le savant professeur anglais faisait fonctionner sous ses yeux à KingJs-College. Il fut le premier qui ait donné une description exacte et complète en France du télégraphe électrique, tel qu’il existe à peu près encore aujourd’hui, dans le numéro du Courrier Français du 5 juillet 1841. T’enthousiasme avec lequel il parlait de cette belle application de la science semble une garantie de son impartialité dans l’appréciation qu’il fait des diverses aptitudes de la télégraphie aérienne et de la télégraphie
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- électrique à servir les intérêts secondaires des sociétés, ou les intérêts du premier ordre.
- Voici quelques passages d’un Mémoire adressé par le docteur Jules Guyot, le 30 avril J84G, à la chambre des députés, pour défendre les télégraphes aériens, menacés de destruction par un projet de loi de l’administration, demandant un crédit de 408,GoO fr. pour remplacer sur la ligne de Lille la télégraphie aérienne par la télégraphie électrique.
- « Autant comme étude de physique, comme applica-« tion de giand luxe à quelques besoins de vastes était blissements, la télégraphie électrique est intéressante, « autant elle est ridicule, on peut dire, comme moyen « de gouvernement : ridicule est le mot propre, si ce-« lui qui la prône est de bonne foi et ne sait pas ce qu’il « fait; blâmable si elle est appliquée en connaissance « de cause.
- « Car, fonctionnât-elle dans la perfection, ce qui est « loin d’être démontré, elle est sans protection possible « et laisse le pouvoir à la merci des plus légères excitait tions populaires et des moindres caprices du premier « mauvais sujet venu.
- « Ayez donc, en ce moment même, un télégraphe ci électrique dont les fils traversent les environs de Stic Etienne ou de Lyon, comme le fait la ligne de Paris « à Toulon !
- « Décrétez-donc, avec les fils électriques, une ligne « télégraphique de Paris à Milan, de Paris à Madrid, de « Paris à Vienne, comme le faisait Napoléon avec la « télégraphie aérienne.
- « Ayez donc à soutenir une guerre vendéenne, une « invasion quelconque! ayez à suivre les opérations « d’une armée, soit qu’elle avance, soit qu’elle recule '•
- « Avec la télégraphie aérienne, vous suivrez vos dé-« pêches de clocher en clocher, de postes en postes ;
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- « jamais le Gouvernement ne manquera de communi-
- cations avec les foyers d'incendie ou les théâtres de « guerre.
- « Que peut-on attendre de misérables fils dans de « pareilles circonstances?
- « On ignore donc encore que la télégraphie n’a d’im-« portance que dans les commotions des nations ! on « ne comprend donc pas que, quand la télégraphie n’a tt d’autre besogne que de transmettre quelques détails « administratifs ou autres, elle ne fait que dormir en « attendant ces moments d’urgence? et que hors ces « moments d’urgence, ses services sont nuis, absolu-« ment nuis. Quand tout est calme, le Gouvernement « n’est pas plus*pressé que tout le monde.
- « L’administration n’a-t-elle pas répété vingt fois, « après nous, que l’établissement des chemins de fer « impliquait la nécessité de rendre les moyens télégra-<( phiques plus complets et plus rapides? ne le dit-elle « pas dans l’exposé des motifs de la loi présentée ? En « disant cela tant de fois, commentna-Lellepas eom-« pris que, pour dominer les chemins de fer, il fallait « en être indépendant? comment n’a-t-elle pas vu que, " si, un train, deux trains envahis apportaient à l’im-** proviste l’émeute ou l’ennemi, l’ennemi était, par <( cela même, maître du télégraphe sur toute la ligne.
- « En vérité, notre nation aurait à rougir de honte si <( elle voyait ainsi renverser le sens commun et dé-<( truire, par des procédés si infirmes et des considéra-« lions si peu fondées, les œuvres du génie. Deux des " frères Chappe vivent encore : ils auraient dû mourir * plus tôt ; ils n’auraient pas été témoins de ces outra-" ges à la grande découverte à laquelle est al taché leur t( nom et qui a rendu tant de serviceâ au pays depuis " 60 ans.
- « La ligne de Lille, la première qui ait été établie,
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- « la première qui ait transmis au Gouvernement la nou-« velle d’une victoire, et à l’armée les encouragements « du Gouvernement, la ligne de Lille, première base « de notre gloire télégraphique, monument qui de-« vrait rester seul et le dernier debout, si toutes les li-« gnes télégraphiques devaient être remplacées; la « ligne de Lille remplacée, par quoi? ... par rien...-« moins que rien ! par une déception !
- « C’est vraiment avoir la main fatale !
- « La ligne de Lille fonctionne mal, dit-on? Je le crois « volontiers, si vous l’abandonnez ; mais si vous voulez « en rapprocher les postes, augmenter le pouvoir gros-« sissant des lunettes, étendre les mécanismes en les « rendant plus légers et en simplifiant leur jeu, si vous « voulez armer ces mécanismes en télégraphie de « nuit, si vous voulez en fortifier le personnel, per-« fectionner les cabanes, suivre en un mot les conseils « que vous donnait, en 1842 et en 1843, la commission « scientifique spéciale et, en 1844, la commission de « la Chambre des Députés, avec une somme moitié « moindre que celle que vous demandez, cette ligne « vous rendrait des services dix fois plus importants « que votre ligne électrique, et ce serait au moins une « ligne télégraphique sérieuse..................•
- « ...Quoiqu’il en soit, Messieurs, que la télégraphie
- « électrique fonctionne bien l’hiver et mal l’été, ou « qu’elle fonctionne bien dans tous les temps, ce n’est « point une télégraphie gouvernementale sérieuse, et « le jour n’est pas loin où cette vérité vous sera pleine-« ment démontrée.
- « Cette télégraphie sera toujours subordonnée au* « chemins de fer, et, par conséquent, elle ne sera ja' « mais un préservatif contre ces moyens terribles de « transport d’hommes et d’armes, et sera toujours à la
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- « merci des plus légères agitations, toujours à la merci « des individus.
- « Il y a plus, et je rétracte ici ma première opinion « émise en 1841, elle ne pourra jamais être une télé-« graphie utile aux voies de fer : un examen approfondi « m’a démontré qu’elle ne pouvait prévenir aucun acte cident, que des signaux permanents et toujours visi-« blés peuvent seuls empêcher,
- « Veuillez examiner en vous-même, Messieurs, quels « accidents un fd partant de Paris à Lille peut empê-« cher entre ces deux villes, et vous verrez que la télé-« graphie aérienne seule , disposée en signaux perma-« nents, visibles aux yeux des mécaniciens et conduc-« teurs de trains tout le long de la ligne, est capable « de prévenir les malheurs si fréquents et si redouta-« blés qui se produiraient, sur les voies de fer.
- « En un mot, la télégraphie électrique ne sera ja-« mais bonne qu’à établir une correspondance entre « deux points parfaitement gardés , en pleine paix, et « pour communiquer des nouvelles ou des ordres qui « ne peuvent choquer des tiers ou leur causer aucun « préjudice.
- « Cette imbécilité de la télégraphie électrique est « tellement évidente, qu’elle a dû frapper les esprits les " plus prévenus : ainsi l’administrateur en chef des té-« légrapbes, par la bouche de M- le Ministre (car M. le « ministre m’a dit à moi-même qu’en fait de télégra-« pliie, il s’en rapportait à l’administrateur), sent la né-« cessité de répondre d’avance à cette objection dans « l’exposé des motifs.
- « L’exposé .des motifs distingue deux cas possibles " de destruction : 1° par des individus isolés, 2° par « des masses.
- « Parmi les individus isolés, il ne compte que ceux * qui détruisent pour le plaisir de détruire. Certes,
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- « aussitôt que l’importance de la télégraphie sera contt nue de tout le monde, beaucoup de jeunes fous, « beaucoup d’ivrognes, beaucoup de vagabonds coupe-« ront, arracheront, tortilleront les fils, entraînés par « ce penchant naturel aux esprits incultes ou indis-« ciplinés de produire de grands effets par de petits « moyens ; mais à ce grand nombre, il faut ajouter « les individus isolés, agissant dans un but déterminé : « les réfractaires, les banqueroutiers frauduleux, les « criminels de b ute nature, échappant par la rapidité « du chemin de fer à la vindicte publique, et s’assu-« rant une avance sur la justice par la section des fils « télégraphiques; les individus isolés agissant par ven-« geance contre les vexations administratives méritées « ou non méritées ; enfin, les individus agissant sous « des préoccupations politiques, espérant nuire au « gouvernement ou servir le pays.
- « A ces innombrables agents de destruction que pré-« tend opposer le projet de loi, le Code el quatre une-« 1res de hauteur dans les fils! j’oubliais, un terrain « clos et une surveillance active ! !
- « Dans le second cas, l’exposé des motifs comprend « les masses obéissant à des sentiments hostiles au « gouvernement. Il oublie les invasions étrangères qui « ont bien leur importance, puisque vous avez consacré « 140 millions aux fortifications de Paris, et des mil' « liards pour la défense et la protection du pays.
- « Mais pour ces cas de guerre ou de troubles, les au-« teurs du projet de loi ne veulent pas en entendre par-« 1er, et d’ailleurs, avec le Code à la main, quatre mè-« très de bailleur donnés aux fils, la clôture des che-« mins de fer et une surveillance activé, ces Messieurs « suffiront à tout.
- «Mais s’ils ne suffisent pas à tout? Eh bien alors, ils s’en « iront laissant le gouvernement désarmé, la société
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- « surprise par le péril ; la télégraphie aérienne désor-« ganisée, détruite, et voilà tout. Car, remarquez-le « bien, il ne s'agit pas ici d’une expérience innocem-« ment prolongée, il s’agit d’exécuter le parti pris de « détruire la télégraphie aérienne, l'abandon est évi-« dent, la destruction commence : on vous a parlé « d’une ligne tombée en délabrement à remplacer, « pour commencer, la ligne de Lille ; mais on parle de « remplacer aussi la ligne de Tours, la meilleure de « France, et si la proposition ne vous a pas été faite,
- « elle ne tardera pas, sans doute, à l’être..........
- « .... Tout esprit sensé peut affirmer qu’un seul « homme, en un seul jour, sans qu’on puisse l’en em-« pêcher, pourra couper tous les fils télégraphiques (< aboutissant à Paris; on peut affirmer qu’un seul « homme pourra couper en dix endroits, dans les 24 «. heures, les fils électriques d’une même ligne, sans « être arrêté, ni même reconnu.
- « Si l’on veut ôter à cette action tout ce qu’elle au-« rait de blâmable pour en faire une simple expé-(( rience, il est facile de fournir la démonstration de '< cette assertion.
- « L’exposé des motifs, qui tantôt proclame le main-tien de la paix intérieure et extérieure quand il a * besoin de vous prouver que les fils électriques ne " eourrent aucun risque, tantôt vous menace de la " guerre et des perturbations que les chemins de fer " peuvent apporter quand il sent la nécessité d’établir " l’importance du télégraphe électrique et de justifier " le chiffre du second crédit qui vous est demandé à son " occasion. Cet exposé des motifs, dis-je, soulève une (( question :
- " La télégraphie aérienne échappe-t-elle moins aux w attaques de l’émeute que la télégraphie électrique? »
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- « A cette question l’exposé répond hardiment : « On ir ne saurait le soutenir. »
- « Vous avez vu, Messieurs, les fils du télégraphe « électrique traversant sans interruption les plaines, « les forêts, les chemins, les ponts, les viaducs : vous « avez vu leurs poteaux, vous avez vu les stationnaires « des chemins de fer disposés de deux en deux kilomè-« très ; vous avez vu ce qu’on appelle la clôture des « chemins de fer;
- « Vous avez vu d’un autre côté les tours, les tourelles « ou les cabanes des télégraphes aériens : les plus ché-« tives cabanes ont au moins une muraille et une porte; « elles ont toujours à l’intérieur un homme vigoureux, « armé de deux fusils de munition, obligé, par le ser-« vice, de tenir sa porte solidement fermée, et de « n’ouvrir que sur un ordre de l’administration.
- « Aussi vous avez déjà et tout d’abord apprécié la « réponse de l’administrateur en chef des télégraphes « quant aux individus isolés dans leurs projets de des-« truction : un individu isolé, sous une bonne adminis-« tration, ne peut détruire un télégraphe aérien. Perte sonne n’oserait vous soutenir le contraire.
- « L’émeute n’est pas moins impuissante à cet égard « que les individus pour quiconque connaît les ressorts « et les passions qui l’animent. Si l’émeute est sponta-« née, si c’est un mouvement d’ouvriers ou un mouve-« ment populaire sans préméditation et sans organisa-« tion préalable, quelques individus isolés pourront « chercher à la diriger au profit d’une idée ou d’un « plan particulier : ils pourront compromettre la foui® « en attaquant la force ou en provoquant l’autorité paf « des violences dont le point de départ se dissimule fa' « cilement : ils pourront entraîner l’ensemble vers une « poudrière, vers un magasin d’armes, vers un lien « quelconque renfermant des moyens d’action ou des
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- « éléments qui sont l’objet de la haine et de la colère « publique ; mais vers un télégraphe la chose est peu « probable. Pour entraîner la foule vers un pareil but, " il faudrait des raisonnements qui n’arriveraient à la « persuader qu’en la faisant réfléchir, et la réflexion « désarme l’émeute spontanée.
- » Si l’émeute est le résultat d’un complot organisé : « sur six cents hommes des plus énergiquement dis-« posés, en apparence, à un soulèvement et à une at-« taque à main armée , vous en trouverez la moitié « qui pourraient acoepter avec une joie secrète la mis-« sion d’aller couper les fils du télégraphe électrique : « mais l’attaque froide, triste et obscure d’une simple « porte en chêne, derrière laquelle se trouvent un ou " deux hommes dont l’assassinat doit entrer dans les « prévisions des.assaillants, s’ils ne veulent pas être si-
- * gnalés et reconnus, non ! sur six: cents conjurés il ne « s’en trouverait pas quatre qui voulussent se charger " d’une pareille mission; il ne s’en trouverait pas deux " qui l’exécutassent.
- « D’ailleurs, les émeutes et les complots n’éclatent v que dans les grands centres de population, là où l’ad-" ministration et la force publique peuvent faire dé-" fendre les postes télégraphiques qui pourraient être " menacés : jamais les émeutiers ne se transporteront " à trois lieues des villes pour y démolir un télégraphe '< au milieu des champs.
- « Je ne crains pas de le répéter, un individu isolé se « sent maître absolu, la nuit et le jour, de tous les fils " de la télégraphie électrique. Certes, pour mon " compte, je n’ai aucune envie de les détruire ni main-" tenant ni plus tard; mais tout en admettant que notre " société est calme aujourd’hui, tout en reconnaissant " que son bonheur est dans le maintien de la paix in-
- * térieure et extérieure, je ne pourrais m’empêcher de
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- « regarder comme un acte déplorable, comme un acte « d’idiotisme, le remplacement de la télégraphie aérienne « par la télégraphie électrique, qui réclame pour vivre « l’honnêteté, la patience et le respect de ses ennemis « même des oisifs indifférents.
- Voilà quelles sont les idées du docteur Guyot sur la télégraphie. Je l’ai déjà dit, je ne suis pas solidaire de son amour enthousiaste pour les télégraphes aériens, qui, à tort ou à raison, sont détrônés par les télégraphes électriques qu’il n’est pas tout-à-fait impossible, connu® semble le croire le docteur Guyot, de mettre à l’abr' d’un coup de main ; mais il n’en était pas moins impor tant de donner connaissance à mes lecteurs d’une opi' nion respectable qui s’est formée à l’étude de la science et à la pratique de l’art télégraphique.
- Je vais maintenant parler des télégraphes acousli' ques et des télégraphes hydrauliques qui, dans certain®5 circonstances, peuvent aussi rendre des services, car ü ne faudrait pas croire que, partout et sous tous les rap' ports, un système quelconque, celui du télégraphe éleC' trique même, puisse l’emporter sur tous les autres. ® est des cas où la préférence pourrait être donnée a” système aérien, d’autres au système acoustique ou a'1 système hydraulique, etc. ; enfin, je crois qu’il ne fa®1 pas d’exclusion absolue et qu’il est toujours bon d’avoiê au moins, une idée de ce qui a été fait ou proposé dari l’art dont on s’occupe.
- Les télégraphes acoustiques seraient, jusqu’à $ certain point, la solution la plus complète du problêrflô puisqu’ils seraient une parole perfectionnée, c’est-à-di? qui se fait entendre au loin, sans que l’observateur s01 assujetti à rester constamment dans la même positif' inconvénient, du reste, qui n’existe plus avec les tél®' graphes électriques.
- Mais on objecte que le son ne pourrait être empl°î
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- pour transmettre des dépêches à grandes distances parce qu’il manquerait de l’intensité nécessaire, et parce que sa vitesse n’est au plus que de 340 mètres par seconde. A cet égard, je ne puis citer que l’expérience de M. Biot, qui a constaté, en profitant d’une pose de tuyaux de gaz, que le plus faible bruit, comme le battement d’une montre, s’entendait parfaitement à une distance de 931 mètres, et qui entretenait, par ces tuyaux, une conversation à voix basse. Quant à la vitesse de la propagation du son, elle est d’autant plus grande que le corps qui le transmet est plus dense ; ainsi, le chiffre de 510 mètres par seconde s’applique à ta vitesse du son dans l’air, mais cette vitesse n’est plus comparable si le corps qui transmet le son est solide ; c’est ce qui a encore été constaté par M. Biot avec les tuyaux dont je viens de parler. Le choc d’un marteau à l’extrémité opposée de celle où se trouvait l’ob-Servateur lui envoyait deux sons, l’un transmis irès-rapidemenl par le tuyau, et un second transmis ensuite par l’air. Et puis, dans l’air, dans un milieu d’une grande étendue, on conçoit que le son diminue d’intensité à mesure que les ondes sonores s’éloignent du point de centre; mais on conçoit aussi qu’il ne doive plus en être de même si la colonne d’air mise en mouvement est limitée et forme un cylindre, comme dans un tuyau dans lequel les molécules, toujours égales en nombre, peuvent transmettre, à peu près, le son avec une égale intensité. Enfin, j’ai entendu dire que la vitesse du son dans un tuyau était de 3,531 mètres par seconde.
- Cependant, outre les porte-voix ou les tubes renforçants, les sifflets de navire, les trompettes-signal, le cor à incendie, le tocsin, etc., qui conviennent parfaitement au but qu’on se propose, on n’a guère utilisé la transmision du son, au moyen de tubes, que dans les grands bâtiments où, du reste, ce mode télégraphique
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- répond complètement aux besoins et rend de grands
- services.
- Ce que j’ai dit relativement à la vitesse de propagation du son est encore confirmé par les expériences de M. Beaudens, à Marseille, et de MM. Colladon et Sturm, à Genève. Ils ont constaté que dans l’eau les sons se propageaient avec une vitesse quatre fois plus grande que dans l’air, et que même de faibles sons étaient encore perceptibles à plusieurs lieues.
- Les télégraphes hydrauliques, c’est-à-dire des instruments où l’eau servirait à transmettre les signaux* sont d’idée récente.
- On peut se figurer, comme l’a proposé, du reste* M. Hébert, un appareil se composant d’un fil métallique toujours teudu par deux poids égaux, et que l’on fait mouvoir en soulevant l’un d’eux. Le second poids, que l’on peut appeler poids moteur, descend de toute quantité dont le premier a été soulevé. Si chaque extrémité du fil est mis en rapport avec un tableau suf lequel sont inscrites d’avance des demandes et des réponses à transmettre, on voit le principe de l’appareil télégraphique de M. Hébert, qui n’est point un télégraphe hydraulique, mais dont je parle parce qu’il prépare à saisir le principe de celui-ci. Pour éviter les variation* de longueur du fil métallique par suite des changement* de température, M. Hébert ne rend les curseurs dépendants du fil qu’au moment où l’appareil doit fonctionner. Celui qui veut transmettre une demande, fixe crémaillère au fil, et le mouvement qu’il lui irnprime avertit son correspondant, par un timbre, qu’il ait à se préparer. Ce correspondant rend également l’index àe son tableau dépendant du fil et le ramène au point zéro-Il indique ainsi au premier qu’il est prêt et de combien celui-ci doit déplacer son curseur pour être en rappor| avec lui. Lorsque toutes les communications ne peuven
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- être inscrites sur un tableau, on emploie une combinaison de chiffres qui permet d’en étendre le nombre. Les combinaisons de trente nombres, trois par trois, sérient de vingt-sept mille. Cet appareil avait été proposé pour la transmission d’ordres ou de signaux sur fes chemins de fer. Il paraît que des expériences sur One longueur de 3 kilomètres ont donné des résultats satisfaisants. — Le fil métallique est supporté de distance en distance par des galets qui sont également employés pour les changements de direction que son établissement peut nécessiter.
- Au lieu d’un fil métallique, que l’on se figure un tuyau rempli d’eau jusqu’à deux pistons. Si au moyen d’une manivelle et d’un engrenage, on fait descendre d’une certaine quantité .le premier piston, l’autre piston Montera de la même quantité. Pouvant par ce moyen Placer une aiguille sur toute lettre de l’alphabet, une aUtre aiguille s’arrêtera sur la lettre correspondante, et uinsi l’on pourra composer tel mot que l’on voudra.
- Avant de faire manœuvrer le télégraphe, l’un des employés fait sonner une clochette qui prévient l’employé à l’extrémité opposée, et l’opération n’est commencée qu’après que la clochette a sonné la réponse et fiUe les deux pistons sont placés sur le zéro. — On se kit facilement une idée d’un mécanisme télégraphique Quelconque approprié au moyen et aux besoins.
- Ce système a été proposé et mis dans le domaine Public, en 1827, par M. Jobard, de Bruxelles. Une ving-kine d’années plus tard, un Anglais, M. Jowelt, prit due paient pour le même système.
- M. Jowett a prouvé expérimentalement, à Derby, Qu’un message peut se transmettre par son télégraphe hydraulique à une distance d’environ 2 milles, dans un temps pour ainsi dire inappréciable, et il a conclu de là Qd’en faisant toutes les concessions voulues pour la fric-
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- tion, il ne pourrait guère y avoir que la différence d’une minute ou à peu près, si la distance, au lieu d’être de 2 milles, était de 200 ou 2000 milles.
- Il est clair que si l’on étendait seulement à 10 ou 12 milles la distance à laquelle on pourrait transmettre un message dans un temps inappréciable, le télégraphe hydraulique serait non-seulement un puissant rival du télégraphe électrique, mais qu’il le surpasserait peut-être en utilité générale.
- Je ne reproduirai pas la description de l’appareil de M. Jowett, laquelle se trouve dans le Mechanic's Magazine du mois de mars 1848; mais, au point de vue général où je me suis placé dans cet article, je me plais à faire connaître la manière dont M. Jobard répond aux différentes objections que l’on pourrait faire contre les télégraphes hydrauliques.
- « Première objection. Il faudra un degré extraordinaire de force et un espace de temps considérable pouf faire agir ce télégraphe à une grande distance.
- « Réponse. Si un tuyau placé à travers une vallée, d’une montagne à l’autre, est rempli d’eau jusqu’à ce qu’elle soit prête de déborder, il est évident qu’en introduisant un litre d’eau en plus d’un côté, l’eau trouverait de suite son niveau. Donc, il ne faudrait ni une grande force ni un grand espace de temps pour mettre un pis-" ton en action....
- « Deuxième objection. La compressibilité de l’eaü ne permettra pas que le second piston soit déplacé de le même quantité que le piston moteur.
- « Réponse. Rien n’est moins établi que la compressibilité de l’eau. Les académiciens de Florence l’ont positivement niée, et les expériences plus récentes de Davy ont prouvé que l’eau était tout au plus compressible sous une force de plusieurs millions de livres. Encore, la compressibilité, que Davy supposait avoir
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- été démontrée, peut n’avoir été qu’apparente, soit par l’élasticité des parois des cylindres de la presse hydraulique, soit par l’entrée de l’eau dans les pores du métal, ou par les gaz contenus dans l’eau. Dans tous les cas, il est certain qu’une force 40 livres ne fera éprouver à l’eau aucune contraction sensible.
- « Toisième objection. L’expansion et la condensation de l’eau dans les tuyaux, produites par les variations de l’atmosphère, étant accompagnées d’effets semblables sur les tuyaux mêmes, ne permettront pas la conservation d’un niveau parfait.
- « Réponse. Les tuyaux seront enterrés à la profondeur d’environ 1 mètre ; là, ils ne seront guère affectés Par les variations de la température, et si même ils l’étaient, un robinet permettrait de faire écouler le trop plein de l’eau, tandis qu’une tubulure servirait à faire arriver dans le tuyau l’eau nécessaire à le remplir. »
- Il y a une objection plus grave qui empêchera, comme dit M. Jobard, M. Jowett de réussir, c’est le cas de rup-lure d’un des tuyaux. Comment trouver la place sans découvrir tout le tuyau d’une station à l’autre? Cette lois, M. Jobard, qui semble piqué du sans-gêne avec loquel M. Jowett s’attribue le mérite de l’invention, se contente de dire : « C’est une solution qu’il (M. Jowett)
- " n'a peut-être pas découverte ; elle est cependant bien " simple, puisqu’en moins de deux heures la rupture " peut être trouvée et réparée. » Mais M. Jobard la hissera chercher pendant quelque temps encore aux dateurs, qui la trouveront quand ils sauront qu’elle Existe.
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- Avenir de la Télégraphie électrique
- D’après MM. Breguet, membre du bureau des longitudes, et V. de SéRê, directeur du télégraphe à la gare du Nord.
- En regard des idées du docteur Guyot, j’en soumets maintenant à mes lecteurs qui plaident bien haut en faveur de la télégraphie électrique, et que je trouve dans une brochure publiée en 1849, par MM. Breguet et Y. de Séré, qui, après avoir exposé l’état actuel de la télégraphie électrique, cherchent à prévoir ce que ce système pourra réaliser dans une dizaine d’années :
- Application de la télégraphie électrique, avec une vitesse de cent signaux par minute, sur le réseau électrique qui comprend la France entière en 1860.
- « Dix ans se sont donc écoulés, et la télégraphie électrique s’est étendue dans toute la France, dans plus de trois cents de ses villes principales.
- « Elle s’est organisée et perfectionnée ; elle ne transmet plus avec une vitesse de 20 à 50 signaux par minute, mais bien avec cette vitesse de 100 signaux par minute que nous avons déjà obtenue en 1849, avec deux employés, l'un dictant, l'autre écrivant les lettres. *
- « Ce n’est pas tout encore. Il existe aujourd'hui, en 1849, des machines qui impriment plus de trente lettres par minute ; ce n’est donc point trop exiger d’une machine que de fixer sa puissance d’impression électrique à 100 lettres par minute, en 1860.
- «La télégraphie s’est donc transformée en une imprimerie à distance, dont la force d’impression est de 100 lettres par minute, ce qui porte la puissance de
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- transmission d’un télégraphe ou d’un fil de 5,000 mots ^ 25,000 mots par jour.
- « Telle est la force de transmission qu’il faut appliquer aux divers services publics et privés que nous n’avons tait qu’indiquer précédemment, et qu’il est permis de Apposer parfaitement organisés en 1860.
- « Malgré cet accroissement énorme de puissance, ce n’est plus cinq fils que l’on donne à toutes les lignes, niais dix ou quinze fils.
- Journaux électriques.
- « Le journal électrique n’a plus une influence restreinte, il s’imprime dans tous les chefs-lieux de départements, et plus de deux cents villes encore, si l’intérêt des populations le réclame.
- « Un seul télégraphe porte de Paris aux trois cents Villes 25,000 mots d’impression par jour.
- « Un second télégraphe fait converger des trois cents villes vers Paris 25,000 nouveaux mots d’impression.
- « Un troisième fil supplémentaire assure le service et Prévoit les accidents possibles.
- « Ainsi trois télégraphes assurent grandement 50,000 hïots par jour à la publicité. Le journal contient donc toutes les nouvelles politiques et commerciales de l’in-torieur du pays et de l’extérieur, les travaux, les votes, tos discours des assemblées délibérantes, les annonces indiciaires, les annonces de l’intérieur et même de l’ex-torieur dans l’intérêt des particuliers, etc.
- « Nous ne pouvons nous défendre ici d’une certaine hésitation et d’un grand étonnement. 11 suffit donc de trois fils ou trois télégraphes pour doter la France h'une presse nouvelle, non plus au service des partis, toais au service de tous, donnant à la France entière
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- l’histoire de la journée dans toute la rigueur du mot, c’est-à-dire avec la rigidité, le calme et l’inflexibilité de l’histoire.
- « Les journaux s’impriment à la même heure à Paris et dans les départements. Il n’y a donc plus alors de presse parisienne et de presse départementale, mais une presse unique véritablement française et nationale, là plus véridique possible, la plus instructive pour les populations, la plus désirable enfin comme l’expression la plus vraie des besoins et des vœux du pays (1).
- Poste électrique.
- « Telle que nous l’avons considérée déjà sur une ligne de cinq fils, la poste électrique dispose ici d’une force de transmission imposante. Le nombre des dépêches ou lettres qu’elle peut envoyer dans toutes les directions s’élève de 51,250 à cinq fois ce nombre, ou 5C6,2aO (un peu plus de deux millions et demi de mots) par jour.
- « C’est donc plus de 500,000 dépêches par jour que le public peut utiliser et faire servir à toutes les affaires d’intérêt privé (2).
- « Ainsi se trouve réalisée, sur une grande échelle et dans l’intérêt des particuliers, cette suppression des distances qu’on se borne à désirer maintenant pour les affaires les plus importantes, et qui est devenue, en 1860, un besoin impérieux pour toute chose utile ou sérieuse, futile ou agréable.
- (I) Celte ère nouvelle, qui se lève pour le journalisme, exigera probablement, après quelques années d’expériences, une loi de l'Etat pour régler ce nouveau genre de publicité.
- f2) C’est par an plus de 109 millions de lettres.
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- « Il importe de remarquer l’activité que la poste électrique imprime à toutes les affaires, aux relations du monde et d’amitié comme aux relations de parenté et de famille ; et surtout les bienfaits qu’elle rend à l’humanité, en venant diminuer ces heures d’incertitude et d’attente, ces angoisses terribles que l’éloignement nous fait si cruellement ressentir dans une foule de circonstances (1).
- «La poste électrique fonctionne donc en 1860 avec cinq fils ou cinq télégraphes, plus deux fils supplémen-1 nires, et donne au Trésor public des recettes importantes.
- Administration intérieure.
- « L'administration du pays qui, à la tête du mouvement général, l’a conduit avec sagesse et réglé avec Prudence, s’est encore réservé pour son usage cinq ûls OU cinq télégraphes, plus deux fils supplémentaires.
- « Elle dispose donc de deux millions et demi de mots Par jour, pour les besoins du service.
- « Elle a adopté des formes nouvelles, et transmet par
- télégraphe la plus grande partie des affaires, en se servant avec intelligence du langage secret et du langage alphabétique. Elle a donné l’impulsion aux correspondances télégraphiques en les faisant connaître et aPprécier par un usage particulier.
- « Devançant le mouvement au lieu d’être entraînée par *oi, elle est arrivée à constituer un immense bureau télégraphique qui expédie sur l’heure toutes les affaires 'k Paris pour la province et de la province pour Paris.
- « C’est ainsi qu’elle s’est emparée de cette singulière
- • U) Telles sont les maladies graves de nos parents et de nos amis, ç* nouvelles qui influent sur notre avenir et noire fortune, etc.
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- puissance de mettre en quelque sorte Paris en province et la province dans Paris.
- « La France a donc obtenu une centralisation plus puissante que jamais, mais perfectionnée de telle sorte que ses effets, se faisant sentir à l’heure même sur toute l’étendue du territoire, réalisent une décentralisation véritable, avec tous les avantages de l’unité du pouvoir.
- « Il est difficile de contester maintenant que la télégraphie électrique est devenue un des plus sûrs garants de l’ordre, de la tranquillité et de la sécurité publique. Désormais l’erreur et le mensonge, qui servent trop souvent à égarer les populations, à bouleverser la société, deviennent impossibles. Ils ne peuvent pénétrer nulle part sans y trouver le télégraphe électrique prompt comme la foudre et faisant briller le llambeau de la vérité pour les couvrir de ténèbres et de confusion.
- « L’histoire de nos soixante dernières années nous donne la mesure de l’importance des résultats qu’il est facile d’obtenir avec une ligne de 15 à 20 fils résumant tous les avantages que nous venons de signaler (1).
- Relations de peuple à peuple.
- « Il est permis de croire qu’en 4860 la phis grande partie des capitales de l’Europe seront reliées entre elles par des chemins de fer et par des lignes électriques. Dès ce moment toutes les considérations précé-
- (1) Tout ce qui précède repose sur des données certaines <Jae l’expérience a confirmées. Celte vitesse de 100 signaux par mi' nule est possible dès-aujourd’hui avec un personnel suffisant.
- On dépensera plus d’un milliard pour la construction des chemins de fer, et il ne faut pas dix millions pour l’établissement àe la télégraphie électrique en France.
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- dentes se généralisent de peuple à^'peuple pour*s’éten-dre sur l’Europe entière.
- « Ce sera surtout un avantage précieux pour les gouvernements de pouvoir communiquer sur l’heure de capitale en capitale, et de traiter, par le langage secret de ht télégraphie ou par un langage chiffré, connu d’eux seuls, les affaires diplomatiques, les questions les plus épineuses de la politique, les secrets de l’Etat, et tout ce qui se rattache enfin au repos du monde et à la conservation de la civilisation.
- « Nous voyons aujourd’hui le mouvement que la vapeur imprime à l’univers entier ; ce mouvement semble le précurseur de celui que le télégraphe électrique annonce déjà de manière à frapper tous les esprits ; c’est, en effet, l’application aux besoins des sociétés Modernes d’une imprimerie nouvelle, instantanée, Qui annule les distances et se complète de l’imprime-fie ancienne (1).
- Perfectionnements possibles du télégraphe électrique et aperçu des changements de mœurs et d'habitudes qu'ils semblent faire pressentir.
- « Nous avons jusqu’à présent rejeté avec soin tout écart dUmagination ; nous nous sommes renfermés d’abord dans les étroites limites d’une expérience de lUatre années, en ne considérant qu’une vitesse Moyenne de 20 signaux par minute ; nous avons ensuite *bnité jusqu’en 18601a vitesse de l’imprimerie électrique
- (1) n n’est pas sans intérêt de remarquer que l’usage de la valeur et ;'c la télégraphie aérienne a été utilisé à peu près à la niême époque, au commencement du siècle. Ces deux découvertes 0tlt grandi ensemble, et dès aujourd’hui ou ne comprend plus une v°*e de fer sans une ligne électrique.
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- à 100 lettres par minute. Le moment est donc venu de rechercher quelle peut être celle vitesse un jour.
- « Ce qui frappe le plus, lorsqu’on pratique la télégraphie électrique, c’est l’insuffisance de l’homme, para' lysant une vitesse inouïe, qu’il tient déjà captive, mai’5 qu’il doit limiter pour la rendre utile (1).
- « La vitesse de la télégraphie électrique telle qu’elje existe aujourd’hui, ne peut dépasser une certaine H' mite, car l’œil qui doit distinguer les signaux et main qui doit les écrire s’opposent à une grande vitesse.
- « Mais déjà l’imprimerie électrique existe et laisse u® vaste champ ouvert aux perfectionnements et à l’imagination, avant d’arriver aux limites du possible.
- « On comprend, en effet, une machine qui impriifle 400,200,500, même 4,000 lettres par minute.
- « Un télégraphe imprimant 200 lettres ou 40motspar minute, donne 2,400 mots par heure.
- « C'est transmettre par le télégraphe aussi vite (t plus vite que Von écrit.
- « Un télégraphe imprimant 200 lettres ou 60 mots pa1 minute, donne 3,600 mots par heure.
- « C’est transmettre par le télégraphe aussi vite Von parle.
- « Rien n’empêche donc de comprendre et même d’a^ tendre des perfectionnements qui donneront aux transmissions télégraphiques, d’abord la vitesse de l’écritu^ ordinaire, et, plus tard, la vitesse de la parole (2).
- (1) La vitesse présumée du courant électrique est de 80 à 90,0^ lieues par seconde. (Voir à ce sujet les Recherches de MM.
- et Gourietle, page 186.)
- (2) Dans la pratique on n’aura pas besoin de 200 ou de 3^ lettres par minute, car on peut créer un langage abrégé rep>,fl duil parle télégraphe; supposer une grande habileté aux afice-' télégraphiques pour le jeu de la machine et une excellente moire fortifiée par l’usage journalier de la langue abrégée.
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- k A cet énoncé, la pensée elle-même s’étonne et se refuse presque à suivre cette vitesse merveilleuse, qui peut la transporter instantanément dans tous les points du globe avec la rapidité de la parole.
- « Le siècle qui donnera naissance à ce perfectionnement et qui saura la généraliser, différera autant par ses mœurs et ses habitudes du siècle où nous vivons, que notre civilisation diffère de la civilisation du xvi® siècle.
- « Toutes les hypothèses sont donc permises et un champ immense est ouvert à toutes les imaginations.
- « La première pensée de chacun se porte déjà sur ces conversations que le télégraphe permet d’établir entre Paris, Londres, Bruxelles, Vienne, Berlin et Saint-Pétersbourg, tout aussi facilement que l’on cause aujourd’hui dans un salon ; sur un langage télégraphique abrégé, commun à tous les peuples, et faisant partie de l’éducation de la jeunesse (1).
- « La télégraphie électrique semble donc avoir pour mission d’abattre les barrières qui séparent les peuples entre eux, et de les rendre tous solidaires d’une même civilisation. Faisons des vœux pour que cette civilisation, sans cesse victorieuse de sa lutte contre la barbarie, poursuive de siècle en siècle sa marche progressive, propage les idées saines et morales, et diminue progressivement les maux de l’humanité. »
- (t) L’impression alphabélique du télégraphe reproduit les lettres ordinaires; elle n'a donc rien de secret, pas plus que la manière abrégée dont on peut s’en servir.
- Ces abréviations étant portées à la connaissance du public, simplifieraient grandement le travail. Au lieu de copier les dépêches, il suffirait de remettre simplement les imprimés obtenus par le télégraphe.
- Chacun pourrait alors traduire et lire les lettres qu’il reçoit, comme on lit aujourd’hui les lettres ordinaires.
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- VITESSE DE PROPAGATION
- RECHERCHES
- SUR LA VITESSE DE LA PROPAGATION DE L’ÉLECTRICITÉ,
- Par MM. H. FIZEAE et E. COISIIIIÆ.
- Jusque dans ces derniers temps, toutes les tentatives faites pour connaître la vitesse avec laquelle l’électricité se propage avaient été infructueuses. En 1834, M. Wheatstone a donné la description d’une méthode fondée sur les propriétés d’un miroir tournant avec une grande rapidité, et au moyen de laquelle il a pu rendre sensible et évaluer cette vitesse. D’après Al. Wheatstone, l’électricité se propage dans un fil de cuivre avec une vitesse de 460,000 kilomètres par seconde ; cette vitesse est une fois et demie plus grande que celle de la lumière. En 1849, il a été fait, en Amérique, de nouvelles recherches sur ce sujet par M. Walker. Des expériences avaient été entreprises pour faire servir les télégraphes électriques à la détermination des différences de longitude, et l’on s’aperçut bientôt que la durée de la transmission des signaux n’était pas négligeable, et qu’elle indiquait une vitesse de propagation beaucoup plus faible que celle qui avait été trouvée par M. Wheatstone. Al. Walker trouve, en effet, pour cette vitesse, 18,700 milles ou 30,000 kilomètres. Ce nombre est quinze fois plus faible que le précédent. Quoique la méthode de AI. Walker soit sujette à plusieurs objections, il est difficile de ne pas considérer ses expériences comme indiquant que la vitesse est très différente de celle qui a été trouvée par M. Wheatstone.
- Les recherches de MM. Fizeau et Gounelle ont été faites par une méthode différente des deux précédentes.
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- DE l’électricité. 187
- Le principe sur lequel elle repose consiste à interrompre un courant à des intervalles de temps très-rap-procliés et simultanément dans deux points très éloignés d’un conducteur, et à observer sur un galvanomètre les déviations produites, lesquelles varient avec le nombre des interruptions, et deviennent maximum Pour un certain nombre d’interruptions et minimum Pour un autre.
- Ces expériences ont été faites sur les fils des télégraphes électriques de Paris à Rouen et de Paris à Amiens, dont il a été permis à MM. Fizeau et Gounelle de disposer à plusieurs reprises, grâce à l’extrême obligeance de M. Lemaître et de M. Foy, successivement administrateurs en chef des lignes télégraphiques. Les deux fils de chacune de ces lignes pouvaient être téunis à Rouen qt à Amiens, et présentaient ainsi des conducteurs d’^e longueur énorme, dont les extrémités aboutissaient à une même salle du ministère de l’intérieur. Pour la ligne d’Amiens, on avait ainsi une longueur de 314 kilomètres ; pour celle de Rouen, 288. La première est construite en fil de fer ; la seconde Pour un tiers environ en fil de fer et pour les deux tiers fil de cuivre. Cette cir constance, fort heureuse pour es recherches en question, a permis de reconnaître |ie la vitesse n’est pas la même dans des conducteurs Afférents. Les interruptions étaient produites de la Manière suivante : une roue en bois de 30 millimètres Portait sur sa circonférence trente-six divisions égales, 'Lx-huit de platine et dix-huit de bois, alternant entre ftlles. Cette roue était montée sur l’axe d’une machine r°tative de M. Froment, dans laquelle un compteur Permet de mesurer la vitesse. Des lames de platine ^posées par paires, et isolées entre elles, venaient Appuyer sur les divisions ; chaque paire formait ainsi 'm interrupteur distinct. Les uns et les autres pou-
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- VITESSE 1)E PROPAGATION
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- vaient être réglés de manière à produire des interruptions concordantes ou alternatives. L’expérience a été disposée de plusieurs manières : la meilleure consiste dans l’emploi d’un galvanomètre différentiel ou à deux fils, et de trois interrupteurs a, b, c. Ces derniers sont réglés de manière que a alterne avec b , et concorde avec c.
- Soit une pile en communication avec la terre par un de ses pôles, par l’autre avec a, puis avec un des fils du télégraphe ; les deux fils étant réunis à l’autre extrémité de la ligne, le courant revient par l’autre fil : ce dernier est mis en communication avec b et avec c, chacun de ceux-ci avec un des fils du galvanomètre, enfin chacun de ces fils avec la terre. Le courant peut ainsi se rendre à la terre par deux chemins qui sont alternativement ouverts ou fermés ; et suivant que le passage a lieu par l’un ou par l’autre^Kaiguille du gai' vanomètre est déviée en sens contrôle. Pendant la rotation de la roue, il ne passe dans le galvanomètre que deo courants discontinus; mais l’on sait, d’après les expériences de M. Pouillet, que, lorsque les interrup' tions se succèdent rapidement, l’aiguille est déviée d’une manière stable comme si le courant était conti' nu. Dans cette disposition, la vitesse de propagation est révélée par des changements périodiques dans leS déviations correspondantes à des vitesses de rotation de plus en plus grandes ; mais les périodes ne sont paS toutes semblables : la deuxième est moins marquée qne la première ; la troisième est à peine sensible. Pour l8 ligne d’Amiens, la première période avait lieu avec une vitesse de 9 tours par seconde ; pour la ligne de Rouen, avec une vitesse de 13 tours 58.-
- Les expériences qui ont été faites par cette méthode conduisent aux conclusions suivantes :
- 1° Dans un fd de fer, dont le diamètre est de 4 nid'
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- Hraètres, l’électricité se propage avec une vitesse de 101,710 kilomètres par seconde; soit 100,000 kilo-kiètres ;
- 2° Dans un fil de cuivre, dont le diamètre est de 2mm5, cette vitesse est de 177,722 kilomètres : soit 180,000 kilomètres;
- 3° Les deux électricités se propagent avec la même vitesse ;
- 4° Le nombre et la nature des éléments dont la pile est formée, et par conséquent la tension de l’électricité et l’intensité du courant, n’oilt pas d’influence sur la vitesse de propagation ;
- 5° Dans des conducteurs de nature différente, les vitesses ne sont pas proportionnelles aux conducteurs électriques ;
- 6.° Lorsque les courants discontinus se propagent dans un conducteur, ils éprouvent une diffusion en Vertu de laquelle ils occupent un espace plus grand au point d’arrivée qu’au point de départ ;
- 7° La vitessse de propagation paraît ne pas varier avec la section des conducteurs; les expériences de HlM. Fizeau et Gounelle leur font considérer ce principe comme très-probable ;
- 8° Si ce principe est vrai, la vitesse de propagation île change qu’avec la nature du conducteur, et les nombres qui sont donnés représentent les vitesses absolues dans le fer et dans le cuivre.
- Télégraphe électrique sous-marin entre Douvres et Calais.
- J’ai inséré (page 112) une note, d’après une lettre de M. Walker, qui me fait un devoir de reproduire les renseignements suivants sur le fil sous-marin entre la France et l’Angleterre :
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- 190 TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE
- On écrit de Douvres, mardi soir (28 août 4850) :
- « Les opérations pour établir une communication au moyen d’un télégraphe électrique entre la Grande-Bretagne et le continent ont commencé ce matin dans notre port. A une heure, le steamer Goliath, chargé de tous les appareils nécessaires et monté par un équipage de 30 hommes, sous la surveillance du docteur Reid, de la chambre des communes, et de MM. T. Crampton, et C.-J. Wadaston, ingénieurs civils, était prêt à prendre la mer. Entre les deux roues du bâtiment était disposé un tambour de 15 pieds de long sur 7 de diamètre, pesant 7 tonneaux (7,000 kilos) et solidement fixé. Sur ce tambour était enroulé un fil métallique enveloppé d’une gaine de gutta-percha et d’une longueur d’environ 30 milles. Le cap Grinez, le point du continent le plus rapproché de la côte anglaise, entre Calais et Boulogne, et que l’on veut relier à notre île, en est séparé par une distance de 21 milles ; de sorte qu’il restait 9 milles de fil conducteur pour compenser le défaut de tension.
- « On avait calculé que l’on ferait 5 milles en dévidant le fil métallique que des jumelles de plomb d’un poids de 20 à 25 livres auraient entraîné au fond de la mer. En outre, le capitaine Bultock, du steamer de S. M. Widgeon, avait fait jalonner une ligne droite, autant que possible, au moyen de bouées surmontées d’un pavillon, et il devait suivre l’expérience sur son vapeur en qualité d’allége. Tout était prêt, les fils conducteurs, de leur point de départ placé sur le quai du port, traversaient le cap, d’où ils descendaient par une pente de 194 pieds au-dessus du niveau de la mer, lorsqu’une forte houle étant venue à s’élever, les ingénieurs ont pensé qu’il ne serait pas prudent de tenter l’entreprise, et l’opération a été renvoyée à mercredi quatre heures du matin, si 1e temps le permet. Toute-
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- fois, des expériences faites sur une courte échelle (un mille) démontrent, dès à présent, que le procédé que l’on a adopté est praticable. »
- On lit dans le Morning-Post du 29 :
- « Mercredi soir.
- « L’intéressante opération du jet à la mer du conducteur a commencé ce matin à dix heures et demie. Le Goliath, parti du quai du Gouvernement, a dévidé Son fil métallique, épais d’un dixième de pouce, et renfermé dans une gaine de gutta-percha. La partie (d’environ 300 mètres) qui ne plonge pas dans la mer, est t'enfermée dans un tube de plomb, pour la protéger contre les frottements. Le steamer a continué son opération sur le pied de trois ou quatre milles à l’heure, cri se dirigeant en ligne droite vers le cap Grinez.
- A environ huit heures du soir, la communication était accomplie, ainsi que le prouve la dépêche télégraphique suivante, reçue à Douvres :
- « Cap Grinez, côte de France, 8 heures 1;2 du soir,
- « Le Goliath est arrivé sain et sauf, et le fil conducteur sous-marin, dont l’extrémité est £ Douvres, jjboutit à la falaise. Pour la première fois, la France et "Angleterre peuvent échanger des compliments au traders et au moyen des profondeurs du détroit. »
- Ainsi dorénavant lorsque le service sera organisé, lue la malle française arrive ou n’arrive pas à Douvres temps opportun, on pourra toujours savoir à Londres lr‘s nouvelles de Paris et les prix de clôture de la Bourse ^ l’aide d’un messager qui défie l’espace et le temps.
- Le Standard ajoute ces détails : *
- « La plus grande difficulté que les ingénieurs s’at-^Maient à trouver dans le jet du fil conducteur, était à
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- un point situé au milieu!du détroit. C’est une profonde vallée sous-marine, bornée dans la longueur du canal par deux crêtes que les Français appellent le Colbart et la Yarne. Ces montagnes s’étendent l’une à une distance de 17 et l’autre de 12 milles. L’immense gouffre qu’elles circonscrivent est surtout redouté des marins, à cause de ses sables mouvants, où l’on est exposé à perdre ses ancres, filets, etc. Cependant on a heureusement, à ce qu’il paraît, surmonté cet obstacle, et le fil. a été, pense-t-on, déposé à une profondeur qui le met à Fabri des ancres des navires, des engins de pêche et des monstres marins. Toutefois, il sera curieux de savoir comment il pourra résister à la violence des cou rants et des commotions dont ces sortes de vallées sont censées le siège.
- TÉLÉGRAPHES DE H. FROMENT.
- Extrait des comptes-rendus de l’Académie des Science*-(Séance du 6 mai 1850.)
- « M. Pouillet présente à l’Académie un télégraph6 « de M. Froment ; cet appareil est un de ceux que « l’administration des télégraphes a demandés, il ya « quelques mois, à cet habile artiste. Ce qui le distim « gue, c’est qu’il écrit la dépêche, non pas en lettres, « mais en signes, au moyen d’un crayon qui se tailF « en écrivant, parce qu’il tourne sur lui-même etl « même temps qu’il exécute son mouvement de va $ « vient ; le crayon est mû d’une manière directe et saa5 « intermédiaire par l’armature de l’électro-aimantet « peut exécuter jusqu’à trois ou quatre mille vibration5 « simples par minute.
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- « Le premier modèle de ce genre a été construit par " M. Froment, il y a plusieurs années, à la demande " de M. Pouillet et sur ses indications ; M. Pouillet l’a l( fait fonctionner dans ses cours publics du conserva-« toire des Arts et Métiers depuis l’année 1845. »
- La vitesse de transmission de ce bel instrument étant plus grande que celle avec laquelle l’opérateur peut faire tourner le cadran qui sert à former les signaux, M. Froment y a fait une addition qui permet d’en rendre la maneuvre encore plus expéditive.
- La dépêche est composée d’avance en signaux télégraphiques découpés sur une bande de papier à l’aide d’une machine spéciale à clavier.
- Cette bande de papier ainsi préparée est livrée à l’appareil transmetteur qui de lui-même met en jeu l’appareil écrivant placé à l’autre station, .et cela avec toute fa rapidité que ce dernier comporte.
- Dans les télégraphes qui, n’étant pas placés entre les hiains d’agents spéciaux, sont mis plus directement au Service des particuliers et des compagnies de chemins de fer ; l’extrême rapidité de la transmission ne compense pas les inconvénients de la traduction de la dépêche en signes télégraphiques.
- Pour les applications de ce genre, M. Froment a Construit un autre télégraphe où l’aiguille qui indique les- lettres de la dépêche est dirigée par un appareil transmetteur d’une disposition nouvelle.
- C’est un clavier semblable à celui des pianos et dont chaque touche porte une lettre ou un chiffre ; il suffit de Poser le doigt sur une des touches pour que l’aiguille de l’autre station vienne se fixer sur le signe correspondant.
- La main la moins exercée peut envoyer une dépêche cri touchant sur le clavier les lettres qui la composent,
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- sans craindre d’erreur provenant de l’appareil. Une touche frappée mal à propos n’amène aucune altération dans les signes suivants, et la disposition mécanique est telle que l’on peut promener au hazard et tant qu’on veut les doigt sur le clavier sans introduire le moindre désaccord entre les appareils.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Pages.
- 1. — Introduction..................................... 5
- 3. — batteries voltaïques...................... io
- î. — Batteries de télégraphes......................... 15
- 8. — Amalgamation.................................. 17
- *0. — Galvanomètres................................... 18
- *3. — Multiplicateur................................ 21
- *4. — Galvanomètre de Jacobi.......................... 21
- *5. — Galvanomètre tangent............................ 22
- X — Galvanomètre sinus.............................. 22
- X — Méthode de Ohm.................................. 23
- *8. — Vibrations de Fechner......................... 23
- X — Galvanomètres asiatiques de Nobili.............. SA
- X — Galvanomètre télégraphique...................... 2A
- [X — Aiguille diamant................................ 2A
- X — Aiguille composée............................... 25
- X — Instrument télégraphique........................ 26
- X — Electro-aimant.................................. 29
- X — Electro-aimant télégraphique.................... Si
- X — Alarme.......................................... 31
- 1. _ poignée de sonnette, ou court circuit............ SA
- X — Conducteurs.................................... 35
- X — Isoloirs, ou insulateurs........................ 86
- |5. — Poteaux de détour............................... 87
- X — Introduction des fils........................... 38
- X — Fils de rues.................................... 39
- ^ — Gutta-Percha.....................................
- X — Circuit de la terre.............................. &2
- ï. — La terre réservoir d’électricité................ A6
- — Touches sonnantes................•............. **8
- *> — Un système de télégraphes........................ 51
- X — Appareil silencieux............................. 64
- J* — Plates-formes................................• • 66
- X «— Plate-forme double. *........................... 67
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- TABLE DES MATIÈRES.
- PaJ<
- § 59. — Plate-forme d’un fil...................... ]
- S 62. — BUREAU DE TÉLÉGRAPHE...................... '
- § 75. — Circuits de sonnette......................
- § 11. — Conducteurs de la foudre..................
- § 80. — Démagnétisation d’aiguilles. . ........... .
- § 85. — Orages magnétiques........................ .
- § 81. — Chenilles mobiles......................... ^
- § 89. — Bobines mobiles........................... ,
- § 90. — Vocabulaire de la double aiguille.........* . . j
- § 99. — Vocabulaires privés....................... j
- § 103. — Vocabulaires secrets...................... (
- § 100. — Vocabulaire de l’aiguille simple.......... (
- § 106. — Valeur des signaux........................ ,
- § 111. — Chemins de fer et télégraphes.............
- § 123. — Usage public du télégraphe................ ,
- § 127. — Révolution française...................... ,
- S 130. — Messages télégraphiques....................j
- § 132. — Electric telegrapii company...............
- S 135. — Liste des lignes télégraphiques...............‘
- § 136. — Stations télégraphiques.......................*
- § 138. — Télégraphes sous-marins.......................1
- APPKKDICE.
- Télégraphe Siemens............................................
- Rapport de M. Pouillet sur le télégraphe'Siemens..........
- Télégraphe Dujardin...........................................
- Télégraphe Bain...............................................
- Télégraphe Alexander..................................... ,
- Télégraphe Steinheil..........................................
- Aperçu général de la télégraphie, par M.-D. Magnif.r. • Télégraphie aérienne (système Chappe) et langue télégra-
- phique................................................ .
- Télégraphes lumineux..........................................
- Télégraphe de M. Gauss....................................
- Comparaison de la télégraphie électrique et de la télégraphie i
- aérienne, d’après le docteur Guyot......................J
- Télégraphes acoustiques....................................I
- Télégraphes hydrauliques...................................'
- Avenir de la télégraphie électrique, d’après MM. Breguet et V. j
- de Séré.................................................• j
- Application dans la France entière........................• |
- Journaux électriques.......................................j
- Poste électrique......................................... •
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- TABLE DES MATIÈRES,
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- Paj;es.
- Administration intérieure..................................... 181
- Relations de peuple à peuple.................................. 182
- Perfectionnements possibles du télégraphe électrique, et aperçu des changements de mœurs et d’habitudes qu’ils semblent
- faire pressentir........................................... 183
- Recherches sur la vitesse de la propagation de l’électricité, par
- MM. Fizeau et E. Gounelle.................................. 186
- Télégraphe électrique sous-marin entre Douvres et Calais. . . 89
- Télégraphes de M. Froment..................................
- FIN DE LA TABLE,
- TROYES. — TYP. CARDON.
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