L'art de la guerre, et la maniere dont on la fait à present
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- L'ART
- DE LA GUERRE,
- E T
- LA MANIERE
- dont on la fait à p relent.
- OU L'ON VOIT LES FONCTIONS de tous les Officiers de Cavalerie, d'Infanterie , à?Artillerie des Vivres , depuis
- 1e General d’Armee, jufqtt'au fimple Soldat. Avec la méthode -de conduire les Armées, de camper, d'affieger, de donner Bataille. Enfemble un état de toutes les Citadelles , Châteaux <p* Forts oît le ROY entretient Garnifon. Avec les termes generaux &> particuliers de la Guerre, Par Monfieur de G A Y A.
- DEDIE’ AU ROI.
- Quatrième Edition augmentée.
- A LA HAYE.
- €hez Adrian Moetjens*
- Marchand Libraire pre's la Cour, à la Librairie Françoife.
- M. DC. LXXXIX.
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- AU ROY
- IRE,
- Reviens non pas avec la timidité dun Autheur , mais avec une ajfeurance de Soldat, offrir
- à VÔSTRE MAJESTE' un
- Ouvrage qui n'a rien peut-efre de plus beau (st de plus éclatant que fin titre. Voccajton eftperilleufi ». je Vavoue, mais ce n'ejl pas daujourd'huy , S I R E , que fay appris à mexpofer aux oc-cqjions : <§F fi V, M. daigne me regarder en celle-cy , j’eff fuiray le feu de mes Ennemis /
- * 3 Je
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- E FIT R E.
- fe fiûtiendray fans branlerh grêle des traits que l'envie lancera contre moy. Recevez donct SÏRE, le Livre., que je vous pre-fente, comme une marque de mon affeftion à vojlrefervice, <Sb* du defir quefay de la faire paroîtrè dans les occafions,
- Cefl de tout temps, S IR E > qu'on a fait la Guerre : la terre nefloit pas encore tirée de fin néant, que Von combatoit dans le Ciel : Les hommes après leur création n ont pas eftè longtemps fans s'armer les uns contre les autres ; è&il n'y a;point eu defiécle ou quelqu'un n'aitrafiné fur le me-fier de la guerre 5 Mais SIRE, toute la terre e/l aujourd'huy contrainte d'avouer qu'il n'y a jamah eu de Monarque, qui tait mieux entendu, <§F qui y ait fi bien reitf-jfjque V. M. Que-l'antiquité ne,
- nous
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- Ê P I T K E, nous vienne plus vanter les Ale+ xandres Ç& les Ce far s $ La France leur mettroït un Héros en tejle, fous lequel ils ne pourroient fer-, vir que d’^rfides de Camp. Le pajfage du Rhin nefùrprendra pas moins les fiecles à venir, que la conquefte de la Hollande en un mois. Laprife du Fort de'Skein en vingt-quatre heures à donné de Vétonnement à tous les Peuples étrangers , & principalement aux Ejpagnols qui ne Va-voient fceu prendre en neuf mois. La réduction de Maftric, de Lim-bourg Ç& de la Franche-Comté, leur a depuis fait connoître que ce n'efùit point un, hazard qui ren-doit V. M. viftorieufe. Lapri-fedeCondè, de Bouchain, d’Aire , du Fort de Linkede laquelle ils ont efté les fideles témoins y les oblige àprefent de di-
- * 4 w
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- ET P l T R E ; tt quefi le Ciel avoitpûefire afiez m/u/le pour ne pas donner à-V. M. le gouvernement d'un Royaume $. il nauroitpu ïuy refufer le Com~ mandement des {^Armées. Ce font les Jentimens de tous le Peu-* pies j dr ceitx de celuy quiefl.
- De Votre MajeJîL
- Le très-humble, tres-obeïilant, & tres-fidele Serviteur & fujet
- L O U i S D £ G A Y A.
- AVIS
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- A V I S-
- AU LECTEUR,
- fait la Guerre de tout
- temps : & félon la maniéré de la faire, on en a changé les réglés & les maximes : celles d’aujour-tfhuy font differentes de celles des liecles pafïèz, & tous les Autheurs qui en ont traitté ne font prefque plus d^aucun ufage. Voicy une petite inftruétion de la maniéré dont on la fait à prefent, fuivant que je lJay vû & pratiqué en ces dernieres Campagnes , que je prefente à toute la Nobleffe, qui a toujours tenu, à honneur de porter les armes pour le Service du Roy, & pour la gloire de la France : fi ceux qui com-fnencent ce glorieux meftier y peuvent apprendre quelque chofe, je croiray n’avoir pas mal employé ny
- mon temps, ny ma peine-
- * S
- T A.
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- T A B L E Des Chapitres contenus dans
- la première Partie de ce Livre* Chapitre Premier.
- DE l’Armée en general. Pag. i
- Chap. 11. Du General# Armée, § Chap. III. Des Lieutenant Generaux, 1Z Chap. IV. Des Maréchaux de Camp , IÇ Chap. V. Des Brigadiers >
- Chap. VI. Des Aides de Camp, 191
- Chap. VII. Du Major General , 2o Chap. VIII. Des Majors dè Brigades,22 Chap. IX. Du Maréchal de Logis de
- V Armée > 2$
- Chap. X. Des Ingénieurs. " 30
- Chap. XI. Du Capitaine des Guides, 3 3 Chap. XII. Des Vagemejlres, 3$
- Chap. XlII.Dw Intendant, desCommif-faires, & des Treforiers. 3 6
- Chap. XIV. Des Sauvegardes. 3 &
- Chap. XV. Du Prevojl de V Armées & de fa fuflic e, 39
- Chap. XVI. De l’Hôpital, 41
- Chap. XVII. Des Vivres. . 42
- Chap. XVIII. de l'Artillerie, & de Jet Officier s r f 45
- Chap.XIX. De la marche d’une Armée,54 Chap. XX. D# Campement. ST
- Chap, XXI. Des Sièges, & des Attaques,
- 61
- Chap. XXIL
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- Table.
- Chap. XXII. Des Officiers de P lace , de ta maniéré de deffendre. une Place affilé, , 70
- Chap. XXIII. De la Garde des Places,?$ Ghap.XXlV* Delà maniéré defoutenir un Siégé. Ss
- Chap* XXV. Des Batailles. 88
- TABLE Des Chapitres contenus dans
- la fécondé Partie.
- I
- •Chapitre Premier.
- DEs Officiers Generaux delà Cavalerie Legere, page loi
- Chap. Jl. Des Meffres de Camp, & des Majors de Cavalerie , 105
- Chap. III. Des Capitaines de Chevaux Légers-, 108
- Chap. IV* Des Lieutenant & des Comètes, na
- Chap. V. Des 'Maréchaux des Logis, & des Brigadiers des Compagnies de Chevaux Légers, 112
- Chap. VI. Des Colonels d’infanterie,116 Chap. VII. Du Lieutenant Colonel, 122 Chap. VIII. Des Majors, & des Aides Majors d’Infanterie, 124
- Chap. IX. Du Capitaine d’Infanterie,! $ x
- * 6 Chap. X.
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- des Chapitres.
- Chap. X. Du Lieuttmnt > & du Sous-, Lieutenant» 138
- Çhâp. XI. Del’Enfeigne > . 141
- Chap. XII. Du Maréchal des Logis d’un, Régiment d’infanterie ? 144
- Chap. XIII. Du Prévoji d’un Régiment
- Chap. XIV. Des Sergens. 146
- Chap. XV. Des Caporaux i Lanfpajla-des & autres bas Officiers d’une Compagnie , . 15.Q
- Chap. X VI. Dé ta maniéré tpi’on forme un Bat aillons . 155
- Chap. XVII. Del’Exercice t 160 Chap. XVIII. Del’ordre qu’on doitgar» der au jour de bataille> 174
- Chap. XIX. Des détachement, 181.
- Chap. XX* De la Marche d’un Régiment. 185
- Chap. XXI. Du Confeil de Guerre » 189 Charges des Compagnies de la Maifondu
- Roy > # 193
- Charges de la Cavalerie Legere♦ 197
- Charges des Dragons > 199
- Charges d'infanterie > 2oo
- Villes t Citadelles > Chafleaux & Forts on le Roy entretient Garnifon > 205
- Explication des termes de Guerre. 216
- Explication des termes de Fortification.
- 219
- Fin de la Table.
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- L'ART
- DE LA GUERRE,
- PREMIERE PARTIE, Dans laquelle il efl traité des
- Charges principales de l’Armée, & de leurs fondions.
- Chapitre Premier.
- De l'Armee en general.
- * Armée eft compofée de Cavalerie, d'infanterie, de Dragons, d'Artillerie, & de Vivres. Le nombre de la Cavalerie eft ordinairement du tiers de l'infanterie.
- A
- Une
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- 2 JV Art de la Guerre *
- Une Armée fe divife en Brigades, commandées par des Officiers, qu'on nomme Brigadiers. Les Brigades de Cavalerie, font de douze Efcadrons chacune : & les Efca-drons, de deux cens Maiftres. Celles d'infanterie font pour la pluf-part de cinq mille hommes, c'eft-a-dire de fix Bataillons. Les Bataillons du Régiment des Gardes, font de cinq Compagnies ; & les Cbm-pagnies, de cent cinquante Soldats.
- Les Bataillons des autres Regi-mens François, font de feize Compagnies; & les Compagnies, de cinquante Soldats, les trois quarts de Moufquetaires, & un quart de Pi-quiers.
- Les Bataillons Suiflfes n'ont que quatre Compagnies, mais les Compagnies font de cent quatre-vingts hommes. •
- Il n'y a point de Bataillon François , qui n’ait par deflus les feize Compagnies qui le compofent, une
- Com-
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- première Partie. j
- Compagnie de cinquante Grenadiers, qui marche toûjours vingt pas devant le Commandant.
- Le corps de la Cavalerie fe divHc en Gcnfdarmerie,& en Cavalerie légère. Là Genfdarmerie n'eft autre chofe que les Compagnies d'Or-donnance de la Maifon du Roi, de la Reine, & des autres Princes, dont les membres ont toûjours confervé le nom de Genfdarmes , à caufe qu'ils étoient autrefois armés de pied en cap, & leurs chevaux caparaçonnés. La Cavalerie legereeft, ce que nous'appcllons aujourd'hui les Regimens de Chevaux-legers, qui font pour la plulpart de quatre, de huit, ou de douze Compagnies 5 chaque Compagnie de cinquante Maiftres, commandés par des Meftres de Camp, dont les Regimens portent quelque-fois leurs noms.
- Les Dragons font gens de guerre , armés de fufils, d'épées, & de
- A z ba-
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- 4 L’Art de la Guerre, bayonnettes, combatant tantofi: \ pied & tantofi: à cheval fuivant les différentes occafions. Ce font eux qui fo faififïént des paflâges : c'eft pou-rquoy ils nfont pas de rang dans le Corps d'armée; mais ils marchent ou devant, ou fur les ailes,félon que le General le juge à propos.
- L'Artillerie eft un magazin, ou une provifion de toutes les armes & outils, qui peuvent férvir à la guerre, fous le commandement du grand Maiftre, qui a des Lieutenans Generaux fous lui, des Commifïàires, & plufieurs autres Officiers, de qui nous parlerons dans les Chapitres firivans.
- Nous appelions vivres, la provifion de pains ,• de bleds, & de farines, deftinée pour la fubfiftance des Troupes, fous la conduite du Gommiflàire General des vivres, qui a des CommifTaires particuliers fous lui.
- Une Armée ne doit eftrc corn-
- man-
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- première Partie y
- mandée que par un Chef, que l'on
- appelle General, qui a fous lui des Lieutenans Generaux, des Maréchaux de Camp, des Brigadiers , &
- plusieurs autres Officiers. Mon def-fein étant de parler de chaque Charge en particulier, je commenceray par celle de General. 1
- Chapitre. II.
- JD ti General d* Armée;
- E General eft dans une Armée
- JLj ce qu'eft l’ame dans le corps, 8c comme rien n'agit dans celui-ci, que par les mouvemens de l’ame > ce grand nombre de Regimens ne doit auffi rien faire que par les ordres de fon Chef C'eft pourquoi cette charge ne demande pas feulement un homme qui ait de la bravoure & de l'expericnce ; mais encore que la «aiflànce, la conduite,la libéralité 8c
- Fhon-
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- €> L* Art de la Guerre, l'honnefteté le rendent recommandable. Sa valeur le rend redoutable aux Ennemis ; & fbn expérience fait qu'on a tant de confiance en lui, que l’on eft prefque alluré de la viâoire , auparavant que d'avoir combatu: Mais fa naiflànce augmente fon authorité, & le relpèâ qu'on lui doit,fa conduite conferve les Armées , & les rend viâorieufes ; fa libéralité lui attire des Partilàns, & il gagne les cœurs des Officiers & des Soldats par fon honnefteté.
- C'eft de la prudence d'un General , que dépend le falut d'un Armée ; & cette qualité, à mon avis, lui eft plus necelfaire que le courage. La bravoure des Chefs, qui n'é-toitpas accompagnée de conduite,, a réduit quelquefois les affaires à l'extrémité. C’eft pourquoi, celui à qui un Souverain a confié le commandement de Ion Armée, avant que de fe mettre en Campagne, doit bien prendre toutes fes mefures
- c'eft-
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- première Partie. 7
- cyeft-à-dire , établir fes magazins dans les lieux les plus commodes ; bien examiner le païs, dans lequel il prétend faire la guerre; n'y pas engager fes troupes fi avant, qu'il ne Içache par où les en faire fortir, & le moyen de les’y faire fubfifter ; & fur tout, fçavoir fi bien prendre les avantages des poftes, qu'il foit toû-jours maiftre de donner, ou d'éviter le combat. Auparavant que de rien entreprendre, il fe doit toujours confeiller aux principaux Officiers de fon Armée, mais ne dire jamais fa refolution à perfonne ; bien con-fiderer l'occafion qu'il a de donner une bataille, & ne pas hazarder toutes fes Troupes au Combat, tafehant de vaincre fbn Ennemi, autant par induftrie que par force; comme en le furprenant defordonné, fes Soldat écartés, las, mouillés, furpris de faim, de froit, ou de quelqu'au-tre accident.
- Ilndoit d’autant plus s’attacher à la libéralité, que nous avons plu-
- A 4 ficurs
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- 8 L’Art de ta Guerre y fîeurs exemples d'affaires ruinées, & dé troupes batuës par la feule avarice des Generaux, qui retenoient les montres des Soldats, retranchoient la moitié du neeeffaire, & ne fai-foient aucune dépenfe en Penfion-naires & en Etions. La recompenfe qu’on leur donne, efl d'une fi grande confequence, que fans cela un General né pourra rien fçavoir des deflèins desEnnemisjil ignorera tou» jours leurs forces, & ne fera jamais averty de leurs entreprifes ; en un mot, le ménage n’eft point de fai-fon à la Guerre, que pour la vie des Soldats.
- L’une des chofes à laquellè un General doit plus prendre garde, c'eft de fe faire aimer de tout le monde, & principalement des OfK-ciersjcela fe fait,en les traitant avec honnefteté, écoutant leurs raifons, louant & recompenfant les belles aâions, & puniffant les méchantes. Un General ne reüfïît jamais, lors qu'il s’eft attiré l'averfion de fon armée
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- première Partie. 9
- mée par les maniérés brufques, fan-tafques & emportées, > & quand il eft de cette humeur , il peut dire qu'il a deux Ennemis fur les bras.
- Monfr. le Vicomte de Turennc avoit cela de bon, qu'il s'étoit acquis Famitié univerfelle 4e toutes fes Troupes ; & il n'y avoit pas d'Ofh-cier,. ni de Soldat dans Ion Armée , qui ne fe fuft de grand cœur làcrifié pour lui : & on peut dire que là douceur, & Tes maniérés honneftes ont pour le moins autant fèrvi à fes C.onquelles, que fa bravoure.
- L'honnefteté & la douceur d'un General, ne doivent pas empêcher qu'il ne doit rigoureux, autant qu'il eft befoin, & qu'il ne falïè tresfe-verement obferver fes ordonnances ; autrement, la difeipline militaire deviendrait un libertinage : c'eft pourquoi il doit défendre aux Soldats de fe débander, & de quitter leurs' rangs, pour aller piller dans
- A t les
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- ïo l'Art dé la Guerre?,. les Terres amies, ni même dans les ennemis, fans fa permifïion ; faisant punir ceux qui y contreviennent, & obligeant les Comman-dans des Corps à y tenir la main , fous peine d'en répondre..
- La fonâion de la Charge de General, eft de regler la marche de l'Armée, & le lieu de fon camper ment j d'en vifiter les Gardes ; d'envoyer continuellement des partis à. la Guerre, pour avoir des nouvelles, des Ennemis ; de donner tous les foirs le mot aux Lieutenans Generaux , aux Maréchaux de Camp> au Major General, & ordonner ce qu'il y aura à faire, ou pour la nuit, ou pour le lendemain. Au jour d’un combat, il fe faifira du pofte le plus avantageux ; il difpofcra fon Champ &fon ordre de bataille; il poftera fon Artillerie ; il fera retirer les bagages , & commandera fes détache-mens.Au fiege d'une Ville d'un Fort, ou d'un chafteaUjil.en fera faire l'in-
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- première "Partie. I f
- veftiturej il fera marquer les Camps, les lignes de Circonvallation, & de Contrevallation, il ira reconnoiftre la Place ; il la fera attaquer par F endroit qu’il aura remarqué le plus foible, il villtera les Travaux, il empefchera les fecours, & pourvoira aux Convois, pour les faire arriver en toute feu reté. Enfin, la Charge de General eit d’une grande étendue , & demande un foin tout particulier, puifque c’eft fur luy qu’un Souverain fe repofe du foin de toute fon Armée.
- Le Roi entretient au General , un certain nombre- d’Aides de Camp, qui ne font que pour porter fes ordres par tout où il eft ne-celfaire ; avec une Compagnie de Gardes à cheval : & le premier' Régiment d’infanterie de l’Armée, luy fournit tous les jours une G arde, compofée d’un C api-taine, d’un Lieutenant , d’un Soû-lieutenant, ou d’un Enfeigne, de
- A 6 deux
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- ht JJ Art de la Guerre,
- deux Sergens & de cinquante Soldats..
- Chapitre I IL.
- Des Lieutenans Generaux;
- LE General étant Famé d'un Corps d'Armée , les Lieute-nans Generaux en font les parties nobles : & ces Charges étant de trcs-grande confequence, elles demandent des perfonnes, de qui le courage, la capacité & la fidelité le foient fait connoiftre en pluficurs ©ccafibns, par de fignalés fervices. Ils ne doivent pas lêulement être capables de leurs Charges ; mais «ncore de celle de General,, parce qu’il arrive bien fouvent qu'on: leur confie le commandement de certains Camps volans , même de quelques Corps d’Armée, qu'ils conduifent ayec la meme authorité.
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- première Partie.
- Le nombre des Lieutenans Generaux, n'eft pas limitié ; il y en a. plus ou moins, fuivant que les Armées font grandes ou petites. Quand ils font plufieurs dans une mefme Armée, ils ont chacun leur jour pour commander. Dans un lîege, par exemple, il y a un Lieutenant General qui commande T attaque de la Place, & qui demeure z-la Tranchée durant vingt quatre-heures , celuy là- s'appelle le Lieutenant General de jour, après les vingt-quatre heure, celuy qui fuit vient prendre fa place, & ainfi des autres confocutivement.
- Le devoir de leur Charge, eft de faire tout ce qui leur eft ordonné par le General, qui leur diftribuë à chacun des Quartiers pour y commander, & les employé , fuivant les occasions qui fe prefentent : les uns, pour conduire un Corps de Cavalerie: les autres, pour marcher à la tefte de l'Infanterie, tantoft
- A 7 pour.
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- 14 U Art de la Guerre,
- pour l'Avant-garde, ou Arriere-garde , & quelquefois pour des Camps <:volans. Ils ne doivent pas manquer de fe rendre tous les jours chez le General, pour y recevoir fes ordres, & les diftribuer apres dans les Quartiers , ' & dans les Poftes qui leur ont efté confiez, ayant foin de Finformer incefiam-ment de ce qui s'y pafle. Pour cela, auflî-bien que pour d'autres befoins le Roy leur donne des Aydes de Camps , & des Gardes à Cheval.
- Chaque Lieutenant General a toujours une Garde d’infanterie à porte, compofée d'un Lieutenant, d'un Sergent, & de trente. Soldats..
- Gma”
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-
- première Partie. i f
- Chapitre IV.
- Des 2l4arefchaux de Camp..
- LA Charge de Marefchal de Camp n'étant pas d'une petite confèquence, ny une des moins, pénibles de l'Armée j celuy qui la poffede doit être brave, judicieux & expert, pour remedier à beaucoup de chofes fortuites. Ils'en fait plus ou moins , fuivant que l'Armée eft grande, & ils roullent entr'eux, de même que les Lieu-tenans Generaux.Quand ily a dèux attaques aii Siégé d'une Place, le Lieutenant General qui eft de jour, commande celle de la droite, & le Marefchal de Camp, celle de la
- La principale fon&ion de cette Charge , eft d'aller tous les jours-prendre l'ordre du General. Dans
- une marche d'Armée, celui qui effc
- de
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- j6 L*Art de la Guerre. de jour, va là veille du départ avec le Marefchaldes Logis, recevoir les ordres de la route, & du campement. Il doit connoiftre les paffages pour fçavoir qu’elle marche les Troupes tiendront : pour cela, il avertira- dés le foir l’Efquadron qui doit entrer en garde la nuit fui-vante, de le tenir preft pour le lendemain matin devant le jour, avec lequel il partira, & les Marefchaux des Lôgis de tous les Regimens, ceux de F Artillerie, & des vivres, pour aller marquer le Camp au lieu deftiné. En marchant, il envoyéra quelques Coureurs devant, & fur les ailles, pour découvrir la Campagne : & s’il furvenoit allarme, il reconnoîtra ce que c’eft, & envoye-ra avertir le General pour être fe--couru , & afin que l’Armée ait le loifir de fe mettre en bataille. Etant arrivé au lieu du campement ,5 après avoir choifi l’afiîette du Camp la plus propre & la plus commode, il
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- première Partie. 17
- va pofer lui-même la grande Garde à une demie-lieuë, ou plus, au delà de l’endroit qu’il a defigné eh general , au. Marefchal des Logis de l’Armée, qui en fait le departèment, & le délivre aux Marefchaux des Logis des Regimens : Enfuite il fait fçavoir au General tout l’état du Camp, de qui il reçoit les ordres pour les gardes, les convoys, les efcortes, & les partis, qu’il diftribuë aux Majors de brigades. Enfin les Marefchaux de Camp doivent loger toute l’Armée, & être toujours prefens à tous lès mouvemens, étans les premiers à monter à cheval, & les derniers à en defcendre. lisent des Aides de camp, & des Gardes à cheval auflî-bien que les Lieute-nans Generaux, avec un corps de garde d’infanterie à leur porte, d’un Sergent & de quinze hommes.
- Cha-
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- iR U Art de la Guerre y
- Chapitre V,
- Des Brigadiers.
- IL n'y a pas longtemps que les Brigades de l'armée étoient commandées par les plus anciens Me-ftres de Camp & Colonels, & l'on neparloitpas de-Brigadiers : mais depuis que le Roi en a fait des Charges en titre d'Office, il choifit ordinairement pour les remplir, ceux des Colonels, des Meftres de Camp & des Lieutenans Colonels qu'il connoit être les plus expérimentés au métier de la guerre. Leur fonélion eft de marcher à la telle de la Brigade dont le commandement leur a été donné , & de la conduire par tout où il leur eft ordonné par le General; tenant la main qu'aucun foldat ne fe débande , & enjoignant tres-exprdfé-ment aux Commandans desRegi-
- mcns
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- première "Partie. lu-
- mens d'y prendre garde. Ils commandent entr'eux fuivant leur ancienneté & montent la tranchée à leur tour, c'eft a dire les Brigadiers de Cavalerie à la tefte de la Garde de cavalerie, & les autres avec celle d'infanterie , & fe relevent l'un l'autre au bout de vingtquatre heures. Et la garde qu'on donne aux derniers, eft d'un Sergent &dedix Soldats de la Brigade qu'ils commandent.
- Chapitre VI*
- Des .Aides de Camp.
- LA charge d'Aide de Camp eft très honnefte pour un jeune homme de qualité ; propre à le faire connoître, & dans laquelle il lui eft aifé d’apprendre, & de fe perfe-
- ctionner : elle demande que celui qui l'occupe., foit. fage , vigilant.
- 8c
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- 20 U Art de la Guerre}
- & vigoureux. La fonction desAy-des de Camp eft d'étre toujours auprès des Officiers Generaux pour aller porter leurs ordres où il eft neceflaire.
- Chapitre VII
- Du Major General.
- LA Charge de Major General de l'Armée, eft nouvelle en France, & de l'invention du Roi , qui en a reconnu l'utilité, & qui4veut que cèlui qui la polfede, ait autant de conduite & de vigueur que d'ex-perience. Il a entree à toute Heure chez le General, & doit être logé prés de lui. Sa fonction eft d’aller tous les foirs prendre l'ordre du General, ou du Lieutenant General qui eft de jour ; d’écrire ce qui lui eft ordonné fur Tes tablettes, afin que tout s'exécute ponâuelle-
- .mentj
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- * ÿremiere Var/tie. 21 ment ; & de le diftribuer aux Majors des Brigades de Cavalerie,d'infanterie & des Dragons ; réglant avec eux les Gardes, les Convois , les partis, & les détachemens $ & donnant une heure & un rendez-vous pour les gens détachez, où il aioin de les venir recevoir lui même : & d'inftruire les Comman-dans de .ce qu'ils ont à faire, leur faifant donner des guides pour les conduire où ileft ordonné.
- Il doit avoir un état de la force de chaque brigade en'General, & de chaque Régiment en particulier avec un rôlle de tous les Officiers generaux, Brigadiers, Meftres de camp, Colonels, Lieutenans Colonels . & Majors, fuivant leur ancienneté & le rang de leurs Regi-mens : Enfin il eft. fur toute l'Armée , ce qu'eft un Major particulier dans un Régiment
- Cha-
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- 22 VArt de la Guerre >
- Chapitre VIIL
- Des Majors de Brigades.
- LEs Majors de Brigades font dans leurs. Brigades ce que fait le Major general dans toute Farinée. On choffit pour ces emplois les Capitaines des Regimens que Fon ïçait être les plus habiles & les plus experts. Leur devoir eft d’étre toujours prés du General ou des Officiers Generaux, d’aller tous les foirs prendre l’ordre du Major general, qui leur dit ce qu’il y a à faire ou pour le jour même ou pour le lendemain, comme j’ay dit dans le chapitre precedent. Quand ils ont receu l’ordre, & le mot ( qui eft ordinairement le nom d’un Saint & d’une Ville, comme Saint Louis & Paris ) ils le portent premièrement aux Brigadiers ou aux Commendans de leurs Brigades,
- puis
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- première Vartie, 23
- j>uis le diftribuent aux Majors ou Aides Majors de chaque Régiment : ils règlent enfemble les gardes, les parties, les détachemens, les convois, & leur donnent une heure & un rendez-vous à la tefté des Brigades , où ils ont foin de les venir recevoir & de les conduire au Major general. Par exemple :
- , Le General d’Armée commande lefoir en donnant l'ordre, au Major general de tenir preft; pour le lendemain à la pointe du jour un convoi de trois mille hommes de pied & de mille chevaux , commandé par un Maréchal de camp & un Brigadier.
- Le Major après avoir averty le Maréfchal de camp qui eft de jour, aflfemble les Majors de Brigades pour leur diftribuer l'ordre qui lui a été donné par le General, & régler avec eux le détachement, en cette maniéré.
- Si l'armée eft de quatre Brigades
- d'In-
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- ^4 JJ Art de la Guerre,
- d’infanterie & d’autant de Cavalerie , il partage les trois mille hommes de pied entre les quatre Brigades , & ïiiivant la divifion qu’il en a faite, il ordonne ce que chaque Brigade d’infanterie eft obligée de fournir ; qui eft fept cens cinquan. te Soldats, quinze Capitaines ; autant de Lieutenans ; autant de Sous-Lieutenans où d’Enfeignes, & trente Sergens. Les mille chevaux partagés entre les quatre Brigades de cavalerie, font deux cens cinquante Maiftres par Brigade, cinq Capitaines, autant de Lieutenans, autant de Cornetes, & autant de Maréchaux des logis. Et parce qu’à trois mille hommes de pied détachés il faut trois Colonels, & trois
- t J
- Lieutenans Colonels ; & à mille chevaux trois Meftres de camp : les Majors de Brigades doivent examiner entr’eux, qui font les Brigadiers , les Meftres de camps, les Colonels& les Lieutenans Colonels
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- &temiere. partie. 2$
- ®els dont le tour cft de marcher, 8c de quelle brigade ils font Leur di-vifion étant faite, chacun s'en retourne à la brigade, où il .alïèmble les Majors ou les Aides Majors des Regimens, pour leur faire Içavoir le nombre dJOfficiers &de Soldats que la brigade eft obligée de fournir pour le Lendemain matin. Et comme nous avons dit auparavant fuivant noftre calcul, que chaque Brigade d'infanterie devoit fournir fept cent cinquante Soldats, quinze Capitaines , quinze Lieutenans , autant de Sous-lieutenans & trente Sergens : les Majors diviferontee^ nombre entr'eux ; 8c liippofé que chaque Brigade loit de fix bataillons ce lcront cent vingt-cinq Soldats pour chaque bataillon , deux Capitaines , deux Lieutenans, deux Sous-lieutenans, 8c cinq Sergens; mais parce qu'il ne fe trouveroit que douze de chaque Officier, & qu'il en faut quinze ; les trois qui
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- t6 JJ An. de ta. Guerre*
- reftent fe reprendront fur les trois premiersbataillons. La même chofe fe fait pour la cavalerie ; une Briga -de étant de douze Efquadrons ; ce font deux cens-cinquante Maiftres par Brigade, qui font vingt & un Maiftres par Efqùadron , 8c par confequent fept Maiftres par Compagnie.
- Les Majors s'en retournent à leurs Regimens, où. apres avoir aftèmblé les Maréchaux des logis 8c les Sergens , ils leur commandent de tenir preft pour le lendemain matin, un nombre d'hommes par compagnie fuivant la fubdivi-fion qu'ils en ont faite : 8c leur nomment les Officiers qui doivent marcher. Les Maréchaux des logis & les Sergens portent cet ordre aux Officiers 8c exécutent ce qui leur à été commandé.
- Le lendemain matin, les Majors des Regimens fe trouvent à la tefte des Camps pour recevoir les gens
- dé-
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- Premiers partie. 27 détachez de chaque compagnie , où apres les avoir comptez, ils les mettent en bataille , leur dillribuent les munitions neceflàires , & les conduilènt aux Majors de Brigades, qui les remettent au Major General, & le Major General au Maréchal de camp deftiné pour les commander, qui les mène enfuite en ordre de bataille où il lui eft ordonné par le General. Voilà de la façon que fe font les détachemens dans une armée.
- Les Majors de Brigades doivent avoir un état des Regimens de leurs Brigades, en fçavoir le fort & le foible, & avoir un rolle des Commandans, des Majors, & des Aides. Majors fuivant leur ancienneté & le rang de leurs Regimens.
- B 2
- Cha<
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- 2$ ' L* Art de laGaerre,
- Chapitre IX.
- Du JHaréfchal des Logis de VArmée.
- CHaque Armée doit avoir fon Maréchal des logis : mais cette charge demande un homme judicieux ; içavant & expérimenté en matière de Geographie:& parce que fa fonction n'eft autre que de marquer les routes & les camps ; il faut qu'il connoilfe généralement tous les Païs, les rivières, les plaines, les bois, les montagnes, les pa{fages, les defilez , les lieux couverts & marécageux j & qu’il fçache jufqu'au moindre ruilfeau. Pour eftre parfait dans cette charge , il doit eftre tel que le Sr, de Chanlay quipofle-de aujourd'huy celle de l'armée du Roi : & quoy qu'il foit encore jeune , il faut dire à fa louange, que quarante années de fervice ne le
- ren-
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- Première partie. 29
- rendraient pas ni plus habile ni plus expérimenté qu’il eft.
- Le Maréchal de logis de l’Ar-’mce doit aller tous les jours recevoir les ordres du General, fçavoir de lui la route que l’armée doit tenir , & aller au campement avec le Maréchal de camp qui eft de jour, où étant arrivé il partage le terrain & le diftribuë aux Maréchaux des logis de tous les Regimens ; il choi-fit un endroit pour le quartier du Roi, il y marque les logemens des Officiers Generaux, & de ceux qui ont droit d’y loger ; il donne une place commode pour le parc de l’artillerie, une autre pour celui des vivres , & il deftine"un lieu pour l’Hofpital, de telle forte que tous les quartiers foient prés de l’Armée, & qu’ils en foient couverts.
- .Dans une marche il avertira le General des ‘paflages & des défi lez, afin que s’il s’en rencontrait de fâcheux , il ait le temps d’y remedier
- B 3 en
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- a O LÏArt de la Guerre,
- *n y envoyant des Pionniers pour les rétablir.
- C H P I T R E X.
- Des Ingénieurs,
- IF Es Ingénieurs font extrêmement Jwneceflàires, tant pour l’attaque que pour la defenie des places. Mais la principale chofc à laquelle on doit prendre garde, c'eftd’en cboifir, non feulement de tres-ha-bilcs, mais qui ayent de la bravoure à proportion de leur fçavoir; c’cft à dire que ces employs veulent des gens experts & intrépides..
- Apres que les Ingénieurs ont reconnu la place qu'on veut attaquer ils en font le rapport au General, & lui difènt fendroit qu'ils jugent le plus foible, & duquel on peut approcher plus facilement. Lors que l'attaque eft reloluë , leur devoir
- cil-
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- Fremier&fartiei 'g'$ cfb de tracer les tranchées, les places dermes, les galeries-, les loge-mens fur la contrefcarpe & for la demi-lune, & de conduire les travaux jufqu’auprés des murailles à la faveur des moufqjietades , marquant aux travailleurs qu’on leura -donnez, les ouvrages qu’ils doivent •foire durant une nuit. J’ai dit qu’il falloir des gens intrépides & expérimentez, parce que tout cela ne fe fait pas fans un grand rifqué de leurs.perfonnes. De plus c’ëft qu’un Ingénieur qui eft ignorant, où qui a peur , ne prend pas garde bien fou vent à fon ouvrage , & fait des travaux enfilez qu’il faut recommencer tout de nouveau avec la perte'de beaucoup de monde.
- Ils doivent prendre l’ordre dur •General ou du Lieutenant General
- qui • eft de jour, for ce qu’il y a à faire à la tranchée : leur faire un -fîdele rapport de tout, demander un nombre fuffifant de travailleurs
- £4 &
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- qî U Art de ta Guerre.
- & Coutils, prévoir à.tout ce qui peut leur être neceffaire, & en faire provision à la queue de la tranchée, ou dans un endroit deftiné pour cela; comme de facines, de piquets, de gabions, depeles, de piques, de haches , defacsàterre, de madriers, de tonneaux, de foli-veaux, & de plufieurs autres eho-fes dont on ne fe peut paflfer dans Une attaque. Ce font eux encore qui marquent les lignes de circonvallations , avec des redoutes & des angles de diftanceen diftance.
- Les Ingénieurs font plus ou .moins, fuivant le befoin qu'on en peut avoir ; commandez par un chef, tel qu'eft aujourd'huy le Sieur de Vauban Maréchal de Camp, & Gouverneur delà Citadelle de rifle & qui a donné des marques fuffi-fantes de fon courage & de fon Ravoir en mille oecafions, tant dans l’attaque des places de Hollande, de Flandre, & de la Franche-Com-
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- Première partie. 3 3
- té, que dans les fortifications des Villes & Citadelles de France, que fa fcience a rendu imprenables, & mis en état de ne rien appréhender.
- Chapitre XI.
- Du Capitaine des Guides.
- LEs Guides font fi necefiàires pour la marche d'une armée, qu'il eft impoflible de s'en pouvoir paffer : C'cft pour ce fujet qu'on a eftabli un Capitaine des Guides qui en doit toujours avoir une provi-fion prés de lui pour les diftribuer ou il eft befoin : Comme pour guider les convois, les partis, l'Avant-garde; les bagages , l’artillerie, les détachemens qui vont lur les ailles de l'Armée, & pour l’Armée même.
- La première chofè à quoi il doit
- L < fbn-
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- 34 L’An de ta Guerre: fongeraufïi-tôt qu'il eft arrivé an lieu du campement j c*eft de demander au Maréchal de Camp quelques Cavaliers pour s'en aller avec eux fommer de la part du Roi les Châteaux & les Forts des Villages circonvoifins , de lui livrer au plutoft un nombre fuffifant de guides de qui la Communauté réponde & quand ils lui ont été donnez , il les- attache les uns aux autres, de peur qu'ils ne s’évadent, & les amené dans fon logis qui doit, être au quartier du Roi, où il a foin de les faire garder. Il les renvoyé de logement en logement mais il ne s'en dégarnit jamais qu'il n*ën ait trouvé d'autres.
- Cette charge ne devroit être-pofledée que par une ; perfonne qui içüt plufîeurs langues , & principalement celle du Pais dans lequel ©nfait la guerre».
- €ha*
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- Première partie. Chapitre XII.
- Des Vagmefires.
- IL doit y avoir dans chaque An* mée une certaine efpece dJOfficier que nous appelions Vagme-ftres, dont la charge eft de faire- reparer les chemins, & de conduire les équipages de T Armée. Il doit pour cét effet aller tous les foirs prendre Tordre du Maréchal des Logis qui lui dit ce qifilaà faire,. & qui lui donne la route que les Bagages-doivent tenir; C'eftàlui apres ; cela à fè pourvoir de guides , & à faire afîèmbler le jourdu départ autour de fon faillon ( . qui eft une maniéré d’Eftendart, qui fèrt de lignai ) les Bagages de T Armée i les-faifant enfuite defiler ,, fuivant le rang que les Regimens ont dans les brigades', &fuivantlepoftequeles Brigades occupent à Tàvant-gardc,
- B- <S> au*
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- U Art de la Guerre* au corps de bataille ou à l'arriere-garde. Obfervant toujours néant-moins de ne laifïèr partir aucun équipage d’Officier que ceux du, General & des autres Officiera Generaux n'ayent défilé..
- Chapitre XIII.
- T)es Intendant , des Commijfaires x O* des Tréforiers..
- MOn defïèin étant de traiter de tous les emplois qui font au-jourdffiuy enufiage dans les Armées j'ay creu ne devoir pas oublier ceux d'Intendans, de Commiflaires & de Treforiers : & biens que ces charges nefoient pas d'épée, & quelles demandent plutoft des gens de Cabinet. que de main ; je ne laifTeray pas; neantmoins d'en toucher quelque mot en pafTant,. puifqu'il n'y a point d'Armée. qui n’ait les Com-
- jnif-
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- Première.partie. 37
- miflaires, fon Intendant & fes Tre-foriers.
- L'Intendant eft pour tenir là-main à la Police, au payement des troupes, au reglement des Contributions , aux établiflemens des Sauvegardes & des Hôpitaux, & à l'exécution des ordonnances du Roi..
- Les Çommifiàires font lareveuë des troupes au commencement de chaque mois , ou à la volonté dit General ; ils font un état des forces des Regimens, des. Compagnies en particulier & des Officiers pre-fens ; ils portent les extraits de leurs reveuës au General, & les envoyait en Cour. Outre cela, il eft de la charge d'un. Commiflaire de recevoir le ferment des nouveaux Officiers.
- Les Trefbriers font le payement de l'Armée fuivant la revue des. Commiffaires, & délivrent l'argent. qu'il eft befoin,, fur lès ordres.
- B 7 dn
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- 3$ I? Art de la Guerre.
- du General & de Flntendant. On pofe toûjours un Corps de garde d'infanterie au trefor, qui ett ordinairement au quartier du Roi prés du logement de Flntendant.
- Chapitre XIV.
- Des Sauvegardes.
- Jk Utrcfois les Sauvegardes e£ Jf^toient des fimples Cavaliers ©u des gardes d'Officiers Generaux qu'on mettoit dans des Bourgs.,, Villages, Fors, Abbayes & Châteaux, pour en ^empêcher le pillage & l'incendie : mais le Roi de qui la prudente a pourvûà tout ce qui étoit utille, en afait. une compagnie à. cheval de deux cens Maîtres, commandée par un Capitaine , des Lieutenans, & des Maréchaux des logis. Ces Cavaliers portent des ' hoquetons .bleus, avec
- deux
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- Première partie.
- deux fleurs de lis en broderie, l'une par devant, F autre par derrière, & cette infcription au defliis, S a uvegarde du R o i : afin qu'ils foient généralement connus d'un; chacun, & que perfonne ne les trouble fur peine de la vie., dans la: fbnéüon de leur charge, qui eft de demeurer à l'entrée des. lieux dont la garde leur a été commife ; & empêcher par ce moyen les. Soldats, débandez de l'Armée qui vont-à la-petite guerre, -d'y faire aucun de-fbrdre.
- Le droit de chaque Sauvegarde-employé , eft de quatre efeus par jour par deflus la fubfiftance ordinaire,.
- Chapitre X V.
- pu Prevoji de l’Armée, Cr' défit
- Juftice.
- i
- T A Juftice doit regner par-tout, f-' & principalement dans les Armées,
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- 4© U Art de la Guerre.
- mées, c'eft le feul moyen d'y établir le bon ordre, & elle s'y doit faire auffi exaâement que dans les Villes du Royaume les mieux policées, fi l'on veut rendre les foldats fouples & obeïfians. Le Prevoft n’a été établi que pour y tenir la main ; c'eft pour cela qu'on luy a donné une compagnie d'Archers à cheval, avec un Lieutenant, des Exempts, Hn Greffier pour écrire les procedures , & un Exécuteur pour punir les contre y enans aux ordres du Roi & du General.
- La fonction de la charge du Prevoft eft de marcher avec fa con^-pagnie, tantôt fur les aifles de l'ar-mee, tantôt à la tefte, & quelquefois à la queue, pour empêcher les Soldats de piller les lieux eonfer-vez : il inftruit les procès, il fait executer les jugemens, il a foin de la police à l'égard des Marchands & des Vivandiers de l’Armée, il met le taux à leurs denrées
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- Vremiere Partie. 41 rées, &juge les differens qui arrivent entre'eux.
- 11 y a auflî des Notaires qui fuirent l'Armée, pour la commodité des particuliers qui en ont affaire.
- Chapitre XVI.
- De V Hôpital.
- IAmais la guerre ne s'eft faite fi commodément qu'on la fait au-jourd'huy en France, les foins de nôtre Monarque font inconcevables, & fa prudence a fi bien pourvu à tout qu'on peut dire qu'elle n'a rien oublié de ce qui pouvoit être neceffaire à l'homme. L’Hofpital eft d'un grand fecours aux malades & aux bleflez ; ils y font aufïî bien que dans ceux des meilleures Villes du Royaume , par les foins des Médecins, des Chirurgiens , dés otiquaires & des Religieux que
- l'oa
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- 42 JJ Art delà Guerre.
- •l'on y a établis fous la conduite druni Directeur.
- Il foit toujours l’Armée jufqu’à ce qu’on trouve un lieu propre & eomrrfode pour fon établiflement, auquel on fait conduire tous les malades ; Et on ne laiffe au camp qu’un détachement de l’Hofpital pour fubvenir aux plus prenantes ncceflités. Il y a une abondante provifion de toute forte de reme-des , d’inftrumens, & de ce qui peut fervir aux maladies & aux playes: Ce font aujourd’huy les PP. Reco-lets qui ailiftent les Malades de l’Hofpital, & qui Ce rendent à la tranchée pour y confelïèr les blefïèz.
- Chapitre XVII. DesVivres.
- T A principale chofe à laquelle un General doit prendre garde,
- c’eft
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- Fremiere partie. jfç c'eft de ne laiffer jamais manquer les vivres à fon Armée , autrement
- il doit être afleuré quelle- ne demeurera gueres fans dépérir. C’eft pour cela que le Roi y a établi des Commiflaires generaux des vivres qui doivent fçavoir le nombre d'hommes qu'ils ont à nourrir i .choifir un lieu propre pour porter les munitions ; fçavoîr quand on commencera a ies diftribuer „ & combien de temps cela durera, a-fin qu'ils faflent une provifion fuf-fifante de blè & de Boulangers.
- Le blé des munitions eft de deux tiers de Froment, & un tiers de-. Seigle : le boifleau de ce grain pcie environ dix-huit livres ; on en tire trois livres de Ion & quinze livres de farine qu'on paitrit avec dix livres d'eau , dont la pâte pefe vingt-cinq livres ; onze onces; de pâte revienent à dix de pain rafïi : On donne à chaque Soldat un pain pour deux jours pefant trois livres».
- Quand
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- 44 JJ Art de Id Guerre.
- Quand il marche par eftape, on lui fournit une pinte de vin meftire de Paris, & une livre de viande. A farinée le pain ne doit jamais manquer aux foldats, & les Officiers generaux doivent tenir la main que celui qu'on leur donne ne foit ni moifi ni puant ; C'eft de là que procédé bien fouvent la caufe de leurs maladies.
- Chaque Caifîon eft tiré par quatre fort chevaux, & porte quinze cens pains, il faut qu'il y ait trois fois autant de voiture qu'il en eft befoin pour porteries vivres d'un jour ; un tiers pour les aller quérir dans les villes où font les magazins ; l'autre qui vienne, & l'autre qui décharge. On ajoute ordinairement aux munitions d'un jour un quart de pain plus qu'il ne faut. Le General ne doit jamais laifïèr marcher ces voitures fans une très bonne efeorte, afin qu'elles arrivent en toute feureté.
- i
- Le CommifTaire general de vivres
- prend
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- Premiers partie, 4^ prend Tordre du General pour la marche de lès convois, & les lieux de Tes provifions ; il a fous lui des 'Commilfaires particuliers qui font toujours à la conduite des Caillons & qui tiennent un regiftre décompté, des munitions qu'ils délivrent aux Majors ou Aides Majors des Re-gimens, fuivant l'extrait des reveuè’s des Commilfaires des Guerres.
- Chapitre. XVIII.
- De l3-Artillerie, Cr de fes Officiers.
- L'Artillerie eft une provifion de toutes les armes & outils necef-fairesàla guerre , tels que font les canons & leurs affûts , les boulets, les bombes, les mortiers, les petarts, . les grenades, les cartouches, les banques de poudre, de baies & de mèche , les faucilfons, les boulets rouges,
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- 4# L’Art de la Guerre.
- ges, les garnirons, les fâcines gau-dronilées farcies de grenades, toute forte d'armes, les haches, les faux, lespeles, les piques, les coignées, les échelles de bois & de corde, les. chevaux de frize, les madriers, les. folives, les planches, les tonneaux les cordages, les pontons ou bateaux à faire des ponts, & toute forte de feux d'artifice : Tout cela ne fe traîne pas après une armée fans un grand nombre de voitures, de chevaux, & de gens deftinez pour la conduite de cet attirail. L'endroit de fbn campement s'appelle communément le parc de l'artillerie, où l'onpofeun corps de garde d'infanterie éloigné déplus de trente pas, & les fentinel-les ne s'y font qu'avec la pique ou la pertuizane, leur étant tres-exprefle-ment recommandé de n'en lainer approcher qui que ce foit avec des mèches ou pipes de tabac allumées , à caufe des accidens que l'on y a vu fouyent arriver*
- L'Ar-
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- Première partie. 47
- L*Artillerie a au jourdftmy pour Là. garde & fon fer vice un Régiment de fufiliers de deux Bataillons fous le commandement du grand Maiftre, dont les quatre premières compagnies font compofées de Charpentiers, de Charons, de Menuifiers, de Maréchaux ; de Serruriers, de Taillandiers, de Carreieurs & de Mineurs.
- Du grand Jtfaitre-
- LA première charge eft celle de grand Maiftre pofledée par Mr. le Duc du Lude ; elle lui donne un pouvoir abfolu fur toute Tartilleric .& fes Officiers,ne reconnoiflant que le Roi & le General : & fervant à Tannée en qualité de Lieutenant Generaljil tient un état & inventaire des pièces, des poudres, des boulets , des équipages des pièces, & de tous les Officiers d'Artillerie du Roiaume,de qui il doit connoiftre la
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- 48 VÀrt de là Guerre.
- c apacité, pour en inftruire fa Maje-fté, lors qu’elle voudra executer quelque denein, comme d'aflieger une Place, donner une bataille, & munir les Villes frontières. Il doit Ravoir les provisions & appareils qu'il faut faire, comment & en quel lieu les pièces doivent être placées, de quelle diftance elles fe doivent tirer , de quelle qualité eft la m uraille qu'on veut abatre, & qu'elle eft la force de fon artillerie.
- En la fituation des Places il doit prendre garde que le lieu de fon artillerie foit commode & facile à défendre par les Soldats ; qu’en cas de neceflîté on puiflè retirer bientoft les pièces ; qu'elles découvrent, qu'elles battent à plomb, & que leur diftance ne foit exceflive.
- Le Grand Maître prefente tous les ans l'état des Officiers d'Artille-rie au Roi, il remplit les charges vacantes du nom de telle perfonne que bon lui femble ; puis le Roi le con-
- fir-
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- fréméré partie. 49
- firme, ou le change à fa volonté; le ligne, & le fait contre-fîgner par un Secrétaire d'Etat. Cet état le délivre au Treforier general qui en pourfuit les affignations , & paye les Officiers qui y font couchez. Ses Officiers font quatre Lieutenans Generaux , un Garde General, deux Controllcurs Generaux, un Treforier General qui paye félon le commandement du Grand Maître , un Maréchal des Logis, & un Prévôt, avec des Com-mifïàires, des Gardes-Magazins, des Canoniers-& des Salpetriers qui fervent tant à l’Armée que dans les Villes , Arfenaux 9 & Ateliers de France. .
- Le Grand Maître.;nc reçoit l'ordre d'aucun Officier que du General , & le délivre dans fbn Parc. Les Cloches des Villes que l'on prend par aifaut ou par compofi-tion , appartiennent à l'Artillerie, & le Grand Maître envoyé faire iç-
- C yen*
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- $o L'Art de la G nette,
- vèntaire de cé qui fe trouve dans les Magazins.
- Des Lieutenant Generaux.
- LÈs Lieutenans Generaux conw mandent PArtillerie & fes Officiers en Pabfence du Grand Maître. Le devoir de leur charge eft d'aller reconnoître les endroits pour les bateries, les tracer, . les faire ele-ver en diligence, & les mettre en état de pouvoir battre la Place & les Ennemis ; Ils ont foin de faire conduire à la tranchée toutes les armes & les outils dont onpourroit avoir befoin, & dJy commettre des Officiers pour les délivrer.
- Des Cofrimijfaires.
- T L n’y a point de piece en Batterie -I qui n’ait fon Commiflaire &fes Officiers pour la fervir : il faut quJun Commiiïàire foit hardi, a-
- droit,
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- droit, èc expérimenté, parce que
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- c’eft lui qui doit pointer la piece par le moyen de la vifiere, & des coings de mire qu'il fait hauffer ou baiffer autant qu'il le juge à propos, fuivantla connoilîànce qu'il a dé la portée des pièces, & de leurcali-bre.
- Pendant qu'un canon tire,le Com* miffaire doit prendre garde fi le boulet fait l'effet qu’il defire, afin qju’il retienne, ou qu’il change (à maniéré dé pointer.
- Des CanonierSi
- CHaque pièce en, Batterie doit âvoir Ion Canonier, aufli bien que fon Commiflaire ; Le devoir du Canonier eft , aiiffi-tôt que la pièce a tiré, de la rafraîchir avec l'écouvillon trempe dans lé vinaigre ou l'urine, & d’y mettre fans perdre de temps la poudre, laboure ,& le boulet. Deux de ceux
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- 5 2 V Art de la Guerre,
- fervent au canon ont foin de remettre là. piece dans l’embrazure : le Commiflaire la pointe, ;& y fait mettre le feu.
- Un Canonicr qui fçait bien fon métier fe donne bien de garde de mettre la poudre dans une piece qui vient de tirer, qu'il ne l'ait rafraîchie auparavant, à caufe de la chaleur qui fe confemdong temps dans le metail. Chaque piece doit avoir fès gens pour la fèrvir, fon magazin de poudre & de boulets de calibre, avec une provifion de foin pour la bourer ; mais dans un endroit où aucune étincelle ne puiffe voler.
- . LesXJftenfiles qui fervent au canon font l'efcduvillon pour le rafraîchir, la lanterne dans laquelle on met la poudre pour charger, le fbuloir qui fèrt a bourer, & les coings de mire à pointer.
- Des
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- Première partie. 5
- Des Mineurs, Çr des vinifieiers
- T Es Mineurs, les Artificiers & Bombardiers font encore des membres de T Artillerie, commandez par leurs Capitaines & leurs Lieutenans, les premiers font commandez par un Capitaine de Mineur , & fervent à faire des fappes, des fourneaux fous des logemens, & des mines pour faire fauter les Battions & les ouvrages d'une Place. L'Emploi des autres eft de jet— ter des bombes, & de compofer toute forte de feux d'artifice, pour jetter dans la Place que l'on attaque , ou en bas des murailles de celle qu'on defïènd, fous l'autorité du Capitaine des Bombardiers.
- C % Ch a-
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- ^ £ U An de la Guerre,
- Chapitre XIX.
- De la marche d’me Armêe.
- IL eft de là prudence d'un General d'ordonner la marche de fbn Armée , fuivant la commodité des Pais, & la connoiffance qu'il a des forces ennemies.
- On fait marcher ordinairement un grand corps d'Armée fur trois colonnes * l'artillerie, <k les bagages for. celle du milieu : Mais il faut que le Pais ne foit point traverfé de marais ou de ruiueau, & qu'on puifle aifément communiquer d'une colonne à l'autre. Si les ennemis étoient fur la droite, & que la gauche fut couverte d'une riviere, on feroit marcher les Equipages du côté de la riviere, & l'Armée marcherait fur une colonne ou deux du côté des Ennemis, ayant toujours des détachemens ..de Cavalerie ou
- de
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- Première partie. ÿ y
- de Dragons à l'avant-garde & fur les ailles.
- Quand une armée a des grands défilés de bois ou de montagnes â travcrfer , le General fait palfer d7abord quelques Regimens d'In* fanterie , & entre-laflc fes Efqua-drons de Bataillons, làiffimt de l'in* fanterie dans les bois ou fur les hau*. teurs pour faciliter le palïàge de l'artillerie & des Equipages , & à melure que lès troupes fortent, il les fait mettre en bataille, & les y tient tant que toute l'armée ait palfé le défilé.
- Lors que l'armée marche dans un Pais où il n'y a pas de puilTans Ennemis à craindre, & où le Ge-neral la veut faire fubfifter plus ai-fément, il la partage en plufieurg corps , à qui il fait prendre diffe** rentes routes fous le commandement de fes Officiers Generaux , leur affignant à tous un rendez-vous générai.
- C 4
- La
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- 5 6 L'Art dé U Guerre,
- La marche d'une armée efl cont-pofée de l’avant-garde , du corps de bataille , & de Farricre- garde ; l’avant-garde & Farrierie- garde font commandées des Lieutenants Generaux & des Maréchaux de Camp$ Le General demeure ordinairement au corps de Bataille, d'où il envoyé fes ordres par tout où il eft befoin par fes Aides de Camp, ou par les Majors de Brigades, La Cavalerie le partage en deux Coips, & l'Infanterie marche au milieu : les pre-mieres Brigades ont l'avant-garde
- 6 l'arriere-garde alternativement ; c'eft à dire quë celles qui ont un jour l'avant-garde prennent l'arriere-garde le lendemain : Cela fe fait en faifant défiler l'armée un jour par la droite, & l'autre jour par la gauche.
- Ch a-
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- Façon deCamper
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- première Partie. 5 7
- Ch AP 1 THE XX.
- Du Campement.
- \
- C'Eft l'affaire. du Maréchal de Camp de loger l'armée ; pour „ cela il doit aller rcconnoître le Pais, y ehoifir l'endroit le plus propre & le plus commode pour l'affictte d’un Camp , & qui ne fbit pas éloigné des eaux , s’emparant autant qu’il eft pofïible des montagnes & .des collines. On obfèrve ordinairement de faire camper l'armée fur deux lignes, la derniere diftante de la première de cinq cens pas , la Cavalerie fur les aides, & l'Infanterie au milieu, en telle forte qu'elle faffe toujours telle aux Ennemis-, & qu’elle foit couverte par derrière d'une riviere , d'un ruiflèau , ou d'un marais. On donne à chaque Efquadron foixante pas de terrain, & aux Bataillons quatre vingt dix
- C 5 poujr
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- 5<B & Art de la Guerre,
- pour leur campement, qui fe partagent entre les Compagnies, tant pour lés Baraques & les Efcuries, qui doivent être fur une même file, que pour les rues. Le vuidepour la feparation des Camps eft de treiy. • te pas.
- Les Baraques des Maréchaux des logis & des Sergens font toujours à latefte de celles des Cavaliers &: des Soldats de leurs Compagnies , & les Tentes des Officiers à la queue.
- Le camp de la première Brigade de Farmée eft à la droite de la première ligne : Celui de la fécondé à la gauche: La troifiéme fe pofte à la droite de la fécondé ligne ; La quatrième à là gauche , & les autres, dans le centre fuivant leur ancien* jieté : Celafe pratique dans la Ca* valerie comme dans Flnfanterie. Les Dragons ne campent jamais dans le Corps d’armée, mais ils prennent leurs Camps ou à la tefte,, ou fur les ailles , du côté qu’il y
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- première Partie. jp
- a plus à craindre, fer van s toujours comme de Corps de garde avancé.
- Quand Farinée vient camper prés de celle des Ennemis, fans qu'il y ait aucune riviere qui les fepare 5 le General fait retrancher fon Camp, & coucher fes Trouppes au Bivouac.
- Chaque Régiment doit pofer une garde à la tefte de fon Camp, & îeMaréchal de Camp qui eft de jour, prend foin de pofter la grande garde , une demy-lieuë au de là de l’armée, du côté des Ennemis, choi-fjffant pour cet effet un endroit d'où elle puifle découvrir fur toutes les avenues i elle y demeure durant le jour, & feretire la nuit prés de Farinée , a la tefte de FInfanterie.
- Le Mettre de Camp qui entre en garde, doit détacher un Corps de garde avancé (qu'on appelle communément la garde avancée) de' vingt Maîtres commandez par un Maréchal des Logis,qu'il fait pofter
- €6 à
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- 6o &Jlrt de la Guerre,
- à une portée de moufquet au delà de Ton Efquadron , dans un lieu d'où Ton découvre aifément.la Campagne. Le devoir de celui qui comr mande la grande garde eft de ne laif-fcr paflèr qiii que ce foit fans ordre, de regarder de tous côtés, & d'envoyer avertir le General du plus loing qu'il appcrçoit des Troup-pes, parce que c'en fur lui. que l'armée repofe. Outre cette garde on en détaché encore une de 50. Maîtres commandez par un Capitaine (qu'on appelle communément la Garde folle ( qui va faire la découverte , & battre l'eftrade fur les avenues de l'armée, afin qu'elle ne foit jamais furprifc. Le refte fe difoofe de la maniéré que j'ai dit cy-devant dans les- chapitres du Maréchal de Camp, & du Maréchal des Logis de. l'armée..
- Chæ-
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- Première partie- 6t
- Chapitre XXI.
- Des Siégé s O* des Attaquer.
- QUand \in General a deflein «*-d’alïïeger une Place, il la fait auparavant inveftir par un Corps de Cavalerie fous, le commandement d’un Lieutenant general, & d’un Maréchal de Camp, pour empêcher qu’aucun fecours n’y entre, en attendant qu’il y arrive avec le relie de fon armée.
- La maniéré de camper elt toute autre dans un Siégé que dans une marche. Icy l’armée doit envi-ronner la Place de telle lorte, que rien n’y puilTe entrer , tâchant autant qu’il elt poffible d’éloigner les Camps de la portée du canon.
- Si la Place efl limée fur une rivière , on fait un détachement d’une partie de l’armée qui prend fes quartiers de l’autre côté, avec des
- C 7 ponts
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- 6v UArt de la Guerre? ponts de communication où Ton fait des’ Rédoutes , dans lefquel-les on met de bons Corps de garde d'infanterie. Si elle eft environnée de montagnes , il en faut occuper les hauteurs d'où les Ennemis incommoderoient extrêmement les Alliegeans , s'ils s’en étoient une fois emparez.
- On campe dans un Si'ege le dos à la Place , les Bataillons entre-îaffez d’Efcadrons. Les Ingénieurs tracent les lignes de Circonvala-tion & de Contrevalations avec des Redoutes , & des Angles de di-ftance , en diftance ; & chaque Régiment y travaille à l'endroit de fon quartier. La ligne de circonvallation eft celle qui eft au delà des Camps , qui n’eft que pour empêcher les Secours; La ligne de contrevallation eft celle qui eft entre les Camps & la Place qui met les Affîegeans à couvert des forties.
- Lors
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- • Ÿfemiere partie. <5î Lors que le General a difpofé lès Campsqu’il a pofte fes Corps de garde, tant du côté de la Place que du côté de la Campagne, & qu’îl a étably des Lieutenans Generaux, pour commander dans chaque quartier , avec ordre de ce qu’ils y ont à faire; Il va reconnoitre la Place avec fés Ingénieurs, & en ordonne l’attaque par l’endroit qu’il croit le plus foible : Il fait préparer pour cela les premiers Regimens d’infanterie plus ou moins, fùivant la force des Afïîegés, pour faire l’ouverture de la tranchée, & fait commander autant d’Efcadrons qu’il juge à propos pour en monter la garde & pour re-poufler les forties des Ennemis \ Les Regimens qui doivent ouvrir la-tranchée font leurs détachemens a-vant que de fortir de leurs Camps : Ils fournirent le nombre des Travailleurs que les Ingénieurs ont demandé , avec des Officiers pour lés conduire , & des Moufquetaires
- pour-
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- . VAn de la Guerre,
- pour les foûtenir ; & Theure s*apro-chant de partir, les Majors forment les Bataillons, les Aumôniers font les Prières accoutumées avec une petite exhortation à la fin de laquelle ils donnent T Abfolution generale,& les Soldats crient : Vive le Roi, en jettant leurs chapeaux en Pair.
- Les R egimens défilent en bon or-de, tambour battant, les Officiers la pique à la main, les gens détachez à leur tête, & fe rendent à Pen-droit du travail où ils reçoivent Tordre de ce qu’ils ont à faire, du Lieutenant General qui eft de jour, ou du Maréchal de Camp. Sitôt que le jour finit, toute la Cavalerie de l’Armée, à la referve de celle qui eft en garde, vient apporter la fafci-ne à la queue de la tranchée j les gens deftinez pour foûtenir les Travail-leurs, fe vont coucher fur le ventre à quelque pas de la Contrefcarpe, & une partie des Soldats commandez pour le travail commence à creufer
- &
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- Première partie. G y
- & à remuer la terre, fuivant ce qui leur a été marqué par les Ingénieurs , pendant que les autres leur vont chercher des fafçines & des piquets.
- Quand on fait deux attaques, le premier Régiment a celle de la droite 3 & le fécond celle de la gauche.
- Le Grand-Maître d’Artilkrie fait travailler aux Bateries, & y.fait conduire le Canon avec une iuffi-lànte provifion de tout ce qui peut fervir à la Tranchée.
- La Tranchée doit avoir flx pieds & demy en hauteur, & quatre en largeur avec des Banquetes pour la , commodité des Moufquetaires ; & les Ingénieurs la doivent conduire en telle fortequ'elle ne fbitpas enfilée de la Place : Quand on ne peut faire autrement, on couvre l’endroit qui eft enfilé de groffes fafçines ou de madriers.
- S’il ne fe trouve point de rideau , ni de fond vers la queue de la Tranchée
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- IÎ6 JJ Art 4e ta Guerre,
- chée ou la garde de Cavalerie le püilTe mettre à couvert, on lui fait élever des épaulemeos à F épreuve, du Canon, derrière lefquels elle le met.
- •
- Auflî-tot que le jour commence
- à paroître, le Lieutenant General fait rentrer tout le monde dans le Boyau > où chacun prend fon Polie pour tirer continuellement vers la Place, pendant que les Pièces de Batterie font ce qu'elles peuvent pour démonter celles des Ennemis > & ruiner leurs defenfes.
- Toutes les Gardes des Tranchées fe relèvent au bout de vingt-quatre heures, à pareille heure qu'on les a montées ; & les Regimens qui entrent en Garde doivent continuer les Travaux jufqu'à la PalilTade , Ceux qui fuivent attaquent le chemin couvert ; ils en chaliérit les Ennemis avec des Grenades, pendant qu’on arrache les PalilTades, & y font un logement de Gabions, de
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- Première partit. 6j
- Fafcines, & de Sacs à terre, dans lequel on met un Capitaine, avec des Moufquetaires pour le confer-ver. Si les Foflêz font pleins d’eaux on les comble à force de Fafcines
- remplies de pierres. Quand la De-my-Lune qu'on veut emporter eft revêtue, on la fait fauter avec des fourneaux, & apres en avoir chaflé les Ennemis, an fait un logement defius : delà on fait une Galerie dans-leFolfé qui communique au Bafti-on auquel on veut attacher le Mineur , pendant que l'on fait avancer les Batteries jufques fur le chemin couvert. Si la Galerie étoit dans uq Foffé foc ; le Lieutenant General ne doit pas oublier de faire provision de plufieurs tonneaux pleins d'eau , dont on fo fort à éteindre les feux d'artifice que les Affiegez pour-roient jetter des Rempars fur la Ga-lerie.Le Mineur étant logé au pied du Baftion, il y fait une mine & là charge ,* & quand tout eft difpofé
- pour
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- Î68 L’Art de la Guerre,
- pour donner l’aflaut, le General fait fommer les Aflîegez de fe rendre avant que la Mine joue, leur promettant toute forte de bons traitte-mens ; s'ils aiment mieux fe rendre que de fouffrir l'aflaut : On envoyé des Oftages de part & d'autre pendant qu'on travaille à la Capitulation , qui n'eft pas plutôt lignée que le General commande lès deux pre-r miers Regimens d'infanterie, avec un Lieutenant General, pour aller prendre polfeflion de la Place, & y établir des Corps de garde par tout où il eft belbin. Si la Capitulation porte que les Troupes qui étoient en garnifon feront prifonnieres de Guerre, on les defarme, & on les enferme dans quelque endroit propre où l'on pofe de bons Corps de Garde. Mais s'il eft dit par le Trait-té qu’elles Ibrtiront avec armes & bagages, tambour batant, enfei-gnes déployées, la mèche allumée avec quelque piece de Canon ; le
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- P remiereÿartie. 69 General apres avoir fait mettre fcs Troupes fous les armes, vient voir fortir la Garnifon ennemie, les Officiers a la teûe de leurs Compagnies qui lui doivent le falut des armes, & le Gouverneur à la queue de tous ; & les fait efeorter par quelque Efcadrons jufqu'au lieu qui leur a été accordé par la Capitulation.
- C'efl: le droit des premiers Re-gimens d'infanterie de l’Armée de prendre poifeffion de toutes les places conquifcs, de fe faifir des Places d'A rares, d'en garder les poftes & d'y demeurer tant qu’il y ait un Commandant, Sc une Guarnifon établie , & l'Armée ne décampe jamais de devant, qu'on n'en àit-reparè les breches, rétably les dé-fenfès, comblé les Lignes & les Tranchées, & déchargé les Mines ; C'eft à quoi le- General doit pourvoir, auflî bien qu'à remplir les Magazins devivfes, & demuv nitions neceffaires.
- CHa-
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- 70 U Art.de,la Guëïre ,
- C H A P I T r e XXIX,
- Des Officiers de la Vlace.\
- T Es Officiers que le Roy met dans fès Villes de Guerre font, un Gouverneur, un Lieutenant du Roi, un Major, des Aides Majors, Sc des Capitaines des portes.
- Le Gouverneur doit veiller continuellement à la confervation de la Place qui lui a été confiée , parce qu’il en répond for fa tefte : Sa charge eft d’ordonner les Gardes, les rondes * & les patrouilles : Dé donner tous les foirs lé mot; Vifi-. ter les Poftes, faire faire le devoir aüx Officiers & aux Soldats, leur recommander l’afliduité, &. envoyer fou Vent des Partis à la guerre tant, pour apprendre des nouvelles des Ennemis, que pour faire contribuer leurs Pays circonvoifins.
- Le Lieutenant du Roi commande
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- premier# Partie. 71-. de dans la Place & dans le Gouvernement eti Pabfencc du Gouverneur avec la même authorité.
- Le Sergent Major fait monter la garde, tirer les poftes & les rondes: il réglé les Sentinelles, il va prendre tous les foirs for dre du Gouverneur , & le vient diftribuer fur la Place aux Maréchaux des Logis & aux Sergens de la garnifon ; il fait fa ronde major j il vifite les Corps de garde, les Efcoüades & les armes des Soldats ; il leur fait diftribuer les munitions neceflaires : il fait ouvrir & fermer les portes, & rend un compte exad au Gouverneur de tout ce qui fe paflè dans la Place.
- Les AideS Majors font plus ou moins fuivant la grandeur des Places: Ils font les rondes alternative-, ment avec le Major* & les fondions de leurs charges né different en rien des fiennes.
- Les Capitaines des portes nfont
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- 71. L’Art de U Guerre.
- autre foin que d'aller foir & matîn prendre lés clefs de la Ville chez le Gouverneur pour ouvrir & fermer les portes.
- Il n'y a point de Place frontière., dans laquelle il n'y ait un Commif-làire d'Artillerie , un Garde Ma-gazin, qui tient un état de toutes les munitions , & qui les diftribuë fuivant les ordres du Gouverneur des Canoniers, dont il y en a tôû-jours un de garde aux Bateries , & un Com'miffaire de vivres qui à la charge des Blés, des Farines & de tout ce qui peutferviràla fubfiftance d'une garnifon,-
- Les Officiers qui font en garnifon dans une Place: doivent toute forte d'obeïffance & de relpeél' au Gouverneur, & ils n'en peuvent fortir pour tel fujet que ce foit fans un congé par écrit de lui, ou de celui qui y commande en fon abfencc.
- Dans les Villes de guerre bien réglées il y a des gens établis aux
- por-
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- première "Partie* 75
- portes qui n'ont autre foin que de marquerceux de dehors qui entrent & qui fortent, & fui vont la confrontation que le.Major fait des mémoires qu'ils lui portent tous les loirs avec ceux des Hôteliers, il fçait combien il y a d'Etrangers chaque nuit dans la- Place, quels iis font, & où ils font logez.
- Chapitre XXIIL
- De la Garde des Places
- L'Heure de monter la Garde eft differente dans les Places de guerre fuivant les differentes inclinations des Gouverneurs. Il yen a qui la font monter à la pointe du jour, parce que dans le temps qu'on ouvre les portes, qui eft celui des furprifes, les deux tiers de la garnifon font fous les armes ; Il en eft d'autres qui la font monter à dix heures du matin, ou fur la fin
- D du
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- 74 & Art de la Guerre,
- *lu jour : Mais l'heure ordinaire de prefque toutes les garnifons du Royaume, eft celle,de deux heures apres midy.
- Pendant que les Tambours battent la garde, les Caporaux fe doivent rendre chez le Major, qui leur fait tirer au fort les poftes & les rondes, & les écrit fur un regiftre qui n'eft que pour cela. Apres ils s'en retournent à leurs Efcoüades qui s'afïèmblent devant le logis des Capitaines, .&lesSergensles con-duifent en bon ordre, Tambour battant, jufques fur la Place dJAr-mes, à Fendroit où fe doit affem-bler la Garde du pofte qui leur eft .écheu. , Quand toutes les Efcoüades font afiemblées, & rangées en bataille ; le Major ou FAide Major fait tirer les poftes & les rondes aux Officiers , commençant par les Capitaines, & finiffant par les Ser-
- gens *
- Anx endroits qui font les plus
- _
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- première "Partie. 7? foibles & où il y a plus à craindre 5 fon y fait monter une Garde plus forte commandée par un Capitaine avec un Soû-Lieutenant ou un En-feïgne, & deux ou trois Sergens»
- La Garde étant difpofée & les Officiers ayant pris leurs poftes; le Major commence à faire défiler la Garde de la Place : Enfuite celle des Portes, & des Battions? & enfin celle de dehors. Pendant que Ton monte la Garde, les Officiers de celle qui doit defeendre font prendre les armes à leurs Soldats, leur font border la baye du coté élu Corps de garde pour en abandonner la Place à la Garde qui les vient relever, & s'aller pofter vis à vis. Voici le commandement qu'ois ait en ce rencontre ;
- Soldats prenez, garde a mus. Haut la Pique. Marche... Halte. Demi tour a droit*
- Les Officiers de la Garde montant font défiler leurs Soldats pour
- D 2 ks
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- yS U Art de la Guerre,
- les mettre en haye du côté du Corps de garde : Ceux de la Garde qu'on releve leur confignent les ordres s’il y en a de nouveaux : Les Caporaux en font de même à leurs Camarades, ils les chargent des meubles du Corps de garde, & les inftruifentdu nombre de Sentinelles qu’ils doivent pofer tant la nuit eue le jour, & de ce qu'ils ont à faire d'extraordinaire. La configne étant faite & les Sentinelles relevées , les Officiers de la Garde qui defcent font défiler leurs Soldats, & les conduifènt fur la Place d'Armes , où après les avoir remis en bataille, ils les remercient. Les Officiers qui ont monté la garde font pofer lps armes à leurs Soldats en les faifimt marcher trois pas : parce commandement ;
- Soldats prenez, garde a vous pour pofer vos armes.
- Haut la Pique, Marche.. Halte, A droit ou k gauche,
- Pre-
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- tremiere Partie. 77
- Prefentez, vos armes. Marche.
- Auffi-tôt que les armes font po-fées, les Officiers & Caporaux doivent voir, fi elles font en état de tirer, files bandoulières font fournies de poudre & de mèche, & recommander precifément aux Sentinelles qui font aux portes, de ne laifler jamais embaraffer les ponts d'aucune charette ; leur ordonnant d'arrêter celles qui veulent entrer ou fortir jufqu'à ce qu'ils fçachent fi d'autres ne viennent pas à la ren* contre.
- Lors qirun Etranger à pied ou à cheval fe prefente pour entrer dans la Ville; la Sentinelle avancée le doit arrêter , puis appeller le Caporal qui en avertit l'Officier; Et l'Officier le fait conduire par un Moufquetaire ou deux au Logi* du Gouverneur.
- Du plus loin qu'une Sentinelle apperçoit des Troupes, elle en doit avertir le Corps de garde ; Et l'Of-
- D , fr.
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- 78 UArt de la Guerre, ficier fait auffi-tôt fermer la barrière , ou lever un pont , ne laiflànt entrer perfonne, que le Major ou l'Aide Major ne lui en ait apporté l'ordre de la part du Gouverneur.
- Quand l'heure eft venue de fermier les portes, on fonne la cloche ,du Befïroi pour faire rentrer ceux qui font dans les champs, & les Aides Majors ou les Capitaines des portes accompagnez de quelques Moufquetaircs du Corps de garde jde la Place vont prendre les clefs chez le Gouverneur ; Et fitôt qu'ils arrivent aux portes , les Officiers font allumer les mefches aux Soldats , & apres les avoir rangez fur deux files, ils leur commandent de. prefenter les armes & envoyent les Piquiers pour aider à lever lés. ponts. Apres que les portes font fermées, la moitié de la Garde fe détache pour aller paflfer la nuit fur les Remparts, dans les Corps de garde des Courtines oudes Battions:
- Les
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- première Vartie. 79 Les Caporaux envoyent des Soldats de leurs Efcoiiades au bois & à la chandelle : &les Sergens le rendent à la place pour y recevoir l'ordre j qui n'cft pas plûtoft donné que les Tambours battent la retraite, &les Sergens de Garde aportent le mot à leurs Officiers, & le diftri-buentaux Caporaux qui commandent aux Sentinelles de ne plus laif-fer paffer perfonne fur les Remparts fans Farreter & en avertir les Corps de garde.
- Quand le Major fait la ronde, les Officiers de Garde le vont recevoir avec deux Moufquetaires, & luy donnent le mot une fois feulement c'eft à dire à fa ronde Major.
- Lors que le Gouverneur & le Lieutenant de Roi font ronde, les Officiers après avoir mis leurs Soldats en haye fans armes hors le Corps de garde les envoyent recevoir à dix pas par quatre Moufquetaires , & leur donnent le mot tout
- D 4. au-
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- So L'An de U Guerre, autant de fois que l’envie leur prend de la faire. Toutes les autres rondes, fans exception, doivent donner le mot aux Caporaux ou aux LanfpefTades des Corps de garnie, quile reçoivent l'épée nue, la pointe à l’endroit du cœur de celui qui le donne. Dans les places de guerre bien gardées, les rondes marchent de quart d'heure en quart d'heure, afin que le Rempart n'en foit jamais dégarni.
- Les rondes fefont toujours avec du feu, & du plus loin qu’une Sentinelle en apperçoit quelqu'une, fon devoir eft de crier Qui va la} Ci haut qu'il puifle être entendu des Corps de garde voifins. Celui qui fait ronde doit repondre, Ronde, ou Ronde Aéajor, ou Ronde de Gouver~ rteur, Cre.
- Les Sentinelles pardevant lef-quelles il pafie, prefenteront toujours les armes, & ne fe laifleront jamais approcher de qui ce foit.
- Quand
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- premiers Vante. 81 Quand il efi prés d’un Corps de gar«* de, la Sentinelle de devant les ar-fnes lui demandera bien haut, Qui va Va ? Quand il aura répondu Ronde $ elle lui dira, Demeure la. Caporal hors de la Garde. Auflitôt le Caporal fort du Corps de garde, met F épée à la main, & demande, Qui va la ? on lui répond, Ronde. Après il dit, jîvance qui a l} ordre.
- La ronde avance & donne le mot à l’oreille du Caporal, fi bas qu’il ne puifle être oiiy que de luyfeul: Mas fi par hafard on lui donnoit un autre mot que celui qui avoit été dit à l’ordre, il doit arrei’ter celui qui fait ronde & en avertir l’Offi-cier, qui le fait garder au Corps de garde durant la nuit.
- Les Corps de garde de dehors font bien des rondes à l’entour des chemins couverts, mais on ne donne point de mot $ elles fc font feulement pour écouter , & chaque Soldat la fait à fon tour..
- D > Les
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- 12- L’Art de la Guerre,
- Les Patrouilles fe font dans Iésr. rues de la Ville par un Sergent & fix Moufquetaires delà Garde delà, place, pour.faire retirer les Soldats, fermer les Cabarets, & empefcher lés defordres qui fe font.la nuit, ar-reftant & conduifant; au Corps de garde tous eeux qui font, pris allant parles rues fans feu ou fans ordre.
- A telle heure qu'on fonne l'allar-me, toutes les Compagniesïè doivent aflcmblér en diligence- devant lés logis des Capitaines , qui les eonduifent aux poftes qui leur ont cté marquez par le Major.
- A la pointe du jour, les Tambours battent la D ienne, on fonne la cloche du Beffroy, les Aides Majors & les Capitaines des portes vont prendre les clefs chez le Gouverneur, & les Officiers de Garde, font defeendre les Soldats qui avo-ient paffé la nuit furies Remparts , les rangent fur deux files, & leur font prefènter les armes durant. . qu'on-
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- première Partie 8?
- qu'on ouvre les portes : les Majors envoyant un Sergent avec quelques. Moufquetaires, faire la decouverte dans les Fauxbourgs, & dans les chemins creux qui font au tour de la Y ille, & font lever un pont fur eux jufqu'à ce qu'ils foient de retour ; Quand ils raportent qu’il n'y a rien à craindre, on abbaiflè le refte des ponts ; les Caporaux pofent les Sentinelles avancées, qu'ils inftrui-fent de ce qu'elles ont à faire, les Majors & Capitaines des portes reportent les clefs chez le Gouverneur ; & les Officiers font pofer les armes aiix Soldats.
- Dans les Villes où il y a beaucoup de Cavalerie, le Gouverneur fait tous les jours entrer cinquante Maiftres en garde, & envoyé tous les matins un Officier avec quelques Cavaliers battre l’eftrade à une demy lieuë aux environs de la Place»
- Tout?Officier de Garde répond
- D <5 de
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- §4 JL*Art de la Gmrre9
- de fon pote, & perfonne n’a rien à lui commander, fuft-ce fon Colonel, que le Gouverneur de la Place ou celui qui y commande en fon ab-fence.
- Tout Gouverneur ou Commandant doit avoir une Sentinelle à fa porte , & tout autant de fois qu’il paffe pardevant quelque Corps de garde , les Officiers font obligez d’en faire fortir les Soldats, de leur faire border la haye fans armes, & de fe mettre à leur telle.
- Si le commandant d’une Place étoit Lieutenant General, on lui monteroit une Garde à fa porte , composée d’un Lieutenant, d’un Sergent & de trente hommes, qui prendraient les armes auffi bien que les autres Corps de garde toutes les fois qu’il palferoit: mais les Tambours ne battraient pas aux champs.
- Quand un Commandant ell Maréchal de France ou Gouverneur de Province, on lui donne une Garde
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-
- première Partie.
- de de cinquante hommes commun-dez par un Capitaine, un Lieutenant , un Sous-Lieutenant & deiix Sergens, & tous les Corps de garde font obligez de fe mettre fous les armes quand il paflè , & les Tambours de batre aux champs
- Lors que les Princes du Sang, les Maréchaux de France, & les Generaux d'Armée paflènt par quelque Ville , les Gouverneurs leur donnent une Garde d'infanterie, & les font falüer en entrant & en fortant de quelques volées de Canon.
- Chapitre X XIV.
- De la maniéré de foûtenir un Siégé.
- CTLft aux Gouverneurs, & aux Colonels de fçavoir defïèndre les places dont le Commandement leur a été confié ; & voicy la manie-; re de fouftenir un Siégé.
- D 7 Apres
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- $6 U Art de la Guerre,
- Apres qu'un Commandant a pourveu à toutes les neceflîtez de la place, qu'il en a réparé les fortifications , fourny les magazins de vivres, d'armes , & d'outils & préparé les feux d'artifices,les machines de guerre & fbn Artillerie, il doit auparavant qu'être invefty faire le tour de fa place, accompagné de lès ingénieurs , & des plus entendus Officiers de la garnifon, afin qu'a-prés avoir remarqué les endroits les plus foibles, & par confequent les plus faciles à être attaquez, il puifïe fè préparer de ces côtés-là.
- A l'abord des Ennemis , il ne doit pas s'amufer aux forties, ny aux efcarmouches , parce que l'on y perd ordinairement beaucoup de monde,dont on abefoin dans la fuit-te, il faut refer ver les forties pour quelque neceffité, comme pour regagner une contrefcarpe, une de-mylune , ou un ouvrage perdu ;• pour encloiîêr les-pièces & mettre-
- le
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- première Portie. 87
- le feu aux poudres , pour empefcher l'avancement d'une tranchée, ou-de quelque autre ouvrage , enfin pour mille autres occafions, ou la~ fortie eft utile.
- La première chofe que fait un Gouverneur quand il fe voit inve-fti, c’éft de faire mettre toute la-Garnifon fous.les armes, & de faire occuper à fon Infanterie les Battions, les demi-lunes & le chemin couvert jufqu'a ce qu'on fçache l'endroit des véritables attaques ; pour lors il partage le? troupes en deux, ou en trois Corps, qui font un jour de garde à l'attaque, & qui le repo-fent le troifiéme, apres avoir donné le fécond au travail. La Cavalerie montera auili la garde dans les dehors , & celle qui ne fera point de garde à l'attaque demeurera fur la place , en Bataille , ou toute prefte dans les efeuries pour le premier commandement. Les Officiers d'Artillerie feront leur devoir aux
- bat-
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- 88 L'Art de la Guerre ,
- batteries, dés qu'ils verront les ennemis s'approcher de la place, car je n'approuve pas toutes les décharges de Canons qui fe font hors de la jufte portée des pièces $ c'eft tirer la poudre aux moineaux ; & il ne faut tirer que quand on void les ennemis à portée ou plus prés ; particulièrement lors qu’ils montent ou qu'iJs defcendent la garde de tranchée , lors que la Cavalerie y porte la fafcine lorsque les gardes veulent s'aprocher de la place, ou quelles fe retirent apres une fortie ; enfin lors qu'on voitplufieurs perfon-nes enfemble à une diftance raifon-nable y & quoi qu’il y ait des bate-rics, dans toutes les places , il ne faut pas laiffer d'en faire de nouvel1-les, félon la difpofition de celles des Ennemis , car les Batteries d'une Place doivent être tellement dilpo-fées, qu'elles prennent toujours celles des ennemis en flancs, car quoi qu’ils foient entièrement couverts,
- . on.
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- première Partie. Sp ©n ne manque pas de les rompre en trois ou quatre volées, & puis on bat les flafques en les prennant des deux cotez. Il ne faut pas mettre les pièces fur le haut du rempart avec des gabions, pour les bien placer, il faut trancher la platte forme dans le terrain cinq pieds de profon-. deur , & n'ouvrir les embrazures que quand toutes les pièces enfem-ble font preftes à tirer; il faut faire les Batteries h fecretement, que les ennemis ne puiflent s'appercevoir du mal que quand ils le fentiront. Outre ces batteries qu’on fait ordinairement fur les cavaliers, fur les demi-lunes , fur les Baftions , on place dans les flancs bas des faucons, ou des fauconneaux pour fervir de deflênee aux foflez & de ruine aux traverfos & aux galeries. On charge les pièces de cartouches, de chaif-nés, & de ferrailles lors que les a£* fiegeans s'approchent trop prez des dehors ; elles font plus de fracas
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- $0 ÏSArt de la Guerre,
- dans les Bataillons, que fi elles n'é • toient chargées qu'à Boulets feule* ment.
- Les Pierriers que l'on emplit de pierres & de cailloux jufqu'à la bouche font encores d'une grande utilité contre les approches des afiïe-geans. On peut auffi fe fervir de Bombes, mais elles ne font pas un fi grand efchéc lors qu'elles font jet-téesdela ville, que fi elles étoient jettées de la Tranchée, à moins que les Bombardiers ne donnafient une fi jufte élévation à leurs mortiers & prifîènt fi bien leurs hauteurs, que les Bombes tombaflènt perpendiculairement dans un logement, ou dans une place d'armes.
- Il faut commencer la deffence d'une place par la Contrefcarpe qu'on doit garder le plus long temps qu'il eft poïfible ; quelques uns s’ar-reftent à barricader & à defïèndre les faux bourgs,cela ne fert qu'a faire perdre du monde, il faut tout efpla-nader. Pour
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- Première. Partie. 9 ï
- Pour deffendre plus commodément une contrefcarpe, lifaut qu’elle ait quinze pieds de Coridor, cinq pieds de profondeur & des Angles flanquez de fix vingt pas, en flx vingt pas avec de bonnes Paliflades.
- Cependant qu’on la difpute il' faut faire des mines, & des fourneaux fous le glacis vers les endroits où avance le travail des Afliegeans,, & fous leur artillerie s’ils en placent pour incommoder les deffenfes des aflîegés & dés que les fourneaux jouent., il faut que leur efFe<5t foit. fuivy d’une fortie de Cavalerie, ,& d’infanterie armée de faux , de fourches, de haches , de mafluës, de pertuifànnes , & de grenades , la Cavalerie pourfuit lés fuyards on fait tête à celle des ennemis , pendant que l’Infanterie encloüè le canon , Brufle les poudres , comble les tranchées , & renverfe-tout ce qui peut nuire aux aflîegés. La cavalerie doit, autant qu’ileft
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- pt L’jirt de la Guerre, poflîble fortir , & rentrer la première apres avoir fèmé derrière elle quelques chaffe-trapes , qui në manqueroient pas d'eftropier les chevaux , même les Soldats à pied des ennemis, s'ils venoient, comme cela arrive ordinairement , à pourfuivre la {ortie des affiegés.
- 11 ne faut pas s'arrefter a faire beaucoup de Prifonniers dans une {ortie , la grande quantité ne fait qu'incommoder durant le fiege , deux ou trois fufhfent pour apprendre d'eux quelque choie , des ennemis.
- t
- Lors que les alîiegés fe voient réduits à abandonner la contrefcar-pe, ils doivent fe battre en retraite de traverfe en traverfe jufques dans la demi-hme & revenir à la charge pour chaffer à coup de grenades les ennemis de leur logement. Mais il eft de la prudence d'un Commandant, dç ne pas lailfer fi fort opiniaftrer fès gens à les en
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- Première partie. 93 vouloir repoufler qu'il y perde tant de monde que la place en foit incommodée, & qu'il n'en ait prêt» que plus pour la garde des autres endroits ; mais comme ordinairement apres la prife du chemin couvert, on en vient à la demi-lune, c'eftlà que le Gouverneur doit animer fes gens à le bien deffendre, & à empefeher les approches des ennemis par toute forte de moyens, en renverlànt leurs travaux & brûlant leurs-galeries, en les incommodant de grenades, de pots à feux d'artifices , de facines ardentes & farcies, & enfin de toutes les machines dont on'fe lèrt à la guerre, & quand même ils auraient emporte la demi-lune , on peut les en chalfer plus vite qu'ils n'y ont entre par le moyen des fourneaux qu'on doit y avoir préparés 8c dont l'effeét doit être incontinent accompagné d'une fortie de foldats & de travailleurs dont les uns reparent les
- bre-
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- <94 Z? Art de ht Guerre.
- breches, & rétablirent les defïèn-ces , apres que les autres fe font rendu maîtres de l'ouvrage.
- Un Gouverneur qui fçait bien ion meftier, qui a de bonnes troupes, & d'habiles Ingénieurs , fait bien perdre du monde aux aflîe-geans auparavant qu'ils fbient au Corps de la place & qu'ils foienten état d'y loger le Mineur & quand même il s'y feroit logé, il y a quelquefois bien fort à fouflrir, ou par les fougades ou par les feux d'artifices dont il eft enfumé dans fba. logement., & qui mettent le feu à la galerie qui communique de la contrefcarpe au baftion. On peut encore aller au Mineur par une contremine , ou empêcher l'effeâ de fes fourneaux , en eventant la mine, je veux .encor qu'aprés plu-fieurs efforts on ne puiffe empêcher la mine de faire fon effeâ, que la breche foit ouverte, les flancs occupez ou rompus , & que les af-
- fiegeans
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- Première partie. <k fiegeans foient prefts à donner l'afïàut j on peut encor foutenir du temps , quand le Gouverneur a preveu à tout ce qui peut Servir à la dcfence de la place , en coupant le baftion en plufieurs endroits , & en y faiSant de bons re-trancliemens il peut outre cela mettre aux bouts de la breche qui le flanque ordinairement d'elle même étant faitte en croiflant, des mousquetaires de chaque côté, qui doivent la venir flanquer troupe par troupe à quelque péril que ce Soit, li le canon les y endommageoit ou la moufqueterie des tranchées , ils pourroient s'y faire un eSpaule-ment de fac à terre qu'ils rcpare-roient avec toute la diligence poS-fible s'il venoit à être rénverfé ; mais comme pendant un aflaut general, il eft difficile que les affail-lans puiflent tirer leur canon fans endommager leurs propres Soldats, il Suffit, aux affiegcz de fe couvrir
- pour
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- 96 U Art de la Guerre,
- pour lors de. mantelets à l'epreu-ve du moufquet.
- On peut encor dans une pareille occafion le fervir de quelques petites pièces d'artillerie des plus maniables, démontées de leurs afïùts, & remontées chacune fur quatre roues de deux pieds ou d’un pied & demi de haut, qu'on roulera à bas de la brefehe ., quand les ennemis commenceront à monter, avec des chaînes ou de gros chables retenus à de forts pieux fichez derrière le baftion ; le feu s'y met avec upe fufée, ou avec une mèche louf-frée. Ces petittes pièces Ce peuvent charger avec des chaînes garnies de boulets, avec des doux , des ferrailles ou des boetes à cartouches remplies de groflès baies à mouf-quet.
- On pourroit aulïi rouler des Barillets pleins de poudre, & couverts de dez ou de carreaux d'acier j des cerclez ardants garnis de grenades,
- des
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- Première partie. . 59
- •des longs Rouleaux comme font ceux^ju’on roulle fur les avoines «qi Beauce, garnis de pointes de fer, de montez fur des roues, de même que les effieux de charettes;quand les en.-, nemis fontprés du'haatdelabrelchc^ il faut jetter fur eux quantité de grenades, & de pots à feu, fon en tuera une in finité j Sc fi apres avoir éprouvé tous ces hazar-ds ils font aflèz har-dispour en vouloir entreprendre d'a-vantage ils feront faciles à repouflèr.
- Neanmoins -fi tin Gouverneur apres avoir bien faitfon devoirycon-noifloit la foiblefle de fes troupes, le’mauvais état de fa place & la force des aiïïegeans , 6c Ce trouvok fans aucune eiperance de fecours, & de renfort, il feroit bien mieux de con-ferver à fon Prince , le reûe de la garnifon , en rendant la place avec une capitulation avantageule , que d’y périr malheureufement lui & les troupes par une desffence téméraire & opiniâtrée.
- E Cha*
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- L*Art de la Guerre, Chapitre XXY.
- Des Batailles.
- QUoi que les Batailles ne foient pas li frequentes aujourd'hui que par le pafle, il ne faut pas pour cela en négliger la fcience. Un bon <jeneral en: toujours maître de don-ner ou d'eviter un combat; Et quand il juge à propos de hazarder une Bataille , il eft de fa prudence de prendre auparavant toutes fes précautions : s'emparant des poftes les plus avantageux, & expofant fon ennemi à toutes les incommodités du temps & des faifons. Il choilit d'abord fon champ de Batailles propre pour la qualité & le nombre des Troupes qu'il a : fi-le nombre de fa. Cavalerie furpafïé celui d'infanterie, il cherche Içs plaines ; & quand il a plus d'Infantèrié que- de Cavalerie , il fb faifit des lieux étroits & couverts,
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- 99
- Salant qu'il lui eft pofïîblê. 11 pôfte ion Artillerie à la telle de ion Armée , il range lès Troupes fur deux lignes, mettant la' Cavalerie fiir le» 'ailes de l'Infanterie, ou entrelaflant lés Efcadrons de Bataillons, fuivaiit la dilpofition de l'Armée Ennemie .
- Les Bataillons & les Eicadrons
- • ‘ » «
- •de la féconde ligne , doivent être rangez de forte' qu'ils foient poftez a l'endroit du Vuide des feparations de la première.
- Le General fait fôn corps de re~ iervè de quelques Brigades de. Cavalerie &-d'infanterie ^ qu'il fait po-fter à la queue des lignes& fait mettre pied à terre à tous les regi-mens de Dragons, pour donner les premiers;- avec les Ênfans perdus lés poftant. pour cet effet à la tête de Ion ' Armée. - Enfiiitte it yilïtè ,les Regimëhs les'uns stjnés le» autiféé^ & commet dés* Officiers Gërièràuxl à chaque pofte ; Le premier Liéu-
- E z tenant
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- 1,00 . VArt de la Guerre* tenant General à laide droite , le fécond à laide .gauche avec des Maréchaux de Camps ; les autres à la fécondé ligne, & quelques-uns ait corps de referve , où il demeure pendant le combatapres avoir donné les ordres par tout; .& d’où il envoyé du fecours.aux poftes les plus foibleü,
- Lors que touteft bien, difpofp> il obrervelacontenancedes Ennemis, & leur ordre de Bataille : il commence le choq par le côté où il fe fent le plus .fort; Faifànt combattre fes Troupes bien à propos les unes apres les autres ,& non point toutes à la fois, .& leur faifànt fi bien obfèr-yer leur diftauce, que les premières étant renversées , ne fè jettent pas iur .celles qui lesdoivent foûtenir.
- Si la première Ligne ptoit fi bien attaquée par celle des Ennemis, nu'çlle fut obligée de plier ; la (e-çonàg cft'là toute prefte pour combatte, pendant que les Troupes en /: defor.
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- P\nmiere partie. ïcrï
- defordre fe rallient, & reviennent à la charge tout de nouveau. GJeft pourquoi un- General doit avoir plufieurs bons Officiers fous lui, pour remedier à tout ce qui poür-roit arriver durant le combat , étant impoflible qu’il puiflfe f'uffire par tout, & ne pouvant donner les ordres que du côté où ilde trouve.
- Quand fon Armée a de l’avantage , il ne doit jamais permettre Ils pillage ny la pourfuite , à moins queTËmiemi ne foit rompu de tous côtés, & quoi qu’il foit bon de’le pourfuivre vigoureufement, il faut neantmoins avoir toujours des Troupes en bon ordre qui ne Ce débandent pas , afin d’éviter tous lés inconvénient
- L’ART
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- 3 02t.
- L'ART
- DE LA'GUERRE.
- SECONDE PA J^TIE,
- Dans laquelle il effi traité des Charges Particulières de Cavalerie, d3Infanterie, de la façon de con~ duire d'exercer les Troupes.
- Chapitre Premier.
- Des Officiers Generaux de la Cavar 1erie Logere.
- Près avoirtraité dans la première Partie des charges , & de ce qui fervoit à PArmée, & aux Places en general ; Je parlerai dans celle-cy
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- Seconde partie. 103 cîës Officiers particuliers , & j’expliquerai toutes les chofes aufqueU les ils font obligez par leurs emplois.
- La première Charge de là Cavalerie Legeré eft celle de Colonet General, dont le pouvoir eft de la commander partout, de l'envoyer à .la guerre, de lui donner Fordre du combat, de prendre gardé fi les Officiers font leur devoir , fi les Compagnies font en bon état ; d'en cafter les Cavaliers incapables, d'en fupprimer les mêchans chevaux. Il fert ordinairement à l'Armée en qualité de Lieutenant General, & les nouveaux Officiers font obligez de prendre Ion attache. Cette Charge eft poffedée aujourd'hui par Monficur le Comted'Auvergne qui a fait connoître en plufieurs oçca-fions qu'il n'étoit pas indigne de fuccederaux Emplois de Monfieur de Turenne fon Oncle.
- Le, Mettre de Camp General
- E 4 com-
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- t©4' If Art delà Guerre,
- commmande en l'abfence du Colo-lonel avec la même authorité, comme fait aujourd'hui Mr. de la Car-donniere Lieutenant General des Armées du Roi.
- La Charge de CommifTairc general eft la troiliéme , poffedée par Mr...............Lieutenant Ge-
- neral des Armées du Roi. Il tient
- v
- un état de toute la Cavalerie legere-, il en fait la reveiiè-quand bon lui lèmble, il oblige les Capitaines à tenir leurs Compagnies complétés , il chafle les méchans Cavaliers» & les petits chevaux, &rend un compte exad: au-Roi de la force des Compagnies, & de la conduite de tous les Officiers.
- La Cavalerie legere à fes Maréchaux des Logis particuliers, dont la fonction eft d'aller au Campement avec le Maréchal de Camp qui eft de jour, & de recevoir du Maréchal des Logis de l'Armée le terrain deftiné pour' la Cavalerie..
- .Et
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- Seconde'part ie. tof
- Et ils font dans la Cavalerie Legere comme le Maréchal' des logis eft dans l'Armée. C’eft pourquoi il eft necefiaire qu'ils foient habiles & expérimentez , & qu'ils aient une parfaite conrtoiffance dés Païs, des bois, des rivières, dfs paflages & des defilez. Ils prennent l'ordre du Colonel general ou de celui qui commande laGavalerie efrfon abfence.
- Chapitre IX
- JB es Meflres de Camp O* des Jldajors de Cavalerie.
- IL n'y a pas encore fort long temps qu'on ne parloit pas en Erance de Regimens de Chevaux légers, il n'y avoit que désCbmpâgnies a ordonnance, defquellës onafait depuis des Regimens , dont on; à donné le commandement à dés OP* ficiers que l'on aqtialifiez du nom dé
- E 5 Meftre
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- ioff L’Art de la Guerre, Mettre de Camp , quieft la même, chofe que Colonel dans l'Infanterie.
- Un Mettre de Camp doit être homme d'autorité pour commander abfolumcnt à fes Capitaines. Sa Charge principale cft de marchera la tette de fon Régiment, & de le mener au combat au lieu que le General lui aura donné en l'Avant-garde, Bataille, ouArriere-garde. Son devoir eft de vifiter fes Troupes , faire bien ordonner les Gardes , les faire changer & relever, empêcher qu'aucun Cavalier ne fe débande, Voir fi les Capitaines ont foin de leurs Compagnies, fi elles font bien fournies de Cavaliers ; d'armes & de chevaux , commander aux Officiers ce qu'ils ont à faire. Il doit rendre toute forte d'o-beïflance au General, aux Lieute-naus Generaux, aux Maréchaux de Camp & aux Brigadiers , même aux. Officiers Generaux de la Cavalerie.
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- Seconde partie. 107; lerie. Quand il marche à la tefte de ion Régiment ; fon poftë: eft d'étre quatre pas devant les Capitaines.
- Les Regimens de Cavalerie Etrangère ont des Lieutenants Colonels, mais les François n’ont que desMâ-jors qui font toujours les premiers Capitaines, & qui commandentcâ-l’abfence des Meftres de Camp. Lors qu'un Régiment eft de plu-lieurs Efcadrons , le Mettre de Camp marche à la tefte du premier, & le Major à la tefte du fécond.
- Chaque Régiment de Cavalerie à fon Ayde Major, dont la charge eft de faire les logemens, de pofer & de relever les Gardes, de faire-les détachemens ; d'aller prendre l'ordre du Major de Brigade, de le porter au Commandant , & le di-ftribucr aux. Maréchaux des logis des Compagnies.
- E 6
- CtfA~
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- Jo8r L’An de la GUerre}.
- G- H A B I T R E III,
- 1Tes Capitaines des Chevaux* Légers
- UN Capitaine de Chevaux Le-gers doit être brave, expérimenté , diligent, &• fur tout extrêmement foigneux. Son metier eft de conduirp fa Compagnie par tout où il lui eft commandé par lôn Mettre de Camp ou par le General : Il doit avoir foin de fès Cavaliers, v>ififer loti vent leurs chevaux , voir s’ils font en bon état, bien nourris & entretenus , & fi rien ne leur-manque. Sa place eft toujours au devant de fa compagnie de quelques pas •, fi ce n’cft. au jou r de la bataille -, pour lors il met la croupe defon cheval dans le premier rang de l’Efcadron. Quand il eft dans un lieu de repos , il doit inftruire fcs Cavaliers à.fc bien fervir de leurs
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- Première partiei&jr armes, à monter à cheval,. à former TEfcadron, àfe remettre en bataib** le étant rompus d'une halte ou d'uà chemin, & leur apprendre lur toute chofe le quart de converfion qui eft le principal mouvement de la. Cavalerie. Le Càpitaine à pouvoir de créer en-fa compagnie un Maréchal* des logis*, trois Brigadiers ; & le Roi pourvoit aux charges de Lieutenant, ôt de Cornette.
- Le commandement entre Capitaines eft tout autre dans la Cavalerie que dans l'Infanterie : ils commandant" fuivant l'ancienneté" de leurs Règimens i mais icy ils ne lùivent que la date de leurs com-mifîîons : cela s'obferve entre les» Meftres de Camp & les autres Offi* eiers de Cavalerie.
- Cha-
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- I l o L’Art de la Guerre,
- Chapitre IV.
- jDes Lieutenants & des Cornettesi.
- LEs Lieutenants doivent être aufïi capables que les Capitaines. puifqu’en leur abfence,ils ont la même charge & autorité. Il doivent?1' fe faire, aimer & craindre des Gava-, liers de leurs Compagnies, les aller vifiter fouvcnt , leur recomman-der le foin des chevaux, & des armes ; & rendre un compté exaét aux Capitaines de tout ce qui fe paf-fe. Il ne faut point qu’ils maltraitent les Cavaliers fans fit jet, cela caufe la defertion , Ôç fur tout en prcfence des Capitaines , parce qu’ils n’ont pour lors aucune autorité ; mais en leur abfence, ils fe feront obeïr ponâuellement, & n’épargneront pas ceux qui manqueront à leur devoir & au ferviccdu Roi. C’eft à eux de prendre garde
- - aux
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- Seconde Partie. 11 i aux aéüons des Maréchaux des Logis & des Brigadiers, pourles tenir en leur devoir & les faire pourvoi# à ce qui eft neceflaire aux Compagnies. Leur pofte dans une marche eft à la gauche des Capitaines.
- La charge de Cornette eft belle. &honneftepour un jeune homme qui commence le meftier dé la Cavalerie, & qui le veut apprendre. IL doit avoir,autant dé foin de la Com^ pagtiie, que le Lieutenant, puis qu'il la commandé en foîi abfençe. Son devoir eft de porter l’Eftendart par tout où elle marche ou de le faire porter par un Cavalier brave de fidele qu'il paye pour cela; mais dans un jour de revciië, de garde ou de combat, il le portera lui même , & lè fera plûtoft tuer que de l'abandonner ,. parce qu’il fe deshonore & fa compagnie en le perdant.
- Sa place au jour de combat eft à la cinquième file au premier rang de : ' ‘ . l'£f-
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- m L’Art de la Guerre*
- l’Efcadron! quand la’ Compagnie défile, il marche feul apres- letroi-fiéme rang- j & quand il ne porte pasfon Eftendart, il prend la gauche du Lieutenant Le Gomete doit fçavoir qp’on ne porte jamais d’Eftendart dans les détachemens, mais feulement quand toute là compagnie marche.
- . On ne parle point de Comète dans les Compagnies de Gendarmes ; mais brien d’Enfèigne & 'de Giiidon , & chaque Compagnie porte tous -les deux.
- Chapitre V.
- Des Afarefchaux des Logis, des Brigadiers des Compagnies de Chevaux légers.
- T A création du Marefchal desLo-gu> d’une Compagnie dépendant entièrement du Capitaine , il doit
- toû-
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- . Seconde Partie. ïr$ toujours ehoilîr entre lès Cavaliers celui qu'il jugera- k plus, capable pour cette charge, parce que c'efl fur lui qu'il fe repofe du foin de. fà Compagnie j & outre qu'il doit être brave & vigilant , il-eft necef-faire qu'il- fçache lire , efcrire, & compter. Son devoir eft de tenir un rolle des Cavaliers, & de leurs logemens, de viflter fouvent les. Efcuries, faire penfer les chevaux en la- prelence, examiner li rien ne manque aux felies & aux- brides^ prendre garde que les Cavaliers ne vendent les fourages, le rendre au logis du Capitaine foir & matin & principalement lors qu'il fait le payement de fa Compagnie. C'eft a lui à-prendre foin des armes & des munitions, pofer les Corps dé gardes aux lieux ordonnez par le Major , & en- vifiter fouvent les vede-tes. Quand la Compagnie marche, fon pofte eft à la queife, pour empêcher les Cavaliers de quiter leur*
- rangs-
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- il 4 If jirt de la Guerre.
- rangs & de demeurer d’erriere. Eri campagne ou en garnifon , il va prendre les Vivres & les fourages chez les Munitionnaircs , pour les délivrer aux Brigadiers, & les Brigadiers aux Cavaliers : & il jfe trouve tous les foirs au cercle pour y recevoir Tordre & le mot du Major, qu’il apporte à Ion Capitaine & aux Officiers de fa Compagnie. Quand il y a quelque détachement, il commande les Cavaliers de <jui le rang eft de marcher, & les conduit lui-même au rendez-vous.
- Une Compagnie de Cavalerie Ce partage en trois Brigades & fur chacune le Capitaine établit un Briga-r dier.pou.ren prendre foin : il cho-fit ordinairement pour ces Emplois lès plus anciens, les plus braves & les plus fages de fes Cavaliers. Leur devoir eft d’avertir le Capitaine & les Officiers de tout ce qui fe paffe parmi eux ; & d’empefeher les def-«jrdres & les querelles. Lors qu’ils
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- Seconde Partie. ïi$, font de garde, leur fbn&ion .efl dé pofer les vedetés aux lieux qui leur ont été ordonnez par le Major, n’y mettant que des gens capables, car autrement ils donneraient fou vent, l’alarme fans raifon ; les inftruifant de ce qu'ils ont à faire, les vi fi tant fouvent de peur qu'ils ne s'endorment, & ayant foin dé les relever ^L’heure en heure. Ils diftribuent aux Cavaliers les vivres & les fou-*
- 9 j
- rages qu'ils ont reçus du Marefchal des Logis, & leur place en marchant, eft au première rang.
- Chaque Compagnie de Cavalerie doitavoitfon Trompeté , qui loge ordinairement prés du Capitaine ou avec fon Equipage. Il prendi’or-dre du Marefcnal des logk, & fonne boutefelle, à cheval, & à\l’Eften-i dart à l'heure qui lui a été donnée £ & tous les foirs il fonne le guetott la retraité aulïitot que l'ordreeft di-ftribué* La place des; Tymbaliers & des Trompetcs en marchant, /eft
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- ï i Z?Art de la Guerre».
- à la tefte deFEfcadron, fix pas devant le Commandant. Aux jours de combat ils-fontfur les ailes-, pour fonner la charge ou là retraite fiii-vantcequileureft ordonne par lès Majorsou Aydes Majors des Kegi-mens. Au îbn de la trompeté tous les Cavaliers fe doivent accommoder dans leurs Equipages de guerre, & fe rendre en diligence au Logis» du Capitaine ou de ceux qui commandent leurs Compagnies*
- c tt a p i t k e v r.
- Des Colonels d* Infanterie.
- LA Charge de Colonel general de l’Infanterie Françoife eft demeurée efteinte depuis la mort de M. le Duc d’Efpernon j elle lui donnoit un pouvoir abfolu fur toute l'Infanterie, la jùftice s'y faifblt par tout en ion nom, il nommoit aux charges, & avoit une Com-
- pag-
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- Seconde?Attie. tif
- pagnie dans chaque Régiment que l?on appelloit la Colonelle, *8ç les Commun dans des Corps ne porto-ient que le nom de Meftres de Camp, mais depuis la fupprefïioa de cette Charge, ils ont quitc cette qualité qui fe«conferve encore dans la Cavalerie, -pourprendre celle de Colonel.
- , La charge d'un Colonel demande une Perfonne de qualité , qui {oit riche, & qui. commande absolument à fes Capitaines : & qui les oblige de prendre foin de leurs Compagnies, ayant .foin de faire choix de bons Officiers fubalternes.
- Son devoir eft de mener fon Régiment par toivtoù il luy eft ordonné, & dé marcher à la tefteavec le hauffecol, la Pique à la main î mais quand iLeft en bataille,fon pofte eft à l'endroit des Piques, trois pas devant les Capitaines. Il doit voir en quel état font les Compagnies, & veiller à ce qu'elles foient complétés de
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- « • l T
- îl8 V An aë la Guerre.
- bons hommes -qui foient armez ,& équipez de tout ’ ce qu'il faut & comme il n'y a rien qui denoiie’, & qui rende le Soldat fi adroit que l'exercice ; il commandera aux Of-liciers de le faire faire tous les jours à leurs Compagnies durant une heure ; & au Major deux fois la femai-ne à tout le Régiment.
- Quand le Régiment marche lèul en P aïs enne my, il do it autant qu'il -lui elt pofïible éviter les plaines & chercher les chemins couverts, défendant aux Soldats de quitter leurs rangs fur peine de la vie. Il fera marcher la moitié des Capitaines à la telle, l’autre moitié à là qïieue, les Lieutenans & les Sou-Lieute-nans dans les divifions, les Sergens fur les ailles, un Lieutenant, avec trente hommes à: l'avant-garde:, & un autre avec pareil nombre à l’ar<-riere-gardei Lors qu'il fetrôüvera-fur une plaine & qu'il ne pourra faire autrement,- il fera fraizer Ion
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- Seconde "Partie. ‘ ï i§
- Bataillon, c'cft à dire environner les Moufquetaires de Piquiers pour fe defïèndre contre la Cavalerie qui le po urroit attaquer. Le feul moyen de rendre les Soldat affidus au Régiment ? & empêcher le libertinage c'eft de faire refter tous les Officiers à leurs poftes, & de rendre chaque Lieutenant refponfable de fa divi-lion.
- Au fiege d'une Place, le jour que (on Régiment eft de tranchée, il fera deffendre aux Soldats de fortir du camp ; & apres avoir fait fes dé-tachemens, il conduira ion Régiment à l'endroit de l'attaque le plus à couvert qu'il lui fera poffible, où il prendra l'ordre du Lieutenant General ou du Marefchal de Camp qui eft de jour: enfuite il fera relever les poftes, il vifitera les travaux, il fera executer ponctuellement lés ordres qui lui auront été donnez, & aura foin des Officiers blelfez , les affiftant de tout fou
- pou-*
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- txo U Art de la Guerre,
- pouvoir, & ' rendant juftice à ua chacun,fans jaloufie.
- Tous les Regimens d'infanterie ont leur juftice & leur état major, compofé du Major, des Aides Majors , de l'Aufmonier, du Maréchal des Logis,du Prévôt,& de fon Lieutenant, du Greffier , du Chirurgien major de fix Archers & de l'executeur.
- Quand il eft queftion de juger un Soldat criminel, le Prévôt in-ftruit le procès, & le Confeil de guerre fe tient chez le Colonel.
- Le Colonel a pouvoir d’interdire^, & dTrrcter les Officiers de'fon Régiment lors qu'ils ont manqué contre le fèrvice, mais il en doit aufîî-côt donner avis à la Cour. A l'Armée il n'a pas de Corps de garde devant fon logement, fi ce n'eû qu'il foit Brigadier.; mais feulement une Sentinelle de la garde du camp : ce qui ne fè fait jamais dans une Place ou il eft en garnifon, à moins
- su’ü
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- Seconde partie. , 121
- qu’il n’en Toit Commandant en l’afi-fence de Gouverneur , du Lieutenant du Roi, ou du Major ayant commifïion de commander.
- Les Colonels ne commandent pas entr’eux fuyvant l’ancieneté de leur commifïion, comme il fc pratique dans la Cavalerie, mais fui— vant le rang de leurs Regimens ; Par exemple, le Colonçl du Régiment de Picardie receu dJun joui” commandera à celui de Champagne pourveu de fa charge depuis vingt années; parce que Picardie arancicnneté devant tous les Regimens, &ainfi des autres. La même chofe s’obferve entre les Capitaines & les autres Officiers d’infan-* teric.
- F
- Cba*
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- 12-2 U Art de la Guerre^
- C H A P I T R. fi VII.
- ’ \
- Dit Lieutenant CeloneL
- CHaque Régiment d'infanterie & de Dragons a fon Lieutenant Colonel, qui le commande en l'ab-fence du Colonel avec la même autorité : mais parce que la plulpart des Colonels font jeunes Seigneurs qui ne manquent point de cœur, mais qui n'ont pas toute l'experien-neceflaire.j le Roi s'eft relervé la liberté -de choilir par tout où bon lui fembleroit des Officiers de fervi-ce de qui la valeur, la conduite, & la capacité fe foient fait connoiftre -en plufieurs occafions ; pour mettre à la telle de fes Regimens, tant de Cavalerie que d'infanterie, fans que pour cela les premiers Capitaines s'en puilîènt formalifer en aucune façon.
- Un Lieutenant Colonel doit
- * /
- être
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- Seconde Partie.
- être homme defervice, -qui ait pat fé par tous les degrez des Chargez, qui fefoit fignalé dans de perilleufos occafions, qui fçache la maniéré d'attaquer & de deffendre une Place, mener un Régiment au combat , faire une retraite glorieufe, & fe retrancher dans un poftepourn'e-ftre point infulté. Les Fondions de fa charge1 font pareilles à celles du Colonel, qui ne doit jamais rien entreprendre fans s'être confeillé avec lui. C'eft à lui de tenir la main à la difcipline duRegiment, & a-voir la valeur de chaque Officièr ent :particulier : il doit encore s'attacher à connoiftre tous les Soldats du Régiment , fe faire aimer & craindre tout enfemble ; cela fe fait en écoutant leurs plaintes, en leur faifant faire raîfoii par leurs Officiers quand elles font juftes, de les faifant feveremènt punir quand ils-ont failly.
- Lepofte du Lieutenant Çoloîicj
- F a
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- X 2 4 L'Art, de la Guerre.
- çft à la gauche du Colonel, trois pas devant les Capitaines, lors que le Régiment n-cit que d'un Bataillon : mais quand ileft de plufieurs, le Colonel commande le premier* & lui le fécond. Les Colonels, les Lieu.tenans Colonels & les Com-mandans des Bataillons font difpen-{èz de monter la garde quand ils fbnt.cn garnifon dans une Place de
- guerre.
- C h a P. i T R e. VIIL
- '£)es Majors, cr des A ides Majors d’Infanterie
- LA Charge de Sergent Major ent autre dans ^Infanterie que dans fa Cavalerie, ;quoyque les fon* étions n*en foient pas beaucoup differentes. Le Major de Cavalerie cft toujours le premier Capitaine de üon Régiment} & le commande en
- Lab-
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- Seconde Partie. ï 1i Fabfcnce du Mettre de Camp; Celui d'infanterie n'a pas de Compagnie , & ne peut prétendre au-
- cun commandement qu'aprés tous les Capitaines , à moins qu'il n'ait commiflion particulière pour cela.
- Le devoir du Major, eft d'aller tous les foirs prendre l'ordre de celui' qui commande , & étant en Corps d'Armée, du Major- general ou des Majors des Brigades ; de le rapporter enfuite au Camp à fbn Colonel, & d'aflembler les Sergens d.es Compagnies en cercle, pour leur diftribuer. S'il y a quelque détachement pour des Convois, des gardes* & des Partis; il leur commandera de tenir preft par Compagnie le nombre de Soldats qu’on lui aura demandé j il fera avertir les Officiers de qui le tour eft de marcher, & leur donnera une heure & un rendez-vous où il fe trouvera le premier pour les y recevoir & les con-
- F j duire
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- ÏÆ# . îfuirt de là Guerre, duireoùil fera beloin. C'eft à lui * donner l'ordre comment & à quelle heure les Compagnies doivent marcher x & lifon Régiment aura l'Avant-garde , la Bataille ou Y Arriere-garde. Eftant preft à.partir, il corn-» mandera aux Tambours de batreait’ champ, il avertira les Capitaines, il fera fortir les Drapeaux des quartiers, il.drélfera fon -Bataillon , & donnera à chaque Officier le pofte qu'il doit occuper ce jour là ; & ayant mis fes Trouppes aux .champs,, illes verra partir pour fçavoir fi elles marchent en bon ordre. Avant-que le Régiment prenne, fon logement, il le doit aller reconnoiftre , puis le revenir mettre en bataille, détacher fes Corps de garde, donner, l’ordre aux Sergens de ce qu'ils auront à faire, & ordonner aux Compagnies de fè loger. Si le Régiment campe en Corps d'Armée, il donnera à chaque Compagnie le terrain qui lui a été deftiné, il fera .pofer
- lés>
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- Seeonde Partir. 127 les armes aux Soldats en maniéré de pyramide, les piques fèparces des mouiquets, fix grands pas au devant des Baraques; il * poftera la Garde du Camp environ quinze pas au delà du Bataillon ; & détachera les autres Gardes que le Régiment fera obligé de fournir. Si le Régiment loge feul dans un quartier & qu'il y ait danger, il le doit barricader, retrancher, ou fermer de chariots. Il ira enfuite pofer fes Corps de garde à l'entour du logement , & des Sentinelles û proche l'une de l'autre qu'elles s'entendent parler ; & fera pofter hors des re-tranchemens, des Sentinelles perdues, qui en cas d'alarme apres avoir tiré leur coup , fe retireront au Corps de garde. Lors que l'alarme fe donne au camp ; il faut que le Major fe rende en la Place d’Àrmes du Régiment, qu'il y forme fbh Bataillon, qu'il envoyé doubler les gardes du côté de l'alarme, qu'il
- F. 4r
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- 12 8 L’Art de la Guerre, en avertifï'e ion Colonel, & qu'il donne avis au General de ce qui le pafîè. Aucune Compagnie ne doit entrer ou fortir de fon pofte fans le congé du Major, & jamais on ne change aucun ordre que par lui, parce qu'il ne fe donne que-par l'ordonnance du General , ou- de fon Colonel.
- Tout ce qui le départit au Régiment de toute forte de munition fe délivre au Major, qui en fait le departement aux Compagnies, êc a charge de pourvoir à toutes les ne-ceffités ; comme d'envoyer les malades aux Hofpitaux, commandant au Prévôt de fournir les chariots.
- A l’attaque d'une Place, il cft de jEon devoir d'avertir le Régiment du jour qu'il doit monter la garde de Tranchée , de faire battre aux champs ; de commander les Officiers fuivarït leurs rangs, de détacher les travailleurs & des gens pour ks foutenir, Etant arrivé à l'atta*-
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- Seconde Partie. - np que, il doit relever les polies, pren* dre For dre' du Lieutenant General ou du Maréchal de Camp de ce qu’il y a à faire pour le Régiment, aller à l’Artillerie faire délivrer, les; outils & les munitions necelïaires ,. conduire les travailleurs aux endroits deftinez, & rendre compte à< fon Colonel de toutcequifepaflê.;
- Au jour d’une Bataille, il ne doit-pas fe mettre à pied au rang des Gapitaines , mais être à cheval , tantoft à la telle, & tantoft à laquelle, pour faire les commande-mens & exécuter les ordres de fon-Colonel.
- Le-Major tiendra urr rollè ' du-rang des Officiers & des Compag-v nies, il fçaura le nombre de leurs Soldats fuivant qu’ils font palïez erv reveuë,- & fera faire l’exercice à -tout le Régiment deux fois la le--maine, & aux Officiers en partie u- -lier , leur enfeignant la maniéré de ' bienLaitier de la Pique, -
- F-5> S1
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- ’ï^cr ï?Art delà Guerre, ,
- lia droit de.faire.inventaire dés meubles & équipages des Officiers qui meurent au Régiment, & de les faire, vendre a, l’encan au fon du tambour.j , il prend pour. fes droits Lépéej la pique, lehaufTecol, ÔC •léiol pour livre de la vente dé leurs meubles.. Il affifte au Confeil de Guerre, & donne fes conclufions aux.procès, de. même, qu’un Procureur du Roi...
- Les fondions dés Aides Majors ne different en rien de celles du Major j & leur nom porte avec foi l’ex-pjication de lèur charge. LesRe-gimens d’infanterie ont autant df Aides Majors qu’ils ont de Bataillons. .
- Tous les Majors, & Aides Majors cefïcnt leurs, fondions, fitoft. que les Regimens entrent en garni- -fon dans une Place où il y en a d’é-gablis de la part dû Roi.
- Û’h.a-
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- Seconde Partie. ïg \
- Chapitre IX.
- Du Capitaine d* Infanterie.
- L’Infanterie a été de tout temps YEcole de la Guerre, & c'eft par elle qu'ont toûjours commencé ceux qui ont voulu fe perfectionner dans ce métier. Un jeune Gentil-homme a bien meilleure grâce à porter le Moufquet, qu'à fervir en qualité de Cavalier : Les grands Seigneurs-nous en tracent le chemin. Le Marquis d'Humieres fils de Mr. le Maréchal a débuté par le Drapeau Côlon el du Régiment du Roi, & y eft aujourd'huy Capitaine : le Marquis d'Uxel Colonel du Régiment de Monfeigneur le Dauphin, a fervi Capitaine dans le même Régiment. Lé Marquis de Feuquieres Colonel -d’un Régiment d'infanterie, Je-Marquis de Crevant Colonel de cc-lui de la Reine , & le Marquis de
- F- & NeÜf~
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- î 5 z V Art delà Guerre,
- _ _ _
- Nelfe Colonel da Régiment de Monfeigneur le Prince, ont fervy Lieutenans & Capitaines dans le Régiment de fa Majefté. Le Comte de Bourlemont Colonel de Picardie étoit auftî Capitaine dans le Régiment du Roi : Le fils de Mr. le 3>uc de Gefvrcs y eft encore Enfei-gne Colonel- Le Marquis de Gen-lis eft Colonel du Régiment de la Couronne , apres y avoirrété Capitaine ; le Marquis de Frouflé fut tué à la bataille de Confarbrik portant le Drapeau Colonel du Régiment de Vermandois : & plufieurs autres que je-pourrois nommer qui fervent actuellement dans l’Infanterie , fans ceux que ce métier a fait parvenir à de plus grands Emplois; J-'ay entendu dire à Monfieur de Turenne étant au Siège du Fort de Skin - qifil s'étonnoit que lés Hol-landois defïèndoient fi mal leurs Places , veu qu’autre-fois toutes |es perfonnes. de qualité en voyoient
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- Seconde partie. 133 leurs Enfans chez eux pour y apprendre la Guerre, & quelui-rneî* me y avoit commencé à=porter le Moufquet. - .
- Gc n’eft pas aflfez à un Gentilhomme d'étre à la telle d'une compagnie d'infanterie pour.apprendre quelque choie., s'il, ne s'attache fortement.à fon emploi, de lama-niere qui fuit.
- Il doit toujours avoir une Compagnie nombreufe de bons & de vigoureux Soldats , bien entretenus d'armes & d'habits-, les connoilfant tous par leurs noms , & fçaehant dequoi chacun ell capable en particulier ;, Ge n'eft pas un deshonneur pour lui dé les aller viliter fouvent dans leurs logemens, & de voir s’ils ont foin de s'y tenir pro* prement.
- Une Compagnie fc paye tous les cinq iours de la paye duRoi entière , àla referve d'un, fol que le Capitaine retient chaque jour aux.Sol-
- F 7 dats.
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- •ï^4 & AH de la Guerre,
- dats pour les entretenir d'habits, linge, fouliers & chapeaux : il n'y a pas de mal qu'il leur falTe lui-même lé preft, il remarque mieux ce qui leur manque, & les oblige de le tenir nettement, & de prendre. foin de leurs habits ; la propreté leur eft d'un grand focours, & d'étour-ne bien des maladies. Quand il y en a dé malades ou de bleffez, le Capitaine les doit feparer des autres & les faire conduire à l'Hôpital.
- Le Capitaine a pouvoir de créer dans fa Compagnie deux Sergens, trois Caporaux, & cinp Lanfpafla-des, mais il ne les peut cafter de fon : chef, pour telle faute que ce foit-, cela dépend du Confeil de Guerre, il n'eft pas en fon pouvoir de punir un Soldat de mort; fi ce n'eft qu'il • foit rebelle , pour lors il le doit tuer ; mais pour toute autre ehofe,. il ne peut quel'emprifonnier, &lé livrer à la juftice commife-fur le Re- giment.-
- Sors'
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- Seconde partie. îjf.
- Son métier eft de conduire fa Compagnie par tout où il lui fera commandé par. fon Colonel, marchant lui-même à da tefte avec le hiauffecol, la Pique à la main. Laffi-duïté des Capitaines tient les Soit-dats dans leur-devoir; il en eft aujourd'hui qui croyant qu'il y va de leur honneur de marcher à la tefte-de leurs-. Compagnies^, en laiflènt la conduite à leurs Officiers, & font porter leurs armes parjes Laquais : Un bon Capitaine doit ordonner lui-même, la marche de fi compagnie ou par : deux ou par quatre , mettant les Piquiers à la queue , ou dans le centre en forme de Bataillon , prenant fon pofte à la tefte, le Lieutenant à la ferre-fiie, le Sous-Lieutenant ou l’Enfeigne à la tefte des Piques, & les Sergens fur les aides : :Et en cet ordre là mener au = rendez-vous tambour batant.
- Il doit exercer fes Soldats à fè fer—: yir de leurs armes, leur apprendre:
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- iq 6 L*Art delà Guerre,
- à fe mettre en Bataille-, & s'y remettre étant rompus, & leur montrer toutes les Evolutions neceflài-res à l’Infanterie; à faire leurs huttes -, ou logemens de Campagne , &- tous antres exercices de guerre.
- Au Siégé d’une Place, quand il eft=de tranchée , il reliera dans le-, polie qui lui aura été confié juf-qu’à ce qu’on le relevé, le dépendant vigoureufement, &• failànt faire grand feu- aux Soldats qui’on lui a donnez : lors qu’il effc commandé aux Travailleurs , fon devoir eft de les hâter de fe-mettre-promptement à couvert, de prendre garde qu’aucun ne fe débande, ou ne fe couche fur le ventre , de peur, ou pour ne point travailler.
- . Dans une garnifon il doit mon- , ter; la garde à fon tour au polie qui lui écherra par le fort, & n-’en point fortir qu’il n’en foit relevé , vilitant-fouvent les Sentinelles , & faifant exactement -fes rondes. Qpand il
- mar^
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- Seconde partie.- 137 marche avec le Régiment, Ton pofte eft un jour à la tefte, un autre jour à la queue ; n’en partant jamais fans le congé de fon Colonel, 8c tenant la main à ce qu’aucun Soldat ne quitte fon rang fans permifïîon.
- Quand il marchera avec fa Com-
- pagnie feule, il envoyerafon Lieutenant au logement dés le matin, il fera marcher fes Soldats en bon ordre dans toute la route, & leur fera faire halte durant deux heures à la moitié du chemin, les empêchant de s’écarter pour aller piller dans les Villages : Un Capitaine doit n’étre pas trop rude à fès Soldats , ny aulîi trop.indulgent; Kun le faithaïr, 8C l’autre le fait méprifer.
- Il faut qu’il fçache faire combattre fes gens feuls 8c en compagnie ; qu’il'connoifle les avantages des lieux, dès armes, du temps & des-occaiions pour s’en prévaloir. Qu’il s’attache à entendre les Fortifications, la maniéré d’attaquer,. & de
- defr
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- 8 U Art de la Guerre,
- deffendre une: Place , comment & de qu’elle façon on doit conduire lés ouvrages , afin que venant fou rang de mener ou de- garder un travail , il ne falTe pas quelque tour; d’apprenty : Un Capitaine quifçait •Bien fon métier eft capable de poffe-der toute forte de grands Emplois j; & les charges de Gouverneur,- de Lieutenant de Roi, & de Major de Placent fe donnent ordinairement quJà de bons Officiers Infanterie que le Roi'veut recompenfer.
- Chapitre X.
- Du Lieutenant:, & du Sous— . Lieutenant*
- T A charge de Lieutenant eft dè même dans ^Infanterie comme dans la Cavalerie ; & puifqu’il commande la Compagnie en Tâbfence du Capitaine, il doit avoir autant ducapacité que lui. Son devoir eft
- de
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- Seconde pdrtic. I39 4e vifiter fouvent les Soldats , de leur faire faire le fervice , & de les exercer tous les jours au mani-raent des armes. Quand il marche avec la Compagnie , le Capitaine n'y étant pas, il la conduit : mais s'il y' eft, il fe tient à la queiie pour faire ferrer. Lors que la Régiment marche en Bataille , chaque Lieutenant prend fort pofte dans une di-vifion fuivant fon.rang, empêchant lies Soldats dcfe débander.
- C'eft au Lieutenant à prendre garde aux aélions des Caporaux, & des Sergens , pour les tenir dans leur devoir, & les faire, pourvoir a ce qui eft neeeflàire à la Compagnie: c'eft pourquoi il ne manquera pas de le trouver tous les jours au Drapeau à l'heure que lès Soldats montent la garde, pour leur faire faire l'exercice , & voir fi leurs armes-font claires & nettes , & en état de tirer, & fi leurs bandoulières font garnies de poudre, de. baies & de mèche.. La.;
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- 14® U Art de ta Guerre,
- La Charge de Sous-Lieutenant eft nouvelle en France , il n'y en avoit autrefois que dans le Régiment des Gardes ,. mais depuis la fuppreffion des Enfcignes l'on a donné le nom de Sous-Lieutenant , ou de Lieutenant reformé au troi-fïémc Officier d'une Compagnie d'infanterie ; Sa fonétion ne diffère en rien de celle du Lieutenant que pour le commandement, & .le po-fte, qui eft ordinairement àladivi-fiondesPiquiers.
- Les Officiers d'une Compagnie doivent s-'acquerir l'amitié du Ca-* pitaine en lui rendant de freqüentei vifites , en lui portant tonte forte dlhonneu£& de refpeâ, & prenant un foin particulier de fes Soldats : Il eft obligé réciproquement de les aimer, dé les fervir, &de lesafïi-fter de tout fon pouyoir.
- Les Lieutcnans , les Sons-Lieu-fcenans, & les Enfeignes d'un même Régiment, commandent entr'eux
- fuir
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- . Seconde partie. 141
- faivant l’ancienneté de :îeur réception , & non fuivant le rang de leurs Compagnies.
- Chapitre XI.
- De l} Enfeigne.
- Evant la Paix d'Aix la Chapelle , il n'y avoit pas de Compagnie d'infanterie en France qui n'eût un Enfeigne ; à pre^ fentil n'y cn.a que dans les Compagnies aux Gardes, & deux que l'on a conlcrvez par Régiment ; un pour la Compagnie Colonelle, & l'autre pour celle du Lieutenant Colonel : Il n'y a pourtant pas de Bataillon qui n'ait trois Drapeaux , mais on les fait porter par des Lieu-tenans reformez.
- La Charge d’Enfeigne eût hon-ncfte & propre à un Jeune-homme de qualité qui commence à porter
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- 142 TJ Art de la Guerre.
- les armes ; c’eft pourquoi il doit faire habitude avec le.Lieutenant de /a Compagnie pour en apprendre .toujours quelque chofe du métier. Son devoir eft de porter le Drapeau par tout où va la compagnie , en Affaut, foit en Bataille , n'ayant .nul égard au danger, mais au moyen d’acquérir de la gloire. Entrant dans ,u ne Place, en montant la garde , en paflant en reveiie, ou en allant au combat, il dok porter fon Drapeau lui-même fur l'clpaule gauche : Dans une route il peut le Elire porter par un des plus braves Soldats. Sa place ordinaire eft à la tefte des Piques , & dans une Bataille le Sergent Major le met au rang où il doit marcher, fe faiiant plu-tôt aflommer que de quitter ou perdra Ton Drapeau. Si fon Régiment avoit du délavantage , & qu'il fût obligé de lâcher le pied, il déchirera fon Drapeau , le ferrera dans fa poche, & en abandonnera
- la
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- Seconde partie. 14$
- 3a lance ; mais cela ne fe fait qu'à la derniere extrémité , & quand il n'y a plus de.refource. Au jour du Combat , l'Hnfeigne Colonel étant tué ou blefle, c'eft au premier Capitaine du Régiment, à prendre le Drapeau.
- Jamais les Drapeaux ne fe portent dans les détachemens, ny même quand le Régiment va à la tranchée. On les fait garder chez quelqu'un des Officiers generaux.
- Autrefois la Place d'Armes d'une compagnie étoit devant le logis ,de l'Enfeigne ; cela ne fe pratique plus aujourd'hui ; les foldats s'af-femblent devant celui du Capitaine , & le Drapeaux fe portent chez leCommandant du Régiment.
- Cha*
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- 144 L’Art de la Guerre ,
- Chapitre XII.
- Du Alaréehal des Logts d’im Régiment d’infanterie
- IL n’y a point de Hegiment d’infanterie qui n’ait Ion Maréchal des Logis , . dont la charge eft de. loger les Regimens, & de diftri-buer les quartiers aux Fouriers de chaque compagnie. Il va tous les jours chez le Maréchal des Logis de l’armée .prendre l’ordre du departement & du rendez-vous des Troupes , & le fait Ravoir à Ion Colonel.
- Lors que les Maréchaux de camp partent pour le campement de l’Armée , tous les Maréchaux des Logis des Regimens le doivent accompagner , & auilî-tôt que le Maréchal des Logis de l’Armée leur a marqué le terrain de leurs Camps, ils le p artagent par Compagnie, &
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- Seconde Partie. 14 ^ k délivrent aux Fôuriers. Quahd les Regimens logent à couvert dans des quartiers , ils ordonnent premièrement les Logis des Colonels, enfuite ceux des Lieutenans Colonels , des Majors, des Aides Majors , des autres de l'état major, & les leurs. Après ils font autant de quatiers qu'il y a de compagnies, & les font tirer en bulletins auxFou-riers, qui choififlent les meilleurs Logis pour les Capitaines, pour les Lieutenans , Sous-Lieütenans & Enfeignes.
- Chapitre XIII. DuPrevoft d’un 'Regiment.
- LA Charge de Prevoft, eft de pour-fuivre & arrêter les Defer-teurs & les Delinquans. Il a fous luî un Lieutenant j un Greffier, fix Archers & jun Exécuteur. C'eft lui qui
- G met
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- % U^Arpâe la Guerre,
- met le taux aux vivres de fon quartier, & on îr’cn peut vendre fans fa permilïion ; Il ordonne des Boucheries; il a la charge de faire nettoyer les Camps, il dreffe les procès , il interroge & confronte les Témoins , & le procès étant instruit, il le porte au Sergent Major qui donne les concluions, en-fuite le Colonel & les Capitaines le
- jugent.
- En marchant, le Prevoft a charge de conduire les Bagages de Ion Régiment, & de les faire tenir en ordre. Il a foin aufli de fournir des charettes pour porter les malades à lTîôpital.
- Chapitre XIV.
- f
- DesSergens
- LE Capitaine ayant pouvoir de créerdes Sergens dans ià Com-
- pa-
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- Seconde Partie. 147 pagnie, il doit choilir ceux de fes Soldats qu'il connoît être les plus braves, les plus fages, & les plus vigilans pour remplir ces Charges» C-eft aux Sergens d'avoir unrollè des Sôdats & de leurs logemens, & les y aller vifiter foir & matin. Ils doivent fçavoir le compte des Pi-qùiers & des Mbufquetaires, & ranger les Compagnies , mettant au premier rang les mieux armez ôc les plus vigoureux, leurfaifant obfer-ver la difeipline militaire, & toute forte de commandement fait par leurs Officiers. En campagne & en garnifon ils fnftruiront les’Soldats à manier leurs armes, -à fe tenir en ïang. & en file, & auront foin de recevoir les Vivres & les Munitions du Cômmiflaire, de les diftribuer aux Caporaux, dé pofer les Corps de garde ; & les Sentinelles aux endroits. que- le Major aura ordonné, & les vifiter fou vent. Quand la Compagnie marche, leur; place .eft
- G z fur
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- 148 & Art de la Guerre,
- fur les ailes, pour faire dreffer les rangs & files, & empêcher les Soldats de s'écarter , les faifant remettre .avec la hampe de la Hallebarde.
- Tous les foirs un Sergent de chaque compagnie doit fe rendre à la Place d'Armcs, pour y recevoir du Major l’ordre, & le porter enluite aux Capitaines, & auxautres Officiers. V oici .comme l'ordre fe donne.
- Auffi-toft que le Major eft arrivé fur la Place, lesSergensfe mettent prés de lui en cercle fuivànt le rang de.leurs Compagnies, commençant à fa droite, .& finifiàntàfà gauche, tous chapeaux bas, & la Hallebarde à la main. Le Major fe couvre, & leur ayant commandé ce qu'il y a à faire d'extraordinaire, il donne le mot tout bas au premier Sergent qui eft à fa droite, qui fait pafïèrla parole de main en main jufqu'au dernier qui le rend au Major ^ afin
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- Seconde partie. 145?
- qifilvoyefile^mot eft bon, &s*il nJa point changé.
- . Quand il y a quelque détache--ment, les Sergens en vont avertir leurs Officiers, ils commandent par Compagnies le nombre de Soldats que le Major leur a demandé j ils ont foin de vifiter les armes , de leur diftribuer les munitions necef* fairés, & de les. conduire au rendez-vous. Dans une garnifon, chaque Sergent à fon tour fe dbit rendre au logis de fbn Capitaine, pour voir fi rEfcoiiade commandée pour la garde ,eft complété, & pourveüe de ce qu^ilfaut.
- Les Sergens doivent après la re-» traite battue , aller voir par - les Chambres fi tous les Soldats font rentrez, faire rapport au 'Capitaine des abfens, & des malades, 8c en avertir le Major pour les' faire conduire à f Hôpital.
- Les Sergens du Régiment des Gardes fe trouvant en Garnifon
- G 3 avec
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- I <ja L* * Art de laGuerre,
- avec d'autres Régi mens, ont lé privilège de faire un cercle à part pour recevoir l'ordre, àcaufe de Fhon-neur qu'ils ont de fervir à la garde du Roi.
- C H A I; T . R E . ;;X .V*
- • . ' * \
- Des Caporaux, Lanfpaffiàdes Q*
- autres bas Officiers d’uni
- >agnié.
- •E Roi entretient dans chaque Compagnie d'infanterie, trois Caporaux, & cinq Lanfpafledes bu Appointez.
- Le devoir d'un Caporal eft de commander fon Efcoiiade, d'in-ftruire les Soldats de tout ce qu'il eft neceflàire qu'ils fçachent & qu'ils faiTent, d'empécher les querelles 8c les defordres. 8c en avertir le Ca-pitaine, parce qu’il ne les peut tra-per, mais feulement les punir par de longues fentihelles. Il tiendra un
- rolr-
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- Seconde 'fkrtie. 15; ï roile de fon Efcoiiade,- il fera fçâ-voir aux Soldats le jour qu'ils doivent monter la Garde , il vifitera leurs armes, &*£çurs bandoulières, il leur départr ms Vivres, & les Munitions Sergent lui aura
- délivrez, j tonnoîtra quels font les plus eX^/imentez pour les mettre aux Sentinelles & aux factions plus importantes. . Etant en garde, fon devoir eft depofer des Sentinelles aux lieux que le Major lui aura montré, de les changer lui-même, de les envoyer vihter par les Lanf-paflades, pu appointez, attendre les rondes & contre-rondes qui lui doivent donner le mot : Il doit recommander aux Sentinelles de ne fe laiffer approcher de perfonne , fuft-ce du General d'Armeé, fans prefonter la Pique ou le Moufquet, la mefche compaflee; ni de fe retirer fans être levées par le Caporal ou contraintes de l'Ennemi,* pour lors elles fe retireront au Corps, de
- G 4 gar-
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- 15 2- L’jîrf&e la Guerre, garde, & le Corps de garde étant forcé fe retirera au Camp.
- Le Caporal fera porter refpcâ: au Corps de garde ijîfc faire filence loit aux portes-, tk '"àux murailles, afin que le bruit nvrfjMche d’oüyr les avertiflèments deà ttinelles. Il fe promènera au <1^jtit de fon Corps de garde où il fera tenir un Lanfpafiade, il y confervera toujours du feu pour allumer les me-iches, & aura foin de le faire garnir de bois, de charbon, & de chandelle. Dans une Garnifon pendant que les Tambours battent la Garde , tous les Caporaux fe rendent au logis du Major pour y tirer les polies & les rondes.
- Les Lanfpafladcs autrefois étoicnt des Cavaliers démontez qu’on fai-{oit fervir dans l’Infanterie durant la Campagne jufqu’à ce que leurs Capitaines leur eufient donné d’autres chevaux ; ils foulagent les Caporaux & font comme leursLieu-
- . te-
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- Seconde partie io tenans : en temps de péril ils font les rondes dangereufes & les Sentinelles perdues , autrement ils font cxemps de fa&ion.
- Le Fourier doit avoir un control-le de tous les Soldats d'une Compagnie , & faire le département des logis. Il prend fon quartier du Maréchal des Logis du Régiment, puis il y marque lés logemens du Capitaine , du Lieutenant, du Sous-Lieutenant , de TEnfeigne, des Sergens ; celuy du Tambour, le lien, & met tous les autres en bul-letins qu'il fait tirer au fort par les Caporaux , qui les diftribuent aux Soldats.
- En chaque Compagnie, il doit y avoir un Chirurgien nommé communément Frater, pour penler les malades, & faire la barbe aux Soldats , eftant comme ayde au Chirurgien major du Régiment : Il doit faire provifion de medicamens propres pour arrêter le fang, pour
- G i cm--
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- ï*4 L’uirt de la Guerre, empêcher l’inflammation , & ap-paifer la douleur.
- 11 n’y a point de Compagnie qui. n’ait un Tambour ou deux, & par-deflus tout un Tambour major qui a foin d’inftruire les autres, & de garder ceux des Ennemis qui viennent au Camp.. Il peut chafticr de fon bâton ceux qui manquent à leur devoir, & valoir & matin chez le Major s’informer des ordres.. Le devoir des Tambours efi; de battre toutes les ordonnances comme ;la generale, raflcmblée, le dernier, la marche, l’alarme, la chamade, la rêponfe aux chamades, la dieriiit, la retraitte, & les bans.
- Le Soldat doit être brave , vi-r goitreux , ménager & obcïfi'ant. à tous fes Officiers depuis le Capitaine jufqu’aux Lanfpafladcs. il doit s’étudier à le tenir propre, à rendre fes*armes claires & nettes ; à en Ravoir le maniment > les factions des Soldats, les mou.vcmcns de fa Com-
- .V ' pagnie,
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- Seconde partie.
- «*' «t ))
- pagnie, fa marche ; fe loger en campagne, faire fes gardes & fentinel-lcs, entendre le fon du Tambour, & être diligent à fc rendre au Drapeau. Son manger & fon dormir le doivent régler fuivant fonloifîr, & non pas lclon fa volonté.
- C H. A, P I T R E XVI.
- Delà maniéré au3on forme un' Bataillon.
- LOrs qu'un Colonel veut faire prendre les armes à fon Régir mentpotfr quelque occafion que ce .puiffev|tre y il envoyé le Major au rendez-vous \ potir ranger les Compagnies à mefure qu'elles y arrivent; il met d'abord la Colonelle en bataille. ,v à. fix rangs de hauteur , difians les uns des autres de trois grands pas, & fait pofter les Piquiers fur la gauche des Moufquetaires.
- G 6 Les
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- 15$ U Art de la Guerre,
- Les autres Compagnies fe règlent & fedreflent fur la première. Toutes étant, poftées, le Major fait obfer-ver le lllence, & ordonne à fix Ser-gens de marquer les demis rangs, pour faire entrer les Piquiers dans le centre des Moufquetaires , par ce commandement.
- Soldats prenez, garde a vous pour former le Batailloni
- A droitte à gauche^Moufquets
- O* Piques-,
- Formelle Bataillon. Marche.
- Les Moufquetaires de la Colonelle ne bougent.*. Les Piquiers du demy rang de main droite font à. gauche , les Moufquetaires à droite:; les Piquiers du demi-rang de main gauche font à droite, les Moufquer taires à gauche , & marchent tous enfemble par les intervalles des rangs, tantque les Piquiers fe trouvent au centre du Bataillon feparez des Moufquetaires , & les Moufquetaires fur la droite & fur la uaur
- che
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- Seconde partie. 1J7
- clie feparez des Piquiers. Quand le mouvement eft ache'l, le Major les fait remettre par ce commander ment.
- Remettez vous.
- Ceux qui avoient fait à gauche, font à droite, ceux qui avoient fait à droite font à gauche , & par ce moyen chacun fait face au Major, & le Bataillon le trouve formé. Cette façon eft J>ien plus courte que celle dont on' fe fervoit il n'y a pas long-temps.
- G 7
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- jjS U An de U Guerre y
- Façon âe fumer un 'Bataillon.
- f <
- O aaaaaaaaa.aaaaa bbbbbbbcccccccccccccbbbbbbbb
- je e e e
- ceee d ooooooooooooooôo^lllllllllllllll'loooooooooooooooo d d ooooèoooooooqooolllllliuillllllloooooooooooooooo d d oooooooooooooooollllllllllllllllloooooooooooooooo d d. ooooooooooooooooHllllllllllllUl'ùàooooaooooooooo d d oooooooooooooooolllUlllllllllllloooooooooooooooo d d oôooooooooooooooUllllllllllllllloooooooooooooooo d
- dddddddddddddddddddd c c c c c c
- F
- ecce
- eeee
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- Seconde partie* ity
- EXPLICATION DE LA
- prefente Figure.
- CEtte. Figure reprefente un Bataillon de feize Compagnies x. avec les Officiers à leurs polies.
- A. Le Colonel.
- B. Le Lieutenant Colonel, aaa &c. Les Capitaines, bb. Les Lieutenans. ce. Les Lieutenans reformez ,. 8à les Enfeignes. dd. LesSergens. ee. Les Tambours fur les ailes.
- F. Le Major.
- G. U Aide Major, ooo. Les Moufcjuetaires.
- 111. Les Picjuiers.
- •Ch a-
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- l6o V Art de la Guerre
- Chapitre XVII. DeVExercice..
- QUand le Régiment eft en Bataille , il le Colonel veut voir
- faire l'Exercice, il en avertit le Major , qui fait ouvrir les files d'un-pas , donnant par ce moyen aux Soldats la liberté des bras par le mani-ment des armes. Voicy le commandement qu'il fait.
- Soldats prenez-garde a vous pour ouvrir vos files.
- La file de main droite ne bouge.
- A gauche ouvrez, vosfiles a un pas de difiance. JMarche.
- Tous les Soldats font à gauebe, la file de main gauebe commence à marcher , & les autres’ne partent pas de leurs places , qu'elles ne voient celle qui les précédé éloignée d'un grand pas. Les Soldats prendront. garde en marchant de fc dref-fer-
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- Seconde partie. iSt fer far leur droite, & fur leurs chefs de files. Quand le Major voit que les files font fuffifamment ouvertes-, il leur dit :
- Halte. Remettez-vous
- Drejfcz. vos rangs Gr vos fies. Tout étant ainfi difpofé, le Major fait ce commandement aux Sergens.
- Sergens prenez.-garde a vous.
- \A droite O* a gauche par demis rangs, formez, des files fur les ailes du Bataillon. Marche.
- Il fait enfuite ce commandement aux Officiers qui font à la telle du Bataillon. .
- Meffiieurs les Officiers, on va fai- re l’Exercice.
- droite O' a gauche, prenez vos pofes fur les aijlçs du Bataillon. Marche.
- Les Commandemens de l'Exercice.
- %
- Soldats prenez-garde a vous.
- Obfervez le filence..
- Portez, bien vos armes.
- Les
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- ’lSz V Art de la Guerre ,
- Les Soldats doivent prendre garde-de ne faire aucun mouvement que le commandement ne foit achevé, afin que le maniment des armes, &lcs évolutions fie fi".fient tout d’un temps Partez, la main droite fur te mouf-
- qnet..
- Haut le moufquet.
- feignez la main gauche au moufquet. Prenez la mefche.
- Soufflez, la mefche. . .
- Mettez, la mefche fur le ferp enfin. Compafflez le mefche.
- Mettez, les deux doits fur le bajflneu Ouvrez, le baffinet.
- En joué.
- T'irez.
- Retirez, vos armes:.
- Prenez la mefche.
- Remettez-Ia en fon lieu.
- Souflez au bajfl.net.
- Prenez lepoulverin.
- Amorcez.
- Fermez le b afin et.
- Soufflez fur le bajflnet.
- Paf--
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- Seconde partie,. 2 St
- Paffez le moufquet du coté du l’efpéé* Prenez la charge.
- Ouvrez la avec les dents.
- Mettez la poudre dans le canon.
- 4Tirez la baguette,
- Haut la baguette.
- RacourciJfez~la contre Vêtomàc. Mettez la baguette dans lé canon. Pourrez.
- Retirez la baguette.
- Haut la baguette.
- Racourciffez la contre Vêtomatr. Remettez la baguette dans fon lieu joignez la main droite au moufquet. Haut le moufquet.
- Moufquet fur l’épaule*
- H Exercice de la Pique.
- Pendant que l’on exerce les Pi-quiers , on fait repofer les Mouf-quetaires par ce commandement. Repofès vous fur vos armes*
- Piquiers prenez garde a vous-, jl droite, a droite, a droite3 a droite*
- Demi
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- ï 64 L’Art de la Guerre,
- Demi tour a droite.
- Remettez-vous.
- A gauche, à gauche, a gauche, a gamhe.
- Demi tour à gauche,
- Remettez.-vous.
- Haut la pique*
- P repentez, la pique.
- A drôite, prefentez la pique 4 fois* Demi tour à droite prefentez, la pique* Remettez-vous.
- A gauche, prefentez la pique 4 fois* Demi four a gauche prefentez lapiq* Remettez-vous.
- Haut lapique.-Pique de biais.
- A droite, prefentez lapique. Remettez-vous.
- Demi tour a droiteprefentes lapique; Remettez-vous.
- A gauche, prefentez la pique. Remettez-vous.
- Demi tour a gauche, prefentez lapiq. R emettez-vous.
- Piqué demi tramante, le fer devant.
- Pre-
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- Seconde partie, i6< P repentez. la pique.
- Remette zrvous. ,
- Prepntez. la pique.
- Pique traînante, le fer derrière. Remettezrvous.
- Allongez, vos piques k trois fois. Haut la pique.
- Prefente z. la pique a la Cavalerie. Tires vos efpées.
- Remettez, vos efpées.
- Haut la pique.
- Pique en terre.
- Repofez,-vous fur vos armes.
- Les Piquiers aulîî bien que les Moufquetaires , doivent prendre garde en faifànt à droite ou à gauche, de ne pas fraper leurs armes les unes contre les autres. Ce cliquetis eft très dés-agreable à entendre.
- P renez.garde.à vous, tout le Bataillon.
- JMoufquet fur P épaule.
- Les Piquiers font en même temps
- Haut lapique.
- A
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- Z 66 V Art de la Guerre,
- Adroite, quatre fois.
- Demi tour à droite.
- Remettez-vous.
- A gauche, quatre fois*
- Demi tour à gauche.
- Remettez-vous.
- Adoufquetaires, âpre fez, vous.
- Les Moufquetaires fe préparent de même que s'ils allaient tirer, & tiennent leurs moufquets prefts à coucher en joue, & en même temps les Piquiers prefentent la Pique.
- A droite, quatre fois*
- Demi tour a droite.
- Remettez-vous.
- A gauche.: quatre fois*-.
- Demi tour a gauche.
- Remettez vous.
- Prenez, la mefche.
- Remettez, la en fonJiek...
- Jïdoufquet fur /'épaulé.
- Les Piquiers font haut.la.piqué. A-prés le.maniment dés armes , le Major fait doubler les rangs en avant & en arriéré.
- A
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- Seconde partie. î 6y ai droite ou a gauche, doublez, vos rangs
- en avant. JMLarche....
- Le fécond rang entre dans le premier, le quatrième rang dans le troifiéme, & le dernier rang dans le -cinquième : mais cela fe doit faire en forte qu’il n'y ait pas un Soldat qui devance l’autre, & que le mouvement fè faffe tout d'un temps , commençant toujours à partir du pied gauche.
- Pour faire remettre les rangs. Rangs qut avez, doublé remettez,^ vous.
- Ou d'une autre façon.
- Rangs qui avezdoublé prenez, garde a vous.
- Demi tour a droitte. Jïdarche ...., halte.
- Remettez-vous.
- Les rangs qui avoient double s*en retournent à leur place, &les Soldats font demi tour à gauchç pour fe remettre.
- Pour
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- 168 L*a4rt de la Guerre,.
- Pour faire doubler les rangs en avant par demi file.
- Jl droite ou a gauche par chef de de-' mi file, doublez, vos rangs en avant. Marche.
- Le quatrième rang, qui eft le chef de demi file, vient doubler dans le premier, qui eft le chef de file ; le cinquième dans le fécond, & le dernier , qui eft le ferre de file, dans le troifiéme. On les fait remettre de cette façon..
- Par ferre défilé, rangs qui avez, doublé.
- Remettez, vous. Marche.
- Ou comme cy-devant. pour faire doubler les rangs en ar-
- riéré.
- Soldats prenez, garde à vous pour doubler vos rançs en arriéré. .
- o
- Les rangs qui ont doublé ne bougent ji droite, ou agaùche, doublez, vos rangs en arriéré. Marche,
- Le premier rang fait demi'tour à droite, & entre dans le fécond ;
- le
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- Seconde Partie. !<?<$>
- le troifième dans le quatrième, & le cinquième dans le dernier.
- Pour les faire remettre.
- Rangs qui avez, doublé, remettez?* vous. Marche.
- Pour faire doubler en arriéré par ferre de demi file.
- jA droite ou a, gauche, par ferre de demi file, doublez, vos rangs en arriéré. Marche.
- Les trois premiers rangs font demi tour à droite , & le troifième rang, quicft le ferre de demi file, vient doubler dans le dernier ; le fecond dans le cinquième, & le premier dans le quatrième, & font face comme les autres rangs qu'il ont doublez , en faifant demi tour à gauche.
- Pour les faire remettre par chef de file.
- Rangs qui avez, doublé, remettez-
- vous.
- Marche.
- Les files fe doublent & fe remet-
- H tent
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- I7ô U Art de la Guerre. tent de la même façon que les rangs ou à droite, ou à gauche, ou par demi rang , ou par quart de rang, par telle & par queue, fui-vant la volonté de celui qui commande.
- Le quart de Converfion eft une Evolution des plus neceflàires à ^Infanterie.
- Lors qu'on vient pour attaquer le Bataillon en flanc, le Major fait ce commandement.
- A droite ou a gauche, faites un quart de Converfion. Marche.
- Si le quart de Converfion fc fait à droite, la droite tourne infenfible-ment, & la gauche double Je pas jufqu’à ce que le Bataillon fafle telle du côté qu'il avoit fa droite. Si le quart de converfion le commande à gauche, on fait à gauche ce qu’on avoit fait à droite.
- On doit exercer les Soldats à tirer de toutes les façons, de pied ferme, en gagnant le terrain & en le perdant. Pour
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- - Seconde partie. 171 : Pour faire tirer de pied ferme, or* fait cecommandement.
- Les cinq premiers rangs genoux ai terre.
- Mouf'juetaires de ferrefile, aprefiez,* vous.
- En joué, T'irez,.
- Cinquième rang debout. Moufquetaires aprefiez, vous, )
- En joué. Tirez,, &c.
- Et ainfi des autres. Durant que les premiers rangs font leur déchar-* ge, ceux de la queue, qu i ont tiré , rechargent leurs moufquets, & les tiennent prefts pour le premier commmandement.
- Un Bataillon effc quelquefois contraint de tirer de pied ferme -, quand il eft envelopé de Cavalerie Ennemie au milieu d'une plaine. Pour lors le Major doit faire un Bataillon quarré qui faffe teftede tou-* tes .parts, & qui foit fraizé de Pi-quiersfervans comme de murailles , pour empêcher la Cavalerie de fon-
- H 2, €€£
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- 172- U Art de la Guerre.
- ç-er pendant que les Moufquetaires font feu.
- Le Bataillon du Comte de Fontaine à la Bataille de Rocroi, la première de tant d’autres vidoires remportées par Monfeigneur le Prince , tint ferme contre la Cavalerie, & ne pût être défait qu’avec du
- Canon.
- %
- Pour tirer en gagnant le terrain, on fait avancer le Bataillon à mefii-re que les premiers rangs font leur décharge , leur faifant gagner la queue aufïï-tôt qu’ils -ont tiré par ce commandement,
- A droite £r. à gauche par demi rang,
- gagnez, la queue du Bataillon. Marche.
- Quand on veut tirer en perdant ie terrain , le premier rang fait fa décharge, & gagne la queue du Bataillon , de les autres confecjiti-yement.
- Pour faire mettre l’épée à la
- main
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- Seconde partie. 175 main à tous les Moufquetaires d'un Bataillon, apres qu’ils ont tiré, dans le temps qu’ils ont encore le mousquet du côté de l’épée, le Major fait ce commandements Tirez, vos epées.
- A droite 4.fois.
- Demi tour a droite.
- Remettez, vous.
- Agauche q..fois.
- Demi tour à gauche.
- Remettez, vous.
- Remettez, vos efpées.
- Joignez, la main droite au moufqueU-Haut le moufquet.
- Jldoufquetfur l’épaule.
- Repofezr-vous fur vos armes*
- Pofez, vos armes a terre.
- Reprenez, vos armes.
- Jldoufquet fur l’épaule.
- Après le maniment des armes ê£ les Evolutions, fi le Colonel veut faire marcher le Bataillon, il le dira au Major qui fera ce commandement aux Officiers.
- H j
- A
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- i 74 L'Art de la Guerre,
- À droite Gr a gauche Meffiieurs le» Officiers reprenez, vospofes a la tejie du Bataillon.
- Marche.
- Enfuite il fera ferrer les files de cette maniéré.
- Soldats prenez,garde k vous pour ferrer vosjiles.
- Rafle de main droite ne bouge•.
- A droite ferrez, vos fies. Marche. Remettez, vous.
- Lors que les files font ferrées, le Colonel ordonne de quelle façon il. veut faire marcher le Bataillon, & le Major partage les Capitaines, la-moitié pour la telle, & l'autre pour la queue ; il polie les Lieutenans à la telle de chaque divifion de Mousquetaires , les Sous-Lientenans & les Enfeignes à celle des Piquiers, 8c lès Sergens fur les ailles ; il divilè lés Tambours en trois, un tiers à k telle , un tiers aux piques , & Paiitre tiers à la queue ; 8c en cét ordre il. fait défiler fon Bataillon ,
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- Seconde partie. 17 y recommandant aux Sergens de faire dreffer les rangs en marchant.
- Le Major doit faire marcher lé Régiment de toutes les façons en bataille , touts les Officiers à la telle ; faifant prefenter les armes à tout le Bataillon, comme quand on va aux Ennemis : par marche, par demi-marche , par quart, & par demi quart de marche.
- Si le Colonel commande de congédier les Compagnies , le Major remettra le Régiment en bataille an même endroit d’où il étoit party & commencera par retirer les Pi^ quiers du centre du Bataillon pour leur en faire gagner la queue. Piquiers, demi tour a droite.
- Marche......Halte.
- Remettezj-vous.
- Il fait enfuite joindre les deux manches de Moufquetaires.
- Moufquetaires, à droite O* a gau* che. Marche.
- ILa manche de main droite fait I
- H. 4 gauche*
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- ï:J6 L'Art de la Guerre.
- gauche , celle de. main gauche à droite, & toutes les deux manches marchent tant qu’elles le rencontrent». Pour les faire remettre.
- Remettez-vous.
- Ceux qui avoient fait à gauche •font à droite, & ceux qui avaient fait à droite font à.gauche, Apres il fait ce commandement aux Ph-quiers.
- Piquiers a vos Compagnies.
- Aiarche.
- Les Piquiers fe ièparent, &vont prendre la queue des Moufquetai-res de leurs Compagnies. ; Le Major renvoyé les Compagnies dans leurs quartiers, les failant défiler en bon ordre les unes apres les autres, Tambours b.attans, & les Officiers à leurs poftes ordinaires.
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- Façon defaire défier un bataillon, tes Officiers à leurs pofles.
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- lÿ.8 U Art de la G uerre,
- EXPLICATION DE LA prefedente Figure.
- CEtte Figure reprcfcnte un Bataillon que l’on fait défiler par div-ifion de fix de front, pour apprendre les Soldats à bien marcher. A. Le Colonel à la tefte de fon Régiment.
- B. Le Lieut. Colonel à fa gauche, aaa La moitié des Capitaines à la-.tefte, & l’autre moitié à la queue., bbb. Les Lieutenaris à. la tefte de chaque divifion de Moufquetaires.: ccc. Les Sous-Lieutenans à la tefte.
- des divifions de Piquiers. dd. Les Sergcns fur les ailles des divifions.
- aee. Les Tambours à la-tefte , an-centre & à la queue.
- F. G Le Major & l’Aide Major;
- font défiler le Bataillon. - ' ooo. Les divifions des Moufquctar-res.
- lll.Xes divifions desPiquicrs. --
- * • Ch A**
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- Seconde partie. 1 Ch api tre XVIII.
- De l3ordre que doit tenir un Régiment-d3Infanterie en un jour de Bataille.
- A Prés avoir parlé de la maniéré dont on doit exercer les .Soldats, il ne fera pas hors de propos de donner icy une petite inftrudion de Fordrc que doit tenir un Régiment dJInfanterie aux jours de Bataille , comme je Pay veu pratique^, par feu Moniteur le Vicomte de Tu renne, fous lequel j'aye eu 1-honneur de lcrvir.
- Le Bataillon eftant formé, comme je Pay dit cy-delfus, les Moufque-taires fur les ailles, & les Piquiers dans le centre ; le Major le conduit aupofte où il doit combattre, & le Colonel prend là place à la tefte des Piques , deux pas devant les Officiers qui doivent eftre fur une mês-
- H 6- me.
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- î’8 o L’ Art delà Guerre,
- me Ligne, un grand pas & demi devant les Soldats, ayant à.Tes cotez deux Capitaines de quatre des meilleurs Sergens derrière lui, aav mez outre leurs hallebardes, chacun de deux piftolets de ceinture. Il ordonnera enfuite au Major de former une file de Sergens fur. chaque aille dû Bataillon, & dé détacher pour là queuë trois Capitaines, trois Lieutenans, & autant de Sous-Lieu-tenans ; outre trois Lieutenans 8s. trois Sous-Lieutenans qu'il fera po-Rer furies ailles.
- Il fera marcher fou Régiment.à petitpas& fans aucun bruit , obfer-vant toujours le mouvement de ceux qui font fur la droite de laLi-gne, & laiflant entr'eux & lui un intervalle de 6o‘ ou de 70.. pas, & dés qu'il approchera, ou qu'il .fera tantoft à une demi portée de mouf-quet de la Ligne des Ennemis, il fe* ra rentrer les Drapeaux dans le centre du Bataillon, & -Jes Officiers
- dans.
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- Secondepart h. i"8»i
- dans le premier rang, commandant aufli-toft aux Soldats de ferrer leurs rangs à un pied de la pointe de l'épée, pour les faire tirer rang apres l'autre, de la maniéré que j'ay dit dans le Chapitre precedent, où j'ay démontré comme ilfalloit tirer de pied.ferme les cinq premiers rangs les genoux en terre, ou en leur fài-fant gagner la queue du Bataillon.ù mefure qu'ils a voient tiré..
- Chapitre XIX..
- Des Détachements..
- !
- DEtaefiement eft un certain nombre d'Officiers &-de Soldats que le General fait fournir par Régiment pour employer à ce qu'il juge à propos. Les Détachemens fè font parCompagnies, pour partager entr* elles là fatigue & la perte qui pourroit arriver.
- H 7 A
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- ïS 2 jU Art de la Guerre,
- A deux ou trois mille hommes détachez de Tannée, Ton y commet un Brigadier & des Officiers à proportion.
- A huit cens hommes il faut un’ ‘Colonel, un Lieutenant Colonel, un Aide Major , feue Capitaines r autant de Lieutenans , autant de Sous-Lieutenans ou d'Enfeignes ,& trente-deux Sergens.
- On donne à un Lieutenant Co-
- lonel quatre ou cinq cens hommes,, des Officiers & des Sergens à proportion.
- Un Capitaine ne marche jamais dans des détachemcns fans cinquante Soldats, un Lieutenant un Sous-Lieutenant ou un Enfeigne, & deux Sergens.
- On ne donne à un Lieutenant que trente hommes & un Sergent. A. un Sous-Lieutenant que vingt, hommes-& Un Sergent,* & les En-feignes ne marchent qu'avec les Ca-
- pitaines,
- /•
- V
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- Seconde partie. z 8 ï -
- ' Un Sergent eft ordinairement commandé avec dix ou douze hommes , & quelquefois on lui en donne jufqu'a quinze.
- Les détachemens qu-on donne à. commander aux Mettrez de.Gamp t font de trois à quatre cens Maîtres t Ceux des Capitaines de. Chevaux légers de cinquante, ceuxdeLieu-tenans de trente , ceux de Corne-tes de vingt, ceux des Marefchaux des logis de quinze , & ceux des Brigadiers de dix ou douze Maîtres.
- Lors qu'il faut forcenm retranchement , emporter un chemin couvert , gagner une demi-lune , &. monter à l'alfa ut, on fait un détachement dé bons Soldats par Compagnies , que l'on appelle ordinairement les Enfans perdus , parce-qu'ils doivent donnerles premiers^ & faire le palfage aux autres. L’Attaque fe commence toujours par un*. Sergent ayec dix hommes, foivis.
- 1 ' • - d'un.
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- r$4 VArt de la Guerre,
- d’un Lieutenant avec trente, fou-tenus par un Capitaine, un Lieutenant, un< Sous-Lieutenant ou un enfeigne avec cinquante , qui font appuyez de tout le Régiment.
- Les Détachemens de plufieurs Officiers fe font toujours par tefte & par queue : Par exemple : Si un Régiment eft obligé de fournir quatre Capitaines le Major en commandera deux de la, tefte-, & deux de la queuë : la mêmechofe fe fait à Tégard des Lieutenans, des Sous-Lieutenans & des Enfei-
- gnes<
- Les Détachemens pour la garde des Officiers generaux ne fe font jamais par brigades, mais par chaque. Régiment en particulier à qui cét honneur appartient. Le premier Régiment de PArmée-fournit la Garde-, du General, le fécond celle du Lieutenant, lctroiiiéme celle de l’Officier General qui fuit, & les autres, confecutivement^.
- Ch a*-
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- Seconde. Partie.
- Chapitre XX.
- Pie la Marche d’un Régiment.
- *
- LOrs qu*un Régiment doit fortir dJün quartier le Major- en avertit les Sergens dés la veille, & donne ordre aux Tambours de battre aux champs le lendemain deux heures devant le jour, afin que les Soldats ayent le temps de s’apre-fter.
- Le Maréchal des Logis va prendre Tordre de celui qui commande, & part avec les Fouriers des Compagnies deux ou trois heures devant le Régiment, pour aller marquer les logemens au quartier oii.il doit la* ger..
- Le Prevoft alfemble les Bagages, & les fait partir devant le Régiment-, quand il n’y a point d'Enne-mi à craindre , prenant lui-même le foin de les .conduire.
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- i8<j Zfj&rt de la Guerre,
- Le Major doit commander des la veille un Sergent avec dix hommes , à qui il ordonne de partir le lendemain à la pointe du jour, & de le pofter fur la route que le Régiment doit tenir, pour empefcher qu'aucun foldat ne prenne les de-vans fans un congé par écrit de fon Officier»
- Quand toutes chofès font difpo-fées, & que le Major a fceu du Commandant l’heure que les Compagnies fe mettront en Compagne* il commande aux Tambours de battre FAfTemblée. Au fon de l'Afîèm-blée les Soldats fe doivent rendre devant le Logis de leurs Capitaines 9 & auffi-toft que le dernier eft battu, les Officiers font prendre les armes à leurs Compagnies, .& les conduisent en bon ordre au rendez-vous, où le Major a foin de les recevoir, & de les mettre en bataille à mcfure qu'elles y arrivent. Le Bataillon étant formé, il fait publier un ban-11 de
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- . Seconde Partie. 187 de la part du Roi^ par lequel il eft deffendu aux Soldats de quitter leurs rangs fur peine de punition corporelle ; il fait enfuite un détachement de dix hommes commandez par un Sergent qu'il lailïé à l'A-ricre-Garde pour faire ferrer les traîneurs j & après avoir donné les poftes aux O fficiers, il fait défiler le Régiment par quatre ou par fix au plus à caufe des chemins, n'étant pasneceflairede les faire marchera travers champ.
- Les* Tambours marchent environ vingt pas devant le Bataillon r leurs Caillés troulfées à la relcrve-de celui qui bat, qu'on doit relever de lieue eu lieuë.
- Les Lieutenans & les Sous-Lieu-tenans doivent prendre garde qu'aucun Soldat ne forte de la divifion, à moins qu'il n'en ait necellité. Pour lors il laifïèra fon moufquet ou fa pique à fon camarade, & un Sergent. aura charge de l'attendre, de
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- i88 JJ An delà Guerre,
- de le faire remettre dans fon rang;
- A la mo-itié du chemin, le Commandant fera faire halte au Régiment durant deux heures, choilif-fant pour cela un endroit où il y ait de Feau, & qui foit éloigné des Villages.
- Quand le Régiment eft prés- du quartier , le- Maréchal des Logis, qui doit avoir déjà logé les Equipages , vient au devant avec les Fou-riers, & rend compte au Colonel de l’état du logement. Le Major fait déplier, les Drapeaux, & allumer, les mefches, il partage les Tambours , & fait entrer le Régiment en bon ordre dans le quartier juf. ques fur la Place d’Armes, oùille remet en bataille : il établit un Corps de garde pour empêcheriez defordres durant lamuit, il fût conduire les Drapeaux chez le Commandant , & fait pofêr une Sentinelle à fa porte, il ordonne enfuite aux Sergcns deveniràTordre àquelque
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- Seconde partie. 189
- heure du foir, & aux Tambours de battre la retraite : il détache un Sergent pour garder le Magazin où fe fait la diftribution des Eftappes, de apres avoir pourveu à tout, il envoyé chaque Compagnie dans le quartier qui lui a été deftiné. Le Commandant donne tous les foirs au Major les ordres pour la marche du lendemain.
- Chapitre XXI.
- Du Confeil de Guerre.
- T E Confeil de Guerre de PAr-JLmée s'afïèmble toujours chez le General, & il n'y fait appeller que lesLicutenans Generaux, les Maréchaux de Camp, les Brigadiers , & quelquefois les Colonels, ou les Commandans des Corps, quand il s'agit d'affaires qui concernent leurs Regimens. •
- Les Confeils de Guerre particuliers
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- $t)o L’Art de la Guerre. liers fe tiennent chez le Gouverneur, dans une Place, & en campagne chez le Colonel du Régiment qui fait avertir les Capitaines de s’y trouver. Quand .chacun eft affemblé, le Gouverneur, ou le Colonel, ou celui qui commande, prend place au bout de la table, les Capitaines s’afféent à 1 entour fui-vant leur ancienneté ; c’eft à dire le premier Capitaine à la droite de celui qui prefide, le fécond à la gauche, &ainfides autres ; Et le Major qui fait les fondions du Procureur du Roi fe met au bas de la table. Les Lieutenans, les Sous-Lieu-tenans & les Enfcignes ont droit d’entrer dans la chambre où fe tient le Confeil, pour apprendre; mais ils y demeurent debout & chapeaux bas derrière les Capitaines, fans qu’il leur foit permis de donner leurs avis.
- Si le Confeil efl convoqué pour y délibérer quelque affaire de con-
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- Seconde partie. iy ï Séquence , le Prefident apres en avoir fait rapport à l’Aflèmblée, demande les avis. Le dernier Capitaine commence à donner le lien , les autres confècutivement julqu'au Prefident qui n'opine que le dernier. Le Greffier apres avoir écrit les avis d'un chacun, drefle le rcful-tat conformément à la pluralité des voix, qu'il fait ligner par le Prefident, & par les Capitaines.
- Si le Confeil le tient pour juger un Criminel, les Officiers qui y font appeliez s'y doivent rendre à jeun, êc après avoir oüy la Méfié s'ils le peuvent, chacun ayant pris place, & le Greffier ayant faitleéfu-re des informations, recollement, confrontation, & de l’interrogatoire j le Prefident fait amener le Criminel dans le Confeil où il le fait afleoir fur la Sellette , l'interroge fur tous les faits dont il eft accufé,; & le renvoyé en prifon. Le Greffer fait enfuitc le<5lure des cônclu-
- fions
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- U Art de la Guerre, fions du Major, & chacun juge fui-vant fa confidente, 8c les Ordonnances du Roi. La Sentence fè drefle conformément à la pluralité, des voix, & fe prononce au Criminel au nom du Gonfèil de Guerre.
- Quand le Criminel eft condamné à quelque peine s le Prevoft fait exccuter la Sentence, & le Major fait affembler les Compagniespour être prefentes à l'execution. Avant de livrer un Soldat à un Bourreau pour être puni de quelque peine portant infamie , il doit être publiquement dégradé des armes par le Major.
- Le Confèil de Guerre ne doit jamais être de moins que de fèpt Officiers : quand il ne fe rencontre pas allez de Capitaines pour remplir ce nombre , Pon y appelle des Officiers fubalternes, jufqna des Scr-«ens.
- Ch a-
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- Charges des compagnies
- de la Maiion du Roy^
- Gardes du Corps.
- LE Roi a quatre Compagnies de Gardes à cheval, commandées par quatre Capitaines qui fervent par quartier auprès de la perfonae de Sa Majefté.
- Il y a deux Lieutenans dans chaque Compagnie, deux enfcignes, 8c douze Exempts.
- Un' Major & deux Aides Majors pour toutes les quatre Compagnies.
- -Les Compagnies des Gardes du Corps font;
- LaCompagnie de Mr. le Duc de Noailles. Mr. le Comte Dayen fon Fils receu en furvivance.
- I La
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- 1^4 L* Art de la Guerre.
- La Compagnie de Mr. le Maréchal de Duras.
- La Compagnie de Mr. le Maréchal de Luxembourg.
- La Compagnie de Mr. le Maré* chai de Lorge.'
- Gendarmes.
- LEs Compagnies de Gendarmerie ont pour Capitaine lç Roi, la Reine, & les Princes de qui elles portent le nom ; un Capitaine Lieutenant, un Guidon,. & deux Maréchaux des Logis.
- Les Compagnies de Gendarmes font ;
- La Comp. des' Gendarmes- du Roi, commandée par Mr. le Prince cle Soubife.
- La Compagnie des Gendarmes BfcoiTois commandée par Mr. le Marquis de Livourne.
- La Compagnie des Gendarmes
- de
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- Seconde Partie. tp § de la Reine, commandée par Mr. le Marquis du Garo.
- La Compagnie des Gendarmes de Monfeigncur le Dauphin, commandée par Moniteur le Marquis de la Troufle.
- La Compagnie des Gendarmes d'Anjou, commandée par Monlr. le Marquis de Genlis Maréchal de Camp.
- La Compagnie des Gendarmes de Bourgogne , commendée par Moniteur le Comte de Broglia.
- La Compagnie des Gendarmes Anglois commandée par Moniteur.
- La Compagnie des Gendarmes de Flandre commandée par Mr. le Comte de Marlin. ;
- La Compagnie des Gendarmes de Moniteur, commandée par Mr. le Marquis de la Roque.
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- îp<5 L’Art de la Guerre ,
- , Chevaux Légers.
- Es Compagnies des Chevaux
- .JLfLegers ont pour Capitaine le Roy, la Reyne, Sc les Princes de qui elles portent le nom ; un Capitaine Lieutenant, - un Sous-Lieutenant , un Cornete , & deux Maréchaux des Logis;
- Les Compagnies des chevaux légers du Roy lont ; ,
- La Compagnie des chevaux légers de la garde du Roy,. commandée par Monsieur le Duc de Chevreufe.
- La Compagnie des chevaux légers de la Reyne, commandée par Monfieur *
- La Compagnie des chevaux légers de Monfeigneur le Dauphin, commandée par Monfieur le Comte de Mirinvillc.
- La Compagnie des chevaux légers de Mr., commandée par,Mr. le Marquis de Valfemay.
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- Seconde partie.
- i
- JMouÇauetaires.
- 197;
- Es deux Compagnies deMouk
- =»—'quetaires qui combatent, tan-toft à pied, & tantoft à cheval, ont pour Capitaine le Roi, un.Capital ne Lieutenant par Compagnie, un Sous-Lieutenant, unEnfeigne, un Cornete, & fis Maréchaux des Logis.
- Les Compagnies des Moufque-. taires font ;
- La Compagnie des Moufquetaî-; res Gris, Commandée par Mr. I© Chevalier de Fourbin.
- Là Compagnie des Moufquetai-res Noirs, commandée par Mon^ fieur de Ionyel. .
- Charges de la Cavalerie Legerel
- LE Colonel General-, Monfieut le Comte d’Auvergne.
- I
- 1 ^
- Le
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- 1^8 L’Art de la Guerre,
- Le Mettre de Camp General Mr. le Marquis de Renel.
- La Compagnie des Granadiersà cheval de la maifon du Roi, a pour Officiers un Capitaine, 2. Lieute-nans, 2.Sous-Lieutcnans, 2. Maréchaux des Logis, & 4. Sergcns.
- Le Commiflàire General, Moniteur de la Cordonnière, & deux Maréchaux des Logis.
- Chaque Régiment a fon Mettre de Camp , un Major & un Aide Major ; & chaque Compagnie a fônCapitaine, un Lieutenant, un Cornete, & un Maréchal des Logis. Les Regimens qui marchent fur le pied dJEtrangers, ont des Lieüte-nans Colonels.
- Les principaux Regimens de Cavalerie font 1
- Le Régiment Cononel.
- Le Régiment Mettre de Camp.
- Le Régiment Commiflàire.
- Le Rcgiment de Cuiraflîers du Roi,
- Le
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- Seconde partie. 199
- Le Régiment du Roi.
- Le Régiment Royal.
- Le Régiment de la Reine.
- Le Régiment de Cravates du Roi.
- ; LeReg. Royal de Rouflillon.
- Le Régiment de Monfeigneur le Dauphin.
- - Lé Régiment de Moniteur.
- • Le Régiment de Monfeigneur le Prince.
- Le Rçgiment de Moniteur le Duc, &c. * •
- Charges des Dragons.
- LE General des Dragons, Moniteur le Marquis de Ranes.
- Dans chaque Régiment il y a un. Colonel, un Lieutenant Colonel, lin Major, un Aide Major: & il n’y à pas de-Compagnie dans laquelle il n’v ait mi Capitaine , un Lieutenant . un Cornete, un Maréchal des Log is, • & deux Scrgens.
- . I 4
- Les
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- %oo L’Art de Î4'Guerre,
- Les principaux Regimens des .Dragons font ;
- • Le Régiment du Roy, commandé par Monfieùr le Marquis de Til-ladet. ‘ t .
- Le Régiment Royal, commandé par Monfieùr le - Marqjiis de Boufflers.
- . Le Régiment de la Reyne, commandé par Monfieùr Denonville.
- Le Régiment de Monfeigneur le Dauphin, commandé par Mr. le Marquis de Longueval.
- Charges d>Infanterie.
- LE Régiment des Gardes TFrafi-çoifes, a pour Officiers , un Colonel, un Lieutenant Colonel ; un Major, quatre Aides Majors, & un Maréchal des Logis;. & chaque Compagnie a fon Capitaine, un Lieutenant, deux Spus-Licutenans,. un Enfeigne, & fix Sergcns.
- Les
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- Seconde partie. loi
- Les autres Regimens François ont chacun un Colonel , un Lieutenant Colonel, un Major , deux Aides Majors , un Maréchal des Logis, & deux Enfeignes ; & dans chaque Compagnie il y a un Capitaine, un Lieutenant , un LieutenantReformé, & deux Sergens^ Les Suilfes ont pour General Mr. le Duc du Maine.
- Un Colonel par Régiment, un Lieutenant Colonel, un Major , deux Aides Majors , & un Grand Juge; & dans chaque Compagnie ùn Capitaine , un Lieutenant, un Sous-Lieutenant, un Enfcigne , quatre Sergens, un Prevoft, un J tige , un Capitaine dJA rmes, un Fou-rier, un Secrétaire , & un Porte— Enfeigne.
- X T Les
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- loi i?Art de la Guerre,
- Les Principaux Regimens François.
- LE Régiment des Gardes, comr mande par Moniteur le Maréchal delaFeüillade.
- Le Régiment dç Picardie, commandé par Mon fleur le Comte de Bourlemont.
- Le Régiment de Champagne , commandé par Monfieur de BoiC-david.
- Le Régiment de Navarre, commandé par Mr. le Marquis d’Al-bret.
- Le Régiment de Piedmont, commandé par Monfieur de Maqueli-ne.
- Le Régiment de Normandie, commandé par Monfieur. le Comte de Guifcar.
- Le Régiment de la Marine, commandée par M. Mathieu de Cattelas.
- Le
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- Séconâe Partie, 2 o 5-
- Le Régiment du Roy, commandé par Mon fleur de Saint George.
- Le Régiment Royal, commandé par Moniteur le Marquis de Pier-refite.
- Le Régiment de Monfeigneuf le Dauphin, commandé par Mon-lîeur le Marquis d’Uxel.
- Le Régiment d’Anjou, commandé par Monfîeur le Comte de Saint G cran'.
- Le Régiment de la Reine, commandé par Monfîeur le Marquis de Crcnan.
- Le Régiment Royal des Vaifîè-aux , commandé par Monfîeur le Comte de Breft.
- Le Régiment de la Couronne, commandé par Monfîeur le Marquis de Genlis.
- Le Régiment Royal de la Marine, commandé par Monfîeur le Marquis de Nangis, &c.
- I 6
- Les
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- 204 L3Art de la Guerre y
- Jhes principaux Regimens Etrangers qui fervent en France*
- T E Régiment des Gardes Suifiès y “-'commandé par Moniteur le Colonel Molondin. .
- ^Le Régiment Ecofiois, commandé par Monfieur Douglas.
- Le Régiment Royal de Roulîîl-lon , commandé par Monfieur de Ximenes. .
- Le Régiment d^Alfacc, commandé par Monfieur le Prince Palatin Rikenfei.
- Le Régiment Royal Italien,commandé par Monfieur le Comte de Magalotti. &c.
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- Seconde partie. lof
- . ^
- filles y Citadelles, Chajleaux, O*. Forts on le Roi entretient Garni-
- : M
- ' Sn Picardie.
- T A Citadelle de Laon.
- Les Villes & Chafteaux de Gui* fe fur la Riviere d'Qife.
- La Fere fur la Rivière d'Oifè. Saint Quentin fur la Riviere de Somme.
- Les Ville ScChafteau- de Ham furlaSomme.
- Les Ville & Chafteau de Peron-në fur la Somme. ‘ -
- La Citadelle d'Amiens fur la Somme.
- Les Ville & Citadelle de Dou-lens fur la Rivière d’Auttie.
- Les Ville & Citadelle de Mon-ftreüil fur la Riviere de Canehe.
- Le Chaftcaiv de* îa=Ville de Boulogne fur-la Mer, à l'embouchure de la Riviere de Lianne.
- .1 7 Le
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- Jo6 UArt de la Guerre,
- Le Fore Niolet proche la Mer, a une demy-lieuë de Calais.
- Les Ville & Citadelle de Calais, & le Fort du Rieheban dans Centrée du Port.
- Ardres. ...
- En Flandre.
- La Ville de Gravelines proche la Mer liir la Rivicre d'A a.
- Les Ville & Citadelle de Dunkerque, Port de Mer.
- Le Fort de bois dans la Mer, entre Dunkerque & Gravelines.
- Eergue Saint Vinox fur la petite Riviere de Çplme. Mont-Cafèl.
- Le Fort de Lincx fur la Riviere de Colme.
- Le Fort de Loiiis , & le Fort François fur le Canal de Dunkerque à Eergue.
- . Les Vi'ile & Citadelle de Lille.
- Les Ville & Citadelle de Cour-tray fur la Rivicre de Lis.
- Oudcnarde fur PEfcaut.
- Ath fur la R^yierç d'Ander.
- Les
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- Seconde partie- 207 Les Ville & Citadelle de Tour-nay, furl'Efcaut.
- Les Ville & Citadelle d'Ypres. Les Ville & Chafleau deGand, fur rEfcaut & la Lis.
- Orchies.
- La Ville de Doüay, & le Fort de Scarpe fur là Riviere de Scarpe.'
- En Artois.
- Les Ville & Citadelle d'Arras fur la Riviere de Scarpe.
- Bethune.
- Hefdin fur la Rivière de Canche. Bapaumc. »
- La Ville d’Aire & fori Fort fur la Riviere de Lis.
- S. Orner & fes Forts fur la Ri vie*
- re d'Aa.
- «
- 4
- En Hainault.
- ' Avefne fur une petite Riviere qui fe jette dans la Sambre.
- Landrecy fur la Sambre.
- Le Quefnoy,,
- Bon-»
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- 208 L’Art de la Guerre,
- Bouchin fur -l’Efcaut.
- Condé fur ^embouchure d’Haif-ne dans l’Efcaut.
- Philippeville.
- Charîeroy fur la Sambre. Beaumont & Binche. Valanciénnes fur l’Efcaut 3
- Dans le Cambrejts.
- lcs Ville & Citadelle de Cam-br ay fur l’Efcaut..
- Dans le Liege.
- \
- La Ville de Maftrick fur la Meu-
- fe.
- Les Ville & Chaftcau de Dinan furlaMeufe.
- ' Dans le Duché de Luxembourg. Montmidy.
- Thionville fur la Mofelle:
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- Seconde partie.
- ao>
- En Lorraine.
- Les Ville & Citadelle- de Stenay fur la Meufe.
- Les Ville & Citadelle de Verdun fur laMeufe.
- Les -Ville & Citadelle de- Metz fur la Mofellé. '
- T oui fur la Mofelle.
- Nancy fur la Riviere de Meur«# the.
- Marfal fur la Riviere de Seifie. Sarcbourg fur la Sarre# Phalefebotirg.
- Le Chafteau dJlf, & la Tour de Planicr dans la Mer.
- La tour de Bovc proche Martigues fur le bord de la Mer.
- Sur les Frontières d’Italie.
- Les Ville & Citadelle de Pigne-rol fur les frontières de Piémont,
- La Ville & Principauté de Mo-
- llZr»
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- a I o L*Art de la Guerre >
- naco, Port de Mer fur les frontières de Gennes.
- En Languedoc.
- La Citadelle duPont S. Efpritfur le Rhofne.
- La Citadelle de Montpellier.
- Le Château de Sommieres. . ;
- Aigue-Morte fur un Bras du Rhofne à fon embouchure.
- , Le Fort Peccay fur un autre bras du Rhofne à Ton embouchure.
- Ville-Neuve à’Avignon fur le Rhofne.
- Le Fort de Brefcon dans la Mer , à une lieue dJAgde.
- En RoufpJlon.
- Le Châfteau de Salfes fur l’E-ftang delà mer.
- Les Ville & Citadelle de Perpignan , fur la Riviere de Latet.
- Les Ville & Citadelle de Coliou-re, fur le bord delà mer.
- Ville-Franche fur la Riviere de Latet.
- Le
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- Seconde partie* 211 Le Fort des Bains d* A ries vers les Pyrénées.
- Le Château de Bellegarde , au milieu /du Col de Permis dans les Pyrénées.
- Puycerda en Sardaigne , - fur la Segre.
- JDans la bajfe Navarre.
- Les Ville & Citadelle de S. Jean Piéddeport, fur laRiviere deNiye.
- Navarin fur le Gave d’Oleron.
- *
- /
- En Gafcognè.
- Le Château Trompette de Bordeaux fur la Garonne.
- La Citadelle de Blaye fur la Garonne.
- . La Tour de Cordoüan à l’embouchure de Garonne.
- Bayonne fur la. Rivière d'A-dour.
- La Telle de Buch, fur le havre d'Arachon.
- En
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- 312 IfArt de la Guerre y
- En Alface»
- Brifac fur le Rhin.
- Savcrne.
- Belfort;
- Fribourg en Brifgaüt.
- Sleftat fur la Rivière Dilie.
- En Champagne»
- Rocroy
- Les Ville & Citadelle de Mezièrs-furlaMeufe. ,
- Le Mont Olimpe fur la Meufe , Charleville. •. /
- Les Ville & Chafteau de Sedan fur la Meule.
- Le Chafteau de Sainte Menehoul-de, fur la Riviere d’Ain.
- Le Chafteau de Saint Dilicr fur la Marne.-
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- Seconde partie* 21 j En Bourgogne.
- Le Chaftcau de Dijon, fiu* la Rivière d’Ouche.
- Les Ville & Chafteau d’Auffion-,ne fur la Saône.
- La Citadelle de Chalotis fur la Saône.
- En Frœnchê-comté.
- Les Ville & Citadelle de Befan-çon fur ie Doux.
- Dole fur le Doux.
- Grcy fur la Saonne.
- _4
- Le Fort Sainte Anne.
- Le Fort de Joux fuir le Doux.
- Dans le Liohnois.
- La Ville de Lyon fur la Saonne, le Rhofne.
- En, Dauphine.
- La Citadelle de. Valence fur le Rhofne'
- LC
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- 314 V Art de la Guerre,
- Le Fort Bataux fur la Riviere dé Lifere.
- La Citadelle .& l'Arfenal de Grenoble fur Lifere.
- Le Fort de la Perouze à l'entrée d'Italie.
- En Provence.
- La Citadelle de Marfèille Port de mer.
- Notre-Dame de la Garde proche Marfeille.
- Le Château de Lai&oure, fur la Riyiere de Gers.
- En Xaintonge.
- \
- Eroüage fur le bord de la mer.
- Le Château de l'Ifle d'Oleron^
- S. Martin de l'Ifle de Ré.
- En Bretagne.
- La Citadelle de Belle-Ifle.
- Bla-
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-
- Seconde^partie. 21 y
- Blavet ou lé Port Louis à l'embouchure de la Riviere de Blavet.
- Breft , ‘ Port de mer fur la Baye de Breft.
- Le Château de. Nantes fur la Riviere de Loire.
- Dans VAnjou.
- »
- Le Château d'Angers fur la Ri*' viere de Loire.
- Le Château de Saumur fur là Loire.
- Ën Normandie.
- La Citadelle du Havre de Gra* ce, Port de mer à l'embouchure de la Seine.
- Le Fort du Mont Saint Michel dans la mer.
- Le. Château de Caën fur la Ri-.viere d'Orne.
- Là Citadelle de Dieppe, Port die mer à l'embouchure de la Riviere d'Éaune.
- EX*
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- tiC U Art deJla Guerre,
- __j i---, ,, i i a « - -
- EXPLICATION DES TERMES de Guerre.
- \
- CAmp volant eft: un petit Corpi d’Armée, qui tient la campagne poiirs^oppofer aux courfcs des Ennemis, incommoder leurs Pais, empêcher leurs Convois, & te jet— ter dans les Places qu’ils auroient deflein d’aftïeger.
- j8r#>^teeftune divifion de l’Ar-
- r ^
- mee.
- Avanigarde eft une partie de PArmée, qui tient le devant quand elle marche.
- Corps de Bataille eft le Gros de P Armée qui marche entre Pavant-garde & l’arrieregarde,
- - uirrieregarde eft une partie de PArmée qui marche apres le Corps de Bataille.
- Colonne eft la file d’une Armée quand elle marche.
- Li-
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- Seconde partie. 217
- Lignes font plufieurs Regimens ran* gez en bataille.
- Ailes font les Regimens poftez fur la droite . & fur la gauche des Lignes quand l’Armée eft en bataille*
- Corps de referve eft une partie de l'Armée que le General fait pofter derrière les Lignes aux jours de Combats, pour fecourir les Poftes les plus foibles.
- Partis, ce font Gens commandés pour aller à la Guerre 3 obliger les Pais ennemis à contribuer 9 faire des Prifon-niers » & fçavoir de leurs nouvelles.
- Convois> Efcortes pour conduire les Munitions neceffairesà l’Armée,
- Camp, endroit où loge l’Armée en pleine Campagne.
- Quatier du Roi eft le lieu où1 logent le General, les Officiers Generaux, & tout ce qui eft de leurs fuite.
- Parc , endroit de Campement de l’Artillerie.
- Efcadron. Plufieurs Cavaliers rangez en Bataille fur trois rangs.
- Bataillon. Plufieurs Gens de pied rangez en bataille. Un Bataillon eft com-pofé de deux Manches de Moufquetaires, & du Centre de Piquiers.
- Défilé. Endroit eftroit & ferré, par lequel on ne peut pa fier qu’à la file.
- Dqî/wn’eft autre chofe que marcher
- K par
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- 2i8 L’Art de la Guerre,
- par quatre* par lix > par manche * par demy manche» ou par quart de manche.
- ' Divifion, fix rangs de Soldats quand un bataillon défile.
- Faire Halte» s’arrefter à quelque endroit.
- Lagrande Garde eft un Efcadron polie à une demie lieuê au delà du Camp du cofté des Ennemis, pour garder l’Armée.
- Corps de Garde. Joidats-commis pour garder un polie fous le commandement d’un ou de plufieurs Officiers.
- Sentinelle, Soldat que l’on met à quelques pas du Corps de Carde pour écouter & avertir.
- Vedette » Cavalier en Sentinelle.
- Eflre en faBion » éft la même choie qu’eftre en Sentinelle.
- Faire ronde » c’eft aller autour des Remparts & des Rctranchemens durant la nuit, pour écouter dans les dehors 9 & voir fi les Sentinelles font dans leur devoir.
- Faire Patrouille» aller par les quartiers durant la nuit pour empefcher les defor-dres.
- Evolutions , mouvemens & figures
- U
- qu’on fait faire aux Bataillons.
- Monter à l'ajfaut » monter à une bre-fche » efcalader, entrer dans une Place avec des elchelles» Em~
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- Seconde partie. 21 ^
- Emhujcaâe. Endroit où l’on fe cache pour furprendre les Ennemis au paflàge.
- Détachement. Certain nombre d’Of-ficiers& de Soldats qu’on fait fournir par Regimens.
- Occuper les hauteurs. Sefaifir des lieux qui commandent.
- Bloquer une Place. Se fàifir des ave-nuês.
- Faire feu. Tirer inceflàmment/ -
- Enfiler. Tirer le long, d’où vient l’oifr vrâge enfilé.
- Coucher au Bhovac, pafièr les nuits-fous les armes..
- Faire main baffe. Paflèr tout au fil de l’cpée.
- Attaquer en flancs Attaquer par les collés.
- Explication oies Pièces , Noms
- Cr Termes propres a l’-Art de Fortifier.
- P Lan Reprefentation d’un Ouvrage dans fes longueurs & largeurs.
- Profil, Exprelfion du même Ouvrage reprefenté dans les hauteurs & largeurs.
- Redoute. Petit ouvrage à quatre faces
- K 2 avec
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- •2 2,0 &* Jîrt de la Guerre
- avec un fimple Parapet ou levée de terre d’un.Foffé. tout autour.
- . Etoilr, Ouvrage à plufieurs faces çompolé de parties qui fe flanquent l’une l’autre.
- Flanquer. C’eft défendre de flanc ou de.cofté.
- Eflre flanqué. C’eft eftre défendu de cofté.
- L’a:gle flanquant. C’eft reluy qui fè retire dans la face , dit pour cela Angle rentrant.
- L’angle flanqué. Eft celuy qui fort & s’avance, dit pour cela angle faillant ou pointe.
- Parapet. Levée de terre pour couvrir le Défendant.
- Banquette. Degré de terre ou de gazon pour tirer par defîiis le Para-: pet.
- Retranchement. Endroit retranché & Couvert pour y tenir ferme.
- Réduit, Détour ou retour pour prendre l’Ennemy par le flanc quand il avance.
- Epaulement. . Face ou pan de muraille ou de terre qui couvre les défen-dans.
- Enceinte. Pour, tour d’une Place compofée de Baftions & de Courtines-
- B dm
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- Seconde partie.. 22 ï
- Bafiion. Boulevard fait en A ngle /aillant , avec deux faces & deux flancs garnis de parapet & de banquette.
- Cavalier. Motte de terre élevée pourypofter le Canon & commander l’Ennemy,
- Rideau, Lieu propre pour venir à couvert jufqu'au pied d’une Place comme leroit un tertre ou une colline.
- Orillon, Petite avance partiquée à la pointe de l’épaule d’un Baftion, pour couvrir le flanc.
- Circonvallation , <Sf Contrevallation 9 eft un compofé de redoutes, de fortins & d’angles, avec des tranchées, &des lignes de communication de l’un à l’autre j tout au tour d’une Place affiegée,
- Tranchée. Levée de terre en Parapet avec un folle du côté de l’Ennemy.
- Lignes en dedans. Le folle vers la Place , pour empefcher les forties.
- Lignes en dehors. Le folle vers la Campagne pour empefcher les Secours.
- Lignes de Communication , qui vont d’un ouvrage à l’autre.
- approches. Tranchées d’aproche vers la Place pour l’attaquer ( autrement dit) Boyau,
- Contr'approches. Travaux des Aiîiegez pour empefcher les travaux desAtta-quans.
- K % R?'
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- zz z L’ Art de la Guerre.
- Rident. Réduit compofè de faces St de courtines.
- Efcarpe. te pied de la muraille.
- Contr efcarpe. Cofté du folle qui eft vers le dehors.
- Chemin des rondes, fur la muraille entre le rempart & le parapet.
- Faufie-braye, balle enceinte pour la défenfe du folle autour de là Place entre le rempart & le folle;
- Traverfe, Levée de terre pour Ce couvrir & n’eftre pas enfilé.
- Flanchas ou Cafemate. Lieu préparé dans le flanc pour loger du Canon & def-fendre le folié.
- «
- Merlans. Parapet & couverture du Canon.
- Embrasures. Ouverture par où tire le Canon.
- Cuvette. Petit folle, pratiqué dans le milieu du grand.
- Coridor. Chemin couvert qui eft fur. la Contr’efcarpe autour de la Place entre lefôfle & la palilfade.
- Couronnement. Ouvrage partiqué au dèlà des cornes pourgagner pais, & éloigner les Ennemis.
- Demy Lune. Fort ou ouvrage à deux faces vis à vis des Courtines , entouré dè fraizes, pour empefcher la montée Sa la delcente.
- Pu-
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- Seconde Partie. 22 'r Palifiade. Pieux allignez & plantez à plomb fur le parapet du chemin couvert.
- Fraifes. Pieux qui fortent d’embas du parapet d’un ouvrage} couchés & parallèles à l’horifon.
- Logement. Endroit couvert.
- Galerie. Chemin couvert à travers le
- Me.
- Gabions. Grands Paniers pleins de terre pour fe couvrir.
- • Mantelets. Couverture portative pour
- fai re les approches.
- Embarras, Cheval de fri%e. Piecede
- bois entre lardée de pieux»
- Mine > Fourneau-, Feugade. Pour faire fauter les Ouvrages.
- Citadelle. Chafteau fort pour tenir en bride une Ville, qui a fa porte du cohé de la Place , & une autre par dehors, appelle la porte dit fecours. ^
- Donjon. Lieu de retraite dans une Place pour capituler avec plus d’avantage dans l’extremité.
- explication
- des prefentes Figures.
- Profil de Fortification.
- A1 le Rempart. B> la Banquette.Cj le Parapet du Rempart avec fon Talus. D»,
- K 4 Fauf-
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- 124 If Art de ta Guerre. Faffeu-braye au bas de la courtine qui' défend le Folle. E, l’Elcarpe. F,le Folié. G > la Contrefcarpe. H» le chemin couvert. I, le Parapet du chemin couvert & ,1e glacis» .
- Bajîion.
- AA, l’anglè du Baftion & Tes faces. BB, les Flancs. G, la gorge du Baftion. DD, bout des Courtines. E, le Fofle. F, le chemin couvert. .
- Demy-Lune.
- AA, la point de la Demy-lune & la face-B, la gorge. C> le Fofle delà Demy-lune, large de la moitié ou du tiers du grand Fofle delà Place. D, la Contrefcarpe. E, l’angle de la Contrefcarpe.
- F I N.
- p.224 - vue 237/242
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- CATALOGUE
- DES LIVRES D E
- ADRIAN MOETJENS
- Tant de ceux qu'il a Imprimez, que de ceux dont il a nombre.
- A.B. C. d’unfoIdati2
- Abrégé de l’Hiftoire d’Hollande , 12 A êtes & Mémoires des Negotiations de h Paix de Nimegue, 12. 7 vol 1 Adélaïde de Champagne, 12 Alcoran de Mahomet, 12 Alcine PrincelTe de Perfe, 12 Almanach des Jefuites , 8 L’Aminte de Tafle , Italj : Franc 112 Apocalypfe par M. de meaux 12 Annales Galantes de Villedieu. 12 Les Annecdotes de Florence ,12 .
- Aphorifme de Controverfe ou Inftruâions Catholiques , tirées de l’Ecriture des Conciles & des Sr. Peres, 12 Arts de l’Homme d’Epée, ou le Di&îonaire du Gentilhomme , 12 L’Art de Parler, 12 .
- Arrian guerre d’Alexandre. pat d'Ablancoiut 12
- BAtard de Navarre, 12 Beralde Prince dé Savoye > 12 Bonheur & Malheur du Mariage > 12 Bouffole des Amans, 12
- M y Ca-
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- CAtechifme de Mr. l'Evêque de Meaux, 12 — dés Courtifans , xz Ceremonies des Juifs . iz.
- — Nuptiales,12 Chien de Boulogne Galante, 12 Conférence de Mr. l’Evêque de Meaux, avec M. Claude, xz
- Commerce Galand , ou Lettres tendres , 12 Comte Roger Gouverneur de Calabre, xz Coups d-’Eftàt de Naudé , 12
- DEfeme de la Reformation, par Claude, 12. 2 voll.
- Dilcours furl’Hiftùire Univerfclle de Condom,. 12
- Duchelfe de Milan, 12
- C Çypte de Mnrtadi, xz •E'Elemens dogeometriepar pardies, 12 Eflâis de Morale contenus en divers-Traitez fur plufieurs devoirs importans, 12. 4 voll.
- — continuation des Effais de Morale contenant
- des reflexions morales (ur les Epiftres 8e Evangiles de toute l’année, 12. 5 voll :
- — de Michel de montaignefol,
- Examen de Soy-même , par Mr. Claude ; 12
- — des Raifons qui ont donné lieu à la réparation des Proteftans, par Bruys , 12
- Extraits de tous les beaux endroits des ouvrages de Balzac, Voiture, Coftar , Molie-» re , d’Ablancourt 8cc. par Cùrbinelli , 12. 5 tom.
- Explication de la mefle par Mr. de meaux ,12
- F Ameufe Comédienne, ou là Guérin, 12 Facécieux Reveillè-matin, 12 FauffeClelie, T 2
- Earamond, ou l’Hiftoire de France, 8.12 voll.
- Gro-
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- CATALOGUE,
- G Rotins du Droit de la Paix & delà Guerre» 12. 3 voll.
- . IJ Iftoire delà Paix de Nimegue, par St. Di-dier ,12
- »...... du véritable Calvinifine, par Rocolles»
- 12
- du Schifme d’Angleterre par Sandetus, 12
- —— de l’Empire, parHeis , 12. 3 voll.
- ----- • de Theodofe le Grand, 12
- —— du Pontificat : de St. Leon, 12 1 de la Ligue, par Maimbourg, 12
- * de Louis XII, parVarillas, 12. 3 vôlh
- - -.. de France, par Mezeray, fol 3 voll.
- des Guerres de Flandre , par Strada.
- fol. 2 voll.
- —. du Maréchal de Matignon, fol.
- ----- .------ de Guebriant, fo'l.
- - ... deHerodote, fol.
- ... de Thucydide., fol.
- -----de Conftantinople, traduit par COufia,
- 12. 10 voll.
- —— de l’Eglife, 12. 6 voll.
- ----- Romaine, 12. 2 voll.
- —— Métallique de la Hollande, fol. fig.
- KIrchere de la Chine, fol. fig.
- Lettre de Bomgars, 12
- MEmoires de Madame la Guette, ia —— de Cheverny, 12. 2 voll.
- •—« du Duc d'Orléans , 12 —— fur la Guerre de Tranfylvanie, 12
- — Curieux fur le Combat des Taureaux, IR Minucius Félix , par d’Ablancourt, T2 Morale de Tacite, par Amelotte de Houffaye, 12
- Mœurs des Ifraëlitcs, 12
- A 6 des
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- C A T A L O G Ü E.
- — des Chreftiens , 12
- VJEgotiations de la Pais & de l’Armiftice* touchant les Couronnes du Nord, 12 Noble Vénitienne, ouïe jeu delàBaffette, iî Nouveau Teftament de Mons Lat: Fr: 12.2 voll. *— idem, 24- 2voll.
- /"office de l’Eglife, Lat ; Franc : 12 '^'Oeuvres de Hauteroche, 12 '
- —r— meflées de Mr. de 5 t. Rçiàîr 'îi Ouvrages des Sçavans de Leipfigh, 12.2 voll.
- TjHiladelphe Nouvelle Egyptienne, 12 * Préjugez légitimé contré les Calviniftes , 12 PutaniCne d’Amflerdam. 12
- RAfibus Ou le Procès fait à la Barbe des Capucins, 12
- Réflexions fur lamifericordè de Dieu pat Madame la Valiere', 12 Religieufe Cavalier, 12 Reponce au Livré de Mr. de Meàux'ïfftïtulé conférence arec Mri Claude, 8
- SEntimens du monde & de l’Eternité avec le Chreftien delabufé du monde, 12 — d’Erafme de Rotterdam conforme à ceux de l’Eglife Catholique , 12
- THeatre du Monde ou Géographie “Efançoi-
- fe, 24
- Traité du Café , du Thé, & du Chocolaté , 12 •friomphe de l’Amitié, 12
- VArillas Ànnecdotede Florence, 12 — Hift: de Louis XII. 12. 3 voll. Minorité de St. "Louis, avec l’Hiftoire de Louis XI. & de Henry II. 12 Ville de Venife par St. Didier. 12 • F I N.
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