Traités des aimans artificiels
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- yfl Y^TT*"
- TRAITÉS
- lIMANS ARTIFICIELS}
- Contcnant.une méthode courte & aifée pour les & leur donner une Vertu fupérieure à [ telle des Aimans ordinaires ; une manière ^maugmenter la force des Ai Mans natvreis wmr de changer leurs Pôles ; un moyen défaire des ^KfiGU/iLES de Boussoles meilleures que cel-; qui font en ufage, & de leur- communiquer Hne Vertu plus forte & plus durable s
- 'raduitsde deux Ouvrées Anglois de J. Michèle. H ôc J. Canton , par le P. Rivoire de la C. de J. Wûvec une Préface hijlorique du Traducteur, oit Von H expofe les Méthodes & les Expériences de MM.
- | Du h a t h e a u m e ,de V Académie
- I RoyalAffî-SctmcÆépcmr perfectionner ces Aimans. y . «Avecij'igures.
- '*1,02 Hippoiyte-Louïs Guérin l>!n. |H rue S. Jacques, à Saint Thomas d’Aquin.
- M. DCC. LII.
- Avec approbation Privilège au Roi,
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- DES MATIERES,
- O U
- Sommaire des différentes Pièces contenues dans ce Volume.
- I RE’F AC E du Traduâeur. page j
- Jarres Magnétiques de M. Knight ; double caufe de l’emprefleraent avec lequel elles ont été reçues. ’ibid.
- Extrait de l’Afte de la Société de Londres touchant les Barres Magnétiques de M. Knight. v Témoignage de M. Duhamel fur la force ae deux petits Barreaux Magnétiques de M. Knight. xi j Avantages qui réfultent des Barres de M. Knight.
- Barres de M. Knight imitées par M. Duhamel.
- xxiij
- Extrait des Mémoires de l’Académie Royale des Sciences touchant les Lames Magnétiques de MM. Duhamel & le Maire. xxvj
- Autre Extrait des Mémoires de la même Académie touchant les Barres Magnétiques de MM. Duhamel & Antheaume. xlj
- Méthode courte & aifée , propofée par M. Duhamel pour la compofition des Barres Magné-
- xlyiij
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- îiij ^ TABLE
- Lames Magnétiques fourniespar MM. d’Anthcau-me & Michell, (ans le tocours d’aucun Aiirian, foit naturel, (oit artificiel. lxxj
- Méthode propofée par M. Antheaume pour con-ferver aux Aiguilles de Roufible leur mobilité', quoiqu’elles (oient pelantes. lxxviij :
- Barres de M. Kniglit imitées par M. Michell, qui propofe fà méthode dans ton Traité (tir les Ai-mans aitificiels. lxxxiij
- Avantages qui réfijltent de la réunion des deux méthodes de MM. Duhamel & Michell. lxxxvj Avis donné aux Marins par MM. Duhamel & Antheaume, pour reparer la force des Aimans artificiels. xcj
- PRE’FACE de l’Auteur, ou Introduction au Traité (ùr les Aimans artificiels. xciij DelTein de ce Traité. ibid.
- Avantages des Aimans artificiels au-deflusdes Aimans ordinaires. xcvj
- Remarques fur la méthode que l’on propoto dans ce Traité pour la compofîtion des Aimans artificiels. ciij
- Propriétés des corps Magnétiques. cxv
- T R AIT E’ fur les Aimans artificiels, traduit de l’Anglois de M. Michell. i
- Méthode pour faire des Aimans artificiels avec le fecours d’un Aiman naturel. ibid.
- Obfervation préliminaire fur les pôles des Aimans. _ ibid.
- Préparation de deux lames d’acier de fîx pouces, deftinées à la compofîtion des Aimans artificiels. 4
- Quel eft l’acier qui convient le mieux pour ces lames, 7
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- DES MATIERES.
- lotte qui doit enfermer les lames pour les con-ferver : manière de les y pofer, & de les en tirer. 9
- ianiére d’aimanter les fix premières lames, en le fervant d’un Aiman armé. 11
- le qu’il faut faire lorlque l’Aiman n’eft pas armé » ou qu’il eft trop foible. i ï
- ianiére de communiquer la Vertu Magnétique des fix lames arnfi aimantées , aux fix lames qui ne le font pas ; & de fortifier enfuite les premières par les fécondés. _ 19
- Manière de placer lur les lames non aimantées les faifceaux des lames aimantées ; & manière de les ôter. _ aç
- Pourquoi dans une ligne de lames à aimanter celles qui font aux extrémités reçoivent moins de Vertu Magnétique, que celles qui font au milieu.
- Six Aimans de fix pouces fuffifont pour aimanter les lames de même volume. 31
- Manière d’aimanter une fort petite lame avec tel nombre d’Aimans que l’on voudra. 3 3
- Manière d’aimanter de petites Aiguilles. 3 ?
- La méthode que l’on vient de propofer pour faire des Aimans artificiels le peut appeller la doit-fl| b le touche : avantages de cette méthode. 3 6 ti Opérations & conditions néceflaires pour donner aux Aiguilles la plus grande Vertu Magnéti-que. 4®
- Volume & forme que doivent avoir les Aiguilles des Bouffoles de mer. _ 42
- Manière de remédier au frottement qui réfulte de l’augmentation du poids des Aiguilles des Bout foies de mer. 46
- De quelles Aiguilles on doitfe fervir dans les
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- TABLE
- ' mines. 5®
- Manière de découvrir & d’éviter les erreurs eau-fées par la variation de ces Aiguilles. 5 z
- Manière d’aimanter des lames qui aient plus de fix pouces de longueur. $6
- Defcription du chaffis dont l’ufage peut être né-ceffaire dans cette opération. y 7
- Détail de l’opération , en fuppolânt que l’on fafle ufage de ce chaffis. 63
- Obfervations fitr les liipports que doivent avoir alors les lames à aimanter. 6y
- Manière d’aimanter des lames qui aient plus de deux fois la largeur des lames de fix pouces. 70 Manière d’aimanter des barres d’acier de trois pouces en quarré, ou autres plus fortes. 7 a Formes que l’on peut donner aux Aimans artificiels , barres, ou lames droites. 73
- Aimans en fer à cheval, en cercle, ou en demi-cercle : manière de les aimanter. 7 y
- Manière de changer les pôles d’un Aiman. 79 Manière de donner plufieurs pôles à un même Aiman. 8:
- Proportion qui doit être entre la longueur & le poids des lames à aimanter: le nombre des lames néceffaires pour les aimanter; & le nombre des lames deftinées à lèrvir de lupports. 8a Moyen de conferver un Aiman dans toute fa vigueur. 89
- MET H O D E pour communiquer la Vertu Magnétique à une pièce d’acier par le moyen de trois barres de fer, ou de faire ainfî des Aimans artificiels fans le fecours d’aucun Aiman naturel. t 91
- MET H O D È'pour augmenter la vertu des Aimans naturels, changer la lïtuation de leurs
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- DES MATIERES. vij i pèles ou leur donner une direction contraire.
- ioy
- B ET HO DE pour armer les Aimans artifi-I ciels. , ,
- OBSERVATION fur les corps fufceptibles [ de la Vertu Magnétique. _ _ lz5
- A NIE R E de faire des Aimans artificiels avec de la mine de fer. _ 'i_7
- £ VI S touchant la manière d’améliorer les Ai-
- J S A G E S de l’Aiman.
- i S
- MANIERE de faire des Aimans artificiels , fans fe fervir des Aimans naturels, communiquée à la Société Royale de Londres par Je ah Canton , & traduite de l’Angiois. 137
- Extrait de l’Aâe de la Société de Londres touchant les Aimans artificiels de M. Canton. 139 Difcours de M. Canton contenant la manière de faire des Aimans artificiels fupérieHrs aux Aimans naturels, fans le fecours de ceux-ci. 146
- ERRATA.
- Page xij /. 11. la première lui fut préfentée, lifez> le premier lui fut prélenté.
- Page 41.note Préf.p. 34.Itfez} fuprà,p.
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- AVIS AU RELIEUR
- Pour placer les Figures.
- La Planche I. à la fin de la Préface du Traducteur. page xç
- Les Planches II. 111. & IV. à la fin du Volume. yage 1)6
- PREFACE
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- DU TRADUCTEUR-' L n’eft perfonne, parmi les _ amateurs de la Phyfique , qui ignore rempreflement avec equel on reçut les Aimans artificiels de M. Knight. C’eft linfi qu’on appelle certains pe-
- tits Barreaux d’ai
- i qui i
- Codeur Anglois a fçucommu-iqueraffez de Vertu Magné-que, pour les rendre fupé-eurs en force aux meilleurs imans naturels. Cependant
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- ij Préface Phénomène, qui leur procura cet accueil fav orable , que les grands avantages que le Public efpéra auffi tôt d’en retirer.
- On cherchoit depuis long-tems le moyen de perfeétion-ner la Bouffole ; & comme le premier objet de ceux qui tra-vailloient à la perfection de cet Infiniment, étoir d’augmenter la force directrice de l'Aiguille, qui la porte à fe tourner vers le Nord, & qui n’eft autre chofe que l’impref-lion Magnétique que reçoit le j fer ou l’acier dont elle eft faite, on vit avec plaifir qu’on avoit
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- du Traducteur, iij trouvé une nouvelle méthode de communiquer à l’acier une force fupérieure à celle qu’on ivoit pu lui donner jufques dors avec le fecours des meilleures Pierres d’Aiman. On comprit que pouvant par ce moyen doubler, tripler, quadrupler cette impreflion dans une aiguille, on pourrait proportionnellement en augmenter la direction.
- Les premiers témoins de la rertu prodigieufe des Barres Magnétiques, furent M. Fol-:es, Préfident de la Société loyale de Londres , & M.
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- iv Pre'face Willam Jones, Membre de la même Société. Ils jugèrent la découverte fi intéreffante , qu’ils crurent devoir en faire part à la Compagnie ; & ce fut pour fe rendre aux inftantes prières de cette même Compagnie , que M. Knight , Membre de cette Société, fe détermina à faire en pleine Af-femblée les expériences qu'il avoit déjà faites devant fes deux amis.
- On ne peut donner une idée plus claire des Barres Magnétiques , qu’en rapportant l’Extrait de l’Aéte de la Société de
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- du Traducteur, v Londres du 13. Février 1746. jtel qu’il eft inféré dans le Mercure de France , au mois de
- Janvier 1770. page 117.
- J » M. Kniglit, en préfence * de la Compagnie , tira d’un *• étui deux Barres longues de s» quinze pouces : elles y étoienc 7» lîcuées parallellement, ayant 1» entre elles une règle de bois 7» à peu près égale aux Barres, §> qui les féparoit l’une de l’au-tre. Leur fituation refpeitive étoit telle que le Pôle du Nord de l’une étoit du même côté que le Pôle du Sud de l’autre , & deux pièces de fer a iij
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- vj Pre'face h mol terminoient leurs extré-» mités félon la difpofition fui-» vante. Voy.planche I.fig. l.
- m. & i. Barres Magnéti-» ques d’un acier très-poli, & » trempé de tout fon dur.
- » 3. & 3. Pôle du Nord des * Barres.
- » 4. & 4. Pôle du Sud des » Barres.
- y. & j. Pièces de fer poli •> & mol, qui fcellent les deux » Barres à chaque bout, & qui » y relient fortement adhéren-» tes par la lîmple attraction.
- ” <>. Règle de bois qui fépare » les deux Barres, & qui em-
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- du Traducteur, vij pêche leur contad latéral.
- » La ligne ponduée marque la circulation du fluide Magnétique. Les deux Barres étant coulées doucement de l’étui fur la table, dans la pofltion que l’on vient de rapporter, M. Knight fit glifler un des deux morceaux de fer, & ouvrant les deux Barres comme un compas, il les mit en ligne direde, de façon qu’adhérant fortement enfemble par l’attradion, le Pôle du Nord de l’une fe trouvoit en
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- viij P R E'FA CE
- » M. Knight prit alors un » cube d'un fore bon Aiman, » du poids d’une demie-once j » & ayant bien fait connoître » fes Pôles, au moyen d’une ai-
- • guille aimantée, il le mit en
- * contacl entre les deux Barres, » de façon qu’il préfentoit à » chacune fes Pôles repullîfs ; » il laifla cet Aiman dans cette « polîtion pendant 30", & » l’ayant retiré, il fit voir, au » moyen de la même aiguille, “ que fes Pôles étoient abfolu-» ment renverfés , & avoient «pris la même direétion que » celle des Pôles des deux Bar-
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- du Traducteur, ix res. Il répéta plufieurs fois la même expérience, & préfen-tant l'Aiman diagonalement par fes angles aux deux Barres,fes Pôles prirent àchaque fois une nouvelle dire&ion.
- „ M. Knight montra enfuite deux aiguilles pour des Compas de mer, toutes deux d’acier trempé : l’une de ces aiguilles n’avoit point été chauffée après la trempe , & l’autre avoit été bleuie, & en confervoit encore la couleur; il les aimanta toutes deux avec les Barres Magnétiques de la manière fuivante. Vy.
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- Pre'face
- » planche I.fig. i-
- » i. & i. Pôle du Nord des » deux Barres.
- » i. & i. Pôle du Sud des » deux Barres.
- .. 5. Aiguille de Compas de »mer, pofée fur les Barres, de façon que fon centre, qui eft » percé pour lailfer pafTer le Pi-- vot qui doit rouler dans fa » chappe , fe trouve directe-» ment au-delfus de la ligne de «contait des deux Barres.
- > L’Aiguille étant pofée de » cette façon , on appuya fur » fon centre, & on tira les «Barres de chaque côté, en les
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- du Traducteur, xj faifant glifler fur l'Aiguille,
- > laquelle acquit par cette feule .fridion la plus forte Vertu • Magnétique , proportion-n nelle à fa malfe.
- » Les Aiguilles ayant été ai-» mantées , M. Knight fit voir «que l’Aiguille d'acier trempé » de tout fon dur, avoir acquis » une force double de celle de «l’Aiguille d’acier de trempe «de reffort, ou bleuï. Il leur
- I» préfenta enfuite deux petits «poids d’un fer ordinaire, pe-» îant chacun trois quarts d’on-» ce. L’Aiguille de trempe de » relfortn’enputenleverqu’un,
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- xij Préface » & celle d’acier trempé parfai-» renient dur les enleva tous » deux, après qu’on les eut col-» lés enfemble par leur bafe.
- Si on ajoute à cet Extrait ce que M. Duhamel rapporte de deux petits Barreaux Magnétiques du Médecin Anglois, on verra avec étonnement quelle eft la force que M. Knight a fçu leur communiquer. La première lui fut pré— fentée par M. de Reaumur. Ce petit Barreau avoir environ 3. pouces & demi de longueur , fur deux ou trois lignes & demi en quarré ; & quoiqu’il ne pe-
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- du Traducteur, xiij àt que 3. gros 3 6. grains, il lortoit 3. onces 11. grains. Le econd Barreau appartenoit à M. de Buffon, & avoit à peu près les mêmes proportions que l'autre, mais il pefoit 4. gros 34. grains ; aulïi portoit-il un peu plus que le précédent, & il foutint, étant chargé peu à peu, 3. onces 4. gros & demi.
- On trouve donc dans les Barres de M. Knight une preuve inconteftablë qu’on peut i<\ communiquer à l’acier, parle moyen de cette nouvelle méthode, une Vertu Magnétique beaucoup plus forte que celle
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- xiv Pre'face qu'on avoit pû lui commuai- • quer jufques à-préfent, en fc j fervant même des meilleures Pierres d’Aiman qu’on con-noifle.
- i°. Que l’acier ainfi aimanté conferve long-tems fa vertu, puifqu’on a vu de ces Barres Magnétiques n’avoir prefque rien perdu de leur force après un tems très-conlidérable. Il eft vrai que leDodeur Anglois exige certaines précautions , auxquelles on ne fçauroit manquer , fuis s’expofer à voir di- I minuerconfidérablementcette ] vertu. Il ne faut jamais tirer
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- du Traducteur, xv a Barres de l’étui une à une, ais les faire gliffer enfemble : rfqu’on voudra s’en fervir, i faut, pour les féparer, les ivrir comme on ouvre un ompas. On ne doit point per-lettre quelles fe touchent la-éralement, mais toujours en iointe, & jamais par les Pôles epulfifs , ni les placer auprès l'une groflfe maffe de fer. C’eft ucore leur nuire que de les fa-iguer à enlever des poids con-idérables , ou de s'en fervir >our changer les Pôles d’un Ai-nan naturel, à moins que ces Aimans ne foient aux Barres
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- xvj Pre'face Magnétiques en volume & en poids comme i. à i y.
- Rien n’avoit été plus difficile jufques à-préfent que de trouver un bon Aiman naturel, & quand on étoit allez heureux que d’en rencontrer un qui fût tel qu’on le délîreroit, ce ne-toit ordinairement qu a un prix exceffif qu’on pouvoir l’acquérir. La découverte des Barres Magnétiques nous épargnera dorénavant de pareilles recherches & de pareilles dépenfes ; puifque deux de ces Barres fuf-£fent pour communiquer plus de force à une Aiguille de Boulfole,
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- du Traducteur, xvij Boulfole, qu’on ne pourrait lui en donner avec les deux plus forts Aimans qui foient en Angleterre; car on prétend qu’une Aiguille aimantée fur la Pierre de la Société de Londres, ne recevrait que la moitié de la force quepourroitrecevoir une Aiguille de même volume & de même poids, qui aurait été aimantée avec les Barres de M. Knight. On doute fi la Pierre de la Société , qui communique cette vertu à une Aiguille d’acier de trempe de raifort, la communiquerait pareillement à une Aiguille d’acier
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- xviij Pre'face trempé parfaitement dur.
- Cette dernière qualité des Barres Magnétiques a dû faire une vive impreffion fur ceux qui travaillent à perfectionner la Boulfole. L’impoifibilité d’avoir des Pierres affez fortes pour aimanter fuffifamment des Aiguilles d’acier trempé parfaitement dur, étoit caufe qu’on ne fe fervoit ordinairement pour faire les Aiguilles, que d'acier revenu bleu. Cependant l'expérience journalière prouve que cette dernière efpèce d’acier ell expofée à perdre en peu detems une grande
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- du Traducteur, xix partie de fon Magnétifme. C’eft ce qui fait qu’on eft obligé dans les longues Navigations de retoucher de tems en tems les Aiguilles de Bouffo-les. En fe fervant dans la fuite d’Aiguilles d’acier trempé parfaitement dur, on fera difpenfé d’une pareille opération, puif-qu’elles feront capables de con-ferver toute leur vertu pendant la route, même la plus longue ; & au cas quelles en perdilfent , rien de plus aifé aujourd’hui que de fe pourvoir de Barres Magnétiques, avec le fecours defquelles on pourra
- bij
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- xx Pre'face facilement réparer cette perte.
- Ne compte t-on pour-tien cette facilité même avec laquelle on peut , félon cette nouvelle méthode, retoucher les Aiguilles qui auraient perdu quelque partie de leur Mag-nétifme } Qu’on life dans M. Mufchenbrock combien il en coûte pour aimanter parfaitement une Aiguille , & l’on verra qu’il lui a fallu quelquefois réitérer les fri&ions juf-qu a cent - vingt fois ; tandis qu’avec les Barres de M. Knight , l’homme le moins adroit peut lui communiquer
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- nu Traducteur, xxj la plus forte vertu dans quelques minutes, & pat une feule opération.
- Ajoutons à tous ces avantages ce qu’on publie encore fur ces Barres Magnétiques. On prétend qu’on peut les compo-fer fans le fecours d’aucun autre Aiman. Nous verrons plus bas ce que l’on doit penfer de ce prétendu prodige , & ce qu’il y a de réel.
- Il ne refteroit plus pour nous mettre en état de jouir pleinement de cette heureufe découverte , fi ce n’eft que M. Knight , en nous faifant
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- xxîj Préface part du fuccès de fes utiles recherches, nous eût appris, en nous dévoilant entièrement fon fecret, une méthode courte & aifée de compofer de pareilles Barres. Ce font là les fouhaits du Public, toujours infatiable dans fes défirs : mais ceux qui penfent plus fenfé-ment, ne trouvent point mauvais qu a la faveur de ce filence myftérieux , le Docteur An-glois travaille auparavant à fe dédommager des frais confidé-rables qu’il a été fans doute obligé de faire pour conduire à ce point de perfedion ces
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- du Traducteur, xxiîji Jarres Magnétiques.
- Cependant ce feroit inuti-ement que M. Knight préten-Iroit dérober pour long-tems Ton fecret aux fçavans Phyfi-:iens d'un Cède auffi éclairé que le nôtre ; il doit s’attendre qu’on travaillera à imiter tes Barreaux. C’eft à quoi a jarfaitemenr réuffi M. Duha-nel du Monceau, un des plus illuftres Membres de l’Acadé-nie Royale des Sciences ; & C fa méthode n’eft pas la même que celle de M. Knight, on verra du moins qu’on peut parvenir au même but par divers.
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- xxiv Pre'fa ce chemins.
- Un jour que ce célèbre Académicien étoit chez M. le Maire, Ingénieur pour les Inf-trumens de Mathématiques, & qu’ils s’entretenoient en-femble de l’avantage eflentiel qui réfulteroit de la perfection des Boufloles Marines, M. le Maire lui fit part d’une nouvelle méthode, félon laquelle il aimantoit un barreau d’acier plus parfaitement que par la pratique ordinaire, & qui con-fiftoit à attacher Amplement le barreau qu’on vouloir aimanter à un autre de même métal
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- du Traducteur, xxv métal beaucoup plus long. On projetta d’en faire l’expérience, & de pouffer cette découverte auffi loin quelle pourroit aller.
- On fera furpris qu'une méthode auffi fimple , & qui ne doit peut - être fon origine qu’au hazard, ait eu un fuccès fi complet, qu’une Lame aimantée félon cette nouvelle pratique, ne le cédoit prefque point en force aux Aimans artificiels de M. Knight.
- Nous trouvons le détail de ces expériences dans une Dif-fertation inférée dans les Mémoires de l’Académie Royale
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- des Scientes de l'année >74J-i & dont nous allons donner ici : l’Extrait.
- .. Nous primes, dit M. Du-» hamel, le bout d’une Lame i de Sabre , long d’un pied ,
- » large par le bas d’un pouce, n le terminant par une pointe .. obtus ; ce bout de Lame pe-
- » foit........4-onc. i.gr. ;6. gnt.
- » On l’aimanta le mieux qu’il » fut poffible avec une très-,
- » bonne Pierre, mais à la façon j « ordinaire, en le coulant de :
- » toute fa longueur fur les Ar-» mures de la Pierre. Cette La-» me porta, étant chargée peu
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- du Traducteur, xxvij
- a peu .... 4. onc. ï. gros. o.gc.
- Ce fut toute la force qu’on put communiquer à ce bouc de Sabre, quand on l’aimanta à l’ordinaire. On l’appellera dans la fuite des expériences, Lame moyenne.
- » Nous primes enfuite une Lame auffi tirée d’un Sabre ; elle avoit i. pieds 7. pou->ces 8. lignes de longueur, > & un pouce de largeur, étant 1 à peu près d’égale largeur aux 1 denx bouts; cette Lame étoit d’acier trempé & poli. On la » nommera dans la fuite, la ’ grande Lame ; elle pefoit . ,
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- » On l’aimanta à l’ordinaire , > le mieux qu’il fut poflible , le fervant toujours de la mê-» me Pierre; elle porta en cet
- » état ... .1». MC. gr. 4S- gr.
- „ Les deux Lames dont nous «.venons de parler, içavoir.j .. celle que nous appelions la .. moyenne, & celle que nous ! » appelions la grande , étant » bien aimantées à l’ordinaire,
- » nous posâmes la moyenne fur •> la grande, de façon que l’ex-» trémité pointue de la moyen- j .. ne excédoitde 4. pouces l’ex- \ » trémité de la grande ; ainli i
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- du Traducteur, xxix » elle touchoit la grande Bar-.. re dans la longueur de 8. pou-» ces ; nous les liâmes l’une à » l’autre en cette polîtion avec » de la ficelle.
- » Ces Lames étoient difpofées » comme fi elles n’en avoient « fait qu’une, c’eft-à-dire que » le Pôle Sud de l’une répon-» doit au Pôle Nord de l’autre.
- » Les chofes étant ainfi dif-» pofées j nous éprouvâmes la » force de la moyenne Lame ; » elle fe trouva être de . .
- ................. I. gros, o.gr.
- Ainfi fa force Magnétique » étoit augmentée de .
- c iij
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- XXX
- P RE’rACE
- » uniquement prce qu’elle é-» toit liée fur la grande Lame.
- » Nous éprouvâmes enfuite,
- » & fans délier les Lames, quel-» le étoit la force de la grande. k Elle ne fe trouva que de . .
- »............4.0HC. J. gros. o. gr.
- * Mais le changement de pôle » contribua peut - être à cette > différence. Sans défunir les » Lames, & les laiffant dans le » même état 5 on les aimanta » toutes deux, étant ainfi unies » enfemble, pofant la Pierre à » l’extrémité de la grande La-» me, & finilfant par l’extré- j
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- du Traducteur, xxxj » mité pointue de la moyenne.
- » On délia enfuite les La-» mes, Sc on les fépara pour i> éprouver féparément leur for-» ce magnétique. La moyenne » foutint .... 7. onc. 3. gr. 36. gi.
- » d’où il fuit que cette Lame » étant aimantée de cette fa* »qon, portoit . s- 00c. i.gt. 36.gr, » de plus qu’étant aimantée à » l'ordinaire, & »• °ne. * gr- î£- g"-» de plus qu elle ne portoit é-.. tant unie à la grande Lame, » avant qu’on les eût aimantées » de nouveau.
- •’ On effaya enfuite ce que » la grande Lame pouvoit por-c iiij
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- xxxij Pre'face » ter étant feule : elle ne fou-» tint que . . . s.onc. ,.P. 4<.gr». » Ainlî la grande Lame avoit - perdu par cette opération . .
- > & la moyenne ayant gagné
- on voit qu’il s’en faut . . .
- » que la grande Lame ait autant •• perdu de force, que la petite " en a gagné. »
- On fera peut-être furpris de ce que dans cette opération la moyenne Lame a gagné une augmentation de force, tandis que la grande a perdu une par-
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- du Traducteur, xxxiij tie de la fienne. On trouvera dans le Traité de M. Michell une folution à cette difficulté, & on concevra aifément que la grande Lame fervant de fup-port fuffifant à la moyenne Lame , cette moyenne Lame a dû néceffairement augmenter en force ; au lieu que cette moyenne Lame n'étant par rapport à la grande qu’un fupport infuffifant, celle-ci a dû perdre quelque partie de fa pre-
- On répéta plufieurs fois les mêmes expériences, & on n'y trouva guère d’autre différence
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- Xxxiv P R E'FACE que celle que peut occafionner l'air plus chaud ou plus froid , plus fec ou plus chargé d’humidité ; & pour varier encore plus ces expériences, on prit une troilïème Lame qu'on appellera la petite Lame : celle-ci pefoit gros, & avoit 4. pouces de longueur, fur 1 o. lignes de largeur par un bout ; à l’autre elle fe terminoit en pointe ; c’etoit encore le bout d’un Sabre. Après avoir attaché cette ! petite Lame à la moyenne, & les avoir aimantées, ainfi jointes enfemble, on trouva par ces nouvelles expériences, que j j
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- du Traducteur, xxxv la petite Lame acquit à peu près dans la même proportion autant de Vertu Magnétique , que la moyenne Lame en avoit reçu dans les expériences précédentes.
- La feptième &c huitième expérience rapportées dans le Mémoire, font mention d’une particularité qui parut au célèbre Académicien qui opérait, un effet de labifarrerie ordinaire dans ces fortes d’expé -riences, & qui étoit cependant une fuite du principe donc nous venons de parler, & fur lequel M. Michell établit principale-
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- XXXVJ P R e'FA CE
- ment fa nouvelle méthode de faire des Aimans artificiels.
- Voici le fait. Onattacha en-femble les trois Lames félon l’ordre de leur volume. La grande étoit à un bout, la moyenne au milieu, & la petite à l’autre extrémité. On les aimanta , étant ainfi unies ; & après les avoir féparées, on trouva que la petite n’avoit pas acquis plus de force Magnétique dans ! cette nouvelle opération, que [ quand elle avoit été aimantée, j étant unie feulement à la I moyenne Lame ; & qu’elle ne [ pût foutenir alors que ce qu'elle
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- du Traducteur, xxxvij a voie foutenu dans la première opération, c’eft-à-dire . . .
- .................i.onc.4.gt.3«-g'-
- au lieu que la moyenne Lame après la dernière opération foutint . . . . . Î.onc. !.gros.o.gr. de plus que dans la première expérience, puifqu’elle porta pour lors . . . s. onc. j. gr. 3fi.gr. & qu'elle ne portoit précédem-
- On voit que la moyenne Lame gagna confidérablement dans cette dernière opération, tandis que la petite n'y reçut aucune augmentation de Vertu Magnétique. Cela vint fans
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- xxxviij Préface doute de ce que la moyenne Lame étant au milieu, fe trouva fupportée, quoiqu’inégale-ment, par fes deux Pôles, au lieu que la petite qui étoit à une des extrémités , n'eut un fupport que d’un feul côté.
- Ces expériences finies, on elfaya, en fe fetvant de la même méthode, d’imiter les petits Barreaux Magnétiques An-glois. On en fit faire à peu près j de même figure & de même proportion que ceux qui a- : voient été envoyés d’Angleterre a M. M. de Reaumur & de Buffon , & aptes les avoir j
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- DuTrADUCTEUR. xxxix limantes fut la grande Lame lont on a parlé dans les expé-iences précédentes, on eut la :onfolation de voir que les Bar-eaux imités étoient fort appro-:hans des Barreaux Anglois, du moins quant à l’effet.
- Quelque fatisfait qu’on dût r„re de ces premiers fuccès, M. Duhamel ne les regarda que comme une voie fure pour parvenir à quelque chofe de mieux ; & profitant en homme attentif de la façon dont M. Knight avoit opéré en pré-, fencede la Société de Londres, il commença par aimanter fe-
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- xl P R E1 FA CE
- Ion la pratique de M. le Maire deux grandes Lames dont il fe fervit enfuite pour aimanter de petits Barreaux, en fe conformant pour lors à la pratique dont leDoéleurAngloiss’étoit fervi pour aimanter furfes Barres les Aiguilles de Bouffole, & il réuflit non feulement dans cette expérience, mais encore dans toutes celles qu’il fit pareillement à l’imitation de M. Knight.
- C’ell: le détail de ces nouvelles expériences qui fait le fujet d’un autre Mémoire que le zélé Académicien lut dans la Séan-
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- du Traducteur, xlj ce publique tenue le 8. Avril i7jo. & dont le Mercure de France a aufli donné l’Extrait au mois de Juin de la même année.
- M. Duhamel eut pour adjoint dans ce nouveau travail M. Antheaume , connu par plufîeurs chofes utiles qu’il a îbumifes à l’examen de l’Académie, & fur .tout par plulîeurs correétions importantes qu’il a faites à l’ancienne pratique de fabriquer des Bouifoles, & dont on parlera plus bas.
- Ces Meilleurs nous apprennent : » Qu’ils choilîrent deux d
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- xlij Pre'face » Lames de Sabre fort larges,
- « qu’ils réduifirent à i. pieds 7. » pouces de longueur, après » en avoir coupé la pointe & la » foie : ils aimantèrent enfuite » ces Lames, après les avoir •> liées à une plus grande, félon » la méthode de M. le Maire.
- » Ils firent enfuite forger ,
- * tremper dur, & polir deux
- • petites Barres d’acier d’An-•> gieterre, qui avoi ent chacune » K. pouces de longueur, 4.
- » lignes & demie de largeur , s* & deux lignes & demie d’é-« pailfeur.
- • Us aimantèrent ces deux !
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- du Traducteur, xliïj Barres avec les deux grandes Lames, en fuivant la manière dont M. Knight aimanta les Aiguilles de BoufTole, & ces
- > deux Barres acquirent une .force Magnétique qui appro-. choit fort de celle des Barres
- de M. Knight. On en jugera par les expériences fuivantes.
- Un petit Barreau d’acier 'd'Angleterre , trempé très-
- dur, & qui pefoit 44. grains,
- ayant été aimanté à l’ordinai-. refurune bonne Pierre, pou-
- > voit à peine foutenir une ai-» guille à coudre ; & ayant été » aimanté enfuite avec les
- dij
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- xliv P RE1 FA CE
- .. deux petites Barres à la ma-» nière de M. Knight, il porta » i. once 4. gros ».
- Cette feule expérience fuf-firoit pour prouver jufques à quel point on peut, par cette nouvelle méthode, communiquer la Vertu Magnétique à un Barreau d'acier trempé dur : mais M. Duhamel pouffa fes recherches plus loin. Il voulut effayer 11 les petites Barres qu’il venoit d'aimanter , produiraient tous les effets qu'avoierrt produit les Barres de M. Knight.-
- » Nous primes , dit-il, une
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- du Traducteur, xlv «Pierre d’Aiman foible qui » avoir un pouce en quarré fur •> trois lignes d’épaiffeur, &qui « pefoit une once. A peine » pouvoit-elle foutenir un pe-» tir clou. Nous marquâmes fes » Pôles ; & l’ayant aimantée en
- I» fens contraire de fes Pôles » naturels, le Pôle Sud devint » Nord, & le Pôle Nord devint i » Sud. De plus la force de la I « Pierre fut confidérablement » augmentée, puifqu’elle porta >> pour lors fi. onces. Nousl’ai-» marnâmes de nouveau, mais * en fens contraire des Pôles » que nous lui avions fait pren-
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- tlvj Préface > dre : la polîtion des Pôles fut .. encore changée , & la force •> de la Pierre augmenta ».
- On répéta l’opération plu-ileurs fois, & faVertuMagné-tique s’accrut jufques à la rendre capable, étant chargée peu à peu, de foutenir zz. oncës.
- Une petite Pierre qui ne por-toit que i o. onces, étant touchée entre deux grandes Barres , porta fur le champ z 8. onces.
- » On voit, continue-t-il, » que nos Barres approchoient « beaucoup de la bonté de cel-» les de M. Knight ; ainli nous
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- dvTraductevr. xlvij „ avions déjà lieu d’être con-» tents de nos recherches ; •> néanmoins nous jugeâmes » que nous aurions encore plus » defuccès,fi nous fubftituions » aux Lames de Sabre, dont la » furface eft convexe , des La-la mes d’acier de même lon-» gueur, mais dont la fuperfi-1» cie feroit plane ; afin que le » contact, avec les Barres que |» nous voulions aimanter,étant j» plus exaét, la communica-j»tion de la Vertu Magnétique » fût plus aifée. Lefuccès a juf-» tifié nos foupçons, & M. An -u theaume ayant outre cela un
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- xlviij Préface » peu changé la difpofition re-« lative des grandes & des pe-> rites Barres, nous fommes en-» fin parvenus à faire des Bar-» reaux Magnétiques plus forts » que ceux, qui nous avoient »> été envoyés d’Angleterre. » M. Duhamel, qui dans toutes ces recherches n’avoit eu en vue que l’avantage du Public , finit fon Mémoire en lui faifant part d’une méthode courte & aifée pour le mettre en état de fabriquer foi-même de pareils Barreaux. - ¥oici les règles qu’il prefcrit, & qu’il [ accompagne de quelques re-i marques, I
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- DU TRADUCTEUR. xlix marques.
- » Il faut avoir quatre gran-» des Barres & deux petites ; » les unes & les autres du meil-» leur acier d’Angleterre. Les «quatre grandes Barrgs au-»ront a pieds 6 pouces de » longueur, i a à i ; lignes de » largeur, & $ ou 6 d epaif-» feur. Elles feront trempées « dur , & bien polies. Il fe-» ra bon de marquer un des » bouts d’une S, & l’autre d’une » N, pour diftinguer leurs Pô-» les.
- ! » Les deux petites Barres def- tinées à devenir dans la fuite
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- 1 Préface »les Barreaux Magnétiques, » auront 8. à i o. pouces de Ion-n gueur, fur environ 6. lignes » de largeur, & 4. lignes d e-.. paiffeur. Elles doivent être » trempées fort dur, & bien » polies , fans aucun recuit, « Leurs extrémités feront aufli «diftingüées par les lettres S
- » & N.
- » Ôn aura une petite règle » de bois de la longueur & de » l’épailfeur des Barreaux, & » large de 3. ou 4. lignes. Elle » eft deftinée à être placée en-n tre les Barreaux, pour empê-n cher qu’ils ne fe touchent. Il
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- du Traducteur. Ij » faut auffi fe pourvoir de deux » parallélipipedes de fer doux, » de 6. à 7. lignes de largeur , <• dont l’epaifleur foit égale à » celle des petites Barres, & qui » aient de longueur la largeur » des petites Barres, & de plus » celle de la petite règle de bois. » Comme ces morceaux de fer » fe placent fur le bout des Bar-" res, nous les nommerons les Conta&s.
- » On aimantera à l'ordinaire » deux des grandes Barres que «je nomme A, pour les diftin- guer des deux autres que j'ap-« pellerai B. Voye^pl. I-fig-3
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- lij Préface
- » Les deux Barres A étant » ainll un peu aimantées, on » placera fur une grande table » les deux Barres S , parallèle-» ment l’une à l’autre, avec la » règle de bois entre deux, & » au bout les Contaéts ; de fa-» çon que le bout N de l'une » ioit du même côté que le bout » 5 de l'autre ; puis on ajoutera » aux deux bouts les Barres A, » qui font déjà un peu aiman-» tées, de façon que le bout N »de la Barre A i. touche le •• Contaél: vis-à-vis le bout S » d'une des deux Barres B. On • placera pareillement la Barre
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- du Traducteur, üij «Ai. de façon que fon bout .. S touche le Contact vis-à-vis ,, le bout N de la Barre B.
- Remarquez en paflant que M. Duhamel commence à faire ufage des fupports fi recommandés dans la Méthode de M. Michell.
- Tout étant ainfi difpofé, » on palfera trois ou quatre fois » l’Armure N de la Pierre de-» puis le bout S de la Barre A « i. jufques au bout JV de la • Barre A i. faifant couler » l’Armure tout du long de la '• Barre B i. qu’on fe propofe » d’aimanter. Cela fuffit pour
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- liv Préface * que la Barre B i. foit bien ai-» mantée fur une de fes faces. » Il faut aimanter de même la » Barre B z.
- >. Pour cela on fera changer » de place aux Barres A, & on - les tranfportera de façon que » le bout N de la Barre A 1. » touche le Contadt vis-à-vis le » bout S de la Barre B z. & le » bout S de la Barre A z. tou-» che l'autre Contad vis-à-vis » le bout N de la Barre B z.
- «Tout étant ainfî difpofé, » on paffera trois ou quatre fois » l'Armure N de la Pierre, ” commençant par le boutA de
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- du Traducteur. 1* „ la Barre A i. & finiffant pat „ le bout N de la Barre A i. » alors la Barre B z. fera pareil-» lement aimantée parfaite-s ment fur une de fes faces.
- »On écartera enfuite les » deux barres A, pour aimanter » fur l’autre face les deux barres » B -, Si ayant replacé, comme » on l'a expliqué, les deux bar-» res A , fucceffivement vis-à-. vis les bouts des barres B, de » façon que le bout N de la » barre A réponde vis-à-vis le » bout S de la barre B , Si le « bout S de l’autre barre A vis-- à-vis le bout N de la même
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- lvj Pre’face
- barre B ; après quoi on paflera
- » l’Armure N de la Pierre,
- •> commençant par 5, & finif-» fant par N, ainlî qu’on l’a dé-» ja dit : alors les deux barres » B étant fufïifamment aiman-» tées, on fera un échange, &[ » on mettra les deux barres Ù4 .1 à la place où étoient les deux » barres B, & les deuxbarres B » feront mifes où étoient les » deux barres A, c’eft-à-dire au •> bout vis-à-vis les Contaéts.
- .. On aimantera enfuiteles baril res A fur leurs deux faces,
- *• comme on a fait les barres B.
- Apres ces opérations, les
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- du Traducteur. Ivij » quatre barres feront alfez bien » aimantées ; néanmoins on » augmentera encore leur force » Magnétique , fi on répète » deux ou trois fois la même » chofe, mettant alternative-» ment les barres A au milieu, » & enfuite les barres B : car » nous avons conftamment re-» marqué que l’acier devient » d’autant plus propre à acqué-» rir une grande forcé Magné-» tique, qu’il a été aimanté un •> plus grand nombre de fois. » Quand les quatre grandes bar-» res font une fois bien char-» gées de Vertu Magnétique,
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- Iviij Préface » on n’a plus befoin de Pierres • pour communiquer une gran-» de Vertu à de petits Barreaux » de 5. i o. n. pouces de lon-» gueur, femblables à ceux de » M. Knight.
- Pour les toucher, M. Duhamel veut qu'on place ces petits Barreaux fur une table, de la même manière qu’il a placé lui - même les grandes barres dont nous venons de parler , avec la règle de bois au milieu, & les contacts aux bouts. On met enfuite contre les contacts deux des grandes barres, & l’on choilît pour cela les deux qu’on
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- du Traducteur, lix fuppofe les plus foibles ; les barres A, par exemple. Voye^ . planche I.fig. 4.
- Cela fait, il veut qu’au lieu d’Aiman, on fe ferve pour aimanter ces petits barreaux, des deux grandes barres B qui ref-tent. On les place fur le milieu du petit barreau, le bout N de la barre B 1. pofé du côté S du petit barreau, & le bout S de la barre B 1. tourné du côté N du petit barreau. Alors pour opérer on ne fera que féparer les barres B , en les ouvrant comme on ouvre un compas, & faifant couler B 1. jufques à
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- lx Pre'face l’extrémité S de A i , & B 1. jufques à l’extrémité NàeA z. On répétera cette même opération trois ou quatre fois fur les deux faces des petits barreaux, & on peut être affiné de leur communiquer une Vertu Magnétique des plus fortes , pourvu qu’ils foient d’un acier trempé bien dur, ou que l’acier dont ils font compofés foit de nature à bien recevoir la Vertu Magnétique.
- Quoique cette méthode foit fûre, cependant il arrive quelquefois que les expériences ne réuffilTent pas auffi bien qu’on
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- du Traducteur, lxj le fouhaiteroit ; & cela ne vient ordinairement que de la matière dont font faits les petits barreaux, ou de la façon de les fabriquer. M. Duhamel ajoute ici quelques Remarques propres à prévenir ces incon-véniens.
- i°. On doit employer par préférence l’acier trempé en paquets, parce qu'il eft communément très-propre à recevoir la Vertu Magnétique.
- i“. Il eft bon, quand les barreaux font forgés, de les éçrouir à petits coups de marteau, à mefure qu'ils fe refroidilfent.
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- lxij Pre'face Les bons forgerons ont coutume de les écailler, en trempant leur marteau dans l'eau, & cette précaution peut être avantageufe.
- 3°. Il faut obferver de ne jamais redrelfer à froid les barreaux , quand on eft obligé de les remettre au feu pour les tremper ; car les forgerons remarquent qu’ils y reprennent leur cambre.
- Malgré toutes ces précautions on peut trouver des barreaux qui aux premières touches ne recevront qu’une vertu très - foible ; il faut pour lors
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- du Traducteur, lxiij es laifler quelque tems dans eur boette avec leurs Contaûrs ; 5c 11 après quelques jours on les etouche de nouveau, ils pourront augmenter en force&de-renir fort bons.
- L’habile Phyficien qui nous donne ces inftrudions , nous apprend qu’il rencontra des barreaux qu’il tenta allez inutilement d’aimanter; à peine put-il leur communiquer quelque peu de vertu ; il s’avifa de les mettre bout à bout, & de les coucher fur un de fes grands barreaux , ayant mis au bout de ces petits barreaux un mor-
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- lxiv P R e' FA CE ceau de fer qui s'étendoit juf-ques fur les Contaéts du grand. Il trouva, après les avoir laides une quinzaine de jours dans cette Cotation, qu’ils avoient acquis une force très-conGdé-rable; & il tire de ces deux expériences une conféquence qui paroit très-légitime. C’eft qu’il y a une efpèce d’acier fur lequel la Vertu Magnétique n’agit que lentement, & qu’il faut un certain tems pour quelle puilfe s’y frayer des routes qui n’avoient pu être ouvertes pat
- une première operation. EnCn il Cnic en nous don-
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- du Traducteur. Ixv nant une idée de ce qui s’opère dans les barreaux aimantés félon cette méthode. Voici comment il s’explique :
- » Les deux grandes barres » que nous mettons aux extré-: » mités du barreau que nous » voulons aimanter, étant elles-» mêmes tres-chargées de Ver-« tu Magnétique , le Proflu-» vins Magnétique tend à paf-» fer d’une barre à l’autre au » travers du petit barreau , Sc *• probablement la matière ma-» gnétique le traverfe ; & le " courant dans les petites bar-« res ell d’autant plus rapide ,
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- Ixvj Pre'face » que la malle des grandes bar-» res eft plus grande que celle •> des petites : mais ce courant » doit être encore beaucoup » augmenté , quand on paflè « d’autres grandes barres fort *> magnétiques fur toute la lon-«gueur tant des premières gran-•»des barres, que des petits bar--» reaux. Peut - être ce courant •» eft - il en partie interrompu « parlescontacts ; &nousfoup-«> çonnons qu’une partie paflè » dans le barreau parallèle qu'on * n'aimante pas encore. »
- Quoi qu’il en fok , MM. Duhamel & Antheaume font
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- du Traducteur, lxvij parvenus à faire des barreaux magnétiques plus forts même que ceux de M. Knight, puif-que deux barreaux du Doéteur Anglois j qui pefoient i z onces 3 gros, n’ont porté que z8 onces, z gros & demi, tandis que deux barreaux d’un moindre volume, & qui ne pefoient que 6 onces , 3 gros & demi, après avoir été aimantés par ces Meilleurs félon leur nouvelle méthode , ont porté 3 6 onces, z gros ; & deux autres qui ne pefoient que 14 onces, z gros, ont porté 44 onces, z gros. Il eft vrai que fij
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- lxviij Préface comme les barreaux Anglois avoient été fabriqués depuis plus long-tems, que ceux avec qui on les compara , ils pou-voient déjà avoir perdu une partie de leur vertu; & c’eft à cette raifon que l’Académicien François attribue, par une mo-deftie ordinaire aux grands hommes , la fupériorité de fes barreaux fur ceux de M. Knight.
- NosPhyficiens François fui-vent la même méthode pour aimanter les Aiguilles de Bouf-fole. Ils en touchent deux à la fois j qu'ils pofent parallèle-
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- du Traducteur, lxix ment l'une à l’autre fur une table, avec des Contaéls de fer à leurs extrémités ; & tout étant difpofé comme pour les petites barres dont on a parlé , ils les touchent avec deux grandes barres.
- Il ne refteroit plus , pour avoir furpalfé, ou tout au moins égalé le Doéteur Anglois dans fes heureufes découvertes, que d’avoir aimanté ces barreaux fans le fecours d’un Aiman. Si par ce myftère énigmatique on prétend feulement qu’on puilfe avec un Aiman ordinaire com-pofer des Aimans artificiels,
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- îxx Pre'face dont on fe fervira enfuitepour aimanter de nouveaux barreaux , la chofe eft aifée -, & l'on a vu dans les Expériences précédentes, qu’on peut avec des barres aimantées , en aimanter fuccelfivement de nouvelles , & leur donner une vertu fort confidérable.
- Si on prétend quelque chofe de plus, & qu’on veuille dire que M. Knight compofe fes barreaux magnétiques fans le fecours d’aucun Aiman , foit naturel , foit artificiel , pour leur donner un commencement même de Vertu Magné-
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- du Traducteur, lxxj tique, on verra parles recherches de MM. Antheaume & Michell, que cette opération n’eft pas auffi difficile que l’on pourrait fe l’imaginer. Ils ont trouvé l’un & l’autre le moyen, par la feule fituation où ils placent une petite barre de fer ou d’acier, de lui communiquer allez de Vercu Magnétique, pour qu’elle puiiïe porter une autre barre qui péfe autant quelle ; ce qui leur fuffitpour les mettre en état d’augmenter confidérablement cette vertu.
- M. Antheaume avoir éprouvé qu’une barre de fer qu’on
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- lxxij P R E' FA CE
- fçavoit fûrement n’avoir aucune Vertu Magnétique, en acquérait furie champ, quand on la plaçoit parallèlement à l’axe magnétique ; c’eft-à-dire que par cette feule pofition la barre de fer acquérait des Pôles , dont on s’appercevoit, fi on lui préfentoit une Aiguille de Boulfole : mais cette Vertu diminue, ou plutôt fe perd entièrement , dès que la barre de fer cefle d’être dans cette fîtua-tion, fur-tout fi on la place perpendiculairement à l’axe magnétique.
- Ce fait une fois conftaté, M.
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- dvTraductevr. lxxiij M. Antheaume crut devoir conclure de cette expérience, qu’il exifte une matière magnétique, qui circule au-tour de la terre , & que cette matière a une grande inclination à circuler dans le fer. Ce raifonne-ment qui ne fera, lî l'on veut, qu'une fuppofition, conduifit pourtant M. Antheaume àexé-cuter ce qu’il projettoit, qui étoit d’augmenter la Vertu Magnétique de ce fil de fer , afin de le mettre en état de pouvoir la conferver, quand il ne fe trouverait plus dans cette po-fition ; Si il fe flatta d’en venir
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- Jxxiv Pre'face à bout, s’il réuffifloit à augmenter le courant de la ma. tière magnétique qui pafloit par ce fil de fer.
- Pour augmenter ce courant, & obliger la matière magnétique à paflèr avec plus d’abondance dans ce fil de fer , il le plaça entre, deux mafles de même métal, c’étoient deux étaux : il s’imagina que ces deux mafles recevant une grande quantité de matière magnétique, feroient deux efpeces de réfervoirs, où cette matière une fois ramaflee, en communiquant de l’un à l’autre par le
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- du Traducteur. Ixxv moyen du fil de fer, comme par un canal de prédile&ion , y établiroit un courant des plus abondans ; & pourla déterminer encore plus à choifir ce chemin, il frotta le fil de fer avec une tringle, comme il l’auroit fait avecunaiman. L’événement juftifia le raifonne-ment de M. Antheaume ; & ce fil de fer reçut alfez de vertu pour porter , même après qu’on l’eut tiré de fa pofition , un autre fil de fer auffi pefant que lui.
- Par ce même moyen M.
- g')
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- lxxvj P RE'F A CE Antfieaume eft parvenu fans le fecours d’aucun Aiman ni naturel ni artificiel , à communiquer allez de vertu à des lames de fleurets qui avoient un pied de longueur , pour leur faire porter plus de deux onces cinq gros ; & fix de ces lames réunies en faifceau, portoient plus de cinq onces quatre gros. En voilà fuffifam-pient pour parvenir à faire par degrés de très-grandes barres.
- Outre divers avantages qu’on peut retirer de cette expérience , & qui font détaillés dans un Extrait du Journal de
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- du Traducteur. Ixxvij Verdun , au mois de Mars i y y i. page 210. on comprendra aiférrient comment 011 pourra, en fe fervant, félon la pratique de M. Michell, de deux faifceaux de petites lames de fer ainfi aimantées, communiquer une pareille, ou même une plus grande force , à d’autres lames d’un plus grand volume ; & continuant ainfi par gradation , on parviendra enfin à faire des Aimans artificiels excellens, fans avoir eu befoin de recourir à aucun Ai-man, foit naturel, foit artificiel , pour donner aux premiè-
- g “j
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- kxviij Pre'face res lames un commencement de vertu ; ce qui eft, fans vouloir enimpofer au Public, faire de bons Aimans fans le fecours d’aucun autre Aiman.
- L’avantage qu’on pouvoit retirer de ces découvertes eût été bien peu confidérable, fi nos Sçavans fe fulfent bornés à augmenter la force direétrice des Aiguilles, en augmentant leur Vertu Magnétique, puif-que pour y parvenir, il falloit augmenter le volume & le poids des Aiguilles, auxquelles ils donnent la figure d’un Parallélogramme fort allongé qui
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- dvTkadvcteur. lxxix le termine par deux angles obtus. On fçait que plus une Aiguille eft pefante, plus fes frottemens fur fon pivot font conlîdérables ; & que ces frottemens s'oppofent extrêmement à la liberté que doit avoir une Aiguille de fe mouvoir aufli librement , que fi elle flotcoit fur un fluide : or pout augmenter cette Vertu Magnée tique dans les Aiguilles, & la rendre permanente, il faut fe fervir d’Aiguilles faites d’aciet trempé parfaitement dur, qui foient plus épaifles & plus pe-fantes que celles d’acier revenu
- g “ij
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- lxxx Prêta ce au bleu, dont on s’eft fervi juf-ques à préfent.
- Monfieur Antheaume a obvié à cet inconvénient, en imaginant un moyen de rendre les plus lourdes Aiguillesauflimo-biles fur leurs pivots , que les plus légères fur leurs fupports. Cependant comme on peut même excéder en cela, & qu’une Aiguille trop mobile eft fouvent fi fort agitée par te mouvement du Vailfeau, que les Marins ne peuvent avec cette forte d’Aiguilles, qu’ils appellent volages, connoître la vraie direction, M. An-
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- du Traducteur. Ixxxj theaume a encore prévenu ce nouvel embarras, fans rien diminuer de la mobilité qu’il donne à fes Aiguilles.
- Pour donner certe mobilité aux Aiguilles les plus pefantes, M. Antheaume, félon l'extrait inféré dans le Mercure de France, au mois de Juin 1750. » place au centre de laBoulfole » un petit pilier de cuivre allez » gros , pour qu’on y puifle » maftiquer une chappe d’aga-» the ou de verre. Il ajufte une » pareille chappe au centre de » fa rofe ; puis il fait un petit » fufeau de cuivre , dont un
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- Ixxxij P RE1 FA CE
- « des bouts eft reçu dans la » chappe qui eft au haut du pe-» tit pilier, & dont l’autre ré-» pond à la chappe qui eft au » centre de la rofe. Enfin du «milieu de ce fufeau, il part » une verge de cuivre, portant - trois petits poids, qui ont af-.> fez de puiifance pour rappel-»> 1er le fufeau & la rofe dans » la perpendiculaire. Et pour « empêcher que les Aiguilles » ne foient point volages, il » colle Amplement fous la rofe ” de petites allés de papier, •> qui, fans la charger, éprou-» vent dans l’air une réfiftance
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- DU TrADVCTEVRAxxxÙ) » par laquelle les ofcillations » font confidérablement dimi-» nuées. »
- L’Angleterre a eu aufli fes zélés Phyficiens, qui pour l’intérêt du Public ont cherché à découvrir le fecret de M. Knight. M. Michell, Membre du Collège de la Reine à Cambridge , publia au commencement de l'année paflfée un Traité fur les Aimans artificiels. Ce petit Ouvrage nous parut alfez intérefiant pour mériter d’être traduit en François. Onytrouveraunetroifième méthode de compofer des Barres
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- lxxxiv Pre'face Magnétiques qui ne le cedent point en force à celles de M. Knight ; mais ce que cette nouvelle manière a de fingulier, c’eft de pouvoir aifément rétablir dans leur première vertu les barres qui auroient perdu une partie même très-confidé-rable de leur force. On y trouve le moyen d’améliorer les Aimans naturels, & une manière allez conforme à celle de M. Antheaume d’aimanter, fans le fecours d'aucun Aiman, un 151 de fer, ou une petite lame d’acier.
- Enfin M. Michell, qui n'a
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- su Traducteur, lxxxv travaillé pareillement que pour perfectionner les BoulToles, nous indique une nouvelle forme de faire des Aiguilles fu-périeures à celles qui font en ufage, une façon plus parfaite de les placer fur leurs pivots, & un moyen de leur communiquer une vertu plus forte & plus durable.
- On auroit feulement fpu-haité que l’Auteur fe fût expliqué plus méthodiquement Si plus clairement. On a tâche de corriger ces défauts dans la Traduction.
- M. Duhamel, après avoir
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- lxxxvj P RE1 FA CE
- eu la bonté de répéter plufieurs fois les expériences de cette nouvelle méthode , a trouve quelles réulïifloient parfaitement ; & joignant quelque chofe de fa propre méthode à celle du Doéteur de Cambridge, il a réuffi à faire des Barreaux Magnétiques encore plus forts que ceux que l'on ferait, fi l’on s'attachât "Amplement à l’une ou à l’autre des deux méthodes.
- Avant de détailler cette façon de toucher les barres, il eft bon d’expliquer comment MM. Duhamel & Antheaume ont difpo-
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- du Traducteur. Ixxxvij fé les Faifceaux Magnétiques de M. Michell. V. pl. I. fig. 5, AA , 44. barreaux aimantés, difpofés fur deux rangs. B B, deuxpetitsmorceauxdeboisqui divifent le faifceau en deux, de forte qu’il y en a 11. de chaque côté. CC, morceau de fer doux qui couvre tous les Barreaux Magnétiques, tant les 31. grands, que les 11. petits. On a fait à cette armure deux talons qui fervent à retenir les grands Barreaux, & à contenir l’armure contre leur fommet. DD, un contait de fer doux, qu’il faut toujours lailfer adhé-
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- Ixxxviij Pre'fACE rent au faifceau, quand on ne s’en fert point, pour entretenir la communication du proflu-vius Magnétique, d’une moitié du faifceau à l’autre, conjointement avec l’armure fupérieu-re ; ce qui fert à les maintenir dans toute leur force, faifant le même effet que les contaéts qu’on met au bout des barreaux de M. Knight. Il elf bon de marquer les pôles par une S &. N. Enfin pour tenir le faifceau en état , ils fe contentent de l’envelopper avec un fort ruban de fil.
- Voici comment ils placent les lames
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- du Traducteur, Ixxxix lames qu’ils veulent aimanter. V.pLI.fig.6.
- AA font les deux lames à aimanter.
- Au milieu eft la petite règle de bois.
- i. i. font les contads.
- DB. BE. font deux grandes barres qu'on place contre les contads, comme quand on veut fuivre la méthode de M. Duhamel.
- CC. font deux faifceaux à la façon de M. Michell, corn-pofés de quelques lames déjà aimantées.
- Il faut pofer ces deux faif-
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- xc P R e'fa c e ceaux fur le milieu des bar. icmxAA, & les tirer en fens contraire , l’un jufques à.D ,8c l’autre jufques à E. Ayant répété ces frottemens trois ou quatre fois fur les deux petits barreaux & fur leurs deux faces, on a des Barres Magnétiques d’une force extrême. C’ell ainfi qu’en profitant de toutes ces différentes méthodes, on pourra peut - être parvenir à trouver encore quelque chofc de mieux. Néanmoins nos Phyficiens François penfent comme M. Michell , que l’acier ne peut retenir qu’une
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- nu Traducteur, xcj
- certaine force magnétique ; SC que celle dont ils parlent, & qu’ils difent extrême , s’affoi-blit allez promptement.
- M.M. Duhamel & Antheau-tne confeillent aux Marins de fe pourvoir de deux paires de Barres Magnétiques ; car il n’eft pas poflible que par le tranfport & le fervice , les Ai-mans artificiels ne perdent de leur première force : alors fi l’on n’avoit que deux barreaux, on aurait peine à la leur rendre ; mais quand on en a quatre , quelqu'affoiblis qu'ils foient , on peut les rétablir
- hij
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- xcij Préface. très - aifément dans leur premier état ; il ne faut pour cela ; que fe fervir des deux plus fortes barres pour augmenter la force des deux autres. Ceux-ci deviennent capables de rétablir la force de ceux qui ont fervi en premier lieu ; & en répétant ces touches réciproques , on rétablira les deux paires de barres dans leur première force ; ce qui n’eft pas un petit avantage.
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- INTRODUCTION.
- LE deffein de ce petit Traité étant de communiquer au Public une Méthode courte & facile pour compofer à peu de frais * des Aimans artificiels fupérieurs aux meilleurs Aimans ordinaires, fait ef-pérer qu’on recevra avec plaifîr un fe-cret fi avantageux & fi utile, fur tout à l’Art de la Navigation ; & qu’en faveur de l’importance de la matière,, on fera grâce à l’Auteur fur le Hile qui eft fimple & négligé.
- * Quelqu’un s’imaginera peut-être que la fii-périorité des Aimans artificiels furies Aimans naturels doit caufer quelque différence dans la di-reélion des Aiguilles aimantées avec des Aimans artificiels ; mais il n’eft perfbnne de ceux qui font inftruits de la nature du Magnétifïne, qui ne fça-che que des Aimans différens, de quelque ef-pèce qu’ils (oient, ne laiffent aucune différence dans les Aiguilles à qui ils communiquent leur Vertu, qu’une diverfité dans le degré de force communiquée.
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- xciv Introduction.
- On avoit d’abord réfolu de joindre à cette Méthode une Théorie du Magnétifme , fondée fur diverfes Expériences les plus utiles & les plus convenables à ce fujet ; mais la crainte de groffir trop ce petit Ouvrage , a fait qu’on a renvoyé ce projet à une occafion plus favorable , & qu’on a regardé comme inutiles, ou tout au moins comme d’un très-petit ufage, des recherches Philofophi-ques fur la nature & les loix du Magnétifme , dans un Traité qu’on defti-ne principalement à l’ufage des Ar-tiftes & des Marins.
- L’envie de prévenir toute erreur, & de fe rendre intelligible à tout le monde, eft caufe qu’on eft entré dans un détail qui pourroit paroître ennuyeux ; mais on fe flatte qu’on paf-fera ce détail en faveur de ceux qui, ou moins inftruits , ou plus tardifs à pénétrer des chofes qu ils ne con-noiffent pas, ont befoin qu’on fe prête à leur fituation.
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- Introduction, xcv
- L’Auteur ajoute à ce Traité quelques légères inftru&ions pour faire des Aiguilles beaucoup meilleures que celles dont on s’eft fer-vi jufqu’à - préfent , & pour leur communiquer une vertu beaucoup plus forte: & il donne en même tems quelques ufagesde l’Aimanpeu connus jufqu alors.
- Pour faire des Aimans artificiels > on fuppofe qu’on a déjà un Aiman qui puifle leur communiquer un commencement de vertu. On peut cependant s’en paffer, Ôc l’on donne fur la fin un moyen d’y fuppléer, & d’obtenir un commencement de vertu avec le fimple fecours de trois barres de fer.
- Les barres d’Acier fimples & non armées, qu’on deftine à être la matière des Âimans artificiels, doivent avoir une longueur proportionnée à leur poids, pour être propres à recevoir la Vertu Magnétique dans fon point de perfection. C’eft pourquoi
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- xcvj Introduction. on donnera une rable où feront mat quées les différentes longueurs dr ces barres, proportionnellement 1 leurs différens calibres. Outre le: barres droites qui font les plus pro près aux ufages communs, on pro pofe le moyen d’en faire de diverfes autres formes, qui font pareillement convenables 8c utiles en différentes occafions. A tout cela on ajoute des règles pour augmenter la vertu des Aimans naturel», pour changer leun pôles, 8c pour en compofer à leur imitation d’artificiels, fitnples, corn-pofe's 8c armés.
- Ces Aimans artificiels ont de grands avantages fut les Aimans ordinaires. i”. Pour en avoir, il ne faut d’autre dépenfe que celle d’acheter PAcier dont ils font compofés , 8c d’autre peine que celle de le forger en barres d’un calibre 6c d’une forme convenables; au lieu qu’il en coûts beaucoup pour acquérir un bon Ai-man naturel, 8c qu’il faut employer beaucoup
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- Introduction, xcvij beaucoup de peine & de travail à dreffer fes pôles, fion veut l’armer.
- 2°. Rien de plus aifé que de multiplier les Aimans artificiels, ôt d’en faire une allez grande quantité pour en donner à quiconque en fouhaite ; tandis qu’il n’eft rien de plus rare qu’un bon Aiman naturel, ôt qu’il eft très-difficile de s’en procurer.
- 3°. Les Aimans artificiels font de I beaucoup fupérieurs en force aux Aimans ordinaires, ôt font peut-être plus propres pour communiquer une Vertu Magnétique proportionnelle à leur force. Il eft fort peu d’Aimans naturels propres à aimanter des A i-guilles d acier trempé de tout fon dur, à moins quelles ne foient fort petites ; au lieu qu’on les aimante fort aifément avec les Aimans artificiels. * C eft cette incapacité que les
- * Cette foiblefle des Aimans naturels eft caulê de l’erreur où l’on étoit, que l’acier trempé & revenu bleu , étoit la matière la plus propre à recevoir la Vertu Magnétique : mais s’il eft yrai qu'il
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- xcviij Introduction. Aimans naturels ont en gé pouvoir communiquer leur aux Aiguilles d’acier trempi eft caufe que pour les Aigui Boufloles de mer, on fe fer
- On s’imaginera peut-être que les Aimans ordinaires qui font armés comme ils le font prefque tous, & qui portent un plus grand poids que les Aimans artificiels (impies, font par là même meilleurs. L’expérience convaincra bientôt du contraire. La raifon pour laquelle les Aimans naturels paroiflent l’emporter fi confi-dérablement en cette occafion fur les artificiels, eft qu’ils portent un poids
- îîlîEs!
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- Introduction. xcix Airnans artificiels compofés qui porteront même un poids plus confidéra-ble qu’un Aiman ordinaire de même calibre. L’exemple fuivant montrera la différence qui fe trouve entre un Aiman artificiel fimple, ôc un Aiman ordinaire. J’ai un Aiman naturel qui péfe fix onces ôc demi avec fon armure , ôc qui avec le fecours de fes deux pôles peut porter dix onces, quoiqu’il foit moins propre à communiquer autant de Vertu qu’un Aiman artificiel fimple pefant la huitième ou dixième partie d’une once.
- Un bon Aiman artificiel qui ne péfe qu’environ deux onces, ôc qui n’a que fix pouces de longueur, fuflit pour communiquer à une grande Aiguille d’acier trempé autant de vertu qu’en pourroit communiquer le meilleur Aiman qui foit encore connu.
- 4°. Un autre avantage des Ai-mans artificiels fur les ordinaires, c’eft de pouvoir être facilement réta-
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- C iNTRODUCTlOîf. felis dans leur première force, au cas quils viennent à la perdre par la fuite des tems ; tandis que les Aimans naturels prefque auffi expofés que les artificiels à perdre leur première vertu, ne peuvent la recouvrer que par le fecours de ceux-ci. Ils le pourroient encore par celui des Aimans naturels; mais il eft difficile d’en trouver d’une force allez fupé-rieure pour pouvoir rendre à d’autres la vertu qu’ils auroient perdue.
- j°. On peut avoir différens pôles dans les Aimans artificiels : par exemple , on peut dans une longue barre placer le pôle du Nord dans les deux extrémités, & le pôle du Sud dans le milieu. On peut encore y placer deux ou trois pôles du Sud> & autant de pôles du Nord. On peut les y placer alternativement : ce qui ne fçauroit fe faire dans un Aiman ordinaire, fi ce n’eft par hazard. Quoique cela ne foit pas d’un grand avantage dans l’ufage ordinaire des
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- Introduction. cj Aimans, il eft certaines Expériences où cela peut être de quelque utilité.
- 6°. La forme qu’on eft maître de donner aux Aimans artificiels, leur donne encore la fupériorité fur les Aimans naturels. Ceux-ci font ordinairement trop courts à proportion de leur volume, ôc ce défaut de proportion ne peut manquer de leur nuire. Il y en a qui font fi courts, que probablement, fi on les fcioit en divers morceaux de la longueur de la Pierre entière, après avoir aimanté ces différens morceaux , on trouveroit, fi on l’avoit divifée en cent, cent Aimans auffi forts chacun en particulier, que l’étoic toute la Pierre auparavant.
- Un autre avantage qu’on peut retirer de la forme qu’on donne aux Aimans artificiels, eft qu’on peut rapprocher leurs pôles auffi près l’un de l’autre qu’on le fouhaite, & leur con-ferver cependant une longueur fuffi-fante à proportion de leur volume,
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- cij Introduction.
- comme on le voie dans les Aimans faits en anneaux ou en fer à cheval, dont nous parlerons dans la fuite.
- Enfin un des plus grands avantages que les Aimans artificiels ont fur les A imans naturels, vient de la commodité avec laquelle ils peuvent pat rapport à leur longueur & à leur peu d’épailfeur comparée à celle des Aimans ordinaires , être appliqués dans fufage d’un double tadt, dont nous parlerons plus bas, ufage fi utile & fi avantageux, qu’on peut par fon moyen, avec un Àimanartificiel qui ne péfe qu’une demie once, communiquer aifément plus de vertu à une Jbarre des plus grandes, qu’on ne le feroit avec le meilleur Aiman ordinaire. On peut donner aufli la double touche avec les Aimans naturels) & cela a vec beaucoup d avantage, mais bien moins cependant qu’avec les autres, avec lefquels il eft aufli facile d’aimanter une barre d’acier de 2 ooo.pefant,qu’une d’une oncejquoi-
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- Introduction. ciij que les Aimans artificiels qu’on emploie pour le faire , ne péfent pas 200. livres ; tandis que fi on vouloir en faire autant avec des Aimans naturels, on ne le pourrait qu’avec une prodigieufe quantité de ces Aimans , dont chacun ne péferoit pas moins de vingt ou trente milliers.
- On auroit fouhaité que M. Knightÿ qui le premier a porté les Aimans artificiels au point de perfection qu’on leur connoît aujourd’hui, & que quelques autres qui à fon exemple ont travaillé fur la même matière, .euffent fait part au Public de leurs Méthodes pour pouvoir le mettre en état de comparer ces Méthodes avec celle que l’on donne ici, & de juger fi elles font femblables ou non* Quoiqu’on croie que ce foit la même , on n’ofe pas l’affurer. Il y a ce-pendantlieu depenferque cette Méthode approche plus de la leur, qu’aucune de celles qui ont déjà paru,
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- civ Introduction. fuite. Ce n’eft pas qu’on prétende avoir épuifé la matière , ôc qu’on
- ftenfe qu’on ne puiffe pouffer plus oin ces recherches. Quoiqu’il pa-roiffe qu’il fera difficile de trouver quelque chofe de mieux que la Méthode qu’on propofe ici, il fera toujours glorieux de tenter de nouvelles découvertes.
- On a comparé divers Aimans faits félon les règles qu’on prefcrit ici, avec quelques-uns de ceux qu’avoit compofé M. Knight j ôc on les a trouvé fupérieurs à ceux qu’il avoit faits en dernier lieu , &• beaucoup plus forts, à ce qu’on dit, quen’é-toient les fiens dans les commence-mens, lors même qu’ils fortoient de fes mains.
- Parmi ceux que fai faits, il y en a trois ou quatre dont le plus fort péfe une once ôc trois quarts, qui ont porté, quand ils étoient nouvellement faits, dix-huit ou vingt onces chacun, ôc qui dans la fuite ont con»
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- Introduction. cv tinué à porter plus de dix-fept onces. Il eft vrai qu’ils étoient terminés en pointe du côté où ils portoient, ce qui les met en état de porter une once & quelque chofe de plus que s’ils étoient fabriqués autrement ; mais auffi ils étoient plus légers que ceux avec lefquels on les a comparés, qui avoient cinq pouces & demi de longueur, ôc qu’on avoitfupputé devoir d’abord porter iÿ. ou 16. onces, mais qui dans le tems qu’on s’en eft fervi, ne portoient pas à beaucoup près tant que cela, pour n’avoir pas fans doute été confeivés avec affez de foin. *
- * On auroit tort de conclure de ce que nous Venons de dire, que notre Méthode l’emporte fur celle du fçavant M. Knight. On conclura plus jufte en difant qu’elles font aufli bonnes l’une que l’autre, & que c’eft peut-être la même Méthode. Si l’on trouve quelque différence entre les Ai-mans fabriqués félon ces deux Méthodes, on ne doit l’attribuer qu’à une plus grande attention dan s la trempe des Barres d’acier, puifque les mêmes Barres, après avoir été fùffifàmment durcies > peuvent porter jufqu’à vingt onces, qui auparavant en portoient pour le plus fîx.
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- cvj Introduction.
- J’ai entendu parler d’Aimans de même calibre que les précédens, qui ont, dit-on, porté jufqu’à 27. ou z8. onces. Si ce fait eft vrai, on ne peut l’attribuer qu’à quelque différence qui s’eft trouvée dans la trempe de l’acier, ou dans l’acier lui-même, ou, ce qui eft plus probable , à la forme particulière, ou à quelqu’autre cir-conftance du fer qui a fervi de portant. Car en éprouvant un de ces trois ou quatre Aimans dont nous avons parlé plus haut, qui fans être meilleur que les autres , avoit à peu près le même degré de bonté, aufli-tôt qu’il eut été retouché, on le trouva propre à porter aifément un fourgon qui pefoit environ 22. onces , & il continua pendant plufieurs jours à porterie même poids, quoiqu’avec un peu plus de peine. On ne peut fans doute attribuer cette augmentation de force, qu’à la forme particulière de ce fourgon , dont le haut étoit terminé par une pomme large
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- Introduction. cvij 8c un peu applatie, & non point à aucune différence dans les diverfes manières de compofer ces Aimans ; puifque celle que nous donnons ici, paroît propre à les porter au plus haut point de perfe£tion, autant que la nature de la matièf e dont ils font compofés, peut le comporter, comme on le verra par ce qui fuit.
- Rien de plus aifé que de communiquer à une barre d’acier plus de .Vertu Magnétique, quelle n’en pourra conferver : mais foit qu’on lui en communique peu ou beaucoup, au-delà de la quantité requife par chaque barre, elle perdra tout ce qui excède cette quantité, à moins qu’on ne trouve quelque moyen de la conferver dans cet état d’une plus forte Vertu Magnétique. La méthode que nous donnons pour faire des Aimans artificiels , lervira de preuve à cette vérité, qui paraîtra hors de doute par les expériences fuivantes.
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- cviij Introduction*
- L EXPERIENCE,
- On prit deux Aimans formés en demi-cercles, parfaitement égaux, dont chacun pefoit environ deux onces. Après les avoir placés de forte que s’unifiant par leurs extrémités, ils eurent formé un cercle, on les aimanta félon la méthode donnée ci-après, & on eflaya tout de fuite de les féparer ; mais pour le faire, il ne fallut pas moins qu’un poids de fix ou fept livres, tandis qu après les avoir réunis, on les fépara de nouveau , en n’employant qu’un poids de trois ou quatre livres.
- IL EXPERIENCE*
- On fit une fécondé Expérience allez femblable à la première. On aimanta une petite Barre armée, & on y appliqua pendant tout, le tems de l’opération un coin de fer, & on
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- trouva que cette Barre ainfi unie au coin de fer, portoit un cinquième de plus avant d’en avoir été féparée pour la première fois, que quand on le lui préfentoit de nouveau : d’où l’on peut conclure évidemment que cette diminution de force ne vendit point d’aucun défaut dans la méthode pour faire ces Aimans , & de ce qu’on n’avoit pas pu lui communiquer plus de vertu, qu’elle n’en avoit pu conferver, mais de l’incapacité de la matière dont elle étoit com-pofée, à en pouvoir retenir une plus grande quantité. Si on place deux Aimans avec leurs pôles de même nom enfemble , ils fe nuiront réciproquement , & perdront par là beaucoup de leur force; &fion en place plufieurs de cette façon, quelques-uns ne feront pas feulement entièrement privés de vertu , mais peut-être acquerront des pôles corn traires. De là on peut encore conclure que fi nous concevons un Ai-
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- mandivifé en différentes parties, fé. parées parallèlement à Ton axe , chacune de ces parties doit s’efforcer de nuire à tout le refte : mais en fuppofant en même tems que la dureté de l’acier eft capable en quelque façon de réfifter à cet effort, on expliquera fort bien pourquoi un morceau d’acier peut conferver la Vertu Magnétique jufques à un certain degré , & pourquoi il ne peut pas en conferver davantage ; puifqu’enfin cette vertu peut devenir fi grande, & parvenir à un tel point, qu’ellefur-paffe la réfiftance qui vient de la dureté de l’acier: ainfi l’aiman ne pourra conferver de cette vertu, quautant qu’il en pourra contrebalancer par fa réfiftance, & il perdra nécef-làirement tout ce qui ne fe trouvera plus en équilibre avec cette même réfiftance. Si nous convenons de la jufteffe de ce raifonnement, il eft clair que l’acier le moins trempé eft le moins propre à conferver la Ver-;
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- Introduction. cxj ta Magnétique , & le plus propre à la perdre ; & c’eft le cas dont il s’agit a&uellement : car un morceau d’acier trempé & revenu bleu , retiendra beaucoup moins de la Vertu Magnétique, que l’acier trempé de tout fon dur. L’acièr mol la retiendra encore moins , & le fer qui eft encore plus mol en retiendra à peine quelque choie ; mais le même principe qui fait que le fer retient moins de Vertu Magnétique, fait auffi qu’il la reçoit plus aifément : ainfi l’acier mol la doit recevoir avec plus de facilité que l’acier trempé & revenu bleu : l’acier trempé & revenu bleu, pareillement avec plus de facilité , que l’acier trempé. Pour vous en convaincre, voyez fur la fin de ce Traité, la Méthode pour foire des Aimansartificiels par le moyen de trois barres de fer. La capacité différente de l’acier trempé, ou de l’acier trempé & revenu bleu, à conferver leur Magnétifme > fe prouve ainfi*
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- cxtj Introduction.
- EXPERIENCE.
- Prenez deux Aimans d’égale grof. feur, l’un d’acier trempé, ôc l’autre feulement d’acier trempé & revenu bleu. Placez enfemble leurs pôles de même nom, & frottez - les en les coulant l’un fur l’autre pendant quelque temps. La vertu de l’Aiman revenu bleu, fera bientôt diminuée, fi elle ne fe perd pas entièrement, tandis que celle de l’acier trempé n’aura fouffert prefque aucune diminution.
- Tout ce qu’on vient de dire prouve quele moyen le plus fûr pour faire de bons Aimans, eft d’employer la matière la plus propre à conserver la V ertu Magnétique s telles que font certaines efpèces de mines de fer que l’on peut aimanter : car on n’a trouvé que très-peu de différence dans les divers aciers dont on s’eft I jfervi jufqd apréfentj feulement quelques-uns
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- Introduction, cxiij ques-uns ont demandé une plus grande exa&itude , un plus grand ou un moindre degré de chaleur, en les trempant.
- Quoique les Aimans. artificiels n’euffent pas été portés à ce haut point de perfe&ion où ils font aujourd’hui , on ne laiffoit pas cependant que de s’être donné bien des mouvemens pour les faire avec quelque fuccès. Plufieurs avoient cru qu’il fuffifoit de joindre enfemble un nombre de Barres d’acier, qu’on fi-xoit par le moyen d’une armure , après les avoir aimantées avec une bonne Pierre , & ils avoient pafla-blement réulli ; de forte que quelques Aimans fabriqués félon cette méthode, ne le cédoient prefque en rien aux meilleurs Aimans naturels , & ils étoient ce qu’il y avoit de m.eux en ce genre. Il faut avouée qu’ils auroient été encore meilleurs, fi on fe fût fervi pour les compofer d’acier trempé, au lieu de l’acier k
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- cxiv Int roduction. mol, ou revenu bleu, dont on étoic en ufage de fe fervir, par le ridicule préjugé que l’acier mol, ou l’acier trempé & revenu bleu , étoit ce qu’il y avoit de plus propre à recevoir la Vertu Magnétique. Il eft vrai qu’ils la reçoivent avec plus de facilité , mais ils la confervent beaucoup moins; & quand même ils auroient eu moins de facilité à perdre fi-tôt leur vertu , nauroient-ils pas été ex-pofés à la perdre dans la fuite par la îituation de leurs pôles de la même dénomination, qui fe trouvent placés enfemble dans ces fortes d’Ai-mans,compofés de différentes barres pofées les unes fur les autres ?
- Les meilleurs Airnans artificiels qui ont paru jufques dans ces derniers teins, font fans contredit ceux de Servïngton Savery, Ecuyer. * Ils étoient prefque aufli bons que ceux que nous avons faits félon notre nou-
- * Voyez les Tranfaâions Philofophiques, N®. 4H. ou Vol. VI. Partie H, pag. 260. de l’Abrcgé.
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- iNTRODUCTtOif* C*V velle méthode ; fi on peut ajouter foi à ce qu’il nous en dit lui-même, comme on doit le faire par refpeâ pour un homme qui paroît entendre fi bien cette matière, & dont la méthode femble être fondée fur les vrais principes du Magnétifme. J’avouerai cependant que nous n’avons pas même effayé d’éprouver f» cette méthode auroit véritablement les fuc-cès qu’il nous promet, fur tput après que nous avons trouvé un moyen plus court ôc plus facile de faire de meilleurs Aimans : mais ma furprife eft que perfonne ne l’ait tenté avant nos dernières découvertes, puifque les Aimans de fa façon étoient ce qu’il y avoir eu jufqu’alors de meilleur,& qu’ils dévoient êtrefupérieurs de beaucoup à ce que nous avons de mieux en Aimans naturels.
- On ne fera pas fâché qu’à la fuite de cette Préface, nous faffions mention de quelques propriétés des corps Magnétiques, dont la connoiffance kij
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- eft néceffaire à ceux qui ont defleiit de faire quelques expériences, qui, faute de cette connoiflance, échoue» roient dans leurs recherches, ou en tireroient de faufles conclufions. Cependant, pour ne pas m’écarter de la brièveté que je me fuis propofée dans ce Traité , je réferverai a une autre occafion plus favorable les preuves de ces propriétés.
- i°. Par tout où l’on trouve quelque Vertu Magnétique, foit dans l’Aiman lui-même , foit dans quelque morceau de fer à qui on l’a com» muniquée par le moyen d’un Ai--man , on y trouve toujours deux points ou deux pôles, à qui on a donné le nom de Nord & Sud. Les pôles d’un même nom dans deux Aimans qu’on approche l’un de l’autre , fe repouflent mutuellement ; au contraire les pôles dé différensnoms s’attirent l’un l’autre.
- 2°. L’attra&ion & la repulfion des Aimans n’eft ni diminuée, ni aug-
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- Introduction, cxvij mentée par l’interpofition d’aucun corps non magnétique, quoiqu’elles paroiffent fouvent augmentées par rinterpofition de ceux qui deviennent magnétiques quand ils font en contafl, ou par leur approche vers des Aimans entre lefquels ils font placés.
- 30. Chaque pôle attire ourepoufle exa&ement à diftances égales dans chaque direâion. *
- 4°. L’attra£lion ou la repulfion
- * Ceux qui penfènt que le Magnétifme dépend d’un fluide fubtil , ne voudront point admettre cette propriété, comme étant entièrement opposée à une pareille hypothèfe. Elle eft cependant prouvée par une grande quantité d’expériences: c’eft le défaut d’une pareille connoiflance qui a jette dans l’erreur plusieurs des plus habiles & des plus attentifs Obfervateurs. Le Doâeur Gilbert, qui vers la fin du ré^ne de la Reine Elifabeth, a écrit un livre fi ingénieux fiir l’Aiman, eft de ce nombre. Comme il ne connoiiïoit pas cette propriété , il concluoit avec quelque rai (on de plu-fîeurs expériences qu’il avoit faites, que l’Aiman n’attiroit pas l’Aiguille, mais qu’il la faifoit tourner par la force de ce qu’il appelle Vertu difpo-lîinte, qnil fiippofe environner la Pierre fous la forme-d’une Atmofphère.
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- cxviij Introduction. Magnétique font exa&ement égales lune à l’autre. *
- 5 Les pôles des Aimans ne font pas à leurs extrémités, mais à une petite diftance de ces extrémités : d’où il fuit que les Aimans font
- * Le grand nombre de ceux qui ont dit quelque choie de cette propriété de l’Aiman , conviennent non feulement que l’attraétion & la re-pulfion de l’Aiman ne lont pas égales dans chaque Aiman , mais ils ajoutent qu’ils n’ont pas même obfervé les mêmes loix d’augmentati in & de diminution. Leur erreur vient de ce qu’ils n’ont pas fait attention aux dilférer.s degrés de force que chaque Aiman 'a dans les différentes circonftan--ces où il fe trouve. Deux Aimans qui ont leurs pôles qui s’attirent, placés l’un contre l’autre, ont par là une augmentation de force ; & au contraire , s’ils fe touchent par leurs pôles repullifs, leur force diminue. Ainfi l’augmentation ou la diminution de leur force dans un plus grand ou dans un moindre dégré, dépend de ce que les Aimans font ou plus près ou plus loin l’un de l’autre ; & les expériences fanes fur ce fitjet, prouvent que le plus & le moins d’attraâion ou de repulfion, marche toujours en égalité avec le plus ou le moins de diftance entre les deux Aimans dont on s’eft fervi dans les expériences ; & l'effet des Aimans l’un fur l’autre eft fi grand, que quand les pôles repulfifs d’un grand Aiman & d’un petit Aiman fe touchent, le petit a fou-vent fon pôle repulfif changé en attraâif.
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- Int roduction. cxix plus magnétiques au milieu qu’aux extrémités. Enfin dans les Aimans d’acier mol ou revenu bleu, les pôles font communément plus éloignés des extrémités , que dans l’acier trempé.
- 6°. L’attra&ion * ou la repulfion des Aimans diminue à proportion de l’augmentation des quarrés des distances aux pôles refpe&ifs. Cette propriété paroît prouvée par les expériences que j’ai faites, ôc par celles que j’ai lues ailleurs: On ne prétend cependant pas la donner pour certaine , parce qu’on n’a pas eu le loi-
- * Il y en a qui ont cru que la diminution de l’attraftion ou de la repulfion magnétique étoit en railbn inverfe des cubes des diftarces, d’autres en raifon des quarrés ; quelques-uns enfin, qu’elle ne fuit aucune loi déterminée, quoiqu’elle toit plus vive à une grande diftance, cu’à une petite, & qu’elle loit différente en différentes Pierres. Parmi ces derniers eft le Dofteur Taylor & P. Mufchembroclt, qui paroiffent avoir été fort exaéls dans leurs. expériences. Voyez les Tranfattions Philosophiques, N°. 368. & 390. m le Vol. VI. Partie IL fag. 153. & 25^ de l’Abrégé d’Eames.
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- cxx In t R od- uct i-o'n. lir ou la facilité de faire affez de*, périences, pour la déterminer avec la dernière exadtitude.
- 7°. Les Aimans portent ou fou-tiennent des poids de fer qui font entre eux dans une plus grande rai. fon , que la force de ces Aimans pour aimanter, & vraifemblable-ment dans une raifon approchante de la doublée de cette force.
- Ces Sçavans ont tiré ces concluions de leurs expériences, fans faire attention à la ttoifième propriété des Aimans dont nous venons de parler; car s’ils en a voient tenu com-pte, ainfi que de l’augmentation & de la diminution de force des Aimans avec lefquels ils faifoient leurs expériences, toutes les irrégularités dont ils fe plaignent feroient alors devenues faciles à expliquer, Ôc le gros de leurs expériences fe feroit accordé avec la loi du quarré inverfe des diftances.
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- ‘METHODE
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- METHODE
- FOUR FAIRE
- DES A I M A N S ARTIFICIELS,.
- VANT que d’en venir à la Méthode de foire des Ai-mans artificiels, il n’ell pas hors de propos d’obferverque chaque Aiman a deux pôles: on appelle ainfi dans un Aiman les deux points d’où femble couler fa vertu attra&ive ôcrepulfive, auxquels cette même vertu paroît tendre, ôc aux environs defquels un Aiman paroît agir plus fortement, à moins qu’il ne foitdé-
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- 2 A i m a N s
- rangé par quelques circonftances particulières. Un de ces points s’appelle pôle du Nord ; & l’autre, pôle du Sud. On donne communément le nom de pôle du Sud à celui des deux qui fe tourne vers le Nord, toutes les fois qu’un Aiman placé fur l’eau dans un petit batteau de bois ou d’autre matière propre à le foutenir, a la liberté de fe mouvoir ; & on nomme pôle du Nord celui qui dans un pareil cas fe tourne vers le Sud. ( a) Ce fera toujours dans ce fens que
- ( a ) C’eft auffi dans ce fens que les meilleurs Auteurs l’ont toujours entendu. Voyez Gilbert dans (bn Traité fur l’Aiman, M. Savery dans les Tranfaétions Philofophiques, & differens autres qui ont écrit fur le même fujet. Gilbert prétend être le premier qui ait ainlî dénommé ces Pôles. On peut voir dans fbn Traité for l’Aiman les rai-fons qui l’ont porté à s’exprimer de la forte.
- Cette façon de s’exprimer n’eft point en ufage en France ; &ony appelle communément Pôle du Nord, l’extrémité de l’Aiguille qui le tourne vers le Nord ; & Pôle du Sud, celle qui fe tourne Yers le Sud,
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- Artificiels» $ j’en parlerai dans la fuite.
- Le pôle du Sud d’un Aiman attire conftamment le pôle du Nord, ôc repouffe le pôle du Sud d’un autre Aiman ; Ôc de même le pôle du Nord de l’un attire le pôle du Sud, ôc repouffe le pôle du Nord de l’autre. Ceft pourquoi, quand on veut aimanter une Aiguille dont on a marqué celle de fes deux pointes qui doit fe tourner vers le Nord, il faut commencer par placer la pointe oppofée fous le pôle du Nord de la pierre dont on fe fervira pour l’aimanter, ôc faire glifîer enfuite la pierre fur l’Aiguille d’un bout à l’autre. La pointe marquée, qui dans cette occafion eft la dernière attirée, continuera à l’être dans la fuite parle pôle du Nord de quelque Aiman que ce foit, ôc
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- l’autre en fera toujours repouffée. D’où Ton peut aifément conclure , conformément à ce que j’avois d’abord avancé, que cette pointe fera le pôle du Sud y & qu’elle fe tournera toujours vers le Nord. Après_cette obfervation qui m’a paru néceffaire , paffons à la méthode de faire des Ai-mans artificiels.
- Préparez une douzaine de lames d’acier, pefant environ une once & trois quarts chacune, longues de fix pouces, & larges d’un demi poupe, fur un peu plus de deux lignes d’épaif-feur, comme il paroît par ce que j’en dis dans la fuite ; trempez - les, & prenez garde que le feu ne foit ni trop vif ni trop lent, l’un ôc l’autre extrême étant nuifible; ces lames de-yroientêtre marquées à l’une de leurs
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- extrémités, afin de pouvoir diflinguer l’une d’avec l’autre. Pour le faire, il fufiira d’y donner un feul coup de cifeati dans le tems qu’elles font encore chaudes. Après avoir trempé ces lames, il faut en éclaircir les extrémités fur un marbre ou fur une roue à aiguifer des rafoirs ; c’eft le moyen de les rendre plus propres à foulever un poids, & peut-être de les rendre un peu meilleures pour aimanter des Aiguilles. Ceux qui aiment les ouvrages recherchés, pourront faire polir demême la lame en entier» quoique cela ne foitpas néceffaire, & que les lames Amplement trempées , au fortir de la forge, & fans autre apprêt, foient fuffifamment fortes , Sc peut-être plus fortes que les lames polies.
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- Je viens de propofer ce quiparoie convenir le mieux, foit par rapport au volume, foit par rapport à la forme de ces lames. Cela n empêche pas qu’on ne puifle en foire d’un autre volume & d’une autre forme, pourvu que l’on obferve une certaine proportion entre leur longueur & leur groffeur, telle que je l’afligneraidans une Table qu’on trouvera plus bas.
- Gomme les lames dont nous venons de parler, peuvent être employées à faire des Aimans de diffé-rens volumes, il faut obferver qu’il en faut plus d’une douzaine à ceux qui voudroient fabriquer de grands Aimans, & il fera à propos dans le nombre d’en avoir quelques-unes plus longues, ou plus courtes que les autres d’un demi pouce. On coi*-
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- noîtra leur utilité par ce que nous dirons dans la fuite.
- Le meilleur acier pour ces lames eft fans contredit celui où l’on ne trouve aucun mélange de fer. J’ai fouvent donné la préférence à l’acier doublement raffiné > & quelquefois à l’acier d’Allemagne. Le plus ordinairement je me fuis fervi de l’acier commun, & je n’y ai pas trouvé une grande différence. Ce qui me per-fuade que l’acier, de quelque efpèce qu’il foit, eft également bon; que le meilleur eft celui que l’on peut tremper avec une moindre chaleur ; 6c que fi on a trouvé quelque différence dans divers aciers, on ne doit l’attribuer qu’aux différens degrés de chaleur qu’on a donnés à un acier plutôt qu’à un autre, en le trempant. Ainfi
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- on peut fans crainte fe fervir de l’acier commun qui me paroît également bon y & qui peut-être eft moins fufceptible que les autres efpèces d’acier , de recevoir quelque altération de la petite variation qui fe trouve dans les différens degrés de chaleur néceflàires pour le tremper.
- Quand quelque Aiman ne fe trouve pas à ce point de perfe&ion qu’on prétend lui donner , on peut eflàyer ; de le tremper de nouveau, & employer un degré de chaleur plus ou moins fort , félon que les circonftan-ces le demanderont. J’ai une lame de fix pouces, qui eft aujourd’hui un de mes meilleurs Aimans ; il avoit été un de mes moindres, julqu’à ce que jel’euffe trempé à fix ou fept reprifes.
- Ayez donc une douzaine de la»
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- Artificiels. 5 mes, telles que je viens de le dite, qui foient d’acier commun jpuifqu’il elt aufli bon pour ce que je propofè qu’aucun autre. Ayez encore une boîte difpofée d’une manière convenable pour les enfermer. Il ne vous en faut pas davantage pour pouvoir aimanter une grande Aiguille, mieux que vous ne le feriez avec le meilleur Aiman ordinaire qui ait été décou. vert jufques à préfent. J’ai dit que pour conferver ces lames, il faut les enfermer dans une boîte. Au fond de cette boîte doivent être attachées fur une même ligne, & à cinq pouces & demi de diftance l’une de l’autre, deux petites pièces de fer , ayant chacune environ un pouce de faillie, en hauteur perpendiculaire, fur un quart de pouce ou un peu plus, d’é-
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- paiffeur en quarré. La hauteur que je leur donne , répond à l’épai fleur d’une demie douzaine de lames dont j’ai parlé, laquelle ne doit guères excéder celle d’un pouce. Il faut avoir foin que ces deux petits montans foient extrêmement polis. C’eft contre eux qu’il faudra placer la demie douzaine de lames aimantées, fix d’un côté & fix de l’autre, & les mettre de façon qu’elles préfenrent aux pièces de fer le côté de leur épaifleur. Faites attention que les fix lames pofées d’un même côté aient, ou tous leurs pôles Nord, ou tous leurs pôles Sud placés enfemble ; & que les fix autres pofés de l’autre côté préfentent aux pôles des premières leurs pôles de dénomination contraire. Prenez garde encore qu’il ne faut placer ni dé-
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- )lacer à la fois toutes les lames d’un nême côté ; bien plus, qu’il ne faut pas même en tirer plufieurs du même côté, fans qu’il en relie un nombre fuffifant de l’autre, pour conferver efpèce d’équilibre entre la vertu des différens pôles ; l’on ne fçauroit être trop attentif fur ce point. Si dans la fuite vos Aimans perdoient leur , faute d’avoir pris cette précaution, ou par quelque autre raifon, il eft à propos, avant que de s’en fer-de leur rendre leur première par la méthode prefcrite pour faire des Aimans.
- Les lames d’acier étant préparées comme nous venons de le dire, il faut travailler à placer le pôle du Sud à l’extrémité marquée, ôc le pôle du Nord à celle qui ne l’eft pas. Pour le
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- faire, rangez une demie douzaine de ces lames, de manière qu’elles forment une ligne Nord & Sud, & que le bourde la première quin’eftpas marqué , touche le bout marqué de la fui. vante, &c. faifant attention que les bouts marqués de toutes ces lames regardent le Septentrion. Cela fait; prenez un Aiman armé, & placez fes deux pôles fur une des lames, le pôle du Nord vers le bout marqué de la lame, qui eft deftiné à devenir pôle du Sud, & le pôle du Sud vers le bout non marqué, qui eft deftiné à devenir le pôle du Nord. Coulez en-fuite la pierre fur la ligne des lames d’un bout à l’autre trois à quatre fois, prenant garde quelles en foient toutes touchées. Après cette première opération, ôtez de leur place les
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- eux lames du milieu ; placez - les lux deux extrémités de la ligne, 6c Ibftituez en leur place celles qui au-laravant terminoient la ligne , en onfervant toujours la même difpofi-ion par rapport aux bouts marqués t non marqués ; faites glifler votre ierre dans le même fens fur les qua-:e lames feulement du milieu, fans aller jufquau bout de la ligne, parce que les lames qui la terminent actuellement de chaque côté, 6c qui étoient auparavant au milieu, ont déjà acquis plus de vertu, qu’elles ne pourraient en recevoir dans l’endroit où elles font préfentement, ôc que bien loin d’acquérir une augmenta-: vertu, elles perdraient peut-être quelque çhofe de celle quelles ont déjà, fi on les aimantoit de non-
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- veau; c’eft-à-dire que les lames qui terminent la ligne de chaque côté ne reçoivent pas autant de vertu , que celles qui font au milieu; c’eft la raifon pour laquelle j ai dit qu’il falloit tranf porter au milieu, les lames qui dans le commencement étoient placées aux deux extrémités de la ligne. A-près avoir aimanté ces fix lames, félon les réglés que je viens de pref-crire, il faut renverfer la ligne entière des lames, afin de pouvoir en aimanter le deffous de la même manière qu’on en a aimanté le deflus : mais il ne faudra pas, comme je l’ai déjà dit, faire couler la pierre d’un bout de la ligne à l’autre dans cette fécondé opération; il fuffira feulement de tranfporter enfuite au milieu les lames qui terminoient la ligne, ôc
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- A RTIEl CI1UJ, Ij es aimanter à leur tour.
- Si vous n’avez point d’Aiman armé, prenez-en un qui ne le fort pas, & rangeant, comme auparavant, vos lames fur une ligne, placez le pôle du Sud de votre Aiman fur l’extrémité marquée de la lame la plus éloignée, & faites-legliffer jufques au bout fur la ligne entière des lames. Après quoi tournez votre Aiman, & changeant de pôle, mettez celui du Nord , non pas à l’extrémité, mais à peu près au milieu de la ! lame qui vient d'être touchée la der-{ nière ; fàites-le glilfer deflus de nouveau jufques au milieu de la première. Là, changez cncore de pôle, & prenant garde de placer toujours votre Aiman au milieu, fàites-le encore gliffer jufques au bout, çomme la
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- première fois; ce que vous répéterez à quatre ou cinq reprifes. Vous placerez enfuite au milieu les deux lames , qui jufques alors terminoient la ligne ; & mettant le pôle du Sud de votre Aiman fur l’extrémité marquée de ces deux lames, vous ferez couler votre Aiman jufques à l’extrémité qui neft pas marquée. Placez enfuite le pôle du Nord fur le bout qui n’eft pas marquéôc faites-le couler jufques au bout marqué ; ce que vous répéterez trois à quatre fois. Vous renverferez après cela la ligne entière des lames , pour en aimanter le deflbus de la même façon.
- Si i’Aiman dont vous vous fervez pour donner un commencement de vertu à vos lames, fe trouvoit trop foible, ( ce qui arrive aflez communément
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- Artificiels 17 nément aux Aimansqui ne font point armés, & quelquefois même à ceux qui le font, quand les pôles font à une grande diltance;) ôc que vous ne puifliez pas avec fon fecours communiquer allez de vertu à vos lames * vous ferez bien de les aimanter, félon les réglés précédentes, avant que de les tremper ; parce quelles feronr alors en état de recevoir la Vertu Magnétique avec beaucoup plus de facilité. Alors aimantant toutes les lames, félon la méthode que l’on trouvera plus bas , jufqu’à ce qu’elles le foient aufli fortement quelles peuvent l’être dans cet état: on en trempera la moitié ; & les? ayant aimantées avec la moitié qui refte non trempée , on trempera en-fuite celle-ci, & on procédera de
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- même, &c.
- Si votre Aiman étoit fi foible qu’il ne pût pas même vous fervir malgré ces dernières précautions, eflayez alors d’aimanter des lames beaucoup plus petites que celles de fix pouces ; & aimantez-les même, s’il le faut » avant que de les tremper. Si la foi-blefle de votre Aiman eft telle que vous ne puiffiez pas encore réüflir, fervez - vous, au lieu d’Aiman, de trois barres de fer, félon la méthode que nous donnerons fur la fin de ce Traité. '
- Ces derniers expédiens que je viens de propofer, ne regardent que les cas où l’on manqueroit d’un Aiman, ou tout au moins d’un Aiman affez fort pour réüflir dans la première préparation des lames. Je reviens à
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- cette première préparation. Après avoir communiqué , ainfi que je l’ai dit, un petit degré de Vertu Magnétique à une demie douzaine de ces lames, rangez l’autre demie douzaine , qui ria point encore été aimantée , fur une ligne, de la même façon que vous aviez rangé la première demie douzaine déjà aimantée. V.?l. ILfig. i. cette ligne A. B. Elle de-vroit,felonlafuppofition, contenir fix de ces lames; mais, faute déplacé, on sert contenté d’en graver feulement trois : le petit trait qui traverfe l’extrémité de chaque lame du côté droir, & qui aboutit à un point marqué fur l’épaiffeur de la lame, repréfente le coup de cifeau, ou la marque faite à un des bouts de chaque lame, telle que nous l’employons dans lafùppo-
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- ao Al M ANS
- fition préfente, à indiquer le pôle du Sud. C. D.E.F. repréfentenc la demie douzaine des lames déjà aimantées, divifée endeuxfaifceaux, donc le premier C.D. en contient trois ; les trois autres font dans le fécond faifceau E. F, Elles s appuient les unes contre les autres par le haut, & elles font fépaEées par le bas, à la diftance à peu près delà dixième partie d’un pouce, ou un peu plus. Pour les contenir dans cette diftance, on peut placer entre elles un petit morceau de bois , ou de telle autre matière qu’on voudra; pourvû que ce ne foie pas du fer- Quand la Vertu Magnétique de ces lames eft encore bien foible, on peut laiffer entre elles une moindre diftance que celle que nous venons d’aiîigner > & lea approche*
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- Artificiels, tt autant qu’on le voudra ; pourvu qu’elles ne fe touchent pas, ce qu’on ne doit jamais permettre.
- Les trois Aimans qui font dans le faifceau C. D. (car nous pouvons déjà leur donner ce nom, quoique leur vertu fait encore bien foible, ) ces trois Aimans, dis-je, ont leurs pôles du Sud placés en bas, & leurs extrémités qui ne font pas marquées, c’eft-à-dire, leurs pôles du Nord placés en haut. Au contraire les trois Aimans du faifceau E. R ont en-bas leurs pôles du Nord, & en haut leurs extrémités marquées, c’elt-à-dire , leurs pôles du Sud. Comme dans les faisceaux C.D-E.Fil n’a pas été pofli-ble de faire paroître les marques pla* cées fur la furfàce des lames aimantées , on a eu foin dans la figure d’inr
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- cliquer les pôles du Sud par des points gravés furie côté de ces lames. Ces lix lames aimantées étant ainfidifpo» fées, faites-lesg!iffer trois à quatre fois d’un bout à l’autre dans toute la longueur de la ligne, opérant avec ces lames de la même façon que fi elles étoient un véritable Aiman ; puifque, comme nous l’avons dit, elles peuvent déjà porter ce nom. Après quoi , placez au milieu de la ligne , comme ci-devant, les deux lames qui ont été jufques alors aux extrémités ; faites gliffer defliis de nouveau les lames aimantées. R en-verfez enfuite la ligne entière , afin de pouvoir en aimanter le deflous de la même façon , en faifant toujours attention de ne point paflfer fur les deux lames qui terminent a&uelle-
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- Artificiels. aj ment la ligne ; parce que, comme il a déjà été dit, elles n’en retireroient pas plus de vertu, quelles en ont reçu quand on les a. aimantées au milieu de la ligne, avant que d’en faire le renverfement. Il fuffira de les placer à leur tour au milieu de la ligne, & de les aimanter dans cette nouvelle place comme les autres. Sileslamesaimantéesenpremierlieu ont reçû de l’Aiman, dont vous vous êtes fervi au commencement, un degré fuffifant de vertu, cette fécondé demie douzaine, par les moyens que nous avons recommandés, recevra fans contredit une vertu bien plus forte, que celle des premières lames dont on vient de fe fervir pour les aimanter. C’eft pour cela que vous ferez bien maintenant de placer cette
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- *4 A I M A N S
- première demie douzaine fur une li‘-gne, & de l’aimanter à Ton tour avec le fecours de la dernière demie douzaine, à qui elle vient elle-même "de communiquer la Vertu Magnétique ; 8c en leur faifant ainfi changer de rôle , fervez-vous tour à tour d’une de ces deux demies douzaines pour aimanter l’autre, jufques à ce que toutes ces lames aient reçu autant de vertu, qu elles en peuvent conferver» Vous vous en appercevrez quand la répétition de ces opérations ne leur donnera plus aucune augmentation, de force.
- felon ces réglés, & bien trempées , doivent porter chacune, par un feul de leurs pôles , un poids de fer d’une livre, &, peut-être quelque chofe de
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- Artificiels. 2$ plus : fix de ces lames communiqueront parfaitement leur vertu à de nouvelles lames de la même proportion, après les avoir touchées feulement trois à quatre fois, fuivant les réglés prefcrites, excepté à celles des extrémités qui doivent être toujours tranfportéesau milieu.
- Dans la méthode que nous donnons ici, les fix lames aimantées, dont nous fàifons ufage pour aimanter les autres, doivent être placées trois d’un côté, comme nous l’avons déjà dit, avec leurs pôles du Nord en bas, tandis que les trois de l’autre côté auront en bas leurs pôles du Sud. Comme U arrive cependant que quand divers Aimans réunis ont leurs pôles de même nom placés enfem-ble, ces Aimans fe nuifent ordinai-r*
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- 3.6 A 1 M A N S
- rement les uns aux aures, à moins qu’on ne vienne à bout de les en empêcher par une oppofition d’aâion ; il eft abfolument néceffaire, & l’on lie fçauroit y faire trop attention, de ne jamais placer en même tems deux lames d’un même côté ; mais il faut les mettre une à une, Ainfi, en plaçant la première du faifceau G D. il faut placer en même tems la première du faifceau E. F. ôc ainfi de fuite ; & les faire pencher, afin qu’elles puiffent s’appuyer l’une contre l’autre par le haut. On doit en agir de même quand on les ôte de def-fus la ligne à aimanter. Il y a cependant un moyen plus court de les placer ôc de les ôter, c’eft, dans l’une ôc l’autre opération, de rapprocher les deux faifceaux par le bas, comme
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- ART1FI C 1ELS. 27 iis le font déjà par le haut, de les ôter & mettre ainfi réunies, ôc de ne les féparer de nouveau par le bas, que quand on les aura remifes fur la ligne qu’ils doivent aimanter.
- Nous avons dit que les deux lames qui terminent la ligne de chaque côr té, doivent être tirées de cette place, pour être mifes au milieu, où elles recevront beaucoup plus de Vertu Magnétique, qu’elles n’en pourroient recevoir dans l’endroit où elles é-toient auparavant. On fera peut-être curieux de fçavoir pourquoi les la-; mes ainfi placées aux extrémités de la ligne entière, reçoivent alors moins de Vertu Magnétique , que quand elles feront placées au milieu; en voici, ce me femble, la raifon Les fix lames dont on fe fert pour aiman-
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- 2S Ai mans
- ter les fix autres, s’efforcent de donner à la partie de la lame qui n’eft point enclavée entre elles, la Vertu Magnétique dans une direûion contraire à la direûion de la partie de la lame qui fe trouve enfermée entre elles. Or, comme cette dernière direction eft celle qu’on doit fe propo-fer, il s’enfuit que ce premier effort eft contre nous , & qu’il nous feroit nuiftble, fi l’on ne tâchoit de le prévenir. Pour y rérifTir, nous pourrons recourir à deux moyens. Le premier nous eft fourni par la vertu qu’a l’acier de réfifter jufques à un certain degré à tout effort entrepris pour lui donner ou lui ôter la Vertu Magnétique. Le fécond confifte dans un commencement de Vertu Magnétique que les lames aimantées ont déjà ac-
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- Artificiels. ap quis, & qui réfide à.leurs extrémités : mais comme cette dernière vertu manque à une des extrémités des lames qui terminent la ligne de chaque côté, & qu’elles ne peuvent avoir par conféquent une force fuffifante pour réfifter à l’effort contraire des autres lames employées à les aimanter , elles reçoivent moins de Vertu Magnétique que les autres qui oppo-fent une plus grande réfiftance à cet effort. Quoique dans la ligne des lames qu’oh aimante , chaque lame n’en ait qu’une feule * pour la foute-nir contre l’effort contraire des fix dont on fe fert pour l’aimanter, & que par là elle ait fuffifamment de
- * Les Aimans qui font placés aux extrémités des autres pour les foutenir de la forte , peuvent s’appeller Supports ; & c’eft ainfi que nous les appellerons dans la fuite.
- Ciij
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- quoi réfifter, & même affezbien, à cet effort des fîx barres : cependant il y en a qui reçoivent une augmentation-de force, lorfqu’elles font fou-tenues par des Aimans plus grands, ou par deux à trois lames de leur volume placées à chaque bout, prenant garde d’appuyer les pôles du Sud de ces fupports contre le pôle du Nord de cette lame ; ôt au contraire les pôles du Nord des fupports de l’autre bout contre le pôle du Sud de’cette même lame. Comme il s’enfuivroit de là qu’on trouveroit du côté des fupports deux à trois pôles du Nord d’une part, ôc deux à trois pôles du Sud de l’autre, placés enfemble, fans avoir de quoi contrebalancer leurac-tion 5 il paroît à propos de placer parmi les pôles du Nord de ces fupports,
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- s4 RT IP1C1ELS. 3 T
- le pôle du Sud d’un autre Aiman ; & parmi les pôles du Sud 3 le pôle du Nord d’un autre , pour empêcher qu’ils ne puiffent fe nuire les uns aux autres ; ce qui arriver oit fûrement fans cela.
- Si pour aimanter des lames de fix pouces, on emploie plus de fix Ai-mans de même volume, l’effort contraire fera fans contredit plus grand , & par conféquent on leur communiquera moins de vertu, que fi l’on fe contente d’employer pour les aimanter un nombre d’Aimans moins confidérable ; à moins qu’on ne fe ferve, pour foutenir les lames qu’on aimante, d’un plus grand nombre de fupports ; d’où il s’enfuit qu’on aimantera beaucoup mieux une ligne de lames avec fix Aimans qu’avec
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- 32 j4 1 M A N S
- huit : car un feul fupport à chaque
- bout des lames à aimanter, n’eft pas
- fuffifant contre l’effort contraire des
- huit Aimans quon emploieroit à les
- aimanter.
- Cependant comme huit Aimans doivent avoir plus de vertu que fix, il eft certain qu’ils en communiqueront davantage à une lame qui auroit des fupports fuffifans. On pourrait nous demander pourquoi nous n’avons pas imaginé des fupports convenables , pour pouvoir nous fervir de huit Aimans plutôt que de fix ? Je répondrai à cela que fuivant les expériences que j’en ai faites, fix Aimans font plus que fuffifans pour communiquer fans peine à une lame de leur volume beaucoup plus de vertu, qu’elle n’en pourra conferver:
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- on ne leur en communiquèrent gue-res moins avec quatre Aimans feule-ment, & même deux fuffiroient pour leur donner, quoiqu’avec un peu plus de peine, à peu près la même vertu. Si cependant quelqu’un fou-hairoitfe fervir de huit Aimans, ou d’un nombre encore plus confidéra-ble, ( quoiqu’il ne Toit pas aifé de trouver des fupports en état de rélifter à l’effort. contraire d’un plus grand nombre, ) il pourra, félon la méthode fuivante, aimanter une fort petite lame avec un tel nombre d’Aimans qu’il lui plaira.
- Placez fur la lame qui doit être aimantée, le nombre d’Aimans que vous voudrez, de la même manière
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- 34 A IM AN s
- des bouts avec fes pôles du Sud tournés en bas, & l’autre moitié vers l’autre bout avec fes pôles du Nord tournés pareillement en bas. Dans le cas où vous ne trouveriez pas la place fuffifante pour en mettre le nombre que vous fouhaitez, placez-les fur la lame à double rang, ou par quatre faifceaux, appuyant fur la lame la moitié de chacun de ces faifceaux, & biffant déborder l’autre moitié ; & pour les empêcher de fe nuire, au lieu de les appuyer par le haut l’un contre l’autre, il fuffira de les faire appuyer par le côté contre deux pièces de fer qui foient de la longueur de la lame qu’on veut aimanter, & dont nous parlerons plus bas : alors les différens faifceaux, c’eft-à-dire, les Aimans qui ont leurs pôles du
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- Artificiels. 3y Nord, & ceux qui ont leurs pôles dû Sud tournés en bas, doivent être placés fi près les uns des autres, que fe touchant prefque au milieu, on puif-fe les écarter par degrés l’un de l’autre , en les tirant vers les extrémités de la lame.
- On peut encore, félon cette méthode , aimanter de fort petites Aiguilles alfez minces pour n’être pas en état de pouvoir fe foutenir contre l’effort contraire, quand même on ne les aimanteroit qu’avec deux Aimans de fix pouces .* mais dans pareil cas il n’efl: pas néceffaire de recourir aux pièces de fer dont nous avons parlé plus haut; comme il fuffira de n’employer que deux lames pour les aimanter , il feroit inutile de recourir à aucun des moyens qu’on emploie
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- pour empêcher que plufïeurs Aimans réunis enfemble ne fe nuifent.
- Il me femble quon peut regarder la méthode que nous venons de donner pour faire des Aimans artificiels, comme une manière d’aimanter doublement un corps fufceptible de la matière magnétique, & qu’on peut lui donner avec raifon le nom de la double touche.
- La raifon pour laquelle on place les Aimans de la manière prefcrite ci-deffus, & la caufe de la dire&ion du Magnétifme, paroîtront affez claires à ceux qui ont un peu réfléchi fur ce fujet; & il en fera de même de la plûpart des avantages que la double touche a fur la Ample ou la manière ordinaire d’aimanter.
- Selon cette manière, l’on ne pou-
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- Artificiels. 37 toit employer que la force d’un des leux pôles d’un feul Aiman ; & fi par hafard ce feul pôle ne fe trouvoit pas avoir une force fuffifante pour communiquer à une lame d’acier autant de Vertu Magnétique qu’elle peut en conferver, l’on ne pou voit y fuppléer en fe fervant de plufieurs Aimans, quand même on auroit eu foin de placer enfemble tous les pôles de même nom de ces différens Aimans, pour pouvoir fe fervir de cette totalité, comme d’un feul Ai-; mans puifque plufieurs Aimans ne fçauroient être placés de la forte avec leurs pôles de même nom raffemblés, fans être expofés à fe nuire mutuellement d’une manière confidérable 9 jufques là qu’il y en aura dans le nombre qui pourroient perdre totalement
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- 38 Aimais leur vertu. S’il arrivoit donc qu’on a voulût aimanter une barre d’acier qui demandât la force de trente Aimans ^ de fix pouces,& mêmed’un plusgrand nombre, il feroit impoflible de le fai-re félon la méthode de la ftmple tou-che, puifque nous ne pourrions nous procurer la force requife dans ce cas, qu’en réünilfant plufieurs Aimans,qui par là même fe détruiroient les uns les autres ; au lieu qu’en partageant le nombre de ces Aimans, & plaçant çn haut les pôles du Nord d’une moi-tié, contre les pôles du Sud de l’autre , félon la méthode de la double touche, non feulement ils conferve-ront toute leur vertu, mais il paroît qu’ils augmenteront en quelque forte la force des extrémités qui font principalement employés à toucher ou
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- aimanter.
- Il y a encore un petit avantage ms la double touche, qui confifte en ; que les pôles des deux faifceaux :ant placés les uns auprès des autres, s font par là même en état de con-:ebalancer mutuellement en quelque açon leurs efforts contraires.
- Deux lames Magnétiques, félon a méthode de h double touche, communiqueront plus de vertu à une lame de leur volume, que nepourroit en communiquer dans la fimple touche une feule lame, quoiqu’on la fup-poiat égale en force à cinq des premières. Quoique je me fufïe flatté de trouver de grands avantages dans la double touche, quand j’en fis l’épreuve pour la première fois, ôc que je ne doutaffepas qu’elle ne fût capable de
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- communiquer à l’acier cette force fuffifante, quiétoit la feule chofe qui lui manquoit pour lui communiquer la plus grande Vertu Magnétique ; je ne croyois pas néanmoins ces avantages aufïi confidérables que je les ai trouvés dans la fuite. Je dois l’avouer, je ne me ferois jamais imaginé qu’il y eût une Ci grande différence entre la Jtmple & la double touche. Sans entrer ici dans le détail des raifons Phyfiques de cette différence, il me fuffit d’en conftater le fait, que j’ai toujours vû confirmé par toutes mes expériences.
- Toutes les Aiguilles doivent être aimantées parla double touche^ & être bien fupportées, afin que l’on foit lur de leur communiquer la plus grande vertu, ôc il eft très-à-propos
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- Artificiels 41 de remarquer que pour les ràiforr déjà alléguées, on devroit avoir foin de les faire d’acier trempé, & non d’un acier mou, ou même trempé ôc rer venu bleu.
- D’où il eft aifé de conclure que pour donner toute la vertu convenable à une Aiguille, il faut feulement obferver que la matière de ces Aiguilles doit être un acier bien trempé, & non pas un acier mou, ou morne revenu bleu ; car outre que par là même elles feront plus propres à recevoir une plus grande quantité de Ver-tu Magnétique, & moins en danger de la perdre, elles auront encore un autre avantage qui confiftera ( félon ce que nous avons dit fur la fin de la Préface, en parlant de la cinquième qualité de l’Aiman,) en ce que les pô-
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- 42 A I M A N S
- les d’un acier dur étant plus près des extrémités , ils agiront par confé-quent avec plus de force pour faire mouvoir l’Aiguille.
- Quant aux Aiguilles des Bouffoles de mer * qui doivent porter un carton , il fera à propos de fe fervir de
- * Il conviendrait peut-être de couvrir les Aiguilles dont on fe fert en mer, d’une légère couche d’huile de lin, ou de quelqu’autre efpece de vernis qui puifle les garantir de la rouille, fi nui-fible communément a tous les corps Magnétiques qui en font fufceptibles. Cette couche n’empêchera point qu’on ne puifle les aimanter félon la méthode donnée pour faire les Aimans artificiels, ou tout au moins en y employant un plus grand nombre de lames, folon ce qui a été prefcrit pour aimanter les petites lames Pref. p. 3 4. mais il ne fora peut-être pas nécefiaire de recourir à ce dernier moyen , & la première méthode pourra liiffire : car j’ai aimanté , folon cette méthode, une Aiguille couverte d’un carton beaucoup plus épais que cette couche d’huile de lin ne peut l’être. J’ai obforvé que la ferrure d’une fenêtre peinte deve-noit fouvent Magnétique : & on dit communément que le fer par le moyen de la peinture devient & plus dur & plus fragile ;.c’eft peut être ce qui le rend auiîi lufceptible de la Venu Magné-
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- Artificiels.^ 4J lames d’un volume à peu près égal à celui des lames qu’on prépare, félon la méthode que j’ai propofée pour en faire des Aimans artificiels, ou un peu plus petit proportionnellement à leur longueur ; en obfervant de les faire percer dans le milieu pour recevoir la Chapelle qui doit porter fur le pivot. La raifon qui m’engage à donner à ces Aiguilles plus de volume qu’on n’a fait jufques à préfent, eft qu’une plus grande quantité d’acier , dont ces Aiguilles feront com-pofées , fera quelles conferveront mieux leur route, que ne le fèroit une Aiguille beaucoup plus mince. Il faut cependant prendre garde à ne
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- pas donner dans l’extrémité contrai; re, qui feroit de donner trop de volume à ces Aiguilles ; le plus convenable eft celui que fai propofé.
- On pourroit obje&er à ceux qui fe fervent pour les Aiguilles de Bouf-foles de lames d’un volume tel que nous venons de le prefcrire, fur-tout fi ces lames font aufli larges aux extrémités que dans toute leur longueur , qu’on ne fera jamais afluré d’avoir placé avec juftefle, au milieu de pareilles Aiguilles, leur axe. C’eft ainfi qu’on appelle dans une Aiguille , ou dans un Aiman, la ligne qui paflant par fes pôles, lui fert de ligne de direction , & nous fert à nous-mêmes à connoître & fupputer là variation. On peut aifément parer à cet inconvénient, en fe fervant de
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- Artificiels. 4;
- lames pointues aux extrémités, ôc telles qu’on en voit une dans la PI. IL Fig. 2. mais comme dans ces lames les pôles s’écarteront un peu des extrémités, ce qui les rendra par là, en tant qu’Aiguilles, plus courtes, & diminuera peut-être de leur vertu à proportion de la diminution de leur volume, on corrigera aifément ce défaut de jufteffe, en plaçant d’abord une Aiguille longue, mince ôc fans carton ; de façon qu’on puifle marquer fort exactement fa variation par rapport à quelque point fixe ; ôc quand l’opération fera faite, on ôtera cette Aiguille mince, pour mettre à fa place celle qui doit porterie carton , ôc fur laquelle on l’attachera, félon la variation de la première Aiguille. Cela fe fera encore mieux fur
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- 4 6 A I M A N s
- un Vaiffeau, en tendant une foie de l’avant à l’arrière, & plaçant deffous deux Aiguilles à une diftance affez grande, pour quelles ne puiffent pas fe nuire. Après s’être affûré de l’exactitude de pofition de cette ligne, elle vous fervira pour régler votre Aiguille.
- Il y a encore un autre inconvénient qui réfulte de Taccroiffement du poids des Aiguilles des Bouffo-lesdemer; c’eft que l’augmentation de leur poids augmentera leur frottement , fi la Chapelle & le pivot fur lequel elle tourne, font de métal, fur tout fur mer, où l’onne doit jamais fe fervir de pivots d’acier ; parce que tout ce qui eft d’acier ou de fer y eft extrêmement expofé à fe rouiller. Pour remédier à ce frottement
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- Artificiels. 47 qui peut augmenter jufqu a empêcher les Aiguilles de fe mouvoir, on peut inférer dans le haut de la Chapelle un. petit morceau de verre, qui fera tout auffi bon, & peut-être meilleur que l’agathe dont on fefert quelquefois; au moins fera-t-il moins difficile de lui donner la forme requife. Ce morceau de verre doit être creufé en demi rond, & poli avec le plus grand foin. On peut lui donner la vingtième partie d’un pouce de diamètre, plus ou moins, félon le volume de l’Aiguille qu’il doit fupporter. Pour le pivot fur lequel doit tourner l’Aiguille , il faut le faire faire d’argent, ou même d’or; ce qui vaudrait encore mieux, pourvû qu’on ait foin de le rendre dur par beaucoup d’alliage. Je préféré ces métaux à tous
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- les autres, parce qu’ils ne font point fujets à la rouille, fur tour l’or. Il ne faut pas au refte s’imaginer que des pivots d’un pareil métal augmentent de beaucoup le prix des Boulïblesj mais quand même ils l'augmente* roient, on devroit paffer par defïus en faveur de la juftefle & de l’exa&i-tude qu’une pareille garniture donne communément aux BoulToles, lors même que l’agitation de la mer n’elt pas capable de fuppléer aux petites fecouffes qu’on eft obligé de donner à la boîte afin doter le frottement, précaution abfolument néceffaire, lorfqu’on n’a que des compas ordinaires , & qu’on veut cependant qu’ils fervent à faire route avec quelque exa&itude.
- Je mis une Chapelle, telle que je .viens
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- Artiticiels, 4p viens de la décrire, à une Aiguille qui pefoit un peu plus de huit onces, ôc qui avoit trente - deux pouces de longueur. Elle avoit été pofée d’abord fur un pivot de cuivre, qui fut bientôt émoulfé par le poids de l’Aiguille ; ce qui faifoit qu’elle ne fe mou voit qu’avec peine, ôc d’une manière tout-à-fàit irrégulière. On la plaça enfuite fur un pivot d’acier fort pointu ôc extrêmement poli, qu’on avoit enté fur le cuivre : fon mouvement fut pour lors plus régulier. Je mis enfuite à cette Aiguille une Chamelle de verre : fes vibrations furent confidérablement plus petites, ôc fon mouvement beaucoup plus exaft; Du refte, quoique les Aiguilles d’un allez grand volume ne puiffent pas avoir un mouvement aufli prompt;
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- JO Al MAU s
- que les petites, on peut cependant en augmenter la vitefle, fi l’on donne à l’acier cette dureté que je demande , & que les ouvriers ne lui donnent que très-rarement j & l’on doit les préférer aux petites, quand il s agit de faire route avec une plus grande exactitude, fur-tout fi elles font fufpendues fur une Chapelle de verre> telle que nous l’avons dit : mais elles font principalement nécef-faires dans le cas particulier dont nous allons parler.
- On eft communément en ufage de fe fetvit d’une Aiguille de Bouflole dans les mines , & fur-tout dans celles de charbon, pour diftinguer dans les fouterrains obfcurs la pofition d’un lieu par rapport à un autre, afin d’être en état de faire les puits dans
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- tel ou tel endroit requis. Mais comme dans la plupart de ce s mines, fîc particulièrement dans celles de charbon, on trouve fouvent des morceaux de mine de fer, qui ont quelque Ver-tu Magnétique, on eft par là même expofé à fe tromper, parce que ces morceaux de mine de fer déjà magnétiques dérangent ordinairement: les Bouffoles, & leur font perdre leur direâion. Il eft néceffaire alors de fe fervir de grandes Aiguilles, non feulement parce quelles ont l’avantage de donner un plus grand dé-gré d’exactitude dans la route, mais encore parce quelles font moins fu-jettes que les petites à fe déranger, par la proximité de quelques more ceaux de mine de fer déjà aimantés. Je dis quelles font moins fujettes à
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- yî A I M A N S
- fe déranger que les petites ; * car je fçais quelles peuvent pareillement fe déranger, quoique moins fouvent: c’eft pourquoi il ne fera pas mal de donner, en paflant, une méthode pour découvrir & éviter ces fortes d’erreurs.
- Tendez une foie aufïi loin qu’il vous plaira, & que la fituation de la mine vous le permettra. Placez votre Aiguille au defious, àl’un des bouts de cette foie, & obfervez l’endroit où
- * Si les grandes Aiguilles four moins fujettes que les petites à fe déranger par la proximité «Tun corps déjà aimanté, elles Ce dérangent plus aifément à l’approche d’un corps qui n’a pas encore la Vertu Magnétique, mais qui eft par lui-même capable de la recevoir ; parce que le pouvoir des grandes Aiguilles eft plus fort à une certaine dinance, que celui des petites Aiguilles. C’eft pourquoi on ne fçauroit être trop attentif à écartér les marteaux, les leviers & autres infthi-snens de fpr, des çndroits ou l’on fe fert d’une Ai*
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- Artificiels» jf l’Aiguille la coupe, & quel eft l'angle quelle forme en la coupant. Changez enfuite l’Aiguille de place, en continuant de la pofer en divers endroits de la foie ; 6c obfervez H elle garde la même direction ôc le même rapport à cette ligne* Si cela eft, vous devez regarder fa direction, comme exa&e , 6c vous n’avez à craindre aucune erreur : mais fi elle varie dans les différens endroits oui vous l’avez placée, obfervez quel eft le lieu où elle fe fera écartée le plus de la dire&ion généralement obfer-vée dans les autres endroits ; quelle eft la pofition où elle aura été agitée le plus vivement; 6c foyez afluré que c’eft là, ou dans les environs, que vous trouverez ce qui a été l’occafion de cette variation. Pour lors changez
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- J4 Aim an s votre Aiguille de place jufques à ce que vous trouviez une efpece d’uniformité dans fa direction.
- Après tout on peut retrancher ou ajourer quelque chofe pour la variation de la direction de l’Aiguille , caufée par l’atrra&ion ou la répulfion de tel ou tel endroit, félon qu’il paraîtra que le pôle Nord ou Sud de l’Aiguille qui en eft attiré , en eft fort près ou fort ' éloigné. Afin de trouver lequel des deux pôles eft attiré, éloignez l’Aiguille perpendiculairement à une petite diftance de la foie, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre ; & obfervez de quel côté elle s’éloigne le plus de fa direction générale dans les autres endroits. Alors l’extrémité de l’Aiguille qui dévie de ce côté-là, en s’éloignant de la foie,
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- eft l’extrémité attirée : mais fi pat hafard en éloignant peu l’Aiguille de la foie, elle dévioit beaucoup ; qu’en l’éloignant davantage, elle ne déviât point du tout i & qu’en l’éloignant encore plus, elle déviât en fens contraire i alors le corps attirant feroit finement placé au-deflus ou au-deffousde la foie, dans l’endroit oit l’Aiguille ne dévie point du tout. C’eft pourquoi tout ceci doit être obfervéfoigneufement, de peur que l’Aiguille venant à être placée dans un endroit oit elle ne parût pas dévier, on ne prît un autre endroit pour le côté où le trouve le corps attirant; ce qui occafionneroit une très-grande erreur.
- Il eft rare qu’on puiffe avoir befoin d’un Aiman artificiel d’un volume Eiiij
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- beaucoup plus confidérable que celui d’une lame de fix pouces ; & il femble que nous devrions nous en tenir à ce que nous en avons dit. Cependant commeilpeut arriverquepar curiofité ou par quelque autre motif, on veuille avoir un Aiman artificiel plus long que ceux de fix pouces, je joindrai ici quelques inftru&ions en faveur de ceux qui n’ont pas allez d’expérience, & qui pourront fervir à déterminer les proportions que doivent avoir ces lames, félon leur différent volume; & à fixer le nombre des lames de fix pouces, nécef-fairespour leur communiquer la Vertu Magnétique.
- Il faut obferver d’abord que de quelque volume que foient les lames dont on fe fert pour compofer de$
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- ^UTIFICIBLÎ. H Aimans artificiels, elles doivent être d’acier, & d’acier trempé ,\comme nous l’avons déjà remarqué en parlant des lames de fix pouces.
- Nous avons pareillement dit plus haut que le nombre des lames de fix pouces, néceflaires pour donner la .Vertu Magnétique à l’Aiman artificiel qu’on veut aimanter, doit augmenter à proportion du volume de celle à laquelle on veut communiquer cette vertu. Ce nombre peut devenir fi confidérable , qu’on foit contraint d’employer un chafiis pour tenir cette quantité de lames de fix pouces qu’on ne fçauroit tenir à la main. Nous donnerons ici la defcrip* tion d’un pareil chafiis, tel qu’on
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- $8 Al M AS s pouces, qui eft la longueur des lames qu’on doit employer à aimanter la grande lame dont il eft queftion, confifte en quatre pièces droites liées enfembleenhaut & en bas par deux cadres ouverts. Chacun de ces cadres eft divifé en deux par un traver-fier, ou tenon, large d’environ un demi pouce. Ces divifions fervent à féparer les deux faifceaux de lames de fix pouces , dont l’un, comme nous l’avons déjà remarqué , doit avoir tous les pôles du Sud de fes lames , tournés en bas ; & l’autre, tous les pôles du Nord des fiennes, tournés de même. Il faut que la longueur de ces divifions, correfpondante à la largeur des cadres, foit fuffifante pour contenir deux fois la largeur des lames de fix pouces. Ainfi on
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- ArTIÏICIELS. ÿÿ pourra donner à chaque divifion, ou , ce qui eft le même, à chaque traver-fier, un pouce & un quart de longueur.
- Sous le cadre inférieur du chalfis, on placera deux piécesdebois, dont on apperçoit les extrémités A. B. Ces deux pièces doivent laifler entre elles un peu moins d’intervalle, que les deux côtés du cadre qui forme le chaffis. Cet intervalle doit être cependant un peu plus grand que la largeur de la lame qu’on veut aimanter; afin que cette lame puiffe glifler ai-fément entre ces deux pièces, dont le but eft de diriger le mouvement du chaflts, ôc l’empêcher de couler de biais fur la lame à aimanter. Cependant comme il pourroit y avoir des cas où cette marche irrégulière
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- tfo Aim au à
- feroit néceffaire, ces pièces de bois doivent être placées de façon qu’elles puiflent s’écarter, & même s’enlever, toutes les fois que le befoin l’exigera.
- Comme nous avons dit que l’efpa-ce qu’on laiffe entre ces pièces, eft moindre que la largeur du cadre qui forme le fonds du chaiïis ; il s’enfuit que fî on place fur un double rang , les faifceaux des lames employées à communiquer la Vertu Magnétique, ces lames qui porteront en partie fut les deux pièces de bois, ne pourront porter fur la lanie à aimanter, qu’au-tant qu’on l’élevera un peu au-deffus du niveau de ces pièces. C’eft pour cela qu’il faut avoir foin d’échancrer par deflous les trois traverfiers ou tenons du cadre inférieur, comme on
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- A RT IFICIELS. tfi’ peut le voir dans la Figure.
- Dans le cadre fupérieur il faut pratiquer intérieurement deux efpéces de rebords de chaque côté du tenon dix milieu. ( Dans la Figure on ne peut voir que le plus éloigné. ) L’intervalle entre ces deux rebords doit être de près d’un pouce & un quart, ou de deux fois la largeur des barres de fix pouces : cependant ils doivent être alîez larges pour porter chacun un morceau de fer mou d’un demi pouce de large & d’un quart d’épais , ou un peu plus. Au furplus il faut faire enforte que ces deux pièces de fer foient extrêmement polies du côté qui doit toucher les lames ; car elles font deftinées à entretenir la communication des lames qui font dans une divifion avec celles qui fe
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- trouvent dans l’autre ; parce que, félon ce que nous avons dit, la moitié de ces lames qui font dans une des divifions doit être foutenue par la moitié quife trouve dans l’autre. Or, quand il y en a beaucoup, il n’eft pas poiïible de les appuyer les unes contre les autres, comme cela fe pratique quand on ne fe fert que de fix. 11 a donc fallu imaginer une invention telle que ces deux pièces de fer, pour empêcher que dans chaque fé-paration elles ne fe nuififlent les unes aux autres; ce qui ne manqueroit pas d'arriver, fi ayant toutes leurs pôles de même nom tournés du même côté , celles d’une divifion n’étoient unies par quelque choie à celles de l’autre: car alors les pôles d’un faif-, seau fe trouvent par cette efpéce d’ut
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- lion dans une direction contraire iux pôles de l’autre fàifceau. Le chaf-lis étant conftruit félon les régies que nous venons de prefcrire, ôc les deux pièces de fer placées furies rebords dont nous avons parlé ; pofez-le fur une des lames qui compofent la ligne des grandes lames qu’on veut aimanter. Mettez enfuite dans les deux divifions * un nombre convenable
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- fuite, jufques à ce quelles folent toutes placées. Obfervez encore de plaça- toutes les lames de la même divifion avec leurs pôles du Sud po-fés fur la lame qu’on doit aimanter, & leurs pôles du Nord appuyés contre les pièces de fer dont nous avons déjà parlé ; & celles de l’autre divifion, dans le fens contraire, c’eft-à-dire, avec leurs pôles du Nord pofés fur la lame qu’on doit aimanter, & leurs pôles du Sud appuyés contre les pièces de fer. Il faut encore faire attention que les lames de la divifion, dont les pôles du Nord font tournés en bas, doivent porter fur cette extrémité de la lame à aimanter qui eft marquée, & qu’on deftine à devenir le pôle du Sud : &. fur l’autre extrémité quin’eft point marquée, &
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- dont on veut faire le pôle du Nord; doivent être placées les lames de la divifion, dont les pôles du Sud font tournés en bas. Cela feit, il ne s’agit plus que de faire glilfer le chalfist ttois à quatre fois d’un bout à l’autre fur la ligne des barres qu’on doit aimanter. Si ces barres font quarrées, il faut les tourner de tous côtés, afin qu’on puiffe les aimanter en tous les fens. Si ce font de Amples lames, il fuffira de les aimanter fur les deux furfaces larges : on doit enfuite faire changer de place aux deux lames qui terminent la ligne de chaque côté; & après les avoir placées au milieu, les aimanter de nouveau.
- Si les Aimans de fix pouces reçoivent une augmentation de force, quand ils font fupportés vers leurs
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- extrémités par désolâmes d’un volume plus confidérable que le leur ; il n’y a point de doute qu’il n’en foit de même des Aimans d’un plus grand volume. Quand on voudra donc leur communiquer autant de vertu qu’ils en pourront recevoir, il faut leur donner à chaque extrémité des fupports qui foient d’un volume deux à trois fois plus fort que le leur; & au défaut de pareils fupports, on peut fe .fervir d’un nombre équivalent de lames de fix pouces : mais comme il pourvoit arriver que, pour fuppléer aux fupports requis en pareille occafion, il fallût un nombre li confidérable de ces lames, qu’il ne fèroit pas poflible de les.-placer toutes bout à bout de la lame à aimanter ; le furplus peut être mis à
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- Artificiels. «7 côté des premières, en faifant attention de les placer aufll près qu’on le pourra, de l’extrémité de la lame à aimanter. Comme ce n'efï que par une de leurs extrémités que ces fup-ports toucheront la lame à qui l’on communique la Vertu Magnétique, il eft à craindre que les pôles du même nom de toutes ces lames qui fe trouvent réunis à l’autre extrémité, ne fe nuifent les uns aux autres : ainfi ces fupports ont befoin d’être foute-nus de ce côté par dè nouveaux fupports , qui en demanderont pareillement d’autres, ôte. à moins que par le moyen d’une barre de fer aufli large , ou même un peu plus, que la lame qu’on aimante, on ne vienne i bout de réunir cette extrémité des fupports qui fe trouvent placés à l’un
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- <?8 Aimants des pôles de la lame à aimanter ; avec l’extrémité correfpondante de l’autre paquet de fupports qui font placés à l’autre pôle de la même la-;
- Il arrive même quelquefois que Ces fupports fouffrent à l’extrémité qui touche la lame à aimanter, avant que cette lame ait acquis quelque peu de Vertu Magnétique $ parce qu’elle n’a pas dans cet état allez de force pour contrebalancer l’effet de tous ces pôles du même nom réunis enfemble. C’eft pourquoi on ne fera pas mal, après les premiers eiïais » de changer ces fupports, d’en fubfti-tuer de nouveaux, & de recommencer l’opération. Comme il n’y a point de doute qu’un fi grand nombre de fupports néceffaires dans cette;
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- A RTlFlCIEiS. <?£ occafion, ne foit un obftacle à pouvoir faire gliffer le chalïis fur toute la lame d’un bout à l’autre ; il faudra ôter les deux pièces de bois A. B. & placer à côté de la lame d’acier, une barre de fer fur laquelle vous appuierez le chaffis, en le faifant couler de biais. Vous pourrez encore vous fervir de cette barre pour y re-pofer totalement le chalïis , en cas que vous foyez obligé de le retirer entièrement de defïus la lame à aimanter , pour avoir la facilité de la tourner, & de lui communiquer la ! Vertu Magnétique en tous fens. Par ce moyen vous conferverez toujours la communication entre les pôles des deux divifions du chalïis, unies précédemment par la lame d’acier; Il faut feulement prendre garde de
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- ne pas tranfporter le chaflïs de deffus la lame d’acier fur la barre de fer, mais de lui faire changer de fituation en le coulant de l’une à l’autre ; parce que les lames des deux divifions ne doivent abandonner la lame d’acier, que quand elles commencent à toucher la barre de fer, afin d’entretenir toujours la communication entre les pôles contraires de ces lames.
- Un chaflïs tel que nous venons de le décrire, ne peut fervir que pour aimanter des lames qui ont tout au plus deux fois la largeur des lames de fix pouces. Si on vouloit en aimanter qui euflent trois ou quatre fois cette largeur, il faudroit un chaflïs plus grand, & par conféquent, comme nous l’avons indiqué au corn-
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- Artificiels,, 71] tnencement, un certain nombre de lames plus longues d’un demi pouce que les lames ordinaires. Ces lames longues doivent être placées au milieu, & communiquer avec les courtes , en s’appuyant fur des morceaux de fer qui portent fur les bouts de celles-ci.
- Enfin fi les lames qu’on prétend aimanter, font trois, quatre ou cinq fois, &c. plus larges que les lames de fix pouces, il conviendroit d’imaginer unchaflis, conftruit de façon à pouvoir appliquer de tous les côtés à la fois, les lames deftinées à communiquer la Vertu Magnétique; parce que le nombre en feroit fi grand, que fi on fe fervoit du premier chafiis, il y en auroit plufieurs qui par leur éloignement feroient
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- *f% Aimahs
- hors d’état de rendre quelque fer-
- vice.
- J’ai tout lieu de croire que la manière précédente d’aimanter avec les lames de fix pouces, pourroit fervir pour des barres de trois pouces en quarré: mais filon envouloitaimanter de plus fortes, je ne fçais s’il ne feroit pas néceffaire alors, non feulement d’appliquer les lames de tous les côtés tout à la fois, mais encore de lesdivifer en deux fàifceaux, & de s’en fervir félon la méthode recommandée à la page ip. & fuiv. pour donner beaucoup de vertu à de petites lames. Dans ce cas on ne peut pas aimanter avec trop de lames, & on n’a pas befoin de fupports.
- Pourvu qu’onfoit attentif à garder une julte proportion entre la longueur
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- Artificiels. 73 gueur 6c le volume des Aimans artificiels , on peut leur donner la forme- que l’on voudra, fans craindre | que cette diverfité de figure ne diminue leur Vertu ^Magnétique, ou ne les rende moins propres à la -recevoir.
- Les Aimans faits d’une barre d’acier droite peuvent être quarrés , ronds, ou plats. La forme platte eft cependant la plus convenable pour faire des Aimans propres à en aimanter d’autres, Ôc donne ordinairement un peu plus de force..
- Les Barres droites peuvent avoir leurs extrémités terminées qh pointe, comme on peut le voir dans la PL Il.fig. 2. Cette forme même femble produire un double avantage dans les Aimans deftinés à porter un poids ;
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- puifque les Aimans par ce moyen deviennent plus légers, & plus pro-près à porter un poids plus confidé-rable. Je ne confeillerois pas cependant de terminer en pointe les extrémités des Aimans qui doivent fervir à en aimanter d’autres : car'quoique les Aimans dont les bouts font pointus puiflent en conféquence de cette forme avoir plus de Vertu Magnétique à leurs extrémités , que ceux dont les bouts ne le font pas, & que venant à toucher peut-être en autant de points que les autres, ils puiflent porter un poids plus confidérable ; cependant comme la force néceflai-re pour communiquer la Vertu Magnétique , ne çonfifte pas feulement dans la quantité des points qui portent fur la lame à aimanter, mais en-
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- Artificiels. 7; tore dans le magnétifme entier de tout ce qui porte fur la même lame, ils ne font pas auilî propres à communiquer la Vertu Magnétique que les Aimans dont les extrémités font plus larges, & qui ont plus de vertu dans leurs extrémités prifes en entier, quoiqu’ils n’en aient pas autant dans le même efpace.
- On comprendra aifément par ce qui nous refte à dire, que les lames droites font celles qu’on emploie le plus communément, & dont on fe fert ordinairement pour faire des Ai-; mans artificiels.
- Les Aimans en fer à cheval peuvent avoir exa&ement cette forme, ou telle autre qui en approche. V oyez la PL ILfig. 4. où l’on a eu foin de re-ptéfenter un de ces Aimans avec fon
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- porte-poids, qui eft une pièce de fet qu’on fuppofe appliquée à fes pôles. .Voipi quelques avantages qu’on peut trouver dans de pareils Aimans. Comme ils occupent moins de place , on peut s’en fervir plus aifément dans la conftruétipn des petites Bouf-foles. On peut encore appliquer à leurs deux pôles à la fois une pièce de fer, qui en les unifiant fait qu’ils font moins expofés que les autres à perdre de leur vertu dans la fuite des temps. Enfin ils peuvent porter tout à la fois par leurs deux pôles, & par conféquent ils peuvent porter le double de ce qu’ils porteroient, fi on n’employoit à cet ufage qu’un feul de leurs pôles 5 & quand on voudras’en fervir pour en aimanter d’autres qui feur foient égaux en volume, ils tien-
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- sfRTlFlCl CLS. 77 dront lieu de plufîeurs petites lames : jils feront d’autant plus propres à cela, que leurs pôles font très-près l’un de l’autre.
- Les Aimans en forme d’anneau ou en cercle, font faits d’une fimple lame plâtre, repliée fur la furface la plus large, au lieu de l’être fur la plus étroite, comme lesprécédens. Les Aimans en anneau fervent à différentes expériences, & font beaucoup plus aifés à être armés.
- L’Aiman en demi cercle peut être plié fur fon plat comme l’annulaire, ou fur fon côté comme l’Aiman en fer à cheval. Voyez PL II. fig. y. Deux Aimans en demi cercle peuvent être placés l’un contre l’autre par les pôles oppofés ; c’eft le moyen de les çonferver tous deux : ils peuvent fer-
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- vir à aimanter par la double touche des lames extrêmement petites, & font encore d’un grand ufage dans diver» fes expériences.
- C’eft cependant plutôt par curio-fïté, que pour l’utilité qu’on en peut retirer,qu’on arme de pareils Aimans, qui quoique armés font fouvent plus foibles que différens autres Aimans non armés, dont nous aurons fou-vent occafion de parler quand nous donnerons la méthode d’augmenter la vertu des Aimans naturels.
- La manière de faire les Aimans courbes dont nous venons de parler , eft la même que celle qu’on emploie à faire les Aimans droits. Leurs extrémités doivent être fupportées de la même façon. Les lames de fix pouces employées aies aimanter doivent
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- être placées félon la même méthode ; il n’y a de la différence que dans la manière de les mouvoir conformément à la courbure de la ligne * j d’un bout de la lame à l’autre ? en répétant l’opération quatre ou cinq j fois.
- ! Nous fournies entrés dans un H grand détail fur la méthode d’aimanter les lames droites ? qu’il ne nous refte plus qu’à prefcrire le moyen de changer les pôles d’un Aiman. On ne peut le faire qu’en l’aimantant de nouveau. Placez les lames qui dans cette opération doivent vous fervir à communiquer à votre Aiman unq nouvelle Vertu Magnétique? de forte que leurs pôles du Nord foient tournés vers le pôle du Nord de l’Ai-manfur lequel vous voulez opérer,
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- & leurs pôles du Sud vers fon pôle du Sud. Ayez encore foin pendant cette opération de placer ces lames fur le milieu de l’Aiman, autrement elles pourroient être endommagées par la vertu de cet Aiman fur lequel on opère Faites - les enfuite gliffer une ou deux fois fur cet A iman, avant que de lui mettre les fupports nécef-faires- Après quoi placez ces fupports , en obfervant que leurs pôles du Nord fupportent le pôle de l’Aiman qui jufqu’alors avoit été fon pôle du Nord y Ôc que leurs pôles du6»d dans l’autre extrémité del’Aimanfup-portent le pôle qui étoit précédemment fon pôle du Sud : par ce moyen votre Aiman qui perdra fa première vertu pour en recouvrer une nouvelle , ne l’acquerra qu’en changeant
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- Artificiels. 81 de pôles.
- Pour donner plufieurs pôles à un môme Aiman, placez des fupports dans tous les endroits où vous fou-haitezque fe trouvent ces divers pôles, & placez-lesde façon quilsfup-portent la lame à aimanter par les pôles oppofés aux pôles que vous délirez. On comprend aifément que c’eft alternativement qu’on doit placer ces divers pôles, & qu après un pôle du Sud doit venir un pôle du Nord. Cela fait, confidérez chaque partie de la lame enfermée entre deux faifceaux de fupports, comme une lame particulière qu’on voudroit aimanter, & à qui on voudroit donner le pôle du Sud à l’extrémité fou-tenue par le faifceau de fupports dont les pôles du Nord touchent la lame
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- 82 Al MAN S
- dans cet endroit, & le pôle du Nord à l’autre extrémité foutenue par les pôles du Sud de l’autre fàifceau de fupports ; ôc aimantez chaque partie de la lame féparément ôc conformément à cette fuppofition.
- Remarquez cependant que les Aimans à plufieurs pôles ne font bons qu’autant qu’ils font extrêmement longs. Les meilleurs même ne reçoivent que foiblement la Vertu Magnétique, & la confervent avec peine. Ainfi on ne doit s’amufer à en faire qu’autant que l’occafion ou la curiofité le demandent.
- La Table fui vante préfente dans la première colonne la longueur des différentes lames qu’on peut aimanter , divifée en pieds ôc en pouces. La fécondé nous apprend quel doit
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- A RT1F1C1EIS.
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- Pieds. Pouces. Livres. Onces. aimanté par foutcnu par
- I O — t t
- 2 0 Tâ
- 3 0 7 2 I
- 4 0 7 4 2
- 3 1 rr 5 2
- 6 1 i (5 2
- % 4 10 4
- 10 7 14 3
- 1 0 1 I 18
- 1 6 Z 0 36 12
- 2 0 4 3 s« IP
- 2 6 7 8 74 24
- 3 0 12 O P<* 3*
- 4 0 2J O 170 51
- 3 0 43 8 246 82
- O 73 0 33° 110
- t Les deux premiers Aimans, eu égard à leur petitefle , s’aimantent avec deux lames feulement , félon la méthode donnée pour aimanter les petites lames, page 33. & fuyantes : ils n’ont pas befoin de flippons.
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- 84 Al M AU S
- être leur poids quon divife en livres & en onces. La livre dont il eft ici queftion, eft la livre avoir du poids , qui eft de feize onces, & qui eft à celle de Paris comme 63 à 68. La troifième nous indique le nombre des lames de fix pouces, néeeflaires pour communiquer la Vertu Magnétique. Enfin la quatrième affigne le nombre de pareilles lames, requifes pour fervir de fupports à chaque bout.
- On n’a employé dans le calcul de la Table précédente que les fra&ions ordinaires & univerfellement connues. Ainfi on ne doit pas êtrefurpris fi dans le calcul des différentes proportions quelle contient, on s’eft contenté d’approcher de l’exa&e vérité autant qu’il a été poflible, dans le deflëin ou l’on étoit de ne pas fur-
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- A RT1FIC1ÉLS. 8f charger cette Table d’un grand nombre de chiffres. Les volumes que j’y aiaflignés pour chaque Aimait, ne font point en raifon des cubes de leurs longueurs, ( car les plus grands doivent être plus longs en proportion que les autres, ) mais dans une proportion dont l’expofant eft 2, 63. proportion prife de celle des Aimans de 6 pouces à ceux d’un pied & demi j ôc le refte a été fupputé par analogie à cette proportion; il parole que la longueur de ces Aimans répond affez bien à leur volume, quoique cette Table ne foit calculée, ni dans toute la rigueur géométrique, ni avec toute l’exaâitude qu’une plus longue expérience pourroit donner. Le nombre des lames de 6 pouces, alignées pour aimanter ou pour fup-
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- $6 Ai mans
- porter les Aimans de dift'érens volumes , eft en nombres entiers au nombre de celles dont on s’eft fervi,quand il s’agiffoit des Aimans de 6pouces ; comme le poids d’une pièce d’acier, longue de 6 pouces & au/ÏÏ épaifle que l’Aiman qu’on veut faire, eft au poids d’une des lames de 6 pouces : mais parce que le nombre des lames affignées pour aimanter de fort grands Aimans, peut quelquefois excéder le nombre que l’expérience montrera être réellement néceflaire, à caufe de la réfiftance de l’acier qui, comme on l’éprouvera, ne s’oppofe pas à l’effort contraire, quand on aimante de grandes lames, autant à proportion que quand on en aimante de. petites ; il ne fera pas mal, fi on fe rrouvoit dans le cas, de commencer
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- Artificiels. 87 par en employer un nombre moindre que celui que nous prefcrivons, en l’augmentant peu à peu jufques à ce ! que par expérience on ait trouvé le nombre convenable.
- Le nombre des lames employées comme en fécond, pour fervir elles-mêmes de fupports au premier faif-ceau de fupports , ne doit pas être moindre que la moitié ou le tiers de ce premier faifceau ; & ceux-ci doivent être fupportés à leur tour par un nombre égal à la moitié ou au tiers de leur propre nombre, & ainfi de fuite , allant toujours en décroilfant jufques à ce qu’on parvienne à na-voir plus befoin pour fupport que d’une feule lame.
- Si au lieu des lames de.tf pouces donc j’ai concilié de fe fervir ordi-
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- nairement pour communiquer U Vertu Magnétique, ou pour fer vit de fupports, quelqu’un vouloit employer des barres d’un plus gros volume , on le pourra, en faifant feulement attention que les extrémités de ces barres prifes enfemble, forment une furface égale à celle que forme-roient les extrémités des lames de 6 pouces qu’on auroit dû employer.
- On peut faire tous les Aimans courbes de la même longueur, par rapport à leur poids, que les Aimans droits ; & on peut les aimanter & leur donner des fupports avec le même nombre de lames.
- Comme il n’eft pas toujours aifé d’avoir un nombre fuffifant de lames néceffaires pour retoucher dans l’oc-cafion des Aimans qui commence-roient
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- Artificiels. Sp :oient â perdra leur vcrtUjVoici quelles inftructions qui apprendront le moyen de conferver un Aiman dans toute fà vigueur.
- Un Aiman courbé , de quelque forme qu’il foit, ne doit jamais reflet fans avoir une pièce de fer ou un porte-poids appliqué à fes deux pôles : & fi parmi ces Aimans courbés il s’en trouvoit deux qui euflfent leurs pôles placés à égale diftance ; on [ peut, pour les conferver, les appliquer l’un contre l’autre par les pôles contraires! & ce n’eft jamais que par-là qu’ils doivent fe toucher, fi on veut empêcher qu’ils ne fe nuifent l’un à l’autre.
- Pour conferver un Aiman droir, il faut le placer de façon qu’il ait fon pôle du&d tourné vers le Nord. On
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- <)0 A I Af AN S
- peut encore dans l’Hémifphère Magnétique Septentrional * tourner en bas le pôle du Sud d’un Aiman droit, & le tourner en haut dans l’Hémi-fphère M agnétique Méridional. V o us pouvez placer enfemble deux Ai-mans en lignes parallèles, pourvû que vous tourniez en fens contraire leurs pôles de la même dénomination , & que vous les unifiiez par des pièces de fer aux extrémités : mais ne permettez jamais que deux Ai-mans fe touchent, fi ce n’eft par leurs pôles contraires , comme lorfque vous formez une feule ligne de plu-fieurs Airnans placés enfemble.
- * On entend par Hémifphère Magnétique Septentrional , cette partie du globe terreftre dans laquelle s’incline le Pôle du Sud d’une Aiguille aimantée ; & par Hémifphère Magnétique Méridional , cette autre partie du globe dans laquelle s’incline le pôle du Nord de la meme Aiguille.
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- Artificiels. ji Ce n’eft jamais que par le pôle du Sud qu’on doit faire porter un poids à un Aiman droit dans l’Hémifphère Septentrional, & par le pôle du Nord dans le Méridional ; 8c ce n’eft jamais que par les extrémités qu’on doit permettre qu’il touche quelque fer.
- METHODE
- Pour communiquer la Vertu Magnétique à une pièce d’acier par le moyen de trois barres de fer.
- JE fis faire une demie douzaine de petites lames d’acier polies, fans être trempées. Elles avoient deux pouces 8c demi de longueur, 8c trois lignes de largeur , 8c elles pefoient
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- fiî A IAiAU S
- toutes enfemble une once. Je les fis marquer enfuite à une de leurs extrémités de la même manière que le» lames de fix pouces. Je pris une de ces petites lames que je plaçai à peu près dans le méridien magnétique, en tournant vers le Nord l’extrémité marquée que je deftinois à être Ton pôle du Sud. Je mis à chacun de fes bouts une grande barre de fer placée fur la même ligne prefque horizontale , excepté que le bout tourné vers le Nord étoit un peu incliné. La barre de fer que je mis du côté du pôle du Nord de ma petite lame , avoit quatre pieds de longueur, & pe-foit trente livres. Celle qui étoit placée à fon pôle du5W, avoit quatre pieds Ôc demi de longueur, & ne pefoit néanmoins que dix-huit livres.
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- A rtificiels. P 3 Après quoi je pris un infiniment donc les boulangers fe fervent pour remuer la braife, & qu’ils appellent Fourgon ou Rable, qui pefoit un peu plus d’une livre & fix onces. Je le plaçai prefque perpendiculairement, la partie fupérieure un peu inclinée vers le Sud, & la partie inférieure> que j’avois fait polir afin qu’elle put mieux toucher, appuyée fur le pôle du Nord de la petite lame d’acier, qui, comme nous l’avons dit, devoit, après qu’elle feroit aimantée, devenir fon pôle du Sud. Le Fourgon étant ainfi placé, je le fis gliflër fur la petite lame allant du Nord au Sud, ôc je répétai jufqu’à vingt fois cette opération , ayant foin chaque fois de replacer toujours le Fourgon de la même manière. Par cette manœuvre la
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- lame acquit aflez de vertu pour porter une petite clef qui pefoit environ la huitième partie d’une once. Je recommençai à aimanter la lame, en répétant l’opération jufques à 80 fois, & elle porta une clef pelant un quart d’once. Après avoir mis à part cet Aiman, j’aimantai de la même façon trois de ces petites lames. Il m’en reftoit encore deux : de ces deux, j’en plaçai une entre deux barres de fer, comme les précédentes ; mais au lieu du Fourgon que je mis à quartier, je me fervis pour l’aimanter , des quatre premières lames à qui j’avois déjà communiqué la Vertu Magnétique, félon la méthode prefcrite pour aimanter les lames de fix pouces > & pour conferver quelque dlilançe entre les pôles du Sud
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- Artificiels. p? & du Nord des deux petits faifceaux compofés par ces quatre lames, feus foin d’inférer entre elles une groffe épingle qui pouvoir avoir en grolfeur la trentième partie d’un pouce. En aimantant de la forte cette cinquième lame, je lui communiquai plus de Vertu Magnétique que jenen avois communiqué aux quatre précédentes. J’amantai de la même manière la fixiéme & dernière lame. Je me fervis enfuite de ces deux dernières pour communiquer de cette façon la .Vertu Magnétique à deux des quatre précédentes> & ces deux me fervi-rent pareillement à aimanter enfin les deux qui reftoient encore. Je continuai cette opération, fubftituant toujours les dernières qui avoient été aimantées à la place des deux plus
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- A 1 M A S S
- foibles parmi les quatre qui me fer-voienc à donner la Vertu Magnétique, jufques à ce qu’elles eurent toutes reçu autant de vertu, que leur état pou voit leur permettre d’en con-ferver avant que d’être trempées. Cette vertu fut néanmoins fuffifante pour les mettre en état de porter chacune par un feul de leurs pôles , un poids d’environ une once ôt un quart.
- Je me fervis enfuite de ces petites lames dont je continuai à féparer les faifceaux par le moyen d’une groffe épingle 3 pour aimanter une ligne entière de lames de fix pouces qui a-voient été trempées auparavant. Ces lames de fix pouces reçurent par cette opération affez de vertu pour être en état de porter chacune par
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- Artificiel s. 57 on féal de leurs pôles, an poids d’environ deux onces ; ce qui était plus que fuiüfant pour les rendre capables de communiquer à d’autres lames de leur volume, une vertu beaucoup plus forte que celle qu’elles avoient elles-mêmes * : car fix nouvelles lames aimantées par le moyen de celles-ci reçurent, après qu’on eut répété l’opération trois à quatre fois , autant de Vertu Magnétique qu’elles pouvoient en conferver.
- La raifon pour laquelle je me fer-vis de lames extrêmement petites dans lecommencement de cette opé-.
- * Il paraîtra peut - être peu philofophique de dire que des chofes communiquent plus de verra qu’elles n’en ont elles-mêmes ; mais comme on n’entend point par là qu’il pale aucune vertu de l’une dans l’autre, j’efpere que faute de pouvoir trouver une meiUeure façon deparler.onexcu-ùra li je me fers de celle-ci. ^
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- ration, eft que des barres pareilles à celles que j’ai employées, auraient peut-être pû communiquer quelque Vertu Magnétique à de plus grandes lames ; mais elles ne leur en au-.roient pas communiqué allez pour les metttre en état de pouvoir être employées à en communiquer elles-mêmes aux autres. Par la même rai-fon je me fuis fervi de barres de fer extrêmement grandes à proportion. Ainfi on pourrait, félon la même méthode , aimanter des lames d’acier beaucoup plus grandes; pourvu qu’on employât à proportion déplus grandes barres de fer, 6c que l’on fut attentif à garder la direction convenable dans la manière de placer ces barres.
- Ce fut encore par le même motif
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- Artificiels. que je me déterminai à employer de l’acier mou, ôc non trempé ; parce que l’acier dans cet état reçoit beaucoup plus aifément la Vertu Magnétique , & la reçoit en plus grande quantité : car les mêmes lames trempées & aimantées de cette façon 9 ne purent, après un grand nombre d’eflais, recevoir aflez de Vertu Magnétique pour être en état d’en communiquer à d’autres ; ôc peut - être quelles n’enauroient jamais reçûune plus grande, quand même j’aurois pafle encore beaucoup plus de tems à les aimanter ; au moins y a-t-il de quoi exercer fa patience , avant que d’en venir à bout. J’eflayai ces mêmes lames trempées ôc revenues bleues ; ce ne fut qu’après avoir réitéré jufqu’à fix cens fois l’opération,
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- floo A l M A N S
- que je pus leur communiquer autant de vertu que j’en aurois communiqué en vingt fois à de l’acier mou. Je .Vins néanmoins à bout de leur faire porter la huitième partie d’une once; & à peine reçurent-elles aucune augmentation de vertu, après les avoir frottées plus de cent fois davantage. .Cependant ce quelles en avoient reçu , fut fuffifant pour les mçttre en état de fervir à en aimanter d’autres ; car fix de ces lames aimantées comme je viens de le dire, donnèrent à fix autres de même volume & de même trempe, une vertu beaucoup plus grande que celle qu’elles avoient elles-mêmes.
- On n’aura pas de peine à corn-prendre comment on peut, par le moyen de trpis barres de fer, corn?
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- A RT 1F1 C 1E Jj S» 14t' muniquer affez de vertu à des lames d’acier mou, pour les mettre en état, de fervir à en aimanter d’autres, quand on verra qu’on peut même , quoique plus difficilement, commu-. niquer fuffifamment cette vertu à des lames trempées & revenues bleues.
- J’ai dit qu’il falloit être attentif à placer les barres de fer & le Fourgon, félon la direction que nous avons prefcrite plus haut; parce que tout fer non aimanté le devient, fi on a foin de le placer à peu près dans la direêtion du méridien magnétique.' Or, en plaçant les barres de fer & le Fourgon, comme je l’ai indiqué; elles ne fçauroient s’écarter affez de ce méridien pourne pas devenir magnétiques,même par leur pofition. Cependant comme cette pofition ne con-
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- roi Al M AN Ê vient que pour certains lieux, il faudra dans les autres la varier, félon la variation du méridien magnétique. On peut néanmoins, quelque part que l’on foit, s en tenir en général à quelques-unes des pofitions fuivan-tes. On peut placer les barres de fer ou horizontalement du Nord au «SW, ou horizontalement de YEJi kYOuefl, ou enfin verticalement.
- Il eft à-propos qu’un des bouts du Fourgon ou de tel autre morceau de fer dont on fe fert pour aimanter les petites lames, foit replié, afin de pouvoir s’en fervir pour toucher la lame d’acier, lorfque l’on tient le Fourgon ou cet autre morceau de fer, parallèlement aux barres de fer. De plus il faut placer le Fourgon fur la lame que l’on veut aimanter, parallèle-
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- ARTincrBis. ïo$ ment à cette lame, & de telle forte que fon extrémité non coudée fe trouve au-deifus de la barre de fer qui touche le bout de la lame oppofé à celui for lequel le Fourgon porte par fa partie coudée. Cela fait, on aimantera la lame, en allant d’un bout à l’autre toujours du même fens; opération que l’on répétera julqu’à ce' quelle ait acquis une vertu foffifante.
- Comme il peut arriver que les bar • res de fer acquièrent quelque peu de vertu, en demeurant long-tems dans une même pofttion, ( ce qui néanmoins eft très-rare ) il ne fera pas hors de propos, lorfqu’on s’en fervi-ra, de leur donner une direction ou fituation femblable à celle qu’elles avoient en premier lieu, & de pofet les extrémités, autant qu’on le pour-
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- 'io4 Ai mau s ra, de la même manière qu’elles l’é-toient dans leur première fituation. On peut aufli, lorfqu’elles font placées convenablement, leur donner quelques coups avec un marteau un peu pefant, ou encore les faire rougir , & les laifler refroidir dans cette fituation ; manière qui eft la plus certaine de toutes pour leur donner la meilleure vertu direêtrice.
- Outre cette manière de donner à l’acier la Vertu Magnétique par le moyen de trois barres de fer, on peut encore lui en procurer quelque peu, en le limant, en le perçant, ou en le frappant à coups de marteau : mais il faut obferverque ces diverfes manières d’aimanter l’acier , dépendent, comme la précédente, de la fituation que l’on donne à la lame d’acier i ôc
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- A rtifjcibls. lOf 1 qu’il faut toujours la placer ou dans le méridien magnétique, ou aufli près de ce méridien qu’il fera poffible. En frappant la lame avec un marteau, je lui communiquai, quoiqu’en petite quantité, affez de vertu pour pouvoir m’en fervir avec ménagement ; mais ce moyen, quoique le meilleur de ceux que je viens de propofer, eft néanmoins plus lent, moins fur ôc moins avantageux que la manière d’aimanter avec trois barres de fer.
- METHODE
- Pour augmenter la Vertu des Aimans naturels.
- LOrfqu’on veut communiquer une Vertu Magnétique à tour corps propre à la recevoir J lorfqu’on
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- I05 Al MANS
- veut changer la direction magnétique d’un Aiman, c'ell-à-dire, la (i-tuation de fes pôles, ou enfinluiôrer toute vertu difeSrice, afin de lui en donner une toute contraire, toute la difficulté confifte à mettre en ufage une force fuffifante, 6c à le faire dans la direction propre.
- J’ai déjà donné les moyens d’y réuffir par rapport aux lames d’acier 5 mais quant aux Aimans naturels, la chofe paroît un peu plus difficile, à caufe qu’ils font trop épais par rapport àleut longueur, & à caufe fur-tout de certaines inégalités qui Ce trouvent dans lafubftance même de l’Aiman, & qui empêchent que les lames qu’on emploie pour l’aimanter , ne puiflent couler deffus d’une manière auffi uniforme que fur des
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- A RTIFICIELS. 107 lames d’acier. Ce dernier obftaclc expofe encore davantage les lames qu’on emploie en pareil cas, à fe nuire les unes aux autres. C’eft pour cela que dans les différentes expériences faites avec ces lames fur les Aimans naturels, il faut s’attendre à avoir be-foin de les aimanter de nou veau , dès quelles font finies. Si l’Aimannat-u» rel dont on veut augmenter la vertu, eft extrêmement petit & court, il fuffira d’appliquer à fes extrémités un nombre confidérable de lames * en forme de fupports ; mais s’il avoit af-fez de longueur pour pouvoir être aimanté félon la double touche, aiman-
- * Nous n’avons point donné ici de règles pour alïignerles pôles qu’il convient d’appliquer, & pour diverles autres choies auxquelles un Ledeur entendu peut Aippléer par ce qui a été dit précédemment.
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- 108 A I M AN S tez - le de cette façon par le moyen de différentes lames que vous appliquerez de tous les côtés à la fois. Si vous voulez faire changer de place aux pôles d’un Aiman, ou changer la pofition de fon axe magnétique, placez vos fupports de manière que le centre de leur force fe trouve aux deux points que vous avez choifis pour terme du nouvel axe, & aimantez - le félon la double touche, ÔC dans cette direction, autant qu’il fera poffible. Si l’on veut faire changer de dénomination aux pôles, ôc mettre celui du Nord où étoit celui du Sud, Ôc celui du Sud où étoit le pôle, du Nord, fuppofé que votre Aiman foit affez long, aimantez-le félon la double touche, fuivant les règles pref-crites plus haut, pour changer les pô-
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- Artificiels. io* les d’un Aiman artificiel : enfuite donnez-lui des fupports, & aimantez - le de nouveau avec d autres lames : mais fi votre Aiman eft trop court, appliquez-lui feulement des fupports, en obfervant de les changer deux ou trois fois pendant l’opération ; ou enfin fervez - vous de la méthode que nous donnerons plus bas.
- Comme je n’ai jamais eu occafion de Élire des expériences fur de grands Aimans, parce que je n’ai jamais eu les matériaux néceflaires pour cela, je ne puis que vous donner les avis fuivans qui vous fourniront, à en juger par analogie, les moyens les plus furs d’opérer avec fuecès.
- Pour augmenter la vertu d’un grand 4iman naturel, placez à chacune de
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- fes extrémités, au lieudefupports, un morceau de fer qui foit de la largeur & de l’épaifleur de l’Aimait fut lequel vous voulez opérer, & donnez à chacun de ces morceaux une longueur triple ou quadruple de leur largeur i ou fans leur donner cette longueur, donnez à l’extrémité qui ne touche pas l’Aiman, trois ou quatre fois autant de largeur que le morceau en aura à l’extrémité qui le tou-che.Sivousvous fervez de barres de 1 fer de la longueur dont nous venons de parler, placez d’un côté autant de fupports, que l’elpace que vous aurez le permettra. Si vous ne lui donnez pas cette longueur , & que vous vous contentiez d’y fuppléer, j en donnant à un de fes bouts la largeur que nous venons de prefcrire»
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- Artificiels, m placez vos fupports au bout le plus large de la barre de fer. Si l’Aiman eft fort court, cela fuffira : mais s’il efl allez long pour être aimanté felon la double touche, aimantez-le de la forte.
- Si vous voulez faire changer de place aux pôles d’un pareil Aiman, en les écartant de celle qu’ils occupent actuellement; placez vos deux barres de manière que la ligne que vous deftinez à devenir l’axe de votre Aiman, étant prolongée, les coupe par le milieu dans toute leur longueur, Si vous voulez faire changer de dénomination aux pôles, & placer celui du Sud où eft celui du Nord, ou celui du Nord où efl: celui du Sud, vous le ferez de même, en l’aimatv. tant félon 1* double touche, & fuivant
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- les règles prefcrites pour cet effet ; pourvu que vous puifliez y appliquer une force fuffifante ; car plus les lames font en grand nombre, plus elles font expofées à fe nuire mutuellement ; ce qui donne à cette opération une forte de difficulté. Après avoir fait changer de dénomination aux pôles, on peut en augmenter la vertu félon les règles prefcrites plus haut. S’il arrivoit que vous ne puif-fiez pas réuflir à changer la dénomination des pôles par le moyen de la double touche, placez alors votre Ai-man, comme nous l’avons dit précédemment , entre deux barres de
- fer; ôc les tenant fermes à la même diftance, enlevez l’Aiman, & unif-fez ces barres par des portans de fer, difpofés de façon à ne vous point embarraffer y
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- Artificiels, 115 embarraffer, quand vous voudrez remettre l’Aiman à fa place. Appli-quez-y enfuite des fupports, & en replaçant l’Aiman contre les barres , ôtez les portans de fer qui fervoient à entretenir la circulation du fluide magnétique. S'il eft nécelfaire, vous recommencerez cette opération deux ou trois fois, en obfervant chaque fois d’aimanter de nouveau les fupports.
- Si l’Aiman fur lequel vous venez d’opérer, eft fufceptible de beaucoup de vertu, fouvenez - vous, en l’armant, de lui donner une armure plus épaiffe, que ne font celles dont on fefert communément; c’eft le moyen de le rendre plus propre à retenir plus de Magnétifme. Ayez encore foin^ que les cercles dont on fe fer vira pour
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- il* Aimavs attacher l’armure, n’empêchent pas de pouvoir appliquer quelque chofe aux côtés ou aux extrémités; car c’eü le meilleur de tous les moyens pour communiquer aux Aimans courts la plus grande vertu, que de les aiman-
- lors ils retiennent beaucoup plus de force.
- Enfin fi vous avez à opérer fur des Aimans extraordinairement larges, lameilleure méthode eft de les partager en différentes lames coupées dans la longueur de la pierre ; de les aimanter chacune en particulier, & de les réunir enfuite fous la même armure , félon les règlesque nous donnerons plus bas pour les Aimans compofés.
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- DE LA MANIERE
- d’armer les Aimans artificiels.
- ON peut armer les Aimans artificiels ; & ceux qui font faits de lames longues & droites) lorf-qu’ils font gros) lèvent quelquefois en conféquence un plus gros morceau de fer : mais en échange ils ne font pas fi bons pour enlever la limaille d’acier, ni pour aimanter des Aiguilles.
- On peut pareillement armer les Aimans courbés ; & comme cette courbure rapproche leurs pôles, iis font plus propres pour lever par le moyen d’un portant : mais il ne faut pas terminer en pointe les extrémi-
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- A IM AN S
- tés des Aimans de cette efpèce,quand on fe détermine à les armer, & on peut leur laiffer en cet endroit la largeur qu’ils ont dans le refïe de la lame. De tous les Aimans courbés, les plus propres à être armés font ceux qui font faits en forme de cercle, ou en anneau.
- On arme encore des lames d’acier fort courtes, de la même façon qu’on arme les Aimans ordinaires : on doit feulement prendre garde à ne les aimanter qu’après quelles feront armées , & à leur donner une armure extrêmement épailfe. On peut, pour les aimanter, fe fervir de la méthode donnée pour augmenter la vertu des petits Aimans naturels. De pareils Aimans font fupérieurs de beaucoup au commun des Aimans ordinaires ;
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- Artificiels. 117 ils font égaux tout au moins aux Ai-mans artificiels compofés dont nous allons parler, 8c avec cela ils font beaucoup moins difficiles à faire , ôc beaucoup moins coûteux.
- Pour armer des Aimans artificiels compofés, on prend plufieurs lames qui foient exa&ement de la même longueur, ôc on les réunit enfemble par le moyen d’une armure qui les lie, de façon quelles ne faffent qu’un tout. Chaque lame doit avoir les mêmes dimenfions qu’un Aiman fimple ôc non armé. Il faut les aimanter fé-parément, ôc les mettre dans l’armure auffi-tôt qu’elles auront été aimantées, tous les pôles de la même dénomination tournés du même côté. L’armure doit être fort épaifTe, ôc on doit lui appliquer un portant,
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- 118 AlM AN S
- tandis qu’on y met les lames > & il doit y relier jufques à ce que toutes les lames foient placées, & l’opération finie. C’eft pourquoi il faut avoir foin de placer la pièce qui fert à lier l’armure par le bas, avant que d’y mettre aucune lame. On doit encore obferver que le portant doit être continuellement appliqué à l’Aiman, excepté lorfqu’on s’en fert ; précaution qui contribuera beaucoup à le con-ferver dans toute fa force, quoique malgré cela on doive s’attendre à la voir diminuer confidérablement, & même en fort peu de tems.
- On peut faire un autre Aiman de la mêmeefpèce, qui à tout prendre peut être préférable aux précédens. Fixez fur une planche deux petites barres ou lames de fer qui aient en-
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- Artificiels. 119 viton trois huitièmes d’un pouce en quarré, & deux ou trois pouces de long, plus ou moins, comme on voudra. Placez-les parallèlement, 5c à fix pouces de diftance l’une de l’autre, y compris leurs épaifleurs, de façon qu'elles forment des angles droits avec le bord de la planche, ôc qu’elles débordent au-delà d’environ un demi pouce : enfuite limez les parties de ces barres qui débordent la planche, 5c leur ôtez la moitié de leur épaiffeur, afin que les pans ou faces de leurs extrémités foient une fois plus longs que larges , 5c que leur longueur foit parallèle au plan de la planche. Ces pans ou feces doivent être auflîà angles droits avec ce même plan. On comprend aifément comment ces barres fe trouvent pla-
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- cées parallèlement à la furface de la planche, félon leur longueur, & perpendiculairement félon leur épaif-feur. On doit fixer exa&ement fur cette furface, & félon lapofition que nous venons de prefcrire, ces deux barres. Il faut encore attacher contre le bord de la planche une plaque de cuivre fort mince , qu’on placera entre les deux barres, & qui ira de l’une à l’autre. Cette lame de cuivre doit être mife perpendiculairement à la furface de la planche , & former dans fa largeur des angles droits avec cette même furface. Quand vous aurez befoin d’un Aiman armé, appliquez un portant aux deux bouts des barres qui débordent ; ( vous le fou-tiendrez comme vous pourrez, juf-qu a ce qu’il foit foutenu par la vertu
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- Artificiels. 121 Ses lames que vous placerez enfui-' te. ) Cela fait, aimantez avec foin un certain nombre de lames de fix pouces; placez-les une à une fut les deux barres, leurs côtés tournés contre ceux de ces barres, ôc le plat du côté de la plaque de cuivre, leurs pôles de même dénomination étant placés dans le même fens. Cette plaque eft pour empêcher que ces petits Aitnans ne puiffent paffer au-delà de la planche, ou fe déranger en changeant de fituation. Après avoir mis un aulli grand nombre de ces Aimans de fix pouces que l’efpace en pourra contenir , couvrez-les d’une pièce de molleton pliée en deux ou trois doubles, ou de quelqu’autre étoffe extrêmement douce ôc élafti-que. Mettez fut le tout une planche
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- 122 A IM AN S
- qui puiffe s’attacher avec la planche inférieure, & qui prefle les Aimans contre les pièces de fer. Un pareil Aiman peut aifément fe défaire, autant de fois quon aura occafion de fe fervir ailleurs des lames de fix pouces qui le compofent, 6c fe refaire de même, quand on voudra de nouveau en faire ufage. Au refte il ne faut pas fe donner de grands foins pour préparer les deux petites barres dont il eft ici queftion. Il en eft de même des lames de fix pouces ; il fuffit de prendre garde qu elles foient exactement de la même longueur.
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- ' I C I E LS.
- •A RT IF
- DES CORPS Jufceptibles de la Vertu Magnétique.
- T L n’y a aucun corps qui foit auffi J. fufceptible de la Vertu Magnétique que le fer, fous quelque forme qu’il foit, ou les corps qui ont en eux quelque mélange de fer.
- Ainfi on peut à jufte titre, parmi les corps fufceptibles de la Vertu Magnétique , donner la première place au fer ôc à l’acier.
- On placera en fécond lieu toutes fortes de mines de fer, la plûpart feulement après avoir été purifiées au feu, 6c quelques-unes même avant. Parmi celles-ci eftl’Aiman naturel, 6c diverfes efpèces de fable pefant
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- fi24 Ai mans dont la couleur ëft quelquefois noire ôc quelquefois obfçure. Les fables de cette efpèce qui font noirs, fe trou-fvent en Portugal, en Italie, en Chine, dans la Virginie, &c. Il y a en-tore un fable de couleur obfcure ou Jde chocolat qui vient de Chine, & qui a les mêmes propriétés que celui 'dont nous venons de parler.
- On peut encore mettre dans la même çlaffe ce fable brun qui fe trouve mêlé avec l’émeri. L’émeri-même cil fufceptible de la Vertu Magnétique , & ce n’eft pas fans fondement qu’on le regarde comme une efpèce 'de mine de fer ; quoique celui qui eft |e plus dur, ôc dont on fe fert pour polir le yerre , ôcc. paroiffe moins être un minéral, qu’une efpèce de caillou ou criltal appartenant à la mi;
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- ne : mais fi cela eft, ils font quelquefois fi intimement mêlés enfemble > qu’il eft impoflible de les féparer.
- J’ai cependant éprouvé que les parties de l’émeri les plus brunes, telles que font celles qui s’attachent à l’Aiman, font beaucoup plus friables & d’une couleur plus foncée que le refte, dont la couleur eft plus voyante & plus tranfparenre. Ainfi celui qui ne s’attache pas à l’Aiman , diffère de l’autre, foit par fa dureté , foit par fa couleur. Parmi l’émeri le, plus noir il y en a peu de tranfparenti & celui que l’Aiman attire, diffère peu de l’autre , foit en couleur, foie en dureté.
- On mettra enfin au rang des corps fufceptibles de la Vertu Magnétique, le cuivre d’une certaine efoèce, ôc
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- Ï2# A 1 M A N S
- peut - être même quelques-uns des autres métaux ; mais fur-tout la brique qui a été bien durcie au feu , pourvu qu’elle ne foit pas recuite. Il eft probable que toutes ces chofes doivent leur magnétifme au fer qui s’y trouve mêlé, quoiqu’en très-petite quantité : mais dans le cuivre cette vertu vient de la pierre de Ca-? lamine qu’on dit contenir fouventun peu de fer. On a fait les mêmes ob* fervations à l’égard de la plûpart des glaifes, en particulier de ceiie qui eft rouge, & dont on fe fert pour faire les briques.
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- A RTinciBisj H7
- MANIERE DE FAIRE des Aimons artificiels avec de la mine de fer.
- Toutes les différentes efpè-' ces de mines de fer font bon-
- nes pour faire des Aimans artificiels , pourvû quelles foient fufceptibles de la Vertu Magnétique. Il faut les fcier en lames longues, lorfque l’on veut imiter les Aimans artificiels faitsavec des lames d’acier s ou en morceaux plus courts, fi l’on veut en faire qui reflemblent aux Aimans naturels.
- On peut pareillement fe fervir du fable des mines de fer, dontonfot-nie un corps folide par le moyen d’un ciment, & auquel ayant donné la forme que l’on juge la plus convena-
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- 128 Al MAU S
- ble, on communique enfuitela Vertu Magnétique. Au refte il faut employer pour confolidér ce corps, le moins de ciment qu'il eft poflible > & le fable qui eft le plus propre à retenir la Vertu Magnétique , doit toujours être préféré. La pouffière de l’émeri eft fort bonne pour faire de ces fortes d’Aimans.
- AVIS TOUCHANT la manière d’améliorer tes Aimons.
- ON trouve des Aimans naturels qui ne font foibles probablement que parce qu’ils font trop épais pour leur longueur. On peut les a-méliorer en les fciant dans leur épaif-feur, en deux ou trois morceaux,
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- A RT1TIC1ÈLS. 119 qui deviendront chacune en leur particulier des Aimans plus forts & plus propres à communiquer leur vertu que n’étoit l’Aiman en fon entier ; il faut feulement les couper parallèlement à Taxe. Comme il peut arriver que parmi ces différens morceaux d’un même Aiman , il s’en trouve quelqu’un quifoit meilleur que les autres, il faut y faire attention avant de les fcier, afin qu’en le faifant on n’employe point avec , des parties qui ne foient pas d’une aufli bonne qualité. Parmi les différentes espèces de mine de fer, échauffées ou non, on peut en rencontrer qui pa-roifîent plus propres à retenir la Vertu Magnétique que l’acier même. Si
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- 1J0 A 1 M A N S
- proportion ; vous pourrez en faire des Aimans fupérieurs à ceux que l’on fait avec des lames d’acier, ôc vous pourrez vous en fervir encore pour faire des Aiguilles beaucoup meilleures que celles d’acier. Les meilleurs Aimans naturels font peut-être dans le cas de cette efpèce de mine. Certaines efpèces de mine de fer peuvent fe rencontrer encore qui étant fort durs, ne peuvent être ai-» marnées, ( en employant même la plus grande force magnétique,)» moins qu’elles ne foient réduites en particules fort petites comme du fable ; & il y en a peut-être auffi qui, incapables d’être aimantées fous cette forme avant ou après avoir été chauffées, pourroient l’être lorfqu’el-les font expofées à un feu violent.
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- A RT IF ICI EL S. 13 ï Celles-ci ( s’il y en a de telles ) auraient beaucoup de force pour con-ferver la Vertu Magnétique, & feraient ( en fe fervant de la méthode indiquée pour faire des Aimans de fable magnétique ) d’excellens Aimans , incapables de perdre de leur .vertu par le tems.
- La feule circonftance à obferver, ’cfeft qu’il faut les faire pendant que le ciment eft chaud, afin que les petits grains de fable aient la liberté de prendre l’arrangement convenable à la Vertu Magnétique.
- On a déjà infinué que l’huile de lin pourrait être bonne pour rendre l’acier plus propre à retenir la vertu qu’on lui a communiquée : c’eft pourquoi il faut, après l’avoir trempé, le laiffer tremper dans l’huile de lin.
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- l$i A IM AN s
- ou dans quelqu’autre efpècé d’huile
- qui peut-être fera aufli bonne.
- Ilne faut donc, pour rendre extrêmement magnétique un m'orceau d’acier, pour lui communiquer la propriété deconferver long-tems font magnétifme , & lui donner en cela une fupériorité fur l’acier ordinaire , il ne faut, dis-je, que lé laifler tremper pendant long-tems dans PhuileJ On peut aimanter très-fortement un anneau d’acier , le fluide magnéti-j que y circulant continuellement, & cet anneau continuera long-tems a-; vec cette grande vertu, par la même raifon qu’un Aiman a toujours plus de vertu vers le milieu qu’aux extrémités. Après qu’on aura fait tremper cet anneau dans l’huile le tems requis , on pourra le couper pour en faire deux Aimans demi circulaires.
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- Artiticibls.
- *3?
- DIVERS USAGES
- 4e l’Aiman.
- OUTRE l’avantage quiconfifié à fe fervit de l’Aiman pour communiquer aux Aiguilles la Verra Magnétique , article d’où dépend tout l’art de la Navigation, on peut encore en retirer plufieurs autres.
- 1». On s’en fert pour découvrir les mines de fer. Car, comme nous l’avons remarqué, ce minéral, fois avant, foit après avoir palfé par lé feu, attire l’Aiman ; quoique quelquefois il ait befoin d’avoir été expo-fé avant, plufieurs heures aii feu, ( Il éft pourtant certain qu’une Aiguille placée fur un endroit où l’onfoup-jonne une mine de fer, peut, par
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- quelque légère attraftion , fervir à fixer ce doute. ) Un fort Aiman bien fufpendu & dont on fe fert comme d’une Aiguille, ( étant ce qu’il y a de plus fenfible à une petite attraction , ) eft ce qu’il y a de meilleur pour cet ufage.
- a°. On peut encore s’en fervir pour découvrir promptement, & féparer fans peine des particules de fer, ou d’acier , quife trouveroient mêlées avec des particules de corps étrangers, & fur-tout pour féparer des particules de fer ou d’acier qui feraient mêlées dans la limaille des autres métaux.
- 3». Enfin on peut par le moyen de l’Aiman cotmoîtrela bonté d'un outil, & difiinguer s’il eft véritablement d’acier, ou feulement de fer
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- Artificiels. 135 trempé en paquet; parce que l'acier acquerra beaucoup de Vertu Magnétique , tandis que le fer n en acquer-ra que très-peu.
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- MANIERE
- de faire
- DES AIM AN S
- ARTIFICIELS,
- SANS SE SERVIR DES NATURELSi Communiquée à la Société Royale par Jean Canton,Maître-es-Arts, ôc Membre de cette Société; publiée à Londres en 17 î i. ôc traduite de l’Anglois.
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- Pendant PImpreJfion de la Traduction du Traité de M. Michell, on a eu connoijfance du petit Ouvrage de M. Canton. On a cru faire plaifir au Public dPen joindre ici laTradutfion,
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- t-xxxxxxxxy/xxxxx xxx xxxx> x, • • • .
- MANIERE
- DE FAIRE
- DES AIM A N S
- ARTIFICIELS.
- DANS l’Aflemblée de la Société Royale du Jeudi 17. Janvier 17 ? o. Monfieur le Préfident rapporta que Monfieur Jean Canton 9 l’un des Membres de cette Société , qui s’étoit appliqué pendant long-tems & avec beaucoup de foin, à faire des expériences de Phyfique de toute efpèce, avoir, parmi ces différentes tentatives, tâché de communiquer une grande Vertu Magné-
- Mij
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- 140 A 1 M A N 3 tique à des barreaux d’acier trempé de tout fon dur ; 8c qu’il y avoit fi bien réulli, qu’il n’avoic ni vu, ni entendu parlerde barreaux du même poids, ou desmêmes dimenfionsque les liens, qui fuffent plus vigoureux ; & que même il les aimantoit au point qu’il ne les croyoir pas fufcep-tibles d’acquérir une plus grande vertu. Il ajouta que M. Canton était actuellement en état, & prêt à faire voir à la Compagnie quelques-unes de fes expériences, à lui montrer fon procédé, & la manière dont il s’y prenoit pour faire fes Aimans; manière par laquelle il pouvoit dans une demie heure de tems, aimanter (ix barreaux d’acier trempé,exempts auparavant d’aucune Vertu Magnétique , ôc leur communiquer cepena
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- Aktieiciels. 14 r dant la plus grande vertu pofïible. De plus, que tout cela fe faifoit fans le fecours d’aucun Aiman,foit naturel, foit artificiel.
- Le Préfident remit alors au Sécre-taire le Difcours fuivant, contenant dans les propres termes de M. Canton , la defcription complette de fon procédé, & les inftru£tions nécef-faires pour qu’une autre perfonne puifle foire des Aimans femblables aux fiens.
- Enfuite de ceci , M. Canton fit voir lui-même à la Compagnie fes expériences principales, telles quelles font décrites dans fon Difcours, & elles réuflirent au point que tout le monde en fut fore fatisfait. Mais comme il craignôit que l’impreflion que lui foifoient tant de Perfonnes-
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- refpe&ables, ne le troublaflent dans fes expériences , ou ne Pempêchaf-fent de communiquer à fes barreaux une vertu aufli forte que celle qu’il leur communiquoit ordinairement, il pria qu’on s’en rapportât pour le détail de ces expériences, à ce que M. le Préfident en avoit déjà vu, & dont il avoit pris une note quelques jours auparavant. M. le Préfident rapporta là - deflus les faits fuivans > en déclarant qu’il le fàifoit avec toute la précifion dont il étoit capable.
- i®. Qu’ayant été chez M. Canton, accompagné de M. Ellicott, de la Société, il lui avoit vu communiquer la Vertu Magnétique ( de la manière prefcrite dans fcn Difcours ) à fix lames ayant les dimenfions qui y font rapportées, & pefant engé-
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- Artivicièls. 143 iiéral une once trois quarts Poids de Troy ; que ces lames avant l’opération n’avoient pas la plus petite Ver-tu Magnétique , n’attirant une aiguille aimantée ni par un bout ni par l’autre ; & que cependant, après a-voir été aimantées, quelques - unes d’entre elles levoient par une de leurs extrémités, en plein & d’une manière non équivoque, 28 onces Poids de Troy ; enfin que l’opération de les aimanter tint aux environs d’une demie heure.
- 20. Que M. Canton lui avoit montré en même tems deux grands barreaux de près d’un demi pouce en quarré , de dix pouces & demi de long, & pefant près de dix onces douze penny weight ; & que ces barreaux , à ce qu’on lui d^ dans le mê-
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- 144 A t MANS me tems, a voient été, mutatis mutant dis, aimantés de la même manière que les lames. Qu a la vérité il n’a-voit pas été préfent lorfqu’on leur a~ voit communiqué leur vertu ; mais qu’il avoit vu un effai de leur force par lequel un d’entre eux foutint devant lui, par l’une de fes extrémités, foixante & dix-neuf onces ôc neuf penny weight.
- 5°. Qu’on lui avoit aufli montré un Aiman d’acier plat & demi circulaire, pefant une once ôc treize penny weight, lequel leva en fa pré-fence, par le moyen d’un portant appliqué à fes deux bouts, quatre-vingt-dix onces, Poids de Troy.
- 4°. Que M. Canton lui dit aufli en même tems de quelle manière on pouvoit en peu de tems enlever la Vertu
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- Artificiels. 14; .Vertu Magnétique à un de fes barreaux quelconques , ôc qu’il lui en avoit vu faire l’expérience. Que de plus M. Canton avoitchangé devant lui les pôles d’un Aiman naturel, en le plaçant, dans une direction ren-verfée, entre les pôles contraires de 'deux de fes grands barreaux pofés à quelque diftance l’un de l’autre dans «ne même ligne ; ôc qu’il l’avoit fait même fans que les barreaux touchai fent P Aiman, en le plaçant feulement entre eux à une diftance d’un quart de pouce de l’un ôc de l’autre,
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- MANIERE
- De faire des Aimons artificiels infinimentfupérieurs aux na-. turels, & cependant fans le fecours de ceux-ci.
- PRenez une douzaine de lames t dont fix d’acier non trempé aient trois pouces de long, un quart de pouce de large, & un vingtième de pouce d’épais, avec deux morceaux de fer de même largeur & épaiffeur que ces lames, mais de la moitié plus courts ; 6c les fix autres d’acier trempé détour fon dur, aient chacune cinq pouces ôt demi de long, ôc trois vingtièmes de pouce d’épais , avec deux morceaux de fer, précifément de même pair rap-
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- Aitrii tcitis. 147 port à ces lames, que les deux premiers par rapport aux leurs. 11 faut de plus que toutes ces lames foient marquées tout autour, vers l’une de leurs extrémités.
- Prenez un Fourgon & des Pincettes, (f'. PI. II LJig.i.) plus ils font grands, plus ily along-temsqu’ons’en fert, & meilleurs Us font. Tenez le Fourgon verticalement entrevos genoux : placez vers Ion fommet l’une des lames d’acier non trempé, de fà-qon que fon extrémité marquée foit tournée en bas ; & afin quelle ne puiffe pas gliffer, ferrez-la fortement contre le Fourgon, au moyen d’une foie que vous palferez dellus, 6c que vous tiendrez de la main gauche. Enfuite prenez les Pincettes de la main droite un peu andefious du mi-N "
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- Î4$ yiiMAUS lieu,& les tenant prefque verticales, frottez la lame avec leur extrémité inférieure, en allant toujours du bas en haut. Cette opération réitérée’ une dixaine de fois fur chacun des côtés de la lame, bidonnera une Vertu Magnétique fuffifante pour fouteniï une petite clef par l’extrémité marquée , extrémité qui ( fi la lame étoic fufpendue horizontalement fur un pivot ) tournerait vers le Nord ; rai-fon pour laquelle on l’appelle pôle du Nord, ôc l’autre extrémité, pôle du Sud.
- Ayant communiqué de cette manière la Vertu Magnétique à quatre de ces lames d’acier non trempé , couchez les deux autres parallèlement fur une table ( Voyez PL IIL fig. 2. ) entre les deux morceaux de
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- Artificiels. ï 43 fer qui leur appartiennent, de fàçori que ces deux lames foient diftantes l’une de l’autre d’un quart de pouce * Ôc que le pôle du Nord ôc le pôle du Sud de chacune d’elles repofenc contre le même morceau de fer. En-fuite prenez deux des quatre lames déjà aimantées : placez-les enfemble, en forte quelles forment comme une feule lame d’une double épaiffeur, le pôle du Nord de l’une répondant au pôle du Sud de l’autre ; ôc pofez les deux autres deffusles premières, tellement qu’il fe trouve deux pôles du Sud ôc deux pôles du Nord enfemble. Enfin entre l’une des deux extrémités de ces lames, mettez une grofle épingle pour féparer le pôle duiVorddu pôle du Sudi Ôc cette extrémité étant tournée en bas, pla-'
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- ITffli Al M A S cez les lames perpendiculairement fur le milieu d’une des lames horizontales i de forte que le pôle du Nord de celle-ci réponde au pôle du Sud des verticales. Tout étant ainfi difpofé , faites gliffer celles-ci quatre ou cinq fois fur la lame horizontale > en allant & venant d’un bout à. l’autre ; & les ôtant enfuite de deffus cètte lame par le milieu, répétez la même opération fur l’autre ; après quoi retournez - les toutes les deux > & firottez-les de même fur l’autre côté. Ceci étant fait 9 ôtez ces deux lames d’entre les morceaux de fer j fubftituez à leur place les' deux les plus extérieures des verticales, ôc faites des deux lames verticales ref-tantes, & des deux horizontales, un faifceau tout femblable au premier*
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- en obfervant feulement que les premières verticales foient alors les plus extérieures : enfuite de quoi vous frotterez avec celles-ci, comme auparavant , les deux autres que vous venez
- pétetez. ce procédé jufqu’à ce que chacune des barres ait été touchée •quatre ou cinq fois i ce qui leur donnera une très-grande Vertu Magnétique, Pour aimanter avec ces lames celles d’acier trempé , difpofez-les toutes les üx, comme les quatre verticales, ( f'vyez PL III. fig. 3.) fie frottez ou touchez fuccefltvement a-vec ces lames quatre de celles d’acier trempé, placées horizontale-
- morceaux de fer, à une diftance l’une de l'autre d’un quart de pouce.
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- Hfï Aimavs Ayant ainfi communiqué à ces lames d’acier trempé une Vertu Magnétique fuffifante, laiflez les autres ; 6c fervez - vous de celles-là pour aimanter , félon la méthode précédente , ( Voyez PI. IV.fig i. ) les deux qui relient. On remarquera cependant qu’il ne faut féparer par en bas les lames verticales d’acier trempé ,* que lorfqu’elles font fur la lame horizontale , & les rapprocher l’une
- de plus, que leur intervalle doit être de deux dixiémes de pouce. Tout ceci étant obfervé , on procédera j félon ce qui a été dit plus haut, juf-qu’à ce que ces fix lames aient été touchées deux ou trois fois. Comme la touche verticale ne communique pas aux lames toute la Vertu Ma-:
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- RT 1F1 CIE L St IJj gnétique dont elles font fufceptibles, il faut, pour le foire, les pofer parallèlement , comme ci - deffus, entre leurs morceaux de fer, ( Voyez PI, IV. fig. a. ) & les fiotter avec deux autres lames potées horizontalement, ou à peu près ; lefquelles lames ou tire en même tems, en partant du milieu, l’une par fon pôle du Nord fur la parue Sud de la lame couchée, l’autre par fon pôle Sud fur la partie Nord de cette lame. On répétera la même opération jufqu’à trois ou quatre fois fur chacun des côtés de cette lame, en obfervant de reporter toujours au milieu la lame horizontale, fans toucher l’autre. Par ce moyen la lame couchéeacquiertla plus grande Vertu Magnétique quelle foit ïufceptible d’acquérir ; ce que l’on
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- 'I f 4 A 1 M A N S
- prouve par l’impoflibilité où l’on eft de lui en communiquer davantage, foit en l’aimantant par la touche verr ticale avec un plus grand nombre de lames >' ou par la touche horizontale avec des lames qui aient plus de vertu. Toute cette ppération peut fe faire en une demie heure, & on peut communiquer à chacune de ces lames , fi elles font bien trempées } * une affez grande Vertu Magnétique
- * Le Taillandier dont je me fuis le plus lêrvi, ’& dont les lames l’ont emporté conftamment fur toutes les autres, les trempe de la manière fui— vante : Il met une quantité fiiffifante de cuirs de vieux Ibuliers coupés en très - petits morceaux, dans une poêle d’un pouce de profondeur au moins , un peu plus longue que les lames, & affez large pour pouvoir en contenir deux à côté l’une de l’autre fans qu’elles fe touchent, ou qu’elles touchent la pocle. Il la remplit enfuite prelque à moitié de ces morceaux de cuirs fur lef-quels il pôle les deux lames, ayant auparavant attaché au bout de chacune un petit fil d’archal, pour pouvoir les tirer de la poêle lorfiju’elles font
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- Artificiels; 15$ pour qu’elles portent un poids de 2.8. onces Troy , ôc même davantage^ Lorfqu’une fois ces lames font bien aimantées , elles en aimantent dau-tres trempées & toutes femblables » aufli fortement quelles peuvent l’ê-; tre , en moins de deux minutes.’ C’eft pourquoi elles peuvent fatis-foire à tous lesbefoins que l’on en a5 foit pour la Marine, foit pour la Phy-fique expérimentale 9 beaucoup mieux que les Aimans naturels qui, comme on fçait, ne font pas afîez vigoureux pour aimanter des lames trempées. Ces lames confervent très-;
- rouges. Ceci fait, il remplit entièrement la poêle de morceaux de cuirs, & la met (ùr un feu modéré, en la couvrant & l’entourant de charbon. La poêle étant d’un rouge un peu plus que cerife, il l’entretient dans cette chaleur pendant une demie heure ; enfuite de quoi il trempe tout d’un coup les lame* dans une grande quantité d’eau
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- $ Al U ANS. bien leur vertu, en les mettant dans un Etui, {Voyez''? U IV. fig. 3.) de façon que les deux pôles de même 110m ne fe trouvent point enfemble, ôc que les deux morceaux de fer foient couchés deffus comme une lame de plus.
- FIN,
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- EXTRAIT DES REG IST RES de l'Académie Royale des Sciences.
- Du Septembre 1751. Essieurs Duhamel &
- IV JL C l a 1 r a u t , qui avoient été nommés pour examiner un Ouvrage du P. R 1 v o 1 r , Jéfuite, contenant la Traduction du Traité deM. Micheii d’Oxford f fur les Aimans artificiels, celle d’une Brochure publiée par M. C a n t o n , fur la même matière, & une Préface, dans laquelle il donne un Extrait hiftorique de ce qui a été fait en Hollande & en France fur ces Aimans, & fur les Barreaux Magnétiques , en ayant fait leur rapport, l’Académie a jugé qu’il y avoit lieu de croire que le Public verroit avec piaille tout ce qui avoit été fait fur cette matière raflèmblé dans un même Ouvrage : en foi de quoi j’ai figné le préfent Certificat. A Paris le 9. Décembre 1751. Signé, GRANDJEAN DE FOUCHY , Sé-crétaire perpétuel dé l’Académie Royale des Sciences.
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- r R 1VI L E G E DU ROI.
- T OUÏS par la grâce de Dieu, Roi de I j France 8c de Navarre, à nos âmes 6c féaux Confeillers, les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Confeil, Prévôt de Paris , Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils , ôc autres nos Juiticiers qu’il appartiendra, S a lût. Nosbien-amés les Membres de
- de notre bonne Ville de Paris, nous ont fait expofer qu’ils auroient befoin de nos Lettres de Privilège pour l’impreffion de leurs Ouvrages : A ces causes, voulant favorablement traiter les Expofans, nous leur avons permis 6c permettons par ces Prélentes de faire imprimer , par tel Imprimeur qu'ils voudront choi-fir , toutes les Recherches ou Obfervations journalières, ou Relations annuelles de tout ce qui aura été fait dans les AlTemblées de ladite Académie Royale des Sciences, les Ouvrages, Mémoires ou Traités de chacun des Particuliers qui la compofent, 8c généralement tout ce que ladite Academie voudra faire paroître , après avoir fait examiner leldits Ouvrages, ôc jugé qu’ils font dignes de l’impreffion , en tels volumes , forme , marge caractères , conjointement ou féparément, 8c autant de fois que bon leur femblera , 8c de les faire vendre 8c débiter par tout notre Royaume , pendant le tems de vingt années confé-cut.ves, à compter du jour de la date des Préfentes ; fins toutefois qu’à l’ocealîon des Ouvrages ci-delfus fpécifiés ilpuiife en être im-
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- • „• . . ‘jy
- primé d’autres qui ne foient pas de ladite Academie : failons défenlès à toutes lortes de per-fonnes, de quelque qualité' 8c condition qu’elles loient, dén introduire d’impreffion e'tran-gere dans aucun lieu de notre obe'iffance ; comme aufli à tous Libraires 8c Imprimeurs d’imprimer ou faire imprimer, vendre, faire vendre 8c débiter lefdits Ouvrages, en tout ou en partie, 8c d’en taire aucunes traductions ou extraits, fous quelque prétexte que ce puif-fe être, fans lapermiffion expreflê 6c par écrit defdits Expofans', ou de ceux qui auront droit d’eux, à peine de confifcation des Exemplaires contrefaits, de trois mille livres dVmende contre chacun des contrevenans ; dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hôtel Dieu de Paris, 8c l’autre tiers aufdits Expofans, ou à celui qui aura droit d’eux , 8c de tous dépens, dommages 8c intérêts ; à la charge que ces Préièn-tes feront enregiftrées tout au long fur le Re-giilre de la Communauté des libraires 8c Imprimeurs de Paris, dans trois mois de la date d’icelles ; que l’impreffion defdits Ouvrages fera faite dans notre Royaume, 8c non ailleurs, en bon papier 8c beaux caractères, conformément aux Réglemens de la Librairie;qu’avant de les expofer en vente, les Manufcrits ou Imprimés qui auront fervi de copie à l’impreffion defdits Ouvrages , feront remis ès mains de notre très-cher 8c féal Chevalier le Sieur Da-guesseau , Chancelier de France, Commandeur de nos Ordres, 8c qu’il en fera en-fuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un en celle de notre Château du Louvre , 8c un en celle de notre-dit très-cher 8c féal Chevalier le Sieur D a-
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- i6o , ' y
- GuESSEAif, Chancelier de Frsmce, le tout à pe ne de nullité defdites PreTcrites : du contenu defquell.es vous mandons 8c enjoignons de faire jouir lefdits Expofans 8c leurs ayans cau!e, pleinement 8c paifiblement, fans louf-frir qu’il leur f oit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie des Préfentes qui fera imprimée tout au long, au commencement ou à la fin defdits Ouvrages : foit tenue'pour dùëment lignifiée , St qu’aux copies collationnées par l’un dé nos amez , féaux Confedlers & Sécrétaires, foi fôit ajoutée comme à l’original. Commandons au premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis , de faire , pour l’exécution d'icelles , tous actes requis 8c nécellàires, fans demander autre per-miffion, 6c nonobfiant Clameur de Haro, Charte Normande 6c Lettres à ce conraires ; Car tel eft notre plaifir. D o n n e’ à Paris le dix-neuviéme jour du mois de Mars , l’an de grâce mil fept cens cinquante, 8c de notre Régne le trente- cinquième. Par le Rpi en Qjo. Confeil. MOL.
- Regiftré fur le Regiflre XII. de la Chambre Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris, °. 450. fol. 309. conformément au . Reglement de 172$, qui fait défenfes, article 4. à toutes personnes, de quelque qualité quelles foient, autres que les Libraires & Imprimeurs, de vendre, débiter & faire afficher aucuns Livres four les vendre, fait qu’ils s ai difent les Auteurs ou autrement ; à la charge de fournir s la fufdite Chambre huit Exemplaires de chacun , preferits par l’art. 108.. du meme Réglement. A Paris le j, Juin 1750. Signé, LE.GR.AS, Syndic,.
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