- Accueil
- > Catalogue général
- > [Hébrard, Pierre (1718-1759)] - Caminologie ou traité des cheminées, contenant des observa...
Caminologie ou traité des cheminées, contenant des observations sur les différentes causes qui font fumer les cheminées, avec des moyens pour corriger ce défaut
-
-
- pl.1 - vue 1/274
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/274
-
-
-
- V# Ü. If
- CAMINOLOGIE,
- 0 U
- TRAITÉ
- DES CHEMINÉES,
- CONTENANT des Obfervations fur les différentes caufes qui font fumer les Cheminées, avec des moyens pour corriger ce défaut*
- OUVRAGE
- lntérejjant <£r utile, tant pour les Particuliers ^
- que pour les Artifies.
- AVEC F I G U R E S* .
- K ^ *+* *- *' ' c/î" ’
- r\ i* * »’
- ,fff/ ^rafev ' 1
- CVjV T ‘fl* ^ ^ *
- i£( .
- A DIJON,
- Chez F. Desventes, Libraire dé
- Vrt,\ ' •• -
- v «V- ^
- v.>- ,
- WM/ 'Cô * '/>'**, /' *
- U?
- l’Image de la Vierge, fttë4e-€s»d«*
- 1756.
- Pfivii»ü&*dt*^ÊÊtr
- Page de titre n.n. - vue 3/274
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/274
-
-
-
- AVIS AU RELIEUR,
- Pour placer les FIGURES.
- LA Figure première , fervira de Frontispice vis-à-vis du Titre.
- La Fig. Deux, regardera la Page 63. La Fig. Trois, regardera la page 75. Les Fig. Quatre & cinq, lap. - 90. Six & lept, la p. - 94.
- Huit, lap. - 95.
- Neuf & dix, la p. - 100.
- Onze, lap. - 104.
- Douze, lap. - 105.
- Treize, lap. - 106.
- Quatorze ôc quinze, la p. - 108.
- Seize, lap. - 109.
- Dix-fept, lap. - 112.
- Dix-huit, lap. - 114.
- Dix-neuf &c vingt, la p. - 11 f.
- Vingt-une, cv^lap. - 125.
- Vingt-deux, lap. - 130.
- Vingt-trois, lap. - 13ÿ.
- Vingt-quatre, la p. - 144.
- Vingt-cinq &c vingt-fix, p. - 155. Planche vingt-une, contenant les Fig.
- cottées 1.2. 6c 3. regard, la p. - 173. Item. Les Fig. vingt-fept ce vingt-huit, font dans la Planche vingt-une, p. 173.
- p.n.n. - vue 5/274
-
-
-
- p.n.n. - vue 6/274
-
-
-
- A MA DAME
- LA COMTESSE DE NOYANT,
- ]\A**:
- AD AME
- »*.*.*.*&
- Quoique le défir de m'appuyer dyun Nom illuflre, pût fuffire pour m'engager à mettre le Vôtre à la tête de mon Livre : cependant, j'ofe dire que c'efl un motif plus noble & plus preffant, qui me fait prendre la liberté de vous le dédier, puifque c'e fl pour vous donner une marque, quoique bien foible, de ma vive recon-*
- p.r1 - vue 7/274
-
-
-
- ji EPITRE.
- noiffance, pour les bontés dont vous né honorez ÿ & pour féconder, en même tems, cette noble émulation que vous faites paroître pour tout ce qui porte le caraBere déutile. Il efl vrai que ce petit Ouvrage ré étant prefque qu'un tiffu de Réflexions philofophiques , & déExpériences phifiques 9 il femble que dès-là il efl moins du refort dé une perfonne de votre Sexe : mais rien réefl obfcur quand on a autant de pénétration que vous en avez ÿ & tout plaît, quand on a y comme Vous y MA-DA ME y une inclination marquée pour tout ce qui peut orner l'efprit.
- Mais ce qui relève infiniment ces qualités naturelles y que chacun admire en Vous, & que Vous feule femblez méconnaître, C'efl cet ar-
- p.r2 - vue 8/274
-
-
-
- EPITRE. iij dent amour pour la vertu, cette piété folide dont la plus tendre des Meres * * a jette dans votre jeune cœur les heureufes femences, & dont elle a la fenfible confolation de voir des fruits qui répondent à [es efpé-rances & au foin quelle a pris de votre éducation. Eh ! pouvait-on moins attendre du fang illuflre qui coule dans vos veines ? Car ^ enfin, MADAME j on fçait qu'un de vos Ancêtres * a été l'un des plus chers Favoris de Louis XL & que fes Defcendans ont foutenu l'éclat de leur naijfance ; plus encore par un attachement inviolable à leur Prince, que par les Pofles brillans qu'ils ont occupés dans le Royaume. Aujfi va-
- * Madame la Comteffe Daydie.
- * Odet Daydie*
- p.r3 - vue 9/274
-
-
-
- iv EPITRE.
- tre Nom feul a-t-il porté P allé greffe dam la Famille, auffi noble qdancienne , ou vous êtes entrée, & dont F éclat donne un nouveau luflre à ce-lui que vous y répandez vous-même 9 tant par votre naiffance que par vos qualités perfonneUes. Je trouve donc en Vous, MADAME ^ tout ce qui peut décorer mon Ouvrage, ou même prévenir en fa faveur ; (ÿ1 f aurai tout lier* de néapplaudir de mon petit travail 9 s'il a le bonheur de vous plaire, comme un témoignage du refpeél, fans bornes, avec lequel}ai Fhonneur d'être :
- MADAME,
- .Votre très-humble & très-obéif-iant Serviteur, F. P. H.
- p.r4 - vue 10/274
-
-
-
- na
- PREFACE.
- UNE Expérience trop ordinaire & trop à charge, nous inftruit tous les jours des incommodités qui réfultent des Cheminées fumeufes. La douleur aigue que la fumée fait fen-tir aux yeux les plus fains, annonce , par elle-même, combien elle eft contraire à la vue, La difficulté de s’occuper utilement , ou même de refter dans une chambre remplie de fumée, eft une fuite du premier inconvénient. Joignons-y le déplai-fir de voir inftilter à la blancheur de nos plafonds, aux or-nemens de nos lambris, à l’éclat de nos dorures, à la beauté
- p.r5 - vue 11/274
-
-
-
- vj PRÉFACE.
- & à la richeflè de nos meubles. Voilà des motifs preflàns de chercher des moyens efficaces d’éloigner de nos appartemens cette vapeur meurtrière.
- Quantité d’Auteurs ont traité cette matière : mais, fans entrer ailes dans le détail de ce qui contribue à faire refouler la famée. D’ailleurs, les remèdes qu’ils indiquent, ne conviennent qu’à quelques cheminées , tournées à certains vents, ou conftruites d’une certaine façon. En un mot, leur méthode pèche, en ce quelle n’eft pas ailes générale. Pour y fappléer, ont tâche, dans ce petit Ouvrage , de marquer toutes les cauïes qui peuvent occafionner
- p.r6 - vue 12/274
-
-
-
- PRÉFACE. , vij la fumée, après quoi on découvre des remèdes applicables à toutes fortes de cheminées, quelle qu’en (bit la ftruéture ou la pofition.
- Les fecrets que l’on indique, font, la plupart, empruntés des meilleurs Architectes. On n’a fait que les mettre dans un nouveau jour, pour en rendre l’exécution plus générale & plus facile ; & cela, en dévelopant du mieux qu’il a été poffible, les principes fur lefquels ils font appuyés.
- On ajoute une nouvelle méthode de fe garantir de la fumée , en augmentant le volume d’air renfermé dans une chambre $ cette méthode a quelque
- p.r7 - vue 13/274
-
-
-
- vil] PRÉFACE, chofe de mieux concerté que celles qu’on a données jufqu’ici, 6c l’heureux fuccès qu’elle a eu par-tout où elle a été employée, a plus contribué que tout le ref te, aux Oblèrvations que nous allons donner fur les moyens de remédier à la fumée.
- Cet Ouvrage fera divifé en deux parties précédées d’une Difïèrtation fur les cheminées des Anciens. Dans la première partie, on traitera de la fumée en elle-même, enfuite des différentes caufès qui la font refouler. Dans la fécondé, on indiquera les moyens de s’en garantir dans toutes fortes de cas. On ajoutera à la fin, un moyen facile 6c éprouvé, d’éteindre le
- p.r8 - vue 14/274
-
-
-
- PRÉFACE. ix fieu quand il prend dans les cheminées. On y trouvera encore des remarques fur l’origine de la fumée, fur les qualités de l’air, fur la nature des vents, la chaleur du Soleil, de les effets du feu ; le tout félon les principes de Phyfique, les plus fûrs, ou du moins, fur ceux qui ont eu les plus heureux fuccès juf-qu’à ce jour.
- Outre les avantages que la Société retirera de ces lecrets, la façon méthodique avec laquelle on tâchera de les traiter, ne peut que piquer la curiolité du Ledleur, lurtout dans un Siècle où l’on faifît, avec avidité , tout ce qui porte le titre & le caraétere de decouverte.
- p.r9 - vue 15/274
-
-
-
- x PRÉFACE.
- On n’ofèroit cependant fe flatter d’avoir rempli cet objet, de façon à ne rien laiflèr à de-firer. Cette matière eft trop étendue, elle intereffe l’Architecte; mais elle eft du reflort du Phyficien, & par confé-quent, toujours fulceptible de nouvelles lumières. Pour la traiter à fond, il faut être verfë dans la connoifiance de plu-fleurs effets naturels fort cachés, & fçavoir profiter. de tout : Quoique variée à l’infini, & prefque impénétrable,la Nature fournit des reflources qui dédommagent amplement ceux, qui font une étude férieufe de fès fècrets ; & plus il eft difficile de les pénétrer, plus la dé-
- p.r10 - vue 16/274
-
-
-
- PRÉFACE. xj couverte en eft belle & inte-reliante. Omni a pr&clara rara, nec quicquam difficilius, quàm reperire quod fit omni ex parte in fuo genere perfeftum.
- Au refte, comme une trop grande brièveté eft prefque toujours inféparable de l’obicurité , félon Horace, brevis ejje la-boro, obfcums fio ; & que Quin-tili en avoue que, prima virttis orationis efi perfpicuitas ; c’eft pourquoi on a cru que pour rendre ce petit Ouvrage plus clair, & par conféquent plus utile, à ceux qui prendront la peine de le lire, il falloit lui donner une certaine étendue : c’eft ce qui a engagé à entrer dans le détail de bien des faits
- p.r11 - vue 17/274
-
-
-
- xij PRÉFACE, qui pourront ne point paraître nouveaux ; mais on a mieux aimé s’expofèr à redire des choies déjà connues , que d’en omettre qui peuvent être utiles à la Société , & nécefïaires à l’intelligence de cet Ouvrage.
- p.r12 - vue 18/274
-
-
-
- KM'V> Mv*> M^ M^ M^ M^^S
- 4*lÈ,*f»*H**î*4» *f**f* •J»*f**5*4**H,'î,*f**î*H;»'î**î**î**M**fr ••»
- fee \*u*?
- DISSERTATION
- Sur les Cheminé1 es des Anciens.
- O Eroit-ce parce que les Chemi-i3 nées ne font qu’une des plus petites portions de nos Bâtimens, qu’il paroît fi difficile d’indiquer le tems de leur invention, ou le lieu qui les a vu naître ? L’Antiquité la plus reculée ne nous fournit aucune époque capable d’en fixer l’origine ; les plus anciens Livres, ]e veux dire ceux de Moyfe, nous lailîènt dans notre ignorance fur cela, ôc ne font pas même mention de ce qui pourroit être analogue à cette matière.
- Alberti (A) efl le premier qui oo ofe nous repréfenter dans la plus haute Antiquité des feux publics, allumés au milieu d’une place, où
- p.r13 - vue 19/274
-
-
-
- xiv DISSERTATION.
- chacun fe chauffoit dans le befoin , & y faifoit cuire ce qu’il apprêtoic pour la nourriture. Mais on ne voit là aucun veftige des cheminées, ÔC de quel ufage auroient - elles été parmi des Peuples dont la plupart étoient toujours errans ou habi-toient fous des Tentes ? ce qui a duré fort long-tems , furtout en Palefiine. Ces fortes d’habitations font encore aujourd’hui fort communes parmi des Peuples entiers. Les Arabes, voilins du Mont-Car-mel, fans en excepter leurs Cheiks &C leurs Emirs mêmes, logent dans des camps & fous des tentes, tifi fues de poils de chevres, que leurs femmes & filles, filent dans leurs momens de loifir. Les Arabes, voi-fins de Tunis, n’ont d’autres habitations que des T entes placées aux environs de l’Etang de la Goulette où ils gagnent leur vie à pêcher. Les Scythes n’avoient pour demeu-
- p.r14 - vue 20/274
-
-
-
- DISSERTATION, xv
- res que des chariots couverts de peaux , qu’ils conduifoient d’un lieu à un autre lorfque les pâturages manquoient à leur bétail. D’autres Peuples, enfevelis dans le fond des forêts, n’avoient pour bâ-timens que des huttes, compofées de branches d’arbres. D’autres enfin , plus limples encore, logoient leur famille lur des arbres pour les défendre des bêtes carnacieres. Ce n’efl alïurément pas, parmi de telles gens ; que les cheminées ont été en vogue.
- Quant aux Peuples qui faifoient leurs demeures dans des Antres ou des Cavernes, il n’y a nuile difficulté à concevoir comment ils pou-voient y faire du feu en toute fureté , fans être incommodés par la fumée, qui for toit par l’entrée, 8c par les autres ouvertures faites par la nature ; ainli ils pouyoient fort bien fe palier des cheminées. Ceci
- p.r15 - vue 21/274
-
-
-
- xvj DISSERTATION, ne doic point paroître un Para* doxe. On fçait combien de diffé-rens Peuples ont non-feulement habité dans des Cavernes, mais encore en ont fait des demeures commodes , ôc même agréables, principalement dans une partie de l’A-fîe fur les bords de la Mer rouge, & du Golphe Perlique ; dans les Montagnes d’Arménie, dans les If* les Baléares, & dans Fille de Malte. On connoît certains Peuples, qui n’avoient d’autres demeures, que des trous qu’ils fe creufoient dans les Rochers, ce qui leur fit donner le nom de Troglodites, qui lignifie en Grec, ceux qui fe cachent dans des cavernes. La plupart des montagnes de f Arabie, pO4) de la Judée & de la Phénicie, (A ) 6. cap. 2p. etoient pleines de ces fortes d an-(B) très. Strabon (B) aÜure qu’on en Lib. 16. voyoit dans l’Iturée, de capables
- de contenir quatre mille hommes.
- Jofeph
- cap. 520,
- p.r16 - vue 22/274
-
-
-
- DISSERTATION, xvij Jofeph (A ) parle aufïi de celles de Galilée. Paul Lucas, (B) de celles qu’il a vu dans la haute Egypte à deux lieues de Siouth , principalement d’une où il demeuroit une douzaine de familles de Chrétiens Coptes. Il dit qu’on en trouve un grand nombre dans la plûpart des montagnes de la Thébaïde, furtout du côté du Levant, fans doute que cette pofition leur étoit plus favorable ÔC plus faine : Il demande aux Sçavans, fi ce n’étoit pas l’habitation des premiers hommes qui s’étant retirés en Egypte peu après le Déluge, 8c ignorans encore l’Architecture , fe fervirent de ces fom-bres demeures, que la nature avoir apparemment commencé à leur ménager; & ne pourroit-on pas les regarder comme les premières
- (A) Lib. Antiquit. 14. Cap. 27. & Lib. 15.
- (B) Liy. 5. des Voyages de la haute Egypte, page 62.
- C
- p.r17 - vue 23/274
-
-
-
- îsviij DISSERTATION. Villes du inonde ? Car il ne faut pas s’imaginer ici que ce foit l’Ouvrage des Anachorètes, elles font , fans doute, d’une antiquité bien plus reculée, & il a fallu une dé-penfe infinie pour les faire. De telles habitations ne font pas fufcepti-bles de cheminées, ou du moins n’en confier vent aucun veftige. Il a été nécefiàire de s’étendre un peu fur la demeure des Anciens, afin de donner une idée de la façon dont ils pouvoient faire du feu dans leurs habitations.
- La difficulté confifle uniquement à fçavoir fi ceux de nos Anciens qui habitoient dans des maifons, à la Ville ou à la Campagne, y avoient pratiqué des cheminées, pour fe préferver des dangers du leu & des incommodités de la fumée : c’eft ici la grande queftion.
- Il faut revenir à la fondation des Villes, pour chercher l’époque de
- p.r18 - vue 24/274
-
-
-
- DISSERTATION, xix
- leur invention ; mais quel profond fllence fur cette matière ? ne vien-droit-il pas de ce que nos premiers Hiftoriens étoient Aüatiques, c’eft-à-dire Habitans d’une partie du monde où l’air eft prefque toujours chaud, ce qui rendoit l’ufage du feu moins néceflaire, & par conféquent les hommes moins attentifs à prendre des précautions contre le froid. Plulieurs Auteurs femblent foufcrire à ce fentiment, entre-autres Strabon : il parle de certains Peuples qui ne fe fervoient point de feu ; ÔC Hornius (A ) af- L.0O lùre qu’encore aujourd’hui, dans 2# certains endroits de l’Amérique ôcgj»e Ame-de la Chine, particulièrement dans*™’ rifle de Losjordenas, le feu n’y effc point en ufage. C’efl: fans doute pour fe chauffer, car, pour les ufa-ges de la vie, cet élément paroit d’une néceflité bien preflante, à
- moins que de ne vivre uniquement
- • %
- ci]
- p.r19 - vue 25/274
-
-
-
- XX DISSERTATION.
- que de fruits, ou de la chafle , à la façon de certains Sauvages.
- Quant à la nécefïité de fe chauffer , il faut obferver que dans les tems reculés , les Habitans de ces climats, quoique moins vêtus que nous, étoient beaucoup moins fen-fibles au froid, leurs corps exercés ou à la guerre ou à la chalfe, s’en-durcifioient en quelque forte, & dehors leur tempérament plus ro-bufte, étoit plus à répreuve de la rigueur du froid. Lorfque la nécef-fité les obligeoit à faire du feu , c’étoit dans quelque lieu voilin de la maifon, quelquefois au milieu d’une cour, comme on fit la nuit que Jefus-Ghrift fut mené chez le (A) grand Prêtre. (A) Accenfo autem Luc*, cap. ^„ne ^ mecii0 a%rtu Long-tems au-
- 22‘ Ü 1 A 1 P / •
- paravant li meme choie etoit en ufage. Dans le Prophète Ezechiel, aô. 46. (B) les cuifines du Temple nous & font repréièntées comme des cours
- CaD
- V. 21 22.
- p.r20 - vue 26/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxj
- découvertes de quarante coudées de long, fur trente de large, autour deiquelles étoient des foyers , où l’on cuifoit les viandes des facri-fices pacifiques, la fumée montoit en plein air & fans aucun conduit.
- Dans le même Chapitre il y en a d’autres qui font dépeintes fous des Portiques, (A ) & culinœfabricot# JkA ) erant fubter Porticm. Il n’eft pas fait y ^ 4 * mention de Cheminées, quoique ces Portiques futfent couverts : Il eft vrai que la couverture n’étoic foutenue que par de (impies colom-nes, ainfi la fumée pouvoit fortir très facilement.
- A u relie, fi les anciens monu-mens ne nous fourniifent aucune trace de Cheminées, il ne faut pas conclure que l’on ne fe chauffoit point , mais feulement que l’on avoit d’autres inventions pour fe garantir du froid, aufquels les Cheminées ont fuccédé par la fuite. En
- p.r21 - vue 27/274
-
-
-
- xxij DISSERTATION.
- effet, on ne peut nier que les Anciens n’euffent des foyers , où l’on brûloit du bois ; les uns difent que pour éviter la fumée, ils fe fer-voient d’un certain bois dont parle (,4) Caton ÇA ) qui étoit frotté de marc Lib. de re d’huile, amurca, &. qui ne fumoit
- p0jnt< Qaljen ^ en fajt au(ïi
- (B1) mention. Les autres rapportent Jtïüào- qu*il étoit ordinaire d’ufer de bois «on. purgés pour fe garantir de la même incommodité, on l’appelloit communément bois cuit. On remarque, à ce fujet, que les Jurifconfultes , fous l’appellation de bois, ne comprennent nullement ces fortes de bois cuits. Plulieurs enfin préten-dent qu’ils n’avoient que des foyers Liv.de portatifs. Alberti ÇC) eft un de l’architeci. ceux quj dépofent en faveur de ce
- fentiment, il ajoute qu’ils étoient de fer ou d’airain, félon l’exigence des cas, ou la dignité des per-fonnes.
- p.r22 - vue 28/274
-
-
-
- DISSERTATION. xxiij En effet, on n’eftpoint enufage en Judée d’allumer du feu dans des Cheminées comme parmi nous, on s’y chauffe très-peu, & lorfqu’on eit obligé de le faire, on apporte du feu dans des chaufferetes, ou Braziers remplis de charbons ar-dens, fur lefquels on brûle des noyaux d’olives, ou chofes pareilles pour l’entretenir. Le Prophète Baruc (A ) en fait mention, mulie- (jy res autem circumdatœ funibus in viis vCaP^* fedent fuccendentes ojja olivarum. ‘42 * Strabon en parle aulfi. Peut-être croiroit - on que l’on brûloir des noyaux d’olives par préférence aux noyaux d’autres fruits, uniquement parce que les Oliviers étoient fort . communs; mais ce n’efl: pas la feule raifon. Le noyau d’olive contenant en foi quelque chofe de gras & d’oléagineux, rend' une flamme vive ôc ardente , par conféquent plus capable d’échauffer que le bois
- p.r23 - vue 29/274
-
-
-
- xxiv DISSERTATION.
- commun & les noyaux d’autres fruits ; elle eft même plus pure 6c plus nette que celle du bois, c’eft pourquoi elle fait moins de fuie. Outre cela elle eft plus ramaflee 6c plus êpaiffe, d’où vient qu’on dif-tingue les objets au travers de la flamme du bois, ce qu’on ne fau-roit faire au travers de celle des noyaux d’olives. Ajoutons que la flamme des noyaux d’olives, va en ligne droite de bas en haut : ce qui la rend plus brillante que celle du feu ordinaire, laquelle fortant de la longueur ou d’un des bouts du bois qui eft en travers, fe rompt ordinairement pour monter.
- Mais les olives n’étant pas auiïi communes par-tout, on étoit obligé de brûler fur ces chaufferetes ou braziers, du menu bois ou du fagot. Le Roi Joakim étoit aiïis dans fa chambre d’Hyver, 6c avoir une chaufferete devant lui , lorf-
- qu’on
- p.r24 - vue 30/274
-
-
-
- oo
- Plut.W
- DISSERTATION. xxv
- qu’on lui préfenta le volume de je-remie ; il le coupa avec un canif ôt le jetta fur le feu où il fut b ùlé. Alexandre le Grand (A ) étant chez un de fes amis qui lui don-noit à manger pendant l'Hyver, comme on n’avoit apporté dans la chambre qu’un petit Brazier avec fort peu de feu, le Roi dit qu’on apportât du bois, ou de l’encens ; du bois pour briller fur le foyer, ou de l’encens pour brûler fur le Brazier. Voilà une trace de foyer , mais point encore de Cheminée , du moins de la fabrique des nôtres.
- Dans ces foyers , furtout dans ceux des cuifines & des appartemens d’Hyver, on faifoit de grands feux; quant à la fumée, elle devoit palier par la porte (B) ou par la fenêtre, mais on n’y voit point encore de tuyau ; on peut en juger par cet en- 7. ép. 10 droit du Prophète Ofée, (C) ficut fumus de fumario, félon l’Hébreu, v. 3.
- d
- (B)
- IfCtm
- mmut lib.
- p.r25 - vue 31/274
-
-
-
- on
- Eclog. I
- xxvj DISSERTATION.
- comme la fumée de la fenêtre. Elle s’échappoit aullï par le toit, lorfque la chambre n’étoit pas voûtée, à quoi femble fe rapporter ce Vers de # Virgile, (.A) cité par Alberti. (B)
- ^ Et jam Jumma procul Villarum culmina fumant.
- d’Architec- Le même Auteur prétend que ture* cette façon de faire du feu ÔC a’en Jailîèr échapper la fumée par la porte ou par la fenêtre, efl ufitée dans prefque toute l’Italie, où il y a très peu de Cheminées, excepté pourtant en Tofcane, où elles font ailes communes.
- (C) Horace (C) nous donne à enten-,, Sermon* dre que la même chofe fe prati-5. quoit de Ion tems, lorlqu il dit que le feu s’étant répandu dans une vieille cuilme, menaçoit déjà le toit de la maifon.
- Nam vaga per veterem dilapfo flamma culinam Vulcano, fummum properabat lambere teôlum.
- Aufïi Vitruve traitant de cette
- p.r26 - vue 32/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxvij
- matière, dit qu’il n’ell pas befoin que les voûtes, ou planchers des laies d’Hyver, foient enrichies de fomptueux ouvrages, parce qu’ils feroient endommagés par la fumée du feu, 6c par la fuie qui s’en engendre ; ce qu’il confirme ÇA ) en décrivant la maniéré dont les An- Cap. ciens compofoient leur encre, qui eft ailes différente de la nôtre. C’é-toit, dit-il, un compofé de fuie qu’on ramalloit fur les murs 6c fur le fond des voûtes, où Ton faifoit du feu, que l’on délayoit avec de la gomme. D’où pouvoit provenir cette fuie qu’on ramalloit fur les murs 6c fur le fond des voûtes, Il ce n’eft de la fumée du feu qu’on y faifoit ? ainli, s’il y avoit eu une Cheminée pour faire exhaler la fumée , on n’y auroit point trouvé de fuie, de même qu’on n’en voit pas dans nos appartemens, où il y a des Cheminées. Homere femble
- d i\
- O
- p.r27 - vue 33/274
-
-
-
- xxvîij DISSERTATION.
- Cf) confirmer encore ce fentiment, {A ) Hv°dx5.ee^ en Paflant d’Ulylfe qui dit à Thé-ip. lemaque de cacher les armes qui étoient dans une fale, fous prétexte que la fumée du feu les noircilloit ôc en ôtoit tout le brillant. Or, fi les Cheminées eullènt été en ufage du tems d'Homere, la fumée n’au-roit pu noircir ces armes, ni les gâter.
- Toutes les Autorités que nous venons de rapporter, devroient, ce femble, nous convaincre que l’u-fage des Cheminées n’eft point ancien ; cependant il y a bien des Auteurs qui font d’un fentiment contraire. je vais les citer en laiflanc l’une d>C l’autre opinion au jugement du Leéleur, ôc à l’examen des Sçavans.
- Les Défenfeurs de la fécondé opinion , c’efi-à-dire de l’Antiquité des Cheminées, fe fondent fur l’autorité d’Hérodote, qui femble, en
- p.r28 - vue 34/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxix
- plufieurs endroits, les favorifer ouvertement > (A) i°. Lorfqu’enpar- , lant de la maniéré dont les Tau- page 148* riens traitoient ceux qu’ils pre-noient à la guerre , il dit qu’après leur avoir tranché la tête, ils la portoient dans leurs maifons, la mettoient le plus haut qu’ils pou-voient, fichée au bout d’une perche fur les tuiles , ÔC bien fouvent fur les Cheminées. Par conféquent les Cheminées dominoient fur les toits 9 ce qui ne pouvoir fe faire que par le moyen des tuyaux, il y en avoit donc ; 2°. Lorfqu’il rapporte (J5) que le Roi Xercès étonné de (B) ce que trois de fes Domefliques de- Llv-8> mandoient leurs falaires, ayant étépasc 4 7* condamnés à un bannitfèment perpétuel , & voyant le Soleil qui entroit par la Cheminée dans la mai-fon, il leur dit, qu’il leur donnoit le Soleil comme un falaire digne de leurs fervices. Le témoignage
- p.r29 - vue 35/274
-
-
-
- 04)
- Liv. 4. chap. 3.
- XXX DISSERTATION. d’Hérodote n’ell pas le feul dont les Partifans de cette opinion tâchent de s’appuyer ; car, Oétavius Ferrarius, par exemple, rapporte à ce fujet le Vers de Virgile déjà cité: Etjamfitmmaprocul, &c. oc l’autorité d’Appien Alexandrin (A) qui racontant de quelle maniéré fe des Guer- cach0ient ceux qui étoient profcrits
- par les Triumvirs, dit, que les uns aefcendoient dans des puits ou des cloaques, les autres fe cachoient fur les toits & dans les Cheminées, il croit que le mot fumaria fub te cio pofita, ne peut s’expliquer autrement.
- De plus, Ariftophane, dans une de fes Comédies, introduit le vieillard Polycleon enfermé dans une chambre, d’où il tâche de fe fauver par la Cheminée. Plulïeurs autres pallages des Anciens , font favorables à ce fentiment, à moins qu’oii ne prétende que Caminus lignifie
- p.r30 - vue 36/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxxj foyer fîmplement , & non Chèmi-née. Ulylfe nous en fournit une preuve, lorfqu’étant enfermé dans ’ Antre de Calypfo, il fouhaitoit de voir au moins fortir la fumée d’Ita-que ÿ cela fe pouvoit difficilement voir, s’il n’y avoit point de Cheminée. Cicéron ÇA) confeille à Tre-batius d’entretenir un bon feu dans famîar.™? ce qu’il appelle Caminus : luculento & 8. Camino utendum cenfeo. Pour chaf-fer le froid, dit Horace, (B) il faut (B)
- mettre beaucoup de bois l'ur le I* foyer.
- Dijjolve frigusy lignafupetfoco Large reponeJis.
- Cela fe peut-il, s’il n’y avoit point de Cheminée ? Suetone (C) (C)
- rapporte que lorfque Vitellius fut Cap* 8* élu Empereur, le feu ayant pris d’abord à la Cheminée, gagna la fale à manger ou le Triclinium : nec-ante in prœtorium rediit quam flfo
- p.r31 - vue 37/274
-
-
-
- Xxxij DISSERTATION. grante Triclinio ex conceptu Camini, &c. Ce dernier palïage femble per-fuader qu’il y avoit des Che minées: car 5 ce feu conçu dans la Cheminée, marque absolument un tuyau de Cheminée, comme ceux d’aujourd’hui. Ce feu, dit-il, fut conçu dans la cheminée, & palïà delà au Triclinium : on peut encore tirer une preuve du mot de Cheminée du Chiminea des Elpagnols, & du Camino des Italiens. Ces mots viennent alïûrément de Caminus, & il femble qu’on ne puilfe pas douter que le nom avec la choie lignifiée,, n’ait pafïë des Anciens julqu’à nous. On n’en trouve point de trace, à la vérité ; ôc cela pourroit au moins faire douter fi les Anciens avoient des tuyaux de pierre ou de brique ; mais ne pouvoient-ils pas avoir des îuyaux de fer ou de quelqu’autre matière ? d’ailleurs on a vu fort peu de maifons des anciens Romains
- p.r32 - vue 38/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxxiij
- mains, ou pour mieux dire, on n’en a vu jufqu’à préfent que des mazures en petit nombre, où il étoit mal aifé de découvrir s’il y avoit eu des Cheminées, ou non. Il s’efl confervé jufqu’à nos jours, des Temples, des Théâtres, des Amphiteatres , des Thermes , ÔC d’autres grands Bâtimens, quoique avec de la peine ÔC en bien petit nombre ; mais les maifons des Particuliers , à quelques mazures près , ont été détruites pour en bâtir d’autres.
- Il paroît donc certain que les Anciens avoient des Cheminées ; mais faute de Plans ÔC de Defcriptions, nous n’en avons qu’une légère con-noilïànce : nous lçavons feulement qu’elles n’étoient pas faites comme les nôtres , la plupart étoient conf truites au milieu de la chambre, fans tuyau ni manteau ; il y avoit feulement au haut de la chambre
- e
- p.r33 - vue 39/274
-
-
-
- œ
- Ode II. liv. 4.
- (B)
- Ode II. liv. $.
- xxxiv DISSERTATION.
- & au milieu du toit, une ouverture pour la fumée, laquelle fortoit d’ordinaire par cette ouverture. On en voit encore à peu près de fembla-bles dans quelques cuifines des anciens Monalleres, elles font au milieu de la coupole de la voûte. Dans quelques-unes, il y a plus de trente ouvertures en difîérens endroits de la voûte ; mais aucun conduit qui prenne immédiatement au delîùs au foyer; c’eit pourquoi Horace ÇA) ditàcefujet,
- Sordidum flammts trépidant rotantes, vertiçe fumum.
- Et dans un autre endroit. (B)
- Vojttofque ver nas, ditis examen àomus circum renidentes lares.
- (O Ne pourroir-on pas conclure la De rerujl. même chofe de ce que Caton ÇC) conlèille avant que de s’aller coucher, de ramafïèr les charbons de tous côtés ? 11 toutefois il faut en-
- p.r34 - vue 40/274
-
-
-
- DISSERTATION. XXXV tendre ainfi le mot de circumverfum qui efl dans le Latin. Focum puram circumverfum antequam cubitum eat, habeat. Mais qui ne voit que ficus, ne fe prend pas là pour la Cheminée, mais pour le Foyer, dont Caton confeille de couvrir le feu de tous côtés avant que de s’aller coucher ? c’efl ce que nous faifons encore aujourd’hui. Un autre paliàge de Columella qu’on rapporte, efl encore moins fort que celui de Caton, nous pouvons nous difjaenfer de le produire ici tant il eft foible.
- Quoiqu’on ne puilfe pas nier que
- les Cheminées étoient très rares,
- du tems des anciens Romains, &•
- que Vitruve (A) ne donne point Notes Zde*
- de régies pour en faire, &, n’en Mr- Per-
- parle en aucune façon; cela ne
- prouve pas qu’il n’y en avoit point Liv. 6. ch.
- du tout ; car, Daniel Barbara, (B) \ ^
- dans fa note lur le mot dejumus, Lib.5.cap.
- prétend » que tout ce que Vitruve I0*
- •
- eij
- p.r35 - vue 41/274
-
-
-
- xxxv] DISSERTATION.
- » en dit, ne peut pas fervir d’argu-» ment pour prouver que les Bâti-» timens des Anciens ( dont il ne » relie aucun velïige) ainfi que » leurs chambres & cabinets con-» clavia, n’avoient point d’ouver-» tures ni de canaux pour l’ilïùe » de la fumée, ce que nous ap-» pelions communément Chemi-» née, de que prefque tous s’accor-» dent à appeller du mot Latin, infumibma , c’effc-à-dire , des » conduits pour palier la fumée.
- De plus, Séneque , (A ) qui vi-' voit dans le premier liécle, dit, que de fon tems on inventa de certains tuyaux qu’on mettoit dans les murailles , afin que la fumée du feu qu’on allumoit au bas étage des maifons, pafiànt par ces tuyaux, échauffât les chambres jufqu’au plus haut étage. Il faut remarquer, en palfant, que ce trait d’Hilloire, rapporté par Séneque , pourroit
- p.r36 - vue 42/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxxvij
- bien fervir d’époque pour fixer l’o-rigne des Cheminées, qui appro-choient beaucoup des nôtres, au moins en ce qui eît le plus efîentiel, ie veux dire quant au tuyau, ou conduit.
- On va voir par ce qui fuitque ces tuyaux devinrent dans la fuite plus en ufage à caufe de leurs commodités ; car , comme ces tuyaux parcouroient plufieurs apartemens, ils fervoient à communiquer une plus grande chaleur à différentes chambres, par le moyen des foupi-rauxque l’on ouvroit, fans doute, lorfque ,1a fumée étoit entièrement pafîee. Les Anciens, félon le rapport de Palladius , échauffoient leurs chambres par des tuyaux, ou canaux cachés, qui pafloient à travers les parois, ôc communiquoient la chaleur aux différentes pièces du Bâtiment, par le moyen d’un fourneau commun. C eft ce que Daniel
- p.r37 - vue 43/274
-
-
-
- xxxviij DISSERTATION.
- 04) Barbarus (A ) confirme, en difant
- Libf^cap!flue ^ quelqu’un eft bien verfé
- io. » dans les monumens des Romains, » il comprendra facilement l’expé-» dient que l’induftrie leur fournit » foit pour fe garantir du froid. » Le voici. Il y avoit une Fabrique » fouflerraine en forme de voûte » oblongue, ( à peu près fembla-» ble à lypocaufium , dont Vitruve fait mention en parlant des bains, ) » d’où fortoient de tous côtés des » canaux paffans dans l’intérieur » des parois, par de petites ftruc-» tures faites exprès, qui alloient » jufqu’au plus haut plancher, qui » avoient des foupiraux, nareSj » avec leurs couvercles amovibles, » qui communiquoient dans tous » les lieux aufquels on vouloit pro-» curer de la chaleur. Cette voûte » échauffoit, tant par la chaleur du » bois enflammé , (puifqu’on ,y » trouve des cendres ôc de la fuie )
- p.r38 - vue 44/274
-
-
-
- DISSERTATION, xxxix'
- » que par les eaux bouillantes dont » elle étoit remplie en partie, d’où » les chambres, cabinets, de au-» très appartemens recevoient une » vapeur chaude, par les canaux » dont on avoit ouvert les loupi-» piraux. Placide le Grammairien » l’a compris de même, lorfqu’en » expliquant ce que c’étoit que le » Zêta, il rapporte que les An-» ciens fe fervoient à peu près de » la même méthode pour raffrai-» chir les différentes parties de » leurs Bâtimens j car ils verfoient
- » de l’eau froide par une éclilïe » forma dans une voûte foufter-» raine, (qui, fans doute, avoit des tuyaux de communication,)
- » ils renvoyoient, par ce moyen,
- » la vapeur d’un air doux dans tou-» tes les chambres. Quoique Fex-» pédient paroiüe des plus iingu-» liers, Galien (.A ) fondent que P cela efb très polïible 0 par le die.
- CA}
- Lib. p &
- io. raetho-
- p.r39 - vue 45/274
-
-
-
- xl DISSERTATION.
- » moyen d’un canal ou d’un réfer-» voir d’eau, qu’il appelle Euripus.
- Il ne paroît pas cependant, que ces voûtes foulterraines ayent été fort long-tems en ufage chez les Romains, ni même chez d’autres Peuples, à caufe des inconvéniens9 comme la quantité immenfe de bois qu’il falloit confumer, les embarras 8c les peines qu’on effuyoit pour y apporter 8c faire bouillir l’eau; d’ailleurs il y avoit peu de perfon-nes qui fuiïènt en état de loutenir ces dépenfes : c’eft pourquoi on s’efl avifé de conflruire des fourneaux beaucoup plus commodes 8c moins dilpendieux que ces fortes de voûtes ; ils étoient attenans à plufieurs chambres âufquelles ils communi-quoient une chaleur toujours égale : /om. 3. av°ient un petit foupirail par où des And- fortoit la fumée. Dom de Monfau-
- quités, p.
- 2iz. planche 228.
- minent
- con (A ) nous montre quatre figures de ces petits tuyaux, ils fe ter-
- p.r40 - vue 46/274
-
-
-
- DISSERTATION. xlj
- minent prefque en cône, ÔC paroif-fent très propres à l’ufage auquel ils étoient deftinés. Vitruve, [A ) en lîv. 5. ch. parlant des étuves, a dépeint un de 10• ces fourneaux fous le nom de laco-nicum. II avoit véritablement la forme d’un fourneau, ainfi qu’il eft re-préfenté dans une peinture trouvée aux Thermes de Tite , dont on peut voir la figure dans les Antiquités de Dom de Monfaucon. (B) T^e Conformément au précepte de Vi- page 204. * truve, (C) il fe trouve joint à la Planche Chambre à fuer, appellée concame- 122(’c ) rata Judatio, 8c au Tepidarium qui Liv. 5. ch. étoit la chambre tiède. Il étoit placé IO* ainfi, afin d’augmenter la chaleur de la première chambre ( qui, outre cela, étoit échauffée par des feux fouflerrains, ) ôc de procurer un peu de chaleur à la fécondé, en rendant l’air tempéré entre le chaud &: le froid, c’eft pourquoi on l’ap-pelloit Tepidarium.
- f
- p.r41 - vue 47/274
-
-
-
- xlij DISSERTATION.
- Cette façon d’échauffer les chambres, a beaucoup de rapport à celle dont on fe fert encore aujourd’hui en Mofcovie ; on peut le voir parle détail de l’incendie arrivée à Mof-cou, au Palais de l’Impératrice, fur la fin de l’année 1753, il eft dit qu’on avoir pratiqué deffous les planchers des chambres, des fourneaux qui communiquoient au tuyau d’une Cheminée, par des canaux faits en maçonnerie, afin de procurer à toutes ces chambres, une chaleur douce & continuelle ; mais le trop grand feu qu’on faifoit pour échauffer ces fourneaux, caufa î’embrafementtotal du Palais: apparemment que quelques canaux s?étoient crevés.
- Mais, les fourneaux qui font devenus plus en ufage, font ceux.qui font connus fous le nom de poêles, ils ont tous les avantages qu’on en peut délirer; à la vérité, ils n’é-
- p.r42 - vue 48/274
-
-
-
- DISSERTATION, xliij chauffent qu’une feule chambre ; mais ils ne font lujets à aucun inconvénient , on s’en fert beaucoup en Allemagne ôc dans tous les Pays froids. Avec très peu de bois, ils rendent beaucoup de chaleur, ôc toujours au même degré. Il s’en fait de brique & de poterie, dont plulieurs, furtout en Allemagne , l'ont très-bien peints ôc d’une grande dépenfe. On donne auffi le nom de Poêles , aux chambres qui font échauffées, par ces fourneaux. L’u-fage en eft venu jufqu’ên France ; mais ils font pour la plus grande partie faits de plaques de fer fondu. À la vérité, on y en voit peu en comparaifon du grand nombre de Cheminées qu’il y a dans tous les Bâtimens ; car elles n’ont jamais été li communes qu’elles le font actuellement, ÔC il y a même toute apparence qu’elles feront toujours préférées aux Poêles, quand ce ne
- fiî
- p.r43 - vue 49/274
-
-
-
- xliv DISSERTATION, feroit qu’à caufe du plaifir que la vûe du feu femble ajouter à celui de fe chauffer.
- Ainfi, en laiffant, comme nous avons déjà dit , au jugement des Lecteurs & à l’examen des Sça-vans 5 les divers fentimens que nous venons de propofer : on peut con? dure du peu d’exemples qu’il nous refie des Cheminées des anciens , Ôt de l’obfcurité des préceptes de Vitruve fur ce fujet, que l’ufage des Foyers & des Etuves qui compo-foient chez eux des appartenons entiers , & échauffés par des Poêles, leur faifoit négliger cette partie de Bâtiment que l’ufage, la mode, & encore plus le froid de notre climat; nous a contraints de multiplier, 8c de rendre un des principaux orne-mens de nos habitations.
- CAMINOLOGIE
- p.r44 - vue 50/274
-
-
-
- O U
- TRAITÉ
- DES CHEMINÉES.
- p.1 - vue 51/274
-
-
-
- p.2 - vue 52/274
-
-
-
- C AMINOLOGI E
- O U
- TRAITÉ
- DES CHEMINÉES.
- PREMIERE PARTIE.
- AVANT-P RO P O S.
- N ne peut gueres douter que les différentes températures de l’air & les diverfes politions des climats , n’ayent introduit Pillage plus ou moins fréquent des cheminées. Il ell également certain que quoique nous habitions fous une Zone tempérée, le froid s’y fait néanmoins fentir alfés vivement ,
- p.3 - vue 53/274
-
-
-
- 4 Traite
- pour nous avoir obligés à conftruire un affez grand nombre de cheminées. Mais quelle utilité pouroit-il résulter de l’u-fage du feu dans nos appartemens, s’il n’y avoit pas des moyens d’empêcher les cruels effets de la fumée qui raccompagne ? C’eft pour prévenir ou pour ré-médier aux inconvéniens de cette vapeur funeffe à la fanté du corps & à la liberté de l’efprit, que l’on a formé le projet de raffembler ici les meilleurs moyens de s’en garantir. Mais avant que de les indiquer , ces moyens, il paroît à propos d’examiner d’abord ; quelle eff la nature de la fumée en elle-même , & quelles font les principales caufes qui la font refouler dans nos appartemens : c’eft ce que l’on va tâcher de faire dans la première partie de cet Ouvrage,
- T'Klfr’.
- fa
- p.4 - vue 54/274
-
-
-
- des Cheminées. ÿ
- CHAPITRE PREMIER.
- D<? nature & de t origine de la
- Fumée.
- L’Ufage du feu ne nous apprend que trop qu’il y a de la fumée, & que c’eft lui qui l’occafionne ; mais pour donner une idée claire de la nature de cette vapeur nuifible, & de la maniéré dont le feu la produit ; on peut dire en général que c’eft tin amas de petits corps hétérogènes, compofés d’huile, de terre & d’eau , que l’a&ion du feu détache d’un corps combuftible, & fait élever en les mettant dans une grande agitation , fans pourtant les enflammer, à caufe de la trop grande quantité d’eau & de terre , dont les parties huileufes & fulphureufes font embarraflees.
- Cardan, (A) après avoir dit que la fumée tient le milieu entre la flamme &c l’air, en remarque de deux fortes :
- (A)
- Liv. de l’Architeft
- p.5 - vue 55/274
-
-
-
- 6 Traite
- i°. Celle qui efl: la plus légère, qui fuc-céde néceflairement à la flamme & qui étant d’elle-même très raréfiée, fe diflipe facilement dans l’air, ce qui fait qu’elle ne fuffoque pas, Sc qu’elle n’efl: pas nuifi-ble à la vuë. 2°. L’autre forte de fiimée , dont il fera queftion dans cet Ouvrage , efl: celle qui précédé la flamme : elie provient ou de l’ufage du charbon de mau-vaife qualité, ou de celui d’un bois verd , c’efl: pourquoi cette fiimée efl: plus humide que celle de la première efpèce. On comprend d’abord qu’il faut qu’elle contienne quantité de fels, non-feulement parce qu’elle caufe des picotemens dans les yeux, mais encore parce qu’elle pré-ferve de corruption les viandes qu’on y fait fécher. Les parties terreftres & hui-leufes de la fiimée, forment la fuie. L’odeur de la fumée qui s’exhale de la tourbe & du bois, indique afîes qu’elle contient des corpufcules fulphureux, & l’on juge avec vraifemblance qu’ils font accom-
- p.6 - vue 56/274
-
-
-
- des Cheminées. 7
- pagnés de parties flegmatiques qui lient les diverfes parties de la fumée & la rendent fluide. Lorfque ces particules ful-phureufes s’exhalent peu à peu du mixte où elles étoient réunies, avec quantité d’autres particules aqueufes, terreflres, huileufes & falées, ce n’eft encore que de la fumée; mais lorfque ces particules fulphureufes s’attachent en plus grand nombre aux parois extérieurs du mixte, il devient alors un charbon ardent. Enfin lorfque ces mêmes particules de fouffre, ayant acquis allez de force pour brifer les obdacles qui les tenoient enfermées, en s’exhalant, elles entraînent ces particules aqueufes & terreftres, juflement combinées : la fumée devient alors de la flamme. La ftimée s’enflammeroit plus facilement fi les particules de foufre pou-voient dominer fur les particules acqueu-fes & terreflres. On a fait envain plu-ïieurs opérations chimiques pour féparer ces parties , de rendre par ce moyen
- p.7 - vue 57/274
-
-
-
- 8 Traité
- la flimée combufiible ; mais ce que l'Art n’a pû trouver jufqu’ici, la nature fem-ble nous l’offirir dans un endroit du Dauphiné , qu’on rapporte à ce iiijet. Voici le fait.
- l
- A quatre lieues de Grenoble, près du Monetier du Clermont, au pied d’une colline , on apperçoit de la fumée qui s’élève inceflament d’une terre rougeâtre &c chaude au toucher ; cette fumée s’enflamme quelquefois d’elle-même, lorfque l’air eft fort chargé de nuages ; mais ordinairement pour l’aider à s’enflammer, on en approche de la paille allumée , la filmée prend feu à l’inftant, & demeure très long-tems dans cet état, fans qu’aucune autre matière combuftible entretienne la flamme. La feule odeur de la terrevoifine apprend que quelques mines de foufre, de bitume, excitée par un feu fouterrain, doit être le principe de cette vapeur. On voit par ce phénomène ,
- que plus il y a de foufre dans le mixte, &
- plutôt
- p.8 - vue 58/274
-
-
-
- des Cheminées. 9
- plutôt la fumée s’enflamme & difparoît à nos yeux.
- CHAPITRE SECOND. Des caufes de la Fumée.
- EN général on peut regarder comme caufes principales du refoulement de la fumée dans nos appartemens ; i°. Les vents. l°i Le défaut d’air. 30. La fitua-tuation defavantageufe des cheminées.-40 i Leur conftru&ion défe&ueufe. 50. La pluie & la neige. 6°• La chaleur du Soleil ÿ ou la preflîon de fes rayons. 70* L’ufage du mauvais bois * & la façon dont il eft arrangé fur le foyer. 8°. Les jambages parallèles &. la maniéré dont les tuyaux font dévoyés. 90. D’autres caufes enfin, lefquelles étant toutes traitées aflés au long dans quelques articles particuliers, donneront fans douté occa-fion à des perfonnes éclairées, de faire
- de nouvelles découvertes fur ce fujet.
- B
- p.9 - vue 59/274
-
-
-
- 10
- T R A ï T É
- ARTICLE PREMIER,
- Des vents.
- Première caufe de la Fumée.
- L’Impétuofité avec laquelle la fiimée defcend dans nos appartenons, lorsque certains vents dominent, l’agitation de l’air qui fe fait fentir parmi les flots de fumée qui refluent , prouvent évidemment que dans plufieurs occafions , la fiimée n’a d’autre caufe que le vent
- qui s’infinue dans le tuyau des cheminées. Il faut donc, pour y remédier par principe , avoir une certaine connoif-fance des vents ; c’efl ce que nous allons éclaircir dans les paragraphes fuivans, où nous expliquerons ; i°. La nature des vents. 2°. Leurs caufes générales. 30. Leur dire&ion. 40. Leur nombre & leurs noms. 50. Leurs propriétés. De ces con-noiffances, dépend le fuccès des movens
- p.10 - vue 60/274
-
-
-
- des Cheminées. ii qu’on mettra en ufage pour corriger les cheminées fumeufes.
- PARAGRAPHE I.
- De la nature des Vents.
- IL n’y a rien de plus commun que les vents, toutefois rien n’efl plus difficile à découvrir que leur nature &c la caufe qui les produit : ce qui fait dire au Prophète (A) que Dieu les a mis comme en réferve dans fes tréfors, &c qu’il les en fait fortir à fon gré , en leur donnant ces jdifférens degrés de force &c de vîteffe, dont les effets font aufiî merveilleux en eux-mêmes , que terribles & utiles à l’u-fage & au commerce de la vie.
- Les anciens Philofophes, qui paroiffent s’être appliqués avec tant de foin à découvrir la nature des vents, ne nous ont rien laiffé de clair ni de certain fur cette matière. Ariftote (B) après setre moqué de ceux qui difoient que le vent
- Bij
- (A)
- Pfaltn. 134. v. 7*
- (B)
- Lib. De
- tntindoyCb'g»
- p.11 - vue 61/274
-
-
-
- i2 Traité
- n’étoit qu’une agitation vive de l’air, ou bien le transport fenfible de l’air d’un lieu dans un autre ; fe borne à nous dire fini'» plement, que le vent eft une exhalaifon chaude & fèche ; à quoi fes Difciples ajoutent qu’il s’y trouve fouvent quelque peu de vapeurs humides > tirées des eaux de la terre, par la vertu des Aftres & le mouvement des Cieux. Les anciens Poètes, qui fuppofent les vents renfermés dans des antres fouterrains* & gouver-» nés par le Roi Eole, qui les refferre ou les relâche à fon gré, ne nous fournif» fent pas de plus grandes lumières fur la nature de ce météore.
- Sans vouloir difcuter tous ces différens fentimens, qui n’ont rien d’alTés folide, ni d’afles lumineux ; ne paroît-il pas plus naturel de dire que le vent eft un air mélangé de vapeurs & d’exhalaifons , dilaté par les fermentations fouterraines & par là chaleur du Soleil, de telle forte qu’il s’agite & fe tranfporte avec rapidité
- p.12 - vue 62/274
-
-
-
- des Cheminées. 13 d’un lieu de la terre à un autre ? On peut encore définir le vent; un mouvement de l’air, eaufé par des exhalaifons & des vapeurs ; mais principalement par les vapeurs mêmes, dont la grande raréfa&ion & la dilatation, furpaffent de beaucoup l’effet des exhalaifons ; comme on le voit par les violences & les ravages inexplicables que font les vapeurs, lorfqu’elles paffent d’un lieu où elles font refferrées, dans un autre, où elles trouvent plus de commodité pour fe dilater & s’étendre.
- PARAGRAPHE II.
- Des cayfes générales des Vents.
- IL eft aifé d’appercevoir les caufes générales des vents dans les deux définitions qu’on vient de donner. En effet, la raréfaction de l’air, caufée par la chaleur du Soleil, l’éruption violente des exhalaifons , & fürtout des vapeurs par les
- p.13 - vue 63/274
-
-
-
- 14 Traité
- fermentations fouterraines, & même la prefîion des nuages ; font autant de cau-fes diverfes qui produifent les vents.
- i°. L’air raréfié, foit par les fermentations fouterraines , foit par la chaleur du Soleil, ne peut occuper un plus grand efpace fans chaffer l’air voifin. L’air chaffé coule vers l’endroit où il trouve moins d’obflacles ; & fi cet écoulement eft fen-iible, il produit du vent.
- 2°. L’éruption violente des vapeurs Sc des exhalaifons, occafionne aufïi du vent, puifqu’on fçait qu’il en fort de la Terre & des Eaux, des Antres, des Gou-fres & des Abîmes. Il en fort un en Provence , de la montagne de Matignon, lequel n’étend pas fes effets au-delà du pied de la même montagne. Il en foufle .un autre dans le Dauphiné près de Nil-foncc, qui n’a pas plus de violence que •celui de Matignon : mais comment fe forment ces fortes de vents? Un petit artifice va aous découvrir un des grands
- p.14 - vue 64/274
-
-
-
- î> £ S CHEMINEES. IJ fecrets de la nature. On peut, avec Vi-truve , (A) comparer, ce femble, les (A) cavités fouterraines, au corps d’une Eo- cap. s. lipile ; les feux intérieurs de notre globe, aux charbons ardens fur lefquels on pofe l’Eolipile ; & enfin fon bec ouvert, par où s’échapent des vapeurs , aux fentes de la terre.
- Placez maintenant fur le feu cette foi-ble image d’un effet cent mille fois plus grand, cet infiniment de comparaifon,
- & faites qu’il renferme un peu d’eau. Peu après, l’air fifle , l’eau s’échauffe, s’élance & entraîne avec elle un filet de vapeurs qui, forcées de paffer rapidement par une ouverture refferrée, pouffent bientôt l’air avec une affés grande violence.
- Les fermentations, les effervefcences fouterraines, font de même fortir avec éruption, des vapeurs renfermées dans le fein de la terre & des eaux, comme en autant d’Eolipiles ; & produifent ces tor-rens d’air impétueux , ces vents , ces
- p.15 - vue 65/274
-
-
-
- 16
- Traité
- tourbillons 9 ces affreufes tempêtes ; dont les incompréhenlibles effets nous étonnent moins encore, qu’ils ne nous font adorer l’Auteur divin de ees merveilles* 3°. La preffion des nuées fondues, agite auffi l’air qui nous environne & qui veut s’échaper; cette agitation violente produit un vent impétueux, mais de peu de durée pour l’ordinaire.
- PARAGRAPHE IIL
- De la direction & diverjitè des Vents
- A direction des vents provient de lâ
- “E-J diverfe fituation des endroits d’où ils fortent, & de ceux qui les réflechif-ent. Les corps qui partent d’un lieu, fui* vent la direction qu’ils ont d’abord reçue ; jufqu’à ce que quelque obftacle leur donne une direction nouvelle. Le goulet d’une Eolipile regarde-t-il le fud ? 11 en fort un vent qui va du nord au fud. Ce goulet regarde-t-il le nord ? Il en fort
- lin
- p.16 - vue 66/274
-
-
-
- des Cheminées. 17
- lin vent qui va du fud au nord. De même la direction d’un vent qui fort de la terre ou des eaux, répond à la direction de l’ilTue par laquelle il fort. Suivant ce principe, fe fait-il dans l’air quelque raréfaction conlidérable du côté du midi ? L’air latéral pouffé par la force de l’air raréfié, coule vers le nord où la réfiffance eff moindre, & c’eff un vent du midi. La raréfa&ion fe fait-elle du côté du nord ? L’air pouffé coule vers le midi, & c’eff un vent de nord. Un vent rencontre-t-il des montagnes, des nuages? Il fe réfléchit, faifant un angle de réflexion à peu près égal à celui d’incidence : delà, un vent dirigé du midi au feptentrion, ou du feptentrion au midi, en deviendra un qui s’approchera plus ou moins, du levant ou du couchant, félon la pofition du corps qui aura fait obffacle à fa courfe naturelle. Ces ob-ffacles quelconques font la raifon pour laquelle une cheminée à l’abri, par exem-
- p.17 - vue 67/274
-
-
-
- i8 Traité
- pie, du vent de nord, fumera néanmoins quelquefois, parce que ce vent aura été réfléchi & renvoyé dans le corps de la cheminée par quelque muraille voifine, ou par le tuyau de quelqu’autre cheminée.
- PARAGRAPHE IV.
- Du nombre, des Kents & de leurs noms.
- (A)
- Ariftote, dans les politiques.
- LEs Anciens (A) croyoient qu’il n’y avoit que deux vents principaux * dont l’un fouflloit du feptentrion, & l’autre du midi ; ils appelloient tous les autres feptentrionaux ou méridionaux, félon qu’ils étoient voifins , l’un ou l’autre , de ces deux vents. Ariflote avoit remarqué qu’il n’y a point de vents qui foient aufli violens, & qui durent aufli kmgrtems que ces deux-là.
- Cependant la première & la plus ancienne partition des vents , a été tirée des quatre parties du monde d’où ils
- p.18 - vue 68/274
-
-
-
- des Cheminées. 19
- Ïbu/Hent ; fçavoir du Nord, du Sud, de.
- VOueji, & de VE fl. Homere ne fait mention d’aucun autre , & Favorin lés appelle vents premiers ; on les a nommés depuis vents cardinaux , parce qu’ils viennent des points cardinaux de l'horizon.
- Un certain Andronic de Cyrrhe, au rapport de Vitruve, (A) en ajouta quâ- (A) tre autres, qu’il tira du lever & du cou-cher du follHce ; il les nomma vents féconds ; ils ont acquis enfuite le nom de vents collatéraux, parce qu’ils font placés entre les premiers. Chacun des vents collatéraux fe trouvant au milieu de deux vents cardinaux, fon nom ell compofé des deux vents au milieu defquels il fe trouve ; en obfervant que les mots de
- y.
- nord & de fud , doivent commencer la phrafe qui eft compofée du nom des deux vents cardinaux, au milieu defquels fe trouve placé un vent collatéral ; èc qu’ainfi l’on ne dit pas Est-Nord , lorfqu’on veut déligner le vent qui tient ’
- p.19 - vue 69/274
-
-
-
- 20 Traite
- le milieu de l’efpace entre le Nord & ï£st , ni Ouest-Sud , pour exprimer le vent collatéral, qui fouffle immédiatement entre le midi & le couchant ; mais qu’on les doit nommer No rd~Est9 Sud-O uest. Et ainfi des autres.
- Ce même Andronic fit élever à Athènes une haute tour de marbre, o&ogone, & fit graver fur chaque côté, des figures qui repréfentoient les huit vents prin^-cipaux. Un Triton d’airain tournoit fur fon pivot au haut de la tour, tenant unç baguette à la main, qu’il pofoit jufte fur
- le vent qui foiiffloit. C’efi: peut-être fur
- /
- ce modèle qu’ont été inventés les coqs que l’on met au haut des clochers.
- Les huit autres vents qu’on a ajoutés aux huit premiers, & qu’on appelle vents troifiémes, dont chacun eft fitué entre un vent cardinal & un vent collatéral, ont un nom compofé des noms de tous les deux. Un vent eft-il au milieu du nord & du nord-eft ? On l’appelle Nord
- p.20 - vue 70/274
-
-
-
- des Cheminées. 21 Nord-EJl. Effc-il entre l’eft & le nord-eft ?
- On l’appelle Eji Nord-EJi. Ainfi des autres , en faifant toujours précéder le nom du vent collatéral, par le nom du vent cardinal.
- Le nombre des vents a été encore augmenté ; car Vitruve en nomme vingt-quatre : on en compte aujourd’hui trente-deux fur mer. On s’eil contenté de ne marquer que les feize principaux dans la fig. I. parce que ce font les feuls qui puiffent être plus diftïn&ement connus fur terre.
- Au relie, Crantius ( A) & d’autres Au-
- teurs alîiirent, que c’ell le Roi Charle- Liv. 2. de
- ^ fa Taxe
- magne, qui a impofé aux vents cardinaux 8*
- les noms de Nord, Sud, Ejl, Ouejl; &
- par conféquent à tous les autres vents,
- puifqué leurs noms dérivent de ceux-ci.
- p.21 - vue 71/274
-
-
-
- 22
- Traité
- PARAGRAPHE V
- Des propriétés des Vznts.
- N diftingue parmi tous ces vents,
- ceux qui font réglés d’avec ceux qui font libres. On appelle communément vents alizés, ceux qui ne manquent point de foufïler en certains tems.
- Dans les Pays tempérés, il y a peu de vents réglés ; car ils font contraints de céder aux vents libres qui furvien-nent. Les derniers foufflent plus fouvent le matin ou le foir, qu’à midi ou pendant la nuit ; & plus fouvent encore en des lieux caverneux, montueux & remplis de forêts, parce que dans ces fortes de lieux, les vents réglés & généraux font néceffairement dérangés de leur direction naturelle.
- Le vent de fud eft le plus inconftant de tous les vents en Europe ; il y fouffle fans régie & fans aucun rapport avec les faifons. Lorfqu’il commence ou qu’il
- p.22 - vue 72/274
-
-
-
- DÉS CHEMINEES. 2} ceffe , il change le tems de beau en pluvieux & le rend doux s’il étoit froid ; parce que fort origine étant proche de nous, il {buffle de bas en haut, & par cette détermination il détache beaucoup de particules de deffus la furface des eaux, & l’air étant beaucoup plus raréfié & plus léger, il s’imbibe d’une plus grande quantité de vapeurs. Delà vient que ce vent eil extrêmement pluvieux, & en conféquence , les cheminées fument prefque toutes pendant qu’il fouffle, par la raifon que nous dirons ci-après en parlant de la pluie. Heureufement qu’il fouffle plus fouvent la nuit que le jour, particulièrement en Hyver. Il fouffle ordinairement feul & fans être contrarié par aucun autre. Quant à fa dire&ion de bas en haut, c’eft une chofe à remarquer pour les cheminées à foupiraux qui font tournées à ce vent ; parce qu’alors on en place l’ouverture bien différemment, que s’il fouffloit de haut en bas.
- p.23 - vue 73/274
-
-
-
- 14 Traité
- Le vent de nord elt très condenfé > puifque le mercure monte lorfqu’il fouffle, ce qui ne fçauroit arriver fi le reffort ou la pefanteur de l’air n’augmente ; or cette propriété de l’air ne peut augmenter qu’à mefure que fa condenfation efl plus forte. Cela nous fait voir pourquoi le vent de nord foufîie de haut en bas , & pourquoi il n’eft ni pluvieux ni nébuleux : plus pe-fant que l’air méridional vers lequel il eft porté , & beaucoup plus ferré & plus compare, il ne fe remplit point de vapeurs. Outre cela, fa détermination, loin de détacher des vapeurs de deffus la fur-face des eaux, empêche plutôt qu’il ne s’en éléve , c’eft pourquoi les foupiraux des cheminées tournés à ce vent, doivent être inclinés , ou au moins pofés horizontalement : ce vent n’en exclut point d’autre. On remarque qu’il rend le corps humain plus difpos & moins pefant.
- Les vents orientaux font pour l’ordi-
- dinaire plus fecs que les occidentaux. Ils
- rendent
- p.24 - vue 74/274
-
-
-
- des Cheminées. 2$
- rendent l’air plus vif & plus ferain ; ils chaffent les vapeurs : ils foufîlent fou-vent le matin en Eté ; c’eft aparemment l’effet de la raréfaction de l’air caufée par la chaleur du Soleil levant, qui a fa direction à l’occident, & dont l’impreffion fe fait fentir jufqu’à nous. On a remarqué que les tempêtes qu’excitent les vents d’orient durent tout le jour, & que les objets paroiffent plus grands pendant que ces vents fouillent.
- Les vents occidentaux font troubles ; ils fouillent ordinairement le foir, changent facilement, font plus véhémens que les orientaux, & font que les fons s’entendent de fort loin. Voilà en peu de mots les différentes propriétés des vents cardinaux.
- Après ce que nous venons de dire touchant les vents, il n’efl pas difficile de comprendre comment ils peuvent caufer le refoulement de la fumée. La force
- avec laquelle ils s’enfournent dans le
- D
- p.25 - vue 75/274
-
-
-
- 16 Traité
- tuyau de la cheminée, contraint la fumée à defcendre, &: à chercher une if-fue dans la chambre où elle ne trouve prefque point de réfiflance. Il efl vrai que la fumée tend en haut par l’a&ion des corpufcules, de l’air collatéral qui la preifent ; mais le vent prédomine toujours à cette a&ion qui, étant la plus foible, doit céder à la direction du plus fort ; car l’air qui eft dans la cheminée, quelque fumée qu’il y ait, eft toujours plus raréfié Sc moins prefle que celui de dehors, quand le vent foiiffle Sc va fort vite ; & s’il n’entre pas toujours dans la cheminée en pafiant par defiiis horizontalement , c’efi: parce qu’il trouve devant lui, une libre iffue*
- On pourroit, dira-t-on, interrompre la dire&ion du vent dans le tuyau de la cheminée, par le moyen d’une couverture horizontale. Cela efi: vrai ; mais on ne l’empêchera pas toujours de fumer par un grand vent, puifqu’on voit prefque par-
- p.26 - vue 76/274
-
-
-
- des Cheminées. 27 tout des cheminées fumeufes, quoiqu’elles foient couvertes horizontalement ; d’où vient cela ? Si ce n’eft de la grande agitation qu’un vent violent caufe dans l’air extérieur de la cheminée, qui eft plus que fuffifante pour empêcher l’ifïue de la fumée, puifqu’elle rompt fa direction & la voie qu’elle s’étoit ouverte à travers un air calme & tranquille. Ce chemin étant interrompu 8c occupé fuc-ceflivement par des inondations d’air qu’elle ne peut vaincre; elle eft donc forcée de refter dans le tuyau de la cheminée , lequel fe remplit bientôt de fumée , dont la furabondance fe répand néceflairement dans la chambre, comme étant le feul chemin qui lui foit ouvert.
- Mais on pourroit peut-être encore ob-jetter, comment efl-ce que la fumée qui eft déjà parvenue au haut du tuyau de la cheminée , peut redefcendre en bas } Puifqufe, félon les régies du mouvement, un corps a été chaffé du lieu qu’il
- I> ii
- p.27 - vue 77/274
-
-
-
- 28 Traite
- occupoit, & qu’une caufe extérieure l’a pouffé dans un autre , il femble qu’il ne doit point retourner dans le lieu qu’il a quitté, furtout li cette caufe fubfifte toujours dans fa même force : Or, la fumée ayant été chaffée jufqu’au haut du tuyau de la cheminée, par des caufes extérieures dont l’a&ion dure toujours, c’eft-à-dire par la chaleur du feu & l’action de l’air collatéral, qui tous deux ont encore leur même force ; il femble qu elle ne devroit plus redefcendre.
- Il eft facile de faire fentir la foibleffe de cette obje&ion, en difant qu’à la vérité , tout corps étant de foi-même indifférent pour être dans un tel lieu, ou dans un autre, dèllors qu’il a été chaffé du Heu qu’il occupoit par une caufe extérieure ; il ne doit point y retourner, à moins qu’une nouvelle caufe extérieure, plus puiffante que la première, ne l’y force : C’eft donc ce qui arrive à la fumée, lors qu’ayant été pouffée en premier lieu juf-
- p.28 - vue 78/274
-
-
-
- des Cheminées. 29 qu’à l’extrémité du tuyau de la cheminée , par l’aftion de la chaleur du feu & de l’air collatéral, elle eft enfuite repouf-fée en bas par la force du vent extérieur, ou par la pefanteur de la pluie ; foit même par le poids de la lumière du Soleil, foit par la vibration de fes rayons qui, comme je le prouverai ci-après, font de nouvelles caufes bien plus puiffantes que les premières. Il n’efl: donc pas alors fur-prenant que la fumée redefcende. Nous verrons en expliquant les autres caufes de la fumée, que le vent y eft prefque toujours pour quelque chofe.
- p.29 - vue 79/274
-
-
-
- 30
- Traité
- ffK9BHKBB9nM09BSSB9BBBBMMCSHHBHSennHMISMaeBSSBZBB9flBBB9BBBRSn^
- —— ....mm..—m.—
- A'RTICLE II.
- *
- Du Défaut d’Air,
- Seconde caufe de la Fumée.
- SI la fumée ne monte que par l’action du feu & de l’air collatéral qui la preffe, il s’enfuit nécessairement, que lorfque l’air de la chambre n’eft pas en fuffifante quantité , pour forcer la fumée par fa prefîion , de lui céder la place en la chaflant en haut, elle ne peut pas monter , & par eonféquent qu’elle doit fe répandre dans la chambre. Tout le monde convient qu’en fait de phyfique, l’expérience prévaut aux raifons les plus fubtiles ; c’eft pourquoi je raporterai celle de Borelli, dont la conclufion fert de preuve à ma proposition.
- Cet Auteur a fait une expérience qui prouve évidemment que le feu & la fu-
- p.30 - vue 80/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. mée ne montent que par l’a&ion des cor-pufcules de l’air qui les prefient, de forte que fi les parties ignées fuivoient leur propre mouvement, elles tendroient en bas, comme tous les autres corps.
- 11 prit un fiphon de deux coudées de hauteur, qui avoit Une pomme de verre à l’un de fes bouts, & qui étoit recourbé Vers l’autre ; ayant enfuite bouché l’ouverture du côté courbe aveç de la vef-lie de cochon, il remplit toute la capacité du liphon de mercure, par l’ouverture de l’autre bout ; & avant que de la fermer, il attacha au bouchon avec du fil de fer, une petite baie de bitume noir. Ayant fermé ce bout-là, il ouvrit l’autre , ôc en laifia fortir du mercure en telle quantité, qu’un peu plus du tiers du fiphon demeura vuide , & que la baie fe trouva fufpendue au milieu de la pomme, jufqu’oii la longueur du fil lui permettoit de defcendre ; l’efpace de def-fous & delîiis étant également vuide.
- p.31 - vue 81/274
-
-
-
- (A), Mécani-quedu feu, liv. 2. chap. i.
- 32 Traite
- Enfuite avec lin miroir ardent , il mit le feu à la baie , &: il vit que la fumée, au lieu de s’élever, fe recourboit en bas, à peu près comme un jet d’eau lorfqu’il eft arrivé à fon plus haut point.
- Paffons de l’expérience au raifonne-ment ; fi la fumée de la baie de bitume noir fe recourboit en bas, c’efi: uniquement parce qu’il n’y avoit pas dans la boule de verre des particules d’air pour la preffer & la forcer de monter en haut : de même dans une chambre qui eft privée d’une fuffifante quantité d’air pour preffer & élever la fumée ; celle-ci doit néceffairement, comme les autres corps, .tendre en bas &c fe répandre dans la chambre. Or, il n’arrive que trop fouvent que les endroits où l’on fait du feu, foient privés d’une affés grande quantité d’air pour pouffer la fumée, furtout lorf-qu’ils font bien fermés ; je le prouve par les raifons de Mr. Gauger, (A) qui prétend que cette privation vient. i°. De
- ce
- p.32 - vue 82/274
-
-
-
- des Cheminées* 33 .ce que l’air fe raréfie par la chaleur, 6c laifle par conséquent plufieurs intervalles entre fes parties, ou plufieurs efpaces remplis de matière, qui réfifte moins à la fumée , que 11e faifoient les parties de l’air dont elle prend 6c occupe la place* 2°. De ce qu’il fort, une partie de l’air de la chambre avec la fumée. Ainfi celle que le feu fait continuellement, fe trouvant moins prefiee par l’air intérieur qui refie dans la chambre , que par l’air extérieur qui efi au haut de la cheminée , elle rentre dans la chambre 6c y caufe les incommodités que l’on reflent fi fou-vent. 30. L’air d’une chambre fort encore lorfque' l’on ouvre une porte qui a communication dans quelqu’autre endroit plus chaud, 6c donne ainfi moyen à la fumée de rentrer dans la chambre où elle fe touve moins prefiee que par dehors, ce qui arriveroit encore en ouvrant une porte, ou une fenêtre, du côté
- oppofé à celui d’où vient le vent.
- E
- p.33 - vue 83/274
-
-
-
- r 34 Traité
- f C’efî: donc cette efpèce de vnide qui fe fait dans une chambre, de quelque maniéré que ce foit, qui eft une des principales caufes de la fumée, & à laquelle l’on n’a point penfé à remédier, quoiqu’elle foit univerfelle. Delà vient qu’il fume toujours dans les petites chambres , auflî bien que dans les autres qui font voûtées ou plafonées , & dont les interfaces des portes & des fenêtres font exa&ement bouchées; ce qui fait qu’il n’y a pas fuffifament d’air dans la chambre pour pouffer la filmée & lui faire prendre fa direéüon ordinaire.
- Il efb impofîible de remédier à cet inconvénient , fi on ne trouve le moyen de prendre de l’air d’autre part pour au* gmenter le volume de celui de la chambre , & le mettre en équilibre avec l’air extérieur ; car il ne fuffit pas que l’air collatéral puiffe forcer la fumée à monter , il faut encore qu’il foit prépondérant aux colonnes d’air qui font dans le tuyau
- p.34 - vue 84/274
-
-
-
- des Cheminées. 35
- de la cheminée ; lefquelles, eu égard à leur dire dion perpendiculaire de haut en bas, ont toujours plus de poids que d’autres qui leur feraient égales , mais qui n’auroient pas la même direction. C’eli ce qui paroît particulièrement, lorfqu’on allume du feu dans une cheminée où il n’y en a pas eu depuis quelque tems. Il faut néceflairement qu’elle fume jufqu’à ce que la chaleur du feu ait vaincu la réfiljtance de l’air froid qui occupoit toute la capacité du tuyau de la cheminée ; pour lors , en le raréfiant elle fraye , pour ainfi dire, une voie à la fumée, &c lui facilite le moyen de s’échaper en diiîî-pant l’obfiacle qui l’empêchoit de monter.
- On fera encore plus convaincu de la grande quantité d’air qu’il faut pour re-poufler 1a fumée, lorfqu’on fçaura que la flamme , non - feulement en abforbe beaucoup, mais encore qu’elle s’en nourrit ; aufli CARDAN (^) nous dit-il, que ^
- la flamme n’efl autre chofe qu’un air al- l’Architect lumé & enflammé. E ij
- p.35 - vue 85/274
-
-
-
- 36 Traité
- On remarque, en effet, que lorfqu’on allume un fagot, la cheminée ne fume jamais tant que dans le moment qu’il s’enflamme. Pourquoi cela ? Si ce n’efl parce que la flamme attirant à foi tout l’air de fon athmofphere pour s’entretenir , il faut, pour ne pas laifler de vuide, que l’air voifin qui eft dans le tuyau de la cheminée, vienne promtement en occuper la place ; or l’air de la cheminée étant ainfi attiré de haut en bas, il entraîne auflï avec lui toute la fiimée qui commençoit à monter, & qui fe fait auf-fitôt fentir qu’appercevoir.
- Mais ce n’efl: pas feulement la flamme qui a befoin de beaucoup d’air pour s’en-» tretenir ; le feu en général l’attire fortement de toute part, foit de l’antichambre , foit de dehors : aufli lorfqu’on préfente la main devant les interftices, foit de la porte, foit des fenêtres de la chambre où l’on fait du feu, on fent que l’air extérieur s’y infinue plus for-
- p.36 - vue 86/274
-
-
-
- des Cheminées. 37 tement que s’il n’y avoit pas de feu, parce que l’air de la chambre étant non-feulement raréfié par la chaleur du feu, mais encore attiré par le feu même, l’air extérieur qui eft plus condenfé, s’y coule d’autant plus facilement, qu’il y trouve moins d’obftacle, & plus de place pour étendre fes refforts. Or, fi le feu attire fi fortement l’air extérieur, à plus forte raifon attirera-t-il celui de la chambre comme étant le plus voifin ; c’eft ce qu’on remarquera fi l’on met un charbon fumant au milieu de la chambre; on voit que la fumée du charbon tend naturellement du côté du foyer, ou bien fi l’on met un rideau devant la porte de l’antichambre, il flottera du côté où eft le feu , comme s’il y étoit pouffé par un vent oppofé, quoique la première porte foit bien fermée : effet naturel de la vertu attra&ive du feu qui agit né-ceffairement fur l’air environnant. Tout cela prouve fuffifament la néceflité de
- p.37 - vue 87/274
-
-
-
- 38 Traité
- l’air pour l’entretien du feu, & encore plus pour vaincre l’a&ion de celui qui defcend par la cheminée, de crainte qu’il ne foit un obftacle à l’iffue de la fumée.’
- En un mot, fi l’air extérieur a plus d’élafticité, ce qui doit être , dès que l’intérieur eft en partie abforbé par la flamme Sc par le feu ; le premier doit redefcendre pour reftituér l’équilibre, &
- i
- conféquemment ramener la fumée dans la chambre, en y rentrant lui-même par le tuyau. Tel eft l’effet de l’air fur nos cheminées.
- ARTICLE III.
- De la fituation défavantageufe des Cheminées.
- LA fituation d’une cheminée peut être défavantageufe à raifon de la mau-vaife difpofition du tuyau.
- p.38 - vue 88/274
-
-
-
- des Cheminées. 39
- En premier lieu, quand la plus haute partie du tuyau efl dominée par le toit, ou par quelque bâtiment fupérieur, comme une tour, une Eglife , &c. pour lors la cheminée eft lu jette à fumer, même dans un tems calme ferain. i°. Parce que refpace entre cette partie du tuyau &: les corps dominans, étant plus étroit & plus ferré, l’air y coule avec plus de rapidité & plus de force ( comme l’eau d’une riviere entre les piles d’un pont) & qu’il oppofe par conféquent une plus grande réiiftance à la fortie de la fumée.
- 2°. Si le vent vient à fouffler contre ces hauteurs qui commandent la cheminée , l’inconvénient en efl: plus grand % parce que trouvant des obftacles qui l’arrêtent , il fe réfléchit néceflairement vers la cheminée, faifant un angle de réflexion proportionné à celui d’incidence ; il y entre même par la force de fon reflort, & repoufle la fumée dans la chambre ; plus la cheminée fera donc dominée,
- p.39 - vue 89/274
-
-
-
- 40 Traité
- plus elle fera fujette à fumer, & cela en
- raifon du plus grand volume d’air qui fera
- réfléchi, & qui s’enfournera avec plus
- de violence dans la cheminée. C’eft pour
- prévenir cet inconvénient, autant qu’il
- 04) efl poflible, qu’Albert (A) ordonne d’é-Liv. de
- l’Archite<fl
- plus que les toits.
- 3°. Si les-vents font violens, ou fi c’eft un vent de nord qui fouflle, le reflux de la fumée doit fe faire encore plus fentir, parce qu’ayant fa direction de haut en bas, l’angle de réflexion, d’aigu qu’il étoit, devient obtus & tend davantage à la ligne perpendiculaire : par con-féquent le vent, eu égard à fa direction, a plus de force pour repoufler la fumée dans le tuyau de la cheminée, elle doit donc fumer davantage.
- 4°. Si là cheminée fe trouve proche
- de ce qui la commande , & que le vent
- foit violent ; il peut auflï la faire fumer,
- quoiqu’il ait fon origine du côté qu’elle
- efl;
- lever les tuyaux de cheminées beaucoup
- p.40 - vue 90/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 41
- èft commandée : parce que l’oppofitiori
- %
- qu’il trouve, augmentant le reffort de l’air qui ne peut en cet endroit s’étendre qu’en haut ; lorfqu’il a paffé par def-lùs cette hauteur qui lui faifoit oblia-cle, il s’étend auffitôt en bas, fait
- refouler ainfi la fumée dans le tuyau de la cheminée, où il trouve très peu de réfiftance*
- En fécond lieu, îa partie inférieure du tuyau, ou l’ouverture de la cheminée qui communique dans la chambre, peut encore la rendre fùmeufe à raifon d’une porte ou d’une fenêtre mal placée, ou dont la cheminée feroit trop près. Audi Alberti (A) confeille-t-il de faire en forte (A ) que le foyer ne foit pas expofé au vent des portes ni des fenêtres. La raifon en eft claire. C’eft que l’agitation de l’air qui conftitue la nature du vent, ne fe fait pas toujours fuivant les lignes droites; mais que fouvent i’air eft violemment agité en tourbillon, ou par bouffées;
- p.41 - vue 91/274
-
-
-
- 44* Traité
- alors ce Ventparoît avoir plus de force pour chaffer l’air d’une chambre , que pour l’y faire entrer, comme on peut lé remarquer dans une chambre dont on a îaiffé une fenêtre ouverte pendant qu’il fait un grand vent. L’expérience nous apprend que le vent pouffe d’ordinaire la fenêtre avec plus de force de dedans en dehors, que de dehors en dedans ; ce qui femble prouver que dans ce cas il fort plus d’air de cette chambre qu’il n’y en entre, & que le vent a plus de force pour l’attirer en dehors que pour le.repouffer en dedans. Ainfi quand la porte ou une fenêtre fe trouve proche, ou vis-à-vis d’une cheminée, l’air, eft principalement attiré de ce côté-là, fur-tout fi ce côté eft oppofé à celui d’oii vient le vent; & par conféquent la fumée n’étant plus preffée par l’air collatéral , & trouvant moins de réfiftance du côté de la chambre, à caufe de l’efpèce de vuide qu’y laiffe l’air qui eft forti par
- p.42 - vue 92/274
-
-
-
- des Cheminées. 43 la porte ou par la fenêtre, elle doit s’y répandre, au lieu de monter par le tuyau de la cheminée. Il n’en eft pas de même, à beaucoup près, fi la cheminée n’ell point expofée au vent des portes ou des fenêtres, ou du moins fi l’on a foin de fermer exactement les unes & les autres, parce qu’alors les colomnes de l’air collatéral n’étant point ébranlées, ni attirées par les tourbillons de vent ; elles ont toute leur force pour preffer la fumée , & la forcer de monter, avec le fecours de la chaleur du feu.
- ARTICLE IV.
- De la conftru&ion défeâueufe des Cheminées,
- Quatrième caufe de la Fumée.
- LEs défauts qui fe trouvent dans la conftru&ion d’une cheminée, ne contribuent pas peu à la faire fumer. Cet in-
- Fij
- p.43 - vue 93/274
-
-
-
- 44 Traité
- convénient arrive principalement lorfque la fumée rencontre dans le tuyau des ob-flacles qui l’empêchent de fuivre fon cours ordinaire. Ces obftacles confiaient en ce que l’intérieur du conduit n’étant point uni, il y a des inégalités qui arrêtent, ou qui retardent la fumée dans fon af-cenfion.
- On éprouve le même inconvénient quand il fe rencontre dans la cheminée des pierres qui fortent plus les unes que les autres, ce qui efl occafionné quelquefois par la liaifon d’une maifon à l’autre , ou par quelque mur de refend : mais plus communément encore lorfque plu-lieurs cheminées aboutiffent à un même tuyau. Dans ce dernier cas, il efl pref-que impoffible que quelqu’une des cheminées ne fume, principalement celles où l’on ne fait pas de feu a&uellement. Cela ne doit pas paroître furprenant ; car fi la fumée qui efl parvenue au haut de la cheminée vient à être repouffée par
- p.44 - vue 94/274
-
-
-
- des Cheminées. 4$ le vent, elle rentrera plus facilement dans les autres tuyaux, parce quelle les trouve libres, & qu’elle n’y trouve aucune ré-fiflance.
- Un autre défaut dans la conflruélion des cheminées , fuffifant pour renvoyer la fiimée dans la chambre, c’eftlorfque le contre-cœur de la cheminée n’eft point affés enfoncé. Alors l’agitation de l’air de la chambre, ou plutôt de l’air extérieur qui s’infinue par les interftices des portes ou des fenêtres, les plus voifines de la cheminée, a trop de prife fur celui qui eft contenu dans l’atmofphere du feu : il l’attire, n’étant plus renfermé, ni, pour ainli dire, défendu par les pieds droits de la cheminée, qui n’ont pas leur largeur convenable , & par là, lui ôte la force de prefTer la fiimée, & de la pouffer en haut; d’où il s’enfuit que la co-lomne d’air qui defcend de la cheminée , devient prépondérante à l’air de la chambre , & y renvoie prefque toute la fumée.
- p.45 - vue 95/274
-
-
-
- 46
- Traité
- ma
- ARTICLE V.
- De la Pluie et de la Neiger
- Cinquième ccrnfe de la Fumée.
- T) Our être bien perfuadé que la pluie peut faire refouler la filmée, il ne faut que remonter aux principes de fa formation. La pluie eft produite lorf-qu’une nuée venant à fe fondre par la chaleur du Soleil ou de la Terre, fe réfout & tombe en petites gouttes ; ces gouttes réunies dans leur chute deviennent fenfibles &c font autant de petits volumes qui en tombant dans le tuyau de la cheminée, en occupent une efpace confidérable, & par leur pefanteur compriment tellement l’air, qu’ils entraînent avec eux la fumée, dont le reflux fe fait bientôt fentir dans la chambre.
- Quoique dans les tems pluvieux l’air femble plus léger à raifon de fa grande
- p.46 - vue 96/274
-
-
-
- DES CHEMINÉES. 47 fluidité, laquelle furpaffe celle des parties aqueufes qui compofent fon humidité , & qu’il leur cède la place en montant par des voies latérales ; cependant il ne paroît pas que dans le cas préfent l’air intérieur de la cheminée, perde rien de fa pefanteur ordinaire , parce que la chaleur du feu l’entretient, pour ainfi dire, dans le même degré de température. Delà vient qu’il n’eft pas li fufcep-tible des vapeurs qui foulevent l’air extérieur; d’ailleurs fe trouvant anguilié par les côtés du tuyau de la cheminée, il ne trouveroit pas de voie latérale pour s’échapér ; il faut donc qu’il cède à la pefanteur des gouttes de pluie qui l’entraînent néceffairement avec la fiimée jufques dans la chambre. Remarquons aulîi que la compreffion fubite de l’air de la cheminée, caufée par la chute des gouttes de pluie, fait un petit vent qui eft affés fenlible pour peu qu’on y faffe attention,
- p.47 - vue 97/274
-
-
-
- 48 Traite
- Suppofé même que la compreffion de l’air ne contribuât point au reflux de la fumée, la pluie feule feroit capable dé produire cet effet, parce que l’agitation qu’elle caufe dans l’air lorfqu’elle tombe, produit un vent qui fe fait affés fentir lorf-qu’il commence à pleuvoir , lequel eft d'autant plus violent, que la pluie tombe de plus haut ; à plus forte raifon lorfque la compreflîon efl: jointe à l’agitation, le vent qui en réfulte, doit être plus puiflant ; &, s’il étoit bien ménagé, il égaleroit celui des plus grands foufflets : car on ne fe fert pas d’autre moyen pour fouffler le feu des forges de cuivre (A) de Tivoli, près de Rome. (^) C’eftun
- Tournai6 cana^ rend Feau dans un conduit pofé des Sça- perpendiculairement devant le fourneau,
- i65s!p. femklable ,par fa figure à un tuyau de 172. cheminée, au milieu duquel il y a un petit tuyau placé horizontalement, qui répond à l’âtre du fourneau de la forge :
- l’eau qui fe rend dans ce conduit, y
- caufe
- p.48 - vue 98/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 49 caufe par fa chute une forte compreffion de l’air, qui fort avec tant de violence par ce petit tuyau terminé devant l’âtre du fourneau, qu’il eft fufKfant pour entretenir le feu auffi vivement allumé , que s’il y avoit des foufflets, tels que font ceux dont on fe fert ordinairement dans les forges. De même, toutes proportions gardées, la pluie ed capable, par le poids de fa chute, de produire un vent fuffi-fant pour faire defcendre la fumée juf-ques dans la chambre.
- On peut attribuer prefque le même effet à la chute de la neige , furtout lorf-qu’elle tombe en grande quantité; à la vérité, ce n’eft pas tant à caufe de fa pefanteur, que parce quelle condenfe l’air extérieur, & au prorata l’air intérieur de la cheminée, à raifon de fa grande froideur : ce qui fait que la fumée ne pouvant vaincre l’air que fort difficilement, pour fe faire un paffage, elle ne fort que très lentement ; de forte
- p.49 - vue 99/274
-
-
-
- 5<3 T R A î T É
- qu’il s’en exhale néceffairement beaucoup dans la chambre.
- ARTICLE VL
- £
- Des rayons du Soleil,
- Sixième caufe de la Fumée,
- SI la chaleur du feu terreftre contribue à faire monter la fumée, on peut dire que la vibration des rayons du Soleil, fait un effet tout contraire fur les cheminées. Ces rayons ayant une direâion op-pofée à celle du feu terrefïre, & agiffant fur la fiimée , qui eft un corps indifférent à toutes fortes de mouvemens, doivent contribuer à l’empêcher de fortir du tuyau. Mais ce raifonnement, quelque foîide qu’il paroiffe d’abord, n’a pas été généralement approuvé ; & nos Phyfi-ciens modernes ont porté leurs vues & leurs découvertes beaucoup plus loin.
- En effet, ne pourroit-on pas auffi at-
- p.50 - vue 100/274
-
-
-
- des Cheminées.
- tribuer le refoulement de la fumée , à la pefanteur des rayons du Soleil ? Dire que les rayons & la lumière du Soleil ont un volume de pefanteur; cela ne doit point paiïer pour un paradoxe ; M. Pierquin * fur l’autorité de plufieiirs Auteurs, fou-tient dans fon fyftême agronomique , que la lumière & le Soleil doivent avoir de la pefanteur, puifque ce grand corps célefte eft un amas de flammes ferrées ; &C la lumière, une propagation de flammes développées. D’autres le prouvent, en dilânt que le Soleil étant un globe de feu, qui reffemble beaucoup au feu ter-reftre, puifqu’il éclaire , échauffe, étincelle , brille & lance de tous côtés des rayons, comme le feu que nous allumons fur la terre, il doit en avoir la pefanteur. Or, le feu terreftre eft un corps, puifqu’on le voit & qu’on le touche ; il confifte en un amas de matières rameu-fes & groflieres, emportées de tous côtés par le mouvement rapide d’une ma*
- p.51 - vue 101/274
-
-
-
- 52 Traité
- tiere fubtile & déliée : il doit donc avoir
- fon propre poids comme tous les autres corps. La flamme même qui s’élève rapidement , a fon poids, félon un célébré Luf \)<? Anglois. Çjt) Mais ce qui efl de plus fur-jftammœ prenant, c’eft que d’habiles Phyliciens
- ^bilttau ont reconnu Ie feu comme le plus pefant (B) des élémens. (i?) Quoiqu’il en foit, on
- phyfic^De ne Peut Pas re^^er aux expériences : igné Am- en Orient, on cuit les briques au Soleil,
- CJaJJ^i^0 ^ quoique l’évaporation de l’humidité DÛT. 5. en dût diminuer la pefanteur, elles y Lettres63 deviennent au contraire beaucoup plus Tom. 8. p. lourdes. ( C)
- Traité ^de Boyle nous apprend que le plomb au-phyfîc. par gmente en poids fur les Eglifes, de fa-
- tel^ Tom! ǰn <lue Souvent le bois ne peut plus le 1. foutenir. On peut attribuer la caufe de ce
- Bibl. uni- phénomène, non-feulement aux corpuf-verf. & hif. cules ignées , falins, nitreux ou fulphu-reux, de la brique & du plomb, qui s’a-crochent, perdent leur mouvement & fe fixent dans les interfiices de ces difFé-
- p.52 - vue 102/274
-
-
-
- DES CHEMINEES.' 53 tens corps ; mais encore, aux particules extrêmement unies & gliflantes de la lumière, qui s’inlinuent, s’embarraffent Sc fe figent, fi l’on peut parler ainfi, dans les pores rameux de ces briques & du plomb, & qui par leur union & leur repos , y fubftituent à l’air & à l’humidité, des molécules plus folides & plus pe-fantes que l’air 6c l’humidité même.
- Il efi vrai que rien n’efi plus difficile à déterminer que la pefanteur de la flamme , comme il paroît par la queftion de l’Ange à Efdras fur cette matière ; (A) mais il n’efi: pas impoffible de détermi- cap.4»v.5 ner quelle efi la pefanteur de la lumière figée. Unfaumon de plomb pefe ordinairement 300 livres ; 6>c quand il a fu£ fifament reçu dans fes pores les parties nitro-fulphureufes de la lumière, il augmente en poids de 12 livres, fans que fon volume en foit groflî. Un pied cube de pareil métal pefe 825 livres ; 6c, après avoir été tourné & retourné aux rayons
- p.53 - vue 103/274
-
-
-
- 54 Traité
- du Soleil durant plufieurs années, il pefe 33 livres plus qu’il ne pefoit auparavant; ce qui paroît prouver, qu’un pied cube de lumière figée, pefe 33 livres; comme le pied cube contient 1728 pouces, on peut conclure qu’un pouce de lumière figée pefe 169 grains.
- Après ce calcul du poids de la lumière du Soleil, on peut juger du pouvoir qu’elle a fur la fumée, qui eft un corps li léger ; & après toutes les preuves que nous venons d’en rapporter, on ne doit plus être furpris que cette lumière venant à donner fur une cheminée, re-pouffe par fa pefanteur la fumée en bas ce quelle fait avec d’autant plus de force» que le Soleil donne plus à plomb fur le tuyau de la cheminée.
- Ce qu’il y a de certain, c’efî: qu’en Eté, lorfque le Soleil luit, les tuiles s’échauffent ; l’air qui environne le tuyau, fe raréfie davantage que celui qui eft au deffus du faîte ; & comme il trouve moins
- p.54 - vue 104/274
-
-
-
- des Cheminées. 55 de réfiftance dans le tuyau, il y entre 6c refoule la fumée dans les appartemens,
- ARTICLE VII
- De l’ufage du mauvais bois , & de la façon dont il eft arrangé fur le feu :
- Orfqu’on attribue le reflux de la fu-
- J mée à des caufes éloignées, il arrive fouvent quelles font très proches. U11 peu d’attention fur le choix du bois 6c fur la façon de l’arranger fur le foyer, préviendroit l’inconvénient dont on cherche la caufe, qui n’eft autre quelquefois r que la mauvaife qualité d’un bois verd ou humide, dans lequel le feu a peine à s’inlinuer, parce que l’eau dont ce bois eft imbibé, ne laifle pas lin accès alTés libre à la matière ignée ; 6c comme il contient un amas de parties groftieres 6c féparées, qui n’ont point encore acquis la rapidité du mouvement qui produit la
- p.55 - vue 105/274
-
-
-
- 56 Traité
- flamme, les vapeurs relient nécefTaire-ment en nature de fumée épaifle. Voilà précifément pourquoi le bois verd ou humide, rend beaucoup de fumée, & prend feu très difficilement. A la vérité , lorf-qu’il ell une fois allumé, la flamme en elt plus vive que celle du bois fec, parce qu’elle contient plus de parties groffieres; mais auffi le bois fec s’allume plus vite & plus facilement que le bois verd, parce que le feu ne trouvant que de l’air dans les interllices du bois fec, s’y inlinue plus aifément.
- Ainli pour avoir du feu plus promptement & avec moins de fumée, il faut donner la préférence au bois fec, & choi-fir même le plus propre pour le chauffage ; c’efl pour faciliter ce choix, que nous allons parler des différentes fortes de bois.
- Le bois flotté a moins de chaleur, mais
- il s’allume mieux & brûle plus vite que
- le bois neuf, parce que dans le bois
- flotté
- p.56 - vue 106/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. f 7
- flotté l’aôion des foufres, dont les parties infenfibles font environnées de beaucoup de matière fubtille, & qui prennent feu d’abord, n’cft plus modérée ni bridée, pour ainii dire, par les fels dont la folidité retarde le jeu des foufres dans le bois neuf. En effet * le bois flotté perd fes fels par la leflive qui s’en fait dans l’eau : d’où vient que les cendres de ce bois ne font point propres à blanchir le linge.
- Lé bois de hêtre flotté, qu’on nomme aufli bois de traverfe , ou bois de Boulanger , fe confume plus promtement que l’autre.
- Le bois blanc, comme le peuplier, le bouleau, le tremble ; eft le plus mauvais de tous les bois à briller.
- Il y a une différence à faire à l’égard
- du bois de chêne. Le jeune brûle &C
- chauffe bien. Le vieux noircit dans le
- feu, il fait un charbon qui s’en va par
- écailles, qui ne rend point de chaleur,
- H
- p.57 - vue 107/274
-
-
-
- $8 TRAÏTê
- & qui s’éteint bientôt. Ainli quand oft prend du chêne , il faut choifir les rondins de 3 ou 4 pouces de diamètre, & rejettef les greffes bûches de quartier.
- Le bois pélard, qui éff un chêne dont on a ôté l’écorce pour faire du tan, brûle affés bien, mais il ne rend que très peu de chaleur.
- Le charme brille bien, fait un fort bon feu, & beaucoup de charbon qui dure long-tems.
- Le meilleur de tous les bois de chauffage , c’eft le bois de hêtre neuf, qui fait un feu vif & clair, & peu de fumée ; quand il eff bien arrangé, il rend une grande chaleur, & donne beaucoup de charbon.
- Mais il ne fuffit pas d’être muni de bon bois fec, il faut aufîi en fçavoir faire ufage, fans quoi on feroit encore expofé à la fumée. Ainfi lorfqu’on brûle du bois de quartier, on doit avoir foin que le côté qui efl plat, s’il eff en devant, ne
- p.58 - vue 108/274
-
-
-
- des Cheminées. 59 foit pas incliné vers la chambre; mais qu’il foit ou perpendiculaire, ou même incliné vers le fond de la cheminée, parce que la fumée qui fuit & qui monte le long de la furface plate &c inclinée, du bois, prend la diredion que cette incli-naifon lui donne, & rentre facilement dans la chambre quand la furface plate du bois incline de ce côté : Mais li l’on fe fert du bois rond, il fuffit d’avoir attention qu’il foit proche, ( autant qu’on le peut ) du fond de la cheminée. Quelque foit le bois que l’on brûle, il faut toujours qu’il foit arrangé fur le foyer de façon que l’air y ait un cours libre ; pour cela il eft à propos que le bois foit un peu élevé au-deffus de l’âtre, par le moyen des chenets ou d’une grille, 8c qu’il y ait des interfaces entre les bûches , afin que l’air puiffe s’y infinuer de tous côtés ; car, comme le feu a befoin de beaucoup d’air pour acquérir la rapidité de mouvement qui doit produire de
- p.59 - vue 109/274
-
-
-
- 6o Traité
- la flamme, & que pour cela il attire & abforbe tout celui de fon athmofphere , il faut par conféquent que l’air ait la facilité de fe couler entre les bûches par les côtés ôc par deffous , afin de fervir comme d’aliment au feu : ou le feu, fans çe fecours, s’éteint bientôt, ou le bois fume beaucoup. Je dis; i°. Que le feu s’éteint, parce que fe trouvant dans un endroit trop reflerré, les corpufcules de feu qui ne peuvent fe féparer, y perdent leur agitation. 2°. Ouïe bois fume, parce que les parties qu’un mouvement rapide commençoit à difiiper, fe réunif-fent, ayant perdu prefque toutes leurs forces, & compofent toutes enfemble un amas de parties groffieres qui s’en vont en fumée.
- p.60 - vue 110/274
-
-
-
- des Cheminées.
- 61
- Mura»
- ARTICLE VIII.
- Des Jambages parallèles, & de la ma-*
- niere dont les tuyaux font dévoyés :
- Huitième caufe de la Fumée.
- E fentiment de Mr. Gauger eft, (A) (/D
- que dans la difpofition ordinaire des ]a mécam-jambages parallèles, la fumée s’étend fa- que du ^euj cilement dans les coins du foyer ; & que cha^* ** pour peu qu’elle foit agitée, elle rentre dans la chambre.
- i°. Parce que n’étant plus au defllis du feu, qui rie s’étend point jufques dans les coins, elle efî: moins pouflee en haut dans ces endroits.
- 2°. Parce que ces endroits étant les moins échauffés, l’air de la chambre y eft moins attiré, & en chaffe par confé-quent moins la fumée dans le tuyau.
- 3°. Parce que l’air de la chambre donnant avec plus de force fur le milieu de
- p.61 - vue 111/274
-
-
-
- 61 Traité
- la cheminée, où efl la chaleur qui l’y attire , en s’y étendant par fa raréfaction > il preffe encore la fumée dans les coins de la cheminée, & lui donne un mouvement qui la fait réjaillir, & rentrer dans la chambre.
- 4°. Parce que, s’il arrive que l’air pouffe avec force dans la cheminée , comme lorfqu’il y a une porte ou une fenêtre ouverte dans la chambre, ou qu’il y en entre beaucoup par quelque endroit que ce foit ; cet air pouffant violemment la fiimée, la fait frapper directement contre le fond de la cheminée, & réfléchir dans la chambre ; d’où, fi elle efl encore affés repouffée, elle fait ces petits tourbillons que nous voyons dans les coins des cheminées, lefquels font, à la vérité, plus confidérables lorfque les vents entrent par le haut du tuyau, & qu’ils y repouffent la fumée.
- Enfin, lorfque nous difons que la maniéré dont les tuyaux des cheminées font
- p.62 - vue 112/274
-
-
-
- des Cheminées, 63
- dévoyés , contribue à faire fumer; ce ti’eft pas pour improuver les tuyaux dévoyés ; mais feulement la façon dont ils font prefque toujours conftruits ; car, quant à la nouvelle méthode de dévoyer les tuyaux, il eft certain quelle eft préférable à celle que l’on pratiquoit dit tems de Savot, qui étoit d’adoffer les tuyaux des cheminées de divers étages l’un devant l’autre. On a reconnu qu’il enréfultoit deux abus; le premier, que ces tuyaux élevés perpendiculairement étoient plus fujets à fumer que ceux qui font inclinés fur leur élévation ; le fécond, que ces tuyaux ainfi adoffés les uns fur les autres, non-feulement char-geoient confidérablement les planchers ; mais auffi rétreciffoient infenfiblement les appartemens des étages fupérieurs. Aujourd’hui qu’il femble que l’art foit parvenu à furmonter toutes les difficultés , l’on dévoyé les tuyaux fur leur élévation , fans en altérer la conftru&ion ;
- p.63 - vue 113/274
-
-
-
- , oo
- Liv. 2. De la mécanique du feu, prem. parti chap. 2.
- 64 Traité
- & le biais qu’on leur donne dans la hotte, les fait rejoindre pour fortir enfemble hors du toit dans un même tuyau qui les contient tous * féparés néanmoins par des languettes dans fa longueur ; au lieu qu’auparavant il les renfermoit dans fa profondeur.
- On craignoit au commencement que ce biais ne fut fujet à la fumée & au feu ; mais l’expérience a fait connoître qu’il n’apportoit par lui-même aucune de ces incommodités, pourvu que le tuyau n’eût rien dans toute fon étendue, qui arrêtât la fumée dans fon afcenfion, & qu’il fût affés large pour être tenu net.
- Malgré tous ces avantages, Mr. Gau-ger (\A ) a reconnu dans cette maniéré de dévoyer les tuyaux, quelques imperfections , qui contribuent à faire fumer ; car il prétend que la fumée fe réfléchit fouvent dans la chambre en frappant proche de la languette du tuyau de la cheminée qui efl dévoyée, ( fig. z. ) parce
- que
- p.64 - vue 114/274
-
-
-
- pl.2 - vue 115/274
-
-
-
- des Cheminées. 65
- que le détour ou l’inclinaifon de cette languette, commençant dès le haut du jambage en B, la fumée D E qui trouve dç'la réfiftançe ejn cet endroit, fe réfléchit & defcend même plus qu’elle ne fe-roit, li elle lrappoit plus haut en L ; car fa fprce diminue à mefure qu’elle s’éloigne du feu ; & cependant pour peu qu’elle defcende depuis E, elle rentre dans la chambre. Si l’on veut s’en convaincre par l’expérience , on peut mettre un ti-fon fumant dans le coin de la cheminée au défions de B, ôt enfuite au milieu au defîous de Z, & l’on verra que la fumée qui frappera en E, rentrera dans la chambre, & qu’elle ne le fera pas ? du moins fi fenfiblement , quand elle frappera d’abord en L.
- /
- 1
- p.65 - vue 116/274
-
-
-
- U
- Traité
- BWM—a
- SI-
- ARTICLE IX.
- De quelques autres caufes de la Fumée, tirées de Savot.
- CEt Auteur (A ) prétend qu’il ftime
- Arcmtec- ordinairement dans les petites cham-ture Fran- bres, en deux occalîons : la première , çoife, ch. ]orfqU’on y fait trop grand feu, & qu’elles font trop échauffées, parce que la fumée qui fuit naturellement la chaleur, ( apparemment à caufe de la facilité quelle a de pénétrer dans l’air raréfié) rencontrant dans ces petits appartemens, l’air quelquefois aufïi chaud que dans le tuyau même , de la cheminée ; elle de£ cend 5 6c fe répand également dans la chambre comme dans la cheminée.
- La fécondé eft, lorfque le tuyau de la cheminée a trop de longueur ou de diamètre, eu égard à la petiteffe de la chambre, parce que le vent s’y introduit facilement, 6c enfile la longueur
- p.66 - vue 117/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 6j tle l’ouverture. D’ailleurs , c’eft que le’ feu ne pouvant plus attirer afles d’air 6c de vent par les interftices des portes 6c des fenêtres qui, pour l’ordinaire, ne font pas fort multipliées dans les petits appartenons ; il eft contraint d’en tirer par les côtés trop longs du tuyau de la cheminée ; ce qui eft caufe que l’air 6c le vent, attirés de haut en bas pour l’entretien du feu 6c de la flamme, entraînent avec eux la fumée qui reflue enfuite dans la chambre. Cet inconvénient n’arriveroit pas li le tuyau de la cheminée avoit moins de longueur; & li la fumée venoit à être repouflee par quelque grand vent, il n’en defcendroit que fort peu, 6c feulement par le milieu du tuyau, ce qui la ren-droit moins incommode, parce que, dans ce cas-là , elle feroit rabattue dans la flamme où elle fe recuiroit ; en forte quelle ne feroit plus piquante aux yeux : car perfonne n’ignore que la fumée fé-parée 6c pouflee en haut par la chaleur
- p.67 - vue 118/274
-
-
-
- 68 Traite
- du feu, n’eft autre chofe que de la fuie réfoute en vapeur & en exhalaifon, ou raréfiée, & que la fuie eftune fumée con-denfée : or, la fuie étant recuite & enflammée , ne retourne plus en filmée cui-fante aux yeux ; c’eft pourquoi dans les grandes fournaifes, telles que celles des Verriers, le bois ne fume point, parce que la fumée fe mêlant & tournoyant dans le fourneau avec la flamme, s’y recuit & s’y enflamme de telle forte , qu’elle ne caufe plus de douleur aux yeux ; la filmée étant aufli inflammable & combuflible que la fuie, puifque ce n’efl qu’une même matière.
- Savot a remarqué que non-feulement la trop grande quantité de fuie qui eft dans la cheminée, la fait fumer ; mais encore. qu’une cheminée nouvellement faite fiime jufqu’à ce qu’elle ait été enduite d’une petite croûte de fuie. Apparemment que c’efl: un effet de l’humidité de l’air renfermé dans le tuyau, dont la maçon-
- p.68 - vue 119/274
-
-
-
- des Cheminées. 69 nerie n’efl pas encore féche ; cet air fe trouvant trop humide & condenfé, la fumée ne peut le divifer & le pénétrer facilement, jufqu’à ce que la chaleur du feu en ait difïipé toute l’humidité.
- On pourroit dire la même chofe d’une cheminée où l’on, commence à allumer du feu ; comme il efl foible au commencement, il n’a pas encore la force de vaincre l’air épais & condenfé qui occupe la capacité du tuyau de la cheminée : il n’eft donc pas furprenant pour-lors, que la cheminée fume ; car, comme le Soleil, à fon lever, ne peut pas faire fentir l’effet de fa vertu, qu’il n’ait auparavant difïipé les vapeurs qui couvrent la furface de la Terre ; de même le feu ne peut pas élever la fumée, qu’il ne foit bien allumé, & que par fon ardeur il n’ait acquis allés de force pour raréfier l’air condenfé qui eft dans la cheminée. On éprouve aufîi cet inconvénient lorfqu’on laiffe prefque éteindre le feu, lequel fe
- p.69 - vue 120/274
-
-
-
- jo Traité
- trouvant au même degré de foibleffë
- qu’au commencement, ne fournit plus af-
- - •
- fés de chaleur pour élever la fumée qu* retombe alors néceffairement : comme il arrive au coucher du Soleil, lequel étant trop foible pour tenir élevées les vapeurs qu’il a attirées, les laide retomber; c’eft ce qui forme le ferein.
- Voilà les principales & les plus fréquentes caufes qui occalionnent le refoulement de la fumée dans la chambre. Chacun peut en découvrir par rapport aux différentes fituations des cheminées, en faifant des obfervations & des expériences fur ce qui concerne cette matière.
- Fin de la première Partie.
- CAMINOLOGIE
- p.70 - vue 121/274
-
-
-
- 7i
- <jf\a rt'i ,•}>, ivs ,vv, «vjt
- C AMINO L O GIE
- o u
- TRAITÉ
- DES CHEMINÉES.
- SECONDE PARTIE.
- DES MOYENS DE CORRIGER les Chemin Ee s fumeuses.
- P R È s avoir indiqué les princi-^ A ^ pales caufes qui rendentles che-minées fiimeufes, il faut, pour remplir l’objet que nous nous fommes propofé, donner des moyens de les corriger. On convient que fouvent il ne faut que très peu de chofe pour y reulïir ; quelquefois une porte fermée fuffit ; d’autres fois un foupirail fait à propos au haut du tuyau de la cheminée, eft abfolument
- p.71 - vue 122/274
-
-
-
- 72 Traité
- nécefTaire pour fifTue de la fumée ; dans d’autres, une petite ouverture pratiquée au coin de la cheminée, fera capable de reflituer à la chambre, l’air nécefTaire pour élever la fumée.
- Mais comme les moyens les plus fim-ples ne font pas fuffifans pour garantir toutes fortes de cheminées, furtout celles qui font mal fituées 9 pour lors il faut avoir recours à ceux que nous allons indiquer ; ils ont déjà été mis en ufage avec fuccès, par ceux qui en font les Auteurs. Il eft vrai que nous n’en aurions pas be-foin, excepté dans des cas. très rares, fi ceux qui bâtilTent les cheminées étaient un peu Géomètres ; car, en obfervant certaines régies de proportion, ils préviendraient , à coup fur, l’inconvenient de la fumée. Un Archite&e qui n’étudie que fa partie , ne peut l’approfondir, elle tient à prefque tous les Arts, & malheu-reufement beaucoup ignorent ces rapports ; cependant pour faire un vrai pro-
- p.72 - vue 123/274
-
-
-
- des Cheminées, 73 grès, il faut être en quelque façon uni-verfel. C’eft peut-être trop exiger : mais du moins tout habile Archite&e doit fça-voir tout ce qui eft analogue à fon Art : Or , rien n’approche de plus près de Far-chite&ure que la fcience des proportions , des mefures & des dimenlions qu’il faut garder dans la condruûion des Cheminées , jointes à la lituation avanta-geufe. Ajoutons après plusieurs Auteurs, que ce font des moyens des plus allurés pour prévenir l’incommodité de la fumée , & pour faire de très bonnes cheminées ; ainli il elt à propos d’en parler ayant que d’indiquer les autres moyens,.
- CHAPITRE PREMIER.
- 27es dimenjîons des Cheminées, nécejfaires pour les empêcher de fumer.
- IL eft furprenant qu’on ait alfujetti à la mode & au changement, les anciennes cheminées, fans trop examiner fi Fuit
- p.73 - vue 124/274
-
-
-
- 74 Traité
- tilité s’y trotiveroit auffi bien que la nouveauté ; mais tant s’en faut qu’elle s’y trouve ; on a remarqué ail contraire , que parmi le petit nombre de cheminées anciennes qui ont échappé à la mode, il n’y en a prefque point qui fiime, pourvu toutesfois qu’il n’y ait point d’autres cau-fes d’ailleurs. Les vieillards rendent le même témoignage de celles qui exiftoient de leur tems ; au lieu qu’on peut dire hardiment que le plus grand nombre des nouvelles cheminées, fume.
- On a donc préféré, ou plûtôt acheté l’agrément, & le coup d’œil des nouvelles cheminées, aux dépens de la commodité , au préjudice des yeux & des meubles. Ce changement confifle principalement dans la fuppreffion de la hotte qui (A ) avoit été pratiquée & recommandée côm-
- chite%iKî” me tr^s n^ce^^re » Par Alberti, pour em-( B ) pêcher de fumer, ( A ) & enfuite par Dé-
- d’ariikeit* l°rme* ( B ) Savot paffe pour le premier chap. io. qui l’a diminuée coniidérablement en la
- p.74 - vue 125/274
-
-
-
- JCroJil d'une Cheminée à Iwtte
- pl.3 - vue 126/274
-
-
-
- des Cheminées. 77 redreffant » afin, dit-il, (^) qu’étant (^)
- ?>plus droite, elle renvoie plus droit la ture^Fran-3> fumée-qui pourroit battre contre dans ç°ife>chap. 3? le tuyau. Mr. Gauger qui avoit adopté 2^‘ ce fentiment, a ajouté quelques autres raifons qui ne font pas plus folides que celles de Savot, 8ç dont il efl facile, avec im peu de raifonnenient, de découvrir toute la foibleffe.
- Car; i°. Il fembie que la prefïion ou l’a&ion de l’air de la chambre qui agit fur la fumée, doit être plus forte à proportion du volume d’air qiii entre par le bas dans la cheminée.; Or, par le moyen de la hotte il entre dans la cheminée un plus grand volume d’air : il s’enfuit donc qu’il a plus de force pour prçffer la fumée dans le tuyau de la cheminée, & la pouffer en haut. Ainfi bien loin que la hotte diminue la force de l’air, comme le pré-tend Mr, Gauger, elle, ne fait que l ac-croître en augmentant fon volume,
- Il eflvraiquel’efpaçe /. 0.R.fig. 3.
- K ij
- p.75 - vue 127/274
-
-
-
- 76 Traité
- de la hotte venant à s’échauffer, l’air raréfié qui y refte ne preffe plus la fumée avec autant de force, qu’avant la raréfaction : aufli n’eft-ce pas à cet air ainfi raréfié , qu’on attribue toute la force nécef-faire pour chaffer la fumée ; mais à l’air qui entre continuellement dans la chambre, & qui chaffe non-feulement la fiimée, mais aufiî une bonne partie de cet air raréfié dont il prend la place, & il eft chaffe à fon tour par le nouvel air qui vient le remplacer à mefure que la fumée fort par le tuyau, & ainfi fucceflivement. On voit par là que la fumée qui va battre contre le talus O. I. R. ne doit pas s’y réfléchir 9 ni rentrer dans la chambre, mais couler avec plus de rapidité le long de ce talus, dans le tuyau de la cheminée , à peu près comme l’eau d’une rivière qui pafferoit fous un pont entre des piles difpofées en talus, comme la hotte dont il s’agit ici, qui par conféquent fem-ble beaucoup plus favorifer la fortie de
- p.76 - vue 128/274
-
-
-
- des Cheminées. 77 la fumée par la cheminée, que fa rentrée dans la chambre, fur-tout fi on fup-pofe , comme on doit le faire, quil en-? tre toujours de nouvel air dans la chambre , à mefure. qu’il fort de la fumée accompagnée d’air raréfié pair le tuyau de la cheminée. C’eft à quoi il feinble que Mrs. Savot & Gauger n’ayent pas fait afles d’attention, quand ils fuppofent que la fumée allant frapper la fürface O. /. R. de la hotte, s’étend de tous côtés : ce qui n’eft vrai que de la fumée comme de tout autre liquide ou fluide abandonné à fon propre mouvement, mais non d’un fluide prefle par une force fupérieure à celle de l’a&ion de ce même fluide, comme il pa-rôît par l’exemple qu’on vient de rapporter d’une eau qui coule entre les piles d’un pont.
- C’eft fur des raifons auflî foiblès, qu’on a dans la fuite totalement fupprimé la hotte, fans faire attention combien l’utilité de cette hotte eft préférable aux or-
- p.77 - vue 129/274
-
-
-
- 78 Traité
- nemens des cheminées modernes, & favorable à l’expullion de la fumée. i°. En ce qu’elle ,fert comme de réfervoir pour contenir la fumée, lorfqu elle eft en trop grande quantité pour monter ôc fortir tout à la fois.
- 2°. Elle efl, par fa configuration, plus propre à recevoir les parties de fumée qui s’éçartent le plus de la flamme.
- 3°. Comme un canal dont l’orifice,
- /
- en forme d’entonnoir, efl plus propre à recevoir toutes fortes de fluides , de même la hotte ayant une figure afîes fembla-ble, efl: très propre pour introduire plus facilement.la fumée dans le tuyau de la cheminée.
- Quant à la réfraction de l’air qui ramené , félon Mr. Ganger, la fumée dans la chambre, c’eft la cinquième obferva-tion ,-elle efl d’autant moins fondée, que la réfraction feroit plus grande s’il n’y avoit point de hotte : car, plus l’embouchure qui reçoit l’air efl évafée, moins
- p.78 - vue 130/274
-
-
-
- dés Cheminées. 79 les réfra&ions font violentes. Enfin il fe-roit difficile à Mr. Gauger de démontrer qu’un fluide ne pafle point par le petit tuyau d’un entonnoir, parce qu’il trouve au commencement un orifice trop évafé.
- 40. Le voliime d’air qui répond à la hotte, efl plus grand que celui qui répond à la partie fupérieure du tuyau de la cheminée, il a par conféquent plus de force par foi, c&uris paribus, pour châtier la fumée, que la colomne d’air qui incombe en dehors fur la cheminée, n’en a pour la refouler 6c la faire rentrer dans la chambre ; car une cheminée faite en hotte, peut être regardée comme une feringue faite en cône ou approchant , & dont la plus large ouverture efl, dans la chambre; on peut auffi regarder l’air de la chambre qui répond à la hotte, comme le pifton , appliqué à la plus grande ouverture, c’eft-à-dire à labaze du cône, 6c la colomne d’air : extérieur qui incombe fur le haut de la cheminée,
- p.79 - vue 131/274
-
-
-
- 80 Traité
- comme im moindre pifton ; Or, il eft bien clair qu’en ce cas le plus grand piflon, ou le plus grand volume d’air doit avoir plus dé force que le plus petit. Il s’enfuit donc que la fumée doit être chalïee plus aifément quand la cheminée eft en hotte, que lorfqu’elle elb droite*
- Voilà le fentiment qui paroît le plus vraifemblable ; au moins il a deux fameux Àrchite&es pour gârans, Alberti & Delorme. Par conféquent fi on a retranché la hotte, c’eft pour des raifons étrangères à la fumée.
- Ce premier changement en a entraîné néceffairement un fécond ; car la hotte étant toute droite, on s’eft bientôt ap-perçu quelle ne laifloitplus à la fiimée la liberté ni l’efpace affés large pour s’échapper , de forte qu’il a fallu néceflai-rement baiffer confidérablement le manteau de la cheminée, pour oppofer une
- barrière à la fumée. On a ajouté pour
- prétexte
- p.80 - vue 132/274
-
-
-
- des Cheminées, Si
- prétexte que c’étoit pour ne pas expo-fer les yeux à l’ardeur du feu qui leur eft très contraire; Serlio (^) qui étoit dans le goût de conduire le manteau de fes cheminées 9 très bas, en avoit donné la même raifon long-tems avant Savot. Mais ilfe trouve qu’on n’a gueres mieux réufii à l’im qu’à l’autre : car l’expérience nous apprend que ces fortes de cheminées , non-feulement fument très fou-vent , mais encore que les yeux, au lieu d’être à l’abri du feu, y font plus expo-fés que jamais ; Or, qui eft-ce qui ne voit pas que le feu étant plus renfermé par la largeur des pieds droits d’une cheminée extrêmement baffe, les corpufcules ignées fe dilîipent moins, & ne peuvent fe répandre fort loin, par conféquent ils agiffent avec plus de force fur les corps environnais. D’ailleurs, pour profiter de l’avantage qu’on s’étoit promis en baif-fant le manteau des cheminées ., il fau-
- droit interdire les lièges s’y chauffer
- L
- .00
- Liv. d’ar-chitediure de l’ordre Ionique.
- p.81 - vue 133/274
-
-
-
- Sx Traité
- debout, c’eft ce qu’on ne fait pas; airifi les yeux font plus expofés que jarfiaisà reffentir toute l’aâion du feu.
- Mais enfin, puifqu’il faut fe conformer au tems, & què les cheminées modernes font par-tout en ufage ; nous ferons en forte que le Public ne foit pas tout-à-fait la duppe de la mode , en lui faifant part de ce que l’induflrie humaine peut fuggérer pour obvier à l’incommodité de la fiimée, & des moyens que nos prédécefieurs ont mis en ufage pour corriger les cheminées fiimeufes.
- Il ëft néceffaife, dans le premier cas, de garder certaines mefures dans la conf-tru&ion des différentes parties de la cheminée. Il ne s’agit pas ici de la longueur ni de la largeur de l’ouverture, ni même de la grandeur des cheminées, qui doivent toujours être proportionnées aux chambres dans lefquelles elles font conf-truites ; tout cela eft fort indifférent à notre fujet ; de même nous renvoyons à
- p.82 - vue 134/274
-
-
-
- des Cheminées. 8$
- Vignolle & à Daviller, ceux qui voudront apprendre le goût moderne, & les ornçmens des manteaux des cheminées, comme auffi la place qui leur effc la plus convenable dans une chambre. Il s’agit ici feulement de ce qui peut contribuer à-faire exhaler librement la fumée.
- Pour y réufïir, (A) il faut que le (A)
- * AIL» 9
- foyer foit au milieu & non au coin de j.v la ^cheminée, ni trop près d’une porte ou l’architeft. d’une fenêtre, à caufe des tourbillons de Yents qui attireroient infailliblement la fumée, par la raifon que nous avons donnée. (B) De plus, il y a un point effen- ^ B ^
- tiel à notre fujet, qui conlifle à donner Voyez la au foyer une profondeur convenable, qui chap. 4^^ doit être au moins de dix-huit pouces,
- & au plus, de 24. Car en lui en donnant moins, la cheminée feroit fujette à filmer , & en lui en donnant davantage, la chaleur fortiroit prefque totalement par le tuyau.
- Le contre-cœur doit être conduit bien
- Lij
- p.83 - vue 135/274
-
-
-
- 84 Traité
- à plomb jufqu’à l’extrémité du tuyau ^ qui doit être fiiffifament élevé pour qu’il ne foit pas dominé, afin de prévènir par là l’accident du feu & le refoulement de la fumée.
- (/4) Delorme {A') ajoute à cela qu’il a re-
- rarchifedt? connu Par expérience, que les bonnes chap. 6, cheminées doivent avoir l’ouverture d’en haut au/îî longue qu’elle l’eft en bas ail deffus de la hotte, fans les rétrécir par les côtés, qui doivent être bien perpendiculaires. Quant à la largeur, les moindres cheminées doivent avoir 9 pouces dans œuvre , & les plus grandes, un pied : car û elles étoient plus larges, elles fumeroient. La fermeture de l’extrémité du tuyau , fe fait en portion de cercle par dedans, &c on donne à cette fermeture 5 ou 6 pouces de large pour le ^ paffage de la fumée ; Mr. Bullet ne donne Delorrre, point d’autres dimenlions que celles-là.
- r'rhhe-q6 m®me Auteur (A ) a expérimenté chap. 5. ' qu’il y a certains lieux qui exigent que
- p.84 - vue 136/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 8f le manteau de la cheminée foit très bas, pour quelle ne fume pas : ce qui fe peut foire facilement par le moyen d’une planche que l’on attache défions le chambranle de la cheminée ; elle renvoie par ce moyen plus de chaleur dans la chambre , pourvu qu’elle ait fes pieds droits aulîi avancés que le manteau; par là le feu fe trouvant à l’abri des vents, des portes & des fenêtres qui font proches, de la cheminée, la fumée ne fera point attirée dans la chambre. Savot ( B ) a fait ( ^ ) .
- dans la fuite la même oblervation. chit. F:sn-La confiruâioii des cheminées que ce ǰlie>chup» dernier Auteur nous a laiifée, eil allés femblable à celle de Delorme , excepté qu’il voudroit que le contre-cœur fût conduit depuis l’aire du foyer jufqu’à la hauteur du plancher un peu en talus ,
- » afin, dit-il:, que la fumée venant à frap-» per contre , eile fe réfiéchifie plutôt dans le tuyau.
- Enfin, tous ces Architectes s’accordent
- p.85 - vue 137/274
-
-
-
- 86 Traité
- en ce que l’intérieur de la cheminée foit conduit le plus uniment & poliment qu’il fera polîible , de peur que les inégalités qui feroient dans le tuyau, ne fuffent un obftacle à la fumée ; c’efl pourquoi ils confeillent de faire nétoyer de tems en tems les cheminées, pour empêcher les inégalités que la trop grande quantité de fuie pourroit y former.
- 4fr W P '3 P 'l fi >11» 4l ? H fr >% HfrfWfrW*»
- CHAPITRE SECOND,
- De la Jïtuation des Cheminées.
- IL y a des cheminées qui font non-feulement !i mal faites, mais encore fi mal lituées, que quelque moyen qu’on emploie pour les corriger., on ne peut jamais y parvenir fans les refaire, ou du moins fans changer la difpofition extérieure de l’ouverture de leur tuyau, ce qui eft fort défagréable. Pour prévenir un mal qui n’efl: que trop commun, l’Architecte devroit être un peu Phyficien, &
- p.86 - vue 138/274
-
-
-
- DES Cheminées. 87 eonnoître la nature des lieux, pour bien tourner les bâtimens & les cheminées , le tout félon que la foliation & la difpo-foion des vents & du Ciel le requièrent ; car alors il pourroit non-feulement pré-ferver de la fumée toutes fortes d’habitations , mais encore contribuer par là à la fanté de ceux qui y demeurent, autant que le climat & la nature du lieu le pourroient permettre. De plus, il eft ef-fentiel de bien connoître la foliation d’un bâtiment, pour fçavoir quel eft le vent qui fouffle , & qui fait fumer une cheminée tournée de telle ou de telle façon, & pour y employer à propos les moyens de l’empêcher de fiimer.
- On a vu de nos jours un Architecte Italien qui a rebâti l’Abbaye de St. Seine en Bourgogne ; il avoit acquis la con-noiffance des vents à un tel point, qu’avec ce fecours, il a fi bien confiruit toutes les cheminées de cette Abbaye, qu’il n’y en a aucune qui ftime, comme il Ta-
- p.87 - vue 139/274
-
-
-
- .88 Traité
- voit promis auparavant, quoique la li-tuation foit tout-à-fait ingrate pour cet objet ; car cette Abbaye efl lituée dans un vailon dominé de tous côtés par des montagnes allés hautes. Il eft vrai que cet habile Architecte poffédoit les fcien-ces analogues à fon art, fur-tout la géométrie , dont il faifoit ufage pour conf-truire fes cheminées, avec toutes les di-menlions 6c proportions nécefîaires à fa fin. Mais ce qui lui a le plus fervi dans la condru&içn de fes cheminées, c’eft la parfaite connoiifance des vents, comme il l’a avoué lui-même ; pour cela il avoit un foin particulier de faire, travailler aux cheminées, lorfque certains vents fouf-fioient, &c aulîitôt que ces vents favoris ne foufHoient plus, il faifoit quitter les cheminées, & travailler au corps de Logis ; ces mêmes vents fouffloient-ils de nouveau, tout de fuite il faifoit courir aux cheminées, 6c abandonner le corps
- de Logis. C’eft par une conduite li lin-
- guliere
- p.88 - vue 140/274
-
-
-
- des Cheminées, £9
- guliere en apparence, qu’il eft parvenu à faire de très bonnes cheminées qui ne fument par aucun vent, quoiqu’ils foient fréquents dans un vallon li profond. On pourroit demander la raifon phyfique d’un fuccès fi inopiné ; l’Archite&e n’a pas jugé à propos de la donner, pas même aux Religieux de l’Abbaye * Voilà dequoi exercer l’efprit des Philofophes & des Curieux. Or, pour revenir à notre question , je dis qiie pour avoir quelque notion des vents, il faut premièrement fça-voir s’orienter. Rien n’eft plus facile que cela, en tirant la ligne de midi. On donne pour cet effet plufieurs méthodes, entre lefquelles la plus prompte & la plus commode eft avec la bouffole quarrée, qui êft ordinairement * & prefque la feule en ufage parmi les Artifans. Cette méthode néanmoins efi: peu affurée, fi on ne fçait au préalable la jufte déclinaifon de l’é-guille aimantée , qui diffère félon les tems &: les lieux.
- M
- p.89 - vue 141/274
-
-
-
- 90 Traité
- Voici un moyen plus commun & plus affuré pour trouver le méridien, (figt 4. ) Il faut décrire deux ou trois cercles fur une pierre ou une planche bien polie, 6c pofée de niveau. Au centre A. foit planté un ftyle d’équerre de la longueur de la moitié du diamètre d’un des cercles; enfuite il faut obferver, trois ou quatre heures avant midi, quand l’ombre du llyle entre dans un des cercles, 6c le marquer exa&ement avec un point comme fur E. il faut faire la même ob-fervation après midi, lorfque l’ombre du ftyle fortira du même cercle, comme D. cela étant fait, divifez l’arc compris entre ces deux points d’attouchement, du point du ' milieu F6t par le centre A. tirez une ligne, qui fera la méridienne ; l’opération en fera plus exaâe li on la fait dans un des équinoxes.
- Ayant donc le point de midi , on pourra connoître delà les autres trois points de l’horifon, 6c en conféquence
- p.90 - vue 142/274
-
-
-
- pl.4 - vue 143/274
-
-
-
- des Cheminées. 91 tourner les cheminées du côté le plus favorable , les conftruire de la façon la plus interreffante: car un Architeâe ne doit pas ignorer qu’il les faut faire en certains lieux, rondes ; en d’autres, triangulaires ; dans ceux-ci, hémifphériques ; dans ceux-là, quarrées : le tout doit être ordonné félon que la lituation & la nature du lieu le pourront permettre ou requérir. C’efl: là une de ces régies générales que Delorme (A) nous a données (A)
- pour avoir des cheminées qui ne fument * 1 i ârcluccct*
- point : en conformité de laquelle, il pré- chap. i5. tend qu’il faut tourner les bâtimens félon les vents, vu que les uns doivent être percés & ouverts d’1111 certain côté ,
- &c les autres , au contraire , d’un autre ; car il a remarqué, par exemple ,
- (2?) que les cuifines qui regardent le (B) midi & l’occident, font non-feulement CbaP*I2* plus commodes pour y apprêter à manger promptement oc avec moins de bois, mais encore le bois y brûlera mieux ôc
- Mii
- p.91 - vue 144/274
-
-
-
- Chap.
- 92 Traite
- y fumera moins qu’aux cheminées fep-
- tentrionales ; pour cela il faut obferver
- fur-tout de ne faire les fenêtres ou les
- portes que du côté de l’occident &C du
- midi, ou bien entre l’un & l’autre, &
- non ailleurs.
- De plus, ces fenêtres doivent être construites différemment des autres ; c’eft-à-dire que les embrafures qui font ordinairement en dedans, doivent être en dehors , & que l’endroit de l’appui foit conduit en pente par dehors à l’inftar des fenêtres d’Eglife ; quant à l’arriere ceintre, il faut qu’il foit fort élevé par dedans en façon de trompe. Delorme a éprouvé qu’une cuifine percée & ouverte de cette façon, n’étoit nullement Sujette à fumer.
- Le même Auteur (A ) en parlant de la fituation des cheminées, nous enfeigne aufîi qu’un des vrais moyens de les empêcher de fumer, c’efl: de les mettre dans l’épaiffeur du mur le plus avant qu’il eft poffible, il s’y trouve en même tems un
- p.92 - vue 145/274
-
-
-
- des Cheminées. 93 autre avantage, qui elt quelles tiennent moins de place dans une chambre.
- CHAPITRE TROISIÈME.
- Plujzeurs moyens de corriger les Cheminées fumeufes , tirés cCAlberti Leon.
- CEt Auteur (A') nous a laide divers ^.
- moyens de nous garantir de la fu- d’architec-mée; leur limplicité jointe à l’heureuxture* fuccès avec lequel ils ont été mis en ufage, les a rendus communs prefque partout. Par le premier * il ordonne de couvrir le haut du tuyau de la cheminée en façon de mitre, ( fig. 5. ) afin que le vent, la pluie , ni la neige ne puifient y avoir aucun accès ; mais il faut laiffer pour l’iflue de la fumée, des ouvertures dans les côtés, & même une au milieu, s’il efi: néceffaire, & les recouvrir en forme de lucarnes, afin aue les tourbillons de vent n’ayent point tant de prife pour s’y enfourner.
- p.93 - vue 146/274
-
-
-
- 94 Traité
- Si ce moyen ne réuflit pas bien, l’Auteur confeille de couvrir la furface de la cheminée avec des faitieres ou grandes tuiles creufes, placées de la façon marquée dans les fig. 6. & 7. dont la première repréfente un tuyau de cheminée ouvert de deux côtés feulement. Cette méthode peut être d’ufage contre les vents d’oued & de fud, lorfque la cheminée eft tournée à l’un de ces deux vents, qui, pour l’ordinaire, font refouler la fumée, lorfqu’ils ont prife, fur le tuyau de la cheminée.
- L’autre figure repréfente une cheminée ouverte des quatre faces, qui fe trou-veroit fituée dans un lieu découvert & expofée à tous les vents ; ces ouvertures donneront un libre palfage au vent ; de quelque côté qu’il fouffle, la couverture pratiquée de cette façon, empêchera qu’il n’entre dans le tuyau de la cheminée.
- Le moyen que l’on va propofer, a été
- p.94 - vue 147/274
-
-
-
- pl.6 - vue 148/274
-
-
-
- pl.8 - vue 149/274
-
-
-
- des Cheminées. 95 pratiqué & recommandé par Paduanus 8c
- Delorme (A ) long-tems après Alberti. Il Liv?p. de eft certain que l’utilité qu’on en retire l’a l’architeéfc,
- fait mettre en ufage dans plufieurs Villes, C^‘ quoiqu’il foit également coûteux 8c lin-gulier, comme on le verra par le détail fuivant.
- Il faut appliquer fur le tuyau de la cheminée, un tabourin, (j%. 8. ) fait en forme de demi chaudron ou quart de fphere A. fixé par une tige de fer B. mobile, mife perpendiculairement, &fup-portée par deux traverfes de fer E. on attachera à cette tige, par le moyen de deux barres de fer, une grande planche C. en façon de girouette ; lorfque le vent la fera tourner, elle fervira comme de timon ou de gouvernail pour faire tourner en même tems la conque, dont la partie poftérieure fe trouvera, par ce moyen , toujours oppofée au vent, elle tournera tout autour de la cheminée, félon que le vent fera tourner la girouette ; elle cou-
- p.95 - vue 150/274
-
-
-
- ç6 Traité
- vrira de fa concavité le tuyau de la cheminée , & le mettra à l'abri de tous les vents. Cette forte de couverture quon homme tourne-vent, n’efi d’ufage que pour les cheminées dont le tuyau efl rond ; elle pourroit cependant fervir pour les tuyaux quarrés, tels que font ceux qui contiennent plu heurs cheminées adoflées les iines aux autres , pourvu toutefois que l’extrémité du tuyau foit arrondie par dehors*
- Malgré la fingularité de ce tourne-vent, on a éprouvé néanmoins combien il étoit utile ; c’eft pourquoi on a perfectionné cette première invention, de maniéré qu’on peut l’adapter à toutes fortes de tuyaux de cheminées, & qu’elle laifle toujours à la fumée un libre paffage, de quelque côté que le vent vienne.
- D’ailleurs cette machine qu’on a rendu beaucoup plus légère , tourne plus facilement & devient d’un meilleur fervice ; c’eit ce qui fait qu’elle eil d’un ailés
- p.96 - vue 151/274
-
-
-
- des Cheminées; 97
- grand ufage en Hollande, & encore plus à Leyde, dont la plupart des Habitans ne brûlent que des matières qui produis fent beaucoup de fumée, comme de la houille , des tourbes, du charbon de terre ; & dont le Pays eft expofé à des vents fréquens & impétueux.
- Sur le fommet de la cheminée , on éleve un tuyau rond, ( voyez la fig. 28. ) plan. 21* l’on maçonne & bouche de part &: d’autre l’orifice du grand tuyau que le petit n’embrafle point. On fait une calotte ronde de tôle en forme de cône ou de ruche, au fommet de laquelle eft une girouette. Cette girouette & la calotte attachées enfemble , ne forment qu’un feul tout , en forté que lorfque la girouette tourne, la calotte tourne aufii. Par conféquent la girouette a un pied & un pivot pofé au milieu de l’ouverture du petit tuyau rond de la cheminée , où il efi: foutenu par plufieurs branches
- de fer qui tiennent à la cheminée même*
- N
- p.97 - vue 152/274
-
-
-
- 5$ Trait#
- Comme il n’eft point d’Ouvriers qui ne fçachent le pofer, il eft inutile de s’étendre davantage fur ce fujet. Il faut que la calotte embraffe exa&ement le tuyau rond de la cheminée, & qu’il déborde un peu par deflous, afin de ne point donner d’entrée au vent. Cette calotte doit avoir auffi un trou fufEfament large pour îaifTer fortir la Aimée. En attachant la calotte à la girouette, il eft effentiel de tourner ce trou du même côté que la girouette , afin que dans la fuite il tourne avec elle &: regarde toujours le côté op-pofé au vent.
- La feule obje&ion qu’on ait à faire contre l’ufage de Ces calottes &c de ces tourne-vents, ç’eft que la tôle étant fu-jette à être rongée par la rouille, on fe trouvera continuellement expofé à des réparations d’autant plus difpendieufes, que pour placer de nouvelles calottes ou tourne-vents, on ne pourra fe difpen-fer d’échafauder ; la plupart des chemi-
- p.98 - vue 153/274
-
-
-
- des Cheminées. 99
- nées, étant détachées des murs , Sc s’élevant fort au deffus des toits. Mais on ne craint plus cet inconvénient depuis qu’on a trouvé le fecret de conferver la tôle à l’air. Il faut pour cela l’enduire de fuie détrempée dans de l’huile , ou du gaudron. Lorfqu’on prévoit devoir placer ces calottes dans le tems de la grande chaleur ou des grandes pluies , il eft bon de les peindre de bonne heure, afin de leur donner le tems de Sécher doucement.
- Cette méthode eft affés conforme à celle que Mr. Fremin a prefcrite dans fes Mémoires critiques d’archite&ure. Ce qu’il y a de plus, c’eft le manteau de la cheminée qui va en diminuant comme une piramide jufqu’à fept pieds & demi de haut, après quoi le tuyau n’a plus qu’un pied d’ouverture réduit à 8 pouces fous le larmier , ce qui doit former un tuyau quarré, & par conséquent plus
- facile à arondir dans fon extrémité, afin
- Nij
- p.99 - vue 154/274
-
-
-
- ioo Traité
- d’y placer la ruche ou calotte de tôle*
- Je paffe fous filence les réflexions & les raifonnemens dont Mr. Fremin accompagne fa méthode des nouvelles cheminées , puifque félon lui-même, ils n’ont pas tous pris des Lettres de créance, pour être admis à l’Audience des Philofophes. Aurefte, ceux qui en feront curieux, pourront les voir dans fes Mémoires imprimés à Paris en 1702.
- Enfin, Alberti prétend que fans infirmer tout ce qu’il nous a appris touchant la fumée, rien n’efl plus capable de nous en préferver, que de faire appliquer fur le tuyau de la cheminée un couvercle de tôle ou de fer blanc, (,fig. 9. ) fait à peu près comme le chapiteau d’un alem-bic A. avec quatre becs B, qui fervi-ront de foupiraux ou de narines pour faire fortir la fumée. Il efl néceffaire que ce couvercle foit haut & ample par le bas, félon le diamètre du tuyau de la cheminée. Je ne fçais fi ce couvercle ne
- p.100 - vue 155/274
-
-
-
- pl.9 - vue 156/274
-
-
-
- des Cheminées. ioi
- fèroit pas plus propre pour une cheminée quarrée, que pour toute autre.
- CHAPITRE QUATRIÈME.
- Autre moyen tiré de Cardan.
- QUoique Cardan attribue le reflux de la fumée à un mouvement accéléré , qu’il nomme effort, impétuofité ou impetus, & à la force par laquelle la fumée efl: repouffée, ou arrêtée dans le tuyau de la cheminée, lorfqu’il n’efl pas affés ouvert dans une de fes extrémités ; cependant il regarde le vent comme la caufe principale & efliciente de cette incommodité ; c’eft pourquoi il s’eft attaché effentiellement à en prévenir l’effet par le moyen qu’il nous a donné. ( A ) Il croit y avoir réulli en plaçant à chaque face de la cheminée, deux tuyaux de terre cuite, ou d’autre matière, dont l’un foit dirigé en haut, & l’autre en bas, {\fig. io. ) car il efl: impolfible, dit-il,
- oo
- Au liv. de la fubtilité.
- p.101 - vue 157/274
-
-
-
- loi Traité
- .00
- , Liv.9. de Tarèhitedl. chap. io*
- que huit vents, quatre tendans en bas} 6c quatre en haut, foufflent tous en même tems des divers points de l’horifon » par conféquent la fumée pourra toujours s’exhaler par quelqu’un de ces tuyaux. Cet expédient eft d’autant plus alluré, qu’il eft fondé également fur l’expérience 6c la raifon ; d’ailleurs il eft facile à faire exécuter, fur-tout fi le tuyau de la cheminée eft ifolé ; car fi plufieurs cheminées font adoffées l’une à l’autre, peut-être que cette méthode ne produira pas autant d’effet, vu qu’on ne pourra mettre de ces tuyaux que par les côtés des cheminées qui fe trouveront enclavées 6c à trois faces feulement de celles qui feront aux extrémités. Cela n’empêche pas que Delorme {A) n’approuve & ne faffe beaucoup de cas de cette invention, qu’il regarde comme très bien imaginée#
- p.102 - vue 158/274
-
-
-
- ©es Cheminées. «03
- 4>4t|4fti^4<|>l<||)fr4||4|i4*4|40i>1^4>4t4|4>4<4*4^|4|4>4>4|4||4|
- CHAPITRE CINQUIÈME.
- Autres moyens tirés de Delorme & de Sertie.
- L paroît que Delorme s’eft appliqué à chercher toutes fortes de moyens pour prévenir ôc empêcher le reflux de la fumée : car après avoir traité allés au long de tout ce qui concerne les cheminées, il a fait plufieurs obfervations fur tout ce qui peut occafionner la fumée, auf-quelles il a joint des moyens de l’empêcher.
- Il a remarqué. (A) i°. Que les vents
- s’entonnent fouvent dans le tuyau de la
- . , J rarchitect.
- chemmee, lorfque fes cotés regardent le chap. 7. midi ou l’occident, qui font les deux points d’où partent les grands vents , parce que la longueur de l’ouverture de la cheminée étant tournée à ces deux vents, elle leur laiffe la liberté de l’enfiler , & tout l’efpace néceffaire pour y entrer j de û c’eft un vent de nord qui
- p.103 - vue 159/274
-
-
-
- îô4 Traité
- régné, il y entre encore plus facilement* parce qu’il fouffle de haut en bas ; cet inconvénient peut arriver à toutes les cheminées qui font entièrement ouvertes par deiTus.
- Delorme prétend empêcher que le vent ne s’entonne dans les cheminées ouvertes par deüiis, en faifant une languette, (fig. il.) au milieu du tuyau, qui prenne depuis la hotte, & foit continuée jufquà l’exrêmité du tuyau, quelle furmontera d’un demi pied. Gette languette fert à rompre & à divifer le vent * de plus, en diminuant parfon étendue la moitié de la longueur de l’ouverture, elle la met à l’abri du vent, qui ne peut agir pour lors que fur l’autre moitié, de forte que fi peu de feu que l’on fàlfe, il fera fuffifant pour repouffer la fumée par le côté qui eft à couvert du vent, par le moyen de la languette ; & même le vent ayant moins d’efpace pour s’introduire dans le tuyau, parce qu’il éftdi-
- p.104 - vue 160/274
-
-
-
- pl.11 - vue 161/274
-
-
-
- pl.12 - vue 162/274
-
-
-
- des Cheminées. iof vifé, il perdra prefqùe toute fa force.
- L’Auteur indique cette méthode comme un moyen général pour empêcher de fumer, lequel cependant pourroit ne pas convenir à toutes fortes de cheminées , feu égard à leurs fituations différentes, & aux vents particuliers qui régnent en certains Pays.
- Il a remarqué en fécond lieu, qu’aux parties feptentrionales & occidentales de la France, la fumée y efl le plus fou-vent caufée par les vents occidentaux, de même qu’en Dauphiné, en Provence, en Languedoc & dans les Pays les plus proches du midi. Dans ces climats, il confeille de couvrir les tuyaux des cheminées en façon de frontifpices ; on fait plufieurs ouvertures à chaque face de la cheminée, pour donner iffue à la fumée , comme on le voit dans la ( fig. 12.) qui repréfente une cheminée du Château de Boulogne, très bien pratiquée, avec
- fes ouvertures A. & des languettes B»
- O
- p.105 - vue 163/274
-
-
-
- îo 6 Traité
- qui ont des retraites en dentelures de fcie, pour faire réfléchir & repoufler la fumée C. qui efl: défignée dans chaque divifion du tuyau de la cheminée, laquelle efl: repréfentée coupée , afin de laifler voir la ftruâure de l’intérieur du tuyau. 11 faut convenir que Delorme avoit emprunté cette invention de Ser-lio, qui f avoit pratiquée quelque tems avant lui, en couvrant les tuyaux des cheminées en façon de frontifpices ou de chapiteaux, & en laiflant des ouvertures à chaque côté , comme l’a fort bien imité Delorme au Château de Boulogne. On trouve même dans une des,Lettres de Mr. Defcartes, une invention qui a beaucoup de rapport à celle-là.
- A l’égard de Serlio, on peut dire qu’il a parlé afles au long des cheminés dans chaque ordre d’archite&ure ; mais ce qui convient le mieux à notre fujet, ce font les modèles des tuyaux de cheminées, (fig, 13.) qu'il nous a donnés comme
- p.106 - vue 164/274
-
-
-
- pl.13 - vue 165/274
-
-
-
- des Cheminées. 107
- très utiles pour les lieux élevés & expofés au grand air. L’extrémité de ces tuyaux rétrécie & prefque fermée, fait que le vent peut d’autant moins y entrer, que la fumée en fort avec plus de force, paf-fant d’un petit efpace dans un plus grand.
- Delorme {A ) nous propofe une troi- ^ fiéme invention qui, à la vérité, n’eft Parchiteft. pas fort en ufage aujourd’hui, mais qui chaP*8* pourroit cependant être néceffaire dans certaines chambres qui ne feroient pas fufceptibles d’autres moyens plus ufités.
- » Il eft quelquefois néceffaire, dit-il,
- » de fe fervir de deux pommes creufes » de cuivre de cinq ou fix pouces de dia-» métré au plus ; ayant fait un petit trou » en deffus, il faut les remplir d’eau, en-j) fuite les placer dans la cheminée à la » hauteur de 4 ou 5 pieds, à proportion » du feu qu’on voudra faire , afin qu’el-» les puiffent s’échauffer jufqu’au point » que l’eau étant fuflifament chaude, elle » s’évaporera par le petit trou ; les va-
- p.107 - vue 166/274
-
-
-
- io8 * Traité
- peurs raréfiées fortiront rapidement ; forcées de paffer en peu de tems d’un grand efpace par un petit, poufferont l’air, lequel étant chaffé violemment, communiquera fon mouvement à l’air antérieur , & cette impreffion rapide fera fentir un vent affés véhément pour pouffer & faire monter la fumée. Les (fig. 14. & 15. ) feront mieux connoître l’effet de ces boules , & la façon dont elles doivent être placées derrière la tablette de la cheminée. Le même Auteur ajoute, que par cet, expédient le bois brûlera plus facilement.
- f/O Vitruve (^) nous a donné la même
- cap 5 ^r* ces ^ou^es ’ en parlant de la gé-
- nération ôc de la nature des vents ; il les
- compare à celles des Grecs qu’ils nomment Eolipiles, quaji œoli portez, qui ne font autre chofe que des globes ou boules d’airain de différentes façons (fig. 16.) qu’on plaçoit devant le feu pour fervir de foufflets ou d’allumoirs ; c’eft ainfi que
- p.108 - vue 167/274
-
-
-
- pl.14 - vue 168/274
-
-
-
- pl.16 - vue 169/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. IOp François René les a nommées ; (A ) elles OO
- r r r LlV* de*
- font creufes, & ont lin petit trou fort merveilles étroit par lequel on les remplit d’eau, ^ k natu“ enfuite on les met devant le feu pour faire échauffer l’eau quelles contiennent, laquelle étant chaude, caufe en fortant un vent très fenfible, comme nous avons dit ci-deffus.
- Vitruve s’eft fervi de cette petite expérience pour nous faire comprendre l’origine &: la violence des vents. Delorme nous propofe la même chofe, comme étant un expédient convenable aux petites chambres qui font prefque toujours fujettes à fumer, foit à caufe delà petite quantité d’air, ou parce qu’étant bien clofes, le vent & l’air extérieur ne peuvent y entrer pour y fuppléer ; c’eft pourquoi il eft très difficile d’y rémédier.
- Mais on pourroit peut-être obje&er que ces boules d’airain ne produifent du
- vent que pendant un petit efpace de tems à quoi l’Auteur répond, que plus
- p.109 - vue 170/274
-
-
-
- no Traité
- elles feront grandes, plus long-tems le vent foufïïera ^pourvu que la chaleur du feu foit tempérée ; car li on faifoit un trop grand feu, à la vérité elles produi-roient un vent plus véhément, mais aufii il ne feroit pas de fi longue durée : c’efi: pourquoi il confeille d’en avoir plufieurs, afin que l’une ne foufflant plus, on en re-? mette une autre à la place 9 pour éviter la peine de les remplir d’eau, il faut premièrement les faire chauffer, enfuite les mettre dans un feau d’eau, elle y entrera d’elle-même, trouvant très peu d’obfta? cle dans la capacité de ces boules.
- Delorme rapporte que de fon tems on avoit coutume, pour faire venir de l’air dans la chambre , d’y faire à côté de la cheminée un trou au plancher, auquel on adaptoit un tuyau qui venoit rendre le vent le long des pieds droits ; mais à caufe de la difformité de cette méthode, il prétend qu’il vaudroit mieux faire le trou en dedans des pieds droits , auquel
- p.110 - vue 171/274
-
-
-
- des Cheminées. ni
- ôn mettroit un tuyau qui monteroit juf-qu’à l’endroit, de la retraite de la hotte# L’avantage qu’il trouve à cet expédient, eft que par ce tuyau, il viendrait un vent dans la cheminée , capable de repouffer la fumée , & que d’ailleurs rien ne pa-toîtroit dans la chambre.
- On peut dire un mot ici de l’invention de Jean Bernard, comme étant analogue aux Eolipiles. C’eff un moulinet à vent que l’on place dans la hotte de la cheminée , afin que l’ardeur du feu & la fumée , le faifant tourner, il la pouffe en haut ; car l’agitation de l’air que fon mouvement produira, joint à celui qui vient de la chambre, fera fuffifant pour cela ; femblable à ces petits moulinets de carte qu’on donne aux enfans, lefquels tournent facilement, fi peu d’air qu’il faffe , & donnent eux-mêmes en tournant une certaine impreflion à l’air qui les environne , qui fait fentir un petit vent.
- Liv. 9. de l’architect.
- Delorme (^) nous propofe encore chap. 9.
- p.111 - vue 172/274
-
-
-
- 112 Traité
- deux autres inventions très propres pour ,les cheminées qui font expofées àloueft, dont le vent eft des plus à craindre pour la fiimée ; car il la repouffe fi violemment , qu’il eft bien difficile de s’enga-rentir , à moins d’avoir recours à tout ce que l’indufirie de ceux qui font verfés dans la Phyfiqüe expérimentale , peut fuggérer. Cela arrive principalement à l’égard.des tuyaux des cheminées qui font dominés par quelque édifice voifin, ou même lorfque les maifons font fituées fur le penchant d’une montagne ou dans un vallon, parce qu’alors le vent étant arrêté dans fon mouvement par ces hauteurs , il eft réfléchi &: renvoyé dans les cheminées où il ne trouve nulle réfif-tance : (A) ou bien ilfouffle par deffus premfpart! ^es tllyaux, & forme des tourbillons qui art. 3. empêchent l’iffue de la fumée. Dans ces fortes de lieux, il eft à propos de couvrir totalement le deffus de la cheminée :
- (fig. 17. ) on laiffe feulement des ouvertures
- p.112 - vue 173/274
-
-
-
- pl.17 - vue 174/274
-
-
-
- des Cheminées. 113 tures longues & perpendiculaires aux quatre-faces, pour Tiffue de la fumée ; ces ouvertures font cachées par de petits contre-murs A. fufpendus fur des corbeaux B. on peut leur donner quelque ornement d’architeâure * furtout fi le tuyau de la cheminée efi expofé à la vûe.
- L’ufage de ces contre-murs qui font en faillie, efi: pour empêcher que le vent n’entre dans le tuyau par les ouvertures longues qui font derrière ; ils cachent en même tems la difformité de la noirceur de la fumée : Ainfi, lorfque la fumée efi: poufifée en bas par le vent, elle paffe entre les corbéaux, & fi le tems efi: calme, elle monte, en fortant par derrière les contre-murs.
- La derniere méthode que le même Auteur (A ) nous fournit, efi: prefque con- ^ (<4) ^ forme à la précédente, en ce que la che- i’archi?ê<ft? minée doit être entièrement couverte par chaP*10* deflus ; les ouvertures qui font aux quatre-faces , ne parodient pas ; la feule dif-
- P
- p.113 - vue 175/274
-
-
-
- 04)
- Liv. delà fubiilité.
- 114 Traité
- férence confiée en ce quelles font Cà^ chées, non par des contre-murs, mais par des tourelles quarrées que l’on nomme carmélites; ordinairement ces tourelles font rondes, comme dans la (fig. 18.) fufpendues aux quatre-faces de la cheminée , & ouvertes par deffus & par def-fous, afin que quand le vent fouffle de haut en bas, ou de bas en haut, il aide la fumée à en fortir par le côté oppofé, fans qu’il puiffe/s’engouffrer dans la cheminée , ni repouffer la fumée, trouvant toujours un libre efpace pour fortir de ces efpèce de tuyaux, par quelque côté qu’il y entre.
- . Il faut obferver que ces tourelles doivent furmonter les ouvertures du tuyau, afin qu’elles foient plus à couvert du vent, & que la fumée puiffe fortir tant par deffus que par deffous. Cardan (J) avoit déjà communiqué cette méthode, comme très affurée, après l’avoir expérimentée.
- p.114 - vue 176/274
-
-
-
- pl.18 - vue 177/274
-
-
-
- pl.19 - vue 178/274
-
-
-
- des Cheminées. ii$ Comme tout le monde n’eft pas en état de faire ces dépenfes, on peut y fuppléer par deux autres moyens beaucoup moins coûteux, & qui auront le même fuccès, li on les pratique exa&ement.
- Le premier confîfte, après avoir couvert entièrement le deffus du tuyau (fig. 19. ) à y faire une ouverture de chaque côté, à l’endroit de la corniche A. ce qui formera comme une petite lucarne ; on fait aufli deux autres ouvertures longues aux deux faces B. comme pour des tourelles, au lieu defquelles on applique deux planches parallèles qui fe joignent pardevant, en formant une équerre faillante, de la grandeur proportionnée à l’ouverture.
- Le fécond eil qu’au lieu d’ouvertures longues, on fait aux deux faces du tuyau, deux trous ronds , aufquels on adapte deux tuyaux de fer blanc faits en façon de marteau, 0%. 20.) mais comme ils ne font quelquefois pas afîes amples pour laiffer une libre iffue à la fumée, on peut
- p.115 - vue 179/274
-
-
-
- ii 6 Traité
- y fuppléer, quand il ed néceffaire, en laiffant deux ou trois ouvertures au haut du tuyau de la cheminée, qu’il faut couvrir avec des cônes de terre cuite, ou bien avec des tuiles creufes dreflees l’une contre l’autre, & bien arrêtées avec du plâtre ou du mortier ; elles feront le même effet que les cônes ; car elles réûde-ront au vent & donneront un libre cours à la fiimée. Ajoutons que c’ed une des meilleures façons de couvrir toutes fortes de cheminées.
- CHAPITRE SIXIÈME.
- Autres moyens tirés de Savot.
- ÇA)
- Liv. d*ar~ chit. Fran-
- LEs confeils que Savot a donnés (A ) pour empêcher le reflux de la fumée,
- çoUe,chap. ne confident nullement dans la forme, ni 23* la différente dru (dure du tuyau de la che-
- minée : mais ils font fondés fur la raifon & l’expérience , & font en même tems des produ&ions de fon indudrie ; c’eft ce
- p.116 - vue 180/274
-
-
-
- des Cheminées. 117
- qui fa fait paffer parmi les Archite&es qui ont traité cette matière, pour celui qui en a le mieux raifonné. La fimpli-cité des moyens qu’il a indiqués , prouve affés que tout bon Phyficien ed en état d’en inventer d’autres, en réfléchiffant fur les ôbfervations qu’il a faites fur cette utile partie, dont voici les principales.
- 1°. Il ne fuffit pas que la cheminée foit condruite félon les régies de l’Art, fi le feu qu’on y fait n’ed proportionné à l’ouverture de fon tuyau; car, comme la flamme fe réfout en air, en vent & en fuie, fi à raifon d’un trop grand feu il s’en réfolvoit en plus grande quantité qu’il n’en peut fortir par l’ouverture, cet air qui entraîne la fumée, feroit forcé de refluer avec elle dans la chambre.
- 2°. L’air & le vent étant en partie produit par la flamme , il s’enfuit que s’il n’y a pas affés de flamme, la fumée ne pourra pas monter entièrement : d’oii vient qu’en augmentant la flamme, quelquefois on
- p.117 - vue 181/274
-
-
-
- nB Traite
- fait cefler la fumée, & qu’au premier moment qu’on allume le feu, il fe répand beaucoup de fumée dans la chambre , jufqu’à ce que le feu faffe une flamme affés forte pour la chafîer ; de façon qu’en attendant, on eft obligé d’ouvrir la porte ou la fenêtre , afin que l’air extérieur fe joignant à celui qui eft produit par la flamme, chaife la fumée & la force à monter.
- 3°. Il eft néceflaire , pour prévenir la fumée, que la chambre foit afles vafte , car* il fume ordinairement dans les petits appartemens, & pour fe délivrer de cette incommodité, on en contracte une autre, non moins fâcheufe, par la nécef-fité où l’on fe trouve de laifler la porte toujours entrouverte, tant parce que le feu attire & abforbe une grande quantité de l’air de la chambre, que parce que la flamme a befoin continuellement de nouvel air pour s’entretenir : de forte que s’il n’en rentre autant dans la chambre ,
- p.118 - vue 182/274
-
-
-
- DES CHEMINEES.' 119 que la flamme en confomme & en éleve avec loi par la cheminée, ( ce qui eft im-poflible dans les cabinets où l’on fait grand feu ; ) pour lors la flamme s’amortit & la fumée augmente confidérable-ment, vu que la flamme n’eft autre chofe en quelque façon, qu’une fumée allumée, & la fumée une flamme éteinte, ou non encore allumée ; d’où vient que le bois qui fait peu de flamme, rend beaucoup de fumée, & vice verfâ.
- Le premier moyen que Savot a expérimenté , comme très propre à exclure la fiimée des petites chambres, efl: qu’il faut rétrécir à la hauteur du plancher, la Ion-gueur de l’ouverture dedans le tuyau, en forte qu’elle n’ait environ qu’un pied &: demi de long en cet endroit; il faut de plus relever le foyer de trois ou quatre pouces, & baifler le manteau jufqu’au point qu’il n’ait que trois pieds de hauteur depuis l’âtre. La largeur de l’ouverture entre les pieds droits, doit être de
- p.119 - vue 183/274
-
-
-
- 1 2ô Traité
- la même mefure, en obfervant de la terminer en ceintre ; il faut auffi que dans ce feul cas les côtés de la cheminée foient conduits en hotte depuis la hauteur des pieds droits, jufqu’à l’endroit où le tuyau a été rétréci. La cheminée étant ainfi difpofée, il eft très difficile qu’elle fume , parce que le tuyau étant en partie fermé des deux côtés de fa longueur, lorfque la fumée & le vent viennent à defcen-dre, ils y trouvent un obftacle qui les fait réfléchir en haut ; & lorfque le feu eû bien ardent, il repouffe facilement & fait monter plus haut cette fumée réfléchie. IXailleurs , la fumée vénant du foyer, & paffant d’une ouverture étroite dans un efpace plus ample, elle montera aifément, à moins qu’un vent d’oueft ne vienne à fouffler fortement, malgré cela la fumée ne feroit jamais rabattue par les côtés de la cheminée, comme il arrive ordinairement, mais feulement par le milieu du tuyau ; en ce cas-là, elle fe mê-
- leroit
- p.120 - vue 184/274
-
-
-
- des Cheminées. m leroit avec la flamme, où étant recuite, elle n’offenferoit point les yeux, comme nous avons dit ci-deffus. Il faut remarquer que, pour que la fumée foit dirigée vers l’ouverture du tuyau rétréci , on doit fe fervir de bois coupé très court. L’on pourroit même ajouter à toutes ces raifons, que fortant moins d’air de la chambre par cette ouverture diminuée, pour peu qu’il en entre par les interftices des portes & des fenêtres, il pourra fuf-fire pour remplacer celui qui fort par la cheminée ; ainfi la chambre étant toujours pleine, la fumée fe trouvera toujours preffée de ce côté-là & n’y entrera point.
- Nous avons déjà dit que lorfqu’il y a deux tuyaux de cheminées adoffés l’un devant l’autre, il fume très fouvent dans l’une des deux chambres, principalement dans la plus petite, s’il y a du feu dans les deux en même tems; c’eft dans ces fortes de cas qu’il faut faire ufage de cette
- p.121 - vue 185/274
-
-
-
- 122 Traité
- forme de cheminée dans la plus petitè
- chambre.
- Le même Auteur nous propofe un fécond moyen d’empêcher de fumer en quelque lieu que ce foit, grand ou petit, & qui mérite d’être rapporté, tant à caufe de fa fingularité, que parce qu’il eft facile à mettre en pratique : pour cela il faut pofer fur l’âtre uiie grande plaque de fer de la mefure du foyer, qui foit toute percée de plufieurs petits trous fort près les uns des autres, & élevée au def-fus de l’âtre de trois ou quatre pouces ; enfuite on met fur cette plaque une grille de fer haute de 8 ou 9 pouces, auffi longue que les bûches qu’on veut pofer def-fus, & large à proportion du feu qu’on y veut faire, ayant fes barreaux très proches les uns des autres ; de forte qu’il y a comme trois étages ; le premier & le plus haut, eft deftiné à recevoir le bois; le fécond, les charbons ; & le troifiéme, les cendres, au travers duquel l’air & le
- p.122 - vue 186/274
-
-
-
- des Cheminées. izj tent étant portés en haut, ils tiennent les charbons toujours allumés, augmentent la flamme, & par ce moyen diminuent la fumée , & la pouffent en haut avec force.
- Savot paroît fi affuré des moyens qu’il nous propofe pour empêcher de fumer, qu’il foutient que fi l’on fçait bien en tirer parti, c’eft-à-dire les mettre en ufage à propos, & félon la différente fituation des lieux, il fera rarement befoin d’avoir recours aux inventions des autres Auteurs, que nous avons propofées ci-deffus, je veux dire les Eolipiles de Vi-îruve, les foupiraux de Cardan, les moulinets à vent de Jean Bernard, les chapiteaux de Serlio, les artifices de Philibert Delorme, & les tabourins de Pa-duanus.
- QiJ
- p.123 - vue 187/274
-
-
-
- Traité
- 124
- CHAPITRE SEPTIÈME.
- Autre moyen tiré de Mr. Vallon.
- Ous avons mis au rang des caufes de la fumée, le vent, la pluie, la neige & la vibration des rayons du Soleil ; nous avons expliqué en même tems comment ils pouvoient y contribuer : Vallon l’avoit fi bien compris, qu’il s’efl attaché uniquement à chercher un moyen qui pût mettre le tuyau à l’abri de tous ces accidens de l’air; il a cru qu’une couverture bien conditionnée , &c qui fermât allés exactement le tuyau de la cheminée pour en refiifer l’entrée aux vents, à la pluie, &c. fans empêcher toutefois l’iïTue de la fumée, étoit conforme à fon deffein, capable de le fatisfaire. Il ne prétend pas garantir de la fumée dans tous les cas, parce qu’elle pourroit dériver de queîqu’autre caufe, comme du défaut d’air dans la cham-
- p.124 - vue 188/274
-
-
-
- Cheminée de M*'. Vallon .
- pl.21 - vue 189/274
-
-
-
- des Cheminées. 125 bre ; mais ôtez celle-là, il efpere, par le moyen d’une couverture, empêcher que la fiimée, parvenue au fommet de fon iffiie, ne foit renvoyée en bas par le vent, la pluie, &cc. fans que cette couverture préjudicie en aucune façon à la fortie de la fumée. Voici la conftruétion de cette couverture, (fig. 21.)
- Il faut dreffer un chaffis avec des bandes dé fer qui ayent 2 pouces de largeur , fur trois ou quatre lignes d’épaif-feur ; ce chaffis devant être appliqué fur la fuperficie du tuyau de la cheminée, doit être fait fuivant la largeur & la longueur de l’ouverture. Avant que de l’appliquer, il faut y faire quatre trous ; fçavoir deux à chacun des deux côtés les plus longs, ils ferviront à fixer les deux fupports qui doivent y être attachés avec quatre gros clous rivés. Ces fupports étant dedinés à porter toute la couverture de la cheminée , il faut qu’ils foient forts ; pour cela on aura deux bar-
- p.125 - vue 190/274
-
-
-
- ia6 Traité
- res de fer d’un bon demi pouce en quarré^ aufquelles on fera un trou au milieu qui fervira à fixer la couverture ; on en fera aufli deux autres à égales diftances, qui répondront à ceux du chaflis, pour pouvoir les attacher fur ce même chaflis. Ces barres de fer feront affés longues pour être repliées aux deux bouts, comme on le voit à la lettre P. en façon d’équerre, pour décliner & defcendre de deux pouces au moins au defîous du bord de la cheminée, & enfuite s’étendre horizontalement & dire&ement à leur po-fition de cinq ou fix pouces, ou plus, félon la grandeur de la cheminée, étant terminées par un bec recourbé; enfin elles doivent faire le même effet repré-fenté par le profil d’un côté de la cheminée R. les fupports étant bien arrêtés fur le chaflis, il faut l’appliquer fur l’ouverture du tuyau de la cheminée, & le fixer des quatre côtés avec autant de crampons de fer D* repliés de façon
- p.126 - vue 191/274
-
-
-
- dës Cheminées; 127
- quils embraffent le chaflis & l’épaiffeur du mur de la cheminée, & quils def-cendent en dedans & en dehors, de 8 ou IO pouces, pour être enfuite arrêtés avec des clavettes qui paffent de part & d’autre, c’eft pour cela qu’on aura l’attention de faire les trous des crampons vis-à-vis l’un de l’autre ; ces crampons auront la même épaiffeur & largeur que les bandes qui compofent le chafïis. A l’égard de la couverture, elle doit être de fer blanc ou de tôle, en figure longue & en dos d’âne, reffemblant au couvercle d’un bahu, après y avoir fait deux trous fur le fommet, qui répondent à ceux qui ont été faits au milieu des deux fupports, il fout la placer fur l’ouverture de la cheminée , de façon qu’elle porte également fur les quatre bouts des deux fupports, à égale diftance de chaque côté ; 8ç. afin que la violence des vents ne puifTe pas l’enlever , il fout l’attacher avec deux grands clous d’un pouce de diamètre ou
- p.127 - vue 192/274
-
-
-
- 128 Traité
- environ, dont la tête fera en vis : on les fait paffer par deffous la couverture, dans les trous qui y ont été faits exprès, & on les introduit dans ceux qui font au milieu des fupports, enfuite il faut les arrêter par deffous avec des clavettes, & par deffus la couverture, avec leurs écroux. L’Auteur ne dénote point pré-cifément la mefure de cette couverture, 'parce qu’elle doit être faite fuivant la longueur & la largeur du tuyau de la cheminée ; il fufntde fçavoir quelle doit déborder de tous côtés, de 5 ou 6 pouces, parce que, comme la fumée fe dilate naturellement lorfqu’elle efl parvenue au fommet du tuyau, elle trouvera dans la largeur Sc la concavité de la couverture, affés d’efpace pour cela, & en même tems pour s’exhaler librement par fes bords. On comprendra facilement en voyant la figure des fupports, qu’il faut que la couverture defcende plus bas que
- le bord de la cheminée, afin d’en interdire
- p.128 - vue 193/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. *29 dire l’entrée au vent, à la neige, à la pluie & à la vibration des rayons du Soleil. La figure mettra le Le&eur mieux au fait que le détail que nous venons de faire. Les différentes parties de la couverture y font marquées ; comme A. le chaffis appliqué fur la cheminée ; D. un des quatre crampons du chaffis, P. un des deux fupports pour foutenir la couverture ; E. un des deux grands clous avec fon écrou par def-fus, & fa clavette par deffous, pour arrêter la couverture, P. les deux fupports appliqués fur le chaffis, R. profil d’un côté de la cheminée avec fon fupport & fon crampon, B. la couverture, C, la cheminée couverte.
- *
- ^ *
- R
- p.129 - vue 194/274
-
-
-
- Traité
- 130
- CHAPITRE HUITIÈME.
- JDefcription d'une Cheminée qui ne fume point ; pratiquée en Flandres che£ les gens de cabinet.
- LEs avantages qu’on retire de l’ufage des cheminées de Flandres, font af-fés confidérables pour mériter qu’on en faffe un détail circonfïancié ; pour le mieux comprendre , il faut jetter les yeux fur la (fg. 22. ) qui repréfente une petite cheminée de cabinet, ou d’une petite chambre d’étude, telle qu’on les confirait en plufîeurs endroits, mais plus communément en Flandres ; dans laquelle on a pratiqué, par le moyen d’un cercle de fer, une efpèce de fourneau, qui, outre les prérogatives d’échauffer confidérablement une chambre avec fort peu de bois, conferve encore celles d’un poêle de fonte, fans en avoir les incommodités , par la température de la cha-
- p.130 - vue 195/274
-
-
-
- pl.22 - vue 196/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 131 leur qui s’entretient toujours au même degré, fans crainte qu’elle porte à la tête la moindre incommodité ; outre ces avantages , il a aulïï celui d’exclure totalement la fiimée de la chambre.
- Pour en venir à l’exécution, il faut placer au milieu de la cheminée, fur la même ligne de fes jambages, un cercle de fer, A. dont le diamètre contiendra les deux tiers de la largeur delà cheminée ; ce cercle doit être fermé feulement jufqu’à la fixiéme partie de fon diamètre , dont les deux bouts étant ouverts > forment les deux pieds droits pour foutenir le fourneau ; ce cercle doit avoir environ deux poucès de largeur fur iix lignes d’épaiffeur ; lorfqu’il eft placé, il faut fermer en maçonnerie de brique, tout l’efpace qu’il y a entre les pieds droits du cercle de fer & le contre-cœur de la cheminée. Etant parvenu au commencement du contour du cercle, il faut continuer la maçonnerie jufqu’à l’autre
- p.131 - vue 197/274
-
-
-
- i3z Traité
- extrémité ; mais en pratiquant une petite voûte bombée, c’eft-à-dire dont le profil foit ceintré dans toute fa progreflion, B, Au milieu de la partie fupérieure de cette voûte, il faut laifler une ouverture d’un demi pied de diamètre environ, pour l’if-fue de la fumée. On y pratique au def-fus un tuyau en brique qui monte jufqu’au delfous du chambranle. Tout l’efpace qui refie hors du cercle de fer Jufqu’aux jambages de la cheminée , doit être fermé en maçonnerie de brique Z>. on peut en-fuite le récrepir proprement avec du plâtre , & l’orner, fi l’on veut, de peintures. La lettre E. placée entre les deux pieds droits du cercle de fer* marque la place d’un gril de fer pofé horizontalement , qui doit tenir lieu d’âtre, & qui, par conféquent, fera de la grandeur de la place, où il doit être attaché folidement. Pour cela il faut avoir laifle deux retraites à la maçonnerie pour le placer def-fus. Le grillage F. qui eft attaché au def-
- p.132 - vue 198/274
-
-
-
- des Cheminées. 133 fus, fert à retenir le bois qu’on met fur le gril, pour qu’il ne tombe pas fur le pavé de la chambre ; il fuffit que ce grillage monte jufqu’à la naiffance du cercle , & le vuide Q. qui efl au deffous du gril, fert à donner de l’air au feu, & à recevoir les cendres qui tombent du gril ; pour empêcher qu’elles ne fe répandent trop avant dans la chambre, il faut placer fur le pavé une bande de fer fur champ amovible.
- Nota, que pour conferver la chaleur du cabinet, il faut, lorfque le bois fera tout confommé, & qu’il ne fumera plus, boucher le haut du petit tuyau de brique avec une lame de fer que l’on paffe par une fente qu’on aura laiffé vis-à-vis , deffous le chambranle, G.
- p.133 - vue 199/274
-
-
-
- Î34 Traité
- TT FV fl il fl
- *+**
- ****»»!( ‘M> M»«W‘44»*H**W»4<.
- CHAPITRÉ NEUVIÈME.
- Des Cheminées portatives de, Nancy.
- IL y a beaucoup de pèrfonnesqui ne jugent du prix des découvertes utiles, que par la multiplicité des machines qu’il faut employer pour les faire paroître, ou par la difficulté, le tems que l’on emploie , & la dépenfe que l’on fait pour en venir à l’exécution. Ceux-là né trouveront point de leur goût les cheminées portatives de Nancy , qui, par la iimplicité 'de leur conflru&io/i, la facilité de leur exécution, les utilités &: les avantages qu’ôn en retire * deviennent tous les jours plus communes * à en juger par les envois qu’on en fait dans toutes les parties du Royaume. Outre qu’elles ne font pas fi difficiles à exécuter que celles de Flandres, elles ont encore un avantage de plus, qui efi:, qu’on peut les déplacer facilement , les tranfporter par-tout où l’on
- p.134 - vue 200/274
-
-
-
- pl.23 - vue 201/274
-
-
-
- des Cheminées. 135
- veut, & les appliquer à d’autres cheminées , pourvû quelles foient à peu près de la même grandeur. Elles font faites de tôle ou de cuivre, tant pour le contre-cœur & les jambages, que pour le petit tuyau , ôc difpofées d’une façon qui n’a rien que d’agréable à la vue; Çfig. 23.) car c’eft une efpèce de petit pavillon quarré, A. d’où pandent de chaque côté comme deux rideaux Bb.k demi tirés, & arrêtés , qui fervent de jambages, avec un fond, C. qui fait le contre-cœur, rien ne relfemble mieux à un Trône. On peut juger de tous les avantages de cette cheminée , par fa configuration. Elle échauffe confidérablement la chambre, puifque la chaleur du feu ne peut point fortir par l’ouverture de la cheminée, qui eft bou-? chée totalement avec une plate-forme de tôle, D. coupée exactement fuivant la mefure de l’ouverture de la cheminée, &c échancrée d’une face pour recevoir le petit tuyau, E. qui termine par en haut le
- p.135 - vue 202/274
-
-
-
- 136 Traité
- pavillon, Sc qui doit fortir d’un demi pied par la plate-forme, laquelle doit être appliquée au niveau de la tablette ; elle doit encore avoir une petite trappe de chaque côté, d’un demi pied environ en quarré, qui ferme en tombant, & qu’on puiffe ouvrir facilement lorfqu on voudra faire monter quelqu’un pour ramoner la cheminée. On aura foin d’enduire les joints avec du plâtre, afin que l’air extérieur qui defcend par la cheminée, ne vienne point réfroidir la chambre. La même plate-forme fert auffi à empêcher que la fumée qui efl: fouvent repouffée par les vents, ne reflue dans la chambre ; & fi le vent étoit fi violent, qu’il en fît rentrer par le petit tuyau , elle feroit arrêtée & réfléchie par un rebord, F. fait en retraite au defTous du pavillon.
- Nota, qu’il faut ufer de bois coupé court, qui ne pafle pas les pieds droits de la cheminée de tôle, laquelle doit être
- appliquée au milieu, & joignant le contre-cœur
- p.136 - vue 203/274
-
-
-
- des Cheminées. 137
- trê-cœur de la cheminée de la chambre. Quant à la mefure de cette petite cheminée de tôle, elle doit être proportionnée à la grandeur de la cheminée de la chambre ; par exemple, pour une cheminée de quatre pieds de large, la cheminée de tôle doit avoir un pied & demi de profondeur, deux pieds & deux pouces de largeur, & deux pieds de hauteur, en prenant depuis latre jufqu’au bord du petit pavillon qui s’élève enfuite en fe ré-trecillant infenfiblement , & forme un petit tuyau quarré qui doit Sortir d’uri demi pied par defliis la plate-forme.
- De plus, il doit y avoir fur ce tuyau une petite trappe de. tôle, R. qu’on puifle ouvrir & fermer par le moyen d’une verge de fer, qui y eft attachée par un piton , & dont l’autre bout eft replié pour pouvoir l’arrêter. Cette petite trappe Sert à boucher le haut du petit tuyau, lorsqu’on veut conferver la chaleur du feu
- dans la chambre, après toutefois que le
- $
- p.137 - vue 204/274
-
-
-
- Traité
- bois eft confumé, & qu’il ne rend plus de fumée. Au relie, fi on trouyoit quelque difficulté dans cette exécution, on pourroit faire venir de Nancy une cheminée de tôle toute faite, après avoir envoyé les dimenfions de la cheminée à laquelle on veut l’appliquer.
- CHAPITRE DIXIÉME.
- Nouvelle méthode pour empêcher toutes fortes de Cheminées de fumer.
- LA méthode que l’on propofe ici comme nouvelle, ne le paroîtra peut-être pas à ceux qui en ont trouvé d’affés fem-blables dans quelques Auteurs. A la vérité , Delorme, Savot, & quelques autres nous en ont laiffé qui ont beaucoup de rapport à celle-ci, quant au fond; mais non pas quant à la forme > aux dimenfions, & à la maniéré de garder toutes les proportions. Ils avoient bien fait la découverte d’un moyen d’empêcher la
- p.138 - vue 205/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 139 fumée, que l’on peut regarder comme Tunique & le plus afliiré de tous y mais cette découverte n’étôit pas complette * parce qu’ils n’avoient pas encore, à ce qu’on préfume, découvert la véritable caufe de la fumée.
- Delorme, {A ) entr’autres, avoit fi bien ^ )
- fenti la difficulté de corriger les chemi- Tiv. 9. de
- , r r i-ii l’architeéu
- nees fumeufes, tant des petites chambres, chap. 7. que de celles qui font voûtées, plafo-nées, & exactement clofes, qu’il les re-gàrdoit comme nécefiairement fujettes à fumer, félon les régies phyfiques de l’air Sc du vuide : il nous le fait connoître par la comparaifon des chambres de cette cônftruCfion, à un vafe fphérique, ou de qiielqu’autre forme ronde qui n’a qu’une feule ouverture. Il convient que fi après l’avoir rempli d’eaii, on le renverfe, il ne s’évacuera point, à moins qu’on ne ui donne de l’air par quelqu’autre endroit. » Il en eft de même, dit-il, des
- j> cheminées des petites chambres, qui
- Sij
- p.139 - vue 206/274
-
-
-
- 140 Traite
- » font fi bien clofes, que l’air ne peut » y entrer de nulle part : Car, quoique » l’ouverture de leur tuyau foit affés » large & fpacieufe, néanmoins la fu-33 méè n’en peut pas fortir, n’y ayant » pas fuffifament d’air pour la repoufler 33 de dedans en dehors, ce qui fait qu’on j? efi contraint d’ouvrir la porte ou la » fenêtre pour faire fortir la fumée de » la chambre ; la raifon qu’il en donne, » efi que la flamme n’eft autre chofe » qu’un air allumé & doucement agité : 3> Or, s’il n’y a point quelque mouve-33 ment & agitation de l’air > il n’y aura » point de flamme : n’y ayant pas de » flamme, lè feu fera comme fufibqué, 3> d’où il en réfultera beaucoup de fu-33 mée ; mais cette raifon n’a pas paru fa-tisfaifante aux Phyficiens de notre fiécle. En effet, ils en donnent une autre qui efi regardée comme la véritable , &c qui indique , pour ainfi dire d’elle-rnême , Tunique moyen d’obvier à l’inconvénient
- p.140 - vue 207/274
-
-
-
- des Cheminées. 141 dont il eft queftion. La voici ; c’eft que le feu fait continuellement fortir par la cheminée une partie de l’air qui efl dans la chambre ; cela pofé, li elle eft li bien fermée, qu’il n’y entre point de nouvel air par quelque endroit, pour en prendre la place &c fuccéder à celui qui efl forti par la cheminée, pour lors la fumée n’étant plus preffée, fe répand néceffaire-ment dans la chambre, où elle trouve bien moins de réfiftance que du côté du tuyau, à raifon de la prefïïon de l’air fu-périeur, & de la raréfaction du p“eu qui en refie dans la chambre.
- Voilà donc la caufe la plus générale de la fumée, qui provient de ce qu’il n’entre pas d’air dans la chambre à me-fure & à proportion qu’il en fort par la cheminée. C’eft fur cette découverte, qu’on a trouvé un moyen , pour ainfi dire, infaillible , d’empêcher de fumer toutes fortes de cheminées ; que les chambres foient grandes ou petites, voûtées
- p.141 - vue 208/274
-
-
-
- 142. Traite
- ou lambrieées , on a cru que puifqù’il fortoit Une partie de l’air de la chambre , avec la fumée, & par l’atraâion du feu, il falloit nécefTairement y en faire entrer de nouveau par quelque endroit, pour fuppléer à celui qui s’échappoit con-‘ tinuellement, & pour preffer toujours également la fumée, afin de la faire monter ; pour cela, ôn s’étoit avifé de pratiquer une ouverture à la fenêtre, en ôtant un carreau de vitre que l’on adaptoit par un cadre à une petite couliffe, au moyen dequoi on poüVoit l’ouvrir &c le fermer au point que l’on vouloit ; mais on s’eft bientôt apperçu qu’en voulant fe délivrer de l'incommodité de la fumée, on en contrà&oit unê autre également fâcheufè, je veux dire le vent & le froid qui entroient dans la chambre par cette ouverture. D’ailleurs, on n’étoit pas toujours délivré dé la fumée par ce moyen, elle y rentrait même quelquefois avec plus de force, lorfque, par exemple, le vent
- p.142 - vue 209/274
-
-
-
- des Cheminées. 143 venoit du côté oppofé à celui de la fenêtre , parce qu alors l’air de la chambre fortoit par cette ouverture, & don-noit moyen à la filmée de rentrer dans la chambre où elle fe trouvoit moins pref-fée que dehors.
- Dans la fuite quelques-uns ont cru mieux faire, en mettant horizontalement deffous & le long du manteau de la cheminée, un tuyau percé en tous fens, d’une infinité de trous dans toute fa longueur , qui, ayant communication avec l’air extérieur, en reftituoit à la chambre par ces petits trous. A la vérité cette invention efl meilleure que la précédente ; mais elle efl: encore imparfaite, parce que ce tuyau étant percé en tous fens, & placé au deffous du manteau de la cheminée , il en réfulte les mêmes inconvé-niens par le froid qui fort des trous qui font du côté de la chambre, & par où le vent foufîle directement en face de ceux qui font afîis devant le feu. De plus, l’air
- p.143 - vue 210/274
-
-
-
- 144 Traité
- fortant en tous fens de ce tuyau, fe dif-fipe trop & n’a plus âffez de force pour pouffer la fumée, outre la difformité que ce tuyau, ainfi expofé à la vue, caufe à la cheminée. Il falloit donc corriger cette invention, de façon quelle eût tout l’avantage qu’on en attendoit, fans avoir aucune des incommodités ci-deffus. Comme toute difficulté cède à l’induftrie humaine , fécondée des çonnoiffances phyfi-co-mathématiques , elle eft enfin parvenue à perfectionner ce même expédient 9 comme on le verra par l’explication fui-vante.
- Avant toute chofe, il faut remplir en maçonnerie les deux coins de la cheminée , ( fig. 24. ) jufqu’à la hauteur de la tablette, ou des bras du canal dont nous allons parler, de façon qu’ils préfentent une plate face au lieu d’un angle, fi c’eft dans une grande cheminée, ou bien une portion de cercle, fi c’eft dans une petite ; ou pour l’expliquer plus clairement,
- on
- p.144 - vue 211/274
-
-
-
- pl.24 - vue 212/274
-
-
-
- DES CHEMINÉÈS. I4f on donnera, félon la méthode de Mr. Gauger, aux jambages de la cheminée , une difpofition parabolique , R r. dont on verra les proportions dans l’article 2. du dernier Chapitre de ce Traité. Enfuite il faut tâcher de tirer de dehors affés d’air pour chaffer la fumée fans le fecours de l’air intérieur de la chambre , qui lui eft abfolument néceflaire : pour cela on fera deux ouvertures, A a. chacune d’un demi pied en quarré, une à chaque côté du contre-cœur de la cheminée, vis-à-vis & à la hauteur de la tablette, B. ou s’il y a un appartement derrière la cheminée, on fera ces ouvertures au mur qui communiquera à l’air extérieur, foit de la rue ou d’une cour, ou de ' quelqu’autre endroit femblable ; mais qui portera l’air toujours à la hauteur de la tablette, autant que foire fe pourra. Vis-à-vis de chaque ouverture, A a, & tout le long du mur collatéral de chaque côté de la cheminée } on conftruira en ligne droite &
- T
- p.145 - vue 213/274
-
-
-
- î46 T ft. A 11 é
- horizontale , un tuyau de brique , C cl ou de tuiles plattes, liées & cimentées âvec du plâtre ; & la partie fupérieure de chaque tuyaü, dont le diamètre fera partout un peu plus large que l'ouverture , fe terminera dans toute fon étendue, en efpèce d’auvent, appuyé au mur collatéral de. la cheminée.
- Enfuite on fera en dedans de la cheminée, un canal qui regnerâ horizontalement de droit à gauche, tout le long de la tablette d. e. /. g* mais fans toucher le mur , à l’extrémité duquel viendront aboutir, dé part & d’autre en lignes parallèles , les deux tuyaux, c c, dont on vient de parler, pour y porter l’air qu’ils reçoivent de dehors par les ouvertures A a.
- Ce canal doit être fait auffi de tuiles plattes , liées Sc cimentées avec du plâtre , mais difpofées en parpin, & placées en ligne droite & perpendiculaire, de forte, que la partie fupérieure de ce
- p.146 - vue 214/274
-
-
-
- des Cheminées. 147
- canal , fe termine infenfiblement, & aboutiffe au manteau de la cheminée, en paroiffant ne faire qu’un même corps.
- La partie inférieure de ce canal portera dans toute fa longueur , fur une bande de fer, h. i. k. large de deux pouces & demi, fur quatre ou cinq lignes d’épaiffeur, & affés longue pour entrer de part & d’autre dans les murs collatéraux fur lefquels elle portera.
- Cette bande de fer, auffi bien que la partie inférieure du canal qui porte def-fus, doit être ifolée, de façon qu elle foit éloignée de deux ou trois pouces de la grande pierre, L. I. qui forme la tablette de la cheminée, & élevée de trois ou quatre pouces de plus que cette même pierre.
- Il eft vrai que ce canal paroît bien étroit, puifque, fuivant ce qu’on a dit, il n’aura guéres plus de deux bons pouces de large : mais en revanche on le fera affés haut pour contenir, à peu près,
- p.147 - vue 215/274
-
-
-
- 148 Traité
- le même volume d air qui y entre par les deux bras, ou tuyaux c. c. qui doivent être fupportés chacun par une petite planche large de huit pouces environ, & af-fés longue pour porter par un bout fur la bande de fer ; & par l’autre, fur le mur dans l’ouverture, a, A. Sa partie de deflous, fera cachée par la maçonnerie qui formera la conflru&ion parabolique des jambages de la cheminée, laquelle fe terminera â cette planche.
- Nous avons dit que la bande de fer devoit être éloignée du manteau de la cheminée de deux ou trois pouces, afin que la partie inférieure du canal qui porte deffus , ait deux faces ; à celle qui regarde le manteau de la cheminée, on y fera des trous d’un pouce de diamètre , à la diflance de huit ou dix pouces l’un de l’autre , par où doit fortir l’air qui viendra dans le canal, lequel fe réfléchira enfuite fur une bande de tôle que l’on mettra fur champ à la diflance
- p.148 - vue 216/274
-
-
-
- des Cheminées. 149 de deux pouces environ de ces trous; elle fera de la même mefure que la largeur de la cheminée ; & comme il feroit difficile, à raifon de fa fituation, de la faire porter fur les murs collatéraux, elle fera fupportée à chaque bout par une patte de fer, fourchue ou fendue, & elle fera affés large pour quelle joigne exactement pair fa partie fupérieure, la grande pierre de la cheminée, dont tout le long de la jointure fera enduit de plâtre, ôc pour que, par fa partie inférieure, qui doit être légèrement pliée, ou plûtôt tournée vers le feu, en s’éloignant de la perpendiculaire en façon de plan incliné ; elle defcende de deux ou trois pouces au def-fous de la bande de fer h. i. k. fans pour cela quelle paroiffe beaucoup dans la chambre, s’il eft poffible.
- On pourroit faire ce canal, de tôle ou de fer blanc, au lieu de tuiles plattes ; il feroit même plûtôt fait, mais il feroit à craindre qu’étant plus facile à échauffer
- p.149 - vue 217/274
-
-
-
- ijo Traité
- que l’autre, l’air ne s’y raréfiât trop, dé forte qu’il ne fortiroit plus avec la même force, & ne repoufferoit pas fi bien la fumée.
- Nous avons dit que le canal d. e.f. g, devoit compenfer par fa hauteur, le peu de largeur qu’il auroit étant fupporté par une bande de fer qui n’auroit guéres que deux pouces de large : cependant il fem-ble que quoiqu’il n’eut pas la même capacité pour contenir un volume d’air tout-à-fait égal à celui qui fait effort pour entrer par les tuyaux, c. c. l’effet n’en pa-roîtroit que plus affuré pour chaffer la fumée ; i°. Parce que l’air renfermé dans le canal, d. e.f. g. étant en moindre quantité que celui qui preffe dans les tuyaux , c. c. il aura moins de force pour réfifter à fon a&ion, & pour le repouffer; 2°. Parce qu’étant pouffé par une force fupé-rieure à fa réfiftance, il fortira avec plus de rapidité par les trous pratiqués dans la partie inferieure du canal 7 & agira par
- p.150 - vue 218/274
-
-
-
- des Cheminées; 15i
- conséquent avec plus de force vers la flamme pour chafler la fumée.
- Nota. Que li la cheminée étoit lituée de telle façon quon ne pût pas prendre facilement de l’air par derrière ou par les côtés, on pourroit en faire entrer par le haut du tuyau de la cheminée, en y pratiquant dedans deux petits tuyaux qui defcendroient au niveau de la tablette, d’où l’air iroit dans les bras du canal, d. e.f. g. mais il faudroit que ce fût en bâ-tiffant la cheminée, autrement il y au-roit beaucoup plus de difficulté. On pourroit auffi, en cas de befoin, tirer de l’air par en bas, en pratiquant des Soupiraux qui viendroient aboutir aux deux coins de la cheminée, & qui monteroient le long & derrière la conftru&ion parabolique des jambages, pour communiquer l’air extérieur aux bras du canal, d. e.f. g.
- Il eft facile de s’appercevoir par tout ce détail, que cet expédient a tous les avantages qu’on délire, fans procurer au-
- p.151 - vue 219/274
-
-
-
- TkAITÊ
- cune des incommodités du précédent: 1°. Par rapport à la conftru&ion parabolique des jambages, on verra dans le Chapitre fuivant combien elle eft propre pour empêcher de fumer ; 2°. Par le moyen du canal pratiqué derrière la tablette , il vient autant d’air qu’il en faut pour l’entretien du feu & de la flamme, & pour preffer la fumée ; de forte que l’air de la chambre n’étant point attiré, ni dif-fipé, elîe s’eii trouve toujours pleine, ce qui eft déjà un garant contre la fumée. 3°. La bande de tôle, qui eft placée devant les trous du canal * d. c.f g. fert non-feulement à faire réfléchir l’air qui en fort vers le contre-cœur de la cheminée , & à l’empêcher qu’il ne communique un air froid à la chambre, mais encore à réunir fes forces, de forte qu’il ne peut pas s’échapper en tout fens ; & la partie inférieure de cette bande, étant un peu repliée, donne à l’air réfléchi,
- une dire&ion quife fait prefque de bas en
- haut,
- p.152 - vue 220/274
-
-
-
- Dès Cheminées. 15$
- haut, telle qu’il la faut pour pouffer là fumée avec plus de force ; ainfi il n’en entre point du tout dans la chambre.
- Enfin , cet expédient n’eft point fujet aux incommodités du précédent, parce que, par la fituation & la configuration de la bande de tôle, l’air qui fort par les trous du canal, efi: prefque totalement employé à preffer & à repouffer ia fumée : ainfi, dèflors qu’il n’en entre point dans la chambre, il ne peut y communiquer aucun air froid.
- Malgré tous les avantages quon a pu remarquer dans cet expédient, on voit quelquefois qu’un vent d’Ouefi: très violent , qui enfile la longueur de l’ouverture du tuyau de la cheminée, ou un vent de Nord, à raifon de fa dire dion de haut en bas, font capables de faire fumer les meilleures cheminées ; pour prévenir cet inconvénient, il efl à propos de couvrir le haut du tuyau de la
- cheminée, d’une des façons que nous
- V
- p.153 - vue 221/274
-
-
-
- î 54 Traité
- avons marquées ci-defïus, & qui lui fera la plus convenable, eu égard à fa fitua-tion ; ayant attention de larder affés d’ouverture pour le paflage de la fumée.
- Avec ces précautions, on aura la fa-tisfaûion de faire du feu dans toutes fortes de chambres, fans craindre la fumée dans aucune faifon, en quelque climat que l’on foit, & quelque vent qui foufïle. Ènfîn, une heureufe expérience prouvera mieux que tout ce qu’on pourroit dire ici, que l’expédient qu’on vient d’indiquer, efl fûr, & infaillible.
- 5f++++++++<î"j"+++'fr+++'i'+"i«ij»'î*<ï>+"fr+-î*++'fr4,,i,,i,++,i,+j^
- CHAPITRE ONZIÈME.
- Autres moyens d'empêcher de fumer , tirés de Mr. Gauger.
- .00
- Liv. 2. ce la Mécanique du feu, Chap. 3.
- MOnfieur Gauger , (A') prétend qu’en donnant aux jambages de la cheminée, une difpofition parabolique, & en faifant en ligne courbe le bas de la languette des tuyaux dévoyés, l’on cor-
- p.154 - vue 222/274
-
-
-
- pl.25 - vue 223/274
-
-
-
- des Cheminées. ifÿ rige les défauts que nous avons fait rer marquer dans les cheminées ordinaires,
- (3) 8c que Ton y trouve de nouvelles (B)
- commodités. l’Mtude s
- Car; i °. L’on retranché les coins, c. L a. de la prem & C. B. A. (fig. 25. ) où s’étend la fii- V**™' mée, 8c d’où elle rentre fi facilement .dans la chambre.
- 2°. Par ce retranchement, la fumée fe trouve toujours au deffus du feu qui la pouffe par deffous, la fait monter dans la cheminée, 8c l’en fait fortir avec affés de force, pour fùrmonter plus facilement l’air qui fe trouve à fa fortie, 8c l’empêcher même qu’il n’entre dans le tuyau.
- 3°. L’air qui entre de la chambre dans cheminée, le long des jambages paraboliques , repouffe la fumée vers le milieu du feu 8c au deffus, d’où elle eft, comme nous venons de dire? pouffée en haut avec force.
- 40. L’air de la chambre, à mefure qu’il
- entre dans la cheminée, y trouvant l’ou-
- Vij
- p.155 - vue 224/274
-
-
-
- 15 6 Traite
- verture des jambages plus étroite, il augmente fa force ; & s’il fe réfléchit quelques parties de cet air qui frappe fur les jambages, elles vont toutes au foyer des paraboles, & y rejettent par conféquent la fumée , d’où elle eft encore repouffée en haut par la chaleur & l’a&ion du feu.
- Enfin, fi l’on fait la languette dévoyée en ligne courbe, (’.fig. 2. page 64. ) par exemple, en portion de cercle, B. e. jK dont on prenne le centre fur le côté de la tablette continuée, on évitera l’inconvénient de la languette ordinaire, B. E, L. H.
- Car; i°. La fumée, D. E. qui auroit frappé en E. ne frappera qu’en e. & avec moins de force, tant parce qu’elle en a, en effet, moins en cet endroit, étant plus éloignée du feu, que parce que la furface eft moins inclinée ; ainfi , fuppofé que frappant en E. elle defeende jufqu’à D, d’oîi elle rentreroit dans la chambre ; en frappant d’abord en elle ne defeendra que jufqu’à E. & par conféquent ne for-
- p.156 - vue 225/274
-
-
-
- des Cheminées. 157 tira point de la cheminée par en bas; mais elle y fera repouffée en haut par l’air & la nouvelle filmée qui y entrent continuellement.
- 2°. Suppofant qu’une partie feulement dé la fumée qui bat en E. redefcende, 6c que le refte fe réfléchiffe à l’ordinaire, la réflexion fe fera en G. ainfi elle pourra empêcher que la fumée qui efl au defîous de E. G. ne monte fl facilement ; mais quand elle frappera en e. fa réflexion fe fera en g. 6c elle ne fera aucun obftacle à.la fiimée'qui efl: au deflous.
- On peut laifler l’autre languette, fp.h. à l’ordinaire ; mais il fera mieux de la faire auflï courbe, comme l’on voit dans la même figure.
- Si ces difpofitions ne fulfifent pas pour empêcher les cheminées de fumer, l’on voit du moins que l’une & l’autre y contribuent autant qu’il efl poflible ; l’on verra les autres dans l’abrégé du troifiéme
- Livre de Mr. Gauger, qui fait la matière du Chapitre fuivant.
- p.157 - vue 226/274
-
-
-
- 158 Traite
- 'n'S '/i\~'/j\~'m'v'/i\W/,\~ '/»\c'/n''/|\>'/n' '/iV^in^'/iv^.
- CHAPITRE DOUZIÈME.
- Abrégé du troijléme Livre de la. Mécanique du feu, de Mr. Gauger ; contenant la conjlruclion de fes nouvelles Cheminées.
- MOnfieur Gauger a donné un Traité de nouvelles cheminées, dont la conftruûion procure de très grandes commodités. II nous fait voir que par cette nouvelle maniéré de conflruire les cheminées , on peut promtement allumer du feu ; le voir, fi Ton veut, toujours flamber , quelque bois qu’on brûle ; échauffer une grande chambre avec peu de feu, & même une fécondé , fe chauffer en même tems de tous côtés, quelque froid quil faffe, fans fe brûler; refpirer un air toujours nouveau, & à tel degré de chaleur qu’on veut; ne fe reffentir jamais de la fiimée dans la chambre , n’y avoir jamais d’humidité, & éteindre feul & en
- un moment le feu qui auroit pris dans le tuyau de la cheminée.
- p.158 - vue 227/274
-
-
-
- des Cheminées. 159
- Tous ces avantages dépendent de la dilpofition de l’âtre, des jambages & de la hotte ; d’une plaque de tôle ou de cuivre , appliquée de telle maniéré qu’elle laide un vuide derrière, par où l’air extérieur , qui doit entrer dans la chambre , paffe en s’échauffant, d’une trappe qui fert de foufflet, d’une bafcule qu’on ajufte dans le tuyau de la cheminée, Sc d’une conftruéHon particulière, qu’il faut donner à l’extrémité fùpérieure du tuyau de quelques cheminées.
- ARTICLE I.
- Modèle de VAtre & des jambages, pour augmenter la chaleur & empêcher de fumer.
- ON fuppofe que l’efpace compris entre les extrémités des jambages pris du côté de la chambre, eft de quatre pieds , & la profondeur de la cheminée, efl de vingt pouces. C’eft la grandeur ordinaire qu’on donne aux cheminées. S’il
- p.159 - vue 228/274
-
-
-
- léô Traité
- s’en trouvé de plus grandes où de plus petites, on augmentera ou on diminuera à proportion, les lignes qu’on va déterminer, (fig. 25.)
- Prenez une planche * A„ B. b. a< de quatre pieds de long & vingt pouces de large, dont les côtés foient tirés d’équerre les uns fur les autres, ou faffent le trait quarré du milieu, M. du côté, B. bt marquez la longueur, M. C. d’onze pouces, & de C. marquez fur le même côté la longueur, C. G, de quatre ou cinq pouces» Tirez la ligne, G, A. fur laquelle vous prendrez, G. H. auffi de quatre ou cinq pouces. Du point, H. tirez H.p. d’équerre fur fa ligne, G* H. A. du point G. tirez encore, C.p. d’équerre fur fa ligne, B. M. du point,/, où ces deux lignes tirées d’équerre fe rencontreront, comme centre, & de la diftance, P. H. ou P. C. décrivez l’arc, H. C. vous ferez la même chofe de l’autre côté , M. b. pour décrire la ligne c. h. a.
- A
- p.160 - vue 229/274
-
-
-
- des Cheminées. 161
- A un pouce, du côté de la planche , C. c. vous traverferez la figure re&angle , X. dont la longueur fera d’un pied, Sc la largeur, de huit pouces. A trois pouces de ce re&angle> vous en tracerez un autre , Z. long de trois pouces, St large de deux pouces Sc demi.
- Ces deux re&angles doivent répondre au milieu, M. de C. c. vous les vuiderez, Sc vous couperez la planche du trait, A. H. C. M. c. lu a. ce fera le modèle dont vous vous fervirez pour donner le tour à la cheminée, jufqu’à la hauteur de la hotte.
- Le grand re&angle, X. fervira de modèle au cendrier que l’on creufera, s’il efi: poflible, dans latre, d’une profondeur convenable.
- Le petit re&angle, Z. fert de modèle au foufïïet de nouvelle invention. On ouvrira en cette endroit l’âtre. Cette ouverture donnera paffage au vent qui viendra de la rue, ou de quelqu’autre tuyau
- qui fera caché fous le carreau de la
- X
- p.161 - vue 230/274
-
-
-
- 16z Traite
- chambre. On garnira cette ouverture d'un chafîis de tôle ou de cuivre. On y attachera avec une charnière une petite trappe qui ferme jufte, 6c qui s’ouvre du côté du feu. On fera les bords du chaflis 6c de la trappe , en talus, à chamfrain, en bifeau. Du côté oppofé à la charnière, on mettra un petit bouton pour pouvoir lever cette trappe avec les pincettes, on peut y ajouter par deffns un verroüil qui tiendra au bouton. Aux deux côtés de la trappe, il y aura. en deffous une petite portion de cercle, dont le centre touchera la charnière, afin que le vent ne puiffe fortir que par devant & vers le feu, quand on lèvera la trappe ; & afin qu’elle fe tienne ouverte à la hauteur qu’on jugera à propos ; pour donner plus ou moins de vent, on attachera deux petits refforts par deffous le chaffis, qui appuyeront chacun fur une des portions de cercle 6c qui les prefferont affés pour tenir la trappe levée.
- p.162 - vue 231/274
-
-
-
- des Cheminées. i6y
- 0
- ARTICLE II.
- Conflruciion de la tablette & du commencement du tuyau de la Cheminée.
- T^1 Aites le deffous de la tablette paral-lele à l’horizon dans fa largeur, ou de niveau, en ce fens ; ( car il peut être cintré) comme li on le vouloit mettre d’équerre fur le fond de la cheminée, dont il ne fera diftant que d’environ dix ou douze pouces, afin que le tuyau de la cheminée n’ait que cette largeur en cet endroit.
- Si le tuyau eft dévoyé, vous ferez les languettes des côtés en portion de cercle , depuis le haut du jambage jufqu’au plancher, comme nous avons dit dans le Chapitre précédent.
- p.163 - vue 232/274
-
-
-
- 164
- Traité
- ARTICLE III.
- Confiruclion du fond de la Cheminée, pour faire entrer l'Air chaud dans la chambre.
- ON peut fe fervir d’une feule plaque de cuivre ou de tôle, compofée de plufieurs feuilles, longue d’environ quatre pieds, & haute d’environ trois pieds & demi. Elle fera garnie de plufieurs bandes ou languettes de tôle. Ces bandes auront cinq pouces de largeur, & feront d’environ dix pouces moins hautes que la grande plaque. Elles feront appliquées à la plaque, de maniéré que la première prenne depuis le haut, & finifle dix pouces au deflus du bas ; que la fécondé laifle le même efpace en haut, que la première, en bas ; que la troifiéme foit pofée comme la première ; la quatrième, comme la fécondé , & la cinquième, comme la première. Comme on le voit repréfenté dans la fis;. 26.
- p.164 - vue 233/274
-
-
-
- des Cheminées. 165 Il feroit à propos , fi on le pouvoit, de creufer le mur. autant qu’il efi nécef-faire -, afin que la plaque n’avançât point trop en, avant. Quoiqu’il en foit, il faut faire des tranchées d’un pouce de profondeur dans le mur., :qui.çorrefpondent aux languettes ; remplir ces tranchées de plâtre fort frais , .& y .faire ..entrer les languettes qui fe trouveraient fort bien fcel-lées, laifieroient entre le mur & la plaque, un efpace. de. quatre pouces de profondeur.. Il feroit peut-être plus commode, de faire une caifie.de tôle garnie de languettes,.avec les.dimenfions qu’on a dit.,.&: de l’enchafier dans le fond de la cheminée. On peut ménager autant de cellules qu’on voudra.; mais il ne doit point y avoir moins. de dix ou douze pouces, de difiance entre les languettes. Pour. lors, il faudrait même que la fécondé cellule fut plus grande que la première ; & la troifiéme, plus grande que la fécondé ; & ainfi des autres., .... ..
- p.165 - vue 234/274
-
-
-
- T 66 Traité
- Cette caifîe ne doit avoir que deux ouvertures ; l’une par en bas, en D. 8c une autre au côté oppofé en haut, en R. En conftruifant la cheminée, on aura ménagé un canal, dont l’ouverture qui fera dans la rue ou dans une cour , aura environ un pied en quarré. Ce canal conduira l’air froid jufqu’en D. d’où, avant que d’entrer dans la caille, il fera conduit par un tuyau particulier, en Z, qui efl le foufîlet dont nous avons donné ci-deflùs la defcription. De D.il entrera dans la caiffe, où il parcourra en ferpentant toutes les cellules formées par les languettes. Il s’y échauffera & fortira par l’ouverture, R. qui fera ménagée fur un coin de la tablette. De forte que l’on augmentera ou diminuera la chaleur de la chambre , à mefure qu’on ouvrira ou qu’on bouchera en partie cette ouverture, qui peut n’avoir que deux pouces de dia-* métré.
- Si on vôuloit échauffer quelque en-*
- p.166 - vue 235/274
-
-
-
- dès Cheminées. 167 droit particulier de la chambre, on pour-roit appliquer à cette ouverture , un tuyau de fer blanc, qui poürroitmême conduire l’air échauffé, dans une autre chambre. Peut-être qu’on pourroit fe fer-vir d’un tuyau fait de cuir ou de carton.
- Enfin, fi la chaleur n’eft point affés confidérable, on pourra faire paffer les cellules de cette caiffe deffous l’âtre 6c deffous la tablette. Quand on aura une fois compris la conftruftion que nous avons donnée, il ne fera plus difficile de la faire fervir dans tous les endroits du foyer, oit l’on croira qu’elle doive contribuer à augmenter la chaleur. Si même il n étoit pas poflible d’ajufter des cellules dans le fond de la cheminée, on fe con-tenteroit d’en faire dans les jambages, deffous l’âtre & deffous la tablette.
- p.167 - vue 236/274
-
-
-
- 16S
- Traité
- A R TI C L E IV.
- Conjlruclion de la partie fupérieure de la Cheminée , pour empêcher la fumée.
- E qu’on doit obferver d’abord, eft que la cheminée ne foit point commandée , c’eft-à-dire qu’il n’y ait point aux environs, de bâtiment plus élevé que le tuyau. Il faut auffi placer les tuyaux les uns à côté des autres, comme on a coutume de le pratiquer à préfent. Je fuppofe ici que la longueur du tuyau, par dedans, efl de trente pouces, & fa largeur, de dix. Faites toutàl’entour & en dedans, un rebord de deux pouces, que vous ferez aller en talus par deffus, l’ouverture n’aura plus que vingt-lix pouces de longueur, & fix de largeur. Divi-fez cette longueur en trois, par deux fé-parations de quatre pouces chacune, dont le deffous defcendra en angle dans le
- tuyau. Les trois ouvertures feront chacune
- p.168 - vue 237/274
-
-
-
- des Cheminées. 165? cime de fix pouces en quarré.
- Vous ferez trois Piramides tronquées,’ quarrées & creufes. La bafe de chacune fera en dedans de onze à douze pouces en quarré ; la hauteur, de douze ou quinze pouces ; & l’ouverture par en haut, de cinq ou fix pouces en quarré. Vous diviferez cette ouverture fupé-rieure, par une petite languette de deux ou trois pouces de hauteur, que vous poferez en différens fens. Vous appliquerez ôc arrêterez ces trois Piramides les unes près des autres au delTus de trois ouvertures que vous aurez pratiquées au haut du tuyau de la cheminée. Si l’ouverture de la cheminée eft plus petite qu’on ne l’a fuppofée, on diminuera les ouvertures des Piramides; ôc fi elle eft plus grande, on les augmentera, ou bien au lieu de trois, on en mettra quatre. On peut faire ces Piramides, de fer blanc, de plâtre ou de terre à Potier, que l’on
- fera cuire comme les autres poteries.
- Y
- p.169 - vue 238/274
-
-
-
- ’ijo T R AI TÉ
- Sur ces Piramides, on pourroit ajufter un chapiteau qui les envelopperoit, & qui feroit fait de telle façon, qu’étant plus élevé ? il ferviroit à tenir fufpend» audeffusdes ouvertures des Piramides, un corps qui auroit la figure d’un Prifme triangulaire, dont un des angles feroit tourné vers les ouvertures fupérieures des Piramides. La fumée s’échapperoit parles côtés. Il feroit plus commode de faire toutes ces pièces, de fer blanc. ,
- inriini irraaMNUaBBai
- ARTICLE V.
- De la Bafcule pour conferver la chaleur, & éteindre promptement le feu , quand il ; prend dans la cheminée.
- C’Efl: une plaque de tôle que l’on met à deux ou trois pieds au def-fous de l’ouverture d’en haut du tuyau de la cheminée; elle doit être précisément de la longueur & de la largeur de l’endroit où on veut la placer, afin de
- p.170 - vue 239/274
-
-
-
- des Cheminées. 171 le boucher exactement. On ajufie dans le milieu de cette Bafcule, deux tourillons que l’on fait entrer dans la muraille, par le moyen defquels on lui fait prendre telle fituation qu’on juge à propos * en la tirant par deux fils d’archal qui font attachés aux deux extrémités.
- Cette Bafcule étant fermée, conferve la chaleur dans la chambre, lorfque le feü eft couvert & qu’il n’y a plus de fumée* Elle empêche encore que la fumée des cheminées voifines,. n’entre dans celle qui efl: proche, comme il arrive affés fou-vent quand il n’y a point de feu dans le foyer. Enfin elle petit férvir à éteindre le feü qui prendrait dans la cheminée; il n’y aurait qu’à ôter les tifons du feu, ou jetter de l’eau deflus, dont la vapeur contribuerait à éteindre le feu dans là cheminée ; enfuite fermer la bafcule, ôc boucher le devant de la cheminée, par ce moyen on éteindrait feül & en un moment tout le feu..
- Yij
- p.171 - vue 240/274
-
-
-
- 172 Traité
- Ceux qui voudront quelque chofe de plus étendu que l’extrait ou le précis que nous venons de donner du troifiéme Livre de Mr. Gauger, peuvent fe procurer fon Livre même, intitulé, la Mécanique du feu, ( Vol.in-8°. fig. Amft. 1714. ) ils y trouveront dequoi fe fatisfaire, tant fur la maniéré de conferver la chaleur du feu dans les appartemens, que fur quelques moyens de,fe garantir de la fumée, que nous avons déduits en très peu de mots.
- CHAPITRE TREIZIÉME.
- #
- JDefcripüon d'une nouvelle Cheminée.
- IL eft vrai que les cheminées de Mr.
- Gauger, dont on vient de faire con-noître les différentes conftru&ions, ne font point expofées aux inconveniens de la fumée ; mais ce n’eft qu’à l’aide d’un Ouvrage très compofé, & qui, par cette raifon, eft fort coûteux. Or, comme ce n’eft là que rémédier à un inconvénient,
- p.172 - vue 241/274
-
-
-
- Pleut ‘ 21
- * *
- A ^
- j
- 1
- ii
- pl.27 - vue 242/274
-
-
-
- des Cheminées. 173 fans en éviter plulieurs autres, on a cru qu’il étoit poftible de conftruire une cheminée fort iimple & à peu de frais, au moyen de laquelle, non-feulement on empêche la fumée, mais on procure même tous les avantages des cheminées de Mr. Gauger , li on en excèpte le renouvellement de l’air de la chambre. La description qu’on en va donner, démontrera l’utilité de cette nouvelle invention.
- A. B. (fig. pre. ) eft une partie du mur contre lequel la cheminée eft adoflee; C* en eft l’âtre ; & D.E. les deux jambages: jufques-là il n’y a rien d’extraordinaire, li ce n’eft que l’âtre doit caver un peu à l’endroit C. Tout le fecret de cette cheminée dépend de deux efpèces de caiftes faites de tôle forte, dont la ligure eft af-féslinguliere: 1, 3,7, & 6,8,4,
- font ces deux caiftes placées aux deux côtés de la cheminée, en dedans : elles ont chacune une pièce pareillement de tôle 5 2, 3, & 4, 5, qui en font les joues,
- p.173 - vue 243/274
-
-
-
- iy4 Traité
- telles qu’on en voit une représentée par a% b. c.d. (fig. i. ) 2.7. I. C. (fig. prem.^ en eft la partie cortcave formée par une ligne parabolique 2, 7, & par en haut, en forme de feâion fphéfique, 2,7,1, ou-: pat cl. d. ei f. figure fécondé, 3 , C. 4 , eft une autre pièce de tôle de même hauteur que les deux précédéntes, appliquée au fond de la cheminée, à l’âtré, C• bien affujettie avec des doux, & faifant corps d’un côté avec les deux parties, 2,3, & 2, 7 ; & dé l’aUtre, aves les parties f, 4, & 5,8. ' H y a une fixiéme pièce dé tôle ,7,8, qui eft auffi de la même hauteur que les autres, & clouée aux deux parties concaves , qui forment l’intérieur parabolique de la cheminée. Pour achevet cette caifle, il faut encore deux petites joues, g, h. e. dont on voit un côté ponétué, g. h. & le couvercle, d. c. g. c. & autant de l’autre côté de la cheminée : ces pièces doivent être bien jointes enfemble, afin que l’air extérieur
- p.174 - vue 244/274
-
-
-
- dès Cheminées. 17$ ne puiffe y entrer. Entre la pièce, 7, 8 -, figure première , qui fert d’âtre, & la plaque, 3 , C. 4, il y aura pour couvercle, une petite pièce de tôle ; ou bien, fi l’on aime mieux le couvercle , étant tout d’une pièce , aura la forme, 2, 3 , C. 4, 5 , & on y pratiquera en 9,7, 8, 10, une ouverture pour laiffer paffer la fumée du foyer ; cette ouverture fe fermera à volonté au moyen d’une trappe de tôle de même grandeur que le trou, 8c qui aura des charnières, 9, 10. De chaque côté de la cheminée au haut des jambages , on pratiquera les ouvertures 3,4, figure première, qui auront communication à la çaiffe de tôle * par le trou, C. qui eft à la joue, a. b. c. d. figure fécondé ; 8c une ouverture femblable de l’autre côté : ces deux trous feront placés dans la partie fupérieure de la caiffe, pour répondre dire&çment au trou, /. qui eft à côté de la cheminée, figure troiJUme.
- A chaque côté de la caiffe de tôle, il
- p.175 - vue 245/274
-
-
-
- 176 Traité
- y aura une ouverture , K. L. figures féconda , & troifiême, qui fe fermera avec une petite couliffe, M. la pièce de tôle , N. figure troifiême , qui parôît fufpendue par fes charnières , eft la trappe pour boucher le trou par où la fumée du foyer entre dans le tuyau de la cheminée. O. Eft un enfoncement dans le foyer d’un pied de largeur & de longueur, & d’un pouce de profondeur, deftiné pour recevoir les cendres du bois, & donner de l’air au feu.
- Effets que produit la nouvelle Cheminée, & dont on a fait Vépreuve.
- LE feu placé au foyer, O. (fig. 3.)
- quelque grand qu’il foit, paffe par le trou de la trappe, N. qui, ayant un pied d’ouverture en quarré, eft afles grand pour laifler paffer un Savoyard , lorf-qu’on veut nétoyer la cheminée. Il faut obferver que cette caifle foit pofée très
- proprement dans la cheminée, fcellée
- avec
- p.176 - vue 246/274
-
-
-
- des Cheminées. 177 avec du plâtre, & bouchée hermétiquement par-tout, de maniéré que l’air du tuyau de la cheminée, ne puilTe pas s’y introduire. Lorfque le feu eft allumé , il échauffe la caiffe de tôle ; pour lors l’air qui fe trouve contenu dans fes cavités , 2,3,7, & 5 » 8,4 figure, première ; & derrière l’âtre ,7,8, étant échauffé, fe dilate ; mais comme il eft plus léger, il cherche toujours à s’élever, 8c ne trouvant d’iffue que par les trous, 3 ? & 4, il rentre dans la chambre & l’échauffe. Pour entretenir ce mouvement continuel d’air, on leve la couliffe M. (Jig. 3. ) afin qu’il entre en K. ainfi tant que la cheminée eff échauffée par le feu du foyer, O. l’air entre continuellement par le trou, K. fort par le trou, I. ce qui ne ceffe de procurer dans la chambre, un air toujours chaud.
- De plus, le feu du foyer, O. réfléchit
- toute fa chaleur dans la chambre , par un
- effet de la propriété de la courbe para-
- Z
- p.177 - vue 247/274
-
-
-
- 178 Traité
- bolique 9 a. L.f. &c de la concavité fupé-rieure, d. c. h. ce qui augmente confidé-rablement la chaleur. Pareillement l’action du feu qui tend toujours à s’élever, portant fur {l'ouverture de la trappe , N, laquelle efl de deux tiers plus étroite que le tuyau de la cheminée, elle en chaffe toute la fiimée qui ne peut defcendre, parce que le feu qui s’élève avec beaucoup de viteffe & de force dans ce paf-fage étroit, lui oppofe trop de réfiflance. L’Expérience a confirmé ce que le rai-fonnement avoit prévu ; on efpere que le Public recevra cette conftru&ion avec d’autant plus de plaifir, qu’on fera, par ce moyen, garanti de la fumée, que les meubles n’en feront plus gâtés, que les appartemens en deviendront plus chauds, 8c qu’on épargnera encore quelque chofe fur la confommation du bois, puifqu’il eft certain que plus un appartement eft chaud , moins on efl obligé de forcer le feu pour s’y garantir du froid. Cette che-
- p.178 - vue 248/274
-
-
-
- des, Cheminées. 179 minée a encore un autre avantage, c’eft que lors même que l’on n’y fait point de feu, comme, par exemple, la nuit; en fai-fant fermer la trappe, N. on empêchera l’air extérieur d’entrer dans l’appartement par le tuyau de la cheminée, & confé-quemment on détruira la caufe des rhu-matifmes & des fluxions aufquels font expofés, principalement, ceux dont le lit eft proche de la cheminée-
- CHAPITRE QUATORZIÈME.
- Defcripdon d'une Machine qui ahforbe la Fumée , par Mr. Jujlel,
- MOnfieur Daléfme a inventé une machine portative qui, malgré fon petit volume, abforbe la fumée de toutes fortes de bois, & cela de maniéré que l’œil le plus fenfible ne peut point en apperce-voir dans la chambre, ni le nez le plus délicat en fentir ; quoique le feu foit parfaitement à découvert. Cette machine eft
- Zij
- p.179 - vue 249/274
-
-
-
- 180 Traite
- compofée de plufieurs tuyaux de fer d'environ quatre ou cinq pouces de diamètre, qui s’emboëttent l’un dans l’autre ; elle fe tient droite au milieu de la chambre, fur une efpèce de trépied fait exprès, (fig. 27. ) A. eft le lieu où l’on fait le feu en y mettant deux petits morceaux de bois, il n’y aura pas la moindre fumée ni en A. ni en B. On 11e peut en approcher la main de plus d’un demi pied, à caufe de la grande chaleur. Si vous tirez du feu un des morceaux de bois qui font en A. il fume à l’inftant ; mais il ceffera de fumer dès qu’on le remettra dans le feu. Les chofes les plus puantes ne produifent pas la moindre odeur dans cette machine, & tous les parfums s’y perdent, ce qui n’arrive que quand le feu en A. eft bien allumé, ôc que le tuyau, B. JD. eft fort chaud, de forte que l’air qui nourrit le feu, ne peut point entrer de ce côté-là, & ne frappe que fur le feu qui eft à découvert ; par ce moyen, la flamme & la
- p.180 - vue 250/274
-
-
-
- des Cheminées. 181 fumée font obligées de paffer en dedans, à travers les morceaux de bois qui font dans le fourneau, A. Ces parties fe dif-perfent &: fe raffinent tellement dans le pacage, qu’elles ne peuvent ofFenfer la vue ni l’odorat.
- Au relie, on a appris dans le Journal économique , (’ A ) qu’un Méchanicien Septembre vient d’inventer réçemment, à Paris, une 17S2' nouvelle machine de tôle , de la plus grande utilité, dont il n’a cependant pas jugé à propos de donner la defcription.
- En la pofant du dedans de la chambre dans la cheminée, elle renvoie & con-ferve dans l’appartement toute la chaleur du feu ; elle en prévient même les acci-dens, & n’empêche en aucune maniéré de ramoner, puifquon l’ôte & qu’on la replace avec toute la facilité poffible.
- p.181 - vue 251/274
-
-
-
- Traité
- 182
- ADDITION.
- Et Ouvrage étoit déjà fous la prefle, lorfqu’il m’eft tombé entre les mains,
- un ancien Traité du Feu & de la Fumée,
- par Mr. Jean Bernard, Prêtre de la Sainte Chapelle à Dijon, imprimé en 1621. Le moyen qu’il y donne pour rémédier au refoulement de la fumée, eft des plus Amples, mais il ne paroît pas aufli certain ; car il efl: fufceptible de grandes ob-je&ions ; d’ailleurs, on ne voit pas qu’on en fafle ufage dans la Ville même où il a été inventé ; mais afin que chacun puiffe en juger par foi-même, & y découvrir ce qui peut s’y trouver de vrai ou de faux , voici en quoi il confifte.
- Il faut conflruire le tuyau de la cheminée de façon, que depuis la hauteur du plancher jufqu’en haut, il fe termine en s’élargiflant infenfiblement ; en forte
- qu’il fe trouve plus large en haut qu’en
- p.182 - vue 252/274
-
-
-
- des Cheminées. 183 bas, d’un pouce ou deux ; voilà tout le fiftême.
- L’Auteur allure qu’aprèsbien des recherches & de férieufes réflexions fur cette matière , il n’avoit pas trouvé de moyen plus fur, ni plus aifé pour fe garantir de la fumée, que d’employer la méthode qu’il indique ; il ajoute que les heureufes expériences qu’il en a faites, ont parfaitement répondu à fes recherches & à fon zèle pour l’utilité publique. Telle eft, fuivantcet Auteur, la façon dont il faut contraire les nouvelles cheminées , pour empêcher qu’elles ne fument.
- Quant au moyen de corriger les anciennes , il fuffit, félon lui ; de démolir une des faces du tuyau de la cheminée, de quinze ou vingt pieds, enfuite de la rebâtir, en faifant en forte que le mur foit plus en dehors qu’en dedans, afin que le tuyau fe trouve plus large en haut qu’en bas. Il efl facile de s’appercevoir
- p.183 - vue 253/274
-
-
-
- 184 Traité
- que ce moyen entraîne avec foi autant d’embarras que de dépenfe.
- La raifon fur laquelle il fonde fon lif-tême, eft que la fumée fe dilate à me-fure qu’elle s’éloigne du feu , en s’élevant, & que, par conféquent, la voie de la fumée doit être plus large en haut qu’en bas.
- Enfuite il fe fait l’obje&ion quife préfente d’elle-même, qui eff que cette configuration du tuyau de la cheminée, laiffe au vent, ainfi qu’à la neige & à la pluie, une plus grande liberté d’y entrer, Sc par là, de repouffer la fumée dans la chambre ; mais il,n’y répond pas directement, & il avoue que ce cas peut arriver lorf-. que le tuyau de la cheminée eft dominé, ou bien dans les grands vents. Il joint à ces raifonnemens plufieurs comparaifons qui ont trop peu de rapport à la Mécha-nique de l’air renfermé dans le tuyau de la cheminée, pour pouvoir tenir lieu de preuves.
- Néanmoins
- p.184 - vue 254/274
-
-
-
- DES CHEMINEES. 185 Néanmoins , on a cru devoir donner cette courte analife du fiftême de M. Jean Bernard, tant pour ne rien omettre de ce qui peut contribuer à nous garantir de la fumée, qu’afin qu’on puilTe effayer 9 &c perfectionner la méthode de cet Auteur , qui d’ailleurs, a traité affés au long du feu & de la fumée, pour mériter d’être cité dans un Ouvrage de la nature de celui-ci.
- CONCLUSION DE CE TRAITÉ,
- YOilà, en général, ce que j’ai pu trouver de mieux, pour prévenir l’incommodité de la fumée. Les différens Auteurs dont je me fuis fervi, forment dans l’affemblage que j’en ai fait, une variété interreflante. Dans la multitude des moyens que j’ai indiqués, chacun pourra choifir à fon gré, & enfuite donner un nouveau degré de perfection à chaque expédient particulier ; que l’on cherche d’abord la caufe de la fumée, & pour-lors,
- Aa
- p.185 - vue 255/274
-
-
-
- 18 6 Traité
- foit qu’elle provienne de l’impétuolité des vents, ou du défaut d’air dans les appartenons* les expédiens que j’indique fourniront des moyens furs de s’en garantir. Les autres caufes, quoique d’une bien moindre conféquence, trouvent auffi leurs remèdes dans ce petit traité : ainfî il n’eft queftion que de les employer à propos. Il eû. furprenant que dans un fié— cle où, quand il s’agit de l’agréable, on prend de li grandes précautions ; on veuille, lorfqu’il eft queftion de Futile, s’en rapporter à des gens qui n’ont fou-vent en partage qu’une routine aveugle, entée pour l’ordinaire, fur la prévention. Si ceux que l’on emploie, ne font pas af-fés Experts pour connoître les caufes du mal, &c la liaifon que doivent y avoir les remèdes ; en vain emploieroient-ils fuc-cefïivement tous ceux que j’ai indiqués, qu’ils ne réufîiroient pas encore : mais alors il feroit auffi injufte de regarder ces moyens comme infuffifans ou fautifs ,
- p.186 - vue 256/274
-
-
-
- des Cheminées. 187 parce qu’ils n’auroient point eu de fuccès dans des mains mal-habiles, que de décider comme mauvaifes , des couleurs ; parce qu’un aveugle les auroit mal employées. J’ai pour garans, les Auteurs dont je les ai tirés, & que j’ai cités dans l’occalion. Peu jaloux de la gloire d’avoir inventé, j’avoue que rien ne m’appartient que les réflexions diverfes, par lefquelles j’ai tâché de mettre les chofes dans un plus grand jour, & l’ordre que je leur ai donné. Je n’ai eu pour but dans mon travail, que de me rendre utile, & je m’ef-timerois heureux fi je pouvois me flatter d’y avoir reuiîï.
- FI N.
- Aaij
- p.187 - vue 257/274
-
-
-
- APPROBATION.
- *
- J’Ai lu par ordre A»* .............
- un Manufcric intitulé, Camitiologie, ou 'Traité des Cheminées, & je n’y ai rien trouvé qui doive en empêcher l’imprefiïon, A Paris} ce 24 Juillet 175$» Signé, MICHAULT.
- par la grâce de Dieu \ -flBtde France & de Navarre : A nos amés 8c féaux Confeil-lers , les Gens tenans nos Coui
- -, * iwmmu imfT. Baillifs,-Sénéchaux ; leurs Lieutenans Civils 8c autres nos Jufti-ciers, qu’il appartiendra. Salut , notre amé Desventes, Libraire à Dijon ; nous a fait expofer qu’il délirer oit faire imprimer 8c donner au Public un Ouvrage qui a pour titre, Caminologie, ou Traité des Cheminées S’il nous plaifoit lui accorder nos Lettres -df&fàiSSÊËfye ^nu^ce nécelïàires : A ces c au s ëffifo^anffaSjwrelw^nt traiter l’Expofant, nous lui avons permis Sc^i JBWtetre {JàT-c'es Préfentes de faire imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui femblera, 8c de le vendre, faire vendre & débiter ’ par tout notre pendant le
- terne cîêfi^ Minées confécurWS^à compter du jour de la date des Préfentes. Faifonsdéfenfes à tous Imprimeurs, Libraires, g^PBteggjplilbnftes de quelque qualité 8c WMll'ljüiw quieinfPîbiéht, d’en introduire d’imprelîion étrangère dans aucun lieu de notre obéiflance, comme aullî d’imprimer ou faire im-
- p.n.n. - vue 258/274
-
-
-
- primer, vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Ouvrage, ni d'en faire aucun extrait fous quelque prétexte que ce puifTe être, i'ans la per-milîîon exprelfe 8c par écrit dudit Expofant, ou de ceux qui auront droit de lui j à peine de confilca-tion des exemplaires contrefaits, de trois mille livres d’amende contre chacun des Contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hôtel-Dieu de Paris , 8c l’autre tiers audit Expofant, ou à celui qui aur^tariudelui^^^^wusdqpen^dcunmages
- enrégiflteedPruutau long au commenÆBleat, fur le Régiftre de la Communauté des Imprimeurs 8e Libraires de Paris, dans trois mois de la date d’icelles , que l’impreflion dudit Ouvrage fera faite danS'Bdt*»A«fHmË & non ailleurs, en bon papier & beaux caraéleres , conformément à la feuille imprimée, attachée pour modèle fous le contre-fcel des Préfentes, que l’Impétrant fe conformera en tout aux Réglemens de la Librairie, 8c notament à celui du to Avril 1725, qu’avant de l’expofer en vente,.le Manufcrit qui aura fervi de copie àl’im-preflîon dudit Ouvrage, fera remis dans le même état où l’approbation y aur^été donnée ès mains de notre très cher 8c faadËSiKlpSP', âBBSdfet de
- , Sc qu’il en fera en-fuite remis deux exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, undans;.cêj..îe denotredit
- moignon, & un^am^odk: de notre très - cher 8c
- le tout à peine de null^ldes^réfentes^Du^con-tenu defquelles vous mandons & enjoignons de
- p.n.n. - vue 259/274
-
-
-
- faire jouir ledit Expofant & fes ayans caufes, pleinement 5c paifiblemeat, fans fouffrir qu’il leur foie fait aucun trouble ou empêchement : Voulons que la copie des Préfentes qui fera imprimée tout au. long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage , foit tenue pour dûment fignifiée , 8c qu’aux copies collationnées par l’un de nos amés 8c féaux Con-feillers-Secrétaires, foi foit ajoutée comme à l’o* riginal. Commandons au premier notre Huiflier ou Sergent fur ce requis, de faire pour l’exécution d’icelles tous aéles requis 8c nécefiaires, fans demander autre permiflîon, 8c nonobftant clameur de Haro, Charte Normande, 8c Lettres à ce contraires : Car tel eft notre plaifir. .Donne’ à Ver-failles lefixiéme jour du mois de Septembre, l’an de Grâce mil s
- Régifirée fur le Régifire XIII. de la Chambre '8Ég0è- des Libraires & Imprimeurs de Taris, N°. 573. /ôL 444* conformément aux anciens Règlement confirmés par celui du 28 Février 1723. A Ta ris, le 13 Septembre 1755. Signé, DIDOTj Sindic.
- p.n.n. - vue 260/274
-
-
-
- X
- TABLE
- Des Chapitres & Articles contenus au Traité des Cheminées.
- Iss ER TA TI ON fur les Cheminées des Anciens, qui traite de la maniéré dont ilsfaifoient du feu dans leurs Appartemens, & de l'origine des Cheminées, Page i.
- PREMIERE PARTIE.
- arle de la nature de la s cam
- Dâ Furd
- Avant-Propos, ~ "3
- Chapitre PREMIER. De la Nature & de l'Origine de la Fumée, 5
- CH AP. Second. Des caufes de la Fumée , p Ce Chapitre contient neuf articles, dont le premier ef divifé en cinq Paragraphes. ARTICLE I. Des Vents, première caufe de la Fumée, IO
- PARAGRAPHE I. De la nature des Vents y
- II
- P A R A G R. II. Des caufes générales des
- Vents, 13
- PARAGR. III. De la direction & diyerfté
- des Vents , 16
- p.n.n. - vue 261/274
-
-
-
- TABLE.
- PàRaGR. IV. Du nombre des Vents & de leurs noms > 18
- PARAGR. V. Des propriétés des Vents , 22 ART. II. Du défaut d?Air9 fécondé caufe de la Fumée 9 30
- ART. III. De la Jituation défavantageufe des Cheminées 9 troifîéme caufe de la Fumée , 38
- Art. IV. De la confruclion défeclueufe des Cheminées 9 quatrième caufe de la Fumée , 43
- ART. V. De la Pluie & de la Neige , cinquième caufe de la Fumée , • 46
- ART. VI. Des rayons du Soleil, Jixième caufe de la Fumée , ÿo
- ART. VII. De VUfage du mauvais Bois & de la façon dont il ejl arrangé fur le feu ; feptiéme caufe de la Fumée }
- ART. VIII. Des Jambages parallèles, & de la maniéré dont les tuyaux font dévoyés , huitième caufe de la Fumée , Cl
- ART. IX. De quelques autres caufes de la Fumée, tirées de Savot > 66
- SECONDE PARTIE.
- Des moyens de corriger les Cheminées fu-meujes , Page 71
- Chapitre premier. Des dimenfions
- p.n.n. - vue 262/274
-
-
-
- TABLE.
- des Cheminées nécejfaires pour les empêcher de fumer , 73
- CH AP. Second. De la jîtuation des Cheminées ,
- CH AP. Troifiéme. Plufeurs moyens de corriger les Cheminées fumeufes , tirés d’Albert! Leon, 93
- C H A p. Quatrième. Autre moyen tiré de Cardan, lor
- Chap. Cinquième. Autres moyens tirés de Delorme & de Serlio, 103
- CHAP. Sixième. Autres moyens tirés de Savot, n6
- CHAP. Septième. Autre moyen tiré de Mr.
- Vallon, 124:
- CHAP. Huitième. Defcription d'une Cheminée qui ne fume point, pratiquée en Flandres duç les Gens de cabinet, 130
- CHAP. Neuvième. Des Cheminéesportatd ves de Nancy, 134
- Chap. Dixiéme. Nouvelle méthode pour empêcher toutes fortes de Cheminées de fumer , 13s1
- CHAP. Onzième. Autres moyens d'empêcher de fumer, tirés de Mr. Gautrer > 154 Chap. Douzième. Abreeê du troisième Li-vre de la Mcchanicuie du feu* de Mr.
- .1 *
- Gauger, contenant la condruchon défis nouvelles Cheminées q divïfè en cinq Articles , B b H 8
- p.n.n. - vue 263/274
-
-
-
- TABLE.
- Article premier. Modèle de l'Atrt & des jambages, pour augmenter la chaleur & empêcher de fumer. 159
- ART. II. Conjlruciion de la tablette & du com-mencem. du tuyau de la Cheminée , 163 ART. III. Conjlruciion du fond de la Cher minée, pour faire entrer t air chaud dans la chambre , 164
- ART. IV. Conjlruciion de la partie fupé-tieure de la Çheminée , pour empêcher la Fumée, 168
- Art. V. De la Bafcule pour conferver la chaleur, & éteindre promptement le feu , quand il prend à la Cheminée , 170
- CHAP. Treiziéme. Defcription d'une nouvelle Cheminée , 173
- Effets que produit la nouvelle Cheminée, & defquels on à fait l'épreuve. 176
- ÇHAP. Quatorz. Defcription d'une nouvelle Machine qui abjorbe la Fumée 9 179 Addition à l'Ouvrage, 182
- Conclusion de ce Traité, 185
- Avis au Relieur, pour placer Us Fig,
- Fin de la Table.
- A Dijon. De l’Imprimerie de L. Hucherot, 1756.
- p.n.n. - vue 264/274
-
-
-
- y ERRATA.
- P Age xv. ligne 13. de la Differtation : Effacez le point & la virgule.
- Pag. S# ligne 19. Lifez : quelque mine de foufre eu de bitume.
- Pag. 15. Ajoutez à la marge : Voyez la Fig. 14* Pag. 17. ligne 8. Au lieu de l'Air latéral, Lifez : l'Air voifin•
- Page 18. ligne 14. Lifez : de l'un ou de l'autre. Pag- 3 t . ligne 3. Lifez : fi les parties ignées étaient libres de fuivre , &c.
- Page 40* ligne 6. Albert. Lifez : Alberti.
- Paçe 52. ligne 5. Effacez : de.
- Page 57. ligne 3. Lifez : Jubtile. Et ligne 15. Lifez : l'autre.
- Page 60. ligne 4. Lifez : de couler.
- Page 63. ligne 4. Lifez : dévoyés.
- Pag. 88. ligne 14. Lifez ; c'efl pourquoi. Et ligne ai. après le mot nouveau : Mettez un point interrog. Page 90. ligne 10. Liiez : entrera.
- Page 102. ligne 17. Mettez une virgule après en* çlavées.
- Page 117. ligne 19. Lifez : cet air Ù* ce vent• Page 120. ligne 3. Effacez ifeul.
- Page 128. ligne 19. Lifez : par les bords.
- Page 134. ligue 7. après difficulté, il ne faut, qu’une virgule.
- Page 139. ligne 21. Lifez : lui.
- Page t 47. ligne 17. Effacez : de.
- Page 159. ligne 7. & fuiv. Lifez : paffe en s'échauffant d'une trappe quifert de fou filet, Ù* d'une bafcule qu'on ajufie dans le tuyau de la Cheminée 9 Enfin cela dépend encore d’une çonfiruSHon} 8cc.
- p.n.n. - vue 265/274
-
-
-
- PageiSo. ligne 15. Lifez : H. P. au lieu de H. p. Et lignes 17. &t 18. Mettez des grands P. à la place des deux petits.
- Page 162. ligne 5. Lifez : en chamfrain, ou en itzzeau.
- Page 165. ligne 9. Lifez : qui fe trouveront. Et ligne 10. Lifez : & laijjeront.
- Page 168. ligne iz. après par dçjfus ; Ajoutez : pour-lors.
- NOMS DES AUTEURS
- Qui ont traité cette Matière, & qui font cités dans cet Ouvrage.
- Lberti(Leon)
- Gard an.
- Delorme.
- P ad u an u s.
- Serlio.
- S A V O T.
- Jean Bernard.
- ViTRtrvE.
- Mr. Vallon.
- Mr. G AU G ER.
- Mr. D ALE SME.
- Mr. Jean-Bernard, de Dijon.
- Mr. F RE MIN.
- Mr. Bull et.
- p.n.n. - vue 266/274
-
-
-
- CATALOGUE
- De quelques Livres François & Etrangers de Fonds & d''Ajfortiment, qui fe trouvent chei le même Libraire , en ijàd , 6* années fuiv antes.
- IN-FOLIO.
- AN tiquitatum Rotnanoram, àb Alberto , H. de Salengre, cumfig. 1718. - - 3 vol.
- Bibliothèque de Lorraine , par Dom Calmet, Nancy, 1751. 1 vol.
- * .—Des Auteurs de Bourgogne, par Mr. Papillon, Dijon, 1745. - 2 vol.
- Bible de C. leCène, Amft. 1741. gr. pap* 1 vol. Bible de Saurin 6c Beaufobre, papier fuperfin Impérial, fig. la Haye, 1739. - - 6 vol.
- Coutume de Paris, par Lemaître, Pa. 1741,1 v. *——De Bourgogne, par M. P. Taifand, Dijon, 1692. & 1747. gr. pap. - - - 1 vol.
- -—De Picardie 8c Vermandois, par M M. Ricard, &c. Paris, 1728. - - - - 4 vol.
- * Critiques (Remarques) fur le Dictionnaire de Bayle, Dijon, 1748 & 1752. - - 2vol.
- Di&ionnaire de Richelet, Paris, 1740. 3 vol.
- -—François 8c Allemand, par Rondeau, Balle, 1739. - - - 2 vol.
- Gefnert, Opéra Botanica , cam fig. 1753, 1 vol. Guillelmi Cave, Hifioria litterariee Appendices Dux , &c. edit. nov. B a filets, 174 t. - 3 vol.
- Hiftoire d’Alfac®, par L. R. P. la Guille, Strasb. 1727,fig. - - • - 2 vol»
- Ce
- p.n.n. - vue 267/274
-
-
-
- Hifioria rei iàtteraria Ordinis SanSH Benediâfi i Augufia, 1754* - - - 4 vol.
- Htfioria Trevirenfis Dipîomatica & Ÿragmaiica i in très tomos, ad an. 1750. - - 3 vol.
- Laurenfiana architeëlura, Mich. Ang.fig. 2 vol. Méthode de dreffer les .chevaux, par le B. de Newcaftle, fig. Londres, 1737. - - 1 vol.
- Uumijmata Cimali Régit, Aufiriaci Vindobonen-, quorum rariora incontfmis, &c. L. M. Imp. &c. Vhidobona >1755. cum fig. grand papier. 2 vol.
- Oeuvres de M. Defpeifles, Lyon, 1750. 3 vol. Rugieri architeftura civile, fig. - -3 vol.
- Temple des Mufes, par B. Picart, fig. Amfterd. 1749* - . * - - - - 1 vol.
- I N-Q ÜA RT O.
- A Rrêts de Réglement du Parlement de Paris , JL% par Mr. de Jouy, Paris , *752. . - 1 vol.
- * Bibliothèque Curieufe, Hiftorique & Critique,
- par Cleraent. Hanovre, 1750à 1755. - 5 vol.
- * Catéchifme de Montpellier Lyon, 1740, 1 vol.
- * Colleélion Académique, compofée des Mémoires , Aéies & Journaux des plus célébrés Académies & Sociétés littéraires de l’Europe ; concernant la Médecine, l’Anatomie & la Chirurgie ; la Chy-mie, la Phifique Expérimentale, la Botanique, & l’Hiftoire Naturelle : traduits en François, par une fociécé de Gens de Lettres : Dijon, 1755. fig. 5 vol. Idem. Le fixiéme volume fous prefîe.
- Concordance des Saints Per es, par le P. Maréchal, Paris, 1739. - 2 vol.
- Dcfcription de la Chine, par le P. D. 4 vol. in-40. &c.
- Idem. Un vol. in-fol, de l’Atlas, la Haye, 173 6. fig. grand for. - - - « 1 vol.
- p.n.n. - vue 268/274
-
-
-
- * DifTertations far Hérodote , par M. le Préfident
- Bouhier, Dijon, 1746. 1 vol.
- Droit de la Nature, 8c des Gens, par PuffendorfF, Balle, 1750. - - 2 vol.
- Floriani Dalham. Infiitationes phifica ïnfiit.Ma-» thematica, 8cc. cumfig. Amft. 1755. - 3 vol.
- Georgii Erhardi Hambergert Vhifiologia medica, &c. cum fig. an. iS’c. indice Jena ,1751. 1 vol.
- Giannone Opéré pofiame. Ëalmyra, 1755. 1 vol. Hiltoire de Naple de Giannone , la Haye, 1742. figures. - - - - - 4 vol.
- Hiftoire de Louis XIV. par Reboulet, Avignon,
- 1744. fig. - - r - 3 vol.
- ld. —Du Droit Public EccleTiaflique Fr. Londres, 1752. - - - - - 1 vol.
- ------De Louis XIV. par la Martiniere, la Haye ,
- 1740.6g. - - t - - $ vol.
- Heifieri Chirurgie a, Amfter. 1750. fig. trois parties. - - - - - 2 vol.
- —- Du Peuple de Dieu, Sc du Peuple Chrétien , bien complet, 1755 , parle P. B. - 13 vol.
- Pharmacopée de Charas , Lyon, 1754. 2 vol.
- Recueil d’Arrêt s du Parlement de Dijon, ïi vol. Thefauras Zeilanicus, exhibens plantas in Infula Zeylana nafeentes, Joan. Burmanni, gr. pap. fig. Àmfterd. 1737. - - - - 1 vol.
- * Traité des Criées , par Mr. Thibault, Dijon,
- 1745, & le fuplément, 174p. 2 vol,
- * — —De la Mainmorte, par M, Dunod, Dijon,
- 1733. - - 1 vol.
- Ccij
- p.n.n. - vue 269/274
-
-
-
- IN- O CTA FO.
- A Mours d’Adonis, Amfterdam, 1751. * vol* il Anecdotes Vénitiennes, Francf. 174e. 2 vol*
- * Actions chrétiennes du P* Simon de la V. Liège»
- 1745. - - - 15 vol*
- Aimable petit Maître, - - - 1 vol*
- Académie des Grâces, Paris ,1755. - 1 vol*
- Correfpondance hiftorique. 3 vol*
- Chymie de Bœrhave, Leyde, 1752. - 2 vol* Commentaire du Controlle, Avig. 1746. 1 vol* Confeils aune Amie , Amft. 1751* - * vol*
- Caractères de Me. de Puifieux. - 2 vol*
- DiSHojiarium Latinum-Gallicum, P. Boudot* Paris, 1750. - - _ - - 1 vol*
- Dijfertationes Meâico-Vraticœ, F. F. 1749* 1 v* Difcours de Jean-Jacques Roufleau, Citoyen de Genève, fur l’inégalité des conditions parmi les hommes, Amft. T755. - ï vol.
- Dictionnaire portatif, de la Langue Françoife , par P. Richelet, Lyon, 1756. - - 1 vol.
- * Eflai Philofophique & Moral, de Maupertuis ,
- i75fT. - - - - x vol.
- * Eloges de quelques Auteurs François, Dijon,
- 1742. - - - - - - 1 vol.
- Godriole » Conte, la Haye, 1746. - 1 vol.
- * Géométrie de Seimpfon , Paris, 1755.fig, 1 vol.
- Grigri, Hiftoire véritable, 1749* - 1 vol.
- Hift.rire de Bertholde, la Haye, 1750. 1 vol.
- Hiftoire du Parlement d’Angleterre, Londre,
- x'740. - - 1 vol.
- fd. - Des Palïïons, la Haye, 1751* - * vol.
- -----De Mad. de Cerni, Berlin, 175°* * vol.
- Jonfioni N-.f Conf. Amflelodami, 1753* Pet‘t format. - » - « 1 vol.
- p.n.n. - vue 270/274
-
-
-
- La fortune, Hiftoire critique, 1751. - ï vol.
- L’Etourdie, ou Hiftoire de Betzy TatleflT. 4 vol.
- L’infortuné Provençal, Avignon, 1741. 1 vol.
- Mémoires de Mad. de Staal, Par, 1755. 3 vol.
- Maniéré de fortifier , Amft. 1718. fig. 2 vol. bl.
- Mémoires de Lattore, Londres, 1749. 1 vol.
- Maxime théologique , Amft. 1749. - 1 vol.
- * Mémoires Turques, Amft. & Francf. 2 vol.
- Mélanges philofophiques, Amft. 1749. 1 vol.
- Négociations de Rouflet, la Haye, 1752. 22 vol.
- Oracles des Sybilles , Roterdam, 1735. 1 vol.
- Paradis terreftre de M. D. Londres, 1748, figures. - - 1 vol.
- Penfées d’Oxenftirn , la Haye , 1746. 2 vol.
- Porte-Feuille de N. R. Amft. 175t. 2 vol.
- Recueil de Poëfiës de Madame de St. Phalier, Amft. 1751. - - - - - 1 vol.
- Suplément au fiécle de Louis XIV. 1754* en grand & petit format. - - - 2 vol.
- Traités de Caminologie, ou l’Art d’empêcher les Cheminées de fumer ; recueillis des meilleurs Maîtres , avec des Obfervations nouvelles & utiles aux Particuliers, 8c aux Artiftes : vol. in-8°. orné de 28 fig. en taille-douce, Dijon, ry$6. - 1 vol.
- Tome-Jones ,Amfterdam, 1750. - 4 vol.
- Vie de Marianne, Paris, fig. 1741. - 12p.
- p.n.n. - vue 271/274
-
-
-
- ÏN-DOUZE.
- ABdeker, ou l’Art de conferver la beauté 4 vol.
- Amufemens des Eaux d’Aix i, Amfterdam , 1736. fig. - - - 3 vol.
- * Id. —Des Fées, Neufchatle, 1748. fig. 2 vol. Annales de l’Empire, par M. D. V. 1754 , trois parties, en - - - - 2 vol.
- Amans cloîtrés, Cologne, . - 1 vol.
- Amours de Daphnis, & Chloé, fig. ï vol. * Ange Conducteur, - - - ï vol.
- * Angola ,Hift. Indienne. - 2 vol,
- * Bock &Zulbac, Paris, 174p. - - 2 vol.
- Catéchifme des francs-Maçons , 1440. 1 vol.
- Cod. de Louis XV. compl. Gren. 1754. 1 vol.
- Contes dés Fées, Amfterdam, 1749. 2 vol.
- Confidérations fur les Mœurs de ce fiécle , par M. D. Amfterdam, 1751. - x vol.
- Caractères de la Bruyere, ou de Teophrafte a Paris, 1750. - - 2 vol.
- * Critique des Moeurs , 1750. 1 vol.
- Confeils de l’amitié, Francfort, 1754 1 vol.
- Diflertations fur les Apparitions & Vifions , par l’Abbé Langlet, Paris, 1752. - - 4 vol.
- Elémens de Cavalerie, Paris, 1754. 2. part. fig. Hiftoire Univerfelle par Mr.de Vol. Londres, 1750. - 3 vol.
- là. —Du Stadhouderat ,par l’Abbé R.^jo. 1 vol.
- *----Des Cocus, la Haye, 1746. - 1 vol.
- -----De Gilblas , figures. 4 vol.
- ——-De Dom-Guichotte, fig. 1751. - 6 vol.
- Héroïne Moufquetaire, Amft. 1733. fig. x vol. Introduction aux Droits Seigneuriaux, Paris , 1749. - - - - - - 1 vol.
- Inftituts au Duché de Bourg. Dij. 1705. x vol.
- p.n.n. - vue 272/274
-
-
-
- Iliuftres Fées, Amft. 1749. fi g. - i vol.
- Longueruana, ou Recueil de penfées , 8cc. 1 vol. Lettres d’Ofman, derniere édit. - 5 part.
- Lettres Péruvienne 8c Daza, Amft. 1751. z v. bl. Id. —De Maintenon , Paris, 1753. -• 2 vol.
- Lettres Perfànnes , Cologne, 1752. 2 vol.
- * L’Art de faire des Garçons 8c des Filles, Montpellier , 1755. 1 vol.
- L’Orpheline Angloife , Londres, 1751. 4 vol. Le faux Raviiïeur, par Dabbeville, - 2 vol.
- Lettres de Louis XI '/, aux Princes de l’Europe , à fes Miniftres, à fes Généraux, 8tc. par Mr. Maur-relly, Paris, 1755. - - 4vol.
- Mémoires de Moras, la Haye, 175t. 4 vol, —-—DeduGuay-Trouin,laHaye, 1748. fig. 1 vol. -—De Bonneval, la Haye, 1741. - 4 vol.
- Marchands de Londres, Comédie, Londres , 1751. - - - - 1 vol.
- Marque des Cuirs, avec le Tarif des droits qu’ils doivent payer , Dijon, 1738. - - x vol.
- Ménage des Champs , Paris, X739. - 1 vol.
- Mille 8c une Faveurs, par M. D. M. 8 vol. Oeuvres de Brantôme, complectes, la Haye, 1740. - - - - - - 15 vol.
- Oeuvres de Boileau, édit, de Lond. 1750.2 vol. *—De Pavillon, Amilerdam, 1750. - 2 vol.
- * —De Greffet, Lond. 1748. éd. complet, 2 vol.
- ——De Nicole, Luxembourg, 1737. 24 vol.
- ——De St. Réal, Paris, 175 - 6 vol.
- ----De Vergier, Paris, - - - 2 vol.
- Penfées fur la Nature, Amft. 1755. - x vol.
- Pièces de Littérature Moder. Hol. 1755. 1 vol. Poëfies diverfes , de Mr. Coquard, Av. en P. Dijon, 1754* - - - - - 2 vol,
- * Palais du Silence, Amft, 1754. - 2 vol.
- p.n.n. - vue 273/274
-
-
-
- Religion Chrétienne, par Houteville , Paris, 1744. - - - 4 vol.
- Réfutation des Pcnfées, &c. Lond. 1749. Satyre du Prinçe Cantimir, Londres, 1749» grand format. - - - - 1 vol*
- * Sie'cle de Louis XIV. Drefde, 1753. 3 vol.
- Siège de Calais, la Haye, 1740. - * vol.
- Sultanes de Guzaratce, Holl. 1735. - 2 vol.
- * Suplément à toutes les Oeuvres de Buffi Rabu-
- tin, 1747. - - . - 2 vol.
- Traité du vrai Mérite, Paris, 1742. 2 vol.
- * Sanélification des Fêtes 6c des Dimanches, Dijon, 1731. - -, - - - 1 vol.
- Synonimes François, par M. Girard , Paris , 1740. - - - 1 vol.
- Vie de Philippe d’Orléans , Londr. 1736". 2 vol. Zadique, Hiftoire Orientale , 1748. - i vol.
- p.n.n. - vue 274/274
-
-