Conférences du dimanche
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- LA SCIENCE ET L'INDUSTRIE FRANÇAISES PENDANT LA GUERRE LEUR ROLE DANS L’ŒUVRE DE RENAISSANCE ÉCONOMIQUE DE NOTRE PAYS
- Conférence faite le 11 Janvier 1920
- SUR
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- LES MÉTALLURGIE^
- PAR
- M. LÉON GUILLET
- Professeur au Conservatoire national des Arts ét Métiers et à l’École centrale des Arts et Manufactures.
- I
- PARIS LIBRAIRIE DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- : 3 bis, rue Thénard (V")
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS
- 292, rue Saint-Martin, Paris (3°).
- Le Conservatoire national des Arts et Métiers comprend :
- 1° Un musée industriel contenant des collections uniques d’appareils et de modèles dont le nombre s’élève à plus de 15 000 et parmi lesquels se trouvent des objets historiques de la plus haute importance.
- 2° Un enseignement public et gratuit pour l’application des sciences aux arts industriels et ne comprenant pas moins de 23 cours :
- Géométrie appliquée aux arts. — Mécanique. — Machines. — Physique appliquée aux arts. — Électricité industrielle. — Métallurgie et travail des métaux. — Chimie générale dans ses rapports avec l’industrie. — Chimie agricole et analyse chimique. — Chimie industrielle. — Chimie appliquée aux industries des matières colorantes. — Chimie appliquée aux industries des chaux et ciments. — Filature et tissage. — Constructions civiles. — Art appliqué aux métiers. — Agriculture. — Économie industrielle et statistique. — Assurance et Prévoyance sociales. — Associations ouvrières. — Hygiène industrielle. — Économie sociale. —Droit commercial. — Géographie commerciale et industrielle. — Économie politique.
- En outre, des conférences sur des sujets d’actualité sont faites dans le courant de l’année.
- 3° Un enseignement pratique donné dans la journée et qui constitue une préparation directe à l’industrie.
- Cet enseignement porte actuellement sur les machines, la métallurgie, la mécanique, la physique, l'électricité industrielle, la filature et le tissage.
- 4° Une bibliothèque contenant une riche collection d’ouvrages relatifs aux sciences, aux arts, à l’agriculture et à l’industrie et renfermant environ 53 000 volumes ou cartes. C’est un centre de documentation pour les industriels, les commerçants, les ouvriers; les étudiants, les élèves des grandes Écoles y trouvent aussi les ouvrages utiles à leurs études.
- 5° Un laboratoire d’essais industriels dont le but est de permettre aux Services de l’État, aux industriels, commerçants et particuliers de soumettre les produits bruts ou manufacturés de toute nature, les machines et les appareils, aux essais mécaniques, physiques, chimiques ou aux essais de machines susceptibles de les qualifier.
- 6° Un musée de prévention des accidents du travail et d’hygiène industrielle qui constitue une exposition permanente des appareils protecteurs et des dispositifs de sécurité et d’hygiène industrielle les plus pratiques et les plus perfectionnés.
- 7° Enfin un laboratoire de recherches sur le travail professionnel qui poursuit l’application, au monde économique, des méthodes de discipline et d ordre de l activité humaine. Le but à atteindre est le rendement social maximum; les moyens sont dans l'organisation de l’outillage et de la main-d’œuvre, et, avant tout, de l’apprentissage.
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- SCIENCE ET L’INDUSTRIE FRANÇAISES
- PENDANT LA GUERRE
- LES MÉTALLURGIES
- Conférence Guillet. I.
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- 120K43 CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Conférence faite le 11 Janvier 1920
- SUR LES MÉTALLURGIES
- PAR
- M. Léon GUILLET
- .Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers
- et à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures.
- LIBRAIRIE DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- 3 bis, Rue Thénard, PARIS, Ve
- 1920
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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- Mesdames, Messieurs,
- Les Conseils du Conservatoire national des Arts et Métiers ont décidé que, cette année, la série des grandes Conférences du dimanche serait intégralement consacrée à l’étude de l’effort de la science et de l’industrie françaises pendant la guerre. Ils ont justementpensé que cette étude devait être faite dans cette « Sorbonne industrielle » qui constitue, assurément, le Centre de notre enseignement technique supérieur le plus ouvert à tous..
- Nul besoin de vous assurer que, de quelque manière, nous n’éprouvons ici le désir d'abaisser en quoi que ce soit le rôle de nos armées, de leurs chefs et de leurs soldats : notre respectueuse reconnaissance s’en ira toujours vers eux; l'histoire, à travers les siècles, continuera à chanter les louanges des Foch, des Joffre et des Pétain, et inscrira d’une façon indélébile sur ses tablettes, les noms de nos glorieux soldats et particulièrement de ceux mortellement tombés à l’ennemi. Mais notre rôle, dans celte Conférence et dans les conférences qui vont suivre, est d’apporter des faits et des chiffres précis que l'histoire, aussi, enregistrera, afin que nul ne doute que l'industrie française tout entière, les grands chefs
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- comme les plus modestes ouvriers, les ingénieurs comme les manœuvres ont participé d’une façon certes moins glorieuse et moins méritoire que nos soldats, mais d’une façon cependant effective, à la victoire définitive de nos armes et à la gloire du pays.
- J’ai été chargé, Messieurs, de vous parler du rôle des métallurgies pendant la guerre. Je tiens à vous faire ressortir de suite l'importance de la question. Je ne voudrais pas, en quoi que ce soit, empiéter sur les conférences futures, qui vous seront faites d’une part par M. le Colonel Rimailho dont le nom est attaché aux progrès les plus récents et les plus importants de l’artillerie lourde, d’autre part par l’éminent sidérurgiste français, M. Charpy, membre de l’Institut, mais cependant, je vous demande la permission de vous citer un chiffre, un seul : au moment de la mobilisation, on prévoyait une fabrication de 10 à 12 000 obus par jour, et l’on estimait que le stock existant en France serait suffisant pour faire toute la guerre. Vous savez ce qu’il arriva au moment de la bataille de la Marne et comment nos armées ne purent avancer manquant complètement de munitions; mais ce que vous savez peut-être moins, c’est que la fabrication française a atteint par jour, à certains moments, jusqu’à 400 et 430 000 obus. C’est vous dire assez la quantité de métal qu’il a fallu produire ou importer.
- Je diviserai cette Conférence en trois parties bien nettes : 1° Influence de l’invasion; 2° Influence de la réaction; et enfin, 3° Conséquences de notre victoire sur l’avenir de notre industrie métallurgique.
- Donc, avant tout, l’invasion; mais, étant donné
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- que je vais surtout vous parler des métallurgies du fer, je vous demande la permission de vous rappeler très brièvement, en quelques mots, sans aucune prétention technique et, en les vulgarisant le plus possible, les principes mêmes de la métallurgie du fer.
- Je vous rappelle que toute la métallurgie du fer est basée sur la réduction des oxydes par le carbone, et que dans cette réduction, qui se passe au haut fourneau, on n’obtient, non pas du fer, mais bien un alliage de fer et de carbone impur, le fer se cémentant dès 850° environ. La fonte est donc le premier stade de la fabrication du fer, et à l’heure actuelle, on ne connaît aucun procédé industriel permettant d’obtenir du premier jet des aciers, c’est-à-dire des alliages de fer et de carbone relativement pauvres en carbone et en impuretés.
- Lorsqu’on a obtenu cette fonte, fer carburé essentiellement impur qui ne peut être utilisé que pour certains usages, notamment la préparation de certains moulages, il faut la transformer en acier. Pour cela, nous avons à notre disposition plusieurs méthodes. La première consiste à prendre ce fer carburé impur, à le soumettre à l'action de l’air pour brûler les impuretés : carbone, silicium, soufre, phosphore et manganèse, le phosphore notamment dans certaines conditions très précises, en milieu basique; on arrive ainsi à avoir du fer relativement pur que l’on peut recarburer au degré voulu. Pour fournir l'oxygène nécessaire pour brûler ces impuretés, on peut, ou bien avec Bessemer et Thomas verser la fonte liquide dans des appareils appelés cornues et qui sont soufflés à la partie infé-
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- rieure, l’air produisant la température nécessaire non seulement pour maintenir la fonte à l’état liquide, mais en outre, par la combustion intermo-léculaire des différentes impuretés, pour obtenir le fer produit — lequel fond aux environs de 1 500° — à l'état liquide.
- Mais on peut donner également l'oxygène nécessaire à la combustion des impuretés par de l’oxyde de fer, par un minerai suffisamment pur, et opérer dans des fours chauffés, fours à sole portant le nom du métallurgiste français Martin, chauffés au moyen de gaz et d’air, préalablement portés à température élevée par récupération des chaleurs contenues dans les produits de la combustion.
- On peut également prendre la fonte, qui est un alliage de fer et de carbone très impur et fondre avec cette fonte des riblons, procéder par dilution des impuretés contenues dans la fonte. C’est le procédé Martin connu sous le nom de « scrap pro-cess », procédé utilisant les déchets.
- Enfin, à côté du procédé synthétique du creuset (qui prend du fer que l'on carbure par cémentation et qui le fond en creuset), il faut citer les procédés électro-métallurgiques, presque tous de naissance française, lls utilisent généralement les fours à électrodes des types Iléroult, Girod, Keller, Chaplet. Le courant entrant par une ou plusieurs électrodes traverse le bain et sort par d’autres électrodes (Héroult), ou bien par des masses polaires situées dans la sole (Girod), ou enfin par une masse polaire placée hors du four et rejoint à celui-ci par un canal conducteur. Ces fours électriques peuvent être utilisés de différentes façons :
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- 1° On peut y opérer simplement une fusion comme dans le four à creuset;
- 2° On peut y faire un affinage comme au four Martin et même plus poussé qu’au four Martin, notamment au point de vue soufre;
- 3° Le four électrique permet de faire du superaffinage, c’est-à-dire de prendre de l'acier dont on a commencé l’affinage dans les appareils ordinaires : cornue ou four Martin, et dont on pousse l’affinage beaucoup plus loin en four électrique.
- Voilà en quelques mots, rappelées sans aucune prétention d’ordre technique ou scientifique, les bases de la métallurgie du fer.
- Ceci dit, j’arrive à la première partie de cette conférence : effets de l’invasion
- I. — L’Invasion.
- Je regrette que vous n’ayez pas pu assister avant-hier au discours qui fut prononcé à la Société des Ingénieurs civils de France par M. Gruner, vice-président du Comité des Houillères de France, au moment où il prenait possession de la présidence de la Société des Ingénieurs civils. Il a montré les effets de l’invasion sur nos bassins houillers du Nord et a donné des chiffres extrêmement précis.
- 220 fosses sont complètement inutilisables. Bien entendu, on a eu soin de briser le cuvelage à une hauteur parfaitement étudiée, déterminée, si l’on peut employer un pareil terme scientifiquement, de façon que l’eau puisse jaillir à l’intérieur de la fosse. La quantité d’eau se trouvant dans les fosses
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- détruites par l’ennemi est évaluée approximativement à 80 millions de mètres cubes. On estime que le tonnage de charpentes qu’il va falloir enlever, complètement détruites et abattues, s’élève à 200 000 tonnes : je parle des mines et non des usines métallurgiques. De ce fait, chaque année, il y a une diminution de notre production houillère — dont vous vous apercevez tous — de 20 millions de tonnes. Les gens les moins pessimistes estiment qu’on n'arrivera pas au chiffre normal de production, avant 1927 et que l’ensemble de la destruction représente plus de 3 milliards.
- Voici d’ailleurs des chiffres précis, et je ne saurais prendre de meilleure référence, extraits du rapport officiel fait par M. Dubois, actuellement Ministre du Commerce et de l'Industrie, à la Chambre des Députés.
- Houillères :
- Tonnes.
- Travaux de fond................................ 990 000 000
- Travaux de surface............................. 440 000 000
- Matériel enlevé ou abimé.................... 1 404 000 000
- Matériel vieux enlevé.......................... 400 000 000
- Total.............. 3 234 000 000
- Métallurgie :
- Reconstruction de l’outillage............... 4 800 009 090
- Matériel enlevé............................. 1 800 000 000
- Total.............. 6 600 000 000
- [Ici a été faite une série de projections sur les mines détruites, particulièrement les mines de Lens, montrant les sièges d’exploitation et le pays en 1914 et en 1918.]
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- Passant aux usines métallurgiques, j’indiquerai tout particulièrement par des projections les destructions opérées aux usines de Denain et Anzin.
- J’insisterai notamment sur l’anéantissement d’un des plus beaux halls de laminage de France, en juillet 1914, occupant 3 hectares de terrain dont 2 1/2 couverts, ayant coûté plus de 8 millions, entièrement achevé et prêt à fonctionner en août 1914. Actuellement, c’estle désert complet. On voit encore les emplacements des fondations, quelques pieux. C’est tout. (De nombreuses projections sont faites de Denain et Anzin et de Pont-à-Mousson.)
- On voit ce qu’a été l’action des Allemands dans tous les pays envahis, non pas seulement dans la zone de feu, mais dans la zone occupée. Je crois qu'aujourd'hui même, puisque le Journal Officiel de ce matin contient la promulgation du Traité de Paix, il est bien permis de répéter que le premier devoir de toute la France est d’obtenir que l’ennemi répare et paye, et que le premier devoir qui s'impose à tous est d’exiger que l’ennemi rende à toute notre industrie ce qu’il lui a pris et volé.
- Cherchons maintenant à chiffrer l’influence de l’invasion sur la production.
- Mais entrons dans les détails avec le tableau suivant (page 13).
- Voici (fig. 1), extraite d’un livre très remarquable de M. Pinot, une courbe extrêmement intéressante sur la production d’une usine comprenant 5 hauts fourneaux dans l’est de la France; vous voyez en traits pleins la production réalisée. Regardez ces pointes extraordinaires montrant l'irrégularité de la production. Cela provient de ce que les approvi-
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- sionnements était, eux-mêmes, tout à fait irréguliers.
- Voici (fig. 2) une autre courbe non moins intéressante, donnant la production d’une aciérie Martin pendant la guerre dans la région de l’Est. Regardez
- PRODUCTION D'UNE USINE COMPRENANT 5 HAUTS-FOURNEAUX
- ---- --- Capacité: de prminction
- ------------- l'roduation réalisée.
- L’usine n'a été remise en marche qu'en novembre 1915; clic était arrêtée depuis la mobilisation.
- Tonnage annuel de coke nécessaire pour alimenter los hauts-fourneaux : 350 000 tonnes environ.
- Production d’une aciérie MARTIN PENDANT LA GUERRE
- Région de l'Ect.
- Capacité de production. Production réalisée.
- .Tonnage dont l'usine s dieposé :
- En 1915.
- En 1916.
- En 1917.
- En 1018.
- 20 000 tonnes.
- L'aciéric a été remise en marche en octobre 10!3; sa marche irrégulière a été motivée par le manque de charbon, de main-d’œuvre et de produits réfractaires.
- Le manque de charbon a contraint de l’arrêter en mars 1918.
- Un four de 80 tonnes, construit entre temps, n’a jamais pu être mis en service.
- ase: £281
- FIG. L. FIG. 2.
- (D'APRÈS M. PINOT.)
- les minimums très accusés provenant soit encore de l’irrégularité des approvisionnements, soit souvent de la mauvaise qualité des produits réfractaires qui causait des affaissements subits de la voûte et immobilisait les fours pendant des réparations prolongées.
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- Influence de l’invasion sur la production métallurgique française.
- 1° Métallurgie du fer.
- Production totale de 1913 .
- — des usines en territoire envahi . . . . Production des usines sur le reste du territoire . .
- FONTE
- Total
- (tonnes). P. 100.
- 5 207 000 100
- 3 336 000 64
- 1 871 000 36
- ACIER
- Total
- (tonnes). P. 100.
- 4 686 000 100
- 2 827 000 60
- 1 859 000 40
- Nombre total des appareils en 1913.
- Nombre des appareils situés en territoire envah
- Hauts fourneaux (en feu en 1914) . . 170
- Fours Martin . ......................164
- Convertisseurs.......................100
- 85
- 48
- 53
- 2° Autres métallurgies.
- Production Production de la P. 100
- en 1913. zone envahie. restant.
- Cuivre .... 12 000 tonnes. 11 000 tonnes. 9
- Plomb......... 28 000 — 6 200 — 78
- Zinc........... 68 000 — 52 000 — 23
- 3° Charbons.
- Production en 1913.
- Production de la P. 100 zone envahie. restant.
- Houille. . 40 844 000 tonnes. 30 225 000 tonnes.
- Coke. . . 4 027 000 — 3 080 000 —
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- Conférence Guillet. I.
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- II. — La Réaction.
- Parlons maintenant d'une question beaucoup plus consolante : celle de la réaction.
- Vous savez qu’au moment de la bataille de la Marne, un homme éminent dontj’ai grand plaisir à prononcer le nom ici puisqu’il a été Président du Conseil d’administration du Conservatoire des Arts et Métiers, M. Millerand, était alors Ministre de la Guerre. Il comprit dès cette époque l’importance que devait jouer l’industrie française dans les combats ultérieurs. La réaction se fit vite sentir, au moment où nos armées étaient stabilisées sur l’Aisne, au moment où l’on parlait de la fameuse « Course à la mer ».
- Cette réaction, il est bien difficile de l'étudier en détail. Cependant, je vais vous citer quelques chiffres et vous en projeter un grand nombre, m’excusant de vousen donner autant. Vous verrez combien les résultats obtenus sont saisissants.
- Dès qu'on parle de la remise en marche des usines, en 1915, on commence à s’apercevoir de la faute énorme que l’on avait commise au début de la guerre en enlevant tous les ouvriers des usines civiles, aussi bien que des ateliers de constructions militaires pour ne plus y laisser que des réservistes. En juillet 1915, par exemple, 20 hauts fourneaux sont rallumés. C’est 1/4 seulement de ce qui nous reste. En janvier 1916, on en remet en marche 20 autres. Il est évident que la reprise du travail fut essentiellement lente.
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- Je tiens à vous montrer maintenant l’effort prodigieux qui a été fait soit pour édifier de nouvelles usines, soit pour augmenter les ateliers existants.
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- < 6. ES 5 3
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- FIG. 3 A 6.
- Voici la Société normande de métallurgie qui avait commencé ses constructions un peu avant la guerre; elles ont été d’abord abandonnées, puis, sous la forte poussée des besoins, MM. Schneider et Cie, d'une part, la Compagnie de la Marine et d'Homécourt, d’autre part, ont donné l’effort nécessaire, et on a
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- construit aux environs de Caen l’une des usines les plus puissantes et les plus remarquables de France, utilisant le minerai situé sur place. - -
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- FIG. 7 A 10.
- Voici des vues (fig. 3 à 6) vous indiquant la progression extrêmement rapide, dans la construc-tion des hauts fourneaux.
- D’autre part, une aciérie Thomas très importante
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- a été rapidement édifiée : c’est le plus grand vaisseau de France construit en ciment armé (fig. 7 à 10).
- Au Creusot même, MM. Schneider et Gie ont con-
- FIG. 11 A
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- sidérablement augmenté leur production en construisant l’aciérie du Breuil. Voici quelques vues et quelques dates intéressantes (fig. 11 à 14).
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- Aciéries du Breuil (Le Creusot).
- Prise de la décision............ 1er septembre 1915
- Début des terrassements..... 1er novembre 1916 Début du montage............ 1e janvier 1916
- Première coulée................. 1er août 1916
- _ ( 6 fours de 60 tonnes.
- Actuellement Ne , — de 30 — en marcie. ( Production annuelle : 300 000 tonnes.
- Mais des efforts semblables ont été produits non seulement par les sociétés qui avaient leurs usines en dehors de la zone envahie, mais les usines envahies ont rassemblé leur personnel à l’arrière et ont construit de nouveaux ateliers. Je vous citerai à titre d’exemple l’effort fait par la Société des Aciéries de Longwy dont les grandes usines ont été envahies.
- Elles ont fabriqué aux environs de Paris des quantités importantes d'obus en fonte aciérée. Voici quelques photographies de leurs nouvelles fonderies (fig. 15 et 16).
- D’autre part le four électrique s’est beaucoup développé. Nous citerons spécialement la fabrication de la fonte dite synthétique qui a amené le développement des usines de Livet, la création d’usines à Nanterre et à la Compagnie des Mines de la Loire (fig. 17 et 19). Nous reviendrons plus loin sur le procédé même de fabrication.
- Les efforts se sont multipliés de tous les côtés, dans toutes les usines, à Saint-Chamond, à Mont-luçon, à Trignac, etc.; dans l’industrie de l’aluminium, comme dans l’industrie du laiton, dans les usines sidérurgiques comme dans les fonderies de cuivre. Deux produits, peu connus, se sont spécia-
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- lement développés : la fonte aciérée et la fonte synthétique.
- La fonte aciérée n’est pas à proprement parler un
- FIG. 15.
- produit nouveau, mais elle était peu utilisée; c’est une fonte à relativement faible teneur en carbone, allant comme composition vers celle des aciers, mais s’en écartant cependant beaucoup; c’est une fonte à 3 p. 100 de carbone avec 2,5 p. 100 de silicium et 0,8 à 1 p. 100 de manganèse (soufre et phosphore
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- minimum). Cette fonte est obtenue au cubilot ou plus rarement au four à réverbère, en ajoutant à la fonte de l'acier, mais c’est une fabrication qui
- FIG. 16.
- demande à être suivie de près et il est intéressant de constater que presque toutes les fonderies françaises l’ont entreprise pendant la guerre et que cela leur a donné des habitudes de précision dont elles ne se départiront pas dans la suite.
- Je vous ai parlé également de la fonte synthétique.
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- C’est peut-être un terme un peu violent. La fonte synthétique est faite au four électrique. En réalité, le four électrique a cette particularité que c’est le
- FIG. 17.
- seul appareil métallurgique qui permette de mettre dans le lit de fusion 100 p. 100 de tournures, ces longues chevelures qu’on n’a qu’à prendre à la fourche et à jeter dans l'appareil.
- Dans la méthode utilisée par M. Keller, on fond en même temps les tournures en y ajoutant du car-
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- Production en coke, fonte, aciers.
- 4 027 000 1 679 000 2 195 000 1 966 000
- 5 207 000 1 447 000 1 684 000 1 289 000
- 4 687 000 1 952 000 2 231 000 1 809 000
- Coke métallurgique Fonte............. Acier.............
- Chiffrons un peu les résultats de ces efforts en sidérurgie :
- bone de telle sorte qu’au fur et à mesure, le carbone cémentant le fer, l’opération se fait avec un meilleur rendement.
- FIG. 18. — UN FOUR KELLER A FONTE SYNTHÉTIQUE.
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- Production des Aciéries.
- 1913 1917 1918
- Acier Martin 1 582 000 1 499 000 1 313 000
- — au convertisseur-. . 3 039 000 639 000 396 000
- — au creuset 24 000 40 000 42 000
- — électrique 21 000 54 000 58 000
- Dans les autres métallurgies l’effort n’a pas été moindre. On a construit deux très importantes
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- 282 888 888
- 288
- bbisi 286 888
- 25.
- FIG. 20.
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- FIG. 21
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- FIG. 22.
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- FIG. 23.
- usines électro-métallurgiques qui n’ont pas pu encore fonctionner;.elles ont pour but d’affiner
- Conférence Guillet. T. 3
- .
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- le cuivre par électrolyse. Cette opération est très intéressante non seulement parce qu’elle permet d'avoir un cuivre contenant 99,6 p. 100 de cuivre, mais également parce qu’elle permet de récupérer d’une façon extrêmement simple l’argent et l’or.
- It ar® PC 83.6 H AS AvO %.5
- FIG. 24.
- les métaux précieux contenus dans le cuivre initial.
- Ces deux usines appartenant l’une à MM. Gram-mont, l’autre à la Société électro-métallurgique de Divesontétéconstruitesauxenvirons de Pauillacet de Limoges, et vont permettre de produire 23 000 tonnes de cuivre électrolylique par an.
- La courbe de la figure 24 montre l’extension con-
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- sidérable prise par la Compagnie française des Métaux dirigée par M. Vésier.
- Au point de vue du plomb, nous possédions plusieurs fonderies en France, dont deux très importantes à Couëron et à Noyelles-Godault; une autre se trouvait en Tunisie, à Mégrine, et était exploitée par ce grand organisme allemand qui avait étendu ses tentacules dans le monde entier : la « Metalges-selschaft ». Mise sous séquestre au début de la guerre, l’usine a été confiée pour exploitation à la Société de Penaroya, société essentiellement française. Cette même société a construit à Marseille une très importante usine à plomb pour traiter le minerai du bassin méditerranéen d’une part, et faire, d’autre part, la désargentation du plomb d’œuvre. Cette usine produira par an 30 000 tonnes.
- D’autre part, pendant la guerre même, un nouveau procédé a été mis à jour à l’Anaconda, aux États Unis, pour traiter certains minerais de zinc par l’électrolyse. On a envoyé une mission française pour étudier ce procédé sur place, et la Société de Penaroya a décidé l’édification dans les Pyrénées d’une usine utilisant ce procédé.
- Toujours au point de vue du zinc, nous avons été appauvris par l’invasion, à cause de la main-d’œuvre d’une part, du charbon d’autre part, et parce que presque toutes les usines se trouvaient en pays envahi. On a fait cependant un effort méritoire. La seule usine à zinc importante. située à l’arrière, appartenant à la Société de la Vieille-Montagne, celle de Viviez (Aveyron), a augmenté sa production de 24 000 tonnes par an, ce qui est formidable, puisque la production française totale était
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- aux environs de 70 000 tonnes avant la guerre et la consommation de 90 000 tonnes environ.
- D’autre part, la Compagnie Asturienne d'Auby, a construit à Rochefort une usine de toutes pièces, produisant 6 000 tonnes. Enfin, une Société nouvelle s’est constituée : la Société des zincs purs, à Salindres, elle produit I 200 tonnes de zinc pur.
- Pour le nickel, les changements ont été très profonds. Vous savez qu'il y a dans le monde deux sources importantes de nickel : le Canada d'une part, la Nouvelle-Calédonie d’autre part. LaNouvelle-Calé-doniene faisait qu’une faible partie de la fabrication du nickel surplace : elle envoyait les mattes dans une série d'usines dont les principales appartiennent à la Société française « Le Nickel ». On n’avait jamais traité la matte sur place, on disait qu’il fallait des tours de main extraordinaires. Actuellement la conversion de la matte se fait sur place dans les usines calédoniennes.
- D'autre part, avant la guerre, on avait cherché à un moment à appliquer le four électrique au traitement de la garniérite, minerai qui est un silicate double de nickel et de magnésie contenant du fer. On mettait cette garniérite en présence de charbon et de chaux, on chauffait à la température du four électrique; malheureusement, on réduisait en même temps la silice de telle sorte, qu’en réalité, le produit obtenu avant la guerre était un ferro-nickel contenant 8 à 10 p. 100 de silicium. On en avait peu l’emploi.
- On a.cherché à parfaire cette méthode. A l’heure actuelle, en Nouvelle-Calédonie, on produit du ferro-nickel relativement très pur.
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- Enfin, pour la métallurgie de l’antimoine, métal
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- lurgie très française (deux principaux pays produc-
- C SS 86 JG
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- 01
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- Î
- teurs : la Chine et la France), certains gisements français étaient épuisés en 1914, notamment les
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- gisements de la Lucette, près de Laval. On se préoccupa alors d’utiliser pendant la guerre — car l’antimoine est un métal de guerre, le seul qui permette de durcir le plomb — les minerais d’Algérie. M/Marcel Biver, ingénieur de la Compagnie de la
- 350 000 7
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- FIG. 27.
- 2ss9 868 O6
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- 9 Es
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- 8
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- Lucette, créa une nouvelle méthode pour utiliser non plus des minerais sulfurés, mais des minerais oxydés. A l’usine de Langeac, on réduit l’oxyde Sb204 au water-jacket, on obtient de l’antimoine qui coule en bas du four, mais une partie se volatilise et est traitée comme dans la méthode ordinaire au réverbère.
- Production du cuivre et des alliages de cuivre (en tonnes).
- 1913 1918
- Planches Barres Fils Tubes 31 600 170 800 21 300 151 000 49 000 62 000 7 500 25 000
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- 31 —
- D’ailleurs les schémas suivants synthétisent fort bien quelques résultats obtenus. (Tableau 3 et fig. 25 à 27.)
- III. — Conséquences de notre victoire sur l’industrie métallurgique française.
- Nous parvenons à la troisième partie de cette conférence, relative à l’influence de cet effort et à l’influence de notre victoire sur la situation métallurgique française de l’après-guerre.
- La première préoccupation que nous devons avoir, est de chiffrer l’apport considérable fait par la reprise en main de nos chères provinces d’Alsace et de Lorraine. Je vais, pour cela, faire passer sous vos yeux une série de tableaux et de schémas vous montrant très nettement, pour les matières qui nous préoccupent aujourd’hui, ce qu’il en est.
- On voit clairement, d’une part, l’importance du retour de nos chères provinces d’Alsace et de Lorraine et, d’autre part, la situation probable de nos principales métallurgies. (Tableau 6 et figures 28 à 32.)
- D’autre part, nous noterons que la guerre a apporté un grand développement des méthodes scientifiques. J’en citerai quelques exemples : les mesures de températures se sont très répandues, notamment pour le traitement des obus.
- J’ai eu l’occasion d’utiliser une organisation très complète pour conduire toute une série de fours, en copiant ce que M. Charpy a établi à Montluçon. D’une cabine centrale, on peut diriger toute la fabrication.
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- FIG. 28.
- % 1
- FIG. 30.
- FIG. 29
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- Une autre méthode scientifique s’est beaucoup développée, la macrographie, elle permet de faire ressortir l’ensemble de la structure des produits métallurgiques : elle met en vue certains défauts, notamment la poche de retassure.
- Enfin, comme dernier exemple d’application des méthodes d’essais mécaniques, je citerai l’essai à la bille de Brinell : il consiste à faire agir sous charge connue une bille à la surface du métal à essayer;
- P on en déduit la dureté, par le rapport
- P étant l’effort exercé, a la surface de l’empreinte. La dureté du métal est d'autant plus grande que la
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- Comparaison de la situation à l’avant-guerre et à l’après-guerre.
- (En tonnes).
- I
- PRODUCTION CONSOMMATION DIFFÉRENCE
- En 1913. A l’après-guerre. En 1913. A l’après-guerre. En 1913. A l’après-guerre.
- Charbon . 49 800 000 48 000 000 (non compris la Sarre) 63 900 000 88 000 000 —23 000 000 — 40 000 000 (non compris la Sarre 7 000 000)
- Coke . 4 027 000 6 200 000 6 892 000 12 500 000 — 2 865 000 — 6 300 000
- Minerais de fer . . . 21 918 000 43 054 000 13 262 000 26 000 000 + 10 000 000 + 17 500 000
- Fonte . 5 207 000 9 700 000 5 144 000 8 494 000 + 63 000 + 1 200 000
- Acier . 5 093 000 8 329 000 4 722 000 6 293 000 + 371 000 + 2 136 000
- II
- PRODUCTION CONSOMMATION DIFFÉRENCE
- En 1913. A l'après-guerre. En 1913. A l’après-guerre. En 1913. A l’après-guerre.
- Cuivre brut 12 000 25 000 102 000 115 000 — 90 000 — 90 000
- Cuivre et alliages en planches. 32 000 65 000 27 000 55 000 + 5 000 + 10 000
- — — en barres. . 21 000 40 000 16 000 35 000 + 5 000 + 5 000
- — — en fils 49 000 62 000 37 000 45 000 + 12 000 + 17 000
- — — en tubes. . 7 500 18 000 6 000 13 000 + 1 500 + 5 000
- Plomb 29 000 120 000 105 000 130 000 — 76 000 — 10 000
- Zinc 68 000 130 000 78 000 130 000 — 10 000
- Nickel 1 500 7 500 3 200 5 500 — 1 700 + 2 000
- Aluminium 13 500 30 000 7 000 15 000 + 6 500 + 15 000
- Antimoine 6 400 8 000 4 400 6 000 + 2 000 + 2 000
- itain 1 200 2 000 8 500 - 12 000 — 7 300 — 10 000
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- I
- surface est plus petite. De plus Brinell a établi que la charge de rupture à la traction est proportionnelle au chiffre de dureté, du moins pour une même catégorie de produits considérés à l’état recuit.
- On estime à plus de 500 000 le nombre d’essais de Brinell fait par jour en France durant les dernières années de guerre pour régler, notamment, la fabrication des obus.
- Nous devons maintenant conclure. Je n’ai pu donner, malgré la longueur de cette conférence, qu’une idée vraiment imparfaite de l’effort prodigieux fait en France par l’industrie métallurgique pendant la guerre, et je n’ai pu vous décrire, que d’une façon bien sommaire, les conséquences considérables de notre victoire sur la situation de l’industrie métallurgique. Il est incontestable que la France métallurgique de demain fera de grands progrès au point de vue économique comme au point de vue technique et au point de vue scientifique. Nous devons avoir confiance dans l’avenir industriel de notre pays; mais, pour cela, travaillons. Je sais bien que, de tous côtés, on parle en ce moment d’une vague de paresse, d’une vague de jouissance, et qu’il est un peu démoralisant de voir le succès de certains plaisirs déprimants, tels que les dancings et les cinéma-feuilletons. Mais ceux qui, comme moi, ont la grande joie, le grand bonheur d’appartenir à l’enseignement, voient chaque jour se créer plus puissante, plus vigoureuse, la vague de travail. Ceux qui, comme moi, appartiennent au professorat de ce grand établissement, se rendent bien compte que les élèves viennent ici non seulement plus nombreux mais aussi plus attentifs, mieux
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- pénétrés de ce grand devoir qui s’impose à tous, de mieux savoir et de mieux apprendre.
- Il est inconstestable que les deuils si cruels, qui nous ont frappés, les sacrifices si nombreux qui nous ont été imposés, que les larmes si abondantes qui ont été versées dans tout le pays, ne l'auront point été en vain. La France, qui a toujours guidé le monde de son génie, la France qui a créé et développé la méthode scientifique, la France enfin qui a si bien lutté contre la barbarie pour le plus grand bien de l’humanité, la France peut avoir confiance dans son avenir industriel. {Longue salue de chaleureux applaudissements.)
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