Traité pratique de peinture et dorure sur verre
-
-
- ; V
- i
- YtrL.
- /?• Kl , /A?. /?. /y
- TRAITÉ PRATIQUE
- PEINTURE ET DORURE
- SUR VERRE
- p.n.n. - vue 1/71
-
-
-
- Imp. Gauthier-"Villars, 5Ô, quai des Grands-Augustins.
- p.n.n. - vue 2/71
-
-
-
- TRAITÉ PRATIQUE
- D E
- PEINTURE ET DORURE
- SUR VERRE.
- EMPLOI DE LA LUMIÈRE,
- APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE
- Par E. GODtARD
- Artiste peintre décorateur.
- OUVRAGE DESTINÉ AUX PEINTRES, DÉCORATEURS, PHOTOGRAPHES ET ARTISTES AMATEURS
- PARIS,
- GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
- DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE, Quai des Augustins, 55
- 1885
- (Tous droits réservés.)
- Page de titre n.n. - vue 3/71
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/71
-
-
-
- AYANT-PROPOS.
- Nous avons mis nous-même en pratique tous les procédés décrits dans cet Ouvrage; et nous nous sommes appliqué, pour chacun d’eux, à exposer avec des détails minutieux et précis le mode opératoire, les formules et les tours de main.
- Le lecteur qui voudra bien suivre exactement nos indications peut donc être assuré de la réussite.
- Toutefois, si des éclaircissements sur quelques points paraissaient utiles à des commençants, nous nous ferions un devoir de les leur donner.
- E. GODARD.
- p.r5 - vue 5/71
-
-
-
- p.r6 - vue 6/71
-
-
-
- INTRODUCTION.
- Il ne faut pas se dissimuler que la mise en œuvre des méthodes dont nous allons faire la description offre parfois d’assez sérieuses difficultés ; nous avons cherché à les aplanir, autant qu’il était en nous, en donnant aux méthodes que nous exposons tous les développements qu’elles comportent, sans rien dissimuler des formules, secrets d’atelier, tours de main,“etc., dont nous nous servons nous-mêmes.
- Nous en appelons avec confiance au témoignage d’un grand nombre de personnes pour lesquelles nous avons exécuté des portraits ou des vitraux d’ilne dimension considérable.
- Mais notre rôle se borne là, et lé lecteur doit être prévenu que, s’il n’y met beaucoup du sien^ s’il n’apporte à l’étude de ce procédé la plus minutieuse attention, les descriptions les plus détaillées ne pourront le préserver des insuccès.
- Voici d’ailleurs, sans plus long préambule, la description du procédé à l’aide duquel nous avons obtenu lés résultats les plus constants.
- p.r7 - vue 7/71
-
-
-
- p.n.n. - vue 8/71
-
-
-
- TRAITÉ PRATIQUE
- DE
- PEINTURE ET DORURE
- SUR VERRE
- I. — Description de remplacement le plus favorable à, la mise en œuvre de ce procédé et des objets nécessaires à, son application.
- Il faut, autant que possible, avoir une pièce suffisamment grande et bien éclairée , et la séparer en deux, par un rideau de lustrine jaune suspendu horizontalement dans la largeur de la pièce destinée à servir d’atelier, au moyen d’anneaux glissant à volonté le long d’un fil de fer bien tendu.
- Cette disposition ne gêne en rien les allées et venues, et, comme l’atelier où nous opérerons n’a pas besoin d’être aussi sombre que celui d’un photographe, le rideau jaune suffira à empêcher la lumière d’influencer les produits sensibles.
- D ans la partie de l’atelier située derrière le rideau
- Godard. — Peinture.
- p.1 - vue 9/71
-
-
-
- devra se trouver une table longue et large, que l’on placera contre le mur.
- On placera une caisse en tôle ou en bois, qui tiendra lieu d’étuve, et dans laquelle on fera sécher les verres sensibilisés.
- Cette étuve n’a pas de dimensions déterminées, il suffira qu’elle soit de taille à contenir les verres les plus grands sur lesquels on voudra opérer. Ajoutons que, si elle est grande, elle permettra de réaliser une économie de temps, attendu qu’on y pourra faire sécher plusieurs pièces à la fois. Avec la forme carrée, on obtiendra une chaleur également distribuée.
- Voici comment elle doit être divisée : supposons une étuve mesurant à l’intérieur 6ocq, ce qui est une dimension très commode.
- A vingt centimètres de la partie supérieure, on place un treillage en fil de fer solidement tendu sur de pe tits liteaux de bois, et on le fait glisser sur deux liteaux fixés de chaque côté des parois intérieures. C’est sur ce treillage que l’on placera les verres sensibilisés pour les faire sécher avant de les mettre dans le châssis ; on les introduit par une porte composée d’une plaque en tôle ou en bois, fixée par des charnières sur la partie supérieure de l’étuve et se mouvant de bas en haut; cette porte devra venir jusqu’à la grille et occuper toute lalar-
- p.2 - vue 10/71
-
-
-
- 3
- geur de l’étuve, de manière à pouvoir supporter un grand nombre de petites pièces comme celles dont on se sert, par exemple, pour former un panneau.
- Au bas de l’étuve on devra pratiquer une seconde ouverture permettant l’introduction d’un petit fourneau à gaz ou à pétrole, si l’on n’a pas le gaz dans l’atelier. Ces fourneaux peuvent être de petites dimensions, car il suffît que l’intérieur de l’étuve soit chauffé à 5o° ou 6o°.
- Au-dessus de la flamme du fourneau, à om,o8 ou om, io environ, il sera bon de placer une plaque en tôle mince portée sur un trépied, qui facilitera l’égale distribution de la chaleur en forçant à s’étendre le jet vertical de la flamme; si l’on négligeait cette précaution, il est évident que la flamme ferait sécher très rapidement les verres placés sur la partie de la grille qu’elle frapperait directement, au détriment des autres.
- Il faut autant que possible que le fourneau soit placé au milieu de l’étuve; quant à celle-ci, il est indispensable qu’elle ait atteint le degré de chaleur requis avant que l’on y introduise les verres que l'on placera sur le treillage; cette opération terminée, on aura soin de fermer les ouvertures, sauf à ménager, vers le bas, un petit courant d’air qui empêchera le fourneau de s’éteindre. Si la température de l’étuve vient à s’élever outre mesure, il
- p.3 - vue 11/71
-
-
-
- faudra baisser la flamme en tournant le bouton placé sur le côté du fourneau jusqu’à ce que la chaleur redevienne ce qu’elle doit être ; avec un peu d’habitude, on arrivera facilement à pratiquer ce réglage.
- Arrivons maintenant aux châssis-presses. Ce sont les mêmes que ceux dont se servent les photographes pour tirer leurs épreuves, et l’on fera bien de s’en procurer un certain nombre, de dimensions différentes, un grand châssis pouvant contenir quantité de pièces, dont l’exposition à la lumière ne demande pas plus de temps que s’il s’agissait d’une seule.
- Ces châssis n’exigent pas une précision aussi rigoureuse que ceux que l’on emploie en photographie ; aussi est-il facile d’en exécuter soi-même, ou du moins d’en faire exécuter à très bon compte. Il suffit de faire construire le châssis et le panneau qui sert à presser et à fermer; on achètera ensuite une glace delà dimension voulue, ce qui ne sera pas une grosse dépense, puisque l’on en trouvera facilement d’occasion chez les marchands, et l’on se procurera des vis en bois; celleâ-ci sont bien préférables, pour faire pression, aux ressorts en acier dont on se sert habituellement.
- En effet, il arrive très souvent que les verres dont on se sert sont loin d’être-plans ; dès lors, la pression du ressort serait insuffisante pour les faire
- p.4 - vue 12/71
-
-
-
- — 5 —
- entièrement adhérer au dessin ; entre ce dernier et le verre sensibilisé, il se trouverait une couche d’air qui empêcherait la couleur vitrifîable de prendre suffisamment; l’épreuve serait vague. Au contraire, en serrant doucement et progressivement les vis en bois, on arrive à faire appliquer exactement le verre sur les dessins.
- L’opérateur devra être encore muni de divers objets y d’un verre gradué pour mesurer ses produits et d’une brosse à peindre, semblable à celles dont se servent les artistes, et appropriée comme grosseur au verre qu’il devra recouvrir de la couche sensible; d’un bon blaireau pour égaliser la couche dont le verre est revêtue, et d’un autre pinceau en poil de martre, très large et très flexible, pour développer les sujets avec la couleur vitrifîable.
- Il est bon d’avoir plusieurs cuvettes en gutta-percha ou en verre enchâssé dans du bois; elles devront être assez grandes pour que les verres plongés dans le bain qu’elles contiennent puissent en être retirés sans difficulté.
- Il peut arriver que l’on ait à opérer sur des feuilles de verre tout entières, pour obtenir des verres mousseline, par exemple; dans ce cas, il sera bon de se construire de grandes cuvettes, ce qui peut se faire sans grande dépense en opérant comme il suit : on fera un châssis en bois, de
- I.
- p.5 - vue 13/71
-
-
-
- — 6 —
- ora,o^ à om,o8 de hauteur, sur om,o3 de largeur, et on l’assemblera aux quatre coins.
- Le bois sera recouvert à l’extérieur d’une épaisse couche de eéruse à l’huile, sur laquelle on adaptera une solide feuille de zinc maintenue avec des pointes à tête rapprochées l’une de l’autre. 11 ne reste plus qu’à revêtir l’intérieur et l’extérieur d’une couche de couleur, et l’on a de la sorte des cuvettes d’un prix très peu élevé dans lesquelles on peut verser ses bains sans crainte d’en perdre.
- Il est indispensable d’avoir un chevalet à rainures appelé séchoir, si l’on tient à conserver propres les verres que l’on emploie, surtout si l’on fait usage de pièces de grandes dimensions ; ce chevalet devra être plus long et plus large que ceux dont se servent les photographes pour faire égoutter leurs clichés ; les rainures seront plus espacées, pour que l’air puisse circuler librement entre les verres qui sont pos-és sur le séchoir. Au-dessous de l’appareil, on placera une petite cuvette destinée à recevoir les gouttes qui tombent ; le bain pouvant servir plusieurs fois, cette précaution est loin d’être inutile.
- p.6 - vue 14/71
-
-
-
- II. — Des papiers, verres et dentelles servant de cliché positif.
- Lorsqu’il s’agit d’exécuter de grandes fenêtres, il faut de toute nécessité faire ses dessins sur des papiers en rouleau ; le blanc ou le bleuté est préférable à tout autre ; il faut choisir le moins teinté et le plus mince possible; les dessins bien soutenus sur ce papier donnent de très bons résultats. — Si l’on veut traiter des sujets plus petits, on peut prendre du papier végétal assez fort, de manière qu’il s’étende bien sur la glace du châssis; les dessins faits sur ce papier sont très fins, et donnent, en quelques minutes d’exposition à la lumière, de très beaux résultats. Il est aussi prompt que le cliché sur verre, qui n’est pas pur, c’est-à-dire qui se trouve quelquefois un peu voilé. Le moyen d’obtenir les meilleurs portraits consiste à faire de beaux positifs sur verre, de la grandeur que l’on voudra; ces portraits s’exécutent généralement sur une seule plaque de verre; on obtient le même résultat avec une belle photographie sur papier sans être collé sur du carton. Quant à la dentelle et aux étoffes de rideau brodé, elles se reproduisent très promptement.
- p.7 - vue 15/71
-
-
-
- Lorsque l’on se sert de papier opaque, il faut, pour lui donner de la transparence, passer du pétrole au verso du dessin, en ayant grand soin, quand le papier est bien imbibé., d’en enlever l’excédent du liquide avec un chiffon sec ; il faut faire cette opération aussi pour les photographies sur papier, quand les papiers redeviennent un peu opaques ; on peut sans crainte passer du pétrole dessus; plus ils sont transparents, mieux ils valent.
- III. — Produits chimiques nécessaires pour obtenir les peintures vitrifiées et non vitrifiées.
- Ces produits sont les suivants :
- Glucose liquide.
- Bichromate d’ammoniaque le plus pur. Glycérine en cas de besoin.
- Dextrine la plus blanche possible.
- Tartrate neutre de potasse.
- Esprit de vin dit alcool méthylique.
- Acide nitrique.
- Nous allons donner la manière dont on utilise ces produits pour opérer avec les papiers d’une cer~
- p.8 - vue 16/71
-
-
-
- — 9
- taine épaisseur, tels que ceux sur lesquels se font lés belles lithographies.
- Il faut prendre iogr de glucose liquide, que l’on fait dissoudre dans ioogr d’eau bien pure; en hiver, il est bon de les faire dissoudre au bain-marie.
- On met ensuite dans un petit flacon, ou dans une petite bouteille en verre, un peu de bichromate d’ammoniaque; on ajoute ensuite de l’eau pure en quantité suffisante pour le faire dissoudre à saturation : c’est-à-dire qu’il ne faut pas que le bichromate soit fondu intégralement, autrement il ne serait plus à saturation.
- On prend ensuite ioogr de la dissolution du glucose liquide dans l’eau et i2gr de la dissolution à saturation du bichromate. Lorsqu’il fait froid, c’est-à-dire lorsque, dans l’endroit où vous opérez, la température ne s’élève qu’à 8° ou io° G., on peut pousser la solution du bichromate de 12 à i5 pour 100. Autant que possible, il faut s’arranger pour maintenir une chaleur de i4° à 160 G. dans le local où l’on opère et où l’on expose les châssis à la lumière ; au-dessous de 120 G. et au-dessus de 20° C., il se produit très souvent une réaction à la suite de laquelle on voit se métalliser uniformément les produits aussitôt que les châssis ont été exposés à la lumière; il en résulte que, dans ce cas, la couleur vitrifîable ne prend nulle part, comme si l’on
- p.9 - vue 17/71
-
-
-
- IO
- avait laissé, à une température ordinaire, le châssis trop longtemps exposé à la lumière.
- C’est alors que la glycérine rendra de grands services : il suffit d’en ajouter de io à 12 gouttes pour ioogr à la solution sensible; si cette première addition était insuffisante, il ne faudrait pas craindre de verser quelques gouttes de plus, car l’excès de glycérine n’a pas d’autre inconvénient que de nécessiter une prolongation du séchage dans l’étuve et de l’exposition à la lumière.
- On fera bien de ne pas trop préparer à l’avance de cette solution, qui perd assez rapidement ses facultés sensibilisatrices; avec une quarantaine de grammes, on sensibilisera une grande quantité de verres.
- S’il reste, après l’opération, une partie de solution qui n’ait pas été employée, on pourra la reverser dans le flacon et s’en servir le lendemain sans crainte d’accident, en y ajoutant la même quantité de solution nouvelle.
- Souvent, il arrive que la glucose, préparée en trop grande quantité, vient à fermenter si elle se trouve dans un endroit trop chaud; pour s’en servir impunément, il suffira d’y ajouter 25 à 3o pour 100 d’eau bien fraîche.
- Avant de se servir de cette solution il est de toute rigueur de bien filtrer plutôt deux fois qu’une ;
- p.10 - vue 18/71
-
-
-
- de plus, en s’en servant, à force de tremper le pinceau dedans, on peut finir par la mélanger de corps étrangers : il sera bon de filtrer à nouveau, attendu que de la grande propreté de la solution dépend le succès de l’opération.
- IV. — Préparation des solutions à employer pour opérer sur les différents corps dont on se sert pour faire les modèles.
- Voici la composition des diverses solutions.
- SOLUTION POUR LES PAPIERS FORTS :
- Eau pure............................» ioosr
- Glucose liquide................. . * io
- Bichromate d’ammoniaque à saturation, 12s1' en été et de 12 à i5 en hiver.
- SOLUTION POUR LE PAPIER VÉGÉTAL AINSI QUE POUR LE PAPIER A PHOTOGRAPHIE.
- Eau pure...................... ioosr
- Glucose liquide de...........7 a 8
- Bichromate d’ammoniaque, de 7 à 8sr selon la température.
- p.11 - vue 19/71
-
-
-
- 12
- SOLUTION POUR LES POSITIFS SUR VERRES, DENTELLES ET ÉTOFFES DE RIDEAUX.
- Eau pure............................... ioos1'
- Glucose liquide de................7 à 8
- Bichromate d’ammoniaque, de 5 à 6sr selon la température.
- Nous rappelons de nouveau à nos lecteurs que toutes ces solutions nous ont fait obtenir à plusieurs reprises d’excellents résultats, et nous ne saurions trop engager les opérateurs à se conformer scrupuleusement aux indications que nous donnons. L’omission d’un détail qui semble sans importance peut souvent compromettre irrémédiablement le succès d une opération.
- V. — Application de ces solutions sensibles sur les verres.
- Après avoir soigneusement filtré la solution que l’on veut employer, on la renferme dans un petit pot de faïence ou de verre, recouvert d’un carton échancré, par l’ouverture duquel passera le manche
- p.12 - vue 20/71
-
-
-
- — i3 —
- du pinceau. Il faut avoir soin de recouvrir la préparation aussitôt que l’on ne s’en sert plus, et de la mettre à l’abri de la poussière ainsi que le blaireau dont on se sert pour égaliser la couche sensible.
- Malgré ces précautions, il arrive assez souvent qu’il se trouve sur les verres des grains de poussière qui produisent de petites taches; à la vérité, la retouche peut faire disparaître ces taches, et, quand les verres doivent être vitrifiés, le raccord en est plus facile; toutefois, il est bien préférable d’éviter, en prenant des précautions minutieuses, des accidents qui augmentent les difficultés de l’opération et peuvent même la faire échouer. Nous expliquons plus loin comment on doit procéder à ces retouches.
- Il faut également tenir avec la plus grande propreté les verres sur lesquels on devra reproduire les dessins, afin, que la couche sensible puisse être étendue également sur la surface ; la moindre tache grasse occasionnerait des manques, c’est-à-çlire que la couleur ne prendrait pas sur ces endroits maculés, et laisserait des espaces blancs, très difficiles à raccorder avec le reste; par conséquent, on aura soin de halener sur les verres et de les essuyer avec un chiffon bien propre, avant de s’en servir.
- Le verre étant bien essuyé, l’opérateur le pose à plat sur sa main gauche, en ayant soin de ne pas placer ses doigts sur le côté qui doit être sensibilisé,
- 2
- p.13 - vue 21/71
-
-
-
- puis il trempe le pinceau dans la solation et couvre abondamment la surface du verre avec le liquide ; il prend ensuite le blaireau, qu’il doit toujours avoir à portée de la main, et le fait manœuvrer de long en large en appuyant poxir le premier tour, et en passant légèrement pour deux autres tours de blaireau ; la couche sensible se trouve ainsi bien égalisée et tout à fait régulière.
- Le verre est alors placé sur le grillage de l’étuve, qui aura été chauffée préalablement à une température de f»o° à 6o°.
- On le retire au bout de quelques minutes pour voir si la couche sensible est bien sèche et s’il ne reste plus trace d’humidité ; un moyen de vérification bien simple consiste à appliquer le verre sur la joue, du côté où il n’est pas sensibilisé, bien entendu; si l’on ressent une impression de douce tiédeur, c’est qu’il est dans de bonnes conditions pour être appliqué sur le dessin.
- Lorsque j pour former un panneau, on est obligé d’employer une certaine quantité de verres découpés de diverses couleurs, il sera bon d’agir de la manière suivante : on les placera au furet à mesure dans l’étuve, jusqu’à ce que le grillage soit complètement garni, et, une fois secs, on les posera sur le dessus de l’étuve, côte à côte, en prenant la précaution de les recouvrir d’une feuille de papier :
- p.14 - vue 22/71
-
-
-
- on agira de la sorte pour tous les verres dont on a besoin pour garnir le châssis.
- Aussitôt qu’ils sont tous secs, on les applique sur le dessin, chacun à la place qu’il doit occuper, en ayant bien soin de mettre le côté sensibilisé du verre directement en contact avec le sujet à reproduire ; si l’on agissait autrement, on n’obtiendrait que des épreuves vagues.
- Comme nous l’avons dit plus haut, on a souvent besoin des pièces de verres de nuances diverses, quand on fait des panneaux enchâssés dans du plomb; l’endroit où doivent passer les baguettes de plomb étant indiqué sur le dessin, il est de toute nécessité que les verres occupent très exactement la place qui leur est réservée entre les baguettes, sinon il se produirait des irrégularités quand on effectuerait la mise en plomb. Cette opération doit avoir lieu derrière un rideau jaune ( voir Chap. I), qui tamise la lumière sans produire une obscurité trop profonde qui empêcherait naturellement de poser les verres à leurs places respec-ti ves ; voici comment on devra procéder :
- Le châssis étant couché à plat sur la table où se trouve l’étuve, on posera le dessin sur la glace et toutes les pièces dessus ; puis on refermera immédiatement le châssis, et on le portera devant les fenêtres de l’atelier, de sorte que toutes les opéra-
- p.15 - vue 23/71
-
-
-
- — i6 —
- dons seront faites à la même température. En été, rien n’empêchera d’ouvrir les fenêtres, à condition que le soleil ne frappe pas directement sur le châssis.
- Lorsque le papier est plus grand que le châssis, on éprouve une certaine difficulté à placer le dessin sur la glace ; deux moyens se présentent à l’opérateur pour sortir d’embarras.
- S’il a de grandes fenêtres à exécuter, il est plus que probable qu’elles seront divisées en panneaux, ou par des tringlettes de fer rond qui donnent de la solidité au vitrail ; dans ce cas, il faudra exécuter le travail fragment par fragment; il est assez rare que les pànneaux mesurent plus de ora,yo à om,8o; ils sont, par conséquent, très faciles à reproduire séparément sur un grand châssis, pourvu que l’on coupe le dessin à l’endroit où passe une barre de fer. Il se peut que ces panneaux soient plus larges que le châssis; mais comme ils sont généralement encadrés d’une bordure plus ou moins large, rien n’empêche de faire séparément l’intérieur du panneau et la bordure, en coupant celle-ci le long du plomb qui entoure le panneau.
- On obtient ainsi le même résultat que si l’on avait reproduit ce travail d’une seule fois.
- Il peut se faire aussi que le dessin entre facilement dans le châssis, comme largeur, mais qu’il
- p.16 - vue 24/71
-
-
-
- — 17 —
- soit trois ou quatre fois plus long. Dans ce cas, il est inutile de le couder ; on commence à l’étendre sur la glace par le haut ou par le bas, et l’on place sur lui les pièces de verre sensibilisé que le châssis peut contenir. On ferme alors le châssis en ayant soin de laisser tomber bien carrément le panneau de bois qui presse les verres, de peur qu’il ne froisse la partie du dessin qui dépasse. Ce panneau devra être d’ailleurs de om,i ou om,2 plus court que le châssis, pour qu’il soit possible de relever les bords du dessin, de les arrêter sur la fermeture.
- On le porte alors à la''lumière; puis, les pièces une fois imprimées, on recommence la même opération en faisant glisser le dessin sur la glace, et ainsi de suite jusqu’à complet achèvement. De la sorte, on arrive à exécuter de très grands vitraux.
- Avant de poursuivre cette étude, nous devons attirer l’attention de nos lecteurs sur un point important : en reproduisant les dessins par le procédé que nous décrivons, on les obtient inversés; dans certains cas, ces reproductions symétriques sont sans aucun inconvénient ; ailleurs, le dessinateur sera obligé, au contraire, de faire des dessins inversés.
- Il est bien entendu que cette condition ne sera nécessaire que si l’on se sert de dessins exécutés
- 2.
- p.17 - vue 25/71
-
-
-
- sur des papiers très forts, car, si l'on emploie des papiers suffisamment minces (papier végétal, papier photographique, etc.), on n’aura qu’à placer les verres sensibilisés sur le verso du dessin, ce qui permettra de l’obtenir reproduit dans son sens véritable.
- IL arrive souvent que l’on doit imprimer une grande quantité de petites pièces de verre, telles que les grisailles ou les Chimères, qui servent généralement à garnir des losanges ou des octogones. Dans ce cas, il est très économique de faire à la main quelques pièces sur du verre blanc, qui servent de modèles, et de les faire cuire avant de les employer, pour rendre ces modèles plus solides et plus transparents.
- Si ces modèles sont bien exécutés, il n’y a pour ainsi dire pas de retouches à faire. De plus l’exposition à la lumière est tellement courte, grâce à la transparence du verre blanc, que l’on peut faire un très grand nombre de pièces en peu de temps, surtout si l’on emploie beaucoup de modèles, quinze à vingt par exemple, dans un grand châssis ; ce qui ne prend pas plus de temps que d’en faire deux ou trois à la fois.
- Ces pièces n’étant pas généralement de grandes dimensions, on peut en préparer une certaine quantité avec la couche sensible ; pour obtenir plus
- p.18 - vue 26/71
-
-
-
- 19 —
- promptement encore ces petits sujets, on peut laisser de côté le châssis et se contenter d’une grande planche carrée, d’une planche à dessin, par exemple; les verrès en forme de losange préparés et bien séchés, on place la planai e à côté de l’étuve et on procède comme il va être dit.
- On place côte à côte sur la planche les verres préparés, en ayant soin de les poser à plat sur la face non sensibilisée ; on prend ensuite les modèles, faits sur des verres carrés un peu plus grands que les autres verres à imprimer et on les applique sur les verres, le motif bien au milieu du verre, et la peinture du modèle en contact avec la préparation. Il ne reste plus alors qu’à porter avec précaution la planche recouverte des verres sur une table située près de la fenêtre ; la lumière devra frapper également toute l’étendue de la planche, car les parties demeurées dans l’ombre n’arriveraient pas à point.
- VI. — Temps approximatif d’exposition à la lumière pour les papiers forts et les verres.
- Ainsi qu’on l’a dit dans la Chapitre I, il est très désirable que l’exposition à la lumière soit faite à la
- p.19 - vue 27/71
-
-
-
- 20
- même température que celle de la chambre à demi-éclairée dans laquelle l’opérateur effectue l’application de la couche sensible sur les verres ; de la sorte, on aura moins à redouter certaines réactions qui causent trop souvent des insuccès ; ces opérations n’exigent pas un grand espace, et il est facile de trouver une pièce, éclairée par plusieurs fenêtres ou par une porte vitrée, assez vaste pour que l’on puisse manier les châssis sans être gêné.
- Quand le châssis est bien chargé, on l’apporte à la lumière, en l’inclinant légèrement pour qu’il soit complètement baigné de clarté.
- Le temps d’exposition varie selon l’intensité de la lumière et le degré de la température; en été, par un temps clair, les papiers forts n’exigeront qu’une exposition de douze à quinze minutes, si l’on opère de iih à 2h; à ç)h du matin, il faudrait de vingt à vingt-cinq minutes; un peu moins à ioh, etc. Par conséquent, si l’on commence à 9h, il faudra diminuer l’exposition à chaque nouveau châssis, jusqu’à nh; de iih jusqu’à 2h de l’après-midi, le temps de pose restera le même; à partir de ce moment, le temps de l’exposition devra augmenter dans la même proportion qu’on l’aura diminué le matin. A 5h, la lumière est déjà très oblique, et les papiers forts exigent alors un temps d’exposition très long, tandis qu’il est encore très
- p.20 - vue 28/71
-
-
-
- facile d’obtenir de bons résultats à ce moment de la journée avec les positifs sur verre et les papiers très transparents.
- Exposition des papiers forts. — On pourra à la rigueur mettre les châssis au soleil, ce qui diminuera de moitié le temps de l’exposition à la lumière ; mais les résultats obtenus de la sorte ne sont pas toujours satisfaisants; aussi ne recommanderons-nous pas cette méthode, qui serait, d’ailleurs, complètement inapplicable s’il s’agissait de papiers transparents ou de verres. Comme nous l’avons déjà dit, on pourra ouvrir les fenêtres en été, pour que la lumière ait plus d’intensité; en revanche, il faudrait se garder d’agir de même en hiver, puisque l’atelier, au moyen d’un calorifère, doit toujours être maintenu à une température de i4° ou i6° de chaleur.
- Il est difficile de préciser bien exactement quelle sera la durée de l’exposition à la lumière ; en hiver, même par un beau temps, elle devra être deux fois plus longue qu’en été; a fortiori, s’il pleut ou s’il neige, elle pourra exiger une à deux heures.
- Dans cette circonstance, si l’on a des travaux pressés à exécuter, il est de toute nécessité d’employer plusieurs châssis que l’on charge tous et que l’on expose à la lumière ; on peut arriver ainsi à faire une certaine quantité de tirages de ioh à 3h.
- p.21 - vue 29/71
-
-
-
- 22
- 11 faut, bien entendu, enlever les châssis chacun à leur tour, dans l’ordre même où on les a exposés ; et, lorsque le premier châssis est dégarni, on le rechange, et ainsi de suite.
- Si la lumière finit par s’obscurcir au point de ne plus impressionner les châssis, il faut les porter dans la chambre noire et les dresser contre le mur, la glace tournée du côté de ce mur. On notera avec soin la durée du temps de pose, et, le lendemain, on pourra continuer l’opération sans que cette interruption en compromette en rien le succès.
- Lorsque l’on doit exécuter une certaine quantité d’épreuves dans de grands châssis, il est bon, pour éviter d’avoir à recommencer, de faire une éprouvette, ce qui se pratique de la façon suivante : on prend une bande du papier ou un fragment du verre sur lequel a été exécuté le dessin à reproduire, et on les couvre, à l’aide du crayon ou du fusain, de traits, d’ombres, de demi-teintes ayant une intensité égale à celle du dessin. Gela fait, on donne à la bande de papier la même transparence qu’au modèle, et on la coupe en plusieurs morceaux que l’on place dans un petit châssis, en les recouvrant de petites pièces de verre. Puis, on porte le tout à la lumière en ayant soin de regarder exactement l’heure qu’il est, et, quelques minutes après, on expose égale-
- p.22 - vue 30/71
-
-
-
- -- 23 —
- ment les grands châssis. Au bout d’un temps plus ou moins long, selon l’intensité de la lumière, si l’on estime que l’opération touche à sa fin, on rapporte le petit châssis dans la chambre noire, on retire l’une des petites pièces de verre, et l’on développe. Si le résultat est satisfaisant, on exposera les grands châssis pendant le même laps de temps. Si, au contraire, le temps de pose est reconnu insuffisant, on replace le petit châssis; quelques minutes après, on recommence l’expérience en retirant une seconde pièce de verre; bref, on tâtonne jusqu’à ce que l’on obtienne un résultat excellent, résultat qu’on obtiendra de même avec les grands châssis, en les laissant exposés aussi longtemps que le petit, et dans les mêmes conditions.
- Il est bien évident qu’il faut tenir compte du temps employé à transporter le petit châssis, à l’ouvrir, à le refermer, à développer, etc., temps pendant lequel le grand châssis reste exposé à la lumière. C’est parce que ce dernier ne subit pas les interruptions des éprouvettes que nous avons conseillé de ne l’exposer que quelques minutes après le petit châssis.
- Quant aux renseignements indispensables qui se rapportent au temps de pose, on les trouvera au Chapitre VII.
- Les photographies sur papier n’exigent qu’une
- p.23 - vue 31/71
-
-
-
- exposition beaucoup moins longue; pendant l’été, trois à sept minutes suffiront, du moins dans la journée ; le matin et le soir, il faudra quelques minutes de plus ; en hiver, on aura besoin d’une exposition au moins deux fois plus prolongée, et de plus de temps encore si le ciel est couvert.
- Il en est de même du papier végétal ainsi que du papier blanc très mince, tel que le papier écolier sur lequel on passe du pétrole pour le rendre transparent.
- Exposition des verres. — Il suffit d’exposer à la lumière les modèles ou positifs faits sur verre de deux à trois minutes en été, de sept à huit minutes en hiver, pourvu qu’ils soient très purs.
- Quelle que soit la saison pendant laquelle on opère, il est bon de tenir compte de l’intensité de la lumière, en employant les éprouvettes, selon le procédé que nous avons indiqué plus haut.
- Pour obtenir les verres mousseline avec nos belles broderies de rideaux ou de dentelles, la pose sera moins longue encore : une minute par une lumière intense, un peu plus par un temps couvert. Cette rapidité provient de ce que la lumière agit directement, sans aucun obstacle, sur les parties laissées à nu par les vides de la dentelle.
- Pour que la feuille de verre puisse s’appliquer exactement sur la dentelle, il faut, autant que pos-
- p.24 - vue 32/71
-
-
-
- -- 23 ---
- sible, que le modèle soit un peu plus grand que cette feuille, sur.laquelle il doit être reproduit. La dentelle étant étendue sur la glace du châssis, on applique sur elle la feuille de verre sensibilisé, en ayant soin de tirer doucement la mousseline qui dépasse dans tous les sens, de manière qu’elle soit bien tendue, et que les dessins brodés soient régulièrement disposés, sans faire de plis. On ferme ensuite le châssis et on le porte à la lumière.
- Les verres mousseline se faisant généralement sur de grandes feuilles de verre, mesurant d’ordinaire om,5y sur om,8i de longueur, on ne peut donc les faire entrer qu’en largeur dans les étuves, qui comptent habituellement om,6o de côté. Dans ce cas, il suffit,.une fois la feuille sensibilisée, d’en introduire une partie jusqu’au fond de l’étuve, puis, quelques minutes après, de la retourner, et d’introduire alors la partie qui était restée à l’air ; on continue de la sorte jusqu’à ce que tout soit complètement sec. Cette méthode réussit parfaitement. Toutefois, si l’on veut s’adonner tout particulièrement à la fabrication du verre mousseline, il sera préférable de procéder autrement ; on chauffe un petit cabinet, à la même température que l’étuve, à l’aide d’un calorifère au-dessus duquel sont placés, à une certaine hauteur, des liteaux de bois ; puis on pose les feuilles de verre
- 3
- p.25 - vue 33/71
-
-
-
- — 26 —
- à plat sur ces liteaux, dès qu’elles ont reçu la couche sensible en ayant bien soin de ne les exposer que peu de temps à une chaleur régulière, et l’on peut en préparer un certain nombre àl’avame. Si l’on veut tirer des épreuves sur du verre opae, de la faïence ou de la porcelaine, il faut, en raism de la blancheur de ces corps, réduire le tenps d’exposition à la lumière. Ainsi, le temps d’expsi tion étant de cinq ou six minutes suivant le papier dont vous vous servez, il ne. faut que trhs ou quatre minutes pour ces sortes de corps, comne pour le zinc, le cuivre, etc.
- De plus, il est très important de mettre mons de bichromate dans la couche sensible, attendu que la couleur est bien plus intense sur un coips opaque que sur du verre transparent.
- Beaucoup d’amateurs aiment les sujets repra-duits sur des verres dépolis ; l’Opération dans ce cas est la même que sur les verres opales ; seue-ment il faut que le dépoli soit aussi fin que p)s-sible pour ne pas retirer trop de transparence. On obtient ainsi de très beaux résultats;
- p.26 - vue 34/71
-
-
-
- 27
- VII. — Développement des images an sortir du châssis.
- Il faut prendre de la bonne couleur vitrifiable en poudre, chez un fabricant de produits chimiques connu pour cette spécialité. On est du reste parfaitement libre d’adopter la couleur qui plaît le mieux, car, quel que soit le ton, les résultats sont les mêmes. Il faut cependant tenir compte de l’effet que l’ori désire obtenir; ainsi, par exemple, si l’on veut faire des ornements dont le trait soit noir, il est très important de prendre de la grisaille, qui donne un beau noir opaque.
- On peut aussi employer la grisaille au trait rouge; l’une et l’autre, vues par transparence, sont également opaques.
- Mais il y a là une question de goût qui est du ressort de l’artiste, et voîcTptrarquoi :
- S’il ne s’agit que d’un trait à faire comme dans les grisailles à quadrillés, ces deux couleurs sont suffisantes ; mais s’il faut peindre, outre le trait, de riches ornements ombrés et modelés, la grisaille rouge peut donner un ton dur, tandis que la grisaille brune produit des tons plus doux et fait mieux ressortir les jaunes d’argent rapportés sur certaines parties des ornements.
- p.27 - vue 35/71
-
-
-
- — 28 —
- S’il s’agit de portraits ou sujets quelconques reproduits d’après la photographie, il faut prendre de la grisaille à modeler, dont on choisit le ton. Le fabricant de couleurs vitrifiables soumet, à cet effet, des échantillons qui permettent de fixer votre choix.
- Cette grisaille à modeler est beaucoup plus douce que l’autre, et couvre plus facilement les demi-teintes et les grandes ombres des figures et des draperies.
- On peut aussi développer des images de toutes couleurs; il suffit de prendre des bleus,des rouges, des verts, etc., et l’on obtient les mêmes résultats qu’avec la grisaille. Toutefois, il arrive souvent que ces émaux perdent de leur intensité au feu. Pour éviter cet inconvénient, on ajoute un peu de beau blanc d’émail, ce qui leur donne de la fermeté; mais il ne faut pas en mettre trop, ce qui diminuerait le brillant de l’émail.
- Pour le verre mousseline, on peut le développer avec les couleurs ci-dessus, mais généralement c’est avec le plus beau blanc d’émail que l’on puisse se procurer que se fait l’opération.
- Ayant ces couleurs vitrifiables sous la main, on commence par bien les rebroyer à l’eau sur une glace dépolie ou sur un bon marbre, puis on les fait sécher.
- p.28 - vue 36/71
-
-
-
- — 29 —
- Il est très utile que les couleurs soient aussi fixes que possible, car, les molécules se trouvant bien divisées, les couleurs se fixent beaucoup mieux sur les parties qui n’ont pas été attaquées par la lumière.
- Lorsque ces couleurs sont rendues tout à fait impalpables, on place celle que l’on doit employer sur une grande feuille de verre, posée à plat sur le bout de la table, qui reçoit les châssis, derrière le rideau, arrêtant les rayons lumineux.
- On rapporte le châssis après l’exposition à la lumière, on le place à côté de la couleur, on l’ouvre et l’on retire les verres qu’il contient.
- On place ces verres, l’un à côté de l’autre, à plat sur la feuille de verre, le côté qui a été sensibilisé en l’air. Enfin, on prend un large pinceau en poil de martre, et on amène la couleur sur le verre en tournant le pinceau très légèrement dans tous les sens.
- Aussitôt on voit apparaître des images, qui sont très pures lorsque la pose a été juste.
- On doit passer cette couleur jusqu’à ce que l’on
- ait obtenu l’intensité voulue pour les verres vus en
- (
- transparence.
- C’est en faisant cette opération que l’on juge si l’on a bien calculé le temps de l’exposition à la lumière. Si, par exemple, la pose a été trop courte,
- 3.
- p.29 - vue 37/71
-
-
-
- la couleur prend partout ; c’est-à-dire qu’elle empâte les parties des grandes ombres et voile les parties qui doivent rester pures. Il faudrait, au contraire, que le verre restât à nu dans les parties où la lumière a frappé en plein, c’est-à-dire dans les parties du dessin où il n’y a ni ombre ni demi-teinte.
- Dans ces conditions, il n’y a qu’une chose à faire : effacer et recommencer.
- Avec un peu d’habitude, on arrive à apprécier combien il manque de temps de pose ; et le plus sûr est de faire des éprouvettes dont l’examen permet de déterminer le temps de pose, ce qui évite d’avoir à recommencer, pourvu que, d’autre part, on n’ait ni taches de poussière, ni inégalité dans la couche sensible.
- L’effet contraire se produit, si l’exposition à la lumière a été trop longue. La poudre que l’on étend sur la surface des dessins, ne prend que très légèrement dans les grandes ombres, et peu ou pas du tout dans les demi-teintes ; et, lors même qu’on y reviendrait à plusieurs fois, la couleur ne prendrait pas davantage, ce qui vient de ce que la couche sensible est complètement métallisée.
- Dans ce cas, on peut faire l’essai suivant, qui ne réussit pas toujours :
- On enlève bien avec le pinceau la poudre qui reste sur le verre, et l’on place celui-ci dans
- un
- p.30 - vue 38/71
-
-
-
- — 3i —
- endroit humide à l’abri de la lumière et de la poussière. Après cinq ou six minutes environ, la couche sensible a repris de la fraîcheur, et, si l’on repasse de la couleur, on arrive assez souvent à obtenir la vigueur voulue.
- Mais il arrive aussi quelquefois que la couleur s’arrête, légèrement il est vrai, sur les parties claires du dessin, ce qui produit un mauvais effet.
- Il est, à mon avis, préférable de recommencer l’opération, en diminuant le temps d’exposition à la lumière.
- Quelle que soit la couleur avec laquelle on développe les images, le procédé est le même.
- Le blanc d’émail que l’on emploie pour les verres mousseline est particulièrement difficile à broyer. 11 ne faut rien négliger pour le rendre impalpable ; cela fait, il s’applique comme les autres couleurs.
- En résumé, toute la difficulté consiste dans l’appréciation du temps de pose, appréciation à laquelle on arrive avec un peu de pratique. Il suffit ensuite de passer la couleur deux ou trois fois pour obtenir une image conforme au modèle.
- p.31 - vue 39/71
-
-
-
- — 32 —
- VIII. — Manière d’enlever le bichromate et de fixer la couleur sur le verre de manière que la cuisson soit parfaite.
- Il est indispensable d’enlever le bichromate et de fixer les couleurs, car, d’une part, la présence de l’acide chromique s’oppose à la vitrification, et, d’autre part, la couleur n’étant pas adhérente au verre dont elle est séparée par la couche sensible, il faut, pour la fixer, enlever cet isolant.
- Il y a deux manières d’opérer :
- PREMIER BAIN.
- Prendre 200gr de dextrine en poudre, aussi fine et aussi blanche que possible; dissoudre cette dextrine au bain marie, dans iooogr d’eau pure. Pour que la dextrine fonde plus facilement, ne mettre d’abord qu’une petite quantité d’eau, et verser le restant des iooogr lorsqu’elle est bien dissoute.
- Mettre dans un autre vase 3ogr à 4ogr de tartrate neutre de potasse, le meilleur possible ; verser de l’eau pure, par petite quantité à la fois, pour faire dissoudre tout le tartrate et avoir une solution sa-
- turée.
- p.32 - vue 40/71
-
-
-
- — 33 —
- Mélanger cette solution avec la solution de dex-trine.
- Filtrer, en se servant de coton au lieu de papier filtre, car ladextrine est épaisse et ne passerait pas à travers le papier.
- Préparer ce bain quelques jours à l’avance ; car il est alors bien meilleur que s’il était nouveau. J’ai même remarqué qu’il ne donnait de bons résultats que lorsque la dextrine commençait à fermenter ; on peut, pour accélérer cette fermentation, mettre dans un endroit chaud les bouteilles contenant le bain.
- Lorsqu’on fait sécher les pièces, il faut avoir soin de placer une cuvette au-dessous des verres, afin de perdre le moins possible du bain, qui devient d’autant meilleur qu’il a plus servi.
- Toutefois, ce bain deviendrait à la longue trop faible en tartrate ; pour le renforcer méthodiquement, on procède ainsi qu’il suit : Préparer un bain nouveau, de même quantité que le premier, et chaque fois qu’il sera nécessaire, mélanger un tiers du nouveau bain à l’ancien.
- Une dernière précaution à signaler : Toutes les fois qu’une opération est terminée, on reverse le bain dans une bouteille; mais, comme il se forme un dépôt, il faut avoir soin, avant de s’en servir, de remuer la bouteille et de filtrer.
- p.33 - vue 41/71
-
-
-
- 34 -
- Ce bain sèche très rapidement.
- Au lieu de dextrine, on peut employer la glucose.
- DEUXIEME BAIN.
- Préparer, comme précédemment, une solution de aoogr de dextrine dans iooogr d’eau.
- Ajouter 6oogr à 'ÿoo81' d’alcool méthylique (esprit de vin dénaturé) ; choisir avec soin ce produit, car il y en a de toutes qualités dans le commerce.
- La solution renferme ainsi i8oogr à igoo81’ de liquide.
- Prendre 3 à 4 pour ioo de tartrate neutre de potasse, c’est-à-dire 54gr à 7281’ pour les i8oogr de liquide. Faire, comme précédemment, une solution saturée de ce tartrate, la verser dans le bain, mélanger avec soin et filtrer (1).
- Ensuite, placer la dextrine, mélangée au tartrate, dans une cuvette bien propre, et aussitôt après ajouter les 6oogr à ^oogr d’esprit de vin. Le bain se brouille comme si c’était du lait. Il faut le bien
- (l) Nous avons expérimenté récemment, pour les peintures vitrifiées, le bain qui est indiqué plus loin, au Chapitre XII, pour les peintures non vitrifiées. Ce bain, qui contient 3osr à 4oS'' d’acide nitrique pour ilu d’esprit méthylique, nous a donné aussi un très bon résultat pour les peinturés vitrifiées.
- *
- p.34 - vue 42/71
-
-
-
- — 35 —
- remuer dans la cuvelte; il suffît de quelques minutes, et il redevient très pur. On le verse dans des bouteilles en ayant bien soin de le filtrer.
- Ce bain peut servir immédiatement; toutefois, quand il a quelques jours, il n’en est que meilleur. Je dois dire qu’il est bon de laisser les épreuves tirer quelques beures, avant de les jeter dans ces bains. Ainsi, par exemple, celles que l’on a faites dans la journée, on peut les fixer vers le soir, en commençant par les premières faites. En opérant ainsi, on sera toujours assuré d’obtenir un bon résultat.
- ÏX. — Manière d’employer l’un ou l’autre bain;
- Il faut prendre une cuvette en gutta, en verre Ou en zinc, de la grandeur convenable, pour les verres à fixer.
- Dans cette cuvette, placée à plat sur une table, on verse le liquide du bain en quantité suffisante pour que les verres y soient complètement immergés. '
- p.35 - vue 43/71
-
-
-
- — 36 —
- On prend ensuite ces verres l’un après l’autre, de la main droite, et, avec la main gauche, on soulève légèrement un des côtés de la cuvette afin de faire glisser le liquide du côté opposé.
- On rejette alors le verre dans la cuvette, en même temps qu’on laisse celle-ci retomber à plat.
- De cette manière, le verre est recouvert par le bain sans discontinuité. Si l’on opérait avec lenteur, une ligne blanche, très difficile à faire disparaître, se formerait à l’endroit où le bain se serait arrêté.
- Après quelques secondes, le verre doit être retiré ; s’il séjournait dans le bain, les demi-teintes pourraient disparaître.
- Pour sortir la pièce de verre, on la prend entre ses deux mains, on l’enlève promptement en l’inclinant un peu, et on la laisse égoutter dans la cuvette. On la place ensuite sur le chevalet à égoutter. Il faut avoir bien soin de regarder s’il n’y a pas de poussière sur la surface.
- Le verre doit redevenir aussi blanc que quand on l’a pris pour appliquer la couche sensible ; cependant, lorsqu’il est tout à fait sec, on voit reparaître une petite couche très mince de dextrine qui rend le verre un peu mat. Cette couche disparaît d’ailleurs à la cuisson, et le verre redevient parfaitement clair. Le point essentiel, c’est qu’il ne reste pas de bichromate.
- p.36 - vue 44/71
-
-
-
- — 37 —
- Une fois bien sèches, les pièces peuvent se cuire immédiatement s’il n’y a pas à les retoucher.
- X. — Cuisson des verres.
- La cuisson se fait de la même manière que pour la peinture faite à la main, elle ne demande ni plus ni moins de chaleur. Il est difficile, du reste, de donner, dans un livre, des indications précises pour la cuisson. Le plus simple est d’aller voir opérer chez les personnes qui cuisent tous les jours.
- Nous nous bornerons ici à faire quelques recommandations spéciales.
- Il est nécessaire d’avoir un bon moufle, en terre réfractaire ou en fonte de fer, et de le faire bien monter par un spécialiste. Ce moufle doit être pourvu de plaques en tôle de 4‘nm à 5mm d’épaisseur destinées à recevoir les verres ; de plus il est bon qu’il soit muni à l’intérieur de rainures distantes de ora,o4 à om,oo dans lesquelles on fait glisser les plaques.
- Les dimensions les plus commodes d’un moufle
- Godard. — Peintura.
- p.37 - vue 45/71
-
-
-
- 38 —
- sont : om,6o à om,65 de hauteur sur oai,5o à oia,55 de côtés.
- Dans un pareil moufle on peut placer 12 à i3 plaques.
- Pour cuire les verres, on les place l’un sur l’autre, en les séparant par une couche de plâtre, et l’on enfourne.
- Le four est bouché et scellé avec de la terre.
- On allume le feu, en ayant soin de chauffer doucement et graduellement, pour éviter que des verres se cassent.
- Quand la paroi du devant ou du fond de la moufle commence à rougir, on peut pousser le feu avec plus d’intensité, jusqu’à ce que les planques arrivent uniformément au rouge cerise. Si l’on s’aperçoit qu’un coin soit plus rouge que l’autre, il faut pousser le feu du côté le moins chaud et égaliser la chaleur, ce qui est absolument nécessaire*
- On doit arrêter le feu avant que le moufle dépasse la couleur rouge intense, car à l’intérieur la chaleur pourrait alors arriver au rouge blanc $ e t les verres seraient piqués ou déformés;
- Nous le répétons, il est indispensable de voir, par soi-même, comment on conduit la cuisson dans le moufle.
- p.38 - vue 46/71
-
-
-
- XI. — De la retouche.
- Quand il s’agit d’ornements au trait, la retouche ne peut porter que sur quelques petits points ; pour les corriger, on se servira d’une petite quantité de la couleur qui a servi à développer, délayée, soigneusement broyée à l’essence, et additionnée d’un peu d’essence grasse qui lui donnera du corps et la rendra plus facile à employer. Cette couleur sera appliquée, au moyen d’un petit pinceau effilé, sur les parties qui ont besoin de retouches ; on procédera ensuite à la cuisson.
- Si l’on a affaire à des ornements ombrés, on devra agir différemment pour appliquer, avant la cuisson, la couleur qui sera toujours bien broyée et additionnée d’essence, comme il vient d’être dit.
- On assemble sur une grande feuille de verre toutes les pièces de verre, en les plaçant côte à côte, chacune à la place qu’ellq^loit occuper, de façon à reconstituer le dessim*^ qu’il figure sur le .papier ; une fois le panneau assemblé, on fait fondre un peu de cire dandine petite casserole, et, avec la pointe d’un coutea^on en dépose une goutte à chaque angle des verbes ; on obtient de la sorte
- p.39 - vue 47/71
-
-
-
- __ 4o
- un panneau suffisamment solide dont toutes les parties sont maintenues par la cire refroidie. Disons en passant que cette cire est très facile à obtenir en faisant fondre dans un récipient quelconque de la cire jaune qu’on additionne ensuite du tiers de son volume de résine. On place la feuille de verre ainsi garnie sur un chevalet de peintre sur verre dont la glace est dépolie, et l’on prépare sa couleur en ayant soin de la maintenir très claire, et, pour cela, de la délayer dans beaucoup d’essence. Puis on prend un pinceau en plume, de taille appropriée à la grandeur des pièces à retouche ; on commence par le tremper dans l’essence et l’on s’en sert ensuite pour appliquer la couleur, partie par partie, en l’étendant le mieux possible sur chacune des pièces de verre. Aussitôt qu’une partie est recouverte de couleur, on la tamponne à l’aide d’un pinceau appelé ébouriffoir pour bien égaliser la couche de couleur et lui donner un grain aussi fin qu’on le désire.
- Quand tous les verres sont préparés, on laisse sécher un instant et, à l’aide d’une brosse coupée court et bien arrondie, ou encore d’un morceau de bois taillé à cet effet, on attaque hardiment les parties que l’on veut mettre à nu. Cette opération est assez facile, attendu que l’on voit, à travers la couche de peinture, les parties lumineuses du des-
- p.40 - vue 48/71
-
-
-
- — U —
- sin et qu’il n’y a pas, dès lors, d’hésitation sur les points à attaquer.
- Si la couleur était trop dure à enlever, on la détremperait rien qu’en soufflant dessus ; l’haleine suffit. Les enlevés étant bien nets, on rehausse les masses d’ombre et l’on donne de l’intensité aux parties qui en manquent, à l’aide d’un petit pinceau en plume trempé dans la couleur. On laisse alors sécher quelque temps. Pour décoller les parties de verre réunies à la cire, il suffit de poser à plat la feuille sur une table, et, avec un petit morceau de bois, de frapper doucerpcnt. les côtés des pièces de verre. La cire qui resfe sur la feuille de verre est enlevée au couteau /et peut être remise dans la casserole. /
- Si ces ornements doivent être teintés de differentes couleurs, il vaut mieux placer les verres sur la grande feuille et les coller à la cire, mais à Ven-vers, de façon que la face peinte soit appliquée sur la feuille, attendu que c’est sur l’autre face qu’il faudra placer les émaux. Ceux-ci seront préparés, selon les couleurs dont on désire peindre les ornements, et, suivant qu’on le préférera, à l’essence ou à l’eau. L’important est qu’ils soient convenablement broyés et que l’on n’en applique pas de couches trop épaisses. Si l’on veut les préparer à l’essence, on procède comme pour la grisaille ; si
- p.41 - vue 49/71
-
-
-
- — /,2
- l’on veut les préparer à l’eau, il faut les additionner, une fois broyés, d’une petite quantité de gomme arabique dissoute dans l’eau, qui leur donnera assez de consistance pour adhérer fortement aux verres. Ces émaux s’appliquent avec des pinceaux de plume et on les égalise avec un bon blaireau. Il y en a de toutes les couleurs, et l’oii peut, en outre, les mélanger pour obtenir des tons intermédiaires. Toutefois, il est bon d’user de ces mélanges avec discrétion, car il arrive souvent qu’un mélange d’émail bleu et d’émail pourpre, par exemple, ne donne pas le moins du monde, après la cuisson, l’émail violet que l’on était en droit d’espérer. On obtient souvent d’assez bons résultats en opérant ainsi : étendre une première couche de bleu délayée àl’eau, laisser sécher, étendre une seconde couche de pourpre délayée à l’essence. Mais, nous le répétons, on est parfois désappointé en mélangeant les émaux, et mieux vaut les employer tels qu’il sont vendus par le fabricant.
- C’est ici le lieu de placier une observation, relativement aux tons jaunes que l’on emploie fréquemment pour les ornements et les bijoux. 11 y a, dans le commerce, des jaunes opaques et des jaunes transparents qui leur sont préférables, étant à la fois plus beaux et plus solides. On les obtient de la manière suivante :
- p.42 - vue 50/71
-
-
-
- A 5 ou io81’ de sulfure d’argent, on ajoute la meme quantité d’ocre jaune ou rouge ; on broie le tout avec de l’eau, puis on éclaircit ce mélange avec un peu de gomme préparée et d’eau, mais sans le rendre par trop fluide; enfin, on y trempe un pinceau et on laisse couler les gouttes sur les verres posés à plat, en ayant soin que le liquide ne dépasse pas les lignes qui forment le contour du dessin. Pour égaliser la couche, il suffit de frapper le verre contre le bord d’une table, en le tenant horizontalement. On sèche et l’on met au four. Après la cuisson, on racle l’ocre jaune déposée sur le verre, lequel apparaît alors revêtu d’une belle teinte jaune d’or, éclatante et solide.
- Notons en passant que tous les verres ne reçoivent pas avec la même facilité cette nuance, et que sur quelques-uns, comme sur les verres à vitre ordinaires, par exemple, elle ne prend pas du tout. Il faut donc avoir soin de se procurer chez les marchands des verres à peindre capables de garder la couche de jaune, et ne pas oublier d’étendre cette dernière en plus grande quantité sur les verres blancs que sur ceux qui sont jaunâtres ou verdâtres. Quant aux raclures de jaune, elles peuvent servir de nouveau si on les reverse dans une nouvelle préparation ; si même on les broie une seconde fois, elles donnent une teinte jaune
- p.43 - vue 51/71
-
-
-
- capable d’être appliquée sur des verres tendres.
- Ces opérations terminées, on laisse sécher les émaux et les jaunes et on les place sur les plaques pour être enfournés, en ayant grand soin de préserver les émaux du contact du plâtre dont on se sert. Pour emmoufler, il faut mettre la grisaille sur le plâtre, de façon que l’émail ne soit en contact avec aucun corps étranger et ne vienne pas à se coller sur le plâtre, ce qui produirait des taches d’un très vilain aspect. Si l’on cuit des grisailles, par exemple, sur lesquelles il n’y a pas d’émaux autres que le jaune d’argent, rien n’empêche d’en mettre deux l’une sur l’autre, en les séparant par une petite couche de plâtre tamisé. Ce qu’il faut observer, c’est que les parties revêtues de jaune ne doivent pas se trouver en contact avec la grisaille : celle-ci ne cuirait pas (quelle que soit l’épaisseur de la couche de plâtre intermédiaire) aux endroits en contact avec le jaune, tandis que les parties à côté seraient vitrifiées.
- Voici comment on devra procéder aux retouches dont pourraient avoir besoin les dessins obtenus par ce procédé, portraits d’après photographies, lithographies, etc. : sur les figures et les draperies, on couche une teinte de grisaille, mince et bien égale, puis, le portrait étant sur le chevalet, on enlève les parties destinées à être lumineuses à
- p.44 - vue 52/71
-
-
-
- l’aide de brosses très courtes, ou même, s’il le faut, d’aiguilles emmanchées dans un morceau de bois. On peut, de cette façon, modeler la tête et les accessoires ainsi qu’on l’entend. Quant aux accentuations que l’on désire avoir, on les obtient en renforçant les ombres par un pointillé, bien fin, de la même couleur. Ces opérations n’offrent pas de bien sérieuses difficultés.
- On peut aussi procéder différemment : aussitôt que les verres sont imprimés et fixés, on les cuit, puis on les place sur une feuille de verre, ainsi qu’on l’a dit tout à l’heure ; on recouvre alors la surface de ces verres d’une couche de couleur à l’eau (et non plus à l’essence) qui devra être claire, soigneusement broyée, et additionnée d’une petite quantité dégommé; on l’égalise, comme la couleur à l’essence, au moyen d’un ébouriffoir ou d’un blaireau. Quand la couche est sèche, on pratique les enlevés à l’aide d’une brosse coupée très court ou d’un morceau de bois taillé à cet effet. Si l’on veut, au contraire, accentuer des ombres, il faut hardiment appliquer des touches de la même couleur sur les endroits que l’on désire renforcer. 11 se peut qu’on éprouve quelque difficulté à faire des applications de cette couleur à l’eau; dans ce cas, il ne faut pas hésiter à se servir de couleurs broyées à l’essence dont l'emploi est beaucoup plus
- p.45 - vue 53/71
-
-
-
- 46
- aisé. Mais cette modification dans la nature des couleurs nécessite la précaution suivante : il faut avoir soin, avant d’appliquer la couleur à l’essence, de passer sur les parties qui doivent être recouvertes une légère teinte composée presque uniquement d’essence pure et qui, une fois égalisée, permettra d’étendre une couche solide* de couleur. De la sorte, on obtient les mêmes résultats qu’en employant l’autre procédé de retouche, mais on est forcé de cuire les verres deux fois, ce qui permet, d’ailleurs, d’obtenir des résultats particulièrement bons et des tons d’une extrême pureté.
- L’opération du coloris des émaux et leur cuisson est la même que celle qui est citée plus haut. Après la cuisson, il ne reste plus qu’à mettre les verres en plomb pour former le vitrail.
- Si l’on veut reproduire de beaux portraits ou des ornements riches, il faut, après une première cuisson,les nettoyer soigneusement,puis les recouvrir de la couche sensible et replacer le portrait (ou l’ornement) sur le dessin, c’est-à-dire le reproduire deux fois, en ayant soin de replacer exactement sur le modèle le verre déjà impressionné une première fois ; on y arrive aisément en plaçant sur deux châssis le tréteau qu’on éclaire par dessous, à l’aide d’une bougie, de manière à voir à travers le modèle et à replacer avec préci-
- p.46 - vue 54/71
-
-
-
- 47 —
- sion la figure. On expose ensuite à la lumière, pour la seconde fois, et l’on développe comme d’habitude. On obtient ainsi d’excellents résultats en employant ce procédé qui permet d’éviter de nombreuses retouches. Rien n’empêche, pour le premier feu, de n’appliquer que très légèrement les émaux à l’envers de la grisaille; au second feu, on voit les parties sur lesquelles il est nécessaire de revenir.
- Cette méthode est d’une réelle utilité pour les photographes qui peuvent créer, en l’employant, de magnifiques positifs sur verre ou sur papier et les appliquer ensuite sur des verres. La retouche en est aussi facile que celle des photographies ordinaires, et l’on peut obtenir ainsi de beaux portraits vitrifiés. Toutes les personnes qui sont au courant du maniement du pinceau pourront arriver, en peu de temps, à d’excellents résultats;
- XII. — Manière d’opérer pour les verres qui ne doivent pas être cuits.
- Selon l’épaisseur du papier des modèles, il faut ëpérer de la même façon que pour les verres vitri-
- p.47 - vue 55/71
-
-
-
- fiés, mais l’exposition à lalumière doit être un peu plus longue, attendu que ces dessins n’étant pas faits sur verre pour être vus en transparence, la couleur est d’une plus grande opacité.
- Pour développer, il est inutile de se servir de couleurs vitrifiables ; il suffit d’employer des terres d’Ombrie, terre de Cassel ou des ocres, en un mot n’importe quelle couleur (pourvu qu’elle soit bien broyée et rendue impalpable) pour développer. L’image étant nettement apparue, on la fixe comme les peintures sur verre, avec les mêmes préparations. Toutefois, si l’on veut obtenir avec une grande pureté les blancs des dessins, il faut les fixer comme il suit : on emploie un bain composé d’un litre d’esprit méthylique, additionné de 3ogr à 4ogr d’acide nitrique ; ce bain, qui n’a d’autre inconvénient que de sécher lentement, nettoie parfaitement le verre en ne laissant que la couleur qui forme le dessin. Le verre nettoyé étant bien sec, on peut peindre les figures, les draperies, les ornements, etc., avec des couleurs à l’huile ou au vernis, qui doivent s’appliquer sur le dessin; il est facile de recouvrir de ces couleurs chaque partie du dessin sur lequel elles doivent être placées, attendu que l’on voit très nettement les traits du dessin, et qu’il suffit d’un peu de soin pour éviter de faire des bavures ou de dépasser les contours
- p.48 - vue 56/71
-
-
-
- 49 —
- Si l’on veut peindre à l’huile, il faut se servir de couleurs en tube et les délayer, pour bien les étendre, avec de l’huile cuite et un peu de siceatil liquide ou en poudre. Comme il est indispensable que les couleurs sèchent rapidement, on les délaye souvent au vernis copal blanc, mais ce produit a l’inconvénient de les rendre difficiles à employer, et surtout à égaliser. Une fois la couleur séchée, rien de plus simple que d’enlever les fonds poulies remplacer par des fonds d’or ou d’argent; il suffit de Inver proprement avec une éponge douce humectée d’eau qui ne fera disparaître que les parties non recouvertes de couleur. Quant à ces fonds dorés ou argentés, on les obtient de la manière suivante : on fait dissoudre dans de l’eau une petite quantité de gélatine (pas plus qu’il n’en faut pour empêcher la solution de se coaguler trop fortement); on l’étend avec un pinceau, en ayant soin de la maintenir tiède, sur les parties que l’on veut dorer, et b6n applique à frais les feuilles d’or comme le fondes doreurs. La dorure étant sèche, on la frotte/éwec un tampon de coton bien fin, de façon à enlever l’excédent de métal et à brunir le fond en même temps. Les feuilles d’argent sont traitées de même façon. Si l’on voulait dorer ou argenter non pas certaines parties, mais tout uniformément, il faudrait fixer le dessin au moven de
- p.49 - vue 57/71
-
-
-
- — 5o —
- l’un des deux bains dont nous avons décrit la composition pour le fixage des verres vitrifiés. Bien que la dextrine qui leur sert de base se dessèche facilement, il suffira, pour la ramener à la consistance gluante qu’elle doit avoir, de placer le verre dans un local humide ou d’amollir la dextrine en halé-nant dessus, ce qui permettra de faire prendre l’or aisément. On peut remplacer l’or ou l’argent par du bronze; il y en a de plusieurs tons. Cet emploi est plus facile, plus rapide et plus écono* mique que celui de l’or. Mais il est loin de donner des résultats aussi parfaits au point de vue de la richesse et de la finesse de l’aspect.
- On décore de la sorte des tables de café, par exemple, dont les peintures s’appliquent sur des verres très épais ou sur des glaces; on peut s’en servir aussi pour les glaces de buffets à étagère, en plaçant au milieu une nature morte, des fleurs,etc. On ne peint que le sujet; s’il est doré on le recouvre d’un vernis jaune, en ayant soin de suivre exactement les contours du dessin; le vernis sec, on lave la glace et la dorure seule subsiste.
- ' Pour donner à ces peinturés plus de solidité, il sera bon de recouvrir uniformément les parties peintes ou dorées d’une cduche de couleur à l’huile cuite ; le ton de cette couche importe peu, car la couleur n’est pas visible, vu qu’elle se trouve par
- p.50 - vue 58/71
-
-
-
- derrière et ne sert qu’à donner de la solidité.
- Si l’on veut placer les glaces sur une table de café, sur une table-guéridon pour salon, etc., il faut procéder ainsi : dès que la couche de couleur à l’huile dont on a revêtu les peintures est sèche, on couvre le dessus de la table ( en marbre ou en bois) d’une couche de céruse en pâte, assez compacte, telle qu’on la trouve chez les marchands de couleur, et qui s’applique à l’aide d’un large couteau à palette; sur cette couche bien égalisée on pose la glace qu’on a soin de faire toucher partout, et l’on réunit le tout avec un cercle en cuivre qui fait le tour de la table. Au bout de quelques jours, la céruse est sèche, et la glace, qui ne fait plus qu’un avec la table, est devenue presque incassable.
- Il arrive souvent que l’on a besoin de petits sujets de fantaisie pour orner des cassettes ou d’autres petits objets ; ces sujets étant très petits et exigeant une très grande netteté, il faut procéder autrement, bien qu’on puisse employer la méthode exposée plus haut avec de petits sujets imprimés sur papier. Pour obtenir une grande finesse, il faut prendre de petits négatifs sur verre, dont le prix est peu élevé, et sensibiliser les verres sur lesquelles on veut avoir les dessins avec la couche sensible que nous avons indiquée pour les modèles faits sur verre. La pose est absolument la même. Toutefois,
- p.51 - vue 59/71
-
-
-
- — 52 —
- au lieu de se servir de couleur brune pour développer, on emploie de l’or ou du bronze. Comme on se sert d’un négatif très léger, les parties bronzées ou dorées occupent bien, au développement, les places auxquelles elles doivent se trouver, les parties restées transparentes où le bronze ne s’est pas fixé forment les ombres. Après l’avoir fixée, à l’aide de l’un des bains employés pour la peinture sur verre, on passe sur toute la surface du verre une couche de vernis brun ou noir, tel que le vernis au bitume ou vernis copal, auquel on ajoute soit du noir, soit toute autre couleur. Les ombres seront ainsi obtenues avec beaucoup de finesse.
- Il est entendu que l’usage du bronze pour développer les sujets ou en couvrir certaines parties devra faire renoncer à l’emploi du bain dans la composition duquel il entre de l’acide nitrique; sinon on verrait apparaître de larges taches verdâtres provenant de la décomposition de l’or par cette substance qui, avec le temps, peut attaquer l’argent, mais respecte l’or. Les opérations relatives à la dorure et à la peinture à l’huile se font, comme celles de la peinture sur verre, dans des châssis-presses.
- p.52 - vue 60/71
-
-
-
- — 53
- XIII. — Impressions sur toile, métal et porcelaine.
- Impressions sur toile. — La surface devra être unie, aussi peu grenue que possible; on l’achètera en rouleau, chez les marchands de couleur fine ; on aura soin d’en couper des morceaux un peu plus grands que ne l’exigent les dimensions des sujets à reproduire, pour qu’on puisse étendre la toile sur un châssis après l’impression. Enfin, il sera bon <le la choisir d’une teinte blanche tirant sur le çris ou le jaune.
- Avant de la sensibiliser, il suffit de passer sur la partie préparée une ou deux couches de vernis gomme laque blanc; ces couches empêchent la préparation sensible de pénétrer dans la toile, ce qui ferait naître des taches ou plutôt des irrégularités au développement; s’il s’en trouvait par hasard, il faudrait laver la toile et recommencer l’opération. C’est d’ailleurs ce que l’on doit faire avec tous les autres corps destinés à recevoir les impressions, quand il survient un accident.
- L’opération a lieu de même qu’on l’a vu pour les impressions sur verre; il faut avoir grand soin
- D.
- p.53 - vue 61/71
-
-
-
- d’employer toujours le bain sensible qui convient au corps sur lequel est fait le modèle. On fait sécher dans l’étuve la toile sensibilisée, en l’étendant sur le grillade ; ce tte opération est plus longue que le séchage du verre, mais il est facile de voir quand elle est terminée ; après avoir placé le modèle sur la glace des châssis, on applique sur lui la toile, en ayant soin de mettre la couche sensible en contact avec le dessin; on ne peut voir à travers la toile comme à travers le verre, aussi est-il bon de prendre des points de repère, afin de ne pas placer le dessin de travers sur la toile ; on peut aussi fermer le châssis, le retourner, et voir à travers la glace si le dessin est bien en place.
- On expose alors le châssis à la lumière, et on le laisse poser plus longtemps que les verres (un tiers en sus ) ; il sera très bon de faire des éprouvettes avec un petit morceau de toile qu’il suffira de laver chaque fois que l’on voudra s’en servir.
- On peut développer le dessin avec la terre d’Ombrie ou toute autre couleur. Il n’est pas nécessaire de le fixer sur la toile, attendu que, si l’on voulait le peindre à l’huile, la couleur couvrirait complètement la préparation. Si toutefois on voulait le fixer, on se servirait de l’un des deux bains employés pour la peinture sur verre ; voici comment on opère; la toile tendue sur châssis est inclinée
- p.54 - vue 62/71
-
-
-
- — 55 —
- au-dessus de la cuvette et l’on verse sur elle rapidement, de haut en bas, le bain contenu dans une bouteille ; cela suffit pour enlever le bichromate et fixer la couleur. ^
- Impressions sur cuivre en fettilles et zinc. — Même marche avec la différence, toutefois, que la pose doit être moins longue, à cause des reflets brillants que donnent le cuivre et le zinc.
- On est bientôt au courant de ces petits détails. Disons en passant que les feuilles de zinc ou cuivre doivent être propres et bien décapées, de façon qu’il ne reste aucune partie oxydée; plus elles sont brillantes, mieux cela vaut; le fixage se fait dans une cuvette comme pour les verres. On peut peindre dessus, à l’huile, et l’on obtient même de très beaux résultats si l’opération est bien menée.
- Impressions sur plaques de faïence. — Les plaques de faïence, de porcelaine, ou de verres opales doivent être exposés à la lumière moins longtemps que les verres transparents, attendu qu’ils n’ont besoin que d’une moins grande épaisseur de couleur pour donner des effets 'vigoureux. Comme ces peintures se vitrifient, il faut de toute nécessité se servir de couleurs vitrifiables, et les fixer comme les verres, afin de faciliter la cuisson.
- On peut les retoucher avec la- couleur grise
- p.55 - vue 63/71
-
-
-
- — 56 —
- ou les émaux, selon l’aspect que l’on veut obtenir; si cependant on désirait colorier ces sujets, il serait préférable de les développer avec des émaux bleus ou rouges.
- Avant de passer à la lecture de notre Notice sur les insuccès, les débutants voudront bien se souvenir du procédé très simple qui consiste à recouvrir de vernis gomme-laque blanc les corps que l’on veut impressionner. Grâce à cette précaution si facile à prendre, ils éviteront de nombreux accidents.
- p.56 - vue 64/71
-
-
-
- NOTICE SUR LES INSUCCÈS
- La couleur n’a pas pris. — Quand on aperçoit, sur un sujet développé, des parties grandes ou petites sur lesquelles la couleur n’a pas pris, c’est que le verre n’était pas suffisamment nettoyé : l’opération est à recommencer.
- Le verre n’est pas propre. — S’il se trouve de la poussière, ou tout autre corps étranger, sur la surface du verre et que cela ne provienne pas de la solution sensible, c’est que ces corps étrangers seront tombés sur la couche encore fraîche ; quand on s’en aperçoit, il est plus prudent de recommencer, car l’opération ne donnerait aucun bon résultat.
- L'étuve est trop chaude. — Si l’étuve se trouvait à un degré trop élevé, il ne faudrait pas y placer les verres, autant que possible, avant que la chaleur ne fût diminuée; autrement la couche sensible, trop vivement surprise par la chaleur, se trouverait
- p.57 - vue 65/71
-
-
-
- — 58
- métallisée avant d’être exposée à la lumière ; le développement ne se ferait pas dans de bonnes conditions, et la couleur ne prendrai t nulle part. Si donc cet accident survenait, il serait préférable de recommencer avant d’exposer à la lumière.
- Les ombres sont empâtées. — Si, au développement, il arrive dans les sujets ou ornements d’obtenir les clairs et les demi-teintes au degré voulu, mais les grandes ombres empâtées de couleur, au point cju’il n’y ait plus de transparence, cela provient de ce que la couche sensible est trop forte en bichromate : on y remédie en y ajoutant un peu de glucose liquide dissoute dans l’eau.
- Néanmoins, il arrive quelquefois qu’en reproduisant des photographies sur papier, ou des positifs sur verre, une partie des clichés se trouve plus éclairée à un endroit qu’à un autre; le même inconvénient arriverait, comme il est dit plus haut, mais dans d’autres conditions, si le modèle était plus clair à une place qu’à l’autre ; la partie claire arriverait à son point bien avant l’autre, cela ne proviendrait pas de la couche sensible. Pour éviter ces accidents, on décalque avec la plus grande précision possible les contours des parties claires, on découpe ces décalques sur du papier fort, non transparent, et, aussitôt que le châssis est exposé, on les applique sur la glace, aux parties claires du
- p.58 - vue 66/71
-
-
-
- — 5g -
- modèle, selon que ces parties diffèrent plus ou moins des endroits foncés ; on laisse la lumière accomplir son œuvre aussi longtemps qu’on le juge nécessaire, puis on enlève Je papier, et le soleil frappant alors sur ces parties claires les harmonise rapidement avec les parties déjà impressionnées.
- Influence de la température. — Il peut arriver aussi que le développement ne s’opère pas convenablement, à cause de la température qui a sur les produits fraîchement préparés une mauvaise influence; en ce cas, il suffît d’ajouter une goutte de glycérine par aogr de solution sensible.
- Tous les insuccès que nous venons de signaler peuvent être évités avec la plus grande facilité; il suffit pour cela d’un peu de soin et d’expérience. Ceux qui surviennent lors de l’enlèvement du bichromate et du fixage de la couleur sont plus fréquents et nous attirons tout spécialement sur eux l’attention de nos lecteurs.
- Sq en plongeant le verre imprimé dans la cuvette qui contient le bain à fixe!*, la couleur se piquait dans certains endroits, cela proviendrait de ce que l’on aurait fixé trop vite après le développement, surtout si l’on avait mis de la glycérine dans la couche sensible; un autre motif peut occasionner ces sortes de picotements ; il pourrait fort bien
- p.59 - vue 67/71
-
-
-
- — 6 o
- arriver que le bain ne fût pas assez fort en dextrine : il faut donc autant que possible avoir toujours de la dextrine préparée à l’avance dans un flacon, et bien concentrée. Si l’on s’aperçoit que le verre ne conserve pas sa pureté à la sortie du bain, on y ajoute une petite quantité de cette dextrine pure et l’opération réussira.
- Si le même effet se produisait avec le bain dans lequel il y a de l’esprit méthylique, c’est que l’esprit, se volatilisant très facilement, manquerait de vigueur; il faudrait en rajouter en quantité suffisante pour le remettre à son degré.
- Il faut faire la même chose pour les peintures et dorures sous verre.
- Le bain composé d’esprit méthylique et d’acide nitrique ne se conservant pas très longtemps, il ne faut pas trop en préparer d’avance ; aussitôt que l’on s’aperçoit qu’il devient rouge comme du vin, il ne vaut plus rien ; si l’on s’en servait pour fixer les épreuves, elles pourraient être gâtées.
- Si, en sortant du moufle, bien que la vitrification soit à point, on aperçoit sur les verres une petite teinte jaunâtre, c’est que le bichromate n’a pas été assez enlevé; cela proviendrait de ce que la pièce de verre ne serait pas restée assez longtemps dans le bain ou plutôt de ce que ce dernier serait trop faible en tartrale; pour faire disparaître ce restant
- p.60 - vue 68/71
-
-
-
- — 6i —
- de bichromate il suffit de prendre une cuvette remplie d’eau, d’y ajouter quelques gouttes d’acide nitrique, et d’y plonger le verre jusqu’à disparition complète du produit jaune.
- Retouche et cuisson. — Quant à la retouche, les insuccès ne peuvent provenir que de l’incapacité du retoucheur.
- Il en est de même de la cuisson des verres ; s’ils ne sont pas assez cuits, il faut recommencer l’opération, sans que cela souffre aucune difficulté; s’ils le sont trop, il n’y a aucun remède.
- En terminant ces pages, nous ne pouvons que répéter à nos lecteurs les recommandations que nous avons placées en tête de ce volume. Qu’ils veuillent bien ne pas se contenter de suivre à peu près les préceptes contenus dans notre ouvrage, au contraire, qu’ils s’y conforment scrupuleusement et qu’ils les appliquent avec soin. A ce prix, nous leur promettons le succès le plus complet.
- f r n.
- p.61 - vue 69/71
-
-
-
- p.62 - vue 70/71
-
-
-
- TABLE DES MATIERES,
- Pages.
- Avani-Propos............................................... y
- Introduction........................................... Yii
- I. — Description de l’emplacement le plus favorable à la
- mise en œuvre de ce procédé.......................... i
- II. — Des papiers, verres et dentelles servant de cliché
- positif................................................. 7
- III. — Produits chimiques nécessaires pour obtenir des
- peintures vitrifiées ou non............................. 8
- IV- — Préparation des solutions sensibles.................. 9
- V. — Application de ces solutions sur les verres........ 10
- •VI. — Exposition des papiers forts et des verres à la lumière................................................... 19
- VII. — Développement des images au sortir du châssis.. 27
- VIII. — Manière d’enlever le bichromate et de fixer la
- couleur sur le verre................................... 32
- IX. — Emploi des bains fixateurs..................... 35
- X. — Cuisson des verres................................. 37
- XI. — De la retouche; des émaux.......................... 39
- XII. — Manière d’opérer pour les verres qui ne doivent
- pas être cuits......................................... 47
- XIII. — lmp cessions sur toile, métal et faïence....... 53
- Notice sur les Insuccès...... .......................... 57
- Paris. — lmp. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- p.63 - vue 71/71
-
-