Traité pratique de zincographie
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- traité PRATIQUE
- zincographie
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- TRAITE PRATIQUE
- V
- DE
- ZINCOGRAPHIE.
- VV> i'Wl
- Photogravure, Autogravure, Reports, etc.
- PAR
- V. ROUX,
- Opérateur,
- Membre de la Société Française de Photographie.
- PARIS
- GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
- DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER,
- Quai des Augustins, 55.
- 1885
- (Tous droits réservés.)
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- PRÉFACE.
- Les premières tentatives de reproduction gravée des empreintes héliographiques remontent à Joseph-Nicéphore Niepce, inventeur de la Photographie. Son procédé consistait dans l’emploi du bitume de Judée dissous dans l’essence de lavande, de manière à former un vernis semblable, quant à l’aspect, au vernis des graveurs. Ce vernis était étendu au moyen d’un tampon sur une plaque de cuivre ou d’étain sur laquelle était appliqué le recto d’une gravure enduite d’un vernis spécial qui la rendait transparente. Cette gravure était recouverte d’un verre et exposée à la lumière.
- Après une heure ou deux d’exposition, la
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- II
- PREFACE.
- gravure était enlevée et la plaque était recouverte d’un dissolvant composé d’huile de pétrole et d’essence de lavande.
- Cette opération avait pour but de faire apparaître l’image qui était invisible, en enlevant le vernis de toutes les parties qui avaient été préservées de l’action de la lumière, tandis que celles qui avaient été impressionnées par son action étant devenues insolubles, il s’ensuivait que le métal était mis à nu dans toutes les parties correspondant au noir de la gravure et en conservait, bien entendu, toutes les demi-teintes.
- Le dissolvant était ensuite chassé mécaniquement au moyen de l’eau versée sur la plaque qu’il ne restait plus qu’à sécher pour terminer l’opération.
- Dans le principe de sa découverte, Niepce n’avait d’autre but que de préparer, par la lumière, une planche susceptible d’être ensuite gravée à l’eau forte sans le secours du burin.
- Plus tard il changea d’idées et chercha à produire une image directe sur métal, dans le
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- PREFACE.
- ni
- genre des plaques daguerriennes. C’est pour cette raison qu’il abandonna la plaque de cuivre pour celle d’étain, et enfin la plaque d’étain pour celle d’argent sur laquelle il travaillait à l’époque de sa mort.
- MM. Niepce de Saint-Victor, son neveu, et Lemaître ont apporté des modifications au procédé de J.-N. Niepce en se servant de l’acier et du zinc comme support et de clichés photographiques sur papier ou sur verre, négatifs ou positifs, pour l’impression de la couche de bitume.
- La Photogravure était ainsi trouvée par le concours de la couche sensible de Niepce et des clichés photographiques pouvant reproduire toute espèce d’objets.
- Nous ne dirons rien des perfectionnements apportés à la gravure chimique par les découvertes de Poitevin sur les propriétés de la gélatine bichromatée, ni de l’application industrielle de ce produit par MM. Garnier, Salmon, Baldus, Lemaître, etc. Ces procédés, s’appliquant spécialement à la gravure chimique pour les impressions dites en « taille-douce », sor-
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- IV
- PREFACE.
- tent du cadre que nous nous sommes imposé dans ce Traité pratique.
- Le procédé de Niepce, perfectionné par l’adjonction des clichés photographiques et des reports lithographiques et autographiques, est donc la hase des procédés connus et pratiqués aujourd’hui sous les noms de : Gillotage, Paniconogravure, Zincogravure, Simili-gravure, etc.
- C’est de celui-là seul que nous nous occuperons. Nous indiquerons la méthode à suivre, opération par opération, depuis l’obtention du cliché photographique ou du dessin à reporter jusqu’à l’achèvement du cliché zinc monté, prêt à l’impression typographique.
- Dans un dernier Chapitre nous donnerons un abrégé de quelques procédés de gravure, proposés à diverses époques et dont quelques parties peuvent être appliquées avec succès à la gravure chimique ; telles sont par exemple : la Chimitypie, de l’Imprimerie impériale de Vienne, la Chrysoglyphie, de MM. Firmin-Didot frères, la Calcographie, de Heims, la Glyphographie, de Palmer, YAutotypogra-
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- PREFACE.
- Y
- phie, de Beslay, la Galvanographie de Kobell, et enfin la Tissiérographie, du nom de son auteur Tissier.
- Nous espérons, en publiant ce Traité pratique de Zincographiet concourir, par la simplicité de la méthode que nous exposons, à l’extension plus grande de cette branche de l’art industriel, et nous serons largement récompensé de notre travail si nous avons pu encourager de nouveaux praticiens à suivre cette voie.
- L’Auteur.
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- TRAITÉ PRATIQUE
- DE
- Z INCOGRAPHIE.
- CHAPITRE PREMIER.
- OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
- I. — Nettoyage des glaces.
- La première opération consiste dans le nettoyage le plus parfait du support employé, verre ou glace.
- On arrive facilement à ce résultat en immergeant les glaces, neuves ou ayant déjà servies, pendant six heures, dans une cuvette contenant le bain suivant :
- Eau ordinaire............................... 5ut
- Bichromate de potasse....................... 2ks
- Acide nitrique.............................. 1IU
- Ces proportions doivent être gardées ou réduites
- V. Roux. — Zincograpliie. 1
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- 2 TRAITÉ PRATIQUE DE ZIJS COGRAPHIE
- suivant les dimensions des glaces et le volume des vases qui doivent les recevoir.
- En sortant les glaces de ce bain, on les lave à l’eau courante, on les essuie avec un linge propre, et aussitôt après, on les frotte avec un tampon de coton imbibé d’alcool à 36° dans lequel on a fait dissoudre quelques paillettes d’iode.
- On termine le nettoyage avec un linge fin et sec, par un vigoureux frottement circulaire ; la glace est alors prête pour l’usage.
- En l’absence de linge, on peut se servir utilement de tampons de papier de soie, et, pour terminer le nettoyage, d’une peau de daim bien dégraissée. L’opérateur choisira suivant les circonstances, la méthode à employer; l’essentiel, nous le répétons, est d'obtenir une surface exempte de toute impureté.
- II. — Préparation de la couche sensible.
- Collodion. — Le collodion auquel on doit donner la préférence est un collodion pulvérulent et d’une certaine densité, la couche devant avoir une adhérence parfaite avec le support jusqu’à la fin des opérations..
- Ce résultat est obtenu facilement par l’emploi du
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- GHAP. I«. — OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 3
- coton azotique pulvérulent, dit à quatre équivalents.
- Voici les formules de collodionque nous recommandons : ,
- 1° Pour la reproduction des dessins au trait, gravures, etc.
- Alcool à 40°...................... 400cc
- Éther à 62°. . . .................... 600
- Coton azotique..................... 12«r
- lodure d’ammonium................... . 5
- Iodure de cadmium....................... 4
- Iode en .paillettes................ 0, 50
- 2° Pour la reproduction des dessins ou tableaux, aquarelles, etc., en demi-teintes :
- Alcool à 40°...................... . . 400cc
- Éther à 62°........................ 600
- Coton azotique........................ 12?r
- Iodure d’ammonium....................... 4
- lodure de cadmium....................... 4
- Bromure de cadmium.................... 1,50
- Iode en paillettes.................; 0,25
- Sensibilisation. — Pour l’emploi de ces deuxcol-lodions, nous conseillons un bain d’argent composé de :
- Eau distillée.................................... llu
- Nitrate d'argent cristallisé . . 70sr
- Acide acétique................................... 50cc
- En hiver, on peut augmenter de 1 à 2 pour 100
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- 4 TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- la dose de nitrate d’argent et réduire de moitié celle d’acide acétique ; mais cette modification n’est pas absolument nécessaire, la température des laboratoire et atelier pouvant être égale en toute saison.
- Pour conserver la pureté du trait, il est important d’observer l’état de saturation du bain d’argent par les iodures et bromures dissous. Il est utile de précipiter le bain d’argent par l’eau distillée, ou, à son défaut, par l’eau ordinaire, après la sensibilisation d’environ quarante glaces 21 x 27 ou d’une surface équivalente par chaque litre de bain.
- Nous répéterons pour mémoire cette opération : On étend le bain d’argent d’un volume égal au quart environ du volume total avec de l’eau distillée; on expose pendant une heure au soleil, on filtre et l’on ajoute la quantité de nitrate d’argent nécessaire pour ramener le bain à son taux normal.
- III — Exposition à, la chambre noire.
- L’exposition à la chambre noire doit être aussi exacte que possible si l’on veut conserver aux traits du négatif le maximum de transparence pour l’in-
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- CHAP. Ier — OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 5
- solation ultérieure du bitume sur zinc. Un cliché, même très légèrement surexposé, donne après le renforçage une image voilée qui empêche la venue des traits tins ou tout au moins leur conservation lors du développement du bitume. En toute circonstance, il vaut mieux se tenir en dessous de la pose nécessaire.
- Généralement, on a à reproduire plusieurs originaux de même valeur, la plupart des dessins étant faits pour le procédé, soit au crayon, soit à l’encre de Chine sur papier blanc. On peut donc, et nous le conseillons, se servir très utilement du photomètre ; une première opération suffira pour guider la régularité de celles qui suivront, tant pour la pose que pour le développement.
- IV. — Développement du négatif.
- Le développement aux sels de fer doit être employé de préférence. Le révélateur suivant donne des négatifs brillants et une opacité de fonds presque suffisante pour l’insolation du positif au bitume; de plus, il est peu onéreux et dispense en toute circonstance de l’emploi ultérieur de l'acide pyrogallique et de l’acéto-nitrate d’argent. Il est composé de :
- i.
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- G
- TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- Eau ordinaire.. . Sulfate de fer pur Acide pyroligneux
- . 100e'
- Nous n’ajoutons pas d’alcool, l’acide pyroligneux jouissant des propriétés de l’alcool et de l'acide acétique réunis.
- On doit laisser agir le révélateur jusqu’à réduction complète du sel d’argent dans la couche de collodion, ce qui est indiqué par la tonalité semblable du recto et du verso du cliché vu par réflexion. En cet état, on arrête l’action du révélateur par un lavage abondant et l’on fixe le cliché soit avec une- solution saturée d’hyposulfite de soude, soit avec une solution de cyanure de potassium à 3 pour 100 ; nous préférons ce dernier agent qui, en toute circonstance, donne des traits plus transparents et plus secs.
- V. — Renforçage.
- En dehors de quelques cas particuliers que nous indiquons à la fin de ce Chapitre, le renforçage par des méthodes quelconques avant le fixage doit être rejeté. Bien des fois, il cause la perte d’excellents clichés qui, sans son emploi, donneraient des résultats satisfaisants au tirage positif.
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- CHAP. Ier. — OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 7
- Nous suivons pour le renforcement la méthode suivante, qui donne les meilleurs négatifs pour le procédé. —Le cliché, fixé et bien lavé, est immergé dans une cuvette contenant le bain suivant :
- Eau ordinaire............................ lHt
- Bichlorure de mercure........, • • • • 150gr
- Acide chlorhydrique...................... 10cc
- Cette immersion est variable suivant la plus ou moins grande porosité de la couche ; elle est suffisante lorsque cette couche a pris une teinte blanche, laiteuse.
- On arrête alors faction du bain par un lavage abondant, de façon à enlever toute trace du sel de mercure, et l’on verse rapidement à la surface une solution de suif hydrate d’ammoniaque.
- La couche devient instantanément d’un beau noir, très-opaque et laissant l’image d’une transparence parfaite.
- Si, accidentellement, un léger voile subsistait dans le trait, on pourrait sans crainte passer à la surface du cliché une solution d’acide nitrique dilué dans les proportions de :
- Eau ordinaire............................... lm
- Acide nitrique à 26°........................ 200e*'
- On doit surveiller attentivement l’action de ce dernier bain et l’arrêter au moyen d’un jet d’eau
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- TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- courante aussitôt que le voile est dissous. Sans cette précaution, on s’exposerait à altérer la finesse de l’image, presque au point de la rendre floue. Le cliché peut être traité ainsi plusieurs fois de suite sans accident.
- Le cliché ainsi traité ne doit être ni gommé ni verni, à moins que l’exposition à la chambre noire n’ait été faite par retournement direct soit par châssis, soit par prisme, comme nous l’indiquons plus loin.
- On laisse sécher spontanément à l’air libre.
- On peut sécher les clichés à un foyer quelconque, mais il faut pour cela être bien assuré du nettoyage parfait de la glace-support ; faute de cette précaution on s’expose à voir la pellicule de collodion se détacher partiellement et mettre hors de service le cliché ainsi altéré.
- VI. — Retournement du négatif.
- Les clichés pour ce procédé doivent être inverses de ceux nécessités pour les tirages positifs sur papier, c’est-à-dire que l’image sur collodion, vue par réflexion, doit être dans le même sens que le modèle ; ce résultat peut être atteint par une des trois méthodes suivantes :
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- CHAP. I". — OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 9
- 1° Au moyen d’un prisme. — Cet appareil est composé d’un prisme en cristal enfermé dans un boîtier spécial pouvant s’adapter à toute espèce d’objectif et spécialement aux rectilinéaires généralement employés pour les reproductions de dessins, plans, cartes, etc.
- L’opération faite avec cet intermédiaire donne l’image directe; il faut cependant observer que l’usage du prisme est limité, avec les meilleurs objectifs, à une surface de 40 x 50.
- Au-dessus de cette surface, les résultats cessent d’avoir la netteté et la finesse nécessaires à un travail irréprochable.
- 2° Retournement à la chambre noire. — L’ébénis-terie photographique construit actuellement des châssis spéciaux dont les foyers coïncident avec celui du. verre dépoli, la glace sensible placée h l’envers, c’est-à-dire la face collodionnée regardant le dos du châssis.
- Pour s’en servir, il suffit d’observer les conditions de pureté du verso du support. On y arrive rapidement de la manière suivante :
- La glace sensibilisée sortie du bain d’argent est mise à égoutter pendant quelques minutes; on l’essuie avec une éponge, puis avec un tampon de
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- 10 . TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- papier de soie, et enfin on termine avec un linge fin et sec légèrement imbibé d’alcool. Toute trace étrangère, peluches de papier, gouttes d’eau, poussières, etc., qui resterait à la surface de la glace, formerait un vide, un trou dans le négatif, car les pinceaux lumineux ne pourraient traverser ce milieu pour agir sur la couche sensible.
- On peut se servir des châssis ordinaires en observant la différence, des foyers. Pour cela, la mise au point étant faite sur le verre dépoli comme à l’ordinaire, on avancera celui-ci du côté de l’objectif d’une quantité égale à l’épaisseur de la glace qui doit servir à l’opération.
- Pour la mise au châssis de la glace sensibilisée, on enlèvera le ressort de pression et on le remplacera par de petits morceaux de liège placés aux angles intérieurs du châssis ou des intermédiaires
- 3° Retournementpelliculaire dit « au caoutchouc ». — Afin de simplifier l’opération précédente et de permettre l’usage de toute espèce de châssis, afin surtout d’éviter la perte de temps résultant de l’essuyage du dos de la plaque, on emploie presque généralement aujourd’hui le retournement pelliculaire de la couche par une dissolution de caout-
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- CHAP. I-. — OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 11
- chouc. Getle méthode a en outre l’avantage de permettre, sur une même plaque, la réunion de plusieurs négatifs de sujets différents; de plus, comme nous le verrons plus loin, elle dispense, dans la plupart des cas, de l’emploi des châssis positifs, tout en donnant une adhérence et par suite une netteté des plus complètes à l’image positive au bitume.
- Le négatif bien sec est simplement recouvert d’une solution composée de :
- Benzine cristallisable.................... llu
- Caoutchouc.................... ............. 100gr
- La dissolution du caoutchouc du commerce dit « en poire » est assez lente et demande un assez long repos. On y supplée par la pâte de caoutchouc dissous dans la benzine ou dans le sulfure de carbone, vendue par les fabricants de produits chimiques à diverses industries. Cette pâte, étendue dans un volume dix fois supérieur de benzine cristallisable, est immédiatement utilisable.
- Après dessiccation de cette couche de caoutchouc, on étend sur elle, par le même procédé, une couche de collodion normal ainsi composée :
- Alcool à 40°............................ 50QCC
- Éther à 62°. .................... 500
- Coton azotique soyeux.................... 10gr
- Glycérine................................. Ie6
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- 12 TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- Cette opération a pour but de conserver l’élasticité proportionnelle des supports, et d’éviter ainsi le retrait inégal de l’image négative sur collo-dion et de la pellieularisation an caoutchouc, durant le transport de cette image soit sur une seconde glace, soit sur le zinc préparé comme nous le dirons plus loin.
- Le cliché étant bien sec, après cette application, est mis à tremper pendant quelques minutes dans une cuvette remplie d’eau ordinaire. 11 est utile, en général, de couper, au moyen d'un canif, la pellicule aussi près que possible des bords de la glace; on facilite ainsi son enlevage du support d’opération. D’un autre côté, on immerge dans l’eau une feuille de papier peu encollé et coupé de la dimension du cliché à enlever. On applique cette feuille ainsi humidifiée sur la surface du cliché à transporter. On facilite l’adhérence en passant plusieurs fois au recto un rouleau en bois dur ou en cuivre.
- Après quelques minutes de contact, on soulève au moyen d’un couteau, un des angles de la pellicule et on pince entre l’index et le pouce le papier et la pellicule de collodion ainsi réunis. Si la glace-support est exempte d’impuretés, la loelli-cule négative doit, en continuant l’opération du
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- CHAP. I”. — OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 13
- détachement, venir se fixer entièrement au papier qui la sépare de son support provisoire.
- En cet état, on la place sur une surface plane quelconque et l’on y applique une seconde feuille du papier humide précédemment indiqué; on sépare alors par la première méthode la pellicule de son premier support-papier, on passe à la surface un blaireau légèrement imbibé d’une solution d’eau gommeuse, et la pellicule peut alors être appliquée définitivement et retournée, soit sur une nouvelle glace pour servir à des tirages multiples, soit directement sur le zinc bitumé comme nous le verrons plus loin.
- Si l’opération a été bien conduile, le cliché pelliculaire, n’ayant subi aucune altération, peut être utilisé, en le séparant de son support, pour des tirages positifs sur papier, ou conservé en carton pour un usage ultérieur, ce qui évite l’immobilisation onéreuse d’un grand nombre de glaces.
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- CHAPITRE II.
- ÉPREUVES POSITIVES AU BITUME DE JUDÉE.
- I. — Préparation du zinc.
- Si le zinc qui doit servir à cette opération est neuf, il suffit de le polir à sec, au moyen d’un tampon enduit d’une légère quantité de blanc d’Espagne en poudre. On l’essuie en frottant avec un second tampon bien sec et en suivant toujours le même sens de frottement. Si, au contraire, le zinc a déjà subi quelques préparations, il est de toute nécessité de procéder à un polissage complet qui se pratique de la manière suivante : Le zinc est d’abord débarrassé de toute matière grasse par la benzine, et, s’il a subi un commencement de morsure, on l’use bien également au moyen du papier émeri ; puis on lermine avec un charbon de hêtre bien trempé à l’eau. Oh
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- CHAP. IL — ÉPREUVES AU BITUME DE .JUDÉE.
- essuie à sec et on lui donne, au moment de s’en servir, le poli à sec dont nous avons parlé au commencement.
- II. — Sensibilisation du zinc.
- On fait dissoudre du bitume de Judée, de préférence celui qui, dans sa cassure, conserve un ton brun-rouge.
- La dissolution doit se faire au moins vingt-quatre heures d’avance ; elle se conserve indéfiniment. Les proportions moyennes sont :
- Benzine cristallisable..................... 500rr
- Bitume de Judée............................ 20§r
- Cette proportion doit être augmentée de moitié si les négatifs employés sont de petites surfaces et reproduisent de larges traits; au contraire, si les négatifs sont de grandes dimensions et à traits fins, on réduira la dose de bitume à 12gr.
- Cette solution est étendue sur le zinc dans les mêmes conditions que le collodion sur la glace. Pour les grandes plaques, il est nécessaire de se servir d’une tournette afin de répartir également le bitume ; pour les petites plaques, jusqu’à 24 X 30 par exemple, on peut se servir utilement d’une
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- 16 TRAITÉ PRATIQUE DE ZINC0GRAPH1E.
- ventouse attachée par une corde au plafond du laboratoire; cette ventouse fixée au dos de la plaque, on étend sur celle-ci la solution de bitume et on l’égoutte rapidement. On tourne la ventouse sens dessus dessous et quelques tours de corde suffisent pour donner à la plaque un mouvement de rotation qui répartit également le bitume et donne une dessiccation plus rapide.
- III. — Insolation du bitume.
- L’exposition à la lumière solaire de la couche sensible de bitume est variable en raison de la plus ou moins grande transparence du négatif et de la plus ou moins grande épaisseur du bitume suivant la surface à imprimer, ainsi que nous l’avons expliqué précédemment.
- En général, vingt minutes suffisent pour un cliché dont les tailles sont bien découpées ; une demi-heure environ pour les grandes surfaces à, bitume mince, et enfin une heure au maximum pour les couches épaisses.
- L’exposition ne peut être indiquée d’une manière sûre, à cause de la sensibilité des divers bitumes du commerce. C’est à l’opérateur de se guider sur
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- GHAP. II. — ÉPREUVES AU BITUME DE JUDÉE. 17
- une première expérience pour contrôler les suivantes.
- En tout état de cause, il y a avantage à toujours dépasser un peu l’exposition nécessaire ; on resserre davantage les tailles, effet contraire à celui du collodion négatif, et une marge plus grande est laissée au]développement régulier.
- IV. — Développement du bitume.
- Après avoir enlevé le zinc du châssis, on l’immerge rapidement dans une cuvette en porcelaine ou en verre contenant une quantité suffisante de térébenthine.
- Nous recommandons l’emploi de la térébenthine maigre du commerce; dans le cas où les circonstances ne permettent pas de se la procurer en cet état, on peut la rendre utilisable par la déshydratation au chlorure dp calcium. Tl suffit pour cela de mettrp dans la bouteille qui renferme l’essence quelques morceaux de chlorure de calcium fondu.
- Les parties non insolées du bitume se dissolvent rapidement dans ce bain, en laissant le zinc parfaitement à nu. On facilite le développement
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- 18 TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIK.
- on promenant à la surface du zinc un blaireau de poils doux et longs.
- L’image positive développée dans toute la pureté de ses lignes, on arrête l’action du révélateur par un lavage abondant sous un robinet d’eau.
- On essore ensuite la plaque au moyen d’un papier buvard ou de soie et on la tamponne légèrement avec un linge sec.
- On immerge ensuite la plaque dans une cuvette contenant :
- Eau ordinaire............................... lUt
- Acide nitrique ordinaire.................... 30cc
- Cette immersion dure quelques minutes ; elle est suffisante lorsque toute apparence graisseuse a disparu de la plaque et que la surface du zinc conserve un aspect légèrement mat.
- Au moyen d’une éponge, on passe alors rapidement à la surface une solution composée de :
- Eau ordinaire............................ l,il
- Gomme arabique...........................100?r
- Acide chromique.......................... 2
- Une légère teinte jaune se manifeste sur la surface du zinc non couverte par l’image au bitume; on arrête l’action de l’acide chromique par un
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- GHAP. If. — ÉPREUVES AU BITUME DE JUDÉE, 19
- lavage abondant et l’on abandonne à la dessiccation, soit à l’air libre, soit sur une chaufferette on dans une étuve. Il est utile à ce moment de vernir au bitume épais le dos de la plaque de zinc.
- La plaque est alors prête pour les morsures à l’acide qui doivent la terminer.
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- CHAPITRE III.
- GRAVURE DU ZINC, DU CUIVRE ET DU RRONZE.
- I. — Gravure du zinc.
- 1. Morsures diverses. — Nous indiquerons d’abord 'les outils et accessoires que le graveur doit avoir à sa disposition immédiate avant de commencer les opérations de morsure :
- 1° Un rouleau lithographique fin en cuir;
- 2° Un rouleau lithographique à gros grain ;
- 3° Un rouleau lithographique molletonné ;
- 4° Un marbre à rouler, pierre ou verre;
- 5° Deux éponges demi-fines, une pour l’eau, gommée chromatée et la seconde pour l’essuyage à l’eau pure ;
- 6° Une solution de bitume de Judée dans la benzine ordinaire pour les réserves ( voir la formule, p. 15);
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- CHAP. III. — GRAVURE DU ZINC.
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- 7° Une boîte en bois ou en carton de proportions égales aux plus grandes planches à graver et contenant un demi-kilog. de fleur de résine, plus un blaireau à longs poils ;
- 8° Une grille ou chaufferette à foyer quelconque ;
- 9° Une boîte d’encre lithographique ordinaire dite de labeur, additionnée par fusion de 50§r de cire vierge par kilog;
- 10° Une boîte de la même encre additionnée de 50?r par kilog. de résine ordinaire dite colophane;
- 11° Deux cuvettes en bois doublées de gutta-percha, de proportions égales aux plaques à graver et d’une profondeur de 0m,20 environ ;
- 12° Un assortiment d'échoppes, grattoir, brunissoir, pointe carrée,- pinceaux en blaireau de petites dimensions.
- La plaque, terminée comme nous l’indiquons au précédent Chapitre, est légèrement chauffée sur le gril et recouverte, au moyen du blaireau, d’une couche de fleur de résine qui lui donne une résistance plus grande à la première morsure de l’acide. Cette première opération n’est pas à proprement parler une morsure et doit être limitée à un décapage général qui enlève dans le fond de l’image toute trace d’essence ou de matière
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- TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- grasse provenant des opérations antérieures.
- Cette opération, appelée, en terme de métier. passée, se fait en immergeant la plaque à graver dans une cuvette contenant :
- Eau ordinaire............................... l,u
- Acide nitrique à 26°........................ 50co
- On laisse agir le bain pendant cinq minutes environ, après quoi on lave à l’eau pure, on essore soit avec une éponge fine et sèche, soit avec un papier buvard.
- On chauffe légèrement la plaque sur le gril, après refroidissement, on encre avec l’encre de résine, au moyen du rouleau fin, et on passe de nouveau à la fleur de résine. Avant d’encrer, on mouille d’une éponge les fonds de la plaque à graver avec une solution composée de :
- Eau ordinaire............................ Tlil
- Gomme arabique...........................100gr
- Acide chromique.......................... 10
- La gomme a pour propriété de couvrir les aspérités du zinc qui pourraient prendre l’encre au moment du roulage ; l’acide chromique forme à la surface du zinc un sel qui possède la propriété de refuser les corps gras. C’est donc un isolateur qui permet d’encrer largement, tout en réservant la finesse des plus petits détails.
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- GHAP. 111. — GRAVURE DU ZINC.
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- C’est à partir de ce moment que part réellement la gravure du zinc qu’il faut surveiller attentivement. On double la quantité d’acide nitrique précédemment indiquée, et l’on immerge la plaque dans ce bain environ un quart d’heure.
- L’action de l’acide nitrique pendant ce temps est assez énergique pour qu’en passant l’ongle sur le bord de l’image, on perçoive une aspérité assez forte. On lave la plaque à l’eau pure et on la fait égoutter et sécher sur le gril, ce qui demande une dizaine de minutes environ.
- On doit balancer la cuvette renfermant le bain de morsure alternativement d’avant en arrière, et vice versa, pendant toute la durée de cette opération, et surtout pendant celles qui suivent. On évite d’abord réchauffement du zinc, la fusion de l’encre qui occasionnerait la perte des finesses ou tout au moins des solutions de continuité dans les traits, ce qu’on appelle grillage.
- Au Chapitre Insuccès, nous expliquerons cet accident qui a plusieurs causes et nous indiquerons les moyens de le prévenir ou de le réparer si par une cause quelconque on n’a pu l’éviter.
- Après cette seconde morsure, généralement suffisante pour donner Y œil aux parties les plus fines et les plus serrées, on retire la planche de la cuve ;
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- 24 TRAITÉ PRATIQUE DE ZINC0GRAPH1E.
- on lave à l’eau pure, on gomme de nouveau à l’éponge, on encre avec le rouleau à gros grain enduit de l'encre à résine, et enfin on essore rapidement avec une éponge sèche.
- La plaque ainsi préparée est placée sur le gril et doit y rester jusqu’à ce que sa température se soit élevée à 80° environ; à ce moment, l’encre qui garnit les traits entre en fusion et en recouvre les bords en formant un talus de protection. On retire alors la plaque du gril et on l’abandonne au refroidissement à l’air libre.
- La plaque étant refroidie est immergée à nouveau dans la cuvette à morsure dontj’on a triplé l’énergie du liquide par l’addition d’un demi-litre environ d’acide nitrique.
- Cette troisième morsure dure environ une heure et donne un creux suffisant à l’impression , sans empâtements, des parties noires et isolées.
- On lave de nouveau la plaque à l’eau ordinaire pour arrêter l’action du mordant et l’on procède à la préparation de la quatrième morsure dite grand creux de la manière suivante :
- La plaque est j>réparée à l’eau gommée chro-matée comme pour les précédentes morsures, l’encrage seul diffère et se fait avec le rouleau
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- CHAP. III. — GRAVURE DU ZINC. 25
- molletonné enduit de l’encre lithographique additionnée de cire. Cet encrage largement fait bouche complètement l’image et ne laisse à découvert que le fond du zinc, c’est-à-dire les blancs de la marge, ou, si le dessin a des blancs intérieurs très étendus’, les parties destinées à être élimées à la scie, les à-jour qui doivent éviter le flottage du papier sur les fonds et par suite, au tirage, les maculatures des blancs de cette image.
- Cette quatrième morsure dure environ une demi-heure; la dose d’acide nitrique doit encore être augmentée d’environ un demi-litre d’acide, tant pour compenser ce qui a été détruit par les précédentes opérations, que pour rendre le mordant plus énergique.
- Si l’on s’apercevait que, par suite de l’emploi d’une encre trop faible ou d’une fusion incomplète, une pellicule se formât à la surface des traits et se détachât partiellement de la plaque, il faudrait immédiatement arrêter l’action du mordant par un lavage à l’eau pure, et recommencer la préparation dans les mêmes conditions que pour la quatrième morsure.
- La planche terminée est lavée à la benzine ordinaire d’abord, et ensuite à la potasse d’Amé-
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- rique en solution concentrée pour la débarrasser entièrement des matières grasses qui la maculent et permettre de juger l’ensemble du travail.
- En général, quoique les opérations aient été bien conduites, il reste autour des traits des parties étagées en amphithéâtres provenant des fusions successives de l’encre avant les morsures; ces parties sont appelées talus.
- Pour les faire disparaître, ce qui est toujours utile pour la présentation favorable d’un cliché typographique, on encre au rouleau lisse, enduit d’encre à la résine, la surface du trait, c’est-à-dire l’image seule, comme si cet encrage était destiné au tirage de l’épreuve; on immerge la planche dans un bain composé de :
- Eau ordinaire................................ lHt
- Acide nitrique. . ...........................100cc
- On suit attentivement la marche de cette morsure dite abatage des talus, au moyen d’un blaireau ou d’une éponge que l’on promène légèrement autour de l’image. Lorsque les aspérités paraissent suffisamment disparues , on arrête l’action par l’eau pure et l’on procède au nettoyage comme nous l’avons indiqué plus haut.
- 2. Retouche du zinc. — Trois cas généraux
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- GHAP. III. — GRAVURE DU ZINC. 27
- peuvent se présenter où la retouche de l’image en tout ou partie est nécessaire avant la morsure.
- Le premier cas est celui d’une positive incomplète au bitume soit par un manque d’insolation soit par l’emploi d’un cliché partiellement opaque. Si l’on ne peut refaire l’impression du bitume, on retouchera les parties non venues en les dessinant à la main au moyen de l’encre autographique.
- Le second cas est celui d’un report autographique incomplètement décalqué sur le zinc; le remède est le même que dans le cas précédent.
- Le troisième cas est celui d’empâtements dans les noirs provenant d’une insolation trop forte du bitume, ou de l’emploi d’un cliché négatif manquant de détails dans les ombres, ou enfin d’un report trop chargé avant la passée. Ici, on doit retoucher à la pointe sèche qui met le zinc à nu et permet au mordant d’agir. Cette interprétation peut se faire dans le sentiment du dessin, ou, ce qui se fait plus généralement, par des lignes parallèles et croisées à angle droit, ce qu’on appelle grisé. Lorsque les espaces à ouvrir sont peu étendus, on coupe le bitume ou le report à la roulette à grains ou à la roulette à griser préalablement gommée pour faciliter l’enlèvement des traits ou points détachés.
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- Ces différentes retouches peuvent s’exécuter non seulement avant la première morsure, mais pendant les suivantes, suivant les accidents qui peuvent se produire au cours des opérations.
- L’enlèvement des points de zinc dits piqûres, des barbes des talus, etc., qui se fait au moyen de l'échoppe ou de la pointe carrée, ne constitue pas une retouche. Il rentre dans l’ensemble des opérations de morsures et surtout pour l’achèvement du cliché typographique dans la période que nous appelons abatage.
- 3. Montage du cliché typographique. — Quand les blancs occupent une surface de 3cq à 4cq dans l’intérieur de l’image, il est d’usage de les découper à jour pour éviter au tirage l’impureté des fonds. Quant à l’image elle-même, on la découpe à la scie à environ 2mm de ses bords, en ménageant près des pointes oii arêtes vives quelques espaces de 4mm environ pour permettre de fixer, au moyen de clous, le cliché zinc sur son bois de monture.
- Les zinc et bois nécessaires à ce genre de gravure se trouvent tout préparés d’épaisseur dans l’industrie ; on les débite à la demande. Néanmoins nous indiquerons que le zinc a en moyenne 2mra d’épaisseur et le bois 21mm.
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- CHAP. 1LI. — GRAVURE DU CUIVRE ET DU BRONZE. 29
- Les opérations de mise en train pour le tirage des clichés intercalés dans un texte sont du ressort exclusif d’un bon imprimeur.
- II. — Gravure typographique du cuivre et du bronze.
- L’art céramique emploie beaucoup aujourd’hui les reports ou décalques pour la décoration des faïences, porcelaines, poteries, etc.
- Les impressions se font sur des papiers spéciaux et les encres tiennent en suspension des poudres d’émaux colorés, à la place de matières colorantes inertes.
- Les clichés zinc ne peuvent être utilisés pour ces tirages, le roulement des poudres d’émail les mettant rapidement hors d’usage.
- On les remplace par des clichés typographiques sur cuivre rouge, et surtout sur bronze, ces métaux permettant des tirages considérables et réguliers.
- Les opérations positives du bitume, celles de l’encrage et des morsures successives se font comme nous l’avons indiqué pour le zinc. Le mordant seul diffère; il consiste dans un liquide composé de :
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- Perchlorure de fer 'liquide à 45°....... llit
- Acide chlorhydrique..................... 20CP
- Ce liquide sert jusqu’à épuisement; son action comme mordant est presque verticale et ne demande qu’une protection légère de bitume et d’encre.
- En deux ou trois morsures d’une heure chacune, on obtient un grand creux de 2mm environ, suffisant pour de longs tirages.
- On peut monter ces clichés comme des zincs sur des bois d’épaisseur, mais généralement on se dispense de cette opération, l’impression • de ces planches se faisant dans des conditions particulières de presses, cadres, produits, etc.
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- CHAPITRE IY.
- REPORTS AUTOGRAPHIQUES.
- Le zinc a une grande affinité pour les corps gras ; quand il a été poli, l’eau n’adhère que très faiblement à sa surface; mais, si on le graine avec du sable fin, ou bien si on l’attaque au moyen d’un acide faible ou légèrement étendu ffieau, il se mouille presque aussi facilement que la pierre lithographique, et les petites rugosités dont il est alors recouvert retiennent les particules aqueuses.
- On peut donc décalquer sur un zinc ainsi préparé, soit une gravure ancienne, soit un dessin fait à l’encre autographique ou au crayon lithographique, sur un papier légèrement encollé à la gomme arabique.
- L’original est intercalé entre deux feuilles de papier buvard légèrement humide pendant quel-
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- 32 TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- ques minutes, puis appliqué sur la surface du zinc. On fait passer la planche plusieurs fois sous le rateau d’une presse lithographique, on mouille fortement le verso du papier report, et, au bout de quelques minutes, celui-ci peut s’enlever en laissant le dessin complètement adhérent à la surface du zinc.
- On acidulé, ou on prépare ensuite la planche de zinc avec une solution de gomme et d’acide chro-mique étendu d’eau, on encre au rouleau lithographique fin pour engraisser le trait, on saupoudre à la fleur de résine, et on procède à la morsure en suivant la même méthode que pour les impressions au bitume de Judée, indiquées page 15.
- Pour le transport des vieilles gravures, on suit la méthode suivante :
- Imbibez de gomme arabique la feuille à réencrer, passez-la sur un marbre et versez sur elle une solution ainsi composée :
- Eau ordinaire........................ l1!t
- Potasse caustique.......................... !Or
- Laissez agir cette solution pendant cinq à six minutes en essayant à plusieurs reprises sur un point quelconque si le corps gras commence à revivre. Aussitôt que la potasse a suffisamment agi sur
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- CHAP. IV. — REPORTS AUTOGRAPHIQUES. 33
- l’impression, on jette de l’eau sur la feuille, pour enlever l’aleali, et on y verse une petite quantité de térébenthine qui se fixe seulement sur l’image. On laisse séjourner la térébenthine dix minutes environ en maintenant la feuille humide.
- Avec un rouleau de velours ou de drap fin, on encre doucement le caractère avec le noir à report lithographique jusqu’à ce que l’image, vue par réflexion, paraisse bien nourrie.
- En cet état, on l’applique sur un zinc préparé et l’on continue les opérations comme nous l’avons indiqué pour les reports autographiques, tant pour le décalque de l’image que pour la gravure chimique (’).
- (1) Afin de simplifier les tirages et surtout la mise en pages de plusieurs clichés intercalés, on tire sur papier de Chine encollé une épreuve de la composition du texte. Cette épreuve est piquée et mise en place sur une feuille de papier reproduisant l'image au bitume en faux décalque tiré avant toute espèce de morsure.
- L’épreuve préparée ainsi se reporte sur le zinc dans les mêmes conditions qu’un dessin autographique, et les opérations de gravure se continuent par les mêmes méthodes.
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- CHAPITRE Y.
- INSUCCÈS DES OPÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES ET ZINCOGRAPHIQUES.
- 1. Le collodion manque d'adhérence à la glace. — Bain d’argent trop acide; coton azotique trop neutre ; nettoyage imparfait du support; renforcement exagéré à l’acide pyrogallique; action trop énergique de l’acide nitrique après la sulfuration.
- 2. Le collodion se détache en séchant. — Développement forcé; métallisation de la glace.
- 3. Voiles divers. — Lumière accidentelle dans le laboratoire, dans les châssis ou dans la chambre noire, impuretés dans les produits employés ; vapeurs de sulfhydrate d’ammoniaque dans l’atelier ; lavages incomplets après chaque opération.
- 4. Négatif faible, gris. — Pose à la chambre noire trop prolongée; bain d’argent trop chargé d’iodures; lumière réfléchie sur la lentille de
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- INSUCCÈS DES OPÉRATIONS. 35
- l’objectif ; révélateur trop acidulé ; immersion trop courte dans le renforçateur mercuriel.
- 5. Le négatif devient rouge et voilé au renforcement. — Sulfhydrate d’ammoniaque impur; lavage incomplet après le bain mercuriel.
- 6. La 'pellicule adhère partiellement à la glace. — Support mal nettoyé ; caoutchouc trop faible ; dessiccation trop rapide.
- 7. La pellicule se déchire au transport. —Gollo-dion trop faible en coton; coton azotique trop acide ; caoutchouc ou benzine trop hydratés.
- 8. Le bitume fie au développement. —* Zinc gras ; térébenthine grasse ; bitume dissous dans la benzine hydratée; insolation trop courte.
- 9. Le bitume ne se développe que difficilement.
- — Exposition trop longue à la lumière; un temps trop long s’est écoulé entre la sensibilisation et l’insolation. ,
- 10. Le bitume s’écaille au développement ou au décapage. — Exposition prolongée à la lumière par un temps humide ; bain d’acide nitrique trop fort; lavage incomplet après l’action du révélateur.
- 11. L’épreuve de report ne se décalque pas. — Un temps trop long s’est écoulé entre la confection du dessin et le report ; intercalation incomplète dans
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- TRAITÉ PRATIQUE DE ZINCOGRAPHIE.
- des buvards secs ; manque de pression au rateau de la presse ; pour les gravures anciennes insuffisance de l’encrage.
- 12. L’épreuve reportée s'enlève sous le rouleau. — Nettoyage imparfait du zinc; décapage poussé trop loin; encre de report trop faible ou trop maigre.
- Nous n’indiquons ici que la cause des insuccès généraux qui peuvent mettre les clichés photographiques ou typographiques hors d’.état de servir. L’opérateur, sur ces bases, remédiera facilement aux accidents.
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- APPENDICE.
- Procédés divers.
- Nous nous proposons, dans cet Appendice, de passer en revue quelques procédés de gravure dont certaines parties peuvent être employées avantageusement pour perfectionner les impressions au bitume ou les décalques autographiques ou lithographiques.
- L’image photographique positive au bitume peut, dans tous ces procédés, être substituée à la gravure artistique au burin dans le vernis ordinaire des graveurs.
- lia Chimitypie consiste à recouvrir une planche de zinc du vernis des graveurs, sur lequel on trace son dessin, que l’on fait mordre avec l’acide nitrique dilué. On enlève le vernis en lavant le creu* avec de l’huile d’olive, ensuite avec de l’eau, puis on essuie pour qu’il ne reste plus la
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- APPENDICE.
- moindre trace d’acide. Faites fondre sur cette plaque un alliage de plomb et de bismuth réduit en poudre. Quand cet alliage est refroidi, rabotez-le jusqu’au niveau du zinc ; il n’en restera que ce qui est entré dans le creux de la gravure; soumettez ensuite la plaque à l’action d’un acide, et bientôt, le zinc seul étant rongé, il ne restera plus que le métal composé dont le relief peut être imprimé à la presse typographique.
- Le procédé de Chrysoglyphie consiste à prendre une planche en cuivre recouverte du vernis des graveurs; on y trace un dessin à la pointe, et on fait mordre une seule fois bien uniformément sur toute l’étendue. On enlève le vernis et l’on recouvre la planche d’une couche d’or, par voie galvanique. On la charge alors d’un mastic inattaquable à l’acide. On frotte ensuite avec un charbon la surface de la planche pour enlever l’or et mettre à nu le cuivre dans toutes les parties du dessin qui ne sont pas préservées par For et le mastic qui recouvre ses traits. Alors, au moyen de morsures répétées, on attaque le cuivre à diverses profondeurs, et l’on emploie l’échoppe ou les autres outils pour dégager partout où il est nécessaire.
- La Calcographie est aussi un procédé de gravure en relief sur métal, qui consiste à recouvrir une
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- APPENDICE.
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- planche de enivre d’une couche mince de vernis des graveurs, à y dessiner à la pointe le sujet comme on le ferait sur un papier, puis, par la galvanoplastie, à reproduire ce dessin en relief afin de pouvoir le tirer à la presse typographique.
- Le procédé connu sous le nom de Glyphographie consiste à recouvrir une planche de cuivre du vernis noir de graveur, sur lequel on pose un second vernis hlanc ayant la consistance de la cire. Le décalque étant opéré sur cette couche blanche, on creuse dans le vernis les traits du dessin au moyen d’outils appropriés qui produi-dent des creux légèrement évasés. On métallisé à la plombagine, et l’on dépose sur la planche, par voie électrotypique, du cuivre qui donne après la séparation une planche en relief.
- U Autotypographie diffère delà Glyphographie par la substitution du verre au cuivre. Le verre est métallisé légèrement ; on le vernit et on le grave à la pointe. On plonge dans le bain galvanique, et le cuivre qui se dépose donne un dessin en relief dont on peut augmenter la saillie en chargeant en vernis, ou en recouvrant celui-ci d’une encre qui lui donne de l’épaisseur sans empâter le trait.
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- APPENDICE.
- Dans la Styrographie, on forme une planche à graver, en moulant dans des moules bien polis une composition de copal, stéarine, gomme laque, qu'on a rendue liquide sur le feu. On couvre cette planche de poudre d’argent, et c’est sur cette face argentée que l’artiste trace son dessin avec des pointes de diverses grosseurs, ce qui donne un dessin noir sur un fond blanc. Cette planche gravée est légèrement métallisée et recouverte d’un dépôt de cuivre qui donne une planche en relief en métal, qui peut s’imprimer à la presse typographique.
- Nous le répétons, l’image au bitume peut, dans tous ces procédés, remplacer la gravure au burin dans le vernis ordinaire des graveurs.
- Les procédés de morsure ou de dépôts galvaniques seront choisis par l’opérateur suivant son genre de travail..
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- APPENDICE..
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- Procédé Dulos appliqué à, la Zincographie.
- M. Dulos a imaginé, en 1864, des procédés de gravure basés sur l’observation suivante des phénomènes capillaires :
- Si, apres avoir tracé avec un vernis des lignes sur une plaque d’argent ou de cuivre argenté, on verse du mercure sur cette plaque mise de niveau, il se forme, à droite et à gauche des lignes tracées, deux ménisques convexes, et le mercure s’élève en saillie au-dessus delà plaque.
- On prend donc une plaque de cuivre argenté sur laquelle on décalque un dessin quelconque. On peut obtenir Fumage par une impression photographique au bitume sous un cliché négatif; ce travail terminé, la plaque est couverte au moyen de la pile d’une légère couche de fer dont le dépôt ne s’opère que sur les parties non touchées par le bitume ; le bitume étant enlevé par un lavage à la benzine et un dégraissage à la potasse, les blancs de l’image se trouvent représentés par la couche de fer et les noirs par l’argent même.
- En cet état, on verse, sur la plaque, du mercure, qui ne s’attache qu’à l’argent, et après avoir chassé
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- APPENDICE.
- avec un blaireau le mercure en excès, on voit le métal s’élever en relief là où se trouvait précédemment le bitume insolé. On encre au rouleau lisse, mais l’encre ne prend que sur la partie mercurisée, si l’on a préalablement passé à la surface de l’image une éponge imbibée de gomme. On passe à la fleur de résine, et l’on continue les morsures comme nous l’avons indiqué au Chapitre III.
- En intervertissant l’argenture et l’aciérage, ou en se servant de positifs au lieu de négatifs, on obtient à volonté des gravures typographiques ou des gravures en taille-douce.
- Ce procédé est curieux dans son principe, et nous le croyons appelé à rendre des services dans un temps peu éloigné ; car plusieurs sels d’argent et de cuivre sont réductibles à la lumière après une très légère insolation, et leur emploi dispenserait de se servir du bitume de Judée, peu sensible et sujet à bien des insuccès.
- C’est une voie nouvelle ouverte aux expérimentateurs.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Pages.
- Préface......................................... i
- CHAPITRE PREMIER.
- Opérations photographiques.
- I. — Nettoyage des glaces................ 1
- II. — Préparation de la couche sensible..... 2
- III. — Exposition à la chambre noire........ 4
- IY. — Développement du négatif................ 5
- Y. — Renforçage.............................. 6
- VI. — Retournement du négatif................. 8
- CHAPITRE II.
- Épreuves positives au bitume de Judée.
- I. — Préparation du zinc....................14
- II. — Sensibilisation du zinc................15
- III. — Insolation du bitume...................16
- IV. — Développement du bitume................17
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages
- CHAPITRE III.
- Gravure du zinc, du cuivre et du bronze.
- I. — Gravure du zinc......................20
- 1. — Morsures diverses. ............. 20
- 2. — Retouche du zinc.................26
- 3. — Montage des clichés typographiques-. ... 28
- II. — Gravure typographique du cuivre et du'bronze. 29
- CHAPITRE IV.
- Reports autographiques........31
- CHAPITRE V.
- Insuccès des opérations photographiques
- et zincographiques..........34"
- APPENDICE.
- Procédés divers.................-.........37
- Procédé Dulos appliqué à la Zincographie..41
- PIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
- Paris. — lmp. Gauthier-Villass, 55, quai des Grands-Augustins.
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