- Accueil
- > Catalogue général
- > Rouget de Lisle, Thomas-Amédée (1807-1887) - Note sur l'origine et les procédés propres à ...
Note sur l'origine et les procédés propres à teindre, rayer et ombrer les étoffes
-
-
- NOTE
- /
- suit
- l'origine et les procédés propres a teindre,
- RAYER ET OMBRER LES ÉTOFFES,
- PAR
- ROUGET DE LI8LE,
- INGÉNIEUR-MANUFACTURIER.
- Les étoffes rayées et ombrées par la teinture sont en ce moment un sujet de discorde. Plusieurs personnes se disputent l’honneur de les avoir inventées et le droit exclusif de les exploiter.
- Cette prétention exagérée a donné lieu à plusieurs procès en contrefaçons, qui sont aujourd’hui pendant devant les tribunaux correctionnels.
- C’est donc rendre un service utile et nécessaire aux inventeurs-plaideurs, et aux magistrats eux-mêmes que de leur faire connaître les noms des personnes qui se sont occupées depuis longtemps de ce genre de teinture, et qui l’ont abandonné, après l’avoir exploité pendant un certain temps avec beaucoup de succès et de profit.
- Disons, cependant, pour éviter toute erreur et tout embarras que le
- I
- Page de titre 1x1 - vue 1/91
-
-
-
- — 2 —
- mode de teinture employé alors était purement manuel, et que la méthode actuelle d’opérer, à l’aide de moyens moitié mécaniques et moitié chimiques, peut être considérée comme une invention ou une découverte nouvelle.
- Mais, pour arriver à tirer un sens clair et précis de ce que chacun a voulu produire et inventer, il faut encore commenter et interpréter les principes chimiques et mécaniques à l’aide desquels les résultats industriels sont poursuivis. Cette étude nous parait indispensable pour prouver que les machines, procédés et systèmes, soi-disant nouveaux, se rattachent à quelque chose d’antérieur; qu’il n’y a réellement que le nouveau mode de réunir et d'agencer les organes mécaniques qui peut être considéré comme une invention brevetable.
- Au résumé, pour mettre un peu de clarté dans la question de priorité de l’invention des rayures ombrées, nous allons essayer de faire une analyse abrégée de cet art nouveau, et nous tâcherons d’être justes envers tout le monde, en ee qui concerne les perfectionnements apportés.
- Arrêtons-nous d’abord au point plus obscur et non moins intéressant que les autres, cherchons l’origine traditionnelle des rayures proprement dites.
- C’est de l’histoire présumée des rayures unies et tissées, plus anciennes, que nous allons nous occuper avant de pénétrer plus avant ; elle est l’introduction naturelle à toute l’histoire des rayures imprimées ou teintes qui sont nées longtemps après. Puis nous essayerons de faire le résumé succinct, mais vrai, des procédés matériels ou genres de teinture et d’impression à Paide desquels on les a obtenues plus tard. D’ailleurs, il nous reste des descriptions exactes de ces procédés, et nous les empruntons aux ouvrages publiés, ainsi que les dessins des appareils qui viennent à l’appui de notre raisonnement et ne laissent aucun doute sur l’existence déjà ancienne de l’art de
- p.1x2 - vue 2/91
-
-
-
- — 3 —
- teindre ou d’imprimer mécaniquement les rayures unies, soit sur les étoffes de coton, soit sur les étoffes de laine et de soie.
- Ensuite, nous décrirons les procédés ou systèmes déjà publiés, et ceux actuellement brevetés pour imprimer ou teindre mécaniquement, rayer et ombrer les étoffes.
- Enfin, nous examinerons, dans un chapitre spécial et séparé, les analogies et les différences que peuvent présenter ces divers systèmes, et s’ils ne renferment pas des organes déjà connus et employés séparément. Nous examinerons en môme temps les prétentions des fabricants, fort habiles d’ailleurs, qui ont pris, il y a un an seulement, des brevets d’invention pour des machines ou appareils propres à teindre mécaniquement, rayer et ombrer les étoffes de toutes espèces.
- Nous examinerons, disons-nous, les prétentions exagérées et mal fondées de ces inventeurs qui réclament l’exploitation privilégiée de la teinture ombrée sur les étoffes en pièce, quand même elle serait faite au moyen d'un mécanisme tout différent du leur.
- Dès lors nous adoptons, dans notre travail, un ordre suivant lequel il paraît probable et même certain que les inventions ont eu lieu :
- 4° Origine des rayures unies et tissées;
- 2° Origine des rayures teintes ou imprimées à froid ;
- 5° Invention des rayures imprimées et teintes par un procédé mécanique ;
- 4° Origine des rayures ombrées au moyen des fils de la chaîne, convenablement dégradés et juxta-posés ;
- 5° Invention de la teinture des soies ombrées ;
- 6° Invention des rayures obtenues par le trempage manuel et graduel du tissu, préalablement plié dans le bain de teinture;
- 7° Invention des rayures unies ou fondues et imprimées mécaniquement ;
- 8° Invention de la teinture ombrée au moyen d’une machine,
- p.1x3 - vue 3/91
-
-
-
- — 4 —
- c’est-à-dire par l’immersion d’une partie seulement du tissu dans le La in de teinture et par un système d’enroulement du tissu sur des cylindres d’appel, système qui facilite et régularise le travail ;
- 9° Invention ou application de nouveaux organes mécaniques pour teindre, rayer et ombrer les étoffes par un système de molettes convenablement espacées et pressant sur l’étoffe qui reçoit la couleur, fournie par des molettes placées au-dessus.
- Cette dernière invention est celle pour laquelle MM. Jourdan, de Cambrai, ont pris un brevet d’invention, le 8 novembre 4844 ; et ils réclament l’exploitation privilégiée, tout à la fois de l’idée elle-même, qui consiste à obtenir les rayures ombrées par Vimpression à chaud, c’est-à-dire par la pression partielle et continue des molettes sur Vétoffe, et de tous les organes à l’aide desquels cette idée est mise en pratique.
- Ils prétendent même au droit d’interdire toute application de l’enroulement de l’étoffe sur des cylindres d’appel, qui sont déjà employés dans divers appareils de teinture, et principalement dans les machines à teindre les étoffes en ombré de MM. Barallon, Forissier et Giraud, qui ont pris eux-mêmes des brevets d’invention non expirés.
- Nous résumerons plus tard les faits et les discussions judiciaires auxquels la propriété elle-même de cette machine a donné lieu; nous reproduirons un rapport d’experts, dressé en vertu d’un jugement du Tribunal correctionnel de Saint-Étienne, en date du 14 décembre \ 844.
- 11 résulte de ce rapport que les cylindres d’appel ou d’enroulement sont essentiellement du domaine public et employés d’ailleurs en teinture, et parM. Giraud lui-même dans sa machine à teindre les rubans en uni, pour laquelle il a pris un brevet d’invention en J 822, et un certificat d’addition en 1855. (Voir planche II, fig. 2 et 5.)
- Disons donc que, quant à l’emploi des cylindres d’appel ou d’enroulement, les prétentions de MM. Jourdan sont sinon ab-
- p.1x4 - vue 4/91
-
-
-
- — O —
- surdes, au moins mal fondées. Nous ajouterons aussi avec non moins d’empressement et de sincérité, quant à l’ensemble des organes qui composent leur machine, c’est-à-dire à l’emploi des molettes supérieures et inférieures entre lesquelles passe l’étoffe, qu’ils ont réuni clans cette machine les meilleurs éléments déjà existants pour imprimer par teinture à chaud, rayer et ombrer partiellement les étoffes de laine; que celte machine toutefois, ne leur donne pas le droit d’interdire Inapplication de la bassine, des cylindres d’enroulement ou de tout autre mécanisme différent du leur, pour produire et teindre des rayures ombrées.
- Le droit est établi, d’ailleurs, par un arrêt de la Cour royale de Douai, en date du 50 mars 4846, auquel nous empruntons le considérant suivant, qui vient à l’appui de notre opinion :
- « Que sans doute on ne peut dénier à Descat le droit de produire, « par un système d’impression ou tout autre, des étoffes ombrées et « rayées, à l’aide des machines Zuber, Giraud, Kœchlin, Thomas,
- « Godefroy, ou par toute autre combinaison des agencements qui « composent cette machine ; mais qu’on ne peut lui reconnaître celui « de teindre les étoffes par la pression partielle et continue qui contt slitue le système de Jourdan. »
- Voilà donc le droit établi, et cependant M. Jourdan poursuit encore M. Descat^ comme contrefacteur pour l’emploi des moyens faisant l’objet des brevets de Zuber, Godefroy, Giraud, etc.
- MM. les magistrats, appelés à statuer sur cette action en contrefaçon, nous permettront, sans doute, de leur faire connaître, d’abord, l’histoire des rayures, avant même de citer les faits du procès et de discuter les questions de la contrefaçon.
- p.1x5 - vue 5/91
-
-
-
- Origine des étoffes rayées et tissées.
- On lit dans la Genèse (cbap. XXXVIII, versets 5, 25 et 52), que Jacob tissa à son fils une robe rayée et bigarrée de plusieurs couleurs. Virgile parle aussi des étoffes tissées et rayées de diverses couleurs (Enéide, liv. VIII, verset 680). Cela suffit pour démontrer rigoureusement que les étoffes rayées et tissées étaient déjà connues dans l’antiquité ; et nous ajouterons même qu’elles sont encore généralement, pour ne pas dire inclusivement, en usage aujourd’hui chez certains peuples orientaux, principalement dans la Perse, dans l’Arménie et chez les Chinois, qui ont imaginé, depuis un temps immémorial, la fabrication des étoffes de soie avec des rayures ombrées par le tissage, c’est-à-dire par l’assemblage des fils de chaîne uniformément dégradés et juxta-posés.
- Nous ne poursuivrons donc pas plus loin le fruit de nos investigations.
- II,
- Origine des étoffes rayées par la teinture à froid.
- Les anciens n’ignoraient pas, sans doute, l’art de teindre les étoffes avec des rayures de plusieurs couleurs ; nous rapportons ici la traduction d’un passage de riine, qui ne laisse aucun doute à cet égard.
- « En Egypte, dit-il, on peint jusqu’aux habillements, par un pro-
- p.1x6 - vue 6/91
-
-
-
- 7
- « cédé merveilleux; pour cela on emploie un tissu blanc sur lequel « on applique, non point des couleurs, mais des substances sur les— « quelles mordent les couleurs. Les traits ainsi formés sur le tissu ne « se voient pas ; mais quand on le plonge dans la chaudière de tein-f< ture bouillante, on le retire au bout d’un instant chargé de « dessins; et, ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que, quoique la « chaudière ne contienne qu’une seule matière colorante, le tissu « prend des nuances diverses; la teinte variant selon la nature de la « substance qui s’imprègne de couleurs. Ces couleurs ne peuvent « s’effacer par l’eau. 11 est clair que si le tissu était chargé de dessins « coloriés, toutes les couleurs seraient brouillées quand on le retire-« rait. Ici toutes les couleurs se font par une seule immersion, et il « y a en même temps coction et teinture. Le tissu, modifié par cette « opération, est plus solide que s’il ne le subissait pas (Pline, lift vre XXXV, chap. 6f, du tome XX; édit. dePanckoucke 4 833). »
- On peut donc conclure de ce passage de Pline, ainsi que des témoignages de Strabon ( livre XV de India J, et de Hérodote (livre Ier), que les peuples de l’antiquité ont connu le secret de teindre des dessins sur les étoffes, et, par conséquent, des rayures unies de plusieurs couleurs qui sont d'une exécution plus simple et plus facile : nous ignorons, cependant, les mordants et teintures qu’ils employaient, et nous sommes réduits, pour les connaître, ou plutôt pour les présumer, à faire des conjectures, des suppositions pour le moins fort douteuses.
- C’est en 4742 seulement, que le R. P. Cœrdoux a fait connaître les procédés employés, dit-il, depuis longtemps par les Indiens, pour faire des rayures en bleu avec l’indigo préparé (voir tome XXVI, page 472, des Lettres édifiantes, édit, in-42, de 4742). Ces procédés sont encore aujourd’hui, à peu de choses près, ce qu’ils étaient alors ; on peuts’en assurer, du reste, en comparant les descriptions données parles auteurs
- p.1x7 - vue 7/91
-
-
-
- — 8
- modernes avec celles déjà publiées dans le Dictionnaire encyclopédique, édit, de 4 765 (article Toile imprimée), et dans Y Encyclopédie pratique, parle chevalier W..., édit, de 4772 (même article).
- Voici la manière actuelle d’opérer : les montchys (coloristes en toiles) tracent des raies ou réserves avec une espèce de tire-ligne en jonc, garni à l’extrémité d’une petite éponge, d’un tampon en drap, ou de poils rudes, qu’ils imbibent de cire chaude, et qu’ils pressent légèrement et à mesure du besoin. Quelques-uns enduisent ou plaquent toute la pièce de cire, puis ils enlèvent la cire avec un poinçon de bois dans les endroits qui doivent être teints en bleu ; ils donnent ensuite la pièce, ainsi préparée, à un teinturier particulier qui la teint à froid, après l’avoir pliée en double et accrochée sur un cadre ou châssis circulaire.
- g III.
- Invention des rayures imprimées et teintes par nn procédé mécanique ;
- par Jeffreys.
- En 4794, Jeffreys, teinturier en écarlate à Londres, prit une patente pour une manière plus expéditive de teindre les étoffes de laine et autres, avec des lignes droites ou ondulées (bleues et blanches); il imagina d’appliquer sur l’étoffe une réserve ou composition grasse et chaude, à l’aide d’un appareil entièrement nouveau et original.
- L’appareil de Jeffreys se compose d’une bassine en métal qui contient la réserve, composée de parties égales de terre de pipe et de suif chauffé jusqu’à l’ébullition.
- On place cette bassine sur l’étoffe qui est posée, et bien'tendue, sur une table horizontale recouverte de plusieurs draps et de parche-
- min.
- p.1x8 - vue 8/91
-
-
-
- 9 —
- L’étoffe reçoit ainsi la réserve, convenablement chauffée, qui s’écoule par des ouvertures longitudinales pratiquées à jour sur le fond de la bassine.
- La largeur des orifices est variable à volonté, selon l’écartement que l’on veut avoir entre les rayures bleues.
- Pour régulariser le travail, dit M. O’Reilly, qui rapporte ce procédé, on enroule d'abord l’étoffe sur un cylindre ajusté sur les deux montants
- qui servent à soutenir la table.. et, avant de placer la boîte remplie de la
- composition, on accroche l’extrémité de la pièce d’étoffe à un morceau de bois auquel est attaché une corde. L’atelier doit être de la longueur d’une pièce. Cette corde s’enroule sur le tambour placé à l’extrémité de Vatelier en tournant la manivelle avec plus ou moins de vitesse; on détermine la rapidité du mouvement qu’on veut donner aux draps en les faisant passer sous le fond de la bassine contenant la composition.
- Il ajoute : dans la teinture des étoffes de laine imprimées de cette ma-nière, il faut avoir le plus grand soin que leur surface ne vienne point en contact dans le bain ; on empêche cet attouchement au moyen d’un cadre qui se place sur les bords de la chaudière.
- Invention du cadre circulaire pour teindre les rayures unies, 1 par «ïefFreys en 1791.
- Les tringles du cadre sont munies de crochets auxquels on accroche une des lisières de la pièce ; à l’autre lisière, on suspend des poids de plomb pour maintenir les plis dans leur position perpendiculaire ; les tringles du milieu dépassent la circonférence de la chaudière, afin de soutenir le cadre, et servent en même temps pour l’enlever du bain ou l’y plonger de nouveau, de manière à produire une nuance unie qui n’aurait pas lieu si les surfaces venaient en contact (Extrait du tome II, page 511 des Annales des Arts et Manufactures).
- 2
- p.1x9 - vue 9/91
-
-
-
- — 10 —
- Le procédé de Jeffrevs est bien certainement le type des divers procédés ou appareils mécaniques inventés depuis, pour teindre, rayer et ombrer les étoffes et le papier; du moins, on y retrouve les trois pièces fondamentales , savoir :
- \0 La bassine avec ou sans compartiments, qui contient une composition chaude, pour faire des rayures ou réserves ;
- 2° Un cylindre sur lequel on enroule la pièce à teindre, pour régulariser le travail, dit l’auteur ;
- 5° Enfin, un second cylindre ou tambour qu on fait tourner à Vaide d'une manivelle , et sur lequel s'enroule une corde, liée à une tringle en
- bois , laquelle attire et entraîne la pièce sous la bassine , etc.
- «
- Or, les trois pièces constituent en partie, l’idée fondamentale et mécanique de l’appareil que M. Jourdan a la prétention d’avoir inventé de toute pièce, et sans rien prendre ou emprunter aux machines connues.
- Et, par une bizarrerie vraiment étonnante, le cadre circulaire est celui que M. Depoully dit avoir inventé le premier en J845 (J), pour teindre mécaniquement des rayures ombrées sur les étoffes légères, telles que balzorine , crêpe . gaze , tulle, barége, organdi, etc. Tout au plus M. Depoully pourrait-il dire qu’il a appliqué le premier le cadre circulaire pour teindre les rayures ombrées; et, en supposant même, quant à présent, que cette application soit susceptible d’être brevetée, nous ferons remarquer, en passant, que l’idée première et le droit exclusif de l’exploiter appartient réellement à M. Pierre Giraud, teinturier à Saint Étienne, qui a pris un brevet spécial le J 2 février, 4840.
- (1) M. Depoully a pris un brevet spécial pour cette invention, le 21 janvier 1845,
- p.1x10 - vue 10/91
-
-
-
- 11
- IV.
- Origine des étoffes rayées et ombrées au moyen des fils de la cliaine, uniformément dégradés et juxta-posés.
- Comme nous l’avons dit en commençant, les étoffes de soie rayées et ombrées ont été inventées et fabriquées depuis un temps immémorial dans la Chine. Toutefois, nous ne connaissons pas l’époque précise de l’introduction de ce genre de fabrication en France.
- Il existe seulement, à la Bibliothèque royale, salle des estampes, une riche colleclion d’étoffes de ce genre, qui ont été recueillies, par les ordres du maréchal de Richelieu, pendant les années 1720 à 1736.
- Le premier, en 1775, Paulet a publié les procédés techniques pour faire les rayures ombrées, qu’on appelait alors rayures à nuances, ou rayures nuées , pour les distinguer de celles qui ne l’étaient pas ou qui n’étaient que d’une couleur, c’est-à-dire d’une seule teinte. (Voir son livre intitulé : l’Art de fabriquer les étoffes de soie, tom. 1er, 2e partie , page 115.)
- Paulet donne la description et les dessins de machines fort ingénieuses pour faire à propos, dit-il, le mélange des couleurs, c’est-à-dire le mélange des différentes teintes dont une couleur est susceptible pour ombrer par dégradation les baguettes d’une rayure.
- Nous pouvons donc tenir pour constant, sans justifier plus longtemps cette assertion, que la fabrication des rayures ombrées par le tissage était connue anciennement; qu’elle a été abandonnée pendant un certain temps, et reprise de nouveau vers l’année 1825.
- p.1x11 - vue 11/91
-
-
-
- 12 —
- On lit, du moins, la mention de ce germe de fabrication dans le rapport du jury de l’exposition en 1825.
- Le rapport dit , page 67 : MM. Grand frères, de Lyon, ont exposé
- des lampas, des satins brochés en soie nuancée, etc...................
- Page 68 : MM. Depoully, Schirmer et compagnie, à Paris, ont exposé des étoffes à chaîne et trame de laine, avec dessin liseré, dont la fabrication est parfaite quoique difficile ;.................................
- des baréges à chaîne et trame de laine rayés en nuances vives.
- Mais le mode, employé à cette époque, pour teindre les différents écbeveaux de soie était purement manuel et très coûteux. Quelqu’un plus intelligent, M. Brunier aîné , imagina alors un moyen plus économique et fort ingénieux de teindre et d’ombrer l’étoffe elle-même (1 ) ; il appliqua purement et simplement le procédé déjà inventé, en 1811, par MM. Beauvais et Renard, pour teindre les soies.
- Voici la description textuelle de ce procédé, extraite du tome 6, page 142, des Brevets expirés.
- 5 v.
- Procédé de teinture des soies ombrées, inventé par 1111. Beauvais et
- Bénard en 1811.
- « Jusqu’à présent, disent les inventeurs, les ombrés en soie ont « été faits en lignes horizontales et par dégradation de nuances ; sui-
- (1) M. Depoully prétend que c’est lui qui a doté l’industrie de ce produit nouveau en 1823 ; et nous savons, nous, d’après des indices certains, et les témoignages des industriels les plus recommandables de Lyon et de Paris, qu’en 1823, M. Depoully, alors associé de M. Schirmer, ne fabriquait que des étoiles de soie, rayées et ombrées par le tissage.
- p.1x12 - vue 12/91
-
-
-
- — 13 —
- « vant notre procédé, ils se font en lignes verticales et sans dégra-« dation visibles de nuances.
- « Le bain de teinture préparé, la soie y est trempée par sa partie « inférieure, c’est-à-dire la plus foncée; le bain est éclairci (par de « l’eau ou autre préparation) au fur et à mesure que l’on approche « de la partie supérieure qui est claire. »
- Ce procédé a été considérablement perfectionné depuis par divers teinturiers de Lyon et principalement par MM. Fondrobert et Joly, à Paris, qui ont imaginé chacun séparément et à des époques différentes, des appareils mécaniques qui aident et facilitent beaucoup la tache de l’ouvrier teinturier.
- Mais, pour ne point interrompre l’histoire chronologique des teintures ombrées , nous décrirons rapidement en quoi consistent ces appareils.
- Moyen de teindre et d’ombrer les écheveaux de soie, de laine ou de
- COTON DANS TOUTE LA LONGUEUR, EMPLOYÉ DES 1840, PAR M. FONDRO-
- bert (planche V, fig. I). Invention d'un cadre rectangulaire pour
- recevoir, teindre et ombrer mécaniquement les fils de soie ou de laine.
- Les écheveaux de soie ou de laine sont disposés sur des lissoirs en bois carré que l’on fixe ensuite sur un cadre rectangulaire à des distances convenables; le milieu du cadre est suspendu à une corde qui est liée sur un cylindre, et permet ainsi de ne tremper successivement qu’une partie des écheveaux, de manière à ombrer suivant le procédé inventé par MM. Beauvais et Renard.
- 11 est vrai que, antérieurement à M. Fondrobert, quelques personnes avaient déjà essayé de chiner les fils simples ou retors, soit par la le teinture, soit par l’impression.
- p.1x13 - vue 13/91
-
-
-
- — U
- Nous citerons MM. Oudard et Henry Malher, qui ont pris un brevet d’invention le 21 décembre 4 822, pour des procédés propres à teindre et à imprimer en diverses couleurs les écheveauxde fils de laine, de soie et de coton (Voir tome 45, page 284, des Brevets expirés).
- En 4829, la Société royale anonyme de la Savonnerie, représentée par M. Camille Beauvais, a pris un brevet d’invention pour un appareil propre à imprimer la chaîne des étoffes, appareil qui rend, disent les auteurs, des impressions en chiné (Voir tome 27, page 257, des Brevets expirés).
- Depuis cette époque, plusieurs personnes ont demandé des brevets qui reposent sur des principes semblables ou analogues et qui ne paraissent pas devoir être appliqués avec utilité et avec économie, du moins d’après les descriptions données par les auteurs.
- Au résumé, le cadre inventé par M. Fondrobert, depuis près de dix ans (4), est encore le meilleur ou plutôt le seul appareil mécanique, généralement adopté à Paris, pour teindre et ombrer les écheveaux de soie et de laine dans toute la longueur de leur périmètre.
- S VI.
- Invention de la teinture des étoffes teintes ombrées par le trempage
- en 1821:.
- On fait remonter à M. Brunier aîné, fabricant de soieries à Lyon, homme d’un mérite éminent, l’invention du mode de teindre les châles, fichus, écharpes en crêpe ou zéphyrs avec des rayures partielles
- p) M. Depoully, lui, a pris un brevet d’invention, le 21 janvier 1845, pour la découverte de cet appareil et la manière de s’en servir pour teindre les écharpes, fichus et châles ombrés; il a la prétention, mal fondée d’ailleurs, de l’employer privativement.
- p.1x14 - vue 14/91
-
-
-
- — 15
- et ombrées. Il imagina, dit-on, vers Tannée 1824, la manière de produire ces rayures ombrées en pliant l’étoffe une ou plusieurs fois sur elle-même, suivant le nombre des zones qu’il voulait avoir.
- En -1825, MM. Imbert et Pierson, ouvriers teinturiers chez M. Prunier, fondèrent un établissement spécial à Lyon, pour l’exploitation de ce nouveau mode de teindre.
- Voici le procédé qu’ils employaient alors et qui nous a été communiqué par M. Imbert lui-même :
- « Je pliais l’étoffe ou les châles sur eux-mêmes dans toute la lar-« geur ou la longueur, lorsqu’il s’agissait d’étoffes en pièce ; je com-« primais les plis entre deux barres de bois, et je teignais ensuite à la « méthode ordinaire; mais lorsque l’étoffe était épaisse, j’introdui-« sais enire les plis un petit bâton armé d’une aiguille à l’une des « extrémités, et soutenu par l’autre au moyen d’une ficelle. Je tei— k gnais ainsi des étoffes de crêpe de -14 mètres, et en tulle jusqu’à « 40 mètres, etc. »
- La méthode de teinture de MM. Prunier, Imbert et Pierson, consistait, comme on le fait aujourd’hui, à plonger l’étoffe, pliée sur elle-même, graduellement dans le bain de teinture, et à l’agiter continuellement pour obtenir une dégradation parfaite, sans tache et sans démarcation visible de nuances.
- En 1830, feu Louis Durand, imprimeur sur étoffes, à Saint-Just-sur-Loire, a employé le même procédé pour produire des rayures ombrées, soit sur la largeur, soit sur la longueur des étoffes de soie, dites crêpes ou zéphyrs. Cet ingénieux fabricant imprimait des dessins variés sur ces étoffes avec des couleurs ordinaires à la gomme, qu’il fixait ensuite par la vapeur d’eau ; il obtenait aussi les effets de l’impression par la teinture elle-même, à l’aide d’un procédé pour lequel il avait pris, en 1829, un brevet d’invention de quinze ans, publié dans le tome XL, page 169, des Brevets expirés.
- p.1x15 - vue 15/91
-
-
-
- — 16 —
- Le procédé de M. Durand consiste à comprimer entre deux cadres de bois toutes les parties de l’étoffe qu’on veut préserver de la teint are. Ces cadres, découpés suivant le dessin à produire, laissent ainsi à découvert les parties qu’on veut teindre.
- M. Milliant, aujourd’hui maître teinturier, à Vaî-Benoife, près Saint-Etienne, nous a attesté par écrit qu’il avait teint ainsi chez M. Durand plusieurs milliers de fichus et d’écharpes de crêpe, de 4830 à 4840; et il a ajouté, avec la plus entière franchise, qu’il n’avait teint que des crêpes ou des zéphrys, et qu’il n’était pas à sa connaissance qu’on eût teint de cette manière ou autrement des tissus de laine ou de coton ou mélangés de ces différentes matières.
- i
- § VIL
- Procédé et appareil pour teindre et ombrer les châles de laine par
- II. Vidalin, 1839.
- En 4859, un savant teinturier de Lyon, M. Vidalin, avait présenté à l’Exposition des Produits de l’Industrie plusieurs châles de laine teints et ombrés par un moyen particulier. M. Vidalin a imaginé, le premier, de teindre et d’ombrer le milieu et les quatre coins d’un châle par un nouveau mode de pliage et par un procédé mécanique.
- Il résulte de l’inspection du dessin qui nous a été adressé par M. Vidalin, que son procédé consiste en deux opérations successives (voir planche V, fig. 2 et 5).
- On accroche d’abord, les quatre coins du châle sur un cadre circulaire en fer garni sur le pourtour de quatre crochets en métal. On plonge ce cadre graduellement dans le bain de teinture à l’aide d’une corde que l’on enroule plus ou moins sur un cylindre, en tournant une manivelle, et on l’agite continuellement de manière à ombrer le
- p.1x16 - vue 16/91
-
-
-
- — 17 —
- tissu. On accroche ensuite le milieu des châles, et on en teint les quatre coins auxquels sont attachées des balles de plomb.
- I VIII.
- Machines et systèmes pour teindre, rayer et ombrer les rubans, les étoffes de soie et autres. (Brevet pris par M. Giraud, le 42 février 4840.)
- A peu près à la même époque où M. Yidalin teignait ainsi, M. Giraud, teinturier à Saint-Étienne, avait déjà conçu l’idée de la teinture ombrée sur des étoffes de soie et autres avec une, deux ou trois rayures de couleur différente, et au moyen de l’immersion partielle du tissu, dont les deux lisières sont enroulées et accrochées en spirale sur deux cadres circulaires ou rectangulaires, parallèles et montés sur le même axe (fîg. 4).
- Figure 1.
- p.1x17 - vue 17/91
-
-
-
- __ 48 —
- M, Giraud a pris, le 12 février 1840, un brevet d’invention pour ce nouveau système de teinture ; et, le 14 octobre 1844, il a pris un certificat d’addition pour un appareil, déjà construit en 1839, qui réunit les deux principes suivants, qui font l’objet ou la base principale de tous les procès actuels en contrefaçon, savoir :
- 1° Le trempage partiel et perpendiculaire du ruban ou du tissu plié ou non plié dans le bain de teinture;
- 2° L’enroulement alternatif et successif du tissu sur deux cylindres parallèles et verticaux, cylindres qui régularisent l’action capillaire du tissu, l’un des éléments principaux de la teinture des étoffes ombrées (voir planche IV, fig. 5 et 6).
- I IX.
- Invention de la teinture ombrée par l’immersion d’une partie seulement dn ruban. — Invention d’un appareil pour enrouler l’étoffe.
- C’est pour une machine semblable à celle deM. Giraud et comprenant les mêmes organes mécaniques, que MM. Baralion et Forissier ont demandé un brevet d’invention de dix ans, le 23 novembre 4839; mais il faut dire aussi qu’ils ont bien perfectionné la première idée de M. Giraud, en ajoutant à sa machine des baguettes à coulisses sur lesquelles glisse l’étoffe, et qui permettent de ne plonger successivement qu’une partie de sa lisière. Ces baguettes, suivant l’un des considérants du jugement rendu par le Tribunal correctionnel de Saint-Étienne , au profit de Baralion contre Giraud, sont essentiellement constitutives d’une création nouvelle. Cela est vrai ; mais nous ajouterons, à notre tour, qu’on peut encore teindre et ombrer les étoffes en employant tout simplement des baguettes fixes.
- p.1x18 - vue 18/91
-
-
-
- — 19 —
- «
- 11 suffit, dans ce cas, d’incliner plus ou moins la cuve de teinture en serrant ou desserrant des vis placées sur le devant de la machine.
- Au résumé, M. Giraud a pris lui-même, le 44 octobre 4844, une addition à son brevet principal en date du 42 février, pour un mécanisme qui simplifie, comme il le dit dans sa description, le travail et en augmente la régularité.
- La simple inspection du dessin (pl. IV, fig. 5 et 6) fait parfaitement comprendre que le procédé de M. Giraud consiste à tremper légèrement la lisière du tissu dans le bain de teinture, qui monte et s’élève en vertu de la capillarité du tissu ; la couleur diminue d’intensité en s’élevant, et forme ainsi l’ombré qui s’achève par l'enroulement sur les bobines n° 7.
- Depuis, MM. Jourdan frères, de Gambray, se sont approprié l'idée— mère et originale de MM. Giraud et Barallon , pour teindre, rayer et ombrer des tissus de laine et autres par l’immersion partielle et continue, suivie d’un enroulement qui aide et régularise la dégradation de la teinture. Ces habiles fabricants ont pris aussi un brevet d’invention, le 8 novembre 1844, pour le même système de teinture et une machine bien différente, sans doute, de celle de M. Giraud, quant à l’emploi et à l’agencement de certains organes mécaniques.
- C’est en conséquence de l’obtention de leur brevet que MM. Jourdan ont fait saisir et condamner récemment M. Descat, de Roubaix, comme contrefacteur de leur système, comme ils l’appellent.
- Mais, M. Barallon ou Giraud, à son tour, ne serait-il pas fondé à attaquer MM. Jourdan comme contrefacteurs, puisqu’ils emploient le même système, de régulariser.la teinture ombrée par un enroulement continue et alternatif sur deux cylindres parallèles?
- Ce nouveau procès en contrefaçon aurait une apparence de vérité et de justice que n'a pas celui intenté par M. Jourdan contre MM. Descat, qui ont employé une machine donnant, il est vrai,
- p.1x19 - vue 19/91
-
-
-
- — 20 —
- les mêmes résultats industriels, c’est-à-dire les rayures ombrées qui sont du domaine public, mais à l’aide de moyens mécaniques ou de principes physiques très différents.
- Voilà les points essentiels à faire connaître, et que nous discuterons dans une note spéciale.
- § X.
- Origine des rayures fondues et imprimées»
- L’idée première de cette pratique paraît appartenir à un fabricant de feuilles d’éventails. Du moins MM. Audoin et Duvelleroy ont livré au commerce, vers l’année 4825, des feuilles d’éventails imitant l’arc-en-ciel et imprimées au moyen d’une brosse imprégnée de diverses couleurs que l’on promenait circulairement sur une feuille de papier ou un morceau d’étoffe.
- A cet effet, l’une des extrémités de la brosse était armée d’une pointe en fer formant pivot.
- Vers l’année 4 827, M. Spœrlin, manufacturier à Vienne (Autriche), appliqua ce procédé pour faire des fondus ou ombrés linéaires sur papier peint et sur les toiles de coton. Plus tard, MM. Zuber et comp., de Mulhouse, ont perfectionné ce procédé, et l’on trouve dans le rapport du jury de l’exposition de 4854, à l’article Papier de tenture, des considérations générales sur les importants progrès qu’avait fait alors cette industrie. Nous empruntons le passage suivant qui est d’une grande importance pour l’histoire des fondus sur papier et sur étoffe :
- p.1x20 - vue 20/91
-
-
-
- — 21
- « En même temps la mécanique et la chimie ont réuni leurs moyens « pour obtenir des résultats nouveaux et presque inespérés. On a trouvé « le secret d’appliquer, soit avec la brosse, soit par impression, des « teintes dégradées et fondues les unes dans les autres..................
- «
- « C’est à M. Zuber et camp, qu’on doit les perfectionnements dont
- « nous venons d’offrir l’énumération. ...................................
- «........................................................................
- «........................................................................
- « La dégradation des couleurs par un moyen mécanique est une décou-« verte importante qui présente un vaste champ aux combinaisons des « artistes. Dans l’immense paysage que MM. Zuber ont exposé cette « année, paysage d’un goût pur et remarquable, on a fondu, par un « procédé mécanique, les teintes des ciels et des montagnes, ainsi que « les nuances vaporeuses et les tourbillons de poussière soulevée par les « pieds des chevaux ; cet exemple donne l’idée du parti que Von peut ti-« rer d'une si belle invention. »
- En 4 852, M. Camille Kœchlin a publié, dans le bulletin n° 28 de la Société de Mulhouse, le dessin et la description de deux appareils pour Vimpression de plusieurs couleurs formant un fond de rayures, soit droites, soit fondues.
- L’un de ces appareils, inventés vers l’année 4828, en Angleterre, par M. Alfred Thomas, n’est autre ehose qu’une bassine divisée en plusieurs compartiments égaux et parallèles, destinés à recevoir chacun des couleurs différentes qui s’écoulent directement sur l’étoffe qui passe au-dessous (Voir planche Ire, fig. 40).
- p.1x21 - vue 21/91
-
-
-
- — 22 —
- L’autre machine (même planche, fig. 25), inventée par M. Camille Kœchlin, en 4854, est composée d’une série de petits tubes qui viennent tous aboutir sur un seul tube horizontal, percé de petits trous, correspondant aux rayures que l’on veut avoir. L’étoffe, en passant sur ces trous, reçoit les couleurs qui se projettent sur elle par ascension, en vertu de la loi de l’équilibre des liquides ou du jet d’eau.
- Au mois d’août 1844, MM. Colombe et Lalan ont pris un brevet pour un ombreur mécanique qui réunit, il est vrai, plusieurs éléments connus, savoir : 40 la bassine de M. Alfred Thomas, mais considérablement perfectionnée, et composée d’organes mécaniques nouveaux qui permettent de régler et d’intercepter à volonté l’écoulement des couleurs.
- 2° Un drap sans fin, qui reçoit les couleurs qui s’écoulent par les orifices de la bassine placée au-dessus ;
- 5° Enfin, deux brosses juxta-posées, dont l’une est fixe et l’autre mobile, pour unir et fondre les rayures les unes dans les autres.
- Ces rayures fondues sont distribuées ainsi par le simple frottement du drap sans fin sur le cylindre gravé, qui les transmet ensuite à l’étoffe par le simple frottement de rotation et de roulement.
- M. Léon Godefroy, imprimeur sur étoffes à Puteaux, a pris aussi un brevet d’invention le 22 octobre 4844, pour une machine qui renferme la même idée fondamentale, c’est-à-dire la bassine de M. Thomas, pour faire les fondus mécaniquement ; mais il a apporté à cette bassine un perfectionnement réel, consistant dans l’emploi de plusieurs robinets, posés parallèlement sur le fond de la bassine,
- p.1x22 - vue 22/91
-
-
-
- — 23
- dont les clefs sont mues solidairement à l’aide d’un levier unique.
- Figure 2.
- La gravure sur bois (fig. 2) représente tout à la fois la bassine de M. Godefroy, vue du côté des robinets et du levier solidaire, et la coupe verticale de l’appareil complet de MM. Colomb et Lalan, dont nous avons parlé plus haut.
- Pour ne rien omettre de ce qui peut intéresser et faire connaître le jeu de ces deux appareils, vraiment manufacturiers, nous emprunterons au Dictionnaire des Arts et Manufactures, page 2069, la description que nous en avons donnée dans le temps.
- « G, bassine divisée dans sa longueur en cinq compartiments égaux « et parallèles, qui renferment autant de nuances différentes et dis— « posées les unes à côté des autres, de manière à pouvoir former sur « l’étoffe des zones parfaitement dégradées.
- « Cinq robinets posés parallèlement sur le fond de la bassine « correspondent chacun à un compartiment de couleur.
- « Le boisseau de chaque robinet est percé dans sa longueur de « plusieurs trous rectangulaires, à des distances égales et détermi-« nées, comme on les trouve dans la bassine de M. Thomas j c’est à
- p.1x23 - vue 23/91
-
-
-
- « l’aide de ces robinets qu’on règle l’écoulement des couleurs, en « raison de l’intensité de la dégradation que l’on veut avoir, et sur-« tout de la fluidité des couleurs d’impression. Pour cela, on tourne (( plus ou moins chaque boisseau de robinet, dont l’extrémité est « accrochée à des leviers perpendiculaires et distincts, que l’on en-« grène à la distance convenable sur des bielles ou crémaillères ho-« rizontales N. Ces bielles, qui sont retenues fixement avec les leviers « des robinets, au moyen des ressorts à boudin, s’assemblent sur « une bascule, laquelle sert à faire mouvoir simultanément tous « les robinets, lorsqu’on appuie la main sur la poignée ou ma-« nette H.
- « O, drap sans fin, qui reçoit les couleurs qui tombent par « les trous rectangulaires des robinets, et les fournit au cylin-« dre D.
- « II, deux brosses en poils de sanglier qui frottent sur le drap sans « fin, et qui servent ainsi à étendre et à unir la couleur; l’une de « ces brosses éprouve un mouvement de va-et-vient qui a pour objet « de fondre les nuances les unes dans les autres, et l’autre qui est « fixe sert pour les égaliser.
- « Pour opérer, l’imprimeur qui est chargé de conduire la machine « au rouleau saisit avec la main la poignée H, il l’abaisse lestement « une ou plusieurs fois pour ouvrir simultanément tous les robinets, « et essayer ainsi si les couleurs s’écoulent bien également et unifor-« mémenl sur le drap sans fin.
- « Lorsque l’écoulement des couleurs est bien réglé par l’impri-« meur, on fait marcher la machine. Pendant l’opération, le tireur « appuie de temps en temps sur la manette H pour fournir la cou-« leur au drap sans fin.
- p.1x24 - vue 24/91
-
-
-
- — 25 —
- « Cette manière de fournir la couleur au drap sans fin, par inter-« mittence, est excellente et rigoureuse pour obtenir une impression « nette et uniforme »
- La description de la bassine de MM. Colomb et Lalan, ou de celle de M. Godefroy principalement, a une grande importance dans la question des rayures ombrées. Nous verrons plus tard que c’est la même bassine dont M. Jourdan se prétend le seul inventeur pour teindre et ombrer les étoffes épaisses.
- Il nous reste à citer, pour compléter notre exposé, les noms des fabricants qui ont pris des brevets d’invention exclusivement pour des procédés et appareils propres à faire mécaniquement des rayures ombrées, soit par l’impression, soit par la teinture :
- Barallon, brevet pris le 25 novembre 4 859 et délivré le 11 août 4844.
- Giraud, brevet pris le 4 2 février 1 840 et délivré le 25 août 1840.
- Zuber, brevet pris le 45 octobre 4845.
- Colomb et Lalan, brevet pris le 16 août 1844.
- Léon Godefroy, brevet pris le 22 octobre 4 844.
- 4re addition, le 27 août 4 845.
- 2e addition, le 4er octobre 4845.
- Jourdan, brevet pris le 8 novembre 4844.
- 4re addition, le 4 décembre 4844.
- 2e addition, le 5 avril 1845.
- 5e addition, le 5 juin 4845.
- • 4e addition, le 8 novembre 4845.
- Jules Joly, brevet pris le 24 janvier 4 845.
- 4re addition, le 17 mars 4 845.
- 2e addition, le 22 avril 4845.
- 4
- p.1x25 - vue 25/91
-
-
-
- — 26
- 5e addition, le 5 août 4 845.
- 4e addition, le 22 décembre 4845.
- Charles Depoullv, brevet pris le 24 janvier 4 845.
- 4Te addition, le 42 mai 4 845.
- 2e addition, le 5 juin 4845.
- Broquette, brevet pris le 4 mars 4 845.
- Chalamel, brevet pris le 2 mai 4845.
- 4re addition, le 40 mai 4 845.
- Bousquet, brevet pris le 4 4 mai 4 845.
- 4re addition, le 27 mai 4845.
- Lamorinière et Gonhin, brevet pris le 28 mai 4845.
- Birman et Schultz, brevet pris le 51 mai 4 845.
- 1re addition, le 29 juillet 4 845.
- Colomb et Lalan, brevet pris le 14 juin 1845.
- Descat, brevet pris le 2 août 4 845.
- 2e brevet, le 27 août 4 845.
- 5e brevet, le 4 7 septembre 4845.
- Descat, brevet pris le 2 août 1846.
- Royer, brevet pris le 22 août 1815.
- Black, brevet pris le 25 octobre 4 845.
- Paul Godefroy, brevet pris le 22 novembre 1845.
- Cette nomenclature est longue, et encore craignons-nous de n’avoir pas tout dit.
- IMPRIMERIE DE GUSTAVE GRATIOT, 11, RUE DE LA MONNAIE.
- p.1x26 - vue 26/91
-
-
-
- DESCRIPTION ET COMPARAISON
- MACHINES ET PROCÉDÉS
- Propres à teindre ou imprimer mécaniquement, rayer et ombrer les étoffes de laine et autres sans envers.
- Il est loin de notre pensée, cependant, de décrire toutes les machines actuellement brevetées, sans garantie du gouvernement bien entendu, qui ne sont pas encore exploitées , ou qui ne sont pas susceptibles de l’être (légalement parlant). Nous parlerons seulement des machines de MM. Zuber, Jourdan, Léon Godefroy, qui fonctionnent aujourd’hui, et de celles de MM. Descat, Colomb et Lalan, qui sont l’objet de poursuites en contrefaçon de la part de M. Jourdan.
- Outre ce que nous avons dit dans la note qui précède, sur l'origine de la teinture ombrée par le trempage, et sur l’emploi de moyens mécaniques pour les produire, il faut faire remarquer qu’on imprime à chaud à l’aide de un ou plusieurs cylindres ou rouleaux qui distribuent le liquide colorant sur l'étoffe, et exerçent en même
- 1
- p.2x1 - vue 27/91
-
-
-
- — 2 —
- temps une certaine pression propre à le faire pénétrer jusque dans l’intérieur des fibres.
- L’invention elle-même de la teinture, par un procédé mécanique, parait remonter à une époque déjà ancienne ; et Duchesne nous apprend dans son dictionnaire de l’industrie, éd. 4800, tome 6, page 222, que Mussy a annoncé, en 4759, une machine pour teindre les toiles et les étoffes très promptement; malheureusement nous ne connaissons pas les organes qui composaient cette machine, et nous sommes réduits ainsi à ne citer que l’annonce qui en a été faite dans les feuilles publiques.
- § i-
- En 4 799, Gratrix, de Hulme, prit une patente en Angleterre pour une machine, pour faciliter la teinture des cotons , des toiles , des étoffes de fil et coton.
- La figure ci-dessus représente la coupe de cet appareil que nous avons copié exactement sur la gravure publiée dans le tome 7, planche 5, des Annales des Arts et Manufactures, page 428.
- p.2x2 - vue 28/91
-
-
-
- — 3
- Néanmoins, par un oubli du dessinateur, les différentes pièces n’ont pas été numérotées comme dans la gravure originale; et il est facile pourtant de suivre et de comprendre la description donnée par O’Reilly :
- 4, cadre ou châssis de la machine.
- 2, nappe d’étoffe ou de feutre (ABE) qui conduit la liqueur ou la gomme à la pièce d’étoffe destinée à être teinte.
- 3, caisse ou réservoir rempli de la liqueur.
- 4, autre caisse terminée en entonnoir qui reçoit la liqueur superflue, laquelle retombe de nouveau dans le réservoir 3.
- 5, 6 et 7, trois rouleaux ABE, sur lesquels passe la nappe de feutre 2, en traversant le réservoir rempli de la liqueur.
- 8, 9, deux vis de rappel F G, traversant deux écrous fixés dans les montants qui se trouvent emmanchés sur le derrière du châssis 1 ; les extrémités de ces vis sont rivées de manière à pouvoir tourner dans des poupées d’un châssis de fer coudé ; à travers ces coudes passent les axes du cylindre 6 ou E ; sur les têtes de ces écrous on place deux manivelles 8 ou F, servant à tourner ces vis, afin de donner la tension nécessaire à la nappe de feutre 2.
- 10 et 11, ou G, vis traversant deux équerres en fer boulonnés sur les traverses de dessus du cadre de la machine: les extrémités de ces vis sont combinées avec les coussinets où tournent les axes du cylindre 7 ou C. En avançant ou en reculant les vis 40 et 44, ou G, on peut avancer à volonté le cylindre 7 ou B contre le cylindre 42 ou C.
- 12, cylindre C dont l’axe est surmonté d’un volant à manivelle, qui donne le mouvement à la machine ; cest entre ce cylindre et le rouleau 7 ou B que passe la pièce destinée à être teinte.
- 13, volant en fer avec sa manivelle ; la circonférence est en plomb pour donner plus de chasse, et pour faciliter la main-d’œuvre.
- p.2x3 - vue 29/91
-
-
-
- — 4 —
- 44, rouleau (celui du haut) sur lequel s1 enroulent les étoffes,
- 15, traverse arrondie sur laquelle passe l’étoffe avant de tourner à l’entour du cylindre 12 ou C : cette traverse est destinée à donner la tension nécessaire à la toile, de -peur que la pièce ne glisse trop librement ; on la fait encore passer sur une seconde traverse plus bas que le rouleau 15 (celui du haut), comme on le voit dans la coupe, dont les chanfreins sont abattus.
- 4 6, autre rouleau (celui à droite de la machine) destiné à retirer la pièce à mesure que l’opération s’achève ; c| rouleau est mû par une courroie traversant une poulie fixée à l'autre extrémité du cylindre 42 ou C, et qui lui donne le mouvement nécessaire; on n’a ni indiqué celte poulie, ni la courroie dans le dessin, non plus que les deux pièces d’écharpe qui contiennent le rouleau 46, et qu’on voit à droite de la coupe en bas de la page.
- Et O’Reilly ajoute, page 4 55 : « Il nous paraît que cet instrument, « qui est d’ailleurs peu dispendieux, présente beaucoup d’avantages « dans les manipulations, et nous ne voyons pas pourquoi M. Gratrix a na pas appliqué une pareille disposition au-dessus des cuves scellées « dans la maçonnerie; c’est une idée que nous abandonnons à l’intel-« ligence des artistes.
- « Nous observons enfin que la marche de cette machine est simple ; « la liqueur est portée par la nappe de feutre contre la toile qui passe « entre les cylindres 7, B et 42, C; de là, la masse de la liqueur gom-« mêe, accumulée sur la toile, la pénètre complètement jusqu’aux « dernières fibres, et en passant entre les cylindres, tombe par l’en-« tonnoir dans le réservoir d’où elle est sortie. Nous avons indiqué « par des lignes ponctuées l’espèce de bourrelet que la liqueur forme « entre les cylindres. Au reste, l’auteur garantit par sa propre expé-« rience l’utilité de cette machine. »
- p.2x4 - vue 30/91
-
-
-
- 5 —
- l II.
- Toutefois il ne nous paraît pas démontré que l’appareil de Gratrix ait été employé en France ; et M. le comte de La Boulaye Marillae est bien certainement le premier, qui ait imaginé et publié un appareil et des procédés mécaniques à l’aide desquels on peut teindre en toutes couleurs toutes espèces d’étoffes en pièce. 11 prit un brevet d’invention de 45 ans, le 10février 4820.
- Laissons parler ici l’auteur : « Ces nouveaux procédés consistent « à faire passer le drap entre deux ou quatre cylindres plus ou moins « rapprochés et fixés à leurs deux extrémités par des vis de pression, « de manière que le drap, successivement resserré dans la plus petite « dimension de son épaisseur, abandonne toute l’eau dont il est (c abreuvé dans son intérieur, lorsqu’il passe entre les cylindres, et « qu’il repompe en place le bain chargé de mordant et de parties « colorantes. »..................................................
- (Voir le dessin de cette machine pl. IV, fig. 4 et 2; extrait de la pl. 40, du tome 29, page 82 des Brevets expirés).
- « 4° J’observe enfin, que les deux rouleaux adaptés hors du bain sur cc la chaudière, de chaque côté des cylindres, sont indispensables quand « on veut teindre tout l'intérieur de l’étoffe aussi profondément que la « surface. »
- Et en voici la raison :
- Si le drap restait plongé dans le bain, les points de sa surface se trouveraient alors plus en contact que ceux de l’intérieur avec les molécules colorantes; et par conséquent, en absorberaient davantage....................................................................
- p.2x5 - vue 31/91
-
-
-
- — 6
- « o° Ce que je viens d’observer dans l’article précédent a lieu de « môme pour les draps de toutes autres couleurs que l’on veut teinte dre en pièce aussi profondément dans le centre qu’à la surface, « avec le bouillon d’alun. Aussi, on doit employer les deux rouleaux « ou tours latéraux qui sont au dessus du bain et de chaque côté de « l’appareil à cylindre, et faire voyager de l’un à l’autre le drap entre « deux ou quatre cylindres plongés dans le bain. »
- M. de La Boulaye ajoute, après avoir donné la description de son appareil, page 87 :
- « Les parties principales de cet appareil sont les deux vis de rappel « et de pression E, qui servent à rapprocher ou à maintenir les cy-« lindres à égale distance et plus ou moins près à volonté, suivant « l’épaisseur du drap ou de l’étoffe à teindre, les deux échelles de gra-« duation , et le calibre parfaitement juste des cylindres ; les gorges « de la grande zone et de la poulie, qui, par le moyen de la corde sans « fin ou de la chaîne en cuivre à la Vaucanson, mettent les cylindres en « mouvement, et les deux tours ou rouleaux de bois cannelé sur les-« quels s'enroule alternativement la pièce de drap, pendant quelle « voyage entre les cylindres de l’appareil intermédiaire.
- » Quant aux tours ou rouleaux, je nai pas cru devoir les faire dessi-« ner, parce que, les employant depuis longtemps dans la teinture, ils « sont bien connus (1). »
- « Mais, par rapport aux cylindres, j’observerai :
- « \° Que leur dimension en longueur doit dépendre de la largeur des pièces de drap ou d’étoffe.....................................
- (1) Ces rouleaux sont représentés dans le dessin qui accompagne cette note, ’(R. de L.).
- p.2x6 - vue 32/91
-
-
-
- « 6° Que les doubles cylindres peuvent être placés tantôt horizontale-« ment, tantôt verticalement..........................................
- « 7° Enfin, on pourra, si on le juge convenable, substituer à la compres-« sion instantanée, que les doubles cylindres procurent à l’étoffe, une com-« pression tout aussi forte, mais divisée en intervalles d’une quantité u prodigieuse de petits teints successifs, telles que seraient celles qui ré-« sulteraient de l’élasticité d une ou plusieurs couches de drap dont on « aurait enveloppé les cylindres. On choisira de ces deux systèmes de u pression, ou de tout autre, celui que l’expérience indiquera comme étant « le meilleur. »
- Si l’on consulte les brevets pris par M. Giraud, le 44 octobre 4822, pour un mécanisme propre au décreusage et à la teinture des rubans et étoffes de soie grège (Voir tome 38, page 73 des Brevets expirés), et principalement le certificat d’addition délivré le 28 novembre 4 855, on y retrouvera encore des rouleaux horizontaux placés au dessus des bains de teinture, et sur lesquels on enroule et déroule alternativement l’étoffe en la faisant passer à travers le bain de teinture sous un ou plusieurs cylindres placés horizontalement dans le fond de la chaudière.
- Le mécanisme, perfectionné depuis par M. Giraud, est représenté (planche IV, fig. 5 et 4), accompagné d’une description que nous avons extraite d’un rapport d’experts, dressé en vertu d’un jugement du tribunal correctionnel de Saint-Étienne, en date du 44 décembre 4 844 (Voir pièces justificatives, Extrait du rapport, page 14, § 5).
- Les faits témoignent donc suffisamment :
- 4° Que l’idée-mère de la teinture unie, à froid ou à chaud, par la pression partielle ou totale de l’étoffe entre deux ou plusieurs cylindres, comme dans la machine de MM. Gratrix et Marillac, ou sur des cylindres placés au fond de la cuve de teinture, comme dans l’ap-
- p.2x7 - vue 33/91
-
-
-
- — 8 —
- pareil de M. Giraud, que la teinture unie par pression, disons-nous, était déjà connue et employée (Voir les machines de Gratrix, Marillac et Giraud).
- 2° Que l’emploi des cylindres d’appel, et pour enrouler la pièce à teindre, existe dans les mêmes machines.
- 3° Que les barres et cylindres dits de contrainte pour presser et tenir la pièce au large, ont été employés principalement par Gratrix et Giraud.
- 4° Enfin, que le mode de teindre les étoffes à fond ou sans envers, et par plusieurs teints ou passages successifs de Vétoffe dans le bain de teinture, a été indiqué et pratiqué en grand par Gratrix, Marillac et Giraud.
- Quant à ces quatre points, M. Jourdan ne peut donc réclamer le mérite et la priorité de l’invention ou de l’application, ou, pour nous servir de ses expressions, de les avoir industrialisés pour l’obtention des rayures ombrées. Il peut, tout au plus, prétendre au mérite de les avoir empruntés le premier aux brevets de MM. Barallon, Forissier et Giraud, qui, comme nous l’avons dit précédemment, ont pris chacun un brevet pour un mécanisme (composé de cylindres d’enroulements, et de tiges ou barres de contrainte) propre à teindre, rayer et ombrer les rubans et étoffes de soie grège et autres (voir pl. IV, fig. 5 et 6). Voilà le fait relaté et constaté, d’ailleurs, par le rapport des experts de Saint-Étienne et par le jugement rendu par le Tribunal correctionnel (voir pièces justificatives, pages J2, J5 et 28).
- Quant à ce nouveau genre d’emprunt, d’invention ou d’application nouvelle, comme M. Jourdan l’appelle, nous ne trouvons pas dans la loi sur les brevets un article qui accorde à celui-ci le droit exclusif de l’exploiter à son profit, et à l’exclusion de M. Giraud et de son cessionnaire, M. Descat.
- Eh bien! c’est avec cet emprunt, ces rouleaux d’appel déjà connus et
- p.2x8 - vue 34/91
-
-
-
- brevetés, adaptés horizontalement à l’appareil à l’aide duquel il teint et ombre mécaniquement les étoffes de laine, que M. Jourdan prétend au droit d’interdire à M. Deseat et autres, toute application de ces rouleaux, quand même ils seraient joints à un mécanisme différent du leur !
- 11 nous semble que ce droit est mal fondé, pour ne pas dire injuste, et nous doutons qu’il existe en France un seul tribunal pour le sanctionner par un arrêt motivé.
- Au contraire, nous ne désespérons pas d’apprendre un jour qu’un jugement reconnaît, à MM. Giraud et à ses concessionnaires, le droit d’appliquer le principe de la perfection de la teinture des étoffes ombrées par l’enroulement alternatif et continu de celles-ci sur des cylindres d’appel parallèles, horizontaux ou verticaux à volonté.
- Au reste, le principe de l’enroulement mécanique de l’étoffe, pour régulariser la teinture ombrée, est décrit très clairement dans le certificat d’addition pris par M. Giraud, le J 4 octobre 4844; et l’article I de la loi lui garantit sans contestation sérieuse le droit de l’exploiter.
- Ce droit est encore appuyé par l’article XIX de la même loi, que nous nous empressons de publier :
- « Quiconque aura pris un brevet pour une découverte ou applica-« lion se rattachant à l’objet d’un autre brevet, n’aura aucun droit « d’exploiter l’invention déjà brevetée, et réciproquement, le titulaire « primitif ne pourra exploiter l’invention objet du nouveau brevet. »
- Or, n’est-ce pas principalement pour une machine propre à teindre, rayer et ombrer les étoffes dé toute espèce, par un système de pression partielle et continue que M. Jourdan a pris un brevet le 8 novembre 4844.
- Ainsi l’objet de l’invention réelle de M. Jourdan, c’est la teinture opérée par la pression partielle et continue, c’est là par conséquent l’objet unique de brevet ; et M. Jourdan ne peut prétendre à l'ex-• 2
- p.2x9 - vue 35/91
-
-
-
- — 10 —
- ploitalion privilégiée d’un autre mécanisme, d’un autre procédé qu’il n’a pas décrit, parce qu’il ne l’a pas prévu d’abord : par exemple, celui de l’idée mère et fondamentale de la teinture ombrée, idée déjà brevetée ail nom de MM. Barallon et Giraud , et qui consiste à régulariser le développement de la capillarité au moyen de Y enroulement de Y étoffe imprégnée de colorant chaud.
- Admettant ensuite les effets de cet enroulement qui est suffisant à, lui seul pour constituer une invention, la validité du brevet de Giraud, nous devons faire remarquer que la pièce est enroulée et pressée dans toute sa longueur, comme cela est indiqué dans les machines de Gratrix, Marillac et Giraud.
- Disons donc et proclamons bien haut que la pression produite par l’enroulement de l’étoffe est totale, et par conséquent différente et opposée au système de pression partielle pour laquelle M. Jourdan a pris un brevet d’invention.
- Le système d’amélioration ou d’invention de M. Jourdan, nous le répétons, c’est la pression partielle et continue ; l’objet principal de son brevet, c'est la teinture ombrée par pression partielle, et non pas par la pression totale de l’étoffe enroulée sur des cylindres horizontaux ; pression et enroulement qui sont du domaine public, ou au moins la propriété de Barallon et de Giraud.
- Profondément pénétrés de cette idée que l’enroulement de l’étoffe est la propriété de tous ou de Giraud seul, nous sommes fondés à conclure que M. Jourdan ne peut réclamer l’exploitation privilégiée de cette application ; et que, pour ce cas, son action correctionnelle contre MM. Descat est irrecevable et mal fondée.
- Au résumé, nous ne pouvons mieux défendre notre opinion qu’en décrivant la machine brevetée de M. Jourdan, ainsi que les différents appareils que celui-ci considère comme étant la contrefaçon de la sienne.
- p.2x10 - vue 36/91
-
-
-
- DESCRIPTION DES MACHINES PROPRES A TEINDRE OU IMPRIMER DES RAYURES OMRRÉES
- QUI AGIT DIRECTEMENT SUR L’ÉTOFFE QUI PASSE DESSOUS, EN VERTU DE LA LOI DE LA GRAVITATION. (.Planche III, fig. AC DEL)
- PERFECTIONNEMENTS ET ADDITIONS APPORTÉS PAR M. LÉON GODEFROY A SA MACHINE B.
- (Planche
- C. Appareil ponr teindre ou imprimer des zones ombrées.
- 1
- AU MOYEN D’UNE BASSINE CONTENANT LA COULEUR
- A. Machine de MM. SEUBEB ET O'.
- (Brevet pris le 13 octobre 1843.)
- Le principe de cette machine consiste en un godet allongé de la largeur de la pièce à rayer. Le godet est muni à la partie inférieure de petites ouvertures ou fentes, à travers lesquelles passe la couleur contenue dans le godet, pour se répandre sur l'étoffe ou sur le papier, que l’on fait glisser entre le godet et un coussin élastique. Chaque ouverture du godet fait une traînée de couleur qui forme rayure sur l’étoffe ou le papier qui passe dessous, et en donnant un mouvement de va-et-vient au godet, on peut également faire des lignes ondulées.
- En formant des compartiments dans le godet, on peut faire des rayures d’un nombre indéterminé de couleurs différentes ; on obtient aussi des effets de couleurs fondues en ne laissant pas d’intervalle entre les ouvertures du godet.
- Description de Vappareil.
- Planche III. — Fig. A. Coupe de face suivant la ligne XX.
- À, Bâti solide en bois de chêne allongé d’une table d’une largeur convenable.
- B, Support en fer forgé qui porte d’une part le rouleau C, et de l’autre E le bras de levier sur lequel est fixé F le godet à couleur.
- G, Vis de sert à déterminer la position du godet à couleur
- re^ë^ïieht ^Nsoussin sur lequel il repose.
- H, Commet élastiquewui, suivant le travail qu’on fait, est formé d’une
- fjfiantité de drapsj|uperposés, ou, comme H’, d’un drap tendu sur Une caisse en fèinfe, ou enfin, comme H”, d’un cylindre en colle forte reçoitvertç/a une toile cirée.
- I, Caisse 'Sériaût'A'fecevoir des rouleaux de papier ou d’étoffe, quand
- on ne les enroule pas sur le cylindre C.
- K, Tambour ou cylindre sur lequel s’enroule la corde qui sert à tirer
- l’étoffe ou le papier au moyen d’une pince plate.
- L, Autre tambour sur lequel on peut enrouler l’étoffe, soit immédiate-
- ment après l’avoir rayée, soit après l’avoir passée dans une étuve pour sécher l’étoffe ou le papier.
- ZUBER il C'e.
- R. Brevet demandé par M. IÆOA GODEFROY, de Pateanx, le 22 octobre 18M, pour Appareil propre à diviser ou dégrader à volonté les couleurs, applicable à toute espèce «l’impression. (Voir PI. 11, fig. 4.)
- LaboîteAest garnie des diverses couleurs que l’on veut employer,et qui sont réparties dans les diverses compartiments A’A’. Ces couleurs se dirigent vers l'ouverture dans les caniveaux D. Lorsque les cylindres sont formés, c’est-à-dire que les orifices 00 sont tournés de côté, de manière à ne pas livrer passage à la couleur, les choses restent en cette état.
- Maintenant, que l’on veuille faire usage de l’appareil on le place sur un grand châssis d’imprimeur. On a préalablement réglé la longueur de la courbe que l’on veut faire parcourir aux cylindres, en raison de Veffet que l’on désire obtenir : cette longueur sera déterminée par les divers points d’action que l'on aura donné aux diverses bielles H. Les choses ainsi dis posées, l’ouvrier saisit la manette I, la lève et l’abaisse à une ou plusieurs reprises et charge son châssis suivant le besoin :
- Les couleurs descendent dans les proportions commandées par les dispositions ci-dessus.
- « L’opération de l’impression continue à la manière ordinaire, et « quand il s’agit de récharger de nouveau le châssis on procède comme « il a été dit ci-dessus, »
- (Certificat d’addition demandé le 27 août 1845.)
- Le perfectionnement faisant l’objet de la présente demande a pour objet de former des zones ombrées ou dégradées, en employant la couleur fournie à froid ou à chaud. La couleur, fournie à froid par des robinets fixés à la boîte ou bassine, est répandue dans des tubes horizontaux percés inférieurement de plusieurs petits trous;par ces trous la couleur s’échappe sur la pièce, qui dans sa marche frotte sous ces tubes, et elle se dégrade naturellement. Cet effet est facilité et provoqué par des jets de vapeur qui s’échappent de petits trous percés dans un serpentin qui ^st placé parallèlement sous les tubes ci-dessus. On utilise par ce procédé la capillarité de l’étoffe pour dégrader la couleur et la fixer.
- On comprend que la pièce passe entre les tubes à couleur et ceux du serpentin. On agit de la même manière quand on emploie la couleur à chaud; celle-ci se trouve alors chauffée dans la boite ou bassine au moyen d’un serpentinou d’un double fond dans lequel circule de la vapeur.
- Après avoir donné un aperçu de la nature de mon perfectionnement, je vais à l’aide du dessin ci-joint le décrire en détail.
- Description.
- AA, Boîte ou bassine contenant la couleur; elle peut être divisée en compartiments quand on veut employer des couleurs différentes ; dans ce dernier cas les cloisons seraient placées dans l’entre deux des robinets.
- Elle est chauffée, au besoin, par le double fond A dans lequel circule de la vapeur; au lieu de ce double fond on pourrait employer un serpentin.
- BB, Robinets adaptés à la bassine A. Dans le cas de division de la bassine en compartiments, un robinet B, correspond à chaque compartiment. C, Tube de distribution percé inférieurement de petits trous par où s’échappe la couleur ; ces trous sont indiqués fig. 1, où le tube G est supposé transparent. DD, Bouchons en liège formant les extrémités des tubes C et que l’on les retire pour les nettoyer.
- F, Serpentin, garni d’étoffe (de laine préférablement), pour éviter les taches sur la pièce qu’on imprime.
- G, Grand bassin recevant les égouttures de la couleur ; cette couleur se réunit à une extrémité du bassin G où elle est chauffée par la vapeur perdue du serpentin, amenée par un tuyau M. On soutire la couleur chaude dans un baquet H, et on la verse dans un réservoir H’ placé au-dessus de la bassine A et servant à l’alimenter.
- Un petit tuyau I percé inférieurement de petits trous, répand la couleur fournie parle réservoir H’ sur toute la longueur de la bassine, afin de ne pas refroidir à une seule place la couleur qu’elle contient déjà.
- Dans le cas où la machine fonctionnerait à deux couleurs, le bassin des égouttures G serait divisé en compartiments, ainsi que la poche G. Il y aurait alors deux baquets H ; Le réservoir H’ serait divisé en deux compartiments dont chacun aurait un tuyau I, qui viendrait rapporter la couleur à chaque case de la bassine A.
- J, Entrée delà vapeur dans le double fond de la bassine.
- K, Sortie de la vapeur de la bassine.
- L, Arrivée de la vapeur pour le serpentin.
- M, Sortie de la vapeur du serpentin.
- N, N, Rouleaux ou barres fixes pour tendre l’étoffe ; on attache, pour soutenir la pièce, de petites cordes d’un de,ces rouleaux à l’autre entre chaque paire de tubes de distribution C.
- O, 0, Rouleaux pour enrouler la pièce.
- P, Pièce de tissu sur laquelle l’impression est opérée.
- Q, Barre en fer fixée au bât et supportant les étriers R RR de la bassine.
- Fonctions de l'appareil perfectionné.
- Aux bouts de la pièce P sont cousus des morceaux de vieille étoffe que l’on fixe sur l’un et l’autre rouleau 0, en la manière ordinaire.
- La pièce étant enroulée sur un des rouleaux 0 on ouvre les robinets B, et on fait circuler la pièce dans toute sa longueur sous les tuyaux C, la couleur qu’ils fournissent se dégrade naturellement et se fixe par l’effet de la vapeur fournie par le serpentin F. On peut passer et repasser la pièce plusieurs fois pour compléter l’impression si on le juge nécessaire.
- On pouvait augmenter la longueur de la bassine et le nombre des tubes pour imprimer de la même manière des tissus en grande largeur.
- Il, fig. 4.)
- D. Appareil à Tapeur pour mouiller l’étoll'e, afin de faciliter la dégradation des zones et opérer la fixation de la couleur.
- (Certificat d’addition, pris le 1eT octobre 1845.)
- Je remplace le serpentin placé sous la bassine (voir la description de ma première addition) par une grille a, B, figure D, composée de plusieurs pièces ou coins, mobiles à volonté et d’une forme différente, comme la figure le fait comprendre.
- Figure D, aa. 7 règles rectangulaires en bois ou en métal d’imprimerie, recouvertes d’une bande d’étoffe ou d’une brosse pour unir la couleur. Ces règles sont en contact avec la portion de l’étoffe qui reçoit directement la couleur tombant de la bassine, par les petits trous percés dans les canaux B.
- bbbbbb. 6 règles triangulaires en bois, en métal ou en verre, pour remplacer les cordes, et qui sont destinées tout à la fois à tendre et à réserver jusqu’à un certain point la partie de l’étoffe qui doit former le clair des zones fondues.
- cc. Deux supports parallèles en bois, et traversé dans son épaisseur par une tringle de fer qui augmente sa résistance. Ces supports sont destinés à recevoir les règles a, B, au moyen des entailles qui y sont pratiquées, à des distances convenables.
- dddd. Quatre vis à tête de violon, qui servent à élever ou à abaisser à volonté les supports cc, et à rapprocher l’étoffe des canaux de la bassine; e, e, serpentin en cuivre, placé à l’intérieur de la grille a B, et un peu au dessous. Le serpentin a pour effet unique de projeter de la vapeur sur le milieu des zones formées par la projection de la couleur, afin d’augmenter son affinité, de la dégrader et d’aider à sa fixation. f, robinet pour opérer l’entrée de la vapeur libre, g, autre robinet pour ralentir ou augmenter la sortie de la vapeur, s’il y a lieu.
- hh. Deux règles en bois dont les deux faces opposées sont légèrement convexes, et sillonnées de plusieurs rainures divergentes. Ces règles ont pour objet de tenir l'étoffe au large (terme de fabrique) quand on la passe et repasse sous la bassine pour achever la formation et la régularité des zones fondues; on a soin, cependant, de retourner les règles divergentes, selon que l’on passe l’étoffe de gauche à droite ou de droite à gauche.
- Il est bien entendu que les divers perfectionnements ne changent pas la méthode que j’ai décrite primitivement de faire les fondus ; ces perfectionnements ont pour objet essentiel, savoir :
- 1° La grille et les deux règles divergentes tiennent l’étoffe au large.
- 2° Le serpentin projette la vapeur sur le milieu des zones, augmente l’affinité de l’étoffe pour la couleur, et aide, pour ainsi dire, à sa Anation et à sa dégradation plus régulière.
- * GODEFROY.
- E DESCRIPTION
- DE LA MACHINE DE M. JOURDAN
- Pour teindre mécaniquement, rayer et ombrer le* étoffes par un système de pression partielle et continue au moyen de molettes entre lesquelles passe Fétoffe. (Voir planche II, fig. 1,2, 3.)
- (Brevet demandé le 8 novembre 1845.)
- A, Bâti en bois de support à la chaudière C.
- B, Serpentin pour le chauffage du bain de teinture par la vapeur.
- C, Chaudière ou bac en bois contenant le bain de teinture chauffé à feu
- nu où par la vapeur.
- DD, Patins servant de coussinets aux cylindres en bois J J.
- E, Tringles jumelles supérieures en bois ou métal servant de supports
- et de coussinets aux molettes supérieures F.
- E’, Tringles jumelles inférieures servant de supports et de coussinets aux molettes inférieures F. Sur le dessin ci-joint, chaque tringle porte huit molettes, mais l’on peut en augmenter ou diminuer le nombre selon qu’on le juge utile aux qualités de tissus que l’on a à teindre.
- F, Molettes supérieures en bois ou métal montées sur axe.
- F’, Molettes inférieures en bois ou métal montées sur axe.
- GG, Patins à coulisses pour le rouleau inférieur.
- H, Rouleau intérieur.
- I, Main ou cramaille servant de coussinet au rouleau intérieur.
- JJ, Cylindres en bois pour l'enroulage des tissus.
- KK, Bacs en bois pour recueillir une portion du bain entraîné par la marche du tissu.
- L, Robinet et tuyau pour l’entrée de vapeur dans le serpentin.
- M, Robinet et tuyau pour régler l’échappement de vapeur du ser-
- pentin.
- N, Manivelle pour les cylindres JJ.
- O, Traverses servant de supports pour le tissu.
- P, Tissu enroulé sur les cylindres JJ.
- Pour teindre rayé-ombré avec la machine ci-dessus désignée, on commence par enrouler l’étoffe sur l’un des cylindres JJ. On la fait paser entre les molettes inférieures et supérieures, ainsi que sur les traverses 0, ensuite sur le rouleau intérieur H, et on la reçoit sur le second rouleau J, auquel on imprime un mouvement de rotation avec la manivelle N. L’étoffe ainsi actionnée fait tourner les molettes inférieures qui plongent en partie dans le bain de teinture, ainsi que les molettes supérieures qui forment pression sur l’étoffe. Les molettes inférieures, par leur mouvement de rotation, entraînent et portent sur l'étoffe une partie du bain de teinture de telle sorte qu’ayant passé sur les huit rangs des molettes, l'étoffe se trouve assez fortement chargée de bain colorant pour qu’arrivant sur le cylindre J, il s'écarte à droite et à gauche du centre des rayures colorées faites par le passage entre les molettes, une portion de colorant qui forme l’ombré ou dégradation de teinte. Cette opération se répète alternativement d’un bout du métier à l’autre, autant de fois qu’il est nécessaire pour obtenir l’intensité de couleur que l’on veut avoir. Les rayures ombrées peuvent être plus ou moins écartées; il suffit de diminuer ou augmenter le nombre des tringles jumelles E et E pour obtenir ce résultat.
- JOURDAN et Ge.
- pl.1x1 - vue 37/91
-
-
-
- ®i*le«ir,ïs,rfjsf»
- I A ariO«“ ’*
- .rtîîïtvsiî ,v*$
- $ H ‘irlZ'Hi cy|j
- flfMW ,vfr?l >irr <'*>'nsg»1,
- b aîH/bt-lr.
- • * >•*} -.X] N r-
- fiht ) fV-;!•/<(>
- ' .:/ >J0
- ry> ho boi| <\ yr.i'. '-- /i.
- :i i^i ÆlVanMSbbaot
- i .\i\\ «wnh.m ob r ;<:J
- iïHmh : b.7î.'iib :r:B .3 ijîofü«2 r -n
- Zi!'' )
- v1 —V?’ A'Aî A*
- / an :;!ibn :Ort s?^!o :
- ;/./'• ».! oi .,'iT .~f
- ; /’ . ri •-; . : V (Ui •' ‘! ’
- ••'•H-bov *V iobi---: f:):>
- ' n-\ ;uc^î,
- Vi: o ‘’bbuo! of'Ki
- If-ry: 1 >JOr aa-b / .v;h '•}/ / -,w:\tv V.-.1-.-* '-o iVos^o’tq ‘'.v.b aW.\
- Vi vt '-v^oV-'s | {) Vov • à.
- • /-n;'* .
- o-. o'o. o. K .b-
- .V’.i à a ’Mv-fA\'\^y h:, .'4-h>
- •••.*; c<¥^ ‘*voH ..nK
- kUïXôtb'. A'V^:v\) svV ,s>ik,v-,
- : i'' *cn H?-. ,‘-Htià-T
- ' '!(•.:ri
- ii); •»;n; oi
- kiil ».‘4. !/ > a *>1 UK i la W.1iV!i.î v,b :M,VïVfcv.o,tA iv'fjb ütm'b r'Uü.
- .UX(<U ,n v:7i;
- 'Siom »f •iUf»TFl > >' r niùy-x* < **3 . ’
- i-> ,•*/ : 5*!•*};- jio lus -,»î» 'uijmsiiv l'jteotfvî^ «o
- .«^«ï.îrrîîw •?«*!"li HitKwttfitrnàttifih’snjj }?>"KÏ»:'>at*>}tiwi;ia mis
- fa r* <fijf'
- , , I^v»*> '
- •i .u4i* :«ïue fi ”1 ; ^ !•> !11>>f' r;jn*>,.«•vf
- al h'-g'iub xl»5 i/3(j ««.-.i kiT è'ti 'ujoh >:s> ï'YiMw.- zlu*
- -:Vl4-;-; >b;‘bob :ï : . ir!;r’j-<bn îjobbiiu'?/ijî nÔHî b; ’H i o;i î'ibliù zMïM-iïlfrw;^ .•.*.}>;!>': «41) /•’ ô;4^b'b î’rli^cVl-uu; a itJuiom 1), i!.SJ-iU‘| bbàrsi n 'î*i{jpi:d DO vu-bj^iah i;i *.»ît àmvk’fî tvJ îq 3fî<7? ^linioict .1.
- '} >!iu‘nO’;;
- x i : i» sb tu,,-/
- i'illüfait; 3b
- % Uo «olyniii iiouiU} ^ ijni'iJ
- -nvvtttV afniio ... ai sfi *jrb ispiib bn^iüùb j>/j ü ot,•:.!!>:
- iiiiwb-vv.a jVi\'î-.«<J-,.V'-'v,^V.')4V,.v‘i5 ajrtv' viïi
- .iVfïs-imb /.-y) rat ».,\,fisnVb!\n» VÆVV^yjn ioBbioa r-av!
- 7-li^'jïl.oi W qü-J*> t.:, ; tAQ* «-'iao-'i 3n^«\*ioiOfO f:,.i
- . ab:ii.-i=j ?ul-j yqr; bue.” '! 012 luâoqvb Jjili.-ÿM .1; twambao:
- . , '.laiî,fO='y/,‘-îtbi(i aJj -jJiifr.-jf ’
- ï-.r -’t uô'oib"‘!Î&‘) itiAvc w’rwr iueq rvthfhrji ,;;>*> ^ui-.ib ub Imtiïst'&l jiut liaaluo -jf;o*î fo^qa:;:3:b ,iri;rA .xfruh-.i-.* !:rusv..ï zuc vaîiïv «fii'fiîffo bh 'm&gïti 'r, uü{) i'blioo a 'hT!:Jo?':!>> a 0 : /> oVirliuu U i\\ hïyiTtf'iOpiï èt*/> üi a*:: ?-0-i 'J’t l'bll’jfcJifi'ïç
- uj» omib) b"aub:ti b- '.r»iik' b >jr i\ ô,- fckaf'.yivi\ V> S«»\ î?\V h\-
- ' ; . üî 5»b».V>-K,;.\ jê'
- ouf) Tl Ufbxj 3o B iü&i‘.ùJx!» afio!iioï t»t th-JV-A. i-mug a »«.<7a
- *«r? yJHü'jciob uoiiaibi 'tyîiiômgrn.’fj iüi/; a ô.ui< A ü an<r,n ûï ;>
- >b x j i lui liii yiiijnifjp ybüiS't” ai‘I»ï yil*J :rib:a;i' '..'Rij’rVl ws. Uu2Qi\;,.b it'V'
- i. ' ' .‘/iijîr::;
- «jûow «0 '«w-Ui bh\i4o« h ‘«iwrtc.'j *uhhî ''HH' '*>h Jm n?),-a'0
- îî)Ul. ao 3‘4Îi'; j^)0 'iilj-itdo 'Jüoq jhï»JntC>‘i .nb v\\üh ‘iVhflK\ î>l « biUa'bitV ~c(q Jh ï fcüu'.iit >M iiàj ifUivaiol no nibniyj *. aava ioultjoa my
- an Uvjiuz hii'u:» aibiruv/. nii ,CJ(! ÂiAJaq' nab &if- no D M 3j=.:
- 110 aenohîi s>î&Ji ’l>f* "uAuou ai 4>ühaO . à fJiglv'i n 1 .!r ,
- * * .(!'’ TA l-n<;7ylb »'.* H -tTiw
- -mu 8*>fi UO'î ob 'nbaa.a ‘inunhaib 131.. "ob. aijMJa h»M\ çè.
- ’-HOf) îuav îw'üp .'‘itianîjirri’f ïio‘ib;' .'z’hl-nz a oVab*'»ù(>-: ,*•♦ -i .•MV f!«urn ; fl'ilnioj4 wmî e-ih mw't; ai «•<(,.• 30 /Vï-lroo bit-/! £ ;ia
- i'i oftibai in 8 aaovol'jmn ï a.-f: i-i yn -wo'.t ,:/qrn /<. -,o
- ko t>Sïa: yiui ‘h:o!|. ; ^yJJüjoHf .; a*rttbïi/t#-.'*j<> **i, i a>ib';î;.*;ïi ?»u ^jjjîï
- p.n.n. - vue 38/91
-
-
-
- 2. DESCRIPTION DES CHANGEMENTS, PERFECTIONNEMENTS ET ADDITIONS APPORTÉS PAR MM. JOURDAN A LEUR MACHINE D,
- PROPRE A TEINDRE MÉCANIQUEMENT, RAYER ET OMBRER LES ÉTOFFES PAR UN SYSTÈME DE PRESSION PARTIELLE ET CONTINUE.
- (Planche ///, fig. /.)
- r. Premier certificat demandé le 1 octobre 18M, pour le mode de disposer chaque rangée de molettes sur un seul axe, et pour des changements et perfectionnements à leur maehine, qu’ils nomment, disent-ils, 9Mn ch IH F et système pour teindre rayé-ombré 9 par capillarité•
- Les changements et perfectionnements consistent : 1° à substituer dans certains cas pour les étoffes fortes, par exemple, aux tringles jumelles inférieures E’ et molettes mobiles inférieures F’ de petits arbres en métal portant des molettes analogues à celles F. Ces arbres garnis de molettes sont placés en travers de la chaudière ou baquet sur des tringles ou supports servant de coussinets aux tourillons des arbres.
- Les tringles jumelles et molettes supérieures EF se placent alors comme il est désigné dans la première description de la ipachine de manière que les moletJt^^^ÊÊf^vant placées perpendiculairement au-dessus et en contact aveÆg^inféfwjikes forment pression sur ces dernières.
- Les molettesjpfct celle#|nfôrièWes sont garnies de drap sur leur circonférence à l’Iîîlt d’entraîner et déposer sur l’étoffe une plus grande quantité de bain colorant. * ;
- La largeur du champ^des. molettes peut varier selon celle qu’on veut donner aux rayures^msêïeés. Ainsi, par exemple, pour obtenir une rayure ombrée de 6 à 8 centimètres il suffira que la largeur du champ des molettes FF’ soit de 10 à 12 millimètres. La capillarité du tissu à teindre fait élargir et fondre la teinte de foncé à clair et même à blanc sur les bords de la rayure.
- Nous avons aussi garni de drap le rouleau extérieur H et celui H’ (que nous avons ajouté à l’appareil) afin d’augmenter l’action colorante de H en déposant sur l’étoffe à teindre une plus grande quantité de bain de teinture.
- On se sert de ces rouleaux HH’ pour donner à volonté plus ou moins d’intensité à la partie claire de l’ombré; pour obtenir cet effet on met II en contact avec l’étoffe à teindre en l’élevant par les mains I et plaçant H’ dans les coulisses des patins DD, de manière qu’ils soient en contact avec l’étoffe à teindre. Quand la couleur est assez intense on abaisse H en élevant H’ (1).
- On peut augmenter ou diminuer le nombre de rangs, soit des molettes F F’, soit des arbres à molettes, selon l’intensité qu’on veut donner à l’effet ombré, et aussi selon la force des tissus à teindre; ainsi, par exemple, pour les étoffes fortes, nous employons 6, 8 et môme 10 rangs de molettes F,F’ ou d’arbres à molettes; pour une gaze ou étoffe légère, il suffit souvent de 3 ou 4 rangs pour obtenir l’effet voulu.
- On peut aussi mettre plus ou moins de rayures ombrées sur l’étoffe à teindre; on peut les écarter ou rapprocher à volonté; il suffit alors d’augmenter ou diminuer le nombre des tringles jumelles EE’ portant les molettes F’F’ ou d’augmenter le nombre des molettes sur les
- arbres.................. , . ,....................................-
- Les produits de cette machine, c’est-à-dire les étoffes teintes, rayées et ombrées s’appliquent aussi à l’impression, en ce sens que les effets ombrés forment les dessous sur lesquels on imprime à la planche ou autrement des dessins à une ou plusieurs couleurs.
- Gv Deuxième certificat demandé le 5 avril 1845, pour Faddi-
- tiou d’une bassine .garnie en dessous de plusieurs robinets
- que Fou fait mouvoir simultanément au moyen d’un levier
- unique.
- Les additions et perfectionnements consistent à ajouter à la machine déjà brevetée et perfectionnée, un système de robinets ayant pour but de faciliter lateinture ombrée sans envers sur les tissus épais, comme la flanelle foulée, les draps, etc., en distribuant sur l’étoffe et à volonté plus ou moins de bain de teinture.
- A’, Cuve en bois ou en cuivre, contenant le bain de teinture, et dont le fond est traversé par les robinets C, fig. 3, qui sont adaptés sur un bout de la machine, fig. lie, comme il est indiqué en A’.
- B, Serpentin de chauffage ( fig. 2 et 3) en cuivre pour chauffer le bain de teinture.
- C’, 7 robinets à molettes (1) traversant le fond du bac A, disposés de manière à faire suite aux tringles jumelles supérieures E.
- D, Sept tiges correspondant aux clefs des 7 robinets C C.... et à la tringle horizontale servant à ouvrir ou fermer les robinets C.
- E, Tringle horizontale servant à communiquer un mouvement simultané aux robinets C, par les tiges DDDDDDDet servant à ouvrir ou fermer à volonté plus ou moins.
- Pour teindre rayé-ombré sans envers les étoffes épaisses comme flanelle foulée, draps, ou autres étoffes analogues, on procède comme il a été décrit dans notre première demande de brevet.
- L’étoffe passant entre les molettes inférieures et supérieures reçoit le bain colorant par projection et en dessous. Le but de l’addition est de fournir à l’étoffe une partie du colorant qui lui est nécessaire {en dessus) afin que, malgré son épaisseur, elle soit entièrement pénétrée de bain colorant. A cet effet, on ouvre, autant qu’il est nécessaire, le système de robinets, en imprimant à la tringle horizontale un mouvement de droite à gauche. Pour fermer les robinets, le mouvement doit alors se faire de gauche à droite. Le liquide colorant s’échappe alors par l’ouverture inférieure du robinet, et est reçu par la molette mobile dont se trouve armée la partie inférieure des robinets, afin que le bain soit déposé plus également sut le tissu par la molette qui se trouve en contact avec lui.
- Quand il est nécessaire pour quelques couleurs de déposer le colorant sur le tissu au maximum de chaleur, c’est-à-dire bouillant, on supprime les molettes, et on fait approcher les bouts des robinets (garnis intérieurement d’une éponge, de manière à ce qu’ils soient en contact direct avec le tissu.
- On augmente ou diminue à volonté le nombre des robinets, suivant l’écartement voulu entre les rayures ombrées, ou le plus ou moins de largeur des tissus à teindre. {Copie textuelle du brevet)*
- (I) Le dessin fig. 2 et 3, par une erreur de l’artiste, n’en indique que B. (R. de L.)
- fl. troisième certificat d’addition, pris le 5 juin 1845, pour la disposition de deux cuves de teinture séparées, pour teindre, rayer et ombrer avec deux couleurs à la fois.
- Le mécanisme général de la machine reste le même que celui déjà décrit dans les précédentes demandes du brevet principal et pour les additions et perfectionnements. Mais pour obtenir des rayures ombrées de deux couleurs, nous avons substitué à la chaudière ou bac désigné dans nos précédentes descriptions, sous la lettre C, une chaudière ou bac à deux cases ou compartiments dans l’un desquels on met le bain de teinture rouge (par exemple) dans l’autre on met le bain de teinture bleue. {Extrait du brevet.)
- I. Quatrième certificat d’addition, demandé le 8 novembre
- 1845, pour Femploi isolé de la bassine décrite dans le
- deuxième certificat d’addition, et d’une cuve à vapeur pour
- faire les couleurs.
- Pour se servir de la machine ainsi disposée (1), on en roule l’étoffe que l’on veut teindre rayé-ombré sur un des cylindres en bois E (ou J dans le dessin), et on passe la pièce par l’ouverture laissée entre le bac C et la caisse M à son entrée et à sa sortie (2). Le tissu passe alors sous les robinets 3 (G dans le dessin) et s’enroule sur le premier cylindre E (ou J dans le dessin ).
- On chauffe le bain colorant contenu dans la cuve H, au moyen du serpentin I (B dans le dessin); on introduit la vapeur dans le fixage C M, au moyen du serpentin percé de trous B ; on ouvre alors les robinets J (G dans les dessins) à l’aide de la tringle L (E dans le dessin fig. 3.) Le liquide colorant s’échappe alors par les robinets et se dépose sur le tissu qui le reçoit, tout en étant vivement enroulé sur l’un des cylindres E (J dans le dessin),puis sur l’autre. La pièce devant aller et venir autant de fois qu’on le juge nécessaire pour l’intérêt de la teinture ombrée. L’étoffe recevant aussi le colorant en allant et venant sur les cylindres EE, (JJ dans le dessin) passe et repasse dans la caisse à vapeur G M, se trouve alors en contact avec la vapeur à haute température qui aide le colorant à se fixer sur le tissu.
- Les traits rouges et les lettres rouges (3) indiquent les parties nouvelles de l’appareil et aussi le tissu.
- Nota. Nous ferons tout particulièrement observer que l’addition de ces boîtes à vapeur n’est, en aucune manière, une chose indispensable pour la fabrication des ombrés sur les étoffes et leur parfaite réussite.
- Ce n’est qu’un moyen d’amélioration qui, dans certains cas, peut légèrement accélérer la fabrication.
- (1) C’est-à-dire la machine fig. pl. II, dont on aurait enlevé et supprimé les tringles E E’ et les molettes F F’, et sur lesquelles on aurait placé une caisse rectangulaire qui couvrirait entièrement le bac C.
- (2) M désigne la caisse rectangulaire que l’on place sur le bac C.
- (3) Ces lettres sont remplacées dans le dessin par les lettres en petit-romain. (R de L.)
- (1) Cela revient à dire que l’étoffe doit passer entre les rouleaux H et H’ qui doivent être placés sur la même ligne droite que les molettes FF. (R. de L.)
- pl.1x2 - vue 39/91
-
-
-
- K * 2 x
- •u ••!pvu ïiht ni*- uvr
- t*'--' --.
- WWW
- : r là "’R VT-. .. v
- rw^ffo / j m/.v.:rmo h/.i^/.u av-üïi myom tu
- y-:» rjfev*i «JMITJtt: .MK/ 9J» 'oiriifeuî* .A
- (xl>8{ vtiVvao nj-.pjS zm\ .\otm$\)
- • -mo«i lîv.isrçfî#; ..Jt '' - ' •>n\j''. )"> ' ji; U/! »n;ir.; - ; .. J
- f;<\\ ' -,f »wj,; •' }.*• > ivt’- o.o1‘tüi|
- i'<' '<( i:i» ;,( ij . • • ;;
- •’• • ‘ : . * r - !! T ‘ ;:vi
- '• V! *. ;..:V
- • -V5J«- Nü-nhm '.nïyï'ü'l : ' îl ft: : > u
- u; >ny!;,: • y/,.} • ^r;• ^ ", V(-/'>V' : yV, ? »i
- ( f.! 0l«/: (lit
- .'•! ‘if’ JI >
- '•lu't u-uipiO i'rnuio "in ':i >u:t$?n.iL nu/(nu.
- .:,f "-1
- J'JJrtüttU /jrjoJiijj'j Alir/ •
- *jl) 'VgnoIljF, Î!.tl>‘i1î Ç;!l mou :-‘f! iflojim
- t h. uiJ ? j-{ y. • ! i !! .a Jg- > J'»!. fjg ;; 1
- '"U-. ‘)!j; • i'i ' ••. - >! i'-i J\ ’ ?.V)V S'il f ’t* • J i
- ttlî . I 'i' -i .j •m * 1 ff •.i;. ! ü,i;< whi ; [îi'j ;V( *}'< '!
- r- // 'U • j1,:-. U.li.t . il i 1 ni; JO f-.iiOg !
- • 'f : >:ù'l il}:- : >1UV - î ' ii! ïï ïH-i 'l *! f î f ‘ :••
- :;« .:.}' <u.r ; il , I.U., •i J't , ''ia* W.î
- . r i:r ;:j . *•> OJOJjvg
- i ;T fi • mi;! Mj:1:; n-> J j.. .. -A fîlî. ‘.1 i-JifUl'i
- •» ',*ij»wA'-iv:>a..-nq hij» 'iyii{fi;j ol oo
- ol -.5;
- ho r<jM.W!'>y»ftv j,r ^nimwlùhtü ry!mon'mib ?m
- i -.îlfjiVi-jJnrf) üq injupi üir iv;uuaï)i'-:)i aw''.lî:(y. 0 gtolis H9b
- \ Jyî.vX} jjL> y/ynsimvuc
- .V-- •• 'b jv*i‘:‘.\VwM\
- < 'A.t r.>-j.ii j--S • -K/ic.H >‘A> th •j.j-.-ü .L - Jii oibm.I'J!
- •or.-&.M uo • !ja(i .'/À -rtrf:»rnti-riîq-iï>»î*> r.-:
- , ! *;'»ii;..,.
- .Ofüff Kfu'i ! ünil'.
- •iio;> '«mir-ho/jy'b “iib.i ;j : ; ' L ? j, gju-i jro obi io* i l AU ji
- - ' - .ol.üsnov
- . :-itiiJi ! ''!! jy t:) i!i,*3hti.'! il piüq l Ui'b fV.'Ovjjfif; û^ iol 10J fly JlOqquS fü /j o-Unoo 'î ml •»; "î •>: i :•<!» bi'j-.fù ''k*H vb tmû «1
- .. u<\ - ji iiïj uoi‘! ;u,| j;[ ‘iOHiu/j 1’;^ «»'/. r»>
- • - 1 ii ':iP, n,.
- t?!' Uj'l ;:> r i. ::)fjr-i.' yir'b : m K-i <> 0 .îilü:',: : i;1 }!>v j;-* * » H Mi
- .min;” iionti* y v i 'iJiii'ijO •> ! KJ i jJ.n
- •P, . flJf
- /r - j j f*} j [ > f * j • i'V ii;> ' ; . i-! lüllfUM
- - • * i I '/»[• i'i nu ••ni^ ;
- i-, ; * \ j * »} uti:: t 'i .mon: , ‘ - J t)!
- -U 4 iM,‘v - n!. * ji i oVs'sju ; : r ï » U t ( . , •>[: :> nu ion. ÿl .>4 i iÔl <1
- .!*!• 1 * - r.fjlf'fv ; 4 ' 0' U'/o'ul
- l ! P: ‘)f fit /! y;; p ti . ) &ôi t n ! i
- ?h ! <,»*; <>"f . hi' 'n Oü :••>'! j ' i ; i:.,; :. riM^ ;>ij .Ù.-S.Ü. ; 4 '4 i.Vüp lit i .op:
- ou’ ï.\) />iq >1 j il 1 • i * i ’: îîîi'-I*
- ' .i'* < \>.?vk. ! ; ifu ;'il) - j •'îpif.iùmû'.i ; :: : /OU ’i
- t?*: y 0 .! i' rnuù. ! 'fuiù otn; h.bhwti •;!' vn'l : UH-
- ..00' 0'!!>‘U:U !
- J _ - rO: <;î; -o ; r. . r
- / : 0 <1 jii lu! * j Kl 1» 14;,
- ‘ W>V ; 1! .fil r.l !
- ' /.U 11 u f ,, J', "iin un; i ii -i 1' **y r-. 41 oHh-i Wi?. îu.3
- ! !<< 4-j i; ïit;i-j.- OH OÎ! :
- il!!! :J ] •’/n J) '.n piu;(i »«• T’ - i ' r > r‘; 1 *' 1. •>-. ’fq *•'
- ; 1 ii i • 1. . •, i. • ; i » îUÏ*-f> -ïïî.«- 1 ;» vï*’ >»> 1-^*1
- ' l’.u : i }, fi’ tr • ' * • •{
- ) i; "Al : n:.’! .1. '•/pjYuîqmu njov nul Oljp "li‘. u U 00 Zuh'i
- •U f'' ,r\ 'n /C> • K itnip:' > tO‘i
- IUf' 1 . J ’ ' ..'j v' u iï , ; ; f* ' î ; ’i : 1 î V* i r/i, : ! t: ‘ ‘H' :> . (1 y. u "
- ’{.•••/1 'I : >. / f 1 ': . . j • V" /
- ’i Ul "J oi if M j •• i:t l ‘ - -U. - •{.|. 'J *' ! t î *j j •ni .0(.» V:."»U
- ni î' ’OH ./ x- . ! j>:i îonlo: * A}1. \ I • > . ' i
- ^i-uD J
- (Ü> !•.'!> • -îiicd.j;!;] o i;1 A ,J - yàïi; t -n-./’ -k’Vjijir 3Huai
- il
- r. S’il .fc-urnoî
- p.n.n. - vue 40/91
-
-
-
- 3. DESCRIPTION DES MACHINES PROPRES A TEINDRE A L’AIDE DES COULEURS ELLES-MÊMES,
- QUI AGISSENT DIRECTEMENT SUR L’ÉTOFFE PAR ASCENSION, ET LA PÉNÈTRENT EN VERTU DE LA LOI DE L’ÉQUILIBRE DES
- LIQUIDES.
- J. Machine de MM. COLOMB et LALAN.
- (Brevet pris le 11 juin 1845.)
- INDICATION DES PIÈCES PRINCIPALES DE L’APPAREIL.
- « Cet appareil (Voyez la figure lre ) (1) se compose principalement : « 1° d’un réservoir A en cuivre, contenant la couleur; 2° d’un ou plu-« sieurs conduits B destinés à l’écoulement de la couleur ; 5“ d’un ou « plusieurs tuyaux C dits de distribution par lesquels la couleur arrive « aux ajustages D qui traversent le petit cylindre E, la portent par les « orifices D’ sur la pièce à teindre ; 4° de ces petits cylindres E en cuivre a garnis de drap et destinés à égaliser les couleurs sur la pièce au fur et a à mesure qu’elles y arrivent ; 5° de deux boîtes en bois FF contenant « la vapeur au moyen de laquelle les couleurs sont fixées sur chaque a pièce que l’on y fait passer; 6° enfin des rouleaux placés à chaque « extrémité et destinés à y appeler et recevoir alternativement dans un a sens et dans l’autre les pièces à teindre. »
- MOD-I^d’eMPLOI de l’appareil.
- ............................................................
- La pièce en effetiplacée sur lâMbine I se déroule sur le rouleau d’appel H, et passe alternativement dansons boîtes FF à travers lesquelles elle est guidée et mairiMiue par les^uleaux G’G’G’, mus eux-mêmes par les poulies GGG. Dans •cv trajet,-^o^est nécessairement mise en contact avec les cylindres EE^^èùûÿ^ouleurs, s’échappant par les orifices D’, se trouvent par l’action de ces cylindres égalisées aussitôt qu’arrivées sur la pièce ; quant à celles non employées, elles tombent dans le fond placé au-dessous des cylindres et s’en écoulent par le conduit M.
- D’un autre côté les couleurs sont fixées sur la pièce au moyen de la vapeur que portent dans les deux boîtes FF les conduits 00 dont l’embouchure est surmontée par un champignon de même métal 0’ destiné à éviter qu’à son arrivée la vapeur ne heurte la pièce et ne fasse tache en la frappant.
- Enfin, lorsqu’à soi/premier passage sur les cylindres EEE, la pièce n’a pas reçu la teinte convenable, on la fait repasser dans les boites FF, au moyen des rouleaux de rappel HH, et l’opération se trouve terminée.
- C’est ainsi que fonctionne le teinturier mécanique, quand on ne veut obtenir qu’une seule couleur disposée par bandes à teintes décroissantes.
- Quand au contraire on veut teindre simultanément en couleurs différentes, on substitue au réservoir A, qui dans le premier cas est une boîte sans division, un réservoir à autant de compartiments intérieurs que l’on entend employer de couleurs distinctes; on augmente en même nombre les conduits de descentes B et les tuyaux de distribution C, sur lesquels sont vissés le nombre d’ajustages convenable; de cette manière, chaque couleur arrive en même temps et sans confusion sur la partie de la pièce qui doit la recevoir en traversant les cylindres E, allongés eux-mêmes en conséquence.
- COLOMB ET LALAN.
- (I) Représenté planche III, fig. J.
- K. Machine de M. DESCAT-IBOLKKT.
- (Brevet pris le 17 septembre 1845.)
- La figure (1)représente la disposition de la machine, et démontre la disposition d’un tuyau T, monté sur le châssis fixe J, percé de fentes allongées, i i i i, et communiquant avec la chaudière N servant de réservoir dans lequel se trouve le bain.
- En ouvrant le robinet R, le liquide passant par le tuyau G, vient remplir le tube T et s’échappe par les fentes ii i ; la pièce le ramasse en passant dessus, et va s’enrouler sur l’un des rouleaux D, D.
- Les barres B, B, sont des barres de contrainte ; C, C’ sont des rouleaux qui supportent la pièce. EF, FF’sont des engrenages qui appellent la pièce I’. „
- K est un bac recevant l’excédant du bain pris par la pièce.
- L robinet communiquant avec le réservoir K pour le vider au besoin.
- M seau servant à transvaser le bain.
- N chaudière servant de réservoir pour alimenter i i i i.
- DESÇAT-CROUZET.
- (1) Fig. 5, planche II de la note,
- pl.1x3 - vue 41/91
-
-
-
- ± a mmm a «aMons m æamiaoesa •*.
- 4H'/:.<âfï aj T3", tfoirtfa.'.^A A/.M wovâu mj-s raaimi>>jKia 'im&Xùt tuy'
- .?jî(jiact«i '
- \flfc
- •l.i‘*Vn.^(l' i-T'i .'.’.f 7 forfiij mi‘b •: r..< . ;• finie; :• v ’th i \
- f.T.***.,' :, -.us,.-.j.ea. .,>1:
- .(yciai râyt lh %\
- j : .-.••/•.Sri •>&! fcorujaivij '
- -; ; ju ü’.’»of ! inmamij • JüD
- l»U 11 TS :
- ov'i:-', . l'it ’o "t »•
- •i.iivii iûfipe! 2KÜIJ '!!0‘i
- frifTi7uo a J
- ; 'U ; UC- -‘H V:
- ;. • , 'i ,{••! •- I- t t . :
- aaJ
- .J .'M'-*;” .;, ;i»3 i
- '* 1 ,HI lis'.* A
- eav,; a : - i
- , I'»> UC'!-, i‘. ..
- ’rv-•vy-iSmïi!-: /
- ‘ i- -,
- . fi / •*: • d'
- :>{<. U -zih» >.
- • J A a,. / a a J . J • ••
- -v ’à- . '.:d- 'V ; ..-4
- 1 . a?.-.vi*:;. >; —a; s-
- v ,. -.a •;.)•;( ai) n:jvom ij<; im,b/ .a ; .J,1. ' J ;'p’fJrUi:; }};<!’( JfO'f pïT* i.
- aja. ::>;b((qt) y J -A-’f’w.ù.;» àn-a-aa •.» -’Uù® i; atâiq uiitw'l àjaui) j» «s/*:**.*
- i;i!ü .i a« <i •^k
- V! s! II ..i
- ! ''u}r'.
- • la . J. alonïtj^)Û£t a v. ' .^jflaayajiqrâ ' r- •y-‘ :"'çM:J;aJ a • j ;J; a*.;,; J -
- .J." a z»i j • itlsba J .n ooiaip,
- • j ."1 vw ÿ’fât! ,i)Oü<î'.«»iü<'-q
- ; • .’> .ajoiaC a.
- -*i»i»(ù!Ÿo«so ab'rir.j.'iiü’r v-i
- ' , .V£Ovi*> u-nn ërjU,>3 A'.Joauf :àaria ..
- à:' ..à m’a b ^ïba.îvo gÿb fcüOcai>m ’ •••...’iZiJ-lnoH TÎüdtHX) sel ùîôàéiJU4,m/(i '2 sojiod x»j&}* ^ if.'fib inüJ'iog pjjppxiffva'‘
- • su uü ira ,.%*ooonijfe 3.a ô‘ia;i -.a;'
- ià*î*1 ül üvfvnVc nos A'upa'ji.v.
- î»
- -:i ‘ J • A'/Jpg'lül :i
- n jj..; no r-jliUt:’j.'Hoo einpî isi yaaî *.;•') >- u
- u‘i- ti , üll i jqa'i'i -.u' icilii'jJiKii» rifiL ia{i - i ;-j.
- »»# .)f! lii l
- a wirtJaiâJ 9* ïKinoilono! eirp Jcî«**0 a 'J., -; „aSO(j3!w -lü-Jauj irtü03 Oflü'iJJ) *1:.i-'ijtio j • . .raffut
- I Sî'Hisluoa nb a i ;' „• aniH ôîbni'J jtiv/ no oiifiilnoo, üA biu‘ü^>
- 1 anu Jw) 8A« l'aiîi . ;i’üa:/ iup <h iuwr^i/i un anJiJ&iûe no paJhai : >*. i .i'u'.h-;- pin'iii ;;• lino» *»{. ‘ruitni; r. -JovasAf mi .noigiyib k(w?. oliod
- J.i.
- . i k
- p.n.n. - vue 42/91
-
-
-
- Mais, pour ne rien omettre de la pensée de chaque inventeur et de l’idée fondamentale de chaque invention, nous reproduisons les descriptions des brevets eux-mêmes, en les mettant en regard les unes des autres, afin qu’on puisse mieux les juger et les comparer. (Voir les tableaux 4,2 et 5.)
- î III-
- Comparaison des appareils décrits dans les trois tableaux qui précèdent
- D’après la description du brevet de M. Jourdan, l’invention consiste dans une machine, c’est-à-dire dans l’application d’un colorant liquide chaud et non gommé sur l’étoffe, au moyen de molettes baignant dans un bain de teinture chauffé par un serpentin rempli de vapeur, et de molettes supérieures et superposées aux premières, afin d’opérer une pression sur l’etoffe à l’instant où elle reçoit le colorant.
- Ainsi, l’organisation, l’agencement des molettes constitue l’idée-mère de l’invention de M. Jourdan , ou, ce qui revient au même, l’invention de M. Jourdan consiste dans l’application réelle et incontestable de l’emploi de la pression de l’étoffe entre plusieurs molettes , pour obtenir des rayures ombrées ; rien en deçà , rien au-delà.
- Aussi, nous semble-t-il permis de dire que tous les autres appareils se différencient du sien, quant au principe de teindre et de transmettre le liquide colorant à l’étoffe. »
- Par exemple, dans la machine de M. Descat (planche II, fig. 5), la teinture ombrée a lieu en faisant passer l’étoffe sur un tube horizontal, percé à sa partie supérieure de plusieurs petits trous également
- p.2x11 - vue 43/91
-
-
-
- distants entre eux, suivant le nombre et l’écartement des rayures que l’on veut produire sur l’étoffe. Daùs ce cas, les rayures sont produites directement par l’ascension du liquide colorant lui-même, exerçant une pression plus ou moins forte et proportionnelle à la hauteur du réservoir qui le contient.
- Le liquide agit alors par ascension en vertu de la loi de l'équilibre des liquides, l’un des principes fondamentaux de l’hydrostatique, tandis que dans la machine de M. Jourdan, c’est par la pression partielle des molettes et par le simple frottement de roulement que la teinture a lieu.
- Or, il est évident qu’en mécanique ces deux effets sont bien différents, et nous ne voyons pas pourquoi on ne les considérerait pas ainsi dans l’art de la teinture proprement dite.
- Cette distinction a toujours une assez grande importance pour fixer l’attention des hommes un peu versés dans les connaissances physicochimiques , et nous avons lieu de croire qu’elle n’échappera pas davantage aux magistrats appelés à juger le procès en contrefaçon entre MM. Jourdan et Descat.
- Il est encore une autre distinction bien importante à faire, c’est qu’a l’aide de la machine de M. Descal on peut opérer plus sûrement et plus promptement qu’avec l’appareil de M. Jourdan , qui demande une foule de soins minutieux et une manutention très lente pour éviter les salissures.
- On comprend facilement que si, avec l’appareil de M. Jourdan, on passait la pièce avec une trop grande vitesse, le liquide se projetterait inégalement en vertu de la force centrifuge. C’est en vertu de cette force que* la boue qui s’attache aux roues de nos voitures s’en détache et se trouve lancée ainsi au loin avec une vitesse acquise par le mouvement de rotation. Avec la machine de M. Descat, les salissures par la projection ou l’ascension du liquide sont peu ou point à craindre,
- p.2x12 - vue 44/91
-
-
-
- car le liquide se projette toujours sur l’étoffe en ligne droite et verticale,
- 11 est vrai que pour teindre et ombrer les grosses étoffes, telles que les flanelles, etc., M. Jourdan emploie aussi un réservoir superposé à l’étoffe, qui reçoit directement la couleur qu’il contient. Ce réservoir est garni à sa base de plusieurs robinets, sous lesquels se trouvent des galets correspondant aux rayures que l’on veut avoir. Les robinets sont disposés de telle manière que l’on peut les ouvrir et les fermer simultanément, en faisant mouvoir un levier unique.
- Mais M. Jourdan peut-il réclamer le droit exclusif d’employer cette bassine ? Ce droit n’appartient-il pas plutôt à M. Zuber, qui a pris un brevet d’invention en \845, ou à M. Léon Godefroy, de Puteaux, qui a pris un certificat d’addition à son brevet primitif, en date du 22 octobre 1844, et par conséquent antérieur à celui de Jourdan, pour l’application de ce genre de bassine pour la teinture
- des rayures ombrées par l’impression à chaud?.......Ce droit n’est-il
- pas bien acquis, en vertu de l’article 18 de la loi sur les brevets d’inventions, soit à M. Zuber, pour la bassine, soit à M. Léon Godefroy seul, pour l’agencement des robinets placés au-dessous du fond de cette bassine et mus solidairement au moyen d’un levier unique.
- Yoilà le point important qu’il s’agirait de faire juger, pour établir les droits de chaque inventeur, et le mérite réel des brevets et additions qu’ils ont demandés. Tous ou presque tous sont dans la ferme persuasion qu’ils ont réellement inventé des procédés nouveaux de teinture, et qui ne sont pas semblables aux procédés déjà existants et brevetés.
- Les prétentions de M. Jourdan lui-même ne sont pas moins exagérées quant à l’invention des rayures ombrées sur les tissus de
- p.2x13 - vue 45/91
-
-
-
- — 14 —
- laine en pièce, et tout le monde sait que, pour se faire croire l'inventeur des rayures ombrées par la teinture, il a supposé qu’il avait inventé le moyen d’industrialiser ( c’est-à-dire d’exploiter ) la capillarité et l’enroulement de Vètoffe sur deux cylindres d’appel; ces deux principes constitutifs de la teinture ombrée sont réellement la propriété de M. Giraud, qui l’a cédée à M. Jules Joly, suivant acte passé par devant notaire.
- Depuis, M. Joly a cédé à M. Descat, par acte notarié, la faculté d’exploiter la machine de M. Giraud, dans le département du Nord, seulement pour teindre et ombrer des étoffes.
- Par conséquent, M. Descat profite de plein droit de la faculté de régulariser la teinture ombrée par l’enroulement total et continu de l’étoffe sur des cylindres d’appel.
- § IV.
- RÉSUMÉ ET CONCLUSION.
- Nous avons déjà établi que l’invention de M. Jourdan consiste seulement dans une machine propre à teindre mécaniquement, rayer et ombrer les étoffes par un système de pression partielle et continue, au moyen d’une disposition particulière de plusieurs rangées de molettes, entre lesquelles passe l’étoffe dont les deux extrémités sont attachées à deux cylindres horizontaux placés au-dessus du bain de teinture.
- Au résumé, la demande du brevet de M. Jourdan est limitée à cette machine seule, et la description elle-même ne renferme que les objets de détail qui la constitue.
- p.2x14 - vue 46/91
-
-
-
- — 15
- II est vrai que le procès-verbal d’enregistrement, dressé par le secrétaire général de la préfecture de la Seine, porte que M. Jourdan a demandé un brevet pour une machine et un système de teinture ; mais ce titre, qui ne renferme pas la désignation sommaire et précise de l’objet de l’invention, ne peut conférer à M. Jourdan le droit exclusif d’exploiter à son profit, comme il le prétend, les machines et systèmes de teinture servant à teindre, rayer et ombrer les étoffes par l’impression, ou la pression partielle du colorant lui-même, suivie d’un enroulement sur des cylindres horizontaux.
- L’application d’un bain colorant, chaud ou froid, sur une étoffe, par le frottement d’un cylindre ou d’un drap sans fin, n’est pas une invention nouvelle, et Gratrix a pris une patente pour cet objet, en Angleterre, en 1799.
- Seulement, l’emploi de plusieurs rangées de molettes superposées deux par deux, pour teindre, rayer et ombrer les étoffes, est une invention essentiellement brevetable au profit de M. Jourdan.
- Nous dirons également que l’emploi d’une bassine pour teindre ou imprimer mécaniquement par descension ou par ascension du liquide colorant sur l’étoffe, n’est pas suffisant à lui seul pour constituer une exploitation privilégiée au profit de M. Jourdan ou de tout autre. Nous rappellerons que cette bassine a déjà été employée isolément par Jeffreys pour imprimer des réserves chaudes, par MM. Alfred Thomas , Camille Kœchliu, et par M. Zuber, pour faire des rayures unies ou fondues, et par M.M. Colomb et Lalan, et Léon Godefroy, qui ont pris chacun des brevets d’invention pour teindre des zones ombrées avec le seul emploi :
- 4° D’un colorant de teinture chaud, non gommé, plus concentré que celui des bains ordinaires de teinture;
- 2° D’une, étoffe humectée par la vapeur d’eau qui facilite et régularise la dégradation de la couleur;
- p.2x15 - vue 47/91
-
-
-
- — \6 —
- 5° D’un enroulement de l’étoffe sur des cylindres horizontaux.
- D’ailleurs, M. Jourdan n’a pas demandé, dès l’origine, un brevet d’invention pour l’emploi exclusif et isolé d’une bassine, percée de trous, communiquant directement le colorant chaud à l’étoffe qui passe dessous ; et, en supposant même la réalité et la validité du certificat d’addition qu’il a pris, le 5 avril J845, pour l’application d’une bassine garnie de robinets et de molettes posées au-dessous, lesquelles reçoivent le colorant chaud et le transmettent à l’étoffe par leur mouvement de rotation , nous dirons encore que l’appareil de M. Jourdan est, quant à sa construction, analogue, pour ne pas dire identique, à celui de M. Godefroy (Voir planche H, fig, 4, et planche III, fig. C, D et I). En effet, pious retrouvons dans les deux appareils :
- \° Des robinets adaptés sous la bassine pour diviser et distribuer le colorant sur l’étoffe, à des distances convenables;
- 2° Un levier unique pour faire mouvoir simultanément tous les robinets.
- Avec la machine de M. Zuber, ou avec celle de M. Godefroy, telles qu’elles sont décrites dans leurs brevets, sans aucune addition ni suppression, on peut faire sans aucun doute des ombrés par capillarité, et par le seul fait de l’emploi :
- \° d’un colorant de teinture chaud ;
- 2° D’une étoffe humide, tendue et enroulée sur des cylindres d’appel.
- Mais le quatrième certificat d’addition, pris par M. Jourdan, le 8 novembre \ 845, nous parait nul et de nul effet pour intenter une action en contrefaçon, parce qu’il renferme des changements, perfectionnements ou additions qui ne se rattachent pas au brevet principal.
- p.2x16 - vue 48/91
-
-
-
- — 17 ^
- Ce certificat a été pris pour l'emploi de la bassine seulement; et cet emploi, qui marque le passage et la substitution d’une machine à une autre, ne consiste rien moins qu’à supprimer entièrement les deux rangées de molettes, et par conséquent la pression partielle et continue, objet principal et unique du brevet.
- D’après M. Jourdan, c’est le liquide colorant contenu dans la bassine qui agit, teint et pénètre l’étoffe, en vertu de son propre poids, ou, pour parler le langage scientifique, en vertu de la gravitation et de la pesanteur des liquides.
- Ainsi cette nouvelle machine ne renferme ni bain de teinture contenu dans un réservoir inférieur, ni molettes inférieures qui entraînent et portent le bain chaud sur l’étoffe par leur mouvement de rotation et en vertu de la loi que l’on appelle force centrifuge, ni molettes supérieures qui opèrent une pression partielle et continue sur l’étoffe.
- L’appareil de M. Jourdan, ainsi modifié, changé et dénaturé, n’est autre que celui de M. Alfred Thomas, ou de M. Zuber, ou de M. Godefroy, sauf l’addition de la cuve à fixer qui est la propriété de MM. Colomb et Lalan, et dont l’usage est au moins inutile et superflu.
- En nous résumant sur tous ces points, nous dirons donc que M. Descat a le droit de teindre, rayer et ombrer les étoffes à l’aide de la machine de MM. Zuber, de celle de M. Giraud dont il est le cessionnaire, de celle de M. Godefroy qui lui a accordé une licence, de celles de MM. Alfred Thomas et Kœchlin qui sont dans le domaine public.
- Il est clair qu’il a également la faculté d’exploiter et de régulariser la teinture ombrée à l’aide de l’enroulement et de la pression produite par l’enroulement total de l’étoffe sur deux cylindres d’appel, placés au-dessus du bain de teinture.
- 3
- p.2x17 - vue 49/91
-
-
-
- — 18 —
- Enfin, dussions-nous être accusés de trop de témérité, disons qu’en admettant la réalité de l’invention de l’enroulement de l’étoffe pour régulariser la teinture ombrée, MM. Jourdan devraient être poursuivis eux-mêmes comme contrefacteurs, pour ce fait, par MM. Barallon et Giraud, ou Joly, son concessionnaire.
- IMPRIMERIE DE GUSTAVE GRATIOT, 11, RUE DE La MONNAIE.
- p.2x18 - vue 50/91
-
-
-
- COMPLÉMENT
- N DE LA
- NOTE SLR LES MACHINES ET PROCÉDÉS
- PROPRES A TEINDRE ET A OMBRER LES FILS DE SOIE, DE LAINE, LES RUBANS ET LES ÉTOFFES DE TOUTE ESPÈCE,
- Par l’immersion partielle et graduelle dans le bain de teinture;
- PAR
- ROUGET DE LIS LE,
- Ingénieur-manufacturier.
- OBSERVATION GÉNÉRALE.
- Nous avons classé les procédés et machines, en citant la date certaine de leur invention ou de leur application.
- Les dessins qui les représentent ont été copiés, calqués ou réduits et autographiés d’après les modèles originaux remis par les auteurs et d’après les dessins joints aux brevets de MM. Joly et Depoully. Aussi nous semble-t-il permis de dire que ces dessins sont exacts, quant à la forme et au fond, et qu’on peut les juger à la simple vue.
- Au résumé, les descriptions qui y sont jointes, extraites des brevets et
- \ ' \ 4. >•
- p.3x1 - vue 51/91
-
-
-
- — 4 —
- des communications faites, contribueront sans doute à les faire bien comprendre.
- La planche IV »enferme trois apparçijs%distincts, savoir :
- 4° Une machine inventée en 4820, par M. le comte de La Boullaye-Marillae, pour teindre mécaniquement et par un système de pression continue toute espèce d’étoffes;
- 2° Une machine propre à teindre les rubans et étoffes, telle qu’elle est employée aujourd’hui dans les ateliers de M. Giraud, teinturier à Saint-Etienne (4). (Voir le rapport des experts, page 4 4)./;
- 5° Un autre appareil propre à teindre et(ombrer les rubans de soie grège et étoffes, par le même, et décrit dans le certificat d’addition qu’il a pris
- le 4 4 octobre 1844. et se rattachant
- 'A ,.-,vv : m
- 12 février 4840.
- La planche V contient, savoir :
- 1° Un appareil mécanique employé, dès 1857, par M. Fondrobert, teinturier à Paris, pour teindre les soies ombrées et appliquées par lui en 4 840 pour teindre et ombrer les écheveaux de laine floche, etc.;
- 26 Un appareil réunissant la même idée-mère que celui de M. Fondrobert et employé en 4 859 par M. Vidalin, teinturier à Lyon, pour teindre les châles de laine, avec une rosace ombrée et dégradée du centre à la circonférence, et les quatre coins ombrés dans le sens opposé.
- La planche VI contient les différents appareils nos 1, 2, 5 et 4, inventés par M. Giraud, pour teindre et ombrer simultanément les rubans et étoffes préalablement pliés, enroulés et accrochés en spirale sur un cadre circulaire (nos 4, 2 et 5) ou pliés en zig-zag sur des baguettes de bois, de verre ou de métal (fig. n° 4)i (Extraits de son brevet, pris le 42 février 1840 (2). ’ '*' v
- ÿ
- (1) En 1822, M. Giraud a pris un brevet pour cette machine qu’il a perfectionnée depuis; en 1833, il a pris uh certificat d’addition. (Voir tome 38 des brevets expirés),
- (2) Un rapport d’experts (voir les pièces justificatives, pages 20,-22; constate que ces
- machiner résolvent le prqbjème de la teinture ombrée, et qu’elles ne peuvent avoir d’autre destination possible. 1
- h son brevet primitif demandé le
- p.3x4 - vue 52/91
-
-
-
- 5 —
- Nous avons placé, en regard, les dessins des diverses machines pour lesquelles M. Charles Depoully a pris lui-même un brevet d’invention le 21 janvier 4845; et la simple inspection ou comparaison de ces dessins suffira pour les juger par des analogies évidentes et des indices suffisants.
- Nous dirons de suite que Mi Joly, cessionnaire d’une partie des droits de M. Giraud, par acte notarié, poursuit M. Depoully comme contrefacteur, pour avoir employé les appareils et systèmes de teinture ombrée de M. Giraud ; c'est-à-dire:
- 4° Le cadre circulaire sur lequel on enroule et accroche en spirale Vétoffe que l’on veut teindre (planche VI, fig. 4, 2 et 5J; ,
- 2° Le mode de pliage de l’étoffe dans le sens de la largeur, en retenant chaque pli extérieur avec des baguettes de métal (fig. n° 4) ;
- 5° Le mode de varier la dimension de l’ombré. (Voir le rapport des experts, pages 4 5 et 46).
- Cette planche renferme en outre le dessin d’un cadre rectangulaire, (fig. 7), pour teindre et ombrer les châles, fichus et écharpes. (Extrait du brevet pris par M. Depoully.J
- Il est facile de voir que ce cadre est absolument le même que celui déjà connu et employé par M; Fondrobert et autres, pour teindre les ècheveaux de laine en ombré. (Voir planche V, fig. Ire.)-Pourtant, M. Depoully a la prétention d’avoir inventé ce cadre, et de l’avoir appliqué le premier, en 4844, pour teindre des châles et des fichus ombrés. V\ . ’• T
- Enfin, les planches Vil, VIII, SX et X renferment les divers appareils et procédés pour teindre et ombrer les ècheveaux de laine, de soie et les étoffes (extraits du brevet principal, pris parM. Joly, le 24 janvier 4845; et des certificats d’addition qui s’v rattachent, demandés le 47 mars, le 22 avril, le 5 août et le 22 décembre 4845).
- i
- p.3x5 - vue 53/91
-
-
-
- — 6
- FAITS.
- C’est, en conséquence de l’obtention de son brevet et de ses certificats d’addition , que M. Joly a saisi le Tribunal correctionnel de la Seine (7e chambre), d’une plainte en contrefaçon contre M. Dé-poully, qui a pris, il est vrai, un brevet d’invention, le 21 janvier \ 845, exclusivement pour une manière de teindre et ombrer les robes, châles, écharpes j etc., mais une heure et quelques minutes après lui.
- Voilà les faits.
- Nous allons poser et examiner maintenant les différentes questions du procès.
- I.
- La première question est celle-ei.
- M. Joly, qui a pris un brevet d’invention antérieurement à M. Bepoully, pour un nouveau moyen de teindre et d'ombrer les fils de laine avec deux couleurs opposées, a-t-il ou doit-il avoir la préférence sur celui-ci, conformément à l’art. 18, § V, de la loi sur les brevets, pour les machines et systèmes propres à plier, teindre et ombrer les étoffes par le trempage graduel ; machines et systèmes de teinture pour lesquels il a pris, d3ailleurs, pendant Vannée, plusieurs certificats d’addition.
- Au reste , les appareils, procédés manuels et systèmes chimiques de teinture sont absolument les mêmes que ceux déjà décrits et employés par lui pour l’obtention de la teinture ombrée des écheveaux ou chaînes de toute longueur.
- Cette première question nous paraît devoir être résolue en faveur de
- p.3x6 - vue 54/91
-
-
-
- — 7 —
- M. Joly ; et l’article J 8 de la loi ne laisse aucune incertitude sur ce point.
- Ainsi, tant que les brevets et certificats d’addition délivrés à M. Joly seront considérés comme valables, et en supposant la réalité de l’invention et de l’imitation par M. Depoully, l’action correctionnelle de M. Joly contre ce dernier est recevable et bien fondée ; et, pour la combattre , il faudrait que M. Depoully eût pris d’abord des réquisitions et des conclusions formelles pour faire prononcer la nullité ou la déchéance absolue du brevet de M. Joly, et des certificats qui s’y rattachent ; et c’est là l’exception légale qu’il n’a pas fait valoir.
- II.
- Une deuxième question du procès ou plutôt une seconde action en contrefaçon a été exercée par M. Joly, contre M. Depoully, en vertu du brevet de M. Giraud, en date du J2 février 1840 , et du certificat d’addition, pris le 44 octobre 4844 , brevet dont il est cessionnaire par acte régulier.
- Or, M. Depoully a pris un nouveau brevet d’invention le 24 octobre 4845, comprenant :
- 4° Un moyen déjà breveté au nom de M. Joly, pour plier, teindre et ombrer les étofles dans le sens de la largeur (voir planche VII, brevet de M. Depoully et le mode de pliage de M. Joly, représenté planche Vil, fig. 2, 5, 4, 5 et 6).
- 2° Une machine pour plier mécaniquement les étoffes dans le sens de la longueur (voir planche 4re du brevet de M.-Depoully et la même machine appartenant à M. Joly, représentée en coupe, planche IX; fig. Ire). 5 ' 5°'Enfîn, la machine de M. Giraud représentée fig. 5 et 6, planche IV.
- (Voirie dessin de la même machine représentée dans la planche IV du brevet de M. Depoully).
- p.3x7 - vue 55/91
-
-
-
- 8 —
- Le brevet de M. Depoully renferme en outre (voir les planches 2, 5, S, 6, qui y sont jointes) plusieurs appareils qui n’ont point été exécutés en grand ou, du moins, qui ont été expérimentés en petit et abandonnés depuis parce qu’ils présentaient des inconvénients très graves, voire même des opérations longues, coûteuses et, par conséquent, impraticables.
- Le fait de l’emploi de la machin b à plier de M. Joly par M. Depoully est constaté, du reste, dans le procès-verbal descriptif de l’huissier Weif, en date du 6 mars; celui-ci, assisté de M. Grimpé, ingénieur-mécanicien, expert légalement nommé, en vertu d’une ordonnance du président du Tribunal de première instance, a décrit, en outre, une machine qu’il a trouvée dans l’atelier de M. Depoully, et qui est entièrement semblable à celle de M. Giraud (voir le procès-verbal des experts, à Saint-Etienne, page 46, et celui de M. Grimpé joint à cette note page 22; et le dessin de la machine Giraud, plancheIV, fig. 5 et 6.)
- Cette première machine, suivant le dire de M. Depoully, ri’a jamais fonctionné ou fabriqué des produits qui aient été livrés au commerce : elle n’est qu’un essai de construction loyal et pur de toute mauvaise intention et de toute contrefaçon. Ainsi, et sous ce point de vue, M. Depoully aurait eu le projet de commettre une contrefaçon ; projet qui est toujours punissable, puisqu’il a été mis à exécution; en effet, il est prouvé et constaté par le procès-verbal descriptif de l’huissier Weil, qu’une machine semblable à celle de M. Giraud existe dans les ateliers de M. Depoully.
- Voilà le fait; et c’est là le point incontestable et incontesté delà contrefaçon. Nous ajouterons que M. Depoully avait reçu communication de cette machine par le sieur Lautru, aujourd’hui l’un de ses contre-maîtres de l’atelier de teinture, qui l’avait connue et employée lui-même chez M. Giraud, à Saint-Étienne, vers le commencement de l’année 1845, lorsqu’il était ouvrier teinturier chez lui. U'
- Pourtant, le 21 octobre 4845, M. Depoully a pris un nouveau brevet
- p.3x8 - vue 56/91
-
-
-
- — 9
- d'invention pour cette machine qu’il a publiée et prônée partout comme étant le fruit de ses veilles et de ses recherches. ’
- Depuis cette époque, il a fabriqué, à I’aideflde cette machine, une quantité considérable de fichus, châles et robes en balzorine, barège, etc.; au besoin, si ces faits étaient déniés, les ouvriers qui l’ont vue fonctionner, et les négociants qui ont reçu les étoffes pourraient en déposer.
- Ainsi, plus de discussion sur ce fait de l’emploi par M. Depoully de la machine de Giraud. rr,
- Examinons donc maintenant les points qui sont relatifs aux procédés pour lesquels M. Joly a pris lui-même un brevet d’invention, le 24 janvier 4845; cet examen n’est pas seulement une question de fait; il intéresse avant tout la susceptibilité commerciale de M. Joly.
- « Le procédé de M. Joly, pour teindre et ombrer les ècheveaux de laine, est une niaiserie, a dit M. Depoully au Tribunal, et je m’étonne qu’m ait accordé un brevet d’invention pour une chose qui ne sert et ne peut servir à rien. »
- Cette attaque est peu polie sans doute pour M. Joly, mais nous la considérons, nous, comme un aveu d’impatience, nous dirons même d’ignorance, de la part de M. Depoully, qui, pour faire croire au public qu’il a inventé un procédé de teinture entièrement nouveau, admirable et réellement manufacturier, suppose, avec dédain et l’appui de phrases impolies et injurieuses, que les procédés des autres sont mesquins, impossibles, ou impraticables.
- Malgré les dénégations et les critiques de M. Depoully, nous soutenons, nous, que le procédé de M. Joly est manufacturier; et la preuve, c’est qu’il l’exploite avec quelque succès, nous ajouterons même avec quelque profit S’il n’en a pas encore retiré tout le fruit qu’il en :»t en-dait, cela tient à plusieurs causes indépendantes de sa volonté, à M. Depoully lui-même, qui répand partout le blâme,i les protestations les plus énergiques et les plus compromettantes contre la validité du brevet pris parM. Joly, et l’empêche ainsi de le vendre ou de le céder aux tein-
- 2
- p.3x9 - vue 57/91
-
-
-
- — 10 —
- turiers qui peuvent lvexploiter en grand. Seulement, nous ne comprenons pas le but de ses critiques sur le mode et les appareils imaginés par M. Joly,‘pour plier, teindre et ombrer convenablement les étoffes dans le sens de la largeur ; nous les comprenons d’autant moins, que M. Depoully lui-même emploie aujourd’hui les mêmes procédés et appareils pour lesquels il a pris un nouveau brevet d’invention, le 24 octobre 4 845 (Voir son brevet, planche 7). ro
- Tout au plus, pourrait-il dire que ce procédé est excellent ou meilleur, parce qu*il est exploité par moi (c’est toujours M. Depoully qui parle), manufacturier plus habile et en réputation. La louange ou la réclame serait peu ou point modeste, sans doute, quant à M. Depoully, mais elle aurait du moins un but excusable, celui de montrer le mérite réel et manufacturier du procédé de M. Joly.
- Au résumé, et malgré les dénégations de M. Depoully, s’il y a quelque chose de nouveau et d’utile dans la manière de teindre et d’ombrer les fils, chaînes, châles et tissus dans la largeur, c’est assurément l’invention des machines et procédés de M. Joly.
- Ce sont ces procédés, réellement nouveaux et utiles, nous le répétons, que nous allons exposer rapidement.
- § ni.
- Moyen de teindre et d’ombrer partiellement tes écheneaux de soie, de laine, avec une, deux ou trois couleurs et plus, répétées à des distances égales ou inégales, à volonté. (Brevet pris par M. Joly, le 24 janvier 1845).
- n
- On plie ou contourne les écheveaux une, deux ou trois fois, et plus sur eux-mêmes, selon la longueur et le nombre des raies ou zones ombrées que l’on veut avoir. On dispose un certain nombre de ces écbe-veaux, ainsi pliés, sur deux petits lissoirs en bois de hêtre, diamé-
- p.3x10 - vue 58/91
-
-
-
- fralement opposés (1) (voir planche VII, fig. I', et on les y maintient dans une position fixe, à l’aide d’une double ficelle que l’on faufile en zig-zag, de manière à lier séparément chaqueiboucle ou vrille formée par le pliage des écheveaux sur eux-mêmes. u ; y
- On* relève ensuite le lissoir inférieur CD (fig. 2), que l’oti< attache avec le lissoir AB, à l’aide d’une ficelle. ‘ " i
- Cela fait, on plonge les écheveaux dans le bain de teinture à une hauteur convenable, afin de les teindre régulièrement jusqu’à la moitié du diamètre des boucles ; enfin, on lave les écheveaux teints, afin de les débarrasser des principes colorants non fixés et de toutes les matières étrangères.
- Cela fait, on détache d’abord le lissoir inférieur CD, que l’on abaisse dans la partie inférieure des boucles qui ont été teintes, et on le lie en passant un nouveau fil au travers des boucles, ensuite on enlève le lissoir supérieur AB. ‘
- On plonge la partie de l’écbeveau qui n’a pas encore été teinte, dans une chaudière qui contient une couleur opposée à la première, et on procède comme la première fois à la dégradation de cette nouvelle teinture. On obtient ainsi une nouvelle couleur dégradée dans le sens opposé à la première.
- Il résulte de cette description, que les moyens chimiques et mécaniques, à l’aide desquels M. Joly obtient des fils ombrés, sont identiquement les mêmes que ceux de MM. Beauvais, Renard et Fondrobert ; qu’ils se différencient, cependant, et c’est là l’invention nouvelle, par le mode de pliage de l’écheveau sur lui-même, de manière à former des boucles ou plis distincts et séparés, et par le mode d’attache ou de serrage de ces boucles ou plis qui doivent former autant de zones ou rayures ombrées, réparties à des distances déterminées , sur le pourtour ou guindage de chaque écheveau. «
- « Ce nouveau moyen‘>de teinture ombrée diffère donc essentielle-(1) Ces lissoirs,1 fabriqués à la[ mécanique, ont environ un centimètre de damètre.
- p.3x11 - vue 59/91
-
-
-
- « ment, comme dit l’auteur, dedous les procèdes de chinage déjà con-« nus; en effet, il dispense d’employer les réserves ou chapelets formés « par du parchemin et de la ficelle que l’on serre fortement, de ma-« nière à intercepter la plus légère filtration.
- « Or, tout le monde sait que tous les chapelets et toutes les machines « servant à comprimer ont l'inconvénient grave de feutrer, de resserrer « les fils de laine et de leur faire perdre leurs qualités essentielles, c’est-« à-dire l’élasticité, la douceur, l’éclat et la vivacité des couleurs. Mon « procédé, au contraire, conserve aux fils toutes leurs propriétés; et « c’est là le point difficile que personne n’avait atteint jusqu’ici.» Ainsi, l’invention de M. Joly comprend deux choses nouvelles, savoir :
- J0 La chose produite, c’est-à-dire la production et la teinture des fils ombrés avec une ou deux couleurs différentes et reparties sur tout le périmètre ou guindage de l’écheveau à des distances variables à volonté.
- 2° Le nouveau mode de produire les ombrés partiels à l’aide d’un système de pliage des êcheveaux sur eux-mêmes et du mode de trempage mécanique de M. Fondrobert, le seul moyen généralement employé aujourd’hui pour l’obtention des fils ombrés dans toute la longueur.
- Le \7 mars J 845, M. Joly a pris un premier certificat d’addition qui renferme un nouveau moyen de maintenir les êcheveaux entre deux lissoirs EF, GH, liés avec le lissoir supérieur AB à l’aide dedeuxanneaux que l’on glisse à frottement par chaque extrémité (Voir planche VII, fig. \ et 2).
- Il donne, en outre, le dessin et la description d’une machine pour régulariser, dit-il, le maniement des êcheveaux dans le bain de teinture (Planche VII, fig. 5j.
- Cette machine est composée de deux montants perpendiculaires en bois, qui portent chacun une rainure de haut en bas, entre lesquelles glissent facilement un châssis rectangulaire en bois J. R. Ce châssis porte deux équerres en fer R R, horizontales et parallèles, sur lesquelles on dispose les lissoirs AB, fig. 2, qui supportent lesiécheveaux pliés. »
- Cette machine est fixée perpendiculairement sur l’un des côtés de la
- p.3x12 - vue 60/91
-
-
-
- — 13 —
- cuve de teinture, de manière que l’ouvrier teinturier, en tournant la manivelle G, peut enrouler et dérouler à volonté la corde à boyau O Q, et élever ou abaisser plus ou moins les écheveaux dans le bain de teinture, de manière à les ombrer, en ayant soin de les agiter incessamment pour obtenir une dégradation insensible de nuance.
- M. Joly s’est réservés en outre (nous copions textuellement les termes de son certificat), le privilège exclusif d’appliquer cette machine à tous les genres de teinture et à tous les fis, tissus et pelages susceptibles d’être teints par les procédés connus. C’est en vertu de cette réserve, et conformément aux articles 46 et 47 de la loi sur les brevets d’invention, que M. Joly a demandé, le 22 avril 4845, un deuxième certificat d’addition à son brevet principal pour divers moyens de plier les étoffes, afin de les teindre avec des rayures ombrées de diverses couleurs, soit sur la longueur, soit sur la largeur.
- Pour teindre, dit l’inventeur, des zones ombrées sur la largeur de l’étoffe, on dispose le tissu en zone ou spirale sur un châssis ou bottoir, en passant des lissoirs en bois entre chaque plis, de la même manière qu’on aune et plie les étoffes. (Voir planehe VII, fig. 2.) Puis, pour maintenir et fixer l’étoffe, on serre chaque plis qui ne doit pas être teint entre deux lissoirs, comme cela se pratique pour maintenir les écheveaux, fig. 4 et 2.
- Pour teindre des zones ombrées sur toute la longueur de la pièce, on plie l’étoffe dans toute sa longueur deux, trois ou quatre fois et plus sur elle-même, suivant le nombre des rayures ombrées qu’on veut obtenir. L’étolfe est ensuite pliée perpendiculairement à la direction des premiers plis sur une longueur de un mètre -, ces nouveaux plis sont séparés les uns des autres par des réglettes en bois que l’on pose ainsi les unes au dessus des autres entre quatre montants en bois
- (fig- -*)•
- Lorsque le pliage de la pièce est terminé, on passe des broches en fer
- p.3x13 - vue 61/91
-
-
-
- — 14 —
- à travers les pàrties'èxtrêmes des réglettes qui-sont trouées à cet effet, on les serre au moyen d’écrous à oreilles. !l 1
- Enfin, on plie les châles, fichus, mouchoirs, couvertures et autres objets détachés, Comme s’il s’agissait de teindre et d’ombrer une pièce dans le sens de sa largeur.
- Du reste, le procédé de teinture est absolument le même que celui déjà indiqué pour les écheveaux. Voir planche VII, fig^ 2, 5, 4, 5 et 6.
- Ces divers'moyens mis en pratique chez M. Léon Godefroy, à Puteaux, dès le 24 avril 1845, ont été considérablement perfectionnés depuis. Les perfectionnements sont compris dans un troisième certificat d’addition, pris le 5 août 1845 (voir pl. VIII, fig. 1, 2 et 5). ’
- Toutefois, le mode de plier et de disposer l’étoffe est resté le même, et cest ce mode de pliage qui doit être considéré comme invention ou découverte nouvelle.
- En effet, jusqu’à ce jour on avait plié les étoffes légères telles que les gazes, le crêpe, en plusieurs doubles (voir les certificats de MM. Imbert, Pierson, Giraud, Piaton fils et Milliant, pages 5 à 9 des Pièces justificatives , et les dessins pl. Vil); mais cette méthode est impraticable poulies tissus épais, qui ne pourraient être pénétrés et teints uniment et uniformément dans l’intérieur. Au reste, la largeur des zones intérieures irait toujours en décroissant comme la figure 7, planche VII, le fait comprendre ; le tissu teint ainsi offrirait des rayures inégales.
- Le mode de pliage de M. Joly est bien différent ( pl. VII, fig. 2, 5, 5 et 6). Il consiste à plier et replier l’étoffe, une, deux, trois et quatre fois et plus sur elle-même, en raccordant bien les lisières, de manière à former des zones ou ondulations séparées et distinctes que le bain colorant pénètre alors et teint facilement.
- Voilà le mode de pliage, nous le répétons, que M. Ch. Depouily a
- contrefait, ou qu’il a dû nécessairement contrefaire, pour teindre les
- ? ! 1
- grosses étoffes de laine avec des zones ombrées sur toute la longueur. Ce' fait semble confirmé, d’ailleurs, par M. Péclet lui-même, qui iiou^ap-
- p.3x14 - vue 62/91
-
-
-
- — 15 —
- prend dans son rapport, que dans les ateliers de M. Depoully, Vètoffe est pliée avec beaucoup de soin et par un procédé mécanique dans le sens de sa longueur. Tout porte à croire que c’est le même procédé mécanique qui est décrit dans le nouveau brevet pris par M. Depoully, le 21 octobre 1845.
- Quant au mode nouveau de teindre les étoffes en raies transversales, M. Péclet affirme quHl est sans utilité, et il répète même une seconde fois qu’il ne peut servir à rien. M. Depoully, lui, a pris un brevet d’invention pour le même mode, le 21 octobre 1845 (voir pl. YII de son brevet).
- Le troisième certificat, pris par M. Joly, le 5 août 1845, comprend, savoir :
- 1° Le moyen de mouiller l’étoffe avant de la plonger dans le bain de teinture, afin de la disposer à prendre uniformément et plus facilement la couleur.
- 2° Le moyen de tendre l’étoffe également et régulièrement sur toutes les faces, en fixant ses deux lisières garnies d une ganse cousue en surjet pour éviter les déchirures, à des crochets posés parallèlement sur les deux montants d’un cadre ou châssis rectangulaire (pl. VIII, fig. 1).
- 5° Le mode de soutenir les plis ou cavités qui ne doivent pas prendre la teinture au moyen de fils dorés ou tout simplement de ficelles tendues parallèlement à des distances convenables pour permettre de passer et d’accrocher l’étoffe.
- 4° Enfin, une nouvelle machine à teindre (pl. VIII, fig. 1, 2 et 5) qui remplit le même but que celle déjà décrite dans la première addition en réunissant, cependant, des organes, changements et perfectionnements notables.
- Enfin, le 22 décembre 1845, M. Joly a pris un quatrième et dernier certificat d’addition que nous reproduisons textuellement (planche X, fig. 1 et 2):
- O*
- ='i(
- f.)
- p.3x15 - vue 63/91
-
-
-
- Manière de teindre avec ce châssis, fig. II, formé de tringles de bois, a d b c, posées de champ en forme de spirale sur un cadre à claires-voies A B CD.
- « On plie l’étoffe, comme je l’ai dit dans ma troisième addition, et on coud les plis avec l’un des bords d’un galon dont le tissu est un peu élastique ; l’autre bord du galon est garni d’une petite corde en coton, cousue à points de surjet.
- « On engage la petite corde dans la gorge ef pratiquée sur la hauteur des tringles a db c, en commençant au centre de la spirale en a, et on continue ainsi la spirale, en suivant jusqu’au point c, et en enfonçant toujours la corde dans la gorge ef; mais, pour opérer plus vite et avec moins de fatigue, on monte le châssis A B C D sur un tour à dresser, comme la fig. 2 le fait comprendre, de manière que l’ouverture O s’engage sur l’axe G, et | our é\iter tout dérangement, on enfonce une broche en fer dans le trou X, p ratiqué dans Taxe G.
- « On tourne la manivelle J qui fait tourner le châssis ABC D. et une personne guide l’étoffe E pour la dresser ou l’enrouler tout simplement sur le châssis A B. On peut aussi accrocher l’étoffe pliée sur les épingles dorées gg. »
- -= / : • *î i ‘
- Manière de teindre avec Vappareil fig. \ et 2, planche X+
- « On coud les deux chefs de l’étoffe E sur des doubliers en toile de coton, enroulés sur les rouleaux parallèles H H ; ces rouleaux sont supports par
- p.3x16 - vue 64/91
-
-
-
- — 17 —
- un bâti P adapté à chaque extrémité de la chaudière Y qui contient le bain de teinture, et dans le sens de sa plus grande longueur.
- La largeur de l’étoffe repose ainsi (fig. \ , 5 et 4)sur un châssis fixe en cuivre CD, sur lequel sont posés perpendiculairement dix disques ou supports F, en verre ou en porcelaine, ou en terre vernissée ; on place sur le tissu E un second châssis qui porte neuf barres parallèles GG, lesquelles supportent au besoin des galets en verre placés à des distances variables à volonté. On fait appuyer plus ou moins les barres GG sur l’étoffe, au moyen des vis E, dont l’écrou est fixé à demeure sur une traverse adaptée sur les côtés de la chaudière Y.
- Comme les fig. \, 5 et 4 le font comprendre, les châssis A C et C D s’emboîtent l’un dans l’autre, et pressent l’étoffe qui forme neuf ondulations (plus ou moins, à volonté) dont les parties inférieures plongent dans le bain de teinture, tandis que les parties supérieures restent au dessus de ce bain, étant soutenues par les supports EE.
- Mais, pour obtenir une bonne teinture, il faut nécessairement que le bain soit toujours au même niveau. A cet effet, on dispose au-dessus de la chaudière Y un réservoir Z qui laisse écouler constamment du liquide pour le tuyau R, et l’excédant du bain de teinture X s’écoule, à son tour, dans le réservoir X, au moyen du robinet ou déversoir I.
- On prend le bain de teinture contenu dans le réservoir X et on le verse dans le réservoir Z, et, ainsi de suite, jusqu’à la fin de l’opération de la teinture. Cette opération s’exécute en passant et repassant plusieurs fois l’étoffe du rouleau H sur le rouleau H et réciproquement.
- K, barre triangulaire pour enlever l’excédant de la teinture qui n’est pas fixée sur l’étoffe.
- GG, rouleaux comprimant l’étoffe par leur propre poids, et destinés à maintenir l’étoffe au large, on peut les remplacer par une règle divergente à double face.
- Pour teindre les étoffes légères et qui sont très sujettes à s’érailler, on supprime entièrement le châssis C D, et on remplace celui A B par une
- 3
- p.3x17 - vue 65/91
-
-
-
- — 18 —
- bassine dont le fond est formé d’un nombre d’ondulations, correspondant à celui des zones que l’on veut avoir, La partie inférieure de ces ondulations est percée en ligne droite de petits trous rectangulaires qui laissent échapper la teinture sur la pièce. Du reste, la manière de procéder est la même que celle que nous avons décrite plus haut'; mais le bain, qui s’écoule du réservoir Z doit tomber directement dans le bassin qui remplace le châssis A B. »
- RÉSUMÉ ET CONCLUSION.
- De tous les faits ci-dessus relatésilrésulte, sans contestation sérieuse, que M. Depoully a employé, pourl’obtention de la teinture des étoffes ombrées *
- A 0 Le cadre ou châssis circulaire propre à teindre et ombrer les rubans et les étoffes (planche VI, fig. 1,2, 5) pour lequel M. Giraud a pris un brevet principal, le A 2 février A 840 ;
- 2° Le mode de plier extérieurement les étoffes de M. Joly (planche IV, fig. 2, 5, 4, 5 et 6) ;
- 5° Le système et la machine à teindre les rubans et les étoffes (planche IV, fig. 5) pour lesquels M. Giraud a pris, en date du A4 octobre 1845, une addition à son brevet principal, en date du 12 février 1840.
- Enfin, la machine à plier les étoffes (planche IX, fig. 1) et l’appareil (planche X, fig. 1,2, 5 et 4) opérant tout à la fois le pliage et l’immersion partielle de l’étoffe dans le bain de teinture (planche X, fig. 1 et 2) ; immersion suivie d’un enroulement continue et alternatif sur deux cylindres d’appel, placés horizontalement au dessus du bain de teinture soit en dehors de la chaudière, soit sur le châssis lui-même (fig 5 et 4). Quant à ces deux derniers appareils, M. Joly réclame la préférence sur M. Depoully, conformément au dernier paragraphe de l’article 18 de la loi sur les brevets d’invention.
- p.3x18 - vue 66/91
-
-
-
- — 19 —
- Procès-verbal dressé par l'huissier Weil, assisté de M. Grimpé, expert, qui a dicté la description des machines qui existent dans les ateliers de M. Depoully, à Puteaux.
- L’an mil huit cent quarante-six, le six mars, à la requête deM. Jules-Auguste Joly, négociant, patenté le 6 avril dernier, demeurant à Paris, rue Saint-Denis, 384, pour qui domicile est élu en la demeure de Me Gheerbrant, avoué ;
- Et en vertu de deux ordonnances rendues par M. le président du Tribunal de la Seine, les 47 et 49 février dernier, icelles duement enregistrées ;
- Je Godechaux Weil, huissier audiencier au Tribunal de première instance de la Seine, séant à Paris, y demeurant, boulevard Saint-Martin, 49, soussigné,
- Me suis transporté à Puteaux, maison dite le Château, sur le quai Royal, au domicile de M. Depoully, fabricant teinturier, à l’effet de procéder, en conformité des deux ordonnances sus relatées, à la description des machines arguées de contrefaçon par le sieur Joly, et notamment. des trois articles désignés en mon procès-verbal du 26 février dernier.
- Là étant et parlant à M. Depoully, au moment où M. l’expert Grimpé commençait à me dicter la description de ces machines, M. Depoully, assisté de M. Lavaux, son avoué, m’a requis de représenter les brevets faisant le titre de M. Joly, afin d’établir sur quel droit mon requérant se fonde pour obtenir la description des machines employées dans la fabrique de M. Depoully.
- A quoi j’ai répondu que je n’étais pas porteur de ces brevets ; que je n’avais aucune justification à faire autre que les ordonnances du président du tribunal civil de la Seine, lequel n’avait dû autoriser la description dont s’agitqu’après s’être fait représenter les brevets deM. Joly, dé-
- p.3x19 - vue 67/91
-
-
-
- — 20
- clarant, d’ailleurs, que je persistais au nom démon requérant dans l’opinion émise dans mon procès-verbal du 26 février dernier, enregistré sur la mission sus-matérielle et restreinte donnée à l’expert qui m’assiste, ajoutant que toutes les questions du fond étant réservées, il n’était aujourd’hui nécessaire, en présence du texte formel des deux ordonnances dont je suis porteur, et dans lesquelles je puise mon droit, ni de discussion ni de justification préalables
- Contre laquelle déclaration de ma part, le sieur Depoully, assisté de Me Lavaux, son avoué, a fait les protestations les plus formelles et les réserves les plus expresses de tirer de ce refus telles conséquences qui deviendraient utiles ou nécessaires.
- Desquelles réserves et protestations je lui ai donné acte; et de suite, M. Grimpé s’étant rendu dans les ateliers a décrit de la manière suivante la machine à plier longitudinalement les tissus : (laquelle description insérée par nous sous sa dictée au présent procès-verbal) :
- « Cette machine se compose de quatre éléments mécaniques qui opèrent « dans l’ordre suivant :
- 1° D un cylindre agissant verticalement sur lequel est enroulé, dans toute « sa largeur, le tissu qui doit être soumis à l’action du pliage;
- « 2° De deux séries de lames parallèles, en regard entre elles, et chevau-« chées de manière à pouvoir s'engager l’une dans l’autre à des distances « données. Ces deux séries de lames, qui sont destinées à opérer le pliage du « tissu, sont fixées séparément sur un plateau au hâti, qui ont la propriété « de s’approcher ou de s’éloigner l’une de l'autre à Vaide de conducteurs et « d’une vis de rappel. Celte machine est entièrement en cuivre ;
- « 3° D’un second cylindre agissant horizontalement, et dont Vusage con-« siste à soutenir et à rapprocher les plis du tissu qui ont été produits par les « deux séries de lames dont il vient d’être question ;
- « 4° Enfin, d’un troisième cylindre agissant horizontalement comme le « précèdent, et dont les fonctions consistent seulement à enrouler le tissu lors-« qu’il est plié. »
- p.3x20 - vue 68/91
-
-
-
- — 21
- Ce fait, attendu l’heure avancée, nous avons arrêté là notre procès et en avons ajourné la continuation à mercredi prochain.
- Suite du procès-verbal dressé par l’huissier Weil, assisté de M. Grimpé,
- expert.
- Lan mil huit cent quarante-six, le onze mars, à la requête de M. Jules-Auguste Joly, négociant, duement patenté le 6 avril dernier, demeurant à Paris, rue Saint-Denis, 581, pour qui domicile est élu en la demeure de Me Gheerbrant, avoué à Paris.
- En vertu de deux ordonnances rendues par M. le président du Tribunal de la Seine, les 17 et 19 février dernier, icelles enregistrées.
- J. Godechaux Weil, huissier audiencier au Tribunal de première instance de la Seine, séant à Paris, y demeurant boulevard Saint-Martin, 49, soussigné.
- Me suis transporté à Puteaux, maison dite le Château, sur le quai Royal, au domicile de M. Depoully, teinturier, où étant et parlant au sieur * son fils, je lui ai déclaré que je veuais, assisté de M. Grimpé, expert, à l’effet de continuer la description de machines arguées de contrefaçon par le sieur Joly et de clore les opérations relatées en mes procès-verbaux des 18 février et 6 mars courant.
- Et aussitôt M. Grimpé, expert, commis par justice, nous a dicté, après examen approfondi, le détail de la machine suivante :
- Machine on appareil à cadre circulaire destiné à produire dos ombrés par la teinture et la capillarité sur des tissus pliés longitudinalement.
- Chacun de ces appareils est ainsi composé :
- « D’un cadre circulaire, en bois et à claire-voie, ayant la forme d’un cône,
- p.3x21 - vue 69/91
-
-
-
- — 22
- t et au sommet duquel se trouve une poulie fixée au plafond de l'atelier, de t manière à pouvoir le maintenir à une hauteur donnée au-dessus de la cuve « de teinture dont il va être question. A la surface inférieure de ce cadre se t trouvent placés à distance et en spirale des crochets en cuivre doré, qui sont « destinés à tendre et fixer en spirale la pièce de tissu lorsqu’elle a été pliée par « l’appareil précédemment décrit.
- . 2° D' une cuve de teinture placée directement sous ledit châssis, et de ma-« niére à pouvoir y plonger et y faire séjourner à volonté le tissu qui s’y trouve « fixé. » . . ~
- Appareil à mouvement alternatif destiné également à produire des ombrés par la teinture et la capillarité sur des tissus pliés dans le sens de leur longueur.
- f»
- « L’un de ces appareils qui est encore à l’état d’essai est ainsi composé :
- « \0 D’un réservoir de forme rectangulaire propre à contenir le bain de « teinture et dont le fond est incliné.
- « 2° De deux principaux cylindres perpendiculaires à la surface du fonds « du susdit réservoir, et sur lesquels s’enroule et se déroule alternativement le « tissu plié comme est expliqué.
- « 5° De trois cylindres auxiliaires parallèles à ces premiers et occupant la « partie inférieure du fonds incliné dudit réservoir, et servant de conducteur c au tissu lorsqu'il passe à une profondeur donnée dans le bain de teinture.
- « Les deux principaux cylindres dont il est question occupent la partie supè-« Heure du fond du réservoir de teinture; chacun d’eux est mis en mouvement « alternativement à l’aide d’une manivelle qui est fixée à leur partie supérieure, « et leur partie inférieure, comme celle des cylindres auxiliaires est munie d’un * plateau circulaire qui sert de guide au tissu lors de son passage dans le bain t de teinture.
- « Enfin, le second appareil a mouvement alternant qui est également à l’état » d’essai, est en tout semblable, quant au principe, à celui qui vient d’être décrit; « il ne diffère que dans la disposition du fonds du réservoir, lequeLest horizontal
- p.3x22 - vue 70/91
-
-
-
- — 23 —
- « au Heu d’être incliné ; de sorte que la partie du tissu qu'on veut ombrer est « constamment dans le bain de teinture tout le temps que dure l'opération, c tandis que dans l’appareil qui précède, le tissu ne fait qu'y passer. » ,
- Et rien ne s’étant plus trouvé à décrire sur la réclamation de M. Joly, nous avons clos ici le cours de notre opération.
- i
- Imprimerie de Gustave GRATIOT, rue de la Monnaie, U.
- p.3x23 - vue 71/91
-
-
-
- —. —
- . ' . . .. *<
- '• * Um uo m\> M to?, oî< •« •» hVR mi\ * » ~
- *' ,m>'rtimqai ytwb $*rp *i\mM ^‘tuo) vtwUmi sb w»»A d\ .''«^uyj^.iun *
- * * *« .*tmj)q \j‘u^-Jii,\ ait mv\ s\ .»bw H\ Utç U'rtj&qqin »
- ,vM .\f *1 (i’»!;«mfîI‘>Ô! üi ni- */?i i ir»h e è/junJ aiilq !nnî'W^n ;|£îf'
- ..tibrfnvjigt'viinn ïh &ufvt si loi «ob
- * * ’ » '''’fr>i,:r,eiv&:*r J,<
- :'jrr .+’ » ... , -, . ;
- -
- Vv :
- J 4
- ♦ ;
- • * i .i • /».
- Vv»*V.-
- ''"UiPf. r.yiVn
- <w&s •««**«»
- i'X :-ts\
- -S "-A
- *<
- '» < > ft -n
- \ *, M
- tÀ*
- *
- £
- ,'i .'jifiiiufjV cl sb ou•«. ,T01T-Ai(i> iiVAT^iî) oh on'»mnqrul
- •4
- p.n.n. - vue 72/91
-
-
-
- pl.2x1 - vue 73/91
-
-
-
- p.n.n. - vue 74/91
-
-
-
- :oi p
- P b
- 'Trn.rr
- Trf~~rr
- I* S &
- pl.2x2 - vue 75/91
-
-
-
- p.n.n. - vue 76/91
-
-
-
- pl.2x3 - vue 77/91
-
-
-
- p.n.n. - vue 78/91
-
-
-
- fin. 1 ,/ , y/m, CLT&ls e/rJ^TOCcdeJ ex, ^ix'ide dciaux-Px—-*>17 levw— e*iAl>u\jL couPeviP
- iT? JCL ’-ifCL. -- ' "' - — TH / 1 0 A 00 -toi .. ,00 ,r\‘ , ,, - » , ~ 0 1M Æ
- C^^y^be^i
- c-ïyéec. 2
- 'etÿf
- j/tccc-
- t ifaic\>ti- jjttA- C'*-1 dis$pi_{f)aid!icMj£-- <Jl\c*.‘ii$LxCj (Dixzch-uv—2e-o jCnLuxe^— dé P* JftattMjUéhiA^JZZpya-ù_dbzxj>
- i
- 7?10 tOi'Bwêfs
- X-/M <2 mDitjue^icuS'ii^ctwjy dz?^e, ^tii, <?e, 2ckJuI?£ st^cnr^ufe aft'etïiaJit»£mem~-' j'ay cyfui^E^ tiaiît^nfcaX- iixr f ctuh* p^ip-wa— daiilje- êctnp !>e te^nhxre-
- (£‘xfFail^ Je iSàej£?iJjtl2ni àej pwccàeJcC>.
- Ÿ\vv\yc<u\py jjrvcede^cv\\ôhtevw-y. ^lî-T^mvcvttïWj ie-'jmic. 3u*p
- \. &ytÀxc~, ~bcwp opt, c^ucMxk—cy twtbzAfi— 7fL /^ ou, wwm4 c
- '^<ti'Z^-'Cc3c4'2^4*l4^4 7 £X~ l£^üwXXy^VV^£Vlii*lvL--D<2/«—-Ci%-UO<-<.—-111 CC±Ux-1CjUil+*_ Cjl44~-
- * f oJ^OJoi-UZ-UA JVI'}^ H A_pîXj CtVt- I^X^HVvftVUZ-- 5c*—3îc*p'wJ-Vt'îtJl4 «*n—^c<ifu
- /jdCUpL- &$ J
- g, (Dz, xl wu- evtttM-ti^sjiiX^ da^is^'O- ûLA^tu+e^jtca-, îc, &*_
- ^ ^fi40v!Mns*~ cyi*-ŸCàium— 1o&i**- ftccetc—f/crj>* "uxAx^x^ tayrpîdjc&Jt***-.
- iXM-^OUU---- &?*VV£pU&$fay ^OÜ----'VtM'UCXO— Ta—~-|3 t^VM » lf
- Yiy. 3 je Ar o^fwaral ytvvïjf, oL-j:dvutzx—'ùx—‘iu,Puxu4 el: f ïpcx~, 'deait-
- r sth.j'L-,14 à Cddl fie «-- y U, a— |/tt-> <U Ce . ‘~~—t izt éi~- za.it 0 'ù^2-c>
- é>—- J U taJfcxep) LM44 „ -> fJL-v «5i>fu^ — — j?ï>*4'C.i''p tt£-, t’M. ^« té- 2\*- 11 <£^cIv^îj2— lâfâ
- ^££Rrt—-6—^ÎC(V_ ^ tÉV^-tz*—^ **JU1AA- Cl)
- ;\
- Tl IV
- a'ir ^mi.
- cwvu a-- pê'W.^I'W'7
- ~-fc î^tiï-e ^ ^L: •£«—
- -U— tXdU) \xc\f(cJ
- taj—' D c-ütu^tt’vH^» t/iiv ^/a-f^gc*-t,/y^ jhiAvcixïéQ 2c^)e^ tyorOO ymcixfai yArTa-C^aStii* > PVêu^îH^ CflUtfflttVÉTlfc
- *$LS
- 5 6 v
- ^\ t) t U , S J V\VL~
- \\ \\ Côli
- M . ^
- —-r'htis C<?i*vp4r3c- 0 a^^Vi) -
- ^oxm*— ccmt*?|K^ ^AXc ^ C’C*
- ___ ptr?l;t_- cC_ jyctx ptii*~ c*<^ ^ttpciirw»'.
- ^ J?ïTzt4~-'3 ixe.ïïc+ŸL&Wt— £<x_ Z1 C|M-t____
- ^ 3<JMi>w piX'C tv<44<-^- ÏÎ4i_-
- t-W^Çgrl tft<_£A-~- <A- V-- lïtttVVA^ 1WU* _.
- ,JÇu*a^'ffax- -fc*- b* .
- ^C^lît IttfZ-' Y^C<- C?u- e*XWtxl&£- 5fHT- ^ f
- 2^hia_ ptw— tt4ve
- ;; ^^ T£l/ W<< t— i
- ^/y3 c. £a4/f»tvt^t* "Vbtc^fa^ ayarn- efi Jiwncz, ; c^/c * ïésynfdlxft-éd % ^c^êt-'PUA /far- l antzc ^ oij 7etfiji *vi fuiiy.
- ^ ' , CDece/u fw&tiiciz. 'û^ fofciéttvc fet-i-pu. mt h-^ #*—
- £*\ ûfïts&U. WtUnU-'d&Hrir 'b 'M&vfPWl*-' (fyftSi+l/lbyL- 'JJ • 3jfj>li/) Jectitz. £ c'xïuww ^»vi! ïaŸyvzi— 3'ceepfvbv- 3tcÆ»'L «.^vezti^ k Cvï'ticuvtM'tei' *>« /^C^Kenrui
- Du l4
- ^2 ) Ccûpk/tuJ/mwire descriptifs
- J\°I (X-,Z u^-texvwtcn+i-. s axjewn—tut lcntié\w— ‘ ^c. |>Ccu
- fc --------- 't/eksjf* -
- t/ïC 2.. Ctxtâlx y^CA. a*JA*M_ tvn- Zevt&UWr 1*udiÙ-~ ÿdVXtA \. 3vlVV ïidfCH
- au, anx Jé d&f\6\X-' omdtwv'to— cl- mC3ntc-<ivue. 1 h?mitc .
- _ \-Q*... . !r 0._______ .yx»^Ç:^
- <p ,_ 3 ' (Paviii^e.> jnxt- ir^u-éo rutu 3^>iua_ 3t. 'C^ -èctx«|-ïve-^
- ?c VeiAc cU^Î Si Û\CA’ (^VUsitfoC- ŸïUïCtl
- (**v- 0i\ -t £
- $22- vnœ&ds-'' p^tece- 4uu 3«- M_c ^ >2
- L-L '
- if-in. <|t*c de. Ttv^tnn- ou %t
- 7 drachme et, ombrer ie
- oitw. cy 'boxJL, u xuLaz. a-uHes- j
- t) ectitfi. San»
- ^ (Set Uj\c aj— ^4t39t.lion ptLï j7£tt *?ll. Ci'\éx-a
- Üicaxu) 4- !
- ©ctu^lCL. iSIi-Ii-/?. g 5t l'altnt^iuit
- ^ 1 ^ - t ^
- ia îoy "£> ca*»Cl-c^
- Cil—
- "-dothe. 3 a It JevrtMj /•^ 'iSAo ^2.)!
- iev ît,\Jl> a
- $e- yio it—-' rc^tuf ucvt vu. eu t—
- «Tl" S' U^nju-dtiZ- 3e fkxa— Oc-fa. -^«1^111x^31^13 .
- <Vj ^uu{.— p*>*~ 4 ci*~? *i 4- •
- c 1 j& û’ if. c<il E X Jl
- (JT13C . CSaynéthe dé- veizz-- mvi jL- à, 3oaéfc ^cw-ip.
- petit heillctùr' 4 UH(4ti-L <m. cieC *îyn. oia \t ixc deocéiid Vx^y> 3im« cTl3p. cRw$)Cim_ £)it ihrflé.
- PI* 8 r tvi-vj 2tuj ; ; 1n>L--v_ |jh ou Ceutwie/<~
- ^“p). üdtti IL. evw^£r~ %1HUUIK Éu- /nom'ctvtcvvt- •
- «Tl' Ifl ‘S'efa— ^U|
- ûl‘ 1! 6ufé*~ Jaaxx-r doUuyAA^,
- tL^îtt-- 3 *r^t£4H/' 7«^it^t'ii/f'c- <| ud^dou
- Jiinnfo ne e-r~ ou, me V*la—4*>—S*ijt—<><-$ <? nv^ t<-
- tciAAd». tJLU-^6- ^ïtHWt 11-i^ŸlfxL, ^ a^A^^Ÿr^y A>mviw—.y t?w' ivun^ CtL- *> wvt_ fitii—J a* w^_-
- efte J t£ -
- HjZ. 3 0*L Jey&UL. dt. dotyu^ ?
- '^C^tLC^ -^£t- |^>UA„ *>K UltïiltrV c£t«L. ^£4^.
- 3ee>W.
- /*Tïn»
- •‘Sjsü
- £**%d 3u—</*Dh**u. fï ??.
- Qtsezverhon: tecîctfïO i/cjÿnaïf £\> oS/eCs iWsrrfty"?> w /r/ra/op*
- v/ej a ceux.
- ÿtiÎL Cxhieni eJan >> /cx-v-nne/tme, yaoû-r faycte//«, efflJÎ tëer?t7//o t*,, JTiÿriéliei'/ a/ftypriç rmc-lPSêïfJ et tny£nirpn,-en. ?SdO
- pl.2x4 - vue 79/91
-
-
-
- p.n.n. - vue 80/91
-
-
-
- ' {Zp/xt/Vt/s-ppuz. ièviHccfjevecsux. io-âotz^ sMêzes.—2<xnA^fat‘teZair’
- lon^HT^n iu,cujc L Zÿ*' «- L fizM-j .
- () ^ iï W-f Pt!^*jPpijP. j'JPHZ fo. î ^"pÎA—a^)$bù JICZZ-DX: Yf&
- £o nzoScti___cl Ü&tjiicj?ii^y px$ ' dc^ùotc^ cc- {j*&tiA~--^^3cu*C' '^cc. icWt Ïuajl.-
- deà OxrneA—j^foc^eA—p>ouz. %oc %zvdeziê^ cl. Pc-^cxcou*__
- Û^prtreil e-Mpùije^ in. IS59, y?a^lfï(9r^à(X&n^X>iirifa*icr cl. ^ -ÿûŸL^pcur féw3tc_ -iLo J>ci;a:lyL_ Omfize/^ Ccpvc^ôwcQ^ iïeàôvn—- Ccmwuun^pcjtcc^Ÿct'£-" Wb*^ida&ŸL^Vûti’ Jû lettre, du y féî?rier ' 'l$i£. J.
- PLêv
- \
- pl.2x5 - vue 81/91
-
-
-
- ' *s . \'r : _. ;. .
- — y.iisgiv-Jhs .W.v o-.*v;
- ' ' , ,'r ' , , : • * . V \
- ’.'cyj’.) \~M3XO -jT; -jfi •••4»£ïVî»U
- Ùil^l .*V> j& ’ iC -
- •4* -X 'v.i.rX-^ '_!4^î^Ci'îï<oî-.
- ~J£> JT«oC^—
- p.n.n. - vue 82/91
-
-
-
- pl.2x6 - vue 83/91
-
-
-
- *
- ' **'**-+*
- 'si
- i
- if
- m
- ;.'r »
- p.n.n. - vue 84/91
-
-
-
- n? et/etxtvx__-
- oJfîachine et procédés pour Icisidzji, e-t—un4t«r — 'fe^— 4f;
- de, '¥cuvul/ de. bovL, 4^ cZ'iiiH.cy.uL, -fcv —. e/KL- pi£oe_ otu vio^rceccti-x ; 5 ce z\t/v?) cxho^,
- _ à vcdd\hovu pt’i^_ petv'- eJfC~ yjj du. y S\to octn<~ .184^ et 2> O/HA_ L,
- éd- (Set éi lvcoLi_éf cc2<édvcn— é e-'mocvtdeL 44- 44 (SééCas £v4 /l$/j.6~*
- tcil/tlc.C^--
- 4l/t'
- fCodc de pfief eu. de ~fet77dl'£ ôee~ en, ynecen-_/ avec
- tdv
- MW04VU_
- ijiice:•*-_ o-rnf->zx‘ca,- f .Ctt. feyv |dïciwu vvne, ovl jdieoieivco.— ^ou
- Ijl. nondtU- done.*— oj iu_ d’ on, nSem^— dbtêA/nU^
- HuxnxeAe^' q iul, oiocx.niuL^^)dtv bon— ecctcztenv^ f éfÿ. $-3.Jp-dé£dp,
- cj iu_ o-ncicj n
- ^ < ddc'ctl^uxLt^, <f ddditeon^- p>tù
- 'Zv^.eSc&j, fdlcudd \SA^
- fiupc 3tt( MiOÎC 3e- .A/B bfU'f^ écfWauoc- /£ 44 ti|>Aif-JMpkUtwp
- 4 "0 ^ÿttiX**lA'€M4d~ dtû
- *H-iU ^ma^Urttw^
- 'Ven-tV terne) Le ; <m |:rfttt:_i2_ 4sa_____t-VOl oola— A . dy.\ >%. b, $~&Ê 'it4A~~
- diA- ^iM*pc-s- ,dc>Z'i '7üuia fo< et j^ccz<x£ie feA- .R K 7 et tni_ aÈtXi^i <2_ jy^UA.
- ou. w<)wa. fe. J K. y en. fA -metWvu ei^z— G toi fci-
- a_ fcj^n. 2 a >r - t^anxj^, ytovu^ev~ tjzaduellertv-c-wi— 4o etrj^ Witwty3
- ^otvt-A- "fi dxzAw de tei-vittiix—.
- 3 111) D 01 tlL fof-tCUpt_ <)<2- £4ir|j^e t3U 3 1440Z__
- .&Tr3&M\A~ cxwd' 14 —.— CkiUZ -"(a— £'t444'Un4_ i3^v-------—
- picC£L 3<m 44'. e-i\ éeiAjo 'pa.ttïca- 'epa.4,'—<5uy— -lotetpt
- T1
- "vi^ (Sou3il (T?i
- WWY\ÆfVG<-
- pl.2x7 - vue 85/91
-
-
-
- p.n.n. - vue 86/91
-
-
-
- pl.2x8 - vue 87/91
-
-
-
- p.n.n. - vue 88/91
-
-
-
- -DjLcAÂAti) <)d44^) /f-n^ £*l\\À^\ÀU\Xy D 'Ck^l^xkd-OtxJ! düA*isï\sW^èj
- jpoAJ Jiti-^ Ce/%$b d&CeAAb/^% jeXJbd fi*x\faxdl%AAMX)<i> tovJ b'MiAjcXy
- ^’iAswcsLApo$J e**J a)oX.eJ 1 OoL'M/uveA/ A
- /^>,vVŸ’i^ ‘CJ /pCt4i4/ -Ced Ù\cc\§eÀ
- W /jp*Â4ï^/
- ^icc <M—^ovtctu&Z-- t^pté^mte^ f^.- pfuxyc- 6>
- •^eW^ 2><xh4 $o^(<xx:<ÿ-ex\x./ cul- vncyeij des dexux- sxaas^ e^A_^-e^c)l/>tj 6*7 'VotA cJj ttt^ Ê-ni’zxfM-—-'Iga.— M/vtA—<xkl/-— ^ca^. axxXt^-d—- *
- la flcc/ie ùidïyue la.. direrfton da J"do/7e.. ( ^
- -G-*» VULA-
- frvrïfxvcr" w v ?> >iV> yjtfjf
- *\N T r; rrv t: : :tt; .
- VV V Vvv^VV V VvXV-vVV'v'i l\V
- v __________L^
- T />f£lv^%.N,v^V'ts\\vS^\^\.\W\^\\^VV’>VVVNNVS-VWt
- 1^H17li7.'JU' oïl CctîyzL- 'tectccnaufïxLz£y-compose ietccavczoe-f-—\jozi^onhdS(!U’poxe^-
- d en. tpizalk, inU fei cjudïSon acczocd fétide- yfd^ée-î’aÂi^ie fcc. macpnu-J. fe.1
- n9.jt
- p/.m.
- pl.2x9 - vue 89/91
-
-
-
- -1
- isi/kfSin
- r
- ' ' •• ' - ' ’«< r’"
- "' * <*>
- ‘ r..»*U*V? '*« " 1 r *
- \ ; •.- • • ‘
- i
- : r*Jr<h
- I i‘;
- %
- 1&t?>'* '
- 4*-
- p.n.n. - vue 90/91
-
-
-
- pl.2x10 - vue 91/91
-
-