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Maniere de rendre toutes sortes d'édifices incombustibles ; ou traité sur la construction des voutes, faites avec des briques et du plâtre, dites Voutes plates
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- MANIERE
- DE RENDRE
- TOUTES SORTES D’ÉDIFICES
- INCOMBUSTIBLES;
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- TRAITÉ fur la Conftruction des Voûtes A faites avec dès briques & du -plâtre j dites Voûtes plates} 6* d’un Toit de brique j fans Charpente appelle Comble briqueté
- De Tinvention de M. le Comte d'Espie., Chea valier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis 3 ancien Commandant d'un Bataillon d'Infanterie.,Chevalier de l'Ordre de la Fidélité de S. A. S. le Margrave de Bade-Dourlàch Baden, Colonel breveté par ledit Prince.
- Avec les Plans gravés en taille-douce,
- A PARIS,
- Chez la Veuve DUCHESNE, Libraire, rue Saint-Jacques $ au-deiTous de la Fontaine S. Benoît, au Temple du Goût.
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- M. DCC. LXXVI.
- Avec Approbation * & jftÿvilégt du Rot»
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- AVANT-PROPOS*
- E Public a trop bien accueilli ce petit Ouvrage * pour ne pas exciter ma reconnoiflance ; je ne faürois la lui mieux marquer * que de lui en donner une fécondé édition : les Etrangers même ont paru en avoir fait quelque cas * pùifqu’ils Pont traduit dans leur Langue (i). J’ai appris avec la plus grande fatis-
- (i) Les Angloisj par M. Dutens 3 à Londres , en 17/8.
- A Francfort & Léipfîc a en 1760 a par lés Allemands#
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- ï) A VA NT-PR O PO S.
- fa&ion, que, depuis l’Edition de 1754, oh a voit conftruit* dans plufîeurs endroits de la France 6c ailleurs , des Voûtes félon le fyftême que j’ai donné dans cet Ouvrage ; l’on en à même construit à Paris, 6c à Verfailles à l’Hotei de la Guerre ; mais ©n ne la pas tout-à-fait fuivi, puiP que ces Voûtes font armées avec des liens de fer , ce qui doit avoir augmenté confidérable-ment la dépenfe , qu’on auroit pû éviter, fi elles avoient eu un peu plus de ceintre ; d’ailleurs , on les a conftruites feulement dans le rez-de-chaufTéè ; lés murs étant affez épais, on auroit pu en conftruire dans le premier étage, ce qui auroit mis tous les Bureaux à l’abri du feu,'
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- A F A NT-&ROP O S» lt}
- La précaution que plufîeurs perfonnes ont prife de mettre des liens de fer à ces Voûtes, eft très-inutile, & rend cette construction un peu trop chere : je renvoi, fur cela, le Lecteur à la page 44 ; il verra que les Voûtes n’ont pas befoin de liens de fer èc que par les épreuves qui ont été faites , & que j’ai fait moi-même , elles n’ont point de pouf-fée lorfqu’clles font conftruites avec du Plâtre de Languedoc Sc de Guyenne ; lorfqu’on laide aux' murs le tems de faire leur affaif-fement, êc enfin lorfqu’on leur
- donne le ceintre convenable ôc proportionné à la grandeur de la pièce. Cette proportion éft fi né-cefTaire, qu’un Particulier ayant
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- br A F ANT-P RO P O S.
- voulu , il y a quatre ans, faire faire, à Touloufe, dans fa Mai-fbn, des Voûtes plates ; il en fit faire une dans une pièce d’en-viron dix-huit pieds de long , fur treize à quatorze pieds de large ; il lui donna fi peu de ceintre , qu'elle àvoit plus l’air d’un plafond ordinaire , que d’une Voûte ; aufli fe fendît-elle bien vite en plufîeurs endroits après fa conftruiSfcion ; eii-forte qu’il fut contraint de la démolir, d’en reconftruire un autre , à laquelle il donna le ceintre requis , fans que la défe£tuofitë de cette Voûte, ni fa démolition*, ni laconftru&iond’une autre, eut altéré en aucune façon l’à-plomb des murs qui la fup-portoient.
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- AFANT-PROPOS. P
- Il y a trois ans que j’ai fini de bâtir mon Château d’Efpie , à quatre lieues de Touloufe, ou j’ai fuivi mon fyftême ; j’ai fait faire nombre de Voûtes fans y avoir mis le moindre fer, ôc fans qu’elles fe foient démenties, ni qu’elles aient altéré aucun mur; parce que je leur ai donné le çeintre proportionné à la grandeur de chaque pièce. J’en ai même fait conftruire dont un des côtés de la Voûte eft porté par une triple cloifon faite avec du plâtre ôc des briques pofées de champ , ce qui ne fait pas tout - à - fait fept pouces d’é-pailTeur ; la brique n’en ayant que deux , ôc le plâtre qui les joint & les lie enfemble fifc
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- *pj AVANT-PROPOS.
- formant pas un pouce ; les, trois autres côtés de cette Voûte portent fur des murs, dont l’un n’a que dix pouces d’épaifteur.Tout cela prouve leur folidité, pourvu toutefois qu’on leur donne , ainfi que nous l’avons dit, le ceintre qu’elles doivent avoir.
- Mais comme le plâtre de Paris eft d’une telle force , que lorfqu’on en carrelle une chambre, on eft obligé de laifler le long des murs, & tout à l’entour , un efpace vuide de trois à quatre pouces pour lui donner le teins de bourfoufller ôc de perdre fa force, après quoi on finit le carrelage ; fans cette précaution , ce plâtre poufteroit les feurs & les feroit fortir de leur
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- A VA N T- P RO P 0 S* vlj
- à-plomb. Je conclus donc de-là , que Ce ne fera point la Voûte plate qui pouffera les murs, mais le plâtre de Paris.
- Pour remédier à cet inconvé* nient, voici l’avis que je donne à ceux qui voudront conftruire de ces fortes de Voûtes avec ce même Plâtre.
- i De n’en conftruire aucune fur des murs neufs, qti’après fix mois qu’ils auront été bâtis, afin de leur laifter faire leurs afFaifïe-ments.
- Que ces murs foient conf-truits félon les régies de l’art.'
- 3 °. Prendre garde que les Maçons ne laiflent aucun vuide dans leur épaiffeur, foit afin d’avancer plus vîte l’ouvrage , ou pour
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- Yii] avant-propos.
- épargner les matériaux & le mortier , lorfquils font chargés de les fournir.
- 4°. De ne fermer la Yoûte que quinze jours ou trois femaines après fa conftru&ion, enlaiffant dans fon eftradofe un vuide ou trou de quatre à cinq pieds en. quarré ; par ce moyen-là , le plâtre aura le tems de faire fon effort, fans nuire aux murs qui foptiendront cette Voûte; après quoi on la fermera fans craindre qu’elle faffe aucune pouffée, ni qu’il foit néceflaire de la brider pet aucun lien de fer.
- Nous fommes dans un fiécle bien plus éclairé que ceux qui l’ont précédé , oii le génie de l’homme s’eft h fort développé ?
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- AVANT-PROPOS. ix
- que les Sciences de les Arts paroif-fent avoir atteint à leur dernier période : malgré un fi grand avantage , perfonne encore en Europe n’a imaginé de rendre incombuf-tible les Toits des Maifons, des Eglifes, de des autres bâtimens à l’utilité publique ; c’eft cependant la partie la plus efïentielle, de celle de toutes qui mérite le plus d’attention ; parce qu’étant la plus expofée à l’air, ôc aux grands vents , c’eft aulïï celle oii l’incendie fait le plus de ravage ; enforte que, malgré tous les fe-cours pofîibles, la flamme d’un. Toit fe communiquant aux autres , caufe toujours un défaftre affreux, dont les papiers publics ne nous entretiennent que trop fou vent.
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- Je crois donc être le premier qui ait ( en 1749 } imaginé un Toit incombuftible tel qu'on le voit à la planche première & fécondé de cet ouvrage; je conviens que le galetas qui eft fous ce Toit, ne peut Servir à aucun tifage, par la proximité de toutes les cloifons, au-lieu que les Toits ordinaires laiffent au deflous un emplacement qui fert aux ufages qu'on veut. Mais noyant que de la brique & du plâtre, les feuls matériaux du haut-Languedoc , je ne pouvois faire mieux ; je conviens encore que pour construire de pareils combles, il faut nécefîairement qu’ils Soient Supportés par des Voûtes, de quelque efpece qu’elles Soient , ce
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- qui rend leur conftru&ion impraticable dans une Maifon déjà conftruite , où il n’y auroit que des planchers. Il me femble cependant que la chofe ne feroit pas tout-à-fait impoffible, fur-tout à Paris , où l’on a des ma-tétiaux de toute efpece ; ainli , pour changer un Toit de charpente , & mettre à la place un Toit incombuftible , voici quel feroit mon projet, qui paroît bien. fimple.
- Après la démolition du Toit de charpente, foit que la Maifon foit à corps-double ou à corps fimple , on conftruira des arceaux en pierre de meüliere , pierre légère & trouée comme une éponge , où le plâtre mord
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- Beaucoup mieux que dans aucun autre ; la naiflance de ces arceaux commencera au niveau du plancher du galetas de cette Maifon ; on pratiquera une an-taille dans le mur pour recevoir cette naiflance ; ces arceaux auront environ quinze pouces de largeur ; on proportionnera leur hauteur à la largeur du galetas, Sc des chofes qu’on voudra y lèrrcr ou pratiquer; il faudra efpacer ces arceaux à la diftance de cinq pieds l’un de l’autre ; on préparera des dalles de pierre de l’épaiflèur d’un pouce ôc demi à deux pouces, Ôc de fix pieds un pouce ôc demi de long , afin qu’étant jointes dans leur longueur fur les arceaux, elles puif-
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- :ArANT-PROPOS. xüj «
- fent les couvrir entièrement. Ces dalles feront taillées dans les quatre côtés , afin qu’elles puif-fent fe bien joindre enfemble de toutes parts fur les arceaux ; elles y feront maçonnées avec du plâtre , 6c liées dans leurs joints avec le ciment du fleur Lauriol, qui a été approuvé du Public. Ces dalles feront la couverture du Toit , ainfi on n’aura pasbe-foin d’ardoifes ; on pourra faire telles ouvertures qu’on voudra pour éclairer le galetas.
- Un comble de cet efpéce aura toutes fortes d’avantages ; le plus grand dek tous, c’eft d’être à l’abri de l’incendie ; car quand le feu prendroit à tous les étages infé-rieurs,la flamme feroit contrainte
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- de fortir par lés fenêtres, & ne pourroit jamais embrâfer le Toit, ni par conséquent les Maifons voifines ; il n’y aüroit jamais que les divers étages de cette Maifon qui feroient confommés par les flammes , fl on n’y portoit un prompt fecours. Le fécond avantage, effc qu’un Toit ainfi conf-truit, ne feroit guere fujet à aucune réparation , comme le font les Toits de Charpente. J’efpere m’être, acquitté , par ce nouveau projet , de ma promefle vis-à-vis du Public j inférée à la page 78. Je ferois trop heureux s’il en étoit fatisfait ; peut - être que quelqu’un plus habile que moi pourra * ou le perfectionner, ou nous donner encore quelque
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- chofe de mieux dans ce genre.
- IJ y a une Maifon à Paris, rue Bergere , qui appartient à M. Douai de Vichi, que le fieur Salles a fait bâtir, qui mérite d’être vue 8c examinée ; elle eft pareillement incombuftible, ain-fi que fon comble. Le fieur Salles me dit en 1763 , étant alors à Paris, 8c ayant été voir cette conftru&ion , que fans la Brochure que j’avois donné au Public , il n’en auroit jamais eu l’idée ; il n’a cependant pas fuivi mon fyftême : tous les murs de refend font inutilement trop épais, il les a portés jufqu’au faîtage du Toit ; il a auffi bri^é fes Voûtes plates avec des liens de fer, dont le prix s’eft monté
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- à plus de foixante mille livres, ce qui a rendu ce Bâtiment fl coûteux , que je ne fâche perfonne qui ait fuivi fon exemple.
- Il faut, dans la conftru&ion d*un Ouvrage d’un nouveau genre , fîïnplifier autant que faire fe peut toutes les parties qui le com-pofent , en les rendant néanmoins folides & durables, afin qu’il foit à la portée de la fortune de tout le monde , pour qu’il puifïe être imité 6c fuivi.
- NOTA»
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- Nota. M. le Duc de Croy, animé d’un zèle Patriotique qu’on ne voit regner que dans les belles âmes, 8c touché du trifte état de nombre de malheureux ruinés fouyent par les Incendies , 8c tout récemment par celui du Palais , a bien voulu envoyer à l’Auteur du Mercure de France un Mémoire inféré dans le fécond Volume du mois de Janvier de cette année , page 17S , concernant une conftru&ion de Toits qui * fans difficulté , font bien moins combuflibles , oit le feu à moins de prife que dans les Toits ordinaires. b
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- Quoique cette Conflru&jotl n’ait aucun rapport avec celle de mon fvftême, le Public néan* moins doit fçavoir gré à M. le Duc de Croy de lui en avoir fait part ; parce que fi, dans quelques Provinces du Royaume , il n’y avoit point de plâtre % ou que le tranfport en devînt difficile 6c fort coûteux à ne pouvoir exécuter les Toîts félon la Conftru&ion que je donne, on pourroit alors faire ufage de ceux qu’il propofe dans fon Mémoire.
- M. Gloefer a trouvé la compo-fïtion d’un Enduit dont il donne la recette dans le Journal intitulé : Nature cpnjidérée 3 n° a , du 30 Janvier 1776, page 80 j il
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- prétend que les Bots deviennent incombuftibles, lorfqu’ils ion revêtus de Ton Enduit ; comme il paroît très-peu coûteux, on pour-roit s’en fervir, à la Campagne » dans les Maifons des Payfans, qui n’ont pas la faculté de faire de grandes dépenfes en Bâti-mens. Le génie de l’homme fe développant tous les jours fur les nouveaux projets que l’on donne au Public, il arrive qu’à force de les exécuter, ils parviennent à la fin à leur entière perfedion.
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- IEN des gens fe préviennent , quelquefois avec jufte raifon. contre les nouvelles découvertes ; mais j'efpere que lorfqu’ils auront examiné celle - ci avec attention & réflexion > ils fendront fes avantages } & combien elle eft importante.
- Retiré depuis quelques années du fervice, j'ai employé mon loifir à travailler fur quelques-unes des parties qui con-r cernent le Militaire ; je cher-dhois un moyen pour rendre
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- S "AVERTISSEMENT.
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- les Màgazins & les Arcenaux des places de Guerre incom-bullibleSé Après l'avoir trouvé je m'aperçus que perfonne encore n'a voit eu cette idée ; j'en fis bientôt l'experience, & le fuccès ayant répondu à mon attente > je me croirois coupable aujourd'hui , fi je differois plus long - tems à communiquer au Public une découverte auffi iiitereflànte.
- C'eft un Toit d'une nouvelle cônftruélion que j'ai imaginé , & qui a été exécuté il y a trois ans, dans une maifon que j'ai fait bâtir à Touloufe : ce Toit eft formé feulement avec
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- AVERTISSEMENT.
- §
- Bes Briques, du Plâtre * & du mortier à Chaux & à Sable : il n’entre dans toute fa conf-truélion ni bois ni fer ; c’eft pourquoi je l’ai qualifié de Comble Briqueté ; il eft fup-porté par des Voûtes Plâtes , Ouvrage admirable 8c fingu-Ber, que bien des gens n’approuvent point , faute de le connoître, 8c dont l’ufàge eft très-ancien dans le Rouffillon ; mais beaucoup plus nouveau dans le Languedoc, 8c même dans quelques Provinces voi-fînes. C’eft* M. le Maréchal de Beileifle qui a donné dans ce Pays - ci la première
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- to AVERTISSEMENT.
- idée de ces Voûtes : il a fait vè? ïiir pour en conftruire dans Ion Chateau.de Bify, des Ouvriers de Perpignan, ;où l’on efl: plus expert que par tout ailleurs dans ces fortes d’Ouvrages.
- Ces Voûtes plates furent annnonçées au Public dans le Mercure du mois d'Avril, dé l'année 1750. par une Lettre d'un Architeéie d'Avignon, qui s'en prétendoit mal-à-propos l'Autheur ; elles le furent encore le mois fuivant par une autre Lettre de M. de la Gheze Ingénieur en chef de Thion-ville àM. le Marquis de Rouge, Maréchal des Camps &
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- Armées dn Roi,adrefTée à f Auteur du Mercure , par M. de la Sauvagere, Ingénieur en chef du Port-Louis. Cette Lettre eft beaucoup plus inftruétive que la precedente > mais ni Tune ni l’autre ne m’ont, paru fu£-fire à Pinftruétion du Leéleur avide & curieux : fai donc cru que je pourrois hazarder de lui donner dans ce petit Ouvrage un détail circonftancié de ces fortes de Voutes , des avantages qu elles renferment 3 Sc de la façon dont elles fe conftrui-fent ; j’y ai joint à la fin des Planches où il verra le Plan des Voûtes plates, avec les
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- ZFERTISSEMENT.
- coupes & les profils nécefTaî-résidé même que le Plan & les Coupes de mon Comble Bri-quêté. Je ferai amplement dé-domagé de mon travail, fi je fuis affez heureux pour fatis-faire le Public.
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- DES COMBLES
- BRIQUETÈs.
- ’O N n’avoit point trouvé jufqu’à préfent d’autre façon de couvrir les Edifices & les Bâtimens qu’avec des toits faits de bois de Charpente; à la réferve des magazins à Poudre que l’on couvre avec des voûtes , qu’on charge d’une épaiffe Maçonnerie , afin qu’ils foient à l’épreuve de la Bombe.
- Quand aux Magazins que Pon
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- *[£ Des Combles
- cônftruit dans les Places de Guérre pour renfermer les munitions de bouche y & toutes les danrées ne-celïairës à Pufage des Troupes, de même que les Arcenaux ; iis font aufli couverts avec des Toits de Charpente. Ces Toits ne fçaurôient mettre à Pabri du feu qui peut s'y Communiquer aifément, foit parles accidents de la Foudre, foit par Pin-cendie de quelques maifons voifi* nés , foit enfin en tems de Siège par les Bombes & les Boulets rou* ges.
- ' Les Toits de la nouvelle invention que Pon propofe , feront exempts des deffauts & des inconvénients que l’on vient d’expofer ; ils renferment d’ailleurs de fi grands avantages quson n’aura point de pei-
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- fie à leur donner la préférence ; fi l’on veut examiner attentivement leur conftrudion. Nous en ferons le détail après que nous aurons rapporté celui des Voûtes plâtés fur lefquelles font conftruits les Combles Briquétés.
- DES VOUTES
- PLATES.
- IL eft peu de gens en France qui n’ayent entendu parler ou n’aient vû des Voûtes faites avec des Briques & du Plâtre, autrement dit Voûtes Plates 9 qui depuis quelque tems font devenues en ufage dans
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- (* <!» Des Combles
- différentes Provinces du Royaume: leur folidité engage tous ceux qui les connoiffent, & qui bâtiffent aujourd’hui à leur donner la préférence fur les planchers , à caufe des avantages qu’elle renferment , ôc du prix qu’elles coûtent, bien au-, defïous de celui des planchers , fans conter le rifque que l’on court d’être fou vent trompé par les Marchands de Bois.
- .Dans les Provinces du Roulfil-lon & du Languedoc, l’on ne s’étoit fervi des ces Voûtes plates que pour des Eglifes, ou pour des Bâti-mens que l’on vouloit mettre à l’abri du feu , comme des Ecuries 9 Remifes > Granges ou Offices. J’ai été le premier à Touloufe qui ait hazardé d’en pratiquer dans les appartements
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- Briquetés. 17
- partements à la place des planchers , en leur donnant une forme fi agréable, que tous ceux qui les voient s’imaginent que ce font des plafonds ordinaires ; la fblidité de ces voûtes, les avantages qu’elles renferment, & le bel effet qu’elles font, ont engagé plufieurs perfon-nés de cette Ville, & des environs, à ftiivre mon éxemple : il feroit à fouhaiter que cette maniéré defé-parer les étages , pût s’introduire dans le Royaume;de combien d’accidents caufés par le feu ne fe ga-rantiroit-on pas ? Outre cet avantage qui eft des plus grands, ces Voûtes rendent les appartements chauds en Hy ver, ôt frais en Eté ; les Souris ôt les Rats ne fçauroient y nicher nulle part, de plus, on a beau faire
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- 18, Des Combles
- de bruit, l’on ne fçauroit àbfclu-
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- ment rien entendre dans.Pétage de defïous y ce qui n arrive point aux plafondsqui rendent tou jours un bruit fourd, malgré la précaution que Pon prend de pratiquer un dou* ble Plancher. Ces doubles Planchers occafionnent non-feulement une grande dépenfe ; mais encore font percke un efpace que Pon retranche dans l’un ou l’autre étage; outre cela les bois renfermés dans le Plâtre fe pourriiTent prefque toujours d’une maniéré d’autant plus dangereufe,que l’on ne s’en ap-perçoit que lorfque le malheur eft arrivé.
- L’on nomme cette façon de Voûte, Voûte plate , parce qu’on peut lui donner fi l’on veut beau-
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- Briquet és. l$>
- coup moins de ceintre qu’aux autres Voûtes , & aufli parce que dans les deux tiers ou environ de la Voûte, les Briques dont on fe fert pour fa conftru&ion y font pofées de plat., au lieu que dans les Voûtes ordinaires elles font pofées de
- Les Briques dont on fe fert à Perpignan pour faire ces Voûtes, & dont je me fuis fervi aufli, n’ont que i o pouces de long fur f pouces de large, & un pouce d’épaifleur ; elles font beaucoup mieux la douël-le que les grandes Briques dont on s’étoit fervi dans les Couvents Ôc autres lieux avant la conftru&ion de mes V outes : il eft très-aifé de concevoir qu’une petite Brique qui n’a que 5 pouces de largeur, fe prête-
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- 20 Des Combles
- ra plus aifément à la courbure de la Voûte que celle qui en aura io. à quoi l’on peut ajoûter qu’elles ont plus de furface à proportion que les grandes : par conféquent peuvent être plus enduites de Plâtre dans la raifoft double de leur capacité, & il n’eft pas douteux que la V oute n’en foit plus folidë. 11 faut obferver de n employer dans ces Voûtes que des Briques bien cuites , qui n’ayent point été mouillées, & que le Plâtre ne foit point éventé ; c’eft pourquoi il feroit à propos de le faire cuire fur le lieu même, où on veut l’employer , 6c de s'en fervir promptement, afin qu’il foit dans toute fa force 5 il faut auffi avoir attention de n’en détrem* per jamais, qu’une très-petite quan-
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- tïté quail faut employer tout de fuite.
- On peut donner à ces Voûtes les mêmes formes qu’on donne aux autres Voûtes ; ceft-à-dire, qu’elles peuvent être en plein-ceintre, ou ceintre furhauffé , ou fur baiffé, en éliptique , en trompe, en berceau , en arrête, en arc de cloître, en tiers-point, &c. On peut aulîi pratiquer des lunettes lorfqu’il fe rencontre des ouvertures, foit portes ou fenêtres plus élevées que la naiflancede la Voûte ; cependant la plus belle forme & celle qui convient le mieux pour les apartemens, eft le ceintre fur baiffé ou portion d’élipfe, autrement en anfe de panier , formant une impériale de ca-roffe, on donne aux côtés qui for-
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- S 2 Des Combles
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- ment l’imperiale la moitié du plus petit côté de la pièce, ôt la même courbure que dans le relie de la Voûte. Cette courbure > ou autrement ce ceintre pour les beaux appartemens, doit être d’un peu plus du tiers de la largeur de la pièce, fi on veut que le Plafond foit un peu exaucé & qu’il joue le plafond à l’Italienne, d’un cinquième li on veut moins d’exaucement, ôc d’un huitième li on ne veut que de la folidité, l’expérience ayant fait connoître que les Voûtes auxquelles on donnoit beaucoup moins de ceintre , ne fe font pas foutenues long-tems, étant trop plates.
- On ne fait de ceintres que ce qu’il en faut pour former l’imperia-le ou telle autre figure qu’on vou-
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- dra donner à la Voûte ; ils font très-légers, & conftruits des plus mau-vaifes planches de rebut qu’on peut avoir dans fon bâtiment ; par confé-quent c’eft une très-petite dépenfe : ceseeintres ne font pas faits pour porter ou foutenir la Voûte ; mais feulement pour guider & conduire l’Ouvrier.
- L’on peut conftruire ces Voûtes fur des vieux murs,lorfqu’ils font fo-lides , tout comme fur des murs neufs, pourvu toutefois qu’onlaif-fe repofer ceux-ci au moins Pefpace de fix mois, avant que d’y conftruire les Voûtes, afin de leur laifler faire leurs affaiflements naturels, précaution effentiellé dont je me fuis très-bien trouvé. Pour que ces Voûtes foient folides & qu’elles ne
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- Des Comités
- faffent point de pouffée contre’ les murs, on pratique en les conftrui-fant une retraite de 3 à 4 pouces que l’on fait regner tout au tour de la pièce , à Pendroit où l’on veut que la Voûte prenne naiflance ; en forte que la première Brique de la Voûte eft pofée de Champ, ôc prefque à plomb fur cette retraite , formant un angle d’environ 80 degrés ; fi c’eft une vieille maçonnerie on fait une entaille dans le mur, afin de pouvoir pofer la première Brique de la Voûte de la façon que nous venons de le dire.
- L’on fait ces Voûtes fimples ou doubles; fimples quand on ne doit pas habiter le defîùs, ou qu’elles ne doivent rien porter : mais il eft
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- Brïquetês;
- plus folide de les faire doubles en pofant une fécondé Brique en recouvrement fur la première, & en obfervant que les joints de cette fécondé Brique ne rencontrent point ceux de la première.
- Voici la façon dont l’Ouvrier conftruitfa Voûte : après qu’il a placé 6c alluré fes ceintres, il tend bien deffus fon cordeau d’un bout de la pièce à l’autre à la hauteur de $ p. au deffus de la retraite du mur dont on vient de parler, qu’il a foin de ne-
- toyer pour qu’il n’y ait point de poulïiere ni aucune forte d’ordure, & après qu’on a hume&é cette retraite il y jette un peu de plâtre, Ôc pofe deffus la première Brique, à laquelle il a mis auffi du Plâtre à deux de fes joints ; fçavoir, à celui
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- Dés Combles;
- qui doit appuyer fur la retraite, 8c à l’autre qui doit fe lier avec le mur ; il la drefle enfuite par le bas fuivant la retraite, afin qu’elle ne rentre ni ne forte hors du mur ; mais qu’elle Tafleure, & par le haut fuivant l’inclination du cordeau, lorfqu’il fent que la Brique a fait fa prife,il l’abandonne ; & fe prépare à pofer la fécondé , en mettant un peu de Plâtre à la retraite ôc aux joints de la première Brique ; il en met de même à cette fécondé ; fçavoir, au joint qui doit appuyer fur la retraite, & à celui qui doit fe lier avec la première 9 après quoi il lapofe , & la dreffe de même que nous l’avons déjà dit ; il continue ainfi de fuite jufqu’à ce que tout ce premier rangfoit fini; il
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- Brtquetés. '%•}
- faut obferver que l’Ouvrier ne pofe jamais aucune Brique qu’elle n’ait ététrempéedansi’eau,cequifaitque le Plâtre s’inlinue bien mieux dans les pores de la Brique,& que l’Ouvrage en eft plus folide ; après que l’Ouvrier a pofé le premier rang de Briques tout au tour de la pièce , ( nous fuppofons que la Voûte foit en impériale ) il commence une fécondé operation : il change fon cordeau qu’il éleve à $ pouces au-deffus, ôc pofe la première Brique du fécond rang, en mettant du Plâtre à deux de fes joints, de même qu’à la Brique du premier rang qui doit lui être liée; ce fécond rang doit être ajufté fur le haut du premier , ôc fuivant l’inclinaifon des
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- Des Combles
- V8
- ceintres & du cordeau 9 & ainfi de fuite jufques à ce que ce fécond rang foit pofé tout au tour de la pièce ; l’Ouvrier a grande attention que la première Brique du fécond rang foit de moitié moins longue, afin que les joints de ce fécond rang ne fe rencontrent point avec ceux du premier 9 ce qu’il doit obferver dans tout le cours de fon Ouvrage, afin de le rendre plus folide.
- Le fécond rang de Briques pofé tout au tour de la pièce , l’Ouvrier paffe à une troifiéme opération qui eft de doubler la Voûte d’une fe~ conde Brique en recouvrement fur la première, ce qui eft très-facile en mettant un enduit de Plâtre fur un des côtés de la Brique qu’il cou-
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- Etiquetes; 2$
- che fur la première, avec toujours la même attention, ainfi que nous l’avons déjà dit, que les joints de ce fécond lit de Brique ne rencontrent en aucune façon ceux du premier.
- L’Ouvrier n’a d’autres outils que deux auges ( vulgairement dit baquets ) où on lui détrempe le Plâtre à mefure qu’il en a befoin, une truelle plus longue êt plus large que celle des Maçons, pour cimenter 6c enduire les Briques de Plâtre^ (d)un petit marteau tranchant par l’un desbouts pour caffer laBrique quand il eft néceflaire, & par l’autre il'donne un ou deux petits coups à la Bri-
- (a) Le Manœuvre qui eft chargé de détremper le Plâtre, en a aulîi une. pareille pour le gâcher.
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- 3<> Des Combles
- que qu’il pofe, afin que le Plâtre dont elle eft enduite, aufli-bieh que celui des deux Briques auxquelles elle doit être jointe, foit bien comprimée & faffe promptement fa prife ; ce même coup fert aufli à bien drefïer la Brique le long du cordeau au cas qu’elle ne le fut pas.
- Lorfque le Plâtre eft bon & dans fa force , il fait fi promptement fa prife, qu’aufli-tot que l’Ouvrier a paflié les reins de la Voûte, & qu’il commence à pofer fes Briques de plat, à peine a-t’il donné le coup, de marteau à la Brique qu’il ne la foutient plus qu’avec un doigt, & lorlqu’il fent qu’elle tient ferme * & que le Plâtre a fait fa prife il la lâche , ce qui fe fait en moins de 20. fécondés.
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- Briquetés. 51
- L’Ouvrier a grand foin de ne jamais commencer un nouveau rang; de Briques , que le précèdent ne foit fini dans les quatre côtés de la pièce , afin que les quatre rangs s’avancent toujours également vers le; centre de la Voûte, jufqu’à ce qu’ils fe joignent tous , en ne formant qu’une petite ouverture qui fe ferme par une feule Brique ; car ayant fait faire une Voûte dans une pièce irrégulière qui reffembloit à un trapèze , l’Ouvrier conduifit fi également fes quatre rangs, que le dernier quarré de Briques qui entou-roit l’ouverture où devoit êtrepo-fée la derniere Brique , formoit en petit le même trapeze ; cette uniformité des rangs eft pratiquée par
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- 3 2 Des Combles
- les bons Ouvriers, Ôc rend l’Ouvrage bien meilleur.
- Le petit efpace qui refte entre le mur & la courbure de la Voûté, eft garni avec du Plâtre ôc des petits morceaux dé Briques appellés riblons, jufques à la hauteur de dix à douze pouces , alors on faifit les reins de la Voûte par des petits contreforts placés a 4. ou 5 pieds de di-ftance les uns des autres on obfer-v.e d’en conftruire principalement à chacun des quatre angles de la Voûte , qui font les parties les plus ef-fentielles, lorfque la Voûte eft en
- 1»
- impériale.
- Ces contreforts fe font avec des Briques pofées de plat, qui ont f pouces de largeur , deux pouces
- d’épaiffeur,
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- Briquetés. 3 3
- d’épaifleur , ôc 1$ pouces de longueur ; ( appellées tuilles barreau: ) ils doivent aller fe perdre infenfi-blement jufques au tiers pour le moins de chaque côté, Ôc on les tient fi l’on veut de quelques pouces plus bas que le niveau du cein-tre convexe de la Voûte ; les contrefort^ fe font encore avec de greffes Briques qui ont 1 $ pouces de long fur 10 pouces de large ôc 2 pouces d’épaifleur : ( appellées vulgairement tuilles planes : ) on les pofe de champ deux à deux en les
- liant avec du Plâtre, Ôc en les élevant à la même hauteur que Ton vient de dire ; ces contreforts ainfi difpofés fervent à brider ôc à contenir la Voûte ; l’efpace qui refte d’un
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- 34 Dej Combles
- contrefort à l’autre, eft maçonné encore avec de la Brique & du Plâtre , jufques à la hauteur de io à 12 'pouces ; mais jamais avec du Mortier, lequel conferve toujours une certaine humidité qui feroit contraire à la Voûte ; enfuite l’on achevé de remplir le relie de terre bien féche, ou plûtôt des plus menus décombres ; après quoi l’on ca-relle par deffus ou l’on parquette ; dès que la Voûte eft finie on peut ôter les ceintres fur le champ fans aucune crainte ; ces ceintres n’étant comme nous avons dit, que pour diriger l’Ouvrier dans la forme ou la figure que la Voûte doit avoir.
- Le dedans de ces Voûtes s’en*
- duite de Plâtre, & Ton a foin d’enf*
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- Briq
- uetes.
- facer les angles rentrants ; l’on doit faire regner tout au tour de la Voûte une corniche architravée, de façon qu’elle prenne au deffus du premier ou du fécond rang de Briques qui a formé la naiflfance de la Voûte, ce qui fera paroître la Voûte pref-que plate ôt fera croire que c’eft un plafond dans fa plus belle forme: on pourra decorer ces Voûtes auflï richement qu’on voudra.
- Lorfque i’experience 6c le tems auront mieux fait connoître la foli-dité & les avantages des Voûtes plates, je fuis perfuadé que l’on bannira les planchers fujets à tant d’inconvenients ; 6c que l’on conf-truira à leur place ces fortes de Vou-tcs, non-feulement dans les maifons des Particuliers, mais que l’on s’en
- Cij
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- 5 6 Des Combles
- fervira encore pour les Eglifes , & polir tous les Eâtimens des'Couvents , où il eft arrivé fouvent que les incendies ont faits des ravages affreux, ôc mis les Religieux hors d’état de pouvoir rétablir de long-tems tout ce que les flammes avoient détruit. Combien de mai-fons & de Villages en France, combien de Villes entières en Allemagne n’auroit-on pas garanti du feu fl elles avoient été ainfi conftruites? nous ne verrions pas fi fouvent les gazetes nous annoncer tant de trif-tes défaftres.
- Il y a des Pays où ces Voutes font d’un tiers moins cheres que les Planchers, & dans d’autres moitié moins ; mais elles feront toujours d’une grande reffource dans ceux
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- Briquetés,
- où les bois font rares:on ne doit point les employer pour des Caves nidans des endroits humides, l’humidité étant contraire au Plâtre.
- Dans les Pays où la Brique ferôit
- extrêmement chere, & le fer à bon
- marché, pour éviter la dépenfe de
- tous les contreforts, on peut armer
- les Voûtes avec des fantons de fer
- 0
- pofés de diftance en diftance , Ôc on en garnit l’entre-deux de Platras; c’eft ainfi qu’on en a exécuté quelques-unes dans le Vivarais, mais fi le Pays étoit entièrement dépourvu de Brique ôc que la Pierre y fut commune, on pourroit alors faire fcier la Pierre de la même longueur* largeur & épai{Teur,que l’on donne à la Brique, le Plâtre mordra fur la Pierre, pourvu qu’elle ne foit point
- C.. »
- nj
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- 3 S JDes Combles
- trop urne ; mais comme il fe trouvé dans les pores de la Pierre une certaine humidité qui la fait fouvent fendre dans le tems des fortes gelées , ce qui feroit contraire à la Voûte , on évitera cet accident en
- t
- faifantfécher toutes les petites Pierres fciées à l’ardeur du foleil ou dans des fours ; cependant il ne pa-roît pas naturel que la gelée puiffe caufer aucun effet à cette petite pierre ; la Voûte étant enduite de Plâtre en deffous , bien couverte par deffus, & renfermée dans les appartements.
- Si une piece fe trouvoit trop grande^ qu’on voulut y pratiquer quelque arrangement,comme un chambre à coucher avec une niche pour un lit, dés garderobes & cabinets 3
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- Brlquetés.
- bn peut exécuter tout cela fur la Voûte fans aucune crainte ; pourvu toutes fois que les Cloifons de réparation (a) ne portent point à faux, mais qu’elles prennent naiffance fur la petite Maçonnerie dont on a chargé les reins , ou qu’elles appuyent fur les parties folides de la Voûte, &. non fur celles qui ont été garnies de décombres. S’iife trou voit au ffi quelque étage fort élevé, & qu’on voulût pratiquer dans l’entre-deux un entrefolle en Voûte avec un co-ridor de dégagement, cela peut fe faire fans aucun inconvénient ; je l’ai fait pratiquer dans l’aîle des Cuifines & Offices de mon Bâtiment, en obfervant les réglés qui ont été prefcrites ci-defïus.
- ( a ) Faites en Brique.
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- Des CoinhUs
- PARALLELE '
- DES
- VOUTES ORDINAIRES,
- Avec les Vouïes Plates.
- E S Voûtes ordinaires faites
- J Jt en Pierre ou en Brique pofées de champ à mortier de Chaux & de Sable, demandent des attentions particulières , & exigent que l’on fuive les principes ôc les réglés de l’art dont on ne fçauroit s’écarter.
- Ainfi la première attention qu’un Architeëte doit avoir dans la Con£ truâion d’une pareille Voûte, eft de donner aux murs de foutene-
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- ‘Bnquetês. 41
- ment l’épaifTeur convenable, pour que cette épaiffeur foit en équilibre avec la pouffée de la Voûte, autrement il arrivera que fi les murs ou les pieds droits font trop foibles pour en foutenir la pouflée, la Voûte fe fendra vers le milieu des reins, ceft-à-dire entre l’impofte&la clef, parce que c’eft dans cetté partie que fe fait toute Pa&ion de la poulfée : par conféquent plus la Voûte aura d’épailfeur, & plus la pouffée fera grande, parce que les vourfoirs devenant plus longs & plus pefants > ils agiront aufli avec plus de force & de puiffance contre les pieds droits.
- Si les pied-droits qui doivent foutenir la Voute, font fort élevés, il faut alors leur donner beaucoup plus d’épaiffeur pour pouvoir foute-
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- Sj.2 Des Comités
- nir lapoufïée de la Voûte, aïnfî cette épaiffeur des pied-droits doit dépendre del’épaiffeur de la Voûte; & du plus ou du moins d’élévation qu’elle doit avoir, afin qu’il y ait toujours une proportion relative entré P épaiffeur & la force de la pouf-fée.
- L’on doit encore obferver qu’il y a differentes fortes de Voûtes qui n’exigent pas toutes qu’on donne la même épaiffeur dans leurs murs de foutenement, car il eft démontré que les Voutes furbaiffées ont beaucoup plus de pouffée que les Voûtes en plein ceintre, & que les Voutes en tiers-point, en ont beaucoup moins que celles en plein ceintre , & ainfî des autres ; par conféquent on doit fe regler fuivant la nature &
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- Briquetés•
- la forme de la Voûte 9 fur le plus ou le moins d’élévation qu’elle doit avoir, Ôcfur Pépaiffeur qu’on veut lui donner , afin de fe conformer aux principes que Part exige à ce fujet.
- M. Belidor dans fon Livre de la Science des Ingénieurs a démontré ces principes géométriquement, il feroit à fouhaiter que ceux qui fe mêlent de bâtir les euffentapris, & qu’ils ne fuiviffent pas toûjours une routine fondée fur la pratique dont les maximes feront toujours fauffes, fi elles ne fontauthoriféesparles loix de la Théorie; aufïï voit-on fouvent des Ouvrages de Maçonnerie à peine achevés qu’ils fe détruifent d’eux-même, ôc cela parce que l’on n’a eu aucun égard aux réglés ôc aux prin-
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- 44 <Dei Combles
- cipes que Part ôc la nature de ces Ouvrages requeroient fuivant les différents cas.
- Les Voûtes plates étant d’une nature différente n’ont pas befoin qu’on fuive dans leurs conftruâions les mêmes réglés ôc les mêmes principes que dans les précédentes, il eft donc inutile d’examiner fi les murs font épais ou non , pourvu qu’ils foient bons ôc bâtis folide-ment cela fuffit, car je ne fuis pas du fentiment de ceux qui croient que ces Voûtes pouffent les murs 9 l’experiance que j’ai acquis à ce fu~. jet me démontre le contraire, ôc les exemples que je vais citer achèveront peut-être dé détromper ceux qui fout ptévenus de cette idée.
- Sçachant que c’étoit à Perpignan
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- Briquet és. 45;
- que les Voûtes plates avoient pris naiffance, & que c’étoit de-là que M. le Maréchal de Belleifle avoit tiré les Ouvriers pour faire les fiennes , j’y fis un voyage exprès ; j’y trouvai M. de Robert Commandant de la Place , mon ancien ami, qui fit venir chez lui les mêmes Ouvriers de M. le Marech. de Belleifle avec lefquels je raifonnois Voûtes plates ; je fus voir avec eux tout ce qu’ils avoient fait dans la Ville en ce genre , j’y vis nombre de Voûtes folidës & bien faites,mais celles des clafies du College des Jéfuites me plurent beaucoup, étant toutes d’une affez belle forme;cependant per-fonne encore n’y en avoit faitconf. rruire dans des appartemens de parade comme j’ai fait à Touioufe ;
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- Des Combles
- enfin je fus voir le Couvent de Cordeliers où leDortoir qui eft én croix, & qui contient plus de foixante cellules eft voûté en Voutés plates, faites il y a trois ou quatre cens ans parles Efpagnols ; les murs qui forment les Coridors font faits de Cloi-fonnagesfans aucun bois : ( ce qu’on appelle dans ce Pays-là,Cloifons de Briques polées de champ l’une fur l’autre, mais doubles, liées & cimentées à Plâtre, ce qui donne à ces Cloifons une épaifleur de quatre pouces quelques lignes : ) le cadre des portes de toutes les Cellules font de Pierre de taille de la même épaifleur que la Cloifon , liées & cimentées à Plâtre avec la Cloifon, on a pratiqué dans cette Pierre une feuillure pour recevoir
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- Briquetés, 4,7
- la porte avec fes gons. La Voûte du Dortoir eft fupportée d’un bout à Pautre par ces Cloifons, elle n’eft que d’une feule Brique , ôc fon ceintre me parut un peu furbaiffé. Les Cellules font féparées les unes des autres par des Cloifons, Ôc chaque Cellule eft divifée encore par une autre Cloifon en deux pièces, qui font une antichambre ôc une chambre , chaque pièce eft au® voûtée en Voûte plate, portant fur le mur de face, ôc les loifons, fe contrebutant néantmoins les unes les autres. En examinant toutes ces chofes, je m’apperçus que le Plafond de la Voûte du Dortoir étoit fale ôc noir en bien des endroits, mais dans quelques autres il paroif-foit nouvellement blanchi, j’en de-
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- 48 Des Combles
- mandai la raifon , l’on me répondit que, comme Ton avoit été long-tems fans faire aucune réparation au Toit, il s’y étoit formé nombre de goutieres , dont l’eàu tombant toujours fur les mêmes Briques delà Voûte, en avoit à la longue détaché le Plâtre qui les lioit, que ces Briques n’étant plus fou tenu es» étoient tombées d’elles - mêmes , ce qui avoir fait à la Voûte un grand nombre d’ouvertures, fans que pour cela elle en fût affoi-blie, & que ce qui caufoit au Plafond cette bigarure, c’eft qu’il n’y
- avoit pas long-tems que l’on avoit
- réparé le Toit, & bouché tous les
- trous de la Voûte, en y pofantdes
- Briques avec du nouveau Plâtre ;
- cela me fut certifié par plufieurs
- Peres
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- BrlquetJs. 49
- Peres de ce Couvent ; cette preuve ce me femble eft affez forte pour conftater la folidité de ces Voûtes \ mais û cet exemple ne fuffit pas,
- nous en rapporterons quelques autres.
- Un Gentilhomme en Languedoc ayant fait conftruire une Voûte plate fur de vieux murs, quelque tems après, il y en eut un,qui fortit de fon
- à plomb , fe fépara des autres, ôc laifla entre lui & la Voûte une ouverture très-conlidérable, de façon qu’elle étoit en l'air dans toute cette partie , ôc ne tenoit plus que par fes trois côtés ; les Maçons que Ton envoya chercher pour rebâtir le mur, n’oferent y toucher, craignant que la Voûte qu’ils croioient devoir
- tomber à tous moments ne les écra-
- D
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- $0 Des Combles
- sât ; mais quand ils virent le' lendemain qu’elle étoit dans le même état, ils s’enhardirent, démolirent le mur3 le rébâtirent, & le lièrent avec la Voûte.
- Une autre perfonne de ma con-noiffance, digne de foi, me dit avoir fait l’épreuve fuivante;avant que de fe déterminer à faire des Voûtes plates ; il fit faire un cadre de bois, dont chaque pièce pouvoit avoir en épaiffeur Ôc largeur environ cinq pouces d’équarriffage fur un peu plus d’une toife de long : ces quatre pièces s’emboitoient par leur bouts, & y étoient ferrées par des vis ; elles furent ainfi placées dans une fale-baffe qui étoit carrelée: on conf-truifit en dedans de ces cadres une petite Voûte d’une toife en quarré,
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- Etiquetés. y i
- «
- far environ un pied d’élévation ou de ceintre. Après q u’elle fut faite & bien féche, on défit les vis dii cadre., on en ôta les quatre pièces fans que la Voûte fe démentit, on la fit aller enfüite en la pouffant d’un bout de la fale à l’autre,fans que cela pût l’ébranler, ayant toujours ré£ té dans fon entier ; après quoi on la chargea de pierres tant qu’on y en put mettre $ cela ni eaufa pas non plus la moindre alteration : enfin on chercha à la détruire en l’accablant de pierres que plufieurs perfonnes y jetterent deffus à grand force ; ces pierres après plufieurs coups réitérés y firent des troüx, mais ne la dé-truifirent point entièrement * l’on n’en vint à bout qu’après l’avoir ab-batue par pièces ôc morceaux.
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- 5 2 Des Combles
- Une autre épreuve encore qui a été faite par une perfonne qui vou-loit s’affurer de la folidité de ces Voûtes, fut qu’après la conftruc-tion d’une petite Voûte , dont la forme étoit en impériale de carof-fe , il la fit fcier dans fes quatre côtés à l’exception des quatre angles ; de façon qu’il y avoit un vuide con-fidérable entre les murs & les quatre côtés de la Voûte,qui ne fe fou-tenoit plus, que par fes quatre angles ; malgré cela on la chargea d’un poids très - confidérable fans qu’elle fit le moindre effort.
- Voici les épreuves que j’ai faites moi-même, qui ne donneront pas «ne moindre idée de leur folidité. Après que j’eus fait faire une Voute en impériale de carotte, dans une
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- Briquetés; 55
- pièce de plus de quatre toifes & demi enquarré, elle ne fut pas plutôt finie que je fis charger la calotte de la Voûte en y faifant arranger def-fus mil fept cent cinquante Briques, dont chacune pefe 2 $ livres, ce qui faifoit un poids de 437^0 livres que j’y laiffai deffus pendant deux jours> ce qui fit trembler les Ouvriers de Perpignan qui l’avoient faite ; ils vinrent me dire que je mettois leur Voûte à une trop grande épreuve , que les reins étoient vuides & point encore remplis > que la Voûte n’é-toit feulement chargée que fur fon eftrados d’un poids confidérable 9 que fi -je fefois remplir les reins > alors je n’avois qu’à mettre fur leur Voûte tel poids que je voudrois qu’ils ne craindroient rien ; je la fis
- D iij
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- Des Combles
- décharger fans que ce poids énor*? me, ni la légèreté où elle fe rrouva bientôt après, y euffent fait la moin-j dre altération.
- Je fis percer une autre Voûte nou-; vellement faite, en fept ou huit endroits différents, dont les trous affez près les uns des autres pouvaient avoir de diamètre aux environs de fix pouces ; l’on marcha fur le bord de ces trous, on chargea la Voûte, ôc on y frappa defTus, tout cela n’y fit pas la moindre chofe ; on reboucha enfuite les trous com-me fi de rien n’étoit.
- Mais croira - t’on que dans une pièce de trois toifes de largeur fur quatre toifes quatre pieds de longueur dans oeuvre , dont les murs ont deux pieds d’épaiffeur ôc
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- Briquetés. Çf
- pieds d’élévation, j’ai fait faire trois
- de ces Voutçs l’une fur l’autre, ôc
- «• +
- que fur la derniere j’ai fait conftmire mon comble Briqueté : fix mois après que ces Voûtes furent faites, j’en fis percer une pour y pratiquer un efcalier ; ôc pour pouvoir monter à un entre-foie en voûte ? Que répondront à cela ceux qui prétendent que ces Voûtes ne font point folides, qu’elles pouffent les murs ôc qu’il leur faut abfolument une grande épaiffeur pour les fuppor-ter ; tous les exemples que je viens de citer devroient les faire revenir de leur prévention mal fondée ; pour moi ils m’anthorifent à foute-nir que pourvu que les murs foie-nt bons Ôc folides , l’épaiffeur n’y fait rien j il n’en faut pas beaucoup pour
- D i'v
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- 5*6 Des Combles
- 0
- ces fortes de Voûtes, puifque des Cloifons fuffifent , ainfi que je l’ai éprouvé moi-même.
- On me dira cependant qu’il y a eu des Voûtes plates qui font tombées en differents endroits^ j’en conviendrai , & je répondrai qu’elles avoient été faites par de mauvais Ouvriersquiavoientmal exécutéles réglés de leur conftru&ion, ou qui y avoient employé de mauvais matériaux. Mais l’on ne me citera point d’exemple, que ces Voûtes aient culbuté les murs ; j’en fçai quelqu’une qui eft tombée, parce qu’on avoit voulu la hazarder trop plate ; mais elle n’a caufé par fa chute aucune pouffée ni aucun ébranlement
- dans les murs,preuve certaine qu’elles n’ont point de pouffées comme
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- Briquetés.
- les autres Voûtes ; car le Plâtre lorsqu'il eft bien lié avec la Brique fait de toute la Voûte entière un corps maflif qui n’a aucun jeu dans fes parties : elles ne fe poufferont jamais les unes contre les autres, puifque le tout enfemble ne fait qu'une maf-fe Solide qui fe contiendra toûjours d’elle-même fans fe divifer, pour peu qu’elle Soit foutenue. Si fa conf-tru&ion eft bonne, il faut néceffai-rement que les quatre murs fe fépa-rent pour la faire tomber.
- Pour peu que l’on connoiffe la force ôc la vertu du Plâtre,l’on trouvera mon raifonnement jufte ; il eft fondé fur diverfes expériences ; j’ef-pere que l’on ne me fçaura point mauvais gré de cette petite digref-fion en faveur des Voutes plates, je
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- 5 S Des Combles
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- n’ai voulu rien taire de tout cé qué je fçavois à ce fujet ; venons à pré-fent à mes Combles Briquetés.
- PLANCHE PREMIERE.
- Lorfque la Voûte qui doit fup-porter le Comble Briqueté a été conftruite , l’on a élevé iur cette Voûte des doubles Cloifons à un pied près les unes des autres, auxquelles on a donné de part & d’autre la pente que le Toit à deux é-gouts doit avoir, la J Ces Cloifons
- ( a, ) Il faut fe fouvenir que ces Cloifons fe font avec deux Briques adoffées l’une contre l’autre, pofées de champ jufques à la hauteur néceffaire, & liées enfemble avec du Plâtre, que ces Briques ont 15* pouces de long fur dix de large, & deux d’èpaiffeur, ainfi ces Cloifons ont quatre pouces quelques lignes d’épailfeur, à cau-fe de TépailTeur du Plâtre qui lie les Briques.
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- Briquetés» $$
- font interrompues dans le milieu de la Voûte, afin d’y pratiquer un paffage qui forme un cpridor nécef-faire pour pouvoir aller fous le Comble toutes les fois qu’on jugera à propos.
- La Figure I Ç marque le Plan de la voûte
- B 3 marque le Plan des Cloi-J fons.
- A parque le Coridor.
- La Figure 2I marque la coupe du Plan
- dans fa longueur.
- B
- Coupe d’une Cloifon vue en face, formant la pente du Toit à deux égouts.
- Coupe du Coridor en lar-K. geur.
- La F..... 3/"Coupe du Plan en largeur.
- B \ Coupe de toutes les Cloi-< fons en travers,
- A i Coupe du Coridor en lon-v. gueur.
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- Lorfqiie toutes les Cloifons ont été conftruites Tony a pratiqué def-fus un double Carrelage, en pofant d’abord un lit de Brique d’une Cloi-fon à l’autre : toutes ces Briques doivent être cimentées à Plâtre.
- L’on a dit que l’efpace d’une Cloifon à l’autre eft dans œuvre de 12pouces; par conféquent la Brique en ayant if de long, ôc étant pofée d’une Cloifon à l’autre, elle portera d’un pouce & demi fur chaque Cloifon : ce Carrelage eft marqué fur la Figure 2.& 3 par les Lettres C, C, & fuit la même pente des Cloifons qui le foutiennerit depuis C jufques en H, Figure 2.
- Sur le bord du Carrelage C, C , l’on a formé une petite Voûte pour couvrir le Coridor, ainfi qu’on le
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- Briquetés. 61
- voit à la Figure 2, &la Voûte faite Ton a continué le Carrelage par def-fus cette petite Voûte depuis H jufquesen F, & pour rendre cet Ouvrage plus folide, on a fait ce Carrelage double en pofant un fécond lit de Briques fur le premier, en obfervant néantmoins que les joints de ce fécond lit ne rencontrent en aucun fens ceux du premier; ce Carrelage a été encore cimenté à Plâtre.
- Comme la petite Voûte duCo-ridor eft un ceintre furbaiffé, Pon a été obligé de faire fur fon Eftrados en E une petite Maçonnerie avec
- des milles creufes dans toute la longueur du Coridor, qui formât une pointe à peu-près égale à l’angle aigu du Comble, afin que le
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- Carrêlage F que Pon voit au ddîus de cette Voûte put être appuyé ôc afiisdans Pangle qui forme le Pignon du toit. Pour éviter les frais de cette Maçonnerie , il feroit mieux d’y faire une Voûte en tiers-point, ce qui donneroit plus d’élévation à ce Coridor, Pon pourroit y aller fans fe baiffer, le Comble en feroit plus pointu,ce quieft néceffaire dans les Pays feptentrionaux plus fujets à la neige. *
- J Cheneau couvert d’une Baluf-trade, comme bien de particuliers trouveroient ces chenaux trop coûteux, rien n’empêche qu’on ne les fupprime, en faifant à l’extrémité du mur une corniche, afin dejetterles eaux loin de fes fondements , à la-
- * Voyez la Planche fécondé.
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- quelle on donnerait une pente dans fa partie fuperieure conforme à celle que l’on donnera au Comble Bri-queté ; afin que le Carrelage puiffe être continué jufques à l’extrémité de la Corniche, ainfi qu’on peut lé voir en K, Planche fécondé.
- Le double Carrelage fini on l’a couvert de la tuille creufe, L ( ap-pellée dans ce Pays-là tuille canal:) que l’on a maçonné à Chaux & à Sable, afin de rendre par-là cette couverture plus folide, & empêcher les goutieres, dont il feratrès-aifé de s’appercevoir ; mais fuppofé qu’il s’en formât quelqu’une , & que la tuille creufe fe perçât quelque part, l’eau tombera fur le Carrelage , où trouvant une pente con-
- fidérable, elle ira fe dégorger dans
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- les cheneaux, & il lui faudra bien du tems avant qu’elle perce ce double Carrelage. Comme la tuille creufe n’eft pas commune à Paris, on pourroit fe fervir de la tuille ordinaire , en la pofant fur le Carrelage avec du Plâtre fans' qu’il foit be-fbin de latter.
- L’on entre dans ce Comble par une des extrémités du Coridor, Ôc par l’autre on lui a donné le journée ceffaire en y pratiquant une fenêtre, mais fuppofé que l'on ne pût point y en faire à caufe de quelques mai-fons voifines, alors on pratiquera > entre les Cloifons,des petites lucarnes ou plufieurs œils de Bœuf qui éclaireront encore mieux le Co-ridot.
- Voilà quelle eft la conftru&ion
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- de mes combles Briquetés que je fis exécuter avec fuccès il y a trois ans dans l’une des ailes de mon Bâtiment ; la folidité ne s’eft démentie en rien, malgré le poids confidé-rable dont ces Toits furent furchar-gés pendant l’efpace de cinq femai-nes, par une grande quantité de neige qui y topba defius en Décembre 1772 Ôcen Janvier 17J 3, dont , de mémoire d’homme , l’on n’en a-voit jamais vu une fi grande abondance dans ce pays-là.
- Il eft très-aifé de comprendre par tout ce que l’on vient de dire, ôc par les Plans ci joints, les avantages confidérables qu’on peut tirer de ces fortes de Toits, Ôc combien ils fe-roient utiles, non-feulement pour les maifons des Particuliers, mais encore pour tous les Couvents & Maifons Religieufes, pour les Egli-fes, enfin pour les Arcénaux & Magasins du Roi dans les Places de
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- Guerre ; la couverture de tous ces édifices coûte confidérablement, non-feulement dans fa conftruêfion, mais encore par l’entretien prefque journaillier auquel tous les Toits de Charpente font fujets. Un chevron ou quelque autre pièce de Bois? Èft-elle pourrie, il faut dé-mentibuler une grande partie du Toit pour en remettre une autre en place, au lieu que dans mes combles, s’il s’efl formé quelque gou-tiere qui ait fait quelque trou, on le répare à peu de frais;une brique avec un peu de Plâtre en fait l'affaire.
- Si entems de Siège,dans une Place de Guerre, une Bombe tomboit fur un pareil T oit, je prétends qu’elle ne fera qu’un trou au Comble Brique-té, & à la V oute plate fans rien détruire de plus, ce qui pourra être réparé à peu de frais dans un inftant, au lieu que fi elle tombe fur unToit ordinaire, elle le fracaffe de mê-
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- me que tous les Planchers où elle fait des overtures affreufes : fi c’efl: un Boulet rouge , qui tombe fur le Comble Briqueté , il ne fçauroit mettre le feu nulle part ; il fera également fon trou comme la Bombe ; au lieu qu’il mettra le feu au Toit de Charpente, au Plancher, & par tout où il rencontrera du bois. Ainli l’on voit que mes Combles fe trouvent par leur conftruêtion à l’abri des fracas énormes que les Boulets Ôt les Bombes font fur les mai-fons ôc Bâtimens ordinaires ; que par là même ils font à l’abri des fiâmes qui pourroient incedier les maifons voifines : les autres avantages font de n’être point fujets à des réparations continuelles ; les rats ôt les fouris ne fçauroient y nicher; les denrées que l’on renfermera dans les Magazins ainil conftruits, ne fçauroient être gâtées ni détruites par ces animaux, ôc elles y feront
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- toujours très-fraîchement, à l’abri des chaleurs de l’été qui fouvent en occafionnent la perte.
- On pourroit de cette forte conf-truire des maifons où il n’entreroit aucun bois, en faifant de fer les çhaffis des fenêtres, les portes de même; (a) par-là, rien ne fe déjet-
- (a) Ii y a une Manufacture à Effone où l’on fabrique depuis peu routes forces d’Ouvrages de Serrurie , par le moyen d’un laminoir compofé de deux cilindres; ils renferment de très-grands avantages que les autres Ouvrages qui fe fabriquent félon les pratiques ordinaires ne fçau-roient avoir , iis font plus parfaits , plus folides, à meilleur marché , & fe fabriquent en bien moins de tems. L’on peut voir dans le Magazin,que cetce Manufacture tient dans la rue des Bourdonnais,entre aurresOuvrages,une croifée de fer avec fon efpagnolette , montée fur un pied, comme elle elt brunie Sc peinte , il n’y a perfonne qui ne s’immagine qu’elle eft
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- teroït 5 on éviteroit tout entretien 9 tout rifque de feu, d’infe&es & de pourriture ; les appartenons n’au-roient point de bruit, feroient infiniment plus frais l’été>& plus chauts l5hyver, parce que la chaleur du feu ou despoilesfe refléchiroit contre les murs ; on pourrait les décorer dans les beaux appartemens avec des peintures à Frefque pour certaines pièces, & avec des panneaux de Plâtre ou de Stuc en maniéré de boiferie : pour les autres
- de bois. Cet Ouvrage a été fabriqué avec beaucoup de propreté & de legereté , & les moulures en font délicates ; on peut s’adreflèr pour tous ces Ouvrages au heur Durand rue des Cordiers près la Sorbonne, à qui j’ai donné l’idée de faire fabriquer aufli des portes de fer, dont les pan-naux feroient de toile, qui feroient aufli legeres que les autres,& aufli riches qu’on voudroit.
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- dont on doreroit les ornements > &C qu’on peindroit en telle couleur qu’on voudçoit. A la place du parquet on carréieroit,mais dans l’hiver on mettroit des tapis de pieds ; Ôc par ce moyen on auroit une maifon lans aucune forte de bois, on évite-toit la trop grande dépenfe des ameublements , toutes efpeces dé rifque, ôc l’on réuniroit à demeure toutes les commodités.
- Les bois étant devenus rares en France, par la grande confomma-tion qu’il s’en fait pour les Bâtimens, celaeft caufe qu’il ne s’en trouve plus dans les Forêts pour les vaif-leauxduRoi; au lieu que les Forêts fe peupleroient, ôc Sa Majefté n’auroit pas befoin de recourir à l’Etranger pour fa Marine, fi l’on fe fervoit dans le Royaume de mes Combles Briquetés dans les Bâti-mens que l’on conftruira à l’avenir.
- On pourra bien trouver en Fran-
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- ce quelques édifices couverts fans aucuns bois de Charpente : les Chapelles qui environnent le Dôme des Invalides font couvertes dans ce goût-là, des pierres placées en ré-couvrement l’une fur l’autre, de même que les tuilles dans un Toit ordinaire couvrent les Voûtes de ces Chapelles , & forment les é-gouts : au faite de ce Toit de pierre, il y a d’autres pierres creufes, comme la tuille creufe qui couronne les faites ordinaires , tous les joints des pierres fe répondent directement du haut en bas, & fur ce joint on a placé un fécond lit de pierre pofées en récouvrement les unes fur les autres jufques au faite qui eft terminé par une fécondé pierre creufée qui couvre le joint des autres pierres dont le faite eft compofé ; en forte qu’il n’y'a pas un feul joint qui paroiffe ; les eaux s’écoulent dans le noyeau des petits
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- efcaliers, & tombent dans lesfoü^
- terrains.
- Ainfi toute maifon qu’on voudrait bâtir dans le goût de ces Chapelles, couteroit confidérablement; il faudrait des murs fort épais pour réfifter à la pouffée des Voûtes : on pourroit bien en diminuant l’épaif-leur des murs, diminuer auffi l’é-paiffeur des Voûtes ; il faudroit alors néceffairement les armer avec des fers, furtout fi on vouloit leur donner des ceintres fort furbaiffés, mais aufïi la grande quantité de fer qu’il faudrait à chaque Voûte, augmenterait beaucoup la dépenfe du Bâtiment, & des Voûtes ainfi armées feroient bien-tôt détruites par la Bombe ; au lieu qu’aux Voûtes plates & à mes Combles Briquetés il n’y entre aucun fer, & la Bombe n’y fera que fon trou.
- Ces combles outre les avantages qu’ils renferment, dont nous avons
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- parlé > font d’un prix fort au-def-fous de celui des Toits àlaFran-çoife & à la Manfarde, l’on en pourra juger par le détail fuivant.
- Ün Comble Briqueté dans une aile de Bâtiment qui a 64 pieds de long fur 32. pieds de large hors œuvre , n’a coûté à Touloufe que j 30 liv.au lieu qu’un Toit à la Fran-çoife, a deux égouts dans un Bâtiment,de même longueur & largeur, fans manfarde ni lucarnes, coûtera à Paris tant pour la Charpente que pour la Couverture en TuilleS, compris filets, égouts, & faîtages, lafommede 1395 liv. 10 f. &un Comble: en Manfarde a deux égoûts avec fon bréfis fans lucarnes, de même longueur ôc largeur,la Charpente , la couverture, le comble couvert en Tuille ôc.fon Bréfis en Ârdoife , coûtera tout compris la fomme de 1325? liv. 15 f.
- On eft perfuadé qu’un Comble
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- -Del Combles
- Briqueté ne cou ter oit pas plus dans ce Pays-ci qu’en Languedoc] car quoique la Brique foit plus chere à Paris, le Plâtre d’un autre côté y eft à meilleur marché : ainfi toute com-penfation faite, le prix du Comble Briqueté y fera à peu de chofe près égal à celui du Languedoc.
- La Planche première, repréfente une des Voûtes plates que j’ai fait exécuter àTouloufe,à laquelle on a donné $ pieds 7 pouces de ceintre , ce quifait un peu plus d’un tiers de la largeur de la piéce;l’on arémedié à la trop grande hauteur de ce ceintre y en plaçant la corniche a, a, à 1 o pouces au defïus de la naiffance de la Voûte, ce qui la fait paroître beaucoup plus plate ; cette Planche repréfente aufïi les profils de mon Comble Briqueté tel qu’il a été conftruit.
- La Planche fécondé repréfente le Plan Ôc les profils d’un relief que
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- Briquetés. 7 y
- J’ai fait farte à Paris, dans lequel j’ai corrigé certains défauts que j’avois remarqué à mon Comble ; la feule infpe&ion de ce Plan fuffira pour faire voir combien celui-ci eft préférable à Pautre, la Voûte n’a que 36 pouces de ceintre ; c’eft-à-dite, très-peu de chofe au deffus du je. de la largeur de la pièce , ôt la corniche y eft placée au - deffus de la naiffance de la Voûte, ainfi qu’on l’a pratiqué dans toutes les Voûtes que j’ai fait faire.
- L’on va rapporter l'Extrait du Certificat de l’Académie Royale de Peinture, Architeèhire & Sculpture de Touloufe, qui conftate la vérité du fait fur les Combles Briquetés.
- A7"0 U S Soujfignês, CommiJJdires ^ * de /’Académie Royale de Peinture, Architefture & Sculpture de la ville de Touloujè, nommé} par délibé-
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- 7^ Des Combles
- ration de ladite Académie c(u s. f Mars 17J3 , à l’effet de vérifier des Toits que M. le Comte d’Efpie a fait conftruire,dans la belle maifon qu’il fait bâtir en cette Ville, qu’il dit être de fin invention, & qu’il a qualifié de Combles Briquetés ; après nous être tranjportè dans ledit Bâtiment * avoir confîdêré & examiné avec attention ces nouveaux Toits, Nous avons trouvé qu’ils ne font faits qu’avec des Briques & du Plâtre , & qu’il rfentre dans leur conftruôiion aucune forte de Bois ni Fer, & que par-là ils fi trouvent à l’abri de toute fine d’incendie , qu’ils font déplus très-folides , ne s’étant démentis en rien depuis qu’ils ont été confiruits, Nous avons jugé que tous ces avantages doivent leur donner la préférence fur les Toits ordinaires, & que l’on êviteroit mil accidents fâcheux fi tous les Toits dune Ville étoient ainft confiruits , & principalement dans les Places de Guerre, pour les Maga-
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- Briquetés, 77
- zins du Roi s en foi de quoi Nous avons donné le prêfent Certificat pour fervir à tous ceux quil appartiendra, fait d Touloufe ce 22 Août 17J3, Signé Poisson, Modérateur, Fabrv, ancien Capitoul & Commijfaire, G. Pin9 Profejfeur & Commijfaire, de Sa vi-cnac, Profejfeur & Commijfaire9 D’orbessan y Sécrétaire perpétuel.
- On pourroit faire à l’Autheur les objections fui vantes, que perfonne ne doute de la bonté, & de la foli-dité de fes Combles Briquetés, puif-qu’ils exiftent depuis trois ans fans s’être démentis ; mais que l’on ne fçauroit les exécuter que lorfqu’on voudra faire un Bâtiment neuf, attendu que ces Combles Briquetés étant fupportés par des Voûtes plates, il faut néceffâirement faire ces Voûtes avant que de conftruire , lefdits Combles, car s’il falloit faire ces Cojnbies Briquetés à une mai~
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- 78 Des Combles.
- fon déjà bâtie où il y auroit des planchers ôc des plafonds, perfonne ne voudroit , dira-t’on, les détruire pour conftruire un Comble Brique-té ; P Autheur a prévu ce raisonnement , & convient que ce feroit engager dans une trop grande dépenfe ceux quLvoudroient pratiquer fes combles s’ils étoient obligés de détruire les Planchers, les Plafonds & tous les riches ornements dont leurs maifons pourroient être décorées ; mais il répondra que li le Public goûte fes Combles Briquetés, il donnera par la fuite dans un Ouvrage beaucoup plus confidérable que celui ci une nouvelle idée de conftruire fes combles dans une vieille maifon , de façon qu’il n’y aura que le Toit à changer, & on laiflera fubfifter tous les Planchers & Plafonds fans en rien détruire, la dépenfe de ce changement ne feroit pas confidérable ? puifqu’il
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- eft certain qu’on tirera toujours de la vente des matériaux de la démolition du Toit, furtout s’il eft à la Manfarde & qu’il y ait des plombs , de quoi payer plus qu’amplement le prix du Comble Briqueté.
- Quel avantage ne feroit-ce point de pratiquer de pareils Combles à toutes les maifons d’une Ville, car fi le feu prenoit à quelque maifon, les flammes pourroient bien con-fommer les planchers, les portes , les lambris & les fenêtres, mais il faut quelles s’arrêtent néceflaire-ment au comble Briqueté où elles ne fçauroient pénétrer ; par cônfé-quent l’Incendie ne fçauroit faire aucun progrès, ôc toutes les maifons voifines feroient en fureté, ce qui feroit fans contredit un très-grand avantage : £i c’étoit à une cheminée où le feu prit, & que les flammes fortifient avec violance hors de la fouche de la Cheminée,
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- ’8o Des Goihbles
- on n’auroit pas la moindre inquiétude Il le Comble étoit Briqueté, au lieu que lorfqu’il eft de Charpente les étincelles font capables de mettre le feu, non -feulement à ce Toit, mais encore à ceux des maifons voifines.
- AP P RO RATION.
- J’AI lu par ordre de Monfeigneur le Chancelier , tin Traite fur la Conjlruc-tton dés Combles Briquete'si avec celui qui explique celles des Foutes Plates ; j’ai cru qae ce Mémoire feroit fort inftruéfcif pour ceux qui veulent travailler à de pareils Ouvrages. Fait à Paris le a ©.Février 1754*
- Montcaryille , Lecteur C Profe/feur Royal.
- ERRATA.
- P Age f. de l’Épitre , ligne6. relevée, Zz/èç reculée , pag. 30. lizneç. comprimée, l(fe% comprimé , page 16 ligne 6. qu’elle, lifeç qu’elles, page41 ligne 13 vourfoirs, life^vouf-foirs, page j6 ligne derniere, pouÜees , life% pouflee.
- Le Privilège fe trouve à lujin du Philofophç Français*
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- » AU.!! üUJilü Jitifimitinti
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