- Accueil
- > Catalogue général
- > Fabre, Charles (1851-1933) - La photographie sur plaque sèche. 2. Emulsion au coton-poudre...
La photographie sur plaque sèche. 2. Emulsion au coton-poudre avec bain d'argent
-
-
- p.n.n. - vue 1/92
-
-
-
- LA
- PHOTOGRAPHIE
- SUR PLAQUE SÈCHE.
- p.n.n. - vue 2/92
-
-
-
- 6758 PARIS. — IMPRIMERIE DE GAÜTH1ER-VILLARS,
- Quai des Augustins, 55.
- p.n.n. - vue 3/92
-
-
-
- BIBLIOTHÈQUE PHOTOGRAPHIQUE.
- 'UèjÆSoü
- LA
- PHOTOGRAPHIE
- SUR PLAQUE SÈCHE.
- IL
- ÉMULSION AU COTON-POUDRE AVEC BAIN D’ARGENT
- PAR
- M. C. FABRE.
- PARIS,
- GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
- DI) BUREAU DES LONGITUDES, DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER,
- 65, quai des Augustins, 55.
- 1880
- Tous droits réservés.
- Page de titre n.n. - vue 4/92
-
-
-
- p.n.n. - vue 5/92
-
-
-
- LA
- PHOTOGRAPHIE
- SUR PLAQUE SÈCHE.
- INTRODUCTION.
- La découverte des émulsions photographiques est déjà ancienne, et c’est seulement dans ces dernières années que leur application a été sanctionnée par la pratique. La simplification apportée par ce nouveau procédé consiste en ce que la préparation de la surface destinée à former l’image s’obtient en versant sur un support (verre ou papier) un liquide visqueux tenant en suspension les sels d’argent sensibles à l’action de la lumière.
- Plusieurs substances peuvent servir à obtenir une bonne émulsion : le collodion, la solution de gélatine, celles de gomme, d’albumine, de silicates alcalins, les vernis, etc., peuvent fournir des émulsions dont l’emploi est avantageux, suivant le but que l’on se propose d’atteindre.
- L’émulsion au collodion est la plus anciennement connue, et, pour tout opérateur connaissant les premiers éléments de Photographie, Y émulsion C. Fabre. — La Photographie sur plaque sèche, j
- p.1 - vue 6/92
-
-
-
- — 2 —
- avec bain d’argent doit être considérée comme la plus facile à pratiquer, bien que les résultats qu’elle fournisse soient de tous points comparables à ceux que donne n’importe quel procédé. Nous décrivons ici une série de manipulations qui, exécutées avec soin, conduiront fatalement à un succès complet toute personne ayant les plus simples notions de la Photographie. __—
- L’expérience a montré que, de tous les procédés de collodion sec, celui dit au tannin, publié par le major Russel, offre le plus de chances de réussite. La préparation des glaces par cette méthode consiste, on le sait, à couvrir celles-ci de collodion, les sensibiliser par un bain d’argent, les laver pour faire disparaître l’excès de nitrate d’argent, les recouvrir de la solution de tannin et les laisser sécher; en cet état, la surface sensible formée sur le verre peut se conserver pendant plusieurs années avec toutes ses qualités.
- Cette couche, composée de coton-poudre, de bromure, d’iodure d’argent et de tannin, est en quelque sorte soluble dans l’éther mélangé d’alcool, et cette solution , ou pour mieux dire cette émulsion, amenée à un état de concentration convenable, peut de nouveau être étendue sur verre et fournir des couches sensibles supérieures, comme homogénéité, à celles données parla méthode primitive de préparation. Le lecteur au courant des manipulations photographiques saisira immédiatement les avantages de ce dernier procédé, avan-
- p.2 - vue 7/92
-
-
-
- — 3 -
- tages qui peuvent se résumer dans les trois qualités suivantes : i° rapidité de préparation des couches sensibles; 2° homogénéité des surfaces destinées à fournir l’image ; 3° identité des résultats fournis par les glaces préparées en même temps.
- Nous avons donc i° à produire une substance sensible destinée à fournir l’émulsion, substance qui peut se conserver fort longtemps ; ce résultat atteint, nous formerons 2° Y émulsion au moyen de laquelle nous obtiendrons 3° le cliché définitif. Examinons en détail chacune de ces manipulations.
- p.3 - vue 8/92
-
-
-
- CHAPITRE PREMIER
- PRÉPARATION DE LA SURSTANCE SENSIRLE.
- § I. - DES PRODUITS A EMPLOYER.
- Dans cette opération, on suit absolument la même marche que celle qui est indiquée pour la préparation des couches sensibles au tannin. On devra donc former le collodion, le sensibiliserparle nitrate d’argent, laver la pellicule sensible de manière à enlever l’excès de nitrate d’argent, faire agir le préservateur, laver et laisser sécher. Cette manipulation s’effectuera sur une assez grande quantité de matière, le produit obtenu se conservant avec toutes ses qualités pendant plus de six mois. En opérant ainsi, on évitera la répétition du travail le moins intéressant de ce procédé. Nous examinerons d’abord quels sont les produits à employer et décrirons ensuite la méthode opératoire,
- 1° Du collodion.
- Presque tous les collodions que l’on trouve dans le commerce peuvent servir dans ce procédé ; les
- p.4 - vue 9/92
-
-
-
- — 5
- meilleurs résultats s’obtiennent cependant avec celui qui est préparé selon la formule suivante :
- Alcool....................... 5o“
- Éther........................ 5ooe
- Coton-poudre................. 3^r,5o
- Iodure de cadmium............ i*r
- Bromure d’ammonium........... 2®r
- L’alcool rectifié à 4°° l’éther à 6o° conviennent fort bien; le coton-poudre sera préparé à haute température JyOn devra se procurer celui qui dans le commerce est connu sous le nom de coton-poudre poudreux ; on le reconnaît à ce que sa fibre est courte, il est difficilement étirable en longues houppes, et, lorsqu’on essaye de faire cette opération, il laisse échapper de sa masse de très courts filaments qui ont l’aspect d’une poudre blanche.
- L’iodure de cadmium et le bromure d’ammonium que l’on trouve chez les marchands de produits chimiques conviennent très bien pour ce procédé; ces deux sels doivent être conservés en flacons bien bouchés.
- Pour préparer le collodion, on pèse l’iodure et le bromure, on les verse dans un mortier de verre, on les broie en poudre fine et l’on ajoute alors une portion de l’alcool indiqué dans la formule; on laisse déposer, on filtre la partie claire et l’on ajoute de nouvel alcool jusqu’à complément de 5occ. A la solution limpide, versée dans un flacon, on ajoute 3gr,5o de coton-poudre; on agite de ma-
- p.5 - vue 10/92
-
-
-
- — 6 -
- nière que les fibres du coton soient bien imprégnées d’alcool. Ce résultat atteint, l’éther est versé dans le flacon par petites fractions (environ i5cc) en agitant fortement chaque fois; la solution est ainsi le plus souvent complète et limpide.
- Le collodion est généralement prêt à être employé lorsqu’il est parfaitement clair; ce résultat est atteint au bout d’une quinzaine de jours; il conserve longtemps ses qualités, mais il vaut mieux s’en servir dans les deux moisjqui suivent la date de sa préparation : il fournit alors des images supérieures à celles qu’il donne lorsqu’il devient plus âgé. Il doit être légèrement teinté en jaune, et, si après quinze jours il n’a pas cette teinte, on doit l’additionner d’une ou deux paillettes d’iode pur (environ ogr,o5). Cette addition a pour but de prévenir les images voilées^ qui proviennent le plus souvent d’un collodion alcalin.
- 2° Le bain d’argent.
- On le prépare d’après les proportions suivantes :
- Eau distillée....................... ioocc
- Nitrate d’argent.................... ioer
- Collodion de la formule ci-dessus. 8 à io gouttes
- On fait dissoudre le nitrate d’argent dans l’eau distillée et l’on expose à la lumière pendant environ quarante-huit heures ; on filtre, on ajoute huit à dix gouttes du collodion (qui doit être
- p.6 - vue 11/92
-
-
-
- — 7 —
- jauni) et deux gouttes d’acide acétique; on filtre, et le bain est prêt à l’usage.
- Pour sensibiliser la quantité de collodion indiquée plus haut (ioocc) on emploiera 200cc de bain d’argent; après la sensibilisation, le bain d’argent sera recueilli dans une éprouvette, étendu d’eau jusqu’à ce qu’il occupe le volume qu’il avait avant la sensibilisation ; on le filtrera, on l’exposera à la lumière jusqu’à ce qu’il redevienne limpide, et on l’additionnera de 5§r de nitrate d’argent par chaque ioocc de collodion qu’il aura servi à sensibiliser.
- 3° Des solutions pour lavage.
- Les deux premiers lavages s’effectuent à l’eau distillée. Cette eau dissout une grande partie de l’excès de nitrate d’argent; on doit la conserver dans les résidus à l’effet d’en extraire le métal précieux qu’elle renferme.
- Une troisième solution est destinée à enlever de la substance sensible l’excès de nitrate d’argent, qui est incomplètement détruit par les premiers lavages; à cet effet, on emploie la solution suivante, que l’on préparera par grandes quantités :
- Eau distillée.......................... ilu
- Sel de cuisine....................... a5sr
- Acide acétique......................... 5CC
- Dans cette formule l’eau distillée peut fort bien être remplacée par toute eau potable de bonne
- p.7 - vue 12/92
-
-
-
- _ 8 —
- qualité ; il vaut mieux cependant employer de l’eau distillée ; dans aucun cas l’eau dont on se servira ne devra contenir de matières organiques, sous peine de voir la substance sensible perdre certaines de ses qualités en peu de temps.
- Une quatrième solution rênferme :
- Eau....................... ihl
- Bicarbonate de soude....... ?.gv
- On doit la filtrer avant l’emploi.
- Tous les lavages s’effectuent à l’eau distillée.
- Tous ces bains doivent être filtrés avec le plus grand soin. Il est indispensable, dans ce procédé, d’éviter la poussière, et l’on ne saurait rendre trop limpides par des filtrations répétées toutes les solutions que l’on emploie. La beauté des résultats sera la meilleure récompense de ce petit surcroît de travail.
- 4° Le préservateur.
- Il renferme les produits ci-dessous:
- Eau distillée iUt
- Tannin 3osr
- Acide gallique
- Acide phénique. 5 gouttes -
- Alcool IOOco
- Quelques précautions sont nécessaires poxqypré-parer cette solution. Après avoir pesé les 3(r* de tannin, on les fait dissoudre dans 6ooc° d’eau. La dissolution s’effectue lentement ; elle est générale-
- »
- p.8 - vue 13/92
-
-
-
- - 9 —
- ment trouble. Il faut la filtrer jusqu à limpidité parfaite, ce qui, de la part de l’opérateur, nécessite une certaine dose de patience. On abrège ce travail de la manière suivante : on laisse déposer la solution de tannin pendant environ une heure ; on mouille avec de l’eau distillée le filtre à plis qui est destiné à filtrer la solution et l’on verse lentement celle-ci dans le filtre ; on ne verse le dépôt dans le filtre que lorsque la solution est presque toute passée. On a ainsi un liquide louche, légèrement coloré en jaune et que plusieurs filtrations sur un nouveau double filtre de papier blanc à plis rendront complètement limpide.
- L’acide gallique sera dissous dans 4°°cc d’eau tiède. Cette solution doit aussi être complètement limpide.
- Ce résultat atteint, on mélange les deux solutions, on filtre de nouveau et le liquide tout à fait clair est amené au volume d’un litre; on l’additionne alors de ioocc d’alcool, renfermant cinq gouttes d’acide phénique ; il est alors prêt à être employé.
- Chaque fois que ce préservateur aura servi, on ramènera la solution au volume primitif à l’aide d’un préservateur plus concentré, renfermant :
- «r
- Eau............................... 100“
- Tannin......................... 8b'
- ^Acide gallique................ osr,2
- Alcool......................... 15“
- Acide phénique..................... i goutte
- p.9 - vue 14/92
-
-
-
- - 10 -
- Ce préservateur concentré doit être préparé de la même manière que le précédent; au besoin, on s’aidera de la chaleur pour dissoudre soit le tannin, soit l’acide gallique.
- Les filtrations doivent s’effectuer sur du papier blanc afin d’éviter les fortes traces de fer que contient le papier gris. La solution se colore bien un peu par sa filtration sur le papier blanc, mais cette coloration n’a pas d’influence nuisible. A la longue, la solution de tannin devient de plus en plus foncée ; elle doit être rejetée lorsqu’elle devient trop brune : elle occasionne alors des images dures et qui nécessitent un temps de pose plus long que celui qui est exigé par des préparations obtenues à l’aide de solutions presque incolores.
- Il est très important de n’ajouter l’alcool à ces solutions qu’après filtration du tannin jusqu’à limpidité complète, Si l’on néglige cette précaution, l'eau alcoolisée dissoudra une substance résineuse qui occasionnera sur les images une foule de taches. De plus, la substance sensible destinée à fournir l’émulsion se détériorera au bout de peu de temps ; elle deviendra presque noire et en cet état ne donnera que de mauvaises images. Ces divers insuccès seront complètement évités si l’on observe nos recommandations. ^
- p.10 - vue 15/92
-
-
-
- II. — MARCHE DES MANIPULATIONS.
- La plupart des opérations destinées à obtenir les images photographiques s’effectuent dans un local appelé cabinet obscur. Le procédé que nous décrivons, basé sur l’emploi de produits très sensibles à l’action de la lumière, nécessite un cabinet obscurci à l’aide de verres recouverts d’une épaisse solution de chrysoïdine dans la gélatine ou mieux de pellicules de chrysoïdine, que l’on trouve toutes préparées dans le commerce. On peut à la rigueur opérer dans une chambre dont les fenêtres sont recouvertes de papier imprégné d’une solution alcoolique concentrée de chrysoïdine, mais ce papier a l’inconvénient d’absorber beaucoup de lumière ; enfin on peut recourir à l’emploi de deux verres de couleur rouge foncé superposés. Dans aucun cas on ne se servira de verre jaune. Ce verre, excellent pour le procédé au collodion humide, ne vaut rien pour obscurcir un laboratoire dans lequel on pratiqua les émulsions à l’iodobromure d’argent. Si l’on ne peut pas se procurer de verres rouges convenables, il vaut mieux s’éclairer à l’aide d’une bougie que l’on enferme dans une lanterne dont les verres sont recouverts au tampon, sur les deux faces, d’une couche épaisse de jaune de chrome mélangé à l’huile siccative des peintres.
- On évitera absolument l’accès de toute lumière
- p.11 - vue 16/92
-
-
-
- _ 12 —
- du jour, même de celle qui, provenant du mauvais état des joints des portes ou fenêtres, est si faible qu’elle n’a aucune influence sur les plaques préparées par le procédé du eollodion humide.
- Si l’on n’observe pas ces précautions, des images voilées, enfumées, se renforçant mal, seront la conséquence de ce manque de soin. Les neuf dixièmes des insuccès éprouvés par les personnes qui commencent l’étude des émulsions proviennent uniquement du mauvais état de leur cabinet obscur ou de leurs châssis, qui laissent passer la lumière : nous ne saurions trop insister sur ce point.
- Quant au matériel indispensable au procédé par émulsion, il est très simple et se borne à deux cuvettes en porcelaine de la dimension onl, 27 sur om,33, deux vases à précipiter en verre ou deux flacons à l’émeri à large goulot, de la contenance d’un litre de capacité, une spatule de verre ou de platine ( que l’on peut d’ailleurs remplacer par une bande de verre); tels sont les appareils indispensables : ils se trouvent dans les ateliers de Photographie les plus simplement organisés.
- Dans le procédé que nous décrivons, les opérations peuvent s’effectuer d’une manière discontinue, ce qui pour certaines personnes est un grand avantage. Aussitôt que les lavages sont commencés, on peut laisser les autres opérations se continuer d’elles-mêmes, pourvu que l’on évite tout accès de la lumière sur le produit que l’on prépare. A cet effet, on aura une caisse complètement fermée, ne
- p.12 - vue 17/92
-
-
-
- — 13 -
- laissant passer aucun rayon lumineux et dans laquelle on renfermera soit la cuvette, soit le vase à précipiter ou le flacon dans lequel s’effectuera le travail. La présence de l’opérateur n’est pas ici nécessaire comme dans presque tous les procédés ; l’opération se fait en quelque sorte automatiquement, et c’est là un avantage qui sera fort apprécié par toutes les personnes qui ne peuvent consacrer aux opérations photographiques qu’un temps très limité.
- 1° Évaporation du collodion.
- Dans tout procédé photographique basé sur l’emploi du collodion, on prépare la couche sensible en se débarrassant de l’éther et de l’alcool qui servent de dissolvants aux iodures, bromures et pvroxyle. On verse une certaine quantité de collodion à la surface d’une glace ; lorsque l’éther et l’alcool se sont évaporés, il reste une mince couche de coton-poudre et de sels haloïdes; ils sont l'endus sensibles à la lumière par immersion dans un bain de nitrate d’argent.
- Nous suivrons absolument la même marche ; mais, au lieu d’étendre le collodion sur une série de plaques, nous le répandrons dans un récipient qui lui-même servira à renfermer l’agent sensibilisateur.
- A cet effet, dans une cuvette de porcelaine de la dimension om,ay sur om,33, nous verserons 200cc de collodion ; cette opération peut se faire en pleine
- 2
- p.13 - vue 18/92
-
-
-
- _ 14 —
- lumière. L’éther et l’alcool s’évaporent spontanément, et pendant ce temps on doit maintenir la cuvette dans une position horizontale, de manière que la couche ait partout la même épaisseur; au bout d’un certain temps, le collodion s’épaissit et il se forme à la surface de la couche une pellicule qui empêche l’évaporation de la couche sous-jacente. On perce alors cette pellicule, et, par une inclinaison convenable de la cuvette, on fait revenir au-dessus de la pellicule formée la portion du liquide qui était au-dessous. Dans cette opération, que l’on peut d’ailleurs répéter plusieurs fois, il faut veiller à ce que l’épaisseur du résidu qui restera dans la cuvette soit partout la même, -y % Par une température de i5° à i8°, dans un local aéré et pour la quantité de produits que nous indiquons, après une demi-heure environ, le liquide, presque totalement évaporé, laisse un résidu qui, touché du bout du doigt, n’adhère pas à celui-ci. On peut, à partir de ce moment, commencer la sensibilisation, ce qui doit se faire dans le cabinet obscur, -y
- L’évaporation du collodion doit, autant que posr sible, s’effectuer dans un local aéré et loin de toute source d’éclairage artificiel ou de tout foyer qui serait placé à peu de distance du sol. Les vapeurs d’éther très inflammables sont en même temps très denses ; leur accumulation dans un petit local peut avec l’air donner lieu à des mélanges qui détonent parle contact d’un corps enflammé. Par conséquent,
- p.14 - vue 19/92
-
-
-
- — 15 —
- dans cette opération, on observera les précautions que nous venons de signaler et qui sont prises dans tout local où l’on fait une certaine consommation de collodion.
- V Il n’y a pas de phénomène caractéristique indiquant l’instant précis où l’on doit verser le bain d’argent sur le collodion; ceci n’a pas d’ailleurs une influence aussi grande que dans la préparation des plaques par bain d’argent. Tout ce que l’on peut dire, c’est que cette opération ne doit pas être faite avant que le collodion soit pris en gelée assez ferme pour ne pas adhérer au doigt lorsque cette gelée est touchée par celui-ci. On ne doit pas non plus attendre que, l’éther et l’alcool étant complètement évaporés, il ne reste que le pyroxyle et les iodures et bromures. Il s’écoule d’ailleurs entre ces deux points, faciles à saisir, un temps assez long et qui donne toute la marge nécessaire à l’opérateur.
- La sensibilisation effectuée trop tard donne quelquefois un produit peu sensible à la lumière et fournissant des couches grenues et d’un renforcement assez difficile.
- 2° Sensibilisation.
- Pour cette opération, qui s’effectue dans le cabinet obscur, on emploiera le bain d’argent dont nous avons donné la formule. On filtrera ce bain dans la cuvette qui contient le résidu du collodion. Il suffira d’environ 35occ à 4oocc de cette solution pour la quantité de collodion indiquée.
- p.15 - vue 20/92
-
-
-
- - 16
- Dès le début de l’opération, l’éther et l’alcool qui se trouvent encore dans la cuvette empêchent la solution de nitrate d’agir sur les iodures et bromures ; il se produit à la surface des espèces de veines grasses analogues à celles que l’on voit au commencement de la sensibilisation d’une plaque col-lodionnée. Lorsque le bain est complètement filtré, on peut, en balançant légèrement la cuvette, faire disparaître les veines huileuses ; cela ne demande que quelques minutes. On voit bientôt le liquide couler régulièrement à la surface de la couche formée par le collodion; la sensibilisation peut alors se terminer soit dans un flacon, soit dans un vase à précipiter. Pour cela, au moyen d’une lame de verre ou d’une spatule en platine, on divise par lignes parallèles distantes de om,oi la couche qui est dans la cuvette; cela favorise l’action du bain d’argent, et après trois minutes on peut verser dans le récipient que l’on a adopté tout le contenu de la cuvette. On choisit un vase d’un diamètre tel que le bain d’argent recouvre d’environ om,o3 la substance qui était au fond de la cuvette, yÇ
- Pendant une heure, on agitera de temps en temps le précipité qui se trouve au fond du vase, afin que le bain d’argent agisse uniformément; après cela, on pourra considérer la sensibilisation comme terminée.
- Il est inutile de prolonger l’opération plus longtemps, à moins qu’il ne fasse très froid. Par une température moyenne, il y a inconvénient à laisser
- p.16 - vue 21/92
-
-
-
- agir le bain d’argent pendant plus d’une heure s’il n’est pas fortement acide, et, même dans ce cas, les plaques manqueront de sensibilité. Les glaces se conserveront d’autant plus longtemps que la sensibilisation se sera faite plus rapidement à une température moyenne.
- On reconnaît que l’opération est terminée en prenant un fragment du collodion qui est dans le bain d’argent, le posant sur une plaque de verre et le partageant : la cassure doit être uniforme et présenter une teiute blanc jaunâtre analogue à la porcelaine. Ce résultat atteint, il n’y a aucun avantage à prolonger la sensibilisation, et avec certains cotons on court le risque d’obtenir des images voilées. Le nitrate d’argent se combine d’abord avec les iodures et bromures, puis avec la matière organique. Cette combinaison exige des lavages soignés, sans lesquels les glaces ne se conservent pas. Avec des lavages bien faits, on peut compter sur une conservation tout aussi longue que celle qu’on obtient par le procédé Taupenot, procédé dans lequel la combinaison d’albumine et de nitrate d’argent joue le principal rôle.
- Le collodion étant complètement sensibilisé, on laisse déposer les pellicules; on décante le bain d’argent dans son flacon et l’on procède aux lavages.
- 3° Lavage des pellicules.
- Les pellicules obtenues dans l’opération précédente sont plus épaisses que la mince couche qui,
- p.17 - vue 22/92
-
-
-
- dans le procédé au tannin, recouvre la glace qui sert de support; on conçoit donc que les lavages, ^qui ont pour but d’enlever l’excès de nitrate d’argent, doivent être plus prolongés que lorsqu’on opère sur verre.
- Après avoir enlevé autant que possible la solution d’argent en laissant égoutter convenablement les pellicules dans un entonnoir, on reverse celles-ci dans un vase ou un flacon contenant de l’eau distillée (iht environ). On agite fortement toutes les deux minutes, et après dix minutes on décante l’eau pour la remplacer par une petite quantité d’eau distillée qui enlève presque complètement les traces de nitrate qui adhèrent à Vextérieur des pellicules.
- A cause de l’épaisseur de ces dernières, un lavage à'l’eau pure devrait être prolongé très longtemps pour enlever complètement le nitrate d’argent; de plus, avec certains pyroxyles qui contiennent des matières organiques capables de se combiner avec le sel d’argent, l’émulsion sèche ne tarderait pas à se détériorer. Le lavage au chlorure de sodium a pour but de transformer en chlorure d’argent l’excès de nitrate et d’agir sur la combinaison organique de manière à empêcher la production d’images voilées; on peut sans inconvénient prolonger ce lavage pendant plusieurs heures, une journée même, et laisser l’opération s’effectuer spontanément. Dans aucun cas on ne doit faire agir le chlorure de sodium moins d’un quart d’heure,
- p.18 - vue 23/92
-
-
-
- — 19 —
- et il est alors utile d’agiter fortement les pellicules avec cette solution dans un flacon à l’émeri à large ouverture.
- Dans tous les cas on laisse les particules se déposer au fond du vase, et l’on décante soigneusement le liquide limpide ; on verse un peu d’eau sur les pellicules pour enlever l’excès de chlorure de sodium dont elles sont imprégnées, et, lorsque cette eau n’est plus acide, on fait agir le bicarbonate de soude.
- L’emploi de ce sel permet d’obtenir des couches plus sensibles que celles que donne un simple lavage à l’eau ; il semble se produire ici une modification moléculaire du sel d’argent qui le rend plus apte à s'impressionner sous l’influence des rayons lumineux et à donner des couches qui se renforcent facilement par la seule action du révélateur alcalin.
- Cette transformation demande un certain temps pour se produire ; c’est pourquoi l’on doit laisser le bicarbonate agir pendant un certain temps ou bien employer une solution légèrement chauffée, à 35° environ; mais ce moyen peut, avec certains cotons, donner lieu à la production d’images voilées ; le mieux est de laisser agir le bicarbonate pendant environ deux heures.
- L’excès de ce dernier sel doit être enlevé par des lavages à l’eau distillée ; en général, deux lavages suffisent, et, s’il reste un peu de bicarbonate de soude dans les pellicules, l’influence de ce sel n’est pas nuisible et semble même augmenter la sensi-
- p.19 - vue 24/92
-
-
-
- 20 —
- bilité du produit. Il y a d’ailleurs une douzaine d’années que l’emploi d’un préservateur au tannin et contenant du bicarbonate de soude a été préconisé.
- Si l’on ne désire pas avoir des plaques d’une grande sensibilité, on peut supprimer ce lavage au bicarbonate; il faut alors enlever l’excès de chlorure de sodium qui reste dans les pellicules par trois lavages successifs à l’eau tiède (35° ) pendant une demi-heure et deux lavages avec de l’eau à la température ordinaire. Ces lavages peuvent s’effectuer en mettant les pellicules dans un flacon plein d’eau et agitant. On peut alors appliquer le préservateur au tânnin dont nous avons donné plus haut la formule.
- 4° Préservateur.
- Ce dernier doit agir pendant environ dix minutes ; dans l’intervalle, on agite fréquemment les pellicules, afin qu’elles s’imbibent autant que possible de la solution de tannin.
- Si pendant cette opération les pellicules prenaient une légère coloration rougeâtre, ce serait une preuve que les lavages n’ont pas été faits d’une manière assez complète; ce fait se présente surtout lorsque l’on néglige le lavage au chlorure de sodium.
- L’immersion dans le tannin étant suffisamment prolongée, on laisse déposer les pellicules et l’on décante le liquide limpide dans son flacon. On lave alors les pellicules avec de l’eau distillée que l’on
- p.20 - vue 25/92
-
-
-
- - 21 —
- renouvelle six ou huit fois en laissant déposer chaque fois. On verse les pellicules sur un linge fin placé au-dessus d’un entonnoir; on les rassemble au milieu et l’on forme un nouet pour les comprimer légèrement, afin qu’elles ne contiennent pas un trop grand excès d’eau qui retarderait le séchage.
- 5° Séchage.
- Les pellicules ainsi exprimées sont placées sur plusieurs doubles de papier buvard blanc, en les séparant autant que possible les unes des autres. En cet état, elles sont abandonnées à une dessiccation spontanée dans l’obscurité la plus complète. Pour hâter cette dessiccation on peut, au bout de deux heures, les changer de papier. L’opération marche alors plus vite, surtout si les pellicules sont placées sur une étagère située près du plafond du laboratoire.
- L’emploi de la chaleur pour obtenir un séchage plus rapide n’est pas sans inconvénient. Tant que la température ne dépasse pas 35° à 4°°? elle n’a pas d’effet nuisible. Les pellicules séchées à une température plus élevée donnent des images voilées et qui ne se renforcent pas facilement. La dissolution de ces pellicules dans le mélange d’éther et d’alcool s’effectue d’ailleurs avec plus de difficulté. Avec le séchage à la température ordinaire, on n’éprouve pas ces insuccès, mais l’opération est plus longue et demande environ quarante-huit heures.
- p.21 - vue 26/92
-
-
-
- - 22
- On reconnaît que les pellicules sont sèches lorsque, en les faisant rouler sur un papier glacé, elles produisent le même bruit que produirait, dans ces circonstances, du sable fin bien sec.
- En séchant, les pellicules diminuent beaucoup de volume et prennent quelquefois une teinte grise. On ne doit point s’en inquiéter, l’expérience ayant montré que cette coloration, lorsqu’elle n’est pas trop accentuée, n’a aucune influence sur la nature des images. Le point principal à observer, c’est que le séchage ne soit pas considéré comme absolument terminé si les pellicules ne sont pas dures et n’offrent point le caractère indiqué plus haut.
- On peut alors faire dissoudre l’émulsion sèche dans le mélange d’éther et d’alcool ou bien la conserver à l’état sec dans des flacons bien fermés et à l’abri de la lumière. Il est important que les flacons destinés à conserver la poudre d’émulsion soient séchés d’une manière absolue avant d’y introduire la poudre sèche, sans quoi celle-ci ne se conserve pas longtemps. Dans des flacons bien fermés, l’émulsion sèche ne présente pas trace d’altération après dix mois ; il est même probable qu’elle pourrait se conserver plus longtemps, bien que le délai ci-dessus puisse suffire à la majorité des cas.
- Cette longue conservation est inappréciable dans la pratique : on a, en effet, toujours sous la main une poudre sèche qu’il suffit de dissoudre dans un mélange d’éther et d’alcool et d’étendre sur des
- p.22 - vue 27/92
-
-
-
- — 23 —
- glaces pour avoir en peu d’instants telle quantité de plaques préparées qu’il conviendra, et cela sans fatigue et sans ennui. L’opération peut d’ailleurs s’effectuer sans grande difficulté, en quelque endroit que l’on se trouve, pourvu que l’on puisse disposer d’un local facile à obscurcir ; on travaille alors à la lumière d’une bougie renfermée entre des verres convenablement colorés.
- Ces avantages compensent amplement la longueur de la préparation de l’émulsion sèche. Cette longueur est, en somme, plutôt apparente que réelle, car on est maître d’interrompre l’opération commencée pour la reprendre plus tard, avantage précieux pour les amateurs ou pour les personnes qui ont d’autres occupations que la Photographie. La simplicité des manipulations, le peu de connaissances chimiques qu’elle exige de la part de l’opérateur, nous font préférer cette méthode d’émulsion par collodion à la plupart de celles qui ont été publiées.
- Les personnes qui trouveraient plus avantageux d’acheter leur émulsion soit dissoute, soit à l’état de poudre sèche, auront grand avantage à pratiquer le mode opératoire que nous indiquons par la suite et qui s’applique à toutes les émulsions au collodion que l’on trouve dans le commerce, ainsi que nous avons pu le constater plusieurs fois.
- p.23 - vue 28/92
-
-
-
- — 24
- CHAPITRE II.
- FORMATION DE L’ÉMULSION.
- DISSOLUTION DE LA POUDRE SÈCHE.
- Cette opération s’effectue dans le cabinet obscur. On pèse 4gr d’émulsion sèche réduite en poudre assez fine; on la verse dans un flacon contenant 5occ d’alcool rectifié à 4o°, et l’on agite fortement pendant quelques minutes. On laisse reposer pendant un quart d’heure, on agite de nouveau et l’on verse dans le flacon 5occ d’éther. On agite alors de temps en temps jusqu’à ce que la poudre d’émulsion soit complètement dissoute.
- D’après certains caractères de cette dissolution, on peut augurer avec certitude de la qualité des plaques qui seront préparées. Environ quatre heures après que la dissolution est complètement effectuée, on versera quelques gouttes de celle-ci sur une plaque de verre et on examinera la couche lorsque l’éther et l’alcool seront complètement évaporés. Cette couche doit offrir les deux caractères suivants : i° elle sera assez brillante et n’aura pas
- p.24 - vue 29/92
-
-
-
- - 25
- l’aspect mat, plâtreux, qui résulterait de particules trop grenues ; 2° la lumière d’une bougie placée à 3m environ de l’opérateur et examinée à travers la couche doit paraître colorée en rouge orangé. Ce phénomène est caractéristique d’une bonne émulsion ; il n’est quelquefois pas bien marqué lorsque la poudre sèche n’est dissoute que depuis peu de temps, mais il ne tarde pas à se montrer avec les bonnes émulsions à la fin du second ou du troisième jour.
- La translucidité de l’émulsion est un caractère qui ne peut pas fournir de données bien certaines sur la qualité de l’image que l’on obtiendra. Le plus souvent, les émulsions donnant des couches translucides fournissent des clichés qui se renforcent facilement, mais qui s’obtiennent avec un temps de pose plus long que celui que nécessitent les plaques à couches plus opaques. Il se présente souvent des exceptions à cette règle ; c’est pourquoi l’on ne peut invoquer la translucidité de la couche comme moyen de discerner une bonne plaque d’avec une mauvaise.
- Si l’émulsion a été réduite en poudre fine et agitée plusieurs fois fortement, on peut l’étendre sur les plaques après vingt heures ; elle ne possède pas encore toutes ses qualités, mais peut déjà donner de bonnes images. Pour qu’elle fournisse les meilleurs résultats il faut, en général, attendre trois ou quatre jours en hiver et deux jours en été, à la condition d’agiter le flacon au moins deux fois par jour. Cette
- 3
- p.25 - vue 30/92
-
-
-
- 26 -
- agitation, nécessaire dans le commencement de la préparation, a pour but d’empêcher un dépôt visqueux qui serait formé au fond du flacon par la poudre d’émulsion non dissoute. L’agitation fréquente permet aussi d’éviter presque complètement la production de stries, qui se manifestent dans la couche lorsqu’on étend l’émulsion sur verre. Pour dissoudre 46r de poudre et former ioocc d’émulsion, l’emploi d’un flacon d’une contenance de 25occ est extrêmement avantageux.
- L’émulsion ainsi dissoute peut se conserver pendant plus d’un mois, et ce n’est qu’à la longue qu’elle perd ses propriétés ; elle ne paraît pas se conserver indéfiniment, et sa conservation, bien que plus longue que celle du collodion photographique ordinaire, dépend de bien des causes qui ne sont pas encore complètement définies.
- Les émulsions préparées depuis une quinzaine de jours ont quelquefois une tendance à laisser déposer le bromure et l’iodure d’argent qu’elles tiennent en suspension; certaines même laissent complètement déposer ces sels, qui sont alors au-dessous d’une couche d’éther et d’alcool légèrement colorée en rouge jaunâtre.
- Dans ces deux cas, par une agitation énergique, on peut ramener le bromure et l’iodure d’argent à être maintenus en suspension dans le liquide, et l’emploi de cette émulsion peut donner de bons résultats.
- Il est une règle qui s’applique à tous les procé-
- p.26 - vue 31/92
-
-
-
- dés photographiques et qui ne souffre que peu d’exceptions : Les meilleures épreuves s obtiennent avec des produits fraîchement préparés. Dans cette méthode d’émulsion comme dans toutes les autres, on peut appliquer cette règle ; hâtons-nous cependant d’ajouter que l’âge des produits mis en œuvre est loin d’avoir une importance aussi grande que dans tout autre procédé.
- Le dosage que nous avons indiqué plus haut et que nous répétons ici :
- A. Alcool............................ 5occ
- Éther.............................. 5occ
- Poudre sèche...................... 4gr
- n’a rien d’absolu. Avec certains cotons très solubles dans l’éther et dans l’alcool, on pourra modifier le dosage de la manière suivante :
- B. Alcool.................... 6o°°
- Éther....................... 40°°
- Poudre sèche................ 5sr à 6®r
- Si au contraire le coton-poudre donne un collodion épais, se clarifiant lentement et donnant un résidu assez volumineux, on emploiera la formule sui-
- vante :
- C. Alcool....................... 4°co
- Éther........................ 6occ
- Poudre sèche......;.......... 3»r, 5
- Ces trois formules répondent à la plupart des cas qui peuvent se présenter : nous employons presque toujours la formule A, qui donne des couches d’épaisseur moyenne, avec le coton-poudre pour
- p.27 - vue 32/92
-
-
-
- — 28 —
- collodion sec que l’on trouve chez les marchands de bons produits photographiques. Nous engageons l’opérateur à essayer d’abord de la première formule, et nous lui conseillons de ne recourir aux autres que dans le cas où il ne pourra attribuer l’insuccès qu’à la plus ou moins grande épaisseur de la couche et à la manière dont s’étend l’émulsion sur les plaques préparées.
- Il est inutile de filtrer l’émulsion longtemps avant de Vemployer ; il suffit de faire cette opération environ une demi-heure avant de l’étendre sur les glaces.
- Pour avoir des couches bien homogènes, il est indispensable de filtrer soigneusement l’émulsion ; on y parvient soit à l’aide des appareils spéciaux à filtrer le collodion, soit plus simplement au moyen d’un entonnoir garni de verre filé (glaswolle) et recouvert d’une plaque de verre.
- Si l’on n’a pas de verre filé, on peut fort bien filtrer l’émulsion en se servant d’un tampon de coton cardé, préalablement lavé à l’éther et séché. Avant de commencer la filtration, il est bon de l’humecter avec quelques gouttes d’éther; la filtration s’effectue alors rapidement. Elle s’effectue encore plus vite si l’on prend pour filtrer le coton cardé, bouilli pendant environ une demi-heure dans une solution de soude caustique préparée d’après la formule
- Eau................................ ioo00
- Soude caustique à la chaux......... isr
- p.28 - vue 33/92
-
-
-
- — 29
- Après cette opération, le coton est lavé avec grand soin, séché et conservé à l’abri de la poussière. L’emploi de ce coton permet de filtrer l’émulsion assez rapidement pour que l’évaporation de l’éther et de l’alcool n’ait pas d’influence sensible sur les résultats que l’on obtiendra. Cette filtration doit, bien entendu, s’effectuer dans le cabinet obscur, et l’on doit absolument préserver de toute lumière active soit la poudre sèche, soit l’émulsion préparée.
- p.29 - vue 34/92
-
-
-
- - 30
- CHAPITRE III.
- OBTENTION DU CLICHÉ A L’AIDE DE L’ÉMULSION.
- Trois opérations bien distinctes concourent à l’obtention du cliché :
- i° Préparation de la surface sensible;
- 2° Exposition de cette surface dans la chambre noire ;
- 3° Développement.
- Etudions en détail chacune de ces manipulations.
- § I. - PRÉPARATION DE LA SURFACE SENSIBLE.
- Nous supposerons que l’opérateur emploie comme support de la couche sensible le verre ou, ce qui vaut mieux, la glace ; la suppression absolue du verre ou des glaces en voyage forme l’objet d’une Note à la fin de ce Volume.
- La première manipulation à effectuer consiste à nettoyer la surface qui recevra la couche d’émul-
- p.30 - vue 35/92
-
-
-
- sion ; à cet effet, le verre est immergé complètement dans une solution de
- Eau............................... iIlt
- Potasse d’Amérique.............. iooffI
- Chaux vive...................... iosr
- On mélange dans un flacon ces diverses substances et l’on n’emploie que la portion limpide ; on laisse le dépôt de clxaux au fond du flacon. Le verre séjournera environ trois heures dans cette solution ; on l’en retirera au moyen d’un crochet en métal et on le fera tremper dans une cuvette d’eau, pour l’immerger peu de temps après dans une solution formée de
- Eau.............................. iu*
- Bichromate de potasse........... 6osr
- Acide sulfurique............... 6o00
- Pour préparer ce bain, on pulvérisera le bichromate de potasse et on le fera dissoudre à chaud dans la quantité d’eau indiquée; lorsque la solution sera refroidie, et alors seulement, on y mélangera les 6occ d’acide sulfurique, que l’on versera peu à peu, par petit filet et en agitant continuellement la solution de bichromate à l’aide d’une baguette de verre. La température s’élèvera, et, lorsque le bain sera refroidi, il sera prêt à l’usage. Les glaces séjourneront dans cette solution pendant un temps variant de six à quarante-huit heures, suivant qu’elles seront neuves ou qu’elles auront déjà servi.
- p.31 - vue 36/92
-
-
-
- — 32 —
- Le bain de bichromate peut nettoyer un grand nombre de glaces ; lorsqu’il prend une teinte brunâtre, on le rejette pour en préparer un nouveau.
- Au sortir du bain de bichromate, les plaques seront rincées à grande eau, mises à égoutter et aussitôt après essuyées à sec avec un linge propre ; dans cet état elles sont mises dans des boîtes à rainures et peuvent alors être soumises à l’opération suivante.
- 1° Polissage au talc.
- Les glaces, débarrassées de toute impureté par le traitement précédent, n’ont pas encore une surface assez homogène pour être recouvertes d’émulsion.
- Elles acquièrent cette homogénéité, nécessaire à la solidité de la couche, au moyen d’une couche presque invisible de talc, que l’on répand à leur surface. Bien des moyens ont été proposés pour atteindre ce but; nous n’en connaissons pas de plus simple et de plus pratique que le suivant.
- Dans un récipient, boîte ou flacon, à large ouverture, pouvant se fermer complètement et contenant du talc (poudre à savon des bottiers), on plonge un pinceau rond en martre (pinceau à trois plumes pour l’aquarelle); on l’en retire chargé de talc et l’on fait décrire à ce pinceau, en l’appuyant légèrement à la surface de la glace, une série de cercles de manière à couvrir de talc toute la surface de celle-ci.
- p.32 - vue 37/92
-
-
-
- — 33 —
- Cette surface est actuellement salie par une couche irrégulière de talc; il s’agit de régulariser cette couche et de la rendre aussi faible que possible. Pour cela il suffit de prendre un second pinceau semblable au premier, mais non chargé de talc. Ce pinceau est promené à la surface de la glace en appuyant légèrement, mais assez pour enlever presque complètement tout le talc : il reste ainsi un mince voile de talc qui n’est pas absolument invisible, mais qui est si léger, que la différence de teinte qu’il pourrait donner aux divers points de l’image sera nulle. Cette quantité, qui, on le voit, est très petite, doit cependant être assez grande pour qu’un œil exercé à la propreté des plaques photographiques puisse dire que la plaque n’est pas absolument propre. En un mot, pour bien rendre notre pensée, une plaque parfaitement nettoyée à l’acide, lavée et essuyée, doit être très légèrement salie au talc en suivant la méthode précédente. Quelque paradoxal que paraisse ce procédé, nous pouvons affirmer qu’il n’en est pas qui donne de couches plus propres, plus homogènes, plus adhérentes à la glace. Nous pourrions citer plusieurs maisons de Photographie très importantes qui n’emploient pas d’autre procédé de nettoyage pour les glaces qui servent au collodion humide. L’emploi du talc a d’ailleurs un autre avantage : il permet avec la plus grande facilité le transport des glaces sur pellicule de gélatine. En employant ce produit de la manière que nous indi-
- p.33 - vue 38/92
-
-
-
- 3i -
- quons, il est à peu près impossible de manquer la confection du cliché pelliculaire.
- Le talcage de la glace doit se faire peu de temps avant de recouvrir celle-ci d’émulsion; on fera cette opération pendant le filtrage de l’émulsion.
- 2° Extension de l’émulsion.
- Cette opération se fait dans le cabinet obscur. La face de la glace qui n’est pas recouverte de talc est appliquée sur une ventouse spéciale que l’on trouve chez tous les marchands d’articles de Photographie. A défaut de ventouse, on peut, avec une certaine habitude, verser l’émulsion sur une glace en plaçant celle-ci sur la main tenue ouverte, la glace étant isolée de la main par trois ou quatre épaisseurs de fort papier buvard. Quelle que soit la méthode que l’on emploie, on pourra, en opérant ainsi, recouvrir d’émulsion la glace d’une manière uniforme, et l’on n’aura pas à craindre que l’excédent d’émulsion ait touché autre chose que du verre. De plus, la surface d’émulsion sèche sera de dimensions identiques à celles de la glace, ce qui n’arrive pas si l’on soutient celle-ci par un angle, comme le font la plupart des opérateurs qui pratiquent le collodion humide.
- Pour avoir une couche bien uniforme, on prendra le flacon d’émulsion avec la main droite, et l’on versera sur la glace, tenue presque horizontalement de la main gauche, une quantité d’émulsion
- p.34 - vue 39/92
-
-
-
- - 35 —
- presque suffisante pour couvrir la surface de la plaque. En supposant que ce soit la main gauche qui supporte la glace, on commencera par verser dans l’angle de droite le plus éloigné de l’opérateur ; on inclinera très légèrement la plaque pour que l’émulsion se répande vers l’angle gauche le plus éloigné de l’opérateur; cet angle étant couvert, on inclinera très légèrement la glace, de manière que l’émulsion se dirige vers l’angle gauche le plus rapproché de l’opérateur. Pendant cette petite manœuvre, qui doit s’effectuer sans secousses, sans temps d’arrêt, on continue à verser lentement l’émulsion sur la glace, le goulot du flacon étant assez près de la surface de l’émulsion pour qu’il ne se forme pas de bulle à la surface de la couche ; le liquide doit d’ailleurs se répandre par petit filet et d’une manière continue. On doit régler l’écoulement de l’émulsion de telle sorte que, lorsque la nappe de liquide répandue à la surface de la glace occupe environ la moitié de celle-ci, on ait versé une quantité plus que suffisante pour couvrir toute la plaque. A ce moment on pose doucement le flacon renfermant l’émulsion ; par suite de la position de la glace, l’angle gauche le plus rapproché de l’opérateur est bientôt couvert ; on incline vers l’angle de droite le plus rapprochéde l’opérateur, etl’onrecueille l’excédent d’émulsion dans un flacon spécial à large ouverture placé sur une table. Dans cette position, l’angle de la glace qui se trouve être le plus bas est
- p.35 - vue 40/92
-
-
-
- — 36 -
- l’angle qui a été recouvert le dernier; on conserve la glace dans cette position pendant cinq ou six secondes, puis on la relève et on la maintient dans une position presque verticale pendant que la dernière portion de l’excédent se répand dans le flacon spécial.
- L’extension de l’émulsion à la surface de la glace doit se faire plus lentement que s’il s’agissait de la collodionner à l’aide du collodion ioduré. L’opération doit aussi se faire d’une manière continue et sans secousses. Pour éviter les stries qui pourraient se former, il suffît,, pendant que l’excès d’émulsion s’écoule, de donner à la glace deux positions telles qu’un côté quelconque de la glace décrive un arc de 4°° environ ayant pour centre l’angle de droite le plus rapproché de l’opérateur. Ainsi, lorsqu’on reçoit l’excédent d’émulsion dans le flacon, il tend à se former et il se forme en effet une série de stries à peu près parallèles à la bissectrice de cet angle ; pour détruire ces stries, nous relèverons la glace presque verticalement à l’instant où presque tout l’excédent d’émulsion sera versé dans le flacon. Dans cette nouvelle position, il tend à se former une nouvelle série de stries parallèles au grand côté de la plaque ; mais elles se détruisent par leur combinaison avec les stries précédentes et donnent finalement une surface très unie. Il est absolument inutile de répéter plusieurs fois cette opération, et le balancement de la glace que font certains opérateurs lorsqu’ils recouvrent
- p.36 - vue 41/92
-
-
-
- 37 —
- une plaque de collodion ioduré est tout à fait inutile.
- L’excédent d’émulsion est versé dans le flacon spécial. A la fin du travail on ajoute, par ioocc d’émulsion recueillie, iocc d’éther et 5CC d’alcool. On place les glaces sur un séchoir ou simplement sur une étagère couverte de papier buvard, la surface qui n’est pas recouverte d’émulsion étant par sa tranche supérieure en contact avec le mur. En cet état, les glaces sèchent spontanément dans une heure environ, et, en séchant, elles prennent plus d’opacité. On ne doit pas enfermer les glaces dans les boîtes à rainures avant qu’elles soient complètement sèches, ce que l’on reconnaît facilement en examinant par réflexion la couche d’émulsion : elle doit être homogène.
- Si l’on se sert d’un support spécial pour le séchage, on aura soin de placer les glaces à une distance de om,o6 les unes des autres pour des dimensions ne dépassant pas om, 18 sur om, 24* Pour des plaques plus grandes, on augmentera cette distance.
- Il est très important que le séchage des plaques s’effectue d’une manière régulière et que, pendant cette opération, la température ne varie pas d’une manière sensible. Si l’on est pressé, on peut activer le séchage en plaçant les plaques à une douce chaleur, par exemple sur une caisse en zinc recouverte de deux feuilles de buvard et contenant de l’eau chaude (4o° environ). Dans ce cas, aussitôt
- C. Fabre. — La Photographie sur plaque sèche. 4
- p.37 - vue 42/92
-
-
-
- — 38
- que la plaque est égou ttée, on la place sur la boîte en zinc et on l’y laisse jusqu’à ce que la couche soit uniformément sèche. Si on laissait le séchage se commencer à l’air libre pour le terminer en chauffant la plaque, on aurait des portions de la surface qui pourraient présenter des différences d’intensité, et l’image serait perdue.
- En suivant la marche que nous indiquons, on peut facilement préparer trois dojizaines de plaques de la dimension om, i3 sur om, 18 en moins d’une heure (nettoyage non compris). Si l’on s’aide de la chaleur pour le séchage, on verra que la préparation de la plaque est l'opération la plus rapide et la plus simple que l’on puisse faire en Photographie.
- Les plaques ainsi préparées se conservent fort longtemps si on les garde dans des boîtes à rainures hermétiquement closes et placées dans un endroit sec. On peut se servir de ces glaces dix-huit mois après leur préparation, sans qu’elles aient rien perdu de leurs qualités. Avec des plaques anciennes, il est toujours prudent de faire un essai avant de partir pour une excursion, quelle que soit d’ailleurs la sécurité offerte par le procédé que l’on emploie. Cette pratique est excellente avec n’importe quel procédé, ne serait-ce que pour fixer la durée du temps de pose que nécessitera le lot de plaques que l’on emporte en voyage. Pour celte opération, il suffit de préparer une petite glace du format quart (om, 09 X om, 12) ou sixième de
- p.38 - vue 43/92
-
-
-
- plaque. Cette glace témoin évitera bien des mécomptes quant au temps de pose et à la force du développement que l’on devra employer.
- Il arrive souvent, avec les plaques préparées au bromure d’argent pur, de voir les contours éclairés de l’image se couvrir d’une auréole qui détruit la finesse des parties délicates de l’épreuve. Cet insuccès ne se présente presque jamais avec l’émulsion préparée suivant la méthode que nous venons de décrire. Certains cotons-poudres, donnant des couches très fines, transparentes, occasionnent quelquefois ce défaut, malgré la présence de l’io-dure d’argent mélangé au bromure. Dans ce cas, heureusement fort rare, il suffit de peindre l’envers des glaces avec de la terre de Sienne préparée pour l’aquarelle et rendue assez épaisse à l’aide de quelques gouttes d’une solution épaisse de dex-trine additionnée d’un peu d’alcool. Cette couleur s’applique au dos de la glace à l’aide d’un large pinceau, et on la laisse sécher complètement avant de renfermer les plaques dans leur boîte à rainures. On doit opérer avec soin et faire avec patience cette opération éminemment fastidieuse. Il ne faut d’ailleurs se résoudre à l’effectuer que lorsque l’essai d’une plaque témoin a démontré que la provision de glaces que l’on vient de préparer est sujette à donner des auréoles. Cela est fort rare avec l’émulsion iodobromurée, tandis que c’est au contraire l’exception lorsque les plaques au bromui'e d’argent seul ne sont pas plus
- p.39 - vue 44/92
-
-
-
- - 40
- ou moins sujettes à présenter cet insuccès. En employant le papier en place de verre pour support de l’émulsion, on n’observe jamais d’auréoles. On ne peut les éviter complètement que par la méthode précédente ou par l’emploi de verres ou glaces bleues comme support de l’émulsion, mais il faut alors une certaine habitude pour juger de l’intensité du cliché.
- § II. - EXPOSITION A LA LUMIÈRE.
- Temps de pose.
- Le temps de pose exigé par les plaques à l’émulsion iodobromurée est un peu plus long que celui que nécessite le collodion humide. Il faut en général exposer d’une fois à une fois et demie de plus que pour une plaque humide. Ainsi une vue bien éclairée au soleil, ne présentant pas de trop grands contrastes d’ombre et de lumière, exigera une pose de quarante-cinq à soixante secondes avec un objectif diaphragmé au trentième du foyer. Avec un objectif à portraits on peut obtenir, dans de bonnes conditions d’éclairage, un cliché de vue en une fraction de seconde : ce procédé d’émulsion pourra donc, dans certaines circonstances, être employé pour obtenir des épreuves dites instantanées.
- Le temps de pose dépend de l’ouverture relative du diaphragme employé, c’est-à-dire du rapport
- p.40 - vue 45/92
-
-
-
- qui existe entre l’ouverture du diaphragme et la distance focale de l’objectif. Peu d’opérateurs tiennent compte de cette donnée extrêmement importante. Rien de plus simple cependant que de déterminer cette distance focale, que nous désignerons par f. Tracez sur une feuille de papier un rectangle un peu plus petit que la dimension de la plaque que vous employez; tracez aussi les diagonales de ce rectangle, et sur ces diagonales, de chaque côté de leur point d’intersection, marquez des distances égales. Mettez au point comme s’il s’agissait de reproduire ce rectangle de grandeur naturelle ; cette mise au point doit être faite avec la plus grande exactitude, et au centre du verre dépoli l’image doit être de même dimension que celle qui est tracée sur le papier. Mesurez alors soigneusement la distance qui sépare le verre dépoli de l’image sur papier : le quart de cette distance vous donnera avec une approximation suffisante la distance focale f de l’objectif. Vous exprimerez cette distance focale en millimètres. L’ouverture de vos diaphragmes vous sera donnée avec une approximation suffisante en mesurant, en millimètres et fractions de millimètre, le diamètre de ceux-ci.
- Pour connaître maintenant l’ouverture relative du diaphragme employé, divisez la longueur focale y, exprimée en millimètres, parle nombre de millimètres que mesure l’ouverture du diaphragme : le quotient donnera l’ouverture relative du dia-
- 4-
- p.41 - vue 46/92
-
-
-
- phragme par rapport à cet objectif. Ainsi, vous
- avez trouvé qu’un objectif a 2ioram de distance
- focale; l’un des diaphragmes a une ouverture
- i i .2101 f -,
- de 7mui '. le quotient-vous donne
- ' 1 'j à o 3o
- l’ouverture relative du diaphragme. Tous les ob-
- jectifs qui ont une ouverture relative de
- /
- 3o
- opèrent sensiblement avec la même rapidité dans des conditions identiques.
- Sur ce diaphragme de 7’"m vous marquerez
- f
- A-> et, en faisant la même opération pour les
- autres diaphragmes, vous trouverez qu’ils ont
- / / 3’ 4’
- ff.f£ f L L L L L
- 5’ 6’ 7 ’ io’ i5’ 20’ 25’ 3o’ 35’ 4»’
- Pour connaître les temps de pose que nécessitent ces divers diaphragmes, étant donné le temps de pose nécessité par l’un d’eux, il suffit d’élever au carré les dénominateurs3, 4> 5, 6, . . ., 35, 4° : le rapport de ces carrés exprime la longueur des temps de pose.
- Ainsi, nous avons par exemple un objectif dia-
- phragmé à ^ qui exige un temps de pose de cinquante-quatre secondes pour donner une bonne image : nous voulons savoir le temps de pose que nécessitera le même objectif ou tout autre muni f
- d’un diaphragme —. Nous dirons 3o X 3o = 900,
- p.42 - vue 47/92
-
-
-
- — 43 —
- i o X i o = i oo ; le quotient — = - : donc les 1 goo g
- temps de pose seront comme i est à g. Mais avec
- f
- le diaphragme — il faut cinquante-quatre secondes de pose : il en faudra neuf fois moins avec le diaphragme soit six secondes.
- f
- De même, si nous employons un diaphragme ~ dans les mêmes circonstances et que nous eompa-rions au diaphragme — » nous aurons 4x4= 16,
- 3ox3o" 900,
- —- — 7777“—p • Le diaphragme ~ goo 00,20 1 0 00
- exige donc un temps de pose cinquante-six fois
- f
- plus long, en nombre rond, que le diaphragme —•
- H
- On exposera donc à la lumière, pendant une seconde environ, dans les conditions indiquées plus haut.
- Cette règle, sans être d’une exactitude absolue, est suffisamment exacte dans la pratique.
- Quant à la qualité de la lumière, à la couleur des objets à reproduire, etc., ce sont autant de données qui nécessitent une certaine pratique pour être appréciées ; on ne pourrait rien dire d’absolu à ce sujet, et un ou deux essais en apprendront bien plus que tout ce que l’on pourrait écrire sur la matière. Ces quelques essais et l’indication du temps de pose que nécessite chaque dia-
- p.43 - vue 48/92
-
-
-
- - U —
- phragme permettront de déterminer avec une approximation suffisante le temps d’exposition à la lumière. En pratique, si l’on se sert des dia-
- , fffffffffff
- phragmes -pi —,i —i —-1 — i — i i — i —pi p—i 1 ° 4 5 b y 10 i!) 2o 2D oo 35 40
- les temps de pose seront approximativement exprimés par 1,6; 2,5; 3,6; 4>9î 105 20; 4°i do; 80; 120; 160. Voici, en regard de chaque diaphragme, le chiffre que l’on doit graver sur chacun d’eux.
- Diaphragme.
- t
- 4......
- f
- f_ (> '
- /
- 7 ' / 10
- /
- 15
- /
- 20
- /
- 25
- / 3 o / 35
- /
- 4°
- Nombre.
- 2
- 2
- 3
- i
- s
- 16
- 2i
- 36
- 54
- 100
- On saura ainsi sans tâtonner quel est le rapport du temps de pose nécessité par les divers dia-
- p.44 - vue 49/92
-
-
-
- - 45 -
- phragmes. Par exemple, on verra immédiatement f .
- que le diaphragme j nécessite cent fois moins de
- f
- pose que le diaphragme trente-six fois moins f
- que le diaphragme — etc. Plusieurs opticiens
- ont adopté ce mode de graduation des diaphragmes, et les nombres précédents se trouvent gravés sur les diaphragmes, ce qui dispense l’opérateur de faire aucun calcul.
- La rapidité de l’objectif étant ainsi déterminée, il y a d’autres conditions qui influent sur la durée du temps de pose.
- Si, pour former la poudre d’émulsion sèche, on emploie un collodion préparé depuis quinze jours ou trois semaines, l’émulsion obtenue donnera des images nécessitant une exposition à la lumière plus courte que si le collodion était préparé depuis deux ou trois mois.
- Une émulsion faite depuis quatre ou cinq jours est plus rapide que celle qui est faite depuis quelques heures ou depuis plus d’un mois.
- L’âge des plaques préparées est loin d’avoir une influence aussi marquée sur la sensibilité de celles-ci. Après six mois, les plaques préparées et soigneusement conservées n’éprouvent pas de perte de sensibilité. Comme l’humidité, la température, etc., peuvent influer sur ces plaques, on aura soin d’essayer l’une d’elles si l’on n’en a pas em-
- p.45 - vue 50/92
-
-
-
- - 46 -
- ployé depuis longtemps ; on connaîtra ainsi la durée du temps de pose qu’il convient de donner.
- En général, il vaut mieux pécher par excès que par manque de pose. La plupart de ceux qui emploient soit le collodion sec, soit l’émulsion, ont la mauvaise habitude de vouloir diminuer le temps de pose. De là des images dures, manquant de ciel et qui mettent souvent un temps très long à se développer pour ne donner finalement qu’un mauvais cliché. Un léger excès de pose permet un développement facile, s’effectuant avec assez de rapidité ; il donne des clichés possédant toute la gradation de teinte nécessaire.
- § III. - DÉVELOPPEMENT DE L’IMAGE.
- 1° Préparation des solutions qui servent à développer.
- Dans un flacon de la contenance de iht on introduira :
- Eau.......................... iUt
- Carbonate d’ammoniaque....... 2o^r
- Bromure de potassium...... .. o«r, 5
- Le carbonate d’ammoniaque doit être pur; on prendra le carbonate à l’état vitreux, difficile à briser en fragments, et l’on rejettera tout carbonate d’ammoniaque qui serait blanc mat, qui ne serait pas translucide et qui se laisserait facilement réduire en poudre. Cette solution sera étiquetée
- p.46 - vue 51/92
-
-
-
- — 47
- n° 1. Elle se conserve longtemps dans des flacons bien bouchés.
- On préparera dans un flacon de verre jaune la solution suivante :
- Alcool........................... I00c0
- Acide pyrogallique......., ...... iosr
- La solution pyrogallique se conserve fort longtemps à l’abri de la lumière ; elle doit être sensiblement incolore. On emploiera de l’acide pyrogallique en longues aiguilles blanches, sans traces de poussières noirâtres. Ce flacon sera étiqueté n° 2.
- Ces deux solutions mélangées développent l’image. L’emploi de l’acide pyrogallique mélangé de nitrate d’argent et d’acide citrique nécessite un temps de pose très considérable et ne donne pas, à beaucoup près, d’aussi bons clichés que ceux que l’on obtient par l’emploi de ce révélateur alcalin.
- 2° Manipulations.
- Elles s’effectuent dans le cabinet obscur. Au sortir du châssis, l’image est immergée dans une cuvette contenant un mélange formé d’un tiers d’eau et deux tiers d’alcool à 4°° I elle J séjournera environ une minute et sera ensuite lavée à grande eau jusqu’à ce que ce liquide coule uniformément à la surface de la glace ; celle-ci sera alors légère* ment égouttée*
- Pendant que la plaque est immergée dans l’alcool
- p.47 - vue 52/92
-
-
-
- 48 —
- étendu d’eau, on mesure dans deux éprouvettes :
- Solation n° 1. .................. 5occ
- Solation n° 2.. .. r............. 2eo
- On verse le contenu des deux éprouvettes dans une cuvette de porcelaine de la dimension de o,n, io sur om, 21 ; on mélange bien. Cette quantité de développateur suffît pour développer une plaque du format de om, i3 sur om, 18. Le mélange des deux solutions doit à peine se colorer en jaune ; s’il devenait immédiatement brun, ce serait un indice que l’acide pyrogallique est de mauvaise qualité, et il faudrait s’en procurer de meilleur.
- La glace, bien égouttée, est saisie de la main droite pendant que de la main gauche on incline la cuvette afin de ramener tout le révélateur sur l’un des côtés de celle-ci; on applique l’un des côtés de la glace sur le bord de la cuvette opposé à celui qui est mouillé par le développateur; on replace vivement la cuvette dans la position horizontale, de manière que le liquide recouvre d’un seul coup la surface émulsionnée. On favorise l’action du développateur en imprimant un léger mouvement d’oscillation à la cuvette. L’image commence à apparaître dans les grandes lumières, après huit à dix secondes d’action; les détails se développent graduellement, et les portions du cliché qui sur l’épreuve positive doivent se traduire par des noirs profonds conservent la teinte blanc jaunâtre qu’avait la plaque préparée.
- p.48 - vue 53/92
-
-
-
- - 49
- Après environ quarante secondes à une minute d’action, plus ou moins suivant la température, les détails sont complètement développés ; en examinant l’image par derrière, on voit que les noirs du cliché ont traversé la couche. En général, l’image n’a pas l’intensité nécessaire ; pour l’obtenir, il suffit de retirer la glace de la cuvette, d’ajouter acc à 3CC de la solution pyrogallique n° 2, de bien mélanger et de replonger la glace dans la cuvette : en peu d’instants le cliché acquiert l’intensité nécessaire à l’impression.
- Le moment où l’on doit arrêter l’action du développement est fort difficile àpréciser; l’habitude et le goût peuvent seuls ici servir de guide. On doit surtout éviter de laisser prendre à l’image une teinte trop noire ; les parties les plus foncées du cliché doivent être assez transparentes pour que les demi-teintes qu’elles renferment se traduisent à l’impression et soient marquées autrement que par une teinte d’un blanc uniforme. C’est principalement pour ce motif qu’il est bon d’exagérer un peu le temps de pose, de manière que les parties les plus sombres aient le temps d’agir sur la couche sensible et de se développer avant que les portions claires aient pris trop d’opacité.
- Dans un cliché de paysage ayant le temps de pose convenable et se développant normalement, on doit arrêter l’action du développateur avant que le ciel ait pris une teinte noire uniforme sur le cliché. Ces ciels, opaques dans le négatif, sont la
- 5
- p.49 - vue 54/92
-
-
-
- 30 —
- conséquence habituelle d’un manque de pose; un ciel développé dans ces conditions suffit pour détruire la valeur d’un cliché négatif aux yeux des gens de goût habitués à la photographie du paysage. En effet, de deux choses l’une, ou ce cliché sera imprimé tel qu’il est, et dans ce cas on peut s’attendre à voir sur l’image positive une maison blanche dans la nature traduite par une teinte plus foncée que le ciel, qui, lui, est bleu ; on verra aussi dans lespaysages des jours sombres d’hiver, ou dans des vues de montagne, des ciels d’un blanc éblouissant et de la neige de couleur foncée (ce qui est tout simplement un non-sens). C’est là ce qui détruit souvent le charme de bien des photographies ; ou bien si l’on ne veut pas tomber dans l’absurde, s’il répugne de terminer une positive dans ces conditions, on est obligé de teinter légèrement le ciel sur le papier ou encore d’imprimer après coup un ciel factice. Ces artifices, exécutés avec intelligence, peuvent donner des résultats satisfaisants ; mais ils ne valent jamais ceux que permet d’obtenir un ciel qui se développe naturellement en conservant la valeur de teinte qu’il possède.
- Cette importance du ciel dans la photographie des paysages est tellement grande, qu’elle a empêché la plupart des photographes de goût de pratiquer le collodion sec. Avec les anciens procédés et le développement à l’acide pyrogallique et au nitrate d’argent, il était fort difficile d’obtenir Un ciel qui vint à sa juste valeur; il fallait une connaissance
- p.50 - vue 55/92
-
-
-
- 51
- très exacte du temps de pose, une grande patience dans le développement et une exposition très longue dans la chambre noire, toutes conditions qui ne se rencontraient ensemble que rarement. Il en résultait des images fausses quant à la gradation de teinte que doit présenter une bonne photographie, gradation dont les clichés exécutés au collodion humide et développés au sulfate de fer offrent actuellement un type qui, de l’aveu de tous les opérateurs, est reconnu comme le plus parfait. Dans les bons clichés le ciel ne se présente jamais avec une teinte d’une opacité uniforme ; il y a des différences de teintes dans un ciel quelconque, et ces différences peuvent s'obtenir facilement par le procédé des émulsions et le développement alcalin.
- Il arrive quelquefois que le développement ne s’effectue pas aussi régulièrement que nous l’avons décrit; parfois, lorsque l’on plonge la glace dans le développateur, les noirs s’accusent bien; mais, aussitôt que les demi-teintes commencent à se montrer, un voile gris envahit l’image, et celle-ci, examinée par transparence, semble disparaître complètement.
- Le plus souvent cet insuccès provient de ce que la plaque a vu le jour soit dans le cabinet obscur, soit dans le châssis qui laisse entrer la lumière; dans ce cas le remède s’indique de lui-même. Très souvent aussi les verres à la chrysoïdine ne sont pas assez teintés et n’arrêtent pas assez les rayons
- p.51 - vue 56/92
-
-
-
- — 52 —
- actifs; on prendra alors des verres de teinte plus foncée.
- Quelquefois l’image se développe bien par l’action du révélateur alcalin, les détails apparaissent, mais l’image refuse de se renforcer et se voile si l’on ajoute un excès d’acide pyrogallique. C’est parce que le pyroxyle qui a servi à préparer le col-lodion ne convient pas pour le procédé par émulsion, ou bien que le collodion n’est pas assez vieux. On peut cependant améliorer ces images par l’emploi du renforçateur à l’argent et à l’acide pyrogallique, ou bien en employant le bromure de cuivre; mais, dans aucun cas, les clichés obtenus par ce procédé ne valent ceux qui ont été renforcés par l’emploi de l’acide pyrogallique alcalin, à moins cependant que ce ne soit dans quelques cas spéciaux, comme, par exemple, l’obtention des clichés de gravure.
- 3° Plaques qui ont été exposées trop longtemps à la lumière.
- Le développement de ces plaques s’effectue très rapidement, et en employant le révélateur indiqué plus haut on court le risque d’avoir des images voilées. Si les ombres se développent en même temps que les fortes lumières, on retire immédiatement la glace de la cuvette et on la lave aussitôt pour la plonger dans un révélateur un peu différent du premier.
- p.52 - vue 57/92
-
-
-
- — 53 -
- On prépare une solution avec :
- Eau............................. im
- Ammoniaque liquide concentrée . 2C0
- Carbonate d’ammoniaque........ i5^r
- Bromure de potassium.......... osr, 5
- Ce flacon sera étiqueté n° 1 E (excès). On mesurera 5occ de cette solution qu’on mélangera avec icc de la solution pyrogallique n° 2 et l’on renforcera avec aussi peu d’acide pyrogallique que possible.
- V 4° Plaques qui manquent de pose.
- Si les grandes lumières se dessinent seules et qu’avec le développement normal les détails dans les ombres refusent de se montrer, on pourra activer la venue de l’image en retirant la plaque et ajoutant par 5occ de développateur environ icc de la solution suivante :
- Eau........................ im
- Ammoniaque liquide concentrée.. 25e0
- Le flacon contenant cette solution sera étiqueté n° 1 M (manque). Après cette addition d’ammoniaque on doit bien agiter le développateur dans la cuvette et recouvrir la glace d’un seul coup, car son action est très rapide *, on peut d’ailleurs modérer ou accélérer le développement en employant plus ou moins de la solution n° 1 M dans le cas où l’on n’a pas fait poser la plaque assez de temps. J
- 5.
- p.53 - vue 58/92
-
-
-
- 5° Renforcement par le nitrate d’argent et l’acide pyrogallique.
- Les clichés qui ne peuvent se renforcer par l’acide pyrogallique alcalinisé seront amenés à un degré d’intensité suffisant par l’emploi des deux solutions suivantes. On prépare :
- A. Eau........................... iUt
- Acide pyrogallique............. 4gr
- Acide citrique................. 5gr
- Au sortir du développateur alcalin on lave soigneusement le cliché et on le plonge dans une cuvette contenant une quantité suffisante de cette solution pour le recouvrir; la plaque étant bien imprégnée de ce liquide, on la retire et l’on ajoute dans la cuvette cinq gouttes (pour o.5cC de la solution A) d’un liquide composé de :
- gr
- Eau.............................. 100
- Acide citrique.................... 2
- Nitrate d’argent............ 4
- On mélange bien. L’image ne tarde pas à acquérir l’intensité suffisante; on lave à l’eau et on fixe.
- Pour les reproductions de dessins au trait, de gravures, on a besoin d’une très grande intensité, en même temps que d’une grande limpidité. On l’obtient en recouvrant le dos de la glace de la mixtion à la terre de Sienne pour prévenir les auréoles, qui sont souvent cause de l’empâtement des
- p.54 - vue 59/92
-
-
-
- — 55 —
- parties délicates du cliché. On emploie un temps de pose exact, on développe au révélateur alcalin, sans chercher à atteindre l’intensité nécessaire, on lave et on renforce à l’acide pyrogallique additionné de quelques gouttes de nitrate d’argent. Ce renforçage ne doit pas être trop prolongé, afin de conserver à l’image toute sa finesse. On lave, on fixe, on lave très soigneusement et on recouvre la plaque de la solution suivante :
- Eau................................ ilu
- Bromure de potassium............. 70s1,
- Sulfate de cuivre................ ioosr
- Sous l’influence de cette solution, l’image devient d’abord grisâtre, puis blanchit complètement. Il est inutile de prolonger plus longtemps l’action de ce renforçateur ; on lave avec le plus grand soin la couche et le revers de la plaque, et on la plonge sans temps d’arrêt dans un bain d’argent renfermant :
- Eau.................................. iooce
- Acide nitrique......................... 3»r
- Nitrate d’argent..................... 8sr
- L’image devient très intense, tout en conservant sa limpidité dans les parties transparentes. On lave à l’eau et on laisse' sécher. Si l’on trouvait que l’épreuve n’a pas l’intensité nécessaire, on recommencerait le traitement par la solution de cuivre, suivi de l’action du bain d’argent, en pre-
- p.55 - vue 60/92
-
-
-
- — 56 —
- nant soin de bien laver entre chaque opération. On laisse le cliché sécher spontanément.
- Ce renforçage donne une grande opposition du noir au blanc et réussit fort bien avec les clichés de gravure; il donne de moins bons résultats avec les clichés à demi-teintes et on ne devra l’employer pour ces derniers que lorsque les moyens indiqués plus haut auront échoué. Dans tous les cas, il permet d’obtenir une intensité aussi grande qu’on peut le désirer.
- § IV. - FIXAGE.
- Fixateur.
- Le fixateur qui donne les résultats les plus constants se prépare d’après la formule :
- Eau............................. iUt
- Hyposulfite de soude............ iaosr
- Ce fixateur agit lentement sur l’image; pour opérer on en verse une certaine quantité dans une cuvette, on y plonge la plaque et on l’y laisse séjourner pendant environ cinq minutes. On reconnaît que le fixage est terminé lorsque les bords du cliché ont perdu leur apparence jaunâtre.
- Le bain d’hyposulfite doit être rejeté lorsqu’il se colore en jaune ; si on l’employait dans cet état, il pourrait compromettre la conservation du cliché.
- Le fixage doit être précédé et suivi d’un lavage fait avec le plus grand soin. S’il restait de l’hypo-
- p.56 - vue 61/92
-
-
-
- sulfite de soude dans le cliché, ce sel pourrait cristalliser dans la couche et criblerait celle-ci d’une multitude de petits cristaux qui pourraient détruire complètement l’image. Le cliché est alors abandonné à la dessiccation à l’abri de la poussière.
- En séchant, l’image augmente d’intensité ; certains détails qui étaient à peine visibles sur le cliché humide se montrent alors et ajoutent à l’harmonie de l’épreuve. Les clairs du cliché prennent en même temps, surtout avec certains pyroxyles, une apparence opaline particulière qui disparaît soit au vernissage, soit au transport des clichés sur gélatine ; on ne doit pas s’inquiéter de cette teinte, qui n’enlève rien des qualités du négatif.
- § V. - VERNISSAGE.
- Vernis.
- Si le cliché est destiné à rester sur verre et à être imprimé aux sels d’argent, on peut immédiatement le vernir. Le vernis qui donne les meilleurs résultats renferme :
- Alcool à 4o°................ . . . iooc°
- Gomme laque blonde.............. 8sr à io£p
- Pour faire ce vernis, on pulvérise très finement la gomme laque $ on la laisse macérer avec l’alcool pendant trois ou quatre jours à une température modérée. On laisse reposer, et l’on obtient ainsi un vernis donnant des couches très unies, très dures
- p.57 - vue 62/92
-
-
-
- ^ 38 -
- et ne fournissant pas de dépôt dans le fond des flacons qui le renferment.
- Pour vernir, on chauffe légèrement le cliché sur une plaque de tôle, sur un fourneau, une boîte pleine d’eau chaude, etc., jusqu’à ce que la température du verre soit d’environ 5o°, température que la main peut supporter sans douleur. On verse alors le vernis à la surface de la couche absolument par la même méthode qui a été décrite lorsqu’il s’est agi de verser l’émulsion à la surface de la glace ; on recueille l’excédent de vernis dans un flacon spécial et l’on fait égoutter la glace en appuyant sur plusieurs doubles de buvard l’angle inférieur par lequel s’est écoulé le vernis. Pendant ce temps, la glace doit toujours être chaude, et, avant qu’elle se soit sensiblement refroidie, on la replace sur la boîte à eau chaude.
- Cette opération doit se faire assez vite, et l’on doit éviter que le cliché soit exposé à l’action des courants d’air, action qui se traduit par un dépoli plus ou moins accentué, mais toujours irrégulier, à la surface du vernis.
- Si le collodion qui a servi à former l’émulsion est préparé depuis fort longtemps, il peut arriver que l’alcool du vernis dissolve la couche. Cet insuccès se présente rarement et peut provenir aussi de la qualité du coton-poudre qu’on a employé pour le collodion. Il arrive alors que la couche perd toute intensité au vernissage et le cliché est détérioré. Un des remèdes les plus simples qui
- p.58 - vue 63/92
-
-
-
- — 59
- puisse s’appliquer à cette sorte d’insuccès, avant le vernissage, consiste à recouvrir le cliché, lavé et bien égoutté, d’une solution filtrée soigneusement et formée ainsi :
- Eau............................... ioocc
- Gomme arabique.................... io«r
- On peut appliquer cette solution à l’aide d’un pinceau très doux, ou mieux en la versant à la surface de la couche comme s’il s’agissait de collo-dionner; on laisse sécher cette couche de gomme, qui préserve l’image de l’action dissolvante de l’alcool. On vernit comme d’habitude lorsque la couche est bien sèche.
- On peut aussi, pour éviter l’insuccès dont nous nous occupons, ajouter au vernis quelques centimètres cubes d’eau distillée ; cette eau ne sera ajoutée que goutte à goutte, en agitant fortement chaque fois ; il suffit de verser 4CC à 5CC d’eau dans un flacon de ioocc de vernis préparé avec de l’alcool à 4o°, pour voir habituellement disparaître le pouvoir dissolvant du vernis. Après cette addition on doit soigneusement filtrer le vernis avant de l’employer.
- Ce dernier moyen sera généralement préféré au premier, car sous l’influence de l’humidité la gomme peut se ramollir et causer la perte du cliché.
- p.59 - vue 64/92
-
-
-
- 60
- § VI. — TRANSPORT DU CLICHÉ SUR PELLICULE DE GÉLATINE.
- Dans certains modes d’impression, tels que la phototypie, laphotoglyptie, le procédé au charbon, on a besoin d’un cliché qui soit dans son vrai sens, ou, comme l’on dit, d’un cliché retourné. On sait en effet que dans tout cliché photographique ordinaire l’image est symétrique de l’objet à reproduire par rapport au centre de l’objectif, c’est-à-dire que dans un portrait, par exemple, la droite est à gauche sur le cliché, et 'vice 'versa. En imprimant un tel cliché parle procédé aux sels d’argent, l’épreuve positive est inverse de la négative et se trouve donc rétablie dans son vrai sens.
- Les procédés de tirage que nous rappelions plus haut transposent une fois de plus le sens de l’image ; par suite, pour l’avoir dans son vrai sens, la couche sensible négative devra, elle aussi, présenter l’image dans les mêmes conditions.
- Plusieurs moyens ont été proposés pour atteindre ce but. On s’est d’abord contenté de faire agir la lumière dans la chambre noire à travers l’épaisseur du verre ; l’image obtenue à la surface de la couche était alors directe. On a bientôt renoncé à ce procédé, malgré sa simplicité apparente ; la marche des rayons lumineux était en effet troublée par l’épaisseur du verre ou de la glace et l’image manquait de netteté.
- p.60 - vue 65/92
-
-
-
- - 61 -
- On est alors revenu à l’ancien système d’appareil employé dans les premiers temps du daguerréotype : on a placé en avant de l’objectif un prisme rectangulaire qui redressait l’image dans la chambre noire ; mais cet appareil est très coûteux et fait perdre une assez grande quantité de lumière. Un opticien français, M. Derogy, a cependant pu vaincre ces inconvénients en employant un tout petit prisme qu’il introduit entre les deux lentilles de l’objectif en contact avec le diaphragme; ce moyen est excellent et fort pratique.
- D’autres emploient des glaces argentées qu’ils placent à l’avant de l’objectif en inclinant ces miroirs de 43° sur l’axe de l’objectif. L’étamage fréquent du miroir est nécessaire, sans cela ce serait le système le plus pratique, malgré la cherté de l’appareil, car par ce procédé on ne perd presque pas de lumière par réflexion et pas du tout par absorption.
- Aucun de ces procédés n’a été sanctionné d’une manière absolue par la pratique et la plupart des opérateurs préfèrent transporter leurs clichés sur une mince pellicule de gélatine : on peut alors les imprimer dans un sens ou dans l’autre. De plus, dans l’exposition à la lumière, on peut employer une pression très forte pour établir le contact entre le cliché et la surface sensible ; c’est là un avantage pour les clichés de grande dimension que l’on voyait quelquefois se casser pendant le tirage, surtout si ces clichés étaient sur verre. On obtient
- 6
- p.61 - vue 66/92
-
-
-
- — m —
- par suite de ce contact parfait des positives tout aussi fines que si le support de la couche était une glace parfaitement plane.
- La conservation du cliché sur pellicule est aussi plus facile que celle du cliché sur verre ; on n’a pas à craindre de le casser, et un cliché pellicu-laire se conserve fort bien dans un cahier de papier que l’on tient à l’abri de l’humidité. Ces clichés tiennent peu de place, sont d’un maniement facile et ne se rayent pas aussi facilement que ceux qui sont sur verre.
- Pour ces divers motifs beaucoup d’opérateurs enlèvent leur cliché sur pellicule de gélatine, qu’ils font assez mince pour qu’il n’y ait pas perte de finesse lorsqu’on imprime l’image dans son véritable sens.
- La couche d’émulsion doit pouvoir se détacher facilement du verre qui lui sert de support : en frottant la glace de talc, comme nous l’avons indiqué plus haut, la couche s’enlève facilement. Si l’on néglige cette précaution, on est obligé d’employer au préalable un bain d’acide chlorhydrique à y pour 100 dans l’eau, dans lequel on fait tremper le cliché, et cette opération ne réussit pas toujours. Nous préférons donc l’emploi du talc, comme nous l’avons indiqué, et nous conseillons de ne pas craindre de mettre trop de talc, le transport sur gélatine s’effectuant alors avec plus de facilité.
- La pellicule de gélatine qui servira de support, bien que très mince, devra cependant avoir une
- p.62 - vue 67/92
-
-
-
- 63 -
- certaine résistance; elle pèsera environ igr,o à 2gr par décimètre carré. Pour maintenir cette quantité de gélatine dissoute à la surface du verre ou de la glace, il est indispensable que la solution soit retenue sur les bords. On arrive à ce résultat en collant au dos de la glace et sur les bords des bandes de papier d’environ om,o3 de large; on les colle parallèlement aux bords et de manière qu’elles dépassent de om,oi5 de tous côtés. On relève alors le papier du côté de la couche d’émulsion, de manière à former une espèce de fond de boîte dans lequel on coulera la solution de gélatine. Cette opération se fait après que le cliché terminé est complètement sec ; pour coller le papier sur les bords on emploiera de préférence à toute autre la colle d’amidon.
- Pendant le séchage de cette espèce de collerette qui entoure le cliché, on fait gonfler dans 8oocc d’eau i5ogr de gélatine comestible ou de colle Coi-gnet superextra blanche. Cette gélatine doit être divisée en très menus fragments, et le séjour dans l’eau froide doit être prolongé pendant au moins une heure.
- Dans l’intervalle on prépare la solution suivante :
- Eau............................ 20ogr
- Alun de chrome................. isr
- La dissolution effectuée, on ajoute 5CC de glycérine et 2CC d’acide phénique.
- La gélatine qui est à gonfler dans l’eau est alors
- p.63 - vue 68/92
-
-
-
- - 6i -
- portée au bain-marie à une température d’environ 5o°. La dissolution s’effectue assez vite, et, lorsqu’elle est complète, on verse par petit filet et en agitant constamment au moyen d’une baguette de 'verre la solution d’alun glycérinée, chauffée à 4°° î cette agitation a pour but de faciliter le mélange d’alun et de glycérine qui pourrait se prendre en masse si l’on versait brusquement une solution dans l’autre. On laisse au bain-marie pendant environ dix minutes à la température de 6o°, puis on porte le bain-marie à l’ébullition.
- La gélatine est alors filtrée à travers un linge fin placé dans un entonnoir de verre. Pour éviter que la gélatine ne se prenne en gelée, on emploie un appareil pour filtrer à chaud qui se trouve aujourd’hui chez tous les marchands d’articles de photographie. Avant de procéder à la filtration, il est bon d’enlever, avec une baguette de verre entourée de papier, l’espèce d’écume qui se forme à la surface de la gélatine.
- Pour éviter les bulles d’air qui se forment dans la masse de la gélatine, il est bon de faire plonger l’extrémité de l’entonnoir au fond du vase dans lequel s’effectue la filtration ; elle se fait alors peut-être plus lentement, mais les bulles d’air restent dans la douille de l’entonnoir, surtout si celle-ci est un peu longue.
- La solution de gélatine filtrée renferme donc :
- Eau............................. i«*
- Gélatine........................ i5o^r
- p.64 - vue 69/92
-
-
-
- Alun de chrome................... igr
- Glycérine . . ................... 5C0
- Acide phénique................... a00
- Nous avons dit que la pellicule destinée à supporter le cliché devait renfermer environ igr,5 à 2gr de gélatine par décimètre carré. On versera donc sur une demi-plaque environ 20cC de la solution ci-dessus.
- Cette opération doit être faite avec certaines précautions. On commencera par disposer horizontalement une surface plane, soit une planchette à dessiner, soit une plaque de marbre, soit une grande glace. Les clichés à transporter sur pellicule sont placés sur l’une ou l’autre de ces surfaces.
- On commence par chauffer les clichés en les posant soit sur une plaque de tôle, soit sur une boîte en zinc garnie d’eau chaude ; lorsque le verre est tiède, on mesure, soit au moyen d’une pipette jaugée, soit à l’aide d’un verre gradué, la quantité de gélatine que l’on veut employer. Dans cette opération on doit laisser couler le liquide le long du vase, de façon à éviter la formation de bulles d’air. Il suffit de 20ccpar plaque de om, i3 sur om, 18.
- Le cliché est alors posé sur la surface horizontale que l’on a préparée, et l’on verse à sa surface la quantité de gélatine que l’on a mesurée. On doit verser par petit filet et en promenant le filet liquide de droite à gauche, en versant d’assez bas pour éviter la formation de bulles d’air. Si la gélatine
- G.
- p.65 - vue 70/92
-
-
-
- — G6 —
- refuse de s’étendre en divers endroits, on l’y ramène en touchant légèrement le liquide du bout du doigt.
- En cet état, la gélatine est laissée à elle-même pendant deux ou trois heures jusqu’à ce qu’elle ait fait prise complètement.
- Pendant l’hiver, les glaces peuvent être mises à sécher verticalement sur une étagère que l’on choisira aussi rapprochée que possible du plafond. En hiver, le séchage est en général complet au bout de quatre ou cinq jours. En été, il faut plus de temps, et, si l’air est très humide, le séchage nécessite huit ou dix jours.
- On peut, en ajoutant de l’alcool à la solution de gélatine, hâter la dessiccation. Dans ce cas, si l’on est pressé, on pourra employer la formule précédente, dans laquelle on remplacera 25occ d’eau par une égale quantité d’alcool à 4o°- Avec cette dernière formule il peut arriver, si l’air est sec et la gélatine dure, que l’image se déchire spontanément sur la glace ; c’est pourquoi nous préférons la première formule.
- Si pendant le séchage on voit quelques moisissures apparaître à la surface de la glace, c’est une preuve que la solution ne contient pas assez d'acide phénique ; dans ce cas on en ajoutera davantage, et, si la gélatine était par trop longue à sécher, on emploierait jusqu’à 8gr d’acide phénique par litre.
- La couche étant absolument sèche, on exécutera à la surface de la gélatine les retouches que néces-
- p.66 - vue 71/92
-
-
-
- — 07 —
- site le cliché ; le crayon prend très bien sur cette surface, et la retouche est plus facile à faire que sur le vernis. On emploiera la couleur pour aquarelle avec précaution, car il n’est pas toujours facile d’enlever de la surface de la gélatine une teinte colorée. Si pendant le séchage la couche se couvre de moisissures, on doit promener à la surface de celle-ci un pinceau trempé dans une solution aqueuse d’acide phénique à io pour ioo et maintenue à une température d’environ 4°°; avec un peu d’adresse, on enlève les moisissures déjà formées et l’on prévient ainsi celles qui pourraient apparaître. Après cette opération, la plaque doit être placée horizontalement à l’abri de la poussière jusqu’à ce qu’elle soit complètement sèche.
- Après la retouche et avant d’enlever le cliché de la glace, certains opérateurs ont l’habitude de recouvrir d’une couche de collodion normal la surface de la gélatine. On emploiera le collodion :
- Éther........................... 5occ
- Alcool........................... 5o00
- Pyroxyle........................... 2Sr
- Glycérine.......................... 4°°
- Cette couche ne doit être étendue sur la surface de la gélatine que lorsqu’elle est complètement sèche.
- Cette opération n’est pas absolument indispensable, et beaucoup de praticiens la négligent. Nous devons dire cependant qu’elle est utile pour éviter les taches qui pourraient se produire si l’on manie les clichés avec les doigts humides, qui laissent
- p.67 - vue 72/92
-
-
-
- - G8
- alors leur trace sur la gélatine; si celle-ci est renfermée entre deux couches de collodion, cet inconvénient n’est plus autant à redouter, et l’on n’a pas à observer de grandes précautions pendant fe maniement du cliché.
- Lorsque la couche de gélatine est complètement sèche, même sur les bords, qu’elle soit collodion-née ou non, on procède à l’enlevage du cliché ; cette opération très simple nécessite quelques précautions. On applique une règle sur les bords de la glace et, au moyen d’un canif bien aiguisé, on incise la couche à un demi-centimètre des bords. Il faut appuyer assez fortement, sans excès, car on pourrait briser la glace, et l’on doit faire passer plusieurs fois le canif, de façon que la couche soit traversée jusqu’au verre ; cela est très important, et l’on doit, surtout dans les coins du cliché, veiller à ce qu’il ne reste pas de portion de la couche qui ne soit bien séparée des bords. On peut, lorsque cette opération est bien exécutée, soulever la couche par un angle, et, par un léger mouvement de traction, lui faire abandonner la glace qui lui servait de support.
- Le cliché pelliculaire ainsi obtenu est placé entre deux feuilles de papier blanc, et, pendant quelque temps, on le soumet à une légère pression; on peut le placer dans un châssis-presse et superposer ainsi plusieurs clichés, ou bien le mettre simplement dans un livre recouvert de quelques poids.
- Ces clichés se conservent fort bien dans un re-
- p.68 - vue 73/92
-
-
-
- — G9
- gistre; il est utile de les placer dans un local qui ne soit pas humide ; sans cela, même avec la couche supplémentaire de collodion normal, le cliché est sujet à se couvrir de moisissures, qu’il est alors à peu près impossible d’enlever et qui peuvent occasionner la perte complète de celui-ci. Avec un peu de soin, cet insuccès est heureusement fort rare.
- /•
- p.69 - vue 74/92
-
-
-
- - 70 -
- CHAPITRE IY.
- PRINCIPAUX INSUCCÈS DU PROCÉDÉ.
- 1° Pendant la préparation de la plaque.
- La couche de collodion se divise en flocons cotonneux par l’application du bain d’argent : l’alcool et l’éther n’étaient pas suffisamment évaporés lorsque l’on a versé le bain d’argent dans la cuvette, ou bien l’évaporation s’est opérée seulement à la surface.
- \ Les pellicules placées dans le tannin prennent une teinte rougeâtre : lavages insuffisants ; le nitrate d’argent se combine avec le tannin et communique cette teinte rougeâtre.
- Les pellicules sont presque noires aussitôt après le séchage : lavages pas assez complets; le séjour dans le bain de chlorure n’a pas été assez prolongé , ou bien le séchage ne s’est pas fait à une obscimté assez complète; cet insuccès peut provenir aussi d’une température trop élevée pendant le séchage. ^
- p.70 - vue 75/92
-
-
-
- 71
- 2“ Pendant la préparation de l’émulsion.
- ^ Les sels d’argent se précipitent au fond du flacon peu de temps après qu’on l’a agité : mauvais coton, ou collodion trop fraîchement préparé.
- Le flacon étant agité , on regarde la flamme d’une bougie à travers le liquide qui coule sur les parois d’un flacon; la flamme est blanchâtre, avec une légère pointe jaune, sans apparence rougeâtre : même cause que précédemment,
- 3° Pendant la formation du cliché.
- Stries dans la couche : émulsion dissoute depuis trop peu de temps, ou bien mauvaise manière de verser l’émulsion sur la glace.
- Cernes ou larges portions plus ou moins transparentes dans certaines parties de la plaque : les glaces ont été renfermées trop tôt dans la boîte à rainure, — ou bien pendant le séchage la température a varié brusquement.
- La couche éclate apres dessiccation : le séchage s’est effectué trop rapidement, ou bien l’on a employé trop d’éther dans l’émulsion ; l’éther et l’alcool de l’émulsion ne sont pas assez concentrés; la poudre d'émulsion n’était pas complètement sèche lorsqu’on l’a fait dissoudre.
- AP rès le lavage qui suit Vimmersion dans l’eau alcoolisée avant le développement la couche se
- i
- p.71 - vue 76/92
-
-
-
- — T2 —
- soulève par places : talcage insuffisant ; coliodion a trop âgé, fortement rougi lorsqu’il a été sensibilisé.
- La couche se voile pendant le développement à mesure que les détails apparaissent : cet insuccès peut se manifester de deux manières. i° Tous les détails se montrent par l’action du révélateur, et la couche se laisse renforcer : les plaques ont vu le jour, ou bien l’endroit où l’on a opéré le séchage, la préparation ou le développement n’est pas assez obscurci, ou enfin l’image a trop de pose, auquel cas les détails dans les ombres se développent en même temps que les vives lumières.
- 2" Les grandes lumières se montrent seules, l’image se voile, les détails dans les ombres n apparaissent que faiblement et l’image ne se laisse pas renforcer : mauvais coton-poudre, coliodion employé trop tôt après sa préparation.
- La couche se déchire pendant le développement : glace mal nettoyée, coliodion trop vieux, coton-poudre préparé à une température trop élevée. On peut éviter en partie cet insuccès en ajoutant ogr,4 de coton-poudre résistant à ioocc d’émulsion préparée.
- h 'aînées circulaires plus ou moins transparentes : proviennent d’un polissage au talc mal exécuté ; en général, elles ont pour cause une pression trop forte, sur la glace, du pinceau qui a servi à enlever l’excès de talc.
- Après le séchage, la couche est opaline : ce
- p.72 - vue 77/92
-
-
-
- — 73 -
- n’est pas à proprement parler un insuccès, car l’image positive n’est nullement affectée par cet état du cliché, qui d’ailleurs reprend toute sa transparence par le vernissage ou par le transport sur pellicule de gélatine.
- C. Fabre. — La Photographie sur plaque sèche.
- 1
- p.73 - vue 78/92
-
-
-
- - 74 —
- NOTE
- SUR LA SUPPRESSION DES GLACES EN VOYAGE.
- Les inconvénients qui résultent de l’emploi du verre ou des glaces en voyage sont nombreux et ont frappé depuis longtemps ceux qui, pendant leurs excursions, exécutent des clichés sur verre ; le poids du bagage qu’il faut emporter, le danger de rupture des glaces, les difficultés résultant de l’emballage des clichés sont autant de causes qui, depuis longtemps, ont fait chercher un procédé qui permette de supprimer complètement la glace en voyage.
- Nous allons décrire un procédé qui, croyons-nous, répond parfaitement au but que l’on se propose d’atteindre. Les essais que nous avons faits depuis plus de deux ans et les résultats constants que nous avons obtenus nous font espérer qu’il ne tardera pas à entrer dans la pratique courante.
- Voici la marche du procédé que nous pratiquons : i° étendre la couche d’émulsion sur une feuille de papier recouverte d’une couche insoluble dans l’éther et l’alcool, mais soluble dans un liquide sans action sur le coton-poudre; 20 faire le cliché sur ee papier de la même manière que si
- p.74 - vue 79/92
-
-
-
- - 73 —
- la couche était sur verre : telles sont les deux opérations à pratiquer et qui permettent d’obtenir un cliché complet. Au retour de l’excursion, dans le laboratoire, on pratiquera les deux opérations suivantes : i° transporter le cliché et le papier qui le supporte sur une glace gélatinée; 2° enlever, au moyen du dissolvant convenable, la couche préalable et retirer le papier; on obtient ainsi un cliché sur verre, car l’émulsion adhère à la couche de gélatine.
- Le lecteur au courant de l’histoire du procédé au charbon se rappellera bien vite qu’un tel procédé a été employé pour les belles épreuves de M. Swann qu’on admirait à l’Exposition universelle de Paris en 1867. Dans ce procédé de tirage des positives, nous avons trouvé absolument tout ce qu’il faut pour obtenir, en nous servant de papier, des clichés pelliculaires. Pour mettre à exécution notre méthode, nous n’avons eu qu’à suivre la route si bien tracée par M. Swann pour les épreuves positives, et l’application que nous en avons faite le premier, croyons-nous, aux épreuves négatives a été couronnée d’un plein succès.
- 1° Préparation du papier.
- On choisira de préférence à tout autre du papier albuminé coagulé ; on en trouve de très convenable chez M. Marion, à Paris. On peut aussi se servir de papier ordinaire à grain très fin; mais le papier albuminé coagulé, surtout pour les petites
- p.75 - vue 80/92
-
-
-
- — 76 —
- épreuves, donne de meilleurs résultats. Ce papier sera coupé à la dimension convenable.
- On recouvrira au pinceau la surface albuminée d’une double couche de :
- Benzine pure cristallisable........ iooer
- Caoutchouc naturel en poires....
- Si cette solution est trop épaisse, auquel cas elle s’étendrait mal, on l’additionnera de 5occ de chloroforme ou simplement de 5occ de benzine.
- On verse dans un godet ou un verre à expérience une quantité suffisante de cette solution bien décantée; on trempe un large pinceau dans le godet et l’on applique une première couche de ce caoutchouc à la surface du papier tendu à plat sur une planchette à dessiner, une glace ou toute autre surface plane. Cette première couche sera étendue sur le papier en promenant le pinceau de gauche à droite par exemple. Lorsqu’elle sera sèche on appliquera une nouvelle couche en promenant le pinceau de haut en bas. Les deux couches seront donc appliquées en promenant le pinceau dans deux directions perpendiculaires entre elles. Le papier ainsi préparé se conserve fort longtemps et est apte à recevoir la couche d’émulsion.
- 2° Application de l'émulsion à la surface du papier.
- Pour bien faire cette opération il est assez important que la surface du papier soit aussi plane
- p.76 - vue 81/92
-
-
-
- — 77 —
- que possible. A cet effet, on pourra mouiller le papier, l’appliquer sur une glace et le coller par ses bords, la face recouverte de caoutchouc étant en dessus. Ce procédé est long à pratiquer, mais c’est le meilleur pour les glaces de grandes dimensions. Pour des dimensions moyennes ( om, 21 X om, 27 ) et au-dessous, on pourra se contenter d’appliquer le papier sur une glace et de l’y maintenir sur les bords au moyen de plusieurs points de colle épaisse à la dextrine, ou bien au moyen d’épingles argentées on maintiendra le papier sur une planchette. Le but à atteindre, c’est d’avoir une surface aussi plane que possible.
- On étendra l’émulsion sur cette surface et l’on procédera absolument comme s’il s’agissait de préparer une glace ; le séchage s’effectuera de la même manière.
- 3° Conservation du papier préparé.
- Les papiers absolument secs, ce qui demande d’une à deux heures, sont détachés de leur support, empilés les uns sur les autres et placés pendant quelque temps dans un châssis-presse pour qu’ils reprennent leur planimétrie.
- La conservation de ces papiers nécessite certains soins ; on les gardera à plat, dans des portefeuilles bien fermés, à l’abri de la lumière et de l’humidité.
- L’expérience nous a montré que la méthode qui
- p.77 - vue 82/92
-
-
-
- — 78 -
- consistait à garder les papiers enroulés était mauvaise. Dans l’enroulement ou le déroulement de ces papiers, il est fort difficile de ne pas toucher à la couche de collodion, et des taches en résultent. Il est aussi à peu près impossible d’éviter que le papier enroulé ne se froisse en quelque point ; il en résulte des éraillures dans la couche, qui se traduisent par des trous dans le cliché et qui compromettent l’opération du transport sur verre.
- Pour exposer ces feuilles à la lumière, on les tend soit sur des feuilles de carton bristol, soit sur des plaques de tôle vernie, pour procédé mè-lanotjpe, coupées à la grandeur du cliché que l’on veut obtenir.
- Pour fixer la feuille sur son support, le procédé suivant, indiqué par M. A. Pélegrj (*), est le plus simple : « Je coupe à chaque angle de ces cartons un petit triangle de om,oi de côté. Je place la feuille sensible sur une feuille de papier bien propre (le côté émulsionné sera en contact avec cette feuille de papier); je dépose le carton sur la feuille sensible, qu’il recouvre entièrement, sauf les quatre angles, et, tenant le carton bien serré contre la feuille pour que celle-ci soit bien tendue, je touche légèrement chacun des angles avec un pinceau imbibé de pâte épaisse de dextrine. Je replie ces angles par dessus le carton, je passe
- (1 ) La Photographie des peintres, des amateurs et des touristes, par A. Pélegry. — Paris, Gauthier-Villars.
- p.78 - vue 83/92
-
-
-
- — 79 —
- deux ou trois fois dessus le doigt garni d’un petit linge, et la colle est sèche aussitôt. »
- On emploiera pour l’exposition à la lumière, qui d’ailleurs nécessite le même temps que celui qui est exigé pour l’émulsion sur verre, des châssis dont les ressorts ont été enlevés ; on les remplacera par de petits tampons de liège collés sur les bords de la planchette, dans les coins, et qui, s’appliquant contre les bords du carton ou de la plaque de fer, la maintiendront dans une position convenable.
- Le développement de ces papiers s’effectue identiquement comme celui des glaces; il y a seulement à tenir compte ici de l’épaisseur du papier, qui enlève une certaine transparence au cliché. Il faudra donc avoir soin d’amener l’image sur papier à une intensité plus grande que celle qu’on voudra lui voir garder définitivement.
- Le fixage n’offre aucune particularité à noter. Si le transport sur verre doit être différé, il est indispensable que les lavages qui suivent le fixage soient très abondants. Après ces lavages le papier est soigneusement conservé dans un cahier de papier buvard jusqu’à ce que l’on procède au transport sur verre ou sur pellicule.
- 4° Transport de l’image.
- i° Sur verre. — Une glace ou une plaque de verre servant pour négatif est nettoyée comme d’habitude ; on la recouvre d’une couche de gélatine à
- p.79 - vue 84/92
-
-
-
- - 80 —
- 3 pour ioo ; lorsque la gélatine a fait prise, on immerge la glace dans une cuvette contenant de l’eau froide et filtrée, la couche de gélatine étant en dessus. On immerge lafeuille de papier portant le négatif dans la même cuvette, le côté recouvert d’émulsion étant en regard de la couche de gélatine. Lorsque par une immersion de cinq à six minutes le papier est suffisamment distendu, on retire en même temps la glace et le papier, en évitant qu’il ne se glisse des bulles d’air entre les deux; le tout est posé à plat sur une table et recouvert d’une ou plusieurs feuilles de papier buvard pour absorber l’excès d’eau. On recouvre le papier buvard mouillé d’une autre feuille qui soit sèche, et, au moyen d’un couteau à papier, d’une règle ou d’une raclette en caoutchouc, on favorise l’adhérence en promenant avec une légère pression l’un de ces instruments à la surface du papier buvard : on chassera ainsi les bulles d’air qui pourraient rester entre le négatif et la gélatine.
- En cet état l’image est emprisonnée entre le verre et le papier; le tout est alors abandonné à une dessiccation spontanée.
- Lorsque la gélatine et le papier sont bien secs, on trempe un tampon de coton dans la benzine, et au moyen de ce tampon on imbibe de benzine la surface du papier. Le caoutchouc de la couche préalable est ainsi ramolli, et par une nouvelle friction, en employant une nouvelle quantité de benzine, on le dissout complètement. On soulève
- p.80 - vue 85/92
-
-
-
- alors le papier par un angle, et en le tirant doucement on lui fait abandonner le verre gélatine sur lequel il laisse le cliché négatif.
- 2° Sur pellicule de gélatine. — Le transport effectué comme nous venons de le décrire donne un cliché retourné ; au lieu de l’effectuer sur glace simplement gélatinée, on peut le faire sur une glace collodionnée et recouverte d’une couche de gélatine alunée servant au transport des clichés faits sur verre. On opérera de la manière suivante.
- Une glace sera nettoyée en employant le talc, comme s’il s’agissait de s’en servir pour obtenir un négatif (p. 32). On la recouvrira ensuite d’un collodion normal formé de :
- Alcool.......................... 5o°°
- Ether......................... 5o00
- Coton-poudre..................... isr
- On laissera sécher ce collodion à la surface de la glace en évitant la poussière.
- Le collodion étant sec, on borde la glace d’une collerette en papier suivant le mode opératoire décrit page 63.
- Dans la caisse ainsi obtenue on coule une quantité de gélatine proportionnelle à l’épaisseur que l’on veut donner au cliché pelliculaire ; on se basera sur les indications fournies page 65.
- En cet état, la gélatine est abandonnée à la dessiccation.
- Les plaques ainsi préparées peuvent se conser-
- p.81 - vue 86/92
-
-
-
- — 82 -
- ver pendant plusieurs mois dans un endroit sec; on s’en sert au fur et à mesure des besoins.
- Lorsqu’on veut transporter un cliché sur pellicule, on trempe dans de l’eau tiède très légèrement ammoniacale (icc d’ammoniaque par litre, et filtrer) la glace recouverte de collodion et de gélatine, cette dernière couche en dessus; dans la même cuvette on place le papier portant le négatif, la couche de collodion en dessous; on retire de l’eau, on égoutte, on chasse les bulles d’air, on racle, on laisse sécher et on enlève le papier comme dans le procédé précédent. Il ne reste plus, lorsque la benzine est évaporée, qu’à inciser les bords de la couche et soulever par un coin la gélatine, qui entraîne le cliché ; on obtient ainsi un cliché sur pellicule de gélatine.
- Seconde méthode. — En voyage on pourra absolument supprimer l’emploi des glaces pour obtenir un cliché sur pellicule de gélatine. Au lieu de préparer sur glace la pellicule de gélatine qui sert à supporter définitivement le négatif, on prépare cette couche sur papier recouvert d’une couche préalable de caoutchouc.
- Pour cela on emploie le même papier que celui qui est destiné à être couvert d’émulsion, on le recouvre de caoutchouc de la même manière, on le mouille, on l’étend sur une glace et on le fait ainsi adhérer à celle-ci. D’un autre côté, on a préparé la solution de gélatine indiquée page 64 en n’employant que 700e0 d’eau au lieu d’un litre.
- p.82 - vue 87/92
-
-
-
- — 83 —
- Cette solution est versée sur le milieu de la feuille de papier : avec un pinceau on la fait arriver à om, oi des bords de la feuille, et, en promenant sur le papier une baguette de verre portant enroulée à chacune de ses extrémités un fragment de corde de fouet, on donne à la gélatine une épaisseur uniforme, on laisse sécher, on met sous presse pour donner la planimétrie, et l’on coupe à la dimension des clichés.
- Lorsqu’il s’agit de transporter un cliché sur pellicule de gélatine, on commence par tremper dans l’eau tiède (ammoniacale) le cliché à transporter, la couche d’émulsiori en dessus ; le papier étant bien imbibé, on met dans la même cuvette le papier gélatiné, la gélatine en dessous : il arrive un moment, après une ou deux minutes, où la gélatine a une tendance à se recoquiller en dedans. A cet instant on retire les deux papiers en chassant les bulles d’air, on égoutte l’excès d’eau, on éponge par le papier buvard, on racle, et l’on met sous pression dans un châssis-presse entre plusieurs doubles de papier buvard. Lorsque le tout est complètement sec, on pose les feuilles à plat sur une glace, on recouvre la surface de l’une d’elles de benzine à l’aide d’un tampon de coton, et, le caoutchouc étant ramolli, on soulève la feuille, qui laisse l’image et la pellicule de gélatine sur l’autre feuille. Pour enlever cette dernière, on procède de la même manière, et le cliché pelliculaire, débarrassé de son excès de benzine et de caoutchouc,
- p.83 - vue 88/92
-
-
-
- — 84 —
- est immédiatement mis sous presse, dans un châssis ou dans un livre, afin qu’il conserve sa plani-métrie. On obtient donc ainsi un cliché pellicu-laire sans que le verre ait en rien servi à sa préparation.
- Ce mode de transport s’applique à tous les procédés de Photographie sans exception ; un seul essai fait consciencieusement démontrera combien il est pratique. Il le deviendra encore plus lorsque les fabricants de papier au charbon voudront livrer du papier gélatiné spécial pour ce genre de transport.
- Les clichés ainsi obtenus possèdent la même finesse que ceux que l’on fait sur verre ; la couche est solide, et, si l’on s’aperçoit qu’il reste à sa surface un peu de caoutchouc, on peut l’enlever à l’aide d’un tampon de coton imprégné de benzine. Il est important qu’il ne reste pas de caoutchouc sur le cliché pellieulaire, car à la longue le caoutchouc jaunit et peut amener la détérioration du cliché.
- Nous serons heureux si ce procédé peut rendre aux touristes les nombreux services qu’il nous a rendus, s’il peut leur procurer les agréments qu’il nous a donnés, et que nous avons appréciés d’autant plus que nous avions jusqu’à ces derniers temps opéré avec le bagage relativement lourd et encombrant qu’entraînent les glaces, alors même que nous opérions à l’aide des appareils les plus perfectionnés.
- p.84 - vue 89/92
-
-
-
- — 85 —
- TABLE DES MATIÈRES.
- Pagas.
- Introduction.............................................. i
- CHAPITRE PREMIER.
- Préparation de la substance sensible.
- § I. — Des produits à employer..........
- i° Le collodion..........
- 2° Le bain d’argent......
- 3° Les solations pour lavage.................. 7
- 4° Le préservateur............................ 8
- § II. — Marche des manipulations......................... n
- i° Évaporation du collodion.................. i3
- 2° Sensibilisation........................... i5
- 3° Lavage des pellicules..................... 17
- 4° Préservateur.............................. 20
- 5° Séchage................................... 21
- CHAPITRE II.
- Formation de l’émulsion.
- Dissolution de la poudre sèche................ 24
- CHAPITRE III.
- Obtention du cliché à l’aide de l’émulsion.
- § I. — Préparation de la surface sensible............. 3o
- i° Polissage au talc......................... 32
- 20 Extension de l’émulsion................... 34
- § II. — Exposition à la lumière....................... 4°
- Temps de pose................................. 4°
- NTNtœ
- p.85 - vue 90/92
-
-
-
- — 86 —
- Pages.
- § III. — Développement de l’image..................... 4^
- i° Préparation des solutions qui servent à développer....................................... 46
- 2° Manipulations............................. 47
- 3° Plaques qui ont été exposées trop longtemps
- à la lumière............................. 52
- 4° Plaques qui manquent de pose............. .53
- 5° Renforcement par le nitrate d’argent et l’acide pyrogallique............................ 54
- § IV. — Fixage................... 56
- Fixateur..................................... 56
- § V. — Vernissage................. 57
- Vernis....................................
- § VI. — Transport du cliché sur pelliculetde gélatine. . . 6o
- Formules et mode opératoire.................. 6o
- CHAPITRE IV.
- Principaux insuccès du procédé.
- i° Pendant la préparation de la plaque....... 70
- 2° Pendant la préparation de l’émulsion... 71
- 3° Pendant la formation du cliché............ 71
- Note sur la suppression des glaces en voyage.......... 74
- i° Préparation du papier.... ............. • • • 75
- 20 Application de l’émulsion à la surface du
- papier................................... 7®
- 3° Conservation du papier préparé.. ......... 77
- 4° Transport de l’image................... 79
- S7S8 lmprimarie de GAUTHIER-V1LLARS, quai dos Augustins. 55.
- p.86 - vue 91/92
-
-
-
- p.87 - vue 92/92
-
-