Notice minéralogique sur les provinces d'Oran et d'Alger
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- 5UR
- LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- SUR
- LES PROVINCES D’OR A \ ET D’ALGER,
- PAR M. VILLE,
- INGÉNIEUR AU CORPS IMPÉRIAL DES MINES,
- PARIS.
- IMPRIMERIE IMPÉRIALE.
- M DCCC LVII.
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- PRÉFACE.
- Le 9 juillet i85o, nous avons adressé à l’administration de la guerre un mémoire intitulé : Recherches sur les roches, les eaux et les gîtes minéraux des provinces dOran et d’Alger. Ce mémoire, qui a été imprimé en 1862, aux frais de l’Etat, à la suite d’un avis favorable émis par le conseil général des mines, a été le point de départ de nos études nouvelles sur les gîtes minéraux de ces provinces.
- Appelé d’abord comme chef de service dans la province d’Oran, pendant les années i85o, i85i et i 85a , nos premières explorations ont embrassé une partie des subdivisions d’Oran et de Sidi-bel-Abbès, et la presque totalité de la subdivision de Tlemsen. Nous avons reconnu de nombreux gîtes minéraux qui ne sont pas indiqués dans notre premier mémoire, et dont plusieurs sont aujourd’hui l’objet de travaux de reconnaissance importants.
- En juillet i852, nous avons été appelé comme chef de service dans la province d’Alger, et nous avons poursuivi depuis lors les premières études que nous avions déjà commencées sur cette province. Une dernière excursion que nous avons faite, à la fin de 1853, dans la province d’Oran, nous a permis de compléter nos études comparatives sur les gîtes métallifères des deux provinces.
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- VI PRÉFACE.
- D’après l’avis du conseil général des mines, et par ordre de son Excellence Monsieur le Ministre de la guerre, nous avons réuni en un seul corps d’ouvrage les divers mémoires géologiques que nous avons rédigés postérieurement au 9 juillet i85o. C’est ce travail d’ensemble qu’on va lire.
- Nous avons classé à Paris les fossiles qui ont servi à la détermination géologique des terrains, de concert avec MM. Bayle, professeur de paléontologie à l’Ecole des mines, Mayer et Michelin, naturalistes. Les noms de nos collaborateurs suffiront, sans doute, pour donner toute confiance dans les résultats qui seront indiqués dans le cours de ce travail.
- Nous prions ces Messieurs d’agréer ici l’expression de notre reconnaissance, pour le concours qu’ils ont bien voulu nous prêter.
- Nous avons lu à la Société géologique de France, dans la séance du 26 juin 1854, une notice géologique sur les provinces d’Oran et d’Alger, que nous avions rédigée de concert avec notre camarade et ami M. Bayle. Nous avons fait de fréquents emprunts à cette notice pour la rédaction de la partie géologique du travail actuel.
- Ce travail se divisera en deux notices distinctes.
- La première sera spécialement consacrée à la province d’Oran;
- La deuxième à la province d’Alger.
- Nous avons suivi, dans la notice relative à la province d’Oran, l’ordre adopté dans le mémoire intitulé : Recherches sur les roches, les eaux et les gîtes minéraux clés provinces cl’Oran et d’Alger. Dans la notice relative à la province d’Alger, nous avons suivi cet ordre dans la description de chacun des districts métallifères de cette province.
- C’est un devoir pour nous de remercier publiquement M. le maréchal Randon, gouverneur général de l’Algérie, M. le maréchal Pélissier et MM. les généraux Camou, Jusuf, de Montauban et de Mac-Mahon, de l’appui bienveillant et empressé que nous avons trouvé auprès d’eux dans toutes les circonstances. Grâce à leur ex-
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- PRÉFACE.
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- trême obligeance, nous ayons pu visiter des localités et reconnaître des gîtes minéraux qu’il nous aurait été impossible d’aborder, si nous n’avions été aussi puissamment secondé.
- Alger, le 3o novembre i856.
- L’Ingénieur au corps impérial des mines, Lüdovic VILLE.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- SUR
- LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER,
- CHAPITRE PREMIER.
- ÉTUDES GÉOLOGIQUES SUR LA PARTIE OCCIDENTALE DE LA PROVINCE D’ORAN.
- La partie occidentale de la province d’Oran, comprise entre la frontière du Maroc et le méridien d’Oran, renferme des terrains d’origine sédimen-taire et des terrains d’origine ignée; ceux-ci sont, en général, très-peu développés, et ne forment, en quelque sorte, que des îlots très-circonscrits au milieu des autres terrains qu’ils ont soulevés.
- Les terrains d’origine sédimentaire sont les suivants : i° Un terrain stratifié plus ancien que le terrain jurassique;
- 2° Le terrain jurassique ;
- 3° Le terrain crétacé inférieur;
- 4° Le terrain nummulitique ;
- 5° Le terrain tertiaire moyen;
- 6° Le terrain tertiaire supérieur;
- 7° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 8° Le terrain alluvien.
- Le terrain stratifié, plus ancien que le terrain jurassique, s’observe chez Terrain stratifié les Beni-bou-Saïd, sur la frontière du Maroc. C’est ce terrain qui renferme , , .^De .
- 7 1 le terrain jurassique.
- le filon remarquable de plomb argentifère et de cuivre pyriteux de Rouban.
- Il se compose essentiellement d’argiles schisteuses, satinées, verdâtres ou grisâtres, alternant avec quelques bancs de quartzite gris. Les couches sont fortement redressées, et sont recouvertes en stratification discordante par les
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- couches du terrain jurassique , qui sont faiblement ondulées et presque horizontales. On n’y a pas encore trouvé de fossiles ; aussi n’assignera-t-on pas l’âge de ce terrain.
- Le terrain jurassique forme, à l’ouest de Tlemsen, deux larges bandes parallèles au rivage de la mer, dirigées de l’E. N. E. à l’O. S. O. Ces bandes, qui se prolongent dans le Maroc, constituent, au nord, le massif montagneux des Traras; au sud, le massif montagneux des Beni-Senous et des Beni-bou-Saïd. Les roches observées dans ce terrain se composent principalement de marnes schisteuses grises et de calcaires gris, compactes, très-durs. On y a recueilli les fossiles suivants :
- NOMS DES FOSSILES.
- AUTEURS.
- ETAGE GEOLOGIQUE.
- LOCALITES.
- 1 DANS LA BANDE JURASSIQUE SEPTENTRIONALE.
- Ammonites bifrons.........
- Terebratula serrata.,
- Mytilus...................
- Belemnites................
- Lobophillia semisulcata. . . ,
- Bruguières. Sowcrby . ..
- Michelin.
- Marnes à belemnites. . . .
- Idem............... . . . .
- Idem....................
- Idem....................
- Etage oolithiquc moyen..
- Traras.
- Idem.'
- Idem.........
- Idem.........
- Ouled-Maziz.
- 2° DANS LA BANDE JURASSIQUE MÉRIDIONALE.
- Ammonites radians
- Belemnites...... .
- Terebratula serrata.
- Spirifer rostratus . Belemnites.......
- Ammonites heterophyllus.. ,
- - humpbresianus.
- .__________Brongniarti. . . .
- ___________cycloïdes.........
- Àstrea burgundia ..........
- Hemicidaris ovifera........
- Reinecke.
- Sowerby , . . Schlotheitii.
- Sowerby
- Idem......
- Idem.......
- D’Orbigny. Blainville. , Agassiz. . . ,
- Marnes à belemnites. • . ,
- Idem...................
- Idem...................
- Idem.
- Idem.
- Iden
- Oolitbe inférieure.......
- Idem.....................
- Idem.. ..................
- Etage oolithique moyen. Idem.....................
- Djebel-Tassa.
- Idem....................
- Enlrele Djebel-Tassa et la mine de Rouban.
- Idem.
- Idem....................
- Rouban , sur la frontière du Maroc.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Sebdou.
- Sebdou , Tlemsen.
- OBSERVATIONS.
- Moule indéterminable. Indéterminable.
- Indéterminable.
- Indéterminab. ; très-nombreuses sur les revers O du Djebel-Tassa.
- Le tableau qui précède montre que la bande jurassique septentrionale présente : i°l’étage de marnes à bélemnites; 2° l’étage oolithique moyen; et que la bande méridionale présente : i° L’étage des marnes à bélemnites;
- 2° L’étage oolithique inférieur;
- 3° L’étage oolithique moyen.
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- Les observations faites dans ces terrains sont très-peu nombreuses; aussi des études plus approfondies feront sans doute reconnaître, dans les deux bandes signalées plus haut, de nouvelles subdivisions de la formation jurassique.
- Entre Tlemsen et la frontière du Maroc, le terrain jurassique présente une série de grands escarpements calcaires et dolomitiques, au moyen desquels il est facile de suivre la continuité des couches d’un bout à l’autre de cette région. Il est coupé par des vallées très-profondes, où coulent toujours des eaux limpides et abondantes. La mine de plomb du Djebel-Tassa, et sans doute aussi celle de Sidi-Jahia, qui est à 12 kilomètres S. O. de Sebdou, sont comprises dans ce terrain.
- Le massif jurassique des Traras est beaucoup plus accidenté que le massif méridional. Les rivières y rayonnent autour de plusieurs centres de soulèvement; leur cours y est, en général, très-rapide, très-peu développé, et ne roule d’eau, le plus souvent, qu’en hiver. Les Traras renferment des gîtes nombreux de minerais de fer d’excellente qualité, qui étaient traités anciennement par les Arabes dans de petites forges à la catalane. On y trouve aussi, chez les Oulecl-Maziz, une mine de plomb et de zinc anciennement exploitée. Les flancs des vallées sont entaillés dans des argiles schisteuses grises, et les sommets des pics isolés, qui sont si communs dans les Traras, sont généralement couverts d’un chapeau de calcaire gris, compacte, identique à celui qui constitue le massif jurassique du Sud.
- Le terrain crétacé inférieur a été observé à l’est de Tlemsen. Il paraît constituer une large bande parallèle au rivage de la mer, et comprise entre les hauts plateaux au sud et la vaste plaine de Sidi-bel-Abbès et de Tisser au nord. Il se compose essentiellement de couches de calcaires gris, compactes, très-durs, dans lesquelles sont intercalées des assises puissantes de dolomies et de quartzites, et quelques bancs de marnes schisteuses.
- On y a recueilli les fossiles suivants :
- NOM DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Natica prælonga. „ Plmladrjmîa plnn^rata Deshayes Munster Terrain néocomien ldam Djebel-Ksar. Idem,
- Relemnites înt.n.s. Blainville Idem Hadjar-Roum. Idem.
- Nanti] us pseudo-elegans, . . . D’Orbigny Idem 1
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- NOM DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Ammonites neocomiensis?. . D’Orbis-nv Terrain néocomien H adj a r-Rou ni.
- Pîeurotomaria neocomiensis. Idem Idem ïdem.
- Natica prælonga. ......... Deshayes Idem Idem.
- Ostrea Gouloni Defrance Idem. Idem.
- macroptera Sowerby . Idem. Idem.
- Cardium Idem Tdpm. Moule indéterminable.
- Terebratuîa prælonga* Deshayes Idem Idem.
- • TYOï’bîjrny TA o m Idc M
- .e T . oy m on « IfJpm Idem,
- pseucio-j ui ensis.
- Toxaster complanatus Agassiz Idem Idem.
- Disaster ovulum Desor Idem Idem.
- Discoïdea raacropyga Agassiz Idem Idem.
- Turbinolia conulus. , Michelin Idem Idem.
- Parmi ces fossiles très-déterminables et qui tous appartiennent au terrain néocomien, se trouvent plusieurs espèces dont les formes rappellent celles d’espèces propres à la partie supérieure du terrain jurassique ; entre autres, deux ammonites voisines fune de Y ammonites lallerianus (d’Orbigny) et l’autre de Y ammonites Duncani (Sowerby), sans qu’on puisse cependant les identifier avec ces deux espèces jurassiques. Ce sont des formes nouvelles dans le terrain crétacé.
- Ces échantillons étant très-frustes, il peut se faire encore qu’ils n’aient pas été recueillis dans les lieux où ils ont vécu, et que, dès lors, ils ne soient que des cailloux roulés, arrachés au terrain jurassique.
- Le terrain crétacé inférieur existe probablement aussi sur le littoral ; mais le manque de fossiles et le peu d’observations faites jusqu’ici empêchent de se prononcer à cet égard.
- terrain nummuiitiquc. Le terrain nummulitique occupe une assez vaste surface entre les bords de Tisser et Sidi-bel-Abbès. Il se compose essentiellement de couches de calcaire gris clair, très-dur. Il est caractérisé par la présence de l’espèce suivante :
- Nammulites lœvigata.
- Terrain tertiaire Le terrain tertiaire moyen s’étend entre les deux massifs principaux de y terrains secondaires, depuis la rive droite de la Tafna, à l’ouest, jusqu’au
- delà de l’Oued-el-Hammam, à l’est.
- Le massif méridional des terrains secondaires lui constitue une limite bien accentuée, facile à reconnaître. Le pied du revers nord de ce massif
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- servait de rivage à îa mer, dans laquelle se déposaient les couches du terrain tertiaire moyen. En beaucoup de points des environs de Tlemsen, on reconnaît les limites de cet ancien rivage aux nombreux trous de coquilles perforantes qui criblent les calcaires et les dolomies des terrains secondaires. La présence de ces trous sert à prouver que les cours d’eau, qui passent aujourd’hui du massif méridional des terrains secondaires dans la vaste plaine du terrain tertiaire moyen, avaient la partie supérieure de leur cours déjà tracée dans les terrains secondaires, au moment du dépôt des couches tertiaires. Il y a un dépôt de lignite peu important dans la plaine de Terni, qui forme un îlot de terrain tertiaire moyen isolé, à la cote de 1,135 mètres, au milieu des terrains secondaires. A 5o kilomètres sud-ouest de Tlemsen, il y a un dépôt assez important de lignite auprès d’Had-jar-Roum, dans le terrain tertiaire moyen. Ces deux dépôts sont caractérisés par la présence de coquilles terrestres et de coquilles d’eau douce. Ils se trouvent sur la zone de contact du terrain tertiaire moyen et des terrains secondaires, aux débouchés des anciennes rivières, qui tombaient de ces derniers terrains dans un golfe de la mer tertiaire moyenne. La présence de ces deux bassins carbonifères indique la possibilité d’en trouver d’autres, dans une position analogue, sur la zone de contact du terrain tertiaire moyen et des terrains secondaires.
- A l’ouest, sur les bords de la Tafna, le terrain tertiaire moyen se cache sous le terrain quaternaire.
- A l’est, il se prolonge au delà de Tisser, dans la subdivision de Sidi-bel-Abbès, se cache sous le terrain quaternaire dans les plaines de Sidi-bel-Abbès et de Tiliouin, et reparaît plus loin chez les Ouled-Seliman, sur la rive gauche de TOued-el-Hammam.
- Au nord, il constitue la chaîne du Tessala et du Bou-Anech, séparant le bassin de Sidi-bel-Abbés du bassin d’Oran, et il se perd sous le terrain quaternaire , qui recouvre la vaste plaine du Sebklia d’Oran.
- Le terrain tertiaire moyen est caractérisé partout par la présence de Yostrea crassissima (Lamarck). 11 se compose essentiellement d’argiles grises plastiques, dans la vaste plaine qui est comprise entre la Tafna et Tisser, et dont le centre est à peu près à 3oo mètres au-dessus du niveau de la mer. A la base des couches tertiaires, on observe des bancs épais de poudingue et de grès quartzeux jaunâtres. Ges grès sont très-abondants dans le massif
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- duTessala et dans la chaîne du Djebel-el-Cott, qui sépare les eaux de Tisser, au sud, des eaux de la Tafna et de TOued-Razer, au nord. Ces couches sont pliées de pari et d’autre de la crête de cette chaîne, et plongent au N. O. sur le revers nord, et au S. E. sur le revers sud. Dès lors, par suite de Tin-flexion des couches tertiaires moyennes, la plaine comprise entre les cours delà Tafna et de Tisser, en amont de leur confluent, présente la forme d’un vaste bassin elliptique, dont le thalweg serait placé au pied du revers sud du Djebel-el-Cott. Une coupure faite à travers la crête du Djebebel-Cott donne écoulement aux eaux de la Tafna et de Tisser, après leur confluent.
- Voici les fossiles que Ton a recueillis dans trois régions différentes : le bassin de Tlemsen, le massif d’Aïn-Temouchen et le massif du Djebel-Tes-sala, régions que la continuité des couches doit faire rapporter au terrain tertiaire moyen.
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- ]0 FAUNE WIOCÈNE des environs DE TLEMSEN.
- Trochus Terrain tertiaire moyen.. Bois de Boulogne de Indéterminable.
- Tlemsen.
- Turritella Àrchimedis Brongniart Idem . Idem.
- Tpriljiini Idem Idem Tnrîptprmipahlp
- Rnrrirmm Idem Idem Idem.
- Cancellaria Idem Idem Idem.
- Cbænopus pes carpuli Bronn Idem Idem.
- Nerita funata Dujardin Idem Idem.
- n«pprn ta Idnm Idem Idem.
- ... . morio Idem Idem, . Idem
- Ostrea saccellus . Idem Idem Idem.
- ... «'rasfussima Lamarck Idem « . Idem.
- Boblayei Desbayes Idem Idem»
- Anomia ephippium T.inné . Idem. ... Idem Avec attaches du même
- animal.
- Pecten scabrellus . v . . . . . ». Lamarck , , Idem Idem.
- _ _ pnsin. . - , , Linné Idem. . . , Idem.
- Pecten » Idem.. Idpm Espèce nouvelle du groupe
- pes felis.
- Aviculn StndorL Agassiz Idem, Idem.
- Mytilus Idem Idem. ..... Espèce nouvello.
- Mytilus suhantiquorum .... D’Orhigny Idem Idem.
- Litliodomus miocenicus. . . . Mayer Idem Idem.
- Lucina spurîa (rmeîin Idem Idem •
- Venus. Idem Idem . . Moule indéterminable.
- Pholas ruirosa Rrocchi Idem, Idem
- Aslrea turonensis Michelin Idem Idem.
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- Les fossiles qui suivent ont été recueillis dans le même bassin géologique, mais à des distances plus ou moins grandes de Tlemsen.
- NOMS DES FOSSILES.
- Clypeaster scutellatus..
- Operculina complanata. Ostrea crassissima . . .. Ostrea Boblayei........
- Pecten pusio...........
- Cardinal ciliare.......
- Balanus sulcatus.......
- Dent de lamna hastata.
- Hélix.............
- Pyrnla.................
- Conus tarbellianus ... .
- Ostrea tegulata........
- Boblayei.
- Pecten Beudanti......
- Avicula Studeri......
- Cardium bians........
- ------burdigalinum.
- Panopæa Menardi......
- Balanus sulcatus.....
- Operculina complanata. Clypeaster altus.....
- AUTEURS.
- Marcel de Serres.
- Lamarck........
- Idem...........
- Deshayes.......
- Linné..........
- Idem...........
- Bruguières.....
- ETAGE GEOLOGIQUE.
- Terrain tertiaire moyen.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- LOCALITES.
- Ruines d’El-Mahsar, à 5o kil. O. de Tlemcen . Idem.
- Djebel-el-Cott.
- Ras-Enneserani, Djebel-Skbouna.
- Djebel-Skbouna. Marabout de Si-Amar. Ras-Enneserani.
- OBSERVATIONS.
- 2° FAUNE MIOCÈNE DES ENVIRONS D’AÏN-TEMOUCHEN.
- Buccinum prismaticum «nnnilrinliim Brocchi TfJnm Terrain tertiaire moyen.. Idem. v.,... Aïn-Temouchen Idem.
- CVttr»nnpn« pn« ffranili ... Rrnmi Idem Idem.
- Ostrp.n rrassinsi ma. . ... Lamarck........ Idem Idem.
- Pecten Lurdignlensis Td.p.m. Idem • . Idem.
- Arra dilnvu T.mno . Idem Idem,
- Nnrtiln mirions. t.ümnrrlr .... Idem. Idem.
- Cardita . Idem, Idem
- Cardium Ttnrditralinnm T.nrn nrrL Idem. . Idem.
- liions , . - • f i . Rrnrrbi . Idem , . • . Idem.
- Lucina colombello.. , T,nmarrlf Idem.». . , . Idem.
- Venus veluta. Raaternt. .... Idem, Idem.
- pedemonf ana À jra «çir ........ Idem Idem,
- rurlis r t Poli Idem................. Idem.
- Artémis exsoleta........ t , T.iivnp ... .... ïdp.m. ... Idem.
- Tellina distorta Rrorrlii Î/Jp.m. Idem.
- Corbula striata Wallrpr Tdnm. . ... Idem.
- Flabellum Micbelini Haimo Idem................. Idem
- Espèce nouvelle , voisine du cardita Kickxii.
- 3° FAUNE MIOCÈNE DU DJEBEL-TESSALA,
- Agassiz,
- Grateloup . . Munster . . . Desbayes.. . Basterot . . . Agassiz. . . . Brocclii.. .. Lamarck, . ; Deshayes.. , Bruguières . Lamarck. . Idem......
- Terrain tertiaire moyen
- Idem.................
- Idem.................
- Idem.................
- Idem................
- Idem................
- Idem................
- Idem................
- Idem................
- Idem................
- Idem................
- Idem.................
- Idem.................
- Idem.................
- Djebel-Tessala.
- Idem..........
- Idem..........
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Moule indéterminable. Idem.
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- Vostrea crassissima a été retrouvée dans les marnes miocènes du massif montagneux des Ouled-Seliman, à 4o kilomètres est de Sidi-bel-Abbès.
- Le terrain tertiaire supérieur est très-développé dans la subdivision d’Oran, où il constitue le fond de la vaste cuvette du Sebkba d’Oran. fl se compose, à la partie supérieure, de couches de calcaire marin, qui fournissent à Oran d’excellentes pierres de construction, et qui ont acquis une certaine célébrité par les débris de poissons quelle renferment. Ces couches reposent sur une épaisse formation argileuse, que l’on exploite comme terre à briques dans le ravin de Ras-el-Aïn.
- Voici les fossiles qui ont été recueillis dans le terrain tertiaire supérieur d’Oran :
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Turriteîla subanrmlata Brocchi... Terrain tertiaire supérieur Oran.
- o * • Ostrea cochlcar. Poli ïdem.
- ednlis T.innp . . ... Td.p.m Idem,
- folîacea Brocchi Idem Idem,
- Pecten iacobeus Linné ......... . Idem Idem,
- uodosus Lamnrck Idem Idem.
- Spondylus crassicosla Idem Idem . Idem.
- Area diîuvii Idem Idem Idem»
- Nucula placcntina Idem. Idem. Idem.
- Panopæa Menardi Desbayes Idem Idem.
- Terehraf.nîa oramïis. ...... Blumenbach Idem Idem.
- Bûlnnns snlcnt.ns T.mnarrk Idem.
- i. i . tinti nnnbnlnm . . . Idem.
- Terrai» quaternaire, Le terrain quaternaire est très-développé dans la province d’Oran, où il recouvre indifféremment les terrains de tous les âges, mais principalement les plaines dues aux terrains tertiaires. Au sud de Sebdou, il constitue le sol des hauts plateaux. Il forme, dans les bassins de Sebdou et de Tefesra, des îlots isolés au milieu des terrains secondaires. Autour de Tlemsen, il forme plusieurs îlots, qui sont remarquables en ce qu’ils renferment des assises d’argile bitumineuse noire, qu’on peut prendre, au premier abord, pour du combustible. A l’ouest, il forme une nappe continue, depuis la rive gauche de la Tafna jusqu’au Maroc, dans lequel il se prolonge en recouvrant le terrain tertiaire moyen.
- A l’est, il forme les plateaux qui s’étendent sur les deux rives de Tisser, en recouvrant le terrain tertiaire moyen carbonifère, et il se prolonge, à
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- travers les plaines de Sidi-bel-Abbès et de Tiliouin, jusque sur les bords de l’Oued-Tenira, chez les Ouled-Seliman. Au nord, il forme un îlot recouvrant le basalte et le terrain crétacé auprès de Djemma-Gazaouat. Il y renferme des galets de granit venant du terrain granitique des environs de Nédroma. Il prend ensuite un grand développement dans la subdivision d’Oran, où il recouvre le sol de la plaine du Figuier (Sebkha d’Oran), de la forêt de Muley-Ismaël. On le retrouve en beaucoup de points du littoral de la province d’Oran.
- Ce terrain commence d’ordinaire, à la partie inférieure, par un poudingue formé généralement de débris des terrains secondaires, mais quelquefois aussi de débris des terrains tertiaires. Au-dessus viennent des couches de calcaire, d’argile et de travertin. L’on remarque toujours, dans ce dernier, une prodigieuse quantité de débris végétaux dicotylédonés.
- Les couches supérieures de calcaire et de travertin sont caractérisées partout par des coquilles terrestres (hélix, bulimes, cyclostomes) et des coquilles fluviatiles (mélanopsides). Toutes ces coquilles sont identiques à celles qui vivent de nos jours. Elles indiquent que le phénomène auquel le terrain quaternaire doit son origine est principalement dû à un transport effectué dans des eaux douces. Ce phénomène a commencé par une période de violence qui a donné lieu au poudingue. Celui-ci est très-développé dans la forêt de Muley-Ismaël, à 32 kilomètres sud-est d’Oran, où son épaisseur est de 3 î mètres. A la période de violence a succédé une période relativement plus calme, pendant laquelle se sont déposés des calcaires, des argiles et des travertins. Ces travertins paraissent toujours en rapport avec d’anciennes sources le plus souvent éteintes, mais qui parfois existent encore aujourd’hui. La partie supérieure du terrain quaternaire se compose généralement de terres argilo-calcaires rouges ou de calcaire blanchâtre terreux. Les terres sont employées avec avantage dans la fabrication des mortiers hydrauliques. Elles passent souvent, par une augmentation graduelle, de l’élément calcaire à l’état de calcaire blanc terreux. Celui-ci constitue souvent une croûte de om,io à om, 2 o d’épaisseur, parfois de î à 2 mètres de puissance à la surface du sol. A sa partie la plus extérieure, il est très-dur et présente des zones de diverses nuances de jaune et de rouge, de î à 2 millimètres d’épaisseur chacune. Quelquefois il est légèrement hydraulique, et peut être employé comme tel dans les constructions locales. Dans les hauts plateaux, le calcaire terreux
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- blanc jaunâtre recouvre le sol extérieur. On voit, dans le haut plateau d’Ei-Gor, plusieurs dépressions entourées par des terrasses horizontales qui sont à un niveau supérieur de 3 à 4 mètres. Ces terrasses sont coupées par des talus inclinés à 2.5°, qui présentent, à leur partie supérieure, la carapace calcaire blanche, sur î mètre d’épaisseur. Au-dessous, cette carapace se transforme en une terre jaunâtre argilo-calcaire. Les puits qui sont creusés dans ces dépressions (à Dayat-el-Ferg) renferment, à la profondeur de 3 à 4 mètres, une argile verdâtre contenant beaucoup de cristaux de gypse, qui tantôt ont de très-petites dimensions, tantôt sont groupés de manière à former de larges plaques de om, i 5 de diamètre.
- Les eaux de ces puits sont très-chargées de sulfates de chaux et de magnésie, et sont connues par leurs propriétés laxatives.
- Les hauts plateaux sont bornés, au nord, par la chaîne de terrains secondaires comprise entre Tlemsen et Sebdou. Ils renferment aussi quelques crêtes de calcaire secondaire, dirigées, comme le littoral, du S. O. au N. E., et dont les couches plongent au S. E. (Djebel-Saïda, Djebel-Nechab). Le poudingue quaternaire se présente au pied de ces chaînes. Il est surtout très-développé sur les collines du Mékaïdou, qu’il constitue complètement, et où il renferme des blocs de om,5o de diamètre. A partir de ces collines, le terrain s’abaisse uniformément au S. E., vers les Chotts, et ne présente à la surface que la carapace calcaire blanche.
- Dans la plaine du Sebkha d’Oran, entre la Sénia, le Figuier et Sidi-Chami, le sol est formé par un banc de gypse de 3 à 4 mètres d’épaisseur, qui rend les eaux très-séléniteuses et qui parait être l’analogue des cristaux isolés de gypse qu’on trouve dans les argiles quarternaires des hauts plateaux. Un échantillon de terre végétale des environs du petit lac a présenté la composi-
- tion suivante :
- Eau hygrométrique et eau combinée au sulfate de chaux. os, l 7000 Sable quartzeux................................. o ,01000
- I Silice combinée..................... o,o5ooo
- Alumine.............................. o ,02000
- Oxyde de fer......................... o ,01000
- Eau combinée......................... o ,01/180
- Chlorure de sodium,................................ 0,00901
- A reporter
- o ,28881
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Report...................... og,2 888i
- Chlorure de magnésium............................ o ,oo645
- Sulfate de chaux................................. o,55772
- Carbonate de chaux............................... 0,12933
- Carbonate de magnésie............................ 0,01690
- Total...................... 0,99921
- Auteur : de Marigny.
- On voit que cette terre végétale renferme une très-forte proportion de plâtre.
- En plusieurs points du rivage (Djemma-Gazaouat, port deGamarata, Oran, Christel, Mostaganem), le terrain quaternaire est très-développé; il forme des assises successives de sables quartzeux fins, qui atteignent 80 mètres de puissance. A l’est d’Oran, on trouve des lentilles de carapace calcaire blanche intercalées dans ces sables. Elles manquent à Mostaganem, où la chaux est fort rare sur le rivage, et doit venir de l’intérieur des terres. À la partie supérieure, les sables sont caractérisés par la présence de coquilles terrestres et de coquilles d’eau douce. A Mostaganem, ils reposent sur des argiles marines et commencent par un poudingue désagrégé contenant un mélange de coquilles d’eau douce et de coquilles marines. A Oran, on retrouve aussi ce mélange de coquilles d’eau douce et de coquilles marines à la base du terrain quaternaire. 11 semble que les sables quaternaires représentent, sur les bords cîe la mer, le poudingue grossier, qui est si développé dans l’intérieur des terres. Ils seraient dus, dans cette hypothèse, à un grand courant diluvien marchant du sud au nord, de telle sorte que les galets les plus fins correspondent à la distance la plus grande du point de départ.
- Voici la faune du terrain quaternaire d’Oran, recueillie dans les escarpements qui longent la mer.
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Haîîotis luberculata Linné • • Terrain quaternaire .... Idem Faune marine. Idem. Idem. Idem. Idem. Idem. Idem. Idem. Faune terrestre, Idem.
- Ostraa Rnhînyei Desbayes U
- Pect.uneuîns insuhririis. . . . Idem.
- pilosns .... T ïd.p.m
- Pinna rudis Idem
- Mytilus galloprovincialis. . . Mar.tra trinnguln... . . T.nmnrrb
- Brocchi. . Jrhrn
- Venus gnllîna
- Hélix aspersn ..... Trient
- Bulimus decoilatus Idem..
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Le terrain d’alluvion se présente avec assez de développement dans le fond des principales vallées, où il constitue d’excellentes terres de culture. On y trouve les coquilles terrestres qui vivent aujourd’hui à la surface du sol.
- Les terrains d’origine ignée comprennent des granités, des porphyres* des basaltes, des dolérites et des gypses.
- Il y a un petit îlot de granit porphyroïde chez les Beni-Senous, au lieu dit Bou-Abdo us, à 8 kilomètres du village de Kremis, au milieu du massif méridional des terrains secondaires. En général, le quartz est blanc, vitreux, en masses amorphes de 5 à 6 millimètres de diamètre au plus; parfois on y reconnaît la forme cristalline du prisme à six pans. Le mica est verdâtre, en tables hexagonales de i à 2 millimètres de côté. Le feldspath est ordinairement blanc, opaque, en cristaux allongés de 2 à 3 centimètres de côté, et de î centimètre de large; quelquefois il est rose; les longs cristaux de feldspath sont coupés par des fentes transversales et se détachent facilement en menus fragments. Le granité se désagrégé facilement à la surface, et tous les noyaux détachés de quartz et de feldspath sont colorés en rose, sans doute par suite d’une décomposition de pyrite de fer. Ce granité est traversé par une série de veines parallèles de tourmaline noire, dirigées N. S. m. et plongeant à l’est. L’épaisseur de ces veines varie de i à 3 centimètres; elles sont espacées de îo à 3o centimètres. La tourmaline ne se présente pas en cristaux isolés bien définis, mais en prismes confusément groupés ensemble. On la trouve aussi disséminée d’une manière régulière dans le granité. Celui-ci est coupé par trois systèmes de fentes, qui le divisent en gros blocs parallélipipé-diques. L’un de ces systèmes est dirigé E. 0. verticalement, et l’autre N. S. verticalement. Le troisième système est aussi dirigé N. S. ; il plonge à l’ouest de 3o° et donne au granité l’apparence d’une roche stratifiée. Le système de fentes E. 0. produit aussi la même apparence. Quelquefois le granité se désagrégé sur place et forme des blocs irréguliers à contours arrondis. Cette roche se montre au jour, sur 1,000 mètres de long et 2 ou 3oo mètres de large, sur les deux rives de l’Oued-Teggezerin, qui va se jeter dans la Tafna, en coulant du sud au nord. Elle se montre par-dessous une roche quartzo-calcaire micacée, grise, dont les couches plongent au nord de 35°;
- Il y aun îlot de granité plus considérable que le précédent à l’est deNédroma. Il constitue, depuis Nédroma jusqu’au marabout de Sidi-Lassen, une petite chaîne de 7 kilomètres de long et de 1,000 mètres de largeur moyenne. Il
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- est enclavé dans le terrain secondaire, à travers lequel il a fait irruption. Au contact, le terrain secondaire est modifié, et présente tous les caractères extérieurs des terrains de transition, sur une largeur de plusieurs centaines de mètres. Ainsi, les argiles sont transformées en micaschistes maclifères. Le granité de Nédroma est, en général, très-facile à désagréger par les agents atmosphériques. Il a donné lieu au diluvium épais de sables granitiques qu’on trouve sur la rive gauche de l’Oued-Sbaïr. Il se compose de quartz amorphe blanc hyalin, de feldspath blanc opaque, lamelleux, en cristaux mal définis, et de mica noir ou vert en paillettes hexagonales. Quand il est désagrégé, ce qui arrive presque toujours à la surface du sol, il est coloré en rouge par un peu d’oxyde de fer. Il est traversé par des filons parallèles d’un granité fort dur, à petits grains, dirigés verticalement N. 35° E. m., et dont l’épaisseur varie de om, 1 5 à om,4o.
- La figure ci-dessous indique la coupe de terrains à travers la vallée d’Aïn-Kébira, par un plan mené N. S. m.
- Coupe de la vallée d’Aïn-Kébira, menée du sommet du Djebel-Filhausen, par un plan N. S. rn.
- La présence des gîtes de fer des environs d’Aïn-Kébira, situés sur le revers nord du Djebel-Filhausen, est sans doute liée à l’apparition du granité.
- Il y a encore un petit îlot de granité de î ,5oo mètres de long, au S. O. de Nédroma.
- Il y a un petit îlot de gneiss, auprès du marabout de Sidi-Amar-el-Aiaf, à 4 kilomètres E. S. E. d’Aïn-Temouchen. Il est associé à du basalte et du gypse.
- On trouve des îlots de porphyre blanc, sur la rive gauche de la Tafna,
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- 14 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- à 8 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia. Ils donnent, par suite de leur décomposition naturelle, de la terre à porcelaine, et une substance translucide que les Arabes emploient comme pierre à savon. Les débris de ces porphyres ont produit les assises de grès blanc qui sont enclavées dans le terrain tertiaire moyen des bords de la Tafna, auprès des sources thermales d’Hammam-bou-Gh’rara.
- Il y a encore un îlot de porphyre blanc à 8 kilomètres E. d’Aïn-Temou-chen, au sommet du Djebel-el-Azéla-el-Aramia.
- Le basalte forme trois massifs principaux bien distincts.
- Le premier est situé à peu de distance de Djemma-Gazaouat, sur les bords de l’Oued-el-Marsa.
- Le deuxième est situé sur les bords de la Tafna inférieure, et fîle de Rachgoun en est une dépendance.
- Le troisième est situé auprès d’Aïn-Temouchen.
- Ces trois massifs sont remarquables par les gîtes de pouzzolane qu’ils renferment.
- Autour de ces trois massifs, il y a de nombreux petits îlots basaltiques qui en sont des dépendances.
- De nombreux petits îlots de dolérites sont associés à des gîtes de plâtre d’origine métamorphique.
- CHAPITRE IL
- GISEMENTS MINÉRAUX.
- § Ier. — CALCAIRES DE LA PROVINCE D’ORAN.
- Il y a une ancienne carrière d’albâtre calcaire auprès de la rive droite de Tisser, sur les bords du Chabbat-Rouk’ham (ravin de la carrière de marbre).
- Le ravin débouche dans Tisser, à 3 kilomètres environ du point où la route d’Oran à Tlemsen traverse Tisser sur un pont en pierres de taille récemment construit. Le terrain anciennement exploité est formé d’assises faiblement inclinées au sud sur la rive droite de Tisser, et composées de
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- calcaire zone de couleurs différentes, vert, rouge, jaune et blanc. Ce calcaire est toujours plus ou moins cristallin et un peu transparent. Il présente souvent des faisceaux d’aiguilles cristallines perpendiculaires au plan général de straification. Il repose en stratification discordante sur les crêtes des couches du terrain tertiaire moyen, dirigées N. 85° E. m. et plongeant de 45° au S. O. Il n’a que îo cà 12 mètres d’épaisseur. Il commence par une brèche de 2 mètres d’épaisseur formée principalement aux dépens du grès jaune tertiaire moyen, puis viennent 8 à 10 mètres de couches successives d’albâtre calcaire. Ce terrain s’étend sur les deux rives du Chabbat-Rouk’ham et comprend deux îlots séparés aujourd’hui, mais qui primitivement étaient réunis. C’est le creusement du ravin qui les a séparés. Ces deux îlots con-tituent en effet deux plateaux de même hauteur, légèrement inclinés au S. S. E.; ils se composent des mêmes roches,, et se terminent le long des berges du ravin, par des escarpements verticaux résultant de la rupture des couches. L’îlot de la rive droite du Chabbat-Rouk’ham est un peu plus étendu que celui de la rive gauche. Il a i,5oo mètres environ de longueur le long du ravin, et une largeur moyenne de 5oo mètres environ. L’ancienne carrière est située sur la rive gauche du ravin. C’est une excavation à peu près circulaire de 10 à 12 mètres de diamètre et de im,5o à 2 mètres de profondeur. On y trouve encore des débris de fûts de colonne en marbre blanc deom,4o de diamètre. Les zones de calcaire blanc ne sont pas régulières sur une grande étendue. A la surface des strates, le calcaire blanc, un peu translucide, forme des figures à contours irréguliers enclavées dans une roche compacte. On ne peut pas compter sur des produits constants, surtout pour des objets de grandes dimensions relatifs à la statuaire. On retire difficilement des blocs d’un blanc pur et sans crins de plus de om,5o d’épaisseur, et leur largeur dépasse rarement im,5o, C’est indiqué, du reste, par des colonnes qui sont emmagasinées à Tlemsen dans les ateliers du génie.
- A 100 mètres au sud de la carrière, il y a un second chantier beaucoup plus petit que le premier, et dans lequel on ne voit que des débris résultant de l’exploitation ancienne.
- Ces carrières ont été exploitées par les Turcs, qui en ont extrait des fûts et des chapiteaux de colonnes pour leurs mosquées.
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- IG
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- S-S.O. N.N.E
- ‘Tta&es^teiïcaicetrz
- Terrain tertiaire moyen.
- La figure ci-dessus est une coupe du terrain d’albâtre, suivant un plan mené du N. N. E. au S. S. O.
- On rencontre des gîtes analogues d’albâtre calcaire à 2 kilomètres ouest des précédents, en aval du pont de Tisser, sur les bords du Chabbat-Ka-rouba et du Chabbat-Sidi-Embarek. Ces gîtes constituent aujourd’hui trois plateaux isolés, qui étaient primitivement réunis en un seul plateau avant le creusement des affluents actuels de Tisser. Les couches d’albâtre calcaire présentent ici les mêmes caractères que sur les bords du Chabbat-Rouk’ham.
- On remarque, sur le plateau du milieu, un escarpement vertical de 10 mètres de hauteur où la roche est sans fissures. On pourrait donc tirer de ce point de grands blocs de marbre pour la construction des monuments; mais on ne peut affirmer qu’on en tirerait des blocs convenables pour la statuaire, parce que la roche est enduite à l’extérieur d’une sorte de vernis qui cache sa couleur propre. Il se peut donc qu’il y ait des veines de différentes couleurs qui produiraient de vilains effets dans une statue. Les trois îlots dont il est question se terminent sur leurs trois faces N. O. S. par des escarpements verticaux où Ton peut juger de toute l’épaisseur de la formation, qui n’a que 10 à 1 2 mètres. Du côté est, le terrain d’albâtre diminue d’épaisseur, et se termine en forme de coin, qui repose à la surface du terrain tertiaire moyen. Au contact de ce dernier, le terrain d’albâtre se présente à Tétat de carapace calcaire zonée de diverses nuances près de sa. croûte extérieure.
- Le plateau résultant de la réunion des trois îlots plonge au S. S. O. de même que celui qui est en amont du pont de Tisser. La pente moyenne du plateau inférieur s’étendant sur la rive gauche du Chabbat-Karouba est plus forte que celle des deux autres plateaux. Elle est d’environ 5°. Cet albâtre
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- y repose également sur les couches du terrain tertiaire moyen, dirigées N. 72° E. m. et plongeant de i8° au S. i8° E. m.
- Une compagnie s’est formée pour l’exploitation de ces gîtes d’albâtre calcaire, avec lesquels on peut faire des objets d’ornements. La translucidité et les tons variés de cet albâtre le rendent éminemment propre à la décoration intérieure des monuments
- Les Arabes exploitent comme pierre à savon une roche calcaire située auprès du gué de Saboun-el-Hadjera, sur l’Oued-Senam, à 5 kilomètres S. O. d’Aïn-Temouchen. Ce gué présente une chute de 4 mètres de hauteur, formée de gradins successifs qui résultent de la retraite de diverses couches de détritus basaltiques à gangue d’argile. Ces couches sont dirigées N. î î 5° E. m. et plongent au S. O. m. de 11°.
- La pierre à savon des Arabes se trouve sur la rive gauche de l’Oued-Se-nam, à 5oo mètres environ du point où le sentier arabe traverse le gué. Cette pierre provient de couches calcaires blanches, dont l’épaisseur varie de î à 5 centimètres. Ces couches constituent la partie supérieure d’un terrain stratifié composé de détritus basaltiques. Elles sont horizontales au point où elles sont exploitées comme pierre à savon. Les Arabes ont creusé une grotte de 2m,5o de haut, 6 mètres de long et 3 mètres de largeur moyenne, ouverte aux deux bouts de manière à laisser en avant une sorte de pilier qui consolide suffisamment les travaux souterrains.
- La pierre à savon présente la composition suivante :
- Sulfates et chlorures alcalins et terreux................ og,oi3
- Silice gélatineuse libre.............................. o ,016
- Argile................................................ o ,108
- Carbonate de chaux........................................ 0,723
- ---------de magnésie.................................. o ,027
- ---------. de fer..................................... o, oo4
- Eau combinée à l’argile............................... o ,og4
- Eau hygrométrique..................................... 0,020
- Total................. ig,oo5
- Auteur: Mævus, garde-mines.
- La quantité de matières solubles dans l’eau est trop faible pour qu’on puisse attribuer à des sels alcalins la propriété qu’on prête à cette roche. Celle-ci agit comme absorbant, à la manière des argiles smectiques, dans l’ac-
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- Calcaire hydraulique de
- Sabouu-el-Hadjera.
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- tion du lavage. Comme elle renferme 0,1 24 d’argile et de silice gélatineuse, on peut la considérer comme un calcaire moyennement hydraulique.
- § IL—ARGILES; POUZZOLANES ARTIFICIELLES.
- 11 existe une épaisse formation d’argile sur le bord de la mer, aux environs d’Oran, dans le terrain tertiaire supérieur. On a analysé un échantillon provenant d’une couche d’argile jaune intercalée entre les bancs de grès calcaire de la carrière des sieurs Vandermeulen et Cie, située dans le ravin Blanc. Cette argile est grasse au toucher et se laisse couper au couteau comme du savon dur. Elle est très-homogène et présente la composition suivante :
- Silice gélatineuse libre os, 156 j
- Silice combinée o ,419 0^,7 43
- Alumine colorée par du peroxyde de fer.. . . Carbonate de chaux 0,168 ) 0 ,028
- de magnésie 0 ,017 0 ,192
- Eau
- Sulfates, chlorures, perte 0 ,020
- Total................ is,ooo
- Auteur : Mævcs, garde-mines.
- Cette argile est très-convenable pour la fabrication des briques. Elle pourrait servir également à faire de la pouzzolane artificielle.
- Les Arabes exploitent un gîte de savon minéral situé à 6 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia, sur les bords de l’Oued-Torba, affluent de la rive droite de la Mouilah. Ce savon minéral est une variété de la roche porphyrique blanche, qui paraît assez répandue sur les bords de la Tafna, du coté de Lalla-Maghrnia, et dont la désagrégation a produit les grès blancs qui sont si développés dans le terrain tertiaire moyen de la rive gauche de la Tafna. La roche porphyrique présente, sur un fond blanc, laiteux, de petits cristaux de om,oo2 de côté, d’une substance blanche vitreuse, foliacée, qui est sans doute du feldspath, de petites paillettes hexagonales de mica noir et de petits cristaux de quartz blanc. Elle constitue des couches dirigées verticalement N. 6o°E. m. La masse générale de la roche est fort dure. Quelques parties seulement, près de la surface, ont subi, par suite de leur décompo-
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- sition, une sorte de ramollissement. Il en résulte une substance cireuse * blanche, onctueuse au toucher, que les Arabes exploitent comme savon. Leur exploitation est dti reste fort peu importante : elle a donné lieu à deux excavations de om,5o de profondeur et om,5o de large, situées à im,5o de distance l’une de l’autre.
- A 1,000 mètres avant d’arriver à Torba se trouve un deuxième affleurement de cette même roche savonneuse. Ici les parties savonneuses sont disséminées dans les terres argileuses venant du diluvium et recouvrant un petit affleurement de la roche porphyrique blanche.
- L’Oued-Torba est à sec en été. L’eau qui coule après les pluies d’hiver est salée.
- La pierre à savon de Torba présente la composition suivante :
- Silice gélatineuse libre............................... og,o6o4
- Silice gélatineuse combinée et quartz................ o ,5i32
- Alumine.............................................. o ,2473
- Protoxyde de fer...................................... o,o5o5
- Chaux................................................ o ,oi54
- Magnésie............................................. o,ono
- Sels solubles........................................ . o ,0121
- Eau combinée......................................... 0,0901
- Total................. ig,oooo
- Auteur : Ville.
- On voit par cette analyse que le savon minéral de Torba ne renferme que des traces de substances alcalines solubles. Il agit sur le linge en absorbant les matières grasses par une sorte de phénomène capillaire, plutôt que par une véritable dissolution. Cette substance est un kaolin (terre à porcelaine) qui se rapproche par sa composition du kaolin de Normandie.
- En se dirigeant au N. E. de l’Oued-Torba, on trouve, à 2 kilomètres plus Terre à porcelaine loin, un ravin nommé Oued-Malah, qui va déboucher dans la Tafna, au-dessus l’Oued-Mahh. du confluent de la Mouilah. Ce ravin est encaissé, sur une longueur de 600 mètres, dans un îlot de roche porphyrique blanche, formant de part et d’autre du ravin, des escarpements presque verticaux de 3o à 4o mètres de hauteur. Il présente des parties décomposées qui sont transformées en terre à porcelaine d’un beau blanc, sillonné de quelques veines un peu jaunes.
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- 20 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- L’un de ces affleurements a 1 o mètres environ de hauteur verticale sur source 10 mètres de large, et une profondeur indéterminée. De nombreuses infii-
- saiée et sulfureuse . . f , -, 1 1' 1 , •
- ,ie l’OuedMaiah. trations salees s échappent de cette roche et produisent, par leur reunion, une source à la fois salée et sulfureuse, marquant 3o°, l’air étant à la température de 2 5°, à quatre heures du soir, le 6 mai 1 85 1. Cette source, dont le débit total peut être évalué à 100 mètres cubes environ en 2 4 heures, se perd dans les galets de la rivière après un parcours de 5oo à 6oo mètres, Il est très-difficile d’arriver aujourd’hui sur le gîte de terre à porcelaine de l’Oued-Malah. Cette circonstance, jointe au peu de sûreté que présentent encore les environs de Lalla-Maghrnia, ne permettra de tirer parti du gîte en question que dans un avenir sans doute très-éloigné.
- Pouzzolane artificielle Au pont de Tisser, on a fabriqué de la pouzzolane artificielle au moyen p° ,e sscr. argiles grises du terrain tertiaire moyen. L’argile était façonnée en boules que l’on faisait chauffer au soleil et que l’on faisait cuire ensuite à la partie supérieure d’un four à chaux. L’argile cuite prenait une teinte rouge de brique. Elle était pulvérisée dans un manège à deux chevaux, formé de quatre meules verticales, tournant au-dessus d’une meule horizontale fixe. La matière broyée était tamisée dans un crible en fer.
- La chaux était préparée avec la carapace calcaire blanche, qui constitue la partie supérieure du terrain quaternaire, et qui produit, parla cuisson, une chaux légèrement hydraulique.
- On employait pour le mortier les proportions suivantes :
- N° i. i volume de chaux pour un 1 volume 3/4 de pouzzolane.
- N° 2. i volume de chaux pour i volume 1/2 de sable et 1 volume 1/2 de pouzzolane.
- Le mélange n° 1 a servi pour les douelles des voûtes et des fondations.
- Le mélange n° 2 a servi pour tous les parements extérieurs.
- L’intérieur des piliers et le dessus des voûtes ont été faits avec du mortier ordinaire, composé de 1 volume de chaux et i volume de sable. Le sable était recueilli sur les bords de Tisser.
- ♦
- § III. — POUZZOLANES NATURELLES.
- 11 existe, auprès du littoral de la province d’Oran, trois massifs principaux de basalte complètement distincts les uns des autres. L’un d’eux est situé auprès de Djemma-Gazaouat; le second auprès de l’embouchure de la Tafna ;
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- le troisième auprès d’Aïn-Temouchen. Comme ces trois massifs renferment des gîtes de pouzzolanes qui peuvent être utilisés dès aujourd’hui, on va donner quelques détails à leur égard. On commencera par le massif basaltique de l’embouchure de la Tafna, qui est le plus important et qui comprend le gîte de l’île de Rachgoun, d’où l’on tire de la pouzzolane que l’on a employée dans les constructions hydrauliques du port d’Oran.
- L’île de Rachgoun, située à 2 kilomètres N. de l’embouchure de la Tafna, présente la forme grossière d’un triangle de 1,000 mètres environ de hauteur, dont Je sommet serait au S. E. de l’île et la base s’étendrait au N. O., sur une longueur d’environ 5oo mètres. Son point culminant, qui est au nord de l’île, aux trois quarts de sa longueur totale, se trouve à 60 mètres au-dessus de la mer. De ce point, l’île s’abaisse au nord par un talus rapide, sans aucune végétation, signalé de loin aux navigateurs par la couleur noire de la pouzzolane qui le compose. Vers le sud, un plateau uniforme descend du sommet avec une pente assez générale de 5°. Ce plateau, formé de calcaire blanc, plus ou moins sableux , est couvert d’une pelouse gazonnée. On ne voit aucun arbre sur cette île, où se trouvent les restes à moitié détruits des constructions faites par les Français lors de la première occupation militaire. Deux citernes recueillent l’eau de pluie qui tombe à la surface de l’île et sert de boisson aux ouvriers qui exploitent la pouzzolane.
- Il y a dans l’île de Rachgoun deux terrains d’une nature géologique bien différente :
- i° Un terrain stratifié d’origine aqueuse, d’un âge très-récent ;
- 20 Le terrain volcanique.
- Le terrain stratifié se compose principalement de couches de grès quart-zeux à ciment calcaire, plongeant légèrement au S. E. Ces couches, dont l’épaisseur est très-variable, n’ont pas une grande homogénéité : tantôt la roche est assez dure pour donner des pierres de construction; tantôt elle se présente à l’état de sables qui se désagrègent sous la pression des doigts. L’action des vents chargés d’eau salée corrode ces grès d’une manière très-irrégulière. Il en résulte à la surface de la roche des excavations et des dentelures fort bizarres. Ces grès sont postérieurs au terrain volcanique qu’ils recouvrent presque partout, et dont ils renferment quelques débris. Leur épaisseur augmente d’une manière générale du nord au sud. Elle atteint son maximum sur le revers sud de l’île, où elle est de 25 à 3o mètres environ.
- Touzzolane de Rachgoun.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Elle se réduit à zéro au point culminant situé vers l’extrémité nord de File. Ces grès présentent sur les revers O. S. E. de File des escarpements verticaux qui peuvent atteindre i5 mètres. Près de la surface, ils se transforment en calcaire terreux , blanchâtre, identique à celui qui recouvre une grande partie des terrains de l’Algérie comme d’un immense linceul blanc. En quelques points, ce calcaire prend un certain développement aux dépens du grès. Cette formation de grès et de calcaire renferme une grande quantité de coquilles terrestres (buliines, cyclostomes, hélix) identiques à celles qui vivent aujourd’hui à la surface du sol. Elle se retrouve sur la côte, avec les mêmes caractères, de part et d’autre de l’embouchure de laTafna.
- Le terrain volcanique se compose de plusieurs nappes d’un basalte noir, au milieu duquel sont intercalés des amas de matières scoriacées qui, parfois aussi, reposent à ciel ouvert par-dessus le basalte.
- La pouzzolane de Rachgoun n’est antre chose qu’un conglomérat, un amas de matières scoriacées, en fragments de dimensions très-variables, qui atteignent au maximum om,6o à om,70 de diamètre. Ces matières sont, en général, très-légères sous un très-gros volume et très-faciles à pulvériser. Elles ne sont réunies entre elles par aucun ciment.
- La carrière de pouzzolane qu’on exploite aujourd’hui est située à peu près au milieu du revers oriental de File, auprès d’une crique naturelle abritée des vents d’ouest et dans laquelle les balancelles vont charger la pouzzolane. Quant au gîte lui-même, il présente, sur le revers oriental de File, une série de renflements qui s’agrandissent en marchant du sud au nord. Le renflement principal, qui est l’objet de l’exploitation actuelle, forme l’extrémité nord et le point culminant de File. On peut le considérer comme un prisme triangulaire couché sur une de ses faces latérales, et dont le volume serait de 7,5oo,ooo mètres cubes. Sur le revers S. E. de File, il y a un autre gîte de pouzzolane qui est inexploité, parce qu’il affleure au niveau de la mer.
- L’exploitation de la carrière occupe sept ouvriers mineurs. Cette exploitation , faite d’aborcl à ciel ouvert, a donné lieu à deux grands vides cylindriques. Le plus grand présente un escarpement vertical de plus de 4o mètres de hauteur, sur un front de 3o mètres. Une exploitation souterraine par cavage à bouche provisoire, qui a fait suite à l’exploitation à ciel ouvert, a donné lieu, le 17 janvier i 851 , pendant la nuit, à un éboulement très-considérable.
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- qui aurait infailliblement tué tous les ouvriers s’il était arrivé pendant le jour. Le peu de consistance du conglomérat pouzzolanique et des terres calcaires qui le recouvrent exige impérieusement que le conglomérat soit exploité à ciel ouvert par gradins droits, et que, dès lors, on enlève d’une manière complète toutes les terres qui recouvrent la pouzzolane sur 15 mètres de hauteur.
- L’exploitation par galeries souterraines à grande section exigerait un boisage qui deviendrait trop coûteux.
- La pouzzolane, telle qu’on l’emploie à la fabrication des mortiers, étant une matière pulvérulente, on doit se proposer de réduire le plus possible les gros fragments en poussière ténue.
- Les ouvriers de Rachgoun abattent la roche à coups de pics, et criblent les fragments abattus pour en séparer la poussière pouzzolanique qu’on utilise seule.
- Un ouvrier prépare par jour un mètre cube de poussière, qui lui est payé 2 fr. 5o cent.
- Le procédé suivi à Rachgoun pour la préparation mécanique de la pouzzolane produit un déchet énorme, qui est au minimum des quatre cinquièmes. Il donne, en outre, une pouzzolane de qualité médiocre, parce quelle est en particules trop grossières.
- Le moyen le plus simple de mieux utiliser les produits volcaniques de Rachgoun, et en même temps d’obtenir une pouzzolane de meilleure qualité, consiste à réduire en farine, dans un moulin, les fragments scoriacés résultant de l’abatage du conglomérat pouzzolanique, après avoir mis de côté, par un triage préalable, les fragments scoriacés trop durs et ceux qui ne sont pas de nature pouzzolanique.
- Si l’exploitation de la pouzzolane de Rachgoun était concédée à une compagnie qui disposerait à sa guise des produits de cette île, la compagnie devrait établir sur l’île un moulin à vent pour la mouture de la pouzzolane. Dans ce cas, les navires du commerce iraient charger directement à Rachgoun, qui pourrait devenir le centre d’un commerce d’exportation assez considérable.
- Si l’Etat se réserve, au contraire, l’exploitation de la pouzzolane de Rachgoun, pour les constructions hydrauliques des différents ports de l’Algérie, comme l’exploitation serait sans doute intermittente, il vaudrait mieux charger à Rachgoun la pouzzolane à l’état de fragments, et la réduire en fa-
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- Massif basaltique et pouzzolanes rie l’embouchure Je la Talna.
- rine dans un moulin qui serait une annexe des ateliers du port où la pouzzolane devrait être employée.
- Le massif basaltique des bords de la Tafna inférieure occupe, le long des rives de cette rivière, une étendue de 8 kilomètres à partir de son embouchure. La largeur de ce massif est de i5 kilomètres environ, le long du rivage de la mer. A l’ouest et au sud, le terrain basaltique est limité presque partout par des terrains secondaires. A l’est, il est limité par le terrain tertiaire supérieur, Le cours de la Tafna divise le terrain basaltique en deux massifs d’inégale grandeur, dont le plus considérable se trouve sur la rive gauche de la rivière. Celle-ci coule dans une vallée fortement encaissée, au fond de laquelle s’étend une plaine alluvionnaire d’une largeur variable de 5oo à i ,5oo mètres, remarquable par sa fertilité, qui est proverbiale chez les Arabes. En dehors des limites de cette plaine, on retrouve, de part et d’autre de la vallée de la Tafna, des restes d’un poudingue formé de débris de terrains secondaires, et principalement de calcaire gris semi-cristallin. Ce poudingue est plus développé sur la rive droite que sur la rive gauche, et s’y élève à plus de îoo mètres de hauteur au-dessus de la mer, tandis que le niveau correspondant de la vallée de la Tafna n’est que de 3o à 4o mètres. Près de l’embouchure, on trouve dans le poudingue des galets de basalte, ce qui indique que le poudingue est postérieur à l’apparition du terrain basaltique. De part et d’autre de l’embouchure de la Tafna, il existe une zone de 4 à 5oo mètres de large, formée de sables quartzeux jaunâtres reliés par un ciment calcaire, et contenant une prodigieuse quantité de coquilles terrestres identiques à celles qui vivent de nos jours, telles que des cyclo-stoines, des bulimes, des hélix de diverses espèces. Ces sables, que l’on trouve aussi dans file de Rachgoun, contiennent quelques débris de basalte et paraissent contemporains du poudingue cité plus haut. Ils recouvrent le basalte auprès du rivage et atteignent leur épaisseur maximum à l’embouchure de la Tafna. Ils y forment des escarpements verticaux de 3o mètres au-dessus de la plaine alluvionnaire de la Tafna. Le lit de cette rivière présente une largeur moyenne de 3o mètres, avec des berges verticales de 10 mètres de hauteur, entaillées dans les alluvions argilo-calcaires jaunâtres,
- Le Djebel-el-G’zale, qui est situé sur la rive gauche de la Tafna, et dont le sommet s’élève à 3q4 mètres au-dessus de la mer, est le point culminant du terrain basaltique. Il semble que des coulées de basalte se sont répandues
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- de ce point à la surface des terrains existant primitivement. Il en est résulté des plaines élevées de 200 mètres en moyenne au-dessus de la mer, et au milieu desquelles on remarque des mamelons qui sont sans doute des centres particuliers de soulèvements et d’épanchements basaltiques. Ces plaines sont d’une grande fertilité. Aussi tout le massif de la rive gauche de la Tafna est couvert de maisons arabes groupées de manière à former de nombreux centres de population. Des bouquets d’oliviers, d’amandiers et de caroubiers entourent tous ces petits villages et contribuent à la beauté du paysage. Le terrain basaltique de la rive droite de la Tafna n’est pas, à beaucoup près, aussi cultivé que celui de la rive gauche. Cela peut tenir au manque d’eau, résultant lui-même de ce que le terrain basaltique de la rive droite est beaucoup moins développé que celui de la rive gauche. A part les arbres fruitiers qui entourent les villages, le terrain basaltique est à peu près complètement dénué de bois, et partout où la main de l’homme n’a pas fait de défrichements, le palmier nain règne en maître absolu.
- Le terrain basaltique des rives de la Tafna se compose principalement de nappes de basalte noir bleuâtre, un peu bulleux, contenant intercalés:
- i° Des amas irréguliers de matières scoriacées pouzzolaniques, en fragments qui peuvent atteindre om,6o de diamètre;
- 20 Des couches régulières de calcaire plus ou moins argileux, associé à des lits de matières scoriacées en menus fragments de la grosseur d’un pois au plus.
- La présence de ces bancs réguliers de calcaire indique que l’éruption des basaltes s’est faite sous une nappe d’eau, et qu’il a dû se produire des éruptions successives précédées d’une assez longue période de repos, pour que les couches de calcaire aient pu se déposer. En outre, la nature de ce calcaire argileux, qui est souvent analogue à celui qu’on trouve dans les allu-vions récentes de certaines rivières de la province d’Oran, donne à penser qu’un lac d’eau douce régnait primitivement dans la région basaltique qu’on voit aujourd’hui sur les deux rives de la Tafna. On n’a rencontré dans ce terrain basaltique aucune espèce de fossiles. Mais, à Aïn-Temouchen, il y a du calcaire à hélix intercalé entre des nappes de basalte, ce qui confirme l’hypothèse émise plus haut.
- Le terrain basaltique de la Tafna contient divers gîtes de pouzzolane qui consistent en amas plus ou moins considérables de matières scoriacées, en
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- fragments de diverses dimensions qui peuvent atteindre om,6o de diamètre maximum. Ces matières sont plus ou moins friables. Comme leur emploi dans les constructions dépend de la facilité avec laquelle elles peuvent être réduites en poussière, il en résulte que les meilleures pouzzolanes sont celles qui, pour une même composition chimique, seront les plus faciles à pulvériser. Tantôt les fragments scoriacés ne sont reliés par aucun ciment; ils sont simplement entassés les uns au-dessus des autres comme le seraient des matières à l’état de fragments isolés rejetés par un volcan. D’autres fois les fragments scoriacés sont reliés par une pâte calcaire blanchâtre, de même nature que celle qui sert de gangue au poudingue formé de débris de terrain secondaire. Les pouzzolanes qui en résulteront seront alors de qualité inférieure , parsuile de la présence du calcaire, qui est une substance étrangère à l’élément pouzzolanique. Du reste cette pâte calcaire ne se trouve en général, qu’auprès de la face supérieure des amas de pouzzolanes, qui sont recouverts alors par une croûte plus ou moins épaisse de calcaire terreux blanchâtre d’eau douce. Cette circonstance prouve que la pâte calcaire est étrangère à la pouzzolane elle-même. On doit l’attribuer à la présence des eaux douces, chargées de carbonate de chaux, sous lesquelles avaient lieu les éruptions de basalte et de pouzzolane.
- Les gîtes de pouzzolane reconnus sur les bords de la Tafna sont au nombre de douze, que l’on peut ranger en trois catégories distinctes. La première comprend trois gîtes situés sur le littoral de la mer, et quatre gîtes situés sur les bords de la Tafna, â peu de distance de son embouchure. L’exploitation simultanée de ces gîtes peut donner lieu à une exportation considérable, pour laquelle ils ne sont pas tous aussi avantageusement situés. Les gîtes situés dans l’intérieur des terres offrent moins d’avantage, parce que leurs produits auront à subir un transport par terre plus ou moins long pour arriver au point d’embarquement, et qu’en outre la préparation mécanique de la pouzzolane sera également plus difficile.
- La deuxième catégorie comprend un gîte situé sur la rive gauche de la Tafna, à 11 kilomètres sud de l’embouchure de la rivière, et un gîte situé sur la rive droite, à 4 kilomètres sud du même point.
- Ces deux gîtes sont les plus convenablement situés pour fournir aux besoins de Tlemsen et de l’intérieur de cette subdivision.
- La troisième catégorie comprend trois gîtes situés dans l’intérieur du ter-
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- rain basaltique de la rive gauche de la Tafna. Ces gîtes étant renfermés dans un massif montagneux, entièrement dépourvu de routes, ne pourront être utilisés que dans des circonstances tout à fait, locales ou dans un avenir très-éloigné.
- Les produits de ces divers gîtes de pouzzolane ne sont pas tous de qualité identique. C’est à l’expérience seule à prononcer à cet égard. La préparation de la pouzzolane ne se fera pas non plus avec la même facilité pour tous ces gîtes, à cause de l’inégale dureté que présentent les divers fragments de matières scoriacées.
- Le gîte de pouzzolane de l’île de Piachgoun est plus avantageusement situé que les gîtes du littoral et de la terre ferme, à cause de la facilité de l’exploitation, de la friabilité de la pouzzolane et de la possibilité qu’ont les navires d’y charger la pouzzolane à pied d’œuvre. Aussi pourrait-on penser qu’il est de l’intérêt de l’Etat de se réserver exclusivement le gîte de Rachgoun pour les constructions hydrauliques des ports de l’Algérie.
- Les divers gîtes des rives de la Tafna peuvent être concédés temporairement à des particuliers. En établissant une concession distincte pour chacun d’eux, il en résulterait une concurrence utile au commerce algérien, parce que les produits de ces gîtes donneraient lieu à une exportation considérable.
- La création du port et du centre de population projetés à l’embouchure de la Tafna contribuera à assurer l’exploitation des gîtes qu’on vient de signaler.
- Le massif basaltique d’Aïn-Temouchen est coupé en écharpe par la route carrossable de Tlemsen à Oran. 11 présente la forme d’un cercle à contours irréguliers de 1 o kilomètres de diamètre moyen. Il a fait irruption à travers le terrain tertiaire moyen, et se cache, à l’est, sous le terrain quaternaire qui lui est postérieur.
- Le terrain tertiaire moyen, caractérisé par Yostrea crassissima, renferme de puissantes assises d’argiles grises, qui, au contact du basalte, ont été modifiées et durcies, et présentent les caractères extérieurs des argiles schisteuses du terrain crétacé. Le terrain quaternaire des environs d’Aïn-Temou-chen est essentiellement composé d’argiles grises, qui ont été arrachées au terrain tertiaire moyen, de sorte que la ressemblance des argiles expose souvent à confondre les terrains quaternaire et tertiaire moyen. Le mélange de quelques débris roulés de basalte au milieu des argiles quaternaires sert
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- Massif basaltique et pouzzolanes d’Aïn-Temoucben.
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- PouzioKi nr du
- al-Mlaa-Kaïlar
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- à les caractériser. L’âge des argiles tertiaires moyennes est indiqué par les couches régulières de grès quartzeux jaunâtre qui s’y trouvent intercalées. Tous ces terrains argileux sont d’une fertilité remarquable. Shaw en parle dans son voyage en Barbarie, entrepris de 1720 à 1782. Les environs d’Aïn-Temouchen produisent surtout des blés que les Arabes estiment beaucoup comme semence.
- Le terrain basaltique d’Aïn-Temouchen présente la même composition que celui de l’embouchure de la Tafna, et paraît avoir fait irruption dans les mêmes circonstances et à la même époque. Il constitue un plateau mamelonné dont la hauteur s’abaisse du sud au nord, depuis la cote 589 mètres jusqu’à la cote 260 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les coulées de basalte se sont épanchées également du sud au nord.
- On remarque, à la surface de ce plateau, quelques dépressions qui renferment un peu d’eau en hiver et qui paraissent dues à deux causes distinctes : les unes semblent résulter du retrait que le refroidissement a fait éprouver à une nappe de basalte, les autres semblent être la bouche d’un ancien cratère.
- Le plus remarquable de ces cratères est le Dayat-Mtaa-Karkar, situé auprès de la maison de commandement de l’agha des Beni-Amer, à 5 kilomètres S. E. d’Aïn-Temouchen. C’est une dépression calcaire à fond plat de 7 à 800 mètres de diamètre. En hiver, elle renferme parfois om,5o d’eau. Elle fournit, au printemps, d’excellents et abondants pâturages. Elle est entourée d’une ceinture de collines dont la hauteur maximum est de 4o mètres au-dessus du fond du lac. L’abaissement le plus considérable de cette ceinture est situé au nord. 11 correspond sans doute à la sortie des matières en fusion qui bouillonnaient jadis dans le cratère.
- La figure ci-dessus est une coupe du cratère par un plan E. O. C’est sur la ceinture orientale que la crête est la plus élevée. On y observe des masses
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- stratifiées de débris volcaniques plongeant à l’est sous un angle de 2 5 à 3o°. Quelques-uns des fragments qui se trouvent sur cette crête pourraient donner de bonne pouzzolane; ils sont noirs, scoriacés, assez friables. Cependant on n’en tirerait que fort peu de parti, parce que les débris friables ne sont pas assez abondants. Mais il n’en est pas de même à l’extrémité S. O. du Dayat: la pouzzolane y est très-développée ; elle y forme plusieurs nappes parallèles peu dérangées de l’horizontale. L’épaisseur totale de ce gîte est de 15 à 20 mètres au-dessus du niveau du Dayat, autour duquel il s’étend à ciel ouvert sur une largeur d’une centaine de mètres et une longueur de 260 à 3oo mètres. 11 se perd sous des argiles d’un brun noirâtre, de sorte qu’on ne peut assigner les limites exactes de ce gîte; mais ce qui affleure suffit pour défrayer la consommation du village arabe à construire auprès de la maison de l’agha, ainsi que celle de la ville projetée auprès de la redoute d’Aïn-Temouchen. Cette pouzzolane est d’un brun rougeâtre, en masse et très-facile à écraser. C’est un gîte précieux à cause de sa proximité d’Aïn-Temou-cben, où l’on peut amener la pouzzolane en voilure.
- On a reconnu, dans le massif basaltique d’Aïn-Temouchen, les neuf gîtes de pouzzolane qui suivent, gîtes qui sont de même nature que celui de Rachgoun :
- i° Le gîte du Dayat-Mtaa-Karkar, situé à 5 kilomètres S. E. d’Aïn-Temouchen;
- 20 Un gîte situé à ] ,000 mètres au sud du précédent et moins important que lui;
- 3° Le gîte de Djerf-el-G’orab, situé sur la rive gauche de l’Oued-Senam, à 8 kilomètres S. d’Aïn-Temouchen : ce gîte est voisin de^la route actuelle de Tlemsen à Aïn-Temouchen;
- 4° Le gîte de l’Oued-el-Heute, situé sur la rive gauche de cet oued, à 9 kilomètres S. d’Aïn-Temouchen et à 2 kilomètres O. de la route de Tlemcen;
- 5° Le gîte duDjebel-Grian, situé à 11 kilomètres S. O. d’Aïn-Temouchen: il forme le point culminant du terrain basaltique ; il est à la cote 589 mètres; il se trouve à 2,5oo mètres du nouveau projet de route de Tlemsen à Oran;
- 6° Le gîte de la rive droite de l’Oued-Sidi-Sliman, près de son confluent avec l’Oued-Razer : ce gîte est situé à 12 kilomètres O. S. O. d’Aïn-Temouchen, et à 1,000 mètres du point où le projet de route de la Tafna
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- à Aïn-Temouchen traverse i’Oued-Piazer; il pourra donc servir pour les fondations du pont à construire;
- 70 Le gîte du marabout de Sidi-Rabah, situé sur la rive gauche de rOued-Senam, à 4 kilomètres N. O. d’Aïn-Temouchen : ce gîte est auprès des points où les projets de route d’Aïn-Temouchen à la Tafna et au port de Camarata traversent l’Oued-Senam; il pourra donc servir pour les ponts à construire sur cette rivière;
- 8° Le gîte de Djebel-Hamar-Dogma, situé a 5 kilomètres S. O. d’Aïn-Temouchen et à 1,000 mètres du gué de Saboun-el-Hadjcra, où le projet de route de Tlemsen traverse l’Oued-Senam : il pourra servir pour le pont à construire sur cette rivière ;
- 9° Le gîte du Djebel-Zioua, situé à î î kilomètres 0. d’Aïn-Temouchen et à 3 kilomètres N. du projet de route de la Tafna à Aïn-Temouchen.
- L’énumération qui précède prouve que, si jamais on exécute les différents projets de route qui doivent relier Aïn-Temouchen à Tlemsen, la Tafna et le port de Camarata, l’on trouvera sur place la pouzzolane nécessaire à la construction des ponts. Or Aïn-Temouchen est une étape obligée de la route d’Oran à Tlemsen; la fertilité de son territoire et l’abondance des eaux de l’Oued-Senam assurent un bel avenir au centre de population qui a été décrété à Aïn-Temouchen, où l’on voit encore les ruines considérables d’une ancienne ville romaine. Dès lors, il est permis d’espérer qu’on tirera parti un jour des gîtes de pouzzolane signalés plus haut. Déjà le gîte du Dayat-Mtaa-Karkar a été utilisé pour les besoins de la ville de Sidi-bel-Abbès. M. le chef du génie de Tlemsen se propose également de s’en servir pour les constructions hydrauliques de Tlemsen, parce que les transports sont moins coûteux, plus sûrs et plus faciles que pour les gîtes de pouzzolane de la Tafna inférieure.
- Il serait encore possible d’utiliser à Oran les pouzzolanes d’Aïn-Temouchen, en profitant des voitures qui retournent à vide de Tlemsen à Oran.
- Massif basaltique Le terrain basaltique des environs de Diemma-Gazaouat forme un îlot de
- et pouzzolanes A J
- = Djenima-Gazaouat 1Q kilomètres de long et de 5 kilomètres de largeur moyenne, limité au nord, à l’ouest et au sud par des terrains secondaires à travers lesquels il a fait irruption, et à l’est par le terrain quaternaire d’eau douce qui lui est postérieur et sous lequel il se cache. Il constitue un plateau qui s’abaisse de l’O. S.O. à l’E. N. E., de la cote 437 mètres à la cote io4 mètres au-dessus
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- du niveau de la mer. Plusieurs pitons coniques isolés s’élèvent au-dessus du niveau général de ce plateau, et répondaient sans doute jadis à des centres particuliers d’éruption basaltique. La rivière Oued-el-Marsa, qui débouche à Djemma-Gazaouat, traverse en écharpe le terrain basaltique, en coulant dans une vallée fort étroite dont les flancs présentent des escarpements presque verticaux de 80 à 100 mètres de hauteur. Les tranches des couches successives de basalte viennent se dessiner sur ces escarpements, où elles déterminent une série de lignes parallèles peu inclinées. Au fond de la vallée, l’on voit souvent le terrain secondaire, sur lequel se sont épanchées les nappes de basalte.
- On a reconnu, dans le terrain basaltique des environs de Djemma-Gazaouat, un gîte de pouzzolane très-considérable, situé auprès du village de Tient, à 6,5oo mètres sud de Djemma. La vallée de l’Oued-Tient est encaissée presque en entier dans des terrains secondaires, composés de schistes modifiés par le voisinage des basaltes. Au village de Tient, ces schistes sont surmontés par du marbre calcaire cristallisé en très-petits grains d’un blanc un peu jaunâtre. Auprès de Tient, un ravin coulant du S. O. au N. E. va se jeter dans la rive gauche de l’Oued-Tient, qui remonte à ] ,5oo mètres plus haut. Le gîte de pouzzolane se trouve sur les deux rives de cet affluent; il a été coupé sur la rive droite par le sentier qui traverse le village pour remonter au sud. La pouzzolane a été mise à découvert par les travaux de déblais sur une longueur de i5o mètres, et forme, le long du sentier, un escarpement vertical de 3 à 4 mètres de hauteur. Elle repose sur le calcaire cristallin sac-charoïde que l’on voitaubasdu ravin. Elle se composede fragments scoriacés, noirs, friables, presque sans ciment; la plus grande partie est en fragments gros comme une noisette. On y trouve cependant quelques gros fragments de om,2o à om,3o de diamètre. L’exploitation s’en ferait à ciel ouvert avec beaucoup de facilité. Le grossier système de préparation mécanique qu’on suit à Rachgoun donnerait ici beaucoup plus de pulvérin. La pouzzolane est recouverte par une brèche formée de débris scoriacés noirs, empâtés dans la carapace calcaire blanche. Une épaisse nappe de basalte noir bleuâtre, compacte, s’étend au-dessus de cette brèche et se relie au piton basaltique de Kedia. Le mamelon sur lequel est bâti le village de Tient, et qui longe la rive gauche du ravin, paraît contenir beaucoup plus de pouzzolane que le mamelon de la rive droite. La pouzzolane y atteint 25 à 3o mètres d’épais-
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- seur, et est aussi recouverte par une épaisse nappe de basalte qui descend du sommet du Kedia. Il serait facile de faire une route carrossable de Tient à Djemma-Gazaouat, en suivant le plateau basaltique qui longe la rive gauche de l’Oued-Tient, où elle pourrait s’aboucher avec le projet de route carrossable de Tlemsen à Djemma-Gazaouat. On ferait deux voyages par jour avec un tombereau à un cbeval tramant à la descente un mètre cube de pouzzolane pesant environ 1,200 kilogrammes. Le prix de revient du mètre cube de pouzzolane rendu au port de débarquement serait alors de 6 francs. Cette pouzzolane pourra être utilisée, si le port de Djemma-Gazaouat prend un jour de l’importance, ce qu’il est permis d’espérer à cause de son voisinage du Maroc et de la grande fertilité des terrains qui constituent le bassin géographique de Djemma-Gazaouat.
- Il y a dans la partie orientale de la rade de Djemma-Gazaouat un lambeau détaché de terrain basaltique sur lequel s’élève le phare. On y a trouvé une grotte ayant 1 5 à 20 mètres cubes de capacité, et dont le sol est couvert de menus débris pouzzolaniques.
- § IV. — GYPSES.
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- Gypse
- eniet-el-Djips.
- Gypse cis Sidi-Jaliia.
- Le gîte de plâtre de Teniet-el-Djips est situé à 5 kilomètres S. de Seb-dou, sur le versant méridional de la chaîne de terrains secondaires qui limite au sud le bassin de Sebdou. Il a très-peu d’étendue en surface; il est à découvert sur une longueur de 10 mètres environ et une largeur d’un mètre. Il est blanc, dur, saccharoïde et mélangé de quelques veines grises de calcaire. Il est intercalé dans le calcaire secondaire gris compacte, dont les couches présentent un certain désordre autour de l’affleurement. Le gypse est recouvert par une terre calcaire très-friable, d’un blanc jaunâtre, qui se termine extérieurement par la carapace si commune en Algérie. Il a été exploité pour les besoins du poste de Sebdou.
- Le gypse de Sidi-Jahia est situé à 19 kilomètres S. O. de Sebdou, au pied du revers occidental du Koudiat-er-Ressas, à la partie supérieure du cours de l’Oued-Sebdou. Le gypse est en masses amorphes, et son affleurement n’occupe que quelques mètres superficiels. Si jamais une usine à plomb s’établit auprès du Koudiat-er-Ressas, le gypse pourra être utilisé dans les constructions de cette usine.
- A deux kilomètres N. de Tlata, il y a sur les bords de la Tafna une pe-
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- tite dépression qui se distingue du terrain environnant par sa couleur lie de GyP5e vin. Cette couleur est due à des marnes accompagnées de gypse blanc sac- cnvirnnsde Tl: charoïde qui forment un îlot de 3o mètres environ de diamètre encaissé dans le calcaire secondaire. Le calcaire qui est auprès du gypse est ferrugineux, et pourrait être pris pour du minerai de fer carbonaté pauvre. Il renferme de petites paillettes de fer oligiste micacé , qui s’accumulent dans les ravins et y déposent un enduit métallique très-mince. Le poudingue de la période quaternaire constitue le sol de la plaine qui s’étend sur la rive gaucbe de la Tafna. Il est recouvert par du travertin auprès du village.
- La figure ci-dessous indique la coupe du terrain par un plan mené du sud au nord.
- Près des crêtes, les couches de calcaire secondaire sont horizontales. Un peu en aval de Tlata, sur la rive gauche de la Tafna, elles sont inclinées presque verticalement. Sur la rive droite, elles plongent fortement au sud.
- Auprès du gypse même, il est difficile de reconnaître les allures des couches.
- Ce gypse est très-friable près de la surface ; peut-être serait-il de meilleure qualité dans l’intérieur.
- A 4 kilomètres N. E. du village de Tlata se trouve le Djebel-Mellaha, formé par une éruption de roche doléritique verte, qui a poussé comme un PE^-Meii. champignon au milieu de la vallée de la Tafna, sur la rive gauche de cette rivière. Cette dolérite est associée à du minerai de cuivre qui a été l’objet d’anciens travaux sur lesquels on reviendra plus loin. La Tafna sépare le Djebel-Mellaha d’une bande de terres roses, couvertes d’efflorescences blanches de sel marin et renfermant un affleurement considérable de gypse. La présence simultanée d’une roche éruptive (dolérite) du gypse, des terres roses, du sel marin et du minerai de cuivre, est un fait très-remarquable qu’on a eu plusieurs fois l’occasion d’observer dans la province d’Oran.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- La figure ci-après indique la coupe de la vallée de la Tafna en ce point par un plan mené du N. E. au S. O.
- Le plâtre est très-abondant sur la rive droite de la vallée de l’Oued-Tal-lout. Il constitue plusieurs îlots ou massifs isolés au milieu des terres roses qui en trahissent de loin la présence.
- L’un des plus remarquables est situé sur les bords de l’Oued-Tallout, à 4 kilomètres S. O. de son confluent avec l’Oued-lsser, et à 3o kilomètres E. de Tlemsen. Il s’étend le long de la rivière sur plus de 1,000 mètres de longueur. Auprès du gypse, la rive gauche de l’Oued-Tallout est formée par du calcaire crétacé dont les couches sont très-bouleversées. Sur la rive droite, on ne voit que le terrain diluvien ou quaternaire d’eau douce, reposant sur fe gypse et la dolérite verte qui est associée à ce dernier. Cette dolérite est entièrement semblable à celle du Djebel-Mellaha. Le calcaire crétacé qu’elle touche a été modifié; il est devenu largement saccharoïde, et il présente des taches bleues de carbonate de cuivre disséminées d’une manière irrégulière dans toute la masse. Ce minerai est très-peu abondant et semble constituer un accident local plutôt qu’un véritable gîte régulier. Cependant l’existence de l’ancienne mine de cuivre du Djebel-Mellaha doit faire attacher une certaine importance aux indices de cuivre qui accompagnent le plâtre de l’Oued-Tallout. La présence de ces taches de carbonate de cuivre a été signalée pour la première fois par M. O. Mae-Carthy.
- La roche gypseuse occupe une hauteur d’environ 3o mètres au-dessus du lit de la rivière. Cette roche n’est pas stratifiée. Beaucoup de blocs de calcaire d’eau douce sont épars à sa surface.
- Il semble que le gypse ou plutôt la dolérite qui l’accompagne ait fait irruption aussi bien à travers le terrain crétacé qu’à travers le terrain quaternaire
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- dont on voit des lambeaux redressés contre le gypse. Ce dernier lui-même paraît résulter de la transformation du calcaire d’eau douce par des vapeurs d’acide sulfurique. On reconnaît, en effet, que ce gypse ne forme pas de masses régulières, et que c’est plutôt une brèche à gros rognons de gypse disséminés dans une pâte gypseuse. Les rognons qui ont un diamètre de om,3o à om,4o, résulteraient, d’après cela, de la rupture des couches du calcaire d’eau douce à travers lequel ont eu lieu le soulèvement de la dolérite et l’émanation des vapeurs sulfuriques. Dans le fond de la vallée, le gypse est associé à des marnes roses qui se couvrent d’efflorescences blanches de sel marin. En un point de 1 a rive droite de l’Oued-Tallout, les Arabes ont creusé au milieu de ces marnes des puits qui leur fournissent de l’eau salée qu’ils évaporent dans des marmites à feu nu pour en retirer le sel. Il ne reste aujourd’hui qu’un seul puits de 3 mètres de profondeur et de om,8o de côté, contenant 2 mètres de hauteur d’eau.
- Le gypse de l’Oued-Tallout est exploité avec avantage pour les besoins de Tlemsen. Le prix du plâtre cuit rendu à Tlemsen est de 5 francs environ le quintal métrique, par suite de l’installation du nouveau moulin européen, qui facilite les transports et assure les communications entre les Ouled-Mi-moun et Tlemsen.
- La figure ci-après indique la coupe de la vallée de l’Oued-Tallout, auprès des puits d’eau salée, par un plan mené du nord au sud.
- Puits salé sur la rive droite de
- l’Oued-Tallout.
- On voit qu’en ce point le terrain quaternaire est très - développé, et
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- que son épaisseur peut être évaluée à 4o mètres environ. Mais celle-ci diminue très-rapidement en aval. Les argiles grises du terrain tertiaire moyen apparaissent à 1,000 mètres du puits d’eau salée, sur les deux rives de l’Oued-Tallout. Sur la rive gauche de la rivière, le terrain diluvien n’indique son existence que par des débris de poudingue dont le volume s’élève à 2 ou 3 mètres cubes. Sur la rive droite, on remarque, sur la crête de la berge, une certaine épaisseur de terres rouges appartenant au terrain diluvien. Elles constituent un plateau qui paraît sensiblement horizontal à l’œil, et dont la couleur diffère essentiellement de la couleur grise du terrain tertiaire moyen qui est au-dessous. Ce terrain tertiaire se compose, sur la rive droite de l’Oued-Tallout, de couches alternatives d’argiles grises et de grès sableux, gris clair, facilement égrenables. Ces argiles et ces grès se recouvrent d’efflorescences blanches, où le goût dénote la présence du sel marin et du sulfate de magnésie.
- Le gypse de la Tafna inférieure se trouve sur la rive droite de cette rivière, à 9 kilomètres de son embouchure et à son affluent avec l’Oued-Eaït-el-Atache. Il appartient à la tribu des Beni-Riman, et constitue un mamelon appelé Djebei-Zbeïcha. La Tafna vient en baigner le pied sur une longueur da peu près 1,000 mètres. Dans toute cette étendue, la formation gypseuse se montre à découvert sur une largeur de 100 mètres et une hauteur moyenne de 5o mètres au-dessus du lit de la rivière; mais, quoique le plâtre y soit très-abondamment répandu, il ne constitue pas le terrain tout entier. On remarque, auprès du lit de la rivière, une couche de 10 mètres d’épaisseur formée de gypse saccharoïde blanc, dur, homogène, qui a été exploitée à ciel ouvert pour les besoins de Tlemsen. Les travaux ont été abandonnés, parce que les premiers ouvriers ont été assassinés, et que, du reste, le plâtre cuit rendu à Tlemsen revenait à un prix très-élevé (12 a 13 francs le quintal métrique). Le gypse y est intercalé entre des couches de conglomérats qui renferment des galets de calcaire rouge et noir, de roche verte, d’argile schisteuse grise, cimentés par des cristaux lenticulaires de gypse tantôt blanc, tantôt rouge. Quelquefois les galets sont fort rares, et les conglomérats 11e sont formés pour ainsi dire que de gypse. Ces conglomérats alternent avec des couches de gypse homogène, saccharoïde, veinées de noir et de blanc. Sur le bord de la Tafna, ils sont dirigés N. i4o°E. m., et plongent à l’E. sous un angle de 5o°. Ils sont associés à des bancs d’argiles
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- schisteuses grises et de calcaires schisteux grisâtres de 5 à io centimètres d’épaisseur. Ceux-ci contiennent de nombreux cristaux blancs de carbonate de chaux cristallisé en rhomboèdres d’un millimètre de longueur. Au sommet du mamelon, on remarque un calcaire gris cristallin qui se contourne en dôme au-dessus d’une roche verte doléritique. Cette roche, qui se montre au jour sur une très-petite étendue, renferme des paillettes de fer oligiste micacé. Çà et là on trouve, à la surface de la colline gypseuse, des amas de terres rouges. Toute cette formation s’enfonce vers l’E. et se cache sous le terrain tertiaire moyen. Du côté de la rivière, elle est coupée presque à pic.
- Le projet de route de Tlemsen à l’embouchure de la Tafna passe au-dessus du gypse ; quand il sera exécuté, on pourra reprendre avec avantage l’exploitation de ce gypse pour les besoins de Tlemsen; il servira, du reste, pour les constructions du centre de population projeté à l’embouchure de la Tafna.
- La stratification bien évidente du gypse de la Tafna peut faire admettre que ce gypse résulte de la transformation du calcaire tertiaire moyen par des vapeurs d’acide sulfurique entraînées lors de l’apparition de la dolérite.
- Le gypse de l’Oued-Zoudj-el-Hadjar est situé à 4 kilomètres E. du confluent de l’Oued-Lembaa et de la Tafna, sur la rive gauche de l’Ouecl-Zoudj- 1 el-Hadjar, affluent de l’Oued-Lembaa. L’affleurement de ce gîte est peu important.
- Le Djebel-Gouléah est un îlot de calcaire secondaire gris compacte, entouré de tous côtés par les argiles grises du terrain tertiaire moyen, caractérisé par Yostrea crassissimci, que l’on trouve à la partie supérieure du cours de l’Oued-Lembaa. Cet îlot se distingue parfaitement de loin; il est couronné par un petit plateau de 5oo mètres de long, qui se termine par des pans coupés au nord, à l’ouest et au sud; du côté est il se relie par une pente assez douce aux argiles qui l’entourent. Le sommet de cet îlot est à la côte 275 mètres. C’est une espèce de table carrée semblable à celle du Tadjerah. Il y a un affleurement de gypse au pied du revers S. E. du Djebel-Gouléah. Il est coupé en partie par un sentier arabe.
- On peut le suivre sur 200 mètres de long, sur la rive droite de l’Oued-Lembaa. Sa largeur moyenne, à ciel ouvert, est de 10 à 12 mètres. Le gypse est blanc et friable ; il est recouvert par des terres calcaires d’un blanc
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- jaunâtre, qui appartiennent au terrain tertiaire moyen. Les deux gypses qui précèdent sont situés chez les Ouled-Hassa.
- Au pied du revers S. E. du Djebel-Morro-Aïn, il y a sur la rive gauche de l’Oued-Malah, à i 1 kilomètres S. O. d’Aïn-Temouchen, un gîte de plâtre blanc encastré dans le terrain tertiaire moyen. Ce gîte a été exploité pour la construction de la maison de commandement de l’agha des Beni-Amer et celle du bureau arabe d’Aïn-Temouchen. Il se reconnaît de loin par sa couleur blanche; il forme un escarpement vertical de 3 mètres de hauteur sur 6 mètres de large, au milieu des argiles tertiaires d’un gris jaunâtre. A 20 mètres en amont, il y a sur la même rive un deuxième affleurement de plâtre beaucoup plus restreint que le premier. Le plâtre est à structure sac-charoïde, blanc en masse et veiné d’un bleu clair; il renferme de petits fragments d’un calcaire noir compacte.
- En descendant le cours de l’Oued-Malah, on trouve, à 2 kilomètres plus loin et sur la rive droite de cette rivière, une série de divers amas de gypse qui se relient à l’amas de sel gemme qui est exploité par les Arabes, à 12 kilomètres 0. S. O. d’Aïn-Temouchen, sur les bords de l’Oued-Malah. Ce gypse est tantôt blanc et saccharoïde, tantôt rouge et cristallisé en fer de lance ; il est enclavé dans les argiles tertiaires moyennes, modifiées par le contact du terrain basaltique d’Aïn-Temouchen.
- Le marabout de Sidi-Amar-el-Aïat est situé à 4 kilomètres E. S. E. d’Aïn-Temouchen, au sommet d’un mamelon qui domine d’une dizaine de mètres la rive droite de l’Oued-Souftel. Un olivier sauvage ombrage le haouch où reposent les restes du marabout.
- Cette localité est très-remarquable au point de vue géologique. On y trouve du gneiss, du basalte, du gypse, du terrain tertiaire moyen et la carapace calcaire blanche quaternaire.
- Le gneiss forme, sur la rive droite de la rivière, un îlot de 200 mètres de long au plus sur 5o à 80 mètres de large; il est en feuillets dirigés N. 8o° E. et plongeant au S. S. E. sous un angle de 700 à go°. Il se présente sous deux aspects différents : tantôt c’est une agrégation de quartz blanc vitreux amorphe, de feldspath blanc opaque grossièrement cristallisé, et de mica blanc argentin en grandes lames d’un centimètre de côté; la roche est alors grossièrement schisteuse; tantôt, au contraire, le mica est noir verdâtre, cristallisé en très-petites lames, et communique sa couleur à la roche, qui est
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- alors éminemment schisteuse. On trouve, au milieu de ces gneiss, quelques veines de quartz blanc, un peu vitreux, de 6 à 7 centimètres d’épaisseur. Ce gneiss s’adosse, auprès de la rivière, contre un îlot de basalte verdâtre au sommet duquel se trouve le marabout.
- Le terrain tertiaire moyen est modifié auprès du gneiss et du basalte; les argiles marneuses passent graduellement à l’état de calcaire blanc grisâtre, au contact des roches platoniques. Ce calcaire a une cassure un peu terreuse; il est tout fendillé et se présente en petits fragments irréguliers; il renferme des nodules de silex noir grisâtre qui se fondent insensiblement dans la masse calcaire. De chaque côté de l’îlot basaltique et de l’îlot de gneiss qui lui fait suite, il y a une bande de conglomérats rouges formés de débris de basalte, de calcaire et d’argile, reliés par une gangue de gypse blanc fibreux; parfois ces débris diminuent, et la roche passe à l’état de gypse blanc coloré extérieurement en rouge par des marnes. Les deux bandes de conglomérats gypseux ont 5 mètres environ de largeur et une centaine de mètres de long; elles marchent du S. O. au N. E. A leurs extrémités S. O. elles s’appuient contre le basalte; à leurs extrémités N. E. elles s’appuient contre le gneiss qui lui fait suite. Le gypse est en général très-impur, et serait d’une exploitation peu avantageuse pour les maisons; il est d’une qualité bien inférieure à celle du gypse des bords de l’Oued-Malah. Sur le revers nord de l’îlot basaltique, il y a un conglomérat de débris de calcaire noir qui se recouvre à la surface d’efflorescences concrétionnées de sel marin blanc.
- La présence du gypse et du sel marin est liée sans doute à l’apparition des roches éruptives.
- Tous les terrains dont on vient de parler sont recouverts par la carapace calcaire blanche, friable, contenant des galets de silex noir qui proviennent du terrain tertiaire moyen.
- La coupe ci-après, menée du nord au sud, le long de la rive droite de l’Oued-Souftel, indique la disposition relative de tous les terrains.
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- NOTICE MINERALOGIQUE
- i \
- à^M\ ~ '
- <^OV\ '
- à ...ï, '
- Terrain terliaire moyen.
- On a mis sur cette coupe le basalte et le gneiss ensemble, parce que ces deux roches se trouvent sur le prolongement l’une de l’autre.
- Il y a un gîte de plâtre à 3 kilomètres environ N. E. de Sidi-bel Abbés, sur la rive droite de l’Oued-Mekera. Ce plâtre forme, à la surface du sol, une bande rouge de 1 mètre de large et de 3o mètres de long, dirigée N. 1 45° E. m. En poursuivant cette direction, on trouve encore des taches d’argile rouge sur îoo mètres environ de développement, ce qui indique que le gypse se continue au delà de son affleurement. Cette roche se compose de feuillets parallèles blancs, de i à i millimètres d’épaisseur, séparés par des lits de marnes rouges. C’est une couche fortement redressée qui est intercalée entre des calcaires jaunes, friables, et des calcaires argileux, rouges, qui appartiennent au terrain tertiaire moyen. On trouve, à la surface du sol, de nombreux fragments de grès quartz eux transformés en quartzite semi-cristallin, d’une couleur rouge jaunâtre à l’intérieur, et recouverts à la surface d’un enduit irisé très-mince de peroxyde de fer. Ce grès forme aussi des couches assez tourmentées de om,3o à om,4o d’épaisseur. Comme on ne voit que les affleurements en quelque sorte linéaires de toutes ces roches, on ne peut dire dans quel sens elles plongent; on reconnaît seulement quelles ne sont pas horizontales. Il y a, auprès du gypse, un petit amas d’une roche très-clense, de couleur verte, très-compacte, contenant des cristaux aciculaires blancs et des paillettes vert bleuâtre de î millimètre de large.
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- C’est sans doute une roche porphyrique à base de feldspath; c’est à elle peut-être qu’est due l’apparition du gypse, qui pourrait résulter ici de la transformation du calcaire par des vapeurs d’acide sulfurique.
- Le gypse est de très-mauvaise qualité à la surface du sol, mais il peut s’améliorer en profondeur; dans ce dernier cas, son exploitation serait très-avantageuse pour les besoins de Sidi-bel-Abbès, qui va chercher le plâtre sur le Djebel-Tessala, à 16 kilomètres de distance.
- A 4 kilomètres N. de Sidi-bel-Abbès, il y a un gîte de plâtre sur la rive Gyp5e
- . J ° r . de l’Oued-Sarno.
- droite de 1 Oued-Sarno. Le gypse se présente en couches sur une puissance totale de 6o mètres le long de la rivière; mais, dans cet intervalle, il est caché plusieurs fois par les éboulements du terrain argilo-calcaire blanc et jaune qui le recouvre. Il est associé à des roches vertes doléri tiques amygda-loïdes; parfois il forme la pâte d’une espèce de poudingue à noyaux de calcaire rouge et de roche verte; cette pâte est alors blanche et fibreuse. Parfois le gypse forme lui-même des amas de cristaux blanc grisâtre entrecroisés en tous sens. En suivant le cours de la rivière on observe, sur diverses assises, les directions suivantes : N. î i5° E. m., N. 65° E. m., N. 76° E. m.
- On trouve intercalée au milieu du gypse une roche calcaire jaunâtre sans stratification apparente et comme scoriacée.
- L’Oued-Malah est un torrent qui descend du Djebel-Azedi en coulant du
- A JJ dolente, sel gemme
- N. O. au S. E., et va se jeter dans la Mekerra, à 3oo mètres en aval du pyrite délivré
- confluent de l’Oued-Sarno. Cette rivière doit son nom au goût salé que ses afflïcntïtîw’r»,
- eaux présentent en été; mais, au printemps, ses eaux ont un goût plutôt
- fade que salé, et qui est dû sans doute à la présence de sels terreux. Les
- bords de cette rivière sont caractérisés par la présence d’une bande de terres
- roses qui remonte ensuite jusqu’à Assi-Guendil. Cette bande a 6 kilomètres
- environ de longueur et 100 à 200 mètres de large; elle est dirigée du S. O.
- au N. E. De distance en distance, on y remarque des affleurements de dolé-
- rite verte ou grise et de gypse blanc et rose. Les terres roses sont couvertes
- d’efflorescences blanches de sel marin, dont le lavage par les eaux de pluie
- ou d’infiltrations donne aux eaux de l’Oued-Malah la salure qui les distingue
- en été. Le gypse lui-même contient de la pyrite de cuivre en petits cristaux
- et des efflorescences vertes qui se dissolvent dans l’ammoniaque, en lui
- donnant une couleur bleue indiquant la présence du cuivre. Le premier
- point où l’on constate l’existence du cuivre se trouve, sur la rive gauche
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- de l’Oued-Maîah, à l’extrémité orientale de la bande rose dont il s’agit. Le gypse ne forme pas, dans Cette bande, de couches régulières; il apparaît en mamelons isolés et restreints, comme la dolérite; il est, du reste, assez rare; il constitue parfois la gangue d’un conglomérat composé de terres roses et de calcaires de diverses couleurs. On remarque de nombreux fragments de calcaire semi-cristallin compacte ou scoriacé, disséminés à la surface des terres roses.
- A l’extrémité ouest de la bande qui nous occupe, on observe un second affleurement de minerai de cuivre; il est situé à 2 kilomètres environ N. E. d’Assi-Guendil, sur le sentier arabe qui suit le crête du Djebel-Azedj. A la surface extérieure des blocs de calcaire enclavés dans les roches gypseuses, il y a des mouches et des veinules de minerai de cuivre signalé par de nombreuses taches vertes. Ce minerai présente deux variétés principales : de la pyrite d’abord, et ensuite un minerai noir, brillant, à éclat gras, dont la décomposition donne lieu à des taches vertes, et qui est une combinaison d’oxyde de fer et d’oxyde de cuivre. Le gypse lui-même renferme quelques mouches de minerai de cuivre. Ainsi, aux deux extrémités de la bande gypseuse, il y a du minerai de cuivre, ce qui donne quelque importance à l’existence de ce minerai, quoique en définitive il soit peu abondant. C’est un gîte de même nature que ceux de Tallout et du Djebel-Mellaha. Les travaux exécutés anciennement sur le gîte du Djebel-Mellaha donnent de l’intérêt aux gîtes analogues de Tallout et d’Assi-Guendil.
- La zone gypseuse s’arrête à Assi-Guendil. Plus à l’ouest, on en retrouve un affleurement restreint sur un affluent de l’Oued-Rh’assoul.
- Gjpw Les argiles brunes tertiaires moyennes, qui constituent le revers sud du
- Oued-Rli’asBouI. Djebel-bou-Anech, se présentent aussi sur le revers nord de cette chaîne, et se prolongent jusqu’à une petite distance de la plaine de la Mléta. Elles renferment des couches intercalées de calcaire schisteux jaunâtre, qui se divise en fragments rhomboïdaux. Leur direction, près delà crête et sur le revers nord, est E. O. m., avec un plongement au S. de 56°. Ceplongement a le même sens que celui qu’on observe sur le revers sud; seulement il est plus considérable. On trouve aussi, avec ces calcaires, des bancs de pou-dingues formés de galets de calcaire gris compacte et de grès quartzeux gris blanc, provenant des terrains secondaires. L’épaisseur de ces bancs est de om,5o au plus. Au-confluent de l’Oued-Rh’assoul et de l’Oued-Sadour,
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- affluent de la rive droite de l’Oued-Rh’assoul, il y a sur la rive gauche de l’Oued-Rh’assoul, à i5 kilomètres N. N. O. de Sidi-bel-Abbés, un gîte très-considérable de plâtre. Ce gîte se poursuit le long de la rivière sur une étendue d’au moins 5oo mètres. L’encaissement des berges de l’Oued-Rh’assoul le met à découvert sur une hauteur d’environ 5o mètres. Le gîte se compose essentiellement d’un conglomérat dont la couleur est généralement rouge vineux, et qui est formé de débris d’argile rouge et de calcaire diversement coloré, cimentés par des cristaux de gypse. Parfois la pâte gypseuse domine et constitue une roche composée de cristaux en fer de lance de om,02 de longueur, diversement groupés entre eux. L’on y trouve aussi du gypse blanc saccharoïde qui a été exploité pour les besoins de Sidi-bel-Abbès. La roche doléritique verte se présente en amas isolés au milieu des conglomérats rouges gypseux. C’est sans doute à son apparition qu’est due la présence du gypse, qui est ici une roche métamorphique. On peut suivre, en effet, sur un même banc, la transformation du carbonate de chaux saccharoïde en gypse. Les conglomérats se recouvrent de concrétions blanches qui sont un mélange de sulfate de magnésie et de sel marin.
- Ces conglomérats présentent la coupe ci-dessous, où l’on voit les couches plonger au S. de i o°.
- En aval du gypse, les couches plongent encore au S. pendant longtemps.
- On a observé, sur une couche de calcaire schisteux gris jaunâtre, la direction N. 1 io° E. m. avec un plongement au S. de 45°. A peu de distance en aval du gypse, ce calcaire renferme des empreintes végétales carbonisées. , Empreins
- ? y*" x 1 O végétales carbonisées
- L une d’elles présente un charbon noir, très-brillant. Ces empreintes n’ont dans ,e ca,caire-pas de suite; nulle part on n’a trouvé d’affleurements réels de combusfible.
- C’est un affleurement tout à fait local. Le calcaire est en couches de om,o5 à om,2 5 d’épaisseur, associées à des argiles schisteuses grises.
- Les pentes du revers sud de Tessala sont formées principalement d’arglleS Gypses du Tessala.
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- grises du terrain tertiaire moyen, au milieu desquelles on trouve intercalés quelques bancs ou plutôt quelques lentilles de calcaire coquillier. En se rapprochant du sommet du Tessala, les grès quartzo-calcaires jaunâtres fossilifères commencent à se montrer; ce sont eux qui constituent la calotte du Tessala. Ils plongent régulièrement au S. O., et leur inclinaison est d’autant plus faible qu’on se rapproche davantage du sommet, où les assises de ces grès sont presque horizontales et atteignent une épaisseur d’une centaine de mètres. La coupe ci-dessous indique la disposition des couches tertiaires moyennes du Djebel-Tessala.
- Coupe transversale du Tessala.
- La pente est beaucoup plus douce sur le revers S. O. que sur le revers N. E., et cela se conçoit, puisque la première rachète un plateau d’environ 5oo mètres de hauteur au-dessus de la mer, et la deuxième un plateau d’environ 100 mètres. Le revers S. O. est complètement déboisé. On y trouve cependant quelques beaux arbres qui ombragent des sources. Les argiles grises, qui le constituent en grande partie, sont remarquables par leur fertilité, qui a valu au revers sud du Tessala le nom de Blad-el-Deguig (le pays de la farine). C’est aussi cette fertilité qui a donné lieu sans doute au rreïTc“sX d °r dicton populaire qu’il y a une mine d’or sur le Tessala. C’est du moins l’interprétation qui est donnée par les savants du pays, et que rien jusqu’à présent n’est venu contredire.
- Du sommet du Tessala, où se trouvait un ancien poste d’observation romain, l’œil embrasse un vaste horizon, et l’on reconnaît, à l’aspect général du pays, que la formation tertiaire moyenne du Tessala se relie sans interruption à celle qui envahit les deux rives de Tisser.
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- En descendant du sommet du Tessaîa par son revers N. E., on traverse des broussailles de chênes nains qui poussent sur un terrain très-déclive. Les couches de grès plongent toujours au S. O., de même que sur le revers S. O. de la montagne. Par-dessous ces grès se montre une énorme épaisseur d’argiles, d’un gris jaunâtre, qui se prolongent jusque dans la plaine de la Mléta. Ces argiles renferment des lentilles très-épaisses de gypse, qui plongent au S. O., comme les couches supérieures de grès ; seulement leur inclinaison est beaucoup plus forte. On n’a vu de fossiles ni dans les argiles ni dans les gypses. Il est probable cependant que ces roches appartiennent au terrain tertiaire moyen, dont elles constituent ici la. base. Les argiles, à une certaine profondeur au-dessous du sol, sont un peu fissiles et contiennent quelques petits amas de calcaire jaunâtre schisteux, à cassure conchoïde. Quant au gypse , on reconnaît qu’il est ordinairement stratifié. Il n’est pas toujours très-homogène: il est, en général, saccharoïde, friable, blanc ou coloré par des argiles interposées. Il renferme des débris d’argile et de calcaire de diverses couleurs. Il se présente en couches ou lentilles parallèles très-épaisses. On en trouve une série non interrompue de 1,000 mètres environ de longueur sur les deux rives de l’Oued-Saïda, au pied du marabout de Sid-el-Hadri. Le gypse s’élève jusqu’à la cime des berges qui encaissent ce torrent. Il est ainsi mis à nu sur une hauteur d’environ 5o mètres. Le cours de l’Oued-Saïda coupe toutes les lentilles de gypse perpendiculairement à leur direction générale. Ce gîte considérable de plâtre a été exploité par des Espagnols, pour les besoins de Sidi-bel-Abbés.
- On en trouve d’autres gîtes moins considérables sur le revers N. E. du Tessala. Il y en a plusieurs sur les deux rives de l’Oued-Haïmer ou de ses affluents. Du sommet du Tessala on en voit un gîte considérable qui longe la rive gauche de l’Oued-Haj'mer, et qui se reconnaît de loin à sa couleur blanche qui tranche sur la couleur grise des argiles encaissantes; il se trouve à 4 kilomètres environ N. E. de la crête du Tessala. En face de ce gîte, il en existe un second qui est situé sur les bords d’un affluent de la rive droite de l’Oued-Haïmer. Il apparaît au jour sur 100 mètres de long, 5o mètres de large et 10 mètres de hauteur verticale. Si de ce point l’on se dirige vers l’Oued-Saïda, dans l’alignement du marabout déjà cité de Sid-el-Hadri, on rencontre à mi-chemin un affleurement de gypse aussi considérable que le précédent. On trouve auprès du gypse de gros fragments de sulfate de
- Sulfate de baryte associé
- an gypse du Testai.-
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- baryte blanc tubulaire. Le gypse paraît ici former un filon au milieu des argiles; il constitue une série d’îlots alignés N. i5° E. m., isolés au milieu des argiles encaissantes. Il a cependant le même aspect que le gypse stratifié du Djebel-Saïda.
- Au confluent de l’Oued-Saïda et de l’Oued-el-Hammam, il y a une lentille de gypse de 1 o mètres d’épaisseur.
- On trouve encore du gypse sur le chemin qui suit la ligne de crête comprise entre le pic du Tessala et le Bou-Anech, à 10 mètres environ au N. O. de la source d’Aïn-el-Assel, qui est ombragée par un magnifique peuplier de 1m, 2 o de diamètre. Ici le gypse paraît associé aux grès tertiaires moyens du Tessala.
- gïp« , En arrière de la ferme d’Arbal, les argiles tertiaires prennent la couleur l’Aria). fie dg vjn caractérise le gypse et la dolérite. On sait, en effet, qu’il y a auprès d’Arbal, à ôoo mètres au plus en arrière de la ferme, et vers l’est, du gypse, de la dolérite et une source salée. C’est un gîte analogue à celui de l’Oued-Malah. La coupe ci-dessous indique la disposition des terrains auprès d’Arbal.
- S.E.
- GT
- la ferme de Guessiba.
- A 2,5oo mètres E. N. E. de la ferme de Guessiba, à 4 kilomètres O. d’Ar-zeu, il y a, sur les bords d’un petit affluent de la rive gauche de l’Oued-Gues-siba, un affleurement de gypse intercalé au milieu des argiles jaunes du terrain tertiaire supérieur. Ce gypse a été exploité à ciel ouvert sur une épaisseur de om,5o, une largeur de 3 à 4 mètres et une longueur de 15 mètres ; il a été cuit sur place avec les broussailles des environs et vendu à Arzeu. Il paraît qu’il n’a pu être employé seul dans les constructions, parce qu’il est trop impur, et cet inconvénient a fait abandonner la carrière. Ce gypse est saccharoi'de, à grains fins, tendre et d’une couleur générale-
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- ment blanche. 11 renferme de nombreuses veines de parties terreuses jaunâtres.
- Il y a un gîte de plâtre à 2,5oo mètres O. de rembouchure de la Macta Gyps<; et à ] 2 kilomètres S. O. d’Arzeu; il est situé à 5oo mètres S. de la route dc 1 emJ°uchure d’Arzeu à Mostaganem, sur le flanc du plateau qui domine cette route.
- La ligure ci-dessous indique la disposition des couches.
- N. S.
- Au sommet, le plateau est inculte et couvert de broussailles qui poussent dans les crevasses d’une roche calcaire blanchâtre, de î o mètres environ d’épaisseur et sans stratification apparente. Plus bas, viennent des argiles grises qui se montrent à nu sur une épaisseur de 3o mètres environ au-dessus de la plaine argilo-sableuse qui constitue le sol végétal entre Arzeu et l’embouchure de la Macta. Un talus de 2 8 degrés, couvert de broussailles, relie cette plaine au plateau supérieur. C’est au milieu des argiles que se présente l’affleurement de gypse. Celui-ci forme des îlots irréguliers, dont l’ensemble occupe une largeur d’environ 3oo mètres, suivant la direction du talus. Le plâtre est très-dur, généralement blanc et saccharoïde; il est sali parfois par des veines argileuses jaunes; il serait facilement exploitable à ciel ouvert, et le voisinage de la route carrossable d’Arzeu permettrait d’en écouler les produits à Saint-Leu, Damesme et Arzeu.
- S V. SEL GEMME ET SOURCES SALÉES.
- Les Arabes de la tribu des Ouled-Kh’alfa exploitent une mine de sel Mines de sel gemme située sur les rives de l’Oued-Malah, à 12 kilomètres O. d’Aïn-Te-mouchen. Cette mine présente deux chantiers, dont l’un est situé sur la rive droite et l’autre sur la rive gauche.
- Le premier est situé à 3 kilomètres environ en amont du confluent de l’Oued-Malah et de l’Oued-Gatoufa. Il se compose d’une excavation d’une longueur de î/j. mètres parallèlement au cours de la rivière, d’une largeur variable de 2 à 3 mètres et d’une hauteur variable de 2 à 4 mètres. Le sel est en général grisâtre, par suite du mélange intime d’une grande quantité
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE d’argile. Il contient aussi de nombreux fragments disséminés de cette argile grise et de calcaire rose. Quelque impur qu’il soit, les Arabes l’emploient à l’état brut pour lenrs usages culinaires. On y trouve quelques nids d’un sel très-blanc, cristallisé en cubes réguliers. Le sel de l’excavation est en pente et s’enfonce sous le niveau de la rivière; il est recouvert, dans la partie la plus basse, d’une nappe d’eau de om,20 de hauteur. Le sol est enclavé dans des argiles grises qui contiennent aussi de nombreux fragments de calcaire rose. Il forme une lentille d’une épaisseur inconnue, parallèle à la stratification générale de ces argiles. La direction de ces dernières est indiquée par des couches de calcaire gris clair, de om, i o d’épaisseur, allant du N. 1 5° E. m. au S. î 5° O. m. et plongeant auN. O. m. sous un angle variable de 35 à 8o°.
- A 20 mètres en aval, il y a sur la même rive un ancien chantier qui a été abandonné à la suite d’un éboulement qui a tué un des mineurs.
- Le deuxième chantier en exploitation est à îoo mètres en amont du premier, sur la rive gauche de l’Oued-Malah; il a 5 mètres de long sur 3 mètres de large et im,5o de hauteur.
- Les Arabes arrachent le sel à coups de pic; ils obtiennent ainsi des fragments plats de om,25 de côté et de om,o5 à om, i o d’épaisseur, qu’ils transportent à dos cl’âne sur les marchés de Tlemsen et d’Aïn-Temouchen.
- Entre les deux chantiers de sel, et surtout auprès du chantier de la rive droite, on trouve divers amas de gypse, tantôt blanc et saccharoïde, tantôt rouge et cristallisé en gros fers de lance.
- Les argiles au milieu desquelles le lit de la rivière est entaillé sont gris bleuâtre et schisteuses, sur une étendue de 4 à 5 kilomètres en amont du chantier principal de sel. Elles contiennent quelques lits minces de calcaire gris clair, à cassure un peu terreuse. A î oo mètres en aval du grand chantier, le calcaire prend tout à coup un développement assez fort et forme une sorte de promontoire sur la rive droite de la rivière. On y voit, au niveau de celle-ci, une grande excavation à ciel ouvert qui a 3o mètres de long sur i5 mètres de large et une hauteur variable de îo à i5 mètres. Ce calcaire est d’un gris noirâtre, d’une structure très-compacte, presque cristalline. Il est traversé par des veines irrégulières de spath blanc; il a été plié très-fortement en Y, comme l’indique la figure ci-contre; il supporte en amont de la rivière les argiles salifères. Dans l’intérieur du Y, le calcaire devient
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- schisteux et passe graduellement à l’état d’argile schisteuse. Certains échantillons de ce calcaire pourraient être pris pour du calcaire gris du terrain crétacé inférieur. C’est la présence de ce calcaire gris et des argiles schisteuses grises, encaissant le sel gemme, qui nous avait fait supposer, lors de notre première visite, que le gîte de sel était enclavé dans le terrain crétacé. Mais il nous est démontré aujourd’hui que ce gîte est enclavé dans le terrain tertiaire moyen, et que l’existence du sel et du plâtre est due à l’apparition des basaltes. Les roches à travers lesquelles le basalte a fait irruption ont été souvent profondément modifiées sur la zone de contact et ont changé complètement de caractère extérieur. On en trouve des exemples frappants autour du massif basaltique de la Tafna, où le terrain tertiaire moyen est caractérisé par la présence de Yostrea crassissima, mais offre, malgré cela, tous les caractères extérieurs des schistes et calcaires du terrain crétacé. C’est un exemple de plus qu’on trouve sur les bords de l’Oued-Malab. Du reste, on peut reconnaître le passage insensible des argiles modifiées schisteuses, d’un gris bleuâtre, aux argiles grasses, d’un gris jaunâtre, du terrain tertiaire moyen. Au voisinage des basaltes, la stratification de ces argiles est fort tourmentée , mais elle devient plus régulière à une certaine distance. Elles plongent alors généralement au nord, sous un angle de 5 à 6°.
- Entre le Rio-Salado, à l’es/, et Aïn-Temouchen, à l’ouest, il y a quelques petits îlots de basalte qui se relient sans doute souterrainement au grand massif basaltique d’Aïn-Temouchen. Le cours du Rio-Salado limite ce grand massif à l’est, de même que le cours de l’Oued-Malah le limite à l’ouest. Le gîte de sel gemme de l’Oued-Malah est remplacé, du côté du Rio-Salado, par des infiltrations d’eau salée qui sourdent dans la partie supérieure du cours de cette rivière, et qui lui ont valu le nom qu’elle porte.
- On a vu dans le paragraphe IV (gypses) qu’il y a des puits d’eau salée exploités par les Arabes, sur les bords de l’Oued-Tallout. Cette eau salée est en rapport avec des amas considérable de gypse.
- On a vu également, paragraphe II , qu’il y a une source salée et sulfureuse, à la température de 3o°, à 8 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia; cette source est sans emploi.
- Infiltrations salées du
- Rio Salado.
- Puits il'eau salée sur les Lords de l’Oued-Tallout.
- Source salée à 8 kilomètres N. E. de
- Lalla-Maghruia.
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- NOTICE MINERALOGIQUE
- S Vr. TERRAINS SALPÊTRÉS.
- Les Arabes obtiennent le salpêtre destiné à la préparation de la poudre par le lessivage des matières terreuses calcaires qui forment le sol des grottes où ils abritent leurs troupeaux. Les travertins calcaires qui sont si développés au sud de la subdivision de Tlemsen, autour de Tlemsen, de Tefesra et de Sebdou, présentent de nombreuses excavations naturelles et artificielles qui sont très-propres à l’élaboration du salpêtre. L’un des plus considérables de ces gîtes de travertin est celui qui se trouve au débouché de l’Aïn-Abalat, dans la plaine de Sebdou , à 6 kilomètres N. N. E. de ce poste. Il paraît résulter de l’évaporation des eaux de l’Aïn-Abalat, qui est la source de la Tafna. Les ravinements dus aux dégradations atmosphériques ont donné lieu à de grands escarpements verticaux, où le travertin est mis à nu sur 5o mètres de hauteur. Il existe un escarpement de ce genre sur le revers oriental du Djebel-Sokha-el-Aïoun, qui encaisse du côté de l’est le lit de l’Aïn-Abalat. Cet escarpement est remarquable par les grottes qui servaient autrefois de demeure aux Beni-Habbib, anciens Arabes idolâtres, occupant le pays avant l’invasion du mahométisme. Il y a cinq étages de grottes super posées. Ces étages communiquaient entre eux par des passages naturels existant dans le travertin, et par des escaliers en bois. On voit encore, en certains points, les trous qui servaient à fixer dans le roc les marches d’escaliers.
- La plupart de ces grottes ont été faites de main d’homme, ou du moins les Beni-Habbib ont profité de certaines excavations naturelles pour les agrandir et les disposer de manière à pouvoir y habiter. Les grottes, où l’on voit encore les traces des coups de pic, ont im,5o de hauteur; leurs parois sont très-bien arrondies ; quelques-unes sont revêtues d’un ciment artificiel. Il y a eu des éboulements qui ont mis complètement à jour les différents étages des grottes ; aussi en est-il plusieurs dans lesquelles on ne peut aller. Certaines grottes naturelles, où l’on peut arriver de plain pied, servent aujourd’hui aux Arabes pour abriter leurs troupeaux. De nombreux pigeons ont élu domicile dans les creux qui existent aux voûtes des grottes supérieures, et ont remplacé les Beni-Habbib qui n’existent plus aujourd’hui, sauf deux ou trois tentes des Ouled-Ouriach, que l’on dit descendre de ces anciens idolâtres. Le sol des grottes où les troupeaux vont s’abriter est couvert d’efflorescences salpêtrées blanches. Pendant la guerre, les Arabes fabriquaient du
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- salpêtre dans ces grottes ; on y voit encore les bassins où l’on faisait le lessivage des terres salpètrées ; de ces bassins l’eau coulait dans des chaudières placées à un niveau inférieur, et, par l’évaporation à feu nu, le salpêtre cristallisait dans ces chaudières. On râclait aussi le travertin près du sol de la grotte, parce qu’il s’y formait des efflorescences de salpêtre.
- Les terres provenant de ces grottes produisent une vive ignition quand on les jette sur des charbons ardents.
- Le gîte des Beni-Habbib pourrait être d’un grand secours aux Ouled-Ouriach dans le cas d’une insurrection contre nous.
- S VII. EAUX POTABLES.
- 10 EAUX POTABLES DES HAUTS PLATEAUX.
- Les puits du Dayat-el-Ferg sont situés dans les hauts plateaux, à i4 kilo- yliUX dos puit> mètres S. de Sebdou. Voici la coupe verticale de deux de ces puits situés D«y.ùeai-Ferg à 20 mètres de distance l’un de l’autre : uh.i.upiaieaui
- j0 Terre végétale argileuse grise contenant des hélix ombiliqués et de petits galets fort rares de carapace calcaire blanche de la grosseur Puits u°i. Pu;u»°2.
- d’une noisette................................ im,oo om,4o
- 2° Terre mêlée de nombreux galets de carapace calcaire blanche et de calcaire gris secondaire de la grosseur d’une noisette, et de petits cristaux lenticulaires de gypse qui paraissent avoir
- été roulés.................................... o ,3o »
- 3° Argile sableuse, jaune rougeâtre, contenant de très-gros cristaux isolés de gypse en fer de lance, ou bien des agglomérations de grands cristaux de gypse plats, de forme elliptique, dont le diamètre atteint om,i5.. .............. o ,20 1 ,20
- 4° Argile plastique verte, contenant de gros cristaux de gypse, mais moins que la précédente. Indéterminé.
- L’eau est fournie par l’argile sableuse n° 3.
- Le réservoir d’eau est creusé simplement dans l’argile plastique n° 4- Ces puits ont 1 mètre à ira,3o de diamètre; ils ne sont pas muraillés, de telle
- 7-
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- 52 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- .sorte qu’ils s’effondrent très-souvent. Les Arabes creusent alors de nouveaux puits à côté des anciens.
- L’eau recueillie dans un de ces puits, le 19 décembre i85o, présente la
- composition suivante:
- Sulfate de magnésie........................... os,g6i8o
- ---- de chaux................................. o ,89670
- Chlorure de magnésium......................... o ,2 438g
- -------de sodium.................................. 0,18867
- --------- de potassium............................ 0,00761
- Chlorures........ os,44oo7
- Carbonates.......
- Peroxyde de fer. . Silice gélatineuse. Matière organique
- Non dosé. Faible quantité.
- os,00900
- O ,01100
- In dé terni.
- Total............ 2^,317Ô7
- Auteur : Ville.
- Celte eau est très-mauvaise au goût; elle donne à la soupe et au calé un goût amer, détestable, ce qui n’est pas étonnant en raison de la grande quantité de sels magnésiens quelle renferme.
- L’argile verte n° 4 a présenté la composition suivante :
- Sable quartzeux................................... 0S,0200
- Silice gélatineuse libre.......................... o ,o34o
- ---- combinée...........i......................... 0,2460
- Oxyde de fer...................................... o ,1000
- Alumine........................................... o ,1160
- Eau combinée...................................... 0,0771
- Sulfate de chaux.................................. 0,0287
- Carbonate de chaux................................ o ,2698
- ---------- de magnésie........................... o ,o485
- Chlorure de sodium............................. 0,0011
- Eau hygrométrique................................. 0,0600
- Total............. Bs:,9992
- Auteur : de Marigkï.
- Puits
- du Radjem-Âlia.
- A 2 kilomètres S. du Dayat-el-Ferg se trouvent les puits de la plaine de Radjem-Atia, qui fournissent de l’eau à la profondeur de 5 mètres Trois
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- seulement contenaient de l’eau le 26 avril 1 851. Cette eau est à peu près de même nature que celle des puits du Dayat-el-Ferg.
- A la surface des puits, il y a om,3o de terre végétale, d’un brun jaunâtre , presque sans galets. Au-dessous viennent 4 mètres de terre calcaire, d’un brun jaunâtre, veinée de nombreux filets de gypse blanc, d’un millimètre d’épaisseur, et contenant de petits cristaux de gypse lancéolés de 1 centimètre de long et 2 ou 3 millimètres de large. Cette roche brunâtre renferme quelques petits galets de calcaire secondaire gris et de calcaire d’eau douce; elle a tous les caractères d’un dépôt lacustre; elle repose sur de l’argile verdâtre, dans laquelle s’arrêtent les puits. Ceux-ci ont la forme d’une ampoule de 2 mètres de diamètre au fond; au jour ils n’ont que 1 mètre de diamètre sur 2 à 3 ïnètres de hauteur; ils s’éboulent très-souvent.
- La source et les puits d’El-Aricha sont situés derrière la crête du Mekaï-dou, à 44 kilomètres S.' de Sebdou, L’eau se perd presque au sortir de terre dans le lit de fOued-Aricha. Une redoute a été élevée par les Français, en ] 8/19, sur la rive gauche de l’Oued-Aricha, à peu de distance de sa source. Elle est abandonnée aujourd’hui et presque entièrement détruite. Il y a auprès de la redoute, dans le lit même de la rivière, un grand nombre de puits qui fournissent de l’eau à la profondeur de 2 à 3 mètres. Cette eau a un goût peu agréable; cependant elle est meilleure que celle du Dayat-el-Ferg. On comprend, au reste, qu’il en soit ainsi, parce qu’elle n’a généralement traversé, depuis la source jusqu’à la redoute, que des cailloux roulés de calcaire compacte secondaire.
- Les eaux superficielles des hauts plateaux sont dues aux infiltrations qui ont traversé un terrain essentiellement gypseux de la période quaternaire. Les sulfates y dominent ; la magnésie leur communique beaucoup d’amertume et leur donne des propriétés laxatives bien connues des Arabes et de nos troupes.
- 2° ANALYSES DES EAUX POTABLES DES ENVIRONS D’ARZEU, faites en i852 par M. l’ingénieur des mines Flajolol.
- Ces eaux ont été recueillies, au mois d’août i8Ô2 , par les soins de M. Robin, ingénieur des ponts et chaussées. i° Eau du puits Morel :
- 1,000 grammes contiennent :
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- 54 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Chlorure de sodium......................... . . og,838
- -------- de magnésium. ........................ o ,098
- Sulfate de magnésie............................ o ,256
- ----- de chaux................................. o ,io4
- Carbonate de chaux............................. 0,322
- --------de magnésie............................ 0,020
- Silice. ....................................... o ,020
- Total............... ig,658
- Cette eau contient, en outre, une assez forte proportion d’acides crénique et apocrénique dont la quantité n’a pas été déterminée.
- 20 Eau d’une fouille à 1,600 mètres du puits Morel :
- Chlorure de sodium............................ is,j5o
- -------- de magnésium......................... 0 ,246
- Sulfate de magnésie............................ o ,441
- ----- de chaux................................. o ,o42
- Carbonate de chaux............................. o ,353
- -------- de magnésie........................... 0 ,o85
- Silice......................................... o ,o3o
- Total................ 2^947
- Forte proportion d’acides crénique et apocrénique.
- 3° Eau du ravin de Tsemamid :
- Chlorures de sodium et de magnésium................. is,66o
- Sulfa tes de chaux et de magnésie.................... o,3i2
- Carbonates de chaux et de magnésie............. o ,3oo
- Total.............. 2^,272
- 4° Eau du ravin de Sainte-Léonie, prise en amont du village :
- Chlorures de sodium et de magnésium............ 0^,763
- Sulfates de chaux et de magnésie............... 0,219
- Carbonates de chaux et de magnésie............. Indéterm.
- 5° Eau du ravin de Sainte-Léonie, prise en aval du village :
- Chlorures de sodium et de magnésium............ ig,374 '
- Sulfates de chaux et de magnésie............... o ,2 63
- Carbonates..................................... Indéterm.
- 6° Eau d’un des meilleurs puits d’Arzeu :
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- Chlorures de sodium*et de magnésium................... i",746
- Sulfates de chaux et de magnésie................... o ,4o4
- Carbonates......................................... Indéterm.
- 70 Eau du puits dit Noria Rossi :
- Chlorures de sodium et de magnésium................... ig,638
- Sulfates de chaux et de magnésie................... o ,4oo
- Carbonates......................................... Indéterm.
- S° Eau du puits près de la meule de fourrage :
- Chlorures de sodium et de magnésium................ 2g, l 3 7
- Sulfates de chaux et de magnésie................... 0 ,48g
- Carbonates............................................ Indéterm.
- Toutes ces eaux sont de qualité très-médiocre, en raison de la forte proportion de matières salines quelles renferment.
- Les analyses de M. Flajolot viennent confirmer celles qui ont été insérées dans notre premier mémoire intitulé: Recherches sur les roches, les eaux et les gîtes minéraux des provinces d’Alger et d'Oran.
- § VIII. PUITS ARTÉSIENS.
- Le génie militaire a commencé, dans la cour de la redoute de Lalla-Maghrnia, un puits artésien qui a été abandonné à la profondeur de 12 mètres par suite d’un accident. Ce sondage était placé sur la zone de contact du terrain diluvien et du terrain secondaire. Le terrain diluvien offrait peu de chances de donner de l’eau jaillissante, parce qu’il n’est pas stratifié régulièrement auprès de Lalla-Maghrnia, et que, du reste, son épaisseur, surtout près des bords du bassin, est très-faible. Le terrain secondaire qui s’étend au nord de Lalla-Maghrnia n’olfrait pas non plus des chances de donner des eaux jaillissantes, parce que les couches plongent au nord, c’est-à-dire en N v laffaJfrjbT**. dehors de Lalla-Maghrnia. On aurait pu
- 7 " traverser, dans le sondage, le terrain ter-
- tiaire moyen qui sans doute existe sous le sol de la vaste plaine comprise entre Lalla-Maghrnia et le pâté montagneux des Beni-Senous; mais, comme on se trouvait encore à la lisière de cette formation, les chances d’en retirer de l’eau jaillissante étaient fort petites. Aussi le sondage de Lalla-Maghrnia nous paraît-il avoir été entrepris dans de mauvaises conditions.
- Puits artésien de Lulla-Maghroia,
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- 56 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- La colonie de Saint-Cloud, située à 23 kilomètres 3N. E. d’Oran, est une des plus favorisées de toutes celles de la subdivision d’Oran, sous le rapport de la qualité et de l’abondance des eaux. La source de Gudiel, grâce à des travaux d’aménagement bien coordonnés, fournit aujourd’hui à cette colonie 84 mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures. Elle est plus que suffisante pour les besoins de l’économie domestique, et peut être utilisée en paHie pour l’arrosage des terres. Cependant, comme la quantité d’eau dont on peut disposer pour les cultures devient insuffisante en été, on a proposé soit de creuser un puits artésien à Saint-Cloud pour obtenir des eaux jaillissantes, soit de réunir, au moyen d’un canal de dérivation, aux eaux de Saint-Cloud celles de la source de Tazout, située à 4 kilomètres N. N. O. de Saint-Cloud. La dépense qui résulterait de l’exécution de ce dernier projet a été évaluée à î o,ooo francs.
- Pour se déterminer en connaissance de cause, il convient d’examiner la constitution géologique des environs de Saint-Cloud. Cette colonie est située dans le terrain quaternaire d’eau douce, à 3 ou 4 kilomètres de distance de la zone de contact de ce terrain et du terrain secondaire qui constitue la montagne des Lions et le massif des environs d’Arzeu. Le terrain quaternaire présente une stratification assez confuse. Il se compose à la partie supérieure d’un calcaire argileux, rougeâtre, sableux, contenant de nombreux débris d’hélix et de cyelostomes identiques à ceux qui vivent aujourd’hui à la surface du sol. Ce calcaire atteint une épaisseur de 8 à îo mètres sur les bords du ravin de Gudiel. Lorscpie le sable domine, il constitue une terre végétale rougeâtre, légère, qui forme les meilleurs terrains de culture autour de Saint-Cloud. Parfois ce calcaire est blanc et à cassure terreuse, et donne parla cuisson une chaux légèrement hydraulique. Lorsqu’il domine à la surface du sol, le terrain devient alors impropre à la culture, et ne peut être utilisé que pour le pacage des troupeaux. Au-dessous du calcaire sableux supérieur, on trouve un calcaire jaunâtre, argileux, qui passe par le bas à une argile de couleur grise en masse et zébrée de parties calcaires jaunes et blanches. Cette argile a été exploitée comme terre à briques pour la colonie de Saint-Cloud. Les eaux de pluie qui tombent à la surface du terrain quaternaire traversent le calcaire sableux supérieur et s’écoulent naturellement à la surface de la couche d’argile qu’on vient de signaler. Les travaux d’aménagement de la source de Gudiel ont eu principalement pour but de re-
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 57
- cueillir une partie des eaux d’infiltration qui se dirigeaient souterrainement vers la plaine de Télamine, en suivant la pente des couches quaternaires.
- L’ancien village de Tazout est situé au milieu d’un plateau élevé, ou plutôt d’un col très-évasé qui sépare le massif de terrain secondaire de la montagne des Lions du massif des terrains secondaires des environs d’Arzeu. Du côté sud, les couches quaternaires qui constituent ce plateau s’abaissent en pente douce vers Saint-Cloud, Mefessour et la plaine du Figuier, de manière à former une vaste cuvette. Du côté nord, ces couches sont coupées d’une manière très-abrupte, et présentent le long du rivage une série de lignes de niveau parallèles. Dans la descente rapide de Tazout à Christel, on reconnaît que ces couches, caractérisées par la présence des hélix, reposent directement sur des argiles schisteuses du terrain secondaire, ainsi que l’indique la figure ci-dessous, qui est une coupe du terrain par un plan mené du N. O. au S. E.
- Méditerranée.
- L’échelle des hauteurs est de beaucoup exagérée.
- Les eaux de pluie qui tombent sur le plateau de Tazout alimentent la source de Gudiel, à cause de la disposition des couches quaternaires. Ce sont également les seules qui pourraient donner lieu à des eaux jaillissantes dans un trou de sonde percé à Saint-Cloud, à travers le terrain quaternaire. Mais, en raison de l’exiguïté du bassin hydrographique de Saint-Cloud, et de la faible hauteur d’eau ( om,447 ) qui tombe annuellement sur le littoral de la province d’Oran, on peut prédire d’avance que, si le sondage qu’on entreprendrait à Saint-Cloud donne des eaux jaillissantes, celles-ci seraient en très-petite quantité. A Saint-Cloud, le terrain quaternaire repose sans doute sur le terrain tertiaire supérieur auquel le terrain secondaire sert de base. Les terrains quaternaires et tertiaires s’y trouvent probablemeut en stratifi-
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- 58
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- cation concordante, comme on l’observe en quelques points aux environs d’Oran, et l’on conserverait quelques chances de trouver de l’eau jaillissante tant qu’on resterait dans ces terrains. Mais il serait peu rationnel de continuer le trou de sonde dans le terrain secondaire; car on sait que ce dernier n’est pas constitué géologiquement d’une manière favorable pour donner des eaux jaillissantes. Le puits artésien creusé à Arzeu sans succès, à la profondeur de 9.8 mètres, dans le terrain secondaire, est une leçon qu’on ne saurait négliger et qui vient à l’appui des indications de la théorie. Quant aux chances de réussite à travers les couches des terrains quaternaire et tertiaire supérieur, on ne doit pas se dissimuler qu’elles sont très-faibles, à cause du peu de succès des puits creusés dans les mêmes terrains: i° au Figuier, à la profondeur de 177 mètres; 20 à Oran, à la profondeur de 84 mètres.
- 11 nous parait plus convenable de chercher à augmenter la quantité des eaux d’alimentation de Saint-Cloud, soit en y amenant les eaux superficielles de Tazout, soit en creusant des puits dans la plaine de Saint-Cloud et y établissant des norias.
- Il existe, en effet, à 800 mètres en amont et au nord du village, un puits de 18 mètres de profondeur, creusé dans le terrain quaternaire, et fournissant 34 mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures. Des puits semblables ont été creusés avec succès en aval de Saint-Cloud. Leur profondeur diminue à mesure que l’on se rapproche de la plaine de Télamine, bassin fermé où viennent s’accumuler toutes les eaux des environs. Ce bassin est toujours à sec en été, et fournit de l’eau saumâtre à la profondeur d’un mètre. En hiver, il est couvert parfois par une nappe d’eau de quelques centimètres d’épaisseur.
- § IX. EAUX MINÉRALES.
- Source minérale l’Aïn-el- Hamman située
- 6 kilomètres N. E. Je SeJbdou.
- Il y a sur la rive gauche de la Tafna, à 6 kilomètres environ JN. O. de Sebdou, deux sources minérales distantes l’une de l’autre de 5o mètres et connues dans le pays sous le nom à'Aïn-el-Hammam. La source la plus belle sort à travers les fentes du calcaire secondaire gris, compacte, et va se jeter dans la rivière, après un parcours de 20 mètres au plus et une chute totale de 5 à 6 mètres. La température de cette source est de 2 5 degrés centigrades; son débit peut être évalué à 2,000 mètres cubes par vingt-quatre
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- heures. Elle produit un véritable ruisseau au sortir de la roche. L’eau n’a pas d’odeur sensible; elle a un goût légèrement salin. Elle ne dépose rien sur son lit, qui est ombragé par des roseaux. Le calcaire secondaire d’où elle sort forme des couches de om,2 0 à om,3o d’épaisseur, dirigées N. S. m. et plongeant à l’E. de 45°.
- La deuxième source se fait jour au milieu d’un plateau circulaire de 100 mètres de diamètre, couvert de terre végétale. Elle sort d’un bassin à fond caillouteux de 2 mètres de diamètre et om, 1 o de profondeur. Son volume est plus petit que celui de la première source, et peut être évalué tout au plus au quart. L’eau de cette source est très-limpide, a un goût légèrement salin et une température de 25°. Elle traverse, en sortant de son bassin, un lit caillouteux bordé par des joncs, et va se jeter dans la Tafna, en s’épanouissant sur le pourtour du plateau dont on a parlé tout à l’heure. Elle tombe en petits filets verticaux tout le long de ce pourtour, et produit par son évaporation un mur vertical de travertin calcaire d’un mètre environ d’épaisseur et de 8 mètres de hauteur. Le lit de cette source à travers le plateau est couvert de petits cailloux autour desquels se dépose du travertin. De nombreuses mélanopsides vivent, dans cette eau et se couvrent aussi extérieurement de travertin.
- La première source ne produit pas de travertin, parce qu’elle forme un ruisseau très-volumineux, d’un cours trop rapide et d’une longueur trop faible pour que l’évaporation s’y fasse d’une manière convenable. Elle jaillit à l’extrémité du dépôt de travertin formé par la source supérieure.
- Sur la rive droite de la Tafna, il y a, en face du mur de travertin déposé par l’Aïn-el-Hammam supérieure, un dépôt de travertin de même nature, qui peut faire supposer, soit qu’il y avait sur la rive droite une source minérale tarie aujourd’hui, soit que, par une circonstance fortuite, à l’aide de blocs entassés dans le lit de la Tafna de manière à permettre aux eaux de cette rivière de s’écouler, la source de la rive gauche avait jeté un pont naturel qui a été emporté plus tard par une crue violente de la Tafna.
- L’eau de la Tafna marquait 12° à quatre heures du soir, le 22 décembre i85o, tandis que les eaux minérales marquaient 25°.
- Une source minérale dite Aïn-el-Hammam se trouve sur la rive gauche de i’Oued-el-Hammam, à peu de distance de Bab-Mteurba, dans les Traras. Sa température est de 2 0°. Son goût est un peu fade; elle n’a pas d’odeur sen-
- 8.
- Source minérale d’Aïn-el-Hammare située
- auprès de Bab-Mteur
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- Hammam-Sidi-CJiigh’r
- Hammam
- Sidi-bel-Khe-r
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- sible. Cette eau, dont le volume est d’environ 4oo mètres cubes en vingt-quatre heures, se jette dans la rivière après un parcours de 10 mètres. Elle produit en tombant une cascade de 2 mètres de hauteur, sur la paroi de laquelle se dépose aujourd’hui du travertin. Les mélanopsides qui vivent dans cette eau s’y recouvrent d’une croûte de travertin. Cette source est sans emploi.
- La source thermale du Hammam-Sidi-Chigh’r est située sur la rive gauche de la Mouilah, à 4 kilomètres N. de Lalla-Maghrnia. Elle est fournie par la réunion de plusieurs sources thermales qui sortent à côté les unes des autres d’entre les strates du calcaire d’eau douce de la période quaternaire. Ce calcaire est d’un blanc légèrement grisâtre, très-compacte, presque cristallin. On y voit des vides laissés par des coquilles de mélanopsides. 11 forme des couches successives de om,2o à om,3o d’épaisseur. Il repose par-dessus les cailloux roulés du terrain diluvien, ce qui indique qu’il s’est déposé à la fin de la période de violence à laquelle est dû le diluvium. Les couches de ce calcaire se relèvent vers les montagnes secondaires du nord. Au bouillon des eaux thermales, ce calcaire est friable, et ses détritus ont un goût très-salé. Les sources produisent un cours d’eau débitant 5oo mètres cubes environ par vingt-quatre heures, qui va se jeter dans la Mouilah, après un parcours de 5oo mètres. Ces eaux, dont la température est de 34° centigrades, tombent dans la Mouilah le long d’une cascade de 12 à 15 mètres de hauteur verticale, recouverte à l’extérieur d’un réseau de stalactites calcaires qui résultent de l’évaporation des eaux. Les débris qui sont dans le lit des sources sont couverts d’un enduit vert et bleu, qui peut être dû à la présence du cuivre.
- Les eaux du Hammam-Sidi-Chigh’r sont aujourd’hui sans emploi. On pourrait utiliser leur chute pour l’usine où l’on élaborerait les produits de la mine de plomb des environs de Lalla-Maghrnia.
- Un îlot de basalte se trouve à 2,5oo mètres à l’est du Hammam-Sidi-Chigh’r.
- Il y a une source thermale auprès du marabout de Sidi-bel-Kheïr, situé sur la rive gauche de laTafna, à 25 mètres environ au-dessus du niveau de la rivière et à 1 o kilomètres N. E. de Lalia-Maghrnia. Cette source est entourée par un bouquet de huit à dix palmiers. Sa température est de 36° centigrades; son débit est de 6 à 700 mètres cubes par vingt-quatre
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- heures. Elle produit un petit cours d’eau qui est utilisé pour l’irrigation des terrains environnants. Elle sort du milieu des argiles tertiaires moyennes, en formant un bassin de om,2 0 de profondeur et de im,5o de diamètre. L’eau a un léger goût de bouillon, elle n’a pas d’odeur sensible et ne laisse aucun dépôt gélatineux. A peu de distance du point d’émergence, il se dépose un peu de travertin sur les rives, autour des petits grains de sable et des brins de végétaux. Un bassin carré de 8 mètres de côté emmagasine le trop-plein des eaux destinées à l’irrigation. Cette source ne paraît pas fréquentée par les Arabes, sans doute parce que sa température est beaucoup moins élevée que celle du Hammam-bou-Gh’rara qui est dans le voisinage .
- Les bains chauds du Hammam-bou-Gh’rara sont situés sur la rive gauche de la Tafna, à 12 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia, au milieu de la plaine alluvionnaire qui s’étend au fond de la vallée de la Tafna. Il y a un groupe de sources situées dans une circonférence de 1 o mètres de diamètre, qui se réunissent toutes dans le même thalweg, et produisent ainsi un petit cours d’eau dont le débit peut être évalué à 600 mètres cubes par vingt-quatre heures. La température de ces eaux est de 44° dans le ruisseau; mais au bouillon même elle est de 48°. La température de l’air au soleil, à om,70 de hauteur, était, le 5 mars 1851, de 33°, à dix heures du matin. L’eau thermale est limpide, sans odeur; elle a un léger goût de bouillon; elle ne brunit pas sensiblement une pièce d’argent qu’on y plonge. On prétend cependant quelle est légèrement sulfureuse. Elle n’abandonne pas de dépôt auprès de l’origine des eaux. De nombreuses mélanopsides y vivent. Un beau groupe de palmiers ombrage ces sources thermales. En dehors du massif de palmiers, on remarque de très-beaux térébinthes, des oliviers sauvages, des lauriers roses et des roseaux.
- Les hommes se baignent dans une piscine qui a im,5o de large, 4 mètres de long et om,4o de profondeur. Un mür en maçonnerie à hauteur d’appui entoure la piscine. A côté de la piscine se trouve un compartiment de même dimension où l’on dépose les habits. Les femmes se baignent dans une mare voisine abritée par des palmiers contre les regards des curieux. Une cabane en laurier rose leur sert de vestiaire.
- Les Arabes viennent de très-loin prendre des bains pendant la belle saison. Aussi il est question de bâtir sur place un établissement thermal à leur usage.
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- Les eaux chaudes sont utilisées au-dessous des bains pour l’arrosage des terres. Un bassin en maçonnerie de 1 2 mètres de côté et de 1 mètre de profondeur sert de réservoir d’alimentation.
- En face du Hammam-bou-Gh’rara, il y a sur la rive droite de la Tafna un îlot de porphyre dont la présence est sans doute liée à celle des eaux thermales.
- source mincraie La source minérale d’Aïn-Merdia se trouve sur la rive gauche de la Tafna,
- d’Aïn-Merdja _ J D ’
- ^lïmboÏÏure à 5 kilomètres S. de Tembouchure de cette rivière, et à i,5oo mètres S. «ie ia Tafna. -Jes ruines romaines de Takembrit. Cette source, dont la température est de
- 2 3°,5o centigrades, sort du pied d’une nappe de basalte, au niveau de la plaine alluvionnaire de la Tafna. Elle est sans odeur, et n’a aucun goût particulier; elle ne produit aucun dégagement gazeux. Elle forme, avant de se jeter dans la Tafna, un petit marais dans lequel vivent de nombreuses méla-nopsides. Elle sert de boisson habituelle aux Arabes des environs. En été, sa température est inférieure à celle de l’air; mais, en hiver, un léger brouillard indique de loin sa présence.
- source thermale La source thermale de Sidi-Abdli est située sur la rive gauche de Tisser, à 7 kilomètres F.. a 7 kilomètres E. du pont en pierre de la route d’Oran à Tlemsen. Elle sort
- du pont Je Tisser. ,
- du milieu d’un plateau de travertin de 3 kilomètres de long et de 1 kilomètre de largeur moyenne. Du côté de la rivière, ce plateau se termine par un escarpement abrupte de 3o mètres de hauteur verticale, de la crête duquel TOued-el-Hammam se précipite dans le lit de Tisser. L’on ne reconnaît aucune trace de stratification le long de cet escarpement; on n’y voit que de grosses stalactites verticales, à cassure intérieure jaunâtre, formées de zones concentriques et aciculaires avec un trou cylindrique au milieu résultant de la disparition du végétal. On trouve aussi dans ce travertin des parties plus compactes, plus homogènes, remplies de feuilles de végétaux dicotylédonés semblables à ceux du travertin de Tlemsen. La chute de TOued-el-Hammam indique la manière dont se sont formées ces stalactites. Tout le flanc de l’escarpement est couvert de grands roseaux dont les ra-cines et les tiges deviennent le centre d’autant de stalactites. Le végétal, entouré d’un anneau de spath calcaire aiguillé, passe d’abord a l’état de charbon noir, sans consistance, qui finit ensuite par disparaître complètement, en laissant dans l’intérieur de la stalactite l’empreinte de la forme extérieure du végétâl. L’escarpement qui détermine la chute de TOued-eh
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- Hammam a été produit par une grande nappe d’eau qui tombait dans Tisser, sur toute la largeur de Tescarpement, ou bien qui en aurait successivement occupé toutes les parties. A l’ouest, le plateau de travertin se termine par un talus moins rapide qu’au nord; mais il est tout aussi difficile d’y distinguer des strates. Ce plateau est recouvert par une terre végétale argilo-sableuse, noirâtre, qui ressemble à de la terre de marais desséchée. Il est très-fertile et parfaitement cultivé par les Arabes, qui ont fait de nombreuses dérivations dans TOued-el-Hammam. Il repose sur le terrain tertiaire moyen.
- La source thermale s’échappe d’un bassin naturel qui a om, 1 o de diamètre et qui est creusé dans le travertin. L’eau chaude sort des fissures de la roche, qui constitue les parois et le fond du bassin. De nombreuses bulles de gaz s’élèvent du fond du bassin, en agitant les sables fins qui s’y trouvent accumulés. Ce gaz n’est pas inflammable. L’eau est très-limpide; elle est sans odeur et sans goût particulier; elle ne noircit pas l’argent. Sa température est de 38° au bouillon des sources; dans l’intérieur du bassin, elle baisse de 2 à 3°, par suite du mélange d’une source froide. Au milieu du bassin, il y a o^o de profondeur d’eau, ce qui en fait une excellente baignoire dont profitent les Arabes des environs et les soldats du camp de Tisser. Sur le côté nord du bassin, on voit encore les restes d’un mur d’enceinte en béton. La source chaude est très-abondante; elle forme un cours d’eau qui débite 3 à 4,000 mètres cubes par vingt-quatre heures. Elle se mélange, au sortir du bassin', avec un cours assez volumineux d’eau froide, qui prend alors le nom d’Oued-el-Hammam. Cet oued a 2 mètres de large, om, 1 o de profondeur et une pente de 2 à 3°.
- Il y a un groupe de sources thermales appelées Hammam-Sidi-Aït, sur la rive droite de TOued-Soughaï, près de son confluent avec le Rio-Salado. La source, qui est utilisée parles Arabes, débite 3 à 4 litres par minute. Sa température est de 5 2°. L’eau thermale est très-limpide. Elle a un faible goût de bouillon, et est légèrement acidulée par suite d’un dégagement abondant d’acide carbonique. Elle a une faible odeur d’hydrogène sulfuré et brunit l’argent au bout de quelque temps. Elle jaillit par les fissures d’une roche de calcaire d’eau douce, grisâtre, contenant des hélix. Les Arabes ont enfermé le bouillon de la source dans une petite cabane de branchages, et construit ainsi un bain maure au fond duquel il n’y a que om,20 d’eau. Le calcaire d’eau
- Source thermale de Hammam-Sidi-Ait
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- douce est très-développé autour de la source, et forme plusieurs assises qui se relèvent vers le point d’émergence de cette dernière. On remarque aussi dans les alentours plusieurs cônes de calcaire d’eau douce, très-surbaissés, placés à côté les uns des autres comme des taupinières. La flèche est tout au plus de om,3o pour un diamètre de 3 mètres. La surface de ces cônes est recouverte de joncs indiquant la présence de l’eau à une petite profondeur. La plupart de ces cônes présentent au sommet ou sur le flanc une excavation en partie comblée aujourd’hui. Le fond de cette excavation est humide, et l’intérieur en est à une température beaucoup plus élevée que celle de l’air ambiant. Ces cônes correspondent à autant de filets thermaux qui sont aujourd’hui presque complètement taris. Le calcaire qui les compose est jaunâtre et friable. Le Hammam-Sidi-Aït se relie, par une série de petits cônes, à un ancien filon d’eau minérale dirigé N. S. m. Le filon qui est presque entièrement tari a produit un mur vertical de 5oo mètres environ de longueur, de 8 mètres de largeur moyenne à la base et de 6 mètres de hauteur au-dessus du sol environnant. Suivant l’axe longitudinal du mur, se trouve une fente dont la largeur augmente d’une manière graduelle des extrémités au centre du filon. Les parois de cette fente sont verticales; elles sont formées de plaques parallèles, et juxtaposées de calcaire blanc composé d’aiguilles spatbiques perpendiculaires aux sal-bandes du filon. Les plaques de calcaire ont une épaisseur qui augmente à mesure qu’on s’éloigne des extrémités du filon. Près de l’extrémité sud, elles n’ont ensemble que om,90 d’épaisseur, en y comprenant le vide de la fente; mais, du côté nord, la coupe transversale du filon change : la fente est complètement fermée par des plaques verticales de calcaire spathique qui occupent une largeur de 3 mètres, ainsi que l’indique la figure ci-des-soùs.
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- De part et d’autre de ces plaques se trouvent, dans toute la longueur du filon, des assises de calcaire spathique jaunâtre, cristallisé confusément, reployées comme des couvertures sur les parois latérales de la muraille. Ce sont ces assises qui, en s’étalant le long de cette muraille, ont donné lieu au calcaire d’eau douce qui forme la plaine autour du Hammam. Le filon n’a pas une direction parfaitement rectiligne dans toute son étendue.
- Il se compose de trois parties rectilignes qui se coupent sous un angle très-aigu. Le premier coude est situé à 5o mètres environ de l’extrémité sud du filon. L’eau thermale sort de ce coude par la fente médiane, et, en se déversant à l’ouest de la muraille, elle a donné lieu à un petit contre-fort du sommet duquel elle se jette dans la plaine. Sa température est de 55°, son débit de 3 à 4 litres par minute; son goût est semblable à celui de la source du Hammam. A partir de la fente médiane, elle coule dans une petite rigole de 5 centimètres de profondeur et de 5 centimètres de large, qui peut faire supposer au premier abord que la grande fente médiane est due à une cause du même genre. Cette eau, en s’évaporant, se couvre de concrétions blanches et translucides de carbonate de chaux. Elle dépose aussi des concrétions rouges, un peu glairineuses, indiquant la présence du fer, et des concrétions vertes et bleues, indiquant la présence du cuivre. De nombreuses bulles de gaz s’échappent du bouillon de la source. De distance en distance, à partir de ce point, la fente médiane est ouverte, et l’on entend l’eau et les gaz bouillonner à l’intérieur.
- Au pied de la grande muraille, il y a, de part et d’autre, une ligne de joncs indiquant la présence de l’eau à une faible profondeur.
- Le Hammam-bou-Hadjar est situé à i kilomètres N. de Hammam-Sidi- i Ait. Ce Hammam, qui comprend un groupe assez considérable de filets thermaux, se compose de deux filons principaux d’eau minérale, un peu divergents, reliés à l’extrémité sud par une série de cônes en travertin dont les sommets, se trouvant à peu près à la même hauteur, correspondaient jadis à autant de filets thermaux séparés. Ces cônes sont beaucoup plus grands que ceux duHammam-bou-Aït. Le diamètre de quelques-uns est de 3o mètres, et la hauteur de 5 à 6 mètres. Des joncs couvrent la surface de ces cônes, et indiquent la présence de l’eau à une faible profondeur. Au sommet de plusieurs d’entre eux, il y a encore un suintement d’eau thermale. Cette eau a le même goût que celle du Hammam-bou-Aït. Pour l’une des sources, dont
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- le débit peut être évalué à un litre par minute, nous avons trouvé une température de 56°. Cette eau dépose de l’hydrate de fer et dégage de nombreuses bulles de gaz. Le premier filon d’eau minérale est dirigé N. 170° E. m.; il a donné lieu à une muraille de 6 à 700 mètres de long, semblable à celle qui a été décrite pour le Hammam-Sidi-Aït. La fente médiane présente au milieu de sa longueur une bifurcation sous un angle très-aigu. Près de ce point, on entend l’eau minérale et le gaz bouillonner dans la fente.
- Près de l’extrémité nord de ce filon, il y a, au sommet de la fente, un petit filet d’eau thermale à la température de 53°, débitant 1 à 2 litres par minute.
- Le deuxième filon thermal du Hammam-bou-Hadjar est dirigé N. i85° E.m. 11 a les mêmes dimensions que le premier. A l’extrémité nord de ce filon, il y a deux sources qui apparaissent l’une à mi-hauteur, l’autre au sommet de la fente, La première a une température de 55°; elle débite 1 o litres environ par minute. Aucune bulle de gaz ne se dégage du bouillon. La rigole suivie par l’eau est rougie par un dépôt ocracé. La deuxième source est à la température de 6 1 °. En tombant du sommetde la muraille, elle produit des stalactites qui entourent le bord de cette muraille comme un réseau de dentelles. Cette eau se refroidit en tombant et sert aux usages domestiques des tribus voisines.
- Le fdon qui nous occupe est longé à son extrémité sud par un troisième fdon parallèle, qui a 100 mètres de longueur et qui en est séparé par une distance de 3o mètres. A l’extrémité sud de ce troisième filon, il y a un filet d’eau thermale à la température de 6i°. Le Hammam des Arabes se trouve à 100 mètres en arrière. Un conduit en maçonnerie de 10 mètres de longueur amène un filet particulier d’eau thermale dans un petit réduit maçonné de im,5o de large sur 2m,5o de long et 2 mètres de haut. Le fond de ce réduit est une couche de calcaire d’eau douce; il produit un bassin naturel où l’eau forme des flaques de om, i5 de hauteur au plus. On ne peut donc que s’y laver et prendre des bains de vapeur! L’eau thermale est à la température de 48° dans le bain maure, et de 5 i°àla source même.
- A 100 mètres en amont du bain, il y a une source minérale froide à la température de 270 et qui dégage des bulles de gaz. L’eau de cette source a le même goût que celui de l’eau thermale. Elle a un débit de 1 0 litres environ par minute et sert à abreuver les troupeaux.
- Toute la plaine comprise entre les deux Hammams est formée de calcaire d’eau douce, gris , compacte, un peu caverneux, contenant des hélix.
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- Sur la rive de la Mekerra, on trouve, à 3 kilomètres S. des trois marabouts des Oulad-Sidi-Ali-ben-Joub, une source minérale appelée Aïn-el-Ham-mam, débitant 19,000 mètres cubes par vingt-quatre heures au mois d’août. Un reste de construction se trouve à l’un des bouillons de la source, qui présente plusieurs points d’émergence dans un petit rayon. Cette eau est très-limpide, d’un goût un peu fade. Elle dépose sur les pierres de son lit un enduit vert qui peut faire supposer la présence du cuivre; mais, en traitant la substance par un acide et neutralisant par l’ammoniaque, on n’obtient pas la moindre trace de couleur bleue, ce qui indique l’absence du cuivre. Il est plus probable que c’est un dépôt de matière organique. Le nitrate d’argent donne un dépôt blanc grenu, qui se dissout en grande partie par l’addition de l’acide nitrique. II reste alors un trouble blanc dû à une faible quantité de chlorures. Le chlorure de baryum acide dénote la présence d’une faible quantité de sulfates. Cette eau dépose du travertin sur son parcours. Elle a une température de 26°. Son nom arabe (la Source du bain chaud) indique que sa température est sans doute constante. Celte eau n’est chaude qu’en hiver. Il paraît que les Arabes s’y baignaient anciennement; c’est indiqué , du reste, par l’enceinte en maçonnerie que l’on voit au bouillon. Cette eau est utilisée pour l’irrigation des terrains de la rive droite de la Mekerra. Elle produit un marais de 1,000 mètres environ de longueur et de 1 00 à 200 mètres de large. Il serait facile de le dessécher en déversant les eaux de la source, à droite et à gauche du marais, par des canaux de dérivation, et faisant un canal longitudinal suivant la direction du marais. La plaine qui est en aval est malsaine en été. Elle est formée par une terre calcaire friable remplie de mélanopsides, et qui n’est autre chose qu’un travertin désagrégé. Ce terrain est dû à l’évaporation des eaux de la source minérale, qui était primitivement plus abondante qu’aujourd’hui.
- Sur le revers N. E. du Tessala, il y a une belle source appelée Aïn-el-Hammam; elle débite environ 1,000 mètres cubes, par vingt-quatre heures, d’une eau très-limpide et d’un excellent goût, à la température de 1 6°. C’est donc une source froide, quoiqu’elle s’appelle Aïn-el-Hammam (la Source du bain chaud). Elle a donné lieu à un petit dépôt de travertin de 2 mètres de puissance sur 20 mètres de long et 1 o mètres de large. Ce travertin forme une terrasse qui supporte des pierres de taille, ruines d’une construction romaine.
- La présence de ce travertin et le nom de la source peuvent faire supposer
- Source minerait! Je la rive droit o Je la Mekerra , chez
- les Ouled-Sidi-Ali-hen-Joul).
- Source t'roidc d’Aïn-ei-Hammam, sur le revers N. K. du Tessnlo.
- X"
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE que celle-ci était primitivement une source d’eau chaude, qui s’est refroidie plus tard, sans doute par un mélange d’eau froide, mélange qui s’opère dans le sein de la terre.
- Il y a des sources thermales à 20 kilomètres S. O. de Mascara, sur la rive gauche de l’Oued-el-Hammam et sur la route de Sidi-bel-Abhès. Voici sur ces sources quelques renseignements qui ont été extraits d’un rapport de M. Sullier, pharmacien aide-major à l’hôpital de Mascara.
- Les eaux thermales ont leur origine dans un monticule entièrement formé de laves. La coulée de lave a eu lieu dans la direction du N. E. au S. O., et l’on remarque encore les diverses assises, terminées en forme de bourrelet, produites par les éruptions les plus récentes.
- L’élévation de la masse de lave de laquelle sortent les eaux thermales ne dépasse pas 70 mètres à partir du niveau de l’Oued-el-Hammam. La source la plus élevée sort du rocher à 2 5 mètres au-dessus du niveau des piscines, dont on parlera plus bas. Elle coule dans une petite rigole triangulaire taillée dans le roc, et dont la pente est parfois de 45°. Les dépôts calcaires qui se forment continuellement et très-abondamment tendent à exhausser ce canal; aussi les Arabes sont obligés très-souvent de le refaire. L’eau est à l’air libre l’espace de 4o à 5o mètres, puis, conduite par un bourneau, elle traverse le mur oriental d’une construction maure et tombe dans une piscine.
- A 56 mètres au N. O. de cette source, et i5 à 1 8 mètres plus bas, existe une seconde source dont le volume est double de celui de la première. Elle est aussi éminemment calcaire. Les parois du conduit, qui sont rougeâtres l’espace de quelques mètres, deviennent tout à coup d’une blancheur de neige, et sont tapissées d’une masse de débris végétaux plus ou moins encroûtés de carbonate calcaire. Cette eau parcourt 4o mètres à l’air libre, et se réunit ensuite à l’eau de la première source en entrant dans le bourneau qui traverse le mur de la piscine.
- La température de l’eau des deux sources à la sortie du rocher est de 58°; elle baisse de i4° pendant son parcours et est à 44° dans la piscine, ce qui n’empêche pas les Arabes de s’y plonger jusqu’aux aisselles.
- 11 y a deux piscines, Tune pour les hommes, l’autre pour les femmes. Cette dernière paraît d’un tiers plus vaste que celle des hommes, qui présente une superficie de 4 mètres carrés. Cet établissement, qui tombe en ruines, est très-fréquenté par les Arabes des deux sexes.
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- L’eau thermale est très-limpide, incolore, inodore ; sa saveur est un peu crue et légèrement âcre. Sa pesanteur spécifique est de 1003,27, feau distillée pesant 1000.
- Un litre de cette eau renferme les substances suivantes :
- Carbonate de chaux....................................... 1,29
- ----------de magnésie..................................... 0,09
- Sulfate de chaux.......................................... o,o3
- Chlorure dont la base n’a pas été déterminée.............. o,o5
- Silice.................................................... o,o4
- Fer.....................................................traces.
- Pertes.................................................... 0,02
- Sulfate de magnésie....................................... o,o4
- Total..................... i,56
- § X. COMBUSTIBLES MINÉRAUX.
- Le 22 avril 18 Ô1, nous avons découvert un affleurement de lignite dans la plaine de Terni, à 10 kilomètres S. O. de Tlemsen, sur les bords de TOued-Ouidès, qui prend plus loin le nom de Mafruch.
- Voici le résultat de l’exploration faite, le 7 juin 185 1, dans la plaine de Terni, en suivant le cours de l’Oued-Ouidès à partir du point où la route de Sebdou coupe cette rivière, et la remontant jusqu’à sa source auprès dù marabout de Sidi-el-Haad. Au gué de la route de Sebdou, la rive droite de la rivière est taillée en pente très-roide, sur une hauteur de 4 à 5 mètres, et présente la coupe suivante :
- Coupe de la berge de la rive droite de l’Oued-Ouidès , auprès du gué de la route de Sebdou.
- Terre végétale. argileuse 6naïf.. ^
- Ërù'Jie de gale/s de Calcaire secondaire-ri de Calcaire deair. douce*.
- ~âveo ët/ilgnes petits gaUte sanOSzbUs aux précédents.
- Terre argileuse Jaune aocc g aids calcaires glus nomlreu.v fine, dans la cruche, précédente.
- Ara de- Tonrjeaire en masse 'veinée irrégulièrement de gris avec lentilles de cailloux, cordés.
- la
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- A la partie supérieure, il y a om,3o de terre argileuse brune. Cette terre constitue, en général, le sol végétal de la plaine de Terni, depuis le marabout de Sidi-Haffif au N. E. jusqu’au marabout de Sidi-el-Haad au S. O. C’est elle qui a nivelé toutes les inégalités du sol inférieur, et a donné lieu à la plaine proprement dite. Elle présente tout à fait l’aspect d’une terre de marais; elle produit d’excellents fourrages, surtout sur la rive droite de l’Oued-Ouidès, le long de laquelle la plaine est beaucoup plus développée que sur la rive gauche. De nombreuses petites sources, venant des montagnes secondaires qui entourent la plaine de Terni, traversent la couche de terré végétale de cette plaine, et vont se jeter dans l’Oued-Ouidès. Les Arabes ont disposé plusieurs bassins en terre damée qui servent à recueillir les eaux de ces sources, pour l’irrigation de leurs céréales. Ce sont lesBeni-Ournid qui habitent. la plaine de Terni. Ils tiennent à bail du Domaine les terres qu’ils cultivent, parce qu’ils ont émigré, et que l’Etat s’est, emparé de leurs anciennes propriétés. Aussi les fourrages sont coupés, au profit de l’Etat, parle service de l’intendance militaire. Il n’y apas un palmier nain clans cette plaine, dont les essences principales sont d’excellentes plantes fourragères. On n’y trouve aucun arbre, à part quelques rares peupliers. Le fond de la plaine de Terni, formant une cuvette très-peu déprimée, est rendu marécageux, surtout, en hiver, par les nombreuses petites sources qui viennent des montagnes environnantes.
- Sous la terre végétale, il y a une couche de om,5o d’épaisseur, qui se compose de débris sans adhérence de calcaire secondaire gris foncé, compacte, et de calcaire d’eau douce, compacte, gris clair. Ces débris ont leurs angles légèrement émoussés, et sont gros tout au plus comme le poing. On y trouve des fragments d'ostrea crassissima, ce qui indique la présence du terrain tertiaire moyen dans l’un des affluents de la plaine de Terni. Les fragments de calcaire d’eau douce contiennent, de nombreuses empreintes de cérites, et sont en général plats. On aura l’occasion de décrire plus tard les couches d’où ds proviennent.
- Au-dessous de ces débris, l’on voit : i° une couche de om,2o d’épaisseur d’une terre argileuse jaune, contenant quelques petits galets de calcaire, semblables à ceux des couches précédentes; 2° une couche de om,6o d’épaisseur d’une terre argileuse jaune , semblable à la couche précédente, et contenant un plus grand nombre de galets de calcaire. Enfin la base de ce terrain se
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- compose d’une couche de 3 mètres d’épaisseur d’argile rougeâtre en masse, veinée irrégulièrement de gris, et contenant quelques galets disséminés de calcaire secondaire. 11 y a aussi dans cette argile de grandes lentilles inclinées à l’horizon, formées de cailloux roulés de calcaire marin secondaire et de calcaire d’eau douce.L’Oued-Ouidès coule sur cette argile, qui a, par conséquent, une épaisseur plus grande que celle que l’on voit à découvert. La herge de la rive gauche de l’Oued-Ouidès présente une pente beaucoup plus douce que celle de la rive droite, de sorte que l’éboulement des terres et la végétation qui les recouvre empêchent d’y reconnaître les différentes couches qui sont si visibles sur la rive droite.
- Le terrain diluvien que l’on vient de décrire est très-répandu dans la plaine de Terni; c’est ce terrain qui constitue le dernier dépôt superficiel qui la recouvre.
- En aval du gué de la route de Sebdou, les escarpements de l’Oued-Ouidès sont en entier dans ce terrain diluvien, jusqu’auprès du marabout de Sidi-Haffif. Les lits de débris de calcaire secondaire s’y transforment souvent en une brèche très-dure, inclinée à l’horizon. En amont du gué de la route de Sebdou, le terrain diluvien diminue graduellement d’épaisseur. A 2,000 mètres de ce gué, il n’est plus représenté que par une couche mince de terre végétale marécageuse, sous laquelle apparaît un terrain stratifié régulièrement, qui présente la coupe suivante sur la rive droite de la rivière :
- Coupe de la rive droite de l’Oued-Ouidès, à 2 kilomètres en amont du gué de Sebdou.
- 'Jlï'/Â
- A la partie supérieure, il y a une épaisseur de om,4o de divers lits de calcaire compacte contenant de nombreuses empreintes de cérites. Ordinaire-
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- ment, le moule intérieur de la coquille a disparu, et il reste en creux l’empreinte extérieure du têt. Ces lits de calcaire ont une épaisseur de om,o2 à om, 1 o.
- Les lits supérieurs sont très-denses. Le calcaire a une couleur café au lait; sa cassure extérieure présente de petits vides et des dendrites noires; celles-ci se remarquent principalement sur les contours extérieurs de la cassure. Ce calcaire a beaucoup d’analogie avec certains échantillons de calcaire d’eau douce de Lalla-Setti, auprès de Tlemsen; cependant il est d’un âge bien différent, ainsi qu’on le verra plus bas. Les lits inférieurs de ce calcaire sont d’un gris jaunâtre, à cassure terreuse; ce sont eux qui renferment principalement les cérites; ces coquilles se trouvent dans toutes sortes de positions, au milieu des lits horizontaux de calcaire. Sous ces lits vient 1 mètre d’épaisseur d’argile jaunâtre, divisée en lits horizontaux de 2 à 3 centimètres par des lits très-minces d’une matière argileuse d’un gris blanc. L’argile jaune contient quelques empreintes végétales à l’état de charbon, et deux à trois lits, de om,o5 d’épaisseur chacun, formés de calcaire à cérites.
- Ces argiles reposent sur une assise de om,4o d’épaisseur, formée de couches de om,o 2 à ora,o5 de calcaire à cérites.
- Enfin, plus bas, l’on trouve un banc, d’une épaisseur inconnue, d’argile grasse compacte, d’un bleu un peu violacé, contenant des planorbes dont le têt est très-mince et se brise avec une grande facilité.
- En ce point, les couches sont sensiblement horizontales. C’est là que nous avons vu le premier affleurement de lignite le 22 avril i85i. Le lignite se montrait alors avec un caractère bien tranché sur une longueur d’un mètre et une épaisseur d’un centimètre. Au delà, l’affleurement était marqué par de l’argile d’une couleur brune. Nous n’avons pu revoir cet affleurement le 7 juin suivant, par suite d’un éboulement des terrains supérieurs; mais, à 100 mètres en amont, nous avons retrouvé un second affleurement de lignite bien déterminé. L’horizontalité des couches est ici fortement dérangée.
- Les strates de calcaire sont dirigés E.O. m. et plongent au S. m. de 1 8°. L’on observe sur la rive droite de la rivière , sur 3 mètres d’épaisseur, une série de couches de calcaire gris cendré à cérites et d’argile schisteuse jaune et bleue. L’affleurement de combustible se compose d’une veine de lignite terreux, noir, d’un centimètre d’épaisseur, visible au jour sur 11 mètres de long et se perdant au S. O. sous le lit de la rivière. A l’extrémité N. E.,
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 73
- S. N.cette veine se trouve à im au-dessus du
- lit de la rivière. Le lignite est intercalé dans de l’argile bleue, grasse. Il renferme des écailles blanches qui sont sans doute des planorbes écrasées. La fig. ci-contre indique la disposition des couches.
- En amont de ce point, nous n’avons plus observé d’affleurement de lignite, quoique les calcaires d’eau douce en plaques minces se présentent fréquemment sur les berges de l’Oued-Ouidès. Ces calcaires sont cachés parfois par le terrain diluvien composé de terres argileuses grises. Cependant l’on trouve aussi une terre calcaire jaunâtre un peu sableuse, qui semble provenir de la désagrégation du calcaire d’eau douce.
- Le terrain d’eau douce de la plaine de Terni s’arrête auprès de la fontaine, qui est à 200 mètres environ au sud du marabout de Sidi-bebHaad. Cette fontaine, qui est ombragée par un beau peuplier, débite environ 200 mètres cubes par vingt-quatre heures; elle fournit de l’eau très-limpide et d’un goût agréable, qui sort à travers les fissures du calcaire secondaire gris, cristallin, dont les couches plongent de 1 o° vers l’ouest magnétique.
- Etudions maintenant le cours de l’Oued-Tasseramirameth, qui se jette dans la rive droite de l’Oued-Ouidès, à peu près au centre de la plaine de Terni, et qui est l’affluent principal de cette rivière. Le cours de l’Oued-Tasseramirameth est une coupure à pans abruptes qui fait communiquer la plaine de Terni avec la plaine de Talterni, et par laquelle passe le projet de route de Tlemsen à Sebdou. Elle coupe, en allant du S. au N., une série de couches parallèles et composées :
- i° A la partie supérieure, de dolomies grises ;
- 2° Au milieu de la chaîne, de grès quartz eux blancs ou colorés en rose;
- 3° A la partie inférieure, près du débouché dans la plaine de Terni, de calcaire compacte gris ou jaune.
- Le système général de toutes ces couches, qui appartiennent à la période secondaire, est dirigé N. 65° E. m., et plonge au S. S. E. de 7 à 8°; mais, près du débouché, dans la plaine, le sens du plongeaient, change et les couches inférieures de calcaire gris sont dirigées N. 5° O. m. et plongent à l’O. m. de 3o° environ.
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- 74 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Travers A 3 kilomètres E. S. E. de FOued-Ouidès, il y a, sur les deux rives de
- rametii. FOued-Tasseramirameth, un petit dépôt de travertin qui a 3 mètres d’épaisseur. Ce travertin est stratifié, dur, gris jaunâtre, et se compose de tiges végétales spathifiées. Il repose sur im,5o de brèche formée principalement de débris de grès quartzeux blanc, venant de la roche secondaire sur laquelle ce travertin repose. L’îlot a 1 5 mètres de long sur 5 à 6 mètres de large. De chaque côté de l’Oued, il a été taillé à angle droit, ainsi que l’indique la figure ci-dessous, qui est une coupe faite de l’E. N. E. à FO. S. O.
- O.S.O. E.N.E.
- tcrnrrn -swmïcfirrre.—
- Si, à partir de ce travertin, on descend le lit de la rivière, on trouve, à 5oo mètres environ au nord, de l’argile gris jaunâtre contenant des ostrea crassissirna de grandes dimensions. Cela démontre que le fond de la plaine de Terni est formé de terrain tertiaire moyen marin, qui s’élève ainsi à la cote de î, î 68 mètres. Ce terrain ne se voit au jour que sur quelques mètres de long; il est caché par des débris de terrain secondaire entraînés par FOued-Tasseramirameth, alors qu’il roulait beaucoup plus d’eau quaujourd’hui. Plus bas, Fon trouve le calcaire d’eau douce avec cérites, en lits de om,o5 à om,io d’épaisseur. Les strates de ce calcaire se relèvent en pente douce contre le flanc de la chaîne secondaire qui borde, au sud la plaine de Terni. La présence des ostrea crassissirna, des cérites et du lignite, indique que le calcaire et les argiles carbonifères d’eau douce de la plaine de Terni appartiennent au terrain tertiaire moyen d’eau douce qui repose par-dessus le terrain tertiaire moyen marin. Il s’est passé, dans la plaine de Terni, un phénomène de même nature que celui qui a donné lieu au bassin carbonifère de la vallée de l’Isser, mais seulement sur une échelle beaucoüp plus petite. L’Oued-Tasseramirameth est l’ancien affluent dont les détritus végétaux ont
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- produit le lignite qui se trouve aujourd’hui dans la plaine de Terni. La petitesse du bassin de Terni démontre que les couches de lignite, s’il en existe au-dessous de celle qui a été observée, ont très-peu de développement en surface. Le bassin tertiaire moyen présente, en effet, une longueur de 7,5oom sur une largeur variable de 3oo à 2,000 mètres. La plus grande largeur correspond au débouché de l’Oued-Tasseramirameth. On peut faire des recherches par un puits ou un sondage sur l’affleurement découvert. L’exécution d’un puits pourrait offrir des difficultés, parce que l’on s’enfoncerait immédiatement sous le lit de l’Oued-Ouidès, et que l’on aurait beaucoup d’eau d’infiltration. Il serait sans doute plus avantageux de faire un sondage dont la profondeur ne serait pas très-considérable, en raison de l’exiguïté même du bassin et de la disposition des couches. Un coup de sonde de 5o mètres de profondeur serait sans doute suffisant pour traverser toute l’épaisseur du terrain tertiaire moyen. Ce sondage, dont la dépense peut être évaluée à 3,ooo francs, ne devrait être exécuté qu’après les travaux de recherches que nous proposons d’exécuter dans le bassin carbonifère de l’Isser et dont nous parlerons tout à l’heure.
- Coupe transversale de la plaine de Terni.
- N.N.O. S.S.E.
- La figure ci-dessus indique la coupe de la plaine de Terni suivant le cours de l’Oued-Tasseramirameth; elle correspond à la plus grande largeur transversale de la plaine. On voit que le fond de cette plaine résulte d’une ondulation du terrain secondaire. La chaîne de montagnes qui borne la plaine au sud est beaucoup plus élevée que celle qui la borne au nord. La crête s’élève à la cote 1,489 mètres; elle est à 343 mètres au-dessus du niveau de la plaine, qui est à la cote 1,135 mètres. La crête de la chaîne qui borne la
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- 76 NOTICE MINERALOGIQUE
- plaine du côté nord est à la cote 1,286 mètres, et s’élève à 1 5o mètres au-dessus de la plaine. Les couches de calcaire qui la composent plongent d’une manière uniforme vers le S. S. E., et leurs affleurements déterminent, à la surface du sol, une série de lignes parallèles disposées par échelons successifs. Ces deux chaînes de montagnes ne sont boisées que de broussailles de lentisques, genévriers, chênes-kermès. Ce 11’est qu’à l’ouest, sur le Mouaffir, que commence la forêt de chênes-lièges de l’Affîr.
- Le terrain diluvien, supérieur au terrain tertiaire moyen, n’existe plus à 2,000 mètres environ au N. E. du marabout de Sidi-Hafîif; à partir de ce point, la plaine proprement dite cesse, et le Mafruch roule sur le calcaire secondaire. Seulement, de loin en loin, on trouve sur ses bords de petits dépôts de terre calcaire jaunâtre diluvienne. Auprès des belles cascades de Mafruch, la vallée se renfle un peu et présente un dépôt assez considérable de travertin.
- Le 8 décembre i85o, nous avons découvert un gîte de lignite auprès d’Hadjar-Roum, sur les bords de Tisser, à 23 kilomètres E. de Tlemsen. Ce gîte est remarquable par sa régularité et son étendue; il constitue un véritable bassin carbonifère qui fait partie du terrain tertiaire moyen et qui repose en stratification discordante sur le terrain crétacé inférieur. Le terrain tertiaire moyen est généralement de formation marine, et caractérisé, dans la vaste plaine comprise entre Tisser et la Tafna, par la présence de Yostrea crassîssima. On trouve encore ce fossile à 6 kilomètres N. d’Hadjar-Roum, dans la vallée de TOued-Senoussi, qui est un affluent de la rive gauche de Tisser. Le terrain tertiaire moyen s’y compose essentiellement d’argiles grises et de quelques couches de grès quartzeux d’un gris jaunâtre. Ces couches se poursuivent sans discontinuité depuis TOued-Senoussi, où elles contiennent des fossiles marins, jusqu’auprès d’Hadjar-Roum, où elles contiennent des lignites et des fossiles terrestres et d’eau douce. Elles s’arrêtent, au sud, contre une haute chaîne de montagnes appartenant au terrain crétacé inférieur. En remontant le cours de Tisser, à partir du confluent de TOued-Senoussi, le premier affleurement de lignite se présente sur la rive gauche de TOued-Chouly, à son confluent avec Tisser. Il se compose de veines noires de charbon contenues dans des argiles grises. Ces veines n’ont que quelques millimètres d’épaisseur. Leur continuité seule les signale facilement à l’observateur. Elles forment une bande de om,5o d’épaisseur et de 10 mèt. de long.
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- En amont de son confluent avec l’Oued-Isser, l’Oued-Chouly traverse le terrain tertiaire moyen d’eau douce jusqu’auprès du marabout de Sidi-Moffoq, situé à 4 kilomètres environ de l’Oued-Isser. Il présente, dans ce « parcours, divers affleurements de lignite qui ont été peu étudiés jusqu’à ce jour, mais qui suffisent pour prouver la continuité des couches carbonifères entre l’Oued-Chouly et l’Oued-Isser. Plus haut, le cours de l’Oued-Chouly est entaillé dans le terrain diluvien, qui s’arrête, à l’ouest, contre le terrain crétacé, et qui recouvre le terrain tertiaire moyen. On voit, en effet, auprès du marabout de Sidi-Moffoq, que les couches d’argile tertiaire s’enfoncent sous le poudingue quaternaire, qui prend un assez grand développement. Mais la présence du lignite et des coquilles d’eau douce dans le terrain tertiaire moyen des bords de l’Oued-Chouly est un fait géologique très-important, parce quelle indique que la formation carbonifère s’étend clans tout l’espace triangulaire compris entre l’Oued-Chouly au N. O., l’Oued-Isser à l’E. et la route carrossable d’Hadjar-Roum au S.
- A partir du confluent de l’Oued-Chouly, on perd toute trace de charbon sur les bords de l’Isser, et on n’en retrouve qu’à 3,ooo mètres environ de distance de la cascade d’Hadjar-Roum. Les affleurements de lignite se montrent alors fréquemment sur les deux rives. Les nombreuses lacunes qu’on y observe résultent des éboulements considérables qui se manifestent journellement sur les bords de Tisser, parce que les argiles délayées cachent à la vue les couches régulièrement stratifiées qui sont derrière elles.
- Les couches du terrain tertiaire moyen plongent sur les deux rives de Tisser, dans le même sens que le lit de la rivière, sous un angle variable de 4° à 6°. Dans la partie carbonifère, les grès sont fort rares, les argiles sont stratifiées très-régulièrement et forment souvent des zones parallèles de î à 2 millimètres d’épaisseur, ayant des nuances légèrement différentes. La couleur générale est le gris, puis vient le jaune. Ces argiles renferment, intercalés, des bancs de calcaire cômpacte gris, à cassure un peu terreuse, avec hélix, planorbes et autres petites coquilles turriculées d’eau douce. Le terrain carbonifère d’eau douce , ne se trouvant que sur la lisière de contact du terrain tertiaire moyen et jlu terrain crétacé inférieur, correspond sans doute à des affluents qui parcouraient les terres émergées appartenant au terrain crétacé, et débouchaient dans la mer où se déposait le terrain tertiaire moyen. Ces affluents étaient l’Oued-Chouly et l’Oued-Isser, qui se réunissent aujour-
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE d’hui à 5, kilomètres N. d’Hadjar-Roum, et dont les vallées sillonnant le terrain crétacé sont très-anciennes. Dans cette hypothèse, ce serait surtout sur la rive gauche de l’Isser, entre Tisser et TOued-Chouly, qu’on pourrait espérer trouver les couches les plus épaisses de lignite, parce que le terrain tertiaire moyen y forme un petit golfe complètement abrité par des montagnes appartenant au terrain crétacé inférieur.
- L’étude de la rive gauche de TOued-Khalfoun, affluent de la rive gauche de Tisser, indique, en effet, que les affleurements supérieurs de lignite ne s’étendent pas jusqu’à cette rivière, et semble confirmer cette manière de voir.
- Les argiles tertiaires moyennes remontent jusqu’à la cascade de Tisser, où Ton voit aussi un affleurement de lignite reposant directement sur le terrain crétacé, que caractérisent un peu plus loin les fossiles énumérés page 5.
- La cascade a î 2 mètres de hauteur verticale ; les couches de calcaire crétacé y sont coupées de manière à former un talus très-roide. Elles sont dirigées N. i35° E. m. et plongent de io° au N. E. Le calcaire est gris, semi-cristallin. Il est en couches d’une épaisseur variable de om,ôo à im,5o; il renferme aussi des couches de calcaire gris schisteux. A la partie supérieure de la cascade, il y a un peu de travertin qui paraît résulter de l’évaporation des eaux de Tisser.En amont de la cascade, les eaux de Tisser sont très-claires, parce qu’elles coulent à travers les roches compactes du terrain crétacé inférieur; mais, en aval de la cascade, elles se troublent immédiatement, parce quelles traversent les argiles grises tertiaires moyennes qui s’éboulent fréquemment et se réduisent facilement en bouillie. Au confluent de TOued-Chouly, TOued-Isser roule moins d’eau qu’à la cascade d’Hadjar-Roum, bien qu’il ait reçu TOued-Khalfoun, parce qu’une partie des eaux s’infiltre à travers les couches d’argiles, q(ui plongent, au reste, dans le même sens que le lit de la rivière.
- Le terrain diluvien ou terrain quaternaire d’eau douce recouvre le terrain tertiaire rqoyen en stratification discordante, à partir de la cascade de Tisser. Il a comblé toutes les inégalités qui existent à la surface de ce terrain, et a formé les plateaux réguliers qui s’étendent en aval sur les deux rives de Tisser. Ces deux plateaux, qui sont à la même hauteur, étaient primitivement réunis; Tisser les a séparés en creusant son lit, et a mis à nu le terrain tertiaire moyen, qui est au-dessous du terrain quaternaire. Il en est résulté
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- une coupe naturelle qui permet d’étudier les rapports de ces deux terrains d’un âge different.
- La figure ci-après est une coupe transversale de la vallée de Tisser, auprès du principal affleurement de lignite de la rive gauche.
- zzytfrqiiesJertiairesïiz^
- Le terrain diluvien se compose comme il suit à partir de la surface :
- i° On trouve d’abord une couche de travertin de im,5o d’épaisseur. Ce travertin est assez friable; il est formé de menus débris de végétaux difficiles à caractériser. Son épaisseur augmente eh remontant Tisser. Il est tantôt gris clair, tantôt blanc; il renferme alors beaucoup d’hélix, de buliihës et de mélaiiopsides identiques aux espèces qui vivent de nos jours.
- 2° Au-dessous vient une coüche de marne grise ou de calcaire argilo-bitu-mineux; elle est divisée en deux ou trois zones horizontales de om,3o d’épaisseur, qui sont d’un gris plus ou moins foncé. Cette couche argileuse se reconnaît de loin, parce que les bandes noirâtres quelles renferment tranchent vivement stir la couleur blanche ou jaunâtre des couches encaissantes.
- 3° La marne bitumineuse repose sur une couche, de 5 à 6 mètres d’épaisseur, d’un poudingue formé de débris du terrain crétacé et du terrain tertiaire moyen. La pâte du poudingue est un calcaire jaune. Souvent les galets sont fort rares, et le poudingue passe à l’état de calcaire d’eau douce compacte. Il constitue la base du terrain diluvien, dont Tépaisseur totale varie de 8 à îo mètres.
- Sous le terrain diluvien commence le terrain tertiaire moyen carbonifère, qui se compose essentiellement d’argiles grises délitables, avec plusieurs couches de lignite intercalées. Les argiles renferment de nombreux cristaux
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE dë gypse entre les faces de séparation. Les deux principales couches de lignite de la rive gauche sont Tune au milieu, l’autre à la base de l’escarpement. La couche supérieure affleure à une trentaine de mètres au-dessous de la crête du plateau qui longe la rive gauche. Elle a 3o cenlimètres environ d’épaisseur, et renferme deux petites veines, de 2 centimètres chacune, de calcaire argileux gris. Le lignite est noir, friable, brillant, très-fissile. Entre les plans des feuillets, il y a des débris de coquilles turbinées. Il donne assez de chaleur pour chauffer une tige de fer au rouge, mais pas assez pour souder le fer. Il répand une odeur bitumineuse très-forte et produit d’épaisses vapeurs où l’on reconnaît la présence du soufre. Il brûle avec une flamme légère et laisse des cendres argileuses assez considérables, Le lignite essayé venait de l’affleurement; il était altéré par les agents atmosphériques; il se peut, dès lors, qu’il soit meilleur à une plus grande distance du jour. Quoi qu’il en soit, ce combustible ne serait pas convenable pour la forge et le chauffage des machines à vapeur, si la qualité restait la même; mais il pourrait servir pour le chauffage domestique dans des fourneaux bien disposés. On devrait l’allumer d’abord avec une couche de bois, et il brûlerait ensuite tout seul. Il peut servir encore pour la cuisson de la chaux, de la brique, du plâtre; pour des distilleries. Son affleurement persiste avec régularité sur plus de 1 00 mètres le long de la berge de Tisser; il est interrompu en aval par un éboulement, au delà duquel il reprend de nouveau avec régularité.
- Un échantillon de lignite à cassure noire, brillante, a présenté la composition suivante :
- Sable quartzeux.......
- Silice combinée.......
- Alumine...............
- Peroxyde de fer.......
- Sulfure de fer........
- Sulfate de chaux......
- Carbonate de chaux. . . .
- --------- de magnésie..
- Chlorure de sodium . . .
- Carbone ..............
- Eau combinée et bitume Eau hygrométrique. . . .
- o ,0100 o ,o5oo o ,0180 o ,010/1 o ,on3 o ,0088 o ,o335 o ,0265 o ,0016 o ,335o o ,3726 o ,1 i5o
- Total
- o ,9927
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- Ou bien :
- Eau hygrométrique................................... o ,n5
- Bitume, eau combinée........................... j ^ r
- Acide carbonique, soufre....................... j
- Carbone............................................. o ,335
- Cendres............................................. o ,i45
- Total............... i ,000
- Auteur : De Marigny.
- La couche inférieure de lignite affleure au niveau de Tisser; elle a om,3o d’épaisseur. Le combustible qu’elle fournit est friable, brunâtre et plus mauvais que celui de la première couche.
- Entre ces deux couches de lignite, il y en a encore huit dont l’épaisseur varie de 2 à 10 centimètres, et qui fournissent du combustible de très-mauvaise qualité.
- Sur la rive droite de Tisser, la coupe du terrain diluvien est la même que sur la rive gauche, parce que ce terrain formait d’abord un plateau continu qui a été.découpé plus tard par le cours inférieur de Tisser; mais il n’en est pas de même pour le terrain tertiaire moyen. Les couches de lignite qu’on observe sur la rive droite ne correspondent pas à celles de la rive gauche, ce qui tient à des failles et à des dénudations subies par le terrain tertiaire moyen, postérieurement à son dépôt et antérieurement au dépôt du terrain quaternaire. Celui-ci, en déposant le poudingue qui lui sert de base, a comblé les vides existant à la surface du terrain tertiaire moyen. Une période de repos a succédé ensuite à la période de violence par laquelle le terrain diluvien a commencé, et il s’est déposé alors ces travertins friables et cette carapace calcaire blanche qui constituent la partie supérieure du terrain diluvien.
- La coupe ci-contre, menée suivant le cours de Tisser, indique la disposition respective du terrain diluvien et du terrain tertiaire
- moyen.
- fl est remarquable qu’il existe aux Ouled-Mimoun deux terrains carbonifères d’eau douce, reposant Tun au-dessus de l’autre, en stratification discordante. Le terrain carbonifère supérieur est identique à celui de Lalla-Setti, aux environs de Tlemsen, et n’a présenté,
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- comme lui, que des argiles bitumineuses d’un gris plus ou moins foncé. Le terrain carbonifère inférieur renferme, au contraire, de véritables couches de lignite.
- Le terrain diluvien s’étend uniformément à l’ouest de l’Isser, dans l’espèce de triangle compris entre le cours de Tisser, une parallèle au cours de l’Oued-ChouJy, menée à 1,000 mètres N. E. de cette rivière, et le terrain crétacé du Djebel-Dar-Menjel. 11 a formé, à la surface du terrain tertiaire moyen, un vaste manteau qui a été déchiré par le cours de l’Oued-Chouly, de Tisser et des torrents d’ordre inférieur qui descendent des montagnes crétacées et vont se jeter dans ces deux rivières. Ainsi, les torrents venant du Dar-Menjel, coulant du S. au N., ont découpé le terrain quaternaire en une série de plateaux qui, primitivement, constituaient un plan régulier plongeant du S. au N. Les découpures formées par les torrents n’ont mis à nu le terrain tertiaire moyen qu’auprès de leur débouché dans TOued-Isser et l’Oued-Chouly, parce que c’est là que ces découpures sont les plus profondes. On voit, dans ces débouchés, que les assises du poudingue qua-Paudin<fue quaternaire, ternaire se correspondent sur ces rives, de telle
- -------^ !e= ----r~ sorte que le relief du terrain est dû à un arrache-
- ...ment des couches supérieures, et nullement à
- une ondulation de ces couches. C’est ce qui est indiqué par les deux coupes figurées sur cette page.
- Jïfeld-jDqr-Me.iv/el.
- 0. 1
- Le terrain quaternaire se trouve sur la rive droite de l’Oued-Tellout, et forme un vaste plateau qui s’étend à Test jusqu’au delà de Sidi-bel-Abbès. Il contient, à l’Oued-Tellout comme à Hadjar-Roum, à Tlemsen et à Mostaga-nem, des assises d’argile bitumineuse noire, qu’on peut prendre de loin, au premier abord, pour des couches de lignite, et qu’on est tenté de rapporter au terrain tertiaire moyen, à cause de la présence des coquilles terrestres, telles que hélix, bulimes et cyclostomes; mais une étude plus approfondie
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- démontre que la formation de travertin avec argile bitumineuse est tout à fait indépendante de la formation tertiaire moyenne, et qu’elle appartient à la période quaternaire. Dès lors, la présence dans un escarpement de ces argiles bitumineuses quaternaires ne saurait faire admettre, à priori, l’existence des argiles du terrain tertiaire moyen carbonifère au-dessous de ces argiles bitumineuses.
- Les limites du terrain tertiaire carbonifère des Ouled-Mimoun peuvent être considérées comme à peu près définies.
- Le cours supérieur de l’Oued-Chouly, en amont du marabout de Sidi-Moffoq, n’entaillant pas les argiles tertiaires, il est impossible d’assigner, à priori, du côté de l’ouest, les limites exactes des couches de lignite. On peut dire seulement qu’elles ne peuvent s’étendre au delà de la route muletière des Ouled-Mimoun. Du côté de l’est, la rive gauche de l’Oued-Khalfoun paraît limiter le terrain tertiaire carbonifère, car on n’aperçoit aucune trace de lignite sur les berges de cet affluent de Tisser, largement excavées au milieu du terrain tertiaire moyen. Il se pourrait cependant qu’il existât des couches de combustible au-dessous du niveau de la vallée, et c’est ce qu’un sondage pourrait apprendre.
- Au nord, les affleurements de lignite s’étendentjusqu’au confluent de l’Oued-Chouly et de l’Oued-Isser; dès lors, le bassin tertiaire carbonifère se trouve reconnu dans l’espace triangulaire compris entre TOued-Khalfoun, à Test, l’Oued-Chouly, au nord; à TO„ et au S. O. une ligne menée de la cascade de Tisser en un point intermédiaire entre le marabout de Sidi-Moffoq et le point où la route carrossable des Ouled-Mimoun traverse l’Oued-Chouly.
- On peut lui assigner, approximativement, dans ces limites, une superficie de 22 kilomètres carrés.
- Les couches de lignite qui affleurent dans les vallées de l’Oued-Isser et de TOuecl-Chouly, n’ayant au maximum que om,3o d’épaisseur, sont trop minces pour être exploitées aujourd’hui avec avantage à cause de la cherté de la main-d’œuvre et de l’abondance des bois de chauffage autour de Tlemsen et de Sidi-bel-Abbès. Mais le cours de ces rivières n’a pas entaillé toute l’épaisseur du terrain carbonifère, puisque des couches de lignite affleurent au niveau de Teau, sur les bords de ces rivières. Dès lors, il peut se faire qu’à un niveau inférieur il existe des couches de charbon plus épaisses et utilement exploitables. J1 devenait donc rationnel d’entreprendre
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- .Direction à imprimer an?
- recherches de lignite.
- des travaux de recherches dans le bassin carbonifère des Ouled-Mimonn, en raison de l’étendue de ce bassin et de son analogie avec le bassin carbonifère du terrain tertiaire moyen du Smendou, où des sondages ont fait connaître des couches de lignite utilement exploitables.
- En conséquence, nous avions proposé de pratiquer des sondages pour faire une étude complète du bassin carbonifère de Tisser et de l’Oued-Chouly. Le Conseil général des mines a pensé qu’il serait convenable, avant de commencer les sondages, de faire exécuter un puits vertical, à grande section, sur le plateau qui domine la rive gauche de Tisser, et de constater ainsi l’existence de couches de lignite utilement exploitables .D’après l’avis du Conseil, un puits de recherches a été ouvert à 55 mètres environ de la crête des escarpements qui longent la rive gauche de Tisser. Il a recoupé, à 3im, 12 du jour, une couche de lignite de om,3o de puissance; sa profondeur est de 36 mètres. Le fond est à 2 5 mètres environ au-dessus du niveau de Tisser.
- Le travail a été suspendu momentanément par suite de l’épuisement des crédits alloués.
- L’étude géologique des terrains à lignite de Tisser et de la plaine de Terni indique que ce sont des dépôts d’eau douce contenus dans le terrain tertiaire moyen marin, sur la zone de contact de ce terrain et des terrains secondaires, qui formaient anciennement le rivage delà mer tertiaire moyenne. Ces dépôts correspondent, en outre, aux affluents des anciens cours d’eau qui traversaient les terrains secondaires et se jetaient dans la mer tertiaire moyenne. Des coquilles d’eau douce ont pu, dès lors, s’accumuler avec des débris végétaux dans des golfes présentés par le rivage. Cette remarque paraîtra sans doute fort importante, parce quelle indique qu’on aura des chances de trouver de nouveaux gisements de lignite, en explorant le terrain tertiaire moyen sur la ligne de contact de ce terrain et des terrains secondaires, et principalement aux débouchés des rivières qui, de nos jours encore, passent des terrains secondaires dans le terrain tertiaire moyen. L’étude des lieux démontre, en effet, que le cours actuel de ces rivières, à travers les terrains secondaires, existait déjà lors de l’accumulation des couches dans le sein de la mer tertiaire moyenne. Les terrains secondaires forment, depuis la frontière du Maroc jusqu’au delà de Mascara, une large bande qui limite, au sud, le terrain tertiaire moyen ; elle constitue, à l’ouest,
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- la chaîne des Traras ; vers Test, elle disparaît, et n’est plus accusée que par quelques massifs isolés, tels que le Djebel-Aouaria, le Djebel-Sidi-Kassem-Boudeïa. Cette bande est beaucoup plus mince que la première ; aussi a-t-on plus de chances de trouver du lignite sur la lisière sud du terrain tertiaire moyen que sur la lisière nord de ce même terrain.
- La ville de Tlemsen est assise sur un dépôt d’eau douce de la période quaternaire, qui repose, en stratification discordante, au sud sur le terrain secondaire; au nord, sur le terrain tertiaire moyen, caractérisé par Yosirea crassissima. La coupe ci-dessous, menée suivant un plan N. S., indique la situation respective de ces terrains auprès du Mansourah.
- Terrain secondain
- Le terrain quaternaire commence, à la partie inférieure, par un conglomérat grossier, dont les débris proviennent des roches sous-jacentes (terrain secondaire et terrain tertiaire moyen). La partie supérieure est formée par une série de couches de calcaire d’eau douce, d’argile et de travertin, qui contient beaucoup d’empreintes végétales. Toutes les couches renferment des coquilles d’eau douce et des coquilles terrestres, telles que des mélano-psides, des hélix et des bulitnes, dont les espèces sont identiques à celles qui vivent de nos jours. Ces couches se redressent fortement au sud et déterminent l’escarpement qui couronne le plateau de Lalla-Setti. Entre Tlemsen et le Mansourah, le calcaire d’eau douce est d’un gris blanchâtre, à texture très-compacte, presque cristalline. Il se présente en couches superposées d’un mètre d’épaisseur, fournissant une belle pierre de taille qui a été employée pour les constructions de Tlemsen. A l’est de Tlemsen, et sous les murs mêmes de la ville, le calcaire d’eau douce se présente sous un autre
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- aspect : il est argileux, facile à désagréger et de couleur jaunâtre ; il renferme, intercalées, des couches d’argile marneuse de couleur et d’épaisseur variables. Plusieurs de ces couches, dont l’épaisseur est de om,3o, ont une couleur brun noirâtre très-prononcée, due à la présence d’une assez grande quantité de matières végétales carbonisées. Placée sur des charbons enflammés, cette argile noirâtre rougit facilement, et dégage une forte odeur bitumineuse lorsqu’on la retire du feu. Cela nous avait fait penser d’abord qu’il était possible de trouver à Tlemsen des couches de véritable lignite; aussi avons-nous fait une étude complète du terrain quaternaire de Tlemsen. Nous avons reconnu, sur un très-grand nombre de points, que ce terrain n’a généralement qu’une faible épaisseur de 8 à 1 o mètres au plus. Tous les ruisseaux qui sillonnent la banlieue de Tlemsen ont pénétré, à travers le terrain quaternaire, jusqu’au terrain tertiaire moyen qui le supporte, et l’on reconnaît ainsi, dans les coupes naturelles qui en résultent, que les argiles bitumineuses quaternaires se présentent constamment avec les mêmes caractères. C’est toujours de la roche imprégnée d’une assez forte proportion de charbon qui la colore en noir ou brun foncé ; mais ce n’est pas un véritable combustible; il n’y a donc pas lieu de faire à Tlemsen des travaux de recherches de lignite.
- Le terrain quaternaire renfermant des couches de travertin qui proviennent de la spathisation de débris végétaux, on comprend qu’il soit possible, dans certaines circonstances particulières, que ces débris se soient conservés, du moins en partie ; c’est ce qui explique la présence des argiles bitumineuses. Ce terrain quaternaire est assez, répandu dans la subdivision de Tlemsen, où il forme un grand nombre de dépôts isolés. Presque toujours on y trouve des argiles bitumineuses noires. Des argiles bitumineuses noires se trouvent également dans le terrain quaternaire de Mostaganem.
- § XI. SOUFRE.
- 11 résulte des renseignements fournis par les Arabes de la subdivision de Tlemsen qu’il y a un gisement considérable de soufre à El-Morra, dans le Chott-el-Pih’arbi, près de la frontière du Maroc; ce soufre est exploité par les Arabes pour la fabrication de la poudre. Un échantillon, envoyé par M.. le général de Mac-Mahon, a présenté la composition suivante :
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- Soufre............................................
- Carbonate de chaux................... og,064.7
- ----------de magnésie................. o ,o4o5
- ----------de fer........................ 0,0022
- Peroxyde de fer.. . .
- Argile.............
- Sable..............
- Sulfate de chaux. . . .
- ------ de magnésie .
- Chlorure de sodium. Eau hygrométrique . Matière bitumineuse
- og,55ôô o ,0974
- o ,oo4o o ,0240 0 ,0060 O ,1420 0 ,0160 o ,oo45 0 ,o54o o ,0956
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- Total............... ig,oooo
- Auteur : Ville.
- La substance est à l’état pulvérulent et à l’état de roche solide; dans ce dernier cas, elle est facile à écraser; elle est d’un jaune citron un peu grisâtre; elle brûle à l’air libre avec une flamme bleue résultant de la combustion du soufre. La richesse en soufre est de 55,65 0/0; on voit qu’elle est assez
- considérable. Les matières étrangères sont formées de sulfates, de carbonates, d’argile et de matière bitumineuse.
- Pendant notre séjour dans la subdivision de Tlemsen, on nous a rends un échantillon de soufre acheté sur le marché d’Ouchda (Maroc), et provenant d’une mine de soufre des environs. Ce soufre présente le même aspect extérieur que le précédent. Sa composition est la suivante :
- Soufre.............................................. og,4495
- Carbonate de chaux....................... og,0232 )
- _________ de magnésie.................... o ,0076 > 0 ,o337
- --------- de fer........................... . o ,0029 )
- Peroxyde de fer, argile, sable quartzeux............ o ,o34o
- Sulfate de chaux................................... 0 ,25oi
- ------ de magnésie...................................... 0,0797
- -------- de soude................................... o ,0165
- Silice gélatineuse.................................. o ,oo3o
- Chlorure de sodium............. . . . .............. o ,oo4i
- Bitume et eau. ........................................ 0 ,1294
- Total
- 1s, 0000
- Auteur : Ville.
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- Minerai» Je 1er Ju Djebel-Haddid, auprès
- 88 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Cet échantillon diffère du précédent en ce que la quantité de sulfate de chaux qu’il renferme est beaucoup plus considérable et la quantité de carbonate beaucoup moins.
- 11 est aussi moins riche en soufre, dont il ne renferme que 44,9^ p. o/o. Il est possible, d’après cela, que ces deux échantillons proviennent de deux gîtes distincts, appartenant à la même formation géologique.
- § XII. MINERAIS DE FER,
- A 6 kilomètres N. N. E. de Tlemsen, il y a dans la plaine un mamelon isolé nommé Djebel-Haddid, et au sommet duquel se trouve le télégraphe du même nom, à la cote 672 mètres. Le revers N. O. de ce mamelon est sillonné par un ravin que la route d’Oran traverse sur un pont en pierres, et dans lequel on trouve quelques fragments épars d’hématite de fer. En remontant le cours de ce ravin à partir du pont, on retrouve le minerai en place sur la rive droite. Ce minerai se compose de ramifications qui courent capricieusement à la surface du calcaire secondaire qui constitue le Djebel-Haddid; quelquefois il forme la pâte d’une sorte de brèche à fragments de calcaire secondaire. L’affleurement est de peu d’importance; ce ne sont que des veines irrégulières de om,oo5 à om,o5 d’épaisseur. Ces espèces d’affleurements se présentent en divers points de la montagne, sur le revers nord, mais toujours avec les mêmes caractères; on ne trouve nulle part de gîte régulier. Au pied du Djebel-Haddid, il y a un petit amas de grès très-ferrugineux, intercalé dans le calcaire compacte; ce dernier présente à sa surface beaucoup de petites excavations, dont les principales sont remplies de terre rouge. Il semble que la présence des minerais de fer du Djebel-Haddid se rattache à celle des terres rouges qui sont si développées autour de Tlemsen, où elles font partie du terrain quaternaire. Les eaux au sein desquelles ces terres se sont déposées étaient sans doute chargées d’une solution d’oxyde de fer, qui s’est précipitée aussi bien sur les terres friables que dans les creux et les fentes du calcaire secondaire gris compacte.
- On trouve aussi des fragments isolés de minerai de fer dans les terres rouges qui sont au pied du revers sud du Djebel-Haddid; mais on ne voit sur le calcaire secondaire, qui forme de ce côté les flancs de la montagne, aucune trace de minerai de fer en place.
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- Les Arabes de Tlemsen assurent qu’il n’y a pas de mine de fer sur le Djebel-Haddid.
- Le minerai disséminé dans les terres rouges présente la composition suivante :
- Peroxyde de fer........... og, 7 2000-0 ,5o4 \
- Carbonate de protoxyde de \ og,520
- fer. ................... o ,02626-0 ,016 )
- Carbonate de chaux........ o,11607
- ---------de magnésie. ... o ,00227
- Argile, silice gélatineuse. . o ,o3goo Alumine unie à la silice. . . o ,00800
- Chaux unie à la silice.... o ,ooôoo
- Magnésie unie à la silice... o ,00073 Eau....................... 0 ,07550
- Total.......... 0^99283
- Auteur : Mævüs, garde-mines.
- Ce minerai est fort riche, puisqu’il renferme 52 p. 0/0 de fer métallique : c’est un mélange d’hématite rouge et d’hématite brune.
- On en trouve des échantillons de même nature sur la petite chaîne de terrain secondaire comprise entre le Djebel-Haddid, à l’est, et le Djebel-bou-Chennag, à l’ouest, et qui limite, au nord, la banlieue de Tlemsen. Mais, on le répète , ces minerais, quelque riches qu’ils soient, ne constituent pas de gîte régulier : ce n’est qu’un accident sans importance au point de vue industriel. On n’a insisté à cet égard que pour prévenir les illusions que pourrait faire naître le nom arabe de Djebel-Haddid (montagne de fer).
- Il y a une mine de fer sous le village de Kolla, situé sur la rive gauche de l’Oued-Marsa, à 4 kilomètres S. E. de Djemma-Gazaouat. Cette mine a été exploitée par les Arabes il y a quarante ans environ; on assure quelle a été abandonnée à la suite d’une épidémie Le minerai était fondu sur place dans une petite forge, dont on montre l’emplacement dans l’intérieur d’une maison du village. Le minerai se compose d’un mélange de fer oligiste micacé et d’hydroxyde de fer; il paraît fort riche; il se trouve intercalé dans le terrain secondaire, entre du calcaire cristallin et des argiles schisteuses, modifiées sans doute par un îlot de dolérite qu’on voit poindre au bas du village. Le calcaire est à l’état de marbre, tantôt blanc, tantôt rose, et pourrait sans
- Mine de fer de Kolla à 4 kilom. S. E. de
- Djemraa-Goznouat..
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- doute être avantageusement exploité pour les constructions monumentales. Quant aux, argiles, elles sont bleues, très-dures, micacées, et ressemblent à des micaschistes. L'affleurement du minerai de fer est presque nul. Les travaux avaient été entrepris souterrainement et s’enfonçaient sous les maisons du village; ils sont aujourd’hui entièrement comblés à la surface, et l’on ne juge de la qualité du minerai que par un bloc de calcaire ferrugineux auquel adhère un peu de minerai. L’Oued-Marsa roule très-peu d’eau auprès de Kolla. Comme le pays est complètement déboisé, il est probable que l’on ne tirera jamais parti de la mine d’El-Kolla, qu’en l’exploitant comme lest lorsque le port de Djemma-Gazaouat prendra de l’importance.
- Il y a une mine de fer auprès d’Aïn-Kebira, à 6 kilomètres E. N. E. de Nedroma, sur le revers N. du Djebel-Filhausen ; elle était exploitée par les Arabes il y a trente ans environ; le minerai était fondu dans une petite forge à la catalane, située auprès d’Aïn-Kebira. L’on trouve sur les lieux de nombreuses scories noires, très-compactes, venant de ce traitement métallurgique. Les travaux ont été abandonnés, parce que les fondeurs, qui étaient du Maroc, ont quitté Aïn-Kebira , et que les Arabes, livrés à eux-mêmes, se sont trouvés incapables de continuer les travaux.
- Un premier gîte d’hématite brune se trouve à 5 ou 6oo mètres à l’O. d’Aïn-Kebira. Le minerai forme des veines de î à 2 centimètres d’épaisseur qui courent dans le calcaire secondaire, semi-cristallin, parallèlement à la stratification des couches qui sont dirigées E. O. m. et plongent presque verticalement au N. m. Ces veines de minerai sont espacées de om, î o à om, i 5 sur une longueur de 5 à 6oo mètres et une largeur de i oo mètres environ. Comme ces veines sont en saillie au-dessus des tranches des couches, les agents atmosphériques en détachent beaucoup de parcelles qui sont éparses à la surface du sol. Celui-ci est couvert de nombreux débris de minerai de fer de 2 à 3 centimètres de long, que les Arabes ramassaient pour les fondre.
- A î ,ooo mètres O. de ce point, il y a trois excavations considérables résultant de l’exploitation du minerai en place. Elles sont situées à peu près dans le même alignement N. 75°E. m., suivant la direction générale des couches du terrain secondaire, qui plongent à l’E. S. E. sous un angle de* 70 à 8o°.
- L’excavation orientale a i3 mètres de long, 3m,5o de large et 2m,5o de hauteur verticale ; elle plonge de 15° vers le N. 75° E. m. Le minerai qu’on a
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- retiré se compose d’hématite brime caverneuse. L’on ne voit aujourd’hui que des croûtes minces de minerai au milieu du calcaire secondaire gris jaunâtre encaissant. La croûte paraît assez épaisse sur la paroi S. E., près du sol de la galerie. Un Arabe, qui a travaillé dans cette exploitation, nous a assuré que le minerai de fer était fort abondant derrière les déblais qui encombrent le fond de l’excavation.
- Cette excavation est située sur la rive droite d’un ravin qui descend du Djebel-Filhausen et va se jeter dans le ravin d’Aïn-Kebira.
- La deuxième excavation se trouve sur la rive gauche de ce ravin, à 5o mètres O. de la première. Elle est indiquée de loin par un grand escarpement brun rougeâtre de 8 à 10 mètres de hauteur, formé d’hématite brune mélangée d’un peu de calcaire encaissant. Elle est ouverte à la partie supérieure de l’escarpement; elle a 6 mètres de profondeur, 4 mètres de large et 2 mètres de hauteur. Le minerai qu’on en a extrait se compose d’un mélange d’hématite brune et de carbonate de fer en partie décomposé. Il se présente de tous côtés sur les parois de l’excavation, qui a été ouverte sur un affleurement de belle apparence.
- La troisième excavation est située au pied de l’escarpement vertical désigné ci-dessus: c’est une descenderie inclinée de 2 0° vers le N. 76° E. m. Elle a 1 5 mètres de profondeur, 3m,5o de large et 2m,5o de haut. Le minerai, formé d’hématite brune, a été enlevé presque en entier sur les parois; il en reste encore au fond, mais de nombreux déblais empêchent de reconnaître ses allures.
- L’escarpement qui sépare les deux dernières excavations paraît être le résultat d’anciens travaux d’exploitation à ciel ouvert.
- A l’ouest de ces excavations, les affleurements de minerai de fer se poursuivent dans la même direction, sur une étendue de i,5oo mètres, jusqu’au ravin suivant. Deux petites excavations à ciel ouvert ont été faites sur. ces affleurements et abandonnées, sans doute, parce que le minerai nétait pas assez riche. Les affleurements se terminent sur la rive droite de ce ravin, à une grotte qui paraît être le résultat d’un éboulement, et non pas d’une exploitation ancienne. On ne voit que des veines fort minces d’hématite brune sur les parois de cette grotte, qui sert de refuge aux troupeaux.
- Le minerai d’Aïn-Kebira présente la composition suivante :
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- NOTICE MINERALOGIQUE
- Peroxyde de fer....... og,753oo-og;5271
- Carbonate de fer. ...... 0,06969-0,0336
- -------- de magnésie.. . o ,00373
- Alumine............... o ,01700
- Silice gélatineuse, sable,
- argile.............. 0 ,o45oo
- Eau................... o ,08950
- Total. . . . , 0^,99190
- Fer
- métallique.
- og,56o7
- Auteur : Mævus, garde-mines.
- Minerai de 1er île la maison de garde située
- ontro Nedroma et
- Aïn-Kebirs.
- Ce minerai est fort riche, puisqu’il renferme 56 p. 0/0 de fer; il est formé d’un mélange de carbonate de fer, de peroxyde anhydre et de peroxyde hydraté.
- La maison de garde qui est à la tête de la vallée d’Aïn-Kebira est située entre deux ravins descendant du Djebel-Skhor: l’un d’eux coule du côté de Nedroma, qui est situé à 3 kilomètres O. de la maison; l’autre coule dans la vallée d’Aïn-Kebira. En amont de la maison de garde, on trouve dans ces deux ravins, et surtout dans celui qui est à l’est de cette maison, de nombreux cailloux roulés d’hématite noire. Ces cailloux atteignent un diamètre de on\25; ils sont noirs à l’extérieur, mais l’intérieur est d’un gris bleuâtre métallique, et présente un grain fin comme l’acier. La poussière en est rouge. Ce minerai présente la composition suivante:
- Peroxyde de fer og,9i3 - og,639 ) E'er métallique.
- Carbonate de fer 0, 029 -0 ,oi4 j og,653
- Carbonates terreux, eau . . 0 ,o35
- Argile O ,023
- Total lg,000
- Ce minerai est essentiellement formé de peroxyde de fer anhydre ; il est fort riche, puisqu’il renferme 65,3o p. 0/0 de fer métallique; il diffère par sa nature de celui cl’Aïn-Kebira ; il provient d’un gîte distinct que nous n’avons pas trouvé en place, parce que nous n’avons pu faire d’assez longues recherches. Il nous paraît très-probable que ce gîte doit être connu des gens de Nedroma, qui n’ont pas voulu l’indiquer.
- La présence de ces minerais de fer est due sans doute à l’éruption de l’ilot granitique des environs de Nedroma, à travers les couches du terrain
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- secondaire. Sur la zone de contact, les schistes secondaires sont transformés en micaschistes et prennent l’aspect des roches du terrain de transition.
- S’il y avait du bois sur place, on pourrait reprendre l’exploitation des mines de fer de Filhausen, et fondre les produits dans une forge à la catalane. L’Aïn-Kebira fournirait l’eau et la force motrice nécessaires; mais le gros bois et les taillis manquent dans le Traras; il n’y a que des broussailles, et il serait à craindre que l’exploitation d’une forge dût bientôt cesser par suite de l’épuisement rapide de ces broussailles.
- La mine de fer de Bab-Mteurba est située dans les Traras, auprès de la mosquée de Muley-Eddris, à 6 kilomètres S. de la rade d’Honaïn. La mosquée de Muley-Eddris est placée sur la rive droite de l’Oued-Hammam, dont la vallée semble barrée en ce point par une crête de calcaire secondaire gris clair, semi-cristallin, dirigée N. io5° E. m. Mais cette crête est coupée naturellement par des portes qui donnent écoulement à des eaux venant du nord. L’une d’elles constitue le Bab-Mteurba; les couches y sont verticales et dirigées N. i6o°E. m.; la mine de fer est à 5 ou 6oo mètres en amont de la porte, sur la rive droite du ravin. C’est un amas qui a 2 5 mètres de large sur 5o mètres de long, suivant la pente de la montagne, et 3o mètres de hauteur verticale. Il est dirigé N. 126° Ë. m. 11 a pour mur du calcaire semi-cristallin, gris blanc, d’apparence oolithique, et pour toit des marnes schisteuses grises, satinées. Près du minerai, ces marnes sont irrégulièrement ferrugineuses; elles sont séparées du minerai par une salbande de terre argileuse rougeâtre. Le calcaire touche directement, au contraire, le minerai, avec lequel il se confond. Le minerai de fer ne constitue pas une roche compacte homogène, c’est plutôt un conglomérat dont tous les fragments et la pâte ont été transformés en hydrate de fer manganésifère. II est, en général, fort tendre; il se laisse couper au couteau et se pulvérise facilement sous la pression des doigts. 11 paraît être le résultat d’un métamorphisme. Comme il est plus tendre que la roche encaissante, schiste ou calcaire, il a offert plus de prise quelle aux agents atmosphériques, et un ravin s’est formé le long de l'affleurement. L’ancienne exploitation à ciel ouvert dont il a été l’objet a contribué sans doute aussi à favoriser l’action destructive des agents atmosphériques. Grâce à ces érosions, le minerai a été mis à nu sur le flanc de la montagne, sur une profondeur de 5 à 6 mètres, et l’on reconnaît qu’il s’enfonce verticalement. On trouve sur
- Mine de 1er le Bab-Mleurba , à G kilom. S. la roule d’Honaïu.
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- Affleurement du minerai de fer de l’Oued-ei-Merdja , à 6 kiiora. E. S. E. de
- la rade d'Honaïn.
- 94 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- place, au pied du gîte, beaucoup de scories de forge; il y en a aussi beaucoup auprès de la mosquée.
- Ce minerai présente la composition suivante :
- Fer métallique.
- Peroxyde de fer.................. 0^7800 — og,562
- ---------de manganèse. ........ o ,0287
- Carbonate de chaux............... 0,0120
- --------—- de magnésie......... 0 ,0020
- Argile, sable.................. o ,o3io
- Eau............................ o ,i4oo
- Total....... 0^9887
- Auteur : Mævüs, garde-mines.
- On voit qu’il est fort riche; il est essentiellement formé d’hydrate de peroxyde de fer, et contient un peu d’hydrate de manganèse; il donnerait du fer doux de bonne qualité et pourrait alimenter un haut fourneau. On trouverait la force motrice nécessaire à une forge, à la source minérale d’Aïn-el-Hammam, située à 3 kilomètres vers l’est; mais le pays n’est pas assez boisé pour alimenter une forge d’une manière continue.
- A 20 mètres en amont du gîte principal, on trouve au milieu des schistes une lentille de minerai de im, 20 d’épaisseur, qui paraît moins riche que le minerai analysé précédemment.
- H y a un affleurement de minerai de fer à 6 kilomètres E. S. E. de la rade d’Honaïn, à la partie supérieure du cours de l’Oued-Rached, qui prend alors le nom d'Oued-el-Merdja. Cet; affleurement se montre sur le sentier qui suit la rive gauche de l’Oued; il présente la direction N. 1 65° E. m., sur 20 mètres de long et 3 mètres de large. Il est formé par des couches de grès marneux qui sont colorées en rouge par de l’oxyde de fer, et qui, près de la route, passent à l’état de minerai fort riche. A 100 mètres plus loin, en aval de la route, on retrouve la même roche ferrugineuse; ici l’affleure-ment est plus prononcé et occupe un carré de 4o mètres de côté. C’est la roche schisteuse elle-même qui se transforme en minerai en conservant sa schistosité ; à la surface des plans de stratification, on remarque des paillettes de fer oligiste micacé. Au milieu du minerai lui-même, on trouve la tête d’un îlot de dolérite friable, occupant une surface d’un mètre carré.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 95
- La présence du minerai de fer est sans doute liée à l’apparition de cette do-lérite.
- La rade de Marsa-Honaïn est située sus le littoral des Traras, à 2 h kilomètres N. E. de Djemma-Gazaouat. On y voit les ruines d’une forteresse bâtie en pisé, dans le genre de celles d’El-Gor et du Mansourah, par le sultan Abd-el-Moumem-bel-Ali. L’enceinte est presque complète; elle est flanquée de tours carrées; au milieu s’élève le noyau intérieur du minaret de la mosquée. Les Kabyles des environs cultivent l’intérieur de l’enceinte, qui a été occupée quelque temps par les Espagnols. La crique qui est en face de la forteresse est ouverte aux vents du nord, mais parfaitement abritée contre les vents de l’est et de l’ouest;-elle présente une plage où les bateaux pêcheurs peuvent facilement aborder. L’Oued-el-Msab, qui se jette dans la rade d’Honaïn, est un torrent presque toujours à sec, excepté lors des pluies d’hiver. Son cours, qui est excessivement accidenté, est encaissé dans le terrain secondaire. A 800 mètres de son embouchure, il présente sur la rive droite un affleurement remarquable de minerai de fer. Cet affleurement se poursuit en remontant la rivière, sur une longueur de 100 mètres et une hauteur verticale de 10 a 12 mètres; mais il n’est pas d’une richesse uniforme. La partie la plus riche a 20 mètres de long sur 2m,5o de hauteur verticale. Le gîte constitue un amas lenticulaire recouvert par un poudingue secondaire dont les couches plongent de 1 5° au N. O. Il ne se présente que sur la rive droite de la rivière. Il renferme des débris d’une roche blanche qui paraît être un mélange de quartz blanc hyalin et de feldspath blanc opaque. C’est une sorte de porphyre, à l’apparition duquel est due probablement l’existence du minerai.
- Un échantillon de ce minerai a présenté la composition suivante :
- Peroxyde de manganèse. og,04710
- ---------de fer...... o ,344oo - og,24o8 j
- Carbonate de fer..... o ,00730 — o ,oo35 j og,2443
- ---------de manganèse 0 ,01100
- -----:---de magnésie . o ,01201
- ---------de chaux. ... 0,20610
- Argile, sable........ o ,19400
- Eau.................. o ,io34o
- Total
- og,g843i
- Auteur : Mævus, garde-minès.
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- Minerai de fer ? Djemma-Gazaonnt.
- A fUeuremcnt de minerai de fer lu Chabhnt-Garouba , à 8 kilom. S. E. de l’embouchure, de la Tafno.
- Affleurement de minerai de fer, à a kilom. E. de l’embouchure de l’Oued-Hamad.
- 96 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Ce minerai est très-pauvre, puisqu’il ne renferme que 2 4,43 p. o/o de fer; il ne pourrait être fondu que dans un haut fourneau; mais, dans l’état actuel des choses, il n’est exploitable que comme fondant pour des minerais d’une plus grande richesse.
- Le basalte qu’on trouve sur la montagne de Tunt, qui forme à l’est la rade de Djemma-Gazaouat, renferme des veines et des nids de fer oligiste micacé très-friable. Ces veines n’ont que quelques centimètres d’épaisseur; elles sont utilisées parfois par les Arabes et les juifs qui s’en servent comme koheul pour teindre en noir les sourcils de leurs femmes.
- Ce gîte est sans importance pour l’industrie métallurgique et ne peut donner lieu à aucune exploitation.
- Il y a sur la rive gauche du Chabbat-Garouba, affluent de la rive droite de l’Oued-Tafna, un affleurement d’hydroxyde de fer, visible sur io mètres de long, 3 mètres de large et 2 mètres de hauteur. Cet affleurement, qui est intercalé dans le terrain secondaire du Djebel-Skh’ouna, se trouve à 8 kilomètres S. E. de l’embouchure de la Tafna. En remontant le cours de ce ravin, on remarque, à 200 mètres plus loin, un autre amas de minerai de fer, ayant im,5o de puissance, et visible sur 1 mètre de long seulement. Cet amas a pour mur un conglomérat de fragments de schistes satinés, gris de perle, englobés dans une pâte calcaire cristalline, veinée de blanc et de jaune. Le terrain secondaire se compose cl’assises successives de schistes satinés, brillants, gris de perle, de calcaire cristallin jaune ou blanc, et de quartzite gris plongeant au S. O. de 4o à 5o°. Le calcaire est coupé par des veines minces de quartz hyalin blanc et d’hydrate de fer; il renferme beaucoup de paillettes isolées et de petits nids de fer oligiste micacé.
- On pourrait trouver d’autres affleurements de minerai de fer sur le massif de terrain secondaire du Djebel-Skb’ouna, qui forme un îlot isolé sur la rive droite de la Tafna, près de son embouchure. Mais on ne tirera jamais parti de ces gîtes que si un centre de population important s’établit à l’embouchure de la Tafna. Les minerais pourraient alors être exploités comme lest.
- A 2 kilomètres E. de l’embouchure de l’Oued-Hamad, et à 9 kilomètres E. de l’embouchure de la Tafna, il y a un petit îlot de terrain secondaire contenant un affleurement peu important d’hydroxyde de fer, qui paraît n’avoir aucune suite en profondeur.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 97
- La mine de fer des Ouled-Sidi-el-Safi est située à 4 kilomètres S. du ri-
- c
- vage de la mer, et à 9 kilomètres S. O. du port de Camarata, qui est à l’ern-bouchure de FOued-Aouaria. Cette mine, anciennement exploitée par les Turcs, est enclavée dans un îlot de terrain secondaire de 1,000 mètres de diamètre, entouré de tous côtés par le terrain tertiaire supérieur. Le terrain secondaire ne forme pas de saillie au-dessus du sol; il a été mis à découvert par les ravinements du Chabbat-Adjaïdj et de ses affluents. L’exploitation du minerai de fer a donné lieu à trois cavités assez considérables, communiquant entre elles par des couloirs étranglés.
- La première cavité, qui est la plus petite, a 3 mètres environ de large,
- 5 mètres de long et 8 mètres de hauteur; elle sert de passage pour pénétrer dans la deuxième cavité, qui est la plus grande de toutes. Celle-ci a 1 5 mètres de longueur sur 10 mètres de large et 10 mètres de haut; elle forme une grande voûte qu’aucun pilier ne supporte; aussi il en est résulté des éboulements qui ont recouvert l’ancien sol de la mine sur le quart environ de sa surface. Le minerai y a été enlevé presque partout, et l’on reconnaît qu’il constituait un amas dirigé N. 8o°E. m. et plongeant au nord presque verticalement. Le toit est en grès blanc grisâtre, le mur en calcaire gris cristallin. Les roches encaissantes se montrent presque partout sur les parois, de sorte que la troisième grotte paraît avoir été entreprise à cause de l’épuisement du minerai contenu dans la deuxième.
- La troisième grotte a suivi une veine de minerai qui s’est élargie en profondeur; elle a 6 mètres de long sur 5 mètres de large, et 6 à 7 mètres de haut. Le minerai de fer s’y présente de tous côtés. C’est là que se faisait l’exploitation lorsqu’elle a été suspendue; on y voit encore les traces des coups de pic; on ne remarque nulle part des trous de mine. La voûte de la deuxième grotte est percée de deux trous cylindriques d’un mètre cl diamètre, communiquant avec le jour. La figure ci-après est une coupe des travaux souterrains et du gîte de minerai de fer, dans le sens de leur longueur.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Coupe verticale de la mine de fer des Ouled-Sidi-el-Safi.
- L’entrée de la mine est en G, niais l’on peut, aussi descendre par l’orilice A qui correspond à un rognon de calcaire, qui est en saillie sur les parois de la cavité n 2.
- Le min rai est en masse compacte, d’un rouge brun; il contient quelques cristaux rhomboédriques de carbonate de fer; il présente la composition suivante :
- Peroxyde de fer........ off,86000 -os,6o2o
- Carbonate de protoxyde
- de fer.............. o ,o3o64 - o ,0 1 49
- Carbonate de chaux. ... o ,06964
- --------- de magnésie.. 0,00907
- Argile et sable quartzeux o ,02200 Eau combinée........... o ,00680
- Fer
- métallique.
- og,6i69
- Total..... 0^99815
- Auteur: Mævüs, garde-mines.
- Ce minerai est du peroxyde de fer anhydre très-riche, renfermant 61,69 p. 0/0 de fer. On trouve encore sur place des scories résultant du traitement métallurgique qu’il a subi.
- Son affleurement occupe 100 mètres de longueur; il se prolonge, à l’est, de l’ouverture C, de 20 mètres environ, ce qui semble indiquer qu’on n’a
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D'ALGER.
- 99
- exploité qu’une des branches du gîte. Dans l’état actuel des choses, il serait difficile d’en tirer aucun parti, parce qu’il n’y a sur place ni eau ni bois.
- On a reconnu depuis peu que de la pyrite de enivre est associée au minerai de fer des Ouled-Sidi-el-Safi.
- Un Arabe nous a conduit sur le Djebel-Aouaria, situé à 16 kilomètres N. O. d’Aïn-Temouchen, sur le bord de la mer, pour nous montrer une mine de koheul : ce gîte n’est autre chose que du fer oligiste micacé se réduisant facilement en poussière métallique sous la pression clés doigts. Comme celui de Djemma-Gazaouat, il forme des veines irrégulières au milieu du calcaire secondaire et des schistes et quartzites du même terrain, sur le versant nord du Djebel-Aouaria, versant dont le pied est baigné par la mer. douaria, Nous avons constaté sur ce même versant l’exis-
- tence d’un gîte très-considérable d’hématite de • WÏ*' fer> disp08® comme l’indique la coupe ci-contre.
- __> Ce gîte constitue une lentille quon peut suivre
- % !k . , sur 2 5 o mètres environ de longueur d’une ma-
- Méditerranée. _ ? ' ,
- nière continue, sauf une petite lacune d’une cinquantaine de mètres. Cette lacune, causée sans doute par un manteau de détritus tombés des roches supérieures, divise l’amas ferrifère en deux massifs de grandeur inégale. Le massif oriental est le moins important; il a 5 mètres de puissance maximum sur 3o mètres de longueur; son extrémité orientale s’appauvrit et se termine en pointe au milieu du quartz encaissant. La roche y passe à l’état de calcaire ferrugineux, contenant de nombreuses veines de fer oligiste micacé, parallèles à la stratification de ce calcaire.
- Le massif occidental se montre à découvert sur une longueur de î 5o mètres et une largeur variable de 20 à 25 mètres; à l’extrémité occidentale, il se rétrécit et s’arrête contre des schistes bleus.
- L’amas de minerai est parallèle à la stratification générale des couches du terrain secondaire, qui sont dirigées N. 8o° E. m. et plongent au sud de 35°. Au toit et au mur, on trouve des couches de quartz blanc, entremêlées de schiste satiné blanc verdâtre, contenant des nodules et des veines de fer hématite et de fer oligiste micacé.
- Le minerai paraît résulter de la transformation d’une couche primitive
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE de calcaire; aussi se présente-t-il à l’état de brèche, et sa composition n’est pas homogène. Un échantillon a offert la composition suivante :
- Peroxyde de fer........ os,60700 - og,4249
- Carbonate de protoxyde
- de fer.............. o ,o3o64 - o ,0207
- Carbonate de chaux. ... o ,16964
- ----------de magnésie.. o ,o4754
- Argile, silice gélatineuse, o ,o43oo Alumine combinée à la
- silice.............. o ,00596
- Chaux combinée à la silice.................... 0,02600
- Magnésie combinée à la
- silice.............. 0,00800
- Eau.................... 0,06575
- Fer
- métallique.
- og,4456
- Total...... ig,00257
- Auteur : Mævus, garde-mines.
- Ce minerai est un mélange de peroxyde de fer anhydre et de peroxyde de fer hydraté; sa richesse est assez grande, puisqu’elle s’élève à 44,56 p. 0/0.
- Le gîte dont il s’agit fournira d’excellent minerai par un triage convenable. Son exploitation serait très-facile; elle pourrait se faire d’abord à ciel ouvert, et le minerai abattu tomberait à la mer par son propre poids, en parcourant une hauteur verticale d’environ 80 mètres.
- Si jamais un centre de population s’établit à l’embouchure de l’Oued-Aouaria, le gîte de fer du Djebel-Aouaria pourra être exploité, soit pour lester les navires, soit pour être fondu sur place dans un haut fourneau qu’on établirait auprès du village, sur le bord de la mer. Ce haut fourneau devrait marcher au moyen de la vapeur et tirer son combustible de l’étranger; il serait dans les mêmes conditions que les hauts fourneaux de Bône.
- A 3oo mètres S. E. du télégraphe de Sidi-Daho, entre le télégraphe et la route de Tlemsen à Sidi-bel-Abbès, il y a un affleurement d’hydroxyde
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- de fer caverneux contenant 4o à 5o p. o/o de fer métallique. Cet affleu- «lu uiégrapi^ rement se trouve auprès de la fontaine d’Aïn-el-Kerma, qui est ombragée par sidi'Daho-quelques figuiers. Il est compris dans les terres rouges diluviennes qui recouvrent le calcaire tertiaire moyen. A 1 o mètres des assises régulières de ce calcaire, il se présente en fragments plus ou moins gros, dont quelques-uns atteignent om,3o de côté. Ces fragments se montrent à la surface du sol dans un cercle de 20 mètres de diamètre. Ce gîte de minerai de fer pourrait être utilisé dans une petite forge arabe. Les environs sont couverts d’épaisses broussailles de chênes verts qui fourniraient le combustible nécessaire. Mais, pour une exploitation plus importante, l’eau, le combustible et les débouchés feraient sans doute défaut.
- M. Chatenet, officier comptable à Tlemsen, nous a remis de beaux Minerai» de 1er
- desDjebel-del-Doum,
- échantillons de minerais de fer provenant des trois localités suivantes, Dje,ÿî'f.E®eansor’ situées à peu de distance des sources de l’Isser :
- i° Djebel-del-Doum;
- 20 Djebel-Argo-Bensor ;
- 3° Djebel-Essa.
- Nous n’avoris pu visiter encore ces gîtes, que Ton dit être très-considérables.
- En résumé, Ton voit que les gîtes de fer sont nombreux dans l’ouest de la province d’Oran. Ces gîtes sont généralement fort riches, puisque leur teneur varie ordinairement de 44,36 à 65,3o p. 0/0; leur qualité est excellente. Plusieurs d’entre eux ont été, de la part des Arabes, l’objet d’une exploitation active qui remonte à quarante ou cinquante ans. Le minerai était traité sur place dans de petites forges à la catalane, dont la machine soufflante était un soufflet à main et dont on retrouve encore les scories.
- Plusieurs de ces gîtes (Aïn-Kebira, Bab-Mteurba, Ouled-Sidi-el-Safi, Djebel-Aouaria) nous paraissent assez riches pour faire marcher un haut fourneau, ou une grande forge à la catalane semblable à celles de TAriége. Une force motrice suffisante existe auprès d’Aïn-Kebira et de Bab-Mteurba (à Aïn-el-Hammam). Pour les autres points, on devrait recourir à une machine à vapeur. Quant au combustible, on devrait nécessairement le tirer du dehors, parce que la chaîne des Traras est presque complètement dénudée. Aussi toutes les usines à fer qu’où pourrait construire dès aujourd’hui se trouveraient dans de très-mauvaises conditions, à cause de l’absence de route
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE et de combustible, de l’insuffisance des cours d’eau et du peu de sécurité que présentent encore les Traras. Ce n’est que dans un avenir assez reculé, quand la colonisation aura fait des progrès dans la subdivision de Tlemsen, que Ton pourra tirer un parti avantageux des gîtes de minerai de fer qui sont les plus rapprochés du littoral.
- S XIII. MANGANÈSE.
- On a vu précédemment que quelques minerais de fer renferment du manganèse en petite quantité.
- Les grès calcaires du terrain quaternaire d’eau douce des environs de Mazagran sont colorés fortement en noir par de l’oxyde de manganèse. Ils donnent lieu à un fort dégagement de chlore, quand on les fait bouillir avec de l’acide chlorhydrique : on les a pris pour du combustible.
- Voici leur composition:
- Sable quartzeux................................... og,26oo
- Silice gélatineuse.................................. o ,oi3o
- Alumine........................................... o ,0080
- Oxyde de 1er........................................ o ,0180
- Peroxyde de manganèse............................... o ,1367
- Carbonate de chaux................................. o ,52 20
- -------- de magnésie................................ o ,0395
- Total............. 05,9972
- Auteur : Simon, garde-mines-
- Ces grès ont été colorés en noir par des sources minérales; le même phénomène se présente à Oran.
- 11 y a sur le Djebel-Tassa, chez les Beni-Senous, un gîte de manganèse oxydé noir, qui affleure au jour sur 2 mètres de large et 10 mètres de long, au milieu du calcaire gris compacte du terrain jurassique. On trouve aussi sur le Djebel-Tassa divers gîtes de minerais de plomb et de cuivre dont on parlera plus loin, et qui sont, avec le gîte de manganèse, l’objet d’un permis d’exploration. Voici la composition du minerai de manga-
- nèse :
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 103
- Peroxyde de manganèse
- ------- de fer.......
- Carbonate de chaux. . . Sable quartzeux......
- qog,o 1 ,3 7 >8 o ,7
- Total.............. ioog,ô
- Auteur : Freynet, garde-mines.
- Ce minerai renferme aussi du cobalt, de l’arsenic et de l’antimoine, ainsi que nous nous en sommes assuré par des essais faits au laboratoire d’Oran.
- Le gîte de manganèse du Djebel-Tassa pourrait être utilisé immédiatement; les produits seraient expédiés à Marseille par le port de Djemma-Gazaouat; le transport de la mine à Djemma-Gazaouat s’elïectuerait par des Arabes, au moyen de chameaux qui prendraient en retour des marchandises françaises, lesquelles trouveraient leur débit chez les Beni-Senous.
- S XIV. MINERAIS DE PLOMB, DE CUIVRE ET DE ZINC.
- La mine de plomb de Coudiat-er-Ressas est située à 12 kilomètres S. O. de Sebdou, à la partie supérieure du cours de l’Oued-Sebdou, auprès du marabout de Sidi-Iahia. Une route carrossable partant de Sebdou, conduit à cette mine, à travers une plaine recouverte par le diluvium et qui s’étend principalement sur la rive gauche de l’Oued-Sebdou. Auprès du marabout de Sidi-Iahia se trouvent deux mamelons isolés qui portent tous deux le nom de Coudiat-er-Ressas. Ces deux mamelons semblent barrer, au premier abord, la vallée de l’Oued-Sebdou, et établissent une relation géologique entre les deux chaînes du terrain secondaire, qui bornent cette vallée au N. O. et au S. E. La mine se trouve sur le Coudiat-er-Ressas de la rive gauche. Ce mamelon se compose de couches de calcaire gris, semi-cristallin, dirigées N. ioo° E. m. et plongeant au nord de 17^; il est allongé dans le sens de la vallée, et sa crête la domine de 70 mètres. Le gîte de plomb est situé sur le revers S. E. duCoudiat. H consiste en nids irréguliers de galène disséminés dans une gangue de carbonate de chaux blanc, cristallisé en lames de 1 à 2 centimètres de côté. Cette gangue semble constituer ici une assise particulière du calcaire secondaire; mais, en d’autres points de la montagne, elle constitue de véritables filons dépourvus de
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- J04 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- minerai. Elle occupe, au pied clu Goudiat, une longueur d’environ loo mètres et une largeur de 10 mètres. La direction est N. ioo° E. m., comme celle des couches de calcaire gris qui l’encaissent de tous côtés; mais le contact de ces deux roches n’est pas immédiat : un calcaire légèrement coloré en rose par du fer leur sert d’intermédiaire. Tout l’amas de calcaire blanc cristallin n’est pas uniformément riche en galène; celle-ci n’apparaît au jour que sur une longueur d’une quarantaine de mètres. Deux points situés aux extrémités de cette bande ont été attaqués par les anciens. A l’est, on a commencé une galerie souterraine qui a 3 mètres de profondeur sur im,3o de haut et om,8o de large. La roche était attaquée au moyen du feu : faction de la chaleur faisait fendre le calcaire, qui se détachait ensuite facilement à coups de pic; les parois de la galerie sont encore noircies par la fumée. Ce chantier ne paraît pas très-riche; il a été abandonné, sans doute, pour le chantier situé 4o mètres plus loin vers l’ouest. Celui-ci a été entrepris à ciel ouvert, et a donné lieu à une grande quantité de minerai, qui jonche encore le sol. La galène est assez abondamment répandue dans la masse entière de la gangue, où elle forme des nids et des veines fort irréguliers.
- Le gîte de plomb de Sidi-Iahia est assez important pour qu’il valût la peine d’être repris de nouveau, si ses produits trouvaient un débouché facile. On ne peut songer à les exporter hors de l’Algérie, à cause de l’absence complète de routes praticables aux voitures et de la distance qui sépare Sebdou du rivage de la mer, distance qui est de 76 kilomètres en ligne droite. Cette mine 11e pourrait lutter avec celle de la Calle, qui est située auprès du rivage de la mer, dans la province de Constantine. C’est un gîte qui pourra être utilisé dans un avenir éloigné, si la colonisation fait des progrès dans l’ouest. L’établissement d’un centre de population à Sebdou faciliterait l’exploitation de la mine. Le minerai extrait subirait une première préparation mécanique auprès de la source de Sidi-Iahia, et serait ensuite transporté à 6 kilomètres N. de Sebdou, sur les bords de l’Aïn-Abalat, où l’on construirait l’usine de fusion.
- Le combustible ne manquerait pas, car on sait que tout le pâté de montagnes compris entre Tlemsen et Sebdou, d’une part, et la frontière du Maroc, de l’autre, est très-boisé en diverses essences de chênes. Le bois de Sebdou fournirait à lui seul le combustible nécessaire à l’usine de fusion.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Les principaux gîtes de plomb et de cuivre reconnus aujourd’hui chez les Beni-Senous sont renfermés dans un pâté montagneux appartenant au terrain jurassique et compris entre l’Oued-Krémis et l’Oued-Tafna, auprès du confluent de ces deux rivières. Le point culminant de ce massif prend le nom de Djebel-Tassa. Les nombreux affleurements qui ont été signalés, en 1851, par M. Aguilar, sur le massif du Djebel-Tassa, ont été explorés à cette époque par quelques tranchées à ciel ouvert, qui permettaient déjà d’augurer favorablement des travaux de recherches entrepris depuis lors en vertu d’un permis régulier d’exploration.
- Les travaux exécutés jusqu’à ce jour se composent de deux puits verticaux et d’une descenderie irrégulière.
- L’un des puits a été ouvert sur l’affleurement d’un filon qui coupe le sentier arabe conduisant de Tleta au village de Krémis, en passant par le col de Mounchar. Il a im,58 de diamètre et î î mètres de profondeur. Le filon est vertical et se dirige approximativement N. ioo° E. m. à travers les couches du calcaire jurassique. II se compose d’une gangue de carbonate de chaux blanc, cristallisé en larges lames, contenant des veines et nodules de galène, et formant, sur une largeur qui dépasse parfois 2 mètres, un réseau métallifère irrégulier au milieu du calcaire encaissant. C’est un filon qui a beaucoup d’analogie avec ceux de l’Oued-Merdja et de l’Oued-Kebir (province d’Alger), dont les salbandes disparaissent parfois entièrement. Le calcaire encaissant, modifié dans sa structure intime, est empâté dans le corps même du filon, aussi bien à Tleta qu’à l’Oued-Merdja et à l’Oued-Kebir. Compacte à une certaine distance du gîte métallifère, il devient saccharoïde, en conservant la même couleur grisâtre dans le corps même du filon. C’est ce caractère de cristallinité qui sert à distinguer le calcaire faisant partie du filon proprement dit. Ce caractère est fort important, car il peut guider pour la direction à donner aux travaux, lorsque l’on tombe sur une zone stérile, dans un filon mal défini par ses salbandes, comme ceux dont il s’agit. On a retiré du puits de Mounchar une assez grande quantité de minerai de bocard très-facile à enrichir, à cause de la différence de densité existant entre la galène et la gangue. Au milieu du puits, on remarque un renflement spathique très-riche en galène, sur î mètre de hauteur et om,3o d’épaisseur. Au fond du puits, le minerai forme des veinules verticales (Je 2 à 3 centimètres d’épaisseur. Il s’y présente également en petites mouches iso-
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- 106
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Jées au milieu de la gangue. Il convient d’approfondir le puits suivant le filon, jusqu’à 20 ou 25 mètres, à partir du jour, et de commencer ensuite, au fond du puits, une galerie en direction dans le filon.
- L’affleurement du filon se poursuit en amont et en aval de l’ouverture du puits, sur une étendue d’environ 1 kilomètre; il ne se présente pas sous forme d’une crête verticale faisant saillie au-dessus de la roche encaissante; il se reconnaît seulement, de distance en distance, au réseau de carbonate de chaux parfois injecté de galène et courant capricieusement au milieu du calcaire modifié. Cette manière d’être est générale pour les filons du Djebel-Tassa, que l’on pourrait croire, au premier abord, ne pas avoir de continuité en direction.
- A 200 mètres environ N. E. de l’ouverture du puits de Mounchar a été exécutée, sur un deuxième filon de galène, une descenderie irrégulière qui a suivi le filon sur une longueur de 27 mètres et qui a été abandonnée ensuite.
- Ce travail a prouvé qu’il existait sur le point attaqué un filon remarquable par sa puissance et parfois par la régularité de ses salbandes. Ce filon est dirigé N. ioo° E. m. comme le précédent, et plonge au sud sous un angle variable de 45° à 90°. On retrouve encore ici, cl’une manière bien plus marquée que pour l’autre filon, la même analogie d’allures qu’avec les filons de l’Oued-Merdja et de l’Oued-Kebir. Tantôt le filon a des salbandes parallèles bien tranchées, tantôt il se compose de la roche encaissante elle-même, modifiée dans sa structure et sillonnée par un réseau de veines de chaux carbonatée spathique et de baryte sulfatée. Son épaisseur est variable et dépasse souvent 2 mètres. La galène massive y forme des nodules et des veines irrégulières. Ces veines ont parfois om,3o de puissance. Il existe sur la balde deux tas de minerai de plomb, dont l’un renferme 5,000 kilogrammes de minerai, contenant, d’après M. Flajolot, 0,90 de galène pure, et dont l’autre, fermé de minerai de bocard, pourra rendre environ 3,000 kilogrammes déminerai pur. M. Flajolot évalue ainsi à 7,500 kilogrammes de galène pure le produit des travaux, ce qui correspond à une épaisseur moyenne de 1 centimètre pour la veine métallifère. Cette épaisseur est sans doute trop faible pour que le gisement soit exploitable, s’il ne devait pas s’enrichir; les travaux d’exploration ultérieurs pourront seuls faire juger définitivement la question.
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- Entre les filons que nous venons d’examiner, il existe un troisième filon dirigé comme eux N. ioo° E. m., et dont l’affleurement est visible sur 1 5o mètres environ de longueur. Ce filon est encore vierge de travaux; mais il importe de l’explorer sérieusement, parce qu’il ne présente à l’affleurement que du minerai de cuivre pyriteux dans une gangue de carbonate de chaux et de sulfate de baryte. Il a une épaisseur variable qui s’élève quelquefois à 2 mètres; il se reconnaît, au milieu du calcaire jurassique encaissant, à des croûtes ferrugineuses présentant des mouches de pyrite de cuivre. Les travaux déjà exécutés sur les deux autres filons et le parallélisme de tous ces filons permettent d’augurer favorablement de la régularité d’allures du filon de cuivre pyriteux. Aussi, en raison de la valeur industrielle du minerai de cuivre, convient-il d’attaquer ce filon par une galerie de niveau prise au point le plus bas de l’affleurement, sur la rive gauche du ravin.
- Le deuxième puits de recherches a été ouvert sur un affleurement de galène, auprès de la fontaine d’Aïn-Ouarem. Il n’a que quelques mètres de profondeur et n’a donné encore aucun résultat bien saillant.
- M. l’ingénieur Flajolot a essayé pour argent la galène du Djebel-Tassa, et a trouvé 19 grammes d’argent pour 100 kilogrammes de galène pure. On voit que les échantillons analysés sont très-pauvres en argent, et qu’on ne peut tirer parti du minerai que pour le plomb qu’il renferme. Si les travaux de recherches prouvent que les gîtes sont utilement exploitables, on pourra établir les usines de préparation mécanique et de fusion sur les bords de l’Oued-Krémis ou de la Tafna. Ces rivières roulent assez d’eau pour fournir en toute saison la force motrice nécessaire à ces usines. Quant au combustible , on en trouvera assez sur place pour l’usine de fusion des minerais de plomb. Les excursions que nous avons faites chez les Beni-Senous, dans le pâté de montagnes compris entre la frontière du Maroc, à l’ouest., et le méridien deTlemsen, à l’est, nous ont démontré que les ressources forestières y sont considérables. Il ne serait pas impossible qu’on en trouvât assez pour alimenter l’usine qui traitera les minerais de cuivre du Djebel-Tassa, si toutefois les travaux de recherches prouvent que ces minerais sont utilement exploitables. En tout cas, on aurait toujours assez de combustible sur place pour transformer ces minerais en mattes, qu’on expédierait dans une usine de fusion qui sera établie plus tard sur le littoral de la Méditerranée, soit
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- en Algérie, soit en France, pour le traitement des minerais de cuivre de l’Algérie.
- Les Arabes des Beni-Senous paraissent s’intéresser à la réussite des travaux d’exploration du Djebel-Tassa. Ils voient pour eux une source assurée de bénéfices dans les transports des minerais, et ils fourniront de la main-d’œuvre à très-bon marché. La création d’un centre d’exploitation chez les Beni-Senous augmentera l’influence française parmi ces populations, qui sont fixées au sol et habitent des villages. L’exploitation de la mine de cuivre de l’Oued-Allelah (province d’Alger) prouve, du reste, que les Arabes peuvent être employés avec avantage dans les travaux de mines.
- Le port de Djemma-Gazaouat serait peut-être le plus commode pour l’écoulement des produits métallurgiques du Djebel-Tassa, ainsi que nous l’avons fait observer au sujet du gîte de manganèse.
- On a vu, dans le paragraphe iv du chapitre II, page 33, que le Djebel-Mellaha a été produit par une éruption de roche doléritique verte, qui a poussé comme un champignon au milieu de la vallée de la Tafna, sur la rive gauche de cette rivière. La crête de ce mamelon est formée par une série d’assises de calcaire jurassique gris, qui a été soulevé par la roche doléritique et s’y trouve enclavé comme un coin de 10 mètres de large à la base. Ces couches sont dirigées comme la crête N. i85° E. m. et plongent au nord de yo°. Au contact de la roche éruptive, le calcaire est noir et cristallisé en lames de 2 à 3 millimètres de large. Sur tout le revers sud de cette bande calcaire, c’est-à-dire sur 5o mètres environ de longueur, il y a des traces d’anciennes excavations aujourd’hui presque entièrement comblées; les déblais ont été rejetés sur les flancs du Djebel-Mellaha, et sont composés essentiellement de dolérite. A l’extrémité ouest de la bande calcaire, on voit encore un puits vertical de im,5o de diamètre et L\ mètres de profondeur, compris en entier dans la dolérite et bouché dans le bas. Le long du revers nord de la bande calcaire, on retrouve aussi des traces d’anciennes excavations. On y remarque un mur vertical en pierres sèches, de 2 mètres de haut et 6 mètres de long, qui avait pour but sans doute de former une plate-forme à l’orifice des travaux d’exploitation ou d’exploration. Le calcaire ne renferme aucune trace de minerai. La dolérite présente de nombreuses paillettes isolées de fer oligiste micacé , et quelques taches de carbonate de cuivre vert que l’on voit encore sur la roche en place, dans une excavation
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- voisine du puits indiqué plus haut. On trouve, au milieu des déblais de dolérite, de très-rares et très-petits fragments de minerais de cuivre composés de pyrite de cuivre et de carbonate de cuivre; le plus gros qu’on ait trouvé est de la grosseur d’une noix.
- Le Djebel-Mellaha était signalé depuis longtemps comme ayant renfermé une mine de cuivre; la dolérite verte qui le constitue était même prise pour le minerai lui-même. M. Aguilar est le premier qui ait constaté l’existence réelle du minerai de cuivre sur le Djebel-Mellaha, et il nous en a remis un échantillon. 11 paraît probable, d’après la situation des anciens travaux et d’après les allures du gîte, que le minerai de cuivre devait se trouver au contact de la roche stratifiée et de la roche éruptive. Les anciens ont enlevé tout ce qui se trouvait à la surface : il est possible qu’il reste encore quelque chose en profondeur; mais le gîte de la dolérite étant lui-même fort restreint, puisquà la surface il a 200 mètres de long sur 5o mètres de large, et 3o à 4o mètres de hauteur au-dessus du niveau de la Tafna, il est probable que le gîte de cuivre lui-même doit être assez restreint. Les émanations cuivreuses ne se sont manifestées qu’au contact de la roche stratifiée et de la roche éruptive, dans les évents qui s’y trouvaient. Aussi les anciens travaux ont porté sur la zone de contact de ces deux roches. La première exploration à faire sur le Djebel-Mellaha consistera en un puits incliné suivant la ligne de plus grande pente des couches de calcaire et pénétrant jusqu’au-dessous du niveau inférieur des anciens travaux.
- Les gîtes métallifères de Rouban peuvent être rangés en deux catégories différentes. Les uns constituent des filons puissants et réguliers, qui ont coupé d’une manière bien nette la stratification des couches. Les autres constituent des amas irréguliers disséminés dans les couches elles-mêmes, dont ils semblent faire partie intégrante. Ces deux catégories de gîtes se présentent dans des terrains d’un âge géologique bien différent. Ainsi, les gîtes en amas sont enclavés dans le terrain jurassique, les gîtes en filons réguliers sont enclavés dans un terrain schisteux plus ancien que le terrain jurassique qui le recouvre en stratification discordante.
- Le terrain jurassique forme deux bandes continues, au sud et au nord du périmètre de Rouban. C’est sur la bande sud qu’il est plus facile d’en étudier la composition; aussi la décrirons-nous avec plus de détails. Cette bande présente trois grandes assises superposées :
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- i° A la base, une assise comprenant une série de couches de calcaire gris compacte et parfois dolomitique ;
- 2° Au milieu, une assise comprenant principalement des argiles d’un gris verdâtre, auxquelles sont associés des bancs plus ou moins épais de quartzite;
- 3° A la partie supérieure, une assise comprenant, comme celle de la base, une série de couches de calcaire gris compacte et parfois dolomitique.
- Les couches de calcaire jurassique forment, du côté du nord, une suite continue de grands escarpements, au pied desquels se montre le terrain schisteux inférieur.
- L’examen de l’assise calcaire inférieure du terrain jurassique est assez important, parce que cette assise est elle-même fortement imprégnée de galène en plusieurs points du périmètre de Rouban; ce qui constitue les gîtes en amas dont il a été question plus haut.
- Le gîte le plus remarquable se trouve dans la partie S. E. du périmètre, sur la rive gauche de l’Oued-Zaouïa, à la sortie des gorges qui encaissent cette rivière en dehors du périmètre, vers le sud. La galène imprègne fortement le calcaire dolomitique; elle y forme des nodules et des veines irrégulières de 2 à 3 centimètres d’épaisseur, composant un excellent minerai de bocard. Ce gîte a été exploité à ciel ouvert par les Arabes, et l’on voit des déblais considérables très-riches en plomb disséminés à la surface du sol.
- Un deuxième affleurement assez remarquable, de même nature que le précédent, se présente à l’extrémité S. O. du périmètre et se prolonge dans le Maroc, où l’on prétend qu’il est exploité.
- Un troisième affleurement, moins important que les deux précédents, se montre à peu près au même niveau et à égale distance des deux autres.
- Il y a donc un certain intérêt à faire des recherches sur cette zone métallifère du calcaire jurassique, qui fournit presque exclusivement de la galène, mais dans laquelle on trouve aussi quelques rognons de cuivre pyriteux. Cette assise renferme des ammonites dont la désignation spécifique a été donnée page 2 , et dont quelques-unes sont transformées en minerai de fer oolithique. La structure oolithique appartient aussi à la roche elle-même, qui constitue parfois une couche de minerai de fer de om,3o d’épaisseur.
- L’assise moyenne d’argile et de grès du terrain jurassique présente une épaisseur variable ; elle est remarquable parce quelle renferme plusieurs
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- sources qui se montrent à la séparation des couches d’argile et des couches de calcaire ou de grès. Elle forme un talus incliné à 2 5° ou 3o°, qui sépare les deux lignes d’escarpements verticaux produits par les assises calcaires, et c’est sur ce talus que se trouvent les cultures arabes du village de Rouban et de la tribu des Beni-bou-Saïd. Les bancs de grès associés à ces argiles sont d’un gris blanchâtre passant parfois au quartzite, et ont une épaisseur qui s’élève parfois à 2 mètres. Ils pourraient fournir d’excellente pierre à bâtir. La puissance totale de cette assise d’argile et de grès peut s’élever à 5o mètres sur le revers nord du Djebel-Slib et du Djebel-Asfour.
- L’assise supérieure du terrain jurassique se compose exclusivement de couches de calcaire gris compacte et parfois saccharoïde, et sans doute alors dolomitique. Toutes ces couches sont coupées à pic de l’E. à l’O., et forment une ligne d’escarpements presque verticaux de plus de 5o mètres de hauteur. Tout le système des couches jurassiques constitue, entre Rouban et la vallée de l’Oued-Sebdou, un plateau inégal dont les ondulations correspondent aux ondulations mêmes des couches, et qui est couvert de forêts de chênes verts; on peut en tirer beaucoup de bois de soutènement pour les galeries de mines, et une assez grande quantité de charbon pour alimenter une importante usine à plomb.
- La bande de terrain jurassique qui se trouve dans la partie nord du périmètre de Rouban ne présente que les deux assises supérieures dans les points où nous l’avons observée. L’assise moyenne se compose presque exclusivement de grès blanchâtre souvent très-friable et contenant beaucoup d’empreintes végétales imparfaitement carbonisées.
- L’assise supérieure se compose de calcaires gris compactes ou bien sac-charoïdes et plus ou moins dolomitiques. Ils forment, vers le sud, des escarpements très-abruptes, et, vers le nord, les couches plongent très-sensiblement au nord, de manière à s’enfoncer sous la plaine diluvienne de Lalla-Maghrnia.
- Les deux bandes de terrain jurassique que l’on vient de décrire appartenaient sans doute primitivement à une ^ formation continue. Un violent cataclysme a enlevé plus tard une grande partie de cette formation, dont les débris ont été roulés plus loin et ont servi peut-être à produire les terrains tertiaires et diluviens
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- de la plaine de Lalla-Maghrnia. Les deux bandes de terrain jurassique, ainsi violemment séparées par la destruction des couches qui les reliaient , ont été portées à des niveaux différents, et les terrains antérieurs à la période jurassique ont pu être en même temps mis à découvert. Ges terrains, qui sont éminemment schisteux, se poursuivent sans discontinuité depuis l’îlot granitique, qui est à quelques kilomètres N. de Krémis, jusqu’à la frontière du Maroc, et se prolongent au loin dans cet empire. Souvent, au contact immédiat de ce terrain schisteux et du terrain jurassique, on observe une discordance de stratification bien marquée, qui empêche de leur attribuer le même âge.
- Le terrain schisteux se compose principalement de couches d’argile schisteuse micacée, tantôt rouge, tantôt verte ou grise; on y trouve intercalés des bancs épais de calcaire siliceux verdâtre et de quartzite gris brunâtre. Ces bancs permettent de reconnaître facilement la stratification du terrain schisteux, et leur examen démontre que les couches schisteuses sont généralement verticales, ou du moins que leur inclinaison se rapproche beaucoup de 90°. A mi-chemin, entre Tleta et Rouban, auprès de la source d’Aïn-Brasa, nous avons observé, sur les quartzites, la direction N. ioo° E. m., avec un prolongement au nord variable de 45° à 90°.
- A l’Oued-Habla, auprès d’un filon de quartz cuprifère, les couches schisteuses sont dirigées N. 65° E. m. et plongent au N. O. de 8o°.
- Plus près de la limite est du périmètre de Rouban, on observe la direction N. 75° E. m. avec un plongement très-fort au N. O.
- Dans l’intérieur du périmètre de Rouban, nous avons observé les allures suivantes pour ces couches :
- Directions. .
- I N. âo° E. m., avec plongement au N. O.
- N. 55° _________________________________
- N. 85° -________________________________
- ( N. 96° -______________________________N.
- de 6o°. de 90°. de 6o°. de 90°.
- On voit par là que les couches schisteuses plongent généralement au N. O. sous un angle très-fort, qui se rapproche beaucoup de 90°, tandis que les couches de calcaire jurassique de la zone méridionale indiquée ci-dessus plongent légèrement au sud. Il y a donc discordance de stratification bien marquée, et, par suite, le terrain schisteux est d’un âge antérieur à celui du terrain jurassique. Il nous est impossible aujourd’hui d’assigner un âge déter-
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- miné à ce terrain schisteux, parce que nous n’y avons pas encore rencontré de fossiles.
- Les observations géologiques qui précèdent, relatives au terrain schisteux de Rouban peuvent avoir quelque intérêt, parce quelles font connaître pour la première fois un étage géologique qui n’avait pas encore été signalé dans la province d’Oran. Du reste, l’étude de ce terrain schisteux est très-intéressante au point de vue industriel, parce que ce terrain renferme plusieurs fdons remarquables qui ont été jadis l’objet d’une exploitation très-développée.
- Ces filons, dont la gangue est éminemment quartzeuse, comprennent les filons cuprifères de l’Oued-Habla, dont nous parlerons plus loin, et les filons de plomb et de cuivre de Rouban, dont nous allons faire la description.
- Les filons métallifères de Rouban forment deux groupes bien distincts, dont le plus remarquable est situé sur les bords de l’Oued-Kesseub. Ce dernier groupe se compose d’un corps principal (a d) qui se poursuit avec une grande régularité sur 800 mètres environ de développement, le long
- de la rive droite de l’Oued-Kesseub, et coupe nettementles couches du terrain schisteux, qui sont dirigées N. 4o° E. m. etplongentau N. O. de 6o°. Le corps (a d) se bifurque aux deux extrémités. Les deux embranchements [a b, ac) de l’extrémité S. E. ne dépassent pas, dans leurs affleurements, Y la rive droite de l’Oued- Kesseub. Les
- embranchements [e f, g h, i k) de l’extrémité N. O., traversent l’Oued-Kesseub et se prolongent sur la rive gauche de cette rivière. La direction du corps du filon (a d) varie du N. i5o° E. m. au N. 120° E. m. ; ce qui donne en moyenne N. i35° E. m. Il existe plusieurs rejets de 4 à 5 mètres sur le parcours du filon qui plonge au S. O. de 8o°. L’épaisseur du filon varie de 4 à 6 mètres. La gangue se compose presque entièrement de quartz blanc opaque, cristallisé en gros prismes surmontés d’une pyramide à six faces et disposés normalement aux salbandes du filon. Ce dernier présente au plus haut degré la structure rubanée : ainsi, la fente première représentant le filon a été bouchée graduellement par des dépôts cristallins éminemment quartzeux, de om,3o à om,4o d’épaisseur, qui s’appliquent contre
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- les salbandes. C’est ce qu’indique la figure ci-dessous, qui est une coupe
- verticale faite en travers du filon. Les pointes pyramidales des cristaux de quartz se montrent très-nettement sur les faces verticales m n, p q, séparant les diverses zones parallèles. Parfois ces pyramides ont à la base 2 à 3 centimètres de diamètre. Au centre du filon, il y a une bande de 4o à 5o centimètres d’épaisseur, formée de sulfate de baryte blanc cristallisé en gros cristaux prismatiques. On a trouvé aussi des zones de spath fluor dans le corps du filon. Le minerai de cuivre et de plomb, si l’on en juge par les excavations qui résultent de l’exploitation ancienne, formait deux bandes parallèles de om,4o «à om,5o d’épaisseur. Il était disséminé en nodules et veines irrégulières dans une gangue quartzeuse. Parfois aussi il n’y avait, qu’une seule veine minérale, la veine quartzeuse symétrique étant stérile en minerai.
- De même que le corps du filon [ad), les embranchements (ac, a b), qui ont chacun une centaine de mètres environ de longueur, présentent une très-grande régularité dans leurs allures. L’un d’eux [a b) est dirigé N. 1 4o°E. m. et paraît être la continuation exacte du corps principal (a d); l’autre (a c) est dirigé N. 1 62° E. m. Ils plongent tous deux fortement à l’ouest; leur épaisseur n’est, en général que de 2 mètres. On voit quelle est bien moindre que celle du corps principal [ad).
- Si l’on se reporte à l’extrémité N. O. du filon principal [a d), on trouve encore une grande régularité d’allures dans la partie [gh) qui traverse un mamelon sur lequel on bâtit aujourd’hui une maison crénelée pour les ouvriers; mais l’on ne peut plus faire d’observations aussi concluantes sur les embranchements ( ef, i k) de la rive gauche de l’Oued-Kesseub, parce que l’exploitation ancienne a complètement écrêté les filons; on ne peut se rendre compte que de la direction générale des filons et de la nature de la gangue, qui est éminemment quartzeuse.
- L’exploitation des anciens a porté sur tous les affleurements qu’on vient de décrire. Dans la partie ef, ik, les vides résultant de cette exploitation sont aujourd’hui presque entièrement comblés, soit par des remblais, soit par des éboulements naturels; mais ces vides existent encore dans les parties g h, d a, a b, a c, et ils permettent de se rendre compte, avec la plus grande facilité, du mode d’exploitation suivi par les anciens. Ceux-ci n’ont enlevé le
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- ’weeui/ de- l'Oued^/Tesseuà.
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- paisseur, le vide résultant de son enlèvement présente exactement la même largeur. Aussi les ouvriers ont-ils dû souvent être fort gênés pour travailler. En certains points, on ne peut avancer qu’en marchant sur le côté. Les grandes parois verticales résultant de cette exploitation hardie étaient formées par des veines de quartz, qui n’avaient pas besoin d’être soutenues. Quelques colonnes minérales d’un mètre d’épaisseur, telles que cd, cd', étaient laissées comme étançons entre les parois. Comme ordinairement le filon présentait deux veines minérales parallèles, l’exploitation a donné lieu également à deux grandes excavations parallèles séparées, par un massif presque vertical de gangue quartzeuse, de 2 à 3 mètres d’épais-
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- seur; mais, depuis que l’exploitation a été abandonnée, des éhoulements se sont manifestés en quelques points dans ce massif de gangue. Les deux excavations parallèles qu’il séparait ont été ainsi parfois réunies, et il en est résulté de grandes excavations de 3 à 4 mètres de largeur sur 20 à 3o mètres de hauteur et à parois presque verticales ; mais il faut bien se garder de considérer la largeur de ces excavations comme représentant l’épaisseur de la veine minérale. L’immense quantité de débris entassés au fond de ces grandes excavations vient démentir cette hypothèse. Lorsqu’il n’y a pas eu d’éhoulements dans les épontes du filon, on ne retrouve que des excavations de om,4o à om,5o de largeur moyenne. Aussi serait-il très-facile d’avoir à peu de frais une idée exacte de la manière d’être du filon, dans une partie vierge. Il suffirait de creuser
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- En quelques points de ces vieux travaux, il est facile d’aborder le pied de la paroi verticale des gradins; on reconnaît alors que le minerai se compose de nodules et de petites veines irrégulières de cuivre pyriteux et de galène argentifère disséminées dans une gangue quartzeuse. Cette galène est très-riche en argent; un échantillon de galène pure, recueilli dans les déblais, a donné à M. l’ingénieur Flajolot 12Ù grammes d’argent par quintal métrique de galène, soit environ 35 francs d’argent, valeur supérieure à celle du plomb contenu.
- Nulle part on ne voit, entre la crête des affleurements et le lit de l’Oued-Kesseub, d’ouverture de puits ou de galerie; cette circonstance, rapprochée du mode d’exploitation à ciel ouvert suivi par les anciens, doit faire supposer que cette exploitation ne s’étend guère plus bas que le fond de ces gradins signalés ci-dessus, et que, dès lors, elle n’a porté que sur une colonne minérale de 3o à 4o mètres de hauteur, à partir de la crête des affleurements. En raison de la forte inclinaison du filon vers le S. O., il sera donc facile de l’atteindre dans des parties vierges par des galeries à travers bancs, commencées à partir du niveau de la rivière.
- Il ne reste aujourd’hui presque aucune trace d’anciens déblais le long de la rive droite de l’Oued-Kesseub, au pied du filon [a d), soit qu’en raison de la rapidité des berges tous les déblais soient tombés dans l’Oued-Kesseub par la suite des siècles et aient été entraînés par les eaux pluviales, soit que toute la matière extraite du filon ait été fondue. On retrouve en effet, en aval des affleurements, sur la rive gauche de l’Oued-Kesseub, plusieurs dépôts de scories, dont les unes, de couleur noire, renferment des grenailles de cuivre et sont revêtues d’un enduit extérieur de carbonate de cuivre vert, et dont les autres, d’une couleur claire, renferment des grenailles de plomb.
- Le deuxième groupe ne renferme qu’un filon qui affleure sur la rive gauche de l’Oued-Allouba, à 800 mètres environ au N. E. du premier groupe. Ce filon, dont la direction est N. i55° E. m. et dont l’inclinaison est presque verticale, a été exploité anciennement à ciel ouvert. Des déblais quartzeux considérables, riches en galène argentifère, se retrouvent le long de l’affleurement , qui est bien moins étendu que celui du premier groupe. Les vides
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- Il sera facile d’attaquer ce filon par une galerie à travers bancs, prise à partir du niveau de l’Oued-Allouba, à 5o mètres environ au-dessous de la crête de l’affleurement.
- Le grand filon (a d) coupe deux gros filons éruptifs d’un porphyre feid-spathique blanc grisâtre, au milieu duquel on trouve des cristaux cubiques de pyrite de fer de i centimètre de côté. Ce porphyre est ordinairement très-dur, et on l’exploite auprès de la maison des mineurs comme pierre à bâtir. Parfois il est altéré et se transforme en une terre blanche, qui donnerait sans doute des briques réfractaires. Il est assez analogue au porphyre blanc des environs de Milianah. Outre les deux gros filons éruptifs indiqués ci-dessus, le porphyre forme encore quelques îlots disséminés au milieu du périmètre de Rouban.
- A l’extrémité N. O. de ce périmètre, on trouve une autre roche éruptive noirâtre, doléritique, d’un aspect différent de celui du porphyre. Elle forme un petit îlot qui s’est montré au jour à la séparation du grès jurassique et du terrain schisteux inférieur. On y trouve de petits nodules amygdalins d’une zéolithe blanche et transparente.
- Le village de Rouban, qui se trouve sur la rive gauche de l’Oued-Kes-seub, est bâti sur un dépôt assez étendu de travertin qui recouvre l’assise moyenne du terrain jurassique.
- Les explorateurs ont entrepris, sur le grand filon (a d) et ses embranchements, une série de galeries de niveau commencées à partir du lit de la rivière et destinées à recouper le filon à différentes hauteurs étagées de 2 5 en 2 5 mètres. Plusieurs de ces galeries ont recoupé le filon et donné de bons résultats.
- Il y a un filon de quartz cuprifère sur les bords de l’Oued-Habla, chez les Reni-Senous. Il est enclavé dans cette zone de terrains schisteux qui a été signalée dans le périmètre de Rouban.
- Ce filon est dirigé N. i32° E. m. et plonge verticalement. Il se compose d’une gangue de quartz blanc laiteux, en gros cristaux prismatiques, perpendiculaires aux salbandes. Son épaisseur varie de 3 à 4 mètres. Son affleurement se poursuit avec une grande régularité sur une longueur de 4 à 5oo mètres. 11 forme au-dessus de la roche encaissante un mur vertical de
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE 2 à 3 mètres, qui de loin frappe les yeux de l’observateur. Il a été attaqué par les anciens sur la crête d’un mamelon , au moyen d’un puits vertical qui présente aujourd’hui 3 mètres de profondeur sur deux mètres de côté. En ce point, la gangue quartzeuse est couverte de cristaux aciculaires et de taches de carbonate de cuivre vert et bleu. Au delà de ce point, le filon paraît stérile à l’affleurement. Il convient d’approfondir ce puits, et, si la richesse en cuivre se maintient, on pourra soit exécuter une galerie en direction dans le filon, à partir de chaque côté du puits, à 20 ou 26 mètres du jour, soit exécuter une galerie à travers bancs qui recoupera le filon à un niveau inférieur, à partir de la rive de fOued-Habla.
- Le filon cuprifère est encaissé dans des couches schisteuses et micacées d’un gris verdâtre, dirigées N. 65° E. m. et plongeant au N. m. de 8o°. Elles renferment intercalés de gros bancs de quartzite brun et de calcaire siliceux gris, de om,8o d’épaisseur.
- On trouve des blocs roulés de diorite dans le voisinage du filon cuprifère de l’Oued-Habla, et ce filon est accompagné lui-même d’autres filons quartzeux et parallèles dont les affleurements se sont montrés, jusqu’à ce jour, stériles en cuivre.
- La mine de plomb du Djerf-el-Hamar est située à 10 kilomètres N. O. de Lalla-Maghrnia, auprès du marabout de Sidi-Mohammed-Becharouan, sur un contre-fort qui descend du revers sud du Djerf-el-Hamar (escarpement rouge) pour se diriger du N. 70° E. m. au S. 70° O.m. Ce contre-fort se termine à rOued-el-Koheul, qui est ainsi nommé à cause de la mine qu’on exploitait anciennement sur ses bords. Le Djerf-el-Hamar est une montagne de 1,000 mètres environ d’élévation, qui présente sur le revers sud de longs es-cc_ carpemenîs, dus aux tranches des couches de calcaire jurassique, qui sont coupées à pic et plongent au N. N. O., ainsi que l’indique la figure ci-jointe. Un escarpement bien prononcé surtout le flanc de la montagne et coloré en rouge par de l’oxyde de fer est la cause du nom que porte la montagne.
- La roche encaissant le minerai se compose de calcaire jurassique gris, compacte, dont il est difficile de caractériser les allures. C’est elle qui constitue l’enveloppe extérieure du contre-fort métallifère. A la base de ce contre-fort, sur les bords de l’Oued-el-Koheul, on trouve des argiles schisteuses
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER, grises et du calcaire gris violacé, se divisant en parties parallélipipédiques. Ce calcaire est enduit, à la surface, d’hydrate de fer plus ou moins irisé. 11 a une tendance à la schistosité, et diffère beaucoup, par ses caractères extérieurs, du calcaire métallifère gris bleuâtre, semi-cristallin, qui constitue la masse principale de la montagne. Ses couches sont dirigées N. 84° E. m. et plongent au N. N. O. m. sous un angle de 4o°. Les argiles schisteuses se retrouvent sur la crête du contre-fort métallifère, en amont des derniers affleurements ; elles sont alors dures et violacées.
- Le minerai de plomb se compose de sulfure gris bleuâtre, disséminé en nids irréguliers dans une gangue de spath calcaire blanc, cristallisé généralement en lames rhomboïdales de î à 2 centimètres de côté; il forme parfois aussi des enduits de î millimètre d’épaisseur sur le calcaire encaissant.
- Le gîte du Djerf-el-Hamar ne constitue pas de fdon ni de couche régulière. Il comprend une série d’amas fort irréguliers, d’épaisseur très-variable. Leurs affleurements se poursuivent presque sans interruption depuis la crête du contre-fort jusqu’à son extrémité S. O., c’est-à-dire sur une étendue horizontale de î 5o à 200 mètres et sur une hauteur verticale d’une cinquantaine de mètres à partir de la crête du contre-fort; ils se montrent principalement sur le revers nord de ce dernier. Des haldes considérables résultant de l’ancienne extraction existent à l’entrée des vieux travaux qui ont été faits les uns à ciel ouvert, les autres souterrainement. D’après l’abondance des débris, on peut juger que ces travaux devaient être assez importants; mais il nous a été impossible de les visiter au printemps de î 85 î, parce que tous ces travaux étaient remblayés. Le soin avec lequel on avait fermé l’entrée des travaux souterrains par des murs en pierre sèche permet de supposer que l’abandon de la mine n’a pas été motivé par l’épuisement du gîte métallifère; ce sont sans doute des circonstances politiques qui ont donné lieu à cette mesure : on aura voulu empêcher les Arabes d’extraire du minerai pour fondre des balles.
- Une extraction assez considérable a été faite à ciel ouvert sur la crête du contre-fort métallifère. Les figures î et 2 d’autre part représentent le plan et la coupe d’une partie seulement de ces travaux.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Fig. ï. Plan de la surface-
- 'C (O'j
- Fig. 2. Coupe suivant A B.
- Il y a deux excavations à ciel ouvert (a) et (6), dirigées à peu près parallèlement du N. 70° E, m. au S. 70° O. m. L’excavation (a) a 20 mètres de long sur une largeur moyenne de 3 mètres. L’excavation (b) a 25 mètres de long sur une largeur variable de 1 à 5 mètres. Le fond de ces excavations est remblayé par des déblais de calcaire spathique blanc, contenant quelques nodules de galène. A 20 mètres en amont de l’extrémité N. E. de ces deux excavations, se trouve un puits (c)de 2 mètres de profondeur et de 1 mètre carré de section, dont le fond est remblayé. Ce puits communiquait sans doute avec une excavation à ciel ouvert (d) qui se trouve 3 mètres plus loin , à un niveau inférieur à celui du puits. Cette excavation, dont la longueur est de 10 mètres et dont le fond est remblayé, est le travail d’exploitation le plus élevé et paraît avoir été entrepris à l’extrémité supérieure du gîte. D’autres travaux, composés de puits et de galeries souterraines et d’excavations à ciel ouvert, sont échelonnés sur toute la longueur du contre-fort métallifère jusqu’à son extrémités. O. ; mais, comme nous l’avons dit plus haut,
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER, tous ces travaux sont remblayés, ou leur entrée’ est masquée par des murs en pierre sèche. Le nombre des points d’attaque, l’importance des haldes et des affleurements, indiquent que la mine de plomb du Djerf-el-Hamar a été l’objet d’une exploitation de longue haleine, ce qui, du reste, est d’accord avec la tradition. On ignore à quelle époque cette mine a été abandonnée. Les Arabes se contentent aujourd’hui d’extraire quelquefois le minerai qui est disséminé dans les déblais résultant de l’exploitation ancienne; ils ne l’utilisent qu’à l’état de koheul, pour teindre les sourcils de leurs femmes. C’est ce qui a fait désigner cette mine, dans la subdivision de Tlemsen, sous le nom de mine d’antimoine; mais les caractères extérieurs du minerai et les essais que nous avons faits au laboratoire de chimie d’Oran ne peuvent laisser aucun doute sur la véritable nature du minerai : c’est de la galène (sulfure de plomb) contenant un peu de blende (sulfure de zinc).
- Le 29 mai 1851, il n’y avait pas d’eau dans l’Oued-Koheul. Si l’on reprenait l’exploitation de la mine du Djerf-el-Hamar, il faudrait construire des barrages sur le cours de l’Oued-Koheul pour emmagasiner pendant l’hiver l’eau nécessaire à un premier lavage du minerai. Une préparation mécanique plus complète et la fusion du minerai se feraient dans une usine que l’on construirait sur les bords de la Mouilah, auprès du Hammam-sidi-Chighr. On trouverait là une force motrice plus que suffisante. Les montagnes environnantes fourniraient le combustible nécessaire à la fusion du minerai. L’usine serait à 8 kilomètres S. E! de la mine et à 4 kilomètres N. de Lalla-Maghrnia.
- La mine du Djerf-el-Hamar est l’objet d’un permis d’exploration dont la demande a été instruite par M. l’ingénieur Flajolot. Les détails qu’on va lire ont été extraits d’un rapport qui nous a été communiqué par cet ingénieur. Ils feront connaître les ressources que présente encore le gîte du Djerf-el-Hamar.
- « En déblayant les anciens travaux, on a reconnu l’ouverture d’une galerie « souterraine inclinée, qui était complètement remblayée. On a vidé une partie « de cette galerie; elle est très-tortueuse, et il paraît que ceux qui l’ont exé-« cutée ne suivaient d’autre direction que celle des veines plombeuses qui cou-« rent irrégulièrement dans la baryte sulfatée qui forme la masse principale « du fdon. Cette irrégularité des ouvrages souterrains prouve qu’ils n’ont pas « été faits par les Romains, et dès lors on ne peut les attribuer qu’aux Arabes.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE « Il reste des traces évidentes de la manière dont ces excavations ont été pra-« tiquées. La partie supérieure de la galerie est couverte çà et là de noir de « fumée, et la baryte est extrêmement friable, tandis quelle est fort dure en « dehors des travaux. La galène et le fer carbonaté portent aussi des traces « évidentes d’un grillage ; car la première est enveloppée d’une couche épaisse « de sulfate de plomb, produit du grillage du sulfure à une température peu « élevée, et le second est transformé en oxyde de fer.
- « Il est donc évident que le§ Arabes ont employé, pour désagréger les ma-« tières du filon, un moyen qu’on emploie encore aujourd’hui dans quelques « localités de l’Allemagne où le bois est très-abondant. On entassait du bois « à l’extrémité de la galerie, puis on y mettait le feu. Sous l’action de la cha-« leur, le sulfate de baryte devient friable, et le fer carbonaté, si dur à l’état « naturel, se réduit en poussière en perdant son acide carbonique et enpas-« sant à l’état de peroxyde de fer. Lorsque les roches étaient assez refroidies « pour permettre aux ouvriers de rentrer dans la galerie, ils abattaient facile-« ment au pic les minéraux du filon.
- « Dans cette ancienne galerie, le filon a environ 1 mètre d’épaisseur ; il est « rempli principalement de fer carbonaté et de baryte sulfatée avec des veines « de galène; on y remarque aussi une quantité notable de calamine. Il n’y a « pas d’épontes marquées, mais la baryte et le fer carbonaté se perdent irré-« gulièrement dans le calcaire. »
- Un échantillon tout à fait pur de galène a été analysé par M. Flajolot; il contenait 3o grammes d’argent au quintal métrique; cette galène doit donc être rangée parmi les minerais de plomb pauvres en argent.
- La calamine a été analysée par M. Freynet, garde-mines; elle renferme:
- Carbonate de zinc......................................... 85,2
- Silicate de zinc........................................... 1,0
- Carbonates de chaux et de magnésie......................... 1,8
- Carbonate et sulfate de plomb.............................. 2,7
- Carbonates de fer et de manganèse.......................... 6,3
- Gangue. ................................................ 0,6
- Eau........................................................ 2,d
- Total................... 100,0
- Ce minéral renferme donc 44 p* 0/0 de zinc, et, s’il est abondant dans le filon, il n’y a aucun doute qu’on ne puisse en tirer un bon parti. Depuis
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER, qu’on a poussé en profondeur les travaux d’exploration, on a trouvé du minerai de cuivre mélangé aux divers minerais de plomb et de zinc.
- La mine de cuivre de Sidna-Loucba est située sur le bord de la mer, a Mine de cuivre
- de Sidna-Lottclia,
- 5 kilomètres E. N. E. de Djemma-Gazaouat. La rade de Sidna-Loucha doit son nom à un marabout auprès duquel se trouve une petite mosquée où les Arabes vont en pèlerinage. Cette rade est limitée à l’ouest par une pointe rocheuse qui s’avance dans la mer dans la direction N. 3o°E. m. Cette pointe, qui a i oo mètres environ de longueur, sépare la rade de Sidna-Loucha d’une autre rade voisine et plus petite, qui se trouve située à l’extrémité nord de cette pointe rocheuse, dont la figure ci-dessous est une coupe faisant face à
- l’O. N. 0.
- Coupe du gîte de cuivre de Sidna-Loucha. MaraZowb de/ £aMa/~ Jetti/.
- Mer Méditerranée.
- Elle présente, en allant de bas en haut, les couches suivantes, plongeant au S. 35° 0. m. sous un angle de 2 5°:
- i° 20 mètres d’un calcaire jaune, dur, contenant des débris de schistes bleus ;
- 2° 25 mètres d’épaisseur d’argile schisteuse cuprifère, très-dure, verte à la partie inférieure, bleue à la partie supérieure. Le minerai se compose essentiellement de pyrite de cuivre jaune, disséminée en nodules dans une gangue de carbonate de fer brun très-peu décomposé. Les veines cuprifères affectent deux sortes d’allures : la plus fréquente consiste en veines irrégulières, qui courent capricieusement dans toute la masse schisteuse, et qu’on peut suivre depuis la partie la plus élevée de la couche schisteuse jusqu’au niveau de la mer sous laquelle elles s’enfoncent. Ces veines, qui ont une épaisseur de 2 à 5 centimètres, se croisent en tous sens. Le schiste qui les encaisse est coloré en vert et bleu par du carbonate de cuivre. Il en résulte autour des veines pyriteuses
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE des plaques vertes, qui frappent de loin la vue. Les principales veines cuprifères sont à mi-côte, à peu près à 1 5 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les veines ferrugineuses qui sont auprès de la mer, dans les argiles schisteuses vertes, sont moins chargées de pyrite de cuivre que celles qui sont à mi-côte, dans les argiles gris bleuâtre. Il y a aussi avec les veines ferrugineuses de petites veines de chlorite qui ont un éclat tout à fait métallique, et qu’on ne distingue de la pyrite de cuivre que par la couleur de la poussière.
- La seconde espèce de gisement consiste en trois filons parallèles dirigés verticalement N. 135°E. m. Ces filons sont à gangue de quartz blanc opaque; ils contiennent, en outre, un peu de carbonate de fer jaune; ils sont très-pauvres en cuivre pyriteux. Ils ont éprouvé plusieurs rejets, et se perdent à leur partie supérieure dans les argiles schisteuses, après un parcours d’une vingtaine de mètres. On pourrait les attaquer par une galerie en direction, dont l’ouverture serait à 3 mètres au-dessus de la mer.
- 3° La grande couche d’argile schisteuse cuprifère est recouverte par une couche de calcaire schisteux gris de 4 mètres d’épaisseur. A la séparation du calcaire et du schiste inférieur, il y a dans le schiste un groupe de veines ferro-cuivreuses qui s’allongent du sommet de la montagne au niveau de la mer, et qui ont été jadis l’objet d’un commencement d’exploitation à ciel ouvert. A la tête de la couche schisteuse, on remarque une descenderie dirigée au S. 2 0° O. m., ouverte sur une veine de carbonate de fer cuprifère de om,o5 d’épaisseur. Cette descenderie a 6 mètres de long, im,5o de haut et îm,2o de large; elle a été faite à coups de pic, comme travail de recherche ou d’exploitation. Elle sert aujourd’hui de cabinet de toilette aux femmes arabes qui vont faire leurs prières sur le tombeau de Lalla-Setti. Ce tombeau est dans un petit marabout situé au sommet de la crête cuprifère de Sidna-Loucha.
- 4° Le calcaire schisteux gris est recouvert par î 5 mètres d’argiles schisteuses grises, friables, après lesquelles vient :
- 5° Un escarpement de î o mètres de hauteur, formé par une couche de ôalcaire gris, très-compacte, semi-cristallin, identique au calcaire secondaire de Tlemsen. Par suite du délitement des argiles qui sont au-dessous de cette couche calcaire, il se produit des éhoulements très-considérabjes, d’où résultent des blocs de 3 à 4 mètres cubes; ceux qui ont roulé jusqu’à la mer sont criblés de trous de pholades.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 125
- 6° La partie supérieure de la crête métallifère est formée par des argiles schisteuses.
- En suivant le revers oriental de cette crête pour se rendre à Sidna-Lou-cha, on retrouve également des argiles schisteuses qui sont métallifères sur le revers occidental de la crête; mais, sur le revers oriental, on ne voit que des veines de carbonate de fer sans trace de cuivre. Du reste, l’escarpement du terrain ne permet pas aujourd’hui de faire de ce côté une exploration aussi complète que du côté opposé. On remarque à mi-côte, au milieu des argiles schisteuses du revers oriental, une pointe de roche pyroxénique verte, dont l’apparition est sans doute liée à la présence du cuivre.
- Les argiles schisteuses cuprifères forment une bande dont la largeur, au niveau de la mer, est au plus égale à celle de la pointe occidentale de la rade de Sidna-Loucha. On peut l’évaluer à peu près à 5o ou 60 mètres. Si le réseau cuprifère avait une grande continuité, il devrait s’enfoncer au-dessous du niveau de la mer, sous la couche de calcaire n° 3. On serait alors, pour l’exploitation, dans les mêmes conditions que dans certaines mines de cuivre de l’Angleterre.
- Les affleurements de Sidna-Loucha sont assez beaux pour motiver des travaux de recherches sérieux.
- Ils sont en ce moment l’objet d’une demande en permis d’exploration.
- Si le gîte de Sidna-Loucha donne lieu à une exploitation importante, la préparation mécanique pourra s’exécuter sur les bords de l’Oued-Bounou, qui se jette dans la rade de Sidna-Loucha. Cette rivière nous paraît débiter, à 3 kilomètres de son embouchure, une quantité d’eau suffisante pour le lavage du minerai, qui ne s’exécuterait qu’en hivçr ; mais, dans le cas contraire, on pourrait sans inconvénient se servir de l’eau de mer. On établirait alors l’usine de préparation mécanique auprès de la mosquée de Sidna-Loucha. L’usine de fusion ne pourrait pas trouver dans les environs le combustible nécessaire. Il serait plus convenable de transporter le minerai lavé dans l’usine qui élaborera les pyrites de cuivre de Tenès et de Blidah.
- La mine de cuivre de Guessiba est située à î kilomètre N. O. de la ferme de Guessiba, et à 8 kilomètres O. du port d’Arzeu, au milieu des argiles schisteuses secondaires. Cette mine a été exploitée anciennement, mais les travaux étaient complètement remblayés. Quelques échantillons de roche verdie par du carbonate de cuivre, et provenant des déblais des anciens
- Miue de cuivre de Guessiba.
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- travaux, ont été rapportés à Oran par un berger et ont donné l’éveil sur l’existence de cette mine. Des explorateurs ont commencé immédiatement des travaux de recherches, qui comprenaient, au mois d’avril 1852 :
- i°Un puits neuf vertical de im,3o de diamètre et de 8 mètres de profondeur, qui a traversé des argiles schisteuses contenant des veines irrégulières de galène à petites facettes; ces veines, au nombre de deux ou trois, ont une épaisseur variable de 1 à 2 centimètres : les fentes de la roche encaissante renferment des enduits minces de carbonate de cuivre bleu et vert;
- 20 Deux descenderies de 5 à 8 mètres de profondeur, reliées entre elles par une galerie irrégulière de 12 mètres de long; ces travaux résultent du déblai de l’ancienne exploitation. La galerie a suivi un filon irrégulier de oni,02 à om,o3 d’épaisseur, composé d’hydroxyde de fer mêlé de carbonate de cuivre. Les fentes de la roche encaissante renferment, comme dans le puits neuf, qui n’est éloigné que de quelques mètres, des enduits minces de carbonate de cuivre bleu et vert.
- Ces travaux ont été suspendus pendant l’instruction de la demande en permis d’exploitation et repris à la fin de i852. On a continué le déblai des anciens travaux, et on a trouvé, à la profondeur de 13 mètres, un renflement de galène impure de om,2 0 d’épaisseur. On a rencontré depuis peu une veine d’ankérile cuprifère. Cette ankérite est un carbonate triple de fer, chaux et magnésie , qui forme la gangue du filon pyriteux qu’on exploite à l’Oued-Boukhandack, dans la concession de l’Oued-Allelah.
- Les travaux d’exploration de Guessiba ne sont pas assez avancés pour qu’on puisse se prononcer avec certitude sur la valeur de ce gîte. La découverte récente du fdon d’ankérite doit engager à continuer les travaux de recherches.
- Un échantillon, analysé par M. de Marigny, a donné les résultats suivants :
- Sable quartzeux......................... os,o20o Cuivre
- Carbonate de cuivre hydraté............. o, 58o5 — og,332g
- ---------de plomb.......................... 0,1060
- Sulfure de zinc......................... o ,o3oo
- Oxyde de fer............................ 0,1120
- Carbonate de chaux...................... o ,o43o
- ---------demagnésie..................... o ,0149
- Eau hygrométrique....................... o ,0900
- Total............. o ,9964
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- Cet échantillon est, comme on voit très-riche en cuivre.
- On trouve, auprès de la ferme de Guessiba, de nombreuses scories noires et compactes, qui ont fait supposer que le gîte de cuivre dont il s’agit a été jadis l’objet d’un traitement métallurgique. On assure, en effet, avoir trouvé des grenailles de cuivre dans certains échantillons.
- Un échantillon de scorie, analysé par M. de Marigny, a présenté la composition suivante :
- Silice...................... o8,1000
- Alumine..................... 0,0660
- Peroxyde de fer............. o ,386o - 0^2677 ) m^Jqae
- Protoxyde de fer............ o ,43oo - o ,3321 j o8,5998
- Chaux....................... o ,oo5o
- Magnésie.................... o ,oo44
- Eau hygrométrique.... ........ 0,0100
- Total.......... ig,ooi4
- On voit que cette scorie est très-riche en fer; elle peut résulter soit du traitement du minerai de cuivre de Guessiba, soit du traitement des minerais de fer du massif des environs d’Arzeu.
- Si le gîte de cuivre de Guessiba pouvait donner lieu à une exploitation importante, ce serait un élément de prospérité pour le port d’Arzeu, et une ressource pour les habitants des colonies agricoles de Mefessour, Kléber, Sainte-Léonie, Muley-Magoug, qui trouveraient à s’occuper soit dans le travail de la mine, soit dans les transports auxquels ce travail donnerait lieu. Le voisinage de ces colonies placerait, en outre, la mine de Guessiba dans d’excellentes conditions pour la maiq-d’œuvre, qui ne pourrait être très-élevée. En établissant un barrage sur le cours de l’Oued-Guessiba, on se procurerait l’eau nécessaire an lavage du minerai. Le minerai lavé serait exporté, comme celui de Sidna-Loucha, à l’usine qui élaborerait les minerais de Tenès et de Blidah.
- Il y a un filon de cuivre pyriteux près de la crête du Hamar-Ramadia, sur le versant 0. de cette montagne, à 8 kilomètres S. d’Arbal. Ce filon est situé à 5oo mètres environ à l’E. d’une petite source qui se montre dans le lit même du Chabbat-Kaddous. Il est coupé parle sentier arabe qui traverse le revers occidental du Hamar-Ramadia et qui conduit à cette source. Il est dirigé verticalement N. 115° E. m. Il se compose de pyrite de cuivre dissé-
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- minée dans une gangue de carbonate de chaux cristallisé en larges lames rhomboïdales de om,oi à om,02 de côté. Ce filon a om,3o d’épaisseur en moyenne; il affleure au jour sur une dizaine de mètres de long, sur les flancs abruptes du Hamar-Ramadia. À sa partie supérieure, il s’étrangle et se perd dans la roche encaissante; à sa partie inférieure, il présente une épaisseur de om,3o et se perd sous la terre végétale et les buissons qui la recouvrent. La pyrite de cuivre n’est pas en veines régulières et continues; elle forme des nids allongés de om,oi à om,02 d’épaisseur, qui se trouvent principalement sur l’une des salbandes du filon. La roche encaissante se compose essentiellement d’argiles schisteuses grises du terrain tertiaire moyen, contenant de loin en loin des bancs peu étendus de calcaire jaune ferrugineux et de calcaire noir compacte.
- L’affleurement du Hamar-Ramadia mérite de devenir l’objet de travaux de recherches, à cause de la valeur marchande du cuivre. 11 peut se faire que les travaux démontrent que ce filon s’enrichit en cuivre dans la profondeur et occupe souterrainement une assez grande étendue. Le chaînon qui renferme l’affleurement ayant les flancs très-abrupte s, il sera facile de reconnaître les allures du filon au moyen de quelques tranchées à ciel ouvert et d’une ou plusieurs galeries de niveau. Quand les ouvriers mineurs seront fixés en ce point, il peut se faire qu’en explorant le Tafaraoui et le Rou-Anech ils découvrent de nouveaux filons de pyrites cuivreuses.
- La ferme d’Arbal, située à 29 kilomètres de la ville d’Oran, à laquelle elle est reliée par une route carrossable, paraît devoir être le meilleur centre de rayonnement pour les courses d’exploration à entreprendre, et le point de ravitaillement obligé pour les mineurs qui s’établiraient sur le Hamar-Ramadia. Le pays à explorer est très-accidenté; il est couvert de broussailles dont les essences principales sont le lentisque, le chêne vert et le tuya. Les Arabes y mettent souvent le feu pour se procurer du bois sec.
- Les mineurs du Hamar-Ramadia trouveraient l’eau nécessaire à leurs besoins à l’Am-Kaddous. Cette source était très-peu abondante le i3 octobre 185o, sans doute à cause de la grande sécheresse des deux étés qui venaient de s’écouler; elle fournissait à peine un quart de litre par seconde. L’eau de cette source, qui a un goût ferrugineux très-prononcé, dépose de l’ocre jaune sur son parcours; elle sort par-dessous une couche de calcaire schisteux noirâtre qui présente un escarpement vertical de 4 mètres de hauteur.
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- Le poli de cette roche indique que cette cascade naturelle doit fonctionner pendant l’hiver. Aussi l’on aurait sans doute dans cette saison assez d’eau pour faire fonctionner une usine de préparation mécanique du minerai, si l'enrichissement en profondeur du gîte du Hamar-Ramadia exigeait la construction d’une usine semblable. Dans ce cas, la disposition du terrain permettrait de faire un bassin d’approvisionnement précédé d’un bassin d’épuration, et l’on se procurerait ensuite la force motrice nécessaire au moyen d’une chute qu’il serait facile de se ménager, aussi grande qu’on le voudrait. La rareté du combustible sur place forcerait d’expédier le minerai lavé à Oran.
- S XV. ARGENT.
- On assure, dans la subdivision de Tlemsen, qu’il y a une mine d’argent Prétendue
- J- J U mined argent
- dans les Traras, chez les Beni-Khaled, auprès de la rade d’Honaïn, près du dansus’irai'as,’ petit centre de population des Ouled-Salah. Dès qu’on a gravi la première de la rade d’Honaïn crête qui encaisse la rive gauche de l’Oued-Msab, on se trouve dans les argiles schisteuses grises qui recouvrent en stratification concordante les poudingues secondaires si répandus dans les environs d’Honaïn; on traverse ensuite un
- ravin sans nom qui se jette dans la mer, à l’O. de l’Oued-Msab, en coulant du S. au N., et l’on rencontre la prétendue mine sur le contre-fort qui forme la rive gauche de ce ravin, ainsi que l’indique la figure ci-jointe. Le minerai n’est autre chose que du stéaschiste argentin dont le talc se désagrégé facilement; il occupe une surface de i o mètres carrés seulement. L’éclat que jette le talc, et sa couleur argentine, ont fait croire aux Arabes que cette substance était du minerai d’argent; aussi le gîte est connu dans le pays sous le nom de El-Maaden-Mtaa-el-Fodda (la mine d’argent) ; mais jamais on n’y a fait de travaux. Le stéaschiste est entouré par la dolérite verte, qui forme, au milieu du terrain secondaire, un îlot de 1000 mètres de longueur. Cette dolérite est recouverte par des lambeaux épars de calcaire qui n’ont aucune
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- régularité. Ce calcaire se présente sous une foule d’aspects différents : tantôt il est blanc, saccharoïde; tantôt noir, semi-cristallin, bréchiforme; tantôt lie de vin, schisteux ou compacte; d’autres fois jaune et scoriacé : il est alors recouvert à la surface d’une croûte d’hydroxyde de fer d’un millimètre d’épaisseur. On en voit encore qui est désagrégé, à l’état de terre jaunâtre. Toutes les roches (calcaire, stéaschiste et dolérite) renferment des paillettes de fer oligiste micacé. A peu de distance de ce gîte de stéaschiste, les argiles secondaires renferment des veines de calcaire jaunâtre, ferrugineux, dont quelques échantillons nous ont été remis à Tlemsen, comme du minerai d’argent, par des juifs et un Espagnol associés ensemble pour la recherche de mines. Plusieurs personnes nous ayant affirmé que cet Espagnol avait extrait de l’argent de ce minerai, et qu’elles avaient vu le lingot d’argent qui en provenait, nous avons fait sur cette roche, à la pharmacie de l’hôpital militaire de Tlemsen, quelques essais qui nous ont convaincu de l’absence de l’argent. Ainsi, la matière pulvérisée ayant été mise en digestion avec l’ammoniaque, la liqueur filtrée n’a pas donné de précipité avec un excès d’acide chlorhydrique. En faisant bouillir avec de l’acide nitrique la substance pulvérisée, la liqueur filtrée n’a pas donné de précipité avec l’acide chlorhydrique. A la suite de ces essais négatifs, nous avons invité l’Espagnol à refondre devant nous une certaine quantité de matière pour en extraire de l’argent. L’Espagnol a nié alors qu’il eût jamais fait d’essais sur ce minerai; il ignorait, disait-il, s’il renfermait de l’argent. Aussi nous est-il démontré que cette affaire de mine d’argent n’est qu’une escroquerie de l’Espagnol, basée sur l’ignorance des Arabes et la cupidité des juifs qui lui servaient d’associés. •
- § XVI. MERCURE.
- 1
- Mine de mercure En mars 1847, 011 a découvert du mercure natif dans une carrière de
- s environs d’Arzen. _ f _
- pierre à bâtir située à 5o mètres à 1E. de l’enceinte de la ville d’Arzeu, et à 4oo mètres environ du rivage de la mer. L’extraction de la pierre portait sur un banc de calcaire fissuré, de formation tertiaire, affleurant à la surface du sol. Les vides laissés par la roche étaient remplis d’une terre argileuse rougeâtre, dans laquelle le mercure s’est présenté en globules métalliques. On assure qu’on a recueilli deux litres de ce métal, qui ont été transportés et
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- vendus à Oran. Le mercure s’est rencontré à om,3o ou om,4o de profondeur au-dessous du sol, sur un espace de 8 à 1 o mètres carrés seulement. On aura sans doute quelques éclaircissements sur l’origine de ce mercure par l’extrait suivant d’un manuscrit arabe contenant la description de l’Afrique et traduit par M. Quatremère. (L’ouvrage a été composé l’an 46o de l’hégire.)
- « A l’extrémité de la plaine de Sirab, sur le rivage de la mer, est situé « Arzaw, ville qui doit son origine aux Romains, et qui est actuellement « déserte. On y trouve de vastes monuments d’antiquité qui sont encore « debout et dont la magnificence frappe d’admiration tous ceux qui les voient.
- « Près d’Arzaw est une grande montagne sur laquelle sont situés trois châ-« teaux entourés de murs, et un monastère où l’on se rend en pèlerinage.
- « Cette montagne renferme une mine de fer et une de mercure. Lorsqu’on met « le feu à quelqu’un des arbres qui croissent sur ces roches, il s’en exhale « une odeur aromatique. »
- Il est probable, d’après cela, que le mercure métallique trouvé au port d’Arzeu provient d’un récipient qui aurait été renversé jadis à la surface du sol, et que ce mercure a été extrait de la mine citée par le géographe arabe. Cette mine, qui était exploitée il y a 773 ans, doit se trouver dans le massif de terrain secondaire compris entre Arzeu et la montagne des Lions.
- CHAPITRE III.
- RÉSUMÉ CONCERNANT LA PROVINCE D’ORAN.
- Pour qu’on puisse se faire une idée des ressources minérales que présente aujourd’hui la province d’Oran, nous terminerons par l’énumération de tous les gîtes qui ont été reconnus jusqu’à ce jour dans cette province.
- Il y a cinq gîtes d’albâtre calcaire sur la rive droite de Tisser, auprès du pont de la route d’Oran à Tlemsen. L’un de ces gîtes a été exploité anciennement. Tous ces gîtes pourront être utilisés pour la fabrication des objets d’ornements, tels que cheminées, consoles, lorsque la route d’Oran à Tlemsen sera terminée.
- Il y a des calcaires susceptibles d’être utilisés comme marbres aux environs de Djemma-Gazaouat (à Tient).
- »7-
- Albâtre calcaire,
- Marbres.
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- Calcaires hydrauliques. La croûte supérieure du terrain quaternaire fournit souvent, sur om, 10 à om, 2 o d’épaisseur, un calcaire hydraulique qui peut être utilisé dans les constructions locales.
- de co^sTruction. On trouve d’excellentes pierres de construction dans tous les terrains stratifiés.
- Le terrain quaternaire fournit des travertins qui sont excellents pour la construction des voûtes (Tlemsen, Sebdou, Mostaganem). Il donne aussi des grès que l’on emploie à Mostaganem dans les constructions, mais qui ont l’inconvénient d’être très-friables.
- Le terrain tertiaire supérieur fournit des calcaires blancs et des grès quartzeux qui sont excellents comme pierres d’appareil (Oran).
- Le terrain tertiaire moyen fournit des sables employés dans la fabrication des mortiers (Tlemsen).
- Le terrain jurassique fournit des calcaires et des grès excellents comme pierre de taille (Tlemsen).
- Argiles. On trouve des argiles à poterie à Oran, Arzeu, Mostaganem, dans le ter-
- rain quaternaire et le terrain tertiaire supérieur; à Tlemsen, dans le terrain tertiaire moyen. Les argiles d’Arzeu servent pour faire de la poterie fine.
- On a fait de la pouzzolane artificielle avec les argiles du Sig et de Tisser.
- Terre à porcelaine. Il y a un gîte considérable de terre à porcelaine sur les bords de TOued-Malah, à 8 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia. Une variété particulière de cette terre est employée par les Arabes comme pierre à savon.
- Pouzzolanes naturelles. Il y a un gîte considérable de pouzzolane auprès du village de Tient, à 6 kilomètres du rivage de la mer, au milieu du terrain basaltique de Djemma-Gazaouat.
- Il y a dans l’île de Rachgoun, en face de l’embouchure de la Tafna, un gîte de pouzzolane qui est exploité pour les constructions hydrauliques du port d’Oran.
- Il y a douze gîtes de pouzzolane sur les bords de la Tafna inférieure, près de son embouchure. Ces gîtes pourraient donner lieu à une exportation considérable. Quand la route de Tlemsen à l’embouchure de la Tafna sera exécutée, plusieurs de ces gîtes pourront être exploités pour les besoins de la subdivision de Tlemsen.
- Il y a neuf gîtes de pouzzolane auprès d’Aïn-Temouchen : le gîte du Dayat-Mtaa-Karkar pourra servir pour les besoins d’Aïn-Temouchen et
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- de Sidi-bel-Abbés. Les autres gîtes seront utilisés, si l’on exécute les projets de route qui relient Aïn-Temouchen à la vallée de la Tafna et à la mer.
- i° Il y a un gîte de plâtre àTeniet-el-Djips, à 5 kilomètres S. de Sebdou. Il a été exploité pour les besoins du poste de Sebdou.
- 2° Il y a un gîte de plâtre auprès du marabout de Sidi-Iahia, au pied du revers occidental du Gondiat-er-Resas. Ce gîte est inexploité.
- 3° Il y a un gîte de plâtre à 2 kilomètres N. du village de Tlata, dans les Beni-Senous.
- 4° Il y a un gîte de plâtre, au pied du Djebel-Mellaha, à 4 kilomètres N. E. du village de Tlata, dans les Beni-Senous.
- Ces deux derniers gîtes sont sans emploi.
- 5° Il y a un gîte considérable de plâtre sur les bords de l’Oued-Tallout, à 4 kilomètres S. O. de son confluent avec l’Oued-Isser, à 32 kilomètres E. de Tlemsen. Ce gîte de plâtre peut être exploité facilement pour les besoins de Tlemsen, où le prix de vente du quintal métrique de plâtre cuit serait aujourd’hui de 5 francs environ.
- 6° Il y a un gîte considérable de plâtre sur la rive droite de la Tafna, à 9 kilomètres de son embouchure. Ce gîte a élé exploité pour les besoins de Tlemsen, où le prix de vente du quintal métrique de plâtre cuit était de 12 à 13 francs.
- 7° Il y a un gîte de plâtre sur l’Oued-Zoudj-el-Hadjar, à 4 kilomètres E. du confluent de l’Oued-Lembaa et de la Tafna.
- 8° Il y a un gîte de plâtre au pied du revers S. E. du Djebel-Gouléah, à 55oo mètres E. du confluent de la Tafna et de l’Oued-Lembaa.
- 9° Il y a un gîte de plâtre au pied du revers S. E. du Djebel-Morro-Aïn, sur la rive gauche de l’Oued-Malah, à 11 kilomètres S. O. d’Aïn-Temouchen. Il est exploité pour les besoins d’Aïn-Temouchen.
- io° Il y a un gîte de plâtre à 12 kilomètres 0. S. 0. d’Aïn-Temouchen, sur les bords de l’Oued-Malah ; il est associé au sel gemme des Ouled-Guerab.
- 11° Il y a un gîte de plâtre auprès du marabout de Sidi-Amar-el-Aïat, à 4 kilomètres E. S. E. d’Aïn-Temouchen.
- 1 20 II y a un gîte de plâtre à 3 kilomètres N. E. de Sidi-hel-Abbès.
- i3° Il y a une zone gypseuse, de 8 kilomètres de long, sur le revers S. E. de la chaîne comprise entre le Djebel-Tessala et le Djebel-Tafaraoui, à 2 4 kilomètres de distance moyenne de Sidi-bel-Abbès. Cette zone est remar-
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE quable en ce quelle renferme à la fois du gypse, de la dolérite, des efflorescences de sel marin et des veinules de cuivre pyriteux et de cuivre oxydé noir.
- 14° H y a un gîte de plâtre sur la rive droite de l’Oued-Sarno, à 4 kilomètres N. de Sidi-bel-Abbès.
- 15° Il y a un gîte très-considérable de plâtre, associé à de la dolérite, sur les bords de l’Oued-Rhassoul, affluent du Sebkha d’Oran. Il est exploité pour les besoins de Sidi-bel-Abbès.
- 16° Il y a plusieurs gîtes voisins et très-considérables de plâtre sur le revers N. du Djebel-Tessala.
- 17° Il y a un gîte de plâtre associé à de la dolérite et à une source salée, à 5oo mètres E. de la ferme d’Arbal. Ce gîte a servi aux constructions de la ferme.
- 18° Il y a un gîte de plâtre situé à Mers-el-Kebir, à 3 kilomètres S. du rivage. C’est un gîte considérable qui a été exploité jadis pour les besoins de Mers-el-Kebir et d’Oran, mais qui est abandonné aujourd’hui.
- 19° Il y a un gîte considérable de plâtre sur le revers occidental de la montagne des Lions (Djebel-Kahar), à 12 kilomètres N. E. d’Oran. Ce gîte est exploité pour les besoins d’Oran et des environs.
- 2 0° Il y a un gîte de plâtre auprès de Christel, à 5oo mètres environ du rivage de la mer et à 22 kilomètres N. E. d’Oran. Ce gîte est exploité pour les besoins d’Oran.
- 2 i° Il y a un gîte de plâtre à 2Ôoo mètres N. E. de la ferme de Gues-siba et à 4 kilomètres 0. d’Arzeu. L’exploitation a été abandonnée par suite de la mauvaise qualité du plâtre.
- 220 II y a un gîte de plâtre à 2Ôoo mètres O. de l’embouchure de la Macta et à 12 kilomètres S. O. d’Arzeu.
- 2 3° Il y a un gîte de plâtre auprès d’Aïn-Stidia; il a été exploité pour les besoins de ce village.
- 2 4° Il y a deux gîtes de plâtre sur le Djebel-Dis, auprès du télégraphe des Hachem-Daro, à 2 kilomètres du rivage et à 7 kilomètres N. E. de Mos-taganem. Ces gîtes sont exploités pour les besoins de Mostaganem.
- 2 0° Il y a un gîte de plâtre auprès du télégraphe de Cheurfa, sur la rive gauche du Chelif, à 11 kilomètres du rivage de la mer. Il fournit de l’albâtre.
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- 26° Il y a une couche de plâtre qui s’étend entre les villages de la Senia, du Figuier et de Sidi-Chami, sous le sol de la plaine; elle a été exploitée pour les besoins de ces villages.
- 2 7° Il y a un gîte de plâtre à 2 kilomètres de l’extrémité N. E. de la saline d’Arzeu.
- 28° Il y a un gîte de plâtre à 3 kilomètres de l’extrémité N. E. de la saline d’Arzeu.
- 2 9° Il y a un gîte de plâtre auprès du marabout de Muley-Abd-el-Kader, à 5 kilomètres N. O. de l’extrémité S. O. de la saline d’Arzeu.
- 3o° Il y a une couche de plâtre à l’extrémité S. E. de la saline d’Arzeu.
- 310 II y a un gîte considérable de plâtre dans la forêt de Muley-Ismaël, à 24 kilomètres S. d’Arzeu.
- 3 2° Il y a un gîte de plâtre auprès du barrage de Saint-Denis-du-Sig, à 5o kilomètres S. E. d’Oran. Il est exploité pour les besoins de Saint-Denis.
- 33° Il y a un gîte de plâtre sur la rive gauche du Chelif, à 6 kilomètres E. du télégraphe de Bou-Kamel et à 29 kilomètres du rivage de la mer.
- 34° Il y a un gîte de plâtre sur la rive gauche du Chelif, à 3 kilomètres O. du télégraphe de Sidi-Brahim, et à 34 kilomètres du rivage de la mer.
- On connaît donc trente-quatre gîtes de plâtre.
- i° Il y a une mine de sel gemme sur les rives de l’Oued-Malah, à 1 2 kilomètres O. d’Aïn-Temouchen. Elle est exploitée par les Arabes de la tribu des Ouled-Guerab.
- 2°Le Rio-Salado (Oued-Maiah), à TE. d’Aïn-Temouchen, doit son nom à des infiltrations d’eau salée qui se trouvent à la partie supérieure de son cours.
- 3° Il y a des puits d’eau salée sur la rive droite de l’Oued-Tallout, à 32 kilomètres E. de Tlemsen. Cette eau est exploitée par les Arabes.
- 4° H y a une source salée et sulfureuse à la température de 3o degrés, à 8 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia. Cette eau est sans emploi.
- 5° Il y a une source salée à 5oo mètres à l’E. de la ferme*d’Arbal. Elle est exploitée pour les besoins de cette ferme.
- 6° Uy aune montagne de sel, Djebel-Malah, au sud des Chotts, par 33p 3o' de latitude. Les eaux qui en sortent contribuent à l’alimentation du Sebkha-Nahma. -
- Se! gemme et sources salées.
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- Salines naturelles. i° Le lac salé d’Arzeu est une saline naturelle située à 14 kilomètres S. du port d’Arzeu et à 45 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il renferme aujourd’hui i,3oo,ooo tonnes de sel marchand. Il reçoit annuellement une quantité de sel qui est au maximum de 3900 tonnes. Ce sel est apporté dans le lac par des eaux d’infiltration qui doivent leur salure au lavage des roches imprégnées de se], qui constituent le bassin hydrographique du lac. Cette saline est exploitée de temps immémorial; elle fournit annuellement environ 3000 tonnes de sel à l’exportation.
- 2° Le Sebkha d’Oran, ou lac du Camp-du-Figuier, est situé à 14 kilomètres S. d’Oran et à 80 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. En été, il se couvre d’une croûte de sel de quelques millimètres d’épaisseur et qui est inexploitable. Sur ses bords, la couche de sel est parfois plus épaisse et exploitable par suite d’une dépression accidentelle du sol. Il est entouré au S. par une ceinture de petits lacs qui renferment en été une nappe de sel de quelques centimètres d’épaisseur, exploitée par les Arabes et par quelques habitants d’Oran.
- Terrains salpêtres. Les Arabes obtiennent le salpêtre qu’ils emploient dans la fabrication de la poudre, en lessivant les matières terreuses calcaires qui forment le sol des grottes où ils abritent leurs troupeaux. Les grottes naturelles qui existent dans les dépôts de travertin sont les plus convenables pour cet objet.
- Les centres principaux de fabrication étaient jadis Tlemsen, Sebdou, Tefesrah, la plaine d’Egris.
- Sources minérales. 1 0 II y a sur la rive droite de la Tafna, à 6 kilomètres N. O. de Sebdou, deux sources minérales incrustantes, dont la température est de 25 degrés.
- 2° 11 y a une source minérale incrustante (Aïn-el-Hammam) sur la rive gauche de l’Oued-el-Hammam, à peu de distance de Bab-Mteurba, dans les Traras; sa température est de 2 5 degrés.
- 3° Il y a une source thermale incrustante (Hammam-sidi-Ghighr) sur la rive gauche de la Mouilah, à 4 kilomètres N. de Lalla-Maghrnia; sa température est de 34 degrés.
- 4° H y a une source thermale incrustante (Hammam-sidi-bel-Kheïr) sur la rive gauche de la Tafna, à 10 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia; sa température est de 36 degrés.
- 5° Il y a une source thermale (Hammam-bou-Gh’rara) sur la rive gauche de la Tafna, à 12 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia. Elle est utilisée par
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- les Arabes, qui viennent de fort loin pour s’y baigner ; sa température est de 48 degrés.
- 6° Il y a une source minérale incrustante (Aïn-Merdja) sur la rive gauche de la Tafna, à 5 kilomètres S. de l’embouchure de cette rivière. Elle sert de boisson habituelle aux Arabes; sa température est de 2 3 degrés et demi.
- 7° Il y a une source thermale incrustante (Hammam-sidi-Abdli) sur la rive gauche de Tisser, à 7 kilomètres E. du pont de la route d’Oran à Tlemsen. Elle est utilisée par les Arabes des environs ; sa température est de 38 degrés.
- 8° Il y a un groupe de sources thermales incrustantes et sulfureuses (Hammam-sidi-Aït) sur la rive droite de TOued-Soughaï, près de son confluent avec le Rio-Salado. La température de ces sources varie de 52 à 55 degrés.
- 90 II y a un groupe de sources thermales incrustantes et sulfureuses (Hammam-bou-Hadjar) à 2 kilomètres N. du Hammam-sidi-Aït et à 46 kilomètres S. O. d’Oran, auprès de l’extrémité S. O. du Sebkha d’Oran; leur température varie de 48 à 61 degrés.
- Les eaux du Hammam-sidi-Aït et du Hammam-bou-Hadjar sont utilisées par les Arabes à Tétât de boisson ordinaire et à Tétat de bains.
- 1 o° Il y a un groupe de sources thermales incrustantes à 2 o kilomètres S. 0. de Mascara, sur la rive gauche de TOued-el-Hammam; leur température est de 58 degrés.
- 11° Il y a une source thermale saline aux Bains-de-la-Reine, sur le bord de la mer, à 3 kilomètres 0. d’Oran; sa température est de 47° ôor. Cette source est fréquentée par les habitants d’Oran.
- 12011 y a une source minérale acidulée à 2 kilomètres N. E. d’Arcole et à 10 kilomètres N. E. d’Oran, au pied du revers occidental de la montagne des Lions; sa température est de 18 degrés. Les produits de cette source sont expédiés à Oran.
- 13° Il y a une source minérale incrustante (Aïn-el-Hammam) sur la rive droite de la Mekerra, chez les Ouled-sidi-Ali-ben-Joub. L’eau de cette source, dont la température est de 25 degrés, renferme principalement du carbonate de chaux.
- 14° Il y a une source minérale appelée Aïn-el-Hammam sur le revers N. E. du Tessala. L’eau de cette source, dont la température est de 16 degrés, est incrustante comme la précédente.
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- i° Il y a un gîte d’anthracite au pied du revers N. O. de la montagne des Lions, à i3 kilomètres N. E. d’Oran et sur le rivage de la mer. Ce gîte, qui a été exploré par 64 mètres courants de travaux de recherches exécutés en entier dans le charbon, est en ce moment l’objet d’un permis d’exploration. Il fournit de l’anthracite terreuse, de qualité médiocre.
- 2° Il y a un affleurement peu important de lignite dans la plaine de Terni, à îo kilomètres S. O. de Tlemsen.
- 3° Il y a un bassin carbonifère renfermant plusieurs couches de lignite, auprès d’Hadjar-Roum, sur les deux rives de Tisser, à 23 kilomètres E. de Tlemsen. Ce bassin est l’objet de travaux de recherches de la part de l’Etat.
- i° Il résulte des renseignements fournis par des Arabes de la subdivision de Tlemsen qu’il existe un gisement considérable de soufre à El-Morra, dans le Chott-el-Rharbi. H est exploité par les Arabes pour la fabrication de la poudre.
- 2° Il existe un gisement semblable de soufre auprès d’Ouchda, dans le Maroc.
- i° Il y a une mine de fer anciennement exploitée sous le village de Kolla, situé sur la rive gauche de l’Oued-Marsa, à 4 kilomètres S. E. de Djemma-Gazaouat.
- 2° Il y a une mine de fer anciennement exploitée auprès d’Aïn-Kebira, sur le revers N. du Djebel-Filhausen, à 5 kilomètres E. N. E. de Nedroma. Le minerai est un mélange de carbonate de fer, d’hydroxyde de fer et de peroxyde anhydre; il renferme 56,07 p. 0/0 de fer métallique.
- 3° Il y a des blocs roulés de peroxyde de fer anhydre à 3 kilomètres E. de Nedroma. Ce minerai provient d’un gîte qui se trouve vers le sommet du Djebel-Skhor; il renferme 65,3o p. 0/0 de fer métallique.
- 4° Il y a une mine de fer anciennement exploitée à Bab-Mteurba, auprès de la mosquée de Muley-Eddris, à 6 kilomètres S. de la rade d’Honaïn. Le minerai se compose d’hydrate de peroxyde de fer manganésifère, contenant 56,20 p. 0/0 de fer métallique.
- 5° Il y a un affleurement de minerai de fer à 6 kilomètres E. S. E. de la rade d’Honaïn, à la partie supérieure du cours de l’Oued-Rached, qui prend alors le nom de Oued-el-Merdja.
- 6° Il y a un gîte de minerai de fer sur la rive droite de TOued-el-Msah, à 800 mètres de son embouchure dans la rade d’Honaïn. Le minerai est un
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- hydrate de fermanganésifère assez pauvre, puisqu’il ne renferme que 24,43 p. o/o de fer métallique.
- 70 H y a sur la montagne de Tunt, dans la rade de Djemma-Gazaouat, des veines minces de fer oligiste micacé qui sont exploitées par les Arabes, comme koheul, pour teindre en noir les sourcils de leurs femmes. Ce gîte est très-peu important.
- 8° Il y a, sur la rive droite du Chabbat-Garoubat, affluent de la rive gauche de la Tafna, et à 8 kilomètres S. E. de l’embouchure de cette rivière, un affleurement d’hydroxyde de fer qui paraît assez riche.
- 9° Il y a un affleurement peu important d’hydroxyde de fer à 2 kilomètres E. de l’embouchure de l’Oued-Hamad et à 9 kilomètres E. de l’embouchure de la Tafna.
- io° Il y a une mine de fër anciennement exploitée chez les Ouled-sidi-el-Safi, à 9 kilomètres S. 0. du port de Camarata, qui est à l’embouchure de l’Oued-Aouaria. Le minerai se compose de peroxyde de fer anhydre, contenant 61,69 P- °/° de fer métallique.
- Les usines à fer qu’on pourrait construire aujourd’hui dans les Traras, pour tirer parti des gîtes qu’on vient de signaler, se trouveraient dans de très-mauvaises conditions, à cause de l’absence de routes et de combustibles, de l’insuffisance des cours d’eau et du peu de sécurité que présentent encore les Traras. Ce n’est que dans un avenir assez reculé, quand la colonisation aura fait des progrès dans la subdivision de Tlemsen, que l’on pourra tirer un parti avantageux des gîtes de minerai de fer qui sont le plus rapprochés du littoral.
- ii° Il y a un affleurement d’hydroxyde de fer auprès du télégraphe de Sidi-Daho, sur la route de Sidi-bel-Abbès à Tlemsen. Le minerai, qui est riche à 4o ou 5o p. 0/0 de fer, pourrait être utilisé sur place dans une petite forge arabe.
- 12° Il y a plusieurs gîtes voisins de minerais de fer sur le Djebel-Del-Doum, le Djebel-Argo-ben-Sor et le Djebel-Essa, à la partie supérieure du cours de Tisser. Ces gîtes sont, dit-on, fort importants.
- 13° Il y a un gîte considérable de minerai de fer sur le revers N. du Djebel-Aouaria, à 16 kilomètres N. 0. d’Aïn-Temouchen, et sur le bord de la mer. Le minerai est un mélange de peroxyde de fer anhydre et de peroxyde de fer hydraté. Il renferme 44,36 p. 0/0 de fer métallique.
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- i4° Il y a un gîte de carbonate de fer hydroxydé à 3oo mètres environ N. E. du gîte d’anthracite de la montagne des Lions et à i3 kil. N. E. d’Oran. C’est un minerai pauvre, qui renferme de 20 à 3o p. 0/0 de fer métallique.
- 15° Il y a un gîte sans importance de fer oligiste micacé à Aïn-Défla, à 2 kilomètres N. du village arabe de Christel.
- 1 6° Il y a un gîte assez important de fer oligiste micacé, fort riche, sur le revers N. duDjebel-Mansour, à 1000 mètres environ du rivage delà mer et à 1200 mètres S. O. du cap Ferrate.
- I 70 II y a deux filons de fer oligiste micacé auprès du cap Ferrate; ils fournissent un minerai très-riche, renfermant 65,5o p. 0/0 de fer métallique.
- Les gîtes de minerais de fer du Djebel-Mansour et du cap Ferrate méritent de devenir l’objet de travaux de recherches. Comme il n’y a sur place ni bois ni eau douce, les produits de ces gîtes pourraient être utilisés comme lest sur les navires qui s’en retourneraient à vide d’Oran. Ils seraient traités dans les usines voisines du littoral de la Méditerranée.
- 18° Il y a des filons de fer oligiste compacte et de baryte sulfatée entre Saïda et Tagdempt.
- II y a du minerai de manganèse aux environs du village de Tlata, sur le Djebel-Tassa, chez les Beni-Senous.
- i° Il y a une mine de plomb anciennement exploitée au Coudiat-er-Rassas, à 12 kilom. S. 0. de Sebdou. L’éloignement de la côte et l’absence de routes empêcheront sans doute de tirer un parti immédiat de cette mine.
- 20 II y a plusieurs gîtes de galène et un gîte de cuivre pyriteux sur le Djebel-Tassa, chez les Beni-Senous. Ces gîtes sont l’objet d’un permis d’exploration.
- 3° Il y a un gîte de cuivre anciennement exploité sur le Djebel-Mellaha, auprès du village de Tefesrah, chez les Beni-Senous. Les travaux sont complètement remblayés aujourd’hui. Le gîte ne paraît pas avoir beaucoup d’importance.
- 4° Il y a une mine de plomb argentifère anciennement exploitée, auprès du village de Rouban, chez les Beni-Senous, sur la frontière du Maroc. Elle est l’objet d’un permis d’exploration1. La mine contient aussi de la pyrite de cuivre ; les filons y présentent une puissance très-remarquable.
- 5° Il y a un filon de quartz cuprifère auprès de l’Oued-Habla, chez les Beni-Senous; il a été anciennement l’objet de quelques travaux de recherches.
- 1 La mine a été concédée depuis peu.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 141
- 6° Il y a une mine de plomb anciennement exploitée sur le Djebel-Djerf-el-Hamar, à i o kilomètres N. O. de Lalla-Maghrnia. Cette mine est en ce moment l’objet d’un permis d’exploration. Le fdon anciennement exploité présente de beaux échantillons de calamine (carbonate de zinc).
- 7° Il y a une mine de cuivre anciennement exploitée sur les bords de la mer, auprès du marabout de Sidna-Loucha, à 8 kilomètres E. N. E. de Djemma-Gazaouat. Cette mine est en ce moment l’objet d’une demande en permis d’exploration.
- 8° Il y a une mine de cuivre anciennement exploitée à î kilomètre N. 0. de la ferme de Guessiba et à 8 kilomètres 0. du port d’Arzeu. Cette mine a été l’objet d’un permis d’exploration.
- 9° Il y a un filon de pyrite de cuivre sur le Hamar-Ramadia, à 8 kilomètres S. d’Arbal. Ce filon mérite de devenir l’objet de quelques travaux de recherches.
- On a prétendu qu’il y avait une mine d’argent dans les Traras, auprès de la rade d’Honaïn. Les Arabes ont pris pour du minerai d’argent du stéa-schiste d’un éclat argentin.
- Il y a une mine de mercure qui était exploitée, il y a 778 ans, dans le massif du terrain secondaire compris entre Arzeu et la montagne des Lions. On ignore encore la situation de cette mine.
- On voit, par ce qui précède, que la province d’Oran présente beaucoup de richesses minérales. Comme on n’a exploré encore qu’une partie de cette province, il est permis d’augurer favoraolement des recherches à venir.
- CHAPITRE IV.
- ÉTUDES GÉOLOGIQUES SUR LA PROVINCE D’ALGER.
- Il existe, dans la province d’Alger, des terrains d’origine sédimentaire et des terrains d’origine ignée. Ces derniers sont en général très-peu développés, et, de même que dans la province d’Oran, ils ne forment que des îles très-circonscrites au milieu des autres terrains qu’ils ont soulevés.
- Les terrains d’origine sédimentaire reconnus jusqu’à ce jour sont : i° Le terrain de transition;
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- 142 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- 2° Le terrain jurassique ;
- 3° Le terrain crétacé inférieur;
- 4° Le terrain nummulitique;
- 5° Le terrain tertiaire moyen ;
- 6° Le terrain tertiaire supérieur;
- 7° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 8° Le terrain alluvien.
- Terrain Le terrain de transition constitue le massif de la Bouzaréah, aux environs
- de transition. d’Alger. On n’y a pas encore découvert de fossiles. Aussi n’assignera-t-on pas la place réelle qu’il occupe dans la série des terrains de transition.
- Terrain jurassique Le terrain jurassique paraît avoir acquis un assez grand développement
- dans la province d’Alger. Cependant il est difficile aujourd’hui d’assigner exactement les limites de ce terrain, à cause de la rareté des fossiles dans les terrains secondaires de cette province. Tous ces terrains offrent des caractères minéralogiques semblables; ils se composent de marnes schisteuses grises, de calcaires gris, compactes, très-durs, et de quartzites gris, généralement très-durs. Ces diverses couches ont été violemment bouleversées, ce qui, joint à la rareté des fossiles, en rend l’étude très-difficile. M. l’ingénieur Flajolot a trouvé, dans l’Ouarencenis, une huître voisine des ostrea arcuata et cymbium, sans qu’il soit possible de préciser exactement à laquelle des deux espèces on doit la rapporter, mais qui, d’après M. Bayle, indique la partie inférieure du terrain jurassique. On nous a remis un exemplaire d’ammonites plicatilis (Sowerby), fossile de l’étage oolitique moyen et qu’on nous a dit provenir des sommités de l’Ouarencenis. Ce massif montagneux, qui occupe une vaste surface dans la subdivision d’Orléansville, ne nous a présenté aucun fossile dans la partie que nous avons étudiée.
- Le massif secondaire de Tenès est complètement isolé au milieu des terrains tertiaires et n’a fourni jusqu’à ce jour aucun fossile. Quoique les caractères minéralogiques soient les mêmes que ceux du massif de l’Ouarencenis, on ne peut encore assigner d’une manière définitive l’âge du massif secondaire de Tenès.
- Terrain crétacé Le terrain crétacé inférieur présente les mêmes caractères minéralogiques que le terrain jurassique, et paraît occuper une étendue plus considérable dans la province d’Alger. On y a trouvé les fossiles suivants, caractéristiques de la période crétacée inférieure :
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 143
- NOMS DES FOSSILES. AUTEUR. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Ammonites mamillatus Sckoltheim Ganlt Djebel Loba , aux environs
- de Medéah.
- candollianus.. . . Pictet Idem Idem.
- Ostrea dicliotoma Bayle Craie cliloritée Soumah.
- Hippurites. Idem. . . Idem Mouzaïa-les-Mines Indéterminé.
- Rplpmm tn« Tdpm Tdp.m
- Idem Idem Sour-Ghozlan, à 120 kil. S. Idem.
- d’Alger.
- Terebraf.nîa. ... Tdflm fAayn ïrlp.m Idem
- (ralerif.es r.nst.nnen T.üm.'irrîr TA,™
- Holaster. TA„rr. Idem Idem.
- Ammonites Fourneli Tleshnyes. . . Auprès du rocher de sel,
- sur la route de Boghar
- à El-Agouat.
- Beiemnites semicanalicuîatus Blainville TAnm Idem.
- Hemiaster F ourneli Deshayes Idem Idem.
- On a trouvé quelques débris de calcaire très-compacte, renfermant de Terrain nummulitiipie petites nummulites, au-dessus des carrières de Ferouka, à 6 kilomètres E. de Blidah; nous ne citerons ce terrain que pour mémoire, parce qu’il n’a pu être encore étudié avec soin dans la province d’Alger1.
- Le terrain tertiaire moyen est très-développé dans la province d’Alger ; il Terrain tertiaire
- moyen.
- a été observé à Orléansville, Milianah, Tenès, Mouzaïa, Aumale et la partie méridionale de la plaine de la Metidja. Son étude présente un grand intérêt au point de vue industriel, parce que ce terrain renferme les principaux filons métallifères delà province. Ainsi, presque tous les affleurements des beaux filons cuprifères de Tenès se trouvent dans le terrain tertiaire moyen.
- A Milianah et à Mouzaïa, les affleurements métallifères se montrent à la fois dans le terrain tertiaire moyen et dans le terrain crétacé inférieur.
- Le terrain tertiaire moyen a été fortement bouleversé dans la province d’Alger parles révolutions géologiques; et c’est sans doute ce qui explique la présence des filons métallifères au milieu de ce terrain. Il a un faciès qui diffère en général beaucoup de celui des terrains secondaires : il commence d’ordinaire par une assise inférieure de poudingues, au-dessus de laquelle vient une grande assise de marnes grises, recouvertes parfois par une assise de calcaires plus ou moins sableux, jaunâtres. On fera connaître ce terrain avec plus de détails dans les chapitres suivants.
- 1 Pendant les explorations que nous avons faites en i856 et 1857 dans l’E. de la province d’Alger, nous avons reconnu que le terrain nummulitique était très-développé dans le massif du Bouzegza et dans la chaîne du Jurjura.
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- \kk
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Voici la liste des fossiles qui ont été recueillis dans les diverses localités énumérées plus haut.
- NOMS DES FOSSILES.
- AUTEUR.
- Stromhus Bonellii...........
- Ostrcu tegulata.............
- Pecten burdigalensis........
- ------benedictus............
- Pectunculus pilosus.........
- -----------iDsubricus.......
- Cardita Jouanneti...........
- Gardium burdigalinum........
- ------cchinatum.............
- Venus vetula................
- ------Brocchii..............
- ------umbonaria.............
- ------islandicoïdes.........
- -------- allinis............
- Corbula striata.............
- Lulraria elliplica..........
- Desbayes Munster . Lamarck. Idem . . . , Linné... Brocchi. , Basterot .
- Linné......
- Basterot.. . . Deshayes. . . Lamarck . . .
- Idem.......
- Idem.......
- Walkcr. . . . Roissy.....
- ÉTAGE GÉOLOGIQUE.
- LOCALITÉS.
- Molasse (terr. tertr0 moyen)
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem.,................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Idem..................
- Environs d'Orléansville. Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem,
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- OBSERVATIONS.
- Ostrea crassissima
- Lamarck
- Idem
- Pecten burdigalensis.. . Operculina complanata Clypeaster marginatus, Débris d'ossements. . . .
- Idem . . Idem . . Agassiz
- Idem,
- Idem.
- Idem.
- Idem
- Oued-Isly, à i5 kil. O.
- d’Orléansville.
- Idem.
- Idem.
- Idem,
- Idem.
- Ostrea tegulata
- Munster
- Idem
- undata Lamarck.
- Deshayesi Mayer. . .
- Area helvetica ïdp.m
- Pectunculus insuhricus Brocchi. .
- Cardium echinatum Linné . ...
- Venus Brocchii Deshayes.
- vetula Basterot .
- Lutraria eüiptica Roissy. . . .
- Balanus sulcatus Bruguières
- Conoclypeus plagiosomus.. . Agassiz. ..
- Idem
- Idem
- Idem
- Idem,
- Idem,
- Idem,
- Idem,
- Idem.
- Idem,
- Idem,
- Oued-Fodda , à 3o kil. E.
- d’Orléansville.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem,
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Geritium crassum •. . . Ostrea crassissima . . .
- ------Boblayei.......
- Pecten latissimus. . . . Clypeaster marginatus
- Dujardin Lamarck, Deshayeâ, Broccbi. Agassiz .
- Idem
- Idem
- Idem
- Idem
- Idem
- Tenès Idem. Idem. Idem. Idem,
- Turritelîa turris. . . Conus tarbellianus. Ostrea tegulata.. . .
- ______. crassissima .
- ______Boblayei ...
- Anomia epbippium. Spondyîus taurinus. Pinna Brocchii.. . . Gardium bians. .. .
- Venus Brochii......
- ------islandicoïdes
- Basterot.. GrateJoup Munster.. Lamarck . Deshayes. Linné ... Michelolti D’Orbigny Lamarck. Deshayes. Lamarck.
- Idem
- Idem.
- Idem,
- Idem.
- idem,
- Idem,
- Idem,
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem,
- Environs de Milianah, Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem.
- Idem,
- Idem.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 145
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Panopæa Mcnardi Dpslmyp* Molasse (terr. tertrc moyen) Environs de Milianali.
- Tererlo nnvnîi.s Idem Idem.
- Tnrritrdln ra ihpdrpli* . Rrnn grn 1 .vrf Idem. Mouzaïa-les-Mincs
- Oslrea crnssissima T.nmn rrlr Idem. Idem.
- Rnldaypi Idem Idem.
- Pecten palmatus T.nmm'rlr Idem Idem.
- Wpfti Idem,
- “hurdig'nlrm.sis T ,nm^ |*r»lr Idem Idem.
- Mytiîus Id.e.m Idem . . . / Espèce nouvelle.
- Venus umbonaria. T,am nrrlr Idem Idem.
- Panopæa Menardi......... Dpsh ny p« Idem Idem.
- Balanus sulcatus Rrncrn iptps Idem Idem.
- Conoclypeus plagiosomus.. . AtrassÎ7. Idem.. Idem,
- Clypeaster scutellatus. ..... TVTnrrpl dn .Sprrpç Idem Idem.
- Eupatagus elongatus Agassiz Idem Idem.
- Turrilella biplicata Rrnnn ... Idem Gorges de l’Harrach.
- Conus Mercati Rrnorbi . . . Idem. » Idem.
- Cassis saburon r.iimn .... Idem. Idem.
- Voluta Idem Idem
- Ostrea crassissima undata Lamarck T/lr>r*y [demi. Idem. îd.em,
- Lucina colombella Tdem Idem. , Idem.
- Tellina planata T.mnp Idem Idem.
- Panopæa Menardi Rodli oyo« Idem . . . Idem.
- Balanus sulcatus Rrn jjm ptips Idem ... Idem.
- Turrilella triplicata ....... Rrnrrbi Id.em. F.l-AfTrnnn.
- Ostrea craisissima ........ T.nmarplr Idem . .. Idem.
- Pecten scabrellus Idem Idem Sour-Ghozlàn , à îookil.
- d’Alger.
- It1nrr\ Idem •
- Le terrain tertiaire supérieur se présente principalement dans le Sahel d’Alger, sur le bord de la mer, entre le Djebel-Chenouah et l'embouchure de rOued-Hamiz. A sa base, on trouve une épaisse formation de marnes argileuses grises, et, à sa partie supérieure, une série de couches calcaires plus ou moins sableuses, d’un blanc jaunâtre L
- Voici la liste des fossiles qui ont été recueillis à Douerah, sur les bords du Masafran, sur les bords de l’Oued-Nador, au col de Sidî-Moussa et sur le Djebel-Chenouah. Nous les réunissons dans une même faune, parce qu’il y a continuité d’un bout à l’autre dans les couches tertiaires qui constituent le Sahel des environs d’Alger.
- 1 M. le garde-mines Badynski, en résidence à Tenès, a reconnu récemment l’existence du terrain tertiaire supérieur entre Tenès et Orléansville.
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- NOTICE MINERALOGIQUE
- H6
- NOMS DES FOSSILES.
- AUTEUR.
- ÉTAGE GÉOLOGIQUE.
- LOCALITÉS.
- OBSERVATIONS.
- Turbo rugosus.........
- Solarium simplex......
- Solarium..............
- Turritella Broccliii... .
- ________ communis. .
- _________ vermicularis
- Linné
- Bronn
- Risso.. Brocchi
- triplicata. . biplicata.. . subangulata Archîmedis.
- Idem......
- Bronn.... Broccbi, . . Brongniart
- ________ turris............
- Scalaria pseudoscalaris....
- Vermetus intortus......
- ________ arenarius.........
- Murex horridus.............
- ______saxalilis. ..........
- ______brandaris............
- _____ conglobatus..........
- _____ spinicosta ..........
- Fusus fimbriatus...........
- -----clavatus..............
- _____ longirostris.........
- _____corneus...............
- Pleurotoma dimidiata.......
- -----------Lamarckii.......
- ___________cataphracta, . . .
- ___________turricula.......
- ___________vulgatissima . . .
- ___________interrupta......
- ___________ intorta........
- ___________ramosa..........
- ___________intermedia......
- Pyrula geometra............
- Ranellareticnlaris.........
- ______lævigata.............
- Tritonium apenninicum... .
- __________ corrugatum......
- Ceritium vulgatum.. .......
- Niso terebellum............
- Colombella nassoïdes ......
- Colombella subulata........
- Buccinum clatbratum........
- _________conglobatum.......
- __________ prismaticum . . . .
- _________ semistriatum....
- __________ mutabile........
- __________polygonum........
- __________serratum.........
- _________ obliquatum.......
- Nassa Bonelli..............
- Cancellaria varicosa.......
- Cancellaria cancellata.....
- Ringicula buccinea.........
- Basterot.. . Brocchi. . , Linné . . . .
- Idem......
- Idem......
- Idem......
- Idem . . .. . Michelolti Bronn Brocchi. . .
- Idem......
- Idem
- Linné.
- Bellardi.. Idem .... Brocchi. . Gratoloup Brocchi..
- Basterot . Bronn, . . Sismonda
- Martine. . .
- Sacy......
- Linné . . . . Brugnières Lamarck.. Bellardi.. . Idem . , . . . Brocchi. . . Idem . ... . Idem......
- Brocchi. Idem . .. Idem . .. Bellardi
- Linné . Brocchi
- s .
- Terrain terliairesupérieur Douerah, Sidi-Moussa,
- Idem. Sidi-Moussa.
- Idem Espèce nouvelle.
- Idem Oued-Nador.
- Idem Douerah, Oued-Nador.
- ïdem Oued-Nador, Oued-Maza-
- Jran.
- Idem Oued-Nador.
- Idem Idem.
- Idem „ Oued-Mazafran.
- Idem Oued-Nador, Oued-Che-
- nouah.
- Idem.
- Idem Douerah.
- Idem Sidi-Moussa.
- Idem Douerah.
- Idem Sidi-Moussa.
- Idem, Oued-Nador.
- Idem Douerah.
- Idem. Oued-Nador.
- Idem Idem.
- Idem. Douerah.
- Idem Oued-Nador.
- Idem., Douerah, Mazafran.
- Idem.. Oued-Nador.
- Idem Sidi-Moussa.
- Idem . , Mazafran , Douerah.
- Idem Oued-Nador, Douerah.
- Idem . , Idem.
- Idem Oued-Nador.
- Idem,» , Idem,
- Idem, Idem.
- Idem Idem.
- Idem Idemm
- Idem Sidi-Moussa,
- Idem,
- Idem Oued-Nador.
- Idem Idem.
- Idem. Idem.
- Idem Oued-Mazafran.
- Idem Oued-Nador.
- Idem Oued-Mazafran.
- Idem Oued-Nador.
- Idem Sidi-Moussa, Douerah.
- Idem Oued-Nador.
- Idem Oued-Nador, Douerah.
- Idem Oued-Mazafran.
- Idem, Douerah.
- Idem Chenouah, Oued-Nador.
- Idem Oued-Mazafran.
- Idem Oued-Nador.
- Idem Douerah.
- Idem.. Sidi-Moussa.
- Idem.. Idem.
- Idem Oued-Nador, Oued-Maza-
- fran.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 147
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Conus striatus.» ... * Rrnrrli t . . . .
- inrrimla Idem Idem . . , .
- rnp.rlif.p.rrnnons Bruguières Idem. Sirli-lVJfliissfl
- antodiluvianus Bruguières ...... Idem Idem,
- striatus Tdam. . DitPrl-Nad np,
- Cassis saburon Linné Idem Idem •
- variabilis Bellardi.. Idem Sidi-Moussa.
- Cbænopus pes graculi...... Bronn Idem OiiPfl-Nadnf
- pps pelir.nni Brocchi Idem Sidi-Moussa.
- Mitra striatula Idem . Td.e m.. . .
- scrobiculata ........ Idem Idem. .... Idem •
- pvramidfdln Idem Idem Donerah
- flt 1 J Voluta Lamberti Sowerbv Idem Idem,
- Natica helicina Brocchi Idem OîlP.rl-Nnrlnr3 Mn^nfran
- millp.pnnr.tatn Lamarck Idem
- rrassn NY8t Idem Dnnpr^h
- Crepidula unguiformis Lamarck Idem Oued-Nador.
- Calyptrea chinesis. ... .... Linné Idem T'ïonfiFflh,
- Fissureîla cancelîata Lister Idem Oued-Nador. '
- .snxancrulnris Idem
- Ostrea foliacea Brocchi Idem Oued-Nador
- r.nrhlenr . . . . T Poli Idem DonpraVq Onp/l-lVIn7»frn n
- Alger.
- Anomia ephippium Linné Idem OllP.fl -l\Ta7afrnn i Onprl-
- Nador, Douerah.
- Pecten jacobæus ' Lamarck. Idem Oued-Nador, Crescia ,
- Douerah.
- onercularis Linné Idem Douerah.
- scabrellus Lamarck Tdem Douerah, Oued-Mazafran,
- Sidi-Moussa.
- , flahelliformis Brocchi Idem . Oued-Mazafran.
- _ vartns. , . . t Linné Idem Douerah , Ouerl-Nndnr
- crin tains , , , . Bronn Idem Idem,
- pnsio Linné Idem Douerah.
- pnlymnrphns , Bronn, . Jd om Oued-Nador.
- Hinnites crispus Brocchi Idem,
- Pectuuculus insubricus Idem ïdo ru Douerah,
- inflnf.us Idem , j . . . . Tdnm , Idem,
- pilnfins Linné Tdem Douerah, Kouba.
- Area diluvii Lamarck Tdem Dnnerah } Oued -Nadnrj
- Mazafran.
- pectinata Brocchi. Idem Oued-Nador.
- my tiloïdes Idem Tdem Sidi-M
- Nucula piacentina.. , . Lamarck ........ Tdem Oued-Mazafran, Oued-
- Nador, Douerah.
- nucléus Linné Tdem Douorah.
- nitifla Brocchi......... Idem. . Oued-Mazafran.
- m i n n 1 a Idem Tdem Douerah.
- Modiola cerica Bronn Tdem Idem,
- snbcnrinnta Lamarck Tdem Dmiprah } Onpd-Na/lnr
- Pinna Broccliii D’Orbigny Tdem . Oued-Nador.
- Cama gryphoïdes. ........ Brocchi Tdem Oued-Nador, Douerah.
- Cardita intermedia Idem Idem Idem. .
- autiquata Linné Idem Oued-Nador.
- rbnmbnïdpa Brocchi Idem Douerah. * :
- Isocardia cor. . . . . » Linné Idem Oued-Nador, Douerah.
- J9-
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- 148
- NOTICE MINERALOGIQUE
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Ast.nrf.fi inc.rassala Rrorcbi......... Xprrfiin lojqmirp ^iippripiir
- Cardium' echinatum Linné Tdpm Ouprl-jy^d^r.
- r.vprium Brocchi Tdpm. .... TTnnprp b ,
- j i binns Idem Tdpm Onprî-ÏVndni'
- Lucina Bronnii Maver ïdpm flnprb'VîflTfifYqvi .
- Venus raullilamella. T.amarrlc Tdpm Donprnh j Onprl.]VJpdnp(
- . .. nmhrmaria . . Idem Td.p.m On - iy n d <T.
- Bror.r.liii T'Jpfcbnyps îdo m
- fran.
- _ rnfnpnx Dujardin . . Tdpm Si ri i-iVTnn
- Tellina elliptica Rrnerh î. Tdpm ... Or^pd-iy n d or.
- Mactra triangula Idem. Idem ....... Kouba.
- Corbula striata Walker Tdpm ... iSidi-Mnuvsn , Dnnprab ; *
- Mazafran.
- Psammobia incarnata Linné T d p. m Oued-Nador.
- Solen marginatus Pulteny Tdpm ..... Kouba.
- Solecurtus coarctatus Broccbi Tdpm Douerah , Oued*Nador
- Panonæa Fauiasii Ménard Tdpm Kouba.
- 1 J Terebratula grandis....... Blumcnbach Tdpm ...... ... Oued-Nador, Douerah.
- Balauus tintiunabulum . . . Linné Tdpm Douerah.
- snlrntiis Bruguières Tdpm Oiip.d-Nadorj Bnnernh.
- Ceratotroehus duodecimcos- Milne-Edwards. . . Idem Oued-Mazafran , Doue-
- tatus. rail, Sidi-Moussa.
- Flabellum avicula......... Mir.bfilin Tdpm . . Idem.
- MicVip.lini .... Hoime et Milne- Idem. Idem.
- Edwards
- Cellopora suporgiaua Idem Idem.
- Lunuiites conica Defrance. Idem Idem.
- Nombre total des especes
- Le terrain tertiaire supérieur paraît exister en quelques points de la lisière sud de la plaine de la Metidja; à Amroussa, entre Blidah et l’Oued-Harrach, on a trouvé les fossiles suivants :
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Dentalium entaiis Linné. Terrain tertiaire supérieur Amroussa. Valve supérieure.
- Pecteu jacobæus Linné Idem Idem.
- Entre Orléansville et Tenès, le terrain tertiaire supérieur se trouve au-dessus du terrain tertiaire moyen; il est caractérisé par les fossiles dénommés dans le tableau suivant :
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 149
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Turritella subangulata Brocchi Terrain tertiaire supérr.. Rive droite du Cfaelif, au
- nord d’OHéansvilIe.
- Buccinum ascaniax Bruguières Idem Idem.
- pnsmatirnm,. . . , Rrnrrh i ïd.p.m Idem.
- rrçii(pTw}p Linné . Idem Idem.
- «Amiatriatnm Rror.rhi Idem
- Natira lifdirina Idem
- Na tira Espèce nouvelle.
- Dentalium SRTan^nlnm frmolin Idem
- Vpti 11 s gallinn ïilnm Idem»
- Ccrliula striata Walker Idem Idem,
- Le terrain tertiaire supérieur existe le long de la rive droite du Chelif* entre Orléansville et l’embouchure de cette rivière; auprès du télégraphe des Beni-Zeroual, il est caractérisé par les fossiles suivants :
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS.
- Turdtalltt vor mi ml ans . . Rrnrrh i Terrain tertiairesupérieur Idem Télégr. des Beni-Zeroual. Idem. Idem. Idem. Idem. Idem. Idem. Idem.
- AflUfio fnl'rtsa
- Pecten flabelliformis.. ....
- T
- T .a m a Idem,
- 14 |>ra /RIn\»!i ... Idem
- ♦ nrrmirn Dujardin . . . Idem
- T.nmaTrlr
- On voit, par ce qui précède, que les espèces fossiles de la province d’Alger se retrouvent presque toutes en Europe, dans les terrains du même âge. Ainsi, le terrain tertiaire supérieur du Sahel d’Alger a fourni 127 espèces fossiles, qui, à l’exception d’une seule espèce nouvelle de solarium, sont toutes connues dans divers terrains tertiaires de l’Europe. Quelques-unes de ces espèces, en petit nombre il est vrai, sont communes aux terrains tertiaires moyen et supérieur de la province. Telles sont les suivantes : tarritella turris, anomia ephippium, venus Brocchii, pecten scabrellas, cardium hians, corbuîa striata, balanus salcatas. Gela prouve qu’on ne doit déterminer l’âge de ces terrains que par l’ensemble d’une faune, et non par la présence d’un seul fossile.
- On remarquera que, dans le terrain tertiaire supérieur de la province, les univalves sont très-communs, tandis qu’au contraire ils sont fort rares dans les terrains tertiaires moyens de cette province.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE mi., quaicniaii-e Le terrain quaternaire ou diluvien se présente dans la province d’Alger, le long du littoral et dans l’intérieur des terres; il recouvre, sur une épaisseur inconnue, le sol des vastes plaines de la Metidja, d’Orléansville, de Milianah. A Tenès, sur le bord de la mer, il a une épaisseur de 8 à 10 mètres; il se compose, à sa base, d’un poudingue grossier marin, et, à sa partie supérieure, de grès calcaire passant parfois à l’état de calcaire d’eau douce. On a recueilli dans ce terrain les fossiles suivants :
- NOMS DES FOSSILES. AUTEURS. ÉTAGE GÉOLOGIQUE. LOCALITÉS. OBSERVATIONS. .
- Hélix Terrain quaternaire Jdp.m Tenès Indéterminé.
- Pat.fiHa viiltratn T Idem,
- Pccten scabrellus , . Lnmarck Idem. Idem.
- Cardium eclnnatuni, Idem Idem.
- Trous de coquilles perforantes. Idem ïdp.m Indéterminé.
- Le même terrain se retrouve sur le bord de la mer, aux environs d’Alger; il renferme des hélix en grand nombre auprès de Fouka.
- Le terrain alluvien se présente dans toutes les vallées et donne d’excellentes terres végétales. On y trouve des hélix, desbulimes, et des cyclostomes identiques à ceux qui vivent de nos jours.
- On a trouvé une énorme vertèbre cetvicale de baleine dans les aliuvions de l’Oued-Djer, à peu de distance des sources thermales de Hammam-Rhira. Le trou de la moelle épinière a la forme d’une ellipse dont le grand axe a 2 2e,5o de longueur, et le petit axe î 2e,5o. La distance qui sépare les extrémités libres des deux apophyses transverses est de 70 centimètres. La distance qui sépare l’extrémité de l’apophyse épineuse du bord libre du corps de la vertèbre est de 76 centimètres. Cette vertèbre est multiple et provient de la soudure des cinq dernières vertèbres cervicales de la baleine. Elle aura sans doute été mise à découvert et entraînée dans le fond de la vallée par suite d’un violent orage d’hiver.
- Il y a des fiions de granité au milieu du massif de transition de la Bouzaréah.
- On a signalé des îlots de terrain primitif dans les montagnes de la Kabylie. Ces terrains ont encore été peu explorés parles géologues b
- 1 Nous les avons explorés récemment pendant l’expédition delà Kabylie, commandée en 1857 par Son Exc. M. le maréchal Randon. C’est ce qui nous a permis d’en tracer les limites sur les cartes jointes au présent mémoire.
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- Les terrains d’origine éruptive, tels que porphyres, trachytes, basaltes, diorites, se présentent fréquemment dans la province d’Alger, Sur tout le pourtour de la plaine de la Metidja, on remarque de nombreux îlots de roches d’origine volcanique.
- Cinq districts métallifères principaux ont été étudiés jusqu’à ce jour dans la province d’Alger. Ce sont les districts d’Alger, de Blidah, de Milianah, d’Orléansville et de Tenès.
- On va consacrer un chapitre particulier à la description à la fois géologique et industrielle de chacun de ces districts.
- CHAPITRE V.
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE D’ALGER.
- On a reconnu dans les environs d’Alger les terrains suivants :
- i° Le terrain granitique;
- 2° Le terrain de transition;
- 3° Le terrain tertiaire supérieur;
- 4° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 5° Le terrain alluvien.
- Nous n’entrerons dans aucun détail sur la constitution géologique de ces terrains, qui ont été déjà l’objet de diverses publications.
- Le terrain de transition des environs d’Alger renferme plusieurs gîtes métallifères qui sont encore dans l’état dans lequel nous les avons décrits dans notre mémoire intitulé : Recherches sur les roches, les eaux et les gîtes minéraux des provinces d’Oran et d’Alger. Aussi nous ne dirons que peu de mots sur chacun de ces gîtes.
- Il y a, sur la Bouzaréah, quelques rognons sans importance d’bydroxyde Miserai <le 1er
- de fer et de fer oxydé magnétique.
- Il y a, à trois kilomètres ouest d’Alger, un gîte de manganèse oxydé noir, Minerai je mangues, qui est associé à une gangue quartzeuse très-abondante et qui contient de petites veines de manganèse silicaté.
- Il y a, à six kilomètres ouest d’Alger, sur la Bouzaréah, un gîte assez Miner» de piomi. pauvre de minerai de plomb. Ce minerai consiste en galène disséminée
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- dans une gangue de quartz hyalin blanc, intercalé dans le calcaire de transition.
- Minerai^do pio.nh II y a un gîte assez remarquable de minerai de plomb auprès de la pointe pomte Peseade. pescade, à 6 kilomètres N. O. d’Alger. Ce gîte se compose de veines et nids de galène argentifère dont l’épaisseur atteint parfois om,2 4, disséminés irrégulièrement dans des veines de quartz blanc hyalin, qui s’anastomosent fréquemment entre elles, et se ramifient dans les couches de calcaire de transition de la Bouzaréah, à peu près parallèlement au sens de la stratification des couches.
- Ce gîte peut devenir l’objet d’un permis de recherches.
- Minerai de cuivre Il y a un affleurement assez pauvre de minerai de cuivre carbonaté auprès
- des environs d’Alger, * X 1
- de la porte du Sahel.
- Tous les gîtes énumérés ci-dessus sont très-peu importants, à l’exception du gîte de plomb de la pointe Pescade.
- CHAPITRE VI.
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE DE BLIDAH.
- Le district métallifère de Blidah présente les terrains suivants :
- i° Le terrain crétacé inférieur;
- 2° Le terrain tertiaire moyen;
- 3° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 4° Le terrain alluvien;
- 5° Des roches d’origine éruptive.
- On a fait connaître, dans le chapitre îv, les fossiles des terrains crétacé et tertiaire de ce district. Les roches d’origine éruptive sont des diorites qu’on trouve sur l’un des points culminants du massif des Mouzaïas ; elles sont associées à des dolomies jaunâtres et cristallines.
- Le district de Blidah renferme plusieurs gîtes métallifères dont les uns sont concédés, et dont les autres ont donné lieu seulement à des travaux de recherches et à des permis d’exploration.
- Ces gîtes sont les suivants :
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- Gîtes concédés de la mine de enivre des Mouzaïas;
- Gîtes concédés de la mine de cuivre de l’Oued-Merdja;
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-Kebir;
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre, plomb et zinc des environs de Dalmatie;
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre des environs de Soumah ;
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-ben-Aldifil;
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-Bouman;
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre du grand pic des Mouzaïas.
- Il existe à Mouzaïa un grand nombre de filons cuprifères constituant plusieurs groupes qui, au premier abord, paraissent distincts les uns des autres, et que l’on a désignés par les noms suivants, en allant de l’ouest à l’est :
- 10 Groupe des filons d’Aumale et de Montpensier ;
- 2° Groupe des filons d’Isly et de la route du bois ;
- 3° Groupe des filons Nemours ;
- 4° Fiions Joinville ;
- 5° Groupe des filons de la Chiffa, se reliant au système des filons de l’Oued-Merdja.
- Presque tous les affleurements de ces filons sont situés dans le terrain crétacé inférieur, près de la zone de contact de ce terrain et du terrain tertiaire moyen. Plusieurs d’entre eux (Aumale et Montpensier) se prolongent dans le terrain tertiaire moyen. Les filons de la CbifFa sont situés dans le terrain crétacé inférieur, à une assez grande distance du terrain tertiaire moyen.
- 11 existe à Mouzaïa des filons croiseurs et des filons croisés.
- On appellera
- filons croisés des filons a b qui s’arrêtent brusquement contre d’autres filons cd se continuant sans interruption au delà du point de rencontre b. La deuxième partie ab’ du filon croisé existe parfois de l’autre côté du filon croiseur c d,
- Mine cie cuivre des Mouzaïas,
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- comme dans la figure ire; on voit que la partie a' b' n’est plus sur le prolongement de a 6. Quelquefois le croisement se fait ainsi que l’indique la figure 2 ; on ne retrouve pas de l’autre côté de c d le prolongement du filon croisé a b.
- Ces deux cas de croisement se présentent à Mouzaïa, et le dernier est le plus fréquent.
- Dans le premier cas, les deux filons sont d’un âge différent, et le filon croisé est nécessairement le plus ancien.
- Dans le deuxième cas, les deux filons peuvent être du même âge.
- Les principaux filons croiseurs reconnus jusqu’à ce jour dans la concession des Mouzaïas sont les suivants :
- NUMÉROS D’ORDRE. NOMS DES FILONS. DIRECTION. . DEGRÉ DECLINAISON. SENS DE L’INCLINAISON.
- Crnîopnr dp Affnntppnsipr ... .... N. 85° E. m 8o° S. m.
- Monlpensier N. 65° E. m 80° S. E. m.
- 3 Aumale N. 5o° E. m 8n° à 90°...... N. 0. m.
- 4 î«îy ni rnntp du finis N. ^5° E. m S. E. m. N. m. S. E. m.
- 5 l'ùrtril.NniYiftnM ... N. 85° à 90° E. ni. à 8n°. . . ...
- g Tnfprnipdiairft Npmnnrs N. 66° E. m 8o°
- Midi-Nemours . . IV flfi® F, 1T> fin0 à 8n° N. 0. m. O. N.O.m. N. 0. m.
- 7 g Joinville ,,, ,, AT 0 £0 K in 45°
- 9 Prolongement du filon principal de l’Oued-Merdja, N. 45° E. m 55°
- Ces filons sont énumérés dans l’ordre de leur situation géographique, en marchant de l’ouest à l’est. Ils jouent le rôle de croiseurs par rapport à d’autres filons très-importants et très-nombreux qui ne sont pas compris dans ce tableau; mais ils jouent aussi le rôle de croiseurs les uns par rapport aux autres, et leurs croisements s’observent à ciel ouvert sur plusieurs d’entre eux.
- Les filons croisés par ceux du tableau précédent affectent parfois des directions différentes de celles indiquées dans ce tableau; parfois aussi ils affectent les mêmes directions que certains croiseurs du tableau.
- La direction du filon intermédiaire Nemours se présente souvent dans les
- • r 1
- croises.
- Les filons ont une épaisseur variable qui peut s’élever à 3 ou 4 mètres.
- Tous les filons de Mouzaïa renferment les mêmes gangues, savoir : du sulfate de baryte et du carbonate de fer. Ce carbonate est souvent transformé
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- dans les affleurements en hydroxyde de fer, par suite de faction des agents atmosphériques.
- Ces gangues sont disposées en chapelets plus ou moins irréguliers, ainsi que l’indique la figure ci-contre. Tantôt elles ne forment que deux bandes d’épaisseur variable, tantôt elles forment plusieurs bandes plus ou moins parallèles donnant aux filons la structure rubannée. La première manière d’être est la plus fréquente. Il peut arriver alors qu’une des gangues prédomine à tel point, quelle semble former le filon d’une manière presque exclusive.
- Le minerai de cuivre se trouve ordinairement suivant la zone de contact abc des deux gangues. Cette observation est très-importante pour la direction à donner aux galeries qui suivent en allongement des filons de 2 à 3 mètres d’épaisseur. Le minerai se présente tantôt en mouches, en nids isolés, tantôt en veines plus ou moins régulières.
- Le minerai se compose principalement de cuivre gris. Il est mélangé accidentellement à de la pyrite de cuivre dans les filons du groupe d’Aumale et Montpensier et du groupe d’Isly et de la route du bois.
- On prétend qu’on a exploité dans les affleurements des renflements de cuivre gris pur de 4 mètres de puissance. Aujourd’hui une veine minérale correspondante à om,3o de minerai massif est une rareté dans les travaux souterrains.
- Il paraît positif que les filons ont fourni jusqu’ici beaucoup plus de minerai dans les affleurements qu’en profondeur.
- Le minerai se montre aussi bien dans le filon croiseur que dans le filon croisé, dans le voisinage de la ligne de croisement de ces deux filons.
- Le minerai peut se montrer dans le corps des filons croiseurs ou croisés, à des distances plus ou moins grandes des lignes de croisement. Cela est indiqué par l’exploitation considérable faite il y a plusieurs années sur le filon d’Aumale. Cependant,il vaut mieux diriger les principaux travaux souterrains vers les lignes de croisements des filons, parce qu’à Mouzaïa, de même que dans plusieurs autres districts métallifères du globe, c’est suivant ces lignes de croisement que le minerai se trouve plus particulièrement distribué.
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- L’exploitation du groupe d’Aumale et de Montpensier a été abandonnée il y a plusieurs années sans motif plausible. Il convient, à notre avis, de la reprendre et de diriger les travaux vers les nombreuses lignes de croisement que l’on remarque dans ce groupe. Le travail le plus rationnel serait d’exécuter une galerie à travers bancs, destinée à recouper en profondeur tous les fdons reconnus à la surface. Cette galerie partirait de la rive gauche du ravin Bourjolly, pour se diriger vers le N. O. à partir du point où ce ravin coupe la route du col.
- Le groupe d’Isly et de la route du bois a été jusqu’ici l’objet de travaux de recherches peu considérables et qu’il conviendrait de continuer.
- Le groupe de Nemours est celui qui paraît le plus important par la multiplicité et la puissance de ses Lions. C’est celui sur lequel on a exécuté le pins de travaux. Il occupe en ce moment dix-huit mineurs et six manœuvres.
- 11 présente trois fdons principaux :
- Le filon nord;
- Le filon intermédiaire ;
- Le filon midi.
- Chacun de ces liions joue, comme on l’a dit ci-dessus, le rôle de croiseur par rapport à d’autres filons qui s’arrêtent brusquement contre eux. Il en résulte de nombreuses lignes de croisement de filons sur lesquelles doit se porter principalement l’attention des exploitants.
- Le filon intermédiaire paraît être la clef de voûte de tout le système. Son affleurement constitue une crête saillante dessinant un dos d’âne, sur le mamelon qui porte les travaux de Nemours. Les travaux souterrains, de même que les travaux à ciel ouvert du groupe Nemours, sont distribués symétriquement de part et d’autre de la crête du filon intermédiaire.
- Six étages de travaux souterrains ont été exécutés sur le groupe Nemours, en descendant jusqu’au niveau de l’Oued-Mouzaïa.
- Le sixième niveau n’est pas encore entièrement abordable, à cause d’un éboulement provoqué par l’abandon des travaux. On s’occupe aujourd’hui de relever cet éboulement.
- Les travaux les plus développés sont au cinquième niveau, qui se trouve à 53 mètres au-dessus du lit de la rivière. On exploite par le cinquième niveau une colonne minérale qui existe sur la ligne de croisement du filon Randon et du filon intermédiaire. Cette colonne plonge dans le plan du
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- filon Randon, entre les niveaux 5 èt 6. Elle a une épaisseur maximum de om, 2 5 en cuivre gris et une étendue horizontale de 4o mètres. On exploite également, par le cinquième niveau, un renflement de cuivre gris, de om,3o de puissance maximum, que présente un croisé du filon nord, suivant une ligne de croisement avec un autre filon.
- Le filon midi présente au cinquième niveau un renflement métallifère de om,5o d’épaisseur, composé d’un mélange intime de cuivre gris et de gangue. Ce renflement, qui a plusieurs mètres d’étendue, est exploité aujourd’hui avec profit.
- Il serait utile d’ouvrir un septième niveau d’exploitation, entre les niveaux 5 et 6, qui sont séparés par une hauteur verticale de 53 mètres. Il y aurait à exécuter, i° une galerie à travers bancs qui recouperait la plupart des filons reconnus au cinquième niveau; 2° des galeries d’allongement dans tous les filons ainsi recoupés. Ce septième niveau peut être commencé au moyen du puits 5 sur 6, à 24 mètres en dessous de l’orifice de ce puits.
- Au quatrième niveau, l’on remarque aujourd’hui peu de minerai. Les travaux de ce niveau ne sont pas assez développés. Il convient de pousser la galerie commencée dans le filon intermédiaire jusqu’à la rencontre du filon nord, et d’étudier la ligne de croisement de ces deux filons. Le filon midi a été attaqué en deux points différents, par deux galeries qui ne communiquent pas entre elles et qu’il conviendra de faire communiquer pour faciliter l’aérage des travaux.
- Les travaux d’avancement ont été poussés dans les filons, au milieu de la gangue de carbonate de fer; cette gangue étant très-friable rendait l’avancement moins onéreux; mais, de î o en î o mètres, il importe de faire des recoupes dans les filons puissants, afin d’examiner le contact des deux gangues, fer et baryte. On sait que le minerai se présente d’ordinaire suivant ce contact.
- L’examen des travaux souterrains des quatrième et cinquième niveaux montre que le filon intermédiaire peut être considéré comme un fdon croiseur par rapport aux filons nord et midi, et qu’en outre ces deux derniers filons ne sont peut-être que les parties d’un même filon disjointes et rejetées par le filon intermédiaire.
- Au troisième niveau, on exploite une colonne minérale qui se trouve suivant la ligne de croisement du filon midi et d’un filon croisé. Cette colonne a une épaisseur maximum en cuivre gris de om, 15, sur quelques mètres
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- de long. L’avancement du filon midi vers l’est présente une veine minérale exploitable. Les travaux du troisième niveau sont peu développés. Cependant cet étage présente aujourd’hui des ressources minérales qu’il importe de ne pas négliger.
- A cet effet, il convient de poursuivre l’avancement des galeries, suivant les filons nord et midi, et d’exécuter une galerie suivant le filon intermédiaire, qui est vierge de tout travail.
- La galerie à travers bancs qui fait communiquer le filon nord avec le filon midi devrait être continuée au delà du filon midi, comme travail de recherches.
- Les travaux du deuxième niveau ne sont exécutés que sur le filon midi et un croisé de ce filon. On y exploite une colonne cuprifère de om,3o de puissance maximum, qui est sans doute celle dont on a parlé dès l’abord, en décrivant le quatrième niveau.
- Les travaux du premier niveau ne comprennent qu’une galerie de go mètres de long, éboulée depuis longtemps et exécutée dans le filon intermédiaire.
- Le filon intermédiaire se prolonge bien au-dessus du premier niveau, sur 700 mètres environ de développement. Il est croisé par plusieurs gros filons sur lesquels on n’a exécuté pour ainsi dire que des travaux à ciel ouvert. Toutes les lignes de croisement de ces filons sont vierges en quelque sorte de tous travaux de profondeur, et il conviendrait de diriger des recherches sérieuses sur ces lignes de croisement.
- Le filon Joinville se poursuit à ciel ouvert, d’une manière à peu près continue, sur une étendue de 5oo mètres, à partir de la route du pic des Mou-zaïas, au lieu dit le Point-du-Jour. Il se dirige vers le bas de la montagne, en courant au S. O. Il a été, de distance en distance, l’objet de travaux à ciel ouvert et de travaux souterrains abandonnés depuis longtemps.
- Le chantier des blocs épars de Joinville est ouvert sur des blocs qui proviennent de l’éboulement des crêtes supérieures du filon Joinville, et qui ont roulé sur le flanc de la montagne, jusque dans le lit d’un ravin, où ils ont formé un dépôt considérable de 7 à 8 mètres de haut. On les y trouve disséminés dans des débris de marnes des terrains crétacé et tertiaire.
- L’exploitation des blocs épars se fait à ciel ouvert pendant la belle saison.
- Les filons de la Chiffa appartiennent au système de filons qu’on exploite
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- dans la concession de FOued-Merdja. Ils ont pour gangue un mélange d’an-kérite et de carbonate de fer, et produisent du cuivre pyriteux. L’éloignement de ces filons du centre principal de l’exploitation de Mouzaïa a été cause qu’ils ont été peu explorés jusqu’à ce jour. Il y aurait cependant un grand intérêt à diriger des recherches sérieuses de ce côté.
- En résumé, on a fait beaucoup de travaux dans les mines de Mouzaïa, mais il en reste encore beaucoup plus à faire. Aussi ces mines peuvent-elles prendre un développement très-considérable, et occuper par suite un très-grand nombre d’ouvriers.
- Il est nécessaire d’exécuter à Mouzaïa deux genres de travaux :
- 10 Des travaux d’exploitation ;
- 2° Des travaux de recherches et de reconnaissance.
- Ces derniers travaux sont aujourd’hui les plus importants à exécuter, si l’on veut se ménager des ressources pour l’avenir.
- Les minerais au sortir de la mine sont rangés en deux classes : i° les minerais destinés à l’expédition ; 2° les minerais trop pauvres pour être expédiés directement.
- Les premiers étaient expédiés à l’usine de Caronte, située en France, sur les bords de la Méditerranée. Cette usine, n’ayant à traiter que des minerais de cuivre gris, n’a pu fonctionner jusqu’à ce jour de manière à donner des bénéfices à la compagnie. Elle a cessé de marcher, et la compagnie a obtenu, par décret impérial du 2 6 mai 1855, l’autorisation d’exporter six mille tonnes de minerais hors du territoire français.
- Les minerais pauvres (teneur 3 à 8 p. o/o) sont soumis sur place à une fusion préparatoire qui les enrichit et les transforme en mattes, dont la teneur varie de 15 à 25 p. o/o. A cet effet, on fond les minerais pauvres dans des fours à manche, avec du quartzite, au moyen du charbon de bois qu’on fabrique dans les forêts avoisinantes.
- Les frais de fabrication d’une tonne de mattes sont en moyenne de i32 fr. ôo cent.
- On a essayé à Mouzaïa d’enrichir les minerais pauvres par la préparation mécanique.
- Le système employé n’a pas donné de bons résultats, à cause du peu de différence de densité existant entre le cuivre gris et le sulfate de baryte, et on a dû y renoncer. La solution qu’on a trouvée pour enrichir les mine-
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- rais par la fusion présente des avantages pécuniaires réels en elle-même; cependant elle offre des inconvénients notables. Elle exige une grande consommation de combustible, ce qui peut faire craindre l’appauvrissement rapide des forêts du voisinage. Les émanations gazeuses des fourneaux sont nuisibles pour les habitants du village de Mouzaïa et pour les ouvriers de la fonderie. On a diminué en partie les inconvénients quelles présentaient pour le village, par l’établissement d’un condenseur ; mais les ouvriers de la fonderie auront toujours à souffrir, s’ils ne suivent pas un régime hygiénique convenable.
- La préparation mécanique ne coûterait pas probablement au delà de 4.0 francs par tonne de minerai enrichi à la même teneur que les mattes.
- Cette préparation sera donc, si elle réussit, beaucoup plus économique que la fusion de concentration. Le capital engagé pour réaliser la vente des produits de la mine sera par suite moins considérable. Aussi l’ingénieur de Mouzaïa doit-il faire, d’après nous, tous ses efforts pour établir sur place un bon système de préparation mécanique, en remplacement de la'fonte pour mattes. Cette fonte ne devrait être à l’avenir qu’un auxiliaire de l’enrichissement des minerais, et non plus l’agent principal.
- Les travaux de la mine de cuivre de l’Oued-Merdja ont été ouverts sur l’affleurement d’un filon dirigé N. 45° E. m., qui est encaissé dans le terrain crétacé et qui se montre sur la rive droite de l’Oued-Merdja, près du confluent de cette rivière avec l’Oued-Chiffa ; ils se composent de deux étages de galeries de niveau, reliés entre eux par des puits inclinés suivant la pente du filon. La distance qui sépare les'deux étages est de 9 mètres environ. Ces travaux sont suspendus momentanément. Le minerai se compose de pyrite de cuivre disséminée en nodules dans une gangue formée d’ankérite, carbonate triple de fer, chaux et magnésie.
- Cette gangue présente la composition suivante :
- Pyrite de cuivre.................................... 0,0070
- Oxyde de fer........................................ o,o3oo
- Carbonate de fer.................................... o,2 653.
- ----------de chaux.................................. o,48oo
- ----------de magnésie............................... 0,2104
- Total...................... 0,9927
- Auteur : De Mautgny.
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- Cette substance correspond à la formule atomique suivante :
- 2 (CO2 CaO) + CO2 FeO + CO2 Mgo
- Le filon paraît plus riche au niveau inférieur, où l’on trouve de beaux enrichissements de pyrite de cuivre massive; l’un de ces enrichissements avait om,3o de puissance. Dans la galerie supérieure, le filon offre des alternatives de richesse et de stérilité complète. Ce filon présente tantôt deux salbandes régulières encaissant un mélange d’ankérite et de pyrite de cuivre sur une épaisseur variable qui s’élève parfois à 2 mètres; tantôt l’une des salbandes du filon disparaît, et la roche encaissante elle-même fait alors partie du filon, qui est encore indiqué aux mineurs par l’existence de la salbande qui reste.
- La roche encastrée dans le filon a été modifiée dans sa texture; c’est une marne grise, très-dure, sillonnée par une multitude de petites veines irrégulières d’ankérite et de pyrite de cuivre. Les deux salbandes du filon peuvent même disparaître à la fois; le corps du filon n’est alors indiqué que par la texture plus serrée de la roche encaissante et par les quelques veines de gangue blanche qui la sillonnent. Cette constitution de filon est très-remarquable et se retrouve dans plusieurs gîtes des provinces d’Alger et d’Oran. Le mineur doit y porter beaucoup d’attention, parce quelle lui indique la marche à suivre dans ses travaux de recherches. Autrement, '
- quand les salbandes disparaissent, ce qui arrive quelquefois, l’on s’expose, si le filon est stérile, à se rejeter hors de sa direction, et à perdre ainsi toute trace du filon; c’est ce qui est arrivé à la mine voisine de l’Oued-Kebir.
- Les travaux de recherches de l’Oued-Kebir ont été concentrés sur un filon Gîtes non concédés
- . _ m , 1 * 1 1 i m^neraîs de cuivre
- de pyrite cuivreuse dont i affleurement se voyait sur la rive gauche de la deroued-Kebir. branche orientale de l’Oued-Kebir. Ce filon présentait à l’affleurement un renflement de cuivre pyriteux massif de om,3o d’épaisseur et de 2,à3 mètres de long. Un puits vertical a été commencé sur ce renflement. Parvenu à 1 mètre de profondeur, on a dû l’interrompre par suite de l’affluence des eaux. On a entrepris alors, à 1 o mètres plus bas, une galerie de niveau, qui a été exécutée d’abord à travers les marnes crétacées pour aller rejoindre le filon. Celui-ci a été dépassé, sans qu’on ait d’abord soupçonné son existence, parce qu’il était stérile, qu’il n’avait pas de salbandes bien déterminées, et qu’il se composait de la roche encaissante elle-même, légèrement modifiée dans sa texture et traversée par un réseau de très-petites veines de
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- gangue spathique blanche. On a interrompu la galerie à travers bancs qui s’enfonçait inutilement dans la montagne, sur la rive gauche de l’Oued-Kebir, etl’on a pris un embranchement qui s’est dirigé sous l’aplomb du puits, et qui, à partir de ce point, a suivi ensuite le filon. Celui-ci nest indiqué à ce niveau que par de très-petites veines irrégulières de gangue spathique blanche. Le fdon a été poursuivi ainsi sur 70 mètres environ de développement; il est à ce niveau presque entièrement stérile. On a trouvé de loin en loin quelques nodules et de très-petites veines de pyrite cuivreuse. Pendant l'exécution de cette galerie inférieure, l’affluence des eaux ayant diminué dans le puits ouvert sur l’affleurement du fdon, on a approfondi ce puits de 4 mètres, et on a percé ensuite un coup de sonde qui a fait écouler les eaux du puits dans la galerie de bas niveau. Comme le renflement de pyrite massive qui se montrait à la’ surface du sol a disparu dans le fond du puits, on a entrepris, à partir de ce fond, une galerie de niveau dirigée suivant le filon et qui a aujourd’hui 2 4 mètres de long. Les eaux de cette galerie trouvaient un écoulement par le trou de sonde qui communiquait avec la galerie de bas niveau située 5 mètres plus bas. Le filon a présenté dans la galerie supérieure des alternatives de richesse et d’appauvrissement. Sur le front du travail, on remarque une veine minérale de om,5o d’épaisseur, fortement injectée de pyrite cuivreuse sur une longueur de 2m,5o. On a extrait de cette galerie environ 3 mètres cubes de très-beau minerai. Le filon offre ici les mêmes allures que le filon principal exploité à l’Oued-Merclja : tantôt les salbandes sont très-régulières, et le filon se compose alors d’une gangue spathique blanche, injectée de minerai de cuivre; tantôt l’une des salbandes ou toutes deux disparaissent, et le filon se compose alors de la roche encaissante elle-même, plus ou moins modifiée et traversée par un réseau de petites veines de gangue spathique et de pyrite de cuivre. C’est ce dernier état que présente le filon au niveau inférieur. On voit par là que la fente principale qui a donné lieu au filon 11’a pas été toujours largement baillante. La roche encaissante a été fendue suivant un plan plus ou moins régulier, qui a donné passage aux effluves minérales qui se sont répandues sur une certaine épaisseur dans la roche encaissante, de telle sorte que celle-ci constitue à proprement parler le corps même du filon. En comparant le filon principal de l’Oued-Rebir à ceux que l’on exploite dans les concessions voisines de l’Oued-Merdja et de Mouzaïa, on reconnaît que les caractères généraux de
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- ces filons sont à peu près les mêmes. Le minerai de cuivre n’est pas réparti d’une manière uniforme dans le corps des filons; il y forme des amas plus ou moins irréguliers; aussi trouve-t-on dans les filons des alternatives de richesse et d’appauvrissement. Outre le filon principal dont on vient de parler, il y a encore dans le périmètre de l’Oued-Kebir d’autres filons de pyrite cuivreuse, sur lesquels on a exécuté quelques travaux peu importants. Tous ces gîtes sont l’objet d’une demande en concession; mais leur exploration n’est pas suffisamment avancée pour qu’on donne suite à cette demande.
- Il y a au sud de Dalmatie, sur le revers nord de l’Atlas, plusieurs filons métallifères sur lesquels on a exécuté des travaux de recherches. L’un de ces ' filons, dont l’affleurement est assez remarquable, produit un mélange deblende (sulfure de zinc), de galène et de cuivre gris. D’autres filons fournissent un mélange de cuivre gris et de pyrite cuivreuse, à gangue de carbonate de fer plus ou moins décomposé.
- Ces gîtes sont l’objet d’une demande en concession; mais leur exploration n’est pas suffisamment avancée pour qu’on donne suite à cette demande.
- Il y a au sud de Soumah, sur le revers sud de l’Atlas, plusieurs filons renfermant du cuivre gris et delà pyrite de cuivre; on y a exécuté quelques travaux de recherches qui ne permettent pas encore de se prononcer sur la valeur industrielle de ces gîtes.
- Les gîtes de minerais de cuivre de l’Oued-ben-Aklil, à 10 kilomètres S.E. de Soumah, ont été, il y a plusieurs années, l’objet de travaux de recherches peu importants. Il serait intéressant de continuer leur exploration.
- On a signalé récemment l’existence de filons de cuivre dans le territoire de la tribu des Beni-Misserab, sur la rive droite de l’Oued-Bouman, affluent de la rive gauche de l’Harrach. Ces filons sont enclavés dans les marnes du terrain secondaire. L’un d’eux est situé à ioo mètres S. O. de la maison du caïd Sidi-Lekhal; il est dirigé N. 75° E. m. et plonge au N. O. m. d’environ 5o°; son affleurement se poursuit sur 12 à i5 mètres de long, et a une épaisseur de om,2Ô à om,3o. La gangue se compose d’hydroxyde de fer provenant de la décomposition du carbonate de fer. Au milieu de cette gangue, on remarque des nodules de pyrite de cuivre, de 1 à 2 centimètres d’épaisseur. Comme le filon affleure au sommet de la berge d’un ravin, on pourrait l’explorer en profondeur au moyen d’une galerie en direction prise
- Gîtes nou concédés de minerais ! cuivre, plomb et zinc de Dalmatie.
- Gîtes nou concédés de minerais de cuivre des
- environs de Soumali,
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de
- l’Oued-ben-Aklii.
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-Bouman.
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- au fond de ce ravin. Ce gîte se trouve à l’extrémité orientale du calcaire gem-mifère dont on parlera plus loin.
- Un deuxième gîte cuprifère est situé à 1 5oo mètres environ S. E. du gîte précédent. Il se compose de plusieurs filons parallèles, à gangue d’hydroxyde de fer, dirigés N. 35° O. m. et plongeant au N. E. m. de 43°. Ces filons se trouvent sur un mamelon parfaitement isolé et formé de marnes schisteuses d’un gris verdâtre, dont les couches sont dirigées N. ii8°E. m. et plongent au S. O. m. sous un angle variable qui atteint 5o°, en sens inverse de la pente des filons.
- Au pied du talus, où se montrent à découvert les affleurements des filons, on trouve de nombreux fragments de minerai de cuivre contenant un mélange de cuivre pyriteux et de cuivre gris. Un de ces fragments avait om,4o d’épaisseur en cuivre gris massif. Malgré ces nombreux indices de cuivre répandus à la surface du sol, on n’en voit presque aucune trace sur les filons en place. Peut-être qu’en profondeur on retrouverait des richesses analogues à celles des anciens affleurements aujourd’hui éboulés. Il serait facile de s’en assurer, au moyen d’une galerie à travers bancs qui recouperait les filons à 5o mètres environ au-dessous de la crête du mamelon sur lequel ils affleurent.
- Gîte lion concédé Il y a un filon de cuivre pyriteux sur le revers nord du grand pic des Mou-
- de cuivre pyriteux “ T . . , , -llOi/- . ,
- zaïas. Le minerai se présente en mouches et veinules de o a o centimètres
- ;rand pic des Mouzaïas. h
- d’épaisseur, au milieu d’une gangue de carbonates de chaux et de fer. Aucun travail n’a été encore entrepris sur ce gîte, qui est en dehors des périmètres concédés, et qui mérite de devenir l’objet de quelques recherches.
- Le gîte de tourmalines vertes1 découvert par MM. Nicaise et de Montigny est situé à i5 kilomètres E. de Blidah, à vol d’oiseau; mais la route directe serait fort difficile, et le mieux, pour arriver à ce point, est de monter, par la vallée de l’Oued-Lkaad, jusqu’à une ligne de faîte de laquelle on redescend vers le sud, pour tomber dans la vallée de l’Harracli, à 4 kilomètres environ
- Gîte de tourmalines vertes
- de la haute vallée de l’Harrach.
- 1 Les pierres précieuses signalées par MM. Nicaise et de Montigny à l’Académie des sciences sont généralement d’un vert clair et cristallisées en prismes réguliers à six faces. Aussi ont-elles été désignées par ces Messieurs sous le nom d’émeraudes, nom qui leur a été conservé dans diverses publications ; mais un examen plus approfondi des propriétés physiques et chimiques de ces gemmes a fait reconnaître que c’étaient des tourmalines vertes que les lapidaires appellent aussi émeraudes de Ceylan.
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- en amont des sources chaudes de Hammam-Melouan. Dès qu’on s’engage dans la vallée de l’Oued-Lkaad, on quitte les alluvions anciennes de la plaine de la Metidja, pour pénétrer dans un terrain composé de quartzite brun alternant avec des marnes grises. Ces couches sont dirigées E. O. m. et plongent généralement au S. m. de 1 5°. On n’y voit pas de fossiles. D’après leur aspect minéralogique, nous les rangeons provisoirement dans le terrain crétacé inférieur. Dans une course récente que nous avons faite aux environs de Fondouck, nous avons reconnu, pour la première fois, que le terrain num-mulitique recouvrait des espaces considérables sur le revers nord de l’Atlas.
- Ainsi, le massif du Djebel-bou-Zegza est constitué par le terrain nummu-litique. Il est à présumer que, dans la basse vallée de l’Oued-Lkaad, le même terrain est recouvert par les alluvions anciennes, ce qui empêche de l’observer à la surface du sol. Dans la haute vallée de l’Oued-Lkaad, on trouve dans le terrain secondaire des couches de calcaire gris compacte subordonnées aux marnes schisteuses. A la descente vers l’Harrach, ces couches schisteuses deviennent prépondérantes , et semblent constituer d’une manière exclusive le terrain secondaire; quelques-unes de ces couches sont noires et pyriteuses : les fossiles y sont très-rares. Nous avons trouvé quelques fragments de bélemnites indéterminables dans les schistes qui encaissent la rive gauche de l’Oued-Bouman, près du point où cette rivière se jette dans la rive gauche de l’Harrach. C’est auprès de ce confluent que Micaschiste roulé
- avec or natif
- M. Nicaise a trouvé, dans le lit de l’Harrach, un échantillon roulé de mica- „ dans
- la vallée de l’Harrach.
- schiste renfermant quelques paillettes d’or natif entre ses feuillets. Le gîte en place de ce curieux échantillon n’a pas encore été trouvé par M. Nicaise.
- On rencontre dans le lit de l’Oued-Bouman des échantillons roulés de calcaire laminaire, blanc, renfermant des gemmes cristallisées, transparentes et d’un vert clair. Le gîte en place de cette roche se trouve à 4 kilomètres environ en amont du confluent de l’Oued-Bouman et de l’Oued-Harrach. Il présente la forme d’une grande lentille enclavée dans le terrain secondaire. Il se compose d’assises plus ou moins tourmentées de calcaire cristallin et de gypse , à travers lesquelles ont fait irruption quelques petits îlots de roches plutoniques. Le calcaire gemmifère fait partie intégrante du terrain secondaire. Quant au gypse, il paraît résulter de la transformation de ce calcaire en sulfate de chaux, par des vapeurs d’eau et d’acide sulfurique qui se seraient produites lors de l’éruption des roches plutoniques. La pré-
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE sence des gemmes est due sans doute à la même cause, et l’on trouve ces minéraux aussi bien dans le calcaire que dans le gypse. Ils sont plus abondants et plus volumineux dans la première de ces roches. Les roches plu-toniques sont de trois natures différentes. On y remarque du gneiss, de la serpentine et de la diorite.
- Le calcaire secondaire est ordinairement d’une couleur gris bleuâtre, à structure très-compacte et à cassure unie ou conchoïdale. Mais le calcaire gemmifère présente un aspect tout différent, par suite des influences pluto-niques qui ont agi sur lui. 11 forme des couches plus ou moins puissantes, à structure cristalline, et dont la couleur est généralement blanche : tantôt les lames cristallines ont 5 à 6 millimètres de côté; tantôt elles n’ont que i millimètre au plus, et la roche constitue alors, par sa couleur blanche et sa structure saccharoïde, un véritable marbre statuaire. Nous avons observé dans le lit de la rivière, sur les couches de calcaire cristallin, les directions suivantes :
- N. î î o° E. m. avec un plongeaient au S. m. de 70°;
- N. 4o° E. m. avec un plongeaient au N. O. de 8o°.
- Ces différences de direction à des distances très-rapprochées s’expliquent par les mouvements violents subis par les couches de calcaire, lors de l’irruption des roches plutoniques. Du reste, il est facile de reconnaître sur place les effets de ces mouvements. Entre le calcaire saccharoïde et les marnes secondaires encaissantes, il y a une puissante couche de conglomérats, à fragments de calcaire saccharoïde reliés par une gangue dolomitique jaunâtre. Ces conglomérats ont été formés sur place par suite de la rupture des couches calcaires en mille fragments divers. Les gemmes et surtout les tourmalines sont aussi répandues dans ces conglomérats que dans les calcaires cristallins en couches régulières. Les conglomérats et le calcaire laminaire sont très-abondants sur la rive droite deTOued-Bouman. C’est au milieu de ces roches que l’on trouve les plus grosses tourmalines ; ces minéraux y atteignent la grosseur d’un grain de blé. Sur la rive gauche, on trouve principalement le calcaire saccharoïde et le gypse. On remarque, au milieu du calcaire saccharoïde blanc, des échantillons d’un calcaire jaunâtre, cristallin, renfermant dans sa masse des cristaux bacillaires verts et des macles blanches.
- Le gypse blanc constitue un amas enclavé dans le calcaire saccharoïde. On voit ouvent dans un même bloc des bandes parallèles de gypse et de cal-
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- caire; ces deux roches se fondent en quelque sorte Tune dans l’autre, et leur manière d’être donne lieu de penser, ainsi qu’on l’a annoncé plus haut, que le gypse s’est formé par l’action des vapeurs d’acide sulfurique hydraté sur le calcaire. Les tourmalines renfermées dans ces gypses sont plus rares et plus petites que celles du calcaire laminaire. Elles sont grosses en général comme une tête d’épingle. On voit aussi dans ces gypses de petits cristaux isolés de pyrite de fer. Au contact du gypse, on remarque des dolomies jaunes, cristallines, facilement égrenables, dont la présence est liée sans doute à l’apparition des roches éruptives.
- Entre ce gypse et les marnes secondaires, on remarque à l’aval, sur la rive gauche de l’Oued-Bouman, un très-petit îlot de gneiss, occupant à la surface du sol quelques mètres carrés de superficie. Ce gneiss est fort dur; il se compose de quartz blanc vitreux, de feldspath blanc grenu et de mica noir : il renferme des grenats rouges, opaques, de la grosseur d’un pois, et qu’il est impossible de détacher. Au niveau de la rivière, on trouve, en place du gneiss, une roche serpentineuse d’un blanc verdâtre. A peu de distance de là, les marnes secondaires sont couvertes de concrétions blanches, où le goût décèle la présence du sulfate de magnésie.
- Le gisement de tourmalines vertes de l’Oued-Bouman est remarquable, parce qu’il fait concevoir la possibilité de trouver en Algérie d’autres gîtes de même nature. Nous montrions à M. le secrétaire de la sous-préfecture de Blidah divers échantillons de tourmalines que nous avions rapportés de notre course chez les Beni-Misserah, et nous ajoutions qu’en raison de la nature du gisement de ces gemmes nous pensions qu’on pourrait en trouver de nombreux gîtes en Algérie. Ce fonctionnaire nous dit qu’un joaillier juif de Blidah, à qui il avait montré des échantillons de ce genre, avait déclaré que depuis longtemps les indigènes savaient que les divers ravins tombant de l’Atlas dans la plaine de la Metidja recélaient des pierres de cette nature, et qu’ils ne les recueillaient pas, parce qu’ils n’y attachaient aucune importance. Ces pierres étaient trop petites et trop claires pour être utilisées avec fruit par la bijouterie. Or on sait que les gîtes de plâtre associé à des roches dioritiques sont nombreux dans les montagnes de l’Atlas. La déclaration de l’indigène de Blidah vient donc corroborer nos prévisions.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- CHAPITRE VIL
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE DE MILIANAH.
- On se propose, dans ce chapitre, de faire connaître les ressources que l’industrie peut trouver dans le district de Milianah.
- Ce chapitre sera divisé en deux parties : dans la première, on décrira le bassin hydrographique de la plaine de Milianah, au double point de vue de la géologie et de l’hydrologie souterraine; dans la seconde, on décrira tous les gîtes métallifères signalés jusqu’à ce jour auprès de Milianah.
- PREMIÈRE PARTIE.
- DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DES ENVIRONS DE MILIANAH.
- On trouve, dans les environs de Milianah, les formations géologiques suivantes :
- i° Le terrain secondaire;
- 2° Le terrain tertiaire moyen;
- 3° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 4° Le terrain alluvien;
- 5° Des roches d’origine éruptive.
- La plaine du Chelif, sous Milianah, est formée par le terrain diluvien et par le terrain d’alluvion. Le pourtour de cette vaste plaine est généralement formé, à l’O. du méridien de Milianah, par le terrain secondaire, et à TE. de ce méridien, par le terrain tertiaire moyen.
- Terrain secondaire. Nous décrirons d’abord le terrain secondaire. A l’E., le terrain secondaire est séparé du terrain tertiaire moyen par une ligne dirigée du S. O. au N. E. et passant par Milianah; à l’E. de cette ligne, on ne trouve que quelques îlots de terrain secondaire mis à nu par le ravinement du terrain tertiaire moyen; à l’O., au contraire, le terrain secondaire règne d’une manière continue autour de la plaine du Chelif.
- Points culminants. Sur la rive droite du Chelif, les monts Zaccar-Chergui et Rh’arbi sont les points culminants du terrain secondaire. Le Zaccar-Chergui (Zaccar de l’E.) s’élève à la cote de 1537 mètres au-dessus du niveau delà mer; le Zaccar-
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- Rh’arbi (Zaccar de l’O.) s’élève à la cote de i 56o mètres. Les bords du Cbelif, au pied des Zaccars, sont à la cote de 2 70 mètres ; la différence de niveau, qui est de plus de 1200 mètres, donne une idée de la rapidité torrentielle des ravins qui tombent des Zaccars dans la plaine du Chelif. On doit prévoir que, si les sources sont abondantes, elles donneront lieu à des chutes très-élevées, et, par suite, à des forces motrices très-considérables. C’est aussi ce qui a lieu sur le cours de l’Oued-Boutan.
- Sur la rive gauche du Chelif, le Djebel-Doui, qui s’élève à la cote de 1 o53 mètres, est le point culminant du terrain secondaire compris entre l’Oued-Rouina et le Chelif. De même que les Zaccars, il paraît être un centre particulier de soulèvement; les ravins divergent de toutes parts, comme d’un centre, à partir du sommet du Djebel-Doui. Leur cours est nécessairement moins accidenté que celui des ravins qui descendent des Zaccars, parce que, pour un trajet horizontal de longueur à peu près égale, la chute jusqu’au Chelif est moins considérable.
- Les roches principales du terrain secondaire se composent de couches successives de marnes schisteuses grises, de calcaires gris bleuâtre, très-compactes, et de quartzites gris, très-durs. Les quartzites et les marnes sont très-développés sur la rive gauche du Chelif; les calcaires et les marnes sont très-développés sur la rive droite.
- Toutes ces couches ont été fortement bouleversées, de telle sorte que leur direction et leur pente varient très-fréquemment et dans des limites très-grandes.
- Il en sort des sources remarquables par leur énorme débit et par la pureté de leurs eaux. On y trouve aussi un très-grand nombre d’affleurements de minerais de fer, de minerais de cuivre oxydés et pyriteux, et de minerais de plomb (galène). Quelques-uns des gîtes de minerais de cuivre et de plomb ont été l’objet de travaux de recherches assez étendus, et pourront peut-être donner lieu un jour à des concessions définitives. Les gîtes ferrugineux sont remarquables par l’abondance et la richesse de leurs minerais, et nous paraissent pouvoir être concédés immédiatement.
- Nous n’avons trouvé nulle part de fossiles dans le terrain secondaire de Milianah1; la ressemblance minéralogique des roches qui le composent, avec celles des terrains crétacés inférieurs de Mouzaïa et de la province d’Oran,
- 1 Depuis la rédaction de cette notice, plusieurs fossiles ont été trouvés par M. Pomel, garde-
- Composition générale du
- terrain secondaire,
- Sources remarquables du terrain secondaire.
- Gîtes métalliques du terrain secondaire.
- Rareté des fossiles dans
- le terrain secondaire de Milianali.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Terrain secondaire ;lu Zaccar-Chergui.
- Blocs roulés de dolérite
- au pied du revers S. du
- Zaccar-Chergui.
- Belle source d’Aïn-Turqui.
- permet de rapporter, avec quelque probabilité, au terrain crétacé inférieur les roches du terrain secondaire de Milianah. La continuité de la stratification et la constance des caractères minéralogiques indiquent seulement que toutes les roches secondaires de Milianah appartiennent à une même formation. Sur la rive droite du Chelif, elles donnent lieu à des montagnes à contours très-accidentés; sur la rive gauche, au contraire, ces contours sont arrondis.
- On décrira successivement les diverses localités où se montre le terrain secondaire. On s’occupera en premier lieu de la zone continue qui entoure à TO. la plaine du Chelif.
- En abordant le Zaccar-Chergui par le col de la route muletière de Cherche!, col situé entre les deux Zaccars, on observe d’abord des marnes schisteuses grises qui se prolongent au pied du revers N. des deux Zaccars, et constituent la partie supérieure du cours de l’Oued-el-Hammam, affluent de l’Oued-Djez. Le revers N. de la partie supérieure du Zaccar-Chergui est formé de quartzite gris clair dirigé N. g5° E. m. et plongeant au N. de 70°. On ne trouve sur la crête de ce Zaccar qu’une roche marneuse très-dure et d’un gris clair, passant parfois à l’état de calcaire argileux. La stratification est tout à fait indistincte. A l’extrémité orientale du Zaccar, il y a du calcaire schisteux à structure cristalline, d’un gris parfois jaunâtre à l’intérieur; ce calcaire est dirigé N. 42° E. m. et plonge au S. E. de 35°. Enfin le revers S. du Zaccar-Chergui est formé par des couches de ce même calcaire redressées presque verticalement, et qui, vues d’en bas, paraissent dirigées de l’E. à l’O. En définitive, le Zaccar-Chergui se compose d’assises successives de quartzite, d’argile schisteuse et de calcaire, dont tout le système a éprouvé un soulèvement autour du point culminant du Zaccar.
- On ne remarque nulle part en place la dolérite dont on voit de gros blocs roulés auprès de la source dite Aïn-Turqui, au pied du revers S. du Zaccar-Chergui. Cette source débite environ, par vingt-quatre heures, 1000 mètres
- mines, en résidence à Milianah. Ces fossiles classent le terrain secondaire de Milianah dans le terrain crétacé inférieur. Voici la désignation spécifique donnée par M. Pomel :
- Belemnites mayanensis. Ammonites mamiüaris. Galeritos ? Belemnites atlanticus.
- Nautilus mauritanicus. mayanensis. Holaster ? Turrilites rozetianus.
- Ammonites renouianus. Hamites Fontanesii. Fucoïdes ? Pecten.
- villeanus. Pleurotoma. Lima.
- Peyssoneli. pseudocliiton. Hemiaster Poireti. gibbosus. Terebratula.
- Le fades de cette faune est presque identique à celui du gault de la perte du Rhône.
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- cubes d’une eau limpide et d’un excellent goût; elle se montre à la limite des terrains secondaire et tertiaire moyen, au pied d’un ravin qui résulte du déchirement violent du calcaire secondaire; de telle sorte qu’on est porté à attribuer la formation de la vallée à l’éruption de la dolérite.
- La crête du Zaccar-Ghergui est couverte de chênes verts, dont les troncs généralement tortueux ne dépassent guère om,3o de diamètre à la base. Ces arbres sont espacés de 3 à 4 mètres. Le sol est parfaitement dégarni de brous» sailies et couvert de gazon qui sert à la nourriture d’un troupeau de moutons qu’on abrite la nuit dans une bergerie construite au sommet de la montagne. Le revers S. du Zaccar est moins bien boisé que le revers N.; on trouve quelques beaux chênes verts dans les ravins qui le sillonnent, et surtout au pied de la chaîne, près de la grande route de Blidah.
- Le Zaccar-Chergui, étant plus éloigné de Milianah que le Zaccar-Rh’arbi, a été moins bien exploré; il renferme cependant aussi du minerai de cuivre. Quelques travaux de recherches ont été exécutés sur un filon de cuivre pyri-teux situé auprès des eaux chaudes des Rhiras.
- Il y a, sur le revers N. du Zaccar-Chergui, un gîte de marbre veiné, présentant diverses nuances. Ce gîte n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune tentative d’exploitation.
- Le Zaccar-Rh’arbi est remarquable par les gîtes nombreux de fer et de plomb que l’on trouve sur le revers S. de ce massif secondaire.
- A TE. de Miiianah, le revers S. E. du Zaccar-Rh’arbi est généralement formé de calcaire cristallin, gris bleuâtre ou jaunâtre, dont les couches sont dirigées N. î io° E. m. et plongent au S. O. m. de 3o°.
- La route muletière de Cherchel, en s’engageant dans les gorges de l’Oued-Aïdous qui sépare les deux Zaccars, traverse des bancs de calcaire secondaire à texture variable. Ce calcaire est tantôt schisteux, tantôt compacte ou saccharoïde ; on en voit de gris, de bleu, de cendré, de blanc; il est associé à quelques rares bancs de quartzites; il est injecté de veines irrégulières de quartz blanc opaque, complètement isolées au milieu du calcaire qui les encaisse et sans continuité en profondeur. A l’entrée de la route de Cherchel, ces calcaires sont dirigés N. 52a E. m. et plongent au S. E. m. de 5i°. Plus haut, dans les gorges del’Oued-Aïdous, on observe sur ces couches la direction N. 55° E. m. avec un plongement au S. E. m. de 45°.
- Sur le revers S. O. du Zaccar-Rh’arbi, on trouve du calcaire compacte,
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- d’un gris plus ou moins noirâtre, souvent à structure schisteuse et se débitant en larges dalles; il a parfois une couleur rose. On a observé sur les couches les allures suivantes :
- Direction. Plongement. Angle de pente.
- j N. i66° E. m..... S. O. m.. . . 70°
- En montant vers la crête. < N. 85° E. m..... S. m....... 70
- (N. i56° E. m......... S. O. m. 3o à 4o°
- Sur la crête vers l’O... . N. 8° E. m..... E. m....... 3o°
- Point culminant............ N. ioo° E. m..... N. m....... 65"
- Sur la crête vers l’E.. . . N. 102° E. m..... N. m....... 28°
- Le massif du Zaccar-Rh’arbi se termine, à l’O., au col de Sidi-Medjahed, où commence le cours de l’Oued-Christiou, affluent de la rive droite du Ghelif. Sur ce col, les couches de calcaire secondaire sont dirigées N. 850 E. m. et plongent au S. m. de 65°. Les allures des couches secondaires, autour du Zaccar-Rh’arbi, prouvent que ce pic est un centre, particulier de soulèvement, autour duquel les roches stratifiées ont été fortement redressées. Ce redressement a modifié aussi la texture du calcaire, qui est généralement cristallin sur les flancs du Zaccar, tandis qu’il est ordinairement compacte sur la rive droite de l’Oued-Christiou.
- Mamesschisteuses La partie inférieure du cours de l’Oued-Christiou est creusée en entier
- de l'Oned-christion. c[arls ^es marnes schisteuses secondaires, faciles à délayer, contenant intercalés des bancs de quartzite gris clair. Ces couches sont dirigées N. 155° E. 111. et plongent au N. E. de 35°, c’est-à-dire en sens inverse du cours de l’Oued-Christiou ; elles se prolongent jusqu’à une petite distance du débouché de l’Oued-Christiou dans la plaine du Chelif; à 5oo mètres environ de ce débouché, elles s’enfoncent sous une épaisse nappe de cailloux roulés qui constitue la dernière ligne de mamelons longeant au N. la plaine du Chelif.
- Les marnes schisteuses grises secondaires, avec lentilles de quartzite brun intercalées, constituent presque tout le revers S. du Zaccar-Rh’arbi, au-dessous du parallèle de Milianah. Le calcaire compacte ou cristallin du sommet du Zaccar paraît former une assise puissante intercalée au milieu de ces marnes : cette intercalation se voit le long de la route carrossable de Milia-sonrce» nah à Blidah, auprès des sources de l’Oued-Boutan. Ces sources sont alimentées par le Zaccar-Rh’arbi, et sortent de dessous les couches de calcaire, au contact des marnes schisteuses. Ces couches plongent au S. m. de 3o°, auprès des sources de l’Oued-Boutan. La présence des marnes retient les
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- eaux d’infiltration qui ont pu traverser les fissures des bancs calcaires, et donne fieu à un cours d’eau souterrain qui s’écoule naturellement au jour au point où ces marnes sont mises à nu. Le Zaccar-Rh’arbi était anciennement couvert de forêts; on prétend que, depuis son déboisement, le volume des eaux de i’Qued-Boutan a diminué, ce qui n’a rien d’invraisemblable. Toutes les sources voisines se réunissent en un cours d’eau assez considérable, débitant au moins 3oo litres par seconde, et qui est dévié immédiatement pour l’alimentation des moulins échelonnés dans la vallée de l’Oued-Boutan. Cette vallée se prolonge vers le sommet du Zaccar-Rh’arbi, en amont de i’Aïn-Boutan; elle y est ordinairement à sec, excepté au moment des pluies. Les eaux de l’Oued-Boutan n’ont pas cessé d’être claires, malgré les pluies abondantes du mois de décembre i8Ô2 ; leur volume même n’a pas paru augmenter sensiblement; elles déposent au bouillon un peu d’ocre ferrugineuse et nourrissent de nombreuses mélanopsides. Ce sont les premières mélanop-sides vivantes que nous avons trouvées dans les eaux douces de la province d’Alger. Ces eaux, recueillies le ier juillet 184-8, ont présenté la composition suivante :
- Noms des substances. Eau de l’Oued-Boutau , recueillie ie icrjuillet i848. Eau de l’Oued-Chelif, recueillie le 16 oct. i848, auprès du pout d’El-Kantara.
- Chlorure de sodium Pour 1,000 gr. Ogr, 110 2 Pour 1,000 gr. ogr,467i
- de magnésium Chlorures 0 ,0266 0 ,i368 // 0 ,4671
- Sulfate de soude il 0 ,2301
- de magnésie 0 ,o3o5 0 ,2801
- de chaux 0 ,o388 0 ,n3i
- Sulfates 0 ,o6g3 0 ,6233
- Carbonate de magnésie 0 ,0074 0 ,o4o3
- de chaux. 0 ,0222 0 ,2543
- de fer 0 ,0100
- Carbonates. . 0 ,0296 0 ,3o46
- Oxyde de fer 0 ,0020 U
- Silice gélatineuse 0 ,0100 0 ,oo33
- Matières organiques Indéterminé. Indéterminé.
- Total des sels. . . . , ogr,2477 igr,3983
- Analyse (le l’eau de BOued-Boutiiu,
- Auteur : De Maiugny.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Par 1000 grammes, l’eau de l’Oued-Boutan ne renferme que o&,2/177 de sels divers; on voit quelle est très-pure; elle est d’un goût excellent et très-bonne pour tous les usages domestiques. On a placé en regard l’analyse de l’eau du Chelif, recueillie le 16 octobre 1848, auprès du pont d’El-Kantara. L’eau du Chelif renferme 1 s,3g83 de sels divers par litre; elle est de qualité médiocre pour les divers usages domestiques et bien inférieure sous ce rapport aux eaux de l’Oued-Boutan.
- A l’embranchement de la route muletière deCherchel se trouve la source minérale d’Aïn-Hamama, dans le ravin même de l’Oued-el-Hammam, qui est un affluent du Chelif; elle jaillit à travers l’argile schisteuse grise secondaire; au bouillon, elle dépose un peu d’ocre jaune et dégage des bulles d’acide carbonique qui lui communiquent un léger goût acide. Sa température est de 290; son débit, de trois à quatre litres par seconde. Les Arabes des jardins environnants utilisent cette source comme boisson. Le terrain tertiaire moyen se montre à peu de distance en aval.
- Le revers occidental du Zaccar-Bh’arbi est couvert de taillis de chênes verts dans la partie calcaire. Les bords de l’Oued-Christiou produisent généralement des tuyas et des pins de petites dimensions dans la partie argilo-schisteuse.
- Le massif de montagnes compris entre l’extrémité occidentale du Zaccar-Bh’arbi et l’Oued-Zeboudj prend le nom de Djebel-Arib. Il est formé par du terrain secondaire et se compose essentiellement de marnes schisteuses, grises, avec bancs de quartzite brun intercalés. Près du Zaccar, on observe sur les couches du revers N. du Djebel-Arib la direction N. 1 2 5° E. m., avec un plongement très-sensible au N. E. Sur tout le revers S. de cette montagne, on observe la direction N. 12 0° E. m., avec un plongement au S. O. de 3o°; de telle sorte que les couches sont pliées en dos d’âne suivant la crête du Djebel-Arib. Le terrain secondaire de ce massif est traversé par des veines irrégulières de quartz blanc, laiteux, dont l’épaisseur s’élève parfois à om,3o; il y a aussi quelques veines d’hydroxyde de fer; mais, nulle part, nous n’avons trouvé de traces de pyrite de cuivre.
- Le terrain secondaire du Djebel-Arib s’avance à l’O. jusque sur les bords du Chelif et se relie au massif du Djebel-Doui. Le pont d’El-Kantara correspond précisément à ce point de jonction, et sert en quelque sorte de point de limite, vers l’O., à la plaine du Chelif.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- La rive gauche de l’Oued-Zeboudj sert de limite au terrain secondaire du Djebel-Arib et le sépare du terrain tertiaire moyen.
- Le pont d’El-Kantara est bâti au pied du Djebel-Doui, à l’extrémité occi- Pont d’Ei-K.nun.. dentale de la plaine du Chelif. Sur la rive gauche, il est assis sur le terrain schisteux secondaire; sur la rive droite, il repose sur des alluvions calcaires jaunâtres.
- Le Djebel-Doui est essentiellement schisteux près du Chelif; c’est ie prolongement du massif du Djebel-Arib; de telle sorte que la coupure du Chelif, à l’extrémité de la plaine, a été pratiquée dans le terrain secondaire.
- Ce terrain devient plus calcaire à mesure qu’on marche vers l’O., et l’on trouve, sur la route d’Orléansville, du calcaire secondaire, gris blanc, à cassure cristalline peu schisteuse.
- Le terrain secondaire se prolonge sur la lisière méridionale de la plaine Terrain secondaire
- de la
- du Chelif, depuis le Djebel-Doui, à l’O., jusqu’à l’Oued-Deurdeur, à l’E. me gaucWu cheiif, Vu de Milianah , ce terrain constitue une série de petits pitons coniques qui Mihanai,. commencent au marabout de Sidi-Abd-el-Kader, sur la rive gauche de l’Oued-Deurdeur, et qui se relient à l’extrémité méridionale du massif du Djebel-Doui. Nous les avons suivis sur une étendue de 8 kilomètres, entre le Djebel-el-Hadj-Djelloul et l’Oued-Tleta. Ils se composent de marnes schisteuses grises et de bancs de quartzite gris clair dirigés N. 95° E. m. et plongeant au N. de 45°; les quartzites constituent les sommets de tous les mamelons; mais les marnes schisteuses sont de beaucoup les plus abondantes, de même que sur le revers S. du Djebel-Arib.
- Coupe transversale de la plaine du Chelif menée par le Djebel-Arib.
- jDjelet^drié. (roooT1'}
- La coupe ci-dessus montre qu’à l’extrémité occidentale de la plaine du Chelif, les couches du terrain secondaire sont pliées de manière à former un fond de cuvette dont le Chelif occupe à peu près le thalweg. En raison de la disposition des couches de ce terrain, un sondage entrepris dans le but d’obtenir des eaux jaillissantes, à travers le terrain secondaire, aurait le
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- Peu de chances de succès d’un puits artésien creusé à travers ie terrain secondaire, au confinent de l’Oued-TJeta et
- du Chelif,
- Terrain secondaire de
- l’Oued-Rehan -
- 176 NOTICE MINÉRALOIQUE
- pins de chances de succès dans le thalweg de la vallée. Pour éviter les difficultés d’exécution que présenterait le passage à travers les terrains alluvien et diluvien, on pourrait traverser d’abord ces terrains par un puits ordinaire; mais la compacité des couches schisteuses secondaires serait peu propre à livrer un passage facile et régulier aux nappes souterraines jaillissantes résultant des eaux pluviales absorbées par les affleurements des couches. Aussi un puits artésien creusé près du thalweg du Chelif, sur les bords de l’Oued-Tleta, par exemple, nous paraît-il avoir peu de chances de succès à travers les couches secondaires. Il se pourrait cependant qu’à la séparation du terrain diluvien et du terrain secondaire on trouvât une nappe ascendante; mais, comme on l’a fait observer plus haut, il serait peu rationnel d’aller à sa recherche au moyen d’un trou de sonde ordinaire : les cailloux roulés du terrain diluvien offriraient des obstacles presque insurmontables, comme cela est arrivé au sondage de Biskra; il vaudrait mieux creuser un puits ordinaire; mais cette opération serait sans doute inutile, parce que le voisinage du Chelif donnera, près du thalweg, des eaux d’infiltrations abondantes à une faible profondeur.
- Il nous reste encore à parler des îlots du terrain secondaire qui sont englobés dans le terrain tertiaire moyen des environs de Milianah.
- Au débouché de l’Oued-Rehan dans la plaine du Chelif, il y a, sur les deux rives de cet oued, une épaisse formation de quartzite brun à l’extérieur, d’un gris blanchâtre à l’intérieur; on y voit intercalées, sur le bord de la rivière, quelques assises d’argiles schisteuses grises. Ces quartzites sont dirigées N. 15° E. m. et plongent à l’E. de Zj.5°; ils sont fissurés en tous sens et doivent facilement se laisser pénétrer par les eaux pluviales, qui sont arrêtées, au contraire, par les argiles inférieures. Ces quartzites remontent dans la rivière jusqu’à î ooo mètres environ de son débouché dans la plaine du Chelif. Là, se présentent des assises de grès cjuartzeux, blanc jaunâtre, à ciment calcaire , passant au poudingue par suite de la présence de nombreux cailloux roulés de quartzite du terrain secondaire. Ces poudingues sont la partie inférieure du terrain tertiaire moyen. Vingt mètres plus haut, en suivant le cours de la rivière, on rencontre un très-petit îlot de quartzite secondaire de 20 mètres de long, dont les couches plongent de 5o° au N. E. ; plus haut encore, au confluent de l’Oued-Rehan et du premier affluent de sa rive droite, il y a une petite crête formée de couches minces de quartzite blanc
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- associé à des argiles schisteuses grises. Ces couches sont dirigées N. 96°E. m.; elles ont subi une inflexion, de telle sorte que les couches de l’aval plongent au S. et que les autres plongent au N.
- Il y a un îlot de terrain secondaire dans les gorges de l’Oued-Boutan; il s’arrête au pont construit sur cette rivière et remonte sur la rive gauche jusqu’au sentier qui conduit à Milianah, en suivant les crêtes. Ce terrain se compose essentiellement de marnes schisteuses grises, contenant intercalés quelques bancs de quartzites dirigés N. i35° E. m. et plongeant au S. E. de 35°.
- L’Oued-Souffay est la partie inférieure du cours de l’Oued-el-Hammam, qui descend du sommet du Zaccar-Rh’arbi pour se jeter dans le Chelif. Il traverse le terrain secondaire à la partie supérieure de son cours, pénètre ensuite dans la puissante formation de terrain tertiaire moyen qui s’étend à l’E. de Milianah et dans lequel sa vallée est assez large; puis, il s’encaisse profondément entre le Djebel-Keskès à l’O. et le Djebel-Ouamhorg à l’E., et présente alors dans le fond de la vallée le terrain secondaire qui, dans la partie supérieure des berges, est recouvert par le terrain tertiaire moyen. Le terrain secondaire est formé principalement d’argiles schisteuses grises, sur le revers S. E. du Djebel-Keskès; leur stratification est indiquée par celle de quelques bancs intercalés de quartzite brun ou de calcaire gris compacte, qui, en descendant le cours du ravin, ont présenté les allures suivantes :
- i° Direction N. 90° E. m. avec un plongement au N. de 3o°;
- 20 Direction N. 66° E. m. avec un plongement au N. O. de 43°;
- 3° Direction N. 95° E. m. avec un plongement au N. de 45°.
- On a signalé dans ces argiles divers filons de pyrite cuivreuse, à gangue
- de carbonate de chaux, qui ont donné lieu à une demande en permis de recherches.
- En aval des gîtes cuprifères, on trouve, sur la rive gauche de l’Oued-Souffay, de gros bancs lenticulaires de quartzite jaune à l’extérieur, d’un gris blanchâtre avec des points jaunes à l’intérieur. Ils sont dirigés N. 8o° E. m. et plongent au S. de 35 à 45°, c’est-à-dire en sens inverse de celui qui a été observé généralement en amont ; ils sont intercalés dans les argiles schisteuses grises. Sur la rive droite, on remarque des couches de poudingue à gros galets de quartzite, dirigées N. i55° E. m.; leur épaisseur totale est d’environ 10 mètres. Ce poudingue appartient sans doute à la
- 23
- Terrain secondaire de
- l’Oued-Boutan.
- Terrain secondaire de
- l’Oued-Souffay.
- de
- carbonate de chaux cuprifère sur les
- bords de l’Oued-Souffay,
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- 178 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- base du terrain tertiaire moyen, et ne forme qu’un accident à la partie inférieure du cours de l’Oued-Souffay. Les quartzites jaunes reparaissent immédiatement après sur les deux rives, et se prolongent jusqu’au débouché de la rivière dans la plaine; leur direction est ici N. 55° E. m., avec un plon-gement de 5o° au N. O.
- Terrain secondaire
- La coupe ci-dessus, menée N. S. par le télégraphe de l’Oued-Souffay, résume les observations qui précèdent; elle montre que les couches du terrain secondaire ont été violemment ployées, et que les allures de ces couches, depuis le télégraphe de l’Oued-Souffay jusqu’à la plaine du Chelif, ia plaine3(iu cheiif, sont très-peu favorables à la réussite d’un puits artésien qu’on creuserait de succès. à travers le terrain secondaire, au débouché de l’Oued-Souffay dans la plaine.
- Débit L’Oued-Souffay roule en hiver un grand volume d’eau. On assure que
- de l’Oued-Souffay. JO X
- son débit est assez notable à la fin de l’été. S’il en est réellement ainsi, on pourrait créer une colonie agricole au débouché de l’Oued-Souffay dans la plaine, en construisant un barrage sur cette rivière pour l’arrosage des terres fertiles de la plaine qui longe les bords de l’Oued-Souffay.
- Terrain secondaire Le terrain secondaire, essentiellement marneux, forme un très-petit îlot
- d’Aïn-Sultan. *-
- sur la crête du Gontas, près du col de ce nom, et reparaît ensuite au S. du Djebel-Ouamborg ; il renferme un filon de carbonate de chaux cuprifère auprès d’Aïn-Sultan ; il est peu développé sur la rive gauche de l’Oued-el-Habid; mais il s’étend, sur la rive droite, sur 3 kilomètres environ de longueur au-dessous de la ligne de crête du Dj ebel-Ouamborg.
- Un puits artésien entrepris dans
- 5c terrain secondaire , au débouché de l’Oued-Souffay
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 179
- En aval, il se perd sous le terrain tertiaire moyen, ainsi que l’indique la
- coupe ci-dessus, menée du N. N. E. au S. S. O., par le col du Gontas.
- Les filons cuprifères de l’Oued-Adelia sont encaissés dans du terrain secondaire schisteux, gris, dont les couches plongent au N. et s’enfoncent sous le poudingue tertiaire moyen qui recouvre la crête de la montagne. Ce terrain constitue un îlot marchant de l’O. à l’E. sur la rive gauche de l’Oued-Adelia. Nous n’avons pu le suivre dans toute son étendue; mais, d’après les allures et la couleur du terrain, nous lui assignons approximativement une longueur de 2 à 3ooo mètres; sa largeur n’est que de 4 à 5oo mètres.
- Le terrain tertiaire moyen enveloppe la partie orientale de la plaine du Chelif, d’une manière continue, depuis l’Oued-Rehan au N. jusqu’à l’Oued-Deurdeur au S.; il forme en outre, à l’O. de Milianah, quelques îlots enclavés dans le terrain secondaire; il se compose de trois grandes assises, qui sont, en allant de bas en haut, i° un poudingue grossier, 2° des marnes argileuses d’un gris jaunâtre, 3° des grès quartzeux à ciment calcaire jaunâtre. Les deux premières assises correspondent à celles que l’on trouve à Orléansville, dans la même situation géologique; les grès quartzeux de l’assise supérieure remplacent, à Milianah, les calcaires sablonneux jaunâtres qui sont si développés à la partie supérieure du terrain tertiaire moyen d’Orléansville.
- A l’E. de Milianah, le terrain tertiaire moyen forme une longue chaîne appelée chaîne du Gontas, dirigée en moyenne de l’E, à l’O. et reliant d’une
- Terrain secondaire et
- liions cuprifères de
- l’Oued-Adelia.
- îerrain tertiaire moyen des
- environs de Milianali.
- Chaîne du Gontas.
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- 180
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- manière continue ie terrain tertiaire moyen de Milianah avec le terrain tertiaire moyen de Medeah. Cette chaîne, dont le point culminant est à la cote de 880 mètres auprès du télégraphe du Gontas, sépare les eaux du Chelif des eaux de la plaine de la Metidja : les couches tertiaires y plongent en sens inverse de part et d’autre de la ligne de faîte. Sur le revers S. de cette chaîne, les couches tertiaires plongent généralement au S. ou au S. O.; elles plongent au contraire au N. sur la lisière méridionale de la plaine du Chelif, de manière à former un fond de cuvette recouvert par le terrain diluvien et traversé par le Chelif. 11 suit de là que les hords de la plaine diluvienne du Chelif sont formés par des plateaux réguliers plongeant ordinairement vers la plaine. Mais cette régularité disparaît à mesure qu’on se rapproche des Zaccars; les couches tertiaires présentent, au pied de ces pics secondaires, de nombreuses ondulations qui paraissent dues au dernier soulèvement commun aux deux grandes formations tertiaire et secondaire, et dont les principaux efforts se sont concentrés autour du Zaccar.
- Ostrca crassissima Le terrain tertiaire de Milianah est caractérisé par Yostrea crassissima, que rtsurieGontas. fon trouve à Aïn-Sultan et sur la chaîne du Gontas.
- FHon., Quelques fdons plombo-cuivreux se montrent dans les couches tertiaires,
- plomLo-cuivreux
- terrain tertiaire moyen. près de ügne de contact des couches secondaires; ils sont moins nombreux que ceux que l’on rencontre dans le terrain secondaire et paraissent moins importants; du reste, ce sont des prolongements de fdons existant dans le terrain secondaire.
- Nous décrirons d’abord la grande formation tertiaire qui constitue la lisière de la partie orientale de la plaine du Chelif, en l’étudiant dans les ravins qui se jettent dans le Chelif.
- Ravin du télégraphe Le télégraphe du Zaccar-Rh’arbi est au sommet d’un piton isolé entière-Zaccar-Rli’arbi. ment composé de marnes secondaires, avec lentilles intercalées de quartzite brun. Près du télégraphe, on observe sur ces marnes la direction N. i6o° E. m. avec un plongement au N. E. de i5°. Au télégraphe même, on remarque quelques blocs de calcaire ferrifère associé à du schiste argileux et contenant des nodules sans suite de pyrite de cuivre.
- Du sommet du piton se détache un ravin sans nom qui va se jeter dans l’Oued-Rehan, en aval du débouché de l’Oued-Rehan dans la plaine du Chelif. A 1200 mètres environ S. du télégraphe, apparaît au fond de ce ravin le poudingue jaune, partie inférieure du terrain tertiaire moyen ; il s’y
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- présente, sur une épaisseur de 1 2 à i5 mètres, en couches dirigées N. 65° E. m. et plongeant au S. E. de 8o°. On y voit de très-nombreuses iurriteîles turris dont les axes longitudinaux sont dirigés parallèlement à la stratification, ce qui indique un redressement des couches tertiaires postérieurement à leur dépôt. Ce poudingue se perd au S. sous un grand dépôt d’argile marneuse grise, qui se prolonge jusqu’au débouché de ce ravin dans la plaine du Chelif. A ce débouché, l’on remarque, sur la rive gauche seulement du ravin, l’extrémité de l’ilot de quartzite secondaire qui a déjà été signalé sur les deux rives de l’Oued-Rehan, au débouché de ce ravin dans la plaine.
- En aval de ces quartzites, il y a des marnes lie de vin et jaunes dont nous n’avons pu déterminer l’âge, mais que nous sommes tenté de regarder comme la gangue des alluvions anciennes qui remontent de la plaine jusque sur les premiers contre-forts dominant cette dernière.
- Un sentier arabe montant de la plaine du Chelif à Milianah suit la crête comprise entre la rive gauche du ravin du télégraphe et la rive droite de l’Oued-Rehan ; on retrouve sur ce sentier les poudingues inférieurs du terrain tertiaire moyen, plongeant au N. O. sous un angle qui diminue graduellement; c’est, dès lors, par suite d’une inflexion, que ces mêmes poudingues plongent au S. E. dans le ravin du télégraphe. Ces poudingues renferment beaucoup de panopées sur ce sentier. On les voit aussi passer sous les argiles tertiaires qui constituent, à l’O. de la plaine ondulée des jardins de l’Oued-Boutan, un mamelon complètement isolé.
- s.s.o.
- La coupe ci-dessus, menée du N. N. E.tau S. S. O., entre Milianah et le télégraphe du Zaccar-Rh’arbi, résume les observations précédentes ; elle montre qu’un sondage entrepris pour la recherche des eaux jaillissantes, au
- Poudingue tertiaire moyen
- à 1,200 mètres en avant du télégraphe du
- Zaccar-Rh’arbi.
- Argile marneuse grise supérieure au
- poudingue précédent.
- Panopées
- dans les poudingues.
- Un puits artésien , a peu
- de chances de succès au débouché
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- 182 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- du ravin du télégraphe débouché du ravin du télégraphe du Zaccar-Rh’arbi dans la plaine du Chelif, ZâccTa!îarbi offre Peu c^e chances de succès, soit dans le terrain tertiaire moyen, soit
- la plaine du Chelif. Il,* 1 •
- dans le terrain secondaire.
- Terrain tertiaire moyen On a vu plus haut qu’il y a un îlot de quartzite secondaire de 1000 mètres
- de l’Oned-Rehan. 1 1 J T.
- de large au débouché de l’Oued-Rehan dans la plaine du Chelif. En amont de ces quartzites, se présentent des assises de grès quartzeux, blanc jaunâtre, à ciment calcaire, contenant de nombreux cailloux roulés de quartzite secondaire. Ces grès, ou plutôt ces poudingues, constituent ici la base du terrain • tertiaire moyen. Les cailloux roulés de quartzites sont surtout abondants dans les couches inférieures; à mesure qu’on s’élève, ils disparaissent; le grès devient plus essentiellement calcaire ; il présente des nodules de calcaire bleu, à cassure grenue, alignés dans le sens de la stratification, et qu’au premier abord on prendrait pour des cailloux roulés. Ces grès sont dirigés N. 94° E. m., et plongent au N. de 25 à 3o°; ils se couvrent d’efflorescences salines blanches, dont le goût amer décèle la présence du sulfate de magnésie. Ils renferment de nombreuses huîtres (ostrea tegulata), couvertes parfois de balanes et de polypiers. Nous y avons trouvé un gros fragment roulé de bois fossile, à l’état de charbon roux et criblé de tarets. Le plon-gement au N. est général dans le terrain tertiaire de l’Oued-Rehan, depuis le point où il se montre, à la partie inférieure du cours de ce ravin, jusqu’auprès de l’Aïn-Rehan, où apparaît le terrain secondaire du Zaccar. Le terrain tertiaire moyen prend un grand développement sur les deux rives de cette rivière. On a vu plus haut qu’il commence par un grès grossier passant à l’état de poudingue; au-dessus viennent des grès calcaires jaunes, faciles à désagréger, recouverts eux-mêmes par une grande épaisseur d’argile mar-Tuiiericsalimentées neuse grise alimentant deux tuileries dans la vallée de l’Oued-Rehan. agilesmLne^sesgrises près du contact des grès et des argiles, il y a une série de couches de iei’o«ed-Rehan. argileux passant à l’état de marnes vertes, semblables aux marnes vertes
- du terrain tertiaire moyen de Mouzaïa. La base du dépôt argileux contient elle-même des bancs intercalés de calcaire jaunâtre, sur lesquels nous avons observé la direction N. 35° E. m., avec un plongement au N. O. de 15°.
- A 2 ou300 mètres en amont de la dernière briqueterie de l’Oued-Rehan, les argiles schisteuses secondaires, avec bancs intercalés de quartzite, reparaissent et se lient d’une manière continue au calcaire secondaire du Zaccar.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 183
- On observe, sur ces bancs de quartzite, la direction N. 75° E. m., avec un plongement au S. E. de 6o°.
- Coupe N. S. à travers l’Aün-Rehaiï.
- La coupe ci-dessus, menée N. S. suivant le cours de l’Aïn-Rehan, résume les observations qui précèdent, et montre qu’il n’y a pas de probabilité pour la réussite d’un puits artésien sur les bords de l’Oued-Rehan, au débouché de cette rivière dans la plaine du Chelif, puisque les couches du terrain secondaire et celles du terrain tertiaire plongent en sens inverse du cours de cette rivière.
- L’administration se propose de fonder une colonie agricole sur les bords de l’Oued-Rehan, au débouché de cette rivière dans la plaine du Chelif. A ce débouché, l’eau de l’Oued-Rehan est trouble et peu abondante. A sa source, l’Aïn-Rehan est une fontaine abondante fournissant par vingt-quatre heures environ 500 mètres cubes d’une eau limpide et d’excellent goût, parce qu elle sort du terrain secondaire. Cette eau présente sans doute une composition analogue à celle de l’Oued-Routan, dont l’analyse a été rapportée plus haut. Le passage de l’Aïn-Rehan à travers les couches tertiaires altère la qualité des eaux et en diminue le volume, ainsi que cela arrive pour les eaux du Tighaout, auprès d’Orléansville. Dès lors, si l’administration se décide à créer un village sur les bords de l’Oued-Rehan, dans la plaine du Chelif, il faudra, pour avoir de l’eau potable de bonne qualité, amener jusqu’au village une portion des eaux de la source de l’Aïn-Rehan, au moyen d’une conduite en poterie. On se procurera les eaux nécessaires à l’irrigation des terres, au moyen d’un barrage que l’on construira sur les bords de l’Oued-Rehan.
- Colonie agricole à fonder sur les
- bords de l’Oued-Rehan
- Conduite d’eau de l’Aïn-Rehan , pour les
- besoins économiques de la
- colonie agricole.
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- 184 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Terrain tertiaire moyen Au pied du plateau de travertin sur lequel est bâti Milianah, il v a une
- de l’Oued-Boutan "
- sorte de plaine ondulée couverte de jardins et formée par la vallée de l’Oued-Boutan, qui s’encaisse ensuite dans des gorges escarpées, au pied du revers occidental du Djebel-Keskès. A partir des sources de Milianah jusqu’à la plaine du Chelif, la vallée de l’Oued-Boutan est creusée en entier dans le terrain tertiaire moyen. On n’y trouve qu’un très-petit îlot de marnes secondaires, sur la rive gauche, au pied du Djebel-Keskès. La plaine des Jardins se relie, à l’O., par une ligne de faîte peu élevée, à la vallée de l’Oued-Briqueteries Behan. On trouve sur cette crête de séparation, de même que dans la plaine, k vaiiée les argiles marneuses du terrain tertiaire moyen, argiles qui alimentent trois briqueteries. En aval de l’îlot de terrain secondaire, le terrain tertiaire est formé de bancs de poudingue composé principalement de cailloux roulés de quartzite; ces couches paraissent plonger légèrement au S. E. et se cachent au S. sous les alluvions anciennes de la plaine du Chelif.
- Un sentier venant de la plaine du Chelif passe à la partie supérieure du flanc gauche de la vallée de l’Oued-Boutan et descend dans la plaine des Jardins. A cette descente, les marnes tertiaires contiennent un banc de calcaire jaune, compacte, dirigé N. S. m., avec un plongement à l’E. de îoà 1 5°. Sous les murs de Milianah, les mêmes marnes sont dirigées N. 55° E. m. et plongent au S. E. de 45°; elles reposent en stratification discordante sur les marnes schisteuses secondaires, alternant avec des bancs de quartzite dirigés N. io5° E. m. et plongeant au N. m. de 35°; plus en amont, l’inclinaison de ces quartzites change de sens. Le tout est recouvert en stratification discordante par un dépôt de travertin, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Sur les bords de FOued-Boutan, les couches tertiaires plongeant soit à l’E., soit au S. E., sont peu convenablement disposées pour donner des eaux jaillissantes au débouché de FOued-Boutan dans la plaine du Chelif, parce que le cours de cette rivière est dirigé du N. au S. De même que pour FAïn-Rehan, les eaux de FAïn-Boutan, limpides à leur origine, deviennent troubles et laiteuses et se chargent de matières salines par leur passage à travers les couches tertiaires. Comme elles reçoivent en outre tous les égouts de la ville de Milianah, elles sont impropres aux usages domestiques, en aval de cette ville.
- La colonie agricole d’Affreville est située auprès du débouché de FOued-Boutan dans la plaine du Chelif; Feau nécessaire aux besoins domestiques de cette colonie est prise à la source de FOued-Boutan et amenée jusqu’au village au moyen d’une conduite qui longe la rive gauche de la rivière.
- Entre FOued-Souffay et FOued-Boutan, le terrain tertiaire moyen constitue Terrain tertiaire la crête du Djebel-Keskès et vient se perdre sous les alluvions anciennes de d» Djebei Keskès. la plaine du Chelif. La couverture extérieure du Djebel-Keskès est formée principalement par le poudingue marneux qui est à la base du terrain tertiaire moyen. Ces couches sont pliées suivant la crête du Djebel-Keskès ; ainsi, sur la lisière de la plaine du Chelif, on observe des couches de poudingue sableux, jaunâtre, dont la direction varie du N. 1 o5° E. m. au N.
- 1 io° E. m. et qui plongent de 55° au S. Ces couches ont été violemment brisées et leurs affleurements forment de longues murailles qui paraissent verticales au premier abord. Ces roches sont très-meubles et se ravinent avec la plus grande facilité. Sur la ligne de faîte du Djebel-Keskès, on ne trouve que des cailloux roulés de quartzite et de calcaire, résultant de la désagrégation du poudingue tertiaire.
- La coupe ci-dessus, menée du N. E. au S. O., à travers la crête du Djebel-Keskès , résume les observations qui précèdent.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Terrain tertiaire moyen du
- Djebel-Onamborg.
- Poudingue tertiaire
- télégraphe de l’Oued-Adelio.
- Trous
- de
- coquilles litliophages auprès
- du télégraphe.
- Poudingue tertiaire.
- Une petite crête tertiaire, dirigée du N. N. E. au S. S. O., sépare la chaîne tertiaire du Djebel-Bouhaya, faisant suite à l’E. au Zaccar-Chergui, de la chaîne tertiaire du Gontas, qui, à son extrémité O., prend le nom de Djebel-Ouamborg. Cette petite crête porte le télégraphe de l’Oued-Adelia à la cote de 782 mètres, et son étude montre que le terrain tertiaire moyen a subi deux inflexions, dont Tune correspond à la chaîne du télégraphe, et l’autre à la chaîne du Gontas. Les crêtes sont généralement formées de poudingue, tandis que le fond des vallées est formé par les marnes tertiaires.
- Le télégraphe de l’Oued-Adelia est bâti sur du poudingue à pâte calcaire d’un rouge violacé. Parfois, les cailloux roulés y sont très-rares, et le poudingue constitue une roche calcaire homogène qui a été employée comme pierre de construction. On y trouve, sur le sentier qui mène au télégraphe, des huîtres à têt noir et des débris de calcaire secondaire gris, criblés de trous de coquilles lithophages. Au pied du télégraphe, le poudingue est coupé par un filon dirigé N. 6o° E. m. et plongeant au S. E. de 70°. L’épaisseur de ce fdon est de om,3o; sa longueur, de 8 mètres. La gangue est formée par une sorte de grès ferrugineux associé à du carbonate de chaux spathique, blanc, tabulaire.
- Toute la crête du Djebel-Ouamborg, jusqu’au col d’où part l’Oued-Hellal, affluent du Chelif, est formée de poudingue tertiaire moyen. Mais parfois les galets manquent, et la roche devient calcaire, dure et homogène. Elle est jaune à l’extérieur; à l’intérieur elle est lie de vin et parfois bleue. Ces couches de poudingue s’arrêtent sur le versant N. de la vallée du Chelif, et laissent voir en dessous le terrain secondaire qui les supporte.
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- La coupe ci-dessus, menée N. S., par le télégraphe de l’Oued-Adelia, indique la disposition respective des terrains tertiaire et secondaire.
- Si de la crête du Djebel-Ouamborg l’on descend sur le revers N. de cette chaîne, vers la vallée de l’Oued-Adelia, on trouve, au-dessus des poudin-gues, des grès schisteux jaunâtres, dirigés N. io5° E. m. et plongeant au N. de 6o°. Ces grès renferment de nombreuses empreintes végétales carbonisées, et alternent avec des marnes grises ou lie de vin, qui ont la plus grande ressemblance avec celles du col de Mouzaïâ.
- A la partie supérieure de la vallée de l’Oued-Adelia, il y a une fontaine (Aïn-Safsaf) qui est ombragée par un bosquet de trembles; près de cette fontaine , sur la rive gauche de l’Oued-Adelia, on remarque un banc de calcaire ferrugineux, avec débris de peignes, dirigé N. 55° E. m. et plongeant au S. E. de 3o°; cette pente est inverse de celle que l’on observe sur le flanc droit de la vallée; elle résulte du plissement indiqué sous le télégraphe de l’Oued-Adelia, dans la coupe précédente.
- On a signalé quelques filons plombo-cuivreux peu importants dans les marnes tertiaires de l’Oued-Adelia.
- Le terrain tertiaire moyen des environs d’Aïn-Sultan, au pied du revers S. du Djebel-Ouamborg, a été fortement bouleversé. Il se compose de grès quartzeux, à ciment calcaire, jaunâtre, contenant des bancs intercalés d’argile marneuse caractérisée par la présence de Yostrea crassissima. Les couches sont dirigées généralement de l’E. m. à l’O. m.; mais leur inclinaison est très-variable : elle est tantôt au N., tantôt au S., et se rapproche beaucoup de la verticale. Les couches tertiaires se perdent sous le terrain diluvien du village d’Aïn-Sultan; elles correspondent à la partie supérieure du terrain tertiaire moyen. Les observations qui précèdent sont résumées dans la coupe d’autre part.
- Empreintes végétales carbonisées
- dans les grès schisteux du terrain tertiaire moyen.
- Filons
- plombo-cuivreux dans les
- marnes tertiaires de l’Oued-Adelia. Terrain tertiaire moyen des environs d’Aïn-Sultan.
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- 188 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Djehel- Ormmlcrj. (Sjo™)
- errain tertiaire moyen de la lisière S. de
- la plaine du Chelif.
- Grès jaune tertiaire des Kifan.
- Barrage facile de l’Oued-Deurdeur à El-Kifan.
- Cette brusque variation des couches tertiaires cesse à 4 kilomètres N. E. du village d’Aïn-Sultan; ces couches plongent alors régulièrement au S. E., sur le revers S. de la chaîne du Gontas, le long de la plaine du Chelif.
- Au S. de la plaine du Chelif, le terrain tertiaire moyen commence à se montrer sur les bords de l’Oued-Deurdeur. Il constitue, sur la rive gauche de cet affluent du Chelif, le massif du Djebel-Kherraza, qui s’élève à la cote de 8o4 mètres, et se relie ensuite sans interruption à la chaîne tertiaire du Gontas, en formant le massif du Djebel-el-Louhe, qui s’élève à la cote de 145o mèt., et le massif du Djebel-Ouamri, qui s’élève à la cote de i o î o mèt.
- Les marnes tertiaires grises-sont très-développées sur les deux rives de l’Oued-Deurdeur; elles se montrent partout, depuis le débouché de l’Oued-Deurdeur dans la plaine du Chelif jusqu’au pied du Djebel-Kherraza. Elles plongent ordinairement de 8 à io°au N. E.; mais, auprès du Djebel-Kherraza, il y a un redressement subit des couches qui deviennent verticales. Ainsi, les Kifan sont deux petites crêtes encaissant l’Oued-Deurdeur, au pied du revers oriental du Djebel-Kherraza; ces crêtes sont formées par des couches de grès jaune, à ciment calcaire, dirigées verticalement N. 75°E. m. Elles sont encaissées dans des marnes grises, tertiaires, qui se poursuivent plus loin vers le S. Il serait très-facile de barrer l’Oued-Deurdeur à El-Kifan; en ce point, la vallée n’a que 5o mètres environ d’ouverture; elle s’élargit en amont, de manière à donner lieu à un réservoir où l’on pourrait accumuler un grand volume d’eau; en aval, elle s’élargit bien davantage. Elle est formée par des alluvions qui se relient aux alluvions sableuses de la plaine alluvienne du
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Chelif. Les alluvions de l’Oued-Deurdeur en aval d’El-Kifan sont très-argileuses, parce que le cours de cette rivière est entaillé principalement dans les marnes tertiaires; elles sont très-fertiles, et pourraient être arrosées au moyen du barrage indiqué ci-dessus. Le i3 décembre i8Ô2, l’Oued-Deur-deur roulait à El-Kifan un grand volume d’eau limpide et d’excellent goût, comparable au volume de l’Oued-Boutan, sous Milianah. La vallée de l’Oued- vi“ÊfS®Sel* Deurdeur paraît très-bien convenir à l’établissement d’un village au-dessous d’El-Kifan. Le Djebel-Kherraza est couvert de tuyas et de quelques pins, et fournirait le bois de chauffage. Les poutrelles de constructions seraient prises dans la forêt de pins qui est sur la route de Milianah à Teniet-el-Had. On ferait de la chaux moyennement hydraulique avec la carapace calcaire diluvienne qui recouvre les flancs du Djebel-Kherraza. Les grès tertiaires moyens d’El-Kifan donneraient d’excellentes pierres de taille. Les marnes tertiaires donneraient la terre à brique, et le lit de l’Oued-Deurdeur, les sables nécessaires pour les mortiers. Quant au plâtre, on le trouverait auprès d’Aïn-Kher-raza, sur le sentier arabe qui mène à Teniet-el-Had.
- Il semble donc que les conditions les plus favorables se présentent à El-Kifan pour l’établissement d’un village agricole.
- La forme conique du massif tertiaire de Kherazza paraît être due à un Terrain tertiaire moyen soulèvement. En effet, sur le revers N., les couches plongent au N. E. m. de 20 à 2 5°; sur le revers 0., elles sont dirigées N. io° E. m., verticalement; à la hauteur d’Aïn-Kherraza, près du point culminant, elles plongent au N. 0.
- S.O. N.E.
- jÿehel-Khemvca.
- Voici la succession des couches tertiaires qu’on rencontre sur le revers N. du Djebel-Kherraza, en allant des plus anciennes aux plus récentes : i° Des grès jaunâtres, à ciment calcaire, passant à la partie inférieure à
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- 190 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- l’état de grès marneux, identiques aux grès de l’assise inférieure du terrain tertiaire moyen de Mouzaïa-les-Mines ; ces grès renferment de grosses huîtres à têt noir, des peignes à têt noir, des nautiles.
- 2° Une assise de marnes grises, de 20 à 3o mètres de puissance;
- 3° Quelques bancs de grès jaunes, plus ou moins sableux, passant parfois à l’état de poudingue à galets de quartzite de om,35 de diamètre au plus;
- 4° Une grande épaisseur de marnes grises, qui constituent probablement le fond de la cuvette du Chelif.
- Aîn-Khornua. L’Aïn-Kherraza donne de l’eau d’un goût agréable; elle sert de point de
- campement aux troupes qui se rendent à Teniet-el-Had; un gourbi est destiné aux voyageurs.
- Les couches du terrain tertiaire moyen comprises entre le Djebei-el-Louhe au S. de la plaine du Chelif, et le Djebel-Gontas au N. de cette plaine, sont pliées de manière à former un fond de cuvette elliptique dont le Chelif occupe le thalweg. Les affluents du Chelif, .passant sur les affleurements des couches de grès et de poudingue enclavées dans les marnes, doivent s’y absorber en partie. Il en est de même pour les eaux de pluie et les eaux de fonte de neiges. Il nous paraît donc possible d’obtenir des eaux jaillissantes dans la partie orientale de la plaine du Chelif, à la base du terrain tertiaire moyen. L on a vu qu’au pied des Zaccars les couches tertiaires ont été fortement bouleversées; aussi convient-il de s’écarter le plus possible des Zaccars, pour ne pas avoir à craindre de dérangements dans les allures des un puits artésien nappes aquifères. 11 suit de là que le meilleur emplacement pour un puits au confluent artésien serait auprès du confluent de l’Oued-Guergour et du Chelif. Il con-
- de i’Oned - Guergour ®
- et a., chelif. viendrait de traverser d’abord par un puits ordinaire l’épaisseur inconnue des terrains alluvien et diluvien. On ne peut rien dire de la profondeur probable du puits artésien à travers le terrain tertiaire : elle serait sans doute considérable, à cause de l’épaisseur du terrain tertiaire moyen; on pourrait compter à priori sur 2 ou 300 mètres; et dès lors, si l’intérêt de la colonisation exigeait que l’administration entreprît ce sondage, il conviendrait de l’exécuter au moyen du système de M. Kind, qui est à la fois plus rapide, plus sûr et plus économique que l’ancien système, pour de grandes profondeurs.
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- N.N.E.
- ieiel- el-Louhe. (i45oyj
- La coupe ci-dessus, menée du S. S. O. au N. N. E., par le sommet du Djebel-el-Louhe, à travers la plaine du Chelif, résume les observations qui précèdent au sujet du sondage projeté dans la plaine.
- Le Diebel-Bouhava est une petite chaîne de terrain tertiaire moyen, T™ tertiaire moyen
- J J 1 # J * du Djebel-Bouhaya.
- dirigée E. O., comme celle du Gontas, et dont le point culminant s’élève à la cote de 832 mètres. Elle est longée, sur le flanc N., par la route carrossable de Milianah à Blidah, et sépare les eaux de l’Oued-el-Hammam des eaux de l’Oued-Boualouan. Ces deux rivières forment par leur réunion l’Oued-Djer, qui s’encaisse très-fortement dans le terrain secondaire, avant de péné -trer dans les alluvions anciennes de la Metidja.
- Entre Milianah et le Djebel-Bouhaya, la route carrossable est d’un entretien fort difficile, parce quelle traverse presque constamment les marnes tertiaires, qui se réduisent en bouillie sous l’action des pluies. Mais, à partir du Djebel-Bouhaya, l’entretien de la route est plus facile, parce que cette chaîne est formée par des grès quartzeux jaunes, à ciment calcaire, passant parfois à l’état de calcaire cristallin. Ces grès sont au-dessus des marnes grises, et constituent la partie supérieure du terrain tertiaire moyen; ils peuvent avoir 5o mètres environ d’épaisseur; ils sont dirigés N. $5° E. m. avec un prolongement au S. m. de 35°.
- Les eaux thermales de Hammam-Bhira sont situées à 16 kilomètres N. E. w thermales de Milianah, sur la rive gauche de l’Oued-el-Hammam; elles jaillissent sur le revers S. du Djebel-Hammam-Bhira, au milieu des marnes grises du terrain tertiaire moyen qui s’étend assez loin des sources, à l’O. et au N.
- Quoique le point d’émergence de ces sources soit situé à 5 kilomètres N. E. du pied du Zaccar-Chergui, il est probable que, dans leur cours souterrain, elles sont en relation avec le massif secondaire du Zaccar. L’on a remarqué que les tremblements de terre sont beaucoup plus fréquents et plus violents aux eaux chaudes que partout ailleurs dans le voisinage ; du reste, l’aspect
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE des marnes tertiaires auprès des eaux chaudes semble témoigner d’une action ignée énergique : elles sont grises, très-dures, schisteuses, et ressemblent parfois à celles qui sont englobées entre les salbandes des grands fdons métallifères de Mouzaïa; parfois elles sont recouvertes d’un enduit extérieur jaune verdâtre qui pourrait être dû à la présence du sulfate de fer.
- Il y a un très-grand nombre de sources dans un petit rayon autour de l’établissement thermal; leur température varie de 4i° 1/2 à 53. Nous avons observé les diverses températures suivantes :
- 4i° j, 42°, 44 44° 45°, 46° 46° j, 53.
- Les Arabes se baignent en dehors dans une piscine de 4 mètres carrés de superficie, entourée d’un mur en pierres sèches. La température de cette piscine est de 44° 1/2. .
- Dans l’établissement thermal, il y a trois piscines accolées qui ont chacune environ 4 mètres de côté sur om,6o de profondeur. La température de la piscine du milieu est de 44° i/4-
- Le volume total de toutes les sources réunies est très-considérable; il est d’environ 4ooo mètres cubes par vingt-quatre heures. On pourrait l’utiliser comme force motrice, à cause de la hauteur de chute, jusqu’à l’Oued-Ham-mam.
- L’eau n’a aucun goût particulier; elle ne laisse au palais que l’impression produite par l’eau chaude; elle n’est pas sensiblement sulfureuse. Elle dépose des concrétions éminemment calcaires qui, à l’extérieur, se recouvrent d’un enduit vert.
- Travertin de-posé Les eaux thermales ont donné lieu jadis à un grand dépôt de travertin ies eaux thermales, calcaire qui descend jusqu’auprès de l’Oued-Hammam. Ce travertin a été d*Aqîæbcâiid* exploité par les Romains pour la construction du poste d’Aquæ-Calidæ : la plus grande partie des pierres de taille qu’on trouve aujourd’hui dans ces ruines est en travertin; le reste est en grès calcaire, jaunâtre, du terrain tertiaire moyen du Djebel-Bouhaya. Les tombes sont des monolithes de grès creusés de manière à ne contenir qu’un seul corps; le vide est arrondi du côté de la tête.
- Diorîte à Aquæ-Caüdæ. Nous avons trouvé parmi ces ruines un fragment de diorite remarquable en ce qu’à l’intérieur il est gris verdâtre et un peu bulleux, et qu’à l’extérieur il se transforme en une véritable scorie noire.
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- A 2000 mètres à l’est de l’établissement thermal, il y a une source acidulée et ferrugineuse, à la température de 20° 1/2. Elle débite 2 litres environ par seconde. Elle sort à travers une couche de marne tertiaire grasse et grise. Elle a déposé un peu de travertin autour de son point d’émergence.
- Les marnes tertiaires du Djebel-Hammam-Rhira plongent généralement au S. E., sous un angle de 3o à 4o°. Du sommet de cette montagne (cote 646m), on voit, par une échappée, la plaine de la Metidja, le lac Halloula, le tombeau de la Chrétienne et la mer, et l’on reconnaît que le terrain tertiaire moyen s’étend du S. au N. vers la plaine de la Metidja.
- Au pied des eaux chaudes, sur la rive gauche de l’Oued-Hammam, nous avons observé sur des grès jaunes, schisteux, tertiaires, la direction N. 8o° E. m., avec un plongement au N. de 2 5°.
- En rapprochant les pentes observées sur les deux rives de l’Oued-Hammam, on peut admettre que les couches tertiaires ont subi une inflexion double, ainsi que le montre la figure ci-contre.
- On a trouvé depuis peu un filon cuprifère auprès des eaux chaudes, dans les marnes tertiaires.
- Pour achever ce qui nous reste à dire du terrain tertiaire moyen des environs de Milianah, nous avons encore à parler des îlots qui sont enclavés dans le terrain secondaire, vers l’ouest.
- Il y a un îlot de terrain tertiaire moyen qui commence à l’embranchement du sentier des Beni-Menasser et du sentier du télégraphe du Zaccar-Rh’arbi, en se dirigeant de l’E. à l’O., sur une longueur d’environ 35oo mètres et une largeur moyenne de 1000 mètres. On peut le suivre dans toute sa longueur d’une manière presque continue; il ne présente qu’une interruption d’une vingtaine de mètres, en face du télégraphe. Le terrain tertiaire moyen a été complètement dénudé, et les marnes schisteuses secondaires, avec bancs de quartzite intercalés, se montrent au jour. L’on ne trouve, dansl’îlot tertiaire en question, que la partie inférieure du terrain tertiaire moyen, c’est-à-dire le poudingue à débris secondaires (calcaire gris compacte, quartzite brun, marne schisteuse dure). Les galets du poudingue ont un diamètre moyen de om, 1 o ; la pâte est une substance argilo-calcaire d’un
- Source
- ferrugineuse et acidulée de
- Hammam-Rhira.
- Filon cuprifère des eaux chaudes.
- Ilot de terrain tertiaire moyen
- de l’Oued-Kerma et de
- l’Oued-Cliristiou,
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- 194 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- gris verdâtre, qui, lorsqu’elle domine, constitue des cou ch es épaisses de marnes vertes caractérisant ici la partie inférieure du terrain tertiaire moyen. L’on remarque, en plusieurs points de l’îlot, que le terrain tertiaire moyen commence, à la base, par ces marnes contenant des galets secondaires gros comme une noisette. Les dimensions de ces galets augmentent graduellement à mesure qu’on s’élève dans la formation tertiaire. L’épaisseur totale de cette dernière est ici de 5o à 60 mètres environ; les couches ont été fortement bouleversées à l’extrémité orientale de l’îlot; elles y sont dirigées approximativement N. 45° E. m., et plongent au S. E. de 15 à 2 0°. Mais, à mesure qu’on marche vers l’ouest, le sens de l’inclinaison change; il passe au N. O. au moyen d’une inflexion, ainsi que l’indique la figure ci-contre, et les
- couches deviennent presque verticales. Une deuxième inflexion des couches tertiaires vers le S. O. se montre sur la rive gauche de l’Oued-Christiou, de telle sorte que l’îlot de terrain tertiaire correspond à une calotte dont la convexité regarde en haut. Autrefois, cet îlot se prolongeait d’une manière continue jusque surJa rive droite de l’Oued-Christiou; on retrouve, en effet, le poudingue tertiaire en couches presque verticales, sur le bord d’un affluent de la rive droite de l’Oued-Christiou; mais le creusement incessant de ce ravin à travers les marnes secondaires a séparé le terrain tertiaire sur les deux rives de ce torrent, et il n’en reste en quelque sorte qu’un témoin sur la rive droite.
- On rencontre de nombreux fossiles tertiaires dans les marnes, tels que
- des pinnes, des vénus, des huîtres, des turritelles......Quelquefois les
- blocs de cailloux roulés de calcaire secondaire sont criblés de trous de coquilles lithophages. On a donné, pages 144 et ï 45, la liste des fossiles trouvés dans le terrain tertiaire moyen.
- Les poudingues inférieurs du terrain tertiaire moyen fournissent aux poudingnes tertiaires. Arabes de Milianah des pierres meulières pour les moulins à eau. iiot do terrain tertiaire II y a un îlot fl.e terrain tertiaire moyen sur le Djebel-Arib; il empiète duD^rib. très-peu sur le revers S., où il se montre à la source de l’Oued-Kremis et i sur la rive droite de ce ravin. Il est beaucoup plus développé sur le revers N. On retrouve le poudingue tertiaire à pâte jaune, et par-dessus les marnes
- Fossiles tertiaires.
- Meulières
- des
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- grises; leur direction au point le plus bas de l’affleurement est N. 96° E. m., avec un plongement au N. dé 2 0°. Sur la crête du Djebel-Arib, leur direction est N. 12 5° E. m., avec un plongement au N. E. de 8o°; en suivant cette crête, on coupe l’îlot de terrain tertiaire moyen sur une étendue d’environ 2 kilomètres, après lesquels on pénètre dans le terrain schisteux secondaire.
- Le massif secondaire schisteux du Djebel-Arib s’arrête à la rive gauche Terrain tertiaire de l’Oued-Zeboudj; à la rive droite, commence une large bande de terrain mederoued-zetondj. régulièrement stratifié, dont les couches plongent au S. S. E. de 1 5 à 20°, et qui longe la rive droite du Chelif. Les couches extérieures sont grises et marneuses. Nous n’avons pas visité ce terrain, qui se trouve à la limite extrême de la zone que nous avons explorée autour de Milianah. Nous supposons par induction que c’est le terrain tertiaire moyen qui recommence auprès du pont d’El-Kantara et se continue vers l’O.
- Les alluvions anciennes et modernes forment, aux environs de Milianah, Terrai»diluvien
- et terrain alluvieu
- divers dépôts très-circonscrits, isolés au milieu du terrain tertiaire moyen cnvir0I15 deeiMiiianaL. et du terrain secondaire. Elles prennent beaucoup plus de développement sur les bords du Chelif, où elles constituent une vaste plaine très-fertile, très-peuplée et bien cultivée par les Arabes.
- Nous nous occuperons d’abord des alluvions de la plaine du Chelif, parce quelles s’y présentent avec les caractères les plus remarquables.
- On doit distinguer dans ces alluvions deux âges géologiques bien différents : i°le diluvium ancien ou terrain quaternaire; 20 les alluvions mo-' dernes.
- Le diluvium a comblé tout le fond de la cuvette où coule le Chelif, et s’élève aussi très-haut sur la première ligne de mamelons qui limite la plaine au N. et au S. Il paraît s’être déposé dans le sein d’un vaste lac, où venaient s’épancher divers affluents, entraînant de gros cailloux roulés. Les ravins qui déchirent ce dépôt alluvien, sur la rive gauche du Chelif, ont mis les cailloux roulés à nu, sur une épaisseur qui atteint parfois 8 mètres. Une débâcle a donné plus tard écoulement aux eaux du lac, et dès lors il en est résulté un fleuve, dont le lit était d’abord fort large, et dont les atterrissements successifs constituant le terrain d’alluvions modernes ont donné lieu à la plaine sableuse du Chelif. Ces alluvions sont sans doute de l’âge géologique actuel. Un nouveau régime des eaux, dû à des variations dans les circonstances climatériques de l’époque actuelle, a entaillé, en dernier lieu,
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- les alluvions modernes, pour y enfermer le cours sinueux du Ghelif. Les berges de l’ancienne vallée du Chelif sont encore visibles en certains endroits : entre la Kouba de Sidi-Hallil et Affreville, elles sont longées sur la rive droite du Chelif par un sentier arabe qui conduit au marabout d’Affreville : elles se relient aux alluvions sableuses du Chelif par un talus a b de 2 5° environ et de 2 à 3 mètres de hauteur. En arrière de ce talus, le N. S.
- diluvium forme un plateau a c, incliné de 5 à 6° vers le S., et qui, vers le N., se redresse brusquement contre le terrain tertiaire moyen, situation géologique Les marais de la plaine du Chelif se trouvent dans les alluvions modernes de îa plaine du chelif. constituant l’étage plus inférieur, et non pas sur le plateau diluvien a c. Il sera facile de les faire disparaître, par une dérivation des eaux supérieures et par des canaux de dessèchement.
- Il y a une différence de composition chimique entre les ciments des alluvions modernes et du diluvium. La pâte de ce dernier est tantôt la terre rouge si connue, tantôt la carapace calcaire blanche, légèrement nuancée de rouge. Cette carapace est surtout développée dans le terrain diluvien qui longe la rive gauche du Chelif ; elle s’enfonce vers le S. jusqu’au parallèle d’Aïn-Kherraza, et recouvre, à l’est de ce point, la crête des plateaux que les divers affluents du Cheiif laissent entre eux. Elle y sert de gangue à des galets qui sont généralement formés de grès à ciment calcaire jaunâtre, du terrain tertiaire moyen.
- N. 0,
- S.E.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D ALGER.
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- Le terrain diluvien se termine vers le S. par des escarpements de 3 à 4 mètres de hauteur, au-dessous desquels se voit le terrain tertiaire moyen, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus menée par le Djebel-el-Loulie.
- Le terrain diluvien d’Aïn-Sultan, sur la rive droite du Chelif, se compose, à la partie supérieure, de terre rouge recouvrant la carapace calcaire blanche qui, elle-même, sert de gangue à un énorme dépôt de cailloux roulés, composés de débris de calcaire et de quartzite secondaires et de grès tertiaires moyens.
- A l’E. du village d’Aïn-Sultan, on ne voit, sur tous les mamelons, que des cailloux roulés, réunis parfois par la carapace calcaire blanche, ou par la terre rouge. Ces cailloux roulés ne présentent aucune trace de stratification. Ils occupent une largeur de 4 kilomètres environ, perpendiculairement à la lisière de la plaine proprement dite, et s’élèvent jusqu’à 4oo mètres au-dessus du niveau moyen de cette dernière. Il peut se faire cependant que ces cailloux roulés proviennent, du moins en partie, de la désagrégation, sur place, du poudingue tertiaire moyen.
- Le terrain diluvien pénètre dans la vallée de l’Oued-Boutan jusqu’à 1000 mètres en amont du débouché de cette rivière dans la plaine. Il se compose principalement de cailloux roulés de quartzite, dont le diamètre atteint om,3o, et qui sont disséminés dans la gangue argilo-calcaire jaune rougeâtre ; ils se voient en place au village d’Afifreville et sur le mamelon qui porte le marabout de Sidi-Abd-el-Kader. Nous y avons trouvé une méla-nopside.
- A l’extrémité N. O. de la plaine du Chelif, le terrain diluvien a peu de développement; toutefois il constitue, sur la lisière de la plaine, une série de mamelons de î o à 12 mètres de hauteur, qui ne renferment presque que des débris roulés d’argiles et de quartzites secondaires, avec quelques rares fragments de travertin. Tous ces débris sont disséminés dans une gangue argilo-sableuse, grise ou rouge ; ils donnent lieu parfois à une espèce de grès grossier, blanchâtre, très-sablonneux; ils occupent une bande de 500 à 1000 mètres au plus, entre les alluvions modernes du Chelif et le terrain secondaire. Ils sont plus développés au débouché de l’Oued-Christiou dans la plaine, sur la rivé droite de cette rivière; ils forment un mamelon qui a 20 mètres de hauteur, et où l’on ne trouve que des cailloux roulés de quartzite, disséminés dans une gangue argileuse, rouge.
- Terrain diluvien d’Aïn-.Sultan.
- Terrain diluvien d’Aflreville, au débouché de l’Otied - Boutan.
- Terrain diluvien de l’eitrémité N. O. de la
- plaine du Chelif.
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- Terrain diluvien de
- l’Oüed-Tleta.
- Travertins
- des
- environs de Milianali
- Tnivertiw. Traverfrn.
- Travertin.
- 198 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- A l’extrémité S. O. de la plaine du Chelif, le terrain diluvien forme, sur la rive gauche de l’Oued-Tleta, un plateau incliné au S. de 5 à 6°, et cpii se relève au N. jusqu’auprès du marabout de Sidi-Tifsi, en cachant le terrain secondaire.
- Le terrain diluvien est beaucoup plus développé sur la rive gauche du Chelif que sur la rive droite, parce que le bassin hydrographique de la rive gauche du Chelif est beaucoup plus étendu que le bassin hydrographique de la rive droite.
- Il y a sur le revers S. du Zaccar-Rh’arbi, au niveau de Milianah, une série de dépôts isolés de travertin, qui occupent ensemble une largeur de 6 kil. Ces dépôts étaient d’abord continus et ont été isolés, plus tard, les uns des autres, par suite des ravinements opérés par les agents atmosphériques. Cette hypothèse est d’autant plus vraisemblable que ces dépôts se montrent en général sur les lignes de faîte qui séparent les ravins tombant du Zaccar, ainsi que l’indique la ligure ci-dessus. Ils sont tous inclinés de îo à 2 0° au S. 0., et ont été produits par des sources incrustantes coulant dans le même sens, et dont les sources de l’Ouecl-Boutan sont les derniers témoins. Ils ont sans doute commencé à se produire à l’époque du terrain diluvien, puisqu’on en trouve des débris dans le terrain diluvien de la lisière N. 0. de la plaine du Chelif. Leur production a persisté jusqu’à nos jours; mais elle est aujourd’hui presque insignifiante, eu égard à ce qui devait se passer à l’époque diluvienne. C’est ce que donnent lieu de penser les carrières ouvertes par les Romains dans le travertin de Hammam-Rhira ; les dépôts ainsi exploités paraissent n’avoir éprouvé aucun changement par le fait des sources, depuis i5oo à 2000 ans. L’épaisseur maximum du
- s q dépôt de travertin est de 20 mètres sous Milianah. A leur origine, ces dépôts commencent par une brèche à pâte de travertin et à fragments de la roche tertiaire ou secondaire sous-jacente. A l’extrémité antérieure et à la partie supérieure des dépôts, le travertin domine et donne lieu à une roche calcaire, jaunâtre, souvent criblée de
- NE.
- MILIANAH.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- géodes, où l’on reconnaît de nombreuses empreintes de végétaux cbcoty-lédonés. *
- Les travertins compactes donnent de bonnes pierres de taille pour les 9™°..
- de pierre à bâtir
- constructions : elles sont légères, prennent bien le mortier, et sont excel- deMilinnal,‘ lentes pour les voûtes. On y a ouvert des carrières dans l’intérieur même de Milianah et dans les dépôts qui sont au dehors de la ville. On se sert aussi de cette roche pour faire de la chaux grasse; cette chaux offre l’inconvénient d’être trop légère. Le travertin friable est criblé, et le menu sert de sable sawe8 dans les mortiers; mais ce sable est de mauvaise qualité : il est trop tendre; de plus il est chargé de matières salines, qui s’effleurissent dans les revêtements en maçonnerie.
- Le terrain secondaire présente, sur la rive gauche de l’Oued-Aïdous, dans une galerie de mines située auprès de la route carrossable de Milianah à Bli-dah, un banc de sable quartzeux qui pourrait être utilisé pour les constructions.
- Les dépôts de travertin des environs de Milianah recouvrent souvent, en stratification discordante, les terrains secondaire et tertiaire moyen.
- Le dépôt de travertin sur lequel est bâti Milianah est coupé verticalement, à l’E., au S. et à l’O. de Milianah, et donne heu à des escarpements de 20 à 2 5 mètres de hauteur, constituant pour cette ville une défense naturelle très-remarquable. Il se poursuit au N. jusqu’au pied du Zaccar-Rh’arbi, en formant un plateau incliné de 7 à 8° du N. E. au S. 0. Il est coupé par deux ravins orientés dans le même sens, et qui pénètrent jusque dans le terrain secondaire qui lui sert de base. Ces ravins permettent d’étudier la composition intime de la brèche par laquelle commence le dépôt de travertin. Cette brèche présente des assises parallèles entre elles, et, à la partie supérieure du dépôt, on y remarque divers fragments anguleux de minerai de fer, indiquant que les brèches sont postérieures à la première apparition des gîtes de minerai de fer du Zaccar1 2.
- 1 M. Pomel a trouvé et déterminé dans le travertin de Milianah des espèces animales et végétales. Les espèces animales sont les suivantes: i° un très-grand bœuf voisin du bos primiyenius;
- 20 une gazelle différente de l’antilope dorcas; 3° quelques ossements de cheval qui n’ont pu permettre d’en déterminer l’espèce; 4° un os de batracien; 5° des fragments du crabe fluviatile du pays. Les espèces végétales sont les suivantes : i° la vigne, vitis vinifera; 20 le lierre, hedera hélix;
- 3° le laurier, laurus nobilis; 4° l’arbousier, arbutus unedo; 5° le figuier, ficus carica; 6“ le micocoulier, celtis australis; 70 le saule algérien, salix pedicellata; 8° le chêne-liége, quercus suber; g0 le capillaire, adiantum capillus veneris.
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- Travertin
- Je Hammam-Rhin).
- Travertin
- J’Aïn-Mouïlah.
- Marais ries Aribs.
- Débris calcaires accumulés au pied du Zaccar.
- Alluvions anciennes de
- ta fontaine des Trois-Tremblos
- Porphyres blancs de Milianah.
- 20ü NOTICE MINÉRALOGIQUE
- On a déjà parlé du travertin de Hammam-Rhira ; aussi l’on n’y reviendra pas ici.
- A 4 kilomètres N, E. du pont du Chelif, il y a, sur la lisière de la plaine, un îlot de travertin qui longe cette lisière sur 1000 mètres de long, 20 à 3 o mètres de large et 5 à 6 mètres de profondeur. Ce travertin a été exploité anciennement, soit pour les constructions du pont, soit pour l’ancienne ville romaine d’Ei-Snam, située au confluent de l’Oued-Zeboudj et du Chelif. On y voit des gradins de om,4o de hauteur, résultant de l’enlèvement des blocs. De nombreuses sources sortent par-dessous ce massif de travertin ; quelques-unes sont légèrement saumâtres, d’autres sont douces; toutes sont froides; en se réunissant, elles donnent lieu au grand marais des Aribs. Ce travertin repose sur les marnes secondaires.
- On trouve en plusieurs points, au pied des Zaccars, des dépôts considérables de débris de calcaire secondaire, à angles vifs, cimentés par une gangue argilo-ferrugineuse. Ces dépôts nous paraissent représenter la brèche inférieure des travertins. Le plus remarquable se voit auprès de l’auberge du sieur Massias, sur la route, à 8 kilomètres E. N. E. de Milianah.
- La fontaine des Trois-Trembles est située sur la rive gauche de l’Oued-Souffay, à la tête d’un petit plateau bien cultivé, qui plonge au N. de 5 à 6°. Elle débite 10 litres environ par seconde d’une eau limpide et d’un goût agréable. Le plateau quelle arrose est formé d’alluvions anciennes, composées de gros galets de quartzite secondaire et de dolérite verte ou grise, disséminés dans une pâte argilo-calcaire, jaunâtre. Ces galets ont un diamètre qui s’élève jusqu’à om,4o ; ils sont très-répandus sur le sentier qui monte de l’Oued-Souffay à la fontaine. Au point où ce sentier débouche sur le plateau, ils forment un escarpement vertical de 4 à 5 mètres de hauteur. Ce plateau est moins élevé que Milianah; il paraît se relier avec le lambeau de travertin qui descend le long de la rive droite de l’Oued-el-Hammam; car, à l’extrémité inférieure de ce lambeau, on remarque une petite éminence couverte de cailloux roulés, de même nature que ceux de la fontaine des Trois-Trembles.
- TERRAINS D’ORIGINE ERUPTIVE OU MÉTAMORPHIQUE DES ENVIRONS
- DE MILIANAH.
- Il y a, aux environs de Milianah, plusieurs îlots d’une roche blanche, à
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- structure porphyroïde. Le plus remarquable de ces îlots commence à 2 kilomètres 0. de la ville; il est dirigé E. O., sur une étendue de 2 kilomètres environ, avec une largeur maximum de 7 à 800 mètres. Cette roche a été injectée entre le calcaire et les marnes schisteuses grises du terrain secondaire du Zaccar. Elle a un grain très-dur, presque cristallin, et contient de très-petits cristaux de quartz blanc laiteux, de feldspath blanc et de mica noir ; on y remarque aussi des paillettes de fer oligiste micacé, de la galène et des taches vertes cuprifères. Elle est sans stratification apparente, et présente les caractères extérieurs d’une roche éruptive; aussi l’on est porté à rattacher à son apparition l’existence de la plupart des gîtes métalliques des environs de Milianah. On sait qu’on a employé cette roche, il y a quelques Emploi de ce porphyre années, pour faire une meule à farine qui a fonctionné d’abord d’une manière convenable.
- La redoute Partarieux, située à l’extrémité O. de Milianah, repose sur un petit îlot de porphyre blanc qui fait saillie à travers l’argile schisteuse secondaire.
- Un troisième îlot de porphyre blanc se montre à 1000 mètres environ S. O. de Milianah. Il est aligné dans la direction N. ioo° E. m., sur 2 à 3oo mètres de long et 12 à i5 mètres de large. Il a coupé une série de bancs de marnes et de quartzites gris blanchâtres, secondaires, redressés au contact du porphyre, et plongeant de 3o° au N. E., ainsi que l’indique la figure ci-après:
- pour
- des meules à farine.
- Porphyre de la
- redoute Partarieux.
- On trouve de gros blocs roulés de dolérite en plusieurs points, dans les environs de Milianah. Les plus remarquables sont sur la grande route, auprès de l’auberge du sieur Massias, à 8 kilomètres E. de la ville. On en trouve aussi dans l’Oued-Souffay, au milieu des alluvions anciennes de la fontaine des Trois-Trembles, et dans les ruines d’Aquæ-Calidæ, à Haramam-
- 26
- Blocs roulés de dolérite aux
- environs de Milianah.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Gypse de la carrière du
- sieur Allemand, sur le revers N. du Zaccar-Cliergui.
- Minerai de cuivre associé
- nu gypse du Zaccar.
- Deuxième gîte de plâtre du Zaccar.
- Gypse d’Aïn-Klierraza.
- Rhira. Il est probable que la roche en place vient du massif du Zaccar; nous n’avons pas été assez heureux pour la rencontrer, pendant une exploration qui a duré un mois.
- On décrira encore comme roches métamorphiques les gîtes de plâtre du Zaccar et du Djebel-Kherraza. Il y a deux gîtes voisins déplâtré au pied du revers occidental du Zaccar-Chergui, sur la rive gauche de l’Oued-el-Ham-mam, affluent de l’Oued-Djer; ils sont exploités tous les deux pour les besoins de Milianah. On parlera seulement du gîte exploité par le sieur Allemand. 11 est encaissé dans des marnes schisteuses secondaires, grises, contenant de loin en loin quelques bancs de quartzite et de calcaire. Au contact du gypse, il y a des assises de calcaire jaune, schisteux, très-compacte, dirigées N. 65° E. m. et plongeant au N. E. de 70°. Le gypse paraît être le résultat de la transformation sur place de ce calcaire ; il présente des zones parallèles à la stratification du calcaire et renferme beaucoup de menus débris de calcaire argileux, gris. Il est blanc grisâtre en masse et contient parfois des cristaux de pyrite de fer. Il est recouvert par un conglomérat grossier de roches calcaires jaunes, dolomitiques, qui sont imprégnées de veinules noires et de concrétions vertes de minerai de cuivre; c’est un gîte cuprifère semblable à celui qui existe siir le Tessala (province d’Oran).
- Le gypse est exploité à ciel ouvert et à la poudre. La tranchée a 1 o mètres de front, sur 6 à 7 mètres de hauteur; elle ne présente aucun danger. La carrière occupe journellement deux ouvriers qui sont chargés en même temps de l’entretien du four. On produit annuellement 800 quintaux métriques de plâtre cuit, qui se vend 3 francs le quintal rendu à Milianah.
- Le deuxième gîte de plâtre du Zaccar est situé à 1200 mètres environ à l’E. du précédent; il en est séparé par une crête qui descend du col compris entre les deux Zaccars.
- Le gypse d’Aïn-Kherraza est situé à 26 kilomètres S. de Milianah. Il forme, au milieu du terrain tertiaire moyen, un amas qui affleure sur 3o mètres de long, sur le chemin de Teniet-el-Had. Il est tendre, grenu, violacé près du sol, et renferme beaucoup de débris calcaires. Il est associé à de la dolomie jaune, cristalline, friable; on y trouve aussi du calcaire gris, comme scoriacé. Ce gypse paraît être le résultat d’un métamorphisme qui aurait causé en même temps des dérangements dans les couches tertiaires du Djebel-Kherraza.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- DEUXIÈME PARTIE.
- DESCRIPTION DES GITES METALLIFERES DES ENVIRONS DE MILIANAH.
- Les environs de Milianah renferment un grand nombre de gîtes métallifères qui ont donné lieu à des travaux de recherches, et dont voici l’énumération : i° Gîtes de minerai de cuivre de Hammam-Rhira ;
- 2° Gîtes de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Aïdous ;
- 3° Gîtes de minerais de cuivre et de plomb du Zaccar-Rh’arbi ;
- 4° Gîtes de minerais de cuivre et de plomb de l’Aïn-Kerma et de l’Oued-Christiou ;
- 5° Gîtes de minerai de cuivre de l’Ouecl-Sultan ;
- 6° Gîtes de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Adelia;
- 7° Gîtes de minerai de cuivre de l’Oued-Souffay;
- 8° Gîtes de minerai de fer des environs de Milianah.
- i° Gîtes de minerai de cuivre de Hammam-Rhira.
- On a découvert récemment un gîte cuprifère à 2 kilomètres de l’établis- Minerai de cuivre
- de Hammam-Rhira .
- sement thermal de Hammam-Rhira. Ce gîte se compose d’un filon de om, 15 d’épaisseur moyenne, dirigé E. O. m., et dont l’inclinaison est presque verticale. L’affleurement plonge en profondeur vers le S. Ce filon est formé de fer carbonaté passant à l’hématite, de cuivre pyriteux, de minerai de cuivre noir à éclat gras, et enfin de cuivre carbonaté vert et bleu. La roche encaissante est de l’argile tertiaire de couleur variée, imperméable à l’eau. Les travaux exécutés sur ce filon se composent d’une galerie de î o mètres de long, ouverte suivant sa direction, et d’un puits vertical de 5 mètres de profondeur placé au toit du filon.
- Il convient que des recherches plus étendues soient exécutées sur ce gîte.
- 2° Permis de recherches de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Aïdous.
- Les gîtes métallifères de l’Oued-Aïdous ont donné lieu à un permis d’exploration.
- Les travaux de recherches ont porté sur un grand nombre d’affleurements cuprifères qui appartiennent à des gîtes de deux natures différentes et
- Gîtes
- de cuivre et de plomb de l’Oued-Aïdous.
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- 20 k
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- qui sont renfermés dans le terrain secondaire. Ceux de la première catégorie, au nombre de huit, constituent des poches existant près de la surface du sol, à la séparation de roches de nature et de dureté différentes (calcaire et argiles schisteuses, calcaire et grès sableux). Ces poches étaient remplies de gros rognons de cuivre pyriteux et de minerai noir cuprifère, à éclat gras, associés à du fer micacé se réduisant en poussière sous la pression des doigts. Le minerai de cuivre imprègne aussi les roches encaissantes, sur les parois du gîte. L’irrégularité que présentent ces gîtes est cause qu’on ne peut donner d’aperçus exacts sur leur exploitation future. Le hasard sera toujours pour beaucoup dans la découverte qu’on pourra faire de nouveaux amas cuivreux de cette espèce. La plupart de ceux qui ont été reconnus jusqu’à ce jour sont à peu près complètement épuisés. La direction à donner aux recherches nouvelles doit être basée sur ce fait d’observation, que le minerai s’est trouvé jusqu’ici à la séparation de roches de nature différente, et qu’il est accompagné de fer oligiste micacé. Il convient de continuer les recherches sur quatre des gîtes de cette première catégorie. L’un de ces gîtes fournit encore du minerai de bocard qui est un mélange de galène et de pyrite de cuivre; il est situé sur la rive droite de l’Oued-Aïdous et s’enfonce sous le lit de la rivière : c’est le gîte qui paraît aujourd’hui le plus riche. Un autre gîte encore vierge de recherches est situé à la partie supérieure du cours de l’Oued-Aïdous et fournit du cuivre gris.
- Les gîtes de la deuxième catégorie sont au nombre de quatre; ils paraissent former des filons à gangue de quartz blanc, et présentent à la surface plus de régularité que les précédents. Le plus important affleure sur une longueur d’environ 100 mètres, suivant la rive gauche de-l’Oued-Aïdous ; son épaisseur moyenne est de om,5o; la direction varie du N. 38° E. m. au N. 25° E. m.; l’inclinaison pend au S. E. et varie de 6o à 48°. A l’extrémité N., on a commencé sur le filon un puits de 4 mètres de profondeur qui est aujourd’hui rempli d’eau, parce que l’ouverture du puits est au niveau de l’Oued-Aïdous, dont les eaux n’ont pas été détournées; ce travail a été suspendu à cause de l’appauvrissement du gîte. A l’autre extrémité du filon, on a fait, suivant la pente de ce dernier, une descenderie de 20 mètres de profondeur, ayant une section de 2 mètres de côté. Le filon s’est appauvri tout près de la surface; il n’a présenté plus bas que' du fer oligiste micacé, sans trace de cuivre. Du reste, il n’a aucune régularité : les salbandes polies,
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- qui sont régulières à la surface, disparaissent en profondeur; la veine de quartz s’enfonce capricieusement entre du calcaire très-compacte, gris clair ou bleu, et une roche éminemment sablonneuse jaunâtre. Cette veine de quartz cuprifère à la surface paraît être de même nature que ces veines irrégulières de quartz qui sont si nombreuses dans les marnes secondaires du Zaccar-Pih’arbi, et, dès lors, n’avoir pas de continuité en profondeur. On ne devrait donc pas fonder de grandes espérances sur la richesse de ce gîte; cependant il convient de prolonger encore les deux descenderies commencées sur cette bande, afin de mieux étudier les allures du gîte.
- 3° Permis de recherches de minerais de cuivre et de plomb du Zaccar-Rh’arbi.
- Le permis de recherches du Zaccar-Rh’arbi comprend un grand nombre d’affleurements métallifères (fer, cuivre et plomb), enclavés dans le terrain J secondaire. Les gîtes de fer paraissent importants, mais ils sont d’une exploitation désavantageuse aujourd’hui, par suite de l’éloignement de la côte et du manque de débouchés et sans doute aussi de combustible. On en parlera dans un article spécial sur les gîtes de minerai de fer des environs de Milianah. Les gîtes de cuivre sont nombreux, mais un ou deux seulement méritent qu’on les explore sérieusement. Les gîtes de plomb sont dans le même cas.
- On se contentera de décrire les gîtes principaux de cuivre et de plomb.
- Le gîte principal de minerai de cuivre est situé à 800 mètres N. E. de Milianah, à 5o mètres environ au-dessus de la grande route de Blidah. On a exécuté sur ce point une tranchée à ciel ouvert de 1 2m,5o de long, im,5o de large et d’une profondeur variable de 3 à 6 mètres. Cette tranchée précède un commencement de galerie de 2m,5o de long; elle a été dirigée N. 55° E. m., suivant une veine verticale, cuprifère, encaissée tantôt dans le* calcaire gris bleuâtre semi-cristallin, tantôt au contact de cette roche et d’un grès sableux gris jaunâtre. Le minerai se compose de cuivre pyriteux et de cuivre noir; il injecte parfois le calcaire cristallin, et formait près de la surface une veine assez régulière dont l’épaisseur, qui était de om,o5, est allée ensuite en diminuant en profondeur. Il convient de continuer la galerie suivant la direction de cette veine, et d’entreprendre ensuite un puits suivant la pente, pour bien explorer le gîte en profondeur.
- A 3oo mètres S. E. du gîte précédent, on a exécuté, auprès de la grande
- Gîtes
- cuivre et de plonb u Zaecar-Rbarbi.
- Gîtes de cuivre.
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- 206 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- route de Blidah, une galerie de recherches de 4 mètres de long, im,2o de large et im,70 de haut, suivant une très-petite veine de pyrite de cuivre. Cette veine est encaissée dans le calcaire secondaire, cristallin, gris bleuâtre ou jaune , dont les couches sont dirigées N. i io° E. m. et plongent au S. O. de 3o°. Ce calcaire est injecté de mouches de pyrite de cuivre et traversé par des veines régulières très-minces de carbonate de chaux cuprifère. Celles-ci ont généralement une épaisseur de quelques millimètres et fournissent du cuivre pyriteux et du minerai noir cuprifère ; elles sont dirigées verticalement N. 45 à 55° E. m., et sont espacées de mètre en mètre, sur une largeur d’environ 4oo mètres, à travers une couche de calcaire secondaire plongeant au S. O., le long de la route de Blidah. Toutes ces veines sont de même nature, et sont dues à la même cause que la veine principale indiquée précédemment. Si l’exploration que l’on fait sur cette dernière veine prouve que celle-ci a de la continuité en profondeur, il conviendra de commencer, à partir de la grande route, une galerie à travers bancs destinée à recouper tout ce système de veines cuprifères. Cette galerie servirait alors au transport des minerais et à l’écoulement des eaux, et faciliterait ainsi l’exploitation d’un massif métallifère de 5o mètres environ de hauteur verticale. Il n’y a donc pas lieu de continuer aujourd’hui la galerie de recherches commencée à partir de la route, suivant la direction d’une veine cuprifère.
- A i3oo mètres E. N. E. de Milianah, se trouve un gîte de galène sur lequel on a exécuté une tranchée à ciel ouvert de 4 mètres de profondeur, suivie d’une galerie de 3 mètres de long. Ce gîte se compose d’une bande de galène enclavée dans du calcaire bleu cristallin, parallèlement à la stratification des couches qui sont dirigées N. 15o° E. m. et plongent à l’E. de 8o°. La bande de galène a une épaisseur variable qui s’élève jusqu’à om,3o; elle est associée à l’hématite brune et à du fer carbonaté. Ce gîte s’appauvrit au fond de la galerie. Il conviendrait de creuser une descenderie suivant l’inclinaison du gîte, afin de le reconnaître en profondeur.
- Un deuxième gîte de galène, de om,2o à om,2 5 de puissance à l’affleurement, a été l’objet de quelques recherches insignifiantes.
- Il existe dans l’étendue du périmètre à explorer, vers le sommet du Zaccar, quelques travaux de mines qui ne sont pas encore complètement déblayés. On remarque quelques mouches de galène sur les parois des excavations.
- En résumé, le permis d’exploration du Zaccar contient divers affleure-
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 207
- ments de minerais de cuivre et de plomb, sur lesquels on a exécuté quelques travaux de recherches qu’il convient de continuer.
- 4° Recherches de minerais de cuivre et de plomb de l’Aïn-Kerma et de l’Oued-Christiou,
- à PO. de Milianah.
- Le gîte le plus rapproché de Milianah se trouve sur la rive droite de l’Oued-Rehan, auprès de l’Aïn-Rehan. Il renferme de la galène, de la pyrite de cuivre et du minerai cuprifère, noir, à éclat gras, disséminés en nids et veinules irrégulières dans une couche de calcaire secondaire, tout près du contact d’une couche d’argile schisteuse. On trouve aussi du sulfate de baryte tabulaire avec les minerais. A l’affleurement, la roche calcaire est transformée en carbonate de fer qui est en général à peine décomposé. De même que dans certains gîtes de l’Oued-Aïdous, il n’y a pas de fdon régulier. Le minerai se présente au contact de roches de nature différente (calcaire et argile schisteuse). Une tranchée à ciel ouvert, faite sur le calcaire métallifère, a produit 70 mètres cubes de déblais où les minerais de cuivre et de plomb sont toujours irrégulièrement disséminés dans la roche calcaire.
- Une galerie de 6 mètres de long, percée dans la zone de contact de cette roche et de l’argile schisteuse, a perdu toute trace de minerai.
- L’Oued-Rehan s’abouche, auprès de l’Aïn-Rehan, avec l’Oued-el-Ouroud (ravin des roses), qui est un affluent de la rive droite de l’Oued-Rehan. L’Oued-el-Ouroud se trouve à peu près à la séparation du calcaire et de l’argile schisteuse du terrain secondaire,. Si on le remonte jusqu’à i5o mètres au-dessus de l’Oued-Rehan, on remarque dans le calcaire un affleurement de pyrite de cuivre, de galène et de fer oligiste micacé. Le calcaire encaissant est gris, presque saccharoïde, et renferme des paillettes et des cristaux bien définis de fer oligiste; ces cristaux se montrent également dans l’intérieur même de la roche. L’argile schisteuse se trouve à quelques mètres du calcaire. C’est encore ici un gîte sur lequel il convient de faire une excavation à ciel ouvert, pourvoir comment il se comporte en profondeur.
- Sur la rive gauche du premier affluent de la rive gauche de l’Oued-Christiou, à 100 mètres au N. du sentier des Reni-Menasser, il y a, au contact d’un amas de porphyre blanc et de la roche schisteuse secondaire, une espèce de salbande dirigée N. 1 1 o° E. m. et plongeant au S. O. de 70°. On y a trouvé des nodules de pyrite de cuivre et de minerai noir cuprifère. C?est un gîte
- Gîte
- Je cuivre et de plcmà. de l’Aïn-Rehan.
- Cite
- de cuivre et de plomh de l’Oued-el-Ouroud.
- Gîte de cuivre au contact du porphyre.
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- de contact semblable à celui qui existe sur le Djebel-Mellaha, auprès de Tefesrah, chez les Beni-Senous (province d’Oran), et sur lequel on a fait jadis de grands travaux. On a exécuté sur l’affleurement du Zaccar une tranchée à ciel ouvert, suivie d’une galerie en direction de 20 mètres de long, pour reconnaître les allures du gîte au contact de la roche porphyrique. Ce travail, n’ayant produit que quelques rares nodules de minerai de cuivre, a été abandonné.
- Filons de cuivre Le gîte principal d’Aïn-Kerma se compose de deux filons qui ont coupé
- d’Ain-Kerma. . . ' . , . r-ii
- les marnes vertes qui sont à la base du terrain tertiaire moyen. Le filon le plus remarquable est dirigé N. 120° E. m. et plonge au S. O. de 66°. Il affleure en trois points différents, sur une longueur d’environ 5o mètres. La salbande du toit est très-régulière sur l’un des affleurements. Elle y formait primitivement, au-dessus du sol, un escarpement de 1 mètre environ de hauteur verticale, sur 2 mètres de long. La gangue se compose d’un mélange d’hydroxyde de fer et de carbonate de chaux, contenant, disséminés, des nodules de pyrite de cuivre et de minerai noir cuprifère. L’épaisseur du filon est de om,4o. On a exécuté, à partir de la crête de l’affleurement principal, une descenderie de i5 mètres de profondeur, dirigée suivant la ligne de plus grande pente du filon. Ce travail doit être poursuivi et doit se relier avec une galerie menée suivant le filon, au point le plus bas de l’affleurement. «
- A une dizaine de mètres au N. de ce filon, se trouve l’affleurement d’un deuxième filon, dirigé N. 175° E. m. et plongeant au S. E. de 4o à 70°; il a om, 1 o d’épaisseur ; la gangue se compose de carbonate de chaux et d’hydroxyde de fer; il fournit également de la pyrite de cuivre et du minerai de cuivre noir : on pourra faire une recoupe sur la galerie d’allongement du premier filon, afin d’aller rejoindre le deuxième.
- On a trouvé depuis peu les affleurements de deux nouveaux filons dans un rayon de 2000 mètres autour d’Aïn-Kerma. Aucun travail n’a été exécuté sur ces filons, dont le plus important a un affleurement de 10 mètres de longueur.
- En résumé, on a signalé, dans le périmètre de l’Aïn-Kerma et de l’Oued-Christiou, deux espèces de gîtes sur lesquels on a exécuté quelques travaux de recherches. Les gîtes de i’Aïn-Rehan et de l’Oued-el-Ouroud, et celui qui est en contact du porphyre blanc, sont des amas existant à la séparation
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 209
- de roches de nature différente. Les gîtes d’Aïn-Kerma se composent de plusieurs filons dont les affleurements sont assez réguliers et se montrent au milieu des marnes vertes qui sont à la base du terrain tertiaire moyen. Il y aurait de l’intérêt à poursuivre les travaux de recherches sur les gîtes d’Aïn-Rehan et d’Aïn-Kerma.
- 5° Recherches de minerai de cuivre de l’Oued-Soltac.
- Le gîte de l’Oued-Soltan se compose d’un filon cuprifère, encaissé dans les marnes schisteuses grises appartenant au terrain secondaire ; le filon est dirigé N. 35° E. m. et plonge de 75° au N. O., dans l’affleurement principal, qui se poursuit d’une manière régulière sur 5 à 6 mètres de long. Le filon disparaît ensuite au milieu de la roche encaissante, sur une vingtaine de mètres, pour reparaître au delà, sur 12 à i5 mètres de longueur, dans la même direction, mais avec un plongement au N. O. de 5o°. Ce filon n’a pas de salbandes nettement tracées; il se confond en quelque sorte avec la roche encaissante, et ce n’est que par la présence des taches vertes qu’on le reconnaît. La gangue est un mélange de carbonate de fer hydroxydé, de carbonate de chaux et de roche encaissante , légèrement modifiée dans sa structure. On y trouve des mouches irrégulières de pyrite de cuivre, des cristaux aciculaires verts et des enduits verts et bleus de carbonate de cuivre. Ces enduits se poursuivent jusque dans la roche encaissante, de telle sorte que la partie cuprifère a om,5o environ d’épaisseur. On a entrepris sur cet affleurement une tranchée à ciel ouvert de 6 mètres de profondeur, sur une section carrée de 4 mètres de côté. On a trouvé dans le filon quelques beaux morceaux de pyrite de cuivre ; mais au fond des travaux, qui sont aujourd’hui en partie comblés, le filon s’est appauvri.
- Le deuxième affleurement de ce filon, situé 20 mètres plus loin, est beaucoup plus pauvre que le premier. Le filon y est formé presque uniquement de roche marneuse, et ne contient que de rares mouches de pyrite et de carbonate de cuivre. On y a pratiqué une tranchée à ciel ouvert, de 8 mètres cubes, qui a été abandonnée par suite de l’appauvrissement du
- gîte'
- On a commencé, à un niveau inférieur à celui de l’affleurement principal, une galerie à travers bancs que l’on a abandonnée, après avoir recoupé
- Minerai de cuivre de l’Oued-Soltan.
- 2?
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- le filon à une distance de 31 mètres du jour. A partir du point de rencontre, il conviendra de prendre une galerie en direction dans le filon, afin d’étudier les allures de ce dernier.
- 6° Recherches de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Adelia.
- On a découvert plusieurs gîtes de minerai de cuivre aux environs du télégraphe de l’Oued-Adelia, et l’on a exécuté des travaux de recherches sur les plus remarquables d’entre eux.
- Le gîte qui paraît le plus important se trouve à 2000 mètres à l’E. du télégraphe de l’Oued-Adelia et à 1200 mètres en aval de l’Aïn-Safsaf, sur la rive gauche de l’Oued-Adelia. Il constitue, à l’affleurement, un filon dirigé N. 75° E. m. et se poursuivant avec régularité sur 20 mètres de longueur; le plongement est en général au S. E. et se rapproche beaucoup de la verticale. La salbande du mur est très-régulière; celle du toit n’existe plus, par suite des arrachements quelle a subis. L’affleurement présente une épaisseur variable qui s’élève jusqu’à un mètre. La gangue se compose de carbonate de fer, plus ou moins altéré ; la pyrite de cuivre y est disséminée en nodules irréguliers, comme dans le minerai de l’Oued-Merdja ( Blidah). Deux veines parallèles, moins importantes, sont groupées auprès de ce filon. On a exécuté , à un niveau inférieur de i5 mètres, une galerie à travers bancs qui a recoupé le filon cuprifère à 27 mètres du jour et qui a été prolongée jusqu’à 2 5 mètres. On a pris ensuite une galerie en direction dans le filon, que l’on a suivi de part et d’autre du point de rencontre , sur 2 o mètres de chaque côté. Le minerai se compose de pyrite de cuivre disséminée en veines et nodules dans une gangue qui est un mélange de carbonate de chaux blanc, cristallisé en larges lames, et de carbonate de fer d’un blanc jaunâtre, à texture saccharoïde. Le carbonate de chaux domine dans la gangue. La roche encaissante est formée par de la marne argileuse grise appartenant sans doute au terrain tertiaire moyen. On n’y reconnaît aucune trace de stratification dans l’intérieur des travaux. Cette marne, modifiée dans sa structure intime, fait aussi partie intégrante du filon, qui se compose dès lors de bandes parallèles et presque verticales de carbonate de chaux spathique, blanc, cuprifère, et de marnes grises très-dures. Tout ce système de marnes et de carbonate cuprifère est coupé par de petites veines blanches de carbonate de chaux
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- également cuprifère , qui relie ensemble toutes les bandes verticales parallèles. On voit, par ce qui précède, que le filon dont il s’agit a la plus grande analogie avec ceux de l’Oued-Kebir et de l’Oued-Merdja. Le filon de l’Oued-Adelia, envisagé comme un réseau de gangue et de roche encaissante, présente une épaisseur qui dépasse deux mètres. Les zones verticales de carbonate de chaux n’ont pas une épaisseur régulière; elles sont disposées en chapelet, et l’on y voit des renflements qui, parfois, s’élèvent à om,35. Des fragments de marne grise sont englobés au milieu de ces renflements. Le minerai de cuivre n’est pas disséminé d’une manière régulière dans le filon. Il se trouve englobé dans la gangue, au contact des marnes encaissantes. Parfois il forme des veines continues de 2 à 3 centimètres d’épaisseur. Plus souvent il constitue des nodules isolés, d’un diamètre variable, et qui s’élève parfois à 3 centimètres. Dans le centre des blocs de gangue calcaire, on trouve aussi de la pyrite au contact des fragments de marne englobés dans cette gangue. Le rameau occidental, ouvert sur le filon, est plus riche en minerai que le rameau oriental. Au fond du premier rameau, on remarque, sur 2 mètres de largeur, un réseau cuprifère qui peut fournir d’excellent minerai de bocard.
- Au point où la galerie à travers bancs a recoupé le filon, on a ouvert sur ce dernier un puits vertical de 2 mètres de profondeur, dans lequel on reconnaît avec facilité la manière d’être du filon.
- Les travaux exécutés sur ce filon prouvent que celui-ci a de la régularité et de la continuité en profondeur. Ce filon n’a pas présenté jusqu’ici une très-grande richesse en minerai de cuivre. Cependant il serait utile, en raison de sa régularité, d’en poursuivre l’exploration. A cet effet, il Convient :
- i° De continuer dans les deux sens la galerie d’allongement suivant le filon ;
- 20 De continuer l’approfondissement du puits suivant la ligne de plus grande pente du filon.
- La quantité d’eau qui afflue dans ces galeries a beaucoup diminué depuis l’origine des travaux ; elle est aujourd’hui très-faible. La roche encaissant les veines cuprifères est une marne grise, très-dure, qui, à 17 mètres du jour, est déjà imprégnée elle-même de nombreux petits cristaux de pyrite de cuivre. Avant d’arriver aux veines régulières cuprifères, traversées à 28 mètres
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- du jour, on avait déjà rencontré des veines irrégulières de carbonate de chaux spathique, à grandes lames; la marne grise a présenté des géodes remplies de carbonate de chaux blanc, cristallisé en gros rhomboèdres aplatis, et de pyrite de fer en très-petits cristaux verts, dont les uns sont tabulaires et les autres sont octaédriques.
- A 600 mètres en amont, suivant l’Oued-Adelia, il y a, sur le prolongement du fdon principal dont on vient de parler, un deuxième affleurement cuprifère, moins important que le précédent. On y remarque une salbande régulière sur 1 mètre de longueur; il se pourrait que ce fût la continuation du fdon d’aval. On a commencé une galerie à travers bancs, qui n’a pas encore recoupé le fdon, à la profondeur de 46 mètres.
- Il y a encore, à peu de distance du télégraphe de l’Oued-Adelia, au milieu des marnes du terrain tertiaire moyen, divers affleurements peu importants de minerais de cuivre et de plomb sur lesquels on n’a exécuté aucun travail.
- En résumé, il existe auprès du télégraphe de l’Oued-Adelia divers gîtes de minerais de cuivre et de plomb. Les gîtes les plus importants fournissent de la pyrite de cuivre ; c’est sur eux qu’ont porté les principaux efforts des explorateurs. Les affleurements de ces gîtes présentent une certaine régularité; ils ont, en outre, de la continuité en profondeur, et méritent dès lors qu’on poursuive avec activité les recherches déjà commencées.
- 7° Gîtes de minerai de cuivre de l’Oued-Souffay.
- Minerai de cuivre d’Ain-cj-Halioui'.
- Plusieurs gîtes de minerai de cuivre ont été découverts dans la vallée de l’Oued-Souffay, par divers explorateurs. Le plus remarquable est situé à 800 mètres environ S. O. de la fontaine d’Aïn-el-Hallouf, qui est un affluent de la rive droite de l’Oued-Souffay. C’est un filon composé de carbonates de chaux et de fer, à grands clivages, imprégnés de minerai cuprifère noir, à éclat gras, de cuivre pyriteux et de carbonate de cuivre vert et bleu. Il sort de terre sur une longueur de 6 mètres environ et sur une hauteur de om,3o à om,4o. Sa direction est N. E. m.; le fdon paraît plonger vers le S. E. m. 11 est encaissé dans les marnes du terrain secondaire.
- Un deuxième gîte, très-peu important, a été signalé à 2Ôo mètres environ de la rive droite de l’Oued-Souffay, et à 4or> mètres de la fontaine
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- d’Aïn-el-Hallouf. Il se compose de veines irrégulières de carbonates de chaux et de fer contenant de rares mouches de pyrite de cuivre.
- Sur la rive droite de l’Oued-Souffay, en aval des gîtes précédents, il y a plusieurs veines de carbonate de chaux cuprifère, encaissées dans des argiles schisteuses secondaires. Ces argiles renferment intercalés quelques bancs minces de calcaire gris compacte, dirigés N. 90° E. m. et plongeant au N. m. de 3o°. La veine principale de carbonate de chaux affleure au niveau de la rivière sur 5 mètres de long, dans la direction N. 66° E. m., avec un plongeaient au N. O. de 45°. Son épaisseur maximum est de om,i5. La pyrite de cuivre s’y présente en petits nodules et constitue du minerai de bocarcl. 11 conviendrait d’entreprendre, à partir de cette veine, une galerie normale destinée à recouper toutes les veines cuprifères qu’on observe sur la berge de l’Oued-Souffay. On prendrait ensuite une galerie d’allongement, suivant la veine principale qui aurait été recoupée.
- Les gîtes de la vallée de l’Oued-Souffay sont l’objet d’un permis de recherches. a
- 8° Gîtes de minerai de fer des environs de Milianah.
- Il y a, aux environs de Milianah, de nombreux gîtes de minerais de fer, dont la richesse avait engagé l’ex-émir Abd-el-Kader à commencer la construction d’un haut fourneau qui devait être alimenté par les combustibles des environs. La force motrice nécessaire aurait été fournie surabondamment par les eaux de FOued-Boutan, qui font tourner aujourd’hui un grand nombre de moulins à farine.
- On décrira ces divers gîtes, en marchant de l’E. à FO. Le premier gîte qu’on rencontre est situé à 300 mètres à FO. du pont de FOued-Aïdous, sur la grande route de Milianah à Blidah. Cette route traverse une couche ou amas d’hydroxyde de fer dont l’affleurement se poursuit sur 3o mètres de long et une épaisseur maximum de 3 mètres. Ce minerai repose sur du calcaire ferrugineux du terrain secondaire.
- A 1100 mètres N. E. de Milianah, se trouve une couche épaisse de minerai de fer, dont Abd-el-Kader avait commencé l’exploitation. Le minerai se compose de carbonate de fer plus ou moins hydroxydé, et forme un amas intercalé entre Fargile schisteuse qui est à sa base et le calcaire gris bleuâtre
- Miuerai de cuivre do
- l’Oued-Souffay.
- I
- Minerai d^ 1er du pont
- de i’Oued-Aïdous,
- Minerai de fer situé à 1100 mètres N. E.
- deMilianah.
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- ülcdo minerai de fer situé à la porte de Milianah.
- ’iîte de initierai de fer de la
- rive gauche de l’Oued-Rehan.
- Minerai de fer de la
- rive droite de l’Oued-Rehan.
- 214 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- semi-cristallin qui sert de toit. Le calcaire devient très-ferrugineux auprès du minerai de fer, avec lequel il se confond d’une manière insensible. Le minerai se trouve, en quelque sorte, limité entre deux ravins qui se réunissent ensemble auprès de la route. L’affleurement se prolonge en suivant la pente de la montagne, sur une longueur de 2Ôo à 3oo mètres; sa largeur est de 5o mètres au moins à la partie supérieure.
- Il existe encore à la surface du sol un grand nombre de blocs d’hydroxyde de fer, qui ont été entassés sur le flanc de la montagne par les ouvriers d’Abd-el-Kader. Ceux-ci ont exécuté, au centre de l’affleurement et dans de l’hydroxyde de fer, une tranchée à ciel ouvert qui a 10 mètres de long, 3 mètres de large et 2 mètres de haut. Le minerai qu’on en a extrait est empilé sur les bords de l’excavation; il est en général très-pur et paraît contenir 4o à 45 p. o/o de fer métallique. Il renferme quelquefois du sulfate de baryte blanc, tabulaire, et des nids de pyrite de cuivre d’un centimètre d’épaisseur.
- Sur les bords du ravin qui traverse la pépinière de Milianah, on remarque, en amont de la pépinière, un dépôt de minerai de fer à la surface du calcaire secondaire. Ce minerai paraît résulter d’une transformation sur place du calcaire encaissant; il renferme dans sa masse beaucoup de roche calcaire stérile. Ce gîte est peu considérable.
- Un gîte plus important de minerai de fer est situé au N. O. de Milianah, à 4oo mètres en amont de l’Aïn-Rehan, et à 200 mètres de la rive gauche de l’Oued-Rehan. Il se compose d’hydroxyde de fer caverneux, cuprifère en certains endroits, exploité anciennement par Abd-el-Kader. Le minerai remplit une poche irrégulière à la surface du calcaire secondaire; il paraît être le résultat du dépôt d’une source minérale ferrugineuse et incrustante. Son affleurement s’étend sur 100 mètres carrés de superficie. L’exploitation arabe s’est, en quelque sorte, bornée à entasser les blocs épars à la surface du sol.
- A 3oo mètres environ à l’O. de l’Oued-Rehan, le sentier des Reni-Menasser coupe un amas remarquable d’hématite de fer, qui se trouve sur la zone de contact du calcaire et des argiles schisteuses du terrain secondaire.
- Ce minerai paraît résulter de la transformation du calcaire en carbonate de fer et, plus tard, en peroxyde de fer. Il affleure le long du sentier, sur 5o mètres environ d’étendue, de part et d’autre d’un ravin qui se jette dans
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- la rive droite de l’Oued-Rehan; mais il est surtout développé sur la rive gauche de ce ravin. En contre-bas de la route, le minerai se perd dans les argiles schisteuses encaissantes; on peut le suivre, au-dessus de la route, sur 5 o mètres de hauteur, et il s’appuie contre l’îlot de porphyre blanc compris entre l’Oued-Rehan et l’Oued-Christiou. Ce minerai a une structure bréchi-forme, à cause de son origine métamorphique; il renferme dans sa masse des blocs non altérés d’argile schisteuse et de calcaire bleu; on y voit aussi quelques mouches de pyrite de cuivre et de galène. On y a entrepris jadis, avant l’occupation française, deux puits de recherches, dont l’un a 6 mètres et l’autre a î 2 mètres de profondeur. Ces puits se trouvent au contact du minerai de fer et de la roche argilo-schisteuse, de telle sorte qu’ils peuvent avoir eu pour but la recherche de veines de galène. On remarque aussi des nodules de sulfate de baryte dans le minerai de fer. Ce dernier pourrait servir à la fabrication du fer, après un triage convenable.
- Au point où le sentier des Reni-Menasser tourne au N. pour monter au Minerai dei« marabout de Sidi-Medjahed, on trouve, à 5ooo mètres O. de Milianah, pied un amas considérable d’hydroxyde de fer encaissé dans les marnes schis- dMlJem-Me,»""w-teuses du terrain secondaire ; la route le coupe sur une vingtaine de mètres de longueur.
- Le minerai de fer et la force motrice nous paraissent exister à Milianah en quantité assez grande pour faire marcher un haut fourneau; mais ces éléments ne suffisent pas pour la prospérité d’une industrie semblable : il faut, de plus, du combustible et des débouchés certains, L’on trouve aux environs de Milianah, sur les deux revers des Zaccars, des taillis où la végétation est très-vigoureuse, et des futaies qui fourniraient peut-être, pendant plusieurs années, le combustible nécessaire. Mais, quant aux débouchés pour les fers et les fontes qu’on fabriquerait à Milianah, il est très-probable qu’ils seront très-faibles pendant bien longtemps encore, à cause du peu d’importance de la consommation locale et de la difficulté des transports depuis Milianah jusqu’aux ports les plus rapprochés, tels que ceux de Cherchel et d’Alger.
- La construction à Milianah d’un haut fourneau, qui utiliserait les minerais de fer des environs, serait donc une entreprise qui présenterait aujourd’hui fort peu de chances de succès1.
- 1 La construction prochaine du réseau des chemins de fer algériens pourra modifier les conditions économiques de Milianah et permettre l’exploitation des gîtes de fer.
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- 216 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Il serait beaucoup plus avantageux pour l’industrie du pays que l’on pût mettre en œuvre les divers gîtes de cuivre et de plomb qui ont été signalés, jusqu’à ce jour, aux environs de Milianah. On a vu que ces gîtes, et surtout ceux de cuivre, sont très-nombreux; malheureusement la plupart n’ont présenté jusqu’ici qu’une très-faible importance. Ils sont groupés au pied des deux revers du massif des Zaccars, et principalement au pied du revers méridional de ce massif. Le plus grand nombre de ces gîtes affleure dans le terrain secondaire : ceux qui permettent de concevoir les plus belles espérances sur les résultats de leur exploration future sont dans ce cas. Le plus remarquable d’entre eux est le gîte cuprifère qui a été découvert sur la rive gauche de l’Oued-Adelia, auprès du télégraphe de ce nom. Dans le permis du Zaccar-Rh’arbi, il y a deux gîtes de galène dont il serait intéressant de pousser l’exploration avec activité.
- Quelques gîtes de minerais de cuivre et de plomb affleurent dans le terrain tertiaire moyen; ils sont, en général, peu importants. Le plus remarquable se trouve auprès de l’Aïn-Kerma; il mérite de devenir l’objet de recherches sérieuses.
- Les différents gîtes de cuivre et de plomb signalés ci-dessus peuvent être rangés dans deux catégories bien distinctes. Ceux de la première catégorie ont la forme d’amas qui ont rempli des poches irrégulières, près de la surface du sol. Ils existent, en général, à la surface de contact des roches secondaires de nature et de dureté différentes ( calcaire et argiles schisteuses). Ils fournissent un mélange de pyrite de cuivre et d’un minerai noir, à éclat gras, qui est une combinaison d’oxyde de cuivre et d’oxyde de fer. Ces gîtes sont très-nombreux et généralement très-peu importants. Leur exploration est très-aventureuse et très-difficile à cause de leur irrégularité. Plusieurs d’entre eux ont été mis à nu par l’ouverture de la route muletière de Milianah à Cherchel, à travers la vallée de l’Oued-Aïdous.
- Les gîtes de la deuxième catégorie comprennent des filons réguliers qui se prêtent à une exploration facile. Ce sont ceux dont les affleurements sont les plus beaux.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- CHAPITRE VIII.
- DISTRICT D’ORLÉANSVILLE.
- Les études géologiques sur le district d’Orléansville ont été entreprises d’après l’ordre de M. le maréchal Randon, gouverneur général de l’Algérie, dans le but d’examiner s’il serait possible d’obtenir de l’eau pour les besoins économiques d’Orléansville, soit au moyen de puits ordinaires, soit au moyen de puits artésiens.
- Notre travail sur ce district se divisera en trois parties : dans la première, nous exposerons les faits géologiques sur lesquels repose la possibilité d’obtenir des eaux dans les environs d’Orléansville, soit par des puits ordinaires, soit par des puits artésiens; dans la deuxième partie, nous donnerons les analyses chimiques qui font connaître la nature des eaux en question; dans la troisième, nous rechercherons quelle est la meilleure manière d’alimenter Orléansville en eau d’irrigation et en eau potable.
- PREMIÈRE PARTIE.
- DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DES ENVIRONS D’ORLÉANSVILLE.
- On trouve dans les environs d’Orléansville les formations géologiques suivantes :
- i° Le terrain secondaire;
- 2° Le terrain tertiaire moyen;
- 3° Le terrain tertiaire supérieur;
- 4° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 5° Le terrain alluvien ;
- 6° Des gypses d’origine éruptive ;
- Le terrain secondaire s’étend, au S. d’Orléansville, des bords de l’Oued-Fodda aux bords de l’Oued-lsly.
- Sur la rive droite de l’Oued-Fodda, il constitue le massif du Djebel-Temoulga, qui se rattache au massif principal de la rive gauche par l’ilot secondaire au sommet duquel se trouve le marabout de Bou-Rhaïden.
- Entre le Chelif au N., l’Oued-Tighaout à l’O., l’Oued-Harchoun et l’Oued-Fodda à l’E., le terrain secondaire présente une grande lacune à peu près
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE triangulaire, ayant 1 5 kilomètres de hauteur et i8 kilomètres de base, dirigée approximativement du S.E. au N.E. Cette lacune correspond à un ancien golfe où s’est déposé le terrain tertiaire moyen. Le terrain secondaire se rapproche beaucoup d’Orléansville à l’extrémité occidentale de ce golfe ; il n’en est distant que de 4 kilomètres environ auprès du marabout de Lalla-Ouda. A partir de ce point, la ligne de contact du terrain secondaire et du terrain tertiaire moyen est dirigée, d’un côté, du N. E. au S. O., parallèlement à la direction générale de la vallée du Chelif; de l’autre côté, la ligne de contact s’enfonce perpendiculairement du N. O. au'S. E., à une distance variable de 2 à 3 kilomètres de la rive gauche de l’Oued-Tighaout ; parvenue à i4 kilomètres S. E. d’Orléansville, cette limite se retourne brusquement vers l’E. N. E., passe par le village de Caïd-sidi-Ali, par le marabout de Sidi-el-Harari, et va couper l’Oued-Fodda à i5oo mètres S. du marabout de Sidi-Ali-Aïchoua.
- Dans les environs d’Orléansville, auprès du marabout de Lalla-Ouda, le terrain secondaire se compose principalement d’argiles schisteuses bacillaires, très-dures, verdâtres, contenant quelques lentilles intercalées de quartzite gris. Si de ce point l’on se dirige au S., vers le sommet du Djebel-Djebaïer, l’on remarque que les argiles schisteuses diminuent de dureté ; elles sont grises et fissiles, et contiennent quelques bancs de calcaire gris bleuâtre, très-compacte, plongeant au S. E. sous un angle de 25°. Près de la crête, les quartzites et grès quartzeux dominent exclusivement dans tout le système. Ces grès sont parfois verdâtres et parfois rouges, schisteux, et se délitent en dalles. Les allures des couches sont très-variables. Au pied de la chaîne, le plongement est au S. E. m.; sur la crête, on observe la direction N. S. m., avec un plongement à l’O, m. de 34°; en descendant vers l’Oued-Tighaout, on trouve, dans un ravin appelé Oued-Tizif, des couches de quartzite plongeant de 35° au N. E. m. Ces couches reposent sur des marnes schisteuses vertes, faciles à désagréger, que de loin on peut prendre pour des marnes tertiaires. Ces marnes se recouvrent en certains points de concrétions salines blanches, où le goût décèle la présence du sel marin et du sulfate de magnésie. On voit donc que le lavage des terrains secondaire peut, dans certains cas, contribuer à la salure des eaux potables. Sur la rive gauche de l’Oued-Tizif, les derniers bancs de quartzite se perdent sous des strates régulières d’argiles brun rougeâtre, contenant des débris d’argiles
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- schisteuses secondaires. Ces strates, qui plongent au N. de 5 à 6°, sont la base du terrain tertiaire moyen.
- Le terrain secondaire s’étend sans interruption du sommet du Djebel-Djebaïer au sommet du Tamdrara, en formant une ligne de crête élevée au maximum de 577 mètres, qui sépare le bassin de l’Oued-Fodda du bassin du Tighaout.
- Le terrain secondaire du Tamdrara se compose, au contact du terrain tertiaire, d’argiles schisteuses grises. A mesure qu’on s’élève vers la cime du Tamdrara, qui est à la cote de 1202 mètres, les bancs de quartzite ou de grès quartzeux commencent à se montrer. Ces grès sont surtout très-développés au sommet de cette montagne, ils passent parfois à l’état de calcaire siliceux très-dur, d’un gris clair, plus ou moins verdâtre à l’intérieur; on y trouve quelques débris de végétaux carbonisés. Les couches ont été violemment bouleversées et fracturées dans le massif du Tamdrara, de telle sorte que leur direction est très-variable. A 2 kilomètres environ N. du pic du Tamdrara, on observe sur ces couches, dans le lit de l’Oued-Tighaout, la direction N. 155°E. m., avec un plongement au S. O. de 35°. Sur la ligne de faîte séparant les eaux de l’Oued-Isly des eaux du Tighaout, les couches de grès quartzeux secondaire sont colorées en rouge et plongent à l’E. m. sous le terrain tertiaire, ainsi que l’indique la figure ci-dessous.
- E.mag’n.
- Au pied du Tamdrara, le Tighaout était assez abondant le 2 4 décembre i852; il roulait environ 600 mètres cubes d’eau par 2 4 heures. Les eaux sont limpides et d’un goût excellent, parce qu’elles n’ont traversé jusque-là que des argiles schisteuses assez dures et des bancs de quartzite. Avant de pénétrer dans le terrain tertiaire moyen, les eaux du Tighaout commencent à se troubler, parce quelles coulent sur des marnes schisteuses secondaires
- 28.
- Terrain secondaire du Tamdrara.
- Eaux du Tighaout 1 pied du Tamdrara.
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- Route d’Orléansville au Tamdraro.
- Forêt du Tamdrara.
- Composition du terrain crétacé entre le
- Djeljcl-Tamdrarn
- et
- l’Oued-Fodda.
- 220 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- qui se désagrègent facilement; mais elles deviennent complètement louches, dès qu’elles pénètrent dans les marnes tertiaires; en même temps, elles se chargent davantage de matières salines. L’abondance des eaux du Tighaout, au pied du Tamdrara, n’est pas aussi grande en été qu’en hiver. Cependant, à la sortie des bancs de quartzite, il y a, en toute saison, une grande quantité d’eau. Il serait certainement très-coûteux de les amener par une conduite jusqu’à Orléarisville , la distance à parcourir en ligne droite étant de 2 3 kilomètres environ; mais, si l’on ne reculait pas devant la dépense, l’on verra plus loin que ce serait la seule manière d’avoir à Orléansville de l’eau potable de bonne qualité et en quantité suffisante pour les besoins d’une grande ville.
- Le génie militaire a exécuté une route carrossable d’Orléansville au pied du Tamdrara, en suivant la vallée du Tighaout. Cette route a pour but de faciliter l’exploitation des bois de construction et de chauffage de ce massif montagneux, et d’obvier ainsi à la pénurie complète de bois des environs d’Orléansville. L’essence principale du Tamdrara est le chêne vert; il y a aussi des genévriers et des lentisques. Mais tous ces arbres n’atteignent que des dimensions médiocres, et sont du reste fort clair-semés aujourd’hui.
- Entre le Tamdrara et l’Oued-Fodda, le terrain secondaire se compose principalement d’argiles schisteuses grises, très-faciles à désagréger. Auprès du village de Caïd-sidi-Ali, on y trouve quelques bancs de calcaire schisteux gris, à structure compacte, dirigés N. 35° E. m. et plongeant au N. O. de 35°. Au S. de la crête qui fait suite au Dra-el-Hamar, vers l’E. S. E., ii n’y a plus que des argiles schisteuses secondaires, contenant quelques lentilles intercalées de calcaire compacte et de quartzite brun. A partir du marabout de Sidi-el-Harari, le calcaire, jaune au dehors et plus ou moins schisteux, gris au dedans avec une structure compacte ou semi-cristalline, devient très-abondant. Il se présente en couches verticales, dirigées N. 65° E. Le terrain secondaire est toujours plus boisé que le terrain tertiaire qui s’étend à ses pieds. Sur les bords de l’Oued-Fodda, on trouve principalement des lentisques, des tuyas, des genévriers et quelques pins de grandes dimensions. Ces derniers atteignent om,6o de diamètre à la base, sur io à 12 mètres de haut.
- Du sommet du Djebel-Akbel-Melhi, situé sur la rive gauche de l’Oued-Fodda, l’œil embrasse tout le bassin de cette rivière, jusqu’au pic de l’Oua-
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- rencenis d’où elle descend. D’après le relief des crêtes des montagnes, il est facile de prévoir que le terrain secondaire se continue jusqu’au pic. Dans les nombreuses explorations que nous avons faites aux environs d’Orléansville, nous n’avons trouvé aucun fossile dans le terrain secondaire.
- Un exemplaire d'ammonites plicatilis, trouvé sur l’Ouarencenis par M. le capitaine du génie Galimard, et une huître voisine des osirea arcuata et cymbium, trouvée par M. l’ingénieur Flajolot, donnent à penser que le massif de l’Ouarencenis appartient au terrain jurassique. Aussi, d’après la ressemblance minéralogique des roches et la continuité des couches, peut-on supposer que tout le massif secondaire des environs d’Orléansville appartient également au terrain jurassique. Mais de nouvelles recherches sont nécessaires pour fixer d’une manière bien positive l’âge de ce terrain.
- Lepic conique de l’Ouarencenis paraît se composer d’assises presque horizontales qui ont été coupées brusquement de manière à former une série de gradins droits, dont le point culminant est à la cote de 1991 mètres.
- Le terrain secondaire du Djebel-Temoulga se poursuit jusque sur les bords de l’Oued-Fodda, et constitue même tout le massif de Koubat-bou-Rhaïden, qui se trouve sur la rive gauche de l’Oued-Fodda, entre cette rivière et l’Oued-Harchoun. Il est facile de prévoir de loin, par la couleur et la structure du massif montagneux du Temoulga, qu’il diffère géologiquement du terrain tertiaire moyen qui l’entoure. Sur le mamelon du Koubat-Terriche, on ne trouve que des quartzites rouges.
- Le mamelon du Koubat-bou-Rhaïden forme une presqu’île au milieu du terrain tertiaire. Il se compose, à la partie inférieure, d’argiles schisteuses grises, très-dures. A la partie supérieure, il y a un gros banc de calcaire compacte, transformé parfois en brèche ferruginéuse, assez riche en fer pour donner lieu à quelques belles hématites brunes. Enfin, au point culminant, situé à la cote de 353 mètres, se trouve une calotte de quartzite clair de 1 mètre d’épaisseur. Ces couches sont pliées en forme de dôme, ce qui explique la présence de la brèche ferrugineuse, résultant de la rupture de la couche de calcaire, rupture qui a été accompagnée d’émanations ferrugineuses.
- En récapitulant les observations faites sur le terrain secondaire des environs d’Orléansville, on peut former le tableau suivant :
- Terrain secondaire du
- Dj ebel-Tcm ou i ga,
- Terrain secondaire du
- Koubat-bou-Rhaïden.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- " - - LOCALITÉS. DIRECTION DES COUCHES. INCLINAISON DES COUCHES.
- Entre le marabout de Lalla-Ouda et le sommet du Djebel-Djebaïer. Du N. E. au S. 0. m. S. E. m. de25°.
- Au sommet du Djebel-Djebaïer Du N. m. au S. m. O.m. de 34°.
- Oued-Tizif, au pied du revers E. du Djebel-Djebaïer Du N. E. m. au S. E. m. N.E.m. de 35°.
- 2 kil. N. du pic du Tamdrara, sur les bords du Tighaout De N. 23° 0. m. au S. 23» E.m. 0. 23° S. m. de 35°.
- Ligne de faîte séparant, auprès du Tamdrara, les eaux de I’Oued-
- Islv des eaux de l’Oued-Fodda Du N. au S. m. E. m.
- Village de Caïd-sidi-Ali DuN. 35° E.m. au S. 35°O.m. 0. 35° N. m. de 35°.
- Marabout de Sidi-el-Harari Du N. 65° E.m. au S,65°0.œ. 90°.
- Koubat-bou-Rhaïden Variable. Variable.
- fy *
- très-peu lie probabilité d’obtenir
- dos eaux jaillissantes dans
- le terrain secondaire des .environs
- d’Orléansville.
- Noria
- lu pénitencier arabe dans la vallée le lella-Ond:,.
- Terrain tertiaire moyen.
- Tcrraiu tertiaire moyen des bords de l’Oucd-Isly,
- Ce tableau montre que les couches du terrain secondaire plongent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, avec des inclinaisons très-fortes, variant de 25 à 90°, et que, dès lors, il y a très-peu de probabilité d’obtenir des eaux jaillissantes dans le terrain secondaire des environs d’Orléansville.
- Mais on peut obtenir des eaux d’infiltration par le creusement de puits ordinaires. C’est ce que l’on a fait avec succès dans l’une des branches supérieures de la vallée de Lalla-Ouda, auprès du pénitencier arabe. Cette branche, qui ne traverse que des argiles schisteuses secondaires généralement très-dures, est à sec en été. En hiver, elle est arrosée par un maigre filet d’eau qui, du reste, est d’un goût excellent et d’une bonne qualité. Deux puits creusés dans cette petite vallée, au milieu des argiles schisteuses, fournissent de l’eau en abondance à la profondeur de 3 à 4 mètres. Une noria a été installée dans le puits le plus rapproché du thalweg. Elle a transformé en jolis jardins une vallée qui auparavant était complètement stérile.
- Le terrain tertiaire moyen est très-développé dans les environs d’Orléans-ville. Au N., il occupe tout l’espace compris entre la vallée du Chelif et Tenès. Au S. d’Orléansville, le terrain» tertiaire moyen a rempli, entre l’Oued-Tighaout et l’Oued-Fodda, le golfe qui entaillait autrefois le rivage du continent secondaire. Au S. O., il Se prolonge sur la rive gauche du Chelif, en formant un plateau régulier. A l’E. de l’Oued-Fodda, il s’étend au pied du revers S. du massif secondaire du Djebel-Temoulga.
- On décrira le terrain tertiaire moyen en marchant de l’O. à l’E. On parlera d’abord de celui qui occupe la rive gauche du Chelif, et en second lieu de celui qui occupe la rive droite.
- Entre l’Oued-Tighabut et l’Oued-Isly, le terrain tertiaire moyen constitue un plateau plongeant d’une manière régulière vers le nord magnétique. 11
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- présente une largeur moyenne de 2 kilomètres, entre la plaine diluvienne du Chelif qui le limite au N., et la crête des escarpements inclinés à 2 5 ou 35° qui le terminent au S. Il est découpé par une série de ravins à peu près parallèles qui vont se perdre dans la plaine diluvienne du Chelif, en courant du S. m. au N. m. Il est formé par des couches parallèles de calcaire tertiaire qui plongent au N. m. sous un angle de 5 à 6°. Les ravins qui le sillonnent résultent d’un arrachement et non pas d’une flexion des couches. La coupure de l’Oued-Isly est due à un arrachement du même genre, mais beaucoup plus considérable. Sur la rive droite de l’Oued-lsly, le terrain tertiaire s’arrête, au sud, au Chabbat-Oueder, et ne présente qu’une largeur de 3 kilomètres jusqu’à la plaine du Chelif; il repose sur des marnes schisteuses secondaires, couronnées au sommet par des bancs de quarzite rougeâtre. Sur la rive gauche de l’Oued-Isly, le terrain tertiaire est beaucoup plus développé vers le S. que sur la rive droite. Il atteint une largeur d’environ 12 kilomètres; mesurée entre le pied des talus qui le limitent au S. et la plaine diluvienne du Chelif qui le limite au N. Le sommet du Kef-el-Gh’orab , situé à la cote de 45o mètres, est le point culminant du terrain tertiaire moyen. De ce pic, l’œil peut suivre à merveille la séparation entre les terrains secondaire et tertiaire. Ce dernier continue de former, vers l’O. S. O., un plateau régulier plongeant vers la plaine du Chelif; il est limité au S. par une série d’escarpements inclinés à 2 5 ou 35°, qui se terminent au terrain schisteux secondaire, ainsi que l’indique la figure ci dessous. Le
- terrain secondaire constitue, au S. du Kef-el-Gh’orab, jusqu’au delà de l’Oua-rencenis, une série de chaînes à contours très-fortement accidentés et dont le faciès est complètement différent de celui du terrain tertiaire.
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- Ostrca crassissima au pied du
- Kef-e[-Gh'orab.
- Argiles
- diversement colorées au pied
- du Kef-el-Gh’orab,
- Ilot
- de lorrain secondaire dans la
- plaine de Sidi-ol-Cherif.
- 224 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Au pied du Kef-el-Gh’orab, il y a un grand col qui fait communiquer la vallée de l’Oued-Isly avec la vallée parallèle de l’Oued-Tafelout. L’étudè de l’escarpement qui constitue le Kef-el-Gh’orab offre le plus grand intérêt au point de vue géologique. Les couches supérieures sont à l’état de calcaire jaunâtre, plus ou moins compacte. A mesure qu’on descend, le calcaire devient sableux. Au pied de l’escarpement, il renferme un très-grand nombre d'ostrea crassissima, parfaitement conservées et caractérisant l’étage tertiaire moyen. On y trouve aussi des balanes et des pinnes.
- La présence de Voslrea crassissima dans le calcaire sablonneux du Kef-el-Gh’orab, et, la continuité des couches entre l’Oued-Djedjouïa, l’Oued-Isly et l’Ouecl-Fodda, indiquent que cette bande de terrain tertiaire, qui longe la rive gauche du Ghelif, est toute du même âge géologique et appartient au terrain tertiaire moyen. A l’Oued-Fodda, ce terrain se relie sans discontinuité avec celui de la rive droite du Ghelif.
- Au-dessous des calcaires sablonneux à ostrea crassissima du Kef-el-Gh’orab, vient une grande épaisseur d’argiles dont les unes sont colorées en jaune, les autres en lie de vin. Il est toujours facile de les distinguer, par l’aspect extérieur, des argiles schisteuses secondaires qui leur sont inférieures.
- Dans l’escarpement du Kef-el-Gh’orab, les couches tertiaires plongent de 10 à i 5° vers le N. m.; leur puissance visible acquiert un grand développement. Elle est d’environ 2 à 3oo mètres.
- Dans la plaine de Sidi-el-Cherif, auprès du marabout de Sidi-Abd-el-Kader, le terrain secondaire constitue un îlot sur la rive gauche de l’Oued-Isly. Il est formé de couches de marnes schisteuses grises, friables, contenant quelques couches lenticulaires de quartzite brun dont les allures sont très-irrégulières. Ces couches sont parfois verticales et parfois peu inclinées à l’horizon. Le terrain secondaire se voit aussi en plusieurs points, dans le fond des ravins qui découpent le plateau tertiaire compris entre l’Oued-Isly et le Kef-el-Gh’orab.
- La coupe ci-dessous, menée par le Kef-el-Gh’orab du N. au S. m., résume les observations qui précèdent sur les terrains de ce kef.
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- ferrai'1
- Carrière
- de pierre de taille de
- l’Oued-Isly.
- Foraminifères le calcaire compacte.
- Il v a une carrière de pierre de taille sur la rive droite de l’Oued-Isly, près du débouché de cette rivière dans la plaine du Chelif. Elle est ouverte dans les couches supérieures du calcaire tertiaire moyen. Ces couches sont très-régulières dans leurs allures et plongent du S. m. au N. m. sous un angle de 6 à 70. A la carrière, elles présentent un calcaire le plus souvent jaune et parfois rose, tendre, facile à tailler, pétri de foraminifères (operculina com-planata) semblables à ceux du terrain tertiaire moyen des environs de Sidi-bel-Abbès et des bords de la Tafna supérieure, dans la province d’Oran. Les joints de stratification sont oblitérés en plusieurs points, de telle sorte qu’on peut débiter, dans tout le système des couches, des pierres de taille de très-
- grandes dimensions. On exploite, en général, au pic et à la tranche, rarement à la poudre. On profite des fentes verticales qui coupent plusieurs couches superposées pour débiter plus facilement les gros blocs. A cet effet, on pratique perpendiculairement au plan de la fente deux rigoles de om,3o de large (a b) (a' b'), et d’une hauteur variable, suivant l’épaisseur qu’on veut donner au bloc. On détache ensuite ce dernier au moyen d’une série de coins qu’on place suivant (a a'). Il y a aujourd’hui trois chantiers à ciel ouvert en exploitation, et la pierre de taille rendue à Orléansville est payée 38 francs le mètre cube.
- Cette carrière a été exploitée autrefois par les Romains. On y voit encore Exploitation des gradins de om,4o de hauteur et de om,8o de long résultant de l’exploi- carriaè"e,efR^"fnd;l8ly tation ancienne.
- Quoique fort tendre en carrière, la pierre de taille de l’Oued-Isly durcit un peu à l’air, à ce que l’on prétend. On l’emploie pour toutes les parties
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Débris végétaux transformés en calcaire.
- Débit de l’Oued-Isly,
- Terrain tertiaire moyen au S.
- d’Orléansville
- des constructions militaires d’Orléansville. Elle se corrode parfois avec une grande facilité. C’est ce qu’on voit à merveille sur certains parements jadis verticaux, résultant de l’exploitation romaine.
- Outre les foraminifères signalés plus haut, on trouve aussi des débris de peignes (peclen burdigalensis) et d’oursins (clypeaster marginatus). L’on remarque dans l’une des couches de la carrière un grand nombre de débris végétaux complètement transformés en calcaire.
- L’Oued-Isly coule à travers une couche très-épaisse d’alluvions sableuses à la partie supérieure, et contenant de gros galets à la partie inférieure. Près du débouché dans la plaine du Chelif, les berges de l’Oued-Isly sont coupées à pic, sur 8 mètres environ de hauteur. Cette rivière débitait encore î mètre cube d’eau le 3o décembre i8Ô2. Ses eaux sont troubles, parce que l’Oued-Isly roule, dans une grande partie de son cours, à travers des marnes schisteuses secondaires faciles à désagréger.
- En été, cette rivière est presque à sec.
- Nous allons décrire maintenant le terrain tertiaire moyen qui a rempli le golfe présenté par l’ancien rivage du continent secondaire, au S. d’Orléansville. Ce golfe a la forme d’un triangle, dont la base s’appuie à la vallée du Chelif, et dont le sommet serait sur les bords de l’Oued-Tighaout, à i4 kilomètres environ S. S. E. d’Orléansville. Il renferme deux lignes de faîte principales : la première, dirigée N. S., sépare les bassins de l’Oued-Tighaout et du Chelif du bassin de l’Oued-Fodda. Elle s’abaisse à peu près uniformément depuis la cote de 6o8 mètres située au pied du Djebel-Guergour, jusqu’à la cote de 200 mètres située auprès du Chelif. Elle est faiblement ondulée et se relie par des pentes fort douces à la vallée de l’Oued-Tighaout et à celle de l’Oued-Harchoun, affluent de la rive gauche de l’Oued-Fodda. En aval de cet affluent, elle se termine, du côté de la plaine diluvienne de l’Oued-Fodda, par des escarpements abruptes, ainsi que l’indique la figure qui suit.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER
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- Coupe menée du S. O. au N. E. du village des Sendjès à l’Oued-Fodda.
- S.O.
- N. E.
- Télégraphe- des Oïded-Aoceir. fJSSTp
- •fe
- g
- jTiveau. de la- mer.
- -S
- Terrai/,, diluvien- ^
- La deuxième ligne de faîte est dirigée de TE. à l’O., et s’étend depuis le confluent de l’Oued-Tighaout et de l’Oued-Louarah, auprès d’Orléans-ville, jusqu’au télégraphe des Ouled-Koceïr. Elle fait suite à la ligne des escarpements qui terminent au S. le terrain tertiaire moyen, entre l’Oued-Isly et l’Oued-Tighaout, et se compose également des couches supérieures du terrain tertiaire moyen. Ces couches présentent leurs tranches coupées dune manière abrupte sur le Dra-el-Kadem, et indiquent en quelque sorte, sur le terrain, les courbes topographiques de la carte.
- N.O. %
- Bra-eï-Tadem . (3431
- Le massif du terrain tertiaire que l’on décrit peut se diviser en trois régions bien distinctes : la première, située au N., constitue un plateau régulier qui longe le Chelif et qui est limité au S. par la ligne de faîte dont il a été question en dernier lieu. Elle est essentiellement calcaire, et donne, en général, peu de terres cultivables.
- La région moyenne est essentiellement argileuse et constitue un ter-
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- 228 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- rain largement ondulé. Elle est fertile et parfaitement cultivée par les Arabes.
- La région méridionale est la plus accidentée, parce quelle est au contact du terrain secondaire , avec lequel elle a été fortement relevée. Elle se compose essentiellement de poudingues qui sont la base du terrain tertiaire moyen.
- Le poudingue, ou plutôt la brèche formant la base du terrain tertiaire moyen, est très-développée au pied du massif du terrain secondaire, compris entre l’Oued-Tighaout et l’Oued-Fodda, près du Koudiat-bou-Kellah. Les couches de brèche sont dirigées N. 25° E. m., et plongent à l’O. N. O. de i5 à 2 0°; le ciment est argilo-calcaire, rouge; les débris qu’il empâte se composent principalement d’argiles schisteuses grises, de quartzite brun et de calcaire gris bleuâtre, compacte. Ces débris appartiennent presque tous au terrain secondaire. Nous avons trouvé parmi eux un morceau de calcaire jaunâtre, à structure un peu oolithique, contenant un cône et un fragment de polypier calcaire.
- Le Dra-el-Hamar (plateau rouge) qui domine au N. le village de Caïd-Sidi-Ali, se trouve à la limite des deux terrains secondaire et tertiaire. À la partie supérieure, il présente de nombreuses couches de brèche tertiaire à ciment rouge, dirigées N. 1 io°E. m. et plongeant au N. E. de 35°. Nous avons trouvé, dans les débris empâtés, un fragment de calcaire num-mulitique semblable à celui qui est associé aux grès à empreintes végétales de la carrière de Soumah.
- Les couches tertiaires présentent une inflexion très-prononcée entre le Koudiat-bou-Kellah et le Dra-el-Hamar. L’inclinaison passe du N. O.auS.E. On reviendra plus tard sur cette observation qui présente de l’intérêt au point de vue de la recherche des eaux jaillissantes.
- La brèche tertiaire est aussi très-développée sur les bords de l’Oued-Fodda, aux environs du marabout de Sidi-Ali-Aïchoua. Au contact du terrain schisteux secondaire, on observe dans le terrain tertiaire les couches suivantes , en allant de bas en haut :
- D’abord 20 mètres de couches calcaires contenant de menus débris de schistes secondaires. Elles forment une série de bancs réguliers qui ont chacun om, 12 à om,3o de puissance, et sont dirigés N. 65° E. m., en plongeant au N. 0. de 35°. Parmi ces bancs, les uns ont une structure compacte,
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER
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- presque cristalline; d’autres sont schisteux ou sableux. On n’y trouve des peignes.
- Par-dessus ces calcaires viennent 3o mètres d’épaisseur de marnes argileuses gris jaunâtre, contenant quelques rares lentilles de calcaire compacte, jaunâtre.
- Ces couches sont enfin recouvertes par une série très-épaisse de bancs réguliers de brèche à ciment rouge et à débris du terrain secondaire.
- Ces brèches se poursuivent sur une longueur de 8 kilomètres enAiron, jusqu’au pied du mamelon qui porte le Koubat-Terricbe. La pente des couches diminue insensiblement à partir de 35°. Elle devient presque nulle à mesure qu’on se rapproche du Koubat-Terriche. Il en est de même pour la grosseur des débris constituant la brèche. A mesure qu’on s’éloigne de la limite du terrain secondaire, les couches de brèche rouge alternent de plus en plus avec des marnes grises un peu sableuses. A l’extrémité de la série, les brèches ne sont plus indiquées que par une coloration des marnes en rouge et par quelques rares débris du terrain secondaire.
- Il résulte des allures des couches tertiaires que la puissance de ce terrain est très-considérable et quelle doit s’élever à plusieurs centaines de mètres.
- Il résulte, en outre, de ces allures et du grand débit de l’Oued-Fodda, dont le volume était d’au moins î mètre cube par seconde le 2 8 décembre i8Ô2, qu’un sondage entrepris à travers les couches tertiaires fournirait probablement des eaux jaillissantes entre le Chabbat-Fleffa et l’Oued-Fodda. Un soudage
- fouruiraitprohablemeut
- L’Oued-Fodda passe, en effet, sur l’affleurement de toutes ces couches des eau^relis8antes qui plongent dans le même sens que le lit de la rivière. Mais ce sondage el\’Oneî.Fodda. offrirait sans doute peu d’utilité; car il serait très-facile d’établir, auprès du marabout de Sidi-Ali-Aïchoua, un barrage peu coûteux qui servirait à l’arrosage des terres situées en aval et comprises entre l’Oued-Fodda et l’Oued-Fleffa.
- La coupe d’autre part, menée du N. N. O. au S. S. E. par le marabout de Sidi-bou-Ghaïden, résume les observations précédentes.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- N.N.O.
- S.S.E.
- Cîmdiat - ffou - ûÀaic&n.
- (3S3'.aJ
- \jferrai» -.?c-con>/ajr7
- l’ioche Manche hréchi forme à la hase du
- errain tertiaire moyen, le long
- tle la rive gauche du Tîghaouf.
- Zone argileuse du terrain tertiaire moyen.
- Entre le marabout de Lalla-Ouda, auprès d’Orléansville, et le point où l’Oued-Tighaout quitte le terrain secondaire pour pénétrer dans le terrain tertiaire moyen, la brèche grossière servant de base au terrainfertiaire moyen manque généralement. Mais l’on trouve toujours à sa place une roche blanche, à pâte argilo-calcaire, contenant de petits débris d’argile schisteuse secondaire, d’un gris noirâtre. Une roche analogue se présente sur les bords de l’Oued-Fodda, au-dessous des brèches rouges, mais avec une couleur blanche moins prononcée que sur la rive gauche de rOuéd-Tighaout. A 1 2 kilomètres S. d’Orléansville, cette roche bréchiforme ne renferme que de très-rares débris schisteux, et l’on y remarque des cristaux de tourmaline noirs, allongés, et des paillettes de mica noir. Il semble que cette roche a subi une modification sur place. Elle a une grande ressemblance avec le porphyre blanc de Milianah. Elle présente, sur 5 mètres de long, une salbande polie comme la salbande d’un filon, mais sans aucune parcelle métallique. En se rapprochant de la ligne de contact du terrain secondaire, cette roche bréchiforme a un aspect plus terreux ou plus essentiellement calcaire, et elle renferme même des fossiles, tels que des huîtres et de gros peignes. Elle est intercalée dans des argiles plus ou moins sableuses, qui sont rouges au contact du terrain secondaire, parce quelles proviennent en partie des débris de ce terrain, où l’on trouve de nombreux bancs de grès rougeâtre.
- Le long de la rive gauche du Tighaout, les couches tertiaires sont relevées contre le terrain secondaire et plongent en général à l’E.
- Au débouché de l’Oued-Tighaout, dans le terrain tertiaire, les couches tertiaires plongent au N. m. de 15 à 20°.
- La zone centrale du terrain tertiaire moyen se compose essentiellement d’argiles sableuses grises ou jaunes, avec de nombreux cristaux lenticulaires de gypse blanc jaunâtre. Elle donne une excellente terre arable par suite du
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- Nalurt
- des
- eaux qui traversent les
- argiles tertiaires.
- mélange des sables et des argiles. Le sol est en général très-facile à labourer, et les Arabes n’y emploient que des bourriquets. On n’y reconnaît de stratification qu’à l’aide des bancs intercalés de sables gris jaunâtre, ou de pou-dingues à menus débris secondaires. Ces poudingues sont assez développés sur les bords de l’Oued-Tilifte, qui va se jeter dans l’Oued-Tighaout, sur la rive droite, auprès du village arabe des Sendjès. Tout le long de cette petite rivière, les couches argilo-sableuses plongent à l’E., sous un angle de i 5 à 2o°. Sur la limite nord de la zone argileuse, les couches plopgent au N. m., en s’enfonçant sous les bancs supérieurs du calcaire tertiaire.
- L’Oued-Tighaout, qui traverse cette zone argileuse dans toute sa largeur, perd une grande partie de ses eaux par infiltration à travers les couches argilo-sableuses. Ses divers affluents lui apportent, en outre, une grande quantité de substances salines résultant du lavage des roches tertiaires. On remarque souvent, à la surface de ces dernières, des efflorescences blanches de sulfate de magnésie et de sel marin. Les eaux ont généralement un goût saumâtre, et sont désignées parfois, par les Arabes, sous le nom d’Aïn-Malah, source salée.
- Le plateau calcaire formant la région septentrionale du terrain tertiaire piau»» de la rive gauche du Chelif, à l’E. d’Orléansville, s’étend depuis Orléans- longeantu me gauche ville jusqu’au confluent de l’Oued-Fodda et du Chelif, sur une longueur de à 1>E- d’0rl*«iisville-20 kilomètres et une largeur variable de 2 à 6 kilomètres. Il se continuait primitivement avec le plateau de calcaire Tertiaire longeant la rive gauche du Chelif, au S. E. d’Orléansville. Un arrachement violent a produit la coupure actuelle du Tighaout, comme on le voit par la coupe ci-contre.
- ^ La pente générale de ce plateau est du N.
- au S. m., ainsi que l’indique le cours des ravins qui le sillonnent, pour aller se jeter dans le Chelif; mais, à son extrémité orientale, il y a une pente au S. E., qui donne lieu à quelques petits affluents de l’Oued-Fodda, et qui est déterminée par une ligne de faîte séparant les eaux du Chelif des eaux de l’Oued-Fodda. La disposition des couches est en rapport avec la pente extérieure du sol. En effet, elles plongent généralement au N. m. vers le Chelif, sous un angle de 4 à 5°, jusqu’à la ligne de faîte indiquée ci-dessus, à partir de laquelle elles plongent au S. E. de i5°.
- &
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Carrière de moellons à i5oo mètres E. d'Orléansville.
- Carrière
- de calcaire quartzeux de la route de Milianali.
- Carrière
- Les couches se composent de calcaire fossilifère blanc jaunâtre, plus ou moins sablonneux. On y a ouvert plusieurs carrières.
- L’une d’elles est située à i5oo mètf'es environ à l’E. d’Orléansville. Elle est ouverte sur un banc de calcaire jaunâtre, pétri de coquilles. On exploite à ciel ouvert, sur un front de taille de 2 mètres de hauteur et 100 mètres de développement, à l’aide du pic et de la poudre. O11 en tire d’excellents moellons, très-durs, prenant bien le mortier. Comme la roche est fissurée, on ne peut en extraire de la pierre de taille. Ce calcaire est recouvert par 1 mètre d’épaisseur au plus de carapace calcaire diluvienne et de terre végétale rouge.
- La deuxième carrière est située auprès du marabout de Sidi-Abd-el-Kader-Mazia, à 100 mètres de distance de la route de Milianah à Orléansville. Elle a été ouverte sur des bancs de calcaire jaunâtre plus ou moins sablonneux, plongeant régulièrement au N. m. de 6 à 70, et qui, du côté de la plaine ailuvienne du Chelif, forment un escarpement très-abrupte de 1 2 à 1 5 mètres de hauteur, ainsi que l’indique la ligure ci-dessous.
- La carrière se trouve à la partie supérieure de l’escarpement : le front de taille a 6 mètres de haut sur une trentaine de mètres de long. Toutes les couches ne sont pas uniformément bonnes pour la taille : dans le même banc, on rencontre des parties dures qui donnent d’excellentes pierres de construction, et d’autres parties complètement sableuses; aussi y a-t-il beaucoup de déchet dans cette exploitation.
- La pierre de taille prise en carrière est payée 2 o francs le mètre cube ; le transport jusqu’à Orléansville coûte i5 francs le mètre cube.
- A l’E. de la carrière, les bornes de calcaire deviennent plus sablonneux ; ils renferment une grande quantité de fossiles, parmi lesquels on remarque des pétoncles, des arches, des huîtres, des pectens, des turritelles.
- A l’extrémité orientale du plateau que l’on décrit, les couches tertiaires ont été pliées de manière à former la cuvette de l’Oued-Fodda; près du confluent de l’Oued-Fodda et du Chelif, elles se composent de grès quartzeux à ciment calcaire jaune, très-faciles à désagréger. Elles renferment un grand nombre de fossiles bivalves, et principalement des huîtres. Elles sont dirigées N. 45° E. m. et plongent au S. E. de i5°.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- L’étude des ravins qui sillonnent le plateau compris entre Orléansville et i’Oued-Fodda est très-importante au point de vue de la recherche des eaux jaillissantes. Nous avons examiné avec soin les cours du Chabbat-Lalla-Ouda, ' du Chabbat-Malah et du Chabbat-Zeroualim.
- Le Chabbat-Lalla-Ouda est un ravin qui va se jeter dans le Chelif, à cLaibai-Laïu-ond». 1000 mètres O. d’Orléansville. A sa partie supérieure, il est formé par deux branches qui entourent le mamelon de schistes secondaires au sommet duquel est bâti le marabout de Sidi-Abd-el-Kader. A 5oo mètres en aval du marabout de Lalla-Ouda, l’Oued-Lalla-Ouda pénètre dans le terrain tertiaire
- S.S.E. N.N.O.
- Terrai)z-
- moyen,1 et traverse successivement d’abord les argiles grises de la région tertiaire centrale, et ensuite les calcaires sableux supérieurs de la région tertiaire septentrionale. Dès que l’eau arrive sur ces calcaires, elle est absorbée rapidement, et le ravin est bientôt complètement à sec.
- Le Chabbat-Malah est un ravin qui coule du S. E au N. O. et coupe la ch.but-M.hi..
- route d’Orléansville à Milianah, à 2 kilomètres E. d’Orléansville; son origine est près de la crête du Dra-el-Kaddem. La petite vallée qu’il détermine résulte d’une érosion des couches qui forment, sur les flancs de l’Oued-Malah, une série de lignes parallèles entre elles et à la surface extérieure du plateau.
- La figure ci-dessous indique la coupe menée en travers du Chelif par le ravin de l’Oued-Malah.
- N.N.O
- S.S.E.
- Dra, -el-J&idem.
- 3o
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Chabbat-Zeroualim.
- Un soulage , entrepris à Ponteba, donnerait probablement des
- eaux jaillissantes.
- A la partie supérieure de son cours, ce ravin a entaillé les couches de calcaire sableux jusqu’à l’argile qui les supporte. A sa partie inférieure, il est encaissé seulement dans les bancs de calcaire. Au point b, où l’argile affleure, il y a des suintements d’eau qui donnent lieu à YAïn-Malah, débitant i,5 de litre au plus par seconde. Cette petite source a un goût saumâtre très-prononcé. Malgré cela, elle sert aux besoins domestiques de quelques habitations arabes groupées à 1 5oo mètres en aval, autour de jardins de cactus. La présence de ces jardins indique sans doute que l’Aïn-Malah ne tarit jamais. Elle se perd après un parcours d’une centaine de mètres, parce quelle cesse de couler à la surface de l’argile, et qu’elle passe sur les bancs de calcaire sableux. On voit reparaître ici le phénomène d’absorption indiqué pour les eaux du Chabbat-Lalla-Ouda.
- Le Chabbat-Zeroualim, situé à l’est du précédent, donne lieu à des observations semblables. A la partie supérieure de son cours, il traverse les calcaires tertiaires sablonneux, et il est à sec; dès qu’il pénètre dans les argiles inférieures, il donne lieu à des suintements d’eau dont le débit augmente à mesure qu’on descend le lit du ravin, tant qu’il reste creusé dans l’argile tertiaire. Le filet d’eau courante qui en résultait, le 3i décembre i852, débitait i litre à peine par seconde. Cette eau se perd après un parcours d’environ 2 kilomètres, parce que le lit du ravin repasse alors dans le calcaire sablonneux supérieur aux argiles. Cette eau est d’un goût détestable. Mais sa présence, rapprochée des faits de même nature observés dans le Chabbat-Malah et le Chabbat-Lalla-Ouda, n’en démontre pas moins que, sous les calcaires sablonneux supérieurs, il y a une nappe d\eau souterraine qui coule du S. m. au N. m., à la surface de la formation argileuse qui supporte ces calcaires. Dès lors, si l’on fait un trou de sonde dpnt l’ouverture soit à un niveau inférieur à celui de l’affleurement de cette formation argileuse vers le sud, on obtiendra nécessairement des eaux ascendantes dans ce trou de sonde, et, selon la position du sondage, on pourra même obtenir des eaux jaillissantes à la surface du sol. C’est ce qui arriverait probablement dans la plaine alluvienne de Ponteba. En effet, ce village est à la cote 145 mètres ; l’affleurement de la formation argileuse au pied du revers S. du Dra-el-Kadem est à la cote 260 mètres : il y a donc entre ces deux points une différence de hauteur de 115 mètres, qui mesure la pression en vertu de laquelle les eaux de la couche aquifère tendront à remonter dans le trou de sonde. Cette
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- pression paraîtra sans doute suffisante pour donner des eaux jaillissantes à la surface du sol. Mais on ne doit pas se dissimuler, en raison de la surface restreinte de la nappe aquifère ascendante déterminée par le plan de niveau mené par l’orifice (a) du sondage projeté, que la quantité d’eau que l’on obtiendrait par ce sondage serait nécessairement fort petite, et ne pourrait suffire à alimenter de grandes cultures industrielles.
- M. magn. S. magn.
- En effet, coupons le terrain suivant la ligne de plus grande pente. *
- Soit e b c, la couche d’argile imperméable à la surface de laquelle coule la nappe d’eau souterraine; c, l’affleurement extérieur de cette couche; a bd, le plan horizontal mené par l’orilice du sondage ; c d, la verticale du point c.
- La quantité d’eau tombant sur la surface horizontale représentée par la ligne de pente b c donnera des eaux jaillissantes à la surface du sol. La quantité d’eau tombant sur la surface horizontale représentée par la ligne de pente be donnera des eaux ascendantes dans le trou de sonde, mais incapables de remonter au-dessus du sol. Il est donc inutile de s’en occuper. La différence de niveau entre les points c et a est, d’après le résultat de l’observation, de 115 mètres.
- L’angle de pente cbd, formé par les couches tertiaires avec l’horizontale, est de 5° en moyenne. Le triangle rectangle cbd donne bd =. ii5m X cote 5°. En calculant par logarithmes on trouve bd :— 1146 mètres.
- Il en résulte, d’après le relief du terrain, que la surface de la nappe aquifère jaillissante correspond à un triangle dont le télégraphe des Ouled-Koceïr occupe à peu près le centre, et qui aurait 1146 mètres de hauteur sur 62Ôo mètres de base, soit 358125 mètres carrés. On ne connaît pas la quantité d’eau qui tombe annuellement à Orléansville. On sait quelle est en moyenne de om,47 à Oran, et de om,88 à Alger. On supposera quelle soit en nombres ronds de om,5o à Orléansville. La quantité d’eau de pluie tombée sur la surface calculée précédemment sera de i79o62ta,5o; ce qui correspond à un débit journalier de ôUt,67 par seconde. Une partie seulte-
- - 3o.
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- 236 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- ment de cette eau sera absorbée par le sol et arrivera jusqu’à la surface de la couche d’argile imperméable. Le reste s’écoulera jusqu’au Chelif, ou sera perdu par l’évaporation à l’air libre et les usages domestiques. Nous admettrons, comme dans nos travaux précédents sur la possibilité d’obtenir des eaux jaillissantes en Algérie, que le tiers tout au plus de beau de pluie est absorbé par le sol. Cela donnera une nappe souterraine jaillissante ayant un débit journalier de 1^,89 par seconde. La force ascensionnelle de cette nappe devant vaincre diverses résistances, on voit que, si l’eau jaillit à la surface du sol, son volume sera nécessairement très-faible. Quant à la profondeur du sondage de Ponteba, on ne pourrait l’évaluer que d’une manière approximative. On devrait traverser d’abord toute l’épaisseur des terrains aîluvien et diluvien de la plaine du Chelif, épaisseur qui est inconnue, mais qui dépasse 3o mètres, d’après la profondeur des puits d’Orléansville. Il serait convenable de traverser par un puits ordinaire tout le terrain diluvien du Chelif; car les gros cailloux roulés qui sont à la base de ce terrain occasionneraient de très-longs retards et peut-être des obstacles insurmontables dans le sondage, ainsi que cela est arrivé pour le sondage de Biskra. Quant aux couches de calcaire sablonneux, leur puissance totale peut être évaluée à 60 mètres environ.
- En admettant 3o mètres de terrain diluvien, le prix de revient du sondage peut être évalué approximativement de la manière suivante :
- 35 mètres de puits à 60 francs le mètre courant..... 2,ioof
- 60 mètres de sondage à 5o francs le mètre courant... 3,000
- Frais imprévus...................................... 900
- Total......................... 6,000
- Ce sondage n’olfrirait aucune difficulté d’exécution et pourrait se faire par le système ordinaire.
- Sondage d’OriéansviHc. Orléansvilie se trouve dans des conditions moins avantageuses que Ponteba pour obtenir des eaux jaillissantes par un trou de sonde qui arriverait seulement à la couche d’argile imperméable qui supporte les calcaires sablonneux supérieurs ; cela tient à ce que l’érosion de la vallée du Tighaout a mis à nu cette couche d’argile en enlevant les calcaires, et a diminué, par conséquent, l’étendue de la surface absorbante capable de produire une nappe aquifère jaillissante. Ainsi, Orléansville est à la cote 141 mètres; le con-
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- fluent de l’Oued-Tighaout et du Chabbat-Louarah est à la cote 136 mètres, à i5oo mètres au S. E. d’Orléansville. Le confluent de l’Oued-el-Rhabia-ou-Kerma et du Tighaout est à la cote i5i mètres, à 3700 mètres S. E. d’Orléansville. Les couches plongeant au N. m., il en résulte que les couches de calcaires sableux comprises entre la rive droite de l’Oued-Tighaout et la rive gauche du Chabbat-Malah sont les seules qui peuvent donner des eaux ascendantes à Orléansville. Il suffit de jeter les yeux sur la carte pour voir que le plan de niveau mené par Orléansville ne laissera au-dessus de lui qu’une surface tout à fait insignifiante de la couche d’argile imperméable qui affleure au pied du revers S. du Dra-el-Kadem. Dès lors, il ne reste que très-peu de chances d’obtenir à Orléansville de l’eau jaillissante à la surface de cette couche imperméable. Mais il n’en serait plus de même si l’on traversait dans le trou de sonde l’assise des argiles et celle des brèches inférieures du terrain tertiaire moyen. En effet, il résulte de ce qui précède que tout le système du terrain tertiaire moyen longeant la rive gauche du Chelif, au S. E. d’Orléansville, forme un premier fond de cuvette correspondant à la vallée de l’Oued-Tighaout et amenant les eaux souterraines au nord vers Orléans-ville ou le Chelif, et un deuxième fond de cuvette amenant les eaux souterraines suivant le thalweg de la plaine diluvienne de l’Oued-Fodda.
- Les deux assises des argiles et des brèches renfermant diverses couches sableuses ou graveleuses perméables, il est possible qu elles donnent des eaux jaillissantes à la surface du sol, soit à Orléansville, soit dans les plaines de l’Oued-Fodda. La surface capable d’absorber des eaux d’infiltration ascendantes est assez considérable sur les flancs de la vallée de l’Oued-Tighaout, en amont d’Orléansville. Elle peut être évaluée approximativement à celle d’un rectangle de 10000 mètres de long sur 4ooo mètres de large ou de 4o millions de mètres carrés. En supposant de om,5o la hauteur d’eau tombée annuellement sur cette surface, on trouve un volume d’eau de pluie de 20 millions de mètres cubes, correspondant à un débit moyen de 634 litres par seconde. En admettant que le tiers soit absorbé par le sol, il reste 2 11 litres par seconde pour le volume qui peut alimenter les nappes souterraines jaillissantes. On conçoit, dès lors, qu’un puits artésien percé à Orléansville puisse donner des eaux jaillissantes à la surface du sol. La profondeur de ce puits atteindrait probablement 3 à 4oo mètres, ou peut-être davantage, si l’on en juge par la manière d’être du terrain tertiaire moyen,
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- Terrain tertiaire moyen de
- ia rive droite du Chelif, ie Koudiat- Adjeraf,
- 238 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- au Kef-el-Ghorab et dans la plaine de l’Oued-Fodda, au S. du Koubat-bou-Rhaïden. Les eaux qu’on obtiendrait dans ce sondage seraient probablement de fort mauvaise qualité comme eaux potables, ainsi qu’on le verra dans la deuxième partie de ce travail. Si l’on exécutait ce sondage, il conviendrait d’employer le système Kind, à cause de la grande profondeur à atteindre. Voici un aperçu des dépenses à faire pour une profondeur de 35o mètres.
- Achat et transport d’un équipage de sonde de om,45 de
- diamètre............................................ 5,5oof
- Construction d’un engin de manœuvre de 20 mètres de hauteur avec roue à marches, bobines mobiles, levier de
- battage avec cames ou lanterne en fonte............. 3,ooo
- Installation de la baraque de sondage................. i,5oo
- Main-d’œuvre militaire, 35o mètres à 25 francs........ 8,760
- Dépenses imprévues, frais divers, réparations d’outils. . . 5,000
- Salaires de trois employés de la compagnie, à raison de
- 600 francs par mois............................. . . . j 7,200
- Frais de voyage des employés............................. i,4oo
- Tubage en bois, 35o mètres à 12 francs................... 4,200
- Prime à la compagnie.................................... i4,ooo
- Frais imprévus........................................... i,45o
- Total............................. 52,000
- A l’O. N. 0. d’Orléansville, il y a, sur la rive droite du Chelif, une petite crête isolée au milieu de la plaine et connue sous le nom d’Adjeraf. Cette crête se compose de couches éminemment sableuses, plongeant au N. m. de io°. La ligne de faîte s’élève à la cote 1 63 mètres, tandis que le village de la Ferme, situé sur les bordls du Chelif, en face d’Orléansville, est à la cote 112 mètres. A la partie inférieure du mamelon d’Adjeraf, on remarque 3 mètres d’épaisseur de sables jaunes, quartzeux,réunis parfois par un ciment calcaire, mais généralement faciles à désagréger. Au-dessus viennent des sables quartzeux, rouges de sang, sur 10 mètres d’épaisseur, contenant quelques cailloux roulés de quartzite de la grosseur du poing au maximum. Ces sables rouges s’enfoncent sous’10 mètres d’épaisseur de sables argileux, gris, recouverts eux-mêmes par des couches de cailloux roulés à débris de quartzite et de calcaire gris du terrain secondaire. Ces cailloux roulés sont cimentés par une terre argilo-calcaire rouge ou blanche. Dans ce dernier cas, le
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- ciment a la plus grande ressemblance avec la carapace diluvienne , quoiqu’elle soit d’un âge beaucoup plus ancien. Nous n’avons pas trouvé de fossiles dans les couches d’El-Adjeraf, ce qui nous empêche de nous prononcer avec exactitude sur leur âge. Toutefois, elles nous paraissent appartenir à la partie inférieure du terrain tertiaire moyen. Elles constituent sans doute le poudingue que l’on a vu exister à la base de ce terrain, au pied du Tamdrara.
- Au N. d’El-Adieraf, il y a une plaine alluvienne qui sépare cette col- Plaine alluvienne
- ” * , . 1 au pied du revers N.
- line de la grande chaîne tertiaire qui longe la rive droite du Chelîf. Cette «rEi-Adjeraf. plaine ne renferme, en générai, que des débris de calcaire tertiaire moyen disséminés dans du sable quartzeux rouge. On n’y trouve aucun thalweg bien prononcé. Elle est au-dessus du niveau général de la plaine alluvienne du Chelif, de telle sorte qu’on peût admettre que c’est du terrain alluvien formé exclusivement aux dépens d’El-Adjeraf et des montagnes des Medjajah.
- Nous avons étudié le revers S. de la plaine des Mediaiah, en face d’Or- Terrain tertiaire moyen
- . . J . . . des ^djajah.
- léansville, en suivant le cours de deux ravins depuis leur origine jusqu’à leur débouché dans la plaine qui est au N. d’El-Adjeraf. La composition minéralogique des roches est la même que sur la rive gauche du Chelif. Ainsi, à la partie supérieure, il y a des calcaires jaunes plus ou moins sableux; au-dessous d’eux des argiles marneuses grises, et à la base des poudingues à débris secondaires essentiellement composés de quartzites. Mais les allures de ces couches ne sont pas aussi régulières sur la rive droite du Chelif que sur la rive gauche. La première crête, qui forme le revers N. de la vallée du Chelif, ne présente pas ces longs escarpements qui ont une si grande continuité sur le revers S. de la vallée. Le talus qui relie la crête à la plaine du Chelif n’est pas formé non plus par un plateau régulier, parallèle à la stratification des couches. Il est plus ou moins ondulé. Près de la crête, les couches sont presque horizontales, parce qu’elles se plient en dôme; mais, à
- mesure qu’on descend vers le Chelif, les couches deviennent de plus en plus inclinées; elles sont presque verticales en plusieurs points, sur la lisière de ^ba,ùm;\ la plaine d’El-Adjeraf. Les couches inférieures de poudingues se montrent sur la ligne de faîte, ainsi que l’indique la figure ci-dessus, par suite du redressement de tout le système tertiaire et de l’arrachement des couches
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- 240 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- supérieures de calcaire et d’argile. Les cailloux roulés ont pour gangue de la terre rouge ou de la carapace blanche, ce qui, au premier abord, peut les faire prendre pour le terrain diluvien. C’est une observation qui a déjà été faite sur le poudingue d’El-Adjeraf. Les ravins qui sillonnent l’ensemble des couches tertiaires des Medjajah,en coulant du N. m.auS.m., ont pénétré jusqu’à la couche d’argile qui est au-dessous des calcaires sableux supérieurs. Il en résulte, à l’affleurement de l’argile, des sources qui se perdent plus bas, après un certain parcours à travers les couches de calcaires. Les sources d’Aïn-el-Hallouf et d’Aïn-Djenan sont dans ce cas. Elles fournissent un volume d’eau assez faible, mais d’un excellent goût comme boisson.
- La coupe ci-jointe résume les observations qui précèdent sur la constitution géologique de la vallée du Chelif, auprès d’Orléansville. Elle montre que la vallée du Chelif résulte du plissement général des couches du terrain tertiaire moyen sous forme de cuvette dont le Chélif occupe le thalweg. Mais ce plissement n’a pu se faire toujours d’une manière uniforme, de telle sorte qu’il y ait continuité entre les couches de la rive droite et les couches de la rive gauche. Si la petite crête d’El-Adjeraf appartient réellement au terrain tertiaire moyen, sa présence indique que le plissement des couches tertiaires a donné lieu à une double rupture qui a permis au massif d’El-Adjeraf d’être repoussé comme un coin en dehors du fond de cuvette. Des arrachements postérieurs ont pu faire disparaître les assises d’argile et de calcaire sablonneux supérieur, et c’est ce qui expliquerait pourquoi la crête d’El-Adjeraf ne présente que des assises de poudingue inférieur.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- On voit, d’après l’allure des couches tertiaires de la rive7droite du Ghelif, qu’un sondage, qui aurait pour but d’amener à la surface du sol les eaux coulant du N. m. au S. m., sur la couche argileuse moyenne, devrait atteindre une plus grande profondeur que sur la rive gauche.
- La vallée de l’Oued-Ouaran, affluent de la rive droite du Chelif, a déter- Terrain tertiaire moyen
- sur la route
- miné le tracé de la route d’Orléansville à Tenès. Cette vallée, dirigée N. S., d’0rléaü8villeà Tenès-remonte jusqu’au camp de Kerbah, qui forme une ligne de crête séparant les bassins de l’Oued-Allelah du bassin du Chelif. Là, une deuxième vallée , dirigée S. N., va se jeter dans l’Oued-Allelah et a servi au tracé de la route jusqu’au village de Montenotte, à peu de distance de l’entrée des gorges de l’Oued-Allelah. Depuis le télégraphe de l’Adjeraf jusqu’aux Trois-Palmiers, auprès du camp de Kerbah, la route est ouverte sur 10 mètres de large, mais non empierrée. Elle présente des lacunes nombreuses. Les ponts ne sont pas faits. Comme le plus souvent elle repose sur des argiles tertiaires, la pluie la détrempe avec une grande facilité; aussi elle est détestable en hiver, et la circulation est alors interdite aux voitures. Depuis les Trois-Palmiers jusqu’à Tenès, la route est empierrée et en bon état; elle est entretenue par des cantonniers civils et militaires. Il n’y a qu’une lacune auprès de Montenotte pour le passage de l’Oued-Allelah, sur lequel un pont doit être jeté. Plusieurs auberges et plusieurs villages sont échelonnés sur la route d’Orléansville à Tenès. Il est vivement à désirer, dans l’intérêt commun de ces deux villes, que la route carrossable qui doit les relier soit promptement et complètement exécutée.
- A partir du marabout de Sidi-Ali-ben-Cheurghi jusqu’au camp de Kerbah, les couches du terrain tertiaire moyen plongent toujours vers le sud, sous un angle parfois très-rapproché de la verticale. Entre le télégraphe de l’Ad-jeraf et le village arabe d’Aïn-Beïda, les couches de poudingue sont très-développées. A partir d’Aïn-Beïda, les marnes tertiaires régnent d’une manière presque continue jusque sur la rive gauche de l’Oued-Allelah.
- Auprès du camp de Kerbah, sur le revers S. de la chaîne, l’on trouve la montagne des Plâtres, où le gypse forme une série de couches enclavées dans les marnes du terrain tertiaire moyen, et dirigées au N. 970 E. m., avec un plongement au S. 970 O. m. de 45°. Ces couches ont une épaisseur variable de 3m,54 à 3om,4o. Leur épaisseur totale est de 48m,79. Elles sont divisées en lits d’un mètre d’épaisseur par des veines excessivement minces
- 3i
- Gypse
- camp de Kerbah.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE de marnes jaunes. Le gypse est saccharoïde, blanc en masse, et marbré de gris par une interposition de calcaire. Un entrepreneur se propose de l’exploiter, en profitant, pour le transport jusqu’à Tenès, des voitures qui reviennent à vide d’Orléansville. Le plâtre serait ensuite expédié par mer de Tenès dans les divers ports de l’Algérie.
- Sur le revers N. de la chaîne du camp de Kerbab, les couches tertiaires plongent au N. de manière à former un fond de cuvette sous la plaine de l’Oued-Allelah. Le camp de Kerbah correspond, en conséquence, à un plissement des couches en dôme.
- Les observations qui précèdent, sur la constitution géologique des terrains entre le Chelif et l’Oued-Allelah, peuvent être résumées dans la coupe ci-dessôus.
- Terrain tertiaire Des études nouvelles, faites par M. Badynski, garde-mines en résidence
- supérieur #
- sur iû cheiifroîte ^ Tenès, ont permis de constater l’existence d’une bande de terrain tertiaire supérieur sur la rive droite du Chelif, au N. d’Orléansville. Ce terrain se compose principalement de grès sableux jaunâtres, passant parfois au poudingue et reposant sur des marnes d’un gris blanchâtre. Celles-ci sont remarquables parce quelles renferment une couche de combustible minéral Lignite dans une localité désignée sous le nom de Bled-Boufrour. Ce gîte de com-bustible est situé dans le cercle d’Orléansville , près de la limite du cercle de Tenès, à 12 kilomètres environ au N. d’Orléansville, à peu de distance de la rive droite de la rivière des Sables. Il a été signalé au service des mines par le bureau arabe d’Orléansville, et nous l’avons visité le 26 mai i856. Nous avons reconnu l’existence d’une couche de combustible terreux, noirâtre, dont l’épaisseur varie de 2m,5o à 3 mètres, et qui est
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- entaillée par un ravin sur 2Ôo mètres environ de longueur. Cette couche, composée de divers lits parallèles entre eux, est enclavée en stratification concordante dans des marnes gris bleuâtre du terrain tertiaire supérieur. En raison de cette différence de couleur, l’aspect de la couche charbonneuse présente, au premier abord, quelque chose de saisissant. En l’examinant avec soin, nous avons constaté qu’eu certains endroits il y a des empreintes végétales carbonisées, et que plusieurs parties de la roche, bien restreintes il est vrai, ont l’aspect brillant d’un véritable lignite. Mais la masse générale de la couche, sur les deux rives du ravin qui l’entaille, offre à l’œil une cassure terreuse, et ressemble plutôt à de l’argile bitumineuse qu’à un véritable combustible. Elle rentre dans la variété des lignites terreux indiqués par M. Berthier, dans son Traité des essais par la voie sèche.
- Voici, du reste, la composition des divers échantillons qui ont été recueillis :
- ÉCHANTILLONS. ' 1 a 3 4 5 6 7 8 9 10 ! 11 12
- Eau hygrométrique Matières volatiles bitumi- 0. i45 0. i36 0.125 0.100 0.110 0.îi5- 0. io5 0. io3 0. i35 0. o85 0. o35 0.082
- neuses , eau combinée. 0.4ao o.4i4> 0.3,85 0.237 0.285 o.3i3 0.3i5 o.337 :0.255 ;0.2Ô0 0,2 2 5 0.2 4o
- Charbon fixe 0.237 0.208 O.23o 0.333 0.195 0.169 0.160 0.182 0.168 0. i45 %0.143 0.075
- Gendres argileuses 0.198 0.242 0.260 0.33o 0.4lO o.4i3 o- 4ao 0.428 0.442 0.020 0.547 o.6o3
- Charbon équivalent aux 1 .000 1 .OOO 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 0.100 1.000
- matières volatiles 0.108 0.107 0.076 o.o53 0.0087 0.0283 o.o73 0.078 o.o325 o.o345 0.020 o.o3g
- Charbon total 0..345 o.3i5 o.3o6 o.386 0.2037 0.i873 0.233 0.210 2.2005 0.1795 0. i63 0,114
- Pouvoir calorifique 2690 3477 2400 3024 1677 i465 1827 164g i568 i4o4 1277 8g3
- Auteur des analyses * De Marigny.
- Tous les échantillons analysés renferment une proportion d’eau hygrométrique assez considérable, variant de o,o84 à o,i45.
- Le poids des matières volatiles bitumineuses; et;de l’eaui combinée à l’argile' varie! de 0,226 à 0,420.
- Le poids du charbon fixe, restant après avoir calciné au rouge la matière à l’abri du contact de l’air, varie de 0,075 à o,333.
- 3i.
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- 244 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Le poids total du charbon, correspondant à celui des matières bitumineuses volatiles et au charbon fixe, varie de o, 1 i4 à o,486.
- Les cendres sont essentiellement argileuses; leur poids varie de 0,198 à o,6o3.
- Le pouvoir calorifique varie de 893 à 3o2 4 unités de chaleur.Le pouvoir calorifique du charbon pur étant de 7815 unités, on voit que le lignite de Bled-Boufrour ne possède, en général, qu’un pouvoir calorifique très-faible. Du reste, les échantillons nos 1, 2, 3, 4, dont le pouvoir calorifique varie de 2409 à 3o24, sont des échantillons de choix, ayant l’aspect brillant d’un combustible. Ils sont fort rares dans l’affleurement. Les échantillons nos 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 et 12, dont la composition présente assez d’homogénéité, constituent à proprement parler la masse générale de la couche de lignite. Leur pouvoir calorifique varie de 893 à 1827. Il est, en moyenne, de 1483, c’est-à-dire qu’il est très-faible, et que ce lignite, s’il conservait la même composition dans toute la couche, ne pourrait être employé comme combustible ni dans l’industrie ni dans l’économie domestique.
- On a examiné la richesse en huile bitumineuse des échantillons nos 4, 5, 6,9, pour savoir si l’on pouvait tirer parti de ces lignites impurs pour la fabrication de l’huile bitumineuse. On a opéré sur 4o à 5o grammes de matière réduite en petits fragments, qu’on a distillée dans une cornue de verre. Les produits étaient recueillis dans un ballon maintenu à une basse température; on les a repris par l’éther sulfurique, qui a dissous l’huile bitumineuse. Cet éther, évaporé dans une capsule de porcelaine, abandonnait l’huile, dont on déterminait ensuite le poids. Voici les résultats obtenus :
- Huile bitumineuse sur 100 parties.
- Numéro 4............................................ 0,108
- ------ 5............................................ 0,682
- ------ 6.......................................... 0,322
- ------ 9............................................ 0,234
- Ces proportions d’huile sont très-faibles.
- Les schistes bitumineux d’Auteto contiennent 7,94d’huile sur 100 parties et ne sont pas exploités avec avantage. On peut en conclure, dès lors, que le lignite de Bled-Boufrour n’est pas susceptible d’être utilisé pour la fabrication de l’huile bitumineuse.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 245
- Les cendres de l’échantillon numéro 5 ont été analysées d’une manière complète; elles renferment :
- Silice................................................. 0,5929
- Alumine................................................ 0,2180
- Peroxyde de fer........................................ 0,0975
- Carbonate de magnésie.................................. 0,0284
- Sulfate de magnésie.................................... 0,0279
- Sulfate de chaux....................................... o,o345
- 0,9992
- Auteur : De Marigny.
- On voit que ces cendres sont essentiellement argileuses; elles contiennent 0,0975 de peroxyde de fer, qui provient sans doute, en partie, de la décomposition de la pyrite de fer contenue dans le lignite. Le sulfate de chaux se trouve, en petits cristaux blancs, entre les lits dont se compose la couche de lignite. On remarque aussi parfois, sur la tranche de ces lits, des concrétions jaunâtres composées de sulfates divers, et principalement de sulfates de magnésie et de chaux, avec des traces de sulfates de fer et d’alumine. A l’œil nu, on ne peut reconnaître la présence de la pyrite de fer dans le lignite, qui ne paraît avoir subi aucune altération par les agents atmosphériques. Elle s’y trouve cependant en parties indiscernables à l’œil et en assez faible quantité. L’échantillon numéro 5 a donné à l’analyse o,35 p. 0/0 de pyrite de fer. Si cette proportion était générale dans la masse, on ne pourrait songer à utiliser le lignite de Bled-Boufrour pour faire de l’alun, ainsi que cela se pratique à Bouxwiller, dans le département du Bas-Rhin, Ce dernier lignite présente la composition suivante, d’après M. Berthier (Traité des essais par la voie sèche) :
- Matières combustibles................................... o,44o
- Argile etsable.......................................... o,44o
- Pyrite de fer.......................................... 0,120
- Total..................... 1,000
- Ce lignite, par la forte proportion d’argile qu’il renferme, se rapproche beaucoup du lignite terreux de Bled-Boufrour; mais on voit qu’il est beau-
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE coup plus riche en pyrite de fer, puisqu’il en renferme 12 p. 0/0, tandis que le lignite de Bled-Boufrour n’en renferme que o,35 p. 0/0, c’est-à-dire environ 34 fois moins.
- Par la calcination en vase clos, le lignite de Bled-Boufrour donne un charbon très-argileux, dont la poussière est d’un très-beau noir et qui peut être employé avec avantage pour décolorer les sirops, comme le charbon animal. Nous nous en sommes assuré, en décolorant, avec le lignite calciné, du vin d’Espagne très-fortement chargé en couleur. Nous avons constaté que le pouvoir décolorant de ce lignite était plus élevé que le pouvoir décolorant du charbon végétal que l’on emploie au laboratoire. Le lignite de Ménat, qui renferme, d’après M. Berthier,
- Matières combustibles...................................... o,65
- Argile et sable........................................... o,35
- Total.......................... 1,00
- se rapproche, par sa composition, du lignite de Bled-Boufrour, et est employé avec avantage pour la décoloration des sirops. La même industrie pourrait, sans doute, s’effectuer avec le lignite de Bled-Boufrour; mais nous doutons fort, que, en raison des besoins actuels de l’Algérie, il y ait opportunité à créer aujourd’hui une industrie de ce genre. On a vu plus haut que, dans toute l’étendue de l’affleurement du combustible, le lignite dont il s’agit offre généralement l’aspecl, d’une roche noire, éminemment argileuse et à cassure terreuse.. Cependant, en quelques points, la roche noire a l’aspect brillant et la cassure d’un véritable combustible. Sa richesse en charbon devient plus grande, et il est alors bon àbruler. 11 se pourrait doue qu’en exécutant des travaux de recherches sur cette couche, on reconnût qu’à une certaiue distance de l’affleurement elle perd son caractère terreux et se transforme en un combustible susceptible de brûler et d’être employé avec quelque avantage dans les arts. L’on sait que le bois de chauffage est rare à Orléansville ; si le lignite de Bled-Boufrour s’améliorait en profondeur, il pourrait être employé, à Orléansville , pour les besoins de l’économie domestique. Il pourrait servir également au grillage des minerais de cuivre de Tenès, à la cuisson de la chaux et de la brique , au chauffage des chaudières à vapeur fixes.
- Gomme le bassin carbonifère s’étend bien au delà des limites de l’affleu-
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- rement que nous avons reconnu, qu’on retrouve des indices notables de lignite sur le bord de la rivière des Sables, qu’un affleurement analogue à celui de Bled-Boufrour a été signalé chez les Medjadja, il est probable que l’exploration de la couche de Bled-Boufroür amènerait la decouverte de nouvelles couches de lignite, et que peut-être quelques-unes de ces couches seraient susceptibles d’être employées dans les arts d’une manière avantageuse.
- Pour compléter ce qui nous reste à dire sur le bassin à lignite de Bled-Boufrour, nous donnons ci-dessous la liste des fossiles qui ont été recueillis et déterminés par M. le garde-mines Badyeski, et qui caractérisent le terrain tertiaire supérieur, longeant la rive droite du Chelïf, entre le plateau de Tadjena à l’O. et le pays des Medjadja à l’E.
- I. Polypiers.
- i° Flabellum avicula (Michelin), Ml S. A. K. Ben-Sala, à 1000 mètres au N. 2 5° O. de Bled-Boufrour.
- 2° Flabellum Michelini (Milne-Edwards), idem.
- 3° Ceratotrochus duodecimcostatus (Milne-Edwards), idem, Tadjena, Oued-Ramdam.
- II. ClRRHOPODES.
- i. Balanussulcatus (Brug), Tadjena, Ml S. M. K. Ben-Sala, Oued-Ramdam.
- III. Mollusques.
- i° Ànomia plicata (Brocchi), Tadjena.
- 2° Anomia electrica (Linnée), Oued-Ramdam.
- 3° Ostrea foliacea (Brocchi), Tadjena, Oued-Ramdam.
- 4° Ostrea frondosa (Marcel de Serres), idem.
- 5° Pecten Jacobæus (Lamark), Cinq-Palmiers, M* S. A. K. Ben-Sala.
- 6° Pecten rnaxima (Lamark), MlS. A. R.
- 7° Pecten opercularis (Lamark), M1 S. À. R. Cinq-Palmiers.
- 8° Pecten varius (Linnée), idem.
- 9° Modiola subcarinata (Lamark), Tadjena.
- io° Cardita intermedia (Brocchi), idem, M1 S. A. R.
- ii° Cardita rhomboïdea (Brocchi), idem.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE 12° Cardita pinna tetragona (Brocclii), Tadjena, M4 S. A. K. i3° Cyprina æqualis (?) (Agassis), très-commune à Tadjena.
- 14° Pectunculus pilosus (Linnée), au N. E. des Cinq-Palmiers. i5° Pectunculus insubricus (Brocchi), idem. i6° Nucula margaritacea (Lamark), Tadjena. î 7° Cardium (plusieurs moules indéterminables), idem. i8° Venus multilamella (Lamark), idem.
- 190 Venus rugosa (Brocchi), idem.
- 2 0° Venus impressa (?) (Marcel de Serres), idem.
- 2i° Calyptrea muricata (Brocchi), idem.
- 220 Solecurtus coarctatus (Brocchi), idem.
- 23° Dentalium sexangulare (Lamark), idem, Ml S. A. K.
- 24° Niso subterebellum (Philipp), Tadjena.
- 25° Ringicuia buccinea (Brocchi), idem.
- 26° Natica olla (Marcel de Serres), très-commune à Tadjena.
- 270 Natica crassa (?) (Nyst), idem.
- 28° Natica helicina (Brocchi), Tadjena.
- 290 Turritella communis (Risso), Tadjena, Taznaout.
- 3o° Turritellavermicularis (Brocchi), idem.
- 3i° Turritella subangulata (Brocchi), idem.
- 32° Turritella Archimedis (?)(Alex. Brog.), très-commune partout.
- 33° Buccinium clathratum (Brocchi), Tadjena, Oued-Ramdam.
- 34° Buccinium prismaticum (Brocchi), idem.
- 35° Buccinium mutabile (Brocchi), idem.
- 36° Buccinium serratum (Brocchi), idem.
- 37° Terebra fuscata (Brocchi), idem, très-commune.
- 38° Terebra duplicata (Brocchi), idem.
- 39° Terebra Brocchii (d’Orbigny), idem, assez rare.
- 4o° Cassis texta (Brown), idem.
- 4i° Ranelia marginata (Brown), Oued-Ramdam, rare.
- 42° Fusus lignarius (Lamark), Tadjena.
- 43° Pleurotoma Brocchii (Bonelli), Tadjena (très-commune), Oued-Ramdam.
- 44° Pleurotoma intermedia (Brown), idem, commune.
- 45° Pleurotoma turricula (Brocchi), idem.
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- 46° Pleurotoma Lamarkii (Bellarcli), Tadjena, rare.
- 47° Pleurotoma interrupta (Brocchi), idem, Oued-Ramdam.
- 48° Pleurotoma ramosa (Basterot), murex reticulatus [Brocchi), assez commune à Tadjena, mais mal conservée.
- 49° Pleurotoma dimidiata (Brocchi, Gratteloup), Tadjena, moins commune qu’à l’Oued-Nador et au pied du Djebel-Chenouah.
- 5o° Raphitoma velpecula (Bellardi), Tadjena, rare.
- 5i° Mitra striatula (Sismonda), Tadjena.
- 52° Yoluta Olla (?) (Linnée), Tadjena, douteux.
- 53° Conus Aldovrandi (Brocchi), Tadjena.
- Et plusieurs autres coquilles qui restent à déterminer.
- Le fond de la vallée du Chelif, auprès d’Orléansville, est rempli par un terrain de transport dans lequel on doit reconnaître deux terrains géologiques bien distincts. L’un, plus ancien, correspond au terrain quaternaire ou diluvien; l’autre, qui est de l’époque actuelle, correspond aux alluvions modernes du Chelif.
- Le terrain diluvien se trouve sur les côtés de la vallée du Chelif. Il s’appuie directement sur le terrain tertiaire moyen, et s’élève à une hauteur beaucoup plus grande que celle qui est atteinte par les fortes crues du Chelif. Cette rivière déborde en effet rarement par-dessus les berges verticales qui l’encaissent. Le dépôt du terrain diluvien correspond à un régime des eaux bien différent de celui que le Chelif présente aujourd’hui. La plaine du Chelif devait former sans doute, à l’époque du terrain diluvien, une vaste nappe d’eau, sous laquelle se sont déposés les matériaux de transport constituant le terrain diluvien. Ces matériaux se composent, à la partie inférieure, de cailloux roulés dont le diamètre atteint om,2o à om,3o, et qui ont été arrachés le plus souvent aux couches du terrain secondaire. Ce sont des quartzites très-durs ou des calcaires gris, très-compactes. Ces cailloux roulés sont disséminés dans une pâte argilo-calcaire dont la couleur varie; elle est tantôt grise, tantôt rouge, tantôt blanche. Cette pâte domine partout à la partie supérieure du dépôt diluvien, ce qui indique la fin de la période de violence qui produisait le transport des cailloux roulés. Il en résulte, en général, une sorte de carapace calcaire, blanche à l’extérieur, et dont l’épaisseur atteint om,5o à im,oo. C’est une roche assez dure et légèrement mamelonnée à la surface, où elle est zonée de diverses nuances de blanc sale ou de
- 32
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- La recherche des eaux jaillissantes a peu
- de chances de succès dans
- le terrain diluvien.
- Source de la pépinière d’Orléansville.
- fuit» d'Orléaruville.
- Situation
- d’Orléansville.
- rouge, plus tendre à l’intérieur et donnant souvent par la cuisson un calcaire légèrement hydraulique. Ce terrain n’est pas régulièrement stratifié. Les cailloux roulés forment des lentilles irrégulières au milieu de la gangue argilo-calcaire, qui parfois est presque entièrement argileuse. Cette irrégularité de la stratification laisse peu de chances de succès à la recherche des eaux jaillissantes dans le terrain diluvien; mais les eaux d’infiltration y sont assez abondantes, parce que les nombreux cailloux roulés qui constituent ce dépôt laissent un passage facile aux eaux souterraines. C’est ce qu’on peut observer sur le parcours de la conduite qui amène les eaux du Tighaout à Orléans-ville. Aux approches de la ville, cette conduite traverse le terrain de la vallée du Tighaout, et l’on remarque de nombreuses infiltrations par-dessous les lentilles de poudingue diluvien. Un phénomène inverse s’observe lorsque la conduite passe à ciel ouvert, à la surface du terrain d’alluvions récentes. Une grande partie de l’eau est absorbée, et l’on estime qu’il n’arrive au moulin construit auprès d’Orléansville que le tiers environ de l’eau captée au barrage du Tighaout.
- La source de la pépinière, située sur la rive gauche du Chelif, à i5oom E. d’Orléansville, est alimentée par les eaux d’infiltration qui ont pénétré à travers la partie supérieure du terrain diluvien. Cette eau est d’un goût agréable, et c’est celle qui est préférée comme boisson par les habitants d’Orléansville. On a creusé dans l’intérieur d’Orléansville, au milieu du terrain diluvien, deux puits qui donnent de l’eau de qualité médiocre, à la profondeur de 25 mètres. On a traversé d’abord i5 mètres d’épaisseur d’argiles jaunâtres, au-dessous desquelles viennent des sables plus ou moins agrégés. Un troisième puits, creusé sur la place d’armes d’Orléansville, donne de l’eau saumâtre à la profondeur de 3o mètres. Il est en entier dans le terrain diluvien.
- Orléansville est bâtie sur le terrain diluvien, au pied du talus formé par le terrain tertiaire moyen. Dans les fossés d’enceinte qui entourent la ville au sud, on trouve la carapace calcaire blanche, très-dure dans sa croûte extérieure, assez tendre à l’intérieur. Cette carapace devient de plus en plus sableuse à mesure qu’on se rapproche du Chelif. Les berges de cette rivière atteignent îo à 12 mètres sous Orléansville. Elles sont essentiellement argilo-sableuses et grises; elles recouvrent des alluvions anciennes argilo-calcaires rouges, dans lesquelles sont disséminés des grumeaux calcaires
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- blancs. Il y a parfois un passage insensible des alluvions rouges aux allu-vions grises; plus souvent les alluvions rouges deviennent blanches, et constituent alors la carapace calcaire diluvienne.
- Le terrain diluvien a rempli également la plaine de l’Oued-Fodda, auprès du débouché de cette rivière dans le Chelif. Il s y élève même assez haut, en recouvrant en stratification discordante les couches tertiaires. Il y forme des assises de menus débris noyés dans la carapace calcaire blanche, et contenant des hélix et des bulimes, coquilles éminemment terrestres. Ce sont les mêmes coquilles qu’on retrouve à la partie supérieure du terrain diluvien de la province d’Oran.
- Les alluvions récentes du Chelif correspondent à un régime des eaux très-différent de celui qui a produit le diluvium. Elles n’occupent que la partie la plus basse de la vallée du Chelif. Elles sont généralement formées d’alluvions argilo-sableuses grises, et donnent une terre végétale d’excellente qualité. La carapace calcaire diluvienne donne, au contraire, une terre végétale de qualité très-médiocre, et, lorsqu’elle domine à la surface du sol, celui-ci est presque entièrement infertile.
- Les argiles alluviennes du Chelif sont employées à la fabrication des briques.
- Il y a deux gîtes de plâtre au S. E. du marabout deLalla-Ouda, sur la branche orientale du ravin de Lalla-Ouda. Ces deux gîtes sont remarquables parce qu’ils sont exactement au contact du terrain secondaire et du terrain tertiaire. Le plus important est situé à 5oo mètres environ du confluent des deux branches du ravin de Lalla-Ouda. La rive droite du ravin y présente un escarpement de 10 mètres de hauteur, composé de marnes argileuses, rouges, avec débris secondaires (calcaire, argile schisteuse et quartzite). Le gypse est englobé dans ces marnes rouges; mais il repose directement sur les argiles schisteuses secondaires. Il affleure au jour sur 2 5 mètres de long et 4 mètres de hauteur verticale. Il est gris et mêlé de beaucoup de débris du terrain secondaire. Il a été exploité autrefois pour les besoins d’Orléansville. Le four de cuisson existe encore sur les bords du ravin. C’est sans doute à cause de la rareté du combustible qu’on a renoncé à son exploitation.
- Le deuxième gîte se montre à 5oo mètres en amont du premier, dans le lit même du ravin. Il constitue un amas qui fait saillie hors du sol, sur 3 mètres de long, 2 mètres de large et 1 mètre de hauteur; il repose sur les
- Bulimes et hélix dans
- le terrain diluvien de
- l’Oued-Fodda.
- Briqueteries
- d’Orléansville.
- d’origine éruptive à Lalla-Ouda.
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- 252 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- argiles schisteuses secondaires; au contact des marnes tertiaires, il est très-poreux. Avec ce gypse, on trouve des dolomies jaunes, contenant des cristaux verts hexagonaux de mica, disposés les uns au-dessus des autres comme des piles d’assiettes. Il y a aussi du calcaire noir scoriacé. On voit d’après cela que le gypse de Lalla-Ouda doit être considéré comme ayant une origine métamorphique. Il rentre dans cette loi générale, que les gypses de cette origine indiquent le plus souvent, en Algérie, la ligne de contact des terrains secondaire et tertiaire. La présence de ces gypses doit contribuer à altérer, en aval, la qualité des eaux du ravin de Lalla-Ouda.
- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 253
- DEUXIÈME PARTIE.
- EXAMEN DE LA NATURE CHIMIQUE DES EAUX POTABLES DES ENVIRONS D’ORLEANSVILLE.
- Nous avons examiné la nature chimique de douze échantillons d’eaux potables des environs d’Orléansville. Ces eaux ont été prises dans les quatre étages géologiques désignés plus haut. L’analyse qualitative y a fait reconnaître la présence de matières organiques, de carbonates terreux, de traces de fer et de silice, de sulfates et de chlorures alcalins et terreux, et parfois de nitrates.
- Les analyses quantitatives peuvent être groupées dans les tableaux suivants.
- Tableau à.
- EAUX POTABLES DES ENVIRONS D’ORLÉANSVILLE. — POIDS DES
- BASES ET DES ACIDES CONTENUS PAR KILOGRAMME D’EAU.
- d’ordre.
- DESIGNATION DES EAUX.
- EPOQUES
- auxquelles les eaux ont été recueillies.
- gr-
- Eau de l’Oued-Tighaout, prise au pied du Taradrara...............j a5 décembre 185a... | o.o5g7
- Eau de l’Aïn-Malali, recueillie à 4 kilomètres E. d’Orléansville.......
- Eau de l’Oued-Tighaout, prise auprès du confluent de l’Oued-Tig-
- baout et du Chelif, sous Orléansville................................
- Eau de la fontaine du bureau arabe d’Orléansville , alimentéepar une prise d’eau du Tighaout.................................................
- Eau de la source captée depuis peu auprès du village des Sendjès, rive gaucbe du Tigliaout................................................
- Eau de la source d’Aïn-el-Hallouf, située chez les Medjadjah, à 8kilo-
- mètres N. d’Orléansville.
- 4 janvier i853.
- 4 janvier i853. 3 janvier i853.
- 5 janvier 1853. 7 janvier i853.
- Eau du puits du sieur Sentis , situé dans l’enceinte d’Orléansville. Ce puits a a5 mètres de profondeur..........................................
- Eau d’une noria du village delà Ferme, situé sur la rive droite du Cbelif, en face d’Orléansville...........................................
- Eau du puits du sieur Fischer, situé dans l’enceinte d’Orléansville. Ce puits à a5 mètres de profondeur..........................................
- Eau du Chelif, recueillie sous le pont d’Orléansville................... .
- Eau recueillie dans un puits du village de Ponteba, à 8 kilomèt. N. E. d’Orléansville, sur la rive gaucbe du Clielif. Ce puits a i7m,5o de profondeur...............................................................
- Eau de la source de la pépinière d’Orléansville. .........................
- 7 janvier i853. Idem...........
- Idem...........
- 3 janvier 1853.
- g janvier i853. 5 janvier i853.
- a .o848 i.0888 o.553i 0.2468 0.2096
- 0.5762
- 0.3997
- 0.3882
- 0.2714
- 0.2343 0.2 205
- Traces.
- Traces.
- Traces.
- CHAUX.
- gr-
- PEROXYDE de fer.
- gr-
- TOTAL
- des
- bases.
- gr-
- nitrique.
- gr-
- ACIDE
- chlorhy-
- drique.
- gr-
- ACIDE
- sul-
- furique.
- gr-
- ACIDE
- car-
- bonique.
- gr-
- silicique.
- gr-
- TOTAL
- des
- acides.
- gr-
- organiques.
- général.
- gr-
- EAUX POTABLES DU TERRAIN SECONDAIRE.
- o.o4i4 0.0878 j o.oo3o | O.I919 " 0.0739 0.0802 0.0671 0.0070 0.2282 Indéterminé.. . 0.4201 De Marigny.
- EAUX POTABLES DU TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- 0.2693 o.443o 0.02Ô0 2.8221 " 2.7 313 0.5740 0. i5i4 o.oo4o 3.4607 Indéterminé.. . 6.2828 Ville.
- 0.4968 0.5242 0.0280 2.1378 0.0764 1,84o8 0.7122 0.1826 0.0320 2.844o Idem 4.9818 De Marigny.
- 0.1660 0.2598 0.0160 !.. 0-9949 0.0925 0.7449 0.4983 0.0783 0.0160 1.43oo Idem 2.4249 Idem.
- 0.2460 0.3067 0.0060 o.8o55 1/ 0.4618 o.5o4o 0.1211 0.0160 1•1029 Idem 1.9084 Idem.
- o.o663 0.1880 o.oi3o 0.4769 » 0.2543 O.IO7 2 0.1595 0.0200 o.54io Idem 1.0179 Ville.
- EAUX DU TERRAIN DILUVIEN i ET DU TERRAIN D’ALLUVION.
- 0.2529 o.4i44 o.oo4o i 1.2476 0.0241 0.9963 o,54i6 0.0741 o.oi4o 1.65oo Indéterminé,.. 2.8975 Simon.
- o.n58 0,2700 0,0070 0.7925 II 0.3524 o.5i55 0.1219 0.0100 0-999^ Idem 1.7923 Ville.
- 0.0647 0.2l3o 0.0160 £ 0.6819 0.14i4 0.5377 0,i43o 0.1208 0.0260 0.9689 Idem 1.65o8 De Marigny.
- o.o85o 0.1960 o.oi4o 0.5664 * 0.3235 0,2907 0.0808 o.oo4o 0.6990 Idem 1.2654 Ville.
- 0.0718 0.1602 0.0160 0.4828 a 0.2Ô22 0.252g 0.0780 0.0110 o.5g4i Idem 1.0769 Idem.
- 0.0818 0.1320 Traces. 0,4343 0.0462 0.3356 0.0796 0.0820 0.0200 0.5634 Idem 0-9977 De Marigny.
- OBSERVATIONS.
- Les eaux analysées renferment en outre des gaz libres , acide carbonique, oxygène, azote, que l’on n’a pas dosés. Ce dosage , pour être exact, devrait se faire sur place. Les matières organiques peuvent en effet réagir sur l’oxygène et l’azote dans les bouteilles où l’eau est conservée , et faire varier aussi la proportion d’acide carbonique.
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-
-
- 254
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 255
- Tableau
- EAUX POTABLES DES ENVIRONS D’ORLÉANSVILLE.—
- B.
- SELS CONTENUS PAR KILOGRAMME D’EAU.
- DESIGNATION DES EAUX.
- EPOQUES
- auxquelles les eaux ont été recueillies.
- g1-
- CHLORURES
- de
- sodium.
- gr-
- de
- potas-
- de
- magné-
- sium.
- gr-
- gr-
- NITRATÏJ
- de
- soude.
- gr.
- de
- soude.
- de
- magnésie.
- gf-
- de
- chaux.
- gr-
- TOTAL.
- gr-
- CARBONATES
- neutres
- de
- magnésie.
- gr-
- de
- chaux.
- gr-
- de fer.
- gr-
- SILICE
- géla-
- tineuse
- libre.
- POIDS du résidu insoluble dans Peau après
- l’évaporat. à sec
- de 1 kilogr. d'eau.
- gr-
- organique.
- Eau de l’Oued-Tighaout, prise au pied du Tamdrara,
- EAUX POTABLES DU >
- a5 décembre i85o. j 1.0002 | 0.1128 | " | 0.0046 j 0.1174 j « I
- TERRAIN SECONDAIRE.
- | • j o.o8o5 | o.o46i j 0.12G6 j o.oa5o j o.123o | o.oo3o | 0.0070 | o.i58o | Indéterminé.
- Eau de l’Aïn-Malah , recueillie à 4 kilomètres E. d’Orléansville. Eau de l’Oued-Tighaout, recueillie auprès du confluent de l’Oued-
- Tighaout et du Chelif, sous OrléaDsville....................
- Eau de la fontaine du bureau arahe d’Orléansville, alimentée par
- une prise d’eau du Tighaout..............................
- Eau de la source captée depuis peu auprès du village des Sendjès ,
- rive gauche du Tighaout.....................................
- Eau de la source d’Aïn-el-Hallouf, située chez les Medjadjah, à 8 kilomètres N. d’Orléansville, rive droite du Chelif..........
- Eau du puits du sieur Sentis, situé dans l’enceinte d’Orléansville. Ce puits a 25 mètres de profondeur...........................
- Eau d’une noria du village de la Ferme, sur la rive droite du Chelif, en face d’Orléansville......................................
- 4 janvier i853. Idem.........
- 3 janvier i853.
- 5 janvier i853. 7 janvier i853.
- 3.9329 i.9736 0.9462 o.486i
- 0.3954
- o.3658
- 0.8028
- o.2o34
- 0.22Ô1
- 0.000,8
- EAUX POTABLES DU 4.2987
- TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- 2.7764 1.1496 0.6912 o.4o52
- 0.1202
- o.i455
- 0.2853
- 0.2042 0.1929 o.34n5 o.1624
- 0.6557
- 0.9818
- o.63o8
- 0.4727
- Traces.
- EAUX DU TERRAIN DILUVIEN
- ET DU TERRAIN D’ALLUVION.
- Eau du puits du sieur Ficher, situé dans l’enceinte d’Orléansville ...............................................................
- Eau du Chelif, recueillie sous le pont d’Orléansville..............
- Eau recueillie dans uu puits du village de Ponteha, à 8 kilomètres N. E. d’Orléansville, sur la rive gauche du Chelif..... Eau de la source de la pépinière d’Orléansville....................
- 7 janvier i853. .. H 1.0084 0.4836 1.4920 0.0662
- Idem H o.5648 Traces. II 0.5648 »
- Idem
- 3 janvier i853. . . " 0.5120 Traces. o.oo4o o.5i6o
- g janvier i853. .. H o.4o42 Traces. „ 0.4o4a „
- 5 janvier i853. . . 1.0008 o.366o 0.i4i6 0.6076 0.0726
- 0,2246
- 0.0471
- o.1228
- o.3t24
- 0.0176
- 0.1980
- o- i83i 0.0122
- 0.7832
- o.3io8
- 0.2234
- 0.2720
- 0.1795
- 0.1218
- des sels.
- gr-
- 0.4020
- 0.9410 o.o3i8 0.3070 0.0200 o.oo4o 0.3678 Indéterminé... 5.6075
- 1.1860 O. 1712 0.214o 0.0280 0.0320 0.4452 Idem 4.5278
- 0.8237 0,0272 0.1460 0.0160 0.0160 0.2002 Idem t 2.3a4o
- o.8i52 0.0660 0.2000 0.0060 0.0160 0.2880 Idem 1.7944
- 0.1624 0.0228 0.3360 o.oi3o 0.0200 0.3gi8 Idem 0.9594
- 0.9060 0.0076 0.i64o o.oo4o o.oi4o 0.1896 Indéterminé.. . 2.6538
- 0.8478 0.0198 0.2536 O.OO7O 0.0100 0.2904 Idem 1.7030
- 0.2410 o.oôoo 0.2160 0.0160 0.0260 o.3o8o Idem 1.5834
- 0.4700 0.0280 0.i5oo o.oi4o o.oo4o 0.1960 Idem.. 1.1820
- 0.4097 0.0197 0.i54o 0.0160 0.0110 0.2007 Idem 1.oi46
- o.i34o o.o34C 0.i46o Traces. 0.0200 0.2006 Idem 0.9148
- OBSERVATIONS.
- Bien que les carbonates soient contenus dans l’eau à l’etat de bicarbonates , on les a dosés à l’état de carbonates neutres , ce qui donne une idée plus exacte du dépôt qui se forme dans les tuyaux de conduite.
- Méthode d'analyse, Voici la méthode générale qui a été suivie dans toutes ces analyses d’eaux :
- Recherch»desi»st.s. j0 |jn poids déterminé d’eau (ordinairement 5oogrammes) a été évaporé presque à sec, dans une capsule de porcelaine. On a repris par l’eau. Le résidu insoluble a donné la silice gélatineuse libre, le fer et les carbonates. La liqueur filtrée a fourni la chaux et la magnésie combinées dans l’eau à l’état de chlorures, de sulfates et de nitrates.
- 20 Un poids déterminé d’eau (ordinairement 5oo grammes) a été consacré à la recherche de la soude. On a évaporé à sec, repris par l’acide sulfurique pour transformer tous les sels en sulfates, évaporé de nouveau à sec pour
- chasser l’excès d’acide sulfurique, repris par l’eau et filtré. Dans la liqueur filtrée, on a précipité tout l’acide sulfurique par l’acétate de baryte. On a filtré, puis évaporé à sec, dans une capsule de platine, la liqueur filtrée. On a calciné au rouge pour décomposer les acétates, et repris ensuite par l’eau bouillante, qui n’a dissous que les carbonates alcalins. La liqueur filtrée a fourni, par évaporation à sec, du carbonate de soude, qu’on a pesé et transformé ensuite en chlorure pour obtenir une vérification du premier poids. Ce chlorure, traité par le chlorure de platine alcoolisé, a donné quelquefois un trouble très-léger indiquant la présence de traces de potasse.
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- 256
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- 3° Un poids déterminé d’eau (ordinairement 5oo grammes) a été consacré à la recherche du chlore et de l’acide sulfurique.
- 4° Un poids déterminé d’eau (ordinairement 2Ôo grammes) a été consacré à la recherche de l’acide nitrique. On a précipité d’abord le chlore par du sulfate d’argent, ce qui a donné une vérification du poids du chlore trouvé précédemment. La liqueur filtrée a été distillée dans une cornue en verre, avec de l’acide sulfurique. Les vapeurs ont été reçues dans une solution d’eau de baryte, ce qui a fourni du nitrate de baryte. Pour séparer l’excès de baryte caustique, on a fait passer dans la liqueur un courant d’acide carbonique, qui a produit du bicarbonate de baryte. Ce sel a été précipité par l’ébullition à l’état de carbonate neutre de baryte. La liqueur filtrée ne contenait que du nitrate de baryte, dont on a dosé l’acide nitrique en transformant ce sel en sulfate de baryte.
- Cette première partie de l’analyse a fourni les nombres portés dans le tableau A.
- Pour obtenir les nombres portés dans le tableau B, on a calculé d’abord les proportions de carbonates neutres de chaux et de magnésie contenus dans le résidu de l’eau évaporée à sec. Le fer se trouve toujours en très-petites proportions dans ce résidu, de sorte qu’on n’a pu déterminer à quel état de combinaison il existe dans l’eau. 11 peut s’y trouver soit à l’état de carbonate de protoxyde, soit à l’état de sels où le protoxyde et le peroxyde de fer seraient combinés à un acide organique. La présence des matières organiques empêche de constater la présence du fer dans l’eau, au moyen des réactifs ordinaires. Ce fer ne peut être constaté que dans le résidu de l’évaporation à sec de l’eau; dans l’ignorance où l’on est de la manière d’être du fer dans l’eau, on l’a dosé à l’état de peroxyde. La silice est contenue dans l’eau à l’état gélatineux et libre. Pour obtenir les proportions respectives de sulfates, chlorures et nitrates, il a fallu nécessairement faire une hypothèse sur la manière dont les bases sont combinées aux acides dans ces sels. Le sulfate de chaux cristallisé étant très-répandu dans les terrains, puisqu’il forme tantôt des couches considérables (camp de Kerbah), tantôt des amas d’origine métamorphique (marabout de Lalla-Ouda), presque toujours des cristaux aplatis dans les fentes des argiles du terrain tertiaire moyen, les eaux d’infiltration seront nécessairement chargées de sulfate de chaux. La quantité d’acide sulfurique contenue dans l’eau étant toujours
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 257
- plus considérable que celle qui est nécessaire pour neutraliser la chaux, on a transformé toute la chaux en sulfate. L’excédant d’acide sulfurique a été transformé en sulfate de magnésie; l’excédant de magnésie a été transformé en chlorure de magnésium ; l’excédant de chlore a été transformé en chlorure de sodium, et la soude restante a dû saturer exactement l’acide nitrique obtenu. Dans les analyses n° 8 et n° 1 1, la magnésie n’a pas suffi pour neutraliser complètement l’acide sulfurique. L’excédant d’acide sulfurique a été converti en sulfate de soude, et dès lors l’eau manque de chlorure de magnésium.
- L’eau de l’Oued-Tighaout, prise au pied du Tamdrara, est la plus pure de toutes les eaux analysées. Elle ne renferme que o£r,4o2o de sels divers par kilogramme d’eau.
- Elle est très-propre à tous les besoins domestiques, et son goût est excellent.
- L’eau de la partie supérieure du cours de l’Oued-Lalla-Ouda ne coule que sur des argiles schisteuses secondaires, fort dures. Elle est d’un excellent goût, et doit présenter sans doute une composition analogue à celle du pied du Tamdrara. Mais elle est en trop petite quantité pour satisfaire aux usages domestiques d’une ville de quelque importance.
- En été, le ravin est à sec, et l’on n’aurait dans cette saison que des eaux d’infiltration souterraine.
- L’eau de l’Aïn-Malah, située à 4 kilomètres E. d’Orléansville, est la plus mauvaise de toutes les eaux analysées. Elle renferme 5^,607 5 de sels divers par kilogramme d’eau. Elle est très-fortement saumâtre et très-peu convenable pour les divers usages domestiques. Malgré cela, elle est utilisée comme boisson par les Arabes des environs, ce qui indique qu’il n’existe pas de ce côté d’eau de bonne qualité.
- L’eau de la source du Chabbat-Zeroualim, située à 5 kilomètres environ d’Orléansville, sur la rive gauche du Chelif, a un goût amer détestable, ce qui annonce la présence d’une forte proportion de magnésie. Elle est impropre aux usages domestiques.
- Comme la précédente, elle se montre à la séparation des marnes et des calcaires du terrain tertiaire moyen.
- Les eaux du ravin de Lalla-Ouda coulent dans le terrain tertiaire moyen, en aval du marabout de Lalla-Ouda ; elles prennent alors un goût fade et
- 33
- EAUX DE TERRAIN SECONDAIRE.
- Eau
- de l’Oued-Tighaout prise au pied du Tamdrara.
- Eau
- de la partie supérieure du cours de
- l’Oued-Lalla-Ouda.
- EAUX
- DU TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- Eau de l’Aïn-Malah, à 4 kilomètres d’Orléansville.
- Eau de la source du
- Chahhat-Zeroualim.
- Eau du ravin de
- Lalla-Ouda,
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-
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- 258
- en aval du marabout du même nom.
- Eau
- de l’Oned-Tighaout recueillie sous Orléans ville.
- Eau de la fontaine du bureau arabe d’Orléansville, alimentée
- par une prise d’eau du Tighaout.
- Eau d’alimentation d’Orléansville.
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- amer, et sont moins propres que dans la partie supérieure de leur cours pour les divers usages domestiques.
- L’eau de l’Oued-Tighaout, recueillie sous Orléansville, est de très-mauvaise qualité pour les usages domestiques. Elle renferme 4^0278 de sels divers par kilogramme. C’est la même eau qui, au pied du Tamdrara, ne renferme que o&,4o2o de sels divers par kilogramme. On voit donc combien le parcours à travers le terrain tertiaire moyen de la rive gauche du Chelif contribue à altérer la qualité des eaux potables.
- L’eau de la fontaine du bureau arabe d’Orléansville, qui est alimentée par une des prises d’eau du Tighaout, renferme 2^,3 2 4o de sels divers par kilogramme. Cette eau est très-médiocre pour les divers usages domestiques. Elle est' moins chargée de sels que l’eau du Tighaout prise sous Orléansville, parce que son parcours à travers les couches du terrain tertiaire est moins étendu.
- Orléansville est alimentée par deux conduites d’eau qui partent du Tighaout.
- L’une d’elles, qui est couverte, est, dit-on, de construction romaine. Elle amène l’eau destinée à la boisson.
- L’autre conduite est ouverte et alimente le moulin et les jardins d’Orléansville.
- Les diverses sources captées par ces deux conduites ont été examinées, en février i8Ô2, par M. Dupuis, pharmacien en chef de l’hôpital militaire d’Orléansville, qui a obtenu les résultats suivants:
- Sels par kilogr. d’eau.
- ! Source droite........................ 26,5o
- Source gauche......................... 2,35
- En aval des deux sources.............. 2,75
- ^ . ( Source particulière
- Conduit ouvert. { _ , :
- ( Eau de la conduite
- A la même époque, M. Dupuis a trouvé 3®, 10 pour les sels contenus dans un kilogramme d’eau du Tighaout, sous Orléansville, On voit que les résultats obtenus par M. Dupuis sont de même nature que ceux qui ont été obtenus au laboratoire du service des mines.
- Sels par kilogr, d’eau.
- . . 4g,oo . . 2 ,95
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-
-
-
- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 259
- D’après M. Dupuis, les eaux amenées à Orléansville sont trop chargées de sels pour être salubres. Leur saveur est saline, désagréable. Elles sont impropres à la cuisson des légumes, ne dissolvent qui imparfaitement le savon, et leur emploi comme boisson serait nuisible à la santé. Nous ne pouvons que nous ranger à l’opinion de ce pharmacien.
- L’eau de la source qui a été captée depuis peu auprès du village des Sendjès, sur la rive gauche du Tighaout, renferme igr,7944 de sels divers par kilogramme d’eau. Elle est de qualité médiocre pour les divers usages domestiques. Cependant, c’est la meilleure de toutes les eaux du terrain tertiaire moyen examinées jusqu’ici.
- En résumé, toutes les eaux potables du terrain tertiaire moyen de la rive gauche duChelif sont de qualité fort médiocre.
- La proportion des sels pour un kilogramme d’eau varie de 18,7944 à 58,i 6075 pour les eaux analysées. Le goût suffit d’ordinaire pour démontrer que la plupart de toutes ces eaux sont peu convenables pour les divers usages domestiques.
- L’eau de la source d’Aïn-el-Hallouf, sur la rive droite du Chelif, renferme 08,9594 de sels divers par kilogramme. C’est la plus pure de toutes les eaux du terrain tertiaire moyen. Elle est agréable à boire, et assez convenable pour les autres usages domestiques.
- L’eau de l’Am-Djenaii, située sur la rive droite du Chelif, à 100 mètres E. de la source précédente, est aussi d’un goût agréable.
- Il y a, dit-on, chez les Beni-Rached, sur la rive droite du Chelif, des sources très-abondantes et d’un excellent goût.
- Il paraîtrait, d’après cela, que, dans les environsd’Orléansville, les eaux du terrain tertiaire moyen de la rive droite du Chelif sont, en général, de meilleure qualité que les eaux du terrain tertiaire moyen de la rive gauche.
- Le puits du sieur Sentis a été creusé dans l’enceinte d’Orléansville, au milieu du terrain diluvien. Il fournit, à la profondeur de 25 mètres, de l’eau renfermant 28,6538 de sels divers par kilogramme ,d?eàu. Cette eau, quoique de qualité fort médiocre, sert aux divers usages domestiques.
- Dans le village de la Ferme, situé en face d’Orléansville, sur la rive gauche du Chelif, on a creusé, au milieu des alluvions duChelif, à la profondeur de 5 à 6 mètres, trois puits sur lesquels l’administration a établi des norias pour encourager les colons à faire des jardins. Malheureusement, les colons
- 33.
- Eau de la source des Seiidjès.
- Eau de la source d’Aïn-el-Hallouf (rive droite du Chelif),
- Eau d’Aïn-Djenan (rive droite du Chelif).
- Eau des Beni-Rached.
- EAUX
- nu TEHBAIN DILUVIEN ET
- DU TERRAIN D’ALLUVIOX.
- Eau du puits du sieur Sentis à Orléansville.
- Eau d’une noria du
- village de la Ferme.
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-
-
-
- Eau
- du
- (s du sieur Fiscli à Orléansville.
- pont d’Orléansville.
- Eau d’un puits du
- Mage de Ponteba.
- Eau de la source d®
- la pépinière d’Orléansville.
- 260 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- n’ont pas répondu à cette attente, et ces norias ne servent qu’à donner de l’eau filtrée pour la boisson.Tous les jours, l’on envoie chercher à ces norias, avec des tombereaux, l’eau nécessaire à la garnison d’Orléansville. Cette eau renferme î^yoSo de sels divers par kilogramme. On voit quelle est d’assez médiocre qualité pour les divers usages domestiques. Cependant, elle est meilleure que toutes les eaux examinées dans le terrain tertiaire moyen de la rive gauche du Chelif. Elle diffère de l’eau du Chelif, qui l’alimente peut-être en partie, par une plus forte proportion de sulfates et de carbonates. Cela indique qu’elle est alimentée aussi par des infiltrations venant du terrain diluvien proprement dit.
- Le puits du sieur Fischer a été creusé, à Orléansville, à la profondeur de 2 5 mètres, au milieu du terrain diluvien. Il fournit de l’eau renfermant 1^,5834 de sels divers par kilogramme d’eau. Cette eau est plus propre que les précédentes aux divers usages domestiques. Exception faite de l’eau du Chelif, c’est la meilleure de toutes les eaux qui alimentent Orléansville.
- Le Chelif roule sous Orléansville un volume d’eau qui est toujours considérable, même avant le commencement de la saison des pluies. Ces eaux sont toujours troubles; aussi ne sont-elles pas agréables à boire sans une filtration préalable. On prétend qu’en été elles se décomposent rapidement, à cause de la forte proportion des matières organiques qu elles renferment. En janvier i853, elles contenaient i&, 1820 de sels divers par kilogramme d’eau. Un dosage opéré, en février i852, par M. Dupuis, a donné 1^,20 de sels divers. Ces eaux sont les meilleures de toutes celles qui alimentent Orléansville. Elles sont assez convenables pour les divers usages domestiques.
- Ponteba est une nouvelle colonie agricole établie en 1848, à 8 kilomètres N. E. d’Orléansville, sur la rive gauche du Chelif, au milieu d’une belle plaine alluvienne d’excellente qualité pour la culture. Quatre puits à norias ont été creusés dans cette plaine. L’un d’eux fournit, à i7m,5o, de l’eau contenant i&,oi46 de sels divers par kilogramme d’eau. Cette eau est limpide, bonne à boire et assez convenable pour les autres usages domestiques. Elle est, à cet égard, à peu près de même nature que l’eau du Chelif.
- La source de la pépinière d’Orléansville est alimentée par les infiltrations qui ont traversé la partie supérieure du terrain diluvien. Elle fournit de
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- l’eau contenant 02,9148 de sels divers par kilogramme d’eau. Elle est agréable à boire; c’est la meilleure de toutes les eaux d’Orléansville, et, si elle n’était pas séparée de la ville par une distance de i5oo mètres, elle servirait exclusivement à la boisson des habitants. Elle est consacrée aujourd’hui à l’arrosage des cultures de cette pépinière.
- L’on peut tirer les conclusions suivantes des observations faites sur les eaux de la rive gauche du Cbelif, qui se trouvent dans un rayon de 20 à 2 5 kilomètres autour d’Orléansville :
- i° L’eau de l’Oued-Tighaout, prise au pied du Tamdrara, ne renferme que o§,4o2 0 de sels divers par kilogramme. C’est la seule qui soit de bonne qualité pour les divers usages domestiques. Cette observation confirme celle que nous avons déjà faite dans notre mémoire intitulé : Recherches sur les roches, les eaux et les gîtes minéraux des provinces d’Oran et d’Alger, savoir, que les terrains secondaires fournissent, en général, de meilleures eaux potables que les terrains tertiaires.
- 20 Le terrain tertiaire moyen fournit des eaux potables de qualité très-médiocre, et dans lesquelles la quantité des sels contenus varie de 12,7964 à 52,6075.
- 3° Les terrains diluvien et alluvien fournissent, en général, de meilleures eaux potables que le terrain tertiaire moyen (ce qui est conforme, à la première conclusion, puisque ces terrains proviennent de la destruction des terrains secondaire et tertiaire). La quantité des sels contenus dans ces eaux varie de 02,9148 à 22,6538.
- 4° La meilleure eau qui alimente aujourd’hui Orléansville est celle du Cbelif, après filtration préalable pour séparer les matières terreuses et organiques en suspension. Cette eau est alors d’un goût agréable et assez bonne pour les divers usages domestiques.
- TROISIÈME PARTIE.
- Le travail qui précède a été entrepris dans le but de déterminer la meilleure manière d’approvisionner d’eau Orléansville, soit pour satisfaire aux besoins domestiques des habitants, soit pour fournir de l’eau aux cultures industrielles.
- Occupons-nous d’abord de la première question.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Projets
- d’approvisionnements
- d’Orleansville
- en
- eau potable.
- L’eau potable peut être fournie soit par les eaux coulant à la surface du sol ou à une faible profondeur au-dessous du sol, soit par les eaux souterraines qu’un puits artésien creusé à Orléansville amènerait à la surface du sol.
- On a vu, dans la première partie, qu’il y avait des chances d’obtenir à Orléansville des eaux jaillissantes, par un puits artésien que l’on pousserait jusque dans la partie inférieure du terrain tertiaire moyen, et qui aurait 3 à 4oo mètres de profondeur; mais la deuxième partie de ce travail prouve que les eaux qu’on obtiendrait ainsi seraient de qualité très-médiocre pour les besoins économiques. Comme les conduites dérivées du Tighaout fournissent déjà de l’eau de qualité semblable et plus que suffisante pour les besoins des habitants, on trouvera sans doute inutile de faire un puits artésien dont le succès sera toujours problématique, et dont l’eau, si elle jaillit à la surface du sol, ne sera probablement pas meilleure que celle des conduites du Tighaout. Restent donc les eaux superficielles. Les meilleures, les seules réellement bonnes pour tous les besoins économiques, sont celles de l’Oued-Tighaout, prises au pied du Tamdrara. Leur volume est d’environ 600,000 litres par jour. A raison de 10 litres par habitant, il suffit pour une population de 60,000 âmes. Il est possible de construire une conduite en maçonnerie qui amènera les eaux jusqu’à Orléansville. La distance à parcourir en ligne droite étant de 2 3 kilomètres, cette conduite sera sans doute fort coûteuse; mais elle est indispensable pour garantir l’eau du contact des marnes tertiaires, qui, sans cela, la rendraient aussi impotable que celle du Tighaout sous Orléansville.
- Il nous paraît donc utile que l’administration de la guerre fasse étudier ce projet de conduite, pour connaître la dépense nécessitée par l’exécution de ce projet, qui, nous le répétons, est le seul qui puisse donner à Orléans-ville de l’eau potable de bonne qualité.
- Si ce projet, dont la dépense ne serait sans doute pas inférieure à un million et demi, paraissait trop coûteux en raison de l’importance d’Orléans-ville, on pourrait amener à Orléansville la totalité ou une partie des eaux de la source de la pépinière; ces eaux, ne renfermant que 0^,9148 de sels divers par kilogramme, sont les meilleures après celle du Tamdrara. Comme le débit de cette source est peu considérable, on serait peut-être obligé de la consacrer entièrement aux besoins des habitants.
- Un troisième projet consisterait à élever les eaux du Chelif, au moyen
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- d’une machine, à une hauteur suffisante pour être distribuée ensuite dans tous les quartiers d’Orléansville. Un filtre serait installé dans le château d’eau. La machine élévatoire pourrait être adossée à Tune des piles du pont en pierres que l’on construira tôt ou tard sur le Chelif. Ce projet serait certainement plus coûteux que le précédent; mais il aurait l’avantage de fournir une bien plus grande quantité d’eau.
- L’on a vu. que l’eau du Chelif était à peu près de même qualité que celle de la pépinière. Elle renferme 1^,1820 de'sels divers par kilogramme.
- L’eau d’irrigation pour les cultures peut, être puisée aux mêmes sources *>rüjel
- ., -, | , 1 • il a • d’approvisionnement
- que i eau potable et n a pas besoin d etre aussi pure. d’OrUansvme
- L’on a établi, dans la première partie, que le débit total des nappes as- eaHd’irr;s.-»tion. rendantes pouvant alimenter des puits artésiens que l’on creuserait à Orléans-ville , à travers le terrain tertiaire moyen, est d’environ 2 11 litres par seconde.
- Le débit d’un puits artésien ne sera certainement qu’une très-petite fraction de ce nombre, et il faudrait sans doute en creuser plusieurs pour obtenir la quantité d’eau nécessaire à l’arrosage de cultures industrielles ayant quelque développement. Ce système pourrait être mis à profit par les colons; mais, comme il exigerait une avance de fonds considérable (Ô2,000 francs environ par puits), il est à craindre que les particuliers ne reculent devant son exécution. Si l’administration voulait prendre l’initiative et donner une grande impulsion aux cultures autour d’Orléansville, il nous paraîtrait plus convenable d’exécuter le projet grandiose de barrage mobile sur le Chelif, proposé par M. le général du génie Tripier. On pourrait alors se dispenser d’établir une machine élévatoire sur le Chelif pour l’alimentation d’Orléansville en eau potable. Le canal de dérivation du Chelif fournirait à la fois l’eau d’irrigation et l’eau potable ; et, en disposant des chutes d’eau sur ce canal, on construirait des moulins à farine qui sont si nécessaires à l’alimentation d’une grande ville. Les deux moulins construits sur le Tighaout suffisent à peine aujourd’hui. En hiver, les crues envasent la conduite. En été, l’eau manque, parce que la conduite n’est pas maçonnée.
- Si l’administration reculait devant la dépense nécessaire pour exécuter ce barrage, elle pourrait se contenter d’adopter les mesures suivantes : i° amener l’eau de la pépinière jusqu’à Orléansville, au moyen d’une conduite, et d’une petite machine élévatoire, si la hauteur de chute n’est pas suffisante, ce qui donnerait de l’eau potable de bonne qualité; 20 engager
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- les colons à utiliser pour la culture des jardins les norias déjà existantes, et à en établir de nouvelles, surtout dans les dépressions de terrain, car ces dépressions fournissent ordinairement de l’eau à des profondeurs peu considérables; 3° enfin exécuter aux frais de l’État un sondage auprès d’Orléans-ville, sur la rive gauche du Chelif, pour éclairer les colons sur la puissance des nappes ascendantes qui existent dans le terrain tertiaire moyen ; ce sondage coûterait environ 52,000 francs.
- CHAPITRE IX.
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE DE TENÈS.
- Tenès est bâti sur le bord de la mer, à l’embouchure de l’Oued-AUelah. C’est le centre d’un district remarquable par les nombreux gîtes cuprifères qu’on a signalés jusqu’à ce jour. On se propose, dans ce chapitre, de faire connaître ce district aux points de vue hydraulique, géologique et minéra-lurgique. A cet effet, on divisera ce chapitre en deux parties. Dans la première partie, on s’occupera de la description géologique et hydrologique du cercle de Tenès. Dans la deuxième partie, on fera la description des divers gîtes métallifères.
- PREMIÈRE PARTIE.
- On trouve dans les environs de Tenès les formations géologiques suivantes :
- i° Le terrain secondaire ;
- 20 Le terrain tertiaire moyen;
- 3° Le terrain quaternaire ou diluvien;
- 4° Le terrain alluvien ;
- 5° Des rochers d’origine éruptive.
- T crrain secondaire Le terrain secondaire des environs de Tenès est très-développé sur les environs de Tenès. j^r^g de Ja mer, entre la baie de Teragnia à l’E. et l’embouchure de l’Oued-Kesseb à l’O. Il constitue les massifs du cap Tenès et du Djebel-Fedj, et forme ainsi, le long du rivage de la mer, une bande qui n’est interrompue que par un espace de 1200 mètres de large, à l’embouchure de l’Oued-
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- Allelah. Il s’enfonce au S. sous le terrain tertiaire moyen, au milieu duquel il forme quelques îlots insignifiants. Il se compose de couches successives de marnes schisteuses grises, de calcaire compacte ou cristallin et de quartzites, qui ont été très-fortement bouleversées. Les crochets résultant de l’inflexion brusque des couches sont très-fréquents, surtout dans les gorges de l’Oued-Allelah. Quelques filons cuprifères en petit nombre ont été signalés jusqu’à ce jour dans le terrain secondaire des environs de Tenès; mais il paraît probable que les principaux filons, dont les affleurements se voient dans le terrain tertiaire moyen, se prolongent inférieurement dans le terrain secondaire.
- Nulle part on n’a trouvé de fossiles dans les terrains secondaires de Tenès. La continuité des couches indique que ces dernières appartiennent à une formation unique, qui, d’après la ressemblance minéralogique des roches, pourrait être la même que celle du Tamdrara, au S. d’Orléansville.
- Le pied des massifs montagneux de Tenès et du Tamdrara était baigné autrefois par la mer tertiaire moyenne, de telle sorte que les couches tertiaires ont comblé tout l’espace compris entre Tenès et le Tamdrara.
- Le massif du cap Tenès, dont le point culminant s’élève à la cote Terrain secondaire 74o mètres, se compose presque exclusivement de calcaire à tissu très- M 1caPTenè^ compacte, parfois saccharoïde. Sa couleur varie et se rapproche souvent du blanc un peu grisâtre. On pourrait l’exploiter comme marbre sur le bord de la mer, et le transporter par mer à Tenès. La crête du cap, si remarquable par ses dentelures, présente de grands escarpements verticaux, parallèles à la direction générale de la chaîne, et qui peuvent être soit le résultat de fractures, soit des plans parallèles à la stratification. Il y a aussi un système de fractures parallèles, peu inclinées à l’horizon, et simulant une sorte de stratification. Ce massif de calcaire est séparé du terrain tertiaire qui s’est déposé à ses pieds, par une série peu épaisse de couches de quart-zite clair, associé à des argiles schisteuses grises, dirigées N. 8o° E. m. etN plongeant au N. de 55°. Le terrain de quartzites et de marnes schisteuses se poursuit sur la côte, depuis le marabout de Sidi-Merouan jusqu’auprès de l’embouchure de l’Oued-Allelah. Sa largeur apparente diminue à mesure qu’on se rapproche de cette rivière : il disparaît complètement sous des éboulements naturels, à 5oo mètres N. E. de la fontaine du Rocher. A 200 mètres au N. E. de Tenès, on remarque sur la côte un grand escar-
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- pement, où le terrain secondaire est composé de calcaire bleu très-eom-caicaire secondaire pacte et d’argiles schisteuses grises. Le calcaire est en couches fortement c°TrEPdTrTetè!iaux Posées de om, 10 à om,3o d’épaisseur. Il a été exploité comme pierre à chaux.
- Méditerranée
- La coupe ci-dessus, menée par le cap Tenès du N. O. au S. E., indique les allures du terrain secondaire.
- Terrain ^secondaire A l’O. de Tenès, le terrain secondaire constitue tout le massif du Djebei-Fedj. Djebel-Fedj. 11 s’avance au S. jusqu’à la fontaine romaine, sur les bords de l’Oued-Arour, affluent de l’Oued-Allelah. A l’E., il se montre en deux points différents, sur la rive gauche de l’Oued-AUelah. Il est caché presque entièrement par le terrain tertiaire moyen, sur la rive droite de cette rivière. Le terrain secondaire du Djebel-Fedj est essentiellement schisteux. Il renferme intercalées quelques assises minces de calcaire gris, compacte, et des lentilles plus ou moins épaisses de quartzite. Celui-ci se montre en couches verticales et produit des escarpements verticaux, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous, sur la route carrossable des gorges de l’Oued-
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- Allelah, à 800 mètres S. O. du vieux Tenès. On remarque des empreintes végétales carbonisées sur les faces de stratification. L’épaisseur des diverses couches de quartzite est ici de plus d’un mètre; on a pensé qu’on pourrait les exploiter facilement comme pavés, à cause de leur proximité p.v*foi.mis de la grande route de Tenès. Les quartzites gris bleuâtre paraissaient les ^arljïV“'£,Mi,îre* meilleurs.
- Ils présentent la composition suivante :
- Echantillon n° 1. Echantillon n° 2.
- Partie soluble dans les acides,............. ogr,o5o ogr,o52
- Résidu quartzeux insoluble................. o ,9Ôo o ,ç)48
- ' Total......... 1 ,ooo î ,ooo
- Densité...... 2 ,597 2 ,5oo
- Le service des ponts et chaussées a employé avec succès les quartzites gris pour le pavage des rues de grande voirie d’Alger. Malheureusement la couche qui les fournit présente de nombreuses fissures imperceptibles qui ont rendu son exploitation onéreuse pour l’entrepreneur, par suite du déchet qui en résulte. Aussi a-t-on renoncé aujourd’hui à cette exploitation.
- Le terrain secondaire des gorges de l’Oued-Allelah a été beaucoup plus bouleversé que le terrain tertiaire moyen qu’il supporte. L’on remarque entre eux une discordance de stratification bien distincte, ainsi que l’indique la figure ci-dessous.
- Ferrai* &rticdr& moyenLe terrain secondaire présente dans un petit espace des reploiements très-brusques et très-fréquents, sous des angles de 12 à 15°. Le terrain tertiaire 1111111ÏÏJl11I)111!111111'11 moyen présente aussi des inflexions; mais leur rayon de courbure est beaucoup plus grand que dans celles du terrain secondaire, et il n’en résulte jamais que de grandes ondulations à pentes fort douces.
- A l’O. de Tenès, le terrain secondaire du Djebel-Fedj se montre, tout le long de la côte, au-dessous du terrain quaternaire. Il se compose essentiellement de marnes schisteuses grises, et forme des talus de 8 à 12 mètres de hauteur verticale et inclinés à 2 0° ou 35°. A 2 kilomètres E. de l’embouchure de l’Oued-Kesseb, ces marnes sont dirigées d’une manière très-
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- iJots secoudairesv dans la
- demande en concession de
- l’On ed-hou-Halou.
- Terrain secondaire de
- i’Oued-bou-Ghitan.
- Terrain secondaire à la partie inférieure de la vallée
- Je l’Oued-bou-Ch’gral.
- Terrain tertiaire moyen des
- environs de Tenès.
- régulière N. 22° E. m. et plongent au S. E. de 4o°. Elles sont tantôt grises et très-dures, tantôt violacées et plus ou moins schisteuses. En remontant le cours de l’Oued-Kesseb, on trouve, sur la rive gauche, des couches régulières de quartzite gris clair, dirigées N. 3o° E. et plongeant au S. E. de 45°. Elles sont enclavées dans les marnes schisteuses grises.
- Les marnes schisteuses secondaires forment deux îlots très-restreints dans le périmètre de la demande en concession de l’Oued-bou-Halou. L’un de ces îlots est situé auprès du marabout de Sidi-bel-Kassem, et l’autre sur la rive gauche de l’Oued-bou-Halou. Ce dernier n’occupe qu’une cinquantaine de mètres de long sur 5 à 6 mètres de haut.
- Les marnes schisteuses secondaires forment aussi un îlot très-restreint à la partie supérieure du cours de l’Oued-bou-Chitan. Cet îlot pénètre dans le permis de recherches de Sidi-bou-Aïssi et dans la concession de l’Oued-Allelah.
- En descendant le cours de l’Oued-sidi-Ali, dans le permis de recherches de Sidi-bou-Aïssi, on voit apparaître de temps en temps, sous les grès tertiaires, les marnes secondaires, toujours reconnaissables à leur dureté et à leur schistosité. A 200 mètres en aval du Kef-el-Hmam, les marnes contiennent des couches de calcaire gris, compacte, dirigées N. 6o° E. m. Le sens du plongement varie souvent en des points très-rapprochés, par suite des inflexions subies par les couches. Plus loin, la vallée se rétrécit considérablement et présente un barrage naturel formé par des bancs de grès siliceux blanc jaunâtre, dirigés E. 920 E. m. et plongeant au N. de 64°. Ce sont des grès secondaires dont les assises ont om,3o à om,6o d’épaisseur. Elles sont très-régulières dans une certaine étendue, et sont encaissées dans des marnes schisteuses, ainsi qu’on l’observe dans la vallée de l’Oued-Kesseb. A partir de ce barrage, le terrain secondaire constitue à lui seul les deux flancs de la vallée de l’Oued-bou-Ch’gral jusqu’à la mer. D’après le relief du terrain, il est permis de supposer que les dernières crêtes qui, à l’E. de l’embouchure de l’Oued-bou-Ch’gral, forment le rivage de la mer, appartiennent au terrain secondaire.
- Le terrain tertiaire moyen est très-développé dans les environs de Tenès, au S. des massifs secondaires du Djebel-Fedj et du cap Tenès. Il forme cinq vallées principales, qui sont les vallées de l’Oued-Arour, de l’Oued-Taffiiès, de l’Oued-AUelah, de l’Oued-bou-Ch’gral et de l’Oued-bou-Jacoub.
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- Les deux premières sont des affluents de l’Oued-Allelah ; les trois dernières se jettent directement dans la mer. Chacune de ces vallées est formée par une grande ondulation du terrain tertiaire moyen, et renferme de nombreux filons cuprifères, à l’exception de celle de l’Oued-bou-Jacoub, qui, peut-être, n’a pas été suffisamment explorée. Des crêtes de montagnes, nettement accusées sur le terrain, séparent les uns des autres les bassins hydrographiques de ces vallées. L’inclinaison des couches tertiaires est généralement nulle sur ces crêtes, parce que c’est là que s’est formé le plissement des couches. Le point culminant du terrain tertiaire est le Djebel-Tazanoun, situé à la cote 960 mètres, à 8 kilomètres E. de Tenès.
- On peut distinguer deux grandes assises dans le terrain tertiaire des environs de Tenès : une assise de poudingues et de grès à la partie inférieure, une assise de marnes grises à la partie supérieure. Les calcaires sableux jaunâtres, qui sont si développés dans le terrain tertiaire moyen de la rive gauche du Chelif, auprès d’Orléansville, manquent à Tenès.
- Les poudingues sont formés de cailloux roulés arrachés aux couches secondaires, telles que calcaire gris, compacte, et vert clair semi-cristallin, quartzite gris clair, schiste argileux gris verdâtre. Les galets les plus gros atteignent om,3o de diamètre. Ils sont immédiatement au contact du terrain secondaire. Leur ciment est argilo-caicaire et souvent ferrugineux, comme au pied du Tamdrara. Parfois ce poudingue passe à l’état de calcaire cristallin bleuâtre, comme dans les gorges du Bou-Roumi, auprès de Mouzaïa-les-Mines. Il se montre aussi dans les gorges de l’Oued-Aile!ah. D’autres fois ce poudingue se transforme en calcaire compacte jaunâtre, semblable à celui du télégraphe de l’Oued-Adelia, auprès de Milianah. C’est ce qu’on observe sur la crête qui entoure le bassin de l’Oued-Taffilès. Il renferme sur cette crête une couche ferrugineuse d’un mètre d’épaisseur et de 2 à 300 mètres de long, qui passe à l’état d’hydrate de fer pauvre. Cette roche présente de petits points blancs sur un fond brun noirâtre. On la retrouve dans la même position géologique sur les flancs de la vallée de l’Oued-Arour.
- A mesure qu’on s’élève dans la formation tertiaire, la grosseur des galets diminue, et le poudingue est remplacé par un grès quartzeux gris blanchâtre, à grains fins, contenant des grains verts et de très-menus débris d’argile schisteuse secondaire verte. Ces débris peuvent servir de caractère empirique pour distinguer les grès tertiaires des grès secondaires.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Les grès tertiaires sont exploités comme pierre de taille sur les bords de l’Oued-Allelah, au-dessous du vieux Tenès, et donnent d’excellentes pierres de construction. On s’en sert aussi pour faire des pavés.
- L’épaisseur totale de l’assise des poudingues et des grès atteint îoo mètres environ dans les gorges de l’Oued-Allelah.
- On remarquera que les grès tertiaires moyens de Tenès ne sont qu’une modification du poudingue constituant la partie inférieure du terrain tertiaire moyen, et que cette variété de poudingue manque généralement aux environs d’Orléansville.
- Les grès tertiaires des gorges de l’Oued-Allelah contiennent quelques veines très-minces de lignite, sur lesquelles on a fait, à diverses époques, des travaux de recherches qui n’ont eu aucun résultat avantageux. En i845, les condamnés employés à la route de Tenès à Orléansville avaient exécuté une tranchée de 2 à 3 mètres cubes, sur une couche de grès marneux et pyriteux qui renferme des veines de lignite d’un centimètre d’épaisseur et de 10 à 12 centimètres de long, parallèles à la stratification générale du terrain. Cette couche de grès, dont l’épaisseur varie de 3 à 4 mètres, est située sur la rive droite de l’Oued-Allelah, à 2Ô mètres environ au-dessus du lit de cette rivière. Elle se distingue des autres couches de grès et de poudingue, entre lesquelles elle est intercalée, par sa couleur gris noirâtre, la facilité avec laquelle elle se délite et l’abondance des efflorescences de sulfates de fer et d’alumine quelle renferme. Elle présente ces caractères d’une manière continue sur une longueur de 3o mètres environ. A 20 mètres au-dessous de cette couche, on voit affleurer, sur la rive droite de l’Oued-Allelah, une couche d’argile schisteuse noirâtre, pyriteuse et carbonifère, de 1 à 2 mètres d’épaisseur, qui se montre au jour, le long de la rivière, sur une étendue de 60 à 70 mètres. Les travaux de recherches les plus considérables ont été exécutés sur cette couche d’argile. Ils se composent : i° d’un puits vertical de 10 mètres de profondeur, et d’une galerie de 3o mètres de long, commençant à partir du fond du puits; 20 d’une excavation à ciel ouvert de 4 mètres de profondeur, située à 4o mètres en amont du puits.
- Le puits a traversé les couches suivantes :
- i° Un mètre d’argiles schisteuses grises et bleues, qui sont couvertes de taches verdâtres de sulfate de fer, et qui contiennent quelques veines irré-
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- gulières et sans suite de 1 o à 1 2 centimètres de long et de 1 à 2 centimètres d’épaisseur, d’un combustible noir, brillant, sec, entrelacé d’une multitude de petits fdets blancs de carbonate de chaux. Cette couche renferme de nombreux débris à'ostrea crassissima, fossile caractéristique du terrain tertiaire moyen.
- 20 Une couche de calcaire marneux gris noirâtre, ayant im,ôo d’épaisseur.
- 3° Une couche de marnes schisteuses noires, ayant om,5o d’épaisseur, contenant quelques veines minces, irrégulières et sans suite, d’un combustible analogue au précédent.
- A la séparation des couches nos 1 et 3, il y a des cristaux de gypse, résultant sans doute de l’action exercée sur le carbonate de chaux par l’acide sulfurique qui provient de la décomposition des pyrites.
- 4° Une couche de calcaire noirâtre, contenant des huîtres et des peignes, sans aucune veine de combustible.
- La roche inférieure aux argiles carbonifères ayant conservé la même stérilité sur une profondeur de 7 mètres, on a commencé, à partir du fond du puits, une galerie horizontale à travers bancs, qui a bientôt rejoint la couche principale d’argile carbonifère, dont elle a suivi ensuite l’inclinaison. Comme cette argile a toujours présenté les mêmes caractères de pauvreté qu’à la surface, les travaux de recherches ont été abandonnés après une dépense de 3,ooo francs. Ils sont aujourd’hui complètement inondés.
- Dans l’excavation à ciel ouvert, située à 4o mètres en amont du puits, on n’a trouvé, dans les argiles pyriteuses, que des veines irrégulières et sans suite de combustible, semblables à celles qu’on a trouvées dans la galerie souterraine.
- Le terrain secondaire se montre sous les grès tertiaires carbonifères, à quelques mètres en amont des travaux.
- Le gîte de grès carbonifères de l’Oued-Allelah a de l’analogie, au point de vue géologique, avec ceux des bassins carbonifères que nous avons découverts dans la province d’Oran, auprès d’Hadjar-Roum, et dans la plaine de Terni. Comme ces derniers, il se trouve à la base du terrain tertiaire moyen, sur la ligne de contact du terrain secondaire. Il en diffère en ce qu’il ne 1 renferme que des fossiles marins, huîtres et peignes, tandis que les argiles à lignite de la province d’Oran renferment des coquilles d’eau
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- Il est
- possible de trouver du lignite dans
- ie terrain tertiaire moyen
- la province d’Alger.
- Fabrication
- de
- couperose verte
- les argiles et grès pyriteux des gorges de l’Oued-AUelnh.
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- douce. Les couches de lignite du bassin d’Hadjar-Roum ayant une assez grande continuité, il n’est pas impossible que le même fait de continuité se reproduise dans les gorges de l’Oued-Allelab. Cependant, on ne doit pas se dissimuler que la présence des fossiles marins dans ce dernier gîte semble indiquer en ce point, sur le littoral de la mer tertiaire moyenne, l’absence d’un golfe, ce qui n’aurait pas permis alors aux débris végétaux de s’accumuler en repos et de donner lieu à des couches épaisses de combustible.
- Quoi qu’il en soit, l’existence des indices de lignite des gorges de l’Qued-Allelah est intéressante au point de vue industriel, parce qu’en les comparant aux gîtes de lignite d’Hadjar-Roum et de la plaine de Terni, elle indique la possibilité de trouver du lignite dans le terrain tertiaire moyen de la province d’Alger, sur la ligne de contact du terrain secondaire.
- Une exploitation pour couperose verte des argiles et grès carbonifères et pyriteux des gorges de l’Oued-Allelab aurait probablement des chances de succès. Les haldes pour la décomposition des pyrites pourraient être établies sur le bord de la mer, dans la petite plaine alluvionnaire qui s’étend auprès de l’embouchure de l’Oued-Allelab. L’eau nécessaire à l’arrosage des tas serait fournie par un puits qu’on creuserait dans les alluvions de cette plaine. Une pompe mue à bras d’homme ou par un manège élèverait au-dessus des tas soit l’eau, soit les solutions trop peu concentrées. Les dissolutions suffisamment concentrées seraient évaporées au soleil, pendant l’été, dans de grands bassins en argile damée. On obtiendrait ainsi soit du sulfate de fer cristallisé (vitriol vert) qui pourrait être livré immédiatement au commerce, soit des magmas qui seraient destinés à la fabrication de l’acide sulfurique fumant, ainsi que cela se pratique à Weissgrun, en Bohême. Cette dernière préparation pourrait se faire à Tenès ou en France, sur les bords de la Méditerranée, en un point où le combustible minéral arriverait à peu de frais.
- L’exploitation des terres pyriteuses de l’Oued-Allelah aurait de plus l’avantage de permettre de faire une reconnaissance plus approfondie des indices de combustible minéral. Si ces indices prenaient un jour un développement considérable, on pourrait les utiliser sur place pour la fabrication de l’acide sulfurique fumant et celle des mattes de minerai de cuivre.
- Les poudingues et grès tertiaires de l’assise inférieure ont été relevés, par
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 273
- suite des ondulations des couches, jusque sur les crêtes des chaînes de montagnes séparant les unes des autres les cinq vallées désignées plus haut. Les fonds de cuvette sont remplis par les marnes grises tertiaires, ainsi que l’indique la coupe théorique ci-dessous. Les marnes ont dû exister primitivement au-dessus des crêtes b c d. Mais le plissement des couches a fendillé en tous sens, sur les crêtes, ces marnes, qui ont pu, dès lors, être facilement désagrégées par les agents atmosphériques. Les pluies les ont
- entraînées ensuite dans les plaines inférieures, où elles forment aujourd’hui les terrains diluvien et alluvien.
- Le terrain tertiaire moyen présente aussi des failles. Une d’elles est située auprès du vieux Tenès, sur la rive gauche de l’Oued-Allelah. Elle est
- dirigée verticalement de l’E. à l’O. D’un côté, les couches de grés plongent au N. de 35°, et s’arrêtent brusquement contre les couches presque horizontales des marnes tertiaires, ainsi que l’indique la coupe ci-contre, qui montre aussi le terrain secondaire en stratification discordante par-dessous le terrain tertiaire. Les filons cuprifères sont très-nombreux dans ces marnes, et s’y ramifient en général en éventail; aussi convient-il de les attaquer immédiatement par des travaux en profondeur.
- Le terrain tertiaire moyen des environs de Tenès renferme de nombreux fossiles, parmi lesquels on trouve diverses espèces d’huîtres, des peignes et temi!l1 des oursins. Il est caractérisé par la présence de ïostrea crassissima (dans les gorges de l’Oued-Allelah) et du clypeaster marginatas (au pied du cap Tenès et auprès du télégraphe du Djebel-Fedj ).
- Fossiles
- <lu
- tertiaire moyei de Tenès.
- 35
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- 274 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Le terrain tertiaire moyen, qui forme le fond de la cuvette de l’Oued-Arour, est limité au N. par la partie occidentale de la crête du Djebel-Fedj, qui a été anciennement le rivage de la mer tertiaire moyenne. On retrouve en effet, sur plusieurs points, des trous de coquilles perforantes dans les roches secondaires, soit calcaire gris, soit quartzite brun.
- Fradun; ^ Les gorges de l’Oued-Allelah, dans lesquelles passe la route carrossable ! l’Oued-Aaeinii. de Tenès à Orléansville, sont remarquables par leur profondeur et le rapprochement des berges. Elles ne sont pas le résultat d’une ondulation des couches tertiaires, mais bien celui d’une fracture violente qui a séparé les couches en leur conservant souvent des pentes dans le même sens.
- La coupe ci-dessus, menée E. O. à travers l’Oued-Allelah, à 5oo mètres en aval du pont, indique la nature géologique des gorges et la discordance de stratification existant entre les terrains secondaire et tertiaire moyen.
- La grande cuvette de l’Oued-Allelah, en amont des gorges, formait sans doute primitivement un vaste lac d’eau douce qui s’est écoulé dans la mer, lors de l’ouverture des gorges. L’on ne saurait admettre que cette ouverture soit le résultat de l’action érosive et de la pression des eaux du lac. Il existe en effet, entre l’Oued-Rehan et l’Oued-Ouled-Henni, affluents de la rive droite de l’Oued-Allelah, une crête argileuse beaucoup plus basse et plus facile à corroder que le massif montagneux où sont entaillées les gorges de l’Oued-Allelah. Si la pression et l’érosion des eaux avaient suffi pour faire une trouée, celle-ci aurait du se produire à travers cette couche argileuse, et l’Oued-Allelah coulerait aujourd’hui dans la vallée de l’Oued-Ouled-Henni. Un grand phénomène géologique a produit une rupture dans les couches
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- de poudingue tertiaire, et formé violemment les gorges à travers lesquelles le lac situé en amont, dans le bassin de l’Oued-Allelah, s’est écoulé rapidement à la mer. Il en est résulté une forte débâcle, dont la puissance est indiquée par les dépôts d’énormes cailloux roulés qu’on retrouve en quelques points des gorges, à 20 mètres de hauteur au-dessus du lit actuel de la rivière.
- Les couches tertiaires qui forment le bassin de l’Oued-Allelah, en amont des gorges, sont pliées de manière à former une vaste cuvette elliptique
- dont l’Oued-Allelah parcourt à peu près le grand axe. Sur le pourtour de ces cuvettes, les poudingues s’enfoncent partout au-dessous des marnes argileuses, qui n’occupent que le fond de la cuvette. Il est donc possible qu’un puits artésien, entrepris dans le thalweg de cette vallée, donne des eaux jaillissantes à la surface du sol et venant de la nappe aquifère comprise entre les marnes et les poudingues. Le point le plus convenable pour la réussite d’un puits artésien paraît être le bord de l’Oued-Allelah, entre l’Oued-bou-Halou et l’Oued-bou-Chitan. Le sondage pourrait avoir, au milieu des marnes, une profondeur de 200 à 25o mètres, et coûterait environ 87,000 francs par le système de M. Kind. Il servirait en outre à l’exploration minéralogique de la plaine de l’Oued-Allelah, dans laquelle les affleurements de filons cuprifères sont cachés par le terrain diluvien. Il pourrait arriver, en effet, que ce sondage traversât des filons cuprifères. On ne doit pas se dissimuler, toutefois, que la qualité des eaux jaillissantes obtenues par le sondage sera sans doute de qualité médiocre pour les besoins domestiques. C’est ce qui sera démontré plus loin par l’examen des eaux de l’Oued-Allelah.
- Un deuxième puits artésien pourrait être entrepris dans les mêmes conditions, et avec des chances de succès à peu près égales, sur les bords de l’Oued-Taffilès, près du confluent de cette rivière avec l’Oued-Allelah; car l’Oued-Taffilès occupe le thalweg d’un fond de cuvette formé par les couches tertiaires.
- On trouvera des détails plus circonstanciés sur les terrains tertiaires moyens des environs de Tenès, dans la description des gîtes cuprifères de ce cercle.
- 35.
- Un puits artésien des chances de succê.-sur les bords de l’Oued-Allelah, entre
- l’Oued-bou-Haiou (t rOned-bou-Cbitan.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Terrain quaternaire des
- environs de Tencs.
- Bande
- de terrain diluvien à l’E. de. Tenès.
- Mélange
- de coquilles marines et
- de coquilles terrestres dans
- le terrain quaternaire de Tcnès.
- Bande
- de terrain diluvien à l’O. de Tcnès.
- Le terrain quaternaire des environs de Tenès forme une bande étroite le long du rivage, de part et d’autre de cette ville. Il a rempli aussi le fond de la cuvette de l’Oued-Allelah, et l’on en trouve quelques dépôts fort restreints dans les gorges de l’Oued-Allelah et dans la partie supérieure du bassin de l’Oued-Talïilès.
- Le terrain diluvien forme au N. E. de Tenès, sur le bord de la mer, une terrasse.étroite de 1200 mètres de long, qui s’élève, en marchant du S. E. au N. E., à une hauteur croissante de 20 à 3o mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce terrain n’a qu’une épaisseur maximum de 8 mètres. Il se compose d’assises réglées qui plongent légèrement au N. A la base, on trouve une nappe de cailloux roulés dont le volume atteint om,4o de diamètre, et qui ont été arrachés la plupart aux couches secondaires. Ce sont des débris de quartzite gris brun et de calcaire gris bleu compacte. Il y a aussi de très-gros galets de grès quartzeux gris blanchâtre, du terrain tertiaire moyen. Les couches de gros galets ont une épaisseur variable de 1 à 2 mètres. A la partie supérieure, le terrain diluvien présente une nappe de 1 à 2 mètres, formée par du calcaire jaunâtre, généralement compacte, et ayant l’aspect du calcaire d’eau douce. La surface extérieure de cette nappe calcaire est rouge et sablonneuse. Dans la couche inférieure de gros galets, on trouye de nombreuses coquilles marines, telles que des fissurelles, des moules avec leurs couleurs, des cardium, des trous de coquilles lithophages, divers univalves marins, des polypiers. Le calcaire supérieur renferme de très-nombreux débris d’hélix, et quelquefois des hélix entiers bien conservés.
- Le terrain diluvien forme, à l’O. de Tenès, sur le bord de la mer, un plateau qui s’abaisse en allant de l’E. à l’O. et qui diminue aussi de largeur dans le même sens. 11 a une longueur de 5000 mètres entre Tenès et l’embouchure de l’Oued-Kesseb, où il se termine. Il constitue, le long de la mer, des escarpements verticaux dont la hauteur s’élève parfois à 20 mètres. Sa composition est analogue à celle de la bande qui est au N. E. de Tenès. Sous Tenès, il renferme, à la partie inférieure, de très-gros cailloux roulés disséminés dans une gangue argileuse ou calcaire, qui forme parfois au milieu de ces cailloux des lentilles d’argile grise contenant des grumeaux blancs de calcaire friable. En s’éloignant de Tenès vers l’O., le diamètre des cailloux roulés diminue considérablement, et le terrain diluvien est bientôt formé presque exclusivement de sables fins, agglutinés par un ciment calcaire
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- jaunâtre. Il y a seulement quelques lits de galets de la grosseur du poing, intercalés régulièrement dans des bancs de grès calcaires. Quant aux sables, ils sont disposés par lits non parallèles à la stratification générale du terrain, ainsi que l’indique la figure ci-contre.
- Le diluvium renferme de très-nombreux fossiles marins à la partie inférieure, et des bélix à la partie supérieure.
- Le diamètre des galets diminuant de FOued-Ail elah vers FO., on doit attribuer aux débris roulés anciennement par FOued-Allelab la formation de la partie inférieure du terrain diluvien. Ces débris ont été entraînés par les courants marins, à droite et à gauche de l’embouchure du fleuve, et c’est ce qui explique le mélange de coquilles marines et de coquilles terrestres qu’on observe dans ce diluvium. L’étude de la stratification des couches
- diluviennes montre qu’elles ont subi deux soulèvements postérieurs à leur dépôt. L’un d’eux est dirigé de l’E. à FO., de telle sorte qu’il y a une pente générale de la plaine, depuis Tenès jusqu’à l’embouchure de FOued-Kesseb, où elle présente le moins de hauteur. L’autre mouvement est une sorte d’ondulation parallèle au rivage et qui a produit une vallée faiblement déprimée abc, longeant les escarpements qui bordent la mer. Le creux de
- N.
- cette vallée est rempli par des alluvions récentes argilo-calcaires, rouges,
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE de 5 à 6 mètres d’épaisseur au plus, et qui donnent une excellente terre végétale. Depuis quatre ans, l’on a commencé à défricher cette terre allu-vienne, qui autrefois était hérissée de palmiers nains, et qui aujourd’hui se couvre de moissons et de jardins.
- L’on trouve une nappe d’eau abondante à la base du terrain diluvien, au-dessus des marnes secondaires qui le supportent. Cette nappe se déverse au dehors le long de la mer, au pied des escarpements du terrain diluvien.
- Les grès calcaires diluviens ont été exploités comme pierres de construction par les Romains et par les Français; ils peuvent fournir de belles pierres d’appareil.
- L’étude du bassin de l’Oued-Allelah, en amont des gorges, donne lieu de penser que ce bassin était primitivement un vaste lac qu’une débâcle diluvienne a écoulé dans la mer. Les cailloux roulés par les affluents de ce lac ont donné lieu à un dépôt lacustre dont il reste encore des témoins auprès de la colonie agricole de Montenotte et sur les pentes du Djebel-Tassa. Le terrain diluvien se compose, à la partie inférieure, de gros cailloux roulés venant des couches tertiaires et secondaires, et, à la partie supérieure, d’une terre argilo-calcaire jaunâtre.
- La coupe ci-dessus indique la disposition relative des terrains secondaire, tertiaire, diluvien et alluvien, auprès de Montenotte. Elle montre que le terrain d’alluvion se trouve sur les rives de l’Oued-Allelah, à un niveau inférieur à celui du diluvium. Du reste, il est arrivé pour l’Oued-Allelah,
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- comme pour le Chelif, que le débit des eaux de cette rivière était autrefois bien plus considérable qu’aujourd’hui. Aussi les alluvions modernes occupent une surface considérable le long des berges de l’Oued-Allelah et de ses principaux affluents. Elles ont une grande ressemblance avec les alluvions anciennes, parce qu elles sont formées des mêmes éléments.
- On a déjà parlé des dépôts diluviens qui se trouvent dans les gorges de l’Oued-Allelah, à une grande hauteur au-dessus du lit de cette rivière. L’un d’eux est situé auprès du vieux Tenès, au détour de la route carrossable.
- Dans la partie supérieure du bassin de l’Oued-Taffilès, il y a quelques dépôts très-restreints, d’un mètre au plus d’épaisseur, formés de cailloux roulés disséminés dans une gangue argilo-calcaire jaunâtre. Ces dépôts nous paraissent devoir être rapportés à la période diluvienne. Quelques dépôts de même nature se remarquent en face de Tenès, sur les dernières berges qui séparent la vallée de l’Oued-Allelah de la vallée de l’Oued-Taffilès.
- Il y a un dépôt de travertin friable de 20 mètres d’épaisseur, à 3 kilomètres environ à l’E. de Tenès, sur la rive gauche de l’Oued-Taffilès; il est pétri d’hélix.
- 11 y a un dépôt très-restreint de travertin à 200 mètres E. de Tenès, sur le bord de la mer, auprès du rocher de la Fontaine.
- Un dépôt de travertin de 4 à 5 mètres d’épaisseur se montre sur la rive gauche de l’Oued-Semam, au point où ce ravin coupe la crête du Djebel-Maaden pour tomber brusquement dans la vallée de l’Oued-Allelah.
- Un dépôt de travertin de 4 à 5 mètres d’épaisseur forme les escarpements du Kef-el-Hmam, sur un affluent de la rive gauche de l’Oued-bou-Ch’gral, à 9 kilomètres de Tenès.
- A l’embouchure de l’Oued-Allelah, il y a une petite plaine alluvienne très-fertile où les habitants de Tenès ont creusé plusieurs norias et commencé plusieurs jardins. Mais cette culture a été délaissée pour celle des céréales. Les argiles alluviennes de l’embouchure de l’Oued-Allelah servent à la fabrication des briques.
- Sous l’abattoir de Tenès, il y a, sur les bords de la mer, de très-gros blocs isolés de diorite. Ces blocs sont à angles vifs et présentent 3 à 4 mètres en tous sens; ils se composent de cristaux allongés d’amphibole noire disséminés en lits parallèles dans une pâte de feldspath blanc et rose. Ils donneraient une fort belle pierre monumentale comme socle de statue. Mais les blocs qui sont à découvert sur les bords de la mer ne pourraient servir
- Terrain d’alluvion de
- l’Oued-Allelah, en amont des gorges.
- Diluvium
- la partie supérieure du
- cours de l’Oued-Taffilès
- Travertin environs de Tencs.
- Travertin
- du
- Kef-el-Hmam.
- Plaine alluvienne à l’embouchure de
- l’Oued-Allelah.
- Briqueteries de Tenès.
- Diorite
- sur le bord de la mer, à Tenès.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Dolomies
- associées à la diorite.
- Alimentation eu cou do Tenès.
- Composition do l’eau de
- l'Oued. Altelali.
- que pour faire un seul piédestal de statue. La roche en place ne se voit nulle part à découvert sur le continent. Le gîte existe sans doute sous les eaux, à une très-petite distance de l’abattoir; on trouve, pêle-mêle avec les blocs de diorite, de gros blocs de dolomie noire, bréebiforme, semblable à celle du fort Santa-Cruz à Oran, et de dolomie cristalline jaunâtre. Le terrain diluvien renferme des cailloux roulés de dolomie et de diorite, ce qui indique qu’il est postérieur à l’apparition de ces roches éruptives.
- L’Oued-Allelah roule assez d’eau en été pour faire marcher un moulin à farine que l’on a construit à l’entrée des gorges. C’est à l’aval de ce moulin et à 3 kilomètres S. de Tenès que se trouve la prise d’eau alimentant la ville et servant à la fois aux usages domestiques et à l’arrosage des jardins qui sont cultivés à l’O. de Tenès, dans la plaine diluvienne citée plus haut. Au-dessous de cette prise d’eau, la quantité d’eau disponible est trop faible en été pour donner une force motrice susceptible d’être utilisée dans l’industrie. Elle forme cependant, à l’embouchure de l’Oued-Allelah, un petit marais qui occasionne, dit-on, des fièvres dans la partie orientale de Tenès. Ce marais est séparé de la mer par une barre de sables qui se brise en hiver lors des fortes crues de l’Oued-Allelah.
- L’eau puisée à l’origine de la conduite, le 17 septembre 184.8 , présentait la composition suivante :
- ( Pour 1000 grammes d’eau.
- Chlorure de sodium.............................. og,8o46
- Chlorure de magnésium........................... »
- Chlorures
- og,8o46
- Sulfate de soude..................................... o ,i545
- Sulfate de magnésie. .................................. 0,4737
- Sulfate de chaux....................................... o ,0808
- Sulfates.................... 0^7090
- Carbonate de magnésie................................ • o ,0706
- Carbonate de chaux................................. o ,1.596
- Peroxyde de fer..................................... o ,oo33
- Carbonates et fer........... og,2 335
- Matières organiques................................... Indéterminé.
- Sels totaux................... 1^7471
- Auteur : De Marigny.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER. 281
- Cette eau est assez médiocre pour les divers usages domestiques, en raison de la grande quantité de sels terreux quelle renferme. Gomme, de plus, elle a un mauvais goût, elle est peu estimée pour la boisson. De même que les eaux de Tighaout auprès d’Orléansville, elle doit sa mauvaise qualité à. son passage à travers les couches du terrain tertiaire moyen. Il est probable que les eaux jaillissantes que l’on pourrait obtenir au moyen d’un forage sur les bords de l’Oued-Allelah, en amont des gorges, et sur les bords de rOued-Tafïîlès, près du confluent de l’Oued-Allelab et de l’Oued-Taflilès, seraient à peu près de même nature que les eaux de l’Oued-Aile!ah. Elles résulteraient, en effet, des eaux d’infiltration du terrain tertiaire moyen.
- Les habitants de Tenès préfèrent à l’eau de l’Oued-Allelab celle de la fontaine du Rocher, située sur le bord de la mer, à 200 mètres environ à l’E. de l’embouchure de l’Oued-Allelah.
- L’eau puisée à cette fontaine, le 17 septembre i848, présentait la composition suivante :
- Pour a000 grammes d’eau.
- Chlorure de sodium................................ og,2 834
- Chlorure de magnésium............................. o ,i43g
- Chlorures..,.................. og,42y3
- Sulfate de soude..................................t. . . »
- Sulfate de magnésie.................................. o ,o582
- Sulfate de chaux...................................... . o ,0808
- Sulfates..................... og, i3go
- Carbonate de magnésie................................ o ,o4y5
- Carbonate de chaux........... . ................... o ,225g
- Peroxyde de fer...................................... o ,0066
- Silice gélatineuse................................... o ,oo33
- Carbonates, fer et silice... og,2833
- Matière organique.................................... Indéterminé.
- Total des sels.. . .......... og,84g6
- Auteur : De Marigny.
- On voit que l’analyse de cette eau confirme les résultats de l’expérience. Le nom de la fontaine du Rocher vient de ce que l’eau de celle-ci tombe
- 36
- Composition de l'eau de la
- fontaine du Rocher.
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-
- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- dans ia mer, auprès d’un entassement de blocs de travertin, dont quelques-uns ont un volume de 4o mètres cubes environ. Il est probable que ce tra-, vertin doit son origine à la source dont il s’agit, source qui renferme 0^,2 833 de carbonate par kilogramme d’eau. Cette source est de très-peu d’importance. Elle résulte de suintements qui coulent le long d’un ravin creusé dans les marnes schisteuses secondaires formant la côte en ce point. La pente de ce ravin est fort rapide, parce que la côte est taillée presque à pic. Les marnes secondaires sont recouvertes, à 20 mètres environ au-dessus de la mer, par 8 mètres d’épaisseur de cailloux roulés de l’époque diluvienne. L’eau de la source doit les sels quelle renferme à ceux qui sont disséminés dans ces alluvions et dans les marnes secondaires; et c’est ce qui rend compte de sa pureté relative.
- On voit encore ici une confirmation de ce principe, que les eaux qui traversent les terrains diluvien et secondaire sont généralement meilleures que les eaux qui traversent les terrains tertiaires, et surtout les marnes ^de ces terrains.
- DEUXIÈME PARTIE.
- DESCRIPTION DES GITES MÉTALLIFÈRES DES ENVIRONS DE TENES.
- Les nombreux gîtes métallifères reconnus dans les environs de Tenès ont donné lieu à diverses concessions et permis de recherches de mines, dont voici l’énumération : / ,
- i° Concession de la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-Allelah, et demande en extension de cette concession; ^
- 20 Concession de la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-Taffilès;
- 3° Concession de la mine de cuivre, fer et plomb du cap Tenès;
- 4° Permis de recherches des gîtes cuprifères de Sidi-bou-Aïssi et du Kef-el-Hmam ;
- 5° Permis de recherches des gîtes de cuivre et de fer du Djebel-Haddid;
- 6° Permis de recherches des gîtes de cuivre et de plomb de l’Oued-bou-Halou.
- Nous allons faire connaître les ressources acttielles de chacun de ces périmètres.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 283
- i° Concession1 de la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-AUelah, et demande en extension de cette concession.
- Nous commencerons par la description de la concession de l’Otfed-Alle-lah, parce que c’est celle qui est le mieux connue, et la seule qui ait donné lieu jusqu’à ce jour à des travaux d’exploitation considérables.
- Nous traiterons en même temps des gîtes de la concession déjà accordée et de ceux qui ont motivé la demande en extension.
- Les gîtes de l’Oued-AUelah peuvent être divisés en six groupes principaux, qui sont, en allant du S. au N. :
- ]° Le filon de l’Oued-bou-Chitann, fournissant du cuivre gris;
- 2° Le filon de l’Oued-Habbous, fournissant du cuivre pyriteux;
- 3° Le filon de l’Oued-bou-Khandack, fournissant du cuivre pyriteux;
- 4° Le groupe de l’Oued-bou-Chemma, fournissant du cuivre pyriteux;
- 5° Le filon d’Aïn-Seliman, fournissant du cuivre pyriteux;
- 6° (a) Le groupe du Camp-des-Gorges, fournissant du cuivre pyriteux;
- (b) Le.filon du Pont, fournissant du cuivre pyriteux;
- (c) Le filon de la Carrière, fournissant du cuivre pyriteux;
- (d) Le groupe de la Smalah, fournissant du cuivre pyriteux.
- Tous ces filons sont dirigés à peu près du N. E. au S. O. et présentent leurs affleurements dans le terrain tertiaire moyen, à l’exception de celui de l’Oued-Habbous, qui pénètre dans les marnes secondaires.
- ^ Nous décrirons d’abord le filon de l’Oued-bou-Khandack, parce que c’est Fu0n celui qui a été le mieux étudié jusqu’à ce jour, et sur lequel portent les i’Oned-hou-Ki»and«ck. travaux d’exploitation proprement dite.
- L’Oued-bou-Khandack descend de la crête du Djebel-Hamar, en coulant de l’E. à l’O., et va se jeter dans l’Oued-Ali, affluent de l’Oued-AUelah. La partie inférieure de son cours sert de limite méridionale à la concession primitive de l’Oued-AUelah. Ce ravin se détache de la crête principale du Djebel-Hamar, au milieu des poudingues et grès du terrain tertiaire moyen, et s’encaisse bientôt profondément au milieu des marnes grises tertiaires moyennes, placées au-dessus de ces grès et formant tout le fond de la
- 1 Une partie des détails qu’on va lire sur la concession de l’Oued-AUelah a été extraite d’un rapport que M. Bertin dé Blagny, ingénieur de la mine, a eu l’obligeance de nous communiquer.
- 36.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE cuvette de l’Oued-Allelah.Le fdon principal de l’Oued-bou-Khandack n’a été découvert qu’en i846. Il est dirigé approximativement N. 45° E. m. et plonge de 45° au N. O. m. Il est encaissé dans les marnes tertiaires dirigées N. 12 4° E. m. et plongeant au S. O. de 65 à 70°. Quoiqu’il se trouvât dans la partie la plus éloignée de la concession, à 6 kilomètres S. E. de Tenès, c’est sur lui qu’on a concentré les principaux travaux d’exploration et les travaux d’exploitation qui leur ont fait suite, à cause de la beauté et de la richesse des affleurements en cuivre.
- Les premiers travaux d’exploration ont démontré que plusieurs veines observées dans la partie supérieure de l’Oued-bou-Khandack appartenaient à un seul et même filon, augmentant de puissance avec la profondeur, et dont la sortie dans les marnes plus divisibles que les grès avait donné lieu à un réseau de veines en éventail. Cette dernière observation, qu’on a eu plusieurs fois l’occasion de renouveler, est d’un grand intérêt pour la direction à donner aux travaux de recherches ou d’exploitation des gîtes cuprifères du district de Tenès. Elle prouve qu’il ne faut pas s’attacher à suivre toutes les veines qu’on remarque dans les affleurements, et qu’il faut faire immédiatement des travaux de profondeur. De cette manière, les travaux sont moins disséminés et plus fructueux. Les résultats obtenus dans cette exploration ont donc encouragé les concessionnaires à porter leurs premiers efforts sur l’exploitation du filon principal de l’Oued-bou-Khandack.
- Les premiers travaux d’exploration ont été entrepris sur la rive droite de ce ravin, parce que, en raison des allures du filon, c’est là que les affleurements étaient le plus élevés. On avait, dès lors, moins à craindre d’être gêné par les eaux d’infiltration, qui pouvaient s’écouler naturellement par les galeries de mines. On a remarqué que les eaux étaient d’autant plus abondantes qu’on s’écartait davantage de la surface du sol et qu’on se rapprochait des grès inférieurs aux marnes. Cette considération a empêché de s’enfoncer sur la rive droite, au-dessous du point où l’affleurement du filon principal coupe l’Oued-bou-Khandack. Aussi les travaux en profondeur ont été surtout développés sur la rive gauche de l’oued. Les eaux devaient être moins abondantes, parce qu’on restait toujours dans les marnes tertiaires, qui atteignent d’autant plus de puissance qu’on s’éloigne davantage des crêtes. C’est ce qu’indique la coupe ci-dessous. On avait, de plus, l’avantage d’atteindre le filon à des niveaux inférieurs, qui d’ordinaire présentent plus
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- d’épaisseur qu’aux affleurements. On remarquera, en passant, que cette abondance des eaux d’infiltration près du contact des marnes et des grès secon-
- daires est un argument en faveur de la réussite d’un puits artésien qu’on creuserait dans la plaine de l’Oued-AUelah, en amont des gorges.
- L’exploitation de la rive gauche comprend quatre étages de travaux' sou-terrains, communiquant au jour par deux puits à grande section, ayant chacun 1 oo mètres de profondeur.
- Des abatages de minerai ont été entrepris à ces divers étages par gradins renversés de 2 mètres de hauteur, en montant d’un étage à l’autre.
- Le vide produit est remblayé avec les déblais stériles restés dans la mine.
- Le filon a une épaisseur variable de om,5o à 2 mètres. 11 a 1 mètre de puissance moyenne.
- La gangue est formée principalement d’ankérite (carbonate triple de fer, chaux et magnésie).
- Le minerai de cuivre pyriteux se présente tantôt en nodules isolés et géodiques, tantôt en veines régulières, dont l’épaisseur atteint parfois om,4o.
- Les travaux d’exploitation ont constaté qu’il existe dans le filon une ligne d’enrichissement remarquable. Cette ligne est oblique dans le plan du filon et dirigée du N. E. au S. O. Elle paraît liée à une faille qui se répète à tous les niveaux, en variant le rejet des deux parties du filon de 2 à 6 mètres.
- Le volume des eaux extraites de la mine varie de 3760 à 4ooo litres par vingt-quatre heures.
- Deux machines à vapeur de la force de -vingt et un chevaux ont été établies depuis peu sur l’un des puits, pour servir à l’épuisement des eaux et à l’extraction des minerais jusqu’à la profondeur de 200 mètres au-dessous de l’orifice du puits. Elle permettra d’étendre l’exploitation sur les deux rives de l’Oued-bou-Khandack.
- Tous les travaux de mines sont solides et en bon état d’entretien.
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- L’aérage de ces travaux est convenable.
- Les bois de soutènement viennent principalement de la forêt de Guelta, située à douze lieues O. de Tenès, sur le bord de la mer. Quelques-uns viennent de Marseille.
- Les travaux souterrains de la mine occupaient quarante mineurs environ le 11 décembre 1854-
- Une caisse de secours a été organisée pour les ouvriers. Elle est alimentée au moyen d’une retenue de 2 p. o/o sur le traitement des ouvriers.
- Un médecin demeurant à Tenès est attaché à l’établissement, et l’on trouve sur place les médicaments indispensables pour donner les premiers secours aux ouvriers malades ou blessés.
- La découverte du filon de l’Oued-bou-Chitann a motivé l’extension de la concession de l’Oued-Allelah vers le S. Ce filon forme la crête du mamelon qui s’étend vers la plaine de l’Oued-Allelah, entre l’Oued-bou-Chitann au S. et l’Oued-Sock au N. Il a pour gangue du carbonate de fer plus ou moins décomposé, et présente à l’affleurement, qui se poursuit sur 3 à 4oo mètres de long, des veines et nodules de cuivre pyriteux et de cuivre gris. Les veines de cuivre gris atteignent i à 5 centimètres d’épaisseur. D’après M. l’ingénieur des mines Flajolot, ce minerai renferme ok,292 d’argent par î oo kilogrammes de minerai à 4o p. o/o de teneur en cuivre.
- On a exécuté sur le gîte de l’Oued-bou-Chitann 34o mètres de travaux divers, comprenant des galeries et des descenderies dans le filon, et des galeries à travers bancs. Ces travaux n’ont donné que de petites quantités de minerai de cuivre pyriteux et de cuivre gris insuffisantes pour payer les frais. Aussi -a-t-on abandonné ces recherches.
- Le filon de l’Oued-Habbous est placé, comme le précédent, dans l’extension du périmètre au S. de la concession primitive. Il forme, sur la rive droite de l’Oued-Habbous, au milieu des marnes tertiaires moyennes, un puissant affleurement ferrugineux, accompagné de nombreuses veines accessoires. Il pénètre plus haut dans les grès tertiaires, qui sont fortement inclinés au S. Il y présente des indices de fer peroxydé cuprifère. Près des sources de l’Oued-Habbous, après avoir coupé le chemin de Sidi-bou-Aïssi, on reconnaît le filon dans les marnes schisteuses secondaires qui se montrent sous les grès, à plus de 5oo mètres au-dessus de la mer. On y remarque trois veinules cuivreuses de pyrite de om,o2 à om,o4 d’épaisseur.
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- Ce gîte n’a pas encore été exploré, parce qu’il est d’un abord assez difficile.
- L’Oued-bou-Chemma est le premier ravin principal qu’on rencontre en marchant au N. de i’Oued-bou-Khandack, dont il est un affluent. L’origine de ces deux ravins se trouve sur le sentier qui va de la smalah des Spahis au marabout de Sidi-bou-Aïssi, et qui indique à peu près la séparation des marnes et des grès tertiaires. Ce sentier coupe, sur une étendue de 7 à 800 mètres, c’est-à-dire à peu près perpendiculairement à la direction des filons, une série de collines courant E. O. Toutes les crêtes de ces collines sont formées d’affleurements de filons très-puissants qui ont soutenu les argiles, et entre lesquels les eaux ont creusé des vallons profondément déchirés. Quatre à cinq filons principaux se distinguent au milieu d’une centaine de veines parallèles et toutes très-régulières. Celles-ci se multiplient surtout singulièrement au toit et au mur du filon principal, qui forme, sur la rive gauche de l’Oued-Haoufen, le contre-fort le plus remarquable, et présente souvent, dans ses parties supérieures, une puissance de 2 à 3 mètres. Dans le filon principal, parfois saillant en escarpements verticaux de 2 à 3 mètres au-dessus des argiles, on distingue, comme dans les autres filons importants de ce groupe, beaucoup de tâches et mouches cuivreuses dès l’entrée de ces affleurements dans les marnes. On peut les suivre au loin sur les crêtes dans les grès, mais sous forme de filons seulement ferrugineux; à mesure qu’on descend dans les argiles, sur la crête du filon principal visible sur plus de 1000 mètres de longueur, les indices cuivreux augmentent, et les argiles semblent avoir été métamorphosées au voisinage du filon. Elles sont criblées de géodes quartzifères pleines de très-petits cristaux microscopiques très-limpides et très-réguliers. Elles sont, mouchetées de points et veines pyriteuses allant souvent à om,0 2 et om,o3, et d’efflorescences çarbonatées vertes et bleues. La direction générale du filon est N. 8o° à 1 io° E. m., et son inclinaison est presque verticale.
- Les filons de l’Oued-bou-Chemma ont été l’objet de 2ÔO mètres de galeries d’allongement. Ces recherches ont été suspendues, parce quelles n’ont fourni qu’une très-faible quantité de pyrite de cuivre.
- Le filon d’Aïn-Seliman est visible dans la partie inférieure de son affleurement, sur le revers S. du coteau formant la rive gauche du ravin d’Aïn-Seliman. Il coupe obliquement le ravin, où il n’est indiqué que par quelques
- Groupe de filons de
- l’Oued-bouChein ma.
- d’Ain-Seliiiian.
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Groupe de îa Smulali et
- Camp-des-Gorges.
- veines minces, puis va former sur la rive droite la crête d’un contre-fort puissant et allongé, où il atteint 3 mètres d’épaisseur pour une seule veine. Après une course de 1 oo mètres, il se bifurque sur les anciennes limites de la concession, puis parcourt toute l’étendue de l’extension demandée au nord, en prenant un développement total d’affleurement de plus de i 5oo mètres.
- Sur toute la ligne d’affleurement, à des hauteurs considérables relativement à Bou-Khandack et à Bou-Chemma, on trouve d’énormes veines d’an-kérite légèrement oxydée, et présentant à la surface des mouches, des nodules et des veines de pyrite cuivreuse. Le fdon est dirigé à peu près N. go° E. m.
- La nature de ces affleurements avait fait concevoir les plus belles espérances aux concessionnaires de l’Oued-Allelah; malheureusement, les travaux de recherches ne les ont pas réalisées. L’affleurement du fdon étant coupé par l’Oued-Seliman, des travaux ont été exécutés sur les deux rives de ce ravin, pour étudier les deux parties du filon. Sur la rive gauche, une galerie à travers hancs de 60 mètres de long a dépassé le filon sans le rencontrer, ce qui a donné lieu de penser que ce dernier avait peut-être subi un rejet en profondeur. Sur la rive droite, on a mené suivant le filon une galerie en direction de 80 mètres de longueur : le filon s’est toujours montré stérile dans cette galerie. Des traverses embranchées à droite et à gauche sur la galerie n’ont donné aucun résultat.
- En aval du filon principal d’Aïn-Seliman, on remarque sur la rive gauche du ravin une petite veine cuivreuse de om,2 0 à om,3o d’épaisseur, dirigée N. 6o° E. m. et plongeant au S. E. de 45°. Cette veine contient aussi un peu de blende. Elle a été explorée par des travaux irréguliers qui ont 3o mètres environ de développement et qui ont fourni quelques jolis fragments de minerai. Il serait utile de poursuivre les recherches sur ce point.
- On comprend sous le nom de groupe de la Smalah et du Camp-des-Gorges un nombreux ensemble de filons et de veines accessoires parallèles qui existent sur 1200 mètres de longueur du S. au N., et sur plus de 2000 mètres de longueur d’affleurements de l’E. à l’O., depuis l’Oued-Henni, limite septentrionale de l’extension demandée au nord de la concession primitive, jusqu’à l’Oued-Allelah. En parcourant cet espace, on voit
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- quatre groupes ou faisceaux distincts de filons, que des veines accessoires multipliées relient entre eux.
- Le plus méridional de ces groupes de filons commence à être bien visible en descendant les crêtes du Djebel-Ouled-Henni, près de l’Aïn-Safsaf, où il forme plusieurs veines de om,2 0 à om,5o d’épaisseur, renfermant presque toutes des indices cuivreux. Il passe de là sur le revers S. du vallon que traverse l’ancienne route de Tenès à Orléansville. Il produit alors une crête d’affleurement reconnue par un puits de 3 à 4 mètres, et vient couper l’ancienne route, près de son débouché au Camp-des-Gorges. On trouve en ce point des ruines romaines et des débris de four, où probablement on traitait du cuivre, car on y a recueilli un morceau de cuivre noir et des scories. Là, les trois à quatre veines formant ce réseau de fdons ont; été explorées par des tranchées et une galerie de 3o mètres, qui, bien que sur l’affleurement même, indiquent partout du cuivre pyriteux en veines de om,o2 à om,o5. Le groupe de filons disparaît un instant sous les alluvions, et reparaît au jour, réuni en un seul filon, dans le lit de l’Oued-Rehan, dont il coupe un des contours. Il passe ensuite sous le plateau du blockhaus Briqueler, pour ressortir plus loin dans le lit même de l’Oued-Allelah, à quelques mètres à l’O. du blockhaus. Dans tout ce parcours, il a souvent plus (l’un mètre de puissance. Il constituait, en i845, dans l’Oued-Rehan, une véritable muraille de minerai pyriteux pur faisant cascade. La pyrite y prenait om, i5 à om,2 0 de puissance.
- Le filon, suivi à ce niveau par 2 mètres de galerie, reste aussi riche que dans le ravin. Dans l’Oued-Allelah, il avait une richesse égale, sinon supérieure. Le filon venait buter contre les argiles, et, évidemment rejeté par une faille, il avait imprégné les argiles environnantes de pyrite et de cristaux Re quartz. La suite de ce filon doit se trouver portée au S. Il court à peu près N. 90° E. m. presque verticalement.
- Ce filon fut reconnu, avant i85o, par deux puits dits Saint-Louis et Saint-Pierre. Ce dernier, placé sur le bord de l’Oued-Allelah, fut poussé à 22 mètres de profondeur dans les argiles. Il n’avait encore pu couper le filon, et ce puits, se trouvant sur la ligne du rejet, l’eût sans doute rencontré dérangé. On voulut rejoindre le filon vers la rivière par une galerie qui devait avoir 20 mètres, et ne put, à cause des eaux d’infiltration, aller à plus de 1 2 mètres. On dut abandonner ce travail, qui devenait trop pénible.
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- Le puits Saint-Louis, au contraire, placé sur l’Oued-Rehan, recoupa le filon à 22 mètres, et le trouva puissant de om,8o et régulièrement riche, de manière à donner un bon minerai de lavage. Une galerie d’une dizaine de mètres le recoupa 12 mètres plus haut, et le trouva dans les mêmes conditions. L’ankérite servant de gangue, confondue à cette époque avec le fer spathique et la chaux carbonatée, affectait un aspect rubané qui se retrouve souvent à Bou-Khandack, quand le remplissage des filons est compacte. On remarque des zones accolées de diverses richesses en pyrite, souvent détachées et rayées de stries intérieures, ce qui prouve soit la formation successive en zones parallèles, soit les mouvements postérieurs subis par le filon.
- Ces deux puits et le baraquement qui les accompagnait furent brûlés deux fois, en 1 844 et i845, par Bou-Maza, après l’attaque de Tenès. M. Bri-queler, fun des concessionnaires de l’Oued-Allelab, y fit élever, en i846, le blockhaus, où quarante ouvriers peuvent se loger et se défendre en cas de péril.
- Au delà de l’Oued-Allelah, le filon se perd sous le plateau de Montenotte.
- Un peu au mur de ce filon, plusieurs veines parallèles coupent le lit de fOued-Rehan et se retrouvent cuivreuses au S. de la vieille route de Tenès.
- Au toit du même filon, une autre veine de om,5o d’épaisseur coupe le lit de l’Ouecl-Rehan à son débouché dans l’Oued-Allelah, et au-dessus de la vieille route présente un puissant affleurement cuivreux et terreux. Une veine accessoire de ce filon a donné lieu à une descenderie où l’on a rencontré deux rejets successifs, l’un de 2 mètres, l’autre de f\ mètres, sur une longueur de i4 mètres. A chaque rejet, le filon se redresse davantage et devient aussi plus cuivreux. La veine n’a que om, 1 2 à om, i5, et contient om,o2 à om,o6 de pyrite pure. Elle se poursuit sur plus de 3o0 mètres.
- Sur le milieu même de la vieille route, court dans le sens du chemin une autre veine de om, i5 à om,4o, qu’on ne quitte pas pendant 4oo mètres, et qui est toujours cuivreuse.
- Sur la berge droite du ravin du PetitrPont et à 2Ô0 mètres au N. de la vieille route, on peut suivre sur plus de 3oo mètres un puissant filon argilo-ferrugineux, imprégné de pyrite en grains ou veinules, en telle quantité que le chapeau du filon lui-même pourrait être pris pour un*minerai de lavage. Souvent la pyrite, imprégnant l’argile des salbandes, donne un minerai léger et facile à laver. L’ankérite est blanche et bien cristallisée à une
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- petite profondeur. Un puits de 8 mètres, foncé en i85o sur cet affleurement, a montré ie même cachet de fdon que dans les parties divisées de Bou-Khanclack. Ce filon disparaît sous la berge de la rive gauche de l’Oued-Allelah et va ressortir dans l’Oued-Arour, où deux anciennes galeries l’avaient reconnu avec le même cachet en 18A6. Il se perd sous les brous- , „^aîe1rie>
- 1 de i Oued-Arour.
- sailles vers le chemin des concessions situées au N. de Montenotte.
- En suivant la nouvelle route entre le petit pont et la passerelle qui com- Fiions de la Carrière, munique avec la traverse de Montenope, on trouve plusieurs veines pyri-t.euses mises à nu dans une carrière de grès tertiaire, se perdant sous les marnes. On en compte trois dans un espace de i5 à 20 mètres. La plus puissante a om,3o à om,6o, et est inclinée de 70° du N. au S., inversement des autres filons. Elle est chargée de pyrite en mouches et nodules. Elle coupe l’Oued-Allelah à côté de la passerelle, mais en subissant un étranglement qui la réduit à om,0 2 de pyrite pure. A TE. des gorges de l’Oued-Allelah, ces veines pyriteuses se prolongent jusqu’à la Smalah, et on les retrouve sur l’ancienne route. A l’O. des gorges, elles passent au delà de l’Oued-Arour, et se continuent au pied des pentes de grès du Djebel-Tassa, à la jonction des grès aux marnes. Une galerie de 20 mètres de long, faite sur l’une d’elles au N. du village de Montenotte, a pu constater leur passage.
- Dans les grès qui encaissent les gorges de l’Oued-Allelah, on voit plu- Fiion.deiaSmaiai.. sieurs failles qui ne sont autre chose que le passage de veines cuivreuses étranglées et visibles sur des épaisseurs de om,o5 à om, 15, entre la nouvelle et l’ancienne route, ces veines deviennent de puissants affleurements qui ne sortent pas des grès et descendent cuivreux dans l’Oued-Hadjela, sous la maison de commandement de la Smalah.
- On peut les retrouver sur les crêtes formées de grès tertiaire qui séparent les deux vallées de l’Oued-Allelah et de l’Oued-Arour. La végétation empêche de les suivre sur le Djebel-Tassa, à travers lequel elles se lient sans doute aux veines cuivreuses visibles à la carrière de Montenotte.
- Il semble même quelles puissent correspondre en direction avec les veines explorées au S. O., dans le permis du Djebel-Haddid, près du marabout de Sidi-Bourouaria.
- Le plus septentrional de tous ces filons serait une veine puissante qui, passant à la descente de l’ancienne route dans l’Oued-Allelah, reparaît au
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- tournant de la nouvelle route, à l’O. du vieux Tenès, et coupe à TE. le grès qui forme le plateau du vieux Tenès, grès dont il a rejeté les couches de om,6o. Cette dernière veine doit se prolonger dans la concession de l’Oued-Tafïilès.
- Il est remarquable que ce dernier groupe cuprifère, bien qu’entièremeiit enclavé dans les grès tertiaires, ait pour gangue constante de l’ankérite, tandis que les fdons cuprifères de l’E. et de l’O. enclavés dans les grès ont généralement pour gangue du carbonate de fer.
- Il est possible que cet ensemble de filons puisse alimenter un jour une exploitation sérieuse. Le point central où viennent converger les principaux filons, et où existent toutes facilités d’installation sur un espace de 800 à 1000 mètres, est le Camp-des-Gorges, entre l’Oued-Rehan et le pont Américain. C’est une position industrielle toute spéciale, située sur la route de Tenès à Orléansville, à proximité d’un centre agricole remarquable, le village de Montenotte, qui est à 6 kilomètres de Tenès et du port d’embarquement. Une étendue de 2 5 hectares d’excellentes terres et de 4o hectares de bois concédés à la compagnie en ce point permettrait d’y former tous les établissements nécessaires. Les indices cuivreux les plus remarquables se voient surtout au pied des coteaux qui viennent mourir au Camp-des-Gorges; cette circonstance obligerait d’exécuter dès l’abord les recherches au-dessous du sol. Or, pour que ces dernières soient rationnelles et qu’elles puissent mener à une exploitation sérieuse, elles doivent avoir pour but d’atteindre immédiatement une grande profondeur, i5o à 200 mètres, et de recouper, par des traverses, toutes les veines reconnues sur l’espace désigné. Un tel travail ainsi compris, avec les descenderies et les voies d’aérage nécessaires et un grand puits percé en vue de l’avenir, serait à la fois de l’exploration et de l’exploitation.
- Le point le plus convenable pour l’ouverture du puits, afin de ne pas avoir trop à craindre les infiltrations superficielles de l’Oued-Allelah, semble être sur la rive droite de cette rivière, auprès de la nouvelle route, en regard du blockhaus Briqueler. Il faudra s’attendre à avoir au moins autant d’eau qu’à Bou-Khandack, à cause du voisinage des grès tertiaires et des infiltrations de l’Oued-AUelah, et installer de suite une machine d’épuisement et d’extraction.
- En résumé, l’on peut déduire de l’examen complet de tous les filons de
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- la concession de l’Oued-Allelah et de l’extension demandée, qu’ils présentent une analogie et un synchronisme de formation remarquables, que les parties voisines des affleurements sont généralement à l’état de chapeau de fer analogue au Gossan de Cornouailles,, et que les parties plus essentiellement cuivreuses se présentent dans les zones inférieures.
- Les observations faites sur les gîtes cuprifères voisins reconnus dans les permis de recherches du Djebel-Haddid, de Sidi-bou-Aïssi et de l’Oued-bou-Halou, permettent en outre de supposer que les liions de la concession de l’Oued-Allelah traversent les diverses assises de la formation tertiaire moyenne, et se poursuivent jusque dans la formation secondaire qui supporte la précédente. Seulement, il pourra se faire que les filons qui fournissent de la pyrite de cuivre dans les marnes tertiaires donnent du cuivre gris dans les assises géologiques inférieures.
- Si les principaux filons énumérés plus haut étaient assez riches pour être exploités en profondeur, il est probable que, dans un avenir assez éloigné sans doute, une grande galerie de roulage et d’écoulement pourrait être exécutée par les concessionnaires de l’Oued-Allelah. Cette galerie serait commencée auprès du blockhaus Briqueler. Elle se dirigerait au N. O. sur la rive gauche de l’Oued-Allelah, et au S. E. sur la rive droite. Elle serait poussée, de part et d’autre de cette rivière, jusqu’aux limites de la concession. Elle couperait transversalement tous les filons reconnus aujourd’hui dans la concession et en ferait probablement découvrir de nouveaux. Elle serait exécutée au moyen d’un puits vertical à grande section, à 200 mètres au-dessous du niveau de la plaine de l’Oued-Allelah, près du blockhaus. Une machine unique servirait, alors à l’épuisement de toutes les eaux de la mine.
- Au sortir de la mine de l’Oued-bou-Khandack, le minerai doit subir quatre opérations :
- 10 Criblage, cassage, triage ;
- 20 Broyage;
- 3° Classement aux trummels;
- 4° Lavage, séchage et transport.
- Les gros morceaux subissent un cassage grossier à la masse, puis un cassage à la massette, qui réduit tout en morceaux de la grosseur d’un œuf, dimension nécessaire pour le broyage à la meule. Cinq casseurs et un
- Projet
- du grande galerie de
- reconnaissance
- et
- d’écoulement à travers la concession de
- l'Oiied-Allelali.
- Préparation mécanique.
- Triage.
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- homme chargé de séparer à la main toute la partie stérile font par jour 3 mètres cubes, soit six tonnes de minerai cassé. Les parties menues sortant de la mine ou venant du cassage sont passées à une grosse claie qui arrête les morceaux de la grosseur du poing, lesquels vont aux casseurs. Tout ce qui passe à travers cette claie est criblé sur des cribles à main en tôle perforée, ou en grillages de fil de fer à mailles de om,oio à om,oi5. Ce qui reste sur ces cribles n’a à subir que le broyage et est mêlé au minerai de cassage. Ce qui passe au travers constitue le menu qui se classe et se lave sans broyage préalable. Cinq cribleurs font en menus ou poussières criblées 2 mètres 1/2 à 3 mètres, qui complètent les douze tonnes de minerai trié venant de quatorze à quinze tonnes de minerai brut nécessaires à la production journalière de deux tonnes et demie à trois tonnes de minerai, à 1 6 p. 0/0.
- Cette première opération classe donc ainsi les minerais bruts :
- i° Minerai de choix expédiable directement à 25 ou 3o p. 0/0 de cuivre,
- environ.......................................................... i/3o
- 20 Minerai de broyage cassé, teneur 3 à 5 p. 0/0 ............. 13/30
- 3° Minerai de lavage, poussière de criblage, teneur 3 à 5 p. 0/0. io/3o 4° Pioches stériles séparées à la main........................ 6/3o
- Les Arabes faisant ce travail sont payés au mètre cube de chaque qualité, de manière à gagner par jour 1 fr. 2Ô cent, environ.
- Le triage complet revient en moyenne, par tonne, à 1 fr. 25 cent, ou 1 fr. 5o cent.
- Les minerais de premier choix furent expédiés la première année en barils et en morceaux, amenés à une moyenne d’au moins 20 p. 0/0 de teneur. Mais, comme il faut, en dernière analyse, qu’ils soient broyés et mélangés pour la fusion, et que l’on perd beaucoup de leur teneur à la vente, dans les essais qui déterminent leur valeur commerciale, on a pris le parti de broyer tous ces minerais séparément, et de les classer simplement après broyage préalable. On obtient ainsi aux trummels quatre à cinq grosseurs de minerais presque purs, qui peuvent se mélanger aux minerais pauvres de volume égal, venant du lavage, de manière à en faire du minerai d’expédition à 16 p. 0/0. On relève ainsi la teneur des minerais lavés deux fois aux cribles et aux tables, et dans lesquels le peu de différence en poids de la pyrite
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- et des gangues ne permet pas un complet enrichissement. Ce minerai de choix, ne subissant ainsi qu’un cassage et un broyage, vient en déduction du prix de revient des opérations mécaniques.
- Le broyage a lieu sous une meule verticale formée d’une couronne en fonte remplie d’une pierre maçonnée, et roulant sur une plaque annulaire également en fonte. Quatre chevaux travaillant deux à deux, pendant des postes de quatre heures, suffisent pour mener cette meule pesant 2 4oo kilogrammes, et qui peut facilement broyer, par journée de dix heures, huit tonnes de minerai de lavage, soit vingt tonnes en vingt-quatre heures. Le revient de cette opération, payée à un entrepreneur à 1 o francs le mètre cube broyé de 25oo kilogrammes, est de 4 francs la tonne. On pense que ce prix élevé baissera avec la production.
- La totalité des minerais de broyage et menus de criblage soumise au travail journalier est classée en douze séries de grosseurs, depuis i 2 à 1 5 millimètres jusqu’à i/3 de millimètre, dans des trummels ou blutoirs en feuilles métalliques, soit de tôle pour les grosses dimensions, soit de zinc perforé pour les petites, jusqu’à 5 millimètres. Ces trummels ont 3m,5o de long sur om,5o de diamètre. Au moyen d’un système de petits engrenages à lanterne faits à la main, en bois du pays, et placés sur un arbre de couche, on donne le mouvement à chaque trummel dont l’arbre est garni d’un engrenage pareil. On pourra, plus tard, les mener tous de front, au moyen d’un tambour mu par une bête de somme. Aujourd’hui, un seul homme mène facilement deux gros ou trois fins réunis sur un seul arbre. Un gamin arabe suffit pour charger trois trummels, et un autre pour vider les caisses. De cette manière, avec sept hommes et enfants travaillant jour et nuit, on classe les douze à quinze tonnes du travail journalier. Il faut, pour cela, une série de un gros trummel, deux moyens et quatre fins. Le gros classe les fragments de i5 à 4 millimètres de diamètre; les moyens, les fragments de 4 à 1 millimètres, et les fins, les fragments qui sont au-dessous de 1 millimètre. On employait auparavant deux hommes à chaque cylindre et un homme pour vider les caisses. Mais, depuis l’emploi de ces moyens économiques, le revient du classement a baissé de 4 francs à 1 fr. 3o cent, la tonne.
- L’atelier de lavage a été disposé de manière à éviter aux matières des parcours inutiles, au sortir de dessous la voûte du manège à broyer. Le
- broyage
- ClassilieaU
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE minerai qui a passé par le crible conique placé autour de l’arbre du manège est bon au lavage. On le porte dans des cases placées derrière les trummels et contre le bassin où s’emmagasine l’eau nécessaire au lavage. De là, on le passe au gros trummel, de celui-ci aux deux moyens et de ces derniers aux quatre fins. Au sortir des trummels, neuf cribles à pompe, placés en ligne, en avant des trummels, reçoivent toutes les grosseurs au-dessus de 1 millimètre. Le plus souvent six à sept sont suffisants pour classer les sept à huit tonnes sur douze allant aux cribles et qui s’y lavent plus ou moins vite, suivant la richesse et la grosseur des minerais. Ils sont alimentés par une conduite spéciale munie d’un robinet d’entrée de l’eau et d’une vanne de vidange. Le piston du crible est creux à l’intérieur. Ce piston agite l’eau, y suspend toutes les matières d’égal volume qui, en tombant, se classent par degrés de richesse. Deux à trois cribles servent à augmenter un peu la production, en lavant une deuxième fois du minerai criblé pauvre et mis de côté à la suite d’un premier lavage. Ainsi, le produit des cribles se divise naturellement en trois couches de minerai de 3o, 22, 12 p. 0/0 de teneur, séparés par l’opération même du lavage, puis réunis pour l’expédition en proportion suffisante pour faire du minerai à 16 p. 0/0. Ce produit forme environ les 3/5es du produit total des cribles, non pas en poids, mais en minerai contenu, à 16 p. 0/0.
- i° Minerai à 3o, 22 et 1 2 p. 0/0............................. 0,60
- 20 Riche à rebroyer, à 5 p. 0/0............................... 0,20
- 3° Pauvre à rebroyer, à 3,3 p. 0/0............................ 0,15
- 4° Boues et pertes............................................ 0,05
- Total.............. 1,00
- Les produits secondaires doivent être rebroyés et réduits aux plus fines dimensions,pour qu’on en tire aux tables les 4o p. 0/0 de minerai à 16 p. 0/0 qui s’y trouvent contenus. Ce broyage se fait dans une machine à cylindres mue à bras d’homme.
- Le riche à rebroyer, reclassé aux trummels, peut subir avec avantage un deuxième passage aux cribles, et, en donnant une deuxième portion de minerai à 1 2 p. 0/0, il descend au rang de pauvre à rebroyer.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Tout le minerai au-dessous de i millimètre passe aux tables allemandes ou dormantes. Une série de quatre tables allemandes et de trois tables dormantes suffit généralement pour passer par jour deux tonnes et demie à trois tonnes, restant de la production brute qui subit le lavage. Cependant, comme il y aurait souvent insuffisance, un autre jeu semblable pare à tout inconvénient. Il peut souvent passer, en outre, une bonne partie des schlamms mis sur halde comme résidu d’un premier lavage aux tables, et qui, étant lavés une deuxième fois, viennent augmenter un peu la production journalière.
- Les tables allemandes ont 4 mètres de long sur om,5o de large et om,5o d’encaissement. Leur pente est de om, i5 sur la longueur totale.
- Les tables dormantes ont 4 mètres de long sur om,7o de large et om,2o d’encaissement. Elles n’ont que om, î o de pente sur la longueur.
- Quant aux tables allemandes, l’une d’elles achève le schlich préparé par
- les trois autres :
- Un ouvrier est employé par table.
- Le produit des tables se partage ainsi :
- i° Schlamms d’expédition, à 16 p. o/o ...............*. . o,65
- 2° Schlamms à relaver mis de côté et repassés ensuite, teneur
- moyenne 4 p. o/o................................... 0,25
- 3° Boues de dépôt, à 3,3 p. 0/0......................... 0,10
- Total.......... 1,00
- Le coût moyen du lavage aux tables est de 4 fr. 20 cent, par tonne.
- Depuis quelque temps, on a remplacé trois tables dormantes sur six par deux tables anglaises à fond de toile mobile, du système Brunton, appliqué depuis peu aux Cornouailles, pour le lavage des boues de dépôt. On a essayé d’y passer toutes les grosseurs de minerai qui vont aux tables allemandes ; mais ces appareils ne conviennent pas aux grosses dimensions, pour lesquelles l’effet du rable de l’ouvrier agit bien plus efficacement que le simple mouvement de la toile en sens inverse de celui de l’eau. De 1 à 5 millimètres de grosseur, les minerais s’enrichissent à 8 ou 1 o p. 0/0 par un premier lavage sur ces tables; mais un deuxième ne produit pas d’effet
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- 298 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- sensible, et ii faut achever aux tables allemandes. Pour les dimensions inférieures à 1/2 millimètre, l’enrichissement se fait mieux; mais il faut toujours concentrer aux tables dormantes pour arriver à 16 p. 0/0 de teneur.
- Les tables Brunton font beaucoup de besogne, avec deux gamins dont Fun tourne et l’autre surveille. Avec une machine pour moteur, une femme pourrait en surveiller six. Chaque table peut passer 600 kilogrammes par jour.
- Les divers minerais de grosseurs et richesses variables sont réunis dans les proportions nécessaires à leur richesse moyenne de 16 p. 0/0, et séchés au soleil en été sur une aire en briques, puis mis en sacs de 3o kilogrammes à peu près, qui sont transportés à Tenès. La première année on l’expédiait en bordelaises; mais le jeu des bois, par suite de la chaleur du pays, était une cause de perte et de dépense considérable. L’emploi des sacs est plus facile et a paru moins coûteux aux exploitants. Les pertes ne sont pas aussi fortes qu’avant. En hiver, on a séché les minerais dans un four provisoire. Mais la cherté du combustible dans le pays fait que le séchage revient encore, avec emballage, à 4 fr. 5o cent, la tonne, et qu’autant vaut subir la perte de poids attribuée dans l’essai d’achat à l’humidité des schlamms. La distance de la mine à Tenès est en tout de 12 kilomètres, toujours en descendant; et le prix de 6 francs la tonne que l’on paye pour le transport jusqu’à Tenès est encore cher, mais baissera avec le temps par l’augmentation de la production et l’amélioration des routes.
- Un deuxième atelier de trois trummels fins se trouve sur la rive gauche de l’Oued-bou-Khandack, pour reclasser les schlamms pauvres à 4 p. 0/0 de teneur, venant du lavage aux tables. C’est ce qui est entraîné au bas des tables allemandes qui constitue ces schlamms pauvres. Pour les enrichir, il faut les classer d’abord, et relaver ensuite séparément les grosseurs, dont les unes sont beaucoup plus riches que les autres. Après ce deuxième lavage, les parties entraînées par l’eau ne contiennent plus que de la pyrite brisée et réduite en nombreuses lamelles dont le diamètre est inférieur à i/4 de millimètre. On les sèche, on les reclasse de manière à rejeter le gros resté qui n’est formé que de gangue, et le fin est relavé aux tables allemandes. On arrive ainsi à perdre le moins possible de minerai; mais l’eau, le vent, les pertes pendant les manipulations font toujours un effet sensible que l’on évalue à ^ de perte totale.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Le prix moyen de la préparation mécanique est, tout compris, d’environ 5o francs par tonne de minerai expédié à 16 p. o/o de teneur. Ce prix est un maximum qui ne peut durer dès que les perfectionnements mécaniques auront été introduits, que les ouvriers seront plus habiles et l’ensemble des appareils satisfaisant. On espère que ce prix baissera du tiers, et qu’il se réduira, en conséquence, à 33 francs.
- 2° Concession cle la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-Taffilès.
- La concession de la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-Taffilès, s’étend à l’E. de Tenès et à proximité de la mer, sur une superficie de i 2k,4g. Aucun travail n’a été fait dans cette concession depuis le i4 mai 1849, date du décret de concession.
- Les travaux d’exploration exécutés sur les filons reconnus dans le périmètre de cette concession sont fort peu étendus et ne permettent pas de se prononcer d’une manière définitive sur la richesse et les allures en profondeur des gîtes cuprifères. On a signalé jusqu’à ce jour six filons qui sont encaissés dans les marnes du terrain tertiaire moyen, à l’exception cl’un seul qui est encaissé dans les grès tertiaires inférieurs aux marnes. Ils ont des directions très-variables; ils sont formés d’une gangue de carbonate de fer hydroxydé, contenant des veines de pyrite de cuivre de 1 à 2 centimètres d’épaisseur. Leur puissance varie de om, 10 à om,5o; elle diminue le plus souvent en profondeur avec la richesse en cuivre. Mais cela peut tenir à un étranglement local, ainsi que cela s’est présenté quelquefois dans la concession voisine de l’Oued-Allelah. Il importe donc de reprendre les travaux d’exploration et de les pousser avec activité pour atteindre les niveaux inférieurs des filons.
- 3° Concession de la mine de cuivre, fer et plomb du cap Tenès.
- La concession de la mine de cuivre, fer et plomb du cap Tenès, est située au N. de la précédente, dont elle est séparée par l’Oued-Taffilès. Elle s’étend au N. E. de Tenès, le long de la mer, sur une superficie de 11 k,39.
- Aucun travail n’a été fait dans cette concession depuis le i4 mai 1849, date du décret de concession.
- Les filons cuivreux du cap Tenès présentent les mêmes caractères que
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- ceux de la concession de l’Oued-Taffilès. Ils sont formés de carbonate de fer plus ou moins décomposé, servant de gangue à des veines de pyrite de cuivre dont l’épaisseur est en général de 1 à 2 centimètres, et s’élève parfois jusqu’à i5 ou 18 centimètres; ils sont encaissés la plupart dans les grès tertiaires, tandis que ceux de l’Oued-Taffilès sont encaissés dans les argiles. Cela vient, de ce que les couches tertiaires sont relevées vers le cap Tenès, que les grès se montrent seuls à la partie supérieure des affleurements de ces couches tertiaires, et que la concession du cap Tenès s’étend jusqu’au pied du massif secondaire du cap. Le filon le plus remarquable de la concession du cap Tenès se trouve sur la rive droite de l’Oued-Taffilès, à 1000 mètres environ à TE. de Tenès. Il se compose de carbonate de fer hydroxydé contenant des veines et des nodules de pyrite de cuivre qui ont jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur à l’affleurement. II présente une épaisseur de 1 mètre, qu’il conserve avec assez de régularité dans toute l’étendue d’une galerie de reconnaissance de 20 mètres de long. Il est dirigé N. 2 5 à 35° E. m. et plonge à l’E. sous un angle de 8o° près du jour. Il pénètre à la fois dans les marnes et les grès tertiaires dont on voit la superposition immédiate sur les bords de la rivière. Pour reconnaître le filon en profondeur, on a creusé au fond de la galerie et au toit du filon un puits qui a recoupé ce dernier à 9 mètres de l’ouverture. Le filon est fort beau en ce point; il a une puissance totale de om,3o à om,4o; il est composé de carbonate de fer très-pur, et contient des veines de pyrite de cuivre qui atteignent ensemble i5 à 18 centimètres. L’affluence des eaux a empêché de creuser une galerie dans le filon à partir du puits. Il est probable que ce filon se prolonge souterrainement dans la concession de l’Oued-Taffilès. Les filons signalés dans la concession du cap Tenès sont plus nombreux et paraissent plus riches que ceux qui ont été signalés dans la concession de l’Oued-Taffilès. Il importe de reprendre les travaux de mines et d’atteindre rapidement les niveaux inférieurs des filons.
- 4° Permis de recherches des gîtes cuprifères de Sidi-bou-Aïssy et du Kef-el-Hmam.
- Le 22 avril i85i, un permis d’exploration de six mois a été accordé par M. le ministre de la guerre pour la reconnaissance de gîtes cuprifères signalés auprès du marabout de Sidi-bou-Aïssi et du Kef-el-Hmam, à 9 kilomètres E. de Tenès.
- Les travaux exécutés ont donné lieu à une demande en concession qui est
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- en cours d’instruction; ils ont porté sur trois points principaux, qui sont :
- i° Le filon du Caïd;
- 2° Le filon de Sidi-bou-Aïssi;
- 3° Le groupe de filons du Kef-el-Hmam.
- Le filon du Caïd se trouve sur un col qui sépare la vallée de l’Oued-bou-Chitann de la vallée de l’Oued-bou-Ch’gral. Il présente à l’affleurement, qui n’a que quelques mètres de longueur, une veine de pyrite cuivreuse de 2 centimètres d’épaisseur, dirigée N. 86° E. m. et plongeant au S. de 8o°. Il est encaissé dans les marnes schisteuses noirâtres du terrain secondaire, qui forment un îlot à la partie supérieure du cours de l’Oued-bou-Chitann, où elles apparaissent au-dessous du poudingue tertiaire moyen. Il a été attaqué, sur le sentier arabe, par deux branches à ciel ouvert qui ont ensemble 3o mètres cubes environ, et par un puits de im,5o de profondeur dont l’excavation a été suspendue par suite de l’invasion des eaux. On a recoupé le filon à ] 5 mètres au-dessous de l’ouverture du puits, par une galerie à travers bancs qui atteint le filon à 25 mètres du jour. Cette galerie donne écoulement à un volume d’eau assez considérable. Le filon y atteint une puissance de i "\2o, et contient quatre veines de pyrite cuivreuse de 2 à 3 centimètres d’épaisseur, séparées elles-mêmes par de l’argile imprégnée de pyrite. La déclivité du terrain permet d’exécuter une galerie à travers bancs qui recoupera le filon à 75 mètres au-dessous de l’affleurement.
- La présence du filon du Caïd dans les marnes secondaires est très-intéressante, parce quelle indique que le cuivre du district métallifère de Tenès peut se trouver également dans le terrain tertiaire et dans le terrain secondaire, et que dès lors les filons du terrain tertiaire peuvent avoir une grande continuité en profondeur.
- Le filon de Sidi-bou-Aïssi se trouve à 1200 mètres environ N. E. du précédent. Sa direction est N. 45° E. m. Il plonge au S. E. Il constitue la crête d’un mamelon sur une longueur d’environ 200 mètres, avec une largeur variable. Ses salbandes ne sont pas régulières, parce qu’il est encaissé dans les marnes tertiaires moyennes. Il se divise à l’affleurement en un réseau métallifère englobant une certaine quantité de marnes encaissantes plus ou moins modifiées. On a ouvert dans ces marnes, à 6 ou 7 mètres au-dessous de la crête du mamelon, une galerie qui a recoupé le filon à 8 mètres de profondeur. On a trouvé en ce point une veine de cuivre gris qui a om,o8
- Filon du Caïd.
- Filon
- de Sidi-bou-Aïssi.
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- 302 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- d’épaisseur et qui doit engager à poursuivre les recherches en profondeur. A cet effet, il importe d’entreprendre une galerie à travers bancs au niveau le plus bas possible. La déclivité du terrain permet d’attaquer ainsi le fdon à i 2 5 mètres au-dessous de l’affleurement.
- La coupe ci-dessous montre la disposition des couches tertiaires auprès du fdon de Sidi-bou-Aïssi.
- D’après M. l’ingénieur Flajolot, le cuivre gris de Sidi-bou-Aïssi ne contient pas d’arsenic. A l’état de pureté, il renferme 0,39 de cuivre. Sa teneur en argent est un peu variable; elle est comprise entre 200 et 280 grammes d’argent au quintal métrique de minerai pur.
- Le groupe de fdons du Kef-el-Hmam est situé sur la rive gauche de POued-AHali, à 4oo mètres de son confluent avec l’Oued-bou-Ch’gral et à 5ooo mètres environ de la mer.
- Ce groupe comprend six fdons parallèles encaissés dans les grès et marnes du terrain tertiaire moyen. Le filon principal est dirigé N. 35° E. m. et plonge au N. O. de 45°. Son affleurement a une épaisseur variable qui s’élève jusqu’à 1 mètre. On peut le suivre sans discontinuité sur une cinquantaine de mètres. Au Kef-el-Hmam, le talus naturel du terrain a mis ce filon à découvert sur une hauteur de 5 à 6 mètres. Le filon a été attaqué en ce point par une galerie en direction et par deux descenderies. La galerie le suit sur 25 mètres de longueur, à 5 ou 6 mètres au-dessous de l’affleurement. La
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- richesse en minerai n’est pas régulière; mais la présence du Filon est toujours Facile à constater au milieu des marnes encaissantes, par suite d’une sal-bande régulière Formant le mur. On a extrait de cette galerie de beaux échantillons de cuivre gris massiF de 1 o centimètres d’épaisseur. L’une des descen-deries est embranchée sur cette galerie; elle a 9 mètres de profondeur. Le Filon, qui a om,75 de puissance au seuil de cette descenderie, s’amincit au fond et y plonge de 55° au S. E. Dans l’angle formé par ce changement d’inclinaison, le filon se compose de marne argileuse associée à de la pyrite de fer et à du cuivre gris. La deuxième descenderie a 6 mètres de profondeur; elle est verticale; on l’a creusée pour examiner une veine de minerai qui s’embranche sur le filon principal et qui contient du cuivre gris associé à du carbonate de fer plus ou moins pulvérulent. La gangue des filons du Kef-el-Hmam se compose de carbonate de fer et de sulfate de baryte, comme à Mouzaïa.
- Il conviendrait d’entreprendre sur le Kef-el-Hmam un travail de longue haleine, et d’exécuter, au niveau le plus bas possible, une galerie à travers bancs qui recouperait tous les filons dont les affleurements sont reconnus.
- D’après M. l’ingénieur Flajolot, le cuivre gris du Kef-el-Hmam est assez semblable, par son aspect et sa composition chimique, au minerai de Mou-zaïa; mais il renferme quatre fois plus d’argent. Un assez grand nombre d’échantillons, examinés par M. Flajolot, lui ont toujours donné une même teneur en argent. Cette teneur est de 44° grammes par 100 kilogrammes de minerai pur contenant 4o kilogrammes de cuivre. D’après cela, chaque kilogramme de cuivre contenu dans le minerai contient 1 1 grammes d’argent. L’exploration des filons du Caïd, de Sidi-bou-Aïssi et du Kef-el-Hmam ne paraît pas assez avancée pour donner lieu à une concession immédiate.
- 5° Permis de recherches des gîtes de cuivre et de fer du Djebel-Haddid.
- Le i4 mai 18Ô2, un permis d’exploration de six mois a été accordé par M. le ministre de la guerre pour la reconnaissance des gîtes de cuivre et de fer du Djebel-Haddid, situés à 7000 mètres à l’O. de Tenès. Ce permis a été renouvelé pour un an par arrêté ministériel du 21 août 1854, parce que les travaux de recherches n’étaient pas suffisamment développés pour qu’on pûl donner suite à la demande en concession qui a été faite de ces gîtes.
- Les terrains compris dans le périmètre dont il s’agit sont situés, au nord,
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- Minerai de fer du Djebel-Haddid.
- 304 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- dans le terrain secondaire, et, au sud, dans le terrain tertiaire moyen; ils peuvent être divisés entrois zones parallèles, dirigées E. O. et dont la richesse est très-différente. Jusqu’ici, on n’a signalé aucun gîte dans la zone septentrionale qui s’étend au N. de la route muletière de Mostaganem à Tenès. La zone moyenne est formée par la vallée de l’Oued-Arour; elle comprend le gîte de minerai de fer du Djebel-Haddid et un filon de cuivre pyriteux que nous avons découvert il y a plusieurs années sur la route désignée ci-dessus. La zone méridionale est la plus riche en cuivre; elle renferme trois filons principaux et plusieurs veines d’une importance moindre.
- Nous décrirons successivement tous les gîtes signalés dans les deux dernières zones.
- Le Djebel-Haddid, montagne de fer, est une dépendance du Djebel-Fedj, et se trouve compris entre deux ravins descendant de la crête du Djebel-Fedj, point limite de la concession demandée. L’un de ces ravins est l’Oued-el-Haddid, qui limite le périmètre à l’E.
- Il y a, sur le Djebel-Haddid, trois grottes qui résultent de l’exploitation ancienne du minerai de fer. La grotte principale est située à 200 mètres O. du Djebel-Haddid; elle a i5 mètres de long, 5 mètres de large et 3 mètres de hauteur, c’est-à-dire 22Ô mètres cubes de volume; elle a été ouverte sur un amas de minerai de fer qui est un mélange de peroxyde de fer hydraté, de peroxyde de fer anhydre et de carbonate de fer. Il est très-probable que tout le minerai de fer était primitivement à l’état de carbonate, qui a été décomposé plus tard par l’action des agents atmosphériques. Les parties souterraines qui ont été soustraites à cette action sont sans doute formées encore de carbonate de fer non décomposé, ainsi qu’il arrive dans les nombreuses mines de fer du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales. Le minerai de fer du Djebel-Haddid constitue, dans la première grotte, un amas intercalé entre l’argile schisteuse grise et le calcaire gris bleu compacte du terrain secondaire. Ce gîte est recouvert en stratification discordante par le poudingue tertiaire moyen, qui prend un développement très-considérable sur la rive droite de l’Oued-Arour. Le calcaire gris bleuâtre caractéristique du terrain secondaire est criblé de trous de coquilles lithophages au contact du terrain tertiaire, ce qui prouve que le gîte de minerai de fer se trouve aujourd’hui sur l’ancien rivage de la mer tertiaire moyenne.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 305
- N.O. S.E.
- mite- du, D^Ætddid,
- La coupe ci-dessus indique la situation géologique du gîte ferrugineux du Djebel-Haddid.
- L’affleurement ferrugineux de la première grotte se poursuit à l’O. sur 5o mètres de longueur environ; il est nettement indiqué par une large bande jaune qui tranche sur la couleur gris bleuâtre du calcaire secondaire; il se cache ensuite sous une couche de calcaire ferrugineux passant au poudingue qui sert de base au terrain tertiaire moyen. Cette roche ferrugineuse peut être confondue au premier abord avec le minerai de fer du terrain secondaire; mais, en la cassant, on voit que l’intérieur est à l’état de calcaire plus ou moins ferrugineux, et que la coloration brun noirâtre qu’on observe à l’extérieur est presque entièrement superficielle.
- L’affleurement de minerai de fer apparaît de nouveau dans le ravin qui limite à l’O. le bassin du Djebel-Haddid. On y a ouvert deux grottes qui se touchent; l’une d’elles est presque entièrement comblée par des détritus; l’autre sert aujourd’hui de demeure à une famille arabe; elle a environ 5o mètres de long, 10 mètres de large et 2m,5o de haut, c’est-à-dire 25o mètres cubes de volume. Le minerai de fer est de même nature que dans la première grotte, et forme un amas de 2 à 3 mètres d’épaisseur, intercalé entre les argiles schisteuses du terrain secondaire et le calcaire ferrugineux du terrain tertiaire moyen. Une salbande polie, qui se trouve sur le calcaire tertiaire, au contact du minerai de fer, indique que ce minerai n’est pas contemporain du terrain secondaire. C’est un gîte de contact qui s’est manifesté après le dépôt du terrain tertiaire moyen, et qui est dû sans doute à la même cause que les nombreux filons cuivreux du district duTenès. Seulement, ce gîte est ici exclusivement ferrugineux.
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- filon
- do pyrite cuivreuse du
- Djcliel-Mrarldera.
- filon situe à
- la sourca
- de l’Oucrl-Semam,
- 306 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Le poudingue tertiaire moyen qui recouvre le pied du revers méridional du Djebel-Haddid est caractérisé par Yostrea Boblayei.
- On a fait abattre, dans la grotte orientale, 9 à 10 mètres cubes de minerai, qui ont rendu 4o p. 0/0 de fonte au hautfourneau; aucun travail n’a été fait depuis lors pour s’assurer de la continuité du minerai de fer entre les deux grottes principales.
- Le filon de pyrite cuivreuse situé sur le Djebel-Mraddera, le long du sentier qui mène de Tenès à Mostaganem, présente aujourd’hui un affleurement fort restreint. On y a exécuté une fouille de 2 mètres de profondeur sur 2 mètres de côté. La veine cuprifère a om,o6 d’épaisseur au fond de l’excavation. Ce filon, qui plonge de 2 0° N. O., est encaissé dans le poudingue tertiaire moyen, auprès de la zone de contact du terrain secondaire.
- Il conviendrait de continuer des recherches sur ce point.
- Le filon qui est situé à la partie supérieure du cours de l’Oued-Semam est le plus occidental du périmètre; il affleure d’une manière remarquable sur le col qui fait communiquer le bassin de l’Oued-Semam avec le bassin de l’Oued-sidi-Sada; il est dirigé N. 75° E. m. et plonge au S. presque verticalement; il affleure sur 3oo mètres environ de longueur, sur la ligne de faîte qui sépare les deux bassins indiqués ci-dessus; mais, cependant, il présente diverses lacunes dans cette étendue. Il est plus régulier à l’E. du col qu’à l’O. Son épaisseur est variable; au col, elle est de om,2o. La gangue se compose de minerai de fer hydroxydé ; le cuivre s’y montre en veines et nodules à l’état de pyrite et en taches de carbonate vert. Le filon est presque entièrement compris dans les marnes tertiaires grises; mais il a coupé également un banc de grès quartzeux enclavé dans ces marnes, et qui affleure en plusieurs points sur la ligne de crête, à l’E. du col. Ce banc a été plié en dôme suivant cette ligne de crête. Auprès des salbandes du filon, le grès est d’un gris très-clair et offre un aspect vitreux; il a évidemment subi une modification dans sa texture primitive. On pourrait, au premier abord, le confondre avec le quartzite du terrain secondaire.
- On a exécuté au col, sur le filon, un puits de 2 mètres de profondeur et de 2 mètres de côté.
- Les marnes argileuses qui encaissent le filon sont dirigées N. 65° E. m. et plongent en sens inverse sur les deux talus du col, ainsi que l’indique la coupe ci-après.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
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- Le filon situé à la partie inférieure du cours de l’Oued-Semam forme un
- barrage de 2 mètres de hauteur dans le lit de cette rivière ; il est dirigé N. 75°E. m., et plonge verticalement dans les marnes tertiaires grises, près du contact des grès qui les supportent. Ces grès ont été fortement pliés de part et d’autre de la crête de la montagne.
- Le filon a pour gangue du carbonate de fer plus ou moins décomposé, qui injecte aussi une certaine épaisseur de marnes encaissantes, de telle sorte que le filon a l’aspect d’un réseau métallifère de 1 mètre à im,5o d’épaisseur. Les marnes englobées dans le filon sont dures, violacées en dedans, couvertes à l’extérieur de plaques noires, dues sans doute à du manganèse. La pyrite de cuivre se trouve disséminée en rares nodules dans la gangue ferrugineuse. On a exécuté dans le filon, sur la rive droite de la rivière, un puits incliné de 10 mètres de profondeur et de im,5o de côté. On a été obligé de suspendre ce travail par suite de l’abondance des eaux. Le filon a éprouvé un rejet près de la surface ; il s’est enfoncé ensuite verticalement avec une épais-
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- y f ilo n
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- seur moyenne de om,4o en carbonate de fer non décomposé; il est complètement stérile en cuivre dans la profondeur.
- Le filon de l’Oued-sidi-Betiour est le plus important de la concession demandée, et c’est là que se sont concentrés les efforts de l’explorateur. Le filon affleure dans le lit du ravin, où il a om, 10 d’épaisseur en pyrite de cuivre massive sur 2 mètres de long. On a exécuté, sur cet affleurement, une descenderie de 10 mètres de longueur et de im,5o de côté, dirigée du S. 26° E. m. au N. 2 5° O. m., suivant la ligne de plus grande pente du filon. Ce dernier a persisté dans cette descenderie avec une épaisseur variable qui a présenté quelquefois om, 1 5 de pyrite. Son inclinaison est d’environ 45° à la partie supérieure; mais, au fond des travaux, il plonge plus fortement au N. O. On a été obligé de suspendre ce travail à cause des infiltrations du ravin. La descenderie s’est alors complètement remplie d’eau et a donné lieu à un écoulement constant.
- L’affleurement principal du filon se montre près du confluent des deux branches de l’Oued-sidi-Betiour; il se poursuit sur la crête comprise entre ces deux branches, mais sans apparence de cuivre. Une galerie a été entreprise à travers les marnes tertiaires encaissantes, pour aller à la recherche du filon de la descenderie. Le seuil de cette galerie est à om,4o au-dessous du seuil de la descenderie. On a pratiqué d’abord une tranchée à ciel ouvert de 1 2 mètres de long. Le toit de cette tranchée a été recouvert par des rondins sur 7 mètres de longueur. A partir de l’extrémité boisée commence une galerie à travers bancs qui a 60 mètres de longueur. La direction de cette galerie est fort irrégulière; elle ne se rapproche pas assez du N. m., ce qui lui a fait prendre un assez long développement avant de rencontrer le filon. Ce dernier a été reconnu à l’extrémité de la galerie par deux traverses, dont l’une a 1 o mètres de long et l’autre 5 mètres. Le filon s’est perdu à l’extrémité de la traverse orientale qui est la plus courte. Dans la traverse occidentale, il plonge fortement au N. O., comme dans la descenderie; il présente des veines de pyrite de cuivre massives qui atteignent om, 13 d’épaisseur, au milieu d’une gangue composée de veines parallèles d’ankérite et de carbonate de fer. Les travaux de la galerie ont asséché complètement la descenderie; ils ont donné lieu à un cours d’eau ferrugineuse qui débite 36 litres par minute.
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- Il est très-probable que le filon qui a été reconnu dans la galerie est le même que celui de la descenderie. Cela résulte de leur direction commune, de leur identité de caractère et de l’épuisement des eaux de la descenderie, opéré par l’approfondissement de la galerie. On peut conclure de là que le filon de l’Oued-sidi-Betiour a été reconnu en profondeur en deux points séparés par une distance horizontale d’environ 70 mètres. Il est à désirer qu’on s’assure de la continuité et de la richesse du filon entre ces deux points extrêmes, au niveau de la galerie ainsi qu’à des niveaux inférieurs.
- Il existe encore, dans le périmètre dont il s’agit, d’autres affleurements cuprifères sur lesquels il n’a été fait aucun travail et sur la valeur desquels il n’est pas possible de se prononcer. L’un de ces filons termine l’escarpement appelé Ras-el-Kouba; il a om,7Ô d’épaisseur; sa direction est N. 20° O. m.; il s’enfonce verticalement dans les marnes tertiaires violacées; il est rempli par du fer hydroxydé contenant de la pyrite cuivreuse et du cuivre gris. Le cuivre gris a donné à M. l’ingénieur Flajolot 2Ôo grammes d’argent pour 100 kilogrammes de cuivre. C’est la même teneur que pour le minerai de Mouzaïa.'
- L’exploration du périmètre du Djebel-Haddid ne paraît pas suffisamment avancée pour donner lieu à une concession immédiate.
- 6° Permis de recherches des gîtes de cuivre et de plomb de l’Oued-bou-Halou.
- Le 15 octobre 1851, un permis d’exploration a été accordé par M. le ministre de la guerre pour la reconnaissance des gîtes cuprifères de l’Oued-bou-Halou, situés à i3 kilomètres S. de Tenès. Ce permis a été renouvelé pour six mois par arrêté ministériel du 6 novembre 1854, parce que les premiers travaux de recherches n’étaient pas suffisamment développés pour qu’on pût donner suite à la demande en concession qui a été faite de ces gîtes.
- Les gîtes signalés dans ce permis sont au nombre de quatre, savoir :
- i° Les filons des environs du marabout de Sidi-bel-Kassem;
- 20 Les filons des environs de la cascade de l’Oued-bou-Halou;
- 3° Les filons du Kef-Blad-el-Keraker;
- 4° Les filons de l’Oued-Doudou.
- Le premier groupe comprend deux filons principaux : l’un de ces filons Filons se trouve sur un sentier, à 5oo mètres environ N. E. du marabout de Sidi-bel-Kassem; il est dirigé N. io° E. m. verticalement. Il a pour gangue du carbonate de fer décomposé et renferme à l’affleurement un peu de pyrite
- Filon
- -du
- Ras-el-Koubs.
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- cuivreuse. Son épaisseur est de om,4o à om,5o. Il est encaissé dans les marnes tertiaires grises. On n’a exécuté aucun travail sur ce point.
- Le cimetière de Sidi-bel-Kassem est situé sur la crête d’un mamelon allongé, coupé par un col. Cette crête est formée par un filon dirigé N. 3o° E. m., dont la gangue se compose de carbonate de fer altéré, au milieu duquel se trouvent des nodules et veines de pyrite de cuivre. Le filon se partage à l’affleurement en plusieurs veines qui s’anastomosent entre elles et qui ont traversé à la fois les marnes tertiaires et les marnes secondaires, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous.
- _ q Filon Jerro - cuivreux S. E.
- du Æaralout de Sidi-belFassejn.
- Le col qui entaille la crête du mamelon permet de voir la superposition des deux terrains en stratification discordante. Les marnes secondaires sont noires, très-fissiles, et ont un faciès facile à reconnaître. Les marnes tertiaires sont grises, à cassure conchoïdale, et renferment des bancs de calcaire jaune marneux. Elles sont pliées en dôme au-dessus des marnes secondaires.
- Aucun travail n’a été fait sur ce point.
- riions Sur la rive droite de l’Oued-bou-Halou, près des gorges resserrées d’où
- descend cette rivière, se trouvent les ruines d’un ancien poste romain. On y reconnaît encore les restes d’un mur d’enceinte formé par de grandes pierres de taille en grès, posées sans ciment les unes au-dessus des autres. Ce poste était assis sur des couches de grès marneux grisâtres du terrain tertiaire moyen, coupées à pic du côté de la rivière, vers le sud.
- Au pied du poste, on remarque un filon d’ankérite et de carbonate de fer, avec des mouches de pyrite de cuivre. Ce filon est dirigé N. 2 5° E. m. et plonge au S. E. de 6o°. Son épaisseur est de om,5o. Les marnes qui alternent avec les bancs de grès sont associées à la gangue du filon, et sont alors vio-
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- lacées. Le filon est bien réglé sur une longueur de 20 mètres. Il présente des salbandes lisses de 3 mètres de haut. Aucun travail n’a été fait sur ce point. Il serait facile d’attaquer ce filon par une galerie en direction menée au niveau de la rivière.
- A 600 mètres environ de ce point, l’on trouve, sur les bords de l’Oued-bou-Halou, un groupe de quatre filons parallèles, qui ont été autrefois l’objet d’un commencement d’exploration. Ces filons sont dirigés N. S. m. et plongent à l’O. de 55°, au milieu du poudingue à gros galets de quartzite qui forme la base du terrain tertiaire moyen. Le filon sur lequel a porté l’exploration ancienne a om,3o au plus d’épaisseur à l’affleurement. Il a pour gangue du carbonate de fer décomposé, du carbonate de chaux blanc, vitreux, à faces de clivages courbes, et des fragments de quartzite qui semblent avoir été vitrifiés sur place. Tous ces éléments sont irrégulièrement mélangés, et ne présentent pas ces veines parallèles qui constituent souvent le corps des filons. Le cuivre s’y trouve en nodules et veines à l’état de cuivre gris et de cuivre pyriteux. On remarque sur ce filon des salbandes régulières de 10 mètres de hauteur. Son affleurement est à découvert sur 3o mètres de longueur, et passe d’une rive à l’autre de l’Oued-bou-Halou. Il est surtout développé sur la rive droite. On a sans doute renoncé à son exploration à cause de la ténacité du poudingue encaissant.
- A 5o mètres en aval, il y a, sur la rive droite de l’Oued-bou-Halou, un autre groupe de filons sur lequel on a exécuté anciennement un travail de recherches qui a donné lieu à une grotte de 6 mètres de profondeur, de 4*mètres de large et de 2 mètres de haut, servant aujourd’hui de refuge aux Arabes. Cette grotte est à i5 mètres au-dessus de la rivière. Elle est ouverte dans le poudingue tertiaire. Au fond de la grotte, on remarque plusieurs veines cuprifères qui se réunissent en profondeur. Leur épaisseur varie de 1 à 7 centimètres. Elles sont presque uniquement composées de pyrite de cuivre et de cuivre gris, et contiennent un peu de galène à petites facettes. Le cuivre gris y domine. Le carbonate de fer hydroxydé constitue la gangue. Les veines métallifères de la grotte se montrent aussi au jour. Elles traversent toutes les assises de la formation tertiaire moyenne, c’est-à-dire les poudingues, les grès et les argiles, et l’on remarque ces diverses roches sur les deux rives de l’Oued-bou-Halou. A la surface du sol, les veines cuprifères se divisent en nombreux rameaux, que l’on peut suivre sur une centaine de mètres sur
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- la rive droite de la rivière. L’examen de ces filons est très-important pour la concession voisine de l’Oued-Allelah. Il prouve que le cuivre a pu se déposer également dans tous les étages de la formation tertiaire. Ainsi, à l’Oued-bou-Khandack, l’exploitation du filon de cuivre pyriteux n’a pas encore dépassé l’étage des marnes tertiaires; mais, d’après ce qu’on voit à l’Oued-bou-Halou, il y a lieu d’espérer que le filon se poursuivra dans l’étage inférieur des grès et des poudingues. Seulement, le minerai pourra changer de nature et sera remplacé peut-être par du cuivre gris.
- Les deux groupes de filon de l’Oued-bou-Halou devraient être reconnus par une galerie à travers bancs commencée au niveau de l’Oued-bou-Halou, au point où cette vallée s’évase, en passant des poudingues dans les grès et marnes qui les recouvrent. Ce travail coûtera fort cher à cause de la ténacité du banc de poudingue qu’on aurait à traverser.
- Le terrain secondaire apparaît sous le poudingue tertiaire, sur la rive droite de l’Oued-bou-Halou, à 5o mètres en aval de la grotte désignée ci-dessus. ïl se compose en ce point de marnes très-fissiles, dures, noires, semblables à celles du marabout de Sidi-bel-Kassem. Son affleurement est, au reste, fort restreint : il n’occupe qu’une cinquantaine de mètres de longueur sur 5 à 6 mètres de haut. Au contact de ces marnes schisteuses secondaires, le terrain tertiaire commence par un grès schisteux, verdâtre, qu’on dirait chlorité.
- Les filons de l’Oued-bou-Halou correspondent à un plissement des couches tertiaires, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous.
- te rtiaire J ^
- Les filons sont surtout développés sur la rive droite de l’Oued-bou-Halou. Cependant on peut les suivre aussi sur la rive gauche de cette rivière, au milieu des marnes tertiaires.
- Un ancien canal romain a été taillé dans le roc, sur la rive droite de l’Oued-
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- bou-Halou. Il servait soit à l’arrosage des terres de la vallée, soit à faire marcher un moulin. La rivière roule une quantité d’eau suffisante pour les besoins d’une usine de préparation mécanique du minerai.
- Le groupe de filons du Kef-Blad-el-Keraker est situé à la partie occidentale du permis dont il s’agit. 11 est le plus remarquable de tous ceux qui ont été 1 reconnus. Il est situé sur un mamelon À qui descend du N. E. au S. O., suivant la rive droite du Chabbat-dar-Saa. Le filon principal est dirigé N. 2 0°
- E. m. et plonge à l’E. de 6o°. Il forme la crête du mamelon désigné ci-dessus. Il en dépasse l’extrémité S. O. et se prolonge sur un mamelon opposé, de telle sorte que le ravin qui sépare ces deux mamelons a mis le filon à nu sur une hauteur verticale de 5o à 6o mètres. L’affleurement de ce filon a plusieurs centaines de mètres de longueur et une épaisseur variable qui atteint î mètre. La gangue se compose de carbonate de fer altéré et d’anké-rite contenant une belle veine de cuivre pyriteux. Sur le revers N. O. du mamelon A, on a commencé une galerie à travers bancs qui a recoupé une première veine à i3 mètres du jour. Cette veine se compose de fer et d’an-kérite empâtant des fragments de roche encaissante. Son épaisseur varie de om, 12 à 0^,18. Sa richesse en pyrite cuivreuse à ce niveau varie de 2 à 1 o centimètres. La deuxième veine cuivreuse a été recoupée à 1 7 mètres du jour. Elle est aussi bien réglée mais moins riche en cuivre que la première. L’épaisseur de la veine cuivreuse n’y dépasse pas 1 centimètre.
- Un puits de Qm,3o de profondeur a été ouvert sur le revers S. E. du mamelon A, sur l’affleurement de deux filons de fer carbonaté, contenant chacun une veine de cuivre gris de 1 centimètre d’épaisseur, et des grains irrégulièrement disséminés de cuivre pyriteux. Ces filons convergent de haut en bas. Un dérangement rencontré à 8m,5o du jour n’a pas permis de constater l’enrichissement en profondeur.
- Le cuivre gris est remarquable par sa richesse en argent. Il renferme, d’après M. l’ingénieur Flajolot, plus de 1 kilogramme d’argent par 100 kilogrammes de minerai contenant 36 p. 0/0 de cuivre.
- Il y a encore en ce point un dôme formé par les couches tertiaires, ainsi que l’indique la figure d’autre part.
- ko
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE
- Filons
- de l’Oucd-Dotidou.
- Direction à imprimer aux
- nouvel les recherches de gîtes cuprifères dans
- les environs de Tenès.
- S.E. N.G.
- Terrain -tertiaire moyen .
- Il y a un quatrième groupe de filons sur les bords de TOued-Doudou. On a exécuté sur ce groupe quelques mètres de galeries et de descenderies. Les filons contiennent de la pyrite de cuivre et un peu de galène avec gangue de carbonate de fer. On a mis à découvert en un point une veine de pyrite de 5 centimètres d’épaisseur.
- L’exploration du périmètre de fOued-bou-Halou ne paraît pas suffisamment avancée pour donner lieu à une concession immédiate.
- 11 est permis d’espérer que de nouveaux gîtes cuprifères pourront encore être découverts dans les environs de Tenès, aussi bien dans le terrain secondaire que dans le terrain tertiaire moyen. En effet, nous avons découvert des veines de cuivre gris dans les marnes secondaires qui avoisinent l’embouchure de l’Oued-Kesseb, à TO. de Tenès, à i 5oo mètres à LE. de cette embouchure, sur les bords d’un petit ravin déchirant la lisière N. du plateau diluvien qui s’étend de Tenès à l’Oued-Kesseb; les marnes schisteuses secondaires sont coupées par un réseau de veines de carbonate de fer blond. Dans l’une de ces veines,, nous avons remarqué du cuivre gris en veinules de î millimètre d’épaisseur. Ce gîte est peu important par lui-même, mais il intéresse, parce qu’il indique qu’on peut découvrir des gîtes cuprifères dans le massif secondaire qui longe la mer.
- A l’E. de Tenès, il y a entre les concessions du cap Tenès et de l’Oued-Taifdès, d’une part, et le permis de recherches de Sidi-bou-Aïssi, d’autre part, un grand espace occupé par le bassin de TOued-sidi-Jacoub et qui n’a pas été exploré encore. La constitution géologique du sol étant la imême que celle des concessions voisines, il est possible que des explorations géologiques faites avec soin fassent découvrir des gîtes cuprifères dans le bassin de l’Oued-bou-Jacoub. Il n’est pas étonnant que ces explorations n’aient, pas été faites encore, parce que le terrain dont il s’agit est très-accidenté, d’un abord très-difficile, et qu’il n’offrait pas une grande sécurité
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- dans les premiers temps de l’occupation de Tenès. Aujourd’hui la sécurité est complète, et rien n’empêche de faire ces explorations.
- Au S. O. de Tenès, le terrain tertiaire moyen se prolonge jusqu’au delà du camp de Kerbah, sur la route de Tenès à Orléansville. Ainsi, les mamelons qui limitent au S. le bassin de l’Oued-Allelah forment une ceinture continue entre la partie occidentale du permis de recherches de l’Oued-bou-Halou et la crête du camp de Kerbah, séparant le bassin de l’Oued-Allelah du bassin du Chelif. Cette crête correspond encore à un grand plissement des couches tertiaires, de telle sorte que les couches comprises entre te camp de Kerbah et le Djebel-Maden constituent un grand fond de cuvette, dont l’Oued-Allelah occupe le thalweg. Or on a vu, par la description des gîtes cuprifères des environs de Tenès, que ces gîtes affleurent principalement dans le terrain tertiaire moyen. Aussi nous paraît-il possible que des explorations géologiques bien dirigées fassent découvrir de nouveaux gîtes cuprifères au S. O. du permis de recherches de l’Oued-bou-Halou, entre ce permis et le camp de Kerbah; ces nouveaux gîtes sont sans doute sur le prolongement de la zone métallifère déterminée par le permis de l’Oued-bou-Halou, la partie méridionale de la concession de l’Oued-Allelah et le permis de Sidi-bou-Aïssi. On assure même que l’un des ravins de la partie que nous nous proposons d’explorer porte le nom de Chabbat-en-Naas (ravin du cuivre), ce qui fait supposer que son lit roule des fragments de minerai de cuivre.
- Rien n’empêche que les fdons cuprifères de la concession de l’Oued-Allelah se prolongent dans le fond de cuvette du bassin de l’Oued-Allelah, entre le permis du Djebel-Haddid et de l’Oued-bou-Halou. Ces filons ne sont pas visibles dans la plaine, parce qu’ils sont recouverts par les aliuvions anciennes et modernes de l’Oued-Allelah. Il est possible qu’une galerie de reconnaissance, menée du N. O. au S. E., à i5o ou 200 mètres au-dessous du niveau de l’Oued-Allelah, entre les permis du Djebel-Haddid et de l’Oued-bou-Halou, recoupe de nouveaux filons cuprifères.
- L’exploration complète du groupe de filons cuprifères de l’Oued-Rehan, dans la concession de l’Oued-Allelah, donnera des indications précieuses pour les recherches futures à diriger dans la plaine de l’Oued-Allelah.
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- Marbre blauc de l’Oued-Bouman, à r 6 kilomètres E. de Blidab.
- Marbres des environs du Fondouck.
- Marbres du cap Matifou.
- Marbres de Djelfa.
- Marbres de Lagbouat.
- Calcaire hydraulique.
- Pouzzolanes de Teniet-el-Haad.
- CHAPITRE X.
- RÉSUMÉ CONCERNANT LA PROVINCE D’ALGER.
- De même que pour la province d’Oran, nous terminerons la notice sur la province d’Alger par une énumération raisonnée de tous les gîtes minéraux qui ont été reconnus jusqu’à ce jour dans cette province.
- 11 y a un gîte de marbre blanc, contenant des tourmalines vertes et transparentes, sur le bord de l’Oued-Bouman, affluent de la rive gauche de l’Har-rach, à 16 kilomètres E. de Blidah.
- Des gîtes considérables de marbre, enclavés dans le terrain nummuli-tique, ont été découverts depuis peu dans le massif du Djebel-Bouzegza, aux environs du Fondouck, à 36 kilomètres E. S. E. d’Alger.
- Ce marbre constitue une sorte de brèche à noyaux gris cendré, reliés par des fdets rouges de carbonate de fer hydroxydé. Deux carrières viennent d’être concédées. Elles ne sont pas encore en voie d’exploitation.
- Il y a au cap Matifou, à i5 kilomètres E. d’Alger, un gîte de marbre qui a été exploité anciennement. Il constitue tantôt une brèche à fond gris jaunâtre, veinée de rouge, tantôt un marbre blanc zoné de légères teintes bleuâtres.
- La proximité de la côte permettrait d’exploiter ces marbres à peu de frais, s’ils étaient estimés par l’industrie.
- Il existe des couches de calcaire cristallin de diverses nuances, susceptibles d’être exploitées comme marbres, sur le Djebel-Senelba, aux environs de Djelfa, à 2ko kilomètres S. d’Alger.
- Il y a des couches de marbre cervelas dans la petite chaîne de terrain crétacé, sur laquelle est bâti Lagbouat, à 3i2 kilomètres S. d’Alger. Ce marbre pourrait servir pour l’ornementation de Laghouat.
- Il y a une carrière de calcaire hydraulique dans le ravin des Voleurs, à 12 kilomètres S. E. du village de Marengo, dans la partie occidentale de la plaine de la Metidja. Cette carrière est exploitée.
- Il y a, à Teniet-el-Haad, une carrière de sable provenant delà désagrégation naturelle d’une roche dioritique. Cette substance est exploitée comme sable ordinaire pour les constructions de Teniet-el-Haad. Si on la réduisait
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- en farine sous une meule, il est probable quelle pourrait servir alors comme pouzzolane.
- Le massif basaltique compris entre la pointe de Dellys et l’Oued-Sebaou renferme des basaltes faciles à décomposer, et qui joueraient sans doute, comme les diorites de Teniet-el-Haad, le rôle de pouzzolanes naturelles, s’ils étaient réduits préalablement en poussière fine.
- Voici l’énumération des gîtes de pierre à plâtre reconnus jusqu’à ce jour par le service des mines, dans la province d’Alger :
- i° Gypse situé à 8 kilomètres N. E. du télégraphe de l’Oued-Ras. Inexploité.
- 2° Gypse situé à i 2 kilomètres N. E. du télégraphe de l’Oued-Ras. Inexploité.
- 3° Gypse du camp de Kerbah, sur la route de Tenès à Orléansville, à 18 kilomètres S. de Tenès. Les couches de gypse, dont l’épaisseur totale est de 48m,79, se prolongent, dit-on, sur une épaisseur de plusieurs lieues. Inexploité.
- 4° Gypse des environs d’Orléansville. Exploité.
- 5° Gypse du revers N. du Zaccar-Rh’arbi, auprès de Milianah. Deux carrières exploitées.
- 6° Gypse d’Aïn-Kherraza, situé à 26 kilomètres N. de Milianah. Inexploité.
- 70 Gypses situés à 9 kilomètres N. E. de Teniet-el-Haad. Deux gîtes inexploités.
- 8° Gypse de Teniet-el-Haad. Exploité pour les constructions du poste. Les marnes encaissantes renferment des veines minces de bitume solide emplissant des fentes irrégulières qui n’ont aucun rapport avec la stratification des couches.
- 90 Gypse des environs de Gherchel. Exploité pour les besoins de cette ville.
- 1 o° Gypse des environs de Novi. Exploité.
- 11° Gypse des environs du télégraphe de l’Affroun, à l’extrémité S. O. de la plaine de la Metidja. Inexploité.
- 12° Gypse du Rou-Roumi, à l’extrémité O. de la concession de Moyssaïa. Inexploité.
- i3° Gypse de la grotte du Chrétien, dans la concession de Mouzai’a. Exploité pour les besoins du village de Mouzaïa-les-Mines.
- Basalte facile à désagrégés de Dellys.
- tiîles de plâtre.
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- \lf Gypse situé à i 5oo mètres E„ du village de Mouzaïa-les-Mines. Inexploité.
- i 5° Gypse dé l’Oued-Ouzra, situé près du confluent de l’Oued-Ouzra et de l’Oued-MoUzaïa. Exploité pour les besoins de Medéah.
- i 6° Gypse de Hammam-Melouan, rive droite de l’Harraeh. Exploité pour les besoins d’Alger.
- 1 7° Gypse de Hammam-Melouan, rivé gauche de l’Harraeh. Inexploité. Contient un peu de pyrite de1 cuivre.
- i8° Gypse de FOued-Bouman, affluent dé la rive gauche de l’Harraeh, à 16 kilomètres E. de Blidah. Inexploité. Il renferme des tourmalines vertes et transparentes.
- 190 Gypse de FOued-Djebsa, à 46 kilomètres S. E. d’Alger, sur la route d’Alger à Aumale. Inexploité.
- 2 0° Gypse de FOued-eLHaad, à 4$ kilomètres S. E. d’Alger, sur la route d’Alger à Aumale. Inexploité.
- 2i° Gypse des environs d’Aumale (Sour-Ghoslan). Deux carrières sont exploitées pour les besoins de la ville.
- 220 Gypses du Djebel-Retfial, chez les Ouled-Hedim, à 24 kilomètres E. N. E. de Boghar. Deux gîtes voisins inexploités. C’est à travers l’un d’eux que sourdent les sources salées des Ouled-Hedim.
- 2 3° Gypses des environs du marabout de Sidi-Bouzid, à 4o kilomètres 0. de Boghar. L’un de ces gîtes présente quelques nodules de soufre au contact des marnes tertiaires encaissantes.
- 2 4° Gypse dilüviétt d’AmnOusserâh. Exploité pour les besoins du caravansérail de même nom, sur la route carrossable de Boghar à Laghouat.
- 2 5° Gypse crétacé de Guelt-es-Settel. Exploité pour les besoins du cara-vensérail de même nom.
- 26° Gypse diluvien des bords du Zahrez-Rh’ârbi, auprès de la fontaine d’Aïn-Sebakb. Inexploité.
- 270 Gypse associé au sel gemme du Djebel-Sahari (rocher dé sel), à 22 kilomètres N. 0. de Djelfa. Inexploité. On trouvé un peu de cuivre pyritéüx dans les marnes encaissantes,
- 28° Gypse crétacé, situé à 8 kilomètres E. du village de Cherf. Inexploité. 2p° Gypse associé au sel gemmé d’Aïn-Hadjera, à 44 kilomètres N. 0. de Djelfa. Inexploité.
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- 3op Gypse diluvien de la rive droite «de l’Oued-Malah, à iô kilomètres N. O. fde Djelfa. Inexploité.
- 3i° Gypse crétacé de la rive droite de l’Oued-Malah,, à i5 kilomètres N. O. de Djelfa. Inexploité.
- 32° Gypse diluvien de la redoute Lapasset, à 4 kilomètres O. de Djelfa. Inexploité.
- 33° Gypse crétacé du Djebel-Senelba, à 4 kilomètres O. de Djelfa. Exploité pour les besoins de Djelfa.
- 34° Gypse diluvien du caravansérail d’Aïn-el-Ibel, exploité pour les constructions de ce caravansérail, sur la route carrossable de Boghar à Lag-houat.
- 35° Gypse diluvien du caravansérail de Sidi-Makrelouf, exploité pour les constructions de ce caravansérail, sur la route carrossable de Boghar à Laghouat.
- 36° Gypse crétacé du Guern-el-Meila, à 12 kilomètres N. >0. de Laghouat. Ce gypse forme un grand dépôt stratifié de i 4 kilomètres de long sur 4 kilomètres de largeur moyenne, et 20 à 3o mètres d’épaisseur. Inex-
- 87° Gypses crétacés des montagnes dites Djebel-Zebecha, Djebei-Dakla, Djebel-Rous-el-Aïoun, Djebel-Moudloua. 'Ces gîtes constituent, aux environs de «Laghouat, un immense dépôt stratifié de 4o kilomètres de long sur 8 kilomètres de largeur moyenne, qui maffleure qu’en certains points par suite de l’inflexion des couches. Le gypse du Djebel-Rous-el-Aïoun est exploité pour les besoins de Laghouat.
- 38° Gypse diluvien de Laghouat. Inexploité.
- 89° Gypse diluvien du Ksar-Assafia, à 8 kilomètres^ N. E. de Laghouat. Inexploité.
- 4op Gypse «diluvien des bords de l’Oued-^Messaad, à 11 kilomètres S. 0. de Laghouat. Inexploité.
- Cette énumération montre que la province d’Alger est très-riche en gîtes de pierre à plâtre. L’étude de ces gîtes est très-intéressante, non-seulement au point de vue géologique, mais encore au point de vue Industriel. ;Ces gîtes sont de deux natures différentes. Les uns sont associés à des roches d’origine «éruptive '(diorites), et paraissent résulter de la transformation du carbonate de chaux en sulfate de chaux hydraté par faction des vapeurs d’eau
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE et décide sulfurique, qui auraient accompagné les éruptions volcaniques. La stratification est assez souvent indistincte dans les gîtes de cette nature; ceux-ci ne constituent, en général, que des îlots très-restreints, qu’une force expansive semble avoir poussés de bas en haut, à travers les terrains stratifiés tertiaire et crétacé. Le plus souvent ces gîtes métamorphiques indiquent la zone de contact des terrains tertiaire et crétacé. Ils sont associés à divers minéraux : du bitume à Teniet-el-Haad, des tourmalines à l’Oued-Bouman, du cuivre pyriteux et oxydé au Djebel-Sahari, au Zaccar-Rh’arbi de Milianah, à Hammam-Melouan ; du sel gemme au Djebel-Sahari, à Aïn-Hadjira; des sources salées chez les Ouîed-Hedim, du soufre auprès du marabout de Sidi-Bouzid. Les gypses d’origine métamorphique sont très-nombreux dans la région montagneuse du Tell comprise entre Alger et Boghar. Ils sont, au contraire, assez rares dans la partie montagneuse, comprise entre Boghar et Laghouat.
- La deuxième catégorie de gypses comprend ceux qui se présentent en couches régulières, épaisses, d’une étendue souvent considérable. Ces couches sont intercalées, sans aucune apparence de dérangement, au milieu des autres couches du terrain (argiles et calcaires). On ne voit dans leur voisinage aucune roche d’origine éruptive. Ces couches de gypse paraissent contemporaines des terrains stratifiés dans lesquels on les observe. Le terrain tertiaire moyen du Tell en présente un exemple remarquable auprès du camp de Kerbah, à 18 kilomètres S. deTenès; mais c’est surtout dans les terrains stratifiés compris entre Boghar et Laghouat que les gisements de cette nature sont nombreux et bien développés. Les chaînes de terrain crétacé comprises entre ces deux localités renferment des couches épaisses de gypse qu’on peut suivre, sans aucune interruption, sur plusieurs lieues de longueur. Ce caractère est particulier à la région montagneuse dont il s’agit; on ne l’observe pas dans le massif du Tell compris entre Boghar et Alger, dans les terrains du même âge géologique.
- Le terrain quaternaire forme de vastes plaines entre les chaînes de montagnes qui, de Boghar à Laghouat, s’allongent du N. E. au S. O. C’est lui qui constitue le Sahara algérien, qui s’étend fort loin au sud, à l’est et à l’ouest de Laghouat. Ce terrain est remarquable par la présence de nombreux dépôts de gypse blanc, farineux. Ces dépôts sont généralement traversés par des sources d’eau douce, qui ont été probablement plus impor-
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- tantes autrefois et qui ont produit les gîtes de plâtre par suite d’un phénomène de précipitation chimique. C’est à la présence de ces dépôts de plâtre que les eaux du terrain diluvien doivent les propriétés séléniteuses qu’elles possèdent ordinairement.
- Les Arabes exploitent les sources salées El-Melah-Mtaa-el-Habeth, situées à 10 kilomètres 0. de Tenès, près des bords de la mer. Les sources s’épanouissent à leur point d’émergence, sur des dépôts de travertin légèrement inclinés. Le sel cristallise, par suite de l’évaporation de l’eau, et forme un dépôt de 1 à 2 millimètres d’épaisseur, que les Arabes enlèvent avec une raclette en fer.
- Les eaux salées vont sè perdre en grande quantité dans la mer. Il serait facile d’en tirer un meilleur parti que ne le font les Arabes.
- Un ruisseau salé (Oued-el-Melah) débouche dans la rive droite de l’Oued-el-Louza, à 3 kilomètres environ S. 0. du caravansérail situé sur la route muletière de Milianah à Teniet-el-Haad, à 20 kilomètres N. E. de ce dernier poste. Les berges de ce ruisseau sont formées de schiste ardoisier noirâtre, dont les couches minces et régulières sent dirigées N. 35° E. m., et plongent au N. 0. sous un angle variable qui s’élève jusqu’à 43°. Entre les feuillets de ce schiste, on remarque sur 600 à 800 mètres environ de longueur, suivant le lit du ravin, de petits suintements d’eau salée qui coulent à la surface du sol avec une très-faible vitesse. Ces fdets d’eau salée, avant de s’épancher au dehors, remplissent les petites dépressions transversales qui existent dans le dit du ravin suivant, les joints de stratification. Aussi, par Faction des vents et des rayons solaires, l’eau s’évapore en partie, et le sel cristallise en formant à la surface du sol un dépôt continu de 2 à 3 millimètres d’épaisseur, que des femmes et des enfants des tribus voisines enlèvent journellemenUavec une raclette en fer. Cette exploitation occupe une cinquantaine de personnes par jour. Comme elle se fait depuis un temps immémorial, le lit du ravin est lisse comme une table, sauf quelques légères dépressions parallèles à la stratification des couches.
- Il existe chez les Ouled-Hedim, à 24 kilomètres E. N. E. de Boghar, des sources salées exploitées depuis un temps immémorial par les Arabes de, cette tribu. Ces sources sortent d’un amas considérable de gypse intercalé dans les marnes crétacées. L’eau salée est conduite par de petites rigoles dans une série de petits bassins complètement, indépendants les uns des
- SEL GEMME, SOURCES SALÉES, SALINES.
- Sources salée» Ei-Mclali-Mtaa-ei-Habetli.
- Sources salée» situées à 3kilom. S.Û.
- du caravansérail d'Anseur - cl - Louza.
- Sources salées des Ouled-Hedim.
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- Source salée de Kasbah.
- Sel gemme Djcbel-Sahari kilomètres N. de Djell'a.
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- autres. Par suite de l’évaporation de l’eau, le sel cristallise en petits cubes sur le fond des bassins. Il est recueilli par des femmes arabes, au moyen de couffins en alpha; l’eau bourbeuse s’écoule à travers les mailles du couffin, et le sel reste sur le couffin, débarrassé de la plus grande partie des impuretés qui le souillaient dans le bassin.
- Les Arabes exploitent une source salée située auprès du village de Kasbah, à 42 kilomètres S. E. d’Aumale. Les eaux sont conduites dans de petits compartiments quadrangulaires, où le sel cristallise naturellement.
- Le gîte de sel gemme du Djebel-Sahari, vulgairement appelé Rocher de 0 Sel, est situé sur la rive droite de l’Oued-Malah, à 22 kilomètres N. O. de Djelfa. On peut considérer ce gîte comme le résultat d’une éruption de boue argilo-calcaire, de gypse et de sel gemme, qui se serait fait jour à travers les assises superposées des terrains crétacé inférieur et tertiaire moyen. Ces deux -terrains sont fortement redressés autour du gîte éruptif et lui forment à l’extérieur une double enveloppe; des fragments de rocher crétacées et tertiaires éparses et encastrées à la surface du gîte de sel gemme viennent confirmer cette manière de voir. Le sel gemme est très-abondant dans le Rocher de Sel. Il y forme des escarpements presque verticaux qui atteignent 35 mètres de hauteur, et qui peuvent suffire à une exploitation à ciel ouvert, faite sur une grande échelle, pendant de longues années. Ce sel est gris bleuâtre en masse et zoné de diverses nuances à peine distinctes les unes des autres. Il n’est pas stratifié. La face supérieure de l’amas de sel gemme est très-irrégulière; elle est recouverte presque partout par un magma composé de fragments de roches argileuses colorées diversement en jaune, vert, rouge, violet, et de cristaux de gypse blanc et rouge réunis par un ciment argileux. Tout cet ensemble d’argile et de plâtre se ravine avec la plus grande facilité par l’action des agents atmosphériques; de plus, la dissolution du sel par les eaux souterraines donne lieu à de grands vides intérieurs qui s’effondrent de temps en temps, et produisent à la surface du gîte des crevasses et des entonnoirs plus ou moins larges et plus ou moins profonds. Toutes ces causes réunies déterminent des accidents bizarres, fantastiques, qui font du Rocher de Sel un magnifique spectacle pour le voyageur qui arrive fatigué par la monotonie de la plaine uniforme des Zahrez.
- Plusieurs sources fortement salées sortent du Rocher de Sel et vont se jeter dans l’Oued-Melah; en été, lorsque les eaux: sont très-basses, la salure des
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- eaux de l’Oued-Melah par les infiltrations du Rocher de Sel est réellement sensible ; mais, dans la saison des pluies, cette salure est à peine sensible au goût, et n empêche pas les animaux de s’abreuver dans l’Oued-Melah, en aval du Rocher de Sel.
- li se forme, sur les deux rives des sources salées s’échappant des flancs du Djebel-Sahari, des dépôts de sel blanc qui ont 3 à 4 centimètres d’épaisseur, et qui sont recueillis par l’intendance militaire pour les besoins des troupes occupant les postes de Laghouat, Djelfa et Boghar.
- L’intendance a fait faire aussi de grands bassins en argile damée pour l’évaporation des eaux salées.
- Les Arabes emploient de préférence le sel gemme, qu’ils exploitent à ciel ouvert, à l’aide de pics. Cette exploitation est très-difficile, à cause de la dureté de la roche, et ne paraît pas se faire sur une grande échelle.
- Le gîte de sel gemme d’Aïn-Hadjera est situé à 44 kilomètres O. de Djelfa. Il est analogue, par sa manière d’être, à celui du Djebel-Sahari; seulement, le sel s’y présente à ciel ouvert en masses moins considérables. Il forme un escarpement vertical de 4 mètres dè hauteur sur 5o mètres environ de longueur. Il est exploité à ciel ouvert parles Arabes des environs. Les sources salées qui s’échappent des flancs de la masse saline paraissent moins abondantes et moins chargées de sel que celles qui sortent du Djebel-Sahari. On ne voit sur leurs bords que de faibles enduits de sel blanc trop minces pour être recueillis.
- Les deux Zahrez sont des lacs très-fortement salés qui occupent la partie la plus basse d’une vaste dépression comprise entre les chaînes crétacées du Seba-Rous au N. et du Djebel-Sahari au S.
- Le ’Zahrez-Rh’arbi (occidental) a 4o kilomètres de long sur 8 kilomètres de largeur moyenne. Il est alimenté, à l’est, par l’Oued-Melah, qui baigne le pied du rocher de sel du Djebel-Sahari; à l’ouest, par l’Aïn-Hadjera, qui traverse le rocher de sel de même nom. La hauteur d’eau de ce lac augmente depuis les bords jusqu’au centre, où elle s’élèverait, au dire des Arabes, à plus d’un mètre pendant l’hiver. Cette eau s’évapore en été, et il ne reste alors qu’une vaste nappe de sel dont l’épaisseur, au centre du lac, atteindrait, dit-on, om,rjo. Nous avons traversé ce lac le 3 décembre i855, auprès de son extrémité orientale, et nous n’avons trouvé, dans toute la largeur du lac, qu’une lame d’eau très-fortement salée de 2 centimètres de hauteur au plus.
- Sel gemme d’Aïn-Hadjera.
- Salines naturelles du
- Zahrez-Rh’arbi et du Znlirez-Chergu
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- Dans les premiers jours de novembre i855, le fond du lac était tapissé de petits cristaux cubiques de sel sans adhérence entre eux. Ce sel, qui pouvait être recueilli à pleines mains, servait aux besoins des Arabes campant à cette époque sur les bords du lac.
- Un gué fréquenté par les Arabes coupe le lac vers le tiers de sa longueur à partir de l’O. Ce gué, qui porte le nom de Macta-Djedean, est remarquable, parce qu’il présente en son milieu une source d’eau douce qui jaillit en été à travers la croûte de sel tapissant le fond du lac. Nous avons observé une source d’eau douce (Aïn-Sebakh) à l’extrémité orientale du Zahrez. Cette source est due, sans doute, aux mêmes causes que celle de Macta-Djedean. Elle s’échappe d’un dépôt assez considérable de gypse de la période quaternaire. Il nous paraît probable qu’il existe autour du Zahrez-Rh’arbi et dans la cuvette même de ce lac plusieurs dépôts de même nature.
- Le Zabrez-Rh’arbi (oriental) a 36 kilomètres de long sur i4 kilomètres de largeur moyenne. Il est alimenté par les infiltrations salines qui ont traversé le terrain quaternaire. Ce lac, de même que le Zahrez-Rh’arbi, était couvert, en novembre et décembre i855, d’une nappe d’eau très-fortement salée. En novembre, le fond du lac était également tapissé de petits cristaux de sel marin, servant aux besoins des Arabes campés sur les bords du lac. Le fond de ce lac paraît plus vaseux que celui du Zahrez-Rh’arbi. Il est impossible d’y pénétrer en hiver, soit à pied, soit à cheval. En été, il se forme une croûte de sel qui n’est pas très-solide. Elle ne peut supporter sans se rompre le poids des chevaux. Ceux-ci enfoncent dans la vase de om,4o à om,5o; aussi est-il très-dangereux de se hasarder sur ce lac pour en explorer les parties centrales.
- terrains salpêtres. Les Arabes fabriquent du salpêtre à Messad, petit ksar situé à 70 kilo-
- Fabrication de salpêtre'mètres N. E. de Laghôuat, sur la lisière du Sahara. A cet effet, ils lessivent des terres qu’ils tirent des ruines d’un ancien ksar voisin de Messad, et bâti en mottes de terre séchées au soleil. Ils. font évaporer les eaux de lavage par l’ébullition, et, quand la liqueur est suffisamment concentrée, le salpêtre cristallise par refroidissement. Le salpêtre est employé sur place à la fabrication de la poudre ; le soufre est importé de la régence de Tunis , et le charbon est. fourni par le bois de laurier-rose.
- La poudre de Messad jouit d’une assez grande réputation chez les Arabes.
- EAUX JAILLISSANTES. • ' ,-L D’après les instructions de M. le gouverneur général de l’Algérie, un
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- sondage a été exécuté par le service des mines, sur les bords du lac Halloula, dans le but de rechercher s’il serait possible de dessécher ce lac au moyen de puits absorbants. Ce sondage a été suspendu le 16 mars i855, à la profondeur de 55m,64* Il a traversé une série de couches de sables et d’argiles de diverses couleurs, appartenant au terrain cl’alluvions anciennes qui constitue la plaine de la Metidja. Ces sables ne sont pas absorbants; ils sont assez fortement agglutinés pour se maintenir sans tubage dans le trou de sonde. A la suite des fortes pluies de l’hiver, une source jaillissante est sortie par l’orifice du trou. Le débit de cette source a diminué avec les eaux de pluie. En été, l’eau se maintient dans le trou de sonde au-dessous de l’orifice. Ce sondage du lac Halloula a donné un résultat important pour l’agriculture, puisqu’il indique la possibilité d’obtenir des eaux jaillissantes en certains points de la plaine diluvienne de la Metidja.
- Le service des ponts et chaussées a fait exécuter sur les bords de l’Oued-Fatis, affluent du Mazafran, quatre sondages de quelques mètres de profondeur, destinés à étudier la nature d’un terrain d’aliuvions, sur lequel on voulait établir un pont. Ces sondages ont donné lieu chacun à une petite source d’eau jaillissante. Le résultat obtenu sur les bords, de l’Oued-Fatis, de même que le résultat du sondage du lac Halloula, est de nature à encourager à exécuter de nouveaux sondages dans la plaine de la Metidja pour obtenir des eaux jaillissantes.
- Les sources minérales connues dans la province d’Alger sont les suivantes :
- i° Source minérale du vieux Tenès, située dans le lit de l’Oued-Allelah. Température 3o°. Cette source sert de bain maure pour les Arabes; ell#est recouverte par une petite construction.
- 2° Sources thermales de Hammam-el-Hamé, situées à 8 kilomètres environ E. S. E. de la maison de commandement du caïd des caïds de l’Oua-rencenis, sur les bords de l’Oued-el-Hammam. Il y a quatre sources sur la rive droite de la rivière et une cinquième sur la rive gauche. Elles sourdent à travers les argiles schisteuses du terrain jurassique. La plus forte d’entre elles débite environ 4oo mètres cubes en vingt-quatre heures. Sa température, prise au bouillon, est de 42°. Le bureau arabe d’Orléansville a fait construire auprès de cette source une piscine-recouverte par une baraque en maçonnerie. Les eaux des sources thermales de la rive droite de l’Ouéd-el-Hammam ne paraissent pas sensiblement sulfureuses; elles ne
- Sondage du lac Halloula.
- Sondage de l'Oued-Fati*.
- EAUX MINÉRALES
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- NOTICE MINÉRALOGIQUE noircissent pas l’argent métallique. La source de la rive gauche, au contraire, noircit l’argent au bout de quelque temps d’immersion, ce qui indique la nature sulfureuse des eaux. Elle s’épanche dans une légère dépression du sol, qui sert de baignoire aux indigènes affectés de maladies cutanées; aussi les Arabes l’appellent Bain des Lépreux.
- 3° Source minérale acidulée et ferrugineuse d’Aïn-Hammama, située à 3 kilomètres N. E. de Milianah. Température 290. Cette source est utilisée comme boisson ordinaire par les Maures qui habitent les nombreux jardins des environs.
- 4° Sources thermales de Hammam-Rhira, situées à 32 kilomètres N. E. de Milianah, sur la rive gauche de TOued-el-Hammam. Température l\\° 1/2 à 53°. L’administration de la guerre a fait construire un établissement thermal près de ces sources. Leurs eaux ne sont pas sulfureuses.
- 5° Source minérale acidulée et ferrugineuse de Hammam-Rhira, à 2 kilomètres E. de l’établissement thermal. Température 20° 1/2. La source sert pour la boisson des malades qui fréquentent cet établissement.
- 6° Source sulfureuse froide d’Aïn-Baroud, située à 4 kilomètres O. du village de Mouzaïa-les>-Mines. Sans emploi.
- 70 Source acidulée froide de Mouzaïa-les-Mines, située sur les bords de l’Oued-Mouzaïa, à 1 kilomètre N. du village, utilisée principalement par les mineurs de Mouzaïa. Température 170 à 1 8°. Débit de 2 litres 3/4 par minute.
- 8° Sources thermales de Hammam-Melouan, dans la vallée de l’Harrach, à 34 kilomètres S. d’Alger. Température 38° à 4i°. Ces sources sont très-fr^uentées par les Maures d’Alger. Leur débit est d’environ 3 litres par seconde.
- 90 Sources minérales acidulées du Frais-Vallon, aux environs d’Alger, signalée- depuis peu.
- 1 o° Sources thermales sulfureuses de Berouaguia, à 2 kilomètres S. E. de Medéah. Température 33° 1/2 à 4i°- Débit total, 1 litre environ par seconde. Elles sont utilisées par les Arabes, qui viennent, dit-on, de très-loin. Une grotte naturelle sert de piscine commune pour prendre des bains.
- 1 i° Source thermale située à 8 kilomètres N. du ksar Zerguin, sur la rive gauche de l’Oued-Taguin, cercle de Boghar.
- 120 Source thermale d’Aïn-Hammam, à 32 kilomètres E. N. E. du caravansérail de Guett-es-Settel.
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- i3° Source thermale des environs de Djelfa. Température 290. Cette source débite 1 litre d’eau au plus par seconde. Elle est utilisée au moyen d’un barrage pour l’irrigation des terres avoisinantes.
- i4° Sources thermales de l’Oued-Hadjia, à 6 kilomètres N. E. du village du Cherf. Ces sources ont une température variable de 33° 1/2 à 36°. Elles sont très-nombreuses sur les deux rives de l’Oued-Hadjia, dans une étendue d’une centaine de mètres. Leur débit total est d’environ 6 litres par seconde. Elles ne sont pas sulfureuses. Elles déposent beaucoup de glairine verte sur leur parcours. Elles sont sans emploi ; elles serviront plus tard à l’irrigation des terres, lorsqu’on aura construit le barrage projeté sur l’Oued-Hadjia.
- H existe dans les gorges de l’Oued-Allelah, aux environs de Tenès, des udic» indices de combustible minéral sur lesquels on a exécuté, il y a plusieurs comeusthu^ années, des travaux de recherches qui n’ont amené la découverte d’aucun deC0Jb°Jibie' gîte de combustible exploitable. Ce gîte se compose de plaquettes isolées je rou^lueioi.. de combustible, ayant 8 à 10 centimètres de long, sur quelques millimètres d’épaisseur, intercalées dans des couches d’argile pyriteuse du terrain tertiaire moyen, parallèlement à la stratification de ces couches.
- Il y a un gîte de combustible minéral à 1 2 kilomètres N. d’Orléansville, a* ugnit. dans une localité désignée sous le nom de Bled-bou-Frour. L’affleurement Biecu.c.-Frou, présente une couche de combustible terreux, noirâtre, dont l’épaisseur varie de 2m,5o à 3 mètres, et qui est entaillée par un ravin sur 2Ôo mètres environ de longueur. Cette couche:, composée de divers lits parallèles entre eux, est enclavée en stratification concordante dans les marnes gris bleuâtre du terrain tertiaire supérieur. En certains endroits, on observe dans le combustible des empreintes végétales carbonisées, et quelques parties ont l’aspect brillant d’un véritable lignite. Mais la masse générale de la couche, sur les deux rives du ravin qui l’entaille, offre à l’œil une cassure terreuse, et ressemble plutôt à de l’argile bitumineuse qu’à un véritable combustible. Elle rentre dans la variété des lignites terreux indiqués par M. Berthier, dans son Traité des essais par la voie sèche.
- Quelques îlots de diorites associés à des gypses existent autour de Teniet- 3° Marne bitumineuse
- | ^ des environs
- el-Haad. Les marnes qui ont été soumises à l’influence des éruptions dio- deT,',,iet-ol Ha0(L ritiques, à 500 mètres environ à l’O. du poste, sont traversées par des veines minces et irrégulières, remplies d’asphalte ou de bitume solide. Ces
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- Marue bitumineus des
- environs ds Boghar.
- 5° Bois fossile d’Aïn-el-Ibel.
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- veines, qui n’ont aucun rapport avec la stratification des couches, sont le résultat de fumarolles bitumineuses qui ont accompagné les éruptions volcaniques.
- On ne doit pas s’attendre à trouver à Teniet-el-Haad une véritable couche de combustible minéral. On pourrait y trouver tout au plus un dépôt plus ou moins circonscrit d’asphalte. Le peu d’importance de l’affleurement n’est pas de nature à faire entreprendre des travaux de recherches dispendieux.
- Dans les fentes irrégulières que présentent les marnes schisteuses du terrain crétacé de Boghar, il existe quelques veines excessivement minces de bitume. On avait signalé ces veines comme un dépôt de charbon de terre. C’est une erreur qu’il importe de détruire, afin qu’une illusion trompeuse ne cause pas la ruine de quelques colons trop crédules.
- Il y a un gîte de bois fossile auprès du caravansérail d’Aïn-el-Ibel, dans le terrain crétacé inférieur, à 56 kilomètres N. N. E. de Laghouat, sur la route carrossable de Boghar à Laghouat. Une épaisseur de 3 à 4 mètres de diluvium recouvre, sur les bords de l’Aïn-el-Ibel, un système composé de couches alternatives de grès et d’argiles du terrain crétacé. Les grès sont tantôt gris blanc, tantôt rouges. Les marnes d’un même, banc sont tantôt vertes, tantôt lie de vin. On trouve, dans les marnes de la rive gauche, de nombreuses empreintes végétales, et des veines irrégulières d’un lignite noir et brillant. Ces veines ont une épaisseur variable de î à 6 centimètres, et une longueur qui s’élève parfois à om,5o. Elles ne sont pas disposées parallèlement aux strates des argiles. Elles les coupent sous des angles très-variables, comme si c’étaient des branches d’arbres enterrées dans un dépôt boueux formé de lits réguliers. Du reste, on reconnaît la texture du bois dans certains fragments; et, ce qui'vient compléter la démonstration, ce sont les grosses branches silicifiées que l’on trouve dans le grès. L’intérieur de ces branches est formé de grès, et l’écorce est indiquée par une teinte brune, où l’on reconnaît très-bien les fibres longitudinales du bois. Cet affleurement irrégulier de combustible se poursuit sur une dizaine de mètres de long et un mètre d’épaisseur. Il est certainement fort peu important par lui-même; mais il offre un certain intérêt, parce qu’il indique la possibilité de trouver des lignites dans les terrains crétacés du sud. La rareté du combustible autour d’Aïn-el-Ibel engagera peut-être un jour à faire quelques travaux de recherches sur le gîte qu’on vient signaler.
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- Ii y a, dans le terrain tertiaire des environs du Fondouck, quelques indices de lignite qui ne paraissent pas avoir d’importance.
- Les grès quartzeux du terrain tertiaire moyen de Dellys présentent, parai- ' ièlement à leur stratification, des plaquettes de lignite de io centimètres de long sur 2 à 6 millimètres d’épaisseur. Ces plaquettes ne paraissent pas avoir de suite en profondeur, si l’on en juge par les carrières ouvertes pour l’exploitation des couches de grès.
- L’on rencontre aux environs de Dellys, dans les fissures d’une roche basaltique, des fragments isolés d’un combustible minéral présentant l’aspect de certaines houilles et aussi de certains lignites. Ces fragments, qui sont à angles vifs et d’une longueur de om,o6 à om,or] au plus, ont om,o4 d’épaisseur maximum. Ils se rapportent à deux variétés de combustible : l’une, très-sèche, brûle sans flamme; l’autre brûle avec une longue flamme. Quoique la roche basaltique se présente sur plusieurs points, aux environs de Dellys, on n’a encore trouvé de fragments de combustible que dans une seule localité, au cap Bengut. Ces fragments sont du reste fort rares, et il faut abattre des volumes assez considérables de roche pour en trouver quelqu’un.
- Quelques indices de lignite existent à Aumale, dans une couche de calcaire compacte du terrain tertiaire moyen. Ces indices n’ont montré aucune continuité en profondeur.
- 11 existe à 4o kilomètres O. de Boghar, près du marabout de Sidi-Bouzid, un gîte de soufre qui est utilisé depuis longtemps par les Arabes pour la fabrication de la poudre. Ce gîte se compose de nodules de soufre disséminés d’une manière irrégulière dans les marnes tertiaires qui sont au contact d’une couche épaisse de gypse. Ce gypse est traversé par une roche d’origine éruptive (diorite), à laquelle il doit probablement son existence.
- Il constitue une couche lenticulaire de 200 à 3oo mètres de long sur 4 à 5 mètres d’épaisseur. Le soufre ne forme que des dépôts très-restreints, si l’on en juge par le point d’où les Arabes le retirent. Du reste, comme ce gîte est exploité par les Arabes et connu d’eux depuis longtemps, il serait intéressant d’y faire quelques travaux de recherches, afin qu’on puisse mieux se rendre compte de son importance réelle.
- On a signalé des argiles pyriteuses :
- i° Auprès de Tenès, dans les gorges de l’Ôued-Allelah ;
- 20 A 28 kilomètres S. d’Alger, à l’entrée des gorges de l’Oued-Djemaa;
- k 2
- i° indices de lignite du Fondouck.
- indices de lignite de Dellys.
- ÏS° indicés de lignite d’Aumale.
- soutUK.
- Soulre des environs du marabout de Sidi-Bouaid,
- ARGILES PYRITEUSES.
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- CONCESSIONS DE BINES METALLIQUES.
- gîtes MÉTALLIQUES NON CONCÉDÉ'-.
- 1. Dans le district de Tenès.
- II. Dans ie district d’Orléansvillc.
- i
- 330 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- 3° A 4 kilomètres S. du Fondouck, sur les bords de l’Oued-Hamiz.
- Ces argiles pourraient servir à la fabrication du sulfate de fer et de l’acide sulfurique, par le procédé qu’on emploie à l’usine de Weissgrun, en Bohême.
- Il y a dans la province d’Alger cinq concessions de mines métalliques, qui sont :
- i° La concession de la mine de cuivre et de fer de l’Oued-Allelah, aux environs de Tenès. Cette mine, qui fournit du cuivre pyriteux, présente un assez grand développement de travaux souterrains. On exploite à i oo mètres de profondeur au-dessous du sol, au moyen de deux puits à grande section reliés par des galeries de niveau.
- 2° La concession de la mine de cuivre et de fer du cap Tenès, aux environs de Tenès.
- 3° La concession de la mine de cuivre et de fer de l’Oued-Taffilès, aux environs de Tenès.
- Aucun travail n’a été fait dans cès deux dernières mines, depuis le i !\ mai 1849, date des décrets de concession.
- 4° La concession de la mine de cuivre et de fer de Mouzaïa. Elle a donné lieu à un grand développement de travaux souterrains et de travaux à ciel ouvert. Elle fournit principalement du cuivre gris argentifère.
- 5° La concession de la mine de cuivre de i’Oued-Merdja. Les travaux d’exploitation sont encore peu développés; ils sont suspendus momentanément. Le minerai se compose de cuivre pyriteux.
- Les gîtes métalliques non concédés pouvant faire chacun un centre spécial d’exploration sont les suivants :
- i° Les gîtes de minerais de cuivre et de fer du Djebel-Haddid.
- 2° Les gîtes de minerai de cuivre de l’Oued-bou-Halou.
- 3° Les gîtes de minerai de cuivre de Sidi-bou-Aïssi.
- Chacun de ces trois groupes de gîtes a donné lieu à des travaux de recherches aujourd’hui suspendus et qu’il serait intéressant de continuer.
- 4° Le gîte de carbonate de plomb de l’Oued-Fodda, au pied du revers N. de l’Ouarencenis. Ce gîte n’est connu que par les débris roulés qu’on trouve sur les bords de la rivière. Ces débris sont recueillis et fondus sur place par les Arabes des environs.
- 5° Le gîte de blende et de calamine du sommet de l’Ouarencenis. Ce
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 331
- gîte est d’un abord très-difficiîe ; cette situation, jointe à l’éloignement de la côte, le rend inexploitable aujourd’hui.
- 6° Le gîte de fer du village des Ataf, à 4i kilomètres E. d’Orléansville, inexploitable aujourd’hui, par suite de l’éloignement de la côte.
- 70 Les gîtes de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Rehan et d’Àïn-Kerma.
- 8° Les gîtes de minerais de cuivre et de plomb du Zaccar-Rh’arbi.
- 9° Les gîtes de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Aïdous.
- î o° Les gîtes de minerai de cuivre de l’Oued-Souffay.
- i i° Les gîtes de minerais de cuivre et de plomb de l’Oued-Adelia et de l’Oued-Soltan.
- Les gîtes nos 7 à 1 1 sont situés auprès de Milianah. Ils ont tous été l’objet de travaux de recherches plus ou moins considérables, mais qui ne paraissent pas suffisants pour qu’on puisse instituer des concessions immédiates. Il importe donc de continuer les travaux de recherches.
- Le minerai se compose principalement de cuivre pyriteux et d’un minerai noir à éclat gras, qui est une combinaison d’oxvde de cuivre et d’oxyde de fer. On trouve aussi un peu de cuivre gris dans le périmètre de l’Oued-Aïdous.
- 1 20 Le gîte de cuivre pyriteux de Hammam-Rhira, situé 4 32 kilomètres N. E. de Milianah. Il a été l’objet de recherches peu étendues et qu’il serait intéressant de continuer.
- 13° Les gîtes de minerai de fer des environs de Milianah. Ces gîtes nous paraissent assez nombreux et assez riches pour alimenter soit un haut fourneau, soit une forge à la catalane. L’Oued-Boutan fournirait la force motrice nécessaire. Dans l’état actuel des choses, le combustible et les débouchés manqueraient sans doute à cette industrie; mais la construction prochaine du réseau des chemins de fer algériens pourra modifier les conditions économiques de Milianah et permettre l’exploitation des gîtes de fer. *
- i4° Le gîte de cuivre pyriteux du grand pic des Mouzaïas. 11 n’a jamais été exploré et mérite de devenir l’objet de quelques travaux de recherches1.
- III. Dans le district de Milianah.
- IV. Dans le district de Blidoh,
- 1 Depuis 3a rédaction de ce travail, quelques recherches ont été exécutées; elles ont démontré que les filons dont il s’agit sont très-pauvres en minerai de cuivre. Aussi ont-elles été abandonnées. '
- 4s.
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- 332 NOTICE MINÉRALOGIQUE
- 1 5° Les gîtes de cuivre pyriteux de l’Oued-Rebir, auprès de Blidah. Ils ont donné lieu à des travaux de recherches aujourd’hui suspendus et qu’il importe de continuer.
- 1 6° Les gîtes de minerais de cuivre, de plomb et de zinc de Dalmatie, auprès de Blidah. Ils ont donné lieu à des travaux de recherches abandonnés depuis quelque temps et qu’il serait intéressant de reprendre.
- î 7° Les gîtes de minerai de cuivre de Soumah. Ils ont donné lieu à quelques travaux de recherches qui sont abandonnés depuis plusieurs années et qu’il serait intéressant de reprendre. Ils fournissent, de même que les gîtes de Dalmatie, un mélange de cuivre pyriteux et de cuivre gris.
- i8° Les gîtes de minerai de cuivre de l’Oued-ben-Akhlil, à îo kilomètres S. E. de Soumah. Ils ont été, il y a plusieurs années, l’objet de quelques travaux de recherches peu importants.
- î 9° Les gîtes de cuivre gris de l’Oued-Bouman. Ces gîtes, découverts depuis peu, sont situés à 16 kilomètres E. de Blidah, dans le territoire de la tribu des Beni-Misserah. Ils pourraient devenir l’objet de quelques travaux de recherches.
- 2 0° Le gîte d’or natif de la haute vallée de l’Harrach. On a trouvé dans cette vallée, près du confluent de l’Harrach et de l’Oued-Bouman, un caillou roulé de micaschiste, contenant entre ses feuillets des paillettes d’or natif ; mais le gîte en place d’où provient ce curieux échantillon n'a pas encore été retrouvé.
- rtriet 2 l0 ^es £*tes minerai de fer des environs d’Alger. Très-peu importants.
- 2 2° Le gîte de manganèse de la Bouzaréah, situé à 2 kilomètres 0. d’Alger. Peu important.
- 2 3° Le gîte de minerai de plomb de la Bouzaréah, situé à 4 kilomètres 0. d’Alger. Peu important.
- 2 4° Le gîte de minerai de plomb de la pointe Pescade, situé à 6 kilomètres N. 0. d’Alger. Ce gîte, qui est assez important, a donné lieu à quelques travaux d’exploration qui ont été suspendus, par suite des difficultés soulevées par les propriétaires du sol.
- 25° Le gîte de cuivre carbonaté de la porte du Sahel, à Alger. Peu important.
- 26° et 2 70 Les gîtes de minerai de plomb de l’Oued-Arbatach et de l’Oued-Mserakou, situés à 28 kilomètres S. E. d’Alger. Peu importants.
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- SUR LES PROVINCES D’ORAN ET D’ALGER.
- 333
- 28° Le minerai de fer du village d’Akbou, à 58 kilomètres S. O. de Bougie.
- 2 90 Le gîte de manganèse de Laghouat. 11 forme des liions irréguliers au milieu du calcaire crétacé. Le minerai est très-pauvre en manganèse.
- Un gîte de tourmalines vertes et transparentes a été découvert, en 1 855, dans la haute vallée de l’Harrach, à 16 kilomètres E. de Blidah. Les tourmalines se trouvent disséminées dans du calcaire cristallin associé à du gypse et de la diorite. Les gypses associés à des roches dioritiques étant très-communs dans le Tell algérien, il est permis d’espérer qu’on trouvera de nouveaux gîtes de tourmalines h
- Les tourmalines de l’Harrach ne paraissent pas avoir une grande valeur industrielle, parce quelles sont de petites dimensions et d’une couleur vert pâle. Leur transparence permet cependant de les employer dans la bijouterie.
- VI. Dans la Kabvlie.
- VII. Dans le district de Laghouat.
- GÎTES
- DE PIERRES PRECIEUSES.
- Tourmalines vertes de la haute vallée de l’Harrach.
- 1 Ces prévisions se sont réalisées depuis la rédaction de cette notice.
- FIN.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Préface.
- Pages.
- Y
- CHAPITRE PREMIER.
- ÉTUDES GÉOLOGIQUES SUR LA PARTIE OCCIDENTALE DE LA PROVINCE D’ORAN.
- Terrain stralifié plus ancien que le (errain jurassique...................................
- Terrain jurassique........................................................................
- Terrain crétacé inférieur.................................................................
- Terrain nummulitique......................................................................
- Terrain tertiaire moyen...................................................................
- Terrain tertiaire supérieur...............................................................
- Terrain quaternaire.......................................................................
- Analyse d’une terre végétale des environs du petit lac d’Oran.............................
- Terrain cl’alluvion. .....................................................................
- Granité porphyro'ide des Beni-Senous.................................................
- Granité de Nedroma................................................... ....................
- Gneiss du marabout de Sidi-Amar-el-Aïat...................................................
- Porphyre blanc delà la rive gauche de la Tafna, à 8 kilomètres N. E., de Lalla-Maghrnia..
- Porphyre blanc du Djebel-Azela-el-Aramia, à 8 kilomètres E. d’Aïn-Temouchen...............
- Basaltes..................................................................................
- Dolérites et gypses.......................................................................
- 1
- 2
- 3
- 4
- ibid.
- 8
- ibid
- îo J 2
- ibid.
- ibid.
- î 3 ibid. ibid.
- i4
- ibid.
- CHAPITRE IL
- GISEMENTS MINERAUX.
- § Ier. - CALCAIRES.
- Carrière d’albâtre calcaire de Tisser.. . . .'....................................... i4
- Calcaire hydraulique de Suboun-el-Hadjera, à 5 kilomètres S. 0. d’Aïn-Temouchen...... 17
- Pierre à savon de l’Oued-Senam ...................................................... ibid.
- Son analyse...................... . ................................................. ibid..
- § 11. — argiles; pouzzolanes artificielles.
- Argile d’Oran. Son analyse. .
- 18
- ibid.
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-
- 336 TABLE DES MATIÈRES.
- PJges.
- Pierre à savon de l’Oued-Torba, à 6 kilomètres N. E. de Lalla-Maghrnia.............. 18
- Son analyse...............................................* . ...................... ibid.
- Terre à porcelaine de FOued-Malah, à 2 kilomètres N. E. du gîte précédent........... ig
- Source salée et sulfureuse de FOued-Malah........................................... 20
- Pouzzolane artificielle du pont de l’Isser.......................................... ibid.
- § III. - POUZZOLANES NATURELLES.
- Pouzzolane de Rachgoun ........................................................ ... 21
- Massif basaltique et pouzzolanes de l’embouchure de la Tafna........................ 2 4
- Massif basaltique et pouzzolanes d’Aïn-Temouchen........................................ 27
- Pouzzolanes du Dayat-Mtaa-Karkar.................................................... 28
- Massif basaltique et pouzzolanes de Djemma-Gazaouat (Nemours)......'................ 3o
- S iv. — GYPSES.
- Gypse de Teniet-el-Djips, à 5 kilomètres S. de Sebdou................................... 32
- Gypse de Sidi-Jahia, à 19 kilomètres S. O. de Sebdou................................. ibid.
- Gypse des environs de Tlata (Beni-Senous)........................................... 33
- Gypse du Djebel-Mellaha (Beni-Senous)................................................ ibid.
- Gypse de FOued-Tallout, à 3o kilomètres E. de Tlemsen................................... 34
- Ce gypse est accompagné d’infiltrations salées exploitées par les Arabes................ 35
- Gypse de la Tafna inférieure............................................................ 36
- Gypse de FOued-Zoudj-el-Hadjar.......................................................... 3j
- Gypse du Djebel-Gouléah.............................................................. ibid.
- Gypse du Djebel-Morro-Aïn, à 11 kilomètres S. O. d’Aïn-Temouchen........................ 38
- Gypse associé au sel gemme de FOued-Malah, à 12 kilomètres O. S. O. d’Aïn-Temouchen. ibid.
- Gypse du marabout de Sidi-Amar-el-Aïat, à 4 kilomètres E. S. E. d’Aïn-Temouchen..... ibid.
- Gypse dçs environs de Sidi-bel-Abbès.................................................... 4o
- Gypse de FOued-Sarno, à 4 kilomètres N. de Sidi-bel-Abbès........................... 4i
- Gypse, dolérite, sel gemme et pyrite de cuivre de FOued-Malah, affluent de la Mekerra,
- à 24 kilomètres N. E. de Sidi-bel-Abbès. . ...................................... ibid.
- Gypse de l’Oued-Rh’assoul............................................................... 42
- Empreintes végétales carbonisées dans le calcaire de l’Oued-Rh’assoul............... 43
- Gypse du revers S. du Tessala....................................................... ibid.
- Prétendue mine d’or du Tessala...................................................... 44
- Sulfate de baryte associé au gypse du Tessala....................................... 45
- Gypse et source salée d’Arbal........................................................... 46
- Gypse de la ferme de Guessiba, à 4 kilomètres O. d’Arzeu............................. ibid.
- Gypse de l’embouchure de la Macta.. .................................................... ây
- S V. -- SEL GEMME ET SOURCES SALEES.
- Mine de sel gemme des Ouled-Kh’alfa, à 12 kilomètres O. d’Aïn-Temouchen
- ibid.
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 337
- Pages.
- Infiltrations salées du Rio-Salado................................................ 4g
- Puits d’eau salée sur les bords de l’Oued-Tallout................................. ibid.
- Source salée à 8 kilomètres N. E. de Laîla-Maghrnia............................... ibid.
- § VI. -- TERRAINS SALPETRES.
- Grottes salpêtrées des Beni-Habbib................................................... 5o
- § VII. -- EAUX POTABLES.
- Eaux des puits du Dayat-el-Ferg, dans les hauts plateaux.......................... 5i
- Coupe de deux puits............................................................... ibid.
- Analyse de l’eau d’un puits....................................................... 5a
- Analyse de l’argile servant de récipient à l’eau au fond de ce puits.............. ibid.
- Puits de Rabjem-Atia.............................................................. ibid.
- Source et puits d’El-Aricha.......................................................... 53
- Analyse des eaux potables des environs d’Arzeu.................................... 54
- § VIII. - PUITS ARTÉSIENS.
- Puits artésien de Lalla-Maghrnia..................................................... 55
- Eaux d’alimentation de Saint-Cloud. (Colonie agricole des environs d’Oran.)....... 56
- S IX. --- EAUX MINÉRALES.
- Sources minérales d’Aïn-el-Hammam, à 6 kilomètres N. E. de Sebdou................. 58
- Source minérale d’Aïn-el-Hammam, auprès de Bab-Mteurba, dans les Traras........... 59
- Source thermale de Hammam-Sidi-Chigh’r, à 4 kilomètres N. de Lalla-Maghrnia.......... 60
- Source thermale de Hammam-Sidi-bel-Kheïr, sur la rive gauche de la Tafna, à 10 kilom.
- N. E. de Lalla-Maghrnia........................................................ ibid.
- Sources thermales de Hammam-bou-Gh’rara, sur la rive gauche de la Tafna, à 12 kilom.
- N. E. de Lalla-Maghrnia.............. . . ..................................... 61
- Source minérale d’Aïn-Merdja, à 5 kilomètres S. de l’embouchure de la Tafna......... 62
- Source thermale de Sidi-Abdli, à 7 kilomètres E. du pont de Tisser.............. ibid.
- Sources thermales de Hammam-Sidi-Aït, à l’extrémité occidentale du Sebkha d’Oran. ... 63
- Sources thermales de Hammam-bou-Hadjar, à 2 kilomètres N. des précédentes......... 65
- Source minérale de la rive droite de la Mekerra, chez les Ouled-Sidi-Ali-ben-Joub, subdivision de Sidi-bel-Abbés........................... ................................. 67
- Source froide d’Aïn-el-Hammam, sur le revers N. E. du Tessala.. .................. ibid.
- Sources thermales de TOued-el-Hammam, à 20 kilomètres S. O. de Mascara............ 68
- §X. --- COMBUSTIBLES MINERAUX.
- Lignite de la plaine de Terni..................................................... 69
- Travertin de l’Oued-Tasseramirameth,.............................................. 74
- 43
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-
- 338 TABLE DES MATIÈRES.
- Page».
- Lignite des environs d’Hadjar-Roum, sur les bords de lisser......................... 76
- Direction à imprimer aux recherches de lignite dans la province d’Oran. ........... 84
- Argiles bitumineuses du terrain quaternaire de Tlemsen.............................. 85
- § XI. -- SOUFRE.
- Soufre d’El-Morra, dans le Chott-el-Rh’arbi......................................... 86
- Son analyse............................................................................ 87
- Soufre des environs d’Ouchda, dans le Maroc......................................... ibid.
- Son analyse......................................................................... ibid.
- § XII. - MINERAIS DE FER.
- Minerai de fer du Djebel-Haddid, auprès de Tlemsen..................................... 88
- Son analyse........................................................................... 89
- Mine de fer de Kolla, à 4 kilomètres S. E. de Djemma-Gazaouat....................... ibid.
- Mine de fer d’Aïn-Kebira, à 6 kilomètres E. N. E. de Nedroma........................ go
- Son analyse.......................................................................... 92
- Minerai de fer de la maison de garde située entre Nedroma et Aïn-Kebira............. ibid.
- Son analyse......................................................................... ibid.
- Mine de fer de Bab-Mteurba, à 6 kilomètres S. de la rade d’Honaïn................... g3
- Son analyse.................................*........................................ . g4
- Affleurement de minerai de fer de l’Oued-el-Merdja, à 6 kilomètres E. S. E. de la rade
- d’Honaïn......................................................................... ibid.
- Minerai de fer de Marsa-Honaïn...................................................... g5
- Son analyse....................................................................... ibid.
- Minerai de fer de Djemma-Gazaouat...................................................... g6
- Affleurement de minerai de fer du Chabbat-Garouba, à 8 kilomètres S. E. de l’embouchure
- de la Tafna.................................................................... ibid.
- Affleurement de minerai de fer, à 2 kilomètres E. de l’embouchure de l’Oued-Hamad... . ibid.
- Mine de fer des Ouled-Sidi-el-Safi, à 4 kilomètres S. du rivage de la mer........... gy
- Son analyse............................................................................ 98
- Minerai de fer du Djebel Aouaria,'près du port deCamarata........................... 99
- Son analyse........................................................................... 100
- Affleurement d’hydroxyde de fer du télégraphe de Sidi-Daho, sur la route de Tlemsen à
- Sidi-bel-Abbès, rive droite de l’Isser........................................... ibid.
- Minerai de fer des Djebels-del-Doum, Argo-Bensor, Essa, près des sources de l’Isser. 101
- § XIII. — MANGANÈSE.
- Grès colorés en noir par l’oxyde de manganèse, aux environs de Mazagran............. 102
- Son analyse......'.................................................................. ibid.
- Minerai de manganèse du Djebel-Tassa, chez les Beni-Senous.......................... ibid.
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- TABLE DES MATIERES. 339
- Pages.
- $ XIV. - MINERAIS DE PLOMB, DE CUIVRE ET DE ZINC.
- Ancienne mine de plomb de Coudiat-er-Ressas, à 12 kilomètres S. O. de Sebdou,.... io3
- Gîtes de galène et de cuivre du Djebel-Tassa, ch,ez les Beni-Senous............... . io5
- Ancienne mine de cuivre du Djebel-Mellaha (Beni-Senous)........................... 108
- Ancienne mine de plomb et de cuivre de Rouban, sur la frontière du Maroc.......... 109
- Filon de quartz cuprifère de l’Oued-Habla........................................... 117
- Ancienne mine de plomb et de zinc du Djerf-el-Hamar, à 10 kilomètres N. E de Lalla-
- Maghrnia....................................................................... 1x8
- Analyse de ce minerai............................................................. 122
- Mine de cuivre de Sidna-Loucha, à 8 kilomètres E. N. E. de Djemma-Gazouat.......... 123
- Ancienne mine de cuivre de Guessiba, à 8 kilomètres O. du port d’Arzeu.......... 125
- Analyse du minerai de cuivre de Guessiba......................................... 126
- Analyse d’une ancienne scorie de Guessiba........................................ 127
- Filon de cuivre pyriteux du Hamar-Ramadia, à 8 kilomètres S. d’Arbal............. ibid.
- § XV. ARGENT.
- Prétendue mine d’argent des Beni-Khaled, dans les Traras, auprès de la rade d’Honaïn. 129
- § XVI. MERCURE.
- Ancienne mine deunercure des environs d’Arzeu...................................... x3o
- CHAPITRE III.
- RÉSUMÉ CONCERNANT LA PROVINCE D’ORAN.
- Enumération de tous les gîtes qui ont été reconnus jusqu’à ce jour dans la province
- d’Oran........................................................................ i3i
- Albâtre calcaire.................................................................. . . ibid.
- Marbres........................................................................... ibid.
- Calcaires hydrauliques.............................................................. i32
- Pierres de construction........................................................... ibid.
- Argiles.................................:........................................ ibid.
- Terre à porcelaine................................................................ ibid.
- Pouzzolanes naturelles........................................................... ibid.
- Gypses.. .......................'............................................... 133
- Sel gemme et sources salées............................................,......... i35
- Salines naturelles.............................................................. 136
- Terrains salpêtrés............................................................... ibid.
- Sources minérales................................................................ ibid.
- Combustibles minéraux.............................................................. i38
- Soufre.................................................................... ibid.
- 43.
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-
-
- 340 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Minerais de fer............................................................... i38
- Oxyde de manganèse............................................................ i4o
- Minerais de plomb et de cuivre................................................ ibid.
- Minerais d’argent. ........... *................................................ i4i
- Mercure......................... . . . ....................................... ibid.
- CHAPITRE IV.
- ÉTUDES GÉOLOGIQUES SUR LA PROVINCE D’ALGER.
- Terrain de transition......................................................... i4a
- Terrain jurassique............................................................ ibid.
- Terrain crétacé inférieur..................................................... ibid.
- Terrain nummulitique......................................................... i43
- Terrain tertiaire moyen.............................................>......... '-bid.
- Terrain tertiaire supérieur................................................... i45
- Terrain quaternaire ou diluvien. ............................................... i5o
- Terrain alluvien.......................................................... ibid.
- Granité de la Bouzaréah...................................................... ibid.
- CHAPITRE V.
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE D’ALGER.
- Minerai de fer de la Bouzaréah..............................;................. i5i
- Minerai de manganèse de la Bouzaréah.......................................... ibid.
- Minerai de plomb de la Bouzaréah.............................................. ibid.
- Minerai de plomb de la pointe Pescade........................................ i52
- Minerai de cuivre des environs d’Alger........................................ ibid.
- CHAPITRE VL
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE DE BLIDAH.
- Concession de la mine de cuivre des Mouzaïas.................................. 153
- Concession de la mine de cuivre de l’Oued-Merdja.............................. 160
- Gites non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-Kebir.....................r . 161
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre, plomb et zinc de Dalmatie............. 163
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre des environs de Soumah............... ibid.
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-ben-Aklil................. ibid.
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-
-
- TABLE DES MATIERES.
- 341
- Pages.
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre de l’Oued-Bouman.......................... i63
- Gîtes non concédés de minerais de cuivre pyriteux du grand pic des Mouzaïas........ i64
- Gîte de tourmalines vertes de la haute vallée de l’Harrach......................... ibid.
- Micaschiste roulé de la vallée de l’Harrach, avec or natif......................... i65
- CHAPITRE VIL
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE DE MILIANAH.
- PREMIÈRE PARTIE.
- DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DES ENVIRONS DE MILIANAH.
- Terrain secondaire.................................................................... 168
- Points culminants................................................................ ibid.
- Composition générale du terrain secondaire......................................... 169
- Sources remarquables du terrain secondaire......... ............................... ibid.
- Gîtes métalliques du terrain secondaire............................................ ibid.
- Rareté des fossiles dans le terrain secondaire de Milianah............,............ ibid.
- Terrain secondaire du Zaccar-Chergui. ............................................. 170
- Blocs roulés de dolérite au pied du revers S. du Zaccar-Chergui.................... ibid.
- Source d’Aïn-Turqui.................................................................. ibid.
- Végétation du Zaccar-Chergui...............•....................................... 171
- Minerais de cuivre du Zaccar-Chergui............................................... ibid.
- Carrière de marbre du Zaccar-Chergui............................................... ibid.
- Terrain secondaire du Zaccar-R’harbi.............................................. ibid.
- Marnes schisteuses secondaires de l’oued-Christiou.................................... 172
- Sources de l’Oued-Boutan.......................................................... ibid.
- Analyse de l’eau de l’Oued-Boutan.................................................. 173
- Source minérale d’Aïn-Hamama......................................................... 174
- Végétation du Zaccar-Rh’arbi..................................................... ibid.
- Terrain secondaire du Djebel-Arib.................................................. ibid.
- Pont d’El-Kantara.................................................................. 175
- Terrain secondaire du Djebel-Doui.................................................... ibid.
- Terrain secondaire de la rive gauche du Chelif, au S. de Milianah.................. ibid.
- Chances de succès d’un puits artésien creusé à travers le terrain secondaire, au confluent
- de l’Oued-Tleta et du Chelif..................................................... 176
- Terrain secondaire de l’Oued-Rehan.. .............................................. ibid.
- Terrain secondaire de l’Oued-Boutan................................................ 177
- Terrain secondaire de l’Oued-Souffay................................................ ibid.
- Filons de carbonate de chaux cuprifère sur les bords de l’Oued-Souffay. . . »...... ibid.
- Chances de succès d’un puits artésien creusé au débouché de l’Oued-Souffay dans la plaine du Chelif..................................................................... 178
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- 342 TABLE DES MATIÈRES,
- Page».
- Débit de TOued-Souffay..........................................»................. 178
- Terrain secondaire d’Aïn-Sultan....................................................- ibid:
- Terrain secondaire et filons cuprifères de l’Oued-Adelia........................... 179
- Terrain tertiaire moyen des environs de Milianah................................... ibid.
- Chaîne du Gontas, à TE. de Milianah. . ............................................ 180
- Ostrea crassissima à Aïn-Sultan et sur le Gontas................................... ibid.
- Fiions plombo-cuivreux du terrain tertiaire moyen des environs de Milianah......... ' ibid.
- Ravin du télégraphe du Zaccar-Rh’arbi.............................................. ibid.
- Poudingue tertiaire moyen à 1200 mètres en avant du télégraphe du Zaccar-Rh’arbi... 181
- Argile marneuse grise, supérieure au poudingue précédent........................... ibid.
- Panopées dans les poudingues....................................................... ibid.
- Un puits artésien a peu de chances de succès au débouché du ravin du télégraphe du
- Zaccar-Rh’arbi dans la plaine du Chelif......................................... ibid.
- Terrain tertiaire moyen de l’Oued-Rehan............................................ 182
- Tuileries alimentées par les argiles marneuses grises de la vallée de l’Oued-Rehan. ibid.
- Colonie agricole à fonder sur les bords de l’Oued-Rehan............................ i83
- Conduite d’eau de TAïn-Rehan pour les besoins économiques de la colonie agricole... ibid.
- Terrain tertiaire moyen de TOued-Boutan............................................ i84
- Briqueteries de la vallée de TOued-Boutan.......................................... ibid.
- Terrain tertiaire moyen du Djebel-Keskès............................................. 18b
- Terrain tertiaire moyen du Djebel-Ouamborg........................................... 186
- Poudingue tertiaire du télégraphe de TOued-Adelia...........................ibid.
- Trous de ooquilles lithophages auprès du télégraphe................................ ibid.
- Poudingue tertiaire du Djebel-Ouamborg.............................................. ibid.
- Empreintes végétales carbonisées dans les grès schisteux du terrain tertiaire moyen du
- Djebel-Ouamborg................................................................. 187
- Filons plombo-cuivreux dans les marnes tertiaires de l’Oued-Adelia.. . ............ ibid.
- Terrain tertiaire moyen des environs d’Aïn-Sultan............................. ibid.
- Terrain tertiaire moyen de la lisière S. de la plaine du Chelif...................... 188
- Grès jaune tertiaire des Kifan..................................................... ibid.
- Barrage facile de l’Oued-Deurdeur à El-Kifan.................................. .... ibid.
- Village projeté à El-Kifan......................................................... 189
- Terrain tertiaire moyen du Djebel-Kherraza.......................................... ibid.
- Aïn-Kherraza......................................................................... 19°
- Un puits artésien a des chances de succès au confluent de TOued-Guergour et du Chelif.. ibid.
- Terrain tertiaire moyen du Djebel-Bouhaya............................................ 191
- Eaux thermales de Hammam-Rhira. ................................................... ibid.
- Travertin déposé par les eaux thermales...............'............................ 192
- Ruines d’Aquæ-Calidæ.....................................................». ....... ibid.
- Diorite à Aquæ-Calidæ............................................................. • • • ibid.
- Source ferrugineuse et acidulée de HammamrRhira.................................... 19^
- Filon cuprifère des Eaux?Chaudes.......*».......................................... ibid.
- Ilot de terrain tertaire moyen de l’Oued-Kerma et de TOued-Christiou............... ibid.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 343
- Pages.
- Fossiles tertiaires...; . . . ....................................................... 194
- Meulières des poudingues tertiaires.................................................. ibid.
- Ilot de terrain tertiaire moyen du Djebel-Arib...................................• . ibid.
- Terrain tertiaire de la rive droite de l’Oued-Zeboudj................................ ig5
- Terrain diluvien et terrain alluvien des environs de Milianah........................ ibid.
- Situation géologique des marais de la plaine du Chelif............................... .196
- Terrain diluvien d’Aïn-Sultan.......................................................... 197
- Terrain diluvien d’Affreville, au débouché de l’Oued-Boütan........................... ibid.
- Terrain diluvien de l’extrémité N. O. de la plaine du Chelif...................... ibid.
- Terrain diluvien de l’Oued-Tleta........................................................ 198
- Travertins des environs de Milianah................................................. ibid.
- Carrière de pierre à bâtir de Milianah............................................... 199
- Sables pour les mortiers.............................................................. ibid.
- Travertin de Hammam-Rhira.............................................................. 200
- Travertin d’Aïn-Mouïlah.............................................................. ibid.
- Marais des Aribs..................................................................... ibid.
- Débris calcaires accumulés au pied du Zaccar......................................... ibid.
- Alluvions anciennes de la fontaine des Trois-Trembles................................ ibid.
- TERRAINS D’ORIGINE ERUPTIVE OU METAMORPHIQUE DES ENVIRONS DE MILIANAH.
- Porphyres blancs de Milianah..............................i.......................... 200
- Emploi de ce porphyre pour des meules à farine....................................... 201
- Porphyre de la redoute Partarieux................................................... ibid.
- Blocs roulés de dolérite aux environs de Milianah.................................... ibid.
- Gypse de la carrière du sieur Allemand, sur le revers N. du Zaccar-Chergui........... 202
- Minerai de cuivre'associé au gypse du Zaccar......................................... ibid.
- Deuxième gîte de plâtre du Zaccar................................................... ibid.
- Gypse d’Aïn-Kerraza................................................................. ibid.
- DEUXIÈME PARTIE.
- DESCRIPTION DES GITES MÉTALLIFÈRES DES ENVIRONS DE MILIANAH.
- Minerai de cuivre de Hammam-Rhira................................................. 2o3
- Gîtes de cuivre et de plomb de l’Oued-Aïdous...................................... ibid.
- Gîtes de cuivre et de plomb du Zaccar-Rh’arbi..................................... 2o5
- Gîtes de cuivre à 800 mètres N. E. de Milianah.................................... ibid.
- V
- Gîtes de galène à 13oo mètres E. N. E. de Milianah................................ 206
- Gîte de cuivre et de plomb de l’Aïn-Rehan....................................... . . 207
- Gîte de cuivre et de plomb de l’Oued-Ouroud........................................ . ibid.
- Gîte de cuivre au contact du porphyre , sur la rive gauche de TOued-Christiou..... ; . ibid.
- Filon de cuivre d’Aïn-Kerma.......................................................... 208
- Minerai de cuivre de l’Oued-Sultan.............................................,. . 209
- Minerai de cuivre de l’Oued-Adelia................................................ 210
- Minerai de cuivre d’Aïn-el-Hallouf.............................................; .. 212
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- 344 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Minerai de cuivre de l’Oued-Souffay................................................. 2i3
- Minerai de fer du pont de l’Oued-Aïdous............................................ ibid.
- Minerai de fer situé à 1100 mètres N. E. de Milianah................................ ibid.
- Gîte de minerai de fer situé à la porte de Milianah.............................. • 214
- Gîte de minerai de fer de la rive gauche de l’Oued-Rehan...,........................ ibid.
- Minerai de fer de la rive droite de l’Oued-Rehan.................................... ibid.
- Minerai de fer au pied du Zaccar-Rh’arbi, sur la roule des Beni-Menasser........... 2i5
- Avenir des gîtes de cuivre et de plomb de Milianah.................................. 216
- CHAPITRE VIII.
- DISTRICT D’ORLEANSVILLE.
- PREMIÈRE PARTIE.
- DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DES ENVIRONS D’ORLÉANSVILLE.
- Terrain secondaire................................................................... 217
- Terrain secondaire du Tamdrara....................................................... 219
- Eaux, du Tighaout au pied du Tamdrara............................................... ibid.
- Route d’Orléansville au Tamdrara.................................................... 220
- Forêt du Tamdrara................................................................... ibid.
- Composition du terrain crétacé entre le Djebel-Tamdrara et l’Oued-Fodda............. ibid.
- Terrain secondaire du Djebel-Temoulga............................................... 221
- Terrain secondaire du Koubat-bou-Rhaïden............................................ ibid.
- Peu de probabilité d’obtenir des eaux jaillissantes dans le terrain secondaire des environs
- d’Orléansville................................................................... 222
- Noria du pénitencier arabe dans la vallée de Lalla-Ouda............................. ibid.
- Terrain tertiaire moyen des environs d’Orléansville................................ ibid.
- Terrain tertiaire moyen des bords de l’Oued-Isly.................................. ibid.
- Observatoire géologique du Kef-el-Gh’orab........................................... 223
- Ostrea crassissima au pied du Kef-el-Gh’orab........................................ 11k
- Argiles diversement colorées au pied du Kef-el-Gh’orab.............................. ibid.
- Ilot de terrain secondaire dans la plaine de Sidi-el-Cherif......................... ibid.
- Carrière de pierre de taille de l’Oued-Isly......................................... 225
- Foraminifères dans le calcaire compacte de l’Oued-Isly.............................. ibid.
- Exploitation de la carrière de l’Oued-Isly par les Romains.*........................ ibid.
- Débris végétaux transformés en calcaire dans la carrière de l’Oued-Isly............. 226
- Débit de l’Oued-Isly................................ . ................................ ibid.
- Terrain tertiaire moyen au S. d’Orléansville........................................ ibid.
- Poudingue servant de base au terrain tertiaire moyen................................ 228
- Brèche calcaire du Dra-el-Hamar............................................... ..... ibid.
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- TABLE DES MATIÈRES. 345
- Pages.
- Brèche tertiaire sur les bords de l’Oued-Fodda.......................................... 228
- Un sondage fournirait probablement des eaux jaillissantes entre l’Oued-FlefFa et l’Oued-
- Fodda...............................*................................................ 229
- Roche blanche bréchiforme à la base du terrain tertiaire moyen, le long de la rive gauche
- du Tighaout.......................................................................... 23o
- Zone argileuse du terrain tertiaire moyen des environs d’Orléansville................... ibid.
- Nature des eaux qui traversent les argiles tertiaires. ................................. 231
- Plateau de calcaire tertiaire longeant la rive gauche du Cbelif, à l’E. d’Orléansville.. ibid.
- Carrière de moellons à i5oo mètres E. d’Orléansville.................................... 232
- Carrière de calcaire quartzeux de la route de Milianah.................................. ibid.
- Chabbat-Lalla-Ouda...................................................................... 2 33
- Chabbat-Malah........................................................................... ibid.
- Chabbat-Zeroualim....................................................................... 2 34
- Un sondage entrepris à Ponteba donnerait probablement des eaux jaillissantes............ ibid.
- Sondage d’Orléansville.................................................................. 236
- Terrain tertiaire moyen de la rive droite du Chelif, sur le Koudiat-Adjeraf............. 238
- Plaine alluvienne au pied du revers N. d’El-Adjeraf....................................... 239
- Terrain tertiaire moyen des Medjajah................................................... ibid.
- Terrain tertiaire moyen sur la route d’Orléansville à Tenès............................. 241
- Gypse du camp de Kerbah.................................................................. ibid.
- Terrain tertiaire supérieur sur la rive droite du Chelif................................ 24s
- Lignite de Bled-Boufrour................................................................ ibid.
- Terrain quaternaire et terrain alluvien de la vallée du Chelif.......................... 249
- La recherche des eaux jaillissantes a peu de chances de succès dans le terrain diluvien... 25o
- Source de la pépinière d’Orléansville.................................................... ibid.
- Puits d’Orléansville..................................................................... ibid.
- Situation d’Orléansville................................................................. ibid.
- Bulimes et hélix dans le terrain tertiaire moyen de l’Oued-Fodda........................ 2 5i
- Briqueteries d’Orléansville......................................................... ibid.
- Gypse d’origine éruptive à Lalla-Ouda.................................................... ibid.
- DEUXIÈME PARTIE.
- EXAMEN DE LA NATURE CHIMIQUE DES EAUX POTABLES DES ENVIRONS D’ORLÉANSVILLE.
- Analyses quantitatives de ces eaux......................................................... 2 53
- Méthode d’analyse......................................................................... 254
- Recherche des bases.................................................................... ibid.
- Recherche des acides...................................................................... 256
- EAUX DU TERRAIN SECONDAIRE.
- Eau de l’Oued-Tighaout prise au pied du Tamdrara. . . .................................. 267
- Eau de la partie supérieure du cours de l’Oued-Lalla-Ouda............................... ibid.
- EAUX DU TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- Eau de l’Aïn-Malah, à 4 kilomètres E. d’Orléansville. .................... ;............ ibid.
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- 346 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Eau de la source du Chabbat-Zeroualim................................................ 267
- Eau du ravin de Lalla-Ouda, en aval du marabout de même nom.......................... ibid.
- Eau de l’Oued-Tighaout recueillie sous Orléansville.................................... 258
- Eau de la fontaine du bureau arabe d’Orléansville, alimentée par une prise d’eau du Tig-
- haout............................................................................ ibid.
- Eau d’alimentation d’Orléansville. .................................................. ibid.
- Eau de la source des Sendjès........................................................ 25p
- Eau de la source d’Aïn-el-Hallouf (rive droite du Chelif)............................ . ibid.
- Eau d’Aïn-Djenan (rive droite du Chelif)............................................. ibid.
- Eau des Beni-Rached....................................................... . ....... ibid.
- EAUX DU TERRAIN DILUVIEN ET DU TERRAIN D’ALLUVION.
- Eau du puits du sieur Sentis à Orléansville...................,..................... ibid.
- Eau d’une noria du village de la Ferme............................................. ibid.
- Eau du puits du sieur Fischer à Orléansville........................................... 260
- Eau du Chelif recueillie sous le pont d’Orléansville................................. ibid.
- Eau d’un puits du village de Ponteba................................................. ibid.
- Eau de la source de la pépinière d’Orléansville...................................... ibid.
- TROISIÈME PARTIE.
- Projets d’approvisionnements d’Orléansville en eau potable.......................... 262
- Projet d’approvisionnement d’Orléansville en eau d’irrigation....................... 263
- CHAPITRE IX.
- DISTRICT MÉTALLIFÈRE DE TENES.
- PREMIÈRE PARTIE.
- Terrain secondaire des environs de Tenès............................................ 264
- Terrain secondaire du cap Tenès..................................................... 265
- Marbre du cap Tenès................................................................. ibid.
- Calcaire secondaire exploité comme pierre à chaux à l’E. de Tenès................... 266
- Terrain secondaire du Djebel-Fedj................................................... ibid.
- Pavés fournis par les quartzites secondaires de Tenès............................... 267
- Ilots secondaires dans la demande en concession de l’Oued-bou-Halou......... ....... 268
- Terrain secondaire de l’Oued-bou-Chitan.. ............................................. ibid.
- Terrain secondaire à la partie inférieure de la vallée de l’Oued-bou-Ch’gral........ ibid.
- Terrain tertiaire moyen des environs de Tenès....................................... ibifi.
- Grès tertiaires exploités comme pierre de taille au-dessous du vieux Tenès.......... 270
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- TABLE DES MATIÈRES. 347
- Pages.
- Combustibles dans les grès tertiaires des gorges de l’Oued-Allelah................... 270
- Ostrea crassissima dans les argiles carbonifères des gorges de l’Oued-Allelah........ 271
- Il est possible de trouver du lignite dans le terrain tertiaire moyen de la province d’Alger. 272 Fabrication de couperose verte avec les argiles et les grès pyriteux des gorges de l’Oued-
- Allelah .......................................................................... ibid.
- Fossiles du terrain tertiaire moyen de Tenès......................................... 273
- Fracture qui a produit les gorges de l’Oued-Allelah.................................. 27/i
- Un puits artésien a des chances de succès sur les bords de l’Oued-Allelah, entre l’Oued-
- bou-Haîou et l’Oued-bou-Chilan.................................................... 275
- Terrain quaternaire des environs de Tenès............................................... 276
- Bande de terrain diluvien à l’E. de Tenès............................................ ibid.
- Mélange de coquilles marines et de coquilles terrestres dans le terrain quaternaire de Tenès. ibid.
- Bande de terrain diluvien à l’O. de Tenès.......................... . . . 1.......... ibid.
- Les grès diluviens fournissent de bonnes pierres de construction..................... 278
- Terrain diluvien de Montenotte..............................................;....... ibid.
- Terrain d’alluvion de l’Oued-Allelah, en amont des gorges............................ 279
- Diluvium de la partie supérieure du cours de l’Oued-Taffilès......................... ibid.
- Travertin des environs de Tenès....................................................... ibid.
- Travertin du Kef-el-Hmam.............................................................. ibid.
- Plaine alluvienne à l’embouchure de l’Oued-Allelah. ................................. ibid.
- Briqueteries de Tenès................................................................. ibid.
- Diorite sur le bord de la mer, à Tenès............................................... ibid.
- Dolomies associées à la diorite......................................................... 280
- Alimentation en eau de Tenès......................................................... ibid.
- Composition de l’eau de l’Oued-Allelah............................................... ibid.
- Composition de l’eau de la fontaine du Rocher...................................... 281
- DEUXIÈME PARTIE.
- DESCRIPTION DES GITES MÉTALLIFÈRES DES ENVIRONS DE TENÈS.
- Concession de la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-Allelah, et demande en extension
- de cette concession.................................................................. 283
- Filon de î’Oued-bou-Khandack......................................................... ibid.
- Filon de cuivre gris de l’Oued-bou-Chitan ........................................... 286
- Filon de l’Oued-Hahbous............................................................... ibid.
- Groupe de filons de l’Oued-bou-Chemma................................................ 287
- Filon d’Aïn-Seliman................................................................... ibid.
- Groupe delà Smalah et du Camp-de-Gorges......................................... 288
- Galerie Saint-Jean................................................................... 290
- Filon du Petit-Pont.............................................................. ibid.
- Galeries de l’Oued-Arour................................................................ 291
- Filons de la Carrière, près de la traverse de Montenotte................................ ibid.
- Filons de la Smalah................................. , ..............«............... ibid.
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- 348
- TABLE DES MATIERES.
- Pagei.
- Projet de grande galerie de reconnaissance et d’écoulement à travers la concession de l’Oued-
- Allelah...................................................................... 2g3
- Préparation mécanique........................................................... ibid.
- Triage......................................................................... ibid.
- Broyage............................................................................. 2q5
- Classification................................................................... ibid.
- Lavage.......................................................................... ibid.
- Tables diverses.................................................................. * 297
- Séchage............................................................................. 298
- Rebroyage et reclassement des résidus............................................. ibid.
- Concession de la mine de cuivre, fer et plomb de l’Oued-Taffilès ................ 299
- Concession de la mine de cuivre, fer et plomb du cap Tenès........................ ibid.
- Permis de recherches des gîtes cuprifères de Sidi-bou-Àîssi et du Kef-el-Hmam..... 3oo
- Filon du Caïd....................................................................... 3oi
- Filon de Sidi-bou-Aïssi........................................................ ibid.
- Groupe de filons du Kef-el-Hmam.................................................. 3o2
- Permis de recherches des gîtes de cuivre et de fer du Djebel-Haddid............... 3o3
- Minerai de fer du Djebel-Haddid..................................................... 3o4
- Filon de pyrite cuivreuse du Djebel-Mraddera....................................... 3o6
- Filon situé à la source de l’Oued-Semam........................................... ibid.
- Filon de la partie inférieure de l’Oued-Semam....................................... 307
- Filon de l’Oued-Sidi-Betiour........................................................ 3o8
- Filon du Ras-el-Kouba............................................................. 309
- Permis de recherches des gîtes cuprifères de l’Oued-bou-Halou................... ibid.
- Filons de Sidi-bel-Kassem....................................................... ibid.
- Filons de l’Oued-bou-Halou........................................................ 310
- Terrain secondaire sur les bords de l’Oued-bou-Halou.............................. 3i2
- Groupe de filons du Kef-Blad-el-Keraker........................................... 313
- Filons de l’Oued-Doudou........................................................... 3i4
- Direction à imprimer aux nouvelles recherches de gîtes cuprifères dans les environs de
- Tenès....................................................................... ibid.
- CHAPITRE X.
- RÉSUMÉ CONCERNANT LA PROVINCE D’ALGER.
- Marbre blanc de l’Oued-Bouman, à 16 kilomètres E. de Blidah...............»....... 3i6
- Marbres des environs du Fondouck............................................ r.... ibid.
- Marbres du cap Matifou............................................................ • ibid.
- Marbres de Djelfa......................................................... ibid.
- Marbres de Laghouat,........................................................... ibid.
- Calcaire hydraulique du ravin des Voleurs......................................... ibid.
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- TABLE DES MATIERES.
- Pouzzolanes de Teniet-el-Haad................................................
- Basalte facile à désagréger de Dellys........................................
- Gîtes de plâtre..............................................................
- Sources salées d’El-Melah-Mtaa-el-Habeth.....................................
- Sources salées situées à 3 kilomètres S. O. du caravansérail d’Ansour-el-Louza
- Sources salées des Ouled-Hedim...............................................
- Source salée deKasbah........................................................
- Sel gemme du Djebel-Sahari, à 22 kilomètres N. O. deDjelfa...............
- Sel gemme d’Aïn-Hadjera......................................................
- Salines naturelles du Zahrez-Rh’arbi et du Zahrez-Chergui........«...........
- Terrains salpêtrés...........................................................
- Fabrication de salpêtre de Messad............................................
- Eaux jaillissantes...........................................................
- Sondage du lac Halloula......................................................
- Sondage de l’Oued-Fatis......................................................
- Eaux minérales...............................................................
- Indices de combustible minéral...............................................
- Indices de combustible minéral des gorges de l’Oued-Allelah..................
- Lignite de Bled-bou-Frour....................................................
- Marne bitumineuse des environs de Teniet-el-Haad.............................
- Marne bitumineuse des environs de Bogbar.....................................
- Bois fossile d’Aïn el-Ibel..................................«................
- Indices de lignite du Fondouck...............................................
- Indices de lignite de Dellys.................................................
- Indices de lignites d’Aumale.................................................
- Soufre.......................................................................
- Soufre des environs du marabout de Sidi-Bouzid...............................
- Argiles pyriteuses...........................................................
- Concessions de mines métalliques.............................................
- Gîtes métalliques non concédés...............................................
- Dans le district de Ténès................................... ................
- Dans le district d’Orléansville..............................................
- Dans le district de Milianah.. ;.............................................
- Dans le district de Blidah...................................................
- Dans le district d’Alger.....................................................
- Dans la Rabylie..............................................................
- Dans le district de Laghouat.................................................
- Gîtes de pierres précieuses..............................................
- Tourmalines vertes *de la haute vallée de l’Harrach..........................
- 349
- Pages.
- 316 ibid. ibid.
- 321 ibid. ibid.
- 322 ibid.
- 323 ibid.
- 324 ibid. ibid.
- 325 ibid. ibid.
- 327 ibid. ibid. ibid.
- 328 ibid
- 329 ibid. ibid. ibid. ibid. ibid.
- 330 ibid. ibid. ibid.
- 331 ibid.
- 332
- 333 ibid. ibid. ibid.
- FIN DE LA TABLE.
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