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La mecanique du feu, ou l'art d'en augmenter les effets, et d'en diminuer la dépense. Premiere partie, contenant le traité de nouvelles cheminées
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- &dC jftïfrÿ £*******
- LA MECANIQUE
- 7
- DU FEU,.
- aJici^t .
- O V
- L’ART D’EN AUGMENTER
- les effets, & d’en diminuer la dépenle. PREMIERE PARTIE,
- CONTENANT
- LE TRAITÉ
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- D E
- NOUVELLES CHEMINEES
- Qui échauffent plus que les Cheminées ordinaires , & qui ne font point fujettcs
- à fumer j &c.
- if au fa
- A PARIS,
- Shcz
- Jacqjies Estienne, rue S.Jacquet, à la Vertu.
- E T
- Jean Jombbrt, près des Auguftins, à l’Image Notre-Dame,
- MD~C~c"X ï I I. ~~
- Avec Approbation & Privilège dit Roi,
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- Afcc fit qui fe abfcondat * calore ejus
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- PREFACE.
- CE u x qui ne jugent du prix des machines que par les efforts prodigieux d’efprit qu’il .faut faire pour les inventer $ par le grand nombre de reflortsqui les fait jouer j par la difficulté qu’il y a delesconftrui-re j par le tems que l’on employé, &: la dépenlè que l’on fait pour les exécuter , ne doivent point trouver ceL les que nous donnons ici de leur goût : mais ceux qui les eftiment par la {implicite de leur conftruétion jpar la facilité de leur execution $ par les commodités, les utilités,les avantages que l’on en retire, pourront par bien des raifons , préférer ces nouvelles cheminées à beaucoup d’autres machines plusingenieules.
- Une plaque de tôle ou de cuivre
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- PREFACE.
- courbée, & difpofée d’une maniéré qui n’a rien que d’agréable à la vue 5 un vnide par derrière divifé par quelques languettes qui forment plufieurs efpaces qui fe communiquent l’un à l’autre 5 une petite trape aumilieudu foyer, une autre dans le haut du tuyau, & pour quelques-unes , un chapiteau au-demis., font toute la conftru&ion&tout l’artifice de ces cheminées > qu’y a-t-il de plus, fimple de plus facile à executer * Allumer promptement du feu * ld voir, fi l’on veut, toujours flamber, quelque bois que l’on brûle,fans être obligé de le foufler $ échauffer une grande chambre avec peu de feu, 8c même une fécondé j fe chauffer en même tems de tous côtés, quelque froid qu’il fafle, fans fe brûler $ refpi-rer un air toujours nouveau, & à tel degré de chaleur que l’on veut 5 ne reflentir jamais de fumée dans fa chambre $ n’y avoir jamais d’humi-
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- PREFACE.
- dité^éteindre féal, 8c en un moment, Je feu qui, aurait pris dans le tuyau de la cheminée. j tout cela n’efi encore qu’une; partie des effets 8c des propriétés de ces machines , toutes fimpies qu’elles font ; qu’y, a-t-il de plus commode, déplus utile y 8c meme de plus necefîaire ?
- L’on; donnera des demonflrations mathématiques;, 8c dès raifons physiques de ces effets, 8c de quelques autres femblables : 8c pour ceux qui veulent des preuves tirées de l’expe-rienceje dirai ici que depuis que je me fers de ces fortes de cheminées, chaque année m’a confirmé par de nouvelles expériences, la certitude de tous ces effets extraordinaires $ je n’ai pas été un feul moment incommodé de la fumée dans un endroit qu’elle rendoit auparavant inhabitable dès qu’il y avoit du feu 5 j’ai toujours refpiré ( même dans les plus grands froids ) un air nouveau »
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- PREFACE.
- èc femblable à celui que Ton relient au printems. En 1709, Peau qui ge-loit par tout ailleurs allez près du feu , n’a pas gelé la nuit dans mon cabinet,quoiqu’il n’y eût plus de feu avant minuit $ & le jour tout ce que l’on y apportoit, y dégeloit, & je ne m’y .fuis jamais apperçû en hyver de la moindre humidité , non pas même pendant les plus longs dégels.
- L’on n’olèroit cependant le promettre que tous ceux qui voudront faire conftruire de ces cheminées, en retirent les mêmes avantages : il
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- faudroit pour cela qu’ils les filïènt executer de la maniéré , &: dans les proportions que l’on donnera, Scles uns en omettront, les autres en changeront, & en y voulant ajouter quelques commodités imaginaires, les priveront de plufieurs très-réelles , & peut-être des pl us utiles & des plus neceflàires, comme il eft déjà arrivé 3 il y en a quantité d’exemples.
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- PREFACE.
- L'envie que plufieurs perfbnnes de merice Ôc de confïderation, ont témoigné avoir de joiiir des commodités de ces cheminées ; la dépeniè que l'on voit qu’on fait inutilement * pour y parvenir ; les iollicitations de quelques amis,fbntlesraifonsqui ont engagé à donner ce Traité.
- On le divifê en trois livres.
- Dans le premier, l’on explique quelles doivent être les difpofitions de ces cheminées ; l’on en marque les propriétés par rapport à la chaleur, les commodités, les avantages; en un mot tous les effets,& l’on montre comment ces effets fui vent de ces difpofitions.
- Dans le fécond livre l’on fait con-noître pourquoi & comment ces
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- * Von a voulu depuis quelques mois contre» faire en plufieurs endroits quelque chofe de cet cheminées, fans en avoir compris ta confira» $ioni& fans en csnnoître les propriétés, ni les effets.
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- PREFACE.
- mêmes difpofïcions empêchent absolument la fumée, dont on explique les caufés & les effets.
- Dans le troifîéme, qui eft de pure pratique, l’on donne plufieurs con-ftru&ions differentes de ces nouvelles cheminées plus fîmples les unes que les autres., les moyens de les exécuter , Sc les maniérés de s’en fèrvir 5 l’on a tâche de s’y rendre aflez intelligible, afin que les ouvriers mêmes puiflent comprendre, & exécuter feuls ce que l’on propofe.
- L’on pourra donner dans la fuite ttne féconde & une troifîéme partie decette Mécanique , dont l’une contiendra un Traité de nouveaux poêles qui fans paroître, fi l’on veut, 'differéns des poêles ordinaires, n’en auront point les incommodités, é-.çhaufïeront davantage & plus promptement, avec moins de feu qu’ils laifTeront voir fans jamais fumer, & feront refpirer un air toujours nouveau,
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- PREFACE.
- veau, & à tel degré de chaleur que l’on voudra (ans augmenter, ni diminuer le feu.
- Dans l’autre partie l’on donnera la conftruéfcion de nouvelles machines fort limples qui éviteront beaucoup de peine , ménageront beaucoup de tems , épargneront beaucoup de bois & de dépenlè aux Teinturiers,aux Braflèurs, aux Bai-gneurs^aux Blanchifleurs, &c.
- Ce que l’on met ici de ces deux Traités, n’eft point pour les faire efl perer bien-tôr$ ils demandent encore quelques expériences, dont on fè fait à la vérité quelquefois un artiulèment, mais fort rarement. Comme l’on trouvera dans ce premier Traité les principes des deux autres qui le doivent fuivre, fi quel-qu ’un vouloit le donner la peine d’y travailler, on leur feroit part avec plaifir de ce que l’on a déjà médité pour laconftruction de ces Ouvra-
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- PREFACE.
- ges, afin que le Public, en puifïè plutôt profiter.
- L’on y trouvera aufli des principes qui fourniront des moyens pour tenir les chambres toujours fraîches dans les plus grandes chaleurs, & cependant d*y refpirerun air toujours nouveau &; toujours fain.
- AVERTISSEMENT.
- CEux qui ne font pas Geometres peuvent paffer le peu quily a de Gfometrie dans ce livre, ils rien entendront pas moins le refie.
- APPROBATION.
- J'Ai lû par l'ordre de Monfèigneur le Chancelier la prefente Mécanique du Feu, dans laquelle l'Auteur traite de la conftruBion de nouvelles Cheminées propres à échauffer davantage, que les ordinaires, &c. Ce Traité m’a paru ingénieur , & devoir être ÿtile au Public, Paît à Paris le 13 Juin 1713.
- yAR-IGNON,
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- PRIVILEGE BV ROT,
- O UIS par la grâce de Dieu Roy de France &
- JU de Navarre, à nos amez & féaux Confeillcrs les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Confeil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils,8c autres nos Jufticiers qu’il appartiendra, Salut. Notre cher & bien amé le fieur G * * * Nousaïantfait expoferqu’ildcfireroit faire imprimer,& donner au Publicjun Ouvrage intitulé la M es unique du F eu,ou Fart dJen> augmenter les effets,, & d’en diminuer la dépenfe , s’il Nou$ plaifoit lui accorder nosLettres dePrivilege fur ce neceiTaires* Nous lui avons permis 8c permettons par ces Pre-fentes, de faire imprimer ledit Livre, en telle forme, marge, caraétere, conjointement, ou feparé-ment, & autant de fois que bon lui femblera,& de le faire vendre & débiter par tout notre Royaume pendant le tems de fïx années confecutives,à compter du jour de la date defd. Préfentes. Faifons dé-fenfes à toutes fortes de perfonnes de quelque qualité 8c condition qu'elles foient d’en introduire d’impreffîon étrangère dans aucun lieu de notre obéïifance;& à touslmprimeurs,Libraires & autres, d’imprimer,ou faire imprimer ledit Livre en tout ni en parcie, ni d’en faire aucuns extraits, ni d’en faire venir, vendre ou débiter fous quelque prétexte que ce fbit, d’augmentation , correction , changement de titre, de traduction en langue latine , ou autrement, fans lapermiflion exprelfe , & par écrit dudit Expofàot , ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de confi (cation des Exemplai-tes contrefaits, de trois mille livres d’amende contre chacun des contrevenants, dont un tiers à Nous,un tiers à l’Hôtël-Dieu de Paris,l’autre tiers gudic Expofanc, 8c de tous dépens, dommages 8c
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- intérêts ; à la charge que ces Prefentes feront eiî-regiftrées tout aulong fur le Regiftre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris, Sc ce dans trois mois de la date d’icelles ; que l’im-preiïion dadit Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs, en bon papier & en beaux caractères , conformément aux Reglemens de la Librairie ; & qu’avant que de l’expofer en vente il en fera mis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle de notre très-cher & féal ChevalierChancelier deFrance lefieurPheiypeaur, Comte de Fontchartrain , Commandeur de nos Ordres, le tout"à peine de nullité des Prefentes du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir l’Expofant ou fes ayans caufe, pleinement & paifiblement, fans fbufftir qu’il leur feit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la Copie defdites Prefentes, qui fera imprimée au commencement ou à la fin audit Livre foit tenue & duement fignifîée,& qu’aux Copies collationnées par l’un dé nos amés & féaux Con-feillers & Secrétaires, foi foit ajoutée comme à rOriginal.Commandons au premier notreHuif-fier, ou Sergent, de faire pour l'execution d’icelles tous Aétes requis & neceffaires,fens demander autre permiffionjnonobftant clameur de Haro,Char-tre Normande,& Lettres à ce contraires : Car tel eft notre plaifir. Donne’ à Verfailles le vingtième jour du mois d’Aouft, l’an de grâce miifept cens treize : & de notre Régné le foixante onzième. Par le Roi en fbn Confeil T FOUQUET.
- Hfgiftré fur le T{egijirc ‘ÏJum. 3 de La Communauté dcsLi* brAires ir Imprimeurs de Pans, page 645 718 conformement aux \eglemens, fuivant l'^Arreft du 1$ i^oujt 1705. ‘Taris la x Septembre 1713, Signe a L. J O S S £ y Stndic•
- De l'Imprimerie de Jacques., Quill au y 1713.*
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- LA MECANIQUE
- D U F E U.
- PREMIER TRAIT E.
- y 1
- DE NOUVELLES CHEMINEES ‘
- qui échauffent plus que les" cheminées ordinaires, & qui ne font point fujettes à fumer.
- LIVRE PREMIER.
- Des difp options & des propriété de ces cheminées pour augmenter la chaleur.
- L femble que ceux qui ont jufqu’à prefent fait., ou fait faire des cheminées, n’ayent fongé qu’à pratiquer dans les chambres des endroits
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- 4 La Mécanique du feu.
- où l’on pût brûler du bois , fans faire réflexion que ce bois en brûlant, doit échauffer ces chambres , & ceux qui y font : du moins eft-il certain que l’on ne relient que très-peu de la chaleur du feu que Ton fait dans les cheminées ordinaires , & qu’elles en pourroient faire reflentir incomparablement davantage 9 en changeant feulement la difpofition de leurs jambages & de leur hotte, quoique ce changement ne foit qu’un des moyens que nous donnerons dans ce Livre , d’augmenter la chaleur que l’on tire du feu que l’on fait dans les cheminées.
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- Des Cheminées. Livre 1. 3
- ^qpqpqp*;pqpqpqpqpqp<qp.-
- PREMIERE PARTIE;
- Du feu y & êtes difpoftions intérieures du devant des cheminées four augmenter la chaleur.
- AVant que de faire connoîrre quelles font les difpofitions des cheminées qui peuvent le plus contribuer à augmenter la chaleur du feu que l’on y fait, il eft bon d’examiner pourquoi 8c comment ce feu échauffe les chambres, 8c ceux qui y font.
- CHAPITRE PREMIER.
- Du feu 5 de fes rayons de chaleur, & des maniérés dont il échauffe.
- COmme les corps lumineux répandent à la ronde plufieurs rayons de lumière, le feu répand 8c pouffe aufli de tous côtés plufieurs rayons de chaleur, puifque de quel-
- A ij .
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- 4 La Mécanique du feu. que côté que l’on s’en approche, on en fent l’impreffion, & quelquefois trop vivement.
- Nous entendons par rayons de chaleur tant les parties du bois qui s’en feparent quand il brûle , que celles de la matière dont le feueftentouré, & qu’il poulie à la ronde.
- Ces rayons font ou dire&s, quand ils viennent direétement & immédiatement du feu, ou réfléchis , quand ils font détournés à la rencontre dé quelque autre corps qui les renvoie ; & en fe réflechiflant ils doivent fui-vre les mêmes loix que les rayons de lumière, c’eft-à dire que leur angle d’incidence, eft égal à leur angle de réflexion.
- Si l’on excepte de ces rayons ceux qui tendent perpendiculairement en haut, tous les autres foit direéts, foit réfléchis, doivent décrire une ligne qu’il eft peut-être impoflible , & certainement inutile de déterminer 5 car tant ceux dont la dire&ion eft d’abord parallèle à l’horifon, que ceux qui eii ont une inclinée , ils doivent tous avoir iin mouvement perpendiculai-
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- Des Cheminées. Livre î. j
- te t puifque l’experience nous fait connoître que tous les petits corps chauds tendent à monter en haut : ainft dans l’eau, dans l’air les parties ployez, le les plus chaudes font toujours au-def- chap. I. fus , ou elles montent à mefure qu’- /a
- elles s’échauffent. Le mouvement Part.
- d’un rayon de chaleur, quand fa direction n’eft pas perpendiculaire , eft donc compolé du mouvement perpendiculaire , & du parallèle ou de l’incliné à Phorifon , & ce rayon décrit par confequent une ligne moyenne entre la perpendiculaire & l’horizontale, ou une ligne inclinée à l’ho-rifon, & tend toujours à monter en haut -, ainft plus il eft éloigné de fon principe, & plus il a monté. Tout ceci aura fon application dans les chapitres fuivans.
- Le feu peut échauffer une chambre,
- & ceux qui y font, en plufieurs maniérés :
- i°. Par fes rayons direéts.
- i9. Par fes rayons réfléchis.
- 3°. Par une eipece de tranfpiratiott„ en tranfmettant la chaleur au travers de quelque corps folide , dont il eft
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- G La 'Mécanique du feu. environné ; c’eft ainfi qu’échauffe le feu d’un poêle.
- Par chaleur du feu , ou de quelque autre corps que ce foit , nous entendons certain mouvement de fes parties , qui quand il vient jufqu’à nous, nous fait fentir, ou plûtôt nous donne occafion de fentir de la chaleur, & quelquefois de la douleur , quand il eft trop violent.
- Dans les cheminées ordinaires le feu n'échauffe point par tranfpiration j n’envoie que très-peu de rayons directs , 3c en renvoie encore moins de réfléchis, comme l’on verra dans le chapitre fuivant ; dans celles dont nous donnons les conftruétions dans ce Traité , il en renvoie beaucoup davantage, & avec plus de force, &c échauffe bien plus encore par tranf viration, que par fes rayons directs, ôc par fes rayons réfléchis.
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- Des Cheminées. Livre I. 7
- CHAPITRE II.
- Que les difpofit ions des jambages paraheles, & de la hotte inclinée des cheminées ordinaires 3 ne font pas propres pour réfléchir la chaleur dans les chambres.
- Supposant du feu F/"dans une ftp, cheminée ordinaire A Bba, dont les jambages AB , ab3 lont parallèles } le rayon de chaleur fG fe réfléchira en M j le rayon fH fur lui-même en f; le rayon fl en N ; & le rayon fL en P -, Sc comme ce rayon fL allant ds f en L, monte toujours , aulïï - bien qu’après s’être réfléchi en allant de L en P, il eft entré dans la cheminée avant que d’être parvenu jufqu’à P, 6c en quelque endroit qu’il frappe enfuite dans la hotte 0 R, qui eft inclinée à l’ho- Fig. rifon, il fe réfléchit en haut dans la chenfnée , fuppofant toujours l’angle d’incidence égal à l’angle de ré-
- A iiij
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- S La Mécanique du feù. flexion, ainfi il n’entre point dans la chambre.
- En examinant de même tous les rayons qui tombent entre H & a, l’on verra qu’il ne s’en peut réfléchir dans la chambre que ceux qui tombent fur l’extrémité du jambage vers a ; mais comme en arrivant là, ils ont perdu prefque toute leur force qui diminue à mefure qu’ils s’éloignent du feu, à peine, peuvent ils fe réfléchir , & caufer la moindre chaleur ; de plus les jambages de plâtre font peu propres à réfléchir les rayons de chaleur, étant & fort moux, Sc fort poreux.
- Pour le rayon fH fe réflechiflànt fur lui même en/, il ne peut entrer dans la chambre.
- Le rayon fG qui fe réfléchit en M, quelque autre réflexion qu’il puifle enfuite fouffrir, il monte évidemment dans la cheminée, & n’en fort que par le haut du tuyau, non plus que tous ceux qui frappent, & fe ré-fiechiflent entre H ôc b. Il en eft de même des rayons qui vont de F fur A B j &de ceux-ci l’on peut juger de
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- ï)es Cheminées. Livre 1. 9 ceux qui de tous les autres endroits de l’âtre où il y a du feu, vont tomber fur les deux jambages A B, a b.
- Tous les autres rayons , comme F AB j qui partent du feu F, & qui en s’en éloignant vont vers le contrecœur , comme ils en font fort proche dès leur origine, pour peu qu’ils foient déjà montés ou inclinés à l’ho-rifon , avant que de le toucher, ils y font un très-petit angle en le frappant j ainli après s’être réfléchis, ils entrent dans le tuyau de la cheminée, ou lï quelques-uns, comme F G MlST, Fig. $ vont frapper la hotte , 0 R, une fécondé réflexion les rejette dans la cheminée, où ils montent & fe perdent ; il n’y a donc prefque que les rayons direéfs qui partent de devant le feu qui puiflent entrer dans la chambre & échauffer, encore faut-ii qu’ils partent dans une direction parallèle, ou prefque parallèle à l’hori-fon ; car ceux dont la direction y efl: fenfibiement inclinée , comme ils montent à mefure qu’ils s’éloignent de leur origine, ils font prefque tous entrés dans la hotte de la cheminée
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- io Ld Mécanique du feu. avant que d’être parvenus * jufqu’au chambranfle, comme FI ,&c en frappant fur la hotte o R, qui eft inclinée , ils fe ré fléchi lient aufli dans la cheminée, & deviennent inutiles : pour ceux dont la direction eft perpendiculaire , ils entrent tous dans le tuyau de ia cheminée, fans qu’il en puifle fortir aucun , que par en haut.
- Ainft l’on voit que du grand nombre de rayons de chaleur qui partent du feu, il n’en entre conftamment qu’une très-petite partie dans les chambres, dans la fituation ordinaire des jambages & des hottes des cheminées , & par confequent que ces difpoftions ne font point propres pour donner la chaleur que l’on cherche en y allumant du feu.
- L’on peut juger des effets des autres cheminées plus anciennes, par ce que nous venons de dire de celle-ci qui eft des modernes.
- Il eft vrai qu’il y a quelques cheminées dont onaarondi les coins, d’autres dont on a couvert les jambages ou de tôle, ou de cuivre , &: plulieurs ( depuis que l’on a ôté les gorges pour
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- Des Cheminées. Livre 1. ri y mettre des tablettes ) dont les hottes ne font plus aulïi grandes, ni auflï droites qu'elles étoient, & que tout cela contribue à donner un peu plus de chaleur que l’on n’en tiroit de ces cheminées ; mais il s’en faut encore beaucoup qu’elles n’en rendent autant qu’elles feroient en donnant une autre difpolîtion aux jambages & aux hottes , que celles qu’elles ont, comme l’on peut voir dans le chapitre fui-vant.
- CHAPITRE III.
- Que les jambages en lignes paraboliques y & la fituation horizontale du de flous de la tablettey font les plus propres pour réfléchir la chaleur dans les chambres.
- LE s Geometres fçavent que tous les rayons qui partent du foyer d’une parabole , 8c qui tombent fur fes côtés, fe réflechifl'ent parallèles à fon axe.
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- ï î ï,a 'Mécanique du feu.
- Si donc l’on prend fur le 'fond du foyer d’une cheminée ABba, une longueur Ce, égale à la longueur du bois que l’on veut brûler , par exemple d’une demi-bûche, qui eft à Paris de 22 pouces : que des points C e l’on tire les perpendiculaires CD, cdt qui foient les axes de deux demi paraboles, dont Ce foient les fommets, ôc Aa , (dont la diftance eft la lar-geur de la cheminée, ) chacun un de leurs points : que l’on revérifié de tôle ou de cuivre les deux côtés paraboliques A C, ac, de la cheminée, & que l’on faflè le deftous oirn de la tablette parallèle à l’horifon , & aufîi large qu’il peut être, en laifiant feulement 10 ou 11 pouces pour l’ouverture du tuyau de la cheminée ; jè dis que non feulement cette cheminée donnera & réfléchira incomparablement plus de chaleur que les cheminées ordinaires , mais qu’elle en réfléchira autant qu’il eft poflible, & plus que toute autre difpofition.
- Car fi l’on fuppofe Ff, les foyers de deux demi - paraboles, Sc le bois , qui eft de la longueur de la diftan-,
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- Des Cheminées. Livre 1. i$
- -ce Vf, brûlant dans l’âtre, tous les rayons de chaleur qui partiront de ces foyers, comme fg, fh, fi, fl, qui dans la première figure ou difpofition de cheminée, n’entrent point dans la chambre, & font entièrement inutiles , fe réfléchiront parallèles à l’axe cd,en , n, f > 8c entreront par
- confequent dans la chambre : ceux qui après s’être réfléchis fur les jambages , fe trouveront à la hauteur de la traverfè du chambranfle à n , 15, 10 pouces du fond de la cheminée, 8c qui fe réflechiroient en dedans à caufe de l’inclinaifon de la hotte 0 R dans la première conftruétion, fe réfléchiront dans la chambre en frappant fur oim, qui eft parallèle à l’ho* rifon : les rayons FGm,8çc. qui frapperont dans le fond de la cheminée pour peu que leur angle de réflexion foitfenfible, viendront encore frapper le deflous horizontal de la tablette m 10, ôc fe réfléchiront par confequent dans la chambre en n, il en fera de même à plus forte raifon des rayons qui montent prefque perpendiculairement, 8c qui font ceux qui
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- 14 dia Mécanique du feu.
- ont le plus de force, comme F i l.
- Fig. i. De plus les côtés de la cheminée dans cette difpofition , étant beaucoup plus près du feu , quoiqu’elle ait la même ouverture que dans la première figure, s’échaufferont, 8c plus vîte & davantage, & réfléchiront par confequent plus de rayons, 8c avec plus de force ; le deflous de la tablette où frappent non feulement
- Fig. 3. les rayons réfléchis FGm,8cc. mais même une grande partie des dire&s, comme Fil, qui s’éloignent un peu
- Fig- 3* de la perpendiculaire , & qui ont extraordinairement de force, doit auflt très promptement s’échauffer, & réfléchir par confequent avec beaucoup de force , tous les rayons qui y frappent, foit dire&emént comme Fils 10it après s’être déjà réfléchis comme FGmn.
- Fig. z. L’on a fuppofé que les rayons qui tomboient fur les côtés paraboliques de la cheminée j4Cac, partoient des foyers Ff, des demi-paraboles, & il en part d’au deflus , 8c d’au-def-fous de ces foyers, 8c de tout l’efp.a-cç Ffj qui eft entre eux, félon que
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- Des Cheminées. Livre I. 15
- le feu eft difpolé, & qu’il y en a pliis ou moins : ma'S il s’enluic feulement de-là que tous ces autres rayons , comme £///,& femblabiés, ne fe réflechiflent point parallèles à l’axe C D ; mais ils le font toujours de maniéré qu’ils entrent tous , a très-peu près, dans la chambre, qui eft ce d mt il s’agit ici pour l’ufage, 6c l’effet que l’on demande.
- Peut-être croira-1 on d’abord que Fig. 5» la difpofition horizontale Sc avancée m i 'o, que l’on donne au-deflous de la tablette, peut faire fumer ; mais nous montrerons , en parlant de la fumée, que cette difpofition, auffi-bien que celle que l’on donne aux jambages, contribuent l’une 6c l’autre à empêcher de fumer, & que les hottes des cheminées ordinaires font une des caufe de la fumée.
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- 16 Za Mécanique du feu*
- CHAPITRE IV.
- Z)u foufflet y -pourquoi il fouf fie y & comment il fert à au-pnener la chaleur, & à la faire
- ° ' û i •
- rejiecnir.
- IL y a. encore un autre moyen de faire réfléchir beaucoup de chaleur dans la chambre, dont on pour-roit aufll fè fervir dans les cheminées ordinaires, mais plus utilement dans celles-ci.
- Fig, Au milieu de l’âtre & à environ
- (jr 6. dix ou douze pouces de la plaque du
- fond, il faut faire une petite trape Z que l’on puiflè facilement ouvrir & fermer ,•& au deflous une petite cavité qui ait communication avec l’air de dehors ; lorfque l’on lèvera un peu cette trape, l’air entrera de dehors
- par l’ouverture extérieure, &fortira
- Fig.
- par l’iflue x que lui donne le foufflet s car l’air fera toujours plus preflé dehors que dans la chambre , foie qu’il faflè du. vent, foit que le tems foie
- calme,
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- Des Cheminées. Livre I. 17 calme, quand il y aura du feu dans l’âtre, parceque la chaleur du feu y raréfiant l’air, & en faifant fortir une partie par la cheminée avec la fumée, il fe trouvera une efpece de vuide, ou du moins un air qui preflera moins par devant celui qui eft prêt à fortir du foufïlet, qu’il ne l’eft par derrière par l’air extérieur, 8c ainfi le fera entrer dans le foyer, & en entrant lui fera faire un vent plus ou moins fort, félon que l’air de dehors fera plus ou moins agité, ou plus ou moins con-denfé , & que celui de la chambre fera plus ou moins raréfié , 8c ce vent fervira non feulement à allumer le feu, & à le faire toujours flamber, fi l’on veut, quelque verd que foit le bois j mais il pouflèra avec aflez de force la flamme & les rayons de chaleur comme F G1 mn, F S T y pour les FU. faire réfléchir dans la chambre, après une ou deux réflexions , quand le feu fera allumé.
- Quoique la commodité foit très-grande de pouvoir ainfi allumer 8c faire flamber fon feu, 8c d’en augmenter en trcs-peu de tems la cha-
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- i S La 'Mécanique du feu.
- leur, & celle qu’il produit dans les chambres, par le moyen de cette ef. pece de foufflet ; ce ne font pourtant pas les feuls ufages aufquels nous le aeftinons, ni les feuls avantages que nous en tirerons, comme l’on verra dans le chapitre cinquième de la première partie du fécond Livre.
- L’invention de ce foufflet n’cil point nouvelle, il y a plus de viiigt-cinq ans que je m’en fuis fervi pour la première fois , après en avoir vu ailleurs Tillage, pour allumer le feu, qui étoit la feule commodité qu’oti lui trouvoit.
- CHAPITRE V.
- Moyens de décrire les cbtés paraboliques des cheminées, foit far flufieurs points, ou par un mouvement continu.
- IL y a plufieurs maniérés de décrire les paraboles , foit en traçant placeurs points proche les uns des autres , foit par un mouvement conti-
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- Des Cheminées. Livre 1, 19 nu ; nous en mettions feulement ici quelques-unes des plus faciles.
- La grandeur AB b a, de la cheminée étant déterminée, par exemple de trois ou quatre pieds de largeur, & de dix-huit ou vingt pouces de profondeur , l’on prendra fur le milieu du fond de la cheminée Ce, de la longueur du bois que l’on veut brûler , par exemple vingt-deux pouces, l’on tirera les perpendiculaires CD, cd, égale chacune à la profondeur de la cheminée , pour les axes des paraboles que l’on veut décrire , dont C c feront les pôles, & A a chacun un de leurs points ; ainh l’on aura toujours de connu , l’axe de la parabole, fon fommet, & un de fes points j tout fe réduit donc à refoudre le problème fuivant..
- PROBLEME..
- Z)n point d’une parabole & fon axt étant donnés, décrire cette parabole.
- Résolutions^
- Si du point donné Fon abailtè une perpendiculaire fur l’axe, elle én fera
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- a o La Mécanique du feu. une ordonnée, & la partie de Taxe qu’elle coupera, une coupée , & la troifiéme proportionnelle à la coupée & à l’ordonnée , fera le paramétré , dont la quatrième partie portée fur l’axe depuis Ton fommet donnera le foyer.
- Fig. 4. Soit donc le point donné 4, de la parabole qu’on veut décrire,. cd fon axe * fi l’on tire a d perpendiculaire fur c d, ôc eh égale & parallèle à d u, & ho perpendiculaire fur la ligne d h, la ligne co fera le paramétré.
- Car foit cd =* x . da, ou ch—yi
- ôc co=-P ; l’on aura toujours x .y ” y . p , ou px. = yy : ainfi prenant cf=z~ f,f fera le foyer de la parabole , qu’il fera enfuite facile de décrire par un des moyens fuivans.
- Moyen de décrire la parabole en trouvant plujîeun de fes points.
- Par l’extrémité 0 du paramétré décrivez plufieurs demi-cercles obd, oh g, oh g y plus petits les uns que les autres, ôc les parties eht ch
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- î)es Cheminées, Zivre /. 21
- la ligne cb que détermineront ces demi-cercles, élevées perpendiculairement fur les points g, g, où les demi-cercles couperont Taxe , marqueront les points h, h, h, de la parabole , puifque le quarré y y de chacune de ces lignes, fera toujours égal kpx reétangle fait du paramétré, & de la partie de Taxe comprife entre fon fommet, & chacune de ce s lignes. C’eft la maniéré ordinaire de décrire la parabole.
- „Autre maniéré de décrire la pa* raboie en trouvant plufieurs de fes points.
- Si l’on prend Cj^égaleà CF, ou Fig. à la quatrième partie du paramétré,
- & que depuis le fommet C de Taxe C D , Ton tire tout le long des perpendiculaires GH, G H : que Ton prenne la diftance QJj , QG, dej^, à chacune de ces perpendiculaires fur Taxe pour le rayon d’un cercle dont on décrive du foyer F, comme centre, des portions qui coupent ces
- perpendiculaires en H, H» elles y
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- ii La Mécanique du feu.
- détermineront autant de points de la parabole que l’on tracera en les joignant tous par une ligne CHHHAr
- Car foit QC ou CF = ^ p: C G = x : F G = x — ^ p : G H = y . l’on aura F H? ou QJ?* = y y + xx — ~ px
- -H T6 PP > l’on aura auflï QjG.l = xx •+* {- p*+ ^ & par
- confequent px = jyj ( en ôtant de part & d’autre le quarré xx
- — Y px •+• yj pp) qui eft l’équation à l'a parabole..
- Au lieu de tirer plulieurs perpendiculaire G H ,G H, l’on peut fe fer-vir d’un équerre NGL, que l’on fera couler le long de l’axe.
- Moyens de décrire la parabole par un mouvement continu.
- Quoiqu’il foit affe^ facile de trouver tous les points d’une parabole
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- î)es Cheminées. Livre 1. x$ par la méthode precedente, fur-tout en fe fervant de l’équerreil l'ëflr encorè plus, 8c même plus commode de la décrire par un mouvement continu : en voici les moyens.
- i°. Soit CjQ^égaie à CF 8c RQ^r perpendiculaire fur FQ^> que l’on falïe couler une équerre LG N, fur QJR., 8c tourner une réglé F H V'a. fur le point, ou le foyer F : que les deux parties G H 3 F H de l’équerre 8c de la réglé en fe croifant, foient toujours égales, leurs points d’jnter-fe&ions H, décriront la parabole.
- Pour connaître facilement que les parties G H» 8c F H de l’équerre 8c de la réglé font égales, il faut divifer l’une 8c l’autre avant que de s’en fer-vir.
- io. Si à l’extrémité d’un des côtés de l’équerre. lgny l’on attache le bout n- d’une corde nhf égaie au côté nhg, 8c l’autre au foyerfj que l’on pofe d’abord le côté ng, 8c la corde nhf le long de l’axe dfc : que l’on faflë gliffèr l’autre côté Igfur qr3 8c que l’on tienne toujours la corde tendue fur le côté nhg» tous
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- i4 La Mécanique du fetl. les points h h, de la corde qui fe répareront de l’équerre , décriront la parabole ; cette maniéré eft encore plus facile que la précédente , car l’on n’a pas-befoin de divifion, ou de mefurer continuellement fi les parties G H, F H, de l’équerre 8c de la réglé font égales : mais il faut bien prendre garde que la corde ne s’allonge pas.
- La demonftration de ces deux pratiques , eft la même que celle de la méthode precedente, & c’eft la rai-fon pourquoi on l’a ajoutée à la première.
- Quelque facile que foit par les moyens que nous venons de donner, la defcription de la parabole , nous ne prétendons pas cependant la pro-pofer à tous les ouvriers pour Texe-cuter ; nous donnerons dans le troi-fiéme Livre, qui fera de pure pratique , les moyens de tracer les cotés des cheminées d’un trait fait d’une ligne droite , 8c d’une portion de cercle, dont nous déterminerons le centre & le rayon, & qui approchera cependant de la parabole s 8c
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- Des Cheminées. Livre J. 25
- fera le même effet dans la pratique ; car l'on voit bien que les rayons de chaleur partent de diffèrens endroits qui changent continuellement, à me-fure que le feu augmente ou diminue, & qu’il peut même arriver que du point où fera le véritable foyer de la parabole, il n’en partira aucun rayon de. chaleur, ff le feu ne fe trouve pas en cet endroit ; ainfi qu’il 11’eft point neceflaire dans la pratique , que le trait du jambage foit abfolument parabolique.
- Quoique les jambages paraboliques foient les plus propres pour réfléchir les rayons de chaleur, en plus grande quantité, & avec plus de force; l’on peut cependant donner à ces jambages d’autres difpofltions , qui augmenteroient aufli beaucoup la chaleur du feu : par exemple fuppo-fent toujours les lignes CD, cd dans Fig. la diftance l’une de l’autre , & dans 1a fltuation que l’on a marquée, Ci l’on prend CG double de C F, & que du point G 6c de l’intervalle G C Ton décrive une portion de cercle CU, & que du point A l’on tire
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- i6 La Mécanique du feu. delfus une tangente AH, tous les rayons qui tomberont de F fur C H, ou du moins fur la partie la plus proche de C, fe réfléchiront parallèles à C D, comme fi la ligne C H étoit parabolique ; comme l’on démontre dans la catoptrique ; & les autres qui tomberoient fur la ligne HA,ôc fur la portion de HC. la plus proche de H, feroient prefqüe parallèles à C Z), & entreroient furement dans la chambre.
- L'on pourroit aufïi faire les jambages^ HC ,ahe, elliptiques, ou en quart d’eilipfe , en prenant chacune des lignes CD, cd pour la moitié du grand axe, & A D, ad, pour la moitié du petit ; en portant la diftance C D de A en G, ce point feroit un des foyers de l’ellipfe, qu’il feroit enfuite facile de décrire j & tous les rayons de chaleur qui partiroient du foyer G, fe réfléchiroient fur CD en un point, qui feroit l’autre foyer de l’ellipfe, aulîi éloigné du centre D qu’en eft le point G, comme fçaventles Geome-tres , & rentreroient par confequent dans ia chambre $ cette difpofition fe-
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- Des Cheminées. Livre. 1. iy roic même allez commode pour des cheminées de cuiline ; mais il ne faudrait prendre pour le grand axe de l’ellipfe que la longueur CD, qui eft la profondeur de la cheminée, ou quelque chofe de plus ; 8c pour la moitié du petit axe , les deux tiers de DA, afin que l’ün des foyers auquel les rayons qui partent de l’autre, doivent s’aflèmbler, fut environ fur la ligne qui joint les deux jambages pardevant, pour des ufages aufquels ces cheminées font deftinées, & l’on décriroit du point C un quart d’elli-pfe C H 3 fur lequel on tireroit du point A une tangente AH, 8c tous les rayons qui du point F,qui feroit un des foyers, tomberaient furie quart d’elliple CH, fe réfléchiraient en un point I, 8c ceux qui tomberaient fur la tangente AH, aprocheroient après leur réflexion plus ou moins de ce point, ce que nous n’expliquons pas davantage,parceque nous ne croyons pas qu’on en fafle grand ulage.
- Ceux qui pour épargner la dépen- Fig» 6 fe, voudront fe contenter de donner aux jambages de leurs cheminées une
- C ii
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- z8 La Mécanique du feu. difpoiîtion à peu près parabolique $ &au-delïbusdela tablette une fi tua-tion horizontale, ce que l’on peut faire à fort peu de frais, ôc à toutes fortes de cheminées, rendront déjà leurs chambres beaucoup plus chaudes fans y faire davantage defeu, fur tout s’ils y joignent la commodité du foufflet : mais ceux qui voudront y ajouter la dilpofition du derrière de la cheminée, dont nous allons parler, en tireront bien d’autres avantages , comme Ton va voir dans la féconde Partie de ce Livre»
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- î)es Cheminées. Zivre J. ïgr
- SECONDE PARTIE, .
- De tair, & des difpojîtions inte-rieures du derrière des chemi-minées pour échauffer les chambres a tel dezrè, & auffiprom-iement que ton veut.
- QU e l qjj e grande que Toit la quantité de chaleur que Ton tire par la difpofition intérieure que nous venons de marquer du devant des cheminées , & par la fituation horizontale du deuôus de la tablette, elle n’approche point de celle que l’on peut tirer par les difpofitioiis intérieures que nous allons donner du derrière des cheminées , quand nous aurons fait remarquer quelques propriétés de l’air.
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- 30 La Mécanique du feu.
- CHAPITRE PREMIER.
- De Pair, & de la viteffe avec laquelle il s'échauffe : que le flus chaud monte au-deffus de celui qui lefi moins.
- U Ne des propriétés de Pair, c’eft de s’échauffer très - promptement, j’en raporterai feulement ici une expérience, mais très-fenfible.
- Premiers Expérience.
- J’ai pris un tuyau recourbé de fer de trois à quatre pouces de diamètre , femblable à un fyphon, dont la courbure étoit pofée fur le feu , la longue branche fortoit dehors par un trou qui lui étoit proportionné, & la plus courte étoit au-dedans de ma chambre j un vent de Nord très-froid qui entroit par ce tuyau, en fortoit glacé avant qu’il fût fur le feu j mais il n’y eut pas été un moment , que ce même vent fortoit avec impetuofité & très-chaud, & pafloit
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- De S Cheminées. Livre 1. 31 pourtant avec la même vitefle par l’endroit qui étoit fur le feu, que par les autres , car la groffeur du tuyau étoit égale par tout j ainfï l’air s’é-chauffoit en auiïi peu de temps qu’il Jui en falloit pour traverfer un efpace, d’environ un pied, en ypaflantavec une vitefle prodigieufe.
- Il 11’eft pas poffible de conferver à une cheminée une difpofition agréable à la vue , & la commodité d’y faire du feu , ôc de la' faire en même tems fervir à donner à l’air ce grand degré de chaleur eh fi peu de temsj car le feu qui peut entourer un tuyau d’environ quatre pouces de diamètre , & par confequent échauffer de tous côtés l’air que ce tuyau renferme , ne peut point ainfi environner êc échauffer de l’air renfermé au tour d’une cheminée ; l’on ne fçauroit par le moyen du feu que l’on y fait, échauffer que l’air qui touche par-derriere le fond & les côtés de la cheminée en les fuppofant creux, & l’échauffèr feulement du côté qu’il les touche du moins bien fenfible-toent, encore ce ne peut être autant
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- 3 2 La Mécanique du feu.
- que dans le tuyau dont nous venons de parler ; ainfi l’air qui paffèroit bien vite derrière une cheminée où il ne feroit feparé du feu que par une plaque de tôle ou de cuivre , ne pour-roit jamais y acquérir une grande chaleur, fur tout en hy ver , s’il n’y paffoit par plufieurs endroits , où il pût peu à peu s’échauffer, & en planeurs momens qu’il refteroit devant le feu, ou proche des parties de la cheminée que le feu échauffe , parvenir à une chaleur approchante de celle qu’il acqucrroit en un feul moment, $>’il étoit tout entouré de feu ; mais quelque chemin qu’on lui fafle faire, on ne lui donnera jamais le degré de chaleur qu’il prend en paf-fant dans un tuyau qui eft fur le feu, mais on lui en donnera affez , 8c quelquefois plus qu’il ne faut pour échauffer en très-peu de tems une chambre quelque grande qu’elle foit, & quelque froid qu’il faffe , qui eft tout ce que l’on demande ici.
- La grande legereté de l’air 8c fon reffort peuvent être les caufes de cette dilpofttion qu’il ,a à s’échauffer aufli
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- Des Cheminées. Livre 1, 35 promptement que le fait connoître l’experience que nous venons de reporter ; car la moindre chaleur commence -d’abord à augmenter la force du relTort des parties de l’âir, & ainfi à les étendre & à les feparer plus qu’elles n’ctoient , comme le fait connoître la prompte rarefaéfcion de tout leur volume , qui augmente à mefure qu’il s’échauffe ; & les particules du feu & de la matiei e éthe-rée répandue par tout', remplirent à l’inftanç les intervalles que ! aident les parties de l’air en s’éloignant les unes des autres ; & comme cette nouvelle matière qui s’introduit, eft er-trêmement agitée , elle a bien-tôt donné le mouvement en tous fens aux parties de l’air, & l’a par confequent bien-vîte échauffé.
- Une autre propriété de l’air, e’eft que le plus chaud monte au-deflus de celui qui l’eft moins ; pour m’en af-furer , & connoître de combien environ l’air d’une chambre où il y a du feu, eft plus chaud en haut qu’en bas, & moins en bas qu’au milieu : Voici les expériences que j’ai faites..
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- 34 Z* Mécanique du feu.
- II. Expérience.
- J’ai placé deux Thermomètres à air dans ma chambre , l’un en bas, 8t l’autre en haut aftez proche du plancher , 8c celui ci, quoique plus éloigné du feu que l’autre , a beaucoup plus monté 8c plus vite : je les ai changés de place, & baifle celui d’en-haut, & élevé celui d’en bas, auffi-tôt la liqueur y a monté, 8c eft de£ cendue dans l’autre ; j’ai réitéré ce manege plufieurs fois , & il eft toujours arrivé la même chofe ; je les ai enfuite mis tous deux l'un près de -l’autre, 8c à une égale diftance du plancher d’en haut, 8c de celui d’en bas : la liqueur de celui qui étoit auparavant en bas a monté, & eft de f-cenduedans celui qui étoit en haut, marques certaines que l’air étoit plus chaud au milieu de la chambre qu’en bas , 8c plus encore en haut qu’au milieu, 8c par confequent que l’air le plus chaud monte au - defliis de celui qui l’eft moins. Et que la différence de l’air d’en haut d’une chambre où il y a du feu, & de celui qui
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- Des Cheminées. Livre. 1. 3 y eft enbas , eft très-confiderable, d’011 l’on peut auflï conclure que les chambres dont les planchers font les plus bas, font les plus propres pour fe bien chauffer, 5c qu’en hy ver on les doit préférer aux autres.
- III. Expérience.
- si r on veut une expérience plus facile 5c plus prompte , 5c que l’on puilïè faire en tout tems, pour prouver que l’air le plus chaud monte au-deiïiis de celui qui l’eft moins j il faut prendre un long tuyau de fer ou de cuivre, ouvert par les deux bouts, le coucher d’abord horizontalement fur le feu par le milieu, ôc l’on fendra fortir un peu de chaleur par fes deux extrémités ; mais en élevant l’une, & abaiflant l’autre, l’air fortira chaud par l’ouverture d’en haut avec aflèz de force pour fouiller la flamme d’une bougie , 5c échauffera le tuyau depuis l’endroit qui eft fur le feu juf-qu’au bout de plus en plus, à mefure qu’on l’élevera davantage ; fl enfuite on le renverfe, 5c que l’on éleve le bout d’en bas en haut, l’air chaud
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- La Mécanique dû feu.
- ïortira toujours par le bout qui fer» plus élevé que n’eft le feu & l’échauffera pourvu: qu’il foit ouvert,-êc non feulement il ne defcendr» point- par celui d’en bas j- mais toute la partie depuis le feu qui s’étôic échauffée lorfqu’elle étoit élevée, fe refroidir» lôrfqu’ôn l’aura baiffee au deffous , quand même elle feroit beaucoup plus courte que l’autre, &£ quoique l’on bouche exactement-l’ouverture d’en bas, l’air ne laiffera pas de fortir chaud par celle d’en haut, mais avec moins de vitcffè.
- Si l’on veufcburber ce tuyau en manivelle , l’omfera plus commodément l’experience qui prouve fen-fiblement , aufïï- bien que la precedente que l’air le plus chaud monte toujours au-deffus de celui qui l’efh moins , comme une piece de bois monte au-deffùs de l’eau j parceque-ï’air, en pareil volume, pefe d’autant moins, qu’il eft plus chaud j car-fes parties font non feulement plus agitées, mais auffi plus feparées les unes des autres,, à mefure qu’il s’échauffé davantage,, comme le fait
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- "Des Cheminées. Livre 7. 3 y connoîcre fa raréfaction que chaque degré de chaleur augmente.
- CHAPITRE II,
- l)e la difpojition inferieure du derrière des cheminées 3 comment Pair y entre 3 comment il sy échauffe, & fucceffivement tout Pair de la chambre 3 comment Pair d’une autre chambre peut s*y échauffer 3 de quelques . autres avantages de cette maniéré d'échauffer.
- L’On fuppofe le contour AHÇ cha du dedans de la cheminée, couvert d’une plaque de cuivre ou de tôle, & derrière cette plaque un efpace vuide d’environ quatre pouces de profondeur, divifé, 8c feparé par plufieurs languettes qui forment pluEeurs cavités, cellules ou tuyaux quarrés mis à côcé l’un de l’autre, dont le premier ait communication avec le fécond, 8c le fécond avec le
- Fig. 6. iy.
- 16. 17,
- 18. &c?
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- 5 S La Mécanique dû feu. troifiéme, &c. faifant tousenfemble une efpece de canal recourbé, dont un bout D Toit au bas, 8c l’autre R au haut d’un des jambages de la cheminée en dehors , 8c que l’air puilïè entrer par le bout D d’en bas, & for-tir par celui d’en haut R.
- On peut encore fuppofer le deffous de l’âtre vuide, 8c couvert aufli de tôle ou de cuivre, & enfin le deffous de la tablette creux en forme de tuyau, 8c que toutes ces cavités tant du derrière de la cheminée, du deffous de l’âtre,que du deflbus de la tablette, forment enfemble l’efpece de canal recourbé en plufieurs endroits, . dont nous venons dé parler.
- Nous déterminerons dans le troifiéme Livre les fituations & les proportions de toutes ces cavités, de leur entrée, de leurs communications, &c de leur fortie , félon les difpofitions 8c les grandeurs des cheminées 8c des chambres j 8c nous marquerons comment on en peut former plufieurs eonftruéfcions differentes de cheminées plus fimples 8c plus faciles à executer les unes que
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- Des Cheminées. Livre 1. 39 les autres, & qui ayent toutes cependant les effets que nous rapporterons dans les chapitres fuivans : mais il fufKt à prefent, pour comprendre dans la fuite les raifons de ces effets, de concevoir derrière la cheminée plufieurs cavités , qui ayent communication de l’une à l’autre, 8c dont le feu qui brûle dans l’âtre , puiffe échauffer quelqu’une des furfaces de chacune.
- Cette difpofîtion , cette route de pi* g. ^ l’air étant doncfuppofée derrière la cheminée , lorfque l’on allumera du feu, il échauffera le contour de cette cheminée , le deffous de l’âtre, le deflous & le derrière du tuyau qui fera fous la tablette , quand il y en aura un, & par confequent l’air qui eft dans les efpaces que ferment ces furfaces, & l’air froid, qui entrera par l’ouverture D d’en bas dans ces cavités, commencera à s’échauffer dans la première , la chaleur qu’il y aura acquife s’augmentera en paffant par la leconde, & encore plus en paffant dans la troifîéme, &c. car à mefure qu’il avance, outre qu’il prend à cha-
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- 40 Z a Mécanique du feu 3
- que inftant un nouveau degré de chaleur, il pafïè dans des endroits plus échauffés , ainfi il doit fortir fort chaud par l’ouverture d’en haut R.
- Pour faire ainfi entrer l’air de la chambre par l’ouverture D d’en bas, ôc le faire paffer dans toutes les cavités,quelque circuit qu’elles faflent, 8c fortir par l’ifïue-,# d’en haut, il ne faut point d’autre artifice que le feu qui eft dans le foyer Ff, qui échauffant l’air enfermé dans ces cavités, fait aufïi-tôt monter & fortir celui qui eft dans la derniere, dont l’ouverture eft en haut, pour pafïer au-deflus du moins chaud, & fait ainfi fuivre tout ce qui eft dans les autres, où il fe trouve pour lors moins preffé pardevant qu’il ne l’eft par derrière ; & cet air en fortant par l’iffue d’en haut R, poufïè encore celui de la chambre, 8c le fait rentrer par l’ouverture d’en bas D, où il trouve le moins de refiftance, 8c où eft l’air le plus froid, parce que le plus chaud monte toujours en haut \ ainfi tant qu'il y a du feu dans Pâtre , l’air de la chambre circule continuellement dans
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- Des Cheminées. Livre!. 41 dans les cavités de la cheminée , 8c s’y échauffé de plus en plus en y circulant ; & comme il y en peut pafïèr en allez peu de tems, plus même que la chambre n’en fçauroit contenir, tout l’air qu’elle renferme y peut palier plufieurs fois en un certain tems, & s’y échauffer par degrés.
- L’on comprendra beaucoup mieux à quel point l’air doit s’échauffer dans ces cavités, quand on aura vu dans le troihéme Livre, les conftru&ions & les difpofîtions des differentes routes de l’air qui fe trouvera dans quelques-unes tout entouré de chaleur, comme feroit un tuyau au milieu du feu : mais il efl déjà aifé de concevoir qu’il s’y peut beaucoup échauffer en y palTant, fî l’on fait réflexion à la maniéré, & à la vitefïè dont nous avons montré dans le chapitre precedent , que l’air s’échauffe, & aux tours & détours que nous lui faifons faire ; car fi l’on ne faifoit qu’une cavité fous l’âtre, & derrière le contre-cœur , comme rapporte Savot dans fon Architecture, que l’on avait fait à la cheminée du Cabinet des
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- 42 La Mécanique du feu. livres du Louvre, l’air de la chambre qui y pafferoit, ne faifant qu’un fort court chemin, & fans fe détourner que pour monter, ne s’y échauf-feroit pas fenfiblement, quand il fe-roit froid , & bien moins encore quand on feroit venir cet air de dehors j & cependant il eft toujours bon, & quelquefois neceflâire de le faire, comme l’on verra dans les chapitres fuivans.
- ï?ig- 6.17. Si au lieu de faire circuler dans ces
- 18. &c. cavités, l’air de la chambre où eft la cheminée, l’on y faifoit entrer l’air d’une autre chambre qui fût proche, à côté, derrière, même au-deffus ou au-deflous, par un conduit pris au bas de cette fécondé chambre , qui donnât dans l’ouverture baffe qu’on y laiffa rentrer l’air , apres s’être é=-chauffe, par un autre conduit pris depuis fon plancher d'en haut jufqu’a 1 ’ifïue R -, l’on feroit aufïi en peu de tcms circuler plufteurs fois, & échauffer dans les cavités de la cheminée , tout l’air de cette féconde chambre, que l’on échaufféroit ainft fans y faire de feu,se qui feroit d’une très-.grande
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- Des cheminées, Livre 1. 43
- commodité en bien des occafions.
- Cette maniéré d’échauffér à encore cet avantage, qu’échaufFant tout l’air de la chambre, elle échauffé tous ceux qui y font, quoiqu’éloignés du feu ; qu’elle tient les lieux toujours fecs, parceque l’air fe feche en paf-fant par toutes ces cavités, 8c y reporte ôc.y laifïe toute l’humidité qu’il peut reprendre dans la chambre 8c fur les meubles à mefure qu’il circule^ & ainfi les preferve du dommage que leur caufent fouvent les dégels.
- Quand on trouve l’air de la chambre afïèz chaud , l’on peut empêcher qu’il ne s’échauffe davantage, ou du moins que fa chaleur n’augmente tant, fans éteindre le feu , ni le diminuer , en fermant l’ouverture R par où vient l’air chaud.
- Si l’on ne fermoit que la feule ouverture D d’en bas, l’air fortiroit encore chaud par celle d’en haut, mais en moindre quantité , comme nous avons marqué dans le chapitre precedent, qu’il fortoit par le haut bout du tuyau, quoiqu’il fut bouché par bas , parceque l’air chaud mon-
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- 44 Mécanique du feu.
- tant toujours au-deftus de celui qui l’eft moins, il en defcend autant d’autre à fa place , comme l’eau defcend à la place d’une piece de bois qui monte dedans.
- CHAPITRE III.
- £)ue par la difpoftion que /’on vient de donner du derrière de la cheminée, /’on peut èchauf fer une chambre en y faifant continuellement entrer de l’air de dehors , quelque froid qttil faffe j comment cet air entre dans la chambre 5 comment il l’échauffe. Moyens de connoître en combien de tems il la peut échauffer j comment il peut fer-vir a en augmenter ou en diminuer la chaleur , fans augmenter ni diminuer le feu, &c.
- Ç* I l’on introduit de l’air extérieur
- D dans les espaces du derrière de
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- Des Cheminées. Livre 1. 45
- la cheminée, en faifànt une communication depuis l'ouverture D juf-ques dehors, Ton échauffera encore la chambre & plus promptement, &c plus utilement que lorfque Ton .n’y fait paftèr & échauffer que de celui qu’elle renferme ; car pour lors l’air qui fort des cavités , après y avoir circulé, & s’y être échauffé,n’échauffe celui de la chambre qui eft froid , qu’en fe mêlant avec, &en lui communiquant de fa chaleur • & comme ce qui fort d’air chaud à chaque in-fiant, eft très-peu en comparaifon de ce qui remplit toute la chambre , il faut un tems ccnfiderahle avant que tout l’air y foit fenfiblement échauffé , fur tout lorfqu’il fait fort froid, 8c que l’endroit eft grand, car cet air ne paftè pas bien vîte : il n’en eft pas de même quand on prend l’air de dehors j car outre qu’il en fort pour lors beaucoup davantage en même tems par l’ouverture R ou r3 par-cequ’il paftè plus vite , étant toujours plus preffé par-dehors que dans-la chambre, ( comme nous avons déjà expliqué dans le chapitre quatrié-
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- 46 La Mécanique du feu. me de la première Partie. ) Ce n’eft point feulement en communiquant de fa chaleur, que cet air qui vient de dehors, échauffe celui de la chambre , & ceux qui y font, mais en fai-fant fortir tout Pair froid qui y eft, & en y en faifant fucceder de chaud: Voici comment.
- Chap. /. L’air le plus chaud monte toujours
- au-defïus de celui qui l’eft moins, ainr fî l’air de dehors qui entre dans la chambre après avoir paffé par les cavités de la cheminée,étant plus chaud que celui qui y eft, quand il y a un peu de tems que le feu eft allumé, il monte jufqu’au haut du plancher ; 8c comme il ne fçauroit y prendre place qu’il n’en chafle , 8c n’en fafle fortir en même tems autant de la chambre, 8c qu’il n’en peut fortir que par la cheminée qui eft la feule ifliie qu’il trouve, 8c qui eft en bas, il fort toujours de l’air d’en bas , à mefure qu’il en entre, 8c qu’il en monte en haut ; or l’air d’en bas eft auffî le plus froid, puifque le plus chaud monte au-defliis de celui qui l’eft moins; c’eft donc toujours l’air le plus froid,
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- Des Cheminées. Livre J. 47 & celui qui étoit dans la chambre-, avant que l’on allumât du feu , qui en fort en meme tems qu’il en entre de plus chaud 5 8c comme en peu de tems il en peut entrer plus qu’il n’en peut tenir dans la chambre, dans ce même tems l’air y doit être renou-vellé , le froid doit être forti , 8c il lui en doit avoir fuccedé de chaud.
- Si l’on veut fçavoir en combien de tems environ fe peut faire ce changement , voici comment on le peut connoître.
- En mettant par exemple un papier P fufpendu à un fil attaché au plancher , vis-à-vis l’ouverture R par où l’air chaud entre dans la chambre, cet 17* air repouffera le papier en entrant, fi c’eft de la longueur de deux pieds dans le quart d’une fécondé , que cette ouverture foit d’un demi-pied quarré, il en entrera plus de deux pieds quarrés dans une fécondé ; car comme l’air peut s’étendre de tous côtés en fortant de l’ouverture R, il prefle moins le papier à mefure qu’il s’en éloigne ; ainfi en une féconde, étant entré plus de deux pieds quar-
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- 48 Za Mécanique du feu, rés d’air , en une minutte il en fers entré environ cent vingt-cinq pieds,, entrant avec la viteffè que nous lui fuppofons, & elle eft toujours plus-grande, pour peu fur tout qu’il faflè de vent.
- Suppofant maintenant que l’efpa-ce de la chambre, où tout l’air qu’elle contient fait de deux mille pieds quarrés , en- quinze minuttes , ou en un quart-d’heureil y fera entré autant d’air quelle en peut contenir, & deux ou trois fois plus , s’il entre plus vîte, ou fi l’ouverture R eft plus grande que nous ne l’avons fuppofé1.
- Il n’en faut pourtant pas conclure que tout l’air froid qui ét-oit dans la chambre , en foit abfolument forti car il fe mêle toujours du chaud qui entre avec le froid qui y eft ; mais l’on eft du moins certain- que la plus grande partie de l’air froid eft fortie , & qu’ainfï l’air eft déjà fort changé & fort échauffe dans ce quart-d’heure , & qu’en une demi-heure il le peut, 8c le doit être entièrement,, non pas cjue l’air qui refte après ce tems,doive etre aufîî chaud que celui qui entre $
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- Des Cheminées, Livre 1, 4^ «ar à mefure qu’il monte, il parte au travers d’un air plus froid qu’il n’eft, èc s’y refroidit par confequent, en échauffant un peu celui par où il parte, mais il retient une partie de la chaleur dont il a plus, & dont il perd moins dans le fécond moment que dans le premier, 6c dans le troi-fiéme que dans le fécond, parceque les cavités de la cheminée, où l’air prend fa chaleur , aufli-bien que l’air de la chambre par où il parte enfuite, s’échauffent de plus en plus, ainfi en. moins d’une demi-heure, ou d’un quart d’heure, l’air de la chambre e£fc àffèz chaud pour donner de la chaleur également par tout à ceux qui ont froid, 6c l’entretenir à ceux qui ont chaud.
- Et non feulement cet air en entrant ainfi,charte l’air froid d’une chambre, mais il empêche même qu’il n’y en entre, du moins tant qu’il fait ordinairement par les portes ou par les fenêtres mal-clofes, parceque tenant toujours la chambre pleine , l’air de dehors y trouve plus de refiftance, & le peu qui entre , ayant moin*
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- fo JLa Trfetanîque du feu. de force qu’il n’auroit, & fe* mêlant en entrant avec l’tdr chaud qu’il trouve , il s’échauffe avant que d’être parvenu jufqu’à ceux qui font dans la chambre, qui n’en Tentent par con-fequent jamais l’incommodité, pourvu qu’iis ne foient pas trop proche de .ces portes & de ce§ fenêtres , dont pn peut parfaitement boucher toutes les ilîues, fans craindre, comme dans les autres endroits , d’être incommodé de la fumée , pomme nous ferons voir dans le livre fuivant. Et ce n’eft pas éviter une petite incommodité, que de fe pouvoir garantir de ces vents qui entrent par les endroits mal-fermés , & que l’on nomme des yents coulis ; l’on ne fçait que trop par expérience combien les effets en font 4 craindre.
- Cet air qui entre ainfî continuellement de dehors dans une chambre^, l’échaufïànt de plus en plus , il pour-roit le faire à un degré qui devienr droit incommode ; il feroit facile d’empêcher cette incommodité, en Fig. 6. Vf. cas qu’on la refïèntit , en fermant ï$. l’ouverture R , par où entrp l’ai?
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- Des Cheminées. Livre 7. 51 chaud ; ainfi fans diminuer le feu, la chaleur diminuèrent , ou cefferoit d’augmenter : mais l’on ne recevroit plus d’air nouveau , qui eft le plus •grand avantage de cette difpofition de cheminée, comme l’on verra par la fuite ; ainfi il vaut mieux laifler •une communication avec l’air froid qui vient directement de dehors proche de l’endroit R par où il fort chaud, afin que l’on puifle toujours laifler entrer de l’air de dehors , tantôt chaud, tantôt froid ; &.lorfque l’on voudra, temperé, ou mêlé de chaud 6c de froid à tel degré que l’on fou-haiteraen ouvrant l’un ou l’autre, ou feulement telle partie que l’on iugera à propos des deux conduits par où l’air chaud & l’air froid peuvent entrer, &c ainfi augmenter ou diminuer la chaleur de la chambre, fans augmenter , ni diminuer le feu.
- Nous donnerons dans le troifiéme livre les moyens de le faire commodément.
- Ceux qui voudront que Pair échauffé , qui entre dans la chambre, vienne frapper avec toute fa chaleur, fur
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- La Mécanique dufiu, leurs pieds ou leurs mains, les échauffe en peu de rems, & les entretienne toujours chauds à quelque diftance qu’ils foient du feu, le pourront, en fîg» 6.17. mettant à l’ouyerture R l’un des bouts d’un tuyau de fer blanc, ou feulement de carte, 8c l’autre proche de l’endroit qu’ils voudront échauffer, ou entretenir chaud j 8c fi l’on veut conduire ce tuyau jufques dans un lit, l’air qui en fortira, 6c qui fe répandra dans tout le lit entre les draps, l’échauffera autant que l’on voudra ; êc comme ce tuyau n’occupe que peu de place, rien n’empêcheroit qu’on ne le mit dans le lit, pendant même que l’on y eft, 8c que l’on ne fift for-tir 8c frapper l’air chaud à l’endroit & fur la partie que l’on voudroit, qui l’échaufferoit très-doucement, & l’entretiendroit toujours chaude ; ce qui peut être très-commode 8c très-utile, fur tout pour de certains malades à qui l’on eil obligé de chauffe? continuellement des linges ; les per-fonnes même qui n’échauffent point pendant la nuit dans les grands froids, pourroient fe fervir de ce moyen très*;
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- jDés Cheminées. JLivre 2. $$
- facile pour fe donner, & le conferver la chaleur qui leur feroic neceflaire.
- L’air que l’on «ire de la chambre pourrait aufîi fervir à ces ufages 3 mais l’effet n’en ferait ni fi grand, ni fi prompt, comme il eft facile de comprendre par ce que nous avons déjà dit.
- Enfin ce même air en entrant continuellement toujours chaud & toujours fec , conferve les meubles f 3c les preferve de l’humidité,bien mieux encore que ne fait l’air de la chambre en circulant*
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- 54 éLa Mécanique du feu.
- CHAPITRE IV.
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- Que cette maniéré déchauffer une chambre far le moyen d’un air toujours nouveau3 efi très-utile four nous freferver de flujieurs incommodités , fur tout les Dames , & necejfaire f our les malades, & ceux qui les voient.
- LA chaleur prompte , douce 8c.
- agréable que l’on relient en é-chauffant fa chambre par l’air que l’on prend de dehors, n’eft ni le feul, ni le plus conlîderable avantage que l’on retire de cette maniéré de l’échauffer, elle eft aufli trcs-utile pour nous préferver de plulieurs incommodités que nous caufent le grand froid , & le grand feu ; car comme Ton n’eft point obligé d’avoir un li grand feu , ni d’en être li proche pour fe chauffer, il n’entre point dans la chambre, ou du moins l’on n’v retient pas ces parties les plus folidca
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- î)es Chemifièes. Livré 1. fj du bois, qui par leur groftëur, leur foideur, leur grand mouvement brûlent , deileehent, ufent les poumons, perdent les yeux , comme on le re-connoît par la douleur que l’on y fent, & par la rougeur qu elles y caufent fouvent , 8c qui font le même effet fur la peau délicate des Dames, quoique moins fenfibleraent ÿ que fur lés paupières des yeux, 8c en en dérangeant les fibres, changent & gâtent abfolument leur teint : toutes fâcheufes incommodités aufquelles on n’eft point expofé par le moyen de ces nouvelles cheminées,
- Mais fi cette maniéré d’échauffer la chambre eft utile à ceux qui fe.por-tent bien , l’on peut dire qu’elle eft neceflaire aux malades, à ceux qui ïes gouvernent, 8c qui les voient :
- Car l’haleine gâtée des malades , les humeurs corrompues qu'ils-tranf-pirent, ce qui s’exhale des remedes-qu’ils prennent, & qu’ils rendent, fe mêlant continuellement avec un air qui refte toujours le même, ( parce-que l’on n’ofe rien ouvrir pour en faire entrer de nouveau , pour peu
- E« « « •
- mi
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- 5 6 La. Mécanique du feu. qu’il faiïe froid, ) le corrompent de plus eii plus, ainfi un malade ref. pire un air plus corrompu ,plus em-pefté que celui qu’il exhale ; ceux qui Je voient, refpirent le même ; 8c peut-on douter que ce ne foit fouvent la caufe de la mort des infirmes, & de la maladie de ceux qui les ©nt gouvernés , ou qui les ont vus fouvent ?
- Mais fï par le moyen de ces cheminées on.laiflè continuellement entrer de nouvel air chaud, 8c au degré de chaleur que le malade le pourra fouf-frit j cet air nouveau chaiTera continuellement celui de la chambre, & en fera refpirer de plus pur 8c de plus fain au malade , 8c à tous ceux qui font dans la chambre, 8c les garantira des incommodités & des maux qu’un air empoifonné leur auroit infailliblement caufé.
- Cette même chaleur que l’on peut ainfi introduire 8c entretenir dans la chambre d’un malade à tel degré que l’on veut, fait qu’iln’eft point necef. faire de le tenir fi couvert que l’on fait ordinairement, jufqu’à l’accabler, 8c l’étouffer pour ainfi dire, & que lui-
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- Des Cheminées. Livre î.
- même pendant le froid n’eft point ex-pofé à le refroidir, & à fe morfondre en le remuant.
- CHAPITRE V.
- Que Pair de dehors que l’on fait ainji entrer dans une chambre ne peut eau fer aucune incommodité j qu’il efi meme très-propre pour la fanté.
- PEüt-etre que quelqu’un appréhendera que Pair chaud ne'foie pas îl propre pour entretenir la lanté, quoique cela puifle être vrai de l’air qui eft très- chaud , U toujours renfermé j & qui ne tire fa plus grande chaleur que des corps étrangers qui s’y mêlent, comme des parties dix bois ou du charbon qui brûlënt, qui nous étant contraires, rendent cet air nuifïble, comme ôn l’éprouve dans les endroits où il y a des poêles „ & même dans ceux où il y a des cheminées où l’on fait trop grand feu ; il n’en n’eft pas de même de l’air tem-
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- jS La 'Mécanique du feu, peré qui change continuellement, tel que celui que nous tirons de dehors par cette machine ; c’eft même le feu.1 qui foit propre en hy ver, ou du moins le plus propre pour entretenir lafari-té ; l'expérience nous le fera alfez connoître pour peu que nous y voulions faire attention, ôc le railoiine^, ment nous le démontre : car outre que cette maniéré de réchauffer , & de le temperer, en le faifatit pafler par les cavités de ces cheminées , le purifie, & le rend plus fain ; il eft certain que l'air froid nous ôte de cette chaleur , dont nous avons pourtant abfolumcnt befoin pour vivre , & que fes parties , ou du moins Les par-sies aqueüfes dont il eft mêlé, étant pour lors- plufieurs jointes enfemble & peu flexibles , fi nous avons allez de chaleur pour leur en donner beaucoup, elles peuvent par leur mouvement déranger & rompre les fibres de notre corps& fur tout des poumons où l’air entre continuellement, & nous caufer ainfi plufieurs maladies* Nous voyons fouvent dans les fleurs le crifte effet de [agitation de ces par-
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- Des Cheminées. Livre î. ff t/es que le froid a unies 8c rendues inflexibles , lorfqu’après une petite gelée , le foleil donne defliis, 8c les-agite violemment avant qu’elles foient pour ainfi dire fondues : ce qui fe paflè dans nous-mêmes, lorfqu’-ayant bien froid , nous nous approchons trop près du feu, en eft encore une preuve plus fenfible j car la grande chaleur donnant trop de mouvement aux petites parties qui fe font gelées , elles heurtent rudement les-nbres de nos chairs, 8c les dérangent, & caufent par ce dérangement les douleurs cuifàntes que nous Tentons ce qui n’arriveroit point, fi- nous é-chauffions peu à peu les endroits que-nous avons fi froids j car les petites parties gelées venant à fe fondre peu? à peu, & de roides devenant flexibles & femblables à celles d’une air tempéré, lorfqu’elles acquièrent ce grand mouvement, elles obéiflent pour lors-à la rencontre de nos fibres les plus délicates , 8c ainfi ne les dérangent,, ne les rompent point, & ne nous caufent aucune douleur, comme elles ne nous en auroient non. plus caufé r
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- éd La Mécanique düfeit.
- Û elles avoient toujours été en cet état de foupfelfe, & que le froid n’eût point agi deflTus ; je croi que ces raifons & ces expériences fuffi-fent pour nous faire connoître que l’air étant toujours mêlé d’humidité Sc de vapeurs que le froid a bien- tôt gelées , nous nefçaurions trop éviter Pair froid , ni trop refter d'ans un air doux & temperé, feul propre pour la confervation de notre fanté, loin d’y être contraire.
- CHAPITRE VI,
- Qu*en fe tenant toujours bien chaud dans fa chambre, comme on le -peut, par le moyen dune fem-blable cheminée , l'on efi moins fujet à s'enrhumer quand on fort.
- OU s l <£v ê s perfonnes qui ont éprouvé l’air doux & temperé que l’on* relient toujours dans mon cabinet, quelque froid qu’il falïè, fi-tôt qu’il y a du feu, ont appréhendé, Bï’ont-ils dit, qu’étant fou vent dans
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- Des Cheminées. IL ivre 1. 6 s an endroit, où l’on ne reflent jamais de froid, ils ne s’enrhumaflènt en le quittant ; mais la crainte d’un rhume incertain, paflager, & même imaginaire , comme nous le ferons voir, doit-elle nous faire fouffirir un froid très-réel pendant un fort long-tems, Sc les incommodités qui le fui vent ;de peur de foufFrir peut être un petit mal pendant quelques jours ? en foufFri-rons-nous pendant fix mois confecu-tifs un auiîi grand qu’eft le froid ? L’on ne craint point de s’enrhumer tous les matins en forçant d’un lit bien chaud pour pafièr dans des lieux froids, & fe revêtir d’habits qui ne le font pas moins, ou du moins cette crainte, dans ceux qui la pourroient avoir, ne les empêche pas de fe procurer & de fe conferver pendant la nuit une chaleur convenable , tant qu’ils font dans leur lit , pourquoi donc les empêchera-1- elle de faire la même choie pendant le jour tant qu’ils font dans leur chambre ? fi en évitant le froid pendant tout le tems qu’ils y font enfermés, ils fe trou-yoient quelquefois enrhumés, ce ne
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- $ % La Mécanique du feu.. •feroit point la chaleur de la chambre .qui en feroit caufe, ni qui y contri-bueroit,élle nous empêche mêmefû-•rement de nous enrhumer, 8c c’eft le plus fouvent le froid que Ton ref-fent dans fa chambre, qui enrhume. .Quand on fort également échauffé par tout, 8c d’une chaleur très-douce , telle qu’on la prend, & qu’on la conferve avec ces cheminées, & qui eft fi propre à entretenir la circulation réglée du fang & de toutes les humeurs du corps, l’on eft bien •moins fu jet à s’enrhumer, & à être faifi de froid , .que lorfqu’on fort d’un endroit, où l’on ne fe chauffe jque d’un feul côté , 8c quelquefois en fe brûlant, comme il arrive avec les cheminées ordinaires. La chaleur qui eft répandue par tout le corps , fe conferve bien plus long-tems que celle qui n’eft fenfible qu’en un endroit jufqu’à incommoder j mais qui n’eft pas par tout la même. Si le raisonnement ne fuflit pas pour nous en perfiiader, en voici l’experience.
- Depuis huit ou neuf ans que je me fers de ces fortes de cheminées,
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- Bes Cheminées, Livre 1. 6$ & de cette maniéré d’échaufFer moi* cabinet, où je fuis afïèz afïidu , fur tout l’hyver , je n’ai pas encore été enrhumé une feule fois, & je l’étois auparavant tous les hyvers , & plutôt deux ou trois fois qu’une. Les Allemans 9 les Danois, tous les peuples du Nord, tant d’autres chez qui il fait plus froid qu’en France, Sc qui ne le fervent, pour s’en garantir, que de poêles, qui leur donnent toujours beaucoup de chaleur, tant qu’ils font enfermés dans les lieux où ils le chauffent, ne fe plaignent point des rhumes , aufquels ils feroient plus fu-jets qu’on ne le pourroit être ici, puifqu’ils font dans des climats plus froids. Les incommodités même que caufent ces chaleurs étouffantes des pocles, ne les empêchent pa&de «’en fervir, pour fe délivrer d’un mal aulH grand & aulîi long qu’eft le froid d’un hy ver entier, bien loin de cela. J'ai vû ici des perfonnes de mérité, d’efprit & de conlideration de ces climats glacés , nous plaindre dans la maniéré dont nous nous chauffons en France ay.eç nos cheminées ; ils ne
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- <£4 Mécanique du feu. pouvoient fouffrir que quand on â t>ièn froid ,|l’on ne te mît devant le feu que pour voir brûler du bois, quand on en efi: éloigné , ou pour fc brûler, quand on en eft proche, & que l’on fût .obligé de fe mettre tout «courbé la tête & les pieds dans une cheminée, de fe brûler les yeux, le vifage , les jambes pour s’empêche! d’y avoir froid, pendant que l’on fe gele en plufieurs endroits, & ainfi que l’on ne fe.chauffat que pour augmenter fes maux, & pour reffentir dans quelques parties la douleur -d’une trop grande chaleur , pendant que dans les autres l’on fouffroit celle d’un trop grand froid j & en cela ils ne difoient encore qu’une partie des incommodités qu’il y a dans la maniéré de fe chauffer en France avec les cheminées ordinaires, & que l’on évite en fe fervant de ces nouvelles, qui ont toutes les commodités des pocles, fans avoir aucune de leurs incommodités ; nous n’avons donc aucun fujet de craindre de nous en fervir, ni en nous en fervant de nous enrhumer, & en eufiïons nous quel-
- qu’un,
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- Des Cheminées» Livre 1. 65 qu’un, ce ne devrait pas être une raifon pour nous faire foufFrir toutes les incommodités du froid, & des cheminées ordinaires, 8c nous priver des avantages de celles-ci.
- m
- CHAPITRE VIL
- Que Pair de dehors qui a faffe far les cavités de la cheminée, four feu qu'il y ait de tems que le feu y foit allumé, échauffe la chambre, quoiqu'il nous faroiffe encore froid en y entrant.
- L O r s qjt’ 1 l fait bien froid, & que l’on commence à allumer du feu, l’air de dehors ne pafïant que par des endroits très-froids, ne peur que refroidir la chambre en y entrant j ainfi l’on pourrait fermer quelques momens l’ouverture R par ©à il entre, iufqu’à ce que le feu fût allumé, 8c les cavités un peu échauffées ; mais l’on s'exposerait quelquefois à foufFrir de la fumée pendant
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- La Mécanique du feu. tout ie tems que rentrée de l’air fe-roit fermée ; ainfi dans ce cas il vaut mieux la laiflfer ouverte, mais faire en forte que le feu s'allume vîte , & frappe d’abord fur la plaque du fond, qui fera dans un inftant échauffée j & pour lors l’air qui paflera par les cavités , quoiqu’il femble froid en entrant dans la chambre, non feulement né la refroidira pas, mais même réchauffera ; comme ce même air, lorfqu’il ne paroîtra que tiede ôc temperé, réchauffera cependant davantage, que l’air que l’on fait circuler de la chambre , quoiqu’il pa-roifïe fort chaud ; plühèurs expériences m’ont convaincu de l’un & de l’autre de ces deux paradoxes ,. eau voici quelques-unes*
- Premier! Expérience-..-
- Le feu étant allumé dans ma cheminée , j’ai remarqué que mon Thermomètre ne montoit pas moins , foie Tng, 6, 17. que l’entrée de communication K pour l’air extérieur fût fermée, foit qu’elle fût ouverte, & que l’air en y paffant pour entrer dans ma chambrer
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- Des Chemines s. Livre I. 6 y ïne parût froid j ce qui eft une preu-, ve fenfiblè que l’air de la chambre ne fe refroidiftoit pas par cet air nouveau , qui venoit de dehors , quoiqu’il parût froide
- REMAU QJtTE.
- Pour comprendre la raifon de cette expérience & des iuivantes , il faut remarquer qu’outre la caufe generale du froid , qui eft le repos des parties ; le froid de l’air vient encore quelquefois de la qualité de fes parties, quelquefois de leur détermination , & quelquefois de toutes ces deux caufes enfemblev , i*. Il vient de la qualité de fes
- parties, lorfqu elles font roides , gelées , & prefque fans mouvement, ou du moins mêlées de parties aqueufes qui ont ces qualités , comme elles font en hy ver quand il gele bien fort, 8c qu’il fait peu de vent j ce froid de l’air agit fortement fur tout ce qu’il touche, 8c plus à proportion fur les corps infenfibles ; car nous voyons .que les rivières, les arbres, les plantes gelent plutôt 8c plus fort dans-
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- 6S La Mécanique du feu. cctce feule difpofition de l’air , que lorfqu’il fait beaucoup de vent, & cela d’autant plus qu’il eft plus mêlé de parties aqueufes gelées ; 8c dans ce cas il eft auffi très-cuifant pour les corps animés, parceqae les parties d’eau gelées étant comme autant de petites aiguilles, non feulement elles touchent & frappent la peau , mais elles la pénétrent en partie, & touchent ainfi des parties plus fonfibles que ne le font celles du deftiis de la peau extérieure.
- Ce font ces petites parties d’eau? gelées, mêlées avec l’air , qui rendent le froid fi fonfible le matin quand le foleil fo le ve, 8c qu’il a gelé la nuit, fur tout lorfqu’il y a quelques fri-mats fur la terre ; car le foleil élevant ces petites parties gelées & roides,. avant qu’il les ait fondues 8c rendues flexibles, elles s’appliquent à tous les corps qu’elles touchent, s’enfoncent même dedans en partie , & les refroidiflènt plus que n’a fait le froid de la nuit.
- 2°. Le froid de l’air vient de la détermination de fes parties,lorfquelles
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- Des Cheminées. Livre 1. font violemment pouflfées d’un même côté : c’eft en leur donnant eette détermination que nous rendons fenfi-
- blement froid ou frais de l’air qui nous paroifïoit chaud , comme quand: nous l’agitons avec un éventail,quand après l’avoir fait entrer par la foupape d’un fouflflet, nous le faifons fortir par le bout, quand nous faifons for-tir l’air de nos poumons par notre bouche, en le pouffent violemment, ou en foufflant bien fort j car dans tous ess cas, nous expérimentons que de l’air qui étoit chaud, nous parole froid ou frais, mais cette forte de froid qui ne l’eft qu’à notre égard, ne Ce communique prefque point aux chofés infenfibles quand elles font folides , ni même aux liquides quand elles font enfermées dans des vafès 5. c’eft pour cela que l’air qui nous pa-roît froid, ne fait point defeendre la liqueur du Thermomètre dans l’expe^ rienee precedente j en voici une autre que j’ai faite,& réitérée plufieurs fois» J’ai fouffïé pendant un afïèz long-tems les bôulles de deux differens Thermomètres, avec un fbuftlet,dont
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- J a 'Jta Mécanique du feu'. l’air en fortant me paroifloit froid,, cependant la liqueur de ces Thermomètres, loin de defeendre, a toujours monté , mais plus fenfiblement dans le tems froid, 6e quand la liqueur a été fort baflè & peu raréfiée avant que de fouiller, que dans le tems chaud, 6e quand la liqueur a été plus haute 8e plus raréfiée, quoique ce fût toujours dans l’endroit où étoit depuis allez long-tems le Thermomètre , que fe prit l’air qui entroit par la foupape dans le foumet»
- J’ai auflï foufflé avec ma bouche dans un allez long tuyau de verre, & l’air, quoique fortant de mes poumons, me paroilfoit froid en me don-nant fur la main ; mais il faifoit monter la liqueur du Thermomètre , & plus vite, & plus haut que celui qui îbrtoit dufoufflet, parceque l’air qui fort des poumons eft mêlé d’une très-grande quantité de vapeurs ; j’ai mis enfirte ce long tuyau au bout du foufflet, 6c l’air qui en fortoit par ce long canal en approchant les ailles, me paroifloit plus froid que lorfqu’il sfavoit que fa longueur ordinaire»
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- Dès Cheminées, liivre T. y t
- cependant en fouftlant fur le Thermomètre il lie faifoit pas moins mon--ter la liqueur.
- Dans tous ces cas, foit que le bouc dti foufflet fût court ou long, foit que lëventfortît du foufflet, ou que je foufflafTe dans le tuyau- avec ma bouche, l’àir qui forroit par le bout faifoit un vent qui me paroilïbit froid, & qui cependant- faifoit toujours monter la liqueur du Thermomètre , quoique plus ou moins- ; ainfi' cet air dévoie fortir dit foufflet plus-chaud qu’il n’y étoit encré par rapport au Thermomètre, puisqu'il en échaufFoit la liqueur, & n-avoit de' froid que celui de la détermination' de fes parties , qui n’eft froid que* pour les corps fenfibles, quand cette; détermination n’eft pas violente.
- Si nous fentons cet air froid lorsque les parties qui étoient chaudes y prennent une détermination en ligne’ droite , cela vient fans doute de ce1 que ces parties de l’air en pallant fur1 nos fibres , non feulement ne s’y arrê--rent pas, 6c ainfi ne nous communiquent point leur chaleur, ou leur mou-
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- 7 2 Zd Mécanique du feu. vement ; mais même de ce qu’en pa£ fant vite, elles emportent quelques-unes des parties les plus chaudes que nous ayons, qui entourent les fibres de nos chairs , ou plûtôt arrêtent dans ce moment, & fufpendent le mouvement en tous fens de ces petits corps, lequel nous fait fentir la cha-Jeur j en effet auffi-tôt que ce vent, qui nous paroiffoit froid , celle, nous lien avons pas moins chaud, par-ceque le mouvement des petites parties, qui étoit arrêté ou fufpendu, recommence j & ces parties , elles-mêmes, de l’air dont nous faifons du vent en leur donnant la même détermination , reprennent leur mouvement en tous fens , aufli-tôt qu’elles ne font plus violemment poulïées dans cette même détermination j ainfi lèvent qui fort du foufflet, quand il en eft à quelque diftance , doit être prefque aufli chaud qu’il étoit quand il y eft entré par la foupape ; & ce qui fait que ce vent échauffé plutôt que de refroidir la liqueur du Thermomètre , c’eft apparemment parceque ne touchant point cette liqueur à cagfe
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- J) es Cheminées. Livre. I. 73 «aufe do verr&qui la renferme, il n’en arrête point le mouvement, comme il faitcelui de nos fibres, au contraire s’il pafle quelques-unes de fes particules , ou étherée de la matière qu’il renferme, au travers du verre, comme cela eft fans doute ; ce qui en entre’ ayant plus de mouvement que n’en ont les parties de la liqueur, il la raréfié, & l’échauffe loin de la refroidir, comme il feroit les corps fenfiblcs fur lefquels il donneroit immédiatement j nous ne fendrions pas aufficet air froid., fi nous avions la main appuyée derrière un verre contre lequel il foufïlât, pourvu que nous n’eufïions pas la main trop chaude j j’en ai fait plus d’une fois l’experien-ce, 8c en ce cas peut- être même le fentirions-nous chaud j fi nous avions letoucher aflez délicat, ou que nous n’eufïions qu’une chaleur à peu près égale à celle de l’air , au lieu que nous le fentons froid quand il frappe dire élément fur notre main ; comme nous éprouvons auflî que ce même air peut par fa détermination feule refroidir les liqueurs, fur lefquelles
- G
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- 74 Z-‘a Mécanique du feu.
- il donne dire&ement $ c’eft ainfi que nous refroidirons les bouillons , le café que nous voulons prendre en, foufflant bien fort deffus. *
- De même quoique l’air froid de dehors en paffant par les cavités de la cheminée, s’y échauffe, cependant il doit paroître froid , quand il y a peu de tems que le feu eft allumé, en entrant par l’ouverture R dans la chambre , parceque n’ayant encore acquis que le mouvement , qui pour-roit nous caufer la fenfation d’une chaleur modérée , fi ce mouvement étoit feui, il eft facilement furmon-té par celui qu’il acquert vers le même côté, étant renfermé, reflerré, Ôc violemment pouffé, & qui donne
- * Il y a plufieurs années que. fai fait cette expérience, je l’avois déjà écrite ici quand fai vu dam l’Hifloire & dans les Mémoires de /’ Academie des Sciences de 1710, que plufieurs perfonnes l'av oient aujfi faite, & les raifons qu’ils en donnaient i ainfi ceux qui voudront voir et que l’on en dit dans ces Mémoires t pourront les conf ulter.
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- Des Cheminées. Zivre I. à toutes Tes parties une même détermination en ligne droite , qu’elles perdent auiîï-tôt qu’elles font à quelque diftance de leur fortie Ry &qü*-elles ne font plus ni contraintes , ni pouflees ; c*eft pourquoi ce nouvel air ne doit point refroidir celui de la chambre où il entre , ni ceux qui y font, pourvu qu’ils ne foient pas proche, ni vis-à- vis de l’endroit par où cet air entre, dans le tems que fes parties ne pouvant s’étendre de tous côtés, conler vent leur détermination en ligne droite ; 8c parceqüe cet air en entrant dans la chambre en doit faire fortir autant de celui qui y eft ; il après être entré, 8c avoir perdu fa détermination en ligne droite, il eft moins froid , ou plus chaud que celui qui fort, il doit échauffer la chambre , 8c faire monter le Thermomètre , comme il arrive dans cette expérience.
- 3°. Enfin le froid de l’air vient de la qualité 8c de la détermination de fes parties, lorfque ces parties étant gelées , ou mêlées dé parties aqueü-fes gelées, 8c n’ayant prefque plus de
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- j6 La Mécanique du feu: mouvement chacune en particulier, elles font toutes pouflees par un même mouvement en ligne droite, comme il arrive en hyver pendant les grands vents, fur tout quand ils viennent du Nord ; & ce froid de l’air cft toujours plus fenfible, & agit toujours plus fortement fur tous les corps , que Iorfqu’il ne vient que de la feule détermination de fes parties, & eft auffi celui qui fait le plus d’im-preffion fur les corps animés & fen-ïibles, & d’autant plus qu’ils font plus délicats ; parceque ce grand mouvement fait penetrer les parties roides & gelées dans la fuperficie de la peau & des chairs : mais il agit moins fur les corps infenlîbles que quand il ne vient que de la qualité de fes parties , 8c qu’il n’a point ce mouvement violent, & cette forte détermi» nation en ligne droite : i°. Parceque ces parties ont toujours quelque mou. vement que n’ont pas celles qui font privées de cette forte de détermination : i°. Parceque ces mêmes parties paffent pardellus les corps durs qu’elles frappent, quelles touchent,ou
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- T)és Cheminées* jLivre 2. 77 fetéfleehiflent, & s’y arrêtent moins, que quand elles font prefque fans mouvement, & fans détermination $ ainfi. cette détermination des parties de l’air en ligne droite diminue quelquefois fa chaleur par rapport aux Corps animés & fenhbles j & au contraire eWe en diminue quelquefois le froid, & fait que ce qui lui en refte, agit moins violemment fur les corps infenfibles. En effet nous expérimentons fouvent en hy ver que du même vent de Nord il gele bien moins fort quand il eft violent, que quand il fouffle avec moins de force, ou qu’il a ce (Té *, & au contraire les vents de Midi dans les grandes chaleurs de l’été ne laiffent pas de nous paroître frais, quand il s. font grands , quoique les Thermomètres ne montent, pas moins, que quand il font prefque celles , & qu’ils nous paroifïènt beaucoup plus chauds ; cet article aura fon application dans l’experien-ce 5* & 4e.
- II.- Expbriem CB.
- J’ai auffi éprouvé que l’air de de-
- Güj
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- 7§ Z a Mécanique du feu.
- Fig. 6. 17. hors, qui entroit par l’ouverture R, après avoir paffé par les cavités, me paroiflànt médiocrement chaud, & fort temperé , échauffoit beaucoup plus ma chambre, ôc faifoit plus monter mon Thermomètre, que ne faifoit l’air de la chambre, en circulant par les mêmes endroits , quoiqu’il me femblât très-chaud en forçant.
- L’on a une des raifons de cette expérience dans le fécond article de la remarque precedente ,* car l’air de dehors après s’être échauffé dans les cavités de la cheminée, entrant avec violence dans la chambre, n’eft , ou ne nous paroît froid que par la der termination de fes parties en ligne droite, & ainfi ne l’eft que par rapport à ceux qui font proche de l’endroit par où il fort j mais fi-tôt qu’il en eft éloigné, il perd ce froid momentanée & relatif, & eft ou aufïï chaud, ou plus chaud que celui de la chambre, après avoir circulé dans les mêmes cavités, & être paflé à quelque diftance de l’ouverture par où il fort.
- La fécondé raifon de cette expe-
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- Des Cheminées. Livre. 1. 79 tienee, c’eft que l’air de dehors entre en plus grande quantité , que quand on le prend dans la chambre, parcequ’il va beaucoup plus vîte.
- La troifiéme raifon, c’eft que l’air que l’on prend de la chambre , 6c que l’on fait échauffer en le faifatit circuler par les cavités, n’échauffe lui-même, après en être forti, tout l’air avec lequel il fe mêle, qu’en liii communiquant la chaleur qu’il a ac-quife , qui quelque grande qu’elle foit, eft cependant peu de chofe, comparée au froid qui eft dans tout l’air répandu dans la chambre : mais l’air que l’on tire de dehors en entrant, en chaffc autant de froid dont Ü pread la place, comme nous avons
- fait voir au chapitre troifiéme j & ainfî échauffe la chambre, en en chafi. fant l’air froid, & en y en faifant fuc-ceder de chaud, & l’échauffe par con-fequent davantage, & plus vite, lors même qu’il n’y entre que temperé, que ne fait l’air de la chambre quand il y entré chaud.
- La quatrième raifon, c’eft que l’air qui entre de dehors , tient toujours
- G» • • •
- ni)
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- go La Mécanique du fou. la chambre auffi pleine qu’elle peut être, & empêche par ce moyen qu’il n’entre d’ailleurs tant d’air froid par toutes les petites iiïues qu’il peut trouver.
- Enfin la cinquième raifbn, eft que quand l’air entre de dehors , celui de la chambre eft toujours plus prefle, ainfi il y en a davantage qui touche, & qui entoure le même corps ; il peut donc l’échauffer davantage ôc plus vite avec la même chaleur, que ne feroit le feul air de la chambre s’il n’y en entroit point de nouveau ; il peut aufli par cette plus grande pref-fion faire entrer dans les corps qu’il environne de fes parties les plus fub-tiles, même au travers du verre du Thermomètre , & y faire plus monter la liqueur, & l’échauffer davantage qu’il ne feroit s’il prefloit moins, quoique dans ces deux cas il eût l'a même chaleur.
- III. Expérience.
- J’ai fouvent expofé la boule de Fig. mon Thermomètre à l’endroit R par où fprtoit l’air qui venoit de dehors
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- Des Cheminées. Livre /. 8ï apres avoir pafïé par les cavités de ma cheminée, & quelque froid que l’air m’ait paru , dès qu’il y a eu da feu allumé, qui ne lui a pas permis de relier long-tems froid, comme il ctoit dehors , jamais la liqueur n’a defeendu, & elle a fouvent monté, quoique l’air qui entroit par ma fenêtre , & qui ne me paroifloit guéres plus froid, lafift conhderablement& trcs-fenfiblement defeendre , en l’y expofant, donc cet air qui vient de dehors, quelque froid qu’il pardilïê en entrant par R dans la chambre , ne la doit point refroidir, quand il y a du feu dans la cheminée.
- L’on a des raifons fenfibles de cette •xperience dans le z* & $e articles de la remarque precedente $ Car l’air qui a pafle par les cavités échauffées* n’a plus de froid que celui que lui donne la détermination de les parties en ligne droite , qui ne doit ni faire defeendre la liqueur du Thermomètre, ni refroidir l’air de la chambre, comme nous avons déjà fait voir dans le deuxième article de la remarque j mais l’air froid qui entroit
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- 8* Za Mécanique du feu* par la fenêtre, étoit plus froid par la qualité de fes parties ( car il geloit pour lors ) que par leur détermination, &ainfi il devoir agir fortement fur le Thermomètre, & le faire con-fiderablement defcendre, comme il auroit aulïï très-fenfiblement refroidi l’air de la chambre, fi on l’y avoir laitfé entrer en cet état, félon que nous avons expliqué ailleurs.
- IV. Expérience.
- j’ai encore expofé la boule de mon Thermomètre à l’air qui venoit de dehors, & qui entroit dans la charn-JFjif. 6. bre Par Æ, après s’être allez échauffé pour me pavoître tiede & temperé $ & enfuite à l’air de la chambre qui fortoit par le même endroit R, 8c qui me fembloit fort chaud, & cela plu-fieurs fois alternativement à l’un & à l’autre de ces deux airs , & celui qui venoit de dehors, 8c qui ne me fembloit que tiede , faifoit toujours autant monter la liqueur, que celui de la chambre, qui me paroilïbit fort chaud j ce qui eft encore une preuve que l1 air qui venoit de dehors, en*
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- Des Cheminées. Livre 1. S3, troitau/E chaud que celui qui circu-loic de la chambre, & qu’il n’y avoir que fa détermination en ligne droite qui lé faifoit paroître moins chaud proche de l’ouverture par ©ùilfortoit, & ainfi qu’il devoit plus échauffer la chambre que l’autre qui fembloit chaud, parcequ’il l’échauffoit non feulement en fe mêlant avec l’air qu’il y trouvoit , mais encore en le chaflfant à mefure qu’il entroit.
- Le fécond 8c le troihéme article de la remarque , & le premier 9 le deuxième , 8c le cinquième de la fécondé experience,contiennent les raifons de celle ci j car i°. l’air de dehors qui avoit paffé par les cavités de la cheminée , 8c qui ne me paroiffoit que tiede , avoit une détermination en ligne droite, qui me le devoit faire en effet paroître moins chaud qu’il ne l’étoir en lui-même, & par rapport au Thermomètre.
- i°. Il frappoit plus fort proche le Thermomètre , que celui qui venoit de la chambre j ainfi il y avoit en même tems plus de fes parties qui çntouroient, 8c qui échauffoient la
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- 8 4 ilùcafiiqué du feü%
- boule, & la liqueur du Thermomètre j il pouvoir même en la'prenant davantage que celui de la chambre , y faire entrer , ou y faire plus entrer à travers les pores du verre , de fes parties les plus fubtiles , qui au-gmentoient la raréfaction de la liqueur plus fenfiblement que ne fai-foit l’air de la chambre.
- L’on peut conclure des remarques Sc des expériences precedentes :
- i°. Qu’il n’eft point neceflàire que l’air que l’on rire de dehors, pour le' faire paflfer dans les cavités de la cheminée , entre bien chaud dans la chambre pour l’échauffer aflez j mais qu’il fuffit qu’il y entre temperé.
- i°. Que nous ne devons pas juger du froid & du chaud par rapport à nous, 8c pour nous, par les effets que l’un 8c l’autre font fur les corps in-fenfibles, puifque ce qui rend le froid de l’air plus fenfible par rapport à nous , comme la détermination violente de fes parties en ligne droite, fait au contraire qu’il agir moins fur les corps infenfibles.
- Que ceux-làfe trompent fort,
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- "Dis Cheminées. Livre J. 8f qui pour refleurir toujours un même (degré de chaleur, entretiennent dans leur chambre une chaleur qui fafle monter la liqueur de leur Thermomètre à une même hauteur ; car fi ce degré de chaleur étoit véritablement toujours le même, & que leur Thermomètre ne fût point aufli équivoque que nous avons marqué ailleurs qu’il l’eft, ils en devroient prek que toujours fentir un different, félon qu’ils auroient eux-mêmes plus ou moins chaud.
- Il y a peu de perfonnes qui n’ayent expérimenté que l’air des caves pa-roît froid .en .été, & chaud en hyy er, cependant l’on a fouvent remarqué que le Thermomètre eft à la même hauteur en hyver & en été dans les caves i je l’ai ainfi reconnu dans quelques années : mais dans les hyvers qu’il a fait bien froid, j’ai trouvé que la liqueur duThermometre étoit plus baffe dans la cave, qu’en été ; & en 1709 elle y étoit à 18 degrés, qui eft deux*degrés au-deflous de celui qui marquoit ordinairement la gelée , & il y geloit en effet, quoique l’air n’y
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- $6 La Mécanique du feu. parût pas froid ; & en été elle étoit à 6 o degrés dans la même cave, où il paroiffoit pour lors faire froid.
- Si Ton veut des expériences que tout le monde puifle faire en tout tems, & qui faffent connoître que le même air paroît chaud ou froid félon les differentes difpofîtions où Ton eft, 8c les differens degrés de chaleur ou de froid que Ton a, il ne faut que s’échauffer une main, & fe refroidir l’autre, & verfer en même tems de l’eau tiede fur toutes les deux, ou y laiffer fouffler un vent tempéré , & l’on fentira l’eau ou l’air froids de la main qui eft chaude, &c chauds de la main qui eft froide, pareeque tout ce qui a plus de mouvement ou de chaleur que nous , & qui nous en donne, nous paroît chaud , & tout ce qui en a moins, ou qui nous en ôte, nous paroît froid : car les fens ne jugent, ou plutôt ne nous font juger des chofes que par rapport à nous ; or l’eau tiede , l’air tempéré ayant moins de chaleur que la main chaude , mais plus que celle qui eft froide , ils communiquent de leur
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- Des Cheminées. Livre J. 87 chaleur à celle-ci, 8c en ôte à celle-là jainfi félon les differentes difpo-fitions où nous fommes, la même chaleur nous paroît avoir diffèrens degrés, & il nous la faut telle qu’elle nous femble convenable 5 8c la chaleur que nous fentons trop grande, quelle qu’elle^foit, eft. en effet trop grande pour nous, il en eft de même dufroid. C’eft donc par nos fens que nous devons juger des degrés de chaud 8c de froid qui nous conviennent , & non pas par ce que nous en peuvent faire connoître des objets extérieurs, & fur tout infenfibles, 8c le Thermomètre aura beau nous marquer que l’air de notre chambre eft aflèz chaud, fi nous le fentons froid, il en faut abfolument augmenter la chaleur.
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- S 8 Za Mécanique du feu,
- ^qpqpqpqpqpqpqpqpqp^:
- TROISIE’ME PARTIE.
- Des difpofitions du haut de la cheminée pour augmenter & entretenir la chaleur > éteindre feul en un infant le feu s’il y prend j & des moyens de con-ferver la chaleur pendant la nuit après que le feu eft éteint.
- A F i n de ne rien omettre de tout ce qui peut contribuer à rendre les chambres chaudes, aux difpofî-tions extérieures du tuyau pour augmenter la chaleur, nous ajouterons quelques moyens de la confèrver pendant la nuit quand il n’y a plus de feu.
- CHAP.
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- Des Cheminées. Livre 1. 89
- CHAPITRE PREMIER.
- J)e Couverture extérieure du tuyatt delà cheminée four augmenter la chaleur.
- JE ne fçai fi l’on a jamais fait réflexion qu’il fallut avoir égard à ladifpofition du haut du tuyau d’une cheminée, pour augmenter ou con-ferver la chaleur d’une chambre j ce-
- pendant les vents que l’on n’éprouve que trop fouvent, qui entrent par le haut des cheminées, & qui refroidif-fent extraordinairement les chambres , devroient y avoir fait, faire quelque attention.
- Lorfque l’ouverture d’une cheminée eft trop grande , pour peu que l’air commence à s’échauffer dansla chambre, il fe fait dans la cheminée aji moins deux colonnes , l’une de fumée qui monte, & l’autre d’air qui defcend, qui quoiqu’elle ne foit pas toujours aflèz fenfible pour fairedans les coins du foyer, ces petits tour-
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- 90 JL a 'Mécanique du feu.
- billons que l'on y voit quelquefois , ou pour faire rentrer la fumée, comme il arrive allez fouvent quand les vents, font violens ; elle l’eft cependant toujours allez pour refroidir la chambre, & empêcher que Ton ne s’y puilïe prefque échauffer -r il eft vrai que ces chambres font moins fujettes à fumer, à moins que ce ne foit par les grands vents ;.mais il eft aulïi prefque impoffible de les échauffer pendant le froid.
- Pour éviter cette incommodité, il ne faut lailïer qu’une médiocre ouverture au haut du tuyau de la cheminée en dehors , & telle qu’elle eft: necelfaire pour donner une libre ilfue à la fumée. L'on eft allez dans l’ufa-ge de diminuer ainli toutes les ouvertures d’en haut des cheminées à Paris , niais dans la vue feulement d’empêcher la fumée ; & comme cette précaution , du moins quand elle eft feule, eft très-fouvent inutile, l’on pourroit aulïi fouvent négliger de diminuer cette ouverture des cheminées , cependant il la faut abfolu-ment beaucoup plus petite que n’eft le
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- Des Cheminées, Livre 1. 91 tuyau de la cheminée dans Ton cours, fi l’on veut conferver quelque chaleur dans la chambre ; il eft bon même que cette ouverture ait plufieurs feparations, afin que le vent fe cou- Fig,. 32. pant, y entre plus difficilement.
- Comme il fera neçeflàire de donner une difpofition particulière à cette ouverture pour empêcher la fumée , & que cette même difpofition peut auflî contribuer à augmenter la chaleür de la chambre ; nous remettons à en parler plus particulièrement au livre fuivant, où nous donnerons les moyens d’empêcher les cheminées de fumer.
- CHAPITRE II.
- Moyen facile déteindre feul te feu; dans les tuyaux des cheminées en un infant, & de conferver * la chaleur dans les chambres fendant la nuit;
- LE feu qui ne prend que trop fou-vent dans les tuyaux des chemi-
- Hij:
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- 91 La Mécanique du feu. nées, caufe quelquefois de grands dommages, & toujours, beaucoup de peur j il eft vrai que ces nouvelles cheminées font moins fujettes à cet inconvénient, parcequ’il s’y fait moins de fuie , & que l’on pourroit le prévenir en y en laiffant moins amalïèr ; mais quoique cet accident arrive prefque toujours par notre faute , il faut cependant y remedier quand il etf arrivé.
- Pour empêcher en un inftant fans le focours de perfonne, l’effet que pourroit avoir le feu qui auroit pris dans le tuyau d’une cheminée, il faut avoir au haut en dedans une plaque de tôle de la longueur & de la largeur précifement du tuyau à Peu-droit où on la placerade maniéré qu’elle puifïè quand on veut fermer l’ouverture de la cheminée , ou la Fig. *4. laifTer libre par le moyen de deux fils d’archal attachez à fes deux bouts, comme nous enfeiguerons au livre troi/ïéme j & une fécondé plaque ail bas du tuyau que Pon puifïe aufîï ouvrir & fermer quand on veut.
- Si le feu vient à prendre dans le
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- Des Cheminées. Livre 1. 93
- tuyau de la cheminée, l’cn ôtera les tifons, & enfuite Ton tirera les fils d’archal qui peuvent mettre les baf-cules dans leur fituation horizontale, & fermer le haut & lebasdutuyau, & aufii-tôt le feu qui eft dedans s’éteindra ; car outre qu’il n’y entrera point d'air , la raréfaction des parties de la fumée, & le reflort de celles de l’air enfermées , augmentant par la chaleur * & ne pouvant s’étendre , n’y fortir par en haut, ni par en bas, elles prefièront fortement les parties de la matière qui brûle , en. arrêteront le mouvement, les empêcheront de s*en fèparer j par confe-quent empêcheront toute la matière combuftible de brûler, & éteindront ainfi le feu„
- Il fufKroit abfolument de fermer une des bafcules , mais le feu ne s’é-teiudroit pas fi vîte ; & fi l’on ne fer-moit qu'e celle d’en haut, la fumée rentreroit dans la chambre jufqu’à ce que le feu fût entièrement éteint j, incommodité , quoique grande, que l’on fouffriroit pourtant quelquefois volontiers, pour éviter les fuites fâ-
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- 94 3La Mécanique du feu. cheufes que peut avoir le feu qui bru-le long-tems dans le tuyau d’une cheminée^
- S’il n’y avoitpas de bafcule au bas du tuyau, pour éviter la fumée, l’on pourroit avant que de fermer celle d’en haut, boucher comme l’on fait ordinairement le devant de la cheminée avec quelque linge , mouillé fi l’on veut, & l’on ne feroit point obligé d’ôter les tifons, fur lefquels on pourroit même jetter un peu d’eau, dont la vapeur feroit encore plus vite éteindre le feu*
- Quand le feu fera éteint, l’on remettra les bafcules dans leur fitua-tion verticale, &l’on acrochera le fil d’archal de celle d’en haut,afin qu’elle ne balance pas , & n’empêche point la fumée de fortir, quand le feu> fera allumé.
- L’on évitera par ce moyen prompt & facile les fuites fâcheufes que pourroit avoir ce feu, &: celles des vifïtes que trop de gens nous rendent ordinairement dans ces oceafions.
- Ces mêmes bafcules pourront auflï fervir à entretenir la chaleur dans le&
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- Des Cheminées. Livre 1. 95
- chambres pendant la nuit, lorfque Ton n’a plus de feu ; car en fermant ; l’une ou l’autre le foir quand on fe retire, ou que l’on fe couche , elle empêchera l’air chaud de la chambre d’en fortir, & l’air froid de dehors d’y entrer : mais il faudra avant que delà fermer, éteindre tous les tifons* & ne couvrir que du charbon qui ne fade point de fumée, fi l’on veut lai£ fer du feu.
- Cette bafcuîe fermée, fur tout fi c’eft celle d’en haut, empêchera aulfi la fumée de la cheminée voifine d’entrer dans votre chambre, quand vous n’avez pas de feu, & ainfi pourra être fouvent très-utile , même en été;
- CHAPITRE III.
- Les commodités du eendrier} ducouvrefeu,pour eonferverla chaleur pendant la nuit;
- SI proche du fond de la cheminée, JVig, 6. ijx il y a une cavité dans le milieu du foyer d’environ , un pouce de pro*
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- La Mécanique du feu, fondeur, elle fèrvira à retenir la cendre que l’on y pourra faire retomber de te ms- en tems, afin d’entretenir le foyer propre , & de cette cendre l’on pourra le foir couvrir le feu, & le confervet facilement par ce moyen jufqu’au lendemain, comme font ordinairement lesChartréux; & le feu ainfi couvert entretiendra pendant la nuit le cendrier & toute la plaque de l’âtre dans une médiocre: chaleur, qui fuffira pour en donner, ou du moins pour la conferver à tout l’air qui palfera dans la cavité de defibus ( s’il y en a une, ) quand on le prendra feulement de la chambre, & à l’entretenir dans une chaleur que l’on fentira encore le matin , fi on ne laifie point entrer d’air froid pendant la nuit j ainfi en fermant la communication à l’air de dehors, 8c ne laitfànt entrer par Dy, dans les cavités dè la cheminée, que l’air deda chambre j. on la trouvera, encore le matin affez chaude , quelque froid qu’il faflè , fur tout fi l’on veut aufll boucher le devant de la, cheminée , afin que'l’air chaud ne forte point, 6c
- que
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- Cheminées. Livre 1. 97 que le froid nentre pas par eet endroit , ou que l’on baille Tune des bafcules , dont nous avons parlé dans le chapitre precedent, 8c avec les précautions que nous y avons marquées.
- EtTi l’on ne veut pas fe contenter de couvrir le feu dans le cendrier avec les cendres, mais que l’on veuille encore fe fervir d’un couvre-feu, c’eft-à- dire d’une efpece de boëte fans couvercle, de fer-blanc, de tôle, ou de cuivre, dont la conftru&ion & l’ufage doivent être allez connus ; ton pourra par ce moyen confervër encore plus de chaleur- pendant la nuit, & le matin allumer plus facilement 8c plus promptement fon feu , &l’on n’aura même rien à craindre du feu qu’on lailfera dans le foyer j car fi après avoir couvert les charbons de cendres, on-laiffe delTus.les bûches étendues en quelque. état qu elles foient, 8c que l’on mette pardelïus le couvre-feu, qui joignant par tout en bas fur le foyer, ne lailTera point ou très peu entrer d’air dedans , le feu des bûches qui feront deflous, s’é-
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- 9 8 fa Mécanique du feu.
- teindra , excepté celui au plus qui appuyera fur les cendres, & celui des charbons qui'.en feront couverts ; ainli l’on trouvera ces bûches le matin prefque aufil entières* qu’elles .étoient le foir quand on les a couvertes 5 & encore chaudes, & elles auront entretenu la chaleur du def-fous du foyer fans brûler , êc pat confequent celle de l’air de la chambre que l’on y lailTera circuler , en fermant à celui de dehors fon entrée} & le matin relevant le couvre-feu, remuant un peu les cendres pour découvrir le feu qu’elles cachent, & ouvrant le foufflet, le feu s’allumera en tin inftant , fur tout fi l’on a eu foin de laiflèr toujours quelques ti-fons, avant que de couvrir le feu,,
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- Des Cheminées. Xivre II. 9 9
- LIVRE II.
- Des dispositions des nouvelles cheminées pour£mpècher la fumée.
- L*0 n a eu plus d attention à éviter les incommodités du feu, qu’à én rechercher les commodités ; la filmée fi commune dans tous les endroits fermés où l’on fait du feu, 8c cependant fi incommode , 8c en tant de maniérés, a fatigué plufieurs Ar-.chite&es qui ont cherché les moyens de l’empêcher, mais en vain , puif-qu’on s’en plaint encore aujourd’hui autant que jamais ; ôc <^ue toutes les inventions que l’on a trouvées, publiées , pratiquées, 11’ont tout au plus que diminué une des caufes de cette fâcheufe incommodité, fans la pouvoir ôter j il ne paroît pas même que ion en ait jufqu’à prelent connu la caufe la plus univerfelle,comme nous le ferons yoir en fon lieu j du moins
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- ïop Zd Mécanique du feu, n’eft-il que trop certain que l’on n’y a trouvé aucun remede.
- Les incommodités qiie je reffenti de la fumée pendant un hyver affez rude , dans un appartement que je n’avois pas d’ailleurs envie de quitter fans cet inconvénient, me firenç rechercher les caufes de la fumée, & les moyens d’y remédier j on les trouvera dans ce livre. L’on fouhaite qu’ils puiffent être auffi utiles au public , qu’ils nous ont été depuis ce terns.
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- î)es Cheminées. Zivre 11. iôi
- PREMIERE PARTIE.
- J)é la fumée ;> & des difpojetions du devant des cheminées pour
- Es mêmes difpofitions du devant
- JL/ intérieur des cheminées que nous avons données dans le chapitre troi-fléme & quatrième de la première partie du premier livre, pour augmenter la chaleur j & en réfléchir les rayons , Contribuent auffi à empêcher les chambres de fumer j pour îe mieux comprendre 3 il faut premièrement examiner les caufes de la, fumée.
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- loi La Mécanique-du fetë.
- a ' •
- CHAPITRE PREMIER.
- Des caufes de la fumée dans les chambres 3 avec quelques réflexions Jur l’air,
- LE s caufes de la fumée dont nous refTentons l’incommodité dans les chambres.,, font ou internes, ou externes.
- Les internes, c’eft-à-dire celles qui fe trouvent au-dedans de la chambre ou de la cheminée , font premièrement les efpeces de vuides qui fe font dans les endroits ou il y a du feu , fur tout lorfqu’ils font bien clos ; & ces vuides viennent :
- i°. De ce que l’air fe raréfié par la: chaleur, & laifTe par confequent plu-fieurs intervalles entre fes parties , ou pîufieurs efpaces remplis de matière qui refifte moins à la fumée y que ne faifoient les parties de l’air , dont elle prend & occupe la place.
- 20. De ce qu’il fort une partie de l’air de la chambre avec la fumée ;
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- jjés Cheminées. Livre il. 103 âinfî celle que le feu. fait continuellement , fe trouvant moins prelfée pair l’air intérieur qui refte dans la chambre , que par l’air extérieur qui eft au haut de la cheminée , elle rentre dans la chambre, & y caufe les incommodités que l’on relient li fouvent.
- 3°. L’air d’une chambre fort encore lorfque l’on ouvre une porte qui a communication dans quelque autre endroit plus chaud, & donne ainli moyen à la fumée de rentrer dans la chambre oà elle fe trouve moins prelTée que par dehors j ce qui arri-veroit aulïi en ouvrant une porte, ou une fenêtre du côté oppole à celui d’où vient le vent.
- C’eft cette efpece de vuide qui le fait dans Une' chambre de quelque maniéré qu’il s’y faite , qui eft la principale caufe intérieure de la fumée , & à laquelle l’on n’a point encore. fongé à remedier, quoiqu’elle foituniverfelle.
- L’on peut aulïi regarder comme une caufe interne de la fumée, la trop grande quantité de fuie qui eft dans la cheminée, ôc même l’air épais I iiij
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- 104 La Mécanique du feu. donc elle eft remplie quand on com. mence à allumer du feu , l’un & l’autre empêchant pour lors la fumée de monter & de fortir fi facilement: mais il eft facile de remedier a l’un en faifanc ramoner la cheminée , & à l’autre en 1 aidant quelque chofe d’en-tr’ouvert du côté que vient le vent, s’il fe peut, quand on commence à faire du feu.
- Enfin la difpofition ordinaire des jambages, & de la hotte des cheminées j 8c la maniéré dont la plupart des tuyaux font dévoyés, font encore des caufes internes de la fumée , comme nous ferons voir dans le chapitre fuivant.
- Remarque.
- Nous avons montré dans le chapitre premier de la féconde partie du premier livre , par plufieurs expériences que l’air le plus chaud mon-toit au-deflus de celui qui l’étoit moins j ainfî l’on ne peut pas douter que la chaleur en échauffant l’air, ne le rende plus leger ; mais il ne s’enfuit pas que cette plus grande le-
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- “Des Cheminées. Livre II. iô$
- gereté de l’air, foie caufe que la fumée rentre dans les chambres,comme bien des gens le prétendent ; c’eft bien à la vérité pareeque l’air de la chambre prelïe moins la fumée pour la faire fortir par la cheminée quand il eft échauffé, que quand il eft froid j mais ce moins de force & de preflion ne vient pas de la plus grande lege1-reté de l’air que lui donne la chaleur j car fî la force que peut avoir l’air , vient de fa pefanteur, ce n’eft pas de la pefanteur de l’air de la chambre feulement, mais de la pefanteur de l’atmofphere 5 or fuppofant que l’air de la chambre après s’être bien é-ehauffe , pelé le quart ou la moitié moins qu’il ne faifoit étant froidV cela ne diminue pas la pefanteur de toute fa colonne, ni par confequent fa force, ou fa preflion d’une dix-millième, ou d’une vingt-millième ; aufîi le mercure n’eû pas moins prefîé, SC ne monte pas moins haut dans le baromètre j ce peu de moins de force dans l’air ne doit donc pas faire non plus, que la fumée foit fenfiblement moins prefTée dans la chambre, ni
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- ïô6 La Mecaniqiie du feu. par confequent qu’elle y rentre ; elle' devroit même par cette raifon n’y point entrer ,- ou en fortir quand elle y eft entrée j car l’air qui eft dans là cheminée, eft encore plus raréfié que celui de la chambre, & la colonne plus haute, ainfiTa pefanteur devroit être plus diminuée de ce côté ; mais le plus ou moins de pefanteur dans l’air de la chambre ou de la cheminée n’eft rien dans la pratique ; & lï le mercure du baromètre defcend lorfque l’air de la chambre eft fort échauffe , comme il peut arriver, ce n’eft pas parcequ’il eft moins prefte par l’air extérieur qui eft dans la chambre , mais parcequ’il. l’eft da~ vantage alors au deftus de fa furface fuperieure par l’air intérieur, qui eft toujours au-deftus du mercure dans le haut du tuyau, & que la grande" chaleur raréfié aflez pour faire def-cendre le mercure, comme l’on peut s’en convaincre en échauffant cette partie du tuyau : on ne peut donc point attribuer la caufe de la fumée en cette occafion à cette prétendue plus grande legereté de l’air mais
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- t)esCheminées. Livre îl. iùf aux efpeces de vuides qui s?y trouvent par les raifons que nous venons de donner dans les articles précédais.
- Les caufes externes de la fumée,* c’eft-à-dire celles qui font aü- dehors' de la chambre 8c de la cheminée * font r°. l’air extérieur qui eft aii-def-fus de la cheminée, 8c qui empêche la fumée d’en- fortir. i°. Les vents-qui non feulement l’empêchent de fortir, mais qui la- rcfoullent dans la cheminée où ils entrent eux-mêmes quelquefois avec tant de violence , qu’ils chaftènt la cendre 8c les charbons jufques dans la chambre. 30; Enfin l’ouverture du haut du tuyau de la cheminée trop grande ou difpo-fée en long.
- L’air empêche la fumée de fortir des cheminées, i°. quand il eft fore épais, parcequ’eile ne le peut pas ft facilement divifer,
- 20. Quand la cheminée eft commandée , quoique le tems foit fort' calme & l’air ferain , pareeque les parties de l’air fe mouvant en tous fens * là reftftance quelles trouvent
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- î oS La 'Mécanique du feu. d’un côté, diminue les efpaces qui font entre elles, & augmente la forte de leur reffort , & fait que la fumée qui tend à fortir par l’ouvertuire du tuyau de la cheminée , y trouve plus de refiftanée, y eft plus prefféé, ôc a plus de difficulté à s’infinuer dans l’air,• à le fendre & à le divifer.,.
- Pour le vent il empêche auffi la fumée de fortir en phifieurs cas.
- i°. Quand les cheminées font commandées de quelque côté $ comme quand elles font proche de quelque grand édifice, près d’un clocher,d’une tour, d’un pavillon plus élevé, d’une croupe de montagne, &rc. elles font fujettes à fumer, quoique le vent ne! foit prefque pas fenfible * fur tout quand il vient du côté Oppofé à ce qui les commande , parceque trouvant en toutes ces chofes des obftà-cles, il s’arrête au-deffus de la cheminée, & même y entré par la force de fon reffort qui fe trouve augmenté, comme l’on voit la pâte, la laine j une éponge que l’on prefle, s’étendre du côté qu’elles font moins preffées.
- 2°. Quand les vents font violents,
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- fies Cheminées. Livre 11. 109
- rinconycnient fe trouve encore plus grand, parceque ces vents .empêchent non feulement, la fumée de fôrtir, mais même la font rentrer avec im-petuofité } car l’air qui eft dans la cheminée, quelque fumée qu’il y ait, y eft toujours plus raréfié, & moins prefle que n’eft l’air de dehors quand le vent foufïle , & va fort vîte., & s’il n’entre pas toujours dans les chemi-minées en palïant par- deflus horizontalement , e’eft parcequ’il trouve devant lui une libre ifiue, ainfi que l’eau qu’on poulie avec une feringue le long d’une table percée , n’entre point par les trous qui font au-def-lous, tant qu’elle ne trouve point de reliftanee devant elle ; mais fi quelque obftacle l’arrête, elle s’étend de tous cotés , & tombe par les trous fous la table, & plus facilement même qu’elle ne s’étend aux côtés à çaulê de fon poids j or l’air raréfié , ou la fuméé qui eft dans la cheminée, fait à l’égard de l’ait extérieur , ce que fait la pelanteur à l’égard de l'eau dans cet exemple, e’eft-à-dire que ce vent ou cet air extérieur fe
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- no La Mécanique du feu.
- trouvant moins preffe par - deflous vis-à-vis du tuyau de la cheminée, il y entre quand il trouve devant lui unobftacle qui augmente fa force ,& fon reflort en le comprimant.
- 30. Lorfqu’une cheminée eft aflez proche de ce qui la commande , 8c que le vent eft grand, il peut encore la faire fumer, quoiqu’il vienne du côté qu’elle eft commandée , pàrce-que l’oppofition que trouvé lé vent augmentant le reflort de l’air , qui ne peut en cet endroit s’étendre qu’en haut, lorfqu’il a paflé pàr-deflus , ce qui lui faiîbit obftacle , il s’étend aufli-tôt en bas, 8c refoule ainfi la fumée dans la cheminée où il trouve peuderefiftanee.
- 4°. Quoiqu’une cheminée rie foit point commandée, le veut ne laiflè pas quelquefois d’y entrer, lorfqu’il enfile la longueur de fon ouverture * jcela peut même arriver quelque fi-tuation qu’ait cette cheminée, lorsque c’eft un vent dè Nord qui reghe, parceqüe ce vent fouftle ordinairement de haut en bas , & peut par confequent entrer dans toutes les
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- J) es Cheminées. Livre JL, u $
- cheminées qui font ouvertes par-delTus.
- Enfin la trop grande ouverture de la cheminée, parceque le vent peut facilement s’y entonner, & fa difpo-fition en long, parceque le vent peut l’enfiler , contribuent quelquefois à jfaire fumer. Voilà les caufes que nous avons crû qui pouvoient faire filmer les chambres , nous allons donner les moyens qui nous paroif-fent propres pour les éviter, quand nous aurons fait connoître que la difppfition des cheminées ordinaires eft une des caufes qui .contribuent à fuite fumer.
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- ni La Mécanique du feu.
- CHAPITRE II.
- Que les jambages parallèles j la ftuation inclinée du dejfous de la tablette la maniéré dent les tuyaux font dévoyés , contribuent k faire fumer les cheminéesr
- D A n s la difpofition ordinaire des jambages paralleles,la fumée s’é* i. tend facilement dans les coin,s CpA, cba,&c pour peu qu’elle foie agitée, «elle rentre dans la chambre.
- i°. Parceque n’étant plus au-defTus du feu qui ne s’étend point jufques dans ces coins, elle eft moins poulfée en haut dans ces endroits.
- i°. Parceque ces endroits étant les moins échauffés, l’air de la chambre y eft moins attiré, §c y repoufle par confequent moins la fumée.
- 3°. Parceque l’air de la chambre donnant avec plus de force fur le piilieu de la cheminée, où eft la chaleur
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- Des Chemines s. Livre 11. 113
- leur qui l’y attire , en s’y étendant par fa rarefadion, il prelïe encore î la fumée dans les coins de la cheminée, & lui donne un mouvement qui la fait rejaillir, 8c rentrer dans la chambre.
- 40. Parceque ce même air de la chambre ne pouflè prefque plus la. fumée aufïï-tôt qu’il a paflé le chambranle de la cheminée à caufe de la hotte ojr y qu’il trouve vùide 8c é- Fig- * chauffée , 8c qui lui permet aufli-tôt de monter 8c de s’étendre facilement.
- 5°. Parceque s’il arrive que l’air poufïè avec force dans la cheminée. comme lorfqu’il y aune porte ou une fenêtre ouverte dans la chambre , ou qu’il y en entre beaucoup par quelque endroit que ce foit, cet air pouffant violemment la fumée la fait frapper directement contre le fond de la cheminée, 8c réfléchir dans la chambre , d’ou fi elle eft encore aflez ré-pouflee, elle fait ces petits tourbillons que nous voyons dans les coins Fig. 1*. des cheminées 5 8c qui font plus grands quand les vents entrent par te
- K
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- Fi^. 24.
- 114 Mécanique du feu. 1 haut du tuyau , ôc y repoufïent la fumée.
- Pour la hotte ojr de la cheminée, elle contribue à faire fumer non feu-lement, parceque laiflant facilement monter & étendre Pair qui entre de la chambre dans la cheminée, elle en. diminue la force par rapport à la fumée j mais encore parceque cet efpa-ce mi or de la hotte, venant à s’échauffer , Pair raréfié qui y refte, ne prefle plus aflez la fumée qui monte, ainfi elle va battre proche le tahiojr, s’y réfléchit & rentre dans la chambre , car elle ne fuit pas en tout les loix des rayons de chaleur j •& en frappant la furface ojr, la plus grande partie s’étend de tons côtés, comme font les liquides , fur tout quand ils frappent en montant.
- La fumée fe réfléchit encore fou-vent dans la chambre en frappant proche de la languette du tuyau des cheminées qui font dévoyées , parceque le détour , ou Pinclinaifon de cette languette commençant dès le haut du jambage en B, la fumée DE, qui trouve de iarefiftance en cet endroit,
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- Des Cheminées. Livre 12. irj fe réfléchit &c defcend, même plus qu’elle ne feroit fi elle frappoit plus haut en L, car fa force diminue à mefure qu’elle s’éloigne du feu j & cependant pour peu qu’elle defcende depuis E, elle rentre dans la chambre. Si l’on veut s’en convaincre par l’experience, Ton peut mettre un ti-fon fumant dans le coin de la cheminée au-deflous de B, Sc enfuite au milieu au-deflous de L, & l’on verra que la fumée qui frappera en E, rentrera dans la chambre, & qu’elle ne le fera pas, du moins fi fenfible-ment, quand elle frappera d’abord en L.
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- \\6 La Liecanique dufeu.
- CHAPITRE III.
- Que la difpoftion des jambages en lignes paraboliques ; la fi-iuation horizontale du dejfous de la tablette } & tes tuyaux dévoyés en lignes courbesy quand ils font dévoyés , font les plus propres pour empêcher la fumée.
- EN donnant aux jambages de la cheminée une dilpofition parabo-liq ue , & au-deflous de la tablette une fituation horizontale , & faifant en ligne courbe le bas de ta languette des tuyaux dévoyés, l’on corrige les défauts '.que nous venons défaire remarquer dans les cheminées ordinaires par rapport à la fumée dans le chapitre precedent, ôc l’on trouve de nouvelles commodités.
- Car i°. l’on retranche les coins Fig. i. & c b a, CB A, où s’étend la fumée, 6. ic. 17. & d’où elle rentre fi facilement dans la chambre.
- i°. Par ce retranchement la fumée
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- fies Cheminées. Livre II. 117 fe trouve toujours au-deiïiis du fea qui la poufle par-delïous , & la fait monter dans la cheminée, & en for-tir avec force, & furmonter ainfi plus . facilement l’air qui fe trouve àfafor-tie, & empêcher même qu’il n’éntre dans le tuyau.
- 3°. L’air qui entre de la chambre dans la cheminée ie long des jambages paraboliques , repoufle la fumée vers le milieu du feu 8c au-delïus, d’où elle eft, comme nous venons de dire , poulfée en haut avec force dans le tuyau.
- 40. S’il fe réfléchit queiques parties de l’air qui frappe fur les jambages , elles vont toutes aux foyers F f des paraboles, & y rejettent par con-fequent la fumée , d’oi\ elle eft encore repouffee en haut par la chaleur & l’aétion du feu.
- 50. L’air de la chambre à mefure qu’il entre dans la cheminée-, y trouvant l’ouverture des jambages plus étroite, il augmente fa force d’autant plus que la chaleur y contribue en le raréfiant j car il ne peut s’étendre d’aucun côtéle derfous olm de la Fig. $•
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- ïi8 Éd Mécanique dùfeft. tablette étant parallèle à l’horifon^ ainfi il refifte davantage à la fumée qui tend à fortir, 8c l’empêche d’en-trer dans la chambre , outre que la! force de la fumée diminue’ à mefure qu’elle s’approche du chambranle, pareequ’elle trouve plus à s’étendre.
- 6°. L’air qui entre ainfi de la chambre dans la cheminée augmentant de plus en plus fa force & fon rellbrt jufqu’à ce qu’il ait pâlie le delfous o i m de la tablette , quand il l’échappe en m, il entre avec violence dans le tuyau m L R, 8c y fait en montant une efpece de vent qui aide encore la fumée à y monter , & même l’y , contraint.
- • ^ Pour la fituation horizontale du delfous de la tablette, outre qu’elle tient l’air relferré, 8c augmente ainfi fa force pour repoullèr la fumée, elle fertauffi à remplir le vuide o MR de la hotte qui contribuoit à faire fumer; & de plus s’il s’échappe, & s’avance de la fumée par-delfous , avant qu’elle foit arrivée de mko, elle efl: repouflee par l’air qui entre, & dont la force augmente à mefure qu’il
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- Des Cheminées. Livre 11. ïtÿ avance vers le fond de la cheminée, comme nous venons de dire, 8c cette force eft toujours plus-grande proche de mi que plus bas parceque l’air étant déjà chaud , & cette furfaee chaude l’échauffànt encore , il tend à monter en haut, & prelïe fortement cet endroit mi 0, & empêche ainfi que la fumée ne puifïè couler le long pour rentrer dans la chambre.
- JL’ufage de faire des tablettes fort larges aux cheminées a obligé de faire
- D. O
- le deflous à peu près , comme nous le demandons ; ces raifons dévroient engager à. le faire tout à fait parallèle àl’horifon.
- Enfin fi l’on fait la languette dévoyée en ligne courbe, par exemple en portion de cercle B e H, dont on prenne le centre fur le côté de la tablette continuée, comme en C, l’on évitera l’inconvenient de la languette ordinaire B E L H.
- Car i°. la fumée D E, qui auroit frappé en E , ne frappera qu’en c, Sc avec moins de force , tant parce qu’elle en a en effet moins en cet endroit , étant plus éloignée du feu,
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- t±ù La Mécanique du feu. que parceque la furface eft moins inclinée ; ainfi fuppofé que frappant en 2s, elle defcende jufqu’à D, d’où elle rentreroit dans la chambre î en frappant d’abord en e 3 elle ne descendra que jufqu’à E, & par confè-quent ne fortira point de la cheminée par en bas, mais elle y fera repouffée en haut par l’air, & la nouvelle fumée qui y entrent continuellement.
- i°. Suppofant qu’une partie feulement de la fumée qui bat en E, re-defcende, & que le refte fe réftechiffe à l’ordinaire, la réflexion fe fera en G, ainfi elle pourra empêcher que la fumée qui eft au-deffous de E G , ne monte fi facilement ; mais quand elle frappera en e s fa réflexion fe fera en gt 8c elle ne fera aucun obftacle à la fumée qui eft au-deffous.
- L’on peut biffer l’autre languette bp h à l’ordinaire, mais il fera mieux de la faire aufli courbe, comme l’on voit dans la figure.
- Si ces difpofitions ne fuffifent point pour empêcher les cheminées de fumer , l’on voit du moins que l’une 8c l’autre y contribuent autant qu’il
- eft
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- Les Cheminées, Livre XI. iti
- eft poflîble } l’on verra les autres dans les deux autres parties de ce livre.
- CHAPITRE IV.
- Le P effet du fouflet delà dif
- pofition du bois pour contribuer k empêcher la fumée.
- LE fouflet dont nous avons par- JR£. 9 lé au Chap. 4e de la première $ Partie du premier livre, contribue aufïï à empêcher la fumée ; ce n’eft pourtant pas (comme j'ai vu bien des gensfe l’imaginer d’abord ) en pouf tant la fumée en haut dans le tuyau de la cheminée , car s’il la poufle ce n’efl: que vers le fond du foyer ou le contre cœur ; mais c’eft parce qu’il peut aufïïtôt allumer le bois quand il fume trop, & le faire, lî l’on veut, toûjours flamber, ôc en diminuerainfi la fumée i & de plus parce qu’il peut augmenter la chaleur du feu qui pouffera pour lors la fumée plus vive-
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- iiz La Mécanique du feu.
- ment en haut, & contribuera ainfi à l’empêcher de rentrer dans la chambre : mais il ne lui faut pour cela qu’une médiocre grandeur j tous ceux que j’ai vûs , é.toient fi longs qu’ils foufloient autant la fumée des tifons que le feu, & qu’ils faifoient rejaillir beaucoup plus de fumée, que de chaleur. Nous marquerons dans le troi-fiéme livre la maniéré dont il doit être fait, & les dimenfions qu’il doit avoir.
- La difpofition du bois dans le feu peut encore fouvent empêcher la fumée d’entrer dans la chambre. Quand le bois eft rond , il fuffit d’avoir attention qu’il ait allez d'air pour brûler fans faire beaucoup de fumée , & qu?il foit proche autant qu’on le peut du fond de la cheminée ; mais quand c’eft du bois de quartier, il faut avoir foin que le côté qui eft plat, s’il eft en devant, ne foit pas incliné vers la chambre , mais qu’il foit ou perpendiculaire , ou même incliné vers le fond de la cheminée, parce que la fumée qui fuit, & qui monte le long de la furface platte & incli-
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- Bes Cheminées. Livre II. 123
- née du bois, prend la direction que cette inclinai/on lui donne , & rentre facilement dans la chambre quand la furface platte du bois incline de ce côté*
- Lii
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- xx4 La Mécanique du feu.
- ^pqpqpqpqpç^pqpqprjpçÿ»;
- SECONDE PARTIE.
- #
- De la difpojïtion inferieure du derrière des cheminées pour empêcher la fumée.
- NOus avens donné, dans la première Partie de ce livre, des dif-polirions pour le devant de la cheminée , qui peuvent toutes contribuer à diminuer l’incommodité de la fumée j mais elles ne fuffifent point feules pour empêcher abfolument de fumer les endroits qui font bien clos , furtout quand ils font petits, car elles n’ôtent point la caufe interne de la fumée i mais li l’on y ajoute la dif. pofition intérieure du derrière de la cheminée, dont nous avons parlé au Chapitre 2c. de la deuxième partie du premier livre, & dont nous donnerons lesdifferentes conftru&ions dans le troifiéme livre , l’on aura de quoi ôter entièrement cette caufe generale
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- Des Cheminées. Zivre 11. 115
- de la fumée, comme l’on verra dans les Chapitres luivans.
- CHAPITRE PREMIER.
- Que l'air de dehors qui , entrant far les cavitézjle la cheminée dans la chambre , l'échauffe , l'empêche auffi de fumer.
- NOus avons fait remarquer dans le premier Chapitre de la première partie de ce fécond livre , que le feu faifoit continuellement fortir par la cheminée une partie de l’air qui eft dans la chambre , & que la caufe la plus generale de la fumée provenoit de ce qu’il n’en entroit pas à mefurejSc autant qu’il en for toit; fi donc on laiflè continuellement entrer de l’air de dehors, qui palTe par les cavitez de la cheminée , telles que nous les avons marquées au Chapitre ie. de la fécondé partie du premier livre , il en fuccedera toûjours àcelui qui fort par la cheminée; ainli donnant à ' tous les conduits par où
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- né La Mécanique du feu. l’air doit paffer, affez d’ouverture afin qu’il eu puiffe autant entrer dans la chambre qu’il en fort, elle fe trouvera toujours affèz remplie pour ne point permettre à la fumée' d’y entrer , 8c pour la repouffer 8c la faire monter dans la cheminée , pourvû que le vent n’y caufe point trop d’ob* ftacle par en haut ( nous donnerons les moyens d’éviter ces obftaeles ) 8c l’on aura abfolument ôté la caufe interne de la fumée qui eff la plus uni-verfelle, 8c la feule qui fait fumer les endroits qui ne font point trop commandez.
- S’il ne s’agit, dira-t-on peut être, que. de faire entrer de nouvel air, il ne faut pas tant de miftere, il n’y a qu’à ouvrir une porte ou une fenêtre, il n’en entrera fouvent que trop fil eft vrai, mais non , il ne s’agit pas fimplement de faire entrer de nouvel air , il s’agit de faire toujours entrer de nouvel air qui échauffé la chambre , 8c qui empêche la fumée j 8c en ouvrant une porte , ou une fenêtre, l’on refroidiroit furement la chambre, 8c l’on ne l’empêeheroit pas toû-
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- Des Cheminées, livre 11. ny jours de fumer j on la feroit meme quelquefois fumer davantage, lorsque ,par exemple, elles feroient d’un côré oppofé à celui d’où vient le vent, car la fumée fortiroit pouriors par ces ouvertures , comme nous avons déjà expliqué au chapitre premier de la première partie de ce livre , & en rempliroit toute la chambre , mais l’air qui entre après avoir paflé par les cavitez de la cheminée lorfqu’il y a du feu, échauffe toûjoürs la chambre, & a les autres comunoditez que nous avons expliquées dans le premier livre , & ôte la caufe interne delà fumée, parce que de quelque côté que vienne le vent, il entre toujours dans la chambre dès qu’il y a du feu dans la cheminée,comme nous avons expliqué au chapitre 3e de la fécondé partie , 6c au chapitre 4e de la première partie du premier livre : à la vérité il y entre plus vite , & par confequenten plus grande quantité quand il fait vent, furtout, s’il vient du côté de l’ouverture, & qu’il fou-fle dedans j mais quelque calme que foit le tems, il entre toujours allez L iiij
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- n8 La Mécanique du feu, d’air pour empêcher la fumée, pourvu que l’entrce& les conduits ayent une certaine ouverture proportionnée à celle du tuyau de la cheminée, & au feu que Ton y fait, car il faut moins d’air nouveau, lorfque le tems eft calme , pour pouffer la fumée , parce que trouvant une plus libre if-iiie en haut, elle a moins befoin d’être preffée par l’air de la chambre pour l’obliger à entrer dans la cheminée, à y monter, & à en fortir j il en fautauflï moins lorfque le tuyau de la cheminée eft étroit, & que l’on fait moins de feu , pareeque dans ces deux cas , il en fort moins de celui qui eft dans la chambre.
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- Des Cheminées. Livre IX. viy
- Mi
- CHAPITRE IL
- de la grandeur de Couverture des cotés ($• des. cavité s de la cheminée , afin dlintroduire afi-fei^d*air four empêcher la fumée.
- T Orfque l’on ne veut de l'air que L pour échauffer la chambre, il y a moins d’attention à faire à la grandeur des endroits par où il pafïè avant que d’y entrer, 8c par où il y entre, parceque s’ils s’éloignent un peu de la jufte proportion qu’ils devroient avoir pour produire tout l’effet que l’on peut fouhaiter ; il s’enfuit feulement que la chambre s’échauffe moins vite ; mais il n’en eft pas de même quand il s’agit d’éviter la fumée , le trop de grandeur n’y nuiroit pas à la vérité, & empêcheroit feulement la chambre de s’échauffer, ou de s’échauffer fi vite ; mais le trop peu les rendroit inutiles ,pareequ’ils
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- flg. 6.17. H-
- lyo La Mécanique du feu* ne fourniroient pas allez d’air pour empêcher la fumée ; car il faut abfo. lument qu’il en entre autant qu’il en fort, afin qu’il prefle toujours aflet la fumée, qui fans cela entrcroit dans! la chambre $ mais pour en faire en- ! trer autant qu’il eh peut fortir, il ne faut pas croire que ion entrée doive i être auflï grande que l’ouvertiire du tuyau de la cheminée par où il fort; car quoi qu’il puifle palier plus d’air par ce tuyau , que par l’ouverture de communication R, il' eh peut cependant entrer autant dans la chambre par celle ci, qu’il en fort par celai- là, parcequ’il peut entrer, & entre en effet plus vite par l’une, qu’il ne fort par l’autre ; & ft c’eft par exemple quinze fois plus vite , il fiif. fit que l’ouverture R foit la quinziéme partie de celle du 'tuyau, elle doit même en ce cas être moindre ; car il ne fort pas autant d’air de la chambre par le tuyau de la cheminée , qu’il en peut contenir ; la fumée aufîi bien que l’air qui fortent, fe font un paflàge dans l’air qui eft dans ce tuyau, en en chaflant feule-
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- Des Cheminées. Livre 11. 131 ment une partie, & plus il fort d’air delà chambre, plus il y en rentre de dehors par l’ouverture de communication R, parceque plus la chambre jfevuide , moins L’air de dehors trouve de réfiftance pour y entrer , Ôc ainfi plus il y entre vite , & plus par confeqaent il y en rentre ; il n’eft donc pas neeelTaire de laifier cette ouverture R , à beaucoup près fi grande que celle du tuyau de la cheminée pour l’empêcher de fumer»
- Si l’on veut d’autres exemples fen-fibles de ce que je viens de dire , qu’il peut entrer autant d’air par l’ouverture de communication R en même tems, qu’il en fort par l’ouverture du tuyau, quoique celle-ci foit plus grande que celle-là, que l’on confi-dere:
- 1®. Qu’il palFe en même tems autant d’eau par defibus les arches d’uni pont, que dans tout le lit de la- rivière ’j quoique l’efpace du lit foit le tiers plus grand que celui de toutes les arches enfemble.
- 20. Qu’il fort plus d’eau d’un vaif-feau par la même ouverture pendant
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- i$i JLa Mécanique du feu*
- le premier quart d’heure , que pendant le fécond.
- 3°. Quen augmentant .l’ouverture de ce vaifleau pendant le fécond quart d’heure,il en pouroit fortir encore* moins que pendant le premier , ôc dans tous ces cas ôc autres femblables; parce que l’eau fe trouve plus prelfée Ôc va plus vite en un endroit, ou en! un tems qu’en l’autre j or l’air de dehors prelïeroit toujours davantage celui qui entreroit dans les cavités de la cheminée , que l’air de la chambre ne prelïeroit celui qui en fort, parce que cet air qui entré dans la chambre , prenant la place de celui qui en fort,il y trouve d’autant moins de refiftance, que celui de la chambre lui lailTeplus de place, ou fort en plus grande quantité.
- Nous donnerons dans le troifiéme livre les juftes proportions que doivent avoir ces ouvertures ôc ces conduits, félon la grandeur des chambres & des cheminées.
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- Des Ch minées. Livre 11. 135
- CHAPITRE III.
- Que Pair de dehors qui entre dans la chambre & qui repouffe la fumée , n* empêche pas les rayons de chaleur d’y entrer.
- SI les parties des rayons de chaleur écoient Semblables à celles de lafu* mée, le même air qui empêche celle* ci d’entrer dans la chambre , empêcherait auffi ceux-là ; mais la fumée n’étant prefque que l’humidité du bois réduite en vapeurs par la chaleur, & les rayons de chaleur étant compofez des parties mêmes dubois» feainli ayant plus de folidité, plus de vitelTe, plus de force, & moins de. fu-perficie & d’étendue que celles de la fumée , ces rayons peuvent palier au travers de l’air, lurtout quand il eft un peu raréfié, quoiqu’il repoufle la fumée 5 comme nous voyons que le vent qui empêche les fons de fe répandre du côté qu’il vient, laiffe cependant un libre palfage à la lumie-
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- r34 Z** Mécanique du fen* re , parçeque le fon fe communique par le mouvement de l’air même, & la lumière par le mouvement, quel qu’il (oit, d’une matière plus fubtile éc plus folide , répandue dans l’air, qui pâlie facilement à travers fes-pores, ou du moins entre lès parties, comme font aufli les rayons de chaleur qui font toujours poulïèz par le feu, de même que les rayons de lumière par le corps lumineux ; il peut même palfer une partie de ces rayons .de chaleur au travers des corps les plus folides, comme à travers l’argent, le cuivre, le fer, &c.
- CHAPITRE IV.
- De quelques anciens moyens que l'on a inventés pour le dedans des cheminées , afin de remédier à la fumée.
- NOus avons marqué dans la première partie de ce feeond livre, &dans la feconde,l.es difpofitions que nous avons cru qu’il falloit donner
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- Des Cheminées. Livre 12, 13 j aux devants & aux derrières des cheminées pour les empêcher de fumer 5 afin que l’on connoiflè mieux l’utilité des inventions que nous avons propofées, ôc que l’on évite les frais d’en executer d’inutiles ; nous allons rapporter quelques-uns des moyens que l’on a depuis Iong-tems inventés èc pratiqués pour le dedans des cheminées à cette meme fin, & dans le troifiéme livre nous mettrons quelques-uns de ceux que l’on a imaginés pour le dehors > nous joindrons quelques réflexions aux uns 6c aux autres.
- i°. Cardan propofe les foupiraux , qui font des tuyaux par où entre l’air de dehors dans la cheminée, afin de repouflèr la fumée en haut, il donne même le moyen de les placer proprement; mais ces lôupiraux n’ont point l’effet qu’on en attend , car ils lou-flent feulement dans la cheminée, $c il faudroit que l’air où le vent qui entre, pouffât la fumée des le devant de l’ouverture de la cheminée pour l'empêcher d’entrer dans la chambre,
- qu’il remplît même l’efpece dei
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- l$6 La Mécanique du feu.
- vuide que laifle l'air qui en fort par la cheminée , ce que non feulement ne font point lesfoupiraux , mais ils peuvent même faire fumer davantage , car rempliflànt la- cheminée d’air extérieur froid , & plus prelfé que celui qu’il chafle, la fumée trouve le palïage moins libre pour fortir, & ainfi rentre dans la chambre ; outre que cet air agité, ou ce vent qui entre par les foupiraux dans la cheminée , perdant de fon mouvement à melure qu’il s’éloigne du foupirail Sc qu’il s'étend, il vient à en avoir moins que la fumée avant que d’être forti dehors ; ainlî il fait au deflus d’elle un corps qui lui réfifte, & l’empêche de fortir, & fait par confe-quent que celle qui lui fuccede rentre dans la chambrejil faudroit plutôt ôter de l’air qui eft dans la cheminée, que d’y en admettre, furtout de froid, pour l’empêcher de fumer , pourvû qu’on pûtauflt en ôter unpeuaudef* fus de la cheminée en dehors.
- i°. Quelques-uns au lieu de foupiraux ont mis un tuyau , ou cillndre , horizontalement, le long de la hotte
- de
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- ; Des Cheminées, Livre 11. 13 7 Je la cheminée en dedans , ouvert ^dans fa longueur j pour laiflèr fortir l’air qu’ils prenoient de dehors ,dans toute la largeur de la cheminée ; il y tn a même qui l’ont difpofé de maniéré qu’en le tournant ils en pou-,voient augmenter ou diminuer l’ouverture , afin de laiflèr fortir plus ou moins d’air: ces cilindres font le même effet, 3c ont les mêmes inconve-niens que les foupiraux.
- Jean Bernard a inventé les mou-fajqui doivent être appliquez dans la hotte de la cheminée, afin que la fumée les faifànt tourner, ils la pouffent en haut ; mais fi ces moulinets pouffoient la fumée par une de leurs ailes, ils la rabattroient par l’autre &laferoient defcendre, 3c rentrer dans la chambre , 3c ce n’eft point dans la hotte de la cheminée qu’il faut commencer à pouffer la fumée, c’eft de dans la chambre ; ces moulinets feroient même un obftacle qui empêcherait la fumée de monter.
- 4.0, Delorme propofe les Eolipiles de Yitruve appliqués dans la cheminée , & prétend par ce moyen re-
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- 13S La Mécanique du feu.
- medier à la fumée pour les petites chambres , en quoi il Ce trompe , 3c même Ce contredit $ car les petites chambres , dit-il , au chapitre 7. fument parce qu’il n’y peut entrer de vent ; or il n’y en entre point par le moyen des eolipiles, ils ne les empêchent donc pas de fumer j de plus ils ne pourroient avoir que l’e£fét des; foupiraux ,encore feroit-il moindre, 3c plus incommode en ce qu’il n’eft pas continuel, & qu’il faudroit changer de tems en tems d’eolipiles j que leur effet même n’eft pas prompt, puifqu’il faut qu’ils foient auparavant échauffés ; 3c enfin ils ne remédient point à la caufe externe de la fumée, ni même à l’interne , puifqu’il s 11e font point de vent, 3c ne donnent point d’air dans la chambre,qui puifïè repouftèrla fumée dès l’entrée de la cheminée, & fucceder à celui qui fort avec la fumée , ce qui eft pourtant abfolumentnecelfaire pour empêcher les lieux bien clos de fumer r îurtout quand ils font petits, comme nous avons déjà fait voir, chapitre i_ première partie-
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- Des Cheminées. Livre IJt. 139 jo. Le même Delorme dit encore que le bas du tuyau de la cheminée doit être fort large, & que fon peu d’ouverture par cet endroit, eft une des caufes de la fumée. Nous avons déjà fait voir, chapitres ie 8c 3e % première partie, que la grande largeur du tuyau par en bas contribuoit à faire fumer, & qu’il falloir le faire prêt-que auiîi étroit en bas que dans tout le refte de fon cours j mais il faut que depuis l’entrée jufques à une certaine hauteur au moins=, les languettes des cotez foient auffi diftantes l’une de l’autre, que le font les jambages de la cheminée, afin que la fumée en montant, ne trouve point là d’obfta-cle à fon pafiage , qui la faffe réfléchir.
- 6°. Delorme prétend encore empêcher que le vent ne s’entonne dans les cheminées en faifant une languette au milieu du tuyau , qui prenne depuis la hotte, 8c forte environ un demi - pied dehors : ce moyen feroit tout-à-fait inutile contre les vents qui fouflent de haut en bas , 8c ne fcrviroit quelque fois de rien , ou de 1 U il
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- 140 JLa Mécanique du feu. bien peu, contre ceux qui fouflent horizontalement, comme il l’avoue lui-même ; 6c en effet l’ouverture ne feroit encore que trop grande pour laiiïèr palier le vent quand il foufle-roit de haut en bas , ou quand la cheminée feroit commandée j je l’ai vû s’entonner par un tuyau fond de trois à quatre pouces de diamètre, 6c chat fer les charbons d’un poêle dans la chambre, quand il étoit ouvert, & la remplir de fumée quand il étoit fermé; de plus ce moyen a fes incom-moditez ; car li le tuyau de la cheminée n’a que fon ouverture ordinaire, comme l’on eft à préfent obligé de lui donner dans tous les bâtimens qui ont plufieurs étages, l’on ne pourra plus y palier pour le ramoner , & cependant on feroit obligé de le faire plus fouvcnt, autrement la fuye bouchant en partie ces conduits contri-bueroità faire fumer davantage j 6c ce qui fortiroit de la languette donnant prile au vent, feroit encore fumer, quand il fraperoit contre.
- 70. Le mêmeAutheur propolè aulE de faire le dedans des cheminées en
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- Des Cheminées. Zivre. II. 141
- dentelures de fcie, comme il a fait au Château de Boulogne , pour retenir, dit-il, & repouflèr la fumée lorfqu’el-le veut defeendre $ mais cet expédient eft fort inutile, car il fufHt pour la fumée aufli bien que pour le vent , qu’il y ait une ilTue afin qu’ils y paf-fent, qua data porta, ruunt ,Sc il n’eft pas même nèceflaire que la fumée qui eft dans le tuyau de la cheminée, redefeende pour faire fumer, il fuffit qu’elle ne monté pas, & même qu’elle ne monte pas fi vite que celle qui la fuit, Si que quelque caufe extérieure l’empêche de fortir allez vîtej car pour lors la nouvelle fumée que fait le feu, rentrera dans la chambre,, 8°. Enfin, il y en a qui ont diminué l’ouverture de la cheminée au haut de la hotte en y faifant comme une fécondé hotte plus petite, ou uneefpece d'entonnoir , efperant par ce moyen empêcher la fumée, pareeque, dilent quelques uns ( car tous n’en apportent pas la même raifon ) le tuyau étant en partie fermé des deux cotez de fa longueur ,lorfque la fumée ou le vent veulent defeendre , ils trou-
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- 14* £a Mécanique du feu. vent de laréfiftance, éc ainfife réfléchi fTent en haut, & lorfque le feu eft violent, il repouflè facilement & fait monter plus haut& fortir cette fumée réfléchie j l’on pourroit encore ajouter que forçant moins d’air de la chambre par cette ouverture diminuée, qu’il ne faifoit par toute la cheminée , pour peu qu’il en entre par les fentes des portes & des fenêtres j cela pourroit fuffire pour remplacer celui qui fort j. ainlî la chambre étant toujours bien pleine , la fumée fe trouveroit toujours preflee de ce côté &n’y entreroit point ; mais outre que cela ne fuffiroit point encore lorfque les vents s’entonnent dans la cheminée , ou même que la fumée trouve trop de réfîftance à fa fortie au haut du tuyau , par quelqu’une des caufes que nous avons rapportées chap. z. part. t. fi ce que l’on a fermé de l’ouverture du tuyau proche de la hotte , fait réfléchir en haut & monter la fumée dans ce mêmetuyau;. il fait par la même raifon réfléchir en bas , & entrer dans la chambre celle qui fort du feu y c’eft pour évi-
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- Des Cheminées. Zivre JJ. 143 ter cet inconvénient que nous avons dit de faire le tuyau de la cheminée aufli étendu que la cheminée eft large: cette diminution de la hotte n’empêche pas même la fumée , ni le vent d’entrer dans la chambre lorfqu’il s entonne par le haut du tuyau , je l’ai vû chafïèr les charbons jufque dans une chambre, dont la hotte de la cheminée avoit été ainfi faite en entonnoir, quoiqu’il y eût en haut ce qu’on appelle Carmélites , & que la cheminée ne fût point commandée , & cet inconvénient arrivoittres fouvent à cette cheminée, qui fume moins quand le tems eft calme , mais qui fume en tout tems & de toutvent.
- Il y a encore plufieurs autres moyens que l’on a inventés .pour le dedans des cheminées, mais l’on peut juger de leurs effets par les reflexions que nous venons de faire fur ceux-du
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- 144 Mécanique du feu.
- TROISIEME PARTIE.
- J)e la difpojîtion extérieure du haut du tuyau des cheminées pour les empêcher de fumer.
- CE que nous avons dit dans les deux premières parties de ce livre , fuffit pour empêcher la plufpart des chambres de fumer , quelques clofes qu’elles foient j mais il y a des tuyaux de cheminées fi expofés, & fi commandés , qu’il faut abfolu-ment changer la difpofition extérieure de leur ouverture , fi l’on veut que la fumée en forte facilement, & que certains vents ne s’y entonnent point & n’y refoulent pas la fumée.
- Tout ce que l’on a imaginé jufqu a prefent, & tout ce que l’on pourra inventer de mieux dans la fuite pour l’exterieur des tuyaux des cheminées, afin de produire ces deux effets, ne
- pourra
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- Des Cheminées. Livre 11.14 y pourra jamais ôter la caufe interne de la fumée s ni par confequent fuf-fire pour empêcher que toutes fortes de cheminées ne fument quand les chambres font bien clofes, fi l’on ne fe fert en même tems des moyens que nous avons déjà expliqués > fur tout de celui du premier chapitre de la fécondé partie de ce livre } ainfi ceux que nous allons donner dans les chapitres fuivans, ne font point pour être pratiqués feuls , mais pour être ajoutés aux precedens > quand cela fera neceflàire.
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- ï4<? -La Mécanique du feu.
- CHAPITRE PREMIER.
- T)es tuyaux ou y irami de s tron* quèes que Von -peut ajouter à Vouverture extérieure des tuyaux de cheminées en-dehors, pour y faciliter la fortie a la fumée, & empêcher que les vents rly entrent.
- PTTr s ctu e tout ce qui commande les cheminées, les rend fujet-tes à fumer par les raifons que nous en avons données dans le premier chapitre de la première partie de ce livre , il faut^ autant qu'il efl: polïi-ble, les élever allez, afin qu’elles.ne foient point commandées, ou qu’elles foient toujours plus hautes au moins que les pignons & les failles des maifons.
- Et parceque la longueur A a de l’illue des tuyaux des cheminées par en haut , donne aulli occafion aux vents d y entrer, & d’y repouller la
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- Des Cheminées. Livre 22. 147 famée, comme nous avons auflï fait remarquer dans le même chapitre , il faut la partager en plufieurs petits quarrés dont toutes les ouvertures enfemble foient égales à la feule que Ton donneroit aux tuyaux par en haut, & pour lors le vent n’y trouvera plus une fi libre entrée, de quelque côté qu’il vienne , & quand il fouflera dans une direction parallèle à la longueur qu’avoit cette ouverture , il n’aura pas plus de facilité d’y entrer, que quand il lui fera perpendiculaire : mais parceque les fepara-tions de ces quarrés ne romproient pas affez le vent, 6c que le deffus du tuyau de la cheminée a une furface, fur laquelle l’air appuyant en palîànt quand il eft agité, peut fe comprimer, 6c avoir lieu par cette compref-fion qui augmenteroit fon relfort, d’entrer par les ouvertures où il fe trouveroit moins pre(Té,ilfautajoû-ter au-deffus autant de piramides quarrées, creufes, tronquées, dont pj* „ les bafes foient plus grandes , & les iiïues d*en haut moindres que les ouvertures quarrées du tuyau ; 6ç ces pi-
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- 148 Mécanique, du feu.
- ramides qui fe trouveront par en haut feparées l’une de l’autre, quoiqu’elles fe touchent par en bas , empêcheront le vent d’entrer dans la cheminée de quelque côté qu’il fouf-fle, & laifi'eront une libre iiTue à la fumée.
- i°. Parcequ’elles couperont, fendront, diviferont le vent, & en diminueront ainfi la force.
- i°. Parceque n’ayant point de fur-face horizontale au-defliis , l’air ne s’y comprimera point, & n’y augmentera pas fon relient, comme il fait fur le delfus des tuyaux, où il trouve de la refiftance.
- Parceque l’air , ou le vent, de quelque côté qu’il vienne, ne pourra les enfiler, ni y trouver de facile entrée, étant fort étroite en haut en tous fèns,
- 4?. Parceque s’il y entroit abfolu-mefiifdu vent, chaque piramide étant plus large en bas qu’en haut, ce vent diminueroit fa force à mefure qu’il defcendroit,& l’ouverture duquarré de la cheminée étant plus petite que la bafe de la piramide creufe qui la
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- Des Cheminées. Livre II. 149 «ouvre , la plus grande partie de ce vent trouvcroit de la refiftance, & fe réflechiroit en haut ; & ce qu’il en pourroit entrer dans la cheminée, 5c dont la force feroit déjà diminuée , perdroit prefque tout ce qui lui en re-fteroit, en y entrant, & en s’y étendant ; il feroit par confequent facile à la fumée de le repoufler, étant elle même pouffée par l’air qui entre continuellement dans la chambre ; car l’on fuppofe toujours avec ce moyen, ceux que l’on a donnés ci devant.
- 50. Parceque le vent n’entre jamais également par toutes ces pira-mides, s’il y entre, fur tout (1 Ton a divifé encore en deux l’ouverture d’en haut de chacune par une petite languette en difFerens fens ; ainfi la fumée qui prelTe toujours par-def-fous, trouve auiïï toujours une iffue pour fortir, & pour chaffer par une ouverture, le vent qui feroit entré par l’autre.
- Ces piramides paroiffent peu differentes des tuyaux que l’on voit fur bien des cheminées : mais l’on peut cependant connoître par ce que nous Niij
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- iyo L<st Mecamqfte du feu. venons de dire, que l'effet en doit être different.
- Ce qui m’a donné occafïan de remarquer que l’ouverture en long des tuyaux de cheminées , contribuent quelquefois à les faire fumer, e’eft l’incommodité de la fumée que je reiîèntois alternativement dans deux chambres d’un même appartement, qui ne fumoient jamais du même vent, du moins de cette fumée extraordinaire ; je remarquai d’abord que les fituations de l’ouverture des tuyaux étoicnt perpendiculaires l’une à l’autre , & diffèroient d’un quart de cercle , je foupçonnai, &: reconnu bien-tôt après que le vent qui foufloit dans une direction parallèle à la longueur de l’ouverture de la cheminée, l’enfiloit, & entroit facilement dedans en paffant par-deffus, fur tout quand fa direction étoit inclinée à l’horifon ; mais qu’il ne trouvoit pas cette libre entrée dans le tuyau dont la longueur de l’ouverture lui étoit perpendiculaire, & qu’ainfî le même vent ne devoit point également faire fumer ces deux
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- Des Cheminé es. Livre 11. i ji cheminées, & qu’en donnant à l’une & à l’autre la même difpofition d’ouverture , par rapport à tous les vents, qu’elles avoicnt, par rapport à celui qui pouvoit donner perpendiculairement fur la longueur de l’ouverture de leur tuyau, le vent ne s’y entonneroit plus, c’eft-à-dire en partageant cette longueur en plusieurs quarrés , dont chaque côté fût à peu près égal à la largeur qu’avoit toute l’ouverture. Sur ces quarrés j’ai fait ajouter cçs piramides tronquées , 5c depuis ce tems jamais mes chambres n’ont fu-mé un moment,tant qu’il y eft continuellement entré de nouvel air ; il eft vrai que la maifon eft haute, & qu’il n’y en a point, du moins de proche, qui foit plus élevée $ ainfi cela pour-roit peut- être ne pas encore lufSre pour certaines cheminées, & en ce cas l’on y ajoûteroit l’efpece de chapiteau , dont nous allons parler dans le chapitre fuivant.
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- ip La Mécanique du fiki
- CHAPITRE II.
- Du Chapiteau que l'on fournit ajouter * aux firamides dont nous venons de parler, four empêcher le s vents et entrer dans les cheminées 3 qui font ou commun» dèes, ou trop expofèes.
- LE s piramides dont on vient de parler ne font qu’une partie de la machine que l’on avoit imaginée pour empêcher les vents d’entrer dans les cheminées, & d’y repouffer la fu-mée j mais ayant voulu éprouver lî elles pourroient fufiire féules, comme on le foupçonnoit, pour les cheminées qui ne font point commandées ; & l’experience ayant fait con-noître qu’elles avoient tout l’effet
- * Le chapitre fécond de la fécondé partie du troifiéme livre fera facilement comprendre ce que l'on pomra trouver de dif-fcile a entendre dans celui- ci
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- Des Cheminées. Livre 11. 153 que l’on pouvoit fouhaicer pour cel* les oi\ on les avoit placées, l’on n’y a point fait ajouter le relie $ mais ceux qui trouveront quelles n’empêchent point allez les vents pour d’autres cheminées, par quelque raifon que ce foit, pourront ajouter au-dellus un prifrne triangulaire SRQ^tjrs^ fi* creux, Il l’on veut, de la longueur de celle de l’ouverture du tuyau de la la cheminée, appuyé par un de fes angles R r fur le milieu des trois ouvertures des piramides, qu’il divifera chacune en deux, 3c dont la face
- 5 Qtf s oppofée à cet angle, leur fera parallèle, ou pofée horizontalement,
- 6 de même largeur que chacune de ces ouvertures , afin qu’il n’y entre rien de tout ce qui pourroit tomber perpendiculairemant fur cette fur-face S Qjj s ; & au- delfus de ce prif-me ajouter encore un chapiteau ouvert par-delïus, dont la longueur foit égaie à celle du prifme, & divifée en plufieurs autres petites piramides quarrées &c tronquées , & dont les plans IH G gh i, N O P p on d’au- je'u ^ deffous les petites piramides foient
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- 154 dLa Mécanique du feu. aflez ouverts par en bas pour laiffei unefpacedecnaquecôté du plan hori-zontal du pri'fme, & aiîez longs pour defcendre jufqu’au deflfous de fonaft gleÆr, qui appuyé fur les'premietcj piramides , 8c pour en couvrir un partie fans les toucher. Je dis que ce chapiteau empêchera abfolument les vents d’entrer dans la cheminée quelque fituation qu’elle ait, 8c de quel, que côté qu’ils viennent, 8c qu’il en laiiïèra facilement fortir la fumée.
- JPig, 31. Car i°. la fumée ne trouvera à fon 33.&$$• paflage que quelques plans inclinés, îe long defquels elle coulera facilement , & fortira de même.
- 2°. Les vents qui viendront de cô. té , 8c qui foufleront horizontalement , n’entreront point dans les petites piramides d’en haut, par les rai-fons que nous avons données dans le chapitre precedent, ni par confe-quent dans celles de deffous& lorf-que leurs directions feront perpendiculaires à la longueur h l du chapiteau, ils pourront même aider la fumée à fortir par en haut en entrant par les ouvertures d’en bas, où la re-
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- Des Cheminées. Livre II. iyy fiftance qu’ils trouveront proche da tuyau de la cheminée , & du bas des premières piramides, pourra les contraindre d’entrer j & quand ils fonderont de bas en haut, leur dire&ion les pouflèra dans ces ouvertures d’en bas du chapiteau, & les obligera de fortir par en haut, 6c de poufîêr devant eux , 8c d’entraîner avec eux la fumée, & de l’aider ainfi. à fortir.
- 30. Les vents de Nord , ôc tous ceux qui fouleront de haut en bas, 6c qui pourront entrer par les petites piramides du chapiteau, trouveront toujours une plus facile ifliie pour fortir parles côtés G g,Pp, ouverts en bas j par où ils entraîneront de la fumée avec eux, que pour entrer dans les piramides de deflous, dont les ouvertures font couvertes par le plan horizontale du prifme triangulaire. Il en arrivera de même des vents qui augmenteront la force du relïort de l’air par la refiftance qu’ils trouveront à l’oppofite des endroits qui pourront commander ces cheminées ; ainfi les vents ne trouveront jamais le moyen d’entrer dans des chemi-
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- 15 6 La 'Mécanique du feu. nées couvertes de cette efpece de chapiteau , ni la fuméee d’oppofltion & de difficulté pour en fortir.
- Nous donnerons dans le troisième livre toutes les proportions, & les di-mentions de cette machine, & les moyens de l’executer facilement.
- L’on pourra trouver plu fleurs autres machines pour empêcher les vents d’entrer dans les cheminées, & d’y repouiîer la fumée : mais de toutes celles que l’on a jufqu’à prefent inventées à ce deflein , je n’en connois aucune qui puifTe avoir l’efFet auquel on la deftine ; nous nous contenterons d’en rapporter quelques - unes dans le chapitre fuivant, par lefquel-les l’on pourra juger des autres.
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- Des Cheminées. Z ivre 11. ijy
- CHAPITRE III.
- De quelques anciennes inventions four le dehors des cheminées, afin de les empêcher de fumer,
- i°. T ’On fe fert depuis long-tem$ 1 j des girouettes ôc tabourins de Pa* duanus faits en forme de demi-chaudrons , ou de quarts de fphere , qui étant toujours cxpolés au yont qui foufle , à caufe de la girouette qui les fait tourner, empêchent ce vent d’entrer dans la cheminée. Cette invention a quelquefois fon utilité; mais elle ne fçauroit fervir que pour les cheminées qui ne font point commandées de près, 6c qui font feules ; car fi elles étoient plufieurs l’une proche de l’autre , leurs girouettes ne pourroient pas tourner ; fie lorfqu’-elles feroient feules , le vent pour-roit enfiler la girouette par - devant pour quelque tems, fie ainfi entrer avec impetuofité dans la cheminée ; lèvent même qui foufle par derrière ,
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- i*8 La Mécanique du feu. quand il eft violent, étant plus prelTé à l’endroit du tabourin,en s’échappant , il fe dilate, fait relfort, 5c entre ainft dedans, 8c repoufle la fumée dans la cheminée, ou du moins l’empêche d’en fortir. Il peut aufft y avoir îbuvent à refaire à ces fortes de machines ; 8c l’endroit où elles font, n’eft pas pour l’ordinaire commode pour y faire travailler , lur tout en hyver que l’on en a cependant plus de befoin ; le bruit qu’elles font en tournant, a aufll fon incommodité.
- i°. Il y en a qui fe fervent de l’invention de Scrlio , qui eft de couvrir les tuyaux des cheminées en façon de fronùfpice ou de chapiteau, en laiflànt des ouvertures aux côtés, comme a fait Delorme au Château de Boulogne.
- M. Defcartes dans quelqu’une de fes lettres donne auffi une invention femblable : mais lorfque le vent fouflera du côté des ouvertures, il ne manquera pas de repoufler la fumée , de la faire rentrer , 5c de s’en* tonner lui-même dans la cheminée par ce côté $ 8c par tous les deux, fî
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- Des Cheminées. Livre II. 159 elle eft commandée de l’autre côté ; ainfi ce chapiteau n’empêcheroit au plus que l’incommodité de certains vents. Et d’ailleurs dans le tems même le plus calme, la fumée qui bat-reroit delfous avant que de pouvoir forcir, & qui y trouveroit de la re-fiftance, rentreroit toujours dans la cheminée, & n’en fortiroit jamais alfez facilement ; ce qui la feroit fumer , bien loin de l’en empêcher.
- 50. Les carmélites font allez en ufa-ge j c’eft ainh que l’on nomme deux petites tours quarrées, ( elles pour-roient être rondes ) fulpendues aux côtés des cheminées que Pon ferme par-delfus, faifant à côté des ouvertures qui palîent dans ces tourelles, qui font ouvertes par-delïus, <k par-deffous, & qui palïènt un peu le haut de la cheminée j ces carmélites peuvent en effet avoir leur utilité j car foit que le vent foufle par-delïus ou par-delïbus la petite tour, il femble qu’il doit aider la fumée à en fortir par le côté oppofé , & qu’il ne devrait point s’engouffrer dans les cheminées , ni y repoulfer la fumée *
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- 160 Ld 'Mécanique du feu. trouvant toujours une libre iffue pour, fortir de ces tourelles par quelque côté qu’il y entre ; j’en ai pourtant vû à des cheminées, même fort élevées, & qui n’étoient point commandées, où elles étoient inutiles très-fouvent, & quelquefois même incommodes, pareeque le vent quand il eft grand entrant avec force par le haut des tourelles, & s y trouvant preffé, empêche la fumée de forcir de la cheminée, & l’y repouffe fou vent avec violence en y entrant, même avec allez de force pour repoufferles charbons dans la chambre, comme je l’ai vu arriver plufieurs fois.
- 4°. Delorme dit quil ne faut d’autre invention pour empêcher de fumer les cheminées, que de les fça-voir tourner comme il faut ; mais les vents tournant inceflamment de tous côtés, elles devroientdonc avoir toutes fortes de fituations, ou en avoir unequi changeât comme le vent jmais fuppofé qu’il y eût, & que l’on pût trouver une fituation de cheminée, qui l’empêchât de fumer, ce remede ne feroit poil# univerfel, & feroit
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- Des Cheminées. Livre 11. 161
- le plus fouvent fort inutile ; car un Architeéte ne peut pas toujours donner à une cheminée la difpofition qu’il veut, non plus qu’au bâtiment ; cela dépend de la fituation & de la difpofition des lieux.
- 5°. Enfin l’on peut mettre au haut du tuyau d’une chenfinée une efpece de bafcule, difpofée de maniéré que la cheminée foie toujours couverte par-delfus , & fermée du côté que vient le vent par le moyen de l’un de deux fils d’archal qui fervent à l’a-bailïer, ou l’élever du côté qu’il eft neceflaire ; je m’en fuis fervi allez long-tems, & quelquefois utilement: mais il ne faut point que la cheminée foit commandée , fur tout vis à vis l’une des ouvertures de la bafeu-le j car le vent frappant fur l’obfta-cle qu’il trouveroit , fe réflechiroit dans la cheminée avec violence, & c’eft ce que l’on veut éviter : elle a encore cet inconvénient pour les cheminées même ifolées , que quand les vents tournent, ou fouflent en même tems de deux côtés oppofés ; fi elle en empêche un d’entrer, elle donne
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- 16i La Mécanique du feu. une plus libre entrée à l’autre ; j’en ai autrefois refïenti l’incommodité. Il y a encore plufieurs autres maniérés de couvrir le deffus 'des cheminées que l’on voit en bien des endroits , &c dont on comprendra facilement le bon & le mauvais effet, par ce que nous avons dit.
- CHAPITRE IV.
- Z)es incommodités de la fumée, & de la ne ce fîtè qu'ily a de l'éviter.
- TOutis les chambres , toutes les cheminées ne font point également fujettes à fumer, & celles qui le font le plus, ne fument point également en tout tems ; quelquefois les vents refoulent tellement la fumée, que quelque froid qu’il faite, fon incommodité eft encore plus fuppor-table que celle de ces grandes fumées, ainfi il faut abfolument abandonner les appartenons dans ces momens, ou y éteindre le feu, & fouyent l’un
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- Des Cheminées. Xivre II. 163 8c l’autre eft fort incommode ; cela n’arrive pas à la vérité à toutes fortes d’appartemens ; mais il n’y en a point, quand ils font bien clos, qui ne fument plus ou moins -, 8c fi l’on n’y fait pas continuellement entrer de l’air chaud en hyver, il faut abfolu-ment y fouffrir ou le froid, ou la fumée j les maux cuifans que l’on ref-fent aux yeux dans les lieux ou il fume, font les plus communs. Ceux qui ont des appartemens propres, 8c des meubles qu’ils veulent conferver, en connoifïènt, 8c en appréhendent encore d’autres, que les Dames craignent fur tout pour leur linge, leurs dentelles , leurs cocffurcs , 8c leurs habits j outre ces effets fi incommodes , 8c cependant fi ordinaires, la fumée en a quelquefois de funeftes.
- L’on feait combien a fait mourir de »
- gens la fumée , 8c la vapeur du charbon , dont celle du bois ne différé que du plus ou du moins ; j’ai un jour cruellement éprouvé le terrible effet qu’elle peut faire: J’avois depuis quelques jours un poêle dans mon cabinet à la campagne, le peu de te ms
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- léàp La Mécanique, du feu. qu’il y avoic que je m’en fervois, ne m’avoit pas encore donné lieu de m’appercevoir de Tes incommodités, ni de rechercher les moyens de les éviter , n’ayant pas deflein fur tout de m’en fervir long-tems ; un matin le vent s’entonna tellement par l’ouverture du tuyau de dehors qu’il remplit mon cabinet de fumée en un moment , & faifoit fortir la flamme par la petite ouverture qui fervoit de fou-flet ; je fis aufîl-tôt ôter le bois, & mettre du charbon à la place, la fumée fut moins fenfible , 8c même allez peu pour ne m’en pas apperce-voir pendant les deux ou trois heures que j’y reliai à écrire ; quand j’eus fini, je ne m’en apperçû que trop , je fortis aufïï-tôt pour refpirer un meilleur air, il me prit un étourdilTement, des maux de cœur, un dégoût pendant tout le jour, qui me firent allez connoître que pour peu que j’eufle relié davantage dans cet endroit, les fuites en auroient été bien plus fâ-cheufes ; 8c je reconnus par là combien la fumée qui entre dans l’efto-mach, 8c dans les poumons eft capa-
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- Des Cheminées. Livre 11. ble d’y faire de defordre , quoique dans le. moment on n’en reffente pas l’incommodité ; que fera ce donc, & que n’en doit - on pas craindre, quand elle eft d’abord fi fenfible, & que l’on habite fi l’on tems les lieux qu’elle remplit continuellement 2 l’on ne doit guéres douter que ce ne foit la fource & la caufe de plufieurs maux que l’on attribue à toute autre. On en lit dans l’Hiftoire de l’Academie des Sciences de 1710, une Hiftoiire bien tragique , on en trouve une infinité d’autres ailleurs.
- L’on voit donc par les effets que l’on connoît de la fumée, & par ceux que l’on en doit craindre , que l’on ne fçauroit trop rechercher, ni trop pratiquer les moyens de l’éviter.
- coirczvsioir
- des deux-premiers Livres*
- L’O n a pu remarquer à rnefure qu’on a lu dans ce deuxième livre, les difpofitions de ces cheminées pour çmpêcher la fumée dans toutes lor-
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- 166 La Mécanique du feu. tes de chambres, que ce font les mêmes que nous avons données dans le premier livre, pour y répandre , & y augmenter la chaleur j que celles de ces difpofitions qui donnent le plus de chaleur, font auffi celles qui empêchent davantage de fumer. La difpo-fition des jambages paraboliques contribue également à ces deux effets jil en eft de même de la fituation horizontale du deffous de la tablette , & du fouflet j l’air qui entre de dehors, apres s’être échauffé dans les cavités du derrière de la cheminée, eft ce qui échauffe davantage le plus agréablement,& le plus utilement la chambre, & pourroit feul l’échauffer aftez} ce même air ôte en même tems la cau-fe la plus generale de la fumée,& peut même feul fuffire pour empêcher bien des chambres de fumer : enfin les di£ pofitions extérieures du haut de la cheminée, qui contribuent à augmenter la chaleur dans les chambres, nous délivrent de la caufe la plus incommode de la fumée, en empêchant les vents d’entrer dans les cheminées , & d’y refouler la fumée.
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- Des Cheminées. Livre 111. iéy
- LIVRE III.
- Des differentes conftrucîions des nouvelles cheminées, & des maniérés de les executer.
- NO u s n’avons expliqué dans le premier & dans le fécond livre les difpofitions de ces nouvelles cheminées , qu’autant qu’il étoit necef-faire pour en faire comprendre les effets, 8c les raifons de ces efFers : mais afin que les Ouvriers les puif-fent executer , il faut entrer dans un plus grand détail de leurs conftru-dfcions j c’eft ce que nous allons faire dans ce troifiéme livre.
- i
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- 16 8 La Mécanique du feu.
- ctecjte» çjte<^r^zkû*ÂB<^<J&cj&:çÀpeÀs)<!Â&
- PREMIERE PARTIE.
- Des confiruclions de l'atre & des jambages des cheminées, & des cavités qu'il faut laiffer derrière , tant pour augmenter la chaleur , que pour empêcher la fumée.
- NO u s parlerons de toutes ces conftruéfcions dans cette première partie , parceque les mêmes Ouvriers doivent en même tems travailler aux unes &r aux autres , du moins en partie , & que celles qui doivent augmenter la chaleur , font les mêmes qui empêchent la fumée.
- CH AP*
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- Des Cheminées. Livre 111. \6y
- CHAPITRE PREMIER.
- J)u modèle, ou calibre propre pour donner facilement & avec ju-fieffe à l'àtre & aux jambages . des cheminées le tour & la dif position quils doivent avoir.
- NO xj s fuppofons que l’ouverture de la cheminée que l’on veut faire , foit de quatre pieds, & la profondeur de 20 pouces, nous donnerons auflî pour d’autres cheminées plus grandes, ou plus petites, la longueur des lignes que nous allons déterminer pour celle-ci.
- L’on prendra une planche A Bba fi g. 7 de quatre pieds de longueur, & de ao pouces de largeur, dont les côtés foient tirés d’équerre les uns fur les autres, ou faffent le trait quar-ré : du milieu M du côté B b , l’on marquera la longueur M C de onze pouces, & de C, la longueur CG de quatre pouces j l’on tirera la ligne G A, fur laquelle l'on prendra G H
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- 170 La Mécanique du feu. de cinq pouces jJ du point H Ton tirera H P d’équer re fur G Pi A, l’on joindra les points H C, fur le milieu / de la ligne H C, l’on tirera IP d’équerre -, du point P, où elle coupera la ligne H P, comme centre, 8c de la diûançe P H, ou P C l’on décrira l’arc HC ; l’on fera la même .chofe de l’autre côté f où l’on amis les mêmes lettres en petit caraétere. Sans tirer les lignes HC, IP, l’on peut en tâtonnant trouver le point P pour décrire le petit arc qui pafle par les points H 8c C.
- Bl.7. a un pouce du côté BCcb de la planche , l’on marquera le re&angle Kk.tT, d’un pied de longueur 8c de huit pouces de largeur, dont le milieu réponde vis à vis de Ai j 8c à trois pouces de jKT, un autre petit rectangle Z long de trois pouces s Sç large de deux & demi, dont le milieu réponde au milieu de KT ; l’on vuidera ces deux re&angles, & l'on coupera la planche le long du trait ai HC AI c h a, 8c l’on aura le modelé , dont on pourra Ce fervir pour donner le tour à la cheminée.
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- Des Cheminées^ Livre 111. 171
- L’on a luppole l’ouverture si a de la cheminée de quatre pieds , fi elle n’étoit que de trois ôc demi, l’on ne prendrait C G que. de trois pouces Ôc demi, ôc que de trois pouces fi l’ou-verture A a. ri’eft que de trois pieds ,
- & G H dé quatre pouces & demi dans le premier cas, & de quatre pouces feulement dans le fécond.
- L’on peut dans tous ces cas faire p\* j th égale âge, ôc tirer d’équerre fur ces deux lignes., cf, & h p , Sc du point f, ou elles fe coupent, comme centre, Ôc de l’intervallepc, ou ph, décrire la portion de cercle c h, Sc faire la même choie de l'autre côté.
- Si l'on vouloir que les côtés AHC, ah c y qui approchent de la ligne parabolique , euflfent tout à fait le traie de cette ligne, il feroit facile de leur donner.
- Moyen de faire les cètès du modeU en lignes paraboliques.
- Ayant coupé ou marqué fur une flg. planche ' le redangle AB b a long de quatre pieds, ôc large de zo pouces,
- Pij
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- %*]i La Mécanique du feu,
- -8c les petits reéfcangles K T & 2, comme dans la figure precedente; Pou marquera les .points Ce , éloignés chacun de onze pouces de Mt milieu de B b ; Pou .tirera d’équerre fur B b les lignes C D ,4 d, qui le feront auffi fur Aa -, l’on mettra une réglé rs furlespoints dôc b, 8c deflus cette réglé. Péquerre Ign > dont l’an-gle£ touchera le point b, & l’on marquera le point 0, ou Pautre côté de l’équerre coupera la ligne de prolongée autant qu’il eft neceflaire j l’on prendra la quatrième partie de la lir gne r o , que l’on porçera de c en q 8(. ,cnf, & de C en QJk en F j l’on por ,fera, 8c l’on arrêtera la réglé R S fur les deux points q l’on attachera une corde au b,out N de Péquerre de la longueur du coté NG> qui fera au moins égal à QJ) ; l’on paflera l’aju-tre bout de cette corde, qui fera fait, en boucle, dans un clou ou poinçon enfoncé en F j Pçn placera d’abord fit, %, le côté N G de Péquerre, 8c ia corde le long de la ligne DC, 8c Pautre G L, fur la réglé RS ; l’on fera coules cette équerre fur la réglé en Pé-
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- tifs Cheminée s. Livre 111. iyy
- feignant de plus en plus du point F, & tenant toujours la corde tendue le long de N G, autant que Fon pourra , en Fy appuyant avec Un poiriçort ,-otl an crayon, dont la pointe touchera là'pîanche, & la ligne qüe ce crayon y marquera, fera le côté parabolique que l’on demande ; Ton fera la même' chofe de Fautre côté, & enfuite Fon coupera cette planche le long du trait que Fon aura marqué, pour avoir le modèle que Fon dërnattdë:-
- Cette maniéré n’eft pas plus difficile que les precedentes, & a même quelque choie de plus commode ; car elle eft toujours la même pour toute» les cheminées, & Fon n’a pas befoiii 4e prendre de nouvelles mefures de lignes, félon les differentes grandeur* des cheminées.
- L’on pourroit encore, les mêmes chofes fuppofées ,, porter la moitié dë la ligne c o, de c en x, & de # comme centre, & de l'intervalle xc, décrire une portion de cerclé ch > de 4* tirer la ligne a h, qui touche la portion de cercle, fans entrer dedans, Sc foire la même chofe de Fautre côté ;
- P iij
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- *74 Mécanique du feu-.. le trait ahcMC H A fera celui du modèle ; cette maniéré de le tracer-n’eft ni moins fïmple, ni moins facile que les deux premières» .
- CHAPITRE II.
- Première conftruttion pour les cheminées fimples.
- Fig, 7. i°. E modèle A fi C ch u pour eu 8. I i faire le tour du dedans de la
- cheminée, étant tracé par l’une des maniérés que nous avons donnée» dans le chapitre precedent, & coupé on l’appliquera fur l’âtre, ou fur l’endroit où doit être l’âtre de la cheminée que l’on veut faire, de manière' que les points A a touchent les extrê-jcï* mités du devant des jambages , que
- l’on élevera le long du trait AHC ch a.
- z°. L’on fera le defïous de la tablette parallèle à l’horifon dans fa-largeur , ou de niveau en ce fens, ( car il peut être ceintré , ) comme fig.}. & fi on le vouloir mettre d’équerre, fur. 3i.
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- î)és (Cheminées. Livré. 111.17$ le fond de la cheminée , dont il ne fera diftant que d’environ ro ou 11 pouces, afin que le tuyau n’ait que cette largeur en cet endroit, comme l’on voit dans les figures 3 & 31.
- 3®. Si le tuyau eft dévoie, l’on fera les languettes des côtés BeH.bGh, Fig. 24. en portions de Cercles depuis le haut B éc b du jambage jufqu’au plancher Hh ;en continuant une ligne BbC fur la tablette, le point C de cette ligne, qui fera également éloigné des deux extrémités B & H de ia languette, pourra fervir de centre pour décrire la portion de cercle Be H.
- Ces trois difpofitions,des jambages, du deffous de la tablette, & du tuyau de la cheminée, qui fe doivent aufli pratiquer pour toutes les autres cheminées , dont nous parlerons dans la fuite , forment la première conftru-ftion , qui, quoiqu’elle paroiffe peu differente de celle des cheminées ordinaires , échauffe cependant incomparablement davantage fans y faire plus de feu , & même en y en faifant moins ; comme nous avons fait voir dans les chapitres z ôc 3e de la pre-
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- tj6 Ld Mécanique du feu: miere partie du premier livre.
- Fig. 6. L’on pourra, fi l’on veut, y ajouter un cendrier & le fouflet
- Z , dont nous donnons la conftru-&ion dans le chapitre dixième.
- Cette première conftru&ion peut s’exécuter , prefque fans dépenfe , dans toutes fortes de cheminées, fans toucher au chambranle, & fins rien déranger de tout ce qui eft au. deflfus mais elle n-augmente la chaleur qu’en en réflechiflànt plus* que les cheminées ordinaires , & ne luffiro.it. point toujours, comme les fuivantes^ pour exempter de fumer les chambres qui y font.fujettes, quoiqu’elle contribue à. empêcher la fumée, & qu’elle puiflè même fuffire pour beaucoup de cheminées ; comme nous avons fait voir dans le chapitre $c de la première partie du fécond livre.
- £0}
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- Des Cheminée s. JLivre //J. 177
- CHAPITRE III,
- Deuxième confiruHion four les cheminées qui fournirent continuellement de l'air nouveau, qui s'échauffe derrière le fond de la cheminée.
- LA conftru&ion que nous avons donnée dans le chapitre precedent , diffère fï peu dans l’execution de celle des cheminées ordinaires, que les ouvriers n’y doivent trouver aucune nouvelle difficulté ; il n’en eft pas- de même- des conftruéfcions que nous allons expliquer dans ce chapitre & dans les fui vans.
- Afin que l’on puilïè plus facilement les comprendre & les exécuter, nous marquerons d’abord chaque piece en. particulier, & enfuite nous dirons comment on les doit affembler , & comment il les faut pofer..
- La première piece pour cette deuxième conftru&ion qui eft très-fim-
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- *7<3 jt& Mécanique dufen. pie, fera une plaque de cuivre H ïi h, ou de tôle de plusieurs feuilles alTem-blées j longue d’environ quatre pieds, 6c haute d'environ trois pieds & demi.
- Commue c’eft dans le milieu de cette piece en bas, que doit continuellement frapper la flamme , Sc appuyer le charbon, quand le feu eft allumé , de qu’elle pourrait par donfequent s’ufer & fe brûler en peu de tems j fi elle eft mince, l’on pourra en cet endroit ajouter une petite plaque O DFIL, en forme de contrecœur , 6c tout au tour au-defius un petit chaffis de fer d’environ fix lignes d’épaifleur, 6c attacher l’un & l’autre avec des vis, dont lés écrous foient arrêtés par derrière, afin que l’on puifle , quand on voudra, remettre une autre plaque avec le me* me chaffis, 6c les mêmes vis , fans rien défaire de la cheminée.
- Les autres pièces feront de petites bandes ou languettes de tôle de cinq pouces de largeur , 6c environ dix pouces moins haute que la grande plaque, fur laquelle on les attachera
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- Des Cheminées. Livre 111.179 par derrière le long des lignes HI3 CX, ex, bix de maniéré que la première prenne depuis le haut, & fi-nifle dix pouces au-delliis de JH ; que la fécondé laiffe le même efpace en haut que la première en bas, & que la troifiéme foit pofée comme la première , la quatrième comme la fécondé , comme l’on voit dans la figure 18, & encore mieux dans la figure joli fera bon de mettre quelquefois quatre languettes entre B&ch, mais nous n’en fuppofbns à prefènt que deux, afin de rendre h machine plus facile à comprendre, à executer & à pofer ; quand on l’aura ainfi bien comprife & bien executée dans cettfe fimplicité, il n’y aura pas grande difficulté pour les autres plus compo-fées..
- Ces languettes étant ainfi attachées , l’on mettra le milieu M de la plaque vis à vis du milieu M du modelé AHCMcha, on la fera appuyer tout le long, afin de lui en faire prendre le tour depuis le bas jufqu’au; haut, & l’on aura la deuxième con*
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- r;8o La 'Mécanique du feu. ftruâion de cheminée , qu’il faudra’ enfuite pofer j voici comment.
- Maniéré de pofer la deuxième confiruïlion de cheminée.
- Avant que de pofer cette cheminée , & les autres dont nous donnerons les conftru&ions dans les chapitres fuivans, l’on fera une ouverture d’environ un pied quarré , au mur qui fera- le plus proche, & qui donnera dans la rue, ou dans une cour , ou dans quelque endroit qui y ait communication , à peu près au niveau-du plancher d’enbas, ou même plus bas j l’on joindra, s’il le faut, à cette ouverture un canal, par où il puifle palTer environ foixante ou foi-xapte & dix pouces quarrés d’air ; ce canal fera pris dans le mur, ou dans le plancher , ou appuyé le long du mur dans la chambre, feion qu’il fera plus commode pour conduire l’aîr de dehors jufqu’ou il fera necelfaire, pour le faire entrer dans l’une des cavités du derrière de la cheminée.
- S?il étoit necdïairc , ou plus com-
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- Des Cheminées. Livre 212. i8î
- mode, l’on pourroit faire entrer cét air par le haut du tuyau de la cheminée, en pratiquant dedans un petit canal qui defcendlt un peu au-def-foas de l’âtre, d’où il retourneroit dans la première cavité par où Ton voudroit faire paflèr l’air de dehors ; mais ilfaudroit que ce fût en -faifant la cheminée., autrement il y auroit plus de difficulté. Ce chemin à l’air de dehors étant fait, l’on mettra fur l’âtre de la cheminée, ou.fiir l’endroit où il doit être, le modèle AHCM Fig. i5 ch a entre les jambages , ou les endroits où ils feroient, s’il y en avoit déjà le devant A a fera fur la même ligne que le chambranle ou le devant des jambages j l’on tirera le long du modèle un trait A H €cb a, fur lequel doit appuyer le tour du dedans de la cheminée, ou la grande plaque , quand elle-fera pofée 5 à quatre pouces de ce premier trait, mais feulement depuis les endroits , où doivent répondre les dernieres languettes , l’on en marquera un fécond MNnm parallèle au premier, 6c qu’il faudra prendre en partie dans le
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- 181 La Mécanique du feu«
- mur du fond, fi on le peut, & qu’il foit permis d’y creufer de cette épaif» feur, & de la hauteur de trois pieds, •ou trois pieds & demi, finon il faudra d’abord approcher allez le modèle , afin qu’il refte derrière quatre pouces vis à vis de la «ligne C c ; Ton avancera auffi en ce cas les Jambages dans la chambre autant qu’il ferane-cefiàire, & s’il le falloit, le devant du tuyau de la cheminée ; l’on remplira les efpaces AHM» ahmi 8c ceux qui font au-delà du fécond trait MN, mn, fans pourtant boucher le canal D y, par où l’air doit entrer dans les cavités de derrière la cheminée ; & l’on fera dans le fond 8c dans les cotés de petites tranchées, comme M,Ntn,m, pour enfoncer les languettes qui font derrière la grande piece, & de l’endroit par où pourra entrer l’air de dehors derrière la cheminée , l’on fera un petit conduit HZ, qui abouti fie à une cavité qu’il faudra faire à l’endroit où doit répondre lefouflet Z, quand {acheminée fera en place , c’eft-à-dire à environ douze ou quinze pouces du
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- Bts Cheminées, Livre 111. 183
- contrecœur} l’on voit la conftruétion de ce fouflet au chapitre dixiéme. Cette profondeur ainfi. difpofée, Ton y pofera la cheminée , de maniéré qu'elle conferve la figure du modèle que l’on prefentera dedans, 8c que les languettes de la grande plaque entrent dans les tranchées que l’on aura faites à ce deflein, 8c qu'il refte quatre pouces de diftan.ee entre le fond de la cheminée 8c le mur : l’on remplira le vuide de ces tranchées, afin que l’air ne paflè point d’une cavité dans l’autre par ces endroits, 8c l’on bouchera bien auffi tous les autres endroits par où l’air pourroit entrer dans ce? mêmes cavités, ou en fortir 9 excepté l’ouverture D d’en bas, 8c l’ouverture R, ou r, que l’on laillèra en haut.
- Quand on trouvera de la difficulté à remplir ces tranchées, après que les languettes y feront entrées , & que la cheminée fera pofée, il faudra avant que de la placer 9 les emplir de plâtre fort mou, afin que les languettes y puiftent, en y entrant , faire leur place, 8c elles fe
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- <1 §4 Mécanique du fia*
- trouveront aflez bien feellées.
- L’on éviteroit cette difficulté, Te l’on auroit plufieurs autres commodités en enfermant ces languettes avec une fécondé plaque parallèle à la première j car l’on auroit une efpe-,ce de caiffe qu’il feroit facile de po-fer, de fceller, d’oter & detranfpor-ter. L’on peut voir au chapitre fi-xiéme la maniéré de l’executer facile-lement,
- * Si.la cavité de derrière le fond de la cheminée n’eft pas prife dans le mur, il fera bon de clouer au haut de la^grande plaque un morceau de tçile qui ferme en .cet endroit l’efpa-çe de derrière, ou qui ferve à tenir le plâtre que l’on mettra pour le fermer.
- JFig, I S. La cheminée ainfi pofée fe fcellée, de quelque endroit que l’on prenne l’air de dehors, il le faudra conduire jufqu’à D, par où il entrera, .& montera dans la première cavité, defeendra par la fécondé, & remontera par la troifîéme, d’où il entrera dans la chambre par l’ouverture r, quand il n’y aura que trois cellules * comme
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- Dei Cheminées. Livre III. i#$ comme dans la figure 18. Nous en avôns expliqué les raifons^ dans le chapitre croifiéme de la fécondé par-*ie du premier livre.
- Mais parcequè l’air pourroit quek quefois ne point aflez s'échauffer en ne palïânt que par ces trois cavités*, l’on pourra, comme nous avons déjà dit, en faire cinq, en mettant encore deux languettes, Si les difpofant roui tes , comme l’on Voit' dans la zo* & dans la 30e’figure, & l’air y pafleroit en montant dans* la première, la 3* Sc lay® cellules, & en defcendant dans la z« Sc la 4e > l’on pourroit même faire fept cêllules-' en avançant la grande plaque jufqu’au chambranle , car il fuffit qu’il y ait environ dix pou^ ces de diftance entre chaque langues te pour les^ cheminées ordinaires j mais il n’y en faut pas moinsafin qu’il y puifie palier environ quarante pouces quarrés d-air y lorfqu’elles n’auront'que cet efpace , il fera bon de faire la fécondé celluleun peu plus grande qute la première r & la tf or* uéme plus grande que la fécondé, Sè ainfidefuite«>
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- 18 £ Za Zîecanique du feu.
- Les lignes qui vont en ferpentant dans ces figures 18 & 10, & dans les autres, font fenfiblement voir l’entrée de l’air dans ces cavités, la route, & fa fôrtie.
- Afin que l’air qui doit paffer dans toutes ces cavités, n’entre dans la chambre que lorfqu’on le jugera à propos , & qu’il n’y en entre que ce que l’on voudra, il faudra mettre des portes, des couliffes, ou des bafcules aux endroits R dur, par où il y doit entrer , que l’on ouvrira plus ou moins , félon qu’il fera ne.ceifaire y L’on pourra même le faire entrer par ces endroits, chaud ou froid, ou tempéré au. degré que l?on fouhaitera, comme l’on peut voir, dans-le chapitre neuvième..
- Si l’on vouloir brûler dii bois debout , comme j’ai oui dire que l’on Éaifoit en Suede , l’on pourroit donner à ces cheminées une figure abfo-lumentparabolique, ôc elles feroient d’ufage pour les- endroits où Ton eft: obligé- de. faire de fort: petites cheminées, ou de les faire dans des en-cognures j nous ne croyons pas qu’il
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- Des Cheminées. Livre 111.187 foie neeefïaire de nous étendre davantage fur leur conftru&ion.
- CHAPITRE IV.
- Troifième conftru&ion, où tait nouveau qui entre continuellement dans la chambre, s3échauffe derrière la cheminée, tar" dejfous taire.
- DA n s la precedente conftru-éfcion , l’air ne s’échauffe que-derrière le fond & les côtés de la cheminée ; il peut encore prendre beau--eoup de chaleur en pafïànt par- dèf-fous Pâtre.
- Pour avoir la première piece de* cette troifième conftruétion, l’on po-fera le modèle ( que l’on fiippofera1-dorénavant tracé & coupé ) fur une-plaque de cuivre ou de tôle, un peu* plus longue , & un peu; plus large Fig: % qu’il n’eft 5 l’on marquera première- 1. Ptece*. ment-un trait AUC Mc kaAy tout au- tour dé ce modèle, &' en fuite uni
- d’-sih
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- 18 81 La Mécanique du feu ; fécond à neuf lignes du premier. Comme on le voit ponétué dans la figure : l’on marquera auffi d’un trait Kkj Tl’endroit du cendrier , fi l’on en veut .avoir un, & plus bas" celui du fouflet Z ; l’on vuidera ces deux endroits, & l’on enfoncera le cendrier d’un pouce. Nous donnerons dans le chapitre ioe la conftru&ion de la trape qui doit être mife à cette ouverture Z, pour y fervir de fouflet. Enfin l’on pliera d’équerre en-deflous le long de Aa , le bord qui excede cette ligne , afin dé tenir la piece en état, quand elle fera placée, & l’on aura la première piece.
- JRîg. 9* La fécondé piece fera une plaque
- dé cuivre plané ABEG geba delà* longueur du tour des jambages &'* du fondée la cheminée, c’eft-à-dire ici d’environ fix pieds, ( elle pour-roit n’ctre que d’environ quatre* pieds, & faite de pièces de tôle, ) ôc haute d’environ trois pieds 8c demi ; l’on en repliera d’équerre par le ba&, 8c dés deux côtés quatre à cinq; lignes j .l’on marquera fur chaque cô°^ sédeshauteurs; AB,ab de de ter
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- Des Cheminées. Livre HT. ^ pieds huit pouces chacune , & Ton retranchera les deux petits re&angles BEG, beg> quand cette plaque aura fix pieds de longueur, St couvrira tout le tour du dedans de la cheminée ; l’on mettra au milieu de cette )iece une petite plaque avec Ton chafc îs, comme nous avons dit au chapitre precedent page 178'.
- L’on coupera auffî dè petites plar-ques larges dè cinq'pouees, & hautes lés unes d’environ deux pieds & demi , & les autres de plus d’un pied , comme l’on voit dans la figure iff , pour fervir dè languettes-derrière là-fécondé piece, & dèlïous la première, & l’on aura toutes les pièces qui doivent fervir à faire la cheminée.
- Pour les afiembler l’on tournera là fécondé piece GEBAMabeg fur le modelé A HC Mc h a, que Ton y prefentera, de maniéré que fon milieu
- réponde au milieu Ai dè là fécondé piece, enfuite l’on pofera, & l’on arrêtera ce modèle fur le trait AUC Ai ch a de là première piece 5 Fon pofera là fécondé fur cette première tout au tour, du modèle , faifant eu
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- 190 La Mécanique du feu, forte qu’elle y appuyé par tout, & que fa concavité réponde parfaitement à la convexité du modèle» Comme ce qui eft plié par en bas: le long de la ligne A C Mc a, n’a que quatre à cinq lignes de largeur , & que ce qui excede le trait du modèle for la première piece , en a neuf, il en reftera encore environ cinq, on les repliera par-defïus la courbure de la fécondé piece, & l?on mettra des rivets de diftance en diftanee, & ces-deux pièces feront folidement arrêtées l’une fur l’autre, & ne laiffëront entr’eiles aucun palfage à l’air ni à la fumée, ce qu’il faut avoir grand foin d’éviter j ainfi quand ces pièces feront de feuilles de tôle auemblées il faudra faire mettre les rivets fort près les uns des autres $ &c quand elles feront de cuivre, il fera encore mieux de les faire fouder à la foudure forte,. du moins celles qui feront la fécondé piece, elle en fera beaucoup plus pro*
- pre- .
- *'*£• *9' Enfin l’on attachera d’équerre derrière la fécondé piece de chaque côté du milieu ^, deux languettes larges
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- Des Cheminées. Z ivre III, 191 de cinq pouces , dont les deux plus proche de M en foient éloignées au moins de cinq pouces, & les deux autres de 15, afin, qu’il y ait au moins dix pouces entre chacune j l’on en attachera autant fous la. première piece qui fera l’âtre, & qui joindront les autres par en bas en forme d’équerre. La première ni la troifiéme n’iront point jufqu’à la ligne A a de l’extrémité de l’âtre , ni la fécondé &; la quatrième jufqu’au haut de là fécondé pièce, il s’en faudra au moins dix pouces , comme l’on voit; dans la figure if. Si l’on veut augmenter la route de l’air pour qu’il s’échauffe davantage, l’on ajoutera encore deux: languettes, afin d’avoir cinq cellules, tomme dans la figure zi ; l’on pour-roit même en avoir fept fi l’on fou-haitoit;.
- L’on peut pofer les languettes de deffous l’âtre parallèles au fond de la cheminée, $£ tirées d’un jambage à; l’autre , comme dans les figures iz,, 23 & 14*
- L’on peut aufli donner la même difpofition à celles, de la plaque qui
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- roi JLa Mécanique du feu. doit faire le tour de la cheminee en dedans , 8c les mettre horizontales & couchées, comme dans la figure zi,, fur tout fi L’on veut laiflèr les jambages parallèles entr’eux,' & le fond en ligne droite & perpendiculaire aux jambages , comme dans les cheminées ordinaires : mais quand elles ont le tour que nous leur donnons, ou que les eoiiïS’font feulement arrondis , il y auroit un peu plus" dè difficulté à attacher les languettes, fi on leur faifoit faire le tour des coins ; ce n’eft pourtantpas cette difficulté qui nous les a fait pofèr toujours perpendiculaires', car on peut ne les attacher que le long des 2z pouces , que nous taillons en ligne droite dans le fond : mais e’eft que dans la fituation perpendiculaire l’air y fait une partie de fa route en defcendant, comme l’on voit dans les' figures 18,19 9 % o, &c. 8e ainfi pafTe moins vite, ôc s’y peut par confequent échauffer davantage que dans l’autre fituation, en ne faifànt que la même longueur de chemin:
- Quoique touterces differentes dik
- positions
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- Des Cheminées. Livre 11J. 195
- portions de languettes loient également faciles à comprendre } en jcc-tant feulement les yeux fur les figures ; cependant les ouvriers feront bien de ne s’appliquer d’abord qu’à une feule , comme à cel le du chapitre precedent, qui eft la plus fimple, jufqu’à ce qu’ils fe la foient rendue familière , & tâcher enfui ce de bien comprendre la maniéré de la pofer ; & avant que de les executer, il fera bon qu’ils en falTent,'ou en falfent faire un modèle, il luffira qu’il foit de carte.
- Maniéré de -pofer la troifcme confiruBion de cheminée.
- Quand on aura fait le chemin à l’air de dehors , comme nous l’avons expliqué dans le chapitre precedent, page 180 , &c creufé dans le fond de la cheminée le long du trait que l’on y aura marqué avec le modèle, comme nous l’avons déjà explique, pages 181 & 181, l’on creufera auffi fous l’âtre quatre pouces de profondeur, & l’on y fera des tranchées pour y
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- 194 Mécanique du feu. faire entrer les languettes j 8c de l’endroit par où l’air de dehors entrera fous l’âtre, l’on fera un petit canal HiZ , qui aboutidè à la cavité, où doit répondre le fouflet Zquand la cheminée fera en place.
- Ces profondeurs dans le fond de la cheminée, 8c dans l’âtre ainfi dif-pofées , l’on y placera la cheminée de la maniéré que nous avons enfeigné à la page 183.
- Tlgé 19. Lorfque la cheminée fera pofée 21 & 22. 8c fcellée , & que l’on aura conduit l’air de dehors jufqu’à l’ouverture D* & il entrera dans les cavités, 8c y fera le chemin que marque les lignes qui vont en ferpentant dans les figures 19, ai 8c zi, félon les difpofitions que l’on aura données aux languettes du derrière du fond de la cheminée f 8c de delïous l’âtre.
- Ce que nous avons dit de l’ouverture R ou ra pour la conftru&ion precedente , page 186, fe doit auffi entendre de celle-ci.
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- Des Cheminées. Livre 11 J. r^y
- CHAPITRE V.
- Quatrième conftrutlion 3 ou 1 air nouveau entre continuellement dans la chambre , & s'échauffe derrière la cheminée , par-def-fous l'atre, & dejjous la tablette.
- OU t r. e la chaleur que l’air prend derrière le fond de I4cheminée,
- & deiTous l’atre, il en peut encore prendre Confîderablement en paflànt par-deffôus la tablette.
- Les deux premières pièces pour _ cette quatrième conftrudion fe tra- Première ceront, fe couperont, 8c s’affemble- dripïeee. ront comme celles de la precedente conftrudion, & de la maniéré que nous avons expliqué dans le chapitre precedent , page 1S7 & fuivahtes: mais il ne faudra mettre que quatre languettes derrière la fécondé piece,
- & difpofées de la maniéré que le marquent les lignes ponduées HI, CX, ex. hu
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- ^ IÇCG*
- Za Muanicfue. du feu.
- Pour avoir la troiliéme piece, Ton mettra le modèle AHCcha fur une plaque de cuivre , ou de tôle B Ggb, qui excedera d’environ (Ix lignes le bord A a y l’on tirera le long de A H un trait B E égal à B E de la fécondé piece, 8c un autre be, qui lui foit égal, de l’autre côté le long de a h j des points E 8c e l’on élevera deux lignes d’équerre EG, e g fur la ligne Eey égales aux lignes EG, e g de la fécondé piece j l’on tirera une ligne de G à g, 8c une autre de B à b, 8c l’on coupera cette piece à fix lignes du trait GEBbegy 8c on la pliera d’équerre le long de la ligne E e ; l’on pliera auffi en-delfus ce qui excede le trait B b, 8c en delfous ce qui excede les lignes G EB, geb,
- Les deux premières pièces, étant af-femblées, l’on attachera fur les vui-des B EG 3 beg de la fécondé , cette troifiéme dont les bords BEG y beg repliés, ferviront à la clouer le long de B EG y beg.
- L’on pourroit avec une autre piece aufli en équerre , mais feulement de fer blanc ou de (impie tôle fort
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- Des Cheminées. Livre 111.197
- mince, fermer le devant &c le deflus de cette troifiéme piece, 5c les attacher enfemble avec quelques rivet3 pour en faire un petit canal j 5c l’on pourroit enfuite plus facilement couvrir de plâtre le devant 5c le deflus de ce canal, il en feroit même plus folide, 5c l’air qui y doit paiTer s’y échauffèroit davantage.
- Maniéré de pofèr la quatrième confiruciion de cheminée.
- L’on creufera les profondeurs dans le fond de la cheminée 5c dans l’âtre, comme nous avons marqué dans le chapitre precedent, pour la precedente conftruéfcion ; 5c de plus l’on ôtera tout ce qu’il y a de folide derrière la traverfe du chambranle pour faire place au canal qui doit occuper cet efpace , 5c l’on pofera la cheminée de la maniéré , 5c avec les pré- l7 cautions que nous avons auffi. marquées dans le chapitre precedent, l’on remettra la traverfe du cham-branle (î on l’avoit ôtée, & l’on pofera la tablette delïus j l’on conduira i’air
- Riij
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- % T7*
- 198 Mécanique du feu. de dehors jufqu’à l’ouverture D, d’où il paflera dans toutes les cavités, & y tiendra la route que marque la ligne qui va en ferpentant, c’eft-à-dire qu’il montera d’abord dans la cavité HCXIt d’où il entrera par G QJL dans le canal qui fera au-defîous de la tablette, 8c derrière la traverfe du chambranle, ( & que l’on a ôté dans la figure pour mieux faire voir toute la route de l’air, ) 8c y paflera de SEBL, jufqu’à sebl; il en fortira par geej, defcendra par ihc, paflera par-deflous l’âtre , 8c montera par Ce dans la cavité cCXx du milieu, d’où il fortira par l’une des deux ouvertures Æ ou r que l’on aura laiflee, ou par toutes les deux enfemble ; l’on y mettra de petites portes pour en regler la quantité, 8c quelqu’une des petites machines que nous expliquerons dans le chapitre neuvième , fi l’on veut le temperer au degré que l’on fouhaitera.
- Ceux qui voudront encore augmenter l’effet de cette cheminée, il leur fera facile, fur tout quand elle eft grande , en augmentant le che-
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- Des Cheminées. Livre 111. iyp min qu’y fait l’air ; il ne faudra que mettre dans les efpaces C ui 3ca deux languettes au lieu d’une, 6c lailïer l’efpace de quatre pouces vuide tout autour de la cheminée jufqu’au chambranle, ÔC l’on aura fept cavités au tour de la cheminée, & de plus celles de deffous la tablette , & de delfous l’âtre , que l’on pourra encore partager , par où l’air paflera & s’échauffera.
- L’on pourroit même encore plus augmenter la chaleur de cet air, en ajoutant à cette quatrième conftru-éfcion la cinquième que nous donnerons : mais tout cela rend la cheminée plus compofée, & de plus de dépende ; 6c elle en demande déjà aflfez, & rend autant de chaleur qu’il le faut, en la faifant telle que nous l’avons d’abord expliquée $ la conftru&ion fuivante n’en rend pas moins , 6c eft beaucoup plus fimple.
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- 200 La Mécanique du feu.
- CHAPITRE VI.
- Cinquième conflruHion plus fim-ple que les precedentes , où l'air ne paffe que par le derrière du fond de la cheminée, & s'y échauffé plus vite que dans les< autres confirufiions.
- NOus avons .demandé pour la precedente conftruétion que les pièces fiifîent de cuivre, cependant l'on pourroit les faire de tôle j mais il feroit difficile de leur donner beaucoup de juftefle ôc de propreté , fur JFjg. tout à la grande plaque AB Goba *, de fi grandes pièces de fer ne fe manient ôc ne fe travaillent pas aifé-ment, quand il les faut faire d’autant de morceaux qu’il feroit necef-faire *, car l’on ne trouve pas de lame de tôle de la grandeur de celles de cuivre , ni même qui en approchent , & fi l’on vouloir joindre avec quelque propreté, & quelque juftelle le nombre qu’il en faudroit a(Tem-
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- Des Cheminées. Livre XI1. loi
- bler, l’ouvrage coûteroit prefque autant en fer qu’en cuivre, & ne feroit jamais fi bien.
- I! n’en eft pas de même de cette cinquième conftru&ion , on peut la faire entièrement de tôle, & elle n’aura pas moins de propreté & de ju-ftefte que fi elle étoit de cuivre , & elle fera beaucoup plus folide& plus de durée ; car l’on peut trouver des pièces de tôle plus épaiffes que ne font ordinairement celles de cuivre, & elles refiftent beaucoup davantage au feu.
- Il n’eft point necefïaire dans cette conftrudion d’avoir aucune cavité fous l’âtre , ni dans les côtés de la cheminée, ni par confequent de les revêtir, fi l’on ne veut, de cuivre ou de tôle j l’on n’a pas befoin non plus de canal fous la tablette.
- Pour donner à l’air qui vient de dehors toute la chaleur dont il a befoin pour échauffer la chambre, il ne faut dans le fond de la cheminée qu’une efpece de boëte ou caiffe feparée en-dedans par quelques languettes, qui y forment trois ou cinq cellules,
- Fig. zj,
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- zoi La Mécanique du feu. qui ayent communication Tune avec l’autre, & qui faflent une efpece de canal recourbé en plufieurs endroits.
- Afin que les Ouvriers pu-ilTent plus facilement comprendre, Sc exécuter cette petite machine, l’on en va décrire chaque piece en particulier, ÔC donner le moyen de les aÆèmbler, comme l’on a fait dans les conftru-éfcions precedentes.
- La première piece fera une plaque CXxc de tôle forte , haute de trois pieds, ou trois pieds ôc demi, & large au moins de deux, faite de deux pièces aflemblées ( car l’on n’en trouve pas de cette grandeur ) & divifée en deux endroits, comme l’on voit dans la première piece de la figure 28 , où les lignes ponctuées , comme dans toutes les autres pièces , tirées le long des traits noirs, marquent ce qui en doit fervir pour les aflem-bler.
- La fécondé, troifiéme, quatrième ôc cinquième pièces CG g , Efe, LHh, Mmxt font quatre petites plaques chacune de deux pieds trois pouces de longueur, ( fi la première
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- Des Cheminées. Livre 111. 203
- n’di que de trois pieds , ) ôc de cinq pouces de largeur, non compris ce qu’il en faudra plier pour les aflfem-bler , marqué par les lignes ponctuées ; on les attachera d’équerre fur la première piece le long des lignes CG , fE, LH, Mx, de maniéré que les lettres de l’une répondent aux mêmes lettres de l’autre ; il 11e fera pas necellaire qu’elles foient de tôle forte, non plus que la piece fuivante.
- Enfin la fixiéme piece fera une plaque CgXxmc, longue de trois pieds neuf pouces, & large de deux pieds, fes extrémités'Ce, Xx feront attachées aux deux extrémités Ce, Xx de la première piece , & aux autres pièces dans les endroits qu’elle les touchera : mais il 11e faudra d’abord attacher à la première piece que la fécondé & la troifiéme, enfuitc la fi-xiéme , & puis la quatrième , 5c la cinquième, afin que les unes n’empêchent point de clouer les autres ; toutes ces pièces ainfiaflemblées formeront la caille C g Xxmc, que nous demandons pour cette fixiéme con-ftru&ion.
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- rig.iz. i. *iecç.
- Fi£. 30.
- 204 La Mécanique du feu.
- Les languettes &r les cellules qui font ici perpendiculaires, pourroient être horizontales, ou couchées ; nous avons die dans le chapitre 4* page 192, pourquoi nous &e ieur donnons pas cette fituaticn.
- L’on pourvoit faire la plaque de devant de czzzc c.idTe de trois pieds & quelques pouces de largeur ; Ôc en y üifpofant les languettes , comme nous venons de dire, il reftera de chaque côté la.largeur de CH, ch d’environ 7 à 8 pouces •, l’on attachera à leurs extrémités dans toute leur hauteur deux petites languettes ou bandes larges feulement d’un pouce, ou bien on en repliera un pouce pour les tenir en état, 8c les mieux fceller en pofant la cai'fie, & elles ferviront à former encore deux cellules, comme l’on verra dans la maniéré de la placer, & par confequent à échauffer davantage l’air qui pafleira dans la cailfe j car y parcourant un plus long chemin , il fera plus long-tems entouré de chaleur.
- L’on peut, fi l’on veut, couler cette eaifiè en fonie, en la faifant de deux
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- Des,Cheminées. Livre 111. 2oÿ
- pièces que l’on joindroit enfuite avec des vis & des écrous ; les languettes pourraient fe faire avec l’une des deux pièces.
- L’on peut aufli faire de fonte les pièces de la deuxième Sc troiliénae conftruétion, fur tout quand on n’y fera que trois cellules, quoiqu’on les continue par-delïous l’âtre qui feroit une de ces pièces , Sc la plaque du fond l’autre ; les languettes fe fe-roient en même tems de la même matière.
- Maniéré de fofer la caiffe four la cinquième conftruBion
- de cheminée.
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- L’on prefentera premièrement le Snodele ACca fur l’âtre, pour tirer le trait ACca, & marquer le cendrier KTtk, 6c l’endroit du fou-flet Z : enfuite l’on creufera dans le mur, CNn c d’environ cinq pouces de la largeur, Sc de la hauteur de la cailfe *, ou fi l’on ne peut pas creufer dans le mur, l’on avancera les jambages , (i la cheminée n’eft pas alfez
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- 206 Za Mécanique du feu. profonde, afin d’avoir derrière le fond Ce de la cheminée , une cavité C Nn c profonde d’environ cinq pouces ; l’on çreufera aufli dans l’âcre le cendrier IÙTt ^.d’environ deux pouces de profondeur, jufqu’au fond Nn de la cavité que l’on aura faite pour la caiffè j l’on conduira par-defïous l’âtre un petit canal HZ, de l’endroit où vient l’air de dehors , pour le faire pafTer dans la cavité Z, qui fera au-deffous du fouflet \ enfuite l’on placera la caillé dans la cavité que l’on aura faite au fond de la cheminée, de maniéré que le defïous Ce foit élevé d’environ deux pouces au-deffus de l’âtre j & qu’il refte un efpace de quatre ou cinq lignes vuide derrière la caiflè jufqu’au haut, comme l’on yoit dans la figure 31, afin que l’air, la fumée & la chaleur y puiflènt paflèr, Wig. 3 O. & fortir au - deffiis de X x, où on laiffera quelques petites ouvertures V.y.V j l’on ficellera tout au tour, excepté en bas, cette piece ainfi po-fée, qui ne doit point exceder la ligne Ce marquée fur l’âtre jl’on remplira les côtés de la cheminée le long
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- du trait AHCcha, afin qu’elle ait la figure du modèle ,• l’on ficellera au-deflus de la cavité Z, le fiouflet, dont nous donnons la conftrudfcion dans le chapitre dixiéme , & cette cheminée fiera finie , fi l’on n’y veut que trois cellules : mais fi l’on a fait le devant de la caifTe de la largeur de A Ce h y afin d’avoir cinq cellules j Fig.. 2.8, l’on creufera aufli dans le mur les cavités H PNC y hp ne \ Ton donnera Fig,. 19. à cette plaque la figure du modèle , depuis H jufiqu’à h , & l’on pofiera Fig, 30.
- la derniere languette de chaque côté avec la portion excedente C H, c h de la plaque, & la furface HVN ,hpn du mur , formeront les deux autres cellules, derrière lefiquelles la chaleur ne paflèra point, mais feulement derrière les trois autres.
- Cette cheminée étant pofiée Bc ficel-lée, l’air que l’on fera venir de dehors, comme on l’a expliqué au chapitre troifiéme, page 180, étant parvenu jufiqu’à cM, entrera dans tou- Fig. 3© tes les cellules de la caifTe LH EFG,
- & fortira par G X, pour entrer dans
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- 208 La Mécanique du feu. la chambre par R} iorfqu’il n’y aura que trois cellules à la caille : mais quand il y en aura cinq, l’air de dehors entrant par D y , palTera par G , £, H, M , pour entrer dans la chambre par r, comme le fait fenfi-blement voir la ligne qui va en fer-pentant ; on le peut faire entrer par l’autre coté R, & même par tous les deux en même tems ,j II l’on veut qu’il entre aulïi de l’air froid par r, il faudra conduire cet air depuis le fouflet jufqu’à^^, ôc de-là jufqu’à l’ouverture r, les lignes ponctuées marquent ce chemin dans la figure 30,
- L’on fera enforte autant que l’on pourra, que l’air qui vient de dehors, ne donne point immédiatement, & directement fur l’ouverture de la caif-fe par où il y entre, fur tout quand elle n’a que trois cellules , mais qu’il falïè quelque détour auparavant.
- Quoique l’air ne fatfe pas ici tant de chemin derrière la cheminée, que dans les conftrudions precedentes, cependant il ne s’y échauffe pas moins que dans la quatrième, 8c plus que dans la fécondé Ccd a troifiéme ., par-
- ceque
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- Des Cheminées. Livre 111.10^
- ceque la chaleur qui pâlie par derrière la caille , réchauffe de ce côté, & la flamme & le charbon du feu par-devant ; de comme les languettes tiennent à ces deux côtés, elles s’échauffent aufli en même tems ; ainfl l’air qui dans les autres conftruétions ne s’échauffe que par-devant, s’échauffe ici de tous les côtés , & pâlie comme dans un canal tout entouré de chaleur $ & fuppofé que dans les autres conftru&ions il refte quatre ou huit inftants à parcourir tout le chemin qu’il fait en s’échauffant -, s’il n’en eft dans celle-ci que la moitié, il s’échauffe deux ou trois fois plus en chaque inftant j ainfl il peut ici en deujc acquérir autant de chaleur qu’il fait dans les autres conftruétions en quatre ou en fix.
- Si à cette conftruébion l’on veut ajouter une cavité au-deffous de’l’âtre, comme dans la troifléme & la quatrième , & y faire d’abord palier l’air qui vient de dehors ^ & de-là dans la caille ,.l’on augmentera fon effet : on l’augmentera encore, de l’on rendra la cheminée plus propre, fi l’onreyêt
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- zio La Mécanique du feu. les côtés de cuivre mince, ou de petite tôle,-ou feulement de fer blanc.
- Pour faire entrer de l’air froid, & le temperer, quand on le fouhaite-ra, l’on fe fervira de quelqu’un des moyens que l’on donne dans le chapitre neuvième.
- Cette cinquième conftruètion effc fi fimple , fi commode , fi facile, ôc de fi peu de dépenfe , qu’il y a apparence qu’elle deviendra ia plus commune $ c’eft celle dont je me fers à prefent.
- CHAPITRE VII.
- Sixième confimèlion four les cheminées qui nef cuvent avoir de cavité derrière le contrecœur.
- ÎL y ardes cheminées dans lefquelles on ne peut prendre d’efpace dans le mur du fond , foit parcequ’il eft mitoyen , & que le voifin ne le veut pas permettre , foit parcequ’il y a dedans un autre tuyau qui n’eft fermé que par une languette de brique
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- Des Cheminées. Livre 111. 2 U
- d’environ quatre pouces d’épailïèur,
- & que d’ailleurs on ne peut pas les avancer dans la chambre, ou qu’elles ne font point aflfez profondes pour avoir les cavités nécelïaires derrière la plaque.
- Dans ce cas il faut prendre ces cavités feulement dans les jambages,
- & fous l’âtre , & faire le canal de defl'ous la tablette , fi l’on veut. On fuppofe que l’on a vu les conftru-éfcions precedentes, ainfi l’on ne répété point ce que l’on y a déjà dit.
- Il ne fera point necefiàire pour cette fixiéme conftru&ion de faire le tour du dedans de la cheminée d’une feule piece, comme dansdes precedentes, Tig. 2$. l’on pourra lailfer le contre-cœur ordinaire , & donner aux deux jambages le tour du modèle ; revêtir ces deux côtés depuis le contre-cœur Ce juf-qu’au chambranle A a de cuivre , ou de tôle, & lailTer derrière un efpace vuide de quatre pouces de profondeur , & les divifer chacun en deux par les languettes HI,hi, 8c divifer de même en deux par une autre languette H h, le delfous de l’âtre
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- Kg. 24.
- 111 La Mécanique du feu. que Ton aura auflï creufé d’environ quatre pouces.
- Supposons maintenant que l’air commence à entrer dans les cavités par D A H , 8c pafle par”- deflbus l’âtre dans AH ha, il en fortira par ah, montera dans habi, redefcendra par ihc, s’il n’y a point de canal fous la tablette, 8c entrera dans la fécondé cavité chHC de dcfîous l’âtre, montera en HCX, d’où il fortira pour entrer dans la chambre par R, après s’être échauffé dans toutes ces cavités.
- . Mais s’il y a un canal fous la tablette, l’air après avoir paffé de D par les cavités H A ah , habi, entrera par i g ef dans le canal be s ,S E B de deflous la tablette, en redefcendra par IXC H, ponr paffer dans la fécondé cavité HCch de deffous l’âtre, pour monter en ehx, 8c enluite entrer d'ans la chambre par r\ l’elpa-ce AHÎB étant inutile, on peut le lailïèr plein.
- L’on voit que cette fixiéme con-flruétion,ne différé de la deuxième, troiûéme, ou quatrième, que duplns
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- Des Cheminées. Livre III. 215 ou du moins , 8c qu’en les combinant toutes, & prenant ce que l’on jugera à propos de l’une 8c de l’autre, félon les difpofïtions , les fituations , les grandeurs des lieux , l’on en pourra avoir plulîeurs autres differentes qui auront toutes les mêmes effets, quoique dans des degrés differens ; ce qui dépend du genie & de l’intelligence de ceux qui les feront executeF félon les endroits où il les faudra placer, 8c ladépenfe que l’on voudra faire.
- L’air fe temperera dans cette ft-xiéme conflruétion, comme dans les autres.
- CHAPITRE VIII.
- Septième conjlruRion pour les cheminées des grandes faites t & des chauffoirs.
- LE s conftruéUons que nous avons données dans les chapitres pre-cedens , ne font que pour les cheminées des chambres ordinaires, ou des cabinets : mais pour les grandes
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- 214 La Mécanique du feu. falles Sc les chaufFoirs des communautés , il faut changer quelque chofe à nos proportions. Dans les grandes cheminées de ces vaftes endroits, l’on y brûle ordinairement, Sc l’on y doit en effet brûler le bois entier, fur tout ici, à Paris, où les bûches n’ont que trois pieds huit pouces; ainfi afin qu’elles puifient entrer juf-qu’au fond de la cheminée fans les fcier, il faut pour faire le modèle Fi£-7- AHCcha, premièrement prendre la diftance Ce du fond de la cheminée de trois pieds huit pouces*, Sc la ligne A a de fept pieds, ou un peu plus ou moins ; nous la fuppo-fons ici de cette grandeur qui doit déterminer l’ouverture de la cheminée par- devant, Sc du chambranle ; faire la lis;ne A B . Sc a b de deux pieds, qui doit regler la profondeur de la cheminée , & CG, cg de cinq pouces chacune ; tirer les lignes A G, a g, Sc prendre GH, g b, chacune de fept pouces , joindre les deux •points C Sc H par une portion de cercle , dont on trouvera le centre Sc le layon de la maniéré que nous
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- "Des Cheminées. Livre 111, 215
- l’avons enfeigné au chapitre premier,
- & l’on aura en AHCeha, le trait du modèle pour ces grandes cheminées ; ou Ci Ton aime mieux faire les Fig. g* deux côtés paraboliques, Ton fe fer-vira de la méthode que nous en avons donnée au même chapitre premier fuppofant les deux lignes CD ,cd di-ftantes de trois pieds huit pouces, 8c les points A a éloignés d’environ fept pieds ; 8c l’on fe fervira de l’une des eonftru&ions precedentes pour faire la cheminée avec l’un de ces deux modèles > les conftruébions les plus fimples feront toujours fufïifantes pour ces grandes cheminées, parce-que la cavité du fond fe trouvant plus haute, 8c plus longue que dans les cheminées ordinaires, elle contiendra une grande quantité d’air, dont il ne fortira à chaque inftant, qu’une petite partie, ainfi il y en reliera toujours beaucoup de chaud , avec lequel fe mêlera, 8c s’échauffera celui qui entrerera de nouveau ; outre que le feu y étant pi us étendu 8c plus grand, il y échauffera par con-fequent davantage l’air de cette ca-
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- 21G La Mécanique du feu. vité qu’il faudra faire d’environ cinq pouces de profondeur, & laifler àfon entrée, & à fà iortie, Ôc à tous les endroits par où l’air pafiera une ouverture d’environ quatre-vingts-pouces quarrés.
- Lorfque l’on fera ces cheminées pour les grandes communautés , l’on pourra , quand il fera commode, les faire dans le milieu de la chambre, ou de la falle , & en mettre deux , fi l’on veut, ou s’il eft neceffaire, adof-fées l’une à l’autre, afin que plus de perfonnes puiflent voir le feu. La même cavité dans le fond fuffiroit pour les deux cheminées qui y échauf-feroient l’air, foit que l’on nft le feu dans l’une ou dans l’autre , & plus quand on en feroit dans toutes les deux ; ou fi l’on avoit deux chaufFôirs fcparés par un feul mur , contre lequel fufient placées les deux cheminées , en les fa Tant de la maniéré que l’on vient de dire, l’on pourroit, en n’allumant du feu que dans l’une ou dans l’autre , échauffer les deux endroits , en lai fiant une ouverture dans chacune pour laifler entrer l’air chaud»
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- Des Cheminées. livre 111.117
- chaud , cantôc dans l'une , & tantôt dans l’autre , ou dans les deux en-femble , & une partie de la communauté pourroit refter dans celui où fè-roit le feu,& le refte dans T autre, félon qu’il conviendroit à chacun de. voir le féu, & de s’en approcher, ou de fe tenir chaudement fans le voir.
- Dans les appartenons ordinaires, lorfque l’on a des cheminées ainfi adoflées , l’on peut auffi entre les deux contre-cœurs faire une feule cavité divifée en cellules, ôc en faifant du feu dans celle que l’on jugera à propos de ces deux chambres , les échauffer toutes deux , comme l’on vient de l’expliquer.
- CHAPITRE IX.
- Des moyens de temperer l'air nouveau qui entre dans la chambre , à tel degré que l'on veut.
- SI l’on veut qu’il entre par les ouvertures ü ou y, tantôt de l’air 18 chaud, tantôt de l’air froid, & quel- ôc
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- ïiS La Mécanique du feu. quefois de tous les deux enfemble, afin de le temperer au degré que l’on voudra, & d’augmenter ainfi, ou diminuer la chaleur d’une chambre , fans augmenter , ni diminuer le feu ; il faudra que proche de l’ouverture iJour, par où entre l’air chaud dans la chambre , il y ait une communication avec l’endroit y, par où vient l’air directement de dehors , avant que de pafiTer par les cavités où il s’échauffe , & faire enforte que ce qui ouvre l’entrée à l’air chaud, la ferme à l’air froid, & réciproquement, ou qu’il ferme tantôt l’une, & tantôt l’autre, ou telle partie que l’on voudra de chacune : l’on en peut trouver plufieurs moyens, en voici quelques-uns fort fimples , & fort faciles.
- Fie. io, L’on aura deux cilindres creux, *1, H, 17. comme deux boctes rondes, ou deux tambours qui tourneront Pun dans l’autre , & dont le diamètre du plus grand fera d’environ un pied, & la hauteur de neuf pouces j l’on y fera les trois ouvertures gl^mn, dp, chacune de cinq pouces de largeur , ÔC de huit pouces de hauteur ; l’efpace
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- Des Cheminées. Xivre 111. 219 lm, de fix pouces de largeur, reliera plein , aufîi-bien que nd, de deux pouces, & le relie p g j dans le petit tambour on laiftèra q e ouvert de fix pouces de largeur j bc8c qy pleins de lix pouces chacun, 8c le relie y b ouvert de huit pouces de hauteur j on lailïèra entre n 8c d une petite avance qui puilïe entrer dans l’ouverture q c, afin que le petit cilindre en tournant, s’arrête lorfque les points à ou c le toucheront.
- Pour placer ce double cilindre, l’on pi* pofera l’ouverture n m, vis à vis l’en- t7 droit par où fort l’air chaud des cavités de derrière la cheminée -, pdt vis à vis l’endroit par où vient l’air froid, & gl, vis avis celui par où l’air doit entrer dans la chambre, comme l’on peut voir dans les figures \6, 17 & 30 5 8c quand y q fera vis à vis de p d, l’air chaud feulement , ou celui qui a palfé dans toutes les cavités de la cheminée, entrera dans la chambre : mais II l’on tourne c vis à vis de », il n’y entrera plus que de l’air froid , ou qui vient immédiatement de dehors ; car l’ou-
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- no ta Mécanique du feu. verture m n, par où venoic l’air chaud, fera bouchée ; mais fi l’on ne faifoit avancerjje point c que jufqu’au milieu de l’ouverture n m, la moitié depd.Ce trouveroit ouverte, ainfi il'entreroit dans le cilindre de l’air chaud, & de l’air froid, qui fortiroient en même tems , & mêlés enfemble par l’ouverture gl ; û l’on ne ferme que le tiers de nm, il ne s’ouvrira que le tiers de p d, & ainfi des autres. fig. 6, n, Pour faire tourner le cilindre de 17 & 50. dedans comme l’on veut, il faut au bout 0 de fon axe attacher une efpe-ce d’éguille go, qui forte fur la tablette , s’il fe peut, ou en quelqu’au-tre endroit, & en marquant fur le circuit qu’elle devra faire , pour ouvrir ou fermer les ouvertures des ci-lindres , une portion de cercle, & quelques degrés dclfus , J’on verra en tournant & pouffant du bout du doigt cette éguille, de combien l’une & l’autre des ouvertures par où pafle l’air chaud & l’air froid, s’ouvriront, ou fe fermeront.
- Si l’on ne laiffoit de plein dans le i0>XÏ* petit cilindre que l’efpaçc cb de U
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- Des Cheminées. Livre 111. m largeur de d m, ou de Ton égale n p 3 loil pourroic fuccefïïvement fermer les trois ouvertures du grand cilin-dre,ou bs laitier toutes trois ouvertes j ou ne lai (fer ouvert dans p d, que ce que l’on en fermeroit dans rim, ëc réciproquement.
- L’on pourroit même retrancher Fig. 11. une partie de ces deux cilindres , 6c ne laifler que pdnrn du grand , &c cb du petit , comme l’on voit dans la ixB figure ; 6c Ton n’auroit pas befom de tant de place pour pofer cette petite machine qui eft auffi jofte, mais plus commode , Sc plus fimple que l’autre ; celles qui fuivent ne le font pas moins, &c ne font faites que de plans droits.
- L’on aftemblera d’équerre deux Fig. 15, petits chafits pd> n m, dont la lar- 14. geur de l’ouverture pd, nm de chacun , fera de cinq pouces , & la hauteur qui eft reprefentée dans la 14.® figure, fera de huit pouces ; fur l’angle de l’équerre l’on attachera un volet cb, qui puilîe alternativement fermer ces deux chaffis, que l’on placera de maniéré que l’une des ou-
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- 112 La Mécanique du feu.
- vertures réponde à l’endroit par où vient l’air de derrière la cheminée , ôc l’autre à celui par où il vient immédiatement de dehors, comme l’on voit dans la 16e figure i &*pour ouvrir ôc fermer commodément, ôc même laitier ouvert à la diftance que l’on voudra, ce volet, il faudra y attacher à l’une des extrémités, fur lef-quelles il tournera, un petit effieu au lieu de charnière, au bout duquel Ton mettra aufii un efpece d’éguille que l’on conduira à l’endroit où il. fera plus facile de la faire jouer j ÔC Ôc comme elle devroit faire un quart de cercle pour faire aller le volet de l’un à l’autre chaffis,ce qui demande-roit un grand efpace quand l’éguille feroit longue, comme l’on pourroit quelquefois être obligé de la faire ; l’on pourroit en ce cas mettre au bout de l’eflïeu un petit pignon, dans lequel engreneroit une roue de la grandeur que l’on jugeroit à propos, ou feulement une portion qui feroit faire le quart de cercle au volet, en ne parcourant qu’un petit efpace, ôc fervi-roit à connoître combien il feroit c*
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- Des Cheminées. Livre 111. 115 loigné de l’une & de l’autre des ouvertures du chaffis , 8c par confe-quenr quel air, chaud ou froid , en-treroit dans la chambre, 8c combien de chacun.
- Au lieu d’un feul .volet cb, l’on en pourroit mettre un à chaque chaffis, 3c les faire ouvrir , foit en dedans, foit en dehors ; en les attachant en-femble, à mefure que i’un s’ouvri-rôit, l’autre fe fermeroit, & en les détachant ils pourroient refter tous les deux entièrement ouverts, ou fermés.
- Si les deux ouvertures par oà l’air chaud, & l’air froid doivent fortir, ctoient dans un même plan, un feul chaffis fuffiroit , dans lequel il y au-roit une feule couliffe , large de (ix pouces, 3c longue de huit, qui fer-viroit à ouvrir tantôt l’une, 8c tantôt l’autre des deux ouvertures que l’on y lailferoit, ou partie de l’une, 3c partie de l'autre, 8c qui les laifle-roit auffi toutes deux ouvertes quand l’on voudroijt , il eft facile de voir comment.
- Tiiij
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- 224 La Mécanique du feu*
- CHAPITRE X.
- De la conflrti&ion du fçuflet.
- LE fouflet dont nous avons expliqué les ufages dans les livres pre* cedens , eft une machine auffi fîmple qu’elle eft commode. Dans un petit chaflïs de tôle ou de cuivre , dont l’ouverture Toit d’environ trois pou-JIg. 6. ces de longueur, & de deux pouces , 17,30. 8c demi de largeur, ou dans une ouverture de pareille grandeur , de la plaque de l’âtre quand il y en a une, l’on attacheraavec une charnière une petite trape Z, qui ferme jufte ; 3c au lieu de mettre un battement, ou une feuillure au chaflïs pour retenir cette trape , l’on fera les bords de l’une 8c de l’autre en talus , en cham-frain, en bifeau, afin qu’il ne s’y arrête point de cendre, qui cmpêche-roit la trape de bien fermer ; du côté oppofé à la charnière, l’on mettra un petit bouton pour pouvoir élever cette trape avec les pincettes , & fi l’on veut un petit verrou par-def-fous que l’on fermera , & ouvrira
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- Des Cheminées. Livre. III. 225
- avec le bouton de deflüs qui fervira à la lever ; des deux autres côtés il y aura en-deflous une petite portion de cercle, dont le centre touchera la charnière , afin que le vent ne puifTe forcir que par devant, & vers le feu, quand on lèvera la trape ; Sc afin qu’elle fe tienne ouverte à la hauteur que l’on jugera à propos , félon que l’on voudra plus ou moins de vent, l’on attachera deux petits ref-forts par-deflous le chaffis, qui appuieront chacun fur une des portions de cercle , 8c qui les prederont aC- • fez pour tenir la trape élevée» L’on voit la figure de cette petite trape à côté de la première piece de la ' * figure. Quand l’âtre ne fera point couvert d’une plaque, comme dans les figures 18, 10 8c 30 , l’on attachera &£• *8 quatre petits crampons au- deflous du 10 > 30, chaffis qu’il faudra mettre à la trape , afin de fcellerce fouflet à l’endroit où on le pofera ,.qui fera éloigné de n ou ij pouces du milieu du fond de la cheminée, & au-defïus de la cavité que l’on' aura faite en cet endroit,
- & dans laquelle l’air entrera de dehors par un petit canal comme hz»
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- ti 6 La Mécanique du fea.
- ^pqpqpqpqpqpqpqpqpqpqp
- SECONDE PARTIE.
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- Des conflru&ions du haut des tuyaux des Cheminées , tant four augmenter la chaleur, four empêcher la fumée y que four y éteindre le feu.
- NOus avons déjà parlé dans le deuxième livre, des petites machines que l'on pour roi c ajouter au: haut des tuyaux des cheminées pour lès empêcher de fumer -, mais afin qu’on les puiffe plus facilement exécuter , il faut en marquer plus particulièrement toutes les proportions t, 6c même de chaque piece en particulier.
- Nous avons dit au fit qu’il falloir faire en forte autant qu’il étoit pofli-ble, que les tuyaux ne fufiènt point commandez , c’eft à dire qu’il n’y eût rien de plus élevé , qui en fût proche,, cette précaution eft une des plus necef-faires.il fera bon encore quand on fera
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- Des Cheminées. Livre 111. nj
- les tuyaux , de les placer autant que l’on pourra l’un à côté de l’autreyCom. me on le fait affez ordinairement à prefent, parce que l’on pourra plus facilement y pofer la fécondé des conftru&ions, que nous allons donner , quand elle fera neceffaire.
- CHAPITRE PREMIER.
- De première conjiruSion du haut des tuyaux des cheminées en dehors.
- CEtte première conftruéfcion ne paroîtra pas nouvelle à bien des gens, car il y a beaucoup de cheminées au delfus defquelles il y en a d’à peu près femblables, cependant comme eile n’eft pas auffi univerfelle, ni peut-être auffi regulierement exécutée qu’elle pouroic& qu’elle devroit être, pour avoir tout fon effet } & qu’elle fait même partie de la fécondé conftruéfcion que nous donnerons dans le.Chapitre fuivant, nous femmes obligez de l’expliquer ici.
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- Fig. 14. &
- fig. $1.
- 128 La 'Mécanique du feu.
- Suppofons le tuyau de la cheminée, dont la longueur de louvei-ture, Aa , par en haut , & en dedans , eft de trente pouces , & la largeur A B , de dix ; Ton en fermera deux pouces feulement tout autour , dont on fera defcendre le delfous en talus dans la cheminée, ainfi l’ouverture ne fera plus que de 26 pouces de longueur , & de fix de largeur; l’on djvifera la longueur en CDycd, par deux fepa-rations de quatre pouces chacune , dont le deflous defcendra en angle dans le tuyau, & il reliera trois ouvertures chacune de fix pouces en quarré.
- L’on fera trois piramides tronquées, quanées&creufes* dont les bail s feront de onze à douze pouces en quarré en dedans, &les ouvertures par en haut chacune de cinq à fix pouces en quarré , que l’on divifera en deux par une petite languette de deux ou trois pouces de hauteur, & pofée en dif-ferens fens , comme le montrent les lignes ponctuées dans les piramides A EG D, D IM D, de g a dont la hauteur eft de douze à quinze pou*
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- Des Cheminées. Livre 111. ny ces; l’on pofera & l’on arrêtera ces trois piramides pioche les unes des autres, au delïus des ouvertures A B. CD , DCcd,dcbaàu tuyau de la cheminée , de maniéré que les lettres des bafes répondent aux mêmes lettres des ouvertures, que la ligne# A pofe fur la ligne B A, & ainu des autres ,& l’on aura la première conftru-éfcion , qui fuffirapour la plufpart des cheminées , niais quand elle n’aura pas tout l’effet que l’on fouhaite,l’on y ajoutera la fécondé , ou plûcôt la deuxième partie de la féconde , dont ces piramides font la première.
- Si l’ouverture de la cheminée eft moindre qu’on ne l’a fuppolé,on diminuera les ouvertures des Piramides,& fi elle eft plus grande, on les augmentera , ou bien au lieu de trois on en mettra quatre.
- Ces piramides peuvent être faites de plâtre , ou de terre à potier que l’on fera cuire comme les autres poteries,ou de fer blanc, fur tout quand on y voudra ajouter au defius le chapiteau dont nous allons parler dans le Chapitre fuiyant.
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- % 3 %
- 230 Za Mécanique du feu.
- CHAPITRE H.
- JDe la fécondé confimBion du haut du tuyau des cheminées.
- LEs piramides étant faites 8c po-fées de la maniéré que nous venons de dire dans le Chapitre précèdent s l’on ajoutera deffus le chapiteau dont nous allons décrire chaque piece en particulier.
- La première 8c la féconde piece feront deux planches A H L MO B , 4thlmob , ( toutes les lignes marquées dans ces deux pièces par les .mêmes lettres feront égales , ainfî il TufEtdeles déterminer dans Tune, & quand même on en aura tracé 8c coupé une , l’on pourra couper l’autre deflus ) la largeur A B par en bas fera de treize à quatorze pouces aufli bien que G P i la hauteur A G, ou B P de huit pouces j G Hou P O de fix pouces , aufli bien que HI8c ON j les largeurs H O 8c IN de douze pou-
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- Des Cheminées. Livre II J. 231 ces\I L&c NM chacune de huit pouces , & L M de cinq : Q R S eft un triangle qu il faudra vuider, dont la bafei^S dans la même ligne que IN eft de fix pouces, & les deux côtés Q^R , R S, chacun de fept pouces : A EF B marque l’endroit qui doit répondre vis à vis la face AE F B de la piramide AEG D quand les pièces du chapiteau font aftèmblées & po-fées fur la cheminée.
- Latroifiéme pieceS R Q^efrf, fera une plaque de fer blanc longue de trente ou trente-deux pouces & large de quatorze, que l’on pliera dans le milieu le long de la ligne pon&uée Rr> pour en faire une efpece de goutiere ,
- en couvrant le deft'us.
- La quatrième piece G Llg, & la cinquième P M m p, feront deux autres plaques de fer blanc longues auffi chacune d’environ trente-deux pouces , & larges de vingt, échancrées d'un côté dans leur longueur , comme l’on voit dans les figures , de maniéré que LT, VX,TZ, &t, foient Chacune de 5 pouces,& les lignes TI9
- ou un prifme triangulaire
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- a 3i X* Mécanique du feu.
- / K cfo. chacune de répt pouces : les lignes ponctuées HhJ Oo, n j , marquent les endroits où ces pièces doivent être pliées quand on les clouera fur les deux premières pièces j une de ces pièces étant coupées l’on pourra couper l’autre ddlus j on les fait aufli bien que la troifiéme de fer blanc , plutôt que de tôle ou de fjr noir, par-ceque la pluyea bientôt produit fur le fer une rouille qui le mange en peu de tems.
- Pour allèmblerces cinq pièces,l’on élevera droit & à plomb,les deux premières l’une devant l'autre* & à trente pouces de diftance l’une de l’autre, c’eft à dire à une diftance égale à la longueur de l’ouverture de la cheminée ; dans ces deux pièces l’on attachera la troifiéme par fi s exrrêmicez que l’on fera entrer dans les triangles S , qrf, en la pliant autant qu’il le faudra , l’on y attachera auffi la quatrième & la cinquième pièces,en les pliant autant qu’il fera necefïaire, pour faire appuyer leurs extrêmitez G HIL3 gh il, F ON M, p onm furies bords des deux premières, en
- commençant
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- Des Cheminées. Z ivre 111. 133 commençant depuis G P , gp.
- Toutes ccs pièces étant ainfi aflem-blées, on les pofera au dediis des trois & 33» piramides,enforte que la ligne Rr de la piece qui eft en prifme triangulaire, réponde iur le milieu des ouvertures d’en haüt des trois piramides qu’il n’aura pas été necedàire en ce cas de partager en ces endroits .îles extrêmi-tez AB,ab, des deux premières pièces appuyeront fur les deux cotez AB, a b du. tuyau de la cheminée ; l’on arrêtera & l’on fcellera bien le tout en cette firuation , & l’on aura la deuxième conftruélion.-
- Si l’on ne veut pas faire les deux premières pièces de bois , parce qu’elles pourroient brûler fi le feu prenoic dans la cheminée, & même s’ufer plutôt que l’on ne voudroit, l’on coupera , & l’on taillera feulement une de ces pièces pour lervir de modèle ,afin d’élever une languette de plâtre de même figure de chaque côte de la cheminée au dellus de A B, a b, & d’attacher 3c fceller enluite delïus & dai s le milreu, les troifiéme, quatrième,
- & cinquième pièces de la maniéré
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- 234 dLa Mécanique du feu..
- que nous venons de dire qu’il falloir faire fur la première ôc la deuxième pièces.
- Ec li Ton aime mieux faire auffi ces deux premières pièces de fer blanc , auffi bien que les piramides tronquées, l’on pourra porter la machine toute faite au deffiisde la cheminée , & l’on fera plus fur qu’elle fera bien executée, car il n’y aura aucune difficulté pour la pofer.
- CHAPITRE III.
- De la confiru&ion du dedans dw tuyau des cheminées, pour y éteindre le feu , pour confervcr la chaleur pendant la nuit dans les chambrespour empêcher la fumée de la cheminée voi~ fine d3y entrer ; du couvre-feu..
- LE couvre-feu pour l’éteindre, ou1 tpour. conferver la chaleur peu dantla nuit ,dontl’ufage eft fort conr
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- Des Cheminées. Livre 111. 23 y nu, & les deux bafcules pour fervir à éteindre le feu dans les cheminées, à conferver même la chaleur pendant la nuit dans les chambres , & empêcher la fumée des cheminées voifines d’y entrer ,comme il arrive fouvent lorfque l’on n’a plus de feu , font des machines fi fimples, qu’il femble que ce que nous en avons dit dans le premier livre, eft fuflifant pour en faire facilement comprendre la conftru-éfcion, les maniérés de les executer, 8c les moyens de s’en fervir j cependant afin que les ouvriers les moins intelli-gens n’ayent pas befoin , s’il eft pofïi-ble,de chercher d’autres inftru&ions que celles qu’ils trouveront ici', nous defcendrons encore dans un plus grand détail de ces petites machines que nous n’avons fait dans les endroits où nous en avons déjà parlé.
- Deux plaques de tôle ST t s, ( fig. 25 8c 34 ) N O 0 n ( fig. 16 ) de la longueur & largeur précifement de l’ouverture du tuyau de la cheminée aux endroits où on les pofera, fuffifejas pour la machiné du dedans de la cheminée-
- Vii>
- *1.
- 26& 34.
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- La Mécanique du feu.
- La piemiere plaque STt s fera traverfce au milieu dans fa largeur , d’un petit dîieujp P , donc les deux bouts ou tourillons P p , forciront d’environ un ou deux pouces, & aura deux nlsd’archal VM^um attachez au milieu de ces deux extrêmitez V, v9 afin de la pouvoir mettre dans la fi-tuacion que I on jugera à propos.
- La fécondé plaque NO on aura Fig. lo fes tourillons N, O, ou AT,» à fes deux extrêmitez N, n ou N, O & une petite tringle de fer IH au milieu /, pour la lever ou l’abaifler quand on voudra.
- Pour pofer la première plaque ou Fig. 15 .bafcule S Tt s ,l’on fera dans les deux oh 34. faces du tuyau de la cheminée à environ deux p.eds defon ouverture d’en haut, deux trous P pt vis-à-vis l’un Fig. 24 de l’autre, au milieu de la largeur de 3<». ces deux facesjl’ony mettra deux yeux de fer dans lefquels l’on fera palier les tourillons P & p, & l’on mettra quelque avance dans le dedans de la cheminée, afin que la bafcule puilïè tenir droite ou fermée quand on voudra ; l’on fera defeendre les fils4d‘ar-chal V vm jufqu’au bas de la chg*
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- Des Cheminées. LivreIII. 137
- minée dans la chambre, où on les attachera, afin de s en fervir à fermer &ouvr la bafcule quand il fera ne-
- cellare.
- Au lieu de mettre de petites avances dans les cotez du ti^yau pour tenir la bafcule de niveau & fermée, on pourra la faire un peu plus longue que neft Pouverture de la cheminée , ÔC elle demeureroit ainfifermée, avant qued’êcretoutà fait parallèle à l’ho-rifon ou de niveau. .
- Pour pofer la fécondé trape NO on *?*' l’on fera aufti deux trous dans les deux ** ^ coins du bas du tuyau de la cheminée pour y entrer les deux tourillons N & n, ou N & O y félon la maniéré dont il fera plus commode de l’ouvrir, mais il vaut mieux,s’il fi• peur,qu’elle s’ouvre félon fa longueur NO , & que les deux tourillons (oient aux deux coins N ôc 0,8c qu’étant ouverte elle toit le long du fond de la cheminée, où la retiendra la tringle H/aciochée par le devant en h.
- Quand au couvre feu, que l’on peut faire de cuivie, de tôle ou même de fer blanc, ce fera une bocce fans cou-
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- 23 8 Zrf. Mécanique dufeu.
- vercle, longue de deux pieds , large d’environ dix pouces,. & haute d’environ fix , depuis fon ouverture jusqu'au. fond , avec une poignée par laquelle on puifie commodément la tranfporter $ il importe peu de combien de pièces cette boete Soit faite, mais Ci on la fait de fer blanc , il en faudra attacher les feuilles avec des rivets, &c ne le pas contenter de les fouder , car elles ne dureroient pas: long-tems attachées les unes aux autres.
- Fig. 14. Les deux bafcules étant pofées dans jx & $1. la cheminée, fi le feu vient à y prendre ,. il ne faudra qu’ôter les tifons,, & fermer les deux bafcules , comme l’on a déjà dit, en tirant le fil d’archal M v ( fig. 24 &31 ) de celle d’en haut,, qui Sert à cet ufage, & la tringle 1H, { fig. 51 ) de celle d’en bas , & aufïi-tôt le feu s’éteindra ; il s’éteindroic même fi l’on ne fermoit qu’une de ces bafcules ; mais non pas fi vite, & l’on auroit l’incommodité de la fumée, jufqu’à ce que le feu fut éteint, fi l’on ne fermoit que celle d’en haut ; pour l’éviter l’on pourrait boucher le de-
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- Des Cheminées. Livre 111. 23 vant de la cheminée, & jetter de l'eau fur les tifons, dont la vapeur contri-buerôit à éteindre le feu dans la cheminée j mais il feroit plus commode fi l’on a deux trapes- de les fermer toutes deux.
- Il arrive fouvent, lorfque l’on n’a-point de feu , que la fumée de la cheminée voifine rentre dans celle qui en eft proche ,, il fera facile de l’empêcher en tenant la bafcule d’en haut: fermée.
- L’on peut encore fe fervir de cette bafcule tous les loirs pour empêcher l’air de dehors d’entrer dans la chambre pendant la nuit, &c de la refroidir : mais- il faudra avant que de la fermer , qu’il ne refte dans l’âtre que-du charbon qui 11e fade plus de fumée ,, autrement il faudra boucher le devant de la cheminée,.& laiflertout le tuyau ouvert..
- Si l’on a un couvre-feul’on pourra dans cette occafion s’en fervir pour éteindre tout le. feu de l’âtre, avant que de baiffer la bafcule , il ne faut, pour cela que le pofèr defius ,.de ma* niere qu’il n’entre point d’air par-def-fous.
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- *4° Mécanique du feu,
- L’on fera la même choie lorfque le foir, ou quand on fort, Ton voudra éteindre fon feu j mais lorfque l’on voudra qu’il s’en conferve pendant la. nuit , ou même pendant le jour , il faudra couvrir de cendre ce qu’il y a de charbon & de petits tifons allumés , mettre délias ce qui refte de bois, 8c enfuice couvrir le tout du couvre-feu ,& faire enforte qu’il puilîè par quelque endroit de delTous entrer un peu d’air, 8c le feu, fans prefque fe confumer , fe confervera tics-long tems,& entretiendra les tifons chauds, qu’il fera encore plus facile de rallumer qu md on voudra j mais il n’aura point fallu en ce cas bailler de bafcu-les, ce fera le devant de la cheminée qu’il faudra fermer, quand on ne voudra pas qu’il forte d’air chaud, ni qu’il en entre de froid.
- TROISIE’MÇ
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- Des Cheminées. Livre 111. 241
- TROISIEME PARTIE.
- Des ufages & des effets des nouvelles cheminées 3 & de la maniéré de s3 en fervir.
- CE n’cft point allez que les Ouvriers puiffent conftruire de certains ouvrages , il eft bon qu’ils en connoilTent les ufages , 8c les effets, & qu’ils fcachent les maniérés de s’en fervir, non feulement pour les mieux exeeuter, & les pouvoir perfectionner , mais aufll pour les rendre utiles à ceux pour qui ils les font, & qui n’en ont pas la connoiflance ; ainfî afin que les ouvriers puiflènt trouver dans ce troifiéme livre tout ce que nous croyons qu’ils doivent fçavoir de ces cheminées , nous y ajoûtons cette troifiéme partie , dans laquelle nous ferons obligés de repeter quelque chofe de ce que nous avons dit dans les deux premiers livres.
- X
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- *4* Za Mécanique du feu.
- Chap. 4. L. 1.1. P.
- Chap. 1 &
- 3. /<•
- 2. Part.
- Chap. 3.
- X. I. 2. P.
- Meme Ch.
- CHAPITRE PREMIER,
- Des effets, des propriétés de ces
- cheminées.
- L’O n peut par le moyen de ces cheminées conftruites de la maniéré que nous l’avons expliqué :
- 1*. Allumer trés-promptement du feu, & le voir toujours flamber, fans être obligé de le ioufier, fans le fer-vir de menu bois-, quelque gros , & quelque verd que foit célui que l’on brûle.
- z9. Echauffer en peu de tems une grande chambre avec peu de feu , & même une fécondé.
- 3®. Augmenter, ou diminuer Ta chaleur dans une chambre , fans y augmenter , ni diminuer le feu.
- 40. Se chauffer en même tems de tous côtés, quelque froid qu’il fafle, fans fe brûler les jambes, les yeux, le vifage, quoique devant le feu, comme l’on fait aux cheminées ordinaires i & ainfi fe délivrer de toutes les incommodités que le grand froid,
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- D es Cheminées. Livre 112, 143 & le grand feu caufent, 8c de celles qu’ils lailïent après eux.
- 50. Empêcher qu’il n’entre tant d’air froid par les petites ouvertures des portes 8c des fenêtres mal clofes, & que le peu qui en entre , n’arrive froid juiqu’à vous , pour peu que vous foiez éloigné des portes 8c des fenêtres.
- 6°. Faire continuellement venir un air chaud jufqu’à foi, quelque éloigné que l’on foit du feu , & ainlî s’entretenir toujours chaud dans les plus grands froids, fans être obligé de s’approcher du feu.
- 70. Baflîner, chaufFer fon lit pendant même que l’on eft dedans, fans y mettre de Eu, 8c faire foufler continuellement un air chaud fur la partie que l’on veut échaufFer, 8c entretenir chaude.
- 8°. Refpirer un air toujours nouveau , 8c à tel degré de chaleur que l’on veut, 8c ainCi ne fe peint delTe-cher, ni altérer les poumons.
- 50. Challèr en peu de tems tout l’air d’une chambre, & y en faire fuc-
- X ij
- Même Ch.
- Même Ch.
- MêmeÇh.
- Même Ch.
- MêmeCh. & 4.
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- 144 Za Mécanique du feu.
- ceder de nouveau, en l’échauflfànt à tel degré que l’on veut, dans le tems le plus froid, & en le fechant dans le tems le plus humide , & ainfi fe préferver des incommodités , & des maladies que peut caufer un air enfermé , & corrompu, tel qu’il eft ordinairement dans les chambres des malades.
- Memes C. io°. N’avoir jamais dans fa chambre la moindre humidité, même pendant les plus grands brouillards , 8c les plus longs dégels, & ainfi en ga-rentir fes meubles en tout tems.
- Chap. i, h*. Conferver la chaleur dans une
- %, 3. chambre pendant la nuit, après que J,. z. 3. P. le feu eft éteint.
- L. z. iz*. N’y reflentir jamais de fumée, & ainfi n’être point expofé à s’y per* dre les yeux, 8c aux autres maux qu’elle caufe, ni à y rouflïr Ton linge, fes dentelles, gâter fes meubles, &c.
- Chap. z. 130. Eteindre feul, & en un mo-L. 1.3. P. nient le feu qui auroit pris dans le tuyau de la cheminée.
- Même Ch. 140. Empêcher que la fumée d’une cheminée voifine n’entre par la vôtre dans votre chambre.
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- Des Cheminées. Livre 111. 245 150. Faire plufleurs operations de chimie.
- CHAPITRE II.
- De la maniéré de fe fervir des nouvelles cheminées.
- PO ü r allumer le feu dans cesche-minées, il ne faut avoir qu’un petit charbon, ou même un morceau de papier allumé, & le mettre entre deux tifons, ou proche de la braife, s’il en eft refté, & ouvrir le fouflet, & le feu s’allumera très - promptement.
- Comme ce fouflet foufle d’autant plus qu’il entre moins d’air d’ailleurs dans la chambre} quand il ne fera point de vent, ni de froid, Sc ainfi que l’air entrera moins fenfiblement par le fouflet, l’on pourra fermer les autres entrées à l’air de dehors, pour-vû qu’il ne fume point ; car s’il fumoir , il vaudroit mieux les laiflèr ouvertes & attendre un peu plus de tems que le feu s’allumât.
- Xiij
- Fier. 6 , 17 j 1$ t
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- 24.6 Za Mécanique du feu.
- Fig. Gt Quand il fait bien froid, le vent *7, 30. entre toujours avec violence par l’ouverture R, qui donne dans la chambre ; ainli avant que les cavités de la cheminée par où il doit palier, foient échauffées, il entre très-froid, lorfque cette ouverture n’eft pas pour lors fermée ; cependant il faudra la laiffer ouverte , H fans cela l’on ne peut empêcher la fumée : mais il faudra avoir foin de faire battre la flamme proche le contrecœur, ou le fond Fig. 17 , de la cheminée dans les z, 3 & 4e con-18. {trustions , 6c de la faire auffi palier
- Fig. 30. par-délfous dans la cinquième , afin qu’elle échauffe promptement l’air qui pafle dans les cavités ; & pour le faire échauffer encore plus vite, l’on pourroit fermer une partie de l’ouverture D, par où l’air de dehors y entre ; car moins il en entrera, & plus vite il s’échauffera : mais il faut toujours qu’il y en entre affez pour empêcher la fumée -, & s’il ne fumoit point ( comme il doit arriver a bien des cheminées, 8c à toutes en certains tems, ou de certains vents , ) quoique l’ouverture à l’air de dehors fût
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- JDes Cheminées. Livre 1II. 247 touc-à-fait fermée, il feroit bon de lalailfer ainfiun peu de tems , & juf-qu’à ce que les cavités de derrière * fuflent échauffées. Un peu d’ufage de ces cheminées en apprendra plus que l’on en pourreit dire en de fort longs difeours.
- Quand on fentira affez de chaleur dans la chambre, 8c que l’on ne voudra pas qu’elle augmente, fans cependant être obligé de diminuer fon feu, il faudra fermer l’entrée R à l’air chaud ; 8c fi l’on veut que la chaleuj: diminue, l’on ouvrira l’entrée.pd à l’air froid, 8c l’on fermera nm ; & quand on voudra donner diffèrens degrés de chaleur, ou de froid à l’air qui entre , on lailfera une partie de ces deux entrées ouverte , plus ou moins de l’une ou de l’autre , félon que l’on voudra l’air plus ou moins froid ou chaud.
- Lorfque l’on éteindra le feu foit le foir , ou le jour , on aura foin , fur tout quand il fait bien froid, de fermer toujours l’entrée D à l’air de dehors , car autrement la chambre fe refroidiroit bientôt } il fera bon mê-
- X iiij
- Fig* 6 i !7 » $0, &c.
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- 248 La Mécanique du feu. me , du moins pendant la nuit, de fermer toute l’ouverture de la cheminée , ou, fi les tifons ne font plus de fumée, de bailfer l’une des baf-cules, s’il y en a, dans le tuyau, afin qu’il n’entre point d’air froid de dehors par cet endroit, à mefure que l’air chaud fort, ou fe refroidit.
- Et comme l’ouverture R} que l’on doit laifleràl’air de dehors pour entrer dans la chambre après s’être é-chaufFé, doit fuffire pour en fournir aflez, afin d’empêcher la fumée j l’on peut fermer tous les autres endroits par où il en pourroit entrer, tant au tour des portes, que des fenêtres ; 8c afin même qu’il n’en entre que le moins qu’il eft poflible , à mefure que l’on fort de fa chambre , & que l’on y rentre ; il fera bon d’y avoir une double porte , dont l’une fera toujours fermée, avant que l’autre s’ouvre ; cette précaution n’eft pourtant neceflaire que dans les froids extraordinaires & exeeflïfs, quoiqu’elle foit toujours utile.
- L’on pourra aufîi faire mettre du »aftic aux chaflïs de dehors au lieu
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- Des Cheminées. Livre 111. 149 de papier, il y a des Vitriers qui le font fort proprement.
- L’on voit dans pluficurs autres chapitres les maniérés de fe fervir de ces cheminées à diffèrens autres ufages que l’on ne répété point dans celui-ci.
- L’on n’y marque pas non plus l’u-fage que l’on en peut faire pour la Chimie, les Chimiftes s’en apperce-vront aflez.
- CHAPITRE III.
- De la confiruliion d'écrans qui laiffent voir le feu , & d'un fouflet qui ne foufle -point par . reprife.
- IL y a bien des perfonnes qui.font fort aife de voir le feu en fe chauffant , 8c cependant qui n’en fçau-roient fouffrir l’ardeur fur le vifage, comme font les Dames , parcequ’-elles ont le teint trop délicat ; comme font tous ceux qui ont la vûe tendre j comme font tant d’autres par
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- 2 jo La Mecaniqué du feu. d’autres raifons ; les écrans ordinaires font utiles à toutes ces perfonnes, mais ils ne laiffent point la fatisfa-éfcion de voir le feu ; il eft facile de leur donner cette commodité , il ne faut que les vuider dans le milieu, 8c y mettre un morceau de talc,, tel' que l’on en met fur les agnus , 8c fur les reliquaires,qui n’empêchera point de voir le feu, & qui fuffira pour fe preferver de fonardeur, 8c de fon incommodité j ces écrans n’en feront que plus légers.
- On peut faire la même chofè aux écrans à pied , & comme l’on n’a pas lieu de craindre de les rendre trop pefans, l’on y pourra faire l’ouverture de la grandeur, que l’on jugera à propos, 8c la fermer d’une glace ; ceux qui craindront que cela n’ait quelque inconvénient, pourront s’en affûter par l’expcrience j elle eft facile à faire.
- Ceux qui ne voudront pas faire la dépenfe du fouflet attaché fur l’âtre de leur cheminée, ou qui ne le pourront commodément placer en cet endroit , ou qui y en auront, qui en cer-
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- Des Cheminées. Livre 111. 251 tains tems ne fonderont point afïèz, fur tout pour commencer à allumer leur feu, pourront fe fervir de celui dont nous allons donner la conftru-ftion.
- Les fbuflets ordinaires ne fouflent que par reprifes , & ainfi n’ont qu’une partie de l’effet qu’ils auroient, s’ils foufloient continuellement, comme font ceux des Emailleurs & des Orfèvres j mais ceux-ci ne font pas faits de maniéré que l’on pût s’en fervir en les tenant avec la main, il en faut pour cela changer un peu la conftru&ion.
- Si l’on veut des fouflets qui fouflent fans reprifes , & dont on fe puifle fervir , comme on fait des fouflets ordinaires, il faut qu’ils ayent trois ailes , comme ceux des Orfèvres , mais que celle de dcffous foit immobile, tk les deux autres mobiles, que ces deux ayent chacune une fou-pape qui s’ouvre par-deffous , & un petit relïbrt qui les tienne fermées, quand elles ne feront pas preffées en-deffus par l’air ; que l’ouverture du bout du fouflet n’ait communication
- % }S.
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- &g. 38.
- 251 La Mécanique du feu. qu’entre l’aîle de deflous , & celle du milieu $ qu’il y ait entre ces deux ailes un reflort attaché par un bout à celle de deflous, & par l’autre à celle du milieu ; que ce reflort les tire l’une proche de l’autre, comme l’on voit dans la figure 38, qui reprefen-te le fouflet coupé par un plan qui tomberoit depuis le bout P, jufqu’au manche F $ A B eft l’aile de defTous j C D, celle du milieu ; £ F, celle du deflus ; G H} fa foupape ; IL, celle de l’aîle du milieu j mn, le reflort qui tient cette aîie proche de celle de deflous ; m, l’endroit par où l’air pafle du fouflet dans fou tuyau P, pour en fortir par O ; le refte n’eft pas different des fouflets des Email-leurs , ou même de ceux dont on Ce fert aflez ordinairement à prefent pour foufler le feu dans les cheminées ordinaires ; ainfi les Ouvriers qui font ceux-ci,peu vent également faire ceux que l’on décrit ici, dont l’ufage eft qu’en élevant, ou en abaiflànt l’aîle de deflus, le fouflet foufle toujours, ôc a un effet triple & quadruple des autres de même grandeur, ainfi al-
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- Des Cheminées. Livre 211. 253
- lume beaucoup plus vite le feu ; on peut lui donner la grandeur 8c la figure que l’on jugera à propos, 8c celles des fouflets ordinaires dont on le fert allez communément à prefent, ils font alïez propres & allez bien proportionnés j mais il n’y faudra pas faire , comme à ceux-ci, l’ouverture pour la foupape en cœur , parcequ’é-tant delïus, elle ne feroit pas agréable à la vue, l’on peut lui donner une autre figure , dont on ouvrira quelques endroits,par exemple,d’une fleur de lis, comme l’on voit dans la figure 39 , qui reprefente faîle entière du dellus du louflet.
- L’on pourroit faire l’aîle du milieu immobile, & celle du delïbus mobile, 8c en ce cas il feroit mieux de mettre le manche B à l’aîle du milieu. L’on pourroit auflï mettre la foupape à l’aîle de deflous, ou en fouflant ren-vcrfer l’aîle Ef par-delïbus.
- Ces fouflets peuvent avoir d’autres ufages que de foufler le feu, l’on pourroit s’en fervir pour les inftru-mens à vent, comme font les mufet-tes ,les cornemufes, &c. ils feroient
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- 2 J4 X a Mécanique du feu. auffi très-commodes , & très-utiles aux Anatomiftes, &e.
- CHAPITRE IV.
- Du choix du bots,
- IL n’y a point de bois qui ne falTe du feu dans ces fortes de cheminées , le plus gros & le plus verd, y brûle fans que l’on fe donne la peine de le foufler ; mais toute forte de bois en brûlant ne chauffe pas également.
- L’on fçait déjà afïèz que le bois flotté rend moins de chaleur, & brûle plus vite que le neuf ; que le bois d’heftre flotté, que l’on nomme bois de traverfe, ou bois de Boulanger , fe confume plus vite que d’autre; que le bois verd , s’il n’eft bien em-brafé, brûle plus difficilement que le fec , & noircit fouvenr dans le feu , fait beaucoup de fumée , & eft très-difficile à allumer ; que le bois blanc, comme le Peuplier, le Boulleau , le Tremble, &c. eft de.tous les bois le plus mauvais pour brûler : mais peut-
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- Des Cheminées. Livre 112. 2 être n’a-t-on pas fait attention que parmi le bois neuf, quoique fec, il y en a qui échauffe, 8c brûle incomparablement mieux que d’autre.
- Le bois de chêne, qui eft, je croi, celui dont on fait le plus d’ufagepour le feu , quand il eft jeune, brûle 8c chauffe bien ; mais quand il eft vieux, il noircit dans le feu , fon charbon s’en va par écailles, & ne rend point de chaleur, 8c s’éteint aufïi-tôt ; ainfi quand on prend du chêne, il faut préférer les rondins de trois ou quatre pouces de diamètre, aux groflès bûches de quartier.
- Le bois pclard., qui eft du chêne dont on a ôté l’écorce pour faire du tan, brûle aflez bien, mais il ne rend que très-peu de chaleur j j’en ai fait plufieurs fois l’experience.
- Le charme brûle bien, fait un fort bon feu , beaucoup de charbon bien ardent, 8c qui dure long-tems ; mais l’on ne trouve point dans les chantiers de bois qui foit pur charme.
- Mais le meilleur bois que l’on puiiïe brûler , qui fait le feu le plus propre , & que l’on trouve commo-
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- La 'MeCaniqnè du feu. dement, du moins à Paris, & je croi en quantité d’autres endroits, c’eft le bois d’Heftre neuf, il fait bon feu, bien clair, peu de fumée, quand il eft bien arrangé, rend beaucoup de chaleur , & fait beaucoup de bon charbon.
- Il n’eft pas toujours poflïble à la vérité de choifir le bois que l’on veut, il faut prendre, & s’accommoder de celui que l’on trouve dans les endroits où l’on eft ; mais il eft bon de connaître celui dont on doit faire le choix , quand on en trouve de plu-fïeurs fortes.
- J’ai dit ici de ces differentes fortes de bois , ce que m’en a fait con-noître l’experience dans l’ufage ordinaire que j’en ai fait ,• ceux qui voudront y faire plus d’attention , pourront fournir de quoi augmenter çe chapitre,
- •-* . j
- CONCLUSION.:
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- Des Cheminées. Livre 111. 257
- CONCZVSIOIT
- de ce Traité. "
- SI les commodités & les avantages que Ton peut tirer de ces nouvelles cheminées , en rendoient l’ufage commun, 8c faifoient faire reflexion que les chofes les plus Utiles , & les plus neceflàires, ne font pas celles aufquelles les habiles gens ayent le plus, ni même allez penfé , 8c que cette reflexion en engageât quelques-uns à laiflèr de tems en tems ces hautes 8c fublimes fpeculations , 8c ces ingenieufes machines qui ne font que de pure curioflté , pour defcendre dans un mecanifme (Impie, mais utile, ce traité auroit toute l’utilité que l’on s’eft propofée en le donnant au public.
- FIN.
- Y
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-
- explications
- 0
- des Figures.
- Es figures 1,1,4,557,8,9
- * j ^ j ü » 13» ^4» ^5 * ^ ^ * 3 4*» 37, 38 & 39 , n’ont pas befoin d’autres explications que celles que Ton en donne dans les chapitres où il en eft parlé.
- La FIGURE LII. reprefente lé profil d’une cheminée coupée par un plan perpendiculaire à l’âtre , & au contrecœur.
- Z, eft la trape du fouflet $ x, fon ouverture lorfqu’il foufle.
- F 3 l’endroit où eft le feu.
- Tt> le cendrier, & au-deflous, la cavité qui régné fous l’âtre.
- 5 G A, la cavité de derrière le fond de la cheminée.
- oim, le deftbus horizontal de la tablette, tel que nous le demandons.
- I, le canal qui eft fous la tablette.
- mLN R, le tuyau de la cheminée.
- oü, la ligne qui marque le talus
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- Explications des Figures. 259 de la hotte, lorfqu’il y en a une, ôc que tout l’efpace omR eft vuidé , comme dans les cheminées ordinaires.
- LaFIGUREVI. reprefente une cheminée entière dont les côtés , ou jambages font paraboliques.
- A HC ch a A , eft l’âtre de la cheminée.
- Z, le fouflet avec fou chaffis.
- ICTtk.l, le cendrier.
- O DFIL , le contrecœur & Ton chaflis, pour empêcher que le bois lie touche proche le fond , lorfqu’il y aune cavité derrière par où pâlie l’air.
- D. d3 la porte par où l’air peut entrer dans, les cavités, lorfqu’il y en a.
- R. r, les portes des ouvertures par où il doit fprtir.
- g l, la petite aiguille qui fait tourner le cilindre , ou le volet qui doit fermer , & ouvrir le paflage, de l’air.
- La FIGURE XV. eft le plan geometral de la 4e conftruétion de cheminée que reprefente la figure 17.
- ÀHCeba, eft l’âtre.
- Z, la cavité de delïous le fouflet. HZ, le canal qui y conduit l’air.
- KTt le cendrier. ,
- Yii
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- 2<jo Explications
- H Ai} CN, en y km, le bas des languettes qui feparènt les cellules.
- HAiCISt, CNne, nemh, les ba» fes des trois cavicés de derrière les côtes , & le fond de la cheminée.
- Dy , le conduit par où l’air de dehors entre dans la première des cavités.
- La FIG U R E XVI. eft une coupe horizontale de la même cheminée, immédiatement au-deflous delatra-verfe du chambranle.
- B b y eft le bord d’en bas de la tra-verfe du chambranle.
- B Eeb, le deftous du canal qui eft fous la tablette.
- EXxe> l’ouverture du tuyau de la cheminée.
- fW endroit par où l’air monte dans le canal.
- dpi y l’endroit par où il en defeend.
- XOoXy le haut de la cavité par où il monte derrière le fond de la cheminée.
- XOm, xo m y le deftous des conduits par où il en fort pour entrer dans la chambre.
- mnlg, la bafe des tambours par où l’air paflé.
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- des Figures. 161
- mnp, la double équerre qui fait de l’autre côté le même effet que les tambours.
- XO ,xot le haut des languettes.
- Ce plan mis au-deiïus de celui de la 15e figure reprefente la cheminée comme elle efl:, & la figure 17, comme elle paroît.
- La FIGURE XVII.reprefente la 4e conftruétion de cheminée,dont 011 a ôté la plaque du fond depuis fil y jufqu’à hi, afin de lailfer voir les languettes , & les conduits qu’elles forment derrière la plaque , & la route qu’y fait l’air. L’on a auffi ôté la traverfe du chambranle depuis B jufqu’à b t aufli-bien que la tablette, & tout le canal qui doit remplir cet efpace, afin que l’on pût mieux voir le fond de la cheminée, & le dedans, comment & par où l’air y entre, y monte , y defeend , & en fort.
- A HCeha, eft l’âtre quieft creux par-deffous.
- Z, le fouflet.
- KTtky le cendrier.
- ABIH'y a b i.h, une partie de chaque jambage.
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- 2.62 Explications
- RlXC, CXxcy cxih, les trois cellules du fond 8c des côtés , découvertes.
- XONC 3 xonc, les deux languettes qui font les feparatioris de ces trois cellules.
- B ES L y be styles deux coupures du canal.
- Imng, le deffus du tambour.
- mn y l’ouverture par où y entre l’air chaud j p d, celle par où y entre l’air froid, & gl, celle par où il fort pour entrer dans la chambre par R.
- P, une feuille de papier pendue à un fil.
- D , l’ouverture par où l’air entre dans la première cavité.
- Enfin la ligne qui depuis D va en ferpentant jufqu’à R 8c r, montre la route & le chemin de l’air dans les cavités de cette cheminée j la pointe des petites fléchés fait voir quand il monte , ou defeènd, ou de quel coté il va j ainfi celle qui eft au-defTous de /, fait voir que l’air fort en cet endroit du canal pour aller joindre l’autre ouverture vers i3 où la petite fléché fait encore connoît re qu’il y
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- des Figures, 165 rentre en cet endroit pour en fortir entre g 8c q, & redefcendre par la cellule i x c, comme le montre la petite fléché, 8c pafl'er par-deflous l’âtre, & remonter dans la cavité du milieu, pour fortir enfuite à droit, ou à gauche , ou des deux côtés en même tems pour entrer dans la chambre.
- Les lignes qui vont en ferpentant dans les figures iS, 19, 20 , 21, 22, 2}, 24, montrent encore plus diftin-éfcement cette route de l’air. Ces figures ne font que le tiers des autres.
- Le deffus drla FIGURE XXIV. eft un profil du tuyau de la cheminée, des piramides , & du chapiteau qui font au- deffus, & de la bafcule qui eft dedans, coupés par un plan dans la longueur du chapiteau.
- La FIGURE XXVII. repre-fente la caiffe pour la cinquième con-ftruétion, dont on a ôté la plaque de devant, afin de laifler voir les cavités 8c les languettes qui font dedans, 8c lé chemin qu’y fait l’air.
- Dans la FIG U R E XXVIII. on yoit toutes les pièces de cette caiffe. La FIGURE XXIX. eft le
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- 2 6 4 Expli cations
- plan geometral de la cinquième con-
- ftru&ion de cheminée.
- A HCcha , eft l’âtre qui n’eft point creux par deilous.
- Z, le fouflet.
- HZ, le canal qui y conduit l’air.
- C Nn c, la cavité où doit entrer la cailTe. La diftance entre la ligne N C, 8c la ligne ponétuée „ marque l’elpace qui doit être derrière la caiiîe quand elle eft pofée.
- HP NC, h p ne, font les bafes des deux dernieres cellules, quand il y en a. cinq.
- La FIGURE XXX. reprefen-te la cinquième conftnnftion de cheminée faite 8c mife en place ; mais dont on a ôté le devant du fond depuis H jufqu’à h, le milieu de la traverfe du chambranle, & de la tablette, 8c le bas du devant du tuyau de la cheminée, pour lailîer voir tout le fond de la cheminée , ou le dedans de la caille, & le chemin de l’air.
- A H C c h a, eft l’âtre.
- Z, le fouflet avec fon chaflis.
- HZ, le canal qui y conduit l’air.
- Z ahpt le canal pour conduire l’air
- jufques
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- des Figures. 265
- jufques dans le tambour.
- CGg, FEe, HhL , xmM, les languettes attachées fur le fond de la caille.
- La ligne CF te, marque l’éleva-vation de la caillé au-deflus dei’âtre, & la ligne ponéfcuée qui eft au delà, marque l’efpace qui doit être derrière la caillé, que fait mieux connoître la figure 51.
- V, V* V, les ouvèrtures par où fort l’air, & la chaleur qui paffe derrière la eailTe.
- La ligne qui va en ferpentant montre le chemin que fait l’air quand il y a cinq.cellules.
- gl m », eft le tambour par où l’air entre dans la chambre, il pourroit être de l’autre côté comme celui de la 17 e figure.
- La FIGURE XX XI. eftlepro-fil de cette je conftruétion de cheminée coupée par un plan perpendiculaire à l’âtre &• au contrecoeur.
- Z, eft le fouflet ; x, fon ouverture.
- K T, le cendrier.
- LTV, l’épailïèur de la caifle derrière laquelle on voit lelpace qui y doit relier. Z
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- 2.66 . Explications
- ICM trape qui doit être à l*en. trée du tuyau de la cheminée \H G, le crochet qui la tient levée.
- olm» le delïbus horizontale de la tablette.
- La FIGURE XXXII. repre-fente le haut du tuyau de la cheminée avec Tes trois piramides au deflus, dont on a laiffé tout le bas découvert, afin que l’on pût voir les ouvertures du tuyau.
- Tt s S, eft la bafcule qui doit être pofée en cet endroit pour éteindre le feu s’il prend dans la cheminée ; P p, font les pivots fur lefquels elle doit tourner •> VM, um, les fils de fer qui fervent à l'ouvrir & à la fermer, elle eft ici reprelèntée fermée j les lignes ponéfcuées la reprefentent en partie ouverte. On a laifté le devant du tuyau découvert, afin que l’on pût voir cette bafcule.
- La FIGURE XXXIII.eftle chapiteau qu’il fera quelquefois ne-ceffeire de placer au-delfus des trois piramides ; il doit être pofé de maniéré qu’il appuyé fur le haut du tuyau de la cheminée A B, fur AB t
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- des Figures. 267 êcabCut *£,&quelafurfaceHGgh couvre une partie des piramides, 6c que la ligne Rr tombe fur le milieu des ouvertures de ces piramides.
- La FIGURE XXXV. repre-fente toutes les pièces fèparées de ce chapiteau.
- La FIGURE XXXVI. eft un profil du haut du tuyau de la cheminée , des piramides, & du chapiteau, coupés par un plan perpendiculaire à l’épaifTeur du tuyau.
- P P t font les trous ou doivent entrer les tourillons de la bafcule.
- A E F B, eft une des piramides.
- QJt S t la coupe du prifme qui eft au-defius.
- GHILMN-OP, la coupe du chapiteau qui les couvre.
- L’on voit fenfiblement dans ce profil la facilité que doit avoir la fumée à fortir de la cheminée, & la difficulté que doit trouver le vent d’y entrer.
- Fin des Explications des Figures.
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- TABLE
- P
- DES CHAPITRES
- Du Traité de nouvelles cheminées. LIVRE PREMIER.
- DE S difpofitions & des propriétés de ces cheminées pour augmenter la chaleur. Page i
- PREMIERE PARTIE.
- Du feu ^ & des difpojitions intérieures du devant des cheminées pour augmenter _ la chaleur, 5
- Chapitre I. Du feu ; de fes rayons de chaleur, & des maniérés dont il échauf-
- fi• ‘ $
- Ch a p. 11. Que les difpojitions des jambages parallèles, & de la hotte inclinée des cheminées ordinaires , ne font pas propres pour réfléchir la chaleur dans les chambres. 7
- Ch ap. III. Que les jambages en lignes paraboliques, & la fituation horizon-
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- Ta b li.
- taie du défions de la tablette, font les fîtes propres pour réfléchir la chaleur dans les chambres. n
- Ch a p. IV. Du fouflet, pourquoi ilfou-fie ; comment il fert d augmenter la chaleur , & a la faire réfléchir. i S
- Ch a p . V. Moyens de tracer les cotés paraboliques des cheminées , foit par plu-fleurs points, ou par un mouvement continu. 18
- SECONDE PARTIE.
- De l'air, & des difpofltions intérieures du derrière des cheminées pour échauffer les chambres d tel degré, & aufii promptement que P on veut. 19
- Ch a P. I. De l'air, & de la vitefie avec laquelle il s'échauffe ; que le plus chaud monte au-deflus de celui qui le fl moins.
- 30
- Ch A p. II. De la dijpofltion intérieure du derrière des cheminées -, comment l'air y entre y &c. 37
- Chap. III. Que par la difpofltion que Ion vient de donner du derrière de la cheminée, l'on peut échauffer une chambre en y faifant continuellement entrer de l'air de dehors, quelque froid qu'il
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- T A B t l.
- fajfe i comment cet air entre dans la chambre, &c. 44
- Chap. IV. Que cette manière d'échauffer une chambre par le moyen d’un air ton» jours nouveau , eft très-utile pour mus freferver de plufieurs incommodités , fur tout les Dames, & neceffaire pour les malades , & pour ceux qui les
- voient. S4
- Ch A p. V. Que Pair de dehors que l’on
- fait amfi entrer dans une chambre après s’être échauffé, ne peut caufèr aucune in-commodité j qu’il eft même très-propre pour la fanté. .
- Ch ap. VI, Qu en fe tenant toujours ' bien chaud dans fa chambre, par le moyen dune femblable cheminée, l’on eft moins Jujet a s’enrhumer quand on fort. 6 o
- Chap. VII. Que Pair de dehors qui a pajfé par les cavités de la cheminée pour peu de tems qu’il y. ait que le feu y fait allumé, échauffé la chambre, quoiqu’il nous paroiffe encore froid en y entrant.
- 6S
- TROISIEME PARTIE.
- Des difpdjitions du haut de la cheminé
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- T A B I I,
- pour augmenter & entretenir la chaleur i pour éteindre feul en un in fiant le feu s’il y prend j dr des moyens de conferver la chaleur pendant la mit après que le feu efi éteint. 88
- Chap. I. De l'ouverture extérieure du tuyau de la cheminée pour augmenter
- la chaleur. 89
- Ch A P. II. Moyen facile <£éteindre feul le feu dans les tuyaux des cheminées en un infant 3 & de conferver la chaleur dans les chambres pendant la nuit après que le feu ejl éteint, ou couvert. 91
- Ch a P. III* Des commodités du cendrier, & du couvre-fiu pour conferver la chaleur pendant la nuit; 95
- !MS!
- L IV RE II.
- %
- DEs difpofêtions de ces cheminées pour empêcher la fumée. 99
- l PREMIERE PARTIE.
- De la fumée, df des difpofltiens du devant des cheminées pour Cempêcher. 10 x Cha p. I. Des caufes de la fumée dans les chambres, avec quelques reflexionsfur
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- T A B L 1.
- (air. io»
- ChAP. II. Que les jambages paralelles des cheminées $ la fituation inclinée des hottes, & la maniéré dont les tuyaux font dévoyés , contribuent à faire fumer.. il»
- Ch ap. III. Que la difpofition des jambages en lignes paraboliques 3 & la fituation horizontale du dejfous de la tablette , & les tuyaux dévoyés en lignes courbes quand ils Jont dévoyés, font les plus propres pour empêcher la fumée.
- nS
- H A P . IV De l'effet du fouflet, & de la dijpofition du bois pour contribuer à empêcher la fumée. ni
- SECONDE PARTIE.
- ♦ j
- De la difpoftion intérieure du derrière des cheminées pour empêcher la fumée. iu •Ch A p. I. Que l'air de dehors, qui en« r trant parles cavités de la cheminée dans la chambre.t l'échauffe , l'empêche auffi de fumer. ur
- Ch ap. II. Delà grandeur de (ouverture des cotes & des cavités de la cheminée y afin d'introduire affez dair pour empêcher la fumée. , 129
- Chap.
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- Table.
- Ci?Ap. III. Que l'air de dehors qui entre dans* la chambre, & qui repouffe la fumée, n’empêche pas les rayons de chaleur d’y entrer. 13$
- Chap. IV. De quelques anciens moyens que l’on a inventés pour le dedans des cheminées, afin de remédier à la fumée»
- *34-
- TROISIE’ME PARTIE.
- De la difpofition extérieure du haut des cheminées pour les empêcher de fumer.
- . *44
- Chap. I. Des tuyaux oupiramides tronquées que C on peut ajouter a l’ouverture exterienre des tuyaux de cheminées en-dehors , pour y faciliter la fortie a la fumée, & empêcher que les vents ny entrent. 14.6
- Chap. II. Du Chapiteau que l’on pourrait ajouter aux piramides dont nous venons de parler 9 pour empêcher les vents d’entrer dans les cheminées , qui font ou commandées 3 ou trop expo fées. 15 & Chap. III. De quelques anciennes inventions pour le dehors des cheminées, afin de les empêcher de fumer. 157 Chap. IV. Des incommodités de la fumée?
- A a
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- Table.
- & de la necejjité qu'il y adeC éviter. 16 z Cenclujion des deux premiers livres. 16 y
- LIVRE III.
- DEs differentes confiruSlions des nouvelles cheminées, & des maniérés de les executer. 167
- PREMIERE PARTIE.
- Des confruüions de l’œtre & des jambages des cheminées, & des cavités qu'il faut laiffér derrière, tant pour augmenter la chaleur, que pour empêcher la fumée. 158
- Ch AB. I. Du modèle r ou calibre propre pour donner facilement & avec jufiejfe à l'dtre & aux jambages des cheminées le tour & la difpofition qu'ils doivent avoir. 169
- Ch ap. II. Première confiruftion pour les cheminées Jïmples. 17^
- Chap. III. Deuxième confruEHonpour les cheminées qui fvurnijfent continuellement de l'air nouveau, qui s*échauffe derrière le fond de ta cheminée. 177 $ha?. IV. Troifiémt confruUm, où
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- Table.
- Pair nouveau qui entre continuellement dans la chambre, s’échauffé derrière la cheminée, & par-deffbus Pâtre, 187 Ch a p. V. Quatrième conflruÜion , ou Pair nouveau entre continuellement dans la chambre, & s'échauffe derrière la cheminée, par-deffous Pâtre t & deffous la tablette, 19$
- Chap. VI. Cinquième conffruUionplus fimple que les precedentes , ou Pair ne pajfe que par le derrière du fond de la cheminée, & s*y échauffé plus vite que dans les autres conflruSlions. 200 Chap. VII. S ixièrne conffruüion pour les cheminées qui ne peuvent avoir de cavité derrière le contrecoeur, 210 Chap, V111. Septième conffruüion pour les cheminées des grandes [ailes , & des chauffoirs, 21}
- Chap. IX. Des moyens de temperer Pair nouveau qui entre dans la chambre, â tel degré que P on veut, 217
- Chap. X. De la conftruSlion du fou-flet. 224
- SECONDE PARTIE.
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- Des conftruBions du haut des tuyaux des cheminées, tant pour augmenter la cha-
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- Table.
- leur, pour empêcher U fumée, que pour y éteindre le feu. 22 6
- Ch a p. I. Delà première conftruBion du haut des tuyaux des cheminées en dehors. 227
- Ch a p. II. De la fécondé conftruttion du haut du tuyau des cheminées. 230
- Ch a r. III" De la conftrùBiôn du dedans des cheminées, pour y éteindre le feu,&c. Et du couvre-feu. 234
- TROISIEME PARTIE.
- Des ufages.& des effets des nouvelles cheminées , & delà maniéré de s'en fervir.
- 241
- Ch ap. I. Des effets &'des propriétés de ces cheminées. 242
- Ch a p. II. De la maniéré de Je fervir de ces cheminées. 245
- Chap. 111. De la conjlruüibn d'écrans qui laiffent voir lefeu$ & d'un fouflet qui
- ne foufle point par reprifes. 249
- Chap. IV. Du choix dubois. 254
- Conclufien de ce Traité. ijy
- Explications des Figures» 258
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