Traité pratique des agrandissements photographiques
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- TRAITÉ PRATIQUE
- DES
- AGRANDISSEMENTS
- PHOTOGRAPHIQUES.
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- BIBLIOTHEQUE PHOTOGRAPHIQUE
- TRAITÉ PRATIQUE
- DES
- AGRANDISSEMENTS
- PHOTOGRAPHIQUES,
- Par E. TRUTAT,
- Directeur du Musée d’Histoire naturelle de Toulouse.
- SECONDE PARTIE :
- AGRANDISSEMENTS.
- PARIS,
- GAUTHIER-VILLARS ET FILS, IMPRIMEURS-LIBRAIRES,
- ÉDITEURS DE LA BIBLIOTHÈQUE PHOTOGRAPHIQUE,
- Quai des Grands-Augustins, 55.
- 1891
- (Tous droits réservés.)
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- TRAITÉ PRATIQUE
- DES
- AGRANDISSEMENTS
- PHOTOGRAPHIQUES.
- SECONDE PARTIE.
- AGRANDISSEMENTS.
- CHAPITRE I.
- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
- Plusieurs méthodes permettent d’obtenir des images agrandies d’après de petits négatifs : on peut, avec le matériel ordinaire de l’atelier, opérer à l’aide de la lumière diffuse : Agrandissements à la chambre noire; ou bien l’on emploie la lumière solaire concentrée par une grande lentille : Agrandissements a la chambre solaire; ou bien encore on fait usage d’une sorte de lanterne magique : Agrandissements a la lanterne.
- Chacun de ces procédés peut donner de bons résultats, mais chacun d’eux est plus spécialement utilisable dans certains cas particuliers.
- T. — IIe Partie.
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- CHAPITRE I.
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- I. — AGRANDISSEMENTS A LA CHAMBRE NOIRE.
- Ce système est celui que l’on met en œuvre le plus souvent lorsqu’il s’agit d’obtenir un agrandissement modéré d’une épreuve positive sur papier, ou lorsque Ton veut obtenir un grand cliché négatif pour un tirage considérable.
- Agrandissements des positifs sur papier.
- Le format de l’épreuve qu’il faut agrandir indiquera tout d’abord de quel objectif il faut se servir ; ce sera
- Fig. 1.
- celui qui donne, lorsqu’on le dirige sur des objets éloignés, une image nette de la dimension que l’on veut agrandir. Ainsi, veut-on agrandir une carte album? on
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- fera usage d’un objectif à portrait propre à produire directement les cartes album. Il faut, de plus, retourner l’objectif de telle façon, que la lentille qui regarde ordinairement le sujet à reproduire regarde le verre dépoli ; mais, si l’on veut faire usage d’objectifs symétriques (les meilleurs à employer dans ce cas), ce retournement est inutile.
- L’épreuve positive est placée verticalement sur un châssis vivement éclairé (fig. 1), en cherchant à faire venir la lumière de face; en avant de l’épreuve, on établit un cône en papier végétal, qui empêche les reflets tout en n’interceptant pas trop la lumière (fig. 2). En
- Fig. 2.
- J. ÜLANAÛET
- face de l’épreuve et à égale hauteur, on place la chambre noire du format de l’agrandissement que l’on veut obtenir; cette chambre aura un très long tirage, car celui-ci est proportionnel à l’agrandissement désiré.
- La mise au point se fera en appliquant contre l’épreuve une page imprimée; il sera alors beaucoup plus facile
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- CHAPITRE I.
- de trouver le point sur les caractères d’imprimerie que sur l’épreuve elle-même. On opère d’abord sans diaphragme, mais, dans ce cas, les angles seront flous; on introduit un diaphragme dans l’objectif en diminuant graduellement son ouverture jusqu’à ce que la netteté des bords devienne suffisante.
- On place dans le châssis une plaque au gélatinobromure, et l’on fait poser. On obtient ainsi un grand cliché que l’on retouche avec soin, et qui donnera d’excellents positifs par contact si l’agrandissement n’est pas trop considérable, et si le retoucheur a su donner un peu d’effet au cliché toujours un peu gris que l’on, obtient ainsi.
- La grande difficulté de ce procédé est d’éviter le grain du papier, et il est assez difficile de remédier complètement à ce défaut. On peut cependant atténuer cet effet désagréable en usant du procédé indiqué par M. Abney. L’épreuve positive que l’on veut agrandir est collée avec de la gélatine sur une glace propre, le côté albuminé qui porte l’épreuve étant placé contre la glace. L’image est alors posée en face de l’objectif; l’épreuve étant en contact absolu avec le verre, le négatif agrandi ne montrera pas le grain du papier.
- C’est là une méthode des plus rationnelles qui donne d’excellents résultats lorsqu’il est possible d’effectuer ce collage sur verre. Si cette opération n’est'pas possible, on peut encore atténuer l’effet du grain du papier en appliquant l’épreuve préalablement trempée dans l’eau et suffisamment imprégnée de liquide sur une glace talquée et couverte de collodion; cette couche de
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- collodion, dégraissée dans l’eau, fera corps avec l’épreuve. On met en presse jusqu’à complète dessiccation ; l’épreuve se détache alors facilement du verre et elle est brillante, unie, comme si elle avait reçu une couche de gélatine.
- Le cône de papier végétal que nous avons conseillé ne suffit pas toujours dans le cas où l’épreuve n’a pas été mise sous verre gélatiné. Mais M. Vogel a remarqué que, par l’emploi des plaques orthochromatiques, il est facile d’annihiler complètement le mauvais effet du grain.
- Voici ce que dit à ce sujet ce savant observateur :
- Un phénomène bien remarquable, c’est que le grain du papier, si gênant en général, ne produit plus que peu d’effet quand on se sert de couches orthochromatiques; j’ai pris plus d'une fois le négatif d’une même épreuve sur plaque ordinaire et sur plaque orthochromatique. Avec les premiers, les clichés ont présenté un grain accusé, du plus fâcheux effet; tandis que, avec les secondes, dans des conditions d’éclairage absolument identiques, on n’apercevait pas trace de grain. J’ai si souvent constaté ce phénomène qu’il ne peut plus y avoir de doute à cet égard. On peut l’expliquer, en disant que les ombres du grain du papier ne sont éclairées que par la lumière réfléchie, jaunâtre, de l’atelier. Cette lumière agit comme du noir sur les plaques ordinaires; elle s’y marque d’une façon très intense. Sur la couche sensible, elle agit comme du blanc; c’est pourquoi les ombres, au lieu d’être foncées, sont claires et, par conséquent, disparaissent.
- Malgré tout, il est toujours difficile d’obtenir par ces procédés des épreuves parfaites, mais c’est le seul possible quand on ne possède qu’une épreuve sur papier
- l.
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- CHAPITRE I.
- du sujet que l’on veut reproduire. G’est là un cas qui se présente surtout pour des portraits, et c'est là aussi que la méthode est le plus facilement applicable, car la figure seule demande de la netteté, et l’on peut toujours, par quelques artifices de retouche et de tirage, amener à bien les fonds ou les accessoires.
- Agrandissements des positifs sur verre.
- Lorsqu’on possède le négatif original, il vaut mieux tirer une épreuve positive transparente et, de ce petit positif, obtenir à la chambre noire un grand négatif, comme dans la méthode précédente ; les résultats seront bien meilleurs, le grain du papier n’existera plus, et les épreuves seront plus brillantes.
- Obtention des positifs sur verre. — On peut user de plusieurs méthodes :
- 1° Emploi de la chambre noire, d’après M. P. Petit fils fi).
- Nous appliquons le cliché, le côté opposé à la couche, contre un verre dépoli de même grandeur. Nous disposons d’une chambre noire dite à transparent ( fig. 3). Une des faces, A, est vide; l’autre. B, est formée par une série d’intermédiaires pouvant contenir dans leurs rainures les différentes grandeurs usitées en Photographie. Les faces A et B sont reliées par un soufflet permettant de les écarter ou de les rapprocher suivant les besoins. Nous plaçons le cliché et la glace dépolie
- fi) Pierre Petit, La Photographie industrielle, p. 7. In-18 jésus, avec figures dans le texte (Paris, Gauthier-Yillars ; 2 fr. 25 c.).
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- Fig. 3.
- dans l’intermédiaire de grandeur voulue, la glace dé-
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- CHAPITRE I,
- polie à 1 extérieur, le cliché à l’intérieur de la chambre. Le côté de la chambre qui contient le cliché doit être orienté vers la plus grande lumière. Si nous regardons par le côté A, nous verrons l’image seule du négatif apparaître en transparence sans que la lumière extérieure vienne en atténuer l’éclat, protégés que nous sommes par les parois de la chambre.
- Fig. 4.
- Le cadre A de la chambre à transparent est muni de chaque côté vertical de deux crochets, l’un dans la partie supérieure, l’autre.dans la partie inférieure (fig. 4).
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- Nous approchons alors la chambre d’atelier ordinaire qui est de la même grandeur que la chambre à transparent; nous appliquons le côté A qui est muni d’un objectif à portrait diaphragmé, ou d’un aplanat, à l’aide duquel nous pourrons obtenir une épreuve de format identique à celle à reproduire, ou bien la diminuer ou l’agrandir légèrement.
- Les deux côtés verticaux de la face A' sont munis de
- Fig. 5.
- têtes de vis correspondant exactement aux crochets placés en A. Au moyen de ces crochets nous faisons adhérer les côtés A et A'. Il va sans dire que l’accord n’est parfait que lorsque les deux chambres sont placées parfaitement en ligne droite, et que les chariots C et C' dont les rainures sont identiques, permettent le glissement facile des cadres A et A', qui n’en forment alors plus qu’un seul, supportant l’objectif. La face B’ est la place de la glace dépolie de la chambre d’atelier (/?£7- 4).
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- CHAPITRE I.
- Les deux chambres étant ainsi en parfaite jonction, nous procédons à la mise au point, en coordonnant, par le glissement alternatif sur les chariots G et C' des cadres AA' et B', les points que doivent occuper l’objectif AA' et la glace dépolie B'.
- La mise au point étant faite, nous plaçons dans le châssis une plaque préparée soit au collodion humide (c’est- le procédé le plus employé dans ce cas), au collodion sec, ou bien au gélatinobromure, ou encore au gélatinochlorure; et après développement et fixage, nous aurons le positif nécessaire aux agrandissements.
- 2° Positifs par contact.
- On peut encore obtenir d’excellents positifs sans le secours de la chambre obscure en opérant par simple contact. On opère alors comme si l’on voulait tirer une épreuve positive sur papier; mais il y a lieu de prendre certaines précautions.
- Le cliché sera posé sur une feuille de papier opaque dans laquelle on aura découpé exactement une ouverture un peu plus petite que le cliché, et cela, pour éviter que la lumière ne passe sur les côtés, à travers la tranche du verre, ce qui produirait un voile tout autour de l’épreuve.
- Sur le cliché ainsi encadré et posé sur le verre épais du châssis positif, on met une plaque sèche,' on pose quelques secondes, et l’on développe.
- On peut employer pour cet usage plusieurs sortes de préparations :
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- Collodion préservé au tannin, d'après les formules que nous avons déjà données (J). — Il faut seulement modifier le développement, et faire usage de solutions
- acides.
- Eau.................................... 300cc
- Acide pyrogallique..................... 3gr
- Acide citrique......................... 2®r
- Ce bain devra être chauffé légèrement en hiver, tiédi, ce qui permettra de développer rapidement les épreuves.
- On ajoute, au moment de s’en servir, quelques gouttes de la solution suivante :
- Eau...................................... 100cc
- Nitrate d’argent........................... 5gr
- Acide citrique............................. 2?r
- Acide acétique............................. 5CC
- Le fixage se fera au moyen d’une solution de cyanure de potassium à 2 pour 100. Après lavage, on passera sur l’image une couche de gomme à 1 pour 100 et l’on mettra à sécher.
- Collodion albuminé. — Les images obtenues par ce procédé seront peut-être un peu plus fines que celles données par le collodion au tannin. Ici également il faudra employer le développement acide, mais le fixage doit se faire à l’hyposulfite.
- Gélatinobromure. — Les préparations ordinaires donnent facilement des images grises; mais on arrive
- fi) Voir !<« Partie, p. 123.
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- CHAPITRE I.
- à atténuer ce défaut en faisant usage de plaques lentes (rouges de Lumière), en posant très peu et en développant à l’hydroquinone faible ou vieux.
- Gèlatinochlorure. — On trouve aujourd’hui dans le commerce des plaques au gélatinochlorure; les unes s’emploient comme le papier ordinaire (glaces Cowan), se virent et se fixent comme les positifs. Les autres (glaces Tondeur), se développent comme les glaces au gélatinobromure, mais avec des formules spéciales.
- Solution A.
- Oxalate de potasse................. KXb1'
- Citrate de potasse......... ....... 12
- Bromure............................ 1 à 10
- Eau tiède........... .............. 1000
- Filtrer après dissolution.
- Solution B.
- Sulfate de fer......................... 150SP
- Eau tiède.............................. 1000
- Cette solution B atout d’abord une couleur jaune de rouille; on ajoute alors goutte à goutte, en agitant, de l’acide sulfurique, jusqu’à ce qu’elle s’éclaircisse et prenne une couleur vert émeraude; du reste, ce bain, qui doit être placé à la lumière, et non dans le cabinet noir, devient meilleur en vieillissant.
- Mettre dix parties de A pour une partie de B, et verser toujours B dans A; balancer la cuvette pour favoriser le développement. Si l’image tardait à venir, sor-
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- tir le cliché du bain et l’exposer un peu à l'air; l’image doit apparaître en quelques minutes.
- Cette formule donne des tons d’un violet brun, très chauds et très agréables. Pour obtenir un coloris plus foncé, il suffît d’ajouter un peu plus de fer dans le dé-veloppateur.
- Si l’on veut obtenir des tons plus rouges, on force la quantité d’acide sulfurique, et l’on obtient plus tard des agrandissements avec plus d’effets : il faut donc employer ce moyen lorsqu’on a un cliché gris. Pour avoir des tons tirant au bleu, on remplace l’acide sulfurique par 4sr d’acide citrique, et, par ce moyen, on obtiendra des clichés plus doux; il faudra donc employer ce développement avec des clichés durs; enfin, avec 6s1’ d’acide tartrique, on aura des épreuves de couleur violette rose, intermédiaire entre les deux précédentes.
- On peut donc, par le développement, corriger les défauts du cliché primitif : le temps de pose, plus ou moins prolongé, aidera encore à ce résultat. Avec un cliché dur, posez longtemps, le positif viendra moins accentué; avec un cliché trop doux, posez très peu, le positif aura de l’effet.
- Positifs au charbon. — Un papier spécial au charbon, très chargé en couleur (que l’on trouve chez tous les fabricants), sera sensibilisé à l’ordinaire, posé et appliqué contre un verre qui servira de support à la pellicule ; le développement se fera à l’eau chaude selon la méthode courante.
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- CHAPITRE I.
- Transferrotype paper (papier gélatinobromuré).— La Compagnie Eastman fabrique une sorte de papier à couche réversible, d’un usage très commode pour l’obtention des positives transparentes : transferrotype-paper ou papier photo-décalque.
- Ce papier se place derrière le cliché comme dans les cas précédents, et se développe dans un bain de fer dont nous donnerons la formule en traitant des agrandissements à la lanterne.
- L’épreuve étant lavée et fixée, appliquer ce papier dans l’eau sur le verre qui doit recevoir l’image et qui aura été préalablement nettoyé, suivant l’usage. Laisser le tout sous une légère pression, entre buvards, pendant environ une demi-heure, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que le papier soit sec.
- Tremper ensuite dans l’eau chaude à 35°, et après quelques instants, le papier se séparera facilement de la couche de gélatine sur laquelle l’imago est imprimée. Si le papier ne se décolle pas immédiatement, l’aider, en ajoutant de l’eau légèrement plus chaude et en soulevant un coin avec la pointe d’un canif.
- Retouche du cliché. — Le cliché obtenu par l’une ou l’autre des méthodes est retouché s’il y a lieu, mais il faut être très sobre de retouches sur le positif; il faut se contenter de boucher les trous, les éraillures, et accentuer tout au plus les parties un peu molles dans les ombres; ce sera sur le grand cliché que se feront beaucoup mieux les retouches nécessaires.
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- Obtention du grand négatif. — L’agrandissement pourra se faire dans l’appareil précédèmment décrit et figuré, page 6 ; mais la pose sera alors extrêmement longue; et il vaudra beaucoup mieux modifier l’éclairage, comme nous allons l’indiquer.
- Dans la fenêtre du laboratoire ou d’une pièce absolument /ombre, on pratique une ouverture de la dimension du plus grand cliché que l’on compte employer.
- Fig. 6.
- Il est bon de choisir, autant que possible, l’exposition au nord, pour éviter que le soleil ne vienne éclairer directement le cliché ; dans cette ouverture, on fixera un verre dépoli, très fin, le côté mat en dehors.
- A l’extérieur (fig. 6), est placée une glace, fixée en bas par deux charnières, et formant réflecteur, pour
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- CHAPITRE I.
- qu’il soit possible, avec un cordon passant par une poulie, de lui donner une inclinaison plus ou moins grande, afin d’envoyer sur le verre dépoli la plus grande somme possible de lumière réfléchie par le ciel.
- Avant toute opération, il sera bon de s’assurer que la lumière est dirigée convenablement, enla projetant sur le verre dépoli. Derrière l’ouverture ainsi disposée, on place une table de hauteur convenable sur laquelle on dispose une chambre obscure à long tirage, munie d’un objectif symétrique de foyer convenable. Le cliché est placé contre le verre dépoli, et cette ouverture est reliée à la chambre noire par un manchon d'étoffe noire, afin d’éviter toute lumière latérale.
- Si l’agrandissement était trop considérable pour le format de la chambre noire employée, on enlèverait le verre dépoli, et l’on fixerait la plaque sensible sur un chevalet placé à la distance voulue.
- Tout étant ainsi disposé on fait poser comme dans le cas précédent, mais beaucoup moins de temps, la lumière étant beaucoup plus intense.
- Par cette méthode, on arrive à obtenir de grands clichés, qui, moyennant quelques retouches, donnent d’excellentes épreuves; mais les opérations sont longues et coûteuses, lorsqu’on n’a besoin que d’une seule épreuve positive agrandie; aussi est-il ordinairement préférable d’avoir recours aux méthodes dans lesquelles l’éclairage est plus vif et permet de produire directement de grandes épreuves d’après le cliché négatif.
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- II. — AGRANDISSEMENTS A LA LUMIÈRE SOLAIRE.
- Éclairage direct.
- L’appareil que nous avons décrit et figuré page 15, peut être employé avec la lumière solaire; mais, dans ce cas, il est indispensable de laisser une distance de quelques centimètres entre la glace dépolie et le cliché, afin d’obtenir un éclairage bien égal. La glace réflecteur pourra être enlevée ; installée comme nous l’avons indiqué, elle ne servirait guère. On s’arrangera de façon que le soleil vienne éclairer directement la glace dépolie; il est donc de première nécessité de disposer l’appareil sur une fenêtre orientée convenablement; l’exposition au nord, excellente pour opérer à la lumière diffuse, est, au contraire, dans le cas présent, absolument défectueuse.
- Porte-miroir simple. — Si l’on veut obtenir des résultats complets avec la lumière solaire, il faut avoir pecours à l’emploi d’un porte-lumière : miroir fixé sur un appareil mécanique qui permet de renvoyer les rayons solaires dans l’axe de l’appareil.
- Le porte-miroir combiné par M. Yan Monckhoven (fig. 7), est un des meilleurs modèles : il est entièrement métallique et très robuste. L’inspection de la figure en fait facilement comprendre le mécanisme. A l’aide d’une manivelle et d’un pignon, on donne très
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- CHAPITRE I.
- facilement au miroir réflecteur une position telle que le faisceau de rayons solaires se réfléchisse horizontalement.
- M. Derogy construit également un instrument de ce genre, dont la manœuvre est très facile.
- Fig. 7.
- Le maniement de l’un ou l’autre de ces miroirs n’est pas difficile, mais il faut avoir toujours le soin d’enlever la poussière qui peut s’être déposée sur la glace ; les pignons doivent être huilés de temps en temps, afin de faciliter les mouvements de toutes les parties de l’appareil.
- Hôliostats. — Lorsqu'on opère avec des procédés rapides, tels que ceux au gélatinobromure, le mouvement du soleil est ordinairement réduit à si peu de
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- chose pendant la durée de la pose, qu’il peut être négligé.
- Mais, dans certains cas, celui d’un agrandissement considérable, par exemple, il est indispensable de maintenir les rayons lumineux très exactement dans l’axe de l’appareil, et le mouvement donné à la main est insuffisant. -Il faut alors actionner le miroir par un mouvement d’horlogerie. Mais, pour atteindre ce but, il faut que les axes des pièces qui constituent le porte-miroir tournent avec une vitesse déterminée et se trouvent dans des positions assignées par les lois qui président au mouvement de la Terre autour de son axe. Les héliostats, ou miroirs à mouvements d’horlogerie, permettent de maintenir dans une même direction les rayons solaires.
- Il existe plusieurs systèmes de ce genre, mais, en Photographie, on n’use guère que de ceux de Van Mon-ckhoven et de Derogy.
- Héliostat de Van Monckhoven. — L’héliostat de Van Monckhoven n’est qu’une modification de l’héliostat de Fahrenheit.
- Cet héliostat (fig. 8 ), assez simple dans sa construction, marche très régulièrement; mais la position horizontale de son miroir oblige à employer une seconde glace réfléchissante pour renvoyer les rayons lumineux dans l’axe de l’appareil d’agrandissement.
- Un plateau en fonte porte tout l’héliostat, qui peut tourner autour d’un axe vertical et être solidement fixé à la place voulue au moyen d’un boulon qui termine
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- CHAPITRE I.
- cet axe. Une pièce coudée, en fer, porte l’axe principal du miroir, ou axe polaire, et un arc muni d’une rainure permet de donner à cet axe une inclinaison qui varie de 30° à 60°, suivant la latitude.
- L’axe polaire est terminé à sa partie inférieure par une pointe en acier qui repose sur une crapaudine en
- Fig. 8.
- bronze. Cet axe porte un cercle d’heures et une roue dentée de trois cent soixante dents. Un mouvement d’horlogerie agit sur cette roue dentée, de manière à faire faire à l’axe un tour complet en vingt-quatre heures. Le pignon moteur peut devenir libre à volonté, et alors on peut faire tourner librement l’axe polaire.
- Un support en forme de T termine au bout l’axe polaire et porte le miroir; une glissière à vis de serrage permet de placer le miroir à l’inclinaison voulue.
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- Tout l’instrument est en bronze, en cuivre ou acier; le miroir est rectangulaire, à coins coupés, et argenté avec soin. Pour l’orienter, on rend d’abord le plateau support horizontal, à l’aide d’un niveau. On tourne l’axe polaire jusqu’à ce que le cercle des heures porte l’heure vraie en face de l’index. On fait marquer la déclinaison du jour au cercle que porte l’axe horizontal du miroir. Dans cette position, les rayons solaires entrant dans la pinnule évidée doivent former une image ronde au centre de la pinnule opposée; et si cela n’a pas lieu, on tourne tout l’instrument sur son plateau, jusqu’à ce que cet effet se produise; on serre alors la vis de l’axe, et l’instrument est orienté.
- L’héliostat est alors mis en marche, et désormais, toute la journée les rayons solaires resteront en place, malgré la marche apparente du Soleil.
- Une légère déviation se produit-elle? Sans arrêter la marche de l’appareil, on peut modifier les vis de rappel, de manière à ramener les rayons solaires réfléchis dans leur position normale.
- L’instrument du Dr Van Monckhoven est excellent, sa marche, d’une régularité parfaite; mais il est assez difficile à bien mettre en position, et son prix est élevé. Aussi pourrait-on lui substituer celui de M. Derogy, moins précis, peut-être, mais très suffisant dans la pratique, et moins coûteux.
- Héliostat de Derogy. — Cet instrument {fîg. 9), se place verticalement dans une ouverture, une fenêtre placée au sud. Pour déterminer exactement cette posi-
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- CHAPITRE I.
- tion, à midi précis vrai, on tend un fil aplomb près de l’emplacement choisi, et l’on trace sur le sol une ligne est-ouest, coupant perpendiculairement l’ombre projetée
- Fig. 9.
- par ce fil. C’est parallèlement à cette ligne est-ouest que doit être placé le volet porte-miroir.
- Afin de connaître le midi vrai du jour où l’on fait cette opération, c’est-à-dire l’heure précise à laquelle le Soleil passe au méridien, on avance ou l’on recule l’heure de midi indiquée par une montre bien réglée, de la quantité déterminée par les Tables d’équation du temps, contenues dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes.
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- La marche apparente du Soleil étant continuellement
- variable, il est nécessaire de lui subordonner la marche
- du réflecteur, afin de maintenir les rayons réfléchis
- dans une direction unique. Ce résultat s’obtient avec
- toute la précision désirable en abaissant graduellement
- la lentille du balancier dans la période pendant laquelle
- le temps qui s’écoule entre le lever et le coucher du soleil
- croît, c’est-à-dire du solstice d’hiver (21 décembre) au
- solstice d’été (21 juin); et, au contraire, en élevant la
- lentille dans la période pendant laquelle le temps qui
- s’écoule entre le lever et le coucher du soleil décroît,
- c’est-à-dire du solstice d’été au solstice d’hiver.
- a
- Le réflecteur étant ajusté et disposé conformément aux prescriptions qui viennent d’être indiquées, on amène exactement dans l’axe le faisceau lumineux, en faisant agir les boutons adaptés aux tiges du miroir; le mouvement d’horlogerie étant alors mis en marche, l’instrument fonctionne très régulièrement. S’il se produisait quelque incorrection, avance ou retard, on corrigerait l’erreur ainsi produite par les boutons des tiges.
- De toute façon la lumière du Soleil va éclairer le cliché, et la surface sensible sera plus rapidement impressionnée que dans le cas d’un éclairage par la lumière diffuse. C’est là une condition à peu près indispensable lorsqu’on veut obtenir des agrandissements considérables, car l’image devient d’autant plus grande qu’on éloigne le chevalet de l’appareil amplifiant, et alors il ne faut pas oublier que l’intensité lumineuse décroît comme le carré de la distance.
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- CHAPITRE I.
- Agrandissement simple. — En avant du miroir mobile et dans l’ouverture placée au sud, on place un verre dépoli, à grain très fin et d’une dimension un peu supérieure à celle du cliché; ce verre dépoli deviendra la source lumineuse.
- L’appareil amplifiant se placera comme nous l’avons indiqué en traitant de l’emploi de la lumière diffuse. En usant de la lumière solaire, il arrive souvent que l’intensité de l’éclairage est telle qu'il est difficile, avec les procédés au gélatinobromure, de poser assez rapidement : il faut alors diminuer cette intensité en interposant au delà de l’objectif un verre légèrement coloré en jaune. De cette façon, il sera possible de prolonger le temps de pose, et quelques essais préalables donneront rapidement toutes les indications nécessaires.
- Mégascopes. — Nous pouvons faire entrer dans cette catégorie d’appareils à la lumière solaire les mégascopes de Chevalier et de Bertsch. Ces deux combinaisons ont bien le défaut de ne pouvoir servir que pour de très petits clichés, 4cm ou 6cm de côté, mais ils donnent d’excellents résultats; aussi croyons-nous utile de les décrire.
- Le mégascope de Chevalier se compose de deux parties distinctes : le réflecteur et l’appareil optique (fig. 10).
- Le miroir ou réflecteur G est tenu par les pièces AA à un large plateau en cuivre qui se fixe au volet d’une fenêtre à l’aide de deux boutons BB'. (Il va sans dire que le volet a déjà reçu deux écrous capables de les
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- arrêter.) Un engrenage circulaire et un pignon de rencontre, communiquant aux deux boutons S, S', permettent à ces derniers de donner au miroir toutes les
- Fig. 10.
- inclinaisons, et, par conséquent, d’amener l’image réfléchie du soleil dans l’axe de l’appareil.
- Le tout étant ainsi mis en place, on visse sur la platine le mégascope proprement dit, ou tube contenant
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- CHAPITRE I.
- les lentilles. Le cliché est alors glissé entre les plaques Z, qui peuvent s'écarter en pressant sur l’une d’elles. Ces plaques étant réunies par des ressorts hélicoïdes, il s’ensuit que le cliché se trouve maintenu de telle sorte qu’il ne peut se déplacer.
- La face impressionnée du cliché sera placée du côté
- Fig. il.
- des lentilles ; on pourra la mettre dans un cadre en bois mince, ou simplement coller sur les bords de l’épreuve des lames de carton mince et d’égale épaisseur.
- Immédiatement après le cliché, se trouve, dans le premier tube C, une première lentille à convexité, tournée du côté du cliché, puis une seconde lentille biconvexe, maintenue à une distance fixe d’un diamètre semblable à celui de la première; enfin, une
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- lentille plus petite, également biconvexe, est placée en avant de ce système. Cette dernière est mobile et sert à effectuer la mise au point. Avec deux lentilles de rechange, on peut obtenir tous les agrandissements nécessaires. Enfin, quand on veut obtenir le maximum de netteté, on substitue à cette dernière lentille un système de deux lentilles accouplées.
- Le mégascope de Bertsch est plus simple et peut être meilleur encore : l’inspection de la fig. 11 en fera aisément comprendre le mécanisme.
- A la condition de n’employer que de très petits clichés, cet appareil est peut-être le meilleur de tous ceux qui ont été combinés dans le but d’obtenir des agrandissements à la lumière solaire : mais, venu trop tôt, il est tombé dans l’oubli alors qu’il méritait mieux.
- Éclairage par condensateurs.
- Les premiers agrandissements réussis ont été faits au moyen de la chambre solaire, appareil dans lequel les payons solaires étaient concentrés par une grande lentille au foyer de laquelle était placé l’objectif amplifiant. )
- Chambre de Woodward. — Le premier modèle venu d’Amérique, chambre solaire de Woodward, donna lieu à une interminable discussion pour savoir quelles étaient les meilleures conditions à remplir pour obtenir de bonnes épreuves. Effectivement, toutes les
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- CHAPITRE I.
- chambres solaires'ne donnaient pas de résultats semblables, et le manque de netteté était le défaut le plus ordinaire.
- Diverses modifications furent alors proposées, mais les dispositions adoptées par le Dr Van Monckhoven donnèrent des résultats tellement supérieurs, qu’elles seules furent désormais employées.
- On opérait alors sur papier au chlorure d’argent, et il était indispensable de concentrer le plus de lumière possible sur le cliché; malgré cela, les poses étaient encore fort longues.
- L’apparition des papiers au gélatinobromure a fait abandonner beaucoup trop tôt, à notre avis, cette excellente méthode; et il y aurait lieu d’y revenir, car elle donne des épreuves incontestablement supérieures à toutes les autres.
- Rien de plus facile, du reste, que de modérer la lumière, soit par l’interposition, en avant du cliché, d’une glace dépolie, soit par celle d’un verre jaune après l’objectif.
- Appareil dialytique du I)r Van Monckhoven. — Nous empruntons au Dr Van Monckhoven la description de son appareil dialytique.
- Une des imperfections les plus graves de la chambre de Woodward réside dans la lentille collectrice, ou condensateur, qui n’a pas la forme qu’elle devrait avoir. Woodward, sans doute conseillé par un opticien de mérite, avait adopté un plan-convexe en flint, d’un diamètre de huit pouces seulement. Or, cette forme plan-
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- convexe est précisément celle qu’il faut pour réduire l’aberration de sphéricité au minimum. Les imitateurs de cette chambre solaire de Woodward, trouvant le fiint trop coûteux, lui substituèrent le crown, mais sans soupçonner qu’ils auraient dû changer aussi la forme de la lentille. Enfin, vu l’insuffisance de cette lentille pour opérer rapidement, ils l’augmentèrent de diamètre, toujours sans réfléchir que l’aberration sphérique devenait aussi très forte, et sans remarquer que l’image obtenue avec un appareil muni d’une grande lentille était complètement trouble sur les bords, résultat dû aux bourrelets de diffraction dont nous aurons à nous occuper tout à l’heure.
- Ici l’on fait également usage d’un condensateur puissant, mais toute son aberration sphérique est détruite à l’aide d’un ménisque divergent.
- On peut alors employer toute la surface du collecteur; de là une grande vitesse d’impression et une plus grande netteté dans l’image agrandie.
- Les défauts de l’obj ectif dont seservai t Woodward (ob-jectif double ordinaire), étaient considérables. D’après Monckhoven, un pareil objectif tend à former deux images sur la feuille sensible et ces deux images ne concordent pas, ce qui produisait un manque de netteté dans les contours et une teinte désagréable des grands blancs, salis pour ainsi dire par la lumière répandue sur l’image.
- Dans le système dialytique, on emploie des objectifs expressément construits pour agrandir, et formés de deux lentilles : une,, très large, qui regarde le cliché,
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- CHAPITRE I.
- l’autre, très étroite, qui, tout en laissant passer tous les rayons solaires, arrête les rayons diffus provenant des points du ciel avoisinant immédiatement lé Soleil.
- Mais le défaut capital de l’appareil américain résulte de ce que les rayons solaires ayant une marche très irrégulière à leur sortie du condensateur, tombent en partie sur les bords de l’objectif. Ce défaut est d’autant plus grave que cela a lieu pour les rayons bleus et violets qu’on voit à peine dans l’éblouissant cône de rayons solaires, mais qui sont précisément ceux qui agissent sur les surfaces photographiques. De là des phénomènes de diffraction dont le résultat visible pour le photographe est le doublement de tous les contours nettement terminés de l’image.
- Dans l’appareil dialytique, au contraire, les rayons solaires ayant, au sortir du condensateur, une marche rectiligne jusqu’au foyer, les rayons traversent tous l’objectif, sans se heurter aux diaphragmes et sans produire de bourrelets de diffraction.
- La chambre solaire se compose d’une longue caisse en bois, terminée à l’avant par le condensateur, à l’arrière par l’objectif amplifiant ( fig. 12 et 12 bis).
- La lentille condensatrice AB varie de diamètre avec la puissance de l’appareil. Ses courbures sont telles que son aberration sphérique est réduite au minimum. A une distance de cette lentille égale à son diamètre, se trouve une seconde lentille très mince, ayant la forme d’un verre de montre, et qui a pour objet d’enlever complètement l’aberration sphérique du système en-
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- tier. Il en résulte d’abord que le champ d’éclairage, au lieu d’être plus puissant sur les bords du cliché qu’au centre, est parfaitement uniforme sur toute la surface
- Fig. 12.
- du cliché. De plus, les bords de ce dernier sont traversés par des rayons lumineux uniques émanés du bord
- Fig. 12 bis.
- du système éclairant, ce qui donne une très grande finesse aux épreuves.
- L’organisation de la pièce où se font les agrandisse-
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- CHAPITRE I.
- ments doit être faite avec soin si l’on veut obtenir des résultats absolument complets, surtout avec des poses un peu longues.
- La première chose à faire est de s’assurer de la solidité du plancher; s’il manque de stabilité, il est bon de faire encastrer dans les deux murs, et à 5cm ou 6cm du plancher, sans contact avec lui, deux poutrelles HF (fig. 13). C’est là-dessus qu’on placera le pied de l’ap-
- Fig. 13.
- pareil et le chevalet destiné à recevoir le papier sensible. On peut alors opérer sans faire vibrer aucune des parties du système employé.
- La chambre solaire sera placée bien horizontalement, en ayant soin de faire coïncider l’axe de la chambre avec celui du miroir. On voit très facilement si ces conditions sont exactement remplies en réfléchissant le soleil sur la lentille collectrice.. Celle-ci doit être en-
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- tièrement couverte, en même temps que la pointe du cône lumineux passe par l’objectif.
- L’appareil étant installé, voyons maintenant quel en est le maniement. On commencera d’abord par couper au diamant toutes les parties du cliché qui ne doivent pas se trouver sur l’épreuve agrandie ; c’est la seule manière d’éviter le bris du cliché sous l’action des rayons solaires.
- Ce cliché, ainsi préparé, est placé entre les pattes en cuivre du porte-cliché ( fig. 14). La surface qui porte
- Fig. 14.
- l’image est tournée du côté de l’objectif; dans le cas contraire, l’image serait à l’envers. Maintenant, à l’aide du bouton et de la crémaillère, on fait mouvoir le cliché d’avant en arrière, de telle sorte que le bord rouge qui termine le cercle de lumière que l’on voit sur le cliché en le regardant par derrière, tombe presque sur les bords du cliché, mais en tous cas touche positivement ses angles.
- Il s’agit maintenant .de la mise au point. On remar-
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- CHAPITRE I.
- quera tout d’abord (en ne se préoccupant pas pour le moment de la mise au point) qu’en avançant et en reculant l’objectif, et en examinant la trace de l’image solaire sur la petite lentille de l’objectif, il y a une place où cette image est la plus petite possible. C’est la place que l’objectif doit occuper pour opérer dans les meilleures conditions. Si l’on avance ou recule le châssis porte-épreuve, l’image devient bientôt nette. Mais ce serait un pur effet de hasard que cette image occupât juste la dimension de la feuille de papier sensibilisée; il faut donc changer de place ou le cliché ou l’objectif. Mais nous avons vu qu'il ne fallait pas toucher au cliché, que si ses bords n’étaient pas éclairés, ils étaient exposés à casser. Donc, une fois le cliché mis en place, il est bon de le déranger le moins possible : l’objectif changera donc de place.
- Il est bon d’ajouter cependant que lorsqu’on interpose un verre dépoli entre la lentille condensatrice et le cliché, on peut faire mouvoir le cliché en avant sans inconvénient. On peut alors laisser l’objectif exactement à la place voulue, et les agrandissements n’en seront que meilleurs.
- Les objectifs de l’appareil dialytique peuvent recevoir des diaphragmes ; mais il ne faut se servir de ceux-ci que lorsqu’il y a des nuages qui obscurcissent momentanément le soleil; dans le cas contraire, il ne faut pas user de diaphragmes.
- Quel que soit le système employé, la mise en œuvre est toujours la même; l’image agrandie du petit cliché est projetée sur une feuille de papier convenablement
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- étendue sur une planchette. La mise au point étant effectuée, on met à la place de l’écran une feuille de papier préparée, ou une glace sensible et l’on fait poser.
- Nous verrons un peu plus loin la suite des opérations nécessaires à l’obtention de cette positive agrandie ; pour le moment, contentons-nous de faire remarquer que les poses au soleil sont toujours très courtes, et qu’il est indispensable quelquefois d’interposer un verre jaune pour atténuer l’intensité de la lumière.
- III. — AGRANDISSEMENTS.
- A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE.
- Appareils.
- Les procédés d’agrandissements ne sont réellement entrés dans la pratique que du moment où l’on a eu recours à la lumière artificielle; mais cette méthode n’était possible qu’avec des procédés extrêmement sensibles. Aussi peut-on dire que c’est surtout à l’apparition des procédés au gélatinobromure qu’il faut attribuer cette renaissance des agrandissements.
- Les appareils, dans leurs dispositions générales, rappellent la lanterne magique, mais ils diffèrent en bien des points de l’instrument primitif.
- L’appareil de projection ou la lanterne d’agrandissement se compose essentiellement d’un objectif achromatique (fig. 15), simple ou double, d’une courte distance focale, 12cm à docm, qui' donne sur un écran plus ou
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- CHAPITRE I.
- moins éloigné une image réelle, renversée et agrandie, d’une épreuve sur verre placée un peu au delà de la distance focale de Fobjectif. Mais, comme cette image est vue, non directement comme dans une lunette, mais par diffusion, une grande quantité de lumière est absorbée par l’écran. Aussi, pour que cette image ne soit pas trop sombre, il faut éclairer très vivement l’image
- Fig. là.
- originale, cliché ou dessin. On emploie à cet effet la lumière électrique, la lumière de Drummond, ou une lampe au pétrole E.
- Mais comme une lentille de 12cm à 15cm de distance focale ne peut dépasser 4cm ou 5cm de diamètre sans que les aberrations de sphéricité ne viennent troubler profondément la netteté de l’image, il faut que les rayons qui ontpassé à travers le cliché convergent vers l’objectif O, afin qu’ils puissent tous le traverser. F’our cela, le dessin Y est placé contre un système convergent C (un concentrateur formé par deux lentilles de grand diamètre
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- que les rayons traversent avant de tomber sur lui). Le foyer du système éclairant doit être tel qu’il forme sur l’objectif une image de la source lumineuse qui est près de l’accumulateur.
- Nous allons examiner successivement les différentes parties de l’appareil et voir quelles sont les conditions que chacune d’elles doit remplir.
- Tout appareil d’agrandissement se compose de trois parties distinctes : la lanterne, la source de lumière, le système optique. Enfin nous dirons un mot des chevalets.
- LANTERNE.
- La lanterne, ordinairement faite en tôle, doit contenir la source lumineuse et donner attache à sa partie antérieure au système optique. Une des conditions essentielles de toute bonne lanterne est de laisser pénétrer à son intérieur une masse d’air suffisante pour assurer un bon éclairage et empêcher un échauffement trop considérable de tout l’appareil. De plus, cette ventilation doit être obtenue sans que le moindre filet de lumière puisse s’échapper de la lanterne.
- Celle-ci se pose tantôt directement sur une table, tantôt elle est supportée par quatre colonnes qui permettent une manœuvre plus facile du chalumeau employé pour la lumière Drummond ( flg. 16). La cheminée qui surmonte la source lumineuse ne doit pas laisser échapper de lumière, et cependant assurer un tirage facile.
- On trouve aujourd’hui dans le commerce divers mo-
- T. — II® Partie.
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- CHAPITRE I.
- dèles de lanternes à agrandissements qui donnent d’ex-
- Fig. 16
- cellents résultats, et qui ne diffèrent les uns des autres que par quelques détails de construction.
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- Lanterne d’Eastman.
- Cette lanterne (fig. 17), entièrement construite en tôle, tient peu de place, ne coûte pas cher, et son sys-
- Fip. 17.
- tème optique est excellent. C’est le modèle le plus employé en Amérique et en Angleterre; il n’est pas encore très connu en France.
- L’objectif et le condensateur sont placés aux extrémités d’une boîte en tôle qui s’engage dans une rainure que porte à l’avant la lanterne. C’est là une disposition spéciale à ce modèle et qui rend le nettoyage des lentilles très commode. L’objectif est à crémaillère, et il est enchâssé à l’extrémité d’un tube de fort diamètre, qui peut s’allonger par frottement doux sur un autre tube soudé à la boîte du condensateur. La lampe est à trois mèches plates avec réflecteur en cuivre argenté.
- Il existe trois modèles de lanterne américaine pour les clichés 9 x 12, 13 x 18 et 18 x 24.
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- CHAPITRE I.
- Lanterne de Molteni.
- L’appareil de M. Molteni ( fig. 18) se compose d’une lanterne en tôle, munie à sa partie postérieure d’un réflecteur en verre argenté. Une lampe à bec rond four-
- Fig. 18.
- nit la lumière et éclaire les deux condensateurs fixés à la face opposée à celle qui porte le réflecteur. L’objectif est porté par une sorte de chambre à soufflet à vis de rappel, qui permet une mise au point fort exacte, quel que soit l’agrandissement qu’on désire obtenir.
- Les clichés s’introduisent dans l’appareil au moyen d’un châssis de bois, entre deux plaques à ressort qui font appuyer le cliché contre les condensateurs.
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- Lanterne universelle de MM. Clément et Gilmer.
- Cet appareil ( fig. 19), tout eu tôle pleine, est construit avec tout le soin désirable; il est monté sur une planchette en bois, et les plaques supportant le cliché,
- Fig. 19.
- solidement maintenues par des colonnes, assurent un centrage parfait. Des barillets de rechange permettent d’allonger le tube porte-objectif lorsqu’on veut faire des agrandissements peu considérables. La lampe est à mèches multiples.
- Il existe trois modèles de ce genre : l’un, à condensa-
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- CHAPITRE I.
- teur de 10cm, pour clichés de 7 x 8 ; l’autre,à condensateur de 15cm, pour les 8 x 9; le troisième, à condensateur de 22cm, pour les plaques 13 x 18.
- MM. Clément et Gilmer construisent encore une petite lanterne spécialement destinée à l’amplification des petits clichés de 4 x 4 (fig. 20).
- Fig. 20.
- Le corps de cet appareil est en tôle vernie, et il est monté sur une planchette en acajou. Il renferme une lampe à bec rond, avec verre et cheminée en métal, et munie d’un réflecteur en cuivre argenté.
- Le condensateur est composé de deux lentilles plan-convexe de 6cm de diamètre. L’objectif est de combinaison double, à portrait, de 12 lignes de diamètre, monté à crémaillère, et muni d’un diaphragme central fixe.
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- L’appareil possède deux porte-épreuves placés à l’avant du condensateur, l’un pour recevoir les clichés de toutes dimensions, jusqu’à 6cm de diamètre, l’autre spécialement destiné à la plaque ronde de la chambre
- Fig. 21.
- invisible, qui donne six clichés ronds sur la même plaque.
- La grande lanterne à agrandissement ( fig. 21) du même constructeur, est un appareil très perfectionné. Il est muni de deux portes, l’une en arrière, l’autre sur le côté, disposition qui permet d’employer à volonté l’éclairage au pétrole^ qui se règle par la porte de der-
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- CHAPITRE I.
- rière, ou bien la lumière Drummond, qu’il est plus facile de surveiller par une porte latérale.
- La lampe est à trois mèches, avec chapeau coulissant, de telle sorte que, quel que soit le déplacement Fig. 22.
- qu’il faille donner à la lampe, il ne s’échappe aucun filet de lumière.
- Lalanterne ainsi constituée, est montée sur un socle en bois de chêne, supportant à l’avant un soufflet à double bouton de crémaillère, à l’extrémité de laquelle est fixé l’objectif. La mise au point s’effectue ainsi avec la plus grande facilité, et le volume de l’appareil est extrêmement réduit.
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- Le n° 1 est muni d’un condensateur de 15cm, d’un objectif tiers de plaque, et peut recevoir des clichés 9 x 12; le n° 2 porte un condensateur de 22cm de diamètre, un objectif demi-plaque, et peut agrandir des clichés 13 x 18.
- Ces divers objectifs portent des diaphragmes centraux ( flg. 22), mais il est quelquefois préférable d’appliquer le diaphragme à la face de sortie des rayons
- Fig. 23.
- Fig. 24.
- lumineux; un simple carton noir percé d’un trou au centre, et placé dans le parasoleil de l’objectif, suffit amplement à l’effet cherché.
- Enfin, il est quelquefois très utile de changer d’objectif, suivant la grandeur du cliché et suivant celle de
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- CHAPITRE I.
- l’agrandissement que l’on cherche à obtenir; dans ce cas, il sera bon de munir la planchette porte-objectif
- Fig. 25.
- de la bague universelle de M. Molteni ( fig. 23, 24, 25).
- SOURCE LUMINEUSE.
- Celle-ci peut être une lampe électrique, un chalumeau pour la lumière Drummond, une lampe au pétrole.
- Lumière électrique.
- La lumière électrique et la lumière Drummond donnent les résultats les plus parfaits, non seulement à cause de leur intensité, mais surtout à cause du peu d’étendue du point lumineux ; les images sont alors
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- plus nettes sur les bords, condition difficile à remplir avec les lampes à large foyer lumineux.
- La lumière électrique est excellente, mais elle nécessite un outillage dispendieux : piles ou machines électromagnétiques, à moins que l’on habite une ville où l’éclairage électrique est installé. Dans ce cas, il suffit d’un fil d’abonnement, et il n’y a plus à s’occuper de la production du courant électrique.
- Mais ce n’est encore là qu’une exception, et il n’y a que peu de villes en France qui possèdent ce genre d’éclairage.
- Deux méthodes peuvent être employées pour la production de l’électricité : la pile ou les machines.
- Pile de Bunsen. — Il faut de trente à quarante couples Bunsen grand modèle pour obtenir une bonne lumière. Malgré les ennuis que donne le montage de cette pile, c’est encore la meilleure pour la production de la lumière; elle est d’une régularité très suffisante, et il est rare qu’elle ne fonctionne pas du premier coup. Je ne pourrais en dire autant des piles au bichromate, malgré toutes les réclames faites à leur sujet. Ces dernières ne peuvent être utilisées que pour actionner des lampes à incandescence ; tandis que pour des lampes à arc la pile Bunsen est indispensable.
- Machines électrodynamiques. — Les machines d’induction sont beaucoup plus commodes, mais elles nécessitent l’emploi d’un moteur, condition qui n’est pas toujours facile à remplir. Dans une installation spéciale,
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- CHAPITRE I.
- un moteur à gaz est excellent. Il a l’avantage de tenir peu de place et de pouvoir être mis en marche sans préparatifs. Mais moteur et machine électrodynamique sont encore d’un prix élevé et entraînent toujours une forte dépense.
- Accumulateurs. — On peut encore user, comme source lumineuse, des accumulateurs, réservoirs dans lesquels on emmagasine l’électricité, que celle-ci soit produite par une pile ou par une machine. Mais ce n’est que dans des cas tout particuliers que les accumulateurs peuvent être employés avec succès, lorsque, par exemple, on peut profiter d’une force motrice intermittente.
- Il ne faut pas oublier que, jusqu’à présent, les accumulateurs sont des instruments lourds, encombrants, et qui se détériorent assez facilement. Un accumulateur parfait est encore à trouver.
- Régulateurs. — Les modèles de lampes sont assez nombreux ; les unes sont à régulateur et maintiennent le point lumineux en place, grâce à un mouvement d’horlogerie actionné par le courant lui-même.
- Mais, à notre avis, il est préférable, pour les agrandissements, d’employer des lampes plus simples, sans * régulateurs automatiques, et dans lesquelles les charbons se meuvent à la main.
- Le modèle que représente la fig. 26 est dû à M. Bou-dréaux, et construit par M. Ducretet.
- Le charbon supérieur O' s’applique légèrement sur le charbon inférieur plus grcs C, quand on desserre la
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- vis B". Le charbon supérieur est guidé par un anneau l évasé en dessus et contenant un peu de mercure, qui ne peut s’échapper par les joints, trop étroits, et qui
- Fig. 26.
- lui apporte l’électricité négative par P'R l. Les boutons B, B' servent à régler la direction du charbon C"; les pignons à crémaillère P, P' permettent de changer la distance des supports’des charbons, et le pignon P", de
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- CHAPITRE I.
- déplacer verticalement tout l’appareil, pour mettre le foyer lumineux à la hauteur voulue.
- On peut encore utiliser le régulateur de Duboscq. Celui-ci est monté sur un pied à crémaillère qui permet le centrage du point lumineux. Le rapprochement des charbons s’effectue au moyen d’un seul bouton, dont l’axe porte deux pignons isolés, l’un ayant un diamètre double de l’autre. Les porte-cliarbons sont mobiles, et les charbons peuvent être remplacés sans être obligé d’enlever le régulateur de la lanterne.
- Les régulateurs à main sont peut-être préférables en toutes circonstances aux régulateurs automatiques ; avec ces derniers, on compte trop sur leur bon fonctionnement, et si un accident survenait, il est quelquefois difficile de porter remède immédiatement au mal. Avec les régulateurs à main, on est toujours maître de sa lumière. De plus, on évite avec eux ce bruit désagréable qui se produit souvent avec les appareils automatiques, et qui dépend tantôt d’un défaut de réglage, tantôt d’une variation dans l’intensité du courant.
- L’emploi de la lumière électrique pour les agrandissements n’est réellement utile que dans le cas des forts grossissements, car elle a une puissance photogénique considérable, et permet des temps de pose relativement courts.
- Les lampes à incandescence ne sont pas à conseiller pour le cas qui nous occupe ; leur surface lumineuse est trop grande; elles nécessitent un réflecteur, et il est presque impossible, avec elles, d’obtenir une surface éclairée uniformément.
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- Lumière oxyliydrique.
- Le meilleur, surtout le plus commode, de tous les éclairages artificiels est celui que l’on obtient par l’incandescence d’un cylindre de chaux au moyen d’un mélange de gaz hydrogène et oxygène; lumière Drum-mond, lumière oxyhydrique. Ici le foyer lumineux est réduit à une surface très petite, et, de plus, il est très facile d’obtenir un éclairage intense et d’une très grande fixité.
- Le seul inconvénient de cette méthode est l’obligation de préparer le gaz oxygène, opération facile, il est vrai, mais qui peut devenir dangereuse entre les mains d’un opérateur inexpérimenté ou peu soigneux. A Paris, on peut éviter tous ces ennuis, car on trouve aujourd’hui à l’usine de MM. Blin de l’oxygène comprimé dans des tubes d’acier.
- La lumière oxyhydrique se produit en brûlant un mélange d’hydrogène et d’oxygène ; cette flamme est peu éclairante par elle-même, mais elle possède une puissance calorifique considérable (1400° à 1500°), et elle porte facilement à l’incandescence certains corps; mais les uns se volatilisent alors, l’acier, par exemple, et donnent bien une lumière éblouissante, mais de courte durée. La chaux vive, au contraire, malgré cette température énorme, ne se volatilise pas et demeure incandescente.
- Un chalumeau sert à opérer la combustion des deux gaz; ceux-ci ne doivent pas être en proportions quelconques : pour obtenir le maximum d’effet, ils doivent
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- CHAPITRE I.
- être mélangés dans la proportion de lvo1 d’oxygène contre 2vo1 d’hydrogène.
- Hydrogène. — Lorsque l’on peut faire usage du gaz d’éclairage, hydrogène carburé, il suffit de relier par un
- Fig. 27.
- tube de caoutchouc le chalumeau à une olive fixée au lieu et place d’un bec de gaz, ou sur une prise spéciale. Il est important de ne pas fixer le tube en caoutchouc sur un bec papillon, par exemple, le débit serait beaucoup trop faible; il faut donc dévisser ce bec et le rem-
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- placer par une olive ; on cherchera aussi à placer horizontalement ou verticalement en bas cette olive, afin d’éviter un coude trop brusque du tube de caoutchouc qui intercepterait le passage du gaz.
- Dans le cas où l’on ne pourrait changer la direction de l’olive de prise, il faudrait remplacer le tube de caoutchouc par les tubes métalliques flexibles que l’on fabrique à cet effet (fîg. 27). Par une disposition très simple, que l’ori voit sur la figure, on relie rapidement ce tube à l’olive.
- Si l’on n’avait pas d’olive à sa disposition, il faudrait dévisser le bec papillon et fixer le tuyau.de caoutchouc, ou le tube flexible, sur le pas de vis qui termine le tube d’arrivée du gaz. Si l’on emploie le caoutchouc, il sera prudent de poser une ligature.
- Mais il peut arriver que l’on ne puisse utiliser le gaz d’éclairage; il faut alors fabriquer de toutes pièces l’hydrogène.
- Si l’on a besoin d’une petite quantité d’hydrogène, on peut utiliser la méthode des laboratoires.
- On prend deux flacons de quatre à cinq litres de capacité [fîg. 28) ; chacun d’eux porte une tubulure dans le bas, et on les réunit l’un à l’autre par un fort tube de caoutchouc.
- Dans l’un des flacons on met d’abord des fragments de verre ou de charbon, jusqu’au-dessus de la tubulure, puis des rognures de zinc ou du zinc en grenailles, jusqu’aux trois quarts environ ; on bouche le goulot avec un bon bouchon de liège dans lequel passe un tube muni d’un robinet que l’on ferme.
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- CHAPITRE I.
- Dans l’autre flacon, on verse, jusqu’aux trois quarts environ, un mélange ainsi composé :
- Eau................................... 1000cc
- Acide sulfurique....................... 100gr
- Acide chlorhydrique..................... 300gr
- Bien que les deux flacons communiquent ensemble Fig. 28.
- fl
- par le tube de caoutchouc qui relie leurs tubulures, le liquide acide ne peut arriver sur le zinc, parce qu’il en est empêché par l’air retenu dans le flacon; mais, dès que l’on ouvre le robinet, l’air s’échappe, la solution acide touche le zinc et l’hydrogène se dégage par le tube ; lorsqu’on ferme le robinet, le gaz qui se forme
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT. 55
- refoule le liquide dans l’autre flacon, et le courant d’hydrogène est interrompu, pour reprendre avec la même facilité lorsqu’on tourne de nouveau le robinet.
- Comme on le voit, cet appareil peut être monté à l’avance, il est toujours prêt à fonctionner; il suffît pour cela de tourner le robinet.
- M. Molteni a construit un appareil plus robuste que celui que nous venons de décrire, mais qui fonctionne d’après le même principe ( fig. 29).
- Il se compose d’une cloche en plomb en forme de bouteille, dont le goulot se termine par un robinet de dégagement C. Le fond F peut s’enlever et se mettre en place rapidement par une fermeture à baïonnette; il est percé de trous sur toute sa surface et sur les côtés. Pour mettre en marche l’appareil, on renverse la bouteille, on enlève le fond, et on la remplit aux trois quarts de rognures de zinc sur lesquelles on ajoute un lit de verre cassé, ou mieux de menu charbon, charbon de bois ou coke. On remet en place le fond et l’on retourne la bouteille pouf la placer dans un baquet rempli de la solution acide dont nous avons donné la formule. Lorsqu’on ouvre le robinet, le liquide pénètre, agit sur le zinc, et l’hydrogène se dégage aussitôt; lorsqu’on le ferme, l’acide est refoulé parle gaz hors de la bouteille, et la production du gaz cesse.
- ! L’appareil en plomb de Molteni est préférable à celui en verre des laboratoires parce qu’il ne peut causer d’accidents en cas d’explosion, explosion qui peut se produire si la solution acide arrive trop vite sur le zinc, et si le dégagement de gaz a lieu brusquement.
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- CHAPITRE I.
- Avec les flacons de verre, lorsque cet accident se produit, les récipients éclatent et peuvent blesser l’opéra-
- Fig. 29.
- teur;avec la cloche en plomb, pas d’explosion possible; celle-ci est soulevée hors de l’eau et se renverse le plus souvent.
- Comme il est difficile d’obtenir par l’une ou l’autre
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- de ces méthodes un débit de gaz sous pression suffisante, il faut emmagasiner l’hydrogène dans des sacs en caoutchouc. A la rigueur, cependant, on peut attacher directement le tube du chalumeau sur le robinet de l’appareil Molteni; mais il sera toujours préférable d’employer le sac.
- L’hydrogène mélangé à l’air forme un mélange détonant des plus dangereux; aussi est-il important de prendre certaines précautions.
- 1° Laisser échapper l’air qui était contenu dans les appareils produisant le gaz avant de les relier au chalumeau ou au sac de caoutchouc.
- 2° Bien purger d’air le sac, en le roulant, et, au besoin, en aspirant soit avec la bouche, soit avec un fort soufflet l’air qu’il peut contenir. Par les temps froids, assouplir le tissu caoutchouté en l’approchant d’un foyer de chaleur.
- 3° Ne pas remplir le sac trop longtemps à l’avance, car l’hydrogène traverse peu à peu par endosmose le tissu de caoutchouc le plus serré ; chaque molécule de gaz ainsi échappé est remplacée par une molécule d’air, et alors le sac contient un mélange détonant des plus dangereux. Cet effet se produit en quelques jours.
- Si l’on est obligé de renoncer à l’emploi de l’hydrogène, on peut avoir recours à une simple flamme d’alcool, comme nous le verrons tout à l’heure, ou bien employer l’air carburé.
- Air carburé. — Celui-ci se produit à l’aide de l’appareil suivant :
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- CHAPITRE I.
- Dans un seau cylindrique ( fig. 30), on introduit par l’entonnoir A deux litres de gazoline : le robinet de trop plein B indique le moment où le carburateur est plein; le bouchon revissé à la place de l’entonnoir, on agit sur le soufflet H, qui remplit d’air les deux poches régulatrices F et G, munies intérieurement de soupapes pour empêcher tout retour d’air en arrière. L’air pénètre sous pression par le robinet D dans le carburateur, se charge de vapeurs de pétrole, et sort en E pour brûler dans le chalumeau aux lieu et place de l’hydrogène. En C est une soupape de sûreté destinée à régulariser la pression intérieure.
- On arrive par ce moyen à produire une flamme très active, qui devient suffisamment chaude par son mélange avec l’oxygène pour rendre incandescent le cylindre de chaux.
- Vapeurs d’éther. — L’air carburé peut être encore remplacé par les vapeurs d’éther, et la lumière ainsi produite est peut-être plus intense que par les procédés que nous venons de décrire.
- La vaporisation de l’éther se fait au moyen de l’appareil ci-dessous [fig. 31).
- Pour se servir de cet instrument, on dévisse un des couvercles qui ferment les deux tubes, et l’on verse dedans de l’éther méthylique jusqu’au moment où les deux tubes sont pleins : un demi-litre environ. On bouche alors l’appareil et, au bout de quelques minutes, on dévisse de nouveau le couvercle et l’on renverse tout l’instrument, de façon à laisser égoutter au
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- CHAPITRE I.
- dehors tout l’excès d’éther; on visse alors fortement le couvercle, et l’appareil est chargé.
- Pour le mettre en marche, on place le tuyau de caoutchouc venant du sac à oxygène sur la tubulure du T qui communique d’une part avec le vaporisateur, d’autre part avec le tube qui va aboutir au robinet oxygène du chalumeau. La seconde tubulure est mise en
- Fig. 31.
- communication avec le robinet hydrogène du chalumeau, et c’est par là que viennent brûler les vapeurs d’éther poussées et mélangées à l’oxygène.
- Il ne faut pas oublier que cet appareil peut devenir dangereux lorsqu’il se produit un retour de pression ; les vapeurs d’éther pénètrent alors dans le réservoir à oxygène et forment un mélange détonant. Il faut donc faire la plus grande attention, charger le sac à oxygène avant d’allumer, et fermer le robinet du sac avant de décharger le sac.
- Oxygène. — Il existe plusieurs moyens pour produire
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- l’oxygène; le meilleur, sinon le moins cher, consiste à décomposer par la chaleur le chlorate de potasse. Dans les laboratoires, on se contente de chauffer du chlorate de potasse dans une cornue de verre jusqu’à ce que l’oxygène se dégage ; mais on n’arrive par ce moyen qu’à produire de petites quantités de gaz ; il faut chauffer avec beaucoup de précaution pour éviter un dégagement brusque qui pourrait faire éclater la cornue.
- Lorsqu’on veut, au contraire, obtenir une quantité d’oxygène plus considérable, 100 litres ou 200 litres, on emploie une marmite en fonte, dans laquelle on introduit un mélange de chlorate de potasse et de bioxyde de manganèse. On obtient ainsi un dégagement beaucoup plus régulier et les explosions ne sont plus à craindre; mais il ne faut négliger aucune des précautions que nous allons indiquer.
- Le chlorate de potasse devra être en paillettes cristallisées et non en poudre, ce dernier se décomposant avec une trop grande rapidité, ce qui peut amener des accidents ou tout au moins faire perdre une certaine quantité de gaz.
- Le bioxyde de manganèse doit, au contraire, être réduit en poudre; et il est bon de le calciner au rouge sur une plaque de tôle, dans une poêle à frire, par exemple. On élimine ainsi toutes les substances étrangères, dont les unes pourraient, par leur mélange avec le chlorate de potasse, former un mélange détonant, ou qui en brûlant dans l’appareil produirait de l’acide carbonique qui souillerait l’oxygène.
- Les auteurs varient sur la quantité du bioxyde de
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- CHAPITRE I.
- manganèse à mélanger au chlorate de potasse ; mais il n’y a aucun inconvénient à élever la dose de manganèse, et comme cette substance sert indéfiniment, la question d’économie n’existe pas. Dans notre pratique, nous employons parties égales en poids de l’un et de l’autre.
- Le mélange doit être fait à l’avance, et l’on remue avec une spatule jusqu’au moment où la masse a pris une teinte uniforme.
- On installe alors l’appareil ( fig. 32) de la manière
- Fig. 32.
- suivante : A est une marmite en fonte, dont le bord libre porte une rigole B dans laquelle entre le cou-vercleC, terminé par un tube en fer D. On met dans la
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- marmite le mélange de chlorate de potasse et de bioxyde de manganèse, et l’on a le soin de relever vers les bords la masse noirâtre, de façon à lui faire former un cône renversé; le dégagement se fera mieux, et l'on évitera par là que des portions du mélange échappent à la décomposition.
- Dans la rigole B on coule du plâtre de Paris gâché avec soin; on pose le couvercle et l’on achève de garnir de plâtre les parties libres de la^ rigole. Pour préparer le plâtre, on met dans une sébille en bois ou dans une assiette creuse 200cc d’eau environ, puis, à l’aide d’une cuiller, on verse du plâtre en l’éparpillant en quantité telle que l’eau disparaisse. Si le plâtre est frais, n’est pas éventé, le mélange prendra rapidement, et acquerra bien vite la densité voulue. Si le plâtre est vieux, il faudra forcer la dose. On mêle bien à la cuiller et l’on coule dans la rigole, de façon à la remplir à moitié. On pose alors le couvercle, après s’être assuré que le tuyau D n’est pas bouché ; on achève de remplir la rigole déplâtré, on lisse avec la main, et au bout de quelques minutes la marmite peut être placée sur le feu.
- Le fourneau à gaz que construit à cet effet M. Mol-teni est le meilleur appareil pour chauffer la cornue. Au commencement de l’opération, on chauffe doucement pour éliminer l’eau et l’air qui peuvent être contenus dans la cornue. Pendant le temps de l’opération, on réunit le tube D au flacon laveur F par un tube en caoutchouc d’un diamètre assez fort, et l’on s’arrange de façon que la marmite soit plus élevée; de cette manière, s’il se produit de l’eau pendant l’opération,
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- CHAPITRE I.
- elle tombe naturellement dans ce flacon et n’engorge pas le tube d’amenée. Dans le flacon laveur on met de l’eau jusqu’à moitié, et l’on ajoute un peu de carbonate de potasse pour neutraliser les traces d’acide qui pourraient se produire et être entraînées avec le gaz.
- On a grand soin de relier le tube E avec la tubulure L qui porte le mot entrée; celle-ci conduit le gaz au fond du laveur; sur la tubulure M qui porte le mot sortie, on place un tube de caoutchouc que l’on relie au sac, après s’être assuré que le robinet est bien ouvert. Mais il faut attendre que le dégagement d’oxygène ait commencé, chose dont il est facile de s’assurer en approchant delà tubulure M une allumette enflammée; si c’est encore de l’air qui s’échappe, la flamme ne change pas d’aspect; si, au contraire, c’est de l’oxygène, elle prend un éclat tout particulier. Le bruit que fait le gaz en barbotant dans le flacon laveur, permet de suivre le dégagement du gaz; si celui-ci se produit trop rapide, l’eau s’élève dans le tube de sûreté H, qui doit plonger jusqu’à une petite distance du fond ; on baisse alors le gaz du fourneau. Si l’on veut se rendre mieux compte de la marche de l’opération, on peut remplacer le flacon laveur en métal par un flacon de verre de trois ou quatre litres de capacité portant trois tubulures, l’une pour le tube d’entrée du gaz qui plonge dans l’eau, l’autre pour la sortie qui descend à peine au-dessous du bouchon. La troisième tubulure, celle du centre, sert à introduire un tube de sûreté.
- L’appareil, ainsi monté, pourrait encore présenter quelque danger dans le cas où, le feu diminuant et la
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- production du gaz cessant, il se ferait une moindre pression; l’eau du flacon laveur F serait alors aspirée, et en pénétrant dans la marmite très chaude, elle pourrait occasionner une explosion. On obvie à cette éventualité par l’interposition d’un flacon vide à deux tubulures; on monte l’extrémité L du tube de caoutchouc sur l’une, on réunit la seconde au laveur par un autre tube, de sorte que, s’il se fait une absorption, l’eau reste dans le flacon interposé, et c’est l’oxygène ou l’air qui entre dans la marmite.
- Mais cet accident ne pourrait se produire que par défaut de surveillance, si l’on avait abandonné l’appareil, ce qu’il est toujours imprudent de faire. Lorsque le dégagement du gaz a cessé, on ferme le robinet du sac et on laisse refroidir la cornue. Il est important de ne pas laisser en communication le sac et l'appareil producteur quand-le dégagement d’oxygène s’est arrêté, car il se produirait alors le phénomène d’absorption dont nous avons déjà parlé.
- La marmite refroidie, on démonte le couvercle, on la remplit d’eau, on agite la bouillie noire qui se produit, on laisse déposer le bioxyde de manganèse, on décante, et l’on change l’eau de même manière deux ou trois fois. On élimine ainsi le chlorure de potassium qui s’est prôduit ; le bioxyde de manganèse nettoyé est desséché et servira pour une nouvelle opération.
- On peut encore effectuer ce lavage de la manière suivante : On détache au moyen d’un ciseau à froid et d’un marteau la masse noire et dure qui reste dans la marmite, et on la met dans un entonnoir de verre bouché
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- CHAPITRE I.
- par un tampon de coton. On verse sur le tout de l’eau chaude qui dissout rapidement le chlorure de sodium; un deuxième et un troisième lavage avec de nouvelle eau chaude laisseront le manganèse parfaitement pur.
- Sac a gaz. — Le gaz ainsi produit s’emmagasine dans des sacs en caoutchouc, ou bien encore dans des gazomètres. Ce dernier instrument est excellent pour conserver le gaz, car il ne se fait plus alors de déperdition par endosmose; mais il est difficile’de donner une pression suffisante sur un gazomètre, et en dernière analyse il faut toujours en terminer avec le sac. Ceux-ci se composent de feuilles de caoutchouc vulcanisé, laminées entre deux fortes toiles, et réunies sous forme de soufflet carré; un robinet est placé sur la charnière, comme on le voit sur la flg. 32.
- Les sacs sont de deux dimensions : 125 et 250 litres environ. Le premier peut alimenter le chalumeau pendant une heure ou une heure et demie ; le second donne de deux à trois heures de lumière.
- En hiver, ces sacs deviennent durs et cassants, et ils ne pourraient servir en cet état. On leur rend leur souplesse en introduisant par le robinet quelques litres d’eau chaude à la température de 30° ou de 40°. Aussitôt l’effet produit, on vide l’eau et l’on fait égoutter avant de remplir de gaz.
- Ces sacs sont d’un prix élevé ; il est donc important de veiller à leur conservation, et avec un peu de précautions, ils peuvent faire un long usage. En été, il faut veiller à ce que le soleil ne puisse les atteindre ;
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- DES MÉTHODES d’AGHANDI S SEMENT.
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- ils se ramolliraient outre mesure, et s’ils étaient suspendus par le robinet, ce que l’on fait trop souvent, celui-ci pourrait être arraché de sa place. Un excellent moyen de conservation consiste à garder les sacs dans une cave, de façon à obtenir une température uniforme. Cette précaution est surtout utile en été.
- S’il se produit une fissure dans un sac, il est quelquefois difficile de trouver le point où l’accident s’est produit. On peut employer, pour cette recherche, deux moyens : le premier consiste à remplir à moitié le sac percé de gaz ou plus simplement d’air. On le plonge alors dans l’eau, et en le comprimant, on voit l’air ou le gaz sortir en petites bulles ; avec un crayon rouge, on marque le point où apparaissent les bulles.
- Il faut, dans ce cas, avoir à sa disposition un baquet assez grand, et c’est là une condition qui n’est pas toujours facile à remplir.
- La seconde méthode consiste à remplir d’air le sac que l’on suppose défectueux et à verser dans l’intérieur une certaine quantité d’eau ; en comprimant alors le sac, ou simplement en forçant l’air qu’il contient avec un fort soufflet, on voit l’eau suinter au dehors par les fissures; on marque celles-ci au crayon rouge, comme dans le cas précédent.
- Il faut alors boucher ces fentes; un raccommodage complet nécessitera les opérations suivantes : avec un canif on fend la toile extérieure au-dessus du point à réparer, on la relève de droite et de gauche, de façon à mettre à nu le caoutchouc sur une certaine étendue. On imbibe alors cette surface avec de la benzine; après
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- CHAPITRE I.
- quelques minutes on passe une couche de caoutchouc dissous que l’on trouve chez tous les fournisseurs d’articles de cette espèce, et l’on colle par ce moyen un morceau de caoutchouc en feuille ou de toile caoutchoutée; on rabat ensuite les bords de la toile et on’les fait adhérer avec la solution de caoutchouc.
- Ces opérations sont assez longues, difficiles, et elles demandent beaucoup de soins pour réussir.
- Plus simplement, on peut se contenter d’imbiber de benzine le point marqué, sans enlever la toile, et de coller à la surface ainsi préparée un morceau de toile
- Fig. 33.
- caoutchoutée, ou de cuir que l’on recouvre^d’une couche de solution de caoutchouc.
- Le sac rempli d’oxygène doit être soumis à une certaine pression. On fait alors usage d’un compresseur [flg. 33). Celui-ci se compose de deux plateaux de bois de la dimension du sac, et réunis sur un des côtés par une double charnière ; une large encoche laisse passer
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- le robinet. Le plateau inférieur est placé bien horizontalement sur le parquet; le plateau supérieur porte une traverse à charnière destinée à retenir les poids employés pour mettre le gaz en pression.
- Oxygène comprimé. — La fabrication de l’oxygène, quoique facile, est toujours une opération longue et ennuyeuse, et elle peut présenter quelque danger. Il ne faut pas oublier également que le gaz ne peut se conserver pur dans les sacs que peu de temps; par suite des phénomènes d’endosmose, l’oxygène s’échappe peu à peu et est remplacé par de l’air. Enfin, dans le gazomètre, surtout dans ceux faits en zinc, il peut se faire de l’hydrogène par la décomposition de l’eau, et une explosion se produira lorsqu’on voudra faire usage du gaz conservé dans ces conditions. Cet accident s’est, déjà produit dans un laboratoire. Il y avait donc à rechercher le moyen d’éviter ces divers inconvénients. L’emploi de l’oxygène comprimé dans des tubes d’acier obvie à tous ces défauts.
- MM. Brin frères, à Paris, livrent aujourd’hui de l’oxygène pur enfermé soit dans des tubes en acier, soit dans des récipients en tôle, éprouvés les uns et les autres à la presse hydraulique.
- Le procédé industriel employé pour la production de l’oxygène pur consiste à faire passer de l’air sec, débarrassé de son acide carbonique, sur de la baryte caustique chauffée vers 500° dans des cornues en fer disposées dans un four chauffé à l’oxyde de carbone. A 500° la baryte absorbe l’oxygène de l’air par une sorte de
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- CHAPITRE I.
- suroyxdation, et il se dégage de l’azote qu’on laisse perdre dans l’air ou qu’on recueille suivant le besoin.
- Lorsque la baryte a atteint son maximum d’absorption, on pousse la température vers 800°, en interrompant l’arrivée de l’air, et à l’aide d’une pompe d’aspiration, on recueille l’oxygène, car, et c’est là la partie la plus curieuse du procédé, il a été reconnu qu’à cette température la baryte abandonnait tout le gaz absorbé à la température inférieure.
- Le four comporte deux batteries identiques, dont
- Fig. 34.
- l’une sert à la suroxydation, tandis que l’autre travaille à la désoxydation : la manœuvre consiste donc simplement à agir sur un robinet à double voie, et à élever et à abaisser la température à intervalles réglés pour
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- que les batteries fournissent de l’oxygène d’une manière continue.
- La baryte sert indéfiniment, et son pouvoir absorbant semble augmenter par un travail continu; à chaque opération il se produit 50 litres d’oxygène par kilogramme de baryte.
- Le gaz ainsi produit est amené dans un vaste gazomètre et ensuite comprimé dans des récipients en acier. Les uns ont la forme d’un seau cylindrique avec anses (fig. 34), et contiennent de 200 litres à 500 litres.
- Le petit modèle mesure 53cm de hauteur sur 25cm de large; il pèse 8ks et contient 200 litres d’oxygène à une pression de 8 atmosphères. L’autre modèle de réservoir consiste en un tube d’acier, d’une seule pièce, terminé à une extrémité par une calotte sphérique (fig. 35), et à l’autre par un ajutage à vis sur lequel se monte le régulateur chargé de régulariser la pression du gaz.
- Ici la résistance des parois est beaucoup plus considérable, et la pression est ordinairement de 65 atmosphères, mais elle peut aller jusqu’à 120 atmosphères; dans ce cas, un tube de 80cm de long et de 15cm de diamètre contient 600 litres de gaz à 65 atmosphères, et 1100 litres à 120 atmosphères.
- Dans tous ces réservoirs, la fermeture est obtenue au moyen d’un bouchon conique fileté, placé sur le côté, et que l’on ne peut manoeuvrer qu’avec une clef. Suivant que l’on desserre la vis plus ou moins, on fait varier l’ouverture de sortie et le débit. Avec un peu de soin et d’habitude on peut arriver par ce moyen, très simple, à régulariser la sortie du gaz, mais il faut sur-
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- CHAPITRE I.
- veiller constamment la marche du chalumeau, car la pression diminue graduellement avec la sortie du gaz, et il faut ouvrir peu à peu la vis de réglage.
- Pour assurer un débit uniforme, il vaut mieux faire
- Fig. 35.
- usage d’un régulateur automatique, que l’on interpose entre le tube et le chalumeau. Deux modèles ont été proposés, et tous deux fonctionnent avec une régularité très suffisante.
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- DES MÉTHODES D’AGBANBISSEMENT. 73
- Le premier consiste en une tête de cuivre fixée par un contre-écrou sur le goulot du réservoir; le gaz, en sortant de ce dernier, pénètre dans un soufflet de caoutchouc muni d’un fort ressort qui le maintient fermé, et il s’échappe au dehors par un ajutage métallique que l’on rejoint par un tube de caoutchouc au robinet du chalumeau. En desserrant la vis-bouchon et en ouvrant plus ou moins le robinet du chalumeau, on arrive à obtenir le débit convenable. Disons dores et déjà que le chalumeau est à point torsqu’il brûle sans bruit tout en donnant le maximum de lumière ; un léger sifflement indique un excès d’oxygène. Mais nous aurons à revenir tout à l’heure sur cette question du réglage du chalumeau, car elle a son importance.
- Si la pression vient à monter, le soufflet se gonfle, et, dans ce mouvement, il entraîne le ressort qui agit par rotation sur une pièce contenue à l’intérieur du régula-lateur; celle-ci agit à son tour sur l’orifice de sortie du gaz et rétrécit cette ouverture à mesure que le soufflet s’ouvre, c’est-à-dire que la pression augmente. Cette disposition a de plus ce grand avantage, c’est que, lorsqu’on ferme le robinet du chalumeau, le réservoir se trouve fermé automatiquement par le soufflet.
- Malgré tout, cette sorte de régulateur a besoin d’être surveillé; il peut suffire dans la plupart des cas, mais, pour obtenir une marche absolument régulière, il vaut mieux avoir recours au second modèle (fig. 35).
- Dans celui-ci, une cloison en caoutchouc divise le régulateur en deux chambres. Le gaz pénètre dans la première par un ajutage dans lequel s’engage de bas en
- T. — IIe Partie.
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- CHAPITRE I.
- haut une soupape conique soutenue par la cloison et manœuvrée du dehors par une clef. Le gaz sort de cette chambre par un bec latéral, et son débit reste uniforme tant que la pression reste la même ; si elle vient à augmenter, la membrane se gonfle du côté de la chambre supérieure et entraîne le cône de réglage qui diminue Farrivée du gaz jusqu’à ce que la pression revienne au degré précédent. Une fois le cône réglé par la clef, le réservoir se vide avec une régularité de débit absolue.
- Si l’on tient à savoir quelle êst la quantité de gaz consommée, ou plutôt celle qui reste dans le réservoir, il faut placer sur la tête du tube un manomètre préparé à cet effet; on ouvre peu à peu le robinet, et l’aiguille marque la pression du gaz contenu dans le tube. Un petit calcul donne alors la quantité cherchée : étant connue la capacité du tube, en multipliant celle-ci par la pression indiquée on a le volume du gaz qui reste dans le réservoir. Une fois le bouchon à vis refermé, on dévisse le manomètre, et il est bon d’être prévenu qu’il se produit alors un petit sifflement qui pourrait faire croire que le réservoir est ouvert ; ce sifflement provient tout simplement de la petite quantité de gaz comprimé qui était restée dans le tube du manomètre.
- L’oxygène contenu dans ce réservoir métallique est très pur, comme nous l’avons dit, ce qui offre un double avantage : le chalumeau brûle sans produire de sifflement, et le gaz n’attaque plus aucune des pièces avec lesquelles il est mis en contacL Avec l’oxygène obtenu par la décomposition du chlorate de potasse, il n’en est pas ainsi : presque toujours vers la fin de l’opération,
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- surtout si l’on pousse trop le feu à ce moment, il se dégage une certaine quantité de chloré que le flacon laveur ne retient pas toujours. Celui-ci attaque les sacs de caoutchouc, et dans le chalumeau il donne naissance à de l’acide chlorhydrique qui attaque fortement les appareils.
- Chalumeau. — Dans le système primitif de Drum-mond, on effectuait à l’avance le mélange des deux gaz et on les projetait dans un tube métallique terminé par un ajutage en platine à orifice très étroit. Au-dessous de ce brûleur, le tube d’arrivée présentait un renflement dans lequel étaient placées un nombre considérable de rondelles en toile métallique, destinées à empêcher un retour de flamme et une explosion du réservoir. Malgré ces précautions, un accident était toujours à craindre; aussi la lumière Drummond était-elle employée rarement, et toujours avec appréhension.
- Plus tard, on eut l’idée de n'effectuer le mélange qu’à une très petite distance de l’ajutage d’inflammation, et tout danger fut ainsi écarté.
- Le modèle que représente la fîg. 36 est construit d’après ce principe.
- Une crémaillère permet de mettre le point lumineux à la hauteur voulue, et au moyen d’une tige butante à vis on peut incliner plus ou moins l’orifice du chalumeau, de façon à éloigner ou à rapprocher le jet de flamme du cylindre de chaux.
- La manoeuvre de ce chalumeau est un peu délicate : il se produit facilement des explosions : celles-ci sont
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- CHAPITRE I.
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- sans danger aucun, mais elles éteignent la flamme. Il faut, pour éviter cet accident, baisser le plus possible
- Fig 36.
- l’hydrogène avant de donner l’oxygène, et ouvrir lentement les deux robinets.
- En France, on a abandonné presque complètement ce modèle; mais, en Angleterre, il est devenu à la mode dans ces derniers temps; il donnerait une flamme plus
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- DES MÉTHODES D'AGRANDISSEMENT.
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- régulière que celui que nous allons décrire, et avec un peu d’habitude le réglage s’obtiendrait facilement.
- Dans le modèle 'habituellement en usage, les deux tubes d’amenée sont placés concentriquement l’un dans l’autre, le jet de gaz hydrogène formant une sorte de couronne au milieu de laquelle est lancé un étroit fil d’oxygène (fig. 37).
- L’examen de la figure en fera facilement comprendre
- Fig. 37.
- les dispositions : le tube O est mis en communication avec la prise de gaz d’éclairage, ou bien avec le sac plein d’hydrogène, au moyen d’un tube de caoutchouc, ou mieux d’un tube métallique flexible. Un robinet permet d’en régulariser le débit au point voulu ; par le tube E le gaz arrive à l’orifice F qui est relevé obliquement et taillé en biseau, de façon à projeter sa flamme en haut, et cela, afin que l’ajutage ne fasse pas ombre devant le cylindre de chaux. L’oxygène est envoyé de même manière par le tube H et D, il pénètre dans l’ajutage de sortie de l’hydrogène et se termine par une très petite ouverture effilée placée exactement au centre de l’ouverture en sifflet.
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- CHAPITRE I.
- La tige B est destinée à supporter le cylindre de chaux qui est percé dans son axe. Cette tige est filetée et porte une pièce mobile qui peut monter et descendre de façon à mettre le cylindre de chaux à la hauteur voulue. Toute cette partie est mobile d’avant en arrière et glisse sur les deux tubes d'amenée des gaz D, E.Elle est maintenue à la place voulue par l’écrou de serrage G. Ce mouvement d’avant en arrière est nécessaire pour mettre la chaux à une distance telle que le jet de gaz la touche en son milieu et laisse à la flamme une largeur de lcm à 2cm environ.
- Dans un modèle plus perfectionné, le tube à hydrogène se termine par un ajutage à large débit, et sa tête en cône s’infléchit à 45° vers le cylindre de chaux. Le tube à oxygène pénètre au milieu de cet ajutage et se termine un peu en arrière de l’ouverture par une petite buse en cuivre rouge percée d’un grain assez fin.
- Une tige à pignon permet de faire tourner le cylindre de chaux sur son axe et de changer la surface de chauffe, ce qui est souvent nécessaire. Enfin, une tige à crémaillère donne la possibilité de centrer en hauteur le point lumineux.
- Ces différents modèles dè chalumeaux peuvent servir soit avec l’hydrogène pur, obtenu au moyen du zinc et de l’eau acidulée, soit avec le gaz d’éclairage avec l’air carburé, ou enfin avec les vapeurs d’éther.
- Mais si l’on ne peut employer aucun de ces moyens, on peut remplacer ces différentes flammes par celle d’une lampe à alcool : la lumière ainsi produite est appelée lumière oxycalcique.
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- Le chalumeau est alors modifié comme on le voit sur la fîg. 38. Une douille à vis de serrage E permet de fixer sur une tige à la hauteur voulue tout l’appareil. Le tube D donne entrée à l’oxygène qui pénètre dans l’ajutage F par le tube B. A l’arrière, un réservoir A à niveau constant renferme de l’alcool qui arrive dans l’aju-
- Fig. 38.
- tage d’inflammation F. Celui-ci contient une mèche de coton au centre de laquelle vient se placer l’ajutage en cuivre de l’oxygène. En G est le cylindre de chaux, mobile en hauteur par l’écrou sur lequel il s’appuie, et mobile en avant ou en arrière par la coulisse que forment les deux tubes d’arrivée ; ici l’écrou H le maintient en place.
- La mèche doit être coupée très nettement; elle ne doit pas être trop serrée autour du bec à oxygène.
- Un autre modèle, moins perfectionné, est celui que représente la fîg. 39.
- Dans celui-ci le dard d’oxygène n’est plus contenu dans la mèche de la lampe à alcool, il passe au-dessus; le réglage est alors plus facile que dans le modèle précédent.
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- CHAPITRE I.
- La préparation de la mèche est le seul point délicat de l’opération : avec de petites pinces d’horloger (brucelles) on soulève légèrement la mèche, de manière à lui faire dépasser un peu l’ajutage de l’oxygène, puis on écarte légèrement les brins, de manière à leur donner la forme d’un Y. Le jet d’oxygène se glisse dans ce
- Fig. 39.
- couloir et, s’entourant de toutes parts de la flamme de l’alcool, projette sur le cylindre de chaux un jet de flamme extrêmement chaude, sous l’influence de laquelle la chaux devient incandescente. Il est important de couper avec soin tous les fils qui peuvent dépasser le corps de la mèche. Le sac ne doit recevoir qu’un poids de 2Qks à 50ks.
- La lumière ainsi produite est certainement moins brillante que celle obtenue au moyen de l’hydrogène (moitié environ), mais elle donne encore de très bons résultats pour les agrandissements photographiques.
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- Cylindres de chaux. — On fait usage, avec ces divers appareils, de cylindres de chaux vive. Les fabricants de lanternes à projection fournissent ces cylindres très bien préparés, taillés sur le tour au moyen d’une molette, et percés en leur centre d’un trou dans lequel doit passer la broche du support. On les conserve dans des flacons bouchés avec soin, et remplis de chaux vive en poudre. Il est important de mettre ces flacons à l’abri de l’humidité, car la chaux vive ne tarderait pas à s’hydrater et ne pourrait plus servir.
- M. Molteni fabrique une boîte en cuivre à fermeture hermétique, qui permet de conserver les cylindres de chaux à l’abri de l’humidité.
- Il est quelquefois nécessaire de faire soi-même ces cylindres de chaux, et si l’on ne tient pas à une forme absolument régulière, l’opération est très facile.
- On se procure dans un four à chaux des morceaux de chaux vive, récemment cuite, que l’on choisit le plus exempts de fentes. On les découpe à la scie en plaques de 3cm d’épaisseur environ, puis on les refend ensuite par un nouveau trait de scie, de façon à obtenir des parallélépipèdes de 3cm de côté sur 5cm ou 6cm de hauteur. On peut laisser les arêtes vives ou les abattre au moyen d’une râpe à bois. On perce ensuite, dans toute sa longueur, le cylindre ainsi obtenu, soit en faisant usage d’une mèche à cuiller actionnée par un vilebrequin, soit en montant une mèche à biseaux sur le tour. Ce dernier moyen est sans contredit le meilleur. Dans tous les cas, il faut agir avec lenteur et dégager souvent la mèche, sinon le cylindre de chaux éclaterait.
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- CHAPITRE I.
- Pour faire toutes ces opérations, il est bon de se frotter les mains avec de l’huile d’olive, afin d’éviter les brûlures que pourrait occasionner la chaux vive.
- Lampes au pétrole.
- La lumière la plus facile à se procurer, la moins chère en même temps, est celle que donnent les lampes alimentées par l’huile de pétrole. Mais, pour obtenir de ces appareils des effets satisfaisants, il faut ne négliger aucun des détails que nous allons énumérer.
- Essai du pétrole.— Le choix du pétrole est de première importance, et trop souvent ce produit est sophistiqué par son mélange avec des essences de qualité et de prix très inférieurs.
- On reconnaît que l’huile de pétrole est de bonne qualité aux caractères suivants :
- Elle doit être très fluide, incolore, et, vue par réflexion, présenter une légère teinte opalescente. A la température de 35°, elle ne doit pas donner de vapeurs inflammables. Pour faire cette épreuve, on chauffe le pétrole dans une capsule en porcelaine, en se servant pour cela d’un bec Bunsen ou d’un fourneau à gaz brûlant à bleu. On plonge le réservoir d’un thermomètre dans le liquide, et quand la température atteint 35°, on promène à la surface du liquide une allumette enflammée; si les vapeurs qui se produisent alors prennent feu, l’huile doit être rejetée ; elle a été mêlée frauduleusement avec de l’essence, ou la rectification a été mal faite.
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- Le pétrole, une fois essayé et choisi, on fait dissoudre dans ce liquide du camphre à la dose de 12sr par litre; la flamme devient alors plus brillante et plus blanche. Mais, si l’on dépassait la quantité indiquée, la lampe fumerait.
- Dans ces derniers temps, on a mis dans le commerce un pétrole rectifié après mélange à l’essence de térébenthine ; ce produit, connu sous le nom de luciline, donne une lumière très blanche, analogue à celle produite par le pétrole camphré.
- Une recommandation importante, et qui s’applique aux différents modèles de lampes que nous allons étudier, est celle-ci : lorsque les opérations sont terminées et que la lampe est refroidie, il faut vider avec soin le réservoir. Sans cela, le pétrole continuerait à monter dans la mèche par capillarité, et n’étant pas brûlé, il se répandrait sur la lampe et formerait avec les poussières qui voltigent toujours dans l’air une sorte d’enduit des plus désagréables. Lorsqu’on allumerait de nouveau la lampe, cette huile se vaporiserait bientôt et répandrait alors une affreuse odeur. Dans tous les cas, avant d’allumer une lampe au pétrole, il est important de l’essuyer avec le plus grand soin, et si l’on accuse trop souvent ces sortes de lampes de répandre une odeur désagréable, cet effet est dû uniquement au manque de soins.
- Les lampes utilisées dans les lanternes à projection ou à agrandissements sont de deux sortes : les unes à plusieurs mèches plates, les autres à mèche unique, ronde.
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- CHAPITRE I.
- Lampes à mèches multiples. — Les lampes à mèches plates ont de deux à cinq mèches; mais, quel que soit ce nombre, la construction générale de la lampe est la même (figAO).
- La base forme le réservoir de pétrole; c’est une sorte
- Fig. 40.
- de boîte rectangulaire plate, contenant 500sr de pétrole environ. A l’une des extrémités se trouve un bouchon à vis qui permet de remplir le réservoir.
- Au centre de cette boîte s’élèvent les porte-mèches ; celles-ci sont en coton tressé, et elles ont de 4cm à 5cm de large. Elles sont commandées par des crémaillères dont les boutons viennent faire saillie à l’arrière de la lampe.
- L’espace compris entre les mèches et les bords du chapeau qui recouvre le tout est formé d’une plaque
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- de fer-blanc percée de trous nombreux, destinés à régulariser l’arrivée de l’air à la flamme.
- Au-dessus, une chambre à combustion vient encapu-chonner les mèches et se termine en haut par une cheminée d’appel en tôle. La partie inférieure de la chambre en question est formée par la lame percée dont nous avons déjà parlé; les côtés se joignent en haut pour former une sorte de demi-cylindre dont l’axe, parallèle aux mèches, coïncide avec l’axe lumineux : deux plaques de verre trempé ferment ses deux extrémité s.
- Dans certains modèles, le verre postérieur est remplacé par un réflecteur concave argenté au centre duquel est ménagée une ouverture fermée par un verre bleu et qui permet de surveiller le réglage des mèches.
- Dans le modèle à cinq mèches ( flg. 41),la chambre à combustion est enchâssée dans une caisse rectangulaire en tôle; l’air circulant facilement dans la double paroi ainsi formée, réchauffement de la lampe se trouve diminué de beaucoup. Un capuchon métallique rassemble les cinq mèches en un seul foyer lumineux et régularise le tirage. Le devant de la lampe est formé, comme dans le modèle précédent, par une plaque de verre trempé, maintenue en place par un anneau métallique à ressort. L’arrière se ferme par une porte contenant le réflecteur métallique, et celui-ci est protégé par une lame de verre trempé.
- Des trous convenablement disposés assurent la ventilation et le refroidissement de la lampe. Quel que soit le modèle employé, il est important que les mèches brûlent toujours à blanc. Si elles rougissent sur les
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- CHAPITRE I.
- bords,, c’est qu’elles sont trop levées; il faut aussitôt agir sur le bouton de la crémaillère pour les abaisser. Faute de ce soin, la lampe fume et remplit la salle d’une odeur fétide et d’une fumée qui salit tout.
- Si la flamme se dentelle et sautille, c’est que la ven-
- Fig. 41.
- tilation est insuffisante; le plus ordinairement cet accident provient d’un défaut de nettoyage ; la paroi percée n’a pas été frottée avec le soin nécessaire, les trous sont bouchés, et l’air ne peut pénétrer en assez grande quantité.
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- Avant toute opération, il est important de mettre la lampe en état dans toutes ses parties.
- Les mèches doivent être coupées nettement, et il ne doit pas passer le moindre fil; elle fumerait immanquablement. Après avoir ouvert la caisse supérieure, on baisse les mèches jusqu’à ce qu’elles affleurent au ras du tube porte-mèche, et, d’un seul coup de ciseau, on enlève la partie charbonnée, mais en laissant toutefois un léger rebord charbonné qui facilitera l’éclairage. On les relève ensuite de 3mm à 4mm, et l’on abat les angles, en les arrondissant un peu.
- Les mèches latérales charbonnent davantage sur leur face interne; aussi, après les avoir coupées, est-il utile de les râcler légèrement sur cette face avec le dos des ciseaux.
- Quelque soin que l’on apporte à cette opération, il est quelquefois difficile d’obtenir une section nette avec
- Fig. 42.
- des ciseaux ordinaires; et, cependant, il faut absolument éviter que le moindre brin de fil reste sur les côtés de la mèche, car alors il se produit un sautillement désagréable, et la lampe fume. Le coupe-mèche (flg. 42), sorte de tondeuse mécanique, donne sans difficulté une
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- CHAPITRE I.
- coupe nette et franche. Cet instrument se compose d’une plate-forme en acier, munie de deux gouttières latérales destinées à saisir les bords du bec et à assurer la position de la plate-forme le long d’un des côtés de la mèche. Sur cette plate-forme vient glisser un couteau de section triangulaire, en forme de Y très ouvert, et qui se porte en avant lorsqu’on agit sur la branche inférieure de l’appareil. La mèche est ainsi coupée des bords extrêmes vers le centre, et la section est très nette. Un ressort fixé sur le couteau ramène celui-ci en arrière lorsqu’on cesse d’agir sur la branche qui les manœuvre.
- Les mèches étant mouchées, et cette opération doit être faite avec beaucoup de soin, car la moindre inégalité fait fumer la lampe ou empêche d’élever la mèche à une hauteur suffisante pour donner le maximum d’effet, on essuie avec soin toutes les parties de la lampe, et l’on s’assure que les trous de la lame percée sont tous libres.
- Il est indispensable enfin d’allumer la lampe à l’avance, et de la laisser brûler à très petite flamme pendant dix minutes. Le corps de la lampe s’échauffe alors progressivement et le tirage s’établit régulièrement, puis on lève graduellement les mèches, et l’on obtient une lumière éclatante.
- Dans ces diverses lampes l’intensité lumineuse est considérable, surtout dans celles à cinq mèches, car ici la quantité de pétrole vaporisée en même temps est énorme. Aussi les lampes à mèches multiples sont-elles employées avec succès pour l’éclairage des appareils à
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- projections; mais elles ont un défaut capital pour les agrandissements : c’est de présenter une série de bandes verticales obscures, produites par l’écartement des mèches. Lorsqu’on veut faire usage de ce mode d’éclairage pour les agrandissements, il faut employer une lampe modifiée pour parer à ce défaut. Dans celles-ci les deux mèches centrales sont inclinées en forme de W de façon, à empêcher la production de ces raies obscures.
- Toutes les lampes à mèches multiples ont besoin, pour donner des résultats convenables, d’être fabriquées avec le plus grand soin; si toutes les pièces ne s’emboîtent pas exactement, il se produit des appels d’air irréguliers, la flamme n’éclaire pas, la lampe fume, et les verres cassent avec une facilité désespérante, même les verres trempés dits incassables.
- Il sera donc toujours prudent de vérifier avec soin toutes les parties d’une lampe à mèches multiples et de ne s’adresser, pour leur achat, qu’à des fabricants de réputation assurée.
- Lampes à bec rond. — Les lampes à mèche ronde donnent moins de lumière que les précédentes, mais elles sont de beaucoup préférables pour les agrandissements. Avec elles il est possible d’obtenir un champ d’éclairage très uniforme et sans zones obscures; enfin leur réglage est beaucoup plus facile, et l’on évite, sans la moindre difficulté, l'odeur et la fumée.
- Mais toutes les lampes à mèche ronde ne sont pas également bonnes ; les meilleures sont celles à verre
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- CHAPITRE I.
- cylindrique'sans étranglement. Cet étranglement, lorsqu’il se trouve devant la partie lumineuse de la flamme, produirait une zone obscure transversale.
- Si l’on étëçt cependant obligé de faire usage d’une de ces lampes dites à bec prussien, il faudrait abaisser la lampe de telle sorte que la portion de flamme supérieure à cet étranglement fût seule utilisée.
- En usant de pétrole camphré, on peut aisément obtenir de ces lampes une flamme très allongée, très
- Fig. 43.
- blanche, et qui ne fume pas. Mais il est essentiel de remplir complètement le réservoir; et celui-ci doit être très rapproché de la mèche. Avec du pétrole impur, la flamme devient rougeâtre, et l’on ne peut l’allonger sans que la lampe fume
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- Le modèle anglais de la Compagnie Silbert, qui se trouve dans l’appareil de M. Molteni (fig. 43), est muni d’un verre droit, sans étranglement, et il donne des résultats parfaits. Seulement l’intensité lumineuse de ce modèle est peu considérable et presque insuffisante lorsqu’on veut obtenir une amplification considérable, car les temps de pose deviennent alors extrêmement longs.
- Le bec autrichien de Sonnenbrunner donne un éclairage plus puissant, surtout si l’on emploie le calibre de 34mm.Dans ce système, une lame métallique ronde, une sorte de tête de clou, est interposée au milieu de la flamme et détermine un tirage puissant ; en ce point, le cylindre lumineux se renfle et donne une boule de feu du plus vif éclat et d’une très grande blancheur
- De tous,les systèmes que nous avons été à même d’essayer, c’est certainement celui qui nous a donné les meilleurs résultats.
- Réflecteurs. — Les différents modèles d’appareils à agrandissement qui sont éclairés par une lampe à pétrole, portent en arrière du foyer lumineux un réflecteur concave chargé de ramener les rayons qui iraient se perdre en arrière. Nous avons déjà vu que certaines lampes à mèches multiples portaient ce réflecteur.
- Les appareils à lampe à mèche ronde sont aussi munis d’un réflecteur, et celui-ci est souvent en verre argenté; c’est là effectivement le meilleur mode d’emploi du réflecteur.
- Mais il est indispensable que celui-ci soit d’une
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- CHAPITRE I.
- courbure calculée et en rapport avec le foyer des lentilles éclairantes; il doit avoir le même diamètre que ces lentilles. Il arrive au contraire, très souvent, que le réflecteur est plus petit que ce diamètre, que sa courbure n’est pas suffisante, et alors il est plus nuisible qu’utile.
- Nous engageons donc à n’user de réflecteur qu’avec les lampes à mèches plates, et à le supprimer totalement dans les lampes à mèches rondes; : nous le remplaçons dans ce cas par une surface noire mate, soit vernis au noir de fumée, soit en papier velours noir.
- De tous ces éclairages, le meilleur est sans contredit celui de Drummond, chaux et gaz hydrogène et oxygène; le foyer de lumière est alors réduit à un point, ce qui est la condition la plus parfaite pour un éclairage égal, et pour la netteté des épreuves. Dans ce cas, en effet, les lentilles ne sont traversées que par des rayons émis dans une seule direction; au contraire, avec les foyers lumineux à large surface, les rayons qui traversent les lentilles sont en séries multiples ; de là un trouble profond dans la marche de l’appareil, et une difficulté extrême de mise au point lorsqu’on fait usage d’un cliché un peu grand.
- Les lampes à pétrole, à bec rond, viennent après, et elles sont ordinairement suffisantes, à la condition de ne pas chercher à obtenir avec elles des grossissements considérables et en n’employant que des clichés à petite surface, 8 x 9 et 9 x 12 au maximum. Ceci est surtout applicable aux agrandissements de paysages;
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- lorsque, au contraire, il s’agit de portraits, les difficultés sont bien moindres, car il suffit que la tête soit bien nette. Les fonds, les accessoires peuvent, sans le moindre inconvénient, subir quelque déformation, quelque diminution de netteté. Avec les fonds blancs, tous les inconvénients disparaissent.
- A titre de renseignements, voici quelques chiffres qui indiqueront quelle est l’intensité relative de quelques éclairages, la bougie de l'Étoile étant prise pour unité de lumière :
- Lampe à pétrole à 3 mèches 18
- Lampe à pétrole à 4 mèches 20
- Lampe à pétrole à 5 mèches 25
- Lumière oxycalcique (alcool oxygène) 150 à 200
- Lumière oxyhydrique 300 à 500
- Lumière électriqué (40 Bunsen) 600 à 700
- Lumière électrique (machine) 1000 à 2000
- SYSTEME OPTIQUE.
- Le système optique comprend les condensateurs et l’objectif.
- Condensateurs.
- Le condensateur est formé de deux lentilles plan-convexe, enchâssées dans un barillet et se touchant presque par leurs faces convexes. Ces lentilles n’ont pas besoin d’être achromatiques ; les plus blanches sont les meilleures.
- Sous l’effet de la haute température qui se développe dans la lanterne, les diverses pièces métalliques avoisinantes se dilatent assez fortement. Il est donc néces-
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- CHAPITRE I.
- saire de ne jamais trop serrer les barillets vissés sur l’anneau, et il est prudent de faire percer deux trous dans la bague qui les contient, afin de permettre à l’air contenu dans l’intérieur du condensateur de se mettre en équilibre avec l’extérieur. De plus, s’il y a de l’humidité entre les deux lentilles [fig. 44), elle peut s’éva-
- Fig. 44.
- porer, et ne va pas faire de buée sur les verres, accident fréquent et qui se produit lorsqu’on lève trop vite les mèches de la lampe, ou qu’on n’a pas pris le soin d’allumer à l’avance le gaz d’éclairage du chalumeau dans le cas où l’on emploie la lumière Drummond.
- Les condensateurs mesurent 12cm de diamètre dans les appareils qui sont destinés à agrandir des clichés 8x9; ils ont 15cm ou 16cm pour les 9 x 12; les plaques 13 x 18 nécessitent des lentilles de 25cm.
- Lorsqu’on veut obtenir le maximum de netteté, pour les paysages par exemple, il est bon de placer immédiatement après le condensateur une glace dépolie sur les deux faces. Il se produit alors une sorte de diffusion des rayons lumineux, l’éclairage devient plus uniforme, et l’obliquité des rayons extrêmes provenant
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- des bords du condensateur est détruite. De cette façon, l’intensité lumineuse est bien un peu diminuée, mais le champ de netteté de l’image agrandie est de beaucoup augmentée. Il sera donc important d’user de ce moyen lorsqu’on fera usage d’un cliché un peu grand.
- Objectifs.
- L’objectif employé le plus ordinairement est l’objectif double à portrait, à foyer assez court, de 9cm à 15cm
- Fig. 45.
- ( fig. 45). Il est bon de choisir un modèle à diaphragme à vanne, afin d’éliminer les rayons trop divergents.
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- CHAPITRE I.
- Pour obtenir le meilleur effet des diaphragmes, il faut les placer sur leparasoleil de l’objectif, on obtient alors des épreuves plus brillantes, tous les rayons inutiles à la production de l’épreuve étant éliminés ; ainsi se trouve supprimée cette lumière diffuse qui grise les épreuves.
- Il vaut infiniment mieux employer des objectifs construits spécialement à cet usage et que les Anglais appellent Lantern lens; ceux-ci sont corrigés en vue de l’agrandissement ; ils donneraient de mauvais por-
- Fig. 46.
- traits, mais les épreuves agrandies qu’ils fournissent sont de beaucoup supérieures aux autres.
- Nos opticiens français fabriquent maintenant des objectifs de ce genre ( flg. 46 ).
- Lorsqu’on s’occupe seulement de portraits, les objectifs ordinaires quart de plaque ou demi-plaque sont largement suffisants; ce n’est que dans le cas d’agran-
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- dissements de paysages qu’il faut employer des instruments combinés spécialement pour cet usage.
- Enfin, dans les appareils qui travaillent sans condensateurs, les objectifs aplanatiques sont supérieurs à tous les autres; ils sont moins lumineux, car il faut toujours les diaphragmer, mais ils donnent plus de netteté que tous les autres. Avec la lanterne à pétrole, l’éclairage est tellement amoindri qu’ils nécessitent en général des poses trop longues.
- CHEVALETS.
- L’image amplifiée produite par l’un ou l’autre des appareils d’agrandissements que nous venons d’exa-
- miner, est projetée sur un écran, couvert de papier bien blanc, sur lequel se fait la mise au point. Lorsqu’on ne veut obtenir que des amplifications peu
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- CHAPITRE I.
- considérables, le chevalet peut être relié à la lanterne, et ne faire qu’un avec lui.
- La fig. 47 représente la disposition adoptée par M. Molteni. L’image projetée par la lanterne est reçue sur une glace dépolie montée dans un porte-châssis mobile à crémaillère, ce qui permet de faire la mise au point, avec ou sans loupe, aussi exactement qu’elle se fait dans la chambre noire.
- Avec cette disposition d’appareil, il est indispensable d’opérer dans une pièce obscure, condition qui n’est pas toujours commode.
- Dans le cas contraire, il suffît de relier l’appareil et
- Fig. 48.
- le châssis au moyen d’un manchon en étoffe noire, c’est la disposition que représente la fig. 48.
- Lorsque, au contraire, on veut obtenir de grandes épreuves, 40 x 50 par exemple, le chevalet doit être séparé de la lanterne et doit pouvoir s’éloigner à volonté; dans ce cas, on opère dans une pièce obscure, et l’on peut se servir d’un chevalet droit ordinaire de
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- peintre, sur lequel on fixe à demeure une planchette à dessin.
- Mais si l’on doit faire une série d’épreuves, et si l’on veut employer le papier en rouleau, le chevalet East-
- Fig. 49
- man (fig. 49) sera préférable. Une boîte placéeàla partie supérieure contient le rouleau de papier que l’on dé-
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- CHAPITHE I.
- roule au fur et à mesure, et que l’on tend convenablement sur le chevalet au moyen de punaises.
- M. Nadar a perfectionné cet instrument et produit
- Fig. 50.
- un chevalet universel extrêmement commode (fig. 50).
- Le chevalet Eastman-Nadar est monté sur des roulettes, et il peut glisser sur des rails que l’on fixe sur le parquet de la pièce destinée aux agrandissements.
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- Il est muni d’une crémaillère à mouvement vertical et de glissières dans le sens horizontal, afin de pouvoir placer toujours son sujet à l’endroit déterminé. Deux vis de serrage l’arrêtent au point voulu.
- Un système d’intermédiaires de toutes les grandeurs usitées, permet l’emploi des glaces sensibles ou des feuilles de papier au gélatinobromure. Celles-ci sont maintenues soit par des cadres extérieurs, soit par des punaises qui le fixent sur une planchette qui entre dans les intermédiaires, soit plus simplement en mouillant la feuille et en l’étendant sur un verre.
- Lorsqu’on veut employer le papier en rouleau tel que le fabrique la Compagnie Eastman, on utilise la boîte-magasin qui surmonte le chevalet.
- Cette boîte contient un axe en bois, mobile, destiné à entrer-au milieu de la bobine de papier. Toutes les largeurs de papier de la Compagnie Eastman sont également enroulées sur un cylindre de carton du même diamètre, afin que l’axe en bois puisse recevoir également dans la boîte-magasin n’importe quelle dimension de papier. La mise au point se fait alors sur le fond du chevalet, et, une fois cette opération terminée, on déroule en dehors de la boîte, qu’un taquet laisse suffisamment entrouverte, la quantité de papier nécessaire ; lorsque l’exposition est terminée, on coupe celui-ci au ras de la boîte.
- Un frein permet de ne dérouler que la longueur voulue de papier sensible.
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- CHAPITRE I.
- Mise en œuvre des appareils.
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
- Quel que soit le modèle de lanterne employé, la mise en œuvre est à peu près la même (fig. 51).
- La lanterne est d’abord placée sur un pied solide,
- Fig. 51.
- une table, ou un pied à appareil photographique. On s’assure qu’elle est bien horizontale.
- En avant d’elle, et à une distance qui varie suivant l’amplification que l’on désire, on place le chevalet, et l’on s’assure, au moyen d’une ficelle et de deux longues règles, que la lanterne et le chevalet sont dans deux plans parallèles. On place donc à l’avant de la lanterne une règle de lm environ, et l’on cherche à la mettre bien parallèlement à la face antérieure de l’appareil ;
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- on pose parallèlement une seconde règle contre la planchette du chevalet; au moyen d’une ficelle on vérifie alors si les distances entre les extrémités des deux règles sont égales à droite et à gauche, et l’on arrive facilement à rendre parallèles la lanterne et le chevalet.
- Une disposition plus simple consiste à fixer contre le mur la planchette à dessin, et à rendre seulement mobile la lanterne. Celle-ci peut être alors placée sur un pied d’atelier ou sur une longue table, sur laquelle on pourra la faire avancer ou reculer.
- ÉCLAIRAGE.
- Ces dispositions étant prises, on passe à l’appareil d’éclairage.
- Lumière électrique.
- Si l’on emploie la lumière électrique, on met la lampe en communication avec la source d’électricité, et l’on centre l’appareil en cherchant une position dans laquelle le disque lumineux soit éclairé partout uniformément, et où les bords soient nettement terminés par une ligne arrêtée.
- Lumière oxyhydrique.
- Si c’est à la lumière de Drummond que l’on a recours, on allume d’abord le jet d’hydrogène, et l’on chauffe doucement le cylindre de chaux en le faisant tourner sur son axe, soit à la main et avec une pointe de fer,
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- CHAPITRE I.
- soit avec le pignon que portent certains modèles. Quand la chaux est suffisamment échauffée, on ouvre doucement le robinet de l’oxygène. On a préalablement chargé le sac d’un poids de 60ks à 8Qks. Le chalumeau siffle : c’est qu’il y a de l’air dans l’oxygène. On baisse alors l’hydrogène, et en ramenantpeu à peu la flamme, on fait cesser le sifflement; la lumière émise par la chaux n’est à son maximum que lorsque les gaz brûlent sans bruit.
- Avec le chalumeau à alcool, il faut surtout disposer la mèche jusqu’à ce que l’effet de l’oxygène produise son maximum d’action. Il suffira d’un poids de 40ks à 50ks sur le sac à oxygène.
- On centre alors le point lumineux, en examinant le disque lumineux projeté sur l’écran; il doit être éclairé uniformément, sans taches obscures, sans zones d’irisation; en faisant avancer ou reculer le chalumeau, on obtient la netteté des bords du disque, en l’élevant ou l’abaissant; en le faisant mouvoir de côté, on fait disparaître les zones noires.
- Voici quelques indications sur les mouvements nécessaires pour atteindre ce résultat ( fig. 52) :
- Si la position du point lumineux est bonne, le disque lumineux projeté sur l’écran est éclairé également dans toutes ses parties A; si le point lumineux, bien qu’en étant dans l’axe, est trop loin ou trop près des lentilles du condensateur, la circonférence est moins éclairée que le centre B; s’il est en dehors de l’axe, trop gauche, C, ou à droite, D, trop haut, E, ou trop bas, F la pénombre se forme du même côté, et il faut ramener le foyer lumineux vers le centre.
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- CHAPITRE I.
- Eclairage au pétrole.
- Dans le cas de l’éclairage au pétrole, on allume les lampes après les avoir mouchées, essuyées, ainsi que nous l’avons indiqué (p. 87 ), et l’on monte lentement les mèches des appareils à mèches multiples. On peut marcher plus vite avec les becs ronds à cheminée de verre.
- Centrage du point lumineux.
- On centre la lampe comme avec la lumière Drum-mond, mais ici la manoeuvre se réduit à éloigner ou à rapprocher le point lumineux des condensateurs, car les appareils sont livrés, par le constructeur, centrés en hauteur et latéralement.
- Si la lanterne porte un réflecteur mobile, on l’avance et on le recule jusqu’à ce qu’on ait obtenu le meilleur effet.
- MISE AU POINT.
- On introduit alors dans la coulisse le cliché à agrandir, en le plaçant dans un châssis en bois à rainure, en ayant soin de placer la couche qui porte l’image du côté qui regarde l’écran.
- On avance ou l’on recule l’écran ou la lanterne jusqu’à ce qu’on ait obtenu la grandeur voulue, et l’on procède à la mise au point en faisant avancer ou reculer l’objectif.
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- Cette opération de la mise au point, qui paraît tout d’abord très facile, est au contraire très embarrassante quelquefois, et l’on est tout étonné de voir qu’on peut faire avancer ou reculer l’objectif de quantité assez notable sans arriver à se rendre un compte bien exact du point vrai où le maximum de netteté est obtenu. Cela tient la plupart du temps à ce que les lignes du cliché manquent de précision et sont un peu floues, dans les portraits surtout. 11 faut alors substituer au cliché un réseau ainsi fait : sur un verre de la dimension du cliché on étend un morceau de gaze de soie noire très fine que l’on maintient bien appliquée contre le verre en la collant sur les bords et en bordant de papier verre et gaze. Sur ce réseau, très facile à mettre au point à cause de sa netteté, et de sa finesse, on trouvera rapidement le point où l’objectif doit être arrêté.
- Ce réseau permettra également de vérifier le parallélisme de l’écran et de la lanterne : si un côté est moins net que l’autre, c’est que l’écran est oblique; après quelques tâtonnements, on trouve à mettre l’écran dans la direction voulue.
- Le réseau permet encore de reconnaître les qualités ou les défauts de l’appareil; si l’objectif est bon, toute la surface sera également nette; s’il est défectueux, le centre sera net et les bords flous. Si l’on veut ramener la netteté des bords, le centre devient flou ; le meilleur objectif sera celui qui donnera le champ de netteté le plus étendu.
- En général, il faut chercher une position moyenne où toutes les parties de l’image ont une netteté suffisante
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- CHAPITRE I
- Pour bien des opérations, il se rencontre à ce moment une difficulté toute particulière pour les portraits; et l’on se demande quelles doivent être les proportions à donner, et la place que doit occuper la tête.
- Voici, d’après M. Klary, les règles à suivre à ce sujet :
- La grandeur moyenne de la figure d’un homme, du bas du menton à la racine des cheveux, est de 20cm; celle d’une femme de 18cm, celle d’un enfant de 13cm à 15cm environ.
- Si l’on doit obtenir des portraits de grandeur naturelle en simples vignettes, ils exigeront des épreuves de la dimension de 50cm sur 60cm ou plus grandes, à partir de la tête d’un adulte, et de 45cm sur 55cm, ou de 40cm sur 50cm pour la tête d’un enfant.
- Lorsque, dans un agrandissement, au lieu de représenter la tête seulement, on désire avoir le personnage complet, voici une règle simple et facile, qu’on pourra suivre, pour déterminer immédiatement la grandeur de la feuille de papier nécessaire.
- Mesurez exactement avec un compas la longueur du visage de la petite photographie originale, tirée directement sur le cliché, et assurez-vous combien de fois cette longueur est comprise dans le reste de l’image; convertissez le résultat obtenu en centimètres.
- Citons un exemple : supposons que le sujet que nous avons à agrandir soit un portrait carte de visite, représentant un enfant assis sur une chaise, et que toute la photographie doive être complètement comprise dans l’agrandissement.
- Mesurons d’abord la longueur du visage, du bas du
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- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
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- menton à la racine des cheveux. Ceci nous donne lcm,25. Déterminons ensuite combien de fois cette mesure est comprise dans le reste de la petite épreuve : opération qui se fait rapidement au compas : nous trouverons en général qu’elle y est contenue quatre fois. Il est généralement admis, en outre, que la partie des cheveux visible au sommet de la tête est équivalente au cinquième de la longueur totale de la tête.
- Nous supposons qu’on nous demande la reproduction agrandie de l’enfant en donnant à la tête une longueur de 10cm.
- Nous constaterons que le restant du modèle aura quatre fois cette dimension, c’est-à-dire 40cm, et les cheveux au sommet de la tête 2cmj5. Le total de ces mesures nous donne déjà une longueur de 52cm,5.
- On doit laisser au-dessus du personnage une marge qui ne peut être moindre que la longueur du visage. La marge du bas doit être au moins moitié de la marge du haut. Ces dimensions ne pourraient être diminuées sans nuire à l’harmonie de l’épreuve.
- En conséquence nous obtenons :
- Pour la figure........................ 10cm
- Pour le reste du corps................ 40
- Pour les cheveux........................ 2 ,5
- Pour la marge supérieure............... 10
- Pour la marge inférieure................ 5
- Ce qui donne un total de.................. 67c“,5
- En considérant les proportions de la longueur et de la largeur d’une photographie carte de visite, nous de-
- T. — II« Partie.
- 10
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- 110
- CHAPITRE I.
- vons conclure qu’une feuille de papier de 55cm sur 67cm,5 est nécessaire pour cet agrandissement.
- La mise au point étant effectuée, on masque l’objectif en plaçant en avant des lentilles un verre jaune ou rouge, et l’on met en place le papier sensible. Par ce moyen, on voit toujours l’image sur l’écran; elle est floue et peu visible avec le verre jaune, mais on ne commet pas d’erreur dans la mise en place du papier.
- La feuille de papier étant choisie, on examine avec soin quel est l’endroit ou l’envers, et il est facile de sé tromper en opérant dans l’obscurité; le côté sensible se reconnaît cependant assez aisément en le touchant avec le doigt mouillé; celui-ci colle du côté sensible, grâce à la gélatine qu’il porte.
- On fixe le papier soit avec des punaises, ce qui est le moyen le plus simple, soit en le tendant dans un châssis extenseur. Mais nous préférons, pour notre compte, -tremper le papier dans l’eau, et le mettre ainsi mouillé sur une grande glace préalablement fixée sur la planchette du chevalet. Il faut, dans ce cas, avoir le soin de marquer l’envers du papier avec une croix au crayon parce que, une fois mouillé, il est absolument impossible de distinguer l’endroit de l'envers.
- On enlève alors le verre jaune, et l’on fait poser le temps voulu. Pendant cette opération de la pose, il est très important de ne pas marcher autour de l’appareil, car on doublerait certainement les lignes de l’épreuve.
- Il est bien difficile d’indiquer le temps de pose : il peut varier de quelques secondes à plusieurs minutes, suivant l’intensité du cliché, suivant le mode d’éclai-
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- DES MÉTHODES D'AGRANDISSEMENT.
- 111
- rage employé et suivant le grossissement. Quelques essais préalables donneront toutes les indications suffisantes.
- Lorsqu’on opère sur des feuilles de très grandes dimensions, on doit toujours faire quelques essais préalables en usant de morceaux de papier de même fabrication et de petites dimensions ; si l’on a à faire un portrait, on coupe un morceau de la grandeur de la tête et l’on cherche par tâtonnements le temps de pose exact.
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- CHAPITRE II.
- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
- I. — CUVETTES.
- Les grandes cuvettes sont souvent indispensables lorsqu’on fait des agrandissements, et nous conseillons l’emploi de celles qui sont formées par un cadre de bois dans lequel est encastrée une feuille de verre. Celles-ci se nettoient très facilement, et elles sont en somme moins coûteuses que les autres et plus faciles à manier si on les monte sur un chevalet comme le représente la fîg. 53.
- La cuvette pourra basculer et être munie d’un recouvrement A dans le sens de l'inclinaison, afin que le liquide ramené dans cette partie ne se déverse pas. La cuvette est portée sur un bâti en bois. Les deux côtés B sont munis de deux tourillons C qui portent dans une échancrure D, faite au [milieu des traverses E du
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- CHAPITRE II.
- bâti. La partie inférieure P repose sur deux taquets G,
- Fig. 53.
- et la stabilité sera maintenue à volonté à l’aide de deux taquets à charnière H placés à l’arrière du bâti.
- II. —PAPIERS POSITIFS.
- PAPIER POSITIF AU CHLORURE D’ARGENT.
- On n’emploie guère aujourd’hui le papier chloruré pour les tirages au moyen des appareils d’agrandissement; ils ne sont possibles qu’avec les appareils à lumière solaire condensée par de grandes lentilles.
- On peut diminuer le temps de pose, toujours très
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 11b
- dong par cette méthode, en soumettant le papier albuminé sensibilisé aux vapeurs ammoniacales. Mais, en usant de ce système, il faut procéder immédiatement au virage et au fixage, le papier ne pouvant se conserver et noircissant rapidement.
- On emploie les méthodes ordinaires de virage et de fixage que nous n’avons pas à décrire ici.
- Les papiers à la gélatine chlorurée, que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce, sont peut-être les meilleurs à employer dans ce cas. Ils sont plus sensibles que les papiers albuminés ou salés, et ils donnent des noirs plus profonds. Le virage et le fixage s’opèrent à la manière ordinaire, et il est facile d’obtenir toutes les teintes désirables.
- PAPIER AU CHARBON.
- Comme pour le papier chloruré, l’on ne pourra employer que les appareils solaires pour les tirages au charbon; il faut avoir seulement le soin de n’user que de papiers préparés spécialement pour les agrandissements; ils sont plus rapidement impressionnés que les autres.
- PAPIERS AU GELATINOBROMURE.
- Les couches très sensibles de gélatinobromure sont les seules à employer dans les agrandissements à la lanterne, et, en opérant avec soin, on obtient facilement de très belles épreuves.
- On trouve aujourd’hui dans le commercé des produits
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- CHAPITRE II.
- photographiques plusieurs espèces de papier au gélatinobromure; nous décrirons les manipulations recommandées pour les deux fabriques d’Eastman et de Lamy, car ces deux papiers peuvent être regardés comme les deux types autour desquels viennent se ranger tous les autres papiers.
- Papier Eastman. — Les papiers américains d’Eastman, qui se trouvent en France chez Nadar, sont excellents et d’une régularité de fabrication parfaite. Ils se conservent pendant des années sans rien perdre de leurs qualités. Enfin, le développement et le fixage se font avec une très grande facilité et sans aucune complication.
- Pour les agrandissements, il faut employer les sortes notées B et C ; le premier est à surface lisse, et convient surtout pour les paysages où il est nécessaire de conserver toutes les finesses. Le second est à surface rugueuse; il se retouche admirablement et fait surtout valoir les blancs. Il est à préférer pour les portraits, pour les reproductions de neige ou de glaciers.
- On marque à l’avance l’envers des feuilles, en essayant avec le doigt mouillé quel est le côté qui collé : c’est l’endroit. On immerge la feuille dans une cuvette très propre, et dans laquelle on a mis par avance une certaine quantité d’eau. Au bout de quelques minutes, le papier est complètement distendu; on l’enlève alors en le prenant par deux de ses angles, et on le présente devant le verre du chevalet; il adhère par capillarité. On cherche à éviter les bulles d’air qui feraient goder
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
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- le papier. En soulevant les côtés, on parvient facilement à éliminer celles qui auraient pu se produire. On peut également se servir d’une éponge mouillée pour faire adhérer le papier à la feuille de verre.
- Mais en tout ceci il faut avoir la précaution de se laver les mains avec soin au moment des manipulations, sinon on aura des taches.
- La pose faite, on met de nouveau la feuille dans la cuvette d’eau, face en dessus; on l’immerge en remuant et après quelques instants on enlève cette eau et l’on jette à sa surface, d’un seul coup, le bain développateur.
- Celui-ci est ainsi composé :
- A. Eau................................. 1000cc
- Oxalate de potasse.................. 250?r
- Acide citrique, à 10 pour 100, en quantité suffisante pour rougir légèrement le papier bleu de tour-
- nesol.
- B. Eau.................................. 1000"
- Sulfate de fer.................... 250s'
- Acide citrique....................... 25^r
- G. Eau................................... 100"
- Bromure de potassium.................. 3gr
- On mélange dans un verre à expérience de grandeur suffisante :
- Solution A........................... 100"
- Solution B........................... 15
- Solution G........................... 2
- L’image apparaît graduellement avec toutes ses valeurs si le temps de pose a été exact; elle devient
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- CHAPITRE II.
- grise, se salit si l’exposition est dépassée; elle reste dure, les blancs et les noirs seulement apparaissent si l’exposition est insuffisante.
- Lorsque l’épreuve est au point voulu, on rejette rapidement le bain de fer, et on le remplace avant tout lavage par la solution suivante :
- Eau..................................... 1000cc
- Acide acétique.......................... 2%'
- Cette solution acide a pour but de dissoudre les sels de fer qui pénétreraient dans les fibres du papier et saliraient les blancs. Elle arrête en même temps le développement.
- Il ne faut pas oublier que l’épreuve ne baisse pas au fixage; il faut donc arrêter le développement au point juste. On lave à plusieurs eaux et l’on fixe dans de l’hyposulfite de soude neuf à 15 pour 100.
- Dans les premiers temps du fixage, les noirs prennent une teinte verte désagréable, mais elle ne dure pas, et elle est rapidement remplacée par de beaux noirs.
- Enfin, on obtient une teinte brune en prolongeant longtemps (une heure ou deux heures) l’immersion dans l’hyposulfite.
- On lave abondamment et l’on fait sécher par suspension, sans éponger entre buvards.
- S’il se formait des ampoules, accident fort rare, on immergerait les épreuves dans un bain de sel de cuisine, en les retirant de l’hyposulfite avant de les laver.
- Un négatif faible peut donner de meilleurs résultats si on le pose sur un verre à teinte jaune faible, que l’on
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
- peut obtenir à l’intensité que l’on veut en employant des vernis à l’alcool colorés avec des jaunes d’aniline.
- On peut appliquer ce vernis au dos du cliché et l’enlever dans les parties qui ont assez de force; on harmonise ainsi des clichés trop durs.
- On peut encore empêcher les grands noirs de devenir trop intenses en faisant ombre devant ces parties pendant la pose, au moyen de découpages ou de tampons de ouate portés sur un bâton. On agite ces écrans afin de ne pas produire de-lignes arrêtées.
- Pour vignetter les agrandissements sur fond blanc, on se servira d’un carton percé d’un ovale, et qu’on approchera ou éloignera de l’épreuve, suivant la grandeur qu’on veut obtenir. Pour que le dégradé soit parfaitement fondu, il faut tenir le carton en mouvement .pendant toute la durée de la pose.
- Lorsqu’on a été obligé de rechampir complètement le ciel d’un cliché de paysage, on aura intérêt quelquefois à teinter légèrement ce ciel, afin d’éviter des effets d’une trop grande dureté. Au moyen d’un petit artifice, on peut arriver à ce résultat, mais il faut se faire aider par une autre personne; à soi seul la chose ne serait pas possible.
- On prépare à l’avance une silhouette en carton ou en fort papier opaque, qui permette de couvrir tout le paysage, en laissant à découvert le ciel. Lorsque le temps de pose est écoulé, on prend cette silhouette, que l’on présente devant l’épreuve en la maintenant à une petite distance, mais sans toucher le papier. A ce moment, un aide projette un faisceau de lumière sur
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- CHAPITRE II.
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- le papier au moyen d’une lampe à réflecteur, il fait mouvoir la lampe de droite à gauche, de façon à répartir également la lumière. Pendant ce temps, le premier manipulateur fait mouvoir la silhouette de bas en haut, de façon à obtenir un fondu dans la partie inférieure du ciel. La pose est de quelques secondes si la lampe est à peu de distance du papier sensible, 50cm : mais il vaut mieux éloigner le foyer lumineux àlm environ et poser plus longtemps, l’effet n’en sera que meilleur.
- Papier Ilford. — On trouve chez M. Molteni un papier analogue à celui que nous venons de citer et qui demande les mêmes manipulations, et donne également d’excellents résultats ; c’est le papier Ilford.
- Papier Lamy. — Le papier Lamy donne également de bons résultats, mais les manipulations sont un peu différentes, un peu plus -longues qu’avec le papier Eastman.
- Le bain révélateur se composera de :
- Dissolution filtrée d’oxalate à 30 pour 100. 100cc
- » » de sulfate de fer à 30 pour 100 25
- » » d’acide citrique à 30 pour 100 10
- En immergeant le papier, s’il est sec, brosser de suite la surface, une seule fois, avec un pinceau en longues soies de porc.
- Tourner et retourner sans cesse le papier, en le maintenant à l’action du bain révélateur jusqu’à l’obtention de noirs suffisamment intenses.
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES. 121
- On lave ensuite rapidement et à plusieurs eaux, et l’on plonge dans le bain de durcissement suivant :
- Eau................................. 1000«
- Alun de potasse....................... 40°r
- Carbonate de soude...................... 30
- Soude ou potasse........................ 5
- Ce bain ne doit servir que pour quelques épreuves, il doit être renouvelé souvent; l’épreuve est laissée, face en dessous, pendant trois minutes, temps suffisant pour obtenir le durcissement de la gélatine.
- Sans laver l’épreuve, après l’avoir simplement égouttée, on l’immerge dans le bain fixateur d’hyposulfite
- ainsi composé :
- A. Eau.............................. 1000cc
- Hyposulfite de soude......... .... 1508'
- B. Eau chaude....................... ‘20ûcc
- Alun de potasse..................... 6Qsr
- Après dissolution séparée, mélanger A et B, laisser reposer douze heures, décanter et filtrer.
- Lorsque l’épreuve est placée dans le bain fixateur, il faut la remuer, la retourner sans cesse jusqu’à disparition des marques graisseuses. On l’abandonne alors dans le bain, face en dessous, et en évitant les bulles, pendant quinze minutes en hiver, pendant cinq minutes en été.
- Ce bain d’hyposulfite doit être fréquemment renouvelé, si l’on veut être assuré de la durabilité de l’épreuve.
- Le fixage étant opéré, il faut encore procéder à un second alunage, en la plongeant dans le premier bain
- il
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- CHAPITRE II.
- de durcissement. L’épreuve reste encore quinze minutes dans ce bain, puis on procède aux lavages.
- Il faut environ six heures d’immersion dans une eau renouvelée toutes les demi-heures pour que l’hyposul-fite soit entièrement éliminé.
- Pour sécher l’épreuve, on la placera à cheval sur un bâton rond, de 10cm de diamètre environ, et recouvert de papier buvard.
- DÉVELOPPEMENTS DIVERS.
- On peut encore développer les positifs sur papier au gélatinobromure en employant d’autres développa-teurs que l’oxalate de fer. Les tons sont différents et poussent au brun, ce qui est quelquefois préférable aux noirs purs que donnent les sels de fer.
- Révélateur a Viconogène. — Le bain se compose de
- Eau bouillante...... .................. 600cc
- Sulfite de soude....................... 100sr
- Carbonate de soude........................ 40
- Iconogène................................. 20
- Pour le développement, on prendra
- Eau.................................... 400cc
- et
- Développateur............................ 100
- Si l’image apparaît trop lentement, on ajoute de la solution mère.
- Révélateur a Vhydroquinone. — Le bain que nous avons indiqué pour les négatifs, étendu de moitié d’eau,
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-
- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
- 123
- donne également de bons résultats ; et la teinte des épreuves est plutôt brune que noire.
- Révélateur à Vhydroxylamine. — On prépare à l’avance les trois solutions suivantes :
- A. Eau............................. 150"
- Bromure de potassium.............. 2gT
- B. Eau............................. 100cc
- Alcool............................. 50
- Hydroxylamine...................... 4
- G. Eau.............................. 100"
- Lessive de soude................. 50
- On mêle
- Eau.............................. .. 100"
- A..................................... 3
- B...................................... 4
- G................................... 5
- Ce bain donne facilement des tons noirs veloutés fort agréables.
- Observations, — Lorsqu’il s’agit de développer un certain nombre d’épreuves de dimensions moyennes, on peut en immerger plusieurs dans le bain dévelop-pateur, en les plongeant successivement dans le liquide, et en évitant avec grand soin les bulles d’air. Mais, lorsque les feuilles dépassent 80 x 40, il est toujours prudent de ne développer qu’une épreuve à la fois; tout au plus pourrait-on en placer deux dos à dos; et, dans ce cas, il faut continuellement changer de face
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- 124
- CHAPITRE II.
- le paquet ainsi formé. Une condition essentielle alors est de se laver les mains avec le plus grand soin pour éviter les taches.
- Si la feuille sensible est de très grandes dimensions, il faut user de la cuvette à pivots (flg. 53) et, pour ne pas la déchirer pendant le développement, le fixage et surtout le lavage, il faut placer au fond de la cuvette une grande toile cirée, dette toile sert à retirer l’épreuve du bain de fixage, lorsqu’elle est au point voulu, et à la porter dans les cuvettes qui contiennent les bains qui doivent suivre.
- Il est toujours utile de ramollir dans l’eau les très grandes épreuves avant de les soumettre au bain de développement; il serait difficile, sans cela, d’éviter des inégalités de développement.
- L’épreuve plongée dans le bain de fer doit se développer rapidement, condition essentielle pour obtenir des teintes franches : et ce résultat dépend du temps de pose et surtout de l’état du bain.
- Si les grands blancs se teintent, deviennent gris, c’est que l’exposition a été trop longue, dans ce cas le ton de l’image est noir-gris ou noir-verdâtre. Quelquefois on peut atténuer ce défaut par un virage : nous donnerons tout à l’heure quelques formules.
- Si le modelé est insuffisant, malgré un développement poussé longtemps, c’est que l’exposition a été trop courte. Ici il n’y a pas de remède possible et il faut recommencer à nouveau.
- Le meilleur ton est le noir bleu, qui ne peut s’obtenir que lorsque le temps de pose a été juste et que le
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
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- développement a été poussé jusqu’à intensité suffisante des noirs.
- Il arrive quelquefois que le séjour trop prolongé de l’épreuve dans le bain de fer amène un léger dépôt, une teinte jaunâtre sur les blancs, et cet effet se produit surtout avec un bain qui a déjà servi à développer d’autres épreuves. En été, cet accident se produit rarement, mais en hiver il ne peut guère s’éviter qu’en chauffant le laboratoire à 15° au moins..
- On peut, jusqu’à un certain point, faire disparaître cette teinte en lavant l’épreuve dans de l’eau acidulée, soit par l’acide sulfurique à 1 pour 100 ou à l’acide citrique ; laver rapidement dans beau et immerger dans le bain d’alu<n.
- En hiver, on peut se dispenser des bains d’alun lorsque les eaux de lavage sont très froides, mais il faut absolument en faire usage dès que le thermomètre s’élève au-dessus de 12°. Non seulement l’alunage évite les ampoules, mais encore en durcissant la couche de gélatine, il rend plus facile le maniement dans les bains ; car, après alunage, la couche ne se laisse plus entamer par les doigts. Cet alunage est encore nécessaire pour faciliter le montage sur carton. S’il n’a pas été fait, lorsqu’on appliquera la colle au dos de l’image, celle-ci adhérera, surtout en été, à la surface sur laquelle elle est posée. Puis encore, lorsque l’image sera appliquée sur le carton, l’éponge et le papier buvard qu’on est obligé de passer à sa surface laisseront des marques si la gélatine n’a pas été préalablement durcie à l’alun.
- Il est nécessaire de supprimer l’alun de chrome du
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- CHAPITRE II.
- bain de durcissement lorsqu’on opère avec du papier gélatinobromure blanc, parce que cet alun teinte légèrement les blancs de l’image. Au contraire, la teinte ainsi produite est favorable lorsqu’on opère sur papier gélatinobromure rose.
- VIRAGE.
- Il arrive quelquefois, comme nous l’avons déjà dit, que, par suite d’une erreur dans le temps de pose, la couleur de l’épreuve est défectueuse, grise ou verdâtre. On peut atténuer en partie ce défaut et ramener au noir ces teintes désagréables, en immergeant l’épreuve convenablement lavée dans un bain de bichlorure de mercure à 5 pour 100; au bout d’un temps plus ou moins long, l’épreuve blanchit, et il faut prolonger l’immersion dans le bain jusqu’au moment où la couche de gélatine, regardée par transparence, est devenue entièrement blanche. On lave abondamment et l’on noircit par un bain d’eau ammoniacale, ou d’hyposulflte, ou mieux de sulfite de soude. Le noircissement s’opère inégalement et tout d’abord l’image semble se tacher partout; il faut agiter le liquide et ne cesser son action que lorsque le noircissement est bien uniform e, sans toutefois prolonger cette action au delà du temps nécessaire à cet effet, car la couche serait attaquée et les teintes se griseraient.
- Par ce procédé, l’image prend un ton noir pourpré d’un effet agréable, mais elle devient un peu heurtée, à moins que le cliché employé ne soit un peu gris. C’est donc le moyen d’atténuer le mauvajs effet d’un cliché de ce genre.
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- Il est bon d’ajouter que les épreuves ainsi traitées n’ont peut-être pas la même durabilité que celles simplement développées au fer.
- On peut également modifier un peu les teintes trop bleues des bains de fer à l’acide citrique, en prolongeant pendant une heure l’immersion dans le bain d’hy-posulfite; mais alors il faut employer un bain absolument neuf, sans cela les blancs pourraient un peu jaunir.
- Le bain suivant peut également être employé pour atténuer le-ton olivâtre que possède toujours une épreuve trop posée.
- Eau.................................. 900ce
- Hyposulfite.......................... 20(br
- Chlorure de sodium...................... 50
- Sulfocyanure d’ammonium................. 12
- Alun................................. 24
- Chlorure d’or à 1 pour 100.... quelques gouttes.
- On laisse l’épreuve dans ce bain jusqu’à coloration convenable, on lave et l’on fait sécher.
- MONTAGE.
- Le montage des épreuves ainsi obtenues peut se faire sur cartons ou sur châssis entoilés, ces derniers étant les seuls possibles pour les grandes dimensions et supérieurs dans tous les cas aux cartons.
- L’épreuve, plongée dans l’eau jusqu’à ramollissement complet, est ensuite placée sur un verre talqué, ce qui évitera les accidents, enduite de colle d’amidon ou mieux'de colle de pâte dextrinée, suivant la formule que nous donnons plus bas, et appliquée sur le car-
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- CHAPITRE ir.
- ton ou sur la toile du châssis enduits également d’une couche de colle. On applique l’épreuve en évitant les plis et les bulles d’air en s’aidant d’une éponge légèrement mouillée. Sur l’image ainsi appliquée, on étend une feuille de papier buvard qu’on fait toucher partout avec le plat de la main, sans trop appuyer, afin d’enlever les gouttes d’eau laissées par l’éponge et qui, sans cette précaution, laisseraient des marques sur l’épreuve.
- On laisse sécher à plat, après quoi, si l’épreuve est sur carton, on passe au laminoir et l’on procède à la retouche.
- Le montage sur châssis demande à être fait avec beaucoup de soin, mais les résultats qu’il donne sont infiniment supérieurs au montage ordinaire sur carton.
- On fait préparer par un menuisier un cadre en bois assemblé à mi-bois dans les angles, pas trop épais pour ne pas l’alourdir trop. On se procure également de la toile de coton écrue bien lisse, àtrame serrée, et surtout bien égale, sans nœuds, sans rugosités. On donne à la toile 8cm de plus que les dimensions du châssis, afin de pouvoir rabattre les bords. On mouille légèrement pour faciliter l’opération du tendage, et l’on pose le châssis sur la toile. Il faut maintenant la fixer convenablement avec de petits clous de tapissier dits semence. Un petit marteau d’horloger, ou mieux un marteau de tapissier, servira à enfoncer les clous.
- Placez tout d’abord un clou au milieu d’un des bords du cadre (sur la tranche, bien entendu), puis un deuxième sur le milieu du bord opposé en tendant la
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- toile; faites de même sur les deux autres côtés. A 3cm environ de chacun de ces clous plantez-en un second à droite et un autre à gauche, faites de même au côté opposé, puis sur chacune des deux autres faces, et continuez de même en allant du centre vers les angles.
- De cette façon seulement il est possible d’éviter les plis, condition essentielle pour obtenir une épreuve bien plane. Il faut quelque soin pour tendre également la toile, et surtout agir avec lenteur en vérifiant toujours l’égalité de la tension ; si l’on voit les fils de la toile se dévier à droite ou à gauche, l’opération est mal faite, et il faut chercher à ramener la toile dans la direction voulue par une traction dans le sens opposé. Un peu de pratique en apprendra du reste plus que toutes les descriptions que nous pourrions ajouter.
- L’épreuve, convenablement ramollie, est collée sur la toile comme nous l’avons déjà indiqué.
- L’opération du collage faite, laissez sécher à plat, l’épreuve en dessus, sans jamais la placer devant le feu pour activer le séchage; elle se gondolerait infailliblement.
- La colle de pâte dextrinée, de beaucoup supérieure à la colle d’amidon, parce qu’elle est beaucoup plus adhésive, se prépare ainsi : on fait un mélange de trois parties de farine de blé contre une partie de dextrine jaune ; dans ce mélange placé dans une casserolle en tôle émaillée, de grandeur convenable, on verse une très petite quantité d’eau froide, et en s’aidant d’une cuiller, on fait une pâte épaisse que l’on bat fortement afin de la rendre bien homogène. Cet effet obtenu, on
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- CHAPITRE II.
- ajoute de l’eau de façon à obtenir un liquide à consistance de crème. On met alors sur le feu, et l’on fait cuire en remuant sans interruption avec la cuiller, et jusqu’à ce que le tout prenne une consistance pâteuse.
- La colle ainsi obtenue serait trop épaisse pour l’emploi, il faut l’étendre avec de l’eau en quantité convenable, ce que l’expérience apprend facilement.
- La colle d’amidon se prépare ainsi :
- Amidon............................. 40sr
- ' Eau froide............................. 50cc
- délayer et ajouter en agitant
- Eau bouillante...................... 450«r
- Faire bouillir trois minutes, retirer du feu et ajouter
- Alcool............................... 10»r
- Thymol................................. 1
- BRILLANTAGE DE L’ÉPREUVE.
- Quelquefois il est bon d’augmenter le brillant de certaines épreuves; les détails prennent alors plus d’effet; les sculptures, les armes, par exemple, gagnent beaucoup, alors que les grands portraits, au contraire, ne peuvent supporter ce brillant.
- Le moyen le plus simple consiste à recouvrir l’épreuve montée sur carton, et préalablement satinée à froid, d’une couche de collodion normal.
- Mais l’emploi des vernis est préférable.
- Première formule. — Préparer une dissolution de
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
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- gomme laque dans le borax en faisant bouillir jusqu’à complète dissolution :
- Eau.............................. 1000-
- Borax............................ 45«r
- Gomme laque...................... 250
- La gomme laque doit avoir été blanchie nouvellement; dans le cas contraire, le vernis manquerait de brillant.
- On laisse refroidir et reposer pendant vingt-quatre heures, on décante le liquide en rejetant d’abord la matière grasse qui surnage, on ültre au papier.
- On verse cette solution dans une cuvette de porcelaine très propre, on enlève les bulles qui peuvent s’être formées à la surface, et l’on plonge l’épreuve dans le bain quelques secondes seulement. On enlève et l’on suspend par un angle. Mais, pour réussir complètement, il faut opérer dans un atelier très chaud, sinon le brillant ne se produirait qu’incomplètement.
- Deuxième formule. — On peut encore préparer la dissolution de gomme laque en opérant comme il suit :
- Eau ordinaire.......................... 1000"
- Gomme laque blanche concassée........ 250sr
- On fait bouillir en ajoutant peu à peu ce qu’il faut d’ammoniaque pour dissoudre la gomme laque ; on décante et l’on filtre comme pour la solution au borax.
- La couche ainsi obtenue est peut-être un peu moins dure que la première.
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- CHAPITRE II.
- RETOUCHE.
- La retouche des grands portraits agrandis demande à être faite avec soin, et surtout par un artiste qui puisse comprendre, interpréter le sujet qu’il a sous les yeux. Bien souvent il suffît de très peu de chose, quelques coups de grattoir sur les blancs, quelques coups de force dans les noirs pour changer du tout au tout une épreuve, alors qu’un travail minutieux et qui chercherait à corriger tous les petits détails ne donnerait qu’une oeuvre dépourvue de toute valeur artistique.
- Ici nous ne pouvons traiter ce côté artistique de la question, il doit être connu par avance de celui qui veut faire delà retouche; nous ne pouvons qu’indiquer les moyens d’exécution les plus usités, ceux qui permettent d’obtenir les meilleurs résultats.
- D’une manière générale, la retouche demande comme outils : un grattoir à lame étroite, de la gomme à gratter, de la poudre de pierre ponce, plusieurs bons pinceaux de diverses grandeurs, une dissolution très épaisse de gomme arabique et les couleurs suivantes broyées à l’eau (couleurs en tube) : encre de Chine, teinte neutre, carmin et blanc de Chine.
- Dans un portrait on s’occupe tout d’abord de la figure. Avec le grattoir, on fait disparaître tous'les grains noirs provenant des défauts grossis du cliché, grains de poussière que, la plupart du temps, on n’a pas eu le soin d’enlever avant la pose, et qui font une multitude de trous sur le cliché. Enfin les pores de la peau produisent aussi cet effet de grains noirs.
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- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
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- Avec le grattoir on accentue vivement le brillant des yeux, les éclats de lumière qui se trouvent sur le nez, sur une partie du front, des joues, du menton, et qui peuvent se rencontrer aussi dans les lingeries : col, chemise, etc.
- On enroule alors un morceau dje viepx linge autour du doigt, on l’imbibe de salive, et l’on frotte toutes les parties qui ont subi l’action du grattoir. Puis, à l’aide du pinceau et d’un mélange de couleurs délayées et fortement gommées, dont la teinte doit être en harmonie avec le ton de l’épreuve, on bouche toutes les granulations blanches, cherchant à bien fondre ces retouches avec les parties avoisinantes.
- On s’occupe ensuite du modelé, qui doit consister à harmoniser les parties les plus éclairées, à faire valoir les ombres portées, et à adoucir les éclats de lumière que le grattoir aurait trop accentués. Le modelé peut s’obtenir soit par un piquage, soit par une touche hardie de lignes larges ou fines, serrées ou écartées, suivant le goût du retoucheur.
- Pour donner de la transparence à certaines ombres, on peut employer une solution de gomme ainsi faite :
- Gomme arabique........................ SO^
- Sucre candi.............................. 10
- Eau.................................... 300cc
- Acide acétique............................ 15
- Alcool.................................... 15
- Quelquefois les couleurs prennent mal sur la surface de gélatine; il faut alors employer une solution de
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- 134 CHAP. II. — MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES.
- gomme ammoniacale qui se prépare de la façon suivante :
- Eau................................. 100,'c
- Alcool.............................. 25
- Gomme arabique........................ 15gr
- Ammoniaque.... quelques gouttes (10 à 12).
- On ajoute l’alcool et l’ammoniaque dans la solution de gomme dans l’eau; il se produit alors un précipité, mais en chauffant la solution au bain-marie le précipité se dissout de nouveau.
- Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails que comporterait la question de la retouche artistique, et nous renverrons le lecteur aux excellents traités de M. Klary (1).
- ( ’) C. Klary, L’Art de retoucher eu noir les épreuves positives -r .'Sur papier. In-18 jésus; 1888 (1 fr.). — Les portraits au crayon, au fusain-et au pastel obtenus au moyen des agrandissements photographiques. Iïi-\8]ésus-, 1889 (2fr. ht)). —Traité pratique de la peinture des épreuves photographiques avec les couleurs à l’aquarelle et les couleurs à l’huile, suivi de différents procédés de peinture appliqués aux photographies. In-18 jésus; 1888 (3 fr. 50 ). — (Tous ces Ouvrages sont édités à la librairie Gauthier-Villars et fils, Paris.)
- FIN DE LA SECONDE PARTIE.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- CHAPITRE I.
- DES MÉTHODES D’AGRANDISSEMENT.
- I. — Agrandissements à la chambre noire.
- AGRANDISSEMENT DES POSITIFS SUR PAPIER. AGRANDISSEMENT DES POSITIFS SUR VERRE.
- Pages.
- Obtention des positifs sur verre..................... 6
- Emploi de la chambre noire, d’après M. P. Petit fils.. 6
- Positifs par contact.................................10
- Collodion préparé au tannin. — Collodion albuminé.— Gélatinobromure. — Gélatinochlorure.
- Positifs au charbon................................ 13
- Transferrotype paper............................... 14
- Retouche du cliché................................. 14
- Obtention du grand négatif.......................... 15
- II. — Agrandissements à la lumière solaire.
- ÉCLAIRAGE DIRECT.
- Porte-miroir simple................................. 17
- Héliostats.................................... ....... • 18
- Héliostat de Van Monckhoven. — Héliostat de Derogy.
- Agrandissement simple.............................. 24
- Mégoscopes..................................... 24
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- TABLE DES MATIÈRES.
- ÉCLAIRAGE PAR CONDENSATEURS.
- Pages.
- Chambre Woodward......................................... 27
- Appareil dialytique du Dr Van Monckhoven................. 27
- III. — Agrandissements à la lumière artificielle.
- APPAREILS.
- Lanterne................................................. 37
- Lanterne d’Eastman.......................................... 39
- Lanterne de Molteni......................................... 40
- Lanterne universelle de MM. Clément et Gilmer............... 41
- Source lumineuse.......................................... 46
- Lumière électrique.......................................... 46
- Pile de Bunsen. — Machines électrodynamiques. — Accumulateurs.
- — Régulateurs.
- Lumière oxyhydrique......................................... 51
- Hydrogène. — Air carburé. — Vapeurs d’éther. — Oxygène. —
- Sacs à gaz. — Oxygène comprimé. — Chalumeau. — Cylindres de chaux.
- Lampes au pétrole........................................... 82
- Essai du pétrole. — Lampes à mèches multiples. — Lampes à bec rond. — Réflecteurs.
- Système optique........................................... 93
- Condensateurs............................................. 93
- Objectifs................................................... 95
- Chevalets................................................. 97
- IV. — Mise en œuvre des appareils.
- Dispositions générales................................... 102
- Éclairage ............................................... 103
- Lumière électrique......................................... 103
- Lumière oxyhydrique....................................... 103
- Eclairage au pétrole....................................... 106
- Centrage du point lumineux................................. 106
- Mise au point
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- TABLE DES MATIÈRES.
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- CHAPITRE II,
- MANIPULATIONS PHOTOGRAPHIQUES,
- I. — Cuvettes.
- II. — Papiers positifs.
- Pages.
- Papier positif au chlorure d’argent................ 114
- Papier au charbon.................................. 115
- Papiers au gélatinobromure......................... 115
- Papier Eastman. — Papier Ilford. — Papier Lamy.
- Développements divers.............................. 122
- Révélateur à I'iconogène. — Révélateur à Thydroquinone. — Révélateur à l’hydroxylamine. — Observations.
- Virage............................................. 126
- Montage............................................ 127
- Brillantage de l’épreuve........................... 130
- Première formule. — Deuxième formule.
- Retouche....................................... 132
- FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES DE LA SECONDE PARTIE.
- Paris. — lmp. Gauthier-Yillars et fils, 55, quai des Grands-Augustins.
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