Traité pratique des digues le long des fleuves et des rivieres
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- TRAITÉ.
- PRATIQUE
- £>£S DIGUES
- LE LONG
- DES FLEUVES
- ET DES RIVIERES,
- Auquel on a joint des réglés touchant les épis , fafcinages & réfervoirs, &c.
- Par M. B o U R D E Tj Éleve de V Académie Royale d’Architecture de Paris, & Infpec-teur général des Hydrauliques de Si à Mdjejlè le Roi de Prujje.
- {^biéermlcï're)
- £3à& Ir&èÙfié/eTH
- A BERLIN.
- Et fe vend A P A R I S 9
- Chez Ch. Ant. Jombert pere, Libraire du Roi", rue Dauphine.
- M. DCC, LXXHI.
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- SON EXCELLENCE MONSIEUR
- O T H O N CHRISTOPHLE
- COMTE DE
- PODEWILS,
- MINISTRE PRIVÉ D’ETAT ET DE GUERRE DE SA MAJESTÉ LE ROI DE PRUSSE, SEIGNEUR DE GUSOV, PLATKOW, THEEREN, WUSTERWITZ, PUDDIGER, BALLENTIN, SCHMARZOW, ZIPKOV, GRQSSENDORF F, DOCHOW ET WARBLIN &c.
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- PRÉFACE.
- 1s digues font ordinairement faites le long des fleuves & des rivières, pour les borner dans les faifons où les
- eaux débordent au deflus de
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- leur lit ordinaire, & inondent quelquefois des contrées entières, en forte que les Princes intérefles à faire fleurir Tagri-cülture, font obligés de les borner & reftreindre, afin de pro-curer à leurs fujets des terres
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- * O PRÉFACE,,
- propres à produii*e d’autres denrées que du foin, aux coupes duquel le ul les inondations ne font point nuilibles, toutefois lorsqu’elles arrivent; en • hyver-Dans les Provinces Unies, on fait quel bien elles font dans cette faifon, auffî les HoHandois ont - ils foin d’inonder leurs praif ries en hyver, pour avoir de meilleurs pâturages: car ces inondations font créver les in-feéies qui. logent fous la terre, & qui pourroient nuire au bétail qui fe nourrit du foin auquel ils s’attachent- Cette induf-trieufe République a trouvé le moyen de deffécher Tes prairies, & d’en retirer les eaux à volonté, lorsque l’hyver : eft paifé;
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- PRÉFACE, Il
- mais il n’en eft pas de même des fleuves & rivières, «qui détordant fouvent dans les faifons prochaines de la récolte des foins, font perdre tout le produit que l’on en pouvoir attendre, indépendamment encore de inapplication moins infrüc-tueufe qu on auroit pu donner aux terres voifines des rivières.
- : Comme un Souverain ne for* me un femblable projet que dans la vue daugmeiiter fes re* venus, ou pour le bien de fon peuple, ou enfin pour faire des établiflements de coloniftes dans fes nouveaux terreins bonifiés , il aura foin, afin d’afliv rer fes établiflements & fes cd-
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- Ions contre les accidents qui ont affligé prèsque toute l’Europe pendant les années 1769 & 1770, il aura foin de prendre toutes les précautions requifes, en nommant un homme éclairé & habile dans cette partie, à qui il puifïe confier l’intendance ou la direction générale avec le plein pouvoir & les moyens de faii*e les coupures néceffaires pour détourner tous les courants nuifibles & diminuer le volume d’eau qui pourroit endommager des parties de terre. Cet Intendant feroit chargé de faire fortifier les digues qui bordent les fleuves, & qui n’au-roient pas été conftruites aflez fortes, ou que le tems auroit
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- PRÉ FACE.. 13
- pu altérer. De plus il ferait faire des épis aux endroits qu’il auroit déterminés pour détourner les courants qui endommagent fouvent les rivages & les digues. Il auroit encore le dépôt de toutes les cartes & plans des cours des rivières; & un Infpeéieur général qui fefant des tournées fréquentes indépendamment des vifites ordinaires, lui ferait un rapport exaét de tout ce qu’il auroit ob-fervé. Ce dernier auroit fous lui des Capitaines, des Infpec-teurs, & des Maîtres de digues, qui chacun auraient l’œil fur une certaine étendue, & non au delà; parcequ’un travail exaét ne leur permettrait pas de
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- 14 PRÉFACE.
- veiller fur un terrein trop fpa-cieux. De plus ces officiers feraient obligés de rendre compte de leurs obfervations à fIntendant ou Directeur qui détermi-neroit & ordonnerait tous les ouvrages „ afin d éviter la con-fufion toujours nuifible qu’en-traine la multitude d’avis différents, On voit par là, de quelle utilité, un tel homme ferait à l’humanité.
- Il vient de paraître un ouvrage intitulé ; Recherches fur la conftruSim la plus avantageufe des digues, lequel a remporté le prix de fAcadémie Royale des Sciences de Touloufe, pour, l’année 1762; cet ouvrage eit deM.M. BOSSÜT& VIALLETv
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- PRÉFACE;
- dont le premier eft Profeffeiir, & l’autre Sous * Infpeéleur des ponts & chauffées. Mais ce traité qui mérite beaucoup délogés par divers endroits, & à qui cette Académie à rendu la juftice qui lui étoit due, en le couronnant, ce traité, dis-je, n’a que le défaut d’être trop favant & par la même il n’eft pas à la portée de tout le monde; car la pluspart des problèmes & hypothefes, s’y trouvent définis par l’algèbre, étude dans laquelle peu de praticiens font verfés. Sans m’écarter des principes de ces m. m, je tâcherai de me rendre intelligible à tous ceux qui pratiquent cette partie de l’Hy-
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- PREFACE*
- draulique, en leur préfentant les moyens & proportions né-ceffaires à la conftruction des différents ouvrages que j’explique ici, & dont je donne les figures.
- TRAITÉ
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- TRAITÉ DES DIGUES.
- CHAPITRE I.
- Comment on doit déterminer l’efpace entre les digues & leur hauteur.
- i faut étudier pendant fieurs années le cours du fleuve ou de la riviere que l’on veut borner, afin de prendre fes précautions contre les eaux les plus hautes, & comme celles-cy ne croifiènt pas une année autant que l’autre, on doit avoir égard à l’étendue de terrein qu’elles . occuperont dans leur plus
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- l8 TRAITÉ
- grand débordement, & à la hauteur quelles auront alors, afin de déterminer i’efpace néceflhire à donner entre les deux digues de leur hauteur, ou quelquefois entre une feule digue & des montagnes qui le trouvant du côté oppofé du rivage, peuvent fer-vir de féconde digue.
- Il faut encore avant toute déci-fion , favoir s’il n’y a pas d’autres rivières qui fe déchargent dans celle que l’on veut reflreindre entre deux digues, afin de proportionner l’efpa-ce de celles-cy entre elles, & faire celui de la fusdite riviere aboutifîànte, plus large à l’aval (c’eft à dire au défi-fous} que vers l’amont (c’eft à dire au deflïis ) où il n’y aura que le volume d*eau du fleuve feul; & par confë-quent il faudra ajouter les volumes
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- DES DIGUES. 19
- aboutiflànts à celui du fleuve, pour déterminer la largeur que doivent avoir les digues à mefiire que les eaux rencontreront des nourritures.
- Pour parvenir à déterminer le volume d’eau qu’on peut attendre dans la faifbn où elles font le plus hautes, il faut chercher quelques endroits où les fleuves foient gênés par la nature & bornés par des montagnes de deux côtés, bien entendu que ce fera le plus qu’on pourra vers l’amont & non point à l’aval ou au deflous des inondations, d’où les eaux ne fè fè--roient retirées que lentement par quelque caulè de gêne dans leur écoulement. Il faudra prendre les profils & nivellements du point des plus hautes eaux tant en largeur qu’en profondeur, en chercher la moyen-
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- ne proportionnelle, & faire le calcul de ce volume, pour déterminer l’efpace entre les digues projettées & leur hauteur. Cette opération doit .fe faire à chacune des rivières qui aboutiflènt à un même fleuve, afin de proportionner l’intervalle des digues à mefure que les volumes augmentent, ainlî qu’il a déjà été dit plus haut. On ne fera que mieux d’élargir un peu l’elpace entre les digues projettées, pour les mettre à l’a-bris contre la pouïîee des grandes eaux, & favorifer la vélocité de leur écoulement: c’eft par ce moyen qu’on évitera le danger que j’ai rencontré dans des endroits où l’elpace trop ferré entre les digues & ne pouvant contenir le volume des hautes eaux, occafionnoit des efforts
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- DES DIGUES. 2i
- confidérables à droite & à gauche, d’où il réfulta enfin des ruptures. On peut fe figurer un entonnoir dont le tuyau de décharge par fon plus ou moins de diamètre, permet à la liqueur qu’il contient de s’écouler plus ou moins vite. Il y a encore un inconvénient, qui eft, que lorsque les terres de derrière les digues ont été diftribuées aux particuliers, on he-fite quelquefois à remédier au danger en élargiflànt l’efpace qui eft entre elles , dans la crainte de recevoir des plaintes de la part de ceux dont on diminueroit le tërrein, ce qui feroit tort aux revenus du Prince. Il eft donc d’une extrême conféquence de réfléchir mûrement à ce fujet,. avant que de rien entreprendre.
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- Il fe rencontre anffi dans les fleuves des bancs de fable qui laiflànt peu de profondeur, permettent aux glaces de s’y rafïèmbler 6c s’y amonceler, ce qui forme en peu de jours un feuil ou une barre laquelle s’oppofant au courant ordinaire deflous les glaces, gonfle les eaux, 6c même les fait quelquefois fùrpaflèr les digues. Ceft dans un pareil cas qu’on efl: obligé de les rehauflèr, pour quelles commandent toujours non feulement aux eaux, mais aufli aux glaces qui étant jettées fur leurs crêtes, les en-dommagefoient 6c les dégraderoient. Nous parlerons dans les chapitres fùi-vants du moyen de remédieir à ces barres.
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- DES D I GU E,S.
- CHAPITRE II.
- Pourquoi ? & comment on doit faire les digues le plus qiion peut en ligne droite & à dijlances égales.
- Rien n’eft plus à craindre dans les digues que les angles fkillants ou rentrants, contre lesquels le courant d’une riviere vient heurter; car fi 1© mouvement même imperceptible de l’eau dormante fùffit pour endomma-mager l’endofîèment des digues, que ne fera donc pas un courant dont l’agitation eft perpétuelle. On trouvera aux figures i, de 3, un exemple des effets nuifibles qui réfùltent de ces courants marqués par des flèches de dirigés fur les angles. Il eft évident que cette direction mangeant de dégradant toujours de plus en plus la
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- TRAITÉ
- banquette, ne fauroit manquer de parvenir bientôt à l’endoflèment vers le fleuve, outre que Peau minant fans cefîè en defloûs par l’agitation de les tourbillons, la digue en peu deterns refteroit à plomb d’après là eréte, ou même feroit creufée hors de Ion à plomb, enforte que les terres de la digue s’ébouleroient fi leur denfité rie les foutenoit encore & celle-cy perdrait par là fon endofièment, comme on le verra par la fuite. On trouvera à la figure z, un exemple d’après lequel on concevra aifément qiie, ces dégradations peuvent facilement faire de grands progrès, fi l’on n’a foin d’y porter un promt remede. Le même profil rendra fenfible le dé-périflèment de la digue, de le danger qu’elle court aux hautes eaux par fon
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- DES D I G V E S.
- affoibliffement, fbn endoffement vers le fleuve étant totalement emporté. Et comme il ne refte de cette digue polir réfifter au poids des haütes eaux, que la partie vers les prairies, laquelle même n’a plus que très peu de force à oppofèr à la charge qu’elle reçoit, cette partie court évidemment risque de fe rompre ou de glifler fut fabaze, parce que la pouffée d’eau au defliis du niveau des prairies, preffe contre elle, & que celle-cy ne peut plus oppofèr à la pouffée, qu’une legere réflftance, fa baze étant détruite. '* • "
- Avant de déterminer l’emplacement des digues, on doit avoir un plan exaét du cours du fleuve pour y projetter des coupures aux endroits néceffaires, afin de le redreflèr ôc lui
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- procurer le courant le plus droit qu’il fera poffible. Il eft vrai qu’on fera perdre par là des fuperficies de terrain d’un côté, & qu’on en fera gagnerde l’autre; mais lorsque le fleuve ne fert point de limites entre plu-* fleurs Souverains, il doit peu importer à celui à qui il appartient feul, que par les changements qu’on y ap-* porte, fon terrain reçoive plus d’étendue d’un côté que de l’autre. Par ce moyen on parviendra à éviter les angles tant Taillants que rentrants fur lesquels les courants feraient dirigés, & ainfi l’on fera maître d’obferver l’intervalle le plus égal que poflible entre les digues. II eft encore vrai que les -communautés foit dans les villes, bourgs ou villages, de qui l’on prendrait du terrain à cet ufage,
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- des digues.
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- pourroient s’y oppofer, ou prétendre des indemnités pour leur compenfer cette perte. Mais ces fortes d’arrangements ne peuvent fe faire que lors que les deux côtés font dépendants du même Souverain, & que celui-cy ne regarde pas efléntiellement à quelques pièces de terre dont la qualité feroit meilleure, & qui lui produiroient un plus gros revenu ; ce qui engageroit à referrer les digues dans ces endroits de géneroit incon-teftablcment le volume d’eau qui doit y paller,comme le prouvent les ruptures qui en réliiltent ordinairement, & qui ruinent les fujets li on ne les en indemnile, fans compter les désagréments & les disgrâces que font obligés d’eflùyer ceux qui font chargés du diftrid où ce malheur ar-
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- rive. La figure 4, repréfente une rivière pleine de grandes finuofités & Couverte d’isles que plufieurs courants y ont formés ; la figure 5, fait voir de quelle maniéré on peut corriger ces même finuofités en redrefi-fant le fleuve & en le bornant entre deux digues. Avant de terminer ce chapitre je tâcherai de rendre fènfibles les exemples que j’y donne. La figure 1, indique les angles rentrants contre lesquels font dirigés les courants marqués par des flèches, lesquels mangent & détruilent les banquettes qui étoient reliées entre le lit de la riviere & la digue, défignées par les lègments ponctués, & marquées par la lettre D. Il efl: évident que le choc commençant au point A forcé de rompre fa ligne droite pour
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- DES D I G U E S.
- fe diriger vers C, occafionne dans toute la partie depuis A jusqu’à B , des tourbillons violents qui détruifent là banquette qu’on avoit obfervée entre le lit de la riviere & le pied de la digue, & parviendra enfin à endommager celle-cy de A jusqu’à B, en diminuant à la vérité lès effets vers le point B, pour fiiivre enfùite fa di-reétion fur le point C où il produira infailliblement les mêmes effets, le poids de l’eau d’amont & la pente du fleuve forçant la première eau à fe précipiter fiir cette partie de terre qui s’oppofe à fa rencontre y cet effet fe perpétue, fi j’ofe dire, à chaque goûte du courant.
- La figure 3, démontre un angle faillant fur lequel le courant étant auffi dirigé effc capable d’emporter la
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- TRAITÉ
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- partie A de la digue, après avoir mangé le fegment B de la banquette, ainfi que nous venons de le faire voir.
- La figure 4, indique une rivière dans laquelle le courant aura formé des isles, & laügure 5, repréfente la même riviere que Ton veut borner par des digues. Pour y parvenir on fera à cette riviere la coupure ponctuée & défignée par la lettre A, afin d’interrompre la grande finuofi-té B qui cauferoit aux digues, des angles faillants & rentrants, fi l’on vouloit en lüivre les tortures. 31 fiif-fit de donner à ces fortes de coupures un peu moins de largeur qu’au # bras d’amont & d’aval; elles n’ont befoin que d’une profondeur . proportionnée à la cale des plus grands bateaux, qui doivent y palier, par-.
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- SES DI GU JE $• 3 î
- ce que la vélocité du courant entraînant une partie du fond & des rives dans les bas fonds, ce nouveau bras acquerra par là dans peu la profondeur qui lui fera néceflaire pour le volume d’eau d’amont. On alléguera peut-être que les digues dans la partie vis à vis de Fisle C, font plus diftan-tes l’une de l’autre que dans le fur-plus en général; mais ce cas pourra fe rencontrer fouvenc dans les endroits où le fleuve fo fora fait deux .bras : fos parties plus larges ne font point dan-gereufos, pourvû qu’on ait toujours foin de faire des diftances égales entre les digues, dans les parties d’amont & d’aval, afin que le volume d’eau venant à palier à la première partie, trouve la même liberté à la fécondé fans être plus foiré. 11 arrive fou-
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- vent en pareil cas, qu’on eft obligé d’écarter confidérablement les digues, niais alors la grande partie C ne recevant que ce que l’amont peut lui fournir, ne deviendra nullement dan-gereufe pour les. digues , la diftance mutuelle de celle-cy, dans la partie de décharge & d’écoulement, étant füffifante pour recevoir les eaux qui font venues d’amont, de les lailîèr, couler avec la même vélocité, fànÿ quoi venant à fè gonfler par leur gêne, elles ne manqueroient pas de çréver les digues.
- CH A
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- DES DIGUES.
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- JT*»
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- CHAPITRE IH.
- De la néceffîté de laijfer des intervalles en banquettes, entre les digues & le lit de la riviere.
- Lors qu’on veut déterminer l’emplacement des digues d’après de mûres réflexions, on doit encore laifîèr des intervalles nommés banquettes, entre le lit de la riviere & le pied des digues, principalement aux endroits, où les courants font dirigés par la nature de viennent choquer à eau ordinaire, (ç’eftàdire* quand la riviere n’eA pas fortie de fon lit.) Cette diflance doit être foflilànte pour que les Infpe&eurs Ôc Capitaines des digues ayent le tems de faire des remarques d’années en années, ôc puiA lent obièrver fi le courant mange de
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- 34 TRAITÉ
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- détruit la banquette qui une fois emportée, lui donnerait la facilité d’atteindre le pied de l’end ofîèment de la digue: c’eft d’après leurs remarques que l’on pourra fe garantir de ces accidents, comme il fera expliqué aux chapitres foivants. Ces fortes de diftances doivent s’obfèrver principalement * lorsqu’on eft contraint de laifTer quelques finuofités aux rivières en dirigeant leurs cours for quelques angles de digues.
- CHAPITRE IV.
- De ¥ inconvénient qii apporte aux digues le voijinage des maifons ou de tels autres édifices.
- Il arrive fouvent que des pécheurs s’établilîent dans les contrées yoifines
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- DES DIGUES.
- des fleuves ou des rivières, Sc y bâ-riflènt des maifons foie vers le fleuve fur de très grandes banquettes éloignées de fon lit, foit vers les prairies derrière les digues. Quelquefois même ils bâtiflènt de ces deux côtés, de leurs maifons font fi voifines les unes des autres, qu’il n’y a que la crête de la digue qui forme la rue entre elles; cela eft totalement abufif, en ce que les endoflèments de parc de d’autre étant pleinement couverts & cachés par ces maifons, ôtént les moyens de connoitre les endroits où l’eau cher-cheroit à filtrer à travers les digues^ de la facilité d’y remédier, de forte que le mal fefànt de jour en jour plus de progrès fans qu’on puifle .s’en appercevoir, les maifons Sc les digues fèroient enfin emportées toutes en-
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- fembler d’autant plus aifément que là pluspart de ces mailons font très légèrement. conftruites. Il eft donc ablolument nécelîàire qu’aucun édifice ne foitconftruit qu’à 2 verges ou 4 toiles de diftarice du pied de l’en-? dolîèment déterminé de chaque côté, afin de laifïer toute l’aifance nécelîàire pour remédier aux digues dans, le cas où elles feroient endommagées.
- CHAPITRE V.
- Que les profils (tes digues ne doivent aboutir à aucun édifice.
- Lorsqu’on fait des digues, il faut éviter que leurs profils ne fë terminent contre quelque édifice ou tel autre ouvrage loit de maçonnerie foie de charpente, parce que la terre y
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- DES DIGUES,
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- étant appuyée, laifïèroit iminânqüâ-blement la facilité à l’eau de filtrer entre ces deux corps qui ne pourront jamais fè marier enfènrble, à moins que ce ne foit contre un édifice qui oppofe allez de terre derrière lui, tel qu’une éclufe dont la malle de terre a tant d’épailîèur derrière les murs* qu’elle eft capable d’arrêter les filtrations. De plus lorsqu’on terminera une digue, il. fer a néceflàire de piocher l’ancien terrain contre lequel elle viendra aboutir, afin que les terres
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- qui formeront k digue puifîèiit fe condenfer exactement de fe réunir avec lui fans laifîèr de vuide entre deux..
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- TRAITÉ
- CHAPITRE VI.
- JD es proportions & profils a donner aux digues fuivant les différents cas,
- (Quoique le lavant ouvrage de M. M. Bojfut 6c Viallet, foit fondé fur une très bonne théorie, j’ajouterai que la pratique m’a fait rencontrer bien des cas qui obligent à s’écarter des réglés de la théorie, telle eft par exemple, la différence des terrains dont on conftruit les digues par rapport à leurs qualités, les uns étant condenfës, les autres légers ôc quelquefois fpongieux, ou même arides comme le fable, le fablon ou le gravier qui facilitent les filtrations. On doit avoir égard à cette diverfîté de terrains, ôc pour renforcer les digues fuivant qu’il fera néceffaire, ne point
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- JO E S DIGUES»
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- épargner dabord quelques dépenfès qui furpaflèroient les réglés prefcrites par la théorie, parce que ce moyen dilpenferoit de répéter fouvent les premières dépenfès, & par là même' fèroit une véritable épargne. .
- J’établis à la figure 6, un principe général pour* tous les profils des digues qui feront conftruitcs de terre forte & compa&e,; à l’egard de celles qui ne pourront être faites que de terrains foibles & douteux, nous donnerons cy-après la proportion qui leur eft néceflàire.
- Pour démontrer ce principe par une progreffion géométrique, je dé-* cris un parallélogramme reéèangle A B C D, dont le grand côté A B eft la ligne qui fert de baze à l’endofiè-ment vers le fleuve, de dont le côte
- C 4,
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- TRAITÉ
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- B C efl égal à E B qui eftle tiers de la baze de l’endoflèment & la hauteur déterminée pour la crête de la digue. J’établis la fuperficie dudit parallélogramme , comme devant être la même qiie le trapeze E F B H, en don-, nant à la crête de la digue de E en F le double de fa hauteur E B ; & à l’en-doflèment vers les prairies le double, de F G en G H. Il eft fûr que la pefanteur de l’eau peut produire un. double effet, lavoir par fa pefanteur {Spécifique, ôc par fa tendance à faire gliffer ou à écarter la digue à tel point que ce puifîè être de fa hauteur parallèlement à fa baze, en cherchant à la faire ébouler du côté des prairies; c’eft pourquoi la pefanteur du pied cube d’eau étant de 7 o livres, ôc là moyenne proportionnelle du pied cube
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- DES DIGUES. 41
- de terre, de 1 o o livres, on trouvera que la terre renfermée dans le trapezç E B F H oppofe au poids de l’eau contenue dans le triangle A EI , une réfiftancede 2 & J-: je lailîe le triangle AEB pour recevoir les premières im-prelïions que les filtrations peuvent faire jusqu’à ce point B., qui eft lé fommet de ce triangle.
- CHAPITRE VIL De la çonjlruclion des digues par rapport aux. différentes qualités de terrain.
- Les bords ou environs des rivières fournirent diverfès qualités de terrain, tels que la glaife, le tuf, la terre franche & compacte, le fable, le fablon, le gravier, les terrains
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- tourbeux & fpongieux. Ces trois dernieres efpeces fur tout font les plus mauvaifes, parce que ne pouvant point fe condenfor, elles laiflènt des vuides entre deux; auili faut-il bien fe garder de les employer pour les digues.
- Nous parlerons dabord des bonnes qualités de terrain, & nous montrerons lequel eft fortout propre à la eonftruétion des digues d’après le profil de la figure 6. Le meilleur de tous les terrains après la glaife eft la terre franche, laquelle étant forte & compare fe condenfe aifément par fbn onduofité. Lorsqu’on laiftè un intervalle entre les digues & le lit de la rivière , on ne doit cependant prendre la terre qu’à la diftance d’une verge ou de deux toiles du pied de l’endof-fement, pour ne point altérer la baze
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- de la digpe qui-ne manquerait pas d’être aiïbiblie fi l’on fouilloit fi proche d’elle. Mais lorsqu’on fe trouve obligé d’avoir recours aux terres du côté des prairies, il ne les faut entamer qu’à 4 à 5 verges ou 8 à i o toi-fes de diftance du pied de l’endofie-ment vers ce côté qu’on oppofe à la pouffée des hautes eaux.
- Pour commencer la baze d’une, digue, il faut piocher le terrain fiir lequel on l’alîïed environ à un pied de profondeur, pour que la terre qu’on y va rapporter puifiè mieux le marier avec l’ancienne. En chargeant cette partie , il faut à mefure qu’elle s’élève de pied en pied jufqu’à fa crête, la battre avec des battes (*) afin d’ôbli-
- (*) Cè font des billots forts courts & garnis d’un manche de 3. pieds & demi de long.
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- ger ces terres à s’aflèoir & ^fe comprimer entr’eîles. Il ferait même à propos de les humeéfcer un peu, fi elles fè troüvoient trop fêches, par ce moyen elles fe condenferoient mieux; Il faut fiirtout avoir foin qu’il ne fe trouve ni bois ni pierres mêlés avec la terre, parce que ces matières laiiïant des vuides, pourroient favorifer les filtrations; nous en parlerons plus au long dans un des chapitres fuivants de cet ouvrage.
- Revenons aux profils des digues conftruitcs de bonne terre. Les profils 7, 8, i o, 11 & i feront voir qu’il eft néccflàire de donner à la largeur de la crête de la digue, le double de fa .hauteur ; que f endoflè-ment vers le fleuve doit être un triangle reéfcangle dont labaze foit le triple
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- de la hauteur du fommet par rapport an petit côté, & que l’endofîèmenç vers les prairies doit être un triangle rectangle dont la baze loit le double de fa hauteur. On donne ordinairement.aux batardeaux qui fervent aux épùifèments, la meme épaifîeur que la hauteur de -l’eau qu’ils ont à foute-nir, & on les confirait fouvent de pilotis & de planches quoiqu’ils ne doivent pas fubfifler longtems, ôc qu’on les détruite aufîirôt que les ouvrages font faits. C’eft à bien plus forte raifon qu’il faut afTurer la folidité
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- des digues qui doivent être faites à perpétuité, ôc leur donner cette proportion , bien entendu qu’elle ne fera appliquée que dans les parties où les digues né formeront point de finuofi-tés fenfibles, ôc où par confequent
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- les eaux auront un libre cours. Mais lorsqu’on eft forcé de céder aux finuo-fités du fleuve, il faut confondre des banquettes vers les prairies, pour donner aux digues la force de réfifter au choc & au poids des grandes eaux. 31 feroit très difficile de rapporter ici rous les effets qui réfultent des différentes ouvertures d’angles qui peuvent lè rencontrer, car leur nombre s’étend à l’infini ; je laiflè ce foin à ceux qui par leurs réflexions & leurs lumières dirigeront de pareils travaux, & voudront bien s’approcher des principes que nous etabliflons aux profils 13, 14, 1 5, 16, ij & ig* Je me contenterai d’indiquer que les endroits qui requerront plus de force en banquettes vers les prairies, feront amenés, de loin tant d’amont que d’a-
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- des digues.
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- val, pour rejoindre le profil général de la digue, afin que celle - cy foie doutant mieux garantie des effets que produiraient fiir elle le choc des eaux courantes. Enfin s’il fo trouvoit des cas abfolus où un angle rentrant ou làillant feroit inévitable, il vaudrait toujours mieux dé faire la crête de la digue 3 jufqu’à 4. fois plus large qu’elle n’eft haute, & d’y obferver les mêmes banquettes vers les prairies. Cette proportion de 3 julqu’à 4 fois eft arbitraire, fiiivant que le jugeront à propos ceux qui dirigent ces fortes d’ouvrages, . & par rapport aux obliquités & ouvertures d’angles que forment les courants fur les digues. Il le trouve aulli quelquefois que les prairies par l’inégalité du terrain laifi-fent plus de, hauteur aux digues de
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- leur côté, que du côté du fleuve. On doit en ce cas donner- au profll de la digue de larges banquettes vers les prairies, & continuer la ligne du profil de rendoflèment auquel on donnera toujours lé double de fa hauteur pour baze, jufqu’à ce qu’elle rencontre par ce prolongement les terres des prairies. C’eft par ce moyen que la digue reçoit plus de force contre la charge de l’eau qui efl fort élevée, au deflùs des prairies; on verra l’exemple de ce que j’avance aux profils i.p, ao, ii, n & x3, qui fuffifent pour déterminer les proportions analogues & pour indiquer le plus ou moins de force à donner fui-vant les différentes hauteurs. Lorsqu’on efl: obligé d’établir une baze de digue à travers une riviere que l’on a
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- . détournée, on doit avoir foin de donner à cette digue plus de largeur qu’elle n’en a d’ordinaire , en proportion de fa hauteur, &ilyaura en ce cas beaucoup de précautions à prendre,
- parce que les eaux du fleuve coulé-
- ront perpétuellement à baflès eaux tout le long de la digue. U conviendra donc d’avoir égard à ce que l’eau occupant toujours une certaine hauteur de l’endoiTement, & venant à croître, péfèra infiniment for la baze de ia digue , & fera tant d’efforts pour la pouffer qu’elle parviendra à la faire gliffer for fà baze, comme il efl; déjà arrivé, & dans ces cas l’aéfcivité des forveillants' a été d’un grand fècours, en ce qu’ayant promtement remédié aux ruptures qui fe fôrmoient vers les deux bouts de la digue, ils ont eu
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- • •
- fbinde la renforcer par derrière avec beaucoup de vigilance. Mais pour fe garantir de ces accidents prefque toujours fubits , il eft bon de les pré*-venir dans leur origine, c’eft à dire, de faire les digues fi fortes qu’on puifîe être en repos de ce côté-là. Les figures 24, 25 & 2 6y défigneni: les proportions qu’il convient de don-?* ner aux profils de ces fortes de : digues, lesquels font établis fur trois hauteurs différentes prifes du fond de :1a rivière qui paftbit où elle eft fùp-.pofée interrompue & détournée;* je ;croi ces trois profils fuffifànts pour faire fentir -, qu’il faut en pareil cas donner deux fois & demie la hauteur totale de la digue,, à la largeur de fon iommet, ou de fa crête. Le furplus tant pour les endoffements que pour
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- lës banquettes, y eft allèz fenfiblepâr rapport à la hauteur' d’eau que la di-gue doit foutenir» Ges profils pour** ront donc fervir de proportions aux différentes hauteurs qu’on rencontrera* & qu’on pourra comparer avec eux. Il en eft de même des* folles ou lacs qui peuvent le rencontrer dans les prairies à proximité & au pied des digues foit déjà exiftentes ôc anciennes, Ibit feulement projettées,* lesquelles paflèroient en partie fiir ces lacs. On doit après avoir établi les hauteurs ôc épaifleurs d’une digue, par rapport au terrain vers le fleuve , on doit, dis - je, former vers les prairies des banquettes ôc taluts dont la baze foit le double de la hauteur prolongée, jusqu’à ce qu’elle ait atteint le fond de ces folles où lacs. B vaut mieux
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- former l’endollement de pure terre, que d’y fuppléer par des fafcinages qui ne s’unifient jamais bien, ôc ne donnent point à la baze dé la digue allez de force, pour empêcher les filtrations de l’eau, qui venant à gagner le fafcinage, s’y introduit aifément ôc s’accroît peu à peu,. de forte qu’elle parvient bientôt à créver ôc à emporter la digue. La figure 17, reprélèn-te une digue élevée fur un fond de lac, ôc loutenue de fàlcinage; ôc la figure z$, fait voir la même digue appuyée d’un endofièment de terre depuis la crête de la banquette jusqu’au fond du lac, ce qui augmente, inconteftablement la force de la baze. On m’alléguera peut-être, que ce lac ou marais aura allez de fuperficie, ppurque le vent en agitant les eaux,
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- Colt capable de dégrader la banquette ou.Fendoflèment ; je répondrai, que lorsqu’on s’appercevra de ces effets, il fera aifé d’y remédier par un petit fafcinage de trois pieds de haut,, dont les piquets, par le poids des terres dont on le charge r s’enfonceront d’eux-tnêmes dans l’endoflèment ; cette opération fera fuffifante pour une eau-dormante, qui d’ordinaire n’a plus d’agitation au defious de trois pieds,: de par confëquent elle rompra les lames d’eau, que le vent pourroit y conduire.
- A l’égard des digues faites, de terrain fablonneux au défaut d’un meilleur , il faut leur donner plus d’épaif-feur à la crête, parce que fi les grains de fable s’uniffent d’ailleurs affez bien par leur aridité, cependant ils n’ont
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- pâsTon&uofité de la terre, & comme ils favorifent plus les filtrations des eaux, il faut leur oppolèr plus d’é-* paiflèur. Quant aux endofïèments 8c aux banquettes, ils doivent être faits füivant les proportions du profil 2 85 feulement on obfçrvera de donner à la crête de la digue trois fois fa hau^ teur en largeur,
- Pour ce qui eft des terrains tour-^ beux & fpongieux, tels qu’il s’en rencontre dans les endroits qui depuis plufieiirs années ont été expofés aux inondations, Q lesquelles changent quelquefois la nature du fol 8c le ren-* dent tourbeux ou fpongieux), on doit le plus qu’il fera pofiible, éviter de les employer dans la conftruélion des digues expofëes à des courants continuels, parce que ce terrain pri-*
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- vé dé fèl, efl devenu léger, & par là même les courants venant fe choquer contre lui,: pourraient aifément le dégrader & peut-être bien .l’entrai-ner avec eux. Ajoutez encore que comme ces terres ne peuvent fe con-denfer, elles laifîènt aux eaux la facilité de filtrer,. ôc demandent par con-féquent beaucoup de foin, pour prévenir les accidents que ne manqueraient pas de produire des digues; trop foibles pour réfifter aux hautes ; eaux. Mais fi on fe voyoit indifpen-fàblement obligé d’employer de pareil terrain, il ferait bon de donner à la digue qu’on en formerait, la proportion de trois fois fa hauteur pour la largeur de la crête, aux endroits où le fleuve fera fans finuofités, de de la rendre plus forte aux angles faillants
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- ôç rentrants, comme il a déjà été dit. Le furplus en banquettes ôç endoiïe-r ments fera exécuté fuivant îes pro-portions portées aux profils,
- Bell auffi de bonne précaution,. çFobferver dans l’étendue des digues, des elpeces de bâftions vers les prai-ries, à quelques diftances l’un de l’autre , pour y recevoir des cavaliers dé des amas de terre qui ferviront à réparer ou boucher des ruptures, d’où peuvent provenir des inondations qui ^ouvrent quelquefois toutes les terres des prairies. Ces fortes de bâftions doivent être faits aux endroits où il y a des fontis, ils en fortifieront d’autant plus les digues dans ces parties, & ne feront point de tort au partage des terrains.
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- CHAPITRE VIIL
- Des contre-fojfés derrière les digues.
- Il eft dangereux de faire les contre-fofles trop près du pied de l’endofïè-*. ment des digues vers les prairies, parce que cela diminue fk force fur là baze où eft toute fa réïiftance ; cependant on s’y trouve quelquefois obligé, lorsque les digues ont été conftruites de terrains douteux & qui favorilent les filtrations. Ces contre-foftes font très utiles pour recevoir les eaux des prairies qui confervent quelquefois trop d’humidité r & qu’on defieche aifément par le moyen de ces canaux qui conduifènt les eaux à quelques lacs, lorsqu’elles., ne font pas pompées par l’air. Il faut que ces Contre - fofles foient formés à deux
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- 58 TRAITÉ''
- verges ou f quatre toifes. du pied dç rendoflèment: on leur donne ordi-nairement flx jufqu’à neuf pieds de
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- large, de trois à quatre pieds de profondeur.
- CHAPITRE IX.
- JDes matières nuijibles & contraires à la conflruclion des digues.
- Il n’y a rien de plus dangereux que de laiflèr du bois dans le terrain qui fer-vira à conftruire des digues, parce que venant à pourrir en terre, il laifîè par la fuite du tems, des vuides qui permettent à l’eau de s’y introduire; car celle-cy cherchant les endroits foibles de vuides , de étant poùflee par le poids du fleuve, fe fera immanquablement un chemin dç occafionnera des ruptures.
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- DES DIGUES* 5<j
- / ...
- Ôn doit donc avoir foin de déraciner totalement les arbres qui peuvent le rencontrer dans remplacement des digues projettées, de remplir ces trous de terre bien battue qui le réunifie ai-lement avec le terrain de Ja prairie.
- Les pierres font auffi nuifibles que le bois, parce que leur aridité né leur permet pas de le marier avec les terres, & qu’en s’arrangeant les unes près des autres, il relie toujours quelque vuide entr’elles, ce qui favorilè les filtrations» On voit donc par ce chapitre, qu’en général il faut que la terre dont on forme les digues, foit purgée dç toute fpatiçrç étrangère,
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- traité
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- CHAPITRE X.
- De la confervation des digiies & des moyens de Us préferver contre Us glaces.
- Lorsque le pays fournit de gros cail-loux ou des pierres détachées des montagnes voifines, il eft bon d’en faire un lit fur l’end oflem en t vers le fleuve ; ce lit garantira toujours les digues contre le frottement de l’eau, qui par fon mouvement continuel contribue à les afFoiblir, Il eft vrai que ces cailloux recevant les premiers chocs, n’empêchent pas l’eau de percer jusqu’à l’endolTement, mais ils. en amortifîènt la force çonfidérablement; & par conféquent cette eau devenue prefque dormante, ne s’agite plus avec la même vélocité, car le premier choc
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- P £ S D I GU £ Sé 61
- fê brife contre la fuperficie de Ce lit de cailloux. Ce moyen garantira aufli les digues contre les glaces que le courant pourroit y charrier * & qui par leur angularité les endommage-roient beaucoup tant à l’endofïement qu’à la crête, lorsque celle-cy n’eft pas de hauteur lüffilànte pour y commander ; c’eft ce que l’expérience m’a fait voir plus d’une fois.
- On doit encore en conftruilànt des digues, faire des plantations de faules au pied de leurs endofîèments, en obfervant une allée de n à i $ pieds de large, dont la première rangée fbit au moins à 3 pieds de la baze de l’endofïement vers le fleuve. O11 retire un double avantage de cette plantation : . 10 en ce que les branches que les arbres pouffent, fervent tou-
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- jours débris aux digues , & qü’elleà reçoivent les premiers chocs des gla-* çons qui quelquefois même s’attachent après elles; %° c’eft de ces branches qu’on forme les fafcinages & les fauchions qui entrent dans les divers ouvrages qu’on fait fin* les fleuves*
- Lorsqu’on efl obligé d’employer des fafcinages pour garantir les digues du côté, d’iin fleuve, il eft efîentiel que ces fafcinages foient faits de bois de boutures comme le faule, parce que les branches de ces fortes d’arbres prenant racine dans les fafcinages, les fortifient ôc fie confolident avec eux, de forte que l’un & l’autre poufîànt enfemble leurs branches, s’oppofènt d’autant plus aux chocs des glaçons.
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- DES DIGUES. 6 3
- On doit auffi planter des Taules du côté des prairies, pour les ouvrages qu’il y a à faire le long des rivières j & on obfervera que le premier rang d’arbres foit, comme du côté du fleuve, à trois pieds de la baze de l’endoflèment, pour né point l’endommager.
- CHAPITRE XL
- Dés accidents qui arrivent aux digues^ & des moyens de les prévenir.
- Il cft naturel de croire que l’eau filtrera à travers les digues, aux endroits où elles font le plus afFoiblies fbit par la nature du terrain, foit par la négligence de l’entretien des endof-fements. On s’apperçoit que : i’eau veut filtrer, lorsqu’on découvre quel-
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- TRAITÉ
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- ques endroits humides vers les prairies. Ces humidités que produit le fleuve, forment peu à peu des fburces d’eau, qui fe frayant un chemin à travers les digues, grofîifîènt d’iiiftant en inftant, & parviennent bientôt à ouvrir une brèche. Ce n’eft pas tout, la violence du torrent emporte fou-vent une telle longueur de digue, qu’il n’en refie alors plus rien que les deux extrémités lesquelles étant foutenües par leur denficé, lui font encore quel-que réfîflance, en lui déterminant Ion pàfïàge : c’efl alors que le fleuve prenant un cours par cette brèche, inonde toutes les terres qu’on croyoit bien à-fabris des eaux. Si donc il fè fait une rupture à l’amont du fleuve, il en réfultera fans doute de très grands défafères, mais fi elle fe forme à l’aval,
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- les inondations remonteront toujours* de couvriront le pays derrière les di-gués jufqu’au niveau de l’eau, àl’en-droit où la brèche s’eft formée, ca-r taftrophes toujours déplorables dans l’un ou l’autre cas ! Le chapitre .14, traitera de ces ruptures de des moyens d’y remédier.
- On a encore à craindre les dégâts que font les taupes dans les digues^ de furtout dans leurs endolîèments; elles fouillent en lèrpentant dans la terre, de facilitent à l’eau les moyens de filtrer à travers les digues. Pour les détruire, il faudra d’abord chercher leurs trous de y introduire dans la partie la plus baflè, du fbuphre auquel on mettra le feu. Enfiiite on bouchera le trou qu’on avoir-fait pour y introduire du foupllre, mais on le
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- $6 TRAITÉ
- bouchera de force que le feü ne foiè point, étouffé,- afin que la vapeur puifîe fbrépandre dans tout l’intérieur du terrier, & tuer la taupe, en quelque endroit qu’elle fe foit retirée»
- / II.y a encore un autre moyen pour prendre les taupes avec adreflè: en guêtant leur travail fouterrâin, on peut s’appercevôir de l’endroit où elles foulevent la terre; & lorsqu’on la * *
- voit remuer jufqu’à faire croire que l’a* nimal n’eftpas loin de la foperficie, on enfonce la main dans le terrier & on enleve la taupe for la terre avec beaucoup de précipitation ; par ce moyen elle ne fournit échaper» J’ai vu dans le parc de Bruxelles, un homme qui fô
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- fervoit de cette méthode par le moyen. de laquelle il attràpoit 3 o juf» qu’à 40 taupes par jours, afin d’en
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- -tirer le fang qu’ilvendoit difoit-il aux .apoticaires. Enfin foie de cette façon ou de telle autre, les Maîtres & Inspecteurs des digues, qui font ordinairement jurés, feront tenus de les détruire , & pour les y engager, il faudrait leur accorder une petite fomnie pour chaque tête de taupe qu’ils pre-fenteroient, de qu’ils auroient détruite dans les digues.
- J’ai auifi rencontré une fi grande affluence de fouris, qu’elles défoloient des contrées entières. Ces animaux fentanc que la terre, devient humide tant par les pluies que par les accroif-fements des rivières, quittent leurs logements Souterrains, & fe retirent dans des endroits, plus élevés tels que les endofTements des digues, où ils le creufent de nouveaux lôgemehtSj non
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- fans faire beaucoup de dégâts qui menacent les digues; tout .en ferpentanc, ils font des faignées qui laifîènt des intervalles foibles entr’elles, & donnent lieu aux eaux de fè faire un pacage par l’altération de la digue/ Pour obvier à ce.fléau, les Infpecteurs & Maîtres des digues, auront foin d’y ayoir alors des amas de fumier, &
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- porteront un œil attentif fur les endroits où l’eau voudroit fè faire un che-
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- min, afin de les boucher, & les charger de terre, comme il eft dit cy-defliis; car fans cela ces voies s’élargiroient, de produirdient à la fin des ruptures.
- Les digues ont encore un autre ennemi, c’eft le rat d’eau, mais il n’eft pas fi dangereux que les autres, en ce qu’il ne çreufè pas fès terriers aufîi profondément. Cependant ces ani-
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- maux étant amphibies, Sc fe perpétuant à l’infini, il n’y a pas moyen de les détruire, & il faut attendre qu’ils fe foient retirés avec les eaux pour remédier à leurs dégâts, en re-chargeaut de terre bien battue, les creux de leurs terriers.
- Pour parer Sc obvier aux ruptures des digues, les Infpeéfceurs, Capitaines Sc Maîtres des digues, doivent redoubler leurs foins, principalement dans les faifons des grandes eaux, en vifitant fréquemment leurs départements , Sc auffi - tôt qu’ils s’apperce-vront de quelques humidités ou filtra-; rions, ils doivent y remédier avec du fumier bien battu, forré Sc chargé de terre à la hauteur de cinq à fix pieds, pour oppofer une réfiftance aux nouveaux progrès caufés par l’eau ; enfiiite
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- ils conduiront ùfte banquette & tin endoflèment par deflus la banquette Ordinaire, ôc les feront rejoindre avec rancien endoflèment. Par ce moyen on retardera les ruptures des digues, jufqu’à la fàifbn fiiivante, où les eaux étant baillées, on pourra parconféquent rompre la partie endommagée, en commençant du côté des prairies* Ayant ainfi trouvé le chemin que l’eau avoit pris, on le remplira de bonne terre bien battue, ôc qui fè marie avec l’ancien terrain; fans quoi li on n’ap-pprtoit ceremede à cette partie filtrée; il eft évident qu’elle n’auroit plus aflèz de force contre le poids de l’eau, Ôc que les années fuivantes la contredis gue étant altérée, l’eau s’y introduis roit de nouveau, ôc y pourfuivroit fon chemin.
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- Voici encore un cas qui tend à la deftru&ion des digues: fou vent les payfans abandonnent leurs beftiaux dans les pâturages qui font près des digues; & alors, les vaches fortout; voulant aller s’abbreuver, quittent les prairies, paflènt par defliis les endofo fements, & defoendant aü fleuve, font des dégâts confidérables tant d’un côté , que de l’autre de à la crête, .par la pefànteur de leurs corps ; les pas lourds qu’elles impriment, éboulent les digues même fraichement réparées. Il faut donc que le Souverain enjoi* gneaux payfans, de faire des hayes, ou des paliflàdes au pied des endoffo-ments du côté des prairies, en obfçr-vant un pafïàge feulement pour les be£-tiaux, lequel fora aufîi paliflàdé: vers les deux endoffoments, ainfi qu’à la
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- créte; & s’il efl prouvé que lès bef-tiaux n’ayent pas d’autres abbreuvoirs que la riviere, ees payfans feront tenus de réparer, en cas de befbin, cette partie où leur bétail aura pafie.
- Il eft auflî contraire à la conferva-tion des digues, de fbufïrir que les chevaux & les voitures y pafîènt, .à moins qu’il n’y ait pas d’autre chemin déterminé pour aller d’un lieu à l’autre: auquel cas la partie qui sert de chemin doit être pavée, ainfi que les rampes pour monter & defccndre, afin que le fréquent pafïàge des voi-; tures n’endommage point la digue, qu’on aura foin de garnir d’une barrière aux endroits où les voitures ni les chevaux ne doivent pas paflèn L’Infpeéteur ou le Capitaine gardera la clef de ces barrières, & ne les ou-
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- vrira que dans lé tems des viiîtes, ou des travaux qui obligent les voitures d’y palier.
- CHAPITRE XH.
- Di la maniéré de çonftruire les f afcinés ^ piquets & faiicijfohs qui fervent aux épis ou fafcinages, & de F ordre qiiil faut tenir pour les employer & lés bien placer.
- Comme les chapitres lùivants vont traiter des ruptures des digues, 6c qu’il y fera parlé de fafcinages, il eft bon d’inftruire dabord le le&eur de la maniéré dont, on doit difpofer les matériaux à cet ulàge. Je croi qu’il nç fera point hors de propos de m’ap-piiyer ici fur les principes tirés du fa-vant ouvrage de M. Bélidor, en tant
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- que j’ai reconnu que fès principes font fondés for la bonne & faine pratique.
- Cet illuftre auteur dit: „les fafci-„nes qu’on employé pour-la conflru-" „éfion des épis, ont environ onze „ pieds de longueur for trente pouces „de tour, meforées près de la tête „qui doit être coupée droite, leurs „ brins d’un bois de fix à fèpt ans de „coupe, bien ferrés de liés par trois „hares; ia première éloignée d’un „pied de leur tête, la féconde de trois „ pieds, 6c la troifïeme de fix, -afin „ qu’il refte au moins quatre pieds de „ queue qui ne foit point liée. Les-„ piquets ont environ cinq pieds de „ longueur, 6c fix à fèpt pouces de „pourtour au gros bout: ils doivent „ être ronds, bien affilés, 6c le plus „ droits qu’on pourra les avoir”.
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- . Je fois ici de l’avis de M. Bélidori parce que les piquets fendus & quartés, font fujets par leurs angles à couper les liens des fauciffons , en lestra-verfant, Sc parconféquent ils nui-fentàla folidité de l’ouvrage.
- Quoique ce favant auteur dans fbh chapitre des épis, page 30 6, employé toujours les clayons (*) cependant! la -pratique m’a fait préférer l’ufage des fauchions, (que je décrirai cy-, après) en ce que les clayons, qui font compofés de longues perches qu’on entrelace à la hauteur de fix à fepe pouces autour des piquets lorfqu’ils font pofés, n’étant point liés enfem-ble & ne fefant que fè craifor l’un for
- (*) Ce font de longues perches de hêtre ou de quelqu’auere bois flexible & bien liant. *
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- fautre, ne peuvent point être aufli élaftiques que les fauciflons, & parcon-féquent laifTent des vuides entre les couches de fafcines & de terre, qu’on nomme tunes , principalement lors qu’on les a recouvertes de terre au défaut de gravier , parce que l’eau venant à laver cette terre creufèra dés interfaces entre elles. Les fàucifïons étant plus élaftiques & prêtant mieux à la charge de tout le fafcinage, ne font pas fi fujets aux vuides: feulement on aura foin d’obfèrver en plantant les piquets, de les placer dans le milieu d’un intervalle entre deux des liens du faucifîbn, pour ne les point forcer à fè rompre. On enfonce ces piquets avec des malles de bois emmanchées de trois pieds de long, & on les frappe àmefure que les tunes s’affais
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- lent, julqu’a ce que les têtes de ces piquets ne furpaflent plus que d’un pouce & demi.
- Les fauchions doivent être faits de brins de bois de làule, de charme, ou de hêtre, *bien flexibles, & raf-femblés en bottes jufqu’à la groflèur de douze? à quinze pouces, de tour; on lie ces bottes en chevauchant les brins lur des chevalets de piquets en croix, pour leur lèrvir de foutiens, de on en fait par ce moyen des corps de cinquante à foixante pieds de long, en les liant avëc des brins de jeune ozier bien flexibles, pôles à la diltance de huit à dix pouces l’un de l’autre, de le plus ferrés que poflible. Cette longueur de cinquante à foixante pieds leur efl: nëcefîaire, parce que plus ils iont longs de mieux ils aiFermiflènt les
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- épis ou fafoignages; mais foppofë qu’ils füiîènt trop longs, il eft aifé de les couper avec une hache, à telle longueur qu’il fora néceflaire.
- Comme ce chapitre roule principalement for les matériaux, voyons de quelle façon M* Bélidor les employé, en renvoyant le loéteur au chapitre ï 3, de cet ouvrage pour Fur ftruire des cas où les épis font nécef-faires, àinfi que de leurs ouvertures d’angles. Voyons dabord comment M> Bélidor définit une tune» Ç*) . S,
- „Ce terme, dit-il, defigne. un # couchis de fafeines, traverfé de plu* ^fleurs rangées de piquets Sc.de fau-j, ciflbns, le tout diargé d’un lit de.. „gravier de fîx à fopt pouces,,de
- ^hauteur.
- 4 Bélidor. Tom.'IÏ. Part; •afpâg» %64>
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- & ES DIGUES, y J
- „ h fuppofe qu’après avoir fait des j, amas de fafcines, fhucifîbns, pi-„ quets & gravier , il eft queftion de 5,conftruire un épi le long d’une rive;
- qu’bavant. que d’entamer l’ouvra-*,ge, on s’eft pourvu d’un homme entendu dans la maniéré de pdler les „ fafcinfes. Alors le tems de plus bafïès.
- eaux étant arrivé, on commencera „ à fonder la profondeur qui régné fur „ toute la longueur de l’épi qu’on veut „ établir: ce qui fèrvira à régler à peu „près la largeur de fa fondation, qui „ doit être au moins d’une fois de de-j, mie fa hauteur ; c’eft à dire que s’il „ fè trouve vingt pieds de profondeur ,> d’eau > on en donnera trente de largeur à la fondation* On ne doit „ guères s’écarter de cette réglé, quand on veut faire un ouvrage folide y ex-
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- 5, cepté à la tète d’une isle, où il faut „avancer d’avantage a l’eau, pour „donner plus de force à l’épi, ou „ quand on veut barrer le bras d’un „ fleuve; auquel cas on (donne le „ double de la hauteur ôc quelque „fois plus, pour proportionner la for-„ce de l’ouvrage au poids ôc au choc „ de l’eau : ou encore quand le rivage „fe trouve efcarpé, ôc prefque à plomb. „Au relie, on ne péchera point en „ donnant beaucoup de largeur à cet-„ te fondation, parce que les retrai-„ tes d’un pied, qu’on fait à chaque tu-„ ne, emportent conlidérablement de „ cette épaifîeur, Ôc il arriveroit li on ,ven donnoit moins qu’il n’en faut, „ que quand l’épi fer oit parvenu à Ion ^couronnement, il le trouveroit pref-,-,que réduit à rien. D’ailleurs les in-
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- „ cidents qui furviennent quelque fois „ par les débordements qui obligent à „ faire de nouvelles fondations fur les ,, anciennes, doivent engager à prendre cette précaution pour pouvoir „ ménager une retraite fur cçs derrières, comme je le dirai dans la „ fuite. Ainli c’eft en prévoyant toutes „ ces difficultés qu’on doit le régler.”
- „La longueur & la largeur étant „ déterminées, auffi bien que l’alli-„ gnement qu’on veut donner à l’épi, „on travaillera à fbn enracinement „ qui en eft comme la culée ; il con-„ lifte en un certain nombre de tunes „que l’on conftruit à fa nailîànce, „ c’eft à dire, à l’endroit où il doit „ commencer à entrer dans l’eau, & „ qu’on poulie de biais dans la terre, „ jufqu’à une diftance proportionnée
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- „ au poids de l’épi, à là longueur ôi „ à la rapidité de l’eau ; obfervant de ,,le commencer toujours dans la partie „ fupérieure, ” (c’eft à dire d’amont.) „ Cet enracinement doit le faire & fe „pouâèr dans les terres, formant „ avec 'la rive un angle d’environ qua-„rante cinq degrés, afin qu’il refte „ allez de terrain pour empêcher que „ l’eau ne l’attaque. Je fuppofe au „furplus que ce même terrain a été „ trouvé bon , & qu’il n’eft queftion „ que de garantir la partie de la rive.”
- „Pour faire cet enracinement, on j, commencera par déblayer les terres ?,fuf toute la longueur & la largeur vqu’on lui aura déterminées, en les „ fouillant auffi bas que la tranlpira-„tion des eaux le permettra; on aura „foin de les mettre de c6té, pour être
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- ^employées à couvrir l’épi quand ii j, fera dans fa perfection*”
- „ Si l’épi qu’oif doit conflruire fe b trouve dans une fituation à fatiguer beaucoup , comme il arrive quand il reçoit la chûte d’un courant, ou „ qu’il fert à barrer un bras çonfidéra-,,ble, il faut lui donner jufqu’à douze „ toifes ou fix verges, s’il fe peut, de ,, longueur d’enracinement; mais s’il ,,n’eft deftiné qu’à garantir le bord „d’un fleuve, de qu’il n’ait pas beau-„ coup à fouffrir de fon impreflion, il j, fuffit de l’enraciner de fix à fèpt tùi-„fes ou de 3 verges à 3 verges & demi* „En cela le terrain fur lequel on tra-„ vaille doit fervir.de guide : c’efl: à Celui qui eft chargé de l’ouvrage, de ju-,jger fainement de ce qu’il convient d’augmenter ou de diminuer de l’en-
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- „ caiflèment ( à proportion de la vio-„ lence des eaux à combattre, ) ainlï „que de la longueur & de la hauteur „ qu’on donnera à l’épi, dont le fbm-„ met doit être de quatre à cinq pieds „ au defîus des eaux ordinaires.”
- „ Les terres de l’enracinement étant „ excavées, on choifira les fafcines „Jes plus féches pour les mettre à „part, afin de s’en fervir à la fonda-„tion de l’épi, après quoi on com-„mencera par en faire un couchis, „ dont on appuyera la tête contre le ,, terrain du bout où commence l’ex-„ cavation ; on ferrera ces fafcines les „unes contre-les autres, afin qu’il ne „refte point de vuiçies entr’elles 8c ,, que le terrain en foie tout couvert. „Sur ce premier couchis, on en po-, „ fera deux autres fèmblables, difpo-
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- , fés de maniéré que les fécondes faf-„ cines recouvrent bien les joints des „ premières, de les troifîemes ceux „des fécondes. Enfiiite on plantera „à plomb & d’allignement un rang de piquets éloignés d’un pied de la „ tête des fafeines, & diftants entr’eux „ de quinze à dix huit pouces ; ori en „ plantera un fécond rang à deux pieds „du premier, un troifieme à deux „ pieds du fécond, ôc un quatrième à „ deux pieds du troifieme ; obférvant „ toujours de laiffer trois ou quatre „ pieds de la queue des fafeines fans „être piquetés, ôc de n’enfoncer „ d’abord les piquets qu’autant qu’il „ faudra pour foutenir le travail des „ faucifîbns.”
- Pour bien drefîér les rangs des piquets, on commencera par couper
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- des fauciflbns, de forte que leurs longueurs foient égales à la largeur de la fouille de l’enracinement, & on les pofèra en ligne droite à diftances, l’un de l’autre, fuivant qu’il vient d’être dit, de forte qu’il n’y ait point de, piquets vis à vis les uns des autres, de qu’ils foient rangés en échiquier, pour que toutes les fafcines fe trouvent être, lardées. Ces piquets doivent être enfoncés au travers des fauciflbns, de dans les intervalles des liens, fans en être trop proches, dans la crainte de les rompre,
- „Qn battra les fauciflbns pour les ,, ferrer aufli bien que les fafcines; ensuite on achèvera d’enfoncer les pi-„ quets jusqu’à ce que leur tête ne dé-,, borde plus que d’un pouce & demi, ,, après quoi on garnira les interval-
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- 5, les de tous les fauciflons avec de „ gros gravier ou de la terre, à fon dé-„ faut. On n’oubliera point de les „ battre à plufieurs reprifcs, parce „ qu’il arrive prefque toujours que les „ fafcines fléchiflènt fous la pefanteur „ du gravier dont elles font chargées, „ & qu’elle laiflènt un jour entr’elles & ,, les fauciflons, qu’il faut réparer for le „ champ, pour que l’ouvrage foit folide.
- „La feconde couche s’exécute dif— „ féremment, quant à la dilpofltion „ des fafcines, mais elle eft en tout „ femblable à la première, pour ce qui „ regarde l’arrangement des piquets, „ des fauciflons & du gravier. Pour „ la conftruire, on mettra les fafcines „à plomb la tête en bas, & après les . „ avoir piquées dans la queue de celles „de deflous, à un pied ou un pied &
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- „ demi au plus du dernier faucilîbn de „ la première couche ; on pratique la „ même choie pour le troifieme cou-„chis qu’on pofe fur le fécond, c’eft „ à dire, que l’on avance la tête des fafeines de ce nouveau couchis con-
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- „tre le troifieme fàucifîon, & qu’a-„près les avoir bien ferrées & ajuftées „pour ne laifïér aucun vuide entr’el-* „les, on pofe les fkucifïbns, on pi-„quete, & charge de gravier cette „nouvelle couche, qui eft la féconde „ de la fondation. On réitère la mê-„me manœuvre à toutes les autres „ qu’il faudra faire pour arriver jusqu’à „ l’eau ; & alors toutes enfémble for-„meront la fondation de l’enracine-» „ment qui doit avoir environ deux „ pieds d’épaifîéur, y compris les làu-„ cillons j obférvant que les piquets
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- „ d’une couche entrent dans les intervalles des piquets de l’autre, & que ,,la moitié de chacune de ces mêmes „ couches croife fur la moitié de celles de deflous.”
- „Si au lieu de huit ou dix pieds „ de profondeur qui convient au dé-„ biais de l’enracinement, celui-cy n’en j,pouvoit avoir que cinq ou fîx, il „ne faudrait donner à la fondation „ que deux fafcines d’épaiflèur, fans „quoi il ne relierait plus aflèz de „ hauteur pour reprendre fur les pre-„ mieres tunes, dont je parlerai cy-„ après, les autres tunes générales qui ^doivent lier & garnir toute la lar-„ geur de l’épi.”
- „La fondation de l’enracinement „ ayant été conduite jusqu’à l’eau, & „ fa derniere couche flottant fur envi-
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- „ron la moitié de fa longueur, on ^commencera celle de l’épi qui ne „ différé de l’autre que par le furcroît , d’épaifîèur d’un pied qu’il faut lui donner, mais qui demande cependant beaucoup pliis de folidité de „ d’attention, tant par la difficulté de „ cheminer fur l’eau, que pour pré-„ venir la rupture de l’épi, qui fe fait , quelque fois au point de rencontre „de la fondation de l’enracinement „ avec la chute, (Tombent précipitée) „ de la berge, où les fafeines plient, „ comme elles y font obligées par le „ poids . des tunes fupérieures, qui „pour fuivre la pente du terrain du „fond de la riviere, fe rompent de fe „ détachent entièrement, quand on n’y „ a pas apporté les précautions nécelr „ faires.”
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- . , „ On ffirmonte tous ces obftacles : 9i i° en donnant au moins çinq fafci-„nes d’épaiffeur à cette fondation, „ & jusqu’à fix ou fept quand l’eau eft „fort profonde, toujours à joints „bien recouverts, comme il a été „dit pour l’enracinement: %° en po^ „ faut la tête des premières fafoines à „un pied de la queue des dernieres „de la fondation de l’enracinement; „ 3° en pofànt auffi la tête des leçon-* „ des qu’on met par deffiis, & qui cou-„ vrent d’un pied les têtes de celles dé „ deflous ; les troifiemes qui couvrent auffi d’un pied les têtes de ces „ dernieres ; 6c les quatrièmes contre „le troifieme rang de fauciffons: „ 40 en appuyant la tête des cinquie-„ mes fafcines contre le fécond faucif-,, fon, de forte qu’elles recouvrent le
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- „ premier fkucifïbn, & enfin fi l’eau „ vient à gagner le defïiis de la tête de „ces cinquièmes, en polànt encore „un fixieme couchis par defliis les „autres, dont on appuyera les têtes „ contre le troifieme làucifîon, de „ maniéré que ces dernieres recou-,,vrent le premier fàucillbn & le lè-„ cond : obfervant de plus, pour mieux „unir le tout, de piquer autant que ,,1’on peut la tête des falcinesqui n’ap-„puyent pas contre le fàucillbn.”
- „ Mais comme à melùre qu’ôn „ avance dans l’eâu, la queue des faf-„cines les plus avancées * s’enfonce, „ & ne fuffit point pour porter le po-„lèur, qui n’a plus la facilité dépiquer „ à plomb les falcines d’une nouvelle „ couche, il s’en approche le plus „ près qu’il peut pour lancer la tête de
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- „ la fafcine, à peu près dans l’endroit: „ où elle doit être piquée, & par un „ nouvel effort il poulie la queue en „ avant, afin de lui faire prendre la ,, direction des autres. Après avoir „ réitéré cette manœuvre trois ou qua-„ tre fois de fuite, il pôle par deffus „ ces premières fafcines, les fécondes, „.troifïemes, quatrièmes ôc cinquie-„meSj dans l’ordre précédent ; alors „leur volume étant devenu fuffifànt „ pour le porter, il continue le relie „ de la couche, obfèrvant de ne travailler que fur deux ou trois pieds „de largeur: il recouvre aufîitôt les „ premières fafcines, par des fécondes, „ les fécondes, par des troifiemes, ôc „ainfi des autres, jufqu’à l’entiere élé-„ vation de la couche. Ce travail fe „ continue de la forte fur toute la Ion-
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- ,, gueur dé la fbiidatiôn de l’épi, c’éft ,, à dire, depuis Fenracinement de fa „ tète, jusqu’à celui de fa queue.”
- Aüffitôt que les fafcines de là première couche auront été pofées 5>& arrangées, comme il vient d’ëtre dit ^ fuivant l’alligrtement du pare-„ment, on les piquetéra de faücif-„-formera à la maniéré ordinaire, fans „les charger de gravier, de peur „ qu’elles ne s’enfoncent trop vite de „ qu’on irait pas le tems d’établir là première tune qui fe conftruit im-„médiatement après. On remplira „ feulement de fafcines, les intervalles „ des fauchions : par ce moyen l’ou-„vrage deviendra plus léger, & fur-„ nagera plus longtems.”
- s
- „I1 eft encore à remarquer, que „ quand on eft une fois arrivé à l’eau,
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- ayant quitté l’enracinement, 8c qu’il j, y a environ la môitié d’une couche jj de fondation qui flotte, il faut faire „ tourner infenfiblement les fafoines j, du parement, qui font dans l’eâti, parallèles à la rive, jusqu’à ce qu’elles „ deviennent parallèles àü cours de j, l’eau 8c au rivage > ce qui fe fait en „ retrécifîànt l’intervalle des faücilîbns, „àmefuré qu’on s’approche du rivage, „ 6c qu’on s’éloigne du parement, ,, jusqu’à ce que l’on puiflè cheminer
- „ droit en avant, parallèlement au
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- ,, cours de l’eau* Pour forcroît de fo-„lidité, on pourra encore mettre ,, quelques fafoines de plus à l’endroit ,j du parement, 8c fortout fl on s’ap-„ perçoit qu’il s’enfonce plus que le „ relie de là couche. Ces fafoines „ doivent être lardées de piquets plan-
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- „tés de biais; cecte précaution ferç „ beaucoup à foutenir le parement de „la fondation, & à lui donner de la „ force, ôc de la liaifon.”
- „Pour reprendre la continuation „ de la première tune, elle le fait dans ,,^un ordre oppofé à celui des fonda-„rions, c’elt à dire, qu'au lieu d’arran-„ger les fafcines parallèlement au „ cours de l’eau, on lui préfente au „contraire leur tête, en leur fefant „ faire un parement fur toute la longueur de l’enracinement. On en „ pôle enfiiite un rang, leur tête ap-„ puyée contre le terrain, & leur queue „ tournée du,côté de l’eau. On re-„ couvre ce premier rang, d’un autre „ dont la tête porte fur la queue des „ fafcines précédentes, enfiiite un fe-,,cond fur la même longueur, qui
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- recouvre la moitié des mêmes fafci-„ nés, mais la tête de ces fécondés „ eft tournée du côté de feau. On v en pôle encore un troilieme, en recouvrant comme auparavant la moi-„tié de ces dernieres dont les têtes „font tournées du côté de Feau; en-„fin on réitère la même choie, jusqu’à ce qu’on ait gagné le devant „ de f enracinement, lur lequel la tête „ du dernier rang de falcines doit ap-„ puyer, en fêlant un parement, après „ quoi on pailè les faucilîbns qu’on 9,piquete, & on charge de gravier „toute la tune, oblèrvant de bien w ferrer les fafcines, & de n’ylailTer „ aucun jour, ce qui eft de la demiere „ importance pour la folidité de l’épi.”
- „ Je viens de dire qu’il falloir tour-),ner la tête des premières fafcines du
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- „ côté du terrain : j’ajoute que cela ne „ doit avoir lieu que dans l’enracine-„ment, car quand on eft une fois à „ l’eau, on pofe ces fafcines différem-„ ment, ôc on ne les recouvre point. Il „ faut d’abord tourner leur tête du côté „de l’eau, & leur queue du côté du ri-„ vage, fur lequel elle porte de trois ou .,quatre pieds, ôc les autres fafcines „fe couchent enfuite comme celles de „ l’enracinement. La raifbn de cette „ différence vient de ce que le fond de „l’enracinement étant de niveau, il „ faut par conféquent que le devant & „ le derrière des tunes qui les recouvrent, le foient aufli; c’eft pourquoi „on redouble à contre fens les pre-„ mieres fafcines pour rendre les deux ,, parements de même hauteur ; au lieu j,que dans le corps de l’épi, le rivage
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- „ contre lequel les fafcines appuyent, „a toujours quelque talut qui fupplée „ au redoublement qu’ on fait aux „ premières. Si cependant il arrivoit j, que le derrière de l’épi s’enfonçât „ trop, on y remédieroit auffitôt par „des couflinets, qui ne font autre „ chofe que des fafcines pofées en tra-„ vers fous la queue des premières de la tune: de même fi le devant de „ l’épi baifïoit trop, on doubleroit les ,, fafcines du parement.”
- „ Il faut avoir attention de choifir „ pour les deux premiers rangs de fâu-„ ciflons qu’on fera du côté du pare-„ ment, les plus gros & les plus longs „piquets, 8c les faucifïons les plus „ forts, de même que les fafcines dont „ les brins feront les plus gros 8c les „ mieux conditionnés, parce que c’eft
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- fur le parement que l’eau fait fort „ plus grand effort; alors cette tune „ aura environ dix- huit pouces d’é-„ paifîèur, favoir, onze de la part des fafcines, & fept de celle du gravier.”
- „ Cette première tune doit, combine je fai déjà dit, fuivre immédiate-,j ment la fondation & avancer à pro-„ portion ; for quoi il eft à remarquer qu’aufîitôt quelle entrera de quinze ,, à dix huit pieds dans l’eau, il en „ faut commencer une fécondé, & la 2, poufîèr depuis le commencement de „ fenracinement jufqu’au fécond fàu-„ciffon de la fondation, à compter w depuis fon extrémité, de forte qu’elle „foit toute recouverte, excepté les 5, queues des fafoines qui ne font point „piquées, & l’intervalle des deux ,, premiers faucifîbns, ce qui doit s’ob-
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- # fer ver dans tout le cours de la fondation.”
- r „ N’ayant encore conduit l’épi qu’à „ quelques toiles dans l’eau, voyons „ maintenant ce qu’il faut -faire pour „ le pouflèr plus avant, de le terminer „ heureulèment* Comme on ne peut „ trop apporter de précaution dans la „ conduite de cet ouvrage, particuliérement quand l’eau eft rapide & ,,profonde, on remarquera qu’il eft „ quelquefois dangereux de le pouflèr „ trop vite, ôc qu’il ne l’eft pas moins „de ne le pas pouflèr allez promte-„ment, ces deux extrémités étant ,, également liijettes à des liâtes fâ-„ cheulès. Le pouflànt trop vite, c’eft ,, à dire, en avançant trop de lùite „ dans l’eau, fans lier la fondation avec des tunes qui prennent dans l’enraci-
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- „ nement, il eft à craindre que quel-„ ques crues d’eau, ou même fa feule „ rapidité , n’emportent l’ouvrage , „ comme cela eft arrivé plufieurs fois. „ Ne le pouffant pas affez en travail^ „ lant trop fur ce qui eft déjà fait, „fon poids qui s’augmente de plus en „ plus, fait enfoncer l’épi & perdre la „ fondation de vue ; alors on eft obligé d’en recommencer une nouvelle „ fur le bord de l’enracinement, mais „ ces fécondés fondations ne font ja-„ mais une bonne liaifon, laifïànt des „ chambres au travers desquelles l’eau „ gagne le derrière de l’épi & occa-„ lionne quelquefois fa ruine.”
- „ Pour prendre donc un jufte mi-„ lieu, il faut après que la couche de „ fondation à été faite fur toute la „ longueur de l’enracinement, & qu’el-
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- „ le entre de quinze à dix huit pieds „ dans l’eau, travailler auflitôt à la „première tune,” en l’établilîànt depuis le commencement &c le fond de l’enracinement, jusqu’au fécond fau-cifïon qui le trouve fur la fondation avant fon extrémité dans l’eau; & lailîèr le premier faucilîbn à décou7 vert afin que la couche de la fondation qu’on reprendra par la fuite, puifïè être exécutée comme il a été dit cy-defliis.
- „ Au delfus de cette première tune, „on en fait une féconde en commen-„ çant toujours du fond de l’enracine-„ment; mais 011 ne la pouflèra que „ jusqu’à quinze ou dix huit pieds du „ bout de la première dans l’eau ; on pourra aufîi en faire une troifieme „ au defîlis des deux précédentes avec
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- „une fembîable retraite de quinze à
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- „dix huit pieds, s’il fe trouve allez „ de hauteur dans l’enracinement. Le „ tout bien confolidé j on pouffera „de nouvelles couches de fondation ,, au delà de celle qui a été commencée, „ pour continuer les tunes de la manie-5, re que nous venons de le preferire.”1
- „ Par ‘cette dilpofition l’enracine-„ment ne fè trouvera point fatigué, „& l’épi prenant infènfiblement fon „ affaifîement, fera exempt des incon-„ vénients dont nous avons parlé. On „ continuera de même le travail fur „ toute la longueur de l’épi jusqu’à fon „ entier achèvement, en pouffànt toujours en avant une couple de cou-„ ches de fondation à la fois fi l’eau „eft rapide, & trois ou quatre fi elle „ cft tranquille* 4
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- „ A ces couches fuccéderont im-„médiatement les tunes, 8c furtout „ la première inféparable de la fonda-„ tion, qui depuis renracinement ne „doit pas être chargée de gravier, „ non plus que la fondation ( particu-„ liérement li l’eau eft fort profonde ) ,,afin qu’étant plus legere elle flotte „ toujours, jusqu’à ce qu’on juge à „ propos de la faire enfoncer davantage. Lorsqu’on eft une - fois par-„ venu à douze ou quinze toiles en „avant,* ou bien lix verges à lèpt „verges 8c demie dans l’eau, qui eft „ le terme où l’on fait prendre fond à „l’épi du côté de l’enracinement, on „ conduira le refte du travail de manie-„ re qu’il y ait au moins les trois quarts 9, de la longueur de l’épi, à fond, avant „ que d’entamer l’enracinement de fa
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- „ queue, fans quoi l’ouvrage feroit en „ l’air & fe romproit indubitablement, „ ne pouvant réfifter au poids des tu-„ nés fupérieures.
- „Pour faire enfoncer l’épi avec „ ordre, ‘ on commmencera toujours „par charger les tunes du côté de „ l’enracinement, ôc à mefure qu’elles ,, bailleront, on en prendra de nouvelles depuis l’enracinement qu’on „ pouffera à quelques toifès de l’extrê-„mité de la fondation, conformé-„ ment à ce qui a été expliqué cy-„devant, ôc par-defîus celles cy on „ en reprendra d’autres depuis le com-„ mencement du même enracinement, „ ainfi de fuite jusqu’à ce que l’épi foit „ à fond. On obfèrvera feulement de „ ménager fi bien la hauteur de l’enra-„cinement qu’il en refte toujours
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- „ deux à trois pieds, pour y faire des „tunes générales & de niveau, qui „ régnent fur toute la longueur de „ l’épi, ce qui ne fe pratique que j, quand il cft totalement à fond d’un j, bout à l’autre ; on en juge lorsqu’a-„près avoir bien chargé de gravier „ chaque tune, on s’apperçoit qu’il ne „ s’affaifTe plus.”
- „ Quand on eft parvenu à l’extrê-„ mité de l’épi où il faut faire l’enra-„ cinement de fa queue, on ne doit „le faire qu’après s’étre alluré qu’il „ touche aufli le fond de çette partie, „ & qu’il a pris fon plus grand aüaifTe-„ment, après quoi on continue leç „ tunes jusqu’au fond dè l’enracine-„ ment de la queue dont on a préparé „la fouille comme à l’enracinement „de la tête, puis on en fait encore
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- „ quelques - unes pour mettre fé mi-„ lieu de l’épi de niveau avec lès ex-„ trêmités ; enfin on couvre lè tout „ de deux ou trois tunes générales de „ plus s’il le faut, quoi qu’à la rigueur „ il fufïit que le fommet de l’épi foit „ élevé de quatre ou cinq pieds au „ defilis des eaux ordinaires.”
- „Dans le même tems qu’on tra-„ vaillera à l’enracinement de la queue, „ on en pourra faire d’autres dans le „ milieu de l’épi, s’il a trop d’étendue ,, en longueur, lesquels nouveaux en-„ racinements, étant bien liés, contrit „ hueront beaucoup à augmenter là „ folidité *
- „ Outre les retraites dont j’ai parlé „ qui doivent fè faire de tune en tune „à proportion de l’avancement de „ l’ouvrage, il en faut; encore obfer-
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- ver d’autres dans le parement de ,, l’épi; ces retraites font chacune d’un ,,pied, de fe conduifènt de maniéré „ que la tête des fafeines de la fecon-w de tune porte fur le premier faucif-,, fon de la tune du deflous, ain/i des „ autres, ce qui s’exécute fur toute la „ longueur du parement, excepté „ dans l’enracinement où les tunes fè „ mettent toujours à plomb, pour gar-„ nir tout le déblai qui aura été fait.”
- „ Quand on aura bien compris la 5,conftruéHon de l’épi précédent, on ,,ne trouvera pas de difficulté à en „ faire à la tête d’une isle; on y ob-,, ferve la même difpofition que cy-* „ devant; s’il y a quelque différence „ ce n’eft que dans la maniéré de l’en-,, raciner ; cependant comme c’eft en „ ces endroits que la violence des eaux
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- „fe fait le plus fentir, ce font auffi „ ceux qui demandent le plus de pré-„caution, c’ell pourquoi il faut fui-„vre pon&uellement tout ce qui a été „ dit précédemment pour la conduite „ & la foîidité de ces fortes d’ouvra-„ ges. Le premier enracinement ne „ le fait point à une des extrémités de „ l’épi, mais à la pointe de l’isle, dans „ l’endroit où les eaux fe divifent. „ Quand la fondation a été poufTée en „ avant & des deux cotés, ainfi qu’on „ l’a déterminée, on chemine à droite „ ôc à gauche en meme tems jusqu’au j, point où l’on veut que l’épi foit attaché au terrain par des enracine-„ ments. On avance quelquefois dans „ l’eau de fix à fept toiles la pointe de „ cet épi, quand on veut gagner quel-„que terrain qui a été emporté, ce
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- „qui fe réglé fur la folidiré que Tou-„vrage demande, & iùr la profon-„ deur des eaux.”
- „ A mefure que la fondation entre „ dans l’eau, on doit avoir foin de „ l’élargir autant qu’il eft poffibîe, ôc „ quand une fois on eft arrivé à avoir „ couvert la tête de l’isle, on croife „ les couches qui doivent defcendre „ jusqu’aux enracinements des queues, „ c’eft à dire, qu’il faut commencer la „ couche de la fondation à ces points „ vers la tête, croifer par deftus, & „ continuer jusqu’aux extrémités vers „ les enracinements, après quoi’on fait „ ces enracinements des extrémités, & „même encore le long des côtés, fi „ l’épi eft allez long pour l’exiger.”
- „H arrive quelquefois qu’on ne ,, peut pas faire le premier enracine-
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- „ ment à là tête de Fisle, parce qu’il $ s'y trouvera peut être un ouvrage de „ fortification, unemaifon, des jar-„ dins, &c, qu’on veut conferver, en „ ce cas il faut choifir le côté de l’eau „1 e moins rapide pour y conflruire j, l’enracinement, & ne pouvant mieux „ faire, on remonte infenfîblement le „ cours de l’eau, jusqu’à la pointe de „ l’isle, où étant arrivé, on continue „ l’épi en defcendant vers l’autre côté „ & en croifant les fafcines de la fon-„ dation les unes fiir les autres*”
- „ Cette méthode donne véritable-„ ment plus de peine que l’autre, ôc „occafionne quelquefois bien des incidents fâcheux, par le dérange-„ gement que l’eau qu’on remonte fait „dans les fafcines, qu’il faut retenir „ avec des crocs ; mais en allant pied à
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- „ pied moyennant un peu de tems & '55 de patience, on lùrmônte toiis ces „obftacles. On doit furtout avoir attention de reiîerrer, à melure que „ l’on avance, les falcines dé la fonda* „ tion, pour leur faire prendre la foraine du contour de Képi.” . *
- Il faut éviter de faire des redérits aux épis, dans leurs plans, parce qu’ils occafîottnent des tourbillons qui dégradent leurs pieds.
- „Sile terrain qu’on veut garantir „ eft fitué à la queue d’une isle bu au „ confluent de deux rivières, On cbm-^mencera par les-enracinements des „queues, & on continuera l’épi en „ defcendant vers là pointé, avec les „ mêmes précautions que cy defïus* j,-Pour bien avancer cet ouvrage, il ÿ,faut avoir deux pofeufs qui travail-
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- „ lent en même tems de chaque côté ; „ mais fi on n’en avoit qu’un & que ,, les deux bras fuflent d’une égale rapidité, il faudroit lui faire faire, ,, autant qu’il fèroit pofiible, un même „ nombre de couches à chacune de ,,ces parties, afin qu’étant arrivé vers „la pointe, il puifie fermer le refte „ de l’épi. Pour y parvenir plus aifé-„ment, on examinera quelle eft la v plus folide des deux fondations & „ celle qui fe fbutient mieux fiir l’eau, ,, pour ceflèr d’y travailler & pouflèr „ l’autre avec vivacité jusqu’à la pointe ,, où toutes deux doivent fe joindre, „ après quoi on avancera la précé-dente à ion tour, en la fefant croifer ,,fur les fafcines de l’autre; le refte „ s’exécutera tant pour les enracine* 9>ments que pour les tunes, commi
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- ÿ) ii a été dit au fujet des autres épis. „Si l’un des bras étoit plus rapide ou ÿ, plus profond que l’autre, il faudroit retarder le coté oppofé, & y proportionner l’avancement de fon travail.”
- „ Pour barrer le bras d’un fleuve ôc ÿ, en faire paiTer toute l’eau dans l’au-tre bras, on établira le premier ôc ÿ,le principal enracinement, le plus ÿ, haut qu’il fe pourra, ôc on s’allignera „ de ce point à celui de l’enracinement „ de la queue, c’eft à dire, de quatre 5,à cinq toiles plus avant dans l’eau w que le rivage où finira l’épi, ôc au-„ quel il doit aboutir; on bombera „un peu le parement, à mefiire que 5,l’on avancera, afin que le choc de M l’eau qui tombera fur cette partie ôc „ qui la fera un peu reculer, la réduite une |igne droite.”
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- „ II ne faut pas fe contenter dans -5, cette occafîon de faire à l’épi un {impie enracinement ordinaire à, fa „ tête, on doit le fortifier d’un fécond „ uni à l’épi par un trait circulaire ; ,, on avancera enfiiite de quelques toi-„ fes, & pour ne le point expofer à ,, être renverfé par le choc de l’eau, „ on fera un nouvel enracinement qui ,, fervira comme de contre- fort à la „ partie déjà faite, obfervant encore ,, d’unir ce contre-fort par une ligne „ circulaire qui augmentera confidér ,, rablement la force de l’épi. On fera ,, un fécond contre - fort, s’il efl be-,,foitl, avec les mêmes précautions, ,, & on le fera après avoir poulie l’ou-„ vrage jusqu’à l’enracinement de la ,, queue. Les épis de cette nature „ doivent avoir une épaiflèur confidé-
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- „rable pour réflffer au poids & au „choc de l’eau, 8c être conflruits à „ deux paremens, de même que leurs „ contre - forts,”
- „ Pour obliger la plus grande partie d’un fleuve à fe jetter dans un „ bras, il faut enraciner un épi, 8c le „ pouffer aufli avant qu’il fera nécef-„faire pQur faire prendre à l’eau cette „ direction j c’efl: de la force qu’on „ a vu un des grands bras du Rhin, „près du Fort-Louis, être réduit à „vingt cinq toifes de largeur, au lieu „de quatre vingt qu’il avoit auparavant. Comme cette conftru&ion „ tombe dans le cas de quelques unes „ des précédentes, on y aura recours
- ,, fuivant les différentes fituations. On «
- ,, obfervera de faire les enracinements „ hors des dépendances des ouvrages,
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- ,, quand il s’en trouvera, & on aura ,,la même attention pour les autres „ enracinements intermédiares, en les a, plaçant fuivant les lieux & le befoin.”
- „ Si on vouloît regagner un terrain „ qui auroit été ruiné ôc emporté par n les eaux, on fera un épi d’un coude „ à l’autre, confeuit fur une épaiflèur yy convenable avec de bons enraeine-„ mens, & quand il fera achevé, on „remplira de terre ou de gravier, le „ vuide qui refera. En pareil cas il „ faut mettre des couffinets fous le „derrière des tunes, ou faire: deux „ paremens à l’épi.”
- „Lorsqu’après quelques crues d’eau, „il arrive: qu’un épi qui a été fouillé par „le pied, vient à s’aflaifîèr, dcn’eft plus „ de niveau fur la longueur de fà fur* „face liipêrieure, (ce qui arrive aulB
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- „ quelquefois par l’effet de fon affaif-„fement, ou par caducité) voulant le „réparer} on fait des demie t tunes for 3,les anciennes, pour regagner infèn-„fiblement les irrégularités'qui s’y „rencontrent, & qu’on recouvre en-„ fuite de tunes générales qu’on fait „ régner fur toute la longueur de l’épi, „ On doit avoir attention de charger „ dabord le devant, au lieu que fi on „ commençoit par charger le derrière, „il poufîèroit l’épi en avant, de le dé-„ tacheroit du terrain.
- „ Après avoir parlé de la conftruc-„ don des épis, il eft nécefîaire de „ dire un mot des tunages qui en font „ les diminutifs ; ils fè font ordinal ,, rement for les bords d’une eau peu w profonde, ôc fe conftruifent par tu-„ nés femblables à celles des épis, c’eft
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- „ à dire,, compofées d’un rang de faf-,, çines pofees le gros bouc en dehors, „la tête coupée droite fefant pare-,,ment fuivant les allignements, ferrées „ près les unes des autres, de enfoite „ foucilîbnnées de chargées de terre „ou de gravier, comme il a été dit „ cy devant : on réitéré ces tunes, par „retraite, jusqu’à un pied ou deux au „ delîiis des plus grandes eaux,” „Pour bien exécuter ces fortes „ d’ouvrages, il faut choifir le tems „des plus balîès eaux, de faire s’il fe ,,peut la première tune à foc, de le „ fond du déblai, d’environ deux: „ pieds de profondeur fur toute la lon-r „gueur du tunage, avec une pente „ for Je derrière, de des coufîinets ou ,, faucilîons fous \le parement* Les „ autres tunes fe conftruifent comme
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- „ celles des épis, elles fc lient & s'enracinent aux deux extrémités de „ l’ouvrage, aulîi bien que le long du „ terrain. S’il fe trouve trois ou qua-w tre pieds d’eau qu’on ne puiflè pas „ diminuer ou détourner, on fera une „ petite fondation fèmblable à celle „des épis, mais beaucoup moins „épaiflè, âç le refte s'exécutera de „ meme. Il faut éviter les petites fi-„ nuofités de fe conduire en ligne droi-„ te autant qu’on le pourra, pour don-„ ner moins de prife à l'eau , particu-„ lierement fi elle eft fort rapide ; le „ mieux fèroit de couper tout à fait „ les finuofités, quand on le peut fans „un grand travail, afin de redrefler „ autant qu’il fèroit poffible le Ut de la „ riviere. Je fouhaiterois auffi qu'on ,, garnît de grofîès pierres ou de gros
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- „ gravier, le pied de ce tunage, dans „ les endroits qui reçoivent la chûte j, du courant, & qu’on donnât un peu „ de pente, depuis là jusqu’au milieu du „ lit de la rivière.”
- „I1 y a encore une autre manière 55 de tunage, moins difpendieufè que „ la précédente, mais qui n’eft point „à beaucoup près aufli fblide; c’eft „ pourquoi fans m’y arrêter, je me contenterai de dire, qu’elle confifte à „ coucher des fâfcines le long du talut „ d’une digue, lesquelles on retient par „ des files de faucifîons.”
- „ Î1 ne refile plus à parler que de ,, quelques incidents qui arrivent pen-,, dant le cours de la çonftru&ion, & „ qui pourroient embarrafier fi oa „n’étoit pas muni, des moyens de „ les éviter, & des remedes qu’Ü
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- „ faut y apporter, quand ils font fur-„ venus.”
- „ Quand l’épi n’eft pas à fond, & „ qu’il furvient quelques crues d’eau „ confîdérables, il s’enfonce quelque* „ fois tout à coup, & quand il Peft de „ trois ou quatre pieds, il n’y a plus „ d’autre parti à prendre que de fon-„ der de nouveau fur le maffif quirefte „ à découvert, parce qu’à cette pro-„ fondeur il n’eft plus poflible de faire „ des tunes bien réglées. Il convient „ dans cette occafion de fo retirer un „peu en arriéré du premier alligne* „ ment, pour prendre quelque retraite „fur l’ancien travail; car quoique ces „ fortes d’ouvrages faits à plufieurs „ reprifes, ne vaillent pas à beaucoup „près ceux qu’on fait de fuite, à v caufe du peu de liaifon qu’ils pren*
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- „ nent, cependant en leur donnant „ des retraites, de en les chargeant bien „ de gravier, ils ne laifTent pas dé de-„ venir allez folides,”
- „ Quand l’épi touche au fond lâns „ avoir été allez élevé au delîiis de „ l’eau, il arrive quelquefois qu’un „ débordement fait palier un courant „ derrière l’ouvrage, de mine le terrain peu à peu, tant par les côtés „ que par le fond, ce qui met l’épi „ en danger d’être làppé de renverfé „ tout à fait,”
- „ Pour prévenir cet inconvénient, „ il faut quand l’épi eft une fois à fond, „ le tenir toujours trois ou quatre pieds „ au delïus de l’eau, alors il ne courra „ plus le même rilque ; il ne faut point „ trop le charger làns le poullèr en „ avant, parce que cela fatigue beau-
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- „ coup l'enracinement qu'on met par
- „ là en danger de fe rompre. Il
- n’eft pas moins dangereux de le „pouffer trop vite, crainte de l'exposer à être emporté ou fubmergé par „ quelque débordement. Il eft de la „ prudence de celui qui gouverne Fou-„ vrage> de s'informer du tems auquel ces fortes de crues arrivent le ,,plus communément, afin de s'y „ conformer pour commencer plus „tôt où plus tard; il faut aufîi ne „ point difcontinuer l'oUvrage qui eft „ commencé, & tâcher de le mettre à fond quand ôn a à craindre „ le mauvais tems, en le poufïànt en „ avant le plus vivement qu’il eft pof-„fible, obfervant cependant les relies générales qu'on vient de pref-„ crire.”
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- „ Quand il y a apparence de matl» „vais tems fuivi de crues , on doit „ planter de diftance à autre, fiir toute „ la longueur du parement de l’ouvra* „ ge, des piquets de repaire, de fept à „ huit pieds de hauteur, fervant à „ montrer le premier allignement, en ,, cas que l’épi fè fubmerge, & à faire ,, connoître jusqu’où il avoit été pouf» „fé, afin d’être guidç pour faire une „ nouvelle fondation, s’il en eft befoin.”
- „Les tunes s’enfoncent quelque-„ fois un peu dans l’eau avant qu’on „ ait eu le tems de les charger de gra* „ Vier ; il faut en ce cas, pour éviter „ un plus grand fubmergement & ne „ pas mettre l’épi en danger de s’en-,,foncer davantage, fe contenter de „ remplir de falcines les intervalles des „ fauciiTonnages, & refaire de nou-
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- velles tunes par delîus, dont la tête „ de chaque fafcine appuyera contre le faucifîbnnage ; par ce moyen il „ ne reliera aucun vuide, & l’épi le foutenant lùr l’eau, on continuera à l’ordinaire.
- ,, Enfin il arrive quelquefois qu’on „ n’a pas pu charger de gravier les deux „ ou trois premières tunes au delîiis „ de la fondation : c’ell un défaut ef-„ fentiel qu’on tâchera d’éviter. Ce** „ pendant quand il n’aura pas été pol~ „ fible de faire autrement, on doit y „ remédier aulîitôt que l’épi eftàfond, „ en chargeant les autres tunes confia „ dérablement, pour ferrer davantage „ celles de delîous.”
- Comme la conftru&ion des épis décrite en ce chapitre, elt analogue à celle des épis qu’on fait fur les rivie-
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- res pour en détourner le cours, & de ceux qu’on eft obligé de faire lors* qu’une digue s’eft rompue, je croi que ce qui vient d’être dit, fuffit pour cette matière: j’ajouterai feulement que les épis ifolés qui le conftruifent dans les rivières, doivent avoir deux parements, avec des retraites aux deux côtés de chaque tune.
- CHAPITRE XIII.
- Des directions & ouvertures d'angles à donner aux épis.
- Les épis font le plus fouvênt construits en fafoinage, ou en charpente revêtue, ou remplie de pierre, quelquefois'aufli en parement de maçonnerie. Ces derniers ne s’employenf ordinairement que dans les ports dé
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- mer, où ils portent le nom de mole, & dans les villes, lorsqu’on veut reftrein-dre une riviere entre deux murs, tant
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- pour Futilité que pour l’embellifîè-ment, mais alors on les appelle des quais. Je ne m’étendrai point ici fur ces deux ouvrages pour ne point perdre de vue le fujet que je traite^ d’autant plus que tant d’auteurs ont déjà parlé des moles de des quais, longtems avant moi.
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- Il y a deux fortes d’épis, les ofFenfifs & les défenfifs ; les ofFenfifs font ceux qu’on conftruit. d’un coté du rivage pour le garantir des dommages que les côurants y cauferoient, • ou pour gagner du terrain par les dépôts que les eaux amènent peu à peu. Les intérêts des communautés de villages, ou des particuliers font fbuvent les motifs qui
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- engagent à lés conftruire , fans aucun égard à leurs ouvertures d’angles, ou à leur trop d’étendue en longueur dans lé fleuve, de forte qu’obligeant le courant de l’eau à changer fà direction, ce s épis le dirigent contre lé rivage oppofé, où il caufe toujours à quelques diilances au deffous d’un des épis ofFenfifs, des dégâts fouvent confidérables, ôc qui obligent ceux qui s’en trouvent incommodés, à con* ftruire des - fafoinages, quelquefois même aufîi des épis, pour détourner le fleuve qu’on a dirigé contre eux, & le renvoyer de nouveau à la rive oppofée du côté de celui qui a drefîe le premier épi. Alors celui qui a reçu la direction de l’eau, drefîe aufîi un épi pour garantir fon terrain , & chàflèr l’eau obliquement du côté oppofe où
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- elle trouve de nouveaux épis qui la repoulîènt encore, & ainli à l’infini.: de forte que par ce moyen une rivière fe Tentant fort rétrécie, cherche à s’élargir, & trouvant de la réfiftance dans les épis, elle fe déborde & caufo des inondations.
- Les épis défenfifs font ceux qu’on conftruit Amplement pour mettre à l’abri du choc des eaux, quelques édifices, digues ou rives ; quelquefois auffi on les fait pour détruire les bancs de fable qui nuifent aux fleuves, comme nous allons lé faire voir.
- Pour garantir un édifice contre un courant, on enveloppe quelquefois Ton pied d’un fafoinage, ou bien on peut faire un épi, aufli de. fkfcinage, un peu au defliis du bâtiment vers l’amont du fleuve, auquel épi on
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- donnera pour baze & fondation, les proportions indiquées dans les chapitres précédents, lesquelles doivent fervir de régies pour toute forte d’épis en général. On difpofera donc celui cy de façon que l’ouverture de fon angle, par rapport à la direction du courant, foit de 13 5 degrés qui font une angle droit & fà moitié en fus, cette ouverture d’angle étant la plus convenable & la moins dange-reufe pour renvoyer les courants qui menacent trop la rive oppofée, lorsqu’ils ÿ font renvoyés trop direéte-ment. Il faut aufli obfèrver qu’un .épi ne foit point trop long & ne s’é* tende point trop dans le fleuve, parce qu’il lui feroit nuifible & deviendroit pour lors offënfïf à l’égard de la rive 'oppofée. Il faut donc que cet épi
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- (l’ait qu’une longueur fuflifànte pour détourner feulement la force du courant, du pied de l’édifice qu’on veut garantir, de renvoyer le courant au milieu du fleuve. Il en fera de même pour la confervation de l’angle fail-jant d’une digue, qu’on voudra garantir par un épi placé vers l’amont du fleuve j pour écarter la force du courant, du pied de la digue. On peut auffi. fe fèryir de cette méthode, lorsqu’on veut garantir une rive qui fert de banquette au pied d’une digue, & qu’on a reconnue être endommagée par la force des courants.
- Les fleuves amènent quelquefois fur les rivages des dépôts de fable, de terre, de vafes dcc, lesquels forment par la fuite des bancs qui les reflèrrenr dans leur lit, de gênent
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- leur écoulement, ce qui oblige alors à faire des épis au defliis de ces atté-riflèments & du côté oppofé, pour leur renvoyer le fil de l’eau qui les entraîne avec lui. Quelquefois même en profitant des balles eaux, on fait des fàignées ou de petites tranchées dans ces mêmes attériflèments, pour faciliter l’écoulement de l’eau Ôc les détruire plus vite.
- A l’égard des bancs de fable que les fleuves ou rivières roulent dans leurs fonds, ôc dépofènt au milieu d’eux1, ôc fous leur fuperficie aux endroits où ils ont moins de courant, on les détruit aifément à la faveur des épis qu’on dirige fur eux pour y renvoyer la force du courant; bien entendu, après qu’on aura donné des coups de fonde, pour juger de leur
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- place & hauteurs, car fouvent ces bancs de « fable font couverts par l’eau* Le chapitre précédent indique af-fez la façon, dont on doit, établir la fondation d’un épi, & la force qu’il faut lui donner, par rapport à la hauteur de l’eau qu’il a à foutènir ; main-* tenant il faut indiquer les endroits où on peut ies faire horizontalement, & ceux ou il les faut faire triangulai-rement, & en pente du côté du fleuve* Il eft fouvent dangereux de con-* ftruire des épis horizontalement depuis leurs enracinements à la rive, jusqu’à l’eüdroit où ils fè terminent dans le fleuve, parce qu’étant quelquefois conftruits de forte qu’ils commandent par leur fommet de trois ou quatre pieds au defliis des moyennes eaux, le fleuve fe trouve par là gêné
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- confidérablement dans fes crues* On ne doit donc faire ces épis que dans le cas où on voudra garantir un édifice contre les chocs d’une eau courante & moyenne; & dans tous les autres cas j’aimerois mieux que les épis, en général, foient ordonnés de façon qu’à leur naiflance vers la rive, ils commandent de trois ou quatre pieds au deilus des eaux communes,
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- & foient conduits en pente vers leur extrémité dans le fleuve, jusqu’au point des plus baffes eaux, afin que ce fleuve venant à gonfler, acquerre toujours plus de largeur à l’endroit où l’épi eft le plus appuyé par l’attériflè-ment qui Ce forme derrière lui, & qui le foutient.
- Ces fortes d’ouvrages doivent être proportionnés à la force des cou-
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- rants qui forment plus ou moins de profondeur en augmentant les dangers. J’abandonne à ceux qui voudront bien s’approcher de mes principes, le foin de fe conformer, fuivant qu’ils le ju^ geront à propos, à la diverfïté des cas qui peuvent fe rencontrer.
- CHAPITRE XIV,
- Des rupture.1; des digues, & des moyens de les réparer.
- Soit que d’anciennes digues ayent été' faites fans tous les calculs requis pour procurer aux eaux du fleuve un libre écoulement, ou que le terrain foit plus incliné k céder à la pôuflee, ou que quelques parties fe ,trouvent trop foibles & trop minces, il faut dès Titillant de l’accident, que les Inlpe&eurs
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- & Capitaines du département, faflènt faire en toute diligence des fafoines, ainfi que des fau cillons. & des piquets, auxquels ils employèrent un grand nombre d’ouvriers, pour avoir plus tôt fait. ! Ils auront foin de donner promptement avis de cet accident, à l’Intendant général qui y fera auffitôt porter remede, en fermant la brèche, de en profitant des matériaux qu’on aura déjà commencé de raflèmbler. Il faudra que la même diligence régne parmi les ouvriers pour la préparation des matériaux, afin qu’on n’en manque point dans le cours de l’ouvrage, car il eft très eflèntiel qu’il ne foie point interrompu.
- Pour parvenir à boucher cette brèche, il faut d’abord s’affurer de la profondeur que l’eau y aura faite,
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- d’après fa fuperficie, & par l’impétuo-fité de fon courant, car cette eau s’étant creufé un nouveau chemin, aura confïdérablement foùillé en contre - bas du terrain ordinaire des prairies. C’eft après plusieurs coups de fonde qu’on pourra déterminer la largeur à donner au fafcinage qu’on fera vers le fleuve, pour en arrêtèr le nouveau cours par la brèche, & parvenir à refaire la digue.
- Lorsqu’on confirait des batardeaux dans une eau dormante, on leur donne pour épaiffeur, la profondeur de l’eau, mais lorsqu’on en fait dans une eau courante, fa vélocité exige d’autres proportifons pour les batardeaux. Il faut donc que le fafcinage qui doit fervir de batardeau & atteindre le fond, ait en largeur le
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- double dç la hauteur de celle cy, e’efl à dire, que lî elle a douze pieds: de profondeur, la largeur du fafci-nage doit être de vingt quatre pieds, pour fa fondation; de plus le fafci-nage doit être circulaire & en forme d’arc, parce que les deux bouts venant par ce moyen à fe joindre au milieu, 6c formant un fegmentde cercle ,. produiront beaucoup de rayons qu’on pourra fuppofer tendre à un centre; fa forme d’arc augmentera la force de ce fafçinage contre la pouflee de l’eau, qui lui oppofera la même réfiftance qu’une voûte oppofe au poids qui. la charge ; on doit encore avoir, égtrd à ce que le pied de retraite qu’on obfèrve à chaque tune , diminue beaucoup la largeur du fafçinage, lorsqu’il arrive à fa hauteur.
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- La forme d’arc eft encore utile en ce que pofànt les enracinements du fafi-cinage dans les deux bouts qui font reliés de l’endofiement de la digue, & que les deux extrémités du fafcina-ge s’éloignant peu k peu de la ligne de là digue, pour fè rejoindre au centre en formant un arc, on pourra par ce moyen remplir de terre pure l’efpace qui eft entre ce fafcinage 6c la ligne de la digue: cette méthode eft infiniment préférable aux fafcines, parce que ces dernieres n’empêchent pas l’eaü de filtrer à travers, au lieu que la terre par fa condenfité lui opr-pofe une vive réfiftance.
- J’ai vu quelquefois dans des cas femblables, former deux fafciriages, c’eft à dire, un vers le fleuve, 6c un autre vers les prairies, pour rompre
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- TRAITÉ
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- la force du torrent, & produire une eau morte entre deux, en facilitant par là les moyens de remplir cet intervalle de terre franche pour refaire la digue. Il eft confiant que fi on confulte les ouvriers qui travaillent aux fafcines, & même le maître de digues qui'les pofè ordinairement & qui dans ces occafions eft payé par extraordinaire, il eft fur que ces gents engageront à faire ce double batardeau de fafcinage, les uns pour débiter plus de bois , & l’autre dans la vue d’augmenter le nombre de fès journées: mais ces fortes de gents ont moins égard à la confommation du bois qui feroit épargné & aux intérêts du fou-verain, qu’à leurs intérêts particuliers.
- Je vais donner à préfènt les moyens d’éviter les dépenfès de ces dou-
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- DÉS DIGUES. I43
- blés fafcinages : lorsque la forme & l’épaiflèur du fafcinage auront été déterminées , on commencera par former fur les deux bouts qui relient de la digue, un amas allez conlidérable de fafoines, fàuciflons, piquets &c ; mais comme ces matériaux font employés par le maître de digues avec plus de promptitude que les voitures ne les peuvent conduire, il en faudra avoir une allez grande quantité avant de commencer, fans quoi s’ils ve-noient à manquer, ils feroient interrompre l’ouvrage & cauferoient des pertes de journées d’ouvriers, lans compter que ces interruptions de travaux font dangereufos, à caulè des torrents qui peuvent tout4 à coup & à l’improville, fondre for cet ouvrage commencé, & détruire en partie le
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- TRAITÉ
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- fafcinagè qui noyant pas encore atteint le fond j flotte fur la fuperficie ou entre deux eaux, 6c cède à la vélocité du courant qui i’enrraine ôc le .détache des parties auiquelles il te-nok. Il eft aile de prévenir cet accident lorsqu’il n’y a point de vuide dans l’ouvrage, & que le fafcinagè :eft perpétuellement chargé par les tunes qui l'obligent à aller à fond.
- On commence par former les enracinements de ce fafcinagè fur les endofîements de la digue vers le .fleuve, en piochant la terre comme il a été dit au chapitre 1 x, afin d’y pofef la première couche de fondation, .& enfuite les tunes dans l’ordre indiqué .au même chapitre. Mais quoique çes fortes de ruptures n’arrivent jamais qu’à hautes eaux , cependant on doit
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- toujours avoir foin de prendre garde à ce que les eaux augmentant infenfî-blement, ne viennent à furpafîèr le defïiis de ce fafcinage pendant qu’on le charge pour le faire aller, à fond, au quel cas l’eau produirait l’effet d’un reverfoir, & ne manqueroit pas d’emporter tout l’ouvrage. Il faut donc, lorsqu’on conduit un tel fafcinage d’après les principes du chapitre 1 x, & qu’on parvient à en réunir les deux bouts, il faut, dis-je, le charger de tunes jusqu’à ce qu’il atteigne la hauteur convenable pour commander aux plus hautes eaux qu’il fèroit pofïïble d’attendre. Quelques perfonnes ta-? xeront peut-être cette dépenfe de: fuperflue, mais je ne croi pas. qu’il y faille regarder , parce que les eaux venant tout à coup à gonfler, entrai-*:
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- 1^6 T H A 1 T È
- aéraient tout l'ouvrage & en feroienc perdre le fruit; c’eft alors qu’on re-grettëroit, mais trop tard, d’avoir fait une dépenfe aulH mal entendue.
- : J’ai fait: faire un pareil fafcinage dans un hyver fi rigoureux, que les coups de pioche répétés ne pouvoienc pas fournir afïèz de terre pour former les tunes , de forte que je me fuis vû obligé de charger avec des fafcines, encore celles cy arrivoient fi lentement, qu’elles faifoient languir l’ouvrage lequel étant d’une matière legere de flottante, céda au courant dans le même moment où le fafcinage alloit être fermé. Ces fortes d’évenements font toujonrs défàgréables pour ceux qui font à la tête de ces ouvrages, & qui ne. fàuroient faire diligence, vû l’impoffibilité de réuflir dans des fai*
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- fôiis aufîi contraires. Il vaudroit donc mieux différer jusqu’à ce que la faifon permette de travailler, d’autant plus qu’on auroit en attendant» le te m s de faire conduire tous les ap-provifionnements fur les lieux.
- Dans le courant des ouvrages, il faut empêcher que les ouvriers ne jettent des terres contre le fafcinage vers le fleuve, jusqu’à Ce que celui-là (oit totalement fermé, parce que le poids de l’eau augmentant & fe joignant au courant, ne peut-que le poufïèr en dedans vers la digue, fi on l’a chargé de terre, au lieu que s’il n’en eft point chargé du côté du fleuve , l’eau filtrera à travers, & ne pé-fera plus tant fur lui. Mais lorsque ce fafcinage eft fermé & qu’il a gagné le fond, on peut jetter de la terre con-
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- tre lui du côté du fleuve, en commets cant à l’amont, afin d’arrêter les fil-trations, de étancher, le plus que pof-fible, l’eau du côté de la digue.
- Etant parvenu jusques là, on fait conduire dans la brèche qu’on veut réparer beaucoup de terre à force de voitures ou de bâteaux qu’on fait charger dans les isles voifines de la rivière; à l’aide des brouettes on fait mener cette terre fur l’ouvrage. Mais avant de déterminer la force à donner à la digue dans l’elpace à fermer , conformément aux figures 1 ÿ, 10, 11, xx, 13 & x8 s’il y a de grandes profondeurs, il faut fonder le. terrain foigneufement, pour juger de fà profondeur, & afin de former les endofïements & les banquettes : on évitera d’employer des fafch*
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- DES DIGUES,
- nés du côté des prairies, pour appuyer la digue, comme il eft dit dans le chapitre 7. figure ij.
- Pour réunir la nouvelle digue avec les deux bouts de l’ancienne, on diminuera de loin l’épaifleur de cette nouvelle digue vers fes extrémités, pour les égaler aux deux bouts qu’elles doivent rejoindre.
- CHAPITRE XV.
- Des moyens darrêttr les progrès des dégradations que font les courants
- fur les rives voifines des digues,
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- Lorsque les fleuves ou rivières forment des flnuofités, les courants étant gênés, quoique la riviere foit dans ion lit, viennent choquer con-
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- tre les angles faillants ou rentrants des banquettes, où ils forment des tourbillons qui minent le terrain profondément, 6c quelquefois même font des cavités (bus le rivage. « Lorsque ce cas arrive dans un angle rentrant:, de que les dégradations menacent de gagner les digues, on doit, même avant que le danger foit à craindre, faire dans cette partie un fafeinage enraciné dans la banquette endommagée, qu’on aura foin de déblayer le plus que pofîible en talut du côté de la rivière; on y conftruira un fafeinage de tunes recouvertes 6c chargées pour qu’il ait fon enracinement dans la banquette,. 6c qu’il defoende jusqu’au fond du fleuve comme nous l’avons déjà dit; ce moyen arrêtera les progrès des dégradations qui fans cela ne
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- DES DIGUES. 15 i
- feraient qu'augmenter, & gagneraient enfin l'èndofiement de la digue.
- Si ces mêmes dangers fe manifef-toient fur un “ angle faillant, & qu'il fût impollible d'employer ce dernier moyen, à caufe du peu d'efpace entre la rive & le pied de , l'endoflèment, il faudrait alors faire un épi à l'amont, à quelque diflance de la ; partie endommagée-, lequel forçât le courant à s'écarter de ce point de choc, & à le jetter dans le milieu du fleuve. Si par la dilpofition du terrain, ou de quelques finuofités, on ne pouvoit pas faire un épi, il faudrait en ce cas reculer cet angle faillant fur les prairies, de le rejoindre par les deux bouts avec l'ancienne digue; par ce moyen on formerait Une banquette qu'il ferait aifé de garantir des dégradations.
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- 152,
- TRAITÉ
- CHAPITRE XVI.
- De la dejlruclion presque totale (Tune digue, caufe'e par les courants.
- On peut juger par tout ce que nous venons de dire, que rien n’eft plus à craindre pour les digues, que lorsque leur endoffëment, du côté du fleuve, eft totalement emporté, ou quelquefois même quand la crête de la digue eft endommagée. On ne cqurt à la vérité pas de grands riiques dans ce dernier cas, tant que les eaux font baffes, ou que le lit de là riviere eft déterminé en contre-bas du terrain ordinaire ; mais on rifquera beaucoup lorsque la riviere viendra à lurpaflèr fon lit ordinaire, parce que toute la force de la digue dépend de fa baze qui fe trouve ruinée, . Il faudra donc
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- DES - DÏGVE S, I53
- par conféquent s’attendre à une rupture , lorsque les eaux feront hautes. Le moyen le plus fur pour remédier à ce danger éminent, eft de reculer la digue fur les prairies, afin de procurer à cette partie une banquette fur laquelle on puiiîè faire un fafcinage bien enraciné, qui aille jusqu’au fond de la riviere : (voyez chapitre 1 5.) ce fafcinage recevant le choc du courant, garantira de dégradations, les terres des banquettes.
- CHAPITRE XVII.
- Des interruptions & coupures qiion fait quelquefois dans les digues.
- Souvent on rencontre derrière les digues, des terrains dont le niveau eft peu au deiïiis de la fuperficie des
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- baffes eaux, & aufquels on renvoyé, comme à un réfèrvoir, toutes les eaux des endroits voifins ; on fera dans ces endroits une coupure à la digue & on y conftruira un pont avec des portes tournantes deflous, lesquelles feront établies fur un bon radier avec des files de palplanches, tant du côté du fleuve, que du côté des prairies, pour empêcher toute communication d’eau, d’un côté à l’autre. Ces portes tournantes , ayant leur feuillure en battement du côté du fleuve, fè ferment d’elles - mêmes, lorsqu’elles fe trou-vent chargées même d’un foible poids d’eau, de laquelle eau par conféquent elles garantifîent les prairies : de lorsque les eaux du fleuve baillent, celles qui peuvent être raflcmblées derrière ces portes dans la prairie, .ve-
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- vant à pefer for elles,, les ouvrent & prennent leur cours vers le fleuve. Lorsque donc on fera de pareilles coupures , il faut avoir foin de glai-fer & remplir exa&ement les bajoyers des deux côtés. Cette méthode a été mile en œuvre avec foccès parikf. Pétri Colonel des Ingénieurs, au fervice de S. M. le Roi de PruJJe.
- On fait auffi quelquefois des coupures dans les digues, pour y pratiquer des pertuis qui fervent à faire écouler le foperflu des eaux qui chargent les portes des éclufês: ces permis feront conftruits avec les mêmes précautions.
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- :T R A I T E
- CHAPITRE XVIII.
- Des battes ou jettées.
- Quelquefois on fait des battes en fafcinage pour détourner un courant à baflês eaux dirigé fur une digue qu’il pourroit ofFenfer, afin de le forcer à fuivre fbn cours dans un feul bras. Les battes fè conftruifènt jusqu’à deux pieds ou environ au defliis. des eaux communes.
- On conftruit aufli des battes pour faire aller des moulins dont là charge d-eau fur les aubes n’eft pas fùffifànte, & lorsque la riviere à un grand courant , ces fortes de battes ou jettées donnent plus de force à l’eau. Elles fe font le plus ordinairement en forme de batardeaux par des palées de pieux revêtus de madriers avec des cha-
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- peaux, moifes & entretoifis de charpente , le tout rempli de maçonnerie, pu de pierre fiche,, à un pied ou .un pied & demi au deflus des eaux moyennes.
- CHAPITRE XIX.
- Des reverjoirs.
- .Les reverfbirs fi conftruifint dans les rivières qu’on veut barrer à la faveur d’un moulin, lorsque le courant n’a pas aiïèz de chaflè pour faire tourner les roues fur leurs axes. On les fait de diverfes maniérés, 6c fur différents terrains, tels que le fond des rivières les fournit; les meilleurs re-verfoirs font ceux qui font cpnllruits fur le roc, 6c qu’on élevé en maçonnerie jusqu’à la hauteur néceifaire
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- pour le jeu des roues* du moulin. D’autres fè font fur-un terrain propre aux fondations, & on les coüftruit àufli en maçonnerie, en ôbfervant dans toute leur longueur, vers l’amont de la riviere, un bon corroy de glaife, pour garantir le pied, des dégradations que l’eau pouroit y faire, & un bon radier, auffi en maçonnerie, du côté de la chûte de l’eau, lequel foit allez étendu en largeur, pour que l’eau en tombant, ne caufe aucun dommage à Ion pied. On éleve auffi des rever-foirs fur de mauvais fonds, mais en ce cas il faut piloter, depuis le commencement du talut du reverfoir vers l’amont, jusques à la derniere extrémité du radier à l’aval, en y mettant de bonnes 'files de palplanches tant d’un côté que de l’autre, pour le ga-
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- JD E S Û 2 G V E S. Î59
- ratitir des progrès de l’eau par def* fous, & un corroy de glaife du côté d’amont ; enfoite on conftruit le re-verfoir en maçonnerie, fuivant les déterminations du profil'de du radier d’aval.
- Dans les pays où la pierre & le moilon font rares, on fait les rever-.foirs de charpente compofée de pieux enfoncés avec la fonnette jusqu’au refus du mouton, & de files de palplanches à l’amont & à l’aval, le tout rempli de moilon maçonné, ou quelquefois de pierre fêche, & garni de madriers de bois doublés ôc recouverts plein fiir joint, ou du plus gros moilon qu’il foit poliible d’avoir, lequel fera bien équarri & mis en joint, toute fois en y obfervant un radier d’aval pour recevoir la chûte
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- 160 traité
- de Peau qui creuferoic confidérable-tnent fans cette précaution. Il faut encore fè garantir contre l’eau vers les deux rives, en fefant des ailes foit en maçonnerie, foit en charpente, pour conferver les deux rivages des rever-* foirs, principalement vers l’aval où la chûte de l’eau eft précipitée, & s’étend quelquefois fort loin.
- Je donne par la figure 2,9, la proportion nécefîàire aux profils des re-verfbirs ; la hauteur de l’eau qu’on veut foutenir étant foppofée au point A, abattez la perpendiculaire au point B, & du même point B pour centre décrivez l’arc A, C; divifèz l’arc A, C, en deux parties égales au point D, abattez, la perpendiculaire D, E, de laquelle vous prendrez le quart que vous porterez de E
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- DES DÏGVES, 1 6 Z
- en Gy &• tirerez k ligne D , G y pour le talutr dé Pavai* Divifèz cette même ligne D, G, en dix parties égalés^ dont vous porterez Une de D, en F ; tirez la ligne F, A, qui fera le defliiS du reverfoir * & faites enfiiitê îe talut d’amont H ,B, le fixieme de là hauteur A, B; vous aurez ainfi le profil déterminé. •
- Là figure 3 ô. eft un reverfoir con-ftruit fur uii fond de roc, dans Içquel il faut fouiller, autant que poflible* pour alfeoir la fondation, &c qu’elle ne glifie point fur le roc* On voit qu’il faut un peu arrondir Pangle du fommet Formé par lé talut d’amont & le def-fus de ce reverfoir, afin que là pierre* y formant un angle aigu y foit garantie d’éeortture; lé relfe y eit affeZ intelligible, pour faire fentir que les
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- TR A 1 T à
- parements & le delîus doivent être conftruits en pierre, ôc le corps rempli de moilon de de mortier; on ne fera que mieux de faire les joints, ôc de pofer les pierres du parement d’amont, avec du mortier compofé d’un tiers dé chaux ôc de deux tiers de ciment de vieilles tuiles pilées.
- La figure 31, eft un autre rever-foir fondé fiir. un terrain propre à afi-feoir la maçonnerie,lequel étant fouillé, reçoitla fondation ôc le confirait comme ce dernier, en ÿ oblèrvant le corroy: deglailè A, de trois ou quatre pieds de large,'pour empêcher les eaux d’amont de ravager au deflous de fa fondation, ôc un radier d’aval, auffi de maçonnerie, ôc allez étendu en largeur pour que la chute des eaux d’amont n’endommage point le pied du reverfoir.
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- D E $ DIGUES, 163
- La figure 3 2*? eft un pareil rever-foir fondé fur un mauvais terrain qui oblige à piloter; il faut en ce cas po-fer deux files de palplanches Tune d’amont, & l’autre d’aval, indiquées par la lettre B, pour les oppofèr aux progrès de l’eau en defious ; tous les pilotis doivent être couronnés de chapeaux; & de traverfines par defîous ceux cy, pour recevoir la maçonnerie; l’intervalle des pilotis fera aufiï garni de maçonnerie, ainfi que la figure le porte, en obfèrvant toujours: le corray de glaife vers l’amont, marqué A.
- Dans les pays où la pierre eft rare,' on eft obligé d’avoir recours au bois. La figure 3 3, repréfente un fèmblable reverloir conftruit en bois avec une file de palplanches vers l’amont, contre laquelle eft fait le corroy de glaife
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- TRAITÉWS. BiaUESn
- A, & une autre file de palplanches marqué C, qui fait le parement d’a^-val du reverfoir : fion defîiis eft garni de madriers doubles, & plein fur joint, pour être mieux recouverts ; le coffre decereverfoir doit être rempli de cailloux, ainfi que le deflous du radier, qui eft fait auffi en madriers, La longrinç marquée D, doit régner fur toute la longueur du re-r verfoir, & elle y. eft très néçefTairç, parce quelle entretient. tous lesma-% driers qui compoiènt le radier,
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- T A B L E
- p ES
- C HA PITRE S.
- CHAPITRE I.
- Comment on doit déterminer Vefpace entre, les digues & leur hauteur. pag, 17
- CHAPITRE II,
- Pourquoi ? & comment on doit faire les digues, le glus qu3on peut, eh ligne droite O à diftances égales. pag. 2 3
- CHAPITRE DI.
- De la nécejjité de laijfer des intervalles en banquette, entre les digues ' & le lit de la riviere. pag. 3 3
- CHAPITRE IV.
- \
- J)e Vinconvénient qu apporte aux digues le voifinage des maifons, ou de tels autres édifices* pag. 34
- L 3
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- CHAPITRE V.
- Que les profils des digues ne doivent aboutir à aucun édifice. pag. 3 6
- CHAPITRE VL
- proportions & profils à donner aux digues fuivant les différents cas, pag. 38
- CHAPITRE VH.
- De la construction des digues par rapport aux différentes qualités des terrains.
- pag. 41
- CHAPITRE VI
- Des contre-fojfés derrière les digues. pag. 5 7
- CHAPITRE IX.
- Des matières nuifibles ù contraires à la construction des digues, pag. 58
- CHAPITRE X.
- De la confervation des digues & des mo-yens de les préferver contre les glaces.
- pag. 60
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- CHAPITRE XVI.
- De là deflruclion presque., totale, d'une digue, cauj.ée. par les courants. pag* 151
- CHAPITRE XVIi.
- Des, interruptions ù coupures qu'on fait quelquefois dans les digues. pag. 15 3
- CHAPITRE XVIII*
- Des battes ou jettécSi pag. 1.5 6
- CHAPITRE XIX.
- Des reverfoirsi pag. 15^
- Fin de la Table»
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