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L'experience de l'architecture militaire, où l'on apprendra a fonds la methode de faire travailler dans les places
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- L'EXPERIENCE
- DE
- L’ARCHITECTURE
- MILITAIRE,
- O à l’on apprendra a fonds la méthode de faire travailler dans les Places.
- ha connoifance particulière des Btatereause propres h bâtir, le Thoifé de la Afajfon-nerie & des T'erres par tes parties ali-quotes y avec celle des Bois & Charpentes.
- Enfemblc la fèience de trouver les Sources des Eauës pour futilité publique, & le {êrvice des Gens de Guerre, tant dans les Campemens, que pour les Vaiffeaux qui font des voyages de long cours, remplie de Figures. (g cjfrt&yft n J
- Par le S* * * * Ingénieur ordinaire du Roy.
- Seconde Edition augmentée d'un petit Traitédse termes de la Fortification!
- A PARIS,
- ChcfeMaurice Vi l LERY,Quay des Augufiins, proche l’Hotel de Luyne, à la defcèntedu Pont S. Michel, à l’Image
- • w
- Saint Jean Chryfoftome.
- M. DC. LXXXVIL UÎVtc Privilège de Sa Ma}*(lé.
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- A M O N S I EUR
- n f
- ONSIEVR,
- Il ri appartenait aria Monseigneur le Marquis de Louvois d'établir l’opg
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- EPIST-RE
- dre la dtfcipline, t obéi fi fiance, gj3 Subordination que nous 'voyons dans lès jTrouppes, pour les rendre ïadmiration de tous les Etrangers y il faloit /’eten* due de fin œconomie pour fiubvenir a leur entretien, & a la dépenfe de tant de Places fi magnifiques çg fi formidables , qui ont efié conjlruites depuis les dernières Guerres , en Flandres , en Allemagne, gf en Italie 5 Vos veilles les foins continuels que vous donnez* au fervice de ÏE-+
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- EPISTRE.
- tdt, ‘vous donnent part,
- MONSIEUR , 4«*
- heureux fuccéf des Entre-prifès dt un fi grand 2\di-mftre ïvoftre appliquation aux affaires , vofre intrépidité dans les occafons les pim p en II eufe s de la Guerre , ont fait connoiftre a toute la France que vous eftiez né pour les grandes chofes 5 Eous travaillez» judicieujement dans le Cabinet , vous rendez, au mérité ce qui luy efi deub a çf vous vous attirez, fefiime
- 0 Camitié de cette in vin-
- ** • • •
- a il j
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- EPISTRE.
- cible Noblejfi, qui compose ce grand nombre d*0f-ficiers, qui fait la principale force de nos Trouppes > Ce font tous ces grands avantages que vous pof JedeZo fi éminemment, MONSIEUR , qui ni ont fait prendre la liberté de vous offrir ce petit Ouvrage s Ce fl l’effet dé une expérience qu ’une dffeZj grande appliqua-tion nia acquifè, dans le temps que fay eu 1‘honneur defervir fa Majeftê dans fes Fortifications j le
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- EPI S TR E.
- meflimeray trop heureux,
- MONSIEVR,/ vous
- agréeZj aue ce Livre pa-roijje fous vos aufpices, pmfjue fay toujours eflé avec un profond refpeffî.
- MO NSIEFR ;
- Voftre tres-humb!e & tres-obeïflànt ferviteur, DESMARTINS laifné.
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- ££/ ïüÿ S? iS? tù^yü) î&: g&WSJ
- PRE FACE.
- LEs longues Guerres que les Vénitiens ont eu avec les Empereurs Ochomans, & la neceflîté toù ils (e font veus de repouflèr la force, par la force> les a fou vent contraints de mettre en tifage tout ce qu’une vigoureufe defïèn-fe pou voit jamais infpirer j C’eft dans ces mefines temps que leurs Places n’eftanf fermées que par de Amples murailles compofées de courtines , avec des tours rondes & quarées , lefquelies n’eftoient vcues ny defifèndues par le moùfquet , ils furent les premiers qui trouvèrent la méthode de fortifier par angles flanquez ; Les Allemands enfuite y adjoûterent quelque chofe, & pareil* lernent les Polonois & les Holandois ; mais les François depuis ont achevé de mettre ce grand Art dans fa perfection. Nous devons cette reconnoiflànce à la fcience & à la valeur de Monfieur de Vauban , Marefchal des Camps & Armées du Roy, & Sur-intendant general des Fortifications de France j C*eft
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- PREFACE.
- luy- qui par une expérience confommée tant dans les Sieges, que dans les con-ftru&ions, a trouve les fçavans moyens de placer du canon dans les flancs, fans qu’ils pûfTent eftre veûs ny démontez de la Campagne ; toutes les parties de fa Fortification font belles, contenan* tes, 8c de grand feu ; les Efpagnols, les Hollandois & les Allemands peuvent en rendre témoignage, à l’occafion de quelques Places qu’ils ont voulu àfïïe-•ger dans les Pays-bas, pendant les dernières Guerres. Nous tenons encore de luy la bonne méthode de faire travailler avec folidité, & avec ceconcinie ? Apres avoir eu l’honneur de faire executer de fes deflèins en differentes Places , j’ay *rii que je pouvois donner quelque idée de la pratique des ouvrages à ceux qui n’ont encore travaillé que fur le papier: Je ne parleray point des conftruéUons. théoriques de FritarK , de Stevin , de Dogen , deMarollois,d’Erard ,du Chevalier de Ville, du Comte de Pagan , ny de celles de plufîeurs autres Authcurs, on a fiiffifàmment écrit fur cela.
- J’ay expliqué la maniéré du thoife par les parties aliquotes ; les figures Geome-
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- PREFACE
- triques,les fuputations,& le peu de chiffres qui en font les calculs, démontrent la bréveté & la juftelïè de cette méthode.
- J’ay crû encore qu’il feroit utile à tous ceux qui font baftir, que je fiülè uneex-pliquation de la nature & propriété des
- bois, propre à eftre employez en charpente, 8c autres ouvrages, 8c de l’acier d’une nouvelle méthode de
- les melurer.
- Je me luis fenty obligé pour le bien du public, 8c pour celuy des Gens de guerre, de dire quelquechofè fur la recherche des fources pour trouver les eauc's, 8c comme les longues le&ures ne font pas du gouft de bien des gens, 8C que la plufpart y prennent de l’ennuy; c’eft ce qui m’a obligé d’eftre extraordinairement précis dans tout ce que contient cet Ouvrage : Je prie donc les Critiques de me vouloir donner quelque quartier, fi j’ay manqué aux réglés de la rethorique, & de ne pas cenfurer certains termes à eux inconnus, & qui font infeparables de la pratique de l’Architecture militaire.
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- j&r^rîü
- TABLE
- DES CHAPITRES
- Contenus en ce Livre.
- Chap.ï.'PNE ce cjuil eft absolument LJ necejfairede fç avoir a-vant de travailler dans la confira-EHon des Fl ces. pag.i
- Chap. II. La méthode de tracer les Pla-cesy avec celle de drejfer les premiers alignement. $
- ChaPsIII. Profils des premières efcava-tions <& tranfports des terres avec les fondations des reveftemens. 12 Chap. IV. De F élévation des revsfie-mens & des alignement pour regler le talus de la muraille, il
- Chap. V, Des contreforts tcordons9faf-fines & batemens des terres derrière les reveftemens. 25
- Chap. VI. De la vuidange desfoffez.„ la maniéré de diftribaer les terres pour former le rampart, parapet, relever le chemin couvert, & faire (es glacis & banque te s, avec T e/car-
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- TABLÉ DES CHAPITRES. pement du chemin couvert.
- ChA.P. VIT. Des travaux , comme ils fie font quand on rencontre la pierre ou roche dure. 3 z
- Chap. VIII. Pour tracer les flancs convexe & concave a orillon 3fuivant la nouvelle méthode. 36
- Chap. IX. Des caz.ermes ou logement des Garnifons. 43
- Cha.p. X. Des profils de différentes fortifications pour travailler en pierre de paremens & de briques. 47 Chap. XI. Devis de differents Ouvrages. 51
- Chap- XII. Toifê par les parties ali-quotes pour les terres & la maffon-nerie. 70
- Chap.XIII. Delà nature & propriété des bois, la maniéré de l es faire couper, & celle de les thoifer. 89 Chap.XIV. La conneiffance des bons mâtereaux four faire les ouvrages folides. 110
- Chap. XV. La connoiffance des eauës, celle de les trouver pour Putilité des trouppesdans les fieges & dans les longs campemens. izj
- FIN*
- L’EXPERIENCE
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- 1
- L’EXPERIENCE
- DE
- L’Architecture
- MILITAIRE.
- ‘ CHAPITRE L
- J)e ce quil efi absolument neccffai~ re de fçavoir avant de travailler à la conftrufiion des Places.
- L eft irnpoflible.de mouvoir fortifier les Places, & d en esc-çuter les defleins avec la derniere juftefle fans le (è-
- A “ ’
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- i L'Experiénce cours de la Geometrie, des Calculs , & de la Trigonométrie -, La Geômetrie donne les intelligences pour drefler les alignemens . &
- O *
- tracer les Ouvrages ; Les fiippu tâtions font neceflai-res pour avoir les juftesme-fiires & proportions, & faire les thoilez -, Et la Trïgono* metrie fert à trouver l'ouverture des angles pour parvenir à la conftru&ion $ ainfi celuy qui voudra réüffir dans la pratique doit pofleder à fond ces trois Sciences fief-fentielles, enfuite le refte fe-ïa facile pour peu que Ton y ait dè l’application.
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- de i Archlîtcl. militaire. 3 L’on trouvera 4ans les Chapitres fuivans , & dans les planches dcquoy le former de grandes idées du détail des Ouvrages ; l’explication en eft fi intelligible, qu’avec un peu de bon fèns on aura de grandes difpofi-tions à faire exécuter quand on voudra.
- * CHAPITRE IL
- La méthode de tracer les Places 3 avec celle de drcjjer les premiers alignemens.
- LOrs que le Plan de la place à fortifier fera refolu , il fera defïigné fur le
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- 4 Ll Expérience
- papier avec les profils, ayant
- deux échelles differentes.
- % " ^ •
- l’une pour les épaifleurs, & l’autre pour les longueurs des lignes » & comme les lieux que l’on fortifie font ordinairement. habitez & remplis de maifons, on ne peut chercher les angles du centre de là place de mefrne que fur le papier , l’on réglera feulement les coftez ôc les angles des poligones, fiir lefquels fe fait la con-flruétion , comme il vaeftrç expliqué.
- Pratique.
- Soit la ligne du poligone
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- de t Àrchiteél. mili ta ire. j À C, alignée fur les trois per^. ches ABC, fiiivant la longueur portée par le plan, enfuite pour avoir l'angle d’iceluy poligone , foit pris avec le compas fur le plan deux mefures égales du fom-met de langle fur chacun côfté, en forte que fi AD, ôc A E, ont chacun fix pieds que la fbuftendante du triangle foit de dix.
- L'on plantera un piquet eri D, duquel endroit le cordeau de dix pieds fera eften-du ôc mené jufques à E , ôc on aura l'angle du poligone fur le terrain , égal à celuy du plan.
- A iij
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- 6 L* Expérience
- Pour avoir les proportions des demie gorges des battions , on prendra avec le compas fur le plan leurs largeurs , lefquelles feront portées de A à F, & de C à G j fur l'alignement A B C *, fi les flancs font perpendiculaire fur la courtine y on les alignera à angle droit de I, à F, & deH,àG: pour cet effet il feraplantéun piquet en P, diftant de F,de trois thoifes, auquel fera attaché un cordeau de cinq autres thoifes qui fera mené à Q* éloigné de F, de quatre thoifes , auquel point Q., fera pofé une perche à plomb
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- de VArchïteEl. militaire. 7 3our aligner I, fur F, félon ! a proportion du plan.
- La face I K, fera enflure alignée fur les perches GI, en cas que le flanc foit ra-zant, ô^que le feu parte de l’extremité de la courtine.
- L’alignement du cordon de la place eftanc ainfi dref-fé avec des perches de quinze pieds de longueur, deux pouces de large iùr un pouce d’épaiflfeur, il fera au mefmc inftant planté des piquets de repere , pour retrouver vos alignemens quand vos perches ny feront plus , ôc les ferez enfoncer ü avant dans terre,qu’on nepuilTe les ar~
- A* • • •
- un
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- 8 L'Expérience
- radier * on les plantera dans la campagne à la diftancede fèpc ou huit thoifes, & du cofte'du ram part à celle de dix-huit ou vingt pieds, coiru me ils font marquez à L : Les piquets de repere eftant plantez, on fera tracer au cordeau la ligne du cordon F G Hl K, delà largeur de quatre ou cinq pouces ^ cela fait, on tracera les épaifleurs de la maflonnerie, &c les conU treforts de la muraille.
- La ligne extérieure R, don^ ne l'épaifïèur de la muraille, laquelle comprend les re^ traites des fondations. & le
- " J
- talus du reveftement jufquà
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- je ï ArcbiteEl. militaire la ligne du cordon.
- La ligne intérieure S, mar^ que lepaifTeur que doit avoir la muraille , lorfqu’elle fera élevée au cordon s ôc montée aplomb décollé du rampart.
- La ligne M , diftante de dix- huit pieds de la muraille* fait entendre que les premiers ports de terre doivent eftre faits à cet éloignement,
- . O *
- afin que le travail des contreforts fe puiflc faire avec moins d’incommodité.
- La ligne0,eft la largeur de feptou huitthoifes qu’ilfaut donner à la première ouverture & efcavation des terres. Les contreforts N, feront
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- iO LJ Expérience
- tracez dans les grandes places de quinze-pieds en quinze pieds de milieu en milieu, fiir fix pieds de long, cinq en racine, & trois en queue, & redoublez dans tous les angles (aillans.
- Les matereaux T, & les baflïns de chaux & mortiers feront faits ôc apportez proche des efca varions O , afin que le fervice des Maflons fe fa fie avec facilité Ôc diligence ; c’eftpourquoy avant que les ouvrages ibienc tracez , il ne faut point cha-royer de matereaux fur les lieux ou Ion veut travailler, dautanc qu ils pouroient
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- de l* Àrcbite cl, militaire, u eftrenuifibles>& fe trouver fur les alignemens des premières elcavations»
- D eux perches ne peuvent domier un alignement jufte, & il en faut toujours une troi-iiéme pour fe regler j c eft pourquoy pour opérer avec la derniere precizion, on les fera comme je l*ay explique'.
- Quant au cordeau duquel on peut fè fervir, afin quil ne s’eftendeoune feracour-cifie 3 on prendra du ruban rouge de fil du plus gros, vous le ferez boüillir dans la lie de vin , e.nfiiite il faudra le cirer ôc le divifer par thoi-fès avec un autre petit ruban
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- ïâ LÏExptrience
- de fil blanc, & le mettre en
- pelote*
- CHAPITRE III.
- Profils des 'premières efcavations & transports des terres avec les fondations des revefiemens.
- LE s premières efeava^ tiens A B, auront fept à huit thoifes de large, & les terres feront portées à dix-huit pieds au delà de Ialignement intérieur N, pour Faire partie du rampart \ les terres du collé de la campagne A, feront coupées par banquettes, qui auront deux pieds de large fur un pied de
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- de t Jrchiteêl. militaire. haut, afin qu’il n y arrive point déboulement dans les fondations , & que les Manœuvres puiflent aller & venir facilement pour porter les matereaux fur la MafTon-nerie.
- Les terres du collé de la place B, feront coupées à plomb , ôc dans la profondeur où fera affife la fondation , Ton donnera toujours pente fer le derrière quatre ou cinq pouces,
- Lorfque les contrefors C D, feront déblayez à la profondeur de la fondation E , ôc les terres portées, comme il a elle dit, fer le rampart ,oa
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- 14 L* Expérience
- en fera les fondemens & la maflonnerie bien Iie'e* avec celle de la muraille.
- Auparavant de commencer à donner les alignemens
- O .
- pour la maflonnerie des fondations , il faudra examiner fi le fondcft bon , ce qui fe connoiftra fi c’eft une terre dure ou un fable ferme qui refifte fous; la fonde.
- Si la fonde entre facile^ ment, remettez encore les terrafliers au travail , jufques
- à ce que vous le rencontriez meilleur cette fonde fera une broche de fer fi vous voulez, ou autre infiniment de telle maniéré.
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- de l* ArchiteSi, militaire.. i c Apres que lefdites foüil-les auront efté faites , & le fond reconnu pour bon, on plantera des piquets d’ali-gnemens pour la largeur de la fondation , obfèrvant à donner davantage d’em-
- i O
- paitement dans les endroits où Ton aura efté' à plus grande profondeur.
- Les premiers matereaux qui feront j.ettez dans le corps des fondations feront de gros blocage , fur le devant Ion y pofera des hou-tiffes, ayant du moins dix-huit pouces de queue & af-fèz grofles, fur lefquels matereaux fera employé de bon
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- ï6 VExpérience
- mortier & petit moe-lon pour garnir .les vuides de la maflbnnerie.
- S’il fi trouvoit de l eau dans les fondations, & que le fond cependant fuft jugé eftre bon , on fera faire auparavant de maflbnner une petite rigolle fur le devant de la muraille qui fera large d’un pied ; Vous mettrez en-fuite fîx hommes avec des Hollandoifes, qui feront en diligence 1 epuifement def-dites eauës, & fix autres avec des elcoupes troüées en façon d ecumoire , lefqucls netoyeront le gros fàbler, ôc autres terres qui pouroient
- eftre
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- de ï jérchiteét. mditam. 17
- j- «a »
- cftre dans la fondation.
- Lorfque vous verrez l’eau dirrnnuée,vos Maflons ayant préparé leurs matcreaux fur le bord de l’ouvrage., feront commandez d’entrer dans les fondations.
- Si vous appercevez quelque fôurce, il faudra faire jet ter dans le moment force cendrée fur le premier lit de blocage, & là deflus de bonne garniture avec force mortier gras & bien tiercé-fait de deux ou trois jours, & faire travailler avec beaucoup de diligence afin de -furmonter l’eau.
- J Les retraites auront fix
- Ÿ: •
- I B
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- 1S L* Expérience
- pouces de large , quelquefois huit , pofànt les boutifl fes de la féconde fur les joints de la première, & celles de la troifiéme fur les joints de la féconde, ainfî que F G H.
- Les retraites feront conduites de niveau aux places aquatiques , & fur tout la derniere fur laquelle fé commence le talus de la muraille.
- Mais lorfque Ton travaille fur des lieux où le terrain #
- eft inégal , les retraites fe conduifént par rechutes, dautant que les fondations ont differentes largeurs ôi empaftemens.
- •+• —mm —*
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- de ï A rchiteÛ. militaire. 19
- Réglés generales à faire obfernjer a tous Maffons.
- De ne maflonner jamais à (ec.
- De ne travailler en aucune maniéré qu’ils n’ayent toujours un cordeau devant ôc
- derrière la muraille.
- *- /
- De n’employer jamais de mortier qui ne loit tiercé & vieux de deux jours apres que la chaux aura efté eltein-te dans un baflin particulier.
- De ne faire leurs plombées pas plus hautes de deux pieds.
- De biffer des amorces qui
- Bij
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- 10 & Expérience •'»
- , auront ï pied aux endroits ou
- 11 y au ra reprife d’ou virage.
- De ne jamais maffonner fur les arazes feçhes {ans y jetter de l’eau.
- De maflbnner uniment, & de mener l’ouvrage de toute
- D
- la largeur dé la muraille, fans arazer ny couvrir la maflorinerie de mortier.
- N
- . De garnir avec du moelon
- O
- tous les vuides du dedans de la maffonnerie , ny-laiflànt des trouxpour fervir de gifte aux rats & aux fouris.
- Et de ne mettre jamais de câlle fous les boutifles , caT reaux, pierre de paremens & cordon. I
- . * j
- •* j
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- de l'jàrchiteSi. militaire. lï
- v
- CHAPITRE IV.
- De /’élévation des revefiemens & des aliqnemens four reçler le talus de la muraille.
- LA fondation du reveile-ment eftant faite & menée de niveau , fi c’eft une face de baftion, un flanc ou une courtine , vous irez à vollre piquet de repere du cordon, & alignerez fur vôtre fondation deux piquets AB , leiquels feront maf-fonnez par le pied *, enfuite vous planterez la lambourde CD , à la diftance de quatre pieds 3 & avec le
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- 22 L* Expérience
- plomb de talus vous pofërez
- lefdites lambourdes C D,& les ferez pareillement maf-fonner devant & derrière; cela fait, vous alignerez E, celle du milieu £11* C D, fai-fant pofer deux cordeaux fur chaque affile de pierre de parement, obfervant que la première foie garnie de bou-tifïès, taillée luivant le talus du reveftemenc. .
- Le commencement de cet Ouvrage demande beaucoup de foins & de preci-iïon, dautant que la folidité de la muraille dépend pref-que en partie de cet endroit.
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- | de l'Arckiteêl. militaire. 25
- Lors que la maflonnerie fera élevée à trois pieds de haut, fur toute la longueur
- ' / O
- qui aura elle alignée, comme il vient d’eflre dit, vous ferez lever les lambourdes, & ordonnerez à chaque Maf Ion qui travaillera au parement, d avoir un plomb de talus lèmblable à celuy avec lequel vous aurez travaillé pour drefler l’alignement * leur failant toujours pofer deux cordeaux lur chaque affile, & vérifier leur ouvrage de temps à autre.
- Les boutifies feront po-fées en parement dans, les affiles réglées de trois pieds
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- 24 L'Experienvc en trois pieds, ôc en hauteur fur pareille proportion, fui-vant le profil KLM,N. Les contreforts feront aufïi liez à la muraille , & élevez à plomb jufques à la hauteur du cordon , faifànt garnir les angles defdits contre-forts de grofTes pierres qui ayent du moins dix pouces de queue.
- Les Ouvrages extérieurs feront conduits de mefme maniéré, quant à ce qui re J garde les déblais & les fondations ; mais pour les épaif-(èurs l’on fe réglera fur les profils.
- CHAP.
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- de l’ArchiteÛ. militaire.
- CHAPITRE V:
- Des contreforts y cordons 3 faffines & battemens des terres derrière les revejlemens.
- LE s contreforts feront tracez & fondez, comme il a déjà efté dit 5 & élevez jufqu’au cordon, faifant bonne liaifon avec la muraille ; & lorfque la maflon-nerie fera feche , ôc le cordon pofë, l’on commencera à faire les déblais derrière la muraille , pour préparer le faflinage fur la terre ferme, donnant de penchant fur le derrière environ quatre à
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- 7,6 L 'Expérience
- cinq pouces fur la longueur de douze à quinze pieds j apres quoy on fafïinera les brins de fàffines A B, efpa-; cez de trois à quatre pouces,i le gros bout contre la mu J raille, ainfi qu’en la planche! troifieme, furquoy on mettra un lit de neuf pouces de menue terre,qui fera batue avec la hâte , & réduite à fix pouces d épais ; fur ce lit ,on en mettra un fécond de' la mefme hauteur de neuf pouces , qui fera batue de mefme, & réduite à (ixpouces penchant • enfeite l’on refallînera de nouveau, ob-fervant jufqu a la hauteur du
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- de /’ drckitcêl. militaire. %y rampart cette mefme maniéré de batre les terres.
- Les fafïines auront de longueur du moins douze pieds, & chaque brin trois ou quatre pouces de circonférence par le gros bout.
- Les pierres du cordon auront huit pouces d’épais, & dix-huit-pouces de queue, lefquelles il faudra poier de niveau & far un mefme alignement , fans mettre de cale par deflous.
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- 2 8 LJ Expérience
- CHAPITRE VI.
- De l(t Vuidançe des fojjex,avec refcarpement du chemin couvert, & revefiement.
- APres que le cordon delà Place fera pôle, Ion continuera l’efcavation du fofle , & fi on ne fait point de revefiement à la contr'efcarpe , le talus fera de quinze pouces par pied; les terres feront coupees à plomb jufqu’à la profondeur du fofTé A B : fi le fofTe à dix pieds de profondeur 3 ce fera douze pieds k que Ton prendra pour le talus * de-
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- de l* Jrchiteft. militaire. 2$ puis B, jufqu en C , lefquel-les terres feront coupées par banquettes ainfi quen D, afin que le talus foit fait avec jufteflc'.& propreté de mefme que E.
- On laiflera plufieurs témoins F j des terres prifes dans le foffé, fur lefquels il y aura des piqiiets pour fèr-r vir à faire le thoifé general.
- L’on fera des ponts rampants H 5 lefquels ferviront à broüeter les terres pour achever le rampart.
- Celuy G, fervira pour les terres qui feront deftinez pour le glacis,banquette,& chemin couvert. . »
- C iij
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- $q V Expérience
- L’efcavation du foffé ne doit pointeftreplus profon-de que le niveau de la dernière retraite de la fondation du revellement I.
- t
- Si on fait un reveftement de maffonnerie à la contr e£ carpe du foffé , les fondations feront faites avec les mefmes foins & précautions que la maflonnerie du corps de la Place , & les contreforts tracez à pareil le diltan-ce , mais ayant moins d’é-paiffcur.
- Si on ne porte point de nouvelles terres dans le chemin couvert, pour luy donner. quelque eflevation au
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- de l'À rebite fl. militaire. 31 deffus de la première terre ferme, Ion peut (è pafTer de mettre des contreforts audit reveftement de la contr ef-carpe , dautant que le terrain ferme ne peut pouffer la maffonnerie qui aura un talus.
- Le talus des reveftemens commencera toujours à niveau de la profondeur du fofle,comme A B * c’eit poür-quoy les fondations feront plus baffes à toutes les retraites couvertes de terre.
- L’on donnera cependant un peu de pente de A, enC, & de B, en C, afin que les eau es de pluyes prennent
- C... •
- un
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- ?2 U Expérience
- leur cours dans le milieu du
- fofle\
- Les dernieres terres du
- i
- folle ferviront à faire les pa. rapets & banquettes, on les tranfportera fur la muraille avec des paniers par le moyen des bouriquets D.
- CHAPITRE VII.
- • :* *
- Des travaux , comme ils fe font quand on rencontre la pierre ou roche dure.
- M
- LO r s que l’on ne poura travailler avec les coins de fer , le pic , & la pince, on fera des éguilles de fer longues de fept à huit pieds,
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- de V Archïte 61. militaire, $3 ayant de diamètre un pouce» avec des pointes d acier de la plus forte trempe ; auparavant que de s’en fervir, on fera avec le gros poinçon un trou d’entrée à telle profondeur que l’on poura, & en-fuite deux hommes pren-drontPéguille , ainfi qu’en la figure À, & luy donneront mouvement , en forte que le poids de l’éguille dans la continue faffe fon trou juf.
- qu’à la profondeur de trois ou quatre pieds ; apres quoy on le nettoyera & chargera de trois ou quatre livres de poudre avec un tampon de bois, qui fera chalfé à force,
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- 54 L* Expérience
- le long duquel il y aura une renure que l’on remplira auffi de poudre depuis le haut jufqu’en bas ; & apres avoir chargé le tampon de quelque grofle pierre , on; fera retirer les Ouvriers de l’atelier , afin qu’ils le met J tent à couvert, & YoiËp don-1 nera le feu avec une traînée de paille.
- Quand le trou eft bien fait & allez profond , il eft; des temps que quatre livres de poudre font écarter prés d’une thoife cube de pierre.
- L’efoavation pour afleoir la maflbnnerie eftant jugée aflèz profonde dans ledit
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- de l'drebitecî. militaire. 3 y roc, il neft pas neceflàire d'y faire de fondations., à moins que les profondeurs ne fut font inégales , en ce cas il faudra travailler à faire mettre le tout de niveau , afin que le talus de la muraille foie drefleavec juftefle.
- Il neft pas neceftaire de çouper à plomb le roc derrière la muraille , daurant qu’elle fora élevée & en-caftrée avec liaifon dans le
- m
- roc vif, ainfi que B C.,
- Si le roc va intérieurement jufou’à la hauteur du cordon , il neft pojnt neceflai-re de faire de contreforts à la muraille j de mefme file
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- $6 VExpérience roc continue jufqu’àla hauteur du chemin couvert, & que les. bancs de roc le le-vent avec un raifbnnable talus , c*eft à dire égal ôc fans enfôncemens, en ce cas il. neft point necefïaire de faire, de reveftement à la con-tr* efearpe.
- CHAPITRE VIII.
- Pour tracer les flancs connexe & concave à orillon 3 fuivant la nouvelle méthode.
- LE s Vénitiens font les feuls fur la terre qui peuvent fe venter d’avoir foûtenu un fiege pendant
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- de /* Atchite fl, militaire. 37 vingt-cinq années contre une armée nombreufo en foldats, Ôc abondantes en munitions de guerre ; Là gloire qu’ils ont acquis à la déffenfe de Candie doit eftre partagée; fi elle eft deue aux Commandans ôc aux foldats, elle ne Tell pas moins aux Ingénieurs qui ont conftruit la Place ôc fait de fi beaux travaux fous terre : L’on a reconnu par expérience en cet endroit l’utilité des flancs à orillon ; ôc s’ils avoient efté dans la perfection de ceux d’aujourd’huy , cette Ville ne feroit peut-eftre pas prefentement à la pofleflion
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- jS V Expérience des Infidelles.
- Dans cette nouvelle con-ftruétion, il eü à remarquer que Ton peut placer du ca-non dans les flancs concaves-, lefqûels font à couvert de l’épaule du flanc connexe , de forte qu’il eft im-poflible de les voir des batteries que les afliegeans pou-roient faire fur le cheinüi couvert, ou dans la concret carpe ; S’ils veulent faire une galleriè pour aller à la face, il efl: certain qu’elle ne peut fubfifter long-temps à eaufe de l'artillerie dés afliegez, qui eftant dans la fçurecé de n’eflre pas démontée, fou-
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- de /’ Arckiteêl. militaire. 3 9 droye inoeflamment dans toute la longueur & eften-duë des faces.
- Cette conftruétion eftant un peu difficile à tracer pour ceux qui n’ont point encore travaillé , j’en ay mis feulement deux figures pour en donner quelque intelligence.
- rratiQues.
- Soit donné le plan propo-ie à executer, dont la longueur des lignes, ôc l’ouverture des angles ayent efté tracées fitr le terrain, comme ABC ; les flancs D D, perpendiculaires fur la ligne
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- 40 Lï Expérience de deffenfe E ; eftant de vingt-cinq thoifes, qui eft-J du poligon extérieur, (oient partagez en trois parties; égales, les deux tiers pour le flanc concave D , & 1 autre tiers pour le connexe G. En* fuite (oit prolongé £, de cinq thoifes jufqu’à H > aligné fur les piquets de la face LM; après fera menée une para-lelle HN,& aligné le piquet O, fur les piquets P donnant fur un tiers de la face 5 & pour tracer la por-, tion de cercle du flanc , on prendra un cordeau de la longueur de HO, qui fera pottée à R* comme centre.
- Pour
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- de ï jirehiteil. militaire. 41 Pour tracer le flanc connexe , foie pris avec le cordeau la longueur de la ligne droite PS , laquelle eftant portée à T, on aura le centre dudit flanc.
- Apres avoir tracé toutes les parties d’un poligone. Ion plantera aufli-toïl des piquets de reperésain(i quen la figure VX , pour faire execucer la maflbnnerie -, ôc Ion mènera des paralelles pour les épaiffeurs du re-veftement de la fortification , en (è réglant' fuivanc les profils qui feront faits pour ladite conftru&ion j mais fur tout on prendra
- D
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- 42, V Expérience
- loin que Ton ne détourne point les piquées de reperé qui font plantez pour trouver le centre des flancs connexe & concave ; car lî oit les arrachoit , cela jetteroitj dans de grandes erreurs, tant pour régler les fonda-; tions, que pour les talus des; ouvrages & les lignes de défi fenlès. |
- ,•. .j
- Les elcavations &c déblais-des terres & lu rplu s pour ce, qui concerné la maHonnc-j rie j tout fera conduit conv me il a déjà efté expliqué. 1
- L on oblervera de , faire de bons contreforts dans les angles laillans * particulier
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- . de ï Architea. mi litaire, 4? rement aux endroits & aux piquets P & G.
- L’on pratiquera des portes de forties dans la ligne fichante O & P.
- CHAPITRE IX.
- Des ca^ermes ou logement des Gar~ nifons.
- L’Invention des cazer-mes eft une des meilleures chofcs que l’on ait trouvée pour le bien du fer-vice' 8c la commodité des foldats-, dans les Villes con-quifes un Gouverneur ne peut en temps de guerre faire fortirde la Place un corps
- D ij
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- 44 U Expérience de tro'uppes, ou le moindre party 3 que les Bourgeois n’en foienc informez, lorf-que la garnilbn loge dans leurs maifons.
- S’il y arrive quelques alar-mes , on ne peut alfembler lés loldats qu’avec beaucoup de temps ; mais dans les ca-zernes, au premier coup de tambour y ils font tous fous les armes.
- Les chambres feront de vingt pieds de long fur dix. huit pieds de large , dans lefquelles Ton pourra mettre trois lits 3 ôc y faire coucher quelquefois dans chacun trois & quatre foldats.
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- de l*jircbitcêl. militaire. 47 L’on pratiquera dans chaque chambre une cheminée avec un plancher, lequel eft ordinairement voûté & cein-tré fur trois poutres taillées en pentagone , afin que n’y ayant pas beaucoup de charpente y le feu riy prenne pas û facilement.
- Les efcaliers, cheminées, feneflres,lacharpante & les portes, feront difpofées fui-vant les plans ABC.
- Les Officiers des trouppes ont leurs logemens feparez dans des pavillons , ayant des chambres tres-propre-ment meublées & garnies de linge & vaiflelle que le
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- 4 6 L'Expérience
- Roy leur fait fournir par un Concierge qui demeure dans les lieux.
- Çes baftimens le conftrui?
- ' 4 „ |
- lent ordinairement proche^ des ramparts, afin que les: trouppes ne foient pas éloi-j gnées des deffences de la: Place , & qu’en temps de; guerre elles puiffent fortir &j entrer fecretement> {ans que les habi tans puifient en avoir connoiffance.
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- de 1* Jrchite£l. militaire. 47
- CHAPITRE X,
- Des profils de- differentes fortifications pour faire travailler en briques enpierre deparemens.
- m
- LÀ planche huit , figure première, reprefen-te un profil dont la maffon-nerie fera riche & d’une extrême folidité.
- La fondation A, fera bien conditionnée & durera des temps infinis, quand me fine le foffé feroit plain d’eau.
- Le carreau B , "ou pierre de parement appellée (ou-baze, donnera beaucoup de
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- 4$ L'Expérience
- grâce & de fermeté à la maf-lonnèrie.
- Les briques C, feront po^ fées & maflonnées par affilés fort égales avec peu de mortier entre les affiles.
- Toutes les boutiffes D, auront leur coupe intérieure paralelle à l’exterieure 5 & pareillement les carreaux £, lorsqu’ils feront placez dans les angles faillans.
- U |
- Le contrefort E, eft confinât d’un gros moelon brut* lié à la muraille 5 & élevé à plomb julqu’au cordon G.
- La muraille H, élevée fur le cordon avec la tablette pofée au deffus, confervela
- . maConnerie,
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- de l’ArchiîsSl. militaire. 49 maffonnerie , empefche que le parapet ne s éboulé.
- Largeurs & épaiffeurs de la maffonnerie du profil premier, avec deux demy contreforts I,
- Le profil de la planche huit, *figure fécondé , peut fervir pour le reveftement d’une Place de confidera-tion, dautant que les épaiff feurs font grandes, Ôc la maf fonnerie bien entendue.
- Le profil de la planche 9. figure troifiéme, eft un ouvrage de maffonnerie pour çonftruire dans le roc -, la contr efcarpe A , fera re-veftuë y & les contreforts
- E
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- $0 L* Expérience mafTonnez à la fuperficie du roc.
- Le profil de la figure qua-
- • / r K £ £
- trieme lervira a rermer leu-lement une petite place fans y faire beaucoup de dépérir fe, & le creneau A, fervira pour faire feu du rampart avec le moufquet ; on les fe-ra à un pied de diftance les uns des autres.
- La petite muraille B, aura feulement d’épaiffeur deux pieds Sc t , & cela fiiffit.
- Le profil de la planche io. figure cinquième, eft la mat fonneric d’une demie lune
- pour fervir au deffein du
- profil 4.
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- de l'Arcbiteêî. militaire. 51 La figure fix, reprelènte une face de baftion , & un cofté de Tangle flanqué avec là fondation, les pierres des angles laillans, & la maniéré de les faire pofer avec les boutifles en parement. ,
- CHAPITRE XI.
- ."Devis de differens Ouvrages.
- APres que le plan de Place à fortifier fera refoluy on fera un devis des terres Ôc de la maflonnerie que l’on mettraà certain prix pour la thoife cube de l’un ôc de lautre ouvrage , ôc l’en-
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- 52, L9 Expérience treprife fera donnée au ra, bais , ainfi qu’il fe pratique prefencement dans les Places.
- PRojET de Devis,
- Devis des Ouvrages de fbnnerïe , ga^onnement, $ remuement de terres a fain pour les réparations de la de-my lune de Bril , & cellt qui couvre /’entrée de Ke-no [en.
- Première demie lune de Bril.
- Remierement l’Entre. preneur fera les déblais à l’exterieur de la largeur, qui fera trouvée necelfairc
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- de t Archite SI, militaire, j j par T Ingénieur , ayant la conduite defdits ouvrages pour faciliter le regazonne-ment de ladite demie lune, lefquelles terres feront portées à l’interieur pour Té-paifTement de fon rainpart ôc parapet -, ôc le furplus des terres qui feront jugées ne-ceflàires, feront prifes dans l’enfoncement & élargiffe-ment défonfoffé.
- llobfervera de tirer en ligne droite le fofTé vis à vis la fafle gauche de ladite demie lune , & de ne le point faire paralelle au flanc -, Les terres qui proviendront de ladite coupure feront por-
- E* • •
- UJ
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- L* Expérience
- tées tant pour l’épaiflement des ramparts & parapets de ladite demie lune, que pour Je rétabliflement du parapet du chemin couvert que re-dant qui eft à collé.
- Les gazons qui feront employez pour le regazonne-ment de ladite demie lune, feront de pré & non de marais , ayant quinze à feize pouces de queue & plus, fi faire fe peut, & fix à lept pouces de telle , bien herbus , & fa Ilinez de trois af-fizes en trois alïizes de bonnes falïines , ayant de longueur neuf,dix, onze à douze pieds, & trois à quatre pou-
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- y de ïArchïteét. militaire, cj ces de circonférence par le gros bout -, Les terres qui feront employées à ladite demie lune éc contrefcarpe, feront bien batues liir toute fa longueur deldites fafli-nes.
- L’Entrepreneur obferve-ra de donner au bord extérieur du foflé pied pour pied de talus, bien uny & recoupé proprement.
- Et à Fégard du gazonne-ment, il luy fera donné de talus les deux tiers de fa hauteur 3 c’eft à dire huit pouces lurpied.
- La deuxieme demie lune fera reparée de lamefme ma-
- E» • • »
- nij
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- 56 Z/ Expérience niere que celle cy->devant quant à la terre , gazonne-ment & faffines.
- L’Entrepreneur entretiendra un nombre fiiffi&nt d’ouvriers pour rendre le fufdit ouvrage fait ôc parfait à la fin du mois de à peine de deux cens livres d’amende, qui luy fera déduite fur ce qui fe trouvera
- • •
- luy effcre deub , ôc donnera bonne ôc fuffilante caution, tant pour la fureté des deniers de fa Majefté, qui luy feront mis entre les mains, que pour la garantie pendant trois ans des (ufdics ouvrages , à compter du jour
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- de t jirchite fl. militaire. 57 de la réception defdits ouvrages j le prix defquels ouvrages fera payé aux Entrepreneurs à fur & à mefure que lefdits travaux avanceront. Fait à
- Autre sorte de Devis.’
- 1
- Devis & conditions quobjer-veront les Entrepreneurs des ouvrages de *
- PREMIEREMENT.
- Conditions generales que tous les Entrepreneurs feront obligez^ de fuivre dans quelque maffonnerie que ce [oit.
- IL s ne pouront faire le mortier que tiercé, c’eft
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- ^8 L% Expérience
- à dire deux tiers de fable fur un tiers de chaux vive eftein-te de deux jours, ôc. ne pou-ront jamais faire travailler les Maffons avec du mortier chaud.
- Toute là maflonnerie af-fize fur le roc fera encaftree de quatre à cinq pouces dans le roc vif, ne contant pour rien toute la fuperficie qui fera éventée ou corrompue parla gelée.
- Tous les fondemens iront toujours en pente fur le derrière pour le moins de deux pouces à ceux qui feront entaillez dans le roc , & de
- *
- quatre pouces à ceux qui le-
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- de l* ArchiteB. militaire. 59 ront creufez dans la terre; le tout afin que la muraille foie affife avec plus de fermeté.
- Ils ne pouront fonder que pa?r l’ordre de l’Ingenieur, apres qu’il aura reconnu le fonds pour bon.
- Ils ne pouront faire élever les plombées que d un pied ôc demy, qui feront menées tout d’un alignement , Ôc
- O *
- toute l’épaifleur de la maf. fonnerie fera*aufli pouffée tout d’un temps, ôc razée en pente fur le derrière ; Les MaiTons afTeoiront les pierres avec le pied ôc le marteau , afin, que le mortier
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- 6o L* Expérience
- foufflanc parles joints, remi-plifle tout le vuide delà maf-lonnerie : Il leur fera def-fendu d’eftendre le mortier fur les arrazes , finiflànt les plombées.
- . Toutes les pierres feront pofées. en pente fin* le derrière , fuivant le talus de la muraille ; Ôc l'on ne poura point employer de . parement ayant moins de neuf1 pouces de queue.
- Ils mettront, par tout des boutiffes efpacées en quin-quone de cinq pieds l’un de l’autre, ôc de trois pieds k de long, ayant toujours la hauteur de l’aflize en pare-
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- de ÏAfchtteSl. militaire, Ci ment, ôc non plus.
- Les angles faillans feront tous faits de pierres de tailles piquées au gros poinçon, taillées foivant les angles ôc talus des endroits là où elles feront employées , ôç toujours pofées par afïize réglée, ôc alternativement de trois à deux.
- Excavations desJvJJeT entaille % dans le roc & autres ejçar-pemens.
- L’Entrepreneur fera obligé de mettre les foffez à la profondeur marquée par les profils ôc dévelopemens tant
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- 62 L* Exferience
- des foffez du corps de la Place, que de ceux de dehors : Les bords de part &
- d autre de tous lefdits foflèz
- \
- feront émilez à la maffe & au teftu, & le fond uny au-tant que faire le poura \ le refte de la pierre & les groif-les provenant des e(cavations 9 feront portées où il en fera befoin.
- Jfort de......
- Les alignemens ayant efté dreffez , & le lieu monftré aux Entrepreneurs des terres , ils feront approfondir les fondements de
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- de ïArckiteêî. militaire. pieds feulement , fi le fond eft bon y s il eft méchant, ils iront jufqu’au roc ou fond folide , & la terre provenant de leur efcavation fera portée en haut, ôc mile dans la maffe du rampart, pour y faire partie de fon corps ; & s’il eft de la terre de refte, on en fera un petit parapet au chemin couvert.
- Apres que le fond aura efté reeonnu pour bon & afliiré, on le réglera Clivant fon. niveau ou fa pente dans toute la longueur de fon alignement , Ôc le derrière du-dit fondement fera appro-
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- &4 * & Expérience
- fondy en pente d’environ quatre pouces plus que le devant, afin que le pied de la muraille foie aflis avec plus de fermeté.
- Si le fond n’eft pas affez folide y de quil y foit necef-làire pour le rendre plus ferme , ou pour affecher les eauës, d’y mettre de la cendrée provenant de la chaux,
- JL ^
- l lngenieur en ufera lelon qu’il le trouvera à propos pour la fureté des Ouvrages; ÏI le fond eftoit fi méchant qu’il faluft flaquer avec des dofTes , ou piloter , le Roy fournira le bois , de fera la dépenfè entière du pilotage.
- L’Entre-
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- de l'Archittël t fii lit aire.
- L’Entrepreneur des terrés fera chargé de faire à fès dépens tous les épuifemens des eauës des fondemens.
- Les fondemens tenus pour bons par l’Ingenietir , & les alignemensdreffez, on fondera fur la largeur de avec gros blocage de pierre brute ou libage quinze pouces d’ pied { à deux pieds de queue couchez à fec fur le plat, lef-quelles feront pofees en bou-tiffes fur le devant & fur le derrière du fondement, ôc l’entre-deux garny de mef-me blocs arangez en liaifon$
- apres quoy on garnira les
- .v
- d un pied a épais fur un
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- 66. U Expérience
- joints avec du moelon pofé en mortier.
- Le fondement fera continué de ces mefmes blocs ou libages en bain de mortier jufquauniveau du fond du fofïe , obfervant les *re-traites portées par le profil.
- Au niveau du fond du fof-
- fëla malïbnnerie fera à...
- & à la hauteur de douze piedsj elle finira par.......
- toute compofée de bon moelon de cariere bien délité , faifent parement net réglé par aflize de hazard en bonne liaifon de boutiflès fur.pannereffes.
- Les contreforts feront fbn-
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- de l'drchitecli militaire. 67 dez au niveau du fond du foffé ; ü le terrain eft bon, ils feront élevez jufquau cordon, 8c attachez en liai-fon à la muraille , elpacez de quinze pieds de milieu en milieu fur fix pieds dfe long, cinq dans la racine, & trois dans la queue » 8c ceux des angles faillans comme il a elle déjà dit ailleurs.
- Le cordon fera de huit pouces de diamètre, comme il a déjà elle dit -, lors qu’il fera pofé , l’Entiepre-neur des terres, continuera l’efcavation du foffé •, mais auparavant il déblayera en-
- F îj .
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- 68 L* Expérience
- tre les contreforts jufqu’au terrain ferme ôc non remué; furquoy il préparera l’afliete du faflinage penchant fur le derrière de quatre pouces, fur la longueur de dix à douze pieds -, apres quoy on faf~ finera les brins de faffines efpacez de quatre pouces,
- le gros bout contre la mu-
- & - ,
- raille , iurquoy on mettra un lit de neuf pouces de ter-; re amenuifée , qui fera bien batuë à la bâte, ôc réduite à fîx pouces d’épais ; fur ce lit» on en mettra un fécond de la mefhie hauteur de neuf pouces, qui fera batuë de: mefrne, ôc réduit à Cx pou-;
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- de /’ Jrcbiteél. militaire, 69 ces , penchant, comme il a efté dit de quatre pouces fiir le derrière , apres quoy oh refaffinera de nouveau , ob-fervant jufqu’à la hauteur du rampart cette me fine maniéré de mettre les terres 8c de les batre : Toute la dé-
- •1r;
- penfè de cerarticle fera faite par l’Entrepreneur , excepté les faflines que le Roy fournira fur le travail > où les chariots pouront aborder le plus prés.
- Le bord du fofiTé taluera de quinze pouces par pied, .& lèra coupé avec grand ; foin au cordeau , comme il [fera montré par ringenieur.
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- jo L* Expérience
- Sur le cordon fera élevé un parapet de douze pieds de
- haut, ayant d’épaifleur.....
- lefeuels feront terraffez & percez de créneaux de douze pouces en douze pouces.
- Toifé par les par pi es aliquotes, pour les terres & lamalfon-nerie.
- %
- CHAPITRE XII.
- JDiviféon des parties de la thoife 3 confédérée dans fa longueur.
- L A thoife contient.é.piedsî
- La thoife contient,. -2.. pouc.
- La thoife contient. 864- lign.
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- de l Arch’t te 61. militaire. 71
- Parties aliquotes de U thoijè.
- 1. pied donne... - un fixiémeà
- I. pied & demy..~ un quart.
- / *
- 1. pieds.........un tiers.
- I pieds......... - moitié.
- 4. pieds.........^ deux tiers.
- < nirvlc LÎ1 deux tiers &
- 1 * un lixicme.
- OU ï
- Parties alimotes du pied.
- 1. pouce.......~ un douzième.
- 1. pouce & demi. -J un huitième.
- 2. pouce.........4 un fixiéme.
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-
- y£ . L* Expérience 3. pouces . .. i un quart.
- 4^pouces... \ un tiers, c. pouces... - & l "n ,cïliart &lln
- * 1 4 6 fixieme ou i
- U
- 6. pouces... \ une moitié.
- 7. pouces...; •£ un tiers un
- quart ou I
- 8. pouces... -. i .deux tiers.
- 9. pouces.... | trois quarts.
- 10. pouces....
- 11. pouces....
- — une moitié 5 un tiers ou | II deux tiers un quart ou H
- Parties alimotes du pouce.
- 1, ligne.
- 2. lignes.
- ‘ - o
- I un douzième de
- II pouce.
- .. 1 un fixiéme.
- 3. lignes;
- * -
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- de l Architefl. militaire. 7J
- 3. lignes.....~ un quart.
- 4. lignes.....~ un tiers.
- 5. lignes.... .. Li. un quart un 4 « n -r iixieme.
- 6. lignes.... .. ~ une moitié. m
- 7. lignes..., '-lun tiers un 4 quart.
- 8. lignes.... ,.. ~ deux tiers.
- 9. lignes.... ,.. - trois quarts.
- 10. lignes... U une moitié un tiers.
- 11. lignes.., *1 deux tiers
- O 14 un quart.
- La thoife quarée contient..,
- 3 6. pieds quarez. G
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- 74 L! Expérience La thoifequarée contient....
- 5184. pouces quarez. La thoife quarée contient... 746456. lignes quarées,
- Le pied quaré contient.....
- 144. pouces quarez,
- Le pied quaré contient......
- 2.0736. lignes quarées,
- Le pouce quaré contient....
- 144. lignes quarées.
- Des ï{eâu fiions par la rnulii* pli cation.
- Pour reduireies thoifes en pieds, il faut les multiplier par fix pieds.
- Pour réduire les pieds en pouces , on les multipliera par douze pouces.
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- del*Archite£1. militaire. 7$ On réduira aufïi les pouces en ligne , en les multipliant par douze lignes.
- Des Redu£fcons par la divijton.
- La redudtion des pieds en thoife le fera les divifant par fix , que contient la thoife en longueur.
- L’on réduira pareillement les pouces en pieds , fi on les divife par douze pouces que contient le jfted.
- Réduction de la thoife y des pieds a & des pouces en Juperficie.
- Pour réduire la thoife qua-réeen pieds quarez ,3 il faut
- Gij
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- 78 L'Fxperience la multiplier par trente-fix pieds, dautant que la thoife quarée contient trente-fix pieds quarez.
- Pour réduire le pied qua-ré en pouce quaré, il faut le multiplier par 144. pouces que vaut le pied quaré.
- titres Reduêliens pour les fiiperficies.
- Pour réduire des pouces en pieds ,* il faut les divifer par 144. pouces ,1e quotient donnera des pieds quarez.
- Pour réduire les pieds en thoifes, il faut les divifer par trente-fix pieds, le quotient!
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- de l'Architefl. militaire. 79 donnera des thoifes quarées.
- Pratique du tboije Pour les fuPerficies.
- Eftant donné le paralelo-gramme rectangle A B C D5 for la planche vnziéme trouver fo fuperficic.
- L'on multipliera le cofté A B, qui eft de S. th. 7 par le cofté A C , de 4. th. , ôc le produit dônera la fuperficie.
- Pratiqué.
- Longueur 5. th. 4.
- Largeur. 4. 1. ___
- 2.2. 4.
- 1.___5-_ 4.________
- ___ 24;th.3. pi. 4. po„_
- ou 24.th. 20. pi. quarez.
- G* • •
- UJ
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- go L'Experience Soit encore propofé à me-forer le paralelograme E F G H, la longueur E F, de i. th. 3. pi. <$. po. fora multipliée par le cofté E G, de 4. pieds, & le produit fora la foper-fîcie.
- Pratique.
- Longueur 1.1.3. pi. 6 po. Largeur 4. pi. o.
- 3. p. 2. po* ________3» p» 2. po.
- i-1, o. p. 4. po.
- ou 1. th.i. pi.quarez.
- Pour faire cette multiplication, & obtenir lameforé de A B G D-, l’on multipliera
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- de l*Architeêl. militaire. 81 la largeur par la hauteur, di-fant 4, fois 4. font 16. pieds, lefquels donnent 2. th ôc 4. pieds. Je pofe 4. pieds fous la colomne des pieds , & retient lefdites 2. thoifes 5 en-fuite je dis 4. fois 5. font 20. & 2. font 12. th. que j’écris feus la colomne des thoifes ♦ cela fait, je cherche la partie aliquote de la thoife pour les deux pieds , qui eft un tiers j ôc je prends le tiers de 5. th. qui eft 1. th. que j’écris feus la colomne des thoifes -, de ces y. th. il en relie 12. pi. lefquels mis avec les 4. pi. qui fuivent, font 16. pi. dont le tiers & j. pi;
- G iiij
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- 82 L* Expérience
- que je pofe fous 4. reftera encore iz.pouces, qui donneront 4. pouces pour le tiers ; en forte que le produit eftant de 24. th. 3. pi, 4. po. l’on aura 14. th. 20. pieds quarez , dautant que chaque pied produit 6. pieds qua-, rez, & les pouces autant de parties de pieds quarez ; ce qui eft prouvé par ladite figure AB CD,
- Lors qu’il y aura pieds & thoifos à meforer, ainfi qu’en la figure E F G H, qui a de longueur 1. th. 3. pi. 6. pouces, fur 4 pieds de large, je multiplie toujours un cofté par l’autre, cherchant la par-
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- de l'ÂrcbiteÛ. militaire. g$ ne aliquote de la thoife , ôc comme la largeur , qui eft de 4. pieds, {ont les 2. riers de la thoife, je dis les deux tiers de 9. pieds, eft fïx pieds que je pofe pour une thoife ; cnfoite je viens aux 6.pouces, dont les 2. tiers eft 4. pouces , que j’écris fous la co-lomne des pouces ; en forte que j’obtiens pour la fuper-ficie de ladite figure 1. th. 4. pieds , qui font une thoife deux pieds quarez ; ce qui eft démontré par le parale-lograme E F G H.
- O
- Jeneparleray point de la maniéré de thoifer toutes les autres figures regulieres ôc
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- S 4 L* Expérience
- irregulieres : Une infinité
- O
- d’Autheurs ont amplement écrit fur cela.
- Pratique pour là mesure
- DES SOLIDES. Dimanfions de la thoife cube.
- La thoife cube contient...?
- 116. pie. cubes. La thoife cube contient....
- 3732.48. po. cubes.
- La thoife cube contient,.., 6 ’i 4972. s 44. lignes cubes.
- Le pied cube contient......
- 1728. pouces cubes. Le pied cube contient
- 2985984. lignes cubes.
- Et le pouce cube...........
- 1728, lignes cubes.
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- de /'ÀrchiteCl. militaire, gj
- Réduction de la thoife cube,
- Pour réduire la thoife cube en pied cube, il faut la multiplier par 2.16. pieds que vaut la thoife cube.
- Pour réduire les- pieds cubes en pouces cubes, ils feront multipliez par 1728. pouces cubes.
- jdutres fortes de réductions.
- Pour réduire les pouces cubes en pied cube , on les divifera par 1718pouces, de le quotient donnera des pieds cubes.
- Pour réduire les pieds cubes en thoife- cube , il faut
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- S 6 L* Expérience
- les divifer par zi6. pieds 3 le quotient donnera des thoi-fes cubes, ou bien pour réduire tout d’un coup les pouces en thoifes cubes, on les divifera par 373148. le quotient donnera des thoifes
- /
- cubes.
- r£hoiJe de la figure A BCD> de la 'vn^iéme planche.
- Apres avoir mefuré le pa-ralelograme AB CD , ôc ayant trouvé qu’il contient enfuperficiei4. th. 3. pieds, 4. pouces : Cette fournie fera multipliée par la troifîémc dimanfion, qui fera pirifè de 1. th, 5. pi. 6. pouc. de pro-
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- de l'jircbiteB. militaire. 87 fondeur ou de hauteur , & le produit donnera des thoi-fes cubes partie de thoife cube.
- Exemple.
- Sup... 14. th. 3. pi. 4. po. Profond.!, th. 5. pi. 6. po.
- 49. o. 8.
- 12. 1. 8.
- 8. 1. 1. 4.'
- ^3* 4*
- 71. th. 3. pi.8.p.8.Iig.cnb.
- ou 71. th. 134. pieds cubes. Dautant que chaque pied
- donne 36. pieds cubes, & les pouces & lignes, • partie deC. dits 36. pieds , ce qu’il fàloit expliquer.
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- $8 L* Expérience
- Preuve defdits calculs,
- 24. thoifès,
- 5 6.
- ..........
- 14
- 7 *•
- 2.0.
- S 8 4. pieds carrez de fuperfîciei
- 8 8 4*
- Par... 17>pi.é.po.de profondeur.)
- 6188. !
- 884. 13
- 44*-__________1754]
- ij47°.pi.cubes. '^t7^7'
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- de /’ jàrchittfl. militaire. 89
- CHAPITRE XIII.
- J) e la nature & propriété des bois± la maniéré de les faire couper} & celle de les thoifer.
- LE bois propre pour la Charpente ôc la Menui-ferie doit eftre coupé depuis le commencement de L’Automne jufquau Printemps, dautant que dans ce temps tous les arbres conçoivent ôc difpofent leur lève en feiiil-les ôc fruits pour l’anne'e qui fuit * de forte que lors que leurs conduits font ouverts, ôc toutes leurs parties hu-
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- 1S Expérience
- meéfcées , il neft point bon de les couper, dau tant quils ne peuvent enfuite fe reffer-rer.
- Dans cette fàifon on taillera la tige des grands arbres jufqu à la feve, & on les laif-fera en cet eftat jufqu’à ce que leur fubftance vienne à diftiler, afin quils puiffent entièrement eltre deffechez.
- Lorfque lefdirs arbres feront fecs, on les jettera par terre pour les travailler, & enfuite on les employera avec utilité dans les ouvrages , fans crainte qu’ils puif-fent fe corrompre.
- Le chefne, lorme, le peuplier,
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- de l'AnhiteB. militaire. 91 plier, le cyprès , le lapin, le châtaignier, & autres bois à baftir, ont des proprietez ôc natures toutes differentes prelqueles unes des autres.
- Le chefne ne peut lervir à ce que peut faire le lapin, ny le cyprès à ce que peut faire lorme, dautant que leur efo >ece ell differente , ôc qu e-tans employez dans les ouvrages , leurs effets font contraires les uns aux autres.
- .Le lapin dent beaucoup de l'air & du feu , mais fort peu de l'humidité ôc de la terre , ce qui le rend leger, de grande force ôc vigueur, demeurant toujours droit en
- H
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- 92 U Expérience
- charpente^ ; mais comme il efi: extrêmement remply de chaleur, c’eft ce qui fait qu’il engendre des vers , lefquels corompent la fubllance , & le rend de peu de dure'e ^It brûle facilement , & rend; une iîâme agréable, dau tant; que fos pores font fort délicats , ôc que la fubtilité de l’air eftaht dans fon corps, reçoit promptement le feu.
- Le chefne a peu d’humi-! dite, d’air ôc de feu, mais; participe beaucoup du ter-reftre „ lors que l’on en fait des pieux poureftre mis dans-terre, ôc qu’ils ont paffé au; feu ce bois dure des temps!
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- de t Jrchitecl. militaire. 93 infinis 5 J’en ay veu quelques-uns fur la riviere de Sambre , dans la Province d’Haynaut , lefquels eftoient employez depuis quatre cens ans , 6c n’avoient changé qu’en couleur,laquelle eftoit devenue de mefrne que celle de l’ébene , 6c fans aucune corruption.
- Il y a encore un autre efpe-ce de boisdechelne portant du glan , lequel elt affez .tempéré de fa nature, 6c d’un grand fervice dans les balli-niens \ cependant lors qu’il ,eft mis en lieu humide , il reçoit aufli-coft l’humidité au travers de fes pores j de
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- 9 4- & Expérience
- maniéré que l’air & le feu eftant contraints de luy faire placé , il eft en peu de temps corrompu.
- Le heftre, le liege, &: le fau-, font compofez d’humidité , de feu , de terre , & d’air ; cependant ils fe moi*; fîflènt en peu d’années à eau-; fe de leurs pores , ou il y a facile pénétration.
- Le peuplier, tant le blanc que le noir, le fiule, le tilleul & lozier (ont remplis d’air & de feu, & temperez d’humidité, ne tenant prêt que point de la terre j c’eft ce qui les rend légers , tendres , de bon fil , .& fa-
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- , de ïÀnhittSI. militaire» 9j ciles à travailler.
- Quoy que laune vienne dans les endroits humides & aquatiques , il a cependant de grandes proprietez, il tient beaucoup de l’air ôc du feu , ôc peu du terrellre &de l’humide ; par cette rai-fon il doit eltre employé dans les eaues, dautant que venant à recevoir la liqueur dont ils ont le moins en leur nature, on n’en void jamais la fin 5 ôc fouftient de puit fan tes mafles de baltimens ; mais lors que Ton en fait des ouvrages qui font expofèz à l’air , ce bois n’eft pas de longue durée.
- s
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- 9 6 L'Experience
- L’orme & le frefne ont grande, abondance d’humeurs , 8c n’ont prefque point d’air ny de feu; à proportion du terreftre, qui eft fa nature : Quand on les travaille pour en faire quelque ouvrage , ils font mois , & n’ont point de refillance fous les gros fardeaux, à cau-fe de leur cxcelhve humidité qui les fait plier ; cependant quand ils font delTe-chez par vieille (Te, ou bien apres qu’on les a purgez aux champs, ainfi qu’il a efté cy-devant expliqué , leur liqueur s’efhnt évaporée par la fuite} ils s’endurciffent al-
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- de l ArchiteB. militaire. 97 fez, 6c à caufe de leur natu-je lente Ton peut en faire de bons planchers, 6c autres ouvrages qui feront folides 6c de longue durée.
- Le charme de la nature a peu de feu 6c de terre , mais beaucoup d’humidité , ce qui le rend ferme, de grande force , 6c difficile à rompre.
- Le cyprès 6c le pin ont abondance d’humidité , 6c participent également des trois autres principes,ce qui eft caufe qu’ils le courbent quand on les employé en charpente^cependant ils fe confervent beaucoup dan-
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- 98 L* Expérience
- nées {ans fe corrompre, joint à cela que leur liqueur ayant une faveur extrêmement a-mere, c’eft ce qui empefche que les vers & autres vermines ne les rongent, & que Ion ne void pas la fin des ouvrages qui en font faits.
- Le cedre & le genévre
- font de pareille nature &
- utilité que le cyprès de le
- pin-, les cedres ont le feüil-
- lagereifemblant au cyprès,
- 8c ont leur bois 8c leur veine
- de droit fil : L’on allure que
- la figure de Diane , dans la & *
- ville Dephefo , en fut faite, mefines les voûtes de fon Temple 5 Ces arbres viennent
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- de l* Jrchitetl. militaire. 99 nent d une hauteur extraordinaire dans Hile de Candie , & dans quelques parties de TAfrique.
- Le bois de larice h’eft point connu en France , il croit le long des rivages dix
- o O
- Pau en Italie*,il tient beaucoup de l’humidité & de la terre, & tres-peu de lair & du feu , ce qui fait qu’il ne )eut brûler, joint à cela que es pores font tellement (errez, que là flâme ôc le feu ne peut penetrer au travers : Voicy de quelle maniéré ce bois a efté mis en lumière. Julles Ce(àr ayant mis (on
- F * 1 » \
- armée en quartier d ny ver
- I
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- ioo V Expérience du collé de Bologne , ordonna aux habitans du Pays de fournir aux foldacs les vivres neceflaires pour leur fiibfiftance : Il y avoir dans cecce Province une petite forterefle nommée Larignan quirefufa de fournir les contributions , ce qui obligea Cefar d’envoyer des troup-pes pour Taflieger , ôc leur, ordonna de commencer à inveftir une tour qui couvrait l'entrée de la porte 5 laquelle n*eftoit fortifiée que de bois de larice pofé par pile j Apres avoir reconnu cette tour , Ton ordonna à tous les foldats du Camp de
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- de /’ A rchitcëi. mi lit aire. 101 faire des fagots de branchages , & de les porter jufqu au pied de ladite tour -, cela fut exécuté , ôc on y mit le feu avec des torches ardentes, dont la flâme alloit à plus de 400. pieds de haut j mais lorfque le feu fut efteint, Cefàr fut extrêmement lur-pris de voir encore la tour toute entière *, ce qui l'obligea de l’afïieger par tran-che'e , & de prendre cette tour par compofition avec les habitans , lefquels luy montrèrent enfui te des fo-refts toutes remplies dudit bois.
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- loi L'ExPerience Thoip des bois.
- La folive mefure de Paris contient 6. pouces de largeur fîir 6. pouces d’épaif {eur , ayant en longueur \u pieds.
- Pour trouver le numérateur, Ton multipliera ladite largeur A , par l’epaiffeur B, qui donneront 36. pouces, lefquels eftant enfuite multipliez par ladite longueur C, le produit donnera 432, chevilles pour la folive, chaque cheville ayant n. pouces de longueur fur un pouce quaré.
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- iel*Architc£l. militaire. 105 Pratique.
- Larg. 6. pouc.
- Epaiff. 6. pouc.
- 3 6» pouc. ix. pieds.
- . . 7*-
- 3
- 1 --—-- " --im
- Produit 4 3 z. chevill.pour une fol.
- Pour mefurer la piece de Ibois C D, qui aura i|. pouces d’épaiffeur fur 10. pouces de largeur, ces deux diman-fions feront multipliées l’une par l’autre ,*& le produit fera multiplié par la longueur E, qui eft de 30. pieds, qui donneront 4500. chevilles, lefl
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- I04 U Expérience
- quelles e fiant enfuite divifëz par 432. chevilles , que contient ladire folive , le quotient donnera 10. folives 180. chevilles, ou 10. folives ~ peu plus,
- lS-
- 10.
- 1 50.
- 3 0
- 1
- 2 s
- 4500
- 4322
- 45
- lo.foliv, J
- 4500. chevilles.
- toutes les autres pièces dé bois equaris feront mefu-re'es de la mefme maniéré,
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- de ï Archite A. militaire. 105
- Pour mefurer le bois rond par les deux bouts.
- foit la piece I K, propofée à mefurer, Ton mefurera avec le cordeau la circonférence de la piece dans lé milieu; l’on en prendra la quatrième partie de 60. pouces , qui feront 15. pouces , lef-quels on multipliera par fby-mefme , ôc le produit fera multiplié par toute la longueur , qui eft de 25. pieds, & ce qui viendra fèradivifé par 431. chevilles, valeur de la folive.
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- toé JL* Expérience
- Pratique.
- • • • » •
- 1J *5
- 7J
- lS
- zz$
- Long. 25.pie. 452.2
- 31
- 1 o 9f 56 25
- I 12;
- 45O
- 43
- 13. folives, 9. chevil.
- J^2 5
- Pour mefùrer le pilot ou Dieux L M , il faut mefurer
- ’arbre par le milieu ^ s’il a de circonférence 40. pouces, il faudra en prendre la quatrième partie comme cy~ deflus, le multiplier par foy-
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- de l'Architeft, militaire. 107 mefme, & multiplier enfui-te le produit avec la longueur dudit pieux, qui donneront 2200. de chevilles,’ lefquelles feront divilées par 432. chevilles , valeur de la folive, & l’on obtiendra cinq folive 40. chevilles.
- V. m
- - ... I O
- IO
- IOO 4
- ____2i.pieds^ ^ 2 o o J
- 100 452. 5.folive*
- 14o.chev«
- 200 T
- 2200
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- 10$ V Expérience
- Si un particulier veut faire baftir , & qu’il faffe marché avec un Marchand pour avoir tous les bois de 4. pouces quarez y à raiion de i. lois le pied, l’on fera les calculs & meiures defdits bois comme il enfuit.
- En premier lieu on commencera à chercher un numérateur , qui fera de multiplier 4. pouces par 4. pouces , lefquels donneront 16, enfiiite s’il convient de me-fùrer une piece de bois qui porte 10. pouces de largeur fur 10. pouces d’épaiffeur, ayant 2,0. pieds de long,i’on multipliera 10. par 10. lef.
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- de tÂrchitett. militaire. 109 quels donneront 100. en-fuite Ton multipliera ce produit par la longueur, qui eft de 20. pieds , lefquels donneront 2000. que Ton divi-{era par le. numérateur 16. ôc le quotient donnera des pieds de bois de 4. pouces quarez , ôc les fractions ou reftans feront des pouces Ôc chevilles d’un pouce quaré, ôc de u. pouces de long,
- ^Trafique,
- i°
- 1 o
- 100 2 o
- jp>
- *5
- 1 4 S 2000 1 6 66 I 1
- 2 0 0 0
- 4
- 125. pieds de bois de 4, po.quare*.
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- no L’Expérience tous les autres bois equaris lemefiireront de la mefme maniéré ; & à 1 egard des bois ronds par les deux bouts, & des pieux , ils fè-j ront melurez , comme il a déjà efté dit, 6c le produit divile par 16. & le quotient donnera ce que Ton cherche.
- CHAPITRE XIV.
- Z*d connoifjance des bons matercàux four faire travailler avec fo-liditê.
- De la Brique.
- LA terre areneuze, gra-veleufe, ny le bourbier fablonneux , ne font point
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- de l*jirchitefl. militaire. ni propre pour faire les bonnes briques , elles pefènt trop ; & quand les pluyes donnent fur 1 es murailles qui en font reveftuës , elles iè détrempent & fe difloudent.
- Pour les faire d’un bon ufage, il faut qu’elles loient de terre blanche tenant de la croye, ou de terre rouge, ou de fablon malle rouge, dautant quelles font plus légères ^ elles ont une grande Fermeté, & ne chargent pas beaucoup un baftiment -, la faifon la plus convenable pour les faire eft celle du Printemps ou en Automne, afin quelle puilfe fecher.
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- ixi U Expérience
- Ils-y en fait en Flandres, ôc dans le pays de Liege de deux differentes proportions , les plus grandes ont 4. pouces fur 8. pouces, ôc les petites 3. pouc. lùr 6. pouces.
- Pour en conftruire les murs on doit les pofer, fça-voir la première aflife en boutiffe , la fécondé en pa-nerefle, la troifiéme en bou-tifle, ôc continuer ainfi avec peu de mortier bien également mis fur chaque affilé ôc dams les joints , en forte qu filles faffent parement & figure de rombe ou de lozan-ge , quand on a réparé les joints.
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- de l*Àrchiteél. militaire. 11j Du Sable.
- Le fable terreux eft à rc-jetter pour faire un bon ouvrage de malfonnerie -, il y a des labiés de differentes couleurs , mais il faut choifir pour le meilleur de tous ce-luy de riviere, & qui crie en le maniant dans la main j Le fable qui fe tire de la mer à ces deffauts quil ne peut lécher qu’avec beaucoup de temps j que l’on ne peut charger de puilfans fardeaux la muraille qui en eft faite, &; que les ouvrages ne font point de durée, dautanc qu’il
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- «4 L'Expérience
- en fort fouvencde rhumidi-té, particulièrement lors que lefel vient à fe difloudre, ce qui fait crever & fenverfer tres-fouvent la maflbnneric qui en eft conftruite.
- De la Qhaux & du Mortier.
- t
- La chaux qui aura fa matière la plus épaifTe &• la plus forte , eft celle qu’il faut choifir pour faire le meilleur mortier.
- Les mortiers pour eftre recevables dans les ouvrages du Roy doivent eftre tier-cez, c’eft à dire que for deux broüetées de fable malle de
- riviere,
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- de ï Archite B. militaire. iij riviere , Ton doit y mettre une brolietée de chaux, apres avoir efté efteinte de deux jours dans un baflin.
- Lefdits mortiers ne doivent jamais eftre employez dans les ouvrages que vingt-quatre heures apres avoir efté faits : Il me fouvient que dans une Place où jefàifois travailler, dans le temps que l’on commençoit de pofer les pierres de taille de l’angle flanqué d’un baftion ,les Ouvriers poferent la première avec du mortier nouvellement fait, <k dont la chaux eftoit toute vive } trois heures après je paflay en cét en-
- K
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- Îi6 L* Expérience
- droit, & ayant trouvé ladite pierre caflee, & des fentes en plufieurs endroits, hors mefme de ion alignement, je reconnus en examinant la chofe, que cela provenoit du mortier, & de la chaux qui n avoic pas efté efteintej c’eft pourquoy les Mafïbns eftants fujets à tomber fou-vent dans de femblables fautes , il eft bon d y prendre garde daflez prés.
- Des pierres de tailles & du moelon.
- Les Carriers de pierre font de differente nature , celle
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- de rjirchiteél. militaire. Uy
- de Saint Leu pafie pour la meilleure , elle ell très- blanT che, fort unie, tendre ôc facile à travailler.
- Celle de Saint Cloud en approche aflèz , les deux pierres du fronton de la porte du Louvre font connoiltre cequec’eft.
- * La pierre de liere eft extrêmement dure , difficile à travailler , ôc tres-propre à faire des careaux ôc marches d’efcaliers.
- Celle de Meudon les fur-pafleroit toutes en bonne qualités,fi elle n’avoit pas des veines graveleufes, le poinçon ny le cizeau ne peut la
- K ij
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- iiS L* Expérience rendre bien unie, mais elle efl: d'une forte refiftance, & là couleur paflablement belle.
- Il n'y en a point dans le Royaume qui lurpafïè celle de Tonnerre pour la blancheur, la propreté', la force ôc la durée ; Le Chafteau d’Ancy-le-Franc, proche d® cette Ville,en adté bafly il y a environ 200. ans 5 elles font encore de la plus belle couleur des pierres blanches , ôc auffi dures que le roc.
- il faut remarquer qu'aux environs de Tonnerre il y a deux Carrières , lune pro-
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- del'Arcbiteïl. militaire, itj duit ces excellentes pierres propre à baftir , & l’autre de grands blots pour la (cuL ture , là blancheur des dernières ébloüit 5 & les Scul-teurs eftiment les ouvrages qui en font faits beaucoup plus que ceux de marbre : Il y a dans Paris une figure de cette mefme pierre proche ,lé grand Autel de l’Eglife faint R.och, où l’on peut vérifier fi ce que je dis eft véritable.
- Tout moelonbrut & bif. cornu eft propre pour les fondations, & pour garnir le dedans des murs , pour-’ veu qu’il foit dur.
- ' k— ' ' *•* *— U» h
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- iio V Expérience
- Les cailloux unis, comme ceux que l’on trouve dans les fables & rivières ne font point recevables dans la Maflonnerie, dâutant qu’ils ne prennent pas le mortier, & ne font point de liaifon.
- Les pierres de Tournay,& celles de Maubeuge, de Di-nan , de Charlemont & de Phalfoourg, furpaflent toutes celles dont je viens de parler, pour travaillerai parements , ôc fervir à ellever les angles faillans des ba-
- D
- fiions, ôc pour faire les cordons , guérites, ôc autres ouvrages propres ôc expofez aux injures des temps.
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- de F Architefl. militaire, ni
- Lors que Ton travaille dans les Places, il s’y trouve dans les efcavations des fof. fez ordinairement, ou de la pierre,ou du fable^auparavâc que de les emplpyer,il eft ne-ceflaire d’en faire des efpreu-ves : Il y a de ces fortes de pierres qu’en les mettant à l’air, elles font converties en poudre en vingt-quatre heures de temps * d’autres que les jettant dans un fceau d’eau , elles fe diffoudent à l’inftant.
- Pour le fable qui fe trouvera dans ces efcavations, il fera recevable s’il eft afpre, & fi en jettant une pelerée
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- Il i JJ Expérience
- fur un manteau il n’y refte rien fur l'étoffe quand on l’aura repris.
- Sentiment de Vitmve fur les pierres propres a baflir, chap. 7. fol. 20.
- Quand il fera queftion de baflir , les pierres dèltinées pour les ouvrages feront tirées de la cariere pendant l’EftéSe non l’Hyver , ôc repoliront pendant deux ans expofées à l’air enliiite on les examinera, &c celles qui auront efté gaftées par la puy e ou la gelée y feront jec-tées aux fondements, Ôc les
- autres
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- de l*jtrchiteff. militaire. jif
- «
- autres qui auront refifté pen-> dant ce temps, & demeurées feines & entières, feront employées au corp$ du battis ment.
- CHAPITRE XV.
- La. connoiffance des eaues , avec? celle de les trouver\
- LA terre ellant compo-
- fée d’humidité, d’air, 8c de chaleur , & le‘cours dw Soleil la rendant en certains lieux ou plus ou moins remplie d’eauës, par cette feule raifon le bon fens joint à l’ex^ perience doit les faire re^
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- ï*4 - If-Expérience:
- chercher aux parties Septen-trionnalles des Montagnes* dans ces endroits les arbres ycroiffent facilement, 6e les neiges & les eaues de pluye y font plus long-temps con-fervées qu ailleurs* d’où s’enfuit que ces liqueurs venant à s’écouler dans les veines de Ta terre , elles tombent en-foite dans fes plus baffes par-ties> lefquelles venant à s’ouvrir 'forment les bouillons des fontaines, que nous appelions fources d’eaues vi-
- ves.
- • •
- eaues
- or-
- dinairement agréable a boi-re j ôc extrêmement faines,
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- de Y Atzhlteiï. militaire. iiÿ damant que le Soleil ne donnant point directement fur ces penchans, il ne peut en îiiccer l’humidité.
- Il s’y trouve auffi des four-ces d’eauës dans lés razes campagnes , mais elles né font point abondantes , ôc ne fçauroient eftre fi faine , dautant que Fair & les rayons du Soleil, en attirant toute la fubftance la plus le-gere, elle y laifle par confe-quentla plus terrellre.
- L’eau qui fe trouvera dans la croye ne fera point de bon gouft ny abondante.
- Celle qui fe trouvera en fable, doux & mouvant, fi
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- il6 L* Expérience
- elle cften lieu profond,elle fera fade & limonneufe.
- En terre noire leseauësy font d’un affez bon gouft.
- En terre glaife les fources ny font pas fort certaines, mais elles font agréables.
- En lablon malle les fourr ces y font affez frequentes., & l eau d’un grand gouft.
- En roche rouge, il y en a de tres-excellentes.
- En roche bize elles y font extrêmement abondantes, niais plus froides & plus faines que les autres.
- Les eauës de.pluye font meilleure & plus faine que toutes les autres, par la rai-
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- de l'ÀrcbitcH. militaire, ny (on qu’elle eft la plus délicate vapeur qui aie efté choi-fiedans toutes les fontaines* rivières & autres lieux , lefl quelles apres leur atradrion, auparavant que de tomber for la terre, ont efté agitées Darmy l’air, & enfoite difti-!ées parles orages.
- Si l’on veut connoiftre la bonté des eauës dans quelque Bourg , Ville , ou Village , l’on examinera fî les habitans, qui en fontuiàge, font feins, difpofts , ayants bonne couleur, s’ils ne font point fujets aux douleurs des jambes , & s’il y én a beaucoup de bigles.
- ** Æm • • •
- L nj
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- 130 L* Expérience
- Si l’eau d’une nouvelle fburce eft mijè dans un vaif-feau eftàmé , ou quelqu autre qui foit de bon airain, ôc quelle ny fafle aucune tache , ce fera une marque quelle fera tres-fai’ne.
- Si l’on fait boüillir de cette eauë dans un chaudron bien net, & apres quelle fera refroidie on vienne à la répandre,&qu’il n’y demeure dans le fonds ny gravier ny limon, elle n’aura aucun deffaut. '
- L’eau de fburce qui fe-: ra nette & luifante , ôc que des lieux d’ou en fortënt lés. boitillons, il ne s’y engendre
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- de f Architefi. militaire. ijr point de moufle ny de jonc, non plus que dans ion canal aucune ordure, mais ycon-ferve fa pureté, elle fera bonne & falutaire.
- Quelque mal-laine que püifle eftre Feau, fi on la raie boüillir Ôc, réduire à moitié, elle fera d un bon ufage.
- Pour découvrir precile-ment les endroits où peuvent eftçé les fources, Fon oblervera , comme j’ay dit-, de voir fur les penchants des Montagnes feptentrionnaU les, s'il y a for le terrain du feulé feuvage, de laune, de lôziér, du lierre, des rozeaux* pc dautres bois & plantes
- L« • i •
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- ï$i L'Expérience qui croiffent naturellement daïis les lieux humides, (ans y eftre femez ny plantez.
- Enfùite on mettra des ouvriers aux lieux où cesfïgnes paroiftront, lefquels feront des fouilles de trois à quatre pieds de large fur quatre ou cinq pieds de profondeur , & dans chaque trou Ton y mettra, à rheure du Soleil couchant,un vaif. leau de plomb ou d’airain, ou quelque baffin, lequel fera huilé en dedans, & pofé dans la profondeur de lafof-r fe, en renverfànt le haut du vaiffeau en bas, couvrant la luperficie de là fofle de rô-
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- de l'drchiteSl. militaire, i j j zeaux, feüilles & branchages fur lefquels on jettera de la terre -, & le jour enfùivanc allant la découvrir , s'il y a dans le vaifleau de petites gouttes de fueur, faites foüil-lerplus avant, & vous trouverez indubitablement de l’eau en cet endroit.
- Au lieu de ce vaifleau huilé , Ton peut mettre dans cette fofle un pot de terre qui ne foit pas cuite, le couvrant de la mefine maniéré qu’il eftcy-devant expliqué, & le jour fuivant, lorfqu’on ; viendra à ouvrir la fofle, fï le pot eft humide,& qu’il ait quelque fente, l’on trouve-
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- 134 L* Expérience ra aufli de l’eau dans ladite profondeur.
- Si Ion fait du feu en cette foflè , ou fur la fuperficie de la terre, jufqu’à ce que la terre fafle croûte , & s’en échauffe intérieurement, de maniéré qu’il en forte une vapeur nebuleuze. Il eft encore tres-féur que Ton trouvera de l’eau en ce lieu.
- Quand on aura reconnu quelques-uns des lignes & marques cy-devant expliquées , l’on fera creufer un puits au mefme endroit , & il l’on trouve une fource un peu confiderable , il fera fait aux environs de ce
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- de l'ArchîteB. militaire. 135* puits, ainfi que A B C D E, plufieurs autres fofles , lev£ quelles fe communiqueront toutes lune à lautre par la rigolle F.
- F I N.
- É R RA T J.
- 1>Age 31. lig. r4.a,life^8c: Pag.3<?. lig. ni IL connexe, lif convexe : Pag. ^r. lig-z. connexe, lif convexe : Pag. 4z. lig.ij.furplus, ]if. le furplus : Pag. 4 7. lig. 10. cazerne, lif. cazerme : Pag. 4S. lig. 13. lettre F, au lieu de E : Pag. 116, lig. 10. cariers , lif, carieres: Pag. 117. lig. s. Celle de S. Cloud en approche alTez, Itf. Celle de Meudon en approche allez.
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- ® ***&*» etMii
- Extrait-dû Privilège du Roy.
- PAr Grâce & Privilège du Roy, donné à Verfailles le 9. de Février 1685. Signé , Par le Roy en Ton Confèil, Dugono : H eft permis au Sieur Des-martins , Ingénieur ordinaire du Roy, défaire imprimer, vendre & débiter par tel Imprimeur , ou Marchand Libraire que bon luy (emblera, un Livre intitulé, VExpérience de TArchiteElstre militaire i qu’il au toit compofé : Et deffenfes font faites à toutes perfonnes de l’imprimer ou contrefaire pendant le temps de fix années, à peine de tous dépens, dommages & intcrefts.
- Et ledit Sieur Desmartins a cédé Ion droit de Privilège à Maurice Viuert, pour en jouyr fui vaut l’accord fait entr’eux.
- Regiftn fur le Livre de là Communauté des Imprimeurs & Libraires de cette ville de Paris.
- Signé C. ANGOT» Syndic,
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- L'EXPLICATION;
- DES TERMES
- DONT ONSE SERT DANS
- i/architeçture
- MILITAIRE.
- A N S les fiecles premier» rien ne flaquoit les forts, Ils ne pouvoient braver l’infulte du dehors,
- On connut ce défaut, on fit des tours quarrées
- Dy JL
- un petit intervalle entre elles Réparées,
- Et la fuite des temps qui defille les yeux,
- Arrondit ces quarrez pour flanquer beaucoup mieux :
- Mais depuis que Bertolde eut in** venté la poudre *
- Ai]
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- A chercher d’autres flancs il falut fe refoudre,
- On fit des battions, autrement boulevars *
- Qui font les vrais foûtiens des murs 8c des rempars,
- Ils ont angle flanqué, face, angle de l’épaule,
- Flanc, ligne capitale, & gorge à double rôle, *
- La courtine placée entre deux baflions,
- A quelquefois deux flancs, que l’on nomme feconsj
- La ligne de défenfc en tel cas eil fichante,
- Cette ligne autrement n’efi: jamais que rafante.
- L’angle diminué, l’angle àpellé flanquant,
- L’angle de contrefcarpe, 8C Taillant & rentrant,
- * La gorge fe dfaife en deux denty gorges.
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- L’exterieur côté, le double diamètre j
- Sont des termes de l’Art, qu il ne faut pas obmettre j
- L’angle du centre encor doit être fceu par cœur,
- Et vous devez fur tout fupputcr fà valeur}
- Pour la trouver voyez la fomnoye refultante
- Du nombre des cotez, coupant trois cens foixante,
- Et de cent quatre-vingts l’anglq du centre ôté,
- Donnera la valeur de l’angle du côté.
- Le flanc du grand Vauban en cercle fe figure,
- Il touche l’orillon , il touche la brifure :
- Autrefois on faifoit peu raifonna-biement
- Un orilion quarré, qu’on nomme épaulement,
- A H
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- Quand à ces trois dehors, rave-lins , demy-lunes,
- Contregardes , ils ont plufieurs; chofes communes,
- Qui font qu’ils peuvent être aifé-ment comparez
- Avec des battions du rempart fe-parez.
- Pour la tenaille ttmple, &: la dou-* ble tenaille,
- L’efprit les voit bien-tôc, pour peu quil y travaille :
- La ttmple qu’il connoît> en fai-fànt moins d’effort,
- Avec l’ouvrage à corne a toujours grand raport :
- La double,qui reflemble à l’ouvrage à couronne,
- Ne patte point par tout pour dé-fenfe fort bonne.
- Le corridor, qu’on fait quelquefois à redants
- fitt; le premier dehors, où vont les Aftteeeans 5
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- L’efplanade ou glacis le fuit, il environne
- Tous les autres dehors ainfi de fa couronne.
- Voilà quels font les noms des principaux dehors,
- Contre qui FAiliegeant fait fes premiers efforts.
- Le deflein ou le plan fè nomme Ichnographie,
- La hauteur ou profil s’apelle Or-tographié :
- Sçachez encor les mots de para-cordon ,
- Poterne, fauffe braye, embrafure, Mcrlon,
- Cafemate, talud,plateforme, banquette ,
- Pas de fouris > gazon, terreplain, & Cuvette.
- Sçachez que la hauteur, qu’on nomme Cavalier,
- Eft un fécond rempart affis fur le premier ,
- A« • • *
- nij
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- La cafcane eft un puits crêufé contre la mine ;
- Les portes ont bacule, orgues, pont, farrafine,
- L’efcarpe contrefcarpe au foffé fe Font voir,
- Et ce font deux taluds par où l’on y peut cheoir ;
- Chaufïetrape, pointue > épaifle, barricade*
- Fraife , cheval de frife, & haute paliffade,
- Arrêtent l’ennemy dans Ton premier effort 9
- Embaraffent fes pas, & luy ferment l’abord.
- Dans un fiege on fe fert de fortin, galerie,
- Boyaux, hute, baraque, & chef d’artilleries
- On y .remarque encor circonvallations ,.
- Tranchée &: les détours, chandelier , gabions >
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- Grenades, pots à feu, mantelets , facs à terre :
- Mais ce qui montre mieux la rigueur de la guerre. *
- On y voit le pétard joint à Ton madrier ,
- Le boulet au canon, 6c la bombe au mortier ;
- L’effroyable carcafle invention recente,
- Remplit dans les citez les peuples d’épouvente,
- La foudre ne fait point des ravages plus grands ,
- Que ces traits enflammez quonc veu les derniers temps. Quoyqu’il faille connoître exactement ces chofes,
- Leurs matières, leurs noms, leurs effets 6c leurs caufes,
- Ce nell pas proprement fortification ,
- Qin demande fur tout vôtre application :
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- Il faut étudier d’abord la régulière,
- Qui fournit à voir l’autre une grande lumière,
- Pour l’avoir dans l’efprit fort pre* fente en tout temps ;
- Retenez avec foin les termes Grecs luivans,
- Penta c’eft cinq, exa fix, eptafept lignifie,
- O&o huit, le Latin au Grec icy faillie, •
- Neuf fiidit ennea, deçà veut dire
- Onze endeca, dodeca deux fois fix,
- A chacun de ccs mots joignez ce» luy de gone,
- Et vous aurez le nom de chaque poligone.
- Ce grand Art appelle fortification ,
- Ift monté par degrés à fa perfection :
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- II
- Errare, que maintenant en tous lieux on furpaffe s Joignoit par angle droit le flanc avec la face j
- D’autres pour découvrir beaucoup mieux l’aflaillant, Joignent par angle droit la courtine & le flanc,
- La ligne de défenfe eft perpendiculaire
- Sur le flanc de Pagan Autheur que l’on revere,
- Et dans nos jours heureux le célébré Vauban
- A perfectionné le deflèin de Pa-gan/
- Ces quatre Vers enfeîgnent un moyen fort aifê pour tracer tout poli go ne régulier, ce font ceux-cy : pour la trouver voyeT^ La fomme résultant du nombre des cotez, coupant trois cens foixante, &c.
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