Experiences sur l'electricité
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- EXPERIENCES
- SUR
- L’ELECTRICITE,
- QUELQUES CONJECTURES
- fur la caufe de fes effets.
- Par M. JALLABERT, Profcjfeur en Phitofiphie Expérimentale & en Mathématiques * des Sociétés Royales de Londres & de Montpellier, £r de l'Académie de l'Injiitut de
- Avec Approbaûen Cf Privilège du Roy*
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- A VERTÎSSEMENT;
- MOn deffein dans cet Ou-vrage n’eft pas de faire i’hiftoire des découvertes fur l’é-le&ricité* On la trouvera dans plufieurs Diflertations, & en particulier dans celles de Mr. Du-fay*. Je ne me fuis propofé que de .décrire avec exa&itude les principaux phénomènes électriques , & de les ranger dans un ordre qui facilitât la déduction des conféquences qui en réful-tent. Car telle eft, & furtout en Phyfique, la lente mais né*
- * JM&n, 4g l’Açad, des Sç. Ann. 1733.
- aij
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- h avertissement.
- ceflaire gradation de nos conJ noiiïances ; ce n’eft que par les conféquences que nous pouvons remonter aux caufes, & arriver infenfiblement à une théorie.
- Les expériences faites depuis quelques années fur cette matière font déjà fans nombre. Oii doit aux recherches de plufieurs célébrés Phyficiens * d’intéreflan-tes découvertes. Mais ceux qui connoiflent la fécondité de la Nature, & tout ce qu’elle peut tirer du principe le plus limple, comprendront aifément que ces découvertes ne font que commencer.. On peut attendre tous les jours de nouveaux prodiges du nouvel Agent qu’on vient de
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- AVERTISSEMENT, v.
- découvrir dans l’Univers. Diver-fes obfervations nous ont appris que les corps organifés, & ceux qui ne le font pas, font également fournis à l’a&ion de l'électricité 5 & le nombre de ces corps étant infini, comme la diverfité - ' de leurs propriétés eft infinie , la çombinaifon des effets ne doit-point avoir de bornes.
- Ce n’eft qu'en raffemblant un grand nombre de faits, & en les çonfidérant dans toutes leurs cir-conftances , qu'on peut entrevoir le mécanifme par lequel la Nature opéré. Elle récompenfe plus volontiers la patience de ceux qui l’étudient, que la curiofîté de ceux qui prétendent la deviner.' [Voilà pourquoi j’ai crû devoir vérifier ôc réunir à mes. obferva-
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- vj AVERTISSEMENT. -
- tions d’autres obfervations que les miennes. Si je n’ai pas toûjours cité le nom de leurs premiers auteurs c’eft l’embarras de les connokre & la crainte de jetter de la langueur dans un ouvrage qui n’en eft déjà que trop fufceptible. Je ne répon-drois pas même que les expériences que je crois avoir tentées le premier n’euflent été faites ailleurs & avec plus de fuccès. Ce feroit un ha-fard bien fingulîer que plulîeurs perfonnes , occupées du même objet, qui l’étudient à peu près fous le même point de vue ôc avec le fecours des mêmes inftru-mens ne fe rencontraffent jamais dans l’obfervation des phénomènes.
- J’efpere cependant que, dans le nombre d’expériences que j’ai
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- AVERTI S SE MENT, vij ' recueillies > on en verra quelques-unes de neuves. On en trouvera même qui paroîtront en oppofi-tion avec celles que d’autres Phy-, ficiens ont faites. Tout ce que je puis dire, c’eft que j’ai obfer» vé avec foin , & que je rapporte avec fidélité. Si rattachement à la vérité efl: la première vertu de • l’Hiftorien, la fincérité & l’exactitude dans le détail des obferva-tions doit principalement cara&é-rifer l’Hiftorien de la Nature.
- Malgré la précifion avec laquelle j’ai taché d’opérer, je fuis très éloigné de m’infcrire .en faux contre les expériences qui ne s’accordent point avec les miennes, ou qui les contrarient. J’en ai vu qui m’avoient fouvent réufli, me manquer enfuite fans que j’aie pû
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- viij AVERTISSExMENT, ch découvrir la caufe. Quelque*, unes des expériences fur l’éledri-cité font, pour ainfi dire , hypothétiques. Elles demandent des attentions fi délicates, leur fuccès dépend de chofes fi fines & fi imperceptibles qu'elles échappent ai* fément à fobfervateur. Cependant la plus légère différence dans la maniéré de les faire, ou dans leurs circonftances extérieures , en varie infiniment le réfultat.
- Après les différens fyftèmes qui ont paru fur l’éle&ricité, & fur-tout après la théorie fi plaufible de Mr. l’Abbé Nollet, on s’étonnera peut-être que j’ofe ha-farder ici mes idées particulières. Je ne les donne qu’avec timidité, & comme de fimples conje&ures.' faits ne me paroiffent coin
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- AVERTISSEMENT, i* duire qu’à l’idée d’un fluide fub-til, agité autour du corps éleétri-fé, lequel attire vers ce corps &C en éloigne les corps légers. Mr. l’Abbé Nollet, dans fon ingénieu-fe hypothèfe, explique les phénomènes de l’attra&ion & de la répulfion au moyen d’un fluide qui fort en même-tems du corps élec-r trifé ôt de ceux qui l’environnent. J’ai foupçonné que ce fluide pour-roit bien aller & revenir par of-cillation ; & comme je dois à cette conjeéfcure une partie de mes expériences, je m’en fuis fait une raifon de la rapporter. Si je me fuis trompé, mes erreurs même pourront être utiles. J’aurai marqué quelques écueils d’une route qui en eft pleine Les tentatives malheureufes des premiers qui
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- x AVERTISSEMENT; cherchèrent des terres inconnues, ont valu peut-être à ceux qui les ont fuivis la gloire de les avoir découvertes.
- Le Nom de Mr. l’Abbé Nol-let vient fe placer de lui même à la tête d’un ouvrage de ce genre. C’eft aufli à vous, Mon Ami t que je l’adreffe ; à vous dont l’exemple m’infpira le defir d’entrer dans la même carrière ôc dont les con. feils m’y dirigèrent fouvent. Je ne crains point de vous offrir des idées qui ne font pas toujours confor. mes aux vôtres. Dans les fcien-ces, comme dans les Etats libres, on ne cônnoît point l’efprit de Cour. Un Philofophe , tel que vous, fait cas de toutes les opi-
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- avertissement.
- nions qui peuvent conduire à vérité. C’eft à vous de juger miennes. Recevez-en l’hommage des mains de la reconnoiiïance, de l’eliime & de la tendre amitié.
- 8 sr.S.
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- S5C-H
- APPROBATION.
- ’Ai lu par ordre de Monfeigneur le Chancelier un Ouvrage intitu-Expériences fur l'Eleftricitépar Jallabert; & j’eftime qu’on ne peut trop multiplier les Editions des Ouvrages aufli inftruétifs que celui-ci , & aufli propres à faire honneur à leur Auteur. A Paris le io Février 174p.
- B RU H 1ER.
- PRIVILEGE DU ROI.
- OUÏS, PAR LA GRACE DB DlEO , Roi
- 1 de France ft de Navarre; Â nos
- amés & féaux Confeillers, les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand-Confeil, Prévôt de Paris, Baillis, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils, & autres nos Jufti-ciers qu’il appartiendra, Salut. Notre amé le Sieur Michel-Etienne David, fils, Libraire, Nous a fait expoiêr qu’il defiroit réimprimer , & donner au Public un Ouvrage qui a pour titre , Expériences fur l’Eleéirt-
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- t*ti, s’il nous plnifoit lui accordér no* Lettres de Privilège pour ce néceilàiresj Aces causes, voulant favorablement traiter l’Expofant , Nous lui avons permis & permettons par ces Préfentes, de faire imprimer ledit Ouvrage, dans un ou plufieurs Volumes, & autant de fois que bon lui femblera, & de le faire vendre & débiter par tout notre Royaume pendant le tems de neuf années eonfecutives, à compter du jour de la date des Préfentes : Faifons défenfes à toutes perfonnes de quelque qualité & condition qu’elles fbient d’en introduire d’imprefïion étrangère dans aucun lieu de notre obéiffance , comme aufli à tous Libraires & Imprimeurs , d’imprimer ou faire imprimer , vendre, faire vendre, débiter» ni contrefaire ledit ouvrage, ni d’en faire aucuns Extraits , fous quelque prétexte que ce fbit d’augmentation, correéfion, changement ou autres, fans la permiflîon ex-preffe & par écrit dudit Expofant, ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de confifcation des Exemplaires contrefaits, de trois mille livres d’amende , contre chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hotel-Dieu de Paris, & l’autre tiers audit Expofant, ou à celui qui aura droit de lui ; & de tous dépens, dommages 8c intérêts ; A la charge que lefdites préfentes feront enregiflrces tout au long, fur le Re-giftre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois de la datte d’icelles : que l’impreflion dudit ouvrage, fera faite dans notre Royaume &
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- non ailleurs en bon Papier & beaux ci* raderes conformément à la feuille imprimée attachée pour modèle fous le contre-fcel defdites préfentes, que l’impétrant fe conformera en tout aux Reglemens de la Librairie , & notamment à celui du ia Avril 1715 , qu’avant de les expofer en vente, le Manufcrit qui aura fervi de Copie à l’impreflïon dudit ouvrage, fera remis dans le meme état où l’Approbation y aura été donnée ès mains de notre très-cher & féal Chevalier le Sieur Dagueffeau Chancelier de France , Commandeur de nos ordres, & qu’il en lera enluite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque Publique, un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle de notre très-cher & féal Chevalier le Sieur DagueA feau Chancelier de France, le tout à peine de nullité delüites préfentes ; du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire joiiir ledit Expofânt, & fes ayans caufe pleinement & paifiblement, fans fou& frir qu’il leur (bit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie def-dites préfentes qui fera imprimée tout au-long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, foit tenue pour dûment lignifiée j & qu’aux Copies collationnées par l’un de nos amés, féaux Confeillers & Sé-cretaires , foi loit ajoutée comme à l’original : Commandons au premier notre Huiffier ou Sergent, lur ce requis, de faire pour l’exécution dicelles, tous Aâe* requis & néceilaires, fans demander autre
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- permiffîon, «ôtiobftant clameur de Haro, Charte Normande , Lettres à ce contraires. Car tel eft notre plaifir. Donne’ à Ver-failles le vingt-cinquième jour de Janvier l’an de grâce mil fept cent quarante-neuf, & de notre Régné le trente-quatrième : Par le Roy en fon Confeil,
- S A I N S O N.
- Regtjlré fur le Regijlre XII. de la Chambre Royale des Libraires - Imprimeurs de Paris, N°. 70. fol. 50. conformément aux anciens Réglemens,confirmés par celui du 28 Février *713. A Paris le iS. Janvier 174?.
- G. Cavblier, Syndic.
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- EXPÉRIENCES
- SUR
- L'ELECTRICITE
- CHAPITRE PREMIER.
- De FElèftricité & des corps èlctfri• ques par eux-mêmes»
- §. I.
- Définition de VEleftricité.
- g 'Electricités eft cette faculté I qu’acquierent divers corps 1 d’attirer & de repouffer les corps légers ; & de produi- ' de la lumière dans l’obfcurité. Les nouveaux phénomènes qu’on découvre chaque jour , ne permettent pas d’en donner une définition plus précife.
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- !
- Expériences
- 5. I I.
- L’ambre, en grec &«t?w , eft le pre- . mier corps dans lequel on a découvert I la vertu que fou norojne éleftrique. Il a J donné le nom à cette propriété qui de- g puis a été obfervée dans un grand nom- ! bre d’autres corps ; dans quelques-uns | même en degré fupérieur à la vertu de | l’ambre. •
- 5. III.
- Différent genres (Téle&ricité.
- Les Expériences des Phyfîciens leur | ont appris que l’éleâricité peut être pro- | duite en différentes maniérés ; & que I tous les corps ne font pas fufceptibles | du même genre d’ék&ricité. C’eft pour- g quoi l’on a diftingué les corps éleélri- | ques endeurclaffes : Ceux qui le de- I viennent quand on agit immédiatement I fur eux ; & ceux qui n’acquierent Té- I leélricité que par J’approche des corps 1 éle&rifés.
- 5. IV.
- On peut donc eïe&rifer un corps,
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- SUR ^ÉLECTRICITÉ*. g c’effà-dire lui donner la faculté de proluire tous les phénomènes de l’éleéfcricité en le frottant, en le chauffant &c. Ainfi le verre, la porcelaine, l’ambre. la réfine , qui , avant que d’être frottés, n’agitoient point les corps légers , les attirent yivement après l’avoir été. L’on nomme Corps électriques par eux-mêmes * ceux en qui on excite la vertu éledlrique par quelque opération immédiate fur eux; È par oppofîtion à d’autres corps qui ne 1 pouvant devenir éleéhriques par lefrotte-I ment, &c. acquièrent cependant l’éleârî- cité par l’approche des corps dans lefquels | cette propriété a été excitée. De ce 0 dernier ordre font les métaux.
- §. V.
- Obfervatioris fur les corps électriques par eux-mêmes.
- Tous les corps , excepté ceux d’une trop grande denfîté, & ceux que leur fluidité ou leur molleffe ne permettent pas de frotter, font fufceptibles du premier genre d’élettricité. Diverfes Expérien-
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- ces ont démontré que les matières gral-fes, bitumineufes, réfineufes, trop molles pour foûtenir le frottement, peuvent cependant devenir électriques, en en faifant évaporer une partie fur un feu lent ; ou en y incorporant une quantité de brique pilée fuffifante pour en former un corps dur.
- § VI.
- Les différentes efpeces de verre , la porcelaine , le talc , le gyps , les pierres tranfparentes de quelque nature qu’elles foient , deviennent très-éleCtriques par le frottement.
- §. VII.
- Les pierres opaques, l’agate, le jafpe, le marbre J l’ardoife, toutes les pierres communes peuvent aufïï être rendues électriques ; mais comme la plupart ont befoin d’être vivement chauffées , & que l’illuftre Boyle ne s’en eftpas avifé , il les a exclues, ainfi que d’autres Phyficiens, du nombre des corps électriques par eux-mêmes.
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- SUR l’Électricite’. J
- 5. VIII.
- Il en eft des diverfes efpeces de bois à peu près comme des pierres.Tous font fufceptibles de la vertu éleétrique : mais les bois les plus durs , l’ébene, le gayac, le buis , doivent être plus chauffés que les autres avant que d’être frottés. Le chanvre , le coton , la toile Sc toutes les matières provenantes de végétaux , étant frottés, acquièrent auffi l’éleétri-cité.
- §. I X.
- L’on peut de même exciser l’éleéïri-cité dans plufieurs fubftances animales ; comme la foie , la laine , les plumes, les cheveux , le poil des animaux; les os, la corne, l’ivoire , la baleine l’écaille Sic. ; mais auparavant elles doivent avoir été expofées à l’adion d’un feu violent.
- §. X.
- L’on fait, & Mr. Dufay l’a prouvé par diverfes Expériences , que fi l’on préfente le doigt ou du métal au nés, A iij
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- 6 EXPERIENCES
- aux oreilles , aux pattes d’un animal vivant qui aura été frotté fur le dos ; il fort de ion nés , de fes oreilles &c. des étincelles pétillantes qui excitent-une fenfation douloureufe & à l’animal & à la perfonne qui a préfenté le doigt.
- §. XI.
- Cette Expérience produit d’autres phénomènes. Ayant mis fur de la poix un guéridon de bois, percé de plulxeurs trous , j’y liai un lapin après l’avoir bien féché & chauffé ; je lui frottai le dos avec la main ; & j’obfervai qu’il attirait les petits corps qu’on lui préfen* toit : Je fufpendis enfuite à des cordons de foie une verge de fer ; des franges d’argent, attachées à un des bouts de la verge', flottoient fur le lapin : je le frottai de nouveau ; & la verge attira un fil de lin fufpendu à quelques pouces de diftance : à l’approche du doigt il partoit des étincelles de la verge ; &, au même in fiant, le lapin paroifToit ref-femir quelque douleur
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- sur tsÉlectricité, j §. XII.
- Les métaux ne s'ékSrifent point par le frottement.
- J’ai fait plufieurs expériences fur les métaux. L’acier, comme le plus élafti-que, me paroifloit le plus propre à acquérir l’éleétricité. Un cylindre d’acier mû rapidement fur fon axé , & frotté au point qu’il avoit acquis un affez grand degré de chaleur, ne donna aucun figne d’éleétricité. Du fer limé , battu , percé , au lieu de devenir électrique , acquit les propriétés de l’aiman. Y auroit-il quelque affinité entre la matière magnétique & le fluide éleétrique ? Quelques expériences me l’avoient d’abord fait foupçonner ; mais plufieurs autres m’ont fait abandonner cette idée.
- §. X 111.
- Tous les verres ne font pas également électriques.
- Entre les corps électriques par eux-mêmes , le verre Sc la porcelaine, efpece de vitrification, tiennent le premier rang.
- A iiij
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- 8 Expériences Et comme ces matières, outre leur dureté & cette efpece de poli qui leur eft propre , ont l’avantage de pouvoir être moulées & de recevoir la forme qu’on veut leur donner, elles font préférables à toute autre pour les Expériences fur l’Eleétricité. J’en ai fait plufieurs fur différentes fortes de verre que je rapporterai dans la fuite. Elles (§.<5i.) m’ont fait voir, i°. que toute efpece de verre ne s’é-leftrife ni auffi aifément ni auflï fortement : 2°. Que la couleur du verre n’y influe point : 3 °. Que les verres d’une même verrerie, & furtout d’une même cuite , font égaux entr’eux en vertu éleétrique. Ces obfervations me font croire que les divers degrés de vertu dans les verres n’ont leur fource que dans la façon de les travailler ; & dans la différence des qualités & deschofes, des fables & des cendres dont ils font compolés. -f t Les Mémoires de l’Académie des Sciences de Paris. An. 1724. & 1727. contiennent, far cet article, des Expériences curieufes de Mrs, Geoffroy le Cadet & Dufay,
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- SUR l’ÈlECTRICIT 4. J>
- §. XIV.
- La chaleur fuffit four étriïrifer certains corps.
- Plufieurs corps n’ont pas befoin d’être frottés pour acquérir la vertu éle&rique. L’ambre , le verre, les pierres précieu-fes &c. s’éleétrifent expofés au foleil, ou chauffés au feu ordinaire. A la vérité , leur vertu fera toûjours inférieure à celle que le frottement leur donnera. Les «matières réfineufes , iulphureufes, fondues au feu, acquièrent, en fe refroi-diffant , la propriété d’attirer les corps légers. Si l’on enveloppe d’une étoffe de laine un vafe de verre plein de foufre ou plein de réfine qu’on y aura fondus , ils paraîtront encore éleétriques au bout de plufieurs années.
- §.xv.
- Une trop grande chaleur diminue la vertu éle£lrique.
- Quoi qu’en général la chaleur augmente la vertu élçétrique ; .cependant, fi elle efl trop forte, elle diminue au con-
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- traire cette même vertu. Cette expérietn ce eft: plus fenfible fur les matières ré-fineufes & bitumineufes que fur toute
- §. XVI.
- L’humidité nuit à ïèleBrïcité.
- L’humidité attachée à la furface, foit extérieure! foit intérieure , des globes ou des tubes nuit à l’éle&ricité. Quelque forte même que foit la vertu qu’on leur a communiquée > ils la perdent dès qu’ils viennent à être hume&és, feulement par la refpiration. On ne fauroit donc être trop foigneux de tenir fecs les globes ou tubes; &> dans les expériences, de ne les briffer toucher ou frotter que par des mains lèches. Et comme l’humidité du tems ne nuit pas moins au fuccès des expériences, plus le Ciel fera pur & le tems fec, & plus les phénomènes feront fenfibles.
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- 5ÜR L*ÉtBCTRTCÏTS*. Jt
- CHAPITRE II.
- Des Phénomènes de P attraction &
- de la rèpuifion,
- §. XVII.
- La vertu éleElrique agit fur tous les corps légers.
- A vertu éle&rique différé de la raa-
- -I—'gnétique en ce que^ celle-ci n’agit que fur une feule efpece de corps 5 au lieu que l’autre met en mouvement tous les corps. Les métaux font , de tous, le plus fortement attirés.
- §. XVIII.
- Si l’on met fur un guéridon de 4 à 5 pouces de diamètre , des brins de paille ou du papier ; de la pouiliere de bois J de tabac râpé , de caffé moulu; des femefices fubtiles; des fragmens de feuilles d’or , d’argent ; du noir de fumée ; des duvéts , un Corps éleârifé les attire à Une diflanee plus Ou moins
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- Ï2 EXPERIENCES grande, fuivant le degré de vertu qu’il a reçû & la nature du fupporc fur lequel ces corps légers pofent. Mis fur de la poix ou fur de la réfine , ils ne font point attirés auffi vivement ni d’aulfi loin que placés fur un corps non éleélrique. Après s’être élancés vers le corps éleétrifé, ces petits corps en font tout de fuite re-pouffés, quelquefois même avant que de l’avoir touché. Et ces allées & venues fe répètent auffi long-tems que le corps éleétrifé conferve fa vertu à un degré fenfible.
- §. XIX.
- Sur les fluides.
- Les liqueurs donnent les mêmes phénomènes. Empliffés-en divers petits va-fes de verre ; le tube éleétrifé qu’on en approche accumule d’abord la liqueur qui paroîc s’élever en pointe : & ïi on l’approche davantage, ou qu’on en augmente l’éleétricité , il fe couvre d’une infinité de gouttes très-déliées de la ligueur j &, en même tems, il part une
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- sur l'Électricite’. i$ ^étincelle. La liqueur tombe, s’élève de nouveau ; & ce mouvement eft continu tant qu’elle eft expofée à l’aétion du tube.
- §. XX.
- Cette Expérience fera encore plus fenfible 11 l’on place les vafes pleins de liqueur au-deflous d’une verge de métal appendue à une barre que le globe élec-trife. Cette façon d’opérer m’a procuré d’affez curieux phénomènes fur la lumière qui accompagne l’éleélricité : J’en rendrai compte ailleurs.
- §. X XI.
- Approchez encore le tube éleélrifé d’un filet d’eau tombant perpendiculairement ; ce filet le courbera pour s’approcher du tube ; & fon mouvement en fera en même tems accéléré : Mais plus l’eau tombera rapidement, plus le tube aura de peine à l’attirer vers lui.
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- H Expsriïncüs
- 5. XXII.
- Baromètre ékêlrique : maniéré de le eonftruire.
- Nettoyez un tube exa&ement & dedans 8c dehors ; verfez-y peu à peu du mercure ; faites-ly bouillir chaque fois que vous en ajoutés, en le remuant toûjours avec un fil de fer : L’agitation du mercure dans un tube rempli avec ces précautions , lui fait attirer & «pouffer les corps légers dont on l’approche. Mais pour que le phénomène foit bien fenfl-ble, il faut que le tube foit ifolé 8c im-r-mobile , tandis que le mercure ell agité.
- §. XXIII.
- J’ai (Fig. 1.) rempli de mercure, aux |, des tubes de 4.0 pouces : Je les ai enfuite recourbés , les deux branches parallèles êc de façon q.ue la plus longue avoit environ 33. pouces : Elle étoit fcellée hermétiquement ; & terminée dans quelques-uns en forme d’olive. Dans un tube ainfi préparé & renverfé, le mercure s’ell foûtenu environ à 25?. pouces, tan-
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- SUR L’ÊLHCTRlfcïTE*. ïf dis qu’il ne s’-élevoit qu’à 2 pouces dans l’autre branche. J’enchâflai la courbure de ce tube dans un quarré de bois creu-fé à cet effet, & d’où s’dlevoit un talon contre lequel fe boit ie tube ; le quarré étoit fixé fur une table. J’intro-duifis dans la plus courte branche un pif-ton au moyen -duquel je fis monter & defcendre te mercure dans la longue branche : Et des fils de lin, des parcelles de feuilles d’or, des fragmens de papier , fufpendus au niveau de lafurface du mercure , furent attirés. Si , dans cette expérience , l’on n’eft pas attentif à mouvoir le pifton également & un peu lentement , les ofcillations dumercure variant à chaque inftant, celles des fils ne peuvent pas s’y conformer affez promptement pour que leurs allées & venues y cor-refpondent. Du moins ai-je conftamment obfervé qu’au premier mouvement du pifton, fi le mercure hauffoit , il écar-toit les corps légers ; & s’il baiffoit, ii les att-iroit.
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- 16 EXPERIENCES
- §. XXIV.
- Direftion fuivant laquelle les corps légers font attirés & repoujfés.
- J’ai été attentif à la direétion dans laquelle les corps attire's & repoufles s’approchent & s’éloignent des corps éleébifés. Ce phénomène m’a paru devoir beaucoup influer fur la maniéré dont fe meut le fluide éleétrique. Des cor-pufcules d’une figure , d’un poids , & d’un volume différens, placés fur un guéridon à diverfes diftances au-deffous du corps éleétrifé, s’en approchoient & s’en éloignoient à peu près en ligne droite: Et ceux d’un plus gros volume, ou dont la figure étoit moins propre à fendre l’air,fe mouvoient alfez irrégulièrement, mais fans paroître entraînés par aucun tourbillon, puifque la convexité de la courbe de quelques-uns étoit tournée de même côté que la concavité de la courbe de quelques autres. J’ai fait ces expériences & avec le tube & avec divers corps appendus à la barre eleéfrifée par un globe. §. XXV.
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- SDR L’ÉEHCTB.ICIÏE’. I?
- §. XXV.
- Attraction répülfion opérées au même inftant.
- Si l’on met fur une barre de fer, ou fur la main d’une perfonne éleétrifée du tabac râpé, de la pouffiere de bois, de la limaille, ils en font chafles avec violence , & difperfés comme par un vent qui fortiroit de la barre ; & dans le même tems les corps légers, placés fous la barre ou fous la main, en font attirés. Ayant mis des feuilles d’or de 2 à 3 pouces en quarré fur une foucoupe de métal fufpendue par fon centre à. un fil de foie, ces feuilles furent chaffées loin de la foucoupe au moment que j’y laiflki parvenir la matière éle étriqué ; & » au même inftant, des feuilles d’or fembla-bles, placées fous la foucoupe , furent attirées vers elle.
- §. XXVI.
- Des Phyficiens que je refpeéte infiniment ayant regardé le phénomène rapporté dans l’année 1733. des Mémoires de
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- l8 EXPERIENCES
- l'Académie des Sciences de Paris, comme un des plus propres à répandre du jour fur la caufe de l’élepricité, je l’ai obfervé avec foin. » Si l’on pofe * au bord d’une » carte un petJï monceau de poudre à » mettre fur l’écriture , & qu’on appro-» che de ce monceau un bâton de cire » rendue éleftrique s on voit qu’il chafle » au-delà de la carte les particules de »> poudre» (ans qu’on puilfe foupçonner » qu’elles foient attirées par aucun corps » voifin. » Mr. l’Abbé Nolet remarque que tandis qu’une partie de cette pouflïe-re s’élance vers le corps éle&rifé, l’autre prend une route oppofée. La même expérience faite fur de la femence de Lycoperdon, n’a produit, au premier moment de l’approche, que des attrapions fans répullion. Réitérée fur de la fçiure de bois, du tabac râpé » du cafïé moulu , il en étoit toûjours attiré une quantité bien fHpérieure à celle qui étoit repouf-fée. Des globules de verre, des boules
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- SUR L’ÊLËCTRÎCIÏï\ Xp
- treufes de métal qui flottoieut fur l’eau ont conflamment été attirées.
- §. XXVII.
- Phénomènes de la répulfion. Les corps cle&rifés Je repoujfetlt.
- Otto de Guerike avoir déjà remarqué que, fi on laide tomber fur un corps éleélrifé une parcelle d’or ou un brin de duvet, ils fe précipitent d’abord vers ld corps éleâxifé ; qu’ils en font enfuite re-pouffés & demeurent fufpendus dans l’air à quelque diftance du corps éleélrifé i dont ils fuivent tous les mouvemens. Si l’on frotte un tube tenu verticalement* le corps léger fufpendu au-deflus fuit le mouvement de la main qui frotte ; & il ne baide fur le tube que lorfquc l’é-leâricité du tube eft confidérableinent affoiblie J ou que lui - même a touché quelque corps non éleârique. Si le tube n’a plus affez de vertu pour repouffer le corps léger , celui-ci s’en éloignera pour s’élancer vers le doigt, fi on l’en approche ; & , fi on arrête le doigt à Bij
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- ao Expériences quelque diftance, le corps léger ira 8c reviendra fans ceffe du doigt au tube.
- §. XXVIII.
- Les corps éleétrifés, au lieu de s’approcher , fe repouflent mutuellement. Deux parcelles de feuilles d’or ou de duvet, éleétrifées, s’écartent & fe tiennent éloignées l’une de l’autre jufqu’à ce qu’une des deux perde fa vertu par le contaét de quelqu’autre corps. Un tube de verre, vivement frotté & fufpen-du à un fil de foie, fuit un autre tube qu’on approche après l’avoir aulîî fortement éleétrifé.
- §. XXIX.
- On verra , quand j’elfaierai d’expliquer les phénomènes, la raifon qui m’a fait placer ici une expérience qui paroî-trâ peut-être d’abord avoir peu d’analogie avec les précédentes. Si l’on fufi pend à l’extrémité de deux fils deux petites pièces de métal, appliquées l’une contre l’autre, & ifolées de tout autre corps i elles s’écarrent l’une de l’autre fi
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- JO* L’ÉLECTRICITE’. 21 on leur préfente par deffous un tube éleCtrifé. Si, au lieu de deux pièces de métal , on en fufpend trois unies de la même façon ; celle du milieu demeurera immobile, tandis que les autres s’en écarteront. Des pendules d’un poids plus confidérable s’éloignent l’un de l’autre à l’approche d’un tube qui a contracté une ! forte électricité.
- §. XXX.
- Ils font attirés par les corps non éleflrifés.
- Les corps éfeétrifés, non-feulement attirent , mais font auflî attirés par les corps non éleétriques qu’on en approche. Un tube de verre, fufpendu à un fil de foie & frotté, s’inclinera vers le corps non électrique qu’on lui préfentera. Approchez la main d’une éponge fufpendue, . que vous aurez éleCtrifée après l’avoir humeCtée; & la main fe couvrira d’une pluie fine.
- $. XXXI.
- Mouvemens Jînguliers des feuilles d'ort en-
- Pour elTaver à quelle (Mance la vertu . Biij
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- éleélrique agiroit fur de grandes feuilles d’or ; j’appendis horifontalement à une foie une fouçoupe de métal que le globe éleétrifoit par le fecours d’un fil de laiton. Sur un guéridon placé au deffous, & que je pouvois hauflfer ou baiffer, j’avois pofé un carton lilfe, & répandu fur ce canon des feuilles d’or de différente grandeur. En même tems que les plus petites furent dillîpées , les autres furent attirées & repoutfées. Ayant bailfé le guéridon pour l’éloigner de la fouçoupe ; les feuilles, qui étoient reliées fur le carton, s’y (Fig 2.) drefferent verticalement; &, n’y tenant que par le fommet d’un de leurs angles, elles danfoient ; & les mou* vemens de piufieurs de ces feuilles pour-roient être comparés à des figures de ballet.
- §. XXXII.
- La même expérience, réitérée fur un plus petit nombre de feuilles mais plus grandes, piufieurs s’élevèrent de façon que » placées les unes au-deflus des autres
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- sur l’Électricité’. *3 fans cependant fe toucher, elles formoient entr’elles une efpece de chaîne perpendiculaire.
- §. XXXIII.
- Lorfqu’il n’y avoit qu’une ou deux feuilles, elles demeuroient entre le carton & la foucoupe, fufpendues verticalement ; mais dans un mouvement d’of-cillation prefle & continu. J’âi vû des parcelles de feuilles, dans un pareil mouvement , voltiger comme des mouches autour de la foucoupe pendant près d’une minute. Et fi , avec le doigt, je tirois une étincelle du fil de laiton, l’agitation des feuilles augmentoit j & toutes retom-boient fur le carton au moment que jç touchois le fil de laiton.
- §. XXXIV.
- Je réitérai la même expérience en fubftituant au carton fucceflivement une tablette de bois , une glace, une foucoupe de métal, un gâteau de réfine. Ç'eft fur le métal qu’elles étoient le plus agi.
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- 24 Exferiencjss tées : à peine pouvoient-elles être mifes en mouvement fur la réfine. Et, fur le même métal elles demeuraient immobiles lorfque la foucoupe, fur laquelle elles étoient pofées, étoit éle&rifée en même tems que celle qui étoit luipendue au-delfus.
- §.xxxv.
- Je fubftituai au guéridon une cailfe remplie de poix. Et fur quoi que reposât une grande feuille d’or, elle ne fe dreffoit verticalement que lorfque je tou-chois du doigt ce qui lui fervoit de fu-port ; j’excepte cependant la foucoupe de métal, avec laquelle l’expérience réuffit en partie fans le fecours du doigt.
- §. XXXVI.
- 'Ayant enfuite fubftitué à la cailfe de poix une table ; les phénomènes varièrent beaucoup , lorfiju’au lieu des petites feuilles d’or dont je m’étois lèrvi, j’en employai une de 4 pouces de longueur fur 3. de largeur. Pofée fur la glace > à peine y fut-elle foulevée en partie 5
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- SUR L’É L ELECTRICITE*. 2J-
- elle le fut prefqu’entierement étant pofée fur le carton & fur le bois, mais fans pouvoir le foûtenir ; & l’expérience ne réulîxt en entier que fur la foucoupe de métal. Elle s’y drefla verticalement , appuyée fur un de fes petits côtés; 3c s’y promena làns l’abandonner , quelque près que l’on élevât cette foucoupe de la fupé-rieure.Y ayant ajouté.une fécondé feuille, toutes deux fe drefferent ; l’une alla fe pofer verticalement fur l’autre (Fig 4.) ; & l’approche du doigt de la barre les fai-foit fur le champ retomber. L’on fent bien que , dans toutes ces Expériences , le plus ou le moins de vertu du globe décide du degré d’éloignement des fup-ports.
- §. XXXVII.
- Les corps éleEtrifés dans le plein, confervent leur vertu , tranfportés dans le vuide.
- Ce que l’Académie de Florence avoit inutilement cherché dans le vuide de Toricelli, les Phyficiens modernes l’ont trouvé au moyen de récipiens vuidés
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- d’air. Adaptez au fommet percé d’un récipient , une boëte cylindrique remplie de cuirs huilés , au travers defquels parfera un fil de laiton que l’on pourra hauf-fer & bailler : fufpendez à ce fil, dans l’intérieur du récipient , ou de l’ambre, ou une boule de verre éledtrifés, ils attireront , dans le vuide, les parcelles de feuilles d’or dont ils approcheront.
- §. XXXVIII.
- Les Baromètres électriques attirent dans le vuide comme dans le plein.
- L’on fe rappelle le Baromètre armé d’un pifton que j’ai décrit ( §.24.): j’en fis pafTer la longue branche au travers d’une boëte cylindrique de laiton, remplie de cuirs huilés ; la furface du mercure excédoit de trois pouces le haut de la boëte , qui étoit terminé par une vis, au moyen de laquelle elle s’uniffoit par le deffous à la platine de ma pompe percée d’un trou en écrou pour la recevoir. Je couvris le Baromètre d’un récipient, du fommet intérieur duquel pendoient di-
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- vers fils de lin. Quand je l’eus vuidé d’air ; & que, hauflant & baiffant le pif-ton du Baromètre , j’eus agité le mercure dans le haut, il attira & repoufla les fils de lin.
- §. XXXIX.
- Maniéré d'élefirifer dans le vuide.
- Si, dans un récipient vuide d’air, & à laide d’une machine de rotation, on fait rapidement tourner fur fon axe une boule de verre ou d’ambre , contre laquelle un reflort tienne appuyé un morceau d’étoffe de laine, ou de papier gris; cette boule ainfi frottée devient électrique , Sc attire les corps légers fufpendus près d’elle dans le même récipient ; avec cette fingularité, que le frottement dans le vuide donne à l’ambre, à la cire à ca-
- ____cheter^.&. en .général aux réfines une
- ____vertu fupérfeiire à _cellejju’y acquiert,. le
- ____verre; quoique Je verre éleétrifé, & renfermé enfuite dans un récipient dont on épuife l’air, y conferve fon électricité... ,
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- v&ijSf} .
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- §. XL.
- L'air j condenfé ou raréfié dans un globe , en affaibli la vertu.
- La condensation & la raréfaétion de Tair clans un tube^ou dans uirglobeV en afFoibliflent la vertu éleétrique. J’ai cependant communiqué une médiocre électricité à une barre de fer, au moyen de globes vuidés d’air ; en particulier, avec un globe enduit de cire à cacheter. Ré-tabliflez dans un globe la quantité d’air qu’il doit naturellement contenir ; fa vertu augmente , fans qu’il, foit bèTôin Je le remettre en mouvemeut.
- §• x l r.
- Phénomènes des tubes pleins de fable ou de limaille.
- Un tube plein de limaille d’acier , ou de fable, n’eft fufceptible que d’une foi-ble éleftricité , avec quelque vivacité qu’il foit frotté. Mais fi, après qu’il l’aura été, on en fait promptement fortir ce dont on l’avoit rempli ; fa vertu éleétri-
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- sur l’Électricité. *p que fe manifeftera d’une maniéré très-
- £ conféquence, introduirez du fable fec dans un tube; s’il n’en eft qu’à moitié rempli ; & que, frotté dans toute fà longueur, vous l’approchiez de quelques corps légers, la feule partie vuide de fable les attirera : Et fi, alors, vous lerenverfez; les petits corps qui s’y étoient attachés, quittant leur place, palferont aux parties du tube que le fable abandonnera. Et en fuppofant le tube fortement élec-trifé, l’on fera ainfi voltiger du duvet d’une partie du tube à l’autre plufieurs fois dans une minute. C’eft le fond d’une Expérience qui peut être fingulieremenc variée.
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- CHAPITRE III.
- De la lumière que rendent les corps électriques par eux-mêmes.
- §. XLIII.
- Lumière produite par le frottement.
- SI, dans l’obfcurité, l’on frotte un tu-be ou un globe de verre ; une lumière allez vive & continue paroît aux extrémités de la main qui frotte ; & elle la fuit dans tous les mouvemens. On a vu que la main nue , eft de tous les corps , le plus propre à exciter la vertu éle&rique ; elle Tell aulG à produire la lumière.
- §. XL IV.
- L'approche du doigt fait fortir de la lumière des corps éleélrifés. Quoiqu’elle difparoifle à l’inftant qu’on ceffe de frotter; fi, un moment après, on approche du tube ou du globe , le doigt ou un autre corps non éieélrique ; un trait de feu , accompagné d’un petit
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- SUE l’É le ctricite1, 31 bruit, parc du verre ; & fa rencontre caufe un léger fentiment de douleur. Dès qu’on a fait fortir du globe une étincelle > on ne peut plus en tirer d’autres ; ni produire aucun phénomène d’éleétri-cité, fans une nouvelle friétion.
- §. X L V.
- Si, à quelques lignes de diftance du globe, on préfente ou une verge de métal, ou quelqu’autre corps non éleétrique ; il part du globe s pendant le tems qu’on continue de le frotter , un torrent de feu qui fe porte avec impétuolité vers le corps qu’on en a approché.
- §. XLVI.
- Il paroît plulieurs [points d’une lumière immobile & confiante fur la fur-face des corps qu’on [pofe à quelques pouces de diftance du globe, moyen, nant qu’il foit fortement éleétrifé : feulement le nombre & la couleur de ces points de lumière varient fuivant la qualité des corps. Les tiffus de fubftances végétales, les galons d’or ou d’argent,
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- font très-propres à cette expérience» Les corps que le frottement rend aifé-ment éleétrique ne produifent point le même phénomène.
- §. XLVII.
- Obfervations fur la lumière que rendent les matières réjineufes * fulphureufes.
- L’ambre , le foufre , la cire à cacheter , tous corps naturellement éleâri-ques, quand on les frotte dans un lieu obfcur, donne aufli de la lumière. Elle diffère de celle qu’on tire du verre ou du cryflal, en ce qu’elle eft moins vive ; quelle cefle immédiatement après le frottement; & qu’on ne l’apperçoit que dans les parties frottées.
- §. XLVIII.
- La lumière d’un globe de fouffre eft blanchâtre : Elle s’étend autour de la main qui frotte , aufli loin que lorfqu’on fait l’expérience fur un globe de verre; mais fes rayons font plus dilatés. Si tandis qu’on frotte le globe de fouffre, on applique fur fa furface l’extrémité du doigt
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- SUR L’ÉtSCtRÏCITE*. 33' doigt ou d’une verge de métal) àl’inf-tant, de l’endroit du globe qu’on a touché , il part, comme d’un centre , plu-, fieurs rayons divergens de 6. à 7. lignes de longueur. Je me fuis attaché aux phénomènes du foufre, parce que, frotté dans le vuide, il produit un effet différent de ce que l’on obferve dans tous les autres corps. Je n’ai pû , par le frottement, tirer aucune lumière de la poix ni de la réfîne ; quoique , lorfque j’ai approché le doigt de la poix placée auprès de quelque corps fortement élec-trifé, j’aye obfervé des rayons d’une lumière bleuâtre, qui fembloient fortir de la poix.
- $. XLIX.
- Maniéré de les éleftrifer:
- Pour faire commodément toutes ces expériences fur le foufre, '& fur la réfi-he &c., on n’a qu’à fe fervir de globes de bois de 4 à 5 pouces de diamètre ; & paffer par leur centre un axe prolongé de part & d’autre ; &, après avoir
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- J.IflH
- jjijt fendre la matière dont on voudra enduire chaque globe, on l’y plongera Jiôrifoncalement ; & on le fera tourner lentement» en le tenant par les deux extrémités dé l’axe, jufqu’à-ce que la couche dont il fe Couvrira foit fuffifatement épaiffe : Ces globes ainfi préparés , & au moyen d’une poulie fixée à l’extrémité prolongée d’un des côtés de Taxe, fêront montés fur un tour pour en unir& polir la furfacej & feront enfuite 4 ainfi que tous autres » appliqués à la machine de rotation.
- .5:' J. .§• .. .
- L'humidité ne nuit pas à la lumière des diamant.
- Toute pierre tranl^areute, frottée dans l’obfcurité, devient lümineufê ï. mais un diamant que le frottement a. rendu électrique & lumineux s mouillé ou humeété. Amplement avec là refpiration, p.erd la vertu d’attirer les corps légers, & conserve la lumière* Ge phénomène,» porté les plus célébrés Phyficlens à diftinguer
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- SUR L’ËLSCÏJttClH. la matière de i’éle&ricité de celle de là lumière. Boyle à même éprouvé que l’eau, fi nuifibîe à l’éleétricité qu’on veut exciter immédiatement dans les corps t fivorife quelque fois la production de la lumière. Un diamant, plongé dans l’eau chaude , eft devenu uh péa lumineux. Quoiquè ces faits paroilTent oppofés à mon hypothefe, je né iaïfle pas de les rapporter, pour ne rien omettre de eé qui peut fêrvir à parvenir à une théorie* i. li:
- Baromètres éleflriqiiê-S ï lumineux* ' :
- Les Baromètres éleCtriqués deviennent f dans Inut intérieur, lumineux ; foit qu’oa agite le mercure; foit^ue, fa furfacé ref-; tant.immobile, onfrottglapârtie fupérieu-re dutübe avec lamain ôü¥VèC du métal* V-LIL '
- Lts 'vafes vuidés âtàïrfe fempliffbni de' hkîm. ' • - <
- Si>après avoir vuidé d’air lé globe j’ on le fait tourner rapidement én ÿ tenant la main appliquée; le contour de la main
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- 3 6 EXPERIENCES ne paroît plus lumineux ; & l’approche du doigt n’en peut faire fortir aucune lumière ; mais l’intérieur du globe„devient lu' mineux : Et s’il a été vuidé d’air bien exactement, & que l’on promene la main ' fur fa furface,toujours en le frottant: cette lumière, dans l’intérieur, devient fi vi-i V£ qu’elle fuffit pour éclairer & faire ai-fément difcerner tous les objets voifins du globe. La -partie la plus lumineufe eft toujours la plus voifine de la main. A mefure qu’on laifl'era. rentrer l’air dans le globe, cette. lumière deviendra plus interrompue , & s’affoiblira , quoiqu’on continue à frotter j &, pour la faire .dif-pâroître tout-à-fait, il : fuffîra qu’il ÿfoit rentré environ y de l’air qu’il ; peut- naturellement contenir.; Mais: alors,dJè&que la lumière celfe au-dedans, elle reparoît au-dehors à l’extrémité des doigts ; fic elle augmente en vivacité à mefure que l’air rentré dans le globe. La furfacedescorps non ileétriques qu’on en approchëïe par-feme de nouveau de; points lumineux,
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- SUR l’ÉLECTRICIT'i. 37 Sc l’attraétion, qui avoit ceffé pendant ‘ ; y
- quele ^iQ&Tétoit yuIïïTd’aklxêcom* .....^ mence.
- 5. lui.
- Obfervations fur la lumière de divers corps frottés dans le vuide.
- Les corps éle&rifés dans un récipient vuide d’air ont produit quelques ‘phénomènes aflez curieux.
- Une boule de verre creufe & frottée dans le vuide fur un morceau d’étofïè de laine , donna d’abord une lumière purpurine & fort vive ; mais elle perdit & fon éclat & fa couleur à mefure que l’air rentra dans le récipient. Ce qu’il ne faut pas omettre d’obferver c’eft que, lorfqu’on a voulu réitérer l’expérience avec la même boule de verre, elle n’a plus rendu qu’une lumière pâle.
- $. LIV.
- Hauxbée a cependant vû des boules qui ne perdoient entièrement leur lumière purpurine qu’après avoir fouffert
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- |8 E?p.eme*obs.
- 4eux ou trois fois la même expérience-; jnais dès qu’elles l’avoient entièrement perdue, quelque vivement qu’on pût les frotter de nouveau* on ne pouvoit la reproduire. Il paroît réfulter de cette expérience que la matière du verre pro* pre à rendre cette lumière purpurine peut s’épuifer, quoique le même verre conferve la matière 4e la lumière & celle de l’éjeéfcriçité.
- *LV.
- L’ambre , la cire à cacheter, frottés dans le vui,je , donnent une lumière beaucoup plus vive & plus abondante que. frottés dans l’air: Cette lumière difpa-roît à l’inftant qu’on ceflè de frotter. Et comme on a vu que la main nue eft de tous les corps, celui dont le frottement excite le plus de lumière, il eft vrai-femblable que, fi l’on pouvoit s’en fer-vir dans des récipiens vuides d’air, elle y produirait une lumière encore plus çonfidérable.
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- t»R t’ÉLICTRICITi. JJ
- §. L V I.
- Le foufre doit être excepté des corps qui produifent de la lumière dans le vuide : avec quelque vivacité & fur quelque corps qu’il ait été frotté, on n’a jamais pû en tirer la moindre lumière. Comment l’abfence de l’air produit-elle des effets fi oppofés ?
- §. L V11.
- Hauxbée a frotté une boule de verre fur différens corps & fur des étoffes imbibées de diverfes liqueurs fpiritueufes & falines ; & il a trouvé que la couleur de la lumière varioit fuivant la nature du corps fur lequel le verre étoit frotté ; & fuivant la qualité de la liqueur dont l’étoffe étoit imbibée.
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- 40 EXPERIENCES
- CHAPITRE IV.
- De la lumière des corps éltflrifês par communication.
- $. L V111.
- Aigrettes de lumière qui paroijfmt d'elles-mêmes aux angles d’une barre.
- T ’Ai fufpendu horifontalement fur des
- •J cordons de foie une barre de fer. Les plus grolfes produifent les effets les plus confidérables. Une de fes extrémités étoit garnie de franges d’argent, traînantes fur le globe. Quand le globe a été éleéfcrifé, l’on a apperçû trcs-diftinc-tement, aux deux angles fupérieurs de l’extrémité de la barre la plus éloignée du globe, deux points lumineux d’une vivacité extraordinaire. Il partoit de ces deux points plufîeurs, rayons d’une lumière beaucoup plus rare. On ne peut mieux comparer ces points lumineux qu’au noyau d’une cometej & leurs rayons qu’à fa queue lorfqu’elle eft fort dilatée.
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- su R l’Electric’ite*. 4t
- Une obfervation remarquable, c’eflque ces points & ces rayons fortent d’eux-mêmes de la barre, fans qu’il foit befoin de l’approche d’aucun corps non électrique ; c’efl: pourquoi on les nomme aigrettes fpontanées. La pointe d’une épée, les angles des inflrumens de métal, l’extrémité du bec des oifeaux&c. s’ils communiquent avec la barre de fer ou avec le globe , en donneront dépareilles.
- §. LIX.
- Phénomènes occajîonnés par l'approche du doigt.
- I orfque ces aigrettes ne fe montrent pas d’elles-mêmes, on eft fûr de les exciter ( à moins que l’éleéfcricité ne foit très-foible ) en approchant du corps éleétrife le doigt ou du métal -, & l’on obferve qu’à mefure qu’on diminue la distance entre le doigt & le corps élettrifé , les rayons fe rapprochent de plus en plus les uns des autres , & fe replient vers le doigt. Et, lî l’on arrête le doigt à y ou 6 lignes du fommet de l’aigrette, fes
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- 4‘ *«'•*»» «*».
- rayons fe réunilTent en un rrait de feu extrêmement vif, qui heurte le doigt avec impétuofîté & fans interruption. L’approche du doigt fait fortir, de quelque point que ce foit de la barre, des traits de feu femblables ; mais alors les aigrettes fpontanées difparoifTent,Enfîn,fi l’on préfente brufquement le doigt à 3'ou 4%nesdediftancede la barre, il reçoit un coup fec d’une étincelle fort pétillante ; à l’inftant, la barre perd prefque toute fon électricité.
- §. LX.
- Maniéré Réprouver VéleSiricité des verres.
- En obfervant les différentes lumières que donnent les corps de différent genre, placés fur la barre de fer, ou fur une plaque de métal vivement éleCtrifée ; j’ai découvert un moyen de eonnoître , fans le fecours du frottement, quels globes ou vafes de verre font le plus eleâri-ques. Ayant mis divers vafes de verre fur une fguilledfi lok éleMfëêUëTpr^' TentaTle doigt à chacun : les uns me don-
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- sue l’Électricite’. 43 noient une vive lumière; d’autres la don-noient plus foible; & à peine étoit elle fenfible dans quelques-uns.Surpris de cet-te variété, je m’appliquai à en chercher la J caufe;& je trouvai que les vafes qui don- , _ noient lejjlus de lumière â l’approche du doigt, font ceux qui acquierentTe moins ""~3every5jiar le frottement ; & qu’au coih ^traîreTœux dont le doigt ne peut tirer aucune lumière s’éle&rifent le mieux: étant frottés. Cette expérience eft utile pour connoître la bonté d’un globe avant que de faire les fraix de fa monture.
- §• LXI.
- Divers phofphores.
- L’arbre de Jupiter, mis fur cette barre, a donné un fpeâacle curieux. Lorf-que je promenois le doigt vis-à-vis de fes rameaux , à un ou deux pouces de diftance, il fortoit de chaque extrémité des branches une belle aigrette lumineu-fé, prenant fa direction vers mon doigt ;
- &, quand je le remuois avec viteflè , toqt l’arbre paroifloit en feu ; & des air
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- '44 EXPERIENCES grettes lumineufes fembloient fortir à la fois de l’extrémité de toutes fes branches.
- §. L X11.
- Ayant répandu fur la barre de la fine limaille de fer & de cuivre ; je promenai ma main à quelques pouces de diftan-ce au-deflusde la barre, après l’avoir fortement éleétrifée. Le fpe&acle en fut des plus brillans. Il s’élançoit de toute la fur-face de la barre une multitude de gerbes de feu ; elles le portoient avec impé-tuofîté vers ma main ; &, quand les mouvemens de ma main étoient preflès, toute la barre paroilïoit en feu, & comme dardant une infinité de fufées : La lumière étoit telle que tous les objets voi-fins en étoient éclairés.
- §. LXIII.
- Je remplis de fine limaille, & feulement aux un vafe de verre évafé par le haut; je le plaçai fur un gâteau de réfine au-deflous de la barre, de laquelle pendoit un fil de laiton qui plongeoit
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- sur l’Électricité*. 4$; dans la limaille ; la barre étant fortement éleéfcrilée, je portai ma main au vafe en l’empoignant ; &, à l’inftant, il fe forma comme une efpece de pavillon lumineux de limaille dont chaque parcelle, en s’élançant , décrivoit une efpece de parabole, & alloit tomber ( Fig. $. ) à quelque diftance hors du vafe ; & dans le même tems, il partoit des aigrettes lumineufes de divers points du fil de laiton.
- §. LXIV.
- La même expérience faite fur du fable, de la fçiure de bois, du caffé moulu, produifit bien le même pavillon , mais fans aucune lumière. Le foufre pulvéri-fé ne pût, en aucune façon, être mis en mouvement ; mais, en échange, les bords du vafe devinrent très-lumineux; & la furface du foufre fe couvrit d’une infinité de rayons de lumière, partant du fil de laiton comme d’un centre, & s’étendant vers, les bords du vafe.
- §. LXV.
- L’expérience que je vais rapporter mé-
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- rite attention. Je pofai fur un gâteau de réfine un badin d’argent de 3 à 4 pouces de profondeur » fur 7 à 8 de diamètre : Il étoit à moitié rempli d’eau ( Fig. 6. ). A l’extrémité de la barre je fufpendis une chaîne de laiton perpendiculaire au centre du badin ; &, de l’extrémité de la chaîne à la furface de l’eau * il y a voit une diftance d’environ 8 à p lignes. Jé fermai exaétement tous les jours de mon cabinet) &, audi-tôt que j’eus éleétrifé la chaîne appertdue à la barre 1 il parut à l’extrémité de la chaîne une aigrette d’une lumière pâle, dirigée vers'foiurfacede-feau. Ni l’eau ni le baffin n’écoient point lüminélvxj Ma furprife fut extrême lorfqu’aÿant plongé par hafard là main dans l’eau > à l’inftànt & l’eau & le badin parurent lumineux , au point qu’à leur feule clarté, non-* feulement on difcernoit les objets voifins, mais on y pouvoir même lire un cara&erq médiocre: Ee la lumière étoitfi iSînftan te, que je crois pouvoir adûrer qu’elle fublîftera audi long-teins que le globe
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- sur l’Électricité’. 47 fera frotté, la main trempant dans l’eau du badin. Ma main tirée de l’eau » & arrêtée à } ou 4 pouces de diftance de fa furface, paroiflbit lumineufe ; & les goûtés qui en tontboient l’étoient auffi. Je iufpendis enfuite à un cordon de foie qui paffoit fur une poulie, & fucceflïvement, divers corps de différent volume ; je les defcendois jufques dans l’eau ; les corps éleâriques par eux-mêmes ne produi-foient point ce phofphote ; les métaux l’excitoient le plus fortement 5 & le volume des corps parut influer fur l’expérience. Dans la fuite j’ai éprouvé qu’elle réuflifloit fans même que la main trempât dans le fluide*, il fuffic que l’on touche le baflin. Le phofphbre difparoît fi la chaîne vient à plonger dans l’eau, ou fi l’on éleéfcrife d’ailleurs le baflin.
- $. LXVI.
- Les mêmes phénomènes ont lieu fi l’on fUbflitue à l’eau d’autres fluides j excepté que lôrfqu on fe fèrt de liqueurs colorées, comme eff le vin rouge , la lumière neft
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- 48 EXPERIENCE#
- pas fi vive, & fon éclat diminue encore, quand au lieu d’un badin d’argent ou d’étain , on emploie un vafe de fer.
- §. LXVIL
- La même expérience , faite fur l’huile de noix ou d’olives, donna un nouveau phénomène. Lorfque je touchai du doigt le badin , la lumière qui partoit de la chaîne fe dilata en une infinité de rayons parallèles à la liqueur, & tendans vers les bords du badin. On pourroit les comparer à ces toiles que les araignées ourdi dent en l’air, fi l’on en excepte les fils circulaires qui croifent ceux qui partent du centre.
- §. LXVIII.
- Le bord fupérieur d’un vafe de verre rempli de mercure, fur la furface duquel pendoit, mais fans toucher le mercure, la chaîne éle&rifée, fe couvrit d’une multitude de jets de feu dès que je touchai le vafe ou un plat d’argent fur lequel il étoit pofé. Ces jets paroifloient fortir du mercure ; & il fe replioient fur le vafe qui
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- SUR L’É t E C T R ICITE*. 49 qui avoit un pouce de diamètre fur deux pouces de hauteur.
- > LXIX.
- Je mis enfuite fur un gâteau de refîne un plat d’argent à pans, & d’un tel diamètre que les quatre angles d’un miroir couché horifontalement dans le plat en touchoient prefque les bords j je plaçai la chaîne immédiatement fur le milieu du tain du miroirayant approché le doigt du plat, j’en fis fortir de fortes étincelles qui me heurtoient & à coups prefles, en même tems il fortoit des quatre angles de la glace des étincelles d’une vivacité extraordinaire : elles frappoient les bords du plat, & produiraient une lumière fi vive qu’un des fpe&ateurs put lire diftinéte* ment & long-tems de fuite à plufîeurs piés de diftance. Ces phénomènes n’ont lieu qu’autant que la glace eft tçmrnée du côté du plat, & que le tain efi tourné vers la chaîne.
- §. LXX.
- Ayant fortement éledrifé un plat d’argent au moyen de la chaîne qui en tou-D
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- yo Exibriences choit le bord, je plaçai différents cùrps fur le plat. Un cône & un tétraèdre folide de verre fe parfemerent d’une multitude de points lumineux, dès que j’appliquai le doigt à leur fonunet.
- §. LXXI.
- Je pofai fur ce plat une bouteille de deux pouces & demi en quarré, & de trois pouces de hauteur, de celles dont le verre eft extrêmement mince, Sc qui font deftinées à être brifées par la pref-fîon de l’air extérieur ; je fis defcendre l’extrémité de la chaîne au-dedans de la bouteille, fans cependant qu’elle en touchât le fond j lorfque je touchai du doigt ou la bouteille ou feulement le plat fur lequel elle étoit pofée, il parut autour du fond intérieur de la bouteille une infinité de points lumineux très-voifins les uns des autres.
- $. LXXII.
- d'allumer les matières combuflibles.
- La lumière que donnent les Etres vi-vans doit avoir ici fa place. Qu’une per-fonne fufpendue par des cordons de foie,
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- SUR l’Élkctrîcit é. jr •bu placée fur la poix , touche le globe ou la barré élèdtrifée j qu’une autre en approche le doigt j il part avec bruit une étincelle dont l’aélion eft également dou-loureufe aux deux pérfonnes.
- $. LXXIII.
- Si celle qui préfente le doigt eft elle-même éleékrifée, il n’y a plus ni lumière ni étincelle : Et l’une ôc l’autre fera à pei* ne fenfible fi l’on approche, d’unè per-fonne éle&rifée, un corps éleékrique par lui-même.
- §. LXXIV.
- J’ai füfpendu à l’extrémité de la barre divers animaux j ou liés, ou le corps plié dans un linge ; j’en ai aufii enfermé divers dans une cage fixée fur une caiflè de poix. De quelque partie de leur corps que je tiràfte des étincelles, l’agitation de l’animal marquoit que la douleur qu’il reflentoit étoit vive ; j’obfervois que les parties les moins chargées de plumes ou de poil étoient le plus (ènfibles. La violence des mouvemens d’un chat, qui fé
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- Ja EXPERIENCES
- jetta avidement fur de la viande qu’on lui préfenta au bout d’une fourchette , fut extrême lorfque l’étincelle vint à heurter contre fes dents.
- §. LXXV.
- Cette lumière, ces étincelles qui for-tent des êtres animés, des métaux , de l’eau & mêm e de la glace, paroiflent douées de toutes les propriétés de la matière du feu ; elles allument non-feulement l’efprit de vin , mais toutes les fubftances qui exhalent une vapeur facile, à s’enflammer.
- Si l’on approche du doigt de la per-fonne éle&rifée un vafe contenant de l’efprit de vin, l’étincelle qui partira du doigt enflammera la liqueur. Que la per-fonne élettrifée tienne elle-même le vafe, & qu’une autre préfente le doigt ; qu’il n’y ait qu’une perfonne éleéhifée , ou qu’il y en ait une chaîne de plufieurs dont la plus éloignée du globe opéré ; le même phénomène a également lieu.
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- sue l’Électricité, j-j §. LXXVI.
- Préparations nécejfaires pour allumer J di-verfes matières.
- Il eft à la vérité néceflaire pour cette expérience de donner une préparation aux liqueurs : il faut le chauffer plus ou moins fuivant leur nature. Les matières réfineu-fes doivent l’être le plus: L’expérience fera même plus fûre fi l’on ne préfente la liqueur au corps éleétrifé qu’après l’avoir auparavant allumée & éteinte. La matière & la grandeur du vafe qui la contient ne font pas non plus indifférentes ; outre que les métaux conçoivent le plus grand degré de chaleur , ils provoquent le plus la matière éleétrique à s’élancer hors du corps éleétrifé. Une cuilliere de métal eft donc le vafe le plus convenable ; & la plus petite donnera le plus de facilité à enflammer les matières électriques par elles-mêmes, comme la térébentine; parce qu’alors c eft par le métal que la matière éleétrique, qui doit enflammer, eft déterminée à fortir.
- D.iij
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- 54 EXPERIENCES
- §, LXXVII.
- La poudre à canon pourra auffî être allumée ; fur tout fi , après l’avoir exactement fait fécher, on l’a humeétée d’al-çohol ou de quelque huile effentielle difiilée. La plus fine prendra feu le plus aifément.
- §. LXXVIII.
- Une chandelle éteinte fe rallume dès qu’on approche de la flamme d’une autre la fumée qui en fort. Cette expérience triviale fit naître l’idée de préfenter à la barre une chandelle après l’avoir éteinte, Sa fumée ( Fig.7. ) fe dirigea bien d’abord vers la barre; mais elle ne pût être rallumée que lorfque l’on préfenta le doigt à la barre, le lumignon étant immédiate, ment entre la barre & le doigt. L’étincelle que l’on tire de la barre , élancée contre le doigt , rallume le lumignon qu’elle trouve fur fbn paflage. Ces Expériences indiquent comment on peut enflammer des matières de différente con-fiftance.
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- sur l’Électricité*. yy §. L XXIX.
- Les huiles ne rendent aucunes étincelles à, ïapproche du doigt.
- Après avoir nus fucceffivement » dans la main d’une perfonne éleétrifée , des vafes pleins de différera fluides ; fl l’on préfente à ees fluides le doigt ou du mé„ tal j la lumière & les étincelles font plus ou moins fortes fuivant la nature du fluide. Les huiles ne produifent ni lumière ni étincelles. Et la douleur que l’on refient en approchant le doigt du fluide ; quel qu’il foit, m’a toûjours parue moins vive, & lebruit moins fort que lorfqu’on l’approche immédiatement de la perfonne
- LXXX.
- ere éLeUrique tend à l'équilibre. es expériences, fi je tirois une , à l’inftant la perfonne éleéHîfëë'en rendoit aufli une qui fortoit de fon doigt le plus voifin du fluide dans lequel elle fe précipitoit. Une autre étincelle pafifoit de la barre à fon autre main D iiij
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- J6 EXPERIENCES quand elle l’arrêtoit à quelques lignes de diftance de la barre. J’ai varié ces expériences , & il m’a toûjours paru dansla matière éle&rique une tendance décidée à être en équilibre dans toutes les parties des corps qui fe communiquent.
- §. LXXXI.
- Examen de Vexpérience deMr.Jdo\e* connue fous le nom de béatification.
- J’ai voulu imiter cette fameufe expérience que Mr. Boze a feul , je crois, exécutée j & dans laquelle la lumière qui environne la perfonne éleélrifée, fembla-ble à celle dont fe fervent les Peintres pour caraélérifer les faints} a fait donner à ce fingulier phénomène le nom de béatification. Et voici ce que j'ai trouvé. .
- §. LXXXII.
- Une caifle d’environ 3 piés en quarré remplie de poix, & dont les bords & toute la furface extérieure étoient auffî enduits de poix, fervoit de fupport à un jeune homme. J’eus foin qu’il fut. ifolé
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- le plus loin qu’il étoit poffible de tout corps non éleétrique. Il étoit vêtu d’un tiflù de fil & de coton ; &, au moyen d’une grolfe barre de fer il communiquoit à un excellent globe qui l’éleétrifoit. Ses habits , principalement vers les bords i fe parfemerent d’une infinité de points lumineux. J’en apperçus auffi aux extrémités de fes cheveux , furtout à ceux du derrière de la tête , 8c fur la furface de la poix. Lorfque lès piés changeoient de place , celle qu’ils quittoient paroiffoit lumineufe. Il fe plaignoit qu’il fenroit à la tête un frémiflèment pareil à celui qu’une multitude de fourmis aurait pu exciter. Quelqu’un ayant approché de fa main une clef, l’étincelle qui en partit lui caufa une douleur fî vive qu’il def-cendit avec précipitation ; & à l’inftant le plancher devint lumineux.
- L’on jugera à quel point étoit pouffée,' l’éle&ricité par les points lumineux dontfe couvrit, à plus de fixpiés de diftance de la barre, un bout de ficelle attaché au plan->
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- J8 EXPERIENCES cher; & qui fervoit de prolongation à un des cordons de foie fur lefquels repofoit la barre.
- §. LXXXIII.
- La réitération de cette expérience, 6c avec le même globe , & avec deux globes qui tranfmettoient en même tems leur vertu au jeune homme , m’a fait voir que les habits tiflus de matière végétale font ceux fur lefquels les points lumineux paroilfent le plus ; & qu’ils ne font jamais plus vifs ni en plus grand nombre que lorfqu’on approche de la per-fonne éleétrifée un corps non électrique.
- §. LXXXIV.
- Il n’eft pas inutile d’obferyer que tout âge & toute conftitution ne font pas également propres à ces expériences. La jeu-nefie & une forte complexion m’ont paru donner les phénomènes les plus beaux. §. LXXXV.
- Au moyen d’un fil de fer communiquant au globe j’éleétrifai divers ani-
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- SOK fÊLECTRIOITl’. jp piaux enfermés dans un réfeau fufpen-du à un fil de foie. Les extrémités des poils d’un chien, des plumes d’un poulet le parfemerent de points lumineux. Et les ayant enceints d’un anneau de fer d’un diamètre tel que le corps de l’animal en étoit de toutes parts éloigné de a à 3 pouces ; ces points, non-feulement augmentèrent en nombre & en vivacité ; mais le bec , par exemple , & chaque ongle d’un poulet donnèrent une aigrette de lumière.
- §. LXXXVI.1
- Un animal mort, de la chair dépécée., des pelotons de ficelle &c. préfentés dans un baffin d’argent à quelques pouces au-deflous d’une foûcoupe fortement éle&ri-fée, fe couvrirent des mêmes points lumineux : &, fi de la poix fervoit de fup-port au baflin & que je le touchafle, la lumière de ces points en devenoit beaucoup plus vive.
- §. LXXXVII.
- Et pour ces expériences 8c pour les
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- '6o EXPERIENCES autres rapportées dans le chapitre précéi dent, j’ai choifi la nuit, tems où l’ob-fcurité eft plus complette, & la prunelle plus dilatée.
- §. LXXXVIII.
- Vexpérience rapportée §. XXXI. &c. produit dans l’obfcurité un phénomène JinguÜer.
- Le phénomène que je vais rapporter produit un fpeétacle furprenant. Ce font les mêmes expériences décrites §. XXXI. & répétées dans l’obfcurité. Des feuilles d’or placées entre deux foûcoupes de métal ne préfenterentà l’œil que divers points lumineux , les uns voltigeans dans l’air , d’autres cheminans fur le même plan ho-rifontal formoient entr’eux des figures variées. Et comme ces points procédoient des angles & des bords des feuilles, j’en augmentai encore le nombre & la variété en découpant les feuilles & leur donnant diverfes formes de fantaifie. Les-bords de deux grandes feuilles d’or, mi-fes fur la foûcoupe inférieure & élevées
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- sur l’Électricité; par la vertu de l’autre foûcoupe, fe par-; femerent en entier d’une infinité de points lumineux.
- §. LXXXIX.
- Obfervations fur la lumière que rendent les corps éleftrifés par communication dans le vuide.'
- On peut auflï tranfmettre la vertu des corps éleéhifés dans le plein à d’autres corps enfermés dans des récipiens dont on a épuifé l’air ; & la lumière que rendent les corps éleétrifés par communication dans le vuide, produit des phénp-menes aflez remarquables. -VtV*Vv f
- §. xc. ÿu,v"’
- Je pris deux boëtes cylindriques de laiton remplies de cuirs huilés; je fi? paf-fer au travers de chacune par des trous ménagés à cet effet un fil de laiton prolongé, & dont l’extrémité étoit terminée par une efpece de tête plate, ou de difque d’un pouce de diamètre. J’adaptai l’une de ces boëtes au fommet ou-
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- £a ËX* ÉRïENdÉ j yert d’un récipient, le difque du fil dé îàïJ ton étant dans l’intérieur du récipient $ je joignis l’autre boëte par delfous à là platine de ma pompe, au moyen d’uné vis» le difque du fil de laiton tourné en haut. J’appliquai le récipient fur la platine de façon que les deux difquesfe ren-controient perpendiculairement : Une chaîne de métal partant de la barre alloit porter l’éleâricité au fil de laiton fupérieur , à la partie fupérieure duquel ellé étoit unie. Le récipient étant vuide d’air* outre un cercle lumineux qui fe forma d’abord autour du difque fupérieur , il en partit des jets de lùmiere , variés fui-vant qu’on en approchoit ou qu’on en éloignoit le difque inférieur. Quand les difques étôient éloignés, ces rayons dé lumière fe dirigeoient aflez bifarrement vers les parois du récipient ,Jûrj£(qudles~— ~lls_s’etên3oient ; mais ils fe repÜoient contre le difque inférieur lorfqu’on le rapprochoit du fupérieur. On ( Fig. XL) eut pû alors les comparer à des méri-
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- sür l’Électricité*. 6f Siens d’une fphere dont l’axe auroit paffé par le centre des difques.
- §. XCt.
- Un difque de verre couvert de parcelles de feuilles d’or & mifes à la place du difque inférieurjdes corps de formes différentes fubfEtués aux deux difques ; le plus ou le moins de grandeur des réci-piens j des fragmens de feuilles d’or répandus ou appliqués autour de leur fur-face intérieure ; tout cela produit des variétés furprenantes.
- §. XCII.
- Deux fils de laiton dont le fupérieur , au lieu de difque, étoit percé en travers à 3 lignes de diftance de fon extrémité , étant difpofés Comme les précédens ; il fortit de chaque côté du trou latéral cïu fil fupérieur un rayon de feu ; & , lorfque fen approchai le fil inférieur, l’extrémité de ces deux rayons, en fe repliant, vint fe réunir au bout du fil inférieur, & ils formoient une efpece d’anneau d’un feu affez deofe.
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- §. XCIII.
- Quoiqu’en approchant brufquementf le fil inférieur dü fupérieur j’en tiraffe une étincelle, je ne pus cependant réuffir à allumer de l’excellent alcohol dont j’avois empli un petit vafe de métal fixé au fommet du fil de laiton inférieur ; le refroidiffement de la liqueur, pendant qu’on pompe l’air du récipient, y eft fans doute un obfiacle.
- §.XCIV.
- Lesvafes vuidés, d'air fe remplijfent de lumière à l'approche d'un corps élettrifé. On a, vû que les corps électriques par eux-mêmes devenoient lumineux étant frottés dans l’obfcurité ; & qu’il fortoit des corps éleétrifés par communication des rayons de lumière, des traits de feu &c. : Voici une autre façon de produire de la lumière par le moyen de l’éleétricité. Approchez à diverfesdiftances d’un corps éleétrifé différera 'vafes de verre vuides d’air: iis fe rempliront d’une lumière variée d’accidens
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- sus l’Électricité’.
- d’accidens aflez bifarres. Les expériences —îuivânres'jiifôfieront que ces variétés ne procèdent que du plus ou du moins de raréfaction de l’aiTHans les vafes.
- §. xcv.
- Pour éviter la peine de pomper plu-lîeurs fois de fuite l’air de globes d’un grand diamètre, je fis monter au col d’un i petit matras une fermeture de laiton. Le centre de cette fermeture étoit percé en écrou pour recevoir la vis d’un tuyau de laiton garni d’un robinet dans fon côté ; & ce tuyau, par une vis que portoit fon autre extrémité, s’uniffoit à la platine de ma pompe. Le diamètre de la boule du matras étoit d’environ 3 pouces; & fon col avoit 10 pouces de longueur fur g lignes de diamètre. J’appliquai (Fig.8.) ce matras à ma pompe, de la parfaite exactitude de laquelle je dois ici honneur à 1 Mr, Jean Van JVT'^henbrpg-k--^"»- lpo__ 1 connoiffances dans la théorie, & la dexr i térité dans l’exécution des machines ,
- I font fort au-delfus de celles d’un Artifle
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- 36 EXPERIENCES ordinaire. Je pompai l’air du matras ; Ôc je connus qu’il en étoit prefqu’entiere-ment vuidé lorfque, dans un tube appli* qué à ma pompe, le mercure fut monté à la hauteur de 2.6 pouces 10 lignes, \ ' degré du baromètre dans mon cabinet,
- v En fermant le robinet du tuyau adapté
- ^ au matras, j’interceptai la communica-
- ' " tion de fon intérieur avec l’air ; 6c, l’ayant
- féparé de la pompe, je le préfentai à la barre éledtrifée. Il ne parutde jajumiere Cjue yis-à^vis de rendroit qui touchoit la ' ‘"' barre ; l’on n’obervfoxt dans le refie du
- "matras que quelques points de lumière , vifs, à la vérité, mais affez éloignés les uns des autres.
- §.XCVÏ.
- Plus Voir iïun vafe efi épuifé exactement; & plus il devient lumineux.
- A la vûe de ce phénomenéje penfai; { après plufieurs Phyficiens, qu’un peu d’airj étokabfgjumen^nécefiaire pour la production d’une lumière bien fenfible. Mais
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- SUR L*è LECTRIClTE*. 6*f &i réitérant l’expérience , & ne faifant monter le mercure qu’à 26, 25,24pouces , &g. dans le tube qui me fervoit d’indice fur la raréfaction de l’air dans le matfas, je fus furpris de voir la lumière, au lieu d’augmenter, diminuer J & enfin difparoître. Je ne fus pas long-tems à m’appercevoir que la furface intérieure du matras étoit couverte d’une vapeur •
- ^pàt^eTTTÎa repriTaprès avoir été~exâc^"
- "Tement nétoyé avec l’eau & la cendre, féché au feu & expofé enfuite à un fo-leil ardent pendant un jour entier : Et, pour parer au même accident, j’imaginai un tuyau de laiton recourbé » taillé en vis aux deux extrémités, & fervant ordinairement de communication de la plar tine de ma pompe à une fécondé platir ne dans les expériences du vuide où lç vif-argent eft employé. Je remplis de coton ce tuyau; & , en le fixant d’un bout au matras & de l’autre au tuyau armé du robinet , [je parvins à préferver de
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- £8 E X P E R I 1 N C B « toute vapeur l’intérieur du matras. Auflï i
- Inrlqu’après en avoir-fixaftement vuidj---->
- Pair , je le préfentai à la barre éleflrifée, à l’inftant toj£, l’iotéEieur.du.matrasp^mL, ^tHununT: La couleur & les accidens de cette lumière varioient à tout moment ;
- & cette variation étoit infaillible lorfque je changeois la fituation du matras par rapport à la barre. La partie la plus lumi-neufe étoit toûjours le col du matras, & furtout la plus voifine du métal. Je po-fai enfuite le matras verticalement fur la' barre ; il demeura lumineux pendant encore affez long-tems, quoique je tinffe mon autre main fur la barre ( Fig. p. ) ; la lumière qui n’étoit plus continue , prévoit alors une direction femblable aux méridiens d’une fphere ; &, pendant une Oü deux minutes après que le matras eut 'été éloigné de là barre, chaque fois que je le touchois j’yreffufcitois des éclats de lumière.
- §.XCV IL
- Lorfque que je tentai la même expé-
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- SUR l’Êlectricite*. 60 rience en ne pompant l’air du matras que jufqu’à l’élévation du mercure de 26 8c 25 pouces dans le tube d’indice , la lumière ne parut plus continue dans l’intérieur du matras : Elle fe diftribua en bandes circulaires verticales , d’une couleur blanchâtre , & on appercevoit de tems en tems des éclats d’une lumière plus vive. Le col du matras étoit lumineux dans toute fon étendue, furtout près de l’extrémité garnie de laiton. Une lumière femblable à des éclairs qui percent par intervalles une obfcurité parfaite , fub-fifta encore quelques minutes après avoir retiré le matras de la barre ; & dans cette expérience , ainfi que dans la plupart des autres, dès que j’approchois la main du matras j’étois fur d’y exciter les mêmes éclats de lumière.
- §. XCVIII.
- Le mercure étant à 24, 25,8c 22 pouces , la lumière diminua fucceflîve-mentj & à 21. pouces il n’en parut plus Eiij
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- 70 EXPERIENCES
- que dans le col près du métal. Il reiloic alors dans le matras un peu moins du ~ de l’air qu’il contenoit naturellement.
- §. XCIX.
- Il réfulte de ces expériences dont j’ai rendu un compte détaillé ignorant fi aucun Phyficien les a faites ; 1 que toute humidité adhérente à la furfaçe intérieure des vafes vuidés d’air , nuit à la production de la lumière. 2°. Que le degré de vivacité & de continuité de la lumière dépend du degré d’exaélitude, avec laquelle on a fait fortir l’air des vafes. Plus leur intérieur fera raréfié , & plus ils donneront de lumière.
- $. C.
- Un globe de verre de 4 pouces de diamètre, terminé par une efpece de col en forme conique , donna les plus fin-guliers phénomènes. Et le glohe & fon col devinrent lumineux à une diftance de la barre plus grande que celle où le matras avait commencé de le devenir. La lymiere parut extrêmement vive quand le
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- SUR l'Électricite’. 71 globe fut près de la barre ; le col en particulier fembloit être tout en feu. Etlorf-que j’approchai le doigt de fon extrémité j il en fortit comme un torrent continu de feutjutïe précipita vers mon doigt, tandis que l’intérieur du col étoit plein*-d’un feu rougeâtre. Et, quand le globe eut été éloigné de la barre , j’apperçûs, mais dans un degré fupérieur , les mêmes phénomènes que le matras féparé de la barre avoit produit.
- §. CI.
- J’ai encore obfervé qu’un globe de verre d’un pié de diamètre » monté & mû fur la machine de rotation parallèlement au globe quon frotte, fe remplit d’une lumière beaucoup plus vive & à une plus grande diftance du corps frotté, que lorfqu’on le lui préfente lùnplement. Moins il reftoit d’air dans ce fécond glo“ be, plus la lumière en étoit vive & foû-tenue. Et, lorfqu’on y laiffoit rentrer un peu d’air, les accidens de la lumière va-rioient comme dans le matras dont je viens de parler. E iiij
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- 73 EXPERIENCES
- §. CIL
- Les vafes vuidés d’air qui renferment un peu de mercure * & les baromètres éleflri-ques dament les mêmes phénomènes.
- > A quelques variétés près , les tubes » globes ou phioles, vuidés d’air, où l’on, enferme un peu de mercure pour les rendre lumineux en les agitant, donnent les mêmes phénomènes. Je les ai obfervés dans une phiole d’un verre blanc de Bo" heme, d’un pié de hauteur fur IJ lignes de diamètre. Un tube de 18 pouces de longueur courbé en zigzag, & approché par une de fes extrémités de la barre ; donna un beau pholphore. Un courant de lumière s’avança fucceffivement du bout voifin de la barre jufqu’à l’autre bout , & le tube en demeura entièrement rempli
- §. cm. *
- Les différences dans la maniéré de conftruire les baromètres influent fur leurs phénomènes à l’approche de la bar-
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- sur l’Électricité. 73 re. La partie fupérieure de ceux {dont la conftrudtion eft indiquée $. XXII. s’eft toûjours remplie de lumière. Je l’ai quelquefois excitée à plus d’un pié de (Mance de la barre. Mais, fi après en avoir tout-à- ^
- fait approché le baromètre, on l’en éloi- j gne peu à peu, la vertu éleârique de la barre agira encore fur lui à 4 & y pies ( de diftance. Le mercure même étant par- ' faitement tranquile , j’ai encore obfer-vé des intervalles lumineux& j’étois fur de les produire, foit en approchant le doigt du tube, foit en tirant une étincelle de la barre. ÜHe bulle d’air introduite dans le haut d’un baromètre ôta une partie de la vivacité de la lnmiere, qui ceflà entièrement quand il y fut entré affez d’air pour faire baiffer le mer cure ki 3 pouces.
- §. CIV.
- Dans toutes ces expériences, le tube . doit être ifolé , & préfenté de façon que / la furface du mercure foit un peu au-
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- 74 EXPERIENCES deflous du niveau de la barre. Qu’un fil de laiton entortillé au haut du tube foit approché de la barre, la lumière dans le tube croîtra en vivacité, & variera dans fes couleurs.
- § CV.
- Il ne faut pas omettre que tout baromètre que l’approche d’un corps électrique a rendu lumineux, l’eft aufli devenu par la fimple friction de la main ou du métal. Entre plufieurs, j’en ai trouvé un dont le mercure agité dans J’obfcurité n’a pû lui faire rendre aucune lumière. Des tubes remplis d’un mercure pas allez purifié ; d’autres , après avoir férvi, remplis de nouveau fans avoir été nétoyés , & fans y avoir fait bcmilliiüe mercure , n’ont produit aucune lumière , mémtT en les préfentant à la barre.
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- SUR l’ElECTRICITE’. 7f
- CHAPITRE V.
- Des corps éleftriques par commu* nication.
- §. CVI.
- Précautions nécejfaires pour éleElrifer par communication.
- AVant que d’entrer dans le détail des phénomènes de ce fécond ordre de corps, il eft effentiel d’indiquer quelques précautions ou préparations néceifaires pour les mettre en état de recevoir la vertu éleélrique. Ils doivent être ifolés de tout autre corps non éleélrique. On les en fépare , foit en les fufpendant à des cordons de foie exemps de toute humidité ; ou, en les pofant fur des gâteaux de réfine , fur des caiffes pleines de poix, fur des guéridons de verres fé-chés exaélement. Ainfi dilpofés, fi on en approche un tube ou un globe fortement éleétrifés 3 les corps non éieétriques
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- EXPERIENCES-' Contractent l'éleélricité dan» un J degré plus ou moins confidérable fuivant leur nature.
- §. CVII.
- Quelques autres difpofitions m’ont paru, dans certains cas , & plus commodes & plus efficaces ; par exemple , je me fuis fervi utilement d’un entonnoir de fer blanc dont l’orifice étoit à peu près du même diamètre que celui du globe électrique. Cet entonnoir fe termine par un tuyau auffi de fer blanc qui fe peut prolonger de telle longueur & courbure que l’on veut, au moyen d’autres tuyaux faits pour s’emboiter les uns dans les autres par leurs extrémités. Et ( Fig. 3.) le bout du dernier doit être percé de deux trous ou armé de deux anneaux auxquels j’appens une chaîne de métal fer-vant à porter les corps qu’on veut élec-trifer. Un cordon de franges d’argent régné au tour du bord de l’entonnoir que je fufpens horifontalement , de façon qu’il embraffe le globe électrique auffi près qu’il
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- sur l’Électricîte*. r) jfcll poffible, fans rifquer de le toucher.
- L’on peut auffi fufpendre horifontale-ment à des cordons de foie une fimple barre de fer dont un bout réponde perpendiculairement au diamètre vertical du globe, & en foit de quelques lignes plus élevé. Une houpe de franges d’argent attachée à la barre, & trainante fur le globe portera l’éleâricité du globe à ia barre, à l’autre bout de laquelle on pourra appendre une chaîne, comme dans la pré_ cédente difpolltion.
- §. CVIII.
- Les métaux deviennent très-életfriques.\
- Tous les corps ne font pas capables d’acquérir par communication un égal degré d’éleétricité. Ceux qui s’éleétri-lènt très-difficilement , quoique frottés vivement, & à plufieurs reprifes ; les métaux, par exemple, qu’il efl impoffible par le frottement de rendre éleétriques, le deviennent le plus _ par communication. Leur vertu fera d’autant plus forte que leur mafle fera plus confidéra-
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- •j$ EXPERIENCES ble. Et de deux maffes égales en poids; celle qui aura le plus de furface, furtout en longueur > fera fufceptible de la plus forte électricité. Cette obfervation eft importante, en ce qu’elle indique un moyen aifé d’en rendre les effets plus fenfibles.
- §. CIX.
- L'humidité ne nuit point à téleftricité par communication
- L’humidité qu’on a vu être fi nuifible à la production immédiate de la vertu électrique , en favorife au contraire la communication. Une corde mouillée la tranfmet bien plus aifément qu’une corde feche. Une perfonne couverte de fueur deviendra fortement électrique par communication. La fumée, que refpire un fumeur éleCtrifé, fe dirigera auffi vers la main qu’on en approchera.
- §. ex.
- Phénomènes des fluides élefirifésl Tous les fluides, excepté les huiles, peuvent même acquérir par communication
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- sue l’Électricité*. 79 une forte électricité ; & les effets qu’elle produit fur eux font affez (remarquables.
- Je pris divers fiphons de verre & de métal ; l’extrémité de leur plus longue jambe étoit retombée verticalement, & fe tenmnoit en quelques uns, par un tuyau capillaire. Je plongeai la plus courte jambe de chacun de ces fiphons dans des vafes remplis de différentes liqueurs; & j’appendis fucceffivement ces vafes à la barre par une chaîne de métal. Le globe rendu éle&rique, j’attirai avec la bouche l’eau du vafe par le boiit du tuyau qui terminoit j la longue jambe du fiphon ; à l’inftant, l’eau forma un jet dontÇla hauteur & l’amplitude furent plusTgrandes que quand l’eau n’étoit pas éleétrifée : Plus l’ouverture par où l’eau s’écouloit étoit petite, & plus le phénomène étoit fenfible; onl’appercevoit encore quand elle avoir une ligne de diamètre. Le jet que donna un fiphon terminé par un tuyau d’un f de ligne de diamètre fe divifa en une infinité de fi-
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- lets ,\& s’éleva du double de fa hauteur* naturelle; & l’eau qui ne tomboit qüe goutte à goutte dun tuyau capillaire, s’élança, au moment que l’éleâricité lui fut communiquée , formant un jet de 4 ou y pouces de hauteur. Mais, quelque accélération que paroilfent avoir acquis les jets éleélrifés qui fortent d’une ouverture au-deflous de j ligne de diamètre , le tems employé à vuider différens vafes, n’a jamais été d’un §- plus court que quand l’eau étoit dans fon état naturel.
- Un jet éleélrifé attire un fil de lin qu’on en approche ; & l’eau éleélrifée communiquera fa vertu à un vafe de métal pofé fur de la poix, & dans lequel elle tombera.
- Le même jet qui, non éleélrifé, étoit de 4 à y pouces, s’élèvera, éleélrifé , jufqu’àplus de iy pouces, fi on préfente la main au-deflus ; & fi on la préfente à côté, le jet & le fiphon même fe dirigeront vers elle & en fuivront lesmou-yemens : Qu’on y préfente les deux
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- SUR L'ÉLECTRICITÉ. *ï] mains, une de chaque côté ; le jet fe di-, vifera en une pluie fine dont chaque main attirera une partie. Je l’ai dilaté au point d’éloignér'des gouttes à plus de deux pies les unes lies autres. Dès qu’on touchoit du doigt la barre, le jet ceffoit de s’écarter du fiphon ; il fe replioit mê-_ me dans le fens oppofé ,(lorfque le tuyau par oh l’eau s’écouloit étoit fort étroit J & recourbé parallèlement à la longue jambe ________ du fiphon : Mais, au moment que l’on retirait le doigt de la barre, le jet fe rele-voit fubitement. Cette expérience faite dans l’obfcurité, l’eau paraîtra lumineufe.
- §. CXI.
- Parmi les différentes curiofités que renferme le beau cabinet de Mr. G..., il y a un vafe de terre doué de la propriété de lailfer paffer aifément, à travers fes pores, l’eau dont on le remplit; &. de faire germer les graines appliquées fur là furface plus promptement que femées en terre. J’ai éleétrifé plufieurs jours de fuite,
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- 8ft EXPERIENCES
- 8 à p heures chaque jour, l’eau dont eé vafe étoit rempli : Un fupport de fer blanc à rebords, placé au-defl'ous, la recevoit à mefure qu’elle diftilloit du vafe ; & la conduifoit dans un vafe cylindrique di-vifé en parties égales. La quantité d’eau qui s’eft filtrée dans un tems donné , a été d’un | plus grande que de celle qui s’écoule naturellement.
- §. CXII.
- L'éleBriàté ri augmente point VèUvation des liqueurs dans les tuyaux capillaires. Ces effets de l’éleétricité me firent naître l’idée d’éxaminer fi elle ne pourrait point faire monter les liqueurs dans les tuyaux capillaires, au-deffus de la hauteur à laquelle elles s’élèvent par l’attraction du tube. Je plongeai des tuyaux d’un différent diamètre dans un vafe plein d’eau, &, après avoir mefuré exactement la colomne d’eau fufpendue dans les tubes; je tranfmis au vafe une forte éleétricité î L’élévation de la liqueur dans les tuyaux
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- SUR l’Èlïctrïcit'ê» 8* capillaires a été la même, que lorfqu’elle n’eft pas éleétrifée.
- §. CXIII.
- Effets de Véletiricité fur les Etres vivansi Les Etres vivans reçoivent aifément l’éleâricité ; & fi l’on parvient à la leur donner utilement, il fera très-facile de la tranfmetre avec un feul globe à plufieurs malades à la fois , même dans leurs lits. Il fuffira que les piés des couchettes po-fent fur des gâteaux de réfine ; & que divers fils d’archal attachés par une de leurs extrémités à la barre, atteignent les différens lits.
- §. CXIV.
- Un des effets de l’éle&ricicé le plus fenfible eft l’accélération du pouls. Elec-trifé , j’ai compté 90,& jufqu’à 96 pul-fations dans une minute ; &, non élec-trifë, le nombre n’a jamais pafféSo. On doit obferver que les battemens des artères n’augmentent au point dont je parle, qu’après une éleétrifation aulfi foûtenue que vive. F ij
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- $4 EXPERIENCES
- §. cxv.
- Ce phénomène & l’accélération des liqueurs qui s’écoulent par divers fiphons, me rendoient très-vraiflemblable ce que l’on m’avoit dit avoir été obfervé à Strasbourg; que le fang d’une perfonne éleélri-fée,à qui on ouvre la veine,jaillit avec plus de rapidité qu’à l’ordinaire. Cependant comme d’illufires Phyficiens doutoient de la vérité de ce fait, je réfolus de le vérifier. Je fis d’abord l’effai fur un pigeon & fur un chien : mais le peu de fang que rendit le pigeon, & les mouve-mens violens & convulfifs du chien , ne me permirent aucune obfervation. Je fus obligé de tenter cette expérience fur des hommes. Mr. Guiot, dont la fcience en chirurgie, & la dextérité à opérer, méritent des éloges diftingués, voulut bien m’aider dans ces recherches, de même que dans les autres qui ont eu l’économie animale pour objet.
- §. CXVI.
- Notre première expérience fe fit fur un
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- SÜR l'Electricité. 9f
- homme infirme , & auquel la faignée avoit été ordonnée. Il fut éleélrifé, & feigne affis, & dans une fituation tout-à-fait commode : Non-feulement l’éleétri-cité ne parut point accélérer le jet du fang , mais ce jet baiflfa dès le premier moment ; & foit que l’éleétricité paffât au patient , foit qu’on l’interceptât , le fang continua à couler le long du bras.
- Ce phénomène, en contradiction apparente avec quelques autres, m’auroit fort furpris; fi je n’avois foupçonné que la peur que pouvoit avoir caufé au patient un appareil inconnu, & les étincelles vives qu’on tiroit de fon corps ; jointes à la qualité épaifle & vifqueufe de fon fang, pouvoient avoir nui à cet eifai.
- §. CXVII.
- Un homme de 30 ans, fain, robafie ; & familiarifé avec le feu électrique, fut mis à fa place. On le faigna affis, ayant le bras fur lequel on opéroit appuyé î en-forte que , pendant l’expérience , il lui Fiij
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- $6 EXPERIENCES fut très facile d’éviter tout mouvementé Le jet du fang étoit vif, dilaté , & s’é-tendoit aflez loin. Il perdoit fenfiblement de fa vitefle & defon amplitude, lorsqu'on touchoit le fil d’archal qui tranf-mettoit au patient l’éle&ricité ; comme auffi lorfqu’cn éloignoit le doigt du fil d’archal, à l’inftant, le jet fe divifoit 3 & fon amplitude augmentoit. Le jet fe dé-tournoit vers mon doigt, fi je l’en ap-prochois ; 8c, en même tems que le fang paroifToit pouffé avec plus de force , un coup douloureux frappoit le patient à l’endroit de la piquure, & il reffentoit des picotemens dans tout fon corps. Cette expérience réitérée fur la main d’un homme de 40 ans, & de bonne comple-xion, a donné les mêmes phenomenes.
- $• CXVIII.
- Les uns & les autres ont eu pendant quelques jours un engourdifiement au bras dont on avoit ouvert la veine ; & la perfonne de 30 ans qui avoit été faignée au bras, s’eft plainte d’un tremblement de maiq»
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- SUR L’ÉLEC TR ICI TE". 87
- §. CXIX.
- L'élettricité augmente la chaleur du corps;
- L’éleétricité augmente le degré de chaleur du corps. Un thermomètre de Far-henheit qui, mis fur ma poitrine ou fous mon aiffelle, ne pouvoit pas s’élever au-dela de p2 degrés, monta jufqu’à 57 après que j’eus été vivement éleârifé.
- §. C X X.
- Elle accéléré les tems critiques des femmes2 Elle m’a auffi paru très-propre pour accélérer le retour périodique des femmes i & en rendre les évacuations plus abondantes. Et fi quelques Phyficicns ont vû des exemples du contraire, je foupçonne que la peur, ouquelquautre obftacle particulier , aura influé fur l’expérience.
- §. cxxx.
- Les mufcles d'où ton tire des étincelles font agités de mouvemens convulfifs. Mais un effet de l’éleétricité qu’il n’eft F iiij
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- pas indifférent de remarquer , c’efl que l’on apperçoic dans les mufcles d’où l’on tire des étincelles divers mouvemenscon-vulfifs. Je les ai fouvent obfervés dans les mufcles du carpe & des doigts de la main d’un bras paralytique ; & . fuivant que je tirois l’étincelle des mufcles exten-feurs ou fléchiffeurs , ces parties, quoique privées de fentiment & du mouvement dès long-tems , fe mouvoient, à ma volonté, d’une maniéré très-marquée. Les extrémités nerveufes des mufcles , qu’on nomme aponevrofe , & tendon , m’ont paru donner les étincelles les plus fortes & les plus douloureufes.
- J’omets à deffein divers autres faits ; loit parce que répétés ils [n’ont pas eu un 'fuccès confiant ; foit parce qu’ils m’ont paru dépendre de caufes étrangères à l’éle&riçité : Quelques-uns même ; de l’imagination plus ou moins fortes des perfonnes qui fe font prêtées à ces expériences,
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- Sur l’Électricite*. 85»
- §. CXXII.
- Effets de l'élettricité fur les végétaux.
- Les végétaux acquièrent aufli par communication une forte éleétricité. L’extrémité des feuilles & des pétales d’une plante rend une lumière bleuâtre : Le doigt en tire des étincelles vives, & qui caufent un frémilfement dans chaque feuille ou pétale. Préfenté au de (Tus d’une fleur inclinée, il la redrefle; &, quand l’électricité eft très-forte , elle pa-roît fe ranimer.
- §. CXXIII.
- Elle hâte les progrès de la végétation.
- La facilité du fluide éleétrique à fe répandre dans toute la fubftance des plantes , m’engagea d’examiner s’il étoit utile ou nuifible aux progrès de la végétation.
- Une partie du mois d’Avril, & tout le mois de Mai, furent employés à électri-fer régulièrement une ou deux heures, chaque jour, diverfes plantes , entr’au-
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- <J0 EXPERIENCES très, un giroflier jaune ou violier placé dans une caifle pleine de terre. J’avois foin de les expofer en plein air au moment que l’opération cefloit. Toutes ces plantes augmentèrent confidérablement en tige & en branches; & en particulier le giroflier fit de très-beaux jets & fleurit. Cependant les progrès de ces plantes éleétrifées , comparés à ceux d’autres plantes de même âge , crues dans des vafes pleins de la même terre &c. ne me parurent pas aflez confidérables pour ofer en conclurre que la matière de Té— leélricité étoit capable d’accélérer la végétation.
- §. CXXIV.
- J’étois dans le delfein de répéter ces expériences , lorfque j’appris que des myrtes éle&rifés à Edimbourg pendant quelques jours avoient pouffé des jets de trois pouces de longueur , dans une faifon oïi les autres arbres de cette efpe-ce ne bourgeonnoient point encore.
- Peu de tems après, Mr. l’Abbé Nolkt
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- sur l’Êlectricite’. 91 me fit part de quelques expériences trcs-curieufes qu’il avoit faites fur de la graine de moutarde. Une égale quantité fe-mée dans deux vafes de métal égaux, pleins de la même terre, expofés au même foleil, & dont l’un étoit éleftrifé 6 à 7 heures par jour, avoit végété d’une maniéré fort différente. La graine éleétri-fée avoit levé plus vite, & avoit fait conftamment plus de progrès ; enforte que le huitième jour elle avoit pouffé des tiges de 1 y à 16 lignes de hauteur, tandis que les plus longues tiges du peu de la femence non éleétrifée qui avoit germé ifexcédoient pas 3 ou 4 lignes. Ces fucccs m’encouragerent à de nouvelles recherches.
- §. CXX V.
- Je pris divers oignons de jonquille de jacinthe, & de narciffe pofés fur des caraffes pleines d’eau. La plûpart avoient déjà pouffé des racines & des feuilles ; quelques-uns même avoient des boutons à fleur affez avancés. Après avoir me-
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- j>2 Expériences furé la longueur des racines» des tiges J & des feuilles de ces oignons, je mis les caraffes fur des gâteaux de rélîne ; &, au moyen de plufieurs fils d’archal qui, par-tans de la barre , alloient plonger dans l’eau de chaque caraffe , j’établis une communication entre la barre & les oignons.
- Depuis le 18 jufqu’au 30 Décembre excepté le 24 & le 25j’éleârifai de cette maniéré plufieurs oignons 8 à 9 heures chaque jour ; &, pendant toute cette opération ,sun thermomètre deMr. de Reaumur fut, dans mon cabinet, entre le huitième & le dixième degré au-defïus de la congélation.
- La différence du progrès des oignons éleétrifés, comparé à celui d’autres oignons de même efpece également avancés & fitués & traités de même à l’éleç-trifation près, a été très-fenfible. Les oignons éle&rifés ont plus augmenté en feuilles, & en tige ; leurs feuilles fe font étendues davantage ; & leurs fleurs fe
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- SUE L’ËLlCTRIClTé. font épanouies plus promptement.
- §. CXXV1.
- L électricité augmente la tranfpiration des plantes.
- Cette expérience en me confirmant celles de Mr. l’Abbé Nollet & d’Edimbourg, m’apprit aulfi que I’élcélricité augmente la tranfpiration des plantes.
- J’appliquai ces mêmes oignons fur l’orifice des caraffes affez exa&ement pour que l’eau ne pût pas s’en évaporer. Un petit tube de 2 lignes de diamètre, au travers duquel pafloit le fil d’archal, con-fervoit la communication de l’air extérieur avec l’eau. Je pefai à une balance fort jufte celles de ces caraffes que je me propofois d’éleétrifer , & celles qui ne dévoient pas l’être.
- Toutes les caraffes éleétrifées fe trouvèrent avoir proportionnellement perdu de leurs poids plus que celles qui ne l’avoient pas été. De deux caraffes chargées chacune d’un oignon de narciffe
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- 54 EXPERIENCES egalement avancés, l’une qui avoit pefe 20 onces j gros 45 grains, 5 jours apres pefoit encore 20 onces 4 gros & 60 grains : Celle-ci n’avoit point été élec-trifée: Celle quil’avoit été, & qui avant l’expérience s’étoit trouvée pefer 20 onces & 2 gros, fe trouva réduite après à ij» onces 6 gros 5 6 grains.
- §. CXXVII.
- Prompte végétation de graines appliquées à la furface extérieure £un vafe éleSrifé.
- De la femence de creffon, & de moutarde , appliquée le 26 Décembre à la furface extérieure de ce vafe de terre poreufe dont j’ai parlé au § CXII. a germé plus promptement fur ce vafe élec-. trifé, que lorfqu’il ne l’eft pas. A la fia du fécond jour d’une électricité de 8 à 5 heures chaque jour, plufieurs germes de moutarde avoient pouffé. Et-, fans cleétricité , à peine le quatrième jour en parut-il quelques-uns. Les tiges des ger-
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- sur l’Électricité*. py mes éleftrifés s’élevèrent, & leurs deux premières petites feuilles s’épanouirent auflï beaucoup plus promptement.
- §. CXXVIII.
- L'éleiïricité fe tranfmet à des dijlances prodigieufes.
- Par le moyen de cordes de chanvre mouillées > de chaînes de métal ou de l’union non interrompue de tel nombre de perfonnes qu’on voudra, on peut communiquer une forte éledricité, quelques détours que puiffent faire les cordes, chaînes &c. jufqu’à une diftancedont on n’a pu encore fixer les bornes.
- §. CXXIX.
- Elle fe meut plus rapidement que le fon.
- La rapidité avec laquelle fe meut la matière étedrique eft telle que toutes mes expériences pour tâcher de l'a déter miner ne m’ont rien appris, finon qu’elle eft encore infiniment plus prompte que le fon. J’arrêtai à la barre le bout d’une.
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- chaîne de métal d’environ 1050 pies de longueur; après différens détours l’au- ! trebout, auquel étoit appenduune plaque de métal , étoit conduit au-deflus I d’un guéridon couvert de parcelles de feuilles d’or. Pour intercepter la matière j cleélrique, une perfonne touchoit le bout 1
- de la chaîne contigu à la barre qu’on éle&rifoit ; & lorfqu’à un fignal convenu elle la lâcha , il fut impoflîble d’obfer-ver aucun intervalle de cet inftant à celui où les fragmens de feuilles d’or furent
- s §. CX XX.
- Elle fait fonner une efpece de carillon;
- Cette facilité de porter fi rapidement l’éleétricité où l’on veut, & à plufieurs corps à la fois , a produit une grande variété de phénomènes plus amufans I qu’inftrudifs fur la caufe de l’éleétricité. ] Je n’en rapporterai qu’un feul dont je n’ai fait que varier la difpofition. Je pris s timbres de pendules de fons diffé-
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- sur l’Électricité; $7
- rens. J’en fufpendis 4 dans les intervalles des 4 petits piliers de bois plantés à distances égales fur les bords de la furface d’un petit difque auffi de bois. Les 4 timbres communiquoient enfemble par un fil de laiton qui , paffant d’unj pilier à l’autre, en faifoit le tour} & auquel les timbres étoient fufpendus. (Fig. 10.) Un cordon de foie tenoit le cinquième timbre fufpendu au milieu des 4. autres. Tous cinq étoient horifontalement pa-ralelles au difque. Entre le cinquième & chacun des 4 autres je fufpendis, à un fil de foie, une balle de cuivre , de façon que chacune de ces 4 balles fe trouvoit diftante de 4 lignes de chacun des a timbres entre lefquels elle étoit fufpen-due.Une chaîne, appendue à la barre que féleétrifois, ayant porté l’éleétricité au fil de laiton qui tenoit les 4 timbres fufpendus , les balles à l’inftant furent attirées vers eux , repouffées tout de fuite contre celui du milieu, & la continuité de cette ofcillation fit entendre une efpe-ce de carillon. G
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- j>8 EXPERIENCES
- §. CXXXI.
- Elle fe communique à des corps non contigus.
- • La contiguïté des corps n’eft pas ab-folument nécelfaire à la tranfmilïïon de l’éleétricité. Une barre de fer éloignée d’un pié & davantage de celle qu’on éleéhife contrariera une partie delà vertu de la première. Un vent violent excité entr’ellcs ne pourra même fulpen-dre l’aftion de la première fur la fécondé. Quelques bougies allumées, ’pofées fur des gâteaux de réline & placées en ligne droite entre les deux barres, augmenteront beaucoup l’éleclricité de la fécondé barre. Elle la rendront même fenfible à une diftance telle que, fans ce fecours , la première ne pourra lui tranfmettre aucune vertu.
- Ce phénomène m’étonnoit d’autant plus qu’outre le préjugé que des Phyfî-ciens célébrés m’avoient donné, j’avois moi-même éprouvé que la flamme d’une
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- sur l’Électricité. jp bougie non-feulement n’eft point attirée, mais que fon approche ôte même aux corps éleéhifés leur vertu. J’ai cherché dans quelques expériences la folution de cette contradiétion apparente.
- §. CXXXII.
- La flamme ne détruit point la vertu ‘ éleftrique.
- On fait que fi l’on pafle fur la barre un fil de lin pendant de chaque côté de io à 12 pouces; chaque bout, en s’écartant de l’autre, s’élève de fon côté vers la ligne horifontale, à mefure que l’éleélricité de la barre augmente. Le plus ou le moins de déviation de ces fils eft un moyen très - commode pouc juger du degré de l’éleélricité des corps auxquels ils font appendus. Ayant pré* fenté à la barre éleétrifée une bougie allumée, à l’inftant ces fils retombèrent. Mais la même bougie, foit allumée foie éteinte , pofée fur un gâteau de réfme ne fit plus baiffer ces mêmes fils.
- Gij
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- £00
- EXPERIENCES
- §. CXXXIII.
- Cette expérience me fit naître l’idée d’approcher le tube éle&rifé d’une bougie allumée pofée fur un gâteau de réfine: Le tube ne perdit pas entièrement là vertu ; & j’obfervai que moins la bougie étoit grofle & moins auffi le tube perdoit de fon éledtricité. Elle s’effoiblît fenfiblement quand je le préfentai à du métal mis fur de la réfine.
- * §. CXXXIV.
- Après avoir détaché de la barre les franges d’argent traînantes fur le globe ; & la diftance de la barre au globe étant de 15 lignes ; je plaçai au-delfous de la barre, & fur un gâteau de réfine, une bougie dont la flamme atteignoit la barre. Le globe ayant été vivement frotté je l’arrêtai tout-à-coup, &} 40 ou jO fe-; condes apres, j’approchai de la barre des morceaux de feuilles d’or ; elles furent attirées. Je tirai aufii de la barre une étincelle, plus foible à la vérité que cel-
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- SUR l'Électricite'. loi) les que l’on en tire pendant qu’on élec-; trife.
- If. La même expérience, réitérée après avoir éloigné la bougie , réuflït égale-
- §. CXXXV.
- Ayant enfuite réuni les franges à la barre, & la bougie replacée comme dans l’expérience que je viens de rapporter ; immédiatement au-defïbus de la flamme, je piquai dans la meche un fil de fer dont le bout s’éloignoit de la barre. Il devint txès-éleéirique ; en le touchant je fis perdre à la barre beaucoup de fa vertu-; & la même expérience réitérée, la bougie étant éteinte , je vis que l’eleélricité du fil étoit à peine fenfible ; & je ne pus en le touchant, aflbibiir la vertu de la barre.
- §. cxxxvi.
- Une bougie allumée placée fur le bout d’une réglé de fer,cette réglé pofée horifonta-lement fur un gâteau de réfine fitué de façon que la flamme atteigne prefque la barre, on Giij
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- 'toi Expérience* verra la réglé attirer & repoufler des parcelles de feuilles d’or ; fes angles donneront des rayons de lumière ; le doigt en tirera des étincelles. Eteignez la bougie ; tous les phénomènes ceflèront.
- A la place de la bougie , pofez verticalement fur la même réglé un cylindre de laiton ; il ne tranfmettra à la réglé une éleétricité fenfîble que lorfqu’il fera plus près de la barre que le bout de la jneche de la bougie.
- §.CXXXVII.
- 'Au lieu des bougies qui, comme on l’a vu , fervoient à porter l’éleétricité de la première barre à une fécondé, je répétai la même expérience avec des globes de métal fiifpendus par des fils de foie entre les deux barres. Ils étoient éloignés les uns des autres, & de l’ex. trémité des barres, de quelques lignes. Ces globes tranfmirent à la fécondé barre la vertu éleétrique, mais dans un degré inférieur à celui que lui avoient donné les
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- sur l’Électricite’. ioj §. CXXXVIII.
- La flamme contrarie la vertu éleftrique.
- Pour tenter enfin fi la matière éleétri-que attiroit la flamme, je pris un globe de verre percé d’un trou ; je l’emplis à moitié d’alcohol ; & j’y introduis avec la plus courte jambe d’un fiphon un fil de laiton , tous deux plongeans dans l’alcohol ; après quoi, je les arrêtai aux parois du trou du globe en le fermant exaélement avec de la cire à cacheter. L’extrémité de la jambe extérieure du fiphon avoit une petite courbure coni-; que dirigée du bas en haut ; & le bout extérieur du fil de laiton étoit terminé en un crochet par lequel j’appendis à la barre ce globe ainfi préparé. Quand , après l’avoir éleclrifé , j’en approchai une bougie allumée ; la dilatation de l’air intérieur , opérée par la chaleur , fit jaillir l’alcohol ; ce jet, allumé par la bougie , attiroit un fil de lin,& étoit lui-même fortement attiré par ma main.
- G iiij
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- §. CXXXIX.
- La flamme d’une bougie pofée fur là barre vivement éle&rifée s’inclinoit auflî vers mon doigt, de quelque côté que je le préfeotafle.
- §. CXL.
- La chaleur ne nuit point à l'éleSlrieitépar communication.
- Loin que la chaleur nuife à la communication de l’éleétricité, elle m’a paru y aider. Une verge de fer rougie dé-pofée fur la barre, s’eft fortement élec-trifée ; &, placée entre les deux barres fur un fupport qui pofoit fur un gâteau de réflne , elle a tranfmis à la fécondé une vertu beaucoup plus fenfible que lorf» qu’elle étoit refroidie.
- $. CXLI.
- Maniéré de rendre fenfible Véleêlricité de la perfonne qui frotte.
- On a fouvent demandé d’où vient que la perfonne qui frotte le globe ne s’é"
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- SUR l’Éle ctricite’. ioj le&rife point : La raifon en efl fimple , & fondée fur l’expérience confiante que tout corps, qui communique avec d’autres corps non éleélriquesleur tranfmet d’abord fon électricité. Au lieu de placer fur le plancher la perfonne qui frotte le globe , fi vous la pofez fur de la poix, & qu’elle y foit ifolée ou féparée de tous corps non éleélriques, à l’inftant elle le deviendra ; quoiqu’à un point médiocre ; 1 mais ; ce qu’on n’eut pas deviné , c’eft I que fa vertu augmentera jufqu’à lui faire 1 allumer l’efprit de vin, fi quelqu’un touche I la barre ou le globe. En pofant fur la poix la perfonne qui frotte le globe,& celle qui touche la barre ; l’une & l’autre deviennent éleélriques ; & dans cette expérience , fi l’une arrête le doigt à quelque diftance du vifage de l’autre, un bruit affez femblable au bourdonnement d’une I groffe mouche fe fait entendre à 12 ou I 15 piés de diftance. L’approche de deux 1 perfonnes , éleétrifées par deux globes I différens, produit le même bruit.
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- §. CXUI.
- La perfonne qui frottoit le globe étant debout fur de la poix, j’efiayai fi le différent genre des corps que je préfenterois à la barre n’en feroit point varier les phénomènes. Je paffai un cordon de foie dans une poulie fixée au plancher perpendiculairement à la barre ; je fufpen-dis fucceflivement divers corps à ce cordon ; & je les defcendis fur la barre. Les corps éleétriques par eux-mêmes n’augmenterent point l’éleétricité de la perlonne. Les corps non éleélriques l’aug-menterent à proportion de leurs maffes ; & elle ne fut jamais plus forte que lorfque ces mêmes corps communiquèrent au plancher.
- Quoique les expériences qui vont terminer ce chapitre femblent appartenir aux phénomènes de la lumière, leur dépendance immédiate de celles que je viens de rapporter m’obligent de les pla-
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- §. exliii.
- Observations fur la lumière que l'approche de la barre fait fortir du globe.
- On a vu §. XLV. chap. 3. qu’un torrent de lumière pafle inceffamment du globe dans la barre. Cette obfervation qui me fit naître l’idée de réitérer dans un lieu obfcur les expériences que je viens de décrire. La barre fufpendue horifontale-ment vis-à-vis , & à quelques lignes de diftance du globe ; je me fervis dju cordon de foie paflfé fur la poulie fixée au plancher, pour defeendre fur la barre des corps de différente nature, & de différente groffeur. Aucun corps naturellement éleétrique ne pût augmenter l’émanation de feu du globe. Mais , plus les corps non éleétriques avoient de mafle , plus cette émanation croiffoit en vivacité & en quantité. Enfin l’émanation n’étoît jamais plus confidérable que lorfque, appuyé fur le plancher , je touchois du doigt la barre. On encendoit en même
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- Ï08 EXPERIENCES tems une efpece de fiflement femblable à celui de plufienrs courants d’air qui s’échappent par diverfes ouvertures. Le bruit & la vivacité des rayons dimi-nuoient dès que je retirois la main ; & la barre dont la vertu avoit ceffé par mon attouchement, la reprenoit toute entière. Plus la barre fera forte, plus l’expérience fera fenfible; & fi l’on fe fert d’une barre dont les bouts foient d’inégale épailfeur, celui, dont la bafe aura le plus d’étendue produira le plus de lumière & de bruit.
- CHAPITRE VI.
- Des corps perméables à la matière éleElrique.
- §. CXLIV.
- Iverfes expériences m’avoient fait -L'naître le foupçon que la matière éleétrique ne pénétré point les corps ; mais qu’elle fe tranfmet en glilfant fur.
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- SUE l’Électbicite’. 109 leur furface. Pour découvrir ; la vérité fur ce point, j’imaginai les expériences fuivantes.
- Vélectricité fe tranfmetau travers des corps non électriques.
- Je formai avec delà poix une efpece de cerceau de 8 pouces de hauteur & d’un pouce y d’épaifleur. Son diamètre intérieur étoit d’environ 3 pouces *£. Je le plaçai debout, fur des morceaux de poix, dans le milieu d’un badin large & profond ; & je verfai dans le balGn une quantité d’eau fuffifante pour qu’elle s’élevât à la hauteur de deux pouces \, en évitant avec foin que la partie du cerceau qui étoit hors de l’eau fut humeétée : J’éleétrifai ( Fig. 13. ) l’eau en plongeant dedans, à quelques lignes de profondeur '& au centre du cerceau > une chaîne ap-pendue au tuyau de fer blanc.
- Si la matière éleétrique ne fe tranf-mettoit qu’en gliflant fur la furface des porps, elle n’auroit dû agir, dans ce
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- JlO EXPERIENCES cas-ci, que dans l’intérieur du cerceau ; la poix étant un obftacle infurmontable à fa propagation. Cependant, non-feulement l’eau de l’intérieur du cerceau , mais aufli celle qui étoit au-dehors , & les bords du baflin devinrent fort électriques.
- $. CXLV.
- J’elTayai la môme expérience fur plu-fieurs autres fluides ; tous, à l’exception des huiles, produiflrent le même phéno-
- *. CXLVI.
- Je pris enfuite une barre de fer ; & ; pour intercepter toute communication par les furfaces entre un des bouts de cette barre Bc l’autre bout, j’enduifis de poix le milieu de cette barre dans tout fon pourtour. Cet enduit , exactement appliqué fur tous les points de fa furfa-ce, avoir un pouce - d’épaifleur fur 5 pouces d’étendue. Mais cette précaution ne pût empêcher que la vertu électrique ne fut aufli forte dans cette partie de la
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- SUR l/ÊLEC TRI CITE’. îlï fcarre qui étoit au-delà de l’enduit, que dans la partie qui étoit entre le globe 8c ja poix : Et il fortit de l’extrémité de la barre la plus éloignée du globe des rayons divergens tout auflï vifs que fi tous les points de la furface de la barre euffent eu entr’eux une libre communication.
- §. CXLVII.
- La poix arrête le cours de la matière éleElrique.
- Une perfonne préfente à cette expérience, témoignant quelque doute que la poix arrêtât entièrement le cours de l’é-leétricité ; j'appliquai au bout de la barre voifin du globe un morceau de poix d’un pouce { d’épaifleur & de 7 à 8 pouces de diamètre ; alors, avec quelque vivacité que le globe fut frotté, il ne put tranfmettre aucune vertu à la barre.
- §. CXLVIII.
- Si, à ces expériences, on joint le témoignage des fens qui paroiffent nous
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- Tl II EXPERIENCES montrer clairement que les aigrettes deg angles d’une barre fortent de fon intérieur,’ la queftion fe trouvera pleinement décidée.
- §. CXLIX.
- Je ne dois cependant pas omettre qu’un illuftre Phyficien a cru que les aigrettes de lumière étoient produites par la matière éleétrique qui, répandue dans l’air ; fe porte par des rayons convergens fur le corps éleétrifé. Pour m’affûrer de la dire&ion de cette matière ; entr’autres eflais je préfentai , à une 'aigrette fpon-tanée , la fumée qu’exhaloit une bougie qu’on venoit d’éteindre ; en prenant garde qu’on n’excitât aucune agitation dans l’air. A l’inftant, la fumée s’éloigna ho-rifontalement de la barre , comme s’il fut parti de l’intérieur de la barre un foufle continu.
- §. CL.
- Quels font les corps le plus perméables à la matière éleftrique.
- Après m’être convaincu que la matière éleétrique
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- SUR l’Electricitb*. ïif éle&rique fe tranfmet par l’intérieur des corps, j’eflayai de découvrir quels font ceux que le fluide éle&rique traverfe le pkàtfifément. Des expériences déjà fai-të^ar d’autres Phyficiens me guidèrent. Je pris un vafe cylindrique de verre haut de io pouces ôc de 6àj de diamètre. J’y plaçai un petit guéridon de 6 pouces de hauteur,& dont la tablette avoit 5 pouces de diamètre. Je couvris cette tablatte de parcelles de feuilles d’or; & je mis à différentes reprifes fur le vafe des plaques de carton, de bois, de verre, de réfine de foufre, d’étain & d’argent ; en obfervant que ces différentes plaques fuffent d’égale épaiffeur entr’elles;qu’elles s'appliquaient exactement aux bords du vafe ; 3c qu’elles le débordaient de tous côtés. Quelle que fut la fubftance de la plaque dont le vafe étoit couvert , la vertu éle&rique qui émanoit d’une boule de verre, fuf-pendue par une chaîne au tuyau de fer blanc, attiroit & difperfoit les fragmens de feuilles d’or. Dans ces diiérentesopé-H
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- |14 EXPERIENCES’ rations j’obfervai que la boule de verre lut toujours à égale diftance des plaques. §. CLI.
- L’aétion de la matière éleétriqu&^u travers du foufre & de la réfine me fiïprit extrêmement; & j’apportai une attention d’autant plus grande à ce phénomène , qu’il fe trouvoit être en oppofition avec toutes mes précédentes obfervations. Il s’eft trouvé que, lorfque l’épaiffeur des plaques de réfines & de foufre n’excede pas 2 ou % lignes, la matière éleétrique pafle & agit au travers ; mais qu’une plus grande épaifleur «n arrête entièrement le paflage ; c’eft-à-dire, que les parcelles d’or ne font plus agitées. La cire d’Efpa-gne m’a paru la tranfmettre plus aifémenc que la réfine ou que h foufre. Ces feuilles d’or étoient vivement agitées au travers d’une planche de fapin de 3 pouces d’épaiffeurv & de différentes mafl'es de métal beaucoup plus épaifles.
- §. CLII.
- On peut faire les mêmes effais an
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- sur l’Électriciî’e’. tlj moyen d’une fécondé barre de fer fuf-pendue horifontalement à celle qü’on éledrife à 7 ou 8 pouCes de diftance , & en ligne droite avec elle. Cette fécondé barre contrade , ainfi que nous avons vû, une partie de la vertu de la première. Si l’on fufpend fucceflivement, à des cordons de foie, des plaques de diverfes fubftances entre les deux barres; on verra que le métal augmentera 1 e-ledricité de la fécondé barre : Que le bois, le carton ni la toile ne la diminueront point : Que le verre l’affoiblira ; quoiqu’à la vérité tous les verres ne pro-duifent pas le même effet : Et qu’enfin la poix & le foufre arrêteront entièrement les émanations éledriques de la première barre à la feçonde.
- CLIII.
- Je verfai enfuite fucceflivement dans une foûcoupe de verre de l’eau, du vin du mercure, de l’huile ; & cette foûcoupe avec la liqueur qu’elle contenoit, étant Hij
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- TI 6 E X PERI INC B S pofée fur le même vafe de verre qui m’avoit fcrvi dans les précédens eflais, la matière électrique agita les corps légers au travers de l’eau, du vin & du mercure : mais elle ne pût fe faire jour au travers de l’huile.
- §. C LIV.
- Si, au lieu de pofer ces plaques de bois, de métal &c. fur un vafe de verre ; on en couvre fucceflivement une boëte cylindrique de bois, ou de carton, de même hauteur & diamètre que le vafe de verre ; toutes chofes étant difpofées comme dans l’expérience rapportée ; on ob-fervera que , lorfque la plaque qui couvrira la boëte fera de verre ou de poix , les parcelles d’or feront attirées & difper-fées fur le fond de la boëte ;& que , lorsque la boëte fera couverte de métal, de bois ou de carton , ces mêmes parcelles relieront immobiles.
- §. C L V.
- J’ai elfayé li des difques de carton, de
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- sur l’Électricité*. 117 bois, de fer blanc, percés de plufieurs trous, & pofésfurlaboëte de bois ou de carton, donneroient paflage à la matière électrique : mais elle n’a pu agir au travers lur des parcelles de [feuilles d’or , quoique quelques-uns des trous euffent plus d’un pouce de diamètre.
- C L VI.
- Phénomènes des vafes de verre enduits intérieurement de cire d'Efpagne J de foufre.
- Plufieurs Phyficiens ont éprouvé avant moi qu’un globe enduit intérieurement de cire d’Efpagne fe remplit de lumière, lorlqu’après en avoir pompé l’air on le frotte avec la main tandis qu’il tourne rapidement fur fon axe. Mais ce qu’il y a de plus fingulier, & qui me paroît avoir un rapport immédiat avec la queftion que nous examinons, c’eft que fi l’on regarde dans l’intérieur du globe par un endroit non enduit & réfervé à deflein , la main appliquée au globe paroît comme
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- peinte fur la furface intérieure & concave ; à peu près comme fi la cire étoit tran£j parente & .la main lumineufe,
- §. CLVII.
- Une bouteille cylindrique de iO pouces de longueur fur 4 de diamètre, enduite dans l’intérieur d’une couche de foufre a fiez épaiffe pour ne donner aucun paffage à la lumière , & tournée rapidement fur fon axe , me rendit à peu près, le même phénomène.
- §. CL VIII.
- Maniéré £enduire de foufre un globe de verre.
- L’opération d’enduire de foufre la fur-face intérieure des bouteilles ou globes eft aifée. Après l’avoir pulvérifé, tami-fé & introduit dans le vafe qu’on en veut enduire , on n’aura qu’à faire lentement tourner le vafe fur fon axe au-defliis d’un brader ardent j &, quand la chaleur aura fondu de fixé le foufre aux parois intérieures, il faudra, en conti*
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- !UR L’ÉLECTR
- [CITÉ.
- Iip
- nuant d’agiter le vafe fur fon axe, diminuer le feu peu à peu, & le faire ainlï refroidir lentement ; car, fi on le retiroit tout à coup, l’enduit s’écailleroit & fe détacheroit par petites parties. Il rend un bouteille plus électrique qu’elle n’eft naturellement j & en général les vafes de verre enduits au-dedans de cired’Efpa-gne, de poix &c., m’ont paru conferver la vertu éleétrique plus long-tems que les vafes dont la furface intérieure n’eft couverte d’aucun enduit.
- CHAPITRE VII:
- Examen de l’Expérience nommée
- La commotion.
- §. CLIX.
- Es Phénomènes de cette Expérience
- JLj font fi diflérens, & ils paroilfent en quelque forte fi oppofés à ceux de la communication de l’éleétricité , que j’ai cru devoir les examiner féparément.
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- ri20 Expériences
- Maniéré défaire l'expérience de ta commotion.
- Mr. Mufehenbroek a, le premier,éprouvé la commotion. Il avoit fubftitué un canon de fufil à la : barre ordinaire ; du bout le plus éloigné du globe pen-doit un fil de laiton ; ce fil plongeoit dans l’eau dont un vafe de verre étoit à moitié rempli 5 & le culot de ce vafe po-foit fur la paume de l’une de fes mains. De l’autre il tira une étincelle du canon ; & à l’inftant il reffentit dans les deux-bras, dans la poitrine & en général dans tout fon corps une fecouffe telle qu’il crut être dans un grand péril.
- La commotion violente que reffentit Mr. Mufehenbroek n’a pas arrêté la curio-fité des Phyficiens fur cette étrange expérience. Je l’ai étudiée avec foin ; & je vais rapporter ce que m’ont produit les différentes façon d’opérer que j’y ai employées.
- îff
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- 21
- SUR L* É L E C T R I C I T i. I
- §. CLX;
- Obfervations fur cette expérience.
- Il faut d’abord obferver que la main foit appliquée au vafe au-deflous du niveau de la furface de la liqueur qu’il contient ; que la furface extérieure du vafe au-deffus du niveau de la liqueur foit exa&ement nette & feche ; & que le verre & la porcelaine font les feules matières propres au vafe qui doit fervic à cette expérience. La porcelaine m’a paru rendre la commotion moins forte que le verre.
- §. CLXI.
- Le fluide éleSlrique pajfe au travers des fêlures de la porcelaine les plus imperceptibles.
- En eflayant la commotion avec di-verfes vafes de porcelaine, je vis fortir de quelques endroits de leur furface extérieure des foibles rayons d’une lumière bleuâtre . que l’approche du doigt réu-nifloit en un trait de feu allez vif. Soup-
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- 122 EXPERIENCE* çonnant que cette lumière étoit caufée par quelque fente qui laiffoit paffer la matière éledtrique ; & le grand jour ne m’en découvrant aucune ; j’appliquai ces vafes à un trou fait dans le volet d’une chambre obfcure : Les rayons du foleil qui donnoient dans ce trou me firent découvrir des fêlures fi délicates qu’elles ne donnoient paflage ni aux liqueurs ni même à Pair. Je m’en affûtai à l’aide de ma pompe. Ces vafes ainfi félés ne do.-ient que peu ou point la commotion.
- §. CLXII.
- Plus le verre efi mince * plus la commotion ejl forte.
- Le verre, ou la porcelaine les plus minces , m’ont toûjoursparu donner les ph é-nomenes les plus confidérables. Entr’au-tres eflais , j’en ai fait plufieurs fur ces bouteilles ovoides qui éclatent en pièces lorfqu’on laiffe tomber fur le fond intérieur un fragment de quelque corps qui mord fur le verre (Fig. 14. ) , quoique
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- sur l’Électricité*. 12* ces mêmes bouteilles réfiftent au choc d’une grofle balle de plomb. Ces bouteilles , par l’épaiffeur de leur culot, me parurent .très-propres à ces • expériences ; & j’en avois de plus grandes qu’on ne les fait communément. Je remarquai conf-tamment que la force de la commotion varioit fuivant l’épaifleur du culot de la bouteille 5 & que, lorfqu’iL&mi épais de 2 i ligae&Jk: davantage, le phénome-'-'"'ne cefloit entièrement ; maisaîorsTT, aiï ,^-diéuTFâppliquer la~main au culot de la bouteille , on la touchoit plus près du col ; comme fon épaifleur diminue du culot au col, on reflentoit la commotion.
- §. CLXIII.
- La partie du corps qui communique au vafe influe fur Vexpérience.
- Quelle que foit la partie du corps qui communique au vafe on éprouvera la commotion ; mais moins forte fi on touche le vafe légèrement & dans un petit
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- 12* EXPERIENCES nombre de points. Elle fera aullî plus foi-ble fi le vafe repofe fur les parties du corps qui ont le plus de graiffe. Celles dans lefquelles le fens du taét eft le plus délicat m’ont paru rendre la commotion plus forte. Le vafe repofant fur la nuque du col d’une perfonne qui avoit peu d’embonpoint j tout Ion corps fut ébranlé au point que je n’ofai répéter l’expérience : le voifinage du cervelet & de la moelle épiniere augmenta ma circonfpettion. Pour faire commodément ces effais, je bouchai exactement une fiole, à moitié pleine d’eau, avec du liège au travers duquel paffoit un fil de laiton. Le bout fupérieur de ce fil recourbé fervoit à ap-pendre la fiole à la barre ; & l’autre bout, plongeant dans l’eau, y portait l’éleétri-»
- §. CLXIV.
- L'eau n’ejl pas la feule fubfiance capable de produire la commotion.
- L’eau n’ell pas feule propre à' l’expé~ rience de là commotion. Elle réuffit &
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- SUR L’ÉtECTEICITE’. I2J àvec divers autres fluides, & avec les fo-lides capables d’être pulvcrifés au point de s’appliquer exactement à la furface du vafe & du fil .de laiton. Le mercure rend la commotion très-forte. De la réglé générale que je viens de pofer, doivent être exceptées les huiles & les matières ful-phureufes & réfineufes. Avec quelqu’e-xaétitude qu’on les pulvérife } elles ne produifent d’autres phénomènes finon que les étincelles que le doigt tire de la barre font un peu plus douloureufes qu’à l’ordinaire ; que leur couleur eft plus rougeâtre ; & que l’odeur de foufre qu’elles exhalent eft plus forte.
- §. CLXV.
- L'eau gelée produit la commotion.
- Ayant expofé à un grand froid un vafe à moitié plein d’eau dans laquelle plon-geoic un fil de laiton je tentai l’expérience avec cet eau entièrement gelée. La fecoufife fut /violente ; 8c le vafe fe remplit comme à l’ordinaire d’un feu
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- 12(5 ËxpEriences rougeâtre tirant fur le violet.
- La commotion ne hâte point la fonte de la glace.
- Curieux de favoir fi ce Feu feroit cai pable de fondre la glace; & pour m’affû-rer que la chaleur de la main n’y co-opé-reroit point ; je fis repofer le culot du vafe fur un plat d’argent pofé fur un guéridon ; & au moyen d’un cordon de foie attaché à une chaîne appendue à la barre, j’approchai jo ou 40 fois de fuite la chaîne du plat. Quoique cette opération pro-duifit fur le vafe à peu près les mêmes effets que lorfqu’une perfonne, tenant le vafe d’une main , de l’autre tire une étincelle de la barre ; il ne parut point que ces fecouiTes confécutives euffent hâté la fonte de la glace.
- La commotion ne caufa aucune variation à un thermomètre d’efprit devin mis dans l’eau du vafe.
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- 127
- sur l’Êlectricite’. I
- s. CLXVI.
- Phénomènes de l'eau chaude employée à l'ex~ périence de la commotion.
- Pour éviter à un paralytique, fur lequel j’ai fait quelques eflais dont je rendra^ compte, le conta# d’un vafe froid dans l’expérience de la commotion, je la lui fis éprouver avec de l’eau chaude. D’abord, à l’approche de fa main , on apperçutdcs éclats fubits de lumière partans de tous côtés du vafe. Enfuite, la commotion fut très-forte, & la lumière qui accompagne la fecoulfe plus vive & plus continue que lorfque l’eau eft froide. Et , après l’expérience , des éclats de lumière pa-roiffoient encore d’eux-mêmes dans le vafe : Le fil, de laiton étant même féparè du vafe, l’approche de la main, furtout .vers le goulot, les reflufcitoit.
- §. CLXVII.
- Effets inoüis de l'eau bouillante,
- Je fybftituai à l’eau chaude de l’eau
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- 128 EXPERIENCES bouillante. Des éclats de lumière très-vifs parurent d’eux-mêmes avant qu’on approchât la main du vafe : Ils devinrent encore plus vifs & plus nombreux , quand on y appliqua la main : Et au moment que la perfonne, qui le touchoic jï’une main , de l’autre tira une étincelle de la barre., le feu dont le vafe fe rem-™ plit parut tout-à-coup d’une vivacité inexprimable. La fecoulfe fut prodigieufej & au même inftant un morceau orbicu-laire du vafe de a lignes { de diamètre fut lancé contre le mur qui en étoit à $ piés de diftance. Le morceau en fut emporté fans fêlure au vafe.
- L’étonnante vivacité d’un feu qu’on ne peut mieux comparer qu’à celui de la foudre -, ce phénomène inoüi d’un vafe percé par l’aétion de l’éleâricité ; la terrible commotion qu’avoit reffentie la perfonne qui tira l’étincelle : tout cela avoir imprimé dans les fpe&a'teurs une terreur qui ne nous permit ni à eux ni à moi même d’en expofer aucun à une fécondé épreuve. Pour
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- SUR L* Ê £ H C T R î CIT B*. Ï2jp
- Pour la réitérer avec moins de rifque,-le vafe fut pofé fur un plat d’argent duquel j’approchai brufquement une chaîne électrilée. Je l’ai auffitentée pendant que l’eau bouilloit au feu d'une lampe d’elprit de vin lituée fur le plat, & au-deffous du vafe appendu à la barre. Les éclats de lumière furent les mêmes ; & l’effet en fut tel que divers vafes éclatèrent.
- §. CLXVIII.
- Effets terribles de la commotion fur les animaux.
- Pour m’affûrer de l’effet que produi-roit la commotion fur divers animaux ; après avoir ôté à plufieurs les poils ou les plumes de la poitrine & du fommet de la tête , j’en liai les uns au vafe, les autres fur un guéridon, de façon .cepen-j dant que le culot du vafe pofoit fur la poitrine de l’animal , & le dos fur le guéridon. Au moyen d’un fil de foie j’approchai de fa tête une chaîne de métal appendue à la barre. Quelques-uns de
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- Jjo Expérience#
- ces animaux furent tués au même inflanc du coup qui les frappoit j il y en eut qui y furvécurent plufieurs minutes ; d’autres parurent très - incommodés : & je ne doute pas qu’en faifant attention aux divers moyens que j’ai indiqués, foit pouf augmenter l’éledricité de la barre , foie pour rendre la commotion plus forte, on ne parvint à donner la mort aux animaux les plus robuftes. '
- §. CLXIX.
- Il riefi pas nécejfaire pour reffentir la commotion de toucher le vafe * ni d'appro cher le doigt immédiatement de la barre. Le conta# du vafe & de la main , & l’approche immédiate du doigt vers la barre ne font pas effentiels à la production de ce phénomène. Il réuflît également fi l’on tient d’une main une réglé de métal fur laquelle pofe le vafe ; & que de l’autre , on approche de la barre une verge de fer. Qu’une perfonne, communiquant à la réglé, préfênte une cuilliere
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- sur l’Électricïte*. 131*
- pleine d’efprit de vin au bout du fil de laiton qui eft hors du vafe, à l’inftant la liqueur s’enflammera, & cette perfonne éprouvera une forte fecoufle.
- §. CLXX.
- Tel nombre de perfonnes qu’on voudra , jointes ou immédiatement, ou par des fils de métal intermédiaires, reflen-tiront en même-tems la commotion; fi, tandis qu’une d’elles à une des extrémités foûtient le vafe , l’autre, à l’extrémité oppofée, tire une étincelle de la barre. §. CLXXI.
- Le même vafe étant appendu à la barre , je difpofai au-deflous un feau plein d’eau dans le milieu duquel plongeoic tout le culot du vafe. Ayant tiré une étincelle de la barre dans le tems que j’avois un doigt dans l’eau du feau ; j’éprouvai, dans les bras & dans la poi-, trine , une fecoufle du moins aufli violente que dans toutes les autres expériences. Il eft indifferent pour le fuccès que
- lu
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- i$* Expériences ie feau pofe fur la poix, ou que ce loltf fur le plancher.
- A ce premier feau je joignis plufieurs autres vailfeaux de grandeurs différentes 5 un feul contenoit plus de demi muid d’eau. Je les arrangeai (Fig. I$. ) en forme circulaire ; de forte que le dernier fe trou-; voit à portée de la barre. Ils communi-quoient par des fiphons de verre pleins d’eau. La jambe d’un des fiphons trop courte pour atteindre la furface de l’eau du vaiffeau dans lequel elle devoit tremper, n’y communiquoit même que par un filet d’eau courante. Je plongeai le doigt dans l’eau du vaiffeau le plus éloigné de celui où trempoit le vafe;&, en portant l’autre main à la barre, la fecouffe que je reffentis fat tout auffi violente que la précédente.
- Je préférai des fiphons d’une matière 'éle&rique par elle - même , afin d’ôter tout foupçon que l’éleâricité fe fat propagée par une autre fubftance que par l’eau.
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- f SUR L’ÉLECTRICITÉ’. IJ J
- §. CLXXII.
- J’ai aufli entortillé l’extrémité d’une chaîne de laiton au bas du col d’un matras, en obfervant que cet entortillement fe trouvât un ou deux pouces au-deffous du nivau de l’eau ; l’excédent de cette chaîne a voit au moins io toifes de lon-I gueur. Ayant appendü le matras à la ! barre , je fis faire à la chaîne le tour de ! mon appartement, en la laiflant commu-j niquer indiftinélement à toutes fortes de corps non éleélriques ; &, en ayant ramené le bout que je tenois d’une main ; de l’autre je tirai de la barre une étincelle qui me fit éprouver une commotion tout aufli violente que fi j’avois corn-mniqué immédiatement au matras.
- §. CLXX III.
- Difpojîcion par laquelle la perfonne qui foutient le vafe ne rejjent point la I . commotion.
- Voici une autre difpofition dont il n’eft Hij
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- ÏJ4 EXPERIENCES pas indifférent de rapporter les phénomènes. Je liai la boule d’un matras verticalement du col au culot avec une chaîne de laiton qui fe croifoitau culot à angles droits j & dont le bout prolongé de quelques pies étoit pendant. Le matras étant à l’ordinaire appendu à la barre, une perfonne appliqua la paume de la main à fon culot ; & un autre tenoit le bout prolongé de la chaîne. Alors, lï celle qui tenoit la chaîne tiroit une étincelle de la barre, elle éprouvoit feule la commotion : Et fi, au contraire, l’étin-'celle étoit excitée par la perfonne qui foûtenoit le vafe, le phénomène n’avoiç lieu que fur elle feule.
- §. CLXIV.
- Les vafes pleins d'eau éleflrifée confervent long-tems leur vertu.
- Les vafes qui fervent à ces expériences confervent leur vertu éleétrique long-tems après avoir été féparés de la barre, moyennant que le fil de laiton & la par-1
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- sur l’Electricite’. 13J tie du vafe fupérieure au niveau de l’eau demeurent ifolés. Une aigrette fe montre encore pendant quelques momens à l’extrémité du fil de laiton ; fl, même au bout, de plusieurs heures, une perfonne prenoit un de ces vafes dans une main 6c qu’il approchât enfuite l’autre main du fil de laiton, il éprouveroit une forte commotion. Et, dans l’obfcurité , le vafe alors rendroit un éclat fubit de lumière ; 6c l’eau agitée dans le vafe deviendroit auflî lumineufe.
- §. CLXXV.
- Il pajfe une portion du fluide éleSlrique du vafe dans la main qui le foutient.
- On a vû que les corps qu’on veut élec-trifer par communication doivent pofer fur des corps éleftriques par eux-mêmes. L’expérience de la commotion fait exception à cette réglé j car quelque nature de corps que touchent 6c les perfonnes qui y participent, 6c la chaîne , 6c les féaux pleins d’eau qui y fervent ; le coup.
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- *3<$ Expérience? n’en eft ni moins prompt, ni moins vio= lent. Pour découvrir fi le fluide éleétri-que s’écoule du vafe dans la perfonne qui le foûtient, je la plaçai fur de la poix; elle attira un fil de lin & rendit des étincelles , plus foibles à la vérité que fi elle eut été éleétrifée immédiatement par la barre. Si cette même perfonne préfente la main à la barre, le coup qu’elle relient eft moins violent que lorfqu’elle pofe fur
- plancher.
- §. CLXXVI.
- En préfentant la main dans l’obfcurité à 2, ou 3 lignes de diftance du vafe, j’eus une nouvelle preuve que' la matière électrique s’écoule du vafe dans la main qui le foûtient : Un grand nombre de rayons de feu pafloient fans interruption du vafe dans ma main ; Sc j*eus le même phénomène en touchant un plat d’argent pofé fur un gâteau de réfine, & à 2 ou 3 lignes de diftance du vafe.
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- sur l’Electricite’. 137 $. CL.XXVII.
- Commotion éprouvée quoiqu aucun corps ne touche le vafe.
- Le conta# du vafe & quelque corps non éledrique n’eft pas même néceflaire pour éprouver la commotion. Préfentez d’une main le plat à 2 lignes au-deffous du vafe , & approchez l’autre main de la barre, vous reflentirez une fecoulfe affez forte.
- §. CLXXVIII.
- Différentes maniérés de produire la commotion.
- Je n’ai pas connoiffance que jufqu’ici on ait produit la commotion autrement qu’en portant l’éledricité à l’eau par un fil de laiton qui y plonge : Cependant la recherche des caufes de cet étrange phénomène m’a fait découvrir divers autres moyens tout auffi fimples. Je pofai fur la barre un vafe de verre bien fec au-de-hors, & plein d’eau. D’abord j’elfayai inutilement de tirer l d’une main > une
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- 138 Experîencki étincelle de la barre ; tandis que de l’autre j’empoignois le vafe. Mais enfuite ayant quitté le vafe, & plongé un doigt dans l’eau; àl’inftant que j’approchai l’autre main de la barre, il en partit une étincelle qui me fit reflentir une violente fecouflç dans les bras &c.
- §.CLXXIX.
- On peut auffi donner la commotion fans le fecours d’aucun fluide. Une chaîne de métal plongeant au milieu d’un vafe cylindrique de verre d’un pié de hauteur fur 18 lignes de diamètre ; le vafe placé verticalement fur une foûçoupe d’argent pofant fur un gâteau de réfine, lorf-que d’une main j’embraflbis le vafe au niveau de la chaîne, l’étincelle quejeti-rois de la barre avec l’autre main me donnoit une aflfez forte commotion. Dans les mêmes circonftances , divers autres vafes de verre me Font fait éprouver.
- §. CLXXX.
- La chaîne atteignant le fond d’une
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- SUR l’Êlectricite’. ï$£ cloche qui n’avoit point de bouton & d’un verre fort mince ; fi cette cloche, ainfi renverfée , pofe lur la paume de la main ; l’étincelle que l’on tire de la barre fait relfentir en diverfes parties du corps un coup atfez violent
- §. CLXXXI.
- La fimple approche du doigt, de ces vafes , a fouvent produit un éclat fubit de lumière accompagné d’un bruit fi fec que le vafe paroiffoit avoir éclaté ; & le doigt étoit frappé d’un coup douloureux, qui différoit de celui qu’on éprouve dans l’expérience de la commotion en ce qu’il n’affeétoit que la partie du doigt •préfentée au vafe. La même expérience a fait fendre des vafes d’un verre fort mince.
- §. CLXXXII.
- Si l’on veut même éprouver la commotion fans le concours des vafes de verre ni des fluides ; on n’a qu’à coucher un miroir en équilibre fur la barre , le tain
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- 14.O EXPERIENCE» en deffous ; appuyer le doigt fur cette partie de la glace qui porte immédiatement fur la barre ; & préfenter l’autre à la barre; la fecouffe qu’on reffentira ne fera pas moindre que par la précédente dilpofition; &, dans l’obfcurité, onap-percevra divers rayons de lumière le replier des bords du miroir vers le doigt qui femble les attirer. La glace fe par-femera des taches lumineufes ; &, avec l’étincelle , on verra partir en zigzag & de deffous le doigt, comme d’un centre, plufieurs traits d’une lumière très-
- §. CLXXXIII.
- Cette expérience réitérée n’a pas toû-jours également réuffi. Soupçonnant que l’éleâricité fe communiquoit au doigt, je mis entre la barre & le miroir un carreau de vitre ; le doigt appuyé même fur le tain du miroir, je reffentis la commotion quand, de l’autre main , je fis fortir une étincelle de la barre. Le
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- sur l’Électricité. 141' miroir ôté , j’appliquai le doigt fur le carreau de vitre ; &, au départ de l’étincelle , j’éprouvai une allez forte fecoulîè dans les bras &c.
- §. CLXXXIV.
- Pour intercepter toute communication de l’éle&ricité de la barre au doigt ; fi ce n’eft au travers du verre, j’intro-duilîs le doigt dans un vafe d’un verre fort mince ; & ayant placé le vafe à angle droit fur la barre, de maniéré que l’extrémité du doigt portât fur elle, je ref-fentis la commotion au moment que j’en tirai une étincelle.
- §. C L XXXV.
- Je mis aufii la main & une partie du bras dans différens vafes de verre profonds ; obfervant toujours que la main ou le doigt appuyât fur la barre. Je n’éprouvai aucune commotion avec des vafes de cryftal d’Angleterre , de plus
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- Ï42. E X P t R t E N C E s d’une ligne d’épaifleur : Elle fut aflèz forte avec des vafes plus minces , tels que des tubes cylindriques de 20 pouces de profondeur fur 4 pouces de diamètre. Le peu d’épaifleur de ces tubes ne me les a jufqu’ici fait employer qu’à cet eflai.
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- J O V R N A L DE QUELQUES EXPERIENCES FAITES SUR UN PARALYTIQUE. §. CLXXXVI.
- Uelques obfervations me firent
- X, naître l’idée de tenter quel effet i’éleétricité produiroit fur un paralytique ; & j’avoue que la curiofité de vérifier certains faits eut autant de part à mes premiers elfais, que l’efpérance de fa guérifon.
- Etat du paralytique * & en particulier de fa main.
- Le 26. Décembre 1747. le nommé Nogues, maître Serrurier, âgé de 5a ans & d’une complexion aflfés délicate , vint chez moi. Paralytique du bras droit, il avoit perdu tout fentitnent. Le poi-
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- .144 Expériences gnet étoit fléchi vers le côté interne! des deux os de l’avant bras ; il étoit pendant & fans mouvement. Le pouce , le doigt index, l’auriculaire étoient comme colés les uns aux autres & fléchis vers la paume de la main. Il reftoit au médius & à l’annulaire un foible mouvement. Le malade levoit & baifloit le bras, mais avec peine ; & l’avant bras ne pouvoit ni fe fléchir ni s’étendre.
- II boitoit aufli du côté droit, & ne marchoit qu’à l’aide d’une canne.
- §. CLXXXVII.
- Effets de la commotion-Je commençai par lui donner la commotion : j’attachai fa main paralytique au vafe, & je lui fis de l’autre main tirer l’étincelle. Au lieu des fecoulfes ordinaires qu’on éprouve en differentes parties du corps J il ne relfentit qu’un coup violent à l’épaule droite fuivi de picotemens dans tout le bras. L’expérience réitérée rendit les mêmes phéno-;
- menés
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- S VE L* É L ECT R ï c iîf e\
- Inenes. Noguès croyoitque Mr. Guiot> * qui étoit préfent, le frappoit fur l’épaule au moment que l’étincelle écla-toit ; & je ne pus le détromper, qu’en lui faifant répéter l’expérience Mr. Guiot placé vis-à-vis de lui.
- §. CLXXXVIII.
- Je lui lis enfuite appliquer la maini faine au vafe ; au moyen d’un cordon de foie, j’approchai brufqueroent de la main paralytique une chaîne ap-pendue à la barre. Le coup à l’épaule droite fut alors accompagné d’une fe-coufife au bras fain & à la poitrine*
- §. CLXXXIX.
- L'avant bras fe trouve livide & deffeché :
- Lui ayant lait dépouiller l’avant-bras; nous le trouvâmes livide, flétri & def-féché. Les veines qui rampent fous là peau étoientvariqueufes. L’atrophie**
- *Voy. pag. 76. S. CXVI.
- * * Maigreur de la farde cattfée far un manque de nourriture :
- K
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- *4<5 EXPERIENCES s’étendoit à la main, excepté que les doigts étoient enflés.
- §. cxc.
- Mouvemens convuljifs des mufdes dont on tire des étincelles.
- Je plaçai le malade, le bras nu, fur de la poix ; & » l’ayant fait vivement éle&rifer , j’approchai le doigt des mufc clés qui couvrent les os de l’avant-bras. Non-feulement les étincelles que j’excitai furent très-vives , mais nous obfer-vâmes des mouvemens convulfifs & très-prefles dans le raufcle dont on les tiroit ; 8c le poignet ou carpe, & les doigts étoient diverfement agités.
- ferc. J
- Ainfi ce poignet & ces doigts, privés de tout mouvement volontaire, fe mouvoient à mon gré félon le mufcle auquel je préfentois le doigt. Ce phénomène méritoit fans doute le plus (é-rieux examen.
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- SUR L’ÊLECTRIClTE*. 1+ï
- §, CXCI.
- Je me mis à la place du paralytique ; & Mr. Guiot y en préfentant le doigt & mon bras, caufa dans mes mufcles & dans les parties folides les mêmes mou-vemens que nous avions obfervés dans le paralytique. J’étendois ou je fléchif-fois le carpe & les doigts félon la nature du mufçle d’oh partoit l’é tincelle J fans qu’il fut en mon pouvoir d’en arrêter les mouvemens.
- J’ai éprouvé dans la fuite que, malgré les efforts d’une perfonne placée de même que moi fur de la poix, les étincelles tirées, par exemple, des mufcles extenfeurs ou abdu&eurs, ou du long fléchiffeur du pouce, m’obligeoient d’écarter ou d’approcher le pouce de la paume de la main, ou d’en fléchir la troilx eme phalange.
- §. CXCIL.
- La feule différence de Noguès à moi ; ç’eft que je fentois la piquûre des étin-Kij
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- r4§ Exîeriences celles qui ne faifoient fur lui aucune ïntô preffion.
- §. CXCIII.
- Origine de la paralyjie de Noguès.
- Après ces premiers eflais, j’interrogeai Noguès fur l'origine de fa para-lyfie. Il me dit qu’en 1753. à la fin du mois de Juin , forgeant une barre de fer , un coup porté à faux l’avoit jetté à la renverfe fans connoiffance & fans mouvement. Que, demeuré muet & paralytique de tout le côté droit, les bains d’Aix en Savoye, où il fut conduit à la fin de la même année , lui avoient rendu la voix & le fentiment à la cuif-fe & à la jambe droite fur laquelle il avoit commencé dès lors à fe foûtenir. Que les mêmes bains, l’année fuivante ; avoient diminué fa difficulté démarcher; & l’avoient mis en état de lever le bras droit & de faire quelques légers mou-vemens des doigts médius & annulaire : mais que, depuis fon accident, il n’avoit jamais pu remuer l’avant - bras ,
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- suit l’Électricité. 14s le carpe , le pouce & le» doigts index & auriculaire.
- §. CXCIV.
- Ces détails non-feulement m’ont été confirmés par Mr. Cramer le Pere célébré Doâeur en Medecine j & par Mr. Laurent maître Chirurgien, qui avoient été appellés au fecours de Noguès ; mais ils m’ont encore appris que les véfica-toires, les ventoufes fcarifiées & divers autres remedes en ufage dans les attaques d’apoplexie n’avoient pu le réveiller , & qu’il ne reprit la conuoiflànce que plufieurs jours après fon accident.
- Les effais dont je viens de rendre compte étoient trop intéreflfans pour ne pas répéter. J’affignai le paralytique au lendemain ; & je lui recommandai de remarquer attentivement toutes lès fen-fations extraordinaires qu’il éprouverait, fur tout au bras malade.
- Kiij
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- "IfO EXPERIENCES
- §. cxcv.
- Etat du malade la nuit qui fuivit mes premières opérations.
- Le 27. il m’apprit que, pendant plus d’une heure, il avoit fenti de la chaleur au bras ; & , à diverfes reprifes, des picotemens allez forts pour interrompre fon fommeil.
- §. CXCVI.
- Je réitérai fur l’avant-bras les opérations du jour précédent, & comme le poignet étoit tout-à-fait fléchi vers le côté interne des os de l’avant-bras, que trois doigts étoient fans mouvement, & que les autres ne s’étendoient que foi-blement , je réfolus d’opérer pendant quelques jours fur les mufcles extenfeurs du carpe & des doigts.
- §. CXCVII.
- Moyen de produire les plus fortes étincelles.
- J’obferverai une fois pour toutes que» pour tirer les étincelles, je me fervois d’une verge de fer dont le bout, que
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- SITR L’ÉLECTR ICITE*. Ijf Je préfentois au mufcle, étoit terminé par une efpece de tête ronde de 14 à ij. lignes de diamètre. Après divers ef-fais, la forme fphérique m’a paru exciter les plus vives étincelles, & produire dans les mufcles les plus fortes fe-couffes. Avant & après l’expérience , j’avois foin de faire frotter, étendue fur un brafxer, la partie fur laquelle j’opé-
- r01S’ § CXCVIII.
- On tire des étincelles des mufcles extern, feurs du carpe & des doigts, & du long fiéchiffeur du pouce.
- Les 27, 28,2p, 30, & 31, peu-, dant une heure & demie chaque jour,; je fecouai le radial externe, le cubital externe, l’extenfeur commun des doigts, l’extenfeur propre de l’index » & les ex-tenfeurs & le long fiéchiffeur du pouce. Noguès éprouva de plus , & chaque jour 3 ou 4 fois, la commotion.
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- »Ç2 Exïerience*
- §. CXCIX.
- Premiers progrès.
- La crainte de me faire illufion fur uni commencement de fuccès me fit fouhai-ter que Mr. Guiot fuivit ces opérations .* l’avant-bras lui parut comme à moi moins livide ; l’enflure des doigts diminuée ; & il trouva que le carpe commençoit à s'entendre. Ces obfervations me détermine? rent à continuer mes opérations.
- §. CC.
- Le brus paralytique reprend du fentimenU
- Le 3. Janvier l’avant-bras & la main avoient repris quelque fentiment ; le malade fentoit l’ardeur du feu fur lequel on le frottoit. Il fentoit auffi, mais foi? blement, la piquure des étincelles.
- §. CCI.
- Le 4. les doigts médius & annulaire fe mouvoient avec moins de difficulté : le carpe & l’index avoient aufli quelque mouvement. La maigreur de l’avant-bras, paroiffoit diminuer.
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- sua l’Electricïtb\ XJ3 Grojfettr de l'avant-bras.
- J’en mefurai la circonférence un pouce au-delTous de l’articulation du bras avec l’avant-bras : Elle étoit de fix pouces dix lig.
- $• CCIL
- Le 8. Noguès fe plaignit qtje les t. ou 3. dernieres nuits il avoit fenti à placeurs reprifes des frémiffemens & des picotemens au bras droit » & que fon fommeil n’avoit pas été tranquile.
- §. CCIII.
- SecouJJes données aux fléchifleurs du carpe & des doigts.
- Les fecoulfes réitérées données aux inufcles dont j’ai parlé $. CXCVIII» paroilfant diffiper la couleur livide & la maigreur de l’avant-bras, je voulus tenter les mêmes opérations fur les mufcles flécbiffeurs du carpe & des doigts, fur le palmaire long, fur les pronateurs du radius & fur le long fupinateur ; & je vis l’atrophie fe diffiper fucceffivement 1
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- J J*4 EXPERIENCES & l’avant-bras reprendre fa couleur naturelle.
- §. CCIV.
- Le io. Mr. Guiot examina l’avant-bras & la main : leur couleur , leur embonpoint , & les mouvemens que le carpe & les doigts avoient acquis l’é-tonnerent. Et , pour avoir une fuite exaéte des progrès , je le priai de mettre par écrit l’état où il avoit trouvé le malade. Voici le réfultat qu’il me làilTa de fon examen.
- §. ccv.
- Premier rapport de Mr. Guiot.
- T ai trouvé que l'avant - bras paralyti-que avoit repris beaucoup d'embonpoint. Le malade étendoit mieux les doigts médius annulaire. Il pouvoit aujji étendre le carpe le doigt index ; mais le petit doigt & le pouce ne pouvoicnt pas, s'étendre. Cet état marque une grande diminution du mal ; puifque ^ dix jours auparavant J l'avant-bras étoit fort maigre, &* que le poignet ni le doigt index ne pouvoient
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- P‘g*is 4
- Table des variations du "Thermomètre de Mr.de Reauma , depuis le 17. Xb". 1747. jufqu’au n. Mars 1748.
- entre 6 & 7 h 1 du matin. w/re midi & \ . h. wire6& lh. du matin entre midi & 1. h. depré s Jours fitfre 6 &7/1. du malin. degrés entre mid< & 1 .h. jours ckw* 6 & j h. du matin, degrés 1 h. degrés
- Jours Âbte. 27 degrés. degrés. ' anvier 16 degrés 6 £ 3 Vevrir j 0 4 Février 25 T 4
- 28 ! 3 i *7 6 Z 6 1 1 2 6 3 i
- 29 I 18 6 £ î 7 2 3 7 27 4 0
- 30 i 2. 19 F T I 8 2 T 1 7 28 5 7 2
- 3,1 O j x 20 F £— i 9 2. 3 29 3 1 *—
- 2 11 2 3 10 7 3 1 4 3
- 2 , 1 7 22 5 1 u 1 2 2 2 T 2 1
- 3 O f il 1 £ 3 12 3 T 1 3 4 7
- 4 1 j 24 3 7 3 «3 7 2 4 4 z £ 2
- j- - 0 -»5 2 | i 14 0 1 3 F
- : 6 ! 7 g 2 | 1 26 4 1 JJ 2 1 £ 6 6 2
- . ' 27 4. T 1 16 T 0 7 7 0 ’
- 28 z 17 2 7 1 S 7
- p 1 1 £ 29 5 t 0 18 3 2 4 9 10 8 F 1 £ 4
- *o 11 12 2 j 7 8 i ’i £ F 7 6 3° 31 3 7 3 T 19 20 1 2 11 F 4
- Février 1 3 4 3 F 1 t 2 3 21 ~ 22 2 3 1 12 0 5
- Si '7 14 7_?_ •s 7 , 5 T F F » 23 24 D 1 Les v^nmres places îuus une peine ligne indiquent les degrés au defious de la congélation.
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- sur l’Électricite*. Ifj*
- pas s'étendre & que le médius & l'annulaire s'étendaient plus foiblement.
- > CCVI.
- On fe borne aux opérations fur les mufcles propres du pouce à caufe du froid. '
- Le froid des jours fuivans me parue trop âpre pour dépouiller l’avant-bras : je me bornai à fecouer les mufcles propres du pouce , le thénar, l’hypothénar, l’antithénar J le long fléchiffeur & les extenfeurs. La gêne & l’ina&ion de ces mufcles pendant 15. années avoient fait relâcher les extenfeurs, & caufé la contraction des abduéleurs & des fléchif-feurs. Audi les progrès de cette opération furent-ils lents ; & je ne dois ma confiance à les fuivre qu’à l'encouragement que m’avoient donné mes premiers fuccès.
- S. CCVII.
- Noguès fléchit la troifîeme phalange du pouce.
- Le 1 y. Noguès commença de fléchir à fa volonté la troifîeme phalange ,du
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- EXPERIENCES pouce. Ce fuccès de l’éleétricité fur le long fléchiffeur du pouce eft un de ceux qui m’a le plus flaté.
- §. CCVI1I.
- iï étend le pouce * & il l'écarte & le rapi proche de l'index.
- Le 17. le pouce put s’étendre , fe féparer de l’index de 3. ou 4. lignes & s’en rapprocher. Non-feulement je continuai de tirer de fréquentes étincelles des mulcles propres au pouce ; mais aulG j’en tirai des interofleux, de l’extenfeur propre de l’index, de l’extenfeur & de l’abdu&eur du petit doigt ; & des tendons que le fublime & le profond envoient à l’index. La promptitude de ce doigt, & furtout de la troifîeme phalange , à fe fléchir dès que Noguès cef-foit de faire un effort de volonté pour l’étendre; ne permettoit pas de douter que ces tendons n’euffent perdu de leur foupleffe naturelle. Je les attaquai ; & » malgré l’aponevrofe palmaire & les muf-cles fous lefquels ils traverfent la pau~
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- SDK L’ÉtECTRICITE’. 1J7 ihe de la main , je les fecouai vivement , comme me le prouvèrent les of-cillations preffées de l’index.
- §. CCIX.
- Effets de la commotion donnée avec de
- Veau chaude.
- Un rhume furvenu à mon malade,' m’ayant fait craindre pour lui le contait d’un vafe froid, je remplis d’eau chaude celui que j’employois à lui donner la commotion. Les phénomènes que produisit cette expérience font rapportés au §. C L VI.
- §. ccx.
- J’appris le lendemain qu’il avoit fen-ti de la chaleur au bras droit plus long-tems qu’à l’ordinaire ; que les picote-mens y avoient été plus fréquens ; 6c qu’il avoit affez bien repofé la nuit.
- §. CCXII.
- Avec de Veau bouillante.
- Cela m’engagea à tenter la commo* tion avec de l’eau bouillante. J’efpérois qu’étant plus forte , fes effets fecoient auili plus falutaires.
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- ij8 Expériences
- Elle fut fi rude que Noguès , jü£-ques-là emprefféàs’y offrir, effrayé & tremblant fe jetta fur un fiége. Un coup violent, difoit-il , l’avoit frappé en diverfes parties du corps ; & il lui en refioit une vive douleur dans les bras & dans les reins. Je l’exhortai à. aller fe mettre au lit.
- §. CCXII.
- Peut-être paffa-t-il une nuit plus tran-quile que moi. La vivacité inexprimable de ce feu qui remplit le vafe ; ce fragment de verre lancé contre le mur ; la confirmation & les douleurs qu’avoit reffenties Noguès j tout cela tenoit dans une grande inquiétude fur les fuites de cette expérience. Heurefement j’en fus délivré dès le lendemain matin ; on m’apprit que non-feulement mon paralytique s’étoit levé , mais qu’il fe rendroit chez moi à l’heure marquée.
- §. CCXIÏI.
- U avoit été inquiet toute la nuit. Outre les picotemens ordinaires , il avoit
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- :ié&.
- SUR L’ELBCTRICITé. Ijp fenti & fentoic encore, lorfqu’iltouffoit, des douleurs dans les reins & dans le bras droit ; il ne pouvoit fe tenir debout fans avoir mal aux reins ; enfin il lui étoic furvenu une allez forte diarrhée. Dans cet état je crus devoir fufpendre la commotion.
- §. CCXIV.
- Maniéré d’opérer fans expofer le malade au froid.
- Pour le garantir du froid pendant que j’opérois fur lui, il me vint en penfée de mettre à là place fur de la poix ; & de préfenter la verge de fer au bras tandis qu’on le frotteroit fur un bràfier. L’éve-nement répondit à mon attente. La con-traélion des mufcles & les mouvemens des os furent les mêmes que lorfque le malade étoit placé fur de la poix. Cette nouvelle façon de fecouer les mufcles m’engagea à reprendre les opérations que le froid m’avoit fait fufpendre.
- J’indique cette méthode à caufe de la facilité qu’elle donne à opérer fur les ma-
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- 160 Experihncss Jades couchés dans leur lit, & pendant qu’on les frotte.
- $. ccxv.
- Divers mouvemens de la main malade;
- Le 21. les mufcles extenfeurs du carpe & des doigts & ceux qui fervent aux mouvemens de pronation & de fupina-tion s’étoient beaucoup fortifiés. Noguès tournoit la main du côté externe des deux os de l’avant-bras, enforte qu’elle faifoit avec eux un angle obtus ; il tournoit auffi la main en dehors & en dedans à fa volonté.
- $. CCXVI.
- Second rapport de Mr. Guiot.'
- Le 24. Mr. Guiot revint voir le malade ; & voici la defcription qu’il dreifa de fon état.
- Le carpe &* tous les doigts * excepté le pouce j s'étendent parfaitement ; le pouce a beaucoup gagné pour les mouvemens d'ab-àuElion, d'ahduftïon &* de flexion. La dernière phalange de l'index £r le pouce ne peuvent encore s'étendre parfaitement s les mouvemens
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- Sur l’Électricité’, lit
- fanent du bras &• Vavant-bras fr font mieux &* le malade approche fa main du chapeau.
- $. CCXVII.
- Le malade reffènt la commotion en diverfes parties du corps.
- La ceffarion de la diarrhée m’enhardit à redonner la commotion au paralytique , mais je n’ofai le faire qu’avec l’eau froide. La fecouffe ne fe fit plus featir uniquement à l’épaule droite ; mais, comme aux perfonnes faines, en différentes parties du corps. Et dès lors elle a toujours produit le même effet.
- §. CCXVIII.
- La commotion caufe la diarrhée.'
- Cet effai, quoiqu’avec l’eau froide, ne laiffa pas de provoquer la diarrhée ; 6c jufqu’au 24 Février, il l’a conftamment «excitée.
- §. CCXIX.
- Noguh peut ôter fon chapeau.
- Le 26. Noguès empoigna de la main 'droite 8c enleva de deffus ma table une
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- EXPERIENCES
- bouteille pleine d’eau du poids d’enviroff a livres ; il l’inclina enfuite en dehors & en dedans ; le même jour, & pour la première fois» il ôta fon chapeau : mais, après l’avoir levé de deiïiis la tête» il eut de la peine à le foûtenir 5 le pouce & la troifieme] phalange de l’index n’ayant pas acquis encore aflfez de foupleffe.
- § ccxx.
- Le 18. H prit fur la table & porta à fa bouche un verre plein.
- §. QC XXL
- Etat des mufcles qui couvrent Vos du bras î commencement <£opération fur ces mufcles.
- Le premier Février , le tems s’étanc radouci, je crus que je pouvois commencer à opérer fur les mufcles qui couvrent l’os du bras. Je fis découdre depuis l’épaule jufqu’au bas de la manche de l’habit de Noguès ; elle fe refermoit par des rubans coufus des deux côtés. Une flanelle, dont on enveloppoit le bras par deffus l’habit, empêchoit le froid de pé-
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- SÛR L*ÈLEC TRI CITÉ*, itfj
- ftétrer par l’ouverture qu’on avoit faite; Nous trouvâmes le bras livide & d’une extrême maigreur ; il y avoit un grand enfoncement entre le biceps & le brachial interne. Les trois mufcles exten-feurs du coude, nommés communément le triceps, paroifloient à peine. Le deltoïde étoit très-petit & point figuré. La circonférence du bras au-deffous du deltoïde étoit d’environ 7 pouces {: celle de l’avant-bras, prife au même endroit qu’elle l’avoit été le $ Janvier, étoit de p pouces 3 lignes. Entre les mufcles qui couvrent l’os du bras le deltoïde & les fiéchifleurs du coude , favoir le biceps & le brachial interne furent ceux aux-: quels je m’attachai principalement.
- §. CCXXII.
- JLe bras prend des chairs * delà couleur & de la force.
- J’eus la fatisfa&ion de voir le bras reprendre de jour en jour de la couleur Sc des chairs. Le p Février l’enfoncement Lij
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- i&j, Expériences entre le biceps & le brachial interne» fé trouva prefque rempli. Le biceps & le deltoïde avoient fenfiblement groffi. Lç bras avoir acquis cle nouvelles forces. Noguès enleva de terre un fac du poids de huit livres, &il le balança pendant quelques momens. Il fouleva un marteau pelant deux livres, & en frappa quelques coups fur une table»
- §. CCXXIIL
- Les étincelles éleftriques enflent les veines & gonflent les mufcles.
- Je vérifiai fur le bras ce que j’avois déjà obfervé, que les veines des parties fur lefquelles on opéré enflent, & que leurs mufcles fe gonflent & fe durciflent à mefure que les étincelles deviennent plus vives & plus preffées.
- Le i o & les jours fuivans j’opérai plus long-tems qu’à l’ordinaire fur les mufcles dont l’os du bras eft couvert j & je fe-*:ouai vivement le triceps.
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- lit' itï,
- son l’Éiectbici §. CCXXIV.
- Etincelles douloureujes tirées du condyk interne.
- Quand on préfentoit la verge de fer au condyle interne , le paralytique fen-toit une vive douleur ; foit à caufe de l’aponevrofe qui s’y rencontre, foit parce que le carpe fe fléchifloit brufque-ment. On lait que les mufcles qui fervent à faire le mouvement de flexion du poignet font attachés au condyle interne , ou aux environs du même côté.
- §. CCXXV.
- Méthode propre aux démonfirations de Myologie.
- Cette méthode d’agir fur les mufcles m’a paru propre à donner une idée générale de la Myologie. En même- tems qu’on indique un mufcle , fes ofcillations en montrent à l’œil l’ufage par l’agitation de la partie folide à laquelle il eft attaché. Je ne fai même fl, dans quelques cas, L üj
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- î6S Expériences? ces expériences ne feroient point plus fû-res que celles qu’on fait en tirant les mufcles diflequés d’un cadavre.
- §. CCXXVI.
- Le il. le paralytique, ayant le poignet tourné en dehors, enleva de terre une chaife pefant huit livres; & la balança quelques momens. Dès ce jour il ne s’efl plus fervi à table que du bras droit. §. CCXXVII.
- Troifieme rapport de Mr. Guiot.
- Le 12. Mr. Guiot fut témoin de mes opérations, & des nouveaux mouvemens que Nogucs avoit acquis. Il en fit fon rapport en ces termes.
- Le bras qui, dix jours auparavant J étoit fort maigre & flétri depuis le coude jufquà l’épaule J a repris beaucoup d'embompoint : Les mufcles ont grofjî & font plus fermes. • Tous les mufcles de Vavant-bras Gr de la main ont aujf confdérablement grofji. Le doigt index s'étend dans toute fa longueur » le pouce s etend mieux, mais pas encore parfaitement le malade peut tirer fon chapeau
- i
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- SUR L’ÊLECTRICITÊ. I#7
- &* le remettre ; ii empoigne & balance une chaife du poids de huit livres ; il a auffi levé de terre balance un poids de kuit livres.
- §. CCXXVIII.
- U électricité diffîpe les engelures.
- Le même jour , Noguès nous apprit que, depuis fon accident, cet hiver étoit le premier où il n’eût point eu d’engelures à la main malade. Cela nous rap-pella que fes doigts étoient enflés quand nous vifitâmes fon bras pour la première fois.
- §. CCXXIX.
- Les étincelles électriques font élever de» pujlules fur la peau.
- Le 17. un jeune homme âgé de 20 ans, s’étant mis fur la poix, il s’éleva dans les endroits d’où l’on tira des étincelles des efpeces de tumeurs , entourrées d’une petite rougeur, comme s’il eut été piqué par des guepes ou par des coufins. Le frottement ne diffipa point ces empoul* les qui fubfiflerent plufieurs heures. Cette L iiij
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- ï«8 EXPERIENCES perfonne cft la feule qui m’ait rendu cè phénomène ; mais j’ai fouvent apperçû de petites efpeees de pullules de la grolfeur d’un grain de navette qui s’évanoüiffoient d’elles-mêmes, & tomboient en écailles, lailfant fur la peau une impreflion fem-blable à celle d’une légère brûlure.
- §. ccxxx.
- Mouvemens nouveaux quacquièrent le bras la main.
- Le ip. Noguès prit de la main droite une boule de 4 pouces de diamètre, & ita jetta en faifant le mouvement d’extenfioQ du poignet.
- §. CCXXXI.
- Le 20. par le feul mouvement de l’articulation du carpe avec le radius, il prit par un bout & leva de terre un bâton de 3 piés & quelques pouces de longueur, pefant plus de deux livres. Il éleva auflî à la hauteur de cinq à fix piés un poids de fept à huit livres attaché à une corde qui paffoit fur une poulie fixée au plancher.
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- \ feu* l’Électricité. i6p §. CCXXXII.
- Le 23. après avoir levé le bâton & de la même maniéré, il fit, en le tenant toujours par un bout, les mouvemens de pronation & de fupination du carpe. Le bras prefque étendu, il foûtint quelques momens ce bâton dans une fituation verticale , & il le mit fur l’épaule droite.
- §. CCXXXIII.
- Douleur furvenue du mufcle addutteur &*. aux abaijfeurs du bras.
- Le 14. ilfe plaignit que, depuis quelques jours, il fentoit de la douleur au grand peéloral & aux mufcles qui fervent à abaiffer le bras. Je jugeai que cette douleur venoit de ce que ces mufcles ne fe prétoient pas affez aux mouvemens dont le deltoïde étoit devenu capable ;& je réfolus , dès que le tems le permettroit, d’exciter dans tous les mufcles qui meuvent l’os du bras les mêmes mouvemens convul-fifs que j’avois excité dans le deltoïde.
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- EXPERIENCES -î'
- §. CCXXXI V.
- Le 28. Noguès éleva, à la hauteur de plus de 7 pies , un poids de 16 livres attaché a une corde paffant fur une poulie fixée au plancher. Et, par le mouvement d’extenfion du poignet , il jetta avec facilité plufieurs fois de fuite une boule. Je mefurai le bras au même endroit que je l’avois déjà fait, fa circonférence étoit de plus de 9 pouces.
- §. ccxxxv.
- Le 29. Mr. Guiot mit par écrit l’état où il avoit trouvé Noguès.
- Quatrième rapport de Mr. Guiot.
- JOémbompoint du bras a beaucoup augmenté * les mouvemens du bras de l'avant-bras j du carpe &* des doigts fe font avec plus de facilité & de force. J'ai vu le malade empoigner une boule de 4 à J pouces de diamètre, & lajetter J en étendant le carpe j à plufieurs pas de dijlance. Il a aujji élevé par le moyen dune poulie ^ en empoignant une corde où on avoit mis un bâton tranf-
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- •‘SUR L’É L E C T R I C I T e\ I7I Verfalement, un poids de 18 livres : Enfin je Vai vu empoigner un bâton fort gros &* une barre de fer, & lever Vun & Vautre en les tenant par le bout. Il faifoit aujji, en les tenant par un bout, les mouvement de pronation & de fupination.
- §. CCXXXVI.
- Interruption des opérations à caufe du froid.
- Un vent de Nord ayant amené, avec beaucoup de neige, un froid très-vif ; & mes occupations me lailfant d’ailleurs trop peu de tems, je fus obligé, non-ieulement de renoncer à mon delfein de fecouer les mufcles moteurs du bras, mais même à toute opération. Et je confeillai à Noguès, dont la main malade étoit depuis ij ans enveloppée d’un double gand fourré , de ne pas trop l’expofer à l’air, & de s’en fervir rarement. Je craignois les effets que le rai-? lentiflement du mouvement du fang' & la fupprelîion de la tratifpiration, çau-
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- Vf 2 EXPERIENCES *
- fée par le froid, ont coûtume de pro} duire
- §. CCXXXVII.
- Une fufpenjton d'opérations pendant dou^e jours ri arrête pas les progrès de la cure. Le 12. Mars Nogiiès revint chez moi.' Il ne me parut pas que la ceflation de mes opérations fur lui eut diminué la facilité qu’il avoit acquife de mouvoir le bras & la main en divers fens. Il frappoit même des coups d’un marteau pefant trois livres & demie plus aifément qu’il n’avoit encore fait.
- Tel eft l’état aétuel du malade. Et comme l’expérience nous apprend que plus on exerce les organes, & plus ils prennent de nourriture & deviennent robufles par l’abondance avec laquelle le fang & les efprits animaux s’y portent ; il eft à efpérer que la chaleur de l’Eté & un fréquent ufàge du bras qui a été paralytique en fortifieront encore les muf-1 clés, & les rendront plus charnus. FIN.
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- SB* L’ÉLHCTKICITî’. 17}
- NB. On ne fera peut être pas fâché de favoir que l'origine de la paralyjîe de Noguès* & fes fuites jufqu au moment où fai commencé d'opérer * font parfaitement confia-tées. Le Médecin & le Chirurgien qui le virent après fon accident font pleins de vie ; & c'efi d'eux que je tiens les détails que j'ai rapportés. Le malade ri a point été perdu de vàe; il demeure encore dans la mêmemaifon quil occupoït lorfquilfut atteint de paralyjîe. Quant au cours de mes opérations non-feulement Mr. Guiot a bien voulu les fuivre exactement mais aujji Mrs. les Profejfeurs de Philofophie , plusieurs membres de la faculté de Medecine & de Chirurgie & diver-fes autres perfonnes en ont été fréquemment les témoins.
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- CONJECTURES
- SUR LA CAUSE DE
- L'ELECTRICITE-
- CHAPITRE PREMIER.
- Hypothefe fur NleSiricitê. Des corps plus ou moins électriques par eux-mêmes. Phénomènes de P attraction & de la rêpulfion.
- §• !•
- 5| L eft peu de matières de fl physique plus difficile à ex. |j pliquer que celle de l’éleâri-al cité. Sa nature & Tes caufcs font fi cachées, fes effet? fi nombreux 8c
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- •4P&* t’ËtSCTÏlClTB’.' >7( Jî variés » qu’il n’eft pas furprenant que les hypothefes les plus probables foient encore éloignées d’expliquer exactement tous les phénomènes. Ce qui rend cette explication plus difficile, ce font les découvertes qu’on ajoute tous les jours, & qu’on ajoutera peut-être encore pendant long-tems à celles qu’on a faites jufqu’à préfent/
- 5- II-
- Je ne bifferai pas cependant de hafar-der quelques idées que les expériences que j’ai rapportées m’ont fait naître; non que j’ofe me dater d’avoir trouvé le véritable mécanifme de la nature en ce point : mais il ne peut qu’être utile de confidérer un objet fous ces différentes faces. Je m’eftimerai heureux fi mes ef-fais peuvent aider aux progrès des Phy-liciens dans leurs recherches ; & fi la théorie que je vais tenter d’expofer, & dont je tacherai de montrer l’accord avec les principaux phénomènes de l’é-leétricité , paraît n’être pas deftituée de vraiffemblance.
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- ÿ76 Conjectures sur la cause v
- § III. v
- Hypothçfe.
- Je fuppofe d’abord un fluide très-délié , très-élaflique ; remplilfant l’univers & les pores des corps même les plus denfes ; tendant toujours à l’équilibre, ou à remplacer les vuides occafionnés. Je fuppofe encore que la denfité de ce fluide n’eftpas la même dans tous les corps; qu’il eft plus rare dans les corps denfes, & plus denfe dans les corps rares; enforte que les interftices que biffent entr’elles les par-, ticules de l’air renferment un fluide plus denfe que ne font, par exemple, les pores du bois ou du métal §.1V.
- C’eft au moyen d’un fluide que Newton f a effayé d’expliquer divers phénomènes , tels que font ceux de la lumière & de la pefanteur. Il eflimoit à la vérité que ce fluide , par lui-même & fans avoir befoin d’aucune préparation, t Voyez Lettre de Newton à Boyle Bibl. Rai-fonnéeT. 3^. &lesQueftions 19, 10, &c. qui font à la fin de font Optique.
- produit
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- l’Électricite’. 177 produit les différentes propriétés, de la lumière, de la gravité &c. ; au lieu que, dans notre hypothefe, il n’agit qu’après avoir été excité & mis en mouvement par queiqu’opération, telle qu eft le frottement &c. Cette différence dans la maniéré d’agir n’empêche pas cependant que ce puiffe être le même fluide, mais diver-fement modifié, qui produit ces phéno- ! menes différens : &, fi nous lui donnons \ ici le nom de fluide électrique, nous ne j prétendons pas pour cela borner fes effets j à ceux de l’éleélricité. La nature , dit \ lyir. de Fontenélle, eft d'une épargne ex- l traordinaire. Cette épargne néanmoins sacj corde avec une magnificence furprenante qui brille dans tout ce quelle fait. G eft que la magnificence eft dans le dejfein, £r ïépargne dans l'exécution.
- §. V.
- Ces principes admis j on conçoit aifé-ment que,fi l’on frotte un tube ou un globe de verre , non feulement les particules éleétriques qui occupent les pores de fa
- M
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- iy8 Conjectures sur la causé furface feront ébranlées ; mais encore que les fibres du corps frotté acquereront , ) en vertu de leur élafticité , un mouve-; | ment de vibration pareil à peu près à ce-1 lui d’une corde pincée dont les plus peti-! tes fibres , indépendamment de la vibra-I j tion totale de la corde , font chacune j des vibrations particulières ; & font au-i tant de points fonores qui répandent le 1 ) fon de toutes parts.
- §. VL
- Caufe de l'attraftion.
- Les fibres élaftiques du verre ne fau-| roient être ainfi agitées qu’en même tems I la matière de l’éleétricité ne foit chaffé e ) & lancée avec une certaine force hors
- du globe ; & que le fluide éleétrique répandu dans l’air ne foit pouffé & comprimé : Et comme ce fluide apporte de la réfiftance à fa condenfation , la matière éle étriqué, en s’éloignant par on-i dulation du globe, devient plus denfe de-plus élaftique jufqu’à certain point j & il fe forme autour du corps frotté une at-
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- «61 t’ÊlïCTStOITB’. 179 inofphere plus ou moins étendue, donc les couches les plus denfes font vers la circonférence, & diminuent en denfité jufqu’au corps éle&rifé» Un corps léger qui fe trouvereit au-dedans de la couche la plus diadique feroit donc pouffé de celle-là à la couche voifine qui eft plus foible ; & ainfï de couche en cou-; çhe jufqu’au globe.
- §• VII.
- Caufe de la répulfion.
- Mais la force avec laquelle la matière ’éleétrique eft chaffée hors du corps frotté, étant bien-tôt confirmée par la réfiftance du fluide des environs ; ce fluide, coh-denfé au-delà de fon état naturel, doit ; en fe rétabliffant, pouffer à fon tour la matière éleélrique fortie du globe, & l’obliger à rebrouffer vers lui. Cette matière , en retournant vers le globe, ne s’y met pas d’abord en équilibre ; plus elle en approche , plus elle s’y condenfe tout autour j & le corps léger eft repouf-
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- 'i8o Conjectures sur la cause1 * fé d’une couche plus élaftique dans unê autre qui l’eft moins jufqu’à l’extérieure ou la moins denfe. Ainfi le fluide électrique eft autour du corps éleétrifé dans de perpétuelles ofcillations de dilatation 6c de contradiom, par l’aétion du fluide qui s’échappe de ce corps ; & la réa&ion du fluide dont l’air abonde. C’eft cette aétion du fluide que la force du frottement exprime des pores du globe, 6c cette réaétion du fluide répandu dans l’air, qui produifent l’attraétion & la répul-fion.
- §. VIII.
- Différence entre les ondulations fonores £r celles du fluide électrique.
- Il eft au refte aifé de voir pourquoi les ondulations du fluide éle&rique ne fe tranfmettent pas de la même maniéré que celles de l’air dans la propagation du Ton. Les ondulations de l’air, fe faifant dans un milieu uniforme ou également | denfe près de la furface de la terre, doi-; yeat nécefl^irement s’étendre fort loin;
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- ï*e l’Électricité. î8i\ '& devenir toûjours plus foibles depuis le corps fonore à la ronde au lieu que le fluide éle&rique lancé hors du corps frotté, en s’en éloignant, fe eondenfe par la réfiftance du même fluide plus den.-fe aux environs, jufqu’à ce qu’ayant enfin perdu tout fon mouvement, le fluide répandu dans l’air l’oblige , en fe réta-bliffant, à retourner vers le globe.
- §. IX.
- La chaleur &* le frottement mettent en mou-, vement le fluide éteBrique.
- II paroît de-là que , quoique le fluide ele&rique réfide en plus ou moins grande quantité dans tous les corps , il ne peut cependant produire un effet fénfî-ble s’il n’eft ébranlé & mis en mouvement par quelque caufe extérieure. La chaleur & le frottement le mettent en aftion d’une maniéré particulière. Tous ceux qui ont approché d’un corps élec-trifé ont dû reffentir les frémiflèmens d’une matière fubtile mue autour de ce corps. M iîj
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- iSj Conjectures sur la causb 5. X.
- La chaleur nuit en certains cas à Véleiïricîtêi.
- Mais cette même chaleur qui augmente le reffort des fibres de certains corps » èc qui agite vivement le fluide éleârique qui réfide dans leurs pores & fur leur furface, produit fur d’autres corps, des effets tout-à-fait oppofés quand on les frotte ou qu’on les chauffe. Cette chaleur , en les dilatant & en les ramolifTant » change leur contexture naturelle ; elle affoiblit l’élafiicité de leurs fibres ; & par conféquent éteint en eux cette facilité qui fertr à développer l’éleâxicité.
- $. XI.
- Pourquoi le frottement rend certains eorpi plus éle&riques que et autres.
- C’eft donc par le différent tilfu des corps, & par les divers degrés de den-fité du fluide éleétrique qui réfide dans leurs pores, qu’il faut expliquer pourquoi une médiocre chaleur ou une légère friction rendent certains corps éleâriques? Pourquoi d’autres ne le deviennent qu’a-r
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- : DE l’ÊEECTElCrTE’. l8j
- près avoir été chauffés & frottés avec force ? & pourquoi d’autres , quelque vivement que vous les chauffiez ou frottiez , n’acquierent qu’une foible électricité , ou a’en contractent aucune ?
- §. XII.
- Les fluides & les corps mous qui ayant cédé à une légère impreffion > ne fe rétabliffent point enfuite ; & qui, par conféquënt, font incapables d’un mouvement ofcillatoire ne fauroient, par ce-, la même, être rendus éleCtriques.
- §. XIII.
- Si les métaux , les plus denfes des corps, ne peuvent être rendus électriques par le frottement ou par la chaleur j c’eft que le fluide qui y rélide étant fort rare, le frottement ne peut exprimer de leurs pores une quantité fuffifante de ce fluide pour former autour d’eux une at-mofphere fenfible. Le tiffu de leurs fibres , trop engrenées les unes dans les autres, & trop ferrées pour être ébran-?
- M iiij
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- 18 4 Conjectures sur la càusb lées par le frottement, peut auffi être uiï obftacle à leur éleétricité.
- §. XIV.
- Pourquoi les corps réfineux font-ils plus électriques que £ autres moins denfes & plus élajîiques ?
- Les corps réfineux, fulfureux, doués d’une vertu élaftique fupérieure à celle d’autres corps moins denfes & plus élaf-tiques qu’eux, doivent être exceptés de la réglé que nous avons établie. Je pan-f che à attribuer la grande vertu de ces corps inflammables à la matière du feu ! dont ils abondent. Et quand on aura vu , tomme je le montrerai, l’analogie intime de cette matière du feu avec le fluide I éîe&rique, il ne paroîtra pas furprenanc i que le frottement détache aifément de \ ces corps inflammables une quantité con-' fidérable de ce fluide éleétrique. Il n’eft pas même hors de vraiffemblance que la promptitude & la force avec laquelle les matières réfineufes &c. s’éleéhifent, ne procèdent de la même caufe qui donne
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- DE L*ElECTRICITB\ l8p aux fubftances huileufes ou fulphùreufes une plus grande force réfra&ive pour les rayons de lumière que n’eft celle d’autres fubftances plus denfes.
- §. XV.
- Caufe de la venu de la main dans le frottement des tubes ou des globes.
- Si le frottement de la main produit une éleétricité plus forte que celui des corps inanimés ; N’eft-ce point que le corps humain renferme un principe ful-fureux, inflammable & analogue à la matière de l’éle&ricité ? Ce fluide, exprimé de la main par le frottement, s’unit avec celui qui s’échappe du globe ; & en augmente ainfl la quantité. L’on remarque au moins furies globles qui eut fervi quelque tems, & fur les morceaux de bois expofés pendant un tems confi-dérable à un frottement fréquent, une efpece de crafle inflammable , produite vraiflemblablement en partie par la matière de la tranfpiration. Et ç’eft par une rai-
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- i8<5 Conjectures sur la cause fon femblable que quelques Phyficiens frottent leurs globes avec une étoffe de laine enduite de cire > & imbibée d’huile.
- §. XVI.
- Le verre & la porcelaine confervent long-, tems leur éle&ricité.
- Il çn eft des vibrations des fibres d’un corps éleétrifé, & de celles du fluide qui réfide dans les pores de ce corps ou qui l’environne , comme des ofcillations d’un pendule. .Elles durent plus ou moins long-tems après que la force qui les a occafionnées a ceffé d’agir ; & elles ne s’arrêtent que lorfque leur mouvement a été confumé & détruit par la réfiftan-, ce du fluide des environs. C’eft pourquoi les matières les plus élaftiques., telles que le verre & la porcelaine , après le frottement, confervent leur vertu plus long-tems que d’autres corps plus abon-, dans qu’eux en fluide éleétrique.
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- é. 187
- DE l’élbctricit §. XVII.
- Pourquoi Vhumidité nuit à VéUBrhitè.
- La difficulté ou plutôt l’impoffibilité d’éle&rifer par le frottement les corps mouillés ou frottés avec une main humide ne doit pas furpreridre. Perfonne n’ignore que l’humidité affoiblit le ref-fort des corps j & il eft d’ailleurs fenfï-ble que les particules d’eau , en s’infi-nuant dans les pores d’un corps frotté, nuifent aux vibrations de lès libres ; & font ainlî obllacle au mouvement du fluide renfermé dans fes pores.
- §. XVIII.
- Par la même raifon, un tems chaud, chargé de vapeurs ; un tems de brouillard , de pluye ; la retiration des fpec-tateurs dirigée vers le globe affoibliront la vertu éleârique ; les particules humides qui voltigent dans l’air fe raflemblant & fe condenlànt fur la furface des corps. De plus, un air chargé de vapeurs humides rélifle , moins fortement qu’un air feco au fluide qui s’échappe du corps
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- i § 8 Conjectures sur la cause frotté ; il abforbe même une partie de ce fluide qui, par-là s diminue en quantité autour du corps frotté. Cette con-jeéture eft fondée fur les Phénomènes que j’ai rapportés §. CIX. & C X. & qui montrent que l’eau s’éleétrife prom-tement par communication.
- §. XIX.
- Le fluide élcBrique nejl point mu en tourbillon autour des corps éleBrifés.
- Les obfervations que j’ai rapportées au §. XXIV. font bien éloignées de nous conduire à la fuppofition d’une matière fubtile, mûe en forme de tourbillon autour de l’axe des corps éleétri-fés. Car, fi les corps légers étoient agités par une pareille matière, ils en fui-vroient l’impulGon , & feroient des révolutions circulaires autour du tube ; ce qui eft contraire à l’expérience. Le frottement du tube peut bien caufer une émanation ou une Ample atmofphere ; mais non un tourbillon proprement dit.
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- DE l’ÉLECTR ï CITE*.
- Et loin que la fuppofîtion d’un tourbillon pût rendre plus facilement les Phénomènes , elle ferviroit plutôt à les dé-guifer ; & cette fuppofîtion les df gui fera encore davantage fi on y ajoute une analogie avec la fufpenfion des planètes à des diftances déterminées du centre de leur tourbillon ; car les plànetes ne font retenues à ces diftances déterminées que par l’équilibre de leurs forces centrifuges avec la force de pefanteur, comme il réfulte du calcul aftronomique, & cette précifion eft bien éloignée de fe rencontrer avecjlacaufe affignée ici à l’éleétri-cité. Il feroit aifé de faire mouvoir, à j l’aide de la matière éleélrique , despe- j tites boules autour & à diverfes diftan- j ces d’une autre boule qui, par fa grof- \ feur, fa couleur & la place qu’elle occu- I peroit, repréfenteroit le foleil. Il ne feroit pas plus difficile de faire paroître, à l’extrémité d’une pointe de métal fixée fur un point de ces boules , une aigrette lumineufe qui repréfenteroit un volcan.' j
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- fi <jt> Conjectures sur la. CAUstf On a vu également des machines com-pofées de globes d’aiman, placés à différentes diftances d’un centre commun ; & qui fembloient imiter dans leurs ba-lancemens, les mouvemens des globes célelles. On les voyoit tantôt s’approcher & tantôt s’éloigner, fuivant qu’ils fe préfentoient leurs pôles amis ou ennemis &c. Mais, fur de pareilles expériences , prétendre établir une théo-, rie pour expliquer les mouvemens des corps célelles $ pourquoi , par exemple , les Planètes décrivent des Ellipfes autour du Soleil fuivant la loi des diftances & des tems périodiques, découverte par Kepler ; c’eft ce dont je ne crois pas que perfonne vienne jamais à bout. Autant il importe de ne pas multiplier fans néceffité les caufes , autant doit-on fe tenir en garde contre le penchant de ramener à une feule caufe un nombre de phénomènes différens. Je ne demande ici que des obfervateurs qui n’ayent encore époufé aucune hypothefe j & je
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- de l’Êlectricite*, ipj Tuis perfuadé qu’ils trouveront qua toutes les variétés qu’on obferve dans les attrapions & dans les répulfions, dépendent du plus ou moins de force de l’électricité ; & des différens degrés de ré-fiftance que l’air apporte aux mouve-mens des corps légers , fuivant la combinai fon de leurs poids, de leur volume & de leur figure.
- §. XX.
- De quelques phénomènes de ïattraElion &* de la répuljîon.
- Si un corps léger, attiré & enfuite repoufle par un corps éleétrifé, ne s’en approche de nouveau qu’après un certain tems , ou qu’après avoir touché quelque corps non éleétrique ; c’eft que ce petit corps eft lui-même devenu éleétrique par communication , & a acquis autour de foi une atmofphere éleétrique. Cette at-mofphere eft compofée, non-feulement du fluide de fes pores, ébranlé & pouffé au-dehors par la matière émanée du corps éleétrifé : mais encore de cette même
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- tpa Conjectures sur tA causé matière fortie du corps frotté ; & qui ? par fa tendance à être par tout en équilibre, fe fera d’abord infinuée dans les pores du corpufcule 5 fur tout fi fa den-fité étoit confidérable. Et comme l’at-mofphere du corps frotté & celle du corps léger tendent toutes deux à s’étendre en fens contraire , & qu’elles réagiffent mutuellement ; il eft fenfible que le corps léger doit être repoulfé, & fe tenir éloigné du corps frotté jufqu’à ce que l’atmofphere qu’il a acquife fe lbitd’elle-mêute diffipée, ou que le corps léger ait perdu fon éleétricité par l’at-fôuchement d’un corps non éledrique. §. XXI.
- C’eft aînfî que deux pièces de métal ; verticalement fufpendues à des fils ÔC appliquées l’une contre l’autre, s’écarteront quand on préfentera au-deflfous un tube éledrifé. Toutes deux alors éle&ri-fées , chacune devient un centre d’où partent des ondulations oppofées qui les féparent. La même expérience faite aveç pois
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- DE L’ÊlECTRICITÏ; ïÿ trois pièces unies de la même façon, celle du milieu reliera immobile , parce qu’elle recevra , de chacune des deux autres, une impreflîon dirigée en fens Contraire , & égale en force.
- §. XXII.
- Les corps quiaprès s’être approchés d’un corps éleétrifé, en ont été repoufles & en demeurent éloignés, fe portent au contraire avec impétuofité vers les corps non éleétriques. Ce phénomène, le même que celui qui eft rapporté, au §. XXX, par lequel il paroît que les corps rendus éleétriques , non-feulement ont acquis la propriété d’attirer, mais auffi celle d’être eux - mêmes attirés par les corps non éleétriques, m’a toujours paru em-barraflant. Car fi les corps éleétriles font en équilibre au centre de leur atmofphe-re , comment fe porteront-ils vers les corps non éleétriques ? Quelques Phy-ficiens ont expliqué ce phénomène par cette loi de la nature , qu’il n’y a point d’aétion fans réaétion ; que tout corps N
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- ïp4 Conjectures sur la cause qui en attire un autre, en eft attiré à Coti tour ; & que la vitefle avec laquelle deux corps s’approchent l’un de l’autre eft en raifon réciproque de leurs mafles : d’où il réfulce qu’un corps éleétrifé doit fe porter vers un corps non éleétique que la groflenr de fa mafle, ou quelque autre obftacle, empêche de je mouvoir d’une maniéré fenfib’e. Mais comme je me fuis propofé dans cet ouvrage de donner les caufes Phyfiques des différens Phénomènes de l’éleétricité ; & que l’explication d’un fait par une loi à laquelle je n’aurois pas affigné une caufe mécanique m’écarteroit de la loi que je me fuis faite à moi-même ; je vais tâcher de rendre raifon de cette loi pour le cas particulier de l’éleétricité. Ce que je trouve de plus probable, c’eft qu’un corps léger , éleétrifé , s’approche des corps non éleétriques parce que fa petite atmofphe-re, confervée par la réfiftance de l’air qui l’environnoit, s’épuife d’abord à l’approche des corps non éleétriques qu’elle
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- "’bE l’èlectrïci'îè’. ipj* pénétré librement, & vers lefquels elle ne peut tendre fans y porter le corps léger : comme une eau , d’abord renfermée , ne fauroit forrir par une ouverture fans entraîner avec elle les paillettes qu’elle contiendrait. Peut-être aulîî, & ces deux raifons peuvent fort bien concourir , l'effort que fait la matière de l’é-leéfricité accumulée & agitée autour des corps éleétrifés pour paffer dans les corps non éle&riques, influe-t-il fur ce phénomène. Car puifque , par nos principes , la matière éleéfrique tend à s’étendre où elle rencontre le moins de réfiftan-ce, la matière qui environne le corps éleétrifé devra fe porter avec impétuo-fité vers le corps non éleétrique qu’on en approchera ; &, en chaffant & en écartant le fluide fubtil qui eft entr’eux, elle devra condenfer celui des environs. Ce fluide , étant condènfé , réagit pour retourner à fon premier état avec une force égale à celle avec laquelle il en a été chaffé j & il preffe, & pouffe les Nij
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- <tÿ6 Conjectures sur là causï deux corps l’un vers l’autre. Ces conjectures peuvent fervir à expliquer divers autres phénomènes : pourquoi, par exemple , les métaux , les plus denfes des corps, font ceux que les corps éledtri— fés attirent avec le plus de force ?
- §. XXIII.
- Un tube, rendu très-éleétrique, forme autour des corps légers une atmof-phere afltz forte pour les tenir quelque tems éloignés du tube dont ils fuivent en quelque forte les mouvemens. Ce n’efl pas à dire cependant qu’ils demeurent fans mouvement , fufpendus dans l’air aux extrémités de l’atmofphere du tube. En le tenant immobile, je n’ai ja" mais pu leur faire perdre une forte d’agitation dont les vibrations courtes & fréquentes font, je penfe, occafionnées par les ondulations de l’atmofphere du tube, lefquelles influent fur celles de l’at-mofphere du corps léger ; &, par con-* féquent, fur le corps léger lui-même.
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- DE L’ÉLECTRICITÉ. ÏP7 §. XXIV.
- Des mouvemens des feuilles d'or entre deux foucoupes.
- Quoique les mouvemens des feuilles d’or entre deux foucoupes ( §. XXXI. &c.) paroiflent diiférer à quelques égards des phénomènes que nous venons d’examiner, & qu’ils foient très-variés ; il n'eft peut-être pas impoflïble de les expliquer par notre hypothefe. Car > dès que l’on admettra que le fluide éleârique tend à s’étendre où il trouve le moins de réfif-tance , & qu’il eft plus ou moins rare dans les corps, félon qu’ils font plus on moins denfes ; on fera obligé de convenir que les ondulations qui s’excitent autour de la foûcoupe fupérieure , atteignant l’inférieure , le fluide éleârique fe propagera dans celle-ci plus facilement que dans l’air qui l’environne: Les feuilles d’or, placées fur la foûcoupe inférieure & expofées à l’aâion d’un fluide éleârique, en feront donc agitées tandis Nüj
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- *5>8 Conjectures sur la cavsï que la foucoupe, trop pefante pour être ébranlée, reliera immobile.
- §. XXV.
- Mais, fi l’on met ces mêmes feuilles d’or fur des corps réfineux, le phénomène ceffe, parce qu’ils arrêtent le cours de la matière éleârique. De même, fi on pofe ces feuilles fur un corps non électrique , & ce corps fur de la poix ; elle eft un obftacle à ce que le fluide électrique s’étende du côté où elle eft, avec la même facilité qu’à l’ordinaire : mais lorf. que quelqu’un touche le corps non électrique fur lequel font pofées les feuilles d’or ; la matière éleétrique , s’étendant alors librement & dans ce corps & dans la perfonne qui le touche &c. les feuilles: d’or fe mettent en mouvement. La trop grande pefanteur des feuilles de 3 à 4 pouces en quarrc eft apparemment la caufe pourquoi, lorfqu’on ne met qu’une feuille d’or fur la foucoupe inférieure , èUe ne peut pas entièrement l’abandonner.
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- t>E l’Electricite’. J.XXVI.
- On demandera peut-être comment il fe peut faire que,de deux grandes feuilles mi-fes fur la foûcoupe inférieure, l’une s’élève en l’air & fefoûtienne perpendiculairement & à quelques lignes au-deflus de l’autre feuille dreffée verticalement fur la foûcoupe ? Je crois que cela vient de ce que les deux feuilles, contrat ant l’éleétrici-té comme il paroît par leur tendance vers les corps non éleâxiques qu’on en approche , leurs atmofpheres agiflènt réel-, proquement l’une fur l’autre. Chaque feuille eft donc follicitée par deux forces ; par celle qui l’attire vers la foûcoupe fupé-rieure,& par celle qu’exerce l’atmofphere de la feuille voifine : & comme ces deux forces n’agiflent pas dans des directions oppofées, leur aétion réunie doit élever la feuille la plus légère entre la foûcoupe fu-périeure & l’autre feuille fur l’atmofphere de laquelle elle s’appuye. C’eft-là un point d’équilibre j car, quoique les mêmes cau-fes qui ont élevé cette feuille, concourent N iiij
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- 200 CONJECTURES SUR. LA CÀÜfiS & la porter encore plus haut, leur effet efl contrebalancé par la force depefanteur. §. XXVII.
- Obfervations fur les attrapions &• les ré-puljîons fimultanées.
- On pourroit alléguer, contre les explications que je donne des phénomènes de l’attra&ion & de la répullion, les expériences que j’ai rapportées au §. XXV ; & qui donnent au même inf-tant des attrapions & des répulfions. Ainfî des corps légers , placés fur une foûcoupe de métal ou fur la main d’une perfonne vivement éleélrifée, s’élancent en l’air; tandis que d’autres préfentés au-deffous de la foûcoupe ou de la main, s’en approchent. Mais il eft aifé de voir que les circonftances, qui accompagnent ces divers phénomènes, font très-différentes. Les corps légers, pofés fur la foûcoupe ou fur la main , s’élePrifent en même-tems que la foûcoupe & la main ; par conféquent ils doivent s’en éloigner, puifque les corps éleftrilés fe repouffent
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- t>E l’ÊLECTKICITe’. 201 hiutuellement $ & d’ailleurs ils ne peuvent obéir qu’à l’aétion du fluide qui tend à les écarter de la main & de la foûcoupe, au lieu que les corps légers, préfentés à quelque diftance, obéiffent fans obftacle à l’aétion du fluide qui tend à les amener vers la main ou vers la foûcoupe éleétrifée.
- §, XXVIII.
- Les expériences du §. XXVI. paroil-fent encore plus oppofées à notre théorie : Elle fuppofe que les corps légers font d’abord attirés , enfuite repouffés ; & l’on a vû au contraire que, de divers corps légers placés autour d’un corps éleétrifé, les uns s’élancent vers lui, au même inftant qu’un grand nombre d’autres s’en éloignent : mes obfervations diminuent , à la vérité, le nombre des ré-pulfions, & augmentent celui des attractions. Mais, à fuppofer que plufieurs particules font quelquefois repoulfées avant que d’être attirées, ce fait ne peut-il joint venir de ce que les brins de pouf-
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- '202 Conjectures sur LA eÂdse fiere à mettre fur l’écriture, embarrafle® les uns dans les autres, ne fe meuvent pas librement en tout fens ? que ceux qu’aucun obftacle n’empêche de s’approcher du corps éleétrifé cedent à l’aélion du fluide qui les amene vers lui ; tandis que les autres, gênés dans leur impulfion vers le corps éleétrifé, mais libres de fe mouvoir en fens oppofé, s’en éloignent ? Les ofcillations du fluide éleétrique font fi promptes que l’œil ne peut en fuivre la fucceffion & les effets ; & enfin les particules qui s’élancent vers le corps élec-trifé ne peuvent-elles point imprimer , à quelques-unes de celles fur lefquelles elles appuient, un mouvement en fens oppofé au leur ?
- $, XXIX.
- Le fluide qui produit VèleElricitê du verre efl-il diflinSt de celui qui produit l'électricité dans les corps réflneux ? Quelques Expériences détaillées dans les Mémoires de l’Académie des Scien-
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- ii>E l’Êlectricite’. aoj icés année 1733. avoient porté Mr. Dufay à établir deux genres d’électricité qu’il fuppofoit appartenir à deux matières différentes ; dont l’une repouffe les corps légers que l’autre attire. L’un de ces genres eft celui du verre, du cryftal, &c. ; & l’autre , celui de l’ambre & de la réfine. Ainfi le verre , éleétrifé, attirera â foi les corps auxquels l’ambre ou la réfine auront communiqué l’éleétricito; & ce même verre éleétrifé repouffera au contraire ceux que le contaéljou l’approche du verre aura rendus éleétriques. De la même maniéré , fi l’on préfente à de l’ambre, à du foufre, à de la réfine des corps légers éleétrifés par communication ; ceux qui auront reçu du verre leur éleétricité, feront attirés ; & ceux qui la tiendront de l’ambre &c. feront repouf-fés. Quoique cette diftinCtion paroiffe dans quelques effets , on ne fauroit être trop circonfpeCt à l’admettre dans la caufe-Le feu liquéfie & durcit ; c’eft toujours cependant le même feu qui défunit cer-
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- 20+ Conjectures sur la CAUSÉ:- -raines parties, tandis qu’il fert de ci ment à d’autres. Et il y auroit d’étranges con-féquences à chercher à l’éleélricité vitrée un fluide diftinél de celui de l’éleélricité réfineule ; & à multiplier ainfi le nombre des fluides, à mefure qu’on croira en avoir befoin pour expliquer quelque nou-I veau phénomène. Je pancherois plutôt I à croire que cette contradiction appa-j rente entre les effets de l’éleélricité | des corps vitrés & ceux des corps ré-j fineux vient de l’inégalité de force de | leurs atmofpheres laquelle varie fuir 1 vant la nature des corps. Approchez deux corps dont les atmofpheres feront égales en force; il eft aïfé de concevoir qu’au lieu de s’approcher, ils fe repoufferont mutuellement. Mais, fi l’atmof-phere de l’un eft beaucoup plus foible que celle de l’autre le mouvement de la plus foible atmofphere fera bien-tôt détruit; & les deux corps s’approcheront. § . X X X.
- Cette inégalité de force entre fat*
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- ^5i)E L’EtECTRIClTE*. 2Ôf ttofphere des corps vitrés «5c celle des corps réfineux n’eft rien moins qu’une fuppofition gratuite. Elle fuit de la nature inême de ces corps. Le verre & la porr celaine non-feulement font plus élafti-ques que la réfine, & que l’ambre ; mais cette élafticité augmente encore par la chaleur du frottement; au lieu que cette même chaleur détruit l’élafticité des corps réfineux. Le fluide éleétrique fera donc lancé avec plus de force hors des corps vitrés * que hors de l’ambre & de la réfine. Aufli l’expérience démontre t-elle i °. que l’atmofphere des corps réfineux n’agit pas à beaucoup près auffi loin que celle des corps vitrés • 2°. que h vertu éleétrique que contraétent les corps approchés de la réfine eft beaucoup plus foible que celle qu’ils reçoivent du verre éleétrifé ; j9. que le doigt ne tire, des corps réfineux dont on l’approche, qu’une lumière pâle ; & jamais des étincelles. §. XXXI.
- Ce qui fortifie encore cette conjeétu-Fe , ç’eft que les globes ou tubes de
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- 206 Conjectures sur la cause verre éleétrifés, attirent les corps éleétii-* fés de même nature qu’eux ; au lieu qu’ils fembleroient devoir le repoulTer. C’eft ainfi qu’un tube de verre, rendu très - éledlrique , attire à foi un autre tube moins fortement éleétrifé , & fufpendu à des cordons de foie. Cette obfervation eft analogue à ce que rapporte Mr. Dufay ; qu’ayant mis fur l’extrémité d’une réglé de bois, facilement mobile , un morceau de copal frotté feulement d’un côté, & par conféquenc doué d’une foible vertu ; il ne fut repouffé que par des corps de petit volume ; mais que , lorfqu’on lui préfenta un gros morceau d’ambre ou de copal, au lieu d’en être repouffé, il fut attiré comme l’auroit été tout autre corps.
- $. XXXII.
- Le verre * dans le vuide* séleStrife moins fortement que Vambre.
- Un autre phénomène qui avoit fait naître à Mr. Dufay l’idée d’une double électricité, c’eft que, de deux corps frot-
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- di l'Électricité’. 207 fcls dans le vuide , l’un vitré & l’autre réGneux ; celui-ci devient plus éL étriqué que le premier. Il femble, au contraire, que le vitré devroit le devenir davantage ; fes parties étant plus propres à concevoir un mouvement de vibration que celles de l’ambre & de la réfine ; & les effets éleétriques des corps vitrés étant pour l’ordinaire plus confidérables que ceux des corps réfineux. J’obferve d’abord que, quoique l’éleftricité du verre foit plus grande que celle des corps réfineux , le verre demande d’être frotté plus fortement que l’ambre ; & qu’il ne l’eft peut-être pas, dans le vuide , autant que quand on le frotte avec la main; au lieu que l’ambre, plus mol, l’eft toujours dans le vuide fuffifamment po»ir acquérir toute l’éleétricité dont il eft capable j ce qui, dans ce cas particulier lui donne un avantage fur le verre. IIP. Il fuit de notre hypothefé, que la matière éleétrique , exprimée des corps frottés, doit trouver dans le plein une
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- fto8 Conjectures sur tA cause réfiftance moindre que dans le vuide oS le fluide éledrique eft raffemblé en plus grande quantité. Si donc on fuppofe » comme il eft vraiffemblable, que le frottement n’exprime du verre qu’un petit nombre de particules à la fois, elles ne pourront vaincre la réliftance que leur oppofe le fluide éledrique condenfé autour de lui. Au contraire, les corps ré-fineux plus abondans à proportion en matière électrique & s’éledrifant aifé-ment & promptement , un frottement médiocre fuffira pour en détacher un grand nombre de particules éledriques, dont l’adion réunie agira fenfiblement fur le fluide des environs ; &produira au-, tour du corps frotté une atmofphere éledrique.
- §. XXXIII.
- Des corps éleétrifés dans le plein, Cf tranf>, portés élans des récipiens dont on épuife l'air.
- Cette expérience eft en quelque forte: confirmée par celle du verre éledrifé
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- de l'Électricité’* ao$
- iâansle plein ; & qui, tranfporté enfuite dans un récipient qu’on épuife d’air, y conferve fa vertu éle&rique , comme l’ambre ; La machine pneumatique n’ô-tant du récipient que l’air groflïer, la matière éle&rique qui compofe les at-mofpheres du verre & de l’ambre fe trouve raflemblée autour d’eux en alfez grande quantité pour furmonter jufqu à certain point, la réfiftance du fluide dont le récipient eft rempli. Auffi obferve-t’on , foit qu’on éleflrife un corps dans le vuide par fa communication avec un globe frotté dans le plein, foit qu’on transporte un corps, éle&rifé dans le plein , dans un récipient dont on ôte l’air enfui, te ; que la fphere d’aétivité de ces dïffé-rens corps s’étend dans le vuide à une distance moindre que dans le plein ; & que leur vertu y périt plutôt.
- §. XXXIV.
- Mais, fi le fluide éledrique eftficon-denfé dans les vafes vuidés d’air, comment fe fait-il que les corps légers qu’ils O
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- 2io Conjectures sur la cause renferment foient agités à l’approche d’un tubeéleétrifé ? Je remarquerai que, quoiqu’il foie vrai que l’approche du tube agite les corps légers fufpendus dans un récipient vuide d’aîr, il s’en faut beaucoup que leurs mouvemens (oient aufli vifs & aufli réguliers que dans le plein : ils ne font même un peu confidérables que lorf-qu’on approche le tube du vafe brufque-ment ; ou qu’on l’en éloigne de même. Ce qui femble indiquer que l’atmofphe-re du tube, rencontrant dans le récipient! un fluide plus denfe qu’il n’eft dans le plein, a aufli plus de peine à s’y étendre.
- . Elle a cependant affez de force pour ébranler le fluide qui y eft condenfé 5 furtout quand on retire le tube tout à coup.
- §. XXXV.
- Les §. XL. &c. nous ont montré que les corps légers ne font attirés que foi-blement par un tube ou globe dans lequel. l’air a été ou raréfié ou condenfé ; & que l’attfa&ion déviait plus forte dès
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- t> Ë L’ÉLECTRtCiÎE*. Hff 'que l’air reprend , dans le globe fon état naturel. Quelque oppolîtion qu’il y ait entre raréfier l’air & le rendre plus denfe i les effets qui r'fuirent de ces deux opérations peuvent n’avoir qu’une même caufe. Une expérience commune nous en éclaircira. Prenez une bouteille quarrée, d’un verre mince j vuidez en l’air ; la preflion de l’air extérieur la brifera. Condenfez au contraire, par une pompe de comprelfion , Pair dans une bouteille femblable ; le reffort de l’air , comprimé dans la bouteille, ne la brifera pas moins. Ne peut-on pas de même attribuer le peu de vertu des globes où l’air eft trop raréfié ou trop condenfé, à l’inégalité des deux preffions extérieure & intérieure ? Cette inégalité ne nuit-elle pas à la vibration des fibres élaftiques du verre \ &, par conféquent, à la for-? mation d’une atmofphere éleélrique ?
- §. XXXVI.
- Il relie à expliquer d’où vient que la yertu éleélrique fe manifefte ou augmqn-
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- Sî i Co'NJECTÜKES SUÉ. LA CAUSÉ
- te dès que l’air revient dans le globe à fon état naturel ? Ne feroit-ce point que le frottement a animé le feflort des fibres élaftiques du verre S enforte que , dès que l’obftacle qui s’oppofoit à leurs vibrations a été écarté > le mouvement ofi dilatoire de leurs fibres augmente aflez pour produire une éle&ricité fenfible ? §. XXXVII.
- Mais, dira t-on 3 fi l’air qui remplit Fintérieur des tubes a une fi grande influence fur les phénomènes de l’éleébici-té, d’où vient que les tubes folides font autant efficaces que les tubes creux ? La différence dans l’un & dans l’autre cas eft grande. Les fibres élafliques & le fluide éleéfrique de l’intérieur des tubes folides font équilibre à la preffion de 4’air fur la futface du tube. Et, fi l’on frotte fortement le tube, ces fibres ac-; quierent elles-mêmes un mouvement de vibration qui augmente la vertu du tube. C’eft pourquoi les tubes folides ne çontraétent toute l’éle&ricité dont ils
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- BE L’Ê £ E CTRIG ITE7. font (ufceptibles , qu’après un frotte, meut plus vif & plus long que celui qu’exigent les tubes creux.,
- $. XXXVIII.
- La caufe aflignée au peu d’électricité des globes vuides d’air lêrt encore à expliquer pourquoi un tube.» plein de- limaille dé fer ou de fable bien fec, n’acr quiert par le frottement qu’une foible éleétricité. Ces matières , n’étant pas diadiques , ne font point équilibre à la preffion de l’air qui environne le tube. Mais, comme elles ne fçauroient exclur-re l’air du tube auffi exactement que le fait la machine pneumatique , l’éle&ri-cité des tubes, pleins de limaille ou de fable, eft plus: fenfible que celle des va-fes dont l’air à été épuifé avec foin*
- §. XXXIX.
- Ce que nous avons dit explique encore pourquoila vertu des tubes pleins de fable fe manifefte après qu’on l’en a ôté ? Pourquoi, s’il n’y a qu’une partie du tube remplie de fable, la partie qui
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- 214 Conjectures sur là cause! en eft vuide paroît feule éleétrique ? Sè pourquoi , fi l’on renverfe le tube , les corps légers voltigent d’une partie du tube à l’autre ?
- $ XL.
- Des iprometres éleStriques.
- Les baromètres électriques forment une exception aux corps vuidés d’air que le frottement ne fauroit rendre électriques. Auffi 4 maniéré d’exciter en éux la propriété d’attirer &c. & les cir-çonftances qui accompagnent cette opération , font-elles bien différentes. Car,' au lieu que lès tubes éleétrifés par le frottement font pleins d’un air homogène à celui qui les environne, la partie fupé-ïieure des baromètres , qui feule devient éleétrique, eft exactement vuidée d’air ; & , dans notre hypothefe , eft remplie d’un fluide éleétrique d’autant plus con-denfé que le milieu où il fe trouve eft plus rare. D’ailleurs, quoique des fecouf-fes fortes & confécutives impriment quelque électricité aux fioles ou tubes
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- DE l’Électricite*. 2iy qui renferment du mercure, l’attraélion & la répulfion des corps légers, qu’on obferve au premier mouvement du mercure, ne permettent pas d’attribuer la propriété qu’ont les baromètres d’attirer, au frottement du mercure contre les parois du tube. On ne doit donc pas trouver étrange fi j’eflaie d’expliquer l’électricité des baromètres d’une maniéré un peu différente de celle des autres corps. Nous avons vu ( §. XXIII. ) que les corps légers s’approchent du tube quand le mercure defcend ; & qu’ils s’éloignent du tube quand le mercure monte; Je foupçonne que l’approche des corps légers vers le tube vient de ce que le fluide éleétrique qui environne le tube , & qui tend à remplacer les vuides oc-cafionnés , s’élance dans le tube pour y prendre la place que le mercure , en def-cendant, a laiffée vuide ; & y conduit les corps légers : & qu’au contraire, quand le mercure monte , une partie du fluide éleélrique, accumulée dans le tube , s’in-O iiij
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- $i tf Conjectures sur la cause fînue à la vérité dans les pores du mercure ; mais qu’auffi une partie de ce même fltiide, qui ne peut affez promptement pénétrer ce minéral , eft chaffée hors du tube , & en repouffe les corps légers. Je prie qu’on fe fouvienne qu’au $. XXIII. j’ai expliqué d’où vient que les attrapions & les répulfions des corps légers ne correfpondent pas toûjours avec la hauffe & la baiffe du mercure. §. XLI.
- ' Si l’on demande pourquoi les baro-' jnerres ou le mercure fe foûtient à peu •près à la même hauteur , & dont la partie fupérieure eft par conféquent également vuidée d’air, ne font pas tous également élepriques ? Je répondrai que cette variété vient de la façon dont ils auront été conftruits. Les tubes qui n’auront pas été exapement nettoyés & dedans & dehors, ceux qui auront été remplis d’un mercure mal purifié, ne fau-ïoient devenir élePriques ; l’humidité •attachée à leur furfaeç en bouchera lea
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- ï) E l’Ë LECTRICÎT Ê. 2*7 pores ; & le mercure, dès fes première® ofcillations, dépofera contre les parois du tube des particules qui mettront obf-, tacle à fon éleétricité.
- CHAPITRE II.
- Conjectures fur les phénomènes des corps électriques par communication.
- §. XLII.
- Pourquoi certains corps s'éle&rifent plus fortement que d’autres par commua - nication. •
- ON a vu que les corps les moins électriques par eux - mêmes le deviennent le plus , étant approchés d’un corps éleCtrifé.; que les métaux, à qui la chaleur ou le frottement ne peuvent donner la vertu électrique, en contractent une très-forte par communication ; & qu’au contraire les corps que le frotte-
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- ai8 Conjectures sur là causé ment rend aifémentéleétriques, ne s’élec-trifent que très-difficilement & foible* ment à l’approche d’un corps éleétrifé.
- §. XLIII.
- Le plus ou le moins de fluide éleétri-que qui réfide dans les pores des diffé-rens corps eft la principale caufe de ces variétés. Si l’on approche d’un corps éleétrifé un corps denfe, dans lequel la matière de l’éleélricité foit peu abondante , les ondulations du fluide éleétrique qui fe portent toujours du côté où elles trouvent Une moindre réliflance, atteignant le corps denfe, s’y étendront librement ; & comme l’équilibre eft parla rompu entre la matière éleétrique de ce corps & celle qui l’environne, ce corps deviendra un centre d’où partiront des ondulations qui formeront autour de lui une atmofphere éleétrique.
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- toi l’Électricité. ii$ §. XLIV.
- Les matières ré/ineufes * fulfureufes arrêtent le cours des ondulations élettriques. Si,au contraire, on préfente au corps éle&rifé un corps abondant en fluide éleétrique le fluide agité autour du corps éleétrifé, trouvant dans le corps qu’on en approche une grande quantité de fluide à mouvoir, & par conféquent plus de réfiftaüce , ne peut y ébranler le fluide éleétrique au point de l’obliger à en for-tir & à former une atmofphere éleétrique. C’eft pourquoi la poix, la réfîne le foufre, au lieu de tranfmettre le fluide qui cherche à s’y introduire, le raf-femblent dans l'intérieur & à l’entour des corps éleétrifés qu’on a pofé fur eux. $. XL VU .
- Cette explication fera aifément concevoir pourquoi une perfonne qui communique immédiatement au plancher, fi elle touche la barre, lui ôtera l’éleétri-cité i & -pourquoi, fi on ifole cette per-
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- 2ao Conjectures sur £A cause fonne de tout corps électrique par lui-même j elle contractera la vertu éleélri-que au même degré que la barre.
- Dans le premier cas, le fluide électrique qui, du globe, pafTe dans la barre, & de la barre dans la perfonne qui la louche, fe répand fur le champ dans toute l’étendue du lieu où fe fait l’expérience ; au lieu que, fi cette perfonne cfl placée fur de la poix, les ondulations électriques , étant arrêtées dans leur cours, fe raflfemblent & forment autour de la perfonne & de la barre une atmosphère électrique. Mais la perfonne aura beau pofer fur de la poix , fi elle ne communique à la barre que par un bâton de cire, elle n’acquerra qu’une foi-ble vertu ; l’éleétriçité fe propageant très-difficilement au travers des corps électriques par eux-mêmes.
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- 'CTRIC:
- r>E l’Électricité’. 22i, §. XL VL
- Veau sèleShnJe aifément par commuai>
- L’eau, fi huifible à la vertu éleétrique qu’on veut exciter par le frottement, fa-vorife au contraire la vertu de l’éleftris cité. Sa nature eft li oppofée à celle des liqueurs huileufes & inflammables qu’on ne la foupçonnera pas d’abonder en fluide éle&rique. ;EHe eft d’ailleurs plus den-fe que divers folides, tels que le chanvre & le lin. Il n’eft donc pas furpre-nant que les corps placés fur des fup-ports humides ne puilfent pas être rendus éleétriques j qu’une corde mouillée foit plus propre à tranfmettre l’éleétrici-té qu’une corde feche ; qu’une plante encore fur pié, ou fraichement coupée & remplie de levé, devienne plus électrique qu’une plante feche : qu’enfin un homme couvert de fueur contracte une forte éleélricité. Il eft même à croire que la facilité avec laquelle les hommes & les
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- 223 Conjectures sür la cause animaux s’éle&rifent par communication vient en partie du fluide aqueux dont leu? corps abonde, n’y ayant aucun endroit où l’on ne trouve quelque vaifleau lymphatique &c. C’eft ce que les injedions anatomiques, le mycrofcope & d’autres oblèrvations démontrent. Le fang même qui, en fortant des veines > paroît être une liqueur rouge & homogène, ne laif-fe pas d’être compofé de parties très'-dif_ férentes. Et diverfes expériences font voir que la partie féreufe ou aqueufe du fang, comparée à l’huile ou au foufre qu’il contient, s’y trouve environ 12; fois plus abondante. *
- §. XLVII.
- L'éleClricité fe tranfmet à des dijtances pro* digieufes.
- Il fuit de ce que je viens jde dire que l’éle&ricité doit fe tranfmettre à des distances prodigieufes au travers de corps
- * Obfèrvat. da la Soc, de Med, d’Edint* bourg T. II.
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- fcE l’ÉlEC TRI CITE*. zz$ non éle&riques , contigus, & pofés fur des fupports qui ne s’éle&rifent point par communication. Les ondulations du fluide éledrique, trouvant beaucoup moins de réfîftance dans ces corps que dans l’air, s’y étendront librement ; ébranleront la matière éledrique qui y réfide ; & formeront ainfi autour d’eux une at-. mofphere éledrique.
- §. XLVIII.
- Elle fe meut très-rapidement en tout fens.
- Les obfervations de Mr. Roèmer fur l’incroyable viteffe de la lumière, Confirmées par tous les Aftronomes qui l’onc fuivi, ont d’avance familiarifé les Phyfi-ciens avec l’idée d’un fluide qui fe propage rapidement autour de certains corps. En effet, fi la lumière vient du foleil à nous en 7 à 8 minutes, s’étonnera-t-on de ne pouvoir marquer aucune fucceflion dans la propagation de la matière électrique au travers de corps de quelques centaines de toifes de longueur ?
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- ’22% Conjectures sur la causB $. XLIX.
- Comme aucune expérience ne nous indique que la matière purement électrique foit pefante, on ne doit pas être fur-pris que l’éleélricité fe tranfmette avec la même viteflè en tout fens. Mais, li on trouve cette fuppofition hazardée, on avouera du moins qu’un fluide ne pefe point au milieu d’un fluide de même nature ; que la pefanteur de l’air, par exemple, n’eft point fenflble dans l’air ; ni celle de l’eau dans l’eau ; qu’ainfl la pefanteur du fluide éleétrique ne fauroit influer fur fon mouvement ; puifqu il trouve , dans les pores de l’air qui environne les corps au travers defquels il fe meut un fluide qui lui eft homogène ; & avec lequel fa pefanteur eft en équilibre.
- Elle fe communique à des corps préfentés à quelque difiance du corps éleElrifé.
- La communication de l’électricité à certains corps placés à quelque diftance
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- ®B l’ÉX.E CTRÏëÏTiS. 22t «3u corps éleétrifé n’a rien d’embarraffant.' Il fuffit, pour opérer cette communication , que le corps à éledrifer atteigne & pénétré l’atmofphere du corps élec-trifé. Suivant donc le degré d’éle&rici-té, c’eft-à-dire , fuivant le plus ou le moins d’étendue de l’atmofphere du corps-éledrifé, il pourra communiquer laver-? tu éledrique à une diflance plus ou moins grande.
- 5. LI.
- Comment la flamme favorife la' propaga* tion de VéleSlricité.
- La fubtilité du fluide électrique & l’inconcevable rapidité de fon mouvement fuffifent feules pour expliquer, pourquoi le vent le plus violent n’en fau-roit arrêter le cours. Et c’eft ce qua de commun la matière magnétique avec l’é-ledrique , que, quelle que foit l’agitation de l’air entre l’aiman & le fer, elle n’empêchera point l’aiman d’attirer le feç
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- Conjectures sdh là cavsü
- §. LU.
- Ii n’eft pas fi aifé d’expliquer pourquoi ks deux barres, étant trop éloignées l’une de l’autre pour que l’ékdricité de la première fe communique à la féconde, l’interpoütion des bougies allumées en favorife la propagation. Et ce qui augmente la difficulté, c’efi que ce fait eft en oppofition apparente avec d’autres qui montrent que la flamme ne contracte point l’éledhrictté ; & que même elle détruit la vertu éleéfcrique des corps dont on l’approche. Je n’ai même efpéré de concilier ces différens phénomènes qu’a-près avoir obferve avec foin les différons effets que produit far la barre une bougie allumée, fuivant qu’elle pofe ou fur de la réfine ou fur un corps non éleétri* 'que ; & qu’après avoir comparé ces effets avec ceux d’un morceau de métal ; fubftitué à la bougie, dans les 2. diffé-
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- ' ce tTÈLïcrSiotTï’. ajy
- 5. MIL
- D’abord ces obfervations m’ont mon-tré que la flamme n’a en foi aucune qua* lité nuifible à l’éledricité ; puifquefi elle y étoit nuifible elle devroit détruite PéletShicité des corps dont on l’approche , quelle que fût la nature du corps fur lequel pofe la bougie. Cependant une bougie allumée , placée fut de la réfine au-deffous de la barre, n’en affaiblit point la vertu.
- §. LIV.
- Si on attribue ce phénomène à la matière élêdrique qui , émanant iàns interruption du globe , fournit à chaque inflant à la barre une nouvelle vertu $ je demanderai pourquoi le gio -bé n’opere pas les mêmes effets, quand la bougie pofe fur un corps non électrique ? Pourquoi k barre con èrve le même degré d’ëlè&ricicé après quon a ceffë de frotter le globe* & même qu’on en a arrêté la rotation ; foit qu’il y ait fous la barre des bougies allumées po*
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- ©28 Conjectures sur £à causS fées fur de la poix, foit qu’il n’y et? ait point ?
- §. LV.
- Une fécondé conféquence qui fuit de nos obfervations, c’eft qu’il y a une grande reffemblance entre les effets que produit fur les corps éleétrifés la flamme d’une bougie, & les effets qu’o-perent fur ces mêmes corps ceux qui tranfmettent le plus fortement l’éleétri-cité. Qu’une verge de fer ou une bougie allumée, pofant chacune fur des flippons non éleétriques , atteignent la barre éleétrifée ; à l’infiant fa vertu s’évanouira. Mais fl cette verge ou cette bougie pofent fur de la réflne, la barre confervera fon éleétricité ; & la ver-i ge ou la bougie tranfmettront la vertu éleétrique aux corps non éleétriques avec lefquels elles communiqueront, pourvu que ceux-ci pofent fur de la poix ; ou foient fufpendus à des cordons de foie.' Qu’une perfonne touche les corps auxquels la verge ou la bougie cômmuni-
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- Ï>E l’ÉlECTRICITE’. 2lp quent l’éleélricité ; la barre perdra toute fa vertu.
- §. L VI.
- De même, fi l’on approche un tube éleétrifé de la flamme d’une bougie, ou d’un morceau de métal ; le tube ne perdra entièrement fa vertu qu’en cas que le métal ou la bougie pofent fur un fupport non éleélrique. S’ils pofent fur la réfine, moins la piece de métal & la bougie feront groflës, moins auflï la vertu du tube s’afFoiblira. Il eft vraiffemblable que la diminution de l’éleélricité du tube vient de ce qu’une partie de la matière électrique' qui compofoit fon atmofphere fe répand & dans le métal & autour de la bougie; & qu’à moins d’un nouveau frottement cette perte ne peut être réparée. §. LVII.
- Si la flamme ne paroît pas être attirée par un tube , c’efl que les parties de la flamme font lancées avec trop de rapidité pour céder, d’une maniéré fen-fible , à l’aélion du fluide éleélrique.
- püj
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- Conjectures sur la cause C’eft un principe inconteflable qu’m» corps, follicité à fe mouvoir par deux: forces, parcourt la diagonale d’un parallélogramme , dont la pofition des côtés marque la direélioa, & leur longueur les vitefles des mouvemens imprimés par ces forces. Si donc la force qui lance dans l’air les parties de la flamme eft beaucoup fupérieure à la force de l’éleélricité, la direction de la flamme ne doit pas différer fenfiblement de celle qu’elle auroit eue fi l’on n’en çut pas approché le tube. La fumée,' qui ne différé de la flamme qu’en ce que fes parties font moins agitées. eft vivement attirée par le tube.
- §. L VIII.
- Une expérience très Ample rend fen-fible à l’œil ce que je viensde dire. Moins eft rapide le filet d’une eau qui jaillit » & plus le tube a de facilité à le détourner.
- §. LIX.
- Quand la vertu des corps qui com muniquent l’éleélricité à la flamme eft
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- ©B l'Électricité. 23.11
- très-forte, la flamme s’inclinediftin&e-; ment vers les. corps qu-’on lui préfente: Quon approche le doigt de la flamme d’une bougie pofée fur la barre » la flamme fe dirigera vers le doigt fi U barre eft vivement éle&rifée.
- §. L X.
- Mr. l’Abbé Nollet m’a fait obferver, fur le jet d’alcohol enflammé qui attire à foi un fil de Ha, & eft à fou tout attiré par les corps non ele&riques, que ce ne font point les parties de la flamme qui font attirées. , mais celles de la liqueur elle même», attendu qu’il n’y a que la fuperficie du jet qui foit enflammée : mais, en le fuppofant, la vertu du jet enflammé prouvera toujours évidemment que le fluide éle&riqua agio librement au travers de. la flamme.
- §. LXL
- De ces expériences je conclus que la flamme, bien loin d’être nuiflble à l’éledricité , aide à la tranfmettre. Mais comment ? C’eft furquoi on ne peut ha-
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- £$2 Conjectures sur la cause farder que des conje&üres. Seroit-cè par une tendance du fluide éleétrique à fe mettre par tout en équilibre ; en vertu de laquelle tendance ce fluide fortî-roit avec impétuofité du corps éle&rifé pour remplir les vuides occafîonnés dans l’air dilaté par la chaleur ; ce qui pro-•duirôit une plus forte impuifion de la matière de l’éleétricité du côté de la barre qui n’eft pas éleétrifée ? Ou bien ; feroit-ce parce que les écoulemens électriques de la première barre, raffemblés par une fuite de l’équilibre autour de la flamme où l’air efl: le plus raréfié; y font entretenus dans un mouvement de vibration continuel par les parties de feu qui s’échappent de la bougie & qui les heurtent fans ceffe ? J’avoue que jufqu’iei mes recherches ne m’ont produit aucune explication bien fatisfaifante.
- § L X11.
- Par quel moyen l’éleétricité accéléré té*
- eoulement des liquides.
- On fera peut être furpris qu’une ma^
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- de l’Électricité*. 235 tiere, aufli fubtile que le fluide éleélri-que, ait la puiflfance d’accélérer le mouvement des fluides groflïers, tels que l’eau &c. Pour le concevoir, on n’a qu’à faire attention que chaque partie du fluide é'eétrique n’agit pas féparé-ment : mais que ce fluide agit par un courant de parties réunies & foûtenues les unes par les autres. C’eft ainfi qu’un courant d’eau meut des mafles énormes; que l’air, agité par les vibrations d’une corde, en ébranle une autre éloignée d’elle de plufîeurs piés. Et de même que la vitefle qu’imprime une force quelconque à difFérens corps eft plus grande à mefure que leurs mafles à mouvoir font plus petites ; aufli la vitefle du jet de l’eau augmentée par le courant du fluide éle&rique, doit être accélérée d’autant plus que l’ouverture par où l’eau jaillit fera plus reflerrée. Peut-être aufli la matière éleélrique agit elle en fe joignant en chemin avec des parcelles un peu plus grofles, par le moyen defquelles
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- 'aj 4 Conjectures sur la causé elle peut mouvoir un fluide plus gro£* fier. C’eft ainfi que les rayons de pure lumière agiffent fur les foufres les plus iubtils ; ceux-ci fur d’autres que contient le charbon de la poudre à canon, qui enfin brûleront ou mouvront les plus grofiès mafîès.» Une des lois de Huy-ghens * fait voir que, par une telle gradation, la quantité des mouvemens peut augmenter à difcretion. Il eft même vraisemblable que c’eft aux parties hétérogènes que les rayons du foleil entraînent avec eux qu’on doit attribuer le mouvement d’une aiguille, les vibrations d’un reffort, & l’augmentation du poids des corps placés au foyer d’un miroir ardent. Plufieurs faits démontrent que, fi le feu a quelque gravité, elle échappe à nos obfervarions,
- §. LXIII.
- Explication des effets de VéUSbricité fur des végétaux.
- Les expériences que nous venons
- * Prop. XII, XIII, de motu corporumex percuffione.
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- feE l’Êlictricitb’. 23f 'd’examiner font très propres à répandre du jour fur le mécanifme par lequel le fluide éleéhique accéléré la végétation. On fait que les plantes ne végètent, ne pouffent des feuilles, des branches & des fleurs qu’ea vertu du mouvement des fucs & des liqueurs quelles renferment : que ces fucs s’élèvent, par une infinité de petits canaux , jufqu’aux extrémités des branches & des fleurs. D’in-genieufes expériences nous ont appris que le fuc nourricier, avant que d’avoir reçû fa derniere préparation,, s'élève aifément & avec viteffe jufqu’au fommet des tiges, en s’écartant dans les parties latérales. Four hâter la végétation , iln’effe donc belbin que d-ün agent qui accéléré dans les végétaux le mouvement des fucs , & qui aidant 4 la feve à s’étendre dans les vaifleaux flexibles qui la contiennent , facilite le développement, l’allongement & la dilatation des différentes parties des plantes. Ceft ainfi qu’une chaleur modérée y opéré des accroiffemens fenfibles.
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- 2$6 Conjectures sur ea causé §. L XIV.
- L’accélération du cours de l’eau ; fur tout au travers des tuyaux capillaires, par l’aétion de la matière éleélrique, & les phénomènes que donnent les plantes éleétrifées font un fort préjugé que le fluide éleélrique augmente le mouvement des liqueurs que les plantes renferment , & qu’il contribue par confé-quent à pouffer & à introduire dans leurs extrémités, les fucs néceffaires à les développer , les étendre & les augmenter. Et comme le fuc nourricier coule plus aifément & plus abondamment dans les tendres organes d’une jeune plante;que dans ceux d’une plante déjà forte, par la facilité qu’il trouve à paffer dans les vaiffeaux qui cedent & s’étendent aifément ; c’eft fans doute la caufe de la rapidité avec laquelle ont germé les graines femées en terres par Mr. l’Abbé Nollet, & celles dont j’ai couvert le vafe de terre poreufe dont j’ai parlé. C’eft apparemment par le même mécanifme que l’électricité hâte fenfiblement l’épa-
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- Ï>E l’Électricite*. 237 «oliiflement des fleurs qui font, de toutes les parties de la plante, les plus délicates ; & celles où les fucs fe portent le plus facilement & en plus grande abondance.
- §. LXV.
- Les feuilles & les pétales que l’élec-trifation a paru ranimer, femblent prêter une nouvelle force à ces conjectures ; puifque le fuc rendu plus abondant dans leurs fibres doit, en les gonflant, les raccourcir , & par conféquent les re-, drefler.
- §. LXVI.
- . Je ne difiïmulerai point que l’éxpé-; rience citée au §. CXII. & où l’on a vu l’eau vivement éleétrifée ne pouvoir s’élever, dans les tuyaux de verre les plus déliés, au-deffùs du point où elle parvient naturellement ; que cette expérience , dis je, femble prouver le contraire. J’avoue même que j’efpérois qu’elle iferviroit à montrer plus évidemment b maniéré dont le fluide éledrique hâte
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- ©3 8 Conjectures sur la cause la végétation. Mais quoi-qu’elle n’ait pas rendu ce que j’en attendois, je ne dois pas moins la rapporter, pour n’omettre aucun fait qui ait quelque influence fur la découverte de la caufe de phénomènes auiC intéreflans. J’obrerverai cependant que de ce que le fluide électrique n’a pû dans cette expérience fur-monter la réfiflance occafionnée par la gravité de l’eau, & le frottement des parois du tube ; il ne faut pas en con-clurre que dans des tuyaux encore plus étroits, tels que ceux des plantes, le fluide éleétrique ne puiffe foulever & mettre en mouvement les liqueurs qu’ils contiennent. Mais, quand il ferait vrai que l’éleâricité ne ferait pas capable d’élever , dans aucun tube, une liqueur qui y ferait parfaitement en repos ; on n’en ferait pas moins forcé de conve^ nir que l’éleéfcricité augmente la viteflë des fluides qui fe meuvent déjà. Outre que cet effet exige une moindre force , l’expérience le démontre ; & cela fuffiç
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- de l’Électricité*. 139 {jour rendre raifon de la prompte végétation des plantes éleéhifées.
- $. LXVII.
- L’expérience faite en Angleterre fur des myrtes que l’éleétrifation a fenfible-tnent avances en hy ver, tems où la lève femble erre dans une ina&ion totale cette expérience, je l’avoue, femble combattre les conjeétores que je viens de halàrder. Il aurait été à fouhaitec qu’en publiant ces curieules oblervations on eût marqué le degré du thermomètre dans le lieu où elles ont été faites. Quelque diligence que j’aie apporté à jn’inftruiredê ce fait, je n’ai pû y réuf-ïir, & j’ignore il cette précaution n’a point été négligée. Je pencherais donc à croire que comme dans lés chambres habitées le thermomètre eft beaucoup au-defliis du degré où il defcend exfolié à l’air, & que peut-être les myrtes que la vertu éleétrique a fait bourgeonner, ont été maniés avant les expériences, & enfuite environnés de fpec-
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- 'J.40 CoNJECTÜRES SUR LÀ CAUSÉ tateurs attentifs à obferver ; les fucs qu’ils contenoient n’étoient pas totalement deftitués de mouvement. D’ailleurs,’ il eft confiant que le myrte, pour pouffer , n’a pas befoin d’autant de chaleur que la plupart des plantes qu’on retire pendant l’hyver dans des ferres. Mr. Haies dans fa Statique des végétaux; indique le degré de chaleur nécefiaire à diverfes plantes : l’Ananas demande le 29e. degré de fon thermomètre, l’Aloës le 19 , le figuier d’Inde le 16j, l’Oranger le 12, le Myrte le 9 ; & ce 9'nC. degré ne répond pas tout-à-fait au Çme. au-deflus du zéro du thermomètre de Mr, de Reaumur. Mr. Haies a même fait voir, que fi en hyver il ne monte plus allez de feve pour maintenir les feuilles des plantes dont la transpiration eft abondante ; il ne laifle pas cependant d’en monter une certaine quan-; tité pendant tout l’hyver. *
- * On renvoyé à un autre chapitre l’examen des effets de l’éleâricité fur les Etres animés.
- §. LXVIII;
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- ÏJE L’ÉLECTRICÏTÏ.' 2$t]
- $. LXVIII.
- Pourquoi VéleEbrïcité de la perfonne qui frotte le globe augmente fi elle pofe fur de la poix 6* quon touche la barre avec quelque corps non éleSlrique. La facilité du fluide électrique à tra-verfer les Corps non électriques eft apparemment ce qui fait que la perfonne qui frotte le globe ne devient point éleCtrique, à moins qu’elle ne pofe fur de la poix. Mais alors, ce qui eft fort üngulier , fon éleétricité augmente au moment & pendant que quelqu’un touche la barre. La première idée que ce phénomène fait naître, c’eft que la matière éleCtrique , au lieu de paffer de la barre dans la perfonne qui la touche &c., reflue vers celle qui frotte le globe : mais quelle feroit la caufe de ce mouvement? C’eft pour la découvrir que je pofai fur de la poix > & la perfonne qui frottoit le globe, & celle qui devoit toucher le barre. Aufli-tôt
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- Conjectures sur'La Cause que celle-ci eut appliqué le doigt à lS barre, elle devint éleétrique 3 & l’é-leétricité de la perfonne qui frottoit le globe augmenta. Je vérifiai ainfi, que le fluide éle&rique Te répand dans la perfonne qui touche la barre. Pourquoi donc, demandera-t-on, l’éleélricité de la perfonne qui frotte le globe augmen-, te-t-elle ? J’avoue que je n’ai trouvé aucune folution un peu vraiffemblable à ce problème, que dans les expériences rapportées aux ;§. CXLIII. Elles montrent que les émanations du globe dans la barre n’augmentent point, quand on touche la barre avec des corps éleétri-ques par eux-mêmes ; que ces- émanations font plus ou moins confidérables fuivant la mafle dés corps non éleélri-; ques qui communiquent à la barre 3 & qu’enfin elles ne font jamais plus fortes que lorfque la perfonne qui touche la barre pofe fur le plancher. Le bruit qui les accompagne alors, en efl: une preuve.’ Je conçois donc, qu’il en efl dans cette
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- t>E L’EtECTRlCftB^. 24?
- fc'xpérience du fluidè éleftrique, comme de l’air condenfé dans un fufil à vent. Si on lui ouvre une petite iffue par la lumière du fufil, non feulement il fort avec violence ; mais il s’échappe encore par l’ame du fufil dont il chafîe le bouchon qui jufques là avoit fuffic pour le contenir. Si donc l’on fuppofe que la réfiflance que l’air apporte à la dilatation de l’atmofphere du globe, & la réfif-tance que cette atmofphere trouve à s’introduire en plus grande quantité dans la perfonne qui frotte le globe & dans la barre; fi, dis-je ces deux réfiftances font dans une efpece d’équilibre entr’el-les ; on concevra pourquoi, lorfqu’on donne à ce fluide les moyens de s’étendre plus vite & en plus grande quantité dans la barre, fes émanations dans la' perfonne qui frotte deviendront plus' abondantes. Le fluide éleétrique réagif-| fant alors plus puifiamment fur tous les
- | points de fon enveloppe, doit péné-
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- 244 Conjectures sur là causé la perfonne qui frotte que la vitefle dé fes écoulemens dans la barre eft plus grande. C’eft par le même principe qu’on explique le recul du canon, la montée des fufées volantes &c.
- §. L XIX.
- Conje&urï fur le bourdonnement que l'on entend ^ quand deux perfonnes éleflri-fées s'approchent
- La perfonne qui frotte le globe & celle qui touche la barte, pofant toutes deux fur de la poix , fi l’une préfente le doigt à l’autre, on entend un bourdonnement allez grand. L’aproche de deux perfonnes, éledrifées par deux globes difffrens produit le même effet. Ce bourdonnement eft vraiffemblable-ment caufé , par l’a&ion mutuelle des deux atmofpheres éleâriques : Elles entrent dans la fphere d’a&ivité l’une de l’autre, réagifTent réciproquement, & ébranlent les particules d’air qui leur font entremêlées. Et fi ce même bourdonnement ceffe dès que les deux per-
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- DE L’ÊLECTRIClTé. fonnes viennent à fetoucher; c’eft qu’elles ne forment plus alors qu’un feul & même corps; & qu’ainfi leurs atmofphe-res fe réunifient pour n’en former plus qu’une feule. *
- §. LXX.
- Pourquoi la vertu du globe ne sépuife point
- Mais, d’où vient que la matière électrique du globe ne s’épuife point, quoiqu’elle fe propage en fi grande quantité dans les corps denfes ? Et comment le globe, après de longues & fréquen-, tes opérations, peut-il avoir autant de vertu que s’il n’eut encore communiqué l’éleélricité à aucun corps ? Il ne me paraît pas hors de vraisemblance* que le fluide éleétrîque qui du globe s’écoule dans les corps denfes , foit remplacé par celui des couches d’air voifines du globe. Ce fluide, dont l’air abonde, par une fuite de fa tendance à l’équilibre, doit fe porter fur le globe, & y contracter par les frémif-
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- Conjectures sur 1à cause femens des fibres élaftiques du verre i un mouvement femblable à celui du fluide lancé hors du globe par les vibrations de ces mêmes fibres du verre. Et le fluide que les couches d’air les plus proches fourniflent au globe , fera à fon tour remplacé par celui des couches plus éloignées &c. ; & c’eft ainfi qu’il le fait une efpece de circulation du fluide électrique, jufqu’à ce que le frottement étant celfé , tout ce fluide qui avoit été agité foit rentré dans fou équilibre naturel.
- §. LXXI.
- Utilité de tentonnoir décrit au §. C VIL & des houppes de fil dé or ou cCargent. Enfin, l’expérience rapportée à la fin du §. CXLUI. démontre,aux yeux & à l’oreille, que les émanations électriques dans les corps denfes font plus ou moins abondantes, fuivant que ces corps préfentent au globe une furfacq plus ou moins grande. D’où l’on voit l’u-
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- V'É tBCTRICrTl’. 247 tilité de l’entonnoir que j’ai indiqué , & celle des houppes ou franges d’or & d’argent attachées à l’extrémité des corps, auxquels on communique l’éle&ricité. Les franges ont ce double avantage, qu’on évite le danger de caflèr les globes par le heurt de la barre que fans elles on eft obligé d’en trop approcher ; & que les fils de ces franges touchant le globe dans un très-grand nombre de points, ramaffent chacun une certaine quantité de fluide éleâxique qu’ils tranf-mettent au corps d’où ils pendent.
- CHAPITRE IIL
- Examen des expériences fur la perméabilité de la matière électrique. §. LXXII.
- L Explication des phénomènes des corps éle&rifés par communication nous conduit naturellement à l’examen Qiiij
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- *48 Conjectures sur la cause des expériences rapportées dans le chapi VII. fur la perméabilité de la matière éieétrique au travers des corps. Ces ex-» périences nous ont appris i’. que le fluide éieétrique ne fe propage pas englif-fant fur la furface des corps, mais en les pénétrant ; que même il s’y tranfmet d’autant plus facilement que le corps eft plus denfe. 2?. Que les corps que le frottement éleétrife le plus'ajfément comme le foufre & la réfine, font ceux que le fluide éieétrique à le plus dé peine à traverfer. Ces phénomènes, loin d’être oppofésà notre théorie, aident à l’appuyer, Car, fi l’on accorde, que la den-flté du fluide éieétrique qui réfide dans les pores des corps eft plus grande dans, Içs corps rares que dans les corps den-fes-, on fera obligé de reconnoître que la réfiftance que le fluide contenu dans les pores des corps apportera aux ondulations éleétriques qui chercheront à s’y-étendre, fera plus grande dans les corps les plus raies ; que l’air, par exemple s.
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- DE L’ÊLECTRIClTE*. 10 réfiftera plus à ces ondulations > que l’eau huit cent fois plus dente.
- §. LXXIII.
- La denfité des corps ne peut point être un objlacle a leur perméabilité à la matière éleiïrique.
- Que la fuppofition de cette facilité du fluide éleétrique à pénétrer les métaux , les plus compactes de tous les corps, n’étohne point. Cen’eft que par comparaifon que l’on juge du degré de folidité ou de rareté des corps ; & nous n’avons point de réglé ni de mefure fixe qui détermine la quantité abfolue de matière que chaque corps contient à proportion du volume qu’il occupe. Il y a même apparence que les corps font beaucoup plus rares de beaucoup plus poreux qu’on ne le croit communément. L’or * le plus denfe de tous, ne laifle pas que de donner un libre paffàge à la matière magnétique. Le mercure en pénétré librement les pores qui donnent paflage
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- "ajo Conjectures sur là cause même, à l’eau. Auffi de célébrés Phylî-ciens n’ont-ils pas fait difficulté de dire que, fi Dieu venoit à comprimer tous les corps de l’Univers jufqu’à ne laiffer aucun elpace vuide entr’eux, ils fe réduiraient peut-être à un feul pié d’étendue folide.
- §. LXXIV.
- Pourquoi le verre la porcelaine ont plus de peine à tranfmettre ï électricité * que d'autres matières moins denfes.
- Si le verre & la porcelaine apportent aux ondulations éleélriquqs une réfiftan-ce plus grande que leur denfité ne fem-ble le fuppofer, c’eft que l’art a ralfem-blé dans le verre & dans la porcelaine plus de matière éleélrique & ignée qu’ils n’en devraient naturellement contenir." Leur préparation les expofant à la longue a&ion d’un feu violent, leurs pores fe remplilfent d’une infinité de particules ignées qui s’y trouvent renfermées lorfque les furfaces de ces corps fe re"!
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- DE l’EeECTRÏCITE\ aft froidiffent. Il n’eft donc pas étonnant que le frottement faffe fortir du verre & de la porcelaine un fluide lumineux ; & que ces matières, qui en font déjà remplies, n’en admettent que difficilement dans leurs pores une plus grande quantité. Plufieurs phénomènes fuppo-fent la condenfation de la matière caufe du feu & de la lumière dans l’intéiieur du verre ; & je ne fai comment , fans cette fuppofition,on pourroit, par exemple , rendre raifon de la lumière que rend une larme d’Hollande caflee dans lobfcurité , foit que l’expériencefe falfe dans le plein ou dans le vuide.
- §. LXXV.
- Pourquoi les matières réjineufes arrêtent les ondulations éleSlriques.
- Le cas des matières fulfureufes, réfi-neufes & huileufes, dont la réfiftance aux ondulations éledriques eft encore plus grande à proportion de leur denfité, eft embaralfant dans toute hypothefe : &
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- tfi Conjectures sur la cause je me fais d’autant moins de peine de les excepter de la réglé que j’ai pofée fur les différens degrés dedenfité du fluide électrique dans les corps , que l’illuftre •Newton les a lui-même exceptées de la loi qu’il a établie dans fon admirable Traité fur la lumière & les couleurs , que les forces réfringentes des corps font à peu près en proportion de leur denfité 5 l’expérience enfeignant que les corps qui abondent en parties huileufes ou fui-fureufes ont une force réfringente beaucoup plus grande que les autres corps de même denflté. Le degré de chaleur qu’ac-quierent les huiles avant que de bouillir , beaucoup plus confidérable que celui dont l’eau, quoique plus pefante, eft fuf-ceptible ; ne ferait-il point un indice de la quantité de matière ignée qui réfide dans leurs pores ?
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- S>E l’ÈlECTRICITE*. 2JTJ §. LXXVI.
- Comment le degré de chaleur peut être te même dans des corps inégalement remplis de matière ignée.
- Mais, dira-t-on , fi les corps font fi inégalement remplis de matière ignée , comment fe fait-il qu’ils aient tous un même degré de chaleur , comme le démontrent les expériences faites avec le thermomètre. Ce fait » fi je ne me trompe , eft encore analogue à notre théorie. La matière ignée, comme l’éleétri-que, n’agit fur les corps qu’autant qu elle eft agitée par uft mouvement ofcilla-toire. Le fluide fubtil, renfermé dans les pores des corps, y eft en équilibre avec les particules de ces corps qui le contiennent } il eft en équilibre , par exemple, dans l’huile & la réfine, avec les particules propres de l’huile & de la réfine ; comme dans l’eau & le marbre, avec celles de l’eau & du marbre : par eonféquent il y eft comme dans une ef-
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- Conjectures sur Lk cÀüsE pece de repos ; & ainfi, à moins de quelque opération particulière , un corps ne doit pas paroître plus chaud & plus électrique qu’un autre. Et ce n’eft qu’autant qu’on vient à dégager ce fluide des pores oà il étoit condenfé, que fa force fe manifefte.
- §. LXXVIL
- Le fluide éleBrique ne doit agiter des parcelles d'or au travers de difques de bois eu de métal quautant quils pofent Jur un fupport éleBrique par lui-même.
- L’on objectera fans doute les expériences des §. CLIV. & CLV. qui nous ont appris que le verre & la rélîne laiffent pafler librement les émanations électriques ; tandis que les plaques de métal, percées même de plufieurs trous , les interceptent. Mais fi l’on fait attention aux circonftances qui accompagnent ces faits, on en découvrira bien-tôt la caufe : Car puifque le fluide éleétrique pénétré les corps denfes plus aifément
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- B t l’ÉLBCTRICÏTE*. îjj ijue l’air, ce fluide qui s’étend dans les plaques de métal ou difques de bois Sc de carton pofés fur un vafe de bois ou de métal devra à l’inflant fe répandre dans le vafe, & du vafe dans la chambre ; & il ne formera point d’atmofphe-re éleétrique, autour des plaques ou difques , capable d’agiter les parcelles d’or placées au-deflous. Mais fl le vafe qui porte les plaques ou difques efl éleétri-que par lui-même , le fluide qui pénétré les plaques ou difques fe raflemblera autour d’eux ; & ils acquerront la propriété d’attirgr les corps légers.
- §. LXXVIII.
- De VaBion du fluide éleBrique au travers des matières réflneufes & fulfureufes.
- L’aétion de la matière éleétrique fur des parcelles d’or au travers de gâteaux de poix, de réfine, quelle que foit la fub-fiance du vafe qui le foûtient, m’a fur-pris. Elle paroît oppofée à diverfes expériences 3 & à ma théorie. A la vérité.
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- â;<5 Conjectures sur £à CAûsfi les Phyficiens qui ont donné des hypo* thefes fur la caufe de l’éle&ricité, oU n’ont pas effayé de concilier la contra* diétion qui paroît être fur ce fait entre les phénomènes ; ou, s’ils l’ont tenté > ils ne paroiflent pas avoir levé entièrement la difficulté. Je ne diffimulerai même pas que, quoique j’aye fort varié & étudié ces expériences, je fuis bien éloigné de me flater d’en donner une explication qui fatisfalfe pleinement.
- On a vû §. CLI. que l’attra&ion des parcelles d’or au travers des plaques de réfine &c. dépend du plus ou du; moins d’épaifleur de ces plaques : que, fi cette épaifleur excede deux ou ttois lignes les corps légers ne peuvent être mis en mouvement : au lieu que la vertu électrique agit fortement au travers du bois ou du métal, quelqu’épais qu’ils foient.’ Il peut être que, quoique les corps réfi* neux &c. donnent difficilement paflage à la matière éleélrique, s’ils ont peu d’é-paifleur, & s’ils font expofés à l’a&ion immédiate
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- S>8 l’ËLBCTRICIT*. 2fif immédiate d’un corps trcs-éledrique, le fluide, violemment agité autour de ce corps, ait affez de force pour ébranler & chaffer hors de la poix & de la réfine la matière éleétrique dont leurs pores étoient pleins ; & pour agir fur les corps légers dans l’intérieur du vafe. Mais, fi on augmente l’épaifleur de la réfine ou de la poix, la quantité de matière à déplacer eft trop confidérable pour que l’action du fluide éleétrique la puifle agiter d’une maniéré fenfible.
- §> LXXIX.
- D'où vient que le fluide éleélrique traverfie des difques de foufre & de réfine, quoiqu'ils po-fient fiur des vafies de bois ou de métal.
- Si les parcelles d’or font agitées au travers de la réfine qui couvre un vafe de fubftance non éle&rique, quoique ces mêmes parcelles d’or relient immobiles quand le vafe eft couvert par des difques de bois ou de métal ; n’eft-ce point que le corps éledrifé, perpendiculaire au mi-
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- aç8 CONJEcTÜRES SÜR LA CAÜSK lieu du vafe & aux parcelles d’or, agît! àvec plus de force fur ce point de la réfine qui répond immédiatement aux frag-mens des feuilles d’or ? Et, comme les fragmens en font placés plus près que les parois ou les bords du vafe, le fluide éleétrique agit fur eux avant que de s’écouler dans le vafe, & de fe diflïper dans la chambre. Si la plaque de réfine ne tranfmet pas au vafe l’éleôricité , c’eft que le fluide éleétrique qui émane du corps éleétrifé n’ébranle que la matière du milieu de la plaque ; & que celle des bords qui portent fur le vafe ne peut être mife en mouvement.
- §. LXXX.
- ;Pourquoi la main, appliquée à un globe enduit intérieurement de cire cCEfpagne* paroît peinte fur la furface intérieure & concave de la cire.
- L’expérience décrite au §. CLVL Confirme cette opinion que la matière éleétrique traverfe les plaques de réfine
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- 'DÉ l’ÊlECTRICITe’. ’2jp jpèu épaifles. Si l’on frotte un globe, intérieurement enduit de cire d’Efpagne 8c Vuide d’air, l’image de la main fe peint fur la furfacfe intérieure, malgré l’opacité naturelle de la cire. Quelqu’explicatiori qu’on donne à ce phénomène s il en ré-fultera toujours que la cire eft pénétrée par la matière de la lumière , peu différente , comme on le verra , du fluide éledtrique.
- Quelques expériences que j’examinerai dans le chapitre fuivant démontrent que le fluide éleéfrique & lumineux n’eft nulle part plus abondant que dans les vafes vuides d’air ; 8c qu’il y conferve une tendance à fe répandre dans les corps denfes qu’on en approche. Lors donc qu’on applique la main à un globe vui-, dé d’air & enduit intérieurement de cire ; la matière de la lumière, qui y efl: raflemblée , fe porte avec violence vers la main au travers de la cire & du verre dont elle ébranle le fluide éleélrique, 8c comme j au même tems, le frottement Rij
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- Conjectures sur èa cause exprime de la main une grande quantité de particules fulfureufes ; le fluide lumineux eft obligé de s’arrêter & de fe con-denfer dans les parties du verre & de la cire correfpondantes à la main. L’effort continuel qu’il fait pour pénétrer la main, & la réadion des particules fulfureufes que le frottement en fait fortir entretiennent ce fluide dans un mouvement d’ofcillation ; & fes fortes vibrations , tranfmifes au milieu qui remplit le vafe, agiffent fur nos yeux. Et, fi l’on n’apperçoit l’image de la main qu’au travers des endroits du globe dénués de cire, c’eft que ces endroits donnent un paffage plus libre à la matière éledrique .& lumineufe.
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- de l’Électricité*, affï
- CHAPITRE IV.
- Obfervations far ta lumière que ren~ dent les corps éleftriques.
- §. LXXXI.
- E fluide éle&rique qui attire &; re-
- JU pouffe feroit-il le même que celui qui produit la. lumière ? L’examen des expériences rapportées aux chap. III. &IV. pourra fervir à éclaircir cette queftion. La matière de la lumière Sr du feu efl un principe fulfureux,fubtil &• répandu
- par tout.
- C’eft aujourd’hui une opinion affez univerfellement reçue que la matière de la lumière & du feu efl: répandue par tout} & que., pour être mife en aétion, elle n’a befoin que de quelque caufe qui la dégage des pores des corps où elle efl: renfermée, qui la raffemble & la ranime. La plupart des Phyficiens conviennent
- Riij
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- Conjectures sur la cause encore, que cecte matière eft partout lai même dans fon effence ; & que la différence qui paroît entre la lumière d’un çorps & celle d’un autre corps vient principalement du plus ou moins de denfité ou de mouvement de cette matière ; & de la qualité & quantité des particules, hétérogènes dont elle eft chargée. Ain-fi'j par exemple, la lumière du foleil & des étoiles ; celle de la flamme & des charbons a.rdens ; celle des phofphores. naturels & artificiels ; toutes ces lumières, très-diffemblables à divers égards, ne different cependant point dans ce qui constitue leur effence. On eft encore affez d’accord à croire que le fluide qui éclaire & qui embrafe confifte en un principe fulfureux, fubtil, renfermé en plus ou moins grande quantité dans tous les, corps j abondant fur tour dans les matières onétueufes , réfineufes & fulfu-reufes.
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- §. LXXXII.
- Le foufre principe différé du foufre commun.
- On doit bien fe garder de confondre ce principe fulfureux , caufe de la lumière &c. avec le foufre commun. Celui-ci eft un mélange de diverfes matières qui peuvent être féparées les unes des autres ; au lieu que le foufre principe, comme le nomme Mr. Homberg > ne fauroit être décompofé.
- $. L X X X111.
- Analogie de la matière de Véle&ricité aveu, celle de la lumière £r du feu.
- Les mêmes opérations qui excitent dans les corps la vertu éleétrique, pro-duifent aufli la lumière, la chaleur, un feu même affez ardent pour embrafer les corps expofés à fon aétion. Frottez vio-, lemment deux corps l’un contre l’autre ils s’échauffent ; &, fuivant leur nature , ils s’enflammeront ou ils deviendront rouges. C’efl: en faifant tourner rapidement un morceau de bois, taillé en pointe,
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- '2<?4 Conjectures sur eàcaus* dans un autre, percé d’un petit trou, qtië la plupart des Indiens fe procurent du feu ; &, II l’un des corps frottés eft tranfparent, une lumière vive paroît dans Pendrait du frottement. C’eft ainlî qu’un globe de verre s’échauffe, & devient lumineux ; que deux cryftaux frottés l’un contre Pautre, en devenant éleâxiques , rendent une lumière auffi vive que celle d’un charbon ardent. On fcnt bien que , fi quelque fluide ou matière molle fe trouve entre les corps frottés ; la chaleur,; ia lumière, & Péleétricité en feront cor»? fîdérablement afloiblies.
- §. LXXXIV.
- Pourquoi la lumière que donnent les corps élaftiques s'étend au-delà des points frottés , fubfifte après le frottement.
- Si les fibres des corps éleétriques font alfez élaftiques pour fe tranfmettre les unes aux autres leurs frémiflèmens, & pour les eonferver, même après le frottement ; ces corps paraîtront lumineux
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- de l’Électricité. 26$ au-delà des endroits où fe fait l’attrition ; & leur chaleur , leur lumière & leur éleélricité fubfifteront encore après le frottement. Il n’en fera pas de même des corps qui ont peu d’élafticité, quoiqu’a-bondans en fluide éleétrique. Ainiî la lumière des corps réfineux & fulfureux fera moins vive que celle du verre : elle ne s’étendra jamais au-delà des endroits que l’on frotte ; & elle difparoîtra au moment que ceflera le frottement : l’approche d’un corps non éleétrique ne pourra mêmeja ranimer, excepté dans l’ambre. L’éleétricité du fouffre & de la réfine eft de même plus foible que celle du verre ; & ces matières perdent leur vertu électrique plus promptement.
- §. LXXXV.
- Une fi grande analogie entre ce qui produit i’éleâricité , & ce ;qui produit la lumière , la chaleur & le feu, rend, ce me femble, très vraisemblable l’opinion de ceux qui affignent une feule Si même caufe à ces différens
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- 2.66 Conjectures sur £à cause phénomènes ; du moins cette analogie indique-t-elle un rapport intime éntre les matières fubtiles qui caufent la lumière , le feu ; & celles qui donnent la vertu éleftrique; puifque les mêmes operations les mettent en mouvement; & que la faculté d’éclairer, fouvent même d’allumer les matières combufti-bles accompagne toujours celle d’attirer & de repouffer, quand l’éleéhicité eft forte; §. L XXX VI.
- Comment le diamant mouillé peut con* ferver fa lumière J quoiqu'il perde fon éleftrkité
- On dira peut-être, que fi la lumière & l’éleélricité font produites par un même moyen, ce qui fert à d’étruire l’une ne peut détruire l’autre ; que divers corps éleétrifés ne donnent aucune lumière ; & que d’autres demeurent lumineux après avoir perdu leur éleélricité. Mr. Dufay allégué comme une preuve decifive de la différence entre la caufe de la lumière, Sc celle qui opéré les
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- DE d’É LECTRICITE*. 267 phénomènes de l’éleétricité, le diamant frotté dans l'ohfcurité , perdant, dès qqil eft mouillé , fa vertu éle&rique; & confervant toute fa lumière, Et Boy-le rapporte qu’ayant plongé dans divers fluides des diamants lumineux , leur lumière n’en fut point altérée ; qu’il en a même rendu plufieurs lumineux, en les tenant quelque tems dans l’eau chaude, §. LXXXV1I.
- Cette obje&ion, forte affûrément ; n’eft cependant pas fans réponfe. Le diamant eft un des corps qui deviennent le plus aifément phofpbore : fes pores font donc remplis d’un grand nombre de particules de feu élémentaires & comme, de tous les corps, il eft celui qui reçoit le plus grand poli ; il eft auffi , de tous , celui qui réfléchit le plus parfaitement la lumière. L’eau qui le mouille, bien loin d’éteindre fes rayons lumineux, augmente leur vivacité par fes réfraélions s comme il arrive à ceux des dails & des. vers luifans
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- a68 Conjectures sur la cause plongés dans l’eau. La chaleur de l’eaii bouillante peut fuffire à ébranler & met-: tre en mouvement les parties les plus déliées du fluide qui réfide dans les pores du diamant : mais cette matière agitée eft trop fubtile pour mouvoir un corps. Cette opération a befoin de fon union avec d’autres particules plus grof-fieres, qui ne peuvent être mifes en mouvement que par une force plus con-fidérable, telle que le frottement qui produit la faculté d’attirer & de re-poufier.
- §. LXXXVIII.
- D’ailleurs , fi cette objeéfion étoit aulfi forte qu’elle le paroît d’abord, on feroit en droit d’en conduire que la matière du feu doit être entièrement diflin&e de celle de la lumière , puifque divers corps rendent une grande lumière, fans chaleur : tels font la plûpart des phofphores naturels : tels font les rayons de la lune réfléchis au foyer d’un grand miroir, dont la lumière eft fi vive que
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- fcE l’Électricité’. aifp Iceil n’en peut foûtenir ï’édàt ; &, cependant, ils n’occafionnent pas la moindre variation aux theimometres qui en font le plus fufceptibles. Au contraire, il y a des corps qui ne donnent aucune lumière , & qui cependant embraferoient les matières que l’on jetteroit deflus : tel eft le fer prêt à s’enflammer. Ces obfervations, &plufieurs autres, avoient fait naître au célèbre Boè'rhaave l’idée que la matière de la lumière , qu’il ne diftingue point de celle du feu J ne peut produire les effets qu’on a coûtume d’attribuer au feu ; c’eft-à-dire qu’elle ne peut échauffer, agiter, & divifer les parties des corps, à moins qu’elle ne fe trouve mêlée avec d’autres particules plus groflieres. Ne pourroit-on point dire auffi que le fluide , caufe de l’électricité , eft le même que le feu élémentaire , préfent par tout, tendant toûjours à fe mettre en équilibre avec lui-même, toûjours prêt à paraître au moment qu’il çftexcité; avec cette feule différence,
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- 2*70 CoNJECTÜRES SUR. tA CAUSÉ •
- qu’il eft pur dans les rayons de lumière f au lieu que dans les effets électriques * il eft uni aux parcelles les plus fubtiles des corps mixtes d*où il fort; ce qui lé rend capable d’attirer 8c de repouflèr &c. Peut-être auffi, 8c je pancherois aflfez à le croire, que les corpufcules exprimées des corps par le frottement, pour être de même nature, ne font pas de même groflèur ; que ceux qui attirent font plus gros que ceux qui produifent la lumière ; 8c que, dans les expériences de Boyle, les plus fubtils ont été feuls agités. Cette conjeélure réfulte de la maniéré dont la faculté d’éclairer 8c d’attirer eft excitée; les corpufcules ne peuvent s’échapper des corps frottés fans en heurter violemment les fibres ; 8c fans s’entrechoquer mutuellement ; 8c ce choc doit les bri-fer, les réduire en plus petites parcelles.
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- bfi l’Électricité. 271 §. LXXXIX.
- Pourquoi la première lumière quont rendue des boules de verre , frottées dans le vuide a étoit de couleur de pourpre Hauxbée rapporte qu’ayant frotté dans le vuide, fur une étoffe de laine , une boule de verre creufe ; elle donna d’abord une lumière purpurine, laquelle devint blanche quand il répéta l’expérience. ; fans que de nouveaux elfais ayent pu reproduire cette première lumieré purpurine. Mais qu’étoit cette lumière purpurine, fi ce n’ eft une couleur produite par le mélange de la lumière avec quelque matière incorporée dans le verre lors de la fabrication ; & qu’un premier frottement a bien-tôt épuifée ? Aufli voit-on que cette couleur, une fois perdue, ne réparait plus, quelque effort qu’on fafle pour la reproduire ; & qu’il ne refte que cette lumière blanche, lumière proprement dite ou feu élémentaire. Çes mêmes principes doi-
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- 272 CoRlECTUftSS SUR LA. CAUSE vent fervir à expliquer la variété des couleurs de la lumière qui émane des corps électriques ; & la caufe qui la fait varier dans un même corps félon la nature de celui fur lequel on le frotte.
- §. XC.
- De la lumière quon excite dans un vafî vuidé dû air en le frottant * ou en le frappant de la main, 6rc.
- La lu miere que rendent des vafès vuidés d’air, lorfqu’on les frotte ou qu’on les frappe de la main ; celle que donne un jet de mercure dans un récipient auffl vuidé d’air ; celle qu’on excite dans des bouteilles vuides d’air où l’on a enfermé un peu de mercure , lorfqu’on les fecoue dans l’obfcuritéj enfin , celle qui paroît au haut des baromètres où le mercure a bouilli ; toutes ces observations appuient notre théorie, & démontrent l’étroite analogie entre la matière fubtile caufe de l’attradion & le fluide lumineux. On a yû que le fluide
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- Î)E L’Êl-ECTRtCITï’. 27Ï fluide éleétrique ne doit être nulle parc fi abondant que dans les vafes vuides d’air, mais ces différens phénomènes montrent aufli que les corpufcules lumineux y font raffemblés en plus grand nombre qu’ailleurs $ & comme ils s’y trou-, vent dégagés des matières hétérogènes qui gênoient leurs mouvemens, ils y parviennent aifément à un degré d’agitation fuffifant pour produire autour d’eux des effets fenfibles. Et de même que le fluide éleétrique n’attire ni ne repoufle point les corps légers au travers des vafes humides ou mal propres, de même aufli de pareils vafes ne rendent qu’une foible lumière.
- §. XCI.
- De quelques phénomènes que Fapproche d'un corps éleElrifé produit dans des vafes vuidés d'air.
- La confédération des phénomènes d’un vafevuide d’air, & qu’on approche d’un
- corps éleétrifé, donnera un nouveau de;
- S
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- 074 Conjectures sur la cause gré de vraifferoblance à cette opinion.’ Les expériences qui terminent le chap.1 IV. montrent, i Que l’atmofphere des corps éleétrifés agit, même â une afîez grande diftance , fur le milieu qui remplit ces vafes; 2°. Que la lumière que le fluide éleétrique y excite n’eft jamais plus vive que quand l’air en a été épuifé exactement. 30. Qu’elle y paroît encore par intervalle plufîeurs momens après qu’on les a éloignés du corp éleétrifé. Qu’enfla l’approche de la main, ou d’une piece de métal, non feulement la fortifie , mais même l’y reflufcite. L’explication de tous ces faits devient aifée & naturelle par la fuppofition que le fluide électrique, lumineux , raflèmblé dans les vafes vuides d’air, y eft debarralfé des particules hétérogènes qui en interrompoient la propagation , & qu’ainli l’agitation de quelques-unes de ces particules fe tranf-met librement à celles qui leur font contiguës. Si donc on approche un vafe
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- 1>E l’Électricite*. 2%
- yuide d’afc d’un corps éleébrifé, le fluide qui éft en mouvement autour du corps éleétrifé ébranlant & agitant le milieu qui remplit le vafe, y produira une lumière plus ou moins vive, & qui s’appercevra à une plus ou moins grande diftance du corps éle&rifé} fuivant le degré d’éle&ricité de ce corps, & que l’intérieur du vafe aura été plus ou moins purgé de particules hétérogènes. Et cette lumière paroîtra variée & interrompue d’une maniéré plu» ou moins irrégulière , fuivant la quantité & la dif* pofition des particules étrangères. Les éclats de lumière , fuivis d’obfcurité , qu’on obferve dans le vafe après l’avoir éloigné du corps éleétrifé, n’indiquent-t’ils pas une agitation confervée dans le milieu qui remplit le vafe, & que ces accidens de lumière ne naiflent que du choc de ces particules agitées ? Enfin, fl l’approche de la main fortifie s reflufci-te même cette lumière , n’eft ce point que le fluide dont le vafe abonde fait effort Sij
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- 27# Conjectures sur ta cause pour s’ouvrir un paffage, au travers dut verre, jufqu’à la main ? Cette conjecture eft fortifiée par la lumière que rend la partie fiipérieure d’un baromètre , au moment qu’on la frotte avec la main ou du métal , quoique le fluide fubtil, qui remplit le haut du tube n’ait point été agité , ni par les ofcil-lations du mercure , ni par aucune émanation éleétrique.
- §. XCIÏ.
- D'où proviennent les aigrettes fpontanéesl Les divers degrés de vivacité dans la lumière qui paroît aux parties Caillantes & aux extrémités des Corps fortement éleclrifés , proviennent de la di-verfité de leur nature. Plus les corps font denfes , plus le globe leur transmet de matière éleélrique, & plus ils en rendent. Mais ce qui,furtouta mérité attention, ce font ces points lumineux , vifs & rougeâtres, d’où partent des rayons divergens, qui fortent d’eux mêmes aux angles des métaux, à l’ex-
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- be l’Êlegtr icite’. 177 Irétaité du bec des oifeaux, &c. Car qu’eft-ce qui peut caufer cette eftufioti de fluide éleétrique & lumineux des angles des métaux, &c., plus abondamment que de tout autre endroit ?
- $. X Cl IL
- Seroit-ce que le fluide éleétrique y trouve plus de pores à proportion qu’aux furfaces plattes, & par conféquent une moindre réfiftance de la part du fluide éleétrique extérieur » ou qui eft dans l’air ? car l’angle de la barre n’efl formé que des | de l’aire,, par exemple, d’un cercle ; au lieu que les côtés plats préfentent l’aire entière à l’air. Ainfi, le refle étant pofé égal, une égale quantité de fluide éleétrique trouve moins de réfiftance à for-tir par l’angle , que la même quantité n’en trouve à fortir par le côté plat. Et fi la matière de la lumière parole fous la forme d’aigrettes, cela ne vien-droit-il point de ce que la réfiftance que trouve cette matière à percer l’air, l’oblige à fe fép.arer j à peu prés com-.
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- 278 Conjectures sur la cause nie il arrive à un filet d’eau jailliffan* te ?
- §. XCIV.
- Pourquoi elles repou/fent les corps légersl L’on voit encore de-là pourquoi les aigrettes repouflent les corps légers, & font accompagnées d’une efpece de vent. Le fluide éleélrique & lumineux, for-tant plus rapidement & en plus grande quantité par les angles des corps, efl mû d’un mouvement différent des oscillations ordinaires autour des corps éleétrifés ; il s’écoule comme un torrent qui entraîne les corps légers qu’il rencontre;8rce n’eft qu’après que fon mouvement eft rallenti par la réfifiance du fluide des environs, qu’il fe répand à droite & à gauche, & augmente I’at-mofphere du corps d’où il eft Sorti.
- §. xcv.
- L'approche du doigt ou des métaux doit les produire.
- Le fluide éleélrique s’étendant librement dans les êtres animés & dans les
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- BE l’Electricité*. 219 métaux > leur approche vers un corps éleftrifé détermine ce fluide à s’écouler de leur côté plus impétueufemeiit » & en plus grande quantité. C’eft pourquoi, lorfque l’éfeétricité eft trop faible pour produire des aigrettes fpontanées, l’approche du doigt où du métal les ex-
- §. XCVI.
- Des rayons de lumière qu excite l'approche du doigt de l'angle de la barre éleÏÏrifée.
- Le doigt ou du métal préfenté à uii ou deux pouces de diftanee dune .aigrette fpontanée, l’onapperçoit comme deux cônes lumineux appuyés l’un fur l’autre par leurs bafes, & ayant leurs fommets, l’un fur le corps élëétaifé, & l’autre fur le doigt. Quelques Phyfi-çiens ont crû que ce Phénomène étoit produit par deux courans oppofés l’un à l’autre, dont l’un fortoit de la barre & l’autre du doigt. D’autres y ont donné une
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- iîo Conjectures sur la cause autre explication* Pour découvrir la vérité , j’ai approché & éloigné lentement & à diverfes reprifes le doigt de l’aigrette fpontanée; il m’a paru conftam-ment que les deux cônes lumineux font produits par les rayons fbrtis divergens de la barre, mais courbés enfuite en s’approchant de la perpendiculaire pour entrer dans le doigt : j’en ai jugé fur ce que, lorfque j’éloignois peu à peu le doigt de la barre, tous les rayons qui convergoient auparavant vers le doigt l’abandonnoient fucceffivement, en s’écartant les uns des autres , pour reprendre leur direction naturelle.
- §. XCVII.
- On m’objeétera peut-être ces points & ces rayons lumineux qu’on apper-, çoit fur le doigt préfenté à quelque distance de l’aigrette, & qui n’ont vifxble-ment aucune communication avec les rayons de l’aigrette. L’influence de cette obfervation fur la déciflon de ce point tfy fa donner une grande attention,
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- ï>e l’Électricité. iSi Je remarquai qu’ea approchant infenfi-blement le doigt de l’aigrette, ces rayons qui fembloient n’avoir aucune communication avec c.eux qui fortent de la barre , fe réuniffoient cependant avec eux, & paroifloient n’être qu’une continuation des rayons de l’aigrette fpontanée qui, à unecertaine diftance delà barre, fe replient, & deviennent convergeas vers le doigt fur lequel ils fe réunifient. Si donc on n’apperçoit pas toujours la continuité des rayons entre la barre & le doigt, c’eft qu’à un certain éloignement du doigt, ces rayons font trop écartés les uns des autres pour que l’oeil puifle les appercevoir; au lieu que près du doigt,. fur lequel ils fe raflèmblent comme dans un foyer, ils font affez cou-denfés pour être vifibles.
- §. XCVIII.
- En fuivant ces obfervations , li l’on continue d’approçher lentement le doigt de l’aigrette, & qu’on l’arrête à quelques lignes de diftance de la barre, on
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- i8z Conjectures sur la cause verra tous les rayons de l’aigrette fe plier, & fe rapprocher, jufqu’à fe réunir en un trait vif d’un feu qui heurte avec impétuoflté fur le doigt. Ce qui vient apparemment de ce que la tendance des rayons vers le doigt leur fait perdre d’abord leur divergence ; & la même caufe qui les rapproche, en aur gmentant leur nombre, & leur vîtefle , en rend auffi les effets plus fenfibles.
- §. XCIX.
- D'où vient que Us aigrettes fpontanées difi paroijfent J fi Von tire une étincelle de la batre.
- Qu’on tire une étincelle de la barre; toutes les aigrettes fpontanées dilparoî-tront; parce que le cours du fluide électrique fera détourné & dirigé vers le corps qui tire l’étincelle.
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- CS l’Ésecteicits’. 283
- i. c.
- Preuve dé Vanalogie de la matière de là lumière avec celle de VéleElricïtè, tirée des étincelles élettriques,
- Un des Phénomènes qui a le pins attiré l’attention, c’eft celui des étincelles pétillantes & douloureufes qui partent des corps éleétrifés à l’approche d’un corps non éleétrique» & qui ont la puiflance d’allumer diverfes matières inflammables. Il montre mieux encore que les précedens que û l’attraâion & la répullion, la lumière Sc le feu électrique, ne font pas produits par un même fluide ; la matière qui produit chacun de ces différens Phénomènes doit avoir beaucoup de rapport avec celle qui produit les autres ; puifque le choc de ces étincelles-tranfmet une forte électricité aux corps non éleétriques, Sc que la vivacité de ces mêmes étincelles diminue à mefure que ces corps deviennent plus électriques.
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- 284 Conjectures sue ea causé
- §. CI.
- Examen des précautions qui aident aux étincelles éleStriques à allumer les ma-tieres combuftibles.
- On conçoit fans peine quels effets doivent produire les précautions indiquées pour faciliter aux étincelles électriques l’opération d’allumer diverlès matières inflammables : on fent bien, par exemple, qu’on les chauffe, parce que leurs exhalaifons prennent feu très aifé-ment, & que leur flamme n’eft pas moins prompte à fe communiquer à la liqueur elle même. Si l’on réuffit plus fûremenc en les mettant dans des cuillieres de métal , c’eft que les métaux conçoivent un grand degré de chaleur, & qu’ils tirent des corps éleélrifés de très fortes étincelles : & fi les petites cuillieres font préférables quand on veut allumer des matières éle&riques par elles mêmes; c’eft que les matières qu’on y dépofe, ne pouvant tirer aucune étincelle des
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- DE ^ÉLECTRICITÉ*. l8£ corps éledrifés, ce n’eft que par la fub-ftance du métal que le fluide éledrique eft déterminé à s’élancer hors du corps éledrifé. C’eft par la même raifon qu’une chandelle éteinte, préfentée à la barre, ne fe rallume qu’autant que le lumignon fe trouve immédiatement encre la barre & le doigt.
- §. CIL
- Bu petillment qui accompagne les étincelles.
- Le fluide éledrique pénétrant librement les êtres animés & les métaux, leur approche de la barre l’en fait .for-tir avec autant d’abondance que d’im-pétuofité ; & fes particules s’entrechoquant avec force, s’enflamment tout à coup ; ce qui caufe une raréfadion fu-bice dans l’air & le bruit remarquable qui accompagne les étincelles. On fait que le fon eft produit par les vibrations promptes & vives des particules d’air ^ & que la continuité de ce fluide ne
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- a$6 Conjectures sur la cause peut être brufquement interrompue fans qu’on entende un bruit : c’eft la caufe du coup fée que rend un fouet fortement fecoüé , & celle de la détonation de la poudre à canon &c. De même, dans l’inflammation de la matière qui s’élance du corps éleélrifé, les particules d’air entremêlées font tout à coup vivement ébranlées, & les étincelles éledriques éclatent avec force. Je ne ferai pas même difficulté d’ajouter que l’éclair & le tonnere paroilfent avoir af* fez de rapport à ce phénomène ; puifque l’éclair n’eft autre chofe qu’un amas d’ex-halaifons fulfureufes, &c., qui prennent feu fubitement, après avoir été raffem-blées & condenfées par les vents ; 8c que le bruit du tonnere n’eft produit que par la grande & foudaine raréfaction que caufe dans l’air l’inflammation fubite de ces exhalaifons. On pourroic pouffer plus loin cette comparaifon de la foudre avec la matière éledrique ; & infifter fur la facilité avec laquelle tou-
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- t>E l’Êlectrïcité; 287 tes deux pénètrent certains corps, fans en rompre le tiffu ; fur la maniéré dont elles fuivent la direftion des corps déniés auxquels elles s’attachent ; & enfin» fur l’analogie que Ion remarque entre divers de leurs effets -, furtout, dans la redoutable expérience de la commotion décrite au §. CLXVII.
- $. CI II.
- De la douleur que rejfentent 6* la per-, fonne éleftrifée, &* celle qui en tire une étincelle.
- La douleur plus ou moins vive, félon la force de l’éleétricité, qu’éprouvent, au départ de l’étincelle, la per-fonne éleétrifée & celle qui en approche le doigt, s’explique encore très bien par les mêmes principes. Le fluide électrique fortant de la perfonne éleétrifée avec plus de rapidité & d’abondance qu’à l’ordinaire, ébranle plus fortement les fibres nerveufes voifines des pores par oit il fort. Et, de même, en péné-
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- '288 Conjecturés sur la cause trant avec violence le doigt qui lui eff préfenté, il fait une forte impreflïon fur fes fibres. L’inflammation fubite qui fe fait de la matière éledlrique entre la perfonne éleétrifée & le doigt qu’on en approche, écartant avec impétuolité les matières embrafées & le fluide des environs , peut encore aider à la production de ce phénomène.
- §. CIV.
- Pourquoi Von tire des fortes étincelles des êtres animés
- On peut donner une raifon particulière des vives étincelles qu’on tire des corps animés. On fait qu’ils abondent en parties huileufes, fulfureufes &, par conféquent, inflammables ; que l’omen-tum & le fang , la bile &c., en renferment une aflez grande quantité. Mal-pighi en trouve auffi beaucoup dans les os. L’urine, diftillée après avoir fermenté , & diverfes autres matières animales fourniflent des pholphores très ac-
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- ^jjp
- DE L’ELECTRICITE’. X$^ tifs. On fait encore que les glandes fe-j bacées & miliaires répandues fous la peau, dans toute la circonférence du corps, exhalent continuellement des particules huileufes & fulfureufes. Les corps animés peuvent donc être confldérés comme environnés de vapeurs difpofées à s’enflammer, fur tout lors qu’un agent vient à fubtilifer les foufres du corps; & à les rendre plus a&ifs. Cela pofé y on concevra fans peine comment le fluide éle&rique qu’on a vû augmenter la circulation & le degré de chaleur du corps peut, étant condenfé & mû rapidement , entrainer hors du corps avec foi affez de ces particules fulfureufesy & leur imprimer affez de mouvement pour caufer une inflammation fubite. Je. ne m’arrêterai pas à prouver que les matières graffes & fulfureufes contiennent beaucoup de feu, & que le choc, de leurs corpufcules les enflamme ; outre que cet article n’eft pas du deffein de cet ouvrage, il a été amplement difcu-
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- ÿpà Conjectures sur la cause ié par les Chymiftes & les Phyficienl modernes aflez d’accord là deflus.
- §. CV.
- Ce que nous venons de dire fert encore à expliquer, pourquoi des perfon-nes de différent âge & tempérammenc ne produifent pas des étincelles également fortes ? Pourquoi la même per-fonne n’allume pas toûjours auffi facilement les matières inflammables? Pourquoi Fon tire des étincelles plus promptes & plus vives des animaux vivans que de ceux qui font morts depuis plufieurs jours ? Toutes ces variétés ont leur fource dans la différente conftitu-tion des fujets qu’on éle&rife ; & dans le mouvement plus ou moins rapide du fang & des autres humeurs. Les habits de nombre de perfonnes, fecoués dans l’obfcurité, jettent une infinité d’étincelles ; & il y en a dont la peau devient lumineufe dès qu’on la touche. La fueur des animaux échauffés, & l’odeur fui-
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- Ï>E i/ËlECTRÎCITB*. ipï, ïureufe qui l’accompagne marquent que les foufres de leur corps divifés & exaU. tés plus.qu’à l’ordinaire parla chaleur» s’exhalent auffi en plus grande quantité. Les vers luifans, femelles d’animaux ailés, ne répandent de la lumière que dans le tems de leur accouplement. Ne pouvant chercher les mâles dans l’air, ils ont cette lumière comme un fignai qui guide le mâle au lieu où ils l’attendent. D’où provièndroit cette lumière, fi ce n’eft que le fang & les autres humeurs des animaux qui font en chaleur , étant beaucoup plus agités qu’à l’ordinaire , leurs foufres font aufli plus divifés & plus exaltés ? Ces obfervations ne marquent-elles point encore quelque rapport entre ce principe fulfureux, fabtil & lumineux, & le fluide nerveux ? Car d’où vient cette vigueur extraordinaire de tous les animaux dans le tems de leur accouplement? Et, s’il m’eft permis de pouffer plus loin mes conje&u-res, la différence de la vigueur des per*
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- 'zp2 Conjectures sur la causË fonnes chaftes & de celles qui s’abat donnent immodérément au plailir ; le genre de maladies que càufe la trop grande perte de cette fubftance qui donne la vie ; le merveilleux changement qu’on apperçoit dans le corps, dans la voix &c. des jeunes gens arrivés à l’âge où cette fubftance fe développe chez eux , comparé avec l’état du corps & le fon de voix de ces infortunés qu’on a dégta-dé de l’humanité avant même qu’ils y furent parvenus : tout cela n’indique-t-il point quelque analogie entre le principe fulfureux, le fluide nerveux , & cette fubftance ; puifque, ramenée dans le fang par plufieurs petits vailfeaux abforbans, elle le revivifie d’une maniéré fi marquée , & change toute l’œconomie du corps?
- §. CVI.
- D’autres caufes peuvent encore con-; tribuer à augmenter les émanations ful-fùreufes & inflammables du corps ; par exemple, Un ufage exceflif des liqueurs
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- i> E l’Ë LECTRICITÈ. fpiritueufes ou d’autres matières inflammables. Mr. le Marquis Maffei rapporte * qu’en 1731. à Cefenne ville d’Italie, une Dame qui, pour fe guérir, d’un rhu-matifme, s’étoit frottée tous les jours & pendant long-tems avec de l’efprit de vin camphré, fut trouvée un matin réduite en cendres ; il ajoute qu’il n’y a pas lieu de foupçonner que le feu du Ciel ni le feu commun ayent eu part à cet étrange accident ; & qu’on ne peut l’attribuer qu’aux parties les plus déliées des foufres du corps fortement agitées par le frottement, & mêlées avec les particules les plus fubtiles de l’efprit de vin camphré, bien propres à occafîon-ner l’embrafement. Bartholin dans fon ouvrage fur la lumière des animaux ; Cohaufen , & plufieurs autres Auteurs rapportent divers faits analogues à celui-là.
- * Voy. Journal des Savans, mois de Septembre année 1733.
- Tiij
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- 2p4 Conjectures sur ea cause
- §. CVII.
- D'où vient qu'on ne tire des corps fulfureuiï & réfineux qu'une lumière faible &* pâle.
- Mais pourquoi le frottement ne peut-il tirer ni cette vive lumière ni ces brillantes étincelles du foufre & de la refîne ? C’eft que , pour les produire , il ne fuffie pas que les corps abondent en matières fulfureufes ; il faut de plus que ces matières foient réduites en parcelles très-déliées ,* & difpofées à fe mouvoir comme elles le font dans les êtres animés ; les foufres y font exaltés par la chaleur de leur corps & par le mouvement des divers fluides ; au lieu que les parties de la réfine & du foufre commun font trop groffieres , & trop engagées les unes dans les autres pour s’évaporer aifément.
- §. C VIII.
- De quelques phénomènes obfervés en tentant l'expérience de la béatification.
- Ce que nous venons de dire explique
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- î> E L’ÉLECTRICITÉ. 2py les Phénomènes que j’ai obfervés en répétant l’expérience de la béatification ; & ceux que Mr. Boze a lui* même remarqués. Car quoique je n’aye pas ,vû les mêmes chofes que ce célébré Phyfi-cien ; je préfume trop de fon exaélitude à obferver pour ne pas ajouter foi aux faits qu’il rapporte. Les expériences rapportées aux §. LXXXI. & fuivans m’ont fait voir i°. que l’éleéhifation des métaux , quoique très-éleélriques par communication, n’eft accompagnée d’au-, cunes circonftances analogues à celles de la béatification. 2.°. Que l’éclat & la quantité des points lumineux , apperçûs fur les corps, varient confidérablement,* & que ces points ne font jamais plus, vifs ni plus nombreux que lorfqu’on approche du corps éleélrifé un corps non électrique. Le premier de ces phénomènes vient fans doute de ce que les pores des métaux, n’abondant pas autant que les corps animés en particules fulfureufes» ne fournifTent pas au fluide éleétrique qui
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- CofriEOTUR.ES SUR. LA CAUSÉ en fort, autant de matière propre à prendre feu, qu’en fournifîent les corps animés. Et fi quelques perfonnes donnent plus de lumière que d’autres, c’elt que les corpufcules qui s’en échappent ne font pas dans toutes en aulfi grand nombre ni également difpofésà s’enflammer. Audi les enfans, dont le fang coule dans les veines plus rapidement que dans les vieillards , m’ont-ils paru plus propres à cette expérience. Enfin, fi le nombre & la vivacité des points lumineux augmentent fur la furface des corps éleétrifés à l’approche des corps non éleftriques ; c’efi que cette approche détermine de ce côté un plus grand écoulement de la matière éleétrique.
- §. CIX.
- La lumière qu’on voit fur la poix quand la perfonne éledtrifée remue les pies, eft vraiffemblablement produite par les particules éieétriques & fulfareufes dont la poix empêche la diflîpasion , & qu’elle tient rafle mblées autour des piés. Peut-
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- Ï>E l’ÉlECTRICITE*. Zp7 être aufli que, dans la forte éleélricité qu’exige cet|e expérience, les ondulations éleétriques ébranlent & font fortir, de cette partie de la poix fur laquelle les piés pofent, quelque portion de fluide éleétrique dont la réaéfion fur celui qui émane du globe produit de la lumière. Et, fi Mr. Boze a vû la matière de la lumière fe raffembler d’abord autour des pîés , monter de-là aux genoux & aux extrémités fupérieures du corps, ne fe-roit-ce point que le fluide éleétrique qui réfidoit dans la poix , auroit acquis un mouvement ofcillatoire qui repouffe vers les parties fupérieures du corps le fluide qui fait effort pour s’étendre dans la perfonne éleétrifée ? Il eût été à fou-haiter que Mr. Boze eût fait part des précautions qui l’ont fait réuflïr fi heureu-fement dans cette expérience finguliere.
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- $9$ Conjectures sur ia causé
- §. CX.
- Ve la lumière que rend un bajjin rempU d'eau au milieu duquel pend une chaîne de métal éleftrifée.
- Parmi les différais Phofphores que m’ont fourni mes eflais fur l’éleétricité, celui qui eft décrit au §. LX V. eft remarquable. Si l’on place un badin, à moitié plein d’eau, au-defTous & à quelques lignes de diftance d’une chaîne élec-trifée, le badin & l’eau deviennent lumineux au moment & pendant le tems qu’un corps non éleétrique communique avec l’eau ou avec le badin. Et, ce qui doit paroître fort fingulier, c’eft que les corps non éleétriques, dont la communication ôte pour l’ordinaire aux corps éLétrifés leur vertu , produifent feuls ce pbofphore qui fera d’autant plus fenfi-ble, que la mafle des corps non électriques fera plus grofle. Une autre circonf-tance digne d’attention c’eft que, fi la chaîne touche le badin ou l’eau 3 ou bien
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- fcE l'Électricité. 2pp fi le baflin & l’eau ont contratté la vert» éleârique , ils ne rendent plus aucune lumière. J’avoue que l’explication de ces Phénomènes m’embarrafloit beaucoup lorfque je découvris celui que j’ai rapporté au §. CXLIII. Il montre diftinc-tement que la quantité de fluide lumineux qui s’écoule d’un corps éleétrifé dans les corps non éleéfriques qu’on en approche, eft proportionnelle à la mafle de ces mêmes corps. Lors donc que la mafle des corps non éleétriques qui communiquent avec le balfin ou avec l’eau eft confldé-rable ; les émanations lumineufes de la chaîne doivent être abondantes ; & la furface polie du baflin qui réfléchit la lumière doit en rendre les effets encore plus fenfibles. Pour que la lumière nous frappe J il ne fuffit pas qu’elle foit près de nos yeux 5 il faut qu’elle y foit réfléchie par quelque corps. Quand un rayon de lumière entre dans une chambre obfcure, fi on ne lui oppofe pas quelque corps propre à le réfléchir, il ne fe-
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- 500 Conjectures sur la causé ra point apperçu des perfonnes qui font dans la chambre. Frottez le globe avec la main couverte d’un gandnoir , il. ne deviendra point lumineux ; que ce foit avec un gand blanc , il donnera une lumière très-vive. De même la clarté de l’eau & le poli du baflin rendront le phof-phore plus brillant. Le Phénomène décrit au§. CXLIII. nous montre encore d’ofr vient que la lumière s’éteint dès que le baflin eft éle&rifé, ou qu’il pofe fur de la poix qui lui ôte toute communication avec des corps non éleétriques. Il eft clair que , dans ce dernier cas , il devient éleétrique : les étincelles que l’approche du doigt en tire le démontrent. Et, li le phofphore fe ranime dès qu’on vient à toucher le baflin, c’eft que l’épanchement fubit du fluide éle&rique dans la perfonne avec laquelle le baflin communique , augmente au même moment les émanations lumineufes de la chaîne.
- $. CXI.
- Quand, au lieu d’eau, le baflin eft à
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- DE L’ÉLECTRICITÉ*. 'jOtf feoîtié plein d’huile ; on voit fortir de l’extrémité de la chaîne une infinité de rayons d’une lumière pâle , parallèles à la furface de l’huile, & tendans vers les bords du baflin. On a vu, dans le Ch. ,VI. que les huiles ne font point ou très-peu perméables à la matière de l’éle&ri-cité. Mais comme, ici, le balfin eft affez voifin de la chaîne éle&rifée pour en pénétrer l’Atmofphere, s’il communique avec des corps non éledlriques, le fluide éleélrique lumineux doit chercher à s’écouler de la chaîne dans le baflin par la voye la plus courte, c’eft-à-dire, par des lignes parallèles à la furface de l’huile ; parce que l’huile elle-même n’eft pas pro-, pre à le tranfmettre. Et la foibleffe ou la pâleur de la lumière ne vient que de ce que l’huile eft moins tranfparente que l’eau, & que les rayons qui forcent de la chaîne font fort dilatés.
- §. CXII.
- Ce que je viens de dire explique en-tore , non-feulement le phénomène rap-*
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- 502 Conjectures sur la causé porté au §. LXIV. mais auflî tous les phofphores dont il eft parlé au Chap. IV*
- CHAPITRE V.
- Des phénomènes de la commotion.
- $. CXIII.
- A commotion, qu’il me refie à exa-
- J—i miner , eft un phénomène d’autant plus intéreflant qu’outre fa Angularité, il paroît être en contradiction avecplufieurs autres.
- D’où procédé la commotion.
- On a vû que , lorfqu’une perfonne tient d’une main un vafe de verre à moitié plein d’eau dans laquelle plonge une verge de métal appendue à la barre, fi de l'autre main cette perfonne tire une étincelle de la barre, elle éprouve une violente fecoufle en diverfes parties du corps. L’étincelle qui produit ce furieux coup, nommée foudroyante à caufe de l’analogie de fes effets avec ceux de la
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- DE l’É lectricite’. 303 Foudre, vient, comme je l’ai fait voir, de l’abondance & de l’impétuofité avec laquelle le fluide éleârique fe précipite dans le doigt ; d’où il fe répand dans tout le corps.
- $. CXIV.
- On a vu auffi que, fi la perfonne qui foûtient le vafe pofe fur un corps réfi-ineux elle devient éleârique : & les émanations lutnineufes qu’on obferve quand on approche la main du vafe indiquent encore qu’il pafle, du vafe dans la perfonne qui le touche , une certaine quantité de fluide éleârique.
- §. cxv.
- Ainfi , au moment de l’expérience ; deux courans d’un fluide très-élaflique, mus avec violence, entrent & fe précipitent dans le corps par deux routes op-pofées ; fe rencontrent, fe heurtent ; & leur mutuelle répulfioncaufe une conden-fation forcée de ce fluide en diverfes parties du corps.
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- 5 a a Conjectures sur la c Ausf 5. CXVI.
- La violence des fecouffes doit au (Tl en partie , Être attribuée à la réaétion du fluide diadique amaffé 6c condenfé dans l’eau du vafe. Ce fluide, pouffé fans ceffe en avant par celui qui, du globe, paffe dans la barre, fait des efforts continuels pour s’étendre au travers du verre ; il doit donc réagir puiffarament fur le fluide qui ell repouffé vers le vafe ; 8c lui imprimer , -en fe rétabliffant , un mouve-i ment violent qui fe communique à toutes les parties du corps analogues à ce fluide.
- $. CIVIL
- Ce qui favorife cette explication c’eft que, lorfque le fluide électrique pénétré le corps fans y rencontrer d’obftacle qui le force à rebroulfer, l’on n’épr uve au-
- ctincelle, de la barre, fans avoir aucune cotfrmunication avec le vafe qui y eft apr pendu, vous ne reffentirez que la fimple piquûre de l’étincelle.
- §.ÇXVIIL
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- * 3°f]
- fcE E*èLECTRICITE*
- §. CXVIIl.
- Pourquoi Veau J le vafe la barre corl-Jervent leur éleElricité J quoique la per-fonne qui touche le vafe pofe fur le plan cher.
- Mais d’où vient que, pendant l'expérience , l’eau , le vafe & la barre paroif-fent éleftriques, quoique la perfonne qui foûtient le vafe pofe immédiatement fur le plancher ? Et d’où vient encore que le vafe, féparé de la barre, conferve allez long-tems fon éledricité , quoiqu’il communique avec des corps non éieétriques t Ces phénomènes ne font-ils pas oppofés à ceux que j’ai, rapportés fur la communication de l’éledricité de même qu’à l’explication que j’en ai donnée ? J’ai pofé pour principe de «ta théorie que le fluide , agité au-dedans & autour des corps éle&rifés, a une forte tendance à fe .répandre dans les cprps non éledri-ques. Pourquoi l’éle&ricité , communi-, quée à ce vafe , ne paffe-t-elle point fur
- y
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- goG Conjectures sur LA cause le champ dans la main, ou dans les corps non électriques fur lefquels on le pofe ? Cette contradiction apparente mérite d’autant plus d’être éclaircie qu’elle eft la marque diftinCtive entre les phénomènes de la cpmmotion, & ceux de la communication de l’éleétricité*
- §. CXIX.
- On n’a pas oublié qu’on n’éprouve la commotion qu autant que le vafe eft de verre ou de porcelaine 5 qu’à mefure que le vafe augmente d’épailfeur la fecûulTe devient moins fenfible ; & qu’on n’en relTent aucune lorfque le vafe eft fore épais.
- §. cxx.
- Comme le. verre & la porcelaine font des fubftances que le fluide électrique traverfe difficilement , elles empêchent ce fluide de pafifer avec abondance dans la main qui foûtient le vafe ; ce qui fuffic pour conferver à l’eau & à la barre la vertu éleCtrique. Il n’eft donc pas furpre-nant qu’on tire des étincelles de la barre
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- be l’Électricité*. jS'y quoique la main communique au vafe ; que le vafe, retiré de la barre foit encore éleétrique ; & qu’en inclinant le vafe s chaque goutte d’eau qui en tombe pa-roilTe lumineufe.
- §. CXXI.
- L'épaiJJeut du vafe doit être un obfiacle <i la commotion.
- J’ai montré que, moins les corps électriques par eux-mêmes ont d’épaifleur , plus ils font perméables à la matière électrique ; & que cette matière les pénétré très-difficilement lorfque leur épaiffeur eft un peu confidérable. Audi n’éprouve-t-on point de fecoufle quand le vafe eft trop épais ; parce qualors, ne transmettant à la main fur laquelle il pofe aucune portion de la matière éle&rique qu’il contient, le fluide qui de la barre pafl'e dans le doigt n’a à combattre aucun courant de la même matière mû en fens contraire ; au lieu qu’un vafe mince tranfinettra dans le corps une certaine
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- go8 Conjectures sur Ïa cause' quantité de fluide éleétrique j & le fliûr de qui refte condenfé dans l’eau réagira puiffamment fur celui qui eft réfléchi par k choc vers le vafe ; & qui fait effort pour comprimer le fluide qui y eft renfermé. La commotion ne fe fera donc Xentir qu’autant que la matière éleétrique condenfée dans l’eau, & celle que la barre tranfmet immédiatement au corps agiront l’une fur l’autre ; & que le vafe fera cependant de fubftance à ne pas tranfmettre trop aifément fon éleélricité à la main qui le touche. Le phénomène manquera fi le fluide n’eft point ramaffé & condenfé dans le vafe ; & il ne peut l’être dans un vafe de fubftance non électrique. Qu’un vafe de métal, par exemple , y foit employé ; non-feulement on n’éprouvera aucune commotion ; mais on ne tirera pas même une étincelle de la barre tandis que quelqu’un touchera le vafe.
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- §. CXXII.
- Pourquoi les vafes faits de fubjlance fulfu* reufé, réjineufe- &c. ne prodmfeni pas la commotion.
- Si les vafes de matière fuifureufe ou réfineufe ne font pas propres à cette expérience , c’eft que le fluide éleétrique les traverfe beaucoup plus difficilement qu’il ne traverfe le verre. Le défaut d’élafti-cité dans leurs fibres peut auffi leur être cuifible.
- §. CXXIII.
- Ce qui donne un nouveau jour à cette explication, c’eft que l’expérience échouera fi le vafe, au lieu d’eau, eft rempli d’huile ou de foufre pulvérifé. Ces matières , ne recevant point dans leur intérieur le fluide qui émane des corps élec-trifés, & ne devenant par communication que peu électriques, les phénomènes qu’elles produiront ne pourront qu’être femblables à ceux du même vafe rempli d’une eau foiblement éleétrifée.
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- ÿ io Conjectures sur la cause §. CXXIV.
- Examen, de la commotion avec l'eau / bouillante*
- Mais d’où viennent ces éclats de lumière qui remplirent le vafe lorfque l’eau qu’il contient eft bouillante ; 6c fans qu’il foit néceflaire de l’approche de la main pour les exciter ? N’eft-ce point que le fluide é le & tique qui de la barre tend à s’étendre dans l’eau, & qui trouve l’eau, déjà chargée de la matière du feu vivement agitée & faifant effort pour s’échapper de tout côté, que ce fluide , dis-je » augmente la denlité de cette matière fub.» tile dont l’eau abonde déjà -x & y excite > par fon union avec elle, des vibrations plus promptes, d’où naiffent ces efpeces d’éclairs ? Et, s’ils deviennent plus vifs & plus nombreux quand on applique la main au vafe, n’eft-ce point que le fluide éleélrique condenfé dans l’eau, en fe précipitant au travers du verre dans la main,
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- DE t’ÊLECTRlClTE*. 341 ( voy. §. CXLIII. ) rend les émanations éleétriques de la barre dans l’eau plus im-pétueufes & plus abondantes ; & augmente ainfi l’agitation de la matière fub-tile déjà condenfée dans le vafe ? Enfin, fi les phénomènes qui, avec l’eau bouillante accompagnent l’étincelle , font lî fupérieurs à ceux qu’on éprouve avec l’eau froide ; n’eft-ce point encore que les particules ignées & les éleétriques, les unes & les autres fort élaftiques, & dont l’union doit augmenter la force, étant raffemblées dans l’eau , réagilfent plus puiiTamment fur le fluide réfléchi par le choc des deux courans vers le vafe ; & opèrent, en fe rétabliffant, des effets plus fenfibles ? Et ne pourroit-on point fuppofer que ces petits refforts fe multiplient au point de vaincre la réfiftan-ce que les endroits les plus foibles du verre ©ppofent à leur aétion, & de faire éclater le vafe ? Ainfi creve un canon dont l’épaiffeur n’eft pas fuffifante pour réfifter à l’effort de la poudre. Le mor-
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- 5 i2 Conjectures sur la cause ceau orbiculaire du vafe lancé contre lé mur (§. CLXVI. ) étoit peut-être un endroit foible, qui n’a pû réfifter à l’efr fort du fluide comprimé dans le vafe.
- §, cxxv.
- La communication avec le vafe & avec la barre au moyen de corps non électriques pofés indiftiniïement fur toutes fortes de corps j n empêche point la commotion.
- Il paroît d’abord furprenant que la perfonne qui tire l’étincelle» éprouve la commotion, quoiqu’elle pofe fur le plancher ; car il femble que le fluide , qui de la barre pafîe en elle, doit fe répandre dans la chambre. Cette furprife augmentera encore fi l’on confidere qu’il n’eft pas néceffaire au fuccès de l’expérience que la perfonne qui foûtient le vafe foit la même qui tire l’étincelle ; & que tel nombre de perfonnes qu’on voudra l’éprouveront à la fois, de quelque nature que foient les corps fur le I quels: çlles pofent, moyennant qu’elles com-
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- de l’Électricite\ îjï'j muniquent enfemble par l’entremife de corps non éleétriques. Mais cette difficulté s’évanouira fi l’on fe rappelle les expériences qui montrent que la matière éleétrique fe tranfmet aux êtres vivans & aux métaux bien plus promptement & plus fortement qu’aux autres corps. Le torrent du fluide électrique, qui de la barre fe plonge impétueufement par le doigt qu’on en approche, dans le corps de chacune de ces perfonnes & dans les corps non éleétriques intermédiaires , aglffant par conféquent dans toute fà force fur le fluide éleCtrique qui s’écoule du vafe dans la main qui le foûtient, il produit une répercuflïon violente dans chacune des perfonnes qui participent à l’expérience.
- §. CXXVI.
- C’eft par la même raifon que la per-fonne qui tire l’étincelle éprouvera la commotion fi fon autre main touche à l’eau contenue dans un vaifleau où plonge le vafe éJeftriféj ou fi elle cpmmu-
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- § i4 Conjectures sur la causé nique avec ce vaiffeau au moyen de plu» fleurs autres auflï pleins d’eau , & com-muniquans par des filets d’eau ( §. CLXXI. ) Le fluide éleétrique, ayant travèrfé le corps, fe répand dans Peau ; & , parce qu’il pénétré aifément ce fluide , il ne fe diflipe point dans les parois de la chambre ; mais il agit avec force & fur le fluide qui émane du vafe, & fur celui qui y réfide.
- §, CXXVII.
- On ne doit rejfentir aucune commotion fi Von touche le vafe au-deffus du niveau de la furface de l'eau.
- Si l’ou n’éprouve aucune commotion quand on touche le vafe au defliis de la furface de l’eau qu’il renfermec’eft que ce n’eft pas dans toute là capacité du vafe que fe condenfe le fluide électrique qui, de fa barre , palfe dans le vafe, mais dans l’eau que le vafe contient : que ce fluide ne fait effort pour s’échapper, que fur les points du vafe
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- S E i/ÈLECTRICITE*. gtf auxquels l’eau communique immédiate* ment ; & qu’ainfi il ne peut réagir fen-fiblement fur celui qui de la barre paflfe immédiatement dans le doigt, qu’au-tant que la main eft appliquée à cette partie du vafe fur laquelle repofe cette liqueur,
- §. CXXVIII.
- Toute humidité à lafurface externe de ta partie fupérieure du vafe doit aujji faire manquer Vexpérience.
- Quand les parois extérieures de la partie fupérieure du vafe, depuis l’orifice jufqu’à la furface de l’eau, font humides ou chargées de pouiliere ; la per-fonne qui touche le vafe, non-feulement n’éprouve aucune commotion ; mais elle ne peut pas même tirer une étincelle de la barre ; parce qu’alors le fluide électrique s’écoule, par les parois extérieures du vafe, dans la main qui le foûtient.
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- 316 Conjectures sur la causé
- §. CXXIX.
- 'Les fotides non éleftriques produiront une commotion £ autant plus forte que les parcelles dans lefquelles ils feront réduits feront plus fubtiles.
- Si les fluides non électriques donnent une plus forte commotion que lès foli-des non électriques pulvérifés ; c’eft que les fluides, s’appliquant à tous les points de la furface intérieure du vafe plus exactement que les folides pulvérifés, en excluent aufli plus parfaitement l’air. Et , comme le fluide éleétrique fe condenfe beaucoup moins dans l’air que dans l’eau,-l’air contigu à la furface intérieure du. vafe ne fauroit réagir que foiblement fur le fluide qui, de la barre , fe répand dans le corps à l’approche du doigt. Par une raifon femblable, les folides fufceptibles de la plus exaéte pulvérifation, feront ceux qui produiront la commotion la plus forte.
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- SUR
- §. cxxx.
- La -perforine qui foâtient le vafe Cf celle qui tire l'étincelle éprouveront féparément la commotion * Jî elles ne communiquent point par des corps non électriques.
- On a vû, §. CLXXIII., le vafe étant entortillé d\ine chaîne de métal prolongée , que fi une perfonne tient l’extrémité de la chaîne , & qu’un autre four tienne le vafe; toutes deux éprouvent féparément la commotion fuivant que l’une ou Pautre préfente le doigt à la barre. Cette expérience eft très analogue à notre théorie : car les corps par lefquels ces deux perfonnes fe communiquent, ne tranfmettant l’éleélricité que lentement & difficilement ; le fluide, qui de la barre fe répand dans la perfonne qui en approche le doigt, ne doit produire fur Fautre perfonne aucun effet fenfible.
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- 518 Conjectures sür la cause §. CXXXI.
- La corrüiîotion doit être plus foible quand on pofe fur de la poix.
- Si la commotion eft plus foible quand la perfonne qui la veut éprouver pofe fur de la poix $ c’eft qu’alors cette perfonne devient éleârique. Et le fluide éle&rique paflant des corps éleârifés dans ceux qu’on en approche moins abondamment & moins rapidement à proportion du degré d’éledhicité de ces corps, il doit s’écouler de la barre dans la perfonne qui en approche le doigt, une moindre quantité de matière élec-» trique quand cette perfonne, pofant fur de la poix, aura déjà contradté quelque éle&ricité, que lorfqu’elle polera immédiatement fur le plancher : & dans le premier cas, l’a&ion de ce fluide fur celui qui vient du vafe & fur celui qui y rélide doit être moindre, & les effets de la réperculflo.n plus foibles. '
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- î) E l’Ë L E C T R I CI T E*. J I p
- §. CXXXII.
- Obfervcitions fur differentes maniérés de produire la commotion.
- Les autres difpofitions qui m’ont produit la commotion s’expliquent également bien par mon {hypothèfe ; car fi l’expérience dépend de la nature du va-fe, qui doit ne tranfmettre à la perfon-ne qui le foûtient qu’une certaine quantité de fluide élettrique, il eft mani-fefte que, fi l’on pofe un vafe de verre plein d’eau, ou un carreau de verre, fur la barre ; & qu’une perfonne, ayant le doigt d’une main plongé dans l’eau ou appuyé fur le carreau de verre, tire de l’autre main une étincelle de la barre , elle devra éprouver une fe-çouffe.
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- ÿém,
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- Conjectures sur la caüsS
- CHAPITRE VI.
- De quelques effets de tèletiricitè fur4 les Etres animés»
- §. exxxut
- Analogie des végétaux des animaux;
- IL y a des rapports confidérables en* tre les végétaux & les animaux. Les femences ou les œufs qui les produifent, la ftrudure & les fondions de leurs parties, les fucs nourriciers qui les font croître, la diiïipation de leur fubflan-ce caufée par la tranfpiration & que la nourriture répare, font autant de preuves de cette analogie. On ne doit donc pas trouver étrange que l’éledricité, qui accéléré le cours des fluides & le mou-* veinent des fucs des plantes, exerce encore fon a dion fur les êtres animés.
- S
- 5. CXXXIV.
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- t> e l’ê il®ct r ici t S; jai
- §. cxxxiv.
- Des phénomènes que produit la Saignée d'une peifonne élettrifée
- Les effets de l’éleélricité fur le fang qui jaillit de la veine femblent, en particulier , avoir un grand rapport avec ceux du jet d’eau éleétrifé. Car, puif-que les liqueurs qui s’écoulent par un fiphon dont l’orifice eft étroit reçoivent un nouveau mouvement de la matière éleétrique, pourquoi cette même matière n’ajouteroit-elle pas à la viteffe du fang qui fort par une ouverture d’une ligne ou environ de diamètre ? & pourquoi l’approche d’un corps non cle&rique ne produiroit-elle pas dans ce jet de fang les mêmesjeffets que dans les fluides éleétrifés?
- §. cxxxv.
- L’impreflion douloureufe qu’on reffenc dans l’ouverture même de la veine, au moment que quelqu’un préfente le doigt au jet, eft dûe à l’impétuofxté du fang quife précipite vers le doigt. Faifant;
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- 5*2 Conjectures sur la cause effort pour s’écouler avec plus de rapidité & d’abondance, ilpreffe avec plus de force les parois de la veine J il dilate par conféquent fon ouverture, & déchire un peu fes tuniques. De là l’engourdiffc-ment au bras & le tremblement de main qui fuivent la faignée. Et, comme les parties du fang font contiguës’& fepref-fent mutuellement, celles qui touchent l’ouverture de la veine ne fauroient être agitées fans ébranler toute la mafle du fang & les parois élaftiques des vaif-feaux dans lefquels il fe meut. C’eft là,' je crois, la caufe des picotemens que fent, dans tout le corps > la perfonne quon faigne, quand on approche du jet quelque corps non éle&rique.
- §. CXXXVI.
- D’oà vient la fréquence des battement du pouls.
- Mais, outre l’aétion immédiate delà matière éleârique fur le fang, cette même matière ne pénétrerait-elle point les nerfs pour s’y unir avec le fluide ner-
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- bE l’Êeectrïcite’. 51J
- Veux & en augmenter la maffe & la vi-tefle i N’y occafionneroit-elle point quelque effervefcence , pareille à celle que produit le mélange de diverfes liqueurs thymiques > caulée peut-être par l’at-traftion mutuelle des parties des fluides nerveux & éle&rique ? Ne feroit-ce point encore à l’aétion de la matière éleétrique fur le fluide nerveux qu’elle peut déterminer à couler plus rapidement & plus abondamment dans les nerfs moteurs du coeur, iqu’il faut attribuer les contrarions plus fréquentes de ce mufcle.
- §. CXXXVII.
- Comment l'éleSlricité augmente le âegté de chaleur du corps.
- Le mouvement du fang étant augmenté , la chaleur du corps doit deve-i nir plus grande. Ce qui produit la chaleur naturelle du corps c’eft le frottement des parties du fang les unes contre les autres, & contre les parois des yaiffeaux dans lefquels il circule : cas
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- y24 Cônjectures sur la causé dès que ce frottement ceffe , le corps fe met bientôt au degré de températu-re de l’air qui l’environne. Diverfes expériences font voir que les fuides, pouffes avec violence dans des canaux étroits, s’échauffent à proportion qu’on augmente les forces mouvantes ; fur-tout fi ces fluides 8c les canaux où ils fe meuvent font élàftiques. Et comme les arteres ont beaucoup d’élafticité ; & que les globules de fang, ainfi que l’a obfervé Leuvenhoek, en paflant au travers de canaux fort étroits, prennent une figure oblongue redeviennent en? fuite Iphériques ; l’augmentation de mouvement du fang, produite par l’élec--tricité, doit augmenter à un point fenr fible le degré de chaleur du corps. f§. CXXXVIII.
- Des mouvement convuljîfs que caufe U fluide éleElrique.
- Un des effets les plus furprenans de l’éle&ricité, ce font les mouvemens vifs & prompts qu’elle excite dans les muf-
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- de e*Électricité’. 3ej clés & dans les parties folides des êtres animés. On fait que les divers mouve-mens du corps dépendent du jeu des mufcles ; & que l’aétion de tous les mufcles confifte à tirer, en fe raccour-ciffant, les parties folides auxquelles ils font attachés. On fait encore qu’il entre des nerfs dans tous les mufcles ; Sc qu’aprcs s’y être dépouillés des membranes qui les enveloppent, ils fe ré-; pandent librement dans toute la fubftan-ce des mufcles ; en forte qu’on ne fau-roit affigner un feul point où l’on ne rencontre quelque fibre nerveufe. Des expériences très délicates-, entr’autres celles qui ont été faites fur les nerfs diaphragmatiques , rendent très vraiffembla-ble que le gonflement & la contraction des mufcles., aulfi-bien que l’approche mutuelle des os & des tendons auxquels ils font attachés, font produits par les écoulemens d’un fluide très fubtil dans les fibrilles nerveufes creufes & compofées de véfîcules j & que ces peî
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- 5 xC Conjectures sur t a cavsb tites véficules prennent une figure qui approche d’autant plus de la fphérique que le fluide qui les remplit eft plus, abondant. Si donc un mufcle éleétrifé fe gonfle & fe contracte quand on lut préfente un corps non éleétriqne, ne feroit-ce point que la matière de l’élec' tricité, qui le porte conflamment de toutes les parties d’un corps éleétrifé dans celle dont on approche quelque corps non éle&rique, coulant de tontes parts & avec rapidité dans ce mufcle , y entraine une certaine quantité de fluide nerveux, en dilate les membranes véficulaires, & opéré ainfi. fon rac-courciffement.
- §. CXXXfX.
- Si l’approche d’une verge de métal élettrifée occafionne les mêmes mou-vemens dans les mufcles d’une perfonne à laquelle on n’a communiqué aucune éleftricité ; cela ne viendroit-il point de ce que le fluide éleélrique , paflant avec impétuofité & abondance des corps éleç-
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- de l'Électricité. 3*7 trifés dans les corps non éleétriques d’une mafle conlîdérable comme l’expérience décrite au §.CXLIII. le prouve , une grande quantité de fluide électrique s’écoule tout à coup de la verge dans le mufcle dont on l’approche, en pénétré les fibres nerveufes, les gonfle, & rapproche par conféquent les extrémités de ce mufcle.
- §. CXL.
- Les fibres nerveufes fe trouvant raf-femblées en plus grande quantité dans les parties aponeurotiques & tendineu-, fes ; fi l’on leur préfènte le doigt, les mouvemens convulfifs ne devront, ils pas être plus vifs, & les étincelles plus dou-loureufes. Auflï obferve-t-ou que ces parties font fi fenfîbles que la bleffure la plus légère y eft fouvent accompagnée de fymptomes fâcheux.
- §. CXLI.
- De même , h fenfàtion devra être plus vive fi l’on expofe à l’aâion de.
- Xiiij
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- '3 2$ Conjectures sur la cause l’éleâricité les parties où le fens du taél eft le plus exquis ; car dans ces parties, les nerfs , qui vers la furface de la peau fe dépouillent de leurs enveloppes & fe terminent en petites houppes, ne font garantis que par le feul épiderme.
- $. CXLII.
- Les fecoujjes des mufcles doivent en augi menter la force &* l'embonpoint.
- Si des fecouffes vives & frequentes i excitées en quelques mufcles, ont été capables de leur donner de la force 8c de l’embonpoint, ne feroit-ce point que la foibleffe & la maigreur de ces mufcles venoit de ce que les fibres nerveu-fes, n’aidant point par leurs contrarions & dilatations réciproques à pouffer le fang des gros vaiffeaux] dans les plus petits , il en paffçit très peu dans les artères & dans les veines capillaires; & de ce que les cellules huileufes & les vaiffeaux lymphatiques, de la réplétion ffefquels dépend principalement Iama£
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- DE L*É L E C TR ï CIT E*. jip Te des mufcles, étoient privés des fucs que le arteres leur fourniflent dans l’état naturel? Les fécondés vives & prompt tes d’un mufcle ne font-elles pas encore très propres à écarter les tuniques des vaiffeaux affaiffées & colées les unes contre les autres 5 & à rendre à toutes les fibres charnues & aux autres parties folides la force & le ton néceflaire pour que les fucs pénètrent jufqu’aux extrémités des plus petites fibres ; & pour que les parties impures s’exhalent par la tranfpiration î Et ne feroit-ce point par ces raifons que l’on prefcrit dans les paralyfies de fortes fri étions, des emplâtres dont l’acreté picote & aiguillonne, des véficatoires &c. ; & qu’on va même jufqu’à fouetter , avec des orties, les membres paralytiques?
- §. CXLIII.
- Comment ïêUStricité peut dijjiper les
- engelures.
- Et fi les engelures, qui depuis 15.'
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- 330 Conjectures sur la cAvait ans attaquoieut toutes les années la mairi & les doigts paralytiques, n’ont point paru cet hiver malgré la durée & la vivacité du froid ; fi l’enflure des doigts s’eft même diffipée aflez promptement ; ne feroit ce point que le fang & la lymphe , épaifiis & arrêtés dans ces parties éloignées du cœur & privées d’ailleurs de mouvement, ont été atténués, broyés & divifés par les frémiflemens vifs & prompts excités dans toutes les fibres mufculaires & tendineufes des doigts & de la main ; & de ce que ces mêmes frémiflemens, en contribuant à la cirr culation du fang & des autres humeurs ont fait fortir par la tranfpiration les parties qui obftruoient les pores de la peau ?
- §. CXLIV*
- Et diverfes tumeursJ Ces obfervations & d’autres encore me font concevoir quelque efpérance que l’éledricité pourroit aider à dilfiper les
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- ï>n l’Electricitb’. 351 tumeurs que produit une humeur épaiffe & vifqueufe qui s’arrête dans quelques glandes ou dans certains endroits de la peau. Il n’eft pas befoin de dire qu’au même tems que l’on tâcheroit de réfoudre ces tumeurs en y excitant de vives fecouffes, il feroit néceffaire de s’aider des confeils d’un médecin expérimenté qui prefcrivit les remedes propres à corriger les vices du fang & des humeurs, & à prévenir le retour de ces maux.
- §. CXLV.
- Les étincelles éleSlriques doivent raréfier le fang.
- La dilatation des veines dans les parties dont on tire un grand nombre d’étincelles pourroit être encore un indice de l’identité ou du moins de l’union étroi. te de la matière de l’éleétricité avec celle du feu ; puifque l’augmentation du volume des corps eft l’effet le plus univer-fel du feu, & le ligne le plus certain de fa préfence. Ainli, en Eté ou après quelque violent exercice, les veines font plus
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- '3$2 Conjectures sur £a cause enflées qu’à l’ordinaire ; & l’on plonge dans l’eau chaude le pié ou la main dont on veut ouvrir la veine , afin que les vaifleaux fanguins deviennes plus vifibles.'
- §. CXLVI.
- 'D'où viennent les puftules qui s'élèvent fur la peau.
- Si l’on obferve de la différence dans les puftules qui s’élèvent fur la peau de ceux dont on tire des étincelles ; la cau-fe n’en feroit-elle point une lymphe plus ou moins falée & vifqueufe, laquelle, excitée par les frémiffemens des mufcles & par le fluide éleârique qui en fort avec impétuofité, ne s’évapore pas d’abord par la tranfpiration ; mais s’arrête en plus ou moins grande quantité dans les glandes cutanées, & dans leurs vaif-feaux excrétoires ?
- §. CLXVII.
- La commotion peut produire des effets fa-lutaires.
- Et comme la paralyfie eft fouvent produite par l’interruption du cours du flui-
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- DE L’ÈLECTRIClTé. JJJ' 3e nerveux, les fecoufles violentes qu’excite tout-à-coup dans les nerfs la commotion pourroient, en certains cas , dif-fiper les obftacles qui embarraffent le cours de ce fluide, & rendre aux nerfs la liberté de leurs mouvemens. On a plufîeurs exemples de perfonnes qu’une peur foudaine , un accès violent de colère , &c. ont guéri de la paralyfle. * On pourroit examiner fi la commotion , discrètement employée, ne feroit point préférable aux violens irritans, tels que des fternutatoires & de forts vomitifs que Boerhaave** & d’autres médecins conseillent de donner plufieurs fois consécutivement. Ces remedes ne peuvent difliper l’obftru&ion qui gêne le cours des efprits animaux, ni dégager les nerfs qu’autant qu’ils y excitent des tremblemens & des convulfions.
- * On en peut voir divers exemples dans les Oeuvres de Mr. Hoflman, pag. 191. T. 1, edit, de Geneve, fol.
- * * Boerhaave Aphorifm. §. 1068.
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- 334 Conjectures sur la causa §. CXLVIII.
- La chaleur, les frémiffemens, les pi-cotemens qu’on reffent après la commotion dans les membres atteints de para-lyfie fembleroient indiquer l’efficace de cette opération. Car ces phénomènes s’expliquent très-naturellement , fi l’on fuppofe que les nerfs qui aboutiffent aux parties paralytiques ont confervé une efpece d’agitation & d’irritation ; & que la fecouffe violente a porté les différens liquides dans des vaiffeaux où le défaut de jeu dans les mufcles les empêchoit de pénétrer.
- §. C X LIX.
- Enfin, ce qui me feroit bien augurer de la commotion, c’eft que le paralytique fur lequel j’ai opéré n’éprouvoit point d’abord en differentes parties du corps les fecoufies qu’y reffentent les perfonnes faines. Il ne s’appercevoit que d’un coup violent au haut du bras malade. Il eft vraiffemblable que l’a&ion du fluide nerveux } cherchant à rompre les
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- BE L’ÉLECTRÎClTé. JJ* ©bftacles qui gênoient fon cours, s’e* xerçoit principalement fur les nerfs moteurs des organes paralytiques.
- §• CL.
- Elle a pu occajionner la diarrhée.
- Mais à quelle caufe attribuer la diar. rhée occafionnée par la terrible commotion décrite au §. CLXVII. & qui, pendant quelque tems. eft revenue chaque fois que le paralytique étoit expo-fé à la même épreuve ? On conjefture-roit peut-être avec quelque vraiffemblan-ce que l’aâion du fluide éleétrique fur les nerfs , beaucoup plus forte dans cette expérience que dans les autres, avoic irrité les membranes nerveufes des intef-tins ; & y avoit excité des conftriétions fpafmodiques très-propres à leur faire rendre non - feulement les excrémens, mais encore à exprimer , des glandes inteftinales, une grande quantité de lymphe. Et, les membranes nerveufes des jnteftins une fois vivement irritées, ont
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- 53? Conjectures sur là cause pu conferver une difpofition à accélérée leur mouvement périftaltique ?
- §. CLI.
- Dans la commotion J le fluide éleStrique doit opérer fur le corps à l'aide d'un milieu plus prompt que le fang.
- La vitefie avec laquelle le fluide électrique fe répand & agit dans le corps eft prodigieufe. Elle eft telle qu’au moment même où l’étincelle frappe le doigt, un coup violent fe fait fentir en diverfes parties du corps. Cet effet de la commo-; tion ne fauroit être attribué à l’aétion du fluide électrique fur le fang. Il circule avec trop de lenteur pour pouvoir tranf-mettre une aétion fl rapide. Il feroit naturel de penfer qu’elle fe propage à l’aide d’un milieu incomparablement plus prompt.
- §. CLIL
- Ce grand nombre de fecoufTes qu’on, éprouve à la fois annoncerait encore que
- k
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- bB t’Ê tSCTRÏClTE*. 33? la matière de l’éleétricité opéré par le moyen du fluide nerveux dont une par-; tie ne peut être affeétée que tout le refc te ne s’en reffente, & que tout le genre nerveux n’entre, pour ainfi dire, en con-vulfion. Sans cette harmonie des parties nerveufes il ne paroîtroit pas aifé d’expliquer un grand nombre de phénomènes.' 'Ainfi, à proportion de la violence de la commotion , & des relations que les nerfs qui aboutiffent aux parties immédiatement affeétées ont avec d’autres nerfs, & fuivant la nature des mufcles fur lefquels ces nerfs agiflènt, le corps fera agité de différens mouvemens con-vulfifs i & l’économie animale diverfe-ment altérée.
- §. CLIII.
- Comment la commotion tue de foibles ani-i
- Après cela s’étonnera-t-on que l’étincelle foudroyante donne la mort à de foibles animaux* Ion furtout queleflui-
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- 538 Conjectures sur la cAüsH de électrique agit immédiatement fur 1er cerveau, vifcere compofé de vaiflèaux dont les tuniques tendres & délicates ne fauroient réfifter à un mouvement vio-
- Du fang épanché quon trouve dans Us animaux tués par la commotion.
- Si l’on trouve du fang épanché dans le tiflu cellulaire de la peau , dans la poitrine & dans d’autres parties du corps des animaux victimes de cette expérience ; il eft à croire que c’eft une fuite du gonflement fubit & des mouvemens violens des mufcles qui occafionnent, ainfi que dans l’épilepfie & les maladies de ce genre , la dilatation & la rupture de quelques vaiflèaux.
- %. CLV.
- Si Us mauvais effets d’une trop forte commotion doivent en interdire tout ufage. On m’objeCtera peut-être que fi, dans
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- Ï>B l’É L B C t ftïCIT è. îa commotion, la matière éleétrique opéré jufqu’à difliper une obftruétion paralytique , la violente fecoufle des nerfs peut aufli produire dés effets très-dangereux. Mr. Doppelmaier célébré Pro-feffeur de Naremberg en a fait une crif-te expérience. *.L’accident qui lui eft arrivé & qui doit empêcher de s’expofer imprudemment à la commotion forme-roit un préjugé invincible contr’elle , fi l’on ne favoit par expérience que les mêmes caufes , employées différemment ou en différens cas, produifent des effets très-différens. Plus un remede eft prompt & efficace, plus aufli les effets en font dangereux s’il n’eft appliqué convena-, blement, ou diftribué avec modération.' La matière éleéfrique pourroit donner & guérir la paralyfie. Elle pourroit bri-fer les vaiffeaux lymphatiques d’où s’épanche un liquide qui comprime les nerfs : elle pourroit rompre quelqu’un des * Voy. Nouv. Bibl. Germ. T. a. p. a»
- Yij
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- 540 CoNJEC.SUR LÀ CAUSE DE l’ÉlEC»' tuyaux où coule le fluide nerveux i mais auflî elle pourroit ouvrir les pafla-ges qui étoient ferme's à ce même flui-, de. Et d’ailleurs, ce qui feroit un danger pour quelqu’un qui a tout à perdre n’en efl plus un pour celui dont c’eft l’état de tout ofer.
- F I N,
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- TABLE
- DESMATIERES.
- CHAPITRE PREMIER.
- De l’eleâricité, & des corps éleétri-ques par eux-mêmes.
- DDéfinition de ïéleClricité. pag. H Dijférenf genres £éleCtricité. 2 Obfervations fur les Corps électriques par
- Les métaux ne séleClrifent point par le frottement. 7,
- Tous les verres ne font pas également électriques. ibid.
- La chaleur fuffit pour éleCtrifer certains corps. 9
- Une trop grande chaleur diminue la vertu électrique. ibid.
- L'humidité mit à l'éleCtricité. io
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- TABLE CHAPITRE II..
- J41
- Des phénomènes de l’attra&ion & de la répulfion.
- La vertu éle&rique agit fur tous les corps légers. 11
- Sur les fluides. il
- Baromètre élePrique ; maniéré de le con-flruire. 14
- Direction fuivant laquelle les corps légers.
- font attirés &* répoujfés. 16
- Attrapions & répulfions opérées au même inftant. 17
- Phénomènes de la répulfion. Les corps élePrfés fe répouffent. 19
- Ils font attirés par les corps non élePri-fis- 21
- Mouvemens flnguUers de quelques feuilles d'or entre deux foucoupes de métal, ibi. Les corps élePrifès dans le plein 2 confervent leur vertu tranfportés dans le vuide. 2$ Les Baromètres élePriques attirent dans le-vuide comme dans le plein. 2.6
- Maniéré d’élePrifer dans te vuide. 27 L’air condenfé ou raréfié dans un globe en afioiblit la vertu. z$
- Phénomènes des tubes pleins de fable ou de limaille, ïb:d.
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- DES MATIERES. 343 CHAPITRE III.
- -De la lumière que rendent les corps électriques par eux-mêmes.
- Lumière produite par le frottement. 30 L'approche du doigt fait fortir de là lumière des corps éleftrifés. ibid.
- Obfervations fur la lumière que rendent les matières réfineufes, fulphureufes. 3 2 Maniéré de les éleBrifer. 33
- L'humidité ne nuit pas à la lumière des diamans. 34
- Baromètres éleBriques . lumineux* 33*
- Les vafes vuidés a air fe remplirent de lumière. ibid.
- Obfervations fur la lumière de divers corps frottés dans le vuide. 37
- CHAPITRE IV.
- De la lumière des corps éleétrifés par communication.
- Aigrettes de lumière qui paroijfent d'elles-mimes aux angles (dune barre. 40 Phénomènes occafionnés par l'approche du doigt. 41
- Maniéré d'éprouver l'éleBricité des verres. 42
- X iüj
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- 344 TABLE
- Divers phofphores. 4î
- IL fort des êtres animés des étincelles capables d'allumer les matières çombufti-blés. yo
- Préparations nécejfaïres pour allumer di-verfes matières. jj
- Les huiles ne rendent aucunes étincelles à l'approche du doigt. y j
- La matière éleiïrique tend à l'équilibre*
- ibid.
- Examen de l'expérience de Mr. Boçe A connue fous le nom de béatification. y 6 L'expérience rapportée §. XXXI. &c. produit dans l'obfcurité un Phénomène fin-guider. 60
- Obfervations fur la lumière que rendent les corps élettrifés par communication dans, le vuide. 6i,
- Les vafes vuidés d'air fe remplirent de lumière à l'approche d'un corps élettri-/e* 64
- Plus l air Lun vafe efi épüifé exa&ement, &* plus il devient lumineux. 66
- Les vafes vuidés d'air qui renferment un peu de mercure, & les baromètres électriques donnent les mêmes phénome-nes.
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- DES MATIERES. 34* CHAPITRE V.
- Des corps éle&riques par communica-
- Précautions néceffaires pour éle&rifer par communication. 7 y
- Les métaux deviennent très-éle&riques. 77 L'humidité ne nuit point à l'électricité par communication. 78
- Phénomènes des fluides éle&rifés. ibid. L'éle&ricité n augmente point l'élévation des liqueurs dans les tuyaux capillaires. 82 Effets de l'é'.e&ricité Jur les Etres vivant.
- 85
- L'éle&ricité augmente la chaleur du corps.
- 87
- Elle accéléré les tems critiques des femmes.
- ibid.
- Les mufcl es d'oà l'on tire des étincelles font agités de mouvemens convulflfs. ibid. Effets de l'éle&ricité fur les végétaux. 89 Elle hâte les progrès de la végétation, ibid. L'éle&ricité augmente la tranfpiration des plantes. 93
- Prompte végétation de graines appliquées à la furface extérieure d'un vafe éle&ri-
- fé. 94
- L'éle&ricité fe\tranfmet à des diflances pro-digiafes. 95
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- TABLE
- Llle fe meut plus rapidement que le fini ibid.
- Elle fait fonner une efpece de carillon. 96 Elle Je communique à des corps non conti-gus. 98
- La flamme ne détruit point la vertu électrique. 99
- La flamme contraBe la vertu éleBrique.
- La chaleur ne nuit point à l'éleBricité par communication. 104
- Maniéré de rendre fenflble l'éleBricité de la perfonne qui frotte. ibid.
- Obfervations Jur ta lumiei-e que l'approche de la barre fait fortir du globe. 107
- CHAPITRE VI.
- Des corps perméables à la matière éleétrique.
- L'éleBricité fe tranfmet au travers des corps non éleétrique s. 10 9
- La poix arrête le cours de la matière èleBri-que. 111
- Quels font les corps les plus perméables à la matière éleBrique. 112
- Phénomènes des vafes de verre enduits intérieurement de cire d'Efpagnede fou-fr. 117
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- DES MATIERES. 347
- Maniéré £ enduire de foufre un globe de verre. 118
- CHAPITRE VII.
- Examen de l’Expérience nommée la commotion.
- Maniéré de faire Vexpérience de la commotion. 120
- Obfervations fur cette expérience. 121 Le fluide élettrique pajfe au travers des fêlures de la porcelaine les plus imperceptibles. ibid.
- Plus le verre eft mince * plus la commotion efl forte. 122
- La partie du corps qui communique au vafe influe fur l’expérience. 12 $
- L’eau n efl pas la feule fubftance capable de produire la commotion. 114
- Veau gelée produit la commotion. 12$ La commotion ne hâte point la fonte de la glace, 126
- Phénomènes de l'eau chaude employ ée à l'expérience de la commotion. 127
- Effets ino'ùis de l'eau bouillante. ibid. Effet terribles de la commotion fur les animaux. 12-9
- Il n'eft pas néceffaire pour reffentir la commotion de toucher le vafe J ni d'appro-
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- 3 table
- cher le doigt immédiatement de la lar* re. 130
- Difpojition par laquelle la perfonne qui fou-tient le vafe ne rejfent point la commotion. 133
- Les vafes pleins d’eau életlrifée confervent long-tems leur vertu. 134.
- Il pajfe une portion du fluide èleElri-que du vafe dans la main qui le foâ-tient. 135
- Commotion éprouvée quoiqu aucun - corps ne touche le vafe. 137
- Différentes maniérés de produire la commotion. ibid.
- JOURNAL
- De quelques expériences faites fur un Paralytique.
- Etat du paralytique * en particulier de fa main. 143
- Effets de la commotion. 144
- L'avant bras fe trouve livide & deffeché.
- HS
- Mouvemens convulflfs des mufcles dont on tire des étincelles. 145
- Origine de la paralyfle de Noguès. 148 Etat du malade la nuit qui fuivit mes premières opérations, 150
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- DES M°ÀTIËRE$. 549'
- 'Moyen de produire les plus fortes étincelles. ibid.
- On tire des étincelles des mufcles exten-feurs du carpe & des doigts * & du long fiéchijfeur du pouce. 151
- Premiers progrès. 152
- Le bras paralytique reprend du Jentiment.
- ibid.
- Orojfeur de l'avant-bras. 155
- Secoujfes données aux JléchiJfeurs du carpe & des doigts. ibid.
- Premier rapport de Mr. Gûiot. 154 On fe borne aux opérations fur les mufcles propres du pouce à caufe du froid.
- Noguès fléchit la troifieme phalange du pouce. ibid.
- U étend le pouce* & il Vécarte & le rapproche de l'index. I
- Effets de la commotion donnée avec de l'eau chaude. 1J7
- 'Avec de l'eau bouillante. ibid.
- Maniéré d'opérer fans expofer le malade au froid. 1 f 9
- 'Divers mouvemens de la main malade. 160 'Second rapport de Mr. Guiot. ibid. Le malade reffent la commotion de diver-fes parties du corps. 161
- La commotion caufe la diarrhée. ibid. Noguès peut Qterfon chapeau. ibid.
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- sjo TABLE
- Etat des mufcles qui couvrent l'os du Itâsi & commencement d'opération fur ces mufcles. 162
- Le bras prend des chairs * de la couleur & de laforce. 163
- Les étincelles électriques enflent les veines & gonflent les mufcles. 164
- Etincelles douhureufes tirées du condyle interne. 165
- Méthode propre aux démonftratioris de Myo-logie. ' ibid.
- Troijieme rapport de Mr. Guiot. 166 JJélectricité dàjflpe les engelures. îôj Les étincelles électriques font élever des puf tules fur la peau. ibid.
- Mouvemens nouveaux qu acquièrent le bras & la main. 168
- 'Douleur furvenué au mufcle adduCteur 6* aux abaijfeurs du bras. 16$
- Quatrième rapport de Mr. Guiot. 170 Interruption des opérations àcaufedufroid.
- *7*
- Une fufpenflon d'opérations pendant dou^e jours riarrête pas le progrès de la cure
- *7*
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- DES MATIERES, jji CONJECTURES
- SUR LA CAUSE DE l’ÉlECTRICITe’.
- CHAPITRE I.
- Hypothefe lur l’cleébicité. Des corps plus ou moins éle&riques par eux-mêmes. Phénomènes de l’attraétion Sc de la répulfion. p. 174
- Hypothefe. 176
- Caufe de l'attrattion. 178
- Caufe de la répuljion. 179
- Différence entre les ondulations fonores ér celles du fluide éleElrique. 180
- La chaleur 6* le frottement mettent en mouvement le fluide éleElrique. 1S1 La chaleur nuit en certains cas à l’élettri-cité. 18 i
- Pourquoi le frottement rend certains corps plus éleElriques que d’autres. ibid. Pourquoi les corps réflneux font-ils plus éleElriques que d’autres moins denfes &* plus élafliques ? 184
- Caufe de la vertu de la main dans le frottement des tubes ou des globes. 185 Le verre & la porcelaine confervent long-tems leur éleUricité. 186
- Pourquoi l’humidité nuit à l’éleiïricité. 187
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- 5p TABLE Le fluide élePrique n'efi point mu en tout-s billon autour des corps élePtifés. 188 De quelques phénomènes de l'attraction &* de la répulfion. 19*
- Des mouvemens des feuilles d'or entre deux foucoupes. 197
- Obfervations fur les attrapions les ré-pulfîons Jîmultanées. 200
- Le fluide qui produit l'élePricité du verre ejl-il dijlinP de celui qui produit l'électricité dans les corps réfîneux ? 202
- Le verre * dans le vuide* s'élePrife moins fortement que l'ambre. 206
- Des corps élePrifés dans le plein & tranf-portés dans les récipiens dont on épuife l'air. 208
- Des baromètres élePriques. 214
- CHAPITRE II. Conjettures fur les phénomènes des corps électriques par communication.
- Pourquoi certains corps s'élePrifent plus fortement que d'autres par communication*
- 217
- Les matières réfineufes * fulfureufes arrêtent le cours des ondulations élePriques.
- 219
- L’eau s'élePrife aifément par communication. 121
- ïékPriçité
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- DES MaTÏERÈS. $|J
- L'éleElricité fe tranfmet à des diftances prodigieufes. m
- Elle fe meut très-rapidement en tout fens» 223
- Elle fe communique à des corps préfentés à quelque diftance du corps éleEtrifé. 224 Comment la flamme favorife la propaga-
- Par quel moyen l'éleElricité accéléré l'écoulement des liquides. 134
- Explication des effets de VéleElricité fur les végétaux. 23 6
- Pourquoi VéleElricité de la perfonne qui frotte le globe augmente Jî elle pofe fur de la poix, fir quon touche k barre avec quelque corps non éleElrique. 241 ConjeElure Jur le bourdonnement que l'on entend* quand deux perfonnes éieElrifées s'approchent* 244
- Pourquoi k vertu du globe ne s'épuife poinu a+r
- Utilité de Ventomoir décrit au §. CVU. des houppes de fil d'or ou £ argent.'
- 2^6
- CHAPITRE III.
- Examen des expériences fur la perméabilité de la matière éleétrique. 247 La denfité des corps ne peut point être un
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- 5^4 TABLE
- obflacle à leur perméabilité à la ma* tiere éleCtrique. 245)
- Pourquoi le verre & la porcelaine ont plus de peine à tranfmettre Vélectricité . que d'autres matières moins denfes. 2 jO Pourquoi les matières réjineufes arrêtent les ondulations électriques. 251
- Comment le degré de chaleur peut-être le même dans les corps inégalement remplis de matière ignéej 273
- 'Le fluide électrique ne doit agiter des parcelles d’or au travers des difques de bois ou de métal qu autant qu’ils po-fent fur un fupport éleCtrique par lui-même. 254
- Ve l’aCtion du fluide éleCtrique au travers des matières réjineufes & fulfureufes.
- V'où vient que le fluide éleCtrique traverfe des difques defoufre de réflne * quoi-
- qu’ils pofent fur des vafes de bois ou de métal.
- Pourquoi la main * appliquée à un globe enduit intérieurement de cire d’Efpagne, paroît peinte fur la furface intérieure & concave de la cire. 258
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- DES MATIERES. 3;$ CHAPITRE IV.
- Obfervations fur la lumière que rendent les corps éle&riques.
- La matière de la lumière du feu eft un principe fulfureux, fubtil & répandu par tout. 261
- Lefoufre principe différé du- foufre commun.. 263
- Analogie de ta matière de Véleftricité avec celle de la lumière & du feu. ibid. Pourquoi la lumière que donnent les corps élaftiques s'étend au-de là des points frottés, & fubfifte après le frottement:
- 164
- Comment te diamant mouillé peut confer-ver fa lumière , quoiqu'il perde fon électricité. téd
- Pourquoi la première lumière qu ont rendue des boules de verre * frottées dans, levui-de j étoit de couleur de pourpre 271
- J)e la lumière quon excite dans un vafe vuidé d'air en le frottant * 9U en k frappant de la main. 272
- De quelques phénomènes que l'approche d'un corps éleElrifé produit dans desva-fes vuidés d'air... 37 î.
- Zij
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- iS6 TABLE
- D’où proviennent les aigrettes fpontanéesi
- 276
- Pourquoi elles repouffent les corps: légers* 278
- L’approche du doigt ou des métaux doit les produire. ibid.l
- Des rayons de lumière qu’excite Rapproche, du doigt de l’angle de la barre éleCtri-fée. 179
- D’où vient que les aigrettesJpontanées dif-paroijjent ^ jî l’on tire une étincelle de la.
- barre, 282
- Preuve de l’analogie de la matière de la. lumière avec celle de Vélectricité * tirée des étincelles électriques. 283
- Examen des précautions qui aident aux étincelles électriques à allumer les matières combufiibles. 284..
- Du pétillement qui accompagne les étincelles. 2 8 y
- De la douleur que rejfentent & la personne ëleCtrifée* &* celle qui en tire une étincelle. 287
- Pourquoi l’on tire ffes fortes étincelles des êtres animés. 288
- D’où vient qu’on ne tire des corps fulfu-reux &* réjineux qu’une lumière foible & pâle. , 2ÿ4,
- De quelques phénomènes obfervés en tentant l’expérience de la béatification, ibid*
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- DES MATIERES, jj?
- De la lumière que rend un bajjin rempli d'eau au milieu duquel pend une chaîne de métal éleftrifée, 398.
- CHAPITRE V.
- Des Phénomènes de la commotion,
- D'où, procédé la commotion. 302
- Pourquoi l'eau J le vafe * & la barre corn-fervent leur élettricité * quoique la per-fonne qui touche le vafe pofe fur le plancher. }Of
- L'épaiJJeur du vafe doit être un obftacle à la commotion. 307
- Pourquoi les vafes faits de fubjlance fulfu-reufe ^ réfineufe &c. ne produifent pas la commotion. 309
- Examen de la commotion avec l'eau bo allante. 310
- U communication avec le vafe & avec la barre * au moyen de corps non éleSriques pofés indiflinElement fur toutes fortes de corps * n'empêche point la commotion.
- 312
- On ne doit rejfentir aucune commotion ji Von touche le vafe au-deJJ'us du niveau delà furface de Veau. 314 Toute humidité à la furface externe de U
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- ,jS TABLE
- partie fupérieure du- vafe [doit aujjt faire manquer l'expérience. 31J
- Les folides non électriques produiront une commotion £autant plus forte que les parcelles dans lefquelles ils feront réduits feront plus fubtïles. 316
- La perfonne qui foâtient le vafe J & celle qui tire l'étincelle éprouveront féparément la commotion * Ji elles ne communiquent point par des corps non électriques. 317 La commotion doit être plus foible quand on pofe fur de la poix. 318
- Obfervations fur différentes maniérés de produire la commotion, 319
- CHAPITRE VI.
- De quelques effets de l’éledricité fur les Etres animés.
- Analogie des végétaux & des animaux.
- 320
- Des phénomènes que produit la faignée d'une perfonne éleCtrifée 321
- D'où vient la fréquence des battemens du pouls. 322
- Comment l'éleCtricité augmente .le degré de chaleur du corps. 323
- Des mouvemens conyulfifs que caufe le fluide éleCtrique. 32^
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- DES MATIERES. 359
- Les fecoujjes des mufcles doivent en augmenter La force & l'embonpoint. 328 Comment l'éle&ricité peut dijjiperles engelures. 329
- Et diverfes tumeurs. 330
- Les étincelles éleBriques doivent raréfier lefang. Jji
- D'où viennent les pujîules qui s'élèvent fur là peau. 332
- La commotion peut produire des effets fa-lutaires. ibid.
- Elle a pu occafionner la diarrhée. 335 Dans la commotion * le fluide éleâlrique doit opérer fur le corps à l'aide d'un milieu plus prompt que le fang. 336
- Comment la commotion tue de foibles animaux. 337
- Du fang épanché qu'on trouve dans les animaux tués par la commotion. 338 Si les mauvais effets d'une trop forte commotion doivent en interdire tout ufage.
- ibid.
- Fin de la Table*
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- [?«]
- AVIS
- DE L’EDITEUR.
- LE Publicfçavant, & furtout les Médecins , ayant vû avec plaifirs lefuc-cès des expériences de M. Jaliabert fur fon Paralytique, j’ai crû devoir faire écrire à Genève pour en apprendre la fuite ; & la réponfe porte que le Paralytique fe foutient toujours dans le même état, quoique (à mifere Le prive de bien des commodités qui pourroient contribuer à une guérifon radicale. Ayant appris par la même Lettre que M.de Sauvages , ProfelTeur en Médecine à Montpellier, avoit fait des expériences fur d’autres Paralytiques avec plus de fuccès que M. Jaliabert, j’ai engagé M. Bruhier à écrire à ce Doéteur pour en avoir le réfultat. Il a eu cette complaifance, & Aa
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- l'îtflj
- je crois qu’on me fçaura bon gté de foin *e .d fa Lettre qu’il a reçue de Montpellier. Elie paroît très-propre à encouragera faire de nouvelles tentatives, & ' y,aiKUd'rfp*erquel’élearicirépour-ra devenir un remede très-efficace con ‘re des ma,adies b Médecine n’at-“q“°“ qu avec des armes très-impuif-
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- u
- LETTRE
- De M. de Sauvages , Confeiller du Roi* & Profefleur Royal dans l’Univerfité de Médecine de Montpellier, &de la Société Royale des Sciences de la mê-' me Ville,
- A M‘ Bruhier j Uviïeur en Médecine.
- JE fouhaiterois•*Monfieur,avoir quel.
- que obfervatâon importante à vous communiquer au fujet de l’Eleâricité, mais je n’ai eu ni le loilîr ;ni l’occafion d’en faire qui méritent d’être inférées parmi celles de l’illuftre M. Jallabert. Cependant pour fâtisfàire votre curiofité, je vais vous faire part de quelques expériences qui le font faites en partie fous mes yeux.
- Le fieur Rigaudier, Chaudronnier de cette ville , qui a du goût pour la Aaij
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- [i«4l
- Méchanique , & qui a une fort bonne machine éleftrique, ayant lu l’ouvrage de M. Jallabert, engagea un mendiant fep-tuagenaire , nommé Roux , à fe faire éleftrifer. Ce mendiant fut attaqué il y. a quatre ans d’une apoplexie qui, huit jours après dégénéra en hémiplégie. On lui avoit fait à Lyon beaucoup de reme-des pour rétablir le mouvement & le fentiment des parties paralyfées , mais fans aucun fuccès. Les eaux de Balaruc , qu’il prit en lui te, riopèrent pas plus efficacement contre l’hémiplégie ; mais elles produifirent un trcs-mauvais effet pour la poitrine du malade , lequel revint des eaux avec une toux continuelle, une fièvre lente, des fueurs noéturnes abondantes, quelquefois froides ; accidens qui, joints à une maigreur exceffiye , me firent ju-; ger dès le premier jour que je le vis ; qu’il étoit dans le dernier dégré d’une phthifîe, dont les progrès ne furent pas peu accélérés par les eaux de Balaruc.
- Ce pauvre homme , avant que d’ctre
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- ekûriféjavoitle bras gauche pendant, entièrement incapable de mouvement volontaire , & tellement atrophié qu’il n’avoit que fix pouces fix lignes de circonférence audeflous du coude, froid comme glace , & livide en fon extrémité inférieure pendant une quiuzaine de jours que le thermomètre fe trouva aux environs de la eongellation. Le fentiment de ce bras n’étoit pas en meilleur état que le mouvement , puifque quand on voulut le réchauffer au moins d’un rechaud avant que de l’éleélrifer , un Chirurgien fit apper-cevoir au malade , qui n’en fentoit rien, que fon doigt annulaire fe brûloit. Les doigts du malade, comme il arrive à tous ceux qui font attaqués d’une paralyfie ancienne , étoient fléchis, & tellement roides qu’on, ne pouvoit les étendre ea aucune maniéré , ni leur faire changer de fituation. Quant à la langue elle étoit tellement affeélée, que la femme du malade ne pouvoit diflinguer les fons rauques qu’il avoit deflein de former. Il traînoit
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- la jambe gauche en marchant, le 'pied! tourné en-dedans, & il lui étoit impo.flt-ble de la lever.
- Tel écoic l’état du malade , lorfqu© le fleur Rigaudier entrepris de l’élec-trifer en préfençe de deux Chirurgiens., & de beaucoup d’autres perfonnes, de qui je tiens 1$ détail précédent. Le premier jour, le malade ne fentit aucun effet de remede ; mais le fécond il commença à fentir les picottement des étincelles. A la troifîéme opération, quelques doigts parurent plus fléxibles. Alors on lui donna une commotion légère, 8c partagée avec deux perfonnes. La nuit fuivante il eut des picottemens à l’épaule gauche ; il ne put dormir, & il fe trouva en état de porrer l’avant-bras en-devant, Sc même de le fléchir un peu fur le bras. Le cinquième jour il articula de maniéré à fe faire entendre plus aifément , & il leva fa main jufqu’au nombril ; ce qui lui caufa une furprife fi agréable, que fès yeux fe remplirent de larmes, & que fa
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- femme Te mit à crier miracle.
- M. le Nain, notre Intendant, à qui il Réchappe rien de ce qui a rapport au bien public , & au foulagement des malades inftruit de ce qui fe paffoit par des per-fonnes refpeélables qui en avoient été témoins, me fit l’honneur de m’engager à fuivre cette cure. Je fus donc prêtent à la feptiéme éleétrifation , & trouvai le malade dans l’état que je viens de décrire. Je mefurai le bras , & vis que fa circonférence avoit augmenté de trois lignes; que les doigts étoient plus fléxibles, & leur couleur plus naturelle ; que le bras fe remplilïoit de chairs ; & que la parole devenoit aflez libre pour ne point perdre un mot de ce que le malade difoit, bien qu’il eût la voix çaflee. Je le vis éleétri-fer encore deux fois s mais comme pendant ce tems il ne vivoit que des aumônes que fa femme ramafloit, la mauvaife nourriture qu’il prenoit lui avoit tellement dérangé l’eftomaç , augmenté la fièvre , & rendu la langue fi chargée, A a iij
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- t3«83
- que le fieur Rigaudier jugea à propos de le purger, Sc de le biffer repofer.On reprit enfuite l’éle&rifation ; mais le malade fe trouva plus foible qu’auparavant ; Tes mau-vaifes digeftions avoientauffi augmenté les fucurs no&urnes , & latoux étoit plus violente à caufe de l’air auquel il. s’ex-pofoit apres l’opération , furtout avec des habits trop légers pour fe garantir de fes imprelïïons.
- Ayant remarqué que fa toux augmen-toit confidérablement au bour d’une de-mi-heure d’éle&rifation, Sc qu’il fuoit plus abondamment qu’aucun de ceux que j’a-vois vû éle&rifer, je vis clairement que l’opération fatiguoit fa poitrine déjà ulce-ree, Sc, quoiqu’il me foutint qu’il n’en étoit pas plus incommodé qu’avant l’élec-trifation, je lui confeillai de l’interrompre , Sc d’aller à l’Hôtel-Dieu ou chez lui fe repofer, de prendre du lait, & de négliger pendant quelque tems fa paralyfie pour fonger à fa poitrine dont les befoins étoient preffans.
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- Ce ne fut pas fans peine que Je le déterminai à fufpendre des opérations qui avoient produit un effet furprenant ; car le bras & la jambe étoient dans un état bien différent du paffé. Roux étendoit entièrement tous les doigts , & ferroit même affez fortement ; il porroit la main à la bouche ; il fentoit le plus léger attouchement ; il parloit difîinélement ; il le foutenoit fur la jambe, fans s’appuyer ni fur l’épaule de fa femme ni fur un bâton, comme il faifoit auparavant ; il frap-; poit fortement du pied contre la terre, & même il montoit feul les efcaliers.j • Dès que je commençai à le voir, j’engageai le fieur Rigaudier à ne lui plus donner de commotion. J’avois remarqué que la nuit fui vante le malade avoit été fatigué de maux de reins, d’infomnie, & de picottemens plus vifs au bras, & à l’épaule; ce qui ne lui étoit point arrivé lorfqu’on s’étoit contenté de l’éle&rifer Amplement,' & de lui rirer des étincelles des parties malades pendant trois quarts d’heure ou
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- 1)7»]
- une heure. Cependant cette opération même étoit fatigante pour lui; & fouvent il falloit à la fin lui donner quelque con-fortatif. M. le Nain eut la charité de fournir des aumônes très-abondantes pour ce pauvre homme peu de tems avant qu’on interrompit l’éleârifation, & il en profita depuis le 15" Oélobre jufqu’au 17 Novembre , continuant toujours de fe fervir avec la même force des membres para-lyfés.
- Pendant ce tems il prit du lait, malgré l’ufage duquel il fut attaqué d’une fièvre vive accompagnée d’une grande difficulté de refpirer, laquelle obligea de lui tirer du fang , & de le purger avec la manne, La caufe de ce redoublement de fièvre étoit la fuppuration qui s’établifloit dans fes poumons. Aulfi commença-t-il à cracher , ce donc je ne m’étois point apper-çû jufqu’alors. J’examinai les crachats; ils étoient purulens & mêlés de quelques filets “de fang. Cependant le malade fe levoit tous les jours, & marchoit tout feu!
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- [37']
- Hans fa chambre. Il efl à remarquer que des douleurs, qu’il fentoit pendant la nuit à la jambe paralytique , cédèrent à l’ufage du firop de pavot pris tous les jours en fe couchant, & à l’application fur la partie de l’huile de pieds de moutons.
- Le malade étant en cet état, & fans aucune efpérance, malgré les effets fur-prenans que Meétricité avoit produits pour la cure de la paralyfie , qu’il fut poffible de retarder la mort imminente vers laquelle une phthifie confirmée l’en-traînoit, je lui rendis plus rarement des vifites ; & je fus fort furpris d’apprendre fa mort un matin. Car, quoiqu’il eût des fueurs froides, une toux feche, & une fièvre lente, comme avant qu’on commençât à l’éleétrifer } il n’avoit point alfez d’op-prelfion pour croire fa fin fi prochaine il n’avoit point de diarrhée, & n’avoit eu d’enflure qu’à un pied, & même que pendant deux ou trois jours. En un mot il fut fuffoqué fubitement, fans oppref-
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- rn*i
- fion j & ne fe plaignant que d’un mal de cœur, après s’être promené dans fa chambre pendant la journée , & l’avoir paffée allez tranquillement.
- Je n’eus pas plutôt appris la mort de Roux, que je me tranfportai chez lui avec M. Méjan Maître Chirurgien ; lequel ouvrit la poitrine, ofi nous trouvâmes les poumons, furtout du côté gauche , entièrement durs, fquirrheux , & noirâtres. Les ayant découpés il en fortit de la ma.-tiere purulente.
- f Je remarquerai avant depaffer à d’autres obfer varions que ce fut à l'occalion de Roux qu’il me vint dans l’idée d’examiner quel changement l’éle&rifation pou-voit produire dans le pouls. Je fis l’expérience fur fept perfonnes différentes s & trouvai un changement notable, non-feulement dans l’élévation , mais dans la fréquence. Cependant comme nous n’avons pas de mefure certaine pour carac-térifer les dégrés. d’élévation, je me bornerai à vous parler de la différence dans
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- la vîteffe. J’ai obfervé que le pouls de^ vient plus fréquent d’unfixiéme,ou même d’un cinquième. L’éleélrifation caufedonc une fièvre paflagere ; ce qui eft fort naturel. Car eft-il vraiffcmblable qu’un torrent de matière éleétrique traverfe continuellement le corps avec une vîtefle infiniment plus grande que celle d’unbou" let de canon fans imprimer une partie de fon mouvement au fluide nerveux qui Ce porte au cœur& fans donner au fang plus de fluidité ? Paflons à une autre ob-fervation.
- Le 20 Décembre je fis choix de deux paralytiques, l’un fort vieux, l’autre encore jeune, pour eflayer fur eux l’effet de l’éleétricité. Je commencerai par vous entretenir du plus jeune, nommé Antoi-; toine Picard, du quartier de cette ville nommé la Valfere. Il eft âgé de dix-fept ans, & l’on s’apperçut dès l’âge de deux ans, lorfqu’il commençoit à marcher , qu’il étoit paralytique. Vous jugez bien , Monfieur, que je n’efpere pas la guéri- ..
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- r 374 i
- fon d’une maladie de cette efpece. Voici en effet l’état où il Te trouvoit, peut-être dès fa naiflànce, lorfqu’on a commencé à Féleârifer. Il avoit le côté droit entie-rement paralytique, le genou droit plié, & ankylofé * fur lequel il fe foutenoit très-foiblement i le bras droit foible, la main entièrement enflée par des engelures , les doigts crochus, & fur-tout l’annulaire & l’auriculaire inébranlablement fléchis dans la main , & la langue embarraffée de maniéré à ne parler qu’en beguayant»
- 11 fut éleélrifé quinze fois prefque confécutives,environ une demi-heure chaque jour> fe tenant debout fur un marche* pied loutenu par des cordons de foie,& tenant de la main gauche la verge ou chaîne de fer qui conduifoit l’éleélricité d’une chambre voifine à celle où il étoit. De tems en tems on lui tiroit des étincelles du bras, des mains, & fur-tout du derrière de l’oreille, avec une baguette de fer dont le bout étoit gros & arrondi»
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- t MS)
- rÀu bout de la demi-heure le malade devenoit moitte , & le pouls plus fréquent d’un fîxiéme, puifqu’il battoit 84-fois par minute au lieu de 72, qui étoic l’état naturel: Nous remarquerons que toutes les fois qu’on tiroit des étincelles -du mufcle fternomaftoïdien , la tête tour-noit fubitement de droite à gauche, ce qui nous confirme dans l’idée que nous avions du véritable ufage de ce mufcle.
- Pour abréger j’ai été viliter aujourd’hui ce jeune homme, & j’ai fçu 1 qu’à caufe de l’humidité il n’avoit été éle&rifé que dix-fept fois jufqu’au 2 y Janv’er; aQu’il avoit fenti pendant les premières nuits bien des picottemens au bras malade, & que fa mere étoit obligée de les recouvrir fouvent à caufe des mauve-' mens involontaires qui les lui faifoient tirer du lit; 3°. Que depuis le 24. Décembre il falivoit très-abondamment, furtout durant la nuit, ce qui étoit auflx arrivé pendant chaque éledrifation, comme je Pavois remarqué. Voici maintenant l’état a&uel du malade.
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- [37*3
- Sa langue ne s’eft point déliée ; la jambe n’eft pas plus libre ; mais les doigts de la main ont repris de la force & de la flexibilité ; le malade s’en fert comme il veut, leve de gros poids, & ce mifé râble qui n’avoit encore pu s’en fervir pour ôter fon chapeau, en fait actuellement ufage pour gagner fa vie.
- L’éledrifation a produit un effet fubit fur les engelures. Car dès le fécond jour elles furent diflipées. Ceft ce que M. Jal-labert a auffi remarqué.
- Je ferai fort court fur le compte du troifiéme Paralytique, nommé S.Jean, vieillard feptuagenaire, incurable de l’Hôpital Général. Sa maladie, qui affede la ipoitié du corps, a vingt-deux ans de datte. On commença , comme je l’ai déjà dit, à l’éledrifer le 20 Décembre. 11 a en .tout efluyé environ quinze éledrifa-tions, fans prendre aucune précaution, pas même de couvrir fa main pour la garantir du froid de la faifon. Dès le 22 il fentit pendant la nuit fa main Rouvrir ,&
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- ïe porter jufqu’à fon vifage. H fua beaucoup. Peu de jours après fon bras, qui ètoit froid & pendant, fe porta en-devant ; enfùite il l’éleva jufqu’au nombril ; aduellement il l’éleve julqu’à la hauteur des mammellcs > & le pouffe fort avant fous le bras droit. Ses doigts iont devenus un peu flexibles, & même s’ouvrent quelquefois entièrement pendant la nuit. Il a du fentiment au bras & à la main -, lui qui en avoit fi peu aupara-van qu’on lui avoit coufu la peau avec fa manche de chemife (ans qu’il s’en fût apperçu. Il y a apparence que fa jam-. be s’efl: fortifiée ; mais c’efi ce que je n’ai pû vérifier exactement. Quant au bras, après douze éledrifations il n’avoit point encore acquis plus de diamètre : nous attendons untemsplusfavorablepour pouffer plus loin une cure aufiï inefperée que celle-là.
- Quelques perfonnes de conlîdération, inftruites de ces faits, n’attendent qu’un teras fec pour fe faire éle&rifer, & nous
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- faifons conftruire une machine portative pour être tranfportée chez plulîeurs malades que la paralyfie retient au lit. Nous efperons avec quelque railon que l’élec-trifation3 aidée de remedes intérieurs & extérieurs, pourra faire fur des fujetsplus jeunes , mieux nourris , & mieux con-ffitués, des effets bien plus avantageux que fur les trois pauvres donc je viens de vous entretenir. Je me ferai un vrai plaifîr de vous faire part de ces évene-mens.
- M. Jallabert m’ayant écrit qu’il avoit vû de bons effets de l’éleéfricité fur des tumeurs écroueileufes , j’entreprendrai quelques enfans de l’Hôpital Général, dont je fuis Médecin. Quant aux enflures' cedemateufes des jambes , nous en avons vu guérir par ce moyen : c’efl ce qui eff arrivé au pere du fieur Rigaudier, qui ne s’y attendoit pas. Nous avons aufïï l’expérience que l’éleélricité accéléré la fup-puration. Un de nos étudians en Méde-
- cine
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- cine s’ôtant fait tirer quelques étincelles d’un bouton rouge qu’il avoit à la main, vit le bouton s’enfler fenfiblement, & fe difpofer évidemment à une prompte fup-puration.
- Je fuis avec une parfaite confîdération, Monfieur,
- Votre très-humble & très-obéi fiant ferviteur, De Sauvages.
- A Montpellier le »$. Janvier 1749.
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