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Recherches sur les différens mouvemens de la matière électrique
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- yOi,
- RECHERCHES
- SUR
- LES DIFFÊRENS
- MOÜVEMENS
- DE
- LA MATIERE
- ÉLECTRIQUE,
- Dédiées à M. l’Abbé NOLLET, de l'Acad. Ré des Sciences, &e.
- i, geminatque incendia folis.
- f T", .Imprimeur-Librairè
- M DCC LX.
- Avec Approbation y & Privilège du Roi.
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- A MONrS'iïUR A"'
- L’ABBÉ
- N O L L ET,
- De l’Académie Royale des Sciences , Profeffeur de Phylîque expérimentale , &c.
- O NSI EU R,
- C’ejl dans vos Ecrits qttt j ai trouvé le fil qui nia guidé dans mes Recherches fur l'Electricité i & fi. je puis me flater aitj
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- d’avoir approché du vrai, c’efâ l’aide des principes lumineux, que vous aveç découverts , & ce riejl qu autant que j’aurai fçu en faire valoir, les confia quences. A ce titre , je vous devais déjà cet Ouvrage :Ta-mitié exige encore que je vous P offre} & je me ftate que voûs voudreç bien le tenir d'elle* J’ai l’honneur dêtre avep Vattachement le plus parfait %
- MONSIEUR,
- Votre très-humble & très-obéiffant feryr-teut Dutqur*
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- |K*#* ** &&55 ***
- PRÉFACE.
- SUè&é^ O N objet, dans l’E-1 M | crit que je publie tfvrwr*i aujourd’hui , efi de développer d’une maniéré encore plus précife qu’on ne l’a fait jufqu’à pré-fent les divers mouvemens de la matière éleétrique , & d’appliquer aux principaux phénomènes de l’électricité une théorie déduite du principe des effluences & affluences ffmultanées 9 dont nous devons la découverte à M. l’Abbé Nollet. On fçait
- a iv
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- viij PRÉFACE. qu’employé par cet illuftré Académicien, avec cet avantage qu’il tient de fon évidence, & de la façon méthodique & lumineufe, avec laquelle les conféquences en font expofées, il nous avala les connoiflances les plus étendues fur cette curieufe partie de la Phyfique. Cependant certains faits rapportés dans les lettres de M. Franklin qui parurent en France en 1752 , & quelques autres qui ont été obfervés depuis, cette époque, ont déterminé quelques Phyficiens à facrifier ce principe jufqu’alors géné--ralement adopté à celui des
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- PRÉFACE. ix
- éleflricités pofnives & négatives , qui eft la bafe d’un nouveau Syftême , propofé par l’Obfervateur de Philadelphie.
- Quelles que fuffent les difficultés qui parurent réfulter de ces faits , il n’en étoit Purement pas plus néceffaire de chercher de nouvelles preuves de l’exiftence des deux courans éleétriques fimulta-nés : ils fe manifeftent pref-que toujours très - fenfible-ment ; mais il reftoit peut-être encore à démêler plus particuliérement comment ils fe diftribuent fur l’appareil d’éleftricité : je tournai de ce
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- i PRÉFACE. côté-là mes recherches qui; en me procurant les édair-ciffemens que je defirois, m’ont conduit à des conjectures qui m’ont paru propres à lever toutes ces difficultés. Du moins ont-elles l’avantage de rapprocher,à certains égards,les fentimens des deux partis : En confèrvant d’un côté le principe des effluences & affluences fîmultanées dans toute fon étendue, & fans aucune reftri&ion, je ne Iaifie pas de l’autre d’admettre des caraéleres dïftinélifs entre les éleélricités excitées dans divers corps, par exemple, entre celle du couffin & celle
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- PRÉFACE, sj du condufteur , entre celle du globe de verre & celle du globe de foufre, &c. Or une des principales prétentions des Partifans. de M. Franklin roule fur ce point. On verra de plus, que je fais confifter ces cara&eres diftinâifs dans-l’inégalité des courans électriques antagoniftes, fufcepti-bles de deux différentes com-binaifons, qui font telles, que de deux co-rps éleftrifes, l’un peut verfer dans l’air plus de matière éleflrique qu’il n’en tire de ce milieu,.tandis que le fécond en reçoit plus qu’il n’en jette au dehors. Et cette fup-pofîtion encore eft affez ana.
- «vj
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- ïij PRÉFACE. logue à celle des furcharges & des déchets de matière éleftrique ; autre point de la doflrine de M. Franklin.
- L’expoittion de mes recherches & de mes conjectures, dont je ne pouvois me dif-penfer de faire l’application aux phénomènes les plus in-téreffans, ou fur lefquels on étoit le plus partagé , m’a fourni la matière de quatre Mémoires , deftinés à être lus à l’Académie des Sciences, mais qui, parleur étendue, m’ont empêché d’afpirer à leur procurer le fort de ceux que j’avois eu l’honneur de lui préfenter précédemment,
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- PRÉFACE, xiij & qui ont été fucceffivement inférés dans les trois premiers volumes du Recueil des Ouvrages qui lui font adreffés par les Correfpondans ; mais quoiqu’imprimés à part, c’eft encore fous fes aufpices qu’ils paroiffent.
- Le premier de ces Mémoires contient une fuite d’Expé-riences , dans lefquelles on reconnoît fenfiblement l’exif-tence & les mouvemens des deux courans éleélriques , qui , traverfant en fens contraires tout l'appareil d’électricité , fe font diftinguer par des caraéteres qui leur font propres, & fur lefquels on ne
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- *iv PRÉFACE. peut fe méprendre ;'& elle» nous apprennent que, fans jamais fe confondre l’un avec l’autre , celui qui part du couffin eft tranfmis au conducteur par le globe qui rend de même fidèlement au couffin le courant antago-nifte qui y aborde de la part du condufteur.
- C’efl; dans le fécond Mémoire que je me livre à des conjeélures, pour tenter d’expliquer d’où dérive l’inégalité diverfement combinée des deux courans éleftriques fimultanés , laquelle , peut-être , doit moins être regardée comme une fimple fup-
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- PRÉFACE. xv pofition, que comme un fait indiqué alTez'clairetnent par divers phénomènes , & fur-tout par la diverfité des feux qui fe voient aux extrémités des corps éleârifés.
- Ces eonjeéfures font que les particules du fluide électrique , du moins lorfqu’elles font mifes en jeu par le frôlement des tubes , des globes , &c. font fufceptibles. de vibrations de différentes qualités ; les unes de vibrations appellées de la première qualité , les autres de vibrations appellées de la
- fécondé qualité........... que
- Tun des courans éle&ir
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- xvj PRÉFACE. ques étant uniquement com-pofé des unes , le courant oppofé l’eft néceflairement & uniquement des autres......que les canaux ,
- qui, dans un corps éleftrifé, font perméables aux unes, font inacceffibles aux autres .....que dans tout corps
- éleflrifé le nombre des canaux qui livrent paffage au courant affefté des vibrations de la première qualité , ex-cede toujours le nombre de ceux que traverfe le courant affeélé des vibrations de la fécondé qualité. Ce rapport d’inégalité, qu’on peut défi-gner par celui de a + x à a,
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- PRÉFACE, xvij eft propre à occafionnerdeux états d’éleélricité différens ; car, ou dans le corps éleârifé la matière effluente eft affectée des vibrations de la première qualité , & alors le nombre des canaux quelle exige, eft au nombre de ceux qui relient à la matière af-fluente dans le rapport de a + x à a, ( ce qui eft l’état du globe de verre froté, de fon condufteur , du couffin ifolé appartenant au globe de fouffre &c. ) ou bien, dans, le corps éieélrifé, la matière effluente eft affeélée des vibrations de la fécondé qualité , & alors le nombre des
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- xviij PRÉFACE.
- canaux qu’elle obtient, au nombre de ceux que réferve la matière affluente , dans le_rapport inverfe de a à a + x, ( & c’eft l’état du globe de foufre froté, de fon conduéieur , du couffin ifolé du globe de verre , &c. ) & ainfi il doit toujours y avoir de l’inégalité entre les deux courans éleâriques fimultanés. Mais ce fera tantôt le courant de la matière effluente qui l’emportera , & tantôt celui de la matière affluente.
- Tel eft le fond de lliypo-thefe dont je fais ufage dans le même Mémoire, pour ren-
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- PRÉFACE, xi* dre raifon des variétés qu’on remarque entre certains phénomènes , par exemple, entre ceux du globe de verre, & ceux du globe de foufre, &c.
- Dans le troifieme , principalement deftiné à l’explication des Angularités de l’expérience de Leyde, je trace, le long des corps qui forment ce qu’on appelle la chaîne , la route des deux courans éleétriques qui les parcourent & s’y croifent, fans s’y confondre , tout de même qu’ils fe croifent fur le refte de l’appareil ; & je fais réfulter la commotion,d’un changement fobit, qui, au moment que
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- XX PRÉFACE. l’étincelle éclate, s’opère dans les vibrations de toutes les parties, tant de la chaîne que du conduâeur.
- Enfin dans le quatrième Mémoire j’établis que la diver-fité des feux éleflriques & de ce qu’on appelle aigrette & point lumineux , n’eft que l’effet de l’inégalité inévitable des deux courans fimultanés, qui conftituent l’atmofphere de tout corps éleârifé.
- Il entroit dans mon plan de difcuter divers points de la doftrine de M. Franklin ; & lorfqu’ils ne m’ont pas paru fondés, j’ai cru pouvoir m’en expliquer librement. Ce
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- PRÉFACE, xxj qui n’empêche pas affurément que je ne fois le premier à applaudir aux brillans foccès de fes recherches , à fes vues étendues , & à fes belles découvertes qui rendront fon nom célébré dans les Faites de l’éleélricité. Au relie, en op-pofant mes conjeélures aux tiennes, j’imiterai le ton de défiance qu’il prend fouvçnt pour les propofer, & j’attendrai que les juges compétens fur cette matière, au nombre defquels je pe ferai aucune difficulté de l’admettre, en apprécient la valeur.
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- TABLE DES MEMOIRES
- Contenus dans ce Volume.
- PREMIER MEMOIRE.
- T) Echerches expérimentales , V. concernant la dijlribution du Fluide électrique fur le Globe de verre , le Couffin # le Conducteur. - Pag. i
- SECOND MEMOIRE.
- Conjectures fur les différences des deux Courons fimultanés , qui produifent les Phénomènes de l'Electricité. 55
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- TABLE DES MEMOIRES. xxiij
- TROISIEME MEMOIRE,
- Sur la Pereujfion & la Commotion électriques, 169
- QUATRIEME MEMOIRE.
- DifcuJJion 4c divers Phénomènes électriques, relativement à l'hy-potkefe des électricités pofitive & çégative. au
- MEMOIRE TRADUIT
- Expériences d'électricité , avec un ' effai d'explication de plujieurs Phénomènes, & quelques Obfer-rations fur les nuages orageux , par M. Jean Canton, Maitre-es• Arts, & Membre de la Société Royale de Londres. xji
- Régions fur les Expériences rapportées dans le Mémoire de RL. Çàntop, " •; :
- * a
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- FAUTES A CORRIGER.
- leleâeureft prié de commencer par corriger le* fautes qui four indiquées ici, & dont quelques-unes altèrent le fens du difeours.
- Pag. lig-
- * *7
- 44 f
- 45 14
- {O i <2. 9
- 6i io 48 *
- 72 21 *î * 26 21 S* 5» üid. Il xio n 12$ 20 126 IJ
- V«L
- premier
- nouvelles
- première
- nouvelle
- Mettei à la marge ,
- agiteni
- &
- excitent
- dix
- Mettei à la marge,* contiennent
- les verres leéûrifcs fortps fortes
- VE
- éleârifés
- faibles
- la furface un
- d'émail
- de la furfaçe d’émefll
- Ayant le mot lieu, mettei toujours
- PREMIER
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- 1
- PREMIER
- MEMOIRE.
- ^M«C*yyilOMeWM^
- RECHERCHES
- EXPÉRIMENTALES,
- Concernant la dijlribution du.
- Fluide électrique furie Globe de verre 9 le Couffin & le Conducteur*
- mugi A maniéré dont les; cou» ü W%È rans éleôriqiies mis en HfeVBm jeu par le frotemenf du globe le diftribuent fur l'appareil d’éledricit^ , objet intéref-A
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- fant par le rapport qu’il a avec des phénomènes , dont lés bi-farreries apparentes femblent devinées à nous faire prendre le change fur leurs caufes, l’eft devenu encore plus par le partage des physiciens qui l’ont dif-cuté. J’ai tenté à diverfes repri-fes de développer plus à fond ce méchanifme ; & les faits que mes recherches;m’ont procurés, m’ont paru propres à étendre nos connoiflances à cet égard. ...
- Je m’étois propofé d’examiner s’il ne fe diffipe pas dans l’air ambiant une partie de la matière éledrique, excitée fur le globe ; fi le globe froté ne reçoit pas du eondudeur &du couffin dès cotii rans diflinds de matière éièdri* que; fi ces écoulemens fournis jj au globe par le couffin & par le
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- DE LA M ATIERE ÉLECT. 3
- eondufteur , ne font pas fujets à fe confondre enfenrble ; & enfin s’ils contribuent indiftin&ement à.l’éleftrifation dé l’un & dé l’autre , oii fi leur influente à cet egard efl partagée.
- Parmi ceux à qui lés expë-î-riences d’éleâricité ne font pas totalement inconnues, il y en aura beaucoup, je penfe, qui feront étonnés du doute que j’af-fefte fur là îranfmiflion de la matière éleârique du globe dans l’air qui l’environne. En effet, la répulfion des corps légers , fufpendus auprès d’un globe élec-trifé , femble prononcer bien clairement fur ce point ; mais on fera moins furpris de me voir agiter cëtte queftion , fi l’on fçait que les partifans de M. Franklin , pour Rendre raifon
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- 4 Movvemens de ce qu’un couffin ifolé, quî frotte le globe , ne cOntra&e aucune éleâricité dan? le cas QÎi il n’y a pas de conduâeur, prétendent que toute la matière éle&rique qiiè les differentes portions. du globe enlèvent l’une après l'autre au couffiiî, lui revient à chaque révolution du globe ; au moyen de quoi, l’état du couffin n’eft point changé, félon eux ; & il ne ceffe point d’être le même que s’il ne frotoit pas le globe, ce qui fuppofe que ces différentes portions du globe ne perdent rien dans la.traverfée de la matière éle&rique qu’elles ont enlevée au couffin, & qu’on les charge de lui rapporter dans fa totalité ; & fi l’on fçait encore qu’ils allèguent pour fe débarraf-fer de ce que le fait que je viens
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- DE LA MATIERE ÉLECT. J de rappelle* a de défavorable à leur opinion. y qu’on ne peut tirer aucune induPion des attrapions & répulfions élePriques 9 attendu , difent-iis y qu’on ignore comment elles fe font. Il n’eft donc pas abfolument fuperflu de chercher de nouvelles preuves fur le point que je mets en quef-tion. En voici,
- PREMIERE EXPERIENCE.
- J’a i difpofé pour froter le globe de verre (fig. i.) le couffin D, qui communiquoit avec le plancher. Une des extrémités du conduPeur touchoit (a) le
- (a) Les conduPeurs dont je ma fuis, fervi dans les expériences rapportées dans ce mémoire étoientdes tringles defer, où, favois ajufté à l’extrémité qui çorrefponi. doit au globe un morceau de galon d’oB
- A ii j.
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- 6 Mouvemens globe en B , en un point diftant d’environ 3' pouces du bord I> du couffin.. Quand on faifoit tourner le globe dans le fens dé-figné par les lettres ABC, les fils d’épreuve E s’écartoient beaucoup plus l’un de l’autre , que quand le globe tournôit dans lé fens contraire C B A. On voit que dans le premier cas chaque portion de la zone du globe qui eft frotée , paiTe fous l’extrémité B du conduâeur prefqu’immé-diatement après qu’elle eft for* tie de deflous le couffin, n’ayant alors que le petit arc BD à par-
- ou d’argent, que je tenois appliqué au globe par des cordons de foie arrêtés aux poupées ou autrement, afin que le contait entre le conduéteur & le globe fut immédiat, & qu’il ne fût interrompu e» aucun inftant.
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- CE LA MATIERE ÉLECT. 7 courir ; au lieu que dans le fécond cas , chaque portion du globe , après avoir paffé fous le couffin, décrit un arc d’une étendue confidérabje A C B avant de parvenir jufque fous l’extrémité B du conduéteur ; puifqu*il arrive , ainfî que l’indiquent le plus & le moins d’écartement des fils d’épreuve , moins de matière électrique au conducteur dans le fécond cas que dans le premier, c’eft une marque qu’il s’en diffi-pe davantage, à proportion que les différentes parties du globe qui font frotées l’une après l’autre en paffant fous le couffin , parcourent un plus long chemin avant de rencontrer k conducteur : or ce qui s’en diffipe ici ne peut paffer que dans l’air ambiant»
- A iv
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- S . M O' U V E M fi N S II* EXPERIENCE.
- Si l’on ajufte à l’extrémité B •du cônduôfeur un morceau de -papier doré taillé en pointe i de forte que la pointe ne foit distante que d’environ un pouce du, bord D- du couffin , on remarquera les mêmes différences ; mais moins marquées dans la divergence des fils d’épreuve E placés fur le conduâeur , félon •que le globe tournera dans le fens ABC, ou dans le fens CBA.' On remarquera de plus , lorf-qu’il tournera dans le fens ABC une fuite d’étincelles qui-éclateront contre le bord du couffin & la pointe dutpapier doré, qui n’auront pas lieu quand rotation du globe fe fera félon; la direction CBA,
- 4J 4
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- DE tA MATIERE ÉLECT. 9 III* EXPERIENCE.
- $r là pointe du papier doré eft encore plus rapprochée du bord D du couffin, les étincelles éclateront en quelque fens qu’on foffe tourner le globe. ; mais elles fe fuivront de plus près-, & feront plus animées^ quand il- tournera félon la direc--tion ÀBC-
- IV* EXPERIENCE.
- Quand' l’expériencefe fait dans l’obfcurité , on voit parti# dé là pointe du--papier doré, en quelque fens qu’on fafle tourne#/ lé globe, & mênre quand: il -y auroit un pouce & plus d’inter* valle entre la- pointe du papier-' doré & le bord du couffin, uner belle aigrettef lumineufe -,. mais*
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- sa Mouvemens dont les rayons font plus allon» gés St plus épanouis quand oiv donne à la rotation du globe ta direâion ABC.
- On voit, fans que je le dife ». que ces derniers phénomènes concourent à confirmer ce que j’avois déduit de la. différente divergence des fils d’épreuve.
- V* EXPERIENCE.
- Quand là bande de papier doré & le couffin fe touchent, il; n’ÿ a ni aigrette , ni étincelle ni divergence entre les fils d’épreuve , ni aucun autre ligne d’éleélricité fur le conduâeur & le couffin , en quelque fens que tourne le globe ; parce que Iç fluide éleftrique excité, fur le globe par le frotement du couffin^ apres s’être rendu dans le conf
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- DE LA MATIERE ÉLECT. ri dufteur, paffe par le papier doré jusqu’au couffin, d’où il débouche de nouveau fur le globe pour reprendre les mêmes voies, & circuler ainfi fans celle en dedans de ces corps, fans fe manifefter au - dehors.
- VI* EXPERIENCE.
- Fa i répété les mêmes expériences que je viens de détailler en tenant le couffin ifolé,. les autres difpOlitions de Tap-pareil étant les mêmes ; & j’ai eu encore les mêmes réfultats dans les mêmes cas, avec cette «nique différence que les aigrettes, les étincelles, & les divergences des fils, d’épreuve étoienf. moins marquées,, que lorfque le couffin communiquoit avec lie plancher,.
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- >ti Mouvement
- De toutes les expériences, que' je viens de citer * il me paroît qu’on.. peut légitimement conclure: que l*.Huide. éleârique que le frotement du couffin met en jeu fur: la zone du globe qu’il balaie , fe perd en. partie dans: l’air, qui l?entoure , &. ordinairement au point que ce qui s'em. diffipe- de ce chef , caufe. un? . affoibliffement fenfible dans les. lignes d’éjeâricité.: que donne le condu&einv C’ell donc fans fondement que les-partifans de M. Franklin; prétendent que la difficulté. qu’on épreuve à5 rendre éleûrique le couffin.ifolé., dans le. cas.où il n’y a pas de conducteur,, dérive de ce que toute la matière'éleûrique. que le globe .hùenle.ve. ,.lui eftreîtituéeâ chaque révolution du globe,. Car.
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- DS LÀ MATIERE ÉLECT. |J; puifque l’éleûricité du conducteur peut fereffentir du déchat de la partie des émiffions éleftri-ques, qui du globe-fe diftribuent dans l’air ambiant , à plus forte saifon-, lorfque le conduâeur ell fupprimé, le couffin qui efluie ce déchet devroit-il. s’en reffen-. tir, & paroître. conféquemment éle&rifé; en moins, fi les chofes fie. paflent comme M« Franklin le fuppofe.
- Ilréfulte encore des obfer-varions précédentes , que pour communiquer la plus forte éleo-.tricité au conduâeur , il, convient que celle de fes extrémités qui touche le globe , ne fok pas trop; éloignée, du couffin, afin que les différentes parties du globe , à mefure qu’elles font: frétées, par le couffinn’âient
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- S4 M O U V E M E N S pas un trop long intervalle à parcourir avant de rencontrer le conducteur. Il ne faudrait pas cependant que l’extrémité B (fig. i.) du-conducteur fût trop rapprochée du couffin, de peur que les écou-lemens électriques que le conducteur reçoit du globe , n’aient la facilité de s’élancer fur le couffin , comme l’expérience nous a montré que cela arrivoit, lorsqu'il n’y avoit qu’un pouce d’intervalle entre l’un & l’autre. Voyt^ te Expériences je & 4e. L’éleCtricifé du conduûeur paroît alors avoir perdu de l’intenfité dont elle étoit fiifceptible auparavant, & elle ceffe de fe manifefter quand il y a un contaft immédiat de l’un; à l'autre..
- L’irruption de ce courant de matière électrique qui , du
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- ©E LA MATIERE ÊlECT. I $ couffin aborde fur le globe , paf-fe de-là au conduâeur, & fe ma-nifefte dans les expériences précédentes , eft un point fur lequel; les fentimens ne font point partagés. Outre ce courant, on en-peut reeonnoître un autre qui débouche du condufteur, pafle auffi fur le globe, & fe rend au. couffin ; mais il eft contefté par quelques auteurs. Les indices de fon-, exiftence ne font cependant pas moins fenfxbles -que ceux de l’exiftence du premier. Les franges lumineufes qui bordent l’extrémité du condufteur contiguë au globe, & qui augmentent de vivacité, à mefure que le con-dufteur augmente de volume , & fur-tout quand ilcommunique avec le plancher y ne font-elles pas les traces vilibles de ce fe>
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- v6 M o V V E M E K S cond courant ? Et l’éleâricifé",, qui, dans le couffin ifolé, re± double d’àttiyité quand le vo* lume du conduéïeur acquiert de l’étendue, ou qu’il vient à comi muniquer avec.le plancher , n’an* nonce-t elle pas que ce fécond courant parvient au coufltn ? A eès preuves déjà aflez évidentes pour qui les examinera fans prévention , j’en ajoùterai d’autres, mais qui dépendent, de la con*-noiffance de là direâion du premier de ces courans qu’il faut auparavant démêler..
- Vir EXPERIENCE.
- •' Voyons ce que peur nous apprendre l’expérience à cet égard, j’ai fufpendu féparément for des cordons de foie denx con-duûeurs dont l’extrémité de.
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 17
- fun G ( fig. 2. ) aboutiffoit en B fur le point le plus élevé du. globe, & dont l’autre M abou*-iiffoit en C précisément à l’opt-pofite du couffin. Quand leglor be étoit en mouvement,. je re*-marquois que s’il tournoit dans le Sens ABC, les fils d’épreuve E du condufteur G s’écartoient beaucoup plus l’un de l’autre-* que ne le faifoient les fils, dlé-preuve N du condu&eur M. Au lieuquec’étoitle contraire, lorsque le globe tournoit dans le fens C B A. Alors les fils d’épreuve du conduâeur M divergeoient davantage que ceux du conducteur G. H paroît donc-que dans le premier cas le condu&eur G in-terceptoit au conduâeur M.une partie de la matière éleârique émanée, du couffin , & que.dans.
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- !» Mouvemens le fécond cas , le conducteur M avoit fa revanche, & l’intercep-toit au conducteur G. Il en ré-fulte néceflairement que le courant électrique , qui du couffin pafle au globe , fuit une direction conforme à celle de la rotation du globe. Car il eft évident que s’il prenoit la direction oppofée, ce courant qui part de l’endroit où le couffin touche le globe , parviendrait quand le globe tourne dans le fens ABC à l’extrémité C du conducteur M, avant de paffer fous l’extrémité B du conducteur G. Et par con-féquent, le conducteur M inter* cepteroit alors ce courant, & ferait bien plus fortement éleCtrifé que le conduCteur G ; de même, torfque le globe tournerait dans, î* fens CB A, ce courant émané
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- DE LA MATIERE ÊlECT. du couffin pafferoit fous. l’extrémité fi du conducteur G, avant de rencontrer le conducteur M & ce feroit le conducteur G qui feroit à même d’intercepter le courant électrique , & d’acquérir une électricité fupérieure à celle du conducteur M. Ce qui eft précifément le contraire des réfultats que donne l’expérience. Je m’affurai par des effets encore plus fenfibles, que celui des deux conducteurs qui efl rencontré par le courant émané du couffin , efl toujours celui qui; s’offre le premier fur la route quand en partant du couffin on fuit une direction conforme à celle de ta rotation aCtuelle du globe. Il étoit aifé de comprend dre que dans l’expérience précé--
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- 20 Movvemen s dente le condu&eur le plus favorablement placé, n’interceptoit qu’une partie du courant émané du couffin à l'autre, à qui il en parvenoit encore aflez pour qu’il fut vivement éleârifé , quoique fenfiblement moins que le premier, qui , à fon égard, fe trou-voit aû-deflus du courant. Je fen-lis, & j’éprouvai: enfui te que cola provenoit de ce que le volume des condu&eurs n’étoit pas aflez confidérable, pour que l’un des deux pût abforber la totalité de ce courant émané du couffin ; & je voulus voir ce qui arriverait à cet égard dans le cas oit celui des deux condu&eurs, à qui le courant parviendrait le premier, ferait à même de l?ab-fiarher totalement..
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- DE LA MATIERE ÊLECT. ai VIII* EXPERIENCE.
- J’appliquai d’abord la main fur le conducteur G {.fig, 2. ) qui , par conféquent, communiquait avec le plancher oîi la totalité du courant émané du couffin pouvoit aifément fe diffiper ; & je remarquai en effet, que lorfque le globe tournoit dans le fens ABC , le courant s'échappait en entier par cette route : car il n’en paryenoit rien au conduéteur M , qui ne don-noit aucun ligne d’éleCtricité ; mais quand le globe tournoit dans Je fens C B A (ma maip redant toujours appliquée au conducteur G, ) le condufteur M rete-noit au paffage, ainfi que l’indi--quoit la divergence des fils d’épreuve N, une partie du coxfr
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- Tant , dont le relie alloit fe diffi-per dans le plancher par le condudeur G. D’où il réfulte que dans le fécond cas le courant fui-voit la dire dion CB A ; & dans le premier , la diredion ABC. J’appliquai enfoite la main fur le condudeur M, & les effets furent analogues à ceux que je viens de rapporter, & àPhypo-thèfe que j’expofe. Quand la diredion de la rotation du globe «toit AB C, le condudeur G, «qui devôit fe trouver le premier fur la route du courant qui provient du couffin , étoit éledrifé ; & quand' le globe tournoit dans le fens Contraire C B A, le condudeur M l’abforboit en entier, de n’en laiffoit rien paffer au condudeur G qui ne contradoit plus la moindre éledricité.
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- DELA MATIEREÈLECT. 2J
- De pareils faits paroiffent ne laiffer aucun doute fur la route que fuit le courant éleârique , émané du couffin pour fe rendre au conduâeur ; mais il y auroit deux différentes idées à fe faire fur la circulation de ce courant éleârique, & qui toutes deux fe concilient affez également avec les réfultats des expé-j riences dont je viens de faire mention. i° Il pourrait .fe faire que les écoulemens du couffin circulaffent réellement fur le globe , enfdrte qu’ils s’étendiffent fucceffivement & de place en place fur tout le contour de la zone du globe que frote le couffin. 2° Peut être auffi ne circulent - ils qu’en apparence , & qu’autant que les différentes portions du globe qui s’en
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- 14 MoUVÉMfNS font chargées l’une après l’autre en paffant fous le couffin, les en-tràînènt avec elles en tournant fur leur axe commun. Au moyen de quoi, il n’eft pas étonnant quHls foivent dans leur mouve-ihent apparent la même direction qu’on donne à la 'rotation du globe. Ileft fûr d’un côté, que le-verre , quoique plus difficilement perméable aux écoulemens éleftriques que ne le font les métaux , l’eau , &c. l’eft néanmoins pour eux , & fur-tout lorf-qu’il cftfroté ; mais malgré cela, il paroît que c’eft principalement à ce mouvement étranger , que dans ces circonftances ils tiennent de la rotation du globe, qu’il faut attribuer les réfultats énoncés ci-deffus ; puifque ce mouvement rapidede rotation imprimé
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 1'$
- au globe-,.ne peut manquer de les faire pafTer plus vite du couffin d’où ils débouchent, au conducteur où ils fe précipitent,qu’ils ne le Feroient, fi le globe étant arrêté , ils a voient à traverser la portion du globe qiti s’étend de l’uh à l’autre.
- L’expérience qui nous apprend que le conducteur intercepte au pacage , ou totalement, ou en partie la matière éle&rique , qui eû excitée fuc-ceffivement fur chaque portion de la zone du globe frotée par le couffin , & ce que nous avons de plus établi qu’il s’en diffipe dans l’air ambiant , nous donnent lieu de foupçonner que dans le cas où le couffin étant ifolé , fe montre imprégné d’une électricité Couvent très-animée, il
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- *6 Mouvemens
- la doit aux écoulemens éleûrî-ques que le cortduâeur fournit Æufli de fon côté au globe..
- IX* EXPERIENCE.
- Pour conftater ce qu’il en faut penfer , fai ifiolé le couffin que je faifois communiquer par une bande de galon d’or avec une barre de fer H , fufpendue avec des cordons de foie ; & j’ai dif-pofé deux condu&eurs M & G , (jfg. 3. ) comme dans l’expérience précédente. Les fils- d’épreuve m’ont encore indiqué dans celle - ci, & d'une façon marquée que lorfque le globe tour- I noit félon la direâion ABC,le conducteur Ginrereeptoit au con- ] duéteur M une portion confiée-1 rable du courant émané du couf- 1 fin ; & que quand le globe tour- 1
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- ©E LÀ MATIERE ÉlECT. XJ ftoit dans le fens C B A , le conducteur M interceptoit à fon tour une partie confidérable de ce courant au conducteur G. J’ob-fervai de plus , que les fils d'épreuve K de la barre de fer H, s’écartoient toujours plus l’un de l’autre, que ne le faifoient le» fils d’épreuve de celui des conducteurs, à qui le courant émané du couffin étoit intercepté par l’autre, c’efi-à-dire , plus que ne le faifoient les fils d’épreuve N du conducteur M , quand le globe tournoit dans le fens ABC, & plus que ne le faifoient les fils d’épreuve E du conducteur G, quand le globe tournoit dans le fens C B A. Or cette obfervatiotf démontre que le couffin reçoit dans ces circonfiances des écou-lemens électriques , autres que
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- aS Moùvemens
- ceux qui en font émanés j & par conféquent que les conducteurs lui en fournirent ; c’eftce que je vais expliquer.
- Quand la rotation du globe fe fait dans le fens ABC , par exemple , le courant qui émane du couffin , & qui fuit lamême dire&ion ABC, tafe néceffairement l’extrémité B du condufleur G , 8c l’extrémité C du conduûeur M, aVant de revenir au couffin. Par conféquent, le condu&eur M à-qui il pafle une moindre quantité de.ce courant qu’au conducteur G , qui s’en abbreuve le premier, doit par la même raifon en avoir meilleure part que n’en a le couffin , à qui le courant n’arrive qu’en dernier lieu ; par ÇQnféqjient, fi, comme l’excès çle la divergence des fils .d’épreu*
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- tE LA. MATIERE ÉlECT. 19 ve K fur celle des fils d’épreuve N l’annonce , le couffin a une éieâricité plus marquée que celle du conducteur M, il faut qu’il vienne d’ailleurs des écoulemens électriques au couffin : le fait fuivant eft encore plus décifif à «et égard
- X' EXPÉRIENCE.
- Les difpofitions de l’appa-* reil continuant d’être les mêmes que dans l’expérience précédente', j’ai fait cortimuniquer le conducteur G avec le plancher en appuyant la main deffus , & j’ai fait tourner le globe dans le fens A B G. Le couffin & la barre de fer H ont donné des lignes d’une électricité très-animée. Ce ne pouvoir être l’effet du courant émané du couffin-, lequel B iij.
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- fuit la direction AB C, conforme à celle de la rotation du globe : il efl fi bien intercepté parlecon-dudeur Gqu’il n’en parvient rien au condudeur M , qui ne contrade aucune éledricité. A plus forte raifon n’en revient-il rien au couffin. Celui-ci peut donc être élcdrifé indépendamment & fans le concours du courant qui en eft émané.. Ill’eil ici par celui qui débouche du condudeur G fur le globe T & dont les effets fe manifeftent trop évidemment pour qu’on puiffe en méconnoître l’exiftence.
- Je dis plus. Je dis que le couffin ne peut devenir fenfiblement éledrique qu’en vertu des écou-lemens fournis au globe par un condudeur, & que ceux que le globe reçoit du couffin, fe dif-
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- DE LA MATIERE ÊlECTT. f* tribuent de-là dans l’air ambiant ou dans les conducteurs qui font fufpendus aux environs , ou circulent autour du globe , fans revenir dans le couffin , pour qui ils font comme abfolument perdus. Je crois en avoir une preuve complette dans ce que MM. Boze,, Y/atIon & Franklin ont remarqué , que le défaut de condu&euF empêche que le couffin ifolé ne-s’éleârife (a). Il eft certain que
- (a) J’ai à obferver au fujet de cette expérience, oii le conduâenreft fupprimé,. & le couffin ifolé, qu’eile n’a le luccès-fùppofé par ces phyficiens , c’eft-à dire, que le couffin ne paroit abfolument fans-élcftficité , qu’autant qu’il a beaucoup de volume , comme quand c’eit une per-fonne qui en fait la ton&ion , ou qu’iî' communique avec des corps ifolés qui ont nne grande étendue de furface. Si on emploie un fimple couffin fixé avec desrubans de foie , & qui ne communique si avec les poupées du tour,ni avec aucune Biv
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- J* Mou VE MENS
- dans ces circonftances le globe effi cependant éle&rifé.Qu'on fufpen- ; de tout-à-eoup la rotation ; qu’on’ | enleve le couffin , & qu'on pré- | fente tout de fuite au globe des eorps légers, il les attirera & les j
- partie de la mouture, il contrariera une éleélricité très- marquée , dans le cas même où il n’y a pas de conducteur. Cela vient dé ce qu’au défaut de conducteur fenfi-ble,il y en a toujours un invifible, à. fçavoir l’air : à mefure que la matière électrique , qui, du couffin s’eft répandue fur le globe, s’en élance en tous fens dans cet air qui l’entoure, celui-ci en rend d’autre en échange au globe, en petite quantité à la vérité ( parce que l’air ne la. lâche , pour ainfi dire, qu’avec difficulté) ; mais allez, cependant pour qpe ce foible courant qui fe porte au.couffin, l’élec-trife , lorfqu’il elt d’ua petit volume. Quand le. volume du couffin elt trop étendu, ce même courant provenu de l’air n’en exille pas moins ; mais. il le trouve infuffifant pour produire fur le couffin, où il elt trop partagé, des fignes dele&ricité fenfibles. J’ai cru devoir entrer dans ,ce détail, afin que ceux qui,
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- ÜE LA MATIERE ÉtÉCT. 3 J rlspouffera ; lors donc qu’on fro* toit le globe , il y exiftoit un courant de matière éle&rique* provenu du couffin fans doute.1 Si cette matière mife en jeu ren^ troit dans le couffin , pourquoi fon retour ne s’y manifefteroit-il pas par des lignes d’éleâricité proportionnés ? Ce qu’un conducteur fournit au globe de ma-i tiére éle&rique en échange de ce qu’-ii lüi enleve, eft capable de communiquer au couffin une éle&ricité très-vive. Le peu que Pair peut en donner, produit auffi
- voulant faire cette expérience , auroient des réfultats autres que ceux qu’anonce M. Franklin, fçuffent d’où proviennent Cés variétés, &cortnüffent les moyens d’y remédier , lefquels confiftent à donner au couffin par des corps ifolés qu’on fait • communiquer avec lui; l’étendue de-fin* face qu’on éprouvera être néceffaire ppuç le fuccès de l’expérience.
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- T4 M OU V EM EN S- : un effet-àpeu près pareil dans-quelques circonftances ; & le courant émané du couffin, qui r. Jorfqu’il n’y a pas de condu&eur y rentrerait tout, entier,.s’il y pouvoit rentrer ne feroit pas capable de l’éle&rifer ? C’eft ce: qui eft: contre toute vraisemblance ; concluons - en que le courant qui émane du couffin n’y rentre pas..
- On pourrait dira que fi dans, ces circonftances les émiffions qui , du couffin ifolé Se répan? dent fur le globe , n’y revenoient point, il en feroit épuifé en pett; de teins mais l’air ne Supplée-t-il pas à ces: écoulemens puisqu’il eft capable dren fournir & d’en tranfmettre ? Il eft vrai que. le globe (fut il dans cet étatd’é^ .branlement que le frôlement lui
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- DE J.A MATIERE ÉLECT. ff imprime ) ne tireroit immédiatement 9 &c par lui-même que peu de matière éle&rique de l’air ; mais Inexpérience nous apprend qu’il en peut pomper dans* l’air à l’aide des corps non électriques ifolés r qui font fonction-de couffin, & qu’il en pompe d’autant plus , que la furface du corps qui fort de couffin a plus d’étendue.
- En effet, û , par exempte , le conduâeur ifolé fournit de la matière éleârique à proportion de fon étendue au couffin ifolé, celg? ue provient pas, félon moi, de ce que l’acc-roiffement du volume du* conduâeur fuppofe un accroifle-jnent de fonds de matière électrique ; ( car ce fonds, quan$ il ferait confidérablement augmenté s’épuiferoit enfin, & \&r
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- 36 M OU VE MENS’
- leâricité d« couffin rie. pourroit s’entretenir, ni fe foutenir long-» tems au même degré de force y ce qui ne s’accorde pas avec l'expérience , ) mais cela provient ^vraifemblabiementde ce que le conduâeur , par fon aecroiffe-ment de furfàce, répond à une plus grande étendue d’air, & fe trouve à même d’èn pomper un plus grand nombre de filets de matière éle&fique y qui , réunis enfemble , forment un courant abondant. Il,en effide même du couffin.
- Sur ce qu’il réfultoif dè' mes expériences, que le courant émané du couffin n’y rentroit point jjé foupçonnai que celui qui provenait du conduâeury ne rentroit pas-non pins dans le conduôeun . Ljanalogie le demandoit. Ainfi le.
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- DE LÀ'MATIERE ÊLECT. yf’ eonduâeur ne tiendroitfon électricité , ou, ce qui eil la même chofe , l’atmofphere de jets di«-vergens qu’il lance de tous côtés dans l’àir ambiant, que des éma* nations du couffin que le globe lui tranfmet. Le9- faits s’accor* dent avec ces préfomptions.
- XI* EXPERIENCE.
- I l- a' été remarqué, que lôrf-que deux conducteurs G & M aboutiffent à différens • points de Féquateur du globe, &c que l’un des deux -, par exemple, G (fig; 3 :) communiquant avec le plancher, ont fait tourner le globe dans le fens ABC, tellement que chaque partie du globe,frotée par le couffin , paffe fous l’extrémité R dû conducteur G , avant de parvenir! l’extrémité C du conducteur-
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- f* M'otJ VE M Ç N »• !
- M ; celui-ci ne donne aucun fignç d’éleftricité, attendu que l’autre lui intercepte le courant électrique ; mais il n’en e& pas demême de cette barre de fer M. Si entre fon extrémité C (j5g. 5.) & le globe on a affujetti un couffin bien ifolé d’ailleurs, de façon que le globe foit froté en cette partie,, comme il i’eft en la partie opposée par le couffin D. Alors en quelque fens qu’on.fade tourner le globe, les deux barres M & U donnent des lignes d’éle&ri-cité. Dans ce cas , elle y eft entretenue par les écoulemens électriques que le-globe tire , fait de l’air ambiant, foit du conducteur G , lefquels il tranfmet aux deux barres H & M * & qui peuvent aborder également dans. ..toutes les deux,parce qu’elles font*
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- DE LA MATIERE ÊtECï. jy
- également tontes deux fondion de couffin. Il faut donc que dans le premier cas, oh la barre M ne fait pas. fondion de couffin, & eft réduite à celle de fimplé condudeur , elle ne Toit pas dif* pofée à admettre & détourner h fon profit ces écoulemens électriques ». répandus fur le globe par l’air & le condudeur G, lef-quels parviennent1 également juf-qu’à cette barre,, mais infrudueu* fement, puifqu’el-Le ne contrade pas d’éledricité. Ainfi ces écoule-mens du condudeur G entrent,, ou n’entrentpoint dans un corps félon qu’il frote, ou qu’il ne frote pas le globe , quoiqu’il ne cefle pas d’occuper le même polie.
- On trouvera fans doute fin-guliér que le globe, étant, pour ainfi. dire inondé par les deux;
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- 40 MO ÜV EM EN S courans éleâriques , provenus l’un du couffin, l’autre du con* du&eur ; le premier, félon ma fuppofition, trouve les paflages libres pour pénétrer dans le cç>n-du&eur, & ne pitiffe pas cependant rentrer dans le couffin , tandis que le fécond, àquiFem trée du conduôeur eft interdite, enfile aifément les pores du couffin. N’eft -ce pas toujours le même fluide ? Comment devient-il capable défaire un pareil choix^ ou plutôt par quelles loix y efUl afliijetti ? Je remets au Mémoire, fuivanf l’explication de cette efpece de myftere., parce qu’elle eft fondée fur des principes qui doivent être développés auparavant, & qui ne fçauroient l’être en peu de mots. Obfervons en attendant,que le fait nousapprend
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- DE Là'MATIERE ÉLECT. 4*
- lourquoi le couffin ifolé ne pou* foit s’éleCtrifer dans l’expérien-;e de M’i Watfon , lorfqu’il n-y ivoit pas de conducteur. Les écoulemens, qui, en conféquen* ce du frotement, débouchent du couffin fur l'e globe, & qui, quoiqu’ils fe retrouvent après une révolution entière du globe , fous le couffin,n’y rentrent points ne fçauroient fuppléer à cet égard à ceux que fourniroit le conducteur , & qui auroient accès dans les pores du couffin. Au refte , on voit par-là que, conformément à ce que j’ai avancé ci-devant, le couffin n’eft jamais éleCt-rifé que par le courant qui provient du conducteur , eorame le conducteur ne l’eft que par celui qui provient du couffin*. En conféquence , la rapidité
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- v4* Mou VEME NS l’afluence, &c. qui diftinguent ces deux coùrans ( qui eu effet peuvent différer entr’eux à certains égards ) lorfqu’ils abordent fur le globe, doivent les diftingüer de même fur le couffin & fur le conduûeur , à qui ils forment des atmofpheres d’émif-Êons divergentes qui s’en éparpillent en tous fens dans l’air ambiant- Il réfulte de diverfes obfervations -, que les corps dont ©n a lieu de juger que les émif-fions éleélriques n’ont entr’elles aucune différence , font difpofés à fe repouffer , tandis que ceux dont les émiffions different entre | elles à un certain point , s’attirent J yéciproqüement-Or comme deux j feuilles d’or fufpendues avec des \ ffis mouillés, l’une au couffin, |
- l’àutre au çonduûeur d’un app^r I
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 4J;
- reil ifolé convenablement s’attirent lorfqu’on les approche fuf-fifamment l’une de l’autre , c’efr un indice cjue les cmiffions du conducteur font plus ou moins rapides , ou plus ou moins fournies , &c. que ne le font celles du couffin.
- XII* EXPERIENCE.
- Ce que j’ai avancé fur l’Exr périence XIe, que les deux barres M & M r qui communiquent chacune avec un des couffins D & C (/g. 5. ) doivent également toutes deux leurs atmofpheres de jets divergens aux écoulemens que fourniffent au globe l’air qui l’entoure & le condufteur G j conduit à fuppofer de plus, & relativement à ce que je vien* d’expofer, que ces deux atmoi*
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- 44 Mou VE MES s pheres font formées de jets di-vergens tout-à-fait femblables , & c’efice que l’expérience confirme. Si l’on fufpend Titre feuille d’or au bout d’utrfil de foie,apportée d’une des deux barres ( H,.p^"r exemple , ) qui , après l’avofr attirée, la repouffera, & qu’une perfonne ifolée qui communique avec l’autre barre M , approche le doigt de là feuille d’or a&üel-lement repouflee , elle la fera fuir pareillement & de prime abord ; ce qui achevé de confia»-ter que les écoulemens émanés d’un couflin ne parviennent plus ni à ce couffin , ni à un feconcP. €ar fi dans l’expérience que nous rappelions ici , une des deux Barres M ou H étoit éleftrifée par les écoulemens émanés de l’un des couffins ^ & l’autre ypar ceux qui
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- ®E LA MATIERE ÉLECT. 4$ parviennent du condu&eur G la feuille d’or ferait ballotée entre l’une & l’autre barre.
- XIII* EXPERIENCE,
- .Fa r la même raifon, les deux conduâeurs G & M de l’Expérience VU® , qui doivent l’un &c l’autre leur éleâriçité aux feules émanations du couffin * font réputés avoir des atmofpheres uniformes ; & en effet , une feuille d’or convenablement fuf-pendue à un fil de foie , étant éleûrifée & repouffée par l’une, fera également r.epouffée - par
- XIVe EXPERIENCE,
- O n remarque encore «ne autre différence qui diftingue fur le
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- 4$ rM OUVEH 1TN S globe les deux courans éledri-ques. Nous avons vu que celui qui émane du couffin eft fiijet à fe diffiper en partie dans l’air ambiant , & qu’il en arrive d’autant moins au condudeur que le chemin qu’on lui fait prendre pour y aller, eft plus long. Le courant qui émane du condudeur, ne pa-roît pas fufceptible de ce déchet. L’appareil étant difpofé de façon que la barre de fer H communiquât avec le couffin i-folé, & que le conduéteur G, dont l’extrémité B n’étoit éloignée que d’environ 4 pouces du bord du couffin, communiquât avec le plancher, j’ai confulté les fils d’épreuve K (/g. 4. ) fufpendus à la barre H, pour juger fi le courant qui débouche par l’extrémité B du
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 47 conducteur fur le globe , & à qui la barre H doit fon atmof-phere de jets divergens , y par-viendroit & y aborderoit en-plus ou moins grande affluence, quand le globe tourneroit dans le fens ABC, que quand il tourneroit dans le fens CB A (comme il arrive au courant qui émane du couffin. ) Mais les fils d’épreuve K ne m’ont pas paru diverger davantage dans un cas que dans l’autre , malgré l’inégalité con-fulérable des arcs B D &c B C A , que ce courant décrit pour fe rendre du condu&eur au couf-; fin.
- A l’égard de la dire&ion que prennent fur le globe les écou-lemens émanés du conduâeur, peut-être qu’ils ne circulent au-
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- tour du globe qu’en apparence & qu’autant que les différentes portions du globe «, qui, l’une après foutre , les ont reçus., les emportent en tournant fur leur axe commun , & les amènent fuo-eeffivement dans le couffin oli ces écoulemens abordent, & enfilent les routes «qui leur font ouvertes; peut-être auffi fe répandent - ils en tous fens dans -l’étendue de la zone du-globe qui eft frotée , fe gliffant entre les écoulemens qui abordent du couffin , -mais fans fe c-onfondre.avec eux. Je n’ai pu imagirçer encore d’expérience propre à conftater précifément ce qui en e-ft. Les préfomptions-cependant font pour la première de ces deux conjec-
- Telles
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- DE LA MATIERE ÉtECT. 4$ Telles font les expériences que j’ai jugées propres à développer Ja manœuvre du fluide éleûrique fur le globe , & je vais raffembler & expofer fous un même point de vue les diver-1 fes conféquences qui nî’ont paru 1 devoir en être déduites , à fça-
- | i° Que le couffin & le con-! duâeur fourniflént chacun de leur côté un courant de matière éleârique au globe.
- 2° Que celui qui part du couffin , fe rend au conducteur , en fuivant la même direction qu’on donne à la rotation du globe.
- 30 Que celui qui émane du conducteur , fe rend au couffin.
- 40 Que ces deux courans fe croifent, fans fe confondre l’un avec l’autre.
- C
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- 5» MOUVEMt ,
- c° Que celui provient du coul-
- fin, eftfujet à fe lancer du globe
- dans l’air ambiant, où il s en diffipe une portion fenfible. _
- 6“ Que le conducteur reçoit les feuls écoulemens du couffin , & leur doit l’atmofpbere de jets divergens qu’il acquiert, comme réciproquement le couffin doit la fienne aux écoulemens du con-
- duaeur, auxquels il eft acceffi-
- ble.
- Il faut donc concevoir qu er même tems qu’il fe répand du couffin fur le globe un courant qui eft entretenu par la matière éleflrique que le couffin tire de l’air ou du plancher , félon quil
- eft ifolé, ou non, il en part d"
- conducteur un. fécond qui cro fe le premier , & eft porte au couffin qu’il enfile , & d’où il
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- DE LA MATIERE ÊlECT.' Çf fort enfin , foit par les points par lefquels il communique avec le plancher oùil fe diffipe, quand le couffin n’eftpas ifolé, foit par toute l’étendue de la furface,dans l’air ambiant , oii il s’éparpille en tous fens quand le couffin efl ifolé ; tandis que pareillement le premier courant parvenu ou tranfporté par le globe au conducteur y entre & le parcourt, (lorfqu’il n’eft pas ifolé)dans toute fon étendue, jufqu’au plancher oîi il fe perd , & fe difiribue ; fi le conduûeur efl: ifolé, ce courant fe diffipe par tous les points de la furface , dans l’air ambiant, qui, auffi-bien que le plancher , félon les cas, rend en échange , au conducteur la matière éleCtrique qui forme le courant _qui en débouche fur le glo-
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- Ç1 Mou VEM ENS be. On ne peut fé difpenfer dé reconnoître que dans ces cir* confiances les deux mêmes cou-rans que le globe tranfporte, l’un du couffin au condu&eur l’autre du condufteur au couffin , fe croifent dans le couffin, dans le condu&eur & dans l’air qui environne tous ces corps ; tout annonce ici, comme dans les autres phénomènes de l’élec* trieité, les effluences, & affluences fimultanèes , dont M. l’Abbé Nollet a démontré pexiftance, 3ÇV* EXPERIENCE t
- J e terminerai ce Mémoire par une expérience qui peut être de quelque utilité à ceux qui voudraient vérifier celles que je viens de rapporter, ou faire d’autres épreuves dans lefquelles il ferait
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- Î5E LA MATIERE ÉLECT< 5 J néceffaire que le couffin fût ifolé. j’ai éprouvé que pour l’avoir en cet état, il n’étoit point néceffaire que les poupées entre lefquelles le globe tourne,non plus que le refte de l’appareil, fuffent foutenues par des corps originairement électriques. Il fuffit que le couffin ne communique point avec les poupées , ni avec le refte de l’appareil ni avec le plancher , & qu’il y ait un intervalle convenable entre les bords du couffin, & les efpeces de calottes de bois qui garniffent les pôles du globe. Pour cet effet, j’affujettis le couffin contre le globe avec des rubans de foie, arrêtés de part 3c d’autre aux poupées ; & je le fixe par en-haut, & par en-bas avec de pareils .rubans, afin que le mouvement du globe ne le faffe
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- 54 M OU V E M E N S, &C?
- pas vaciller. Le couffin a quatre'; à cinq pouces de diamètre ; & comme mon globe eft fort gros ,’ la diftance des bords du couffin aux bords des calottes, eft d’ed-viron cinq à fix pouces de chaque côté. Au moyen de quoi, l’éleftricité que le couffin contracte , ne fçauroit fe diffiper en fe communiquant à la monture du globe. En effet, il donne des lignes d’éleâricité qui ont toute l’énergie qu’on en peut attendre*
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- SECOND
- MEMOIRllf
- CONJECTURES
- Sur les différences des deux Courans Jîmultanés 9 qui produisent les phénomènes de VElectricité.
- SES variétés qui diltin-guënt les phénomènes produits par les corps éle&rifés par le verre d’avec ceux des corps éle&rifés par la cire d’Efpagne, ceux du cro-Civ.
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- Mo uVe me ns ehet de la, bouteille de Leyde d’avec ceux de fon enveloppe , & ceux enfin- du couffin ifolé , foit d’un globe de verre , foit d’un globe de foufre, d’avec ceux du condu&eur.j. ces différences, dis-je, m’ayant paru femblables, ou. analogues à celles qu’offrent certains phénomènes opérés par des corps , dont l’ële&ricité eft uniforme ou de même nature , au jugement même des partifans de M. Franklinj’ai cru devoir regarder la diftinâion de deux efpeces d’éle&ricité telle qu’ils la donnent, comme fuperflue , & attribuer uniquement ces variétés aux inégalités dont le* courans éleôriques font fufcep' tibles , foit dans leur vîteffe foit dans leur denfité , foit da» quelqu’autre maniéré d’être ;
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- DE t A MATIERE ÊLECtf. je penfe depuis long-temps que la matière éle&rique toujours & par - tout la même , quant au fond , fe diffribue conftamment autour &c dans les corps qu’on-éle&rife , en deux courans fi-multanés , dont les direûions font oppofées l’une à l’autre. Mais les idées que j’ai expo-fées fur ce point , étoient encore très - vagues , & abfolu-ment indéterminées. Je m’en fuis tenu à faire entendre que les corps dont les émiffions diffé-roient à un certain point entr’el-les à ces égards , étoient difpo-fés à s’attirer réciproquement & que ceux dont les émiffions étoient femblables, tendoient à fe repouffer. Je me propofe dans ce Mémoire de m’expliquer plus nettement , en fpé-
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- 5# MotrrÊMEifSf cifiant en quoi je préfume que confident ces différentes manières d’être qui diftinguent les cou-rans éle&riques tes uns des autres , dans les effets qu’ils produi-fent, Çe n’eft qu’après avoir multiplié les expériences % combiné 9 & comparé les faits , que je me fuis livré aux conjeôures que je vais expofer. Je laifferai à juger fi elles font naturelles , & fi elles s’ajuftent avec vraifemblance aux phénomènes auxquels je les applique.
- J’ai confidéré d’abord que l’état d’éle&ricité pouvoit & pa-roiffoit dépendre d’un certain ébranlement des parties intégrantes des corps éle&rifés , & de certaines vibrations dont elles étoient affedées. Les moyens ufî-tés pour exciter cette vertu dans
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- DE LA MATIERE ÉLECT. les corps qu’on appelle électriques par eux - mêmes le fait pré-fumer. On les frappe, ou on les frote , ou oncles chauffe.
- L’expérience a appris aufli que des pores dont la furface d’un corps éleétrifabl? eft criblée, les uns reçoivent le fluide éle&rique qui leur vient de. dehors , tandis que l es autres pouffent hors d’eux-mêmes celui qu’ils contiennent. Cette manœuvre eft repréfentée à l’œil autant qu’elle peut l’être , dans la jolie expérience que rapporte M. l’Abbé Nollet, pag. 75 de fort Ejfai fur Vélectricité, d’une maffe de pouffiere, laquelle expo-fée fur le bord d’une carte à jouer à un tube de verre élettrifé, eft en partie entraînée vers le tube, & en partie écartée aux environs. Je crois avoir établi de plus dans Cvj
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- re ns"
- €v Mcru v e m mon dernier Mémoirô d’une fà*'-çon qui ne laiffe aucun lieu d’en douter, que- le grand appareil d’éleâricité , c’eft-à*dire, le glcp* be, le couffin qui- le frote, & le condu&eur, font parcourus en mêmetems & en fens contraires dans toute leur étendue, par deux eourans dé matière éleârique qui fe croifent,dont l’un,que j’appelle le premier courant, & que le couffin tire du plancher , ou de l?air qui l’environne , fe répand du couffin fur le globe, & pafle au conducteurs de toute détendue de la furface duquel il s’élance dans l’air ambiant ; & dont l’au* tre, que j’appelle le fécond couvrant, abordant d^ l’air ambiant fer toute la furface du conduc*-fceur fe dirige au globe , & de-là fe rend au couffind’où ce cou*
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- DELA MATIERE ÉlFCT. rant s’éparpille en tous fens dans 1/air , ou. bien fe perd dans le plancher, félon que le couffin efl: ifolé, ou. non..
- A ce fujet, il eft à propos que je m’explique d’avance fur l’application que je ferai ici des dénominations de matière effluen-, te, & de matière affluente il n’en fera queftion que pour les corps qui feront dans le cas de verfer de la matière électrique dans l’air ambiant. Dans l’appareil d’élec* tricité , fur le globe , fur le couffin , fur le'conducteur , il en aborde deux courans diftinCts r & il en débouche pareillement deux courans diltinCts. Je ref-treindrai le nom de matière effluente à celle quifélon moi r fe répand par la furface de cha^ cun de-\ces corps, dans l’air am*-
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- 6x Mouvemens-biant, & celui de matîere affluente à celle qui fe dirige de l’air ara-biant à leurs furfaces, en faifant remarquer i° que le contingent que le conducteur reçoit du globe , feroit partie , fi le conducteur n’y étoit pas, de ce que le globe verfe dans l’air ; z° que la matière effluente au couffin , & la matière affluente, foit du globe, foit du conducteur , font partie du même courant qui eft le premier; 30 que la matière affluente , foit au conducteur, foit au globe, & la matière effluente du couffin, font partie auffi du même courant qui eft le fécond. De même fur chaque corps éleCtrifé , & détaché du corps qui lui a communiqué fa vertu, j’appellerai matière effluente celle qu’il lance dans l’air am*
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- BÊ LA MATIERE ÉLECT. 65 friant y & matière affluente , celle que l’air lui fournit ou lui tranf-met des corps non éle&riques % qui fe rencontrent aux environs* Voici maintenant quelles font mes conjeftures. i° Je diftingue dans le couffindans le globe & dans le condu&eur, lorfque l’é-le&ricité eft excitée, deux différentes fuites de canaux formés par les pores & interftices dont ces corps font percés ; & je pen-fe que de tous ces canaux, les uns. donnent paffage à la matière effluente , & les autres à la madère affluente.
- Je fuppofe en fécond lieu, que pendant la durée de l’ébranlement qui conftitue l’état d’é-(e&ricité , le nombre des pores canaux qui font perméables à la matière effluente , efl au nom-
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- 64 Moutehen $’ ferê des pores & canaux qui donnent paflage à la matière afi* fluente dans un rapport d’inégæ-lité. Par exemple, comme trois eft à deux , ou comme un eil à quatre , ou comme, &cc. & nous eftimerons , fi l’on veut, que de ces canaux toujours partagés dans le rapport de deux à un. Les 7 font uniquement affe&és à l’un des courans , & l’autre tiers au courant oppofé.
- En troifieme lieu , que fur le globe de verre les vibrations produites par le frotement du corps employé comme couffin , font telles que les f des canaux foient refervés au courant de la matière effluente ; & Pautre tiers feu! accordé au courant de la matière affluente , enforte que la madère effluente y foit à la matière.
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- DE LA MATIERE ÉlECT. 6$ affluente dans le rapport de deux à un.
- En quatrième lieu , que-fur un globe de foufre les vibrations excitées par un pareil frotement font différentes de celles dont le verre eft fufceptible en pareil cas, & telles que le tiers des canaux feulement, foit perméable au courant de la matière effluente, & que les autres 7 foient ouverts au courant de la matière affluente ; enforte que le rapport de la matière effluente à la matière affluente y foit celui de un à deux ÿ c’efl-à-dire , Finverfe du rapport que ces deux courans ont en-tr’eux fur le globe de verre.
- Les vibrations qui opèrent dans le verre & dans le foufre des effets fi oppofés, feront donc diftinguées en deux efpeces différentes. Appelions celles qui font * Cix
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- 6$ Mouvemen* alors affe&ées au verre, vibrations de la première efpece ; & celles qui font alors affe&ées au foüfre, vibrations de la fécondé efpece.
- La différence deces vibrations ne confiff e pas dans le plus Sc le moins de fréquence, mais dans les divers fens , félon - lefquels les parties intégrantes de ces fub-ftances font agitées ; au moyen de quoi, les canaux analogues , qui dans un corps fervent à l’écoulement de la matière effluente dans l’air ambiant, admettent dans un autre ce que cet air fournit de matière affluente.
- En cinquième lieu enfin , je fuppofe que les corps non électriques qu’on emploie comme couffins ou comme condu&eurs, également fufceptifeles de ces deux efpecés de vibrations, fbient
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- DE LA MATIERE ÉL1CT. 67 toujours difpofés à contracter, en vertu de l’influence des émanations du globe de verre ou du globe de foufre , celles qu’il leur convient d’avoir pour faire la fonâion de couffin , ou de conducteur : au moyen de quoi 9 dans ces corps non électriques* la matière effluente, tantôt exigeant les f des canaux n’en laifle qu’un tiers à ta matière affluen-te y & tantôt réduite dans ce feut tiers des canaux en abandonne les autres f à la matière affluente.
- Je conçois donc aînfi ,que Ior£ qu’un corps efl: affeCté de vibrations de la première efpece, fa matière effluente débouche & s’élance dans l’air ambiant, ou vers les corps qui font à fa portée , par les y des pores
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- 68 Mouvemens
- dont la furface eft percée, & dont l’autre tiers eft ouvert à la matière affluente que l’air, ou ces corps voifins lui envoient en échange ; & que lorfqu’un corps eft affefté des vibrations de la fécondé efpece , la matière effluente n’en débouche dans l’air que par un tiers des pores répandus fur fa furface, tandis que les autres j font employés à recevoir la matière affluente qui s’y dirige des environs.
- Si, relativement à ce qui précédé , dans l’état d’éleftricité les corps éle&riques par eux - mêmes , & les non électriques font actuellement & également agités par un ébranlement inteftin de leurs parties intégrantes, il ne Iaiffe pas que de fe manifef-ter certaines différences entre
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- »B LA M ATIERE ÊLÊCT. 69 eux à cet égard. Sur le tube fur le globe , &c. les vibrations font excitées par le frotement, ou de la main, ou du couffin, ou de ce qui en tient lieu. Mais les corps non éle&riques , le couffin , le condu&eur fur qui un pareil frotement ne peut rien à cet égard , tiennent les leurs de l’impreffion du fluide éleârique, que celles du tube ou du globe ont mis en jeu. C’eft ainfi qu’une corde pincée s?ébranle , & imprime à certaines parties de l’air un ébranlement que celles-ci communiquent à une autre corde tendue à l’unifïbn de la première.
- Mais fi le fluide éle&rique a cela de commun avec les particules de l’air deflinées à la propagation des fbns , de tranfmet-tre les vibrations dont un corps *Cxj
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- •jo Mouvement eft affeCté, à un autre qui en eft fé-' pare , il eft tout naturel d’en inférer que les particules du fluide électrique font fufceptibles, comme ces particules d’air , d’être ébranlées elles - mêmes , & de contracter des vibrations. De plus , fi nous confidérons que félon que l’expérience l’indique , & que je l’expliquerai ci-après, le premier courant imprime toujours au conduâreur des vibrations d’une efpece difFérente de celles que le fécond courant excite dans le couffin , nous ferons induits à préfumer que les vibrations dont les particules de matière électrique de l’un de ces courans font agitées , ne font pas les mêmes que les vibrations de celles du courant oppofé ; & conféquemment à ce nouveau
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 71 point de convenance entre le fluide éleûrique & les particules fonores de l’air, nous diftingue-rons dans le fluide éle&rique des vibrations de la première qualité qui défigneront celles du courant à qui font dévolus les 7 des canaux , dont efl: percé le corps qu’il traverfe, & des vibrations de la fécondé qualité , qui défigneront celles du courant à qui l’autre tiers de ces canaux fuffit.
- Cette préfomptiori nous conduit à une autre qui efl,que comme les deux courans dont la co-exiftance conftitue l’éleûricité d’un corps, toujours diftin&s, tant par l’oppofition de leurs directions , que par l’inégalité de leurs mafles , y circulent par des canaux féparés qui s’ouvrent en vertu des vibrations que ce corps
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- Jt Mouvemens a contractées , ceux de ces ca« •naux qui font perméables à celui de ces couru» qui en exige les deux tiers, font dans ces circonf-tances , tout autrement difpofés que ceux qui font en même tem6 parcourus par le courant oppo-fé ; enforte que les uns ne pmi-lent admettre de matière électrique , que celle qui aura contracté les vibrations de la première qualité , & que les autres ne puiffent livrer paffage qu’à celle qui fera agitée des vibrations de la fécondé qualité.
- Ce que l’on voit ici, qu’un corps , au moyen de l’ébranlement de fes parties intégrantes, met en jeu tout à la fois des particules éleCtriqües, dont les unes en contractent des vibrations de la premier qualité , & les autres des
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- fc£IÀ MATIERE ÊLECT. 7$ Ses vibrations de la fécondé qualitépeut être comparé en quelque façon à ce qui arrive à un corps fonore qu’on fait réfon-ner , & qui ébranle non-feulement les particule^ de l’air qui tranfmettent à l’oreille le fou principal, mais encore d’autres particules d’air qui y tranfmettent des fons différens, à fça-voir celui de l’oâave de la quinte en montant, & celui de la double oâave de fa tierce majeure , auffi en montant ; ce qui félon la belle théorie de M. de Mairan, annonce que l’influence de ce corps fonore fe porte en même tems fur les particules d’air dont les vibrations different entr’elies.
- Au refte . les faits que j’ai à fxpofer nous apprennent que les
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- 74 Mouvements vibrations dont l’éie&ricité eft le réfultat, fe réduifent à deux efpeces , tant à l’égard du fluide éleârique, qu’à l’égard des corps éle&rifés, & qu’un courant af-fgfté des vibrations de la première qualité , tend à imprimer aux corps qu’il éleârife, les vibrations de la première efpece, tandis qu'un courant affeété des vibrations de la fécondé qualité , tend à imprimer à ceux qu’il éle&rife , les vibrations de la fécondé efpece.
- Je pafle aux applications que j’ai à faire des fuppofitions pré* cédentes. Imaginons un globe de verre mis en mouvement entre un couffin ifolé & un conducteur : chaque portion A du verre qui fe trouve en un înflant quelconque frotée par le couffin, in-
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 7f tintement ébranlée par ce fro-tement, admettra par les j des pores compris fur fon étendue la matière éieârique qu’elle pompe fur le couffin, c’eft-à-dire, la matière du premier courant ; ce qui exige que le couffin en verfe fur le globe par une quantité proportionnée de fes pores , c’eft-à-dire , par les -f de ceux qui occupent l’étendue de fa fur-face qui eft contiguë à celle de cette portion de verre. A me-fure que cette portion A du verre entraînée par la révolution du globe fur fon axe , paffe au-delà, ce qu’elle a pompé du couffin , elle le répand par les mêmes \ de fes pores dans l’air ambiant, Stauffi dansle condu&eur, lorf-qu’elle fe trouve vis-à-vis de lui ;
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- 7<S Moüvemens de Tes pores reçoit en échangé des retours de matière électrique de l’air & aufli du condutteur, lorfqu’elle fe trouve vis-à-vis de lui ; retours qui contribuent à former le fécond courant. La quantité des émiffions qu’elle verfe dans le condu&eur , exige que le conducteur leur fournifle l’entrée par les 7 des pores dont eft percée la portion de fa furface qui eft oppofée au globe ; entrée qu’elles fçavent s’ouvrir , fans doute, .& qu’elles continuent à fe rendre aoceffibles, en vertu des vibrations qu’elles communiquent aux parties intégrantes du condu&eur, qui forment ces canaux, au moyen defquellesil n’y refte qu’un tiers de fes*pores & canaux qui foit perméable auxre* <ou*s de la matière électrique qu’i|
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- DÉ LA MATIERE ÊLECT. 77 fournit à la portion du globe qui eft vis-à-vis de lui ; ce qui fe trouve proportionné au nombre, des pores qui , fur cette portion du globe, font libres, & en état de les admettre. Enfin cette même portion A du globe revient fous le couffin, chargée de; tout ce qu’elle a pu tirer de matière électrique de l’air & du condu&eur, dans ce tiers des pores 6c canaux dont elle eft percée , 6c elle le tranfmet au couffin dont les parties intégrantes font ébranlées convenablement à cet effet, 6c oit ces émiffions du globe abordent par le tiers des pores de la portion contiguë de la furface du couffin ; lequel tiers n’avoit pas été employé à tranfmettre au globe les écoulemens qui forment le premier courant.
- Diÿ
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- 7$ MoüvEmens
- Ce qui arrive à cette portion A du globe, arrive pareillement . & fucceffivement à toutes les autres portions dont eft formée -la zone qui eft balayée par le couffin ; & conféquemment à cette méchanique ( a ), celle des portions de cette zone qui, dans un inftant quelconque , fe rencontre fous le couffin, reçoit de lui ce que j’appelle le premier courant par les ~ de fes pores,& y verfe le fécond courant par l’autre tiers de fes pores ; tandis que les autres portions femblables de cette zone, qui ne font plus fous le couffin verfent ou dans l’air ambiant, ou dans le condufteuf, félon leurs pofitions refpeâives , les émif-
- (a) Voyt[ U Fig. i. Pl. II. Tout ce que j’expofe dans ce fécond Mémoire en paroîtra plus clair, fi on le compare avec les fi&ures- que j’y ai jojhtes.
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 79 fions qui forment le premier courant par les 4 de leurs pores, & reçoivent en échange par Pau-tre tiers la matière éleârique qui forme le fécond courant.
- En même teins, le conduâeur qui, par celle de fes extrémités oppofée au globe , en reçoit les émiffions dans les 4 des pores dont eft criblée cette portion de fa furface, tandis que Pautre tiers de ces mêmes pores fert d’iffue à la matière éledrique qu’il lui fournit, le condufteur , dis-je , verfe dans Pair ambiant’par toutes les autres portions defa fur face les écoulemens qui forment le premier courant, & qui en fortent par les 4 des pores dont elles font percées-, tandis que Pautre tiers laiffe aborder dans le conduâeur le fluide éleârique que Pair lui Div
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- '£o MotJVEM E N S tranfmet, & qui fèrt à entretenir le fécond courant.
- En même tems auffi le couffin ifolé, qui, par les f des pores de la portion de fa furface qui eft contiguë au globe , lui. fournit la matière du premier courant, & en reçoit par l’autre tiers de fes pores la matière du fécond courant ce couffin , dis-je , répand par les autres portions de fa furface dans l’air ambiant la matière éle&rique qu’il a reçue du globe, laquelle débouche dans * l’air par un tiers de leurs pores dont les autres f font employés, à donner paflage à celle qui s’y dirige de l’air amhiant.
- Selon cette diftribution la matière , tant du premier, que du fécond courant, ne fe meut pas d’une place à l’autre, fur le. globe ;
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- DE LA MATIEftE ÉLECT. Sï Chaque portion de la zone .du globe, voifine de fon équateur, entraînée par fa révolution fur fon axe , tranfporte tour-à-tour du couffin au conduûeur, ce qni forme le premier ; & du conducteur au couffin , ce qui forme le fécond. Mais dans les fabftances non éle&riques qui fervent d« couffin & de conduâeur , il pa-roît que lé fluide éle&rique a un cours libre, & que les deux cou-' rans les parcourent dans toute leur étendue d’un bout à l’autre, en fens contraires néanmoins.
- Du rapport que j’ai fuppofé entre le nombre des canaux qui admettent le premier courant, & celui des canaux qui admettent le fécond , il refaite que les courans qui traver-fent en fens contraires l’appareil
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- Zx Mouvemens d’éleâricité animé par le globe de verre, font inégalement fournis de matière, & que le premier eft au fécond comme deux eft à un. J’ob-feryerai cependant que je n*ai aucunement entendu déterminer ce rapport, que je ne le donne que comme un à-peu-près dans là feule vue de fixer les idées, en attendant que je m’explique avec plus de précifion, & que tout ce que je prétends, c’eft que dans ces circonftances le nombre des canaux perméables au premier courant, excede le nombre des canaux perméables au fécond courant^ ’où il fuit que le premier courant eft plus fourni de matière que le fécond, fans que j’ofe décider à quel point.
- Les obferyations précédentes nous indiquent en quoi l’éleâtir
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 8f cité du couffi diffère de celle du conducteur & du globe de verre; Sur le globe & fur le conducteur la quantité de filets de matière éle£triqiie , qui, de chaque petite portion de leurs furfaces,
- ! s’élancent dans l’air qui les en-! vironne , eft à la quantité de ceux qui s’y dirigent de l’air, ou ce qui élt la même chofe , leur matière effluente , eft à leur matière affluente, comme deux à un ; Sur le couffin, au contraire , la quantité: des filets électriques, qui, de chaque petite portiqn de fa furface paffent dans l’air ambiant, elt à la quantité que l’air lui fournit, ou, ce qui elt la même chofe , fa matière effluente eft à fa matière affluente , comme un eft à deux. Lés vibrations dont ces effets dépen-I>vj
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- &4 Mouvemens dent, font donc les mêmes dans! le conducteur que dans le globe : Ils font tous deux affeCtés de cet-les de la première efpece. Le cousin, au contraire, efl afFeâé de celles de la fécondé efpece de celles qui font comme propres au globe de foufre..
- Selon les raêmesobfervations les vibrations affeCtées aux particules qui forment le premier courant , font de la première qualité ; & celles du fécond font de la fécondé qualité,,, puifqu’ici c[efl: le premier courant qui Tenir porte fur le fécond, relativement au nombre des canaux dans lef-quels ils paflent, & qu’ils fe partagent inégalement. Mais c’eft le premier courant qui a imprimé au conduâeur les. vibrations *tont il eft agité; & c’eft au fe*
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- DE LA MATIERE ÊLECT.” 8$' fcond courant que le couffin doit les fiennes. Par conféquent, le courant à qui les vibrations de la première qualité font afFe&ées, communique au corps qu’il elec?-trife celles de la première efpe-ce, tandis que le courant, à qui les vibrations de la fécondé qualité font affefiées , imprime au corps qu’il éleftrife celles de la fécondé efpece.
- Il réfulte encore de ce qui précédé , i° qu’une portion A du globe qui n’auroit pas répandu dans le conduâeur ou dans l’air ambiant la matière du premier courant qu’elle a reçue du couffin, ne pourroit pas, lorfqu’elle reviendrait fous le couffin, la lui rendre. Car les \ des pores de la portion du couffin , par lefquels elle eft fortie , ne fçauroient
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- 86 M, O ÜTIMEH» ta recevoir, parce que lès émi£ fions fucceffives du couffin continuent à déboucher par-là , & que le paflage par l’autre tiersdespores de cette portion du couffin lui eft auffi fermé, ces pores n’étant dif-pofés à admettre que la matière du fécond courant, que la portion A du globe tire fur fa route,. du conducteur & de l’air ambiant. i° Que la matière du fécond courant que la portion A du globe a tirée du conducteur & de l’air, au cas qu’elle n’eût pas paffé en entier dans le couffin, ne fçauroit, quand cette portion du globe repafleroit fous le conducteur, y rentrer, puifque le fiers des pores du conducteur, par oit elle a débouché en premier lieu, continue àen verfer de nouvelles, & que les autres? de fes pores font difpofés de façon
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- DELA MATIEREÊLECT. 87 à n’admettre que la matière du premier courant. Ceci s’accorde avec les résultats de deux expériences rapportéesdans le premier Mémoire concernant la dîftributïon du fluideéleclriquefur le globe de verre, le couffin & le conducteur,parlefquel-les il eft conftaté que les écoule-mens du couffin fur le globe, ne rentrent point dans le couffin ; & que ceux qui émanent du conducteur , n’y reviennent jamais non plus.
- Un fil d’épreuve , un fil de lin mouillé, portant une feuille d’or, & fufpendu au conducteur , en eft, à proprement parler , une extenfion, de même qu’un pareil fil fufpendu au couffin , eft une extenfion du couffin. Ainfi on peut dire de la feuille-'' d’or, fufpendue au conducteur ,
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- E M ENS
- S8 Mouv animé avec le globe de verre, que fes vibrations font de la première efpece, & que la quantité de fa matière effluente, eft à celle de fa matière affluente , comme deux eft à un ; comme auffi l’on peut dire de la feuille d’or fufpendue au couffin, que fes vibrations font de la fécondé efpece, & que la quantité de fa matière effluente eft à celle de fa matière affluente , comme un eft à .deux.
- Examinons ce qui doit arriver, conféquemment à la théorie que j’expofe , à ces feuilles d’or quand on les rapproche l’une de l’autre , & nous verrons que cela fe concilie avec les réfut-tats des expériences. Des deux portionscorrefpondantes de leurs furfaces qu’elles fe préfenteront mutuellement, l’une lance au»
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- DE LA MATIERE ÉliCT.- 89 dehors les émiffions du premier courant par les j (fig. i.G& H) des pores qui y font percés, & reçoit de l’air par l’autre tiers la matière qui forme le fécond courant ; la portion correfpon-, dante de la furface de l’autre feuille d’or, reçoit, au contraire,’ la matière du premier courant par les y de fes pores, & verfe dans l’air ambiant par l’autre tiers celle du fécond courant.-Nous voyons donc que fur chacune de ces furfaces , la quantité des canaux ouverts à la matière affluente , eft proportionnée à la matière effluente de l’autre ; & Iqu’aucune n’en jette au dehors plus que l’autre n’eft en état d’en admettre. En conféquence les deux feuilles d’or doivent tendre à fe rapprocher de plu$
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- ço M O U V E M E N S en plus ; car, d’un côté, celle qui eftfufpendue au conducteur, par la réfiftance que l’air oppofe à fes émiffions, eft déterminée à s’avancer vers celle qui eft fufpendue au couffin oii ces émiffions abordent librement ; & d’un autre côté, la matière affiuente, qui de l’air ambiant fe dirige vers la première feuiltad’or, doit pouffer & entraîner vers celle-ci la fécondé qu’elle rencontre fur fà route , & où elle ne peut péné-
- Sufpendons auconduCteurces deux fils de lin garnis chacun d’une feuille d’or ; chaque portion de leurs furfaces lancera au-dehors par les 7 (fig. 1. H & I ) des pores qu’elles contient les émiffions du premier courant , & recevra par l’autre tiers la
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- matière qui forme le fécond courant. 11 s’en faudra de beaucoup que fur aucune des deux le nombre des pores ouverts à la matière affluente foit proportionné à la matière effluente de l’autre. Ils n’y font pas difpofés non plus à l’admettre. Ainfiles émif-fions de l’un atteignant l’autre, fans pouvoir y pénétrer , ne peuvent manquer de le repouf, fer, & d’autant plus loin, qu’elles font plus rapides ; & il en doit réfulter que les deux feuilles d’or fe tiendront écartées l’une de l'autre.
- Tranfportons ces deux fils au couffin. Là, chaque portion des furfaces des feuilles d’or verfera au dehors de la matière du fécond courant par un tiers des pores dont elle eft percée , &
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- 91 M O U V E ME N S admettra la matière que l’air lui fournit par les autres -f (/#. i. E & G ) de fes pores. Or les pores ouverts fur la furface de chacune d’elles à la matière affluen-te, font auffi difpofés de façon à ne pas admettre la matière effluente de l’autre ; d’où il réfulte que , lorfqu’on les pféfentera l’une à l’autre, leurs émiffions réciproques fe feront obftaçle,' & tendront à les écarter l’une de l’autre.
- Dans ces réfultats de ma théo* rie , qui font conformes à ceux de l’expérience , il eft fenfible que l’attraâion mutuelle des fueilles d’or a lieu, lorfque dans l’une le rapport de la matière effluente à la matière affiuente > eft l’inverfe du rapport de la matière effluente à la matière af-
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- DE LA MATEIER ÉLECT. 9} fluente de l’autre, ce qui arrive quand les vibrations de l’une font de la première efpece , & que celles de l’autre font de la fécondé , & qu’au contraire , la répulfion a lieu entre les feuilles d’or, lorfque dans toutes les deux le rapport de la matière effluente à la matière affluente efl le même , ce qui arrive quand toutes deux ont des vibrations de même efpece. On en peut déduire des régies qui auront leur application en tout autre cas, &i qu’on peut regarder comme des régies générales , à fçavoir que des corps éle&rifés qui ont des vibrations de la même efpece , ou en qui le rapport de la matière effluente à la matière affluente efl le même , font difpofés à fe re-pouffer y tandis que ceux don*
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- 94 Movvemems les vibrations font de différente ‘efpece, ou dont l’un a le rapport de fa matière effluente à fa matière affluente , inverfe du rapport de la matière effluente à la matière affluente de l’autre, font difpofés à s’attirer. Et ces dif-pofitions , dans l’un & l’autre cas, ont leur effet, tant que d’ailleurs il n’y a pas trop de difproportion entre les intenfîtés d’éleâricité dans les deux corps qu’on met en préfènce l’un de l’autre.
- Revenons aux mêmes expériences que nous fuppoferons exécutées avec un globe de fou-fre. Il fera cenfé que chaque portion A de ce j>lobe qui fe trouvera en un inftant quelconque frotée par le couffln, n’admettra, en con-féquence des vibrations qu’elle
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- DE LA MATIERE ElECT. 95 eft alors fufceptible de contracter, les.émiffions du couffin, que par un tiers des pores dont elle eft percée. Ce qui met le couffin dans le cas de n’avoir feulement que le tiers des pores qui occupent la portion de fa furface contiguë au globe , employé à lui fournir les émiffions qui forment le premier courant. Lorfque cette, portion A du foufre avancera chemin, à mefure que le globe tournera, elle répandra ou dans l’air, ou dans le conducteur, au point où elle le rencontrera , ces émiffions qui en fortiront par le tiers de fes pores, dont les autres deux tiers font difpofés à recevoir , tant de l’air que du conducteur qu’elle rencontre fur fa route , la matière éleârique qui forme le fécond courant. Le con-
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- 9$ Mouvemens duâeur qui ne reçoit du globe que ce qui peut paffer par le tiers des pores qui occupent celle de fes extrémités qu’il préfente au globe , en a les autres } libres pour envoyer au globe la matière éleftrique qui peut être ad-mife en cette partie A par le globe ; difpofition que les vibrations que le premier courant imprime au conduûeur , en y entrant continuent d’entretenir. Or cette matière éleûrique que cette portion A du globe reçoit du conducteur & de l’air ambiant, elle la verfe auffi à fon tour dans le couffin, lorfqu’elle eft revenue vis-à-vis de lui ; & comme cette matière s’échappe en cet endroit par les ~ des pores de cette portion A du globe, elle enfile les j des pores de la portion contiguë
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 97 gué du couffin dont elle excite & entretient les vibrations.
- Chacune des portions de la zone du globe de foufre qui éprouve le frotement du couffin, fe retrouvant à fon tour dans les mêmes circonftances, que la portion A r' & concourant avec celle-ci à produire les mêmes effets , il en réfulte qu’à tout inftant, tandis que celle des portions de cette zone qui eft a&uellement frotée par le couffin {fig. 2. ) en reçoit par un tiers de fes pores la matière du premier courant, & lui tranfmet celle du fécond courant par les autres 7 de fes pores toutes les autres portions fem-blables de cette zone qui ne font plus fous le couffin , répandent par un tiers de leurs pores les émiffions qui conftituent lepre-
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- mier courant, dans l’air ambiant ou dans le conducteur defquels il leur revient en retour par les autres 7 de quoi entretenir le fécond courant.
- En même tems , ce fécond courant qui aborde dans le couffin par les y des pores de la portion de fa furface qui eft appliquée au globe, s’en élance au dehors par les autres portions de fa furface & par un nombre de pores proportionné ; enforte que dans chacune de ces diverfes portions il ne refte qu’un tiers des pores employé à pomper le fluide électrique que l’air lui fournit pour l’entretien du premier courant.
- Et le conducteur, à qui ce premier courant pâment en celle de fes extrémités qui eft tournée vers le globe , comme je viens
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- de le dire , le répand auffi dans l’air ambiant par toutes les autres portions de fa furface qui lui livrent , pour s’échapper, un tiers de leurs pores , dont les } reftanS font employés à y laiffer pénétrer la matière éleûrique qui s’y dirige de l’air ambiant.
- Le rapport de 1 à 2 qui a été eftimé être le rapport entre le nombre des pores & canaux qui font perméables au premier cou-rant, & le nombre de ceux qui fervent au fécond, annoneeroit que dans l’appareil animé par le globe de foufre , le premier courant fe.-roitde moitié moins fourni, moins abondant que le fécond. Mais je crois devoir encore répéter ici que je n?ai rien moins penfé qu’à déterminer ce rapport exafte-ment, me reftreignant à l’égard
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- de ces courans , à prétendre que le premier eft au fécond dans un rapport à-peu-pfès in. verfe du rapport qui exifte entre le premier & le fécond dans les circonflances où l’on fe fert du globe de verre.
- Quoi qu’il en foit, lele&ricité du coullin paroît encore différer ici de celle du globe de foufre& du condu&eur, par des caraâeres qui font les mêmas. Sur le globe & fur le conduâeur, la matière effluente eft à la matière affluente comme i eft à 2 , & fur le couffin au contraire , la matière effluente eft à la matière affluente comme aà i. Les vibrations dont le condu&eur eft afFeâé alors, font donc celles de la fécondé ef-pece , & conformes à celles du globe de foufre ; & celles dont le
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- t>E IA MATIERE ÉLECT. IOI couffin eft affeûé font de la première efpece , c’eft-à-dire, fem-blables à celles qui font comme naturelles aü verre. C’eft ici jugement le contre-pied de ce qui a lieu dans l’appareil animé avec le globe de verre ; enforte que les vibrations du conduâeur éleârifé par le globe de foufre, font'de l’ef-pece de celles du couffin éleftrifé par le globe de verre, & que les fibrations du couffin éleétrifé par, e globe de foufre , font de l’ef-; )ece de celles du conduâeur, ileârifé avec le globe de verre;
- De plus, puifque le premier :ourant eft ici celui qui n’a pour, à,part que le tiers des canaux lont ces corps font percés , 6c [u’ainfi il eft au fécond dans le apport inverfe de celui qui exifte
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- fe fert du globe de verre , on voit que les vibrations affe&ées aux particules électriques qui forment le premier courant , font celles que fai appellées de la fécondé qualité, & que les vibrations affe&ées aux particules éleétriques du fécond courant, font celles de la première qualité , & qu’ainfi ces courans ont communiqué le premier au con-du&eur, le fécond au couffin, des vibrations de l’efpece qu’annon-çoit la régie établie, p. 7$. & 74.
- Comparons encore ici les ré-fültats de mes. fuppofitions avec ceux de l’expérience : deux fils de lin garnis de feuilles d’or & fùfpendus, l’un au couffin, l’autre au conduâeur, devant être confiés des extenfîons du couffin & du condu&eur, ( fig. a. O & P)
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- DE LA MATIERE ÉLECT. IG$ il en réfulte que fur chaque portion de la furface de la première, la matière effluente efl à la matière affluente comme z à i , & que fur chaque portion de la furface de la fécondé, la matière effluente efl à la matière affluente comme i efl à i. Ainfi dans l’une le rapport de la matière effluente à la matière affluente, efl Pin-verfe du rapport qui a lieu pour l’autre ; & Pune a des vibrations de la première efpece, & l’autre en a de la fécondé. Elles font donc dans le cas de s’attirer rcf-pe&ivement quand on les rapproche convenablement Pune de
- Si ces feuilles d’or font fuf-pendues toutes deux au couffin , fur chaque portion de leurs fur^ faces, la matière effluente fera
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- *04 Moüvemeks à la matière affluente comme z à i. Si au contraire on les fuf-pend toutes deux au condu&eur ( fij>. z. P & Q ) en chaque portion de leurs furfaces , la matière effluente fera à la matière affluente comme i eft à z ; & ainfi dans- chacune de ces deux pofitions y elles feront difpofées à fe repouffer mutuellement, puif-que dans chacune de ces deux pofitions , le rapport de la ma-; tiere effluente à la matière af-i fluente eft le même pour les deux feuilles d’or , & que les vibrations qu’elles y contra&ent font auffi de la même efpece. Sur le couffin elles les ont toutes deux de la première efpece ; fur le conduâeur elles les ont toutes deux de la fécondé efpece.
- Nous allons confidérer main-
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- BÊ LA MATIERE ÉLECT. lOf tenant' ce qui doit réfulter de l’approche des feuilles d’or fuf-pendues aux pièces de l’appareil oii l’on emploie le globe de verre , vers celles qui font fuf-pendues aux pièces de l’appareil animé par le globe de foufre. De ce que fur la feuille d’or, (fig. i. & 1.1 & Q ) fufpendue au conduûeur appartenant au globe de verre, la matière effluente eft à la matière affluente comme i à i ; & que fur la feuille d’or fufpendue au conducteur appartenant au globe de foufre , la matière effluente eft à la matière affluente comme r eftài, c’eft-à-dire , dans un rapport inverfe du premier, ces deux feuilles d’or doivent être difpofées à s’attirer.
- Par la même raifon, celles qui Ev
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- *ç>6 Moüvemens feront attachées ,, Tune au-couffin employé à. froter le globe de verre, (/g. r. & i. E.& N ). & l’autre au couffin employé: à froter le globe de foufre y font dans le cas de s’attirer a-uffi.. Car fur la première, le rapport de la matière effiuente à la matière affluente eff celui de i à z & fur la fécondé ,, le rapport de la matière effluente à la matière: affluente eft celui de i à i. Or ces rapports font inverfes Pua dé l’autre.
- Par la raifon contraire, une feuille d’or fufpendue au couffin qui frote le globe de verre (j%. i. & z. E&Q) doit repouffer celle qui le fera au conducteur qui appartienilra au globe de foufre pmfquedans l’une & dans, l’autre ,, la matière e£-
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- DE LA MATIERE ÊlECT. KJ7' ifuente eft à la matière affluente dans le même rapport, à fçavoir celui de 1 à 2.
- De même , une pareille ré-pulfion doit avoir lieu entre deux feuilles d’or fufpendues, l’une au condu&eur appartenant au globe de verre, (fig, 1. & 2.1 & N ) & l’autre au couffin qui frote le globe de foufre ; car dans toutes deux encore , le rapport de la matière effiuente à la matière affluente eft le même, à fçavoir, celui de 2, à 1.
- Sur ce qu’il a été expofé que' chaque portion des globes de verre ou de foufre, après avoir pafte fous le couffin va verfer dans l’air ambiant & dans le conducteur la matière du premier courant qu’elle a reçue du couffin ^ il eft à propos de remarquer E vj
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- io8 Mouvemens
- que ce qu’elle en répand dans l’air eft peu de chofe, en compa-raifon de ce qu’elle en verfe dans le conduâeur ; car quoiqu’elle la répande dans l’air par autant de pores qu’elle l’a reçue du couffin, cependant, comme l’air eft un milieu difficilement perméable au fluide éieârique , il ne s’en écoule de fes pores que fort peu ; & par la même raifon, les retours qu’elle reçoit de l’air font trés-foibles : ce n’eft que lorf-qu’elle parvient vis-à-vis du eon-duâeur, qui offre au fluide électrique des routes plus convenables , qu’elle le verfe librement & abondamment, & qu’elle en tire en revanche, par le reliant de fes pores, une quantité proportionnée.
- Le couffin & le conduâeur
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 10$ éprouvent à - peu - près le même Tort de la part de l’air ; ils ne verfent dans l’air , & n’en reçoivent que des quantités de matière éle&rique fort inférieures à celles qu’un corps non éleftrique , le doit par exemple , préfenté à une certaine dif-ftance du couffin ou du conducteur , peut en recevoir & leur fournir.
- Mais une chofe par laquelle les obfervations précédentes nous montrent que le couffin , le conducteur & tous les corps non électriques different du globe , du tube & de tout corps en qui on excite l’éleâricité par le frôlement , c’eft que • dans ces derniers les mêmes pores qui reçoivent un des deux courans * fervent le moment d’après à le
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- rejetter, & à le verfer au dehors ; au lieu que dans les premiers r le courant qu’ils reçoivent par les pores de la petite portion de leur furface contiguë ou cor-refpondante au corps de qui ils tiennent leur éleâricité ne rétrograde pas dans le cas ordinaire , mais va fe répandre dans l'air par des pores percés fur le relie de leur furface, tandis que le courant oppofé , qui y pénétré par les pores entre-mêlés parmi ceux qui fervent d’iffue au premier courant, va déboucher par les pores qui , fur la petite portion de leur furface oh le premier a abordé, font entre-mêlés parmi ceux où. celui-ci s’elè introduite
- On peut donc regarder dans ces eirconfiances , foit le couffin:,.
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- DE LA MATIERE ÊLECT. I ri foit lé condudeur, comme percé de canaux de deux fortes qui, tous partent de l’endroit qui cor-refpond au globe, & vont en s’écartant les uns des autres, en for* me d’éventail ou de balai, aboutir fur tout le relie de l’étendue de la furface ; énforte que les uns portent, pour ainli dire , i’un-des couraps du point de leur divergenee vers toutes les mitres extrémités , tandis que les autres canaux rapportent le courant oppofé des mêmes extrémités vers leur point de réunion*
- Au moment qu’on ceffe de froter, foit le globe de verre , foit le globe de foufre , l’ébranlement iriteûin communiqué aux. parties intégrantes des corps qui: eompofent l’appareil d’éle&ricité s’affoiblit , leurs vibrations fo
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- ti% Mouvemens ralentiffent par dégrés ; & au bout d’un certain tems, elles s’éteignent tout-à-fait. Mais pendant tout le tems qu’elles fubfiftent, elles ne ceffent dans aucun de ces corps d’être de l’efpece dont elles étoient, lorfqu’elles avoient leur plus grande activité ; & les deux courans éleétriques, malgré le dé-croiffement de leur rapidité, continuent à fe partager entr’eux les canaux qu’ils parcourent dans la même proportion qu’auparavant.
- La rapidité des deux courans électriques dépend du frôlement qui décide de la fréquence des vibrations. Leur abondance eïL relative au volume & à la difpo-fition des matières qui fervent de couffin & de conducteur , dont les unes font plus propres que d’autres à fournir & à tranf-
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 11 f inettre le fluide éle&rique ; & on conçoit- que lors même que le rapport entre le nombre des canàux affeâés au premier courant, & le nombre de ceux qui le font au fécond , ne varie pas, les rapports de rapidité & de denfité dans les deux courans peut quelquefois ceffer d’être le même dans le même corps , & par conféquent n’être pas toujours uniforme dans deux corps qui n’auront pas été élec» trifés par le même procédé. Ce qui eft propre à empêcher que les réfultats ne foient conftam-ment les mêmes dans toutes fortes de cas. Et en effet, l’expérience nous fournit des exemples de variétés fur ce point.
- Sur un tube de verre qu’on aura froté , les chofes doivent fe
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- j 14 Movvemens paffer à-peu-près de même que fur un globe de pareille matière, & les deux courans de matière éleârique doivent s’y retrouver : la main qui le frote eft la fource du premier courant qu’elle lui fournit & qu’il répand dans l’air, & en ce moment l’air fait les frais du fécond qui eft foible alors. S’il fe rencontre aux envi» rons des corps non éle&riques affez rapprochés, ils y fuppléent ; mais, à coup fur, quand on vient à préfenter le tube à itn corps non éle&rique , avant qu’il foit parvenu au point de proximité oii l’étincelle éclate , il en a déjà reçu des retours abondans de matière éle&rique , & dès le moment même que fes émiffions ont commencé à pénétrer dans ce corps non éle&rique.
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- DE LA MATIÈRE ÉLEGT. IIÇ
- On peut dire la même chofe d’un bâton de eire d’Efpagne & de toute iubltance éle&rique par elle-même , dont on excite la vertu.
- Ce que j’ai dit du globe de verre , relativement à l’efpece des vibrations que le frotement du couffin y excite , doit s’étendre au cryftal , au papier, à la foie , à la laine & à toutes les matières éle&riques par elles-mêmes , qui , lorfqu’on les a frétées , repouffent une feuille d'or éte&rifée avec le globe de verre. Les vibrations que le frotement leur imprime font aufîi de la première efpece , & telles que fur leurs furfaces le nombre des pores qui livrent paffage à la matière effluente eft au nombre de ceux qui reçoivent la'
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- ENS
- \i6 Môvvem matière affluente, à-peu-près comme fur la furface du verre i je dis à-peu-près , parce qu’il y a toute apparence que le rapport de la matière effluente à la matière affluente, qui a lieu pour le verre d’une certaine qualité n’efl pas le même , à la rigueur , pour la foie, pour la laine, pour le cryffal, ni même pour des verres de quelques autres qualités.
- U fuffit en effet, qu’il n’y ait Pas à cet égard des différences trop confidérables, & que dans toutes ces fubffances le nombre des filets de matière effluente puiffe excéder à un certain point celui des filets de madere af-, fluente.
- En ce fens, & avec de pareilles reflriûions, ce qui a été dit de l’efpece des vibrations
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- fcE LÀ MATIERE ÊLECT. tlf que le frotement du couffin imprime au globe de foufre , doit s’appliquer à la gomme copal ^ à la cire d’Efpagne & à toutes les matières réfineufes, qui, étant frotées, repouffent unefeuille d’or éleârifée par un globe de foufre. Les vibrations qu’ils acquièrent alors , font celles de la fécondé efpece.
- Il paroît par-là, que conformément à ce.que l’expérience nous apprend, un tube de verre nouvellement froté doit attirer une feuille d’or éleélrifée avec un bâton de cire d’Efpagne qui la repouffe , & réciproquement, que le bâton de cire d’Efpagne qu*on a froté doit attirer la feuille d’or éle&rifée avec le tube de verre qui la repouffe.
- Les vibrations de la première.
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- nS Moüvemens-«fpece que le verre , dans fon «tat naturel, contraûe en vertu d’un frotement exécuté avec des matières convenables , ne lui font pas tellement affeâées, qu’il ne foit fufceptible de contra&er, dans d’autres circonftances,celles de la fécondé efpéce. Nous aurons occafion ci-après d’en fournir des exemples.
- Si une feuille d’or attachée au bout d’un fil de foie, & fufpen-due à portée d’un tube de verre éleârifé, (fig.i.YL ) l’eft de façon que plongée dans l’atmofphere éleftrique & attirée jufqu’à un certain point vers le tube , elle foit retenue cependant par le fil, de maniéré qu’elle ne puiffe avancer davantage & aller le toucher , elle en recevra les emiffions , & lui enverra les fiennes dans la
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- DE LA MATIERE ÊIÆCTV 119 proportion que l’état du tube l’exige, c’eft-à-dire , qu’elle en recevra les émiffions parles fdes pores dont l’étendue de fa furface eft percée, & tranfmettra au tube ou dans l’air fes écoulemens électriques par l’autre tiers. Une première preuve que les émiffions du tube pénètrent dans la feuille d’or avec cet avantage par toute l’étendue de fa furface, fe mani-fefte par la pofition qu’elleaffeâe. Elle préfente fa tranche au tube ; & c’eft évidemment la pofition la plus favorable, pour que ces deux faces foient également en prife aux émifiions du tube. Une .fécondé preuve confifte en ce que cette feuille d’or fëroit repouflee de prime-abord par un bâton de cire d’Efpagne éleârifé ; ce qui donne à penfer que dans la feuille
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- ïio Moüvemënj d’or le rapport de la matieré affluente eft le même que fur le bâton de cire d’Efpagne , c’eft-à-dire , celui de i à a, & par conféquent que les vibrations actuelles de la feuille d’or font de la fécondé èfpece.
- Si l’on vient à lâcher enfuite le fil, & que la feuille d’or devenue libre, puîffe céder aux im-preflïons de l’éle&ricité , elle s’élancera fur le tube , & tout-à-coup elle en fera repouffée au loin. Cette répulfion fubite annonce un changement auffi fubit dans l’état de la feuille d’or, lequel eft devenu femblable à èe-lui du tube ; enforte que cette feuille étant .alors intimement agitée par des vibrations de la première efpece, le rapport de fa matière effluente à fa matière affluente
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- DE LA MATIERE ÉLECT. ili àffluente fe trouve précifément Finverfe (le celui qui y exilloit le moment d’auparavant.
- Au relie , ce changement fi brufque dans les vibrations d’un èorps en pareilles circonftances , eft quelquefois accompagné d’indices qui en attellent la réalité. Ne doit-on pas regarder fur ce pied la douleur qu’on reffent dans le doigt qui excite une étincelle, la commotion produite par l’expérience de Leyde , & même la fraélure des vaifleaux de verre en diverfes rencontres > A ce dernier égard , il arrive à çes vailFeaux ce qui a lieu, quand un verre à boire , qu’on a pincé par le bord pour y exciter certaines vibrations , fe brife au moyen d’un fon qu’on fait éclater avec la bouche , & tel que F
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- ni Moüvemênj les parties de l’air ébranlées communiquent au verre des- vibra» tions incompatibles avec celles qu’il avoit contrariées en.premier lieu.
- Les mêmes effets détaillés ci» deflus, ont lieu à l’égard d’une feuille d’or fufpendue à portée d’un bâton de cire d’Efpagne éleûrifé , & il eft aifé de concevoir qu’avant qu’elle ait touché le bâton de çire d’Efpagne , elle doit avoir des vibrations de la fécondé efpece qui s’y changent fubitement en vibrations de la fécondé efpece, au moment qu’elle touche le bâton de cire d’Efpagne.
- Mais arrêtons-nous aux ré» Vexions que ces faits nous présentent ; démêlons, s’il fe peut m vertu de quelle influence la
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- BELA MATIERE ÊLECT. I?)
- feuille d’or , en atteignant le corps qui l’attire , contra&e des vibrations différentes de celles qu’elle avoit , lorsqu'elle étoit dans un canton plus reculé de Ton atmofphere. Au moment qu’elle y entre, elle eft pénétrée par les éraillions de ce corps , & elle lui envoie les fiennes en échange , ce qui ne peut le faire, fans que, fur la feuille d’or, le rapport de la matière effluente âla matière affluents ne foit lïn-verfe de celui qui a lieu pour le corps à qui cette atmofphere appartient, & par conséquent,fans qu’elle ait des vibrations d’une efpece différente de celle des vibrations dont ce corps efl affefté. Les vibrations qui agitent la feuille d’or en ce moment, font donc un effet néeeffaire 4e
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- ii4 Movvemens
- fa pofition. Excitées une fois $ elles ne peuvent y être effacées & remplacées par d’autres d’une efpece différente , que par l’influence d’un agent capable d'opérer ce changement. Quel eft cet agent Kje n’en fçaurois con-lioître d^autre ici que la matière effluente du corps qui attire la feuille d’or, laquelle matière e£ fluente tend à exciter des vibra* tions analogues aux fiennes ; c’eft à-dire , de la première efpece, quand les fiennes font de la première qualité ; & de la fécondé e<pece , quand les lien* nés font de la fécondé qualité: or cette matière effluente doit agir à cet égard avec d’autant plus d!énergie, qu’elle eft plus ramaffée. O'eft au débouché des pores dont elle émane, qu’ell?
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- DE LA MATIERE ÉLECT. llf Feft le plus * & e’eft là auffi que l’expérience nous apprend que fon influence eft prefque toujours efficace. La feuille d’or parvenue en cet endroit, eft forcée de contrarier des vibrations conformes à celles du corps qu’elle eft venue toucher , & en conféquence elle eft repouflee au loin. Il arrive même quelquefois, que cette matière effluente agit avec efficacité à cet égard, à des distances aflez éloignées du centre de l’atmofphere, & que des corps légers font renvoyés en arriéré, & repoufles avant qu’ils foient arrivés jufqu’au corps qui les attirait ; ce qui dépend de la dif-pofition des corps légers, dont les uns réfiftent plus que les autres à perdre leurs premières vibrations pour prendre celles que la
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- il 6 Mouvement matière effluente tend à y imprimer. J’ai vu dans les mêmes cir-conflances de petites feuilles de métal attirées & repouflees fubi-tement par un tube de verre , après ne s’être avancées que trois ou quatre pouces près du tube, tandis que des lames minces de verre & de cire , & des flocons de foie n’étoient jamais repouffés avant d’être venus toucher ce tube. Au refie , c’efl relativement à ce que j’expofe dans cet article , qu’il faut entendre ce qui a été dit des courans de matière éle étriqué , qu’ils tendent à imprimer aux corps en qui ils excitent l’éle&ricité, des vibrations analogues & celles dont ils font affeétés.
- Ce qui a été dit d’un corps ifolé , a lieu de même à l’égard
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- »fc tx Matière Èlect. 127 des corps non ifolés. S’ils fe rencontrent dans le voifinage d’un corps éleârifé à une diftance telle qu’ils en reçoivent, & lui fournirent de la matière éleârique , mais plus grande que celles o& l’étincelle éclate , ils en contractent des vibrations d’une efpece différente de celles des vibrations aûuelles du corps éleôrifé ; en-forte que le rapport de leur matière efftqente à leur matière effluente, eft l’inverfe de celui qui a lieu pour le corps éle&rifé. 11 paroît par le réfultat de diver-fes expériences connues, que les émiHions qui, d’un corps éleétrifé paffent dans un corps non ifolé , qui fe trouve à portée , y pénètrent jufqu’à des dillances très-confidérables. II y a apparence que les vibrations que ces émi£
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- ïi$ Mouvement fions excitent fur la route qu'ils parcourent, font plus rapides & plus énergiques dans les parties les plus prochaines du corps d’oii ces émiffions ont débouché, & de moins en moins énergiques dans celles qui en font plus éloignées. Ce qu’il y a de certain , c’eft que ces vibrations font quelquefois fenfibles par leurs effets dans le corps non ifolé,après qu’on l’a éloigné du corps éleârifé , & qu’elles le font dans une partie de ce corps, fans l’être dans Fais» tre. J’ai éprouvé en différentes occafions , qu’un doigt que j’a-vois tenu quelque tems étendu au-deffous d’une plaque de métal qui faifoit partie du conducteur, attiroit & repouffoit des feuilles d’or, fufpendues à des fils de foie, après que je m’étois éloigné
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 12$ 3e cinq; à dix pas de l’appareil d’éleâricité, & qu'un autre doigt de la même main ne les ébran*? loit aucunement.
- Après avoir développé ma théorie autant qu'il m’a paru néceflaire , pour rendre raifon de la différence des influences des éle&ricités du verre & du foufre, du couffin & du conducteur , j'ai encore à expofer ce qu'on peut en déduire au fujet des phénomènes opérés par le crochet de la bouteille deLeyde, comparés avec ceux de fon enveloppe y phénomènes entre lesquels les mêmes fortes de variétés fe repréfentent auffi. C’eft le dernier des objets que je m’étois propofé d’examiner dans ce Mémoire.
- Les variétés n’ont lieu entre
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- ijo Mouvemeks ces phénomènes, qu’autant qtre Fenveloppe de la bouteille , au moment qu’on l’a éleârifée , communiquoit avec le plancher, ©u qu’autant que l’enveloppe , extrêmement étendue au moyen des corps non-éleftriques ifolés, qu’on fait communiquer avec elle, étoit par-là capable de faire paffer de l’air à la bouteille une grande quantité de matière électrique : car autrement l’état de Fenveloppe' eft tout-à-fait conforme à celui du crochet. Sup-pofons que la bouteille préparée pour Fexpérience de Leyde , & pourvue d’une enveloppe de médiocre étendue, foit fufpendue à un eonduâeur qu’on éle&rife avec un globe de verre , fans qu’il y ait aucune communication entre cette enveloppe & le
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- BE LA MATIERE ÉLECT. 131 plancher ; le crochet & l’eau contenue dans la bouteille, étant toujours comme des extenfions du conduûeur, les vibrations qui y feront excitées , feront toujours de la même efpece que celles du conduâeur ; & fur leurs furfaces (pie Pair circonfcrit, le rapport de la matière effluente à la matière affluente, fera celui de z à 1. Mais de plus, ici le premier courant , provenu du globe , paffe de Peau dans l’é-paiffeur du verre , & du verre à l’enveloppe métallique delà bouteille , d’où il débouche dans Pair ambiant par les ~ des pores dont fa furface eft criblée , desquels Pàutre tiers admet la matière affluente qui s’y dirige de Pair , & concourt à former le
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- IJ* Mo UT EM INS. fécond courant;, tout comme fi ces différens corps, le conducteur , le crochet, la maffe d’eau , le verre , l’enveloppe n’en faisaient qu’un , & étoient formés d’une feule & même fuhftançe * au moyen de quoi les vibrations imprimées au verre & à l’enveloppe , doivent encore être de la première efpece, c’efi-à-dire * telles que les vibrations du conducteur ; & il èft aifé de s’affurer que e’efi-là l’état de l’enveloppe de la bouteille , en y fufpendant un fil de lin garni d’une feuille d’or , & autant au eondu&eur. Les feuilles d’or rapprochées convenablement, ne manqueront pas. de fe repoufler d’emblée ; rien n’eft fi confiant que ce réfultat. , auquel je ne. fçaçhe pas cepen-
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- DE IÀ MATIERE ÊLECT. 13.} dant qu’aucun Obfervateur ait fait attention ( a) ;le même effet a lieu, 6, l’enveloppe étant ‘ fup-primée, on, fufpend l’un des fils à la furface nue de la bouteille.
- Mais il eft bien different, fi ^ durant l’éleârifation, une per-fonne, qui fe retire enfuite, avoit placé fa main fous l’enveloppe pour la faire communiquer avec le plancher ; les feuilles d’or fuf-pendues à l’enveloppe & au con-
- ( a) Selon M. Franklin ,1a bouteille ainli ifolée ne peut être chargée. Le ré-fultat de l’épreuve que je viens d’indiquer , décidé que le verre & l’ënveloppe n’ën contraftent pas moins une électricité marquée. Or, c’eft parce que leur éleflricité a les mêmes caraéteres que celle du condu&eur r quel’approche mu. tuelle du conduéteur &. de l’enveloppe ne produit ni étincelle , ni choc, ni ex-plofion , comme j’aurai occafion del’é-îablir ailleurs.
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- *34 Mouvemens du&eur fe précipiteroient l’une fur l’autre, & la première feroit suffi attirée par le crochet & par l’eau contenue dans la bouteille. Il faut donc que l’état a&uel du verre & de l’enveloppe ne foit plus le même que celui de l’eau, du crochet & du conduûeur ; que les vibrations du verre & de l’enveloppe foient devenues de la fécondé efpece, & que le rapport de leur matière effluente à leur matière affluente foit celui de i à z, l’inverfe de celui qui a lieu furie condu&eur, le crochet & la maffe d’eau. Il en réfulte , qu’alors l’enveloppe & le verre ont les f de leurs pores ouverts à la matière éleârique qui leur vient du dehors &c qu’ils trant mettent à la jnàife d’eau , d’oîi elle paffe a;> ndufteiir ; &C
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- DE LÀ MATIERE ÉLECT» comme le verre & l’enveloppe n’en verfent en échange que par l’autre tiers de leurs pores dans les corps externes qui y font j oints ou contigus , & en leur abfence dans l’air ambiant, c’eft une marque que le premier courant , qui du globe émane fur le conduôeur , ne parvient plus jufqu’à la bouteille , mais feulement le fécond courant que le condufteur pompe dans l’air qui l’entoure. C’eft ce fécond courant,qui paiTeà travers le verre, & l’enveloppe à ces corps qui y font joints ou contigus , à fça-voir, à la feuille d’or qui y eft Jufpendue , ou à la perfonne, fi elle y tenoit encore la main appliquée . ' Ainfi la feuille d’or , ou cette perfonne , fi elle venoit k s’ifoler , ne devroit répandre
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- ( ainfi que le feroit la furface extérieure de la bouteille, fi elle étoit dépouillée de fon enveloppe ) de la matière éleârique dans l’air ambiant, que par un tiers de leurs pores, dont les autres j feroient employés à livrer pafl*age à celle qui y aborde de l’air.
- Ce dernier courant qui vient de l’air , & que le verre laifle pafferà lamafie d’eau , & de-là au conduôeur, doit être néceÔai-rement affeâé des mêmes vibrations que l’eft celui qui, du globe aborde fur le condu£teury puif-que , comme celui-ci , il exige les 7 des canaux dont eft percé le corps qu’il traverfe. Mais quoiqu’il lui foit femblable en cela , il en eft diftinét, & il ne fe confond pas avec lui. Appel-
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- ©É LA bïAflÊRÉ ÊLÊtT.' Vtf tôns-le le troifieme courant. Tous deux s’aVancefit eri feris cort.-traires danslecondûûeur (a) où Hs abordent par les bouts oppd-fés , & où les canaux qu’ils enfilent ( les ~ de la totalité de ceux qui y font percés ) abon-tiffént les uns dans les autres. Ils s’y rencontrent donc, fe partageant fans doute leur longueuri en raifon de leurs rapidités refi-pêâives , fe répondent, & s’eil élancent dans l’air ambiant , le ptemiêr par lés pores diftribués fur la moitié ou portion de la fur-face du conduftéur la plus voi-fine du'glôb'e , depuis C jufqu’en & \ (figr# )' & le troifieme par
- ( a ) Il faut toujours faire attention que le crochet & l’eau font des exténuons du conduâeur.proprement dit, & doivent être.regardés comme faifant fonc-fiohde conduâeùr.
- *F U
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- 138 Mouvement
- ceux de la moitié ou portion de cette furface la plus .voifine de la bouteille depuis Ja furfaçefu-périeure de l’eau jufqu’au même point S. Cependant la matière affiuente de l’air au cofldu&eur, celle qui forme le fécond eoui rant , s’y partage , après y être entrée. Une partie i à fçavoir celle qui aborde fur la portion C S , fe rend au globe à l’ordinaire ; & l’autre , à fçavoir j celle qui aborde fur la portion D S, le crochet & la furfaÇe fu-périeure de l’eau, fe dirige vers la bouteille qu’elle traverfè pouf s’élancer dans l’air oü daris leà corps appliqués à la furfacé ÇX*. térieure de la bouteille.
- Ici, le verre tranfmet à l’enveloppe ce qu’il tire de la maffe d’eau , & tranfmet à la maffé d’eau ce qu’il tire de Fenve*,
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- DE LA MATIERE ÉLECT. I $9 loppe, de même que chaque portion du globe tranfmet au couffin ce qu’il tire du conducteur* & au conduâeur ce qu’il tire du couffin.
- L’analogie fe foutient encore ici entre la bouteille & le globe : en ce que , comme le globe &-Ie couffin, malgré leur contiguïté , contiennent des vibrations de différente efpece, de même la maffe d’eau & la bouteille, malgré leur contiguïté, acquiérent des vibrations de différente efpece.
- Enfin , comme le globe tranf-jnet les émiffions du couffin dans l’air ambiant,par autant de pores qu’il les a reçus du couffin ; de même la bouteille tranfmet dans l’air ambiant, ou à la perfonne qui y a la main appliquée , la
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- 140 Mouvemens matière affluente de rail* au condufteur qui fe dirige à la bouteille , à travers la malle d’eau ; elle le tranfmet, dis-je, par autant de pores qu’elle la reçoit.
- De ce dernier chef d’analogie & des états dîfférens du globe & de la bouteille , il réfulte cette différence, que le globe verfe dans l’air ambiant la ma tiere du premier courant, & la bouteille celle du fécond courant.
- Les deux états dîfférens dont j’ai avancé que le verre , auffi-bien que l’enveloppe , étoient fufceptibles, félon que , durant l’éleârifation, la bouteille communique ou ne communique pas avec le plancher , font conftatés parla diyerfité des phénomènes
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 14* qu’elle offre dans les deux cas.' La difpofition des feuilles d’or à s’attirer dans le premier cas , celle qu’elles ont à fe repouffer dans le fécond , prononcent là-deffus d’une façon qui n’eft pas équivoque ; ce ne font pas les feuls (<z). 11 refleroit à fça-
- (tf) Lorfqu’on a fait communiquer durant l’éleCirifation la bouteille avec le plancher , un corps pointu qu’on pré-ientera à l’enveloppe fera décoré d’une aigrette lumineufe ; tandis que celui qu’on préfenteroit au conducteur feroit feulement terminé par uti point lumineux; & une perfonne qui appliquerait une main à l’enveloppe, en préfentant enfuite l’autre au conducteur, y exciterait une étincelle & feroit affeCté d’un choc plus ou moins vif. Maisfi, durant l’éleCtrifa-tion,il n’y a aucune communication entre la bouteille & le plancher , les corps pointus préfentés à l’enveloppe & au conduéteur , feront également terminés par des points lumjneux , & la perfonne qui viendrait à placer fa main fous l’ea*
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- *4» Moüvemens voir pourquoi, dans le premier cas, l’état du verre & de l’enveloppe eft oppofé à celui qu’ils ont dans le fécond , & à l’état aûuel du conduûeur. Voici ce que je conje&ure fur ce point.
- La bouteille étant appliquée au condu&eur , & expofée à recevoir les émanations du globe mis en jeu , quelles que foient les difpofitions du refte de l’appareil , les vibrations que le verre & l’enveloppe en contracteront, feront, ou de la première efpece , en vertu defquelles les 7 de leurs pores feront employés à laifler déboucher dans
- veloppe , après qu’on a ceffé de froter le globe , tenteroit en vain , en préfentant l’autre au conducteur , de faire éclater l’étincelle & de fe procurer la com-
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 14 J
- l’air le courant qui eft parvenu du globe à la bouteille , & l’autre tiers. a$çâé à la matière affluent?, foit de l’air qui avoi-flne. l’enveloppe foit. des corps qui entretiennent fa communication avec le plancher ; ou bien les vibrations du verre & de l’enveloppe feront de la fécondé efpece, au moyen de quoi,' les j-de leurs pores feront ouverts à cette matière affluente,' foit de l’air, foit du plancher , laquelle formera alors un troi-fieme courant diftinâ qui, fem-blable au premier provenu du globe, le repouffera ; enforte que l’autre tiers de leurs pores fe trouvera difpofé à laiffer jaillir : dans l’air qui entoure la bouteille, ou dans les corps qui entretiennent fa communication avec le plan*
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- «44 Mouvimens cher, la matière du fécond courant , que le condu&eur a pompé dans l’air qui l’entoure , & qui trouve des canaux libres pour s’étendre de ce côté-là^ Maintenant, en coniidérant le cas où une perfonne place fa main fous l’enveloppe de la bouteille , il elt fenuble que fi l’enveloppe & le verre avoient des vibrations de la première efpece , le verre feroit traverfé en même tems dans un fens par la plus grande partie du courant émané du globe qui fe dirigeroit par préférence vers l’endroit où la perfonne tient fa main appliquée, parce qu’elle lui offre des routes plus convenables, que ne le fait l’air qui entoure le condu&eur, & dans le fens oppofé, par les retours abondans de matière éleftrique
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- DE LA MATIERE ElECT. 145 éleârique que cette perfonne eft en état d’envoyer à la bouteille ; au lieu que, fi le verre & l’enveloppe n’ont que des vibrations de la fécondé éfpece , le verre, en donnant accès , d’un côté, aux mêmes retours'abondans de matière éleârique, qui émanent de cette perfonne , ne livrera paf-fage, de l’autre, qu’à .une partie du courant que le condu&eur pompe dans l’air qui l’environne,’ lequel, à caufe de la difficulté que le fluide éleârique éprouve à fe mouvoir dans l’air, eft très-foible , fur-tout en comparaifon de celui qui émane du globe qu’on frote. Ainfi le verre auroit à livrer paflage à une plus grande quantité de matière éleélrique j s’il avoit des vibrations de la première efpeee , que lorfqu’il
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- i46 Mouvemens contrafte celles de la fécondé efpece. Or on connoît la difficulté que le fluide éleftrique éprouve à pénétrer & à paffer à travers le verre (a), qui efl peut-être le milieu le moins perméable pour lui. Et il me paroît du moins très-probable que cette difficulté peut influer fur l'état qu’acquiert le verre en ces cir-conflances , & lui faire contracter par préférence les vibrations de la fécondé efpece , qui n’exigent le pafTage , à travers fa fubftance , que pour une quantité de matière éleârique bien inférieure à celle que le verre auroit à tranfmettre, fi fes vibrations étoient de la première efpece.
- (<* ) Voyt{ le Recueil des Mémoires des Correlpoadans , tooi. 2. pag.
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 147
- Cependant, quoique dans le cas où la bouteille ne communique point avec le plancher, le verre affeâé des vibrations de la première efpece , foit de même expofé à être traverfé par une plus grande quantité de matière éle&rique , qu’il ne le feroit, fi fes vibrations étoient de la fécond e efpece, il arrive, & l’expérience le fait voir , qu’il eft communément affe&é alors de celles de la première efpece. Mais il faut auffi remarquer que, dans ce cas ,1a quantité du fluide éleûrique qui pafle à travers le verre, quelles que foient fes vibrations , eft peu conlidérable Le courant qui y vient du côté du globe, eft bien moindre que dans le cas où il y a communication entre la bouteille & le plan-
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- cher, parce que ce courant, en débouchant de l’enveloppe , ne trouvant que l’air qui fe préfente à lui de toutes parts , n’eft pas fol-licité à fe porter par préférence de ce côté, & qu’il fe diftribue alors indifféremment & également par les pores qui font répandus fur toute l’étendue de la furface du conduâeur, & de la maffe d’eau. D’un autre côté, cet air qui termine la furface de l’enveloppe ne peut lui fournir que des retours de matière éle&riqüe infiniment médiocres en comparaison de ceux qu’une perfonne qui y auroit la main appliquée feroit en état de lui procurer. Ainfi le furçroît de matière -éle&rique que le verre , dans le cas dont il eft queftion ici , laiffe paffer quand il eft imprégné des vibra-
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 149 tions de la première efpece , eft très-peu de chofe , & fans doute n’ell pas fuffifant pour altérer & changer dans le verre & l’enveloppe les vibrations de la première efpece, que le premier courant émané du globe tend à leur imprimer , en fe portant de ce côté-là.
- Nous venons de voir, par l’exemple de la bouteille de Ley-de, que le verre eil capable de contracter les vibrations de la fécondé efpece. Ajoûtons que ce ne font pas les feules circon-ftances oii il puiffe en avoir de pareilles , & que même le fro-tement peut les lui procurer. Je remets à un autre Mémoire le détail des faits qui établirent cette affertion.
- Les phénomènes qui ont lieu à
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- 'IJO Mouvemens l’égard de la bouteille élé&rifée par le globe de verre , ne fçau-roient manquer de fe repréfenter avec la bouteille éle&rifée par le globe de foufre , fauf les différences qui réfultent de la qualité des vibrations naturelles au globe de foufre, & qu’il eft trop aifé de prévoir d’avance & d’expliquer , après les notions que je viens d’expofer , pour qüe je me croie obligé d’entrer dans un nouveau détail à ce fujet. Un coup d’œil jetté fur les Fig,lires 5 & 6 * doit en tenir lieu.
- L’attra&ion & la répulfion des corps légers ne font pas les feuls lignes auxquels on puiffe re-connoître les deux différens états dont font fufceptibles les corps éleârifés, relativement à leurs vibrations ou au rapport qui fe trou-
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- DE LA MATIERE ÊLECT. IÇÏ ve entre leur matière effluente & leur matière affluente. Les étincelles qu'on y excite , la forme des feux qui fe manifeftent à leurs extrémités, & à celles des corps pointus qu’on en approche, en font d’autres lignes fur lefquels il étoit auffi intéreffant de faire des recherches. Mais ce Mémoire eft déjà trop long pour y inférer les réfultats de celles que j’ai faites à cet égard ; j'en rendrai compte ailleurs , me contentant de déclarer à préfent, que ces phénomènes concourent à confirmer les conjectures que j’ai cru pouvoir déduire de ceux que je viens de difciiter.
- Je finis donc ce Mémoire, en remarquant que la comparaifon des réfultats de mes fuppofi-tions, avec ceux de ces faits aux-Giv
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- içi Mouvemens quels je les ai appliqués , éta- ^ blit, i° à l’égard du fluide élec- * trique,que les vibrations que j’ai ^ appellées de la première qualité, \ conviennent également au fe- * cond courant dans l’appareil ani- c mé par le globe defoufre , au i premier courant dans l’appareil 1 animé par le 'globe de verre , à ^ la matière affluente qui vient à £ l’enveloppe de la bouteille de ( Leyde , fufpendue au condufteur a dans ce dernier appareil, & dans ^ le cas où la communication avec * le plancher a eu lieu ; & encore à la matière affluente qui vient aux ^ corps éleftrifés avec les matières 1 réfineufes , comme aufîi à la 1 matière effluente des corps élec- 1 trifés avec les verres ; & que les ( vibrations que j’ai appellées de la ^ fecQade qualité, font communes
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- DE LA MATIERE ÉLECT. IJJ
- le même au premier courant lans l’appareil animé par le globe te foufre ; au fécond courant, ur l’appareil animé par le globe lé verre , à la matière effluente le la bouteille de Leyde fufpen-lue au conducteur dans ce der-îier appareil, & dans le cas oîi a communication avec le planter a eu lieu , à la matière îffluente des corps éleCtrifés ivec les matières réfineufes ; & ila matière affluente aux corps eéCtrifés avec le verre. a0 A l’égard des corps éleétrî-és, il fuit que les vibrations que ’ai appellées de la première ef~ >ece,font communes au globe de rerre, au conducteur qu’on lui lonne , à l’eau renfermée dans là bouteille fufpendue à ce conducteur , à la foie & au cryfta-1 G v
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- i54 Mouvemens frotés, & au couffin employé à froter le globe de foufre ; & que les vibrations que j’ai appellées de la fécondé efpece, font communes au globe de foufre & à fon condu&eur, aux matières ré-fineufes frotées, au couffin employé à froter le globe de verre, & au verre & à l’enveloppe de la bouteille de Leyde, fufpendue au conducteur de ce dernier globe , dans le cas oit il y a eu communication entre l’enveloppe &c le plancher.
- 3° Que c’eft de ces différences dans les vibrations des corps élec-trifés que dépendent uniquement, tant les variétés des effets que les corps élettrifés produifent, que ce qu’on appellera , fi l’on veut, les différentes éle&ricités : car félon qu’un corps eft agité de
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- DE LA MATIERE ÉLECT. Ijf vibrations de la première ou de la fécondé efpece , le rapport de la matière effluente à fa matière affluente eft bien différent. C’eft celui de z à i, ou celui de i à z ; & on a vu que Paûion d’un corps éleCtrifé en peut varier au point d’attirer, dans l’un de ces deux cas , ce qu’il repouffe dans l’autre.
- Au refte , ces vibrations accordées , tant aux corps éleCtrifés qu’au fluide éleCtrique, qui en contractent de différente efpece félon les circonftances, & la vertu attribuée à celles du fluide électrique d’en communiquer aux parties intégrantes des corps les plus compaCts ; ces vibrations, dis-je, qui font partie des conjectures auxquelles j’ai eu recours pour rendre raifon des phé~ Gvj
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- Mouvemëns nomenes que j’avois en vue d’examiner , ne font pas, je crois , de ces fuppofitions dont il me foit néceflaire de prouver la pofflbilité, puifque je ne fais ici que tranfporter aux corps éleétrifés & au fluide éleârique des propriétés déjà reconnues dans les corps fonores & dans le fluide deltiné à la propagation des fons. Et ce que j’ai ajouté, que dans les corps élec-trifés il y avoit toujours de l’inégalité entre la matière effluente & la matière affluente, relativement à la quantité , que fur le globe de verre, &c. la matière effluente l’emportoit fur la matière affluente , & que fur le globe de foufre , &c. c’étoit le contraire, eft , ce me fem-ble, affez clairement indiqué
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 157
- par les faits que j’ai rapportés. J’en examinerai encore d’autres dans les deux Mémoires fuivans , qui ne fe concilieront pas moins heureufement avec mes conjec-
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- 158 Moüvemeks
- Explication des Figures.
- DAns toutes les Figures de ce Mémoire la direction des petites flèches marque celle des courans électriques ; pour diftin-guer encore ces fléchés , on a gravé les unes plus fortes, & les autres plus foibles. Planche I.
- La Figure 1 , oh l’on fuppofe le couffin ifolé comme le conducteur , repréfente la diflribution des deux courans fur l’appareil de l’éieâricité animé par le globe de verre : le premier courant marqué par les flèches fortes, eft pompé dans l’air ambiant par le couffin & la barre de fer A B, qui lui eft contiguë, & eft tranfmis par le globe au conducteur C D
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- qui le verfe dans l’air. Ce courant occupe dans toutes les pièces, de l’appareil les ~ des canaux; le fécond courant marqué par les flèches foibles, coule dans l’autre tiers. Etant tiré par le condu&eur, il paffe de l’air qui l’environne , au globe , & du globe au couffin & à la barre AB, d’oii il fe diffipe dans l’air.
- Si le couffin communiquoit avec le plancher, il tireroit du plancher, & tranfmettroit au plancher par les corps employés à former la communication les écoulemens éleûriques qu’il tire de l’air, & qu’il verfe dans l’air.
- E, G, font des feuilles d’or fufpendues à la barre A B avec des fils de lin , & dont l’état éleftrique ne différé pas de celui de cette barre.
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- iéo Moüvemens
- H, I, font des feuilles d’or füfpendues au conducteur , & dont l’état éleCtrique efl le même que le fien.
- K, efl: une feuille d’or actuellement attirée par le conducteur, & dont l’état éleCtrique eftl’in-verfe de celui du conducteur.
- M,efl une feuille d’or,qui,après avoir été attirée par le conducteur, & avoir contracté,en le tou* chant , un état éleCtrique conforme au fien, en eft repouflee au loin, en conléquence de cette conformité.
- La Figure i , oir l’on fuppofe encore le couffin ifolé comme le conducteur, repréfente la distribution des courans fur l’appareil animé par le globe de foufre ; le premier courant mar- i que par les flèches foibles, elt tiré !
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- DE LA MATIERE ÉLECT. lêl
- de l’air par la barre A B, & par le couffin , d’où il fe répand fur le globe qui le fait paffer au conducteur CD, & du conducteur il fe perd de toutes parts dans l’air ambiant. Le tiers des canaux dont font percées les di-verfes pièces de l’appareil lui fuffit, & les autres f font ouverts au fécond courant marqué par les flèches fortes , lequel fe portant de l’air au conducteur, eft tranfmis par le globe au couffin , & à la barre A 8 qui le laiffent déboucher dans l’air.
- N, G, font des feuilles d’or fufpendues à la barre A B avec des fils de lin, & dont l’état électrique eft conforme à celui de la barre.
- P , Q,font des feuüles d’or fufpendues de même au çonduc-
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- i6i Mouvemens teur, & dont l’état éleûrique eft * le même que le lien. j1
- Planche IL La Figure 3 repréfente la dif-tribution des courans éleûriques dans la bouteille de Leyde , & le condu&eur animé par le globe de verre, dans le cas où l’on n’a pas fait communiquer l’enveloppe avec le plancher durant l’éle&rifation. Le premier courant émané du globe , & marqué par les flèches fortes, tra-verfe le condufteur , le crochet, l’eau , l’épaifleur de la bouteille & celle de l’enveloppe ; & de tous ces corps qui lui laiflent parcourir les f des canaux dont ils font percés , il fe difperfe dans l’air ambiant ; l’air en revanche fournit à tous ces corp#
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 16j a matière du fécond courant , lont les filets marqués par les (lèches foibles prennent par-tout me direction uniforme, & vont, m fe réunifiant dans l’autre tiers les canaux , aborder au globe» La Figure 4 repréfente la distribution des courons électriques dans la bouteille de Leyde 8c dans le conducteur animé par le globe de verre , dans le cas dù l’on a fait communiquer l’enveloppe avec le plancher. Le premier courant marqué par les flèches fortes , & qui fe dirige du globe à la bouteille par les ~ des canaux du conducteur CD, ne s’avance que jufqu’à un certain point S où il eft arrêté par le troifieme courant marqué auflî par des flèches fortes ; lequel pompé par l’enveloppe dans l’air
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- 164 Mouvemens qui l’entoure, traverfe l’épaiffeur de la bouteille, l’eau , le crochet & s’étend dans le conducteur ( exigeant auffi par-tout les 7 des canaux) jufqu’en S, où il repouffe le premier, & en eft repouffé réciproquement ; enforte que celui-ci fe jette dans Pair par les pores répandus fur la portion CS du conducteur ; & le troifieme, par ceux de la fuperficie de l’eau , du crochet» & de la portion S D du condufteur. En même tems, la matière du fécond courant que l’air fournit, & qui eû marquée par les flèches foibles, enfile le tiers des canaux qui font reftés libres* Celle qui aborde fur la portion C S du conducteur, fe dirige du côté du globe où elle fe rend ; & celle qui aborde fur la portion S D, fur le crochet, &
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- DELA MATIERE ÉLECT. l6f fur la fuperfîcie de Peau , fe dirige vers le fond de la bouteille qu’elle traverfe pour paffer à l’enveloppe , & de-Ià s’élancer dans l’air qui l’entoure.
- La Figure ç repréfente la distribution des courans éleûri-ques dans la bouteille de Leyde, & dans le côndu&eur animé par le globe de Soufre , dans le cas ou durant l’éle&rifation il n’y a eu nulle communication entre l’enveloppe & le plancher. Le premier courant marqué par les flèches foibles, fe rend du globe fur le conduâeur , le traverfe ^ ainfi que le crochet, l’eau , l’é-paifleur du verre & de l’enveloppe , & de tous ces corps, où il n’occupe que le tiers de leurs canaux , il fe diftribue dans l’air ambiant qui leur fournit le le-
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- 166 Movvemens cond courant ; celui-ci croife partout le premier, s’étendant dans les autres 7 de leurs canaux & parvient ainfi jufqu’au globe..
- La Figure 6 repréfente la distribution des courans dans la bouteille de Leyde , & dans le conducteur animé par le globe de foufre dans le c.as où l’enveloppe çommuniqueroit avec le plancher durant l’éleCtrifation. Le premier courant émané du globe & marqué par les flèches fortes, enfile un tiers des canaux du conducteur CD , & parvient jufqu’au point S , vers lequel fe porte auflî, en fens contraire le troifieme courant marqué de même par des flèches fortes ; ce dernier tiré de l’air ambiant par l’en-yeloppe, parcourt par le tiers des .canaux qui lui font affeCtés, tant
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 167 l’épaiffeur de la bouteille que la roaffe d’eau , le crochet, & la portion D S du condu&eur. Ces deux courans fe faifant mutuellement obftacle au point S fe répandent dans l’air, l’un par les pores de la portion CS du conducteur, & l’autre par ceux de la portion SD, du crochet & de la fuperficie de l’eau. Et conféquem-ment la matière du fécond courant , marquée par les flèches fortes, fe dirige de l’air à ces corps, où les -, des canaux lui font ouverts, & elle s’y partage. La par-I tie qui aborde fur la longueur CS, fe rend au globe : celle qui aborde fur la portion SD, le crochet & l’eau, parvient jufqu’à' l’enveloppe , d’où elle s’élance dans l’air ambiant.
- Dans toutes ces figures on n’a
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- l68 Mo ü VE M E N s, &c. repréfenté , pour éviter la opn-fufion , que dans quelques points diftans les uns des autres j l’a-iord de la matière affluente & l’éruption de la matière effluente , -quoique dans la réalité il n’y ait pas de pores fur la fur-, facé des corps éle&rifës qui ne foient-employés à livrer paffage à l’Un ou à l’autre des deux Courans.
- .TROISIEME
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- SUR LA PERCUSSION
- & la Commotion électriques.
- A Commotion cette fecouffe fubit.e & inftan-' tanée , qui caraûérife l’expérience de Leyde, & dont on eft aÆeâéau moment que l’étincelle éclate, me doit pas être attribuée k} un méçhanjfme dif-tinâ de celui d’oii 'refaite la percuflion ; fenfation moins vive & moins étendue^ qu’on éprouve en approchant : fimplement lê -doigt affez près d’un corps élec-
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- Jjo Mo U VE MENS trifé pour exciter une étincelle, & qui, quelquefois fe réduit à n’être qu’une piquure peu dou-loureufe. Ces effets également ©ccafionnés par l’impulfion du courant de matière qui débouche du corps éle&rifé , contré celui du corps qui ne Veü pas, different feulement du plus au moins, & fuivant la denlité & la rapidité de ces courans qui s’en-fre-choquent.
- Une perforine éleârifée de fa-^on que le rapport de fa matière effluente à fa matière affluente (bit femblable à celui- qui a lieu a cet ' égardfur un coriduéleùr auquel elle préfente le doigt fans rien rîfqüer , ri’effuiera ni percuffion, ni commotion. Il n’y aura pas. d’étincéîlé , puifqiie les canaux qui, dans chacun de
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 171 ces corps,font a&uellement affectés à la matière effluente , continuant à en verfer toujours au dehors , ne fçauroient admettre celle qui débouche de l’autre , & que ceux qui , dans chacun de ces corps, font ouverts à la matière affiuente, fe trouvent par leur difpofition aduelle inaccef-fibles auffi à celle qui débouche de l’autre > les émanations de l’un de ces deux corps, n’ayant aüeun'e prife dans l’autre, ne fçauroient y produire la moindre altération.
- “ Une perfonne qui n’eft pas éleârifée, & qui approche le doigt du conduôeur, eft dans le cas, avant qu’elle l’ait approché affez près pour exciter l’étincelle , de fournir dè la matière affluent* au Cônduâgur dans le
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- l]X Mou Ve MENS moment qu’elle a été^atteinte par celle qui, du condu&eur, fe dif-tribue de toutes parts dans l’air ambiant. Le doigt eff dès-lors comme éleCtrifé ; il a acquis une atmofphere de matière effluente & affluente , dont le rapport efl: l'inverfe de celui qui a lieu à cet égard fur le conducteur ; par conféquent les vibrations, dont fes parties intégrantes font affectées , font de l’efpece oppofée à celle des vibrations du conducteur. En fuppofant que le conducteur tienne fou électricité d’un jglobe de verre , fes vibrations font de la première efpece, & celles du doigt feront en ce moment de la fécondé efpece. Cependant les émanations du conducteur qui paffent dans le doigt, tendent à y imprimer des
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- DE LA MATIERE ÊlECT. IJf vibrations analogues à celles du conducteur ; celles de la première efpece , tandis que d’une autre côté les émanations du! doigt qui fe rendent au conducteur , tendent en revanche à' exciter dans le condufteur desvibrations analogues à celles du1 doigt , celles de la fécondé efpece. Mais les unes & les autres de ces émanations n’agiffenf point avec efficacité; & les vibrations aâuelles , tant du doigtf que du conducteur , n’ont pas leur effet , tant qu’entre ces deux corps il ,y a un intervalle fuffifant pour permettre aux émanations de chacun de ces deux corps de fe difiper en partie, ou d’avoir trop de divergence avant d’aborder à l’autre ; ce n’eft que -lorfqu’ils viennent à être'
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- i74 Moüvemens rapprochés à un certain point, que les émanations de chacun d’eux pénètrent dans l’autre avec plus d’affluence , & étant réunies entr’elles , fe trouvent enfin en état d’agir avec avantage ; en-forte que celles du conducteur impriment au doigt des» vibrations de la première efpece, oppofées à celles qu’il avoit contractées en premier lieu , tandis que les émanations du doigt amortiflent ou font ceffer les vibrations du conducteur : or 'il efl tout naturel de préfumer qu’un pareil changement commencé & confommé dans le tems que l’étincelle éclate , ne peut s’exécuter dans un corps animé, fans qu’il en foit affeÇté. Et de-là me paroît réfulter le fentiment douloureux qu’on a qualifié du nom
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 175 de Percuffion , & qui doit être proportionné, tant à la fréquence des vibrations altérées, qu’à la dé-licateffe des parties affe&ées. Et à l’égard de cette étincelle qui éclate dans l’intervalle, quifépare le doigt du conduâeur , on eflj fondé à conjeôurer qu’elle eft produite par la répercuffion qui doit fe faire en cet endroit, au moment que s’opère ce changement fi fubit, entre la matière éleârique qui, le moment d’auparavant , s’élançoit du conducteur au doigt, & celle de même qualité qui , dans le moment % commence à fe porter du doigt au condu&eur, & fait rebrouffer la première en arriéré ; réper-cuflion qui doit avoir lieu en général dans toute l’étendue des canaux parcourus par le fluide
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- 176 Moüvemens éleélrique , tant entre les particules d’un des courans, qu’entre celles de l’autre , en ce moment où chacun des deux courans prend tout-à-coup une direâion opppfée à celle qu’il avoit auparavant.
- Pour s’aflurer que dans ces circonftances, & après que l’étincelle a éclaté, le doigt pré-fenté au conduéleur, a des vibrations analogues à celles du con-dufteur , la perfonne n’a qu’à s’ifoler en faifant cette expérience , elle en reliera éle&rifée ; & li elle préfente enfuite le doigt à une feuille d’or qui l’aura été par le conduéleur, la feuille d’or fera repouflee de prime abord. Ce qui prouve de plus,qu’en même tems les émanations qui , du doigt abordent au condu&eur,
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- DE LA MATIERE ÊtECT. 177 amortiffent les vibrations de celui-ci , c’eft que fi le conducteur n’a qu’une certaine dofe d’éleCtri-cité, & qu’on ne la renouvelle pas actuellement à l’aide du globe , il ceffe d’etre éleCtrifé , dès que l’étincelle a éclaté. Et de plus , dans le cas même oh le globe qu’on continueroit de froter fe-roit employé à entretenir l’électricité du condufteur , les fils d’épreuve dont on l’aura chargé , ne manquent pas d’indiquer cet amortiffement fubit de fes vibrations , & une interruption dans fon éleâricité ; car au moment que l’étincelle part , les fils ceffent de fe repouffer, ils retombent l’un vers l’autre. Cette' interruption n’eft alors qu’inftan-tanée , parce que lès écoule-mens qui furviennent du globe ».
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- 178 Mou ve me ns renouvellent la vertu du conducteur le moment d’après.
- On voit que conféquemnjent à ce que je viens de dire 9~dans le cas où le conducteur tiendroit. fon éleûricité d’un globe de foufre , le doigt , après avoir excité l’étincelle, doit être imprégné des vibrations de la fécondé efpece, de maniéré qu’il repouffera ( la perfonne étant ifolée ) les corps éleCtrifés avec un bâton de cire d’Efpagne.
- Si la perfonne qui fe prépare à exciter l’étincelle air conducteur , eft éleCtrifée d’avance, de façon que le rapport de fa matière effluente à fa matière af-fluente, foit l’inverfe du rapport qui a lieu à cet égard fur te conducteur, elle s’en trouve encore mieux difpofée à admettre les
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- DELA MATIEREÉLECT. 179
- émanations du condü&eur , oii les fiennes pénètrent aüffi d’autant plus aifément ; & il en ré-fultera les mêmes effets que lorf-qu’elle fe préfente pour faire l’expérience fans être éleûrifée , avec cette feule différence que la percuffion qu’elle effuiera au moment que l’étincelle partira, pourra être plus douloureufe que celle qu’on reffent dans le cas de l’article précédent, parce que les vibrations dont elle eft imprégnée au moment qu’elle approche le doigt, étant plus marquées & plus énergiques, ne peuvent être effacées & remplacées par. d’autres d’une efpece oppofée, fans qu’elle en foit affeôée d’une façon plus fenfible.
- Mais le cas où la douleur caufée par le changement fubit des vi-
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- 280 Mouvemens bradons qu’un corps animé avoit contrariées , peut s’augmenter le plus , eft celui de l’expérience de Leyde , c’eft-à-dire, celui où ayant une main appliquée à l’enveloppe de la bouteille , on excite de l’autre une étincelle au condu&eur , ou au crochet de la bouteille. Pour le concevoir, il n’y a qu’à confidérer dans la perfonne qui tente cette épreuve , la diftribution des courans éleftriques, réfultans de fa pofi-tion, au moment que fa main approchée du condu&eur ne l’eft pas encore affez pour faire partir l’étincelle ; cette main abforbe les émanations du condufteur, & lui en fournit d’autres en retour , tandis que la main appliquée à la bouteille en reçoit de la bouteille & lui en renvoie ;
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- DELA MATIERE ÊLECT. 1.8X & comme celles que la première main reçoit du conducteur, font précifément de la qualité de celles que la fécondé fournit à la bouteille, de même que celles qui, de la bouteille, fe dirigent à la dernière main , font de la qualité de celles qui, de la première main , paffent au conducteur, il fe forme comme deux torrens électriques continus qui, en fens op-pofés, traverfant les bras & le corps de la perfonne , fe rendent l’un de la bouteille au conducteur , l’autre du conducteur à la bouteille. Les parties qui forment les canaux parcourus par ces torrens électriques, en contractent fur toute leur étendue des vibrations marquées ; vibrations qui font de l’efpece oppo-
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- i8i Mouvemens fée à celle des vibrations du condufteur , &C que le torrent qui émane du condu&eur , tend à détruire pour y en fubftituer d’analogues à celles dttconduc* teur ; enforte qifau moment que la main plus rapprochée permet aux émanations du condu&eur, plus réunies , d’agir avec efficacité , & que l’étincelle éclate, la perfonne eft expôfée à fe reffentir en plufieurs endroits à la fois du changement des vibrations qui s’opère fur toute l’étendue des canaux avec une plus grande énergie, que dans les cas ordinaires.
- On a éprouvé que quand une perfonne fert de condu&eur , elle reffent une percuffion ou commotion au moment qu’on y excite une étincelle. Or nous
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 183 venons de voir qu’au moment que l’étincelle part , les vibrations que le conduûeur avoit auparavant ne font pas remplacées par d’autres , mais «font feulement amorties. Ce limpie amortiffe-ment, cette interruption de fon ébranlement inteftin efl donc capable d’affeâer fenfiblement.
- Mais comment l’altération des vibrations ou leur amortiffement qui à lieu quand la proximité des deux corps occafionne l’ex-plofion de l’étiacelle peut- il être fenfible , tandis que l’expérience nous apprend qu’une personne ifolée qui vient à s’é-leébifer en frétant le globe , n’en eft aucunement affeâée v non plus que quand s’éloignant du globe qui lui a procuré fon éleôrieité, elle ladaiffe fe diffiper
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- 184 M O V V K M E Vf S à la longue dans l’air ambiant ? Ces variétés proviennent, fans doute, de ce que, dans ces dernières circonftances, les vibrations que la perfonne ifolée contrarie en s’éleftrifant de cette façon , elle les contra&e peu-à-peu & comme par gradation ; & qu’en fe déleôrifant, elle les perd de la même maniéré. Au lieu que dans les premières circonstances les vibrations font changées ou détruites fubitement, & tout d’un coup. Un changement amené par dégré , ne doit pas affe&er comme celui qui fe fait brufquement.
- Au moment que l’étincelle part, l’état du verre & de fon enveloppe change, relativement au rapport qui exiftoit précédemment entre le nombre de leurs
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- DE IA MATIERE ÉLECT. I&5 pores remplis par la matière effluente de la bouteille , & le nombre de ceux qui étoient ouverts à la matière affluente à cette même bouteille. Qu’on fufpende deux feuilles d’or avec des fils de linm ouillés, l’une au condufteur, l’autre à l’enveloppe de la bouteille , on verra que fi la per-fonne qui tient la main appliquée à cette enveloppe, la retire avant d’avoir excité l’étincelle au conducteur , les deux feuilles d’or, pour peu qu’on les approche, à l’aide d’un tube de verre , tendront à fe précipiter l’une fur l’autre ; au lieu que fi la perfonne ne retire fa main qu’après avoir excité l’étincelle au conduûeur , on tentera en vain de faire joindre ces fils qui fe repoufferont mutuellement, fi on n’a pas
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- 186 Mou VE MF. NS difcontinué de froter le globe, & fi l’on avoit cefle de le froter , la bouteille feroit dépouillée de toute fon éleftricité.
- S’il éclate une, étincelle dans Pefpace qui fépare le doigt du conduâeur, il en éclatera autant d’autres dans tous les endroits oit le condu&eur, formé de di-verfes pièces, fera interrompu , & notamment au point de contact de la main appliquée à la bouteille. En effet , la réper-cuffion entre les particules de chacun des deux courans s’exer- i ce en cet inftant fur toute l’étendue de la chaîne qu’ils traver-fent. Quand on fait l’épreuve avec un carreau de verre doré, à la maniéré du do&eur Bevis , ce font deux étincelles foudroyantes qui éclatent à la fois
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- DE LA MATIERE ÈLECT. 187 Je part & d’autre, & dont il refte des traces non équivoques fur des cartons qu’on applique exprès au conducteur, & à l’endroit du carreau de verre , oh l’on appuieile bout du fil d’archal , dont on le fert pour exciter l’étincelle. Les cartons font percés , & les bords des trous noircis comme s’ils avoient été brûlés. Ordinairement le carton placé fur l’enduit métallique du carreau de verre offre une bavure ou déchirure três-fenfiblement élevée fur le plan de fa fur face oppofée à celle qui touche le verre , & qui dénote qu’elle eft due à l’effort du courant qui, au moment de l’explofion, commence à re-brouffer fubitement du verre dans le bout contigu du fil d’ar-
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- chai; & fur le carton appliqué au conducteur à l’endroit oii l’on excite l’étincelle , les bords du trou qui s’élèvent en dehors indiquent que c’eflr -principalement l’ouvrage du courant, qui commence au même inftant à déboucher du conducteur ; quelquefois la bavure s’apperçoit également fur les deux' furfaces du carton, ce qui arrive quand les efforts des deux courans fe déploient avec une égale violence;
- J’ai dit ci-devant, que la per-fonne qui touche la bouteille de Leyde, lui fournit des émanations qui contribuent à entretenir le courant de matière électrique qui y aborde, & qu’en échange cette même perforine reçoit celui qui débouche de la bouteille.
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 189 Ce premier courant eft formé par les filets du fluide électrique, qui , de tous les points de la fur-face de cette perfonne, fe rendent par le chemin le moins détourné à la main appliquée à la bouteille, oii ils fe réunifient, & à la filedefquels il en furvient fuccefiivement de Pair ambiant, du plancher & des autres corps non électriques contigus. Au moyen de quoi, dans ces circon-fiances, la bouteille doit être regardée comme le point de tendance vers lequel fe porte la matière électrique des environs , & peut-être d’une diitance très-confidérable. Suppofons , par exemple , dix perfonnes qui fe tiennent par les mains, & que la derniere tienne la 'bouteille , la matière électrique
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- I90 Moüvemens répandue dans chacune des neuf premières perfonnes , fe di-rige vers la main de la perfonne voifine qui dans la chaîne eft plus rapprochée de la bouteille; ou fi ces perfonnes fe touchent par quelqu’âutre partie , la matière ele&rique fe porte vers le point de contaft, & toujours dans le fens qui l’achemine vers la bouteille , ce qui forme un coûtant continu, qui de la première perfonne paffe à la fécondé , de celle-ci à la troifieme , & ainfi de l’une à l’autre , & de proche en proche jufqu’à la derniere, & enfin jufqu’à la bouteille. -Ce mouvement progreffif, une fois établi, en occafionne encore un autre , tout conforme dans la siatiere éle&rique répandue dans le plancher & dans l’air ambiant;
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- DE LA MATIERE ÉLECT. I91 Elle ne peut manquer d’être entraînée par l’épanchement de celle qu’elle avoiiine, &de la remplacer à for & mefore : elle s’ébranle , elle fe dirige du plancher vers les pieds , & de l’air ambiant vers tous les points de la forface des perfonnes qui forment la chaîne , & fe réunit au courant général dont elle prend la direftion. En même tems, l’autre courant qui, de la bouteille fe répand dans la main qui la touche, fe partage pour fe diriger comme par filets vers tous les points de la forface des corps qui forment la chaîne, & par préférence néanmoins vers reux qui font contigus au planer , ou à des corps non élec-^ques , difpofés à lui livrer ai-*Hnt le paflage.
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- i$i Mquvemens Il fuit de - là , que lorfque la première perfonne de la chaîne étend fa main dans l’atmofphere éle&rique du condufteur , la j matière effluente du conduâeur I trouvant dans la main des routes difpofées à la recevoir s’y précipite, & qu’elle prend la di* re&ion de celle qui fe rend vers la bouteille ; tandis que les filets éleâriques , qui après être émanés de la bouteille, s’avançoient félon une direôion oppofée vers les diffère ns points de la furface des corps , dont la chaîne eft eompofée , font déterminés la plûpart à fe porter vers la main préfentée au condu&eur,vis-à-vis de laquelle le condufteur leur offre un milieu plus propre à Ija admettre, qu’ils n’ejti peuvens trouver en tout autre endrjant<
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- BE LA MATIERE ÉLECT.1 19 J & conféquemment le fil , pouf ainfi dire , de chacun des deux courans oppofés doit fe rencontrer fur la ligne la moins détournée,qui traverfant la chaîne,aboutit du pointdu conducteur où Ton va exciter l’étincelle , à l’en-; droit de la bouteille où la main eft appliquée.
- La maniéré dont je conçois que les deux courans éle&riques fe diftribuent dans les corps qui forment la chaîne eft repré-, fentée dans la Figure 1, PL 4, où l’on voit que dans chacun de ces corps V, V, V, l’un des courans s’achemine de tous les points de la furface vers le point de contai D de ce corps avec le corps voifin du côté de la bouteille, par lequel point D il débouche pour s’avancer au fuivant, & I
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- 194 M O ,U V E M ENS ainfi de l’un à l’autre le long des communications ,DC,DEt DG & dans le' fens marqué par les flèches, fortes ; ce' qui ne peut manquer de déterminer les écoulemens éleûriques qui partent du point R du conducteur, duquel on approche le dernier corps V de la chaîne , à fe diriger & à fe rendre à la bouteille K.,.par la route la plus direâe , & qui eft tracée par la ligne AD CD E DG DI D. On voit dans la même Figure que le courant oppofé entrant dans chacun de ces deux corps V,V, par le point D 9 fe dirige vers tous les points de leurs fur-faces, mais par préférence & en plus grande affluence, vers le point de contaâ: de chacun de ces corps avec le corps voitin du côté
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 195 du’point R du condu&eur, qui lui préfente des routes plus convenables que ne le fait l’air ambiant ; enforte que le gros de ce dernier courant palTe de l’un à l’autre de ces corps dans le fens marqué par les flèches foibles, & en fuivant la ligne D1DG DEDCDA.
- L’infpe&ion de la même Figure fuffit pour faire entendre comment , félon que l’a obfervé M. le Monnier , des corps N, N, N peuvent être voifins & contigus aux corps V, V, V, qui forment la chaîne , fans participer à la commotion qu’éprouvent ces derniers. Les premiers ne fe rencontrent pas fur la ligne A D C D E D G DI D,que parcourt le gros de chaque courant entre le point oh l’on excite l’étincelle, &
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- atj6 Mouvemens la bouteille, fur laquelle ligne J par eonféquent, avant l’explosion de l’étincelle, les vibrations «toient plus marquées & plus (énergiques que par-tout ailleurs, & oîi leur altération a du être ,phis. fenfible. C’eft par la même araifon,qu’une perfonnequi, feule ou conjointement avec d’autres, tente l’expérience de Leyde, eft communément aife&ée dans certaines parties.de fon corps, ex-clufivement aux autres , à fça-'Voir, dans celles qui fe rencontrent fur la ligne oii eft le fil des deux courans.
- Mais il faut remarquer â ce Sujet, que lorfqu’en vertu des procédés qu’on emploie , les deux courans font extrêmement fournis de matière éle&rique, 8c extrêmement rapides ; en forte
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- DE IK MATIERE ÉLECT. Xyf q'u’ils impriment des vibrations-pins vives- qu’à l’ordinaire , non feulement dans les canau* oît pâlie le fil de chacun de ces cotr-rans , mais encore dans cèux: que parcourent les differens filets de matière éleôrique dont les courans- oppofés font formés ; alors la commotion qui fuit l’eXplofion de l’étincelle, devient plus générale & s’étend prefque dans toute l’habitude dir. corps de ceux qui. font l’expérience.
- Ii réfulte dé ce qui précédé*;, qu’on peut difpofer les chofes de façon que dans chaque perfonne de la chaîne, le fil de chacun de ces deux courans fe rencontre dans la ligne qu’on voudra : il fiiffit que. les deux points de la: furface qui terminent cette ligne,’,
- lüj-
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- foient ceux qu’on met en conta# avec les corps non éleûriques entre lefquels elle eft placée dans la chaîne : par exemple , fi l’on vouloit que dans le corps VED le fil de ces courans ceflat d’être dans la ligne ED, & qu’il paffât dans la ligne VD , il faudroit que fon point de conta# avec le corps V E, au lieu d’être en E, fût en V ; par ce moyen, lorfque Féle#ricité n’aura qu’un certain degré d’intenfité, une perfonne de la chaîne pourra ne reffentir la commotion,que dans les feules parties de fon corps qu’il lui plaira d’y expofer.
- La dire#ion du courant électrique , qui fe rend de toutes. parts à la bouteille le long des corps non éle#riques qui forment la chaîne, devient fenfible dans.
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- DE LA MATIERE ÉlECT. ï$0 certaines circonftances. AB,Fi^. 2, eft une barre de fer ifolée , dont l’extrémité A communique: avec le globe ; on fufpend à cette barre avec deux cordons de foie deux autres barres de fer ED,' N O, longues chacune de deux pieds, & dont les extrémités D & N font écartées l’une de l’autre d’environ un demi pouce ; à l’extrémité O de la fécondé, eft fixée une elpece de fbucoupe de tôle garnie de limaille de fer, fur laquelle on place la bouteille élëâtrique K , de façon que le bout fupérieur du crochet foit appliqué contre la grande barre de fer A B ; une perfonne applique la main fur l’extrémité E de la barre E D pour la faire communiquer avec le plancher, & quand enfuite, à l’aide du globe
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- 200 M o u VE M ENS mis en jeu,, on aéleârifé la barre AB, & la. bouteille K,. on. peut aifément fe procurer des indices du courant éîe&rique, qui, de la barre ED,pafleà la barre NO.
- i° Si on difpofe un vafe terminé par un orifice étroit , de forte que l’eau qui s’en écoule goutte à goutte , traverfe l’intervalle DN qui fépare les deux petites barres , récoulement de l'eau devient continu, & il fe dirige: vers, l’extrémité N de la barre N O.
- 2® Si l’extrémité D de la barre E D a été trempée dans de l’huile, il s’èn détache des gouttelettes d’huile qu’on apperçoit bientôt fur la partie eorrefpondante de la barre N O, &qui y font entraînées par le courant éleârique , qui de la barre E D s’élance à la barre N O,
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- UE IA MATIERE ÉtECT. 201 tes faits font bien plus marqués, quand la perfonne qui a la main appuyée: fur la barre EDJ approche l'autre de la barre AB pour y exciter une étincelle. Au; moment que l’étincelle part, oni voit l’eau qui coule dans l’intervalle D N s’élancer vers N avec un redoublement de vivacité,- & un trait' de feu, qui, de--l’extremité D, fe dirige à l’extré* mité. N;-
- La- preuve que le courant: éleftrique, qui, de la barre E-D! pafle à la barre NO , vient du» plancher & de la perfonne qui! a la main appliquée à la barre? ED , c’elbquefi cette perfonne; en retire la main & que: lai barre refte ifplée , l’eau qui fuinte-' du vafe placé au-deffus de l’in*-tervalle. D-N, perd affez fenfible*-
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- ment de fa rapidité, pour qu’on reconnoifle que le fort du cou» rant de matière éleélrique a été intercepté ; la barre E D n’en peut plus fournir que le peu qu’elle en a , ou qu’elle tire de l’air ambiant & par conséquent qu’une quantité inférieure à celle qu’elle fourniffoit, quand elle communiquoit avec le plancher. Le filet d’eau qui eft en prife à ce courant n’eft plus entraîné avec la même vivacité : de même les franges lumineufes , qui, lorfqu’il y a quelque intervalle entre la barre NO & l’enveloppe de la bouteille, fe mani-feftent à l’extrémité O de la barre, & qui font produites par ce même courant, font moins fournies & moins brillantes,quand la barre E D efl ifolée, que quand elle nei’eft pas.
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- DE LA MATIERE ÉlECT. 20}'
- Au refte , tandis que ce courant fe rend de la barre ED à la barre N O, il doit être croifé par un autre qui ne peut manquer de pâffer de la barre N O à la barre ED. Pour diftinguer en même tems la dire&ion de l’un & de l’autre , il n’y qu’à mettre destas de poufliere fur les extrémités D & N des deux barres. Quand le globe fera en jeu , on verra la poufliere placée en N,', fe diriger vers D, & celle qui a été placée en D, fe diriger' vers N , en décrivant des courbes qui fe croifent ; & leur mouvement: s’accélérera fenfiblement, fi dans ce moment une perfonne place-la main fur la barre E D.
- C’eft en conféquence du concours de la matière éleârique qui de toutes parts & de proche
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- a»4 Mouvéeens en proche, fe dirige à la bouteille félon les routes les moins détournées ,.par la médiation des corps non éle étriqué s qui forment la chaîne , que lesperfon-nes qui fe réunifient pour exécuter l’expérience de Leyde n’ont pas befoin. d’être ifolées pour participer à la commotion : car le fil du torrent éleârique provenant des émanations de la bar-» fe , ne peut manquer, en partant du point du conduâeur où l’on va exciter l’étincelle ,de fe porter par préférence du côté où il éprouve le moins de réfiftance;
- & il ne pourroit s’écarter de la j route ADCDEDGDID,tra- j cée le long de la chaîne , ni -4e ; détourner vers aucun des corps N, N, N, fans être repoufle par les divers filets de matierè éiec- .
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- BELA MÀTIERE-ÉLECT. IGfr trique de même qualité , qui Tiennent le joindre au gros du courant , & affeâent cette même direction; Or c’eff ce torrent éleârique qui,au moment de l’explafiou t détruit tout à coup les vibrations qu’avoient auparavant les corps V , V,-V, pour leuriaire contracter celles de l’ef-pece oppofée , & c’eft de ce changement fubit que dérive la fenfation douloureufe.
- Les fupports en cette occafion ne ferviroient qu’à rendre les effets de l’éle&ricité moins énergiques, la commotion moins vive ;. fi la perfonne qui touche la bouteille. eH ifoléè fur un gâteau de réfine , elle ne reçoit qu’un coup tort léger , lorfqu’avec fa main libre elle excite une étincelle au conducteur j & fi* fans
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- ÏO<S MO U VE MENS defcendre du gâteau, elle y rèï vient une fécondé fois, elle n’en recevra point du tout. Cette expérience eft de , M. "Watfon ; je l’ai vérifiée, & voici comment on peut rendre raifon des réful-tats. Lorfque la perfonne eft placée fur le gâteau de réfine , le courant électrique qui fe dirige à la bouteille , eft moins fourni qu’il ne le feroit fi elle n’étoit pas ifolée ; & par conféquent, dans le premier cas, il en agit avec moins d’aâivité, au moment que l’étincelle éclate ; & les effets du changement qu’il opéré dans les vibrations dont la perfonne étoit auparavant affeâée, doivent être moins fenfibles. En CQnféquence de ce changement , les vibrations dont elle refte imprégnée ,.font del’efpece de celles du conduc-
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- DE EA MATIERE ÊLECT, lO? feur : ell£ ne peut donc plus alors y c&çiter de nouvelles étincelles , ni effuyer, en s’en approchant de nouveau, d’autres altérations dans fes vibrations, & par conféquent, ni commotion ni percuffion».
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- ioS Mou
- MENf
- EXPLI G ATI O N;
- De la Figure première,
- A Figure i ,PI. 4, repréfente'
- ' la’ diftribution des courans éleâriques fur le condu&eur, Sc fur les corps qui cqmpofent la; chaîne dans l’expérience de Ley-de , au moment que lè dernier corpsVAD,qu’on approche du: condufteur, n’en eft. pas encore; affez près pour faire partir l’étincelle. Selon les articles du fécond ; Mémoirerapportés ci-deffus, il y/ a ici trois courans, deux defquels > de femblablequalité,& marqués-par les flèches fortes,partant, i’im; du glohe, l’àutre de l’enveloppe de la bouteille , fe rencontrent, fur le conduâeur, fe repouflent yers S a & s’éparpillent dans l’air.
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- DE LÀ MATIERE ÉLECT. l'OÇJ ambiant par les pores répandus fur la furface du condu&eur. Le troifieme marqué par les flèches foibles, & qui de l’air ambiant aborde de toutes parts fur le con-duâeur, fe partage au globe & à la bouteille. La portion de ce troifieme courant qui fe dirige vers la bouteille ,pafle A travers fon enveloppe au corps VID & de celui-ci à tous les antres corps-de la chaîne ; de façon qu’il fe diftribue vers tous les points de la furface de ces corps, & de-là aux corps N, N, au plancher Sî dans l’air, mais fur-tout,félon la ligne DIDGDEDCDA,vers le point R,du conduôeur. D’ua autfè côté ,les émiffions qui partent du point R du conduôeur & qui font marquées par les flèches fortes, fé rendent dans la
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- 210 Mouvemens, &CV j corps VA D, & parviennent, en fuivant 1 a dire&ion A D- C D E D G DID,jufqu’à la bouteille K,formant une efpece de torrent qui efl: groffi, tant par les filets qui s’y dirigent des points de la fur-face des corps qu’il traverfe , que par ceux que fournirent les corps N, N, le plancher & l’air ambiant.
- Pour Amplifier la Figure, on s’eft reftreinf à repréfenter feulement la direâion des différens cou-rans, & non le rapport inégal des canaux qu’ils parcourent ; pour la même raifon, on n’a pas marqué non plus les émifiïons des corps V, V, V, dans l’ai*»ambiant , ni ce qu’ils tirent Æe cç même milieu.
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- QUATRIEME
- MEMOIRE.
- DISCUSSION
- de divers Phénomènes électriques 9 relativement à lrhy-patkefe des électricités pofi-tive & négative»
- N avoit d’abord attribué la répulfion mutuelle des corps éleétrifés à la difficulté que leurs atmofpheres électriques éprouvoient à s’entre-pé-nétrer ; mais l’expérience a fait voir de plus , que cette difficulté * diminuoit, ou ceffoit tout à-fait
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- dans certaines circonftances. M. Dufay a remarqué (4)- qu’une feuille d’or éleétrifée _ avec. . là tube de verre qui la; repouf-foitau loin , s’élançoit en même te ms vers un morceau de gomme copal éïe&rifé , & réciproquement qu’une feuille d’or éleétrifée avec un morceau de gomme copal fuyoit celui-ci & étoit attirée- par le tube de. verre nouvellement froté. Cette obfervation & quelques autres femblables le conduifirent à difïinguer deux efpeces d’électricités , la- vitrée & la; rèjîncufe & à admettre pour principe , que les corps imprégnés de l’une de ces deux efpeces d’éle&ricités ÿ attirent ceux qui font doués de
- ( a ) Mémoires de l’Académie des Sc. 1*733 » PaS- S 24»
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- DE LA MATIERE ÊtECT.' il J ’autre efpece , tandis que les :orps , dont Féleâricité eft la nême, fe repouffent toujours (0)-1 eft certain que cette fuppofi-tion quadroit, on ne peut pas nieux , avec les premières ob-ervations ; mais des connoiffan-:es plus étendues firent regarder iepuis , cette diftin&ion comme uperflue. Gn en étoit revenu à îe reconnoître par-tout qu’une ileôricité uniforme & de même îature, qui, par les feules inéga-ités de fon intenfité, opéroit les jhénomenes que M. Dufay avoit tttrifoués à la diverfité des éma-îations du verre & de celles du oufre. Cependant l’ançienne opi-, lion s’eft r.enouvellée ; M. Fran-
- (a) Mémoires de l’Académie des Se* 734, pag- 5*4*
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- ii4 Moüvemens klin s’eft déclaré pour la diflinc-tion des éleftricités réjîneufe & vitrée ;& combinant cette idée avec celle qu’il a voit déjà pro-pofée dans Tes premières lettres, d’une diftinûion d’éle&ricités po-Jitive & négative , il. penfe que le verre éle&rife en plus , & que le foufre éle&rife en moins (a).
- Je me propofe de .faire voir dans ce Mémoire , que çette diftinûion , outre qu’elle efi fujette à nombre de difficultés, n’efl: point du tout néceflaire, pour expliquer les phénomènes qui l’ont fait, imaginer ; & je commencerai par l’examen d’une
- ( a ) ! imagine it is the glaff globle that | charges pofitively, and thefulphur nega- | tively, fuppLExp. and ©bf. on Ele&ricity. i pan. a,pag.i04.
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- »E LA MATIERE ÉlECT. IIJ Expérience qui nous a offert, lorfque nous la répétions en-femble , M. l’abbé Nollet & moi , quelques réfultats qui étoient échappés à M. Franklin.
- Un conduâeur étant entre deux globes, Pun de verre , l’autre de foufre, fi on les frote tous deux à la fois , les fils d’épreuve placés fur le conduâeur, s’écartent moins l’un de l’autre, que lorfqu’on ne frote qu’un de ces globes ; mais en revanche , les franges lumineufes qui bordent de part & d’autre les extrémités du condu&eur, font plus fournies , & plus vives dans le premier cas que dans le fécond.
- Un condu&eur étant placé entre deux globes de verre , ou entre deux globes de foufre , fi on les frote tous deux à la fois,
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- %i6 Movvemens
- les fils d’épreuve s’écartent plus Pun de l’autre que quand on n’en frote. qu’un feul ; mais aufli les franges qui bordent les deux bouts du conducteur, font moins fournies , & moins vives dans le premier cas que dans le fécond.
- On conçoit que la divergence des fils d’épreuve eft proportion* née à la quantité du fluide élec- s trique qui s’échappe le long des ( côtés du conducteur , & que la ( vivacité des franges lumineufes £ eft proportionnée à la quantité , de celui qui. débouche par les { bouts du conducteur. Or puif- j qu’ici les fils d’épreuve diver- ( gent d’autant moins que les fran« j g@s lumineufes font plus four- x nies, & vice verfd ; c*eû une mar- ^ que qu’il s’échappe d’autant moins t 4e fluide électrique par les pores -ouverts,
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- DE LA MATIERE ÉlECT.' 11J ouverts fur les côtés du conduc-:eur , qu’il en fort plus par les leux bouts, & réciproquement.
- On avoit remarqué aufïï, & ;es faits font analogues aux pré-:édens , qu’une feuille d’or élec-trifée avec un tube de verre, s’écarte d’un autre tube de verre îouvellement froté , & qu’elle l’élance ordinairement avec plus le rapidité fur un bâton de cire l’Efpagne éleftrifé , que fur un lutre qui ne l’eft pas ; &, vice •erfd , qu’une feuille d’or éle&ri-ée -avec im bâton de cire d’Ef-nagne s’éloigne d’iin autre bâton le cire d’Efpagne froté nouvel-ement , qu’elle efl: communément attirée avec plus d’a&i-âté par un tube de verre élec-:rifé , que par un tube de verre ion çleftrifé,
- K
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- ii$ Mouvemens
- Tous çes faits combinés laif-foient à foupçonner que le fluide éleâxique , qui émane du verre froté, différé en quelque point de celui que le frotement fait fortir de la cire d’Efpagne ÔÇ du foufre ; car autrement, comment pour roi toi fe faire que le frotement qui met un globe de foufre à même de recevoir en plus grande affiuenee les émif» fions d’un globe de verre , n’y; laiffât parvenir celles d’un autre globe de foufre, qu’en moindre quantité qu’auparavant j ôç en effet les émiflions du verre different de celles du foufre dans le cas dont il efl queftion ici,’ Selon l’hypothefe que j’ai expo-fée dans le fécond Mémoire , la watiere effluente du globe de verre a fe$ vibrations de la pre-
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- fcE LA MATIERE ÊlECT. 21$ ttiîere qualité, & la matière effluente du globe de foufre a fes vibrations de la fécondé qualité ; & de plus les pores & canaux difpofés à admettre la matière éle&rique , qui a des vibrations de Tune de ces deux qualités, n’importe laquelle , deviennent par-là inacceffibles à celle qui feroit affefté des vibrations d’une qualité oppofée. Or , j fi, ayant égard à ces différences, on peut expliquer plaufible-ment pourquoi la matière électrique qui fort de l’un de ces globes pour fe répandre dans le jconduâeur , aborde plus ou moins facilement à l’autre globe , pourquoi aurions - nous recours à la fuppofition peu vraisemblable des éleûriçités pofi-r ;tive & négative?
- Kij
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- Z10 Mouvemens Il eft certain que quand les deux globes de verre , entre lefquels le conducteur eft fufpen* du , font frotés » il y a trois courans. électriques diftinCts * deux qui émanent des globes , Se celui que l'air lui fournit ; les deux qui débouchent des globes fur le conducteur, & dont les directions font oppofées, doivent être affeCtées également des vi«» bradons de la première qualité ; enfilant fur le conducteur , çhu-> cun de leur côté , les mêmes canaux , fçavoir les ? de la tota*i lité, ils s’y rencontrent , s’en-, tre-choqiient, & fe repouffent ; & ne pouvant refluer dans les globes , ni par les pores d’où il continue de fortir des çcoule-piens de la même qualité, ni pat*
- ceux qui reçoivent la matière
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- DE L'k MATIERE ÉLEÉT. iil
- du courant fourni par l’air ambiant , lefquels leur font inac-ceflibles , ils s’éparpillent dans Tair d’alentour , chacun d’eux par les pores ouverts fur la furface de la moitié du conducteur, voiïine du globe d’oil il émane ; tandis que les deux globes partagent entr’eux la matière affluente , qui de l’air fe dirige au conducteur , & qui, affeétée des vibrations de la fécondé qualité, y enfile l’autre tiers des pores , fe portant en partie vers un bout, & en partie vers le bout oppofé ; mais quand des deux globes de verre il n’y en a qu’un feul qui foit froté, il n’y a que deux courans diftinCts. Les émiilions du globe froté, qui forment feules le premier courant, trouvent le che“ K iij
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- lia Mouvemens min libre pour fe rendre jufqu’à l’autre globe ; une partie de ce premier courant y pénétré , & il en paffe d’autant moins dans l’air ambiant par les autres pores dont la furface du conduâeur eft criblée ; & alors cet autre globe concourt avec l’air ambiant à fournir au conduâeur la matière du fécond courant, qui fe rend tout entier au globe froté. Dans le premier cas, les émiffions du condufteur dans l’air environnant , ou , ce qui efl la même chofe , fes effluences doivent être plus abondantes que dans le fécond , parce que la fourçe en [eft double, & que tout ce qui lui vient des deux globes.,' fe répand au dehors ; au lieu que dans le fécond cas le fond des émiffions ne dérive que d’un
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- »E LA MAÎIËRE ÊLECT. ±1$ feul globe, & que l’autre globe en abforbe une partie. En revanche , les écoulemens qui du con* duCteur paffent directement à chaque globe, doivent être moins fournis dans le premier cas que dans le fécond ; car dans le pre» mier, ces écoulemens fe font de part & d’autre, aux dépens de la feule matière affluent? de l’air au conducteur, laquelle fe partage aux deux globes ; au lieu que dans le fécond toute la matière affluente , qui s’y dirige de l’air, parvient au globe qu’on frote ; la frange lumineufe qui brille au bout du conducteur correfpondant à l’autre globe , étant produite par une portion du courant que le globe froté verfe fur le conducteur, & dont le relie fe répand dans l’air.
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- 214 Mouvement’;,
- De même, quand on frote à la fois les deux globes de foufre placés aux extrémités du Conducteur , il y a trois courans diftinCts : les deux que ce conducteur reçoit des globes , ne peuvent être affeCtés que des mêmes vibrations qui font celles de la fécondé qualité ; chacun des deux eft au courant, qui de l’air aborde au conducteur , & qui du conducteur fe partage aux deux globes dans le rapport de i à 2.
- Ces émif&ons des globes fur le conducteur y enfilent les mêmes canaux ( le tiers de la tota-, lité ) par les bouts oppofés , s’y rencontrent , & fe repouffent ; & ne pouvant rétrograder dans le globe d’oii elles font parties , ni par les pores qui
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- BE 1À MATIERE ÈlECT. 115 en verfent encore de la même qualité, ni par ceux qui font ouverts à la matière électrique fournie par l’air ambiant , où elles ne fçauroient s’introduire ; elles fe répandent dans l’air , à fça-voir, chaque portion par les pores de la furface de la moitié du conducteur voifine du globe d’où elle provient ; & en même tems les deux globes partagent en-tr’eux la matière affluente qui, de l’air ambiant, aborde dans le conducteur , & qui , affeCtée des vibrations de la première qualité, enfile les autres f de fes pores , fe détournant en partie d’un côté, & en partie du côté oppofé; lorfqu’au lieu de deux globes de foufre on fe reftreint à n’en fro-ter qu’un feul, on réduit à deux Kv
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- n6 Mouvemens les courans qui traverfent le conducteur.
- Le premier courant formé par les émanations du globe froté, peut librement s’étendre jufqu’à l’autre globe , oit une partie de ce courant aborde, tandis que le relie fe jette de toutes parts dans l’air ambiant par les pores de la furface du conducteur ; & le fécond courant eft formé par la matière électrique qui vient à ce même conducteur, foit de l’air , foit de cet autre globe, dont les émanations font alors de la première qualité : dans le premier cas , la matière effluente .du conducteur , c’eft-à-dire, celle qu’il jette dans l’air, doit être plus abondante que dans le fécond ; puifque les deux globes concou-
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 117 rent à cet effet, Si que dans le fécond cas , ce fonds de matière éle&rique qui ne provient que d’un feui globe, eft diminué par ce qui en paffe dans l’autre globe ; mais d’un autre côté, les écoulemens que chaque globe reçoit du conducteur , doivent. être moins fournis dans le premier cas que dans le fécond , parce que dans le premier la matière affluente de l’air au conducteur , fournit feule à ces doubles éoulemens , la dofe en étant partagée aux deux globes, tandis que dans le fécond la totalité de cette matière affluente arrive au globe qui eft froté, Si que l’autre a pour fon contingent partie des émiflions , qui, du globe froté, fe font répandues furie conducteur.
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- 11$ Mou V EM F. NS
- Lorfque le condu&eur a un globe de verre à l’une de fes extrémités , & un globe de foufre à l’autre , & qu’ils font frotés tous deux en même tems , les deux courans qui en fortent, ayant des vibrations de différentes qualités , les canaux du condude.ur qui admettent celui qui vient par un bout, font différens de ceux qui admettent celui qui aborde à l’autre bout. Ces courans les enfilent, & parcourent , l’un les deux tiers des canaux , & l’autre, le tiers ref-tant, fans fe faire obftacle ; & fe rendant chacun au globe oppofé vers lequel il fe dirige , & oh il trouve des pores convenablement difpofés, ils y paffent pref-qu’en entier ; enforte que le peu qui s’en détourne dans l’air am-
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 119 biant par les pores de la furface du conduôeur , ne lui forme qu’une atmofphere de matière effluente très-légere.~
- Mais fi l’on ne frote que l’un de ces globes , le courant- qui part de celui-ci, & qui traverfe le condufteur , ne trouve plus dans le globe oppofé les paflages également ouverts, il y en pafle une bien moindre quantité, & il en pafle d’autant plus dans l’air par les pores de la furface du conducteur ; & comme la matière qui revient du dernier globe eft aufli en moindre quantité, alors il arrive qu’en même tems que l’atmofphere delà matière effluente du condufteur devient plus confidérable, fes écoulemens vers l’un & l’autre globes font moins
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- 130 Mouvemens
- abondans que quand les deux globes font frotés à la fois.
- L'explication dont je viens de faire ufage, s’applique avec le même avantage, & comme d'elle-même aux phénomènes mentionnés ci-deffus, & il feroit fuper-£u d'entrer à ce fujet dans un nouveau détail, je paffe à d’autres fujets.
- Les feux qui, dans certaines circonftances, brillent aux extrémités des corps éleâfifés , dont l’épaiffeur eâ: retrecie à un certain point, font de ces phénomènes que les partifans de la doctrine de M. Franklin allèguent pour l’étayer. Le P. Beccaria, profeffeur de philofophie dans l’Univerfité de Turin, a éprouvé , d’après les Expériences de
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- DELÀ MATIEREÊLECT. IJI M. Watfon, que le couffin étant ifolé comme le conduâeur , fi l’on préfente un fil d’archal pointu , foit au conduâeur, foit au couffin, on voit briller à la pointe du fil d’archal un feu dont la forme & la grandeur varient félon ces deux circonftances.
- Quand le globe avec lequel on excite l’éleâricité eft de verre , la pointe du fil d’archal, lorfqu’on la préfente au couffin , eft terminée par une efpece d’aigrette lumineufe , dont les filets font allongés ; fi on la préfente au conduâeur , elle l’eft par un feu dont les filets peu diftinâs , font raccourcis , & qu’on a qualifié de point lumi-
- Mais quand le globe dont on fe fert pour éleâriferl’appareil,
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- iji Mouvemens eft de foufre, c’eft le contraire ; la pointe préfentée au couffin a le point lumineux, & elle eft décorée d’une aigrette quand on l’approche du conduâeur.
- Ces feux de diverfes formes peuvent fervir dans bien des cas à dillinguer l’éleâricité produite par le globe de verre d’avec celle qui l’eft par le globe de foufre. Selon le P. Beccaria, ce font des lignes qui diftinguent à coup fur les corps éle&rifés en plus d’avec les corps éle&ri-fés en moins ; l’aigrette, felonJui, n’eft autre chofe que le fluide éleârique , qui s’élance du dedans au dehors du corps où elle paroît ; & il regarde le point lumineux comme l’effet d’une pareille matière qui entre dans la pointe qu’on voit briller.
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- DÉ LA MATIERE ÊLECT. I33 Mais M. l’Abbé Nollet a établi, par des faits décififs & par des raifonnemens évidens , que dans l’expérience faite avec le globe de verre , l’aigrette & le point lumineux font également le produit d’une matière qui fort du fil d’archal par fa pointe ( a ). Et on peut établir la même chofe à l’égard de l’expérience exécutée avec le globe de foufre, en faifant ufage des mêmes raifonnemens & de faits analogues. Je ne m’arrêterai donc qu’à examiner pourquoi l’écoulement lumineux qui part du fil d’archal, eft plus ou moins allongé , plus ou moins épanoui dans une circonftance que dans l’autre ; & je ferai fen-tir aifément que ces différences
- (a) Mémoire lu à l’Affemblée publique
- de l’Acad.desScienc. le ia Mars 1755.
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- »34 Mouvemëks dépendent principalement de la force plus ou moins grande des courans éleâriques qui fe ren-dent refpe&ivement du fil d’ar-chai au corps auquel on le préfente , & de celui-ci au fil d’ar-chal.
- J’ai prouvé ailleurs, que lorfque l’appareil efl animé par le globe de verre, le rapport de la matière effluente à la matière affluente fur le condufteur eft celui de aà i, & fur le couffln, celui de z à z (<z); & comme les corps ifblés ou non ifolés qui font à une certaine diflance d’un corps éleûrifé en recevant la matière effluente de celui-ci lui four-niffent une quantité de matière proportionnée à celle qu’ils en
- (a) Second Mémoire.
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- DE LA MATIERE ÊLECT. Itf eçoivent (<z) , la matière ef-iuente du fil d’archal dans les firconftances des expériences en jueftion , doit toujours être à fa matière aflîuente dans un rapport inverfe de celui qui a lieu à cet égard fur le corps éleCtrifé auquel on le préfente. D’où il fuit que, toutes chofes égales d’ailleurs, lorfque l’appareil étant animé par le globe de verre on préfentera le fil de fer pointu au conducteur, le courant qui de la pointe fe dirigera au conducteur, fera moins abondant que le cou* rant qui lui viendra de ce même conducteur, & que Iorfqu’on le préfentera au couffin, la pointe fournira à celui-ci un courant de matière plus abondant que celui
- (a) Ibidem.
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- 136 Mouvemens qu’elle peut en recevoir. Ainfi l’aigrette fe manifefte au bout du fil d’archal, quand le courant qui en émane l’emporte fur fon anta-gonifte ; & quand c’eft le contraire , elle y eft remplacée par le point lumineux.
- On voit par-là comment les alternatives de l’aigrette & du point lumineux au bout du fil d’archal, doivent avoir lieu dans un ordre renverfé , lorfqu’on préfente alternativement le fil d’archal au conduâeur & au couffin d’un appareil animé par un globe de foufre, puifqu’alors le rapport de la matière effluente à la matière affluente fur le conduâeur eft celui de 1 à 2, & fur le couffin, celui de 2 à 1 : au moyen de quoi, le courant qui, du fer pointu, fe rendra au con-
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- DE LA MATIERE ÈLECT. 137 du&eur, doit ordinairement être plus confidérable que celui qu’il reçoit du conducteur, de même que celui qu’il fournira au couffin le doit être rnoins que celui qu’il reçoit du couffin.
- Mais ce qui achevé de confta-ter que l’apparition de l’aigrette ou du point lumineux dépend ef-fentiellement de la force refpec-tive du courant de matière qui fort de la pointe & de celui qui y vient , c’eft que les chofes n’ont lieu, de la façon que le rapporte le P. Çeccaria , qu'au*: tant que, dans les cas que nous avons fpécifiés d’après lui, ces rapports font tels que nous les avons défignés. Qn peut faire paroître une aigrette au bout d’un corps pointu préfenté au conducteur éleCtrifé avec le glo-
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- *3$ Movvemens be de verre, pourvu que la portion de la furface du conducteur vis-à-vis de laquelle on le tient, foit difpofée de façon que la matière éleftrique qui en émane , ne foit pas trop ramaffée, ne foit pas trop denfe. On fçait qu’elle eft très-ramaffée à l’extrémité du conducteur, s’il eft mince ou terminé angulairement, & qu’elle l’eft bien moins, li lafurface du conducteur en cette partie a beaucoup d’étendue , par exemple , s’il eft terminé par une plaque de deux ou trois pouces de diamètre ; celles des émiftions du conducteur qui fortent par cet endroit, fe partageant fur toute cette étendue, y font plus raréfiées , plus écartées les unes des autres qu’elles ne le feroient, li cette partie étoit terminée en
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 139 pointe, & le courant qu’elles forment en eft d’autant moins denfe; enforte que la portion qui s’en dirige au corps pointu placé vis-à-vis, peut être moins fourni que le courant qui de ce corps fe porte à la partie la plus voiline de cette furface du conducteur. Alors il pourra s’y développer une aigrette ; & c’eft en effet ce qui arrive lorfqu’une perfonne fervant de conducteur & tenant une main ouverte, une autre perfonne non ifolée dirige fon doigt vers le plat de cette main , il paroît au bout du doigt une très-belle aigrette.
- Par une femblable raifon, un corps pointu , mais qui le fera moins que le fil d’archal, & qui pourra fournir un courant de matière électrique plus abondant que
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- 140 M o V V E M E N $ cèlui que la portion d’un globe de verre éleârifé à laquelle il fe dirige, peut lui envoyer en échange , le doigt, par exemple, étendu vers le globe,produit auffi une aigrette ou une frange de lu-miere , tandis que la pointe du £1 d’archal dans la même portion ne feroit voir qu’un point lumineux.
- Souvent auffi l'on n’à que des points lumineux où l'on auroit pu s’attendre à voir briller des aigrettes , & cela provient de ce que l'éleâricité eft foible ; piai§ toutes les fois qu'aux extrémités correfpondantes de deux corps placés vis-à-vis l’une de l'autre , on verra d'une part une aigrette, & de l’autre un point lumineux, on peut regarder ces différences entre ces apparences lumineufes comme
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- DE LA MATIERE ÉtECT. 141 comme des indices certains de l’inégalité des courans éleâri-ques qui fe croifent en fe rendant du corps éleàrifé à celui qu’on en approche , & de celui-ci à l’autre , d’où il arrive que le courant qui part du corps terminé par l’aigrette, l’emporte fur le courant oppofé qui vient du corps terminé par le point lumineux.
- Àu refte il doit paroître fingu-lier qu’on ait pu fe méprendre au fujet de ces feux qui fe mani-feftent aux extrémités, foit du couffin & du conduâeur , foit des corps terminés en pointe qu’on en approche, & ne pas reconnoître qne leur allongement ou leur raccourciffement dépendent du plus ou du moins de matière électrique , qui dé-, L
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- *4* Mo uv em m s
- touche par l’endroit où ils font placés. Cette idée fi fimple & fi naturelle efi lurement celle qui fe préfente la première ; & il a fallu être prévenu pour un fyftê-jneaveç lequel elle ne s’accordait pas , pour s’y refufer. On vouloit abfolument que l’éleftri-cité du verre fut l’effet d’une matière accumulée au-delà du contingent qui lui eft naturel, êc que celle du foufre fut l’effet d’un épuifement, ou d’un déchet de fon contingent ordinaire i de-là l’aigrette lumi-neufe qu'on n’a pas laiffé que de reçonnoître fur le condu&eur éleélrifé avec le globe de verre , pour un jet de matière électrique qui s’en élance au dehors , raccourcie fur le conducteur «leftnfé avec le globe de foufre ;
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- DE LA MATIERE ÊLECT. I4J a été jugée avoir une direâion toute oppofée, & être l’effet d’un fluide , qui venant du dehors , s’enflamme en fe raffemblant à l’entrée des pores où ilfe précipite. Conféquemment on a dû prétendre encore,qu’un corps léger éleûrifé avec le tube de verre qui le repoufle en-fuite, parce que fur tous deux le contingent de matière électrique efl: augmenté, étoit attiré par un bâton de cire d’Efpagne éle&rifé, parce qu’en cet état fon contingent efl: diminué , & que le rétabliffement de l’équilibre exige que l’excédent de l’un aille fuppléer au défaut de i’àutre. Mais que diront ceux qui tiennent encore pour ces opinions, quand nous leur ferons voir des corps éleôrifés par un Lij
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- Ï44 Mouvemens même condu&eur s’attirer réciproquement ; le conducteur peut-: il en même tems furcharger l’un de matière éleCtrique, & en épui-fer l’autre ? Articulons les faits;
- J’ai difpofé parallèlement au çonduCteur & à deux pieds de diftance au-defliis, une baguette fur laquelle j’ai plaçé deux fils de foie , dont les deux bouts de chacun pendoient parallèlement entr’eux, & portoient à leurs ex-* trémités chacun une feuille d’or; Les deux feuilles d’or d’un des fils étoient précifément à la hauteur du conducteur, & le touchaient; mais les deux feuilles d’or de l’autre fil ne l’atteignoient point ; l’intervalle qui les en féparoit çtoit d’un peu plus d’un pouce ; lprfqu’on eut mis en mouvement le globe de verre pour éleCtrjfet.
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- bE LA MATIERE ÊLEGT. I4Ç le conduûeur, les deux feuilles d’or du premier fil attirées fie repouffées tout de fuite par le conduâeur fe tenoient plus écartées l’une de l’autre , que ne le faifoient celles du fécond fil qui n’avoient pu aller toucher le condufteur qui les attiroit ; 8e quoique je tentaffe en vain, en dirigeant les fils de foie , d’amener une feuille d’or de l’une ou de l’autre paire vers la correspondante , fie que je ne puffe réuflir à les forcer de fe toucher t cependant dès que je conduifois, à l’aide du fil qui la foutenoit, une des feuilles d’or de . la fécondé paire vers une de celles de la première paire , loin de fe fuir elles ne manquoient jamais de s’entre-toucher. La difiin&ion des éleâricités pofitive fie néga-
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- 146 Moüvemehs
- tive ne fçauroit être employée ici ; ceux qui y auroient recours en d’autres occafions , ne fçau-roient difconvénir dans celle-ci que l’éleârieité des quatre feuilles d’or n’ait été pofitive. Il n’eft donc point néceffaire que deux corps foient éleôrifés l’un en plus, l’autre en moins, pour qu’ils agiffent fi diverfement fur un troi-fieme eleârifé aulfi , pour que l’un l’attire, & l’autre le repouffe.'
- Cette expérience fe prête plus aifément à l’hypothefe que j’ai dédu ite du principe des courons différenciés par les vibrations : les feuilles d’or dû premier fil, an moment qu’ellès ont été repouffées par le condu&eur , ont contraûé des vibrations de la première efpece, & fembla-bles à celles du condu&eur ; en-
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- DE tA MATIERE ÈlÆCT. forte que furies feuilles d'or,ainfi que fur le conclu&eur, le rapport de la matière effluente à la matière affluente étoit celui de s. à 1; mais les feuilles d'or du fécond fil qui, quoiqu'elles fe repouffaffent mutuellement , étoient encore dans le cas d’être attirées par le conduâeur, vers lequel en effet elles fe feroient élancées , fi on les eût laiffées libres, n'a voient dans cette pofition,que des vibrations de la fécondé efpece, le rapport de leur matière effluente à leur matière affluente étoit celui de 1 à z. C’étoit donc le cas d'une attra&ion mutuelle entre une feuille d’or de la première paire , & une de la fécondé paire de fils.
- Cette expérience efl analogue à une aiitre que j’ai rapportée
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- 14$ Movvemehs ailleurs, d’une feuille d’or , qui; plongée dans l’atmofphere d’un carreau de verre éleârifé , 6c retenue par un fil de foie à un pouce de. diftance ou environ, la furface du carreau difpofé horizontalement (a), tendoit à s’élancer vers lui dans le même tems qu’elle s’écartoit d’un globe de fer placé au milieu du carreau , & plongé par conféquent dans la même atmofphere électrique. Sur le globe de fer 6c fur la feuille d’or, le rapport de la matière effluente à la matière affluente étoit le même , puif-que le globe de fer la repoufloit, & inverfe de celui qui avoit lieu fur le carreau de verre qui at-tiroit la feuille d’or.
- (O Voy^ le Recueil des Mémoires des Correfpondans, tom. z. pag. 357. .
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- ÔÊ tA MATIERE ÈLECT. 149 Je n’ai rappellé ici cette dernière Expérience, que pour avoir lieu de m’expliquer fur une difficulté qu’elle femble préfenter; on pourroit croire que le globe de fer placé au milieu du carreau de verre éleârifé devroit être neceflairement à fon égard , ce qu’un conduâeur eft à l’égard du globe de verre, & par con-féquent avoir des vibrations analogues à celles du carreau ; en-forte que le rapport de la matière effluente n’y fût point différent , comme il l’eft ici, de ce-, lui qui a lieu fur le carreau de verre. Mais comme dans le verre & autres matières éle&riques par elles-mêmes ( ainfi que nous l’avons remarqué ailleurs ) les mêmes pores qui admettent le courant affeûé des vibrations de la
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- aço Movve’mens première qualité fervent) à le rejetter au dehors , il en doit arriver que fur le petit plan de contatt du verre & du globe de fer , la matière de ce courant tend en même tems à fe répandre du verre dans le globe, auquel cas il lui communiqueroit les vibrations de la première ef-pece, & à fe diriger du globe dans le verre , auquel cas le globe conferveroitles vibrations de la fécondé efpece qu’il a ac-quifes, au moment qu’il a pénétré dans l’atmofphere éleftrique du carreau. Il paroît que-des cir-conftances particulières décident de la direâion que prend ce courant qui eft fufceptible des deux , &c que ces circonâances dépendent fur-tout de la difpo-fition du corps placé fur le car-.
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- »E LA MATIERE ÉLECT. 2 JI ïeau de verre , au moyen de laquelle il conferve les vibra* tiens de la fécondé efpece, malgré l’impreffion du courant affeâé de celles de la première qualité, qui tend à fortir des pores du verre, mais qui eft re-poulfée en cet endroit ; ou bien il eft forcé de contraâer celles de la première efpece, en vertu de l’impullion de ce courant qui parvient à forcer le paffage & à s’y précipiter ; car ces alternatives ont également lieu.
- J’ai rendu compte dans le Mémoire d’où j’ai tiré l’expérience du globe de fer, de plufieurs épreuves faites fur diverfes fubftances fubftituées fur le carreau à la place du globe de fer : par ces épreuves , il paroît que la plupart re-poufferent également la feuille Lvj
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- IJ* MOUVIMENS. d’or que le carreau de verre atti-roitmais qu’une coque d’œuf de poule attira brufquement cette feuille d’or qu’elle repoufla en-luite ; cette coque d’œuf avoit contra&é des vibrations de la première efpece, ce qui fut confirmé en ce que , lorfqp’elle étoit en cet état, elle fut re-pouffée d’emblée par un tube de verre éleûrifé qu’on lui pré-fenta.
- A propos de ce que nous venons de voir,que la difpolition d’un corps peut être telle que, quoique contigu à un carreau de verre éleârifé, il conferve des vibrations de la fécondé efpece, je crois devoir remarquer que le verre même peut être dit pofé de façon que le frotement n’y imprime que des vibrations
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- DE LA MATIÈRE ËLÉCT. Iff de la fécondé efpece. M. Dufay en fournit un exemple (a). « J’ai «vu, dit ce exa& Obfervateur,’ «arriver une fois qu’une feuille «d’or repouffée par le tube l’étoit «auffi par un cylindre de cire d’E£ « pagne. » Peut-être n’a-t-on pas fait attention à ce fait, tant parce qu’il s’écartoit de la réglé générale établie par M. Dufay, que parce qu’il étoit l’unique qui parût en combattre la généralité ; quoi qu’il en foit , il fe repréfenta au mois d’Août 1755 à M. l’Abbé Nollet & à moi, tandis que nous étions occupés à faire des expé* * riences d’éle&ricité nous nous apperçuraes qu’une feuille d’or
- (*) Mémoire de l’Académie des Sc*
- *737» Pag- 99*
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- if 4 Mouvement éle&rifée, à laquelle nous pré-Tentions alternativement le tube de verre & un gros cylindre de cire d’Efpagnee , les fuyoit l’un & l’autre de prime-abord. Comme ce n’eft point là ce qui arrive ordinairement , nous nous em-preffâmes de répéter cette épreuve , & nous eûmes le même réfultat un grand nombre de fois de fuite. Mais enfin le fait vint à varier, & il arriva que, félon qu’on l’obferve ordinairement, la feuille d’or commençoit par s’élancer au tube du verre, lorf-qu’on le fubftituoit au cylindre de cire d’Efpagne qui la repouf-foit , & réciproquement ; nous effayâmes inutilement le même jour , & pendant plufieurs autres après » de revoir la même varia-
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 25 $ tion ; nous ne pûmes même nous affurer de quelles circonf-tanees elle dépendoit.
- Cependant depuis ce tems-là ; M. l’Abbé Nollet eft parvenu, en employant dans cette expérience un gros cylindre de cire d’Efpa-gne & un tube de verre d’un diamètre médiocre , à la faire réuffir plus fûrement , c’eft-à-dire , à voir la feuille d’or re-pouffée également, & fans aucune 0 attra&ion intermédiaire par le tube & par le cylindre de cire d’Efpagne , préfentés alternativement : de mon côté, j’ai eudiverfes fois le même réfultat, en me fervant d’un morceau de taffetas ufé pour froter le tube , & un bâton de cire d’Efpagne de la groffeur ordinaire ; mais ce réfultat n’étoit pas confiant:
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- i5 6 Mouvement je ne le produifois pas toti^ jours à môii gré , & fouvent le moment d’après celui oh je l’a-yois obtenu , je ceffois de le produire , qtioiqü’ert apparence lès circonftances fuffent les mêmes*
- De nouvelles tentatives m’ont conduit à un procédé que je puis juger propre à. donner immanquablement ce réfultat, fui-vant les épreuves que j’en ai faites jufqu’à préfent. Certaines expériences de M* Canton, dont j’aurai occafion de parler ci-aprês , m’en ont fourni l’idée» J’ai fait dépolir la furface extérieure d’un tube de verre, ent l’ufant fur une pierre avec du fable , jufqu’au point de lui faire perdre fa tranfparence ; depuis ce changement d’etat, ce tube ?
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 1J7 lorfqu’il a été froté, a toujours chaffé de prime-abord une feuille d’or éleôrifée avec le bâton de cire d’Efpagne ; & tant que la feuille d’or conferve à un certain dégré l’éleôricité qu’elle a reçue de l’un ou de l’autre , elle ne ceffe d’être repouffée par tous les deux préfentés tour-à-tour.
- Je me fuis encore procuré le même réfultat avec un tube qui aVoit tout fon poli , en me fervant, pour le froter, d’un morceau de taffetas enduit de fuif, & devenu affez liffe pour qu’il pût gliffer librement fur le tube ; mais j’ai éprouvé que l’experience manquoit fouvent, & fur-tout quand on ne pouvoit éleârifer le tube qu’à force de le froter long-tems & vivement, ce qui ne pourroit fe
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- aj* Mouvemens faire, fans que la couche de fuif dont fa furface doit être enduite, fût enlevée ou devint trop légère ; de forte qu’il m’a paru que la principale condition, pour que ce dernier moyen faffe agir ïe tube de verre comme la cire d’Efpagne , confifte en ce que Je tube foit fuffifamment revêtu de fuif, fans cependant l’être trop. Quoi qu’il en foit , je puis dire que fi. ce dernier procédé n’eft pas invariablement efficace à cet égard, il m’a cependant allez réuffi pour me donner quelque lieu de mettre en doute , fi, lorfque nous avons, M. l’Abbé Nollet & moi, obtenu des réfultats de cette efpece, en employant Amplement la main pour froter le tube de verre, cela ne provenoit pas de ce que
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- DE LÀ MATIERE ÉLECT. lf£ la main , par l’effet d’une tranf-piration accidentelle , ou en conféquence de quelque matière greffe étrangère qui s’y fera attachée par hazard , fe feroit couverte à notre infçu de quelque efpece d’enduit qui l’auroit rendu liffe & propre à n’exciter dans les parties inté* grantes de verre,qu’un ébranlement à l’uniffon, pour ainfi dire, de celui qu’on fait contraôer à la cire d’Efpagne , c’eft- à-dire , des vibrations de la fécondé efpece. Un enduit à peu près pareil a pu fe rencontrer fur le papier & fur le taffetas dont nous nous fommes auffi fervi pour froter kdans ces occafions ; peut-être étoit-ii auffi d’avance fur la furface du tube, & cela fans «loute auroit produit le même
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- i6o Moüvemens effet; quand enfuite, par quelque caufe que ce foit, cet enduit fup-pofé ou fur le tube , ou lur le corps frotant, vient à s’altérer, à fe diflîper , les premiers réfui tâts de l’expérience doivent changer , & deve nir tels qu’on les obferve communément. Peut-être auffi ces variétés dans les réfultats dérivoient-elles de ce qu’en fécond lieu on frotoit le tube avec une partie de la main, autre que Celle qui y étoit employée d’abord. M. Dufay obferve que fouvent il ne pouvoit exciter de la lumière fur un morceau d’ambre, en le frotant avec le creux -de la main, tandis qu’avec la paume ou le bout du doigt cela lui réuffiffoit parfaitement, & il l’attribue à quelque humidité ou graiffe qui fe
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- DE LA MATIERE ÉLECT. tël rencontre dans la main (a).
- Quoique nous ne puiflïons peut-être établir rien de bien po-fitif fur la façon dont opèrent ces différens procédés qui mettent le verre en état de repoufler les mêmes corps éle&rifés que le cylindre de cire d’Efpagne re-poufle , nous pouvons croire que l’effet immédiat de leur influence fur le verre efl: de lui faire contracter des vibrations de la fécondé efpece ; enforte qu’alors le rapport de fa matière effluente à fa matière affluente foit l’inverfe de celui qui lui eft propre , lorfque dans l’état naturel il eft éledrifé parle frote-ment. Ce qui arrive aufli au
- (a ) Mémoire de l’Académie des Sc,' .*73 Pa8* S°9*
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- !&% M O U V E M E N » verre de la bouteille de Leyde éleârifé avec le globe de verre ,
- tre l’enveloppe & le plancher, comme nous l’avons remarqué ailleurs. Or dans les occasions où le verre contra&e des vibrations de la fécondé efpece, elles Ce communiquent aux corps en qui il excite l’éleâricité , au moyen de quoi ils doivent être repouffés d’emblée par la cire d’Efpagne éleârifée ; ce qui, dans le fyflême de M. Franklin , les feroit qualifier de corps élec-trifés en moins , quoique félon le nouvel article de fa doôrine que nous combattons dans ce Mémoire , ils ne fçauroient être éleârifés en moins par le verre , qu’il regarde eomme l’inftrument qui éleftrife toujours en plus.
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- BE LA MATIERE ÊleCT. a6j Quand je dis que le verre, félon les circonftances, eft également fufceptible des vibrations de la première & de la fécondé efpece , enforte que le rapport de fa matière affluente à fa matière effluente eft tantôt celui de x à i , & tantôt celui de i à a, cela peut être confirmé par la forme de la lumière qu’on verra paroître au bout d’un fil d’archal qui lui fera préfenté dans ces dif-férens états. J’ai l’avantage d’avoir à citer à cet égard des expériences de M. Canton dont M. Watfon m’a fait part.Voici la traduction de cet endroit de fa lettre en date du 13 Décembre 1754* » M. Canton ayant froté un » tube de verre avec des feuilles »de plomb , & de la poudre » d'émail mouillée , pour lui faire
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- iè»4 Mouvemens » perdre fa tranfparence » ayant, lorfque le tube nettoyé » fut bien fee, excité fon élec-» tricité avec de la flanelle neu-» ve, il trouva que fon aftion à >> tous égards étoit la même que » celle du foufre, ou de la dre » à cacheter ; le feu éledrique »> paroifloit fortir du doigt qu’on » prëfentoit à une diftance con-» venable, & fe répandre fur la » furface du tube. Quand on ex-»citoitl’éleâricité de ce tube dé-» poli avec un morceau d’étoffe » de foie huilée, mais bien féehée, » & principalement fi on le cou-» vroit de craie mife en pou-» dre , il agiffoit comme un tube »de verre qui a tout fon poli » naturel. On ne difiinguoit le » feu éle&riquè qu’au bout du * doigt, oh il efl: très-condenfé, quand
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- DELA MATIERE ÉleCT.
- » quand il eft fur le point d’y » entrer ; niais fi le tube dépoli » ayant été graiffé avec du fuif, » & efîiiyé en fuite, autant qu’il » efl poflible, avec une bande de » toile, on vient à le froter avec » l’étoffe de foie huilée, cette » étoffe en contra&era un cer-»tain poli ; & après un petit » nombre de reprifes , elle fera agir lé tube de la même ma-»niere qu’il le faifoit en pre-» mier lieu,lorfqu’on excitoit fon » éle&ricité avec de la flanelle. j>,L’étoffe de foie faupoudrée de » craie, fait agir le tube graiffé, » comme agit un tube qui a tout » fon poli ; mais fi l’on continue » le frotement jufqu’à ce que ^l’étoffe de foie devienne bien » liffe, l’éle&ricité du tube chan. »>gçra, Si deviendra fembl^bje M
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- iè6 MOütemék»
- » à celle du foufre. Ainfi, en » changeant l’état des furfaces du » tube ou du corps qui le frote , » on peut produire à fon gré l’é-» le&ricité pofitive , ou la néga-
- En réduifant à leur valeur les expreffions de M. Cantoh , à qui le fentiment qu’il a adopté fur la diftin&ion des deux électricités , a fait juger que les diverfes for-, mes des feux éleâriques qui brillent au bout du doigt , défi— gnoient tantôt un fluide qui en fortoit, tantôt un fluide qui y entroit, il réfulte que dans ces expériences le doigt eft terminé tantôt par une aigrette , tantôt par un point lumineux ; &, comme nous l’avons expliqué précédemment, ces différences font relatives à celles des rapports de
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- DE tA MATIERE ÉLECT. 167 îa matière effluente du doigt à la matière qui y aborde du corps éleârifé ; la première éfï moins abondante que l’autre^ quand il n’y a qu’un point lumineux ; elle 1’emporte au contraire fur fon antagonifte, quand elle pa-roît fous la forme d’une aigrette.
- Il relie cependant encore à démêler par quel endroit , & en quelle façon les deux differentes maniérés d’être d’un tube de Terre dépoli , & d’un tube non dépoli de pareille matière , peuvent produire de la diverfité dans l’état que le frote-ment leur fait eontraéler, & auffi à conftater comment la main, ou l’étoffe employée à froter , doit être difpofée & préparée pour exciter à coup fûr dans le tube, qui a fon poli naturel, celui des M ij
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- »68 M o v y i M e n s
- deux états d’éleftricité qui né lui eft pas ordinaire des recherches fur ces objets pourraient devenir iptéreffantes par les lut mieres ultérieures qu’elles nous procureroient.
- Je terminerai ici celles qui font l’objet des quatre Mémoires précédens , & que j’ai entre-prifes , dans la vue de démêler les caufes de divers phéno-inenes finguliers , par la corn» noiflance plus approfondie, des-mouvemens des deux eourans ijmultanés , qui conftituent ef* fentiellement l’état d’éleâricité. J’ofe préfumer d’avoir faifi le yrai dans ce qu’il m’a paru que mes Expériences m’indiquoient au fujet de ces mouvemens >
- «jue mon principe de l’inégalité
- içfpçfüve 4ç çes deux courans,
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- Cï LA MATIERE ÊLECT. 16$ appliqué aille phénomènes qui avoient fourni des doutes fur leur exiftence , les a totalement anéantis. Ce font des titres do probabilité pour ce principe : j’au-rois pu les multiplier par la dif-cuflion d’une infinité d’autres faits avec lefquels il fe concilie également, mais il a fallu fe borner; & le choix que j’ai fait de ceux qui-préfentoient le plus de difficultés ,:femble me répondre que-réleâricité n’en a point à fournir qui puiffent lé faire regarder comme équivoque.
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- *7°
- r
- AVERTISSEMENT.
- i Ami des Brochures Angloi-
- MT fes que M. l'abbé Nollet m'envoya s 'il y a quatre ou cinq ans } je trouvai un Mémoire de M. Canton , contenant quelques expériences nouvelles , par lefquelles cet Auteur pré-tendait foutenir le fyjleme des électricités en plus & en moins ; je -m'ajfurai des faits y en répétant ces expériences avec foin , & je vis qu'il était très-facile de rappeller tout celte au principe très-bien établi des efi fluences & affluences Jimultanéess le Lecteur en pourra juger par les Réflexions que je vais lui mettre fous les yeux y à la fuite du Mémoire dont voici la traduction.
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- MEMO IRE,
- TRADUIT
- DE L’ANGLOIS.
- Expériences d* électricité 9 avec un ejfai d*explication de plu -Jieurs Phénomènes , & quelques obfervations fur les nuages orageux , par M. Jean Canton , Maitre-ès-Arts & membre de Ig. Société Royale de Londres.
- PREMIERE EXPERIENCE. Us P en de, z au lambris ou à quelqu’autre endroit convenable deux boules de liège de la groffeur d’un pois, avec des fils de lin Miv
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- xji Moüvemers de huit à neuf pouces: de longueur, & de façon qu’elles fe touchent : préfentez le tube de verre éle&rifé au deffous de ces boules de liège , & à trois ou quatre pieds de diftance, elles fe fépareront, & fe tiendront écartées l’une de l’autre : amenez le tube plus près d’elles , & elles s’écarteront encore davantage ; mais fi vous le retirez tout à-fait,' elles fe rejoindront fur le champ. On peut faire la -même expérience avec des petites fpheres de cuivre fufpendues par des fils d’argent ,& elle .réuffira dé même , li, au lieu du tube de verre,' on fe ferf d’un bâton de cire d’Ef-, pagne.
- IIe EXPERIENCE.
- Si l’on ftifpend les deux boule» de liège avec des fils de foie, il
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 173 faut que le tube él&rifé en foit plus près, & tout àu plus éloigné de dix-buit pouces, pour qu'elles s’ébranlent & qu’elles fe repouffent mutuellement ; & elles continueront cependant à fe repouffer ainfi un certain tems après qu’on aurà retiré le tiibe.
- Les boules de liège n’étant pas ifolées dans la première expérience , on rie peut pas dire à proprement parler , qu’elles foient éleétrifées ; mais comme elles fe rencontrent dans l’at-mofphere du tube éle&rifé, ellès peuvent attirer Ou condenfer autour d’elles le feu élèétrique, &. être féparées en conféqiience de la difpofition qu’ont les particules de ce fluide à" fe repoufler mutuellement. Il y à lieu âuffi de çonje&urer que dans ces circon£ Mv
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- *74 Mouvement tances , les boules de liège n£ contiennent qu’une quantité de niatiere éleârique inférieure à leur contingent ordinaire, ce qui paroît réfulter de ia vertu répul-iivequi fe manifefte dans celle qui s’efl ramaffée autour des: boules , quoiqu’il y en ait peut-être qui y entre continuellement, & quipaffe à travers les fils de vlin qui les foutiennent ; & fi les çhofes fe paffent ainfi, on conçoit la raifon pour laquelle, dans la fécondé Expérience , il faut plonger bien plus avant dans l’at-mofphere du tube les boules de liège fufpendues par des fils de. foie, pour les déterminer à fe, repouffer mutuellement. Dans la première Expérience, au moment qu’on approche le bâton de cire d’Efpagne éleârifé des deux
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 27Ç boules de liège , lé feu éle&ri-que eft cenfé venir par les fils de lin ( a ) aux deux boules , & fe condenfer dans l’intervalle qu’il a à franchir pour fe rendre au bâton de cire d’Efpagne : car, félon M. Franklin, le tube de verre éleétrifé pouffe audehors le feu éleârique , tandis qu’au contraire la cire d’Epagne élec-trifée l’abforbe.
- /111e EXPERIENCE.
- Ifolez avec des cordons de foie un tuyau de fer blanc de quatre à cinq pieds de longueur , fur environ deux pouces de diamètre , à l’une des extrémités duquel foient fufpendues deux boules de liège avec des fils de lin» vous l’éleâriferez en approchant
- ( a) M. Canton admet donc une madère affluente.
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- i?6 Mo u vemêns 9 l’extrémité oppofee le tube de verre convenablement froté , & vous verrez les deux boules de liège s’écarter Tune de l’autre d’un pouce & demi, ou de deux pouces* Si alors vous en approchez le tube de verre éleétrifé, elles perdront par dégré leur vertu répulfive& elles reviendront à fe toucher. Amenez le tube encore plus près , elles fe fépareront de nouveau , & s’écarteront à une plus grande distance qu’auparavant.Si l’on vient à éloigner le tube, elles s’approcheront réciproquement jufqu’â ce qu’elles fe touchent,& enfuite fe repoufferont comme en pre-, anier lieu. Le tuyau de fer blanc étant éledrifé avec de la cire d’Efpagne bien frotée , ou bien avec le crochet' de labouteille de
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- DE tA MATIERE ÊLECT. Vfj Leyde chargée, les deux boules feront affe&ées des mêmes mou-vemens à l’approche, du bâton de cire d’Efpagne , ou du crochet de la bouteille.
- IV* EXPERIENCE.
- Eleélrifez les boules de liège comme dans l’expérience précé» dente avec le tube de verre, 8c vous verrez leur vertu répul-five s’accroître , lorfque vous en approcherez un bâton de cire d’Efpagne. Le réfultat fera le m ême, fi vous approchez le tube de verre éleârifé de ces boules qu’on aura éle&rifées avec le bâton de cire d’Efpagne.
- Le tuyau de fer blanc, à l’extrémité duquel, dans la IIIe Expérience, on préfente le tube de verre éleârifé , eft cenfé élec-trifé pofitivement, c’eû-à-dire,
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- 178 Moüvemêns imprégné d’une dofe de feu élec-trique qui excede fon contingent naturel ; & par conféquent une partie de ce feu doit s’élancer des boules de liège en dehors, & voilà pourquoi elles fe repouffent l’une l’autre. Mais quand on en approche un tube de verre bien froté, qui pouffe pareillement en dehors le feu éleétrique, l’écoulement qui fe faifoit hors des boules de liège, doit être rallenti ou repouffé par la force de celui qui émane du tube, félon une direction diamétralement oppofée. Les deux boules de liège fe rapprocheront alors. Si la diftance du tube aux boules ' de liège eft telle que l’excès de la denfité du fluide éleélrique ramaffé autour d’elles fur la quantité naturelle à l’air , foit
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 179 égal? à l’excès de la denfité de celui qu’elles contiennent alors fur le contingent naturel du liège , leur répulfion fera nulle. Mais fi l*on rapproche davantage le tube des boules de liège, le fluide éleârique ramaffé autour d’elles étant plus denfe que celui qu’elles contiennent, elles feront difpofées à attirer & ab* forber ce fluide, & elles recommenceront à s’éloigner mutuellement l’une de-l’autre.
- Lorfque l’appareil a perdu une partie de fon contingent naturel de matière éleârique, que lui enleve la cire d’Efpagne éleftri-fée qu’on en approche, ou, ce qui eft la même chofe , lorfque l’appareil eft éleftrifé négative-* ment, le feu éleftrique eft attiré & abforbé par les boules de liège
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- z8o Moüvemëns qui tendent à réparer le déchet >’ & cela plus abondamment, fur-tout à l’approche d’un tube de verre, ou d’un corps éle&rifé pofitivement. Dès-lors ladiftance entre les boules de liège doit devenir plus grande, à proportion que la quantité du fluide éleftri-que , qui s’amaffe autour d’elles, augmente ; & en général, toutes les fois que, par l’approche ou par l’éloignement d’un corps quelconque, la différence de den-fité du fluide interne eft augmentée ou diminuée , la répulfion des boules doit être augmentée ou diminuée à proportion.
- V« EXPERIENCE.
- Préfentez perpendiculairement,' vers le milieu du tuyau de fer blanc non éle&rifé , le tube de verre convenablement fioté ,
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- DE LA MATIERE ÉLECT. iSl inforte que lés boules de liège,’ ufpendues à l’une des extrémi-és du tuyau, fe'repouffent mu-:uellement , elles s’écarteront fautant plus l’une de l’autre , 511e le tube fera tenu plus près lu tuyau. Lorfque vous l’y aurez tenu pendant quelques fécondés , à la diftance d’environ fix pouces , éloignez-le , & les boules de liège fe rapprocheront l’une de l’autre , fe toucheront même ; & fe féparant alors de nouveau, fi le tube eft porté encore plus loin, elles continueront à fe tenir écartées, lorfqu’on le retirera tout-à-fait ; & cette répulfion entre les boules fera augmentée , lorfqu’on en approchera un tube de verre éleârifé , & diminuée ;au contraire, fi c’eff un bâton de cire d’Efpagne éleélrifé qu’on eo
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- *8i Moüvehens approche , comme fi l’appareil eût été éleélrifé avec de la cire d’Efpagne, de la maniéré décrite dans l’Expérience IIIe.
- VI« EXPERIENCE.
- Ifolez deux tuyaux de fer blanc A & B difpofés fur la même ligne droite, & à demi-pouce de diftance l’un de l’autre. Suf-pendez une paire de boules de liège à celle des extrémités de chaque tuyau qui eft en dehors. Préfentez enfuite le tube de verre éle&rifé vers le milieu du tuyau A, & après que vous l’aurez foutenu pendant quelques momens au-deflus & à peu de pouces de diftance, vous verrez les deux boules de liège de chaque tuyau fe féparer l’une de l’autre. Retirez le tube , les boules de liège du tuyau A
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- ' DE LA MATIERE ÊLECT. 28 f fe rejoindront pour s’écarter tout de fuite. Mais celles du tuyau B ne s’ébranlent qu’à peine ; li l’on préfente alors le tube éleârifé au-deffous des boules du tuyau A, leur répulfion augmente ; mais li on l’amene -fous, les boules du tuyau B , leur répullion diminue.
- Dans la Ve Expérience, il elt à fuppofer que la dofe naturelle de matière eleârique du tuyau de fer blanc elt affaiblie vers le milieu, & renforcée vers les extrémités , en vertu de la force répulfive de l’atmofphere du tube 4e verre , pendant tout le tems qu’on le tient au-deflus du tuyau ; & peut-être encore le tuyau perd-il une portion de fon contingent de matière éleôriqpe ordinaire , avant même qu’il en
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- i$4 MouvêMenS reçoive du tube de verre ; car ce fluide s’écoule plus facilement par les extrémités, qu’il n’y entre par le milieu ; 8t conféquemment lorfqit'on retire le tube & que ce fluide vient à fe diftribuer également fur tout l’appareil, il fe trouve que cet appareil eft élec-trifé en moins ; auflï le tube élec-trifé & amené fous les boules de liège augmente-t-il leur répulfion. Dans la VI* Expérience , la portion du fluide éle&rique chaffée de l’un des tuyaux entre dans l’autre , dont l’éleélricité pofitive efl indiquée par l’effet de l’approche du tube'de verre fous les boules de liège qui y font fufpendues, & dont il diminue la répulfion.
- VII* EXPERIENCE.
- Difpofez-le tuyau de fer blanc garni de fes boules de liège, de
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- DE LA MATIERE ÉLECT. l8f
- façon qu’il foit éloigné,au moins de trois pieds,de tout autre corps non-électrique, ajoutez à cela la précaution de rendre l’air de la chambre oii vous opérez, le plus fec que vous pourrez, en y fai-fant du feu. Donnez à l’appareil une forte électricité ; touchez alors le tuyau avec le doigt, ou tout autre conducteur : malgré çela -, les deux boules cpntinue-ront à fe tepir écartées l’une de l’autre,, mais cependant à une moindre diftançe qui’auparavant. L’air qui entoure l’appareil à la diflance de deux ou trois pieds, eft cepfp contenir ou plus ou moins que fot* contingent ordi* naire de matière éleCtrique,félon que le tuyau eft éleCtrifé au politivement, ou négativement$ Çç lorfquç l’air eft bien feç, il ne
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- i8 6 Mouvemens peut partager cet excédent, ott reprendre ce qui lui en manque aiiffi promptement que le fait le tuyau ; l’air peut donc conserver fon éleâricité un tems confiderable, après que le tuyau a été touché.
- VIIIe EXPERIENCE.
- Ayant vuidé d’air, à la maniéré deTorricelli, un tube de verre d’environ cinq pieds de longueur, félon le procédé décrit dans les Tranf. pkilof. vol. 47, pag. 370, li l’on en approche le tube éleârifé à une petite dif-tance, on verra dans le vuide une lueur qui occupera plus de la moitié de cette longueur. Cette lueur s’évanouira bientôt, fi le tube n’efi: pas mené plus près ; mais elle fe ranimera, fi on le retire plus loin. On peut répéter
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 187 cette Expérience plufieurs fois de fuite , fans froter le tube de nouveau.
- Cette Expérience doit être con* lidérée comme une démonftra-tion fenfible de ce que M. Franklin a avancé , que lorfque le feu éle&rique efl: condenfé fur l’un des côtés d’une lame de verre, celui qui réfidoit fur le côté op-pofé en ell chaffé , & fe diflipe , s’il n’y trouve pas d’obftacle. Ainfi à l’approche du tube élettrifé , le feu éle&rique eft chaffé de la furface intérieure du tuyau de verre vuide d’air, & entraîné à travers le volume du mercure. Quand on retire le tube éleârifé , le feu éleâriqUe rentre dans le tuyau.
- 1X« EXPERIENCE.
- Tenez par le milieu un bâton
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- l88 M O U V E M ENS de cire de deux pieds & demi de longueur , & d’environ un pouce de diamètre , & bien dlettrifé ; que le tube de verre éle&rifé aulîi fbit préfenté au deffous d’une des moitiés de ce bâton de cire : faites-le tourner enfuite fur fon axe , & préfen-tez encore le tube froté de nouveau au-deflus de la même moitié du bâton de cire. Recommencez cette opération à plu-fieurs reprifes ; alors cette moitié du bâton de cire fera difpo-fée à détruire la vertu répulfive des boules de liège éleéfrifées avec le tube de verre, & l’autre moitié au contraire augmentera leur répulfion.
- Il paroît par cette Expérience, que la cire peut être éle&rifée pofitivement & négativement, &
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- DE LA MATIERE ÊLECT. 189 & il eft probable que le contingent naturel de matierè électrique de tout corps- eft füfcep-tible d’augmentation & de diminution. J’ai appris par un grand nombre d’obfervations, que parmi les nuages il y en avoit d’éleârifës en moins. Car les balles de liège qu’ils ont élec-trifées , viennent quelquefois à s’écarter à une plus grande diftance l’une de l’autre ; & ces changemens arrivent même cinq à fix fois en moins d’une demi-heure , les balles fe rejoignant à chaque fois, & ref-tant appliquées l’une contre l’autre pendant quelques heures, avant qu’elles commencent àfe repoufler. On peut aüfli aifé-ment découvrir, à l’aide d’une bouteille chargée, fi le feu élee-N
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- »9® M O U V E M fi N S trique eft fous-tiré hors de l’api pareil par un nuage éleûrifé négativement , ou s’il eft accumulé dans l’appareil par un nuage éleftrifé ppfitiyement ; & de quelque nuage qu’il tienne fon éleârieité , foit que le nuage ait un excédent à partager, ou un défaut à réparer , l’appareil perdra fpbitement, le fienne ; ce qu’on obferve arriver fréquemment après un éçlair. Cependant, lorfque l’air eft bien fec, l’appareil continuera à être éleârifé pendant une dixaine de minutes ou un quart d’heure, après que les nuages auront paffé le zénith, & même quelquefois jufqu’à çe qu’ils fe fpient avancés au-delà de la moitié de l’intervalle du zénith à l’horifon. Communément la pluie, & fur-tout lorfque
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- DE LÀ MATIERE ÉLECT. I9I les gouttes font’groffes , affoi-blit l’éle&ricité ; & la grêle en Eté n’y manque jamais , à ce que je crois. La derniere fois que mon appareil fut éleétrifé , il le fut par une neige qui fe dégeloit en tombant ; ce qui eft arrivé le 12 Novembre , qui fe trouva être le 26e jour & la 61e fois que l’appareil a été éle&rifé depuis que je l’avois élevé , c’efe à-dire , vers le milieu du mois de Mai. Comme alors le thermomètre de Fa-reinheit étoit à fept dégrés au deffus de la congélation, il réful-ta que l’Hiver n’eft pas un tems üii l’on ne puiffe faire abfolument ces fortes d’obfervations. Nous n’avons eu à Londres que deux orages dans tout le cours de l’Eté dernier ; & dans un de ces orages, Nij
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- MOÜYEM E:N-ST l’appareil étoifc en certains mo4 mens fi fortement éle&rifé , que les clochettes qui d’autres foisi fo'nnoient fîfort ipar; l’a&ion des nuages, qufon les entendait de toute la maifon , furent filen-cieufes cette fois-ci, parce que le courant du fluide élé&rique prefquë continu, qui paffoit entre les clochettes & lès boules de cuivré, étoit fi denfe & fi abondant, qu’il ,ne permettait pas qu’elles frapaffent contre les clochettes. 'i -A
- • Je terminerai ce Mémoire, déjà trop long peut-être, par les deux; queftions fuivantes :
- î* L’air fubtilement raréfié ne peut-il pas enlever le feu électrique aux nuages & aux vapeurs qui y flottent*?
- 3,9 L’aurore boréale ne ferait*
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- ©E LA MATIERE ÈLECT. 19J elle pas une efpece d’éclair de feu éle&rique, produit entre des "nuages éleârifés positivement -& négativement, dans la partie la plus haute de l’atmofphere, oiiJa réMance e& moindre }
- RÉFLEXIONS
- Sur les Expériences rappor-; tées dans le Mémoire de M. Canton.
- Sur la première & la fécondé Expériences.
- DÂ n s Fuite' & dans l’autre de ces Expériences,les boules de liège acquièrent également des atmofpheres éleâriques ; en effet, dès qu’elles font atteintes par les émanations du tube qu’on
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- 194 Mouvemehs leur préfente, elles ne manquent pas de lui fournir des affluences de matière éleârique, qui font entretenues par celles qu’ils peuvent tirer» foit de l’air immédiatement» foitdu lambris par les fils qui les y fufpendent ; & en même tems que ces boules Iaiflent paffer au lambris par les mêmes fils,une partie des effluences qu’elles reçoivent du tube , elles répandent l’autre partie dans l’air ambiant ; parce que ces fils, même ceux de Ün , déliés comme ils font, n’ont pas des canaux a fiez amples pour que le courant provenant du tube, s’écoule fubitement 8e totalement par-là, à mefure qu’il aborde fur les boules de liège. C’efl ainfi que fe forment dans ces circonftances leurs atmofpheres : ce qui y aborde de l’air conftitue
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- DE LA MATIERE ÊleCT. 19} leur matière affluente;ce qu’elles verfent dans i?air , conffi-tue leur mâtiere effluente (<*).-Dès - lors on conçoit aifé* ment que lorsqu'elles font fuf-pendues avec des ffls de lin qui offrent au fluide éleétrique un milieu plus perméable que ne l’eft la foie , le courant qui du lambris fe porte aux boules de liège, & de-là au tube , eft plus fourni , & que, par les mêmes raifons , les émanations qui, du tube fe dirigent aux boules de liège , s’y rendent de même en plus grande quantité. Leur matière effluente , c’eft-a-dire, ce qui s’en éparpille dans l’air ambiant, doit donc alors abonder davantage, & avoir plus de ra-
- {4) Second Mémoire.
- * Niv
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- i$6 M b ü Vem e'k 5 pidité ; en conféquence les boules de liège fe repoufferont de pliitf loin , & on pourra leur faire produire ces lignes d’éle&ricité, fans en approcher le tube d’auffi près qu’il le faut , quand elles font fufpendues avec des fils de foie qui ne font pas auffi propres à procurer aux boules de liège cette affluence de matière éleârique.
- ‘ En revanche, dans ce dernier cas , quand on viendra à retirer le tube, & qu’elles cefferoht d’être dans la fphere de fon a£ti-Vlté , elles perdront moins vite féleèlricité qu’elles yavoient ac-quife , puifque les fils de foie ne permettent pas à la matière électrique , qui forme lents atmof-pheres, de fe difliper âuffi libre-' ment qu’elle le feroit par des fils de lin.
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- DE U MATIERE ÊlECT. lùj
- Sur là troijîtîM Expérience.
- Pour démêler comment s'opèrent -ces çhangèmens fuccefflfs dans la polition, refpeâive des deux bouksdeliége , il fuffitde faire attention qu’elles peuvent ici êtreconfidérées comme faifant partie du conduâeur ou tuyau de fer blanc auquel elles font fuf* pendues ; qu’éleûrifées. femfela» blement, elles font difpofées à fe repouflèr mutuellement (*),•& que dans le cas où le tuyau a été ;éle&rifé à l’aide -du tube de verre leur matière affluente étant de l’efpece qui eft affe&ée des vibrations de la fécondé qualité (£) , ainfi que la matière affluente qui aborde au
- ta) Second Mémoire.
- frf nu - •
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- i98 Mou v emins tube de verre éleÛrifé, il arrive de-là que Iorfqu’on approche celui-ci des boules de liège, ce qu’il tire de mâtiere affluente de l’air ambiant, eft au moins en partie aux dépens de celle qui fe rendoit auparavant aux boules de liège : privées ainfi d’une partie de la dofe qu’elles reçoivent, elles perdent d’autant de leur vertu éle&rique, & n’ont plus par conféquent la même force pour fe repouffer mutuellement. Cette matière affluente doit fe porter par préférence au tube, d’autant plus que les vibrations du tube font fliremènt plus vives que celles dont les boules de liège font affe&ées.
- Et comme plus le tube s’avance vers les boules , & plus la dofe de matière àf^
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- DE LA MATIERE ÉLECT. I99 fluente qu’il leur intercepte eft confidérable l’intenfité de leur éleâricité ne peut manquer s’affoiblir d’autant ; au moyen quoi elles doivent fe rapprocher de plus en plus l’une de l’autre : l’expérience apprend cependant, que cela n’a lieu que jufqu’à une certaine diftance des boules de liège, en-deçà de laquelle elles font repouffées de plus en plus, à mefure que le tube s’avance davantage ; c’eft fans doute parce qu’alors la matière effluente du tube qui fe trouve difpofée à re? pouffer les boules de liéfce(a), mais qui,dans un trop grand éloignement , agiffoit avec trop peu de force , ayant alors plus de prife fur elles , parvient enfin à
- (a) Second Mémoire.
- 8-fr
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- joo Mouvemens les forcer de s’écarter ; & il eft leafible que fon aâion doit suffi devenir plus confidérable , & par conséquent .produire un plus grand écartement.
- Enfin les boules de liège étant plus rapprochées du tube , & la matière effluente de celui-ci agif-fant de plus près fur elles,& étant affe&ée des vibrations de la première qualité, & par-là difpofée à imprimer aux corps qu’elle atteint des vibrations de la première efpece(tf), doit par conséquent être propre à ranimer les vibrations de la première efpece dont les boules de liège étoient déjà imprégnées , c’eft-à-dire , à redoubler leur éleôrici-té, & à augmenter d’autant leur vertu répulfive mutuelle.
- («.) Second Mémoire.
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- DE LA MATIERE ÊLECT. yot On voit bien que ces chan-gemens de polition refpe&ive des deux boules de liège ne fçauroient avoir lieu , lorfque le tube s’avance vers elles , qu’ils ne fe renouvellent , lorfque le tube , en rétrogradant, repaffe par les mêmes points , & que quand on le retire tout-à-fait, l’aâion des atmôfpheres des deux boules , qui tend à les tenir écartées l’une de l’autre, n’étant plus dérangée par l’influence étrangère des courans qui conftituent l’atmofphere du tube , les boules doivent fe remettre dans le même écartement .©ii elles étoient en premier lieu.
- Au refte ce que j’ai dit fur ces phénomènes dans le cas ok l’élearicité eft excitée avec le
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- 3ox Mouvemens tube de verre, peut s’y appliquer de même, mutatis mutandis , dans celui où l’éleâricité eft produite par un bâton de cire d’Efpagne ; puifque dans celui-ci encore la matière affluente au bâton de cire d’Efpagne , & la matière affluente aux boules cte liège ne different point par la qualité de leurs vibrations , qui font de la fécondé qualité dans l’une comme dans l’autre.
- Les boules de liège non-feulement fe laiffent enlever dans ces circonôances par le tube qu’on leur préfente , une portion de la matière affluente qui fe feroit portée vers elles. Elles fe laiffent même entraîner par le courant de cette matière affluente qui fe rend au tube. J’ai •bfervé qu’en quelque fçns que
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- DE LA MATIERE ELECT. JCTJ foit dirigé le tube tenu horizontalement au deffous des boules, les boules & les fils fe placent dans un plan qui paffe par l’axe du tuber
- De plus, fi l’on difpofe le tube au defious des boules , de façon que l’angle formé par les deux fils qui s’y foutiennent , foit coupé en deux parties égales par une ligne verticale CD , Fig,* & en même tem-s perpendicu» laire au tube , & qu’alors on pouffe le tube vers E , les deux fils prendront une pofition oblique. C N, en fe dirigeant de ce côté-là ; & fi au contraire on retire le tube vers O , les fila fe difpoferont dans le fens op» pofé C P, ce qui indique au JE que les fils & les boules fe dirigeant toujours vers la partie fro-
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- 304 Mouvemens tée du tube, obéiiflënt à l’impul-fion de la; matière affluente qüi S*y porte
- J’ai obfervé encore que ce que rapporte M. Canton, quand il dit que le tube préfenté aux boules de liège les fait rapprocher l’une de l’autre, au point qu’elles en viennent à fe toucher , n’a lieu qu’autant qu’elles ont une certaine pefanteur, ou que l’électricité eft fbible. Cela arrivoit quand j’employois des boules groffes comme des pois ; mais fi les boules étoient beaucoup plus menues , lés ais bien dé* liés, & i’éie&ricite bien animée-, je ne pouvois parvenir par l’approche du tube à les faire'avancer affez l’une vers l’autré pour fe toucher»
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- SE LA MATIERE ÊLECT. 305
- Sur la quatrième Expérience.
- Dans la 4? Expérience, la matière àffluenteau bâton de cire d’Efpàgne qu’on préfente aux boules de liège fufpendues aii tuyau de fer blanc éleârifé avec le tube de verre , efl: affe&ée des vibrations de la première qualité , tandis que la matière afflue.nte à ces boules de liège , eft affeûée des vibrations de la fécondé qualité. .Ce qu’il en tire de l’air ambiant, n’eil donc plus ici de celle qui fe dirige aux boul.es de liège ; il ne leur intercepte rien de ce qu’elles peu. vent recevoir ; leur vertu électrique n’en eft pas altérée, & de ce chef elles ne doivent pas fe repouffer moins qu’elles ne le faifoient auparavant. De plus la matière effluente du bâton de cire * Nix
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- $o<$ M OÜVEMR5 ,,£
- d’Efpagne , étant ^fFçdée de? vibrations de la fécondé qualité , & pardà femblable à la matière affluente aux boules , fe trouve difpofée à fe diriger vers elles , à augmenter l’affluençe de çelleqni s’y rendoit auparavant ; çe qui ne peut fe faire , fan? que I’éleéfricité des boule? en devienne plus animée., & par çpnféquent, fans qu’ellçs s’écartent davantage l’uqe de l’autre, Il eft aifé de juger que le? piêmes. phépamene? doivent avoir lieu % quand on préfente aux boules éleftrifées , à l’aide de la cire d’Efpagne, le tube dç verre éle&rife, puifquq dans cç cas encore la matière affluente au tube , différé de la matière affluence aux boules de liège paf la qualité des vibrations. Remar--
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- quons cependant que comme le degré d’éleûricité que le bâton de cire d’Efpagne fait contraôer au tuyau de fer blanc eft affez foible communément, les effets ne font pas fi bien marqués.
- Sur la cinquième Expérience.
- La différence qu’il y a entre le réfultat de cette Expérience & celui de la troifieme , provient de ce que M. Canton tenant le tube de verre qu’il empîoyoit pour éleôrifer le tuyau de fer blanc, à fix pouces de diftance, ne lui eommuniqùoit pas une at-mofphere éleârique > conforme à celle du verre , c’eft-à-dire , une atmofphere dont la matière effluente fût affeôée des vibrations de la première qualité , & la matière affluente de celles de la
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- fécondé qualité ; mais au contraire une atmofphere dont la -matière effluente était -affeâée des vibrations de la fecOnde qualité;, & la matière affluente de. celles de la première- qualité , ainfi qu’il arrive à,la feuille d’or dont il eft parlé dans mon fécond Mémoire , tant qu’arrêtée par le fil qui la fuf-pend, elle ne peut s’approcher qu’à un certain point du tube-ou du conduâeut qui l’attire. Dans ces circonflances , il n’eft pas furprenant que les boules de liège s’écartent davantage, quand on vient enfuite à leur préfenter le tube de verre, pluif. que c’eft le cas de la quatrième Expérience , & qu’elles fe rapprochent , quand on leur' préfente le bâtonde cire d’Efpagne ,
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- BE IA MATIÈRE ÊlEÇT. 309 puifque c’eft le cas de la troir fieme Expérience.
- Sur la Jîxieme Expérience.
- Le procédé que M. Canton a employé encore dans cette Expérience pour éleôrifer le tuyau appellé A, en n’en approchant lei tube de verre qu’à une certaine diflance , fait prendre , ainfl que dans la précédente , à ce tuyau une atmofphere, dont la matière effluente eft affeâée des vibrations de la fécondé qualité, & la matière affluente de celles de la première qualité , & par conféquent toute différente de cellç du tube de verre. Par la même raifon , le tuyau appellé B, qui tient fon électricité du tuyau A, dont il eft voifin , mais féparé par un certain iu-
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- 3*0 Movvemens tervallé , n’acquiert pas une atmofphere conforme à celle de ce tuyau , mais l’inverfe(tf) , c’efi-à-dire , une atmofphere , dont la matière effluente a les vibrations de la première qualité , & la matière affluente, celles de la fécondé qualité, c’eft-à-dîre, conforme à celle du tube de verre , il en réfulte que le tube qu’on préfente enfuite aux boules de liège fufpendues au tuyau A doit les faire écarter davantage ; car c’eft le cas de la quatrième Expérience , & que , préfenté aux bouleÿ fufpendues au tuyau B, il doit en
- ; car c’eft
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- DE LA MATIERE ÊLECT. JI*" le cas de la troifieme Expérience.'
- A l’égard de ce qu’a obfervé M. Canton , que l<?rfquon vient à éloigner le tube de verre qu’on avoit tenu pendant quelque tems au-deffus, & à 5 à 6 pouces de diftance du tuyau A , les boules qui y font fufpendues fe rapprochent & fe rejoignent , j’ai éprouvé que cet effet n’avoit pas lieu ; mais on peut l’expliquer, çn difant que , par l’éloignement fubit du tube, les boules de liège font tout-à-coup privées d’une grande quantité de matière éleârique qui leur venoit du tube par le tuyau A & par les fils, au moyen de quoi, leur éleâri-cité fort affoiblie leur permet de fe rapprocher en ce moment ; mais dans les inftans fuivans cette dofe de matière élèftrique
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- 3 tx M o ü v è W i-îf s -qu’elles ont perdue fubiteqïent £ leur eft luppléée par l’ait qui leur en fournit jufqti’à la concurrencé de ce qu’exige l’intenfité de leurs vibrations aduelles , par-là leur vertu éleftrique fe rétablit , 8© occafionne de nouveau leuréçar-tementà
- Selon M. Canton , ce rapprochement des boules de liège qui,• lorfqu’on éloigne le tube de verre, a lieu fur le tuyau A , n’a pas lieu fur le tuyau B; mais-auffi , comme il a été remarqué, Patmofphere du tuyau B ne fait-elle pas corps avec celle du tuyau A : elle eft même: tout autrement difpofée ; & ainfi les modifications dont l’une eft affectée, peuvent être étrangères à l’autre , & ne pas s’étendre fur elle.
- Sur
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- DÉ IA MATIERE ÊLECT. J! J Sur la feptiemc Expérience,
- Les boules de liège qui con« fervent pendant un certain tems une partie de leur éleâricité , quoiqu’on touche le tuyau de fer blanc avec le doigt, concourent à confirmer ce que nous fça-vions par divers autres faits , qu’il s’en faut bien que la matière éleârique fe diffipe aufli vite à travers un' corps délié , tel qu’eft le fil qui lès fufpertd, qu’elle le fait à travers un corps dé plus gros volume.
- Sur la huitième Expérience• Cette Expérience eft analogue à, celle que M. l’Abbé Nollet rapporte dansfes Recherches-fur les sauf es part, des phénom. UeUriqpes 9 pag. 139. 11 avoitfufpendu avec un fil dans Un récipient qu’il O
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- 314 Moüvemens avoit vuidé d’air,une feuille d’or ; & il remarqua. que toutes les fois . qu’il approçhoit du récipient un tube de verre éleârifé,’ ou qu’il l’en retiroit, la feuille d’or ne manquoit pas d’être agitée. L’un & l’autre de ces motivemens indiquent clairement , que quand on approche du récipient le tube éleârifé, une partie de fa matière effluente parvient à la furface interne du récipient , & aux corps qu’il peut contenir ; ce qui fe mani-felle, foit par l’agitation de ces corps , foit par la lueur qu’on remarque, li l’épreuve fefait dans l’obfcurité : ilparoîrericore que quand on retire le tube, l’interruption fubite de cette matière effluente du tube occafionne dans celle qui émane de ces corps,'
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- DE LA MATIERE ÉLECT. 31 Ç & de la furface interne du récipient, des mouvemens tout diffé-rens de ceux qu’elle avoit auparavant , & qui fe manifeftent de même par l’agitation de ces corps , & par la lueur qui fe renouvelle en ce moment : il arrive à-peu-près ici ce qu’on a remarqué dans la lixieme Expérience , oii le tube éloigné du tuyau de fer blanc occafionne des mouvemens dans les boules de liège , qui fe rapprochent Si s’écartent fucceffivement.
- Sur la neuvième Expérience.
- Je n’ai pas été à même de vérifier cette Expérience ; tout ce qui en peut réfulter, c’eft qu’une moitié du bâton de cire d’Efpagne confervant fon atmofphere naturelle dont la matière effluente Oij
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- 316 Mouvewiks
- a des vibrations de la fécondé -qualité , & la matière affluente des vibrations de la première • qualité,l’autre moitié,par le procédé de M. Canton, auroit acquis une atmofpbere toute différente, & telle que fa matière effluente feroit affeûée des vibrations de la première qualité , & fa matière affluente de celles de la fécondé qualité ; & alors , félon ce que j’ai établi précédemment, la première moitié doit en effet augmenter la répulfion des boules de liège éle&rifées avec le tube de verre comme dans la quatrième Expérience , & l’autre moitié doit la diminuer comme dans la troifîeme Expérience.
- Il paroît, par l’explication que je viens de donner de ces Expériences , que dans la plupart*
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- DE LA MATIERE ÉlECT. 317 malgré la variété des procédés, la caufe des réfultats eft la même , & que pour en rendre rai-fon, il fuffit de comparer la qualité de l’atmofphere éleûrique du tuyau de fer blanc & des boules de liège , avec la qualité de celle du corps froté & élec-trifé qu’on leur préfente, & que, i° Quand les atmofpheres du tuyau de fer blanc & de ce corps éleârifé , qu’on préfente aux boules de liège , font de di-verfes qualités , la préfence de celui-ci augmente leur répulfion ;
- a° Et que quand les atmofpheres du tuyau de fer blanc & du corps éle&rifé , qu’on préfente aux boules de liège, font uniformes , la préfence de celui-ci diminue leur répulfion,quoiqu’il puiffe l’augmenter , fi on l’en approche Oiij
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- 3iS MOÜYEMEIfJ, &C. à un certain point, par les raifot» ci-devant mentionnées au fujet 4e la troifieme Expérience.
- Je me borne ici à expofer mon explication des phénomènes ©bfervés par M. Canton , fans difcuter aucunement celle qu'il a adoptée ; & je laiffe à juger au Leûeur fi le principe des électricités pofitive & négative auquel cet auteur a recours , s’y prête mieux que le principe des effluences & affluences fimulta-nées dont j’ai fait ufage.
- FIN,
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- EXTRAIT
- Des Regijîres de FAcadémie Royale des Sciences.
- Du 14 Juillet 1759.
- MEffieurs l’Abbé Noliet
- & DE FOüGEROÜX qui avoient été nommés pour examiner plufieurs Mémoires fur les Mouvemens de la Matière électrique, préfentés par M. Dutour* Correspondant de l’Académie » en ayant fait leur rappport, l’Académie a jugé que cet Ouvrage étoit bien médité , bien fuivi & bien rendu , & qu’il mé-ritoit d’etre imprimé tous fore Privilège. En foi de quoi j’ai figné le prélent Certificat. A Paris „ le xo Février 1760.
- GRAND-JEAN DE FOUCHY* Secrétaire perpétuel de VAca-
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- PRIVILEGE DV ROI.
- LOUIS , par la grâce de Dieu, Roi de France & de Navarre : A nos amés & féaux Confeillers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel , Grand-Confeil , Prévôt de Paris, Baillifs , Sénéchaux , leurs Lieutenans Civils, & autres nos Jufticicrs qu’il appartiendra , Salut. Nos amés les Membres de l’Academie Royale des Sciences de notre bonne Viile de Paris , nous ont fait expofer qu’ils auroient befoin de nos Lettres de Privilège pour l’imprefiion de leurs Ouvrages : A ces Causes, voulant favorablement traiter les Expofans , Nous leur avons permis & permettons par ces Prefèntes de faire imprimer par tel Imprimeur qu’ils voudront choifir, toutes les Recherches ou Obfervations journalières, ou Relations an nuelles de tout ce qui aura été fait dans les A Semblées de ladite Académie Royale des Sciences, les Ouvrages, Mémoires ou Traités de chacun des Particuliers qui la compofent, & généralement tout ce que ladite Académie voudra faire paroître , après avoir fait, examinerlefdits Ouvrages, & jugé qu’ils font dignes de l’imprefiion, en tels volumes , forme , marge, caraâeré , conjointement ou fépa-rément, & autant de fois que bon leur fera-
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- blera, & de les tfàirc vendre & débiter par tout notre Royaume > pendant le tems de ingt années confécutivcs, à compter du jour de la date des Préfentes , fans toutefois qu’à l’occafion des Ouvrages ci-delTus fpécinés il en puilTe être imprimé d’autres qui ne foientpas de ladite Académie : Fai-fons défenfes a toutes fortes de perfonnes, de quelque qualité & condition qu’elles foient, d’en introduire d’impreiîion étrangère dans aucun lieu de notre obéiflance; comme auffi à tous Libraires & Imprimeurs d’imprimer, vendre , faire vendre & débiter lefdits Ouvrages , en tout ou en partie, & d’en faire aucunes traductions ou extraits, fous quelque prétexte que ce puilTe être , fans la permiflîon ex-prefle & par écrit défaits Expofans, ou de ceux qui auront droit d’eux, à peine de confifcation des Exemplaires contrefaits * de trois millelivres d’amende contre cha. cùn des contrevenans , dont un tiers à Nous , un tiers à l’Hôtel - Dieu de Paris , & l’autre tiers auxdits Expofans, ou à celui qui aura droit d’eux , 8e de tous dépens , dommages & intérêts > à la charge que ces Préfentes fê« ront enregiftrées tout au long fur le Re-giftre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , dans trois mois de la date d’icelles; que l’impr flion defdits Ouvrages fera faite dans notre Royaume , & non ailleurs , en bon papier & beaux çarafteres , conformément aux -Régie-
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- mens delà Librairie ; qu’avant de les exposer en vente , lesManufcrits ou Imprimés qui auront ftrvi de copie à l’impref-fion defdits Ouvrages , feront remis à notre très-cher & féal Chevalier le heur Daguesseau, Chancelier de France « -Commandeur de nos Ordres, & qu’il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre , & un dans celle de notredit très-cher & féal Chevalier le heur D aguessbau, Chancelier de France, le tout à peine de nullité dédites Préièntes : Du contenu desquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir lefdits Expofans & leurs ayans caufè pleinement & paisiblement, fans fouflrir qu’il leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie des Préfentes qui fera imprimée tout au long, au commencement ou à la fin defdits Ouvrages , foit tenue pour dtjement lignifiée , & qu’aux copies collationnées par l’un denos amés, féaux Con-feillers & Secret,ires , foi foie ajoutée comme à l’Original. Commandons au premier notre Huiffier ou Sergenffur ce requis, défaire pour l’èxé.cutiood’icelles ; tous afles requis & néceflàircs, fans demander autre permiflion , nonobftant clameur de Haro , Charrre Normande & Lettres â ce contraires : G a R tel eft notre plaifir. D o n n e' à Paris le dix-ncuvieme jour du mois de Février,l au de grâce iqil
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- fept cent cinquante, & de notre Régné le trente, cinquième. Par le Roi en Ton Confeil. MOL.
- Regiftré fur le Regiftre XJl de la Chambre Rbyale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris, N° 438, fol. 309 , conformément au Réglement de 1713, qui fait défenfes , Art. IV, à toutes perfonnes , de quelque qualité & condition qu'elles foient, autres que les Libraires & Imprimeurs de vendre. , débiter & faire afficher aucuns Livres pour les.vendre, foit qu’ils s’en difent les Auteurs ou autrement , à la charge de fournir à la fujdite Chambre huit Exemplaires de chacun, pref-erits par l'Art. C VIII du même Réglement, A Paris, le j Juin 1750.
- Signé LE GRAS, Syndic;
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- Avis au Relieur,
- LEs Planches doivent être plaf-cées defaçonqu’en s’ouvrant, elles puiffent fortir du Livre & fe voir à droite dans l’ordre qui fuît : Planche I. Page 54
- Planche 1Iy qui ejl la première du fécond Mémoire, 168'
- Planche III, qui ejl la fécondé du fécond Mémoire, Ibid.
- PlancheTV, 312
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