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Traitté des fortifications, contenant La demonstration, et l'examen de tout ce qui regarde l'art de fortifier les places tant regulieres, qu'irregulieres, suivant ce qui se pratique aujourd'huy
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- TRAITTE'
- DES
- FORTIFICATIONS,
- CONTENANT
- La demonftration, 3c l'Examen de tout ce qui regarde l'Art de Fortifier les Places tant regulieres, qu'irregulieres, fuivant ce qui fe pratique au jour-d'huy.
- Le tout d’une maniéré abbregée, & fort aiféc pour l’inftruâion de la Jeunelfe.
- Par le Sr. H. G A V TI E R3 de Nlfme.
- A L Y 7
- Chez T H O M A S /lM AlTLRY,l|
- Merciere, ail
- Galant
- M. D C. avec P RI vil
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- AUX MAGNIFIQUES,
- PUISSANTS , & SOUVERAINS
- SEIGNEURS,
- MES SEIGNEURS, LES
- Ad.vo.yers, T.reforiers, Ban-dérets , 5c Sénateurs de la Ville 5c Republique de Berne.
- MAGtfmgVES rvissants
- & Souverains Seigneurs.
- Le fèjour que faj fait dans votre Eftat ma fait
- a i)
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- E P I T R E.
- goûter tant de tranquillité' & tant de douceur parmi
- vos reuples y que jaijant réflexion fur ces avantages > Q? voyant que ce fofti des effets de la Sageffé&* de la modération de votre
- Gouvernementy je riay pû ni empêcher d eflors de joindre a iejlimey qui vous efl deue y les Jentimens d une parfaite reconnoiffance. Je me croirois heureux fi je pouvois les faire êclatter par des fervices effectifs 5 mais dans tétat ou je fuis je ne puis fatisfaire èntie-
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- E P I T R E.
- rement a mon z^ele 5 Et quelque grand, qu’il Joit, je me vois prefque obligé d’en demeurer aux termes des:vœux & des fouhaits.
- Cependat, Magnifiques, Puissants e t Souve-
- rains Seigneurs, Per-
- mettez^ moy, je vous Jup-plie, de rendre a VOS EXCELL. un hommage Public proportionné a ma foiblejfe. C’efi dans cette confiance que je prens la liberté de vous dedier ce Fraitté de Fortifications
- que je vous
- offre avec un
- a ,»j
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- E PITRE.
- profond refpett* 'Peut-être que ces Jeunes- Hommes, d Elite que ton •voitprincipalement dans votre Ville de Berne > en attendant que le beau feu qui brûle dans leur fein foit foutenu par la force du corps y & les poujfe aux actions Héroïques , feront bien aifes de venir autour de mes Remparts prendre les premières Idées de ce glorieux Métier auquel ils fe defiinent. Si je leur fuis de quelque vfa-ge je feray fuffifœ&ment
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- E P 1 T R E.
- recompensé de mon travail. Qmy quil en foit f’efpere au moins que V. .EXCEL, daigneront ag-gréer le deffein que je mer fuis particulièrement proposé en publiant cét Ouvrages qui efl, Magnifiques j Puissants 5 et
- Souverains Seignevrs , de vous donner des marques de. ma gratitude , Çf de fam connoître à
- vos EXCELLENCES>
- & au Public la vénéra-tion que jay pour vous & la profeféion particulière
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- E P-1 T R E.
- que je fais détre de la maniéré du mônde la plus rejpeëtuéufe la plus Jmcere.
- M A G N ï FI QU E S, Puissants ,æt Souverains Seigneurs.
- DE VOS EXCELLENCES
- Le très - humble & tres-obeïfTant Serviteur.
- H. GAUTIER.
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- Advis au Relieur.
- Es Figures de ce livre doi-
- JL vent être collées fuivane leur rang au bord de quelques feuillets de papier blanc, qu’il faut adjoûter au commencement ou à la fin du Livre, 6c faire que les Figures étant déployées fortént du Livre pour étreveuës en même tems que le difeours, 6c qu’elles fe puif-fent plier 6c replier en dedans quand il n’efi: plus necefiaire de les voir.
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- preffement avec lequel on demande cét Ouvrage de toutes parts ncr m5a pas permis d*en différer plus long-tems la publication > refer-yant à f Autheur de fc fatisr faire fur ce point dans une autre Edition,
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- EXTRAIT DV PRIVILEGE du Roy.
- PAr grâce & Privilège de fa Majeflé, en datte du 10. Juillet 1684. Junquiercs, fcellé 3 il cil permis à Thomas Amaulry, Marchand Libraire à Ljon, de faire Imprimer, vendre & débiter, un Traitté des Fortifications Anciennes & Modernes , par le Sieur Gautier Dcéleur en Médecine foc. en tel volume,-marge, cara&eres, & autant de fois que bon luy femblera, pendant le tems & elpace de fix années confecutives , à compter du jour que ledit Livre fera achevé d’imprimer pour la première fois, avec deffences à tous Libraires, Imprimeurs, &l autres de l'imprimer,faire imprimer,vendre £c diftribuer , même d’impreflion étrangère ou autrement , fans le confentement dudit Expofant , à peine de trois mille livres d’amande , confilcation des exemplaires, & de tous dépens , dommages Sc interefts , comme il eft porté plus au long par ledit Privilège.
- Regiftré fur le Livre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris, le 16. Juillet 1684. (vivant PArrefi du Parlement du 8. Avriê 16 j 3. fo celuy du Confeil privé dut.-/. Février 166 5.
- Signé Angot , Sindic.
- Achevé d’imprimer pour la première fois le 30. Décembre 1484.
- ABBRE
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- I
- ABBR.EGE’
- DES ELEMENS
- DE GEOMETRIE.
- DEFINITIONS.
- N appelle Corps, ou Solide, ce qui &Lon- Fjan‘
- * _ che r.
- gueur , Largeur & figure
- ï.
- La Superficie eft ime éten-due qui a Longueur , Sc Largeur, 6c qui n’a point de Profondeur.
- Superficie Pte? , eft Fïg.%» celle qui n’a aucun point plus élevé l’un que l’autre.
- On l’appelle aufli Plan, fim-plement.
- A
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- Z
- Tl. I. Ttg. 3.
- Kg.*.
- r>g. 7./
- Abbtegé des Siemens Superficie Courbe , eft celle qui a des points plus élevés, ou plus abaifles les uns que les autres.
- Ligne s eft ce qui a Longueur feulement.
- Ligne Droitte , eft le plus court chemin d’un point, à un autre.
- Ligne Courbe, eft celle qui s’écarte du plus court chemin qu’il y a d’un point à un autre.
- Ligne Perpendiculaire , eft une ligne droitte qui tombant fur une autre ligne droitte , fait deux Angles égaux , qu’on appelle aufli Angles droits.
- Lignes Parallèles,, font celles qui gardent toujours la même diftance entr’elles.
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- de Geometrie. 3 Deux lignes font dites *{**•*• fe rencontrer , Directement^ Ft£'9' lors qu’elles fe rencontrent de telle forte qu étant prolongées j elles ne fe coupent pas} & pour lors elles ne font qu’une même ligne.
- Deux lignes font dites fe rencontrer Indirectement > lors qu’elles fe coupent au point de leur rencontre, fl elles font prolongées.
- Le Point eft ce qui n’a aucunes parties.
- Angle , eft l’ouvertu- Fig.n. re de deux lignes qui fe rencontrent indire&ement.
- Angle ReCtiligne eft celui Fig.it. qui eft compris de deux lignes droittes.
- Angle Curviligne , eft ce- *&•*?. lui qui eft compris de deux lignes Courbes.
- A ii
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- 4 Abbregé des Elément. Tian.x. Angle Mixte , eft ce-TgM’ lui qui eft compris d’une ligne droitte èc d’une ligne courbe.
- Angle obtus , eft celui qui eft plus grand que le droit, ou qui a plus de <?o» degrés.
- Angle Droit, efl celui qui a Juftement 5)0. degrés. Voyez, Figure 7. Sc ligne Perpendiculaire . celle qui forme deux angles droits. ns. te. Angle Aigu efl: , celui qui eft plus périr que le droit, on qui a moins de 5*0. degrés. ,
- F/f-n. Hypothenufi' ,• efl: , une ligne-qui coupe les co ftcz d’un angle droit, ou qui eft oppofée à l’Angle droit du triangle reétangle. Voyez Figure 2i- fl cette ligne coupe
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- de Geometne. c
- les codés dun angle aigu, ou d’un obtus, elle eft appellée Bafe, fi l’on veut, 6c les deux autres lignes du triangle font
- O O
- appellées Coftés. Remarqués pourtant que le plus grand coftéd’uatriangle eft appelle pour l’ordinaire la bafe du triangle, 6c l’angle.opofé à la bafe, l’an sic du Sotnmet.
- Triangle eft une fi gu- plan r re qui a trois coftés 6c trois angles.
- Triangle Equilatéral, eft Fig. 18. celui qui a fes trois coftés égaux.
- Triangle ifocelle eft ce- Fig.i?. lui qui n’a que deux coftés égaux.
- Triangle Scalene , eft Fig.zo. celui qui a fes trois coftés inégaux. -
- Triangle Reftançle ,
- A iij
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- 6 Abbrege des Elemens Ortogme , eft celui qui a nn angle droit.
- Triangle Ambltgone , eft celui qui a un angle obtus.
- Triangle Oxigone} eft celui qui a Tes trois angles aigus. Voyez figure 18.
- Poligone, eft une figure de plusieurs coftés.
- Et fi le Poligone à trois coftés on l’appelle Triangle.
- S’il en a 4. Jguarre.
- S’il en a 5. Pentagone.
- S’il en a 6. Exagone.
- S’il en a 7. Eÿtagone.
- S’il en a 8. Offogone.
- S’il en a 9. Enneagonc.
- S’il en a 10. Décagone,
- S’il en a 11. Enâecagone.
- S’il en a 11. ^Dodécagone.
- S’il en a 15. Pentedecagone, &c.
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- de Gemetrie. 7
- Quarré Long, eft une fi-î>^”-1* gure quadrilatère qui a fes Ft*'13 coftés opofés égaux feulement , 6c qui a quatre angles droits.
- Rhombe , eft une figure 4. quadrilatère qui a fes quatre coftés égaux 3 mais qui n’a point d’angles droits. On l’appelle autrement lozange.
- Rhomboïde , eft une fi- r/?.**. gure quadrilatère qui a fes coftés opofés feulement é-gaux , 8c qui n’a point d’angles droits.
- Par aile lograme , eft une figure quadrilatère dont les coftés oppofés font égalle-ment diftans , 8c parallèles entr’eux, comme peut être le quarré , le quarré long, le Rhombe > 6c le Rhomboïde.
- A% 0 « «
- 111/
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- Flan. i. Fig.iC,
- Fig.ii.
- » ;
- S1
- fg^9
- 8 Abbrege des Elemens
- Toute autre figure quadrilatère eft appellée Trapeze, ou Trapezoïde.
- Diagonale , eft une ligne droitte tirée d’un angle d’une figure à fon angle op-pofé.
- Cercle , eft une figure plane comprife par une ligne courbe appellée Circonfe-rancevers laquelle toutes les lignes droittes qui font tirées du centre font égalles entr’elles.
- Centre du Cercle eft le point qui eft Juftement au milieu. Figure iS.
- Diamettre du Cercle eft une ligne droite qui paf-fant par fon centre, èc fe terminant aux extrémités du même Cercle, le coupe en deux parties égalles qui font
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- de Géométrie, 9 ditesdemy cercles.
- Demi - diamètre , ou ra- ?im. r. yon du Cercle, eft une ligne p;*-30«. droite -qui. parc du centre ,
- & fe termine-à la circonférence du cercle.
- Angle dtt centre , eft ce-lui qui eft fait par deux rayons qui s’y rencontrent' indirectement, comme l’angle. A.B.C.
- Angle '-de la, . -Circonfe- F/g-.jz. rence, eft celui’ qui eft fait par deux lignes qui partent de deux points de la circonférence d’un cercle A. C. fe' rencontrent indirectement en un autre point de ladite circonférence B,comme l’angle. A . B. C. formé des lignes A B: * B C. . :
- - Segment dç,cercle eft.^jj. îUie figure coiÿprife. d’une
- Av
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- io Abbregé des Elemens ligne droite 6c d’une partie dudit cercle.
- jpUn.r, Ovale , efl une figure ^•34* ronde, oblongue , que les diamètres coupent en deux également.
- Operations de tous les Voit-gones qui font les plus propres à fortifier.
- Faire un Triangle équilatéral'9 dans un Cercle Donné»
- Voyez PL i. fig. 35.
- S Gît le Cercle Donné ABC, tirés le rayon DE, & du point E , & de l'ouverture J. D. tirés l’arc,
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- de Geometrie. ir B D C. & des points B, 6c C tirés la ligne, B C. qui fera un cofté du triangle que vous tranfporterez avec le compas, en A. 6c du point A. tirez, AB. AC.
- Taire un quarrè dam un Cercle donné, voyez pli.
- fig. J 6.
- Soit le Cercle Donné A B C D. ayant tiré le Diamètre , B D. on tire de fes extrémités, B. 6c D. les arcs égaux F. & du point de leur interfc&ion F. on tire la perpendiculaire , F. A. au centre prolongée en C. 6c du point C. on tire une ligne au point D. du point D. au point A. du point A. au
- A vj
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- ii Abbregé des Elemens point B. ÔC du point B. au point C.
- Faire un Pentagone cla?îs un
- o
- Cercle Donné, voyez pl.x.
- %• 37-
- Soit le Cercle Donné, A B C D. Ton diamètre D B. 6c fon centre £, fur lequel vous élevés la perpendiculaire E H. par l’ouverture D B. enfuitte on divife le rayon ED. en deux parties é-galles en F. 6c du point F,
- de l’ouverture A F. on décrit l’arc A N M. 6c du point M. au point A. on tire la ligne A. M. qui eft un cofté du Pentagone , que vous tranfporterez à l’entour du cercle ABC DA.
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- de Geometrie.
- *3
- Faire un Exagone dans un Cercle donné* voyez pLi.
- fig. 3 8.
- Soie le Cercle donné A B C. tirez le rayon G B. qui fera le fixiéme collé de l’E-xagone.
- Faire un Eptagone dans un Cercle donné, voyez pl.t%
- fig- 3 ?•
- Soit le Cercle A B C E du centre D , tirez le rayon, DB. de du point B. & de l’ouverture B D. d’eferivés l’arc, C D A. & des iricerfeétions de l’arc avec le Cercle tirez' la ligne C Ar dont la moitié
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- 14 Abbregé des Elemens C F. on F A. fera juftement un côté de 1 Eptagone que vous tranfporterez fur le Cercle A B C E.
- Faire un OEicgone dans un
- Cercle donné. voyez pl.i.
- fig. 40.
- Soit le Cercle donné A CHD. fon diamètre C D. & des points D.8cC.& de la melme ouverture C D. on d’écrit les arcs,E. qui s’entrecoupent au point E. & de leur point d’interfeéHon, on tire la ligne E G. perpendiculaire au diamètre, DC. 8c des points A. & C. on d écrit les arcs F- & du point de leur înterfe&ion F. on tire la ligne F G. dont la diftance
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- de Geometrie. jf A B. fera un côté de TOéto-gone.
- Faire un Enneagone dans un Cercle donné. voyez pi.r. %• 4i-
- Apres avoir fait l’operation de l’O&ogone figure 40. il faut tirer du point A. au point C. une ligne blanche A C. qui coupe la ligne G F. en I. & prendre la diftance I. G qui fera un côté de* l’Enneago-ne , qu’on doit tranfporter fur la circonférence du Cercle.
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- jtS Abbregé des Elément Faire un Decarone dans un
- jO
- Cercle donné. voyez pl.t>;. fig. 41.
- Soit le Cercle donné ABC. fon diamettrc BC. la perpendiculaire D G. on divife le rayon B G. en deux parties égales en E. & du point E. & de l’ouverture E A. on dé-crit l’arc A F- & du point F. an point G. qui eft le centre, la ligne F G. efl: un côte du Décagone qu’on transporte fur le Cercle.
- Faire un Endecavone dans
- o
- un Cercle donné, voyez planche z. fîg. 4 3.
- Soit le Cercle A B C D.
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- de Geomet rie. \n
- l'on diaméttre B D. fa perpendiculaire G H. fur le centre H. prolongée en C. Se du point C. Se de l’ouverture C H. on d’écrifc l’arc E H I. Se du point E. au point A. on tire une ligne E A. dont la partie qui eft coupée par le diamètre B D. au point F. qui eft F-E. eft un coté de l’Endecagotte qu’on tranf-pbrte à la circonférence du Cercle.
- Faire un Decavone dans un
- 6
- • Cercle donné, voyez pl.i.
- %• 44-
- Soit le Cercle ABC. fon diamètre B C. Se des points C. & B. Se de la mefme ouverture C B. on décrit les
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- ï8 Abbregc des Elemens arcs qui s’entrecoupent au point D. & du point D. on tire deux lignes l’une au point B. & l’autre au point C. on prend enfuitte la partie de la ligne D B. qui eft dans le Cercle marquée par A B. qu’on divife en deux parties égales en E. on aura la diftance E. B. ou E. A. qui fera un côté du Dodécagone tranfponé fur ltf Cercle.
- De la Mortification en General.
- LA Fortification efl: une fcience qui enfeigne les moyens de fi bien fortifier
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- de Géométrie.
- les Villes qu’un puiflant En-nemy, nepuille pasfurpren-dre les Habitans, & de la defFendre d’une telle maniéré qu’un petit nombre de Soldats, puifTe refifter a un grand 5 ce qui fe fait en opo-fant aux ennemis des folles, qu’ils ne peuvent pas traver-fer, & des murailles, ou des levées de terre , qu’on appelle Rampars qui mettent à couvert les habitans, &. les maifons.
- Ces Rampars doivent être fî bien difpofés par des Angles entrants, & faillans qu’il n*y doit avoir aucun poine au dehors qui ne foit veu> & defFendu de la place par le canon , ou ie mouf-quet.
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- 20 Abbregé des Elemens
- De l'Ancienneté des Fortifications.
- SI Ion eonfidere les Fortifications dans la perfe-étion où elles font aprefent, compofées de Baftions3Cour-tinesjFoflez, ôcc. On recon-noîtra qu’il n’y a que depuis quelque Siècle qu’on garde cette méthode ; mais fi on les eonfidere dans le tems que les peuples n’étoient pas gouvernés par des Souverains : on verra très - clairement qu’on ne fçavoit ce que c etoit que Fortification. Car;plufîeurs Siècles setant pafTez. après la création du
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- . de Géométrie.' 21 Monde , & les hommes s’étant aflujettis à des Roys, lorlque l’ambition commen-çoit à regner, ils s’aviferent de faire des murailles qui en-tou raflent les Villes pour vivre plus en feureté. Mais ayant recogneu quelque tems apres , que ces murailles ne fuffifoient pas 3 pour mieux reflfter aux ennemis , on commença à faire des Fof-fez 5 èc apres qu’on les eût faits , 011 reconnût encord que n’étant pas defFendus, il falloit faire des Tours dans ces foirez jointes aux muv railles .éloignées les .unes des autres de la portée d’u|rd fléché , & même plus.loin, comme l’on voit encore aprefent dans les vielles places. Ces Tours étoient quar-
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- 11 Abbregc des Elemens rées, & avoient une face en dehors, ou les ennemis pourvoient s’attacher, & les abatte par le moyen du Belier qui étoit pour lors en ufage. Cét pourquoy on les retrancha s & le Monde devenant tous les jours plus fin, & plus rusé, vit qu’il étoit mieux de faire des Tours à cinq angles, ou à fix , ou des rondes,que de les faire quarrées, comme l’on voit dans la plus part des vielles places. Mais ayant reconnu que ces Tours étoient trop petites, depuis que l’ufage de la poudre a efté trouvé , & qu’elles ne pouvoient pas refifter au Canon, à caufe qu’elles n’a-voient qu’une fimple muraille i on s’eft avisé de les remplir de terre , & de leur
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- de Geometrie. 13 donner la figure qu’ont pour le prefent la plus parc des Battions, qui onc cfté faits au même ufage que ces Tours $ Et quoy qu’environnées de Foflez , aufli bien que toutes les courtines,(qui font ces murailles entre les Tours, ou Battions,) on voulue bien y faire au pied un chemin qu’on appelle Fauf-fe-braye qui fervoic pour mieux deffendre le Fofle, & pour recevoir les ruines de la muraille , afin qu’elles ne le comblaflent pas. Cependant on remarquera que ces FaufTe - brayes ne font plus en ufage aprefent.
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- 24 Ahbyegê des Blemens
- Des mefures dont on Je fert dans les V or tifient ions.
- LA Mcfure la pins commune dont on fe fert en France pour les Fortifications , eft la Toife, qui a fix pieds , le pied douze pouces , ôc le pouce douze lignes.
- Dans la Ffollande on fe fert de la verge, qui contient deux Toifes.
- Il y a encore plufieurs autres Mefures, defquelles on peut fe fer.vir, comme du pas commun qui contient deux pieds,on du pas Géométrique qui en contient cinq.
- J) efini
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- de G conte trie.
- Définitions? Explications des termes ? dont on fi fiert dans les Fortifications.
- Angle Saillant, eft celui qui fort hors de la Place, comme peut être l’Angle de la pointe du Baftion. Voyez, PL ii. Figure 45. qui eft formé par les faces QJ, H I.
- Angle Rentrant , eft celui qui s’avance dans la Place comme peut eftre l’Angle que forme la contrefcarpe vers la Courtine. Voyez, Pl. 11. #£.45. L N O.
- Angle Flanquant, eft celui qui eft formé par la rencon-
- B
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- Abhregé des Elemens trc du flanc, & de la Courti-' ne , 6c qui flanque l’Angle de la pointe du Baftion,qu’on apelle Angle flanqué. Il eft marqué par K B C, #£-45.
- Angle flanquéy eft celui de la pointe du Baftion. On le nomme flanqué parce qu’il eft ordinairement flanqué, ou defFendu par les flans des Ba-ftions qui lui font les plus proches.Ainfl l’Angle QIH, fig. 45. eft flanqué par l’Angle C B K , qu’on appelle flanquant.
- Bajlion, ou Boulevart, eft un ouvrage Saillant pofé entre deux courtines. On le fait pour defence principale de toute la Place, 6c on les conftruit fur les Angles fail-ians, 6c prefques jamais fur
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- de Géométrie. 27 les Angles rentrants , qui fc deffendent afîes deux-mêmes. Voyez, Pl.ï 1. Figure 45. dans laquelle F H 1 Q^R, forment un Baftion.
- Baye, ou Embrasure , efl lefpace ereufé entre deux merlons. Voyez, P 1.6. les Fig. 1. 2.3.4. &Cafematte.
- Banquette efl: un , ou plufieurs degrés , ou Relais , élevés d’un pied , ou d’un pied & demi de haut, larges de 2, à 3 , & qui fervent pour haufler les fol-dats , lorfque le Parapet efl: trop haut. Voyez Pl.$.dans laquelle 2,3,4, marquent la Banquette.
- Buccale , efl: une porte qui souvre, & qui fe ferme en trébucher par le moyen d’un
- B ij
- Flanche 3,
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- i 8 Abbregé des Elemens
- contrepoids. On les pofe fur deux gros pieux , hauts de 15, a 16 pies : Et on s’en fert d’ordinaire devant les corps de garde , qui font avancés dans la Campagne, ou éloignés d’une porte de Ville &c. Il y a encore les Ponts-levis> qui ont prefques le même ufage. Voyez,. P1$. Fig. 1. B accule. Voyez Fig.x. Pont-levis, qui s eleve par le moyen de deux chaînes.
- Berme , Lifiere , Retrait te, Relais, ou Tas de Souris , eft un efpace qu’on laifle entre le Parapet du rampar, & Ton talud extérieur , large de 3, pies , fait pour recevoir la terre du Parapet en cas qu’il foie ruiné , ou que la terre ne s’éboule d’elle-même. Les
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- de Ge omet rie, 2 9
- qnsla font large de 4 a 5 pieds p!an‘ poféc au niveau de la Cam-2^'1 pagne, que l’on laide au def-ous du Parapet de la faudébrayé pour recevoir les ruines en cas qu’il fût battu,S P.
- Blinde , eft un efpece de Brancart fait de quatre pièces de bois , de deux longues , & de deux courtes, qui fert à couvrir les tranchées , & les lieux enfilés, en y mettant des facines, planches, paniers remplis de terre, &c. au defifus.
- Cafemates , font certaines Voûtes qu’on faifoit autrefois dans les flancs des Baftions pour loger le Canon, &; pour placer l’infanterie a tirer des coups de mou fq uets. A chaque flanc on faifoit ordinai-
- B iij
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- 30 Abbrege des Elemens rement deux Cafemates, l’une haute , & l’autre balle qu’on appelloit place haute, èc place baffe , à chacune il y avoit deux ou trois em-brafures que l’on nomme Bayes , à l’entredeux defquelles font les merlons, qui fe font dans le Parapet des Cafemates , de lorfque le Canon les a rompus , on y met des Gabions à leurs places. La pluf-partdes Cafemates font voûtées fur le derrière pour y pouvoir loger le Canon , èC le mettre à couvert de l’injure du temps.
- Cafcanes font certains puits, plus creux les uns que les autres , qu’on fait dans les retranchemens du tcrreplain proche la muraille pour
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- 3i
- - de Geometrte. éventer les mines.
- Cavalliers , font de mottes de terre rondes , en ovale, ou quarrées, élevées fur les rampars, & for les Battions deftinées à découvrir les ennemis , & à les incommoder, parce qu’ordinairement on y place le Canon. Voyez, P/.20. dans laquelle G, G, marquent les Figures des Caval-liers.
- Centre du Safiion , eft la rencontre indireéte de deux demigorges,ou de deux courtines prolongées ,&c. Voyez P/. 11. dans laquelle on voit le centre d’un Baftion marqué par, G, ôc formé par la rencontre des deux demi-gorges proion gées , F G,
- KG.
- 11IJ
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- •t -Aft'
- fhe 4.
- 51 Abbregc des Elemens Chandeliers, font des pieux de5 à 6 pieds de haut, ou environ , propres à foûtenir des fafeines, rameaux,planches 8ic. que Ionentafïè , a deflein d’empécher que l’En-nemi ne voye ce que l’on fait derrière. Voyez, Planche 4. figure 1. On s’enfert encore dans les lieux enfilés pour s’en couvrir , mettant des planches, fafeines , &c. par-deiïus.
- chateau,cft une Forterefie a l’Antique, garnie de Tours, & entourée quelquefois de folles.
- chauffes - trapes , font des fers à quatre pointes , de deux pouces de long chacune , faites en maniéré de triangle , & de telle force,
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- de Géométrie. 3 3
- quelorfqu’on les jette a terre , de quelle maniéré que ce jfoit, il y a toujours une de ces pointes tournée en hauc.
- On s’en fert aux breches, fofles,chemins 6cc.ou la Cavalerie doit pafler afin de 1 in-commoder.Pb^z. pL^FigA'
- Chemin-couvert, ou Condor, Pi™-efl: un efpace entre le fofle,
- & la campagne, ou l’on peut aller à couvert par le moyen du Parapet que forme la campagne. C’eft de là que Ton fait des forties fur les ennemis, 6c quand les Places font grandes , & qu il y a de la Cavalerie , on fait un Parapet pour la Cavalerie qui eft plus haut que 1 ordinaire , 6c l’on y met un® banquette , ou deux s il eft
- B v
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- 24 Abbregê des Elemens ntcellaire pour haufler les foldats. Voyez, PL 5. dans laquelle i, AA, marquent le Coridor Figure 1. & 2.
- Chemin des Rondes , eft i’efpace qui eft entre le Parapet du rampart , &; le Parapet de la muraille. Voyez, Tl 5. dans laquelle H G, marque le chemin des rondes, figure i.éri,
- chemife , eft la foli-clîté d’une muraille , depuis le bas de fon talud jufques à fon cordon. Voyez, Planche5. dans laquelle O QJCR, marque la muraille. Figure 1. & 2.
- Cheval de Frife , ou Hérif-fon , eft une efpecede barrière faite d’une poutre, garnie de pointes de fer , ou de
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- de Geometrie. 35 pieux ferrés au bout , qui tourne horizontalement,étant balancée fur un gros pieu qui la fupporte. Voyez, Pl. 4. f igure 5.
- Citadelle, eft une forte-reire faite pour deffendre, ou obliger une Ville à faire fon devoir. On les fait régulières, ou irregulieres, fuivant que le terrain en donne les moyens. *
- Contregardes , ou Conferves. font des ouvrages de dehors, Triangulaires , qui ont la forme d’un gros Parapet, po-fées devant la pointe dut! Baftion , ou autre ouvrage: pour le conferver.f^fc Flanche 14. Fig, 61. dans laquelle QJVIH , PLF j marquent des Contregardes, faites pont
- B vj
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- 3^ Abbrege des Elemens defFendre le Ravelin A* Voyez encore dans la même Flanche Figure 60. dans laquelle Q_RNIH, marquent une Conferve faite devant un Bail ion. Voyez encore Planche j o. dans laquelle L , N, marquent la même chofe.
- Contrcmine, eft une Voûte, ou Alice qu’on fait tout le long de la muraille , large de 3 pieds , & haute de 6, avec plufieurs trous dont les tins tendent en haut , & les autres en bas, qui empêchent l’efFet des mines en les éventant. Elles fervent encore à recueillir les ruines que fait le Canon,qui rendroient l’Ac-cés de la brèche trop facile.
- Commandement, ou lieu qui
- Commande , eft un ouvrage
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- de Géométrie. 3 7
- de terre , relevé par de (Tu s un autre , qui découvre plus de Pays, comme peut eftre un Cavallier, terralTe , &c. Voyez, Cavallier.
- Contrefcarfe , eft le talud ou penchant qu’on baille au bord du fofle du coté de la Campagne pour foûtenir la terre de peur quelle ne s’éboule. Voyez, Planche 5. dans
- laquelle A A, Y, marquent la Contrefcarpe. figure j,
- & 1.
- Cordon , eft une Bande, ou Relais de pierre arrondie, qu’on laifl'e au couronnement de la muraille , tout autour de la Place, fur lequel on pofele Parapet. Lorsqu’il n’eft pas arrondi, on l’appelle P Unie. Voyez» Planche 5,
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- 38 Abbrege des Elemens dans laquelle N K , marquent le Cordon , Figure 1. & 1.
- Courtine , eft la muraille qui eft entre-deux Baftions, au milieu defquelles fe font pour l'ordinaire les portes des Villes au point, D , Voyez PL 11. dans laquelle B F, i7/-gure 45. marquent la Courtine.
- Cuvette , eft un petit fofte qu’on fait au milieu du grand. Voyez» Planche 5. dans laquelle X V T S , marquent la Cuvette,Figure i.ou X T V, Fig. 2.
- Vemigorge du Baflion , eft: la partie comprife , depuis le centre du Baftion jufques au flanc. Cette partie eft dor-dinaire de la longueur du
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- de Geometrie. 39 flanc : Comme vous voyés dans la Planche 11. figure 4c.
- F G, ou R G.
- Dehors, font des ouvrages entièrement détachés de la Place j comme font les Demi-Urnes y R ave lins, Ouvrages à Corne &c. Voyez, Pl.io. dans laquelle A, B, C, D, E, F, &c. marquent des dehors.
- Demi-lunes, font des ouvrages d’eau, & pofés vis-à-vis de la pointe des Battions, On les appelle Demi-lunes à caufe que la Partie qui eft la plus proche de la pointe du Baftion, eft arrondie. Voyez *P/.io. dans laquelle Q^, marque une Demi-lune.
- Donjon y ou Dongeon , eft: un petit efpace , ou réduit dans le plus fort d’une Place,
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- 40 Abbregé des E le mens
- comme peut èftre une Tour.* Il fe prend auffl pour une efpece de petit Cabinet pofé au plus haut de la Maifon.
- Embmfures, font les ouvertures qui font dans les Parapets , par ou l’on tire le Canon. Voyez, Planche 6. dans laquelle vous voyés differentes fortes d’embrazures, marquées par i,'i, 3,4> 5.
- Efcarpe, eft le talud , où la pente de la muraille , ou du foffé qui eft du côté de la Ville. Voyez, Pl. 5. dans laquelle R P , Figure 1. ou , S S, S S , Figure 1. marquent l’Ef-
- carpe.
- Efaule du Bajlion , eft ce qui eft fur le flanc , depuis l’extremité de la face , juf-ques aux Embrafures de la
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- de G e omet rie. ai Cafemate. L épaule fe fait quarrée,ou rondej fi elleefl: ronde , on l’appelle Orillon, & fi elle efl: quarrée Epaule. On n’en fait plus à prefenr, mais on laifle le flanc tout uni, 8c fans embrafures, afin qu’il refifte mieux au Canon.
- Eperens, ou*Contreforts, font certains piiiiers , ou faillies de muraille que l’on fait à la diftance de 15 a 10 pieds, les uns des autres, pour apuyer les murailles , aufquelles ils fe réunifient à la hauteur du cordon en forme de Voûtes ou Arceaux, pour foûtenir le chemin des rondes. A pre-fent on les remplit de terre, ou de gazon , laiflant un ca-lud du coté de la Place.
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- Planche 7.
- 41 Abbregé des Elemens
- Efplanade, eft un rehauf-fement dans la Campagne. On n’y foufFre ni Arbres , ni Edifices, afin que l’ennemi ne puifle pas s’approcher, ni fe loger fànseftre aperçû. Voyez, Planche 5, dans laquelle 6,5. marquent l’Efplanade. Figure 1.
- Faujfe-Braye , eft un chemin au pied de la muraille, qui environne toute la Place, êc qui a des embrafures dans fon Parapet, qui eft fur les flancs. La Faufle-braye eft large de 3 à 4 toifes , pour être utile au recul du Canon. Elle eft fou vent plus bafle que le niveau de la Campagne , 6c elle eft faite pour empêcher qu’on ne traverfe le fofle , 6i pour recevoir
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- de Geometrie. 43 ics ruines qui tombent de la Place. Voyez Flanche 7. dans laquelle O. N. marquent la Faufle-braye.
- Ven, ou Deffence , eft tout lieu d’ou l’on peut tirer , 8c faire feu, pour ladefFence de quelqu’endroit que ce (oit.Voyez Planche il. dans laquelle B. 8c F. marquent les points de defFence. Fi^.45.
- Flanc , eft la muraille qui eft entre la face du Baftion, 8c la Courtine. C’eft une des plus importantes parties de la Fortification, puifque l’ennemi ne fçauroit entreprendre de traverfer le fofie voulant miner un Baftion , ou faire quelqu’autre femblable entreprife à moins qu’il ne la ruine , le meilleur eft de
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- 44 Abbregé des Flemens biffer le flanc tout uni, fans y faire aucune épaule , ni Grillon. Voyez, Planche 11. Figure 45. dans laquelle F. H. 6C R. marquent les flancs d’un Baftion.
- Flanc Fichant , eft celui dont les coups qui en font tirés peuvent fe ficher , &c donner en ligne droite dans la face du Baftion prochain 5 ce qui fe fait, lorfque la def-fence commence delà Courtine. Voyez, Pl.i i.F/g.46. dans laquelle B. 6c A. marquent les lignes de deffence tirées de la Courtine , 6c les coups qui feront tirés des flancs des Baft ions prochains feront ap-pellés coups fichants, 6c les flancs des Baftions flancs fichants.
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- de Geometrte. 4^ Flanc Razant , eft celui dont les coups qui en font tirés razent la face du Ba-ftion voifin. Ce qui arrive lorfqu’on ne peut découvrir la face que du feul flanc , 8c non pas de la Courtine. Voyez, F.H, ou B. K , dans la Planche 11. Figure 45.
- Flanc couvert , eft celui dont la Partie extérieure, avance plus que lmterieure. Si cette Partie extérieure efl: arrondie , on l’appelle Oril-lon, fi elle eft droite Epaule.
- Foffe,QÙ, l’efpace creufé entre la Place, & la Campagne. Le Fofle eft rempli d’eau , ou il eft fec. Le Fofle qui eft fec, & bien creufé eft meilleur que celui qui eft rempli d’eau, pourveu que la Place
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- flanche 8.
- 46 Abbrege des Èlemens foie munie de braves Soldats, qui foient en état de faire5 des forties fur les ennemis. LeFofie plein d’eau, eft meilleur que le fec , fi dans la Place il n’y a pas afles de gens pour la deffendre, parce que les ennemis ne peuvent pas fi-tôt s’en approcher à caufe de l’eau qui les incommode dans leurs tranchées , lorfqu’on a fai-gné le Fofie. Voyez, dans laquelle A A, & R.marquent le Fofie. Figure i.ou A A. Y. O. S S. dans la Figure
- Fruiz.es , eft une efpece de Palifiade qui fe fait ordinairement aux Places qui font revCtües de Gazon au même lieu ou l’on met le Cordon quand les travaux font de
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- de Geometrie. 4y
- pierre. On les laifTe fortir de fix pieds, en les pofant perpendiculairement fur le ta-lud, ou elles doivent être affi-fes. Voyez» Planche 8. dans laquelle A. marque les Frai-zes.
- Gabion , eft une efpece de Corbeille ronde, & haute de 234 pieds, faite d’ozier, ou femblable bois , entrelalfé comme une claye. On les remplit de terre , ou de cailloux mêlés avec la terre j ô£ le Canon tire entre-deux. Voyez PI4. Figure 3,3 , 3 , 3 , ou Pl.6. dans laquelle la Figure 3. marque un Parapet fait de Gabions.
- Galerie, eft un Pont couvert , qui traverfe le fofTé, fait pour donner paflage au
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- 48 Abbregé des Elemens mineur. Voyez, L , dans la Planche 10.
- Glacis, on Falud , efl: une Pente qu’on baille a un terrain , ou a une muraille, afin qu’elle ait plus de force pour fe foûtenir. VoyezJi G, L K, &c. dans la Plrj.
- Gorge du Bajlion, efl: l’elpa-ce qui efl: entre les flancs du même Baftion. Voyez F G R, dans la Pl.n. Fig.45.
- Guérit te , ou Efchauguette, efl: un petit Cabinet qu’on pofe fur l’Angle de la pointe d’un Baftion , ou fur un lieu élevé, ou l’on met une fen-tinelle. En temps de guerre, on en pofe fur tous les Angles d’une Place. On les fait de pierre, lorlque la Place
- efl: entourée de murailles, &
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- de Geometrie. 4^ de bois , lorfqu’il n’y en a point.
- Herfe , ou Cataraffe , efc une contre-porte fufpen-duë, & faite de groiïes pièces de bois qui s’enchaflenc les unes dans les autres à Angles droits, elle fert pour empêcher l'effort du pétard , ou bien pour arrêter une furprife par fa chute, qui fe fait en coupant la corde qui la foûtien. Anciennement on les faifoit de fer. Voyez, Planche 6. dans laquelle la figure 7. marque la Herfe, ou Catara&e.
- Ligne de Deffence, eft celle qui fe tire depuis l’Angle que forme le flanc avec la Courtine ,'julques a la pointe du Baftion oppofé.
- C
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- 50 Abbregé des Elentens Voiez> F P , ou B I, dans la Planche n. Figure 45.
- Ligne Razante , ou Courte - Ligne de Dejfence , eft juftement le lieu,ou le point d’ou Ton commence a découvrir la face du Baftion oppofé, Votez, les points B, 8c A , dans la Planche u. Figure 46.
- Lignes de Circonvala-tlonfsont des retranchemens que font les Alïiegeans tout autour d’une Place pour fe mettre à couvert du Canon, pour être en feureté en cas de furprife , & pour donner lieu à ouvrir la tran-chèc.Foiez, S S S S. T, T. T. 8c c. dans la P/.io*
- Mine, eft une ouverture qu’un Soldat, ou quelqu’au-
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- de Gemetrie. ci tre perfonne fait à la face d’un Baftion, ou ailleurs s’y logeant dedans , & y po-fant des barils de poudre avec une mèche pour faire fauter le Baftion, Votez, I. dans la Pl. 10.
- Moulinet, eft une Croix de bois qui tourne horizontalement fur un pieu. On les pofe aux extremitez des barrières pour empêcher que perfonne ny pafle, fl-non de gens à pied.
- Moineau , eft un Baftion plus petit que les autres, ou que les mefures ne le permettent. On en a fait quelquesfois entre deux Baftions pour reparer les vieilles Places, dont les def-fences font trop longues,
- C ij
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- 52* Abbregé des Blemens ou au milieu d’une grande ligne, de non pas à un Angle. On l’appelle autrement Baftion plat. Votez, H. dans la Planche \y. Figure 72.
- Muraille, efl une Maçonnerie qui fe fait autour du terrain, afin qu’il ne s’éboule. On la confidere , ou par fon élévation , ou par fa fituation. Lors qu’on la confidere par fa fituation , on l’appelle tantôt Muraille du pan, ou face du Bafiion, tantôt Muraille du flanc, & tantôt. Muraille de la Coun-tine : Et lors qù on la confidere par fon élévation on diftinguera le fondement, ou la bafe d’avec la Muraille , la Muraille d’avec le Cordon, 6c le Cordon
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- de G e omet rie. 53
- d’avec le Parapet, &c.
- Merton, ou Tremeau , efl ce qui eft entre deux Em-brafures. Votez» Planche 6. Figure 1. 1.3. 4. 5.
- Orgues , font de grofles pièces de bois éloignées les unes des autres d’un demi pied, que l’on laifle tomber comme une Berfe , par des trous faits dans la Voûte d’une Porte 5 ces bois ne peuvent pas être fi facilement rompus , comme peut être une Herfe, parce qu’ils font plus gros , 6c lors qu’il y en a un d’emporté on en peut facilement jetter un antre par le même trou , ce qui ne fe peut faire aux Herfes. Votez» Planche 6. Fizwc 6-
- O
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- 54 Abbregédes Elemens
- Ouvrages a Corne, font des dehors qui fe font vis à vis du milieu des Courtines, 8c rarement à la pointe des Baftions, leur longueur eft de la portée du moufquet. Votez, C, dans la Planche 10.
- Ouvrage a Couronne, ou Couronné, eft un dehors qui fe fait , tantôt devant un Baftion , 8c tantôt devant une Courtine j il fert pour occuper un lieu qui n’eft pas afles defFendu : C’eft un ouvrage qui a un Baftion, entre deux demi - Baftions. Votez A, dans la Pi io.
- T ali (fades , ou Barrières, font des pieux hauts de 5 à ïo pieds , qui fouvente-fois font ferrés au haut d’un fer à une , ou deux pointes.
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- de G e omet rie. 55
- On les met au pied des rampars , prefque toujours fur i’efplanade à 1 ou 3 pieds du Corridor , devant les portes des Villes , corps-de-garde , au fond au milieu dufoffé. Votez Planche 7. D E.
- Pms , ou Faces , du Ba-ftion font deux murailles, qui forment la pointe du Baftion. Votez HI, QJ> dans
- Parapet, eft la plus haute partie de la Fortification qui couvre les Soldats, qui tirent pour empêcher les approches des ennemis 5 le Parapet du Rampart qui fe fait de gazons eft large de 10 à 14 pieds. Celui de la muraille fe fait de brique, ôc
- C» • • •
- ni;
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- 5 G A bbrege des Elemens eft large de deux pieds , 8c haut de 4 à 5, &c. qu’on appelle Parapet du Chemin des rondes. Volez, Planche j. dont E F,marque le Parapet du Rampart. Figure î. & i.
- 6 M L, celui de la muraille, ou du chemin des rondes Fig. i. & i.
- Place à'Armes , eft un grand lieu au milieu de la Ville , ou viennent s’aftem-bler les Soldats pour monter la garde , pour faire l’exercice , 8c pour recevoir les ordres. Il y en a auffi des particulières proche les Ba-ftions, 8cc. ou les Soldats envoyés de la grande Place, s’affemblent pour relever ceux qui ont déjà monté la garde. Volez, A, qui marque
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- de Geometrie. 57 la grande Place d’Armes dans la Planche 20. &D,D, qui marquent des Places d’Armes particulières.
- Place Baffe, efl; la partie du flanc couverte de l’oril-lion , qui efl: refcrvée au Canon , & ou l’on fait des Embrafures.
- Place Haute , efl: la partie du flanc qui efl: plus en dedans du Baflion.
- Plan , ou Ichnograpbie à'une Place , efl la projection , ou la fe&ion faite de ccrte Place fur un Vlan , ou par un Plan parallèle a l'horizon , qui en fait voir les longueurs 6c les largeurs.
- Vlate-forme , efl une pièce de Fortification bafle dans un Angle rentrant.
- C v
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- c8 Abbrege' des Eleme?ts Elle fe prend encore pour toute Place élevée &c aplanie. Votez, N ML , Planche 19. Figure y z.
- Pofies , font des lieux deftinés a être gardés par un certain nombre de gens, Cavaliers, ou Fantaffins, qui s’y doivent trouver au fon de la trompette , ou du tambour en cas de furprife, ou au fon d une cloche en cas d’alarmes.
- poterne , eft une faufle-porte qu’on fait auprès de lorillon, ou au bas de la Courtine , qui fert à faire des forties fecrettes.
- Pont - levis. Voiez B Accule.
- Profil , eft la fection de quelque ouvrage faite par
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- de Geometrie. <9 un Plan perpendiculaire fur l’horifon , qui nous en re-prefente les largeurs , &; les hauteurs. Votez planche 5. dont 6. 5. Figure 1. marque l'Efplanade 5 4.5. le Parapet du chemin couvert 5 4,3,2. la Banquette $ 2 , AA , le Coridorj AA , Y 5 la Con-trefcarpej AA, R, le Folles O, R. L’Efcarpe de la muraille j R. le Cordon, N, M, le Parapet du chemin des Rondes > I, la Banquette 5 H, G, le Chemin des Rondes 5 G, F , E , le Parapet du Rempart 5 D, B, le Ter-replain 5 6c c.
- Rampart , eft une levée de terre qui couvre & environne toute la Place, qu’on fait pour s oppofer
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- (jo Abbregé des Blemens à la violence des ennemis. Votez Planche 5. donc O R M L G F E D B. marquent le Rampait.
- Kavelins, font des Ouvrages de terre que l’on fait dans les Foftes, vis à vis du milieu des Courtines. Voiez M. Pi. 10.
- Recipimgle , eft un in-ftrumentfaitde deux réglés de bois, lorfqu’il eft Saillant , & de 4 lors qu’il
- eft ‘Rentrant. Pour le premier il reflemble a un grand Compas qui s’ouvre , & fe ferme pour prendre la valeur de l’Angle que vous cherches, & tourne fur un demi-cercle de carton gradué. Pour le fécond , il eft fait de 4 réglés de bois qui
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- de Géométrie. éi s’ouvrent, & fe ferment,êc marquent les parallelogra-mes qu’on peut fouhaiter, & ferc pour prendre les Angles rentrants.
- Réduit, eft un lieu ad-vantageux hors d’une Place pour s’y retirer en cas de befoin , comme lors qu’il arrive des furprifes.
- Redoute , eft une petite efpece de Fortification qui fe met proche d’un corps-de-garde , fur les Angles d’une tranchée , fur les lignes de Circonvalation, &c. Elles ont io à 12 toizes de longueur, leur fofte eft de 15 à to pieds de large. Et on les fait qu’arrées fur les Angles de la tranchées. Vo^
- ie& N,O, P , FLiO'
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- flanche io.
- Ci Abbregé des Siemens
- Tenaille , eft un dehors fortifié , qui porte en tête un Angle rentrant , lors qu elle eft fimple, &. deux lors quelle eft double. Votez, E, &F, Planche io.
- Terre-plain , eft la partie du Rampart qui eft également aplanie pour le recul du Canon, de pour le chemin des Soldats, Votez, Planche 5. Figure 1. & i.
- DB.
- Tranche'e , ou Boyau, eft une ouverture dans la terre, que les Afiiegeans font pour s’avancer à couvert jufques dans le fofie. Votez, Qj Q, Q ,&c.P/.io.ou,Qj Q^&c. dans la PL 20.
- Ville, eft un grand nom» bre de maifons entourées
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- de Geometrie. 63 de murailles5 Elle eft fortifiée , ou elle ne l’eft pas.
- Fille , ou Place fortifié'e, eft celle qui a des Murailles, Battions , Fofles , &c. qui la font reguliere, ou irre-guliere.
- Fille, ou Place reguliere, eft celle qui a toutes fes faces égales entr’elles , de meme que leur Angles,tant internes, qu’externes.
- Ville , ou Place irreguliere, eft celle qui n’a pas fes faces , & fes Angles égaux
- entreux.
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- 64 Abbregé des Elemens
- /oit , réguliere, <?& zw-
- IL n*y a point de fagc Ingénieur , qui avant que d’entreprendre la Fortification d'une Place, ne longe aux moyens de la finir heureufement. Cependant, comme on n’eft pas toujours maîrre du temps, ni de tout ce qui pourroit être
- ncccfifaire pour meure tou-
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- de G e omet rie.
- tes chofes dans leur perfection nous ferons obligés
- O
- de donner des préceptes, tant pour ceux qui feront contraints de s’accommoder à la neceffité , de faire le mieux qu’ils pourront} que pour ceux à qui la paix donnera la facilité de mieux achever leurs delTeins.
- i. Les Fortifications qui fe font en temps de guerre ne font faites pour l’ordinaire que de Terre , de le Gouverneur de la Place , ou l’ingenieur avant que de les commencer doit regarder , premièrement fi les munitions , de les vivres qui y feront , fuffiront â l’entretien de toute la garnifon j quoy - que ces
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- 66 Abbregé des Elemens chofes ne regardent pas pofitiveraent un Ingénieur, je n’ay pas voulu l’oublier afin de donner à connoître tout ce dont on peut avoir befoin.
- 2. Voir tous les bâti-mens qui font dehors, ôc qu’il faudra abattre , afin que les Ennemis ne puif-fent pas s’en couvrir pour faire leurs approches. Car il ne faut fouffrir ni Arbres , ni Murailles, niEgli-fes, ni Maifons de plaifan-ce , &c. dont ils puiflent profiter 5 & on applanira le terrain tant qu’on pourra, afin qu’il foit découvert du Canon tout autour de la Place pour le moins de fa portée.
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- de Geometrie, 6j
- 3. Voir les Ouvriers qu’il faudra employer, en fçavoir le nombre, &c.
- 4. Juger le plus exactement qu’il fera poflibie fi le terrain fur lequel on doit travailler efl égal par tout, & s’il efl difficile à remuer, s’il y a des endroits marefea-geux ,ou des rochers, l’un, ôi l’autre donnant plus de peine à travailler , que ne fçauroit faire le terrain commun.
- 5. Le temps qn*il y a pour achever tous les travaux , prenant garde que quand on travaille fur le rocher , il faut bien plus de temps , que quand on travaille ailleurs.
- 6. On doit regarder la
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- 68 Abbregé des Elemens dépence qu’on eft obligé de faire.
- 7. Le monde qu’il faudra employer pour la def-fence de la Place.
- 8. La faifon de l’année qui eft la plus propre , comme l’A uton ne, &e.
- Et apres avoir vu tous les obftacles , & les difficultés qui fe pourront pre-fenter , il ne faudra pas plaindre la peine de refaire encore une fois fon calcul, pour reconnoître fi l’on n’a pas manqué à la moindre circonftance s’il eft pof-fible.
- Ayant pris garde à tout cela , &; ayant tout ce qui fera neceffaire pour commencer les travaux 5 fi l’on
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- de Geometrie.
- eft preflfé, on que l’on foie en temps de guerre , il faudra fe contenter de faire un bon Fofle , qui environne toute la Place , flanqué de tous côtés par des Baftions -, ou des Angles Saillants, & Entrants5 dont la terre qui en fortira fer-vira pour faire les Rampars, & un bon Parapet capable fi l’on ale temps de pouvoir refifter au Canon.
- Si l’on n’a pas le temps de pouvoir faire des Fofles, '6c des Ramparts , il faudra fe contenter de faire un chemin-couvert qui foit bien flanqué , 8i entouré de palillades , proches def-quelles a 1 ou 3 pieds de diftance en dehors , il y
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- *yo Abbrege des Elemens doit avoir s’il fe peut un FofTé flanqué , que les Soldats deflfendront par les ouvertures des paliflades, de leur feu qui doit être continuel, Sec.
- Lors qu’on a du temps, 6c toutes chofes à fouhait, comme cela peut eftre pendant la paix. Il faut apres avoir levé le plan de la Place , ou du terrain que l’on veut fortifier , 6l qu’on a rapporté furie papier, s’y prendre comme on verra dans la fuite.
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- de Geometrie.
- Maximes quil faudra garder four Fortifier toute forte de Place reguliere9 & irremliere.
- LOrs qnon Fortifie une Montagne on doit élever les travaux autant qu’il faut, afin que dc-là on puifle découvrir facilement tous les lieux d’alentour. Autrement on feroit fujet à furprife : ainfi fortifiant fur une Montagne , fi outre Tefpace qui vous fera ne-ceffaire pour la Place, il re« fie quelque peu de campagne, ou de terrain. On doit
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- -ji Abbregé des Ulemens •. l'enfermer dans les Fortifications pour ne le pas donner à gaigner à l’ennemi, qui ne pouvant fe loger tout auprès, efi: obligé de fe placer au pied de la Montagne ; ce qui ne peut que luy apporter bien de l’incommodité.
- Si on eft obligé de Fortifier au milieu d’une Campagne quoy quelle paroifle plaine , 6c unie à la veüe, il ne faut pourtant pas laif-fer que de la niveller environ 400 toifcs tout autour pour reconnoître s’il n’y a pas quelque lien plus éminent que la Fortification, autrement la Place demeu-reroit imparfaite fans y pouvoir remedier , ayant
- l’ennemy
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- de Géométrie.
- l’ennemy fur les bras. On s’éloignera donc d’environ demi-lieue des Montagnes les plus proches, par le moyen defquelles les ennemis pourroienc nous incommoder.
- Que fi nous ne pouvons pas éviter quelque Montagne prochaine 5 fi l’on peut la confcrver pour y con-ftruire defius un Ouvrage a Corne , un petit Fort , ou quelque autre chofe de fem-blable, on ne conftruira pas un Baftion qui luy foit en droite-ligne à caufe qu’iî donneroit deux faces d’ouverture à l’ennemi, mais on y tracera une Courtine qui mettra à couvert les flancs.
- Si une Rivière pafle par
- ‘ D
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- 74 Abbregé des Blemens le milieu d’une Citadelle, ou par quelque Place, oui! n’y ait que peu de Garni-fon , il efl certain quelle afFoiblic la Place $ au contraire fl une grande Rivière, ou même une petite pafle par le milieu d’une grande Place , Se qu’il y ait bonne garnifon, die rend la Place meilleure, faifant paflerla Riviere au milieu d’une Courtine , afin quelle foit deflenduë des deux flancs des Battions voifms, Se aux deux bords de la Riviere en dedans la Ville , on y fera des flancs en Redans intérieurs.
- Si on veut fortifier l’entrée d’un fleuve navigable, afin que larmes dçlçnne-
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- de Geomctrie. 7^ mi ne puifie encrer d aucune parc, on ne bâtira pas deux Forterefles fur chacun de fes bords oppofés dudic fleuve , comme veulent plufieurs -, mais au milieu, qui efl: l’endroit le plus propre pour nuire à 1 ennemi avec peu d’artillerie* & peu de foldats.
- Quelle Place que cefoit qu’on veuille fortifier , on la doit plutôt aggrandir que diminuer en la bâtiflant, à moins qu’on ne pût pas la rendre plus reguliere autrement. Et il faut travailler dans des lieux propres à recevoir du feçours de quel endroit que ce foie fans grande peine.
- Il faut prendre garde en
- D i|
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- 76 Abbregé des Siemens désignant une Fortification de ne faire jamais l’Angle de la pointe du uaftion plus ouvert que de 90 degrés, ny moindre de 60, parce qu’il feroit extremément foible , 6c par confequent facile à être démoli par le Canon.
- Il faut auffi prendre garde de ne faire jamais le flanc, 6c la demigorge d’un Baftion que de zo. toifes de longueur, tout au plus. Il y en a qui les font de 14. ce qui donne trop de travail , 6c rend les fortifications trop grofîieres. On peut les faire en diminuant jufques a 15 toifes, 6c non pas moins parce que cela rendroit trop foi-
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- de Géométrie. 77
- blele Baftion. On ne les fait de 15 ou 18. l’un & l’autre, que quand on fortifie un Bafcion plat an milieu d’une grande ligne. Ce qui n’arrive pourtant pas toù-jours j les pouvant faire de 20 toifes.
- Il faut encore faire en forte, que les Ouvrages qui font les plus proches du centre de la Place , commandent ceux qui en font les plus éloignés. C’eftainft que les Cavalliers doivent commander aux Baftions, les Baflions aux FaufTes-brayes s’il y en a, au Foffé, aux Ravelins, Demi-lunes, êcc.les Demi-lunes au Chemin-couvert, 5c le Chemin-couvert à l’Efplanade.
- D iij
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- <1% Abbregê des Blewens Il faut enfin faire la ligne de deffenfe longue , tout au plus de no toifes, & Don pas davantage, parce que c’efl: la jufte portée du moufquet.
- La manière de Fortifier toute forte de Foligone revu lier.
- »
- Du quatre, Pentagone ? ôc Exagone. Voyez Plan-vu»» che 11. Figure 45.
- sbe il, °
- APre's avoir tracé fur le papier tous les Po-ligones prefcrits, & tiré les
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- de Geometrie. 79 Diagonales ML, M O , en lignes blanches prolongées a l’infini. ’On divife un de fes côtés , lequel que l’on veut 5 par Exemple A G, en fix parties égales, A B,
- BC, CD,DE, EF, F G.
- On en prend deux pour les Demi-gorges des Battions, qui feront AB, F G , 8C les portant perpendiculairement fur le côté A G, aux points F , 8c B , je forme les flancs qui feront F H, B K, 8c des points B, 8c F , il faut tirer les lignes de defFence au point H , & au point K. qui forment les faces des Battions Fi I, K P , prolongées jufques a la rencontre de la Diagonale MI, MP- On tire
- D iiij
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- go Abbregé des Elemens encore des points H, & K des lignes parallèles aux faces des Battions H I, K P, jufques à la rencontre des Diagonales qui formeront la contre-fcarpe marquée par, ONL.
- Pour la largeur du fofle, elle doit eftre pour l’ordinaire de la longueur du Banc.
- Le Chemin-couvert, ou Coridor , qui ett marqué par, S T V , doit être large de la 4. ou 5. partie du flanc, & parallèle au fofle.
- L’EfpIanade, qui ett marquée par, Y X Z , fera large de 15 à 10 toifes, ôc d avantage fl l’on veut, parallèle au chemin-cou vert.
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- de Geometrie.
- De l'Eptagone. voyez Pl.
- 11.fig.46.
- Âpres avoir divisé le côté de l’Eptagone en 6 parties égales , j’opere de la même maniéré que dans le quarré , Pentagone, &cc. Excepté que je tire les lignes de deffence qui doivent former les faces des Battions des fécondés par-
- ties de la Courtine que j*ay marquées par A, & B.
- D v
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- gz Abbregédes Elemens
- De l'Offiogone y Enneagone^ Decavone , Endecetiïone^ C^1 Dodécagone. voyez pl. ü. fig.47.
- On fortifie tons ces Poli— gones réguliers de la même maniéré que j’ay fortifié les precedents $ excepté qu’au lieu de tirer les lignes de defFence de la rencontre du flanc avec la Courtine , qu’on appelle Angle flanquant j ou des fécondés parties marquées A , & B » Fig. 46. Je les tire du milieu de la Courtine marquée C > comme vous voyés dans le côté de l’Oélogone. Pl. ix. Fig. 47.
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- de Geometrie.
- La manière de tracer toute forte de Vortin.
- Ai te s le Triangle,
- X A , B, 2 , divifes un Je fcs côtés AB, en fix parties égalés, AC,CD,DE, E F, F G , G B , prencs-en deux pour les demi-gorges AC, GB, divifés enfuite une de Tes fîx parties » en 2 égales j par exemple G B3 H , prçnés cette par*
- D v)
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- 84 Abbregê des Ulcmens tie G H j pour ie flanc qui fera G 1 , & du point C, a I , tirés la ligne de def-fence C 1T , qui formera la face du Bailion I T , à la rencontre de la ligne tirée du centre à l'angle de la figure, marquée par V , T.
- Da Triangle â Dem-Ba-fiions. voyez Planche ji. fig.49.
- Après avoir tracé le Triangle A B C,& divifé un de fes côtés A B , en 5 parties égales j prenés-en 2, A E pour la gotge du de-mi-Baftion, & fur le point E 3 vous éleverés une perpendiculaire E 1 j de la Ion-
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- de Géométrie. Sj gueur d’une defdittes parties ED, & du point B 3 vous tire rés au point I , la ligne de deffence B I H , a la rencontre du coté C A* prolongé en H. &:c.
- Du Triangle à éMotneau^ ou à Bafaon plat, voyez
- pLu.fîg.jo.
- Soit le Triangle ABC, dont les Diagonales font A L, C M, B K 5 je prens nn côté AC, que je di-vife en 6 parties égales 9 delquelles j’en prens une E F , pour la gorge du Bail ion plat , & la moitié de celle-la même qui eO: B, N, pour les flancs EI > E H*
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- $6 Abbregédes Elemens pofés perpendiculairement lur le côté A C , des extrémités defquels H &C I, .je tire la ligne blanche H O I, qui coupe la Diagonale B K, en O , &. du point O , &c de l’ouverture O H, je d’écris Tare H KI, qui coupe la Diagonale B K, en K, &z du point K, je tire les lignes K H , Kl, qui forment les faces du Baflion.
- Du Fort à Eftoiîle. voyez
- pl.1x.fig.5x.
- Après avoir fait le Triangle A B C 5 On divife le côté A B, en 3 parties égales, A D, D fc , E B. Du
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- de Geometrie. 87 point E , 6c de Ton vertu re ED, on décrit l’arc F G, comme aufli du point D, & de la même ouverture, D E. On décrit l’arc H I, qui entre-coupe Tare F G, aupoint K , d’où l’on tire les lignes K E , K D. &c.
- Autre Fortin, voyez pl.ii. % V-
- Soit le Triangle A B C, duquel on divife le côté A B, en 5 parties égales. On en prend deux B JD , G A, pour les gorges des demi-Baflions. Enfuite on divife-ra G A , en 3 parties égales G H,H 1,1 A, on en prendra deux GI> pour former le
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- 88 Abbregè des Elemens flanc G K, Si du point D, au point K , on tirera la ligne D K L , prolongée à la rencontre de la ligne A L} qui tombe perpendiculairement fur le côté A B.
- Du Triangle accornê. vo-
- ycz pl.u. fig.53.
- Après avoir fait le Triangle A B G 5 on divife le côté A B , en 4 parties égales AD,DE,EFjI B, & des points F , & L , on élevé les perpendiculaires F G, L N, longues de la moitié de F E, qui eft F R , & des points G , &. N , on tire la ligne G N , qui coupe les côtés A B, C B, en > k ,
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- de Géométrie.
- Se V , defquels points on éleve les perpendiculaires VP, kl , de la longueur des flancs : & des points V I, k P , on tire les lignes de defFence qui forment les faces P M, I H, à la rencontre de la ligne de defFence oppofée qui eft
- QN M , & EGH.
- Des Vorts de Campagne,
- Du quarré à demi-Baftiom.
- Voyez Pl.i 3. Fig.54.
- AP r e’s avilir fait le quarré ABC D, ôc
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- Vjo Abbregé des Siemens divisé le côté A B > en fix parties égales , B E , EF, FG, G H, HI, IAj On en prend deux B F , ppur faire la gorge du demi-Ba-ilion , 5c une E F , pour faire le flanc F K , perpendiculaire fur A B 5 8c du point H , à k , on tire la face k L, jufques a la rencontre du côté C B , prolongé en L.
- Autre quarri fortifié, vo-
- ycz pl.13 fig-Jj.
- Après avoir fait le qnarré A B D C , 8c fait les Basions A , 8c b , comme on les fait a l’ordinaire , & les demi* b allions C £, D F5
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- de Geometrte. yi comme dans le Chapitre precedent, Je divife le côté C D, en 3 parties C H, H k, k D, prenant celle du milieu H, k , pour la gorge du Baftion plat, & la moitié H I, pour faire les flancs perpendiculaires fur C D5 qui feront H N , K M , êc du milieu des parties k D, C H , qui font L 3 & G. On tirera les lignes de def-fence au point M 3 6e N, qui fe rencontreront indi-reélement au point O , 6c qui formeront les faces du Baftion marquées M O , N O. 6e c.
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- pz Abbregé des Blemens
- Autre quarrê accornê. vo-
- yez p.ij. fig.j 6.
- Après avoir fait le qnarré À B F G , 8c divifé le côté A B , en 3 parties égales A H , H F 5 F B. On prend deux de ces parties A H, F B , pour faire les gorges des demi-Baflions, 8c celle qui refte au milieu fert pour-la Courtine qu’on divife en deux parties égales en I, prenant la partie I F , pour faire les flancs FC, HL, toujours perpendiculaires fur la Courtine , 8c des points, H, 8c, F. On tire les lignes de defFence H C N, F L M , prolongées
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- de Geometrie. 93 jufques aux rencontres des cotés GA, F B , qui font prolongés en N , & en M.
- Si l’on veut arrondir les Angles G, &. F > comme les Angles A , & b ? il faut divifer le flanc FC, en 3 parties égales, ôe en prendre deux F D , qu’on transporte au point b , & au point Ajcirculaireraent avec le compas, & on forme les arcs QJP O , &c.
- entagone à demi- Basions]
- voyez pl.13. fig.57.
- Après avoir fait le Pentagone A B C D E , ©n di-vile un de fes côtés B C, en deux parties égales en I,
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- 24 Abbregé des Elemem ôc on prend une de ces parties I B, pour la demi-gorge du Baftion , & laquelle on cranfporte encore en G , dire&ement au côté A B , qui fera B G. Pour faire enfuite le flanc du demi-Baftion, il faut di-vifer I B, en deux parties égales, au point k, & prendre cette partie pour le flanc quon tranfporte perpendiculairement fur , C B, au point I j & du point H , au point G , on tire la ligne G H , qui eft la face du
- y i
- demi-Baftion.
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- de Geometrie.
- 95
- La maniéré de faire les Dehors.
- LEs Dehors font des Ouvrages de terre qui font entièrement détachés de la Place. On les conflruit comme il s’enfuit.
- Operation du Rave lin. Voyez Pl.14. Fig.58.
- Pour faire un Ravelin, on prend la longueur de la Courtine A B , avec le compas, & des points A, $c B, Sc de la meme ouver-
- P/*»-che 14»
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- Abbyegé des Elemens verture AB, on décrit les Arcs C , ôe de leur point d'interfe&ion C , on tire les lignes C E , C D , aux points E, 6c D , & des points E, 6c D > on tire les lignes D H G , E H P , qui marqueront la Contre-fcarpe, ou le bord du FolTé en dehors 5 aufli - bien que les deux côtés du Ravelin H M , H N , 6c les lignes CE, CD, produiront les faces du Ravelin C M, C N.
- On doit faire enfuite le
- e
- folle du Ravelin , aulïi bien qu’en tous les autres ouvrages de dehors , large de la moitié de celui qui entoure la Place , c’eft a dire large de la moitié du flanc. Je les marque par , O I P , parallèles
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- de Geemetrie. yy leles aux faces du Ravelin.
- Remarqués que les Ra-velins , & les autres Dehors ne fe font pas toujours conformes aux Courtines, & aux Battions, quand on fortifie les Places irre-gulieres , qu’il les faut faire fuivant que les lieux qu’on doit fortifier le permettent. Ainfi on aura toujours ceci , comme pour principe que les Dehors , quoy qu’irreguliers doivent être toujours conformes a la ju-fte portée ;du moufquec. Sç qu’il n’y.jdqjt avoir aucun liçu qui he ibit flanqué.
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- ÿS Abbregé des Elément Operation de la Demi-lunè.
- voyczPl.14.fig.57.
- Après avoir tracé lesfofc fés de la Place qui font iharqués par R. k Q_, èc prolongé les faces dn Ba-ftion B, qui font £ D, C D* en G, & en F. On prend ênfuité la moitié du flâné du Baftion qu’on tranfpor-te fur le prolongement dé ces faces, depuis le bord du fofle M j/ jufqu’en O.
- point k , donc "l’un eft la pointe du Baftion , & l’autre la rencontre des Con-trefearpes, 6c la tranfporter
- Il faut auïfi |>rendre la dk ftan'cc • du pornt ! J31' ,
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- de Geometrie. $$ du point k , au point I, fur la Diagonale A H 5 6c du point I, au point O, on tire les faces de la Demi-lune qui feront I O , IP, ôc du point D , 8e de l’ouverture D Ljon décrit l’arc, L N M , qui eft la dernière operation de la Demi-lune.
- Les Foflfés de cet ouvrage qui font marqués par GH F, feront comme nous avons dit, larges de la moitié de celui de la Place.
- Opération des Contre-garde si
- voyez Pl.14. fig.éo.
- t
- Les Contre-gardes fe font tantôt devant les Battions*
- E ü
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- ioo Abhregé des Ulewiens 6c tantôt devant les Rave-lins. Pour les premières on les fait comme s’enfuit.
- Après avoir prolongé les flancs B C , EF , en D, 6c en G j au delà du Folle , je prends la moitié du flanc du Baftion que je tranfpor-te fur ces prolongemens au delà du Fofle , depuis le point E, 6c H , au point R, & 15 6c des points R, 6c I, je tire les lignes R N, IN , jufques à la rencontre de la Diagonale AO , au point N j qui doivent être parallèles à la Contre-fcar-pe LkM; 6c pour arrondir l’Angle de la Contre-fcarpe Hk<^, on opéré de la pointe du Baftion marquée P, £omme l’on a opéré
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- de GeometYter ioi dans le Chapitre de la Demi-lune.
- Pour les Contre-gardes, 'Planche 14. Figure 61. qu9on fait devant les faces d’un Ravelin 5 on les fait de cette maniéré.
- Après avoir prolongé les flancs des Baftions en ligne blanche en F , 8c en H, 8cc. de formé le Ravelin A B C D , comme nous avons dit. On doit prolonger fes faces B G , D C, en H, 8c en F , qui font les rencontres des flancs des Baftions prolongés , 8c des faces du Ravelin prolongées.
- Pour les Foffés qu’on fait toujours de même , il n’i a qu’a prolonger les coftés
- <•—1 • • •
- E 111
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- 102 Abbregédes Elemens P k , en S , 6c CL k , en R, qui formeront les Fofles des Contre-gardes, comme l’on voit dans la Figure.
- Operation dé tOuvrage d Corne. Voyez PL 14. Fig. 61.
- Pour faire l’ouvrage à Corne , il faut prolonger les flancs des Baftions A E, B F, en C , 6c D, 6c prendre la longueur de la Courtine A B j qu’on tranfporte fur les prolongements des •flancs , depuis le point E, 6c F , en k , 6c en I , On divife enfuite les parties qui font au-delà de la Contre-fcarpe , marquées par G k,
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- dt Geometrie. 103 HI5 en 2 parties égalesL, & M, & de ces points L, & M, ori tire la ligne L M, qu’on divife en 41 parties égales, qui fervent à marquer la Courtine N P , qui en contient deux N O, OP, & à former les Demi-gorges MN,P L, des demi-Baftions &c.
- Pour les flancs des demi-Baftions, on les fait en prenant la moitié d’une de ces parties , comme par exemple de P L,qu’on divife en .2 parties égales en Q^, on en prend une que l’on tranfporte perpendiculairement fur la Courtine , au point P , & N, qui fera marquée par, P R , èc du point,R , au point K , on
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- ïo4 Abbregé des Elément tire la faee du demi-Baftion, qui fera R K, &c.
- Remarqués qu*on peut faire encore cét ouvrage plus éloigné de la Courtine de la longueur du flanc dii Baftion de la Place, &. lorf-que cela arrive , on y fait un Ravelin au milieu.
- Operation de la Tenaille* voyez Pl.ij. Fig,é3.
- On prolonge les flans des Baftions de la Place, qui font marqués par C, êc D, en E , & F 5 opérant comme dans l’ouvrage à Corne , & après avoir tiré des points G, & H , la ligne G H > qu’on divife en
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- de Geometrie. 105
- 4 parties égales H I, IB, B K , K G , on en prend une , par exemple G K , qu’on tranfporte depuis les points G , en L , & H5, en N , defquels points N, & L , on tire la ligne N L, qui coupe air point M, la ligne qui part du centre A, 6c qui pafTe par le milieu de la Courtine. En-fuite du point M, on tire aux points G , & H , les lignes MG, M H , qui formeront les faces de la Tenaille, &c.
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- jc6 Abbregé des Blême ns
- Operation de La Double-Tenaille. voyez pl.15. %. 64.
- Pour faire la Double-, Tenaille, au lieu de divifer. la ligne N L, Figure 63. en deux parties égales , il la faut divifer en 4. comme il eft marqué dans la Fig.64. & dçs points T* j & 1, on tire i X , ZX , au point X, & 2 Q , Z R, aux points Q^s & R, ôcc, j
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- de Çeametrie.
- Operation de la queue d‘Hirondelle, voyez pl. 15
- %. 65.
- Apres avoir fait le Ra-velin C D , 6c prolongé les flancs des Battions Z , 8C B , en F , 6c en E 5 on prend la longueur de la Courtine Z B, qu’on transporte depuis le milieu des faces du Ravelin qui eft marqué'par C , & D, juS-ques à la rencontre des .prolpqgements des flancs ies Battions F , ôc E , desquels points F , 6c E 3 on -tire la ligne F E,qu’on divife en 4 parties égales E L,L H, HI j L E , . on en prend une,
- E vj
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- 108 Abbrâge des Flewens par Exemple H I , qu’on tranfporte fur la ligne qui part du Centre , depuis le point H , en G , & du point C , on tire les lignes GF, GE, aux points F, & E , qui formeront les faces de la queue d’Hyron-delle.
- Operation du Bonnet à Prêtre. voyez pl.15. fig,66.
- Pour faire le Bonnet à Prêtre, il fautoperer comme dans la queiie d’Hiron-delle. Figure 65. ôc après avoir fait les faces G F, G E , Fig. 66. Il les faut di-vifer en deux parties legales en M 3 & en N, def-
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- de Geometrie. 109 quels points M , & N, on tire les lignes M H, N H, au point H , qui efl: la rencontre de la ligne E F > avec celle qui part du Centre A, Sc pafle par le milieu de la Courtine,&c.
- Operation de ll Ouvrage â Couronne , qui eji posé devant la pointe d*un Baftion. voyez pi. 16 * Plan-fig. 67. Et de celui quiche x* eji denjant une Courtine. voyez pl.16. fig.68.
- Apres avoir tiré la Dia- Phe> gonale AB, & l’avoir pro-longée eft C, on prend une ligne do 110 toifgs, qui eft*
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- ïio Jbbrege des Elemens par Exemple B D , qu’on tranfporte fur le prolongement de la capitale du point B , qui eft le Centre du Baftion, au point F , & du point F , on tire des lignes parallèles aux Courtines de la Place , grandes de 100 toifes , ou de la longueur B E , qui font marquées par F G , F H , quon di-vife en 5 parties égales, marquées par FI, I L, LM, M N , N G, on en prend deux FI, N G 3 pour les Demi-gorges , & une pour chaque flanc , qu’on tranfporte perpendiculairement furies points I , & N, ÔC des points I , & N , aux extrémités .des flancs , on tire les lignes de deffencç.
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- r de Geometrle. m qui forment la face du Ba-ftion , marquée par p a. jufques au point Q^, qui eft la rencontre de la ligne Capitale, & OR, qui efl: la face du demi-Baftion,qui Je termine à la rencontre de la ligne tirée du centre du Baftionde la Place au point G,prolongée en R j&c.
- Pour faire l’Ouvrage à p/.t*r. ÇottYome jdevant une C.o.urr tine, il faut prolonger la Ür gne qui part du cpnçre, ôc qui pafl’e par le milieu de la Courtine E , en B j êç après avoir fait le RaveÜn > on prend là longueur de Ho tpifes, qu’on porte depuis lg point D , fur Je prolongement en C > fs. .au point- G i çn fait l’Angle
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- ut Abbregé des Blemens F C G, de no degrés, partagé en deux également, par la ligne AC; les cotés CF, CG , qui font longs chacun de 100 toifes, doivent être divifés en 5 parties égales, comme dans la Figure 67. Et au lieu que dans cette même Figure 67. les faces des demi- Battions, font tirées du bout de la Courtine, il faut les tirer ici du milieu, comme marque H KI, & les côtés de louvrage, marqués par EF. E G , doivent être tirés du milieu de la Courtine de la Place marquée E. Ôcc.
- Remarqués que fi Ton vein tirer les côtés de l'Ouvrage a Couronne E F, E G, du milieu des faces duRa-
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- de Géométrie. 113 velin , comme j’ay fait les côtés de la queüe d’Hiron-delle , 6c du Bonnet à Prêtre Figures 65. & 66. lesdef-fences de ce même côté en feront plus courtes 5 ce quon pourra faire fuivanc le terrain qu’on aura a fortifier.
- On peut encore approcher cet ouvrage de la Place autant qu’on le jugera à propos, comme par exemple le centre du Baftion de l’ouvrage, marqué C , pourra être au point L , qui efi: éloigné du point D , de 80 toiles 5 & du point L , on tirera les lignes LM, L N, parallèles au lignes C F, CG ;&on fera au point L, un BalUon fcmblable à ce-
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- iï4 Abhregé des Elentens lui qui eft au point C* le-diminuant autant que les lignes LM, L N, font diff> ferentes des lignes CE* C G , c’eft à dire qu’on doit faire les mêmes operations fur les lignes LM, L N, qu*on a fait fur les lignes CF, CG,&c.
- et h ode qutl faut tenir four lever le plan d'une Place quon rue ut fortifier.
- PO u r fortifier cette Place, il en faut avoir le Plan exact , & connoître tant l’ouverture de fes An-
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- de Geometrie. \ i ç gles, que la longueur de fes côtés j 8c c’eft pour cela qu'il faut fe porter fur le terrain, avec tous les inftru-mens qui peuvent fervir à ce deflein.
- E fiant arrivé fur les lieux, il faut mefurer les côtés avec une chaînette de fix pieds , 8c les Angles avec un infiniment appelle Re-cipiangie , dontjay donné la dclcription à l’indice qui efl à la tête de ce Livre. Il faut, l’appliquer aux coins des murailles qui forment les Angles Entrants 8c Sail-lans , 6c à rnefure qu’on avance fur le terrain , il faut marquer lur du papier, l’ouverture des Angles , 8C la longueur des côtés*
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- Tlan-fke 17.
- 116 Abbregé des Siemens mettant le tout par bon ordre.
- Soit par exemple la Place A B C D E F. Planche 17, Figure 70. dont il faut lever le Plan, qui fe fait de cette maniéré.
- Je me mets an point D* par exemple hors de la Place, & je mefurel’Angle EDC , avec mon Red-piangle Paillant , que je trouve être de 64 degrés, & je le rapporte fur du papier par le rapporteur , qui eft un demi-cercle de corne , ou de leton gradué: Ayant le valeur de cet Angle , je pafle a fes côtés que je mefure, & en commençant , par exemple par le côté E D, que je trouve
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- de Geometrie. \\j être de 65 toifes par ma chainette , je le rapporte par mon échelle fur le papier au côté de l’Angle, que j’ay déjà rapporté : Paf-fant enfuite à l’autre côté D C , que je trouve être de 32 toifes , je continue à le rapporter fur mon papier à côté de l’Angle^que j’y ay déjà marqué &c.
- Ayant mefuré un Angle, & fes côtés , je mefure les autres de la même maniéré j & je rapporte le tout fur le papier , fuivanc la méthode que je viens de marquer.
- Cette maniéré étant la plus claire , se la plus allurée quon puifTe trouver, il eft pïefque inutile d’ea
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- i 18 Abbregé des Flemens rapporter une autre. Cependant je ne laifTeray pas de propofer celle qui fè fait avec le Graphomettre, quelque mal allurée quelle foie , & quoy qu’on ne doive jamais s’en fervir fi l’on peut mefurer ia Place en dehors, ou en dedans.
- S’il faut entièrement s’en fervir à caufe des Angles qui font occupés par des Tours, on chofes fembla-bles , qui rendent les approches difficiles , &c. Il faudra pour cet effet choifir deux 'grandes Tours dans la Place , comme par exemple la Tour H, &la Tour G, Figure70. fur lefquelles on fait deux Stations avec le Graphometre : Ayant
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- de Geometrie. i jtj mefuré auparavant la di-ftancc qu’il y a de la Tour G j à la Tour H , qu’on trouvera être de 40 toifes, & ayant planté de grandes perches à tous les Angles de la Place j on fera la première Station , fi loh vent fur la Tour G , auquel point G, on drefTera le Graphometre, Et après avoir tourné fes pinnuîes en li<rne droite vers la T our H, on formera avec l’Alidade les AnglesE GF, F G A, AGB,BGC,CGD,DGE» jde tant &: tant de degrés qu’on reconnoitra autour du Graphometre par le trou, ou la fente qui eft à l’A-Iichide,on les rapportera fur le papier par-le moyen du
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- T tanche li.
- 110 Abbrege des Siemens demi-cercle de corne gradué , ou Rapporteur , fie du petit-pied, ou échelle 5 & on opérera enfuite de def-fus la ; Tour H , de la même maniéré qu’on aura ,opéré fur la Tour G 5 & .rapportant le tout fur le papier , la rencontre des lignes qu’on aura tirées des points H, & G, formeront .les Angles de la Place, com-.me vous Voyez, dans la Figure 70.
- Le Graphemetre , Voyez Planche 18. Figure *71. eft un inftrument plus proprepour mefurer les diftances en raze Campagne , prendre les hauteurs , & profondeurs d’une Montagne,, Tour, &c, qu’on ne peut
- pas
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- de Geometrie. n-j pas approcher, Sc qui ne demandent pas une trop grande exa&itude, que pour faire des operations qui en exigent d’auffi juftes qu’il les faut pour lever le Plan d’une Place qu’il faut fortifier.
- Quelque habile que puifle être un Ingénieur, ou un Geometre , & pour fi bien qu’il fçaché fe fer-vir de cet Infiniment» jamais il ne fçauroit rencontrer afTés jufte, à moins qu’il ne fçache fe corriger à veüe d*œil , , ou par les raifons qu’il faut prendre d’ailleurs. La propofition que j’en ay faite icv, n*eft que pour dire ce qu on tache d’en faire , f6c non pas
- F
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- j zi Abbyegé des Elemens pour en recommander l’u-fage.
- Je pourrois encore apporter l’ufage de la Boufiole pour lever le Plan d’une Place : Mais comme cette méthode eff encore moins allurée que celle du Gra* phometre , jeferay obligé de n’en parler point.
- Remarqués que s’il fe trouve à l’entour de la Place une Muraille • arrondie, ou une Tour ronde , il faudra par trois points pris fur leurs Arcs , en chercher leurs Centres, & les ayant trouvés , il faudra mefurer la diflance qu’il y aura, depuis leurs Centres, jufques a chacun de leurs Points, Scc. ôc rapportant le tout
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- de iSévmèfriè. t i i Ciir le papier f 'êbinmenobs avons déjà dît, ori fortifiera la Plàce -, comtne nous dii* rons dan s- iâ fy i te.
- ëManiere de. tracer Juf le terrain, un Plan dormi
- ' * ir ' ’ •
- fur le Papier,
- LO k s- QJ3 e Ton veut
- travailler /ur le terrain, il faut fe munir, du moins dé 3 cordeauxV qui ayent la longueur .des cotés que lé Triangle, qui èft fur le
- ‘papier, porte.
- Il faut auffi fe faire porter plufieurs Piquets pour Tenter a tous les Angles
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- i%4 Abbregé dp Elcwsns de la Figure qu’on veut tracer fur le terrain , & lorfqu’on les plante > il faut y mettre du;papier, ou du parchemin qui porte la valeur de l’Angle , que le piquet marque 5 Les Piquets feront de hauteur , d’un Flomme , ou d’une Pique, félon qu’il fera necelfaire, mettant les plus grands dans les lieux enfoncés, & les us vés.
- Il fautauffi avoir unRe-cipiangie rentrant , & un faillant.
- 3, ou 4 foldats qui fer^ vent à planter les Piquets, à bander les cordeaux, &c.
- Une Boulfole pour fça-voir la fituation du lieu,ou
- courts dans les plus ele-
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- de Geometrie. nÿ de la figure que Ion veut tracer. , ; :
- * Et une çkai.nette de Jeton , de deux ou trois toifes, pour prendre des mefures j liftes fur les cordeaux, qui doivent être fort tendus 5 parce que les cordeaux s'a-longeant , on ne doit pas s*y fier.
- : Soit le Plan , par Exemple A &C:QE F.^ quil faut tracer fur le terrain. Votez Planche 1*7. Figure 70.
- Avant ;que d’entreprendre çette roperation , il faut avoir réduit le Plan que l’on veut tracer fur le terrain, en Triangles , ôcfça-voir la longueur de leurs lignes la valeur de leurs Angles.: ;
- - . m « • «
- F !lj
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- Xiê Abbregé des Elemens Apres avoir mefùré les cotés de l’un des Triangles qui eft fur le papier, par le moyen d’une échelle-, on petit pied j il faut avoir trois cordeaux qui portent la valeur des’ tôifes 'que les côtés du Triangle marquent | Il faut les joindre fur le terrain , & en former je Triangle marqué•'* fur le papier -, & pour- Vâ/îiirè? mieux, il'fàut mefurer fes Angles, fçaehant la valeur des Angles du Triangle qui teft fur ie papier par le ra-porteür, ou le dèfni-Cercle de corne gradué. On peut les reconnoître fur le terrain , par le moyen du Re-cipiangle rentrant, ou /aillant , l’appliquant proche
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- de Geometrie. nj du Piquet qui tient les cordeaux. On peut fe lervir encore d'un grand demi-cercle de carton gradué au centre duquel eft marqué le piquet qui retient les cordeaux qui marquent l’Angle que demande la Figure j fur les degrés qui font marqués autour du de-mi-Cercle.
- Ayant tracé un Triangle fur le terrain de la maniéré que je viens de dire, je crois qu’il efl: bien facile d’en tracer un antre qui le touche, & dont le premier peut fervir d’appuy , ou de bafc au fécond. Cecy fuf-fira , comme je pcnfe pour fçavoir parfaitement tracer une figure irreguliere furie F iiij
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- 11§ Abbregé des Elemens terrain : Que s’il eft necef-faire d’en tracer une régulière 5 II faut premièrement reconnoître le Centre du Plan , ou l’on veut décrire la Figure, pour fçavoir fi le terrain pourra contenir la figure que l'on veut tracer. Car fi c’eft une Eminence, il faudra avoir le contenu du terrain 3 & fi c’eft une Plaine , il n’en fera pas ne-ceflaire , confiderant fui-vant l’afîiette du lieu , que les Fortifications que vous y tracerés ne foient pas commandées d’aucun endroit j Et après avoir examiné le tout , il faudra trouver le Centre du terrain duquel vous tirerés autant de rayons que la figure re-
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- de Geometrie. i
- guîicre porte , qui forment les mêmes Angles du centre que la figure requiert, ce qui fe pourra faire, en mettant’ un grand Cercle de carton gradué , & un Piquet au milieu, qui tiendra les cordeaux qui formeront les rayons. Après avoir ainfi opéré 3 il faudra regarder la longueur des rayons du Poligone régulier , qui eft fur le papiers par Exemple , s’ils font de 100 toifes chacun, il faudra prendre fur les cordeaux qui font fur le terrain iog toifes avec la chaînette quon doit tranfporcer fur les cordeaux.
- ! Les ioo toifes étant finies fur chaque rayon , on for-
- F v
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- 13 ô Abbrége des Elemens niera les côtés du Poligonè régulier, qui auront autant de longueur que la figuré en demande, qu’on diviferâ en autant de parties qu’il fera neccflaire , faifant les gorges des Battions , lès Courtines , Sc les flancs* comme il fera tracé fur lô papier , longs de tant , SC tant de Toiles, Sc les Angles ouverts de tant, SC tant dé degrés. ;
- Le principal trait de lai Fortification étant ainfi tracé , il fera bien facile d’achever le refle , comme? peut être le dehors , en faifant les Foffés larges de là longueur du flanc, parallèle* à ce qui fera neceffaire , Sç le refle du dehors 5 comme
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- de Geometrie. jif Demi-lunes, Ghemin-cou-vertj Ouvrages à corne, &c. de ia maniéré que nous l’avons dit en fon lieu.
- Au. j*7u.
- £4/++
- Méthode pour fortifier les F laces irregulieres.
- AVant que de parler des Fortifications irregulieres, il faut fçavoir exactement ce que c’eft que Grande Ligne , Petite ligney & Ligne moyenne , Angle Saillant, & Angle R entrant.
- On appelle Grande ligne\ celle qui a plus de 120 toiles , qui eft la jufte portée àu moufquet.
- F vj
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- 13i Abbregc des Elément
- Petite ligne , eft celle qui a moins de i 20 toifes.
- Ligne moyenne , eft celle qui eft de 120 toifes preci-fement, ou environ.
- On appelle Angle Saillant , celuy qui eft formé par les côtés de la Place, qui s’avancent dans la Campagne.
- Angle Rentrant, eft celuy qui rentre dans la Place.
- blanche 1 ÿ.
- De la grande Ligne.
- Si la Ligne fur laquelle on veut fortifier eft de 130 ou 140 toifes , elle eft capable d’un Baftion à chacune de fes extrémités , & la Courtine qui reftera, qui
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- de Geometrie. 133 eft, par exemple A T, fera divifée en plufieurs parties, de 10 toifes chacune, qui font marquées par A D, DE, EF, F G. &c. d’une de ces 4 parties , il faut tirer la face du Baftion X C B , qui eft marquée par B C , Ôt qui formera l’Angle de la pointe duBa-ftion BCX) autant ouvert que les proportions le demandent , c’eft à dire ouvert , tout au plus de 90 degrés, & jamais moindre de 60. & il ne faut jamais tirer les lignes de deffences , de plusloing que de cette quatrième partie.
- Si la ligne eft de 150 , ou de i6otoifesion operera.de
- la même maniéré que dans
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- 134 Abbregè des Elemens la ligne precedente > mais il ne fera hors de propos d’y faire un Moineau au milieu, donc les flancs ayant la longueur de io a 15 toifes tout au plus, les proportionnant à leurs demi-gor-: gës, ou bien on pourra faire un Ravelin, un Ouvrage à Corne à la place du Moineau, 6c c.
- Si la ligne efl: de 180 ou 100 toifes , elle efl: capable de recevoir un Baftion au milieu, outre ceux de fes extrémités, mais il faut que celui du milieu foit plat, & qu’il ait la gorge de 30 à 40 toifes, 6c les flancs de 15 à 10 toifes chacun.
- Que fl la ligne efl: encore plus longue , comme
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- de Géométrie. 13c de 2.40» 260, 300 toifes, Sec» on la partagera en plufieurs parties j chacune defquelles contiendra 100 ou 120 toifes , tout au plus , 6c on fera à leurs points de divi-fion des Baftions Plats, qui ayent la grandeur requife, ou bien , comme veulent quelques-uns,des demi-Ba-ftions éloignés les uns des autres dé 50 à So toifes , qui fàft’ent la forme d’un Ouvrage à Corne, &c.
- De la petite Ligne,
- Si la ligné qu’on vent fortifier eft dé-80 toifôs-> elle eft éapable d’un Ba-
- à une- dé fe$ extrê-
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- Planche 19.
- 136 Abbregé desElemens mites 5! & c’eft pour cela que dans la Figure 71. la ligne , ou le côté marqué RI, a un Baftion à fon exT tremité R, ôc le refte de la ligne fert de Courtine : Il faut enfuite élever une per^ pendiculaire à l’autre extrémité de la Courtine, comme on le peut voir dans la même Figure à l’endroit I, & cette ligne fert-pour le flanc du Baftion , qui doit être pofé fur la ligne qui fuit, & qui eft mar-guée par I K 5 que fi les lignes qui font À côté de cette ligne de 80 toifes, font plus longues que de J30 ou 140 tpifes : Il faudra laifler dette ligne de 80 toifes toute feule fervir
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- de Geometrie. i 37
- de Courtine } & faire les deux Baftions, qui doivent fuivre , fur les deux lignes qui font à fes côtés.
- Mais fi une ligne n’efl que de 50 à 60 toifes, elle ne pourra fervir que de Courtine, & il faudra faire les deux Baftions fur les lignes voifines.
- Enfin fi la ligne n’a que 40 toifes de longueur , elle fervira pour la gorge entière d’un Baftion , qui aura les flancs perpendiculaires fur les lignes prochaines qui fervirontde Courtine.
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- ï3§ Abbyegé des Blemens De U Ligne Moyenne.
- La ligne moyenne, effc capable d’un Baftion à chacune de fes extrémités, mais comme elle peut aller de ioo à no toifes : Il faut la partager différemment, félon fa grandeur 3 ainfi fi elle eft de no toifes, on la divife en 6 parties égales, 6e fi elle n’eft que de,100, on ne la partage qu’en cinq 3 Après cela prenant une de fes parties qui fera de 10 toifes, elle fer vira pour les Demi-gorges qu’on fera aux extrémités de la ligne, & pour les flancs , qui feront toujours perpendicu-
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- de Geometrie. 13 c;
- lâires fur la Courtine, comme vous voyés dans la FL gure- 71. à la ligne mar^ qliée ico, ;
- De l'Angle Saillant*
- Si l’Angle Saillant eft droit, on le fortifiera, comme on fortifie i’Angle d’un quarréc, gardant les prof portions requiles pour les lignes de defFence , félon que nous l’avons déjà dit cÿ-devant.
- . Si l’Angle Saillant efi: obtus , 6c qu’il reflemble à celui du Pentagone, Exago-ne,&c. omle fortifiera, com-•mel’on voit dans ces Poligo-•ües j qui font déjà marqués*
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- 140 Abbrege'dés Siemens
- Si l’Angle Saillant eA aigu , comme eft l’Angle C, D > E. Votez. Pi.\y. Figq^.-on le coupera par une ligne de 60 à 80 toifes, marquée par A B , aux extrémités de laquelle on élevera les flancs des Battions, qui font pofés fur les lignes prochaines , &; qui n’ont que 20 toifes de gorge les pouvant faire fi l’on veut de 30 à 40 , comme on le trouvera à propos.
- S’il arrive que dans cet Angle Saillant, il y ait quelque grand Edifice, comme une Eglife , &c. Il faut la retrancher , que fi on ne peut, ou qu’on ne le veuille pas le faire, il faudra agrann dir cet Angle Saillant, &
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- de Geomet rie. 141
- le faire droit pour le moins en y joignant une ligne de 60 ou de 80 toifes , tout au plus , au bout de laquelle il faudra en joindre une autre qui ait la même longueur, s’il eft necefiai-re, ou longue autant qu’il la faut, afin que fon prolongement s’en aille rencontrer la place 5 on fortifiera ces lignes, fuivant la methpde qui a déjà étépro-
- ' r> ' x J L
- polee.
- De £ Angle Rentrant.
- , t *
- Si l’Angle Rentrant, eft droit, il fe defFend de luy-même : Que fi les deffen-ccs font trop longues, on
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- 142. Abbre-gé des Ëlertiens peut luy ajouter uri Angle Saillant, commeTÀh-gle L , M, N, cft ad jouté à l’Angle L , Ô, N iqjüi; éfli obtus , lequel Angler Sailli lant fert à faire des batteries pour nettoyér le foflé.
- SI l'Angle; Rentrant efl[ aigu , il ert préfqué inutile d’y faire la moindre chofei on y peut faire II l’on veift des Rédans ; cependant art peut les fermer par une ligne droite , qui fervira de Courtine , fi elle èft afles longue.
- Si l’Angle Rentrant eft obtus ,• & que les lignes çüi le compofent foient plus longues que la portée dit mouifquçt, il faudra lui
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- de Geometrie. 143 ajouter nn Angle Saillant, dont les côtés qui le com-poferont feront de 20 toi-fes chacun j on pour mieux faire, il faudra ajouter un Baftion > que fi les côtés de la Place , qui ferment cet Angle Rentrant , font d’une jufte portée de mouf-quet , il feroit inutile d’y faire le moindre Ouvrage , mais on fe contentera : d y faire un bon Dehors pour le couvrir.
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- 144 Abbregê
- Examen de chaque "Partie de la Fortification, O* premièrement du dedans d*une Place.
- PAr le dedans d'une Place , on entend tout l’efpace qui efl depuis Tes Ram parts , jufques à fon Centre : lequel dedans comprend la Grande Place d’Ar-mes , les grandes Rues, & les petites, les logemens des Soldats, les Magazins, les Corps de Garde , les Moulins, &c.
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- des fortifications. 145
- De la 'grande Place et Armes.
- La grande T lace d'Armes. Voyez A , Planche 20. doit être au milieu de la Ville» s’il fe peut, & fa grandeur doit être proportionnée au .nombre de fes Basions, à •l'enceinte de fes Ramparts, & à la garnifon quon doit entretenir dans la Place , afin qu’elle puifTe contenir autant de Soldats , que ia deffence en demande. Or on peut le fçavoir facilement par ceci , que pour le foûtien d’un Siège , il ne faut pas plus de deux cents hommes pour la def-
- Tltm-che i®.
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- 146 Abbregé fence de chaque Baftion, 6c à raifon doublée pour fe relever les uns les autres quatre cents.
- Dans la Place d’Armcs, il y doit avoir toujours une Fontaine , ou à fon defaut en Puits , des échafFauts, potences, lieux fecrets, & c, & un bon Corps-de-garde» au dedans duquel il y doit avoir une grande cheminée , ou deux, s’il eft necef faire , une longue table, qui aille d’un bout jufqucs 2 l’autre , 6c à chaque coté un’efpece de théâtre large de 5 à 6 pieds, qui aille en penchant pour fervir de li& aux Soldats.
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- des Fortifications. 147
- ï>esgrandes, &despettfé£ Rues.
- Les grandes Rties. Voyez B, B, &e. Pl.10. font celles qui vont depuis la grande jPlace d’Armes jufques à une ^orte de la Ville, ou a un «Baftion * lefquelles on doit faire larges de 6 à 8 toifes j au milieu desquelles il y doit avoir une Fontaine, ou un Puits avec une fenti-tfellè tout proche , ou un petit corps-de-garde, félon quil fera necefiaire, fi la eue eft grande, &c.
- Les petites Rués. Vovez, G, C y 8cc. Pl. 20. font celles qui vont circulairement
- G fi
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- 148 Abbregé dans la Place, c’eft à dire qui prennent. leur commencement du côté d’une grande rue , & vont finir à une autre grande ruë> on les fait larges de 2 a 3 toifes : En temps de guerre on met à chacune de leurs extrémités une fcntinelle > on peut faire au milieu de ces petites rues , à côté des lieux fecrets pour les commodités des Soldats.
- Des logements des Soldats,
- Lorfqu’on a pris -une Ville de nouveau , & qu’on appréhende quelque révolté , il faut loger.les Soldats dans les maifons. des Habi-
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- des Fortifications. 14^ tans, 6c en mettre plu fleurs dans une même maifon, afin de tenir en crainte toute la Ville > mais fi on n’a aucun foupçon de ee côté-là , £c qu’il foit ne-j ceffaire de foulager le peuple j on fait ordinairement des logements proche des Ramparts, ou l’on mec les Soldats 5 on appelle j ces logements des Cafernes , 6c on les divife en plufieurs chambres, à chacune def-quelles il y a une cheminée , & 2 ou 3 lits , afin d’y en pouvoir loger plu-fieurs j & pour leur donner de la crainte , on fiait dans ces Cafernes, ou a côté des logemens allez propres pour recevoir les Officiers.
- G* • •
- «j
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- ayo Abbregé Des ^Maga'zçns,
- Les Magazms, fc font proche des Ramparts , on doit les faire voutésprincipalement quand on y tient de la poudre , prenant garde de la tenir à l’endroit le plus élevé, qui foit bien fec 5 êc on y doit mettre au plus bas , les boulets } ou. les autres inftrumens de guerre , aufquels l’hnmi* dicé ne peut pas apporter du dommage* on doit environner ces Magasins d’une muraille , ou dune palif-fade , éloignée du corps du Magazin de 6 à 8 pieds * & la porte doit être couverte
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- des Fortifications. 151 de plaques de fer , auffi-bien que les feneltres s’il y en a i car on doit n’en faire que le moins qu’il eft poffible 5 & c*eft devant cette porte que Ion place ordinairement une fenti-n elle.
- Pour tArcenal, qui eft proprement un lieu qui fournit tous les Magazins de munitions, les Ramparts d’artillerie, & les Soldats de leurs armes , on le fait dans l’endroit le plus alluré qui foit dans la Ville 5 & on le divife en plulîeurs parties, dont les unes fervent pour la fabrique de l’artillerie, les autres pour la conferva-tion , Sc les autres pour la garde de toutes les autres
- Gm • • •
- «>]
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- 15 x Abbrege
- armes , & munitioîis de Guerre , dont on peut avoir befoin.
- Les Corps-de-garde , fe font principalement dam
- les grandes Places , comme à la grande Place d’Armes, devant la maifon de Ville, à l’Arfenal, à toutes les Poe-tes, an milieu des Ponts, & aux extrémités > s’il eft ne-ceiTaire, &c.
- Des Moulins.
- Dans une bonne Place, on doit avoir toûjours un bon nombre de Moulins à
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- des Fortifications. 153 Vent pofés fur les Ram-pars, ou fur des terrafles dans la Ville 5 &, au défaut des Moulins à Vent, il faut avoir des Moulins a bras, qui ne peuvent pas être détruits par le Canon, comme les Moulins À . Vêtît , &c. s’il paffe une riviere dans la Ville, il faudra y en faire un bon nombre , pourveu. qu’on foit a (Tu ré que l’ennemi ne puiffe pas détourner fon courant, comme il a coutume de faire quand il peut.
- G v
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- *54_
- Abbrege
- Examen des R amp arts,
- Ar les R amp art s. Voyez;
- X A , C j R » Planche y on entend cette grande levée de terre, qui environne toute la Place , & qui b couvre d’une telle manier re, que les ennemis ne peu** vent pas voir ce qu’il y a dedans.
- Les Profils que l’on voit au commencement de cet Ouvrage , montrent afîes clairement Tes hauteurs, & fes largeurs,& il fufHra pour Je prefent que nous examinions leur Compofition.
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- des Fortifications. z^e Les Ramparcs font faits de terre , ou de gazon, qui forment par leur ar-* rangement un talud du côté de la Place, un ter-re-plain qui eft le chemin pour les Soldats, & qui feu encore à traîner l’artillerie, un Parapet du terre-plain qui fert pour couvrir les Soldats j & qui eft la partie la plus élevée du Ram-part , s’il n’y a point de Ca-vallier, un chemin des rondes , Sec.
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- j<5 Ahbregt
- Des Ramfars en General,
- Les Rampant doivent être élevés par-deflus le niveau de la Campagne, de 3 à 5 toifes, & cette hauteur fuf-fira pour couvrir au moins la principale partie des mai-fons , & pour découvrir les les approches des ennemis.
- LepaiiTeur de leur bafe fera a peu prés égale à la longueur du flanc d’uh Ba-ftion , qui efl: de 20 toifes, & lepaiflTeur du haut fera de 15 à 18 toifes , n étant moindre que la bafe qua caufedu talud qu’on peut avoir donné au terrain, en dedans, & en dehors. Voyez,
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- des Fortifications. 157 Flanche 5, dans laquelle A 1 C j R , A A j 6 j marquent le niveau de laCam-pagne 5 G B, &. D E, la hauteur des Ramparts,ôc A C R, la largeur.
- Di la terre dont on fait les Ramfarts«
- La terre dont on fe fert pour faire les Ramparts,doit être argileufe , propre à recevoir des racines, à refifter aux pluyes , ôc à la feche-relTe > mais comme toujours on efl obligé de fe fer-vir de la terre qu’on tire des foffés , il faut prendre garde fi elle n’eft pas bonne de l’employer pour -le
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- 158 Abbrcgê
- milieu du Rampait , & de mettre la meilleure, comme par exemple celle des prez gui efi: toute remplie de racines,pour les côtés, ou pour les taluds , afin de mieux renforcer l’ouvrage.
- La terre qu’on tire des Marets efi: tres-bonne, mais a fon defaut , il faut fe fer-vir de celle des prez, qui efi: couverte de racines pour les Gazons, il faut les choi-fîr fermes, & bien gras,afin qu’ils puiflent fe bien lier çnfemble.
- Lors qu’on arrange les Ga2ons pour faire le talud, ©n doit mettre à l’entre-deux des rangs, des racines de Gramen , ou de celles de du Treffle 3 on fe fert aufîi
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- des Fortifications, de petites branches de Saule , ou d’Ofier qu’on place entre- les Gazons fur les taluds.
- La terre la plus méchante, & qui fert le moins, efi: lagraveleufe, parce quelle ne fe. lie point 5 le remede qu’on peut y apporter, c’efl que quand on rencontre; de ces terres, 6C qu’il faut de toute necefiité s’en fer-vir, il faut les mêler avec de l’argileufe , afin qu’en les unifiant elles puifient fe foûtenir les unes avec les autres.
- Le Gazon doit avoir 12 a 1,5 poulces de longueur 5 à 6 de; largeur, & 4 & 5-'de hauteur d un coté , &. un ds l’autre. > prenant foi»
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- i6o Abbregé de le faire couper ainft en diminuant , ôc comme en forme de coin, qu*il porte fon talud avecfoy.
- Le temps le plus propre pour remuer la terre à faire les Ramparts eft l’été , & l’automne , parce qu’alors elle eft féche , 6c facile à manier.
- Du Talud des "Ramparts, au dedans, çÿ au dehors de la Place.
- Le Talud intérieur Au Ram» part. Voyez, À B , Planche j. ou celui qui eft du côté de la Place, doit être la Diagonale de fon quarré $ & celui de la muraille 7 qui
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- des fortifications. i6r cft celui du dehors, Voyez, RO, Pl. 5. doit être deux cinquièmes de fa hauteur.
- Du Terre-plam.
- Le Terre ~p tain. Voyez B D , Planche 5. doit être large de 4a 8 toifes, couvert d’une bonne terre argi-leufe remplie de Gramenj on y doit faire des efca-liers pour defcendre dans la Place par fon talud intérieur B , A , ptoche de chaque Baffcion 5 on doit même faire encore que le Terre-plain aille un peu en
- 'aanchant du côté de la
- ..
- .-’Jace , comme eft celui de la Figure première , Planche 5,
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- Abbregé
- pour donner lieu aux plu-yes de s’égouter , & de le laiiTer toujours propre à pouvoir marcher deflfus.
- Aujourd’huy on le remplit d’arbres, qu’on plante de diftancc en diftance, en forme d allée $ on en met auflî dans le talud intérieur du Rampart 5 6c ils font d’une très-grande utilité,en ce que non feulement ils fervent à couvrir davantage la Place, & à fortifier le Terreplain par leurs racines, mais encore ils donnent du diver-tiffement aux habitans par les promenades qu’on a accoutumé d’y faire.
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- des Fortifie étions. i $$
- Du Parapet du Rampart,
- Le Parapet du Rampart. Voyez D j E , Planche y. du côté de la Place , doit être haut par-dejGfns le terre-plain de 5 à 6 pieds , y comprenant la banquette haute d’un pied , & large d’un pied 6c demi j fon calud doit être un fixiéme de fa hauteur.
- , Le Parapet du Rampart, hors.de la Place par-defîus le niveau du terre-pîain, doit être haut de deux pieds &c demi, ou de trois. Voyez G G , F j Flanche 5. Figure 2. ÔC fa largeur doit être de 18 a 24 pieds 5 on
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- i^4 Àbbregê luy baille cette largeur, afin de mieux refifter au Canon. Voyez, D, GG, Figure 2. ou D , F, Figure 1. Flanche 5. 6c on le doit faire qu’il aille en penchant hors de la Place, vifant fur le chemin-couvert , ou fur la Contre-fearpe $ la terre qu on employé pour le con-ftruire , doit être de la plus dure , 6c de la plus pefante, afin de mieux re-fifter à l’efFort du Canon, on y, fait des embrafures aux points, d’on partent les lignes de defFente pour nettoyer les fofles de la Place , ou des autres Ouvrages de dehors qui font defFendus des Rampars. Les Embrafures. Voyez a
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- des Certifie étions. i£y t Indice, font hautes de 2 à 3 pieds dans le Parapet, larges en dedans de 2 à 3 tout au plus, 8c en dehors de 6 j qu’on fait en forme de redans, ou tout unis avec de la terre feule j ou avec des Gabions 5 parce que quand le Canon des Affiegeans les a rompus , on peut facilement les racommoder, y en remettant d’autres qu’on tient tous prefts , 8c lef-quels on remplit. de terre , ou de cailloux mélés avec du fable 8c c.
- Ce qui eft à l’entre-deux des Embrafures eft appelle Merlon.
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- 166 Abhregt
- Dm Chemin des rondes,
- Tîg. i. Le chemin des rondes. Voyez G H, Planche 5. eft un petit efpace au defTous du Parapet du Rampart , 8c pofé en partie fur la muraille 5 on le fait large de .4. à 8--pieds , afin qu’un homme à cheval y puifle paifler j comme peut être le Major, lors qu’il va faire la ronde 5. il a un Parapet fait de brique. Voyez, M L, Planche 5. capable de relifter au moufquet, haut de 4 à 6 pieds , & large de deux avec une banquette haute , êc large d’un
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- des Fortifications. 167 pied H I j il eft affis fur le cordon N , qui eft le couronnement de la muraille, & il eft fait pour empêcher que la Ronde ne fe laifle tomber dans le fofFé, ôc pour retenir en partie les ruines -du Parapet du Ram part, qui fans cela com-bleroient le fofîe , lorfqu’il eft battu par le Canon.
- Au deflous du Parapet eft le Cordon , qui eft par-delïus la muraille , & qui circuit toute la Place : il y :en a qui veulent qu’on n’en fafle point, parce qu’il donne lieu a l’ennemi de diftinguer le Parapet d’avec la muraille.
- Quand le Chemin des rondes. Voyez Q N , Plap-
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- i68 Abbregé
- che j. eft pôle au niveau de la Campagne , il eft appelle pour lors faufFe-Braye , qu’on fait comme au pied de la muraille, au-defîous du Parapet du Ram-part tout proche du folle : La faufFe-Braye eft large de 20 à 30 pieds , & eft faite pour mieux defFen-dre les fofFés , pour commander au Corridor H G. Voyez, flanche Sl pour recevoir les ruines de la muraille j on les fait fi Ton vent quelles entourent la Place j ou on n’en fait que devant les Courtines , ou defïbus les flancs des Ba-Jftions pour defFendre les faces des Baftions 5 on y place de l’artillerie chargée
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- des Fortifications. 165} a cartouches , & elles ont un Parapet a lepreuve du Canon, haut de 3 a 6 pieds, & large de 15 a 20 5 apre-fent on n’çn fait plus, parce qu’on a reconnu qu’elles facilitoicnt la prife d’une Place, foit par Aflaut , par Mine , ou par Efcalade j ce qui fe fait plus facilement que quand il n’y en a. point, la faillie - Braye fervant d’appuy aux Aiîie-geans, lors qu’ils en font les maîtres.
- H
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- 170 Abbregê
- De la Mar aille, &* de fon
- La Mur utile. Voyez R O P , Planche y. eft meilleure en temps de Paix, qu’en temps de Guerre, parce qu’en temps de Guerre les éclats, & les ruines que fait le Canon, comblent facilement le folié , ôc même font plûtoft démolies, ce qui facilite la prife de la Place : Les Mines font plus d’effet, parce qu’elles trouvent plus de refiftan-ce, &c. Il eft certain qu*en temps de Paix la Muraille eft fort profitable , parce quelle eonferve le terrain,
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- des Portifitatzms. 171 empêche que la terre 11c s’cboule pas , fait que les folles font toûjours nets, 8c que les Rampârts durent plus long-temps.
- La Muraille doit être faite plutoft de Brique, que de pierre, parce qu’elle n’é-clatte pas fi-tôt à l’effort du Canon , comme peut faire la pierre > fi on y fait derrière des éperons , ou Contre-forts , ils doivent être liés avec la Muraille, & avec le terrain , afin que tout foit mieux uni enfem-blc 5 la Muraille doit avoir en dehors pour talud, deux cinquièmes de la hauteur, O > R , & en dedans élite peut être perpendiculaire, R j Q^.
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- 172 Abbregé
- Tour faire le fondement delà Muraille, il faut con-fiderer fi le terrain eft dur, & ferme, que s’il eft mou-vent, comme peut être le fable , ou les endrois ma-refcageux, il faudra le faire comme s’enfuit.
- On prend des Pilotis de chrefne blanc,& après avoir creufé 6 a 8 pieds, dans la terre , on les plante diftans les uns des autres de demi-pied , ou environ , a l’entre- deux defquels on met des groftes pierres pour les aflurer , & pour faire le fondement folide. Après avoir ainfi préparé le fondement , on bâtit ce qui fuit avec des groifes pierres , auffi haut que l’eau
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- des Fortifications. 172 du folle le permet , ou jufques au niveau de la Campagne 5 de pour faire enforte que la Muraille foit plus allurée , de que l’eau qui la touche ne puilTe pas la penetrer , il faut pour lors dans cet endroit fe fervir du meilleur ciment qu’on puilTe faire, & unir li-bien ces grolïes pierres qui font en dehors, qu’il n’y ait du tout point de fente.
- Des Fortes,
- Les Portes fe doivent faire au milieu des Courtines , de être larges de 10 à 15 pieds, hautes de
- H iij
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- 174 Abbregê 35, ou environ. La maflbn-“ ncrie fera de grofle pierre bien féche , qui puifie re-jfifter à l’injure du temps 5 En dedans , & en dehors, il y doit avoir une bonne paliflade, & au milieu un bon corps-de-garde :Lc bois dont on fera la Porte fera de gros ais de chefne, doublé , & couvert de plae-ques de fer , avec des gros elous de fer, dont les têtes feront faites en forme de pointe de diamants.
- Au deflus de la Porte, qui efl: l'endroit voûté, il y aura des Orgues, 6c non pas une Herfe , qui n’eft pas fi afiurée que les Orgues : èc au devant en dehors , il y aura un Pont*»
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- des fortifications. \ levis, qui doit être de la longueur & largeur de la Porte * on fait le Pont-levis à Bacule , ou à flèche.
- Il y a encore les faufTes-Portes , qu’on appelle Poternes , 6c qu’on fait, tantôt au milieu d’une Courtine , 5c tantôt au flanc d’un Baftion , elles font larges de 6 à 8 pieds , 5c hautes de io 5 elles fervent à faire des forties fecrettes, 6c à traîner de l'artillerie dans les Ouvrages de de~ hors, s’il efh neceifaire.
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- jyé Abbregê
- Des Bafiions , des Cavadiers.
- Il eft prefque inutile que je parle icy de la forme des Bafiions, & de faire voir quelle eft la meilleure y Suffit qu’on le verra fur la fin de ce traité 5 & pour *leur compofition , il faut fçavoir quelle eft la même que celle du Ram-part', puisqu’ils contiennent un Terre-plain, un Parapet, un Chemin des rondes, une Muraille, 6c c.
- Ce font les faces des Baftions qu’on a coutume de miner , ôc pour y remédier , il faut les contre-
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- des Fortifications. \nn miner , en y faifant une voûte , ou allée , entre la muraille & le terrain du Rampart, large de 3 pieds, & haute de 6, Voyez Con-tremine.
- Les Cavailiers. Voyez G, G > Planche 20. font des Ouvrages de terre, qui furpaflent tous les Ram-parts 5 on les fait ronds, quarrés , ou en ovalle 5 àc on les conftruit au milieu des Battions , ou fur les Ramparts au milieu des Courtines, ou aux endroits qui doivent le plus commander 5 ils ont les mêmes Parapets , 6c le même talud que le Rampart peut avoir : Leur hauteur par-dettus-le Rampart, eft
- H v
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- 178 Abbregê
- de 10 a 10 pieds, ou d*a* vancage , s’il eft neçeflàirej 6c on les doit faire afTés larges pour y placer 5 ou 6 pièces de Canon j leur Ion*-gueur fera donc de 11 à 15 loifes , 6c leur largeur de 4^5. prenant garde qu’ils n’incommodent pas les Ramparts par leur fitua* tion.
- Examen des Dehors.
- PAr les Dehors , on entend tout l’efpace, qui va depuis la Muraille de la Viïte jufques à la Campagne 5 6c qui contient les
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- des Fortifications, lyp FofTés, les Ponts, Palifla-des , Ouvrages de terre, comme Demi-lunes , Rave-lins , 6c c.
- Des Fojfés,
- On fait des Foflcs autour des Places fortes. Voyez, S, A A , Flanche 5. pour empêcher que les ennemis n’en puiiTent approcher fi facilement 5 on en fait les uns plus grands, 6c les autres plus petits 5 ceux-là d’ordinaire environnent toute la Place, 6c on leur donne 15 à 10 toifes de largeur * 6C 10 à 20 pieds de profondeur , ou davantage fi l’on veut 5 fi on les fait trop
- H vj
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- 180 Abbrcgé larges, outre la peine qu’il y a à les creufer , ils ont ceci de fâcheux qu’on découvre facilement le'pied de la Muraille , 8c que les coups de moufquets qui partent de la Place ne peuvent pas fi facilement porter jufques aux ennemis : Ainfi il vaut mieux les faire larges de 15 à 18 toifes,ou 20 tout au plus, qui eft la longueur du flanc du Ba-flion , 8c les faire auffi profonds qu’on pourrai que fi on ne peut pas les creufer , comme il arrive quand on travaille dans des endroits fablonneux ou l’eau vient en abondance , ou dans des endroits marefca-geux » il vaut mieux pour
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- des Fortifications. 1S1 lors les faire larges > & les creufer tant qu’on pourra, jufquesà 6 ou 8 pieds pour le moins, 6c y faire au milieu , ou du coté de la Place proche la Muraille une cuvette. Voyez, T V, Planche 5. large de 10 à 20 pieds , 6c profonde de 6 à 10 , ou autant qu’on pourra.
- Le Fofle doit avoir un talud du côté de la Ville s PR, 6c un autre du côté de la Campague, A A , Y, proche le chemin-couvert. Le talud qui eft du côté de la Ville P R, eft appelle Efcarpe , qui eft proprement le talud de la Muraille , 6c le talud qui eft du côté . de la . Campagne>
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- itz Ahhregé A A, Y , eft appelle Contre- fearpe , qui eft formé par le terrain du Corridor, AA, i, fie doit avoir deux tiers de fa hauteur 5 on y fait des montées , lors que le Foft'é eft fec,vis-à-vis du milieu des Courtines , qui fervent à fur prendre les Afliegeans , lors qu’il eft neceflaire.
- Le Fofte eft plein d’eau, ©u il eft fec } le Fofte plein d’eau n’eft pas fi utile à une Place qui eft remplie de gens de Guerre ,parce qu’il les empêche de faire des forties , e’eft pourquoy un Fofte fec , bien profond eft beaucoup mieux defFendu que celuy qui eft plein éeau a foit pour empêcher
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- des fortifications, 183 les approches des ennemis, foie pour détruire leur travaux j cependant fl une Place n’eft pas bien fournie de monde , le FofTé plein d’eau eft meilleur, parce qu’il empêche les ennemis de faire des fur-prifes, de fe couvrir proche de la muraille , lors qu’ils y font arrivés , & d’avancer leurs approches 5 on peut mettre au milieu du FofTé une Palifl'ade pour le rendre plus difficile à tra-verfer.
- On appelle petits-FofTés» ceux qui environnent les Ouvrages de terre qui font détachés de la Place 5 ils °nt le même ufage que les £rands ; naais ils rx’ont pas
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- 184 Abbregé la même grandeur 5 on les fait larges de la moitié de ceux de la Place , ceft à dire de 4 a 8 toifes , & profonds tant qu’on peut 5 on y met fi l’on veut des paliflades au milieu, ou au pied de l’ouvrage qu’ils environnent.
- Des Fonts.
- Les Ponts. Voyez V , T, Planche 10. fe font de pierre , ou de bois : Les Ponts de pierre font plus propres pour une Ville quin’appre-hende pas les ennemis, que pour une autre qui eft en danger d’être attaquée 5 fi on fait les Ponts de
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- des Fortifications. 185 pierre dans une Place de Guerre , il n’en fam faire que les piliers, & le relie de bois.
- Le meilleur fera donc de faire les Ponts de bois , foû-tenus par des bons piliers de chefne blanc , liés en-femble par des grofTes pièces du même bois 5 on doit faire les Ponts larc;es de \ 2 a 16 pieds , les unir avec des planches mouvantes, qu’on puifle ôter en cas de befoin , ôc à chaque côté y faire un garde-fou.
- Si le fofTé au travers duquel eft le Pont , efl fort large , on fera au milieu du Pont un corps - de - garde 3 & au devant du corps-de-garde du côté de la Cam-
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- i8é Abbregé pagne on fera un Pont-levis : Autrement fi l’on veu tffn peut faire le corps-de-garde a l’entrée du Pont du côté de la Campagne fur leRavelin, s’il y en a, ou fur le chemin-couvert, & y mettre au devant une bonne paiifîade , un cheval de frize, &c.
- Les Ponts qu’on fait fur les fofTés des Ouvrages de dehors doivent être fort fimples , 6c il faut y faire un trebuchet au milieu , ou une bacule , & fur le bout en dehors mettre une palifTade, y faire un corps-de garde, filon veut , pour y placer continuellement une fentinelle. Ces Ponts doivent être fa-
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- des Fortifications. \ty eiles à rompre en cas de befoin.
- Du Condor , Fal?Jfades 5 Efplanade ? ôcc.
- Le Condor , ou chemin-couvert. Voyez AA, i, Flanche 5. eft un efpace, entre le FoflTé , ôt la Campagne > on le fait large de 2 à 4 toifes , Sc fon Parapet fe forme par l’Efplanade, qui doit être haut de 6 pieds, avec une banquette. Voyez, 2,3, Planche 5. haute d’un pied, 6c large d’un pied & demi.
- Lors qu’on veut placer de la Cavallerie dans le chemin*couvert, il faut j>our
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- i88 Abbregé
- lors le faire large d’environ 4 toifes, & fon Parapet de 8 à p pieds de haut, avec une ou deux banquettes pour élever les Soldats.
- Remarqués que quand le Chemin-couvert eft trop découvert delà Campagne, on y fait comme des Redans , qui font des Angles, ou des ouvertures faillantes, qui s’avancent dans l’Efpla-nade en forme de retraitte, qui fervent à couvrir les Soldats. Voyez, S, S, Vlunch e 20.
- Après le Parapet, on fait encore quelquefois une P a-lijfade. Voyez D , E , Planche y. éloignée du bord du Parapet , ou du Chemin-couyert , de i à 3 pieds : &
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- des Fortifications. 189 les pieux font éloignés les uns des autres d’un demi-pied , ou environ, & ils font élevés par-delfus le terrain de 3 à 6 pieds.
- Après cette Paliffade fuit (Effilanade. Voyez D C, Planche 7. ou 3, 6, Planche 5. qui releve du côté de la Ville j 6c s*abaiffe infenfî-blement dans la Campagne, jufques à 10 ou 20 toifes, qui efl fa largeur fi l’on veut,ou même plus grandes & après l’Efplanade, on fait un FofTé. Voyez» C , B, A , Planche 7. qui doit être rempli d’eau 5 ou au lieu du Fofle on drcfle des Palifïa-des : mais aujourd’buy on ne fait gueres n’i l’un n'i l’autre, parce qu’ils empé-
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- i^o Abbregé ehent cous deux à faire des for cies.
- Des Ouvrages de Dehors*
- Par les Ouvrages de Dehors , on entend les Démîmes , R ave lin s, ouvrages à Corne, &c. qui fervent à defFendre les parties de la Place , qui ne font pas affés fortifiées $ ainfi on pofe une Demi-lune G, Voyez Planche io. devant la pointe d’un Baftion.
- Z)n Ravelin , M, devant une Courtine pour la couvrir , & pour defFendre les •flancs des deux Battions qui luy font voifins 5 on peut faire au Ravelin des
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- des Fortifications. 191 Contre-gardes fi ion veut, Voyez, L.
- La Conferve, N, refiem-ble à nn gros Parapet , & on la place devant la pointe d un Baftion pour couvrir toutes les faces.
- l! Ouvrage a Corne B , êC C » fe pofe devant une Courtine 5 fon extrémité du coté de la Campagne, doit être éloignée de la Courtine de la Ville de 80 à 110 toiles , tout au plus : La Courtine de cét ouvrage, doit être de 40 à 60 toifes, les Demi-gorges de ces demi-Baftions feront de ze toifes, èc les Bancs de 10, tout au plus j On peut faire des Ravclins dans ces Oa-vrages du côté de laPla-
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- jyz Abbregê
- ce, fi l’on veut, Voyez, B.
- ïdOuvrage a Couronne. Voyez A, 6c I, fe met devant une Courtine, un Ba-ftion,un Angle rentrant,6c c> ou on le place dans un endroit qu’on ne veut pas laiiTer à 1 ennemi pour fe couvrir.
- La Tenaille, eft fimple E, ou double F , l’une 6c l’autre fe placent devant les Courtines , 6c ont le même ufage que les Ouvrages à Corne.
- La queue d'Hirondelle H, ÔC le Bonnet À Prêtre D , fe placent tantôt devant un Baftion , ÔC tantôt devant une Courtine j s’ils font placés devant une Courtine , les folTés de leurs côtés
- feront
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- des Mortifications. ' feront défendus d’un Ra-velin, &c.
- Tous ces Ouvrages ont nn Talud en dehors, un Parapet à l’épreuve du Canon, fi l’on veut , un Terre-plain , Ôcc. on les environne d’une Paliflade placée au pied dudit ouvrage dans le Foflé, ou vers le milieu du talud,ou il y a nn petit efpa-ce en forme de relais , ou autrement , on y met des Fraizes, &c. Vcyez.Vraiz.es.
- LEs Affîegeans font ceux qui attaquent les Places*
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- î£4 Abbregè
- & pour venir à bout de leur deflein , qui eft de fe rendre maîtres de la Ville:Us font une efpece de Ram-part, ou levée de terre, com-pofée d’Angles entrans & faillans, ou de lignes qui fe defiFendent les unes les autres, qui entourent la Place, & qui s’en éloignent de la portée du Canon, qui eft de 400 à 500 toifes. Voyez S S S S » &c. Planche 10. ces lignes font appellées lignes de Circonvalation, dont les unes font ofFenfives S T, S T, S T, &c. &: les autres deffenlives S R, S R,&.c. on appelle les premières ofFen-li ves,à caufe quelles donnent le moyen d’attaquer la Place en ouvrant la tranchée
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- des Fortifications. 19c
- Q*’ Qj &c » qu*ua
- chemin creux > qui a un Parapet du côté de la Place, 8c qui conduit à couvert par des lignes obliques les attaques des Affiegeans jufques à laContre-fcarpe : Ces premières lignes donnent donc lieu de faire des tranchées, & de combler le fofle par des faflines, ou par les ruines que font les Canons, qui font pofés fur le bord de la tranchée P, P, Sec, à def-fein de démonter , tant les batteries des Affiegés qui font fur les Ramparts , ou fur les flancs des Battions prochains, que pour combler le fofTé en faifant quelque brèche j ce qui facilite la prife de la Place par les
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- i$ê Ahbregé aflauts continuels qu’on a coutume de donner d’abord qu’elle eft faite.
- S’il faloit attendre de monter à l’afTaut par les brèches que le Canon fait, les affiegeanslanguiroient trop,* & cela demandent trop du temps 5 c’eft pourquoy on ne fe fie pas tant aux effets du Canon, comme l’on fait à ceux des mines , qui font bien plus afleurées,puifque l’ufage nous le fait connoî-tre tous les jours.
- Les Mines fe font en plu-fieurs maniérés , les unes par des Galeries qui craver-fent le foffé , & qui couvrent le Mineur, qui s’attache à la face du Baftïon, ou il fait une chambre deiious
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- des Fortifications. lyy le Rampart , par des chemins détournés. Voyez» Plan-che 10. dans laquelle L, marque la Galerie du Mineur, & I, la chambre du Mineur, ou il met la poudre.
- Pour les autres Mines, on les fait de cette maniéré 5 on commence de creufer dans la tranchée proche du fo{Té, & de-làpalTant par-deflous on arrive au Baftion qu’il faut miner, & la chambre étant faite, le Mineur y pofe fes barils de poudre avec une mèche allumée, de enfuite il fe retire après avoir bien fermé tons les chemins , de les endroits par ou la Mine peut s’éventer.
- On n’a pas plûtoft fait jouer la Mine que les Allie-
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- i<}8 jibbregé geans 'doivent être prêts pour monter à l’aflaut, en commandant les Grenadiers pour efearter les afîiegés qui fe prefentent pour lors à la brefehe avec un feu eonti-nüel , y pofanc des chevaux de frize , 6c y jettant des chaufles-trapes, feux d’arti-hce, êcc.
- Remarqués que les lignes de Circonvalationjque nous appelions ofFencives , peuvent être appellées deffen-cives à l’égard des forties que les Affiegés peuvent faire fur les Affiegeans 5 ces lignes fervent pour leur faire tête, pour empêcher que rien ne forte de la Place, 6c pour fe mettre a couvert du Canon des Affiegés.
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- des fortifications.
- Pour les fécondés lignes #. qulon appelle deffencives,
- & qui fonc marquées par R S, R S, Ôcc. elles fervent pour empêcher qu’aucun fecours n’entre dans la Place , & pour reliffcer à un puiflanc ennemi s’il s’appro-choit pour fecourir les Af-fiegés. Sur ces lignes, de 80 a 80 toifes, on y fait des Angles faillans S , S, S, S , ôcc, ou des demi-Baftions en forme d’ouvrage à Corne R,
- R, R, ôcc. Si on juge a propos d’y faire quelque fort auprès de quelque chemin, Riviere,Bois, Montagne,&c. on peut le faire de la maniéré que j’en ay fait ladefcri-ption au commencement.
- flanche 12. & 15. A l’entre-
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- aoo Abbregé deux de ces lignes de Cir-convalation, l'armée des Af-fiegeans eft campée. Voyez, T, T, T, &c. Planche io.
- Remarqués encore qu'à tous les Angles de la tranchée il y doit avoir des redoutes , qui font des ouvrages quarrés de Fortification, 6c qui fervent à foûtenir les forties des Aflîegés 5 le profil qui eft dans la Planche 7. fait voir afles clairement de quelle maniéré on les fait. Four ce qui eft de la tranchée elle à fon profil dans la même Planche.
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- des fortifications. 201
- Dejjem general des Afiiegês.
- Es Affiegés n’ont que deux intentions a con-
- fiderer, dont l’une eft celle de fe rendre , 8c l’autre celle de refïfter : Ils ne fe rendent jamais, pour-veu qu’ils aiment l’honneur de leur Prince , 8c le leur propre , fans qu’ils ayent des raifons à le faire , qui font j comme un défaut de vivres,de munitions de guerre , de Soldats, la Place malfortifiée , 8cc. Ceux qui fe rendent par la crainte qu’ils ont de perdre leurs vies, ou leurs biens, ou leur liberté
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- îoi Abbregé s’attirent toujours la haine de leur Prince , 6c le peu d’eftime de celui qui devient leur Souverain > deforte qu’ils ne font jamais regardés favorablement du premier , 6c peu du fécond.
- Si l’intention que l’on a eft celle de refifter, 6c que l’on ait toutes chofes a (ou-hait, il faudra pour s’afïurer des Mines, 6c des AlTauts, faire des retranchements dans tous les endroits ou l’on juge à peu-prés que les attaques fe pourront faire5 Ainfi après avoir veu les travaux des Affiegeans, 6c fen-droit de la tranchée qui s*a-proche le plus de TEfplana-de , ou du Chemin-couvert. U faut faire des retranche-
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- des Mortifications. 203 mens dans le Baftion le plus proche qu’on juge être celui qui doit être miné 5 Ec comme on les fait’pour re-flfter à la violence dun trop furieux Aflaut 5 c’efl: aufîï dans une telle rencontre, ou il faut qu’un fagé Ingénieur agifle fuivant l’efpace du terrain qu’il pourra avoir dans le Baflion : Par exemple , fl la brèche fe fait à l’Angle flanqué , il efl: facile à connoître que c’efl: par l’à que l'ennemi montera à l’Aflaut j c’efl: pour-quoy fans attendre que la brèche foit fort grande, il fe faudra retrancher de la maniéré que le reprefente le Comte de Pagan. Voyez» Planche 21. Y, V 5 ou Plan-
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- che 10. E, E 3 & non pas par une ligne droite , afin qu’un côté puifie tirer quelque defFence de l'autre. Que fi ce premier retranchement vient a être ruiné par l'Ar-tillerie, on par les Mines dés Aflîegeans, il faudra faire un autre retranchement à la gorge du Baflion 3 Que fi tous les rctranchemensfont enfin rompus , & forcés , il faut avoir recours à un troi-fiéme retranchement , qui fe fera par deux lignes retranchées, & qui formeront un Angle entrant dans la Place : Mais fi la brèche efl faite à la face du Baflion, le premier retranchement fe fera par une ligne parallèle d la face 3 & fi les ennemis
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- des Fortifications. 205 fe faillirent de ce premier, on fera obligé d’en faire un fécond à la gorge du Ba-ftion par un Angle entrant dans la Place , ou par un faillant comme on le jugera à propos : Et enfin fi la brèche fe fait à la Courtine, le retranchement le fera dans le Terre-plain du Rampart. Voyez E, E j Planche 20.
- Remarqués qu’au devant de tous ces retranchemens il- y doit avoir un bon foflc large de 3 à 4 toifes , & profond autant qu’on le peut faire, la ruine qui en fortira fera employée à faire lefdits retranchemens 5 que fi on n’a pas le temps, comme il arrive le plus louvent de les
- faire profonds > & de les éle-
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- 2o6 Ahbregê
- ver autant qu’il le faut, il fera neceiïaire de fe fervir de Gabions , de facs pleins de terre, on de fumier, Poutres , Planches, Tonneaux, Charrettes, & autres chofes propres à faire front.
- Si auprès de ces retran-chetnens on peut élever quelque Terrafle , comme peut être un , ou deux Cavaliers,on en tirera un grand fecours par les feux d’artifice qu’on jettera depuis le haut fur les ennemis, comme font des Bombes, Car-caflcs, Grenades, Pots à feu, &c. il y faudra placer encore deux, ou trois pièces de Ca-, non chargés de baies de moufquet, qui commandent lefdics retrancjhemens , &
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- des Fortifications, ioy qu on cirera à l’heure de l’A {Faut.
- Enfin fi on eft obligé de tout abandonner, après avoir faic joiier des Fourneaux foûterrains pour perdre les Ennemis,lors qu’ils fe feront faifis du retranchement , il faudra faire encore un dernier retranchement dans la Ville, en fermant les rues par des Barricades , 6c des Chaînes tendues 5 & ce retranchement fera foûtenu par des flancs qui auront été faits de chaque côté des Maifons, qui auront toutes les Portes, 6c bafles fenêtres fermées j & tous les logis feront percés de voifin , en voifm ,afm~qu’ils fe puiffene Accourir en toutes les necef-
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- 2û8 Abbregé
- fîtes. Dans ce dernier effort les Maifons ne doivent pas être depourvcücs de feux d’artifice , de quantité de pierres, 8cc, pour jetter continuellement fur les ennemis qui forcent les Portes 5 êc ceft par ce moyen que l’on combat avec honneur, & que les Afliegeans ache-ptent bien chèrement la conquête.
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- àto Fortifications. 209
- &rz
- Expériences faites far plu-fieiirs- habiles Ingénieurs fur les Armes à feu, dont on fe fert en France, O* ailleurs.
- LE s Armes à feu, qui font le plus en ufage pour la deffence des Places, font le Canon, la Coulevnne, la Bafiarde , la Moyenne , le Faucon , le Fauconneau , le Moufquet, le Pétard, & c.
- Le Canon à differentes longueurs, qui font proportionnées à fon Calibre : Pour l’ordinaire , il a 10 à 11 pieds de longueur, & fon Calibrç
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- 2io Abbregé 5 à 6 pouces de Diamètre; Son AfFuft eft de n à 15 pieds de long , 8c fa largeur de6 à j,y joignant les Relies, 8c l’Effieu $ fa portée de but en blanc, 8c en ligne droite, eft d’environ 400 toifes 5 tiré de 150 toifes, il perce 15 à 17 pieds de terre aftes raffi-fe, 10 à 11 de terre ferme, 8c jufques à 25 de terre mouvance , comme du fable 5 on peut tirer d’un Canon en un jour 100 coups, mais l’ordinaire c’cft 80- le Boulet eft proportionné à la grandeur du Calibre, 8c on le fait de 5 à 6 pouces de Diamètre : La poudre commune pour la charge du Canon doit avoir la moitié de la pe-fanteur du Boulet pour le
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- des Fortifications. 21 j moins : Ainfi le Boulet de France , ayant pour l’ordinaire demi-pied de Diamètre ,ou environ, pefant 30 à 35 livres 5 le poids de la poudre fera de 15 18 a 20 livres, &c, fuivant la force qu’on jugera que la poudre peut avoir : Les Batteries de Canon fe font à 200, on 250 toifes loin de la Place qu’on veut attaquer, afin d’éviter la moufqueterie j on. tire le Canon en deux maniérés, en Bricole, ou en Angle droit, lorfqu’on le tire en Angle droit, le Boulet fait beaucoup plus d’efFet,que quand on le tire en Bricole.
- La Coulevrine, la Bafiar-de, la Moyenne, le faucon, & le fauconneau , ne different
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- 112 Ahbregc
- entreux, & du Canon, que du plus, & du moins.
- Le Moufquet, eft une des Armes à feu des plus commodes pour la deffence d’une Place5 fa portée eft d’environ 100 toifes, ou 150, s’il eft bien renforcé : nous luy avons donné dans nos lignes de deffence 110 toifes, qui eft la portée ordinaire, quoy qu’on fçache affés bien par expérience qu’il tue un homme de 150toifes, 6c par confequent qu’il porte bien plus loin. Remarqués qu’un Moufquet tiré de 50 à 60 toifes, percera une planche de Noyer , ou de Chefne blanc , épaiffe de 3 à 4 doigts.
- Les Mines font fort en
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- des Fortifications. 215 ufage dans ce temps,àcaufe de l’avantage qu’on en tire, & quoy quelles donnent beaucoup de peine, & que même elles ne reüfTiffent pas toujours-, oh ne laifîe pas de s’en fervir, comme d’un moyen le plus feur , & le plus prompt à prendre les Places, qui ne fçauroient refifler à leur effort.
- Le Pétard, qui s’applique pour l’ordinaire à une Porte de Ville eft fort peu en ufage à prefent;parce que ce n’eft pas par la qu’on entre dans une Place qui ne vent pas fe rendre, mais par une brèche 1 epee a la main,
- Autrefois on fe fervoit du Belier : Mais au jourd’huy on ne le reconnoit plus -, c etoit
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- U4 Abbrege une grande poucre de bois, ferrée par un bouc , qui écoit grofle , 6c maffive j cette Poutre étoic fufpenduë par deux chaînes, ou deux grofle s cordes , 6c fer voit
- O
- aux Anciens pour battre les Tours, 6c les Murailles des Villes.
- U y a encore les Carcajfesi Bombes , Grenades , 6c une infinité d’autres feux d’artifice , donc les Aflïegés , 6c les Afliegeansfe fervent, 6c defquels je pourrois faire une legere defeription, fi je ne croyois pas de m’éloigner mal - à - propos des prétentions que j’ay de rendre ce Traité fort court, 6c de ne parler que des cliofes qui regardent mon fujet.
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- La différence, & LExamen
- de toutes les Méthodes, qui ont le plus paru juf ques à prefent.
- De la Méthode Italienne• Es Italiens fontlapoin
- JL/te de leurs Battions, tantôt aigue, tantôt droite, &"tantôt obtufe j autant que les lignes de defFence le permettent : Ils n’ont aucune mefure exa&e pour ces dernieres 5 mais quant aux premières, ils ne les font jamais plus aigues, que de 60
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- 116 Abbregé degrés ; ils prennent leur deffence pour l'ordinaire du tiers , ou de la moitié de la Courtine : Les flancs font perpendiculaires fur la Courtine, remplis de Cafe-mates.
- Examen.
- La Méthode Italienne eft extrêmement changeante , en ce quelle n’a point de mefure exaéle pour former la pointe de ces Battions, qui ett, tantôt aigue, & tantôt obtufeiîa première ayant plus de prife fur l'ennemi, que ne fçauroit avoir la fécondé.
- Pour ce qui eft de tirer les lignes de deffence de la
- troifléme
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- des Fortifications. 217 croîfiéme partie , ou du milieu de la Courtine -, je trouve que les Italiens en ont quelque raifon : Car fi la pointe de leurs Baftions eft fi aiguë , elle reçoit pour l’ordinaire beaucoup plus de feu de la Courtine, & des flancs des Baftions voifins, que fi elleétoit obtufe.
- De*la Méthode du Comte
- de Vagan.
- Es Fortifications du
- î^j Comte de Pagan, font divifées en Grandes, Moyennes j & Petites : Il ne donne que la même réglé dans toutes fes Fortifications, depuis
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- Tlaa-rhe xi,
- 21S Abbregê le Pentagone, jufques à que! Poligone régulier que ce foit : Il établit trois bafes, pour faire cçs trois differentes Fortifications , qui ne font proprement que des lignes , ou des côtes des Po-ligones réguliers 5 dont la première bafe, ou la grande, efl celle de 200 toifes 5 la fécondé , on la Moyenne, efl celle de 180 5 & la troifiéme, ou la petite, efl celle de 160.
- ’ U
- Operation de la Bafe de iqo toifes , qui regarde la grande Mortification. Vo-
- yez Pl.n. Fig.7?.
- Après avoir fait le Poligone régulier, lequel que
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- des Fortifications. 119 ce foie j donc chacun de Tes cotés à 100 toifes , comme, le côté du Pentagone, marqué A B , èc donc Ton centre eft" en 1 j il fauc divifer ce côté en deux parties égalés ail point D, duquel point, il faut tirer une ligne de 30 toifes qui (oit perpendiculaire fur la ligne A B, Sc qui eft marquée par D C : Enfuice des points A, Sc B, il faut tirer des lignes blanches au point C , prolongées à l’infini, fur lesquelles depuis les points A j & B, vers le point C, il faut prendre 60 toifes, qui font marquées par A G , B H 3 SC depuis le point C , fur les prolongemens des lignes A C , B C , d faut prendre
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- no Abbtegé 37toifes, qui font marquées par C F, C E 5 6c des points E , 6c F , aux points G, 6c H, il faudra tirer les lignes E G, F H , de 14 toiles , 2 pieds : Et pour finir, il faut tirer du point E , au point F, la ligne EF, qui fera de 70 toifes, 5 pieds.
- Par cette Operation, je reconnois les faces des Basions , marquées par B H, A G j les flancs G E , H F$ 6c la Courtine F E : Que fi je prolonge les extrémités de la Courtine, jufques à la rencontre des rayons I B, I A ; les prolongemens me donneront les demi-gorges des Battions, qui font marquées par EK, F L, les centres des Battions feront
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- des Fortifications. ni les points L, 6c K $ & les pointes A , & B, &c.
- Le Centre du Pentagone, eft marquée par I,
- Celui de l'Exagone, par M. Celui de fEptagone,^ar N. Celui de" /’Octogone, par O. Celui de t Enneagonc^parP. Celui du Dct^ow^par Q. Celui de CEndecagone, par R.
- Et celui du Dodécagone, par S.
- Operation de la h a Je de 180 toifis 3 qui regarde la moyenne Fortification.
- 1
- On opéré fur cette bafe de la même maniéré que dans la precedente, &c toute
- K« « •
- nj
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- 112 Abbregé
- la différence qu’il y a 5 c efi que Ci la bafe A B , eft de 180 toifes, la perpendiculaire D C, fera bien de 30 toifes 5 mais les faces des Battions fe trouveront de 55, les flancs de 24, la Courtine de 60, &c les prolongements C F ,CE, de 32.
- Operation de la b aïe de 160 toifes , qui regarde la tetite Tonification.
- Si la bafe A B, efl de 160 toifes , la perpendiculaire C D ,fera toujours de 30, les faces des Battions de 50 > les flancs de 13, èc 2 pieds- la Courtine de 50, 6c 4 pieds, & les proiongemens C F , CE, de 27.
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- des Tonifications. 113 Remarqués que le Comte de Pagan , ne garde point de mefure exa&e pour for-merla pointe de quelque Ba-flion que ce foie 5 la faifant aiguë, lors'qu’il fortifie le quarré, le Pentagone, & l’E-xagone 5 & obtufe, lors qu’il fortifie depuis le Pentagone jufques à quel autre Po-ligoneque cefoitj la faifant même encore plus obtufe, lorsqu’il fortifie fur la ligne droite : Il fait trois Café-mates à chaque flanc , des retranchemcns a chaque Baftion, &c. le Baflion que j’ay fait graver. Voyez, Planche 11. Figure 79. vous en montrera le deflein.
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- ÿ.iAf Abhregé
- Examen.
- Le Comte de Pagan prétend par fa maniéré de fortifier, derefifter plus longtemps à lin puififant Ennemi 5 Principalement à caufe cies Cafemares qu’il établit dans fon Banc, &; a caufe des retranchemens qu’il fait dans chaque Baftion : Je puis répondre à cela que Ces Cafemates, quoyque bien dilpofées ne fçauroient parer les coups des batteries des Afiîegeans, pour E reculées quelles foient 3 on ne reconnoitque trop par expérience que toutes ces Cafemates ne font pas d’un fort grand ufage,en ce quel-
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- des Fortifications. n? les. font bien-tôt détruites par les batteries des Affie-eeans j & le flanc n’étant
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- perpendiculaire que fur les lignes dedeffence, il s’en-fuivra que l’épaule du Ba-flion fera trop découverte des Ennemis, pour pouvoir leur refifter.
- Si le Comte de Pagan , prétend que fa plus baffe Cafemate étant à fleur d’eau, foit à couvert du Canon 5 jè pourray répondre que le de-bris que fait le Canon des autres Cafemates qui font par-deffus, comble bien-tôr lapl us baffe , 6c par confe-quent qu’elles ne font pas fort utiles.
- Si l’on confidere la pointe 4c fesBaftions, qui eft pour
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- 2.16 Abbregê l’ordinaire obtiffe , & qui n'avance pas beaucoup dans la Campagne , en connoîtra qu’elle ne donne pas tant de prife fur les Afîiegeans, comme elle feroit , fi elle étoit à Angles droits , ou à Angle aigu : Eftant vrayque ce qui tient le plus de la ligne droite 3 eft moins def-fendu , Sc flanqué que ce qui tient de l’Angle.
- Et enfin, fi l’on confiderc le travail , 6c le temps qu’il faut employer à faire fes Fortifications 5 on reconnoî-tra , qu’il en faut bien d’avantage que dans toutes les autres.
- Les Retranchemens qu’on fait dans ces Battions. Voyez, Figure -jy, font marqués pat
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- des Tortificétions. 227 l’efpace V V; les trois Ca-femaces par 1235 6c les Portes par ou l’on traîne l’artillerie dans les Cafemates}par 4,45 par T le centre d’un Baftion , qui eft un fécond Baftion au milieu du grand, &au deüus duquel on peut faire unCavallier.
- De la Méthode Particulière.
- COMME il y a certains Particuliers , qui efti-ment beaucoup la Méthode fuivante s j’ay cru être obligé d’en faire lademonftra-tion , ôc d’en apporter un Examen le plus court qu’il me fera poftible : Cependant
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- 'ii § Abbregé
- on remarquera qu’elle imite en quelque maniéré , celle de AlU'tn M&nejfon Mallet> qui .fait l’Angle flanquant de 5)8 degrés. Envoicy l’operation.
- Tim- Après avoir fait quel Po-
- Ln a A •
- ’ ligone régulier que ce foit, & tiré les Diagonales A N, AL,AM, en lignes blanches prolongées à l’infini 3 on divife le côté , quel que ce foie, en trois Parties"é2a-les 3 par exemple, le côté B C, en B E , E F, F C j on prend une de ces Parties, comme peut être B E, qu’on tranfporte avec le compas, Fur les Diagonales , depuis l’Angle de la Figure marqué B, ou C , ou D, en L , N, M. Après avoir ainil ope-
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- des Fortifications. z 29 ré 3 on divife chaque côté en cinq Parties égales,comme eft le côté DB,enDG,
- GH,HI,IK,KB5 &des points G , 6c K, on tire aux points L , & M , les lignes G L , KM, qui feront les lignes de defFence. Et enfin pour finir en faifant les flancs des Battions pofés fur les extrémités de la Courtine marquée par G K 3 on fera à chaque extrémité de la Courtine, un Angle de 98 degrés , marqué 1 KO, H G P j 6c les lignes qui formeront cet Angle fervi-
- O v
- ront'de flancs, prolongées a la rencontre des lignes de defFence, aux Points O, 6&
- P
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- Abbregé Examen.
- 230
- Il eft prefqu’inutile de rapporter icy le peu de valeur de cette Méthode 5 les moins clairs-voyans recon-noitront qu’un flanc d’un Baftion ouvert , 6c découvert des Affiegeans efl: bientôt ruiné , 6c qu’avoir pour maxime principale de tirer les lignes de defFence de l'Angle flanquant, 6c non pas d’aucun point pris fur la Courtine, efl: une maniéré de fortifier tres-méchante, 6c la pire de toutes ; Principalement , lorfque le flanc du Baftion eft découvert des Affiegeans , comme peut eftre celui-là , fai-
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- des Fortifications. 131 Tant l’Angle flanquant de 98 degrés : Lit fi on veutmienx reconnoître les fautes qu’on eft fujet de faire , en fuivanc cette Méthode :C’eft que fi on fortifie un Angle obtus, qui s’approche plus que tous les autres de la ligne droite* on trouvera que le flanc du Baftion fera aufli grand que que fa face , 6c même plus long fi vous voulez & qui aura environ 35 à 40 toifes.
- Apres avoir reconnu tout cela que pourra-t’on juger d’un flanc qui efl: fi grand, & fi ouvert qui rend les coups de moufquets qu’on tire des Ramparts fur les Afîiegeans, fi foibles par l’éloignement qu’il y a de la Courtine à l’Bfplanade 3 il
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- 23 i Abbregé n’éft donc pas poffible de pouvoir s’aflujettir en aucune maniéré à cette Méthode.
- De la Méthode de ÂÜain éAlaneffon Maüet Pari-fen3 Ingénieur des Camps & Armées du Roy de Portugal.
- LA Méthode de Al-lain Maneflon Mallet a quelque reflemblance à la Méthode precedente 3 il fait le flanc perpendiculaire fur la ligne de dcfFcnce qui forme la face du Baftion oppo-fé 3 cell à dire, que le flanc
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- des Fortifications. 23 j avec la Courtine forment un Angle de 98 degrés : Pour le refte de l’operation du Baftion , elle eft conforme a la Figure , qui eft dans la Flanche zz. On remarquera pourtant, que quand il fortifie fur un Angle qui s’approche le plus de la ligne droite 5 il ne fait pas la faute qui eft marquée dans la Méthode particulière , qui eft de produire un flanc plus grand que la face du Baftion.
- Examen.
- Ayant déjà fait voir qu’un flanc trop découvert des Af-fiegeans étoit bien-tôt ruiné j & que la face d’un Ba-
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- ftion ne recevant de def-fence que des flancs des Battions oppofés , on pou-voit bien-tôt fe rendre maître duBaftion , ayant auparavant démonté les batteries des Canons , qui font placées fur des flancs trop ouverts j on reconnoîtra donc que cette Méthode n’eftpasdes meilleures.
- De la Méthode de Evrard
- de Bar le duc
- I le Comte de Pagan,
- Allain Maneflon Mal
- let, &c. prétendent mieux fortifier un Baflion, en fai-
- fant le flanc découvert des
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- des Tonifications. 2 3 5 Affiegeans 5 Errard de Bar-leduc, en le retirant dans le Baftion , le faifanc perpendiculaire fur la face , on fur la ligne de defFence qui forme la face du Baftion , s’op-pofe à ces Autheurs en leur donnant à connoître, que de découvrir trop fes Armes , lors qu’on combat, n’eft pas un bon moyen de pouvoir refifter long-temps à un Ennemi qui n’a autre intention que celle de vous defarmer : Car il eft vray , que fi on pouvoir trouver le moven de com-
- j
- battre fans montrer fes Armes , 6c que cependant l’Ennemi en reçût des coupsj il eft certain qu’il ne pourvoit pas refifter, 6c qu’une
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- 136 Abbregé Place ne fe rendroit pas fi facilement, comme elle fait à une puifl'ante Armée -, c’eft je crois là où confifte toute la finefle de l’art de fortifier les Places 5 car pourquoy faire des Battions, fi ce n’eft pour flanquer l’Ennemi -y pourquoy des Cafe-xnates , &c des tmbrafures dans les flancs des Bafiions, fi ce n’eft pour couvrir l’Artillerie des Afîiegés , 8c la mettre à couvert de celle des Afîiegeans 5 8c enfin , pourquoy des Murailles, Ramparts, Parapets, 8c c , fi ce n’efl: pour mettre en feureté les Afîiegés, 8c leurs niaifons.
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- des Fortifications. Examen.
- J’avoüe que Errard de Barleduc à quelque raifon de cacher fou Artillerie dans le Baftion , en faifant le flanc perpendiculaire fur la face} mais auiTi de le cacher d’une telle maniéré, quelle né puifle pas découvrir aifé-ment que la Courtine , S>C le fofle du Baftion oppofé, eft une Méthode qui n’eft pas des plus allurées j comme aufli de faire l’Angle, qui eft formé par la face du Baftion, & le flanc, droit, qui eft plûtoft détruit qu’un obtus, &c.
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- A Méthode des Hol
- landois confifte en ce
- qu’ils veulent que la pointe des Baftions , foit à Angles aigus , mais pas moindre pourtant de 6odegrés$ qu’ils n’en foufFrent guéres qui foient à Angle droit j & qu’ils n’en veulent abfolu-ment point à Angleobtusjils font les flancs perpendiculaires fur la Courtine,de 18 a 20 toifesj& la Courtine de 60 à 80 5 les faces des Baftions de 48 ou 50, s’il e,ft neceftai-re 5 la defFence fe prend indifféremment , de quel en-
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- des Portifications. 230 droit que ce Toit de la Courtine, pourveu quelle fatte la pointe du Baftion aiguëj On remarquera encore comme pour maxime que les lignes extérieures des Po-ligones , qui font celles :qui environnent la Place , paf-fant par les pointes des Battions ont 160 toifes j & les intérieures , qui font celles qui fervent de Courtines, & fur lefquelles on décrit les Battions font de 120 toi-fes, &c.
- r ,
- Examen.
- La Méthode Hollandoife* ett une des meilleures Méthodes , en ce que les Angles des pointes des Ba-
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- *40 Abbregè
- fiions , s’avancent afles avant dans la Campagne j il cft vray que ces Angles s’approchent le plus fou-vent , 8c plûtoft de 6o degrés , que de , ce qui eft à blâmer par le peu de refi-ftance qu’ils font aux Aflie-geans : Il eft bien vray, que leur maxime eft très-bonne de prendre de feu tant qu’on peut de la Courtine, ce qui eft un grand avantage qu’on a fur les Afïiegeans pour defFendre la face du Baftion: ils font encore le flanc perpendiculaire fur la Courtine , de 18 à 20 toifesde longueur, qui eft plus à couvert de l’Ennemi, 8c qui deffend mieux la Courtine , fi elle doit être attaquée.
- T)t
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- des Fortifications. 141
- De /^ Metodé de Dogen Hollandois , e/e Samuel Marolois, e/e Simon Ste-W» Flamand , e/«
- Chevalier Antoine de Ville.
- L A Méthode de Dogen Hollandois eft celle-cy qu*il divife le codé du Poli-gone en cinq parties égales, fôit le- flanc perpendiculair le fur la Courtine, & tire la ligne de defFence de la deuxième partie de la Cour-tine,
- .Celle de Samuel Maro-lois eft prefque femblable
- L
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- Âbbrcgé
- excepté c^i’il tire .U. ligne} de defFence de T Angle flanquant, 84. fait le flâne pçrT pendiculàire fur là. Courtine.
- Simon Stevin Flamand fait lesBaftion extrêmement larges * 8c à canfe du peu de longueur qu’il laifle à la Courtine , il fait des Càfe-mates dans chaque flanc qui font fort avancées dans le Baftion &c.
- Le Chevalier Antoine de Ville François, fait toujours l’Angle de la pointe dés B a fl ion s j dro it &c.
- Examen,
- Les Metodes de Dogep Hollandois, &; de Samuel
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- des Mortifications. 243 Marolois Hollandois 5 étant afles regulieres , m’obligeront à n’en parler pas, quoy qu’on puifte dire que l’Angle de la pointe des Ba(lions de la metôde de Dogen Hollandois approche quelquefois plûtoft l’Angle de 60 degrés qui eft eftimé foi-ble, que eeluy de 5)0 qui eft eftimé fort. Pour ce qui eft de la metôde de Simon Ste-vin,& du Chevalier Antoine de Ville François , je fe-ray encore obligé de n’en apporter aucun Examen, d’autant que chacun en jugera auffi bien que moy pourveu qu’on fçache en quoy conftfte la force d’un Baftion.
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- 144 ^ bbregé
- De la Metode Françoije.
- LE s François ont pour maxime de faire fAn-gle de Ja pointe du Baftion* droit, ou aigu jufques à 60 degrés pour le moins, & de lien foufFrir jamais d’obtus. Ils font le flanc perpendiculaire fur la courtine, & les lignes de deffences font tirées tantoft des angles flan<-quants des Battions voiflnsj & tantoft de la Courtine indifféremment , .poyrveu qu’elles n’excedent pas 12Q toifesde longueur quiettlâ portée du moufquet : Ettant certain comme nous avons dit que plus on prend de feu
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- des fortifie fit ions. 24 f delà Courtine, Scdu flanc* plus auffi eft defFenduë la face du Baftion opposé , Sc fon fode.
- Les Ingénieurs modernes, eftimenc que les flancs arrondis en dehors, Ôc en dedans font les meilleurs, fui-vantles raifons que je pro-poferay. Us les tracent de differente maniéré. Pour mon particulier je vous en prefente une operation que je fais comme s’enfuit-. Après avoir fait le Baftion N M B C H , Pl. 13. dont fon pl*n' , flanc eft C H, la face C B s je *3‘ divife le flanc CH en trois parties égales CE,EG,GH>
- & du point C, qui eft la rencontre du flanc,6c de la faces & de l’ouverture C E, je d*é-
- L« • •
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- 14 6 Abbregé
- crics l’arc EFD, 6c des points E , 6c D , 6c de l’ouverture E C, je d’écrits les arcs A, 6c de leur point de rencontre marqué A, 6c de l’ouverture A D , jed’écrisl’arc DOE, qui fera l’orillon du Baftion. Mais pour arrondir les deux autres parties du flanc marquées par EG ; GH 5 II faut former le Triangle équilatéral EHK, des points H,& E, par l’ouverture E H , & du point K, 6c de l’ouverture KH, ou KE, décrire l’arc HIE, qui fervira de flanc arrondi au defliis duquel, on mettra les Batteries de Canon.
- Examen.
- Ceux qui auront fait la
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- des "Fortifications. 24y
- diftincfcion de toutes lés Mejodes precedentes,-jugeront que Gellé-cyrèft une des principales. Car 11 on confî-dere toutes les parties de la Fortification,on rèconnoîtra que cette metode en retient les meilleures. Elle ne fouf-fre point d’angle. Obtus à la pointe dés Battions à caufe des ràiibns que j’ay déjà propofées j 5c que fi elle n’én foufFre pour rordinaire qu’un droit, où un aigUic’eft a caufe dés lignes, de def-fence qui le permettentain-fi , 5c qui en doivent être toujours les Maitrcfl’es,puif^ que ce n’eft que par. elles que nous tirons du fecours, & que fi on prend de feu tant du flanc que de la cour-
- L« • » •
- mj
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- 248 Abbregé tine, c’eft pour avoir plus de fecours, & p*ur mieux nettoyer le’folle. Les Affie-geans, après avoir démonté par le feu continuel de leur artillerie les batteries des Aflïegés qui font pofées fur le flanc , ont encore une double peine de démonter celles qui font pofées fur la Courtinc,^ut gagne du temsy gagne beaucoup le plus fouvety & c’eft tout ce que les Af-flegés fouhaittent le plus, tant pour avoir du fecours, que pour ennuyer les ennemis, & les contraindre de fe retirer a caufe du manque* ment des vivres, des maladies &c. qui furvicnnent fouventesfois , Sc qui les obligent le plus fouvent de lever le Siégé.
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- des Fortifications. 249 De faire lepaule du Ba-ftion arrondie en dehors, &c le flanc,oij l’endroit dans lequel on pofe les batteries de canon arrondi en dedans,ell comme je crois la metôde la plus allurée. Et les raifons qu’on en peut donner, c’efl: que l’Angle DCE, F/.2.3.qnI efl: pour l’ordinaire attaqué le premier, afin qu’étant détruit on puilTe mieux découvrir la partie EH , ou font pofées les batteries des Aflïegés, n’eft jamais fi fort, comme s’il étoit arrondi 5 car s’il faut 100 volées de canon pour démolir l’Angle DCE, il efl: certain qu’il en faudra 100, & d’avantage pour le détruire s’il efl: arrondi,cornue il efl marqué par DOE.
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- 2^o Abbregé Et fi l’artillerie des Afïiegés au lieu d’étre pofée fur la ligne EH, on vient à la ranger fur l’arc EI H 5 on re-connoîtra par l’operation que j’en ay fait, que les boulets de canon des Affiegeans qui feront portés fur cét Arc concave , ne le rencontreront prefque jamais directement paflant par le centre, mais plutôt en biaifant vers la circonférence. L’expe-rience le fait allez bien con-noître en ce qu’un boulet de canon étant porté contre un Arc convexe, ou concave, ne peut jamais luy imprimer un fort grand mouvement fi Je boulet de canon ne palfe par le centre de l’Arc convexe, ou conca-
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- des Fortifications. 25 j ve qui le doit recevoir, ce qui ne fe fait que bien difficilement , étant impofïible qu’un Canonier puifle re-connoître de loin par la veuë, & par le jugement le centre de l’Arc vers lequel le boulet de canon eft por^ té. Cette feule demonftra-tion fnffira comme je penfe pour faire connoître la boriv te de cette metôde , & il fe-roit inutile d’en rapporter aucune autre.
- FIN.
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- TABLE
- DES CHAPITRES.
- des Elemens
- de Geometrie. pag.i
- Operations de tous les Poligo-gones qui font les pim propres, à fortifier. pag.io
- Entre un Tnangle Equilatéral
- dans un Cercle donne'. 10 Faire un quarré dans un Cercle donné. n
- Faire un Pentagone dans un Cercle donné. i %
- Faire un .Exagone dans un Cercle donné. 13
- Faire un Eptagone dans un Cercle donné.
- Faire un oBogone dans un Cercle donné. 14
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-
- DES CHAPITRES.
- faire un Enneagone dans un Cercle donné. i c
- Taire un Décagone dans un Cercle donné. 16
- Taire un Endecagone dans un Cercle donné. 16
- Taire un Dodecazone dans un
- O
- Cercle donné. 17
- De la Tarification en general. 18
- De l Ancienneté des fortifications. 20
- Des mefures dont on fe fert dans les Tortifications. 24 Définitions çjr explications des Termes dont on fe fert . dans les Tortifications. 25 Confiderations au il faut avoir avant que d'entreprendre de Tonifier quelque Place que ce foit réguliere ou irréguliers. 64
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- TABLE
- Maximes qu'il faudra garder pour fortifier toute forte de Place réguliere & irrégulière. 71
- La maniéré de fortifier toute forte de Poligone régulier. 78
- Du quarréPentagone & Exa-gone. 78
- De l’Eptagone. 81
- De tOctogone» Enneagone , Décagone» Endecagone} à0 Dodécagone. 82
- De la maniéré de tracer toute forte de P or tin. 83
- Fortifier le Triangle. 83 Du Triangle a demy-Bafiions. pag. 84
- Du Triangle a moine au, ou a Bafionplat. 85
- Du Fort a efioile» 86
- Autre Fortin, 87
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-
- DES CHAPITRES.
- Du triangle accorné. 8S Des torts de Campagne. 85} Du (marré a demy-Bajiions. pag. 89
- Autre quarté fortifie. 90 Autre quarré accorné. jz Pentagone a demy-Bajiions„ pag. 93
- La maniéré de faire les dehors.
- Operation du Rave lin. 575 Operation de la demy-lune. pag. 98
- Operation des Contre-gardes* Pag- 95>
- Operation de touvrage là corne. 102
- Operation de laTenaille. 104. Operation de la double Tenaille. 106
- Operation de la queuem d*hy-r onde lie. joj.
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-
-
- TABLE
- Opération du Bonnet a prè-tre. 108
- Operation de l'ouvrage a couronne, &c. 109
- Méthode pour lever le Plan d'une place qu'on veut fortifier. 114
- Maniéré de tracer fur le terrain un Plan donné fur le
- papier. 123
- Méthode pour fortifier les
- Places irregulieres. 131
- Ve la grande Ligne. Ï32
- Ve la petite Ligne. 135
- Ve la Ligne moyenne. J38
- Ve V Angle faillant. *39
- Ve C AnHe rentrant. C 3 141
- Examen de chaque partie de
- la Fortification , & pre-
- mierement du dedans d'une
- Place. 144
- Ve la grande place cCArmes. pag. 143
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- DES CHAPITRES.
- Des grandes & des petites Rues. 147
- Des Logements des Soldats.
- pag. 148 'Des Magasins.
- Des Corps-de-garde.
- 150
- *5*
- 'Des Moulins. 15 *
- Examen des Remparts. 154 Des Remparts en general, pag. 156
- De lit Terre dont on fait les Remparts. 157
- Du Talud des Remparts. pag. 160
- Du Terre-plein. 161
- Du Parapet du Rempart. pag. 163
- Du chemin des Rondes & de la Faujfe-braye. 166
- De U Muraille & de fon fondement. 170
- Des Portes. 173
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-
- TABLE
- Des Bafions & des Cavallier s. 176
- Examen des Dehors. 178
- De Foffcz. 175
- Des Ponts. ' 184
- Du Condor. > Paliffades, Ef-planade &c. 187
- Des Ouvrages de dehors. 150 rPe(fùn general des Ajjîe-géants. 193
- Dejfein general des Ajfiegez» pag.201
- Expériences faites par plu-fieurs habiles Ingénieurs fur les Armes à feu, dont on fe fert en Vrance & ailleurs. 205)
- La différence , & l'Examen de toutes les Méthodes qui ont le plus paru jufques a prefent, 215
- De la Méthode Italienne. 215
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- DES CHAPITRES.
- Son Examen. i\6
- De la Méthode dit Comte de Pagan. %\y
- Son Examen. 224
- De la Méthode particulière. pag. 127
- Son Examen. 230
- De la Méthode de Allain Maneffon Mallet. 232 Son Examen. 233
- De la Méthode de Evrard de Bar-le-Dttc. 234
- Son Examen. 237
- De la Méthode Hollandoife.
- pag. 138
- Son Examen. 239
- De la Méthode de Dogen 5 de Samuel Marollois, de Stevin, ér du chevalier Antoine de Vült' pag. 241
- Leur Examen. 242-
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- TABLE DES CHAP.
- De La Méthode Françoife, pag. 244
- Sou Examen* 246
- F I N.
- ERRATA.
- Depuis la Page 18. jufques à la Page 143. liiez pour ri!tre Jîb-brcgê des Fortifications, au lieu de celuy des Elemens Géométrie. Page 17. ligne 14. lifez Faire un Dodécagone, &c.
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