La Photographie instantanée
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- LA
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- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
- THÉORIE ET PRATIQUE
- PAR
- ALBERT LONDE,
- Officier d’Académie, membre de la Société Française de Photographie, Directeur du service photographique à l'hôpital de la Salpêtrière.
- PARIS,
- GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
- DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER Quai des Augustins, 55.
- 1886
- (Tous droits réservés.)
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- PRÉFACE.
- Le but que nous nous proposons dans ce modeste travail est d’étudier à fond la question de l’Instantanéité en Photographie.
- Cette question toute nouvelle intéresse à juste titre le praticien, l’amateur, nous dirons même le savant.
- Les uns et les autres ont un but qu’ils désirent atteindre ; mais ils ignorent quelquefois les moyens les plus surs qui sont à leur disposition pour arriver au résultat cherché ; ils rencontrent parfois des obstacles qui les rebutent, quand par une étude approfondie ils pourraient les éviter. En réunissant dans cet ouvrage toutes nos connaissances sur la question, nous avons l’espoir de permettre à chacun, suivant ce qu’il se propose, de mettre en jeu d’une manière rationnelle les diverses res-
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- PREFACE.
- sources que l’état actuel de la Photographie met à son service.
- Le desideratum, en Photographie instantanée, consiste à obtenir, en un laps de temps très court, un cliché aussi parfait que possible d’un objet en mouvement.
- C’est un problème, certes, assez complexe et il nous paraît inutile d’insister sur la nécessité de connaître à fond la question, lorsqu’on a l’ambition de travailler, non pas au hasard, mais avec méthode et logique.
- Nous nous estimerons trop heureux si notre travail peut rendre quelques services et guider les pas des débutants dans cette nouvelle branche de la Photographie, voie déjà féconde en résultats et pleine d’avenir.
- Une des difficultés de la Photographie est en effet de savoir faire un choix judicieux des appareils nécessaires dans tel ou tel genre de travail.
- Ce que d’autres ont fait pour la Photographie courante, nous désirons le faire pour la Photographie instantanée.
- Lorsque chacun saura les qualités qu’il doit
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- PREFACE.
- VII
- trouver réunies dans un obturateur photographique, il lui sera possible de faire un choix en toute connaissance de cause.
- Nous croyons que de cette manière bien des déboires pourront être évités. C’est dans cet ordre d’idées que nous avons étudié les règles théoriques et pratiques qui semblent devoir s’imposer dans la matière.
- Nous tenons à remercier particulièrement M. Ad. Martin qui nous a toujours guidé de ses conseils et a eu la bonté de revoir toutes les parties de notre travail concernant l’optique, ainsi que M. Azoulay qui nous a prêté un concours absolument dévoué dans la préparation et l’exécution de nos expériences d’enregistrement.
- Nous nous sommes adressé à diverses personnes pour la construction des appareils que nous avons été obligé d’employer dans le cours de nos études, nous nous permettrons de les nommer à propos de la description de chacun des instruments.
- A. L.
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- LA
- PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE.
- INTRODUCTION.
- La dénomination de Photographie instantanée est réservée à toute épreuve prise en un temps très court.
- Pour l’obtenir il faut néanmoins faire usage de procédés spéciaux, employer certains appareils et instruments qui sont de création récente.
- Nous examiilerons par suite de quels perfectionnements il est devenu possible de photographier les objets en mouvement. Après cette étude rétrospective, nous verrons l’état actuel de nos connaissances en la matière, nous passerons en revue et discuterons les divers principes qui semblent devoir régir la question, nous examinerons les divers appareils pour en voir les qualités et les défauts, et nous définirons les règles théoriques
- A. Lon'de, Phot. inst. j
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- INTRODUCTION.
- et pratiques qui s’imposent dans la construction des dits appareils.
- Nous décrirons alors l’obturateur que nous avons fait exécuter pour répondre aux règles formulées dans cet ouvrage. En terminant, nous décrirons le rôle et les applications de la Photographie instantanée.
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- HISTORIQUE.
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- HISTORIQUE.
- Les premières épreuves obtenues très rapidement ont été faites par le procédé de Daguerre.
- L’emploi du bromure d’iode dans les derniers temps du Daguerréotype permit en effet dè réduire considérablement la pose.
- Certains procédés secs et en particulier le Tau-penot permirent également la même réduction dans la pose.
- Mais ce n’est réellement qu’à partir du collodion litimide que les résultats commencent à être vraiment intéressants. Néanmoins le champ d’études était forcément limité; en effet, comme on le sait, la plaque, une fois sensibilisée, doit être employée immédiatement; de sorte qu’il est difficile de s’écarter du laboratoire, ou alors il faut emporter une tente photographique et tout un matériel encombrant.
- L’époque du collodion humide n’a guère produit que des instantanés de villes, de rues. Quelques rares collections de campagne, ou de mer, faites
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- HISTORIQUE.
- par des intrépides qui ne redoutaient pas le bagage, restent seules.
- Quant à la valeur de ces épreuves, malgré le succès qu’elles ont eu, il faut avouer qu’elles étaient loin d^’être parfaites.
- La rapidité du collodion nitraté, quoique augmentée par des bains accélérateurs, n’était pas encore suffisante pour permettre l’emploi des objectifs dont nous nous servons actuellement.
- L’objectif double était d’un usage à peu près général; on le diaphragmait peu ou point du tout, de telle sorte que dans bien des épreuves, sauf un plan, le reste manquait de netteté.
- C’est de cette époque que date le premier obturateur, qui reçut le nom de guillotine. Cet appareil, construit simplement en bois et fonctionnant eïi chute libre, ne donnait des images nettes que pour des objets ayant un déplacement très faible. Nouvelle cause d’imperfection dans les épreuves.
- Aujourd’hui, une révolution s’est faite : un procédé nouveau a surgi, c’est le gélatinobromure. La sensibilité de la nouvelle couche, composée de gélatine et de bromure d’argent, est vraiment merveilleuse, avec cette particularité que la préparation s’emploie à l’état sec.
- Donc plus n’est besoin de tente, de matériel encombrant et lourd ; une simple chambre noire, quelques glaces et nous voilà prêts.
- De nouveaux horizons s’ouvrent devant nous,
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- HISTORIQUE. 5
- les sujets d’études abondent. C’est une voie pleine d’avenir, dans laquelle les adeptes se précipitent en foule.
- Mais il en est de la Photographie instantanée comme de toutes choses, la perfection y est difficile.
- C’est d’ailleurs à tort, suivant nous, que l’on croit la Photographie à la portée de tous.
- Il ne suffit pas, comme on le dit toujours, d’acheter un appareil et quelques glaces, il faut du goût, du travail, de la persévérance. Interrogez vos voisins? Tous ont fait de la Photographie, plus ou moins. Ceux qui y ont renoncé sont encore les plus nombreux. Parmi les autres, combien en comptez-vous qui soient arrivés à une bonne moyenne?
- Vous-mêmes, que nous plaçons parmi les meilleurs, examinez avec sincérité vos nombreux clichés, et comptez ceux que l’on peut déclarer irréprochables, parfaits sous tous les rapports?
- Vous serez tout étonnés de voir qu’ils sont bien rares.
- En Photographie instantanée les difficultés sont encore bien plus nombreuses, et, chose bizarre, c’est toujours par là que veut commencer le débutant. C’est prendre le taureau par les cornes.
- Il ne faut pas oublier que nous devons demander à une épreuve instantanée une perfection au moins égale à celle d’une épreuve posée, avec la reproduction des objets en mouvement en plus.
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- 6 HISTORIQUE.
- Il est des cas exceptionnels, des études spéciales, où, tout l’intérêt étant concentré sur la reproduction d’un mouvement très rapide, on pourra négliger le reste.
- Mais, dans la plupart des hypothèses, nous le répétons, il faudra chercher à obtenir des images parfaites en netteté, non seulement dans l’objet à reproduire, mais encore à tous les plans.
- La sensibilité du gélatinobromure nous le permet, et ce serait ne pas reconnaître ses exquises qualités, que de ne pas lui demander de donner des épreuves plus complètes que celles données par le collodion humide. Pour atteindre ce but il ne faudra rien négliger ni rien livrer au hasard.
- C’est dans cet ordre d’idées qu’un ouvrage spécial sur l’Instantanéité nous a paru devoir présenter quelque utilité.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- THÉORIE DE L’INSTANTANÉITÉ.
- CHAPITRE PREMIER.
- DES FACTEURS DE L’INSTANTANÉITÉ.
- Qu’entend-on d’abord par Instantanéité? C’est le fait d’obtenir un cliché en un temps très court. L’épreuve ainsi obtenue est dite épreuve instantanée.
- Cette définition, si tant est qu’il puisse y avoir une définition de l’Instantanéité, ne nous satisfait nullement.
- Qu’est-ce qu’un temps très court? Quelque chose d’essentiellement variable.
- Pour le photographe dans l’atelier ce sera quelques secondes, pour l’amateur une fraction de seconde.
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- Ile PARTIE-
- CIIA P. I.
- M. Marey, dans ses belles études sur la locomotion animale, parle de yfy de seconde et M. Janssen ne pose que jôVô'de seconde dans ses remarquables épreuves du soleil.
- La marge est vraiment trop grande et la définition par trop élastique.
- On peut pourtant faire deux grandes divisions dans les temps de pose :
- i° Ceux que l’on peut obtenir à la main.
- 2° Ceux qui exigent l’emploi d’appareils spéciaux; ces appareils portent le nom d’obturateurs et ont été précisément inventés pour remplacer la main de l’homme, qui, dans certains cas, ne peut arriver à découvrir et à remasquer l’objectif assez promptement.
- La limite inférieure de rapidité cpie l’on puisse obtenir à la main ne paraît pas devoir dépasser y de’ seconde. Uépithète d’ép7~euves instantanées devrait donc être réservée uniquement à toutes celles qui ont été obtenues au moyen d’un obturateur donnant moins de -f de seconde. Et encore il serait à dési-rer, pour la précision du langage photographique et la comparaison des résultats, qu’on fit suivre la dénomination d’épreuves instantanées, si possible, de la valeur du temps de pose mesuré avec quelque approximation.
- Il n’est pas indifférent, en effet, de poser ~ de seconde ou yy. De même qu’après avoir compté par minutes avec les procédés secs, en secondes avec le
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- DES FACTEURS DE L ’ IX ST AN T AN É IT É. U
- collodion humide, on n’est pas loin du moment où l’on sera obligé de compter par centièmes, peut-être même par millièmes de seconde.
- Ceci dit, voyons quels sont les éléments qui entrent en jeu pour l’obtention d’une épreuve instantanée. Ces éléments que nous proposons d’appeler les facteurs de l’Instantanéité sont :
- i° L’objectif;
- 2° La lumière ;
- 3° Les préparations sensibles ;
- 4° L’obturateur;
- 5° Le développement.
- De l’objectif. ’
- L’achat d’un objectif est une très grosse question. Il s’agit, en effet, de choisir entre les divers opticiens, puis d’adopter tel ou tel système d’objectif.
- Il n’entre pas dans notre cadre de recommander un fabricant plus qu’un autre, mais ce que nous pouvons dire, c’est qu’en fait d’objectifs nous ne sommes pas tributaires de l’étranger; s’il se fait de bons objectifs en Angleterre, en Allemagne, il s’en fait d’aussi bons en France. Nos lecteurs ne seront pas embarrassés à ce sujet.
- Au contraire, ils peuvent être plus perplexes en
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- l,e PARTIE.
- GIIA P. I.
- ce qui concerne le type d’objectif qu’il faut adopter ; le choix ne laisse pas que d’être assez délicat.
- En elfet, quand il s’agit d’instantanéité, il faut demander à un objectif les qualités suivantes :
- i° Couvrir convenablement la grandeur de glace employée.
- 2° Présenter de la profondeur de foyer, afin de donner les différents plans complètement nets.
- 3° Etre assez lumineux pour permettre une pose suffisamment courte.
- L’objectif double nous paraît devoir être écarté à priori parce qu’il ne répond nullement à la deuxième condition. Il ne sera de quelque utilité que dans certains cas où l’on pourra se contenter d’un seul plan net, et où il sera nécessaire de faire des poses très rapides.
- En effet, dans cette hypothèse, c’est l’objectif qui permettra les poses les plus courtes.
- Restent en présence deux genres d’objectifs : les objectifs simples et les objectifs dits aplanétiques, antiplanats, hémisphériques ou rectilinéaires.
- Les premiers, formés delà combinaison de deux lentilles collées ensemble, possèdent une grande profondeur de foyer, à condition d’être suffisamment diaphragmés, ou sans cela l’image manque de netteté dans toute son étendue.
- Les seconds, formés de deuxsystèmes delentilles, ont l’avantage de pouvoir travailler à pleine ouverture, le deuxième système de lentilles ayant pour
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- DES FACTEURS DE l’INSTANTANÉITÉ. ' 11
- but de détruire le plus possible les aberrations du premier.
- Si l’on veut cependant obtenir une profondeur de foyer suffisante, il est nécessaire de les diaphragmer.
- Les objectifs dits aplanétiques ont donc sur les objectifs simples un avantage marqué, celui de pouvoir travailler à pleine ouverture.
- Mais du moment qu’on les diaphragme, on est en droit de se demander si leur supériorité existe toujours. Nous ne le croyons pas.
- En effet, de quoi dépend la rapidité d’un objectif?
- Du diamètre de la lentille, du foyer, du diaphragme employé; nous pourrions ajouter également, du nombre de lentilles qui le composent. Car plus la lumière doit traverser de surfaces, plus elle éprouvera de pertes par suite de réflexions.
- Si donc nous prenons deux objectifs, l’un simple et l’autre aplanétique^ de même diamètre et de même foyer, si nous les diaphragmons également, il nous paraît hors de doute que l’objectif simple l'emportera au point de vue de la rapidité. Nous avons vérifié le fait expérimentalement. Les objectifs à expérience étaient : un rapide rectilinéaire de Dailmeyer et un Darlot simple (combinaison, objectif double). Les épreuves instantanées ne présentaient aucune différence sensible, même pour un connaisseur.
- Les clichés donnés par le Darlot étaient légère-
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- Ire PARTIE.
- CHAP. I.
- ment mieux venus, ce qui provenait de la raison indiquée plus haut. Le résultat pratique de ces expériences nous paraît très grand. En effet, le prix du Dallmever était de i8ofr et le Darlot ne coûtait pas iofr.
- Nous ne saurions donc trop recommander l’usage de l’objectif simple, qui, nous le croyons, va redevenir à la mode. Il ne faut pourtant pas oublier que cet objectif n’est pas absolument exempt de distorsions. Par suite, au point de vue d’une reproduction qu’on désirerait mathématique, il est inférieur aux aplanétiques. Mais, cette objection, dans l’espèce, ne nous paraît pas être très sérieuse, car les reproductions qui ont besoin d’une pareille exactitude ne sont pas du domaine de l’Instantanéité.
- Du rôle du diaphragme.
- D’après ce qui vient d’être dit, on voit qu’il est question de l’emploi d’un diaphragme.
- Dans l’objectif simple, son emploi ne peut faire l’ombre d’un doute, puisque ce n’est que grâce à lui que ce modèle d’objectifpossède toutes ses qualités.
- Dans le genre rectilinéaire, faut-il et peut-on se servir de diaphragmes ?
- Notre réponse n’est pas douteuse; non seulement on peut s’en servir, mais encore on ne doit jamais négliger d’en mettre.
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- DES FACTEURS DE L’INSTANTANÉITÉ. 13
- La nécessité du diaphragme s’impose, à notre avis; car, malgré toutes leurs qualités, nous venons de le voir, les objectifs rectilinéaires sont loin de présenter à toute ouverture une netteté suffisante et satisfaisante aux divers plans. Le seul obstacle à l’emploi du diaphragme pourrait provenir de la suppression de lumière qui en résulte et qui diminue d’autant l’éclairement de la surface sensible.
- Heureusement, la sensibilité des glaces combinée avec un développement rationnel permet, pour ainsi dire toujours, l’emploi des diaphragmes. Pour notre part, nous ne nous en passons jamais.
- Lorsqu’on fait une photographie posée, on se sert toujours de diaphragmes; Je résultat en est d’autant meilleur; puisque les produits employés nous permettent en Instantanéité d’opérer de même, ne manquons pas d’en profiter.
- Nous verrons d’ailleurs plus loin qu’il y a, au point de vue optique, de graves inconvénients à se passer de diaphragmes, lorsqu’on emploie certains obturateurs.
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- Ire PARTIE.
- CIIAP. II.
- CHAPITRE II.
- DE LA LUMIÈRE.
- La lumière est l’âme delà Photographie, le soleil est notre grand maître ; mais c’est surtout quand il s’agit cVépreuves instantanées que sa présence est indispensable.
- Il A7iendra certainement un temps où l’on se contentera d’une lumière beaucoup plus faible, mais, nous n’en sommes pas encore là.
- De nouvelles préparations sensibles, et surtout de nouveaux développateurs, nous permettront probablement de voir nos espérances réalisées. Il paraît constant, en effet, que dès que la plaque sensible a reçu l’action de la lumière, si courte qu’elle soit, l’image est complète. Mais il faut savoir la développer.
- Actuellement nous devons reconnaître, avec les moyens dont nous disposons, que si nous sommes sûrs du résultat lorsque le soleil se montre, nous sommes à peu près impuissants lorsqu’il est caché.
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- DE I,A LUMIERE.
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- Il en est de même lorsque son intensité varie suivant les heures, les saisons, les climats.
- L’étude des variations de i’intensité lumineuse du soleil doit nous occuper particulièrement. Des enseignements de la plus haute valeur en seront tirés par nous.
- Nous saurons ainsi que les heures les plus favorables sont entre iohdu matin et 3b de l’après-midi.
- Les saisons les plus propices sont le printemps et l’été. Mais nous n’aurons garde de nous fier uniquement à nos yeux, il ne faudra pas vouloir toujours juger du pouvoir chimique de la lumière d’après son action lumineuse sur la rétine.
- Le pouvoir lumineux et le pouvoir chimique du soleil ne suivent pas une marche parallèle.
- Car, si en général, à midi, on a le maximum d’intensité lumineuse coïncidant avec le maximum d’action chimique, il n’en est pas de même le matin ou le soir. Certains couchers de soleil, personne ne l’ignore, éclatants de lumière, sont absolument antiphotogéniques.
- Dans quelques climats, l’Orient par exemple, l’action chimique de la lumière est loin d’être aussi intense qu’on pourrait le croire à priori.
- Il est aussi une question qu’il faut étudier avec soin : c’est la manière dont les divers objets réfléchissent la lumière du soleil.
- Dans un paysage, quel qu’il soit, les divers plans reçoivent une même somme de lumière, et pour-
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- CHAP. II.
- I,e PARTIE. —
- tant, au développement, les différentes parties sont loin de venir aussi bien les unes que les autres. D’où proviennent ces différences? De la nature photogénique de ces divers objets.
- L’eau, le ciel, les nuages, les lointains réfléchissent la lumière d’une manière éclatante; les verdures, les premiers plans viennent plus difficilement.
- Les glaces photographiques ne sont pas tant sensibles à la quantité de lumière qui les frappe qu’à la qualité de cette lumière. C’est ainsi qu’on peut préparer impunément des glaces dans une serre en verre rouge, et qu’une mauvaise lanterne à verre jaune serait capable de les perdre. Elles sont plus sensibles à la lumière blanche, au violet et au bleu, qu’au vert, au jaune et au rouge.
- Il sera donc indispensable, non pas tant de consulter la quantité de lumière qui est réfléchie, que sa qualité.
- Il faut ensuite examiner le travail chimique que l’on demande à la lumière d’effectuer.
- Tout le monde a remarqué que les premiers plans ont toujours une certaine difficulté à venir convenablement, et qu’au contraire les plans très éloignés viennent plutôt trop facilement.
- La raison en est pourtant bien simple. Prenons un exemple : soit un écran blanc que nous voulons photographier au dixième de sa grandeur. Cet écran réfléchit une somme de lumière égale à A. L’image obtenue sur notre verre dépoli a un centimètre carré.
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- La quantité de lumière A, en un temps B, réduit la quantité de bromure d’argent qui recouvre ce centimètre carré.
- Si, alors, voulant faire une seconde épreuve à taille égale, nous rapprochons notre appareil de l’écran, la somme de lumière A que reçoit l’écran n'a pas varié; mais notre image, étant dix fois plus grande, elle aura à réduire toujours dans le même temps B une surface de bromure d’argent dix fois plus grande, hypothèse qu’il est impossible d’admettre.
- Il faudra évidemment, pour avoir le même résultat, poser dix fois plus. Ce qui revient à dire qu’un objet quelconque, augmentant de taille dans l’appareil, devra recevoir une augmentation de pose proportionnelle, et, au contraire, plus il s’éloignera, plus elle devra être diminuée.
- Nous devrons donc considérer la distance de l’objet à photographier et bien nous souvenir que tel objet éclairé au premier plan peut néanmoins venir plus mal qu’un objet moins bien éclairé, mais situé à une distance plus grande.
- Combien d’opérateurs ont accusé les glaces de manquer de rapidité, quand la faute n’était imputable qu’à eux-mêmes. En résumé, le soleil sera toujours le bienvenu, et nous ne négligerons jamais d’étudier notre sujet au point de vue de l’éclairage et de la photogénie.
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- CHAPITRE III.
- DES PRÉPARATIONS SENSIBLES.
- Ce serait dépasser le cadre de cet ouvrage que d’entrer dans les détails de la préparation des glaces sensibles, La question a, du reste, été bien étudiée, et le mieux que nous puissions faire est de renvoyer aux travaux originaux de Monckhoven, Eder, Audra, Balagny.
- Peu d’amateurs continuent à préparer leurs glaces eux-mêmes, car on en trouve actuellement dans le commerce de mille marques différentes.
- Cette profusion de fabricants a certes du bon, car la concurrence, qui en est le résultat premier, aura pour effet de faire baisser les prix encore un peu trop élevés. Mais elle a un inconvénient : c’est de désorienter l’amateur, qui ne sait comment faire son choix.
- Les glaces sont parfaites, d’après le fabricant, bien entendu; mais elles sont loin d’avoir, toutes, les mêmes qualités.
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- DES PRÉPARATIONS SENSIBLES. 19
- Dans la question qui nous intéresse, il nous importe de pouvoir faire un choix au point de vue de la rapidité de la couche sensible.
- Quels sont les procédés à employer? Il nous a paru intéressant d’indiquer les diverses méthodes dont on peut se servir pour juger de la rapidité comparative des diverses glaces.
- A l’intéressé de choisir celle qui lui paraîtra préférable.
- Méthode Warnercke.
- M. Warnercke a proposé la méthode suivante :
- Une plaque couverte de sulfure de calcium, corps qui a la propriété de devenir phosphorescent sous l’action de la lumière, est soumise à la lumière produite par la combustion d’un fil de magnésium de longueur constante.
- On se sert de cette plaque ainsi rendue phosphorescente comme source de lumière pour impressionner, pendant un temps toujours le même, une glace sensible, à travers un appareil formé de cases d’opacité croissante et ressemblant à une table de Pythagore. Plus on apercevra de teintes et plus la glace sera sensible.
- Il y a évidemment diverses sources d’incertitude dans cette méthode : les inégalités de phosphorescence provenant des drverses préparations de sul-
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- Ile PARTIE.
- CIIAP. III.
- fure de calcium; la difficulté d’avoir des échelles toujours identiques; l’inconvénient pour essayer plusieurs glaces de le faire en plusieurs fois, ce qui peut entraîner des erreurs dans les temps d’exposition, font que cette méthode ne peut être susceptible jusqu’à nouvel ordre d’une application générale. Mais pour un praticien opérant toujours avec le même instrument, nul doute que les résultats ne soient très utiles.
- Méthode Londe-Maquenne.
- Cette méthode permet de comparer un certain nombre de glaces avec la plus grande facilité et peut même dans une certaine mesure donner le rapport de sensibilité des glaces les unes par rapport aux autres.
- C’est l’application à la Photographie de la méthode si élégante employée par M. Janssen, pour mesurer l’intensité lumineuse des astres.
- On coupe des bandes étroites, des glaces à essayer, et on les met les unes à côté des autres dans un châssis négatif. On place le châssis, ainsi garni, à une distance toujours semblable d’une source de lumière quelconque. On doit pouvoir intercepter la lumière à volonté, ce que l’on obtient très aisément en se servant d’une lanterne de
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- DES PRÉPARATIONS SENSIBLES. 21
- laboratoire dont le verre est remplacé par un petit écran en carton 011 en métal.
- Le châssis est découvert progressivement, centimètre par centimètre, et chaque fois on fait agir la lumière pendant un même temps en soulevant l’écran.
- Les différentes glaces reçoivent donc toutes en même temps l’impression lumineuse 3 la comparaison entre elles pour un temps de pose donné est rigoureuse. Les comparaisons entre les différents temps de pose ne seront valables que si chaque fois l’écran a été soulevé pendant le même temps, c’est-à-dire si tous les temps de pose sont exactement multiples du temps de pose pris comme unité. Il faut, de plus, que l’intensité de la source lumineuse n’ait pas varié, au moins pendant la durée de l’expérience.
- Les glaces une fois impressionnées sont développées toutes en même temps dans un seul bain.
- On obtient alors une série de bandes d’intensité progressive formant de véritables échelles de teintes. Si deux teintes présentent la même intensité, on est en droit de conclure que la sensibilité des produits employés est la même.
- S’il a fallu une seconde avec une des glaces et trois avec une autre, pour obtenir une même réduction du bromure d’argent, avec la même lumière, il est clair qu’avec la seconde glace il faudra poser trois fois plus qu’avec la première.
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- CH A P. III.
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- La différence de sensibilité des glaces sera exprimée par le rapport des temps d’exposition qui auront produit les mêmes teintes.
- Nous avons fait construire un appareil qui per-
- Fig. i.
- Appareil A. Londe pour mesurer la sensibilité des glaces photographiques.
- met d’essayer un grand nombre de glaces par cette méthode (fi g. i)(1).
- Un châssis vertical contient 3o bandes de glaces
- (’) Cet appareil sort des ateliers de la maison Mackenstein.
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- DES PRÉPARATIONS SENSIBLES.
- avant i8x i. Le châssis a donc 18 de large sur 3o de haut. Il se meut derrière un écran percé d’une fente de 3o X i.
- Avec ce dispositif, chaque fois que l’on fait avancer le châssis d’un centimètre, il démasque les 3o glaces, centimètre par centimètre. On laisse avec avantage la dernière bande non exposée, afin de juger de la pureté de la couche.
- L’opération finie, si l’on a pris la seconde comme unité, la première bande aura posé une seconde et la dernière dix-sept secondes. Une fois développées et séchées on fait la comparaison des glaces deux par deux, derrière un écran en carton percé d’une fente de i centimètre sur 2 (Jiff- 2).
- Lorsque deux teintes sont reconnues identiques, on compte le nombre d’échelons. Si dans une glace la teinte N° 1 égale la teinte N° 3, le rapport est de 1 à 3, car pour obtenir les teintes identiques il a fallu 1 et 3 secondes.
- Il est bien entendu que cette méthode n’aura une rigueur absolument scientifique que si la somme de lumière est absolument constante.
- Pour avoir la régularité de la source lumineuse, qui en somme n’a besoin de durer que quelques instants, on obtient de bons résultats au moyen de la combustion d’un fil de magnésium, ou, mieux encore, en se servant d’une lampe à incandescence avec un rhéostat intercalé dans le circuit. Dans ce dernier cas, il est très facile
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- Ile PARTIE.
- CHAP. III.
- d’obtenir un courant d’une intensité donnée et, par suite, une grande régularité dans l’expérience.
- Nous pouvons donc par cette méthode arriver à Fig. 2.
- B
- C
- A, carton. — JS, glace sensible. — C, glace sensible.
- savoir d’une façon précise le rapport de sensibilité des divers produits sensibles.
- Dans bien des cas, l’amateur n’aura pas besoin de savoir le rapport de sensibilité des glaces les unes par rapport aux autres, mais bien plutôt
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- DES PREPARATIONS SENSIBLES. ZO
- quelle est, de celles qu’il essaye, la plus rapide. Ce qu’il cherche c’est l’ordre de sensibilité afin de prendre la plus rapide, car nous ne nous occupons ici que d’instantanéité.
- La manière de procéder, alors, sera bien plus simple, il suffira de faire avec le châssis une seule expérience. Les teintes les plus fortes indiqueront les glaces les plus sensibles.
- Ici, il ne sera plus besoin de s’occuper de la régularité de la source de lumière, puisque toutes les glaces sont impressionnées ensemble et pendant le même temps.
- Cette méthode sera donc absolument parfaite pour savoir l’ordre de sensibilité de plusieurs glaces, mais ne nous donnera le rapport de sensibilité que si, comme nous venons de le dire , nous nous servons d’une source de lumière constante.
- Remarques.
- Première remarque. — Dans cette méthode il sera toujours indispensable de n’employer que des temps de pose très courts. En effet, les réductions de bromure d’argent ne sont pas indéfiniment proportionnelles aux temps de pose, c’est-à-dire qu’au delà d’une certaine limite, les intensités ne sont plus en rapport avec l’augmentation du temps de pose.
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- Il n’est pas exact de dire que 60 secondes donneront une intensité soixante fois plus grande qu’une seconde. Au bout d’un certain temps la lumière cesse d’agir sur la coucbe sensible, ou plutôt elle agit d’une manière différente, car l’intensité obtenue diminue, la lumière défait ce qu’elle avait fait. Les teintes deviennent de plus en plus faibles jusqu’à un point où la glace ne présente plus trace d’image. A partir de ce moment, la lumière recommence à agir, puis nouvelle destruction. Ainsi, par une suite de poses croissantes, on obtient une série de négatifs et de positifs alternés et ceci indéfiniment.
- Ce phénomène indiqué par M. Janssen est des plus intéressants. Il nous explique en effet la raison de certaines anomalies qui ont pu être signalées entre les glaces rapides et les glaces lentes. Avec un temps de pose un peu long, la première donne un cliché gris, tandis que la seconde donne un cliché ferme et vigoureux. C’est que dans la glace rapide nous avons dépassé la limite convenable et que nous sommes arrivés à la période où la destruction de l’image commence.
- Prenons une glace très rapide et une lente {fïg'- 2), et voyons les résultats :
- A la première exposi tion la glace B donne une légère teinte, C rien. A la deuxième, la teinte de B est plus forte, C apparaît, puis jusqu’à la cinquième les deux glaces montent parallèlement, l’avantage
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- DES PRÉPARATIONS SENSIBLES. 27
- l’estant à B. A partir de cette limite, dans les poses plus élevées, B devient de plus en plus gris, G monte toujours.
- Résultat pratique. — B est plus rapide que C. Ne l’employez que pour les instantanés. Au contraire, si vous voulez poser, C sera préférable. Nous avons tenu à signaler cette expérience, car elle montre comment deux praticiens de bonne foi peuvent arriver à des conclusions diamétralement opposées et ne pas être d’accord, faute de préciser exactement les termes de comparaison.
- En résumé, dans notre méthode, il ne faut employer, pour les raisons ci-dessus, que des temps d’exposition très courts.
- Si l’on craint de commettre des erreurs dans l’évaluation de ces temps de pose, rien n’est plus simple que de diminuer l’intensité de la source lumineuse, ou de s’en éloigner suffisamment. Au lieu de poser une seconde à iin de la lumière on se mettra à iomet l’on posera 10 secondes.
- Deuxième remarque. — Les glaces suivant leur préparation ont des épaisseurs de gélatine variables et l’on pourrait croire que la plus ou moins grande opacité de cette couche s’ajoutant aux différentes teintes, fausse le résultat.
- Si nous appliquions cette méthode, comme le fait M. Janssen pour mesurer l’intensité des diverses sources lumineuses, il serait alors nécessaire de
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- Ire PARTIE.
- CHAP. III.
- n’user que de glaces très unies et de couches, toujours identiques.
- Ici, au contraire, ce que nous cherchons c’est la préparation qui donne le négatif le plus intense, et dans ce cas nous ne pouvons faire abstraction de l’épaisseur et de la teinte de la gélatine qui font partie de l’essence même du cliché.
- Troisième remarque. — Il ne faudra pas oublier que, suivant leur mode de .préparation, les glaces peuvent donner des résultats différents d’après la nature du développateur.
- Par conséquent l’ordre de sensibilité peut être modifié par la nature de celui-ci.
- On verra immédiatement que certaines glaces donnent mieux avec un développement alcalin qu’avec un développement à l’oxalate ferreux, et inversement; cela jettera un certain jour sur les discussions interminables à propos de la supériorité de tel ou tel développement.
- Méthode de l’obturateur.
- Il existe une dernière méthode, qui est à la portée de tous, et que nous recommandons à cause de sa simplicité.-
- Il suffît à cet effet de posséder un bon obturateur dont la marche soit régulière et donne toujours des poses identiques. On pose successivement les glaces
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- DES PREPARATIONS SENSIBLES.
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- à essayer devant le même objet et avec la même vitesse, l’intervalle de temps entre chaque épreuve n’étant que celui nécessaire pour changer de châssis et armer l’obturateur. Les conditions de l’expérience n’auront pas varié, si l’on opère par une belle journée sans nuages.
- En développant les clichés dans le même bain et pendant le même temps il est aisé de voir quel est le meilleur cliché et, par suite, quelle est la glace la plus sensible.
- Nous répéterons ici ce que nous disions tout à l’heure.
- line faut prendre que des poses courtes pour que l’expérience ait toute sa valeur.
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- lre PARTIE.
- CH A P. IV.
- CHAPITRE IY.
- DE L’OBTURATEUll.
- L’obturateur, nous l’avons déjà vu, est l’appareil qui ne permet à la lumière d’agir sur la surface sensible que pendant un temps très court. De nombreux appareils de ce genre ont été offerts au public. Quoiqu’ils tendent tous vers le même but, ils présentent néanmoins des variantes considérables, soit dans le mode de fonctionnement, soit dans le genre, la forme de l’ouverture, soit dans l’emplacement.
- Des raisons théoriques et pratiques ont dû guider certainement les inventeurs dans telle ou telle voie.
- Il s’agit d’examiner parmi ces raisons celles qui sont valables et peuvent déterminer notre choix. La première chose que nous devons faire est de nous rendre un compte exact de la marche des rayons lumineux dans l’objectif.
- L’analyse pure et simple des phénomènes qui se
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- DE L’OBTURATEUR.
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- produisent nous donnera déjà d’utiles renseignements.
- Marche des rayons lumineux dans Fobjectif.
- Prenons comme type un objectif rectilinéaire dont l’usage est des plus fréquents en Photographie
- Fig. 3.
- Terrain
- Terrain
- instantanée. Le raisonnement s’applique d’ailleurs également à l’objectif simple [fig. 3).
- Soit AB l’objet que nous voulons reproduire. Le point A envoie un faisceau de rayons sur la première lentille; légèrement déviés ces rayons vont parallèlement frapper la deuxième lentille, sur laquelle ils se réfractent de nouveau et vont former en A' l’image de A. Le point B se comporte de même et vient donner une image en B\ Tous les points de la ligne AB donnent une image semblable entre A'B'.
- On le voit de suite, l’image est renversée. Dans
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- lie PARTIE.
- CH AP. IV.
- notre figure, A représente le ciel et B le terrain. Sur le verre dépoli le terrain B' se trouve en haut et le ciel A' en bas.
- De cette première remarque nous allons déjà tirer des conclusions intéressantes.
- Si, plaçant une lamelle percée d’une ouverture devant l’objectif, nous la faisons descendre lentement, nous voyons qu’elle laissera d’abord passer les rayons émanés de A, puis successivement ceux intermédiaires en A et B et, en dernier lieu, ceux venant de B. En continuant le mouvement, ce sont les rayons émanés de A qui disparaissent les premiers et finalement ceux de B. Sur notre verre dépoli, le ciel commence à apparaître, puis le paysage, et enfin les premiers plans; à ce moment l’image sera complète, puis l’inverse se produira, les derniers plans restant les derniers visibles.
- Si la lamelle a une vitesse uniforme, i’éclairemen t des diverses parties, quoique n’ayant pas été fait rigoureusement au même moment, sera égal comme durée.
- Si, au contraire, le mouvement est accéléré, soit par le fait d’une chute libre soit par l’action d’un ressort, l’image sera inégalement éclairée.
- Dans le cas présent, c’est le terrain qui recevra l’exposition la plus courte; ce résultat est contradictoire aux données photographiques qui demandent, au contraire, une pose plus longue pour les premiers plans que pour le ciel.
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- DE L’OBTURATEUR.
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- Nous croyons donc qu’au point de vue théorique l’obturation se faisant en avant de l’objectif est défectueuse.
- Si nous faisons le même raisonnement en arrière, nous constaterons que les résultats sont inverses. Le ciel aura la pose la plus courte et le terrain la plus longue.
- Cette solution nous paraît dono de tous points préférable.
- La lamelle qui nous a servi pour cette démonstration n’est autre que la lamelle dite guillotine.
- Nous pouvons donc admettre qu’en principe il y a tout avantage à placer la guillotine en arrière de l’objectif, de préférence à l’avant.
- Plusieurs personnes ont proposé de placer la guillotine dans l’objectif au centre optique ou plutôt dans un plan très voisin, afin de ne pas empêcher l’usage des diaphragmes. Cette position paraît au premier abord très avantageuse. 11 semble en effet que, dès que la guillotine fonctionne, elle doive démasquer des quantités égales des rayons venus de A et de B. Dès le début, l’image serait donc entièrement visible sur le verre dépoli.
- Au fur et à mesure que la guillotine continuerait son mouvement, la somme des ravons admis augmenterait toujours dans les mêmes proportions, pour les points A et B. L’image s’éclairerait de plus en plus, puis disparaîtrait de la même manière, par extinction générale.
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- Cil A P. IV.
- L’image serait donc complète pendant toute la durée de la pose.
- Une étude approfondie de la question nous a prouvé que l’image ne sè produisait pas ainsi.
- Pour analyser la formation des images, nous avons fait construire par M. Darlot un objectif qui permet de faire fonctionner des lamelles, percées d’ouvertures dans cinq positions différentes : en avant et en arrière des lentilles, au centre optique, en avant et en arrière de celui-ci.
- En faisant passer la lamelle en arrière du centre optique, nous avons constaté que l’image n’est pas complète dès le début, comme on le croyait. Elle apparaît peu à peu, près du centre de la glace, comme un fuseau de forme analogue à celle du segment démasqué par la lamelle obturatrice {Jig- 4 ]•
- Lorsque celle-ci continue son mouvement, l’image s’agrandit des deux côtés comme une porte à deux battants. L’obturation a lieu de même, une partie de la glace en forme de fuseau restant éclairée la dernière, mais dans une position homologue à celle du premier fuseau par rapport au centre de la glace.
- Nous avons consulté à ce sujet notre savant collègue, M. Martin, qui a bien voulu expliquer à la Société Française de Photographie les raisons optiques de ce fait. Il résulte du travail de M. Martin que si un diaphragme, si petit qu’il soit, placé dans l’axe de l’objectif, permet toujours une image com-
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- plète, un diaphragme décentré par rapport à cet axe ne donne pas le même résultat. Dans ce cas, certains rayons seuls peuvent passer, ce sont ceux provenant du centre de l’image, les autres sont arrêtés par le parasoîeil, ou se perdent à l’intérieur de la monture.
- L’explication un peu ardue de ce phénomène nous entraînerait trop loin; qu’il nous suffise de conclure en renvovant ceux de nos lecteurs qui désireraient de plus amples détails à la très intéressante communication de M. Martin (1).
- En résumé, si nous voulons représenter la manière dont apparaîtra l’image suivant les diverses positions de la lamelle dans l’objectif, nous aurons le tableau suivant (fig. 4) '
- En avant, le ciel apparaît le premier.
- En arrière, c’est le terrain.
- Au centre optique ou dans son voisinage, c’est la partie presque centrale de l’image. Il semble donc que le passage d’une lamelle, démasquant latéralement l’objectif, devrait être absolument condamné, au point de vue théorique, bien entendu, puisque dans les premiers cas l’image est successive et dans les autres elle est inégale.
- , Frappé des inconvénients que devraient présenter de par la théorie les obturateurs démasquant (*)
- (*) Bulletin de la Société Française de Photographie, i885, p. 120 (Paris, Gauthier-Villars).
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- CII AP. IV.
- l’objectif latéralement, et d’autre part remarquant que les épreuves obtenues avec lesdils appareils ne possédaient aucun des défauts que la théorie semblait leur réserver, nous avons voulu savoir d’où
- Fig. 4.
- Apparition de l’image sur le verre dépoli suivant l’emplacement de l’obturateur.
- A, Obturateur placé en avant de l’objectif. — B, Obturateur placé près du centre de l’objectif. — C, Obturateur placé en arrière de l’objectif.
- pouvait venir cette différence entre les résultats théoriques et pratiques.
- Nous avons constaté alors que le fonctionnement de ces obturateurs n’est pas le même lorsque la vitesse en est modérée expérimentalement, pour contrôler la manière dont se produit l’image, ou lorsque l’appareil fonctionne à sa vitesse normale.
- Telle image qui apparaît inégalement éclairée ou entachée d’aberrations lorsque l’appareil fonctionne lentement, n’agit pas lorsqu’il fonctionne rapidement. Notre œil la perçoit lorsque l’appareil est
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- retardé dans son mouvement; mais, dès que sa vitesse est rapide, l’intensité n’est pas suffisante pour agir sur la surface sensible. La lumière qui pénètre dans l’appareil lorsque, l’obturateur fonctionne, présente une intensité croissante depuis l’obscurité jusqu’à l’éclairement complet, intensité qui dépend du nombre de rayons admis progressivement. Ce n’est, du reste, que lorsque l’intensité est suffisante que l’impression commence. C’est un fait qu’il est facile de constater dans toutes les méthodes optiques d’enregistrement photographique.
- De la durée de l’action lumineuse pendant la pose.
- Le problème que nous nous posions était celui-ci :
- Démontrer, par une expérience précise, que la lumière pendant le fonctionnement d’un obturateur n’agit pas sur la surface sensible dès l’instant où elle peut arriver sur celle-ci.
- Comme, d’autre part, les inconvénients des obturateurs qui démasquent latéralement ne se produisent qu’au commencement et à la fin de la pose, si nous prouvons que précisément à ces deux moments l’image ne se fait pas, nous aurons donné la raison de cette anomalie qui paraît exister entre la théorie et la pratique, et montré qu’en pratique ce genre d’obturateurs ne mérite pas la critique qui en a été faite.
- A. Londe, Phot. inst.
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- lre PARTIE. — CIIAP. IV.
- Fig. 5.
- A. Lampe électrique. — R, Faisceau de rayons parallèles. — C, Diapason électrique. — D, Pile du diapason. — E, Objectif coupé. — F, Tiges portant les curseurs.
- G, Guillotine. — H, Pile du chronographe. — I, Châssis enregistreur. — J, Double piston déclenchant la guillotine. — K, Poire pneumatique déclenchant le châssis enregistreur.
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- Pour cette étude très délicate, nous avons dû faire construire un appareil d’étude tout spécial dont la fig* 5 donne la disposition générale (1 ).
- Il se compose de :
- i° Un foyer électrique avec condensateur qui donne un faisceau de rayons parallèles ;
- 2° Un écran percé d’un trou recouvert de papier dioptrique monté snr un diapason;
- 3° Un obturateur à guillotine ajusté sur un objectif hémisphérique ;
- 4° Un appareil enregistreur.
- Le principe de l’appareil est celui-ci :
- Inscrire sur une plaque sensible en mouvement l’image d’un point brillant pendant le temps de fonctionnement de l’obturateur.
- Les études faites avec cet instrument nous ont conduit à plusieurs résultats des plus intéressants pour la théorie du fonctionnement des obturateurs.
- C’est ainsi que nous pouvons connaître le temps précis de l’action lumineuse utile pendant la pose.
- Il nous est très facile de graduer avec cet appareil tous les obturateurs avec une grande précision.
- Enfin cet instrument nous a prouvé, de la façon la plus claire, l’influence absolue de l’intensité lumineuse sur la valeur du temps de pose donnée par un obturateur.
- (') Les divei’s instruments dont nous nous sommes servis pour ces études ont été construits j>ar M. Dessoudcix.
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- Appareils enregistreurs A. Londe.
- La première difficulté qui s’est présentée à nous, c’est l’obtention d’un point assez lumineux pour donner des traces suffisantes sur la glace sensible pendant le temps de fonctionnement de l’obturateur. Il importe en effet, non pas d’avoir un rayon lumineux, mais un faisceau de rayons qui agissent sur toute la surface des lentilles et qui nous placent dans les conditions de la pratique. Nous l’avons obtenu en recouvrant un petit trou percé dans un écran (fig. 6) d’une feuille de papier dioptrique. Un faisceau de lumière électrique, projeté sur l’écran, l’éclaire et donne un point lumineux très brillant.
- Notre petit écran est fixé sur un diapason électrique; nous plaçons ce dernier sur un grand écran percé d’une ouverture rectangulaire correspondant à notre point, mais un peu plus grande. Nous verrons plus loin le rôle du diapason.
- En face de notre point et à une certaine distance se trouve une cloison qui porte l’objectif. Cette cloison est la partie antérieure d’une chambre obscure.
- L’objectif qui nous sert est un hémisphérique de Darlot, qui, grâce à ses ouvertures multiples, nous permet d’étudier les diverses positions de la lame obturatrice.
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- DE l’oBTüRATEDU.
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- En dessous de l’objectif se trouve un pont métallique soutenant deux tiges d’aeier parallèles. Sur
- Fig. 6.
- A, -Diapason. — B, Écran percé d’un trou. — C, Cloison opaque
- ces deux tiges se meuvent deux curseurs portant chacun deux ressorts coudés, séparés par un intervalle de ora,oo3 (fig.
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- Ire PARTIE.
- CHAP. IV.
- Ces ressorts font partie d’un circuit électrique
- Fig. 7.
- A
- A, Guillotine. — B, Déclenchement. — CG, Curseurs. — D, Tige de la guillotine. — E, Appareil pneumatique.
- qui a pour but d’actionner un chronographe placé sur l’appareil enregistreur.
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- La partie inférieure de la guillotine porte une tige qui, au moment de son passage entre les deux ressorts de l’un ou de l’autre curseur, permet le passage du courant, et, par suite, détermine le signal à un instant voulu.
- L’appareil enregistreur se compose d’un cadre fixe portant deux rails sur lesquels peut glisser, au moyen de galets, un cadre intérieur (fi g. 8).
- Celui-ci est divisé en deux compartiments : l’un destiné à recevoir la glace sensible, et l’autre une lame de verre enfumé.
- C’est sur cette dernière que le chronographe électrique doit inscrire sa trace.
- Au moyen d’un fil passant sur des poulies, l’appareil enregistreur entraîne dans sa chute la guillotine. Les deux appareils sont donc solidaires l’un de l’autre. L’appareil enregistreur se trouve, bien entendu, dans une chambre obscure et placé de manière à ce que l’image du point se forme bien nette à la partie inférieure de la glace. Son départ est déterminé au moyen d’une poire pneumatique. Il est facile de comprendre qu’au moment où l’on déclenche l’appareil, celui-ci entraînant la guillotine, la lumière pénétrei’a dans la chambre obscure et viendra former sur la glace sensible une trace rectiligne qui sera l’expression même du temps pendant lequel la lumière aura agi.
- Pour savoir la valeur de ce temps, il suffira de' faire vibrer le diapason.
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- Celui-ci, entraînant l’écran et par suite le point lumineux, la trace ne sera plus rectiligne, mais affectera la forme d’une sinusoïde. Connaissant le nombre des vibrations exécutées par notre diapason et le nombre de celles inscrites sur la glace, il sera des plus aisé de déduire la valeur du temps pendant lequel la lumière aura agi.
- Mais, actuellement, que voulons-nous? Savoir si la lumière agit pendant tout le temps pendant lequel elle pourrait agir.
- 11 faut déterminer le temps pendant lequel la lumière peut pénétrer dans notre chambre noire, c’est-à-dire enregistrer l’apparition du point lumineux et son extinction.
- Pour cela, nous plaçant derrière l’appareil enregistreur et remplaçant la glace sensible par un verre dépoli, nous faisons descendre lentement le cadre mobile de l’appareil enregistreur jusqu’au moment où le point apparaît.
- A cet instant, nous l’immobilisons, et nous faisons vovager notre premier curseur jusqu’à ce que le courant se trouve établi par la tige de la guillotine et fasse fonctionner le chronographe. Nous plaçons de même l’autre curseur au moment où le point disparaît.
- Notre appareil est dès lors réglé. Dès que le point apparaît, un signal est fait sur notre lame de verre enfumée ; dès qu’il disparaîtun autre signal s’inscrit.
- Nous avons donc, d’une manière absolument ri-
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- ...................... v*' " •’ -v”-•'•••• r^r’*' • r
- Fis.
- A,-Glace sensible. — B, Lame de verre enfumé. — CC, Châssis mobile. DD, Châssis fixe. — E, Chronographe électrique. — F, Déclenchement pneumatique. — G, Appareil déclenchant l’obturateur en expérience.
- 11. Piston dudit appareil.— D, Dent provoquant le départ dudit appareil.
- h
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- Ire PARTIE.
- CIIAP. IV.
- goureuse, les deux instants entre lesquels la lumière pénètre dans notre appareil.
- Si elle agit pendant la même période en fonc-
- Fig- 9-
- cp-
- A B
- A, Trace du chronographe. — B, Trace optique. — G, l01' signal.
- D, 2e signal. — E, Commencement de l'action lumineuse. — F, Fin de l’action lumineuse.
- tionnement normal, notre trace lumineuse doit commencer au moment où le premier signal se produit et cesser au second.
- S’il n’en est pas ainsi, c’est que la lumière n’agit pas pendant tout le temps où il semblerait qu’elle pût le faire.
- Nous avons fait reproduire le résultat de l’expé-
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- DE L'OBTURATEUR.
- rience, et d’un seul coup d’œil il est facile de voir que le point n’a inscrit son image que bien après le premier signal, pour le terminer également avant le second {fig. 9).
- L’image ne se produit donc pas au début et à la lin de la pose ; donc toutes les inégalités d’éclairage indiquées par la théorie sont de nulle valeur en pratique, puisque si mauvaise image il peut y avoir, elle n’est pas assez intense pour impressionner la couche. Nous verrons tout à l’heure que d’autres phénomènes d’aherration se produisent également, d’après la théorie, dans ces deux périodes, mais par les mêmes raisons ils n’influent pas sur la pratique. Notre conclusion est que le système d’ouvertures latérales, quoique présentant théoriquement certains inconvénients, doit au contraire être maintenu dans la pratique.
- Déplacement de l’image pendant le fonctionnement des obturateurs.
- Dans le cours de nos expériences nous avons constaté un autre phénomène qui doit être signalé.
- Lorsqu’on fait mouvoir lentement une lamelle obturatrice en un endroit quelconque d’un objectif hémisphérique non diaphragmé, on constate un déplacement de l’image sur le verre dépoli, qui est d’autant plus grand que les objets sont plus
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- 48 lrc PARTIE. — CHAP. IV.
- rapprochés de l’appareil, et s’éloignent par le fait du plan focal principal.
- Ce déplacement pour les objets très rapprochés n’est pas moindre de quelques millimètres.
- Si, au contraire, les premiers plans sont exactement au foyer, ce sont les derniers plans qui se déplacent et d’autant plus qu’ils sont plus éloignés.
- Ce phénomène n’est pas supprimé par la présence des diaphragmes, il est simplement légèrement atténué.
- Il se produit également dans le cas des obturateurs ouvrant par le centre, dans l’axe de l'objectif; mais il revêt alors une forme particulière.
- Le déplacement n’a plus lieu latéralement, mais bien en profondeur. L’image a l’air d’avancer et de reculer. Les formes des objets s’élargissent, s’étalent. Il faut chercher la raison de ce phénomène dans la forme même des lentilles, qui par suite de leur construction ne font pas coïncider au même foyer tous les rayons qui les traversent.
- Le diaphragme en supprimant un certain nombre des rayons marginaux, dont le foyer est le plus différent, augmente la netteté et limite la partie utilisée de la lentille ; mais quelque petit que soit le diaphragme, la lentille ne fera jamais converger au même point tous les rayons venant de sa surface; les différences de foyer entre les rayons qui passent par le centre et les rayons marginaux diminuera, mais ne sera jamais supprimée, comme elle devrait
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- DE L'OBTURATEUR.
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- l’être dans un appareil complètement aplanétique. Si donc notre appareil démasque les uns après les autres les rayons ayant passé par différentes parties de la lentille, il est évident que notre image, apparaissant successivement en des points différents, se déplacera effectivement.
- Si l’appareil fonctionne latéralement, ce déplacement sera latéral ; s’il fonctionne en hauteur, il sera en hauteur, et enfin s’il fonctionne comme un diaphragme grandissant il donnera lieu à des étalements. Nous voyons donc que dans tous les cas, l’image se fait successivement et est fortement entachée d’aberrations.
- Seulement une grande différence existe entre l’ouverture latérale et l’ouverture centrale : c’est que, dans la première, le phénomène ne se produit qu’au début et à la fin de la pose et, dans la seconde, au milieu seulement.
- Nous avons vu précédemment, qu’en fonctionnement normal, le début et la fin de la pose étaient de nul effet au point de vue de l’impression, par conséquent les aberrations se produisent précisément dans des périodes inactives.
- Dans l’ouverture centrale, c’est au contraire l’inverse qui se produit; l’image est parfaite au début et à la fin, et le phénomène des aberrations se produit de plus en plus, jusqu’au moment où le maximum de lumière pénètre dans l’appareil. Il est alors à son summum. C’est cette raison qui
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- Ire PARTIE.
- CII AP. IV.
- nous fait préférer les appareils à ouverture latérale, à ceux à ouverture centrale. Nous avons pu, du reste, constater sur des épreuves faites avec des instruments de ce genre l’étalement des images, de la façon la plus nette.
- De l’emploi des obturateurs rapides pour les poses lentes.
- La tendance actuelle consiste à disposer les obturateurs rapides de façon à permettre des poses supérieures à | de seconde, i seconde, 2 secondes par exemple. Sans discuter la valeur de ce dispositif qui n’est pas absolument nécessaire, nous pouvons voir, d’après ce qui précède, qu’il y aura des inconvénients très sérieux à ralentir le mouvement d’une lamelle quelconque, de façon à obtenir par son passage lent des poses d’une certaine durée. C’est le moyen le plus sûr de produire des images inégales et entachées d’aberrations.
- Pour les poses lentes nous n’admettons pas l’emploi d’un obturateur dont l’ouverture ne peut varier ou alors, il faut faire comme a\^ec le bouchon, ouvrir rapidement, laisser l’objectif à pleine ouverture pendant le temps voulu et refermer rapidement.
- Nous avons fait adopter à notre obturateur un dispositif qui permetd’atteindre ce résultat [fig. i8\
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- DE L’OBTURATEUR.
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- 11 se compose d’un double cylindre qui se place près de la manette. En déclenchant l’obturateur, celle-ci vient frapper le cylindre mobile, comprime l’air intérieur, qui fait matelas, et amortit tout choc. Le mouvement est très rapide. On pose alors le temps voulu et, lorsqu’il s’agit de refermer, il suffît d’appuyer sur la deuxième poire, dont l’effet est de refermer brusquement l’obturateur.
- De cette manière on réalise les conditions que nous indiquions : ouverture rapide, pose à pleine ouverture de durée quelconque, fermeture rapide.
- Emplacement de l’obturateur.
- Obturateurs latéraux. — Ces obturateurs peuvent être placés indistinctement derrière l’objectif ou derrière le diaphragme; au point de vue de la qualité, les images ne différeront pas.
- En pratique si l’on adopte la première position il sera possible de faire tisage de plusieurs objectifs que l’on substituera les uns aux autres sur l’obturateur. En choisissant la deuxième il faudra nécessairement couper le tube de l’objectif, adapter en un mot l’obturateur à l’objectif. Cette obligation empêche, il est vrai, beaucoup de personnes d’adopter cette solution.
- Nous comprenons parfaitement, lorsqu’on possède un objectif de bonne marque, que l’on hésite
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- 52 Iie PARTIE. — CH A P. IV.
- à lui faire subir une opération qui en diminue la valeur; mais il faut procéder autrement : on fait faire par un opticien un tube de rechange sur lequel on monte l’obturateur et les lentilles de l’objectif. Alors celui-ci reste intact. Par contre, l’obturateur ainsi monté, ne comporte que l’usage du seul objectif pour lequel il est fait; c’est un inconvénient très sérieux.
- L’obturation au centre optique peut cependant avoir un avantage dans l’hypothèse des poses très rapides, lorsqu’on se sert habituellement de diaphragmes. Dans ce cas il est évident, si l’objectif a om,o4 de diamètre et le diaphragme om,oi , qu’une ouverture de ora,o4 dans un cas et de ora,oi dans l’autre, donneront un résultat identique au point de vue de la formation de l’image ; mais il est incontestable qu’il sera plus facile d’obtenir une pose très rapide au point de vue mécanique avec l’ouverture d’un centimètre qu’avec celle de quatre.
- A chacun de choisir suivant son mode de travail .
- Il est bien entendu que tout ce qui est vrai de la guillotine, est vrai des obturateurs circulaires, lesquels ne sont, en somme, qu’une modification de la guillotine qui opère un mouvement de rotation au lieu d’une chute.
- Obturateurs centraux. — Dans ce genre d’obturateurs il n’y a qu’une seule place possible :
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- • 53
- DE L’OBTURATEUR.
- c’est l’intérieur de l’objectif et le plus près possible du diaphragme.
- En les plaçant en arrière de la lentille, on obtient sur la surface sensible un éclairage inégal. Si l’obturateur s’ouvre en forme de diaphragme, on a une tache centrale. Si l’ouverture a lieu en forme de rectangle, on aura au centre de la glace une bande plus exposée.
- M. Audra a montré récemment - à la Société Française de Photographie des clichés ainsi obtenus, qui présentaient cette inégalité de la façon la plus saisissante.
- De l’ouverture de la lamelle.
- De ses dimensions.
- L’obturateur idéal serait celui qui permettrait à l’objectif d’agir pendant toute la pose à pleine ouverture. Ce serait celui qui pendant toute l’exposition recevrait le maximum de lumière possible. Il n’en est malheureusement pas ainsi et pour démasquer un objectif, de quelque manière que ce soit, il faut passer par toutes les nuances qui séparent l’obscurité absolue de la pleine lumière. L’image en aucune manière ne peut avoir toute son intensité dès le début ; elle augmente progressivement (y£g- io).
- Prenons comme exemple une guillotine ayant
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- Ire partie.
- CH A P. IV.
- une ouverture égale au diamètre de l’objectif et voyons ce qui se passe. La guillotine découvre suc-
- Fig. xo.
- C D
- Temps utile et total de pose.
- cessivement l’objectif. La lumière augmente de A en ^ jusqu’au moment où l’objectif est entièrement démasqué; à ce moment l’image est complète; puis immédiatement elle décroît jusqu’en B où l’extinction est complète.
- L’objectif n’a donc travaillé à pleine ouverture,
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- I)E L’OBTURATEUR.
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- c’est-à-dire avec le maximum de lumière, que pendant un temps très court.
- Nous sommes loin du résultat idéal dans lequel le maximum de lumière devrait exister pendant toute la pose.
- Si pratiquement il n’y a pas moyen d’obtenir ce résultat, nous pouvons néanmoins nous en rapprocher, et ceci en allongeant l’ouverture et en augmentant la vitesse, de manière à la faire passer dans le même temps. Nous voyons immédiatement que les résultats seront différents; de A' jusqu’en C l’image apparaîtra progressivement. En C elle sera complète. L’objectif travaillera, avec son maximum de lumière, jusqu’en D; à partir de ce point jusqu’en B' elle décroîtra.
- La durée de la pose ayant été la même, il est facile de comprendre que l’épreuve ne peut que gagner à cette deuxième manière d’opérer.
- Le temps pendant lequel l’objectif travaille à son maximum d’intensité, nous proposons de l’appeler, temps utile déposé, par opposition au temps total de pose, qui comprend le temps pendant lequel l’objectif a commencé à travailler jusqu’au moment où il a terminé.
- Plus nous augmenterons la valeur de CD c’est-à-dire la valeur du temps utile, plus le rapport
- se rapprochera de l’unité et plus nous serons près de la perfection. En un mot, plus les ouver-
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- Ire PARTIE.
- CHAP. IV.
- tures seront grandes pour un même temps de pose, et meilleurs seront les résultats.
- En supposant une vitesse de chute uniforme, si l’ouverture est égale à deux diamètres, le TU
- TT
- (temps utile) sera égal à —> c’est-à-dire la moitié
- du temps total de pose.- Si elle est égale à 3, TU égalera | de TT. Ce qui revient à dire que le temps utile de pose sera égal à n fois le diamètre moins x.
- D’une manière générale on peut donc poser en principe qu’il est avantageux d’employer les ouvertures les plus grandes possibles.
- Malheureusement, dans la pratique, des difficultés trop grandes surviendront.
- Pour faire passer devant un objectif de 5 centimètres, par exemple, une ouverture ayant quatre fois le diamètre en un yly de seconde, il faudra donner àcette lamelle une vitesse telle que tout sera brisé.
- Aussi la pratique n’a-t-elle pu mettre à profit les données de la théorie comme cela eut été nécessaire.
- Forme de l’ouverture.
- Quelle forme faut-il donner à l’ouverture? Cela dépend évidemment du genre de l’obturateur ; aussi diffère-t-elle dans chacun d’eux.
- Forme de Vouverture dans la guillotine. — Pour la guillotine, diverses ouvertures ont été pro-
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- DE L'OBTURATEUR.
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- posées. La forme circulaire a été la première indiquée. Elle est absolument défectueuse, ainsi que l’a indiqué M. Jubert (Jig. 11).
- « En effet, dit-il, supposons l’ouverture de la
- Fig. ii.
- lamelle circulaire, faisons-la tomber et voyons ce qui se passe. Divisons, par la pensée, la lentille en un certain nombre de bandes étroites verticales et supposons qu’il s’écoule une unité de temps (une
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- 58 Il-e PARTIE. — CIIAP. IV.
- seconde, par exemple) entre le commencement de l’ouverture et la fermeture totale de l’objectif.
- » Nous voyons alors que chaque point de la bande centrale reçoit la lumière pendant une seconde ; si, au contraire, nous considérons une bande s’éloignant du centre, nous voyons que la lumière n’agit sur chacun de ses points que pendant un temps proportionnel à la hauteur de cette bande.
- )> Enfin, si nous considérons la dernière bande, celle cpii est sur le bord de la lentille, nous voyons qu’elle ne reçoit la lumière que pendant un temps infiniment court.
- » Donc, avec une ouverture circulaire, les différentes parties de l’objectif ne reçoivent pas la lumière pendant un temps égal, chaque bande verticale recevant la lumière pendant un temps proportionnel à sa hauteur.
- » L’objectif fonctionne donc dans de mauvaises conditions, au point de vue de l’utilisation de son pouvoir éclairant.
- » Supposons maintenant que l’ouverture de la lamelle soit un carré de côté égal au diamètre du cercle que nous considérions précédemment, alors tout point de chacune des bandes reçoit la lumière pendant le même temps (une seconde, dans l’hypothèse).
- » Tous les points de lalentillerecevantlalumière pendant un même temps, le fonctionnement de l’objectif sera bien meilleur.
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- DE L’OBTURATEUR.
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- » De plus, la quantité totale de lumière qui pénètre dans l’objectif augmentera, d’abord, parce que chacun de ces points reçoit la lumière pendant le temps maximum des points les plus favorisés, lorsqu’on emploie l’ouverture circulaire; de plus, à chaque instant, la surface découverte de l’objectif est plus considérable et la différence est représentée par
- R sina(i — cosa),
- R étant le rayon de la lentille et a l’angle correspondant à l’arc du segment découvert.
- » En effectuant certains calculs, on trouve qu’une lamelle à ouverture carrée tombant en une seconde laisse pénétrer autant de lumière qu’une lamelle à ouverture circulaire tombant en i°,25, en nombre rond (1 ). »
- M. Chapelain, dans le but d’admettre une plus grande somme de lumière, propose de remplacer les deux bases inférieure et supérieure du rectangle par des demi-circonférences qui leur sont tangentes.
- De cette manière, d’après M. Chapelain, la somme de lumière admise serait encore augmentée et la forme d’ouverture préconisée par lui l’emporterait d’autant sur l’ouverture carrée que celle-ci l’emporte sur l’ouverture circulaire.
- (') Bulletin cle la Société Française de Photographie, année 1880, p. i32 (Paris, Gauthier-Villars).
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- Iro PARTIE.
- CHAP. IV.
- Nous ne ferons qu’une objection à M. Chapelain, c’est que, par l’emploi de son ouverture, le temps d’exposition sera augmenté, pour certains points de la lentille, par rapport aux autres. En appliquant le raisonnement de M. Jubert, on verra que les bandes verticales, au fur et à mesure qu’elles s’éloignent du centre, reçoivent une pose de plus en plus longue. Les points situés dans la partie centrale seront donc les moins favorisés. Cette solution ne nous paraît pas présenter d’avantages sérieux.
- Si la guillotine est en arrière, nous croyons que, dans ce cas, l’image se formera inégalement par la production d’une bande sombre au milieu de la glace.
- Nous préférons, sous tous les rapports, dans la guillotine, l’ouverture rectangulaire, qui ne produit en aucune façon ces inégalités d’éclairage.
- Forme de l’ouverture dans les obturateurs circulaires.
- En recherchant quelle pouvait être la forme la plus avantageuse à donner à l’ouverture des obturateurs de ce genre, nous avons trouvé que la forme carrée et la forme circulaire donnent des résultats très défectueux. Nous allons le démontrer et indiquer en même temps la forme qui nous paraît préférable {fig. 12).
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- Soit une circonférence représentant notre disque
- Fig. 12.
- (n° i de la figure). Traçons deux rayons OA et OB, et faisons tourner le disque jusqu’à ce que la
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- 62 I10 PARTIE. — CHAP. IV.
- droite OA vienne occuper la place primitivement occupée par la droite OB. Ce mouvement tournant de la droite OA s’est accompli en un certain temps, une seconde par exemple. Tous les points de la droite OA, quels qu’ils soient, sont partis en même temps et arrivés en même temps. Ils ont parcouru, il est vrai, des chemins de plus en plus longs, à raison de leur distance du centre ; mais ils sont animés de vitesses de plus en plus grandes, de sorte qu’ils ont mis tous une seconde à accomplir leur trajet.
- Si maintenant l’ouverture AOB sert à introduire dans un objectif un faisceau de lumière, il est évident que celui-ci ne pourra entrer dans toutes les parties de l’appareil que pendant un temps rigoureusement le même : dans notre hypothèse, une seconde. Or c’est précisément ce que nous recherchons, et voilà une ouverture qui répond à ce que nous pouvons désirer, sous le rapport de l’uniformité de la pose.
- Toutes les ouvertures de ce genre nous donneront des poses régulières. Tous les arcs de cercle menés parallèlement à la circonférence entre deux rayons formant ouverture correspondent certainement à un même temps de pose. Ce qui est vrai de ces arcs de cercle est également vrai de leurs cordes, d’où nous pouvons conclure qu’une ouverture donnera une pose absolument régulière lorsque deux de ses côtés seront compris entre deux rayons, les
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- DE L’OBTURATEUR.
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- deux autres côtés étant formés par ces mêmes rayon s.
- Examinons maintenant comment se comporte une ouverture carrée, et voyons si elle remplit les conditions que nous venons d’indiquer.
- Traçons un carré représentant l’ouverture et menons quatre rayons par les angles de ce carré (n° 2 de la figure).
- D’après ce que nous venons de démontrer, nous voyons de suite que la partie CD et la partie FI correspondent à un temps de pose égal ; car ces deux parties ne sont que les cordes de deux arcs de cercle parallèles compris entre deux rayons. C’est l’hypothèse précédente. La pose se décomposera, par suite, en trois péidodes : pendant la première, la lumière pénétrera par la partie EF de l’ouverture, alors qu’elle ne pourra pénétrer par la partie supérieure CD; puis, pendant la deuxième, l’appareil fonctionnera convenablement la pose étant régulière; enfin, pendant la troisième, la lumière aura cessé de pénétrer par la partie CD qu’elle pénétrera encore par la partie IH.
- En résumé, si la durée de la pose est, pour le bas de l’ouverture, d’une seconde, par exemple, elle ne sera guère que d’un tiers de seconde pour la partie supérieure.
- Inutile d’insister davantage sur le défaut de cette ouverture.
- Examinons si l’ouverture circulaire présente les mêmes inconvénients.
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- 64 Ire PARTIE. — GIIAP. IV.
- Traçons une circonférence figurant l’ouverture et menons deux rayons tangents à celle-ci (n° 3 de la fig. 12) La droite KL, déterminée enjoignant les deux points de contact, correspond à la pose maxima. Il suffit de répéter le raisonnement précédent pour s’en convaincre. Mais, tandis que dans le carré la pose maxima sur un des côtés décroît régulièrement jusqu’au côté opposé, ici la pose, maxima en une partie de la circonférence, décroît régulièrement des deux côtés à la fois : avec la première ouverture, l’image, très éclairée sur un bord, ira en s’assombrissant jusqu’à l’autre; avec la seconde, l’image présentera une bande très claire, à partir de laquelle elle diminuera régulièrement en intensité des deux côtés.
- Nous écarterons donc ces deux formes d’ouvertures, et nous adopterons pour les obturateurs circulaires l’ouverture précédemment indiquée, c’est-à-dire en forme de secteur.
- Forme de l’ouverture dans les obturateurs centraux.
- Dans ces obturateurs, l’ouverture devrait théoriquement être constamment circulaire, n’être en un mot qu’un diaphragme grandissant.
- Une disposition mécanique remplissant ce but est, sinon impossible, du moins trop compliquée,
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- DE L OBTURATEUR.
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- pour pouvoir être appliquée aux obturateurs photographiques. On peut employer avec avantage la forme dite œil-de-chat, on a de cette manière un carré dont les dimensions varient, mais dont la forme est toujours la même.
- M. Cari Lütken a présenté dernièrement, à la Société Française de Photographie, un obturateur de son invention, dont le but est précisément de donner une ouverture constamment circulaire.
- Son appareil, très compliqué, est malgré cela encore loin de donner une solution satisfaisante de la question.
- Nous doutons même que, dans cet ordre d’idées, on puisse arriver à un résultat complet, à cause des difficultés mécaniques qui se présentent.
- D’ailleurs, au point de vue pratique, l’utilité d’une ouverture formant diaphragme grandissant nous paraît assez douteuse.
- Il vaudrait peut-être mieux avoir une ouverture rectangulaire du diamètre de la lentille. De cette manière on. a, dès le début de la pose, une plus grande somme de lumière, ce qui n’est pas à dédaigner en Photographie instantanée.
- C’est, du reste, actuellement, la forme la plus généralement employée dans ce genre d’obturateurs.
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- CHAPITRE Y.
- DÉVELOPPEMENT.
- Cette question est assurément une de celles sur lesquelles on a le plus discuté, sans arriver, devons-nous le reconnaître, à des résultats absolument conformes. Chacun a sa petite opinion que nous respectons, du reste, car nous devons reconnaître qu’il est absolument impossible de prouver la supériorité d’un développement sur un autre d’une manière générale.
- Telle glace donnera mieux avec l’oxalate ferreux, telle autre avec le pyrogallique et l’ammoniaque, telle autre avec les carbonates ou de soude ou de potasse.
- Ces différences tiennent aux différentes formules d’émulsion. C’est un peu à chacun, suivant la marque des glaces qu’il emploie, défaire un petit essai préliminaire, qui le fixera d’une manière absolument précise.
- Cet essai consiste à faire un cliché d’un objet
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- DEVELOPPEMENT.
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- uniformément éclairé, façade de maison, par exemple, et en un temps aussi court que possible.
- On coupe la glace* en bandes qu’on développe chacune avec les développateurs que l’on veut essayer.
- La bande la mieux venue indique le développa-teur préférable ; mais il est absolument nécessaire de faire une pose très courte ; car là où un déve-loppateur ne donne rien, un autre donnera une image. Si la pose est prolongée, tous donnent une image, et il est quelquefois difficile de se prononcer.
- Pour notre part, après de nombreux essais, nous nous tenons toujours au développement à l’acide pyrogallique et à l’ammoniaque.
- Sans prétendre indiquer rien de nouveau nous donnons tout de même notre manière de développer.
- Nous employons :
- i. Acide pyrogallique en poudre.
- Nous préférons ne pas le dissoudre, car si on le dissout dans l’eau, il s’altère assez rapidement; si c’est dans l’alcool, c’est une dépense que rien ne
- 2. Bromure de potassium Eau distillée............
- ioo
- io
- 3. Ammoniaque Eau distillée.
- xo
- ioo
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- 68
- Ire PARTIE.
- CIIAP. V.
- Nous basons notre développement sur les données suivantes. Plus la pose a été longue, moins il faut d’acide pyrogallique et d’airimoniaque et plus il faut de bromure, et inversement, plus la pose a été courte, plus il faut d’acide pyrogallique et d’ammoniaque et moins il faut de bromure. Quelque courte qu’ait été la pose nous mettons toujours quelques gouttes de bromure.
- Quelques personnes reprochent au développement à l’acide pyrogallique et à l’ammoniaque de teinter légèrement les clichés et de salir les doigts. La chose n’est pas niable, surtout lorsqu’il s’agit de clichés instantanés qu’il faut pousser beaucoup. Malgré cet inconvénient, nous préférons ce mode de développemen t. Les clichés sont moins agréables à voir que ceux obtenus avec l’oxalate ferreux, mais ils donnent des épreuves moins crues, plus douces et plus harmonieuses. Or, comme nous ne faisons pas de la Photographie pour le plaisir d’obtenir des clichés agréables de ton, mais bien pour avoir des épreuves aussi parfaites que possible, nous ne considérons pas la coloration des clichés comme un défaut, au contraire.
- Du reste, il est facile de l’empêcher de se produire en ajoutant un peu de sulfite de soude au révélateur ou en décolorant le cliché, lorsqu’il est fini, au moyen d’une solution très faible d’un acide quelconque, citrique, chlorhydrique, etc.
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- DEVELOPPEMENT.
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- Manière de procéder.
- Dans un verre à expérience, nous mettons l’acide pyrogallique (la valeur d’une cuillère à moutarde) la quantité d’eau nécessaire pour recou vrir convenablement la glace, et enfin la quantité de bromure, proportionnelle à la pose, d’après la règle donnée ci-dessus. Nous versons le tout dans la cuvette, sur la glace, et nous attendons une minute. Si nous apercevons des bulles d’air emprisonnées à la surface de la glace, nous les enlevons avec un blaireau. Nous mettons alors, dans le verre, quelques gouttes d’ammoniaque (n° 3) et versons le liquide dans le verre, pour le reverser encore dans la cuvette.
- Si, au bout d’une minute, l’image ne vient pas, nous répétons la même opération, c’est-à-dire, addition de quelques gouttes de n° 3, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’image apparaisse.
- Nous la laisserons monter tranquillement; pour avoir des détails, nous le faisons par l’addition du n° 3 ; pour donner de l’intensité, lorsque les détails sont venus, nous ajoutons de l’acide pyrogallique.
- Tout le procédé consiste à n’ajouter l’ammoniaque que par petites doses et avec beaucoup de prudence. Ce même procédé nous sert égalemen pour les clichés ayant, posé davantage.
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- r° PARTIE.
- CH A P. y.
- La preuve de son efficacité est qu’il nous a été possible de développer zffio clichés, formant la collection de notre ami le Dr Lebon, et dont nous ignorions les temps de pose.
- Nous savions seulement que ceux-ci variaient de de i seconde à plusieurs heures. Comme nous développions les clichés deux par deux, il nous est même arrivé, quelquefois, d’avoir un cliché instantané à côté d’un cliché d’intérieur. En procédant comme il a été indiqué ci-dessus, il nous a été possible de mener à bout cette opération sans un seul insuccès.
- Développement aux carbonates.
- Les révélateurs dans lesquels on remplace l’ammoniaque par les carbonates alcalins ont un certain succès acluellement.
- Le développement s’opère avec la plus grande facilité et les clichés ont l’apparence de clichés déAreloppés à l’oxalate ferreux.
- Dans certains cas, s’il s’agit de faire des transparents ou des projections, il peut être utile d’avoir des clichés parfaitement limpides.
- Voici une formule de développement que nous tenons de notre ami M. Balagny et dont l’emploi nous paraît fort commode.
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- DÉVELOPPEMENT. 71
- On prépare :
- 1. Une solution de sous-carbonate de soude (vulgo,
- cristaux de soude) à 20 pour 100.
- 2. Une solution de sulfite de soude également
- à 20 pour 100.
- 3. Une solution d’acide pyrogallique à 3o pour 100
- d’alcool.
- Pour les clichés instantanés, l’emploi du bromure est inutile.
- On prend iocc de la solution n° 1 et iocc de la solution n° 2.
- On ajoute la quantité d’eau voulue et l’on verse sur la glace.
- Après une minute, on ajoute 5CC de la solution n° 3 et l’on reverse le tout dans la cuvette.
- L’image apparaît rapidement. — On laisse ce bain agir jusqu’il ce que tous les détails soient venus.
- Si après un certain temps il ne sont pas encore visibles, on ajoute du carbonate.
- Arrivé au point voulu, on monte le cliché par des additions alternées de carbonate et d’acide pyrogallique.
- On fixe comme d’habitude.
- On peut remplacer le carbonate de soude par celui de potasse.
- En opérant ainsi, on a des clichés absolument transparents.
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- 72 I'e PARTIE. — CHAP. V.
- Ce procédé trouvera donc son application dans bien des cas ; il convient en particulier au dévelop-pement des plaques souples de M. Balagny, dont nous aurons occasion de parler plus tard.
- Néanmoins, lorsqu’il s’agit de clichés ayant notoirement une pose trop faible, nous croyons qu’il est moins énergique que notre procédé à l’ammoniaque et au pyrogallique.
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- DEUXIÈME PARTIE.
- PRATIQUE DE L'INSTANTANÉITÉ.
- Nous venons d’étudier, avec le lecteur, les diverses données théoriques qui règlent la question des obturateurs.
- 11 s’agit maintenant de mettre à profit ce que nous venons d’apprendre, et de réaliser un appareil construit sur ces bases.
- Nous constaterons, tout d’abord, que les nécessités de la pratique nous obligeront parfois à ne pas nous conformer d’une manière absolue aux règles théoriques.
- L’obturateur est devenu actuellement une partie essentielle du bagage photographique et, comme tel, il est obligé de participer de la légèreté et du peu de volume de celui-ci. Cette nécessité d’avoir un appareil peu encombrant nous empêchera, par exemple, d’employer des ouvertures très allongées, solution que la théorie indique cependant comme excellente. Si nous voulons obtenir des A. Londe, Phot. i ist.
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- 74 IIe PARTIE. — PRATIQUE DE L'INSTANTANÉITÉ.
- poses suffisamment courtes, il faudra employer des dispositions mécaniques permettant d’accélérer le passage de l’ouverture; nous trouverpns là une. nouvelle série d’écueils. Enfin l’usage de cet instrument ne pourra rendre quelque service que s’il possède certaines qualités de construction et de régularité qui feront toute sa valeur.
- Nous se saurions trop recommander au débutant d’apporter au choix d’un obturateur les mêmes soins qu’à l’achat d’un objectif.
- En fait d’obturateurs, comme en fait d’objectifs, il en existe à tous prix. Mais croire qu’avec tous les instruments on obtient les mêmes résultats, c’est une grave erreur.
- Tel obturateur, séduisant chez le marchand, ne pourra fonctionner s’il fait un peu de vent : tel autre, si le temps est humide, jouera et refusera tout service; dans celui-ci le ressort se cassera fréquemment, ou se fatiguera tellement qu’il faudra lë changer toutes les fois qu’il aura servi : dans celui-là, les ressorts, n’étant pas protégés contre l’humidité atmosphérique, s’oxyderont rapidement.
- Ici l’ouverture sera mal comprise, là l’emplacement sera défectueux.
- Ces accidents pourraient être évités, si l’amateur connaissait les qualités qu’il doit exiger d’un bon obturateur.
- L’examen de ces diverses qualités sera l’objet de la deuxième Partie.
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- PRATIQUE DE L’INSTANTANÉITÉ. 75
- On verra facilement qu’ainsi compris l’obturateur doit être forcément un instrument de précision, et que si l’on obtient le bon marché, ce résultat n’est atteint qu’en négligeant certaines des données essentielles dans la matière.
- En fait d’obturateurs, comme en fait d’objectifs, l’économie, souvent fort petite d’ailleurs, est une économie mal comprise; car, au lieu d’un appareil sérieux, capable de rendre de longs et bons services, on s’expose à acquérir un instrument qu’il faudra remplacer au bout de quelques semaines et souvent même de quelques jours.
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- 11e PARTIE.
- CHAP. I.
- CHAPITRE PREMIER.
- RÉGULARITÉ DES TEMPS DE POSE.
- La première des conditions que doit remplir un obturateur, c’est de permettre la reproduction d’un même temps de pose. Il paraît oiseux au premier abord de demander ce résultat, et pourtant la plupart des appareils existants ne possèdent pas cette qualité, pour ainsi dire essentielle.
- La partie la plus délicate de la Photographie instantanée ou non consiste dans l’appréciation : i° de l’intensité lumineuse, au moment voulu ; 20 du temps de pose nécessaire pour obtenir le cliché. Que l’intensité soit mesurée par un photomètre quelconque, ou appréciée par un opérateur habile, il est indispensable que celui-ci puisse toujours donner la pose qu’il juge nécessaire.
- En Photographie posée, rien n’est plus simple ; il suffit d’enlever le bouchon et de compter en secondes ou en minutes le temps voulu.
- En Photographie instantanée, puisque nous
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- F
- RÉGULARITÉ DES TEMPS DE POSE. 77
- substituons l’obturateur à la main deveniie insuffisante, il faut, lorsque nous aurons jugé que deux clichés doivent poser le même temps, quel qu’il soit, que nous puissions le faire d’une manière absolument certaine.
- Si nous sortons de ce principe, nous tombons dans l’incertitude la plus complète.
- Le rêve serait de posséder :
- i° Un appareil nous permettant de mesurer, à l’instant de l’expérience, l’intensité lumineuse qui est appelée à agir sur la surface sensible.
- De cette manière, il serait facile de déduire le temps de pose nécessaire, en centièmes de seconde, par exemple.
- a0 Un obturateur construit de façon à donner toutes les poses par fractions de centièmes de seconde.
- Pour résoudre la question, M. Vidal propose d’abord de mesurer l’intensité lumineuse au moyen d’un photomètre de son invention. (Nous traiterons plus loin la question de l’obturateur. )
- Nous ferons à l’idée de M. Vidal, qui serait la perfection même si l’on arrivait à la réaliser, quelques objections de nature essentiellement pratique.
- Nous ne pouvons accepter le principe de la méthode qui consiste à vouloir juger de la sensibilité d’un bromure d’après celle d’un chlorure. C’est ainsi qu’une lumière insuffisante pour impres-
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- 78 IIe PARTIE. — CHAP. I.
- sionner le chlorure en un temps très long peut néanmoins impressionner le bromure en un temps relativement court. Cette expérience demande ensuite quelques instants, et en Photographie instantanée il est dangereux de s’attarder. Enfin, nous n’obtenons jamais que l’intensité lumineuse au lieu de l’expérience, mais non pas l’intensité réfléchie par les objets observés, et qui est pourtant la seule utile à savoir.
- Nous sommes donc obligés de reconnaître qu’il n’existe pas un seul moyen pratique et exact qui nous permette d’apprécier rapidement l’intensité lumineuse au moment de l’expérience, et par conséquent d’en déduire la valeur dn temps de pose nécessaire.
- A quoi donc nous servirait un obturateur gradué en centièmes de secondes, puisque aucun procédé ne pourra nous dire s’il faut employer telle ou telle pose.
- Nous verrons du reste, plus loin, que toute graduation d’un obturateur en fractions de seconde, est une graduation purement arbitraire.
- De plus, le coût d’un tel instrument, qui devrait être d’une extrême précision, serait hors de prix pour les services qu’il pourrait rendre.
- Ce que nous devons demander, c’est de pouvoir toujours obtenir une même vitesse de fonctionnement de l’obturateur, lorsque nous jugerons être dans des conditions identiques, indépendamment
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- RÉGULARITÉ DES TEMPS DE POSE. ,
- de la connaissance de la valeur absolue du temps de pose, qu’il n’est pas indispensable de connaître.
- Des moyens pouvant assurer la régularité de fonctionnement d’un obturateur.
- Les obturateurs fonctionnent en chute libre comme la guillotine, ou sont actionnés par des ressorts quelconques. Dans le premier cas, pour obtenir l’identité dans les temps de pose, il faudra que la chute ait lieu dans les mêmes conditions, c’est-à-dire dans la verticale, et de plus, que les variations hygrométriques ne puissent agir sur la matière même de l’appareil, pour en augmenter ou en diminuer le jeu.
- Dans le deuxième cas, c’est sur la nature, et le genre des ressorts, qu’il faudra porter notre examen.
- Les divers ressorts employés peuvent être des caoutchoucs, des ressorts spirales ou à boudin.
- Nous condamnons les premiers d’une manière absolue.
- Rien n’est plus altérable que le caoutchouc, tout le monde le sait. Son emploi, il est vrai, séduit de prime abord. Il est cassant, dit-on, mais il est si facile de le remplacer, il suffit d’en avoir une provision.
- C’est là où est le danger; en effet ce produit a la
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- 80 IIe PARTIE. — CHAP. I.
- déplorable qualité de se détériorer d’autant plus qu’il sert moins. Il arrive alors que, lorsqu’on veut puiser à la provision, elle est en plus ou moins mauvais état. Impossible, dans ces conditions, de faire un voyage de quelque durée.
- Restent les ressorts à boudin, et les ressorts spirales employés suivant le système d’obturateur.
- Nous leur donnons une égale valeur au point de vue de la régularité pratique et de la durée, mais aux conditions suivantes :
- 11 faut les choisir et les essayer avec le plus grand soin.
- Ils doivent être traités avec certains ménagements, c’est-à-dire ne jamais rester bandés sans raison; en dernier lieu il est nécessaire qu’ils soient préservés de l’action de l’air ou par une enveloppe ou par un enduit spécial.
- Dans certains obturateurs, on constate que les ressorts se brisent souvent; on pourrait en tirer de sérieux arguments contre l’emploi de ceux-ci. La faute n’est pourtant pas aux ressorts, mais à la manière dont on les emploie.
- Un ressort pour donner un bon service, ét ne rien perdre de ses qualités, ne doit pas être bandé inutilement, et en aucune manière rester dans cet état au delà du temps nécessaire.
- C’est, du reste, lorsque l’on arrive aux limites de la tension que les accidents se produisent; en principe donc, il ne faudra atteindre ces limites, que
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- RÉGULARITÉ DES TEMPS DE POSE.
- lorsqu’il sera nécessaire d’obtenir des vitesses très grandes.
- Un grand inconvénient existe lorsque, quelle que soit la vitesse, le ressort se trouve toujours porté à son extrême tension, c’est ce qui se produit dans tous les appareils à frein.
- Nous les condamnons donc d’une manière absolue parce qu’ils exposent les ressorts à des ruptures trop fréquentes, et ensuite parce qu’il est à peu près impossible au moyen du frein d’obtenir des vitesses identiques.
- Il s’use en effet constamment, et ne permet pas à l’appareil d’avoir les condi tions de régularité, que nous avons reconnues indispensables.
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- 1J° PARTIE.
- CIIAP. II.
- CHAPITRE II.
- MULTIPLICITÉ DES TEMPS DE POSE.
- Diverses raisons peuvent nous obliger à posséder un appareil donnant plusieurs temps de pose.
- Ces raisons sont :
- i° Les variations de la lumière et de l’éclairage.
- 2° La présence des diaphragmes.
- 3° La vitesse propre des objets en mouvement.
- 4° La plus ou moins grande sensibilité des glaces.
- Nous sommes pris, en effet, entre deux nécessités pour ainsi dire contradictoires.
- D’un côté, obligation de ne pas réduire trop la pose au point de vue de la certitude du résultat. S’il est toujours possible, en effet, d’obtenir un bon cliché d’une glace surexposée, et ce, au moyen d’un développement approprié, il est à peu près impossible d’obtenir un bon résultat, lorsque la pose a été trop courte.
- En un mot, il y a toujours intérêt à faire la pose trop longue plutôt que trop courte.
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- MULTIPLICITÉ DES TEMPS DE POSE. 83
- D’un autre côté, obligation de réduire la pose afin d’obtenir les objets en mouvement avec une netteté suffisante.
- C’est entre ces deux nécessités qu’il faudra pouvoir prendre un juste milieu.
- Le temps de la pose devra être réglé de manière à avoir un cliché bien venu, tout en présentant les objets suffisamment nets.
- Si l’on est obligé de sacrifier à l’une ou à l’autre de ces nécessités, mieux vaut ne rien faire.
- La sensibilité des glaces actuelles n’est pas telle qu’on puisse réduire indéfiniment la pose.
- S’il s’agit d’objets animés d’une trop grande vitesse, de deux choses l’une :
- Ou l’on réduira la pose le plus possible, et l’existence du cliché devient problématique.
- Ou elle ne sera pas suffisamment diminuée, et alors tous les objets en mouvement manqueront de netteté.
- Le résultat est certainement médiocre dans les deux hypothèses, mais nous n’hésitons pas à déclarer qu’il vaut mieux adopter la première.
- L’existence du cliché lui-même est mise en doute, il est vrai, mais avec un développement habile, nous arriverons peut-être à la réussite.
- Dans le second cas, nous savons d’avance que l’épreuve manquera de netteté, autant ne rien faire.
- On voit, par cet exemple, qu’en Photographie
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- IIe PARTIli.
- CI1AP. II.
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- inslantanée, il ne faut rien laisser au hasard; ce n’est pas un procédé universel, il a des limites qu’il faut savoir prévoir.
- La conclusion naturelle est qu’un obturateur bien compius doit donner une certaine latitude dans les temps de pose, afin de se prêter aux différentes hypothèses qui peuvent se présenter.
- Limites des variations des temps de pose.
- Nous venons devoir qu'il y a nécessité de pouvoir faire varier la pose, mais dans quelles limites le ferons-nous?
- Il est assez difficile de répondre d’une manière absolue à cette question. Cela dépend évidemment du genre de travail de chacun. Nous ne devons nous occuper des obturateurs destinés à des travaux spéciaux, mais bien de l’appareil, qui doit être le vade-mecum du touriste et de l’amateur.
- M. Vidal désirerait un obturateur donnant différentes poses, le centième de seconde étant pris pour unité.
- Un tel appareil sera forcément un appareil de haute précision. Par suite, il sera délicat, certainement coûteux, et en tous cas d’une utilité plus que douteuse.
- Si nous voyons un intérêt à poser ~ de seconde ou nous ne comprenons pas la raison qui nous
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- MULTIPLICITÉ DES TEMPS DE POSE. 85
- fera poser ~ ou puisqu’aucun appareil pratique ne nous permet de savoir d’une manière précise le vrai temps de pose nécessaire.
- Ce qui est indispensable, c’est d’avoir une série de vitesses, nettement différenciées les unes des autres, ~ ~ par exemple. La limite inférieure
- de rapidité ne nous paraît pas devoir descendre au-dessous de yq de seconde.
- A cette vitesse, il est toujours aisé d’obtenir une épreuve; en dessous, la netteté ne serait plus suffisante, même pour des objets animés, d’un très-faible déplacement.
- La limite supérieure de rapidité, fixée au y^ô de seconde, nous permet de faire tout ce que nous voudrons, sauf quelques cas exceptionnels.
- Du reste, à cette vitesse, on doit reconnaître que les glaces sont arrivées à peu près à leur limite de sensibilité, et qu’il faut pour opérer des conditions de lumière toutes spéciales. Trois ou quatre vitesses intermédiaires seront plus que suffisantes.
- Nous pourrons donc régler la vitesse de notre obturateur, suivant les diverses raisons indiquées plus haut; dans la plupart des cas, il sera possible de le faire avant d’opérer, mais dans d’autres, il sera nécessaire de le faire au moment même de la pose.
- Il arrive en effet constamment qu’après avoir armé son obturateur, et démasqué sa glace, au moment où l’objet que nous voulons reproduire va passer dans le champ de l’appareil, il survienne des varia-
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- IIe PARTIE.
- CHAP. II.
- lions dans l’intensité lumineuse, par suite de passage de nuages devant le soleil par exemple, ou dans la vitesse propre du sujet observé. Il faut alors modifier sa vitesse, en plus ou moins suivant les cas; cette opération doit pouvoir se faire en un instant sans être obligé de déclencher l’obturateur ou de refermer le châssis.
- *
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- MESURE DES TEMPS DE POSE.
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- Méthode du cadran.
- Frappé de ces inconvénients, M. Vidal propose une autre méthode basée sur la rotation d’une aiguille blanche sur un cadran noir portant un grand nombre de divisions blanches. Cette aiguille doit faire un tour en une seconde et, si le cadran est divisé en 600 parties, il sera possible d’apprécier de seconde. En photographiant, en effet, cette aiguille en marche, elle laissera sur l’épreuve une trace qui aura la forme d’un secteur.
- Par une simple lecture il sera facile de déduire la valeur du temps de pose.
- Cette méthode, nous le déclarons hautement, est la meilleure en théorie, mais les applications qui en ont été faites jusqu’à présent ont donné de mauvais résultats.
- En effet, qu’est-il nécessaire pour qu’elle soit parfaite? Que l’aiguille accomplisse sa rotation en une seconde et qu’elle parcoure des espaces égaux en des temps égaux. Or cette difficulté n’est résolue ni par la méthode de M. Vidal, qui consiste à faire mettre en mouvement l’aiguille par une personne, si exercée qu’elle soit, ni par celle de M. Baluze qui se sert d’un tourne-broche pour l’actionner.
- Personne n’ignore que le fait de faire parcourir
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- IIe PARTIE.
- C II A P. IV.
- r
- •^rv
- à une aiguille des intervalles égaux dans des temps égaux, est un des problèmes de mécanique les plus complexes.
- S’il était possible d’employer un échappement à ancre, la chose serait relativement facile, mais il faut que l’aiguille marche d’un mouvement continu sans temps d’arrêt ni saccades.
- Méthodes A. Londe.
- lre MÉTHODE.
- Le seul moyen de rendre précise la méthode de M. Vidal est de faire mouvoir l’aiguille par un régulateur Foucault. Et encore, si nous tenons à la précision absolue, comme on doit le faire dans ces mesures, nous contrôlerons constamment sa marche au moyen du diapason.
- Le diapason, comme instrument de mesure du temps, est le seul dont la valeur soit indiscutable, et nous croyons que loin de le laisser aux savants, il faut au contraire en faire notre profit et nous en servir dans l’intérêt de nos études.
- On nous objectera probablement que les diverses méthodes que nous décrivons ne sont pas à la portée de tous. La chose est indiscutable : mais il nous semble que si l’on veut faire des mesures de
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- SIMPLICITÉ DE MÉCANISME ET DE FONCTIONNEMENT. 87
- CHAPITRE III.
- SIMPLICITÉ DE MÉCANISME ET DE FONCTIONNEMENT.
- L’obturateur que nous considérons désormais comme le complément du bagage photographique doit être comme celui-ci solide et peu compliqué.
- S’il survient un accident quelconque, il faut pouvoir le réparer immédiatement sans recourir à un homme du métier.
- Les chances d’accidents seront, du reste, presque nulles si l’appareil est construit avec la solidité nécessaire, mais ce résultat doit être atteint avec un mécanisme le plus simple possible. Moins il sera compliqué, plus il durera.
- Tous les maniements nécessaires, pour la mise au point par exemple, pour armer l’appareil, pour en faire Avarier la vitesse, pour le déclencher doivent être d’une grande simplicité.
- La photographie instantanée est toujours une opération hâtive, et entre la mise au point et la pose, il doit s’écouler un très court espace de
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- 88 IL0 PARTIE. — CHAP. III;
- temps, puisque, par hypothèse, nous avons affaire à un objet qui se déplace.
- Les diverses manœuvres qu’il faudra exécuter sont les suivantes : armer l’obturateur, enlever le verre dépoli, le remplacer par le châssis négatif, ouvrir celui-ci.
- Il est à peu près impossible de gagner du temps sur les dernières opérations, nous ne pouvons le faire que sur la première.
- Alors donc l’appareil, qui n’exigera qu’un mouvement pour passer de la mise au point à la position de départ, l’emportera certainement sur celui dans lequel il en faudra plusieurs.
- La supériori té d’un obturateur sur un autre consistera souvent dans cette rapidité d’action.
- Nous nous souvenons avoir eu entre les mains un obturateur dans lequel il fallait 8 mouvements combinés des deux mains, pour faire passer l’appareil de la mise au point à la position de départ.
- Avec un tel instrument, il est certain qu’on doit toujours arriver trop tard.
- La même simplicité devra se trouver naturellement dans les autres mouvements pour placer l’appareil à la mise au point, et pour faire les divers changements de vitesse.
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- MESURE DES TEMPS DE POSE.
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- CHAPITRE IV.
- MESURE DES TEMPS DE POSE.
- On s’est déjà beaucoup occupé de la mesure des temps de pose. Diverses méthodes ont été indiquées.
- Il s’agit pour nous de faire l’examen de ces méthodes, d’en contrôler la valeur et de voir si les résultats acquis sont vraiment de quelque utilité pour l’amateur. Cette question de la mesure des temps de pose nous a beaucoup occupé, et nous pourrions même dire préoccupé.
- En effet, elle est excessivement complexe, beaucoup plus qu’on ne le croit généralement. Elle demande des méthodes de haute précision, et touche intimement à «certaines questions, telles que la mesure des intensités lumineuses, et l’étalonnage de la lumière, questions qui sont loin d’être élucidées. Les méthodes peuvent se diviser en deux grandes classes :
- x° Les méthodes d’enregistrement graphique;
- 8.
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- IIe PARTIE.
- Cil A P. IV.
- 2° Les méthodes d’enregistrement optique.
- Par les premières, on mesure le temps de fonctionnement mécanique d’un obturateur, depuis le moment où il démasque l’objectif, .jusqu’au moment où il le recouvre. Par les autres, on cherche le temps pendant lequel la lumière a agi utilement sur la glace sensible. Nous avons étudié ces diverses méthodes avec le plus grand soin, et il nous paraît intéressant d’en faire avec le lecteur la revue critique.
- Méthodes graphiques d’enregistrement.
- L’introduction des méthodes graphiques en photographie revient à M. le colonel Sébert, qui a appliqué à la mesure des temps de pose des obturateurs, les méthodes si précises • qu’il emploie dans ses travaux de balistique.
- , Nous rappelons, pour mémoire, les études remarquables qu’il a faites des obturateurs Boca, Thury et Amey.
- Nous avons appliqué avec M. Mauduit la même méthode à la guillotine, et aux obturateurs circulaires. M. Thouroude, dans ces derniers temps a repris ces mêmes questions et a présenté à la Société de Photographie de très intéressants tracés obtenus par ces procédés.
- La méthode graphique basée sur l’emploi du
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- MESURE DES TEMPS DE POSE. 91
- diapason comme mesuie du temps, est éminemment propre pour analyser le fonctionnement des obturateurs. Elle permet d’en contrôler la marche, d’en signaler même les défauts, tels que les arrêts dans la course ou le reiondissement; mais si elle peut avoir son utilité pair le constructeur, elle est de nulle valeur pour lamateur. En effet, ce qui intéresse celui-ci, ce l’est pas tant de connaître le fonctionnement mélanique de sort obturateur que d’avoir la valeur di temps pendant lequel la lumière peut agir. -
- Or, il faut bien le reconnaître, et nous le verrons tout à l’heure, la néthode graphique ne peut nous donner aucun renseignement à ce sujet.
- Méthodes optiqies d’enregistrement.
- Ces méthodes ont pur but de nous faire connaître le temps pendait lequel la lumière agit sur la surface sensible. C’etle seul renseignement, du reste, qui nous soit utle.
- Méthode de la boule.
- La première méthode a été indiquée par M. Ju-bert, étudiée par nois et reprise par M. de La Baume-Pluvinel. .
- Elle consiste faire tomber une boule brillante
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- 92 IIe PARTIE. — CIIAP. IV.
- le long d’une échelle graduée et à la photographier pendant sa chute.
- On obtient sur la glace une trace lumineuse d’après la position de laquelle, par rapport aux divisions graduées, il est facile de déduire la durée du temps de pose en se basant sur la loi de la chute des corps.
- M. de La Baume a pris soin de dresser une table qui permet d’éviter ces calculs trop fastidieux. M. Fisher, élève à l’Ecole Normale supérieure nous a communiqué une manière de faire encore plus simple. La règle est divisée d’avance par le calcul en intervalles correspondant à des centièmes de seconde. Il suffit donc de faire une simple lecture. Certaines difficultés se présentent néanmoins dans la pratique de cette méthode.
- Les deux extrémités de la trace finissant en s’estompant, il est parfois malaisé de déterminer avec précision l’origine et la fin de l’inscription.
- D’autre part, il est nécessaire de ne photographier la boule que quelques instants après son départ, lorsqu’elle a acquis une vitesse suffisante.
- En effet, au début, la moindre erreur d’appréciation aune grande importance. Au contraire, plus la chute sera accélérée et plus l’erreur sera faible. Abstraction faite de ces difficultés pratiques qui peuvent être surmontées par un opérateur habile, la méthode peut rendre de réels services, car elle ne nécessite pas un matériel compliqué.
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- MESURE DES TEMPS DE POSE. 95
- centièmes ou de millièmes de seconde, il faut des
- Fig. i3.
- Méthode du cadran. — A. Point brillant
- instruments de haute précision, ou il est alors inutile de s’en occuper.
- Mesurer des fractions de seconde aussi courtes,
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- IIe PARTIE.
- CIIA P. IV.
- par à peu près, cela nous semble aussi naïf cpie de vouloir peser des milligrammes avec des poids d’un gramme.
- Du moment que l’on se mêle de ces questions, il faut le faire avec toute la précision possible. C’est dans cet ordre d’idées que nous avons imaginé la méthode suivante.
- Nous prenons un cylindre enregistreur commandé par un régulateur Foucault* sur sa tranche nous fixons un point très brillant, une tête de clou nickelée, par exemple. Le point est entraîné par le régulateur en même temps que le cylindre avec lequel il ne fait qu’un; c’est son déplacement que nous photographierons. Il se meut derrière un cadran gradué percé d’un évidement circulaire (fig- i3).
- Le cadran est noir. Les divisions blanches.
- Le cylindre est recouvert d’un papier enfumé sur lequel vibre un diapason électrique muni d’un léger style. Un appareil photographique est braqué sur le cadran. On met alors le régulateur en marche, on fait appuyer le style du diapason et l’on déclenche l’obturateur.
- Nous avons fait reproduire le résultat d’une expérience. On aperçoit le cadran divisé et la trace AB qui a été laissée par le pointIJîg- i4)-
- La lumière a commencé à agir en A et cessé en B.
- Il s’agit de voir sur notre sinusoïde à quels endroits correspondent ces deux points, et quel temps
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- MESURE DES TEMPS DE POSE. 97
- il s’est écoulé entre A et B. Rien n’est plus simple.
- Fig. 14.
- Reproduction d’un cliché obtenu par la méthode du cadran. A. Origine de l’impression lumineuse.
- B. Fin de l’impression.
- On fait tourner le cylindre à la main jusqu’à ce que le point brillant soit en A.
- C’est l’origine de notre impression, nous traçons
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- IIe PARTIE.
- CHAP. IV.
- alors une ligne qui coupe notre sinusoïde, en déplaçant notre diapason sur le chariot parallèle. Le point A se trouve reporté au point d’intersection dç cette ligne et de la sinusoïde.
- Nous continuons ensuite la marche du cylindre jusqu’à ce que le point soit en B. Nous traçons une seconde ligne qui nous donne le point B.
- Il suffit alors de compter le nombre de vibra-
- Fig. ib.
- Reproduction de la sinusoïde dans la méthode du cadran. A. Origine de l’impression. — B. Fin de l’impression.
- tions comprises entre A et B, pour savoir pendant combien de temps la lumière a agi, pour connaître la valeur de notre temps de pose.
- Dans l’expérience, nous avons io vibrations; le diapason en donnant a5o à la seconde, le temps de pose est donc de c’est-à-dire de seconde
- ifig- l5)-
- Remarque. — En adoptant cette méthode combinée des méthodes graphiques et optiques, il n’est plus nécessaire d’avoir un moteur régulier,
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- K*
- MESURE DES TEMPS DE POSE. 99
- puisque l’on connaît à chaque instant la loi du mouvement du cylindre enregistreur.
- Le cadran n’a pas besoin d’être divisé avec précision, car sa graduation ne sert absolument que pour donner des repères.
- La méthode devient alors beaucoup plus simple tout en donnant des résultats absolument précis.
- 2e MÉTHODE.
- Les méthodes de la boule, de l’aiguille, et celle que nous venons d’indiquer présentent des inconvénients semblables. 11 est quelquefois très difficile de savoir exactement l’origine et la fin des traces laissées par l’objet qui sert de contrôle du mouvement.
- C’est toujours une cause d’incertitude et souvent d’erreurs. De plus, pour obtenir une trace assez intense, il faut une lumière très vive, et pendant les mois d’hiver, il est à peu près impossible d’user de ces méthodes.
- Nous avons alors cherché une manière de faire qui nous permît d’opérer toujours, et de plus nous avons voulu obtenir sur notre glace même l’inscription du temps mesurée par une sinusoïde; l’opération est alors absolument simplifiée. Une fois l’appareil installé, en un instant, on obtient le résultat cherché par une simple lecture sans repères, ni calculs.
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- 100 IIe PARTIE. — CIIAP. IV.
- _ L’appareil que nous avons imaginé dans ce but a été décrit tout au long dans le chapitre Ier (voir fig. 5, 6, 7, 8, 9).
- C’est, du reste, pour la mesure des obturateurs qu’il comporte un diapason électrique, qui entraîne dans ses vibrations un point transparent vivement éclairé par la lumière électrique.
- Rappelons l’expérience en deux mots.
- L’appareil enregistreur qui est dans une chambre obscure porte dans le cadre mobile une glace sensible.
- L’obturateur à essayer est fixé à la place de notre appareil d’études à guillotine, qui est représentée dans la figure 7.
- La lame de verre enfumé, le chronographe ne sont ici d’aucune utilité; de même nous supprimons le fil qui entraînait notre guillotine.
- Une fois le diapason en marche, l’obturateur armé, la glace mise dans son cadre, il s’agit de faire partir les deux appareils, l’obturateur et l’appareil enregistreur.
- La chose à langueur pourrait se faire à la main, mais elle est assez hasardeuse, car il ne faut faire partir l’obturateur qu’un instant après le départ de l’appareil enregistreur. Si le départ a lieu trop tôt, celui-ci n’ayant pas encore acquis une vitesse suffisante n’accomplit qu’un déplacement trop faible et les vibrations sont trop rapprochées et difficiles à compter.
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- Fig. 16.
- Mesure des temps de pose de divers obturateurs, par la Méthode optique de M. A. Londe.
- Le diapason employé donnait 260 vibrations doubles par seconde.
- 12345678 g
- 1. — Obturateur Londe Dessoudeix. Vit. 5. Objectif non diaphragmé.
- 2. — — — — Objectif diaphragmé.
- 3. — — — Vit. 6. —
- 4. — — — Vit. 7. —
- 5. 6. 7. Guillotine tombant de hauteurs différentes.
- 8. Obturateur du commerce.
- 9. — Trace obtenue, l’obturateur 11e fonctionnant pas (1).
- (') Nous avons fait reproduire un des tracés obtenus en laissant l’objectif démasque, dans le but de faire voir l’allongement des vibrations par suite de l’accélération qtr:
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- IIe PARTIE.
- CH AP. IV.
- Si le départ a lieu trop tard, on risque de déclencher, lorsque l’appareil enregistreur a fini sa course.
- Il ne faut pas oublier, du reste, que cette expérience ne dure qu’une fraction de seconde. Pour éviter ces difficultés qui peuvent survenir, nous avons fait adapter, sur le côté de notre cadre fixe, un petit appareil qui est déclenché par le passage de notre cadre coulissant, et qui détermine le départ de l’obturateur {fig. 8).
- Il se compose de deux tubes fermés, s’emboîtant l’un dans l’autre ; de la base inférieure du tube fixe part un tube de caoutchouc qui va à l’appareil pneumatique de l’obturateur. Le tube intérieur tend à rentrer dans le premier sous l’action de deux forts ressorts à boudin.
- Au moment de l’expérience, il est soulevé et maintenu en place par un levier disposé de telle manière, que le cadre mobile ne peut passer sans le faire basculer.
- Les ressorts agissent alors, entraînent le tube qui, comprimant vivement l’air enfermé à l’intérieur, détermine le départ de l’obturateur, quel qu’il soit, au moment voulu.
- prend le châssis enregistreur dans sa chute. •— Suivant donc le moment où l'ohturateur fonctionne, les vibrations seront plus ou moins espacées, par suite de la plus ou moins grande vitesse du châssis au moment où la lumière pénètre. — Mais pour un même temps de pose leur nombre ne peut pas varier. Il faut donc compter le nombre de vibrations sans s’inquiéter de leur espacement plus ou moins grand.
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- MESURE DES TEMPS DE POSE- 103
- C’est par cette méthode que nous avons mesuré divers obturateurs; nous reproduisons un certain nombre d’expériences. A l’œil, ces divers appareils ne présentaient pas de différences bien sensibles, et pourtant elles ne sont pas négligeables (fig. 16).
- Des différences entre les résultats trouvés par les méthodes graphiques et les méthodes optiques.
- Pour mettre en lumière ces différences, il nous a paru nécessaire de faire un graphique montrant la façon dont la lumière agit pendant la pose. Il sera facile de se rendre compte des résultats fournis par les deux méthodes.
- Prenons un des tracés obtenus au moyen de notre appareil enregistreur [fig- 17). L’intervalle compris entre A et B est le temps pendant lequel la lumière aurait pu agir sur notre glace. Si nous avons fait fonctionner un second diapason à côté de notre chronograpbe, nous aurons une sinusoïde, qui exprimera en fractions de seconde la valeur de ce temps.
- D’autre part, la trace optique, c’est-à-dire le temps pendant lequel la lumière a travaillé se trouve plus haut. Joignons les points A et B aux extrémités de notre sinusoïde, et prolongeons les droites jusqu’à leur intersection; nous aurons une
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- IIe PARTIE.
- CH AP. IV.
- figure représentant exactement le phénomène de l’admission de la lumière dans un objectif pendant une pose instantanée. L’ouverture de l’obturateur est supposée égale au diamètre de l’objectif; si elle était supérieure, au lieu d’avoir un triangle, nous
- Fig. 17.
- WWVWVWWVWWWNA/VVVVWVVWVWWVNAAA
- BA. Tracé du chronographe. Temps pendant lequel la lumière peut pénétrer dans l’appareil. ( Méthode graphique. )
- DD. Tracé d’un diapason permettant de connaître la valeur de BA.
- B'A'. Tracé optique. Temps pendant lequel la lumière a agi sur la surface sensible. ( Méthode optique. )
- aurions un trapèze, mais le raisonnement serait le même.
- Comme on le voit, la lumière pénètre en B, augmente jusqu’en B' où son intensité est suffisante pour agir, elle s’accroît constamment jusqu’au moment où l’objectif est complètement démasqué en C' puis elle décroît, cesse d’agir en A' et en A de pénétrer dans l’appareil. Cette figure nous permet de nous rendre compte d’un seul coup
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- MESURE DES TEMPS DE POSE. 105
- d’œil de la différence entre les résultats obtenus par les deux méthodes.
- Ainsi, par la méthode graphique, nous trouvons 19 vibrations, et 9 par la méthode optique.
- Des variations du temps de pose suivant l’intensité lumineuse ou le diaphragme employé.
- La même figure va nous faire saisir comment le temps de pose peut varier suivant diverses raisons, sans que la méthode graphique puisse nous indiquer aucune de ces variations. Nous supposons un appareil qui nous donne toujours la même vitesse au point de vue mécanique et nous prétendons prouver que, malgré cette régularité, le temps de pose peut varier dans d’assez grandes proportions.
- Les raisons qui peuvent changer la valeur du temps utile de pose sont : les variations d’intensité lumineuse et la différence de sensibilité des préparations sensibles.
- Dans notre jig. 17, la lumière est assez forte en B' pour commencer à impressionner; mais si son intensité diminue, par une raison quelconque, elle ne sera plus assez énergique pour agir en B', elle agira, en un point Bv, un peu plus éloigné, pour cesser de même en A!r un peu avant Ab La nouvelle sinusoïde sera comprise précisément
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- IIe PARTIE.
- CIIA P. IV.
- entre ces deux points et comportera un plus petit nombre de vibrations, soit 5 dans l’expérience.
- De même, si, au lieu d’employer une glace rapide, nous employons une glace lente, il est facile de comprendre que la quantité de lumière admise enBr et qui ne commençait à agir sur une glace très rapide qu’à ce moment, sera de nulle action sur une glace lente.
- Celle-ci ne commencera à s’impressionner que lorsqu’une plus forte somme de rayons sera admise.
- Supposant la lumière identique, si nous interposons un diaphragme, ce seul fait diminuera la somme de rayons admise et nous rentrerons dans la première hypothèse.
- Nous pouvons donc poser en axiome que, malgré un fonctionnement mécanique constant, un obturateur pourra donner des temps de pose différents suivant la nature des glaces sensibles et suivant l’intensité lumineuse.
- Plus la lumière augmentera, plus la pose s’allongera. La réciproque est également vraie. Par le même raisonnement, plus le diaphragme employé sera petit, plus la pose diminuera.
- Nous avons tenu à vérifier expérimentalement ces conclusions que nous cro}7ons nouvelles et auxquelles la théorie nous a conduit.
- Nous nous sommes servi d’un obturateur circulaire dont la régularité de fonctionnement était contrôlée parfaite. Nous avons fait deux mesures
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- MESURE DES TEMPS DE POSE. 107
- successives avec la même vitesse, bien entendu; l’une sans diaphragme et l’autre avec un diaphragme moyen. Dans le premier cas, nous avions 5 vibrations | et dans l’autre 4 i? (tracés i et 2 de la fi g. 16).
- La différence n’est pas négligeable et la pratique vient ici absolument confirmer la théorie.
- Nous trouvons là du reste un moyen inédit de réduire la pose d’un obturateur. Lorsque la plus grande vitesse sera insuffisante dans un cas donné, si la lumière le permet, et en instantanéité, c’est presque toujours le cas, puisqu’on n’opère guère qu’au soleil, il suffira de diaphragmer pour diminuer encore la pose.
- Des corrections à faire à la méthode optique.
- Pour une vitesse donnée d’un obturateur, le temps de pose peut donc être modifié pour plusieurs raisons et principalement par suite des variations de l’intensité lumineuse; il s’ensuit que pour avoir la valeur absolue d’un temps de pose, il faudrait que l’intensité de la lumière au moment où l’on a voulu graduer l’obturateur, fût précisément la même que celle que nous utilisons au moment où nous prenons un cliché; sinon, il sera nécessaire de faire subir une correction aux chiffres trouvés, correction dont la valeur sera
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- 103 1.1e PARTIE. — CIIAP. IV.
- exprimée par le rapport des deux intensités lumineuses.
- Ainsi, dans notre dernière méthode, nous employons la lumière électrique concentrée en un point très brillant. L’intensité de ce point est bien supérieure à l’intensité de la lumière réfléchie par les objets que nous photographions.
- Nous avons donc un résultat trop fort. Pour avoir le temps de pose absolu, il faudrait connaître le rapport entre l’intensité de notre point et l’intensité lumineuse, au moment où nous opérons.
- Si nous appelons a la valeur de l’intensité de notre point et b celle de la lumière, au moment où
- nous opérons, nous constatons dans le rapport
- que, si le terme a peut être considéré comme fixe, le second, au contraire, b variera constamment suivant les saisons, les jours, les heures, les objets que nous reproduirons.
- Il faudrait donc à chaque expérience mesurer l’intensité lumineuse, pour savoir la valeur de notre fraction.
- Ceci revient à avouer qu’il est bien difficile, sinon impossible, en pratique, de savoir le temps de pose absolu.
- Mais si notre méthode, pas plus que les autres, du reste, ne peut donner la valeur du temps de pose absolu, elle nous donnera néanmoins des résultats très précis en ce qui concerne la compa-
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- pr
- MESURE DES TEMPS DE POSE. 109
- raison des vitesses obtenues par un, ou plusieurs obturateurs.
- Toutes les expériences faites avec une même intensité lumineuse sont absolument comparables entre elles ; et s’il faut faire une correction lorsque nous modifions la lumière, elle sera la même pour tous les appareils.
- Nous pourrons donc avoir par ce procédé, avec la rigueur scientifique la plus parfaite, l’ordre de rapidité des obturateurs. C’est un résultat très intéressant, mais le seul, il faut le reconnaître, que l’on devra demander aux méthodes d’enregistrement des obturateurs.
- A. Londe, PhoU inst.
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- CHAPITRE Y.
- GRADUATION DES OBTURATEURS.
- D’après tout ce que nous venons de démontrer, il ressort :
- i° que tous les obturateurs gradués en fractions de seconde ne portent que des mesures forcément arbitraires, et que l’amateur ne peut et ne doit y accorder aucune confiance;
- 2° Qu’il est inutile de chercher à les graduer, puisque, dans cette hypothèse, on ne peut indiquer qu’un chiffre qui devra subir une correction à chaque expérience.
- L’emploi des méthodes d’enregistrement des obturateurs ne pourra donc être utile que pour fixer l’amateur sur les instruments plus ou moins rapides par rapport les uns aux autres ; elle lui donnera leur ordre de rapidité, mais non pas le temps vrai pendant lequel ils permettent à la lumière d’agir.
- Du reste, si nous avons étudié ces diverses mé-
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- GRADUATION DES OBTURATEURS. lit
- thodes, c’est pour nous permettre de choisir un obturateur plus ou moins rapide suivant nos besoins, mais nous n’aurons garde de les employer pour graduer les obturateurs.
- Cette graduation en centièmes de seconde, si même elle était possible, ne serait d’aucune utilité. Car rien ne peut nous dire la pose que nous devons employer en Photographie Instantanée et il faudra se fier plutôt à son habitude et à son expérience.
- La meilleure preuve que la connaissance du temps de pose absolu n’est nullement nécessaire, c’est que pas un obturateur, nous le disons hautement malgré les inscriptions qu’il porte, n’est gradué d’une façon absolue. Cela n’empêclie pas de faire de belles épreuves. Un amateur croit poser ~ de seconde parce que c’est inscrit sur son appareil, il ne pose peut-être en réalité que ou peut-être peu importe.
- Mais qu’est-ce qui lui indiquera qu’il faut prendre cette vitesse plutôt qu’une autre?
- C’est l’expérience et la pratique.
- Il se rappellera avoir réussi dans certaines conditions données d’éclairage et de lumière tel ou tel objet; lorsqu’il jugera être dans les conditions identiques, il emploiera de nouveau cette vitesse du
- Qu’ily aitinscrit sur son appareil ~ ou un numéro quelconque, l’une ou l’autre indication ne lui sert que de point de repère pour obtenir telle ou telle
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- CIIAP. V.
- 112 IIe PARTIE. —
- vitesse dont la valeur absolue lui est totalement inconnue.
- Nous distinguerons donc nos vitesses par de simples numéros d’ordre, sans nous embarrasser de mesures plus ou moins fantaisistes.
- Elles n’ont qu’un but, d’ailleurs, c’est d’attirer le client. A lui de ne pas se fier à ces réclames trompeuses; s’il entend parler d’appareils donnant ^ ou de seconde, qu’il se méfie.
- Nous avons eu entre les mains les appareils réputés des plus rapides, nous en avons étudié le fonctionnement par notre méthode et nous devons reconnaître que l’appareil qui donne le centième de seconde n’est pas un appareil commun.
- Nous en avons mesuré un qui donnait —5 de seconde et enfin un autre tvt de seconde. Nous
- 17b
- sommes loin encore de rlbr et de
- Et pourtant le premier des appareils ne fonctionne que dans des conditions spéciales de lumière et d’éclairage, quand au second il ne donnait que des silhouettes à l’endroit des grandes lumières.
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- F"
- QUALITÉS D’UN BON OBTURATEUR. 113
- CHAPITRE VI.
- QUALITÉS D’UN BON OBTURATEUR.
- En résumé, après cet exposé delà théorie et delà pratique, s’il ne faut pas négliger certaines données théoriques, il ne faut sacrifier aucune des nécessités pratiques dont nous venons de parler. En dehors de remplacement qui est un peu laissé à la volonté de chacun, l’obturateur devra présenter les qualités suivantes :
- i° Permettre différents temps de pose;
- 2° Reproduire à volonté l’un quelconque de ces temps de pose;
- 3° Porter une graduation qui permette de différencier les temps de pose ;
- 4° Donner la possibilité des substitutions d’objectifs ;
- 5° Présenter une grande simplicité de construction et de maniement.
- Avec un appareil ainsi compris l’amateur 11e sera surpris par rien.
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- IIe PARTIE.
- CIIA P. VI.
- Veut-il faire une photographie instantanée, il est prêt.
- Veut-il poser, il n’a qu’à mettre l’ohturateur à la mise au point et à fonctionner avec le bouchon.
- Obturateur Londe-Dessoudeix.
- Dans cet appareil, nous avons cherché à réaliser les diverses conditions, qui nous paraissent être de l’essence même d’un hon obturateur. Nous avons choisi la forme dite circulaire, qui permet d’avoir un instrument peu volumineux et de forme pratique (fig. 19).
- Le principe de l’obturation en arrière a été adopté pour les raisons suivantes :
- A notre avis, l’obturateur doit faire partie intégrante du bagage photographique, il doit toujours être à la disposition de l’opérateur, non pas dans une boîte ou un étui quelconque, mais bien sur la chambre même.
- C’est surtout au moment où Fon y pense le moins qu’il peut être nécessaire, et s’il n’est pas à sa place, ne fallut-il que quelques instants pour l’installer, il sera probablement trop tard.
- Son agencement doit permettre des substitutions d’objectifs, et sa présence n’empêchera aucun autre travail nécessilantune pose quelconque.
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- QUALITÉS D’UN BON OBTURATEUR. 115
- A ,cet effet, nous montons notre obturateur à demeure sur notre chambre.
- Les divers objectifs se fixent sur l’obturateur
- Fig. 18.
- Obturateur stéréoscopique Londe-Dessoudeix.
- lui-même au moyen de planchettes mobiles.
- Veut-on faire une épreuve demandant une longue pose, il suffit de mettre l’appareil à la mise
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- llô
- IIe PARTIE.
- CH AP. VI.
- au point, et l’on opère comme s’il n’existait pas. Un sujet plus rapide se présente-t-il, il n’y a qu’à, armer l’obturateur, et nous sommes prêts.
- De cette manière, on peut parer à toutes les éventualités. ,
- Description de l’appareil.
- L’appareil se compose d’un demi-disque opaque percé d’une ouverture en forme de secteur, et entraîné par un ressort en acier trempé et bruni.
- Un déclenchement mu par un appareil pneumatique permet, au moyen d’une poire en caoutchouc, d’agir au moment précis. Un arrêt spécial évite tout rebondissement à l’arrivée, tout en atténuant le choc qui se produit inévitablement, et qui à la longue pourrait détériorer l’appareil.
- Ce mécanisme est enfermé dans une boîte en bois qui s’applique sur la planchette de la chambre au moyen de quatre vis.
- A l’extérieur on aperçoit les divers organes qui commandent la marche de l’appareil [fig. 19).
- i° Une manette (la supérieure) qui permet d’armer l’appareil en le faisant passer de droite à gauche. Les mots arrivée et départ aux deux positions extrêmes de la manette permettent d’éviter les erreurs.
- Pour mettre l’appareil à la mise au point en
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- QUALITÉS D’UN BON OBTURATEUR. 1H
- partant de la position arrivée, il suffit de faire F'g- i9-
- Obturateur Londe-Dessoudeix.
- A. Piston pour les poses lentes. — D. Position de départ de la manette.
- marcher la manette, jusqu’à ce quelle ait dépassé la verticale et d’appuyer à ce moment sur le bouton de la mise au point; si alors on lâche la manette, le disque est immobilisé dans cette position,
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- 118 IIe PARTIE. — CHAP. VI.
- l’objectif démasqué; on peut alors, soit faire la mise au point, soit poser à volonté.
- Pour armer l’obturateur, il suffit de pousser la manette du côté départ. Le bouton de mise au point se retire automatiquement (_fi g. 20).
- 20 Une manette plus grande, qui se meut sur
- Fig. 20.
- D. Départ. — A. Arrivée.
- 1. Position de la manette avant la pose.
- 2. — — pendant la mise au point.
- 3. — — après la pose.
- une demi-couronne portant 7 encoches numérotées. Chaque encoche correspond à une vitesse différente.
- Toutes les fois que l’on est dans une même encoche on tend le ressort d’une même manière, et l’on obtient ainsi une vitesse identique.
- Le changement d’une vitesse à une autre s’obtient par le simple déplacement de la manette, d’une encoche à l’autre, même si l’obturateur est armé et prêt à partir. Nous avons indiqué l’utilité de ce résultat.
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- QUALITÉS D’UN BON OBTURATEUR.
- Nous avons vu, en effet, que diverses raisons, éclairage, vitesse propre de l’objet observé, nécessitent des variations de vitesse, combinées de manière à donner la pose la plus longue, compatible avec la plus grande netteté. Mais comme ces variations peuvent se produire au moment précis de la pose, lorsque l’appareil est déjà armé et le châssis ouvert, il est indispensable de pouvoir par un seul mouvement faire varier la vitesse comme il est nécessaire.
- L’appareil n’est pas gradué en fractions de seconde.
- Nous avons vu, en effet, que la chose n’est pas possible, et qu’il suffit d’un simple numérotage pour distinguer les différentes vitesses.
- Nous le graduons par la pratique, c’est-à-dire qu’après un très petit nombre de clichés, nous savons ce qu’il nous est possible d’obtenir avec tel ou tel numéro.
- Toutes les fois alors que nous nous trouvons dans des conditions que nous jugeons identiques, il suffit de nous reporter à l’encoche numérotée, qui nous a donné auparavant un bon résultat.
- Il y a dans le maniement d’un obturateur une question de pratique et d’observation personnelle, que rien ne peut suppléer. A chacun de l’acquérir le plus vite possible.
- Nous avons voulu cependant connaître les
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- IIe PARTIE.
- CHAP. VI.
- J 20
- vitesses extrêmes de notre instrument (mesurées par notre méthode d’enregistrement).
- Nous avons trouvé jh- et comme limites extrêmes.
- Dans certains cas, si nous voulons des poses encore plus rapides, il faudra placer l’obturateur au centre de l’objectif, car si nous employons un diaphragme, comme c’est notre habitude, il suffira de faire l’ouverture égale à celui-ci, ce qui nous permettra de réduire considérablement la pose.
- Il est vrai que, dans ce cas, nous n’aurons plus la possibilité de changer d’objectifs. C’est un inconvénient; aussi n’adopterons-nous cette solution qu’en cas de nécessité absolue.
- Pour l’obtention des vues stéréoscopiques il suffit d’employer deux obturateurs dont on détermine le départ simultané au moyen d’un tube à embranchement 18).
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- TROISIÈME PARTIE.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE.
- Nous possédons maintenant un obturateur d’un système quelconque, mais qui répond aux diverses données théoriques et pratiques exposées dans la ire et dans la 2e partie.
- Quel usage allons-nous en faire? Quelles études va-t-il nous permettre d’entreprendre?
- La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’on ne doit se lancer dans la Photographie instantanée que lorsqu’on est maître absolu du développement.
- La plus grande difficulté dans cette nouvelle branche de la Photographie est en effet de savoir développer des clichés, qui nécessairement ont une pose très courte.
- Plus la durée d’exposition sera réduite et plus les difficultés croîtront.
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- IIIe PARTIE.
- Nous recommanderons donc au-débiitant de procéder par ordre.
- Bien des amateurs, dès qu’ils ont un obturateur ne rêvent que de photographier des chevaux de course ou des trains express.
- C’est aller un peu vite en besogne.
- Il faut commencer par se servir de la plus petite vitesse de son instrument, et prendre pour modèle un sujet quelconque bien éclairé, une place publique, une rue par exemple, sans s’inquiéter si les objets en mouvement seront suffisamment nets.
- L’important est de pouvoir développer ce premier cliché instantané d’une manière satisfaisante.
- Une fois ce résultat obtenu, on diminuera la pose pour avoir cette fois la netteté des objets.
- Le cliché sera plus délicat à obtenir.
- On augmentera alors progressivement la vitesse, de façon à avoir des clichés de moins en moins posés.
- Si l’on réussit, on pourra par la suite varier ses sujets en réglant dorénavant le temps de pose d’après l’éclairage et le déplacement des objets observés.
- Cette étude préalable, tout en familiarisant le débutant avec le développement des clichés, lui sera déjà d’une grande utilité pour la connaissance de son instrument.
- Il verra en consultant ses clichés que chaque vitesse lui permet telle ou telle étude; il aura donc
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- CONSIDÉRATIONS SUR LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE. 123
- gradué son obturateur de la seule manière véritablement pratique et utile.
- Il constatera également que, s’il est nécessaire, pour tous les objets qui se déplacent, de poser très peu, il ne pourra le faire que dans certaines conditions de lumière et d’éclairage toutes particulières que l’habitude seule lui permettra d’apprécier.
- Le champ qui est ouvert devant lui est très vaste et il peut se donner pleine carrière.
- Les vues animées, l’eau, les nuages, les animaux sont du domaine de l’instantanéité.
- C’est-une mine pour ainsi dire inépuisable où l’amateur, s’il est tant soit peu artiste, pourra faire une ample moisson.
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- IIIe PARTIE.
- CII A P. I.
- CHAPITRE PREMIER.
- DU FORMAT DES ÉPREUVES.
- Le choix, du format des clichés que l’on veut obtenir dépend beaucoup du goût et des préférences de chacun.
- Les uns, qui ne reculent pas devant un bagage considérable, veulent faire grand, les autres se contentent d’épreuves de dimensions plus restreintes.
- Prendre parti dans la question n’est pas notre affaire; mais ce que nous ne pouvons laisser ignorer, c’est qu’en Photographie instantanée, les difficultés croissent avec les formats, et que s’il est très difficile d’obtenir un cliché 3o X 4° irréprochable , il est relativement facile d’obtenir des épreuves parfaites en io x 21 et en i3 x 18.
- Ces deux dernières grandeurs nous paraissent les plus convenables; à l’avantage de donner des clichés complets, se joint celui d’avoir un bagage encore assez portatif et, en fin de compte, des épreuves d’un format très satisfaisant.
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- DU FORMAT DES ÉPREUVES. 125
- La perfection cependant sera obtenue par l’emploi des appareils stéréoscopiques, qui, outre le volume et le poids très restreints, possèdent la qualité de donner des épreuves d’un relief étonnant.
- Nous sommes du reste persuadés que l’apparition des procédés rapides va donner un nouvel essor à la Photographie stéréoscopique, un peu tombée en désuétude depuis quelques années.
- L’usage des procédés pelliculaires Balagny ou autres, qui tend à entrer dans la pratique courante, facilitera encore la tâche de l’amateur, qui hésitait, à juste raison, à couper ses clichés pour les transposer et qui ne pouvait obtenir des épreuves transparentes qu’à des prix un peu élevés.
- On revient, du reste, actuellement aux appareils petit format.
- D’une part, il est plus facile d’avoir des clichés irréprochables; de l’autre la Photographie étant pour beaucoup un art d’agrément, on n’aime pas à s’embarrasser d’un bagage lourd et encombrant.
- L’exiguïté du format ne peut guère être objectée sérieusement, puisque, par le système des projections ou des agrandissements directs, il est possible d’en augmenter la taille d’une façon suffisante pour tous les besoins de la pratique.
- Tl paraîtrait même, et c’est Bertsch qui le premier a signalé le fait, qu’au point de vue de la perspective il y a intérêt à faire un petit cliché et
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- IIIe PARTIE.
- CH AP. I.
- à l’agrandir ensuite, qu’à l’obtenir du premier coup à la taille voulue.
- Nous partageons absolument cette manière de voir et nous y trouvons même un autre avantage; c’est qu’avec les petits formats il sera possible d’obtenir des poses plus rapides, et une netteté plus grande en ce qui concerne les objets en mouvement.
- Il n’est pas dans les moyens de la Photographie instantanée, de suspendre en quelque sorte le mouvement d’un objet. Quelque courte que soit la pose, il se sera toujours déplacé.
- Ce qu’il faut chercher, c’est que ce déplacement ne soit pas visible sur le cliché.
- Or, plus l’épreuve sera petite, moins le déplacement sera apparent, et plus il sera facile d’atteindre ce résultat.
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- DÉPLACEMENT ANGULAIRE DES OBJETS EN MOUVEMENT. 127
- CHAPITRE II.
- DU DÉPLACEMENT ANGULAIRE DES OBJETS EN MOUVEMENT.
- Nous venons de voir qu’un objet en mouvement se déplacera toujours pendant la pose, si courte qu’elle soit. Nous n’aurons donc jamais la netteté absolue, théoriquement parlant; mais, en pratique, nous serons satisfaits lorsque le déplacement ne sera pas perceptible à l’œil.
- Deux moyens sont à notre disposition, ou raccourcir la pose, ou augmenter la distance qui nous sépare de l’objet observé.
- Ce serait une erreur de croire qu’il soit suffisant de connaître la vitesse de translation d’un objet, il faut surtout connaître la valeur du déplacement produit sur la surface sensible, pendant un temps donné. Or, la valeur de ce déplacement variera suivant la distance qui sépare l’appareil de l’objet.
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- 128 IIIe PARTIE. — CHAP. II.
- Il faudra donc, dans l’appréciation du temps de pose, ne pas tant s’occuper de la plus ou moins grande vitesse de l’objet que de la distance du plan dans lequel il se meut, à l’appareil.
- La démarche de l’homme au pas n’est pas rapide et pourtant il est impossible de la saisir, si celui-ci passe trop près de l’appareil.
- Au contraire, une voiture au trot, dont la vitesse est bien plus considérable, s’obtiendra avec la plus grande facilité pourvu qu’elle passe à une distance suffisante.
- En faisant une construction géométrique, il est aisé de voir que pour un même déplacement sur la glace et pour un temps de pose donné, les vitesses reproduites avec la même perfection pourront être d’autant plus considérables qu’elles se produiront dans des plans plus éloignés.
- Si, au contraire, on suppose la vitesse de l’objet uniforme, plus il se rapprochera et plus on devra augmenter la vitesse.
- Mais, il faut le reconnaître, on est bien vite arrêté dans cette voie. En elfet, d’après ce que nous avons vu dans le Chap. Ier (De la Lumière), plus les objets seront rapprochés et plus il faudra augmenter la pose, le travail chimique à effectuer devenant plus considérable.
- Si donc, ayant à reproduire un mouvement lent à courte distance, nous ne nous inquiétons que de la vitesse de ce mouvement, sans remarquer la dis-
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- DÉPLACEMENT ANGULAIRE DES OBJETS EN MOUVEMENT. 129
- tance entre notre appareil et l’objet, nous prendrons une pose lente.
- Le cliché manquera évidemment de netteté, c’est ce que l’on constate journellement dans les premiers plans.
- Si, au contraire, nous rendant compte du déplacement qui s’effectuera sur notre épreuve, nous exagérons à dessein la rapidité de la pose, le cliché pourra être net; mais il manquera certainement de pose, parce que notre sujet, par suite de sa proximité de l’appareil, demanderait une exposition plus longue.
- Dans le premier cas, le débutant ne manquera pas de s’en prendre à son obturateur et, dans le second, d’accuser les glaces de manquer de sensibilité. Et pourtant la faute n’est qu’à son inexpérience.
- La Photographie instantanée a des limites, des bornes qu’il faut connaître, c’est une erreur de vouloir en faire un procédé universel.
- C’est donc une faute de croire que l’on puisse sans inconvénient se rapprocher indéfiniment du sujet, puisqu’il faudra mettre en jeu deux nécessités absolument contradictoires, savoir : diminution de la pose, d’une part, pour avoir la netteté suffisante, et augmentation, d’autre part, pour avoir un cliché bien venu.
- Nous signalons cet écueil aux débutants, qui dans le désir de faire grand, ne craignent pas de se
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- IIIe PARTIE.
- CIIA P. II.
- rapprocher par trop, et tombent par là même dans les inconvénients signalés plus haut.
- Si l’on désire avoir des sujets de taille un peu plus considérable, il faut se garder de le faire en se rapprochant, mais bien en employant des objectifs de plus en plus puissants.
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- NATURE DES PRÉPARATIONS SENSIBLES A EMPLOYER. 131
- CHAPITRE III.
- DE LA NATURE DES PRÉPARATIONS SENSIBLES A EMPLOYER.
- En Photographie instantanée il est bien entendu qu’il est nécessaire d’employer des préparations aussi sensibles que possible. Nous avons indiqué, dans la première Partie, diverses méthodes permettant d’apprécier la rapidité comparative des glaces au gélatinobromure.
- Nous aurions voulu publier le résultat des essais que nous avons faits sur des produits de trente-deux fabricants différents. Nous ne pouvons le faire; car, à la suite de nos expériences, nous avons acquis une certitude complète sur le point suivant, à savoir, que les produits livrés parle commerce, sauf quelques trop rares exceptions, ne possèdent pas, au point de vue de la rapidité, toute la régularité désirable.
- Ce résultat n’est pas surprenant quand on réfléchit aux causes multiples qui peuvent faire varier les qualités d’une émulsion; mais, ce qui est indiscutable, c’est que le tableau que nous avions dressé
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- 132 IIIe PARTIE. — CHAP. III.
- de la rapidité comparative des diverses glaces en expérience n’était exact que pour les séries employées et non les suivantes. 11 perdait donc tout son intérêt; c’est pourquoi nous préférons ne pas le donner.
- Puisque les fabricants ne peuvent pas toujours arrivera une même sensibilité de la couche sensible, il serait préférable de classer les préparations et de l’indiquer sur la boîte, comme le font du reste quelques industriels. De cette façon, l’amateur ne serait pas exposé à des insuccès, et il lui serait possible, suivant ce qu’il désire faire, de choisir la rapidité la mieux appropriée.
- Jusqu’à ces derniers temps, les glaces photographiques ont seules permis de faire des épreuves instantanées ; mais elles ont quelques inconvénients tels que le poids et la fragilité, qui, dans certains cas, peuvent devenir de sérieux obstacles.
- Aussi, avant même qu’elles aient atteint toute la perfection à laquelle on est en droit d’espérer, s’occupe-t-on de vouloir les remplacer dans la plupart de leurs applications par les procédés pellicu-laires.
- Ces nouvelles préparations, nous en sommes convaincus, seront les procédés de l’avenir.
- Mais pour supplanter les glaces, elles devront avoir les mêmes qualités : finesse, transparence, rapidité, planité, sans en avoir les inconvénients, la fragilité et le poids. C’est un problème fort com-
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- NATURE DES PRÉPARATIONS SENSIRLES A EMPLOYER. 133
- plexe dont il n’a été donné jusqu’à présent que des solutions incomplètes.
- En effet, la plupart des procédés pelliculaires manquent de rapidité, ce qui est un obstacle sérieux en matière d’instantanéité.
- De plus, les uns n’offrent pas une rigidité suffisante et la mise en châssis est plus ou moins imparfaite ; les autres, au contraire, par suite de la présence d’un carton supportant la pellicule, sont suffisamment plans, mais complètement opaques. Le développement, dans ces conditions, est un peu livré au hasard et toute personne soucieuse d’obtenir un cliché irréprochable peut hésiter à juste titre à opérer ainsi.
- En dernier lieu, la pellicule peut se dilater dans les divers liquides et présenter des agrandissements ou des déformations.
- Dans ces derniers temps, nous avons étudié un nouveau procédé dû à notre ami M. Balagny. Ce procédé nous a paru le plus parfait de tous ceux qui existent.
- Il consiste dans l’emploi d’une pellicule sensible obtenue par des procédés particuliers et qui possède les qualités suivantes : transparence absolue, inextensibilité, grande finesse et rapidité suffisante pour les besoins de la Photographie instantanée courante. Elle ne nécessite aucun report, et peut se tirer parles deux faces, ce qui est précieux pour les reproductions au charbon et aux encres grasses.
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- Une seule chose lui manque, c’est la rigidité, qui lui permettrait d’être employée dans les châssis, comme les glaces.
- Il y a donc une lacune dans le procédé, mais qu’il est possible de combler. Si nous arrivons, en effet, à tendre par un moyen quelconque mais très pratique, cette pellicule, que l’inventeur nomme plaque souple, nous aurons alors un ensemble parfait qui pourra nous rendre les plus grands services.
- L’appareil, permettant une tension parfaite des plaques souples, n’était pas aisé à faire ; néanmoins nous devons reconnaître qu’il vient d’être trouvé par notre habile constructeur, M. Dessoudeix, dont nous avons cité plusieurs fois les appareils qu’il a exécutés pour nos études.
- Cet appareil a reçu le nom de stirator. Il se compose d’une plaque d’acier ajourée, de la grandeur de la plaque souple employée. Les côtés sont garnis de pointes espacées de centimètre en centimètre {fig. 21 ).
- Il s’agit de fixer maintenant la pellicule sur le stirator : on se sert, à cet effet, d’une boîte à charnières. Dans l’une des faces intérieures de cette boîte se trouve la pellicule, dans l’autre on place le stirator, dont on enfonce la partie centrale qui vient s’accrocher à un cliquet placé dans le centre de la boîte.
- A ce moment il suffit de fermer la boîte en exerçant une légère pression.
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- NATURE DES PRÉPARATIONS SENSIBLES A EMPLOYER. 135
- Les pointes, dans cette opération, perforent la pellicule et, lorsqu’on ouvre la boîte, elle se trouve transportée et fixée sur le stiralor.
- En lâchant alors le cliquet, le centre du stirator
- Fig. 2t.
- Stirator garni d’une Boîte permettant d’appliquer la pellicule pellicule. sur le stirator.
- se redresse par suite de l’élasticité du métal, et la feuille se trouve tendue admirablement.
- Le stirator, ainsi garni, s’emploie dans tous les cas où les glaces sont usitées.
- Nous avons cru devoir signaler cet appareil très ingénieux, car il vient compléter d’une manière très heureuse les procédés pelliculaires dont il sera maintenant possible d’user dans la pratique de la Photographie instantanée.
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- IIIe PARTIE. — CH AP. IV.
- CHAPITRE IV.
- DE L’EMPLOI DU VISEUR.
- Une des difficultés de la Photographie instantanée résulte de l’incertitude où l’on peut être sur le moment précis où il faut déclencher l’obturateur.
- L’objet en mouvement que l’on cherche à reproduire doit être non seulement dans le champ de l’appareil, mais encore à tel ou tel endroit de ce champ, pour se présenter d’une manière artistique dans le cadre général.
- Le moyen le plus élémentaire pour atteindre ce résultat consiste à prendre des repères.
- C’est ainsi qu’en remarquant les deux parties extrêmes visibles sur la glace dépolie, on aura par ce moyen le champ embrassé par l’objectif. Un autre repère, pris à l’endroit où l’on veut placer son sujet, permettra de déclencher lorsqu’il passera devant.
- Dans beaucoup de cas, cette manière d’opérer
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- DE L’EMPLOI DU VISEUR.
- 137
- sera suffisante, mais dans quelques hypothèses, sur l’eau, en mer par exemple, elle ne pourra être employée, car les repères manquent.
- Il faut alors adopter un autre procédé.
- Un des plus simples et des plus pratiques, indiqué par M. Vidal, consiste à placer sur l’appareil une petite lentille biconcave.
- Cette lentille donne une image droite et réduite du paysage; il est donc facile de contrôler la position du sujet et d’opérer au moment voulu.
- Une seule condition à observer, c’est que la chambre soit bien horizontale.
- Un autre viseur, également très commode, consiste en un cadre métallique fixé au-dessus de la paroi antérieure de la chambre. Un œilleton, également métallique, est fixé à la partie postérieure.
- En plaçant l’œil près de l’œilleton, tout le paysage qui est inscrit dans le cadre fait son image sur la glace sensible. -
- Ces deux appareils, avec un peu d’habitude, peuvent rendre les plus grands services.
- Le viseur sera donc très utile pour placer son sujet, pour l’encadrer, en un mot; mais si, par hasard, celui-ci, en passant à un autre endroit que celui où on l’attendait, ne se trouve plus au point, l’opérateur n’en sera pas averti.
- Cet inconvénient sera surtout sensible, si l’on fait des clichés destinés ultérieurement à l’agrandissement.
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- IIIe PARTIE.
- CHAP. IV.
- On sait, en effet, que ceux-ci doivent présenter la plus grande netteté possible.
- Pour contrôler la mise au point, en même temps que la position de l’objet mobile, on peut se servir, suivant les cas, d’un ou plusieurs objectifs de même foyer, l’un d’eux étant exclusivementréservé pour la mise au point.
- La jumelle photographique, la chambre de M. Folh, l’appareil photo - stéréoscopique de M. Groult sont dans ce cas.
- Prenons l’hypothèse d’un appareil double.
- D’un côté se trouve une glace sensible et un objectif armé de l’obturateur, de l’autre un verre dépoli, muni d’une loupe, qui permet de voir l’image sans voile noir. L’objectif, de ce côté, reste toujours démasqué.
- De cette manière, non seulement on suit son objet, mais on en rectifie à chaque instant la mise au point. Lorsque le moment est venu, il suffit d’appuyer sur la détente.
- Le seul inconvénient de ce dispositif est de doubler le volume de la chambre; mais il serait possible d’atteindre le même résultat en se contentant d’un tube au lieu d’une deuxième chambre, de manière à n’avoir que le centre de l’image. Ainsi compris, ce genre d’appareils permettra de faire de l’instantanéité d’une manière vraiment pratique.
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- DIVERSES MANIÈRES DE FAIRE L’INSTANTANÉITÉ. 139
- CHAPITRE V.
- DES DIVERSES MANIÈRES DE FAIRE L’INSTANTANÉITÉ.
- A notre avis, il y a deux manières de comprendre la Photographie instantanée. Dans la première, nous cherchons à faire une belle reproduction d’une scène animée quelconque; dans la deuxième, nous voulons prendre, en passant, tout ce qui peut s’offrir inopinément à notre vue et nous intéresser à quelque titre.
- Nous opérons un peu comme l’artiste; tantôt, emportant son bagage, il va vers le sujet qui l’intéresse; il l’examine, l’étudie, choisit l’emplacement le plus favorable, et fait venir le modèle, qu’il pose à son idée. Tantôt, un album dans sa poche, il se promène : voit-il un mouvement, une attitude, un groupe, en quelques coups de crayon il le note sur le papier. Nous pouvons opérer de même.
- Dans la première hypothèse, nous savons le su-
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- 140 IIIe PARTIE. — Cil A P. V.
- jet que nous voulons exécuter, nous partons avec notre bagage, nous nous installons à loisir, nous choisissons nos repères, nous mettons au point, nous attendons, ou nous faisons passer l'objet qui doit animer notre vue. C’est la première manière.
- Dans la deuxième hypothèse, nous avons sur nous un petit appareil de dimensions restreintes : apercevons-nous un sujet intéressant, nous le saisissons immédiatement, pour ainsi dire, sans nous arrêter, puis nous continuons notre route. Nous prenons ainsi des croquis, des documents, des notes.
- Il est évident que les appareils à employer ne pourront être les mêmes.
- Dans la première hypothèse, puisque nous avons tout notre temps, nous emploierons notre bagage ordinaire. Rien de particulier à en dire.
- Dans la seconde, il nous faudra un instrument spécial, ayant certaines qualités.
- Divers appareils ont été proposés dans ce genre, ce sont ceux que nous avons cités tout à l'heure, puis l’En-Cas de M. Vidal, les chambres à format réduit de MM.Bardy, de Neck, Enjalbert, Molteni.
- Il n’entre pas dans notre cadre de les examiner; qu’il nous suffise d’indiquer les qualités que doit posséder un appareil de ce genre.
- i° Faible volume. — Grande légèreté.
- Ces conditions sont absolument indispensables, puisque l’appareil est destiné à nous accompagner
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- DIVERSES MANIÈRES DE FAIRE L’INSTANTANÉITÉ. 141
- partout. Il faut que nous l’ayons, comme l’artiste a son album. Le format devra donc être assez réduit.
- La dimension des projections, c’est-à-dire 8 x 9, nous paraît excellente.
- Notre ami, le Dr Richer, se sert couramment d’un appareil de son invention dont les épreuves n’ont que 7x7.
- Nous devons reconnaître qu’au point de vue artistique et documentaire on obtient encore, à cette dimension, des résultats des plus intéressants.
- 20 L’appareil doit toujours être prêt à servir.
- C’est une qualité à notre avis essentielle.
- S’il faut préparer son appareil, s’installer, en un mot, tous les avantages que l’on pourrait en retirer se trouvent perdus; autant alors se servir d’un grand appareil.
- L’instrument doit toujours être prêt à fonctionner, la glace démasquée et l’obturateur armé.
- On ne doit avoir, au moment voulu, qu’à viser et à lâcher la détente.
- Dans ce genre d’instruments, la mise au point pourra être automatique; c’est-à-dire qu’à partir d’une certaine distance, tous les objets jusqu’à l’infini se trouvent nets. Cette obligation de n’opérer qu’au delà d’une certaine distance peut être une gêne dans certains cas; aussi est-il bien de régler d’avance l’emplacement du A-erre dépoli pour les distances plus faibles.
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- IIIe PARTIE.
- CIUP
- Néanmoins, il sera toujours préférable, croyons-nous, de se servir d’un deuxième objectif, pour contrôler la mise au point. La pratique nous a montré que cette solution était la meilleure.
- Nous ajouterons en dernier lieu que l’appareil ne devrait pas ressembler à un appareil photographique. Il est évident, en effet, que si nous voulons saisir des attitudes, des mouvements qui soient pris sur le vif, il ne faudra pas éveiller l’attention de nos modèles involontaires qui ne manqueraient pas de se croire obligés de poser.
- Ainsi comprise, la Photographie instantanée prêtera le concours le plus précieux aux amateurs, aux artistes même, qui, après l’avoir tant décriée, ont eu le bon esprit de la considérer, non plus comme une concurrente, ce qu’elle n’a jamais eu la prétention d’être, mais bien comme une auxiliaire enchantée de pouvoir leur rendre service.
- FIN.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Préface...................................... v
- Introduction..................................... i
- Historique...................................... 3
- PREMIÈRE PARTIE.
- THÉORIE DE L’INSTANTANÉITÉ.
- CHAPITRE PREMIER.
- Des facteurs de l’instantanéité....... 7
- De l’objectif.................................... 9
- Du rôle du diaphragme............................ 12
- CHAPITRE II.
- De la lumière................ 14
- CHAPITRE III.
- Des préparations sensibles......... i8
- Méthode Warnercke......................‘..... ig
- Méthode Londe et Maquenne........................ 20
- Remarques.................................... 25
- Méthode de l’obturateur.......................... 2g
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- TABLE DES MATIÈRES.
- CHAPITRE IV.
- Pages.
- De l’obturateur...................... 3o
- Marche des rayons lumineux dans l’objectif (Divers emplacements de la lamelle obturatrice)...................... 3i
- De la durée de l’action lumineuse pendant la pose....... 37
- Appareils enregistreurs A. Londe............................ 4°
- Déplacement de l’image pendant le fonctionnement des
- obturateurs............................................... 47
- De l’emploi des obturateurs rapides pour les poses
- lentes.................................................... 5o
- Emplacement de l’obturateur................................. 5i
- De l’ouverture de la lamelle. De ses dimensions............. 53
- Temps utile de pose. — Temps total de pose.................. 55
- Forme de l’ouverture........................................ 56
- — — dans la guillotine.................. 56
- — — dans les obturateurs circulaires..., 60
- — — dans les obturateurs centraux... 65
- CHAPITRE V-
- Développement............. 66
- 69 7°
- Manière de procéder.........
- Développement aux carbonates
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-
- ' V‘ ffKfflçs
- TABLE DES MATIÈRES. H5
- Rages.
- DEUXIÈME PARTIE.
- PRATIQUE DE L’INSTANTANÉITÉ.......... ?3
- CHAPITRE PREMIER.
- Régularité des temps de pose....... 76
- Des moyens pouvant amener la régularité du fonctionne-
- ment d’un obturateur........................... 79
- CHAPITRE II.
- Multiplicité des temps de pose....... 82
- Limites des variations des temps de pose......... 84
- CHAPITRE III.
- Simplicité du mécanisme et du fonctionnement,..
- CHAPITRE IV.
- Mesure des temps de pose.............. 89
- Méthodes graphiques d’enregistrement.................. 90
- Méthodes optiques d’enregistrement.................... gX
- Méthode de la boule................................... 91
- Méthode du cadran..................................... 93
- Méthodes A. Londe..................................... 94
- Des différences entre les résultats trouvés par les méthodes graphiques et les méthodes optiques............ io3
- Des variations du temps de pose suivant l’intensité lumineuse ou le diaphragme employé........................ io5
- Des corrections à faire à la méthode optique......... 107
- A. Londe, Phot. inst. t3
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- T AI! LE I>E6 MATIERES.
- CHAPITRE V.
- Graduation des obturateurs......... ',0
- CHAPITRE VI.
- Qualités d’un bon obturateur........ n3
- Obturateur Londe-Dessoudeix...................... n4
- Description de l’appareil.......................
- TROISIÈME PARTIE.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA PHOTO-
- GRAPHIE INSTANTANÉE........... 121
- CHAPITRE PREMIER.
- Du’Format des épreuves...... 124
- CHAPITRE 11.
- Du déplacement angulaire des objets
- en mouvement............ 127
- CHAPITRE III.
- De la nature des préparations sensibles
- à employer................ i3i
- CHAPITRE IV.
- De l’emploi du viseur.......... 136
- CHAPITRE V.
- Des diverses manières de faire l’instantanéité. i3p
- Paris. — lmp. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
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-
- Pages.
- Lignes.
- Au lieu de :
- Lisez :
- 45 - 4 D I
- 59 9 cos*a cos a
- 69 x5 1°,2Ô i",25
- 70 3 Lebon Le Bon
- Ajoutez :
- 43 Légende. F, déclenchement de l’appareil en
- , registreur.
- » » J, tube de caoutchouc allant à l’ob
- turateur en expérience.
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