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Traité de la construction des chemins. Où il est parlé de ceux des Romains, et de ceux des Modernes, de leur figure, de leur matiere, et de leur disposition dans toute sorte de lieux
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- DE LA
- CONSTRÜCTIO N DES CHEMINS.
- Où il eft parlé deceux des Romains, & de ceux des Modernes, de leur figure, de leur matière,& de leur difpofitioa dans toute forte de lieux.
- Avec une ^Dilfertation fur U conduite des Mâts, fur les Routes a faire pour leur débuchage^ fur leur Traite p^r les chemins fur leur Touche dans les Rivières , fur leur Equipage da?is les Torts, pour lés faire flotter---ju[que s dans les Mers. %
- ëè&B H cc^f '
- _ A TOULOUSE, .V?.‘
- Chez. J. Domïniqjie C amusat, Li-*‘ biaire Juré 3 dans l’enclos du Palais. 1
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- A MONSEIGNEUR,!
- monseigneur,
- DE LAMOIGNON*
- Chevalier, Comté de Lau-nay-Courfon, Seigneur dé Bris, Vaugrigneufe, Cha-vagne, Lamothe-Chande-nier, Béuxe, &c* Confeiî-1er d’Etât , & Intendant en la Province de Languedoc*
- 0NSE1GNEVR,
- Je ne fûts offrira un autre mfa Vous 3 l'Ouvrage que je
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- me donne l'honneur derVoüspfè-fenter. J'en ay formé le deffeim & f en ay pris des modèles fur les belles routes que Vous ar yez^ fait faire en Languedoc* Elles font l'admiration des Etrangers , la commodité des Voyageurs > & lutilité des peuples* Ce fi par ces routes que Vous avés rendu aisés (es lieux:, les plus inpraticables du ^Royaume > & par ce moyen les \“Peuples de cet Etat qui les habit oient , font dey en us focia-blés 5 comme le refie des Sujets du %oy y par la communication, que Vous leur anjez^ procurée ayec leurs njoifîns. Les ‘Romains autrefois fous les Régnés de Jules Cefar r d*J ugu fie ?
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- de Trajan , Je font fervis » Monseigneur, decette vo-ye, pour entretenir durant leurs, ‘pjgncs une circulation aisée dans tout l'Empire. On a érigé a ces Princes des Monumens. publics y en reconnoijîance des biens qu'ils ont procurés far ce moyen a leurs Sujets.D'sous admirons encore aujourd'hui ce qu'il nom refle de ces grands Ouvrages. Nos Defcendans admireront y & fropter ont comme nom de ceux que Vom avés fait faire dans njotre ‘Province. On y ruoit, Mo n s e i g-N eur, far Votre afflication éclater la Gloire du cBj>y ? aug-, \menter le bien de l'Etat y & la commodité des ‘Teufles. Eajfe
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- le Ciel que Votre wie foit aufji longue qu'elle efl belle & utile. C’efi tout ce que Votre élévation lui (Te à fouhaiter h la reconnoijjance-y a lattache-
- menu & au profond reÇbeSt avec lequel je fuis.
- MONSEIGNEUR,
- Vôtre tres-humble, & trcs-obeïffant ferviteur, GAUTIER.
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- PREFACE.
- Orfque je fais de réflexions fur
- L les Auteurs qui ont traité de T Architecture, je ne puis concevoir que des idées vaftes , & prefque point du tout particularifées.On n’y trouve rien pour la conflruétion des Chemins î auffi n’ay je fceu fur cette matière que ce que l’experience m’en a appris. Chez les Romains, les grands chemins faifoient un des plus beaux ornemens de leur Empire. Du temps de Vitruve,& avant lüy, ils comuniquoient d’une partie du Monde à rautrc.Cependant pour fi utiles qu’ils ayent été depuis que la Terre efl: habitable, il ne fie trouve encore perfonne qui ait traité de
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- te tir conftru&ion, 6c aucun Auteur n’a donné par ordre leur Etabliflfe-ment. Nicolas Bergier eft lefèul qui traite de la grandeur, &dela beauté des chemins del’EmpireRo-main.Les Tables de Peutinger nous déterminent les lieux par où ils paf-foient , mais quelque beauté, & quelque vafte étendue que puffent avoir les chemins de l’Empire Romain fuivant le premier, & quelque precifiou que nous marque le dernier par Tes Tables , en indiquant les lieux par où ils paffoient, tout cela ne nous détermine en rien, ni pour leur conftruétion , ni pour leur dilpofition.
- Je trouve pourtant la conftruc-tion des chemins fi unie, & fi neceC iaire à ce que Ton peut appeller At-chite&ure,qu’on ne fçauroii établir aucun ordre, ni mettre aucuns matériaux en mouvement pour faire quelque grand ouvrage, fans que
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- préalablement les vûjes ne (oient préparées. ' '
- Les Routes , & les Avenues des grands chemins biens unis , font la beauté des grandes, & petites^villes, font l’ornement des Provinces, facilitent le commerce dant les Royaumes ? &on convient aifement, que fans elles, les peuples fè rendroient rebelles à leur Souverain, devien-droient farouches, & Barbares , la J ufticc ne s’exerceroit pas , & feroit inutile ; nui fcçoursne furviendroit pour la vie de l’homme dans le be> foin. Enfin le Monde fe détruiroit peu à peu.
- tes occafions favorables que j’ay eu de reconnoître par expérience de quelle maniéré il faloit projeter une route, & les lerieufes réflexions que j’ay fait là-defius par la diverfité des lieux qu’il faut parcourir , lor qu’on traverfo des campagnes cns tieres pour y projeter un chemin
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- m’ont enfin déterminé à donner art public ce petit Ouvrage , que j’ay rendu àufti fuceint & aufii intelligible qu’il m’a été poffible.
- Comme on 11e peut pas dire tout dans une matière de cette importance , & que d’ailleurs je pourrais bien me tromper en penfant d’être le feul d’avoir donné des maximes , & des préceptes fur ce fujet, je prie le I*é&eur de vouloir bien joindre fes lumières à Ja foiblefîe des miennes , afin de donner un meilleur or^ dre à cet ouvrage, que j’ay compo-fé avec tout le foin dont j’ay pu être capable, & que je n’a y entrepris que pour l’utilité du public.
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- ROMAINS.
- CHAPITRE I.
- E tous les moyens dont les Romains fè font fervis pour agrandir leur Empire , & pour joûmetre les Peuples à leur domination, les grands chemins qu’ils ont fait faire ont été les plus, aife?. On eft fi perfuadé de cette vérité , que la difficulté qu’on trouve à pre-fènc tous les jours à vaincre certains Peuples Montagnards ne çonfifte , qu’en ce que les lieux qu’ils habitent font inacceffibles , & qu’ils ne font point percés par de grands chemins, ou par des routes qui en puiflent rendre l’accez facile. Autrefois les Romains la voient fi bien éprouvé »
- A
- i.
- ji quelles fins ont ête faits, les grands chemins des Ro“ mains•
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- qu’il ne leur fut pas poflible de fub* juguer de pelotons de Montagnards dans les Alpes , qu’aprés avoir fait avec des foins incroyables des chemins tailles meme dans le Roc. Au-gufte Cefar qui les ordonna ne s’arrêta point dez l’abord à les répoutfer jufques dans leurs antres ; Il commit feulement une partie de fes Troupes à faire la tranchée de ces ouvertures, & l’autre partie à conferver , & à défendre, la première de l’aproche de ces Peuples Sauvages qui câchoient fans celfe d’empêcher l’execution des premiers Soldats qui travailloient à Faire les chemins. Ce fage Empereur regardoit ce Païs-là, à peu prés comme un Grand Conquérant regarde à prefent une place qu’il veut emporter à coup feur. Il y forme des Tranchées, des Boyaux ,des Mines , &c. Tous moyens propres à la percer, & à s’en rendre enfin le Maître. Quelques défences quefiflent les habitans des Alpes, contre les attaques des Troupes d’Augufte, ils ne fe creu-rent perdus & vaincus, que lorfqu’ils virent leur Païs traverfé par des chemins , où journellement les Troupes
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- lient. Ce fut pour lors qu’ils plièrent, & qu’ils te foûmirent entièrement aux Romains.
- Les Grands Chemins de l’Empire Romain s’étendoient de'puis les ex-tremitez Occidentales de l’Europe , & de l’A Afr ique , jufqües dans T A fie mineure. Leur longueur étoit de quinte à teîze cent lieues , & ces Grands Chemins parcouroient vingt St cinq fois cette longueur. On nom-moic ces grands chemins Fias mili-tares , aparamment parce que c étoit par eux que defiloïent les Troupes Romaines ; D’autres les nommoienc Fias Conjùlares , Prœtorias Régi as, i/îggeres publtcos, &c. Tous noms attribuez ou à la qualité des perfon-hes qui les avoient faits faire, ou à leur uPage.
- Par le moyen de tous ces grands Chemins, on parcouroit aifement tout l’Empire Romain, & on pou-voit facilement le communiquer à Rome la capitale de l’Empire , comme l’exprime fi bien Seneque par ces mots , Confiàerate hanc Civitatem in qua turba per latijjîma itinera fine intermijfione defhtens eliditur, in qua
- A ij
- 2.
- Efisn-duë des grands chemins des Romains,
- ' 3-Vfa-
- ge de:
- grands
- chemin.
- des Ro
- mains.
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- ' éonfiimitur qüidquid terris omnibus _ dratnr. Admirez , dit-il, cette grande Ville, où de toutes les parties dit monde on aporte fans in ter million , & c’eft par Tes grands, & vaftes Chemins. De cette manière le Senac communiquoit aifement fes ordres, ou fa volonté dans toutes les Provinces de l’Empire. Augufte y inftitua à cét effet les Pofies, * & les Soldats Romains parcouroient chaque jour de marche un efpace de vingt milles Italiques , comme l’exprime Vege-ci lis par ce s mots. Militari ergo gra* du viginti milita pajfimm horis qu'm* que dumtaxat afiivis conficiendàfitnt.
- 4. &c,
- Ù4rcs Les grands Chemins des Romains de Trio- ayant donné tant de facilité pour phe éle- agrandir 5 & pour aflcurer leur Em* vês à pire ; Il ne faut pas s’étonner fi le Sc-
- * Les Pofies furent inventée s premièrement par les Terfis. Voyez Herod. iiv. 8. Cyrus Roy des Per fis les ordonna cinq cens ans avant la venue du Sauveur du monde. jiugufie infii-tua le premier les Pofies dans XEmpire Romain. Louis XI* infiitua le premier les Pofies en France•
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- liât ordonna qu’on êlevat enfuitéiffeoMM* plufieurs Arcs de Triomphe eivfie ceux, l'honneur de ceux qui les avoient qui a* fait faire. On en éleva denx à Au-voient gufte pour avoir réparé la voye V\&-fait fai-minienne , on en éleva aufli un à re les;
- Vcfpafian , & trois autres à Trajan grands pour le même fujet. cheminsi
- Comme tous les grands chemins -des Romains aboucifloient à la Ville de Rome , pour en marquer leur nm £es
- étendue , on les avoit divifés par JarandCs lieues milliaires marquées par des chemins Colomnes, la première defquelles ^ gQmi étoit fuppofée au milieu de la Ville ma'tns i de Rome, qu’on nommoit Milita- par çQl rium ssiareum. C. Gracchus fût [omnes le premiér qui divifa les grands miu^ •chemins Romains par ces Colomnes res milliaires ; Elles êtoient éloignées l’une de l’autre de mille * pas géométriques , ce qui faifoit le milliaire; ou la lieue Romaine qui contenoit
- % Il nefi pourtant pas vray que cette dlfi tance de mille pas (yeometriques ait été déterminée partout pour chaque lieuê Romaine comme on fa remarqué en plufieurs endroits j
- qh l'on voit encore des Colomnes milliaires.
- .......................... A üj
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- de nos toifes 833. a. pîeds. ta figuré; delà Colomne milliaircqu'on apel-loit dans Rome, JMilliartum Û4u-reum , étoic ronde & baffe , aflîle, fur un piédcllal Corinthien , & avoit lin chapiteau Tofcan , au dcflfus duquel éioit une boule. Vid. JanuJ* Gruthernsin Jnfcriptionib. pag. 154» rf, 4. A côté de ces Colomnes milliaires fur les grands chemins il y avoit deux autres petites pierres qui fervoient aux paflànts, ou pour s’aflfeoir , ou pour monter à Cheval. Les. Colomnes milliaires étoient tantôt rondes, & tantôt quarrées de 9. à 10. pieds de hauteur tout au plus » avec des Infcriptions qui marquoient quelque fois la longueur des chemins, & quelque fois elles étoient faites en faveur de ceux qui avoient fait faire les chemins.
- 6» Les Romains divifoient * leurs Dm-chemins, en chemins Royaux, en Jion des chemins de traverfes, & en çhemins
- * En France on y ajoute encore le Chemin du Halage » quon fait de 24. pieds de large pour fervir aux Riverains fur le bord d'une ri« visrc*
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- Privés. Les chemins Royaux étoïent grands1 ceux qui traverfoienc l’Empire, plu- chemins fleurs fois comme nous avons dit, des Ro-de'puis les parties Occidentales de mains , l’Europe , & de l’Affrique jufques en diffe* dans i’Afie mineure , & par le moyen rentes defquels les Troupes parcouroicnt efpeces* âilcment les Provinces, &c. Les chemins de Travcrfes êtoient ceux qui avoienc leur cômenccment quelquefois aux grands Chemins Royaux,
- & alloient aboutir à quelque Villa- ?
- ge, Ville , &c. Enfin les Chemins de Traverfe êtoient de beaucoup moins larges que les- Royaux. Les Chemins Privés êtoient ceux qui avoient tantôt leur commencement aux Chemins Royaux , & fervoient pour percer quelque fois des Champs des Particuliers, des Bois ,&c. Et tantôt ils prenoient leur commencement dans les Chemins de Traverfe , 6C pouvoient avoir le même ufage que celui que nous venons de dire, lorsqu’ils commençoient aux Chemins Royaux $ Et comme ils netoient ni fi frequente's ni d’un au(ïi grand ufage que les Chemins de Traverfe , ils étoient aufli de beaucoup moindre largeur. 3
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- .?•_. ¥ différence des matières 'dont Dijfe- les Romains fe fervoienc pour former, rece des leurs grands Chemins Royaux , afin matières qu’ils fuffent folides eft furprenante, qui com- comme l’on faira voir lorfqu’on vofiient viendra à l’examiner. Nicolas Ber^ quelque- gier apres avoir fait plufieurs recher-fots les ches fur ce fujet dans fon Traité chemins des grands Chemins de l’Empire des Ro- Romain , pour examiner leur conf-mains. truéiion, il trouva à celui de Rheims, I®. Une couche d’un pouce d’épais d'un efpece de mortier , ou de Ci* ment fait de Sable, & de la Chaux* 2*. Une couche de io. pouces d’é-paifieur de pierres larges & plattes qui formoient une efpece de maçonnerie faite en bain de Ciment très dur où les pierres êtoient pofées les unes fur les autres. 30. Une autre couche de maçonnerie de 8. pouces d’épaifleur faite de pierres à peu prés rondes, & mélées avec dé mourceaux de brique,le tout lié fi fortement que le meilleur ouvrier 11’cn pouvoir rompre dans une heure que ce qu’il en pouvoit porter. 4". U ne autre couche d’un efpece de Ciment blanchâtre & très dur, qui relfembloit à de la
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- croye gluante. Et enfin une couche, de cailloux de fix pouces d’épaifleur.
- Cette difpofition de Chemin à j^es quelque rapurt à ce que Vitruve nous pav^s a laifle par écrit des Pavés de Ton jg[on tems, Carçn commençoit, dit il, par truve une couche de cailloux pofés en bain ont de ciment, ou de mortier. Lescail- >ra„ loux écoienc gros à peu prés comme port % [a des œufs, & cette première couche êtoit apellée Statumen. La fécondé jes couche qu’ils nommoient Rudus, ou qrari^s
- Ruder , êtoit une maçonnerie faite chemins avec desamoelons cafles & de la chaux j % battue avec la damoifclie, furl’épaif- ma'm! feur de neuf pouces pour le moins ; au défaut des pierres concaflees on fe fèrvoit du débris des vieux BîU timens qu’il appelle Rudus redïvi-vum, & pour lors on remetoit deux cinquie'mes de chaux, au lieu que lors qu’on fe fervoit des pierres concaflees on y en mettoit un tiers. La troifiéme êtoit un ciment de 6. pouces d’épaifleur fait avec deux tiers de. la brique pilée , & incle'e avec un tiers de chaux. Cette couche qu’on àpclloit Nucléus , êtoit couverte de la quatrième qu’on nommoit Summa - tr' B
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- srufiéty ou Summum dorfttm,quiêtoïc tantôt de pierres plates à peu-prés comme nos Dales, tantôt de briques & tantôt dans d’autres endroits de cailloux les plus : raboteux qu'on pût trouver, afin qu’on pût être plus alluré lorfqu'on y marcheroit dcflus. 9 Toutes ces précautions pour affiner Des ]es grands Chemins, & les pavés des Paves , Romains, êtoint fans difficulté d’une des Æo-depence immence. Il ne faut pas matns» croire que cela fût general, puifqu’au commencement les rues de la Ville de Rome êtoit pavées feulement de cailloux * & les grands Chemins
- * Confiruat autem vias Publicas unufqûifque Jecundum propriam domum. L, dites. i?< de via publica, itinere publico refîcîendo.
- Les Carthaginois ont été les premiers qui ont inventé les Pavés. Pnmum Pjeni dïeuntur lapidïbus vias ftravijfè. Pofiea Romani , &c, IJidor, Origm. lib. iy. cap. ult.
- Philippes Augufte n’ayant que vingt ans fit paverla Ville de Paris, & ce en l’an 1184, Rigordus htftor. ' " ' ‘
- Les Grecs premiers inventeurs des Terraf-fès , & des Pavés fur Terrafles , donnoit 2. pouces de pente à leurs Pavek fur ro. pieds
- de longueur. Berger fiv. a. ch, 14,
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- II
- hors la Ville êtoint couverts degra-vier. Titelive L. 4. qu’en fuite comme , le terrain le per mettoic les Chemins étoient plus ou moins réparés , car tantôt où le befoin le demandoiton €11 payoic fon aire , tantôt on la cou-vroic de gravier> & enfin tantôt on la rehaufloit en forme de levées de terre»
- Zïÿian, L. i.jf. de via Publica.
- Les murs de foûccnement qui bor- ïo. Soient les levées de terre qui for- Murs moient les Chemins des Romains, defiûtç~ étoient quelquefois affés élevés pour nement* pouvoir iervir aux Paflaus à y marcher jdelTus en tems de pluye. Le Cenfcur Appius les ordonna ainft dans les lieux où ces difficultés pou voient arriver.
- Les Chemins des Romains étoient ni pour l’ordinaire bordés de dix endix Soute-. pieds de certaines Pierres faites roiieu par dégrés tout prés des murs dé fbutenement, qui lêrvoient aparam-ment à monter à Cheval, ou en Chariots-, ou pour en décendre & pour retenir encore les roues des Chariots , pour quelles n’échapaiTeut pas des bords des levées dans les coacfes*
- & qu’elles ne pu Te ne pas defunic les* mars de fottteneuisnr, *
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- Il
- De tous les endroits qui ont parti
- 12. aux Romains les plus difficiles dans f Perce-le projet de leur grands Chemins > le ment «sfepercement du Mont Appenin en Italie Jldonta'3. été l’un des plus grands. L’Empe-gnepourtcm Vefpafien y mit tous fes foins, un Che-ïl le finit enfin feulement dans le défi-minypar&in de racourcir la voye Flaminicnne. les Ro- Ce percement qui a été l’admiration mains, de tous les Peuples eft de mille pieds
- de longueur. Voy. ,Smetms Fol. I. Tab, 3. in/cript. .
- 13. Si pour abbreger un détour fur ,une
- Per- Montagne les Romains ont fait des
- cernent percemens dans le Roc, ils ont en-i d’un Lac core expérimenté dans d’autres en-pom un droits plains pour éviter des contours Chemin de Marais , & des Lacs , de traverfer< far les ces lieux par un grand chemin. Trajan) Rom dis, perça le Lac de Pontia prés de Terra-cinedans l’Italie par une chauffée ou une digue qui fuportoit un grand Chemin d’une longueur de quinze à feize -mille; Il fit pavét cette digue, y fit de Ponts de tems en tems pour que l’eau -d’un côté de la digue peut fe commu» niquer aifement dans l’autre côté;, Si que par ce moyen elle fût par tout de niveau 9 & qu'elle ne pefat pas plus
- . ' d’uû
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- d un côté de là digue,que dcrautre; pour pouvoir l’ébranler. Pertes Ter-ractnam vero Romain ïter facicnti, fojfà ad Appiarn viam apponitur , & quidem multis in locts : quanh & Pa~ lufires, & Fluviabilcs implent aqua.
- Per eam noElurna maxime fit navtga-tio : ut qui primis infcendant tene~ bris , oriente file egrefii, via fia relïquum évadant % Strabo. ïtb, Ceographia.
- Si l’on quitte les grands chemins \ des Romains dans l'Europe , dans Grands l’Italie, & dans* l’Afrique , qui font cfjen2tfjs les parties de la Terre, fur lefqudles dans F A ils ont étendu leur Empire , & fi mer;ane» l’on veut paflèr dans l’Amerique, partie de la Terre qui ne nous eft connue que depuis quelque fiecle : on y découvrira deux chemins qu’un Souverain de ce païs-là y a conftruit.
- Ces chemins font dans le Périt, ils ont cinq cens licites de longueur , & conduifent depuis la Ville de Cufco à celle de Quitto. Ces chemins qui font prefque détruits, par les Guerres que les Efpagnols ont aporté dans ce pais là, étoient autrefois tous plantés d’arb.res, garnis fuir leurs
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- bords de bons murs de maçonnerie'J pour foûtenir la chauffée, le long dcfquels couloient desRuiflèaux,&c. Ces chemins ëtoient larges de vingt-cinq pas , paves dans les endroits où il e'toit de befoin, de pierres & de carreaux d’une groflëur prodigieufe que les Romains is’ont jamais égalé. Les pierres dont ces chemins étoient conftruits, étoient pour l’ordinaire de dix pieds en quarre' : Sur la longueur de ce chemin , qui eft fuivant le fentiment de Jofcphus Marietius, de douze cens lieues Françoifes > il y ovoit de beaux Châteaux , éloignés les uns des autres d’une journée, où !s Roy du païs lerepofoit 9 & qu’il ".voit fait faire exprelfement pour la cÔmodité de voyager. Ces châteaux, ()ti plutôt ces Palais , étoient garnis # pourveus de tout ce qui eft neccf-faire à la vie , & à la bien-feance du voyage. Voy. Jean de la Haye.
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- Des Grands chemins des Modernes en general, de leur Chemin de Traverfe * & de leurs Chemins Privés,
- CHAPITRE II.
- NOus n’avons perlbnne jufqu’l 5* ^ prcfent qui nous ait donné des réglés juftes pour les Chemins>quels ^rehtte qu’ils foient : on s’eft déterminé “e # fa fuivant les ocafions & les lieux, & tr*tte en fi les Romains ortt agi dans des fem- c.or* aH blables rencontres : il n’y a point dcJHJj & doute qu’ils ne fe foient déterminés erj ^ta[l par les mêmes vues que nous pou- ^ vons avoir. Leurs grands chemins Royaux étoient en droite ligne, au- , c"e^ tant que faire fe pouvoit, d’une \aï-mmsi geur convenable aux foules des peu* pies , & des voitures qui y dévoient paflfer ; & enfin d’une composition capable à pouvoir refifter , & à l'in-, jure du tems, &àl’éfort du mouvement que les paflans pouvoient y communiquer.
- Après qu’on avoit tracé le Chemin
- c «
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- 2. par des filions qui marquoïcnt la lar* Raport geur, & l’endroit où dévoient être de Vttrn plantés leurs murs de foûtenement,on ve , fer enlevoic le terrain pour former la la compo chauffée. La maçonnerie devoit être fit ion des affife fur un terrain de confidence’» chemins. & fi les lieux qu’on rencontroit n’é-roient point propres» on lespilotoit» ou bien on les preparoic de telle ma-î. niere qu’ils pouvoient recevoir les Les che* fondations des murs. min s doi Ccft tout ce que nous pouvons
- vent être aprendre des anciens qui ne nous conduits ont donné aucun détail que ccltiy par des que la pratique nous a pu fuggerer hommes dans les grandes ocafions,& que celui intelli- que la recherche de leurs ouvrages gens, & ,10US a pû aprendre. Le premier nous qui ayet a facilité de grands deffeins , & le pratiqué dernier ne nous a fervi d’exemple que fart de pour nôtre ufage dans quelques rem bâtir, contres.
- Les Grands Chemins que les Mo*
- * En France le Roy a fiulun droit Jouveraiit fer les chemins , ce fi pour cela qud a établi U grand Voyer & Treforiers de France , qui ont le pouvoir d'agrandir & de diminuer les fbe* tnins pour f ufage du public», ' ~ -
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- dernes ont fait faire depuis peu, & fur Les Tro tout ceux que nôtre Grand Roy * vincesde fait faire dans les Provinces de fon France Royaume, nous doivent fervit deornées&t modèle pour ceux que nous pour -travers rions faire faire dans la fuite. Ces fées par* chemins qui traverfent les Provin-des gras ces , & qui font les grandes routes, chemins^ où les Poftes du Royaume courent tous les jours, font à l’exemple des Romains, tantôt paves, où les lieux peu feurs de leur nature le demandent > tantôt couverts de gravier, pour en afleurer leur aire ; & pour la deifecher, tantôt foûtenus & foûle-ve's par des murs de foutenementi pour e'viter les lieux bourbeux, tantôt garnis de Ponts pour donner paf> fage aux eaux qui les percent, 8C tantôt compofés de tant de maniérés diferentes , fuivant que la difpofition des lieux par où il faut paflfer le demande. Toutes ces manières diferentes , & plufieurs autres que j’omets, compofeut les grands chemins Royaux d’aujourd’huy : & comme elles demandent une explication toute particulière de leur pratique a je les raporteray chacune en fon lieu.
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- alitant querexperience, & la pratî-'1 que que j’ay de ces fortes d’ouvrages me le pourront permette,
- %esche Gomme ^es grands chemins Ro-» mhidc}y.3m /i’aujourd huy font propor-. . ^ donnes aux vonures quony doit
- propor * paffer dcffus } il en efl de me* me des chemins de Traverfe. Et
- nf tOYlTLE C
- aUx 0'„comme aboutiflent tantôt aux -gratis chemins. Royaux , & tantôt les Dr • un village a un autre , écartés du ment Sranc^ chemin Royal,- fi les voitures " * qui communiquent de ccs lieux à un
- autre demandent une largeur con-fiderable , il faut d’abord la fupolèrj & fi enfin il y furvient un gros mouvement par la foule continuelle des Paflans, il y doit être pourveu de même pour fa feureté & fa durée.
- Les chemins privés n’étant faits Largeur qUe pQur des particuliers, afin de fe des c&e-communiquer dans leurs champs, à mms ÿrt fours métairies s &c. font propor-ves , des donnés auflt aux voitures qüi y doi-chemïns vent paffer. Car tantôt, fi le befoin de tra- Je demande:, on les fait larges de 7. verfè, pieds, pour y faire palier un
- des gras Charriot,tantôt de 3. à 4. pieds pour chemins y fajre paffer un homme a cheval,
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- tëntot enfin d’une mefure moindre , Royaux, comme d’un pied & demi à 2. pour & lears y former un fillon , afin de fervir ornemes à un paflant feulement. Les chç-pmr\des mins privés font diferament ornés,bordures comme par des (impies huyes # quelquefois par une Peloula , d’autres fois par un (impie (illon, fouvenc par des pierres dreflTées, 6c rangées de camp comme dans un parterre , quelques fois aflifes en forme de mur & de parapin, enfin fui-vant que les lieux 6c la commodité des matériaux le demandent. Les chemins de Traverfe qui doivent être proportionnés comme nous avons dit à la quantité de voitures qu’il y faut faire paflfer (ont pour l’ordinaire d’une largeur convenable à faire paflfer deflfus deux Charrïots, l’un qui va,& l’autre qui vient ; 6c pour cela on leur doit donner les 14. à 15. pieds de large, & 8. à 10. pieds pour le moins, bordés, ou d’una haye, ou d’un mur,ou d’une paliflfa-de , &c. Pour conferver le contenu des champs voifins d’étre diminués ou gâtés pat les voitures , foit des gens à pied Qty à cheval j &c, Lc&
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- Chemins Royaux où il (e fait plus de mouvement qu’en tous autres > doi* vent être efpacés pour leur largeur* conformement à la voiture & au. pa£« fage de quatre Charriots de frontij Quand cette efpace feroit propos! rio.nne'e à celuy de trois voitures de Charriots qui feroit de 18. à 20. pieds* cela fufiroit : mais comme il furvient de rencontres imprévues, comme la file du bagage d’une Armée, de trou* pes en marche , un débarquement, ou un embarquement, ce qui peut fupofer une grande quantité de voi*, turcs , rarrengement & le derrenge-ment d’une Foire, ce qui fupofe de foules de peuples, & des voitures , &c, doivent faire connoître que fui-vant les ocafions & les lieux, les grands chemins Royaux doivent avoir pour le moins 24. à 30. pieds de large, & ornés comme l’ocafion le per métra * & fuivant la difpofition des lieux. î-cs grands chemins des Romains avoiem jufques à do. pieds de \arge.Pr0y.Berge'silib.%.ch*$q.àr.t& Selon la coutume de Cler-tnont les chemins de charroy doivent avoir trente pieds de large,& les
- chemins
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- • 5t*?
- Chemins Royaux foixante-quatre, & dans les Forets foixance.
- Da Terrain dam une plaine, oa le Terrain efide benne confiftancem
- CHAPITRE III.
- SUpofé que le terrain de la plaine *• foit ferme, & aifeuré de luv-mê- d)u che-ane, & qu’en, tems de pluie les voi- tntn aas tures n’y enfoncent pas , loriqu’on un6 fa* y veut tracer un grand chemin , il ne}&de faut fe contenter feulement d’élever./^ haù-lbn aire par deffus les rés de chauÇ-tenr, fee de la plaine,d’environ un pié à un pie & demi. 2*
- La largeur du chemin e'tant une Qgjl fois déterminée , qui fera par exem- doit être pie de quatre toifes s on trace dans bordé de cét efpace des foifez propres à y re- f°Jfe*• cevoir la fondation des murs qui -doivent (oûtenir le terrain. Et au-delà encore des murs ,on y difpofe un efpace propre pour un folfë afin de fer vit à la fuite des eaux de pluie,
- & pour terne la chauffée deflëchée.
- D. “
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- MT
- 3. la terre que l’on tire du fofle, 88 [Qu ony celle qui fait place à la fondation doit pra des murs doit être jettée dans le mi-tiquer lieu du chemin entre les deux murs, despen- en forte qu elle faflfe une pente fort tes pour douce de chaque côté: Cette pente (écoule- doit être réglée par un piquet que ment des celuy qui a la conduite des chemins eaux, doit planter dans le milieu de la chaufiee , & après avoir déterminé la hauteur des murs defoûtenement par d’autres piquets plantez au-deflfus du Rés de chauffée de la plaine $ on aligne enfuite la hauteur des pentes qui doivent terminer l’aire du chemin. Les Romains dans leurs grands chemins royaux qui étoient de 6oi pies de large, donnoient 20. pies au pavé du milieu, qui étoitprefque de niveau;, 8c, la partie du chemin la plus élevée fur fa largeur. Enfuite à chaque côté de ce premier pavé , ils joignoient les deux autres ailes du pavé qui fe terminoient en pente du côté de la campagne pour l’écoulement des eaux , & qui étoit chacune d<jL20. piés de large ; A leur imitation , dans nos grands chemins, à proportion de leur largeur nous
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- jsôuvons garder le meme ordre dans les chemins pavez, mais non pas dans ceux qui ne font couverts que de terre, ou du gravier, dans lesquels le continuel mouvement des voitures n’afeflé que trop leur crête.
- La maçonnerie des murs de foute- 4; liement doit être plante'e quelques Dijpofl-pouces plus bas que le fonds du fofifé tion de quon doit faire , afin d’être bien af- lamafo* feurée. Et s’il eft vray que les eaux nerie dans le foffé doivent couler avec pour les quelque rapidité,quoyque le lieu loic murs de plain & uni 9 il faut pour lors obfer- foutent* ver de donner plus de fondation aux ment* murs , afin que la maçonnerie ne vienne pas à être defunie par la fuite des, eaux en tems de pluie. Dana l’employ des matériaux (ans parlée de la qualité du mortier qui doit être fait dans les conditions rcquifes;mais plutôt des pierres, on obfervera de conferver les plus gro(fes,& les plates pour le fondement des murs, affilés feulement fur le terrain fans mortier*,
- & fur cette affife après, qui fera garnie de petits moëlons , on pofera le pour y ranger la fécondé aÇs
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- fïfê » & le furplus enfin de la maçonnerie faite dans léscônditions requi* les. Le mur de foûtencment doit être couronne' de pierres plates > couchées de camp , afin de tenir la liai-fon du mur-plus afleurée , & foit qu’on fe ferve de briques , ou de cailloux , ou de quelques autres matériaux , on gardera toûjours le même arrangement.
- 4. Au furplus les terres de la chauf-'Dïfpofi- fée nouvellement portées ne doivent îion des point être battues comme prétendent terres quelques uns. Deux à trois mois four le à c tems , quelques pluies , & les «corps du paffàns les afleurent mieux que fi on ghemia. les battoit avec les dames & damoi-fëlles pendant plufieurs jours ; Ce qui eft une dépenfe inutile à l’Entrepreneur. -
- Le profil de ce chemin qui eft marqué par la Figure première,Planche première, fait voir tout l’arrenge-ment de fes parties*
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- EXPLICATION;
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- EXPLICATION
- de. U Figure première.
- A B, T E rés de chaufle'e de la JL/ campagne.
- C D E F. Le petit fofle qui borde la , chauffée.
- G H I F. Le profil du mur de foûte-nement qui borde la chauffée , & qui en foutient les berges,.
- Xi. & L K. Le talud de la chauffée de chaque côté.
- I L K M O. & N. Efpace qui mar-’que la quantité'des terres qui ont été transportées, & qui-doit être égal aux vuidesdes trapefes ren-.vcrüèz des foflez C D E F. &c. Et aux trapefes des profils du chemin F GH N. &c.
- ’O L. Marque la hauteur de la chauffée, ou (on fommet au milieu , plus élevé que I N. de &c. fui-» vanc fon éloignement,qu’on détermine à 4. à <5. pouces par toife,fui-yant le terpin plus, “'ou moins
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- Folide ; Obfcrvant de donner plus de pente à un terrain peu ferme 3 & qui fe laifle facilement pénétrer aux eaux .? & moins de pente à un autre qui de fa nature eft .compare , pefant, & qui ne fe laifle pas aifement penetrer à l'humidité.
- F G. Talud de la muraille d’un cinquième de hauteur.
- C D. Talud du fofle un tiers de hauteur.
- EXPLICATION , de la Figure deuxieme^ planche première, qui reprefente le profil particulier d'un mur de Joutenement, avec l'ar-rengement de [es matériaux»
- A B; | E rés de chauffée de la plaine , ou du terrain.
- A C. Le talud des terres du foffé. D E. Le talud du mur de foûtene-•ment.
- Ë F, Le talud des berges»
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- E. CS. Le proffl des pierres qui .couronnent le mur en dehors , S^qui font pofées de camp. Q^lquefois le mur peut être couronné d’une feule pierre, en form: de bahu,qui fuivant la décoration de la chauffée peut porter une pliure d’un pouce de faillie en dehors.
- I L. Arrangement des autres pierües qui couronnent le mur, & pofées en forme de pavé.
- D H. La première affile des pierres plates pofées à fcc.
- JLe refte du profil du mur fait voir l'arrangement de toutes les autres . pierres qui le compofent, comme celles qui peuvent faire Ion parement, & celles qui font employées dans le corps de la maçonnerie.
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- Vu chemin dans une plaine, oh lé terrain efi de mauvaife ton-ftfiance, & des pavez qtt on fait dejjus les grands chemins.
- CHAPITRE IV.
- I le terrain de la plaine dans la* quelle on veut faire pafl'er un
- .chemin, n’cft pas de luy-mé*
- mr unme fcrme ’ Pe^ant » & graveleuxi chemin ma^s gla^reux > cendreux , & hour-bourbe- ^cux » caPable à recevoir ailemenc x l’humidité, & peu compare à fôû-? * tenir & fupporter les roues des chariots , fuivant qu’il eft plus, ou moins defeéîueux , on l’aficure plus, ou moinsjcomme l’ocafion le demande.
- Apres avoir tracé le chemin , ou* Vert de chaque côté des foflez, planté des murs de foûtenement pour le foûcenir, & terraffé, d’un couronnement de mur à l’autre , fon aire du terrain ordinaire des foflez, on couvre le. çefte de gros gravier qui par-
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- tîe le mélangeant avec le terrain ordinaire du chemin, le rend compare,
- & afleuré, non feulement à fuportet l’éfort des roués des chariots, mais pour l’ordinaire demeure prefque toûjours fec , & point boueux. Ce qui eft d’ailleurs tre's-commode pour les hommes à pie qui en tems de pluie trouvent la route toûjours af-icure'e & trés-peu d’eau.
- On pratique cette maniéré d’en- £ graver un chemin , lorfque le ter- j)e cpiel rain de luymcme. eft a fiez ferme le manie. (ce; mais lorfqu’on perce un terrain 9 & qui de luy-même a non-feulement cornent-toutes ces qualitez, mais encore qui^/ faut a des fourcillemens tout au tour dtfempier^ fes foflez,qui reftent prefque toujours^. J humides quelque tems qu’il fafle, pour lors on ne le contente pas de pofer une couche de gravier feulement , mais encore on empierre le chemin ; tantôt avec des cailloux, & tantôt avec de gros quartiers de pierre, comme l’ocafion le permet ; & par-delïus cét empierrement on y po-fe la couche de gravier, Sc faute du gravier on fe fert du décembre des çameres, ou d’ua terrain grave:
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- leux ou fàblonneux, qu’on cherche aux lieux les plus prochains qu’on peut trouver.
- 3* Cette recherche le fait par des; Sondes fondes oupuys de 3. à 4. pieds de & epreu diamètre, dans les lieux qu’on juge vesponr\es p\us élevés & les plus voifins du chercher chemin, & d’où l’on pnifle ti-du fable, jer Ulî terrain aifé à tranfporter fur & du la route qu’on: veut afermit*. grosgra Toutes ces diferentes couches de-?ier» mandent un profil particulier qui en démontré leur fituation. Celuy que je pofe dans la figure 3. planche, 3. les fait toutes voir arrengées.
- EXPLICATION de la Figure 3. Planche 1,
- A. TC ST le vuidedu chemiu par X-/ deffus le rés de chauffée du terrain que doivent ocuper les terres qu’on tire du vuide C du foflé , & du remblay de la maçonnerie B.
- D. Eft l’efpace que doit ocuper le gros gravier, qui eft de 6* à i2±
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- pouces d’épaiffeur, fuivant qu’il eft plus ou moins fort, & qui finit à fieu auprès du couronnement du mur.
- E* Eft l’efpacedu terrain au deffusdu rés de chauffée, qu’ocupent les terres qu’on a forti des cfpaccs F & G qui font au deffous du rés de chauffée.
- H. Eft l’efpace de l’empierrement » qui eft tantoc d’un pied à un -pied & demi d’épaiffeur au milieu du chemin, & qui finit à rien, auprès du couronnement des murs.
- I. Eft enfin la couche de gros gra-
- vier, ou de terrain graveleux qui eft de d. à 10. pouces d’épaiffeur vers le milieu du chemin , SC finit à r.ien au couronnement des murs, comme le rcprcfence le profil. ^
- Toutes ces précautions ne fiififènt torfqtiil
- pas quelques fois pour rendre l’aire^pa„ d’un grand chemin affés folide, pour v?r um lors on la pave avec des cailloux p°-grand fés de pointe , ou de groffes pierres chemin > dey. à d. pouces d’épaiffeur, pofécstf/i fa de plat, ou d’autres pierres yotecs i\c chemi» pointe £ mais comme cous ces pavés ferré* font tous plu$ Qn moins folides,
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- afféurés lesirns plus que les autres» je les rengeray tous diferemment par des figures.
- Apre's avoir fait les foüillés des 2)/* iâ foflc's, & les excavations des fondè-difpofi- niens ^es murs ^ûtenement, & tion ^tfan^Fort£ 1£S déblais dans le milieu * du chemin, rangés à la pelle, & affés * * de niveau , on les bat avec la Dame
- autant que faire fe peut, couche fur couche , chacune de $. à 6. pouces d’epaiffeur. Cela étant fait , on pofe lç couchis , qui eft l’efpace de fable, ou de terrain graveleux , fur lequel & dans lequel on doit pofer & arren-ger les cailloux , tous plantés de pointe., frapés à refus de marteau, ôç tous leurs joints garnis de fable. Tpus étant ainfi potes, avec une pente de chaque côté de la chauffée, doivent fermer fur l’aire du chemin, & fur fa largeur une cfpcce de portion de fercle , dont le milieu fur 4. toifes de long., par exemple a qui peut luÿ fervir de corde, fera élevé de 10. à J2. pouce», pour fervir de pente à l’écoulement des eaux de pluye. Le pave de cailloux étant ainfi pofé, on le bat avec la batte pour le mieux
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- mieux alfeûrer ; & comme fl arrive que par des éforts de voitures, il peut iè defunir de cailloux qu’on négligé quelquefois de réparer; & qu’enfui te d’autres les fuivent, ce qui forme des creux, & la ruine du pave', pour e'viter une grande defumon de cailloüagc, on afleute l’aire du pavé r par des traverfes qui font tantôt de gros cailloux, & tantôt de pierres plates, comme de dales qu on pofe de camp dans le chemin. Ces traverfes parcourent le chemin , tantôt en e'charpe, & tantôt carrément fur fa largeur , fuivant la difpoficion des lieux. Contre ces traverfes on plante le pavé , & quand par l’ufâge du tems les cailloux entre deux traverfes fe defuniffent, la fuite de la defunion ne peut pas le faire par delà les traverfes , parce qu’elles retiennent les autres cailloux , qui font au delà. Les traverfes doivent donc être fort affurées, & elles le feront lors qu’on fe fèrvira de cailloux de io, 12, à iy. pouces de long , ou de dales de 10.à 12. pouces de queue, plates & non pointues , en forme uier, fi faite fe peut, ou de
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- groffès pierres qui auront plus ou moins de queue, comme Tocafioh le permetra, Une ttavcrfe doit être éloignée d’une autre de 2. toifës pour le jplus. Quand elles fcroienc éloignées l’une de l’autre d’une toile feulement, le pavé n’en feroit qtie plus affeuré.
- * Le pavé fait de moëlons de car-Dm f>a- rjere bruts } doit être pofé dans uïi ve des couchis de fable ou de bon terrain moëlons non jegCr. & comme pour l’ordi-de car-qaire onlepofe en forme de coing, rterc, jj trés-fujet a être ruiné par la voye ou par les roüages des char-riots: car ce pavés ayant des parties plus foibles les unes que les autres à l’endroit de leur fuperfîcie, les plus foibles cedent, & caftent dans les vuides que forment les pierres à leur entre-deux, & par là le pavé fe defunit & le ruine.
- 7. Le pavé de moëlons de carrière Pavé' de bruts, eft beaucoup moins folide moëlons que ccluy de cailloüage, mais le de car- pavé de moëlons de carrière choifis riere ef- & efiîmillés, couchés de plat, duré fimilles. des fiécles entiers , fans qu’il (bit fii-jet d’étre réparé , pouryeu qu’il fois
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- «couché dans un bon terrain > ou dans un bon couchis , l’un & l’autre doit •être fuivi fur le travers de la voyç, c’eft à dire d’un mur de foutenement à l'autre , afin que les roues des char* riots ne puiflfent palier fur deux joints de pierres confccutivement. A ces pa-ve's faits de pierres choifîes, on leur donne moins de pente qu’aux autres pour l'écoulement: des eaux , on le contente de leur donner feulement r« à 2. pouces par toifes.
- Les profils de la figure 4. & j.' planche 1. feront voir leur difpo* fition.
- JE X P L l C A T 1 O K de la Figure 4. Planche I.
- A. S T la moitié de la chaufiee
- JUs fupofée pavée de cailloux, avec fon couchis delïous.
- B. Eft la traverfe faite de Dales, ou de groflès pierres.
- A B. Eft la ligne courbe qu’il faut faire fuivre au pavé pour l’écou-letneut des eaux, & quilaflèurç
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- d’autant plus qu’il le trouve charge par les charriots, à caufe de la ligure du cintre, ou de la plates bande, à quoy il reflemble, & qui en fait tout 1’efFct.
- JB X P LIC A T I O K de U Figure 5. Planche 1,
- A. TJ S T le profil d’un pave' fait Â-j de moëlons bruts de carrière, qui ne reütïiflent pas le plus fou-vent à caufe des vuides qui fe trouvent à leur entre-deux, & qui n’eft garni pour l’ordinaire que de la terre. Ces moëlons s’écornent au moindre éfort d\»n châtriot qui y pafle de (fus j Ce qui forme dans peu des ornières, qui dans la fuite defuniflent le pavé , & ruinent les chemins. Je fçay qu’on pave avec des moëlons de carrière, choifîs & effimilles faits par échantillon de deux, trois & quatre pouces de large, qui font plantes & pôles en bain de bon ciment ou de mortier , qui ont tous une
- queue
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- queue en forme d échiquier j qui durent long-têtus ainfi difpofe's, & meme forment un pavé très-propre. Comme, ils ne font d’ulage que pour les pavés des porches, terraflès , galeries découvertes où il ne s’y fait pas de gros éforts, il eft aile à comprendre qu'on ne doit pas les employer où il paflè des voitures & des Charriots.
- B. Eft le profil d’un pavé de moelons de carrière choifis , pofés de plat , & où l’on voit que les roües des Charriots n’ont pas plus de prife fur les joints que fur le milieu de leur fuperficie , pour pouvoir les defunir en les écornant. Si cette; forte de pavé eft d’un gros ufage ,• les voitures ont de la peine à faire des éforts dcfliis, par le peu de prife: qu’elles ont- fur 4a fuperficie,' qui devient quelquefois très-unie & gliflante. Le pavé fait de cailloux alTeurc beaucoup plus les pieds des chevaux 9 & des bœufs. Celuy qui eft fait de moélons bruts de Carrière les aflèure encore d’avantage. Si on eftime les uns àcaufe.de leu commodité.
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- on préféré les autres à caufe île leur long ufagç. La commodité d’avoir plutôt les premiers que les derniers >fait qu’on fe fert plutôt des uns que des autres.
- j)u çhem 'w dam un terrain ma»
- récageux.
- CHAPITRE V.
- Femar- À Prés avoir reconnu le ceins, aues à XjL °ù les eaux des endroits marë-fatrelors-S ageux croifl'ent le plus, on marque quilfaut hauteur de leur fuperficie , par là tracerun^tc d'un piquet, & ainfi fuivant Chemin. l’efpacc marécageux que doit par-dans ## courir k Chemin qu’on y doit faire Itett w^-pafler deflus, on opéré, diversement recageux Vivant la bourbe ou la vafe , ou le 2, terrain peu ferme qu’on- rencontre. Four af* Lorfque le terrain de luy-même fermir cP glaireux, il efi très-ferme & afleu-la voye*&9 pourveu qu’il ne foit pas dilsyé du ter-& pénétré' par les eaux des pluyes, rainglalQU .du marais même qu’il avoiüne, reuxm & comme il n’y a; qu’à le défendre
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- , 39
- pendant un certain tenis dé l’année de; quelque inondation , ou de grof-içspluyes qui le peuvent rendre marécageux , ou bourbeux j on y, remédie de la maniéré qui fuit.
- Apres avoir déterminé fa largeur, %• le terrain étant fupofé ferme & affeu- Etabtiffk ré de luy-méme, pourveu qu’il ne ment des foit pas pénétré des eaux, on renge murs for .fous répaififeur des murs une plate plate for forme » fur laquelle on établit la mes. maçonnerie. Cette plate-forme peut être affile fur le rés de chauffée du nia-rais, failànt en forte que les racinaux porteront n. à ijr. pouces au delà de là face pu du rés des murs de foû-tehement, les madriers 3. à 4. pouces feulement tous chevillés fur les racinaux , & au fur plus les raçi-naux qui doivent encore porter dans la chauffée, les 2. à 3. pied s.y doivent être affeurés par des gros piquets ou pieux de chênepour arrêter les plates-formes» & les empêcher de s’éloigner les unes'des au- 4. très, lorfque leur entre-deux fé trou- Du com vera chargé de déblais. - blement
- Le comblement de la chauffée fe de la doit tirer des foffés qu’on fera au-de- chauffée*
- Gij
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- 4©
- Sa des pîate-formes. On laiffera une ioife de berme, tantôt plus-, & tantôt moins, fuivant Sa dipofition des lieux, & la confiftatice du terrain fur lequel on établie la chauffée. Les foffez feront plus ou moins larges» & profonds de même fuivant la quantité' des déblais qu’il en faudra tirer pour faire le comblement de la chauffée , le deffus de laquelle on afermi* ra de la maniéré qu’on le trouvera à propos, ou avec du gravier , oà par un pavé &c. comme nous vous dit cy« deffus.
- La Figure fixiéme » planche première, fait voir le profil de cete* forte de chauffée.
- p X P L I C A T J O N
- de U Figure fixiéme flanche première.
- jA B* T E rés de chauffée du ma-Mué rais.
- B C. La moitié de la largeur de la chauffée.
- C P« Un des racinaux fur lequel on
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- établit la plateforme de madriers. Les madriers doivent avoir trois pouces d’épaifleur, les racinaux 6. pouces pour le moins * & efpacés les uns des autres d’un pié 9 & demi à deux tout au plus.
- C E. Berme d’une toife de large pour afermir lé pié de la plateforme,
- E F. 1 efpace du folle où l’on doit prendre les terres pour faire le Comblement, ou le remblay G B. On doit travailler dans ces fortes
- des lieux dans te tem» Ica «aux font les plus bâfiféS.
- Le terrain marécageux peut-être
- d'une allez mauvaife confiftance pour r, *1 ,
- ne pouvoir pas fuporter le petit em* J J-
- patement de b plateforme, Sz ^nuv*cme
- lors il faut s’y prendre,d’une autre Ur~ . . • * Àr i i . railt VU'
- maniéré pour- afleurer les berges de r
- la chauffée. Quand cela arrive le ter-*'* '
- tain eft pour l’ordinaire vafeux, &
- on y remedie en fafeinant les lieux
- où l’on fait faite lés muts de foûte-
- nement. 9*
- Après avoir pofé , & rangé un \\t^ermes,
- ide fafeines on commence l’aligne-^* pa^f
- ment au-deffus, par un talud de bonsfades
- gafonsj & ainfî fuivant, jufques Ipur
- G ii j
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- border > la hauteur cfeterminée de la chauffée, &aJfeti-Yon la couronne tantôt d’une paliflà-rer /f de qui la borde à quelques piez loin Chemin de fes berges pour e'viter que les chariots n’endéfuniffent pas lès exïre-mitez, tantôt feulement on y plante des pieux pour marquer Vefpaee que doivent parcourir, & contenir les Ch ariots j & enfin tantôt on y laiffe une ber me de deux piez de large pouE marquer au fufte la largeur de la oye de-2, 3. & 4* Chariots de front.
- Le piiofil cfe routes ees maniéré* diferent«$ de chemin eft marquépar la Figure feptféme, planche première.
- B X P LJ CAT IOfl[ de la figure feftiéme, flanche frem’tere
- AB. T E re's de chauffée du ma-JLj rais.
- A C. La largeur des foffez où l’on doit prendre la vafe pour le comblement de la chauffée entre le berges, & les fafeines.
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- C D. La berme, au-delà des bcf-
- ges.
- D E. La longueur des fa Ici nés dans lepaiffeur de la chauffée , lef-quelles fafeines feront de 6, B. à 10 piés de longueur,
- D F. Talud extérieur de la chauffée paré de brins de fafeines , & d’un gazonâge.
- F G. Efpace contre-gardé par une paliffade > par de pieux, ou par uric barrière afin que les Chariots ne defunifiènt point le bout des berges F.
- G H. Hauteur de la paliffade, ou de la barrière qui fera de trois pies hors d’œuvre, & de trois piez dans œuvre.
- A la place de cette barrière, nous avons dir. qu’on pouvoic pratiquer une berme pour éviter aux Chariots dedefunir le bout des berges.
- I. Eft le bout des berges.
- I K. La largeur de la berme qui peut être de deux piez feulement. kL. Hauteur du Chemin par-deffus la berme. qui peut être, de 10. à 12. pouces tojnc au plus garnie de deux rangs dé hauteur de gazon
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- tous biens liez par des brins des fafcines.
- 7. La fblidité de cette chauflee,ou Autres levée de terre pour fervir deChemin, frecatt- confifte à bien. fafeiner , & talufler tlons battre fon aire dés le commencement
- pour fafavec la dame, à mefure qu’onl’éle-feurer. ve. On doit choifir les brins des fafcines propres à prendre racines, & les gazons de même qu’on doit femer de Saint Foin, & pour tout cela il faut prendre le tems , & la faifon de l’année la plus propre fi faire fepeut.
- Bu Chemin dans un Bfiang, à* dans un Lac.
- CHAPITRE VI.
- P Lus les lieux par où il faut faire paffer une route (ont peu fermes rrecau ^ peu deconfiftance, plus faut-il
- tfC7i* a chercher des moyens afleurez pour p en re rent]re le corps de la route folidclors
- *Vanf » qu’on vknd ra à l’aflcoir. Un Eflang
- fonder * ^ un ^ac ne Pre^ntent qu’une^fu-
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- . 4?
- jpctficie d’eau au-deflbu$ dê laquelle! il faut fonder pour y drefler une rpo^ te.PIus le fonds des eauxde l’Èftaogi ou du Lac eft profond V plus grandes àufiï, doivent être les précaution^ qu’on prendra pour cela. ?
- ig II faut '.tracer la route par des pieux, ou gros piquets plantez dans l’eau , efpacez les uns des autres de deux en deux toifes, ou de trois en trois toiles.
- • i .. »
- 2° Faire un profil de la profondeur de Fcau fur la longueur de la route pour marquer, & fopucer la de'penfo qu’on pourra faire à fonder dans ces lieux de mauvaifc confiftan-çc jufqu’à la fupetficie des plus hautes eaux.
- 3* reconnoître les lieux qui font le plus de confiftance pour les fbn-, der avec moins de depcnfe que faire fe pourra > fans préjudice cependant de là folidite requife que doivent avoir ces fortes d’ouvrages dans des lieux de fi peu de confiftance.
- 4* Et enfin faire un amas des matériaux les plus propres, & dont on fera convenu pour la folidite de la yoye» qui doivent être employé*
- H
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- 0ans les lieux plus ou moins fermes» fuivant l’état qu’on en aura dreffé par la difpofition du profil.
- Dé cette maniéré on aura au jufte l’état de dépeiife qu’il eft d’une ne-ceifité abfolüe d’avoir pour des ouvrages de cetté cohfequence,qui font d’autant plus important, & necef-faires, plus les lieux qu’il faut tt a ver-fer (ont plus ou moins dificiles. .
- Et pour les lieux les plus ai lez fj)u che- qu’on rencontre à l'entrée d’un E£ viin das tang à quelques pouces de hauteur Ventrée d’eau, & où le terrain eft vafeuxà d’tin Ef- 2*a 3* piez feulement, on commen-tang, ce la voye dans le tcms que les eaux font les plus baffes. On la borde d’un rang de palaplanches à rainures ba-tües à refus de mouton, & leurs têtes afleurées par deux longraines arrêtées de diftance en diftance par des liens ou étriers qui prendront dans lé déffous du Chemin. Le derrière des pàlaplancnes doit être garni fur toute l’aire du Chemin,de fafcines, fur lefquelles on pouffera une hauteur de rembîay bordée derrière les; palaplanches d’un parement de fascinés. Le terrain dans eés endroit f#
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- peut trouver d’une auffi mauvaifè confiftance, que les fafcines feules dans le fondement ne pourroient pas füfire pour foûtenir aflfez l’efortdes terrés, & des.décombres qu’on mc-troit au deffiis,pour lors fur le travers dii Chemin on peut ranger de faucif^ fons les plus longs que faire fe pourra , au-ddfus desquels fur la hauteur de 5:. à 6. pouces on rangera un lit de gravier, ou de bon terrain. Ce qui aflèurera parfaitement bien lYtfë de la yoye.
- La Figure huitième, planche première, fait voir le profil de la route ainfi établie.
- B X P L I C AI ÏOU de lu Figure huitième , Planche première.
- • %
- Pi B. ,Ç2 Uperficie des eaux de 1*E£ tan g.
- G D. /Profondeur des eaux de TEf-
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- 4$
- E'F. Profondeur du terrain vafeu** au bout duquel finiflent les pala-planches.
- F G. Palaplanche.
- C H. Fafcines employées pour border le chemin.
- HI, Lit de fafcines fur toute l’aire du fondement du chemin.
- H L. Lit de (aurifions pour aficurer le corps de la voye.
- 3* Suivant l'ufage de la route , il eft Bordu- neceflaire quelquefois d’y établir res four des bords qui foient de plus de durée me /0»-que ceux qu’on fçauroit faire avec gue au-dç fafcines. Pour lors couvrant les ree, étriers qui afleurent les palaplanches d’un à deux rangs de Madriers» ou de Tablouins de g. à 4. pouces-fur 2. à g. pieds de large » on y peut placer deflus un mur,, dont le parement fera conforme à la durée qu’ohvèu-dra donner an chemin.
- A M. Eft. le Madrier établi fur le lien C M.
- N. eft le corps du mur établi furies Madriers.
- 4; Plus , on peut s’avancer dans tin Duché-Etang , & plus on peut trouver de mndansprofondeur d'eau, & un 'terrain
- d’autant
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- cTaucant plus dificile, & de plus faprofo* mauvaiiè confiftance. Pour lors on dettr du fe précaution ne beaucoup plus que Etang* nous n’avons pas fait par le paflë : car après avoir déterminé la longueur , & la largeur de la route , on la garnit fur toute fou aire d’un grillage , qui tantôt eft piloté comme le belbin le demande , & tantôt il eft garni feulement fur le devant des pilots de bordage, ou de palaplan-ches, & enfin on l’aflfeute fi bien fui-vant les ocafions que l’on peut ai fe-ment établir déflùs la route qu’on fe propofe. 'Après avoir établi un bon rondement, on garnit'les vuides, ou chambres du : grillage , tantôt de pierres^ tantôt défafeines, comme l-oCafion Sc la commodité des matériaux le peuvent permettre, & cela fe fait jufques à lahauteur des eaux de l'Etang, ou du Lac , afin d’y établir déflus des' bordures , telles qu’elles doivent être pour foûtenir fortement les terres qifon pouflera deffus la voye.
- 1 C’efi: fuivant les ocafions, & la y." commodité des matériaux qu’on le estfutre laifiç conduire* cçmme nous ayons moyeq
- ' "...... ' I ‘
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- fourfo- dîf. Ou peut trouver aifement beau-, fier un coup de falcines , & peu de pierres chemin pour l’avancement d’un chemin , fait dans le de la maniéré que nous venons de crus d'uàïte , & pour lors il. faut s’en fervir Etang. absolument, à moins dene s’expo-ier à de grofles dépenfes. Mais fi au lieu des fafeines on ne rencontrbit que des pierres, il faudroit de meme en faire un bon ufage , & fupofant encore la dificulté d’avoir des bois .propres pour y jeter un grillage, il faudroit pour lors ponfler devant une jettée de pierres , dont les plus greffes feroient expofées, & renverfées fur les taluds , afin de mieux foute-nirle poids, & le mouvement des eaux. Cette jettée de pierre, qui forme enfin un enrochement, peut être établie jufqucs à la fuperficie des eaux , & le furplus de l’elcvation du chemin peut être garni de fafeines dans le fonds & par cidîus les fat-eines des décombres , & déblais pour parachever le furplus de la voye. On peut border cet enrochement d’un mur après s’être retiré de fon talud ordinaire, de quelques pieds & d’une toile,s’il eftneceflai-
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- re. Plus, le talud de la jettée fera profond , à caufede la grande, quantité d eau qu’on peut trouver ; Plus auffi faut-il que cette retraite ou cette berme foit large. Enfin .quand tous les moyens que nous venons de dire paroiflent . trop dificiles , on a recours aux ponts de charpente, pour former la voyc, établis fur des pieux liernés, & moife's 9 garnis d’une travée fur fômmiers qui coé-fent les pieux , &c.
- La figure 9. planche 2. fait voit tous cès premiers ouvrages en profil.
- £ JV P LI CA T 10 N de la Figure 9. planche 2.
- AB.T îgne qui coupe le profil du JL# chemin en' deux parties, pour reprefenter deux ouvrages ditferens.
- CD. Superficie des eaux.
- DE. Ec EF. Profondeur des eaux 9 dans laquelle on pofe le grillage * GF. & les pilots de bordage. Hl. jufqu’à la fuperficie des eaux. DC«
- Uj
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- P ' ^
- (qui peut être d’un pied & demi' à deux.
- *NC. Eft un lit de pierres pour gar* nir les vuidcs ou les chambres du grillage, & fur lequel on pofè des. décombres, de caillouagc, de fafci**’ nés, &c. pour y pouffer deffus le remblay. O.
- IL. Eft un madrier qu’on peut pôle? fur le grillage, derrière les pilots de boraage , afin d’établir deffus; le mur de foûtenement. M.
- DP. Eft la même fuperftcie d’eau £ . continuée à meme hauteur.
- BQ^.C’eft une profondeur d’eau beaucoup plus grande que celle de EF/dans laquelle on y poufle une jettée de pierres,marquée par fon talud P
- PR. Eft la berme de la jettée de pierres.
- S. Eft le mur de foûtenement > &c«
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- T>u Chemin fut le hotd de lu Mer 5 & fur le bord dune Rivière,
- CHAPITRE Vit
- r.
- ON fuppofe icy que le bord de Supofi4 la mer eft couvert d?une Pla-*^wf . ge ou d’un terrain, fort uni, fur le- ^ projet quel les vagues de la mer dans un ^efe -gros tems parcourent Ton aire. Qç.mrt* qui peut empêcher ou détourner les voitures dans ce tems là. j.1
- Les précautions qu’on doit pren- Preca»-dre pour cela, doivent être pro-t’lons & portionnêes aux efforts que peuvent moyens taire les vagues de la mer dans ces qu’ilfaut lieux, où il faut faire paflèr le che» prendre min lorfqu’il furviendra quelque p0Hr fa
- gros tems, il faut en remarquer lesjèureté effets, & fe retirer fi faire fe peut, de d'un che cesmouvemens violens autant qu’on au pourra. Apres quoy dans un tems yorc( de calme on fait les fouilles des murs {a mer% de foûtenement aufli profondes que la fuperficie des eaux de la mer qu’çn rencontre le peut permettre*
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- *4.
- On y établit ainfi- la maçonnerie qu’on élevé autant qu’il faut, Sc fuivant les remarques qu’on en a fait dans le teins que la mer étoit la plus agitée. On pare, cette maçonnerie de bonnes pierres de taille , aux endroits*.où l’on: ne peut.pas. éviter les flots de la mer, & le furpîus du corps de là.chauffée eft garni de Cail-loüage mêlé avec du gravier, du fable & de la terre.parmi, fi oh le peut faire commodément, pour faire, une meilleure liailon. On voit, affés par l’experience que le fàblon feul.n’a point de liaifon ehluy-méme , qu’ij fe meut fous les pieds, & que cela fatigue extrêmement toùte forte de voiture. On voit, dis-je, que pour fi peu de liaifon qu’on luy donne » quand ce ne (èroit qu’avec de l’eau feule, il devient ferme, & plus afleu-ré. On en. liera donc Tes parties autant que faire fc pourra , loic avec delà terre fi on en peut avoir commodément , ou bien avec du cailloüage, & par deflus du gros gravier, fi faire fe peut.
- Les Bergues qu’on éleve aux bords des Rivières peu rapides,pour
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- empêcher que les eaux dans le temS des debordemens n’aillent pas inon-Des Ber der les chemins qui font coût auprès, gués près & des campagnes entières, doivent les nvie-être aflfés fortes d’elles-mémes pourrez pour foûtenir , & pour refifter à leur vio-feûtenir lence. Tay e'tabli leur manière dans un che~ le Traite' que j’ay fait intitulé, /’Art min* de bât tir dans l'eau, & la maniéré de la conduire a toute forte d’ufàge9 où je renvoyé le leéleur , pour ne pas traiter d'un même fujet en deux endroits differens.
- Du chemin qui cotoye une ram-V 9 ou pente de Montagne,
- CHAPITRE VIII.
- / * „
- LEs Rampes des Montagnes ne Du cha«
- font pas toujours en droite ligne gement pour y pouvoir tracer également un de figure njéme;.ouvrage;, piopre à foûtenir ^» che-i line route.qu’on y veut projeter. Le min fui-* chemin dans ccs lieux eft bor.dé pour vant la l’ordinaire du côté du bas de la ram- diferece pe pat un mut de fbûtenement.du lieux
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- Tantôt fuivânt la dilpofirion du trir-. rain, on le contente de faire toute
- la tranchée danslefolide de la montagne , tantôt traverfant de rochers» on établit de l’unde l'un à l'autre des charges , & des1 cintres: fur bailles . pour fuporter les murs de loûtene-ment. Par le trop grand efcarpe-mët des lieux,on y pratique des charpentes propres à foûtenir la route i tantôt ne pouvant pas y établir une route ni par un mur de foûtenemenr, ni par aucune charpente, on perce le rocher qu’on rencontre. Enfin ne pouvant pas fe fervir d’aticirn de ces moyens , on eft obligé de poulfer la foute dans le fonds, & bas des lieuse inacceffibles, qui ; font très fouvenc de rivières , &c. De toutes ces maniérés diferentes de chemins » nous alons traiter dans la fuite. ÿMkrs'de Les murs de foâtcnement qu'ofl foùténe- fait pour fuporter une voye fur-la tnint à rampe d’une montagne, font faits chaux^r quelque fois à chaux & a fable» & à Jâblè quelquefois à pierre lèche.'Ceux qui four fou- font'faits à chaux & à lâble nesof pas tenir un toujours les meilleurs contre-forts , chemin & areboufans pour fçûtenir tout l’ér
- : .(?«>
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- fort & toute la pefanceur-dela tou-^far la pe te, car le mortier qui ferme le jointe d'une des pierres empêche les eaux de monta* filtrer au travers des terres qui les™^ retiennent comme une éponge. Ces6 eaux . dans, le tems des. pluyes qui defcendenc.de la rampe'de la mon? tagne, donc une partie traverfe là route , & l’autre s’imbibe dans Ion terrain, r’amoliflfent le fondement .des.murs, defuniflentlc mortier des joints entre les pierres, fourcillcnt enfin , & entraînent par là les murs pàrl’éfort des terres qui font derrière. Quelque précaution qu’on pre-ne à pratiquer des égouts » barbaca-ties , ventoufes, ou chantepleures pour l’écoulement des eaux, fi l’endroit-de la montagne eft mal fitué ,
- & qu’il s’y, rencontre des fources, <
- toutes ces précautions feront mal propres pour donner à la route une (parfaite fpliditë. Pour lors un mur .de fQÛtenemenc fait-avec la fimple pierre fèche , fans aucune terre entre les joiuts, eft à preferer à une bonne maçonnerie , parce qu’au travers des joints des pierres les «eaux s’d- * chapent, après s’être filtrées dans
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- jOu mur
- »8 .
- tes terres du chemin. La route eft ainfi plutôt deffechée , & par confè-quenc plutôt affermie pour la commodité des paflfans- après un tems de pluye. Les Murs de foûtenement faits avec pierre , chaux & fable a peuvent être pratiqués fur le roc , & dans les lieux les plus fecs de la rampe de la montagne 9 où dificile-nient pourroit-on pratiquer un mur de foûtenement à pierre feche ,* capable à foutenir un grand remblay de terre pour la largeur d’une route. Et ainfi ayant une fois, diftitigué les lieux les plus propres à; faire plutôt un ouvrage , qu’un autre, il fera aile de connruire avec folidité la route.
- Le Mur de foûtenement fait avec
- 'pierre feche, doit être affis en bon 4e joute- fon(j5 j^obfervant de luy donner une
- jmtnt pente g-g quelques pouces du côté ave*P*J'r du haut de la montagne $ afin qu’il iJes ç' fôit parfaitement bien affis dans fbn fol. Enfuite on l’élevera à plomb du côté des terres, ou du remblay, & en dehors on luy donnera du ealud tin cinquième de hauteur. La largeur par le haut doit être pour le moins
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- de deux pieds, élevé , $c couronné de pierres plates , couchées de camp ;pour le moins fur les deux tiers de la largeur du mur par le haut. L’ar-rengement des pierres doit être tel, que dans le fondement on établira :les plus groflès & les plates £à Ton parement les longues & qui forment des efpeces de boutifles j dans le corps du mûries plus petites, & le derrière du.murdoit être garni de môyenes, le tout avec, une certaine liaiion, que de tems en tems il y en ait de longues qui lient le mur d’un parement à l’autre fur (a largeur , G faire fe, peut, fans qu’aucune terre:> moufle , gafoji, bois, &c. foit employé à fa conftruétion. Les terres feront en fuite rangées derrière avec la pelle, qu’on fera defeendre du haut de la montagne, &. les pierres qu’on trouvera parmUes déblais feront couchées de plat, & tout auprès derrière les murs. Le remblay des terres fe doit faire, jufques à la hauteur des murs de foutenement, dont lecouronnement doit être couvert à quelques pouces de haut de gafon, herbes, moufle* &de tout ce qui
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- /êo
- •peut fe lier aifement pour faire corps, & n’e'tre pas facilement emporté par les eaux des pluyés dans un commencement. L’aire de la voye doit avoir une pente prefque înfenfible du côté du bas de la montagne pour l’écoulement des .eaux lorfqu’il viendra à pleuvoir.
- La figure io. planche 2. fait voir le profil d’une route fur la pente d’une montagne , avec un mur de fbûtenemcnt. , .t*&.
- B X P L J C A T I O N de la Figure dixiéme flanche fécondé.
- «
- AB CD. Tl Àmpe, ou pente de
- L\ la montagne.
- ,CE. Sol j ou aflïete du mur dans fon fondement , qui doit avoir quelques pouces de pente de G. en E.
- EF. Derrière du mur de fbutene-ment.
- GC. Talud du gnv . dç îbutene-,
- ' ' GF.
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- 6i
- G. F. Largeur du mur à Ton couronnement clavé de pierres couchées de camp. G.
- A. B. Partie du terraiu de la Monta-tagne de Blaye, , pour remblayer le vuide B. F. C.
- Le Mur de foûtenement fait avec 4, bonne maçonnerie, doit être aflîsen £)er
- bon fonds, commecelui qui eft fait à Chatt-pierres feches. Les Egouts, & Chan- teplcu? tepleures qu’on y pratiquera feront : rts, & ouverts de 3.à 4. pouces en quarté, Barbare au derrière des Murs feront cou- canes verts, & comblés de pierres j contre. cr^tz-lefquelles, & fur lefquelles 011 rangera antes les terres, afin que les eaux le filtrent dans U au travers de ce s pierres, cailloüages, mur de & gravier.le réunifiant plus aifemetau foutene jour de la Barbacane pour fortir plus ment, facilement. Dans les endroits où l’on trouve du roc, & où le mur de maço» neriene fçauroit avoir prife * ou pratique dans le roc, au pié du mur des entailles, ou refiauts de niveau , fur lefqueîs on établit la maçonerie.
- La Figure ir. Planche 2. fait voir un mur afiis fur le rocefcarpé, avec une Barbacane garnie fur fon derrière defon égout, & comblement de pierres. L
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- 6î
- explication
- de la Figure u. Planche 2.
- S
- rÂrbres, & bayes vives four border m chemin.
- A. B. C. D* TJ Ampe de la Mon-
- X\,tagne fur un roc.
- B. C. Rampe du roc, fur laquelle on a pratiqué des reflauts pour y af-feoir le mur.
- G. F. C. Barbacane, ou chantepleure garnie fur fbn dernier d’un égout, ou comblement de pierres C. E. pour reünir les eaux qui fè filtrent dans le terrain C.E.D.
- Il ncfl pas toujours neceflàire de foutenir le chemin fur la rampe d’une montagne par des murs. Quelquefois le terrain de la montagne de luy même , eft fi aifé qu’on peut facilement fèpaffer d’un mur de foûtenement, en fuppofant dâs le terrain de la montagne toute la largeur de la voye. Il eft vrai que les pluyes eboulent les bords de ces fortes de routes , mais comme pour l’ordinaire, on les fait
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- A .
- plus larges dans ces lieux , Si que lé terrain de la montagne n’y eft pas ordinairement rapide , on ne craint guieres pour l’avenir. Une haye vive, & des arbres plantez à l’endroit du mur de foûtenemcnt conviendroient
- S* f
- beaucoup aux paffants» & rendroient toûjours la veye-plus fblide par leurs racines.
- La Figure 12. Planche 2. fait voir un profil de cette forte de route.
- EX 1?L ICzAT 10Ü^ de la Figure 12. 'Flanche 2.
- A. C. B. Rampe de la montagne.
- C. D. B. tranchée de terre dans la rampe qui fèrt à garnir l’èfpaceC.E. A.oùl’on peut planter des arbres,
- Si qui forme l’aire de la route E.C.
- D. 6
- A la rencontre des rochers efcar- .
- pés, on y pratique des reflauts, com- * cmtn
- me nous avons dit pour aflèoir deflus contrt
- la maçonerie. Quelquefois la dificul- roe
- té des lieux, 11e demande pas qu’on *ur im
- Lî
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- Heu in accejji-b le fou-tenu par un mur à cintres
- 64
- agifîè aînfi. Car lés rochers fe peu--vent trouver fi efcarpex en de certains endroits, qu’il ne faut pas penfer à y placer de lamaçonerie. Pour fi impraticables que foient les lieux ,ils ne les font pas toûjours fi fort , qu’on 11’y puilfe e'tablir des décharges , ou cintres, qui portant d’un roc à l’autre, donnent le moyen d’y établir un mur de {oûtencment. Les décharges font tantôt égales, & tantôt inégales,comme la difpofition du roc, fur lequel elles font établies le peut permettre.
- La Figure 13. Planche 2. montre leur figure , & leur difpofition.
- EXPLI CAT ION
- I
- de la, Figure i^Tlanchei.
- A B, C. Sont de pointes de rocher,
- , émouffées avec la mine , ou avec le marteau têtu pour faire place au fondement des cintres, fur lefquels le mur de (bûtenement cft porté.
- C. D. Hauteur du mur de foûtene-ment.
- D. E. Largeur de la voye.
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- volant contre ttn ro-
- 6$
- C. E. F. Rampe du roc de la Monta gne.
- Le rocher contre lequel , ou fur lequel on veut établir une route, peut . .
- être fi efcarpé , & le lieu fi dificile , c emm qu’il rie leroit peut être pas poflîble d’y pouvoir pratiquer des cintres.
- Pour lors fi l’ocafion le demande, ou , la difpofition des lieux, il faut y enca-. c^er y ftrerune charpente, qui étant fupor- carPf » tée par des arcboutans de bois, & & jur cramponéc dans le vif du roc > avec i,re* de crampons de fer, on puilfe former clPtce* par deflus un plancher, qui fuportera un pavé planté dans Ion couchis.
- Cette charpente doit être fi bien allurée, qu’elle puilfe fuporter ailèraent quelque voiture quelle foît fur la largeur d’un chariot feulement. Les lieux fi dificiles à pratiquer, peuvent donc être réduits à 8. à neuf pieds de large , & cette largeur peut fufire. La longetir de ces fortes de lieux , n’eft pas pourlordinâire fort grande. Si cependant pour mieux a fleurer toute la charpente, qui doit fuporter la route, il faut y planter des étançons pour foûtenir le bout des traverfiers, qui doivent être cramponês dans le
- Iz
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- 66
- vif du roc » on peut le faire comme î’occafîon le permetra ; mais on ne doit pas pourtant Ce fier entièrement à cela. On doit s’en precautioner comme s’ils ne dévoient pas lêrvir > cai c’eft un apui, qui quoique très feur de lui* même, s’il eft trop longs ne dure pourtant pas long-tems. L’étançon doit être arrêté au pied, par une grenoüillete de fer enchaflee dans le roc, dans laquelle il portera par une pointe qui formera une lardoire j qui terminera le pied de l’étançon. De cette maniéré le pied de l’étançon fera toûjours arrête feurement , & ne pourrira pas fi tôt pour faire plier îbus lui la charpente de la route.
- La Figure 14. Planche ?.. fait voir un profil de cette forte de route, ou chemin volant.
- EXPLICATION de laFigure 14. Planche 2.
- A. B.C. D. T Tens, & areboutans, 1 -.qui fuportentle fom-mier,& les poutrelles pour le plan-
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- ($7
- cher de la route, ou du chemin volant.
- E D F. Etançon qui fupporte le chemin volant foûs l’aplomb du garde-fol , 8c qui eft garni de (à lar-doire F. pour en cotiferver fon pied. A. la place de l’Etançon, on peut y fùppofer une pile de maç5-nerie , fuivant la commodité des lieux, pour mieux aflurer la route*
- H GB F. Profil du rocher.
- G. Trou dans le roc, oh le fonder du chemin volant eft encaftré en forme de marteau, queue ronde,
- &c. par des ancres de fer, & tenons , qui régnent fur fa longueur»
- 8c qui y font clouez en plateban-des , & fuivant le plan de figure i£. dans lequel I. L. marque le vif du roc.
- M. L’encaftrement du fommier dans le vif du roc, en forme de mar- . teau, &c. couvert de platebandes de fer, &c. Cet encaftrement fe peut cramponcr de plufieurs autres maniérés. gm
- Le chemin volant n’eft pas tou- Che-jours en ufage dans les grandes rou- mjn tes, au bord des rochers efcarpè2,
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- pratiqué dans le foli-de du roc.
- 9»
- Chemin fur le bord d'une rivière extre « 'memet rapide•
- 38
- fuivant la dificuité qu’o» y.trouve o» en abandonne le projet, & on fe déterminé enfin à pouffer la route dans le folide du roc qu’on perce, & qu’on enleve avec lamine. On y pratique une largeur & une hauteur convenable , afin que la yoye loit aifëe.
- Bien fouvent toutes ces précautions étant inutiles par les précipices qu’on rencontre dans la fuite, & parce que les lieux deviennent plus inac-ceffibles , & faut fouvent les abandonner, pour chercher d’autres endroits plus ai fez. Pour l’ordinaire, on en trouve au pied de ces lieux impraticables ; & ainfi abandonnant le projet de la route, fur la hauteur de la Montagne, on lui peut faire fuivre le bas, où l’on rencontre fouvent des terrains aifez, & quelquefois la rapidité' d’une riviere refferrée ; pour lors il faut en y fuppolant un mur de foû-tenement en traverfer l’abord pour fi dificile qu’il foit. 11 faut e'icver le mur de foûtenement autant qu’on le jugera ncceffaire, pour éviter que les eaux dans, un tems d’inondation ne viennent pas-le répandre fur l’aire de la voye.On doit fe prccautiouner encore
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- core de faire que le mur de fbutene--ment à l'endroit le plus reflerré de la Riviere Toit conftruit fuivant toutes les conditions requifes.de l’Art, afin que le courant de l’eau ne defuniflè pas les pierres qui doivent être parfaitement bieq unies fur le parement,. & par les joints.
- Du chemin dans un creux, & fur une hauteur ; & de fes coudées dans un détour.
- CHAPITRE IX.
- LOrs qu on perce plufîeurs cam- ^ pagnes par une route, on trou- jf ve ordinairement différends terrains. cfam:a Plus on s’approche des montagnes , ^ plus on trouve des montées & dés v defcentes en les cottoyant. Lès def ^ne ^ centes font pour l’ordinaire formées ujnerur par des ravines , qui dans un tems de f pluye incommodent très - fouvent ^ ^ les paflans s’il les faut traverfer. On, f fait ordinairement dans ces endroits des Ponts, ou des chauffées avec de
- M
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- 70 ,
- Gondoles, ou pavez creux pour donner la fuite aux eaux, en traverfant la route. Ces lieux ne (ont creux, que parce qu’ils font bordez des hauteurs de chaque côté ; & plus ces hauteurs font grandes & rapides, & plus la route projettée par ces lieux cft difi-cile à aplanir. Si on abat par une trait chée les authcurs , & que par une chauffée on foûleve la route par def-fus la profondeur > il eft certain qu’on la rend aifée par ce moyen. La chauf. séc pour lors peut être percée d’un & de ’plufieurs ponts , fuivant la quantité d’eau qu’il y peut paffer dans un tems de débordement. Comme ces lieux par où une ravine peut couler, font plus où moins larges & dificiles à traverfer, il faut le laiffer conduire, fuivant le plus ou le moins de dificülté qu’on trouvera. Car fi on peut éviter à faire de ponts, on le faira , en plantant feulement un pavé creux pour recevoir la ravine. Qiï obfervera pour lors de préparer une; chiite au pavé creux , qui puiflfe lors que les eaux couleront, ne fàpcr jamais le fondement des murs de la chauffée 9 foit en y projetant un ra«
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- 7ï
- dier qui en recevra les eaux, ou bien un grillage paffeliffé, fur lequel elles rompront leur mouvement, ou bien un enrochement fur lequel elles tomberont 9 & couleront enfuite dans le bas de la ravine.
- La figure 16. Planche 2. lait voir fur la longueur d'une route, le profil d’une monte'e 9 & d’une defcente aplanie par une tranche'e dans les hauteurs, & par un pont ou une chauffée élevée dans le fonds d’une ravine.
- £ X P L 1 C^A T l O de la Figure 16.
- A B C D E F G.TJ St la ligne cir-XÜ culaire qui profile le penchant d’une montagne %fur la largeur d'une ravine, & de fes deux bords où-montée s.
- ABC. EFG. Sont les deux hauteurs de la ravine, qu’il faut que la route traverfe par une tranchée dont le fonds cft marqué par. le
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- t.
- 2>» chemin à côtoyer une ravine•
- , *
- coudes
- en de-
- \
- 72
- res de chauffée de Taire du chemin projeté A C E G.
- C D* Partie du creux de la ravine garnie par le projet d’un Pont.
- D E. Autre partie de la ravine remplie par le projet d’une chauffée , couverte d’un pavé creux, Gondole I. H. & dont le fonds eft eh I. pour réunir les eaux de la Ravine. La ravine eft quelquefois affez grande , & les autheurs qui la bordent affez dificiles pour ne pouvoir pas la percer en droite ligne aifement, a moins qu’il ne falut y projeter des ponts les uns fur les autres : pour lors on fuit de niveau autant que fai-ré fe peut s’il eft de befoin lés couteaux de la raviné , afin de la paf-fer fur un pont aifé, ou bien à gué fur une digue, chauffée,&e.comme Toccafion le demandera, On contourne donc pour éviter de groffes dépenfes dans l’enfoncement de la ravine, & on fuit le terrein qu’on juge le plus aisé.
- Quand on eft obligé de fuivre l’enfoncement de la ravine, en eft contraint de faire un coude à fon entrée, lors qu’on quitte le chemin en droite
- ligne
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- ligne, & Ton en fait encore un autre , v à la rencontre de la racine. Les cou- rSi a des à l’entrée de là ravine, font pour if^er l’ordinaire bordez de rochers , ou*'* d’ûn terrein extrêmement dificile. e,°,te£ Comme c eft de toute la jravine l’en- * droit où elle a le moins creusé par ravl“ fa refiftence, cela en doit être aufii la ne* partie la plus dure. Les coudes ra-courcis, font toûjours très-mal aisés pour la voiture des chariots ; & comme. ces lieux font plus ou moins di-ficiles par la trop dure conciftance du terrain , il faut non feulement les élargir plus que le chemin ordinaire qu’on pratique tout auprès ; mais encore leur dôner un countour aifépar de grands murs de foûtenement qu’on y peut fuppofer , s’il y faut éviter d’y miner beaucoup de toc qu’on y trouve pour l’ordinaire.
- Le coude qu’on rencontre dans 4* l’enfoncement d’une ravine, à l’en-droit où ilia faut traverfer, eftdif- cou“e posé tout autrement que celuy qu’on dedans traverlè fur les bords, lors qu’on veut dune entrer dans Ion enfoncement. Si le lieu delà ravine fe trouve, trop reflet-- ne* ré j il faut s’en éloigner, 8c y fuppo-N
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- fane un pont, on donnera à ce coude toute l’ouverture necefifaire à la voiture des chariots pour y .pouvoir paflèr librement fans s’arrêter.
- La Figure 17. Planche 3. fait voir aifement tous ces coudes en dehors, 6c en dedans fur le penchant d’une montagne.
- B X P L I Cuf T I O N de U Figure 17. Planche 3.
- A. T7 St un coude en dehorsfoû-Jjtenu, & élargi par des murs de foûtenement.
- B* Eft le coude en dedans de la ravine , où il y a un pont, & partie de chauffée pratiquée , capable à donner un contour au chemin propre à la voiture d’un chariot.
- Ç. Eft encore un coude en dehors, qu’on a agrandi dans le terrain de la Montagne , & auquel on n’a fupposé aucun mur de foûtene-meut pour fon agraodiifement.
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- 2)0 chemin four monter fur une tJMontagne, (fr four en de feindre.
- CHAPITRE X.
- à
- • /
- LOrs qu’on veut gagner la hatir I.
- teur d’une montagne , par une Le che pente aise'e & infenfible , ou qu’on min en veut defeendre d’une montagne dans droite une plaine par la même voye, le ligne, chemin qu’on veut pratiquer à cet quoy^ ufage, doit être conduit fuivnnt la que difpofition de la montagne. On pre- fins fere toujours un chemin long & ai- longefi sé, à un autre qui eft court & rapi- a prê-de ; & ainfi il faut fe laifler conduire fret autant qu’on pourra par la commo- au fins dite' que les voitures y pourront trou- court9 ver. Les routes brife'es fur une hau- s’il efl teur, foit par des zigzagues , coudes, plus ra lerpentaux , détours, &c. font très in- pide• commodes & dificiles pour la voiture des chariots, qui fouffrent beaucoup en defeendant, lors qu’il faut contourner, & beaucoup plus encore en montant 9 à moins que les cou-
- ' Na
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- 16
- des ne (oient extrêmement larges. 11 faut donc éviter les coudes & les détours autant que faire fe pourra, & fuivre plutôt une rampe unie, & non point interrompue pour fi longue qu’elle foit, pourveu qu’elle aille en écharpe, & par le travers de la montagne en droite ligne.
- J, Une Montagne izolée 'peut être . e~ rendue très aifée à monter, pareeque la voye qu’on y veut pratiquer pût Jurant £cre fajte en jjgne fpirale , contour-mon‘ nant ainfi la Montagne , pour en 1ain* gagner le fommet, & par là évites yz.° et, tQute porte jjg coucje 9 & de détour en zigzague , s’il ne s’y rencontre pas de rochers , & des lieux inaccet fibles qui en empêchent l’approche.
- 5* Les montagnes qui (ont contiguës, ^e\ & fqui contiennent plufieurs Païs, mm a. font p0ur l’ordinaire ouvertes par detou^ plufieurs rivières, ruifleaux & ravi-*h&a nés qui forment tout autant de creux & des ouvertures propres à y tracer gués de routes. Ces routes prenant en four écharpe la hauteur , par un pente in-des fcnfîble, gagneront ainfi infenfible-Hcux nient le fommet de la montagne,
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- pourveu qu’on ne rencontre pas des dificiîe lieux inacçeftibles, où pour l’ordinaire^ ^ avant que de s’y aprocher, on a de Pen' coûtume d’y tracer un détour. On ne fçauroit jamais trop examiner les dune. lieux pour y tracer bien au jufte la -Mon-route. C’eft pour cela que pour e'vi- tagne* ter un détour, ou un zigzague, il faut auparavant avoir parcouru plufîeurs fois toute la hauteur de la montagne,
- & les contours, pour voir au jufte où Ion doit piqueter la voye, & la déterminer fi faire fe peut en droite ligne, S’il eft vrai enfin qu’on ne puiflè pas iê palfer de contorner & de brifer la voye pour grimper une montagne, il faut que les coudes foient fi bien loûtenus & élargis , autant que le jeu & le mouvement d’un chariot attelé le peut permetre. Ils doivent même fuivreun certain niveau, & former une plateforme, où un chariot,<fàns monter & fans defeendre, puifle contourner aifement.
- Dans les Pais des montagnes, 6c 4 où la neige couvre les chemins pen- Des po dant l’hiver, 011 doit pratiquer fur le teaux, bord de la route à droit, ou à gauche & des des guides, ou poteaux de $0, en jo. guide*
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- four in dtquer les rou-tesjors quelles font cou •uertes de neige^ four les dtf-tinpter lors qu'elles font four« chués.
- ?8
- toifès, tant du plus que du moins, pour indiquer la route quand elle eft couverte de neige. Lorfque le chemin eft fourchu , la route peut être indiquée par un poteau ou potence, dont les bras ou falies marqueront les routes qu’on doit tenir, fur lefquelles on aura fait les inlcriptions neccflaires. c’eft ce que l’on voit en ufage en. beaucoup de pais, même dans les plus grandes routes, quoique fort aife'es. Cet ufage d’indiquer les chemins aux endroits fourchus par des? poteaux, feroit fort utile au public, s’il êtoit general.
- La Figure 18.. Planche 3. fait voir le coude d’un chemin à zigzague.
- EXPLICATION DE LA Figure 18. Planche. 3.
- A. B. C. TJ St un chemin ,qui ram-X-rpe fur la hauteur d’une montagne, & qui forme des coudes en B. & C.
- F* Le coude B. eft fait par une p
- ^es teforme, qui doit e'tre de niveau,
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- qu’à4a ligne D. H. dont une partie E. plate» termine la rampe qui vient de A. fur firmes la plateforme, & l’autre D. eu con*- quoti mence une autre pour aller en C. cet prati-efpace B. doit donc être aflèz grand, que aux & aflfez large, afin qu’un chariot y coudes, puifle contourner aifement fans mon- & atix
- ter, & fans dcfcendre, foit qu’il faille détours monter en C. ou de defcendre en A*
- PRECAUTIONS, RE MA R. que s , é* maximes generales au ilfaut obferver, lors qu*o/t •peut projeter une route, fois dans une plaine, foit fur des montagnes.
- CHAPITRE XL
- ON ne doit jamais commencer è I.
- tracer & alligner une route, Surfil pour aller d’un lieu confiderable, en faut un autre, fans que préalablement, on par cou• 'n’en aye parcouru auparavant & plu- rir la fieurs fois toute la longueur en diffc- lon-rents endroits. gueur
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- 8o
- de U Après s’être déterminé de gros eà route. gros fur toute k longueur de la route,
- 2. on doit fixer de certains lieux par ou JQùjly elle doit paffer , afin qu’ils fervent à faut de- conduire l’allignement des piquets. termi- Cela étant fait, on en doit mefurer percer- la longueur& commençant parmi tains bout, il faut exprimer dans la mefure lieux. des toiles courantes, la qualité' du ter-
- 3. rain, là difpofition, les lieux dificiles, JQtfil les rivières , & racines qu’il y a à tra-faut en verfer, les ponts, chauffées, murs de mefurer foûtenement, &c, qu’il y aura à faire, la Ion- leur dimention , &c. Afin que furie guenr détail, on puiffe faire fur le champ, pour en une efiime jufte de la longueur de la faire route, en l’exprimant de la maniéré une qui fuit.
- efiime.
- A commencer à & finiffant
- à fur Toiles courantes; o.l.of o £errain a la T. courante ci.
- Longueur fuivante fur T. courantes , le chemin doit être bordé d’un mur de loûtenement réduit O.I.O.O. * pi. de haute.
- Long, fuivante fur Toifes courantes, rocher à miner, réduit à la T. courante , ou cube, fi
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- 8l
- fi Ton veut, ci
- Longueur fuivante, jufques a u ruiflèau de fur T oifes
- à la Toile courante, ci
- Pont du ruiflèau de ci
- o«l«o«e#
- o»li 0.0.
- Total de l’eftime, ci o.l.o.o.
- L’eftime étant faite, on doit drcflè*. 4 le devis, qui établira l’ordre qu’on Quil doit garder, lors qu’on en viendra zfaut l’execution, déterminera le tems pour faireun finir l’ouvrage, la quantité d’ouvriers devis qu’il faudra employer,parlera de cha- four que partie de l’ouvrage, de telle ma- mar-niere , qu’il la detaîifera pour ne rien quer laiflér d’obfcur, ni en doûte à celui qui l'ordre l’entreprendra. qu'il y
- Cette idée generale des maximes, aura.à eft abfolument neceflàire pour garder garder• un ordre, & une régularité dans le 5. projet propre à une aifée , & prompte jQujl execution. Dans le particulier pour la faut folidité de l’ouvrage, pour la bien* avoir feance, pour la beauté & pour le ren- une idée dre facile & aifé , on obfervera que généra• tous les murs loient fblidement bâtis, le de à droite ligne , autant que faire le toutes pourra, point des allignemens qui le s.m Ai
- O
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- 82
- - . \ biaifênt,lors qu’il faut unir un endroit
- $mts courbe, avec un autre,qui eft en droi-te ligne, affermir tous les terrains
- er> ^tn ou vans, donner paflage aux eaux, qu onen ^jtpa^ tjes p0tus 9 ou ide pavez ren-
- a verfez, abatre les monticules, ou les / execu ]iailteurs t & élcvcr les lieux creux,
- Von* border le chemin par des arbres * où befoin fera,ou par des hayes * vives, où l’ocafîon des lieux le permettra j; border le chemin de boutcroües pout affeurer & détourner les chariots des bords; ce qui empêche en même tems que les murs de foûtenemet ne foient pas fi tôt démolis par des efforts. Dans les digues & chauffées éleve'es,
- * Les Romains obfervoient de couper les arbres qui fai[oient de Fombre fur les routes, & qui empéchoient par là d'enficher la voye, çjtyfais ce défi pas par tout qu'il faut obfer-ver cette maxime.
- * Les hayes dont on fi fort pour border un chemin doivent être petites & bajfes, pour ni donner pas prife à des brigands à s'y cacher derrière. Elles doivent fervir d'ornement, é de foltditê aux bordures , ou il ny a point dt mur de foûtcnement ; mais non pas d’empê: çhementi ni d'ocafion à faire du mal.
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- &
- lai fier de tems en tems de plateformes à côté de la voye, pour biffer repofer des convois, ou leur donner une retraite pour en laUFer paffer d’autres. Obferver que l’aire de la route ait une pente aifée pour l’écoulement des eaux des pluyes. Que dans les routes qui reçoivent les ravines des hauteurs, des montagnes, les recevoir en les reüniflant toutes, fi faire fè peut pour les faire paffer fous des ponçeaux,&c. & non pas au travers du chemin qui le rongent, y forment de ravines , en fapent les murs de foûtenement ; & enfin dans peu d'années le ruinent entièrement. Ceft pour cela qu’il faut veiller {ans cefîè à l’entretien des routes, remarquer fi dans le projet qu’on en fait, on peut avoir obmis à reparer certains endroits, les uns plus que les autres,afin d’aporter fes foins à rendre tous les lieux également folides.
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-
- tir A A A A A A A A A
- wrpwww m flr» ww w w
- O R D RE
- DES CHAPITRES. D« chemins des Romains. CHAPITRE I.
- «u
- I. \ Quelles fins ont été faits lits jLjl chemins des Romains,pag. i. II* Etendue des grands chemins des Romains» p. 3
- III. *Vfage des grands chemins des
- Romains, ibidem.
- IV. tArcs de Triomphe élevez, à thon-
- mur de ceux qui avaient fait faire les grands chemins des Romains, p. 4
- y, Divijion des grands chemins des Romains, par colomnes militai: res, p, s
- VI. Divijion des grands chemins des Romains en differentes éjpeces.p. $ VII* Différence des matières qui copi‘ pofoient les grands chemins des Romains• p.%
- VIII;
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-
- *r ,
- VIII. Des pave^ félon Vittuve qui ont du rapport a la conîlruiïion des grands chemins des Romains. p. 9
- I X. Des Pavez, des Romains. p. 10
- X. Des murs de foùtenement. p. 11
- XI. Des Boutero'ùes. ibidem.
- XII. 2>’«» percement de sjliontagne pour un chemin par les Romains.p.12
- XIII. D’un percement d'un Lac pour un
- chemin par les Romains. ibid.
- XIV. Des grands chemins dans î A-
- merique. p. 15
- Des grands chemins des Modernes , de leur chemin de rraverfe , & de leurs chemins privez.
- I.
- CHAPITRE II.
- 1
- Z)’aucun ArchiteBen'a traité
- Q encore au jufie, & en détail de la compofîtion des chemins, p. 15
- II. Rapport de V'itruve^fur là compo-
- sition des chemins. p. 16
- III. Les chemins doivent être conduits
- par des hommes intelligent, qui
- ayent pratiqué fart de bâtir, p.i 6 I V. Les 'Provinces de France ornées, & traversées par des grands chemins. p. 17
- V. Les chemins doivét être proportionnez. aux voitures qui les pratiquet. 18
- P
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-
-
- Sâ'
- VI. La largeur des chemins privent celle des chemins de traverfe , & celle de grands chemins Royaux, avec leurs ornemens pour des ‘Bordures. p. 18,
- wm+ wmm
- Du chemin dans une Plaine, où k ter-rein cft de bonne eonciftance.
- CHAPITRE III.
- I. ipv ZJ chemin dans une plaine, &
- | J de fa hauteur. p. 21
- II. Qfiildoit être bordé de foffez.. ibid.
- III. On y doit pratiquer des pentes pour
- lécoulement des eaux. fl. 22
- I V. Dïfpofition de la maçonnerie pour les murs de foùtenement. p. 23 V. Dïfpofition des terres pour le corps du chemin. ' p. 24
- » » mmmmms—mm—mm g 1 m»m fe—» mmmmmrnmm mmmmmrnmm ****—*"**—*—+
- Du chemin dans une Plaine où le terrein cft de mauvaife eonciftance, & des payés qu’on fait deftiis les grands chemins.
- CHAPITRE IV.
- I. T Lfaut engraver un chemin bour•
- Xbeux. p. 28
- II. De quelle maniéré, & comment il
- faut l'empierrer. p. 29
- III. S onde,& épreuve pour chercher dt fable, & du gros gravier, p. 30
- IV. Lors qn il faut paver un chemin,f,\\
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-
- *7.
- V* Delà difpojttion du pave. p. gt
- VI. Dupavé de moélons de carrière, ».g4
- VII. Du pavé de motions de carrière
- ejfimile\j i bi dem.
- Du chemin dans un terrain mare'cageux.
- CHAPITRE V.
- I. Em arque s à faire lors qu'il faut B\,tracer un chemin dans un lieu
- marécageux. p. g8
- II. Du terrain glaireux pour affermir
- lavoye..... ibidem.
- III. Etabliffement des murs fur Platefor-
- mes. p.p
- I V. Du comblement de là chaufsee.ibid,
- V. Il faut fajfmer un terrain Vafeux.qi
- VI. Bermes & palijfades pour border &
- " ajfurer un chemin. ibidem.
- VII. âiutres precautios pour ? ajfurer,^
- Du chemin dans un Etang,& dans un lac»
- CHAPITRE VI.
- I. Y) Recautions à prendre avant que
- i de fonder. p. 44
- II. Du chemin dans letrêe d’un S tang.^6
- III. Bordures pour une longue durée.p.qS
- IV. Du chemin dans la profondeur d'un
- Etang. p. 48.
- V. tsdutre moyen pour fonder un chemin
- dans le crux d'un Etang> p. 4^1
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-
- 83
- 4 fa
- Du chemin fur le bord de la mer, & fur le bord d’une rivière.
- CHAPITRE VIL
- I. O Vpofîtion pour le projet de ce cbe•
- O min, p. 53,
- II. Précautions , & moyens qu'il faut
- prendre pour la feuretê d'un chemin au bord de la mer, p. S3>
- III. Des Serges prés des rivières pour
- foutenir un chemin, p, s s*
- Du chemin qui cocoye une rampe , ou pente de montagne.
- CHAPITRE VIII.
- I. T\î/ changement de figure du che-U min, juivant la dtfference des
- lieux, p. s S-
- II. tiïiurs de foutenement à chaux & a
- fable pour foutenir un chemin fur la pente d’une montagne, f,$6,
- III. Du mur de foutenement avec pierre
- feche, p, s?.
- IV. Des Chantepleures & “Sarbacanes
- pratiquées dans le mur de foutenement, p, 61
- V. &4rbres, & hayes vives pour border
- un chemin. p.6z
- VI. Chemin contre le roc, fur un lieu in-
- accejfible, foütenu par un mur à
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- %9
- cintres• p, <5$
- VIL Chemin volant contre un rocher ef-carpe, & fur un précipice. p, 65 VIII* Chemin pratiqué dans le folide du roc, p. 6y
- IX. Cheminfar le bord dû une riviere extrêmement rapide, ibidem.
- Du chemin dans un creux, & fur une hau-i teur, & de lès coudes dans un détour.
- CHAPITRE IX.
- I. IT^Zf chemin à traverfer une ravine JL/ far une hauteur, p. 69
- IL Du chemin à cotoyer une ravine, pqz
- III. 2tes coudes en dehors a gagner fur
- les cotés etune ravine, p, 73
- IV. Du coude dedans dune ravine, ibid.
- Du chemin pour monter fur une hauteur ou fur une montagne, & pour en defcendre.
- CHAPITRE X.
- I. le chemin le plus long, efi a
- 1 ^ préférer au plus court> s’il efi plus rapide, p, 75
- IL Chemin far une montagne ifilée, p,j 6 III, Chemin à détours, & àQgzœgues pour des lieux dificiles fur le penchant dune montagne, ibidem.
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-
- ÇO
- IV. Des poteaux, & des guides pour in• diquer les routes, lors qtielles font couvertes de neige dans t Hyvery & pour les diJHnguer lors qu'elles font forchuës, p. 77
- Y. Des plateformes qu'on pratique aux coudes, & aux détours. fl.78
- Précautions, remarques & maximes generales, qu’il faut obfèrver lors qu’on veut projeter une route , loit dans une plaine, foit fur des montagnes.
- CHAPITRE XI.
- I. TyRemiere remarque : qtéilfaut par5 |l courir la longueur de la route, p, 79
- II. Seconde remarquent il y faut déter-
- miner certains lieux. p. 86
- III. Troijiéme remarque, qu'il faut en
- mefurer la longueur pour en faire une efiime, ibidem.
- IV. Quatrième remarque, qu'il faut faire un devis pour marquer tordre qu'il
- faudra obferver. p. 81
- V. Cinquième remarque , qu'il faut avoir
- une idée generale pour toutes les maximes à garder, lors qu'on en vient a îexecution, ibidem.
- FIN.
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- I
- DISSERTATION.
- Sur l'Abatage des Mats , fur leur Debuchâge,fur leur Traite far les chemins, fur leur F lot ai-fon far la touche dans les Rivières, fur leur Equipage dans leur port, dr fur leur Conduite jufques dans les t-Mers, pour les rendre dans les t^Arcenaux de Marine.
- LEs bois de Sapin dont Sa Majefté fe fert pour la mâture de Tes Vaif-féaux » fortent pour l’ordinaire des Montagnes les plus hautes de fon Ro-. yaume. Ils font dans des Forets dont l'accez eft quelquefois fi dificile qu’il faut y pratiquer des routes pour lés en fortir, difpofer les Rivières pour . leur flotaifon jufques dans les Mers ; & tout cela demande tant de moyens pour l’execution de ce projet, que
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- lors qu’on en vient dans le detail, on trouve mille dificultez qu’on n’avoic pas preveües, lefquelles je raporteray dans la fuite.
- § I. Les maximes qu’on fuit ordinairement font, qu’avant que de s’expofer à aucune depence inutile, il faut aller vifiter les Forefts> & les reconnoî-tre.
- j§t On fait un compte exaiSi: des Mats, de leur différence en échantillon, & de leur qualité , avec un compte des bois de flotaifon, s’il en eft de befoin.
- §.3.
- §. 4 §. 5
- On examine fi l’abatage des Mats eft dificile.
- Par quels endroits on pourra les de'bucher.
- Si leur traite par les chemins eft longue, & dificile.
- §f Si leur flotaifon par la touche eft poflîble.
- S’il faut projeter des Eclufes , & re-férvoirs pour les faire floter plus ai-fement dans les rivières.
- Et enfin quel doit être leur équipage dans leur Port, pour les conduire jufques dans les Mers , & les rendre dans les Arccnaux de Marine. Ces maximes posées, on convien-
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- §«S'
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- dra aifêment du détail de toutes choies pour ne point entreprendre d’exe-cuter un projet inutillement, comme on a veu arriver en bien des endroits, où apres avoir fait de grofles dépèces, on n’a tiré aucun avantage du projet.
- § î.
- De la vijtte des Forets.
- LA vifite des Forêts Te doit faire ordinairement avec un Grand-Maître , un Comiflàire de la Marine, un Ingénieur , un Garde-Marteau , un à deux Maîtres Matcurs, deux habiles Coupeurs de Bois, & quelques indicateurs.
- Le Grand-Maître fur PEftat delà Forêt, fuivant là difpofition, & l’u' fage que la Majefté en peut tirer pour fes Arcenaux de Marine , Ordonne de concert avec le Commit faire de la Marine , au Garde-Marteau , de marquer la quantité d’arbres propres qu’on trouve dans la forêt, la fait raporter dans le Regiftre de la Maîtrile, pour que non feulement à l’avenir les Ar-
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- bres {oint confèrvez ; mais qiveneo-re on ne iafie aucune vente dans ces forêts , de quelque bois que ce puiflfe être, pour éviter les abus * qui s’y pourroit glifler foûs pretexte par exemple d’une vente de bois à brûler, &c. Lé Grand-Maître, •& le ’Com-milïaire de la Marine, doivent agir
- * Les Forets do bon de Sapin haute fu-taye, dans leur coupe , ne font pas femb labiés aux bois taillis, pour y conferver une certaine quantité £ arbres dans le contenu d'un tArpent. Une fois pour toutes, il faut fe de-Jabufîr de cette maxime : car plus on éclair• sit une forêt de Sapin, les arbres qù on laifî fe les derniers pour croître , ne reüffifent point du tout, fe dejfechent, & devienent branchus. Pour qu'une Forêt de Sapins fait d'une belle venue il faut quelle croijfe tout a la fois, tombre des ms conferve, & entretient la naijfance des autres, & ainft tous également fe maintienent dans leur venue L'ombre du Hêtre mélangé dans une Forêt de Sapin >y conferve une fraîcheur propre a les faire croîtreJtfon permet la coupe des hêtres dans les forêts de Sapin, il efî certain qu'on en défiché les Sapins qui referont après »
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- de concert dans cette rencontre, afin que la Maîtrife çonlèrvant les forets, le Commiffiaire de la Marine, ou plû-tôtleRoy, en tire tout l’ufage qu’il luy fera: neceflairc pour fes Arcenaux.
- Le Comiffiaire de la Mariue tient un compte de tous les Mats, & de leur échantillon apres quils ont efté marquez, & recounus par les Maîtres Mateurs, & coupeurs de bois* Il en envoyé l’état à l’Intendant de la Marine, afin que la Cour là deffius détermine les fournitures neceffàires pour fès Arcenaux.
- L’Ingenieur reconnoit la fîtuation des forets , il examine les routes par où l’on peut faire la traite des Mats , tant pour le débuchage qu’autre-’ ment, leur flotaUon dans les rivières, & jufques dans les Ports. De tput cela il en dreffie des Eftats, & fur une Carte Topographique qu’il leve des lieux, il fait voir tout le projet. En-fuite par des Plans partteuliers, il énonce tous les Ouvrages à faire pour en faciliter l’execution.
- Le Garde-Marteau , foie qu’il foit accompagné d’autres Officiers de la Maîtrifl des Eaux & Forets , ou
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- qu’il foit tout feul , doit tenir un compte exaéf de tous les Arbres, fur lefquels il pofela Fleur de Lis; Tous les arbres qu’il peut marquer luy doivent être indiquez par les Maîtres Mateurs , ou les coupeurs de bois à ce proposés ; & rapportant en fuite fon compte au Grand-Maître, ou à la Maîtrife, il obfervera de même que tous les autres Officiers, tout ce qur fera convenu là defïus pour la confer-vation des forêts » & pour le fervice des Arcenaux.
- Les Maîtres Mateurs , & les coupeurs de bois , experts à la coupe des Matsj fe doivét joindre pour agir tous de concert,& pour côvenir de Ta qualité , & de la quantité des Mats qu’ils Indiqueront au Garde-Marteau qui les doit fuivrepour les marquer, & pour en drefler fon eflat ou fon ra-
- fort;‘ Les coupeurs de bois experts la coupe des Mats, font pour l’or-diiiaire plus habiles connoifïêurs à diftinguer la bonne Mature d’avec la fau(&, que les Maîtres Mateurs les plus experts qui foint dans les Arcenaux de Marine. Les premiers par leur expérience, connoiffent àfi tra~
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- vers de Pécorce, & par le feuillage* le branchage des arbres > &c. Si les bois font foins , vigoureux, bien venans, & s’ils ont enfin toutes les qualités requîtes pour ce à quoyon-les deftrne, au lieu que les derniers ne fçavent le plus fouvent qu’ordonner l’arrangement de tous ces bois pour les débiter dans un Ariènal ; quoy qu’il en (oit, ileft bon que les uns & les autres conviennent de tout, afin* que leur rapport Toit plus feur, & fur lequel on ne fçauroit jamais chercher trop de précautions pour une affoire de cette nature.
- Enfin les- Indicateurs quidoiven® être des gens du Païs, font très - ne-ceflfaires , pour parcourir aifoment les Forefts, & des lieux rencoignez inhabitables » & inaeceflfibîes où il y peut avoir des Mats , qu’on ne trouverait qu’avec des grands foins fons leur fecours.
- Des Sois de fiotaifm.
- TOut ayant été dilpofé comme nous ayons dit ci-de(fus, l’état
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- des mats dreffé, & leur qualité énoncée, fi les rivières fur lefquelles il faut les faire flotér, ne font pas a (fez propres d’elles memes,& qu’il faille avoir befoin de bois de fiotaifon pour cela afin d’en équiper les Mats, on cherche dans les Forêts qui ne font pas propres à la mature, la quantité fufi-ïànte de bois de fiotaifon. Les Forêts où croiifent les Mats, fourniflfent les pièces de fiotaifon j Mais quelquefois ces Forêts ne fufifent pas par la quantité de dificultez qu’on peut trouver, à faire floter un mats aifement. D’ailleurs la dépence peut être trop grande , à fe forvir de pièces de fiotaifon qu’on trouve parmi les mats ; tandis qu’on en trouve d’autres dans des Forêts plus prochaines des Ports. Quelques précautions que les Grand-Maître, & les Ccmmiffaircs de la Marine vouluffent garder à éviter de tirer de pièces de fiotaifon d’une Forêt qu’en dégradé , & où l’on abat des Mats, pour conferver les jeunes arbres propres avec le tems à produire des Mats, iis n’en fçauroient jamais venir à bout. Quand on fait un abatage des Mats, < il fe confcrvc peu d’arbres à leur tour,
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- à Pendroit où ils tombent 1 qui ne {oient renverfcz, e'corchez, ou coupez^ par là qu’ils ne deviêncnt inu* tiles à la Mature. Bien plus* quand il fêroit vrai que les Mats en tombant ne cauferoicnt point ce defordre i & ce dommage, l’eclaircififcment, & les ouvertures que le foleil -trouveroit pour pcnetrer le refte, & le dedans de la Fore*t, apre's que les gros Mats en fèroient fortis , empécheroient que le refte delà Foret ne feroit plus d’une belle venue, ny par confequent propre à la Mature dans la fuite du tems, comme j’ay déjà dit dans Le reavoy* §. i. Par raport au nombre des Mats qu’on trouve qu’il faut faire ftoter, on drefl’e de toutes les Forêts voiiines, des états de pièces de ftotaifon,& dont le nombre doit être (ufilant au nombre des Mats qu’il faut faire ftoter.
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- De l ^Abatage des MAU.
- LEs Forets * de lapin d?où l’on tire les Mats,font quelquefois fi rapides^ fi dîficrles»que les arbres quon y abat fe caflent, & fe rompent bien fouvent en tombant. Les Forêts qui y font parfemées de rochers > de tertres , rideaux , & peu unies, font les plus dificiles : parce qu’un Mats venant à tomber, s’il ne rencontre pas fur toute fâ longueur un terrain uni pour le foûtenir e'gale'ment, il fe caflè dans l’endroit de fa longueur où il trouve quelque chofe qui lui rcfiite, ou qui cede plus en un endroit qu’en un autre. C’eft du me'tier, & de la fcience du Bûcheron, ou coupeur de bois, de faire tomber le fapin, plûtôt en un endroit qu’en un autre. Les entailles qu’ils font au pie'de l’arbre»
- * Les F or eu de fapin croijfent pour l'ordinaire au Nord, & à l'Efi des Montagnes, & jamais au Sud, & à COùeft i&fi elles y croijfent, les arbres font mal venants* rares, mal propres à la çJMature
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- lors qu’ils le veulent abatre , déterminent l’endroit où il le faut faire tomber , & ainfi choififlfantle terrain le plus uni, & la hauteur de la Montagne , ils en font la coupe, fuivant le fens le plus propre pour faire l’efet qu’ils fouhaitcnc. Je dis qu’il eft plus aisé de conferver un arbre en l’aba-tant fur la hauteur de la Montagne , plutôt que fur le bas, par le tant moins de mouvement qu’il reçoit en tombant de moins haut, par raport, au plus grand mouvement double, & triple qu’il recevroit, s’il tomboit fur le bas de la Montagne de beaucoup plus haut. Toutes les Montagnes d’où l’on tire des Mats, ne font point toû-jours rapides. Il en eft de fi aifées, & de fi unies , qu’il eft indilerent d’aba-tre les arbres plutôt d’un côté que d’un autre. On obfèrve feulement d’en faire l’abatisde telle maniéré qu’il foit aifé aux voitures de s’en charger pour les conduire aifément dans les grands chemins propres à leur traite.
- „ On n’obfcrvera pas toûjotirs les lu-naifons , lors de l’abatage des Mats, & je trouve que c’eft un abus de s’y
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- arrêter, mais on doit obferverles fai-ions de l’an, & éviter de couper les arbres dans le tems qu’ils pouffent leurs lèves.
- Plus on abat d’arbres dans une Forêt, plus devient-elle impraticable , & dificile par l’ambaras que font les ar-; bres abatus. C’cft pour cela qu’on ne] doit abatre que les arbres dont on! veut tirer quelque fervice. On recon-noit ailèment un arbre fain , d’avec un autre qui eft gâté, gelif ; noueux, tortu , branchu, fourchu , &c. quali-tez nufiblcs à la Mature, & dont partie des arbres ne peut fervir qu’à faire des fommiers, folivaux, marins,, rouleaux pour planches, &c.
- Un arbre étant abatu , on l’ébran-che, & on l’écorce dabord,afin dé lui donner plus du tems à lécher aile-ment, & à ne Te point gâter. 11 eft tres-vrai qu’un arbre étant abatu, fi on le laiffe couvert de fon écorce, & qu’il y vienne à pluvoir deffus , il pourrit dans peu, & s’échauffe ailé-; ment'. Le fapin de fa nature étant lec,: le remplit beaucoup d’air, & flote, ailèment fur l’eau , faifant paroîtrej pour l’ordinaire au deffus de fa fuperfide 3i
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- fîcie, lin tiers de (on corps ; mais lors qu’il eft tout vert, & rempli de fan humeur, il Hôte quelquefois à la hauteur de la fupcrficie des eaux, quelquefoir il coule à fonds, tantôt plus, & tantôt moins j mais pour fi peu de tcms qu’on le lailïè deflèçher , il flote enfiiite toujours. Plus le lapin le trouve rempli d’humeur, lors qu’il eft arrivé dans les Arcenaux de Marine, plus paroit-il propre pour la Mature pour durer long-temps, & faire un bon ufâge. Plus un Mats^lê trouve chargé de fbn humeur, plus il donne de la peine à le voiturer. Il ne faut pas lailfer deflecher les Mats les années entières, quelques mois doivent fufire, afin qu’il refte chez eux de cette humeur moèleule, & humide propre à leur durée, & à leur bon ulage, luivant leraport qu’en font les Maîtres Mateurs.
- Un Mats étant abatu, ébranché, &écorcé,on lui arrondit le gros bout, ou le talon qu’on fait terminer en forme de Cône, afin que dans la traite qu’on en fait par cette figure coneu-fe, foit par terre en le débuchant, foit par eau à la touche, il glifle, & ayc
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- moins de prife par tout, où il rencontrera quelque rocher , ou quelque choie qui lui refifte. Enfuite à douze pieds loin du talon, & de cette figure coneufè, on en mefure la groflfe ur ou le diamètre, avec une fi(felle,ou avec un compas courbe j Si fi le Mats à par, exemple 24. pouces de gros, ou de diamètre, on lui donne pour fa longueur trois fois, cette quantité de pouces fupofez en pieds ; c’eft à dire 74. pieds. Un Mats de 24. pouces de diamètre pris à 12, pieds du talon ,, aura donc la longueur de 72. pieds ,j & le petit bout qu’on coupe quare- j nient, à la fin de cette longueur de 72.I pieds, fuivant les proportions réqui-fes à la Mature, doit avoir les 52. de la grolfeur , de celle qu’on prend au gros bout, c’eft à dire i<5. pouces, fi le Mats en a 24.au gros bout. Cela n’âr-rivepas toûjours de même dans toute forte de Mats qu’on abat. Les proportions des deux bouts fur la longueur rcquilc , & proportionnée au gros , bout,feront tantôt plus, & tantôt moins, fuivantla belle, oumaiivaile venue des lapins. Dans les Arce- ' naux de Marine, il y a des Tarifs de-
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- diminution,& d’augmention des pouces , augmentant, & diminuant au petit bout à proportion des longueurs pour le prix, & évaluation des Mats. Au talon des Mats on fait avec une Tarière 2. à 3. trous pour y pafifer des cables, de me'me qu’au petit bout, afin de le retenir, & de le conduire ai-fement, fi le débuchagc fe trouve di-ficile, comme nous alons dire dans la fuite.
- §•4.
- D» débuchage des Mâts.
- DEbuchèr un Mats, c’efi: le dégager, & le fortir depuis le pied de l’arbre d où on l’a abatu , jufqu’ai» c hemin par le moyen duquel on le doit transporter par des chatiots, ou bien le traîner par des attelages. Le de'buchageeft plus ou moins dificile, fuivant le plus ou le moins de dificuL té qu’on trouve dans les Forets. Les forets les plus unies, & qui font prefi. que de niveau , ne font-pas toujours les plus aifées , & il faut faire ordinairement une route particulière pour la Ibrtie de chaque Mats qu’on tire
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- par le talon, ou par le gros bout, au bout -duquel on joint les atelages ne-selfaires pour le traîner jufques dans le chemin, où il doit e'tre mis far les chariots, afin de le voiturer plus aifè-ment.-Lcs Forêts qui font extrêmemet rapides, & où les Mats peuvent s’é-chaper aifement par des rdfauts de rochers, & des pentes trop rudes , ne font pas moins dificiles que celles qui font fitue'es dans des lieux plains, & prcfque de niveau. Bien loin de joindre à celles ci des atelages pour en tirer les Mats, il faut au contraire les en retrancher entièrement, & arrêter le Mats, tantôt par le gros bout, & tantôt par le petit, fuivant que la pente cfi: plus ou moins rapide , avec de cables doubles, & triples qu’on amare par deux à trois tours de corde aux pieds des arbres voifins ; & ainfi laiflant glifler le Mats doucement, on le conduit in biaifant peu à peu ju (qu’au bas de la Montagne,' où il puifle e'tre pris , ou par des atelages pour le traîner , ou par des chariots pour le voiturer. Les hommes qui de'-buchent les Mats de cette maniéré , 'doivent çù'c faits à cette forte de ma-
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- <rceuvre.pour lâcher peu à peu; &à propos les cables amarés par quelques tours aux pieds des arbres voi-fins. Ceux qui ont trop de cable en main doivent tenir ferme, tandis que ceux qui en ont peu,& qui viêt à leur manquer par la fuite du Mats, ils puilfent avoir du tems à aller amarer leur cable à un autre pié d’arbre plus bas, afin de donner prife aux autres à qui le cable vient enfuite à manquer. Tous agiffant ainfi de concert, on débuche aifement les Mats, quoique le Pais foit extrêmement rapide ; & pour le feureté de cette manœuvre, on fe fert de cables plus ou moins forts , fuivant le plus, ou le moins de dificulté qu’on rencontre. Il eft de certaines Fore'ts dont le débuchage fe fait, tantôt par des atelages à caufe des lieux plains qu’on y rencontre , & tantôt par des tours de corde feulement. Il en cfl d’autres, où les uns, & les autres font inutiles, & où il faut fe fervir de coulants qu’on trouve faits quelque fois naturellement, & quelque fois qu’il faut faire expreifement pour faciliter le débuchage, ou la foc* lie des'Mats des Forets, & desjvlon»
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- ragnes. On ne rifque jamais un Mats quand on le débuche par des atela-ges; parceque le lieu eft plain, & pref-que.de niveau. On rifque peu, quand on le débuche par des tours de corde, & que la manœuvre le fait par des hommes intelligens & adroits ; mais on rifque toujours, quand on précipité un Mats dans un coulan. Quelquefois il en fort fain , quelquefois écorché & égratigné par de pointes de rochers qu’il rencontre en delcendant* Quelquefois par là chute trop rapide, il s’émouflè trop le talon , quelquefois enfin il s’écarte du coulan, & le romp en plufieurs pièces. A tous ces inconveniens, on remedie autant que les lieux plus ou moins dificiles le demandent ; & on obferve de conduire tous les Mats , le gros bout toûjours devant du côté des atela-ges, ou du côte le plus bas de la Montagne.
- §. 5.
- De la Traite des Mats.
- LEs Mats étant ainfi débuchez , ils rencontrent quelquefois a ux
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- pieds des forêts d’ou on les tire, des rivières propres à les faire floter, fait à la touche ou équipez j mais comme cela arrive rarement on les voiture enfuite au defaut des rivières fur des Chariots , dans des chemins qu’on préparé expreflèment , & qu’on difpofè de telle maniéré , que leur mouvement, & leur traite fe, puiflè faire aifèment. Ces chemins,. ou ces routes doivent conduire les Mats » jufquesdans les rivières les plus proches , & les plus propres à les faire doter, foit à la touche, ou équipez jufques dans les Mers. Ces routes doivent être en droite ligne autant que faire fe peut à 25. à 30. Toiles de ve uë pour le moins aflure'es, de telle maniéré que les Rouages des Chariots ne ioient jamais interrompus par la mauvaife qualité du terrain. On barre les endroits bourbeux de plufieurs traverfîers. On donne la fuite aux eaux qui defeendent des hauteurs, tantôt par des Ponts, & tantôt par de petites ouvertures en forme de Rigolles bordées de Charpente à fleur de terre. Le chemin pour la voiture des Mats doit être difpofé
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- de telle maniéré, qu’aprés avoir ob-fervé en luy tomes les maximes dont nous avons parlé dans nôtre petit Traité, pour fa feurété, & pour là durée , il doit avoir de plus eecy de particulier ; c’éft qu’il doit être tracé, de maniéré que la voiture des Mats ne doit jamais fe faire en montant fi faire fe peut, & par des defcentes à zigzagues , ou coudoyées. On ne fçauroit croire les foins, & le retardement que caufe le plus fouvent une petite montée à la conduite des Mats. Comme on ne manie pas ailêmentun Mats à un Zigzague, il eft certain qu’un chemin qui eft ainfi figuré, ne peut fervir en aucune façon à la traite des Mats. Ce font les deux maximes à obfer ver, fans lefquelles on ne fçauroit jamais tracer une route propre à leur voiture. Les defcentes dans une route trop rapide font reparées par des corps morts qu’on plante fur les bords, autour defquels on donne les deux , à trois tours de corde, pour en retenir la chute. * Quelquefois la defeentede la route peut étrealfez aifèe,pour que quelque paire de Bœufs attachez au petit bout des Mats par une corde ,
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- retienne la voiture aflèz ferme , afin qu’elle n’échape pas ailement à la deC cente, tandis que d’autres atelages en un nombre raifbnn?ble , conduifent les Mats par le gros bout. Quelquefois enfin la pente de la route fe peut trouver fi rapide, qu’on eft obligé d’ôter de deflous le Mats les roues de derrière, & ne faire fervir que celles de devant, qu’on ofte encore s’il eft de beloin, pour tirer le Mats comme nous avons dit lors dif débuchage, dans une Forêt dont la pente fe trou* ve extrêmement rapide.
- Les Chariots pour les voitures des Mats , font proportionnels aux poids qu’ils doivent fupporter j Ceux qu’il fau droit faire pour la voiture des Mats depuis 15. à 20. & 24. pouces de gros , doivent être moindres que ceux qu’il faudrolt faire pour la conduite des Mats , de'puis 25. pouces, & au deflfiis. Les proportions des Chariots pour la voiture des Mats dêpuis 2?. pouces j& au delfus font celles c’y.
- Les Gentes doivent avoir 4. pouces de large, & 6. de haut.
- Les Rayons 10. pouces de lon{* , entre le moyeu , & les Gentes. Tr<Ér
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- ponces de large » 2. pouces d’e-
- paiffeur.
- Le moyeu aura 15. pouces de long, & i*. pouces de large, ou de diame-tre.à Ton renflement.
- . L’Eflïeu aura 7. pouces de diamètre , & à fon mufeau 4. pouces, &. fa longueur entre les deux moyeux fera de 2. pieds 2. pouces.
- L’Eflïeu du Chariot de devant pour le fuport du gros bout du Mats, eft monté d’une j fcçlette plate , fur laquelle le talon duMats repofe par une entaille, & fur. laquelle il eft arrefté par une cheville de fer qui la perce. De plus on les aflure enlcmble avec un cable , afin que le gros bout du . Mats ne puifle point du- tout écha-pcr.
- L’Eflïeu du Chariot 'de derrière qui doit fuporter le petit bout du Mats, eft monté d’une feelette un peu arrondie pour recevoir la rondeur du Mats , afin qu’il ne s’échape pas fi ai-lemcnt pat cette figure ronde où il eft. comme cnchafsé. De plus il y eft encore arrefté par des cables, pour le tenir en rai fon , mais d’une maniéré qu’il peut cependant s’y jouer pour
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- faciliter la manœuvre des coudoyeurs à détourner les roues plutôt d’un côté que d’un autre, par le moyen du timon qu’ils conduifent comme un gouvernail. Cette mœneuvreeft aisée à voir par le moyen de la figure i. planche 4. voyez fon explication.
- Le timon du Chariot, de devant à de longueur 10. pieds, pris à la for-tie de l’Eflieu.
- Le timon du Chariot de derrière à 8. pieds & demi, pris aufli à la for-tiede l’Effieu.Il eft garni d’une fcclle-te pour faciliter aux coudoyeurs leur manœuvre, lors que le timon touche le deflous du mats.
- Le Chariot étant monté de toutes fes pièces, doit eftre fait en forte que le jour entre les deux roues par le haut, doit avoir 4. pieds douvertu-re , & par le bas trois pieds 8. pouces feulement.
- Et pour la manœuvre du Mats, elle eft aflfez bien démontrée par la figure 1. planche 4. voyez fon explication.
- H y a de l’invention, & de l’a-dreflfe pour la conduite d’un Mats, & pour fa manœuvre.Ceux qui ont foin
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- des atelages doivent prendre garde que tous tirent également. Il y a autant de l’adreffc que de la bonne conduite, de faire marcher & tirer tout à la fois , 30. à 40. paires de bœufs attelez enfèmble, chacun à fon tei mon. Ceux qui font la manceuvr-du charriotde derrière, ne doivent pas avoir moins d’adreflè, & de la bonne conduite que les premiers pour détourner le mats quand il le faut, & ,1e faire paffer dans des détours , ou il ne pafleroit qu avec de grands foins , & un grand retardement fans leur manœuvre. Cette derniere aâion eft autant utile pour le fêrvice, quelle eft perilleufè, & dangereufè pour ceux qui la fontj: car fîlescharriots viennent, à ver fer, ou parce qu’un Effieu vient à roàia-pre, ou par quelqu’autre accident im-prevû, il eft certain qu’il y va pour l’ordinaire, de la perte dé qu elqu’uti de ces coudoyeurs , à moins qu’il 11’en évite le coup par une adreffe toute particulière.
- La maniéré aisée ;de foûlever un mats pour le mettre fur les Chariots eft quelque choie de furprenant à
- ceux
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- ceux qui ne fçavent pas coin ment ce* la fe fait. Deux Vis qui tournent dans une piece de bois ecroüée qui traver-fè le mats par deffous, le foule vent aifement pour le mette à la hauteur requifef, afin de placer deflous les Chariots. La figure 2. Planche 4. & fon explication que je donne pour cela, le fait mieux comprendre que tous mes difcours.
- Quelquefois la voiture d’un Mats ne pouvant pas - fe faire aifement à caufe d’un contour à pafièr* ou parce-que la corde'e des atelagcs fe trouvant trop longue & fatiguée, tous ne tirent pas également ; peur lors on à recours à doubler la cordée de plus prez j en la partageant en deux également , où inégalement , comme l’occafion le permet, & joignant une cordée à un des mufeaux de l’Eflteu du Chariot de devant par le moyen d’un cable, qui prend à un crochet de retraite, frai té , pozédansle nui-feau de l’Efîieu entre la cheville, & le bout du moyeu, on vient à bout parce moyen, le plus (buvent de ce à quoy on s’étoit propofe , qui étoit de dégager le Mats d’un endroit où
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- iine (impie cordes d’atelage ne fufi-(oit pas.
- §•6*
- De la Touche des Mats,
- PAr tous les moyens que nous venons de donner» on conduit alternent un Mats au Port de la riviere, qui doit le foire doter jufques dans les Mers, ou à la Touche, ou équipé teul, ou équipez plufieurs enfem-ble.
- La rapidité des rivières » leur li& peu élargi dans des contours ». le peu d’eau qu’elles donnent, leur li& trop élargi dans des plaines, qui fait trop étendre les 'eaux, Sc ieur donne peu de hauteur, les cheûtcs d’eau dans des lieux reflèrrez entre deux Montagnes , 8c plufieurs autres inconve-niens, font qu’on ne peut pas fe fer-yir d’une riviere pour y faire doter les mats équipez, trop heureux encore fi on peut les faire doter à la touche j c’eft à dire comme à bois-perdu , un mats étant jetté dans la riviere l’un après l’autre , que des hommes fuivent, 8c qu’ils dégagent par le moyen des cables l’ors qu’ils
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- viennent à s’arrefter. Comme cette maniéré de conduire les mats à la touche cft tres-néceffaire par la difpo-fition des Montagnes qui le demandent ainfi quelque fois, je vây en ra-porter la pratique le mieux qu’il me fera poflible. /
- Lors quon à conduit un mats depuis la foret d’où on l’a tiré jufques au Port de la riviere où il peut être jette à la: touche, on attend lafàifbn de l’an la plus propre, ce qui donne le plus d’eau pour le faire floter. Si on pouvoir continuer le chemin par où le fait la voiture des Mats, par delà le port où les mats doivent être jettes à la touche > & qu’on évitât par là de tes jetter à la touche pour vaincre toutes les difïcultés qu’on eft obligé de furmonter , & de rendre aisées, ce ne feroit que mieux de. le faire, & de ne faire floter les mats qu’equipez en Radeaux s’il fè pou-voit. Lors que cela ne fe peut point par la dificulté des précipices , & des trop rudes montées qu’on feroit obligé de furmonter par les routes qu’il faudroit faire, & par leur trop grande dépence, on fe refout enfin à
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- faire aller les mats à la touche.
- Les dificultez qu’on trouve dans les rivières où l’on doit faire aller les mats à la touche, font ôtées par les ouvrages qu’on y fait ordinairement; fçavoir.
- Les Rochers qui font au milieu de la riviere , & qui pourroint détourner les mats qu’on fait aller à la touche , & l’engager fur le travers de fon liéfc » doivent eftre diflouts par la mine 9 & enfuite les quartiers enlevez avec des tours, ou retirés fur le bord de la riviere.
- La Rivierre trop referrée par des pointes de roc, qui la rendent fineu-fe & difîcile pour le paflage. d’un Mats doit être alignée à 15. à 20. Toifes de veuë& par confequent les pointes de rochers enlevez par le moyen de la mine.
- La riviere trop élargie , & les eaux perdant par la leur hauteur fufi-fante pour la flotaifon des mats, qui doit être toûjours pour le moins fur toute fa longueur de 20. à 24. pouces de haut, fera retreflie par des Epys, qui reüniflant les eaux faciliteront la flotaifon.
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- La riviere divisée par des Illons^fè-ra de meme reünie en un fèul lit, par la fermeture quon faira des liions avec des digues, &c.
- La riviere étant trop rapide par fès. cheutes d’eau , ou les mats conduits à la touche pourroint ’s’arcfter > eft réparée, & unie par des Paffèlis qu’on fait au deffus de fes rehauts-d’eau, & fur Iq/quels Paffèlis, on fait paflèr la riviere , & par confêquent Jes Mats.
- §. 7-
- Des B/chfes & Referveirs d'eau.
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- LA Riviere donnant peu d’eau» on trouve le moyen qu’elle foit abondante par la retenue qu’on en fait à fa hauteur dans des lieux convenables , où l’on forme des Eclufcs &refervoirs,qu’on laifle remplir d’eau pendant la nuit , ou pendant plufieurs-nuits, & plufieurs jours, s’il eft necef-làire , & qu’on ouvre enfuite pour, donner l’eau qu’il convient pour la flotaifon des Mats.
- La faifdn de fanne'e la plus propre pour la flotaifon des Mats , eft celle
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- du Printems dans les lieux remplis de Montagnes , & couverts de neigne ; parce que c’eft par la fonte des neiges, que les rivières grofiflent, au lieu que dans, les plaines, les Rivières ne font abondantes , qu’à caufe des pluyes continuelles, & fdes orages qui peuvent fervir dans l’Été & dans l’Automne.
- Les Rivières étant dilpofées pour faire floter les Mats, aprez qu’on en a ôté tous les empéchemens , comme nous avons dit, & que les eaux des Eclufes arrivent à l’endroit du Port, où {ont les Mats, ou bien que dans la làiion du Printems à la fonte des neiges, les eaux fufiïènt pour les faire floter, on jette pour lots les Mats à l’eau ; & ainfi fuivant fon fil, & arrivant aux endroits de la Riviere la plus propre & la plus convenable, pour en pouvoir faire floter deux à trois tout à la fois ; on les arrête les uns après les autres, qu’on a conduits à la touche, & comme à bois perdu.
- Pour fi bien qu’on unifie les lits des Rivières par tous les ouvrages que nous avons dit ci deflus , qu’il y faloit faire, les Mats étant conduits
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- à la touche, ne laiflent pas que de s’arrêter bien fouvent par de? cas im-preveux. On les dégagé de ces endroits pour-leur faire continuer leur fuite, jufqu’aux Ports où l’on les doit équiper. Quand ils font ainfi arrêtez, on leur joint deux à trois tours de cable dont le bout eft feulement attaché au defliis du Mats, avec un petit clou, & l’autre bout du cable, étant joint à un tour, ou à un cabeftan fur le bord de la Rivicre, on le dégage ainfi en tournant. Le Mats étant ainfi dégagé, il fuit après le fil de l’eau, 8c le détache aifement des tours du cable , avec lequel il eft attaché par le peu de refiftance que fait le clou qui les joint enfemblc. 11 y a bien de l’a-drefle à favoir dégager un Mats arrêté par la touche. Le bon jugement, & la pratique rendent experts les tou-cheurs , ou ceux qui ont la conduite de la touche.
- Dans tous les lieux d’où l’on tire des Mats pour le lèrvice dcsArcenaux: de France ; on ne les conduit pas par des Rivières à la touche,Les Païs plus ou moins dificiles , forment ces difi-cultez , ou les diminuent. ;
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- A. tArrete dans le Bearn, à deux lieues d’Oleron , les Mats qu on tire de ces quartiers des Pyrénées lbnt voitures depuis le pie des Forets, ju£ qu’au deffous d’Oleron, où l’on en équipe plufieurs enfemble pour les faire floter j ufqu’à Bayonne.
- Dans la Vallée d’Aure, Diocefè de Comminge , les Mats qu’on fait defcendre des hautes Pyrénées,partie font équipez,& conduits par des chemins jufques dans des Ports propres à cela, & partie font jettez à la touche pour être enfuite équipez dans des Ports , aprez y être arrivez.
- Dans les baffes Py rénées au deffus de Quillan fur la Rivière d’Aude , il eft encore indécis , fi les Mats feront conduits à la touche \ à la jon&ion de la Riviere de l’Aiguete, avec celle d’Aude , pour être portez de là juf-qu’à Quillan, où ils pourront être équipez & unis en radeaux. Ou bien fi à la jonction de ccs deux Rivières au deffus de Quillan, ils pourront fio-ter tous équipés. Les projets qu’on a fait là deffus, & l’experiènce dans l’execution, nous aprendront lequel des deux pourra reüflir le plus aifenient,
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- fï îa Cour fe détermine à faire tirer de Mats de ces quartiers.
- Les Mats qu’on tiroit autrefois des Forêts de Malifau , au defïbus de S. Efticnne dans le Foret à quatre lieues du Rhône , étoient voitures jufques dans ce fleuve pendant quatre lieües , où Ion les équipoit plufieurs joints enfemble, fans avoir floté auparavant par aucune Riviere à la touche.
- Enfin les Mats qu’on fait titer de la Franche-Comté, du Dauphiné, de la Savoie & de par tout ailleurs, font conduits par l’un, ou par l’autre moyen plus ou moins dificile, ce qui en augmente, ou en diminué la dépence comme l’occafîon le requiert.
- §. 8.
- De l’Equipage des Mats dans leur Port,
- LEs Mats étant arrivez dans les Ports desRivieres pour être équipez-, ils le font d’une maniéré convenable à la force de f’eau qui les doit faire floter. Tantôt ils font joints , les fîx, les huit, & les dix enfemble, en
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- forme de radeau. Tantôt ils ne font joints que les deux» & les trois en-fetnble, au devant defquels, & à leur petit bout, on joint encore en radeaux de pièces quarrées pour les foûlever, & des avirons pour les manœuvrer tout le long de la Riviere, Tantôt enfin les Mats étant d’une trop grofle qualité, on n’en équipe qu’un feul avec du bois de flotaiibn, ou de pièces quarrées, afin de le conduire plus aiment jufques dans les Mers , où ils font voiturcz , tantôt dans des Flûtes , tantôt par Radeaux jufques dans les Ports de Marine, pour fer-vir à quoi ils font deftinez. La Figure 5. Planche 4. & ion explication, font voir un Mats équipé, avec dé pièces quarrées dans un Port de Rivière confirùit expreffement.
- FIN.
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- EXPLICATION
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- de la Figure première, Planche 4.
- CEtte figure fait voir à veuë dbi-feau un Mats monté fur deux Chariots.
- A» Timon du Chariot de devant, oü l’on atele la première paire des Bœufs pour en faire la traite fuivant la dif* pofîtion de la fle'che. Le gros bout du-Mats repole fur l’Eflieu de ce chariot, au-milieu duquel eft une fcellete plate qui joint le Mats par defious, & qui l’alfeure par une cheville de fer. De plus le Mats eft encore arrefté à cét Eflieu par le moyen de grofles cordes qui prennent par defious le talon d u Mats, & qui en vont faire le to ur pardeflus à quelque diftance marquée B. Ce qui fait que le Mats ne peu1" pas échaper de deffiis la fcellete de rEffieu, tandis que les attelages font
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- en mouvement, & qui en font la traite;
- C. Eft le timon du chariot de derrière posé à rebours , afin de manœuvrer la queüe du Mats, fuivant la difpofition de la route. Les Ornières que les premières roues du chariot de devant ont tracé , doivent faire con-noître aux coudoyeurs, ou aux ouvriers qui manœuvrent le Timon C. de faire fuivre aux roues du Chariot de derrière , les mêmes traces que les roues du chariot de devant ont déjà formé. La route étant courbe, comme le defiein le reprefente par l’alignement des ornières , fait voir que le Timon doit garder la difpofition, telle qu’elle eft figurée par le deflfcin : Et cela fé fait par le Levier D. qu’un Coudoyeur tire par deflus le Mats. Ce qui oblige le Timon à garder cette feituation j & au contraire, lors qu’on le veut manœuvrer du côté D. Il faut pour lors que le Coudoyeur qui tient le bâton D. le lâche, & que l’autre Coudoyeur qui tient le bâton C, le tire. Ce qui fait enfin avancer le Timon d’un où d’autre côté , comme le be-foin
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- foin le demandé. Le Chariot dé derrière eft éloigné à quelque diftance de la queue du Mats, comme le re-prelènte la figure, afin que la traite du Mats en Toit plus aisée,& afin qu’on le puifife faire tourner plus aifémêc dans des contours. Le chariot de derrière fupporte le Mats par une fcelle-te ronde, au milieu de fon Eflîeu, & le mats qui joue dedans eft afliiré fur ce dernier chariot, par des cordes qui font attachées à l’Eflieu, & qui|Vont Ce joindre fur le Mats, à l’endroit E. où un coing de fer les arrête, de même qu’au Chariot de devant à lendrpît B. où un autre coing les doit encore arrêter.
- EXPLICATION DE LA Figure 2. Planche. 4.
- LA difpofition de cette fécondé Figure fait voir afifez, que comme le Mats fe trouve couché par terre,en pofant par delfous les deux pièces de
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- bols A.& B,8c metant lesVis dans lés écroiies de celle qui eft marquée A* les tournant enfuite avec leurs manivelles, elles tourneront dans celle qui refte toujours ferme à terre B. & lou-leveront la marquée A, & par confe-quent le gros bout du Mats, qui re-pofe deflus. Par ce moyen on foûleve le Mats à la hauteur neceffaire pour y placer deflous le chariot A. B. dans la figure i. Planche 4,
- EXP LICsiT ION DELA Figure 3. Pl&nche 4. -
- CEtte figure fait voir un baflîn de Port pratiqué dans le courant d’une Rivière, & dans un lieu aflèz propre, & affez vafte pour pouvoir équiper pluficurs Mats à la fois. Ges fortes de Port fè font dans les Rivières qui ont peu de profondeur, & qui font rapides. Par le moyen de cette forte de Port, on retient les eaux de la Rivicre pour li rapide qu’elle foit, à la hauteur qu’on veut, afin que par
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- là , elle aye moins de mouvement pour donner la facilité aux Ragers à équiper les Mats, & que par là elle aye encore la profondeur neceffaire pour pouvoir aifèment placer les pièces de flotailon à la queue du Mats. Par des digues, on foulcve, & on retient les eaux de la Rivière, & par un PafTelis on en reçoit fon cours pour leur fuite. Comme toutes les Rivières rapides , entraînent ordinairement beaucoup de gravier , cailloux , pierres, &c. Lors qu’il fiirvient la moindre inondation , il eft certain que ces fortes de Port > s’engravent toutes les années; fi on ne fe precautionne pas à pratiquer au dcfibiis de leurs digues, des Ventoufes, & Edufes pour faire couler dans un tems de débordement le gravier qui fè trouvera arrêté dans le baffin du Port. 11 faut même laiflbr ordinairement paffer les eaux de la Rivière dans ces Ventoufes, & ne les fermer, que lors qu’on voudra foûle-ver les eaux du Port, dans le têms qu’on veut équiper lesMats,ou qu’on veut les faire partir du Port. On fait plus ou moins des Ventoufes, & xles
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- Epenchoirs, & c’eft fuivant la fitua* t on des lieux, & le befoin qu’on en a. Ces digues, ces Ventoufes , & les Paffelis,font conftruits fuivant les réglés de l’Art, pour avoir la commodité , & la durée requife à ces fortes d’ouvrages, qui doivent fupporter bien1 fouvént de gros efforts par des inondations impreveües. La charpente doit être bien liée, arrêtée par des pilots, encloifonnée, & difpofée de telle maniéré qu’elle ne puiffe point le defunir par quelque effort que ce foit. Les chambres de la charpente doivent être garnies de gros quartiers de pierre, gros gravier, faffines, & fagots ; & le deflus pavé, ou couvert de planches en forme de Paffelis. Le dedans des Ventoufes, fera paffeliffé de même que le Pafïèlis ; c’eft à dire garni de Planches à droit fil, afin que les eaux y glifïènt aifement fans s’arrêter.
- Au milieu de ce Port paroit un Mats équipé prêt à partir, & à défi cendre du Paffelis, Au lieu d’un Mats, on en met quelquefois deux, quelque fois trois, fuivant la difpofitibn de la
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- Riviere qui le peut permettre#
- A. Paflelis du Port de 18. à 20. pieds de large & de 20. à 24. pieds de long, où toute la Riviere fe réunit'.
- B. S. C. R. Ventoufes pour décharger le port de Tes eaux, & du gravier» en lésionvrant à l’endroit B. &
- C. & pour foûlever les eaux du Port, en les fermant, en abatant lès empel-lemens , ou les vannes.
- B. E, & C. D. Largeur des digues du Port proportionnées à l’effort i & à la pefenteur des eaux du baflin.
- E. F. & D. G. ou S. F. & R. G. Arc-boutans pofèz au rés de chauffée de la Riviere pour affurer , & contre-tenir de part & d’autre la charpente du Paflelis A. foit par des pilots R.Ga & S. F. ou d’une autre maniéré convenable.
- O. B. M. &c. Corps du Mats équipé.
- M. N. &c. Une aile du Mats qui fêrt à le dégager, & à le faire partir plus vite , lors qu’il cft de befoin » qu’on étend autant qu’on veut en la-chant la corde, oul’andorte O.N. laquelle on retire s’il le fout pour rea-
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- ger l’aîle M. N. à côté, & tout près du Mats füivant fa longueur en M. L, où elle repofe. j
- P, Q^H. I, Eft un Radeau de bosj de Flotaifon , de 20.25.^30. pieds dj long qu’on joint à la queue d’un Ma» par des traverfiers P. Q^l. H. à li maniéré ordinaire, des Radeaux avec des andortes., ou cordes faites dej brins de Noifeliers. Ce Radeau à ni Ij. à 18. pieds de large,fuivant la quao-j tité de mats qu’il faut qu’il faflfe flot* ter. Sur ce Radeau il y a ordinaire-j ment un nombre fufifam de ragetë pour le manceuvrcj avec les Aviromü H. I. Les Avirons H.l. font pouy l’ordinaire courbes fur leur bout, afin de ne le point mettre en pièces fi & cilement 1ers que le Radeau par da' mouvemens- impreycus vient à hem! ter contre de Rochers, ou qu’il ploff; ge à la defeente d’un Palfelis. Cé avirons fervent à manœuvrer le Ra-| deau tantôt à droit, & tantôt à gauche comme la nccejfïité le requiert On peut métré encore un aviron ai gros bout du Mats, pour le manceu-1 vrer comme pourroit faire un Goii] vernail.
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- *Ôh doit enfin remarquer que cé n’eft pas pair tout qu’on difpofe ainfî la flotaifon des mats ; c’eft fuivant la dificulté des rivières qui le demandent plutôt de cette maniéré que d’une autre, & c’eft dans les petites, & celles qui donnent peu d’eau qu’on Içs pratique comme j.e viens de dire.
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