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Exploration géologique du Beni Mzab, du Sahara et de la région des steppes de la province d'Alger
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- jÆ/.» 4e, 71*41
- EXPLORATION
- GÉOLOGIQUE
- DU BENI MZAB, DU SAHARA
- ET DE LA RÉGION
- DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER
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- EXPLORATION
- GÉOLOGIQUE
- DU BENI MZAB, DU SAHARA
- ET DE LA RÉGION
- DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER PAR M. VILLE
- INGÉNIEUR EN CHEF DES MINES
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCC LXXII
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- INTRODUCTION.
- Dans notre mémoire intitulé Voyage d’exploration dans le Hodna et le Sahara, nous avons décrit les observations que nous avons faites en 1861, dans la province de Gonstantine, entre Bône etOuargla, au point de vue de l’examen des nappes artésiennes.
- Dans le présent mémoire intitulé : Exploration géologique du Béni Mzab, du Sahara et de la région des steppes de la province d'Alger, nous décrirons les observations que nous avons faites dans le sud de cette province, pendant le cours de quatre longs voyages que nous avons entrepris, de 1855 à i863, pour faire la géologie de ces contrées lointaines, notamment au point de vue de la recherche des eaux jaillissantes.
- Notre travail se divise en huit parties :
- Dans la première, qui comprend les chapitres I à V, nous décrivons les terrains quaternaires du Sahara et le terrain crétacé de la Chebka des Béni Mzab.
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- INTRODUCTION.
- Le chapitre III, qui traite cle l’origine, des mœurs, de la religion et de l’organisation politique des Mozabites, est dû à M. le lieutenant Cajard, commandant de l’escorte qui est venue nous chercher, en avril 1861, à Ouargla, pour nous ramener à Laghouat.
- Le chapitre Y contient une vue d’ensemble sur la constitution géologique du pays compris entre Negoussa et Laghouat , et nous y développons notre manière de voir sur la formation géologique des grandes dunes de sables qui limitent à l’ouest la Chebka des Béni Mzab.
- Dans la deuxième partie, qui comprend le chapitre VI, nous décrivons la constitution géologique de la zone méridionale de la région des steppes, zone qui forme la lisière nord du Sahara. Nous faisons connaître les nombreuses cuvettes crétacées situées sur cette lisière, et notamment celles du Djebel Meila, de l’Oued Mzi, du Djebel Boukhaïl. Nous décrivons ensuite les terrains crétacés et quaternaires qu’on trouve sur la route de Laghouat à Djelfa.
- Dans la troisième partie, qui comprend les chapitres VII à XI, nous décrivons la constitution géologique de la zone centrale de la région des steppes qui constitue un bassin fermé, complètement isolé du bassin du Sahara au sud et du bassin de la Méditerranée au nord.
- Nous faisons connaître successivement :
- Les terrains crétacés,
- Le terrain tertiaire supérieur,
- Le terrain quaternaire ou saharien,
- Les terrains éruptifs ou métamorphiques de cette région.
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- INTRODUCTION.
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- Parmi ces derniers terrains figurent les rochers de sel de Rang ei-Melah et d’Aïn el-Hadjera.
- Le chapitre X donne les coupes géologiques des sondages exécutés dans cette région.
- Dans la quatrième partie, qui comprend les chapitres XII à XIX, nous décrivons la constitution géologique de la zone septentrionale de la région des steppes, dont les eaux s’écoulent au nord vers la Méditerranée par la grande coupure du Chélif, comprise entre Bou-ghezoul, Boghari et Amoura.
- Nous faisons connaître successivement :
- Le terrain jurassique,
- Les terrains crétacés,
- Le terrain nummulitique,
- Le terrain tertiaire moyen,
- Le terrain tertiaire supérieur,
- Le terrain quaternaire,
- Les terrains éruptifs ou métamorphiques de cette région.
- Le chapitre XVIII donne les coupes géologiques des sondages exécutés dans la région du haut Chélif.
- La cinquième partie, qui comprend les chapitres XX et XXI,. résume tous les documents sur l’exécution pratique des sondages de la région des steppes, et indique les conséquences générales des faits présentés par l’exécution, de ces sondages. On y trouve une compa-
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- INTRODUCTION.
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- raison des prix de revient des sondages exécutés par le système Kind dans la province d’Alger et des sondages exécutés par le système Degousée dans la province de Constantine.
- Ces prix de revient sont à peu près les mêmes pour des sondages de même profondeur.
- La sixième partie, qui comprend les chapitres XXII et XXIII, renferme des considérations générales sur les sources naturelles du Sahara et de la région des steppes de la province d’Alger, et fait connaître la composition chimique des eaux de ces contrées. De même que dans la province de Constantine, on y verra que plusieurs de ces sources naturelles sont thermales simples, c’est-à-dire qu’elles doivent leur haute température à la profondeur d’où elles proviennent. Nous faisons connaître les rapports existant entre la com position et l’âge géologique des . terrains traversés par les eaux. Nous avons ramené à une même formule les eaux potables des divers groupes que nous avons dû établir. Ainsi, pour 1 en poids de matières salines, nous indiquons la proportion des divers genres de sels, chlorures, nitrates, sulfates, carbonates, silice et silicates, contenus dans la composition moyenne de chaque groupe d’eau. On voit ainsi facilement comment les eaux diffèrent en passant d’un terrain à l’autre: c’est, du reste, l’ordre que nous avons suivi pour les eaux de la province de Constantine.
- Dans la septième partie, qui comprend le chapitre XXIV et dernier, nous indiquons la méthode que nous avons suivie pour le calcul des hauteurs barométriques, et nous donnons la description des trois grandes coupes de la planche VIII. Ces coupes font connaître le relief et la constitution géologique du sol entre Negoussa et Alger,
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- INTRODUCTION.
- suivant une ligne menée approximativement du sud au nord. On y voit l’indication des principaux bassins artésiens de. la province d’Alger.
- Une carte géologique en trois feuilles et à l’échelle de est jointe à ce mémoire. Elle porte l’indication en rouge de l’itinéraire que nous avons suivi en 1861, entre Negoussa et Alger, et dont le développement rectiligne sert de base aux trois coupes géologiques de la planche VIII.
- Nous avons renvoyé à la fin du mémoire une série de six tableaux où sont classées toutes les données numériques disséminées dans le cours de ce travail. C’est ce qui constitue la huitième partie.
- Les tableaux nos 1 et 2 sont relatifs aux sondages exécutés dans la région des steppes.
- Le tableau n° 3 résume toutes les observations faites sur les sources naturelles du Béni Mzab, du Sahara et de la région des steppes.
- Le tableau n° 4 résume toutes celles qui ont été faites sur les puits ordinaires non jaillissants de ces mêmes régions.
- Le tableau n° 5 renferme les analyses chimiques complètes de toutes les eaux minérales ou potables, groupées suivant l’âge géologique des terrains quelles traversent. Pour chaque eau, nous donnons d’un côté la composition chimique brute, c’est-à-dire les poids bruts des diverses bases et des divers acides trouvés dans l’analyse;
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- VI
- INTRODUCTION.
- de l’autre, la composition synthétique qui résulte de la combinaison des bases avec les acides, d’après les affinités les plus probables.
- Ce tableau contient soixante et dix analyses.
- Le tableau n° 6 contient cent trente et une altitudes, dont nous avons calculé la plus grande partie à l’aide de nos observations barométriques, en adoptant toutefois comme altitudes fondamentales la plupart de celles qui ont été calculées par M. Marès dans son nivellement barométrique du 18 avril i 864*
- Telle est la manière dont nous avons conçu notre travail.
- Alger, le 26 février 1867.
- ingénieur en chef des mines,
- L. VILLE.
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- EXPLORATION
- GÉOLOGIQUE
- DU BENI MZAB, DU SAHARA
- ET DE LA RÉGION
- DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
- PREMIÈRE PARTIE»
- CHAPITRE PREMIER.
- TERRAIN QUATERNAIRE COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
- RÉGION DES GUENTRAS. OASIS DE GUERRARA.
- Le terrain quaternaire que nous avons vu occuper un si grand développe- Route de Nc fjoussu ment dans le Sahara1, entre Biskra et Ouargla, se poursuit sans interruption au N. O. de la dépression d’Ouargla, entre l’oasis de ce nom et celle de Guerrara, ville la plus orientale du Béni Mzab. Il constitue un haut plateau découpé de loin en loin par de profondes vallées dont les thalwegs, à peu près parallèles et presque toujours à sec, ne roulent de Peau qu’à la suite de pluies torrentielles. Cette région a une physionomie toute particulière, qui lui a valu, de la part des indigènes, le nom de Bled el-Guentra, région des ponts, parce qu’ils considèrent les hauts plateaux compris entre les vallées comme des ponts qui les relient les unes aux autres.
- Une distance de 120 kilomètres à vol d’oiseau sépare Ouargla de Guerrara.
- Nous l’avons franchie en quatre étapes. Le premier jour, nous avons campé à Negoussa; c’était l’étape la plus courte et la plus facile; nous revoyions des terrains que nous connaissions déjà. A Negoussa, on complète la provision
- 1 Voir notre ouvrage intitulé Voyage d’exploration dans les bassins du Hodna et du Sahara.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- d’eau pour la colonne, car entre Negoussa et Guerrara le pays est complètement désert, et il n’y a pas une goutte d’eau sur la route.
- Le deuxième jour, on campe sur les bords de l’Oued Mzab; le troisième, sur les bords de l’Oued en-Nça; et, le quatrième, on arrive à Guerrara dans la soirée, heureux si l’on n’a pas souffert du manque d’eau, l’une des plus cruelles privations d’un voyage dans le Sahara, surtout pendant les chaleurs de l’été.
- En partant de Negoussa, nous nous sommes dirigé, au N. O., vers un col qui coupe la corniche occidentale de la grande dépression d’Ouargla. Nous traversons d’abord le chott de Negoussa, puis une ligne de dunes comprises entre ce chott et le pied de la corniche. Au milieu de ces dunes, qui sont peu élevées, on ne trouve ni cristaux de gypse, ni concrétions quartzo-cal-caires, comme dans celles de Sidi Khouilet; elles sont couvertes d’alenda et
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- O
- s. -g . N.
- Haut plateau venant ® des Béni Mzab.
- Niveau du choll de Negoussa.-
- Fig. i.
- de zeïta, jolis arbustes fleuris, qui se plaisent dans les sables et qui prennent ici de belles proportions. On arrive sur la haute corniche d’Ouargla par une pente assez douce, qui forme le versant oriental du col abc, fig. i, que traverse la route de Guerrara.
- Le sol sableux se couvre de concrétions tantôt exclusivement calcaires et noirâtres, tantôt un peu rougeâtres et quartzo-calcaires.
- Le versant opposé de ce col nous a conduit sur l’Oued Mzab, que nous avons coupé à 8 kilomètres environ à l’O. de la grande corniche d’Ouargla. Entre ce col et l’Oued Mzab, les couches sahariennes présentent le même aspect et les mêmés allures qu’aux environs d’Ouargla. Leur pente à l’E. m. ou au S. E. m. est si faible, qu’on ne peut l’apprécier que par le relief général du plateau. Les concrétions calcaires gris-clair, avec grains de quartz, s’agglutinent de manière à former des fragments de couches de om,2 5 d’épais-
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
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- seur; elles sont disséminées dans des sables jaunâtres, quartzeux, réunis par des concrétions tubuleuses, gypseuses, anastomosées par des plaquettes transversales. Parfois les sables quartzeux durcissent au point de former un véritable grès. La partie supérieure du terrain se compose de gypse réticulé blanc, servant de gangue aux concrétions quartzo-calcaires. Le petit plateau qui le termine a 6 mètres de long sur 3 de large, et s’élève à 2 o mètres environ au-dessus du col de la route de Guerrara.
- Au pied du témoin, il y a une première assise de calcaire d’eau douce compacte, couleur café au lait, avec quelques points noirs; elle n’a que 4 ou 5 centimètres d’épaisseur au plus; elle est toute fracturée et divisée en fragments restés à côté les uns des autres, et dont les angles se correspondent. Ceci explique les nombreux débris isolés à angles vifs, qu’on trouve en d’autres endroits épars à la surface du sol. Ce calcaire a parfois une teinte
- Empreinte»
- de
- paludines dans ie calcaire d’eau douce sur le haut plateau saharien
- compris entre Negoussa et l’Oued Mzah.
- S. m.
- N. m.
- Terrai n.------sahari en
- Fig. 2.
- rose et renferme des empreintes de petites coquilles turriculées d’eau douce (paludines?); d’autres fois il est noir et contient de petits grains de quartz vitreux, et, par le choc, il dégage une odeur bitumineuse très-forte; cela montre que la couleur noire est due à la présence de matières organiques.
- Dans le point où nous l’avons coupée, la vallée de l’Oued Mzab présente la coupe ci-dessus, fig. 2.
- On voit qu’elle résulte d’une profonde entaille bcde au milieu du haut plateau saharien abef, qui plonge légèrement vers l’E. ou le S. E. m. La largeur de la plaine alluvienne cd, qui couvre le fond de la vallée, est de i kilomètre environ; la largeur maximum be de la vallée est de 2 ou 3 kilomètres.
- L’encaissement mn de la vallée de l’Oued Mzab au-dessous du haut plateau ny a possibilité saharien est d’environ 5o mètres; il est assez profond pour qu’il y ait des de»ea«XjI,°iiLanteS chances d’avoir de l’eau jaillissante au niveau de la plaine alluvienne de l’Oued
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- dans
- la vallée aJIuvicunc de l’Oued Mzab
- la route do Negoussa à Gncrrara.
- Dans l’intérêt des
- voyageurs qui se rendent de
- Negoussa à Guerrara , il conviendrait de faire nu sondage
- la rive gauche de l’Oued Mzab, au pied
- de la haute falaise saharienne qui longe la rivière.
- Mzab, qui indique, à peu de chose près, le thalweg de passant par Rfif. Les deux corniches qui encaissent la vallée alluvienne de l’Oued Mzab sont disposées par rapport à celle-ci comme la grande corniche occidentale d’Ouargla l’est par rapport au chott d’Ouargla ; seulement les hauteurs sont moindres à l’Oued Mzab. Aussi les sondages devraient y avoir une plus grande profondeur pour atteindre l’eau jaillissante; on trouverait probablement celle-ci à 60 ou 70 mètres; évidemment on doit compter, pour l’alimentation des nappes jaillissantes de l’Oued Mzab, sur les eaux souterraines qui circulent dans les couches perméables du terrain saharien, dont la pente est généralement au S. E.
- Une deuxième coupe, fig. 3, menée en travers de la vallée de l’Oued Mzab, en amont de la précédente, montre une série de gradins formés par les diverses assises sahariennes.
- Le calcaire d’eau douce gris blanchâtre devient très-abondant dans les assises inférieures ; il forme des couches ou plutôt des lentilles de 100 à 120 mètres de long sur om,o5 à om,2Ô d’épaisseur. La plaine alluvienne de l’Oued Mzab a une largeur variable de 500 à 1,000 mètres. Tous les cailloux roulés qui la couvrent sont en calcaire compacte d’eau douce ou en concrétions quartzo-calcair e s.
- Dans l’intérêt des voyageurs qui se rendent de Negoussa à Ouargla, il serait utile de faire un sondage sur les bords de l’Oued Mzab. Le point le plus convenable serait à la limite de la plaine alluvienne, au pied de la haute falaise qui encaisse la rive gauche. Nous avons placé sur ce point un signal en pierres de om,4o de haut; il est contre un ressaut de terrain saharien d’un mètre de hauteur.
- Le plateau saharien compris entre la rive gauche de l’Oued Mzab et la rive droite de l’Oued en-Nça ne cons-
- la cuvette artésienne
- \
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
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- titue pas un plan régulier uniforme; il a subi des érosions nombreuses, qui lui donnent l’aspect d’une mer agitée qui aurait été solidifiée subitement. 11 en résulte des dépressions en forme de choit qui s’enfoncent à 8 ou i o mètres au-dessous du plan général de surface. Le calcaire gris d’eau douce, passant parfois à l’état de poudingue, sert de couverture extérieure au sol; mais c’est une couverture qui a été brisée en mille pièces et qui ne se compose aujourd’hui que de petits fragments à angles vifs reliés ensemble par du sable quart-zeux jaune.
- La végétation est très-rabougrie sur ce plateau éminemment pierreux. L’alenda, qui était si beau dans les dunes, a complètement disparu; on ne trouve en abondance qu’une petite plante grasse appelée baguel.
- Nous avons campé à 6 kilomètres environ N. O. de l’Oued Mzab, en un point qui offrait quelque nourriture pour les chameaux. Ce sont des bêtes de somme bien précieuses, et que Dieu a réellement créées pour permettre les voyages de long cours à travers l’immensité du Sahara. Rarement on se préoccupe de la nourriture de ces animaux; ils mangent toutes les plantes, toutes les feuilles qui se trouvent à portée de leur long cou. Ils passent huit à dix jours sans boire, et font, d’un pas lent mais sûr, huit à dix lieues par jour, en portant, bien équilibrée sur leur dos, une charge de 120 à i5o kilogrammes. Rien n’impressionne comme la rencontre d’une caravane dans ces plaines sans bornes, fatigantes par leur monotonie, leur aridité et leur solitude. L’Arabe et le chameau semblent faits l’un pour l’autre et pour le Sahara. Un peu de farine ou de galette, une poignée de dattes et une gorgée d’eau suffisent aux Arabes; ils ne traînent pas, après eux, les tentes, les cantines (caisses à provisions et à effets), les sacs d’orge et les nombreux barils d’eau potable qui constituent le bagage indispensable aux voyageurs européens qui parcourent le Sahara à cheval. Lés Arabes marchent à pied et se reposent de temps en temps en montant sur un chameau. Une guerba en peau de bouc renfermant environ dix litres d’eau suffit à un Arabe pour un voyage de huit à dix jours; elle est attachée par de longues cordes sur le dos d’un chameau et pend tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, parfois sous le ventre de l’animal, selon la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon; par là, l’eau se tient plus fraîche, ce cpii est un avantage très-précieux. Arrivés au bivouac, les Arabes déchargent leurs chameaux et les laissent pâturer à l’aise. Quand le temps est froid, et qu’il y a du bois dans les environs, ils allument un grand feu,
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Composition
- de
- ta carapace gypseusc appelée kaddan .
- le plateau saharien compris
- entre l’Oued Mzah et
- l'Oued en-Nça.
- Siguau*
- d’El-Mehnd.
- autour duquel commencent les récits de la veillée; puis bêtes et gens s’endorment à la belle étoile et à la garde de Dieu, en ayant soin toutefois de se garantir contre les coupeurs de route. Ils recommencent le lendemain un voyage aussi monotome, aussi peu accidenté que celui de la veille; mais, comme le temps a peu de valeur pour les Arabes, ils subissent avec patience les lenteurs inhérentes aux longues traversées du Sahara.
- Auprès de notre campement, la carapace extérieure du sol est formée parfois par une roche blanche gypseuse appelée kaddan, par les Mozabites, quand elle est crue, et tinchemet quand elle cuite. Dans ce dernier état, elle sert à faire du mortier.
- Le kaddan présente la composition suivante :
- Chlorures................................................ Traces.
- Sulfate de chaux......................................... ogr,76/L
- Sulfate de magnésie...................................... Traces.
- Carbonate de chaux....................................... o ,0280
- Carbonate de magnésie.................................... Traces.
- Sable argile............................................. o ,0076
- Eau combinée au gypse.................................... o ,2022
- Eau hygrométrique, matières organiques................... o ,oo38
- Total........................ 1 ,oo5i
- Auteur : Ville.
- Le kaddan est le gypse hydraté ordinaire, ayant pour formule
- S03CaO+ 2HO.
- Il constitue des taches isolées ou plutôt des lentilles au milieu du calcaire d’eau douce, gris, à cassure compacte, avec grains de quartz vitreux, couvrant presque partout le sol. Jusque sur les bords de l’Oued en-Nça, le pays présente un tour d’horizon entièrement de niveau à l’œil; aussi voit-on de loin les signaux d’El-Mehad, à 16 kilomètres N. O. de l’Oued Mzab, sur la route de Guerrara. On raconte à leur sujet la légende suivante.
- Autrefois, un peuple étranger, appelé Roaman, s’était emparé du nord de l’Algérie et avait refoulé les aborigènes vers le sud. Ces aborigènes étaient les Sosabas. Après plusieurs combats, ils avaient été refoulés jusqu’au lieu
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
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- appelé El-Mehad; là, ils décidèrent qu’ils n’iraient pas plus loin vers le sud, parce que le pays était inhabitable. Ils élevèrent alors de petites pyramides de pierres roulantes pour perpétuer le souvenir de leur passage, et ils se réfugièrent à la Mecque; cela se passait avant que les Mozabites fussent établis dans le Béni Mzab.
- Aucun thalweg ne découpe le plateau compris entre l’Oued Mzab et l’Oued en-Nça.
- Il n’y a que des dépressions presque toutes isolées les unes des autres et présentant une différence de hauteur de 1 o mètres au plus avec le niveau général du plateau. Parfois ces dayats sont le résultat d’une dénudation abc, fig. 4-, de la gangue ou carapace calcaire supérieure ; d’autres fois cette carapace s’est moulée sur le fond de la dépression def, fig. 5.
- En s’approchant de la vallée de l’Oued en-Nça, on remarque un léger » relèvement du sol, qui indique le passage du bassin de l’Oued Mzab dans le
- Fig. 4- Fig. 5.
- bassin de l’Oued en-Nça. La ligne de faîte qui en résulte est, au reste, très-faiblement accusée. Près de la corniche qui longe la rive droite de l’Oued Mzab, il y a des cailloux roulés de plus en plus gros, noyés dans le calcaire d’eau douce, qui passe alors à l’état de poudingue. Les galets se composent de dolomie blanche, cristalline, de calcaire jaune, très-compacte, et de silex bruns. Ce sont des roches que nous trouverons en place dans le cœur du pays des Béni Mzab.
- Au point où nous avons passé l’Oued en-Nça, la vallée est encaissée-entre deux hautes corniches séparées par une distance d’environ i,Ôoo mètres, et présente la coupe ci-dessous, fig. 6.
- Le calcaire d’eau douce passant à l’état de poudingue forme, sur les hauts plateaux ab, ef, de petits escarpements verticaux de î à 2 mètres de hauteur, au pied desquels sont des talus inclinés à 20 degrés, se raccordant avec le niveau de la rivière par divers gradins. Il semble parfois que c’est une brèche à fragments de calcaire d’eau douce, à angles peu émoussés, cimentés par une gangue qui ne se distingue des fragments que par une très-légère diffé-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Empreintes
- de
- coquilles discoïdales (planorbes?) dans le calcaire d’eau douce de la rive gauche de
- l’Oued en-Nça.
- Un sondage entrepris sur les bords
- rence de couleur; de part et d’autre on retrouve la même cassure, les mêmes grains de quartz vitreux. Aussi un examen attentif montre-t-il que la roche n’est pas une véritable brèche, c’est une agglomération de concrétions d’apparence g
- fragmentaire réunies par un ciment de même nature ^
- qu’elles. Sur le plateau compris entre l’Oued Mzab et l’Oued en-Nça, nous n’avons observé que fort peu de sables quartzeux jaunes; ceux-ci remplissent parfois les vides compris entre les fragments de calcaire d’eau douce qui souvent sont isolés les uns des autres ; on les retrouve avec plus d’abondance dans la vallée de l’Oued en-Nça. Au-dessous de la corniche calcaire supérieure viennent des grès sableux, quelquefois rougeâtres, ayant le même aspect que ceux d’Ouargla. Parfois la roche passe à l’état de sables jaunes avec concrétions gypseuses, blanches, tubuleuses, assez rares, et des concrétions réniformes, rougeâtres, de calcaire quartzeux. Il est incontestable qu’on est ici dans la même formation géologique qu’à Ouargla et que les assises sahariennes y présentent les mêmes allures, c’est-à-dire un faible plongement général vers l’E. ou le S. E. La corniche qui longe la rive gauche de l’Oued en-Nça se relève B5M-a3 p3tî0 ")] notablement vers le N. E., comme l’indique la fig. 6 ; la couche supérieure efg est un calcaire d’eau douce, violet, à tissu très-fin, très-compacte, avec empreintes de petites coquilles discoïdales, qui sont probablement des planorbes. Sur la ligne de faîte/, elle est pliée de manière à former un dos d’âne efg, qui existe sans doute dans toute l’épaisseur du terrain saharien et qui sépare la cuvette artésienne de l’Oued en-Nça de celle de Bar-dad, dirigée comme elle du N. O. au S. E.
- Il est très-probable qu’un sondage entrepris dans la ^ vallée de l’Oued en-Nça sur la route de Negoussa à a Ouargla donnerait de l’eau ascendante sinon jaillissante ; seulement il est vraisemblable que la nappe se trouve sous le lit de l’Oued
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- GUERRARA
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- en-Nça à une profondeur plus grande qu’à Ouargla sous le sol du chott; car la dépression de l’Oued en-Nça sur la route de Guerrara est moins profonde que celle du chott d’Ouargla au-dessous de la corniche qui le domine. Elle est de 4o mètres, d’après nos observations barométriques.
- L’orifice des puits jaillissants de Negoussa et d’Ouargla étant à 60 mètres environ au-dessous de la corniche occidentale qui les domine, et la profondeur moyenne de ces puits étant de 4o mètres environ, il en résulte que la nappe jaillissante de Negoussa et d’Ouargla est à 100 mètres environ au-dessous du haut plateau saharien qui la recouvre. 11 est probable que, sur les bords de l’Oued en-Nça (route de Negoussa à Ouargla), elle se trouve à peu près à la même profondeur au-dessous de la corniche du haut plateau saharien.
- Dès lors les puits artésiens de l’Oued en-Nça devront atteindre probablement 6 o mètres de profondeur.
- L’utilité d’un sondage sur les bords de l’Oued en-Nça pour faciliter les communications entre Negoussa et Guerrara est incontestable. M. le commandant Marguerite, alors qu’il était commandant supérieur à Laghouat, avait fait commencer un puits ordinaire sur la rive droite de l’Oued en-Nça, au pied de la corniche saharienne. Ce puits a 2m,5o de diamètre sur les premiers i 5 mètres, et im,5o seulement en dessous. 11 a traversé d’abord î mètre d’épaisseur de graviers et de poudingue alluviens et puis des grès sahariens plus ou moins sableux. Il n’a pas donné d’eau, et son approfondissement a été suspendu à 47°\5o, parce qu’on a rencontré une couche de sables ébouleux et qu’on manquait de bois de soutènement. Il conviendrait d’entreprendre le sondage au fond de ce puits; on profiterait ainsi de toute la hauteur déjà creusée.
- La carapace calcaire saharienne d’eau douce forme le hautplateau compris entre l’Oued en-Nça et l’Oued Zegrir, principale rivière de Guerrara. Le sable quartzeux est assez abondant à la surface et dans les fentes de ce calcaire. Sur les flancs de la grande dépression de Guerrara, on remarque sous la couche supérieure de calcaire violacé d’eau douce, à structure concrétionnée ou pou-dingiforme, la grande assise de sables jaunes avec concrétions quartzeuses. Aussi en résulte-t-il des dunes comme celles de la dépression d’Ouargla. D’après les renseignements qui nous ont été donnés sur place, la dépression de l’Oued Zegrir se continue de Guerrara jusqu’à El-Hadjira et sert de che-
- de l’Oued en-Nça ( route de Negoussa à Ouargla ) donnerait de l’eau ascendante sinon jaillissante.
- On pourrait exécuter un sondage au fonds du puits
- /j7,5o de profondeur commencé par ordre de M. le commondan Marguerite sur la rive droite de l'Oued en Nça.
- Dunes
- des environs de
- Gnerrara.
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- La dépréssion île l'Oued Zegrir entre
- (guerrara et El-Hadjira peut renfermer des eaux artésiennes.
- 10
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- min de communication entre ces deux points. Il devient probable dès quelle indique une ligne suivant laquelle les puits artésiens ont des chances de succès et donneront de l’eau ascendante, sinon de l’eau jaillissante.
- Le terrain saharien a été fortement dénudé autour de Guerrara, ainsi que le montre la coupe ci-contre,
- %• 7-
- On arrive au fond de la dépression cd de l’Oued Zegrir par une série de plateaux formés de couches con-crétionnées de calcaire quartzeux. Le lit de la rivière est à fond sableux, avec galets de calcaire d’eau douce et de grès rougeâtre concrétionné. On y trouve aussi quelques galets de dolomie blanche, cristalline, qui n’appartiennent pas au terrain saharien.
- La corniche b du plateau ab est à l’altitude de 448 mètres. On voit donc que le plateau saharien s’est beaucoup relevé à partir d’El-Hadjira, dont l’altitude au-dessus de la mer est de 136 mètres; f encaissement de la vallée de l’Oued Zegrir au-dessous de la corniche de rive droite est de 66 mètres.
- Sur le sommet h /qui n’est autre chose qu’un témoin au milieu des hautes corniches b, n, dessinant la dépression générale de Guerrara, la roche est formée de concrétions d’eau douce, généralement blanches, parfois noires, fétides, réunies par un ciment calcaire d’une autre couleur. 11 y a aussi des plaques de Kaddan ( croûte gypso-calcaire) et de nombreuses concrétions siliceuses opalines.
- lies talus gh, hi, sont en sables quartzeux jaunes.
- Le plateau saharien np limite au N. E. la grande dépression de Guerrara. Il est à peu près à la hauteur du plateau méridional ab; de son point culminant, l’œil ne voit partout que des terrasses planes. Rien n’est en sadlie au-dessus du plateau général formé par le terrain saharien.
- lors
- 3Z pan O
- L
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
- 11
- La ville de Guerrara, dont nous donnons, planche I, un croquis dû à l’ha Ville do Guerrara, bile crayon de M. le capitaine d’état-major Pesme, est bâtie sur un témoin de grès rouge saharien, dont elle occupe toute la superficie, depuis le haut jusqu’en bas. Les rues sont bien percées, lès unes suivant les lignes de plus grande pente, les autres suivant des courbes de niveau. Le mamelon est allongé du sud au nord ; aussi la ville présente-t-elle deux faces principales, l’une à l’est, l’autre à l’ouest. Les maisons sont bâties en moellons de calcaire d’eau douce ou de grès concrétionné. Elles ont, à l’étage supérieur, une rangée d’arcades donnant sur la campagne, ce qui imprime à l’aspect de la ville un cachet tout particulier et fort pittoresque. La nuit, les rues sont éclairées par de petites lampes à huile que les propriétaires des maisons placent dans des niches percées dans les murs; cela dénote, chez les Mozabites, un certain amour du confortable, qui est prouvé du reste par la propreté de leurs maisons. Les Mozabites sont des gens fort intelligents, fort actifs, et qui s’occupent de commerce, d’agriculture et de travaux hydrauliques avec une très-grande habileté. Ils apprécient, du reste, comme tous les habitants du Sahara, la valeur des engrais et de l’eau pour les cultures ; aussi font-ils de la poudrette avec les excréments humains, qu’ils recueillent avec le plus grand soin. Dans un grand nombre de maisons, il y a des latrines publiques s’ouvrant directement sur la rue et disposées de telle sorte, que la décence n’ait pas à en souffrir.
- La mosquée est au sommet de la ville ; elle se compose de terrasses étagées, autour desquelles sont des galeries spacieuses qui abritent les Mozabites contre les chaleurs tropicales de l’été ; elle est dominée par un minaret de forme pyramidale, du haut duquel on jouit d’un magnifique panorama. Le plateau saharien avec ses teintes rougeâtres, diversement nuancées, disparaît dans un lointain vaporeux, en montrant de nombreuses découpures, qui seules rompent la monotonie désespérante de la route comprise entre Negoussa et Guerrara.
- Dans une des dépendances de la mosquée, il y a un puits de 112 dras (56 mètres de profondeur), donnant de l’eau saumâtre qui sert aux ablutions des fidèles musulmans.
- L’eau est chauffée dans un grand chaudron en cuivre de om,8o de diamètre ; autour de la salle, il y a de petites niches dans lesquelles les Mozabites se mettent à nu et font des ablutions bien plus complètes que leurs autres
- 2.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Les Mozabites constituent une cinquième «ccte du mahométisme.
- f.a fondation de l’oasis de Gu errant remon te
- à doux cent vingt ans environ.
- du Ksar cl-11.i mar .ni près
- de ( iuriT.i r.i.
- Altitude de Guerrara.
- coreligionnaires. Ils constituent, en effet, une secte maliométane qui est désignée par les autres musulmans sous le nom de cinquième secte, nom cpie les Mozabites repoussent avec colère, parce qu’ils se considèrent comme les véritables orthodoxes; après leurs ablutions complètes, ils vont faire leurs prières dans la mosquée.
- La fondation de l’oasis de Guerrara remonte à deux cent vingt ans environ. Elle est due à un essaim de Mozabites venus de Gardeïa ; aussi ne trouve-t-on pas le nom de Guerrara dans les villes mozabites ruinées qui sont auprès d’Ouargla. L’emplacement de l’oasis était presque entièrement occupé par des bois de bétoum (pistachiers), de tamarix, de seder (jujubiers sauvages). Un chamelier, placé sur la corniche qui domine la vallée, voyait parfois disparaître ses chameaux au milieu des hois couvrant la vallée, tant la végétation était touffue; cette considération, jointe à l’épaisseur du sol végétal, avait déterminé la création de la grande oasis de Guerrara.
- Du reste, cette région avait été occupée autrefois. Les Mozabites y trouvèrent les ruines d’un ancien ksar appelé Ksar el-hamar (le Ksar rouge, à cause de la couleur rouge du sol, due à la présence des grès et sables sahariens). Les premiers habitants de ce Ksar étaient souvent en guerre avec les nomades et se défendaient avec succès contre leurs attaques. Les assaillants, ne pouvant s’emparer de vive force de la position, imaginèrent la ruse suivante : après une attaque restée infructueuse, ils levèrent le siège, et, quelque temps après, ils revinrent dans le Ksar avec des chameaux qu’ils disaient chargés de marchandises. On les prit pour des marchands paisibles et on leur permit d’entrer dans le Ksar avec leurs chameaux chargés. Une fois dans la place, les Arabes firent accroupir leurs chameaux, déposèrent à terre leurs précieux lardeaux et déclarèrent qu’ils arrangeraient leurs marchandises pendant la nuit, afin de les vendre le lendemain matin. Chaque tellis ou ballot renfermait un guerrier avec ses armes ; aussi les nomades, se trouvant en force dans la place, purent facilement s’en rendre maîtres pendant la nuit et la mettre au pillage.
- Nous avons campé à Guerrara, en bas de la ville, devant la porte de l’Ouest, dont le sol est à 3 1 5 mètres d’altitude au-dessus de la mer.
- L’Oued Zegrir prend sa source sur le Ras Cliaab, à i 52 kilomètres N. 0. de Guerrara. Il se dirige d’abord du N. 0. au S. E. jusqu’auprès de Guerrara; à 8 kilomètres de la ville, il fait un crochet à angle droit vers le N. E., pour
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA. 13
- se diriger sur l’oasis qui a été plantée dans les alluvions de la rivière; puis il se détourne de nouveau au S. E. vers El-Hadjira. Dans les grandes crues, il passe par-dessus les murs de clôture des jardins, et l’on n’a sous les yeux qu’une vaste masse d’eau au-dessus de laquelle s’élèvent les cimes verdoyantes des palmiers. Ces crues sont une bénédiction pour les oasiens, parce que la rivière remplit tous les puits, arrose tous les jardins et y dépose un limon fécondant. Les Mozabites ont tiré un excellent parti des crues moyennes, de la manière suivante : ils ont laissé dans le milieu de l’oasis un lit de 15 mètres environ de large, suivant l’ancien thalweg de la rivière, et sur lequel s’em-
- Ul
- branchent des rameaux parallèles a 6, a1 b', a b", c d, c d', c d", lig. 8, qui sont les chemins de circulation de l’oasis, et le long desquels s’élèvent les murs de clôture des jardins. On a pratiqué, suivant toute la largeur de chaque jardin, des tranchées e f, e f, e f", lig. 9, de 2 mètres de large et de 1 mètre à im,5o de profondeur, parallèles au thalweg de l’Oued Zegrir.
- Elles s’embranchent sur un canal g/t creusé le long du jardin, parallèlement au chemin des eaux AB, avec lequel il est en communication par un petit canal p q, pratiqué dans le mur de clôture ; par là, quand l’Oued Zegrir arrive, il pénètre dans l’intérieur de tous les jardins par le chemin A B et par
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- tous les fossés énumérés ci-dessus. Les palmiers sont plantés en ligne sur les terre-pleins compris entre ces fossés. En face de chaque palmier, il y a une excavation qui permet de l’arroser plus facilement ; la section du canal p q est déterminée par des règlements proportionnellement à la surface de chaque jardin; elle varie de om,2 0 à om,35 de diamètre. Dans les grandes crues, ce canal ne fonctionne pas, parce que la rivière passe par-dessus les murs de clôture, qui ont im,3o environ de hauteur. Lorsque la rivière a cessé de couler, les canaux ef, e f, e f", restent pleins d’eau, parce que leur fond est en contre-has du chemin des eaux AB; ils contiennent, en outre, un limon fécondant, qui est transporté sur les terre-pleins cultivés, dont le niveau s’élève ainsi petit à petit.
- Chemin des eaux.
- o\f)o
- Grand barrage
- maçonnerie de 1,000 mètres environ de longueur et
- de 5 mètres de haut construit sur l’Oued Zegrir
- amont de Eoasis.
- Pour forcer les eaux des crues moyennes à passer par les chemins qui leur ont été préparés, fig. 8, dans le cœur de l’oasis, les Guerrariens ont construit des barrages en maçonnerie qui témoignent de leur intelligence pour les questions hydrauliques et de leur supériorité sur les autres Arabes de toute f Algérie. Ceux-ci n’ont jamais fait que des barrages én terres et fascines, qui sont emportés annuellement par les crues un peu fortes. Les Mozabites ont fait sur l’Oued Zegrir, avec des moellons calcaires reliés par un mortier de chaux, un barrage dont la longueur atteint 1,000 mètres, et qui s’élève à 5 mètres au-dessus de la rivière. Le centre du barrage est un mur de ora,4o d’épaisseur au couronnement, et dont l’épaisseur augmente avec la profondeur. Il est flanqué de part et d’autre par un enrochement de gros moellons.
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
- Le lit cle la rivière n’a que 1 5 a mètres de large sur un encaissement maximum de 4 mètres; afin de mieux résister à la violence des eaux, le barrage coupe la rivière sous un angle aigu, et c’est ce qui explique sa grande longueur. Malgré cela, il a été rompu à diverses reprises, et les brèches ont été réparées et consolidées par des éperons en pierres sèches. La dernière brèche s’esl produite il y a deux ans, à la suite d’une crue excessivement forte. Le soi t de l’oasis est lié à la conservation de cette digue, qui a pour but de reporter toutes les eaux sur les terres de cultures.
- Un deuxième barrage, situé à l’amont du précédent, n’a que im6o de hauteur au-dessus du lit de la rivière ; il a 35o à 4oo mètres de long et 5 mètres de largeur au couronnement. Le cœur se compose de deux murs parallèles, en maçonnerie, de om,5o d’épaisseur, entre lesquels on a damé du sable, de l’argile et des galets sur une largeur de 4 mètres. Les revêtements en maçonnerie sont flanqués par des enrochements de moellons qui donnent au barrage une plus grande solidité.
- Les inondations de l’Oued Zegrir peuvent arriver dans toutes les saisons, parce qu’il éclate, même en été, de violents orages dans la partie haute de cette rivière ; la quantité d’eau qui tombe dans le bassin de l’Oued Zegrir est parfois tellement considérable, que, d’après le caïd de Guerrara, dans les fortes crues, la rivière roule avec une plus grande rapidité ([lie celle d’un cheval lancé au grand galop. Malheureusement ces grandes crues sont fort rares et peuvent n’arriver qu’une fois tous les huit ans. Pendant l’orage qui éclata sur nous le î o avril î 86 î, auprès de Tougourt, il plut beaucoup dans le Béni Mzab, ce qui remplit de joie les Guerrariens; ils espérèrent un instant que l’Oued Zegrir roulerait ses eaux jusque dans leur oasis. Mais ils ont eu la douleur de ne pas voir se réaliser leurs espérances.
- Pour suppléer à l'insuffisance des crues, les Guerrariens ont criblé leur oasis par des puits ordinaires, dont nous avons examiné un très-grand nombre ; nous avons réuni, dans le tableau suivant, les observations que nous avons faites à cet égard.
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- 10
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- DATE
- DE L’OBSERVATION.
- . PROFON-DEtn (le 1 eau sous le sol du
- jardin.
- HAUTEUR
- demi,
- PROFONDEUR totale du puits sous le sol du jardin,
- TEMPERATURE de l’eau
- à
- la surface du plan d’eau.
- TEMPERATURE de l’air.
- GOUT.
- OBSERVATIONS.
- lu PUITS SITUES AUPRES DE LA PORTE OCCIDENTALE DE GUERRARA.
- ] 00 avril 186 i.. . 13m,85 om,75 14,n,6o 20°,OO n Bon. Tarit en été. Diam. im,3o.
- 2 Idem 1 6 ,5o b 0 O 1.0 O CO 20 ,00 to 0 b 0 Bon. En temps de sécheresse il conserve d’eau.
- 3 Idem 20 >80 0 »_o 00 39 ,3o 19 ,33 // Excellent. Muraille sur 4m de haut.
- 4 Idem 20 ,80 18 ,00 38 ,80 19 ,5o 20 ,0O Idem. Muraille sur 3m de haut.
- 2° PUITS SITUES DANS LE QUARTIER ORIENTAL DE L’OASIS, EN DEHORS
- DE LA PLAINE ALLUVIENNE DE L’OUED ZEGRIR.
- Excellent. Bon.
- 5 1e1 mai 1 861... . 27'", 1 5 7n\oo 34“ 1 5 200,33 23°,5o
- 6 Idem 3p ,80 7 ,20 38 ,00 2 1 ,5o n
- Intarissable en été.
- L’orifice est au mémo niveau que dans le n° 5.
- 3° PUITS SITUÉS DANS LE CENTRE DE L’OASIS, AU MILIEU DE LA PLAINE ALLUVIENNE
- DE L’OUED ZEGRIR.
- Bon.
- Uem.
- Idem.
- Idem.
- I icr mai 1861.... 1 2m,35 0 CTi S 00 2 1 m, 2 5 i 90,00 11
- 8 Idem 12 ,10 2 ,80 i4 ,90 19 ,80 1!
- 9 Idem 8 ,45 9 <8° 18 ,25 2 1 ,20 Il
- 1 O Idem 8 ,80 6 ,80 18 ,60 20 ,00 II
- 1 1 Idem 10,75 8 ,00 18,75 20 ,00 1!
- 1 2 Idem 10 ,85 17 ,20 28 ,o5 19 ,80 //
- /iü PUITS SITUÉS DANS LE QUARTIER OIUl
- 13 2 mai 1 86 i 13m,5o lm,00 i4'n,5o O 0 b 0 0 0 0 2 1 ,5o
- l/j Idem 11 ,80 3 ,85 15 ,65 i 8,80 II
- Légèrement salin. Idem.
- Bon.
- Idem.
- On prétend que l’eau du u° 11« devient plus salée a mesure que le puits baisse.
- i Le niveau du sol est le même j pour les puits n0# i 3 et i4.
- !\o
- ) QUARTIER DE FOUSSA EL-AZEROUDJ , SITUE EN AMONT DE L’OASIS, SUR LA RIVE GAUCHE
- DE L’OUED ZEGRIR.
- i5 ier mai 1861.. . . 2 4 , 5 0 4m,2o O 00 <N W O 0 b 0 li Assez bon.
- 16 Idem l3 ,20 0 CO O 23 ,5o 20 ,00 II Bon.
- 17 Idem 16 ,00 7 ,4o 2 3 ,4o 21 ,5o n Légèrement salin.
- Moyennes. . . i6m,oi 8m,57 24,m58 i9°.99
- Le niveau du sol est le même dans les puits n°* i5, 16 et 17.
- Tous ces puits ont une section circulaire de i”\3o à in\5o de diamètre. Ils sont généralement muraillés sur une hauteur variable de 3 à 10 mètres à partir du sol.
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
- 17
- La profondeur de l’eau au-dessous du sol varie de 8m,8o (puits n° 10) à 3om,8o (puits n° 6) ; elle est en moyenne de 1 6m,o 1. Le plan d’eau présente, d’un puits à un autre, des différences de niveau très-grandes, qui s’élèvent, au maximum, à 2 2m,o5, et qui ne sont pas en rapport avec les différences de niveau des orifices. Nous citerons les puits nos i5, 16, 17, dont les orifices très-voisins sont au même niveau, et où le plan d’eau présente des différences de niveau variables de 3m,2 0 à 1 im,3o.
- La hauteur totale de l’eau dans les puits varie de om,r]5 (puits n° 1) à i8ra,5o (puits n° 3); elle est, en moyenne, de 8m,57, ce qui indique des ressources très-notables pour l’irrigation.
- La profondeur totale des puits varie de i4m,5o (puits n° 13 ) à 39m,3o (puits n° 3) ; elle est, en moyenne, de 2 4n\58.
- La température de l’eau, prise à la surface du plan d’eau de chaque puits, varie de i8°8o (puits n° 14 ) à 2i°5o (puits n° 17); elle est, en moyenne, de 1 9°99-
- Elle n’augmente pas proportionnellement à la profondeur du plan d’eau, car les températures les plus élevées correspondent parfois aux plans d’eau les plus rapprochés du sol; on ne saurait donc admettre que les eaux qui alimentent les puits de Guerrara soient dues à la présence d’une nappe ascendante. Ce sont des eaux d’infiltration latérale, dont l’abondance dans chaque puits est en rapport avec la perméabilité de la roche dans laquelle le puits est creusé. Du reste, le niveau d’eau baisse, dans chaque puits, avec la sécheresse, ce qui n’arriverait pas si l’eau était alimentée par une nappe artésienne.
- En général, l’eau de ces puits est d’excellent goût; quelques-uns cependant donnent de l’eau légèrement salée. Voici la composition de l’eau recueillie, le 1)0 3 mai 1861, dans le puits n° 4, situé près de la porte occidentale de Guerrara.
- Voir le tableau n° 5, analyse n° 10.
- Chlorures de sodium et de potassium........................ 0^,0745
- Nitrate de soude.............................................. o ,0662
- Sulfates de chaux et de magnésie.............................. o ,2022
- Carbonates de chaux et de magnésie............................ o ,1967
- À reporter................. 0,6286
- Composition
- dos
- mues eaux poloJdei de Guerrara.
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-
- EXPLORATION DIJ BENI M Z A B ET OU SAHARA.
- 1\('|)0!'I....................... Os',Ô2S6
- Peroxyde de fer, silice...................................... o ,0100
- Matière organique............................................... inclct.
- Total des sols par kilogramme d’eau.......... o ,5.436
- Auteur: Dr Mariuw.
- On voil que celle eau est comparable aux bonnes eaux potables du Teli, bien qu’elle résulte des infiltrations qui ont traversé le terrain quaternaire „ eeia démontre que, dans la région des Béni Mzab qui nous occupe, le gypse et le sel marin sont beaucoup moins disséminés au milieu des roches sahariennes (pie dans les vallées de l’Oued Mia et l’Oued Bhir. Certaines parties (('pendant sont encore riches en sel marin dans l’oasis de Guerrara, puisque quelques pmis du centre de i’oasis et du quartier de Poussa cl-Azeroudj donnent de l’eau légèrement, salée au goût. Ces eaux salines ne sont qu’une exception, ci les eaux potables du pavs des Berii Mzab ont, ajuste titre, un grand renom de bonté chez les Sahariens.
- Les roches traversées dans les puits de l’oasis sont les suivantes, en a liant de haut en bas :
- 1" Tnuri, (erre végétale et aliuviom sableuses..................... 10"
- 2° Tafza, grès quarlzeux rouge...........:......................... 20
- 3° Semni, ca Icai re.................................................10
- /!° Chcfehefa, grès quartzcux blanc......... ............:......... 1 5
- o1’ Djops, gypse blanc............................................. R
- ün Chefchefa, autre courbe de grès blanc. . ....................... trnlèt.
- La couche n° r appartient aux alluvions de l’Oued Zegnr; aussi doit-elle être nmraillée. Les couches nos 0 à 6 appartiennent au terrain quaternaire et ont des épaisseurs variables d’un puits à l’autre; elles sont généralement assez solides pour ne pas exiger de muraillement. La première eau d’infiltration se trouve dans la couche de grès rouge n° 2. Le calcaire n° 3 n’en fournil pas. Une deuxième nappe circule entre le grès blanc n° 4 et le gypse n° 5. Pari ois on dépasse le gypse pour aller chercher une troisième nappe d’infiltration entre la couche de grès blanc n° 5 et une deuxième couche inférieure de
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- TERRAliN COM PUIS EYTRE O CA RG LA ET GUERRARA.
- Uj
- gypse ; cest ce qui explique les profondeurs très-variables des puits. L’eau de chacune de ces nappes ne remonte jamais dans un puits au-dessus du niveau oii on la coupe. Les puits ne sont donc alimentés que par des infiltrations latérales descendant de haut en bas le long des parois. Presque tous les puits de la partie occidentale de l’oasis sèchent en été, et l’on est. obligé d’aller chercher l’eau à boire dans les puits de l’est ou du centre de l’oasis. Ceux-ci étant creusés au milieu des aiiuvions de l’Oued Zegrir, on comprend que leur alimentation soit mieux assurée.
- Quand l’Oued. Zegrir arrive jusqu’à Guerrara, mais sans atteindre l’onhce des puits, c’est la couche alluvienne qui fournit d’abord le plus d’eau d'infiltration; puis son tribut diminue graduellement; il est alors remplacé par celui qui est apporté par le tafza, grès quartzeux rouge n° a ; celui-ci renlerme certaines assises sableuses qui deviennent très-aquifères, et que l’on muraille en pierres sèches, dans les puits du quartier de Foussa el-Azeroudj. Ces derniers sont creusés presque en entier dans le tafza, que l’on trouve après 2m,oo d’aliuvions. Ils servent presque entièrement à la culture de l’orge, qui est très-bien venue cette année. 11 n’y a que de très-rares palmiers dans cette partie de J’oasis, qui est entièrement séparée de la grande oasis de Guerrara. Autrefois elle rivalisait avec elle par la beauté de ses jardins de palmiers; mais le chéril Mohammed ben Abdallah el-Tlemsani, qui avait levé, en mai 1862, l’étendard de la révolte contre la France, a fait couper la plupart des palmiers, parce qu’ils appartenaient à des partisans des Français.
- On emploie, pour tirer beau des puits, des guerbas en peaux de bouc tjui sont manœuvres par des hommes, par des ânes ou des chameaux, suivant le procédé que nous avons décrit dans notre premier travail sur le Sahara '. Ordinairement l’ordice du puits est exhaussé de 2 mètres au-dessus du terrain à arroser. Une rampe, qui part de l’ordice du puits et dont la longueur est égale à la profondeur du puits, sert de chemin à l’homme ou à l’animal qui puise l’eau. Dans toutes nos indications de hauteur, nous avons pris pour origine le niveau du sol des jardins.
- Au sortir de la Guerba, l’eau tombe dans des réservoirs faits avec de grandes dalles de oni, 10 à om,2 0 d’épaisseur, en calcaire blanc grisâtre, à texture généralement saccharoïde et finement grenue. La carrière d’où on les
- Voyage d’esploralion dans le Hodnu et le Sahara, p. 468.
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- 20
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Empreinte.» de bn'ihtus aciilus dan»
- le calcaire exploite pour
- le* bf>»»\Qs de réception situé»
- h l'orifice dcspuiU.
- tire se trouve sur la colline qui sert d’attache au deuxième barrage indiqué ci-dessus, page i5. D’après l’aspect minéralogique de ce calcaire, nous avions d’abord pensé qu’il n’appartenait pas au terrain quaternaire, et que c’était peut-être du terrain nummulitique ; mais, en examinant avec soin la succession des couches en place, nous avons dû renoncer à cette opinion et admettre que nous n’avions sous les yeux qu’un état particulier du calcaire d’eau douce saharien. Les bancs exploités en carrière ont une épaisseur variable de om, 10 à om,4o. Ils sont recouverts par i mètre environ de marne grise ou violette, entremêlée de cristaux, de gypse en crête de coq, et contenant quelques bancs de calcaire très-fissurés et qu’on n’exploite pas. La partie exploitable a 3 mètres environ de puissance ; elle est divisée en bancs plus ou moins épais par des assises minces de marnes jaunes ou bariolées de gris et de violet. Le mamelon a été exploité sur un diamètre d’environ i5o mètres, mais il ne reste qu’un seul chantier de 10 mètres de front, sur 4 à 5 mètres de hauteur verticale ; les anciennes excavations sont remblayées par les débris des extractions plus récentes. En suivant les couches au delà de la carrière, on reconnaît quelles perdent de leur continuité et de leur homogénéité, et qu’au même niveau elles passent parfois à l’état de grès blanc quartzeux [chefchcfa], de grès rouge, jaunâtre, plus ou moins quartzeux (tafza), de marnes blanches ou bariolées de rose (semm) ; la surface du mamelon se couvre de débris de calcaire cl’eau douce en place, ayant tantôt le grain blanc et finement saccha-roïde du calcaire exploité en carrière, tantôt le grain gris cendré et compacte de celui qu’on trouve ordinairement dans le terrain saharien. Dans un échantillon cristallisé gris blanchâtre, nous avons vu l’empreinte d’une petite coquille turriculée, le bulimus acutus, si répandu dans les eaux artésiennes de l’Oued Pdiir. Cela prouve bien que le calcaire servant à faire les bassins de réception situés à l’orifice des puits est du calcaire quaternaire d’eau douce, malgré son aspect parfois très-différent de celui qu’on est habitué, à bu voir.
- Sa composition chimique est aussi toute particulière, car elle prouve que c’est un calcaire très-dolomitique. Voici les analyses de deux échantillons recueillis en divers points de Guerrara.
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
- 21
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. ÉCHANTILLON N» 1. ÉCHANTILLON N° 2.
- Chlorure de sodium ogr,ooi5 n
- Sulfate de chaux o ,oo36 11
- Carbonate de chaux o ,7103 ogr,5180
- Carbonate de magnésie O ,2004 O O
- / Silice combinée 0 ,o45o
- . .. ) Alumine, . Argile. * * • < 0 ,0160 0 ,0000
- J Oxyde de fer 0 ,oo35 0 ,oo3o
- \ Chaux 0 ,oo5o h.
- Eau. 0 ,0101 |
- 0 ,o356
- Matière organique, perte 0 ,oo46 1
- Total 1 ,0000 1 ,0000
- Auteur Vatonne. De Marigny.
- La présence de la dolomie dans le terrain quaternaire est un fait très-remarquable , qui pouvait faire supposer a priori l’existence d’un terrain d’origine plus ancienne.
- Le calcaire d’eau douce en couches continues occupe une surface d’environ 2,000 mètres de large; il paraît suivre les ondulations légères présentées par le sol. Du côté de l’oasis, il a une pente tournée vers le N. 18° E. m., comme le montre la coupe ci-dessous, fig. îo, prise sur la rive droite de l’Oued Zegrir, dans le quartier de Foussa el-Azeroudj.
- Calcaire d’eau douce.
- ~—"A
- rouge uuaternair,i~
- Alhvions
- La couche supérieure a se compose de calcaire blanc légèrement grisâtre, d’un mètre d’épaisseur, très-compacte ou subcristallin, susceptible de prendre un beau poli ; on y voit disséminés des concrétions siliceuses à surface ru-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- gueuse et des nids
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- •Bipiy noq 3
- a z
- de grès sableux rougeâtre. Il repose sur des grès rougeâtres et plonge légèrement vers le N. 18° E., quoique la pente générale des couches sahariennes de Guerrara soit vers le S. E. 11 est probable que c’est ici une inflexion locale, comme, du reste, nous avons eu l’occasion d’en constater quelquefois dans le terrain quaternaire.
- Le témoin sur lequel est bâti Guerrara est une dépendance d’un plateau élevé qui sépare l’Oued Zegrir du Chaab bou Aïcha, dépression allongée qui remonte au N. O. et dans laquelle passe la route de Guerrara à Laghouat. Ce plateau constitue un bon observatoire géologique, d’où l’on ne distingue que des lignes sensiblement horizontales, ou du moins parallèles, dessinées par les érosions du terrain saharien. ïl est couvert par du calcaire d’eau douce brun chocolat, compacte, avec quel-ques grains de quartz, qui forme une couche de î mètre à im,5o d’épaisseur, sous laquelle viennent les grès et les sables quartz eux rouges. Trois fours à chaux se trouvent sur ce plateau, et l’on se demande avec étonnement avec quoi l’on a fait cuire le calcaire , car on ne voit sur le sol que de très-rares plantes ligneuses. Le gypse constitue parfois sur ce plateau le ciment de concrétions brimes quartzo-calcaires. Nous avons coupé, du S. O. au N. E., de Chaab bou Aïcha, et nous sommes monté sur le haut plateau quaternaire al, qui encaisse sa rive gauche et d’où nous avons relevé la coupe générale ci-contre, fig. i î.
- Le talus bc présente la composition connue. Au sommet, calcaire brun d’eau douce, concrétionné ou poudingiforme, avec lentilles de gypse\Kad~ dan); au-dessous, concrétions de sables rouges, quartzeux, avec tubes gypseux blancs anastomo-
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
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- sés. Dans le centre de la grande dépression bchik, il reste des témoins plus ou moins élevés c, d, ef, tantôt en sables jaunes avec concrétions épaisses de silice opaline grise, tantôt en calcaire d’eau douce gris-blanc, à tissu compacte ou subcristallin; parfois ce calcaire forme de grandes len- mo..i<»dwi» tilles stratifiées en dômo avec quelques rares moules d’hélix. 11 constitue ‘‘™L™ alors, sur la route de Guerrara à Laghouat, des collines moins élevées que |a riinle j"1 ’Gii(irrara le haut plateau a b. Nous avons suivi ce plateau jusqu’à i o kilomètres en- à Ln«1,0,,<"-viron N. de Guerrara , et partout nous avons trouvé la même composition pour le sol et le même aspect pour le pays.
- Lamorniche b de la figure 1 1 est à 448 mètres au-dessus du niveau de la mer et, par conséquent, à i 27 mètres au-dessus du fond de la dépression de Guerrara, qui se trouve, par rapport à cette corniche, dans la même
- H.
- b
- 1
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- co
- Nivêciu supérieur g du plateau quaternaire.
- S.
- Terrai n
- s a h a r i e n,
- Fig. 1 2.
- position que les chotts d’Ouargla et de Negoussa, par rapport à la corniche occidentale qui les domine ; de part et d’autre le terrain a même composition minéralogique et mêmes allures. Dès lors on est conduit à penser que les puits artésiens présentent des-chances de succès dans l’oasis de Guerrara : du reste, voici Un fait qui vient à l’appui de cette manière de voir.
- La route de Guerrara à Ghardaïa se dirige d’abord au sud et descend une petite vallée qui se jette dans la rive gauche de l’Oued Zegrir, à 4 kilomètres sud de Guerrara. C’est Une dépression ouverte dans le grès blanc quartz eux, avec concrétions siliceuses d’un gris cendré. Les couches forment des espèces de gradins en retraite les Uns au-dessus des autres, fig. 12.
- Du pied du gradin inférieur cde, qui a 2 mètres de haut, sortait, au dire a d’un Arabe de Guerrara qui nous a accompagné sur les lieux, une source iJli-Hln
- appelée Segaiat d-Aïn. Cet indigène nous a assuré que, lorsqu’il était enfant, nupl<s d“ Gaens>ra
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- cest-à-dire il y a quarante ans environ, la source existait encore. Seulement elle était en partie étouffée par les sables. Il suffisait de creuser avec la main pour voir suinter l’eau. Le sol environnant était alors couvert de joncs qui n’existent plus aujourd’hui. Lors de la première installation au pied du Ksar el-Hamar de l’essaim de Mozabites venus de Ghardaïa, l’on arrosait les cultures avec l’eau fournie par cette source alors fort abondante. Celle-ci, étant assez éloignée du Ksar, servait à abreuver les nomades qui venaient attaquer souvent les habitants de Guerrara. Ces derniers décidèrent alors de la boucher complètement, afin d’enlever cette ressource à leurs ennemis. Il leur était plus facile de défendre les puits de leurs jardins, puits d’où l’on ne pouvait tirer l’eau qu’avec des cordes et des seaux qui parfois manquaient aux nomades. Les gens de Guerrara jetèrent donc dans le bouillon de la source beaucoup de sable et un grand nombre de couffins remplis de noyaux de dattes. Ils parvinrent ainsi à l’éteindre entièrement. Cette source, au dire fie l’Arabe, constituait une véritable rivière jaillissante, et un piéton courait, risque de se noyer en traversant le cours d’eau au sortir du griffon. Sans cloute cette dernière assertion est exagérée. Mais l’existence de cette source naturelle n’en est pas moins très-importante, parce qu’elle donne un argument de plus en faveur de la possibilité d’obtenir par des forages de l’eau jaillissante dans l’oasis de Guerrara. La tête de cette ancienne source est à peine élevée de 3 à 4 mètres au-dessus du niveau de l’oasis. À l’aval, le sol du ravin est encaissé entre deux berges verticales de 2 à 3 mètres de haut et séparées l’une de l’autre par un intervalle de î 5 à 20 mètres sur une longueur de i5o à 200 mètres. Plus loin, il s’évase en constituant une petite vallée qui aboutit à l’Oued Zegrir, au quartier de Foussa el-Azerouclj. Nous donnons plus bas, fig. 1 3, la coupe en travers de la petite vallée de Seguiet el-Aïn faite à 1 o mètres en aval de la tête de la source.
- La direction générale de cette vallée est du N. 1 7°0. m. au S. 1 7°E. m.
- L’existence de cette source nous a été confirmée par un nègre esclave à Guerrara avec recommandation expresse de ne pas dire que cette communication venait de lui, parce que les gens de Guerrara lui auraient fait un mauvais parti.
- Le jour de notre départ de Guerrara, le caïd Hadj Kassem ben Hammou nous dit : « J’ai oublié de te parler d’un point où nos pères assurent qu’autre-« fois il y avait une source qui servait à l’irrigation de nos cultures. » Il nous
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
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- conduisit alors à Seguiat el-Aïn, que nous connaissions déjà depuis la veille.
- D’après le caïd, cette source devenait plus forte au moment des pluies. Le caïd disait ignorer pourquoi cette source a disparu. Mais il ne nous en a révélé l’existence que lorsqu’il savait déjà par le bruit public que nous étions allé sur les lieux et que probablement une indiscrétion nous avait'déjà fait connaître la source. Les Mozabites avaient compris que cette dernière était un fait à l’appui de la possibilité d’obtenirdes eauxjaillissantesàGuerrara.
- Ils avaient gardé le silence à cet égard, parce qu’ils ne se souciaient pas de voir s’installer chez eux un atelier de sondeurs français qui seraient placés sous les ordres d’un officier. Les Mozabites se gouvernent par eux-mêmes. Ils reconnaissent seulement la suzeraineté de la France; mais iis n’aiment pas à voir trop près de chez eux un re-présentant de l’autorité de laquelle ils relèvent, jf Au moment de notre séparation, le caïd nous a dit que les habitants désiraient que le premier puits artésien fût creusé dans le quartier de Foussa el-Azeroudj, sur la rive gauche de l’Oued Zegrir. Comme c’est le point de convergence de cette rivière et de la petite vallée de Seguiat el-Aïn, l’emplacement nous paraît convenablement choisi ; les terres de culture y sont fertiles et étendues. Le lit de l’Oued Zegrir est ici couvert de joncs dont les racines sont arrosées peut-être par les infiltrations souterraines de la source de Seguiat el-Aïn, ce qui serait un indice encore vivant de la présence de cette dernière. La profondeur de la nappe jaillissante ne dépassera pas probablement 1 oo mètres au-dessous du sol de l’oasis. Cependant il serait bon que le matériel de forage permît d’atteindre 15o mètres.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Poudingue d’alluvions anciennes dans le lit de l’Oued Zegrir en
- amont de Guerrara.
- Mares d’eau dans
- le lit de l’Oued Zegrir à 12 kilomètres en amont de Guerrara.
- \
- Nous avons quitté Guerrara le 5 mai 1861 pour nous rendre à Ghardaïa, centre de la confédération des Béni Mzab, situé à 8o kilomètres S. O. de Guerrara. La route descend d’abord la petite vallée de Seguiat el-Aïn, puis remonte le cours de l’Oued Zegrir sur 12 kilomètres de long. Sur les deux rives de cette rivière se montre un poudingue d’alluvions anciennes contenant de nombreux galets de calcaire d’eau douce avec planorbes et mélanies fossiles. Il a une épaisseur de 3 à 4 mètres, et son plan supérieur s’élève de 6 à 7 mètres au-dessus du lit de la rivière, ainsi que l’indique la coupe ci-contre, fig. 14-
- La corniche diluvienne a est à 369 mètres au-dessus de la mer et à 54 mètres au-dessus de Guerrara. Ainsi le terrain se relève fortement dans la direction du S. O. Au point où l’on quitte la vallée de l’Oued-Zegrir pour monter sur le plateau qui encaisse la rive droite, il y a dans le lit de la rivière une mare d’eau à la température de 2 i° 66, à neuf heures du matin, le 5 mai 1861. Cette mare se dessèche en été ; mais les joncs qui couvrent le sol indiquent que l’eau persiste à une faible profondeur. Dans les escarpements des berges, on observe, sous les poudirigues d’alluvions anciennes, des marnes vertes mélangées de rouge qui sont sans doute la cause de l’existence des mares superficielles.
- En marchant à l’ouest, on arrive sur le haut plateau quaternaire qui sépare les vallées de l’Oued Zegrir et de l’Oued en-Nça. Un signal a été établi au point où le sentier arrive sur le plateau; il est à 4i9 mètres au-dessus de la mer.
- La carapace extérieure du sol se compose toujours de calcaire brun chocolat, empâtant des concrétions quartzo-calcaires d’une couleur un peu différente et interrompu parfois par des lentilles de gypse calcarifère (kaddan).
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- TERRAIN COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA.
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- Avant d’arriver au Kef Rakma, sur les bords de l’Oued en-Nça, on traverse l’Ouedel-Faredj,petite rivière faiblement encaissée, dont le cours est indiqué par de nombreux retems. 11 y a dans son lit des puits de G à 7 mètres de profondeur donnant de l’eau à la température de 1 9 degrés. Cette eau est verdie par les matières organiques que les Arabes y laissent tomber en abreuvant leurs chameaux. Aussi n’est-elle pas potable. A l’orifice de l’un de ces puits, nous avons recueilli un Hélix candidissima. Nous signalons ce fait, parce que, depuis notre départ de Tahir Rashou pour Tougourt, c’est le premier hélix que nous ayons rencontré dans le Sahara.
- Le Kef Rakma est un point très - remarquable, parce qu’il marque, sur la route deGuerrara àGhardaïa, la séparation entre le terrain quaternaire et la craie blanche, ainsi qu’on le verra dans le chapitre suivant.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- te
- ualernam
- crétacé.
- CHAPITRE IL
- CHEBKA DES BENI MZAB, - OASIS DE GHARDAÏA ET SES QUATRE ANNEXES, OASIS DE METLTLI, OASIS DE BERRIAN.
- Le plateau quaternaire sur lequel nous avons toujours marché entre Ne-goussa et le Kef Rakma cesse brusquement sur la rive gauche de l’Oued en-Nça et fait place à un nouveau terrain qui se développe au loin vers l’ouest et constitue la région que les Arabes désignent sous le nom de Chebka des Béni Mzab.
- La coupe ci-contre, fig. 1 5, montre la discordance de stratification qui existe entre les terrains de ces deux régions.
- La corniche quaternaire (jf du Kef Rakma est couverte de concrétions siliceuses d’un vert noirâtre, grosses comme le poing, et de concrétions de calcaire d’eau douce blanc, disséminées dans des sables jaunes quartzeux et parfois dans une gangue de calcaire brun. Le talus qui est au pied de cette corniche est composé de même. En haut, c’est du calcaire blanc, tantôt cristallisé en grains très-fins, tantôt compacte avec petites parties vitreuses et ayant l’aspect du calcaire d’eau douce. On y trouve des concrétions siliceuses opalines et des nids de grès quartzeux rougeâtres. A la partie inférieure, le calcaire est écailleux et se mélange de sables jaunes qui sont très-abondants sur les talus. Certains bancs sont concrétionnés; la pâte est blanche et terreuse et les concrétions sont un peu’rougeàtres et contiennent quelques grains de quartz. 11 nous paraît incontestable que la rive gauche de l’Oued en-Nça appartient au terrain saharien (quaternaire), dont il forme la limite. La rive droite présente des caractères tout différents; il n’y a pas de falaise abrupte comme celle de la rive gauche. Le terrain se relève par ondulations successives cba, fig. î 5, dues en général à la flexion des couches. On croirait avoir sous les yeux une mer agitée par une violente tempête et solidifiée tout d’un coup. Cela imprime au paysage un cachet particulier, qui, de tout temps, a frappé l’esprit des indigènes, et de là vient le nom caractéristique de Chebkha (réseau, filet) donné à cette région. La composition minéralogique change
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
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- aussi complètement; ce n’est plus du sable ou du grès quartzeux, recouvert
- par une carapace de calcaire d’eau douce, ce sont des dolomies d’un jaune brun au dehors, blanches au dedans, à structure cristalline, en couches régulières, bien stratifiées, constituant, à quelque distance en amont du Kef Rakma les deux berges de l’Oued en-Nça sur une hauteur de 20 à 26 mètres et coupées en retraite, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous, fig. 16.
- •B5\[-ua panQ ‘SI I qj n i 1 • f 1
- Lette dolomie présente la composition suivante :
- Chlorures,........................... Traces.
- Sulfate de chaux..................... . ogr,0 2 33
- Sulfate de magnésie. ................ o ,oo63
- Carbonate de chaux................... o ,5428
- Carbonate de magnésie. .............. o ,3g3i
- Carbonate de fer................... o ,oo43
- Peroxyde de fer ..... ............... Traces.
- /Argile. .......... o ,0116
- Eau, matière organique............... o ,0192
- Total. ................ 1 ,0000
- ii-iSay ponQ
- Auteur : Ville.
- Oxygène.
- La chaux du carbonate de chaux contient............ 0,0682
- La magnésie du carbonate de magnésie............... 0,0738
- Le protoxyde de fer du carbonate de fer............ 0,0001
- La roche est donc une dolomie,
- C02Ca0 + C02Mg0,
- avec un petit excès de carbonate de magnésie. Le sable quartzeux apparaît de temps en temps sur les berges. Il peut provenir en partie de la désagrégation de rares concrétions de grès quartzeux jaunâtres qui sont disséminées dans les dolomies; mais il est probable que ce n’est pas leur seule m
- Composition île la dolomie de
- la rive droite de l'Oued en-N^a-
- Origine
- des dépôts de sable quartzeux
- disséminés à la surfa des
- couches crétacées des Béni Mzafc.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- surtout leur principale origine. Les vents violents venant du sud sont toujours plus ou moins chargés de sables quartzeux qu’ils ont enlevés à la surface des dépôts de sables quaternaires du Sahara ; ils les abandonnent plus loin à la surface des contrées qu’ils traversent dans leur vol impétueux et notamment lorsqu’ils frappent contre un obstacle comme un flanc de coteau, une crête de montagne. Nous en donnerons des preuves incontestables en décrivant les terrains de Laghouat; aussi pensons-nous que les petits dépôts de sables quartzeux que nous aurons très-souvent l’occasion de signaler, soit à la surface du plateau dolomitique de la Chebka, soit sur les flancs des grandes vallées qui les découpent, sont presque exclusivement dus à l’action des vents. Ces dépôts sont toujours très-restreints et ne présentent aucune trace de stratification. Loin d’être en saillie au-dessus du sol, comme les dunes, ils ne se trouvent que dans les dépressions des couches dolomitiques. De loin,
- â N.
- &
- Dolomies; Manches cristalline.':.
- Fig. 16.
- ils forment des taches d’un blanc jaunâtre qui brillent au soleil et font un contraste frappant avec la couleur beaucoup plus sombre des dolomies qui les supportent.
- A une hauteur variable de 5 à 6 mètres au-dessus du niveau actuel de l’Oued en-Nça, il y a un poudingue d’alluvions anciennes semblable à celui que nous avons signalé sur les bords de l’Oued Zegrir.
- Il n’y a pas d’eau dans la rivière, ce qui oblige d’emporter de l’eau pour camper à mi-chemin entre Guerrara et Ghardaïa. Il serait donc utile de faire un puits sur le bord de la rivière. Nous ne pouvons conseiller ici un puits artésien, parce que nous sommes dans un terrain différent du quaternaire et que nous ne connaissons pas encore ses allures. Nous reprendrons cette question lorsque nous aurons étudié la constitution géologique de la Chebka des Béni Mzab.
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- Nous avons campé
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- CHEBKA DES BENI MZAB. ' 31
- sur le plateau ondulé qui s’étend au loin vers l’ouest le long de la rive droite de la rivière et qui donne la coupe ci-contre, fig. 17.
- Le relief général montre bien qu’indépendamment des grandes ondulations des couches, il y a eu dans cette formation dolomitique de grandes érosions qui ont produit les dépressions a, a', a, au-dessus desquelles s’élèvent les dômes b, h', b", dont les points culminants sont à peu près au même niveau. Aussi le paysage présente-t-il au loin une série de grands témoins qui sont à peu près tous de même hauteur et qui constituent parfois de grands plateaux sensiblement horizontaux à l’œil, lorsque le rayon de courbure des ondulations est très-considérable; souvent le relief général du pays a de loin une grande ressemblance avec celui des plateaux sahariens de la région comprise entre. Ouargla et Tougourt.
- A la surface du sol, on voit de nombreux débris à angles vifs, colorés en noir grisâtre à l’intérieur qui se compose de grès quartzeux. Ces débris sont parfois assez multipliés pour former de grandes taches noires qui frappent de loin la vue du voyageur.
- En marchant au S. O. du Kef Rakma vers El-Ateuf, on reconnaît à l’œil que le plateau se relève jusque sur les bords de l’Oued Niemel. La vallée de ce nom a i,5oo mètres environ de large et un encaissement de 60 à 80 mètres au milieu du calcaire dolomitique; elle présente tout à fait l’aspect des grandes dépressions de Bardad, Ouargla, Negoussa, Guerrara. Seulement les escarpements et témoins de grès, sables et gypses quaternaires, sont remplacés ici par des escarpements et des témoins de dolomies, où les tranches des couches montrent une série de lignes de niveau parallèles; c’est ce qu’indique le croquis ci-dèssous, fig. 18.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Possibilité On pourrait certainement établir une oasis dans cette vallée, soit au moyen
- établir une oasis . -, . . ' . ....
- dans la vallée de puits ordinaires, soit au moyen de puits ascendants ou jaillissants.
- ’1 °ied La route d’El-Ateuf remonte un affluent de la rive droite de l’Oued Nie-
- mel; puis, par un col, elle traverse le plateau fortement découpé séparant la vallée de l’Oued Niemel de celle de l’Oued Mzab qui traverse les oasis groupées à l’aval deGhardaïa. Le sol est jonché de débris de calcaire dolomitique
- Fig. 18.
- et de concrétions siliceuses d’un noir verdâtre à l’extérieur. Les couches sont légèrement ondulées et suivent d’ordinaire le relief général du sol. Les ondulations parfois assez fortes présentées par les strates expliquent pourquoi deux puits, distants l’un de l’autre de 3oo à 4oo mètres, peuvent rencontrer la même nappe à des profondeurs très-différentes, au milieu d’un terrain nivelé à l’extérieur. Un dernier col ouvre une large perspective sur la ville et l’oasis d’Ei-
- E. . «
- Fig. 19,
- Ateuf; malheureusement le ciel était gris au moment de notre passage; le tonnerre grondait de temps en temps. Il tombait quelques gouttes de pluie, et, quoique nous soyons monté sur le point culminante, fig. 19, nous n’avons pu jouir du magnifique spectacle qui doit se dérouler à la vue par un beau temps.
- L’altitude du point c est de 636 mètres. Celle du lit de l’Oued Mzab au
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- CHEBRA DES BENI MZAB.
- 33
- pied d’El-Ateuf est de 520 mètres, ce qui donne un encaissement de 1 1 6 mètres à la vallée de l’Oued Mzab en face cl’El-Ateuf. Le plateau f, qui domine El-Ateuf sur la rive droite de la rivière, est à l’altitude de 576 mètres.
- A la partie inférieure de l’escarpement c, nous avons trouvé dans du calcaire jaunâtre les empreintes des coquilles marines suivantes : ,
- Carclium. — Ind.
- Lucina. — Ind.
- Modiola. — Ind.
- Pectunculus. — Ind.
- Cerithium. — Ind.
- Natica. — Ind.
- Ce calcaire repose en g sur une couche de marne tantôt grise, tantôt blanche et feuilletée, qui elle-même est supportée par une grande épaisseur de dolomies saccharoïdes d’un blanc un peu grisâtre. Ces dernières présentent la composition suivante :
- Carbonate de chaux...................................... ogr,57io
- Carbonate de magnésie.................................. o ,4o65
- Carbonate de fer....................................... o ,0014
- Peroxyde de fer........................................ Traces.
- Argile................................................. o ,oo4o
- Eau hygrométrique, matière organique................... o ,0165
- Total........................... o ,9901
- Auteur : Ville.
- Les proportions d’oxygène contenues dans les bases sont les suivantes :
- Dans la chaux............................................ ogr,09i4
- Dans la magnésie......................................... o ,0762
- Dans le protoxyde de fer................................ o ,0001
- La roche est donc une dolomie ordinaire C02Ca0H-C02M(/0 mélangée à un léger excès de carbonate de chaux.
- La ville d’El-Ateuf est étagée sur les flancs d’un mamelon qui domine la rive droite de l’Oued .Mzab. Le croquis, planche II, que nous devons à l’obli-
- 5
- Composition du calcaire dolomitiqua d'El-Aleuf.
- Ville et oasi» d’El-Ateuf.
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- 3 k
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- bTt. <1 i-!-àtfiuf.
- geance de M. le capitaine Pesme, donne une idée fort juste de la disposition générale des rues de la cité. C’est le même système, du reste, qui a été suivi à Guerrara et dans toutes les autres villes de la confédération des Béni Mzab, villes dont les croquis nous ont été également communiqués par M. Pesme.
- Leç cultures de palmiers et de céréales d’El-Ateuf sont développées le long des rives de fOued Mzab, en aval de la ville d’El-Ateuf et dans les petits affluents de la rive droite de cet oued. Elles sont arrosées par des puits et des barrages. Ces derniers sont destinés à retenir les eaux de pluie dans les grandes inondations et à les reporter dans les jardins; malheureusement ces inondations sont fort rares. En 1861, il y avait huit ans que l’eau de l’Oued Mzab n’était arrivée à El-Ateuf. Les nombreux barrages situés en amont re-liennent les eaux au détriment de l’oasis d’El-Ateuf. '
- Les soins apportés à la construction des barrages d’El-Ateuf indiquent l’importance que les oasiens attachent aux inondations. Le premier est situé à 1,000 mètres en aval de la ville; il a 200 mètres environ de longueur et dévie les eaux dans une oasis située sur la rive droite de l’Oued Mzab, au débouché d’une petite vallée transversale; il est formé d’un simple mur en maçonnerie ordinaire de 2 mètres environ de hauteur, de 4o centimètres d’épaisseur à la crête, s’élargissant par le bas et flanqué, sur les deux parois, par un enrochement de moellons. La crête sert de canal pour amener les eaux d’un puits de la rive gauche dans un jardin de la rive droite. A 20 mètres à l’aval du précédent , il y a un deuxième barrage entièrement semblable et servant également de conduite pour les eaux tirées d’un puits de la rive gauche.
- Un grand barrage d’environ 500 mètres de longueur se trouve à 3 kilomètres à l’aval d’El-Ateuf dans un point où l’Oued Mzab se coude à angle droit vers l’E. S. E. Il élève les eaux à une hauteur de (3 mètres au-dessus du lit de la rivière et les déverse dans une petite vallée qui débouche sur la rive droite de l’Oued Mzab et où l’on a fait de nombreux jardins de palmiers. Quand la rivière arrive, nous disait le cheikh d’El-Ateuf, cette partie ressemble à une mer. Le barrage se compose, sur la plus grande partie de sa longueur, d’un mur en maçonnerie de 80 centimètres d’épaisseur en haut, flanqué de deux enrochements recouverts par des sables et inclinés à 35 degrés. Aux extrémités, le barrage a 4 mètres de largeur en haut et se compose de deux murs en maçonnerie entre lesquels on a entassé des moellons et du sable. Au centre du barrage se trouve un large seuil de 3 mètres de hauteur, et l’on a donné
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
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- à la maçonnerie dans laquelle il est pratiqué une épaisseur de 4 mètres, afin de résister à l’action destructive des eaux.
- 4 5oo mètres en aval du grand barrage, on remarque, sur la rive gauche de l’Oued Mzab, les ruines cl’un ksar avec quelques palmiers et de rares cultures.
- Toutes les terres de cultures d’El-Ateuf appartiennent aux alluvions qui ont nivelé en partie la vallée de l’Oued Mzab; elles se divisent en quartiers divers qui correspondent, en général, aux débouchés des affluents de l’Oued Mzab, parce qu’en effet ces débouchés correspondent à autant de renflements des parties cultivables. Nous avons réuni dans le tableau suivant les renseignements que nous avons recueillis sur les divers puits creusés dans les jardins d’El-Ateuf.
- D A T E DE (.'OBSERVATION. PROFON- DEUR de la nappe d'eau sous le sol du jardin. PROFON- DEUR d'eau* PROFONDEUR totale du puits sous le soi du jardin. TEMPERATURE de l’eau a la surface du plan d'eau. TEMPÉ- RATTRE de l’air. GOUT DE L’EAU. OBSERVATIONS.
- 2° QUARTIER DE DJAOUA.
- 7 mai 1861.....| 3l"',2o| Om,8o| 32°\oo] 2I°,OO | l/l°,5o j Légèrement sale.
- 3° QUARTIER DE CHABA.
- 7 mai 1861.....| 3o“,4o| 5D1,2o| 35m,6o| 2 2°,33 | i4°,5o j Bon.
- 4° QUARTIER D’AOULAOUAN.
- Bon. Bon. Idem. Idem.
- 8 7 mai 1861 37m,6o i",85 39m,45 22°,5o 0 b 0
- 9 Idem 33, 15 4 ,75 37 ,90 21 ,66 «
- 1 0 Idem 33 ,35 1 ,00 34 ,35 21 ,00 //
- 11 Idem 31 ,4 0 1 ,00 32 ,4o 22 ,5o h
- QUARTIER SITUE AU PIED DE LA VILLE D’EL-ATEUF.
- Légèrement sale. Lcg* sale et amer.
- Salin.
- Idem.
- Douci âtre.
- 1 6 mai 1861 17m,25 6m, 10 23" \4o 2t°,66 2 4°, 00
- 2 Idem 27 ,25 5 ,00 32 ,25 22 ,5o II
- 3 Idem 24 ,25 5 ,10 29 ,35 22 ,5o li
- 4 Idem 24 ,65 5 ,00 29 ,65 22 ,5o II
- 5 Idem 2,5 ,70 3 ,20 28 ,90 22 ,5o //
- Situé tlans le lit (1e l’Oued Mzab.
- Situé sur la rive gauche de l'Oued Mzab.
- Situe sur la rive gauche de l'Oued Mzab, à 5om en aval du precedent.
- Touche la rive droite de 1 Oued Mzab.
- Situé à 100“ en aval du précédent.
- Situé à ioom en aval du précédent.
- Situé à a5om en aval du précédent.
- 5.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- NUMEROS D’ORDRE. DATE DE L’OBSERVATION. PROFON- DEUR de ln nappe d eau sous le sol du jardin. PROFON- DEUR d’eau. PROFONDEUR totale du puits sous le sol du jardin. TEMPÉ- RATURE de l’eau à la surface du plan d’eau. TEMPÉ- RATURE de l’air. GOÛT DE L’EAU.
- 1 1 5° QUAB .TIER DE 1 I IIABESS.
- 1 2 7 mai 1861 2/im,6o 2m,65 27“,25 ig°,5o 15°,00 Bon.
- l3 ; Iclcni. 25 ,8o 4 ,90 3o ,70 2 1 ,00 11 Idem.
- l4 Idem 2 0 ,/|0 1 ,20 2 1 ,60 20 ,5o n Idem.
- i 5 Idem 4i ,3o 4 ,90 46m,2 0 22 ,00 11 Idem.
- Moyennes. . . 2 8™, 5 5 3,m51 32m,07 2i°,71
- OBSERVATIONS.
- Meme niveau que le precedent.
- La profondeur de la nappe d’eau sous le sol alluvien de la vallée varie entre 1 7m,25 et 41“\3o; elle est, en moyenne, de 2 8m,5 5.
- La hauteur d’eau varie entre om,8o et 6m, î 5 ; elle est, en moyenne, de 3'",5o.
- La profondeur totale des puits varie entre 2im,6o et 4dm,20; elle est en moyenne de 32m,07.
- La température de l’eau à la surface du plan d’eau varie entre i9°,5o et 2 2°,5o; elle est, en moyenne, de 2 i°,7 î. Elle n’augmente pas d’une manière régulière avec la profondeur du plan d’eau au-dessous du sol. Ainsi l’on remarquera que, dans le puits n° î, où le plan d’eau est à î 7™,25, ce dernier a une température de 2 i°,66, tandis que, dans le puits n° 1 5, où le plan d’eau est à 4i°53o de profondeur, ce dernier a une température de 22 degrés. Ainsi pour un accroissement de prolondeur de la nappe d’eau de 2 4n\o5 , il y a un accroissement de température de o°,34-
- Si l’on compare les puits 1 et 1 4 :
- Pour un accroissement de profondeur de la nappe d’eau de 3m, 1 5, il y a une diminution de température de i°, 16.
- Ces irrégularités tendent à prouver que les puits d’El-Ateuf ne sont pas alimentés par des nappes artésiennes ascendantes, mais bien par des eaux d’infiltration latérale.
- La température de l’eau des puits est peu influencée par la température de l’air extérieur, car celui-ci a présenté des températures variables entre 14
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- 37
- et 2 4 degrés; l’écart maximum a été de 12 degrés pour l’air extérieur, tandis qu’il n’est que de 3 degrés pour l’eau des puits; parfois l’eau de ces puits a un goût légèrement salé ; mais le plus souvent elle est de bon goût et excellente à boire, surtout lorsqu’on vient de l’Oued Pdiir.
- Voici la composition de l’eau de deux puits situés dans le quartier d’El-Ateuf :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU D’D.N PDITS d'El-Atouf fournissant de bonne eau , recueillie le G mai 1861. EAU D’UN PUITS (l'El-Aleuf fournissanl <le l’eau salee et amère, recueillie le 6 mai i 861.
- Chlorures cle sodium et de potassium o8’’, 132 5 3sr,5 074
- Nitrate de soude // 0 ,02 h 5
- Sulfates de potasse , de soude, de chaux et de magnésie 0 ,8060 6 ,4927
- Carbonates de chaux et de magnésie 0 ,143o 0 ,0940
- Peroxyde de 1er, silice 0 ,oo4o 0 ,oo5o
- Alntir'rr*. nro-nmrjnn. Ind. Ind.
- Total des sels par kilogramme d’eau 1 ,o855 10 ,i836
- Auteur Simon. Simon.
- On voit que la première est de beaucoup supérieure à la seconde, qui est impotable.
- Tous les puits de l’oasis ont im,5o de diamètre. Ils sont muraillés en pierres sèches, à partir du sol, sur une hauteur variable de 2 à 1 2 mètres, à cause des couches d’argile qu’on trouve près de la surface.
- La margelle de tous les puits est ordinairement élevée de 1 mètre à im,5o au-dessus du sol des jardins. On emploie, pour puiser, le même système qu’à Guerrara. La piste suivie par les chameaux qui tirent les outres en peau de bouc descend à partir de l’orifice du puits, ce qni facilite les efforts de ces animaux. On remarquera que la longueur de la piste est égale à la profondeur des puits.
- L’eau se déverse dans des bassins de 7 o centimètres de large, 2 mètres de long et 4o centimètres de profondeur, et dont les parois sont en dalles de
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Quartier
- situé au pied do la ville d'Kl-Ateuf.
- Quartier de Djaoua.
- Quartier do Chabn.
- calcaire dolomitique. Parfois deux bassins sont couplés à l’orifice d’un même puits pour permettre le jeu de deux poulies.
- Les puits du quartier situé au pied de la ville d’El-Ateuf se trouvent, en général, le long de la rive gauche de l’Oued Mzab. Les Mozabites ont reconnu que celte rive fournissait plus d’eau que la rive droite; aussi, pour utiliser les terres de cultures situées sur cette dernière, ils amènent l’eau des puits de la rive gauche sur la rive droite de l’Oued Mzab au moyen de conduites disposées sur la crête des deux premiers barrages indiqués plus haut.
- Voici, pour un puits de cette région, les couches traversées à partir du sol :
- DÉSIGNATION DES COUCIIES. ÉPAISSEUR des coücnns. PROFONDEUR des COUCHES.
- i° Ariîür (Tin) 5^,00 5m,oo
- 2° Calcaire (Scmm ) i ,5o G ,5o
- 3° Argile 5 ,oo i i ,5o
- /|° Calcaire 2 ,00 i 3 ,5o
- 5° Argile 2 1 ,00
- 6° Calcaire . ... 7 ,oo X i id. Illtl.
- L’eau suinte à travers les fissures de la couche calcaire n° 6.
- Dans les puits n° 4, l’eau vient des fentes d’une couche de gypse qu’on n’a pas traversée en entier.
- Quand on épuise ce puits, on voit l’eau suinter du côté de la berge de la rive gauche et l’on épuise en même temps plusieurs puits qui sont sur une ligne transversale à la rivière. C’est ce qui fait dire aux Mozabites qu’au pied d’El-Ateuf les eaux coulent souterrainement du N. O. au S. E. Les terres de culture du quartier d’El-Ateuf sont presque uniquement consacrées aux céréales, auxquelles l’eau des puits est exclusivement réservée. 11 n’y a cpie de très-rares palmiers, que l’on n’arrose même pas.
- Le quartier de Djaoua, situé à l’aval du précédent, au confluent cfun petit ravin de la rive droite de l’Oued Mzab, occupe le second rang au point de vue de l’importance des cultures de palmiers.
- Les cultures du quartier de Chaba sont peu développées.
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- Le quartier d’Aoulaouan est celui qui présente les plus beaux jardins de Quartier aAcmu.ua,,. palmiers. Il se développe à l’aval des précédents dans un affluent de la rive droite de l’Oued Mzab. Suivant le thalweg de ce ravin, qui est encaissé de 4o à 45 mètres au milieu des hautes berges de calcaire dolomitique, on a ménagé, pour le passage des eaux courantes, un chemin de 4 mètres de large, coupé transversalement par un très-grand nombre de barrages qui conduisent les eaux à droite et à gauche dans les divers jardins.
- La couche superficielle traversée par les puits de cette région est formée u ^
- de débris de calcaire dolomitique à angles vifs agglutinés par un ciment argileux rougeâtre. Les puits tarissent en général en été, et, comme les grandes inondations n’arrivent ici que très-rarement, il serait bien à désirer qu’un puits artésien pût donner de l’eau jaillissante à la tête de ce quartier. Nous examinerons plus loin si les puits artésiens ont des chances de succès.
- Le quartier de Idabess est situé à l’extrémité S. O. de l’oasis.
- Au moment de notre visite, on venait de terminer le puits n° i 5 auquel on travaillait depuis trois ans. On y avait rencontré les couches suivantes à partir du sol :
- jaillissante serait très-utile dans le quartier il'Aoulaouan.
- Ouaitier de Habes
- DÉSIGNATION DES COUCHES, ÉPAISSEUR dos conclus. PROFONDEUR des COUCHES,
- i° Sables alluvicns 7™,5o r7m,5o
- 2° Calcaire dolomitique 20 ,00 27 ,5o
- 3° Argile bleue bariolée de rouge 1 0 ,oo 37 ,5o
- à0 Calcaire 2 ,5o O O O -et
- 5° Argile noire 5 ,oo 45 ,00
- 6° Calcaire, tantôt blanc, tantôt jaune et marneux 1 ,20 46 ,20
- A 3 5 mètres de profondeur, on a fait une galerie de niveau de i o mètres de long pour capter quelques suintements qui se manifestaient dans la couche d’argile n° 3. A 3g mètres, on a fait dans le calcaire n° 4 une galerie de 2m,5o de long pour recueillir aussi quelques suintements.
- Ces faits prouvent l’intelligence des Mozabites en ce qui concerne les questions hydrauliques; plus habiles que les Rouara, les mineurs mozabites
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- creusent des puits de im,5o de diamètre dans des roches très-dures, qu’ils attaquent avec des pics aciérés très-lourds et à manche court. Ces mineurs reçoivent 2 fr. 5o cent, à 3 francs par jour avec la nourriture en sus. Les déblais sont extraits par des Khammés, qui ne reçoivent que la nourriture.
- Un calcaire dolomitique jaunâtre coquillier, tiré du puits n° 15, a présenté la composition suivante :
- Chlorure de sodium. . , . Sulfate de chaux......
- Carbonate de chaux.. . . Carbonate de magnésie , Carbonate de fer. .... .
- Peroxyde de fer.......
- Sable, argile.........
- Eau, matière organique.
- o8r,ooo4i o ,ooo4i o ,53948 o ,43920 o ,oo44o o ,oo58o o ,oo65o o ,oo38o
- Total
- ,00000
- Auteur : De Marigxy.
- Les proportions d’oxygène contenues dans les bases des carbonates sont les suivantes :
- Dans la chaux........................................... ogr,o865
- Dans la magnésie........................................ o ,0826
- Dans le protoxyde de fer............................... o ,ooo3
- La roche est donc une dolomie ordinaire C02CaO + C02M</0, mélangée d’une très-faible quantité de carbonate de chaux en excès.
- L’oasis d’El-Ateuf est en décadence complète. Les nomades n’y vont presque plus vendre leurs laines ; ils aiment mieux les vendre sur place aux Européens qui se rendent chez eux.
- En amont d’El-Ateuf, il n’y a pas de terres de cultures sur la rive droite de l’Oued Mzab. La rivière baigne le pied de l’escarpement dolomitique. La roche est remplie de vacuoles irrégulières de 1 à 3 centimètres de largeur maximum, remplies parfois par une cristallisation de carbonate de chaux blanc, d’autrefois entièrement vides, ce qui donne à la roche un aspect caverneux.
- La ville de Bou Noura (voir planche III) se trouve à 4 kilomètres E. d’El-
- Oasis de Bou Noura.
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- il
- Ateuf, sur un piton isolé cpii forme une île dans la vallée de l’Oued Mzab, auprès du confluent de l’Oued Mzab et de l’Oued Zouili. La coupe suivante, fig. 20, menée du N. E. m. au S. 0. m. par le minaret de Bou Noura, indique la situation de* cette petite ville et la nature géologique de son assiette.
- L’artère principale de la vallée de l’Oued Mzab passe en a, au pied d’un escarpement vertical de 6 mètres de haut, faisant face au S. 0., et sur lequel s’élève le mur d’enceinte de la ville, ce qui lui constitue, de ce côté, une bonne défense. Les maisons s’élèvent en amphithéâtre jusqu’au sommet du mamelon qui couronne la mosquée; sur le versant opposé, il n’y a que des ruines attestant l’ancienne splendeur de Bou Noura et sa décadence actuelle.
- L’autre artère de la vallée de l’Oued Mzab passe en b au N. E. du village. Le fond en est comblé par des alluvions anciennes, que les eaux actuelles de
- Terrai n-----c r e t a c é
- Fig. 2 0.
- l’Oued Mzab ne paraissent plus couvrir même dans les grandes inondations.
- On y voit quelques rares jardins de palmiers,
- Les cultures de l’oasis se développent le long des rives de la branche principale de l’Oued Mzab et dans le lit de l’Oued Zouili ; de même que celles d’El-Ateuf, elles sont arrosées par de grands barrages et par des puits ordinaires.
- Le barrage principal est situé sur l’Oued Mzab, à 8oo mètres en aval de Barrage de Bou Nom,
- . - , sur l'Oued Mzab.
- la ville; il a 5 ou 6 mètres environ de hauteur au-dessus du lit de la riviere et i5o mètres de long, L’axe est un mur en maçonnerie ordinaire de moellons calcaires, reliés par un mortier de chaux; il a om,8o d’épaisseur en haut; il s’élargit par le bas et s’enfonce à 2 ou 3 mètres au-dessous du lit de la rivière. Sur la rive gauche, il s’attache à un éperon en maçonnerie qui a 2 mètres d’épaisseur à la crête. Sur la rive droite, le barrage forme lui-même éperon et se compose de deux murs parallèles en maçonnerie de om,5o d’épaisseur en haut avec un fruit, et laissant entre eux un espace de 2 mètres à
- 6
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-
- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- T2
- 2"\5o, dans lequel sonl entassés des moellons et du sable. Un pert.uis de im,5o de liant est ouvert dans le barrage du côté de la rive gauche, pour donner écoulement au trop-plein des eaux et permettre aux grandes crues d’arriver jusqu’à l’oasis d’FL/Yteul. Le long de ce pertuis, le barrage est protégé, en amont, par un revêtement de moellons et de sables, recouvert lui-même par un mur en maçonnerie de on\3o d’épaisseur, qui s’enfonce sous le lit de la rivière.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant les observations que nous avons faites sur les puits de l’oasis :
- I)A Ti-;
- DE L’ORSERYATItn .
- profonde rn de h
- il’eau sous le sol du
- jardin.
- D e u n d’eau.
- piiofon-
- DE! R
- totale du puits sous le sol du
- jardin.
- TEMPERAT U HE de l’eau
- TEMPERAT! UE do l’air.
- GOUT
- ni: iaeau.
- OBSERVATIONS.
- 8 mai i 8G i 3 j"\5o 1 "Vio .K)1",90 2 2°,00 11
- Idem /11 ,1)3 0 ,(>0 1 , 2 5 i 2 ,'-2 0 2 2 ,5 0 n
- Idem •>8 ’9 >5ü a/i ,10 2 1 ,00 II
- Idem a 3 ,(io 0,5 0 :>.u ,00 II
- QUARTIER DE L’OUED MZAB.
- Bon.
- Assez bon. Saumâtre. Bon.
- orAivnKii de iaoi Ki) zoiai.i.
- Diamètre im,3o. Situéà \otu en amont du précédent. Situé à 3oom en amont du précédent.
- En amont du précédent.
- 8 mai 1 80 1 iGr n,8o 3m,oo 1 9' \8o 2 1 °,oo U Bon. Muraille sur iom.
- Idem :>y ,3o 0 ,70 00 ,00 2 2 ,O0 il Douerai rc. Situé à ioom en amont du précédent.
- , 10 0 ,70 27 ,80 21 ,33 II Bon. Situé à aoom en amont du
- precedent.
- Idem 34 ,70 2 ,00 30 ,70 21 ,06 U Douceâtre. Muraille sur 4m.
- 2 1 , 1 ô ,4o 2 2 ,66 II Bon.
- Moyennes . . . ?.8 ,()() 1 ,38 3o ,on 21 ,67
- Les moyennes pour la profondeur de la nappe d’eau sous le sol et pour la température de la nappe sont presque identiques à celles des puits d’Fd-Àleuf. La profondeur totale moyenne des puits de Bon Noura est de 3on\o5; elle est de 2 mètres plus faible que celle des puits d’El-Ateuf, ce qui est tout à fait négligeable. On peut dire dès lors que les puits de ces deux oasis se trouvent dans des conditions moyennes presque identiques.
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-
-
- CIIE13 K A DES BENI MZ AB.
- 43
- L’eau des puits de Bou Noura est en général de bonne qualité.
- Les premiers puits du quartier de l’Oued Mzab commencent à 1,000 mètres environ en amont des derniers*palmiers cl’El-Ateuf.
- Le puits n° 1 a été terminé en 1 8G 1.
- Les matériaux extraits de ce puits, et que nous avons vus accumulés auprès de l’orifice, sont de la marne verte, de la marne d’un noir bleuâtre et du calcaire jaunâtre, coquillier.
- Le puits n° 2 est creusé depuis peu; on en a extrait de la marne jaune et du calcaire schisteux tantôt jaune, tantôt blanc. La marne d’un noir bleuâtre est assez peu abondante parmi les déblais. Ce puits est mitraillé sur 1 2 mètres de haut.
- Les puits de l’Oued Zouili donnent, en général, peu d’eau; ils traversent à partir du jour :
- i° Des alluvions tantôt sableuses, tantôt argileuses;
- 2° Des alternances de marnes ou d’argile et de calcaire dur.
- À proximité de l’Oued Mzab, les alluvions de l’Oued Zouili sont sableuses comme celles de cette grande vallée; mais, dans la partie supérieure de l’Oued Zouili, elles se composent de débris de calcaire dolomitique blanc, à angles vils, disséminés dans une pâte argileuse rougeâtre.
- Si l’on voulait essayer un sondage dans l’oasis de Bou Noura, il conviendrait de le placer sur le plateau alluvien qui longe la rive droite de la vallée de l’Oued Zouili, en face de la deuxième tour carrée qu’on rencontre en remontant le ravin. Cette position correspond à peu près au centre de la vallée, et les eaux jaillissantes, si l’on en trouvait, seraient facilement utilisées.
- Au sommet du plateau dolomi tique d’où part l’Oued Zouili, il y a une excavation en lorme de tronc de cône de 4 mètres de hauteur, de o“,4o de diamètre â la base supérieure ad, lig. 2 1, et de im,5o de diamètre à la hase inlérieure bc. En appliquant l’oreille contre le sol bc, on entend un bruit sourd et continu comparable au roulement d’une voiture ou au bruit d’une eau courante roulant sur des rochers. Les Mozahites pensent, en effet, que c’est une cascade souterraine qui produit ce bruit singulier.
- Dans le calcaire dolomitique blanc qui forme â Bou Noura les hautes berges de l’Oued Mzab et de ses affluents, il y a des veines de calcaire rouge quartzeux dont la désagrégation contribue en faible partie à la production
- 6.
- Puits du quarlh r do
- l'Oued Mzab.
- Puits du quartier de
- l'Oiied Zouili.
- Le premier sondage de Bou Noura devrait cire plan’ dans la vallée do 1 Oued Zouili.
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-
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- !i4
- Depot quaternaire dans la vallée de l’Oued Mzab entre
- El-Ateuf et Bou Noura
- des sables quartzeux jaunes si répandus à la surface des calcaires dolomi-tiques du Béni Mzab à l’état de simple couverture.
- En amont du barrage de Bou Noura* on remarque deux petits dépôts quaternaires. Le premier est dans un petit affluent de la rive gauche de l’Oued Mzab; le second, dans l’Oued Mzab lui-même. A la base du premier dépôt, on observe des grès rouges sableux ayant tout à fait l’aspect des grès quaternaires du Sahara. On y voit aussi des concrétions blanches gypseuses et des cristallisations de gypse en crête de coq. Le tout est recouvert par des débris de calcaire dolomitiqüe et des sables entraînés par les eaux. En remontant dans le ravin jusqu’à la tête du dépôt, une coupe du terrain montre que les débris dolomitiques forment des lentilles dans les sables rouges, qui
- d
- b
- Fig. 21.
- renferment eux-mêmes ces concrétions tubuleuses blanches si répandues à Ouargla. On trouve ainsi un dépôt récent bien caractérisé, atteignant une épaisseur maximum de 8 à 1 o mètres, reposant en stratification discordante sur les tranches des couches dolomitiques et présentant tous les caractères du terrain quaternaire du Sahara, au débouché de l’Oued Mzab dans la grande dépression d’Ouargla. Cette discordance de stratification est montrée par la coupe suivante, lig. 2 2.
- Le même terrain prend un développement plus considérable sur la rive droite de l’Oued Mzab; à 5oo mètres environ à l’aval de Bou Noura, il constitue un plateau régulier élevé de 6 à 7 mètres au-dessus du niveau de l’Oued Mzab et formé de sables quartzeux jaunes ou blancs mélangés de gypse farineux. Sa surface est couverte de concrétions calcaires d’un brun rougeâtre, ou jaunâtres, grosses comme une noix. Ce terrain a la plus grande ressemblance
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- PL [V
- B E M I
- 1 S G U E N
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
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- avec celui de la corniche quaternaire qui domine la dépression d’Ouargla.
- S. E. N. O.
- Calcaire dolomitiqae.
- tristallisatiw* tubuleuses.
- t a
- Fig. 22.
- O
- La coupe ci-dessous montre sa. disposition sur les rives de l’Oued Mzab, lig. 2.3.
- Terrain c r é t a c e.
- Fig. 23.
- OASIS ET VILLE DE BENI ISGUEN.
- La ville de Béni Isguen (voir pi. IV) est bâtie sur un mamelon qui longe la rive droite de l’Oued Mzab, en face de la ville de Bou Noura, dont elle n’est séparée que par une distance de i,8oo mètres à vol d’oiseau. La partie inférieure de la ville est plate; le reste s’élève en amphithéâtre jusqu’au sommet du mamelon, qui est dominé par la mosquée et son minaret.
- Les jardins de palmiers sont groupés le long des rives du Ch abat Bah m an
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
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- B;i vraies If I OikhI Xtissa
- li' l'Oiicil 111 rif.
- ben-Kassi, affinent de la rive droite de l’Oued Mzab; ils sont arrosés soit par des puits ordinaires, soit par des barrages sur ce Cliabat. Les grandes inondations de l’Oued Mzab ne peuvent remonter jusqu’aux jardins de Béni Isguen.
- Le barrage principal du Cliabat B alun an bcn-Kassi est en maçonnerie de moellons dolomitiques, reliés par du mortier de chaux; il a 200 mètres environ de longueur. A l’amont, il s’élève à 4 mètres au-dessus du lit de la rivière; à l’aval, la diiiérence de niveau va jusqu’à 8 mètres, ce qui prouve que les crues ont remblayé la vallée du côté de l’amont.
- Les jardins de Béni Isguen commencent au confluent de l’Oued Xtissa et de l’Oued Inrit, dont la réunion forme le Cliabat Balmian ben-Kassi. Un barrage a été construit à la tète de l’oasis en travers de chacun de ces Oueds, afin d’arrêter les eaux de pluie. Un passage de 8 mètres de large a été laissé au centre de chaque barrage, afin de diriger les eaux dans un chenal encaissé, fait de main d’homme. De petits barrages transversaux, que prolongent des canaux maçonnés, disséminent les eaux dans les divers jardins.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant les renseignements que nous avons recueillis sur le puits de Bem Isguen.
- PROFON- PROFON- T EM PK-
- 0 DATL DEUR do PROFON- DEUR totale UATUKE de l’eau tempe- , GOUT
- la nappe DEUR du puits à RATURK OBSERVATIONS. J
- s DE I.’Olî S F U V AT I ON , sous le sol d’eau. sous le sol du la surface du plan de l’air. DF, MEAT.
- du jardin. deau.
- jardin.
- i ; S niai 1 8G : 17A00 2 m, 0 0 19"1,00 2 r,oo tf Amère.
- >2 Jclcm 1 Go 1 .'7 0 2 3 ,3o 22 ,5o II Idem. j j Diamètre in,,ao. Situé à ioo'1’
- 1 en amont du précédent.
- j Idem *> o ,10 1 ,o5 21 ,1 5 22 ,66 if Ucm. 1 \ Diamètre Situéà aoom
- | en amont du préc Mcnl.
- Idem 00 0 lion. ! i Creusé dans le sol du ravin ,
- k 7 -7° S ,5o 20 ,00 U à 6,n au-dessous de l’orifice du precedent.
- 1
- j Idem 07 ,20 0 ,7;> 37 ,90 22 ,5o 2 2°,OO n \ 1 Situé à ôoo™ en amont du
- ! grand barrage. 1
- 0 Idem \’i ,70 1 ,00 43 ,7o 23 ,5o il Potable. 1 [ Situe à 2 kilom. en amont fl
- 1 1 du n° 5. 3
- 7 Idem u 1 ,3o 2 ,00 28 ,3o 2 1 ,5o U IV m. i
- S Idem > h ,10 1 ,65 20 ,7 5 20 ,00 U . Idem. 1 S
- Moyennes. . . 2 5 ,21 i ,37 26 ,58 O °° i | i S
- La profondeur moyenne de la nappe d’eau sous le sol des jardins est de 2 5m, 2 1, c’est-à-dire un peu moins forte que dans les oasis qui précèdent.
- La hauteur d’eau moyenne n’est que de im,3y; elle n’atteint pas la moitié
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- CIIEBKA DES BENI MZAB.
- il
- de celle des pulls d’El-Ateuf. Aussi les habitants de Béni Isguen se plaignent avec raison de leur pénurie d’eau.
- La profondeur totale moyenne des puits est de 2Gm,58.
- La température de l’eau à la surface du plan d’eau varie entre 20 degrés et 2 3°,5o ; elle est en moyenne de 2 2°,o8, c’est-à-dire un peu plus élevée qu’à El-Ateuf et Bon Noura, bien que la profondeur moyenne de la nappe d’eau sous le sol des jardins soit un peu moins forte à Béni Isguen que dans les deux autres oasis. A Béni Isguen. la température de l’eau croît en général avec la profondeur des puits, mais d’une manière irrégulière.
- L’eau est généralement amère dans les puits de la partie inférieure du vallon; elle est meilleure et bonne à boire dans les puits de la région supérieure; c’est ce que démontre la composition suivante de l’eau du puits n° 7 (voir le tableau n° 5, analyse n° 3).
- Chlorures de sodium et de magnésium..................... ogr,og56
- Nitrate de soude........................................ o , 12 3 à
- Sulfates de chaux et de magnésie........................ o ,2,370
- Carbonates de chaux et de magnésie...................... 0 ,o64o
- Silice libre............................................ Traces.
- Matière organique....................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau....... 0 ,6200
- Auteur : Simon.
- Le lond de la vallée du Cliabat Bahman ben-Kassi a une largeur variable de 1 00 à 100 mètres; il a été comblé par des alluvions anciennes formées à la base par un poudingue ou une brèche, et à la partie supérieure par des sables jaunes et blancs, parfois endurcis et au milieu desquels on cultive les jardins de palmiers. Ce dépôt, qui a 3 à 4 mètres d’épaisseur, est probablement de la période quaternaire, comme celui que nous avons signalé entre El-Ateul et Bou Noura, dans la vallée de l’Oued Mzab; c’est lui qu’on traverse d’abord dans les puits de Bem Isguen. Au-dessous viennent des alternances de marnes, de calcaires dolomitiques et de gypses.
- Le puits n° 6 est un ancien puits de 35 mètres de profondeur qui vient d’être poussé à 43m,70. On a traversé dans le bas une couche de gypse blanc bleuâtre de 7 à 8 mètres d’épaisseur, à structure largement saccharoïde, sous laquelle vient une couche d’argile d’un noir bleuâtre.
- Composition de l’eau du puits n° 7 de Boni Isguen.
- Dépôt quaternaire di us le Cliabat Bail mai ben-Kassi.
- Couche épaisse de gypse
- au fonds du puits n° 6.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- T 8
- A proximité du puits n° 7, nous avons vu un puits en percement qui avait atteint 2on\3o de profondeur sur im,5o de diamètre et qui n’avait pas encore d’eau. On n’en avait retiré que du calcaire dolomitique, à texture sac-cliaroïde, avec empreintes de pecten indéterminables.
- Le meilleur emplacement pour l’essai d’un puits artésien serait à l’aval du grand barrage du Cliabat Bahman ben-Kassi. Cette partie manque d’eau et souffre beaucoup pendant l’été. Nous avons remarqué sur la rive droite une surface considérable, inculte, et dont on pourrait tirer un bon parti en cas de succès.
- Citerne naturelle Sur la rive gauche du Cliabat Bahman ben-Kassi, et sous les murs mêmes
- Béni hg,un. de Béni Isguen, il y a, dans les couches dolomitiques, une grande fracture
- a
- rectiligne dirigée N. 7O°0.m. sur une longueur d’environ 2Ô0 mètres. Dans une longueur d’environ 5o mètres, la partie rocheuse cdef, fig. 2 4, située du côté du ravin, s’est affaissée de manière à produire une cavité baillante bcd. Les gens de Béni Isguen en ont profité pour faire une citerne où s’accumulent les eaux de pluie qui tombent sur le flanc supérieur du mamelon portant la ville. Ils ont soigneusement bétonné les parois de cette cavité pour éviter les pertes d’eau par les fissures. Nous avons vu dans la citerne une nappe d’eau verdâtre de 15 mètres de longueur et de 8 mètres de largeur maximum. Un escalier en maçonnerie descend jusqu’au fond de la citerne et permet d’y puiser en tout temps.
- En quittant Béni Isguen pour nous rendre à Melika, nous avons observé sur la rive droite de l’Oued Mzab, au milieu des couches dolomitiques, une deuxième fracture de ôo mètres de long analogue à la précédente.
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- C II E B K A DES BE.è'I M Z A B
- 4t9
- OASIS ET VILLE DL MELIKA.
- La petite ville de Melika (voir pl. V) est située sur un mamelon qui domine la rive gauche de l’Oued. Mzab, à 2 kilomètres N. O. de Béni Isguen; sa population, qui était autrefois de 3,200 âmes, n’est aujourd'hui que de 1,000 âmes au plus. L’oasis de Melika a beaucoup de terres, mais ses puits donnent, peu d’eau : c’est ce qui explique sa décadence. La plupart des habitants ont émigré; beaucoup (rentre eux se sont réfugiés à Ghardaïa.
- Au pied de la ville, il y a sur l’Oued Mzab un barrage en maçonnerie de 60 mètres de long, 0 mètres de large sur la crête et 6 mètres de hauteur au-dessus du lit de la rivière. 11 est destiné à retenir les eaux des grandes crues et à les faire refluer sur les terres d’alluvions anciennes qui longent la rive gauche de l’Oued Mzab; en même temps la nappe d’eau maintenue derrière le barrage pénètre les couches dolomitiques et alimente ainsi les puits. On en a creusé un grand nombre, qui ont été abandonnés, ainsi que les jardins qu’ils arrosaienl. Aussi les palmiers sont-ils Irès-clair-semés dans l’oasis de Melika.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant les observations que nous avons recueillies sur les puits de Melika servant encore aujourd’hui.
- Bai
- —
- U rnoFON- F110 Fi) N- TEMPE-
- A 1)A T K df. un de la nappe PROFON- DEUR D12 U K lotaic du puits RATURE de l’eau a TEMPE- RATURE GOÛT obseuvation.s.
- DK L'OBSERVATION . sous le sol du jardin. d’enu. sous le sol du jardin. la surface du plan d’eau. de l’air. DE L’EAU.
- 1 10 mai 1 8G1.. . . 28”, 00 o"’,6o 28'”,60 2 1 °, 2 0 ' Bon. Situe au pied de l'escarpement du village, sur la rive gauche de l’Oued Mzab.
- Idem 33 ,75 37 ,25 71 ,00 23 ,20 // Idem. Situe à l’aval du village, sur la rive gauche de l’Oued Mzab.
- 3 Idem 3o ,45 0 ,3o 3o ,75 2 2 ,00 // Un peu douceâtre. Situé à aoom en amont du précédent, sur la rive gauche de l’Oued Mzab.
- 4 Idem 33 ,4o 1 ,3o 34 ,70 2 2 ,33 II Bon. Situé sur la rive droiLe de ' la rivière, à la partie inférieure de l’oasis.
- 5 Idem 33 ,00 i ,60 3.4 ,60 2 2 ,66 // Un peu douceâtre.
- /
- rage de Melika su r
- Oued M7.ni..
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- r>o
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- a à O 12 y. DATE DE L’OBSERVATION. J’ROFON DEUR de la nappe d’ea u sous le sol du jardin. PROFON- DEUR d’eau. PROPON- DEUR totale du puits sous le sol du jardin. T EMPK- RATURE de l’eau à la surface du plan d’eau. T EM PK- RATURE de l’air. COÛT DE I.*E AU. OBSERVATIONS.
- G 10 mai 1861.. . . 36'" ,55 i"\8o a8m,35 2 3°,OO // Bon. Situé près de l’extrémité amont de Toasts, sur la rive droite.
- _ Idem. . . . 9 n -75 1 ,4o 3 9 ,1 5 2 i ,33 n Un peu amer. Situé sur la rive gauche en
- / - l «amont du village.
- 8 Idem 41 ,85 3 ,00 44 ,85 23 ,66 II Bon. Alimente un jardin appartenant à 1 amin des moza-bites d’Alger.
- y Idem 4o ,20 3 ,90 43 ,10 2 3 ,33 II Idem. Situé à ioo,n en aval du n° S.
- Moykwkn . . . 3 2 >77 U ,f> 1 b34 ,26 22 ,4 1 ' “ Non compris lo puits n” a. ’’ Idem.
- Parmi Ions ces puits, nous signalerons comme une exception le puits n° 2, de 71 mètres de profondeur et contenant 0 7m,2 5 de hauteur d’eau; c’est le plus profond de tout le Béni Mzab; il a été creusé vers 1 790 environ. D’après la tradition, il aurait été entrepris avec la conviction que, si l’on pouvait arriver à 100 mètres, on aurait une source jaillissante fort abondante; mais 011 n’a pu atteindre cette profondeur, parce (pie les mineurs ne connaissaient pas les moyens de renouveler l’air irrespirable qui était au fond du puits. La hardiesse de ce travail montre l’énergie et l’intelligence des Moza-bites, qui, pour l’agriculture et les travaux hydrauliques, sont infiniment supérieurs aux Arabes.
- La profondeur moyenne de la nappe d’eau sous le sol des jardins est de 0 2IU,77 pour les puits que nous avons examinés. La hauteur moyenne de l’eau est de im,6 1, en laissant de côté le puits exceptionnel n° 2 , qui constitue une citerne très-profonde.
- La profondeur moyenne totale des puits sous le sol des jardins est de 34ra,2 6, en laissant également de côté le puits 110 2.
- La température moyenne de l’eau à la surface du plan d’eau est de 2 20,41 •
- Toutes ces moyennes sont un peu plus élevées que celles que nous avons calculées pour les puits de Béni Isguen et d’El-Ateuf. L’accroissement de température est en harmonie avec l’accroissement de la profondeur du plan d’eau. L’eau est tantôt de bon goût et tantôt un peu douceâtre.
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- 51
- Celle du puits n° 2, recueillie le io mai 1861, présente la composition suivante :
- Voir le tableau n° 5, analyse n° 8.
- Chlorures de potassium et de sodium........................ os‘‘,4/182
- Nitrate de soude............................................... Traces.
- Sulfates de soude, de chaux et de magnésie .................. 2 ,6/162
- Carbonates de chaux et de magnésie. ....................... o , 1583
- Peroxyde de fer, silice libre............................... o ,0120
- Matière organique............................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau........ 3 ,164 7
- Auteur : Simon.
- Les puits de Bou Noura ont traversé des alternances de marne jaune el de calcaire marneux, zoné, jaunâtre. Ces marnes sont parfois ébouleuses; elles ont causé la mort de deux mineurs dans le puits n° 7. Au fond de ce puits, on a creusé une galerie de 6 mètres de long, im,5o de haut el om,5o de large, afin de capter quelques suintements. On nous a signalé deux autres puits avec galeries de captage; l’une d’elles aurait 3o mètres de long et l’autre 35 mètres. L’existence de ces galeries montre bien que les eaux de Bou Noura sont fournies par les infiltrations qui circulent à la surface des couches imperméables, et qu’elles n’ont pas de force ascensionnelle sensible.
- La ville de Melika étant construite au sommet d’un mamelon, les habitants auraient été entièrement privés cl’eau en cas de siège; aussi ont-ils creusé un puits à mi-côte sur ce mamelon pour alimenter le village; et, comme l’orifice du puits était en dehors du premier mur d’enceinte de la ville, ils ont fait un deuxième mur d’enceinte pour communiquer à l’abri avec leur puits; celui-ci a 54m,6o de profondeur totale et 2m,20 de hauteur d’eau.
- L’eau a une température de 220, 66 et un goût douceâtre peu agréable; elle est indigeste. Aussi, en temps de paix, les gens de Melika vont chercher l’eau potable soit à Bou Noura, soit à Ghardaïa.
- L’analyse que nous avons donnée de l’eau du puits n° 2 prouve qu’à Melika la qualité de l’eau potable est généralement médiocre, puisque les habitants de l’oasis aiment mieux aller chercher cette eau hors de leur territoire.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Si un sondage devait être entrepris à Melika, le cheik nous a déclaré qu’il désirerait le voir placer sur le plateau d’alluvions anciennes qui longe la rive droite de l’Oued Mzab, en face du village. Cette région est presque entièrement dénuée d’eau et renferme de bonnes terres de culture.
- VILLE ET OASIS DE GHARDAÏA.
- La ville de Ghardaïa (voir pi. V) est la plus importante du Béni Mzab; elle compte i i,4oo habitants ; elle est bâtie sur un mamelon de calcaire do-iomitique, qui forme une sorte d’îlot détaché sur la rive droite de l’Oued Mzab, ainsi que le montre la coupe suivante, fig. 25.
- S. O. m.
- O
- V. E. m.
- Calcaire dolomitique blanc grisâtre.
- Terra
- n_
- c
- e t a c è.
- Fis- :
- La ville occupe tout le mamelon a; son altitude, à la porte du village qui s’ouvre sur l’Oued Mzab, est de 53o mètres.
- Les deux mamelons a et b forment une sorte de barrage dans la vallée de l’Oued Mzab, qui présente en amont un large renflement, où l’on voit de très-belles terres de culture. Les jardins de palmiers sont magnifiques et se développent en amont de Ghardaïa au milieu des alluvions anciennes de l’Oued Mzab jusqu’au confluent de l’Oued Touzouz. Plusieurs barrages et de nombreux puits servent à l’irrigation de l’oasis.
- Barrages Trois barrages ont été échelonnés sur le cours de l’Oned Touzouz. Celui
- >ued iou,mu. cpamon| consiste en un simple mur en pierres sèches protégé par des enrochements de moellons; il part de la rive gauche du lit mineur de l’Oued et se poursuit jusqu’au pied de la berge calcaire de la rive droite ; il alimente
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- 53
- canal qui se porte sur le flanc de la montagne et arrose la partit! la plus haute de l’oasis, sur le flanc droit de la grande vallée de l’Oued Mzab.
- Le deuxième barrage de l’Oued Touzouz, fait également en pierres sèches, mais plus solidement que le premier, mène les eaux à une conduite souterraine qui passe sous une digue transversale en sable, de 4 à 5 mètres de hauteur, construite sur l’Oued Mzab à la tète de l’oasis, quelle protège contre les crues. La conduite souterraine sert à l’arrosage d’une partie de l’oasis située sur la rive droite de la vallée de l’Oued Mzab.
- Le troisième barrage de l’Oued Touzouz vient d’être construit en maçonnerie de moellons calcaires, reliés par un mortier de cliaux; d relient les eaux qui ont passé par-dessus les deux barrages d’amont et les amène à un canal destiné à arroser la partie centrale de l’oasis, et (pu traverse sont erra i-nemeut la grande digue transversale de l’Oued Mzab.
- Trois barrages parallèles en maçonnerie ont été construits sur l’Oued b., Mzab en amont de cette digue; ils s’attachent tous les trois à la rive gauche de l’Oued et marchent obliquement à la rencontre de la digue. Ils se composent d’un noyau central en maçonnerie, dont l’épaisseur est de i 10 à la crête et augmente de haut en has. Ce noyau s’enfonce à im,5o en contre-bas du lit de l’Oued; il est contre-buté, sur les deux parois, par un enrochement de moellons.
- Le barrage d’amont dévie une portion des eaux de l’Oued Mzab et l’amène dans le même canal que le barrage d’aval de l’Oued Touzouz; d sert donc à l’irrigation de la partie centrale de l’oasis.
- Le barrage du milieu est situé à 3o mètres à l’aval du précédent. L’espace compris entre ces deux barrages forme une cimette, dont les eaux sont dirigées dans la partie centrale de l’oasis par un canal qui traverse souterrai-nement la grande digue transversale de l’Oued Mzab.
- Ce canal est double, et présente en tête de la digue deux portes de im,4o de haut sur im,20 de large; des regards cylindriques de oiu,4o de diamètre, et surmontés d’une cheminée maçonnée, sont espacés de i5 en 10 mètres sur le trajet de la partie souterraine. Cela montre qu’on a donné à la digne transversale une très-grande épaisseur pour qu’elle puisse résister à la pression des eaux au moment des crues.
- Le troisième barrage est distant de 1 5o mètres du précédent. La cunetle comprise entre eux n’a pas d’écoulement au dehors; elle est destinée à em-
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- 54
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- magasiner un grand volume d’eau, qui s’infiltre ensuite doucement dans le terrain et contribue à alimenter les puits. Les eaux qui passent par-dessus la crête de ce troisième barrage se rendent dans un large canal qui suit le pied de la berge de rive gauche de l’Oued Mzab et se divise en quinze canaux spéciaux avant de traverser souterrainement la grande digue transversale. Des regards sont pratiqués de distance en distance sur ces divers canaux.
- Le croquis ci-dessous, fig. 26, donne la disposition générale de tous ces barrages :
- On voit par ce qui précède que les Mozabites attachent un très-grand prix aux eaux d’irrigation, et qu’ils ont fait des travaux très-considérables et bien entendus pour arriver à une répartition équitable des eaux lors des crues de l’Oued Mzab. Non contents de ces travaux de retenue d’eau, ils baissent encore le sol de leurs jardins pour y rendre plus facile l’accès des eaux d’inondation; ils transportent hors de l’oasis les terres provenant de ce dérasement.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant toutes les observations que nous avons faites sur les puits de Ghardaïa.
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- 55
- DATE
- DK L’OBSERVATION.
- PROFON-
- DEUR
- tic
- la nappe d’eau sous le sol du
- jardin.
- PROFON-
- DEUR
- d’eau.
- PROFONDEUR totale du puits sous le sol du
- jardin.
- TEMPERATURE de l’eau à
- la surface du plan d’eau.
- TEMPERATURE de l’air.
- GOUT
- DE L’EAU.
- OBSERVATIONS.
- 1° QUARTIER DE BEL R EN NEM.
- 1 9 mai 1 86 1 34" ',65 o" ‘,35 35" \oo 22°, 5o 25°,00 Bon.
- ;> Idem ’7 ,oo 9 o ,0 O 2Ô ,60 21 ,00 U Idem.
- 3 Idem 2 1 ,8o 1 ,5o 23 ,3o .8 ,25 U Excellent.
- 4 Idem 25 ,5o i ,oo 26 ,5o 19 ,25 U Bon.
- 5 Idem 2 I ,3o 3 ,o5 2/1 ,35 19 ,66 ;/ Idem.
- 2 QUARTIER DE BEN DJ E B IJ N.
- Rive droite de l'Oued M/.ab. à i oom de la berge.
- Même rive.
- Muraille sur 3m.
- L’orifice est à i1,1 en contrebas de l'orifice n° 3.
- Muraille sur 5”' de haut.
- G 9 mai 1861 2 o'11,2 5 0 3 b Crt 20n\3o 11 11 11
- I Idem 18 ,60 22 ,00 4o ,60 2 i°,oo II Bon.
- 3° QUARTIER DK BOlï CHEMZAN.
- 8 0 mai 1 86 1 24n\6o 20 ,1 5 2 2 ni, 3 O 22 ,5o 46m,90 42 ,65 2 2°, 6 6 II Bon.
- 9 %J Idem 2 1 ,4o H Idem.
- 10 Idem j 9 ,5o 1 l ,70 31 ,20 2 1 ,00 il Idem.
- 1 i Idem 20 ,3o 2 4 ,60 44,90 2 1,20 II Idem.
- 1 Idem i4 ,5o 6 ,35 20 ,85 22 ,33 II Idem. < Creusé au pied de la grande digue transversale, en tête
- de l'oasis.
- 1 3 Idem i4 ,60 1 ,00 15 ,60 2 1 ,00 II Idem, Creusé récemment dans le lit de l’Oued Mzab.
- 1 ;i Idem 15 ,00 2 ,3o 17 ,3o 22 ,60 II Idem.
- 4 0 QUARTIER DE CITA ARA.
- 15 9 mai î 86 1 25m,7o 3m,i5 2 8m,85 2 2°,66 U Bon.
- iG Idem 25 ,10 3 ,10 28 ,20 22 ,50 u Idem.
- •7 Idem 4o ,20 3 ,10 43 ,3o 20 ,66 u Idem.
- 18 Idem 4o ,65 9 '7° 5o ,35 2 1 ,00 n Idem.
- Moyennes. . . 23 ,32 8 ,17 3i ,48 2 1,23
- La profondeur moyenne de la nappe d’eau sous le sol des jardins est de 2 3m,32; elle est bien moindre que dans les autres oasis. La hauteur d’eau moyenne dans les puits est de 8n\ î 7 ; elle est beaucoup plus élevée que dans
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- EXPLORATION DE BENI M Z A B .ET DU SAHARA.
- 50
- les autres oasis de la Chebkha, ce qui montre que l’oasis de Gbardaïa est plus riche en eau que ces dernières. On comprend qu’il en soit ainsi, parce que Gbardaïa est à la tète des eaux, et cpie les nombreux barrages conslmils pur les habitants de cette ville doivent retenir les eaux au profit de leur oasis.
- La température moyenne de l’eau des puits est de 2 i°, 2 3. Elle est un peu moindre que dans les autres oasis; elle n’augmente pas, du reste, d’une manière régulière avec la profondeur du plan d’eau sous le sol.
- L’eau est généralement de bon goût; celle qui a été recueillie dans l’un des puits voisins de la ville a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analvse n° 4).
- Chlorures de potassium et de sodium....................... osr,o67 2
- Nitrate de soude.......................................... o ,0689
- Sulfates de soude, de chaux et de magnésie................ o ,a383
- Carbonates de chaux et de magnésie........................ o ,i6g3
- Peroxyde de fer, silice libre............................. o ,oo5o
- Matière organique......................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau........ o ,538y
- Auteur : Simon.
- Cette eau est excellente pour les divers usages domestiques. .
- Quand on creuse un puits neuf et qu’on arrive à l’eau, celle-ci remonte à peine de om,2Ô à on\5o. Ce n’est qu’au moment des pluies et dans les fortes crues que les puits se remplissent de manière à contenir 3o mètres d’eau. Ce sont alors de véritables citernes dont le niveau baisse avec la sécheresse, ce qui doit écarter l’idée de nappes artésiennes.
- Quoique les orifices des puits nos 1 et 2 soient au même niveau et voisins l’un de l’autre, il y a entre les plans d’eau une différence de 1 7m,35. O11 voit par là qu’ils ne sont pas alimentés par les infiltrations d’une même couche. Le puits n° 1 a été approfondi depuis peu; les déblais se composent de marne jaune et de calcaire marneux.
- Le puits n° 5 est muraillé sur 5 mètres de hauteur. Au-dessous du mu-raillement apparaît la brèche ancienne qui a comblé le fond de la vallée de
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- Imprimerie Nationale.
- G H A RD A I N
- MELIKA
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- CIJEBKA DES BENI MZAB.
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- l’Oued Mzab. Près de la porte du village on exécutait, lors de notre passage, un puits qui avait rencontré les couches suivantes :
- Sables............................................................ 5,n,oo
- Calcaire dolomitique, subcrislallin, gris blanchâtre.............. 10 ,oo
- Calcaire marneux zone, jaunâtre, à cassure terreuse............... 5 ,oo
- A rgile verdà t rc................................................ 2 ,5 o
- 2 2 ,oo
- On employait la poudre pour abattre le calcaire et l’on mitraillait, la couche inférieure.
- Les jardins de la partie liante du quartier de Ben Djeblin sont de toute beauté; d’après le caïd, ils sont très-riches en eau. Ceux de la partie basse sont moins bien partagés sous ce rapport; ils offrent des terres excellentes pour la culture des céréales et donnent de très-belles récoltes à la suite des grandes inondations de l’Oued Mzab.
- De nombreux canaux amènent l’eau dans le quartier de Bou Cliemzan, qui commence au pied de la grande digue transversale. Ce quartier présente des mes bien alignées de 3 à 4 mètres de large; le sol est une alluvion argilo-sa-•bleuse, très-fertile. L’ombre est tellement épaisse dans les jardins, que le soleil y glisse à peine quelques rayons furtifs.
- Le puits n° q est muraillé sur 6 mètres de hauteur; au-dessous du murail-lement apparaît la brèche ancienne quaternaire.
- Les puits nos 12, 1 3 et 1 4 sont creusés dans le lit même de l’Oued Mzab, au pied de la grande digue transversale; c’est pour cela qu’ils sont moins prolonds que les autres. A la surface ils traversent d’abord 3 mètres de sables alluviens qu’on est obligé de murailler; au-dessous vient la brèche quaternaire. L’eau suinte à travers une assise de brèche sableuse.
- On voit ainsi que le terrain quaternaire peut atteindre une épaisseur de î 2 mètres dans la vallée de l’Oued Mzab, à la partie haute de l’oasis de Ghardaïa.
- Le quartier de Cliaaba a été planté récemment dans un petit affluent de la rive gauche de l’Oued Mzab, où les puits fournissent beaucoup d’eau.
- Au lond du puits n° 1 5 on a fait, à la surface d’une couche d’argile, une galerie souterraine de 1 5o mètres de long remontant à peu près vers le
- 8
- Quartier <lo lieu I>j r-l>! i 11.
- Quartier
- de Bou Chcmzan
- Lpaisscur lu terrain qualcrna dans
- la partie liante de l'oasis. Quartier de Cliaab
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- EXPLORATION DF BENI M Z A B ET DU SAIIABA.
- Ruines ,1'un Un-sur un phitlMu • >On mètres en amont de Gliardaïa.
- Coin position du calcaire rouge vec grains Je quart/. Tonnant
- es nids et des veines dans le calcaire lolninitiqite Mane.
- N. O. m. Cela indique que les eaux souterraines coulent approximalivemenl du N. O. m. au S. L. m., dans le sens de la pente des couches dolomitiques, pente qui est Irès-faible et, pour ainsi dire, Inappréciable à l’œil.
- Quoique l’oasis de Gliardaïa soit encore Tort belle, il est Facile de consla-ter qu’autrefois elle était plus florissante encore. De nombreux puits, avec les jardins qu’ils arrosaient, sont abandonnés le long’ des rives de l’Oued Mzab. Si les puits artésiens avaient ici quoique chance de succès, il serait utile d’en essayer un, au débouché de la gorge de Ben Djeblin dans l’Oued M/.ab. Les eaux jaillissantes que l’on obtiendrait serviraient à l’irrigation de terres très-propres à la culture des céréales.
- A 5oo mètres en amont de Gliardaïa, sur la rive droite de l’Oued Mzab, il y a les ruines d’un ksar occupé primitivement par les Mozahit.es; il couronne le sommet d’un mamelon qui se détache comme une presqu’île du massif rocheux cpii Forme le flanc droit de la vallée; il esta 610 mètres d’altitude, d’où résulte pour la vallée de l’Oued Mzab un encaissement d’environ 80 mètres.
- Les roches du mamelon qui porte le ksar, de même que celles qui encaissent la vallée de l’Oued Mzab, se composent de couches presque horizontales de calcaire dolomitique à texture saccharoïde, gris blanchâtre en dedans, jaunâtre en dehors, par suite de la peroxydation du 1er. O11 v trouve parfois des nids et des veines irrégulières de calcaire rouge, caverneux, servant de gangue à des grains de sables jaunes et présentant la composition
- suivante :
- Chlorure de sodium...................................... o"r,ooOi02
- Sulfate de chaux...................................... o ,000990
- Carbonate de chaux.................................... o ,8\ 1200
- Carbonate de magnésie................................. o ,001600
- Carbonate de fer...................................... o ,oo36oo
- Peroxyde de fer....................................... o ,006000
- Argile................................................ o ,060000
- Sable quartzeux....................................... o ,011000
- Eau, matière organique, perte......................... o ,020008
- Tôt ai........................... 1 ,000000
- Auteur : Vii.i.k.
- La couche supérieure des plateaux dolomitiques qui encaissent l’Oued
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- CHER K A DES BENI MZAB.
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- Mzab passe parfois à fétat (le calcaire brun chocolat ou brun jaunâtre, à cassure terreuse, mélangé de gvpse terreux ou fibreux blanc; cette roche gvpso-calcaire est exploitée sur place. On la fait cuire dans de petits fours cylindriques de 2 mètres de haut sur im,5o de large; elle fournit ainsi le linchemel, qui est un mélange de chaux caustique et de gypse déshydraté, et que Ton emploie pour faire le mortier sur le plateau du vieux ksar. Cette roche bâtarde se trouve sous une couche de om,3o d’épaisseur de calcaire dolomi-tique, à texture saccharoïde, très-dur, blanc grisâtre, avec des zones siliceuses noires à l’extérieur, d’un gris cendré à f intérieur. Elle a la plus grande ressemblance avec la carapace gypso-calcaire qui est si fréquente dans le terrain quaternaire du Sahara. Si l’on ne se laissait guider ici que par l’aspect minéralogique des roches, on serait tenté de placer la roche à tinchemet dans le terrain quaternaire, tandis quelle constitue une assise particulière qui est enclavée dans les couches dolomitiques du Béni Mzab. Du reste, nous avons eu l’occasion de dire dans notre description géologique de la lisière N. du Sahara aux environs de Biskra, que la carapace gypso-calcaire existe dans les terrains quaternaire et pliocène de cette région. Nous la retrouvons dans le Béni Mzab associée aux autres roches de la formation dolomitique, qui est plus ancienne encore que le terrain pliocène, ainsi que nous le verrons plus lias.
- Le plateau du vieux ksar de Ghardaïa est un excellent observatoire géologique. On n’aperçoit dans toutes les directions que de longues lignes droites sensiblement horizontales à l’œil, formant la silhouette des hauts plateaux dolomitiques aussi loin que la vue peut s’étendre. C’est, du reste, comme paysage, le même aspect que celui des terrains quaternaires du Sahara; on peut s’en convaincre par la coupe ci-après, fig. 27.
- Nous avons étudié le terrain dolomitique des Béni Mzab au sud de Ghar- iio„tc daïa, en nous rendant à iMetlih, petite ville située sur l’Oued Metlili, à 2 4 kilomètres sud de Ghardaïa. Nous avons suivi la route directe qui traverse les plateaux de calcaire dolomitique découpés par l’Oued Mjezzar et l’Oued Noumerat.
- Les exploitations de pierre à tinchemet sont nombreuses sur le premier pian qui encaisse le flanc droit de la vallée de l’Oued Mzab; elles consistent en tranchées à ciel ouvert qui s’enfoncent à 1 mètre ou im,5o en contre-bas de l’assise supérieure de calcaire cristallin dolomitique et parfois siliceux.
- du Gli.-mlaïa Mcllili.
- 8.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- La roche à tinchemet (kaddan) ne forme pas une couche régulière. Le calcaire brun chocolat, à cassure terreuse, s’y trouve mélangé et paraît plus abondant quelle. H y a deux étages principaux de calcaire dolomitique. L’étage supérieur a subi de très-grandes érosions ; il ne reste, en bien des points, que des témoins plus ou moins considérables dont les sommets, le plus souvent tabulaires, sont à la même hauteur que les longues lignes qui limitent
- Terra
- c r è l a c è.
- Fig. 27.
- l’horizon au N. E. et au N. O. Ces deux gradins dolomitiques sont indiqués par la coupe ci-dessous, fig. 28.
- Le sommet du mamelon a, situé à 13 kilomètres sud de Ghardaïa, est à 674 mètres d’altitude, et domine d’environ 4o mètres le plan dolomitique
- E.
- O
- T e r r
- n
- c r è t a c e.
- Fig. 28.
- inférieur bc. Ge mamelon se compose de strates dont l’inclinaison est inappréciable à l’œil. On y remarque des couches de calcaire blanc grisâtre, cristallin, dolomitique, avec parties noires siliceuses, de calcaire jaune schisteux, compacte, et de calcaire marneux, tendre, jaunâtre.
- Aridité Le plateau ab est horriblement nu : pas un arbre, pas une broussaille, ne
- P aieaujjoionnuque vjennent rompre la monotonie de l’horizon. Quelques rares touffes de plantes eDl<*Med!Hda vertes sont broutées au passage par les chameaux des rares caravanes qui viennent du Gourara ou y retournent.
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- Fl. VI
- Impri m eri e ÎNati cm a] e.
- ASPECT DE LA CHEBKA SUR L’OUED OURIGHLOU
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- CHEBKA DES BENI MZAB. 61
- Le lit de l’Oued Mjezzar, au point où il est coupé par la route de Metlili. est à 5 1 o mètres d’altitude. La corniche du plateau dolomitique qui longe la rive droite de la rivière est à 56y mètres d’altitude, ce qui fait, pour lu rivière, un encaissement de 5o mètres au-dessous du plateau.
- La vallée de Mjezzar a 4o à 5o mètres de large; elle est très-caillouteuse, n Les cailloux sont pai'fois agglutinés par un ciment calcaire qui constitue ainsi le poudingue d’alluvions anciennes ou quaternaires du Béni Mzab. La végétation est assez répandue dans la vallée de l’Oued Mjezzar. On y remarque des bouquets de jujubiers sauvages et de nombreuses touffes de cbiali.
- Sur la rive gauche du ravin par lequel la route descend dans la vallée de l’Oued Metlili, il v a une fissure verticale de 2 mètres de haut sur î à LO millimètres de large, qui coupe les calcaires dolomitiques; en approchant l’oreille, on entend un bruit semblable à celui d’un cours d’eau qui roule suides rochers. Ce bruit est perceptible même en se tenant à om,5o de distance de la fente. Un courant d’air assez fort pour éteindre une bougie sort par celte fente. Les gens de Metlili attribuent ce bruit singulier qu’on entend ici à la présence d’un cours d’eau souterrain. La quantité considérable d’eau de pluie qui tombe parfois sur les Béni Mzab, et les nombreuses fractures qui découpent les calcaires dolomitiques, donnent une certaine vraisemblance à l’hypothèse émise par les Mozabites.
- On entend un bruit souterrain semblable au précédent dans un trou situé au milieu du calcaire dolomitique, sur le flanc gauche de la vallée de l’Oued. Metlili, à 5oo mètres en amont du ksar; parfois on perçoit deux bruits distincts, comme pourrait le faire une cascade qui se divise en deux branches de vitesses différentes. Le bruit est plus fort ici que dans le premier trou; aussi on l’entend à 2 mètres de distance de l’orifice.
- L’altitude de la corniche du plateau dolomitique qui. longe la rive gauche de l’Oued Metlili est de 58 i mètres.
- L’altitude de l’oasis est de 5o5 mètres, ce qui donne à la vall'ée de l’Oued Metlili un encaissement de 76 mètres.
- VILLE ET OASIS DE .METLILI.
- Jpetite ville de Metlili est bâtie sur le flanc d’un mamelon de la rive gauche de l’Oued Metlili; elle est presque entièrement ruinée; elle n’est ha-
- I Oued M ji-.v.-r.
- assez répandu* tlans in lit -I- I Oued Mjpz/ar.
- Bruit sonti n a 1 u sembla bh-
- sur des rochers• >">' In Urg.. gnu,'», .l un
- ,1,' rnuo.i \i< iii!:.
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- (V2
- EXPLORATION DU B K N1 M Z A B ET DE SAHARA
- Jntée ([lie par quelques familles mozabites dont les ancêtres étaient venus se fixer à Metlili, comme otages, à la suite de démêlés entre les gens de Metlili et du Béni Mzab. Cette ville, de même (pie l’oasis, appartient aux Cbaamba, tribu nomade, qui vit toujours sous la tente. Ils ne viennent à Vlelli.fi ([lie pour la récolte des dattes; aussi cette oasis est loin d’être prospère. On v voit beaucoup de jardins abandonnés auprès du ksar. La vallée de l’Oued Metlili est presque barrée par un mamelon de calcaire dolomi-lique , qui devient une île à l’époque des grandes crues, et au sommet duquel se trouvent un marabout et un cimetière. Les morts sont déposés sur le sol naturel formé d’un banc calcaire, et l’on construit sur place autour du cadavre un cercueil en moellons aussi jointifs que possible, mais souvent sans ciment qui les relie. La partie supérieure seulement est couverte de terre. Ces bières ainsi posées à côté l’une de l’autre font un singulier effet; car souvent on peut voir les cadavres à travers les interstices des pierres. Lu amont du marabout, la vallée s’évase sur une longueur de 7 à 800 mètres et présente un sol plat, qui était très-propre à l’établissement d’une oasis. Si le terrain avait appartenu aux Mozabites, il est incontestable qu’ils en auraient tiré un bien meilleur parti que des nomades. Les travaux hydrauliques laits par ces derniers ne ressemblent en rien à ceux qui ont été exécutés dans la vallée de l’Oued Mzab. Ils se composent de deux barrages longitudinaux, qui font suite aux berges (faillirions anciennes de la rivière et dirigent les eaux des crues vers un barrage transversal à claire-voie qui donne passage aux eaux dans l’intérieur de l’oasis. La distribution des eaux dans les jardins se fait par des [irises latérales sur les diverses conduites embranchées sur le barrage transversal. Pour rendre plus facile l’accès des eaux des faibles crues dans les jardins, le sol de ces derniers a été parfois abaissé, et l’on a accumulé les déblais autour des jardins, afin de résister aux grandes inondations. Les deux barrages longitudinaux sont en maçonnerie de om,5o d’épaisseur à la crête et de in\oo d’épaisseur à la base. Ils sont consolidés par des enrochements de moellons. La partie à claire-voie du barrage transversal se compose de dalles en calcaire dolomitique posées debout et supportant un couronnement de om,5o d’épaisseur; le reste est en maçonnerie.
- Tous ces barrages n’ont qu’une bailleur de 2 mettes au plus au-dessus du lit de la rivière, aussi sont-ils insuffisants pour arrêter les eaux des grandes crues. Celles-ci passent par-dessus les crêtes des barrages et déterminent deux
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- CHEBKA DES BENI MZ A B.
- C)0
- courants, l’un au pied de la berge de rive gauche, l’autre au pied de la berge de rive droite; parfois elles entraînent des jardins fie palmiers, ce qui n’arrive pas dans les oasis des Mozabites.
- Peu de jours avant notre arrivée, il y avait eu une petite crue el la rivière avait coulé pendant un jour et une nuit.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant les observations (pie nous avons laites sur les puits de l’oasis de Metlili.
- Q O J) O - y r. ü A T K «B i.’onsr.nv.vnoN. PROFON- DEUR de la nappe d eau sous le sol du jardin. PROFON- DEUR d’eau . PROFON- DEUR totale du puits sous le sol du jardin. T KM pi; RAT l.'RE cl f1 1 eau a la surface du plan deau. T F Mi’K- u vm.E de i air. G 0 Û T DE l.'K.UA i ÜIISKKY ATJONS. j i
- I 1 1 mai 1 8G 1.. . . 2 «n ^ 2 0 ,70 hm, 10 2 7'”,80 1 2°,00 // Bon. Situé à la partie inférieure de 1 oasis.
- 2 Idem. 21 ,3o \ , \ o 1 ,00 2 5 ,70 2 0 t/jO 2 i ,66 20 ,60 ,1 Très-bon. :i Situé au centre de l’oasis. Situé au centre de l’oasis.
- 3 Idem 19 ,/|0 il
- \ Idem 19 ,3o • 0 0 ,10 22 , \ 0 22 ,66 1! Légèrement salin.
- Moyennes. . . 20'", 9 2 0 m . r à , Kl 2V'\o7 2 i°,73
- La profondeur moyenne de la nappe d’eau, sous le sol des jardins, est de 2 0m,(j2. La hauteur d eau moyenne est de .1"', i o. La prolondeur totale moyenne des puits est de 2 4n\07- Le puits n° i, qui a 2 7n\8o de profondeur totale, est l’un des plus profonds de l’oasis. La température moyenne à la surface du plan d’eau est de 2 i°,7.3. fille n’excède que de o°,5o la température moyenne des puits de Ghardaïa, et la profondeur moyenne de la nappe d’eau, sous le sol des jardins, est à peu près la même dans ces deux régions. On prétend que dans l’oasis de Metlili il y a un puits avec galerie de captage dans le bas.
- lues puits de l’oasis de Metlili conservent l’eau toute l’année; en été ils diminuent de om,5o environ. 11 suffit de deux pluies, l’une au printemps, l’autre à l’automne, pour alimenter ces puits d’une manière convenable. Après une crue, l’eau ne monte pas subitement dans les puits, à moins que le niveau de la crue n’arrive jusqu’à l’orifice de ces derniers. L’eau s’infiltre d’abord dans les couches du terrain et n’arrive dans les puits qu’après un temps plus ou moins long, selon la perméabilité des roches.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- ' î ' 11 11 pi.lls ,|(. |\l,'l lili. Les puits situés auprès du ksar traversent d’abord les alluvions anciennes de la vallée et pénètrent ensuite dans la forma!ion dolomitique. Celle-ci se compose de couches presque horizontales de calcaire dolomitique saccha-l'oïde blanc, de calcaire jaunâtre ou rougeâtre, compacte etzoné, et d’argile d’un gris jaunâtre, alternant avec du calcaire zoné. L’eau suinte à la séparation du calcaire et de l’argile. Dans la partie liante de l’oasis, les puits paraissent contenus en entier dans le terrain quaternaire, qui atteindrait' ici une épaisseur d’environ 20 mètres. Ce terrain se compose d’alternances de grès tendres, de sables et de graviers. L’eau des puits de Metlili est, en général, de lionne qualité. Voici la composition d’une eau recueillie le i i mai i 86 i dans un puits voisin du ksar. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 5.) Chlorure: de magnésium os‘‘,072 1 Nitrates do soucie et tle magnésie o ,1692 Sulfates de chaux et de magnésie 0 ,277/1 Carbonates de chaux et de magnésie 0 ,11 ->o Peroxyde de fer, silice Traces. Matière organique Indét. Total des sels par kilogramme d’eau 0 ,6207 Auteur : Simon.
- !i uicr-s ,lr misMlu Cette eau est remarquable par la quantité notable cle nitrates qu’elle renferme. Elle est propre, du reste, aux divers usages domestiques. Les trois observations barométriques faites sur le plateau dolomitique
- lus iv.ills ;ivli'si(Mis prc'srnlonl s s;s ,1,. Mnllill, Houle compris entre Ghardaïa et Metlili montrent que le plateau présente à peu près la même altitude en allant du N. N. E. au S. S. 0., et que, dès lors, les couches clolomitiques se relèvent légèrement vers l’O. N. 0. Aussi Metlili nous paraît situé à peu près dans les mêmes conditions que Ghardaïa pour la réussite des puits artésiens. De Metlili, nous sommes rentré à Ghardaïa en faisant un crochet au N. 0.,
- .Metlili à (üiarihita un passant par l’as Hlom. et, passant par Ras Rtem, nous avons remonté le cours de l’Oued Metlili jusqu’auprès de son origine.
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- 65
- À 10 kilomètres environ du Ksar Metlili, nous avons rencontré dans le lit. de l’Oued le puits de Klianfous, pour lecpiel nous avons trouvé :
- Profondeur de l’eau sous le sol.......................... . 29™,90
- Hauteur d’eau............................................ o ,90
- 3o ,80
- Température de l’eau du puits......................... 2 2°,66
- Température de l’air.................................. 16 ,00
- (12 mai 1861, à 9 heures i5 minutes du matin.)
- Le fond de la vallée est formé par du grès diluvien gris, constituant de grandes tables parallèles au niveau du sol, le long du lit ordinaire de l’Oued, dont les berges entaillées dans ce grès ont 2 ou 3 mètres de hauteur verticale* La roche diluvienne s’excorie, par suite de la présence cl’un ciment calcaire; elle se couvre parfois, à la surface, de petites concrétions calcaires blanchâtres, et présente la même composition chimique et le même aspect minéralogique que les grès et sables quaternaires des hauts plateaux de Guer-rara et d’Ouargla.
- Les berges de la haute vallée de l’Oued Metlili sont en calcaire dolomi-tique dont les couches paraissent horizontales à l’œil.
- A 4o kilomètres environ N. O. de Metlili, le lit de la vallée est à l’altitude de 637 mètres.
- La corniche du flanc droit de la vallée est à l’altitude de 700 mètres; auprès du Ksar Metlili., elle est de 58 1 mètres, ce qui donne un exhaussement de 119 mètres pour le plateau dolomitique, en marchant du S. E. au N. O.
- Certaines parties de la roche calcaire sont formées de concrétions calcaires rougeâtres avec grains de quartz, reliées par un ciment de couleur un peu différente; elles présentent alors l’aspect d’un poudingue. La surface du sol est souvent recouverte de nombreuses concrétions, noires au dehors et gris cendré au dedans, à grain cristallin, rayant l’acier et faisant une légère elfervescen.ee avec l’acide nitrique. La silice s’est concentrée dans ces concrétions noires, où l’on trouve parfois des empreintes de coquilles marines. Nous y avons recueilli un pecten et une nérinée. La présence de ce dernier fossile
- Puits de Khanfous, à 10 kilomètre, en amont de Metlil i.
- Grès diluvien île la liante vallée de
- l'Oued Metlili.
- Exhaussement du plateau dolomitiijui cil marchant du S. E. au N. O.
- 9
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- DcpôN
- de sable qu;irt/.<*u\ dans
- les dépressions du plateau doloniitiqu
- '1 emoin
- de Ras bel Akmen.
- 66 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- nous donne lieu de penser que le terrain dolomitique des Béni Mzab ne saurait être postérieur au terrain de la craie blanche.
- Le sable quartz eux jaunâtre se trouve partout dans les petites dépressions du sol et provient sans doute, ici comme à Gliardaïa, soit de la désagrégation des parties calcaires mélangées de grains de quartz, soit des sables abandonnés par les vents impétueux souillant du sud.
- ROUTE DE GIIARDAÏA À BERRIAN.
- Nous avons quitté Gliardaïa le i 4 mai î 8 6 i pour nous rendre à Berrian, dernière ville de la confédération des Béni Mzab, située à 42 kilomètres N. de Gliardaïa. La route monte par un ravin aux flancs déchirés sur le premier grand plateau qui longe la rive gauche de l’Oued Mzab, et au-dessus duquel s’élèvent quelques témoins de calcaire dolomitique. L’un cl’eux, qui porte le nom de Bas bel Akmen, est situé à 5 kilomètres N. de Gliardaïa. Son sommet est cà 625 mètres d’altitude. Au pied de ce témoin on a ouvert des carrières dans la roche gypso-calcaire, formant une couche irrégulière sous om,3o de calcaire dur, qui tantôt est brun chocolat et présente l’aspect du calcaire d’eau douce, tantôt est blanc et dolomitique, à texture saccharoïde. Le plateau général dolomitique sur lequel s’élève le Bas bel Akmen est à 6o3 mèlres d’altitude, à 5oo mètres N. de ce piton.
- La route coupe successivement l’Oued Niemei, affluent de la rive gauche de l’Oued Mzab et l’Oued Maboula, affluent de la rive droite de l’Oued en-Nça.
- La corniche de la rive gauche de l’Oued Niemei est à l’altitude de 64 1 mètres.
- Le lit de l’Oued Maboula, au point où on le quitte pour remonter sur le plateau, est à l’altitude de 6o5 mètres.
- I^es vallées des Oueds Niemei et Maboula ont au plus 3o à 4o mètres d’encaissement et s’étalent en patte d’oie. Aussi leur parcours est facile. Le sol est un mélange de sables et de cailloux. Un plateau fort étroit, qui se trouve à 666 mètres d’altitude, sépare l’Oued Maboula de l’Oued Madagli el-Kebir, autre affluent de l’Oued en-Nça.
- C’est toujours le calcaire dolomitique blanc grisâtre, tantôt cristallin, tantôt compacte, qui forme les couches dont la stratification est parallèle au
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
- 67
- plan supérieur des témoins. Parfois la roche prend l’aspect poudingiforme, résultant de l’agglomération de concrétions dures de diverses nuances. Sur le col compris entre les Oueds Maboula et Madagh el-Kebir, la roche gypso-cal-caire (kaddan) affleure au milieu du calcaire dolomitique. 11 est pour nous bien constaté que le Kaddan du Béni Mzab est du même âge que le calcaire dolomitique qui imprime à la Ghebkha un cachet caractéristique.
- L’aspect général du pays ne change pas; le croquis ci-dessous, fig. 29,
- Fig. 29.
- montre le relief des témoins qui encaissent la rive gauche de l’Oued Ma- # boula.
- Le croquis (pl. VIJ, que M. le capitaine Pesme a pris sur l’Oued Ouri-ghlou, montre encore mieux l’aspect général de la Ghebkha.
- Nous avons campé dans le lit de l’Oued Madagh el-Kebir, à 6 1 7 mètres
- Terrain > crétacé'.
- Fig. 3o.
- d’altitude. Le lendemain nous n’avons eu à parcourir qu’une très-courte étape pour arriver à Berrian. La route monte d’abord sur un col qui sépare l’Oued Madagh el-Kebir de l’Oued Madagh es-Serir, et qui est à 628 mètres d’altitude. Un témoin de calcaire dolomitique, situé sur ce col, est à 656 mètres d’altitude. Le Ras Maboula, étant à 666 mètres d’altitude, paraît correspondre à la ligne de faîte comprise entre l’Oued Mzab et l’Oued en-Nça. La coupe ci-dessus, fig. 3o, menée entre ces deux rivières de Ghardaïa à Berrian, montre les principaux accidents du plateau dolomitique qui les sépare.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- lia rr.igos l'Ourd r!-Bir
- alllu-nls.
- Du haut du témoin compris entre les deux Oueds Maclogh, l’horizon présente, vers le nord, l’aspect du crocpiis ci-contre ,
- lig. 3 i.
- VILLE ET OASIS DE BERRIAN.
- La ville de Berrian (voir pi. Vil) est bâtie en amphithéâtre sur un mamelon qui domine la rive droite de l’Oued el-Bir (aflluent de la rive droite de l’Oued en-Nça). Elle renferme une population de i,3oo âmes. Les murs sont construits en moellons de calcaire dolomitique reliés par un mortier de terre, ils sont badigeonnés souvent, à l’extérieur, avec du tin-chemet (roche gypso-calcaire cuite). Les rues sont régulières et alignées, les unes, suivant la ligne de plus grande pente du mamelon, les autres, suivant des lignes de niveau. La plupart des maisons ont un premier étage avec des galeries qui prennent jour sur la campagne. Aussi, du dehors, l’aspect de la ville est fort pittoresque. Nous avons campé devant la porte sud, à l’altitude de 547 mètres. Les jardins de palmier^ se développent dans le lit de l’Oued el-Bir (en amont Oued Soudan) et de ses affluents principaux :
- L’Oued Beilouli, l’Oued Zergui, l’Oued Madagh.
- La vallée de l’Oued el-Bir présente, en amont de Berrian, une largeur de i5o à 200 mètres couverte d’alluvions caillouteuses, dans lesquelles les jardins ont été plantés; ceux-ci sont bien entretenus. Les palmiers y sont généralement alignés et espacés de 4 à 5 mètres; ils sont arrosés par des barrages en maçonnerie, qui arrêtent les eaux des grandes crues, et par des puits plus ou moins profonds. Ordinairement ces barrages présentent, au centre, une partie à claire-voie pour laisser passer l’eau des petites crues, qui est amenée par des canaux dans les parties centrales de l’oasis. Ce n’est que lorsque les crues sont assez fortes que ces barrages fonctionnent réellement comme retenue d’eau et amènent le tribut de ces crues sur les deux côtés de la vallée. Le système clc construction de
- J 1
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- CIIEBKA DES BENI jHZAB.
- ces barrages est le même, au reste, que dans la vallée de l’Oued Mzab. Nous avons réuni dans le tableau suivant les observations que nous avons faites sur les puits de l’oasis.
- 1 a H CS O Q •J} O •a s I) A T E DE L’OBSERVATION. PROFON- DEUR de la nappe d'eau sous le sol du jardin. PROFON- DEUR d’eau. PROFONDEUR totale du puits sons le sol du jardin. TEMPÉRATURE de l’eau à la surface du plan d'eau. TEMPÉ- RATURE de l’air. GOÛT <y. DE L'EAU. OBSERVATIONS,
- 1° Q [JARTIEH DE L’Ol [JED MAI 3 AG H.
- 1 i 5 mai î 86 i.. . . :nm,oo ^77 a3".77 2 1 °,66 " Bon.
- 2° QUARTIER D’HAMIA.
- Situé sur la rive droite de
- 2 î 5 mai î 86 i.. . . i8"\45 am,i8 2o"’,63 2 l°,OG n Assez bon. l’Oued cl-Bir, à la partie
- inférieure de l'oasis.
- o O Idem 23 ,6o 4 ,63 28 ,26 20 ,00 // Idem. Situé au centre de l'oasis.
- 3° QUARTIER DE TUAT EL-KSAR.
- 4 i 5 mai î 861.. . . 2.r,8o Om,go 2 4 m,7o 20°,OO " Excellent.
- 4° QUARTIER DE I.’OUED ZERGUI.
- 5 î 5 mai î 861.. . . 2 2 "',7 5 3m,8o 26"',5 5 2 1°, 66 // U11 peu fade.
- (> îdfim . ... . ... 2 2 ,1 4 i no
- 5° Q GAUTIER DE L’O U ED SO UDAN. '
- 7 | i 5 mai i 861,. . . 2 5"', A41 s”,3o 2 7nl,7 41 2 l°,O0 • Bon. 1
- 6° QUARTIER DE I.’OUED BALLOUH.
- 8 î 5 mai 1861.. . . i o'n,85 3“',75 i4“’,6o 2 0°, 7 5 // Douceâtre. Situé au pied du barrage.
- 9 Idem 2 1 , 1 O 4 ,8o 20 ,90 19 ,66 // Idem. Situé au centre de l’oasis.
- Moyennes. . . 2 lm,0 I 2"’,9. 23m,92 20°,80
- La profondeur moyenne de la nappe d’eau, sous le sol des jardins, est de 2 im,oi, et la température moyenne de l’eau est de 2 0°,8o. Ces nombres diffèrent peu de ceux obtenus pour les puits de Gbardaïa.
- La hauteur moyenne d’eau est de 2m,g i, et la profondeur totale moyenne des puits est de 2 3n',92.
- La qualité de l’eau est généralement bonne; elle est parfois un peu dou-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ^imposition de l'c lin puili n° a de R.-rrinn.
- ceàtre. ÎNous donnons ci-dessous la composition de l’eau recueillie dans le puits n° 2. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 7.)
- Chlorures de potassium, de sodium et de magnésium........ ogr,/io66
- Nitrate de soude......................................... o ,0070
- Sulfates de chaux et de magnésie......................... o ,769.3
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... o ,2360
- Peroxyde de fer, silice libre............................ o ,0120
- Matière organique....................................... . ! Indét.
- Total des sels par kilogramme cfeau........ 1 A312
- Auteur : Simon.
- La qualification d’assez bon donnée au goût de cette eau est en harmonie avec la teneur assez grande de matières salines.
- Les puits de Berrian traversent d’abord le terrain diluvien de la vallée de l’Oued el-Bir et puis le terrain dolomitique. Ils sont alimentés par des infiltrations latérales des couches encaissantes et nullement par une nappe d’eau ascendante. Quand le terrain est bien imbibé d’eau à la suite d’une crue, si l’on abaisse le niveau d’eau d’un puits en puisant pour l’irrigation d’un jardin, le niveau primitif ne larde pas à se rétablir. Mais, après une longue sécheresse, quand on a tiré de l’eau d’un puits, il faut attendre un jour ou deux pour s’en servir de nouveau. En été l’eau des puits baisse toujours; mais, alors même qu’il ne pleut pas l’hiver suivant, le niveau d’eau se relève dans les puits à cette dernière épocpie, ce qui indique des infiltrations éloignées en amont de la Chebkha.
- Les puits ont im,3o à im,4o de diamètre; ils sont muraillés à partir du sol sur une hauteur variable de 2 à 1 o mètres dans la traversée des alluvions anciennes. Les mineurs emploient, pour briser la roche dure, des pics aciérés pesant !\ kilogrammes, et dont le manche a om,4o de long. Ces outils ont la forme ci-contre, lig. 32.
- La durée du percement des puits est très-variable selon leur profondeur, la dureté de la roche et l’activité que l’on met dans le travail. Ainsi nous avons vu, dans l’intérieur de Berrian, un puits où l’on travaillait depuis cinq ans, et qui n’avait encore atteint que 26 mètres de profondeur. 11 avait Ira- .
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
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- versé 7m,5o de terrain assez tendre composé de kaddan (roche gypso-cal-caire) et 1 7m,5o de calcaire dolomitique cristallin.
- Dans les puits du quartier de Madagh et de That el-Ksar, l’eau suinte à travers les fentes du calcaire dolomitique. Le quartier d’Hamia est situé dans le lit même de l’Oued el-Bir. Le terrain y est tellement utilisé, qu’on plante en jeunes palmiers le lit même de la rivière; des murs de défense en maçonnerie protègent contre les inondations les jardins gagnés dans le thalweg.
- Les puits du quartier de l’Oued Zergui ont la réputation de fournir plus d’eau que ceux des autres quartiers; mais la qualité de l’eau y est moins bonne.
- Le quartier de l’Oued Soudan présente quatre barrages échelonnés sur cet Oued.
- Le puits n° 8 du quartier de l’Oued Ballouh est remarquable en ce qu’il
- Fis. 3o.
- donne de l’eau à i ou\85 sous le sol. Il n’a traversé que les alluvions anciennes de la rivière. Il est au pied du barrage de l’Oued Ballouh et c’est sans doute ce qui contribue à assurer son alimentation.
- Le terrain diluvien de l’Oued Soudan renferme des blocs roulés de calcaire dolomitique qui ont jusqu’à 2 mètres de diamètre. Dans les alluvions récentes on remarque des blocs qui ont jusqu’à ora,8o de diamètre, ce qui témoigne de l’abondance des eaux roulées parfois par cet Oued.
- En face de Berrian, sur la rive gauche de l’Oued el-Bir, on remarque, au débouché d’un ravin, une plaine qu’un massif de palmiers signale à l’observateur.
- A l’aval de ce massif se trouve une assez grande étendue de terres sans culture où l’on utiliserait facilement les eaux jaillissantes d’un sondage, si ce dernier pouvait réussir.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- 1 tu»n
- lu '-.tlcjurp dolomitique I- B.-m.i».
- Boule do Bcrn.in à Laçliouot.
- A 2 kilomètres en amont de Berrian, il y a, sur le flanc gauche de la vallée de l’Oued Soudan, au milieu du calcaire dolomitique, un trou de om,2o de diamètre, par lequel, en ajaprochant l’oreille, on entend, comme auprès de Bou Noura et de Metlili, un bruit semblable à celui d’un cours d’eau qui roule sur un lit de rochers. Ce bruit est le même en toute saison, qu’il pleuve, qu’il vente, ou que le temps soit calme. On remarquera que les trois points où ce bruit est perceptible sont alignés suivant la direction N. S.
- Deux échantillons de calcaire dolomitique des environs de Berrian ont présenté la composition suivante :
- D É S1 G N A T10 X DES SUBSTANCES. échantillon n° j . ! ÉCHANTILLON 1)° 2 .
- Chlorure de sodium // ogr,oo 1 1
- Sulfate de chaux // 0 ,oc a 6
- Cnrbnnnlp rln rlmnv o”r 6000 h 18798
- Carbonate de magnésie 0 ,386i 0 ,39/10
- Carbonate de fer // 0 > 0 0 4 3
- Peroxyde de fer a 0 ,oo3o
- Argile . 0 ,oo3o n
- Silice gélatineuse libre // 0 ,0010 •
- 0 ,0080
- . 1 Eau, matière organique, perte 0 ,oo3o 0 ,0 1A 2
- TOTAI ! 1 ,0001 1 ,0000
- i Auteur 1 • De Mahigxy.
- C’est une dolomie contenant un petit excès de carbonate de chaux et des traces d’argile et de sable quartzeux.
- La densité de cette roche est de 2,68.
- A proximité de Berrian, on exploite le kaddan au milieu du calcaire dolomitique .
- La route directe de Berrian à Laghoual se dirige au N. O. en remontant la vallée de l’Oued Soudan jusqu’à son origine; puis elle coupe les vallées
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- CHEBKA DES BENI MZAB.
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- •ejci^s panQ
- /
- •CjE(pOQ8Z pgliQ
- ' W5Ï panC)
- de l’Oued Kebcii et de l’Oued Setlafa, qui sont des affluents de la rive droite
- de l’Oued en- Nça.
- L’Oued Settafa est le plus encaissé de tous. Son lit est à 700 mètres d’altitude au point où on l’aborde, tandis qiye le plateau dolomitique qui le sépare de l’Oued Kebeb est à 767 mètres d’altitude.
- Le fond de la vallée de l’Oued Settafa est très-plat et formé d’alluvions argiio-sableuses, jaunes, très-propres à la création d’une oasis. Il a 200 mètres environ de large sur une longueur de plusieurs kilomètres. Le village pourrait être établi sur un mamelon qui domine la rive droite de l’Oued, et qui est séparé du plateau principal par un col très-déprimé. Les puits à creuser, pour les besoins de l’oasis, auraient une profondeur d’environ 4o à 5o mè-? très. La distance entre l’Oued Settafa et Berrian f étant de 33 kilomètres, l’oasis formerait une étape très-convenable. Aussi nous paraît-il évident qu’un puits ordinaire serait très-utile dans ceite région pour les besoins des caravanes et des colonnes françaises qui peuvent être appelées dans le Béni Mzab.
- La figure ci-contre montre la constitution géologique de la vallée de l’Oued Settafa.
- Entre Berrian et l’Oued Settafa, nous avons recueilli, dans la formation dolomitique, les fossiles suivants :
- Cardium. — Indét.
- Lulraria. — Indét.
- Mitylus. — Indét.
- Bulla. — Indét.
- Pyrami délia. — Indét.
- Solarium. — Indét.
- La vaiico de l’Oued Settafa est Ircs-propre à l'établissement d'une oasis.
- Utilité
- d'un puits ordinaire pour faire un gîte d'étape dans l’Oued Settafa.
- IO
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- 7 à E X P L O H AT 10 ,\ l)Ü BEN! M Z A B ET [)IJ SAHARA.
- Troehus. — Indél.
- Turritella. Indét.
- L’Oued Settafa remonte au _\. O. en pente douce jusqu’au plateau de Bas Besbaïer qui est à 788 mètres d’altitude. Ce plateau forme, sur la route de Berrian à Laghouat, la limite entre le terrain dolomitique (Chebkha) des Béni M/al) et la région des Dayats, qui s’étend de là jusqu’à T.aghouat.
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- ORIGINE ET MOEURS DES MOZ A BIT K S
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- Cil A
- 11!
- ORIGINE, MOEURS. RELIGION ET ORGANISATION POLITIQUE DES MOZA RITES.
- • Les Mozabites étant des hommes énergiques, laborieux., sobres, intelligents, et bien supérieurs, sous tous les rapports, aux nomades qui les entourent, nous pensons qu’après la description géologique du sol ingrat qu’ils ont vaincu par leurs rudes travaux, on ne lira pas sans intérêt quelques détails sur l’origine, les mœurs, l’organisation politique et la confédération qu’ils ont formée.
- M. le lieutenant Cajarcl, commandant de l’escorte qui nous a ramenés d’Ouargia à Laghouat et connaissant parfaitement la langue arabe, a bien voulu, à notre prière, interroger à ce sujet les principaux notables indigènes, et d a réuni dans la notice suivante les documents qu’il a obtenus ainsi.
- ORIGINE DES BENI MZAB.
- « J/origine des Béni Mzab est fort incertaine, et leurs traditions ne donnent, à cet égard, aucun renseignement précis. Mais leurs mœurs, leur gouvernement intérieur, leur mépris pour la vie nomade, surtout leur langue, ne permettent pas de leur croire une origine commune avec les Arabes. Cette langue, qu’ils appellent Mzabia, est un dialecte berbère; elle est parlée à peu près dans toute l’Afrique septentrionale (l’Egypte exceptée), à Djeiba (Régence de Tunis ou de Tripoli), à Tougourt, à Temacin, à Ouargla, à iNgouça, dans toute la Kabylie, et jusqu’à Sous. Elle leur permet de comprendre les Touaregs et de se. faire comprendre d’eux. H y a donc tout lieu de croire que l’existence des Béni Mzab remonte à une antiquité fort reculée.
- « D’après eux, leurs ancêtres habitaient Tighdemt et Sous. Chassés par les Arabes, ils se retirèrent au sud et allèrent s’installer à environ 2 kilomètres d’Ouargia (875 après J. C.) en un point nommé Ishedraten et y fondèrent cinq ksours qu’ils appelèrent Gbardaïa, Bou-Noura, Béni Isguen, El-Ateuf et Melika. Les ruines de ces ksours sont encore visibles, et les habitants
- 1 O .
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- EXPLORATION DU BENI MX AB ET DU SAHARA.
- d’Ouargla, en les montrant, désignent chacun d’eux par le nom qu’il, portait jadis. C’est un lieu de pèlerinage pour les Béni M/al), qui s’y rendent en grand nombre chaque année et y célèbrent une espèce de fête à la fois religieuse et guerrière.
- FONDATION DES VILLES DU MZAB.
- « Le séjour des Béni Mzab à Ishedraten fut de courte durée. Harcelés par les tribus environnantes, peut-être aussi par les habitants d’Ouargla, ils quittèrent le pays vers l’an q5o (après J. C.). L’émigration ne se fit pas en niasse, mais par fractions, dans chacun des ksours cl’Ishedraten. Il fallait aux fugitifs un terrain où ils fussent à l’abri des attaques de leurs éternels ennemis, lesPsomad.es; ils choisirent un refuge au milieu d’un plateau profondément. raviné, d’une extrême aridité et traversé par le lit de l’Oued Saïb, qui depuis lors prit le nom d’Oued Mzab. Us choisirent ce point de préférence à tout autre, parce que le manque d’eau ne permettait pas aux Nomades de s’y transporter avec leurs troupeaux, et, de plus, parce que ses abords difficiles et son sol pierreux exigeaient cpie les cavaliers fissent ferrer leurs chevaux. C’était donc une barrière presque infranchissable qu’ils mettaient entre eux et leurs adversaires.
- « Les nouvelles villes prirent les noms de celles cpie les Bem Mzab venaient d’abandonner. El-Ateuf fut bâtie la première, puis vinrent Bou Noura, Ghar-daïa, Melika, Béni Isguen (de q5o à 990 après J. C.). De nombreux puits furent creusés, et les oasis se créèrent aux prix de prodigieux efforts.
- « Des querelles intestines amenèrent la fondation des deux dernières villes de la confédération, Guerrara et Berrian, qui, toutes deux, sont des colonies de Ghardaïa. II. va 220 ans environ, deux fractions de cette dernière ville, les Ouled Bekhra et les Afafra Oulecl Nolie, durent quitter leur patrie et allèrent se fixer à l’est dans une dayat appelée Guerrara, où croissaient en abondance des jujubiers et des térébinthes, et cpii était arrosée par les eaux de l’Oued Zegrir et par une source abondante (peut-être un puits artésien naturel), Seguiet El-Aïn.
- « Les deux fractions réunies bâtirent au milieu de la Dayat un ksar quelles appelèrent Mbekliter. Mais, déjà obligées cle repousser les attaques continuelles des tribus voisines, la division ne tarda pas à se mettre entre elles; les qua-
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- ORIGINE ET MOEURS DES MOZABTTES.
- / /
- rante familles qui composaient les Ouled Bekhra, conduites par Hammam ben Thoubal et Hamara ben Merzoug, abandonnèrent Mbekhter pour se réfugier à Laghouat.
- « Le caractère turbulent des nouveaux, venus indisposa contre eux: les habitants de cette oasis, qui, de plus, craignaient l’intervention des Béni Mzab en cas de querelles avec leurs liôtes; les Ouled Bekhra furent expulsés de Laghouat au bout de cinq ans et retournèrent à Ghardaïa. Iis n’y séjournèrent que treize ans, se rendirent de nouveau à Mbekhter, en chassèrent à leur tour les Ouled Nohe, renversèrent le ksar, et en bâtirent un nouveau un peu au nord : ils l’appelèrent Guerrara, du nom même de la dayat. C’est la ville qui existe aujourd’hui, et qui, quoique de fondation récente, prend déjà rang après Ghardaïa.
- « Les Ouled Nohe, après la destruction du ksar Mbekhter, poussèrent au nord et allèrent bâtir Berrian sur un terrain que leur vendit une fraction de la tribu arabe des Ouled Yagoub, qui y venaient camper chaque hiver. »
- COPULATION.
- « La Confédération des Béni Mzab est donc composée actuellement de 7 villes habitées par une population mozabile de 27,200 âmes, ainsi ré-
- partie :
- « Berrian.................. i,3oo habitants, 3oo maisons, 2 1,000 palmiers.
- «Ghardaïa................ ii./ioo 3,000 »
- « Melika................ 1,5oo 2Ôo n
- « Béni Isguen.............. 5,5oo 800 12,000
- «BouNoura.................... 5oo 80 G,000
- « El-Ateuf................. 3,ooo 5oo i3,ooo
- «Guerrara.................. 4,ooo 600 2,000
- « Totai............. 27,200 habitants.
- « Outre cette population mozabite pure, la Confédération compte encore quelques fractions arabes et des Juifs. Les Arabes possesseurs de maisons dans l’intérieur des villes et de jardins dans les oasis viennent les habiter pendant l’été. Ce sont les Atatcha, au nombre de 300, fixés à Guerrara, les M’dhabea (800) à Ghardaïa, et les Ouled Yaya (700) à Berrian.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- « Quant aux Juifs, ils comptent 80 familles à Gliardaïa et 4 ou 5 familles à Guerrara. Ils habitent, à Gliardaïa, un quartier séparé, où ils exercent les professions d’orfévres, de cardeurs de laine, de teinturiers, de cordonniers, et vivent dans un état d’abjection extrême. Cependant iis sont admis à devenir propriétaires du sol, et ils ont leurs écoles, leurs rabbins, leurs synagogues. Les Mozabites de Gliardaïa tiennent beaucoup aux Juifs lixés chez eux, et ne leur permettent pas, lors des voyages qu’ils font dans l’intérêt de leur commerce, d’emmener avec eux leurs femmes et leurs enfants. Les villes voisines d’Ll-Ateuf, Bon Noura, Melika, Béni Isguen, n’ont point de Juifs; ceux de Gliardaïa les fournissent des objets relatifs à leur commerce.
- « Les mêmes individus vont encore chaque année exercer leurs diverses professions pendant deux mois environ à Berrian, puis retournent à Gliar-daïa. S’il arrive même qu’un Juif meure en voyage, soit en se rendant à La-ghouat, soit pendant son séjour à Berrian, son corps est transporté à Gliar-daïa pour y être inhumé.
- « La population de chacune des villes du Mzab est divisée en tractions plus ou moins importantes, qui représentent en général les familles des premiers fondateurs. Gliardaïa est partagée en deux grandes fractions : les Üuled Aïssa et les Üuled Sliman ben Yaya, qui en comprennent elles-mêmes : la îrc sept, la 2e six autres.
- « Ouled Aïssa :
- « Ouled Hamada,
- « Ouled Alouan,
- « Ouled Braliim,
- « Ouled Barkba (fondateurs de Guerrara),
- « Ouled Bou Sala,
- « Ouled Hadj Mcaoud,
- « Ouled Ahmed ben Baziz.
- « Ouled Sliman ben Yaya :
- « Ouled bel Hadj,
- « Ouled Ba Hamed,
- « Ouled Mebacliba,
- « Ouled Younes,
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- ORIGINE ET MOEURS DES MOZABITES.'
- 79
- « Ouied Mharez,
- « Ouied Nolie (fondateurs de Berrian'.
- « Ben Isguen compte trois fractions principales :
- « Ouied Mouça,
- « Ouied Anam,
- « Ouied Hidda.
- i Fd-Ateuf et Bou Noura en ont aussi trois chacune.
- « El-Ateuf :
- « Ouied Djelmen,
- « Ouied Khelfi,
- « Ouied Abdallah.
- « Bou Nourâ :
- « Ouied ben Smad,
- « Ouied Abdallah,
- « Ouied Sba.
- « Melika en compte cinq :
- « Ouied ben Khfien,
- « Ouied ben Khelil,
- « Ouied bou Ouirrhou,
- « Ouied bou Alouan,
- « Ouied ben Methar.
- « De plus cette ville est aussi habitée par quelques .familles des Chaamba de Metlili, dont l’installation est fort ancienne et eut pour but d’assurer la paix entre les deux villes, qui se donnèrent réciproquement des otages. Ce sont les otages de Metlili qui ont été la souche des familles Chaamba fixées aujourd’hui à Melika.
- « Berrian est partagé en trois fractions principales :
- « Ouied Nohe,
- « Ouied Habou,
- « Ouied bou Hafa.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- « Lnfin Guerrara en compte six :
- " Ouled ben Aiouan,
- " Ouled Mcrzoug,
- .« Ouled Djallen,
- » Ouled bon Lava,
- « Ouled Kani ben Nacer,
- « Ouled Hanunan ben Braliim.
- CONSTRUCTIONS, CULTURES ET COMMERCE.
- « Toutes les villes du Mzab sont bâties de la même manière et couronnent des mamelons dominant le lit du fleuve, dont les crues variables apportent à l’oasis la fertilité et l’abondance, de sorte que l’aspect de ces villes est partout à peu près le même, sauf les différences résultant du nombre plus ou moins considérable des maisons. Chaque demeure se compose de corps de logis d’un étage entourant une cour précédée par une espèce de galerie extérieure à arcades, qui, de loin, donne aces constructions un aspect d’élégance qu’elles sont loin de posséder quand on les examine de plus près. Celte première impression est surtout très-séduisante et très-vive à Guerrara, à cause de la pente assez rapide des rues, qui permet de saisir plus facilement les détails de construction des maisons étagées les unes au-dessus des autres. Chaque ksar est entouré d’une enceinte bâtie, comme les maisons, en moellons de pierre calcaire sans enduit extérieur, à part quelques exceptions fort rares. De distance en distance, celle enceinte est flanquée de tours quadran-gulaires percées de créneaux, que les habitants appellent bordj.
- « Au débouché de chaque vallée se trouve presque toujours un bordj semblable. C’est là que, avant la domination française, les Mozabites plaçaient leurs vedettes. Ces vedettes étaient chargées de signaler, en frappant sur un tambour et au moyen de coups de feu, l’arrivée clés goums appartenant aux tribus environnantes Chaamba, Mekhalif, Ouled Yagoub, etc., qui trop souvent tentaient des coups de main sur les marchands mozabites, objets en même temps de leur mépris et de leur envie. La plupart de ces bordj tombent maintenant en mines.
- « Quelques villes ont deux enceintes, mais ces constructions sont toujours
- »
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- ORIGINE ET MOEURS DES MOZABITES.
- dues à un déplacement de la ville primitive, soit pour cause de sûreté vis-à-vis des nomades, soit à la suite de discussions intérieures.
- « Les cimetières placés à proximité du ksar sont presque toujours accompagnés d’une construction plus ou moins soignée, où viennent étudier les tolbas et où se réunissent pour leurs cérémonies les parents du défunt.
- «Un habitant aisé possède ordinairement deux maisons, l’une où il renferme ses femmes et où il pénètre seul, la deuxième où il reçoit ses hôtes et ses amis.
- « Outre ses maisons dans l’intérieur de la ville, chaque propriétaire se construit dans son jardin un abri où il va passer le temps des chaleurs. Il profi le ainsi delà fraîcheur relative de l’oasis, tout en étant plus à même de surveiller ses récoltes de dattes et de fruits.
- '< Ces jardins, cultivés avec le plus grand soin, irrigués au moyen de travaux d’un rare mérite, sont la vie meme de l’homme des Béni Mzab, qui les cultive lui-même et n’emploie que bien rarement des secours étrangers. Les jeunes garçons sont formés dès la plus tendre enfance à ces occupations; chaque jour, au lever du soleil, ils partent avec leur père pour l’oasis et y acquièrent ainsi une précieuse habitude du travail et une grande connaissance de la culture.
- « Les jardins de palmiers atteignent une valeur souvent très-consi déraille, qui, du reste, va ‘toujours en augmentant avec la population, indice certain au Mzab de la valeur des cultures. C’est ainsi qu’un terrain-bien planté, avec un bon puits, dans l’oasis de Gharclaïa, se paye au moins un tiers de plus qu’à Berrian, où un jardin de 4o ares vaut cependant plus de 5,ooo francs. 11 est vrai que, si le travail est grand, le rapport est aussi fort considérable, car la seule récolte des dattes d’un jardin de 1 20 à 15o palmiers est estimée, année moyenne, à plus de 5oo francs.
- «Les Béni Mzab, outre les palmiers, cultivent encore dans leurs, oasis quelques céréales et un grand nombre d’arbres fruitiers. Les plus communs sont les abricotiers, les Figuiers, les pêchers, les grenadiers, et quelques rares citronniers et orangers à Ghardaïa et à Béni Isguen. La vigne est partout magnifique. Quelques essais ont été tentés tout récemment pour introduire les cognassiers et les orangers à Guerrara. Le succès paraît jusqu’ici certain.
- « Dans les rues de chaque ville sont ouvertes quelques boutiques où se vendent des vêtements confectionnés, faits d’étoffes de laine ou de coton,
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- burnous, haïks, gandouras, etc. Gbardaïa seule en possède où se débitent, outre ces produits, des tissus non fabriqués et quelques substances tinctoriales : henné, garance, safran, indigo. Là aussi on rencontre quelques ateliers de cordonniers, de tourneurs, de serruriers. Les poids qu’emploient les marchands sont généralement des poids français; les Juifs opèrent leurs transactions au moyen d’un simple échange. Ainsi ils livrent en bijoux d’argent. un poids égal à celui des pièces de monnaie qui doivent payer la marchandise. Ils ne devraient donc retirer comme bénéfice que la valeur de l’alliage ; malheureusement il n’est que trop probable qu’ils ne s’en tiennent pas là et qu’ils donnent à l’Arabe ignorant, en échange de son argent monnayé et souvent même à faux poids, des bijoux, bracelets, boucles d’oreilles, bagues, anneaux de pieds, etc., dans lesquels,1e cuivre entre dans une proportion excessive.
- « Le principal commerce des Béni Mzab se fait avec les Arabes. Ils reçoivent d’eux des grains, des moutons, du beurre, de la laine, de l’huile, et leur donnent en échange des vêtements confectionnés, burnous, gandouras, du henné et surtout des dattes.
- m (iliaque ville, principalement lorsqu’elle a eu à subir de mauvaises années, envoie au dehors un certain nombre de jeunes gens qui se répandent dans les villes de l’Algérie et dans celles de la régence de Tunis, où ils ouvrent des boutiques de toutes sortes. Dès qu’ils ont amassé une somme suffisante soit pour l’achat d’un jardin, soit pour augmenter un patrimoine qu’ils ont jugé trop restreint, ou bien encore lorsqu’ils deviennent chefs de famille, ils retournent au Mzab. Les villes les plus riches sont celles qui fournissent le moins à ces émigrations volontaires, et, de plus, leurs enfants exploitent de préférence des centres commerciaux importants; les moins riches, Melika, Bou Noura, Béni Isguen (cette dernière n’a que peu de palmiers eu égard à sa population), exploitent les villes de deuxième et de troisième ordre.
- « Les jeunes gens de Guerrara vont surtout à Tunis. Les Béni Mzab, n’ayant qu’un territoire cultivable très-insuffisant, ne nourrissent pas de bestiaux, ce qui leur impose l’obligation de conserver de la viande, leurs marchés n’en étant pas approvisionnés pendant une forte partie de l’année. Ges conserves s’obtiennent en découpant la viande de mouton en lanières, en la faisant sécher, et en la plaçant dans des jarres remplies de beurre. N’ayant presque pas d’orge, ils n’ont que fort peu de chevaux et point de chameaux. Ils
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- doivent, en conséquence, pour le transport de leurs marchandises, avoir recours à leurs voisins arabes qui leur demandent souvent des prix de location très-élevés. On peut compter qu’un chameau est loué au prix minimum de 3 francs par jour.
- ADMINISTRATION INTERIEURE.
- « Les Béni Mzab forment une confédération, chaque ville conservant une administration intérieure entièrement séparée.
- « Le pouvoir est exercé, dans la plus petite comme dans la plus grande, par une djemaa, assemblée formée des députés de chaque fraction, et dont les membres sont uniformément pour chaque ville au nombre de douze. Ces députés reçoivent un mandat essentiellement révocable, et sont remplacés dès qu’ils ne conviennent plus à la fraction qui les a désignés. Dans les villes importantes seulement, à Ghardaïa, à Guerrara, à Berrian, un caïd est à la tète de la djemaa. 11 n’a, d’ailleurs, qu’une autorité de nom, et ne peut prendre des décisions que pour des choses de très-faible importance. Les Arabes Atatcha M’Dhabea, Ouled Yaya, qui habitent le Mzab, ne sont appelés dans le sein de la djemaa que dans des occasions graves; les Juifs en sont complètement exclus. Quand une affaire intéresse la confédération tout entière, elle se traite entre les chefs des djemaas; ou, si elle est d’une importance exceptionnelle, toutes les djemaas se réunissent pour discuter les mesures à prendre dans un marabout situé entre Melika et Ghardaïa.
- « Aucun impôt permanent n’est levé dans les villes du Mzab (la contribution due aux Français exceptée). Si quelque amende extraordinaire leur est infligée, ou s’il devient nécessaire d’entreprendre un travail d’intérêt public, la djemaa fixe la part que chacun doit payer. Les Arabes sédentaires et les Juifs* payent comme tout le monde.
- « Quelques villes, Ghardaïa, Guerrara, Berrian, possèdent des biens communaux provenant de réserves faites lors du premier partage des terres entre leurs fondateurs, ou de conquêtes faites à frais communs sur le lit des rivières. Ces biens communaux peuvent être aliénés pour subvenir à quelque besoin pressant. Les petites républiques du Mzab sont constamment agitées par des querelles intestines qui donnent assez souvent lieu à des rixes sanglantes, et quelquefois à l’occasion des choses les plus puériles; mais le principal motif de leurs divisions a été, jusqu’ici, le désir d’exercer le pouvoir, qui tourmente
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- chaque fraction un peu importante. Aujourd’hui tout, en somme, se récluil à être ou n’être pas ami de la domination française.
- « Plus heureuses que Ouargla, Negouça, Temacin, Tougourt, les villes du Mzab ont toujours mis fin à leurs discordes sans le secours dangereux des Arabes; et, si, pour commercer au dehors, elles ont été obligées , jusqu’au jour de la domination française, de payer aux Larbaa un tribut annuel de burnous, haïks, vêtements de femme, dattes, elles ont du moins réussi à se maintenir toujours indépendantes.
- JUSTICE.
- « L’administration de la justice est confiée à des cadis qui jugent en premier ressort. 11 peut être fait appel de leurs jugements devant le medjelès qui siège cà Ghardaïa, et dont font partie les principaux tolbas de la ville. Dans les troubles des dernières années et au milieu de la confusion qui en est résultée, le medjelès qui existait à Gucrrara a disparu. C’est à peine si maintenant quelques jugements de peu d’importance sont rendus par les tolbas de ce ksar. Toutes les affaires vont à Ghardaïa. Beaucoup môme sont portées devant le medjelès de Laghouat. Ce manque complet de tribunal dans l’un des points importants du Mzab n’est pas, du reste, chose absolument nouvelle, et bien des fois il est arrivé que, pendant les querelles intestines de Ghardaïa, l’administration de la justice y a été suspendue et que les procès ont dû être jugés à Guerrara. C’est, en général, au tribunal clu point le plus tranquille que les parties conviennent de porter leurs affaires.
- « Les décrets des djemaas, rendus à des époques plus ou moins éloignées, ont formé un code pénal, qui est suivi cl’une façon obligatoire dans tout le Mzab. D’après ce code, la peine de mort est reconnue applicable pour le’fait de meurtre, mais jamais, au Mzab, on n’y a eu recours. Ladia (prix du sang) a toujours suffi.
- « Les peines appliquées pour le vol dans un jardin sont differentes selon que le coupable est arabe ou mozabite. Si c’est un Arabe, on lui attache au cou l’objet volé, on l’assied sur un âne et on lui fait ainsi parcourir les rues de la ville exposé aux injures des passants, puis on le chasse. Si le coupable est mozabite, on ajoute à cette peine une amende de 35 francs et deux années de bannissement
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- « Dans le cas où le vol a été commis dans une maison, Arabe et Mozabile payent une amende de 1 oo francs et sont bannis pour quatre ans. Enfin le meurtre se rachète par une dia fixée à 3,ooo francs, par une amende de 5oo francs et par un bannissement perpétuel.
- « La peine de la confiscation est inconnue.
- « Les mœurs des Béni Mzab sont plus sévères que celles des Arabes; ils punissent rigoureusement l’adultère. L’ordre des successions est pour eux exactement le même que celui suivi par les autres musulmans; les biens de l’homme mort sans enfant ou sans héritiers au degré successif, et quand il n’en a pas disposé de son vivant, sont acquis à la fraction dont il faisait partie.
- RELIGION.
- « Les Béni Mzab sont considérés par tous les autres musulmans comme schismatiques. Placés en dehors des quatre sectes qui se partagent l’islamisme et qui sont reconnues comme orthodoxes, ils ont reçu le nom de khamsia (cinquièmes). C’est pour eux un terme de mépris auquel ils sont extrêmement sensibles. Les musulmans ont tous pour les Béni Mzab une antipathie qui tient à la fois de la haine et de l’envie. Cela tient au genre de vie de ces derniers, qui est entièrement distinct de celui des Arabes, aux bénéfices que leur rapporte le commerce, et surtout à la dilférence de secte. Cela va si loin, que les Mozabites, pour faire le pèlerinage de la Mecque, sont obligés, à leur entrée dans la ville sainte, de cacher avec soin leur nationalité et de se donner comme appartenant à telle ou telle tribu. Le schisme des Mzab consiste cependant en pratiques religieuses dilïérentes et n’est point dû à l’altération du dogme. Us sont, en matière de religion, extrêmement sévères; l’homme doit toujours rester pur; s’il meurt en état de péché, ils n’admettent pour lui aucun pardon. Us se soumettent, avant d’entrer dans les mosquées, à des purifications extraordinaires, et pour cela une chambre attenant à chacune d’elles contient un bassin en cuivre constamment rempli d’eau chaude. Les murs de cette chambre sont percés de petites loges où les fidèles, cachés par leurs vêtements qu’ils étalent en guise de porte, font leurs ablutions. 11 leur faut en revêtir d’autres pour pénétrer dans la mosquée, ceux qui les couvrent étant considérés comme souillés par les usages de la vie ordinaire. Ils n’ont point d’ordres religieux. Les mosquées ne consistent pas,
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- comme celles des autres musulmans, en une vaste salle fermée : le lieu destiné aux prières est une cour entourée d’une galerie. Ils n’ont qu’une seule mosquée par ksar. À Bou Noura, on remarque bien un deuxième minaret, mais il appartient à un bâtiment en ruines et sans usage actuel.
- <« Les tolbas ont chez les Béni Mzab une très-grande influence. Ils président les djemaas des petites villes d’El-Ateuf, Béni Isguen, Bou Noura, Melika; ils tiennent la main à la conservation des mœurs et à ce que l’usage d’aucune superfluité ne s’introduise. Ils ne permettent aux Mozabites ni de fumer ni de priser; l’usage du tabac est un péclié, c’est à peine si le café est toléré.
- « Les tolbas peuvent, après plusieurs remontrances faites à un homme connu par sa mauvaise conduite, lui interdire l’entrée de la mosquée, et il ne peut faire lever cette interdiction qu’en se soumettant à une espèce d’amende honorable.
- « Cette influence, mise au profit du fanatisme qui anime en général les tolbas mozabites, est, jusqu ici, hostile à la domination française. Cela tient sans aucun doute à l’absence de toutes relations entre eux et nous; elle devra disparaître à mesure que se créeront ces relations et qu’ils pourront apprécier d’une façon plus saine notre force et nos intentions. »
- RAPPORT DES MOZABITES AVEC L’AUTORITE FRANÇAISE.
- Les Mozabites se gouvernent par leurs propres institutions; ils reconnaissent seulement la suzeraineté de la France en payant un faible tribut annuel. Dans chaque ville il y a deux caïds, l’un nommé par la djemaa et qui est chargé d’exécuter les décisions de cette dernière, l’autre nommé par l’autorité française. Celui-ci n’a qu’une influence très-restreinte et a simplement pour mission de transmettre à la djemaa les instructions du commandant supérieur de Laghouat, de qui relève la confédération des Béni Mzab.
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- RÉGION DES DAYATS.
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- CHAPITRE IV.
- REGION DES DAYATS. - OASIS DE LAGHOUAT.
- La région clés Dayats s’étend du sud au nord, du ras Besbaïer à Laghouat. sur une longueur d’environ 80 kilomètres. Elle constitue un plateau régulier, recouvert généralement par la carapace cpiaternaire, et dans lequel se trouvent disséminés des bas-fonds d’une profondeur de 2 à 4 mètres seulement, mais d’un diamètre qui varie de 5o à 4,000 mètres. Ce sont les dayats dont le sol est argilo-sableux et sert de réceptacle aux eaux de pluie qui tombent ici généralement en hiver. Ces eaux y séjournent plus ou moins longtemps et forment des redirs; elles communiquent au sous-sol une fraîcheur qui favorise la naissance de l’herbe au printemps. Il en résulte, après l’évaporation de l’eau superficielle, des prairies naturelles plus ou moins vastes, qui sont broutées par de nombreux troupeaux de chameaux et de moutons. Ceux-ci y trouvent également un ombrage cpii les protège contre les chaleurs. Des bouquets de jujubiers sauvages et de bétoums se trouvent le plus souvent disséminés clans les dayats et constituent la végétation arborescente de cette portion du Sahara algérien. Les bétoums sont des arbres dont le tronc atteint 4o centimètres de diamètre sur 3 ou 4 mètres de hauteur sous branches; lorsqu’ils ont acquis tout leur développement, ils tuent les jujubiers sous leur ombrage, parce que leurs racines sont sans doute plus puissantes que celles des jujubiers, et absorbent, au détriment de ces derniers, les sucs nutritifs du sol. M. le commandant Marguerite a semé des graines de bétoums au milieu des buissons de jujubiers, afin de créer des ressources forestières nouvelles dans les environs de Laghouat. Il est vivement à désirer que cette mesure soit suivie avec persévérance, car les troupeaux, en broutant les jeunes pousses sortant de terre, arrêtent le développement des bétoums. Il est très-rare en effet de voir de jeunes arbres dans les clayats.
- Le bétoum est encore remarquable en ce qu’il produit une sorte de champignon d’où les Arabes extraient une matière tinctoriale.
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- La présence des clayats a fait comparer, avec juste raison, le Sahara à une peau de panthère. Ces dépressions impriment à la région cpii nous occupe une physionomie toute particulière, cpii est en harmonie, du reste, avec la constitution géologicjue du sol.
- La formation clolomitique de la Chebkha ne se montre plus à la surface; elle se cache sous un manteau de terrain quaternaire dont l’épaisseur, d’abord très-minime, prend une grande importance dans le centré de la région des dayats, au ras Cliaab. Le passage du terrain clolomitique de la Chebkha au terrain quaternaire, représenté par une carapace de calcaire d’eau douce et des assises de sables quartz eux, se fait au reste d’une manière insensible. 11 n’y a aucune discordance de stratification apparente. Le plan général de surface du terrain quaternaire de la région des dayats fait suite au plan général de surface du terrain’clolomitique de la Chebkha. 11 semble, au premier abord, qu’on reste sur la même formation géologicjue, parce cjue les roches qui constituent d’une manière générale la surface extérieure du terrain quaternaire (calcaire brun à tissu compact et zoné) se retrouvent parfois associées en stratification concordante au milieu des couches dolomitiques ; mais ce n’est jamais qu’un accident local et tout à fait restreint dans la formation clolomitique, tandis que, clans la formation quaternaire, cette roche prend un cléve-loppement considérable et est caractérisée, du reste, par la présence de coquilles terrestres et cl’eau douce [hélix, bulimus et planorbis), dont les espèces sont identiques à celles actuellement vivantes. Il n’en est pas moins vrai que cette continuité d’horizon qui existe parfois entre les terrains clolomitique et quaternaire est cle nature à mettre le géologue dans un grand embarras, s’il n’a jDas fait une étude approfondie de ces terrains. Une difficulté semblable pour la classification des terrains dépourvus cle fossiles s’est présentée à notre jeune camarade M. Yatonne, lorsqu’il est passé des terrains crétacés et dolomitiques de la Tripoütaine dans les terrains de sables quaternaires du Souf. La stratification cle ces deux terrains parait presque horizontale à l’œil sur la limite occidentale cle la Tripolitaine et sur les bords de la Chebkha des Béni Mzab; quelquefois elle disparaît presque entièrement quand les roches ne sont formées que de matières meubles; seulement quelques petites assises cle matières plus dures permettent de la saisir de loin en loin. Aussi, quand l’aspect minéralogique des roches est peu différent et que les plans supérieurs des deux terrains sont les mômes, il est souvent très-difficile de
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- RÉGION DES DAYATS.
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- bien saisir ie point de séparation de ces terrains quand aucun arrachement ne montre leur superposition immédiate.
- Cette difficulté est indiquée par la coupe théorique ci-dessous :
- errai
- Terrain
- quaternaire.
- X
- Fig. 34.
- A partir du ras Besbaïer, le calcaire concrétionné brun prend un plus grand développement à la surface du sol. 11 a un tissu compacte au milieu duquel on remarque de petits grains de quartz hyalin. Il est en plaquettes disséminées dans des sables jaunes, de telle sorte que le terrain présente le même aspect qu’à Guerrara et à Ouargla. Autour de la dayat de Tilremt, papt de Tiw. située à 6 kilomètres nord du ras Besbaïer et à ^30 mètres d’altitude, ce calcaire constitue des couches régulières de i o centimètres d’épaisseur cha-
- s.E.
- N. 0.m.
- S
- Dayat de Tilremt.
- Craie hîancnc.
- Terrain crétacé.
- Fig. 35.
- cune sur 6 mètres d’épaisseur totale, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus,
- fig. 35.
- La dayat a 15o mètres de large sur 3oo mètres de long; elle est couverte de magnifiques bétoums.
- Un puits a été commencé par ordre de l’autorité française sur le bord de la dayat. Il a 48 mètres de profondeur sous le sol de cette dernière, sur
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- Composition nu calcaire dolomitique do Tilremt.
- im,3o de diamètre. Il est muraille en pierres sèches sur une assez grande hauteur. Il a traversé à partir du jour :
- i° Des sables argileux alluviens;
- 3° Le calcaire concrétionné tendre quaternaire, mélangé de sables jaunes;
- 3° Le calcaire dolomitique de la craie blanche.
- Comme il n’est pas arrivé sur l’argile, il n’a pas encore trouvé d’eau, el, dans l’incertitude du résultat, le travail a été abandonné. L’administration française, désireuse d’avoir de l’eau sur ce point, qui estime étape de la route militaire de Laghouatà Berrian, a fait construire dans l’intérieur de la dayat, à 4o mètres du bord, une citerne de 6 mètres de large, 2 5 mètres de long* et 6 mètres de profondeur d’eau. Aussi, dès qu’il pleut suffisamment, la citerne se l'emplit. Elle est recouverte par une voûte dont la clef s’élève à 2 mètres au-dessus du fond de la dayat, et sur laquelle on a construit un petit logement en maçonnerie. Une levée en terre réunit ce bâtiment au bord de la dayat. La citerne ne conserve d’eau que pendant sept mois de l’année au plus; aussi serait-il utile de continuer le puits de Tilremt jusqu’à la rencontre de l’argile. Il est probable qu’il suffirait de creuser une trentaine de mètres de plus pour avoir de l’eau. La dayat de Tilremt étant moins encaissée que la vallée de l’Oued Settafa, on comprend que l’eau s’y trouve aune plus grande profondeur.
- Deux, échantillons de calcaire dolomitique crétacé retirés du puits de Tii-remt, à diverses hauteurs, ont présenté la composition suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. ÉCHANTILLON N° 1, blanc grisâtre sncchnroïde. échantillon n° a, blanc grisâtre sacchnroïdc.
- Chlorure de sodium ogr,oo3o //
- Snîfnfp. dp. rliaux n nr>3/|
- Carbonate de chaux O , 7 2 L 4 ogr,62 3o
- Carbonate de magnésie o ,2549 0 ,3732
- Pp.rnvyilp. rîff for n n o a fi
- Sable quart/eux o ,005*7 0 ,0060
- Eau, malière organique, perte o ,0091 [t
- Total 1 ,0000 1 ,0022
- Densité 2 ,707 2 ,70
- Auteurs Vatonne. De Maiugny.
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- Ces roches sont un mélange de dolomie (C02CaO + C02M</0) et de carbonate de chaux.
- L’échantillon n° 2 peut être représenté par la formule
- 8 1 . 4 (CO2 CaO + CO2 MgO) +18.6 CO2 CaO.
- A partir de Tilremt, la route monte en pente douce jusqu’à la ligne de faîte pour redescendre au nord dans la dayat Souabin (les Camarades). Celle-ci
- S. O.
- T errai n-
- «3
- ns
- O
- Alluvions.
- -----q a a t e r
- N. E.
- r e------
- Fig. 36.
- comprend un groupe de cinq dayats voisines, renfermées dans la vallée de l’Oued Sliguim, qui vient du N. O. Quoique la pente soit assez forte, il n’y a pas de thalweg prononcé dans l’oued. Le sol de la vallée est argilo-sableux, couvert de chiah et de retem et ombragé de loin en loin par quelques bouquets de bétoums.
- Vue de l’horizon au nord du ras Sliguim.
- Fig. 37.
- A partir d’une journée de marche au nord de Berrian, on ne trouve plus d’hélix sur le sol. Cette circonstance, jointe au manque absolu de thalweg dans l’Oued Sliguim, indique qu’il pleut moins dans la région des dayats que dans la Chebkha des Béni Mzab, et que les nuages qui crèvent dans la Cheb-kha viennent probablement de l’océan Atlantique, d’où ils sont chassés par les vents d’ouest. Les berges de l’Oued Sliguim sont faiblement prononcées; elles ont 3 ou 4 mètres d’encaissement au plus, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus (fig. 36) :
- Le sol du grand plateau quaternaire sur lequel commence la vallée de
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- •pro pono.i ai> ?<pn°q?a
- l’Oued Sliguim est formé du calcaire concrétionné brun chocolat, en plaquettes disséminées au milieu de sables .,j
- quartzeux jaunes. De tous côtés l’horizon constitue une ligne de niveau dont quelques bétoums rompent la monotonie.
- Le terrain continue à s’élever jusqu’au ras Chaab, plateau quaternaire qui est cà 880 mètres d’altitude et qui sépare les eaux coulant au S. E., vers l’Oued Mia, des eaux coulant au N. E., vers l’Oued Mzi, un des principaux affluents du Cliott Melrhir, et à l’O. dans la vaste dépression d’El-Loua (province d’Oran).
- Le ras Chaab est donc un point de partage bien caractérisé, à partir duquel le plateau quaternaire s’abaisse vers le nord d’une manière très-sensible à l’œil. De cet observatoire on aperçoit dans un lointain vaporeux les montagnes secondaires de Lagliouat, et leur aspect accidenté cause au touriste qui vient de faire un long voyage dans le Sahara la même impression d’enthousiasme que la vue d’une terre hospitalière cause au marin fatigué d’un voyage de long cours au milieu de l’immensité des mers. Le croquis ci-contre des montagnes de Lagliouat (fig. 38) montre en effet combien leur aspect diffère de celui présenté par les hautes terrasses du terrain quaternaire du Sahara ou du calcaire do-lomitique des Béni Mzab.
- A partir du ras * Chaab les ravins qui découpent le sol deviennent de plus en plus accidentés. L’encaissement des berges est d’une trentaine de mètres pour l’Oued
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- Fig. 38. —- Vue de l’oasis de Laghouat en arrivant par la route de Berrian.
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- Boutrekfin et FOued Abdi tout près de leur origine sur le ras Chaab. C’est ce que montre la coupe ci-dessous (fig. 3g).
- Les hélix reparaissent à la tête de FOued Boutrekfîn. Le plateau supérieur a, b, h', c, est formé par une couche de calcaire concrétionné brun jaunâtre, qui constitue, au sommet des berges, une corniche coupée à pic sur 1 à 2 mètres de hauteur. Au-dessous les sables jaunes quartzeux sont très-abondants et servent de gangue non adhérente à des concrétions quartzo-calcaires. Des cailloux roulés de grès dur blanc grisâtre, de calcaire subcristallin gris cendré, de sdex de diverses couleurs, jonchent le sol, ce qui tient au voisinage des terrains secondaires qui ont fourni les éléments du terrain saharien ou quaternaire. La route traverse toujours le terrain quaternaire jusqu’à l’oasis de Laghouat, et, à partir du ras Chaab, suit une ligne de faîte dirigée N. S.
- Fig. 3g.
- qui sépare les eaux de FOued Mzi des eaux qui vont se perdre au S. O. dans la grande dépression d’Ouargla. Laghouat étant à 780 mètres d’altitude, on voit que cette ligne de faîte s’abaisse de 100 mètres du ras Chaab vers Laghouat.
- Le terrain quaternaire de la lisière nord du Sahara de la province d’Alger va s’appuyer directement et sans redressement brusque contre le massif de terrain secondaire qui formait autrefois le rivage septentrional de la mer Saharienne.
- Les couches quaternaires plongent légèrement du N. au S. comme le relief extérieur du sol, qui s’abaisse en pente douce vers FOued Djeddi.
- Les dépôts quaternaires remontent, au reste, dans les vallées qui portent au Sahara le tribut de leurs eaux, et ils constituent en quelque sorte la prolongation du plan général du Sahara au milieu des massifs montagneux qui le
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- dominent. C’est ce qu’indique la coupe suivante (fig. 4 o), menée du N. au
- S. un peu à l’E. de Laghouat.
- Entre l’Oued Djeddi et la petite chaîne dolomitique du Djebel Schreïga, la carapace quaternaire englobe de nombreux: cailloux: roulés, débris du terrain crétacé. D’autres fois elle est parsemée de galets de silex plus ou moins transparents et diversement colorés, qui proviennent de la désagrégation des grès crétacés et qui atteignent la grosseur d’un œuf de pigeon. Souvent le sol extérieur est argilo-sableux et couvert de plaques de carapace diluvienne de 3 à 4 centimètres d’épaisseur et de 8 à îo centimètres de côté; mais, en fouillant à la profondeur de i5 à 3o centimètres, on arrache des plaques de carapace calcaire de 20 à 2 5 centimètres d’épaisseur. Dans la partie comprise entre le Djebel Schreïga et le Djebel Zbecha, on remarque dans le terrain quaternaire des couches de poudingue grossier passant parfois à l’état de grès sableux jaunâtres, dont la face de stratification bien plane plonge vers le sud du côté du Sahara. Les galets constituant le poudingue atteignent parfois la grosseur de la tête; ils se composent de calcaire compacte de diverses couleurs (violet, gris noir, gris cendré, jaune, rougeâtre), de silex noirs, blancs, de grès bruns jaunâtres très-durs.
- VILLE ET OASIS DE LAGHOUAT.
- La ville de Laghouat est située à 320 kilomètres d’Alger, au milieu d’une magnifique oasis de palmiers dont l’aspect est bien fait
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- pour réjouir le touriste qui a osé affronter la longueur et la monotonie du voyage de Bogliar à Laghouat.
- C’est le poste le plus avancé de la province d’Alger dans l’intérieur des Lerres. 11 s’étale sur les deux flancs de la petite crête dolomitique du Djebel Tisgrarine, traversée par l’Oued Mzi dans une coupure qui donne accès à cette rivière dans la plaine immense du Sahara, dont l’oasis forme une entrée splendide. La ville arabe est entourée d’une enceinte en mottes de terre dans laquelle M. le général Pélissier a dû pratiquer, en i85‘i, une brèche à coups de canon pour se rendre maître de la place. Les maisons indigènes sont bâties en mottes de terre argilo-sableuse, avec laquelle on fait des espèces de prismes rectangulaires à base carrée de 3o centimètres de haut sur 1 5 centimètres d’équarrissage. On dispose un premier lit de prismes bout à bout suivant leur longueur. On place deux, trois, quatre rangées de prismes, selon l’épaisseur qu’on veut donner à la muraille; par-dessus on étend un lit de terre argileuse gâchée avec de l’eau, sur i ou 2 centimètres d’épaisseur. Au-dessus de ce lit on place une deuxième assise de mottes dont les axes sont perpendiculaires à ceux de la première assise, et l’on continue ainsi toute la muraille par doubles assises de mottes dont les axes sont respectivement perpendiculaires. On recouvre ensuite les deux parois du mur avec un enduit formé de terre comme tout le reste. Quelquefois on met un peu de paille hachée dans les mottes pour leur donner plus de solidité. Les mottes fraîches sont séchées au soleil pendant trois ou quatre heures et employées immédiatement après. Souvent la base de la muraille est construite avec du moellon pour la préserver contre l’humidité et le ravinement des eaux coulant dans les rues. Les maisons n’ont généralement qu’un rez-de-chaussée et sont recouvertes en terrasses. On emploie comme poutrelles des fragments de troncs de palmier divisés en plusieurs segments parallèlement à la longueur des arbres. Ces constructions en terre sont susceptibles d’une assez grande durée; mais, dans les maisons indigènes occupées par les Européens à la suite de la conquête, on a percé de larges ouvertures, et l’on monte souvent sur les terrasses. Cela a diminué la solidité des maçonneries. Ainsi, quand l’hiver est pluvieux, souvent les terrasses et des pans de murs s’écroulent subitement. La rareté du combustible autour de Laghouatrend la fabrication de la chaux très-chère, et c’est ce qui a engagé les indigènes à employer dans leurs constructions le système qu’on vient de
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- bricatuvi
- poudreU*
- cn/houn.
- décrire. Le génie militaire s’est vu dans l’obligation de ne pas repousser ce système d’une manière complète : d l’a adopté avec quelques légères modifications pour les constructions militaires de l’intérieur de la ville. Pour donner plus de solidité aux mottes de terre, on y intercale quelques assises en maçonnerie de pierre et de chaux, et l’on recouvre ensuite tous les murs d’un enduit fait avec un mortier de chaux, de phàtre et de sable. Ainsi la place Randon, qui est au centre de la ville, présente le logement du commandant supérieur, le pavillon du génie et le cercle militaire, avec des arcades sur piliers aussi élevés que ceux de la place du Gouvernement à Alger. Ces constructions ont un cachet qui plaît à l’œil et se relie à merveille aux beaux jardins de palmiers qui les entourent. La rue Pélissier est toute française; les maisons bien alignées et blanches en dehors sont habitées par les divers industriels de la ville.
- Quand on arrive d’Alger on pénètre dans l’intérieur de la ville par une rue française à arcades, comme les rues Bab el-Gued et Bah Azoun d’Alger. Le contraste des constructions européennes avec les anciennes constructions indigènes est frappant ; et, malgré l’enthousiasme que l’on professe souvent pour la couleur locale, l’avantage est loin d’être ici en faveur des constructions arabes.
- Le vieux Laghouat renferme des établissement d’utilité publique qui méritent qu’on les signale. Ce sont des lieux d’aisance publics établis par divers propriétaires dans un coin de leur maison et donnant sur la rue. Un trou de 2 à 3 mètres de profondeur sur autant de largeur est creusé dans le sol argileux et reçoit les excréments des passants. De temps en temps le propriétaire de la maison ajoute dessus une couche de terre. Quand la fosse est pleine, on extrait le tout, on le fait sécher au soleil, et la poudrette ainsi obtenue est employée comme engrais. C’est le seul engrais un peu abondant qui soit à la disposition des Laghouathi, puisqu’ils n’ont pas de troupeaux chez eux et que leurs bêtes de somme sont peu nombreuses.
- On voit par là que les habitants de Laghouat ont été amenés par les nécessités de leurs cultures à tirer parti des excréments humains, ainsi qu’on le fait, dans les cultures perfectionnées du nord de l’Europe.
- Afin de maîtriser la ville, le génie militaire a fait construire deux fortins sur les dentelures du Djebel Tisgrarine entre lesquelles s’étale Laghouat : ce sont le fort Morand au N. E. et le fort Bouscarin au S. 0. ils portent le nom
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- (le deux braves officiers qui ont succombé glorieusement sur la brèche lorsque le général Pélissier s’est emparé de Laghouat. Le fort Bouscarin renferme une caserne et un magasin de vivres. On a dérasé la crête du rocher pour y faire l’assiette de ces constructions, ce qui a procuré sur place les moellons et la pierre de taille nécessaires. Les fortifications françaises ont été construites d’une manière durable, avec de la maçonnerie de chaux et de sable.
- L’oasis de Laghouat comprend 2,465 habitants et 1 1,22/1 dattiers;.elle se divise en deux parties : l’oasis nord, qui s’étend au pied du revers nord du Djebel Tisgrarine, et l’oasis sud, qui s’étale au pied du revers sud-est de cette montagne. L’oasis nord est la plus importante.
- Un premier barrage arabe en pierres sèches et terre dérive les eaux de l’Oued Mzi et les amène par une conduite particulière dans l’oasis sud à travers l’échancrure sur laquelle est bâti Laghouat.
- Un deuxième barrage arabe , situé à une petite distance en aval du précédent et construit de même façon, dérive les eaux qui ont échappé au premier et les amène, par une deuxième conduite, dans l’oasis nord.
- Ces deux barrages n’ont aucune solidité et sont emportés par les grandes crues.
- Depuis l’occupation française un troisième barrage a été construit à l’extrémité du contre-fort qui porte Laghouat. Il se compose de sables et de touffes d’alpha maintenus par des piquets. 11 a 60 mètres de longueur, 7 mètres de largeur en crête et une section trapézoïdale. Sur la rive droite, ce barrage s’attache directement au rocher dolomitique du Djebel Tisgrarine et dévie naturellement les eaux de ce côté pour l’irrigation des terres de l’oasis sud. Sur la rive gauche, il s’attache à un mur en maçonnerie de 3o mètres de long et de 1 mètre d’épaisseur placé transversalement au lit de la rivière et laissant un déversoir de 1 2 mètres de large entre son extrémité orientale et le pied du Djebel Schreïga. Ce barrage s’élève à 4 mètres environ au-dessus du lit de la rivière. Outre les eaux dérivées de l’Oued Mzi, il y a dans les deux parties de la ville et de l’oasis des puits creusés dans le terrain diluvien. Les puits creusés dans l’oasis nord donnent de l’eau en abondance à la profondeur de 8 à 10 mètres. Dans l’oasis sud, il n’y a qu’un seul puits de i5 mètres de profondeur, situé auprès de la rivière. D’après l’opinion générale, les eaux de puits sont moins bonnes que celles de la rivière pour les divers usages domestiques. C’est, du reste, ce que nous avions pensé en
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- T.aghou
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- Composition do diverses roches diluviennes do Laghouat.
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- examinant les mottes de terre qui servent à confectionner les murailles de l’enceinte de l’oasis. On peut constater, à la partie orientale de cette enceinte, que les mottes qui sont à la base de la muradle sont fabriquées avec une terre argileuse verdâtre, criblée de petites veines blanches de sidfate de chaux. En pénétrant dans le sol, on reconnaît que le gypse abonde dans le terrain diluvien qui constitue le sous-sol de l’oasis de Laghouat.
- Voici la composition de deux échantillons de gypse et de calcaire diluviens recueillis dans les environs de la ville :
- —— 1 NOMS DK S SUBSTANCES. CALCAIRE diluvien recueilli à 8 kilomètres de Laghouat. () CALCAIRE diluvien rougeâtre dp !’oiisis nord de f.aghoua (. (9. GYPSE DJMIVIF.H de l'oasis nord de Laghouat. (3) — GYPSE DILUVIEN recueilli auprès du marabout situe à 1 ,noom sud de Laghouat. (4)
- Chlorures Traces. ogr,00008 Ogr,00 2 9 //
- Sulfate de diaux ogr,ooo46 0 ,00076 0 ,4371 °0* 00
- Sulfate de magnésie u 11 0 ,oo43 0 ,ooo45
- Carbonate de chaux 0 ,88770 0 ,844 10 0 ,3770 0 ,1900
- Carbonate de magnésie 0 ,o364o 0 ,01810 0 ,0076 C 0 00
- Carbonate de fer Traces. 11 II 7
- Peroxyde de •1er \ 1 0 ,013oo 0 ,o38o ! î 0 ,oo5o
- Argile O c 0 0 ,o56oo l * 0 ,o45o
- Silice gélatineuse soluble dans l'eau a 0 ,0020 u
- Sable quartzeux 0 ,o33oo 0 ,o4ooo 0 ,0200 0 ,43oo
- Eau 0 ,02000 0 ,01800 0 ,114 2 0 ,0715
- Totai 0 ,99856 0 ,99004 1 ,oo3i i ,ooo55
- Auteurs Ville. De Ma ri g ny. Ville. De Mauigny.
- Les calcaires i et 2 ont été recueillis à la surface du sol; ils contiennent très-peu de chlorures et de sulfates, parce qu’étant tout à fait à l’extérieur ils ont été lavés pendant longtemps par les eaux de pluie. Ils contiennent des proportions variables d’oxyde de fer: d’argile et de sable quartzeux. Par la cuisson, le n° 1 donnerait de la chaux grasse, et le n° 2 de la chaux qui serait probablement un peu maigre. Il serait possible de trouver dans l’oasis nord de Laghouat du calcaire un peu hydraulique, en choisissant les roches qui paraissent le plus argileuses.
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- Le gypse.n° 3 de l’oasis nord de Laghouat est associé au calcaire n° 2 ; il a été recueilli sur les parois d’un canal d’irrigation fait par le génie; il est plus riche en sulfate de chaux cpie le gypse farineux recueilli à 1,000 mètres sud de Laghouat. Ce dernier renferme o,43 de sable quartzeux.
- Nous avons résumé dans le tableau ci-dessous les analyses des eaux recueillies dans les puits de Laghouat et dans l’Oued Mzi en novembre 1 855. (Voir le tableau 5, analyses nos 1 1 à 1 4, 23, 2 4-)
- NOMS DES SÜDSTANCES. EAU DU PUITS situe sur la place Ben Salem, à Laghouat, recueillie le 28 novembre 1855 , à la profondeur de 8 mètres. () EAU DU PUITS du jardin de Sidi ben Nasser, recueillie le 28 novembre i8ô5 , à 8 mètres de profondeur, dans l’oasis nord de Laghouat. K/ EAU DU PUITS du jardin de Sidi Mohammed ben Alia, recueillie le 28 novembre i855, a 8 mètres de profondeur, au centre de l’oasis nord de Laghouat. (3) EAU DU PUITS du jardin du sr Âbd-cl-Kader ben Alia, recueillie le 28 novembre i855 , à 15 mètres de profondeur, da 11s l’o isis sud de Laghouat. là) EAU de l’Oued Mzi , recueillie le 28 novembre i855 , h Laghouat, dans le canal de dérivation. (3) K AU de i’Oucd Mzi, recueillie le 28 novembre 1855 , au gué de Laghouat dans la rivière. (6)
- Chlorures Ob'Vl 172 ogr,5o/i3 o«r,37/i8 osr,i 796 ogJ, 1 896 oBr, 187/1 .
- Sulfates 1 ,4 180 1 ,6579 1 ,34 48 O ,5220 0 ,4628 0 ,454i
- Carbonates 0 ,31 y 6 0 ,3276 0 ,3436 0 ,i5oo 0 ,1060 0 ,0962
- Peroxyde de 1er, silice, silicates 0 ,0120 0 ,0260 0 ,0728 0 0 00 OJ C 0 ,0080 0 ,oo5o
- Matière organique. . . . Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
- Total des sels par kilo-
- gramme d'eau 2 ,16/18 2 ,5 1 58 2 ,136o 0 ,g346 0 ,7664 0 ,7449
- Auteurs De Marigny. Vatonne. De Marigny. Ville. Ville. Ville.
- Les eaux nos 1, 2, 3, ont été recueillies à la profondeur de 8 mètres dans les puits de l’oasis nord; elles renferment, par kilogramme, 2»r, i36o à 28r,5 1 58 de sels divers, parmi lesquels dominent les sulfates de chaux et de magnésie, et notamment le sulfate de chaux. La composition de ces eaux est donc en rapport avec la nature des terrains gypseux qu’elles traversent. Ces eaux sont supérieures, comme qualité, à celles de l’Oued Rhir, mais elles sont moins bonnes pour les divers usages domestiques que les eaux de l’Oued Mzi, qui renferment une quantité totale de sels variant de Oor,y449 à 0^,7664 par kilogramme d’eau. L’analyse chimique a donc confirmé les conclusions auxquelles la pratique avait conduit les habitants de Laghouat. Ils ne se servent,
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- Composition
- de
- diverses eaux potable de Laghouat.
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- Oasis nord de Laiflioi.at.
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- en effet, de l’eau des puits que quand le canal de dérivation de l’Oued Mzi est à sec.
- L’eau n° 4 du puits creusé dans l’oasis sud de Lagliouat renferme 0^,9 34 6 de sels divers par kilogramme d’eau; elle est plus pure que les eaux des puits creusés dans l’oasis nord, parce que le puits de l’oasis sud est placé sur le Lord de la rivière et alimenté sans doute en partie par les infiltrations de cette dernière. L’eau de l’Oued Mzi, prise dans le canal de dérivation sur la place Randon, dilfère à peine de celle recueillie au gué de la rivière; elle contient, de plus, un peu de silice gélatineuse et des traces de phosphates. L’eau de l’Oued Mzi a une grande analogie de composition avec celle de la Chehka des Béni Mzab, et cela s’explique, parce que leur origine est semblable. L’Oued Mzi descend en effet du massif secondaire du Djebel Amour, et c’est sans doute pour ce motif que les eaux sont plus pures que les eaux diluviennes de Lagliouat.
- L’oasis nord de Lagliouat s’étend dans la petite plaine quaternaire comprise entre le Djebel Ras el-Aïoun et le Djebel Tisgrarine; elle est entourée de tous côtés par des sables apportés par les vents. Le mur de ceinture de l’oasis sert de barrière aux sables, qui s’amoncellent à son pied. Lorsque ceux-ci ont atteint la crête du mur, ils sont chassés par le vent de l’autre côté et retombent dans les jardins, qu’ils envahissent bientôt d’une manière complète, dès qu’on cesse d’entretenir les cultures. Cela démontre que les indigènes de Laghouat ont constamment à lutter contre les sables. La terre végétale de l’oasis est argilo-sableuse, noirâtre, d’une épaisseur variable. Au-dessous le sable caillouteux domine, les galets y sont parfois de la grosseur du poing. Ce sont des débris du terrain crétacé, grès, calcaires, dolomies et sdex de diverses couleurs, lis renferment des lentilles plus ou moins étendues d’argiles marneuses, vertes ou brunes, traversées par des filets de gypse blanc farineux. Ce gypse se retrouve à toutes les hauteurs : ainsi, dans deux puits qui ont été creusés récemment en dehors de l’enceinte cultivée, les marnes tirées de la profondeur de 1 o mètres sont criblées de cristaux de gypse en fer de lance de 5 à 1 o millimètres de long. Dans un troisième puits auprès de l’enceinte actuelle, et comblé aux trois quarts par les sables, on voit, sur im,5o de hauteur, à partir de la surface, des sables quartzeux plus ou moins mélangés d’argile. Il en résulte des zones parallèles et horizontales différenciées par la diversité de leur consistance. Les parties plus essentiellement
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- argileuses sont traversées par de petits filets de gypse blanc farineux. En pénétrant dans l’intérieur de l’oasis nord, on reconnaît que la carapace calcaire diluvienne est très-développée le long de la nouvelle conduite, au-dessous de 5o centimètres de terre végétale. Cette carapace forme des plaques superposées de 5o centimètres à 20 centimètres d’épaisseur chacune, et dont l’ensemble mis à découvert atteint im,5o. Certaines parties sont très-friables, mais les croûtes extérieures teintes en brun jaunâtre sont toujours très-dures. On trouve, au milieu de ce calcaire, des nids de gypse blanc farineux et de petits cristaux en fer de lance groupés sous forme de lentilles parallèles à la stratification. La composition de ces cristaux a été donnée analyse 3, page 98. Autrefois l’oasis nord était cultivée sur une étendue plus considérable qu’au-jourd’bui. Plusieurs barrages construits en amont de Laghouat ont diminué la quantité d’eau courante arrivant jusqu’à celte ville, et c’est ce qui a forcé les Arabes à y restreindre les cultures. M. Marguerite, commandant supérieur du cercle de Laghouat, a cherché à donner une nouvelle impulsion aux cultures au moyen de puits ordinaires, dans lesquels il a fait établir des norias. Les puits les plus rapprochés de l’oasis actuelle donnent de l’eau à la profondeur de 8 à 10 mètres, et cette profondeur augmente à mesure qu’on s’éloigne' vers le S. O. L’eau est fournie par une couche de sables graveleux recouverts par des marnes vertes. 11 sera possible, au moyen de ces puits, de cultiver une étendue de terrain de 4 kilomètres de long sur 5 à 600 mètres de large; mais, dans toute cette étendue, le sol n’est pas exclusivement argilo-sableux; il ne présente cette nature que sur 5oo mètres de long au S. O. de l’oasis; au delà, il devient plus caillouteux.
- La petite plaine diluvienne dont il s’agit présente, au pied du ras el-Aïoun, le poudingue de petits galets crétacés, noyés dans la carapace calcaire d’un blanc jaunâtre. Parfois les galets disparaissent, et il ne reste que la carapace calcaire. En certains points le sol est couvert de petits galets quartzeux un peu transparents, de diverses nuances, parmi lesquelles le blanc domine. On observe aussi parfois, à fleur du sol, les lignes d’affleurement des couches de grès secondaires qui servent de gangue à ces galets. Ces grès, qui sont inférieurs aux dolomies du Djebel Tisgrarine, sont tantôt rougis par l’oxyde de fer, tantôt noircis par de l’oxyde de manganèse.
- Auprès de Laghouat, sur la rive droite de la rivière, le sol est argilo-sableux, comme dans l’oasis nord, et cultivé au moyen d’une dérivation de
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- rOued Mzi, passant à Laghouat et traversant l’échancriire du Djebel Tisgra-rine sur laquelle est bâtie la ville.
- Si l’on fait le tour de l’oasis sud, on remarque qu’il n’y a pas de sable accumulé au pied extérieur de la muraille d’enceinte, dans les régions ouest et sud de l’oasis. Les sables sont accumulés contre cette muraille sur le côté est seulement. Pour les jardins délaissés, ils s’élèvent jusqu’à la crête de la muraille et sont rejetés par le vent dans l’intérieur des jardins. On voit par là que les vents violents, qui apportent et déplacent les sables du Sahara, viennent principalement de la région de l’est.
- Un amas considérable de sable se trouve sur le contre-fortS. E. du Djebel Tisgrarine, au pied du fort Bouscarin, et sert de carrière de sable pour les constructions de Lagliouat. Nous l’attribuons à l’action des vents du désert qui, en frappant contre le revers sud du Djebel Tisgrarine, abandonnent sur le flanc de la montagne les sables fins dont ils sont chargés.
- Le terrain cultivable argilo-sableux est moins étendu dans l’oasis sud que dans l’oasis nord. A 1000 mètres S. E. de Laghouat se trouve un cimetière dont le sol blanchâtre est éminemment gypseux. La composition de ce terrain a été indiquée analyse 4, page 98; elle donne une idée de la nature gypseuse du sol végétal en plusieurs points du Sahara. Nous signalerons des terrains de même nature dans les divers bassins diluviens existant entre Bo-ghar et Laghouat.
- L’oasis du ksar Assafia est située à 1 2 kilomètres est de l’oasis de Laghouat, sur le bord d’un ravin qui va se jeter dans la rive gauche de l’Oued Djeddi, en coulant du sud au nord. Le ksar est presque ruiné; il ne renferme que quarante feux. Au pied du village, l’Oued Assafia roule 4 litres environ par seconde d’une eau limpide et d’un goût agréable servant à l’arrosage de jardins potagers où il n’y a que très-peu de palmiers. Auprès du ksar, le terrain se compose de couches de sables quaternaires, quartzeux, d’un blanc jaunâtre, de 3 à 4 mètres d’épaisseur. En remontant le cours de ce ravin, on observe dans son lit des couches de grès rouges dirigées N. 90° E. m. et plongeant au sud de 8 à 10 degrés. Ces couches renferment, intercalées, des marnes vertes et violettes; elles appartiennent sans doute à la formation crétacée qui compose d’une manière si générale les chaînes situées entre Bogliar et Lagliouat. Les couches de sables quaternaires qui les recouvrent plongent également au sud, mais sous un angle différent, et qui est de 2 à 3 degrés
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- seulement. Ainsi il y a discordance de stratification bien marquée entre les deux terrains. En remontant le cours de l’Oued Assafia, on reconnaît que les. couches sableuses supérieures passent, sur la rive gauche, à l’état de calcaire blanchâtre, un peu terreux et sableux à la fois. Sur la rive droite, au contraire, le gypse farineux diluvien a produit un dépôt superficiel qu’on peut suivre sur une longueur de k à 5oo mètres.
- Entre les oasis de Laghouat et d’Assafia, le Djebel Schreïga et le Djebel Zbecha encaissent une sorte de vallée qui s’épanouit en éventail de l’ouest à l’est, et qui se termine dans une davat sans eau. Cette vallée renferme une nappe d’eau souterraine due aux infiltrations, et qui se trouve à une faible distance du sol. L’eau est à 8 mètres de profondeur dans la dayat. En amont, près de l’extrémité orientale du Djebel Schreïga, elle n’est qu’à 2 mètres dans le centre de la vallée. Le sol de cette dernière, étant ar^ilo-sableux, est propre à la culture. Celle-ci peut y être développée au moyen de norias. Sous l’impulsion de M. le commandant Marguerite, les Arabes ont mis en culture la plaine diluvienne qui longe l’oued Messaad à l’Ouest de l’oasis de Laghouat. L’Oued Messaad est une rivière qui descend du Guern Mtaa Ouata, en coulant du N. O. au S. E. Arrivée dans la plaine saharienne, elle se détourne vers le N. E. et coule entre le Djebel Moudloua et le Djebel ras el-Aïoun; elle pénètre ensuite par une échancrure du ras el-Aïoun dans une dayat qui se trouve auprès de l’oasis sud de Laghouat. Son parcours total est d’environ 60 kilomètres. En temps ordinaire, elle ne roule pas d’eau, même en hiver; mais, à la suite de pluies exceptionnelles, on ne pouvait la traverser, le 1 2 novembre 18 5 5, que dans certains gués où il y avait une nappe d’eau de om,5o de hauteur et de 5o à 60 mètres de large, animée d’une très-grande vitesse. Quinze puits étaient déjà creusés, à cette époque, dans le lit même de l’Oued Messaad, à la profondeur de 5 à 6 mètres, de part et d’autre de la coupure de Rous el-Aïoun. Ces puits donnent de l’eati, en été, à 2 mètres de profondeur au-dessous du sol; mais, le 1 2 novembre 1 855, ils étaient entièrement remplis, par suite de la crue exceptionnelle de l’Oued Messaad. Une noria en fer et à tampon se mouvant dans un cylindre était déjà établie sur l’un des puits, et des labours étaient commencés dans les terres environnantes. Le prix d’achat de ces norias est de 45o francs à Alger; le transport d’Alger à Laghouat est estimé à 4o francs le quintal, ce qui fait 2 4o francs pour une noria dont le poids est de 6 quintaux. Ainsi le prix de revient d’une noria en fer, rendue
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- Cnpae farineux diluvien sur les bords de l'Oued Messaai
- Cours 30utcrrain do l'Oued M7i on amont cl on av do
- l'oasis de Laghouî
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- à Laghouat, est de 690 francs. Il est à craindre que les norias en fer ne con-viennentpasbeaucoup à des Arabes, parce que, livrés à leurs propres ressources, ils seraient dans un grand embarras pour les réparer en cas d’accident. Nous pensons que des norias en bois seraient peut-être plus avantageuses pour eux, parce que les réparations y sont plus faciles. Ces norias pourraient être confectionnées avec les bois de la forêt de Djelfa.
- La vallée de l’Oued Messaad présente de bonnes terres argilo-sableuses dans une grande partie de son parcours, et il sera facile d’y développer les cultures au moyen de puits et de norias.
- Près de la coupure du Djebel ras el-Aïoun on remarque sur les bords de l’Oued Messaad un dépôt de gypse farineux blanc, formant le sol naturel, sur ! 1 mètre d’épaisseur.
- Le Djebel ras el-Aïoun doit son nom à ce que les eaux courantes repa-ai ’raissent à la surface du lit de l’Oued Mzi dans la coupure qui sépare cette (t montagne de la chaîne du Dakla, qui en forme le prolongement vers le N. E. En amont de ce point, les eaux de l’Oued Mzi se cachent sous les sables et coulent souterrainement. Entre le Djebel ras el-Aïoun et la coupure du Djebel Tisgrarine, l’Oued Mzi coule à ciel ouvert; mais il se perd immédiatement à l’aval du Djebel Tisgrarine. Ainsi les coupures que traverse successivement l’Oued Mzi ont pour effet de faire reparaître au jour les eaux de la rivière. O11 comprend a priori qu’il devait en être ainsi parce que les sables fluides ont nécessairement une moindre épaisseur dans ces coupures, où les roches solides, grès, dolomies et calcaires, sont très-rapproebées du sol. Ces coupures sont très-favorables pour l’établissement de barrages qui devraient s’appuyer sur le roc solide, afin que les eaux ne se perdent pas souterrainement par-dessous le barrage. Dans la coupure de l’Oued Tisgrarine, des sondages ont montré que l’épaisseur des sables ne dépassait pas 1 o mètres. Ces sables sont très-fluides, et ne se tiennent pas verticalement quand on creuse dans le lit de la rivière. Il faudrait donc les maintenir par une double ligne de palplanches armées de sabots en fer, que l’on enfoncerait dans le terrain J* ur. On draguerait ensuite le sable compris entre ces palplanches, et l’on remplirait le vide avec de la’maçonnerie hydraulique.
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- CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU PAYS ENTRE NEGOUSSA ET LAGHOUAT. 105
- CHAPITRE V.
- VUE D’ENSEMBLE SUR LA CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU PAYS COMPRIS ENTRE
- NEGOUSSA ET LAGHOUAT. — RÉGION QUATERNAIRE D’ELAREG. — DUNES DE
- SABLES LIMITANT A L’OUEST LA CHEBKA DES BENI MZAB.
- Nous allons grouper dans ce chapitre les principaux faits que nous avons observés sur la constitution géologique du pays compris entre Negoussa et Laghouat, et nous y ajouterons quelques détails sur la région quaternaire d’El-Areg, qui limite à l’ouest la Chebka des Béni Mzab. Cela nous permettra d’examiner les chances de réussite que l’exécution de puits artésiens présente pour la recherche des eaux jaillissantes dans toute cette région, et notamment dans le pays des Béni Mzab.
- Le terrain quaternaire se poursuit sans interruption au N. O. de la dépression d’Ouargla, entre Negoussa et l’oasis de Guerrara, et constitue la région des Guentras. D’après l’aspect du pays jusqu’à une grande distance autour de Guerrara, et les renseignements qui nous ont été donnés soit par des Arabes, soit par des officiers français, le terrain quaternaire, si facile à reconnaître par son faciès et la nature des roches qui le composent, paraît se poursuivre sans interruption au N. O. de Guerrara jusqu’à Laghouat, et forme une ceinture continue au nord, à l’est et au sud de la formation do-lomitique connue sous le nom de Chebka des Béni Mzab.
- On compte trois jours de marche entre Negoussa et Guerrara. Le premier jour on campe sans eau sur les bords de l’Oued Mzab; le deuxième, on campe sans eau sur les bords de l’Oued en-Nça; le troisième, on arrive dans la soirée à Guerrara, où l’on est heureux de pouvoir renouveler sa provision d’eau et de vivres frais.
- Le terrain quaternaire s’élève constamment de Negoussa vers Guerrara, et l’on ne traverse qu’un plateau aride, presque sans végétation, profondément découpé par les cours de l’Oued Mzab, de l’Oued en-Nça et de l’Oued Zegrir. La stratification des couches quaternaires est généralement parallèle au relief extérieur du sol; leur pente est très-faible, presque insensible à l’œil, et plonge ordinairement du N. O. au S. E,, de même que les nappes
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- d’eaux souterraines qui peuvent être contenues clans cette région : aussi les trois grandes vallées indiquées ci-dessus sont des lignes suivant lesquelles les puits artésiens présentent des chances de succès, si l’on a soin de se placer dans les plaines ailuviennes quelles encaissent au milieu du terrain quaternaire. Ces puits, si l’on en juge par les puits jaillissants de Temacin, Bardacl , Ouargla et Negoussa, ne sauraient avoir une très-grande profondeur, à cause des allures du terrain quaternaire. On peut admettre qu’ils ne dépasseront pas Go à 8o mètres de profondeur. Pour agir avec plus de chances de succès, il vaudrait mieux partir cl’un point pour lequel le résultat n’est pas douteux, c’est-à-dire d’Ouargla et de Negoussa. De là on remonterait les vallées de l’Oued Mzah, de l’Oued en-Nca et de l’Oued Zeo-rir en marchant vers le massif central des Béni Mzah. On jalonnerait d’ahord par des puits artésiens la route de Negoussa à Guerrara, route qui est très-fréquentée par les commerçants, et qui est sans eau. Le premier puits de cette route pourrait se faire dans la vallée de l’Oued Mzah, sur le plateau alluvien longeant la rive gauche de la rivière, au point où la route quitte définitivement la vallée pour monter sur le plateau compris entre l’Oued Mzah et l’Ouecl en-Nça.
- Le deuxième puits pourrait se faire sur la rive gauche de l’Oued en-Nça à la deuxième étape. On profiterait d’un puits assez profond creusé par les Mozabitcs sur l’ordre de M. le commandant Marguerite, et qui a été abandonné à cause de la rencontre de bancs de sables ébouîeux, avant d’ètre arrivé à l’eau. Le troisième puits artésien se ferait dans la dépression de Guerrara, dans la partie couverte par les grandes inondations de l’Oued Zegrir, et servirait, en cas de succès, à l’irrigation des cultures de cette oasis. On pourrait commencer par le point désigné sous le nom de Folissa Ber-rania. En raison de l’allure des couches sahariennes tout autour de Guerrara et à une grande distance de ce point, il nous parait probable que les sondages réussiront dans cette oasis. Nous ferons remarquer que le calcaire quaternaire d’eau douce avec hélix, planorbes et autres petits gastéropodes qui vivent actuellement dans les sources de l’Oued Rhir, est très-développé autour de Guerrara. Ce calcaire présente parfois un aspect physique tout particulier, qu’il doit à sa grande richesse en magnésie. Il est alors blanc do-lomitique, à tissu saccharoïcle ou très-compacte. Il constitue parfois des couches régulières peu épaisses, exploitées par les Mozabites pour faire de grandes dalles avec lesquelles ils construisent les bassins où ils reçoivent
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- l’eau tirée des puits. Ordinairement le calcaire d’eau douce quaternaire a un autre aspect et n’est pas dolomitique. Il est gris cendré ou noirâtre et bitumineux, à tissu très-compacte, à surface extérieure rugueuse et revêtue d’une espèce de vernis. La manière d’être toute différente qu’il montre à Guerrara peut induire en erreur, au premier abord, sur l’âge de ce calcaire, et le faire supposer plus ancien qu’il ne l’est réellement ; mais les fossiles d’eau douce que nous y avons recueillis et l’examen attentif de la stratification des couches nous ont permis de le rattacher d’une manière incontestable au terrain saharien ou quaternaire. Les calcaires tabulaires de Guerrara forment, tout près de l’oasis, une grande lentille enclavée dans les sables rouges, et sont supérieurs aux grès et sables quaternaires qu’on a traversés dans les puits de Guerrara.
- Le terrain quaternaire, composé généralement de calcaire d’eau douce, à tissu compacte, associé à des sables quartzeux, se poursuit à l’O. S. O. de Guerrara jusqu’au Kef Rakhma sur la rive gauche de l’Oued en-Nca ; mais, sur la rive droite de la rivière, il est remplacé lui-même par une vaste formation de calcaire dolomitique, blanc grisâtre, à texture saccharoïde et plus ancien d’âge. On y trouve de nombreuses empreintes de coquilles marines dont les genres seuls sont facilement déterminables. Nous avons recueilli :
- Bulla, Cerilium,
- •>
- Natica,
- Nerinea,
- Pyramidclla,
- Solarium,
- Turritella,
- Gardium,
- Luc in a, Lutraria, Pecten, Pectunculus.
- A l’exception de la nérinée, qui est un fossile de la craie blanche, toutes ces espèces ont, d’après M. Deshayes, notre collègue à la Société géologique de France, un jades qui se rapproche de celui des mêmes genres fossiles des terrains subapennins; mais la présence d’une nérinée et l’analogie des roches et empreintes fossiles de la formation dolomitique du Béni Mzab avec les roches et empreintes fossiles observées par M. l’ingénieur des mines Vatonne dans les terrains de craie blanche de la Tripolitaine, qui sont caractérisés par d’autres fossiles bien conservés (notamment Inoceramus im~ pressus, Inoceramus regularis), nous donnent lieu de penser que la formation dolomitique du Béni Mzab appartient également à la craie blancbe. Cette
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- formation constitue d’une manière générale le terrain auquel on a donné ie nom de Ghebka, réseau, fdet, à cause des accidents abrupts qu’il présente sur une surface ordinairement plate. Ainsi la Chebka des Béni Mzab n’est pas une protubérance montagneuse. C’est un plateau régulier, qui s’élève d’une manière uniforme depuis la rive droite de l’Oued en-Nça, au Kef llakbma, jusqu’au Ras Besbaïcr à la tête des eaux de l’Oued Settafa, à une journée de marche au sud de Laghouat. Ce plateau est formé, comme ceux des terrains quaternaires, de couches régulières, parallèles, en général, au relief extérieur du sol et plongeant comme lui du N. O. au S. E. Il est découpé par de grandes vallées fortement encaissées, dirigées à peu près suivant la ligne de plus grande pente des couches, c’est-à-dire du N. O. au S. E. Les principales vallées sont l’Oued Mellili, l’Oued Mzab et l’Oued en-Nça, qui vont se jeter à peu près parallèlement les unes aux autres dans la grande dépression de l’Oued Mia, et passent ainsi de la formation dolomi-tique dans le terrain quaternaire. L’Oued Zegrir, qui coule au N. E. des autres rivières, a probablement tout son cours en dehors de la formation dolomitique et au milieu du terrain quaternaire.
- C’est dans le fond de ces vallées que se cachent le§ oasis de Guerrara, Berrian, Ghardaïa et ses quatre annexes, et l’oasis de Metlili dans la province d’Oran. A l’exception de Guerrara, qui est dans le terrain saharien, toutes les autres oasis sont enclavées dans la Chebka, qui parait s’étendre à l’ouest jusqu’au has-foncl d’El-Loua, qui lui forme de ce côté une limite naturelle, sur laquelle se trouve la petite ville de Goléah.
- Le terrain de la Chebka est très-fatigant pour les chevaux, parce qu’il se compose, à la surface, presque uniquement de calcaire dolomitique cristallin, très-dur. On y trouve enclavées des couches d’argiles de diverses nuances et des lentilles de gypse. Ce dernier est parfois mélangé au calcaire, et forme une roche appelée Kciddcin par les Mozabites, à l’état cru, et Tinchemet à l’état cuit. C’est le tinchemet qui sert à faire le mortier, soit pour la construction des maisons, soit pour les barrages remarquables sur lesquels repose en grande partie l’existence des oasis.
- Outre ces barrages, il y a dans les oasis de nombreux puits, dont la profondeur, très-variable d’un point à un autre, s’élève jusqu’à 71 mètres. Ces puits ne sont alimentés que par les infiltrations qui suintent le long des parois.
- Lorsque les pluies sont abondantes dans le Béni Mzab, le niveau d’eau
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- s’élève dans les puits, à mesure que les infiltrations venues de la surface pénètrent plus profondément dans le sein de la terre à travers les interstices des couches, et l’alimentation se trouve ainsi assurée pour longtemps; mais ce ne sont point des sources ascendantes ou jaillissantes qui déterminent l’élévation du niveau de l’eau. Celle-ci, au lieu de remonter à partir du fond du puits, tombe, au contraire, de haut en bas le long des parois. Ordinairement l’eau suinte à la séparation des couches d’argile bleue ou jaune et des couches de calcaire dolomitique tantôt blanc, cristallin, tantôt jaunâtre, un peu argileux et à tissu compacte. Parfois on fait dans les calcaires, et en marchant à la surface des argiles imperméables, des galeries qui ont jusqu’à i 5o mètres de longueur, et qui sont destinées à capter les eaux d’infiltration.
- En général les eaux potables des Béni Mzab sont d’excellente qualité, chose que l’on apprécie grandement lorsqu’on arrive du Sahara, où les eaux sont si mauvaises. Nous avons réuni dans le tableau suivant les moyennes relatives aux hauteurs de la nappe d’eau sous le sol et aux températures de cette nappe dans les diverses oasis du Béni Mzab et de Metlili.
- P 3 O S DÉSIGNATION DE L'OASIS. ALTITUDE moyenne de l’oasis an-dessus de la mer. PROFONDEUR moyen ne delà nappe d'eau sous le sol de l’oasis. ALTITUDE moyenne de la nappe d’eau de chaque oasis au-dessus du niveau de la mer. PROFONDEUR totale moyen ne des puits de chaque oasis. TEMPlillATUM! moyenne de ln nappe d'eau des puits de chaque oasis en mai 1861. SITUATION GEOLOGIQUE dos points d’émergence des eaux dans chaque oasis.
- I Guerrara 315m 16n\oi 29^m,99 24m,58 >9°- 9 9 Terr. qnatern'0.
- 2 El-Ateul’. 4 90 28 ,55 4 6i ,45 32 ,07 21,71 Craie blanche.
- 3 Bou Noura 5oo 28 ,66 471 ,34 3o ,o5 21 ,07 Idem.
- 4 Béni Isçuen 510 25 ,21 484 ,79 26 ,58 W b 00 Idem.
- 5 Melika 5ao 32 .77 487 ,23 34 ,26 22,41 Idem.
- 6 Ghardaïa 53o 23 ,32 5o6 ,68 31 ,48 2 1,23 Idem.
- 7 Metlili 5o5 20 ,92 o° O 00 24 ,07 2 1 ,73 Idem.
- 8 Berrian 547 2 1 ,01 525 ,99 23 ,92 20 ,80 Idem.
- Il y a une différence d’environ 200 mètres entre les altitudes des oasis de Guerrara et de Berrian, qui sont les stations extrêmes du pays des Béni Mzab. L’oasis de Guerrara est celle pour laquelle la profondeur totale des puits, la hauteur de la nappe d’eau sous le sol et la température moyenne de l’eau sont les moins fortes. Cette température est de 20 degrés. On sait que les puits de cette oasis sont dans le terrain quaternaire. Les sept oasis de la Chebka
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- se trouvant dans des conditions générales presque identiques au milieu de la craie blanche, on peut faire des moyennes générales des divers nombres qui concernent ces oasis.
- On trouve ainsi :
- Altitude moyenne des oasis au-dessus de la nier......... 5i4"\57
- Profondeur moyenne, de la nappe d’eau sous le sol des oasis. 25 ,78 Altitude moyenne de la nappe d’eau au-dessus de la mer. . . 488 ,79 Température moyenne de la nappe d’eau................... 2 i° ,65
- 1.01
- de i accroissement c!0 température avec l'accroissement de latitude.
- Dans le ilodna, pour une altitude moyenne d’environ 444 mètres et pour une prolondeur moyenne des nappes d’eaux jaillissantes de 1 i im,53 sous le sol, la température moyenne de ces eaux est de 2 2°,87. L’accroissement de température étant, dans le Ilodna, de 1 degré pour 20 mètres de profondeur, on aurait, à la profondeur de 2 5m,78 , une température moyenne de
- '.87
- 111 °,53 — 26°,78
- i8°,59.
- La grande différence 2i°,()5 — i8°,59 = 3°,o6 tient probablement à ce que le Béni Mzab est plus rapproché de l’équateur que le Ilodna, et à ce que, par suite, la chaleur solaire y est beaucoup plus intense. Il y a une différence d’environ 3 degrés en latitude entre Ghardaïa et le centre du Ilodna, ce qui donne un accroissement de chaleur de 1 degré de température pour un accroissement de 1 degré de latitude.
- Il se peut qn’au-dessous des couches les plus profondes traversées par les puits ordinaires de la Chebka des Béni Mzab on trouve des nappes souterraines ascendantes, sinon jaillissantes. Cela résulte de ce que le plateau du Béni Mzab se relève d’une manière continue et régulière depuis l’Oued en-i\ça jusqu’au Ras Besbaïer, et de ce que les couches sont inclinées comme ce plateau. Ainsi la tète des eaux souterraines se trouvant au Ras Besbaïer, rien n’empêche qu’elles ne remontent dans un trou de sonde que l’on creuserait en un point quelconque de la Chebka des Béni Mzab. Seulement, plus l’altitude du point choisi sera considérable, moins on aura de chances de voir l’eau arriver jusqu’au niveau du sol. Les points les plus bas sont donc ceux qui offrent a priori le plus de chances de succès, et l’on voit dès lors qu’il faut se placer dans les dépressions formées par les vallées. C’est, du reste,
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- ce qu’il convient de faire dans l’intérêt des oasis, puisque celles-ci sont toutes dans le fond des vallées.
- D’après ces considérations générales, il est facile de voir quels sont les points de la Chebka des Béni Mzab où les puits artésiens offrent le plus de chances de succès. Ce sont : *
- 10 El Ateuf,
- 2° Bon Noura,
- 3° Metlili,
- 4° Béni Isguen,
- 5° Ghardaïa,
- 6° Berrian.
- En dehors de la Chebka, Guerrara offrirait encore plus de chances de succès, parce que son altitude est de Beaucoup inférieure à celle des oasis de la Chebka. Nous avons indiqué, dans le cours de ce travail, les points de chacune de ces oasis où il serait le plus utile d’essayer un sondage.
- La distance de Guerrara à Ghardaïa ne peut être franchie qu’en deux journées de marche sans eau. Un sondage pourrait être entrepris avec quelques chances de succès sur les bords de l’Oued en-Nça, au point où cette rivière est coupée par la route. Ce point correspond en effet à l’affleurement le plus bas du terrain de la Chebka.
- La distance qui sépare Guerrara de Berrian ne peut être franchie en un jour par une colonne, et la route est sans eau. Un puits artésien pourrait être entrepris également avec quelques chances de succès au point où la route coupe l’Oued en-Nça. Si ces puits ne donnaient pas de l’eau jaillissante, ils donneraient très-probablement de l’eau ascendante de bonne qualité, ce qui serait toujours très-heureux soit pour les caravanes, soit pour les colonnes françaises allant de Laghouat à Ouargla.
- D’après les différences d’altitude entre l’oasis de Guerrara et la corniche quaternaire qui la domine, il est probable que la profondeur des puits à creuser dans cette oasis pour trouver une nappe jaillissante ne dépassera pas îoo mètres. On doit compter sur une profondeur au moins égale pour les puits artésiens de la Chebka; et, afin de ne pas se trouver pris au dépourvu, il conviendrait de commencer les travaux de forage avec un appareil qui permit d’aller à i5o mètres du premier coup.
- Nous avons constaté en plusieurs points de la Chebka, à Berrian, à Bou
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- Noura et à Metlili, suivant une ligne dirigée N. S., l’existence d’un bruit souterrain qui est tout à fait comparable au bruit d’un torrent roulant sur des rochers. Les Mozabites l’attribuent à un cours d’eau qui coulerait à travers des cavernes du calcaire dolomitique. Celte opinion a un certain degré de, vraisemblance, car il existe dans ce calcaire de grandes fentes, clans lesquelles les eaux pluviales peuvent s’engouffrer.
- Il pleut ordinairement tous les ans dans le Béni Mzab. Seulement la quantité d’eau qui tombe varie beaucoup d’une année à l’autre, et n’est pas concentrée dans une saison très-courte et constante comme dans le Tell. Les grandes inondations, qui sont un bienfait inappréciable pour les oasis, n’ar-rivent parfois qu’après un intervalle de trois et même de huit ans. De solides barrages en maçonnerie, construits avec beaucoup d’art, retiennent la plus grande partie de ces eaux et la font séjourner dans les plantations de palmiers au moyen de nombreuses conduites habilement distribuées. Quand les pluies ne sont pas suffisantes pour produire des crues, elles contribuent cependant à l’alimentation des puits, dont elles élèvent le niveau. Beaucoup de puits creusés à grands frais sont aujourd’hui abandonnés avec les terres qu’ils arrosaient , parce que les récoltes n’étaient pas suffisantes pour rémunérer les travaux. Il est incontestable qu’on rendrait de grands services dans toutes les oasis, si l’on pouvait y exécuter des puits artésiens avec succès et à peu de frais. Les Mozabites sont très-laborieux et dignes de l’intérêt, de l’autorité française; un grand nombre émigre dans nos villes européennes pour amasser un petit pécule. Rentrés chez eux ils consacrent leur avoir à augmenter leur patrimoine et à faire de la culture, pour laquelle ils ont un goût tout particulier. Leurs travaux d’irrigation sont très-remarquables, et il a fallu à cette race une grande force de caractère et une intelligence agricole des plus prononcées, pour créer de belles oasis au milieu de l’alfreux pays qu’elle a choisi pour se mettre à l’abri des déprédations des Arabes nomades.
- De Berrian à Laghouat on compte trois jours de marche sans eau. Dans ce trajet nous avons reconnu deux points où la recherche des eaux potables par des puits ordinaires présente des chances de succès :
- i ° Sur les bords de l’Oued Settafa ;
- 2° Dans la dayat de Tilremt.
- Dans l’Oued Settafa, on n’a fait encore aucun travail de ce genre. Ün puits de 5o mètres environ de profondeur pourrait donner de l’eau potable de
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- bonne qualité comme celle des puits des Béni Mzab. Ce serait un travail for! utile, parce que l’Oued Settafa est une étape de la route de Berrian à Laghouat.
- A Tilremt, l’autorité française a fait creuser un puits de 48 mètres de profondeur, qui n’a pas donné d’eau. 11 a traversé, à la partie supérieure, le terrain quaternaire, et, à la partie inférieure, le calcaire dolomitique de la Cliebka. En approfondissant ce puits de 3o mètres environ, il est probable qu’on arriverait à l’argile et que l’on trouverait de l’eau.
- Le Ras Besbaïer, au suc! de la dayat de Tilremt, sépare ce bassin fermé de l’Oued Settafa. 11 forme à peu près la limite septentrionale de la Cliebka des Béni Mzab; à partir de là commence la région des dayats, qui s’étend sur une largeur de 8o kilomètres du S. au N. jusqu’à Laghouat. Les dayats sont de petites dépressions, sans écoulement au dehors, qui conservent les eaux de pluies et se couvrent, après l’évaporation de ces dernières, d’un joli gazon vert très-estimé des troupeaux. De magnifiques bétoums ombragent ces dayats et impriment au paysage une physionomie toute particulière.
- Lntre Ras Besbaïer et Laghouat, le terrain quaternaire se présente avec les mêmes caractères que dans le Sahara.
- La lisière nord du Sahara algérien est formée par une longue chaîne de montagnes de la période secondaire, dirigée du N. E. au S. O. Cette chaîne se détache du massif de l’Aurès dans la province de Constantine, comprend , dans la province d’Alger, le Djebel Boukhaïi. et les montagnes des environs de Laghouat, forme le massif du Djebel Amour sur la lisière des provinces d’Alger et d’Oran, coupe en écharpe le sud de celte dernière province en constituant la région montagneuse des Ksour, pénètre dans l’intérieur du Maroc, et se rattache par son extrémité S. O. au massif montagneux du Djebel Hiril el-Abhari, qui est un des points culminants de l’Atlas marocain. Le pied de cette longue chaîne de montagnes est jalonné de l’E. à l’O. par les oasis de Biskra, Laghouat, Brizina, Moghar thatani, qui sont placées sur des ('.ours d’eau ouvrant aux caravanes un accès facile dans le Sahara.
- Entre Laghouat et Biskra, le terrain quaternaire présente une grande ondulation marquée par le cours de l’Oued Djeddi, qui, à partir de Laghouat, se dirige à l’E. N. E. vers le chott Melrhir, où il va se jeter à î 3o kil. N..E. de Laghouat. Le chott Melrhir étant à 25 mètres au-dessous du niveau de la mer, et la longueur totale du parcours de l’Ouecl Djeddi entre Laghouat et
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- le chott étant d’environ 375 kilomètres, on voit que, en raison cle la pente du terrain, l’oasis de Laghouat est nécessairement à une hauteur assez forte au-dessus du niveau de la mer. L’altitude de 780 mètres, que nous avons trouvée pour cette oasis, est donc en rapport avec le relief extérieur du sol. Cette grande différence de niveau donne lieu de penser que des puits artésiens pourraient rencontrer des nappes jaillissantes à la partie inférieure du cours de l’Oued Djeddi. La ligne de faîte comprise entre le Ras Chaab et Laghouat sépare les eaux qui coulent à l’est, vers l’Oued Djeddi, des eaux qui coulent à l’ouest, et vont se perdre cà la tète du bas-fond d’El-Loua; elle se relie, au sud, à la haute corniche qui termine, cà l’ouest, le plateau de la Chebka, et qui est dirigée approximativement du nord quelques degrés est au sud quelques degrés ouest, en passant par Coleah, petit ksar que l’agha Si-Hamza a soumis à la France en 1 859 ; le vaste espace compris entre cette corniche et la chaîne crétacée des Ksour de la province d’Oran a été comblé par le terrain quaternaire. La description qui en a été donnée par M. Marès (Bulle-fin de la Société géologique de France, t. XIV, p. 52 4) ne laisse aucun doute à cet égard. C’est la même nature de sol et le même relief général que dans le Sahara des provinces d’Alger et de Constantine. Un plateau régulier s’abaisse du N. au S. depuis la lisière septentrionale de ce bassin; il est traversé par de nombreuses rivières, qui descendent de la ligne des Ksour après avoir contribué à l’irrigation de ces derniers, et vont se perdre, après un parcours plus ou moins considérable, dans une série de dayats. D’après M. Marès, le bord de la dayat de Habessa est à 4o3 mètres d’altitude; le ksar Brizina, qui -est à la tête de ce grand bassin quaternaire, est à l’altitude de 827 mètres. Il y a donc entre ces deux points une différence de niveau de 42 4 mètres. Le bas-fond d’El-Loua est beaucoup plus bas que la dayat de Habessa. La différence de niveau entre ce bas-fond et Brizina est donc très-considérable et peut être estimée à 5 ou (i00 mètres.
- Les couches quaternaires étant parallèles au relief général du sol, il est probable que des nappes jaillissantes circulent souterrainement dans le terrain quaternaire du bas-fond d’El-Loua, et il est possible dès lors de jalonner par des puits artésiens les routes suivies par les caravanes pour se rendre dans le Gourara. Entre la ligne des dayats et la corniche de Goleah, il y a une zone de 100 kilomètres de largeur moyenne qui se prolonge au loin vers le S. O., et qui est couverte de dunes désignées sous le nom d'El-Areg.
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- Nous pensons quelles sont dues à la même cause que les dunes du Soûl y Dunes de sables d’El-IïacIjira, d’Ouargla, dans le Sahara algérien, et les dunes d’El-Mesran, i« rigiou quaternai™ que nous décrirons plus loin dans la région des steppes de la province d’Al- '' EI A,r'g:-ger. Au lieu d’être le résultat cl’un transport opéré par les vents actuels, ce qui nous paraît complètement inadmissible, elles constituent des couches régulières en place, formées de sables quartzeux déposés dans les eaux de la mer quaternaire. Leur surface seule est mobile sous l’action des vents, mais les modifications de relief qui en résultent sont très-minimes et tout à fait insignifiantes. Nous citerons comme preuve la permanence des routes suivies de temps immémorial au milieu de cette mer de sables par les caravanes qui se rendent au Gourara. Ces routes passent par des points obligés, où existent des puits dont l’orifice est soigneusement bouché pour qu’ils ne soient pas comblés par les sables entraînés par les vents. Les dunes principales ont des noms particuliers tirés parfois de leur forme. Or, si la masse énorme de sables qui constitue les dunes était le résultat d’un transport par les vents, la forme générale des dunes varierait d’une manière incessante et ne pourrait conserver le relief qui leur a mérité le nom qu’elles portent. M. Marès, ayant observé que, dans la région quaternaire comprise entre Brezina et les clayats, il y avait souvent, le long des principaux cours d’eau, des brouillards épais chargés de sables arrachés à leurs berges escarpées et chassés par les vents du nord vers la région d’El-Areg, a pensé que ces brouillards sulïisaient pour expliquer la formation des grandes dunes de cette région. Mais, si l’on compare le volume réel du vide formé par l’ensemble de ces vallées avec le cube énorme des sables qui constituent la région d’El-Areg, on se convaincra facilement que cette explication est inadmissible. Le cube du premier vide est un infiniment petit par rapport au second, et ne saurait dès lors être considéré comme la source qui a fourni les sables des dunes.
- La comparaison que l’on fait de la région des dunes du Sahara avec la surface d’une mer agitée par des tempêtes est parfaitement juste, parce que la masse liquide d’un océan ne se déplace pas en dehors du bassin qui la renferme. De même la masse générale des sables des grandes dunes n’est pas déplacée par les tempêtes les plus violentes. L’air, il est vrai, est obscurci par les sables que soulèvent les vents impétueux, et une faible, très-faible quantité de ces derniers peut être transportée à de très-grandes distances et arrêtée par les obstacles que les vents rencontrent dans leur course échevelée.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- C’est ainsi que s’expliquent ces petits dépôts de sables jaunes qu’on observe sur les flancs des vallées entaillées dans la région dolomitique de la Chebka des Béni Mzab et sur les flancs des chaînes crétacées des environs de La-ghouat, du côté qui regarde le Sahara; mais ces dépôts n’ont qu’une importance très-médiocre, et sont tout à fait insignifiants, si on les compare aux grandes dunes du Sahara.
- Le terrain quaternaire a été soulevé postérieurement à son dépôt dans les eaux de la mer saharienne, et c’est probablement la cause qui a déterminé l’assèchement de cette mer et qui a produit les grandes dépressions à pans abrupts que nous avons signalées (Ouargla, El-Loua). Nous citerons comme preuve le vaste bombement qui sépare la vallée de l’Oued Djeddi de la de-pression de l’Oued Pdiir. Le terrain quaternaire couvre d’une manière con-linue, à partir du Bas Chaab, la ligne de faite qui sépare ces deux dépressions, et se prolonge au nord jusqu’à la lisière septentrionale du Sahara et au S. O. bien au delà de l’Oued Rhir. Cette vaste calotte, qui, au Ras Chaab, est à 880 mètres d’altitude, et, au plateau d’El-Mourara (limite sud de la cuvette de l’Oued Rhir), à i5o mètres d’altitude, a donc subi, à la suite de ce soulèvement, une dénivellation de 780 mètres entre ces deux points.
- Le plateau dolomitique de la Chebka des Béni Mzab forme un vaste îlot entouré de tous côtés par le terrain quaternaire. 11 est très-remarquable que, au nord, à l’est et au sud, son plan forme le prolongement exact du plan général du plateau quaternaire, il n’y a de dénivellation bien sensible que le long de la corniche d’El-Loua. Là, cette dénivellation a plusieurs centaines de mètres de hauteur. On doit supposer que, lorsque la mer quaternaire couvrait l’immensité du Sahara, la Chebka des Béni Mzab formait un récif sous-marin à couches sensiblement horizontales et terminé par des parois plus ou moins abruptes; les dépôts calcaires ou sableux n’ont pu dès lors se former au-dessus de lui, et se sont déposés contre les flancs de ce récif. Ils se sont élevés graduellement jusqu’au niveau de ce récif. Lorsque le fond de la mer saharienne s’est soulevé, le plateau dolomitique s’est redressé vers le N. O. Les couches ont été fracturées plus ou moins profondément; alors se sont formées les grandes vallées de l’Oued Metlili, de l’Oued Mzab, de l’Oued en-Nça, qui se sont prolongées à peu près parallèlement dans la Chebka et dans la région des Guentras. De cette époque date peut-être aussi la formation des nombreux témoins qui sont épars dans la Chebka.
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- CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU PAYS ENTRE NEGOUSSA ET LAGHOUAT. JI7
- Le déplacement des eaux sahariennes, par suite du soulèvement, du tond de la mer, a donné lieu à des courants d’eau d’une violence extrême, qui ont entraîné au loin et réduit en menus débris les blocs dolomitiques détachés de leur base première. A la suite de ce cataclysme, de grandes nappes d’eau ont couvert les vallées récemment creusées de l’Oued Metlili, de l’Oued Mzab et de l’Oued en-Nça. Alors se sont déposées les alluvions anciennes que nous avons signalées dans ces rivières sous le sol de ces oasis. On a vu que, en plusieurs points et notamment entre hl-AteuJ et Bon Noura, ces alluvions anciennes ont tout à fait les caractères minéralogiques du terrain quaternaire du Sahara. Un lait de même ordre se reproduit dans les terrains quaternaires des provinces d’Oran et de Constantine, car il arrive souvent que le long des principaux cours d’eau il y a des terrasses de terrain diluvien ou quaternaire étagées à différentes hauteurs, et marquant des dépôts successifs séparés par des intervalles de temps plus ou moins longs.
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- DEUXIÈME PARTIE.
- CHAPITRE VI.
- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES. .LISIÈRE NORD Dl! SAHARA.
- La région des steppes comprend le vaste territoire qui s’étend du sud au nord, depuis Laghouat jusqu’au pied des montagnes de Boghar;elle se compose d’une série de massifs montagneux, séparés par des plaines quaternaires plus ou moins vastes, couvertes le plus souvent d’alpha, ce qui donne au paysage une physionomie toute particulière, qui a valu à celte contrée le nom sous laquelle ou la désigne ordinairement. Au point de vue de la distribution des eaux courantes, on doit distinguer trois zones principales dans la région des steppes.
- La première, au sud, porte le tribut de ses eaux dans le Sahara. Sa crête culminante est formée, au nord, par le Djebel Sera et le Djebel Djellai, à 'io kilomètres sud de Djella.
- La deuxième, au centre, constitue un bassin fermé, dont les Zahrez Cher-gui et Pdiarbi occupent la partie la plus basse.
- La troisième, au nord, porte dans la Mediterranée le tribut de ses eaux, qui toutes vont se réunir dans le lit du haut Chélif.
- Nous décrirons successivement chacune de ces zones dans l’ordre que nous venons d’énumérer, et en commençant par les terrains les plus anciens.
- 1° TERRAINS CRETACES DES ENVIRONS DE LAGHOUAT. '
- L’étude des terrains crétacés des environs de Laghouat nous permettra de nous rendre compte de la constitution générale de cette zone. Nous ferons en premier lieu celle du Djebel Meïla, qui mérite à tous égards l’attention du touriste et du géologue.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET 1)0 SAHARA.
- inscription <iu DjoM Meïla.
- Le Djebel Meïla, lïg. 43, p. 126, est une montagne du terrain crétacé, située à 8 kilomètres N. O. de Laghouat. Elle présente, à l’extérieur, l’aspect d’un vaste tronc de cône ellipticjue à axe vertical, posé d’une manière complètement isolée sur une plaine horizontale. Lès côtés extérieurs sont inclinés de 45 degrés environ sur cette base. Les couches crétacées qui le composent (calcaires, dolomies et gypses...) dessinent sur la paroi extérieure de ce tronc de cône des courbes parallèles et à peu près de niveau, qui peuvent faire supposer, au premier abord, que les couches sont horizontales; mais, dès qu’on les examine de près, on voit immédiatement qu’il n’en est pas ainsi. Ces couches plongent toutes à l’horizon sous des angles très-variables, selon les points où on les observe. On peut parvenir sur la crête dentelée et sensiblement horizontale de la montagne par un sentier très-difficile, qui aboutit à
- —-0_
- Fig. k\.
- une échancrure de cette crête. Lorsqu’on est parvenu sur cette dernière, on reconnaît que l’intérieur du tronc de cône constitue une vaste cuvette, vers le centre de laquelle convergent toutes les couches. On 11e peut mieux comparer le système de couches du Djebel Meïla qu’à une série de cuvettes de grandeurs décroissantes empilées, les unes au-dessus des autres. Le grand diamètre de la cuvette supérieure est dirigé du S. O. au N. E. Il a 1 4 kilomètres de long, et le petit diamètre 4 kilomètres seulement. Le fond de cette cuvette est un peu irrégulier, par suite des lignes d’affleurement des couches qui ne se relèvent pas jusqu’à la crête de la montagne. Il en résulte plusieurs petites vallées ou dépressions longitudinales, qui convergent vers l’extrémité S. O. de la cuvette. Il y a dans ce point, dans toute l’épaisseur des couches crétacées s’élevant au-dessus du fond de la cuvette, une grande fracture a b c, lïg. 4i, par laquelle peuvent s’écouler les eaux de pluie qui tombent dans l’intérieur de la cuvette. Cette fracture est à angles vifs, ce qui indique qu’elle n’est pas le résultat de l’érosion des eaux. Le phénomène qui a transformé en cuvettes des couches d’abord planes a nécessairement
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- produit des déchirures sur le bord des cuvettes, à cause de l’inextensibilité des couches qui devaient occuper une surface plus grande que par le passé. La crête moyenne du Djebel Meïla est à 60 mètres environ au-dessus de la plaine qui l’entoure, et à 3o mètres environ au-dessus du fond de la cuvette intérieure. L’angle de pente des couches vers le centre de cette cuvette n’est pas le même sur tout le pourtour de la montagne. Il est de 1 5 degrés seulement vers le milieu du côté sud. A partir de ce point il augmente graduellement de part et d’autre, et s’élève à 80 degrés vers le milieu du côté nord de la montagne. A la grande fracture latérale, il est peu éloigné de cette limite.
- La roche dominante sur le Djebel Meïla est une dolomie saccharoïde, jaune à l’extérieur et d’un blanc plus ou moins grisâtre à l’intérieur. Certaines parties forment des bandes étroites de 5 à 10 centimètres, parallèles à la stratification et couvertes d’un enduit gris noirâtre, à éclat gras, et sur lequel on remarque des débris de coquilles bivalves bien mieux que dans les surfaces jaunes. A la base intérieure de la montagne, la roche est colorée en rouge par de l’oxyde de fer; la proportion de carbonate de magnésie y diminue et celle du sable quartzeux augmente. Cette roche présente la composition suivante :
- Chlorures................................................ Traces.
- Sulfate de chaux......................................... ogr,00267
- Carbonate de chaux....................................... o ,5921
- Carbonate de magnésie.................................... o ,0068
- Carbonate de fer. . ..................................... Traces.
- Peroxyde de fer.......................................... o ,o38o
- Argile................................................... o , 125o
- Sable quartzeux.......................................... o ,223o
- Eau...................................................... o ,oo5g
- Tôt ai......................... o ,99337
- Auteur : Ville.
- Les grès quartzeux apparaissent sous les calcaires au pied du Djebel Meïla. La roche analysée montre le passage du grès au calcaire. Au milieu des couches dolomitiques se trouvent intercalées en stratification concordante des couches épaisses de gypse blanc, saccharoïde, remarquables par leur régularité et leur étendue. En montant sur la pente sud du cône extérieur, on
- Composition du calcaire siliceui constituant le Djebel Meïla.
- Gypse stratifie du Djebel Meïla.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Coniposi tioM lu gypse fil njelu-l Meïla.
- traverse une première zone gypseuse de i o à 1 5 mètres d’épaisseur, qui parait régner sur tout le pourtour de la montagne. On ne remarque au contact du gypse aucune trace particulière de bouleversement dans les couches dolo-mitiques encaissantes. En descendant dans l’inlérieur de la cuvette centrale, on trouve une deuxième zone gypseuse de i o à 12 mètres d’épaisseur, qui se poursuit sans interruption à ciel ouvert sur 6 kilomètres de longueur, à partir du milieu de la cuvette jusqu’à la grande fracture d’écoulement poiu-les eaux pluviales. Cette zone se prolonge sans doute aussi jusqu’à l’extrémité N. E. de la cuvette extérieure; mais, de ce côté, elle est cachée par des couches dolomitiques. Du côté S. O. se trouvent plusieurs excavations souterraines dans lesquelles s’engouffre une partie des eaux de pluie tombées dans la cuvette. Elles proviennent probablement des mouvements subis par les couches lors de la production de la cuvette du Djebel Meïla.
- Une troisième zone gypseuse comprise entre les deux précédentes se montre dans l’intérieur de la cuvette centrale. Elle n’est séparée de la deuxième zone que par une faible épaisseur de couches dolomitiques. Son afïleuremenl est au reste fort restreint.
- Ee gypse du Djebel Meïla présente la composition suivante :
- Sulfate de chaux......................................... os,',788y
- Sulfate de magnésie....................................... o ,01/1 l
- Carbonate de chaux........................................ o ,0020
- Peroxyde de fer........................................... o ,00 lo
- Argile.................................................... o ,0020
- Eau....................................................... o ,2o5o
- Totai........................... 1 ,0128
- Autour : Ville.
- Ce gypse est très-pur et a pour formule
- SO3 CaO+ 2HO
- comme le gypse ordinaire.
- Le fond de la cuvette centrale du Djebel Meïla contient quelques petites plaines couvertes de plantes fourragères. Trois ou quatre familles arabes y ont installé leurs tentes pour y faire paître leurs troupeaux. Deux sentiers, d’un accès très-difficile, donnent accès aux animaux. Quant aux hommes, ils
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- peuvent sortir par la grande déchirure du S. O., mais ce n’est qu’avec les plus grandes précautions.
- De grands talus de sables quarlzeux jaunes couvrent le côté N. O. de la cuvette intérieure du Djebel Meïla et s’élèvent presque jusqu’à la crête de la montagne. Sur le côté S. E. de la cuvette il n’y a pas un grain de sable; il n’y en a pas non plus dans le milieu de la cuvette. Comme les couches qui affleurent dans cette cuvette se composent de gypses et de dolomies, on voit que les sables ont dû être apportés du Sahara par les vents cl’est et de sud-est; après avoir Franchi la crête S. E du Djebel Meïla, ils ont été arrêtés par la crête N. O. et sont tombés de proche en proche jusqu’au fond de la cuvette. Ils ont ainsi formé des talus qui ont été approvisionnés par le haut, au lieu de l’être par le bas comme cela arrive ordinairement.
- il y a également des talus de .sables au pied du revers extérieur S. E. du Djebel Meïla. Ces sables ont été également arrêtés par le revers S. E. de la montagne. 11 nous paraît difficile d’admettre qu’ils proviennent de la désagrégation des dolomies cristallines qui constituent presque tout le massil supérieur du Djebel Meïla. C’est donc un phénomène différent de celui qui a produit les dunes stratifiées d u Sahara. Celles-ci sont dues à un dépôt formé dans le sein de la mer saharienne, tandis que les talus de sables si fréquents sur les flancs des massifs dolomitiques des environs de Laghouat nous paraissent devoir être attribués à faction des vents.
- Au pied du versant S. E. du Djebel Meïla, on remarque, sur la rive droite de l’Oued Metlili, des marnes vertes et lie de vin intercalées entre des bancs de grès rougeâtres inférieurs aux assises dolomitiques. Ces marnes se divisent parfois en petites parties plates; d’autres fois elles se divisent en gros fragments, à cassure conchoïdale ; elles renferment intercalées des couches de calcaire verdâ tre, subcristallin.
- Voici la composition de ces marnes :
- Argile :
- Eau combinée.......................................... 0^,0570
- Silice combinée....................................... o ,3970
- Alumine............................................... o ,1740
- Protoxyde de fer...................................... o ,o558
- Allias de sables apportés par les vents dans l'intérieur de in cuvette du Meïla.
- Composition des marnes crétacées du Djebel Meïla.
- A reporter,
- 0 ,6838
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Report....................... ogr,6838
- Oxyde de manganèse...................................... Traces.
- Magnésie................................................ o ,0198
- Chaux................................................... o ,0023
- Argile........... o ,7059
- Carbonate de chaux..................................... o ,1290
- Carbonate de magnésie.................................. o ,io46
- Carbonate de fer....................................... 0 ,0000
- Cai'bonates...... 0 ,2 386
- Chlorure de sodium...................................... o ,oo33
- Eau hygrométrique et combinée........................... 0 ,1100
- Total............................ 1 ,0008
- Densité.......................... 2 ,33
- Auteur : Simon.
- On a dans l’argile :
- Oxygène contenu.
- Silice ogr,397 . . . , ogr,2o63o — 10
- A1203 0,17/1 . . . . 0 ,08160 — 4
- CaO O ,0023 . . . . , . . ogr,00066 j 1
- MgO 0 ,0198... . . „ . 0 ,00768 > 0 ,02074 — 1
- FeO 0 ,o558. . . . . . 0 ,01240 i 1
- HO 0 ,0870. . .. 0 ,o5o66 — 2 .
- Ce qui correspond à la formule
- 4(2Si03Al203) + 2Si033(FeO, MgO, CaO)-b7,00HO. Pour les carbonates on a :
- Oxygène contenu.
- CaO ogr,072 2 ogr,02060
- MgO 0 ,o5o6 0 ,01963 )
- FeO 0 ,oo36 0 ,00080 j
- Ce qui donne la formule ordinaire des dolomies
- C02Ca0 + C02Mg0.
- Ainsi la dolomie, qui est si fréquente dans les terrains secondaires des
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- environs de Laghouat, paraît être un dépôt formé en même temps que les
- diverses couches de marnes, grès, gypses, calcaires.
- A l’extrémité extérieure de la grande fracture S. O. du Djebel Meïla et en contre bas des dernières couches qui n’ont pas été déchirées , se trouve une source abondante qui sert à l’arrosage d’un jardin. Elle débite 5 ou 6 litres par seconde d’une eau très-limpide, alimentée sans doute par les eaux pluviales qui s’engouffrent dans les cavités naturelles qui ont été signalées dans les couches de gypse de l’intérieur de la cuvette. Ces cavités se continuent à travers les couches calcaires et dolomitiques jusqu’au point d’émergence de la source; elles fournissent à cette dernière d’autant plus d’eau, que les pluies sont plus fréquentes dans la cuvette. Le sol du jardin, arrosé par la source, est formé par une terre argilo-sableuse verte, remplie de petits filets blancs de sulfate de chaux. Le plâtre augmente à mesure qu’on se rapproche du bouillon de la source. Là il constitue un dépôt farineux, blanchâtre, de î mètre à im,5o d’épaisseur; il commence sur un bloc de dolomie ayant 3 ou 4 mètres cubes, et détaché de la montagne. Cette circonstance indique que le dépôt de gypse farineux est postérieur à la formation de la grande fracture de la cuvette du Djebel Meïla. En aval du gypse, on trouve des blocs de travertin disséminés à la surface des couches de grès crétacés blancs et rouges. Ces blocs résultent de la brisure sur place d’une couche de travertin d’un mètre d’é-
- Source abondante à l’extrémité S. O. du Djebel Meïla.
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- EXPLORATION Dü BENI MZAB ET DU SAHARA
- CuvcUo traversin» par l’Oued Djndrii on
- mont do Lagiiount
- paisseur. Nous avons observé un autre dépôt de gypse farineux diJ pied du revers extérieur S. E. du Djebel Meïla.
- La figure [yi est une coupe en travers de la cuvette du Djebel Meïla, par un plan mené du N. E. au S. O. Elle in- indique la disposition respective des couches de gvpse et de dolomies et des talus intérieur et extérieur de sable. On voit que les couches inférieures du Djebel Meïla reposent en stratification concordante au-dessus des couches du Djebel Laze-reg. Sur les bords de l’Oued Lazereg, nous avons trouvé dans une couche de calcaire gris compacte un banc de très-petites huîtres et deux oursins.
- Ea figure 4o est une perspective du Djebel Meïla prise de la coupure de l’Oued. Messaacl à travers le Djebel Tisgrarine.
- On voit que la crête supérieure b b du Djebel Meïla est sensiblement horizontale et qu’elle se termine par des pans abruptes.
- a est la chaîne du Djebel Lazereg, cpii dépasse la hauteur du Djebel Meïla.
- r est la fracture par laquelle les eaux de la cuvette intérieure du Djebel Meïla se déversent au dehors.
- dd sont les talus des sables qui régnent le long du revers
- uvien au
- extérieur S. E. du Djebel Meïla.
- Les détails cpii précèdent montrent que le Djebel Meïla est très-remarquable par sa forme et par sa constitution géologique. il est. caractérisé par la disposition en cuvettes concentriques des couches qui le composent et par la puissance, la régularité et l’étendue des couches de gypse intercalées en stratifications concordantes dans les dolomies crétacées. En étudiant avec soin les Djebels Rous el-Aïoun, Zebecha, Dalda et Moudloua, situés entre le Djebel Meïla et Laghouat, on reconnaît que ces quatre chaînes de montagnes appartiennent à un même système de cuvettes qui, au lieu d’être simplement elliptiques comme celles du Djebel Meïla, ont éprouvé, en un point de leur pourtour, un étranglement qui leur' donne la forme grossière d’un huit de chiffres )• L’étrangle-
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- menl correspond à la coupure traversée par l’Oued Djeddi, ainsi que ie montre le croquis ci-dessous, lig. 44-
- N. m.
- Le Djebel Rous ei-Àïoun est une crête rocheuse représentant un prisme à section triangulaire abc, lig. 45, reposant sur le sol par sa grande lace rectangulaire a a" cc.
- Djebel lions el-Aïoun. .
- Fig. 45.
- Son axe est dirigé du N. E. au S. O.; sa crête est une ligne faiblement ondidée qui plonge légèrement au S. O. et se perd sous le terrain quaternaire. Cependant un bombement de ce terrain indique quelle se relie sou-terrainement avec l’extrémité S. O. de la crête du Djebel Moudloua, qui va se perdre également sous le terrain quaternaire.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- •pBess^ panQ
- Le revers S. E. du Djebel Pious el-Aïoun est incliné à 45 degrés, tandis
- que le revers N. E. est incliné à 1 2 ou 1 5 degrés seulement.
- La coupure de l’Oued Messaad permet d’étudier la structure intérieure de cette montagne, dont les couches plongent de 1 5 à 20 degrés au N. O. m.
- A la base on trouve des grès quartzeux rougeâtres ; au-dessus viennent des marnes vertes, et enfin, à la partie supérieure, des dolomies semblables à celles du Meïla.
- Ces couches se plient en cuvette par-dessous le diluvium de l’Oued Messaad et se relient souterrainement à celles du Djebel Moudloua. Auprès de l’Oued Djeddi, l’on voit affleurer une zone de gypse de 1 o mètres d’épaisseur sur le revers S. E. du Djebel Rous el-Aïoun; elle est interca-lée dans les dolomies. Cette zone n’est pas entièrement formée de gypse : elle est associée à des marnes. Le gypse se présente sous divers états :
- i° En couches régulières homogènes de plus d’un mètre d’épaisseur. Il est alors d’un blanc grisâtre, à texture saccharoïde. On l’exploite à ciel ouvert pour les besoins de Lagbouat ;
- 20 En couches de 3 à 4 centimètres d’épaisseur, alternant avec des assises minces de marnes vertes.
- Parmi ces couches, les unes se composent de fibres blanches normales à la stratification; les autres, de cristaux lenticulaires d’un brun noirâtre de 1 à 2 centimètres de long. On peut suivre cette zone
- •unoiy-p si>oy jaqafa <
- Y1
- s
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- gypseuse sur plus d’un kilomètre de long. A l’ouest, elle se cache sous les dunes de sables qui grimpent sur le flanc S. E. du Djebel Rous el-Aïoun. Les marnes vertes qu’on observe à la coupure de l’Oued Messaad sont sans doute le prolongement de la zone gypseuse qui se montre auprès de l’Oued Mzi. Seulement nous n’avons pas reconnu l’existence du gypse crétacé sur les bords de l’Oued Messaad.
- Le Djebel Zebecha, qui a la forme d’un demi-cercle de 12 kilomètres de diamètre, constitue, sur la rive gauche de l’Oued Djeddi, le prolongement du Djebel Rous el-Aïoun. Il est facile de voir sur place la liaison intime qui existe entre les couches de ces deux chaînes; c’est une fracture des couches et non pas une ondulation qui a donné passage aux eaux de l’Oued Djeddi. C’est ce que montre la coupe ci-dessous, fig. 47-
- Terrain crétacé.
- Fig. 47.'
- La zone gypseuse du Rous el-Aïoun se prolonge à l’ouest sur le Djebel Zebecha, qui doit son nom à sa grande richesse en pierre à plâtre.
- L’extrémité nord du Djebel Zebecha se relie d’une manière continue avec l’extrémité nord-est du Djebel Dakla.
- Le Djebel Dakla présente une direction sensiblement rectiligne du S. S. O. au N. N. E. Les couches y plongent à l’E. S. E. de 70 à 80 degrés. Sur le Djebel Zebecha les couches sont pliées en forme de cuvette; leur inclinaison converge vers le centre de la plaine diluvienne comprise entre le Djebel Dakla et le Djebel Zebecha; elle est, en général, de 1 5 degrés dans la partie S. O. de la montagne; mais elle augmente à mesure qu’on se rapproche du Djebel Dakla, de manière à atteindre l’angle de pente des couches de cette dernière chaîne.
- La coupe ci-après, fig. 48, menée du N. O. au S. E. transversalement à la cuvette comprise entre le Djebel Dakla et le Djebel Zebecha, montre la
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- liaison qui existe entre ces deux chaînes de montagnes. Cette cuvette est ouverte à l'extrémité S. O. et se relie à celle qui est comprise entre le Djebel Rous el-Aïoun et le Djebel Moudloua.
- Le revers S. E. du Djebel Dakla est recouvert de talus de sables jaunes, quart-zeux, de même que le revers S. E. du Djebel Meïla. Ces talus sont dus sans doute à la même cause, c’est-à-dire à l’action des vents soufflant des régions S. et S. E. du Sahara, et qui viennent frapper le revers S. E. du Djebel Dakla après avoir franchi la crête du Djebel Zebecha.
- Un sentier qui part du fond de la cuvette comprise entre le Djebel Zebecha et le Djebel Dakla conduit sur le revers N. O. du Djebel Dakla, en passant par un col assez déprimé. On remarque dans le lit du ravin qui descend dans Je col de nombreux troncs d’oliviers sauvages très-rabougris. En descendant sur le revers N. O. du Djebel Dakla, on retrouve la zone marno-gypseuse intercalée dans les dolomies crétacées; cette bande se cache vers le S. O. sous les débris roulés de la crête de la montagne; puis elle passe au-dessous du niveau du sol et se perd sous le terrain diluvien de l’Oued Metlili. On remarque, en effet, que la crête du Djebel Dakla s’abaisse progressivement en marchant du N. E. au S. O., et cela explique pourquoi l’on ne voit pas de plâtre sur le Djebel Dakla à la coupure que franchit l’Oued Metlili.
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- Dans la coupure de l’Oued Metlili le Djebel Dakla est formé par une série de couches dolomitiques dirigées N. 76° E. m. et plongeant au S. 1 5° E. m. presque verticalement.
- Laroche est d’un blanc grisâtre à l’intérieur, à texture saccharoïde. L’extérieur est couvert d’un faible enduit jaunâtre venant de la décomposition du carbonate de fer. Sur la tranche des couches on observe des rognons alignés dans le sens de la stratification. La surface extérieure de ces rognons est d’un gris noirâtre et lustré et présente de nombreuses empreintes de coquilles. L’intérieur est, au contraire, d’un gris jaunâtre clair. Les sables jaunes s’amoncellent sur le revers S. E. de cette petite chaîne, qui a une centaine de mètres de large et 20 à 3o mètres de haut, et sont poussés parles vents jusque sur la ligne de faîte. Parvenus là, ils retombent de l’autre côté de la chaîne, ainsi que l’indique la figure ci-dessous.
- S. E N. O.
- Après la coupure de l’Oued Metlili, le Djebel Dakla se prolonge jusqu’à l’Oued Mzi, où il s’arrête brusquement. A partir de ce point, il existe une lacune de 8 kilomètres de longueur entre le Djebel Dakla et le Djebel Moud-loua; mais la continuité des couches entre ces deux chaînes n’en existe pas moins au-dessus des sables qui ont envahi la vallée de l’Oued Mzi. Cette continuité est démontrée, en effet, par l’existence d’une petite chaîne rocheuse de 200 mètres de longueur, qui se trouve au milieu de cette lacune et qui relie les deux chaînes principales l’une à l’autre. Ce rocher se compose de dolomies saccharoïdes, dont les couches sont dirigées N. 58° E. m. et plongent de 5o degrés au S. 32° E. m. Sa crête s’élève de 20 mètres environ au-dessus du plan général des dunes de sables. Ceux-ci sont poussés par les vents jusqu’à la cime du rocher et menacent de l’engloutir.
- Le Djebel Moudloua (mère des côtes) doit son nom à sa configuration.
- 17.
- Djebel Moudloua.
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- 132
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Les Arabes Font comparé à une colonne vertébrale en raison de sa forme. C’est un long prisme à base triangulaire, qui repose sur le sol par sa face latérale rectangulaire la plus grande. Sa crête s’affaisse à droite et à gauche d’un point médian qui s’élève à 80 mètres environ au-dessus de la plaine quaternaire qui entoure la montagne.
- Cette chaîne se compose principalement de couches de dolomie semblable à celle du Djebel Tisgrarine et du Djebel Meïla. Le Djebel Moudloua forme une muraille rocheuse rectiligne de 20 kilomètres de longueur, dirigée d.u N. O. au S. E. Aux deux extrémités, la crête s’infléchit en fer à cheval. Les couches pendent sous un angle de 70 degrés environ vers le centre de courbure de la courbe de direction moyenne, et elles constituent un fond de
- - Terr. quai.
- Terr. quat.'
- e r r a i
- crétacé,
- Fig. 5o.
- Zone gypseuse sur ie revers N. O. du
- Djebel Moudloua.
- cuvette avec les couches dolomitiques du Djebel Rous el-Aïoun. Cette cuvette n’est pas fermée vers le S. E.; mais une ligne de collines, très-peu sensibles il est vrai, au-dessus de la plaine quaternaire, établit la liaison souterraine qui existe entre les extrémités S. E. du Djebel Moudloua et du Djebel Rous el-Aïoun.
- La zone gypseuse qui a été signalée sur le revers N. O. du Djebel Dakla se retrouve également sur le revers N. O. du Djebel Moudloua. Nous en avons constaté la présence sur la rive droite de l’Oued Mzi. Cette zone, qui a 3o mètres environ d’épaisseur, se décompose en trois bandes de gypse blanc intercalées dans les dolomies. Au-dessous se trouvent des grès plus ou moins sableux, soit blancs, soit rouges, alternant avec des marnes vertes où nous avons recueilli un catopygus.
- Le grès blanc a la composition suivante :
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- ZONE MERIDIONALE DE LA REGION DES STEPPES.
- 133
- Chlorures................................................. o"r,ooo 12
- Sulfate de chaux. ........................................ o ,00/196
- Carbonate de chaux........................................ o .284&0
- Carbonate de magnésie..................................... 0 ,00/j5o
- Argile.................................................... o ,12000
- Sable..................................................... o ,585oo
- Eau, matière organique.................................... Traces.
- Cumposkiuii ilu grà's crét.ico <l.i
- Djebel Momllnnn.
- Total
- ,00298
- Auteur : Ville.
- Ce grès renferme une proportion notable de carbonate de chaux, qui lui constitue un ciment à texture saccharoïde.
- Sur la crête du Djebel Moudloua, on observe dans les dolomies saccha-roïdes des moules en relief de fossiles nombreux et très-informes, qui paraissent être des caprotines. Ces moules font saillie sur le plan de la couche dolomitique et sont colorés en noir à la surface extérieure seulement.
- Si l’on rapproche tout ce que nous avons dit au sujet de l’allure et de la composition des couches des quatre chaînes du Pious el-Aïoun, Zebecha, Dakla et Moudloua, on conclura avec nous quelles forment une seule et unique cuvette étranglée vers le tiers antérieur, de manière à former un huit de chiffres. De même que celle de Meïla, celte cuvette est remarquable par la puissance, la régularité et l’étendue des couches de gypse qu’elle renferme. Le gypse y forme une grande assise associée aux dolomies grises qui constituent la partie supérieure de ce système de cuvettes.
- Les lacunes qui interceptent la continuité des chaînes des Djebels Moudloua, Dakla, Zebecha et Rous el-Aïoun, ont permis au terrain quaternaire de se déposer dans la grande cuvette comprise entre ces quatre chaînes.
- L’Oued Messaad occupe le thalweg de la plaine quaternaire comprise entre le Djebel Moudloua et le Djebel Rous el-Aïoun. A l’extrémité N. E. du Djebel Moudloua, l’Oued Mzi est encaissé entièrement dans les grès crétacés; il coule à ciel ouvert; il débite 5o à 60 litres par seconde d’une eau très-limpide qui se perd en aval dans les sables. Sur la rive gauche de la rivière, on observe, à la partie supérieure de la berge, 2 mètres d’épaisseur de diluvium formant un plateau ab incliné de 2 à 3 degrés vers le nord, ainsi que T'indique la coupe ci-après, fig. 5i.
- Fossiles sur la créle du
- Djebel Moudloua.
- Terrain quaternaire de la cuvette comprise entre Jes Djebels Moudloua, Dakla, Zebecha
- et Rous el-Aïoun.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA,
- J 34
- Entre le pied N. Ë. du Djebel Moudloiuqet le pied S. O. du Djebel Dalda, la vallée de l’Oued Mzi est entièrement obstruée par les sables, et la rivière coule souterrainement. Une partie de ces sables est apportée parles vents d’est et passe à travers les échancrures qui découpent la crête de Rous el-Aïoun ; mais la majeure partie appartient au terrain quaternaire de l’Oued Mzi; elle forme des dunes plus ou moins élevées, dont les unes ont leur surface légèrement mobile sous Faction des vents, et dont les autres sont fixées par une végétation de chiendent, de thym et d’un arbuste à très-longues racines et à longues feuilles cylindriques. On trouve disséminés entre les dunes de petits bas-fonds humides qui se tapissent de plantes fourragères. La cuvette com-
- prise entre le Djebel Dakla et le Djebel Zebecha est traversée par un ravin qui va se jeter dans l’Oued Mzi, en coulant du N. N. E. au S. S. O. Elle est recouverte par le terrain quaternaire, qui forme des couches régulières, plongeant légèrement vers le lit du ravin central; en amont, la rive droite de ce ravin est en entier dans la dolomie. La rive gauche, au contraire, présente une terrasse quaternaire, où l’on observe, à la partie supérieure, i mètre environ de calcaire d’un blanc jaunâtre, très-dur dans les zones extérieures. Au-dessous viennent 3 ou 4 mètres de poudingue à pâte calcaire blanchâtre et à noyaux divers provenant du terrain secondaire (calcaires, dolomies, silex), cuvette formée Le Djebel Tisgrarine et le Djebel Schreiga forment, à Laghouatmême, une ieDjebel Tisgrarice troisième cuvette incomplète, ouverte vers le S. E. La chaîne du Djebel Tisgra-ie njebei Schrcige. rine, dont la largeur est de 200 mètres environ, présente la forme d’un prisme
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 135
- à jxi.se triangulaire de 4 kilomètres environ de longueur couché sur une de ses faces latérales, et dont la ligne de faîte constitue une sorte de lame de couteau plus ou moins ébréchée, s’élevant à 5o mètres environ au-dessus du sol quaternaire environnant; elle est située sur la rive droite de l’Oued Mzi, qui descend du Djebel Amour et prend, à partir de Laghouat, le nom d’Oued Djeddi, qu’il conserve jusqu’au chott Melrhir. Elle est dirigée du N. 76° E. m. au S. 76° O. m. comme les couches dolomitiques qui la composent. Celles-ci plongent fortement au S. 1 5° E. m. ; elles se poursuivent au delà de Laghouat sur la rive gauche de l’Oued Djeddi et forment la petite chaîne du Djebel Schreiga, dont la constitution est presque en tout semblable à celle du Djebel Tisgrarine. 11 n’y a de différence qu’en ce que la crête du Djebel Schreiga est à peu près dirigée E. O. et que les couches dolomitiques y plongent au sud.
- Les axes de ces deux, petites chaînes se rencontrent sous un angle moyen de 1 2 5 degrés ouvert vers le sud. Dans les carrières ouvertes par le génie militaire sur le Djehel Tisgrarine pour l'exploitation de la pierre à chaux, on a trouvé des moules d’ammonites, des empreintes de poisson et des vertèbres (le reptile.
- Les parties de roche qui, à l’extérieur, sont colorées en noir, sont pétries de moules de Vénus et d’Astarté indéterminables.
- Nous donnons ci-dessous la composition de divers échantillons recueillis sur le Djehel Tisgrarine.
- DÉSIGNATION DK S SUBSTANCES. DOLOMIE GUISE. 1 DOLOMIE d’un Rl.ANC JATÎAÀTUF.. 3 DOLOMIE d’un BLANC JAUNÂTRE. 3 BOCHE DOLOMITIQUE BLANCHE. h
- Chlorures Traces. n // Traces.
- Sulfales Traces. i\ //
- • Carbonate de chaux ogr,556o oBr,533o ogr,546o osr,763o
- Carbonate de magnésie 0 ,4084 0 ,3975 0 ,3907 0 ,2/108
- Carbonate de fer 0 ,oo3o 0 ,0217 0 ,0240 0 ,oo3o
- Argile ferrugineuse 0 ,0080 0 ,o33C> O ,0203 0 ,00 !0
- Silice gélatineuse n 0 .,001 G 0 ,003 3 0 ,oo3o
- A reporter 0 ,9734 0 ,9874 0 ,9943 t ,0108 .
- Djebel Sihniga.
- Kossiles crétacés dn
- Djebel Tisgrarine.
- Coinpnsi lion des roches doiomitiqii' du
- Djehel Tisgrarine.
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- 136 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. DOLOMIE GRISE. 1 DOLOMIE (l’un BLANC JAUNATRE, 2 DOLOMIE d’un BLANC JAUNATRE. 3 ROCHE DOLOMITIQUE BLANCHE. h
- Report Eau combinée Eau hygrométrique osr,g754 o ,0147 oBr,9S74 0 ,0071 °«r,9943 0 ,oo53 1 B\o108 Traces. 0 ,0020
- Tôt ai o ,9901 0 ,9945 0 -999*3 1 ,0128
- Densité 2 *699 J; // II
- Oxygène contenu clans la chaux.. . 0^,0890 2 3 oBr,oS53 — 1 1 o8\o874 — 1 1 ogr, 1 220 — 2.68
- Oxygène contenu clans la magnésie. 0 ,0767 ] 0 ,0746 1 0 ,0762 ] 0 ,o/i5o ] f
- Oxygène contenu clans le protoxyde > 20 > 10 [ 10 ( ‘
- de fer O ,OOO/l ) 0 ,oo3o ) 0 ,oo33 ) 0 ,oooi J
- Auteurs Viet.e. De Mahigny. De Makignv.
- Les échantillons n05 i, 2 et 3 peuvent être considérés comme un mélange de dolomie ordinaire, C02CaO+ C02MgO, avec une peiite quantité de carbonate de chaux, qui est le dixième environ du carbonate de chaux total contenu dans la substance.
- Le n° 4 diffère des précédents en ce qu’il renferme une proportion de carbonate de chaux plus forte, et qui s’élève à 63 pour 100 du carbonate de chaux total contenu dans la substance.
- Toutes ces roches ont une texture intérieure saccharoïde. Elles sont couvertes, à l’extérieur, d’un enduit jaunâtre provenant de la décomposition du carbonate de fer.
- o,>a, „o,r La pointe N. E. du Djebel Tisgrarine présente, sur ses deux flancs et le
- ,i, M.a^-anes,. iong ^ rivière, un gîte minéral assez curieux. Ce gîte se compose d’une U, njoiioi Tisjîr.iri.io. matière colorée en noir par de l’oxycle de manganèse associé à du gypse, et alternant en zones parallèles avec une matière jaune, tantôt sableuse, tantôt compacte. Dans ce dernier cas, cette matière jaune est cristalline et à surface extérieure testacée. Sa cassure en travers présente des aiguilles cristallines très-fines, où l’on distingue diverses zones parallèles à la surface extérieure. Cette manière d’être indique que cette matière jaune, de même que l’oxyde de manganèse, est le dépôt d’une ancienne source minérale aujourd’hui éteinte.
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- Les vides qui lui donnaient jadis passage ont dû être considérables, car on observe plusieurs dépôts irréguliers, d’un mètre d’épaisseur sur 8 à 10 mètres de longueur. Ces dépôts tantôt coupent obliquement la stratification des couches calcaires et cloiomitiques, et tantôt s’insinuent entre les joints de stratification.
- Voici la composition de la partie gypseuse et manganésée :
- Chlorures........................
- Sulfate de chaux.................
- Sulfate de magnésie..............
- Carbonate de chaux...............
- Carbonate de magnésie............
- Oxyde de cuivre..................
- Peroxyde de manganèse............
- Peroxyde de fer..................
- Alumine..........................
- Argile...........................
- Sable quartzeux..................
- Silice gélatineuse soluble dans l'eau Eau..............................
- Traces. os‘,4246 o ,0032 o , 2 5 /| o o ,0197 Traces, o ,0800
- o ,0270
- o ,o46o 0 ,0090 o ,oo65 o ,1108
- Composition
- gypse manganésifè en filou sur
- le Djebel Tisffrarii
- Total
- o ,9808
- Auteur : Villk.
- Auprès du dépôt manganésifère, on remarque du calcaire à tissu subcris- Marbre «rven»
- laliin, café au lait, veiné de parties rouges se fondant bien clans la masse. 11 DjeMTi"Sra>i,u
- est susceptible de poli et donnerait du marbre cervelas qui pourrait être utilisé dans la décora tion des constructions publiques de Laghouat. On en trouve de semblable sur le Djebel Dakla.
- La coupe théorique ci-dessous, fig. 52 , montre que les différentes cuvettes que nous avons décrites se lient les unes aux autres par des ondulations du sol. A ces ondulations se sont ajoutées plus tard des lignes de fractures faites sans doute à des épocpies successives dans des directions déterminées parallèles à divers systèmes de montagnes. Le croisement de ces lignes de fractures a produit ainsi des massifs polygonaux isolés les uns des autres.
- Ceux-ci ont résisté en tout ou en partie aux violents arrachements cpii ont imprimé à la contrée le relief général qu’elle présente aujourd’hui.
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- EXPLORATION DIJ BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Si l’on jette les yeux sur la carte on trouve au S. O. de Laghouat deux autres grandes cuvettes :
- i° Le Djebel Djelouag, dont la cuvette s’ouvre largement vers le sud; Cuvette crétacée 2 0 Le GuernMtaa Aouta, dont la cuvette presque complète a une grande
- pjebei Aouata. analogie de forme avec celle du Djebel Meïla.
- s
- O
- Terrain quaternaire.
- Terr. quai.
- Terr. quai.
- r é t
- Le profd ci-dessous, fig. 53, indique le relief que le Djebel Aouta présente à l’observateur placé sur le sommet du Djebel Moudloua. On voit qu’il est à peu près le même que celui du Djebel Meïla donné page 126.
- Crête du Djebel Aouata.
- Fig. 53.
- Cuvette crétacée du
- Djebel Boukbaïl.
- La nouvelle carte de l’Algérie au 0 , publiée en 1855 par le Dépôt de la guerre, montre que le Djebel Boukhaïl, qui de loin présente la même forme que le Djebel Meïla et le Djebel Aouata, se compose également d’un ensemble de cuvettes analogues à celles des environs de Laghouat.
- Le relief de ce massif montagneux permettait donc, a priori, de placer le Djebel Boukhaïl dans le terrain crétacé. Cette prévision de nos études géologiques dans la région des steppes a été confirmée par M. Marès, qui a visité le Boukbaïl et y a constaté les divers étages crétacés suivants : i° Le terrain néocomien à la partie inférieure du Boukhaïl;
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- 2° La craie cliloritée à la partie moyenne du Boukhaïl auprès d’Amora. bile se retrouve aussi un peu à l’est dans le prolongement de cette chaîne;
- 3° La craie blanche à la partie supérieure du Boukhaïl; elle est caractérisée par ,les fossiles suivants :
- Nerinea Paris!..(Coq.) — Craie marneuse.
- Holectypus Serialis. (Desh.) — Craie marneuse.
- Plicatula Desjardinsi. (Coq.)— Craie blanche supérieure.
- Plicatula Ferryi. (Coq.) — Craie blanche supérieure.
- La grande analogie de formes qui existe entre les cuvettes crétacées des environs de Laghouat et celle du Djebel Boukhaïl permet de supposer que toutes ces cuvettes appartiennent à un même système géologique, et que dès lors on doit y retrouver les mêmes étages. Il est donc probable qu’aux environs de Laghouat la partie supérieure essentiellement dolomitique appartient à la craie blanche, ce qui la rapproche des dolomies de la craie blanche du Béni Mzab. La partie inférieure du terrain crétacé des environs de Laghouat appartient probablement aux étages de la craie cliloritée et du terrain néocomien. M. Marès a, du reste, constaté l’existence de la craie cliloritée auprès de Laghouat sur les Djebels Meïla, Zebecha, Pious el-Aïoun et Schreiga, et celle du terrain néocomien sur le Djebel Lazereg.
- Le plissement des couches en forme de cuvette et l’abondance des dolomies et des gypses en couches régulières et concordantes pour la stratification sont les traits les plus remarquables du terrain crétacé des environs de Laghouat.
- Ce système de vastes cuvettes appartenant aux couches crétacées permet de supposer qu’il existe, dans leur intérieur, des nappes souterraines susceptibles de jaillir parfois à la surface du sol. Ainsi la source qui émerge au pied de l’extrémité du Djebel Meïla est alimentée par une nappe souterraine contenue dans la cuvette du Meïla. Pour la grande cuvette traversée par l’Oued Mzi, le point le plus convenable pour l’établissement d’un sondage serait dans le centre du bassin quaternaire compris entre le Djebel Moud-loua et le Djebel Rous el-Aïoun et près des bords de l’Oued Messaad. On sait, en effet, que les crêtes de ces deux chaînes plongent vers le S. O. et se cachent sous le terrain quaternaire. Le thalweg souterrain de la cuvette crétacée, plongeant dans le même sens, doit aussi entraîner les eaux souter-
- Possiliililè J'olitenir des eaui jaillissantes dans le système des
- cuvettes crétacées des
- nvirons de Laghouat
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- raines vers le S. O. Toutefois, comme les affleurements des couches crétacées sur le bord extérieur de la grande cuvette coupée par l’Oued Mzi n’occupent qu’une superficie très-restreinte, que la quantité d’eau de pluie qui tombe annuellement sur ces affleurements est ordinairement assez petite, et qu’en outre leur perméabilité est très-faible par suite de la forte pente des talus extérieurs de la cuvette, on ne doit pas se dissimuler que les sources jaillissantes qu’on pourrait peut-être obtenir ainsi n’auraient qu’un très-faible débit, et dès lors ne seraient que d’une très-médiocre utilité au point de vue agricole. Ces sondages, du reste, n’auraient pas une très-grande profondeur; ils devraient traverser cl’abord le terrain quaternaire, dont l’épaisseur nous est inconnue, mais ne dépasserait pas probablement une cinquantaine de mètres, parce qu’on serait sur la lisière du terrain quaternaire. Ce terrain pourrait fournir lui-mème de faibles sources ascendantes dans la vallée de l’Oued Messaad. Pour arriver à la nappe crétacée il faudrait traverse!' la grande assise supérieure des dolomies, et arriver dans l’étage des marnes vertes et des gypses. On ne dépasserait pas sans doute 70 à 80 mètres de profondeur dans le terrain crétacé, ce qui ferait une profondeur totale de 120 à 100 mètres, dans un terrain dur ne présentant pas de grandes difficultés de travail.
- 2° ROUTE DE LAGHOUAT À DJELEA.
- La roule de Laghouat à Djelfa remonte d’abord la vallée de l’Oued Mzi jusqu’au pied du Djebel Ilamra, qui est le prolongement S. O. du Djebel Dakla. Le sol de la vallée est couvert de sables jaunes, quartzeux, qui, au pied du Djebel Hamra, se mélangent de petits cailloux roulés de calcaire d’un noir bleuâtre, à angles souvent peu émoussés, de calcaire gris, compacte, degrés gris, durs. Ce sont des sables quaternaires qui se relèvent en pente douce contre les couches crétacées, verticales, du Djebel Hamra, que l’on traverse parla coupure de l’Oued Methli, affluent de la rive gauche de l’Oued Mzi. Le cours de l’Oued Metlili, en amont de cette coupure, est entaillé dans le calcaire zoné, sorte de carapace jaunâtre qui sert parfois de gangue à du poudingue quaternaire:
- A 12 kilomètres nord de Laghouat, on trouve l’un des plus élégants postes-cafés des routes du sud de l’Algérie ; il est si tué sur la rive droite de
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 141
- l’Oued Mellili, qui coule ici au pied du massif crétacé qui longe sa rive gauche.
- Un puits a été creusé auprès du poste-café dans le lit de l’Oued Metlili.
- Le niveau de Peau sous le sol est à........................ i6m,5o
- La hauteur d’eau est de.................................... 3 ,5o
- La profondeur totale du puits est de....................... 20 ,00
- L’eau a bon goût et une température de 19 degrés; elle est fournie par des grès crétacés, rouges, qui forment, sur la rive gauche de l’Oued Metlili, un affleurement très-restreint, où les couches plongent légèrement au N. m.
- Terrain quaternaire.
- in quaternair.
- Subies.
- ê t a c
- Fig. 54.
- Au-dessus des grès crétacés viennent des sables jaunes, quartzeux, avec petites concrétions calcaires, à cassure compacte, d’un blanc grisâtre, et des cailloux roulés de calcaire bleu crétacé. Ces sables sont couronnés par une. plate-forme de calcaire concrétionné, d’un blanc jaunâtre ou brunâtre, qui, parfois, est à l’état de concrétions disséminées dans les sables jaunes. C’est tout le faciès du terrain saharien situé entre Laghouat et le Ras Besbaïer. Les couches quaternaires sont faiblement inclinées et se relèvent légèrement contre le Djebel Dakla, au sud, et contre le Djebel Meï]a, au nord, de manière à former un fond de cuvette, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus.
- L’épaisseur du terrain quaternaire est de 8 à 10 mètres au plus sur les bords de l’Oued Metlili, et sa largeur totale d’environ 2 kilomètres entre le Djebel D^kla et le Djebel Meda; il forme plusieurs terrasses étagées. La vallée abccl de l’Oued Metlili a été entaillée dans le terrain quaternaire et a été comblée en partie par un poudingue ancien ab, cd, analogue à celui qui longe
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- aval el-Hainra.
- sur
- le bord nord naval rl-Humra
- 142 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- parfois le lit des vallées principales de la Chebka des Béni Mzab. Un col peu élevé sépare les eaux de l’Oued Metlili des eaux qui coulent au nord vers l’Oued Sidi Makbelouf. 11 est occupé par la Dayat el-Hanira, dont le diamètre est d’environ 1,000 mètres. Son fond argilo-sableux repose sur des coucbes de grès jaunâtres ou violacés, plongeant faiblement an S. E. m. et affleu-rant sur une grande étendue du bord méridional. Le terrain saharien offre ici Irès-peu de développement sur le bord sud. 11 est indiqué par des cailloux coiffés de calcaire d’un gris bleuâtre épars à la surface des grès crétacés. Sur le bord nord on remarque des sables jaunes formant des dunes couvertes de Drin et de Pitem. On pourrait croire, au premier abord, que ces sables viennent de la décomposition actuelle des grès crétacés, qui constituent des escarpements abruptes sur le côté S. E. de la Dayat; mais, comme ils renferment des concrétions calcaires rougeâtres ou d’un blanc jaunâtre, grosses comme une noisette, on voit que ce sont des bancs de sables sahariens en place, dont la surface seule est légèrement modifiée par les vents.
- Fi".
- Entre la Dayat. el-Hamra et le caravansérail de Sidi Makbelouf, la roule suit un pays plat ou légèrement ondulé, entrecoupé par des ravins sans eau de a à 3 mètres d’encaissement. Il est limité au N. O. et au S. E. par deux systèmes de montagnes crétacées, qui vont en se rapprochant vers le S. O. Le Djebel Lazereg, situé au N. O. de la route, est remarquable par sa crête accidentée comme celle de l’Atlas. La route se rapproche assez du pied de cette chaîne pour permettre au voyageur de juger à distance les allures des coucbes. Celles-ci plongent au S. E. de 45 degrés; mais, dans le fond de la dépression suivie par la route, il n’en est plus de même; on marche presque constamment sur des grès crétacés rougeâtres, en coucbes sensiblement horizontales, où les roues des voitures ne laissent aucun sillon. Par suite des découpures que les ravins et les vallées engendrent dans ce terrain plat, on remarque des tables élevées de 5 à 6 mètres, et terminées parades pans coupés très-abruptes, ainsi que l’indique la figure ci-dessus.
- Ce sont des témoins analogues à ceux qui sont si fréquents dans le terrain
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA REGION DES STEPPES. 143
- dolomitkjue de la Chebka des Béni Mzab ; à mesure qu’on se rapproche de la chaîne du Djebel Feidj, la pente des couches vers le S. E. devient plus sensible, et c’est ce que l’on reconnaît facilement sur les bords de la Dayat el-Hamra, où la pente des couches est de 6 degrés vers le S. E. m.
- Au nord de la Dayat le terrain quaternaire n’est indiqué d’abord que par une assise de om,5o d’épaisseur, formée de sables quarlzeux jaunes avec débris roulés à angles vifs de grès et de calcaire crétacé, des concrétions calcaires et des fragments de carapace calcaire d’un brun jaunâtre. Ce manteau quaternaire recouvre uniformément les terrains de grès crétacés signalés plus haut, grès qui se composent de grains de quartz très-fins. Les sables quaternaires, renfermant des galets de calcaire plus gros que la tête, ne sauraient dès lors venir essentiellement de la décomposition sur place des grès crétacés, il y en a sans doute de cette nature, mais en faible quantité.
- A 5 kilomètres sud de Sidi Makhelouf, le terrain saharien sableux jaune, avec gros cailloux roulés de quartzite, prend un plus grand développement. 11 constitue de longs plateaux qui séparent des Oueds coulant de l’ouest à l’est.
- Le caravansérail de Sidi Makheloul a été construit 4920 mètres d’altitude, sur un plateau qui domine la 'rive gauche de l’Oued Makhelouf, et qui se compose, en général, de grès quartzeux crétacés en couches plongeant très-faiblement au N. m. A 6 mètres en contre-bas du caravansérail, une source émerge à la séparation des grès et d’une couche de marnes de couleur verte et lie de vin. Les grès, de même que les marnes, sont recouverts de nombreuses efflorescences blanches, où le goût décèle la présence du sulfate de magnésie et du sel marin; aussi, peut-on prévoir que les eaux de la source seront assez fortement chargées de ces deux sels.
- Voici, en effet, la composition de l’eau recueillie le 9 novembre 1855.
- (Voir le tableau n° 5, analyse n° 3o.)
- Chlorure de sodium........................................ osr,Ô2i2
- Sulfates de soude, de chaux et de magnésie................ o ,9010
- Carbonates de chaux et de magnésie........................ o ,2744
- Phosphates, peroxyde de fer, silice libre................. o ,0160
- Matière organique...........................,............. Indét.
- Total des sels par kilogramme cFeau...... 1 ,7626
- Ca ravansérail dn Sidi Makhelouf.
- Source
- de Sidi Makhelouf.
- Composition de l'eau de la source de Sidi Makhelouf.
- Auteur : De Marigny.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Cdlll |K*M t loti du travertin ol du gypse te Sidi-Makhplnnf.
- Au point de vue de l’alimentation, c’est une des eaux les plus médiocres des terrains secondaires de la province d’Alger. Le débit était de 1 litre par seconde, et la température de i 8° 5o le 21 mai 1861. Au pied de la corniche de Sidi Makhelouf, il y a une ligne de joncs, de lauriers roses et de quelques palmiers, indiquant l’existence, sur plus de 300 mètres de longueur, d’une nappe souterraine venant affleurer, au jour, au milieu des grès violacés crétacés; plusieurs sources, dont le débit varie de 1 à 2 litres, émergent sur cette ligne et servent à arroser quelques cultures situées dans une dépression alluvienne comprise entre le pied de la corniche et la rive gauche de l’Oued Sidi Makhelouf.
- A l’extrémité ouest de la corniche, les concrétions calcaires rougeâtres, sahariennes, recouvrent les grès crétacés, s’agglomèrent et forment une roche caverneuse d’un mètre environ d’épaisseur.
- A l’aval des sources, celles-ci ont produit une série de dépôts de travertin et de gypse farineux, dont l’épaisseur totale est d’un mètre au plus. Le travertin et le gypse sont associés ensemble, de manière à former souvent une roche unique. En certains endroits, le gypse domine, et il a pu être exploité pour les besoins du caravansérail.
- Voici la composition du travertin et du gypse de Sidi Makhelouf.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. TRAVERTIN de SIDI MAKHELOUF. GYPSE FARINEUX D’AÏ.N SIDI MAKHELOUF.
- Chlorure de sodium • Traces. ogr,00006
- Sulfate de chaux ogr,064.2 0 ,6539
- Sulfate de magnésie Traces. O b 0 00
- Carbonate de chaux 0 ,8178 0,0980
- Carbonate de magnésie 0 ,0233 0 ,oo53
- Carbonate de fer 0 ,oo43 //
- Peroxyde de fer O L"- O O 0 ,0080
- Argile 0 ,0215
- 0 ,o55o
- Sable quartzeux 0 ,0200
- Silice gélatineuse libre // 0 ,0000
- Eau n oRR » 0 ,1800
- Total . . 1 ,Oo42 1 ,00196
- Auteur Vii.le.
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- ZONE MERIDIONALE DE LA REGION DES STEPPES.
- 145
- &
- Le travertin est criblé de géodes, et présente à l’œil nu de très-petits filets
- de gypse blanc; quand on l’attaque par de l’acide chlorhydrique étendu il laisse un squelette de gypse blanc.
- La coupe ci-contre, fig. 56, passant par Sidi Makhelouf, indique les allures des divers terrains crétacé et quaternaire.
- Un barrage en maçonnerie ab a été fait sur l’Oued Makhelouf, sous la direction d’un officier du bureau arabe de Laghouat. Il a 7 mètres de hauteur, im,20 d’épaisseur à la crête, et rm,3o à la base; il est protégé en amont par un revêtement de graviers et de sables maintenus par des fascines en alfa et des piquets. Une crue, survenue en 1861, a emporté ce barrage.
- De Sidi Makhelouf à Aïn el-lbel la route est o peu accidentée; elle monte d’abord sur un 7mil .£> plateau ondulé de grès crétacés jusqu’au Re-
- goub Mtaa Sidi Lazereg, petit témoin qui sépare les eaux de l’Oued Sidi Makhelouf des eaux de l’Oued Moulodane. Au sommet du Regoub, il y a un manteau ab, fig. 57, de terrain quaternaire de 5 à 6 mètres d’épaisseur.
- Le col par lequel passe la route, au pied du Regoub, est à 20 mètres environ en contre-bas du haut plateau ab, et montre que les terrains crétacé et quaternaire ont été fortement dénudés, postérieurement au dépôt de ^ m ce dernier. Le terrain quaternaire avait formé,
- entre le Djebel Merguet, au S. E., et le Djebel Sera, au N. O., un dépôt peu épais, qui a été divisé plus tard en longues terrasses isolées les unes des autres par des ravinements
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Caravansérail d’Aïn el-llïd.
- Dépôts de cailloux de
- quartz liyalin à la surface des grès crétacés.
- tptg g i çniui (jtioSaij 'j'j
- qui ont pénétré jusque dans le terrain crétacé. C’est ce qu’indique la coupe suivante, fig. 58, menée, à partir du Regoub, du S. O. au N. E.
- La plaine de Guet el-Oust est traversée par un oued, dont le lit a de i o à 1 2 mètres de largeur sur 4 ou Ô mètres d’encaissement.
- Elle présente de bonnes terres de culture qui pourraient être arrosées par un barrage sur l’oued. La présence de joncs dans le lit de ce dernier indique que l’eau s’y trouve en tout temps à une petite profondeur. C’est ce qui a permis en ce point l’établissement d’un poste arabe, construit en mottes de terre.
- Dans la plaine d’El-Ouatia gf, fig. 58, on trouve du poudingue à gangue de carapace calcaire, identique d’aspect'à celui qui couvre les plateaux quaternaires a, b, c, d, e. Des faits semblables ont été observés ailleurs, et notamment dans les alluvions anciennes des vallées du Béni Mzab.
- Le terrain compris entre le plateau e et le caravansérail d’Aïn eldbel est déprimé et mamelonné, puis se relève assez fortement avant d’arriver à ce caranvansérail, qui, d’après M. Marès, est à 1 o55 mètres d’altitude.
- La coupe menée le long de la route donne le profil ci-après, fig. 59.
- Parfois on remarque, à la surface des couches de grès crétacés, des espèces de plages forméfes de petits galets de quartz un peu opalin, diversement coloré en jaune de miel, rouge, blanc. Ces galets atteignent la grosseur d’un œuf de pigeon. Comme les galets blancs dominent, il est facile de les reconnaître de loin.
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- b
- h
- ipig qnoâoyj
- En examinant avec soin les grès rougeâtres crétacés, on reconnaît qu’ils servent de gangue aux galets de quartz. Ces derniers sont contenus dans les grès à l’état plus ou moins roulé.
- Lorsque ces grès se désagrègent par faction des agents atmosphériques, et que les vents ou les courants d’eau ont entraîné les sables fins, il ne reste alors sur place que les galets de quartz donnant lieu à des espèces de plages.
- Nous retrouvons ici un nouvel argument en faveur de notre explication de la formation des dunes du Sahara. Ces dunes renferment parfois des cailloux roulés, que les vents auraient dû enlever en même temps ^ que les sables. Or les vents n’ont pas cette
- 3 puissance, car on voit sur la route' de La-
- ghouat à Aïn el-Ibel que les plus petits galets n’ont pas été déplacés par les vents les plus impétueux; ils ont été simplement isolés des sables, au milieu desquels ils étaient d’abord enfouis.
- Le caravansérail d’Aïn el-Ibel a été construit sur un plateau incliné, au sud, sur la rive droite d’un ravin, qui, le 22 mai 1 865, roulait 8 à 10 litres par seconde d’une eau un peu fade, à la température de 24°,33, la température de l’air étant de 24°,66 à 3 heures 4o minutes du soir. L’eau sort du terrain crétacé, à la séparation des bancs de grès et d’argile, par de nombreuses petites sources, dont la réunion forme le cours d’eau d’Aïn el-Ibel. Une des sources situées à 200 mètres en amont du caravansérail sur
- *9-
- Source
- dite Aïn el-Ibel.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA
- ia rive gauche du ravin, avait un débit de 4 litres par seconde et une température de 1 7 degrés.
- 14
- G
- 2 I .s
- 7 S <!
- Alluvions.
- t a c
- Fig. 59.
- L’eau du ravin, recueillie le 3o novembre 1855, a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 29.)
- Chlorures de sodium et de magnésium..................... ogr, 2 2 13
- Sulfates de chaux et de magnésie ...................... o ,6831
- Carbonates de chaux et de magnésie...................... o ,2744
- Peroxyde de fer, silice, silicates...................... o ,0600
- Matière organique....................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau.... 1 ,2 388
- Auteur : De Marigny.
- Cette eau est meilleure pour les divers usages domestiques que celle du caravansérail de Sidi Makhelouf; elle va se perdre dans une dayat dont le sol se compose, auprès du caravansérail, de sable quartzeux mêlé d’argile. A om,3o de profondeur, le gypse blanc, farineux, domine, et, à 1 5oo mètres du caravansérail, il constitue tout le sol de la dayat. L’Aïn el-Ibel l’entaille sur une hauteur variable de 1 à 2 mètres avant de se perdre plus loin dans la dayat. Le sable argileux supérieur au gypse est stratifié ; on y trouve des hélix divers et de petits bivalves. On doit donc admettre que, cle même que le gypse, il s’est déposé sous une nappe d’eau douce couvrant autrefois le sol de la dayat. Celui-ci est blanchi par des concrétions de sel marin, qu’on retrouve également à la surface des grès crétacés, à la partie supérieure du
- ravin.
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES. 149
- Au-dessus des grès et marnes crétacés, on remarque le long de l’Oued' el-Ibel un dépôt d’eau douce formé de sables fins, gypseux, d’un gris clair, de lentilles d’argile bitumineuse noire, sableuse, et d’une couche extérieure de travertin brun jaunâtre, caverneux, qui présente la composition suivante :
- Composition
- du
- travertin d’Ain ei-Ibel.
- Chlorures................................................ Traces»
- Sulfate de chaux......................................... 0^,00047
- Carbonate de chaux......................................... o ,8786
- Carbonate de magnésie.................................... o ,0188
- Carbonate de fer........................................... o ,oo43
- Peroxyde de fer, alumine................................. o ,0060
- Argile, silice gélatineuse............................... o ,0890
- Sable quartzeux ......................................... 0 ,0370
- Eau, matière organique.,................................ o ,0165
- Total...................... 1 ,0006-7
- Densité.................. 2 ,516
- Auteur : Ville.
- Ce dépôt récent présente une épaisseur variable de 4 à 5 mètres. Il est incliné comme le lit de l’Oued et se relie au gypse farineux de la dayat. 11
- Fig. 60.
- renferme comme lui des fossiles d’eau douce, iymnées, paludines, planorbes, Il remonte au N. m. dans une gorge qui est entaillée au milieu des terrains crétacés, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus, lig. 60.
- Sur le flanc gauche de la dépression qui a été comblée par le dépôt abcd, on remarque, à plusieurs mètres au-dessus de son plan supérieur cd, une terrasse quaternaire ef d’un mètre d’épaisseur, formée de calcaire zoné brun jaunâtre et de calcaire concrétionné. Il y a une discordance bien manifeste
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- 150
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- entre le terrain quaternaire ef le dépôt plus récent abcd, et le terrain crétacé.
- La dépression dans laquelle coule aujourd’hui l’Aïn el-lbel a été ouverte à la fois dans les terrains crétacé et quaternaire, et des sources beaucoup plus considérables que les sources actuelles ont formé le dépôt abcd, qui est postérieur à la terrasse quaternaire ef Leur débit a diminué graduellement à la longue. Le dépôt abcd a été entaillé, par suite de l’abaissement du niveau des eaux, et l’érosion s’est propagée jusque dans le terrain crétacé. L’Aïn el-lbel est un témoin très-affaibli de l’ancienne source à laquelle est dû le dépôt abcd.
- En amont du point c, fig. 60, la vallée de l’Oued el-lbel se divise en deux branches qui présentent le même caractère géologique. La coupe ci-dessous, fig. 61, montre cette division, ainsi que la discordance existant entre le terrain quaternaire et le terrain d’alluvions anciennes d’Aïn el-lbel.
- I
- Allouions anciennes.
- Alluv. anc.
- Alluv. anciennes.
- é t a c
- Fig. 6!.
- Traces de lignite A ioo mètres en aval du caravansérail, on trouve dans les marnes créta-
- tians^e terrain^rcîtacc cées de la rive gauche de l’Oued de nombreuses empreintes végétales et des d Am veines irrégulières d’un lignite noir et brillant. Ces veines ont une épaisseur
- variable de i à 6 centimètres, et une longueur qui s’élève parfois à 5o centimètres; elles ne sont pas disposées parallèlement aux strates des marnes; elles les coupent sous des angles très-variables, comme si c’étaient des branches d’arbres enterrées dans un dépôt boueux formé de lits réguliers. Du reste, on reconnaît la texture du bois dans certains fragments, et ce qui vient compléter la démonstration, ce sont les grosses branches silicifîées que
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 151
- l’on trouve clans le grès. L’extérieur de ces branches est formé de grès, el l’écorce est indiquée par une teinte brune, où l’on voit encore les fibres longitudinales du bois.
- Cet affleurement irrégulier de combustible se poursuit sur une dizaine de mètres de long et sur un mètre cl’épaisseur. 11 est fort peu important par lui-même; mais il a une certaine importance relative, parce qu’il indique la possibilité de trouver des lignites dans les terrains crétacés du sud. En effet, pendant notre séjour à Laghouat, en i855, on nous a remis des échantillons de grès quartzeux blancs, adhérant à des fragments de lignite, en tout semblables aux grès à lignite cl’Aïn el-lbel, et provenant du massif montagneux du Djebel Amour. Ce massif n’est autre que le prolongement, clans la province cl’Oran, du massif montagneux compris entre le Djebel Saliari et le Djebel Djellal, qui appartiennent au terrain crétacé. Les débris qui en proviennent, et que l’Oued Mzi roule jusqu’à Laghouat, sont identiques aux diverses roches crétacées du Djebel Sahari et du Djebel Djellal; aussi, quoique nous n’ayons pu visiter le Djebel Amour, nous pensons qu’il appartient également au terrain crétacé. C’est, du reste, ce qui nous a été confirmé par M. Fomel, qui a fait l’exploration géologique de ce massif montagneux.
- Le lignite d’Aïn el-lbel présente une cassure noire brillante, conchoïdale; il brûle avec une longue flamme. Par la calcination envase clos, il conserve sa forme et ne donne pas de coke.
- Sa composition est la suivante :
- Eau hygrométrique........................................ ogl', i58
- Matières bitumineuses volatiles........................ ]
- Acide carbonique....................................... j ° ’^°2
- Charbon fixe............................................. o ,38o
- Cendres.................................................. o ,060
- Total............................. 1 ,000
- Densité...................... 1 ,282 à i4
- Pouvoir calorique déterminé au moyen de la litharge... 4092 calories.
- Celui du charbon pur étant de......................... 7816
- Auteur : Ville.
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- 152 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- La coupe ci-dessous, fig. 62, indique la disposition des couches auprès du gîte du bois fossile d’Aïn el-Ibel,
- N. o. , , s. E.
- -S jaunes.
- quaternaire.
- jf e r r
- Fig. 62.
- Les grès crétacés d’Aïn ei-Ibel se relient, vers l’est, au grès de la chaîne du Djebel Merguet, qui n’est autre que le prolongement méridional de la chaîne du Djebel Zaccar, marchant du N. E. au S. O. Les couches de grès du Djebel Merguet sont inclinées au N. O. m. de 35 degrés, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous, fig. 63.
- N. O. m. S. E. m.
- t a c é.
- Fig. 63.
- On y voit une série de vallées a, a!, a , parallèles à la direction générale de la crête. En montant sur celle-ci, on reconnaît que les couches sont infléchies circulairement, au lieu d’avoir une direction rectiligne. Elles tendent à former une sorte de cuvette ellipsoïdale, dont l’extrémité opposée serait sur le Djebel Tadzmit. Ainsi, en marchant du Djebel Merguet vers l’ouest, l’inclinaison des couches crétacées diminue graduellement; elle n’est que de i5 degrés environ auprès du caravansérail d’Aïn el-Ibel. Entre ce point et le Djebel Merguet, les grès crétacés sont recouverts par 2 ou 3 mètres d’épaisseur de poudingue quaternaire.
- A 2 kilomètres ouest d’Aïn el-Ibel, le terrain crétacé est limité par le cours
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 153
- de l’Oued Sidar, qui va se jeter dans l’Oued Merguet, en coulant du nord au sud. Cet oued est encaissé dans des grès crétacés rougeâtres ou d’un blanc grisâtre, dont les couches sont dirigées N. 2 0° E. m., et plongent à l’E. 20° S. ni. de 15 degrés. Nous trouvons ici une pente inverse de celle que nous avons signalée sur le Djebel Merguet, ce qui confirme l’existence de la cuvette comprise entre le Djebel Merguet et le Djebel Tadzmil.
- Au-dessus des grès crétacés de l’Oued Sidar viennent en stratification concordante des couches de calcaire crétacé renfermant de petites huîtres, de petites dentales, des ciclarites, des moules d’arca, ce qui confirme la place que nous donnons à ces terrains dans la formation crétacée. Le calcaire est. un peu marneux et se divise en parties conchoïclales. Il en résulte une multitude de fentes qui sont susceptibles d’absorber les eaux de pluie et de Former des nappes souterraines.
- M. Marès a trouvé entre l’Aïn el-Ibel et l’Oued Sidar des fossiles caractéristiques de la craie cbloritée. Du reste, les grès d’Aïn el-lbel, de même que ceux de Sidi Makhelouf, sont la continuation de ceux qui forment la base des cuvettes crétacées des environs de Laghouat, ce qui confirme la place qui leur est assignée dans la série géologique des terrains.
- Une petite plaine quaternaire longe la rive droite de l’Oued Sidar au nord d’Aïn el-lbel.
- Avant de quitter Aïn el-lbel, nous dirons quelques mots cl’un village qui a été créé en i856, par M. le commandant Marguerite, pour des nomades, auxquels il voulait donner des goûts sédentaires. Une très-grande place intérieure est entourée sur trois côtés par des galeries à arcades; le quatrième côté donne sur les jardins cpii sont à l’aval dans la plaine. Les habitations sont disposées le long des galeries. Chacune d’elles se compose d’une cour servant d’étable, et de deux pièces avec cheminée pour la famille. La cour a une porte donnant sur la campagne et une autre sur la place commune à arcades. Une dérivation de l’Oued Ibel amenait l’eau sur la place, où elle alimentait une fontaine. De là elle se dirigeait dans les jardins; cette prise, faite sur la rive gauche de l’Oued, est aujourd’hui hors de service. Depuis le départ de M. le commandant Marguerite, les Arabes ont repris leur vie nomade, et les jardins, où l’on avait planté beaucoup d’arbres fruitiers, ne sont plus entretenus. Le bâtiment n’est occupé aujourd’hui que par les Arabes faisant le service de la poste.
- 20
- Village crée mprès d’Aïn el-lbo pour des nomades et abandonné par ces dernier'*.
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- 154
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Le caïd de la tribu habitait une maison isolée, dominant le village arabe et construit en forme de bordj, avec des bastions aux angles. Il est malheureux que ces constructions, dont la forme extérieure, quoique simple, est fort élégante, restent aujourd’hui sans emploi. 1 fessai infructeux de M. le commandant Marguerite prouve combien il est difficile de faire passer les Arabes de la vie nomade à la vie sédentaire. Ils obéissent d’abord à la pression morale qu’on exerce sur eux; mais, que cette pression cesse un instant, ils reviennent bien vite à leurs anciennes habitudes.
- La route d’Aïn el-Ibel à Djelfa remonte par la vallée de l’Oued Sidar; mais nous la laisserons à l’Ouest, pour visiter, en passant, deux sources assez remarquables. La première, dite Aïn Dzeïra, fig. 64, est située à 4 kilomètres environ au N. E. d’Aïn ei-lbel, à l’extrémité du plateau quaternaire ab, qui domine ce poste.
- =5 ?
- Fig. 64.
- Elle émerge au fond d’une dépression bcd, d’un kilomètre de large, comblée par des alluvions sablo-graveleuses. L’eau est de bon goût; elle sort par plusieurs bouillons, à la température de i7°,5o, d’une enceinte de 6 mètres de diamètre et de im,5o de profondeur.
- m
- --------------------Alluvions.---------]J—
- Fig. 65.
- Le bouillon principal q, fig. 65, est au pied d’un talus np, de o‘“,8o de haut; il forme un bassin d’un mètre de diamètre. Il s’en dégage de temps en temps des bulles gazeuses. Un bâton enfonce aisément dans ce bassin. Le débit total de la source est de 2 litres environ par seconde ; il sert à l’irrigation d’un petit jardin arabe nouvellement planté, à î oo mètres à l’aval de la source, sur la rive droite de la petite vallée dont elle marque l’origine. Le
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- ZONE MERIDIONALE DE LÀ RÉGION DES STEPPES.
- 155
- M
- t 'oâiaqny
- «Pis P3T)0 3
- J III
- sol y parait très-fertile, et cette localité serait propre à rétablissement d’un \ i centre de population, s’il y avait plus d’eau. Avec
- quelques travaux de déblais et un abaissement du seuil de la source, on augmenterait très-probablement le débit de cette dernière. Un coup de sonde d’une cinquantaine de mètres de profondeur pourrait aussi être fort utile.
- L’Àïn Dzeïra est à 1108 mètres d’altitude. La corniche a du plateau quaternaire ab est à 1178 mètres d’altitude. Ce plateau s’abaisse en pente douce vers l’Aïn Dzeïra.
- A partir du point d, fig. 64, le terrain quaternaire, formé de carapace calcaire et de cailloux roulés, présente quelques ondulations et va butter, à 3 kilomètres nord de la source, contre une croupe ef, Fig. 66, de c.alcaire crétacé jaunâtre, compacte, dont les couches sont dirigées N. 82° 0 O. m. et plongent de 2 4 degrés au N. 8° E. m.
- ÿ L’Aïn Tilkhemet émerge en f sur cette croupe crétacée. L’eau de cette source est d’un excellent goût, et débite 10 litres environ par seconde, à une température de 16°,66 à 1 7 degrés. Elle sort en bonidonnant, du fond d’une excavation de 4 mètres de diamètre et de 3 mètres de hauteur verticale entaillée dans des sables argilo-gypseux grisâtres, qui constituent ici un petit dépôt d’eau douce identique à celui que nous avons signalé auprès de la source d’Aïn el-Ibel. A 200 mètres du bouillon, l’Aïn Tilkhemet sert à l’irrigation d’un jardin entouré de quelques gourbis construits en mottes de terre. C’est encore une création de M. le commandant Marguerite, création qu’il est à craindre de voir bientôt abandonnée par les Arabes. Cependant les cultures pourraient se développer ici largement. On remarque, en effet,
- •pra8ipffijj-(ny
- Possibilité
- d’augmenter le débit de l’Aïn Dzeïra par un coup de sonde et
- par l'abaissement du seuil de la source.
- Source
- dite Ain Tilkhemet,
- Village indigène créé récemment auprès
- d'Aïn Tilkhemet.
- 20.
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- Uiln-rgc ot poste-cal'(! île l'OiH'il Sidar.
- 156 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- beaucoup de joncs en amont de la source; il serait donc facile d’augmenter par un drainage le débit de cette dernière. L’Aïn Tilkhemet est à 1191 mètres d’altitude.
- Les sources dites Aïn Dzeïra et Aïn Tilkhemet doivent être considérées comme les témoins dégénérés de sources autrefois très-puissantes, qui émergeaient du terrain crétacé par un mécanisme analogue à celui des eaux jaillissantes.
- On remarquera, en effet, fig. 63-, 64 et 66, que les couches crétacées, d’où sortent les eaux, ont une inclinaison générale vers le nord; et, dès lors, il faut que les nappes souterraines soient soumises à une certaine pression pour remonter la pente de ces couches contrairement à faction de la gravité.
- On débouche par un plateau quaternaire gh, dans la vallée de l’Oued Sidar, auprès d’une auberge et d’un poste-café. Le terrain quaternaire ghik, qui a comblé primitivement la a allée de l’Oued Sidar, est formé de galets de calcaire crétacé, disséminés dans une gangue de calcaire terreux jaunâtre. Il a été entaillé plus tard par la vallée actuelle de l’Oued Sidar, qui coule entre les berges alluviennes de 8 à 10 mètres de hauteur verticale, composées d’une série de couches de travertin caverneux et d’argile noire bitumineuse.
- C’est encore un dépôt analogue à celui que nous avons signalé auprès des trois sources précédentes.
- L’Oued Sidar roulait, le 28 mai 1861, ô à 6 litres par seconde d’une eau de bon goût, utilisée, à l’aide d’un petit barrage, pour l’irrigation d’un jardin. Il remonte jusqu’à la cime du massif crétacé du Djebel Hamra, et pénètre par une coupure dans une dayat élevée, connue sous le nom de Dayat el-Mehalla, fig. 67.
- Les alluvions anciennes de l’Oued Sidar cessent bientôt, à mesure qu’on se rapproche de la crête du Djebel Hamra, et le cours de la rivière est encaissé au milieu des calcaires crétacés. Seulement deux petits dépôts de travertin situés, l’un sur la rive gauche et l’autre sur la rive droite, témoigneni de l’existence d’anciennes sources, aujourd’hui éteintes.
- Sur la crête a du Djebel Hamra, les couches de calcaire crétacé compacte, couleur café au lait, sont dirigées X. 65° O. m., et plongent de 10 à i5 degrés au N. 35° E. m. En b, sur la crête du Djebel Sera, qui domine le bassin quaternaire situé en amont de Djelfa, l’altitude est de i32 3 mètres.
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- ZONE MERIDIONALE DE LA REGION DES STEPPES.
- 157
- On trouve sur la crête du Djebel Sera les fossiles suivants :
- Ceralites Fourneli (Bayle),
- Ostrea Biskarensis (Coq.),
- caractéristiques de la craie chloritée,
- Et l’Echinobrisus minor (Desor.), caractéristique de la craie blanche.
- La dépression de la Dayat el-Mehalla est couverte de chiah, tandis que les montagnes qui l’entourent sont couvertes d’alfa.
- La crête du Djebel Sera se relie, au N. E., à celle du Djebel Djellal. Ces deux crêtes sont remarquables, parce qu’elles forment la séparation des eaux qui se déversent, au sud, dans le Sahara, et, au nord, dans le bassin des Zahrez par la coupure de Djelfa. Du haut du Seba Mokran, qui est un des points culminants de la crête du Djebel Djellal, la vue embrasse un magnifique panorama. On aperçoit, au S. E., la longue crête horizontale du Boukhaïl, au pied de laquelle s’alignent les crêtes parallèles et moins élevées du Djebel Mehalegue et du Djebel Sellekh. Entre ces chaînes et le Djebel Djellal, se déroulent de vastes plaines, sans doute quaternaires. Sur la crête du Djebel Djellal, on trouve les fossiles suivants :
- Radiolites,
- Strombus Mermeti,
- Ostrea biscarensis,
- caractéristiques de la craie chloritée.
- Le revers sud du Djebel Djellal est très-escarpé, ainsi que l’indique la coupe ci-après, fig. 68. Sur la crête, on voit d’abord une suite d’escarpements presque verticaux, de 8 à 10 mètres de hauteur, au pied desquels se
- Fossiles
- de la craie chloritée sur la crête du Djebel Djellal.
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- 158
- EXPLORATION DE BENI MZÀB ET DU SAHARA.
- Késumô
- sur la constitution géologique
- -le la 'zone méridionale de
- la région des steppes,
- trouve une pente inclinée à 25 degrés. Les couches crétacées (calcaires et dolomies) plongent généralement au N. O., sauf quelques inflexions locales. Dans les plaines inférieures, un manteau très-mince de terrain quaternaire cache souvent les couches crétacées.
- Le Zaccar est une longue chaîne crétacée, très-abrupte, qui relie le Djebel Djellal, au N, E., au Djebel Merguet, au S. ; elle se compose principalement d’assises régulières de grès quartz eux, au milieu desquels se trouvent subordonnées des couches calcaires contenant, d’après M. Marès, Terebratula sella,
- Echinospatagus granosus (D’Orb.), caractéristiques de la craie chloritée.
- Tout le pays compris entre le Djebel Zaccar et le Djebel Djellal est couvert d’une forêt de pins d’Alep assez clair-semés et présentant de nombreuses traces d’incendie.
- En résumé, on doit distinguer dans la zone méridionale de la région des steppes les terrains suivants :
- ! Terrain néocomien.
- Craie chloritée.
- Craie blanche.
- 20 Le terrain quaternaire saharien.
- 3° Le terrain d’alluvions anciennes déposé par certaines sources.
- 4° Le terrain d’alluvions actuelles, déposé de nos jours par les rivières.
- Lé terrain crétacé présente, aux environs de Laghouat, une formation particulière de cuvettes isolées les unes des autres. Nous citerons :
- Celle du Djebel Meïla;
- •iBiiafa pq^ld Ç\
- w
- J
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 159
- Celle comprise entre les Djebels Pions el-Aïoun, Zebeclia, Dakla et Moudloua;
- Celle comprise entre le Djebel Tisgrarine et le Djebel Scbreïga;
- Celles du Djebel Aouata, du Djebel Djelouag et du Djebel Boukbaïl.
- La dolomie et le gypse en couches régulières sont très-répandus dans les cuvettes crétacées des environs de Laghouat. Une épaisse assise de grès quartzeux rouges, contenant quelques bancs de marnes violettes ou lie de vin, supporte les couches supérieures de dolomie et de gypse. Elle renferme plusieurs sources assez remarquables, que nous grouperons dans le tableau suivant :
- NOM 1)U LA SOUHCK. DEBIT en litres par seconde. TEM PÉ- R ATTIRE de la source; TEMPE- RATURE de l’air. HEURE DE L'OBSERVATION. DATE DE L’OBSERVATION. OBSERVATIONS.
- Source de la cuvette du Djebel Meïla 5 à 61 II U // 28 nov. 1855. Eau limpide , de bon goût.
- Aïn Sidi Makhelouf.. . 1 à ?.* i8°,5o // 1/ 21 mai 1861. Eau limpide , un peu fade.
- Aïn Ll-Ibel 41 <1 0 0 2 4°,33 3h 4o' du soir. 2 2 mai 1861. Eau limpide , de bon goût.
- Aïn Dzeïra 21 1 7°,5o 18°,00 7h 25' du mat. 23 mai 1861. Idem.
- Aïn Tilkhemet 1 o‘ 16",80 i9°,ôo 8h 45' du mat. a3 mai 1861. Idem.
- La température de ces sources varie de i6°,8o à i8°,5o; leur débit varie de i à 10 litres par seconde; autrefois il était beaucoup plus considérable que de nos jours, et c’est alors qu’il a formé des dépôts assez étendus de travertin et de gypse. 11 est facile de reconnaître, à Aïn Sicli Makhelouf, à Aïn el-Ibel, à AïnTilkhemet, qu’il existe, en chacun de ces points, des nappes souterraines, alimentées probablement par les liantes montagnes qui dominent les vastes bassins dans lesquelles surgissent les sources actuelles.
- Ainsi Sidi Maklielouf, qui est à 920 mètres d’altitude, se trouve à la tète d’un bassin limité par le Djebel Mjaad Tadzmit et la longue chaîne du Djebel Lazereg, qui, d’après M. Mares, s’élève à 1 575 mètres. Or les couches crétacées du Djebel Lazereg plongent régulièrement de 45 degrés vers le S. E., et leur pente diminue considérablement et devient presque nulle entre l’Aïn Sidi Makhelouf et la Dayat el-Hamra, située à la tète de l’Oued Metlili. Cette région paraît donc convenablement disposée pour renfermer des nappes ar-
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- EXPLORATION DE BENI MZAB ET DU SAHARA.
- U» sondage * roiicontrcrail » soit
- le l’eau ascendante , .soit
- !i- J‘eau jaillissante , dans
- le terrain crétacé entre
- In Dayat el-IIamr, Ain Sidi Maklielout*.
- Un Si.Huliïge
- soit
- d.
- jailli
- à l'aval d'Ain ol-Ihel, proximité des
- rive, d- l'Oued Sidiir.
- tésiennes. Aussi pensons-nous qu’un sondage que l’on exécuterait sur la route de Laghouat, entre Sidi Makhelouf et la Dayat el-Hamra, donnerait, soit de l’eau jaillissante à la surface du sol, soit de l’eau simplement ascendante et pouvant servir, au moyen d’une pompe, à abreuver les voyageurs qui parcourent la route cle Laghouat. L’Aïn Sidi Makhelouf est alimentée, d’après nous, par une nappe jaillissante cle ce genre. Sa température peu élevée doit faire supposer cpie le sondage projeté ci-clessus n’aurait pas une très-grande profondeur. En tout cas, un sondage cle 1 oo mètres de profondeur pourrait être essayé avec quelques chances cle succès.
- L’Aïn el-Ibel se trouve clans une dépression comprise entre le Djebel Mer-guet à l’est, le Djebel Mjaab Tadzmit et le Djeclel Hamra à l’ouest. Sur le Djebel Merguet, les couches crétacées plongent cle 35 degrés au N. O. m. A 2 kilomètres ouest d’Aïn el-Ibel, sur les bords de l’Ouecl Siclar, elles plongent de i5 degrés à l’K. 2 0° S. ni. 11 y a donc entre le Djebel Merguet et le Djebel l lamra une ondulation des couches crétacées favorable à la formation des nappes artésiennes, et c’est sans doute ce qui a donné lieu aux diverses sources d’Aïn el-Ibel. Dès lors un forage pourrait rencontrer, soit de l’eau ascendante, soit de l’eau jaillissante, à l’aval d’Aïn el-Ibel, à proximité clu point où la route cle Laghouat coupe l’Oued Siclar.
- Quant aux sources d’Aïn-Dzeïra et cl’Aïn Tilkhemet, il est probable, en raison de l’allure des couches crétacées, quelles proviennent par siphone-ment clu massif élevé clu Djebel Senelba, où les couches plongent, au S. E., en sens inverse du plongement qu’on observe à proximité de ces sources. D’après les fossiles qui ont été trouvés clans la zone crétacée de la partie méridionale des steppes, et notamment sur le Djebel Sera et le Djebel Djellal, on doit admettre clans cette région l’existence cle la craie chloritée et de la craie blanche. L’abondance des dolomies stratifiées dans les terrains crétacés des environs de Laghouat rapproche ces derniers de la formation dolomitique de la Chebka du Béni Mzab, que nous avons dit appartenir à la craie blanche. Il est donc probable que la partie supérieure, essentiellement dolomitique, des environs cle Laghouat, où nous n’avons trouvé que cle rares fossiles indéterminables, appartient à la craie blanche, tandis que l’étage inférieur des grès quartzeux et des marnes appartiendrait, sans doute, au terrain crétacé inférieur. Du reste, M. Marès signale la craie chloritée sur les Djebels Meïla, Zebecha, Pcous el-Aïoun et Schreïga, et le terrain néocomien sur le Djebel
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- ZONE MÉRIDIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- Lazereg. La grande analogie de forme qui existe entre les cuvettes crétacées des environs de Laghouat et celle du Boukhaïl permet de supposer que toutes les cuvettes appartiennent à un même système géologique, et que, dès lors, on doit y retrouver les mêmes étages; aussi, comme sur le Boukhaïl on a constaté l’existence du terrain néocomien, de la craie chloritée et de la craie blanche, il devenait probable qu’aux environs de Laghouat les mêmes étages devaient être également représentés.
- Le terrain quaternaire a comblé généralement le fond des grandes dépressions comprises entre les montagnes crétacées de la zone méridionale des steppes. Il présente les mêmes caractères minéralogiques que sur la lisière nord du Sahara, il se compose généralement de galets crétacés (calcaire et grès) disséminés dans une carapace calcaire zonée, jaunâtre; parfois les sables quartz eux jaunes et le gypse farineux blanc remplacent la carapace calcaire. Ce terrain constitue un manteau peu épais à la surface des couches crétacées. Pendant qu’il se déposait, les montagnes crétacées, qui le circonscrivent de toutes parts, avaient un relief accidenté, à peu près identique à leur relief actuel. Le dépôt des couches quaternaires est donc un phénomène postérieur à la production des bassins dans lesquels on les observe. L’immense quantité de débris provenant de la rupture et de l’arrachement des couches crétacées a clù servir à la formation de terrains stratifiés plus anciens que le terrain quaternaire. On sait, en effet, que, dans la province de Constantine, les terrains miocène et pliocène affleurent en divers points de la lisière nord du Sahara et s’enfoncent sous le sol du Sahara, où ils sont recouverts par un manteau de terrain quaternaire. 11 est donc rationnel de supposer que les mêmes phénomènes géologiques ont pu se produire dans la province d’Alger, et que le terrain quaternaire y cache parfois des terrains tertiaires qui n’affleurent pas au jour. Ce fait arrive probablement dans la vallée de l’Oued Djeddi, et nous en constaterons l’existence dans la zone centrale et la zone septentrionale de la région des steppes.
- Le terrain quaternaire de la région méridionale des steppes a été raviné à son tour et a donné lieu aux dépressions que suivent les cours d’eau actuels. M a été découpé ainsi en longues terrasses qui, de loin, frappent l’œil par leur horizontalité. Des sources pérennes très-importantes, sortant du terrain crétacé, ont donné lieu à des dépôts de gypse et de travertin plus récents que le quaternaire saharien, mais plus anciens que les alluvions actuelles. Leur
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- débit a diminué à la suite des siècles, et le niveau des eaux a également baissé. Les dépôts de gypse et de travertin ont été entaillés à leur tour, ce qui permet de voir les points d’émergence des sources actuelles du sein des couches crétacées. Ces sources sont les derniers restes des sources beaucoup plus considérables qui existaient autrefois. Il suit de là qu’à une époque très-reculée les pluies diluviennes devaient être très-fréquentes dans ces régions, et hors de proportion avec les pluies de l’époque actuelle.
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- TROISIÈME PARTIE.
- CHAPITRE Vil.
- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES. - TERRAINS CRÉTACÉS.
- La zone centrale cle la région des steppes s’étend, du sud au nord, entre les crêtes du Djebel Sera et du Djebel Djellal et celle du Djebel Oukeii, et, de l’est à l’ouest, entre Bouçada. et l’extrémité septentrionale du Djebel Arclia Chergui. La partie la plus basse est occupée par le Zalirez Rharbi à l’ouest, et le Zalirez Chergui à l’est. Ce sont deux vastes nappes d’eau très-fortement salée, et dont le niveau diffère d’environ 86 mètres. Elles correspondent au Sebklia du Hodna dans la province de Constantine. Les hautes montagnes qui entourent les Zalirez appartiennent au terrain crétacé. Les dépressions profondes quelles enserrent ont été comblées en partie par des terrains tertiaires, dont on ne voit aujourd’hui que des affleurements très-limités, sur la lisière sud de la plaine du Zehrez Rharbi. Un manteau plus ou moins épais de terrain quaternaire saharien cache à la vue les dépôts tertiaires, et constitue de vastes plaines, dont la végétation toute spéciale donne au paysage sa physionomie caractéristique. Enfin des éruptions gypso-salines, fort remarquables, se sont produites à travers toute l’épaisseur des terrains stratifiés.
- ÏNous allons décrire tous les terrains de la région centrale des steppes, en suivant leur ordre d’ancienneté.
- Le grand massif crétacé qui domine, au sud, le bassin des Zalirez présente Terni ins crétacé
- deux chaînes principales, le Djebel Djellal au sud et le Djebel Senelba au nord, dirigées approximativement N. 65° E. m., et qui comprennent entre elles une vaste cuvette, dont le fond a été comblé par le terrain quaternaire.
- Sur le revers nord du Djebel Djellal, des couches calcaires et dolomitiques plongent au N. O. m. de 7 degrés environ, de manière à former un fond de
- 2 J .
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- Ifi4
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA
- ( il puits artésien aurait
- !-'s c liaiKcs de succès
- centre de la plaine comprise
- "litre le Djebel Senelba et le Djebel Djcllal ,
- H kilomètres S. O. de Djellil.
- Chaîne
- du Djebel Senelba.
- cuvette avec les couches semblables du Djebel Senelba, qui plongent en sens inverse. Cette disposition des couches crétacées entre ces deux, hautes chaînes de montagnes est donc convenable pour donner des eaux jaillissantes dans la plaine qui les sépare. Les pluies et les neiges qui tombent fréquemment en hiver sur les chaînes du Djebel Senelba et du Djebel Djelial s'écoulent à travers les fissures des calcaires, des dolomies et des grès, sont arrêtées par les marnes qui sont associées à ces diverses roches, glissent à la surface de ces marnes, et produisent ainsi des nappes souterraines douées d’une force ascensionnelle. Du reste, les nombreuses sources qui émergent à travers les calcaires et les dolomies crétacées des environs de Djelfa, et dont la réunion produit la rivière de l’Oued Melah, indiquent qu’il y a réellement des nappes souterraines dans les roches secondaires de cette région. Aussi nous pensons qu’il serait possible d’obtenir des eaux jaillissantes dans les terrains crétacés formant le fond de la cuvette quaternaire située en amont de Djelfa. Il faudrait traverser d’abord le terrain quaternaire, qui, probablement, n’a pas une grande épaisseur, et qui pourrait fournil' lui-même des eaux jaillissantes, moins bonnes sans doute et en moins grande quantité que le terrain crétacé. Nous ne pouvons rien dire de positif sur la profondeur du sondage qui pénétrerait dans le terrain crétacé. Pour parer à toutes les éventualités, il faudrait que le matériel de sondage permît de creuser à 3 ou 4oo mètres de profondeur.
- La réussite des puits artésiens dans la plaine quaternaire de Djelfa serait un grand bienfait pour ce pays. Fdle permettrait de livrer à la culture, une grande surface de terrain qui, aujourd’hui, est presque entièrement improductive.
- La coupe ci-après, fig. 69, montre les allures des couches crétacées sur les chaînes du Djeüal et du Senelba, ainsi que la possibilité de trouver des eaux jaillissantes dans le centre de la plaine qui les sépare.
- La pente du revers nord du Djebel Djelial est beaucoup plus douce que celle du revers sud. On y remarque des cultures de céréales importantes, au milieu des gorges dont le fond est couvert d’alluvions argilo-sableuses.
- La chaîne du Djebel Senelba, qui se termine, à l’est, à la coupure de l’Oued Djelfa, se compose principalement de couches de calcaire et de dolomies dirigées N. 65° à 70° E. m., et plongeant régulièrement au S. E. m. de 1 5 à 20 degrés. La dolomie est d’un blanc sale, à structure senn-cristalline.
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- Djebel Djellal.
- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES. 165
- Sa surface extérieure est comme chagrinée par suite de l’action érosive des agents atmosphériques. Elle présente, en outre, un éclat gras comme si elle était recouverte d’un léger vernis. Nous plaçons ci-dessous, en regard l’une
- Fig. 69.
- de l’autre, les compositions de la dolomie et du calcaire crétacé du Djebel Senelba.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. DOLOMIE du DJEBEL SENELBA. CALCAIRE CRÉTACÉ mêlé de jaune et de rose du Djebel Senelba.
- 1 Chlorures o®r,oo 118
- ! Sulfate de chaux 0 ,00017 //
- Carbonate de chaux 0 ,536o 0^,9370
- Carbonate de magnésie 0 ,434o 0 ,0069
- Carbonate de fer . 0 ,gi3o //
- Peroxyde de fer. n
- Argile 0 ,0.480
- Silice gélatineuse libre 0 ,0070
- Eau
- Total 1 ,oo835 0 ,9984
- Auteurs Ville. Simon.
- La dolomie contient les proportions suivantes d’oxygène :
- 0,0857 dans o,3ooo de chaux à l’état de carbonate,
- 0,081 4 dans 0,2099 de magnésie à l’état de carbonate,
- 0,001 5 dans 0,0081 de protoxyde de fer à l’état de carbonate.
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- Fossiles crétacés du
- Djeliel SeneM>a.
- 166 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Ce qui conduit à la formule ordinaire :
- CO2GaO + CO2(MgO, FeO).
- Le calcaire du Senelba est associé à la dolomie en couches régulières, et donnerait de la chaux grasse par la cuisson.
- On trouve les fossiles suivants dans les couches crétacées du versant sud :
- Ceratites Fourneli. (Coq.) —Craie cliloritée.
- Strombus incertus. — Idem.
- Hyppurites. — Idem. .
- Fusus. (Indét.) — Idem.
- Tellina. (Indét.) — Idem.
- Venus. (Indét.) — Idem.
- Isocardia. (Indét.) — Idem.
- Lithodomus. (Indét.) — Idem.
- Turritella leoperdites. (Coq.) — Idem.
- Pterocera. (Nov. spec.). — Idem.
- Trigonia scahra. (Lam.) — Idem.
- Mytilus indifl’erens. (Coq.) — Idem.
- Periploma. (Indét.) —Idem.
- Crassatella. (Indét.) — Idem.
- Hemiaster Fourneli. — Idem.
- Pholadomya Marroli. (D’Orb.). — Craie blanche.
- Pbolaclomya. (Indét.) — Idem.
- Pholadomya royana. (D’Orb.) — Idem.
- Vulsella. (Nov. spec.) — Idem.
- Pyrula cretacea. — Idem. lnoceramus régula ris. — Idem.
- Ces fossiles indiquent, sur le versant sud du Senelba, deux étages du terrain crétaicé.
- L’inférieur appartient à la craie chloritée, et le supérieur à la craie blanche.
- Du sommet du Senelba, on voit, au S. E., en amont de Djelfa, la plaine quaternaire légèrement ondulée, dans laquelle serpente l’Oued Djelfa supérieur. Cette plaine est bornée, vers l’est, par des chaînes de montagnes de la
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 167
- période secondaire, qui laissent entre elles de très-grands vides, comblés en partie par le terrain saharien.
- Au nord, la vue s’étend jusqu’au bassin des Zahrez; mais l’on n’aperçoit distinctement que le Zahrez Rharbi.
- Sur le revers nord du Djebel Senelba se trouve la carrière de plâtre ex- Gypse crétacé
- ploitée par le génie militaire, pour les besoins du poste de Djelfa. Ce gypse daSeleitT
- est très-remarquable par sa manière d’être; il forme des lentilles régulières, enclavées dans les couches crétacées, et se fondant par leurs bords avec les assises calcaires auxquelles elles font suite, ainsi que l’indique la figure 70 ci-dessous.
- On ne constate aucune trace de dérangement en passant du gypse au calcaire, ce qui fait supposer que ces roches sont contemporaines, et que le
- Calcaire.
- Calcaire. Calcaire.
- çyyy'ê> Â1 y Calcaire.
- Calcaire.
- Fig. 70.
- gypse aurait été produit par des sources qui émergeaient sous la nappe d’eau salée dans laquelle se déposaient les calcaires. Le gypse est blanc, à structure saccharoïde, et présente, dans son intérieur, des boules sphériques formées d’aiguilles gypseuses, rayonnant à partir du centre. Ces sphères ont généralement un diamètre d’un centimètre. On en trouve parfois de plus grandes; elles donnent au gypse l’aspect amygdalin; elles ne sont pas altérées au même degré que la pâte par les agents atmosphériques. Dans les surfaces exposées à l’air, la pâte est d’un blanc laiteux, tandis que les boules rayonnées conservent l’éclat vitreux. Aussi pourrait-on les prendre, au premier abord, pour des polypiers.
- A la carrière du génie, on voit à découvert 5 à 6 mètres d’épaisseur de gypse sur 1 2 à 1 5 mètres de longueur. Le calcaire, au contact du gypse, est compacte, grisâtre, et parfois un peu feuilleté.
- Il y a sur le revers nord du Senelba d’autres couches lenticulaires de gypse crétacé qui ne sont l’objet d’aucune exploitation.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- L'orèi
- In Djebel S.-nnUw.
- Composition J os eaux potables de Djelfa.
- Dans les calcaires du revers nord duSenelba, on trouve les fossiles suivants le long de la route forestière :
- Radiolites. (Indét..). — Craie chloritée.
- Strombus Mermeti. — Idem.
- Rostellaria. —- idem.
- Ostrea biskarensis. (Coq.) — Idem.
- Ostrea curvirostris. — Craie blanche.
- Les couches qui contiennent ces fossiles sont inférieures à celles qui constituent le versant sud du Senelba, où l’étage de la craie chloritée est carac-lérisé par de nombreux fossiles. Aussi, malgré la présence de l’Ostrea curvi-rostris sur le versant nord, nous ne pouvons y admettre l’existence de la craie blanche. Cette espèce d’huître ne serait donc pas caractéristique d’un étage. Nous avons signalé un fait semblable pour l’Hemiaster Fourneli, qui, dans la province de Constantine, se trouve à la fois dans la craie chloritée et dans la craie blanche.
- Les deux revers nord et sud du Djebel Senelba sont couverts d’une forêt, dont l’essence dominante est le pin d’Alep. Il y a aussi des genévriers et (juelqu.es chênes. Les pins peuvent être débités en poutrelles ayant om,4o de diamètre au milieu; la forêt du Senelba'est exploitée pour les besoins de Djelfa et. de Laghouat. Si la consommation devenait un jour assez considérable pour exiger la construction d’une scierie, celle-ci pourrait être établie sur une des nombreuses chutes d’eau de l’Oued Djelfa, en aval du bordj de ce nom.
- La végétation arborescente du Senelba favorise l’alimentation des nappes souterraines qui circulent dans le terrain crétacé. Leur présence est démontrée d’une manière incontestable par les belles sources qui surgissent sur les deux rives de l’Oued Djelfa, à proximité du bordj. Une partie de ces sources sort clu terrain crétacé pour se jeter immédiatement dans la rivière; d’autres traversent d’abord une petite étendue de terrain quaternaire.
- Voici la composition des eaux recueillies en novembre 1 855 : i° dans l’Oued Djelfa; 2° à la fontaine Versini.
- Voir le tableau n° 5, analyses nos 27 et 2b.
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 169
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU DE L’OUED DJELFA , recueillie auprès du poste de ce nom , le g novembre i855. EAU DE LÀ FONTAINE VERSINI, située sur la rive droite de l’Oued Djelfa , auprès du poste de Djelfa, recueillie le 8 novembre i855.
- Chlorures de sodium et de magnésium Sulfates de chaux et de magnésie Carbonates de chaux et de magnésie Peroxyde de fer, phosphates alcalino-terreux ' Silice gélatineuse libre 1 Matière organique Ogr,l372 o ,4goS o ,1992 | 0 ,0280 Indét. 0sr, 12 20 0 ,5222 0 ,232/t 0 ,0320 Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau .... Auteur ....
- 0 ,8552 0 ,9206
- De Matugny.
- Ces eaux sont de Donne qualité pour les usages domestiques.
- Le débit total des sources de Djelfa était de 3oo litres par seconde, à ] 6 degrés, le 2 4 mai 1861, à 2 kilomètres à l’aval du poste de Djelfa.
- Trois rivières principales : l’Oued Djelfa (en aval Oued Melah), l’Oued Kourirecli et l’Oued Hadjia, descendent des cimes du Djebel Senelba et vont se perdre dans le Zahrez Rharbi, en suivant des vallées à peu près parallèles et dirigées du S. O. au N. E.
- L’étude de ces vallées est intéressante, parce quelle fait pénétrer dans le cœur même de la formation crétacée. Aussi nous dirons quelques mots sur chacune d’elles.
- La vallée de l’Oued Djelfa remonte jusque dans le bassin quaternaire compris entre le Djebel Djellal, au sud, et le Djebel Senelba au nord. One coupure, qui termine à l’est la crête du Senelba, ouvre à la rivière un passage au nord de cette crête, et a permis en même temps l’établissement de la route carrossable de Laghouat à Alger, route qui descend jusque dans la plaine des Zahrez, en suivant en général la rive droite de l’Oued Melah.
- A 4 kilomètres à l’aval de Djelfa, auprès du moulin à farine de M. Mein, les dolomies du Senelba reposent sur d’épaisses couches de grès quarlzeux grisâtre, dur, dirigées N. 2 7°E. m., et plongeant à E. 270 S. m. Ces grès renferment, sur la rive gauche de la rivière, une couche de calcaire de om,3o
- 2 2
- Vallée
- de l'Oued Dj
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Fossiles
- ilu terrain néocomien auprès du moulin ilu siour Moin.
- Sources thermales auprès du moulin du sieur Mein.
- Anciens tombeaux de
- forme druidique aux
- environs de Djelfa.
- Source
- dite Ain Ouarrou ,
- 10 kilomètres N. O. de Djelfa.
- d’épaisseur, pétrie d’huîlres, qu’on retrouve également à Guelt essettel sur la lisière nord du bassin des Zahrez. Au-dessus du banc d’huîtres vient une autre couche de calcaire de 2 à 3 mètres de puissance, renfermant des Te-rebratula sella indiquant la présence du terrain néocomien. On trouve également d’autres fossiles de cet étage de la craie dans le massif qui longe, au nord, le bassin des Zahrez.
- A i ,000 mètres en aval du moulin, vient se jeter, sur la rive droite de l’Oued Melah, un ravin sur les bords duquel surgissent plusieurs sources thermales concentrées dans un espace de 5 à 6 mètres de longueur. Ces eaux émergent des lissures de grès crétacés; elles n’ont ni odeur ni saveur particulières. La température du bouillon principal est de 29 degrés. Les Arabes ont fait, à l’aval des sources, un barrage qui produit un réservoir d’eau de j o mètres de long sur im,5o de large, et om,5o de profondeur. Le trop-plein débite iht,5o environ par seconde, et sert à l’irrigation des terres situées sur les deux rives du ravin.
- Sur la rive gauche de ce ravin, en amont des sources, il y a de nombreux tombeaux remarquables par leur forme druidique. Chacun d’eux se compose de dalles de grès posées de champ sur le sol et recouvertes par une grande dalle de grès de im,8o do long sur im,3o de large et om,25 d’épaisseur. On ignore qui a construit ces tombeaux, dont quelques-uns renferment encore des ossements humains.
- A 10 kilomètres N. 0. de Djelfa, la route passe auprès de l’Aïn Ouarrou. Cette belle source, qui débite par seconde 8 litres environ d’une eau excellente, à la température de i7°,66 (24 mai 1861), nourrit de petites palu-dines; elle sort par les Fissures d’une couche de calcaire gris crétacé, dirigée N. 12° E. m., et plongeant presque verticalement à l’E. 120 S. m. Le terrain quaternaire prend un développement considérable à l’aval de l’Aïn Ouarrou. La crête qui domine l’Aïn Ouarrou est couronnée par les ruines d’un vieux fort turc. Les couches de calcaire cristallin blanc rosé qui la composent sont dirigées N. 5o° E. m. et plongent au S. 4o° E. m. de 75 à 90 degrés.
- La coupe ci-après, fig. 7 1, indique la disposition générale des couches crétacées entre Djelfa et l’Aïn Ouarrou.
- Nous avons observé une grande continuité dans la stratification de ces couches entre le Senelba et le Djebel Ouarrou, et nous n’avons vu aucun indice de faille qui pût faire supposer que les calcaires du Djebel Ouarrou ne
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 171
- •rojjbiiq uty
- •oarp Ijwoq un p sounu so[ •îTBCÏ wauo.moo no.utmQ poqaiQ
- sont pas réellement inférieurs aux grès du moulin Mein et aux dolomies du Senelba.
- Cette continuité est en harmonie, du reste, avec les indications de la paléontologie. En effet, entre Djelfa et les grès du moulin Mein, on a trouvé les fossiles suivants dans la grande assise calcaire qui recouvre ces grès :
- Radiolites.5— Craie chloritée.
- Hemiaster Fourneli. — Idem.
- Strombus Mermeti. -— Idem.
- Ostrea biskarensis. — Idem.
- Dans la couche de calcaire intercalée au milieu des grès du moulin Mein, on trouve la Terebratula sella, caracté-^ ristique du terrain néocomien.
- S Au pied nord du Djebel Ouarrou, les couches crétacées changent de nature; des marnes schisteuses violettes, avec paillettes de fer oligiste micacé, affleurent sur les deux rives de l’Oued Melah et de ses affluents, dans les déchirures du terrain saharien; la stratification y est généralement confuse. Cependant elle est indiquée, en certains points, par des bancs de poudingue dirigés N. 3o° O. m., et plongeant de y5 degrés à l’O. 3o° S. m. Cette roche renferme beaucoup de galets de quartz blanc et de quartzite gris verdâtre; elle alterne avec des grès schisteux satinés, gris, micacés, qui parfois passent à l’état, de schistes sa_
- Changement de nature des
- couches crétacées au pied
- du Djehei Ouarrou,
- 3 3 .
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- l''0Ssiic5
- dp la craip cliloritop Pt
- do la ci-iiio blanche entra
- l'Aïu Ouarrou et le Rocher Je sel Je
- Rang el-Melah.
- tinés par la petitesse des grains. Ce terrain est assez développé le long des rives de l’Oued Melah, à partir de l’Aïn Ouarrou. Il repose en stratification discordante sur les calcaires néocomiens du Djebel Ouarrou, par suite, sans doute, d’une faille qui aurait baissé le niveau des étages de la craie chloritée et de la craie blanche jusqu’au niveau du terrain néocomien.
- A i kilomètre nord du bordj, la route traverse une espèce de cirque de 2oo mètres de diamètre, dont le sol est formé par une brèche silicatée violette, criblée de paillettes de fer oligiste. Cette brèche nous a paru avoir une origine éruptive semblable à celle du gite de sel gemme de Rang el-Melah. Elle n’est pas stratifiée, tandis que le calcaire au milieu duquel elle affleure comme une tache isolée est stratifié régulièrement. A 2 kilomètres à l’aval d’Aïn Ouarrou, le calcaire gris jaunâtre apparaît de nouveau; il alterne avec des marnes violacées et des couches de gypse dirigées N. 4o°E. m., et plongeant de 45 degrés au S. 5o° E. m. Ce plongement au sud se maintient jusqu’à la coupure du rocher de sel, où le terrain dont il s’agit est remplacé par du terrain tertiaire sur une longueur d’environ 4 kilomètres. Seulement la pente des couches est moins forte à proximité du terrain tertiaire et s’abaisse jusqu’à îo degrés. Les tranches des bancs calcaires donnent lieu à une série de lignes de niveau bien accusées sur le flanc nord des vallées de deuxième ordre traversées par la route. Ces vallées sont donc le résultat d’érosions et non d’ondulations, comme on pourrait le croire au premier abord.
- Entre l’Aïn Ouarrou et le Rocher de sel, on a recueilli les fossiles suivants dans les marnes violacées et les calcaires qui leur sont associés :
- Ceratites Fourneli. (Coq.) — Craie chloritée.
- Crassatella. (Moule intérieur.) — Idem.
- Turritella pustulifera. (Coq.) — Idem.
- Turritella leoperdites. (Coq.) — Idem.
- Turritella nov. spec. (Coq.) — Idem.
- Rostellaria sepulta. (Coq.) — Idem.
- Pterocera nov. spec. (Coq.) —Idem.
- Idem. —Idem. (Coq.) — Idem.
- Fusus. (Indét.) — Idem.
- Cardium. (Indét.) — Idem.
- Hemiaster Fourneli. (Bayle.) — Idem.
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- Cyphosoma Delamarei. (Desh.) — Craie chloritée.
- Holectypus serialis. (Desh.) — Idem.
- Pholaclomya Marroti. (D’Orb.). — Craie blanche,
- Pholadomya. (Indét.) — Idem.
- Plicatula Ferryi. (Coq.) — Idem.
- Otostoma Archiacei. (Coq.) — Idem.
- Ostrea tetragona. (D’Orb.) — Idem.
- Ecliiiiobrisus minor. (Desor.) —Idem.
- Ces fossiles indiquent la présence de deux étages de la craie, la craie chloritée et la craie blanche, étages qui, auprès d’Aïn Ouarrou, paraissent reposer en stratification discordante sur les couches de calcaires et grès néocomiens, par suite de l’existence d’une faille.
- A son débouché dans la plaine des Zahrez, l’Oued Melah passe à l’extrémité orientale du rocher de sel de Rang el-Melah. Les dernières roches qu’on rencontre à l’entrée de la plaine des Zahrez, au pied du Piocher de sel, sont formées par un poudingue très-dur, composé de débris de quartzite gris clair à l’intérieur, brun à la surface, de schiste satiné verdâtre et de calcaire bleu. Tous ces débris proviennent de terrains secondaires, ou même de terrains de transition, et le poudingue lui-même appartient à la craie chloritée. 11 est associé à des quartzites d’un gris clair et à des marnes schisteuses, dans lesquelles on a trouvé les fossiles suivants :
- Geratites Fourneli. -— Craie chloritée.
- Belemnites semi-canaliculatus. — Idem.
- Hemiaster Fourneli. — Idem.
- Ce poudingue, dont les couches plongent fortement au nord, est, pour le voyageur venant d’Alger, une sorte d’écran qui cache le gîte de sel gemme proprement dit.
- On remarquera que les couches crétacées dont il s’agit ont les mêmes caractères minéralogiques que les roches crétacées qui sont au pied du Djebel Ouarrou. Elles sont du même âge et sont comme elles au contact d’un gîte d’origine éruptive.
- La vallée de l’Oued Kourirech prend sa source au col de Bab el-Messaoud, sur la crête du Djebel Senelba, descend entre le Djebel Grara et le Djebel
- Vallée
- <le l’Oued Kourirech.
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- 174 EXPLORATION DU BENI MZAB ET T)U SAHARA.
- Haoua dans la plaine quaternaire des Ouled Mohani, et pénètre dans la plaine quaternaire du Zahrez Rharbi par une longue coupure de la chaîne crétacée du Djebel Sahari. Le bassin de l’Oued Kourirech est moins étendu que celui de l’Oued Melah; aussi n’y a-t-il plus d’eau courante au débouché de l’Oued Kourirech dans la plaine du Zahrez. Entre la cime du Senelba et l’extrémité N. O. du Djebel Haoua, l’Oued Kourirech traverse des couches crétacées qui plongent fortement au S. E., ainsi que l’indique la coupe ci-dessous, 11 g. 72 , qui est analogue à celle que nous avons donnée entre Djelfa et l’Aïn Ouarrou.
- Terr. quat.
- é t a
- Fig. 72.
- Le massif du Djebel Haoua et tout l’intervalle compris entre ce massif et celui du Djebel Senelba sont couverts d’une forêt dont l’essence dominante est le pin d’Alep. Les arbres atteignent 10 à 1 2 mètres de hauteur et om,4o à om,5o de diamètre à la base. Diverses parties de la forêt montraient, lors de notre passage, des traces récentes d’incendie. Le feu ne brûle parfois les arbres qu’incomplètement. A la base , le tronc noircit; les branches inférieures se dessèchent, et la mort gagne peu à peu les branches supérieures, qui sont les plus vivaces. Le premier coup de vent suffit alors pour renverser l’arbre mort. Nous en avons trouvé un grand nombre gisant sur le sol et couchés tous dans la même direction. Ces arbres pourrissaient sur place. Les pins se voient également sur les mamelons inférieurs occupés par le terrain quaternaire; mais ils y sont moins nombreux que sur le Djebel Haoua. vaiie'e L’Oued Hadjia part de l’extrémité occidentale du Djebel Senelba, descend
- :wHadji,., je }3assjn quaternaire des Ouled Mohani, compris entre le Djebel Se-
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES. 175
- nelba el le Djebel Saliari, et pénètre dans la plaine du Zalirez Rliarbi, en suivant le bord oriental d’une dépression couverte par le terrain quaternaire et qui sépare le Djebel Sahan du Djebel Lelif. À son débouché dans la plaine du Zalirez, il roule un volume d’eau assez considérable, qui était de 60 litres environ par seconde, le 7 novembre 1 855. Depuis cette époque, un barrage, destiné à l’irrigation des terres de culture situées dans la plaine du Zalirez, a été construit par l’administration de la guerre, à l’aval de sources thermales fort nombreuses, qui émergent du terrain crétacé dans le lit même de l’Oued, sur une longueur d’environ 200 mètres. Ces sources sont complètement noyées depuis l’exécution du barrage. Nous avons pu les examiner en j 865. Leur température varie de 33°,5o à 36 degrés. En amont, l’eau de la rivière avait une température de. 5 degrés, tandis qu’en aval elle avait i 3°,5o. Cet accroissement de chaleur de 8°,5o donne une idée du débit considérable des sources thermales. Le calcul indique, en effet, que le débit de ces dernières est d’environ 17 litres par seconde. L’eau thermale est très-limpide et laisse sur son trajet un dépôt abondant de glairine verte avec quelques traînées jaunâtres d’oxyde de fer. Son goût est légèrement acidulé. 11 se dégage du bouillon, tà de rares intervalles, des bulles gazeuses, dont nous n’avons pu reconnaître la nature, faute d’instruments. On ne sent sur place aucune odeur d’hydrogène sulfuré. Une pièce d’argent plongée dans l’eau thermale ne noircit pas. Un cristal de nitrate d’argent donne sur place un précipité caséeux, blanc, sans mélange de noir. L’eau thermale, recueillie le 7 novembre 1860 au bouillon de l’une des sources, a présenté la composition
- suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 1.)
- Chlorures de sodium et de magnésium....................... 0^,9086
- Sulfates de chaux et de magnésie.......................... o ,4o3i
- Carbonates de chaux et de magnésie........................ o ,23o5
- Peroxyde de fer, phosphates............................. )
- “ ,, o ,015o
- Silice gélatineuse libre................................ )
- • Matière organique......................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau......... 1 ,55ya
- Auteur : Dk Marigny.
- Les grès crétacés qui encaissent la rivière sont dirigés N. 55° E. m. et plongent de 20 degrés au S. 35° E. m.
- Sources thermales de
- l'Oued Hadjia.
- Composition de l'eau des
- sources thermales cjui surgissent dans le lit de l'Oned Hadjia,
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Gypse crétacé , à 1,000 mètres S. F,. Hes
- sources thermales.
- Chaînes crétacées
- du ZaJ.rcz Rhnrbi. Ojel.e]
- Arclia Chprjçui.
- Richesse
- .lu Djebel Amour sources d’eau potable.
- Djebel Loii 1",
- Lambeau de terrain crétacé
- le rocher de sel d’Ain Hadjera. Djebel Sahari.
- Ain Soit an.
- A 1,000 mètres S. E. des sources thermales, on trouve dans le calcaire crétacé des couches de gypse blanc analogues à celles qu’on trouve sur le revers nord du Djebel Senelba.
- Le bassin du Zahrez Rharbi est limité au sud, en allant de l’ouest à l’est, par le Djebel Archa Chergui, le Djebel Lelif et le Djebel Sahari.
- Le Djebel Archa Chergui se compose de calcaire crétacé, gris cendré, sub-saccharoïde, en couches dirigées N. i i 70 E. m. et plongeant au S. 2q°0. m. de 8 à 1 o degrés. Une ligne de faîte très-peu prononcée part de l’extrémité N. E. de cette chaîne et sépare les eaux qui se jettent à l’ouest dans l’Oued Bettin, affluent du haut Cliélif, des eaux qui se jettent à l’est dans le Zahrez Rharbi. Elle est recouverte par le terrain quaternaire, qui envahit ainsi le bassin des affluents du Chélif. Le Djebel Archa Chergui est la ramification la plus avancée que le massif central du Djebel Amour (province d’Oran) pousse vers le nord.
- D’après les renseignements qui nous ont été donnés par divers Arabes, ce dernier massif est très-riche en sources abondantes; et cela n’est pas étonnant, en raison de son étendue et de sa grande hauteur au-dessus du niveau de la mer. La carte de l’état-major y signale un grand nombre de sources et plusieurs ksour (villages), dont les uns sont encore habités et les autres complètement ruinés. Les habitudes sédentaires des ksouriens exigent qu’ils aient de l’eau à proximité de leurs demeures.
- Le Djebel Lelif est le prolongement du massif du Djebel Sahari, à l’ouest de la vallée de l’Oued Hadjia; â 4 kilomètres environ du pied septentrional de ce massif se trouve le rocher de sel d’Aïn Hadjera, qui, de même que celui de Rang el-Melah, a fait irruption à la séparation des terrains crétacé et tertiaire. Un petit lambeau de calcaire crétacé se trouve, en effet, sur le rocher de sel d’Aïn Hadjera. L’Oued Hadjera, qui passe au pied de ce rocher, prend sa source sur le Djebel Lelif.
- Le Djebel Sahari, qui est compris entre les sources thermales de l’Oued Hadjia et le rocher de sel du Rang el-Melah, se compose de couches de marnes alternant avec des calcaires compactes et des grès quartzeux. La pente est, en généra], au S. E. Cependant quelques ondulations des couches donnent lieu parfois à un pendage vers le N. 0. C’est ce qui arrive auprès d’Aïn Sol-tan, petite source située à 4 kilomètres N. E. de l’Oued Hadjia, et dont la température est de 16 degrés, la température de l’air étant de 16 degrés, le
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
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- 2 b mai i863, à 5 heures du soir. Les calcaires crétacés blanchâtres d’où elle émerge sont dirigés N. 55° E. m. et plongent de 34 degrés au N. 35° O. m. Ils sont remplis d’Inoceramus.
- La source dite AïnTguima, située à 22 kilomètres N. E. de la précédente, a un très-faible débit et une température de 1 9 degrés, celle de l’air étant de 1 5 degrés, le 2 4 niai 1863 , à 9 heures 3o minutes du matin. Elle sort de calcaires crétacés d’un blanc jaunâtre, en couches verticales, dirigées N. 76° E. m., contenant quelques fossiles, et, entre autres, l’Hemiaster Fourneli.
- A 8 kilomètres avant d’arriver au rocher de sel de Rang el-Melah, le terrain crétacé est remplacé par du terrain tertiaire, que nous décrirons dans le chapitre suivant.
- Il nous reste à faire connaître le massif montagneux qui forme la limite sud du bassin du Zahrez Chergui.
- Si de Djelfa on se dirige, au nord, vers la koubba des Ouled ben Alia, située sur le bord méridional du bassin de ce Zahrez, à 12 kilomètres N. Eh de Rang el-Melah, on traverse presque constamment la craie chloritée. Seulement on trouve de nombreuses traces du terrain quaternaire, c’est-à-dire la carapace calcaire blanche ou rougeâtre, avec cailloux roulés; mais, généralement, ces dépôts diluviens sont fort restreints et ne forment qu’une mince couverture de i à 2 mètres d’épaisseur, découpée par les ravins.
- De Djelfa jusqu’à la petite source dite Aïn Cheïma, située 16 kilomètres plus loin vers le nord, l’inclinaison des couches crétacées, presque uniquement composées de calcaire compacte, est toujours vers le S. 1 5° E. m. de 4o degrés, A la fontaine, dont la température est de i5°,5o, celle de l’air étant de i5 degrés, le 16 avril i863* on observe une inclinaison en sens inverse, c’est-à-dire xers le N. 1 5° O. m. Au delà de la fontaine, l’inclinaison au S. 1 5° E. m. recommence sur une certaine distance, par suite du reploiement des couches en fond de cuvette. Enfin une selle détermine de nouveau le plongement des couches vers le N. 1 5° O. m., et celui-ci se continue jusque dans le bassin quaternaire du Zahrez Chergui.
- Le long des rives de l’Oued Salah, les derniers mamelons sont formés de couches de grès crétacés, plongeant avec un angle de 26 à 3o degrés sous la plaine quaternaire du Zahrez Chergui.
- La coupe ci-après, fig. j3, indique les diverses allures des couches créta-entre Djelfa et la koubba des Ouled ben Alia. Elle démontre que le ter-
- 2u
- Ain Tjfuim.i.
- Chaînes crétacées limitant, au sud , le bassin
- du Zahrez Cbei'gni.
- 4
- Aïn Cheïma.
- cees
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-
- Barrage
- l'Oued ben Ali a
- 178
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- rain crétacé acquiert ici une épaisseur de plusieurs kilomètres. Entre i’Aïn Clieïma et la koubba des Ouled ben Alla on trouve les fossiles suivants :
- (Coq.)
- Craie
- Strombus Mermeti. chloritée.
- Rostellaria. (Indét.) — Idem.
- Ostrea biskarensis. (Coq.) — Idem.
- Ostrea. (Nov. spec.) — Idem.
- Caprina Matberoni. (Coq.) —Idem.
- Radiolites serialis ? (D’Orb.) — Idem.
- Fossiles caractéristiques de la craie chloritée.
- L’Oued ben Alia descend du massif crétacé du Djebel Driouha et va se perdre au nord dans le bassin du Zahrez Chergui. Le 5 novembre i 855, il ne roulait, à son débouché dans la plaine, qu’un ou deux litres par seconde.
- L’administration de la guerre venait de faire exécuter par les Arabes un barrage en terre et fascines destiné à l’irrigation des terres diluviennes situées à l’aval. Elle se proposait d’emmagasiner ainsi les eaux d’orage, qui parfois tombent fort abondamment pendant l’été.
- Depuis l’Aïn Cheïma jusqu’à la koubba des Ouled ben Alia, le pays est très-boisé en essences de pin d’Alep, genévriers, chênes à glands doux (beloud). Ces arbres atteignent de 10 à 12 mètres de hauteur et om,5o à om,6o de diamètre à la base.
- A partir de l’Oued ben Alia, les couches crétacées se prolongent au S. O. d’une manière continue jusqu’au rocher de sel; elles
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-
- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- 179
- se composent principalement de grès dur, gris clair, en couches dirigées N. 75° E. m., et plongeant de 35 degrés au N. 1 5° O. m.
- Au N. E. de l’Oued ben Alia, les couches crétacées se poursuivent au loin et constituent le Djebel Alia, le Djebel Memaha, le Djebel Kbider et le Djebel Zemra, qui se relie aux montagnes crétacées des environs de Bou Saada, montagnes séparant le bassin quaternaire du Hodna du bassin quaternaire du Zalirez Chergui. Sur le Djebel Alia, on observe des couches alternantes de Dj-uiAii». calcaire marneux, gris cendré, dirigées N. 45° E. m., et plongeant de 38 degrés au N. 45° O. m. Sur le Djebel Memaha, les mêmes couches sont dirigées Djebei Memaha.
- N. 8o° E. m. et plongent au N. io° O. m. Sur le Djebel Khider, ce sont des Djebei Khider.
- couches de calcaire blanchâtre, dirigées E. O. m., et plongeant presque verticalement au sud; elles contiennent des Hemiaster Fourneli en assez grande quantité.
- Sur le Djebel Zemra, il y a des couches alternantes de calcaire gris noi- Djeia zemra. râtre ou blanchâtre et de marnes grises, terreuses, dirigées N. 65° E. m., et plongeant de 35 degrés au S. 2 5° E, m. M. Nicaise y a recueilli quelques fosssiles, entre autres ;
- Ceratites Fourneli..— Craie chloritée.
- Lima. — Idem.
- Plicatula auressensis. — Idem.
- Ostrea. — Idem.
- Hemiaster Fourneli. — Idem.
- Auprès de Bou Saada, M. Marès a recueilli, dans le terrain crétacé, les Fossiles creWs fossiles suivants : Bou sLi,.
- Ostrea auressensis (Coq.),
- Nautilus Mermeti (Coq.),
- caractéristiques de la craie chloritée.
- Ainsi se trouve établie la continuité de la formation crétacée entre Djelfa et Bou Saada.
- Nous allons décrire maintenant le versant sud du massif crétacé qui limite au nord le bassin des Zahrez sur une étendue de 120 kilomètres. Ce massif forme une longue bande dirigée N. 63° E. parallèlement à la bande crétacée formée au sud par le Djebel Sahari, le Djebel Alia et le Djebel Memaha. Sa
- 23 .
- Versant sud du
- massif crétacé limitant, au nord, le bassin des deux Zahrez.
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- 130 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Gypse
- (ies environs cl Aïounat el-Hamîr.
- constitution minéralogique est la même que celle de la bande crétacée du sud. On y trouve des alternances de dolomies, de calcaires, de gypsès, de marnes et de grès quartz eux, procédant généralement par grandes ondulations, très-favorables à l’existence de nappes souterraines plus ou moins considérables. Une végétation arborescente fort remarquable et des pluies d’orage parfois torrentielles contribuent à l’alimentation de ces nappes, qui se révèlent au jour par de nombreuses sources indiquées, en partie, sur la carte au -4 0\ •-. On rencontre aussi sur le massif dont il s’agit des couches régulières de gypse en stratification concordante avec les autres couches du terrain, et semblables à celles qu’on trouve dans les terrains du même âge des environs de Djelfa et de Laghouat.
- Le gypse des environs d’Aïounat el-Hamir est situé à l’extrémité N. E. de la chaîne du Djebel Gada, au pied des escarpements faisant face au Zalirez Chergui. Il est blanc, saccharoïde, et se présente en couches régulières de
- S. io° E. m. - • N. io° O. m.
- Terr. qaat.
- plusieurs mètres d’épaisseur, alternant avec des marnes vertes et des calcaires jaunâtres au dehors, grisâtres en dedans. Les couches sont dirigées N. 8o° E. m. ; elles plongent en sens inverse, de 1 5 à 20 degrés de part et d’autre du ravin qui coupe le gîte de plâtre, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus, %• 74-
- Les calcaires associés au gypse renferment les fossiles suivants :
- Hemiaster Fourneli. (Bayle.) — Craie chloritée.
- Orbitolina. — Idem.
- Ostrea. —- Idem.
- Du col d’Aïounat el-Hamir, on reconnaît que les couches crétacées se pro-
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- ZONE CENTRALE DE LA REGION DES STEPPES.
- 181
- longent au N. E. sur le Djebel Teberguin, et au S. E. sur le Djebel Meketsit,
- îlot qui forme la limite orientale du Zali-rez Chergui. La hauteur absolue de la chaîne du Djebel Gada s’abaisse très-notablement dans ces deux directions. En général, les couches crétacées plongent vèrs le nord dans la partie haute de la chaîne, voir fig. 74- Elles donnent lieu à des escarpements abruptes, tournés vers le Zah-rez Chergui, et montrant les tranches des couches crétacées. Un pli des couches à la partie inférieure du versant sud amène leur plongement général sous le bassin quaternaire du Zahrez. La pente augmente en marchant au S. O. d’Aïounat el-Hamir. Ainsi, auprès d’Aïn Tarch, on remarque des couches de grès jaunâtre, dirigées N. 63° E. m., et plongeant de 35 à 5o degrés au S. 2 7° E. m. A peu de distance à l’est d’Aïn el-Hammam, on trouve des couches de calcaire marneux blanchâtre, tantôt dures, tantôt friables, dirigées E. O. m., et plongeant presque verticalement au sud. Elles contiennent quelques fossiles, et en tre autres :
- Plicatula auressensis (Coq.),
- Hemiaster Fourneli (Bayle),
- appartenant à la craie chloritée.
- Sur le revers sud du Djebel Hammam, à partir du col qui fait passer d’un versant à l’autre, les couches crétacées sont dirigées N. î i5° E. m. et plongent de 45 degrés au S. 2 5° O. m. Cette pente persiste sur tout le revers sud de la chaîne jus-
- Fossiles
- de la craie chloritiie
- Source thermale dite Aïn el-Hamman
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- qu’auprès de la maison de commandement cTAïn el-Hammam. Là on remarque une double ondulation a b cd, fig. 75, qui fait de nouveau plonger les couches vers le sud, sous la plaine du Zahrez.
- La source thermale dite Aïn el-Hamman sort du terrain crétacé dans le voisinage de la maison de commandement; elle a un débit d’environ 4 litres par seconde et une température de 22 degrés, la température de l’air extérieur en plein soleil étant de 3i degrés, le 3o avril 1 858, à 1 1 heures du malin. Son goût est agréable et ne présente rien de particulier.
- La composition chimique de cette eau est la suivante. (Voir le tableau n° 5, analvse n° 20.)
- Chlorures de potassium, de sodium et de magnésium........ os'-, 1609
- Sulfates de chaux et de magnésie....................... o ,3633
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... o ,2 4o6
- Peroxyde de fer, silice libre............................ o ,0132
- Matière organique........................................ Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau. ..... o ,7780
- Auteur : Simon.
- C’est une eau de bonne qualité pour les divers usages domestiques; elle jaillit au pied cl’un escarpement vertical de 3 mètres de haut, et par deux points d’émergence à travers les fissures d’un calcaire cristallin gris noirâtre, coupé par des veines spathiques blanches. Si l’on monte sur cet escarpement, on voit que c’est une cascade formée par un ravin descendant du N. N. O. au S. S. E. vers le Zahrez Chergui, et qui traverse, en amont de la source, une succession de couches de grès quartz eux, de marnes grises et de calcaires marneux grisâtres. Un hanc de calcaire marneux, d’un mètre environ d’épaisseur, est criblé de foraminifères de la forme et de la dimension cl’une lentille. C’est l’Orbitolina lenticulata clu terrain néocomien. Sur la rive gauche du ravin se trouve un plateau sableux de 4oo mètres de long sur 200 mètres de large, couvert cle végétation et susceptible d’absorber les eaux de pluie. Ce plateau pourrait contribuer en partie à l’alimentation de la source; mais il n est pas assez étendu pour l’alimenter entièrement. En effet, en admettant une hauteur annuelle d’eau de pluie de om,5o, ce qui est sans doute un
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- maximum, le plateau recevra annuellement 4o millions de litres, correspondant à un débit moyen de ilil,2 6 par seconde. On ne peut donc attribuer à cette cause qu’une très-minime partie du débit de la source.
- L’Aïn el-Hammam est due à une cause plus générale, car l'escarpement au pied duquel elle sort se prolonge de TE. m. à l’O. m. sur une longueur de 200 mètres environ, et, sur toute cette ligne, des bouquets de joncs indiquent des sources à peu de profondeur, et qui sont produites par la même cause cpie l’Aïn el-Hammam. On peut attribuer toutes ces sources aux eaux de pluie qui tombent sur les couches crétacées du revers sud de la chaîne d’El-Hammam et sont amenées vers le sud; par suite de la pente générale des couches, l’ondulation qui existe auprès de la maison de commandement arrête sans doute le cours descendant de la nappe aquifère, et celle-ci se fait jour à travers les fissures que cette ondulation brusque a déterminées dans les roches.
- On pourrait, par suite du relief du terrain, amener au jour toutes les infiltrations indiquées par les bouquets de joncs. ïl suffirait de quelques tranchées peu profondes dans un terrain de transport. A l’aval, les terres de culture ne manqueraient pas pour l’établissement d’un petit centre de population. Aujourd’hui il n’y a qu’un gardien arabe dans la maison de commandement.
- En raison de la pente générale des couches crétacées vers le sud, ces dernières donneront probablement des eaux ascendantes, sinon jaillissantes, dans la partie nord de la plaine du Zafirez Chergui.
- Le col d’El-Hammam est boisé de thuyas, qui servent sur place à la fabrication du goudron.
- Voici la méthode employée par les Arabes.
- Le bois vert, coupé en fragments de ora,5o de long sur om,o5 de large, est placé dans un cylindre vertical en terre a, fig. 76, 77 et 78, ouvert par les deux bouts et posé sur le sol. Un dôme en terre b, fig. 77 et 78, ferme la partie supérieure du cylindre. Ce dernier communique, à sa partie inférieure, avec un conduit incliné g de 2 mètres de long et de om,2 0 de côté, qui amène les produits bitumineux dans un réservoir h, où ils se condensent en partie et où l’on puise le goudron liquéfié. Un foyer annulaire c entoure le cylindre a. Par la porte ef 011 introduit une grosse bûche d, qui brûle par sa partie antérieure. Le reste du foyer est rempli par les bûchettes car-
- On pourrait établir un centre «le population auprès
- il'Ain el-IIammain.
- Fabrication.lu guu.lru sur le col d'.Kl-Hammain.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- bonisées que l’on a déjà extraites du cylindre dans une opération précé dente.
- Fig. 77. — Coupe suivant XY.
- Fig. 78. — Coupe suivant ZU.
- 1
- '0 ‘c 1
- C 1
- 0 0 1 1
- P»; * Pt!
- Des trous i, i,... de om,oo de diamètre permettent aux gaz chauds de passer dans le cylindre, et ils entraînent avec eux les gaz bitumineux qu’abandonnent les bûches nouvelles placées dans le réservoir a. Un homme surveille deux fourneaux. Le travail ne marche que de jour. On fait, par journée de travail , deux fournées de 60 kilogrammes de bois chacune. Une guerba de goudron, d’une contenance de 4o litres environ, se vend 2 francs sur les marchés. Les Arabes emploient ce goudron pour préserver les chameaux de la gale. Ils enduisent de ce liquide les parties qui sont susceptibles d’être attaquées par la maladie ou qui en ont déjà subi les atteintes. L’opération se fait en novembre et décembre. Une guerba suflit pour deux chameaux.
- A l’ouest d’Aïn el-Hammam, la pente des couches crétacées diminue de nouveau. Ainsi, sur la rive gauche de l’Oued el-Heurch (Oued Djellal), se présentent des couches de calcaires blanchâtres, dirigées N. 58° E. m., et plongeant de 10 à 12 degrés au S. 32° E. m. Une inflexion des couches les fait plonger faiblement au N. O. sur la rive droite de la rivière.
- Une large croupe crétacée se détache du Seba Rous (les sept tètes) vers le S. E., et vient s’arrêter sur la rive gauche de l’Oued el-Fesekh, auprès de
- Fig 76.
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- Raïan Chergui. A 6 kilomètres environ à l’ouest de Raïan Chergui, on remarque un petit mamelon appelé Kresin el-Hatob, qui s’élève de 5o mètres environ au-dessus de la plaine quaternaire qui l’entoure de tous côtés. Il est formé de calcaire gris compacte, en couches légèrement inclinées au nord. Au sommet, on voit encore les ruines de l’enceinte d’un ancien fort romain.
- Le Djebel Kaïder est séparé de la longue chaîne du Djebel Oukeil par une coupure, à travers laquelle passe la route carrossable de Laghouat à Alger. Le caravansérail de Guelt es-Settel est situé près du sommet du col qui réunit les deux versants de la coupure, mais sur le versant sud; aussi nous réservons pour un des chapitres suivants la description des terrains crétacés qui l’environnent. Nous dirons seulement que les grès quartzeux gris blanchâtres y sont très-développés, tandis que les calcaires compactes dominent sur le versant sud.
- Fort romain
- Kresin el-Halob.
- Coupure
- entre le Djebel Kaïder et
- le Djebel Oukeil , suivie
- par la roule
- de
- Laghouat à Alger.
- ^3
- «
- I
- Sd
- FiS- 79-
- Le Djebel Oukeil constitue une longue chaîne crétacée, qui limite au nord Djei,eioukeii. la plaine du Zabrez Rharbi. Un rameau, connu sous le nom de Djebel Meg- DjebeiMeg«,n. zem, s’en détache au S. O. et vient entourer la partie occidentale du Zabrez.
- Il est formé principalement de calcaire gris clair ou jaunâtre, subsaccbaroïde, en couches dirigées N. i î o° E. m., et plongeant de î o degrés au S. 2 0° O. m.
- On y trouve aussi des couches régulières de marnes jaunes et de gypse blanc, semblable à celui d’Aïounat el-Hamir.
- La coupe ci-dessus, fig. 79, menée du N. au S. par le Djebel Megzem, indique la possibilité d’avoir de l’eau ascendante dans la plaine du Zahrez, au moyen de puits que l’on approfondirait jusque dans le terrain crétacé.
- Le Djebel Megzem s’avance à l’ouest jusqu’auprès du ksar (village) de
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Taguin, en s’abaissant très-notablement. Il présente, sur la rive droite de l’Oued Taguin, des couches de calcaire jaune subcristallin, semblables à celles qu’on observe sur la rive gauche. Entre le Djebel Megzem, au nord, et le Djebel Archa Chergui, au sud, il existe dans le terrain crétacé qui est au S. O. de la plaine du Zahrez Rharbi une large lacune, au milieu de laquelle se trouve l’îlot du Djebel Gourin (les deux cornes). Cet îlot sert en quelque sorte de liaison entre les deux bandes crétacées qui encaissent la plaine du Zahrez au nord et au sud. Il s’élève à 5o mètres environ au-dessus du plateau quaternaire, qui l’entoure de tous côtés. On y remarque deux petits pitons distants l’un de l’autre d’une cinquantaine de mètres, et dont le plus haut est couronné par un marabout. Les couches du Djebel Gourin sont dirigées N. 25° O. m.; elles plongent à l’E. 25° N. m. de îo degrés sur le versant N. E., et à l’O. 25° S. m. de îo degrés sur le versant S. O., par suite d’une inflexion des couches, indiquée dans la coupe ci-dessous.
- Calcaiit
- ' Terr. quat.
- liesu me
- sur la constitution géologique des
- massifs montagneux de
- la région centrale des steppes.
- A la partie supérieure sont des calcaires gris et des dolomies. Au-dessous viennent des bancs de gypse blanc, saccharoïde, alternant avec des calcaires schisteux blancs ou jaunes et des marnes vertes fossiles.
- En résumé, on voit que les massifs montagneux de la région centrale des steppes appartiennent à la formation crétacée. On y trouve des fossiles nombreux qui permettent de constater la présence des étages suivants :
- Terrain néocomien,
- Craie chloritée,
- Craie blanche.
- De même que le terrain crétacé de la zone méridionale des steppes, il se
- Plaine du Zahrez Rharbi.
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- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES. 187
- compose de couches successives de dolomies, de calcaire, de marnes et de grès; des assises régulières de gypse stratifié alternent avec les marnes et les calcaires, mais ne présentent pas des affleurements aussi étendus que celles de la région méridionale. Les couches crétacées présentent, en général, de grandes ondulations qui sont propres à la formation des nappes souterraines. La puissance de ces dernières est favorisée par les pluies souvent considé-râbles qui tombent sur les massifs montagneux entourant les Zahrez, et par la vigoureuse végétation arborescente qui couvre ces massifs. La coupure par laquelle l’Oued Djelfa se précipite de cascades en cascades dans la plaine comprise entre le Senelba et le Sahari démontre d’une manière incontestable que le terrain crétacé des environs de Djelfa renferme des nappes souterraines abondantes et d’excellente qualité pour les divers usages domestiques,
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- EXPLORATION DU BENI M Z AB ET DU SAHARA.
- CHAPITRE VIII.
- ZONE CENTRALE DE LA REGION DES STEPPES.
- TERRAIN TERTIAIRE SUPERIEUR.
- Le terrain tertiaire supérieur est très-peu développé dans la zone centrale de la région des steppes. Nous en avons observé quelques affleurements sur la lisière sud du bassin des Zahrez. Le plus remarquable se trouve sur les deux rives de l’Oued Melali, auprès du rocher de sel. On y observe des bancs alternatifs de grès jaunes friables et de poudingues faciles à désagréger. Les grès sont à grains quartz eux et à ciment marneux, jaunâtre ou rougeâtre, surtout auprès du sel gemme. Le poudingue renferme de nombreux galets de calcaire subcristallin, café au lait clair, dont on voit des couches en place dans le Djebel Oukeil. Ce terrain n’a présenté jusqu’ici aucun fossile. 11 a les mêmes caractères minéralogiques que le terrain des Chebgas dans la partie orientale du bassin dulïodna. Comme le bassin des Zahrez prolonge à l’ouest, dans la province d’Alger, l’ondulation qui renferme le chott du Hodna dans la province de Constantine, il nous paraît vraisemblable que les grès et poudingues tertiaires de la région des Zahrez sont les représentants des Chebgas de la province de Constantine, et appartiennent comme eux au terrain pliocène. Dans notre Notice sur les gîtes de sel gemme de Rang el-Melah et d’Aïn Hadjera, nous avions rangé provisoirement dans le miocène les tertiaires du rocher de sel, à cause de leur ressemblance minéralogique avec certaines assises miocènes des environs de Boghar.
- Nous pensons aujourd’hui devoir leur assigner l’âge pliocène, de même qu’aux Chebgas du bassin du Hodna. On a vu dans notre Mémoire sur la province de Constantine que le terrain miocène, caractérisé par de nombreux fossiles, existe dans le Hodna, en stratification discordante au-dessous des poudingues, grès et marnes pliocènes des Chebgas. Ce miocène est caractérisé minéralogiquement par des calcaires subcristallins et des grès bleuâtres,
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- TERRAIN TERTIAIRE SUPÉRIEUR.
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- et son faciès diffère essentiellement de celui des terrains pliocènes des Cheb-gas du Hodna et du terrain tertiaire de la lisière sud du bassin des Zahrez.
- Le terrain pliocène de l’Oued Melah a été redressé tout autour du rocher de sel, sur la rive droite de l’oued; mais il présente une assez grande régularité sur la rive gauche. A l’aval du caravansérail, les couches y plongent au N. O. m. de 1 o à 1 5 degrés. A l’ouest du caravansérail, elles constituent, sur 8 kilomètres de longueur et 6 kilomètres de largeur, la petite chaîne montagneuse qui limite de ce côté le bassin des Zahrez. Dans le cœur de la chaîne, les couches plongent d’abord au S. O. m. de îo degrés; mais, en se rapprochant de la plaine des Zahrez, le plongement général est au N. O. m. de i o à î 5 degrés. A Aïn Teguima, petite source siluée à î o kilomètres ouest de Piang el-Melah, on retrouve encore un affleurement restreint de poudingue tertiaire alternant avec des grès friables. Les couches sont dirigées N. 70° E. m. et plongent presque verticalement au N. O. m. Auprès du rocher de sel d’Aïn Hadjera, il y a un petit affleurement de poudingue récent, analogue au poudingue tertiaire du Rang el-Melah.
- A l’est du rocher de sel, le terrain tertiaire s’arrête presque immédiatement contre le massif crétacé qui le domine de ce côté. On en relrouve encore quelques petits affleurements isolés au pied de la chaîne crétacée qui limite au sud le Zahrez Chergui. Le premier se montre auprès de l’Aïn Djenaïen, qui débite un demi-litre au plus par seconde. On y observe à fleur du sol une couche de poudingue d’un mètre d’épaisseur, dirigée N. 65° E. m. et plongeant presque verticalement au N. 25° O. m.
- Plus à l’est, auprès du barrage de l’Oued ben Alia, affleurent des couches tertiaires de grès jaunâtre et de poudingue à galets crétacés; elles plongent de 20 degrés environ au N. O. m. et s’élèvent de 2 ou 3 mètres au plus au-dessus du niveau de la plaine.
- On voit, par ce qui précède, qu’il existe sur la lisière méridionale du bassin des Zahrez une bande très-étroite d’un terrain moins ancien que le terrain crétacé, et que, d’après ses caractères minéralogiques, nous pensons être du terrain pliocène identique à celui des Chebgas du Hodna. Généralement il n’affleure que sur 1 o à 15 mètres de largeur au plus, et 2 à 3 mètres de hauteur au-dessus du niveau général de la plaine quaternaire qui l’entoure. Ce terrain prend un plus grand développement sur les bords de l’Oued Melah; il y forme une espèce de golfe de 8 kilomètres de large, qui a pénétré au
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- milieu de la chaîne crétacée du Djebel Saliari. La bande longitudinale, qui affleure en quelques points fort restreints de la lisière sud de la plaine quaternaire des Zalirez, plonge assez fortement au N. O. m. sous cette plaine. Nous n’avons pas observé de bande semblable sur la lisière nord de la plaine des Zalirez, bien que nous l’ayons coupée en quatre points différents : au pied du Djebel Megzem, à l’ouest; au col de Guelt es-Settel, à Aïn el-Ham-mani, au centre, et auprès cl’Aïounat el-Hamir, à l’est. Comme le massif montagneux qui entoure le poste de Djelfa, et dont les eaux se déversent au nord dans le bassin du Zalirez Pdiarbi, est très-élevé au-dessus de ce bassin et reçoit en hiver beaucoup de pluie, et parfois même de neige, les affleurements des couches tertiaires de la bande sud des Zalirez peuvent absorber annuellement une quantité d’eau assez notable. Ces couches étant plus ou moins perméables, à cause de leur nature sableuse, leur plongement-général au N. O. m. les rend propres à former des eaux jaillissantes, ou du moins ascendantes, dans un trou de sonde qui, probablement, n’aurait pas une grande profondeur, à cause du peu d’étendue du dépôt tertiaire.
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- CHAPITRE IX.
- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- La zone centrale cle la région des steppes renferme trois bassins quaternaires ou sahariens principaux :
- i° Le bassin des environs de Djelfa;
- 2° Le bassin compris entre le Djebel Senelba et le Djebel Sahari;
- 3° Le bassin des Zahrez.
- Nous allons les décrire dans Tordre énuméré ci-dessus.
- J 0 BASSIN QUATERNAIRE DES ENVIRONS DE DJELFA.
- Le bassin quaternaire qui est en amont de Djelfa, entre la chaîne du Djebel Senelba, au nord, et les chaînes du Djebel Sera et du Djebel Djellal, au sud, présente deux talus généraux, inclinés de 2 degrés en sens inverses Tun de l’autre et formant une sorte de thalweg longitudinal, très-faiblement accusé, du S. O. au N. E. Au pied des chaînes encaissantes, on remarque, à la surface du terrain quaternaire, des poudingues à ciment calcaire; mais, aune faible distance de ces chaînes, et vers le centre du bassin, le terrain quaternaire ne montre, à sa surface, que la carapace calcaire d’un blanc jaunâtre. En certains endroits, cette carapace est tout à fait semblable à du travertin compacte ou du calcaire d’eau douce. A 2 kilomètres sud de Djelfa, le terrain quaternaire forme des terrasses allongées du N. E. au S. O., se relevant en pente douce contre les flancs du Djebel Senelba, et terminées latéralement par des talus inclinés à i 5 degrés. La carapace calcaire y produit, sur le pourtour, des escarpements verticaux de î à 2 mètres de hauteur. Au-dessous vient une terre argilo-calcaire, dont Téboulement détermine les talus à i,5 degrés indiqués ci-dessus.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Nous avons proposé plus haut, page i64, de creuser un puits artésien dans cette plaine, à 8 kilomètres S. O. de Djelfa, jusque dans le terrain crétacé, et nous avons dit que ce puits pourrait déjà rencontrer des nappes ascendantes dans le terrain quaternaire.
- Une ligne de faîte, transversale et très-faiblement indiquée, divise en deux parties le haut bassin quaternaire compris entre le Djebel Senelba et le Djebel Sera. La partie ouest déverse ses eaux vers les régions sahariennes du sud, par l’Oued Beïda, et la partie orientale les déverse au nord, par l’Oued Mlega, dans le bassin fermé du Zahrez Pdiarbi. Quelquefois le lit de la haute vallée de l’Oued Mlega est accusé par des berges argilo-calcaires de 1 à 2 mètres de hauteur; mais, dans le centre de la plaine, il n’y a qu’une large dépression, qui était couverte de gazon et de labours le 1er septembre î 855, par suite des pluies abondantes tombées depuis peu. Auprès de Djelfa, les alluvions proprement dites de la rivière formaient une plaine marécageuse de îo kilomètres de large, qui a été défrichée, en î 8 5 5, par les soins de l’administration française, au moyen de corvées arabes. Quelques fossés d’écoulement ont suffi pour faire disparaître les eaux stagnantes, et l’ancien marais se couvre maintenant de belles cultures. À l’aval de Djelfa, l’encaissement de la rivière commence, et les berges de cette dernière sont coupées à pic sur une hauteur verticale, qui s’élève jusqu’à 8 mètres. A la partie supérieure de ces berges se trouve une couche de sable argileux, jaunâtre, d’un mètre environ d’épaisseur. Au-dessous viennent des couches presque horizontales, mais plongeant faiblement au N. O., d’argile, tantôt d’un blanc rougeâtre, tantôt noire, contenant des lentilles de cailloux roulés, de om,o8 de diamètre, arrachés au terrain crétacé. Sur le fond du lit, on remarque, au contact même des couches secondaires, un lit d’argile noire de i mètres environ d’épaisseur, et qui doit sa couleur à de la matière bitumineuse.
- Les alluvions anciennes dans lesquelles l’Ouecl Mlega actuel a tracé son cours constituent un dépôt plus récent que le terrain quaternaire ou saharien. Ce dernier a été raviné, et le vide qui en résulte a servi d’assiette aux couches cl’alluvions anciennes, ainsi que le montre la coupe ci-après, fig 8i.
- Aussi, près de Djelfa, les assises alluviennes reposent en stratification discordante sur les couches quaternaires qui plongent au S. E., c’est-à-dire en sens inverse du cours des eaux. Les alluvions anciennes de l’Oued Mlega pénètrent seules dans la coupure du Senelba, tandis que le terrain quater-
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- naire s’arrête auprès de Djelfa. On voit, par là que le dépôt de terrain quaternaire situé en amont de Djelfa s’est formé dans un bassin complètement fermé, et qu’une fracture violente à travers le Senelba a écoulé plus tard les eaux sahariennes dans le bassin des Zahrez; c’est alors, sans doute, que le terrain quaternaire a été raviné, ce qui a permis ensuite le dépôt des allu-vions anciennes de l’Oued Mlega; mais ce dépôt correspond lui-même à un régime des eaux bien différent de celui qui existe aujourd’hui dans la région des steppes. Il est sans doute contemporain des dépôts de travertin et de gypse farineux de Sidi Makhelouf et d’Aïn Ibel.
- Fig. 8,
- Le bordj de Djelfa s’élève à 1,167 mètres d’altitude, sur un mamelon de Bordjde poudingue saharien qui domine la rive gauche de l’Oued Djelfa. 11 a été construit pour maintenir dans le devoir la population remuante des Ouled Naïl, et il protège en même temps la route militaire d’Alger à Laghouat, dont il est une des principales étapes. Un petit village de colons s’est élevé auprès du bordj; il vit principalement de commerce, par l’achat des laines qu’il expédie sur Alger.
- Pendant que nous étions chez les Béni Mzab, dans les derniers jours d’avril Attaque à main «•«.<><« 1861, une troupe de cinquante fanatiques musulmans, excitée par des mara- .Tavri^sîi’. bouts, est venue frapper, à 10 heures du soir, à la porte du bordj. Elle pensait surprendre la sentinelle sans défense et pouvoir massacrer la garnison.
- La sentinelle n’ouvrit pas, parce qu’elle s’était endormie. Les Arabes allèrent dans le village, enfoncèrent les portes de cinq maisons, assassinèrent deux colons et une petite fille, et blessèrent, en outre, une dizaine de colons à coups de pierres et de couteaux. Un Européen courut chercher main-forte au bordj. Un officier sortit aussitôt avec dix soldats, les armes chargées, fit feu sur les Arabes, en tua trois et en blessa plusieurs autres. Alors les Arabes
- 2&
- L
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- prirent la fuite, mais on les poursuivit et l’on fit quelques prisonniers. Cette attaque soudaine contre Djelfa a eu lieu en pleine paix.
- 2° BASSIN QUATERNAIRE COMPRIS ENTRE LE DJEBEL SENELBA ET LE DJEBEL SAHARI.
- Ain Gassis.
- erhcrclies il’oa entre
- l'OiiPtl Melah l'Oued Hadjia
- taux de puits ' galeries.
- Entre le Djebel Senelba et le Djebel Sahari, le terrain quaternaire a rempli une sorte de golfe de 8 kilomètres de largeur moyenne et de l\o kilomètres de longueur, qui se relie par la vallée de l’Oued Hadjia au bassin quaternaire des Zahrez. Il se compose en général de marnes gypseuses recouvertes par des terrasses de cailloux roulés. Ses pentes sont peu considérables et parallèles à celles des trois grandes vallées qui le traversent du S. E. au N. O., savoir : l’Oued Hadjia, l’Oued Kourirecli et l’Oued Melab. Les bords de ces trois rivières et de leurs affluents sont couverts d’excellentes terres arables, qui fourniraient de belles récoltes, si elles étaient arrosables. Une très-minime partie seulement de ces terres est utilisée par les Arabes, à cause du manque général d’eau entre l’Oued Melah et l’Oued Hadjia. On ne rencontre entre les deux rivières qu’une seule source, l’Ain Gassis, qui donne très-peu d’eau; elle émerge du terrain quaternaire et va §e jeter dans l’Oued Kourirecli. Elle est potable, quoique son goût soit légèrement salé.
- Si l’on tient compte de la grande quantité de pluie qui tombe annuellement sur les massifs crétacés du Djebel Senelba et du Djebel Sahari, on verra que le terrain quaternaire compris entre ces deux massifs doit absorber des quantités d’eau assez considérables, et qu’il serait possible d’en ramener une partie à la surface du sol, soit au moyen de sondages, soit au moyen de puits et galeries.
- Voici comment nous comprenons l’exécution de ce dernier système.
- Supposons un mamelon man, fig. 82, légèrement saillant au-dessus du sol ab. On creuse une galerie a b parallèle à l’axe longitudinal du mamelon. On ouvre, à partir du jour, des puits c^, c2è2, c3b3... d’un mètre de diamètre et communiquant avec la galerie. Les axes de ces puits seront espacés de 5 en 5 mètres. Si le terrain constituant le mamelon est perméable aux eaux, les puits et la galerie formeront une sorte de drainage qui produira une source, s’échappant par la galerie a6 et pouvant servir à l’irrigation des terres à. l’aval. Ce système a été pratiqué avec succès par les Maures dans le bassin quaternaire de Tlemcen sur les mamelons formés de carapace calcaire
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN. 195
- au sommet, et de marne plus ou moins friable à la base. Comme le terrain quaternaire compris entre l’Oued Hadjia et l’Oued Melah présente la même composition que celui des environs de Tlemcen, et qu’il pleut assez abondamment dans la région comprise entre le Djebel Senelba et le Djebel Sa-hari, nous pensons que le système que nous proposons pour la recherche des eaux souterraines pourrait y être appliqué avec succès.
- Coupe verticale suivant ba.
- m
- Fig. 82.
- C’est le long des rives de l’Oued Djelfa, à l’aval du bordj de ce nom, que surgissent les sources les plus remarquables de cette rivière.
- A 2 kilomètres nord de Djelfa, la rivière roulait, le 2 4 mai 1861, environ 3oo litres d’eau par seconde, à la température de 16 degrés, tandis qu’au pied du bordj le lit était à sec.
- A 8 kilomètres à l’aval de Djelfa, la rivière s’encaisse fortement et présente une série de cascades remarquables par les terrasses de travertin ancien, du haut desquelles elle se précipite.
- Un moulin, exploité par le sieur Mein, a été construit par le génie militaire dans la gorge de l’Oued Djelfa. Il renferme une paire de meules mises en mouvement par une roue hydraulique, à charpente de fer de 9 mètres de diamètre. Il moud les blés qui viennent des environs de Bou Saada, et alimente enfariné les postes de Djelfa et de Laghouat.
- Terrasses de Irarerlin dans les gorges de
- l'Oued Djelfa à l’aval du bordj.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- lité de construire u près cle Djelfa «ne usine pour le lavage de* laines.
- Les cascades qui sont échelonnées dans les gorges et le volume considérable d’eau que la rivière roule en toute saison se prêteront facilement à rétablissement de nouvelles usines hydrauliques, si jamais cela devient nécessaire. Un grand commerce de laines se fait à Djelfa, d’où l’on transporte les toisons en suint jusqu’à Alger. Il nous paraît incontestable qu’il y aurait avantage à laver les laines sur place; on éviterait ainsi la majeure partie des fraudes commises par les Arabes sur les laines brutes, et l’on n’aurait pas à transporter des matières stériles, dont le poids s’élève à i5o pour i oo environ du poids utile U L’économie sur les transports est évidente. Un industriel avait formé le projet de construire auprès de Djelfa un atelier de lavage pour les laines; malheureusement la mort l’a empêché de réaliser cette idée.
- A 1,000 mètres à l’aval du moulin Mein, le travertin est beaucoup plus développé sur la rive droite que sur la rive gauche, ainsi que le montre la coupe ci-dessous, fig. 83.
- S. O. m.
- N. E. ni.
- Travertin. J
- Fig. 83.
- La coupe supérieure abedef est formée par du travertin caverneux servant de gangue à des cailloux roulés qui atteignent om,6o de diamètre. Au-dessous viennent des marnes rougeâtres associées à des grès rougeâtres, tendres, à grains fins, en couches régulières de om, î o à om,20 d’épaisseur. Parfois les grès n’ont la coloration rouge qu’à l’extérieur, et sont d’un blanc grisâtre à l’intérieur. Il se peut que ces terrasses de travertin ancien soient le commencement du dépôt quaternaire qui se développe plus bas, le long des rives de l’Oued Melah (Oued Djelfa inférieur), à partir de l’Ain Ouarrou, dont il a élé question page 170. A l’aval de cette source, le quaternaire dessine à l’horizon une longue ligne de niveau au-dessus de laquelle pointe la cime de
- 1 100 kilogrammes de laine bruîe donnent en moyenne 60 kilogrammes de suint et 4o kilogrammes de laine lavée. — L. Ville.
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- Rang el-Melah. Il pousse également des ramifications dans les affluents de fa rive droite de l’Oued Melah.
- A 6 (?) kilomètres N. O. d’Aïn Ouarrou, les sources dites Aïn Zmeïla a^z™^». émergent à 1,077 mètres d’altitude, sur la route de Laghouat, au pied d’un témoin de terrain quaternaire abc, fig. 84-
- L’une d’elles sort d’un marais couvert de joncs; elle a une température de 2 7°,33, celle de l’air étant 2 2°,20 à 4 heures 3o minutes du soir. C’est une source thermale simple, qui débite 2 litres par seconde d’une eau limpide un peu fade. Elle nourrit de petites paludines.
- Une deuxième source sort également d’un marais; elle produit un petit cours d’eau à la température de 2 7°,66, débitant par seconde 8 litres d’une eau d’excellent goût; elle nourrit des paludines et des mélanopsides. Les deux marais sont à côté l’un de l’autre, au centre de ruines romaines assez consi- romane*
- dérahles, faites de moellons maintenus par quelques pierres de taille encore debout.
- Il serait facile d’augmenter le débit des sources par un déblai qui mettrait à découvert l’orifice de sortie des eaux encombré par d’épaisses touffes de joncs. A l’aval des sources, il y a un dépôt de travertin récent cd rempli de paludines identiques à celles qui vivent aujourd’hui dans les sources. Ce travertin est le résultat de l’évaporation des eaux d’Aïn Zmeïla; il est de l’âge du travertin récent d’Aïn el-Ibel et d’Aïn Sidi Makhelouf.
- Quant au mamelon quaternaire abc, il présente, à la surface, une couche
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Possibilité d'établir un centre de population auprès d'Ain Zmeïla,
- Ain iUabmed.
- de 4 mètres d’épaisseur formée de travertin très-compacte, brun chocolat, avec cpielques parties spathiques, qui semblent être des végétaux pétrifiés. La partie inférieure de ce banc est à l’état de poudingue à galets de calcaire crétacé. Parfois on observe, au milieu du travertin compacte, des assises de calcaire blanc terreux. L’assise supérieure repose sur une série de couches de marnes lie de vin et de grès grossier à ciment rougeâtre. Cette formation quaternaire a 20 mètres environ d’épaisseur au-dessus du travertin récent cd. Elle repose sur clés calcaires crétacés sans stratification distincte. La crête ab, qui domine l’Ouecl Melah, est couronnée par les ruines d’un fort turc.
- Le site d’Aïn Zmeïla serait bien choisi pour l’établissement d’un centre de population.
- L’Àïn Mahmed est située à 2 kilomètres environ au N. O. de la précédente, dans une position analogue, au pied de la corniche saharienne, formant le flanc droit de la grande vallée de l’Oued Melah. Cette source surgit par deux bouillons principaux distants de 10 mètres d’axe en axe, fig. 85.
- Fig. 85.
- liuincs romaine' Le premier forme un petit réservoir ab de 5 mètres de diamètre, entouré
- 'A par ime maçonnerie romaine, en pierres de taille de om,8o de haut. Le niveau
- de l’eau s’y tient cà 2 mètres en contre-bas du niveau du sol diluvien. La profondeur de la nappe d’eau est de om,5o ; son débit est de 6 litres par seconde; l’eau est limpide, de bon goût, à la température de 21 degrés, et nourrit de petites paludines.
- Le deuxième bassin cd a 3 mètres de diamètre et ora,5o de profondeur d’eau. La température de la source est de 2 0°,33, son débit est de 9 litres par seconde, et son goût excellent.
- Les eaux d’Aïn Mahmed servent à l’irrigation de cultures de céréales.
- Tout le terrain compris entre les deux sources présente .un sol argilo-sa-bleux excellent pour les cultures. Les montagnes environnantes sont couvertes
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- de bois. La pierre à chaux, la pierre de taille en travertin et le plâtre diluvien sont sur place; aussi le site d’Aïn Mahmed nous paraît-il très-convenable pour l’établissement d’un centre de population.
- En raison de la température élevée des eaux d’Aïn Mahmed, nous les considérons comme des sources jaillissantes naturelles.
- Entre le caravansérail du rocher de sel et l’Oued Garboussa, qui se jette dans la rive gauche de l’Oued Melah, à 4 kilomètres sud du caravansérail, le terrain quaternaire est composé de lits jcle cailloux roulés et de marnes sablonneuses jaunâtres, surmontées, dans quelques endroits, tantôt de couches horizontales de poudingue d’une faible épaisseur, tantôt d’une couche mince de travertin blanchâtre. Enfin, sur la rive gauche et à peu de distance de l’Oued Garboussa, à l’endroit connu des Arabes sous le nom de Forlas, M. Nicaise a remarqué une chaîne de petits mamelons, dirigée N. 70° O. m., composée de sahles jaunâtres et de marnes sablonneuses noirâtres, dont presque tous les points culminants, recouverts de joncs, sont autant de sources ascendantes, c’est ce qu’indique la figure 86.
- Possibilité (1 établir
- un centre «le population ,11 près .l’Ain SMniml.
- Sources ascendante.** sur
- lu rive gauche de l’Oued Garboussa , au lieu dit Fortas.
- g
- o
- cO 9
- §
- 3
- Fig. 86.
- Cette petite chaîne domine les terrains environnants de 10 à i5 mètres.
- Si les sources qui s’y rencontrent étaient aménagées, il serait facile d’arroser
- tous les terrains situés en contre-bas sur une étendue de plusieurs centaines !
- d’hectares. Auprès du caravansérail du rocher de sel, la coupe entravers de
- l’Oued Melah présente la figure 87 ci-dessous.
- Le caravansérail est assis à 961 mètres d’altitude, sur un poudingue ab, Ten.ai„ <pai, dont l’épaisseur est de 4 à 5 mètres, le long de la corniche qui domine la ^cara^-raii vallée alluvienne de l’Oued Melah. La roche quaternaire passe parfois à l’état rocl,,’ra" s«i. de grès rougeâtre, très-friable, venant de la désagrégation des grès pliocènes qui sont au-dessous. D’autres fois elle est à l’état de poudingue à gangue terreuse friable; tantôt elle constitue, en regard de l’Oued, une corniche de 1 à 2 mètres de hauteur verticale; le plus souvent l’éboulement des marnes qui la supportent adoucissent le talus. Ces marnes sont d’un brun jaunâtre et
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ressemblent beaucoup à celles d’Aïn Zmeïla. La stratification cîu poudingue est celle de la surface extérieure du sol. Elle est parfaitement discordante avec celle du terrain de grès jaunes, pliocènes, dont les couches plongent à l’O. 2 2° S. m. sur les deux rives de l’Oued Melah.
- Nous considérons ce poudingue comme l’équivalent du poudingue quaternaire que nous avons signalé en amont. Il suit de là que la coupure de l’Oued Melali existait pendant le dépôt des couches sahariennes et est antérieure dès lors à celle duSenelba, par laquelle l’Oued Djelfa se précipite dans le bassin quaternaire compris entre le Djebel Senelba et le Djebel Sahari.
- "d
- E. 2 2° N. m.
- «
- -5
- O. 22° S. m
- v l Fig. 87.
- e.
- Composition de l'ei de l'Oued Melali à 5oo mètres
- du rocher do sol.
- Quant au terrain d’alluvions anciennes de l’Oued Melah, il est représenté en cd, le long des rives de l’Oued, par une plaine basse d’une étendue variable, selon les points, et qui a le caractère des alluvions anciennes d’eau douce de l’Oued Djelfa, au pied du village de ce nom. Ainsi, à la partie supérieure des berges de l’Oued Melah, on retrouve l’assise bitumineuse noire que nous avons signalée auprès de Djelfa. Au-dessous, on voit des terres jaunes ou rougeâtres, englobant des lentilles de cailloux roulés. Ce terrain est entaillé par l’Oued Melah sur une hauteur variant de 3 à 5 mètres.
- L’eau de l’Oued Melah, recueillie le 2 novembre 1 855, à 5oo mètres en amont du rocher de sel, présente la composition suivante. (Voir le tableau
- n° 5, analyse n° 6 2. )
- Chlorures de sodium et de magnésium...................... ogr,3897
- Sulfates de chaux et de magnésie........................... l ,0026
- A reporter................. 1 ,3923
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.' 201
- Report. ................... igr,3923
- Carbonates de chaux et de magnésie.................. o , 1537
- Silice libre........................................ o ,0080
- Matière organique................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau.... 1 ,554o
- Auteur : De Marigny.
- En comparant cette composition avec celle de l’eau prise à Djelfa, on voit que, par le passage à travers le bassin quaternaire, les chlorures ont été aug-'mentés dans le rapport de 1 à 3 environ, et les sulfates dans le rapport de 1 à 2. Les carbonates ont, au contraire, diminué d’un cinquième environ. Ainsi le lavage des terrains quaternaires a pour effet principal d’augmenter très-notablement la proportion des chlorures et des sulfates contenus dans les eaux, et de rendre celles-ci moins propres aux divers usages domestiques.
- Iufluenco que le parcours des eau* dans
- le terrain quaternaire exerce
- sur leur composition chimique.
- 3° BASSIN QUATERNAIRE DES ZAHREZ.
- Le bassin quaternaire des Zahrez est compris entre les chaînes crétacées des Djebels Oukeïl, Kaïder et Gada au nord, et des Djebels Sahari, Alia et Khider au sud. Il a 1 20 kilomètres du N. 63° E. au S. 63° O. sur 24 kilomètres de largeur moyenne. Le terrain quaternaire s’étend bien au delà des limites est et ouest du bassin des Zahrez, qui n’est, en quelque sorte, qu’une vaste dépression enclavée dans la formation quaternaire. Cette dépression, qui, vue de la haute crête du Djebel Oukeïl, semble ne constituer qu’une cuvette unique, se divise en deux cuvettes distinctes : celle du Zahrez Rharbi à l’ouest et celle du Zahrez Chergui à l’est. Entre Guelt Essettel et le rocher de sel, le terrain saharien présente, le long de la route de Laghouat, une largeur d’environ 25 kilomètres; il se rétrécit beaucoup à l’est d’El-Mesran, et n’offre plus, du nord au sud, qu’une largeur de 8 kilomètres sur le méridien de Raïan Chergui. C’est ici une sorte de détroit compris entre deux chaînes de terrain crétacé, et qui fait communiquer le bassin du Zahrez Rharbi avec celui du Zahrez Chergui. Une large croupe crétacée se détache du Seba Rous, vers le sud-est, et vient s’arrêter sur les bords de l’Oued el-Fesekh, auprès de Raïan Chergui, pour former la limite nord de ce détroit.
- Nous décrirons successivement le bassin de chaque Zahrez.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Bassin quaternaire du
- Zalirez Rharbi.
- Dunes quaternaires de
- Ja lisière sud du Zahrez Rharbi.
- •sounQ
- L’étude du cours de l’Oued Mêlait, affluent de l’exIrémité orientale du Zahrez Rharbi, permet de se rendre facilement compte de la constitution géologique de la cuvette quaternaire de ce Zahrez. On re-connaît qu’une terrasse de carapace calcaire quaternaire, se relevant légèrement contre le g .
- flanc nord du Djebel Sahari, a été entaillée ^ J
- pour former l’assiette du dépôt d’alluvions an- |
- ciennes cd, que sillonne l’Oued Melah. j
- La dépression qui en résulte dans le ter- ^
- rain quaternaire est marquée sur la rive gauche ^
- de l’Oued Melah par un talus hc, nettement accusé par une corniche de carapace calcaire jaunâtre. Sur la rive droite de l’Oued Melah, le talus de terrain saharien se confond avec celui des alluvions anciennes de l’Oued Melah; de sorte que, de ce côté, il est très-difficile, sinon impossible, de saisir la zone de séparation des deux terrains.
- A 10 kilomètres N. 0. du rocher de sel, l’Oued Melah traverse une zone de dunes de 1,000 mètres environ de large, qui se poursuit le long du bord sud du Zahrez Rharbi
- jusqu’au delà de l’îlot crétacé du Gourin Mtaa ’ J 7
- Zahrez. Ces dunes ne sont autre chose que le prolongement des couches sahariennes qui se relèvent au sud contre le flanc du Djebel Sahari; elles se composent de sables quartzeux, jaunâtres, alternant avec des assises d’argiles bitumineuses noires et de sables argileux tenaces' sur lesquels la stratification est nettement accusée. Les couches sont dirigées N.
- 38° O. m., et plongent au N. 02° E. m. de 5 à 6 degrés. L’Oued Melah, coulant au N. 0., les coupe perpendiculairement à leur ligne de
- 'Heqcg pqaÇa
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- 203
- plus grande pente. On ne saurait donc attribuer leur formation aux inondations de l’Oued Melah. Ces dunes constituent un terrain bien stratifié, comme l’indique la figure 89, ci-dessous.
- S. E. m,
- N. O. m.
- Sable quartzeux.
- Sable argileux.
- Argile bitumineuse noire,.-------------------------------
- Sable blanc quartzeux.
- _______________________________Argile bitumineuse noire.
- Sable.
- ZX
- / Argile bitumineuse noire.
- Sable blanc quartzenx.
- Araile bitumineuse noire•._
- Terrain
- e
- Fis.
- On y trouve à l’état fossile :
- Hélix candidissima,
- Hélix melanostoma,
- Bulimus decollatus, qui vivent encore dans le pays.
- ¥:
- Hélix fossiles dans
- les dunes quaternaires de
- l'Oued Mêlai..
- Quelques cailloux roulés se montrent au milieu de ces dunes, bien au-dessus du niveau que peuvent atteindre les plus hautes eaux de l’Oued Melah.
- La vallée de l’Oued Melah se rétrécit graduellement au milieu des dunes; elle présente des largeurs régulièrement décroissantes de 1 5 à 4 mètres. Sur chaque rive, il y a une petite plaine alluvienne couverte de tamarix. L’encaissement de l’oued diminue à mesure que ce dernier s’avance au milieu des dunes. Bientôt le lit disparaît complètement, et il ne reste plus qu’une plaine de sable un peu argileux toute remplie de guetof et de tamarix. Dans les grandes inondations de l’Oued Melah, cette plaine est couverte parles eaux de la rivière, qui arrive alors jusque dans le Zahrez Rharbi ; mais, en temps ordinaire, l’Oued Melah n’apporte pas une goutte d’eau dans le Zahrez, quoique son débit, au pied du rQ<\ier de sel, soit de l\ à 5oo litres au moins par seconde. Les eaux se perdaient d’ahord, sans aucun profit pour personne, à proximité de la région des dunes.
- L’administration française a fait exécuter, en 1860, un barrage en terre sur l’Oued Melah, à 2 kilomètres nord du rocher de sel, en un point où le lit de l’Oued Melah se rétrécit beaucoup, n’a que 3o mètres de largeur au
- Barrage
- sur i’Oued Melah , à 2 kilomètres nord
- du rocher de sel.
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- 204
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHAha.
- seuil, et est encaissé de 6 à 7 mètres dans des terres jaunâtres avec cailloux roulés. Le barrage a 16 mètres d’épaisseur sur la crête, avec des talus à 45 degrés à l’amont et à l’aval. Des fascines maintenues par des pieux verticaux protègent le massif de terre damée qui constitue le barrage. J^n amont du barrage, il s’est formé des dépôts argilo-sableux qui ont comblé le fond de l’ancien lit jusqu’à 2 mètres sous le plateau qui longe la rive droite de l’oued. La prise d’eau ne sert que pour les terrains de la rive gauche, qui sont d’un mètre en contre-bas de ceux de la rive droite. Un grand canal, faisant suite au barrage, dirige les eaux vers l’ouest; et, comme le terrain s’abaisse rapidement du sud au nord, le canal est protégé du côté nord par une levée en terre maintenue, à 2 mètres au-dessus du plafond, par deux lignes de piquets clayonnés. Le 2 5 mai 1 86 1, il ne passait pas une goutte d’eau à l’aval du barrage.-Toutes les eaux dérivées de l’Oued Melali étaient utilisées par les Arabes pour des cultures de céréales d’une belle apparence. Les plaines alluviennes qui longent les rives de l’Oued Melali ne demandent, en effet, que de l’eau pour se couvrir des plus riches cultures, l'osio Le poste d’El-Mesran se trouve à 882 mètres d’altitude, près de la rive
- droite de l’Oued Melali, sur la lisière nord de la région des dunes. C’est une étape de la route carrossable de Lagliouat, étape qui divise en deux la distance séparant les caravansérails du rocher de sel et de Guelt Esset.tel. Aussi était-il urgent d’avoir de l’eau potable auprès du poste. En hiver, on y boit de l’eau des redirs voisins; comme cette ressource disparaît en été, on a creusé dans le voisinage des puits de 738 mètres de profondeur, qui sont arrivés dans des grès quartz eux assez durs, après avoir traversé : i° 1 à 2 mètres de sables, 20 des assises argilo-sableuses. Ces puits n’ont pas été entretenus, parce qu’ils ont fourni de l’eau saumâtre, très-mauvaise pour les divers usages domestiques. Ils sont presque entièrement comblés aujourd’hui par les sables que les vents y poussent. Il n’en reste que deux : l’un est dans la cour du poste-café, l’autre est dans la cour d’une auberge très-fréquentée par les voyageurs qui parcourent la route de Laghouat. La nécessité d’avoir de l’eau potable à El-Mesran a fait entreprendre sur ce point un sondage dont nous indiquerons les résultats dans un des chapitres suivants.
- Les sables des dunes forment un barrage pour fes eaux superficielles venant du sud; en outre, ils s’imbibent de l’eau de pluie qui tombe sur eux directement, et ils l’instillent ensuite goutte à goutte à la surface des couches
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- ‘TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- 205
- argilo-sableuses inférieures. C’est donc grâce à ce sable que l’on trouve dans les dunes des puits aquifères à une faible profondeur; la mauvaise qualité de l’eau des dunes indique que les sables ont dù se déposer dans des eaux saumâtres assez chargées de chlorures de sodium et de magnésium et de sulfates de chaux et de magnésie.
- A 26 kilomètres ouest d’El-Mesran, la zone des dunes est traversée du sud au nord par l’Oued Kourirecb.
- Dans un rapport du 5 janvier 1 864 -, M. Yatonne donne, à leur égard, les renseignements suivants :
- « Les dunes voisines de Kourirecb sont remarquables par le grand nombre « et la vigueur des joncs qui les couvrent. Dans les sortes de vallées qui régnent « entre elles, ils forment comme une verte prairie et sont accompagnés de « nombreuses espèces de plantes aquatiques. Dans ces vallées, au pied des « dunes, et pour quelques-unes à leur sommet, on trouve de l’eau, des sources. « Dans les bas-fonds, l’eau douce suinte dès qu’on gratte le sol; et, malgré le « sable, l’eau forme des mares et même de petits cours d’eau. La couche im-« perméable doit être très-voisine. Des tranchées peu profondes allant jusqu’à « cette couche donneraient de grandes quantités d’eau, s’il était possible de « conserver ces tranchées et d’empêcher le sable d’arriver avec l’eau. En vlsi-« tant ces dunes, parmi tant de preuves diverses qui font croire à la formation « des dunes sur place par décomposition ou désagrégation, nous dirons que « nous avons observé au milieu des dunes de Kourirecb des couches de cal-« caire très-dur et une couche de gypse de plus d’un mètre de puissance. « Celle-ci affleure sur 3o mètres de long et 1 5 mètres de large, ainsi que « l’indique la coupe ci-dessous. »
- , Sables.
- Sables.
- Fig. 90.
- En amont des dunes, la vallée de l’Oued Kourirecb a un lit lort large à son débouché dans la plaine, et 11’y est sillonnée par aucun cours d’eau apparent; aussi est-elle cultivée dans toute sa largeur.
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- 206
- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- DllIlO
- '•l grès (juatcriKiii'cs
- 1,1 Pi<,<!
- lu Djchrd Courir).
- Campement -l.-s OnUî Na',I.
- Plateau quaternaire entre
- lo Pjebcd Gourin ol Taguin.
- On obtiendrait sans doute de l’eau à peu de profondeur, en creusant des puits dans les alluvions de cette vallée. Du reste le sol argilo-sableux de cette vallée est toujours un peu humide, ce qui rend l’eau moins nécessaire pour les cultures.
- Auprès du Djebel Gourin, vers l’extrémité S. O. du Zahrez Rharhi, les dunes forment des monticules de 10 à 1 2 mètres de haut, couverts de végétation, et au milieu desquels on observe de larges plaques sensiblement horizontales de grès quartzeux blanc le plus souvent , et parfois recouvert d’un enduit extérieur roux. C’est ce grès qui, par sa désagrégation sur place, a produit les dunes dont il s’agit. Celles-ci sont des couches régulières de sables quaternaires plus ou moins agrégés, déposés sous une nappe d’eau. Leur surface extérieure seule est légèrement mobile sous l’action des vents, mais la masse générale des sables ne se déplace pas. C’est le même phénomène que celui qui a produit les grandes dunes de la région des Aregs des environs d’Ouargla et du Souf.
- Les üuled Naïl occupent les plaines quaternaires qui sont «à l’extrémité S. O. du Zahrez Rharbi. Ils se divisent, en petites fractions qui souvent sont campées dans les plis de terrains formés par les dunes de sables. Ces bas-fonds conservent un peu d’humiclité; ils se couvrent de belles récoltes de céréales, que l’on moissonne à la fin du mois de mai.
- Les grès et sables quaternaires sont éminemment absorbants et contribuent dès lors à l’alimentation des nappes souterraines jaillissantes qui peuvent exister dans le terrain quaternaire lui-même, à la surface des couches de marnes enclavées dans ces grès.
- Le bassin quaternaire du Zahrez Rharbi est séparé du bassin quaternaire de l’Oued Reïda (affluent du haut Clielif) par une ligne de faîte très-faiblement. accusée. Entre le Djebel Gourin etTaguin, une pente insensible mène des dunes sur un plateau recouvert de carapace calcaire et de sables quaternaires, semé de dahiats où croissent l’alpha et de nombreux bétoums. Le calcaire crétacé forme de loin en loin des plaques peu étendues à la surface du sol, et indique par là que le terrain quaternaire n’a qu’une faible épaisseur. Des puits ordinaires, que l’on creuserait sur ce plateau, seraient utiles pour abreuver les troupeaux des Ouled Naïl. Ils devraient pénétrer jusque dans le terrain crétacé. On augmenterait leur débit par des bouts de galerie à la surface de la couche de marne aquifère.
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- 207
- Les terrains qui longent la rive lorrain quaterua
- . ; longeant
- nord du Zahrez Rharbi présentent u me nord
- • • i \ * du Zahrez Rharl
- une constitution analogue a ceux qui longent la rive sud. Une terrasse de carapace calcaire jaunâtre plonge légèrement du nord au sud, depuis le pied du Djebel Oukeïl jusqu’auprès du Zahrez. Elle formait primitivement un plan continu avec la région des dunes, comprise entre El-Mesran et le Gourin. Une première érosion a été comblée en partie par un dépôt d’alluvions anciennes, dans lesquelles une nouvelle érosion plus récente a creusé la cuvette actuelle du Zahrez Rharbi. C’est ce qu’indique la coupe ci-contre, fig. 91. Rapprochée de la coupe précédente, fig. 89, elle permet de se rendre facilement compte de la constitution géologique du bassin du Zahrez Rharbi.
- Le premier plateau cd forme autour du Zahrez une corniche d’un mètre environ de hauteur ; il se relève légèrement vers le nord et va s’arrêter contre un ressaut de terrain quaternaire def. Il se compose, à la surface du sol, de sables jaunes un peu argileux, couverts d’alpha, et présentant de loin en loin de grandes plaques blanches de gypse farineux. Ce gypse apparaît dans les dépressions comme si l’arrachement du sable l’avait mis à nu. 11 affleure, en effet, au-dessous des sables dans les ravi-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Nappes jaillissantes <lont l’existence est démontrée par les sources d’eau potable qui émergent à proximité des bords du Z a lirez Rharbi.
- Sources
- d’Hamia Chcrgui.
- nements du terrain. Des dépôts semblables sont fréquents sur la lisière nord du Zahrez ; ils sont en rapport avec des sources jadis plus considérables qu’au-jourd’hui; aussi nous les considérons comme du même âge que les gypses farineux d’Aïn el-Ibel et de Sidi Maldielouf, déposés postérieurement à la formation quaternaire du Sahara.
- Sur le plateau supérieur ef (quaternaire), on trouve les petites concrétions calcaires d’un brun jaunâtre, avec grains de quartz disséminés dans des sables quartzeux jaunes, seuls représentants des dunes de la lisière sud du Zahrez. A partir de Guelt Essettel, la route carrossable de Laghouat descend dans le bassin du Zahrez Rharbi, et suit d’abord la vallée de l’Oued Kaïder, qui aboutit dans le Zahrez Rharbi. Cette vallée est au commencement assez prononcée, elle s’efface ensuite petit à petit et donne lieu à une vaste plaine uniforme, dont le fond, légèrement déprimé, est couvert d’une végétation plus active qu’ailleurs. Celle-ci est formée d’alpha et d’une petite plante grasse broutée par de nombreux chameaux. Le sol se compose de sables quartzeux jaunâtres, assez consistants, qui sont des débris des couches de grès du Djebel Kaïder, prolongement du Djebel Oukeïl. A 8 kilomètres sud du caravansérail de Guelt Essettel, le terrain devient assez ferme, blanchâtre et farineux. Au premier abord, il nous a paru semblable au sol gypseux de la Senia, sur les bords du grand Sebkha d’Oran. Il présente la composition indiquée tableau C, analyse n° 20, page 257.
- On voit que cette roche est très-riche en sulfates de chaux et de magnésie. Vers l’extrémité ouest du Zahrez, enlre la rive du lac et le Djebel Megzem, le terrain quaternaire s’élève en pente douce vers le nord. Il ne renferme pas de dunes. Le sol est à la fois sableux et calcaire, ferme et couvert d’alpha. Il serait fertile, s’il était arrosé; malheureusement il ne renferme pas d’eau courante.
- Des nappes jaillissantes existent très-probablement en plusieurs points de la cuvette du Zahrez Rharbi. C’est indiqué d’une manière à peu près certaine par des sources d’eau douce potable, qui émergent à proximité des bords du lac au milieu des couches diluviennes.
- Deux sources sont connues sous le nom d’Ain Hamia Chergui. L’une des deux se trouve à 1,800 mètres environ au nord du sondage d’Aïn Malakoff, à l’extrémité S. E. du Zahrez. Nous l’avons visitée pour la première fois le i3 juillet 1862, lorsque nous sommes allé fixer l’emplacement du sondage
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- cle l’Oued Melah (Aïn Malakoff). Elle sortait du milieu dun bouquet de joncs de 1 o mètres de diamètre et produisait divers écoulements débitant ensemble un litre environ par seconde, à vue d’œil. La surface de la mare était couverte par une tourbe assez solide pour porter le poids d’un enfant, mais mobile sur la vase quelle recouvrait. Au centre de la mare, on voyait bouillonner l’eau en entraînant des sables. La température du cours cl’eau était de 2 î degrés, à î î heures 3o minutes du malin, le i3 juillet 1862, la température de l’air étant de 3 2 degrés au soleil. L’aspect des lieux nous avait fait supposer alors que c’était une source jaillissante naturelle, et nous avait donné la conviction qu’au sondage de l’Oued Melah on trouverait de l’eau jaillissante à une profondeur qui ne dépasserait pas 100 mètres. Nous avons été assez heureux pour voir nos prévisions se réaliser. La température de i’Aïn Hamia Cliergui est à peu près constante pendant toute l’année, ce qui indique d’une manière incontestable que c’esl une véritable source jaillissante.
- Le 1 6 décembre 1862, nous avons pu mesurer cette température dans le bouillon central, et nous avons trouvé 2 0°,5o; la température de l’air extérieur était de 1 2°, 3 3 à l’ombre, par un temps couvert, à 3 heures 3o minutes du soir. M. le maître sondeur Saury avait fait nettoyer le bassin d’émergence en facilitant l’écoulement de l’eau au moyen de quelques saignées. 11 avait essayé ensuite d’introduire un tube ascensionnel, en tôle, de 5 mètres de long, au milieu du bouillon principal. Ce tube s’enfonçait facilement en refoulant les sables; mais bientôt ces derniers étaient entraînés par l’eau jaillissante au milieu du tube, qui s’obstruait., et l’eau se faisait jour en dehors des parois du tube. Tous ces faits prouvent que I’Aïn Hamia Chergui est une source jaillissante naturelle. Son débit, mesuré par M. le lieutenant Pomey, commandant du détachement de sondeurs militaires, a été de 4o litres par minute, soit olll,66 par seconde.
- L’eau recueillie le 2 1 décembre 1862 a présenté la composition suivante.
- (Voir le tableau n° 5, analyse n° 49-)
- Chlorures de sodium et de magnésium........................... iffr,ç)io3
- Sulfates de chaux et de magnésie.............................. 1 ,9/180
- Carbonates de chaux et de magnésie............................ o ,i6o5
- A reporter..................... 4 ,0188
- 27
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- l'otito source située à i,3oo mètres Doril
- il’Aïn MalakofT.
- Petite source
- sommeUl’un monticule, à A kilomètres ouest du sondage d’Ain MalakolT.
- Ain Sebakh.
- Ligne de jor.es entre
- l’Hnmia Chergui et
- l’Ain Sebakli.
- Sources jaillissantes naturelles de Mocta Djcdean dans
- le Zahrez Rharbi.
- Report...................... 4gr,oi88
- Peroxyde de fer, silice libre.......................... o ,o5oo
- Matière organique...................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau...... 4 ,0688
- Auteur : De Marigny.
- Cette eau se rapproche beaucoup par sa composition de celle des eaux potables de l’Oued Rhir, elle est peu propre aux divers usages domestiques.
- Une autre petite source d’eau douce se trouve à i,3oo mètres nord d’Aïn Malakoff, sur le bord du Zahrez Rharbi ; elle sort d’un petit bassin d’un mètre de diamètre. Sa température est de i8°,5o; son débit, très-minime, est de 2ht,5o par minute. Sa proximité du sondage de l’Aïn Malakoff avait engagé M. Pomey à la faire aménager pour les besoins du détachement de sondeurs militaires.
- Une troisième source, signalée par M. Nicaise, se rencontre dans un îlot, s’élevant d’un mètre environ au-dessus de la cuvette même du lac, à 4 kilomètres ouest du sondage d’Aïn Malakoff. Elle sort d’une mare fangeuse de forme irrégulière, recouverte de joncs. Elle se perd dans un trou de om, 10 de diamètre situé sur les bords de l’ilot du côté du nord. Ua température de cette source est de 1 9 degrés.
- Une quatrième source, signalée aussi par M. Nicaise, se trouve dans un îlot situé à côté du précédent et de môme hauteur; elle sort du milieu d’une mare fangeuse recouverte de joncs très-vivaces et se répand à la surface des sables vaseux du lac qui l’absorbent en partie.
- Sur le bord N. E. du Zahrez Rharbi, à 8 kilomètres environ N. O. de l’Hamia Chergui, jaillit une source cl’eau douce dite Aïn Sebakh; elle s’échappe d’un dépôt assez considérable de gypse farineux diluvien, qui rend le sol poli comme une glace.
- Entre l’Hamia Chergui et l’Aïn Sebakh, la lisière nord da Zahrez est couverte par des joncs qui sont alimentés probablement par une nappe jaillissante qui s’épanouit, à quelques mètres au-dessous du sol, dans le terrain perméable qui le constitue.
- Deux sources d’eau douce très-remarquables, dites Aïn Mocta Djedean, jaillissent à travers la couche de sel qui tapisse en été le fond du lac, à ioo mètres environ de la rive nord de ce dernier, et à 100 mètres de dis-
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN. ' 211
- tance l’une de l’autre ; elles sont à 1 2 kilomètres de l’extrémité occidentale du lac. Chacune d’elles sort du milieu d’un bouquet de roseaux de 26 mètres environ de diamètre, et se répand ensuite au-dessus de la couche de sel, en formant une nappe d’eau saumâtre de om, 1 0 à om,2 0 de hauteur. Le bouillon des sources s’élève à om,5o au-dessus de la couche de sel, et s’échappe à travers un sol argileux noirâtre, sur lequel croissent les roseaux. Les eaux en sont potables et de bon goût; leur température est d’environ 20 degrés. Les deux îlots de verdure au milieu desquels elles jaillissent servent de jalons pour les voyageurs qui passent d’un bord à l’autre du lac, en se dirigeant entre les deux sources. Celles-ci sont de véritables sources jaillissantes, et démontrent d’une manière incontestable la possibilité d’obtenir des sources de même nature au moyen de puits artésiens qu’on creuserait dans la cuvette du Zahrez.
- L’eau recueillie le 22 mai 1858 a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 45.)
- Chlorures de potassium, de sodium et de magnésium....... i8r,47d4
- Sulfates de chaux et de magnésie........................ o ,478/1
- Carbonates de chaux et de magnésie...................... o ,23io
- Peroxyde de fer, silice................................. o ,0180
- Matière organique......................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau......... 2 ,2018
- Auteur : Simon.
- Cette eau s’éloigne notablement, par sa composition, de celle d’Aïn Hamia Chergui. Elle est plus convenable pour les divers usages domestiques.
- En face des sources de Mocta Djedean, on observe sur la rive nord du Zahrez une série d’infiltrations très-peu abondantes, et qui, par suite, sont plus ou moins salées, parce qu’elles n’ont pas d’écoulement sensible. C’est l’évaporation qui les concentre au point d’y faire dominer le goût du sel. Ces infiltrations correspondent à une nappe d’eau assez étendue, indiquée le long de la rive nord du lac par une ligne de joncs, que nous avons suivie surplus de 300 mètres.
- L’Aïn Hamia Rharbi se trouve sur le bord S. O. du Zahrez, à 8 kilomètres nord de la pointe du Djebel Gourin; elle émerge du sein d’une roche
- Nappe d'eau le long de la rive nord du Zahrez Rharhi auprès
- de Mocta Djedean.
- Ain Hamia IlharL,
- 27.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- diluvienne formée d’argile bleue, de calcaire friable blanc et de gypse farineux en petits filets blancs. Elle jaillit au milieu d’un terrain plat et forme autour de son bouillon, qui est limpide, un marais boueux et infect, de 3o mètres de diamètre, traversé en tous sens par de nombreux troupeaux de chameaux et de moutons, qui vont s’y abreuver. Les hommes sont obligés d’aller jusqu’au bouillon même pour se procurer l’eau nécessaire à leurs usages. Cette eau a un goût légèrement douceâtre; cependant elle est bonne à boire, ainsi que l’indique du reste la composition suivante de l’eau, qui a été recueillie le 22 mai 1858. (Voir le tableau n° 5, analyse n° /10.)
- Chlorures de sodium, de magnésium et de calcium............. ogr,99/12
- Sulfate de chaux............................................ o ,2525
- Carbonates de chaux et de magnésie.......................... o ,2216
- Silice...................................................... o ,oo4o
- .Matière organique. . .*.................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau...... i ,4722
- Auteur : De Maiugny.
- Le 27 mai i863, la température de la source était de 20 degrés, celle de l’air étant de 19 degrés. Dans un grand rayon autour de l’Hamia Rliarbi, le sol est couvert de joncs. Un petit cordon sableux d’un mètre de hauteur entoure le terrain plat argilo-sableux d’où émerge l’eau. Celle-ci n’a pas d’écoulement sensible au dehors du marais. Bien qu’on ait creusé des canaux de dégagement d’un mètre de large et de om,5o de profondeur, le passage continuel des animaux rend ces canaux tout à fait inutiles.
- A une cinquantaine de mètres de la source principale, on remarque une enceinte circulaire de 1 o mètres de diamètre et d’un mètre de profondeur, dont le fond est humide et encombré de joncs. Les deux sources surgissent au niveau même du lac, dont le sol est à sec dans le voisinage des sources et n’est pas couvert de sel.
- On voit, parce qui précède, qu’il existe en plusieurs points des bords du Zahrez, soit des sources, soit des infiltrations, qui, par leur température élevée et à peu près constante en toute saison (i8°,5o cà 2 1 degrés), et leur situation au milieu d’un sol plat, loin de tout accident de terrain, doivent être considérées comme des sources jaillissantes naturelles. D’un autre côté,
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- les couches quaternaires suivent le relief général du sol, et forment dès lors une vaste cuvette qui est très-propre à contenir des nappes jaillissantes, si l’épaisseur de cette formation est assez considérable. Les couches tertiaires qui affleurent sur le Djebel Sahari, de part et d’autre des rives de l’Oued Melah, plongent en général au N. O. m., sous un angle de 10 à i5 degrés. Si la pente diminue vers le centre du Zahrez, elles seront également très-propres à renfermer des nappes jaillissantes; mais le manteau de terrain quaternaire qui les recouvre empêche de se prononcer à cet égard d’une manière affirmative. Quoi qu’il en soit, la présence des sources jaillissantes naturelles sur les bords du Zahrez est en harmonie avec les allures générales des terrains quaternaire et tertiaire; aussi avons-nous été amené à penser que les sondages pourraient donner de l’eau jaillissante dans la cuvette des Zahrez, à une faible profondeur, parce que la température des sources jaillissantes naturelles ne dépassait pas 21 degrés; c’est, en effet, ce que l’expérience a confirmé. Les couches quaternaires étant, le plus souvent, disposées souter-rainement, parallèlement au relief extérieur du sol, les cours d’eau superficiels indiqueront d’une manière générale la pente des nappes souterraines. On remarquera, en effet, que l’Aïn Hamia Chergui est tout près des confluents de l’Oued Kaïder et de l’Oued Melah dans le Zahrez.
- Les sources de Safra, que nous n’avons pas visitées, sont dans la vallée de l’Ouecl Kourirech. L’Aïn Hamia Rharbi est auprès du confluent de l’Oued lladjia dans le Zahrez.
- L’Aïn Mocta Djedean jaillit dans le Zahrez lui-même, sur le prolongement de la vallée de l’Oued Hadjia, qui est ainsi jalonné par ces deux dernières sources.
- L’Aïn Sebakh jaillit sur le bord N. E. du Zahrez, à l’extrémité d’une dépression de terrain qui remonte vers le Djebel Oukeïl. Il suit de là que, pour les sources du terrain quaternaire, les puits artésiens doivent être placés, autant que possible, le long de ces cours d’eau, pour se trouver dans les meilleures conditions de succès. Le terrain quaternaire étant beaucoup plus ^ développé au sud du Zahrez qu’au nord, les recherches d’eau jaillissante auront également plus de chances de succès au sud qu’au nord des Zahrez; et, en se plaçant au sud, on aura, de plus, la chance de trouver plus facilement des nappes jaillissantes dans le terrain tertiaire, car on sait que ce terrain n’affleure nulle part au nord du bassin du Zahrez.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Ri'scxu île soudages à exécuter autour
- du Zahrez IUiarbi pour
- l« recherche des
- aux jaillissantes.
- Zahrez Rbai'bi.
- En nous basant sur ces principes, nous avons proposé, clans le bassin du Zahrez Rharbi l’exécution des puits artésiens suivants :
- i° Puits artésien situé auprès du confluent de l’Oued Melah dans le Zahrez Rharbi; c’est celui qui nous a donné la belle source jaillissante d’Aïn Ma-lakoff.
- 2° Puits artésien du poste cl’El-Mesran sur la route carrossable d’Alger à Laghouat. La rencontre d’une couche de sables aquifères ascendants a empêché de pousser le sondage au delà de 45m,70.
- 3° Puits situé dans la vallée de l’Oued Kourirech, à proximité du Zahrez Rharbi. Il n’a fourni qu’une petite nappe jaillissante à i52m,6o de profondeur.
- 4° Puits artésien situé auprès du confluent de l’Oued Hadjia dans le Zahrez Rharbi, à proximité de l’Hamia Rharbi. — Inexécuté.
- 5° Puits artésien situé à l’extrémité N. O. du Zahrez Rharbi, à proximité des sources jaillissantes naturelles de Mocta Djedean. — Inexécuté. — 11 se trouve identiquement dans la même situation que celui d’Aïn MalakofF, et donnerait probablement une belle nappe jaillissante à une faible profondeur.
- 6° Puits artésien situé à proximité de la source jaillissante naturelle dite Aïn Sebakh vers l’extrémité N. O. du Zahrez Rharbi. — Inexécuté.
- 7° Puits artésien sur la route carrossable d’Alger à Laghouat, auprès de la rive gauche de l’Ouecl Kaïder, à 8 kilomètres nord du poste-café d’El-Mesran.
- Ce sondage a été poussé sans résultat jusqu’à i78m,4o. Dans le chapitre x nous ferons connaître les coupes géologiques des sondages exécutés jusqu’à ce jour dans le bassin du Zahrez Rharbi, et nous montrerons qu’il existe dans ce bassin, de même que dans ceux du Hodna et du Sahara, plusieurs cuvettes artésiennes complètement indépendantes les unes des autres.
- Le Zahrez Rharbi (occidental) se trouve à 85j mètres d’altitude. 11 a 4o kilomètres de long sur 8 kilomètres de largeur moyenne. 11 renferme en hiver une nappe d’eau très-fortement salée, dont la profondeur va, dit-on, jusqu’à 3 mètres au centre du lac. Cette eau s’évapore pendant l’été, et il ne reste alors qu’une vaste nappe de sel.
- Le 22 mai i858, nous avons traversé le Zahrez dans la direction des sources de Mocta Djedean. 11 ne restait plus d’eau salée à cette époque à la
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- surface du lac. Une couche de sel, dont l’épaisseur augmentait rapidement à partir des bords, formait un tapis d’une blancheur .éblouissante. Au centre du lac, nous l’avons recoupée, au moyen d’une petite pioche arabe, sur om,3o de hauteur sans en trouver le fond. Le sel est stratifié, et les diverses couches sont indiquées par des teintes différentes dues à la présence de matières étrangères argileuses ou sableuses. A mesure qu’on approfondissait le trou dans la couche de sel, l’eau salée arrivait en abondance par le fond et les parois, et nous n’avons pu traverser la couche en entier, faute d’un pic assez fort et de moyens d’épuisemenl. D’après M. le général de Linières et M. Bonduel, chirurgien militaire, cette épaisseur serait de om,r]0.
- La composition des eaux, salées, recueillies à diverses époques, est indiquée dans les tableaux A et B, analyses nos 4 et 5, pages 2 05 et 2 56. Celle du sel est indiquée tableau C, analyse n° n, page 267.
- Le 6 novembre 1 855, la plus grande partie du sel du Zahrez Rharbi avait été dissoute par les eaux de pluie tombées au commencement de l’automne. Cependant il restait encore sur les bords du lac un dépôt de cristaux de sel marin affectant la forme de trémies de 6 à 8 millimètres de côté. Ce sel est d’une grande pureté, ainsi que l’indique l’analyse n° 1.11 renferme, en effet, 0^,9842 de chlorure de sodium. Il est recueilli par les Arabes qui campent à proximité des bords du lac et sert pour leurs besoins domestiques, mais il n’est pas l’objet d’une extraction considérable. L’eau salée qui surnageait au-dessus de ce sel, le 6 novembre 1855, n’est déjà plus saturée de chlorure de sodium, dont elle renferme, au reste, une très-grande quantité (2 43s‘,o5o par kilogramme d’eau). Cette eau est dix fois plus salée que l’eau de mer, aussi ne contient-elle pas d’animaux vivants. Si l’on compare sa composition avec celle du sel, on reconnaît que le rapport entre le poids des sels de magnésie et celui du chlorure de sodium est bien plus considérable dans l’eau salée que dans le sel lui-même, ce qui s’explique par la grande solubilité des sels de magnésie. Le sulfate de chaux est plus abondant que le sulfate de magnésie dans le sel cristallisé, et c’est l’inverse qui arrive dans l’eau salée. Cela vient de ce que le sulfate de chaux est beaucoup moins soluble que le sulfate de magnésie. Dès lors il se précipite en même temps que le chlorure de sodium, tandis que le sulfate de magnésie reste presque entièrement en dissolution.
- Le 5 décembre 1855, nous avons traversé l’extrémite orientale du lac, et nous n’avons trouvé dans toute sa largeur qu’une lame d’eau fortement salée
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Qimilitr
- co
- Jani. le Z,
- de 2 centimètres au plus. Comme il avait plu plusieurs jours auparavant, les afïluents du Zahrez y avaient apporté d’assez grandes quantités d’eau douce, et c’est ce qui rend compte de la différence de composition existant entre les eaux nos 4 et 5. Ainsi le sel marin a diminué à peu près dans le rapport de 3 à 2. Les sels solubles de magnésie ont aussi diminué; les carbonates alcalino-terreux, le fer et la silice gélatineuse ont, au contraire, augmenté d’une manière sensible. Ces carbonates ont été apportés par les eaux de pluie. On sait, en effet, que les eaux douces renferment, en général, des carbonates alcalino-terreux, en quantité plus ou moins considérable, tenus en dissolution par un excès d’acide carbonique. Lorsque ces eaux se rendent dans un bassin fermé, et qu’elles sont soumises à un ballottement continuel par l’action des vents, l’acide carbonique se dégage et les carbonates alcalino-terreux se déposent. C’est ce qui explique pourquoi l’eau recueillie le 6 novembre i 855, après une assez longue période de jours sans pluie, ne renferme pas de quantités notables de carbonates alcalino-terreux. totale Je sol D’après la carte au 4 0 0'0 0 0 , publiée en 1862 par le Dépôt de la guerre, 2èTm,ari>i. Ie Zahrez Rliarbi a 4o kilomètres de longueur sur 8 kilomètres de largeur moyenne. Un mètre cube d’eau salée contenant par kilogramme 270 grammes de sels et pesant 1,21 5 kilogrammes abandonnera par l’évaporation 028 kilogrammes de sels divers, dont la densité moyenne peut être évaluée à 2,000. Répartis sur une surface d’un mètre carré, ces sels produiront une c'ouche saline de om, 1 64 de hauteur; une hauteur moyenne de 2 mètres d’eau salée donnerait par l’évaporation une couche de sel de om,32 8 de hauteur. La profondeur maximum qu’on nous a indiquée, au centre du lac, étant de 3 mètres, on peut craindre qu’une lame moyenne d’eau de 2 mètres pour toute la surface du lac soit peut-être exagérée. Cependant, comme l’épaisseur du sel en été est de om,70 au centre du lac, il nous paraît probable qu’on ne s’écarte pas beaucoup de la vérité en admettant une couche de sel de om,32 8 d’épaisseur, uniformément répartie sur toute la surface du lac. La quantité correspondante serait de
- 2 X 328 X 4o,ooo X 8,000 = 209,920,000,000 kilogrammes,
- soit 200 millions de tonnes en nombres ronds.
- Nous avons évalué à i,3oo,ooo tonnes la quantité totale de sel contenue, en 1843, dans.la saline d’Arzeu (province d’Oran). Ainsi la quantité de sel
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- contenue dans le Zahrez Pdiarbi serait cent cinquante quatre fois plus considérable que celle qui était, en i8/|8, dans la saline d’Arzeu.
- Le bassin quaternaire du Zahrez Chergui communique avec celui du Zahrez Pdiarbi par le détroit de Raïan Chergui, dont nous avons parlé page 201.
- Les dunes de sables d’El-Mesran se dirigent vers Raïan Chergui, se rapprochent. de la chaîne crétacée qui limite le bassin du Zahrez au nord, et s’avancent jusque sur les flancs de cette chaîne auprès de Raïan Chergui.
- Les puits de Raïan Chergui se trouvent à 846 mètres d’altitude, dans une plaine diluvienne comprise entre les dunes de sables, au sud, et le massif crétacé du Djebel Sebaa Pious, au nord, à 3 kilomètres du pied de ce massif. Ils sont indiqués au voyageur par des traînées de joncs; l’eau s’y trouve à om,3o sous le sol; elle est de bon goût; sa température variait de 5°,5o à 90,50 le 20 décembre 1862, à 1 heure 3o minutes du soir, la température de l’air au soleil étant de 1 1 degrés.
- Le terrain quaternaire (saharien), formé de carapace calcaire et de sables quartzeux, s’élève à mi-coteau sur le massif crétacé, à 883 mètres d’altitude. De là on reconnaît que la zone des dunes s’écarte vers le S. E. en se rapprochant de l’extrémité occidentale du Zahrez Chergui, de manière à former une plaine diluvienne assez vaste entre la pointe S. O. du Zahrez, c’est-à-dire entre les dune# sahariennes et les montagnes crétacées qui limitent le bassin du Zahrez au nord.
- A partir de Raïan Chergui, le cours de l’Oued el-Fesekh commence bientôt à se dessiner dans la plaine, en se tenant à i,5oo ou 2,000 mètres du pied des dunes. Il s’encaisse de im,5o à 2 mètres; il roulait, le 2 1 décembre 1862, un volume d’eau d’environ 10 litres à la seconde. Le terrain compris entre l’oued et les dunes se couvre de joncs, dont l’abondance augmente de plus en plus; l’eau forme des mares fréquentes au milieu de ceux-ci.
- Il serait facile de dessécher le terrain par des tranchées perpendiculaires au lit de la rivière; on augmenterait ainsi le débit de cette dernière, et l’on tirerait ensuite parti de ces eaux au moyen d’un barrage qui servirait pour l’irrigation des terrains inférieurs. Les terrains couverts de joncs s’élèvent à des hauteurs variables de 2 à 4 mètres au-dessus du point le plus rapproché du thalweg. A proximité du confluent de l’Oued el-Fesekh, dans le Zahrez Chergui, il y a, sur la rive droite de cette rivière, une plaine de 4 kilomètres de long, à fond très-plat, couverte d’une plante grasse, ligneuse, d’un
- Bassin quaternaire
- du
- Zahrez Chergui.
- Puits
- de Raïan Chergui.
- Dessèchement facile des terrains qui
- longent la rive droite de
- l’Oued el-Fesekh.
- Barrago à faire sur
- l'Oued cl-Fcsckh.
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-
-
- Un sondage aurait des chances de succès près du confluent de
- l'Oued ol-Fcsckh et du Zahrez Rharbi sur la rive droite de l'Oued,
- l'erra in quaternaire ( saharien ) de l’extrémité N. O. du
- Zahrez Chergui.
- 218 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- vert sombre, qui affectionne les terrains salés et qui est une soude, la salsola articulata. Les joncs se continuent sans interruption au pied des dunes, sur une largeur de 1 oo à 13o mètres, et, à la tète des Zahrez, il sort de ces joncs un petit cours d’eau débitant 1 litre environ par seconde. L’eau en est très-bonne au goût. Sa température était de i 1 degrés le 21 décembre 1862, à 3 heures du soir, la température de l’air au soleil étant de 16 degrés.
- Un sondage nous parait avoir des chances de succès à la tête de ces terrains, dans le delta compris entre les dunes et la rive droite de l’Oued el-Fesekh. C’est la région la plus favorablement située, parce qu’elle correspond à l’un des points les plus bas du bassin du Zahrez Chergui, et qu’elle se trouve sur les bords d’un des principaux affluents de ce Zahrez. On devrait choisir une localité où il n’y aurait pas de salsola articulata. Les Arabes ont reconnu par expérience que les terrains où cette plante grasse croit spontanément sont trop salés pour être propres à la culture. Le mot arabe Fesekh signifie improductif. Nous avons suivi le pied des dunes sur 4 kilomètres environ le long du bord méridional du lac. De ce côté, les dunes arrivent jusqu’au lac même. De loin en loin, il y a des espèces d’anses couvertes de salsola articulata. Ces dunes forment la limite méridionale du lac d’un bout à l’autre, et des joncs existent presque partout à leur pied, qui est à 883 mètres d’altitude au niveau du Zahrez Chergui. *
- A la partie occidentale du Zahrez, entre l’embouchure de l’Oued el-Fesekh, au sud, et l’Aïn el-Hammam, au nord, le terrain quaternaire (saharien) forme un plateau d’environ 1 2 kilomètres de longueur sur 8 kilomètres de largeur, comptée de l’O. à l’E. Le sol extérieur se compose de sables quartzeux, grossiers, jaunâtres, contenant des cailloux roulés de diverses dimensions. Aussi les vents n’ont pas modifié le relief de la surface, et le plateau présente aujourd’hui'la même configuration générale que lorsqu’il est sorti du sein des eaux où se déposaient les couches sahariennes. Le plateau sableux qui longe le bord nord du Zahrez Chergui est le représentant géologique des dunes qui longent le bord sud de ce Zahrez. Il n’est pas cultivé, parce qu’il n’y a pas d’eau douce; il se couvre, après les pluies, de plantes fourragères que broutent les troupeaux arabes. L’alpha y est très-abondant. A 1,000 mètres environ du bord du Zahrez, le plateau se déprime et constitue un plan inférieur, à sol argilo-sableux, où croît abondamment la salsola articulata, et qui dès lors est impropre à la culture.
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- 219
- Un sondage peut être entrepris avec quelques chances de succès dans le plateau sableux, compris entre l’Aïn el-Hammam et l’Oued el-Fesekh. Il devrait. être placé un peu en amont des terrains à salsola articulata, entre l’Oued Dejal et l’Aïn el-Hammam, aussi près que possible du Zahrez.
- La bande quaternaire qui longe la rive septentrionale du Zahrez Chergui, à l’est cl’Aïn el-Hammam, est fort étroite, et se compose, en général, cl’un conglomérat de débris calcaires ou de grès quartzeux, réunis par un ciment de carapace calcaire blanc jaunâtre, très-dur.
- Les dunes de sables cpiaternaires régnent d’une manière continue d’un bout à l’autre de la lisière sud du Zahrez. Nous les avons coupées dans toute leur largeur, qui est de 2 kilomètres environ du nord au sud, à partir de Zebaret Sidi Aïssa, point situé à 809 mètres d’altitude, dans le delta compris entre ces dunes, l’Oued el-Fesekh et le lac. Après avoir traversé quelques ondulations de sables, la route monte sur le plan supérieur des dunes, qui bientôt s’affermit, se couvre de végétation, et se relie cl’une manière insensible à un plateau sableux, tenace, qui se relève régulièrement en pente douce contre le massif crétacé du Djebel Alia, limitant au sud le bassin du Zahrez Chergui.
- Dans la région des dunes éminemment sableuses, nous avons observé sur le flanc de quelques-unes d’entre elles des couches sensiblement horizontales, de quelques centimètres d’épaisseur, formées par des sables argileux colorés en gris noirâtre par un peu de bitume.
- Un échantillon de cette roche nous a donné la composition suivante :
- Sable quartzeux. blanc................’.................. ogr,y3i2
- Argile pure............................................. o ,1072
- Peroxyde de fer. ........................................ 0 ,0154
- Carbonate de chaux....................................... 0 ,i25o
- Carbonate de magnésie. . ................................ Traces.
- Carbonate de fer. . ; ;.................................. o ,0029
- Eau, matières organiques ammoniacales.................... o ,0171
- Total...................... o ,9988
- Auteur : Ville.
- Enfin, au sommet même d’une dune nous avons vu une couche horizon-
- Un sondage aurai! quelques chances de succès dans
- le plateau sableus compris
- entre l’Aïn el-Hammam et l'Oued Dejal.
- Dunes quaternaires longeant, le bord sud du
- Zalirez Chergui.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- taie de travertin calcaire de 3o centimètres d’épaisseur, indiquée ci-dessous figure 92.
- Travertin.
- Sables.
- T e r r a i n </ u a t e rua i r e.
- Fig. 92. ‘
- Ce travertin a présenté la composition suivante :
- Carbonate de chaux...................................... ogr,9353
- Carbonate de magnésie...................................... o ,00/10
- Carbonate de fer........................................ o ,001/1
- Sulfate de chaux........................................... o ,0077
- Eau évaporée à i3o degrés................................ o ,oo4o
- Matière organique ammoniacale............................. o ,013o
- Sable quartzeux blanc.................................... o ,0 2 56
- Argile................................................... o ,0016
- Peroxyde de fer et phosphates terreux...................... o ,005o
- Tôt ai............................ o ,9976
- Auteur : Ville.
- Quant aux sables des dunes, ils présentent la composition suivante :
- i Sable quartzeux et silice combinée.............. ogr,9i8o
- Sable 1 Alumine.......................................... o ,0080
- et / Peroxyde de fer. . ............................ o ,01 4o
- argile. I Chaux.......................................... o ,0101
- \ Magnésie..........................»............. o ,0002
- Carbonate de magnésie.................................... o ,015o
- Carbonate de chaux..................................... o ,0329
- Sulfate de chaux....................................... o ,00007
- Chlorure de sodium. ..................................... o ,00008
- Eau...................................................... "
- Totai.......................... 1 ,00735
- Auteur : De .Mariony.
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- 221
- En rentrant au poste café d’El-Mesran, sur la route d’Alger à Laghouat, nous avons coupé de nouveau les dunes, en marchant du S. E. au N. O., et nous avons remarqué, à diverses hauteurs au milieu des sables, des assises de grès argilo-calcaires, grisâtres, contenant à l’état fossile le balimus decol-lalas et Y hélix candidissima. Tous ces faits prouvent d’une manière incontestable que les dunes du bassin des Zahrez ne sont pas, comme le pensent beaucoup de personnes, le résultat de l’accumulation des sables apportés par les vents; ce sont des couches régulières de sables de la période saharienne, qui ont été déposées par des eaux douces ou saumâtres. Parfois ces sables ont été agrégés par un ciment calcaire; il en résulte alors des couches régulières de grès calcaires, qui permettent de déterminer la stratification des couches de sables qui les enclavent. Les vents modifient légèrement le relief extérieur des dunes, qui peut varier d’un jour à l’autre; mais la masse générale des sables ne se déplace pas, et les dunes sont aujourd’hui dans la même position qu’elles occupaient à l’origine de la période géologique actuelle. Du reste l’exécution des sondages de l’Oued Melah et d’El-Mesran (dans le bassin du Zahrez Rharbi) vient à l’appui de cette manière de voir. On a trouvé, en profondeur, des couches de sables fluides qui ont opposé une grande résistance à l’enfoncement des tubes de retenue; puisqu’il y a des couches de sables en profondeur dans le terrain saharien, on ne doit pas trouver étonnant qu’il y en ait également à la surface du sol. La lenteur du travail du sondage d’El-Mesran vient précisément de ce que le sondage a été commencé au pied même de la région des dunes. Les sables qui les composent ont été retrouvés dans ce sondage, à 6 mètres au-dessous du sol.
- La coupe ci-après, fig. 93, mènée par Aïn el-Hammam du N. N. O. au S. S. E., à travers le Zahrez Ghergui, fait connaître les relations qui existent entre le terrain saharien qui a comblé le fond du bassin du Zahrez et les massifs crétacés qui limitent ce bassin au nord et au sud. Elle montre que les dunes ne sont qu’une manière d’être des couches sableuses plus tenaces, formant les plaines sahariennes au nord et au sud du Zahrez. Ces dunes ont une hauteur maximum de 1 o à 12 mètres au-dessus du niveau du lac.
- La plaine saharienne, comprise entre les dunes, au nord, et la chaîne crétacée des Djebels Alia, Matmoura, Driouha, au sud, a une largeur moyenne de 8 à 10 kilomètres; elle présente un relief fort peu accidenté et est accessible partout aux voitures. Les cours d’eau qui la traversent du sud au nord
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- yf Aï» el-Hanunaia.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ont, en général, très-peu d’importance, et leur thalweg est à peine indiqué dans la plaine. C’est le long de ces cours d’eau que l’on trouve les meilleurs terrains de culture, parce qu’il y a des détritus argileux entraînés par les eaux venant de la montagne. Les pluies abondantes de l’hiver de 1862 ont engagé les Arabes à développer leurs cultures dans cette région, et nous avons traversé des terres labourées sur plus de 1 o kilomètres de parcours. En été, cette région est désolée par la sécheresse. On doit aller chercher l’eau, soit dans les montagnes crétacées du sud, soit dans les bas-fonds contenus au milieu des dunes de sables. L’eau qui se trouve dans ces dunes est due probablement à la même cause que l’eau de la zone de joncs que nous
- c
- N. N. O.
- S. S.
- Fig. 93.
- avons signalée au pied du bord des dunes, le long de la rive droite de l’Oued Fesekh. Ce sont des eaux qui se sont infiltrées dans le haut plateau sableux compris entre le Djebel Alia et les dunes, et qui coulent souterrainement à la surface d’une des couches argilo-sableuses, dont l’existence nous a été démontrée par l’étude attentive des dunes. Les couches sahariennes plongeant, en général, comme le relief extérieur du sol, les eaux souterraines s’écouleront du sud au nord. Le phénomène qui a donné lieu à la cuvette des Zahrez a entaillé les sables supérieurs jusqu’à la couche argilo-sableuse, à la surface de laquelle coule l’eau souterraine, et dès lors celle-ci a surgi à la surface du sol et alimente aujourd’hui la zone de joncs qui longe le bord sud du Zahrez Chergui. Du reste ce n’est que dans les dunes qu’on trouve de l’eau autour du Zahrez Chergui. Nulle part on n’observe de sources isolées ayant
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- le caractère des sources jaillissantes naturelles que nous avons signalées autour du Zahrez Pdiarbi.
- D’après le principe que nous avons posé de faire deâ sondages autant que possible dans les thalwegs principaux traversant le terrain saharien des Zahrez, il y aurait lieû de faire encore deux autres sondages, fun à proximité du débouché de l’Oued Medjeddel, dans le Tizihh Mtaa el-Beliah, l’autre à proximité du débouché de l’Oued Gouliah, dans l’extrémité orientale du Zahrez Chergui près d’Oglat el-Beïda.
- On aura ainsi quatre sondages pour l’exploration des nappes jaillissantes qui peuvent exister dans le bassin de l’Oued Chergui. Les résultats de ces sondages montreront s’il y a lieu d’en exécuter d’autres plus tard.
- A l’est de l’Oued Melah, le terrain quaternaire forme, au pied de la chaîne crétacée du Djebel Alia, des mamelons isolés, éminemment caillouteux, qui recouvrent le terrain tertiaire, et dominent, de i5 à 20 mètres de hauteur, le terrain diluvien à sol calcaire ou gypseux de la plaine du Zahrez. L’un d’eux, que nous avons examiné avec détail à l’ouest de l’Oued ben Alia, présente, à sa hase, 8 à 10 mètres de marnes rougeâtres et gypseuses. Le gypse s’y trouve en petits cristaux blancs, farineux, et en filets fibreux qui ont jusqu’à om,3o d’épaisseur. Ce mamelon est couronné par une nappe de galets de grès crétacés qui atteignent om,4o de côté.
- La présence de cette série de mamelons quaternaires sur la lisière méridionale du bassin des Zahrez est une nouvelle preuve qu’il y a eu deux périodes successives dans le dépôt des terrains récents qui ont comblé la grande dépression des Zahrez. La première période correspondrait au dépôt des terrains constituant ces mamelons, dont les sommets indiquaient la hauteur primitive générale de la formation quaternaire. Les dunes de sables qui longent le bord sud des deux Zahrez d’un bout à l’autre et les hautes terrasses qui sont au pied des chaînes crétacées appartiennent à cette période. Il y eut ensuite un écoulement des eaux quaternaires et un affouillement du premier dépôt, de manière à former les bassins limités par les mamelons dont il s’agit , ainsi que les deux cuvettes des Zahrez. Ces bassins se sont remplis ensuite en partie par de nouveaux dépôts diluviens, qui ont été ravinés plus tard par les eaux actuelles. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de signaler ces deux dépôts d’âge différent dans le cours de ce travail.
- Le Zahrez Chergui a 36 kilomètres de longueur sur 1 4 kilomètres de iar-
- Sondages proposes à proximité du débouché de l’Oued Medjeddel dans le
- Tizihh Mtaa el-Kelinh . et du débouche de l’Oued Gouliah dans
- l’extrémité orientale Zahrez Chergui.
- Terrains quaternaires de divers âges dans
- le bassin des Zahrez.
- Zahrez Chergui.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- geur moyenne; sa surface est plus grande que celle du Zahrez Rharbi dans le rapport de 5o4 : 32 0, ou de 1.67 : 1.
- Le 20 décembre 1862, nous avons traversé le Zahrez Chergui, sur 6 kilomètres de largeur, en face de l’Aïn el-Hammam, source d’eau douce qui émerge du terrain crétacé au pied du versant sud du Djebel Hammam. Le fond du lac est argilo-sableux et assez solide pour supporter le poids des animaux, mais ii paraît qu’il n’est pas aussi résistant plus à l’est. On nous a assuré que, de ce côté, il y a des terrains mouvants où des chevaux ont été engloutis. 11 peut se faire que ces points correspondent à des sources jaillissantes naturelles. Dans la partie occidentale que nous avons traversée, il n’y avait ni eau ni sel dans le milieu du lac. A proximité du bord nord, on remarque une pellicule de sel plus mince qu’une feuille de papier; parfois le sol se déprime légèrement et se couvre d’une nappe d’eau très-fortement salée. Les ruisseaux qui, du Djebel Sebaa Rous et du Djebel el-Hammam, débouchent dans le bord N. O. du lac, roulent à leur confluent des eaux salées impotables. Du 1 o au 1 2 novembre 1862, M. Nicaise a traversé le Zahrez Chergui à l’est, dans toute sa largeur, dans l’espace de quatre heures. Cette partie était composée de vase grise noirâtre, plus ou moins dure sur les bords du lac, plus molle vers son milieu, qui doit être souvent recouvert par les eaux lorsque régnent les vents d’ouest. Pendant que M. Nicaise traversait le lac, ce vent commençait à se faire sentir, et le Zahrez était entièrement à sec; mais, lorsque M. Nicaise fut arrivé sur la berge sud, il n’en était plus de même. Le vent était devenu beaucoup plus fort, et, par suite de sa violence, les eaux furent poussées de l’ouest à l’est avec une telle vitesse, qu’en un clin d’œil la partie découverte quelques minutes auparavant était envahie par une nappe d’eau salée de 2 à 5 centimètres d’épaisseur. Cette eau est tellement salée qu’aucun animal ne peut y vivre.
- La composition de l’eau du Zahrez Chergui, recueillie le 7 novembre i855, après une série de beaux jours, est indiquée dans les tableaux A et B, analyse n° 6; celle du sel est indiquée dans le tableau C, analyse n° i3.
- En comparant ces analyses, on arrive aux mêmes conclusions que pour l’eau et le sel du Zahrez Rharbi, en ce qui concerne les proportions respectives des diverses substances salines. Ainsi les sels de magnésie sont proportionnellement plus abondants dans l’eau salée que dans le sel cristallisé. Le sel du Zahrez Chergui est aussi pur que celui du Zahrez Rharbi. L’eau du
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- TERRAIN QU ATERNAIR-E OU SAHARIEN.
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- Zahrez Chergui présente à peu près le même degré de salure et la même composition que l’eau du Zahrez Rharbi recueillie à la même époque.
- Les différences les plus notables portent s&ur le sulfate de chaux :
- 1 kilogramme d’eau du Zahrez Chergui renferme 4gl\ i3o de sulfate de chaux anhydre;
- 1 kilogramme d’eau du Zahrez Rharbi renferme i^q/jo de sulfate de chaux anhydre.
- Or i gramme de sulfate de chaux supposé anhydre se dissout, d’après Thénard, dans 46o fois son poids d’eau pure : 4gp, i3o exigeraient dès lors 1899^,80 d’eau pure. Comme ils se trouvent dissous-dans 1 kilogramme d’eau salée, contenant 738^r,56 d’eau pure, on voit que la présence des autres sels a augmenté la solubilité du sulfate de chaux dans le rapport de 1899.80 à 738.56 ou de 2.57 à 1.
- Pour l’eau salée du Zahrez Rharbi, la solubilité du sulfate de chaux, relativement à celle dans l’eau pure, n’est augmentée que dans le rapport de 1.22 à 1.
- En été, il se forme dans le Zahrez Chergui une croûte de sel que l’on prétend n’être pas solide et ne pouvoir supporter sans se rompre le poids des chevaux. Cependant la grande richesse en sel marin des eaux du lac nous donne lieu de penser que cette assertion n’est vraie que pour certains points du lac où le sel n’aurait pas une très-grande épaisseur, et que, dans les parties centrales, il doit se produire une nappe saline aussi épaisse et aussi solide que dans le Zahrez Rharbi.
- Nous avons placé dans les tableaux A et R les analyses des eaux salées du lac d’Arzeu et du Sebkha d’Oran. Il est facile de voir que ces eaux ont une grande analogie de composition avec celles qui ont été recueillies dans les Zahrez en novembre i855. On peut résumer ces diverses analyses de la manière suivante :
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- SUBSTANCES. EAU du ZAHiiEZ PIIARBI , recueillie en novembre i855. () EAU du ZAIIREZ CHERGUI , recueillie en novembre i85S. w E A U DU LAC SALÉ d’Arzeu , recueillie le 28 janvier i843. (3) EAU du GRAND SEBKHA d’Oran , recueillie le 3o novembre 1848 , à la hauteur du camp du Figuier. (*)
- Chlorures s 51 er,915 2 4 8Br, 3 7 6 i84Br,376 1 o3gr,487
- Sulfates 16 ,826 i3 ,260 5 ,028 10 ,265
- Carbonates Traces. Traces. Traces. 11
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. 268 ,741 261 ,636 189 ,4o4 113 ,702
- Quantité totale de sol contenue dans
- le Zahrez Ciliergui.
- La différence qui existe entre les degrés de salure provient de ce que les eaux salées du lac d’Arzeu et du Sebkha d’Oran ont été recueillies au milieu de la saison pluvieuse, ce qui a notablement diminué leur teneur en sels divers.
- De même que pour l’eau du Zahrez Chergui, les eaux salines (3 et 4) contiennent une proportion de sulfate de chaux de beaucoup supérieure à celle qui peut saturer î kilogramme d’eau distillée.
- L’analogie de composition entre les eaux salées de ces différents lacs peut faire supposer que la salure des eaux est due à la même cause. Nous reviendrons sur cette question lorsque nous aurons fait la description des gîtes de sel gemme du Djebel Sahari et d’Aïn Hadjera.
- Le Zahrez Chergui a une superficie de 5o4 kilomètres carrés; en admettant qu’il s’y forme, en été, une couche de sel d’une épaisseur moyenne de om,328, comme dans le Zahrez Rharbi, ce lac contiendrait 33o millions de tonnes de sel; sa richesse en sel serait à celle du Zahrez Rharbi dans le rapport de 33o : 20 ou : : î .65 : i.
- Les deux Zahrez constituent deux dépressions voisines, de forme à peu près semblable, dans une même vaste ondulation géographique. La salure de leurs eaux recueillies à la même époque est la même. Aussi on peut admettre sans crainte d’erreur sensible, que leurs profondeurs moyennes diffèrent peu l’une de l’autre.
- D’après cela, il est probable que l’évaluation approximative que nous don-
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
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- nons pour la quantité totale de sel contenu dans le Zahrez Chergui ne diffère pas beaucoup de la vérité.
- On voit, par ce qui précède, que les deux Zahrez renferment d’immenses quantités de sel et pourraient donner lieu à un commerce d’exportation considérable.
- Pour que l’exploitation coûtât le moins possible, on devrait la faire à la fin du printemps, alors que la plus grande partie de l’eau, sinon la totalité, aurait été évaporée par l’action de la chaleur solaire. Dans l’état actuel des choses, ces salines naturelles ne servent guère que pour la consommation des Arabes campés sur leurs bords.
- La route d’Alger à Laghouat passe entre ces deux salines à une assez grande distance des points où l’extraction pourrait se faire avec quelque avantage; et, comme celte route côtoie le pied du rocher de sel du Djebel Sa-hari, les caravanes qui la parcourent aiment mieux s’approvisionner de sel au rocher même, qui est un gîte d’étape; elles n’ont ainsi aucun dérangement dans leur marche. Pour que l’exploitation des Zahrez pût se faire avec quelque avantage, il faudrait créer de nouveaux débouchés à leurs produits; cela ne pourra se faire qu’au moyen d’un chemin de fer qui s’embrancherait «sur le réseau décrété dans le Tell algérien par le décret impérial du 8 avril 18Ô7. L’embranchement des Zahrez partirait d’Amoura1, remonterait la vallée du Chélif jusqu’au pied de Boghar, et suivrait ensuite le tracé de la route carrossable actuelle de Boghar à Laghouat jusqu’au centre de la plaine des Zahrez. Il n’y aurait de véritable difficulté d’exécution que dans le parcours de la vallée du Chélif. Le chemin de fer des Zahrez aurait une longueur totale d’environ 160 kilomètres. On peut supposer approximativement que le prix de revient du kilomètre sera de 175,000 francs pour une seule voie ferrée. D’après cela l’embranchement des Zahrez coûterait 12 millions, chiffre assez élevé pour qu’on ajourne l’exécution du projet. Si le chemin de fer central remontait jusqu’auprès de Boghar, l’embranchement sur les Zahrez deviendrait plus tôt exécutable, parce qu’il n’aurait à traverser qu’un terrain presque plat, sans aucune difficulté notable. On pourrait même le prolonger aisé-
- Utilité
- d'un embranchement sur le réseau (les
- chemins de fer algériens pour
- l'exploitation des salines des Zahrez,
- 1 Depuis le décret impérial du 8 avril 1857 le tracé du chemin de fer d’Alger à Oran a été modifié. Au lieu de pénétrer dans la vallée du chélif à Amoura, il y pénètre aujourd'hui à Affre-ville. Aussi l'embranchement des Zahrez devrait comprendre de plus le tronçon dAmotira à Affreville, qui est d’environ 35 kilomètres.
- 29.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ment jusqu’à Laghouat, si cela devenait nécessaire; on contournerait la lisière sud du Zahrez Rharbi pour se diriger au S. O. vers la Dayat Radjelan. On remonterait l’Oued Melah, qui passe au pied du Ksar Zenina. On passerait ensuite dans la plaine sablonneuse comprise entre le Djebel Amour et le Djebel Tadzmit, et l’on descendrait ainsi dans la vallée de l’Oued Sicli Ma-khelouf, d’où il serait facile d’arriver jusqu’à Laghouat. On suivrait par ce tracé une grande dépression cpii sépare le massif montagneux de Djelfa du massif montagneux du Djebel Amour.
- Nous 11e pensons pas cpie l’exploitation des salines des Zahrez et même des rochers de sel du Djebel Saliari et d’Aïn Hadjera présente jamais un intérêt industriel assez considérable pour motiver à elle seule l’exécution du chemin de fer cl’Amoura à Laghouat; mais certaines considérations stratégiques auxquelles l’insurreclion de 1 864 donne un très-grand poids, le développement général du commerce avec le sud, et notamment l’exportation des bêtes ovines et des laines du Sahara, détermineront peut-être un jour l’exécution de ce chemin de fer. Alors il sera possible de tirer parti des immenses dépôts de sel accumulés dans les Zahrez elles deux gîtes de sel gemme pour alimenter les principaux centres de population qui seront répartis sur la voie ferrée centrale allant d’Oran à Gonstantine.
- 11 est peu probable que ces sels puissent être utilisés par le commerce d’exportation par la voie de mer. En effet, pour arriver à Alger, ces sels devront parcourir environ 2y3 kilomètres; et, à raison de 5 centimes par tonne et par kilomètre, ils seraient grevés de i3 fr. 60 cent, de frais de transport par tonne. Comme les salines de la Méditerranée livrent aujourd’hui le sel à raison de 1 o francs la tonne, il serait impossible de leur faire concurrence au moyen des sels du bassin des Zahrez. Ceux-ci ne nous paraissent susceptibles d’emploi que dans la consommation africaine, et leurs débouchés ne seront considérables que dans un avenir sans doute assez reculé.
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- SONDAGES DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBI.
- 229
- CHAPITRE X.
- COUPES GÉOLOGIQUES DES SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBI.
- NAPPES ARTÉSIENNES TROUVEES DANS CES SONDAGES.
- Quatre sondages ont été exécutés dans le bassin du Zahrez Rharbi. Nous allons faire connaître les coupes de ces sondages, les analyses qui ont été faites des roches et des eaux extraites des trous de sonde, et nous verrons quelles conséquences on peut en tirer au point de vue de la constitution géologique des couches profondes du bassin des Zahrez.
- 1° SONDAGE DE L’OUED MELAH (AÏN MAI.AKOFf).
- Le premier sondage du Zahrez a été exécuté, en 1862, à 861 mètres d’altitude sur la rive gauche de l’Oued Melah, près de son confluent, dans le Zahrez. 11 a rencontré les couches suivantes :
- NUMÉROS D’OnDRE. DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR des COUCHES. PROFONDE des COUCHES.
- 1 Terre végétale sablonneuse om,4o om,4o
- 2 Sable jaunâtre, très-fin 2 ,00 2 ,4o
- 3 Sable argileux 0 ,10 2 ,5o
- 4 Sable blanc, très-fin 3 ,00 5 ,5o
- 5 Argile bleuâtre 0 ,20 5 ,70
- 6 Sable jaune, roux, blanc, salifère 3 ,i5 8 ,85
- 7 Argile verte 0 ,20 9 >°5
- 8 Sable rougeâtre O ,25 9 >3°
- 9 Argile verte, gypseuse à la base 6 ,20 15 ,5o
- 10 Gypse en petites paillettes O 4-0 O 16 ,00
- OBSERVATIONS.
- Niveau des eaux d’infiltration superficielle, 4,n,io sous le sol.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- NUMÉROS D’ORDRE. DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR des COUCHES. PROFONDEUR (les COUCHES. OBSERVATIONS.
- ir0 nappe ascendante à 18“.
- 11 Gravier 2m,ÔO CO c/t 0 Niveau d’eau — im,33.
- 12 Marne rougeâlrc mélangée de cailloux à Température de l’eau 180.
- la partie supérieure seulement *25 ,20 43 ,70
- .3 Sables et graviers assez gros mélangés -
- d’argile rougeâtre 1 1 ,4o 55 ,10
- 1 4 Sable blanc très-fin 3 ,10 58 ,20
- 1 5 Sable blanc mélangé d’argile rougeâtre. 18 ,15 76 ,35
- 16 Sable blanc et graviers^'^ontenant la 1” nappe jaillissante de à
- nappe jaillissante 4 ,85 81 ,20 Débit primitif 20illpar seconde.
- Marne rougeâtre Constaté. 11 Température de l’eau 21°.
- Cette coupe présente une succession de couches de sables quartzeux, de graviers, de marnes et de gypse, qui peut être comparée, soit aux coupes des sondages du Hodna, qui ont traversé le terrain tertiaire supérieur, soit aux coupes des sondages du Sahara, qui ont traversé le terrain quaternaire. On sait, en effet, que les roches des terrains pliocène et quaternaire de ces régions présentent la plus grande ressemblance minéralogique lorsqu’elles ont été désagrégées, et qu’il est très-difficile de les distinguer les unes des autres après un broyage préalable, lorsqu’elles n’ont pas de fossiles; mais, si l’on compare la coupe ci-dessus à celle du terrain tertiaire du Djebel Sahari, on observe de grandes différences. Ainsi, sur le Djebel Sahari, on trouve principalement des grès quartzeux jaunes, durs, et des poudingues alternant avec quelques couches de marnes, tandis que dans le sondage de l’Oued Melah on n’a trouvé, en définitive, que des couches de sables, de graviers et de marnes, qui paraissent devoir se rapporter de préférence au terrain quaternaire (saharien).
- Une première nappe ascendante a été trouvée à la profondeur de ] 8 mètres. Le niveau de l’eau, qui était primitivement à 4m, i o au-dessous du sol, s’est élevé à 1m, 3 3 au-dessous du sol. Cette eau, dont la température était de i 8 degrés, était beaucoup moins salée que celle du puits de service. Le 2 3 novembre au soir, à la profondeur de 78 mètres, on a rencontré une nappe jaillissante d’eau potable, à la température de 21 degrés, dont le débit s’est bientôt
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- SONDAGES DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBI.
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- élevé à 2hl,66 par seconde. Le travail a été poussé, aii milieu de la couche de graviers aquifères n° 17, jusqu’à la profondeur de 8im,20. Le débit est toujours allé en augmentant, et, le 8 décembre, il a atteint 20 litres par seconde; ce débit considérable a rendu le travail d’avancement impossible. Trois colonnes de garantie en tôle de om,35, om,3o et om,2 7 de diamètre étaient dans le trou de sonde. Nous avons fait enlever la colonne de om,3o, qui ne descendait qu’à 54 mètres, et qu’il paraissait inutile de laisser dans le trou de sonde. Cette opération a fortement diminué le débit, qui a été réduit de 20 litres à 12^,28 par seconde, l’eau jaillissante s’épanchant hors du tube de om,2 7 à om,8o au-dessus du sol. Le i5 décembre 1862, on a coupé le tube d’ascension à om,3o au-dessus du sol, afin de ne pas produire inutilement une charge d’eau qui devait diminuer le débit de la nappe. Le débit s’est'élevé ainsi à i3lll,58 par seconde; la colonne de om,2 7 de diamètre descend à 78 mètres dans le trou de sonde; en outre, un tube de om,2 3 de diamètre, de 4 mètres de long, et percé de trous dans toute sa hauteur, a été descendu au fond du trou de sonde pour maintenir les terrains au-dessous de la colonne de om,2 7 de diamètre.
- Grâce à cette précaution, le débit du sondage d’Aïn Malakoff ne parait pas avoir diminué. L’eau jaillissante renfermait 4gr, 14 de sels divers par kilogramme. Elle est comparable aux meilleures eaux potables de l’Oued Rhir, et s’écarte beaucoup des eaux jaillissantes pliocènes du Hoclna. Celles-ci sont beaucoup plus pures.
- Le tableau ci-après montre la composition des eaux de l’Aïn Malakoff prises à diverses époques et des eaux d’infiltration de la plaine qui l’entoure.
- (Voir le tableau n° 5, analyses nos 5o, 5i et 59.)
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU DE LA HAPPE jaillissante d’Aïn Malakoff, venant de Sim do profondeur, recueillie le a 1 décembre 1862. (>) EAU DE LA NAPPE jaillissante d’Aïn Malakoff, venant de 8im de profondeur, recueillie en juillet i863. (») EAU DES INFILTRATIONS superficielles de la plaine qui entoure le sondage d’Aïn Malakoff, recueillie le 2 1 décembre 186a. (3)
- Chlorures 19239 2g‘,01 g4 8BVrS5i
- Nitrates il // //
- Sulfates 2 ,o35i 1 ,9678 4 ,2409
- Carbonates 0 ,1425 O ,0963 il
- Peroxyde de fer, silice 0 ,o45o O ,0600 0 ,0600
- Matière organique indét. Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. . 4 ,1465 4 ,14 3 5 12 ,7660
- Auteur De Marigny. De Marigny. De Marigny.
- Les analyses nos 1 et 2 montrent que la composition de l’eau jaillissante d’Aïn Malakoff ne varie pas d’une manière sensible avec les saisons. On voit par l’analyse n° 3 que les eaux d’infiltration superficielle de la plaine qui entoure le sondage d’Aïn Malakoff sont très-chargé es de chlorures et de sulfates, et quelles sont tout à fait impotables. Aussi la source d’Aïn Malakoff est-elle destinée à rendre de grands services pour l’alimentation des hommes et des nombreux troupeaux qui parcourent la plaine du Zahrez; son débit considérable permet, du reste, de l’utiliser pour la culture du coion, qui parait appelée à prospérer dans la plaine du Zahrez, si l’on en juge par un essai qui a été fait à Aïn Malakoff. Malheureusement l’insurrection arabe de i864 a retardé de beaucoup le progrès de la colonisation de la plaine du Zahrez. Les insurgés ont cherché à détruire le sondage d’Aïn Malakoff, mais n’ont pu y parvenir ; une grille en fer, que nous avions fait placer par précaution à l’orifice du sondage, a résisté à tous leurs efforts. Les Arabes ont introduit des sables et de menus graviers par les mailles de la grille, mais la violence du jet ascensionnel atout rejeté au dehors. Les insurgés avaient eu soin de combler le puits d’El-Mesran, de sorte que les colonnes expéditionnaires ont été fort heureuses de trouver l’Aïn Malakoff pour s’approvisionner
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU Z AUREZ RHARBI. 233
- d’eau. Après le départ de ces dernières, les Arabes, à leur tour, ont été obligés de se grouper autour d’Aïn Malakoff pour abreuver leurs nombreux troupeaux de moutons et de chameaux; aussi ce sondage a-t-il été le théâtre d’une belle razia exécutée par M. le colonel Lacroix sur les tribus insoumises.
- Le 17 décembre 1862, l’inauguration cle la source jaillissante de l’Oued Melah a été faite par M. Suzzoni, commandant supérieur de Laghouat, au milieu d’un cercle immense de tentes des Ouled Naïl et en présence de plusieurs oiïiciers et de touristes accourus deDjelfa et de Laghouat. Nous avons prononcé à cette occasion une allocution, dans laquelle nous avons retracé l’historique des travaux de sondage exécutés sous la direction du service des mines et avec la main-d’œuvre militaire, dans le territoire de la province d’Alger.
- Nous avons proposé, dans cette allocution, de donner à la source jaillissante de l’Oued Melah le nom à'Aïii Malakoff, comme un témoignage de gratitude pour les éminents services rendus à l’Algérie par Son Exc. le maréchal duc de Malakoff, gouverneur général de l’Algérie. Son Excellence a bien voulu accepter cet hommage, et nous sommes heureux de pouvoir, à l’avenir, désigner sous le nom d’Aïn Malakolf la source jaillissante de l’Oued Melah.
- Le-sondage d’Aïn Malakolf, qui débitait i 3lll,58 par seconde au moment de la cessation des travaux, le 1 5 décembre 1862, ne donnait, en mai 1866, que 6ht,6 1 par seconde. Cette diminution de débit était causée en partie, par les objets plus ou moins volumineux que les Arabes avaient introduits dans le trou de sonde, après avoir enlevé la grille qui avait été placée sur l’orifice. M. Saury a retiré des débris de peau de bouc, de câbles, d’os, de fer, de pierres, jusqu’à im,5o au-dessous de l’orifice du tube d’écoulement. Ces débris étaient tellement tassés, qu’il n’a pu débarrasser le tube plus bas, faute de moyens d’action suffisants. M. Saury est retourné dans le sud à la fin de 1866, et a pu alors complètement débarrasser le trou de sonde d’Aïn Malakoff de tous les objets qui l’obstruaient. Le débit s’est alors élevé à 7^,77 par seconde, à 2 i°,5o.
- 2° SONDAGE D’EL-MESRAN.
- Le poste-café d’El-Mesran est situé sur la route carrossable d’Alger à La-, gliouat, à 2 i kilomètres sud du caravansérail de Guelt Es-Settel, et à 8 kilo-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- mètres S. E. (lu sondage d’Aïn Malabo ff. îl se trouve à 882 mètres d’altitude, au pied septentrional de la zone des dunes qui s’étendent d’un bout à l’autre du bassin des deux. Zalirez. On sait que l’eau abonde à 5 ou 6 mètres de profondeur en beaucoup de points de ces dunes; mais, dans un grand rayon autour d’El-Mesran, elle est fortement saumâtre; elle donne à la soupe et au café un goût détestable, et l’on ne peut pas la boire, surtout en été. Il était donc d’une utilité incontestable d’essayer un sondage à El-M^sran, s’il avait des chances de réussir. Nos études dans le bassin des Zalirez nous ont démontré cette possibilité. En effet, les couches sahariennes et les couches tertiaires plongent avec régularité, du S. E. au N. 0., entre le rocher de sel et l’axe longitudinal du bassin des Zalirez. El-Mesran se trouve, comme l’Aïn Malaboff, sur la rive droite de l’Oued Melali. La différence de niveau de ces deux points n’étant que de 2 1 mètres, le succès d’un puits artésien nous parait tout à fait probable à El-Mesran; c’est ce qui nous a déterminé dans le choix de ce point. Après le succès d’Aïn Malakolf, nous avons été autorisé par M. le général Jusuf à faire transporter immédiatement à El-Mesran le matériel nécessaire à l’exécution d’un puits artésien de 100 mètres de profondeur, au diamètre de om,35. Ce nouveau sondage a rencontré les couches suivantes :
- NUMÉROS D»ORDHE. DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR dos COUCHES. PROFONDEUR dos COUCHES.
- I Alternance de terre végétale sableuse et
- de sable quarî/.eux blanc. . 6"\oo 6"’,00
- 2 Cailloux roulés de calcaire et de silex. . 3 ,oo 9 -°°
- 3 Marne jaune 0 ,20 9
- 4 Sable blanc jaunâtre, avec petits cailloux
- roulés, mélangé de sable quartzeux et
- de sable calcaire /| :îo 1 S ^*70
- 5 Marne jaunâtre 2 ,00 10 ,70
- G Sable calcaire rougeâtre 4 .10 19 ,80
- 7 Marne rougeâtre dans le haut, sableuse
- et jaunâtre dans le bas 9 17^ 29 ,53
- 8 Calcaire blanc friable, farineux (?) 1 ,3o 3o ,83
- 9 Sable quartzeux et sable calcaire mélangé. 1 ,5o 32 ,33
- 10 Marne jaunâtre 0 ,20 3a ,53
- I l Sable calcaire rougeâtre 2 ,60 35 ,i3
- ] 2 Sable blanc quartzeux en liant, jaunâtre
- en bas 10 ,57 45 ,70
- OBSERVATIONS.
- irc nappe d'infiltration à 6m,5o. Niveau d'eau — G,n,5o.
- I
- jrc nappe ascendante a 45m,/0. Niveau d’eau — 5m,85. Température 170.
- Débit- iohl environ par seconde.
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU ZAIIREZ RIIARBI. 235
- La présence de bancs de sables et de graviers a donné lieu à des difficultés d’abord très-grandes pour la continuation des travaux d’approfondissement, et en dernier lieu tout à fait insurmontables. On a été arrêté par une couche de sables fluides, qui sont remontés de 1 2 mètres au-dessus du fond du Lrou, et dont il a été impossible de vaincre l’affluence. On pourrait déduire de l’ascension des sables qu’ils servaient de lit à une nappe ascendante; c’est, en effet, ce cpie le thermomètre a démontré d’une manière incontestable. La température de l’eau du trou de sonde était de 17 degrés, tandis que celle des puits voisins variait, à la même époque (1 2 février i863), de 12 à i3 degrés. Le 2/1 décembre 1 863, la température de l’air étant de 8 degrés, la température, de l’eau du puits du sieur Mas était de 1 2 degrés, celle de l’eau du puits du poste d’El-Mesran était de i3 degrés, celle de l’eau du trou de sonde d’El-Mesran était de 17 degrés, comme en février 1 863. L’augmentation de température de l’eau du trou de sonde vient certainement de ce que l’eau remonte du fond du trou. Du reste le niveau de l’eau dans le trou de sonde, qui était primitivement de 6m,5o au-dessous du sol, était de 5m,85 au moment de la suspension des travaux. 11 y a eu donc dans le niveau des eaux une élévation de om,65, qui est en harmonie avec l’augmentation de température pour démontrer la rencontre d’une nappe ascendante à /|.5U1,7o de profondeur.
- Voici la composition des eaux recueillies dans le trou de sonde d’El-Mesran et dans la noria du sieur Juan Mas.
- (Voir le tableau n° 5, analyses nos 62 et 53.)
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU ASCENDANTE du trou de soude d'El-Mesran, recueillie en mars 1-863. EAU DD l'UITS de la noria du sr Juan Mas à El-Mesran , recueillie en mars 1863.
- Chlorures 3Br, L 2 ! 5 0 ,4 34 1 1 ,20 1 1 3gr,i534
- Nitrates II
- Sulfates 1 ,12 3o
- P.nrhnnîit as o ,0692 0 ,0160 0 ,o834 0 ,0800 Indét.
- Oyyflp ri a for^ sÜiaa
- Matière organique Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau 4 ,8419 4 ,4*98
- Auteur De Mviucny.
- 3o.
- Composition de l'eau ascendante du trou de sonde d'El-Mesran et de l'eau de la noria
- du
- sieur J un n Mas.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Ces eaux ont une grande analogie de composition; elles ne diffèrent que par la forte proportion de nitrates qui se trouve dans l’eau du sondage et qui manque dans l’eau de la noria. Ces eaux, de même que celles d’Aïn MalakofF, sont entièrement comparables à celles de l’Oued Rhir; elles sont potables en hiver; en été, l’eau des puits ordinaires d’El-Mesran est impotable. Il est permis de supposer que l’eau du sondage conservera une composition à peu près constante dans toutes les saisons, et que, par conséquent, elle sera potable en été; il y a donc utilité à conserver le sondage d’El-Mesran pour fournir de l’eau potable en toute saison au poste-café et à l’auberge voisine. En tout cas c’est une expérience à faire, en raison de la mauvaise qualité de l’eau de surface d’El-Mesran pendant l’été. Si elle réussit, nous pourrons avoir en ce point un puits ascendant, qui servirait à l’alimentation des voyageurs. Il suffirait de creuser un puits ordinaire jusqu’à un mètre en contre-bas du niveau auquel s’élève la nappe jaillissante, et d’y faire déverser cette dernière. En aspirant dans le trou de sonde avec une forte pompe Letestu, manœuvrée par huit hommes, le niveau de l’eau dans la colonne est resté constant pendant plusieurs heures à 8m,65 sous le sol, en donnant un débit de plus de 10 litres par seconde. Pendant l’insurrection de i864, les Arabes-ont comblé le sondage d’El-Mesran sur toute sa hauteur.
- Ea nappe ascendante, trouvée à El-Mesran à /|5U1,7o , parait correspondre, par sa température et sa position, à la nappe ascendante trouvée à Aïn Mala-koffà 18 mètres de profondeur. Si à 1 8 mètres on ajoute 21 mètres, différence de niveau comprise entre les deux sondages, on trouve, en effet, 09 mètres, nombre qui diffère peu de 4om,7 o.
- Ea différence 48n\70— 0 9m= 6U1,70 s’explique par les différences d’épaisseur que peuvent présenter les mêmes couches en des points différents.
- Ea couche n° 8 de calcaire blanc friable, farineux, de ini,3o d’épaisseur, trouvée dans le sondage d’El-Mesran, est probablement très-gypseuse, et c’est ce qui lui donne sans doute le type farineux indiqué par le journal de sondage. Aussi cette couche, qui recouvre les sables inférieurs d’El-Mesran, peut être assimilée à la couche n° 1 1 de gypse, en petites paillettes, de om,5o d’épaisseur, trouvée à Aïn MalakofF. Cette hypothèse rend parfaitement comparables les coupes des sondages d’El-Mesran et d’Aïn MalakofF, figurées dans la planche VIII; les couches supérieures d’El-Mesran manquent à Aïn MalakofF, par suite de la dénudation de terrain qui a produit la çiyyette du
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBI. 237
- Zahrez Rharbi et qui a donné lieu à la différence de niveau de 2 1 mètres existant entre El-Mesran et Aïn Malakoff. De part et d’autre la couche de gypse ou de calcaire gypseux est recouverte par une épaisse couche de marne surmontée par des sables. Au-dessous du gypse viennent les sables aquifères; seulement, à Aïn Malakoff, ces sables n’ont que 2m,5o d’épaisseur, tandis qu’à El-Mesran on les a traversés sur 1 4m,8 7 et qn’on n’est pas encore arrivé à leur base. Si la distance qui sépare la nappe jaillissante de la nappe ascendante était la même à El-Mesran qu’à Aïn Malakoff, on devrait descendre, à El-Mesran, à 1 o8m,90 au moins pour avoir de l’eau jaillissante; mais les couches supérieures d’Aïn Malakoff présentent, à El-Mesran, une plus grande épaisseur; si cette loi se maintient aussi en profondeur, on doit craindre que l’eau jaillissante ne se trouve à El-Mesran qu’à une profondeur d’environ i5o mètres.
- Quoi qu’il en soit, il est incontestable que les deux sondages d’El-Mesran et d’Aïn Malakoff appartiennent à la même cuvette artésienne. D’après la nature minéralogique des couches traversées dans les deux sondages et la composition chimique des eaux, soit ascendantes, soit jaillissantes, il paraît probable que ces deux sondages se trouvent contenus dans les terrains quaternaires ou sahariens du Zahrez Rharbi.
- 3° SONDAGE DF, L’OUED KAÏDER.
- Après l’abandon du sondage d’El-Mesran, le matériel a été transporté sur les bords de l’Oued Kaïder, à 8 kilomètres nord du poste-café d’El-Mesran > sur la route d’Alger à Laghouat. Ce point se trouve à 869 mètres d’altitude pu milieu des alluvions de la rive gauche de l’Oued Kaïder. Il est à 13 mètres au-dessous du sondage d’El-Mesran et à 8 mètres seulement au-dessus du sondage d’Aïn Malakoff, sur le prolongement oriental de la ligne droite passant par l’Hamia Chergui et l’Hamia Rharbi, ligne qui détermine à peu près le grand axe longitudinal de la cuvette du Zahrez Rharbi. 11 était donc permis de supposer que l’on rencontrerait sur les bords de l’Oued Kaïder une succession de couches qui différerait peu de celle d’Aïn Malakoff. Aussi, en raison de la nécessité d’avoir de l’eau potable en toute saison dans la traversée de la plaine des Zahrez, sur la route de Laghouat, un sondage a été exécuté sur les bords de l’Oued Kaïder, et il a été suspendu le 14 avril 1864, à la pro-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- fondeur de 1 7 8m, /| 1, à cause de l’insurrection. 11 a rencontré les couches suivantes :
- NUMÉROS D’ORDRE. DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR des COUCHER PROFONDEUR (les coucnns. OBSERVATIONS.
- I Terre végétale i"’,oo im,oo
- 2 Sable, blanc quarlzeux 2 ,3o 3 ,3o
- 3 Marne argileuse 1 ,82 5 ,12
- 4 Sable gris en haut, jaune en bas 3*°° 8 ,12
- 5 Marne jaune 0 ,3o . 8 ,4 2
- 6 Sable mélange de petites veines de gra-
- viers 6 ,58 15 ,00 ilc nappe Ascendante a )5m.
- Niveau d'eau — A»7.
- 7 8 Mnrnn rrnp avrr potit*; miUmrv 16 ,10
- Sable gris assez gros dans le haut, petits
- graviers de calcaire et silex dans le
- bas 2 ,10 18 ,20
- «J Marne sablonneuse mélangée de calcaire
- en petites couches ou rognons 7 ,00 25 ,20
- l 0 Graviers calcaires 0 ,20 2 5 ,4o
- l l Marne sablonneuse mélangée de calcaire
- blanc en petites couches ou rognons. 2/1 ,3o 49 >70
- 1 2 Marne argileuse rougeâtre mélangée de
- petits cailloux de calcaire, de cpiartz
- et de silex O QO 121 ,5o
- 13 Conglomérat de calcaire très - dur de
- quartz et de silex 15 ,61 187 ,11
- 14 Marne d’un gris jaunâtre, sablonneuse
- dans le haut, rougeâtre, argileuse,
- mélangée de petits cailloux de cal-
- caire, de quartz et de silex dans le
- bas 5 ,4o 1/16 ,5o 2e nappe ascernl1* entre 146m,5o
- 15 Poudingue 16 ,3o 162 ,80 et iG3m,8o.
- Niveau d'eau — i5m,So.
- r6 Marne bleue très-grasse, avec calcaire.. 7 ,o5 169 ,85
- •7 Marne bleue très-dure et petits graviers. 8 ,56 178 ,4i
- Une première nappe, alimentée par les eaux d’infiltration superficielles, a été rencontrée dans le trou de sonde à 5m, 12 au-dessous du sol, dans la couche de sable gris n° 4* Puis le niveau s’est légèrement relevé, lorsque le sondage est parvenu à i5 mètres à la base de la couche de sable n° 6. A
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBf. 239
- partir de là il s’est maintenu, en moyenne, à 4m,75 au-dessous du sol, dans le puits de service et le trou de sonde. 11 est donc probable qu’on a rencontré à 2 5m, 2 0 une première nappe ascendante, la même peut-être qu’on a trouvée, dans le sondage d’Aïn Malabo (T, à 1 8 mètres de profondeur. Depuis le mois de mars jusqu’au mois de mai 1 864, la température de cette eau a augmenté de 16 à 17 degrés. La densité de l’eau était de 1.0067, ce qui correspond à un poids total de matières salines d’environ 5^,70 par kilogramme d’eau. On voit donc qu’elle est très-médiocre pour les divers usages domestiques.
- Lorsque la colonne de garantie de om, 1 9 de diamètre a été poussée au-dessous de 144 mètres au delà de la couche de marne n° 1 4, le niveau de l’eau a baissé considérablement dans le trou de sonde, et s’est maintenu, en définitive, à i5m,8o au-dessous du sol. Cette dénivellation est due probablement à la rencontre d’une nouvelle nappe ascendante dans la couche de poudingue n° i5.
- Si l’on compare les coupes des sondages d’Aïn Malakoff et de l’Oued Kaï-der, données pl. VIH, on voit que, jusqu’à la profondeur de 49m,70 pour l’Oued Kaïder, et celle de 43™,70 pour l’Aïn Malakoff, la succession des couches est à peu près la même de part et d’autre. A l’Aïn Malakoff, une épaisse assise de sables aquifères vient après une couche de marne de 2Ôm2 0 d’épaisseur ; à l’Oued Kaïder, après une couche de marne sablonneuse de a4n\3o d’épaisseur vient une grande couche de 7im,8o d’épaisseur, formée de marne rougeâtre mélangée de graviers, et qui est imperméable aux eaux. Elle recouvre, jusqu’au fond du sondage, une alternance de marnes et de conglomérats. 11 se peut que la grande couche de marne de 71“, 80 d’épaisseur ne soit qu’une manière d’être particulière des bancs de sables aquifères d’Aïn Malakoff. Dès lors la belle nappe jaillissante d’Aïn Malakoff n’existerait pas à l’Oued Kaïder.
- Nous avons groupé dans le tableau suivant les analyses des roches recueillies à diverses profondeurs dans le sondage de l’Oued Kaïder.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- | DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. SABLE blan châtre do 8°S 4 3 à i5m de profondeur.- SABLE grisâtre de 16 à iSm de profondeur. (») MARNE rougeâtre île i5m à i6m,io de profondeur. (3) MARNE blanchâtre cle 1 S"',ao à 25'",20 de profondeur. R) MARNE sablonneuse rougeâtre de 2ftm,4o â 12 im,5o de profondeur. (•r>) CALCAIRE argileux compacte et grisâtre, de iG5à 167"' de profondeur. (6;
- Sable quartzeux blanc 0.533o 0.39oo 0.0800 n 0.3100 0.014 0
- I Silice combinée 0.o83o 0.1120 0.4890 0.3G8o 0.31 4o |0.1080
- Argile < Alumine ( Eau combinée 0.00S0 0.0100 0.0347 0.0/12 6 0.0208 0.0/100 1 0.0200 S
- Ir , . , r ( Peroxyde de fer Hydrate de 1er. . ; * ( Eau combinée 0.0000 0.0070 o.o3io 0.02/10 O b OJ 00 0 0.0120
- 0.0008 0.0012 O.Oü52 0.oo4o 0.0006 0.0020
- „ ( Sulfate de cliaux Gypse ; ( Eau combinée. ...... en M OO 11 Traces. 0.oo58 n II
- 0.o3go 1/ Idem. 0.0011 U U
- Carbonate de chaux 0.1230 0.44oo 0.27/10 0.4997 0.263o 0 GO O
- Carbonate de magnésie 0.011 4 0.0114 0.0190 0.0151 0.01 14 0.0 2 4 2
- Carbonate de fer n a 0.0087 0.0002 11 0.0087
- Eau hygrométrique 0.0000 0.0220 0.o53o o.o33o 0.o33o 0.0180
- Total 0.9911 o.9936 0-9946 0.9985 0.9908 0.99/19
- Auteur De Maiugny.
- On voit que ces roches sont des mélanges en proportions variables de sable quartzeux, d’argile, d’hydrate de fer, de gypse et de calcaire. Les échantillons nos 1 à 5 ont beaucoup d’analogie avec ceux retirés du sondage de Chabou-niali, à 48 mètres de profondeur à partir du sol (voir page 4o8), et qui appartiennent au terrain quaternaire du haut Chélif. L’échantillon n° 6 est un calcaire argileux, compacte, grisâtre, dont nous ne connaissons pas l’analogue dans les terrains quaternaires du Sahara, et qui nous paraît devoir appartenir à un terrain plus ancien. Quant à la marne bleue très-grasse qui le renferme, elle est identique d’aspect à celle qui provient du sondage de Chabouniah, à la profondeur de 200 à 300 mètres, et qui renferme des fossiles pliocènes bien caractérisés. Aussi sommes-nous porté à penser que la partie inférieure du sondage de l’Oued Kaïder a pénétré dans le terrain pliocène que nous savons affleurer du reste autour du rocher de sel de Rang el-Melah. Les marnes pliocènes de Chabouniah n’ayant pas donné de l’eau jaillissante, bien quelles aient été traversées sur 007 mètres d’épaisseur, entre 78“, 18 et 38om, 18, il n’y aurait pas lieu de pousser aussi loin le sondage de l’Oued Kaïder. Si les travaux doivent continuer, nous serions simplement d’avis de traverser d’une
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU Z AUREZ RHARBI. 241
- manière complète la couche de marne bleue, avec petits graviers n° i 7, dans lacpielle le sondage a été arrêté, et de pénétrer de quelques mètres dans une couche de marne inférieure.
- 4° SONDAGE DE L’OUED KOURIRECH.
- Le sondage de l’Oued Kourirech a été exécuté au diamètre initial de o'",35 auprès du confluent de l’Oued Kourirech dans le Zahrez Rharbi. 11 est situé à 3o kilomètres O. S. O. du sondage d’Aïn Malakoff. D’après toutes les probabilités, on devait y rencontrer la belle nappe artésienne d’Aïn Malakoff à la profondeur d’environ 80 mètres; malheureusement nos prévisions ne se sont pas réalisées, bien que le sondage ait atteint 173111,25 de profondeur.
- Voici la série des couches traversées :
- NUMÉROS D’OnDUE. DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR des corcnEs. PROFONDEUR des COUCHES. OBSERVATIONS.
- I Terre végétale om,5o o'",5o
- 2 Sable jaune. I ,10 1 ,60
- 3 Marne rougeâtre gypseuse et sableuse. . 1 ,5o 3 ,10 Eau d’inültralion à an, 70 sous )e sol.
- 4 Sable blanc 2 ,60 5 ,70
- 5 Marne rougeâtre et cristaux de gypse. . . 20 ,3o 26 ,00
- 6 Sable blanc 1 ,00 27 ,00
- 7 Marne rougeâtre gypseuse très-dure . . . G ,17 33 ,17
- 8 9 Gypse rosâtre et grisâtre dans le haut, blanc, très-dur, dans le bas Marne grasse gypseuse et sablonneuse.. 27 -93 1 ,80 61 ,10 62 ,90
- 10 Gypse blanc très-dur 10 ,62 73 ,52
- 1 1 I 2 Marne grasse verdâtre et gypseuse dans le haut, brune très-grasse et chargée, de petits grains de gypse dans le bas. Gypse un peu argileux 9 >28 2 2 ,20 82 ,80 io5 ,00
- 13 a Marne rouge très-grasse avec petits cristaux de gypse Gypse blanc très-dur 4 ,80 9 >58 109 ,80 1 19 ,38
- 15 Marne grasse gypseuse 0,92 120 ,3o
- j 6 Gypse blanc mélangé de marne dans le haut, graveleux dans le bas. 8 ,91 129 ,21 iie nappe ascendante à j a8m,55. Niveau d’eau ~ im,34.
- J7 Marne rouge très-grasse 8 ,29 i37 ,5o Température de l’eau i5°,5o.
- 18 Gypse blanc mélangé de marne . 3 ,5o 14 1 ,00
- *9 Marne rouge grasse, gypseuse dans le haut, sableuse et graveleuse dans le bas. 1 1 ,3o 15 2 ,3o i,e nappe jaillissante à iôam,6o. Débit ko litres par minute.
- 20 Graviers et sables 5 ,5o 157 ,80 Température de l’eau 2 1 degrés.
- 2 1 Marne rougeâtre, graveleuse et sableuse. 1 5 ,45 173 ,25
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
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- La première eau d’infiltration superficielle a été trouvée dans le trou de sonde à 2n\70 sous le sol, dans la couche de marne sableuse n° 3. Sa température était de 1 7 degrés le 1 8 juin i863, celle de l’air extérieur étant de 38 degrés. Sa densité était de 1 . oo48 et correspondait approximativement à 4gl',8o de matières salines par kilogramme d’eau. C’est donc une eau de même nature que les eaux d’infiltration de l’Oued Kaïder et d’El-Mesran. Le niveau de l’eau dans le trou de sonde a oscillé entre 2m,70 et 2m,45, jusqu’à la profondeur de 1 2 8m,55. A partir de ce point, le niveau d’eau s’élève dans le trou de sonde de im,2 6, et se tient, en moyenne, à 1m,34 sous le sol, à la température de i5°,5o. On a donc rencontré ici une première nappe ascendante à la hase de la couche de gypse graveleux n° 16. Le niveau d’eau s’est relevé de nouveau quand le sondage est parvenu à 1 52m,3o, à la tête de la couche de graviers et de sables n° 20. 11 s’est, maintenu à om,8o sous le sol. On a lait une tranchée d’un mètre environ de profondeur pour donner écoulement à l’eau jaillissante, dont le débit a été de 4o litres par minute à la température de 2 1 degrés. Cette eau était douce et bonne à boire.
- Le sondage a été interrompu brusquement, le i4 avril 18647 à cause de l’insurrection qui a éclaté en 1 864- A la fin de décembre 1866, M. le maître sondeur Saury a retiré les outils de sondage qui avaient été laissés dans le trou de sonde au moment de l’insurrection; et, après avoir nettoyé le fond du trou de l’argile rougeâtre qui l’obstruait, il a porté le débit de 9ht,6o par minute à 37 litres. La température de l’eau jaillissante, qui était de 21 degrés au moment de la cessation des travaux, le 1 4 avril 186/1, était de 2 4°,5o le 26 décembre 1866. Cette dernière température est plus en harmonie que la première avec la profondeur d’où jaillissent les eaux, car, le 26 novembre 1866, M. Saury a trouvé 2i°,5o pour la température de l’eau jaillissante d’Aïn Malakoff venant de la profondeur de 8im,20. Il est probable que la première température de 2 1 degrés, observée pour l’eau jaillissante de l’Oued Kourirech, le i4 avril 1864, vient de ce que cette eau, en raison de son faible débit, avait été notablement refroidie dans son parcours à travers les tubes de retenue en tôle ; à la longue, ces derniers se sont échauffés par le passage de l’eau, qui, en définitive, présente aujourd’hui une température de a4°,5o au niveau du sol.
- L’eau du sondage de l’Oued Kourirech, recueillie en mai 1866, a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 70.)
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBI. 243
- Chlorures................................................ ig\4762
- Sulfates................................................. 1 ,3791
- Carbonates............................................... o ,i566
- Peroxyde de fer, silice.................................. o ,0280
- Total des sels par kilogramTne d’eau.........8 ,0399
- Auteur : De Marigny.
- L’eau du sondage de Kourirech, quoique laissant à désirer au point de vue de la qualité pour les divers usages de l’économie domestique, est cependant meilleure que celle d’Aïn Vlalakoff, qui renferme 4gr, 1 465 de matières salines par kilogramme d’eau (en décembre 1862). Elle établit le passage entre cette dernière et celle de Mocta Djedean, située dans l’intérieur du Zahrez Rharbi, près de son extrémité orientale, et qui renfermait 2&v,20i8 de matières salines par kilogramme d’eau, le 22 mai 1 858.
- Voici l’analyse de deux échantillons de roches recueillies dans le sondage de l’Oued Kourirech.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. GYPSE A 11 G I L E 11 X recueilli ù 90 mètres de profondeur. (0 GYPSE ARGILEUX recueilli à io3 mètres de profondeur. (»)
- Chlorures Traces. ff
- ( Sulfate de chaux ogr,52oo ogr,4 153
- Cypse < Sulfate de magnésie // 0 ,0266
- ( Eau combinée 0 0 0 ,1012
- 1 Silice combinée 0,1/120 0 ,1800
- Argile } Alumine 0 ,0470 0 ,0600
- ( Eau combinée 0,0160 0 ,0100
- Sable qnartzenx u 0 >o5oo
- Hydrate de fer. . j Peroxyde de fer. . 0,0070 0 ,o36o
- ( Eau combinée 0,0012 0 ,0060
- Carbonate de chaux »... , 0 ,0 6 2 6 0 ,o4oo
- Carbonate de magnésie 0 ,0757 0 ,o4oo
- Eau hygrométrique , 0 ,0100 0 ,o320
- Total 0 ,9924 0 .997'
- Auteur De Marigny.
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- 244 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Ce sont des gypses souillés de sables, d’argile, d’hydrate de fer et de calcaire magnésien. Ce dernier est remarquable en ce qu’il renferme plus de magnésie que les dolomies ordinaires.
- Si l’on compare les coupes des sondages de l’Oued Kourirech, d’Aïn Mala-kolf et de l’Oued Kaïder, données planche VIII, on reconnaît que la succession des couches de l’Oued Kourirech, depuis la profondeur de 33m, 17 jusqu’au sol, est presque entièrement semblable à celle d’Aïn Malakolf, entre 43m,70 et le sol, et à celle de l’Oued Kaïder, entre 49“\70 et le sol. Dans les trois sondages, il y a une grande couche de marne de 25 à 32 mètres d’épaisseur, au-dessus de laquelle il y a quelques alternances de couches minces de sables et de marnes. Les différences deviennent, au contraire, très-notables au-dessous de la grande couche de marne qui sert de terme de comparaison.
- .V Kourirech, il y a une succession de couches de marnes gypseuses et graveleuses et de gypses parfois purs et d’autres fois marneux et graveleux. Cela rappelle les coupes de plusieurs des sondages de l’Oued Rhir en plein terrain quaternaire.
- A Aïn Malakoff, on n’a trouvé que des sables graveleux sur 37 mètres d’épaisseur.
- A l’Oued Kaïder, on remarque une grande couche de marne graveleuse de 7 im,8o d’épaisseur, sous laquelle vient une succession de couches de conglomérats et de marnes graveleuses. Si ces trois systèmes de couches appartiennent à la même formation géologique et déterminent un même horizon stratigraphique, on voit que le caractère minéralogique des roches diffère très-notablement d’un sondage à l’autre pour une même couche, et c’est alors ce qui rend compte de la grande différence existant entre le régime des eaux souterraines de ces trois sondages.
- Quoi qu’il en soit, la coupe du sondage de Kourirech montre que le terrain est ici favorablement disposé pour donner des eaux jaillissantes, et qu’en allant plus profondément on aurait des chances de trouver une nappe plus abondante que celle à laquelle on s’est arrêté.
- Les trois sondages d’El-Mesran, d’Aïn Malakoff et de l’Oued Kaïder (partie supérieure) peuvent être considérés comme appartenant à la même cuvette artésienne.
- La partie inférieure du sondage de l’Oued Kaïder nous paraît appartenir
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBL 245
- à une cuvette différente, parce que les roches semblent plutôt être tertiaires que quaternaires. On est donc dans l’inconnu au point de vue des chances d’y trouver de l’eau jaillissante, parce qu’on ne sait pas quelles sont, sous l’aplomb de l’Oued Kaïder, les allures des couches tertiaires.
- Le sondage de l’Oued Kourirech présente, dans sa partie inférieure, un régime des eaux souterraines et une succession des couches qui diffèrent de ceux du sondage d’Aïn Malakoff. Cela permet de croire qu’il appartient à une cuvette artésienne différente des précédentes. On retrouverait ainsi dans le bassin du Zabrez Pdiarbi cette indépendance de cuvettes artésiennes que nous avons signalée dans le Hodna et le Sahara oriental. 11 est probable que le bassin de l’Oued Hadjia correspond aussi aune autre cuvette artésienne, car l’eau de la source jaillissante naturelle d’Hamia Chergui diffère beaucoup, par sa composition chimique, de l’eau jaillissante d’Aïn Malakoff et de l’eau de la source jaillissante naturelle d’Hamia Pdiarbi.
- Un sondage a été exécuté dans la province d’Oran au lieu dit Mou el-Gue-touta, à 120 kilomètres S. 0. du sondage d’El-Mesran, au milieu de la vaste plaine quaternaire comprise entre l’Oued Sakeni et l’Oued Sebgague, affluents du haut Chélif. Il a traversé d’abord un manteau quaternaire d’environ 5o mètres d’épaisseur, et a pénétré ensuite dans le terrain crétacé, composé de couches de marnes alternant avec quelques bancs minces de grès. D’après les indications que nous devons à l’obligeance de M. Pomel, les couches crétacées se relèvent au N. 0. sur les flancs du Djebel Nador, et au S. E. sur les flancs du Djebel Amour, de manière à fournir une vaste cuvette très-propre à l’existence de nappes souterraines jaillissantes. Malheureusement, bien que le sondage ait atteint î 5o mètres de profondeur, il n’a pas encore donné d’eau jaillissante. L’insurrection qui a éclaté dans le Sahara en 1864 a forcé de suspendre subitement les travaux, qui n’ont pu encore être repris.
- Le sondage de Mou el-Guetouta montre, au reste, que le terrain tertiaire qui existe dans les bassins du Hodna et des Zahrez manque sur le prolongement occidental de l’ondulation générale qui contient ces diverses cuvettes.
- Sondage
- le Mou cl-GuelonU dans les stoppes de
- ia province d'Oran,
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA
- Etude géologique.
- Rocher de sel du Djebel Sahari.
- CHAPITRE XI.
- ZONE CENTRALE DE LA RÉGION DES STEPPES,
- TERRAINS ÉRUPTIFS OU METAMORPHIQUES DU BASSIN DES ZAHREZ.
- Le bassin des Zahrez renferme deux gîtes très-remarquables de sel gemme, que nous considérons comme le résultat d’une éruption boueuse et gypso-saline, et sur lesquels nous allons donner quelques détails, afin de compléter ce qui nous reste à dire sur la région des steppes.
- Le rocher de sel gemme du Djebel Sahari (Khaneg el-Melah, et par corruption Rang el-Melah) est situé à l’entrée de la chaîne secondaire du Djebel Sahari, sur la rive droite de l’Oued Melah, à 25 kilomètres nord du poste militaire de Djelfa. Il est très-remarquable par les dentelures qu’il présente au voyageur arrivant par le nord. Ces dentelures différencient la montagne de sel des crêtes qui s’étendent à l’est et à l’ouest et qui sont légèrement ondulées. Aussi l’on est porté tout d’abord à considérer le petit massif du rocher de sel comme le résultat d’un soulèvement particulier, et une étude plus approfondie des lieux conduit ensuite à la même conclusion. Les premières roches qu’on rencontre, en abordant, par la route d’Alger àLaghouat, le pied de cette chaîne, sont formées par un poudingue très-dur, composé de débris de quartzite gris clair à l’intérieur, brun à la surface, de schiste satiné verdâtre, de calcaire bleu. Tous ces débris proviennent des terrains secondaires, et le poudingue lui-même appartient à la craie chloritée. 11 est associé à des marnes schisteuses, dans lequelles M. Renou a été assez heureux pour trouver les fossiles suivants :
- Ammonites Fourneli. — Deshayes.
- Relemnites Semicanaliculatus. — Idem.
- Hemiaster Fourneli. — Idem.
- Ce poudingue, dont les couches plongent fortement au nord, forme, aux
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU RASSIN DES ZAHREZ.
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- yeux de l’observateur, un écran qui cache le gite de sel proprement dit. Ce gîte occupe une surface à peu près circulaire de 4 à 5oo mètres de diamètre et de 4o à 5o mètres de hauteur au-dessus du niveau de l’Oued Melah. 11 est vraiment très-curieux à voir, et l’on a peine, au premier aspect, à se rendre bien compte de sa véritable manière d’être. La présence du sel est signalée par un ruisseau traversé par la route, et dont les eaux salées se déversent dans l’Oued Melah, en coulant de l’est à l’ouest. Si l’on remonte ce ruisseau, on arrive, après un parcours irrégulier d’environ 200 mètres, au cœur même de la masse saline. A la partie supérieure de son cours, ce ruisseau est encaissé dans des berges à pic de 3 à 4 mètres de hauteur et de 2 à 3 mètres de largeur, composées d’un magma argileux de couleur variable (violacée, jaunâtre, rougeâtre), et contenant des débris à angles vifs d’une roche assez dure à l’extérieur, compacte, présentant les diverses teintes de violet, bleu, vert. Un simple examen physique fait sur place peut faire supposer que ces débris ont été arrachés à une couche calcaire et ont été colorés par quelque oxyde métallique; mais l’étude chimique de ces échantillons vient contredire cette manière de voir et prouve que ce sont des combinaisons en proportions diverses de silicate d’alumine et de silicate de protoxyde de fer., de magnésie et de chaux.
- Nous reviendrons plus tard sur les analyses de ces roches.
- Le bouillon de la source salée (source n° 1) se trouve sous la masse de sel gemme, dans une légère dépression du sol. Son débit était d’un demi-litre environ par seconde le icr novembre i855. Il varie beaucoup selon l’abondance des eaux pluviales. C’est indiqué par les sables fins et les dépôts de sel qui couvrent son lit. L’évaporation spontanée produit sur ses bords des croûtes dont l’épaisseur peut s’élever à 5 centimètres. L’eau que nous avons recueillie renfermait 269^,200 de chlorure de sodium par kilogramme. Au-dessus de la source, le sel gemme présente des escarpements à ciel ouvert, dont la hauteur s’élève jusqu’à i5 mètres. Il n’est pas régulièrement stratifié. 11 constitue une masse informe, à surface supérieure irrégulière, recouverte par un magma argilo-gypseux de 1 5 mètres environ d’épaisseur. Ce dernier est sans stratification apparente, et présente un relief extérieur également fort irrégulier. Cette masse de sel et d’argile est déchiquetée comme, à plaisir. De tous côtés, des pointes argileuses s’élèvent vers le ciel; si l’on se hasarde sur les contre-forts qui relient ces aiguilles les unes aux autres, la course devient
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- assez périlleuse, surtout quand le terrain a été rendu glissant par la pluie. Outre les déchirures et les ravinements produits par les agents atmosphériques, il y a dans toute cette masse des entonnoirs de forme conique renversée et des cavités plus ou moins irrégulières qui menacent, à chaque instant, d’engloutir l’explorateur trop imprudent. On prétend que plusieurs soldats ont trouvé la mort dans ces vides souterrains, dont la profondeur est inconnue. Les entonnoirs en forme de cône renversé proviennent de l’é-boulement des parties en surplomb, quand il s’est produit au-dessous de vastes cavités, par suite de la dissolution que les eaux souterraines exercent sur le sel gemme; plusieurs d’entre eux sont remplis d’eau salée; d’autres sont à sec et ont de 8 à 1 o mètres de creux. Ces effondrements en entonnoir déterminent en même temps des fractures irrégulières, qui s’étendent à des distances et des profondeurs plus ou moins considérables, et qui sont ensuite agrandies par l’action dissolvante que des eaux de pluie exercent sur les parois de ces fractures. Celles-ci sont recouvertes souvent de belles stalactites de sel blanc et d’une grande pureté chimique.
- Le sel en roche n’est pas toujours très-pur; il est gris généralement et souillé par de petits nodules de roche argileuse. On y remarque une série de zones parallèles en zigzag nuancées de diverses teintes.
- A l’origine de la source n° 1, se trouve une espèce de cirque (a), fig. 98, p. 2 5/|, dont les eaux superficielles se déversent dans l’Oued Melah par le cours de la source salée n° 1. Ce cirque est d’un accès assez difficile, à cause de l’encaissement de la partie supérieure du lit de la source. Tout à côté et au sud, se trouve un deuxième cirque (6) beaucoup plus vaste que le premier, et dont l’accès est très-facile. Il est de forme circulaire et présente, à sa base, un diamètre de 100 mètres de longueur. Les eaux salées qui s’en échappent viennent se réunir à celles de la source n° 1, à la partie inférieure du cours de cette dernière, ainsi que l’indique la figure 98. Ce cirque n’est pas à fond plat; de tous côtés se dressent des aiguilles de sel gemme qui se réunissent par la base et qui ont des hauteurs variables de 4 à 8 mètres. Sur les bords de l’entonnoir, le sel se montre à découvert sur une hauteur verticale qui s’élève de 3o à 4o mètres. 11 n’y a ici qu’une très-petite épaisseur de magma argileux au-dessus de la masse de sel gemme, qui peut être exploitée à ciel ouvert avec la plus grande facilité. Les parois qui limitent le fond de l’entonnoir s’élèvent par ime pente très-roide jusqu’au point culminant du
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU BASSIN DES ZAHREZ.
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- rocher cle sel. En ce point, le sel gemme est recouvert par une calotte de roches stratifiées de 3 à 4 mètres d’épaisseur. 11 ne nous a pas été possible d’arriver jusqu’à cette calotte; mais, en examinant les blocs qui en provenaient et qui avaient roulé sur les parois de l’entonnoir, nous avons reconnu qu’ils sont formés presque entièrement de gypse blanc ou rouge régulièrement stratifié. Dans certains échantillons, des bandes de gypse alternent avec des bandes de calcaire gris compacte, identique d’aspect à celui qu’on trouve dans les terrains secondaires. De même que clans le cirque (a), on reconnaît dans le cirque (b) que le sel n’est pas régulièrement stratifié. Il présente également des zones parallèles de 3 à 4 millimètres de large, nuancées de teintes légèrement differentes, et qu’on peut prendre, au premier abord, pour des couches. Ce sel contient, à la surface, de nombreux petits débris de roche violette, verte, rouge; mais, à l’intérieur, il est plus pur; sa couleur est tantôt grise, tantôt verte, et rarement blanche.
- A l’ouest de l’entonnoir ou cirque (à), se trouve un troisième cirque (c) à fond plat, de 5o mètres de diamètre, traversé par une source salée débitant un cpiart de litre environ par seconde. La source jaillit du milieu du sel gemme, qui est ici recouvert presque partout par le magma gypseux; elle va se jeter dans le lit de la source n° i.
- Cette source reçoit sur sa rive gauche une autre source salée (d), qui est lortement encaissée entre des débris du terrain crétacé formant deux collines allongées, du sud au nord. La petite vallée qui en résulte a îoo mètres environ de longueur. Les débris crétacés se composent principalement de calcaire zoné subcristallin, de plusieurs mètres cubes de volume, ayant une couleur café au lait clair. Dans le lit même du ravin, les blocs qui sont lavés par les eaux salées ont une teinte extérieure d’un vert clair, qui est due certainement à l’action de ces eaux. On ne voit pas de sel gemme au point d’émergence de la source salée (d).
- La réunion de toutes les sources salées sortant des entonnoirs a, b, c, d, produit le ruisseau salé qui traverse la route de Laghouat. Au point de passage, il ne coulait pas d’eau le ier novembre i 855; à cause de la nature argilo-sableuse du lit, presque toute l’eau saline était absorbée et ne pouvait arriver dans le lit de l’Oued Melah que par des infdtrations souterraines. A la surface du lit, on remarquait de nombreuses traînées noires de fer oligiste en paillettes micacées provenant du lavage des détritus de la masse argilo-gypseuse.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Jt y j deux terrains d’âge différent qui se relèvent an tour
- du rocher de sel.
- Une cinquième source salée (e) s’échappe du bord méridional clu rocher de sel et va se jeter dans l’Oued Melah, en coulant à peu près du nord au sud; elle émerge au pied d’un escarpement de sel gemme de 8 mètres de haut sur 20 mètres de large. Les observations faites sur le rocher de sel aux extrémités d’un même diamètre montrent que le sel gemme existe probablement d’une manière continue à la base du gîte, et que, s’il ne se montre pas partout, c’est parce qu’il est caché par le magma argilo-gypseux.
- La source n° 5 débite,,au bouillon, un tiers de litre au plus par seconde. Sa température était de i8°,5o, celle de l’air extérieur étant de 9 degrés, le icr novembre i855, vers finit heures du matin. La température des autres sources salées est aussi d’environ i8°,5o. Nous nous sommes contenté d’y plonger la main pour constater leur faible degré de chaleur. Au sortir du bouillon, la source n° -5 traverse une espèce de cirque à fond plat de 5o mètres environ de diamètre.
- Une sixième source, partie d’un autre point de la circonférence du cirque du côté N. E., vient se réunir à la cinquième; elle débite un quart de litre environ par seconde; elle présente une origine très-remarquable; elle sort d’un entonnoir particulier de 8 mètres de diamètre, et dont le fond est rempli d’eau salée sur plusieurs mètres de hauteur. Cet entonnoir est placé dans le sel gemme lui-même,- de telle sorte- que l’action dissolvante des eaux doit tendre à augmenter incessamment sa profondeur.
- Si l’on examine avec soin les couches stratifiées qui entourent le gîte de sel gemme, on reconnaît bientôt qu’il y a deux terrains d’âge différent. Nous n’avons pas trouvé de fossiles nous-mème dans ces terrains; mais il est facile de les distinguer l’un de l’autre par les différences bien tranchées de leurs caractères minéralogiques. Le terrain supérieur règne à peu près d’une manière continue à l’est, au sud et à l’ouest du pourtour d’un gîte. On a vu plus haut, page 1 88 , que c’est un dépôt tertiaire probablement de la période pliocène. Vers le N. E. les couches tertiaires se redressent contre la marne salifère et sont horizontales à une faible distance. Au S. O., le long de la rive droite de l’Oued Melah, qui vient baigner le pied du rocher de sel, les couches tertiaires sont redressées presque verticalement contre la masse saline, et plongent cependant aussi au N. E. ainsi que l’indique la figure ci-après.
- Au S. E., dans le cirque (e), les couches tertiaires se relèvent contre le bord extérieur de la masse salifère, et un arrachement a déterminé dans ces
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU BASSIN DES ZAHREZ.
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- couches la formation du cirque [e). Le sommet [a] de la crête tertiaire s’élève à 8 ou io mètres au-dessus du fond du cirque, dans lequel on remarque les affleurements parallèles des couches de grès et de poudingues. Ces couches sont dirigées N. î 15° E. m. et plongent au S. 2 5° O. m. sous un angle qui se rapproche d’autant plus de la verticale qu’on est plus voisin du gîte de sel. Au contact de ce dernier, les couches tertiaires plongent même un peu au N. E., par suite d’une inflexion verticale. La stratification qui en résulte semble avoir été communiquée à la zone de contact du magma gypso-salifère sur 3 à 4 mètres de large; mais au delà toute stratification cesse sur ce magma.
- Le terrain secondaire se montre, au jour, en contact immédiat avec la roche salifère, sur le côté nord du pourtour de cette dernière. 11 commence à la partie inférieure par le conglomérat formé de débris de roches secondaires, et dont on a déjà parlé au commencement de cet article. Les couches de ce poudingue sont relevées par la masse de sel gjemme, ainsi que l’indique la figure ci-dessous.
- Elles supportent, en stratification concordante, des couches de quartzites très-durs, d’un gris clair au dedans, bruns au dehors, ayant chacune de i à 2 mètres de puissance. Sur le prolongement du rideau que ces poudingues
- 32 .
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Filets
- • le pyrite de euivi dans
- les marnes crélacei (pii encaissent le rocher de sel.
- Le
- terrain quaternai entoure la hase du
- rocher de sel.
- déploient à la surface de la masse salifère, on observe des assises prescpie verticales de calcaire gris bleuâtre, très-compacte, avec bancs de marnes schisteuses et de quartzite intercalés. Ces roches ont le faciès des roches crétacées de la Gbilfa.
- Nous avons indiqué, page 2 4b, les fossiles trouvés au rocher par M. Renou, et qui indiquent que les marnes secondaires encaissantes appartiennent à la craie chloritée. Tout près du contact du magma salifère, nous avons observé dans les marnes crétacées un filet de pyrite de cuivre de 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Ces marnes sont elles-mêmes recouvertes de tacbes vertes de carbonate de cuivre. Ces indices cuprifères paraissent n’avoir aucune suite en profondeur. Le gardien du poste du rocher de sel y a exécuté quelques fouilles, qu’il a abandonnées à cause du peu d’importance du gîte.
- Au milieu du magma gypso-salifère, on remarque aussi des enclaves de calcaire secondaire noir, en couches régulières et presque verticales, telles que a, fig. 96.
- T. crétacé.
- Fig. 96.
- Ce sont des coins qui n’ont aucun rapport de stratification avec le magma gypso-salifère, que l’on sait n’être point stratifié.
- Le terrain quaternaire formé d’une carapace calcaire jaunâtre constitue une troisième enveloppe autour du rocher de sel. A l’est, il recouvre le terrain tertiaire et remplit un col assez large dont les eaux se déversent, au nord, dans le bassin des Zahrez, et, au sud, dans l’Oued Melah. Au nord, il remplit également le fond d’un ravin qui sépare le terrain secondaire, servant de manteau au rocher de sel, d’un mamelon tertiaire allongé de l’est à l’ouest. Un petit affleurement de magma argilo-gypseux se trouve sur la rive gauche de ce ravin, entre les terrains tertiaire et secondaire. Le terrain quaternaire ne présente pas de trace apparente d’un dérangement violent comme les terrains secondaire et tertiaire. En l’étudiant dans la vallée de l’Oued Melah, on reconnaît qu’il renferme de nombreux débris du gîte salifère, tels que paillettes de fer oligiste micacé, cristaux de gypse, roches vertes, violettes,
- t
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU BASSIN DES Z AH RE Z.
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- jaunâtres. Aussi paraît-il probable que ce terrain quaternaire est postérieur à l’apparition de la masse gypso-saline.
- Une coupe complète, menée du N. E. m. au S. 0. m. à travers la masse saline, donnerait la figure ci-dessous.
- S. 65° 0.
- Terrain quaternaire.
- Terr. d’alluvions.
- Elle indique la disposition des trois terrains stratifiés par rapport à la masse gypso-salifère. Si l’on rapproche tous les faits énumérés dans cet article, savoir : le relèvement très-brusque des couches tertiaires et crétacées qui entourent le rocher de sel; les coins de terrain secondaire enclavés sur différents points de ce rocher et présentant des couches tantôt horizontales, tantôt verticales; le défaut général de stratification dans la masse argilo-salifère; le manque absolu de liaison entre cette masse et les couches stratifiées de divers âges qui l’enveloppent d’un double manteau; la différence frappante qui existe entre le relief extérieur de ces roches stratifiées et le relief extérieur du rocher de sel; la constitution intime de la masse argilo-salifère, qui comprend, i° à la partie inférieure un amas considérable de sel gemme sans aucune stratification, terminé en dessus par une surface très-irrégulière, 2° à la partie supérieure un amas considérable d’argile gypseuse également sans stratification apparente, contenant des débris à angles vifs d’une roche silicatée, diversement colorée; la présence au milieu du magma argileux, i° de fer oligiste en paillettes micacées, 2° de cristaux plus ou moins agglomérés de gypse hydraté; la transformation en gypse hydraté de fragments de couches de cal-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- caire secondaire englobés à la surface du magma argileux; enfin, l’existence de ces débris de roches silicatées que l’on retrouve dans la .plupart des gîtes de plâtre et de dolomie associés à des roches éruptives, telles que diorites, dolérites, gneiss, basaltes, roches silicatées que l’on doit considérer dès lors comme des roches éruptives; tous ces faits donnent lieu de penser que le gîte du rocher de sel est le résultat d’une éruption boueuse et saline qui s’est opérée à travers les assises superposées des terrains crétacé inférieur et tertiaire. Cette éruption s’est produite sur la zone de contact de ces deux terrains, ainsi que cela arrive fréquemment pour les gîtes de plâtre d’origine métamorphique.
- Terrain pliocène.
- y' /
- gemme. ^
- La figure ci-dessus indique d’une manière approximative la disposition respective des divers terrains autour du rocher de seb
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- Tableau A.
- SELS DIVERS PAR KILOGRAMME D’EAU
- j NOUS li 1 K II 11 ST A N 0 IIS. Euu île nier. Eau du lac d’Arzeu , recueillie le 28 janvier iS4S, après la dissolution complète du sel déposé en été. Eau du grand Sebkha d’Oran, prise à la hauteur du camp du Figuier, recueillie le 3o décembre i848. 3 Eau du Zahrejs Rharbi, recueillie le 6 novembre 1 355 , après une série de beaux jours, le bord S. 0. du lac. U Eau du Zahrcz Illiarbi , recueillie le 3 décembre i855 , après plusieurs jours de pluie , le bord N. E. du lac. Eau du Zahrcz Chergui, recueillie le 7 novembre i855 > de beaux jours, le bord sud du lac. (i Eau de lu source salée (a), recueillie le itir novembre i855 , le flanc N. 0. du rocher de sel du Djebel Sahari. Eau de la source salie (c), recueillie le 1er novembre i855 , le flanc sud du rocher de sel du Djebel Sahari. 8 Eau de l’Oued Mêlait, recueillie le 2 novembre 18 55, A 5oo mètres en aval du rocher de sel du Djebel Sahari. 9 Eau de l’Oued Melah, recueillie le 2 novembre i355, à 5oo mètres en amont du rocher de sel du Djebel Sahari.
- Cliloruro do sodium Cli Na do potassium Cli K . do magndsium ChMg do calcium ChCa - de fer Cli3 Fe2 Chlorures Bromure do magnésium Sulfate de soude S03NaO do magnésio SO3 Mg 0 do chaux SO3 Ca 0 Sulfates Carbonate de magnésie C02MgO de chaux C02CaO Peroxyde île fer Fc2 O3 . Silice gélatineuse libre Résidu insoluhlo dans l’eau distillée apres évaporation à sec do l'eau analysée Matière organique Total oes sels Densité Autours.. a7sr,oooo o ,0700 3 ,6000 i73sr,6û37 8 ,8585 i ,8643 Traces. g8E1', 183o 5 ,3o4o 2435r,ooo Traces. 8 ,865 Traces. iÔ75r,i43 Traces. 1 ,807 237er,74o 10 ,44o 2Ô9er,200 O ,971 a53sr,ooo 1 ,670 iEr,5o78 oBr,36oi 0 ,0296
- 3o ,6700 184 ,3765 io3 ,4870 201 ,gi5 i58 ,900 248 ,180 260 ,171 254 ,670 1 ,5078 0 ,3897
- 0 .0200 a ,3ooo 1 ,4ooo 0 ,ai3o 4 ,8i5o Traces. 5 ,2090 5 ,o56o i/i ,886 i ,940 3 ,181 1 ,326 9 » 13o 4 >i3o O ,496 4 ,352 0 ,280 4 ,600 0 ,2537 0 ,4674 0 ,0765 0 ,3448 0 ,6078
- 3 ,7000 5 ,0280 10 ,a65o i6 ,826 4 ,607 i3 ,260 4 ,848 4 ,880 1 ,2976 1 ,0026
- 0 ,oo3o Traces. Traces. Traces. Traces. Tra ccs. Traces. Traces. Traces. 0 ,o3y 0 ,002 0 ,oa3 Traces. Traces. Traces. Traces. 0 ,o3o y compris . la silice. | 0 ,o3o O ,026 O ,008 0 ,010 0 ,0106 0 ,i54o 0 ,oo3o 0 ,0207 0 ,1280 0 ,oo4o 0 ,oo4o
- 0 ,oo3o Traces. Traces. Tr^es. 0 ,062 Traces. 0 ,060 0 ,o44 0 ,1676 0 ,1617
- - Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- 34 ,3730 189 ,4o45 n3 ,7620 268 ,741 163 ,619 261 ,44o 260 ,079 259 ,5g4 2 ,973o 1 ,554o
- - 1 ,i5i 1 ,0904 1 ,2147 1 ,I23o 1 ,2066 1 ,3057 1 ,ig4 « •
- Chimie deREGNAULT. Ville. Ville. Ville. Ville. Ville. Ville. De Marigny. Ville. De Marigny.
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- Tableau B. — rapports des poids de tous les sels au poids du chlorure de sodium pris pour unité.
- NOMS DES SUBSTANCES. Eau de mer. Eau du lac d’Arzeu, recueillie le 28 janvier j848, apres la dissolution complète du sel dépose en été. 2 Eau du grand Sebkhad’Oran, prise A la hauteur du camp du Figuier, recueillie le 3o décembre i848. ' 3 Eau du Zahrez Rharbi, recueillie le 6 novembre i855 , après une série de beaux jours le bor(L«6. 0. du lac. 4 Eau du Zahrez Uharbi, recueillie le 3 décembra 1855 , après plusieurs jours de pluie, le bord N. E. du lac. 5 Eau du Zahrez GUergui, recueillie le 7 novembre i855 , après une série de beaux jours, le bord sud 6 Eau de la source salée (a) , recueillie le ier novembre 1855 , le flanc N. 0. du rocher de sel du Djebel Sahari. 7 Eau de la source salée (e), recueillie le Ier novembre i855 , le flanc sud du rocher de sel du Djebel Sahari. 8 Eau de l’Oued Melah , recueillie 1q 2 novembre 1855, à 5oo mètres en aval du rocher de sel du Djebel Sahari. 9 "SËËSSSË-Ëssm Eau de l’Oued Melah, recueillie le 2 novembre i855, Â 5oo mètres en amont du rocher de sel du Djebel Sahari.
- Chlorure de sodium 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 1,000
- de potassium 0,0026 ' » - » * » fa »
- de magnésium o,i333 0,001 o,o54 o,o36 0,011 o,o44 0,004 0,0066 0,082
- de calcium * 0,011 » » . » » "
- de for * » * ' » « -
- Bromure de magnésium 0,0007 » » " " » » " «
- Sulfate do soude * » " * « » » » 0,168 "
- do magnésie 0,0862 0,001 o,o53 0,06l 0,020 o,o38 0,002 0,001 1 o,3io 0,938
- de chaux Carbon ato de chaux do magnésie o,o5i9 0,0001 0,028 " / o,o5i 0,007 " 1 0,008 1 i 0,017 ! 1 0,017 0,0181 0,382 1,826
- Peroxyde de fer Phosphates terreux Silice gélatineuse libre • „ „ 1 > o,ooo4 < 1 1 1 • 1 ^ 0,003 0,0002 0,11 1 0,449
- Total des sels 1,2738 1,091 1,138 1,1 o4 i,o3g4 1.099 1 ,020 1,0260 >.97l 4.3i5
- Auteurs Chimie deREGNADLT. Ville. Ville. Ville. Ville. Ville. Ville. De Maiugky. , Ville. Dg Mabignt.
- 25G EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
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- Tableau C
- ANALYSES DE SELS MARINS
- ' ' NOMS DES SÜBSTANCES. Sel blanc provenant de la saline d’Arzeu , recueilli sous une nappe d’eau salée. Sel blanc cristallisé provenant du Zflhrez Rharbi, recueilli une nappe d’eau salée. Sel blanc cristallisé provenant du Zahrcz Chergui, recueilli une nappe d’eau salée. i3 Sel gemme grisâtre provenant du rocher de sel du Djebel Sahari. i4 Sel gemme blanc grisâtre provenant du rocher de sel du Djebel Sahari. 15 Sel gemme blanc provenant du rocher de sel du Djebel Sahari. 16 Stalactite blanche de sel gemme provenant du 1 rocher de sel du Djebel Sahari. ! 17 Dépôt salin blanc de la source .,aIOc (a), émergeant du liane N. 0. du rocher de sel du Djebel Sahari. 18 Sel gemme blanc avec cristaux de sel jaunâtre du rocher de sel d’Aïn Iladjera. 19
- Chlorure de sodium. oBr,g3oo oBr,98/12 oBr,g873 0^,9170 oEr,9073 oBr,g834 1 oBr,g8o6 oBr,97.35 0^,9711
- • de magnc'sium o ,oo84 0 ,0009 0 ,0011 0 ,ooi3 0 ,0009 0 ,ooo5 0 ,0010 Tra ces. 0 ,0006
- de minium o ,0118 » » « 0 ,0019 " » ; » "
- de fer Traces. * ” ' - " " " “
- Chlorurés 0 ,9502 0 g85i O ,9884 O ,9l83 0 ,9601 O ,9839 0 ,9816 0 ,9735 0 >97>7
- Sulfate de magnésie O ,0010 0 ,0000 0 ,000a 0 ,0016 » 0 ,ooo3 a Traces. * ,
- _____ de chaux . ; O ,0096 0 ,oo44 0 .oo48 0 ,0231 0 ,0106 0 ,0060 O ,Ol/l2 0 ,0167 0 ,0087
- Sulfates 0 ,0106 0 ,oo49 0 ,oo5o 0 ,0247 0 ,0106 0 ,oo63 0 ,01 4 2 0 ,0167 0 ,0087
- Carbonate de magnésie y
- rlfi chaux » [ 0 oo3i 0 0 0 0 0 ,o54i 0 ,oa49 O ,0120 0 ,ooo4 0 ,0018 0 ,0160
- Peroxyde de fer "
- Sable et argile ;... "
- Eau combinée * 0 ,0010 0 ,0010 0 ,oo55 0 ,0020 O ,00X0 0 ,oo3o 0 ,oo3o 0 ,0020
- E?u hygrométrique.. . . . O ,0392 0 ,0060 b ,oo5o 0 ,0010 0 ,oo5o 0 ,oo3o 0 ,oo3o 0 ,oo4o O ,0023
- Total 1 ,0000 î ,0001 1 ,oo34 1 ,oo36 1 ,0026 1 ,0062 1 ,0022 0 )999° 1 ,0012
- Ville. Simon. (. Simon. Ville. Simon. Simon. Simon. Simon. Simon.
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- ABLËAU 1). -- ANALYSES DE DIVERSES ROCHES APPARTENANT AU ROCHER DE SEL DU DJEBEL SAHARI ET AUX TERRAINS ENCAISSANTS.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU BASSIN DES ZAHREZ. 259
- Nous avons réuni dans les quatre tableaux A, B, C, D, toutes les analyses d’eaux et de roches du rocher de sel du Djebel Sahari et 6des terrains environnants, et nous y avons ajouté comme termes de comparaison les analyses de l’eau de mer, des eaux de la saline cl’Arzeu et du Sebkha d’Oran, et l’analyse du sel de la saline d’Arzeu.
- Le tableau A montre d’abord que les eaux des lacs salés de la province d’Alger et d’Oran sont beaucoup plus chargées de matières salines que les eaux de la Méditerranée.
- L’eau du Zahrez Rharbi n° 4 est plus riche ,en chlorure de sodium et autres matières salines que les eaux des autres lacs.
- Les sources salées qui émergent du rocher de sel du Djebel Sahari sont encore plus riches en chlorure de sodium que l’eau du Zahrez Rharbi n° 4, mais les proportions des autres sels y sont plus faibles.
- On peut résumer de la manière suivante les analyses des eaux salées :
- POIDS DES SELS PAR KILOGRAMME D’EAU.
- NUMÉROS D»OHDI\E. INDICATION DES EAUX. CHLORURE de SODIUM. AUTRES SELS. A TOTAL. DENSITÉ.
- i° Eau de lit mer Méditerranée 2 7trr,OOO0 7fr,373o 34gr,373o 11
- 2° Eau de la saline d’Arzeu, recueillie le 28 janvier 1848 173 ,6537 i5 ,7508 189 ,4o45 1fir, 1510
- 3° Eau du Sebkha d’Oran, recueillie le 3o décembre 1 848 . 98 ,i83o i5 ,5690 113 ,7520 1 ,0904
- i° Eau du. Zahrez Rharbi, recueillie le 6 novembre 1855 243 ,o5oo 25 ,6910 268 ,7410 1 ,2147
- 5" Eau du Zahrez Rharbi, recueillie le 3 décembre 1855 187 ,i43o 6 ,3760 163 ,5igo 1 ,12 3o
- 6° Eau du Zahrez Chergui, recueillie le 7 novembre i855 237 ,7400 23 ,7040 261 ,44oo 1 ,2066
- 0 7 Eau de la source (a) du rocher de sel, recueillie le ier novembre 1855 a5g ,2000 5 ,8790 265 ,0790 1 ,2057
- 8° Eau de la source (e) du rocher de sel, recueillie le Tr novembre 1855 253 ,0000 '6 ,5g4o 259 ,5g4o 1 ,1940
- La richesse en chlorure de sodium variant, par kilogramme d’eau, de 27 grammes à 2 59g,2, la richesse en sels d’autre nature varie de 5^,8790 à
- 33.
- Etude chimique des roches et des eaux du rocher de sol du
- Djebel Sahari.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 25^,69 10, mais non d’une manière graduelle comme la richesse en chlorure de sodium.
- La densité augmente également avec la teneur en sels de toute nature. 11 y a cependant quelques faibles exceptions pour les eaux nos 7 et 8.
- Pour établir une comparaison plus complète entre toutes les eaux salées, nous avons indiqué dans le tableau B le rapport en poids du chlorure de sodium pris pour unité à l’ensemble des autres sels. Ce tableau peut se résumer de la manière suivante :
- NUMÉROS D’ORDRE des analyses. DÉSIGNATION DES EAUX SALÉES. CHLORURE de SODIUM. RAPPORT EN POIDS de l’ensemble des autres sels au chlorure de sodium pris pour unité.
- 7° Eau de la source [a) du rocher de sel, recueillie le ior novembre 1855 1,000 0,025o
- 8° Eau de la source (e) du rocher de sel, recueillie le 1" novembre
- 1855 ; i ,oon 0,02 60
- 5° Eau du Zahrez Rharbi, recueillie le 3 décembre i855 1,000 0,o394
- 2° Eau du lac d’Arzeu , recueillie le 28 janvier 1848 1,000 0,09 IO
- 6° Eau du Zahrez Chergui, recueillie le 7 novembre 1855 1,000 0,0990
- 4° Eau du Zalirez Rharbi, recueillie le 6 novembre i855 1,000 O O O
- 3° Eau du Sebkha d’Oran, recueillie le 3o décembre 18/18 1,000 0,158o
- 1 ° Eau de la mer Méditerranée 1,000 0,2738
- En considérant comme pures les eaux qui ne contiennent que du chlorure de sodium, on voit par ce tableau que les sources salées émergeant du rocher de sel sont beaucoup plus pures que toutes les autres. L’eau du Zahrez Rharbi recueillie le 3 décembre 1 855 sur la lisière N. E. du lac approche beaucoup du degré de pureté des sources salées nos 7 et 8. Cette eau était un mélange de l’eau primitive contenue dans le lac, après une série de beaux jours, avec les eaux pluviales apportées par les affluents de la rive nord du lac, après une série de plusieurs jours de pluie. Nous avons remarqué en effet, en pénétrant dans l’intérieur du lac, que l’eau était d’autant plus salée au goût que nous avancions davantage. Comme les eaux pluviales entraînées dans le lac avaient couru principalement à la surface du terrain quaternaire, le tableau précédent A montre que le chlorure de sodium doit être assez abon-
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU BASSIN DES ZAHREZ. 261
- damment répandu à l’état de dissémination au milieu des couches de ce terrain.
- L’eau de mer est la moins pure de toutes les eaux salées.
- Les eaux salées nos 2 , 3, 6, 7, 8, contiennent beaucoup plus de sulfate de chaux qu’il n’en faut pour saturer un volume égal d’eau distillée. Nous avons déjà dit que cette dissolution s’opère à la faveur de la grande richesse en sel marin.
- L’eau de mer et les eaux des lacs salés sont très-pauvres en carbonates alcalino-te creux ; les eaux des sources salées et celle du Zahrez Rharbi n° 5 en renferment au contraire des quantités notables, quelles ont prises dans les terrains quelles traversent. Ces carbonates se déposent par l’agitation, et on s’explique ainsi pourquoi on n’en trouve pas de traces notables dans les lacs salés qui n’ont qu’une faible profondeur d’eau.
- Le Zahrez Rharbi est alimenté par l’Oued Melah qui se jette dans la rive S. E. du lac. Cette rivière prend sa source dans les environs de Djelfa et traverse successivement le terrain secondaire, le terrain tertiaire et le terrain quaternaire avant de passer au pied du rocher de sel du Djebel Saliari. Elle roule, en amont de ce rocher, un volume d’eau assez considérable, qui était d’un mètre cube environ par seconde, le 2 novembre 1 855. Cette eau renferme, par kilogramme, i§r,554 de sels divers parmi lesquels dominent les sulfates de chaux et de magnésie. Après avoir dépassé l’îlot formé par le rocher de sel, les eaux de l’Oued Melah contiennent, par kilogramme, 2&r,973 de sels divers. Cet accroissement de matières salines est du à une certaine quantité de sulfate de soude et de chlorure de sodium. En amont du rocher, l’eau renferme par kilogramme o§r,36oi de chlorure de sodium. En aval, elle en renferme 1^,6078, c’est-à-dire environ quatre fois plus. On voit donc que l’action du rocher de sel sur les eaux de l’Oued Melah est assez sensible. Cependant elle n’est pas assez forte pour rendre ces eaux impropres à la boisson des animaux domestiques et à l’irrigation. On a vu plus haut, page 2 03, que l’administration de la guerre avait fait faire sur l’Oued Melah, à deux kilomètres à l’aval du rocher de sel, un barrage qui dévie les eaux sur la plaine diluvienne longeant la rive gauche de l’Oued. Ce travail a transformé l’aspect d’un terrain qui était presque sans valeur et qui ne produisait que de maigres pâturages pour les troupeaux de moutons et de chameaux. Aujourd’hui de magnifiques champs de céréales couvrent ces plaines autrefois incultes. En aval du rocher de sel, l’eau de l’Oued Me-
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- lah renferme, par kilogramme, o$'\2 53r] de sulfate de soude, tandis quelle n’en renferme pas en amont du même rocher. Cet élément lui est donc fourni par le lavage de ce rocher.
- Les eaux de l’Oued Melah contribuent à augmenter la quantité de matières salines qui arrivent annuellement dans le Zahrez Rharbi; mais on ne doit pas exagérer outre mesure l’importance des matières salines apportées par cette rivière. En comparant en elfet les analyses nos 4, 8 et 9, tableau B, on voit que les eaux de l’Oued Melah sont beaucoup plus chargées de matières salines étrangères au chlorure de sodium que les eaux du Zahrez liliarhi. Pour bien établir la comparaison, il faut d’abord éliminer les carbonates, parce qu’ils se déposent par l’agitation. Le sulfate de chaux doit également être éliminé en très-grande partie, parce que, lorsque l’évaporation aura suffisamment concentré l’eau de l’Oued Melah, le sulfate de chaux se séparera par cristallisation, tandis que le chlorure de sodium restera encore en dissolution. En ne tenant compte que des sulfates de soude et de magnésie, le poids de ces matières s’élèverait encore à o&r,478, le poids du chlorure de sodium étant pris pour l’unité dans l’eau de l’Oued Mêlai). Le sulfate de soude manque dans l’eau du Zahrez, ou, du moins, il est en si petite quantité, que nous n’avons pu le doser. Le poids du sulfate de magnésie y varie de 0.061 à o . 02o, le poids du chlorure de sodium étant 1. En outre il y a des quantités très-notables de chlorure de magnésium, tandis que ce sel manque ou est en très-minime proportion dans l’Oued Melah. On voit par là que l’eau salée qui proviendrait de l’évaporation de l’eau de l’Oued Melah dans un bassin fermé différerait très-notablement de l’eau salée que l’on trouve aujourd’hui dans le Zahrez Rharbi.
- Les analyses des eaux salées nos 7 et 8, tableau B, montrent que le rapport du chlorure de magnésium au chlorure de sodium y est bien moindre que dans l’eau du Zahrez Rharbi n° 4. Si ces sources n’ont pas varié de composition relative, le chlorure de magnésium contenu dans l’eau du Zahrez Rharbi provient nécessairement, pour la majeure partie, d’une autre origine que le rocher de sel du Djebel Sahari, et dès lors il doit en être de même pour le chlorure de sodium. Du reste, un autre calcul amène à la même conclusion. Si l’on admet que l’Oued Melah déverse constamment un demi-mètre cube d’eau par seconde dans le Zahrez Rharbi, et que cette eau renferme ik,5o de sel marin par mètre cube, cette rivière apportera annuelle-
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- nient 2 3,602 tonnes de sel marin dans le Zahrez; en adoptant, pour la teneur actuelle en sel marin dans le Zahrez, le nombre de 200 millions de tonnes indiqué approximativement page 216, il faudrait 8456 ans environ pour que l’Oued Mêlait ait pu produire le Zahrez Rharbi. Ce nombre de 8456 ans est certainement un minimum, parce que le débit moyen de l’Oued Melah n’est pas d’un demi-mètre cube à son débouché; et, comme de plus il faut remonter à une époque antérieure à celle de la dernière révolution du globe, nous pensons que l’on doit rejeter l’hypothèse de la formation de la nappe salée du Zahrez Rharbi par la simple évaporation des eaux de l’Oued Melah.
- L’Oued Melah contribue pour sa part à l’alimentation de cette grande saline naturelle, de même que tous les autres affluents qui vont se jeter dans cette saline.
- Du reste, l’Oued Melah ne traverse pas le sel gemme lui-même. 11 passe sur des argiles gypseuses associées au sel; et quant aux sources salées sortant des flancs du rocher de sel, on a vu quelles sont presque à sec à leur confluent dans l’Oued Melah. L’Oued Hadjera qui traverse l’ilot de sel gemme de même nom roule très-peu d’eau et se perd dans les alluvions avant d’arriver dans le Zahrez Rharbi.
- Les eaux des affluents des deux Zahrez renferment des chlorures, des sulfates et des carbonates; elles arrivent dans des bassins fermés où elles sont soumises à l’action des vents et du soleil. Comme elles n’ont qu’une faible épaisseur, l’agitation superficielle se transmet à toute la masse liquide. L’acide carbonique en excès se dégage et les carbonates alcalino-terreux se déposent. L’évaporation de l’été augmente ensuite la teneur en sulfate de chaux au point que ce sel devient insoluble et se précipite alors sur le fond du lac. Lorsque les eaux sont devenues suffisamment concentrées, le sel marin se précipite à son tour, et, si l’évaporation peut se prolonger assez longtemps, on aura un dernier, dépôt où le sulfate de magnésie sera très-abondant.
- Lorsque les pluies de l’automne reviennent, eilçs redissolvent les couches de sel gemme et de sulfate de magnésie. Les affluents apportent de nouvelles quantités de chlorure de sodium, de carbonates alcalino-terreux et de sulfate de chaux. Les sels terreux se déposent ensuite au-dessus des couches déjà formées, et le sel marin reste toujours à la surface. Telle est la série des phénomènes qui se passent annuellement dans les Zahrez et la plupart des lacs fermés et à fond plat de l’Algérie.
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- La présence de la carapace diluvienne éminemment gypseuse, analyse n° 20, tableau D, dans la plaine qui se trouve entre les deux Zahrez, vient à l’appui de cette manière de voir. On pourrait supposer qu’autrefois les deux Zahrez ne formaient qu’un seul et même lac. Dans cette hypothèse, l’Oued Melah aurait contribué, à l’origine, à l’alimentation de la vaste nappe d’eau salée couvrant le bassin géographique des deux Zahrez. Lors de la retraite incomplète des eaux, l’Oued Melah n’aurait plus servi qu’à l’alimentation du Zahrez Rharbi, mais il n’en serait pas moins vrai que le Zahrez Chergui contiendrait alors une quantité plus ou moins considérable de sel marin venant du sel gemme du Djebel Sahari. Si l’on suppose, de plus, que, dans les premiers temps, l’Oued Melah roulait une quantité de sel marin beaucoup plus considérable qu’aujourd’hui, on trouverait dans cette rivière seule la cause principale de la salure des deux Zahrez; mais, outre un accroissement dans la quantité de chlorure de sodium roulée par l’Oued Melah, il faudrait encore admettre de grands changements dans le rapport du chlorure de sodium aux autres sels. Les analyses des eaux salées des tableaux À et B et les analyses de sel gemme du tableau G montrent en effet que les sels étrangers au chlorure de sodium sont beaucoup plus considérables dans les eaux salées et le sel gemme du Djebel Sahari. Cela rend très-peu probable l’hypothèse de l’alimentation principale des Zahrez par le lavage que l’Oued Melah exerce sur le massif de sel gemme.
- Nous avons rapproché les analyses des eaux salées des Zahrez des eaux de la saline d’Arzeu et du Sebkha d’Oran, non-seulement parce que toutes ces eaux, ont des compositions analogues sinon identiques, mais encore parce que les conditions géologiques et géographiques de ces salines ont la plus grande ressemblance. Ce sont des bassins fermés à fonds plats, très-peu profonds, enclavés soit dans le terrain tertiaire supérieur et le terrain quaternaire (saline d’Arzeu), soit dans le terrain quaternaire (Zahrez, Sebkha d’Oran et les petits lacs salés qui environnent ce Sebkha). Or, dans notre mémoire intitulé : Recherches sur les roches, les eaux et les gîtes minéraux des provinces d’Oran et d’Alger, nous avons démontré que les salines de la province d’Oran sont alimentées par les eaux de pluies qui se chargent de matières salines disséminées dans les roches encaissantes. Ainsi les eaux des petits lacs salés qui entourent le Sebkha d’Oran sont entièrement semblables aux eaux d’infiltration fournies par les puits voisins lorsqu’on a soin de comparer les divers sels au
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- chlorure de sodium pris pour unité. A l’égard de la saline d’Arzeu, nous avons montré, par l’analyse d’un grand nombre d’échantillons des roches encaissantes, que toutes ces roches renferment des chlorures et des sulfates en quantités notables à l’état de dissémination, et que les proportions respectives de ces divers sels sont plus que suffisantes pour rendre compte de la salure des eaux de la saline d’Arzeu. Dès lors, nous avons admis que ces salines résultaient simplement de l’évaporation des eaux de lavage de terrains encaissants, et la même hypothèse nous paraît pouvoir être adoptée pour expliquer la salure des Zahrez ; mais nous devons ajouter que, si l’alimentation de ces lacs est due uniquement aux affluents qu’ils reçoivent, il est probable que, dans les premiers temps, la composition des eaux d’alimentation était différente de celle qu’on observe aujourd’hui, et que le chlorure de sodium y était sans doute plus abondant.
- Le tableau G donne la composition de divers échantillons de sel recueillis dans les salines d’Arzeu et des Zahrez, et sur les rochers de sel du Djebel Sahari et d’Aïn Hadjera.
- Les sels des Zahrez sont plus purs que celui de la saline d’Arzeu. Ils sont très-riches en chlorure de sodium et ne contiennent que o.oiôo de matières étrangères.
- Le sel gemme du Djebel Sahari présente une composition variable selon la couleur de la roche et les proportions de matière argileuse qu’elle renferme en nodules disséminés. Sa richesse en chlorure de sodium varie de 0^,9170 à osr,9834-
- 11 contient o&r,oo63 à 0^,0247 de sulfates, osr,oi2o à o£r,o54i de carbonates alcalino-terreux et d’argile, o§r,oo4o à osr,oo65 d’eau.
- Le sel gemme blanc du Djebel Sahari est comparable par sa pureté au sel marin du Zahrez Rharbi; mais on ne peut conclure de là que le sel du Zahrez Rharbi provient exclusivement du sel gemme du Djebel Sahari, puisque celui-ci renferme des variétés beaucoup moins pures que le sel du Zahrez.
- Les échantillons de sel gemme que nous avons recueillis ne renferment pas de sulfate de soude. Cependant, comme cette substance se trouve dans l’eau de l’Oued Melah, en aval du rocher de sel, on comprend quelle peut se trouver aussi dans certains échantillons de sel gemme. C’est en effet ce qui a été constaté par M. Fortier, pharmacien-major de première classe à Médéah.
- Composition ilu sel gemme
- (U.
- Djebel Saliari.
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- Composition de diverses roches appartenant an rocher de sel du
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- La moyenne de trois analyses a donné à M. Fortier :
- Chlorure de sodium...................................... ogr,84i5o
- Chlorure de magnésium................................. o ,00190
- Chlorure de calcium................................... o ,00605
- Sulfate de soude.......,.............................. o ,01025
- Eau.........,......................................... o ,oo5oo
- Matières terreuses insolubles......................... o ,i35oo
- Perte....................................,............ o ,ooo3o
- Totai......................... 1 ,00000
- Ces échantillons sont encore plus impurs que ceux que nous avons recueillis nous-même.
- Les stalactites blanches de sel gemme, analyse n° 1 7, renferment 0^,9-806 de chlorure de sodium et o§r,o542 de sulfate de chaux. Elles sont donc plus chargées de plâtre que le sel gemme blanc, qui ne renferme que osr,oo63 de sulfates; mais elles contiennent moins de matières terreuses, ce qui s’explique puisque les stalactites ont été formées par voie de simple dissolution. Les croûtes salines qui se déposent sur les bords des sources, analyse n° 18, ont une composition presque identique à celle des stalactites, et l’on comprend a priori qu’il en soit ainsi, leur origine étant à peu près la même. Ces croûtes diffèrent du sel cristallisé des Zahrez en ce qu’elles renferment trois fois plus de sulfate de cl 1 aux.
- A poids égal, lorsque les croûtes salines seront bien sèches et bien blanches, elles auront des propriétés salantes aussi énergiques que le sel gemme blanc du Djebel Sahari, et plus énergiques que le sel gemme grisâtre, parce que ce dernier renferme des matières argileuses disséminées en petits nodules.
- A volume égal, les croûtes salines auront souvent des propriétés salantes moins énergiques que le sel gemme, parce que ce dernier présente une structure compacte, tandis que les croûtes sont remplies de petits vides.
- L’analyse n° 19 appartient au sel gemme blanc d’Aïn Hadjera, situé à 36 kilomètres S. O. du Rang el-Melah. Ce sel est comparable pour sa pureté au sel gemme blanc du Rang el-Melah.
- Le tableau D comprend les analyses de diverses roches du rocher de sel du Djebel Sahari et des terrains encaissants.
- L’analyse n° 20 appartient à la carapace diluvienne gypseuse de la plaine
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- des Zahrez. Cette carapace renferme o£r, 1287 de sulfate de magnésie et 0^,4896 de sulfate de chaux. La richesse de cette carapace en sulfate de magnésie explique en partie la présence de ce sel dans les eaux des Zahrez.
- L’analyse n° 2 1 appartient au gypse rose associé au calcaire crétacé qui forme une espèce de chapeau sur le point culminant du Rang el-Melah. Ce gypse renferme 0^,7779 de sulfate de chaux et 0^,1780 d’eau combinée. Cette proportion d’eau ne suffit pas pour produire du sulfate de chaux hydraté ayant pour formule S03CaO 2 HO ; de sorte que le gypse dont il s’agit serait un mélange de sulfate de chaux hydraté et de sulfate de chaux anhydre. Ce dernier forme environ 10 p. 0/0 du poids de la roche.
- L’analyse n° 2 2 appartient à la marne schisteuse du terrain secondaire encaissant le rocher de sel. Cette marne est très-dure, bacillaire et de couleur grise ; elle ne renferme que des traces indosables de chlorures et pas de sulfates, o§r, i85o de carbonates de chaux et de magnésie, 0^,782 1 d’argile et oSr,o387 d’eau hygrométrique ou combinée. L’argile contenue dans cette marne présente une composition assez complexe. C’est un silicate multiple contenant diverses terres, de la soude et du protoxyde de fer.
- Les quantités cl’oxygène contenues dans les bases et la silice sont les suivantes :
- Silice................
- Alumine...............
- Protoxyde de fer......
- Protoxyde de manganèse
- Chaux.................
- Magnésie..............
- Eau combinée..........
- Oxygène.
- Ogr,48ÔO............... 0gr,2Ô20
- o ,1690............... o ,0791
- o ,o538 ogr,oi2o Traces. Traces.
- O ,0088 O ,0025
- 0 ,0195 o ,0076 ) o ,0307............... o ,0273
- o ,o324
- Djebel Sahari et aux terrains encaissants.
- Analyse n° 20. Analyse n° 2 !.
- Analyse n° 22.
- Les rapports entre les proportions d’oxygène ne sont pas assez simples pour qu’on puisse en déduire une formule atomique.
- L’analyse n° 2 3 appartient au magma argileux associé au sel gemme du Analyse 33.
- Djebel Sahari. Ce magma renferme :
- Chlorures.................•.............................. ogr,02884
- Sulfates. ................................................. o ,0 3 47-5
- Carbonates terreux......................................... o ,08700
- A reporter..................... o ,i47&-9
- 34.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SA [IA B A.
- Report......................... o ,14759
- Argile supposée anhydre................................. o ,78800
- Eau hygrométrique et eau combinée....................... o ,06872
- o ,99931
- Le gypse est disséminé dans ce magma en petits cristaux lenticulaires. Les chlorures et les carbonates y sont plus abondants que dans les roches sili-catées, analyses nos 24 à 2 7. Dans celles-ci les chlorures varient de oS'',oo367 à o°r,oi55o, les sulfates varient de o»r,00000 à oSr, i55oo, les carbonates varient de o§r,oo6oo à o^,o48o5.
- On voit donc que ces roches, qui, au premier abord, pourraient être prises pour des calcaires, ne renferment, pour ainsi dire, que des traces de carbonates terreux. La partie argileuse de ces roches est un silicate multiple*contenant principalement de l’alumine, du protoxyde de fer et de la magnésie avec des traces de chaux et de protoxyde de manganèse. Nous avons réuni dans le tableau suivant les quantités d’oxygène contenues dans la silice et les bases de ces divers silicates pour 1 gramme de matière brute.
- NOMS DES SUBSTANCES. SILICATE VIOLACÉ. ANALYSE N° 20. SILICATE ANAI/ GRIS VIOLACÉ. rsE x° a G. SILICATE VERDATRE. ANALYSE K° 37.
- Oxygène. Oxygène. Oxygène.
- Silice en excès o8r,o647 Il a ogr,io76 V U ogr;o4oo Il //
- Silice combinée 0 ,42 33 Ogr,2 2 00 3o 0 ,5o5i Osr,2625 2 1 0 ,3700 ogr,i 920 6
- Alumine 0 ,1470 0 ,0688 9 0 ,1600 0 ,0750 6 0 ,2o5o O ,0960 3
- Protoxyde de fer 0 ,0576 0 ,0128 0 ,0675 0 ,oi5o 0 ,0765 O ,0170 \
- Protoxyde de manganèse Traces. n \ > 3 Traces. n \ 3 Traces. 1 3
- Chaux 11 n | n n I 0 ,0196 0 ,oo56 [
- Magnésie 0 ,0238 O ,0092 0 ,o58o 0 ,0225 0 ,1890 CO O O
- Eau. 0 ,0327 O ,0293 4 0 ,0567 0 ,o5o4 4 0 ,0720 0 ,o64o 2
- Dans tous ces silicates il existe un rapport simple entre l’oxygène des bases RO et celui de l’alumine.
- Ce rapport est : : 1 : 3 dans la roche n° 25, : : 1:2 dans la roche n° 26, :: 1:1 dans la roche n° 27.
- La silice en excès a été dosée par différence, en calculant d’abord la pro-
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- portion de silice nécessaire pour faire des combinaisons simples. En partant de cette hypothèse, on trouve les formules suivantes :
- N° 25. [(3Si03)Al203]3 + Si033(Mg0, FeO) + 4HO.
- N° 26. [(3Si03)Al203]2 + Si033(Mg0, FeO) + 4HO.
- N° 27. Si O3 AI2 O3 + Si O3 3 ( Mg O, GaO, FeO) + 2HO.
- 11 y aurait ainsi dans ces roches le silicate basique SiO3 3RO combiné à divers silicates d’alumine. Ces roches, et surtout le n° 27, sont remarquables par la forte proportion de magnésie quelles renferment; elles s’écartent beaucoup de la composition des argiles ordinaires qui ne contiennent que des traces de magnésie ; elles diffèrent de la marne schisteuse secondaire en ce quelles ne contiennent pas d’alcali et que leur densité est plus faible. Gomme ces différents silicates se présentent dans la plupart des gîtes de plâtre associés à des diorites, nous pensons qu’ils sont eux-mêmes une variété de roche éruptive, et que, dans le gîte du rocher de sel, ils tiennent la place de la roche éruptive dioritique que nous n’avons pas observée.
- Le sel gemme du Sahari est exploité depuis un temps immémorial par les indigènes dans le grand cirque [b) fig. 98, page 254- On voit de tous côtés des traces d’exploitation à ciel ouvert sur les nombreuses aiguilles de sel qui hérissent la base de ce cirque. Le sel est abattu au pic, ce qui rend le travail d’extraction assez difficile, à cause de la grande ténacité de la roche de sel gemme.
- L’intendance militaire a fait abattre quelques mètres cubes de sel en roche pour les besoins des garnisons de Djelfa et de Laghouat; mais, comme le sel était gris et mélangé souvent de débris argileux en plus ou en moins grande quantité, on a renoncé à son emploi. Il serait facile cependant, au moyen d’un simple triage lait sur place, d’obtenir du sel assez pur pour être employé immédiatement aux usages domestiques. Cette assertion est démontrée par les analyses 1 5 et 16 des sels gris et blanc.
- Après avoir renoncé à l’emploi du sel gemme, l’intendance militaire a fait disposer des bassins d’évaporation le long des diverses sources salées énumérées plus haut. Ces bassins sont de forme rectangulaire ou carrée. Ils se composent d’un sol plat en argile damée, entouré par des parois d’argile. On y introduit 20 à 25 centimètres de hauteur d’eau salée, que l’on abandonne
- Système d'exploitalioi pour le rocher de sel.
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- ensuite à l’évaporation solaire. Quand la croûte saline n’augmente plus d’épaisseur, on fait écouler les eaux mères et on ajoute ensuite une nouvelle nappe d’eau salée, qui cristallise à son tour. On enlève le sel quand il s’est produit une couche de i o à 12 centimètres d’épaisseur. Dans l’entonnoir c, il y a un bassin de cristallisation de i 4 mètres de côté.
- Dans le ravin d, il y a deux bassins de cristallisation : l’un a 9 mètres sur 8, l’autre 7 mètres sur 8.
- Dans l’entonnoir e, il y a trois bassins étagés, suivant le cours de la source qui le traverse.
- Le ier a 5 mètres sur 3.
- Le 2e a 9 mètres sur 8.
- Le 3e a 7 mètres sur 8.
- D’après cela, la surface totale d’évaporation disposée auprès des sources est de 487 mètres carrés. Elle est suffisante pour fournir le sel nécessaire aux besoins des populations de Boghar, Djelfa et Laghouat. Un soldat qui réside au poste du rocher de sel fournit à lui seul toute la main-d’œuvre nécessaire pour l’entretien des bassins et l’extraction du sel. On voit donc que le prix de revient du quintal métrique de sel est presque insignifiant lorsqu’on le retire des bassins de cristallisation, tandis que l’abatage du sel en roche exige nécessairement plus de main-d’œuvre et de frais divers.
- Les Arabes se contentent souvent de ramasser les croûtes de sel qui se déposent le long des rives des diverses sources, en aval des bassins de cristallisation.
- Il serait facile d’augmenter la production, si cela devenait nécessaire, il suffirait de généraliser l’exploitation du sel en roche et celle des sources salées.
- La première pourrait se faire à ciel ouvert pendant une longue série d’années dans les cirques a et b et principalement dans le cirque b, où le sel gemme forme des talus très-roides de 3o à 4o mètres de hauteur verticale sans être recouvert par le magma gypseux. L’exploitation se ferait par gradins droits, et à la poudre, à cause de la grande ténacité de la roche; on séparerait par un triage fait à la main le sel qui serait trop mélangé de parties argileuses. Le déphet ainsi obtenu serait utilisé à son tour en le dissolvant dans l’eau de l’Oued Melah dans des bassins en argile damée qu’on disposerait auprès de la rivière ; on retirerait ensuite le sel par l’évaporation spontanée qui s’opé-
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- rerait dans les mêmes bassins. Plus tard P exploitation à ciel ouvert serait remplacée par une exploitation souterraine par puits et galeries.
- Quant aux diverses sources salées émergeant du rocher de sel, elles pourraient être utilisées d’une manière beaucoup plus complète qu’on ne le fait aujourd’hui, en multipliant le nombre des bassins évaporatoires en argile damée, et en établissant des barrages à travers les cours des sources pour empêcher celles-ci de se rendre inutilement dans l’Oued Melali. La surface évaporatoire dont on peut disposer est beaucoup plus considérable que celle qui est utilisée aujourd’hui. Ainsi le cirque (e) peut être transformé en entier en un bassin de cristallisation de 1 5 à 1600 mètres carrés, tandis que les trois bassins qui s’y trouvent n’ont que 1 43 mètres carrés de superficie; on pourrait augmenter aussi de beaucoup la surface évaporatoire des autres bassins. Le prix de revient de la tonne de sel ainsi obtenue serait, sur place, de 1 franc à 1 fr. 5o cent.
- Le procédé par évaporation naturelle des sources salées émergeant du sel gemme sera nécessairement moins coûteux que l’abatage de sel en roche. Aussi nous pensons que, si les besoins de l’administration militaire devenaient plus considérables, il suffirait d’établir de nouveaux bassins de cristallisation en argile damée auprès de ceux qui existent en ce moment.
- L’exploitation du sel en roche ne devrait être entreprise que si l’exploitation des sources salées devenait insuffisante. Si l’on admet que le débit moyen total des sources salées soit, par seconde, de iUt.5o d’eau ayant pour densité 1.200, contenant en moyenne okll.25 de sel marin par kilo d’eau, les sources fourniraient annuellement environ 1/1,000 tonnes de sel marin. Cette production peut défrayer une population de 1,4oo,ooo habitants, à raison de 1 o kilogrammes de sel par habitant. Même en faisant une large part aux déchets venant de ce qu’on n’utilisera pas toute l’eau salée, on voit que les sources donneraient certainement une quantité de sel plus que suffisante pour les besoins probables des populations de Boghar, Djelfa et Laghouat.
- GÎTE DE SEL GEMME D’AÏN HADJERA.
- Le gite de sel gemme d’Aïn Hadjera est situé à 36 kilomètres S. O. du Rang el-Melah, sur le bord méridional du bassin géographique des Zahrez. Il forme un piton conique isolé qui s’élève au milieu du terrain quaternaire.
- rite de sel gemme d’Aïn Hadjera.
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- De même que celui de Rang el-Melah, il paraît dû à un soulèvement de boues argileuses gypso-salifères. L’affleurement du gîte présente une surface à peu près circulaire d’environ i ,000 mètres de diamètre. On voit qu’il est plus considérable que celui du Rang el-Melah ; mais le sel gemme s’y montre au jour sur des espaces beaucoup plus restreints. L’affleurement le plus important se trouve sur la rive droite de l’Oued Hadjera, où il produit un escarpement vertical de 5o mètres de longueur sur 4 mètres de hauteur moyenne. Il est recouvert par un magma argilo-gypseux violacé de même épaisseur, qui nous a paru se modeler sur les ondulations de la face supérieure de l’amas de sel. Enfin le tout est recouvert par le manteau quaternaire plongeant au N. O. et composé de marnes argileuses à la base et de 1 mètre de travertin jaunâtre très-dur au sommet.
- N. O. m, S. E. ni.
- gemme.
- Fig- 99-
- La figure ci-dessus indique la disposition respective du terrain salifère et du terrain quaternaire; elle montre que ce dernier a comblé les dépressions existant à la surface du terrain salifère et a produit au-dessus un manteau plan plongeant au N. O. de 2 à 3 degrés. Il résulte, en effet, de l’examen de l’ensemble du gîte salifère d’Aïn Hadjera qu’à l’exception de deux mamelons qui s’élèvent au-dessus du niveau général de la plaine, le terrain quaternaire recouvre partout le terrain salifère. Ce dernier a été mis au jour par les ravinements du sol dus sans doute aux agents atmosphériques. Ces ravins, qui convergent tous vers le cours de l’Oued Hadjera, ont 8 à 10 mètres d’encaissement et présentent partout le magma argilo-gypseux, violacé, vert, jaune, qui caractérise le terrain salifère. Le gypse est très-abondant dans ce magma, beaucoup plus qu’au Rang el-Melah. Il y forme des dépôts considérables exclusivement composés de cristaux allongés de gypse blanc de 2 à 3 centimètres de long se croisant dans tous les sens.
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- Nous n’avons vu le sel gemme qu’en deux points seulement :
- i° Dans l’escarpement décrit plus haut sur la rive droite de l’Oued Ha-djera;
- :2° Au pied du pic principal du gîte salifère où il n’apparaît au jour que sur un.mètre de haut et îo mètres de long.
- Un Arabe de la localité, qui nous servait de guide, nous a affirmé qu’il n’y avait pas d’autre affleurement de sel gemme.
- Ce sel est généralement gris; les échantillons blancs sont comparables, pour leur pureté, au sel blanc du Rang el-Melah. Leur composition est indiquée, analyse n° 19, tableau C. Le sel en roche est, de la part des Arabes des environs, l’objet d’une exploitation à ciel ouvert fort peu active. On observe quelques traces de coups de pic sur l’escarpement de la rive droite de l’Oued Hadjera. Si l’on voulait exploiter d’une manière plus active le sel en roche, il faudrait enlever d’abord le magma gypso-salifère et le travertin qui le recouvrent sur 8 mètres d’épaisseur totale. Cela rendrait l’exploitation assez onéreuse. Cependant elle coûterait encore moins cher que l’exploitation souterraine par puits et galeries à laquelle on devrait sans doute avoir recours plus tard.
- L’Oued Hadjera, qui roule de l’eau douce en amont du gîte de sel, se sale en passant à travers le magma gypso-salifère, et, en arrivant au pied du grand pic, il est très-salé au goût et complètement impotable. Cependant il ne l’est pas autant que les sources salées (a) [e) du Rang el-Melah, et l’on ne voit sur ses bords que de rares traces de sel cristallisé. Au pied du grand pic, il y a une plaine circulaire de 500 mètres environ de diamètre, limitée de tous côtés par le magma gypso-salifère. Les divers affluents qui le traversent pour se jeter dans l’Oued Hadjera ont leurs cours indiqués par une faible trace blanche de sel marin. Au pied du grand pic, l’Oued Hadjera roule 5 à 6 litres environ par seconde. Il serait facile de faire le long de ses bords de vastes bassins de cristallisation en argile damée, dans le grand cirque cité plus haut. Le grand pic se dresse à 60 mètres environ au-dessus du fond argilo-sableux de ce cirque; ses parois éminemment argilo-gypseuses, vertes et rouges, sont déchiquetées par les agents atmosphériques; mais on n’y voit pas, au même degré qu’au Rang el-Melah, ces grandes fentes et ces entonnoirs profonds venant de la dissolution du sel gemme. Cela semblerait indiquer que l’amas de sel gemme d’Aïn Hadjera est moins important que celui du Rang el-Melah.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Sur le bord de l’une des déchirures du grand pic, nous avons remarqué des argiles plastiques, grises et rouges, telles que ab, qui, au premier abord, paraissent faire partie intégrante de la masse gypso-salifère.
- h'
- Magma gypso-salin.
- Fig. 100.
- Calcaire crétacé bitumineux enclavé
- dans le gîte salifère.
- Ces argiles sont stratifiées, et comme rubanées; elles renferment de nombreuses empreintes végétales carbonisées en partie seulement, et de petites coquilles d’eau douce (planorbes, hélix). Elles sont recouvertes par des sables, quartzeux, blancs. Une étude plus approfondie indique que ces couches se relient au terrain quaternaire formé ici de marnes argileuses à la base et de travertin au sommet. Un éboulement du magma argilo-gypseux a produit la dénivellation des couches diluviennes.
- Du côté est du grand pic, on trouve, à la surface du terrain gypso-salifère, de nombreux débris d’une roche noire qui, de loin, pourrait être prise pour une roche d’origine éruptive; mais le plus simple examen indique que c’est du calcaire crétacé porté au jour par le soulèvement salifère. Ce calcaire est noirci par du bitume. Quelques échantillons renferment même des fossiles. Ces calcaires noirs forment en un point des couches verticales régulières enclavées comme un coin [a) dans le magma gypseux.
- Ce coin est, au reste, peu considérable; il a un mètre d’épaisseur sur 3 à 4 mètres de long et 2 mètres de profondeur. Tout auprès, on voit du calcaire cristallin mêlé de blanc et de jaune, qui n’est aussi qu’une modification du calcaire crétacé.
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- TERRAINS ÉRUPTIFS DU BASSIN DES ZAHREZ.
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- Au sommet du grand pic, il y a une couche de poudingue à pâte calcaire Terrain tertiaire jaunâtre et à galets crétacés. Cette couche plonge au sud assez fortement, pariemassif.aiifiro comme si elle avait été redressée par l’apparition de la roche salifère. Par ana- r0ued Hadjera. iogie avec ce que nous avons observé au Rang el-Melah, nous pensons que le poudingue en question appartient au terrain tertiaire supérieur.
- N. O.
- Terrain
- quaternaire.
- Terrain
- uaternair
- Jerrain tertiaii
- 'Cours de l'Oued el-Uadjera. ~
- Sel gemme.
- La coupe ci-dessus, menée du S. E. au N. O., montre la disposition des couches autour du pic culminant du massif salifère; le terrain quaternaire constitue un plateau uniforme aaa plongeant faiblement au N. O. Le terrain tertiaire se montre redressé du côté sud en b; il est recouvert en grande partie par le terrain quaternaire ; nous l’avons figuré en b', quoiqu’il n’affleure pas au jour. Le terrain crétacé constitue le massif du Djebel Lelif, à 4 kilomètres sud du gîte de sel gemme; on en trouve un petit coin enclavé en c à la surface du gîte salifère. Nous l’avons supposé en c' sur le revers N. O. du gîte, bien qu’il n’affleure pas au jour de ce côté.
- A l’est du grand pic, se trouve un piton isolé verdâtre, moins haut de 20 mètres environ, saillant au-dessus du magma gypso-salifère qui l’enclave, et composé d’une brèche de couleur verdâtre, où l’on ne ne reconnaît pas de stratification. Ce piton paraît être une corne de roche éruptive dont l’aspect est le même que celui du silicate verdâtre, analyse n° 27, tableau D, page 2 58. Il est probable 'que cette roche remplace ici les diorites qui sont si fréquemment associées aux gypses d’origine éruptive.
- La description du gîte de sel gemme d’Aïn Hadjera vient confirmer les conclusions auquelles nous sommes arrivé pour l’origine et l’époque de l’apparition du massif de sel gemme de Rang el-Melah. Nous pensons que l’on
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DE SAHARA.
- *
- Diorite
- Djebel Amour.
- Sol gcmmr Djebel-A inour.
- doit considérer ces deux gîtes de sel gemme comme le résultat d’éruptions argileuses gypso-salines, qui sont sans doute contemporaines et se sont produites à travers une double enveloppe de terrain crétacé inférieur et de terrain tertiaire supérieur, au commencement de la période quaternaire.
- L’Oued Hadjera est un affluent du Zahrez Pdiarbi; en temps ordinaire ses eaux se perdent dans des alluvions argi!o-sabieuses avant d’arriver dans le Zahrez.
- La région montagneuse des steppes de la province d’Alger se poursuit au S. O. dans la province d’Oran et constitue le massif crétacé du Djebel Amour, dans lequel il y a un gîte de diorite signalé pour la première fois par la colonne du général Pélissier, lorsqu’elle est allée s’emparer de Laghouat. iVL Po-mel a revu ce gîte en 1 8(52 , et le place sur le Djebel Pihabott.
- A 36 ou 4o kilomètres S. S. O. de cette diorite, il y a, au milieu du terrain crétacé, un gîte de sel gemme qui parait analogue, par son origine aux gîtes du Djebel Saliari et d’Aïn Hadjera dans le bassin du Zahrez.
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- QUATRIÈME PARTIE.
- CHAPITRE XII.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- TERRAIN JURASSIQUE.
- La zone septentrionale de la région des steppes comprend les affluents du haut Cliélif et présente les formations géologiques suivantes :
- 1 ° Terrain jurassique,
- 2° Terrain crétacé,
- 3° Terrain nummulitique éocène,
- 4° Terrain miocène,
- 5° Terrain pliocène,
- 6° Terrain quaternaire,
- 7° Terrain aliuvien,
- 8° Terrains d’origine ignée ou métamorphique.
- Nous allons les décrire dans l’ordre ci-dessus, en marchant, eii général, du sud au nord et de l’est à l’ouest, ainsi que nous l’avons fait pour les autres zones des steppes. Seulement, afin que notre travail soit plus complet, nous y ajouterons la description des terrains qui forment la lisière méridionale du Tell, et qui déterminent, par conséquent, la limite nord du bassin géographique du haut Chélif en amont de Boghar.
- TERRAIN JURASSIQUE DU DJEBEL REUCTIIGA.
- Le Djebel Reuchiga est un piton isolé au milieu de la plaine quaternaire traversée par l’Oued Susellem, à l’extrémité N. O. de la province cl’Alger. 11
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Possibilité <ie Ppxistencp do
- terrain jurassique i Cheliala,
- est situé à 44 kilomètres ouest du ksar Zerguin et à 12 kilomètres nord du massif crétacé du Djebel Goudjilah, dont il forme, pour ainsi dire, une sentinelle avancée; presque tout le piton se compose de couches régulières de dolomies grises, cristallines, qui constituent un horizon si caractéristique du terrain crétacé des steppes. Les couches sont dirigées N. 720 E. m. et plongent au N. i8°0. m. Sur le revers nord de la montagne, on observe un arrachement qui montre, sous les dolomies, du calcaire marneux renfermant des fossiles jurassiques très-variés, parmi lesquels nous avons recueilli :
- Ostrea Bruntutana. — Etage kimmeridgien.
- Rhynconella inconstans. — Idem.
- Terebratula Repelmi. — Etage corallien.
- Gidarus Blumenbachi. — Idem.
- Cidarus ovifera. — Idem.
- Rhalxlocidaris maxima. — Idem.
- Apiocrinus rotundus. — Idem.
- Apiocrinus echinatus. — Idem.
- Confusastrea Burgundiæ. — Idem.
- Belemnites Goquandi. — Etage oxfordien.
- On sait que le terrain jurassique se montre dans l’Ouarencenis, au nord du Djebel Reuchiga, sur le revers sud du Tell. Il y est entouré de tous côtés par le terrain crétacé. Il est dès lors probable qu’il se prolonge souterraine-ment jusque sous le massif crétacé du Djebel Goudjilah. Il'peut être mis à nu, lorsque les ravinements sont assez profonds dans le terrain crétacé, et c’est ce qui a motivé son affleurements au pied du revers nord du Djebel Reuchiga.
- Il serait possible que de nouvelles études montrassent l’existence du terrain jurassique près de Chellala, sur la chaîne du Djebel Amar Rbaddo, où les marnes grises inférieures aux dolomies crétacées prennent um grand développement.
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
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- CHAPITRE XIII.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- TERRAINS CRÉTACÉS.
- Les terrains crétacés comprennent deux chaînes principales :
- La première, située au sud, s’étend depuis le Djebel Teberguin, à l’est, jusqu’au Djebel Megzem, à l’ouest.
- La deuxième, située au nord, s’étend d’El-Merrich, à l’est, jusqu’au Djebel Goudjilah, à l’ouest.
- La bande crétacée du sud sépare le bassin fermé des Zahrez des affluents du haut Chélif.
- iSous en avons fait connaître le versant méridional dans le chapitre VII; nous allons décrire maintenant son versant septentrional en marchant de l’est à l’ouest. Cette bande crétacée forme un massif continu de i4o kilomètres de longueur, et dont la plus grande largeur et la plus grande élévation se trouvent à l’extrémité N. E., au nord du Zahrez Chergui. Les points culminants de cette chaîne s’élèvent k 2 5o ou 3oo mètres au-dessus des plaines quaternaires qui s’étendent à ses pieds.
- Le massif triangulaire compris entre le Djebel Teberguin, le Djebel Me-ketsit et le Djebel el-Hammam, est très-riche en sources, dont le débit varie de olil,o5 à 5 litres par seconde. On en trouve presque à chaque pas sur la ligne qui mène de Bouira au gîte de plâtre des environs d’Aïounat el-Hamir ; la carte n’en indique qu’une très-faible partie. Du reste ce pays est très-boisé ; il y a de belles forêts de thuyas, qui sont exploitées sur place pour la fabrication du goudron. Le terrain se compose d’assises régulières de dolomies calcaires, grès et marnes. Les eaux de pluie qui tombent assez fréquemment dans cette région s’infiltrent à travers les fissures des couches de dolomies calcaires et grès, et sont arrêtées par les couches de marnes, à la surface desquelles elles s’écoulent en majeure partie; les ravins qui accidentent le
- Massif triaiig' compris entre
- le Djebel Telle le Djebel Met et
- le Djebel el-lla
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Ain Djcilkl.
- Kossiln»
- ko ia croie ciiloriléc auprès
- d’Ain Djeilid.
- pays en mettant à nu les différentes assises marneuses font reparaître les eaux qui s’étaient enfoncées sous le sol, et donnent lieu de la sorte à l’émergence de sources nombreuses.
- L’Aïn Djedid est située à 1 2 kilomètres ouest élu gîte de plâtre d’Àïounat el-Hamir, dans un ravin qui va se jeter dans la plaine diluvienne de Bouira, en coulant du S. O. au N. E. Cette source débite par seconde environ i litre d’eau limpide et de bon goût. Le lit du ravin est rempli de sables calcaires jaunâtres, à travers lesquels l’eau doit se faire jour. Ceux-ci constituent un sol uni, couvert de joncs sur 3oo mètres de long, 3o ou 4o mètres de large, et parsemé, de distance en distance, de trous naturels de 1 à 2 mètres de profondeur remplis d’eau.
- il serait facile d’augmenter le débit de la source par des travaux de drainage. 11 suffirait de creuser une tranchée longitudinale suivant le thalweg du ravin et de lui embrancher de part et d’autre, et de 10 mètres en 10 mètres, des tranchées transversales. Le fond de ces tranchées serait rempli de pierres sèches pour empêcher qu’elles ne soient comblées par les éhoule-ments et pour diminuer, en été, l’évaporation de l’eau.
- Sur la rive droite du ravin, on remarque des couches de calcaire marneux dirigées N. O. m. et plongeant au N. E. m. de i5 degrés. Ces couches'ren-ferment les fossiles suivants :
- Bostellaria.
- Strombus incertus. — Craie chloritée.
- Ostrea flabellata. — Idem.
- Pecten quinquecostatus. — Idem. ^
- Tellina, moule interne. — Idem.
- Nucula, moule interne. — Idem.
- Cardium, moule interne. — Idem.
- Cyphosoma Delamarrei. — Idem.
- Hemiaster Fourneli. — Idem.
- Plicatula.
- La plupart de ces fossiles sont caractéristiques de l’étage de la craie chloritée.
- A l’aval de l’Aïn Djedid, l’eau se perd soit dans les alluvions qui encom-
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
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- brent le lit du ravin, soit à travers les fissures des couches crétacées à la surface desquelles elle coule. Elle reparaît plus bas à l’Aïn Gueterfa. Les .\mc, divers points d’émergence qu’on remarque le long des rives donnent un petit cours d’eau qui débite 5 litres environ à la seconde et va se perdre à l’entrée de la plaine diluvienne de Bouira.
- Sur la rive gauche de l’Oued Gueterfa, on remarque un plateau de ooo mètres de long sur 3oo mètres de large, faiblement incliné vers l’Oued et formé surtout de sables jaunes quartzeux, qui viennent de la désagrégation des grès crétacés. Ce plateau est essentiellement absorbant, et contribue, sans nul doute, à l’alimentation de la source de Gueterfa; de plus, en vertu de leur pente au N. E., les couches de la rive gauche sont bien disposées pour verser de nombreuses infiltrations dans le lit de l’Oued.
- L’Oued Gueterfa va se perdre dans la plaine quaternaire qui passe au pied du revers S. O. du Djebel Touila. La carte de l’état-major suppose à tort qu’il se jette dans un ravin traversant un col compris entre le Djebel Touila et le Djebel Guetifa. Ce ravin n’existe pas, et le Djebel Touila se relie au Djebel Guetifa et au Kef Klifa par un col assez élevé. Le Djebel Touila (montagne longue) est une crête allongée du S. E. au N. E., qui s’abaisse vers le N. O. et se cache sous le terrain quaternaire sur le col où se trouve l’Aïn Touila. aï» Il se compose de dolomies grises à l’intérieur, jaunes à l’extérieur, en couches dirigées N. 1 io° E. m., et plongeant au N. 2 0° E. m. de 1 6 degrés. La source est placée sur le revers N. E. de la chaîne et non pas sur le revers S. O., ainsi que l’indique la carte de l’état-major. Son point d’émergence est, du reste, en rapport avec la pente des couches vers le nord, et nous nous étonnions ajuste titre, en allant le reconnaître, de l’indication erronée de la carte. Cette source est, au reste, très-minime. Son débit est d’un vingtième de litre par seconde au plus. Son bassin a i mètre de profondeur sur î mètre de côté. 11 se remplit par des infiltrations qui glissent à la surface des joints de stratification, ainsi que l’indique la figure io3, ci-après.
- La source est placée sur un sentier très-fréquenté par les tribus qui emigrent d’un côté à l’autre du Djebel Touila. Nous avons vu une de ces émigrations lors de notre visite. Les femmes se sont arrêtées pour remplir leurs peaux de bouc, et le bassin a été complètement tari en peu d’instants.
- H serait utile d’augmenter sur ce point l’approvisionnement en eau. Il suffirait pour cela de creuser à quelques mètres à l’aval un puits que l’on approfon-
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- uiuloi-ia.
- I Touila.
- Touila.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- dirait jusqu’à la rencontre d’une couche imperméable. On mènerait ensuite, à partir du fond du puits, une galerie en direction à la surface de cette couche, avec une pente légère vers le puits. Celui-ci aurait une profondeur Fossilesneocomicflü de i5 ou 2o mètres au plus. On trouve, en effet, auprès de la source, des Bjebei Toaiin. couches de marnes calcaires grisâtres avec nombreuses huîtres : Ostrea Cou-loni, terrain néocomien. Ces marnes sont inférieures aux dolomies.
- R ' _« S.
- De l’Aïn Touila, nous sommes descendu dans la plaine quaternaire qui est au pied du revers N. E. du Djebel Touila, et, nous nous sommes rendu sur un mamelon crétacé voisin du Djebel Guetifa et situé au N. E. de ce dernier. Nous l’avons trouvé composé de couches de dolomies grises plongeant au N. E. m. De ce point, nous avons reconnu que les couches crétacées qui prolongent la chaîne au N. E. plongent, en général, vers le nord ou le N. E.
- Avec les dolomies, il y a des calcaires coquillers contenant les fossiles suivants :
- Ostrea carinata. — Craie chloritée.
- Ostrea. (Indét.) — Idem.
- Ostrea. (Indét.)-—Idem.
- Coupons maintenant la grande bande crétacée du nord au sud, en nous dirigeant de Bouira à El-Hammam.
- Puits <ie Bouira. Les puits de Bouira, au nombre de dix environ, sont placés au débouché d’une vallée passant du massif crétacé dans la plaine quaternaire qui s’étale au pied de ce massif. Ils sont creusés dans des alluvions argilo-sableuses grises qui remplissent cette vallée, et alimentés par les eaux souterraines qui coulent à travers ces alluvions et sont arrêtées à la surface du terrain crétacé supportant ces dernières. Leur profondeur varie de 1 à 4 mètres sous le sol, selon leur proximité du thalweg. On remarque une différence de pente assez sen-
- Fossilcs
- lie la craie chloritee clans le voisinage <lu
- Djebel Guetifa.
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
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- sible au point où sont placés les puits, entre la pente du sol crétacé cpii' est en amont, et celle du sol quaternaire qui est à l’aval. La pente de l’avàl, étant moins forte que la précédente, rend l’écoulement de l’eau moins facile, et contribue sans doute à augmenter le volume de l’eau, qui s’accumule dans les puits. On nous a assuré que plusieurs de ces puits ont été approfondis dans le terrain crétacé lui-même. Nous n’avons pu vérifier cette assertion. L’eau de plusieurs d’entre eux est corrompue et verdâtre. Le puits qui sert ordinairement aux Arabes donne de l’eau de bon goût, mais qui est louche, par suite de la malpropreté inhérente aux Arabes.
- Cette eau, recueillie le ier mai 1858, a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 19.)
- Chlorures de potassium, de sodium et de magnésium........... ogr,i85‘i
- Nitrate de potasse.......................................... o ,oG45
- Sulfates de chaux, de magnésie et de fer.................... o ,0922
- Carbonates de chaux et de magnésie.......................... o ,208/1
- Peroxyde de fer, silice..................................... o ,0020
- Matière organique........................................... lndét.
- Total des sels par kilogramme d’eau.. o ,5523
- Auteur : De Marigny.
- Cette eau est excellente pour les divers usages domestiques.
- L’administration française a voulu doter les Arabes de Bouira d’une fontaine. A cet effet une conduite souterraine amenait l’eau du puits principal à un abreuvoir en fonte situé à 200 mètres environ à l’aval, et fournissait oht,83 par seconde. Cette conduite a été faite en moellons reliés par un ciment de terre battue. 11 y a eu bientôt des fuites sur le trajet, et l’eau a cessé d’arriver à l’abreuvoir. On doit remplacer la conduite actuelle par une conduite en poterie, ce qui évitera les pertes.
- , En arrière des puits, les premiers mamelons crétacés se composent de couches de calcaire compacte, de couleur café au lait, dirigées N. 65° E. m. et plongeant à l’E. 65° S. m. de 1 2 à 1 5 degrés.
- L’Aïn Terrali est une petite source située sur le revers nord d’un piton détaché du Kef el-Hammam, à 4 kilomètres sud de Bouira. Son débit est très-faible, un vingtième de litre au plus par seconde. Sa température était
- 36.
- Composition de î eau d’un
- puits de Bouira.
- Fontaine arUficieih de Bouira.
- Ain Terrali.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- de i 4 degrés le 3o avril 1858, à 6 heures 45 minutes du matin, celle de l’air étant de 22 degrés. L’eau a bon goût, elle émerge à la séparation d’une couche de marne argileuse bleue et du terrain crétacé qui est en dessous. La marne est recouverte par une brèche d’un mètre d’épaisseur, à pâte cristalline , d’un gris clair, dans laquelle se fondent des fragments anguleux d’un calcaire jaunâtre dompacte ; elle forme un plateau de 1,200 mètres environ de superficie plongeant à l’O. m., tandis que, sur le mamelon crétacé, on remarque, à l’amont et à l’aval de la source, des couches dirigées N. 920E. m., et plongeant au S. 20 O. m. Ces couches se composent, à la partie supérieure, d’une corniche de dolomie, et, sur le flanc de la montagne, d’une roche esquiileuse couleur de chair, très-compacte, d’apparence siliceuse, et, à la hase, de grès quartz eux rouges.
- La brèche et la marne aquifère paraissent ne pas faire partie intégrante du terrain crétacé. Une petite galerie, menée, à partir de la source, suivant la ligne de pente de la couche de marne, augmenterait probablement le volume de l’eau.
- Brèche quat.
- Source sur le col 1^8. figure ci-dessns Indique la disposition du terrain auprès d’Aïn Terrain
- •i Ei-Hammam. pe coj par lequel on descend dans la plaine du Zahrez Ghergui donne naissance à deux ravins. Celui qui va se perdre dans la plaine quaternaire du nord fournit constamment de l’eau courante auprès du col; il y traverse une série de couches de grès quartzeux jaunes, de calcaires jaunâtres ou blanchâtres, compactes, et de marnes fissiles de couleur jaune verdâtre, dirigées N. 55° E. m. et plongeant au N. 35° O. m. de 3o degrés. La stratification est bien disposée pour que les marnes puissent suinter de l’eau suivant les plans des couches le long du ravin, et c’est ce qui arrive en effet. En outre, tout près du col, se trouve un petit plateau sableux couvert de végétation et principalement de joncs, qui retient les eaux pluviales comme le ferait une éponge. Ces eaux
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- TERRAINS CRETACES.
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- s’écoulent ensuite très-lentement et contribuent ainsi à l’alimentation du ravin. A droite et à gauche de celui-ci sont de petits lambeaux d’une couche de carapace calcaire quaternaire, plongeant au nord comme le ravin lui-même sous un angle de 2 degrés. Cette couche, dont l’épaisseur varie de om,5o à 1 mètre, est en discordance bien sensible avec les couches crétacées qui la supportent. Un drainage qu’on exécuterait sur le plateau couvert de joncs qui est à la tête de la source augmenterait le débit de l’eau, qui s’élève aujourd’hui â oht,2 5 environ par seconde.
- Il y a une inflexion générale des couches crétacées suivant le col d’El-Hammam.
- La figure ci-contre indique le relief extérieur du sol et les pentes des couches crétacées entre Bouira et Aïn el-Hammam, sur le côté ouest du col d’El-Hammam.
- Bien que, sur les bords de la plaine quaternaire du nord, les couches crétacées plongent au sud, l’élévation supérieure de la chaîne centrale a pourra fournir, dans cette plaine, des eaux ascendantes, sinon jaillissantes.
- Un deuxième groupe de puits appelé Bouira se trouve à \ 9 kilomètres des Bouira du Kef el-Hammam , au point où un ravin, partant du massif crétacé des Seba Bous, débouche dans la plaine quaternaire du nord. Ces puits, au nombre de sept, fournissent de l’eau à une profondeur variable de 1 mètre à im,5o, dans un pli de terrain comblé par des alluvions. Immédiatement à l’amont des puits, le sol présente des couches de calcaire crétacé très-compacte, couleur de chair, dirigées N. 8o° E. m., et plongeant au S. 10° E. m. de 3o à 35 degrés. Les puits sont creusés dans une terre calcaire sableuse, diluvienne; ils ont 1 mètre de côté et sont
- Bouira
- des Seba Bous.
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- Plaine de Rouira des Seba Pions.
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- EXPLORATION I)U BENI MZAB ET DU SAHARA.
- boisés avec des cadres de thuyas, maintenant entre eux des moellons de pierre sèche. Les deux berges du ravin où se trouvent les puits sont formées par la-carapace calcaire quaternaire, d’un blanc jaunâtre, celluleuse, parfois compacte et parfois cristalline. Cette carapace constitue une couche régulière ab, fig. 106, de om,5o d’épaisseur, qui plonge de 2 degrés vers le nord, comme le lit du ravin.
- N. io° O. m jg S. io° E. m.
- Carapace
- a i n
- c t e
- L’eau de Bouira sert à abreuver les troupeaux. Plusieurs puits sentent très-mauvais, par suite de la décomposition de matières organiques. Sur tout le premier rideau de collines compris entre les deux Bouira, les couches crétacées plongent régulièrement au S. E., sauf quelques faibles ondulations. La coupe suivante, fig. 107, menée par l’Aïn Rhelal, située à i,5oo mètres
- N. m.
- „...._______Màrn?,
- ZZ~Calcaire bleu Coi Ijolomies grises.
- Fig. 107.
- S. E. de Bouira des Seba Rous, indique les allures des couches crétacées entre cette source et la plaine du nord.
- Les sources d’Aïn Rhelal sont situées sur la rive gauche d’un ravin qui
- Aïn Rhelal.
- Djebel Reguiga.
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 287
- descend du Djebel Reguiga, en détache un plateau ab, sur lequel se trouvent les ruines d’un ancien ksar, et va se perdre dans la plaine quaternaire de Bouira. Ces sources, au nombre de six, sont distribuées sur une longueur de 6o mètres environ; elles émergent à travers les fissures d’une couche de dolomie grise, cristalline, dirigée N. 62° E. m., à la séparation de cette couche et d’une assise inférieure de marnes grises. Leur déhit total est d’environ 2 litres à la seconde. Leur température était de 17 degrés le 29 avril j 858, à midi et demi, la température de l’air à l’ombre étant de 24 degrés. Auprès des sources on voit un beau térébinthe et quelques figuiers; l’eau est utilisée pour l’irrigation d’un petit jardin; elle se perd à l’aval au milieu des alluvions du ravin avant de pénétrer dans la plaine quaternaire.
- L’eau, recueillie le 2 3 avril i858, a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 18.)
- Chlorures de sodium et de magnésium......................... 0^,0667
- Sulfates de chaux et de magnésie............................ o , i845
- Carbonates de chaux et de magnésie.......................... o ,2920
- Phosphates, peroxyde de fer, silice......................... o ,oo3o
- Matière organique........................................... lndél.
- Total des sels par kilogramme d’eau ..... . o ,0/162
- Auteur: De Marigny.
- La coupe ci-dessus montre que l’assise dolomitique est intercalée entre deux assises de grès quartzeux. On retrouve ici le calcaire néocomien à orbitolina lenticulata, qui a été signalée auprès d’Aïn el-Hammam. Les grès prennent un grand développement entre Bouira et le caravansérail de Guelt es-Settel, dans leTeniet el-Aouidja; ils sont parfois violacés et alternent avec des marnes de même couleur; ils sont dirigés N. 1 2° E. in. et plongent à l’E. 1 20 S. m. de 1 2 degrés. Entre ce col et celui du caravansérail de Guelt es-Settel, il y a un bombement général des couches, ce qui les fait plonger à l’ouest auprès du caravansérail.
- Le Djebel Oukeil forme une chaîne longue et étroite, dirigée du N. E. au S. O. et se reliant au Djebel Megzem. 11 est coupé transversalement du nord au sud par la route carrossable de Laghouat, qui passe par le col de Guelt es-Settel, au sommet duquel se trouve le caravansérail. Les pentes qui des-
- Cumposiliou cli.' l'euu l’Ain Rl1el.1l.
- Fossiles iiéocomiens 1» Ain Rhelal.
- Munies violeücs du
- Tcnict cI-Aoui(lju.
- Djebel Oukeil.
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- 288
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- cendent de part et d’autre de ce col sont très-douces, et Ton peut étudier sur les berges encaissantes la constitution intime du cœur de la chaîne crétacée. Tout le côté est de la vallée descendant vers le nord se compose de couches de grès quartzeux, d’un blanc grisâtre, de 2 à 3 mètres de puissance, alternant avec des bancs subordonnés de marnes jaunâtres et de calcaires compactes. Ces couches se prolongent au loin vers l’est, ainsi qu’on l’a observé plus haut, et le voyageur qui arrive d’Aïn Ousserah peut remarquer une série de lignes parallèles, à peu près de niveau, produites par les tranches de ces couches de grès, qui forment, vers le nord, des talus très-escarpés. Ces grès diffèrent entièrement, par leur aspect physique, des grès du terrain tertiaire moyen du Boghar. Ils sont beaucoup plus durs, moins calcaires, plus essentiellement quartzeux, d’un blanc grisâtre à l’intérieur, un peu jaunâtre à la surface extérieure. Ils donneraient de magnifiques pierres d’appareil pour les constructions. Ils renferment quelques petits nids de marnes ; parfois ils sont formés de grains de quartz laiteux à angles vifs, gros comme de petits pois.
- A l’ouest du col de Guelt es-Settel, les .grès s’enfoncent en stratification concordante sous des couches de calcaire alternant avec des marnes, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous, menée en travers du col de l’est à l’ouest.
- S. 55° E. m. - | N. 55° O. m.
- cO
- Fig. 108.
- Sur toute la largeur du col, les calcaires plongent au nord-ouest, et ils paraissent conserver cette pente aussi loin que la vue peut s’étendre vers l’ouest. Ils présentent une structure très-compacte, parfois presque cristalline.
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- x TERRAINS CRÉTACÉS. 289
- Leur couleur esl variable, café au lait, gris, couleur de chair; ils renferment des bancs de très-petites coquilles de 10 à 12 millimètres de diamètre, adhérentes à la roche.
- Un échantillon de calcaire gris a présenté la composition suivante :
- Carbonate de chaux........................................ o6r,92 20
- Carbonate de magnésie..................................... o ,o352
- Peroxyde de fer........................................... o ,oq5o
- Argile et quartz.......................................... o ,0169
- Silice gélatineuse libre.................................. o ,0200
- Eau....................................................... o ,0006
- Total........................ o ,9997
- Auteur : De Marigny.
- Ce calcaire donnerait de la chaux grasse par la cuisson.
- Les grès qui sont de l’autre côté du col, auprès du caravansérail, son! dirigés N. 35° E. m. et plongent au N. 55° O. m. de 2 3 degrés. On trouverait peut-être de l’eau ascendante au milieu des grès crétacés en choisissant un point où les couches ne seraient pas trop fortement inclinées. Les eaux pourraient surgir à la séparation des grès et des marnes qui s’y trouvent enclavées; mais on ne doit pas se dissimuler que le succès serait très-problématique, parce que les grès des environs de Guelt es-Settel se montrent très-peu riches en eau. Les quelques sources qu’on y trouve ont un débit excessivement faible. En face du caravansérail il y a une sorte de ravin dont le lit est formé par le plan même des couches de grès et est incliné comme elles de 20° à l’horizon. Ce lit est assez large sur le flanc de la montagne; mais, en arrivant au col, il s’étrangle entre des bancs de grès qui sont en saillie de 3 ou 4 mètres au-dessus de la couche qui sert de thalweg au ravin. Il a été facile d’y établir un barrage au moyen d’un myr en maçonnerie qui laisse en arrière de lui un réservoir de 4m, 10 de profondeur moyenne et de 81 o mètres cubes de capacité. Ce réservoir se remplit en hiver par les eaux de pluie et par les petites infiltrations qui se font jour, du dedans en dehors, à travers les fissures des bancs de grès. Celles-ci sont très-minimes, et se réduisent, en été, à quelques pleurs insignifiants. En été, l’évaporation solaire enlève beaucoup d’eau à ce réservoir, qui est dé-
- 3?
- Composition du calcaire créta de
- Guelt es-Seltel.
- Bassin alimeiitaire du
- cii ra 11 va usera i I do Guelt es-Scttol.
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- Moyens divers d’alimenter Guelt es Settel en
- eau potable.
- ‘290 EXPLORATION DU BENI MZAI3 ET DU SAHARA.
- couvert; aussi est-il exposé à s’épuiser rapidement, si de fortes colonnes passent par le caravansérail et vont s’abreuver au bassin. On remédierait à cet inconvénient en recouvrant ce dernier par une voûte en maçonnerie; mais l’administration recule devant la dépense d’un pareil travail. Il serait facile d’augmenter les ressources en eau de Guelt es-Settel en faisant un barrage semblable au précédent dans un ravin qui est à 2 kilomètres en amont de la Guelta, sur la rive droite de l’Oued Guelt es-Settel. Le lit de ce ravin est à fond plat ; il a ] 5 mètres de largeur entre deux têtes de roches de grès en place qui pourraient servir d’attaches au barrage. 11 faudrait enfoncer ce dernier jusqu’au grès en place pour que l’eau ne s’écoulât pas à travers le sable du fond du lit actuel. On accumulerait facilement derrière ce barrage beaucoup plus d’eau que dans la Guelta actuelle.
- Un troisième réservoir pourrait être construit à moins de frais sur le ravin compris entre le précédent et la Guelta. Ce ravin, au sortir de la grande formation de grès gris blanchâtre, s’épanouit en une petite plaine alluvienne ab.
- N. 55° O. m.
- S. 55° E. m.
- r. a
- e r
- Puis vient un rapide bc de 1 00 mètres de long environ et de 1 6° de pente, avec un encaissement maximum de 1 o mètres où il y a des creux naturels dans lesquels s’accumule l’eau de pluie. Au-dessus de ce rapide, on observe une partie cd dont la pente est moins forte. C’est une sorte d’éventail formé par 1a. réunion de plusieurs ravins. Au point de convergence des eaux en c, la vallée n’a que 7 mètres de largeur entre deux têtes de bancs de grès ; il serait facile d’y établir un barrage qui emmagasinerait beaucoup d’eau au moment des pluies d’hiver.
- Un puits a été creusé dans la cour du caravansérail au milieu des alluvions qui constituent le sol de la vallée. C’est une véritable citerne où se rendent les eaux qui tombent sur les terrasses du caravansérail.
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 291
- L’eau recueillie le 3i octobre i855 a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 1 5.)
- Chlorures de sodium, de calcium et de magnésium.......... osr,o43o
- Sulfate de chaux......................................... o ,0280
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... o ,0918
- Peroxyde de fer, phosphates, silice...................... o ,o4oc>
- Matière organique........................................ Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau........ o ,2028
- Auteur : Vatonnk.
- C’est une eau excellente pour la boisson.
- Le caravansérail est bâti sur un terrain argilo-sableux très-perméable aux eaux. On pourrait y.créer une source artificielle en drainant une étendue d’un hectare. Le tube collecteur de tous les petits drains devrait être pourvu d’un robinet qu’on ouvrirait seulement lorsqu’on aurait besoin d’y puiser de l’eau.
- Sur le revers nord du Djebel Oukeil, à peu de distance du caravansérail, il y a un gîte de gypse (pierre à plâtre), que nous n’avons pas eu l’occasion de visiter encore, et qui paraît être l’analogue du gypse d’Aïounat. el-Hamir, que nous avons signalé à l’extrémité nord-est de la grande bande crétacée qui nous occupe.
- La composition du revers nord du Djebel Megzem a été indiquée plus haut, chapitre VII, p. i85.
- La bande crétacée qui s’étend du Djebel Merrich, à l’est, jusqu’au Djebel Goudjilah, à l’ouest, est traversée par plusieurs rivières qui coulent du sud au nord et le découpent en plusieurs massifs isolés par des bandes de terrain quaternaire. Nous les étudierons successivement.
- El-Merrich est un mamelon crétacé entouré de tous côtés par» le terrain quaternaire au-dessus duquel il s’élève d’une cinquantaine de mètres environ. On peut supposer, d’après les mouvements du sol, que ce mamelon est l’extrémité nord-ouest du Djebel Touila, qui relie la bande crétacée du nord à la bande crétacée mitoyenne. On y distingue deux points culminants. Le sommet oriental porte des entassements de pierres qui sont sans doute les ruines d’un ancien ksar. On y trouve des couches de calcaire ferrugineux,
- 3 7-
- Composition de l'eau du puits
- du caravansérail de
- Guelt es-Settel.
- Possibilité de créer une source artificielle par le drainage , auprès du caravanséra de Guelt cs-Sellcl,
- Gypse crétacé sur le revers nord du
- Djebel Oukcil.
- Terrain crétacé d El-Merrich.
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- 292
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- puits à creuser sur le mamelon d’El-Mcrricl).
- Massif crétacé d’El-Feali.
- cristallin, passant parfois à l’état d’hématite de fer brune. D’autres fois la roche est à l’état de dolomie grise, d’un éclat nacré. Il est impossible de juger sur ce sommet de l’allure des couches. Sur le sommet ouest, le calcaire do-lomitique se présente en couches dirigées N. io5° E. m. et plongeant au N. i5° E. m. de 8 à io°. En suivant la crête d’El-Merrich vers l’ouest, on voit des marnes jaunâtres enclavées en stratification concordante dans les dolomies grises. Ces marnes retiennent à leur surface les eaux de pluie et produisent des redirs où vont boire les troupeaux. C’est sans doute ce qui a fait supposer l’existence d’une fontaine (Aïn Merrich de la carte) sur ce mamelon. Un puits ordinaire qu’on ouvrirait à travers ces alternances de marnes et de dolomies donnerait sans doute de l’eau potable de bonne qualité à une profondeur de i5 à 20 mètres. H pourrait être placé sur le bord du ravin qui descend El-Merrich en coulant du nord au sud, pour aller se jeter dans l’Oued Chemara. Des bouts de galerie, creusés dans le puits à la séparation des marnés et des dolomies, augmenteraient le volume de l’eau.
- Le massif crétacé d’El-Feah s’étend sur une largeur de 12 kilomètres environ entre l’Oued Chemmarah et l’Oued Ousserah. Sur la crête principale, qui se trouve à 10 kilomètres E. S. E. d’Aïn Ousserah, il se compose de couches de dolomies grises et parfois blanches comme du lait, saccharoïdes, dirigées N. 8o° E. m. et plongeant au N. io° 0. m. de 1 o°.
- Les couches sont coupées d’une manière assez abrupte du côté sud-est, et produisent ainsi des escarpements dont la cime s’élève à 80 mètres environ au-dessus de la plaine diluvienne comprise entre la crête d’El-Feah et la ch aine des S eh a Rous.
- Fis. 110.
- C’est ce qu’indique la coupe précédente. Entre El-Feah et le caravansérail d’Aïn Ousserah, le sol est mamelonné et recouvert le plus souvent par la
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 293
- carapace calcaire diluvienne blanche, qui n’a qu’une très-faible épaisseur (quelques mètres au plus). La roche crétacée se montre au jour auprès du caravansérail sur la rive droite de l’Oued. C’est pour ce motif que nous avons colorié sur la carte en vert (terrain crétacé) tout le pays qui s’étend d’El-Feah à l’Oued Ousserah. On pourrait y rechercher de l’eau par des puits ordinaires que l’on creuserait à travers les couches dolomitiques jusqu’à la rencontre d’une assise de marnes.
- Le massif crétacé qui s’étend de l’Oued Ousserah, à l’est, à l’Oued Oueurg, à l’ouest, a une longueur moyenne de 44 kilomètres et une largeur moyenne de 8 kilomètres. Sa hauteur s’élève graduellement, de l’est à l’ouest, au-dessus des plaines quaternaires qui l’environnent.
- A l’est son point culminant se trouve sur le Djebel Sai'ada, à 8 kilomètres sud du caravansérail d’Aïn Ousserah. Ce sommet s’élève à 3o mètres environ au-dessus de la plaine. Il est formé de calcaire jaunâtre, à tissu compacte, dont les couches sont dirigées N. 45° E. m. et plongent au N. 45° O. m. de 5 à 6 degrés. Du côté S. E. se trouve un talus assez roide, incliné de 20 ou 2 5 degrés. Du côté N. E. le talus est formé par le plan même des couches qui s’enfoncent sous le terrain quaternaire.
- A 500 mètres nord du caravansérail d’Aïn Ousserah, sur la rive gauche de l’Oued, on a ouvert, pour la construction du poste, deux tranchées de 100 mètres de long, 4 mètres de large et 2 à 3 mètres de profondeur, suivant des couches de dolomies.grises dirigées N. 102° E. m., et plongeant au N. 1 2°E. m. de 58 degrés. On remarque, à la surface des couches, des concrétions cylindriques irrégulières de 1 à 2 centimètres de diamètre, qui pourraient être des végétaux pétrifiés. La partie supérieure des côuches crétacées est parfois friable, comme terreuse, d’un gris blanc; d’autres fois elle est dure et forme de longues lignes parallèles courant à la surface du sol, et séparées les unes des autres par des croûtes minces de calcaire quaternaire.
- Si du Djebel Saïada on marche à l’ouest vers le Djebel Noukra, on suit un plateau ondulé recouvert le plus souvent par la carapace quaternaire, mais sur lequel on voit affleurer de loin en loin des couches de grès ferrugineux crétacés, ce qui indique que la carapace quaternaire n’a qu’une très-faible épaisseur. La gorge de l’Aïn Mouilah, qui part de l’extrémité orientale du Djebel Noukhra, est encaissée dans des calcaires couleur de chair, com
- Massif crétacé
- compris
- entre 1 ()ue<l Ousserah
- et l'Oued Onei il roues!.
- "Si
- Gorge
- de l Ouod -Mouils.
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- 294
- EXPLORATION DO BENI MZAB ET DU SAHARA.
- pactes, à tissu très-serré et parfois saccharoïde. Ces couches sont associées a des dolomies grises cristallines et à des grès quartzeux à ciment ferrugineux rougeâtre; elles sont dirigées N. 8o° E. m. et plongent au N. io° O. m. de 34 degrés.
- Le lit de l’Oued Mouilah est à fond sableux jaunâtre, ou à fond de terre argileuse grise, contenant de nombreux débris de calcaire crétacé. Il ne roule pas d’eau, excepté en temps de pluie. Les Arabes y ont creusé des excavations irrégulières de 2 à 3 mètres de profondeur et de 2 à 5 mètres de diamètre en haut, qui, le 27 juin i858, étaient remplies cl’une eau verdâtre et croupissante. Au débouché dans la plaine diluvienne du nord, il y avait, à la même époque, des redirs pleins d’eau bourbeuse, où les femmes arabes allaient chercher de l’eau avec des bourriquets. Nous en avons vu une centaine occupées à remplir leurs guerbas (outres en peau de bouc). Un drainage fait suivant le thalweg de la vallée dans les terrains d’alluvions donnerait de l’eau courante, qui persisterait, sans doute, toute l’année. On aurait aussi de l’eau potable en creusant un puits ordinaire à travers les couches crétacées, et le prolongeant jusqu’cà une assise marneuse; à la partie supérieure de son cours, la vallée de l’Oued Mouilah s’évase et remonte jusqu’au plateau diluvien traversé par l’Oued Taguin, et qui longe le pied sud du Djebel Noukhra.
- Passons maintenant à l’extrémité occidentale du Djebel Noukhra. Cette montagne s’abaisse du sud au nord. Auprès du marabout de Sidi Hadjel, on trouve la carapace calcaire blanche quaternaire; mais le sol est ondulé, ce qui indique la présence de terrains plus anciens à une faible profondeur. En effet, on observe dans le lit d’un ravin voisin du marabout des roches de calcaire saccharoïde, couleur de chair, qui, en certains endroits, passent à la dolomie café au lait; elles sont dirigées N. 1 20° E. m. et plongent au N. 3o° E. m. de 10 degrés. Auprès du confluent de l’Oued Oueurg et de l’Oued Bettin, les couches crétacées du Djebel Noukhra paraissent horizontales; elles dessinent des courbes de niveau sur la rive droite de l’Oued Bettin, en formant une série de plateaux, ainsi que l’indique la figure ci-dessous.
- Le Djebel Boutouïdjin est une dépendance du Djebel Noukhra, et constitue, en quelque sorte, une sentinelle avancée vers l’ouest. C’est un tronc de cône couronné par un plateau circulaire de 100 mètres environ de diamètre, sur lequel se trouvent les ruines d’un ancien ksar. A la partie supé-
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- Ouwl Bel lin.
- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 295
- rieure, on observe une couche de calcaire jaunâtre compacte ou subcristallin, de 3 à 4 mètres de hauteur, taillée à pic sur tout le pourtour du plateau, ce qui faisait une défense naturelle pour le ksar. Les couches inférieures sont jaunes, tantôt fissiles ou marneuses, tantôt caverneuses. Les habitants du vieux ksar allaient chercher l’eau dans le marais de l’Oued Oueurg, qui se trouve à 4 kilomètres N. O. au pied du Djebel Boutouïdjin.
- o.
- E.'
- C
- 1
- Fig. ni.
- M. Marès, notre collègue à la Société géologique de France, a recueilli sur le Djebel Noukbra les fossiles suivants, caractéristiques de la craie chlo-ritée :
- Fissiles
- de la craie chloritée le Djebel Noukhra.
- Ostrea conica. — D’Orb. Crassatella Picteti. -— Coq.
- Le massif crétacé compris entre l’Oued Taguin et l’Oued Kosni se compose d’une chaîne principale, dirigée, en moyenne, du N. E. au S. O., et qui porte successivement les noms suivants : Djebel Daoura, Djebel Djedid Gherf, Djebel Amar Rhaddo, Djebel ben Ammade, Djebel Meghrounet, Djebel Metales; elle a une longueur d’environ 44 kilomètres; la largeur de la partie montagneuse proprement dite est d’environ 8 kilomètres, mais le terrain crétacé occupe une surface plus considérable. Il pousse, au nord et au sud, des ramifications peu prononcées à la surface du sol, et qui sont cachées bien souvent par une croûte peu épaisse de calcaire quaternaire. Les roches crétacées se montrent souvent à découvert au milieu de la carapace, aussi bien dans les dépressions de terrain que sur les croupes ondulées des mamelons qui rendent le sol inégal. On peut évaluer approximativement la surface de ce massif à 8oo kilomètres carrés (soit 5o lieues carrées).
- Massii crétacé compris
- entre l’Oued Taguin et l’Oued Kosni. Djebel Daoura. Aïn Hadjer.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Djeliel Dacnir.i.
- Aïn Hadjcr.
- Source thermale dite
- Aïii Pjeroh.
- Composition de l'eau thermale d Aïn Djeroh.
- On a vu plus haut que les couches crétacées sont sensiblement horizontales sur le Djebel Boutouïdjin, sur la rive droite de l’Oued Bettin; mais il n’en est pas de même sur la rive gauche de cette rivière. Du sommet du Bou-louïdjin, on les voit affecter des pentes très-diverses dans le massif du Djebel Daoura.
- B’Aïn Idadjer se trouve au pied du revers N. E. du Djebel Daoura, sur la route du ksar Zerguin; elle sort, par des trajets obliques à la ligne de plus grande pente, d’entre les couches de dolomies grises cristallines, à éclat cireux. Celles-ci sont dirigées N. 1 5° O. m. et plongent à l’E. 1 5° N. m. de 25 degrés; il y a deux groupes principaux de points d’émergence situés à 3 mètres en contre-bas l’un de l’autre. En se réunissant, ils forment un petit cours d’eau débitant 3 litres environ par seconde. Cette eau est limpide et de bon goût; elle nourrit des sangsues et des paludines. Sa température, le 18 mai 1Sô8, était de 19 degrés, celle de l’air en plein soleil étant de 2Ô degrés à une heure du soir. Cette eau n’est pas utilisée pour les cultures; elle sert aux voyageurs qui se rendent dans le Djebel Amour en passant par Zerguin et Taguin. Autour du bouillon des sources se trouve une enceinte de 5o mètres environ de diamètre, remplie de joncs, et qu’il faudrait drainer pour augmenter le volume des eaux. On pourrait prendre, en outre, une galerie normale à la direction des couches dolomitiques et dirigée au S. O. vers la montagne. On embrancherait sur cette galerie des traverses suivant les principales infiltrations. Le bouillon de l’Aïn Hadjer est entouré par un dépôt de poudingue quaternaire de om,8o d’épaisseur, qui, plus bas, passe à l’état de carapace calcaire.
- A 1,000 mètres sud de l’Aïn Hadjer se trouve l’Aïn Djerob. C’est une source thermale dont la température est de 2 7 degrés; elle débite 7 à 8 litres environ par seconde d’une eau limpide qui, recueillie le 18 mai 1858, a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 22.)
- Chlorure de sodium....................................... ogr,38i4o
- Sulfate de chaux......................................... o ,08600
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... o ,2 123
- Peroxyde de fer, silice.................................. o ,0180
- Matière organique........................................ Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau ..... o ,69770
- Auteur : Vatonne
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 297
- Après un refroidissement préalable, cette eau serait bonne pour les divers usages domestiques. Elle nourrit de nombreuses mélanopsides et des néritines; elle a donné lieu à un dépôt de gypse farineux blanc, mêlé de Gypse farineux calcaire terreux, et au milieu duquel on voit beaucoup de tiges végétales 'rS'Djerob. spathisées et dont le tissu organique a complètement disparu. H y a aussi des mélanopsides dont le têt est encroûté par un dépôt de calcaire (travertin). Cette source thermale sort du milieu d’un amas de gypse métamor- Gypse métamorphique
- -, . d’Ain Djerob.
- phique.
- Terrain quaternaire.
- Alluvioi
- Gypse. "
- é i ci
- La coupe ci-dessus, menée du N. E. au S. O. entre le Djebel Noukhra et le Djebel Daoura, indique la disposition de trois terrains, crétacé, quaternaire et alluvien, auprès de la vallée de l’Oued Bettin; elle montre qu’un puits artésien pourrait donner de l’eau jaillissante dans cette vallée en pénétrant dans le terrain crétacé jusque dans une assise marneuse ; mais nous ne pouvons rien dire sur la profondeur probable de ce sondage.
- Une deuxième source thermale se trouve à 2 kilomètres ouest de l’Aïn Djerob. Elle n’a pas d’écoulement visible au dehors. Son bouillon est situé à 17 mètres environ au-dessous de la surface du sol et l’eau s’écoule souter-rainement à travers les fissures de la roche crétacée. On y pénètre par une première excavation à ciel ouvert de 1 o mètres de profondeur sur 1 o mètres de diamètre. Le fond de cet entonnoir est ombragé par un betoum dont le tronc a om,4o de diamètre et 8 mètres de haut. C’est un arbre sacré pour les Arabes, qui suspendent à ses branches de vieux haillons de laine de toutes les couleurs.
- L’entonnoir a (fig. 11 3) communique avec une première grotte souterraine b, en forme de couloir incliné de 10 mètres de long, 5 mètres de
- 38
- Un puits artésien aurait
- des chances de succès dans
- le terrain crétacé sur les Lords
- de l’Oued Bettin.
- Source thermale des
- environs de Zerguin, dite
- Ain el-Hammam.
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-
-
- 298
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA
- hauteur verticale et 3 mètres de large. A la suite vient une deuxième grotte c de 7 mètres de long, 2 mètres de haut et im,5o de large. Au fond se trouve un petit bassin de om,3o de profondeur, im,3o de long et i mètre de large, rempli par l’eau thermale. C’est là que se baignent les femmes. Ce bassin communique par une ouverture d, qui a î mètre de haut sur om,8o de large, avec une troisième grotte souterraine dans laquelle se prolonge le réservoir d’eau thermale. C’est dans cette grotte que se baignent les hommes. L’air de la grotte c a une température de 3o degrés. L’eau thermale a une température de 42 degrés ; elle est limpide et manifeste une odeur sulfureuse très-sensible ; elle brunit fortement l’argent. Son goût est hépatique ; il ne s’en dégage pas de gaz.
- Fig. ii3.
- Composition L’eau recueillie le 18 mai 1 858 a présenté la composition suivante (voir
- i’eau thermaie le tableau n° 5 , analyse n° 2 ) :
- d'Ain el-Hainmam,
- Chlorures de sodium et de magnésium. ............................ 3gr,o5y5
- Sulfates de soude et de chaux.................................... r ,7455
- Carbonates de chaux et de magnésie............................... o ,1898
- Silice........................................................... o ,0/120
- Matière organique................................................ Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. 5 ,o348
- Auteur : Vatonne.
- Le sulfure de sodium primitivement contenu dans l’eau minérale était transformé en sulfate de soude au moment de l’analyse faite à Alger. On voit
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-
- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 299
- que l’eau d’Aïn el-Hammam est très-riche en principes salins et notamment en chlorure de sodium : elle diffère par là complètement de l’eau thermale d’Aïn Djeroh. Elle est très-fréquentée par les Arabes. Ils prétendent qu’elle se déverse dans l’Aïn Djerob, et que, lorsqu’on jette des brins de paille dans le Hammam, ceux-ci se remontrent au jour au bouillon de l’Aïn Djerob. Nous n’avons pu vérifier ce fait, qui, du reste, nous paraît vraisemblable, car l’on monte beaucoup lorsque l’on se rend de l’Aïn Djerob à l’Aïn el-Hammam. La roche dans laquelle sont contenues les diverses grottes de l’Aïn el-Hammam est tantôt un calcaire gris, compacte, se divisant en petits fragments irréguliers, reliés par une gangue argileuse grise; tantôt c’est une dolomie grise ; d’autres fois elle est blanchâtre et mélangée irrégulièrement de vert et de jaune. Sa structure est très-géodique ; on dirait qu’elle a été fouillée à plaisir par an sculpteur. En examinant le plongement des couches crétacées autour du gouffre de la source, on reconnaît qu’il rayonne autour de l’axe de ce dernier, comme si ce gouffre était une sorte de cratère de soulèvement. Ce gouffre se trouve dans le thalweg d’un ravin qui remonte à 100 mètres vers le nord, de telle sorte que les eaux pluviales peuvent s’écouler librement dans le réservoir de la source. Le lit de ce ravin est recouvert par une croûte peu épaisse de carapace calcaire quaternaire, qui est découpée comme par un emporte-pièce autour de l’ouverture qui conduit au Hammam. L’Aïn el-Hammam est d’un abord assez pénible pour les malades Il serait facile de ménager les rampes, de manière à rendre cette source plus aisément abordable.
- Fig. 114.
- L’Aïn Zerguin est une véritable rivière sortant du pied d’un mamelon do-lomitique où les couches sont dirigées N. 2 0° E. m., et plongeant à l’E. 2 0° S. m. de i5 à 20 degrés. Elle a deux points principaux d’émergence
- 38.
- Ain Zerguin.
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- 300
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- (a, b), qui sont situés dans un même entonnoir circulaire c peu profond et se réunissent après un parcours de i 2 à 1 5 mètres.
- L’eau sort de terre par une foule de petits bouillons amenant du sable du milieu d’une enceinte dont le sol est formé par des matériaux de transport argilo-sableux. Son débit est considérable et s’élève à 200 litres par seconde. Le 18 mai i858, sa température était de 19 degrés, celle de l’air étant de 6°,50 à 4 heures 45 minutes du matin.
- L’eau recueillie le 18 mai 18 58 a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 21):
- Chlorure de sodium....................................... ogr,342 7
- Sulfates de soude, de chaux et de magnésie............... o ,n38
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... 0 ,1827
- Peroxyde de fer, silice.................................. o ,0133
- Matière organique........................................ Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. o ,6525
- Auteur : Simon.
- Cette eau est très-bonne pour les divers usages domestiques ; elle a la plus grande analogie de composition avec celle d’Aïn Djerob.
- L’Aïn Zerguin est utilisée par les Arabes pour l’arrosage des céréales. Un ksar en ruines se trouve auprès de la source. Un petit bouquet d’arbres reste aujourd’hui comme témoin des jardins plantés autrefois par la population sédentaire qui habitait ce ksar. L’Aïn Zerguin nourrit beaucoup de méla-nopsides. Le ravin qui part de la source se prolonge en amont sur 500 mètres environ de distance, il est à sec sur ce parcours.
- Chaque année les pluies entraînent dans le bouillon des quantités plus ou moins considérables de déblais qui s’opposent en partie à la sortie des eaux et en diminuent le volume. Les Arabes enlèvent alors ces déblais et les déposent sur le bord de l’Oued, du côté par lequel viennent les eaux de pluie. Si l’on enlevait complètement la couche de déblais à travers laquelle sort l’Aïn Zerguin, de manière à mettre à découvert les points d’émergence hors de la roche dolomitique, on augmenterait sans nul doute le volume de la source, déjà si considérable. Des bouquets de joncs indiquent en effet que l’eau se trouve sous cette couche à une faible profondeur.
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 301
- A 1,000 mètres au sud-ouest d’Aïn Zerguin, se trouve l’Aïn Abbadia. Sa aï« alwiu. température est de 2 i°,5o; son débit, de 10 litres environ à la seconde.
- L’eau est limpide et de bon goût ; elle nourrit des mélanopsides et des néritines ; son cours serpente capricieusement au milieu d’une petite vallée alluvienne couverte de joncs; aussi une simple rectification de ce cours d’eau suffirait sans nul douté pour en augmenter notablement le volume. Le bouillon de la source est au pied d’un mamelon formé de dolomies grises dont les couches sont dirigées N. 54° E. m. et plongent au S. 46° E. m. de 32 degrés,comme l’indique la figure suivante.
- N. 46° O. m.
- Alluvions.
- T e r r
- 11 faut admettre l’existence de fissures transversales à la direction des couches pour expliquer l’apparition de la source au dehors. Celle-ci se trouve au fond d’une dépression de 3o mètres de diamètre supérieur et 5 mètres de hauteur, dont les talus sont inclinés à 45 degrés. Cette cuvette est remplie de menus matériaux de transport et couverte de joncs.
- Entre l’Aïn Zerguin et l’Ain Abbadia, il y a une ligne de petites sources; les unes débitent un dixième à un vingtième de litre à la seconde ; les autres n’ont pas d’écoulement et sont indiquées par des bouquets de joncs. Il serait lacile d’augmenter le volume de toutes ces sources en exécutant quelques travaux de déblais autour de leurs points d’émergence.
- L’Aïn Kaddera est située à 1 kilomètre S. 0. de l’Aïn Abbadia, Sa température moyenne est de 26 degrés; aussi peut-on la considérer comme de l’eau thermale. L’eau est très-bonne à boire et n’a aucun goût particulier. Elle nourrit des mélanopsides et des néritines. Son débit est considérable et s’élève à 60 litres à la seconde. La vitesse de l’eau à la surface de l’Oued est de om,355 par seconde. Nous l’avons déterminée au moyen d’un flotteur et d’une montre à secondes. Cette vitesse, multipliée par la section moyenne
- Ligue
- Je petites sources entre.
- l’Aïn Zerguin et l’Aïn Abbadia.
- Ain Kaddera.
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- 302
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- du canal et le coefficient 0,80, a donné le débit indiqué ci-dessus. Le même procédé a été suivi pour la belle source d’Aïn Zerguin. L’Aïn Kaddera surgit au fond d’un vaste entonnoir de 5o mètres environ de diamètre sur i o mètres de profondeur maximum, entaillé dans des couches dolomitiques dirigées N. 5o° E. m. et plongeant au S. 4o° E. m. de 27 degrés. L’eau sort à gros bouillons par plusieurs larges fentes que présentent les couches crétacées. L’un des bouillons est à la température de 22 degrés; tous les autres sont à la température de 26 degrés, et, comme ils sont beaucoup plus importants que le premier, le cours d’eau conserve la température moyenne de 26 degrés indiquée ci-dessus. En amont de l’entonnoir il n’y a pas de ravin ; à l’aval, l’Oued Kaddera coupe une petite chaîne dolomitique à travers laquelle il pénètre dans la plaine quaternaire de l’Oued Bettin. Des bouquets de palmiers ombragent les deux bouillons principaux.
- N. O. _ •- S. E.
- Terrain quaternaire.
- Fig. 116.
- La figure précédente indique la disposition des terrains crétacé et quaternaire auprès de l’Aïn Kaddera. Un dépôt de poudingue quaternaire de om,70 d’épaisseur s’observe autour des bouillons dans la cuvette abc. De même
- que les sources précédentes, l’Aïn Kaddera sert à l’irrigation des céréales.
- Aïn Fritizza, L’Aïn Fritizza est situé à 2000 mètres S. O. de l’Aïn Kaddera. Sa tem-
- pérature est de 22 degrés. Son débit calculé est assez considérable et s’élève à 3 o litres par seconde. L’eau est limpide et de bon goût. Elle nourrit des mélanopsides, des néritines, des crabes et des tortues. Recueillie le 19 mai 18Ô8, elle a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 20):
- Composition de l’eau Chlorures de sodium et de magnésium..............................' ogr,34o9
- d’Aïn Fritizza.
- Sulfate de chaux. .............................................. o ,1077
- A reporter.
- o ,4786
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 303
- Report...................... ogr,4786
- Carbonates de chaux et de magnésie. ...................... o ,i56o
- Silice.................................................... o ,oo5o
- Matière organique. ....................................... Indét.
- Poids total des sels par,kilogramme d’eau.... o ,63g6
- ' Auteur : Simon.
- Cette eau est très-propre aux divers usages domestiques; elle sort d’une enceinte circulaire de 5o mètres de diamètre et de im,5o de profondeur verticale, située au pied d’une croupe dolomitique, dont les couches sont dirigées N. 55° E. m. et plongent au S. 35° E. m. de 20 degrés. Le fond de cet entonnoir est couvert de détritus argilo-sahleux, à travers lesquels émerge la source. En amont se trouve un ravin de 100 mètres de long; à l’aval, le cours de l’Oued est dévié et sert à l’irrigation d’un jardin planté de figuiers presque sans culture. Dans la plaine diluvienne de l’Oued Bettin, on utilise l’Aïn Fritizza pour l’irrigation des céréales. Le lit de l’Oued Fritizza est coq-vert. de joncs, et l’on pourrait augmenter son débit en rectifiant son cours à travers ces plantes aquatiques.
- Entre Aïn Fritizza et Taguin se trouve un plateau faiblement ondulé montrant le plus souvent la carapace calcaire quaternaire, et couvert de chiah, que broutent des troupeaux de chameaux. Comme ce pays est sans eau courante, les troupeaux l’abandonnent pendant l’été. Dans la saison des pluies, il y a des redirs où ceux-ci vont s’abreuver. Tous les vallons qui traversent ce plateau coulent de l’ouest à l’est et se jettent dans l’Oued Bettin, qui prend plus haut le nom d’Oued Taguin. Le principal est l’Oued Berraous, qui a 3 2 kilomètres environ de longueur. Son lit est encaissé dans des terres argilo-sableuses jaunes ou dans la carapace quaternaire. Celle-ci n’a qu’une très-faible épaisseur. De loin en loin on observe, sur la route, des plaques de grès quartzeux, ferrugineux, crétacés. Ils affleurent aussi bien dans les bas-fonds que sur les coteaux. Entre l’Oued Berraous au nord et l’Oued Zarech au sud, se trouve un plateau allongé, à talus inclinés de 2 5 degrés vers le S. E., formé de couches presque horizontales de calcaires jaunes, cristallins, et de dolomies grises. Au N. O., ces couches sont cachées sous un manteau peu épais de terrain quaternaire. Elles plongent très-faiblement au S. E.
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- 304 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- La coupe ci-dessous, menée du S. E. au N. O., indique les dispositions relatives du terrain quaternaire et du terrain crétacé.
- N. O. S. E.
- crétacé.
- Fig, 117.
- Les puits ordinaires donneraient de l’eau
- dans les vallées de l'Oued Berraous et
- de l'Oued Zarcuh,
- Aïn Taguin.
- L’Oued Zarech est encaissé dans le poudingue quaternaire dont la gangue disparaît souvent ; il ne reste alors que des cailloux roulés parmi lesquels domine du calcaire compacte, crétacé, tirant sur le rose. Cette vallée renferme quelques gros bétoums (térébinthes). De même que celle de l’Oued Berraous, elle ne roule d’eau qu’au moment des pluies. Des puits ordinaires y fourniraient de l’eau, si on les approfondissait à travers les couches crétacées (calcaires, dolomies et grès) jusqu’à l’assise de marnes qui les supportent et que nous aurons l’occasion de signaler bientôt. Un puits artésien pourrait fournir de l’eau jaillissante sur les bords de l’Oued Bettin, à i3 kilomètres sud du ksar Zerguin. H traverserait d’abord les terrains alluvien et quaternaire de la vallée.
- Auprès de Taguin se trouve un ksar en ruines occupé autrefois par l’émir Abd el-Kader. Deux sources principales existent dans cette localité. L’une d’elles apparâît au milieu des alluvions de l’Oued Taguin et a un débit variable selon les pluies. Nous ne la citons en ce moment que pour mémoire. Nous en parlerons plus au long en décrivant le terrain quaternaire. La deuxième source de Taguin émerge du terrain crétacé comme celles de Fri-tizza, Kaddera et Zerguin. Sa température est de i9°,5o, son débit est d’environ 20 litres à la seconde. En apparaissant au jour, elle forme une petite mare entourée de tous côtés par des joncs, et le ruisseau qui en part serpente au milieu de ces plantes aquatiques qui en ralentissent le cours. Un drainage exécuté au milieu de ces joncs augmenterait certainement le débit de la source. L’eau a bon goût; elle est un peu louche, parce quelle entraîne avec elle un peu d’argile grise qui vient des assises inférieures du terrain crétacé.
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 305
- Cette eau, recueillie le 2 mars 1859, a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 26) :
- Chlorures de sodium et de magnésium.......................
- Nitrate de soude.......................................... o ,015g
- Sulfates de chaux et de magnésie.......................... o ,2967
- Carbonates de chaux et de magnésie........................ o ,2222
- Peroxyde de fer, silice................................... o ,0160
- Matière organique......................................... Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau...... o ,82 65
- Auteur : De Martgnï.
- Cette eau est bonne pour les divers usages domestiques.
- Auprès du bouillon d’Aïn Taguin, le terrain crétacé se compose de calcaire jaune, subsaccharoïde, dont les couches n’ont pas d’allures régulières. On observe en effet, à mesure qu’on s’élève du S. E. au N. E., les allures suivantes :
- Direction N. 1 5° O. m., pendage à l’O. i 5° S. m. de 20 degrés ;
- Direction E. O. m., pendage au S. m. de 3 à 4 degrés;
- Direction N. 45° E. m., pendage à l’E. 45° S. m. de 10 d egrés.
- Le massif de terrain crétacé de la rive gauche de l’Oued Taguin se poursuit vers le sud jusqu’à 6 kilomètres du ksar. Sur la rive droite de l’Oued Boumelii, affluent de l’Oued Taguin, les calcaires jaunes crétacés, à structure saccharoïde, sont en couches dirigées E. O. m. et plongeant au sud de 4 à 5 degrés. è
- Ces calcaires forment des plateaux à peine sensibles, élevés de 1 à 2 mètres au-dessus des alluvions de l’Oued et recouverts eux-mêmes plus au sud par la carapace quaternaire.
- Près de son confluent avec la vallée de l’Oued Taguin, la vallée de l’Oued. Boumelii est couverte de joncs qui se prolongent jusqu’à l’Aïn Taguin; aussi peut-on admettre qu’il y a entre l’Oued Boumelii et l’Aïn Taguin une nappe aquifère analogue à celle que nous avons signalée entre l’Oued Fritizza et l’Aïn Zerguin, et que l’on pourrait amener au jour par des tranchées.
- 39
- Composition do l'eau d'Ain Taguin.
- Nappe aquifère entre l’Oued Boumelii et l Aïn Zerguin.
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- 306
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Alllcincmcnt de calcaire crétacé, à () kilomètres sud
- de Tagiiir..
- Céréales
- d'un triste aspect entre Taguin et
- le Djebel ben Amniade.
- Marnes
- grises et violacées sous
- les calcaires et les grès crétacés.
- Il y a un très-dfaible affleurement de calcaire crétacé, à 9 kilomètres sud de Taguin, au milieu des alluvions de la vallée. 11 a 1 2 mètres de hauteur au-dessus du niveau général de la plaine, 1 00 mètres de longueur dirigée du N. E. au S. O., et 5o mètres de largeur. Il est formé principalement de calcaire café au lait, à tissu très-compacte subsaccharoïde. On y trouve aussi du calcaire jaune comme à Taguin. Il est impossible d’y reconnaître le sens de la stratification. Nous le considérons comme un petit annexe du massif crétacé des environs de Taguin.
- Nous allons couper transversalement le massif crétacé compris entre l’Oued Bettin et l’Oued Kosni, en nous rendant du ksar Taguin au ksar ben Am-made, situé k iq kilomètres N. N. O. du précédent. On traverse de nouveau dans cette direction l’Oued Zarech et l’Oued Berraous. Le terrain, qui, d’abord, est faiblement ondulé et formé de carapace quaternaire, présente des mouvements plus accentués à mesure qu’on se rapproche de la crête du Djebel ben Annnade. Le sol est couvert de thym et d’alpha, et quelques bé-loums croissent dans les bas-fonds. On observe dans ceux-ci de rares eui-(ures de céréales, qui présentent, en général, un fort triste aspect.
- A peu de distance de l’Oued Berraous, les premières couches crétacées que l’on rencontre sont dirigées au N. 1 io°E. m. et plongent au N. 20° E. m. de 10 degrés; mais bientôt elles plongent en sens inverse, par suite d’une ondulation, et la pente au sud devient générale sur tout le revers sud de la chaîne du Djebel Ammade. Cette pente, qui est de l\.5 degrés au pied de la crête, diminue à mesure qu’on s’élève. Au col d’El-Amraïa, les couches sont dirigées N. 126° E. m. avec une pente1 au S. 35° O. m. de 10 degrés; des calcaires blancs, compactes ou subcristallins, et des dolomies grises, à éclat cireux, occupent ici la partie supérieure de la formation crétacée. Au-dessous, viennent des grès quartzeux, blancs, passant parfois au poudingue et reposant eux-mêmes sur des marnes bleues et violacées avec cristaux de gypse. Ces marnes ont ime épaisseur assez forte, qui dépasse i5 à 20 mètres. Ce sont elles que l’on devra atteindre pour avoir de l’eau dans les puits que l’on creusera entre l’Oued Taguin et la chaîne du Djebel Ammade.
- Sur le revers N. O. de cette chaîne, les couches crétacées plongent parfois au N. N. E., mais ce n’est qu’un accident local résultant d’une légère inflexion des couches; le plus souvent la pente est vers le sud. Aussi la chaîne du Djebel ben Ammade présente, vers le N. O., une série de talus assez rapides,
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 307
- •apeiauiy asq pqaf(f
- 1
- inclinés à 35 degrés, et s’enfonçant sous la plaine quaternaire de l’Oued
- Oneurg. La coupe ci-contre, menée du S. S. E. au N. N. O., fait connaître cette disposition des couches crétacées.
- Le ksar ben Ammade est habité et renferme une trentaine de familles. Il est construit sur le revers N. O. du Djebel ben Ammade, sur la rive droite d’un petit torrent qui débouche dans la plaine quaternaire de l’Oued Oueurg, en traversant une sorte de porte étroite entaillée dans des couches do-lomitiques. Cette porte est située à l’aval du ksar, qui se compose d’une trentaine de maisons dont plusieurs tombent en ruines. Chaque maison comprend une cour sur le devant, et sur le derrière une chambre à rez-de-chaussée couverte par une terrasse. : Les murs sont en moellons reliés par un
- £ mortier de terre. Ce ksar a un aspect très-misérable. Quelques tentes s’élèvent dans les cours au milieu des ruines. Les principaux jardins et les cultures de céréales se trouvent sur la rive gauche du ravin. Leur superficie occupe une surface triangulaire de îoo mètres de base sur 200 mètres de hauteur, soit 1 hectare. La source qui les arrose est limpide, de très-bon goût, et nourrit des sangsues. Sa température était de 18 degrés le 23 mai r858, la température de l’air ambiant, au soleil, étant de 38 degrés à 2 heures du soir. Son débit est de 6 litres à la seconde.
- L’eau recueillie le 2 3 mai 1 858 a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 16):
- 39.
- Source
- ilu ksar ben Ammade.
- Composition de l’eau de la source de Ben Ammade.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Chlorure cle sodium.................................., . ogr,o5o9
- Sulfate de chaux...................................... o ,0272
- Carbonates de chaux et de magnésie..................... o ,2480
- Matière organique....................................... Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. . . o ,3261
- Auteur : Simon.
- Cette eau est excellente pour les usages domestiques. C’est la meilleure de toutes les eaux crétacées du sud. Le bouillon de la source se trouve à la séparation des dolomies grises cristallines et des marnes grises. (Jn conduit de 5o mètres de long, jalonné en dehors par de grosses pierres, l’amène dans un bassin naturel de 6 mètres de côté et de om,i5 de profondeur. De là elle passe dans les jardins plantés de très-beaux figuiers, mais où l’on ne voit que très-peu de cultures potagères. Ces jardins sont presque tous cultivés en céréales.
- En amont du bouillon de la source, on observe un escarpement abrupte de 1 2 mètres environ de hauteur verticale. Les couches de dolomie y sont dirigées N. 92° E. m. et plongent au S. 2° O. m. de i5 degrés. C’est sans doute à la présence des marnes et à un trajet oblique sur la ligne de plus grande pente qu’il faut attribuer la présence de la source qu’on vient de décrire.
- Une deuxième source, beaucoup moins importante, se trouve en amont du village, dans le lit d’un ravin qui va se jeter dans le torrent principal du ksar ben Ammacle. Sa température était de 17 degrés, celle de l’air, au soleil, étant de 35 degrés à 3 heures du soir. Son débit est d’un dixième de litre environ par seconde. L’eau s’accumule dans un réservoir et sert à l’arrosage de quelques jardins. Elle émerge à la séparation des marnes et des dolomies par un trajet oblique à la ligne de plus grande pente. Par suite d’une inflexion locale, les couches plongent ici vers le nord dans le lit même du grand ravin. On remarque, sous l’assise supérieure de dolomies, des marnes grises schisteuses associées à des calcaires gris, compactes ou marneux, en couches dirigées N. 1220 E. m., et plongeant au N. 32° E. m. de 45 degrés. A la séparation des marnes et des calcaires, il y a de petits suintements d’eau; aussi une galerie normale à la direction des couches, prise à partir du fond du ravin, recueillerait plusieurs de ces infiltrations et en augmenterait sans doute
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 309
- le volume. La coupe ci-clessous, menée en travers du ravin principal du ksar ben Ammade, indique la disposition des couches.
- 4 ’ ù
- N. E. m,
- t ci
- Fig. 119.
- Après leur réunion, les deux ravins a et b sortent par une espèce de brèche assez étroite c, lig. 120, pratiquée dans une petite crête dolomitique def, qui semble former un barrage en travers du vallon principal.
- Fig. 120.
- La source principale a un thalweg spécial qui sort par une dépression d, après avoir traversé la plaine faiblement déprimée, où se cultivent les céréales. Pas une goutte d’eau ne sort par ce thalweg. Tout est employé à l’irrigation.
- A 2 kilomètres ouest de Chellala, se trouve un ksar en ruines établi sur Travertin «t source
- . . ( , , cle l’ancien ksar
- un petit plateau de travertin de 4 a 5 métrés de puissance, traverse par une do cheiiau. source qui débite 3 litres à la seconde. L’eau est limpide, de très-bon goût, et nourrit des sangsues et de petites paludines ; elle sert à l’arrosage de quelques jardins et de céréales. Sa température est de 1 7°,5o. L’intérieur du ksar lui-même est cultivé. Le bouillon de la source est situé à 80 mètres sud de
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Ksar actuel de Cheïlaia.
- Composition de* l’eau de source du ksar actuel de Chellala.
- l’enceinte du ksaCj à peu près à la séparation des dolomies et des marnes, dans le fond d’une gorge resserrée. Les couches y sont dirigées N. S. m. et plongent à TE. m. de 2 5 degrés. Du reste, cette direction n’a rien d’absolu, et l’on observe des contournements fréquents. C’est par une direction oblique à la ligne de plus grande pente que les couches de la rive gauche du ravin peuvent alimenter la source dont il s’agit.
- S. K. | N. O.
- terrain quaternaire.
- Le ksar actuel de Chellala est bâti sur les deux rives d’un ravin qui va se perdre dans la plaine alluvienne de l’Oued Oueurg. 11 est à moitié ruiné, de même que le ksar de Ben Ammade, et les maisons y présentent, comme dans ce dernier, le plus misérable aspect. Il est remarquable cependant par la beauté de ses jardins couverts de superbes figuiers, et où l’on cultive beaucoup de plantes potagères.
- Une belle source d’eau limpide et d’excellent goût, débitant îo litres au moins par seconde, à la température de 19 degrés, sert à l’arrosage de ces jardins.
- L’eau recueillie le a3 mai 1858 a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 17):
- Chlorures de calcium et de magnésium........................ ogr,o84i
- Nitrates de potasse et de soude............................. o ,i32i
- Sulfate de chaux............................................ o ,o3g8
- Carbonates de chaux et de magnésie.......................... 0 ,2125
- A reporter. ................ o ,4685
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- TERRAINS CRÉTACÉS. 311
- Report................. ogr,4685
- Peroxyde de 1er, silice.............................. o ,o36o
- Matière organique.................................... Tndét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. . . o ,5o45
- Auteur : De Maiugny.
- Cette eau est très-propre aux divers usages domestiques; elle est remarquable par sa richesse en nitrates alcalins. L’Aïn Chellala sort à gros bouillons par les lentes d’une brèche dolomitique probablement quaternaire, reposant sur du calcaire schisteux gris, dont les couches sont dirigées N. 45° E. m. et plongent S. 45° E. m. de i5 degrés.
- En arrière de la brèche dolomitique, la dolomie se montre en place vers le sud. On y remarque des tiges d’encrines. La source émerge sur la rive droite du ravin, à ioo mètres du lit. Quelques infiltrations se font jour au pied de l’escarpement de brèche dolomitique, qui s’étend de la source au ravin sur 5 à 6 mètres de haut. Quelques-unes sont indiquées par des bouquets de joncs. La principale a un débit d’un tiers de litre environ à la seconde.
- Il y a des blocs épars de travertin auprès de la grande source de Chellala.-
- A 4 kilomètres S. O. de Chellala, se trouve la source d’Aïn Djelfala, que nous n’avons pas eu l’occasion de visiter.
- D’après les renseignements qui nous ont été donnés, elle débite 3 litres environ à la seconde.
- La carte marque une autre source, l’Aïn Seïd bel Djeniel, au nord du massif que nous venons de décrire. Nous ne l’avons pas visitée.
- En résumé, l’on voit que le massif crétacé compris entre Taguin, Zerguin et Chellala, est très-remarquable par le nombre et le volume des sources qu’il renferme.
- Nous avons réuni dans le tableau de la page suivante toutes les indications que nous avons recueillies à leur égard.
- Tiges dencrines dans les dolomies du
- ltsai- de Cliellal.i,
- Ain Djeffala.
- Ain Scïd Bel Djeniel.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET Dü SAHARA.
- U
- G C DÉBIT TEMPE- TEMPÉ- HEURE DATE
- O RATURE RATURE INDICATIONS
- a NOM DE I.A SOl'RCE. par de de
- o de de
- Cm seconde. l’observation. i'obscrvatfon. DIVERSES.
- S=> >£ la source. 1 air.
- Litres. Degrés. Degrés.
- 1 Ain Hadjer 3,00 19,00 2/,00 25,00 1*1 du soir. 18 mai i858. Idem. Goût excellent. Goût un peu fade.
- 2 Aïn Djerob * 7,00 n
- 0 Aïn cl-Hammam Inconnu. 4 3,00 „ Idem. Goût hépathique.
- Eau sulfureuse.
- 4 A ïn Zormii n 300,00 19,00 6,5o A1* 45' du matin. Idem. Goût excellent. ( Ligne, de sources en-
- 5 Ain 0,10 ir n Idem. i tre l’Aïn Zerguin et
- l’Aïn Abbadia ; elle 1 est indiquée par des
- 0 Ain o,oô 1/ H Idem.
- bouquets de joncs.
- Ain Àbbadia 1 r» on 2 1 ,00 ,, t 1 9 mai 1858. Idem. Idem. Goût excellent. Idem. Idem.
- 7 8 Aïn Kaddera , , , , t 22,00
- 9 Ain Kaddera [b) 60,00 36,00 „ „
- 1 O Ain Fritizza 3o,oo 30,00 2 2 ,00 II Idem. Idem.
- Aïn Tnmiin 19,50 Idem.
- Au conüueot dcl Oued
- Boumclil et de l'Oued
- Oued Boumclil. » X u Idem. Taguin, nappe aquifère indiquée par des
- joncs.
- i3 Ain ben Ammadc (a)( G,oo 16,00 3o,oo a11 du soir, 2.3 mai 1858. Goût excellent.
- au soleil.
- 1A l 0 Ain ben Ammadc (6). Source de 1 ancien ksar de Chcl- 0,10 17,00 35,oo 31' du soir. Idem. Idem.
- I n i a 3,00 17,50 n H Idem. Idem.
- 16 Source du ksar actuel de Chel-
- lala (a), 10,00 19,00 U 71' du soir. Idem. Idem.
- *7 Source du ksar actuel de Chel-
- lala ( î») , . 0,33 * II Idem. Idem. Idem.
- i» Aïn Djcflala 3,00 " U « <• Non visitée.
- ‘9 Ain Seul ben Djemel " " II " » Idem.
- Débit total des sources. . 35a,58
- Le débit total des sources que nous avons pu jauger est cle 35o litres environ par seconde, dans la deuxième quinzaine de mai i858, après un hiver presque sans pluie dans le sud. La plupart de ces sources ont un volume considérable. La plus importante de toutes est l’Aïn Zerguin, dont le débit s’élève à 200 litres par seconde. C’est une véritable rivière à la sortie du roc. Jusqu’ici nous n’avons pas eu l’occasion d’observer une si belle source dans les provinces d’Oran et d’Alger. Le simple examen du tableau précédent montre que l’opinion généralement répandue que l’eau manque dans le sud - est complètement fausse. Aucun village du Sahel n’a de sources aussi belles que celles de Zerguin, Kaddera et Fritizza. Plusieurs d’entre eux n’ont pas un litre d’eau par seconde pour les besoins économiques des habitants, et n’ont pas d’eau courante pour irriguer leurs terres. La plupart des colons du Sabel se
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- TERRAINS CRÉTACÉS. 313
- contentent cle l’eau de pluie; quelques-uns, en bien petit nombre, ont établi des norias.
- Dans la partie que nous étudions aujourd’bui, l’eau ne manquerait pas pour établir de beaux villages. Les jardins des ksar Chellala et Ben Ammade montrent ce que l’on peut faire avec de l’eau : ce sont les seuls points où les Arabes aient planté et entretenu des arbres. Les autres sources, ou ne sont pas utilisées par eux, ou bien ne servent qu’à des cultures de céréales. On pourrait en tirer parti pour faire des cultures industrielles d’un plus grand rapport, telles que le tabac, la garance, le coton; et, comme leur débit pourrait être augmenté, tantôt par quelques travaux de drainage, tantôt au moyen de galeries souterraines, nous pensons qu’un bon aménagement de ces eaux suffirait pour faire à la fois les cultures de céréales nécessaires aux besoins des habitants et les cultures industrielles qui les enrichiraient. L’exécution du réseau de chemins de fer algériens permettrait, il nous semble, de réaliser cette idée. Les transports dans les plaines du sud se feraient par des chameaux qui amèneraient les produits jusqu’à Amoura, dans la plaine du Chélif.
- On a vu plus haut que la plaine du massif crétacé qui nous occupe est de 800 kilomètres environ. Nous ne connaissons pas la quantité d’eau de pluie qui tombe annuellement dans cette région. A Alger, cette quantité est de om,86 en moyenne; si nous l’évaluons à om, 1 o pour le sud, ce sera très-probablement. bien au-dessous de la vérité. Cette hauteur d’eau correspond, pour tout le bassin, à 80 millions de mètres cubes. Or l’année comprend 3 1,536,ooo secondes; en divisant ces deux nombres l’un par l’autre , le quotient 2m3,536 représentera le débit par seconde, qui peut écouler, au bout d’un an, l’eau de pluie tombée à la surface du sol dans le même laps de temps. Le débit des sources que nous avons mesurées n’est que le septième de ce nombre. Comme les couches crétacées plongent, en général, vers le sud et le sud-est, ainsi que l’indiquent les flèches portées sur la carte géologique jointe à ce travail, on peut admettre que la plupart des sources que nous venons de décrire sont dues aux eaux de pluie qui tombent à la surface du terrain crétacé, traversent en partie les couches supérieures de calcaires, dolomies et grès, à travers les fissures de ces roches, et sont arrêtées, soit par les couches non fissurées, soit parla grande assise de marnes grises que l’on voit tout le long du revers N. 0. du pâté montagneux dont il s’agit. La pente
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- l.cs puits ordinaires que l'on creusera dans le massif crétacé compris entre Taguin , lien Ammade et Zerguin donneront de l'eau qui remontera à une certaine hauteur au-dessus du fond.
- Djehel .Mouzchhnudje.
- des couches vers le S. E. explique pourquoi les’sources les plus nombreuses et les plus importantes se font jour au pied du revers S. E. de ce massif. L’abondance de ces sources et la pente générale des couches démontre encore que, dans l’espace triangulaire privé d’eau, compris entre l’Aïn Taguin, l’Aïn Fritizza et l’Aïn ben Ammade, on aura de l’eau par des puits ordinaires qu’on poussera jusqu’à la grande assise marneuse. Ces puits pourront avoir une profondeur de 5o à 70 mètres. Il est très-probable qu’ils donneront un volume d’eau considérable, qui aura même une certaine puissance ascensionnelle, sans qu’on puisse assurer que l’eau s’élèvera jusqu’au jour,
- Parmi les dix-neuf sources signalées ci-dessus, l’Aïn el-Hammam, qui est à la fois thermale et minérale, est très-chargée de matières salines. Toutes les autres sources fournissent de l’eau potable excellente à boire, dont la température varie le plus souvent entre 17 et 22 degrés. L’Aïn Kaddera et l’Aïn Djerob, dont les débits sont considérables, fournissent exceptionnellement de l’eau aux températures de 26 et 27 degrés. On peut admettre 1 7 degrés pour la température moyenne des sources produites par les infiltrations qui ont traversé les couches superficielles du terrain crétacé (petite source du ksar Ben Ammade, source du vieux ksar de Chellala). L’accroissement de température de 10 degrés présenté par l’Aïn Djerob correspondrait à une profondeur de 200 mètres, à raison de 20 mètres pour un accroissement de température de 1 degré. Cela donne une idée de la profondeur maximum que devrait atteindre un sondage pour parvenir jusqu’aux diverses nappes cl’eau qui alimentent ces sources.
- Il nous reste à parler du massif du Djebel Goudjila pour terminer ce que nous avons à dire sur la bande crétacée qui nous occupe.
- De Chellala nous sommes allé au Djebel Mouzebboudje, qui est un chaînon détaché du Djebel Goudjila. On traverse d’abord une colline crétacée qui part du ksar Ben Ammade, et sur laquelle se trouvent des couches de calcaire blanc à cassure terreuse, dirigées N: O. ni. et plongeant au S. O. m. de 5 à 6 degrés. On descend ensuite dans la plaine diluvienne de l’Oued Kosni, où l’on ne trouve que du chiali. Le sol est formé par la carapace calcaire quaternaire d’un blanc grisâtre à l’extérieur, d’un brun rougeâtre et zonée à l’intérieur. Le plus souvent cette carapace est cachée par une couche de terre végétale jaunâtre, calcaire, plus ou moins épaisse.
- Le Djebel Mouzebboudje est couvert de thuyas de pelites dimensions, for-
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- TERRAINS CRÉTACÉS.
- 315
- niant des buissons de 2 à 4 mètres de haut. 11 se compose essentiellement de dolomies cristallines, d’un gris presque blanc, à éclat nacré à l’intérieur.
- Les couches sont dirigées N. O. ni. et plongent au N. E. m. de 10 degrés.
- Du sommet du Mouzebboudje, on aperçoit à merveille le massif du Djebel Goudjila. Celui-ci est une montagne à crête dentelée, présentant, vers le nord, des talus abruptes, sur lesquels les couches montrent leurs tranches, qui se dessinent par de longues lignes de niveau. La partie supérieure paraît composée de dolomies et la partie inférieure de marnes violacées, comme sur le col d’El-Amraï dans le Djebel ben Ammade. On aperçoit dans une gorge les jardins verdoyants du ksar Goudjila, qui sont arrosés par une belle source Amctk»arKou<ijiia. que nous n’avons pu visiter.
- Le massif du Djebel Goudjila appartient au cercle de Tiaret (province d’Oran). Il s’élève à 25o mètres environ au-dessus de la plaine quaternaire qui est à ses pieds. C’est le massif le plus élevé de toute la bande crétacée qui nous accupe.
- La figure ci-dessous indique le profil que le Goudjila présente à l’observateur placé au sommet du Mouzebboudje.
- s
- 5
- o
- n
- Djebel Goudjila.
- Fig. 122.
- Au nord de la grande bande crétacée que nous venons de décrire, il y a une série de croupes ou pitons isolés appartenant au terrain crétacé, et formant une ligne dirigée approximativement du S. E. au N. E. Ces pitons semblent être un appendice détaché du Djebel Goudjila, et c’est pour ce motif que nous allons en parler en ce moment.
- Le Djebel Bizza se relie directement au massif du Djebel Goudjila, et n’est DjcbeiBiz™. séparé du Djebel Reuchiga que par une bande étroite de terrain quaternaire.
- ko,
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- Koudiat Fcdoul , gypse métamorphique.
- Koudiat Belbella, gypse métamorphique.
- Ilot crétacé situé
- sur la rive gauche de
- i'Oucd Bouglte/.oul.
- 3IB EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Le Koudiat Fedoul est situé à i 4 kilomètres N. E. du Djebel Reuchiga, et s’élève à 1 5 mètres environ au-dessus du niveau général de la plaine quaternaire qui l’entoure. 11 se compose principalement de calcaire gris compacte, de calcaire gris saccharoïde, probablement dolomitique, et de grès quartzeux gris, passant au quartzite. Les roches ne présentent pas de stratification régulière. Cela tient à une apparition de gypse métamorphique.
- Le Koudiat Belbella, qui couvre une superficie de i,5oo mètres de long sur 1,000 mètres de large, s’élève comme un piton volcanique de 20 mètres de haut au-dessus de la vallée alluvienne de l’Oued Belbella, sur la rive droite de cette rivière, à 6 kilomètres S. 0. de son confluent avec le Nahr Ouassel. Il est formé de terrain crétacé, calcaire gris bleuâtre, compacte, et calcaire jaune dolomitique, traversé par des marnes gypseuses. Une éruption de gypse métamorphique parait avoir bouleversé les couches crétacées du Koudiat Belbella.
- Le dernier îlot crétacé se trouve à 26 kilomètres S. O. de Boghar, sur la rive gauche de l’Oued. Boughezoul. 11 occupe une surface de 1,200 mètres carrés environ. 11 est formé par des couches schisteuses et micacées verdâtres, dirigées N. 1 o5° E. m. et plongeant au S. 1 5° O. m. de 45 degrés. Dans certaines assises, la roche passe à l’état de quartzite brun. Il n’y a pas de fossiles non plus que dans les deux précédents, et c’est d’après le caractère minéralogique des roches que nous les plaçons dans le terrain crétacé. Il est entouré de terres argilo-sableuses jaunes, quaternaires, au milieu desquelles sont, disséminés des cailloux roulés de diverses natures.
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- TERRAIN NUMMULITIQUE.
- 317
- CHAPITRE XIV.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- TERRAIN NUMMULITIQUE.
- Le terrain nummulitique couvre dans le sud une surface de 200 kilomètres carrés environ. Il forme une bande étroite dirigée du N. O. au S. E. et qui se divise en deux massifs principaux; l’un d’eux fait partie intégrante du Tell, l’autre, qui est le plus important, commence à Birin et se poursuit jusqu’au pied du Djebel Touila.
- Le massif nummulitique du Tell constitue une crête saillante, allongée du S. E. au N. O. et dominant les terrains quaternaires du sud. Au N. E. il s’enfonce sous le terrain tertiaire moyen. A l’extrémité S. E. du massif, il se compose de coucbes de calcaire grisâtre, pétri de nummulites. Certaines couches sont marneuses, de sorte que les nummulites s’en isolent facilement; leur diamètre s’élève à om,oio. Les calcaires nummulitiques sont dirigés N. 1 5° E. m. et plongent à l’E. 1 5° S. m. de 20 degrés. Au-dessus de ces calcaires, on remarque des couches de grès quartzeux, grisâtres, faciles à égrener, dirigées N. 1 2 4°E. m., et plongeant N. 34° E. m. de 20 degrés. Ces grès appartiennent au terrain tertiaire moyen; il n’ont pas la même direction que le calcaire nummulitique qui les supporte. A 8 kilomètres environ O. N. O. du point précédent, auprès de la Koubba Sidi bou Abdallah, les calcaires nummulitiques sont dirigés N. 1 270 E. m. et plongent au N. E. m. de 4o degrés. 11 en résulte une ligne d’escarpements très-abruptes, qui regardent le S. E. et sur lesquels se dessine une zone blanche, formée de silex blancs à la surface et noirs ou blonds à l’intérieur. Ces silex reposent sur des marnes d’un vert jaunâtre. Au-dessus des calcaires nummulitiques vient en stratification concordante une série de couches de grès quartzeux blancs, de marnes jaunes ou lie de vin, au milieu desquelles on remarque une couche épaisse de gypse rose et blanc et une couche de silex noir. En marchant vers le N. E.,
- Terrain nummulitique.
- Massif nummulitique du Tell.
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- 318
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ces assises se confondent avec celles du terrain tertiaire moyen. Comme, au reste, le pays n’est pas levé, nos études géologiques se ressentent nécessairement de l’imperfection de la carte qui était à notre disposition.
- Le massif nummulitique du sud comprend une partie accidentée, qui constitue le petit système montagneux de Birin, et une partie plate, qui forme un plateau élevé allant de Birin au pied du Djebel Touiia.
- Le système montagneux de Birin se compose d’une série de crêtes étroites dirigées à peu près de l’est à l’ouest, et comprenant entre elles des vallées allongées dans le même sens, qui débouchent, soit au nord, soit au sud, par des coupures transversales telles que ab, a'b', cd, c d!.
- N.
- S.
- Fig. iî3.
- Il résulte de celte configuration géographique une série de bassins isolés les uns des autres, dans lesquels il serait facile de faire des réservoirs d’eau, au moyen de barrages que l’on établirait à la surface des gorges ab, cd.
- La roche dominante à Birin est formée de calcaire blanc sale, cristallin, avec nummulites, contenant des rognons siliceux, blonds ou noirs , parallèles à la stratification des couches, et produisant d’ordinaire des saillies sur les tranches de ces dernières. Ces rognons se fondent par leurs bords avec le calcaire, et quelques-uns renferment des nummulites, ce qui indique qu’ils sont postérieurs au dépôt du calcaire, et qu’ils ont été produits par des mouvements moléculaires autour d’un centre d’attraction. Le calcaire nummulitique se présente en couches épaisses souvent très-fîssurées, et pourrait être exploité comme marbre; parfois on y trouve des taches vertes dues à quelques grains de cuivre gris décomposé. En certains points, il est d’un gris très-clair, à structure saccharoïde, et ressemble beaucoup au calcaire nummulitique de la chaîne du Jurjura dans la Kabylie. A Birin, on y trouve enclavés des bancs de marnes grises et de grès quartzeux blancs passant au quartzite gris clair. La face de contact du quartzite et du calcaire n’est pas
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- TERRAIN NUMMULITIQUE.
- 319
- un plan régulier. La face supérieure du banc de quartzite paraît avoir été ravinée avant le dépôt de la couche de calcaire qui le recouvre, et celle-ci renferme dans sa masse des blocs roulés du quartzite qui est en-dessous.
- Calcaire nummulitique.
- Quartzite.
- Calcaire nummulitique.
- Fig. 124.
- A l’extrémité S. E. de la chaîne, auprès de la bergerie du gouvernement, les couches de calcaire dolomitique sont dirigées N. 1 120 E. m. et plongent au N. 220 E. m. de 5o degrés. En marchant vers l’ouest, la pente se conserve dans le même sens. Un peu avant Bir Snoussen, à l’affleurement des quart-zites, les couches sont dirigées N. 1 io*\E. m. et plongent au N. 2o°E. m. de i5 à 20 degrés.
- s.
- Fig.
- La coupe ci-dessus, menée du sud au nord, indique le relief du terrain auprès de ces quartzites. A Bir Snoussen, les couches sont dirigées N. i35° E. m. et plongent au N. 45° E. m. de 38 degrés.
- Si de la bergerie du gouvernement on se dirige vers le N. N. O., du côté du Kef el-Birin, on trouve dans le centre de la chaîne nummulitique une cuvette étranglée en son milieu, comme l’indique la figure ci-après, et résultant de l’inflexion même des couches calcaires.
- Les lignes de pente se dirigent toutes vers le centre de la cuvette. Les
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- eaux qui tombent dans l’intérieur de cette cuvette s’écoulent, en partie, les unes au nord par la gorge a de Kef el-Birin, les autres au sud par la gorge b de la bergerie. Il y a, en outre, une partie des eaux de pluie qui s’infiltre sou-terrainement, à travers les fissures du calcaire dolomitique, jusqu’à l’assise inférieure de marnes grises, à la surface de laquelle elle forme, sans doute,
- N.
- Fig. 126.
- Un puits artésien aurait
- des chances de succès dans
- le terrain nummulitique entre
- le puits de la bergerie et le Kef el-Birin.
- une petite nappe aquifère douée d’une force ascensionnelle. Si donc on faisait un puits artésien sur la ligne ab, à peu de distance du Kef el-Birin, il est probable qu’il donnerait de l’eau ascendante, et peut-être même jaillissante, à une faible profondeur (60 ou 80 mètres). La nappe serait, au reste, peu importante. Au Kef el-Birin, les calcaires sont dirigés N. q5° E. m. et plongent au S. O. m. de 70 degrés environ. A une petite distance au nord, ils plongent de nouveau au N. m. comme dans presque toute la chaîne. Ainsi la cuvette centrale dont on vient de parler n’est qu’un accident remarquable en ce qu’il peut fournir de l’eau ascensionnelle.
- Terrain quaternaire.
- u l i t i
- Fig. 127.
- La coupe ci-dessus, menée du nord au sud par le Kef el-Birin, indique l’allure générale des couches nummulitiques dans le massif montagneux de Birin. On y voit les vallées longitudinales dont il a été question plus haut.
- Puits de Birîn. Plusieurs puits existent autour de la chaîne de Birin, auprès des coupures
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- TERRAIN NÛMMULITIQUE. 321
- transversales par lesquelles ces vallées longitudinales débouchent dans la plaine. L’un d’entre eux est situé à l’extrémité orientale du massif montagneux de Birin. H a 6 mètres de profondeur sous le sol. L’administration française s’en est servie pour alimenter un réservoir en fonte; à cet effet une galerie souterraine de 75 mètres de long, dans laquelle on a établi des tuyaux en poterie, amène l’eau du puits dans le réservoir. Le débit de la source est très-faible, il n’est que de oüt, 10 par seconde.
- L’eau recueillie le 8 mai 1 858 a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 3 1 ) :
- Chlorures de sodium, de potassium et de magnésium.......... 0^,0982
- Nitrate de soude......................................... o ,0162
- Sulfates de chaux et de magnésie. ....................... o ,o83o
- .Carbonates de chaux et de magnésie...................... o ,0822
- Peroxyde de fer, silice.................................. o ,oi5o
- Matière organique........................................ Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau....... o ,2646
- Auteur : De Marigny.
- Cette eau est très-pure et excellente pour les usages domestiques.
- On construisait, lors de notre passage, auprès du réservoir en fonte, un réservoir en maçonnerie, capable d’emmagasiner toute l’eau débitée par la source en 2 4 heures, La ligure ci-dessous indique la coupe du puits par un plan N. S.
- N. . S.
- A < Remblais. e? e?
- Gâterie,
- Fig. 128.
- Sur la face nord, on trouve, à partir du sol, 2 mètres de débris de
- 4i
- Composition de i’eau du
- puits de Birin.
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- 322
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- s de la bergerie de 13i ri «.
- calcaire nummulitique, à angles vifs, entassés sans ordre dans des remblais terreux. Au-dessous viennent, sur 4 mètres de hauteur, des couches régulières de calcaire nummulitique plongeant au N. m. de 4o degrés environ. Sur les faces est et ouest du puits, il n’y a que des déblais. Dans la face sud, on remarque au fond du puits, sur une hauteur d’un mètre, du calcaire blanc, tendre, humide, associé à de l’argile verte; c’est de cette couche que provient la source du puits. Pour augmenter le débit de cette source, il conviendrait d’exécuter, à partir du fond du puits, une galerie dirigée vers l’E. m. suivant la direction de la couche aquifère.
- Ce puits est placé en a sur la rive gauche d’un ravin donnant écoulement vers le sud à une vallée dirigée de l’est à l’ouest. Il est en dehors des allu-vions de ce ravin, contre la crête b qui en resserre le débouché; la gorge bc pourrait être fermée par un barrage de 5o mètres de large. On emmagasinerait ainsi à l’amont du barrage un volume d’eau assez notable, au moyen des pluies qui, parfois, tombent à torrents. Le fond du bassin de réception ef est couvert, en effet, d’une terre argilo-calcaire grise, couverte de gazon. Une portion des eaux de pluie serait maintenue à sa surface au moyen du barrage; si ce dernier reposait sur le terrain nummulitique lui-même, l’eau absorbée par les alluvions du bassin ef ne pourrait plus se perdre à travers la gorge c b, et les puits creusés dans cette vallée donneraient de l’eau alors même qu’il n’en resterait plus à ciel ouvert dans le bassin de réception.
- Le puits de la bergerie est situé à i,5oo mètres environ à l’ouest du puits précédent, derrière une crête de calcaire nummulitique et à quelques mètres de la rive gauche d’une gorge qui débouche au sud. Ce puits a été creusé par l’administration auprès d’un puits arabe, qui existait primitivement dans le thalweg de cette gorge et qui avait été comblé par une crue d’hiver.
- Le puits français a pénétré dans le calcaire nummulitique. Comme il donnait peu d’eau, on a déblayé le puits arabe contenu dans les alluvions de la
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- TERRAIN NUMMULIT1QUE.
- 323
- vallée. On a fait communiquer les deux puits par une galerie de 1 o mètres de longueur, et l’on a creusé, en outre, à partir du fond du puits français, une deuxième galerie de 7 mètres de long dirigée vers le nord, à travers les couches nummulitiques. Aujourd’hui ce puits renferme 6 mètres d’eau d’un assez bon goût.
- On pourrait barrer également la gorge qui débouche auprès du puits de la bergerie et former en amont un réservoir d’eau.
- Un troisième puits se trouve au sortir de la gorge qui débouche au pied du Kef el-Birin; on l’appelle Bir Sedira. Il est creusé dans les alluvions argilo-sableuses et donne de l’eau à 5 mètres de profondeur. Une rampe conduit au réservoir d’eau. Celle-ci est verdâtre et dégage une très-mauvaise odeur; a l’entour de ce puits, on en voit plusieurs autres qui sont comblés aujourd’hui.
- Le puits de Bir Snoussen est situé à l’extrémité ouest de la chaîne de Bi-rin, à la sortie d’une gorge débouchant au sud dans une plaine diluvienne. 11 est creusé au milieu des alluvions, et donne de l’eau à 5 mètres de profondeur sous le sol. Il est très-fréquenté par les Arabes, qui viennent de très-loin pour y puiser l’eau; celle-ci est fraîche et de bon goût. En amont du puits, les crêtes rocheuses qui encaissent les deux rives de la gorge sont à i 9 mètres de distance l’une de l’autre. Il serait donc très-facile de barrer cette gorge, et l’on se procurerait en amont un réservoir d’eau assez considérable.
- M. le maréchal Randon, gouverneur général de l’Algérie, a fait établir à Birin un troupeau destiné à améliorer la race ovine du sud. Ce troupeau se compose de cinq cents brebis indigènes et soixante et dix neuf chèvres; les béliers mérinos, au nombre de trente-six, sont à Berouaguia. Les brebis ont été choisies avec le plus grand soin ; leur toison est très-blanche. En temps ordinaire, elles parquent à ciel ouvert. En hiver, dans les très-grands froids, on les met à l’abri sous des hangars dont les toitures sont recouvertes d’alfa. On cherche à les conserver, autant que possible, à l’état de rusticité, afin de se rapprocher des conditions générales dans lesquelles se trouvent les troupeaux entre les mains des Arabes. On a essayé, d’abord, d’améliorer les qualités des laines en faisant un bon choix parmi les béliers indigènes; mais cet essai n’a pas réussi, parce que les défauts se transmettent du grand-père au petit-fils.
- Les environs de Birin sont complètement déboisés. L’alfa y manque éga-
- 4..
- l'uits du Kef el-Birin (Bir Sedira ).
- Puits
- dit Bir Snoussen.
- Bergerie
- du gouvernement.
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-
-
- Cultures de céréales de Birin.
- Plateau nunimulitiquc du sud.
- 324 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- lement. Le sol est recouvert généralement d’un gazon fin, très-bon pour les troupeaux. Ceux-ci sont obligés de changer de temps en temps de pâturage pour que l’herbe déjà broutée ait le temps de repousser. Ils s’écartent à une ou deux journées de marche de Birin. En hiver, l’eau de pluie qui mouille les plantes et celle qui s’accumule dans les redirs suffisent pour la boisson des troupeaux; mais, en été, ceux-ci sont obligés de se rapprocher de Birin, seul point où ils trouvent de l’eau potable dans un grand rayon autour de ce massif montagneux.
- D’après les détails que nous avons donnés sur ce massif, on voit qu’il serait facile d’y multiplier les puits à la sortie des gorges qui débouchent dans les plaines quaternaires du sud et du nord, et l’on pourrait, en outre, au moyen de barrages peu coûteux, faire des réservoirs d’eau, soit pour abreuver les bestiaux, soit même pour arroser des cultures de céréales.
- On trouve quelques cultures de céréales dans les diverses vallées longitudinales que présente le massif de Birin. En général la paille est courte, mais les épis sont bien fournis et assez fourrés. Les Arabes ont soin d’amener les eaux de pluie dans leurs champs, au moyen de petites levées de terre. La beauté de leurs récoltes est proportionnelle, en effet, à la quantité de pluie.
- Si, à partir de Birin, on marche dans la direction de l’E. S. E., on coupe successivement plusieurs crêtes de calcaire numniulitique, qui forment des bandes parallèles, mais non saillantes, à la surface du sol. Ces bandes sont dirigées de l’E. à l’O. m. et plongent au N. m. de 4o à 45 degrés. A 9 kilomètres E. S. E. de la bergerie, on ne trouve plus sur les mamelons que des fragments disséminés de carapace calcaire diluvienne, épars dans une terre sableuse, de couleur fauve. Tous ces mamelons constituent un plateau sensiblement horizontal et présentant des dépressions alignées de l’ouest à l’est magnétique, versant les eaux'de pluie dans la plaine quaternaire de l’Oued el-Makloufi. A 18 kilomètres E. S. E. de Birin, le calcaire numniulitique reparaît au jour. Le plus souvent, il est blanc comme à Birin et largement sac-charoïde ; d’autres fois il est d’un gris très-clair, à tissu subsaccliaroïde comme le calcaire du Jurjura; parfois il constitue une lumaclielle et forme des couches dirigées E. O. m. et plongeant au N. 111. de 45 degrés.
- Le sol nummulitique est plat et se troine au même niveau que le haut plateau quaternaire qui le sépare d’El-Birin. Aussi peut-on supposer que le terrain quaternaire n’a qu’une faible épaisseur et ne forme qu’un mince épi-
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- TERRAIN NUMMULITIQUE.
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- derme à la surface du terrain nummulitique. Le plateau nummulitique se poursuit au sud vers le Djebel Touila, et il y en a même une bande mince au pied du Djebel Teberguin. Une ceinture de terrain quaternaire empêche de reconnaître les rapports qui existent entre le terrain nummulitique et le terrain crétacé.
- N. i9° O.
- S- > 9° E.
- Tprr. aualern.
- T mini
- C a l c a i v
- B £ ; t I q
- Fig. i3o.
- Il n’y a pas d’eau courante sur le plateau nummulitique du sud. Quelques redirs, pleins en hiver, desséchés en été, se trouvent dans les vallées à fond argilo-sableux qui découpent ce plateau. Il nous paraît possible de construire à peu de frais des redirs qui emmagasineraient une plus grande quantité d’eau et la conserveraient plus longtemps. 11 suffirait d’approfondir les redirs existant déjà, de manière que la lame d’eau pût atteindre un mètre et plus de hauteur. Si l’on pouvait en même temps planter des arbres tout autour et les préserver de la dent des bestiaux, on diminuerait ainsi l’évaporation.
- Les puits ordinaires qu’on creuserait sur le plateau nummulitique donneraient aussi de l’eau à la rencontre des couches marneuses, et l’on augmenterait ensuite le volume de cette eau en creusant des galeries de niveau à la séparation des marnes et des calcaires encaissants.
- Amelioration â apporter dans
- les redirs naturels.
- Puits ordinaires à creuser dans le plateau nummulitique.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Poste
- il’Ain bou Gif.
- CHAPITRE XY.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES ET LISIÈRE MÉRIDIONALE DU TELL.
- TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- Nous il1 avons pu explorer encore en entier la bande de terrain tertiaire moyen qui se trouve sur la lisière méridionale du Tell, et qui sépare ce dernier de la région proprement dite des steppes. Nous l’avons suivie sur une longueur d’environ 1 20 kilomètres, entre le Djebel Naga^ à l’est, et le Djebel Echeaou, à l’ouest, et sur une longueur moyenne de 20 kilomètres du nord au sud. Nous n’avons déterminé avec précision que la limite sud de cette bande. Nous décrirons d’abord la partie orientale, en partant du poste militaire d’Aïn bou Cif, et rayonnant dans divers sens autour de ce poste.
- Le poste militaire d’Aïn bou Cif est situé à 38 kilomètres est de Boghar, au milieu d’un pays très-élevé, très-froid en biver, et presque entièrement dépourvu de bois. Il est dominé au nord par les hautes chaînes du Djebel Taregregred et du Kef el-Akdar. Vers le sud, au contraire, son horizon s’étend au loin jusque dans la région des hauts plateaux qui entourent la petite crête nummulitique de Birin.
- Ce fort est de forme carrée à l’extérieur avec trois bastions aux angles. 11 est construit depuis i856, et sert de demeure à un officier français chargé de surveiller et de maintenir les tribus voisines. Lors de notre visite, en 1 858, il était occupé par M. Bernardo Certa, lieutenant de spahis, auprès de qui nous avons trouvé une cordiale hospitalité, dont nous sommes heureux de le remercier. En hiver, il tombe beaucoup de neige sur le poste et les hautes montagnes qui l’entourent; aussi le pays est très-froid, et, comme il est presque entièrement dégarni de bois, les Arabes émigrent alors dans le sud, aux environs de Birin, avec leurs troupeaux de moutons et de chameaux. Ils rentrent sur la montagne au moment de la moisson et y demeurent jusqu’après les labours. Ils vivent, en général, sous la tente. On trouve
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- TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
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- aussi quelques gourbis couverts de chaume et bâtis en moellons reliés par un ciment de terre battue. Les chefs indigènes et quelques riches Arabes ont construit, sous l’impulsion du bureau arabe, des maisons en bonne maçonnerie de chaux, qu’ils occupent deux mois de l’année seulement.
- Le poste d’Aïn bou Cif est situé sur la route que suivent les Arabes lorsqu’ils émigrent dans le sud. Il est construit sur un plateau argileux situé à 100 mètres environ d’une croupe de grès quartzeux qui le domine du côté nord, et d’où s’échappent les sources d’Aïn bou Cif. Il est au moins aussi haut que Boghar et s’élève à 1,100 ou 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le sol argileux dans lequel les fondations ont été creusées est très-aquifère, de sorte que la cave du fort renfermait 2 mètres d’eau le 12 mai i858. Depuis lors on a fait un canal pour écouler cette eau au dehors, au moyen cl’une conduite en poterie, qui est complètement enterrée.
- Les sources dites Aïn bou Cif sont au nombre de trois. Le 12 mai 1 858, Sour“s elles avaient un débit total d’environ 5 litres par seconde. Leurs eaux sont limpides et de bon goût? elles surgissent du pied d’une colline de grès quartzeux à ciment argileux gris bleuâtre, dont les couches sont dirigées N. i/|0°
- E. m. et plongent au N. 5o° E. m. de 25 à 3o degrés. Les marnes argileuses grises se montrent sous les grès à quelques mètres au-dessous du niveau des sources. On peut admettre qu’elles arrêtent les eaux d’infiltration qui ont traversé les couches de grès et arrivent ensuite au jour par un trajet oblique sur la ligne de plus grande pente des couches. La source qui sert à l’alimentation du fort est située au pied d’un escarpement abrupte de grès; en amont on ne voit l’indication d’aucun ravin. Sa température est de i5 degrés; elle est enfermée dans un marabout en maçonnerie, d’où une conduite en poterie, enterrée dans la marne, l’amène jusqu’au fort. En cas d’insurrection, cette conduite pourrait être coupée par les Arabes. Aussi nous paraît-il utile de creuser un puits dans la cour du fort pour parer à toutes les éventualités. Ce puits donnerait de l’eau à 3 ou 4 mètres de profondeur. Si, au lieu de faire sortir par la face nord du poste l’eau qui remplit actuellement la cave, on l’avait fait sortir par la face sud, la conduite aurait traversé la cour, et il eût été facile d’établir un puisard dans un point quelconque de son trajet.
- Les deux autres sources sont situées à 5o rnèlres à l’est de la précédente; elles surgissent du pied d’un escarpement vertical de 5 mètres de haut, de forme circulaire, entaillé dans les couches de grès.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Fontaine du coup de sabre,
- La source d’aval est celle qui a reçu plus particulièrement le nom d’Aïn bon Gif (fontaine du coup de sabre), à cause des particularités quelle présente; elle s’échappe d’une fente naturelle de 3 à 4 mètres de haut et om,o4 de large, perpendiculaire à la direction des strates, et tombe dans une espèce d’abreuvoir abc, Fig. 13 î, que les érosions atmosphériques ont creusé dans une couche de grès sur laquelle s’arrête la fente donnant écoulement à l’eau.
- Élévation.
- Composition de l’eau d’Aïn bou Cif.
- Fig. l3l.
- La tradition arabe raconte qu’un marabout fit surgir miraculeusement cette source en fendant la roche d’un grand coup de sabre.
- La température de cette source est de î 5 degrés.
- L’eau recueillie le i3 mai i858 a présenté la composition suivante (voir le tableau n° 5, analyse n° 3 5 ) :
- Chlorure de sodium................................... ogr,o488
- Sulfates de chaux et de magnésie..................... o ,2 2 48
- Carbonates de chaux et de magnésie................... o. ,2113
- Peroxyde de fer, silice.............................. o ,024o
- Matière organique......... .................... Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. o ,5o8g
- Auleur : De Marigny.
- Cette eau est très-bonne pour les divers usages domestiques.
- A 10 mètres en arrière se trouve la troisième source, dont les eaux, à la température de i5 degrés, s’écoulent dans l’abreuvoir abc, qui reçoit directement la fontaine du coup de sabre.
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- s.o. N.E.
- TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- 329
- pcpf(j
- En amont de l’escarpement des sources, un ravin bien encaissé se prolonge jusqu’à la crête de la colline de grès, Vers la partie haute, le ravin s’étale, son fond est argilo-sableux, couvert de cultures de céréales, et très-favorable à l’absorption des eaux qui contribuent à l’alimentation des sources.
- Le Djebel Taregregred est une haute montagne de grès tertiaire située au N. O. d’Aïn bou'Cif. Son point culminant peut être à la cote d’environ i,5oo mètres; il est plus bas que le point culminant du Djebel Dira, qui est à g 1,810 mètres de hauteur au-des-& sus du niveau de la mer. On peut monter à cheval jusqu’à la cimje du Djebel Taregregred, quoique le sentier ne soit pas toujours très-facüe à gravir. On traverse une succession de bancs de grès et de marnes plongeant, en général, au N. E. La crête de la montagne se compose de bancs de grès quartzeux jaunâtre, tantôt assez tendre, tantôt assez dur, et •passant au quartzite. On y remarque des galets de silex blanc et de silex noir et des débris d’huîtres. Les couches sont dirigées N. 155° E. m. et plongent N. 65° E. m, de 19 degrés.
- Djebel Taregregred
- hi
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Source
- ilu Djebel Taregregred.
- l’n puits artésien aurait
- îles c lia n ces Je succès
- pied du revers N. K. du
- Djebel Taregregred auprès dTIarmela.
- Hnrmela.
- Sources d'Harmela.
- Sur le revers N. E. du Djebel Taregregred, il y a une source d’eau limpide et de bon goût, débitant 1 litre environ par seconde; elle sort du pied du talus incliné à 45 degrés environ, sur lequel sont entassés de gros blocs de poudingue tertiaire éboulés de la partie supérieure de la montagne. Une ondulation abc se trouve en arrière de la source et en détermine la sortie au jour, par suite d’un excès de pression; c’est le mécanisme des eaux jaillissantes, ainsi que l’indique la coupe ci-dessus.
- Entre le Djebel Taregregred, à l’ouest, et Harmela, à l’est, le plongement des couches tertiaires au N. E. m. est général, sauf deux faibles ondulations que montre la coupe précédente. Aussi les eaux souterraines ont un cours général vers le N. E. m., et l’on pourrait faire un puits artésien avec des chances de succès dans la plaine ondulée qui s’étale au pied du Taregregred au N. E. de l’Oued Harmela. Ce puits devrait être poussé à i5o mètres de profondeur. Avant d’arriver à Harmela, on coupe un gîte de plâtre, sur lequel nous reviendrons plus loin.
- Harmela se trouve dans une vaste dépression de terrain, à fond généralement argileux, comprise entre la chaîne du Djebel Taregregred, au S. O., et le Kef el-Akdar, au N. E. Les eaux qui la traversent vont se jeter dans l’Oued Sagouen, affluent du Chélif; elles sont un peu louches et douceâtres, parce que les marnes tertiaires dominent dans la vallée. Des barrages en terre retiennent les eaux dans les terres du Bach Agha lahia bel Idadj, en amont des fontaines d’Harmela. Ils sont peu coûteux à établir, parce que le ravin d’Harmela est assez rapide et peu encaissé. Il roule environ 4 à 5 litres d’eau par seconde.
- Les sources d’Harmela sont au nombre de deux; elles surgissent à quelques mètres l’une de l’autre, du pied d’un talus abrupte de 4 mètres de hauteur verticale que présente le lit-d’un ravin bien encaissé et complètement à sec à l’ainont des sources. Au point d’émergence, on remarque des couches de grès quartzeux, dirigées N. i 4o° E. m. et plongeant au N. 5o° E. m. de 3 î degrés. En certains endroits,*ces grès passent à l’état de calcaires blancs, saccharoïdes, et alternent avec des marnes grises ou jaunes.
- Une des sources émerge de la rive droite du ravin; elle débite oht,33 par seconde et alimente un lavoir. La deuxième source émerge de la rive gauche ; elle débite 2lll,5o par seconde (i3 mai i858). Une partie alimente un lavoir, et le reste est amené par une conduite jusque dans les jardins du Bach Agha,
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- situés 200 mètres à l’aval. Un magnifique peuplier se trouve auprès des sources, dont l’eau est limpide, fraîche et de bon goût. C’est là que se tient le marché.
- Si l’on voulait augmenter le débit des fontaines, on pourrait exécuter une galerie sous le ravin, normalement à la direction des couches, et prendre ensuite des traverses à droite et à gauche, suivant les filets fournis par les couches de marnes.
- Le bassin d’Harmela était couvert, le i3 mai 1 858, de céréales d’un très-bel aspect.
- Le sol y est très-fertile.
- Le terrain compris entre Aïn bou Gif et la crête du Djebel el-Akdar se compose d’une série de couches de grès quartzeux et de marnes plongeant régulièrement au N. E. Les marnes argileuses grises ou fauves dominent et donnent un sol très-fertile couvert de très-belles céréales. Des suintements nombreux, indiqués de loin par des bouquets de joncs, s’échappent à la surface des couches de marnes par des trajets obliques sur la ligne de plus grande pente. Ils sont d’autant plus abondants qu’on se rapproche davantage de la chaîne du Djebel el-Akdar; il en résulte de petits cours d’eau dont le débit s’élève, pour quelques-uns, jusqu’à îo litres par seconde, et leur réunion forme la partie supérieure de l’Oued Melah, qui, auprès des sources salées, débile i5o litres à la seconde.
- Le Djebel el-Akdar est une chaîne de î 6 kilomètres de longueur, allongée DjeM d-Akdar. de l’O. N. 0. à l’E. S. E., et qui, à son extrémité orientale, se détourne brusquement au N. N. E. pour se réunir au massif du Djebel Dirah, aux environs d’Aumale. Sa crête, sensiblement horizontale, s’élève à i5oo mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Du côté sud, ce massif montagneux est terminé par des escarpements très-abruptes, sur lesquels les tranches des couches de grès dessinent des lignes parallèles. Au pied de ces escarpements, les grès reposent sur des marnes argileuses. La pente de la montagne est beaucoup plus douce vers le nord, parce que les couches tertiaires pendent au N. 42° E. m. de i5 degrés. Elles sont dirigées N. i32° E. m. Le grès du Djebel el-Akdar est à grains fins, quartzeux, à ciment argilo-calcaire grisâtre.
- On y remarque des concrétions où le calcaire se concentre à l’état saccha-roïde. Celles-ci présentent des saillies globuleuses à la surface ou sur les tranches des bancs de grès, parce quelles résistent davantage aux érosions
- Fertilité
- du bassin d'Hnrmel
- 42.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Operculina complanala dans les grès du Kef el-Akdar.
- Sources diverses sur la crête du Djebel el-Akdar.
- des agents atmosphériques. Parfois elles s’isolent complètement, et, au premier abord, on pourrait les prendre pour des cailloux roulés. On trouve parfois dans le cœur de ces rognons des empreintes de coquilles bivalves.
- Les fossiles sont très-rares dans la chaîne du Djebel el-Akdar. Nous y avons recueilli quelques Operculina complanata, foraminifères, caractéristiques du terrain tertiaire moyen. La crête de la montagne présente des dépressions plus ou moins grandes, dans lesquelles s’accumulent les détritus argilo-sableux venant de la désagrégation des grès. Ces terrains meubles sont fixés par des plantes herbacées et par une végétation arborescente de genévriers et de chênes rabougris. Ils sont très-perméables et absorbent l’eau de pluie qui est arrêtée par la surface polie des bancs de grès sur lesquels ils reposent. Ces grès jouent le rôle de roche imperméable ; aussi, à l’extrémité inférieure a de ces dépôts de détritus, il y a des suintements dont l’abondance dépend de l’épaisseur des détritus, de l’étendue qu’ils recouvrent, de la quantité d’eau de pluie qu’ils reçoivent directement ou de celle qui leur est amenée par le relief extérieur du sol.
- Fig. i33.
- Plusieurs de ces dépôts se trouvent en effet dans des creux de ravins qui peuvent recevoir de l’amont des quantités d’eau assez notables. Les plus importants donnent lieu à des sources persistantes pendant toute l’année; d’autres sources, au contraire, tarissent avec les chaleurs de l’été.
- Entre les couches de grès il y a parfois des couches minces de marnes imperméables. Celles-ci arrêtent les eaux d’infiltration et donnent lieu à de petites sources, quand les accidents du sol permettent aux marnes d’affleurer au jour. La crête du Djebel el-Akdar est d’un accès très-difficile; on ne peut y aborder que par deux passages situés l’un à l’ouest, l’autre au milieu de la chaîne. Le passage de l’ouest (El-Fedj) n’est praticable que pour les piétons, et il faut s’accrocher aux aspérités de la roche pour arriver jusqu’au sommet de la chaîne. Le passage du centre (El-Oaboueib, les Petites Portes), est accessible aux hommes et aux bourriquets. Ceux-ci arrivent ainsi jusque dans
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- le cœur de la montagne, où ils vont chercher du charbon et les quelques céréales quon y cultive. Du temps des Turcs, cette crête servait de refuge aux tribus qui voulaient se soustraire à l’impôt ou à un châtiment ; elles pouvaient y rester en sûreté, parce qu’il leur était facile de défendre les deux passages indiqués ci-dessus.
- Sur le revers nord du Djebel el-Akdar, il y a les ruines d’un ancien poste R*»**» fortifié appelé le Château de la fille du Sultan (Menza bent es-Soltan). Ce Menza Lent es-Soltan. poste était construit sur un éperon fort étroit plongeant du S. S. E. au N. N. E.,
- S. S. O. . N. N. E.
- Fig. 134•
- comme le cours de l’Oued Glia. Une entaille naturelle existant au travers des couches de grès isole entièrement la tête de cet éperon, de sorte que de tous les côtés il se termine par des escarpements verticaux de 5 à 6 mètres de haut, qui souvent même sont en saillie, comme l’indique la coupe ci-dessous.
- pii! -pCLU- llliJQÜlJinpn IniLLUiip
- ( 3
- — ^ , s
- e r r a i n
- miocene.
- Fig. !35.
- Le plateau incliné sur lequel était bâti le fort avait i 5o mètres environ de longueur sur 2 5 à 3o mètres de large. Un mur d’enceinte de im,5o d’épaisseur, en bonne maçonnerie de moellons, avec des tours de distance en dis-
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- tance, existe encore presque en entier, et l’on voit dans son intérieur, à fleur du sol, les murailles des anciens établissements. Ce poste, admirablement fortifié par la nature, servait à l’observation de la vallée de l’Oued Khrarza. Il y avait sans doute des citernes à l’intérieur.
- Aïn Giia, L’éperon de Mentza bent es-Soltan est longé à l’est par un ravin très-en-
- caissé, au fond duquel surgit, sur la rive gauche, l’Aïn Glia, qui débitait, le 9 mai 1858, 6 litres environ par seconde. L’eau sort par une fissure naturelle d’un banc de grès de 4 mètres d’épaisseur, reposant sans cloute sur un banc de marne qui retient les eaux. Une coupe en travers du ravin présente, de part et d’autre, les tranches des bancs de grès disposées en gradins gigantesques.
- *
- 0
- Fig. 136.
- Des bancs de marnes sont associés à ces grès, et il en résulte, à l’aval de l’Aïn Glia et sur les deux jrves, de nouveaux suintements, qui élèventle débit de l’Oued Glia à î 5 litres environ par seconde. A î 5oo mètres à l’aval de la source, les gradins de la vallée sont couverts de terre végétale argiio-sableuse, où croissent des broussailles arborescentes. L’eau de pluie qui tombe sur ces gradins est retenue un certain temps par la terre végétale et s’écoule ensuite à la séparation de cette terre et des couches inférieures de grès, sur les tranches de ces dernières. Il en résulte une série de petites nappes d’eau parallèles aux lignes d’affleurement de couches, et qui, de loin, miroitent au soleil. En été, elles sont en général à sec, mais les infiltrations correspondant à l’affleurement des couches de marnes peuvent être persistantes.
- La vallée de l’Oued Glia est très-boisée en essences de chênes verts, thuyas et genévriers. Le diamètre des plus gros troncs ne dépasse pas om,3o à om,4o. Les ravins qui descendent du revers nord du Djebel Akdar renferment une végétation arborescente de même nature. On y remarque, en outre, de très-beaux peupliers.
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- TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
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- On y fabrique du goudron avec le bois de genévrier, qui est l’essence résineuse dominante.
- Entre le Djebel el-Akdar au sud et le Djebel Guettar au nord, les couches tertiaires éprouvent une grande inflexion en fond de cuvette dont l’Oued Khrarza occupe la partie la plus basse. Il y aurait donc possibilité de creuser avec succès un puits artésien sur les bords de cette rivière; mais ce puits serait sans doute inutile, parce que cette rivière roule un grand volume d’eau bonne à boire. On pourrait y construire un moulin à farine, qui rendrait de grands services aux Arabes de cette contrée.
- Entre Aïn bou Cif et la crête du Djebel el-Akdar, on traverse successivement des couches différentes du terrain tertiaire moyen sur une longueur de 8000 mètres, avec un plongement variable de i5 à 3o degrés; en admettant une pente moyenne de i5 degrés seulement, on aurait, pour le terrain tertiaire moyen, une épaisseur de 2000 mètres environ.
- D’Aïn bou Gif, dirigeons-nous maintenant au S. E., vers la plaine quaternaire de Guetfa ; après avoir traversé une première vallée encaissée dans les marnes tertiaires, on monte sur une longue crête dirigée de l’ouest à l’est et servant de limite septentrionale à un plateau régulier qui plonge en pente douce vers les plaines quaternaires du sud. Ce plateau est formé par des grès dont les couches se terminent, au nord, par des talus brusques escarpés à 35 degrés. Ces couches sont dirigées du N. O. m. au S. E. m. et plongent en général au S. O. m. Leurs débris produisent une terre végétale argilo-sableuse, éminemment perméable aux eaux de pluie, qui descendent ensuite à travers les fissures des bancs de grès et sont retenues par les couches de marnes, à la surface desquelles elles coulent en se dirigeant au S. O. m.
- A 2 kilomètres environ de la ligne de crête, sur la route de Guetfa, on rencontre l’Aïn Sidi Abd el-Kader, qui correspond à une flexion légère des couches tertiaires. En effet, à partir de la crête jusqu’auprès de la source, la pente des couches est au S. E. m. Au bouillon, les bancs de grès sont dirigés au N. 65° E. m. et plongent au N. 2 5° O. m. de 5 degrés. A l’aval de la source, ils sont dirigés N. 1 i5° E. et plongent au S. 25° O. m. de 45 degrés; plus loin la pente diminue et n’est plus que de 3o degrés. On peut considérer l’Aïn Sidi Abd el-Kader comme une source ascendante surgissant en vertu d’un excès de pression, agissant du N. N. E. au S. S. O. Le petit vallon qui aboutit à la tête de la source présente une chute brusque de
- Fabrication de goudron sur
- le Djebel el-Akdar.
- Un puits artésien aurait
- des chances de succès sur les bords de l’Oued Rlirarza , près
- du continent de l’Oued Glia.
- Épaisseur du terrain tertiaire moyen.
- Roule d Ain bou Cif à Guetfa.
- Source ascendante dite
- Ain Sidi Abd el-Knder.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 5 mètres cle haut, suivant un banc de grès, et s’élargit au pied de la chute en formant une dépression en 1er à cheval; c’est du milieu de cette dépression que sort la source principale ; elle remplit un bassin naturel de i 2 mètres de long et de 6 mètres de large. A 5o mètres à l’aval, il y a dans le lit du ravin des bouillonnements nombreux qui soulèvent du sable et dégagent de temps en temps des bulles gazeuses. Toutes ces infiltrations ascendantes donnent, par leur réunion à la source principale, un cours d’eau fraîche, limpide et d’excellent goût, dont le débit est de 7 litres environ à la seconde.
- En se rapprochant de la plaine quaternaire de Guetfa, on quitte les grès pour passer sur une épaisse assise de marnes qui, plus loin, est recouverte elle-même par une nouvelle assise de grès quartzeux, souvent blancs, quelquefois rouges, d’une grande épaisseur. Dans cette seconde assise, on remarque le long de la plaine un relèvement qui fait plonger les couches au nord. Ainsi les couches qui plongeaient d’abord au S. S. O. deviennent horizontales, puis elles affectent graduellement les allures suivantes en marchant vers le S. E.
- Direction N. 125° E. m., plongement au N. 35° E. m. de 35 degrés; Direction N. 5° O. m., plongement au N. 85° E. de 20 degrés;
- Direction N. qô0 E. m., plongement au N. 5° O. m. de i5 degrés; Direction N. i32° E. m., plongement au N. 32°E. m. de 25 à 3o degrés.
- Polit massif de
- «nain tertiaire moyen compris
- «•ntre l'Oued Guetfa et Birin.
- Cette bande de terrain tertiaire moyen forme, à l’est, le Djebel Naga, et se poursuit, au nord, jusqu’au pied du Djebel Dirah. On reconnaît que la haute crête d’Aïn Abd el-Kader donne lieu à une zone étendue dans laquelle les couches plongent d’une manière constante vers le S. S. O.
- L’Oued Guetfa descend de l’extrémité orientale du Djebel el-Akdar, en coulant du N. N. O. au S. S. E., et coupant successivement plusieurs chaînes de grès tertiaires; de là il traverse une plaine quaternaire que nous décrirons plus tard, et s’engage ensuite dans une gorge étroite où il est encaissé de nouveau dans le terrain tertiaire moyen. Au sortir de cette gorge, il traverse la plaine quaternaire de l’Oued el-Makloufi et coupe l’extrémité orientale du Djebel Teberguin pour passer dans le bassin du Hodna. Entre l’Oued Guetfa et Birin, il y a une petite crête de terrain tertiaire moyen qui sépare la plaine quaternaire de Berbessi el-Guetfa, au nord, de celle de l’Oued el-Makloufi, au sud. Cette chaîne forme un relief peu sensible au-dessus de la
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- TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
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- plaine du nord; mais son relief est beaucoup plus marqué au-dessus de la plaine sud, à cause de la différence de niveau qui existe entre ces deux plaines. Un dépôt de terrain quaternaire empêche de reconnaître la manière dont ce massif tertiaire se relie, à l’ouest, au terrain nummulitique de Birin. Auprès de rencaissement de l’Oued Guetfa et sur la rive droite de cette rivière , on observe, dans ce petit massif tertiaire, des couches de poudingue passant au grès jaunâtre, dirigées N. 45° E. m. et plongeant au N. 35° O. m. presque verticalement. A 2 kilomètres en aval* les ^ mêmes couches sont dirigées N. 45° tc E. m. et plongent auN. 35° O. m. de 43 degrés; plus loin, sur la crête, elles sont horizontales; enfin, sur le revers sud, elles plongent au S. E. m. de 3o degrés, de telle sorte qu elles sont pliées comme une espèce de manteau, et le relief extérieur du soLaccuse, en général, l’allure elle-même des couches tertiaires. Des dépôts de terrain quaternaire s’observent sur les flancs et dans les dépressions de ce massif. Il y a une discordance bien marquée entre la stratification des couches des deux terrains.
- La coupe ci-contre, menée du N. O. au S. E , à travers les cul-
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- uBpW-p J°5Î
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- Rotiic il'Aïu bou Cil' à Birin. 338 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA. tures de l’Oued Guetfa, entre le Kef el-Akdar et la limite méridionale de la plaine de l’Oued el-Makloufi, indicjue les principales ondulations du terrain tertiaire moyen. On voit (ju’entre les chaînes du Kef el-Akdar et l’Aïn hou Gif, au nord, et celle d’Aïn Abd el-Kader, au sud, il y a une inflexion très-élevée au-dessus des plaines quaternaires du sud, et à partir de laquelle les couches tertiaires plongent vers le sud sur le revers méridional du Tell. Les inflexions qu’on observe à l’aval de la chaîne d’Aïn Abd el-Kader étant à un niveau inférieur à la première de plusieurs centaines de mètres, il y a un excédant de pression du N. 0. au S. E. Ainsi les eaux pourront couler à la surface d’une couche de marne imperméable AB G DE en suivant les inflexions de cette couche marquées par les flèches. 11 est donc possible que des puits artésiens creusés à travers les plaines quaternaires jusque dans le terrain tertiaire moyen fournissent de l’eau jaillissante à la surface du sol. Le terrain quaternaire lui-même, ainsi qu’on le verra plus loin, est susceptible de donner des eaux jaillissantes. Nous proposons dès lors de creuser deux puits artésiens, l’un dans la plaine de Guetfa, à l\ kilomètres ouest de la rivière, l’autre dans la plaine de l’Oued Makloufi sur les bords de l’Oued Guetfa lui-même. Ces puits devraient être poussés jusqu’à la profondeur de 3oo mètres. La réussite du second puits serait d’un bienfait immense pour ces contrées, qui sont entièrement privées d’eau, et où les troupeaux trouveraient d’excellents pâturages en toutes saisons. La route d’Aïn hou Cif à Birin descend par une large coupure qui traverse à peu près normalement la chaîne de grès tertiaires d’Aïn Abd el-Kader. Elle passe d’abord dans les marnes qui supportent ces grès ; et sur la zone de contact de ces deux assises, elle rencontre successivement plusieurs sources alimentées par les eaux d’infiltration. Celles-ci descendent à travers les fissures des bancs de grès, sont arrêtées par les marnes et glissent ensuite à la surface de ces dernières, en suivant un trajet oblique à la ligne de plus grande pente et dirigé vers le sud. Les ravinements du sol, en découpant les grès jusqu’à l’assise des marnes, ont facilité la sortie au jour des différentes
- % sources.
- Aïn Berila. La première, qui se trouve sur la route, est l’Aïn Berda, située à 5 kilomètres S. E. d’Aïn bou Cif; elle sort, par trois points d’émergence, à travers les fissures de la roche de grès et à proximité des marnes inférieures,
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- au pied d’un escarpement abrupte qui limite de ce côté la chaîne d’Aïn Abd el-Kader. Les couches tertiaires plongent ici au S. O. de 10 degrés. La source débitait, le 8 mai 1 858, i5 litres environ par seconde, d’une eau limpide, d’un goût agréable, à la température de 17 degrés. Cette eau nourrit de petites paludines vertes; elle sert à l’irrigation des céréales. A partir d’Aïn Berda, la route s’élève un peu sur un col pour descendre ensuite dans le bassin de l’Oued Smar. On trouve dans les déchirements du plateau de grès un groupe de cinq sources dont le débit varie de oht, 1 7 à oht,38 par seconde; elles sont indiquées de loin par des joncs et quelques bouquets d’arbres ; elles se perdent à quelques mètres de leurs points d’émergence au milieu des marnes tertiaires. On pourrait augmenter leur débit en déblayant leurs bouillons et exécutant quelques bouts de galeries souterraines à la séparation des grès et des marnes. L’une des sources se jette dans l’Oued Smar, qui débite oht, 1 o par seconde sur le chemin. Le cours de cette o„Mi rivière est obstrué par des détritus argilo-sableux couverts de joncs. Aussi on augmenterait facilement son débit par quelques travaux de drainage. Les couches tertiaires y plongent au N. 0. m. de 8 à 1 o degrés; elles renferment de petites huîtres et le Balanus tintinnabulum caractéristique du terrain Fossiles mioeen tertiaire moyen. mJs,,,,,
- Du bassin de l’Oued Smar on passe dans le bassin de l’Oued Rharbia, remarquable en ce qu’il présente une inflexion de couches tertiaires en fond de cuvette. Vers le haut du flanc droit de la vallée, les couches sont dirigées N. 1120 E. m. et plongent au S. 220 m., tandis que, vers le bas et sur le flanc gauche, elles plongent au N. E. m., et cette dernière pente se poursuit jusqu’auprès d’El-Abiod, sur la lisière de la plaine quaternaire de Bes-bessi. Cette inflexion est la continuation vers l’ouest de celle que nous avons signalée sur la route d’Aïn Abd el-Kader à Guetfa.
- L’Oued Rharbia, auprès de la route, débite par seconde environ 2 litres oued nii.rb» d’eau, louche et de mauvais goût; il coule de l’E. N. E. à l’E. S. 0., au milieu des marnes tertiaires, et c’est ce qui explique la mauvaise qualité de ses eaux. Sur la rive droite de cette rivière, on trouve un plateau quaternaire de 3 à 4 mètres d’épaisseur, formé de calcaire terreux jaunâtre, au milieu duquel sont disséminés des cailloux roulés arrachés au terrain tertiaire moyen et dont le diamètre s’élève à om,5o.
- Les marnes tertiaires sont très-développées entre l’Oued Rharbia et l’Oued
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- Smar ; elles renferment des bancs de calcaire grisâtre, à cassure esquilleuse, passant à l’état de lumachelle et contenant de petites dentales.
- La vallée de l’Oued Rharbia est séparée de la plaine d’El-Âbiod par une petite chaîne tertiaire de 4 kilomètres environ de largeur moyenne. Un col passant auprès de l’Aïn Rharbia donne passage au sentier qui passé à Birin. A partir de ce col, jusqu’à El-Abiod, c’est-à-dire sur une largeur de Ligue 4ooo mètres environ, il existe une ligne de sources qui est indiquée de loin entreAïnRharbu par une bande presque continue de joncs dune couleur vert sombre. Ces Ei-Abiod. infiltrations correspondent à plusieurs nappes aquifères parallèles aux strates tertiaires et qui sont ascendantes ; c’est ce que l’on reconnaît parfaitement auprès de l’Aïn Kerma.
- Les couches de grès quartzeux, blanc ou jaune, forment, de part et d’autre de la source, une corniche cb (fig. i38), dont la crête c est sensiblement horizontale.
- Fig. i38.
- Les couches sont dirigées N. 12 0° E. m. et plongent au N. 35° E. m. de 2 5 degrés. Les tranches des bancs de grès se dessinent sur cette corniche par de longues lignes de niveau. Au pied de la corniche qui a 4 mètres de hauteur verticale se montre une couche de marne bleue, et la source surgit à travers les fissures du grès immédiatement au-dessus de la marne. Elle débite environ 2 litres par seconde d’une eau limpide et de bon goût, à la température de ij°,5o; elle sert à l’arrosage de céréales et de cultures potagères. Il y a au pied de la corniche, sur un parcours de 2 à 3oo mètres,
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- des infiltrations indiquées par une ligne de joncs. En montant sur la croupe cde, on remarque successivement les lignes d’affleurement des diverses couches de grès et marnes, et l’on observe aussi, suivant les joints de stratification, des lignes parallèles de joncs indiquant la présence de nappes parallèles d’eau souterraine. Toutes ces nappes sont ascendantes, car, dans toute la largeur de la croupe montagneuse qui les renferme, les couches plongent, au N. N. E., c’est-à-dire en sens inverse du mouvement que suivrait l’eau, si elle n’obéissait qu’à l’action de la gravité; mais on a vu plus haut que, dans la chaîne supérieure qui renferme les sources d’Aïn Berda et d’Aïn Ahd el-Kader, les couches tertiaires plongent au S. S. O.; il y a donc entre cette chaîne et celle d’Aïn Kerma et d’El-Abiod une inflexion des couches d’où résulte un excès de pression du nord au sud qui, par suite d’un siphon-nement, fait remonter au jour les nappes aquifères affleurant le long de la corniche d’El-Kerma : il suit de là qu’un puits artésien aurait des chances de Un puits artésien succès dans la vallée de l’Oued Rharbia, entre l’Aïn Berda et l’Aïn Kerma, [les cha™ês 1 succis sur l’inflexion des couches tertiaires. Ce puits pourrait avoir une profondeur ([e ro.M.lt* iTi'/nrh;-, de i5o mètres au maximum, car les sources ascendantes de cette région ont une température de 1 7 à 18 degrés.
- A 100 mètres à l’ouest d’Aïn Kerma, au pied de la même corniche, se trouve une source débitant ont,5o par seconde.
- A 1000 mètres au N. O. d’Aïn Kerma, il y a une autre source débitant oHt,33.
- Enfin au col traversé par la route de Birin, se trouve la source d’Aïn a,,, Rharbia, dont le débit est d’environ olil,33 par seconde.
- Des bouquets de joncs relient toutes ces sources les unes aux autres, en pénétrant dans la vallée de l’Oued Rharbia; sur le flanc gauche, on retrouve aussi des bouquets de joncs plus ou moins considérables, indiquant l’existence d’autres nappes souterraines parallèles aux précédentes. A la tête de toutes ces sources, il y a un dépôt de travertin calcaire clc om,6o d’épaisseur. En amont le terrain tertiaire est à peine déprimé; à l’aval, au contraire, les ravins s’encaissent profondément, et les accidents du terrain paraissent indiquer qu’à une certaine époque toutes les sources étaient beaucoup plus importantes qu’aujourd’hui.
- La coupe ci-après, menée par Aïn bou Gif, du N. O. au S. E., fait voir le mécanisme des nappes ascendantes d’Aïn Rharbia et d’Aïn Kerma. En mai-
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- chant au S. E. d’Aïn Kerma à El-Abiocl, sur la lisière cle la plaine, on trouve de distance en distance des infiltrations plus ou moins abondantes avec des traînées de joncs. Les couches tertiaires ne plongent plus d’une manière
- Terrain quaternaire.
- aussi constante vers le N. N. E. Dès qu’on se rapproche d’El-Abiod, elles subissent diverses inflexions, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous.
- Terrain quaternaire.
- smar. L’Ain Smar, dont le débit est de i litre environ par seconde , se trouve à
- 2 kilomètres en amont d’El-Abiod, sur le revers sud d’une colline de grès tertiaire, quartzeux, blanc, dont les couches sont dirigées N. 6o° E. m. et plongent au S. oo° E. m. de 14 degrés. Elle sort d’entre les joints de bancs de grès par un trajet oblique à la ligne de plus grande pente. Le lit de l’Oued s’est rempli de débris argilo-sableux à travers lesquels les eaux doivent se frayer un passage. Aussi y a-t-il beaucoup de joncs indiquant des eaux stagnantes à une petite profondeur.
- L’Aïn el-Abiod est située sur le bord de la plaine quaternaire et sort d’entre
- el-Abiod.
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- les strates de couches de grès tertiaires blancs, dirigées N. i32° E. m. et plongeant au N. 42° E. m. de 25 à 3o degrés; elle a une température de i6°,5o, un débit de oHt,33 par seconde et un goût un peu douceâtre. L’eau est louchie par des marnes sableuses qui longent la rive droite du ravin. Sur la rive gauche il y a du calcaire caverneux d’eau douce d’un blanc jaunâtre.
- Des tranchées, exécutées à travers le dépôt de terrain quaternaire qui recouvre les couches tertiaires sur de revers sud de la colline d’El-Abiod, augmenteraient sans doute le débit des eaux coulant à ciel ouvert. En effet, en parcourant le plateau d’El-Abiod, on reconnaît qu’il est découpé, à partir de la crête, par des ravins coulant du nord au sud, et dont le lit argilo-sableux est rempli de joncs. Il y a là autant de petits cours d’eau souterrains qui viennent s’embrancher sur un courant longitudinal indiqué par la ligne de joncs qui suit le pied du plateau. Les sources sont produites principalement par des nappes souterraines qui siphonnent du nord au sud, mais elles peuvent être alimentées en partie par les eaux de pluies tombées directement sur le terrain quaternaire et absorbées par ce dernier. Soit que ce manteau de terrain quaternaire s’oppose à la sortie des nappes tertiaires ascendantes, soit qu’on doive le considérer comme une sorte cl’éponge imbibée des eaux de pluie qu’il reçoit directement à sa surface, on conçoit qu’un système de tranchées à angle droit exécuté à travers ce manteau augmentera, dans tous les cas, le débit des sources.
- Nous signalerons une dernière ligne de sources ascendantes auprès des Huiiies rmn^iimjs ruines romaines d’El-Touta, situées à 2 kilomètres N. E. d’El-Abiod, sur le versant nord de la colline. La source qui alimentait l’établissement romain débite un demi-litre environ par seconde d’une eau fraîche, limpide et d’un goût agréable, dans laquelle vivent des paludines.
- L’eau recueillie le 8 mai 1858 a présenté la composition suivante (voir le composition de rcu
- tableau n° 5, analyse n° 33) :
- Chlorures de sodium et de magnésium . . ................. 0^,0917
- Sulfates de chaux et de magnésie..................•...... o ,0999
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... o ,2000
- Peroxyde de fer, silice.................................. o ,0060
- Matière organique........................................ Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau....... o ,3976
- Auteur : Simon.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Un cnnti'i’ ilo population pourrait cire ctal>li à El-Touta.
- Ligne
- d'Ain liou Gif à i’Oucd Tekhaza, du nord au sud.
- Gypse
- situé à 3 kilomètres sud-ouest d’Ain hou Cif.
- Celle eau est très-bonne pour les divers usages domestiques. Son bouillon est caché par les ruines, et la source va se perdre dans un champ de mûriers très-décrépits, que l’on suppose être les derniers rejetons d’une plantation qui aurait été faite anciennement par les Romains. A la tète de la source, on remarque un réduit entièrement renversé et reconnaissable seulement par un énorme entassement de moellons. Ce réduit est en forme de pain de sucre de 3o mètres de diamètre à la base supérieure. 11 est entouré par une enceinte continue en bonne maçonnerie, qui s’étendait depuis le sommet de la colline d’El-Abiod jusqu’au thalweg de la source d’El-Touta. On voit encore, dans l’intérieur de l’enceinte et en dehors, des murs à fleur de sol indiquant les alignements des maisons. Presque toutes les constructions étaient en moellons et ciment de chaux. On trouve cependant quelques grosses pierres de taille et des tronçons de colonnes de grès. La vallée d’Aïn Toula renferme de bonnes terres, que l’on arrosait autrefois au moyen de diverses sources du versant droit de la vallée. Des réservoirs voûtés, qu’il serait facile de remettre en état de service servaient à emmagasiner les eaux.
- Il est probable qu’il y avait à El-Touta un poste militaire à l’abri duquel vivait une population de colons. Ce point nous paraît encore aujourd’hui convenablement situé pour l’établissement d’un centre de population.
- L’étude que nous venons de faire des terrains compris entre Aïn bou Cif et El-Abiod est d’un grand intérêt pour la question des eaux, puisqu’elle démontre l’existence de véritables nappes jaillissantes dans le terrain tertiaire moyen. C’est une probabilité de plus pour la réussite des puits artésiens que nous avons proposés :
- i° Dans la plaine de Guetfa;
- 2° Dans la plaine de l’Oued el-Makloufi.
- La route d’Aïn bou Cif à l’Oued Tekhaza va du N. N. E. au S. S. O., et coupe, à 3 kilomètres environ d’Aïn bou Cif, une petite chaîne gypseuse qui a été exploitée pour les besoins du poste d’Aïn bou Cif. Cette chaîne se dirige à peu près de.l’E. à l’O. m., suivant la ligne de flexion des couches tertiaires qui, d’un côté, plongent au N. N. E. sur la chaîne d’Aïn bou Cif, et de l’autre plongent au S. S. O. sur le prolongement occidental de la chaîne d’Aïn Berda et d’Aïn bou Cif. C’est ce qu’indique la coupe ci-après, menée du N. au S. m.
- La route s’engage ensuite dans la vallée de l’Oued Tekhaza qui va se jeter
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- dans la plaine diluvienne qui est au nord de Birin, en passant auprès de la Koubba Sidi Malek. La haute chaîne de grès tertiaire d’Aïn Berda, qui joue un rôle si important pour les nappes jaillissantes d’El-Abiod, s’affaisse considérablement de ce côté. Les grès paraissent avoir disparu à la suite d’une grande dénudation, et l’on ne trouve ici que des marnes contenant quelques bancs de grès.
- S. m. § N. n\
- Les couches sont dirigées d’abord N. 102° E. m. et plongent au S. 1 2° E. m. de 1 1 degrés. A 200 mètres plus à l’ouest, elles sont dirigées N. 70° E. m. et plongent au S. 3o° E. m. de 55 degrés. La pente varie graduellement, de manière à produire une cuvette parabolique dont le grand axe serait dirigé au S. 1 o° E. m. A 1,000 mètres plus loin vers le sud, le long de la rivière, on observe :
- La direction N. 9b0 E. m., avec un plongement au N. 5° E. m. de 1 5 degrés ;
- Plus bas, direction N. 2 5° O. m., avec un plongement au N. 65° E. m. de 35 degrés;
- Plus bas, direction N. 25° O. m., avec un plongement au N. 65° E. m. de 25 à 3o degrés.
- Ce plongement au N. 65° E. m. se poursuit avec régularité sur plus de 6 kilomètres d’étendue jusqu’auprès de la chaîne nummulitique de Mgarn Cbergui, où l’on observe sur les couches tertiaires la direction N. 20° O. m. avec un plongement au N. 70° E. m. de 45 degrés. Il prouve la grande épaisseur du terrain tertiaire moyen qui s’élèverait de ce côté à plus de 3 kilomètres ; il montre, en outre, que, dans la plaine qui est au nord de Birin, on a peu de chances de trouver des nappes jaillissantes en pénétrant jusque dans le terrain tertiaire moyen. En effet, en vertu de la pente des couches, les eaux souterraines s’écoulent en général vers le N. E. Le pro-
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- Fossiles
- ilii lorrain tertiaire moyen
- de l'Onod Tekhaza.
- Eau sauinàlre dans l'Oned Tekhaza.
- On pourrait augmenter par le drainage le débit
- de l'Oued Tekhaza.
- lôngement occidental de la chaîne d’Aïn Berda, où les couches plongent au sud, ne présente qu’un relief très-faible, par suite d’une grande dénudation, et peut dès lors ne produire qu’un excès de pression du nord au sud, insuffisant pour faire remonter les eaux à peu de distance du massif nummuli-lique.
- La vallée de l’Oued Tekliaza s’encaisse fortement entre des couches tertiaires formées par un poudingue dont les galets atteignent au plus un diamètre de om,o5. A la base de ce poudingue, se trouvent des marnes d’un gris verdâtre, passant, à la partie supérieure, à l’état de grès, qui, lui-même, se transforme en poudingue. Cette dernière roche renferme des turritelles, des Ostrea crassissima et de très-nombreuses Vénus, qui constituent à elles seules des bancs entiers essentiellement calcaires. Les grès quartzeux blancs prennent un grand développement au-dessus du poudingue à Vénus, à l’est de l’Oued Tekliaza. Les affleurements des couches forment, à la surface du sol, de longues arêtes blanches, séparées par des marnes jaunes avec petits cristaux de gypse. 11 en résulte de longues ondulations de terrain dirigées comme les couches du N. 25° O. m. au S. 2 5° E. m. et traversées par des ravins qui aboutissent tous dans l’Oued Tekliaza.
- La vallée de l’Oued Tekhaza est comblée en partie par des alluvions argileuses arrachées aux marnes du terrain tertiaire moyen ; souvent ces alluvions sont très-gypseuses et donnent un sol blanc, comme cela se présente si souvent dans les terrains quaternaires du sud. Elles sont recouvertes de distance en distance par des terrasses de gros cailloux roulés, que les eaux de l’Oued ne peuvent plus atteindre aujourd’hui.
- La plaine alhivienne présente des élargissements successifs, qui sont cultivés en céréales. Dans la haute vallée, celles-ci ont un assez misérable aspect, parce quelles ne sont pas arrosées, par suite du faible débit de l’Oued Tekhaza; mais, à î kilomètre plus aval des couches à Vénus, les cultures deviennent plus belles, parce quelles sont arrosées au moyen d’une prise d’eau faite sur l’Oued Tekhaza. Cette rivière roulait par seconde, le 5 mai 1858, environ 5 litres d’une eau verdâtre, assez salée pour n’être pas potable. Des flaques nombreuses, dont le lit de la rivière est parsemé, prouvent qu’on augmenterait facilement le débit de cette dernière au moyen d’un drainage.
- La coupe ci-dessous menée de l’E. N. E. à l’O. S. O. indique que les couches
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- tertiaires sont pliées en cuvette, à l’est de l’Oued Tekhaza, près du barrage principal. A l’ouest de l’Oued Tekhaza, or* pénètre dans le terrain nummulitique dont les couches plongent en général au N. 87° E. m. de 4o degrés. Le calcaire nummulitique forme une crête bien accentuée dirigée du S. E. au N. O. Au pied de son revers N. E., on trouve une couche de gypse sac-charoïde, tirant en général sur le vert clair, et dont la teinte est parfois rougeâtre; il est enclavé en stratification concordante dans des marnes jaunes associées à des grès quartzeux blancs, qui, d’abord, présentent la direction N. 75° E. m. avec un plongement au N. 2 5° O. m. de 2 5 degrés. Si l’on marche au N. O., une légère inflexion se présente, et les couches se dirigent N. 1 270 E. m. avec un plongement de 4o degrés vers le N. 37° E. m. Il nous est
- N. N. E.
- S. S. O.
- Plaine alluvienne,
- et Ostrt
- difficile de dire si cette couche de gypse, dont l’épaisseur s’élève à 2 ou 3 mètres, appartient au terrain tertiaire moyen ou au terrain nummulitique; car, si l’on s’éloigne du pied de la crête de calcaire à nummulites, en marchant au N. E., on arrive, par une succession non interrompue de couches de grès et marnes en stratification concordante, aux assises des environs d’Aïn hou Cif, qui renferment le Balanus tintinnabulum. Aussi, comme nous l’avons déjà dit dans la description du terrain nummulitique du Tell, il nous paraît que ce dernier terrain se trouve dans la ligne que nous parcourons en stratification concordante avec le tertiaire moyen qu’il supporte.
- C’est ce qu’indique la coupe suivante, menée à travers le centre de la chaîne nummulitique du S. 1 8° O. au N. 18° E.
- Sur la route d’Aïn hou Cif à Boghar, on ne marche de l’est à l’ouest que Route d’Am ban C
- . . . , . t, . à Bogh.ir.
- sur le terrain tertiaire moyen compose dune alternance dassises puissantes
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- Plaine N. de Birin.
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- de grès quartzeux blancs ou jaunes et de marnes grisâtres ou fauves avec quelques bancs calcaires.
- Entre Aïn bou Gif et le massif des Ouled Emmefla, nous avons observé successivement les allures suivantes :
- DIRECTION. SENS DE LA PENTE. ANGLE DE PENTE. LOCALITÉS.
- N. i36° E. m. N. 4G° E. m. 45° A 6 kilomètres d’Aïn bou Ci T.
- N. 115° E. m. N. 26° E. m, 45° Auprès d’Aïn Tleta.
- N, 115° E. m. N. 2 5° E. m. 29° Idem.
- N. i2° 0. m. N. 78° E. m. 2 0° Marabout Sidi bel Haoua.
- Ainsi, sur cette ligne, les couches plongent en général au N. N. E. comme pour les couches d’Aïn bou Gif, dont elles sont le prolongement.
- Auprès d’Aïn Tleta, le grès tertiaire renferme de gros pectens ; il est à ciment calcaire et se transforme parfois en calcaire coquiller. La source est peu importante et n’a pas d’écoulement à la surface. Auprès du marabout de Sidi bel Haoua, il y a une belle source d’eau limpide et de bon goût, dont la température est de i6°,33, celle de l’air au soleil étant de 19 degrés, le
- n Sidi bel Haoua.
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- i4 mai 1858, à î î heures 20 minutes du matin. Elle débite 6 litres environ par seconde et sert à l’arrosage de quelques cultures qui longent ses deux rives. Elle surgit du milieu d’une dépression à pans rapides, de 4 mètres de hauteur verticale, entourée par des bancs de grès plongeant de 20 degrés au N. 78° E. m. L’eau de pluie qui a traversé en amont les bancs de grès est arrêtée par une assise marneuse qui la ramène au jour par un trajet oblique à la ligne de plus grande pente des couches.
- Les essences forestières commencent à se montrer dès qu’on pénètre dans le massif montagneux des Ouled Emmefta, à 16 kilomètres est de Boghar.
- Ce sont d’abord quelques rares genévriers très-rabougris qui, peu à peu, deviennent plus abondants et plus beaux; puis les pins diminuent, et l’on se trouve dans un pays très-boisé, qui se prolonge au loin vers l’ouest. Le voyageur, fatigué par la nudité désespérante des régions déboisées du sud, repose agréablement sa vue sur les montagnes couvertes de magnifiques forêts qui s’étendent autour de Boghar.
- La petite vallée de l’Oued Aroua, affluent de l’Ouerl el-Hakoum, sépare, à 0 l’est., le massif des Ouled Emmefta de la chaîne tertiaire du Djebel Fegnouna.
- Le fond de cette vallée est formé par des marnes tertiaires grises, tandis que les crêtes qui la dominent sont en grès jaunâtres. Les couches y plongent en général très-fortement au N. O.
- La chaîne du Djebel Fegnouna se dirige de l’est à l’ouest. Au sud elle se Dj«i termine par un escarpement abrupte à 35 degrés, composé presque entièrement de couches de grès quartzeux jaunâtres, plongeant au N. O. de 1 o degrés. Ces grès, dont la puissance est d’environ 5o mètres, reposent sur les marnes de la vallée de l’Oued Aroua signalées tout à l’heure. Du côté nord, le Djebel Fegnouna forme un plateau plongeant régulièrement au N. E. et sur lequel les couches de grès sont dirigées N. 57° E. m. et plongent au N. 33° O. m. de 10 à 1 2 degrés. Il en résulte, à la surface du sol, de grandes tables quartzeuses, dénuées parfois de toute végétation et découpées par des ravins qui vont se jeter dans l’Oued el-Hakoum, en coulant du S. E. au N. O., comme la pente des couches. Les eaux de pluie tombant sur le plan incliné du Djebel Fegnouna doivent s’écouler en très-grande quantité jusqu’au Chélif. Cependant, à la partie supérieure de la chaîne, il y a des parties sableuses absorbantes couvertes de quelques cultures, et des ravins y découpent les couches suivant des lignes qui se rapprochent de la direction
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- de ceile-ci. Par suite une certaine quantité d’eau de pluie s’infiltre souterrai-nement et alimente des sources qui se montrent au jour sur la ligne de jonction du plateau tertiaire avec la plaine de l’Oued el-Hakoum, auprès de la Smala de Moudjebeur.
- o
- B
- » S. E. N. O.
- S
- Fig. 14 4 •
- Sources de la Smaia de Moudjebeur.
- Barrage à faire sur
- l’Oued el-Hakoum.
- C’est ce qu’indique la coupe ci-dessus, menée du N. O. au S. E. à travers la Smala. Les sources, au nombre de quatre, émergent du pied d’un escarpement très-abrupte de î 5 mètres de hauteur verticale, faisant suite à un ravin qui remonte vers le sud jusqu’à la crête du Djebel Fegnouna. Au nord, le vallon s’étale en fer à cheval et se couvre d’une terre végétale argilo-sableuse cl’une grande fertilité, couverte, lors de notre passage, de magnifiques céréales arrosées par le trop plein des fontaines. La principale est captée dans un marabout, et une conduite en poterie l’amène jusque dans la cour de la Smala. Elle débitait par seconde, le i6 mai 1858, olxt,4o d’une eau limpide et de bon goût. A 3 ou 4 mètres de là, se trouvent deux petites sources qui se perdent dans les alluvions, et débitent ensemble, à leur bouillon, olll,io environ par seconde. Elles ne sont pas captées et servent à abreuver les bestiaux arabes. La quatrième source est située à 4o mètres de la source de la Smala et à peu près au même niveau ; elle est captée dans un marabout et débite 0^,20 par seconde. Elle est entièrement livrée aux Arabes, qui viennent d’un rayon de deux lieues pour y puiser de l’eau bonne à boire.
- L’Oued el-Hakoum, qui débitait, le 16 mai 1 858, environ 100 litres à la seconde, rouie une eau louche et d’un goût saumâtre, impropre à la boisson et tarissant parfois pendant l’été. Elle est bonne cependant pour l’ar-
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- rosage des terres, et il serait facile de barrer la rivière en amont de la Smala. On pourrait ainsi arroser une cinquantaine d’hectares au moins sur chaque rive. Des norias donneraient aussi de l’eau à peu de distance de la rivière. Comme les terres sont argilo-sableuses et très-bonnes pour la culture, il serait possible d’établir auprès de la Smala un centre de population. Celui-ci prendrait aux sources de la Smala l’eau nécessaire aux besoins domestiques. 11 serait facile, du reste, d’augmenter le volume de ces sources; on prendrait d’abord, à partir de la source principale, une galerie perpendiculaire à la direction des couches tertiaires et passant sous le thalweg du ravin qui aboutit à cette source. Cette galerie donnerait des infiltrations à la rencontre des diverses couches de marnes, et l’on exécuterait de suite des galeries transversales suivant la direction des principales nappes aquifères. Ce travail pourrait être exécuté progressivement, et, selon l’importance des résultats déjà obtenus, on pourrait consacrer chaque année un nouveau crédit à l’agrandissement des travaux.
- Boghar est un ancien poste militaire occupé autrefois par Abd el-Kader, et dont les Français ont relevé les ruines et augmenté les fortifications. Le rez-de-chaussée de l’hôpital militaire est à 970 mètres au-dessus de la mer, d’après M. Marés, et à 5oo mètres au-dessus du niveau du Chélif, sur la rive gauche de cette rivière. La route carrossable de Médéah à Laghouat se tient constamment sur la rive droite du Chélif et aboutit au pied du ksar Boghari. Un embranchement passant le Chélif à gué s’élève jusqu’à Boghar. En temps ordinaire, le Chélif est toujours facile à traverser; mais, lors des crues d’hiver, c’est un torrent impétueux, qu’il est souvent impossible de franchir. Une passerelle récemment construite rend aujourd’hui les communications faciles en tout temps pour les piétons entre Boghar et Boghari. La température de Boghar est très-froide en hiver et tempérée en été. Dans toutes les saisons, les vents y soufflent très-souvent avec une grande violence. Les pluies et les neiges y tombent fréquemment en hiver, et contribuent à l’alimentation de nombreuses sources, sur lesquelles nous reviendrons tout à l’heure. Boghar est bâti à l’extrémité orientale de la petite crête du Djebel Ammouch, qui s’élève à la cote 1,109 mètres. Cette montagne se compose de couches de poudingue miocène dirigées N. 35° E. m. et plongeant au N. 55° O. m. de 1 1 degrés. Elle présente, vers le sud, un talus très-rapide donnant lieu à des éboulements par grandes masses.
- Un centre île population pourrait être établi auprès île la Smala île Momljebeur.
- Situation topographique île Boghar.
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- L’épaisseur totale du système de poudingues est d’environ 5o mètres; sa pâte est essentiellement calcaire ; aussi parfois la roche passe à l’état de calcaire café au lait, compacte ou gris bleuâtre, comme le calcaire tertiaire moyen des gorges de l’Oued Allelah (Tenès). Dans ce calcaire il y a de nombreux scutelles très-aplatis, qu’il est impossible de détacher. Les galets du poudingue sont de toute grosseur et atteignent parfois om,5o de diamètre; ils sont de diverses natures. On y trouve des calcaires compactes de plusieurs couleurs, gris clair, gris bleuâtre, des débris à angles vifs de quartz agate, d’un
- N.
- S.
- G
- Plaine du Chélif.
- Fig. ,45.
- blanc laiteux. Cette épaisse formation de poudingue repose en stratification concordante sur des marnes d’un gris jaunâtre,, alternant avec des grès quartzeux, à ciment calcaire jaunâtre à la surface. Ces bancs de grès ont une épaisseur variable de om,2 0 à om,6o ; ils ont une grande tendance à se diviser en fragments rhomboïdaux, dont le centre est plus ou moins bleu. A mesure qu’on descend vers le Chélif, ces grès deviennent jaunâtres et schisteux; ils présentent à mi-pente une inflexion qui les fait plonger au S. E. ; mais, avant d’arriver à la plaine du Chélif, une deuxième inflexion en sens inverse fait de nouveau plonger les couches tertiaires au N. E. m., ainsi que l’indique la figure précédente.
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- En a se trouve une source d’une eau limpide et de bon goût, débitant un sou.cc demi-litre à la seconde; elle sort à la séparation des grès et des marnes ter- du ^"0^..™!, tiaires et tombe dans un abreuvoir placé sur la route qui conduit à la plaine . su,r lese“tlcl de l’Oued Moudjelil. ,le
- J . l'Oue.1 Moudjelil.
- Si l’on descend sur le revers nord de la chaîne du Djebel Ammouch, on reconnaît que le poudingue s’enfonce sous des grès quartz eux., tendres, gris, alternant eux-mèmes avec des marnes, dirigées, en général, E. 0. m. et plongeant au N. m. auprès de la crête; mais les couches se plient de nouveau, suivant le thalweg de l’Oued el-Azit, de manière à plonger en sens inverse sur le flanc gauche de cette vallée, qui est un affluent de la rive gauche du Chélif. L’axe de ce pli longitudinal plonge à l’est, ce qui favorise la sortie des eaux souterraines dans cette direction. On remarque, en effet, dans le lit ai.. oi-a*u. de celte rivière, à proximité de deux fours à chaux, une source débitant par seconde un litre environ d’une eau limpide et de bon goût. De nouvelles infiltrations s’y joignent le long des rives; l’une d’elles est entourée d’une enceinte en maçonnerie et ombragée par un saule pleureur; elle est située au confluent d’une route militaire qui remonte à Boghar. A l’aval de cette source, le ravin débite environ 5 litres par seconde; il est barré et ses eaux servent à l’irrigation d’une ferme européenne. Plus loin, les eaux se perdent dans les alluvions de l’Oued el-Azit, et il n’en arrive pas dans le Chélif.
- Aux alentours du poste de Boghar, les couches tertiaires présentent les allures suivantes :
- DIRECTION. SENS DE LA PENTE. ANGLE DE PENTE. LOCALITÉS.
- N. 135° E. m. N. 45° E. m. 45° 1 kilomètre nord de Boghar.
- N. i45° E. m. N. 55° E. m. 45° ' Angle S. E. de la fortification.
- N. 76° E. m. N. 14° 0. m. 2 0° Blockaus.
- La pente des couches tertiaires suivant la ligne de crête du Djebel Ammouch tombe, en général, vers le nord.
- Les sources de Boghar sont très-nombreuses; elles émergent, la plupart, du flanc sud de la chaîne du Djebel Ammouche, près de la zone de contact des marnes et des poudingues tertiaires, à travers les fentes de cette der-
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- Composition îles eaux des
- sources de Bogliar.
- Travertin
- auprès des bouillons des
- sources de Bogliar.
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- nière roche; leur débit total est de i oIll,G5 par seconde, d’après les jaugeages du génie militaire. Ces eaux sont limpides, d’un excellent goût, et célèbres dans un grand rayon autour de Bogliar pour leur bonne qualité comme eaux potables; elles contiennent, en effet, oZ,',33'/ °8I\458 de sels divers par
- kilogramme, ainsi qu’il résulte des deux analyses suivantes. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 32.)
- EAU DE LA SOURCE EAU DE LA SOURCE
- D É SIG X AT 10 X DES S (J B S TA X C E S. de la caserne de Bogliar, recueillie le 28 octobre 1 855. de IVbrcuvoir de Bogliar, recueillie le 28 octobre 1 855.
- Chlorures de sodium , de magnésium et de calcium ogr,o516 ogr,0/108
- Sulfates de chaux et de magnésie 0 ,o3a6 0 ,0678
- Carbonates de chaux et de magnésie 0 ,2 15o 0 ,34 14
- Peroxyde de fer, phosphates, silice 0 ,o38o 0 ,0080
- Matière organique Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau 0 ,3372 CO LO 0
- Auteur De Maiugny. De Maiugny.
- Le carbonate de chaux domine dans ces eaux et a donné lieu aux dépôts de travertin que l’on remarque auprès des bouillons des sources.
- Les sources situées auprès du bureau arabe sont peu importantes et débitent ensemble o1ll,3o par seconde. Elles émergent dans le lit d’un ravin faiblement déprimé et comblé, en grande partie, par des terres argilo-calcaires venant de la désagrégation des roches tertiaires. Un drainage exécuté dans le lit de ce ravin augmenterait, sans doute, le volume de ces deux sources, qui, du reste, paraissent dues à une nappe aquifère ascendante se perdant, en partie, dans les alluvions. Les autres sources de Bogliar nous paraissent, dues, en grande partie, à l’ondulation longitudinale que nous avons signalée à la partie supérieure du cours de l’Oued el-Azit. D’après cela, elles seraient fournies par une ou plusieurs nappes ascendantes semblables à celles que nous avons signalées dans le terrain tertiaire moyen d’Aïn el-Kerma, au nord de Birin. 11 nous parait difficile d’attribuer exclusivement l’émergence de ces
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- sources à un trajet oblique sur la ligne de plus grande pente d’une couche plane, car alors on n’aurait, pour alimenter ces sources, que la crête étroite du Djebel Ammouch, sur laquelle les couches plongent au nord, au lieu de plonger à l’est vers Bogliar. Les eaux d’infiltration tendraient donc à se porter de préférence vers le nord. L’inflexion des couches tertiaires sous le lit de l’Oued el-Azit arrête les eaux et les dirige vers Boghar, en vertu d’un excès de pression.
- Il suit de cette explication qu’un puits artésien aurait des chances de succès dans la vallée de l’Oued el-Azit, auprès des fours à chaux que nous avons signalés ci-dessus. Ce puits donnerait sans doute de l’eau en abondance à la séparation de la grande assise de poudingue et de la marne qui la supporte, à la profondeur de 60 à 80 mètres.
- Le trop plein des eaux du fort sert aux différents besoins économiques de la population européenne qui habite le nouveau village agricole de Boghar. Celui-ci est situé en dehors du poste et sous la protection de ses canons, sur un plateau incliné au sud, que traverse la route carrossable de Boghar à Bogbari. Le terrain s’y compose d’une terre argilo-calcaire friable, provenant des débris du travertin. Il est planté de jardins potagers, et l’on y voit aussi de belles céréales, grâce à de fréquentes irrigations. Le jardin des officiers est très-remarquable par le parti qu’on a su tirer des cascades et des grottes naturelles qui s’y trouvent. De jolis massifs cl’arbres et des gazons toujours verts contrastent heureusement avec la nudité désespérante et les tons fauves des immenses horizons que le sud présente à l’œil du voyageur.
- A 4 kilomètres N. O. de Boghar, sur la route d’Amoura, on trouve une superbe fontaine (Aïn el-Kerem) débitant par seconde 10 litres d’une eau limpide et d’excellent goût, à la température de 16 degrés; elle sort par plusieurs bouillons contenus dans une enceinte circulaire de 20 mètres de hauteur. Sur ce dernier, les tranches des couches se dessinent par lignes parallèles, sensiblement horizontales, et au pied de l’escarpement apparaissent des marnes grises dont la détermination géologique offre quelques difficultés. En effet, sur la route d’Amoura, on rencontre des marnes crétacées dont le faciès a la plus grande ressemblance avec celui des marnes tertiaires. Quel que soit, au reste, l’âge de ces marnes, c’est leur présence qui a arrêté les eaux d’infiltration et donné lieu à la belle source d’Aïn el-Kerem. Le fond de l’entonnoir est comblé par de menus matériaux de transport, daps lesquels on a
- Un puits artésien aurait
- des chances de succès auprès
- des fours à chaux de
- l’Oued cl-Azit, dans le terrain tertiaire moyen.
- Village agricole de Boghar.
- Belle fontaine à 4 kilomètres N. O. de Boghar.
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- exécuté quelques tranchées de 2 à 3 mètres de profondeur, afin d’augmenter le débit de la source.
- On voit par ce qui précède que les sources sont abondantes aux environs de Bogliar. Leur présence s’explique par l’abondance des pluies et des neiges qui tombent, en hiver, sur le Djebel Taïg et le Djebel Ammouch, parla végétation arborescente de ces montagnes, la perméabilité du sol, et enfin par la constitution géologique du terrain tertiaire moyen.
- Aux environs de Boghar, entre le fort et le Chélif, M. Nicaise a recueilli les fossiles suivants :
- Cardium edule. — Pliocène.
- Carduim. (Indét. )
- Cardita Johanneti. — Miocène.
- Cytherea ChioneP — Idem.
- Cytherea Pedemontana. — Miocène et pliocène.
- Ostrea. (Indét.)
- Panopœa Faujasii. - - Miocène.
- Pecten burdigalensis. — Idem.
- Pecten benedictus. (Lam.)
- Pecten scabriusculus. (Matheron.) — Miocène.
- Tellina. (Indét.)
- Voluta. (Indét.)
- A la partie sud du massif des Ouled Fmmelta, près du Kef ben Ali a de Boghari, il a recueilli :
- Moule de Natice.
- Proto quadriplicata? (Basierot.) — Miocène.
- Turritella. (Indét. )
- Bal anus.
- Area.
- Garclium edule. — Pliocène.
- Thracia plicata. — Miocène.
- Venus umbonaria. -— Pliocène.
- Sur le Djebel Neguerou, près des ruines romaines de Saneg, à 18 kilomètres S. E. de Boghari, il a recueilli :
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- Natica. (lndét.)
- Tritonium. (Indét.)
- Cardium echinatum. — Pliocène.
- La plupart de ces fossiles caractérisent le terrain miocène, quelques-uns cependant appartiennent au terrain pliocène. Ainsi, la région miocène qui nous occupe présente un mélange de ces deux faunes.
- Le terrain tertiaire moyen se prolonge jusqu’à plus de 3o kilomètres à i’O. S. O. de Bogliar' et embrasse presque toute la vallée de l’Oued Moud-jelil, qui, à la partie supérieure, porte le nom d’Oued Roukmouri. Si de Bogliar on descend vers le S. S. O. dans la vallée de l’Oued Moudjelil, par la route de Chabounia, on traverse une succession de couches de marnes et de grès tertiaires qui présentent une grande inflexion à mi-côte. Ainsi, près de Bogliar, les couches sont dirigées N. 70° E. m. et plongent au S. 20° E. m. de 45 degrés. Aux abords de la plaine de Moudjelil, les couches sont dirigées N. 1 35° E. 111. et plongent au N. 43° E. m. Il y a là une série de petites sources indiquées, les unes par des bouquets de joncs, les autres par des flaques d’eau. Plus loin, dans un col, les couches sont dirigées N. 2O0E. ni. et plongent au N. 1 io° E. m. de 63 degrés. La route coupe l’Oued Moudjelil à 5oo mètres en aval d’un barrage construit en terre et fascines. Ce barrage conduit les eaux sur la rive gauche de la rivière et s’appuie contre un massif essentiellement marneux qui limite ici la vallée. Les marnes tantôt sont schisteuses et d’un gris verdâtre, tantôt assez dures, d’un gris cendré, et sans doute plus essentiellement calcaires; elles s’éboulent facilement. Le 17 mai 1 858, il ne passait pas une goutte d’eau dans le canal de dérivation. En amont du barrage, il y avait une grande mare d’eau, louche, mais potable. Celle-ci s’écoulait par-dessous le barrage et donnait un cours d’eau débitant 8 litres environ par seconde. La plaine alluvienne de l’Oued Moudjelil est très-fertile quand elle peut être arrosée, ou quand les pluies de l’hiver ont été abondantes. Lors de notre passage, elle était couverte de céréales qui, en général, offraient le plus triste aspect. La terre végétale y a une épaisseur visible de 4 4 5 mètres. En remontant jusque dans l’Oued Bouk-mouri, cette épaisseur s’élève parfois à 20 mètres.
- Dans la plaine de l’Oued Moudjelil, on pourrait se procurer de l’eau au moyen des puits ordinaires creusés dans les alluvions de la vallée. Sur les
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- EXPLORATION DU BENI M Z À B ET .DU SAHARA.
- Oued Boukmouri.
- Djebel Gourin,
- bords de la plaine, on pourrait approfondir les puits jusque dans le terrain tertiaire moyen. On augmenterait ensuite le volume des eaux par une galerie normale à la direction des couches.
- Les flancs de la vallée de l’Oued Bouk-niouri sont formés de marnes argileuses d’un gris verdâtre, associées à des bancs de grès quartzeux, jaunâtres. On remarque intercalés dans les marnes des bancs de poudingue vert d’asperge. Les couches de grès plongent généralement à l’O. S. O. Cependant il y a des perturbations assez fréquentes dans cette allure. A mesure qu’on se rapproche du marabout de Sidi bon Zid, situé à 2/j kilomètres O. S. O. de Bogliar, les marnes tertiaires deviennent Irès-gypseuses. Le sol est jonché de très-petits cristaux de gypse bianc jaunâtre, ayant la forme de petits fers de lance de 1 o millimètres de long sur 4 millimètres de large à la base. On y trouve aussi des agglomérations gypseuses larges comme la main.
- L’Oued Moucljelil est séparé de la plaine quaternaire du haut Chélif par la petite chaîne tertiaire du Djebel Gourin, qui est dirigée du S. O. au N. E., et dont les couches , formées d’une succession de grès et de marnes, plongent au S. E. m. de 1 o à 1 5 degrés. Cette pente se continue avec régularité depuis la crête du Djehel Gourin jusqu’au Dra el-Abiod (le plateau blanc). Là on remarque une double inflexion, qui fait plonger de nouveau les couches au S. E. m. sur les bords de l’Oued Moudjelil, ainsi que l’indique la coupe ci-contre.
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- Sur le Dra el-Abiod, il y a une couche de gypse blanc et rose, saccliaroïde, enclavé dans des bancs de grès quartzeux blanc. Par suite de l’ondulation des couches, le gypse affleure en a et b, et forme, à la surface du sol, deux, lignes d’affleurement parallèles qui se poursuivent sur plusieurs centaines de mètres d’étendue.
- Sur le flanc droit de la vallée on trouve disséminés de nombreux fragments de silex noir, venant de la désagrégation cl’une couche régulière enclavée dans les grès tertiaires.
- Le massif du Djebel Gourbi s’élève à 100 ou i5o mètres environ au-dessus de la plaine quaternaire du Cliélif. En raison de la pente régulière des couches au S. E. ni., un puits artésien, creusé sur les bords de la plaine jusque dans les couches de terrain tertiaire moyen, donnerait probablement des eaux ascendantes, sinon jaillissantes.
- Il nous reste à faire connaître le parcours de la route carrossable dans le terrain tertiaire moyen entre Bogliari et les hauts plateaux quaternaires du Cliélif. Cette route remonte d’abord la vallée du Chélif et longe la rive droite de ce fleuve, en se tenant, tantôt sur les alluvions argileuses du Cliélif, tantôt sur les marnes tertiaires. Elle coupe ainsi, du sud au nord, sur une longueur rectiligne d’environ 16 kilomètres, la bande de terrain tertiaire moyen qui se développe de l’est à l’ouest au sud de Bogliar et pénètre ensuite dans la plaine diluvienne des Mokhtar Gueraba. On observe dans cette bande tertiaire de petites chaînes montagneuses dirigées moyennement, de l’O. S. O. à l’E. N. E.
- Les dernières couches venant des Ouled Emmefta plongent au N. O. m. Le pendage change sur la chaîne du Djebel Moiteltin, séparée du massif des Ouled Emmefta par une plaine alluvienne formée de marnes jaunes ouvertes. Les couches de grès qui couronnent la crête plongent d’abord légèrement vers le S. E. m., mais ce pendage n’est pas constant et varie par suite de quelques inflexions.
- Les marnes vertes se montrent toujours à la base des crêtes des grès tertiaires f elles renferment une sorte de couche de silex noir de om, i o à om,3o d’épaisseur. On dirait plutôt des concrétions siliceuses réunies sous forme de lentilles allongées dans le sens des strates qu’une véritable couche. Ces concrétions se fragmentent très-facilement, et le gîte en place n’est indiqué que par l’alignement des débris siliceux noirs. Ces débris se trouvent mêlés à des
- île Dru ci-Abiod.
- Un puits artésien aurait
- quelque cbaiicc de succès
- dans le terrain tertiaire moyen
- du Djebel Gourin sur les bords de la plaine quaternaire du Cliélif.
- Ligne de Bogliar à Bou Gbozonl suivan t
- la route carrossable.
- Concrétions siliceuses dans
- les marnes vertes tertiaires d’Aïn Seba.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Ain Solia.
- Oued Melah.
- Barrage facile à faire
- sur le Chclif à 1,000 mètres en amont de l'Oued Mêlai!.
- galets détachés d’une couche de poudingue enclavée dans les marnes; ils sont toujours à angles vifs. Il y en a un gîte semblable à l’extrémité ouest du Dra el-Abiod.
- Aïn Seba est une petite fontaine située auprès de la route, au premier poste qu’on rencontre en venant de Boghar; elle est peu abondante et débite un quart de litre au plus par seconde ; elle sort des marnes tertiaires tout près de la zone de contact des grès; elle a un goût un peu salé. Les grès forment au-dessus d’Aïn Seba des crêtes parallèles à la stratification qui est dirigée à peu E. 0. m. avec un plongement de 45 degrés vers le N. m.
- A 3 kilomètres sud d’Aïn Seba, on traverse l’Oued Melah, ainsi nommé à cause du goût salé de ses eaux, en temps ordinaire. Les marnes tertiaires qui l’encaissent se recouvrent, pendant les chaleurs, de concrétions blanches ou vertes où le goût décèle la présence du sel marin et du sulfate de magnésie.
- La petite vallée de l’Oued Melah est formée par une ondulation de terrain tertiaire. Sur la rive droite, les couches plongent au S. E. m. et sur la rive gauche au N. 0. m. A partir de là, ce plongement au N. 0. m. se poursuit jusqu’à peu de distance du marais du Kseria dans la plaine.
- A 1,000 mètres en amont de l’Oued Melah, la vallée du Chélif se rétrécit de manière à n’avoir que 3 o mètres environ d’ouverture, et la route carrossable a dû être entaillée dans le poudingue tertiaire. Ce rétrécissement de la vallée est très-favorable pour l’établissement d’un barrage.
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- A mesure qu’on se rapproche du marais de Kseria, les crêtes successives que l’on rencontre diminuent graduellement de hauteur et finissent par se réduire à rien auprès des marais. Sur la lisière de ces marais, une nouvelle inflexion fait plonger les couches au S. E. m. La coupe ci-dessus, menée du nord au sud entre Boghari et la plaine quaternaire du haut Chélif, résume toutes les observations qui précèdent. Elle démontre que la réussite d’un puits artésien est peu probable sur les bords du marais du Kseria à travers le terrain tertiaire moyen; elle indique aussi la grande puissance de ce terrain sur la lisière nord de la région des steppes.
- En résumé, l’étude du terrain tertiaire moyen de la lisière méridionale du Tell démontré que ce terrain renferme un grand nombre de sources cl eau tertiaire moyen, potable. On y a constaté l’existence de nappes aquifères ascendantes qui donnent lieu, à la surface du sol, à de nombreuses sources ou à de longues traînées de joncs. L’inclinaison des couches n’y dépasse pas, en général,
- 45 degrés. Cette inclinaison varie de manière à former de grandes ondulations très-favorables, par suite de la composition minéralogique du terrain, à la production de nappes souterraines qu’on pourrait amener au jour au moyen de puits artésiens dont la profondeur ne dépasserait pas 3oo mètres probablement. Nous avons reconnu que les puits artésiens avaient des.chances de réussite dans les lieux suivants :
- i° Sur les bords de l’Oued Kharza, au nord du Kef el-Akdar;
- 2° Dans le bassin d’Harmela, sur la rive droite de la rivière de ce nom;
- 3° Sur la rive droite de l’Oued Rharbia, à 3 kilomètres S. S. E. d’Aïn Berda ;
- 4° Dans la plaine de Besbessi, à 4 kilomètres O. S. O. de Guetfa;
- 5° Dans la plaine de l’Oued el-Makloufi, à 3 kilomètres est de Birin;
- 6° Sur les bords de l’Oued el-Azft, à 2 kilomètres nord du poste militaire de Boghar.
- L’exécution des puits 4 et 5 serait d’une très-grande utilité, s’ils étaient couronnés de succès, parce qu’ils permettraient, soit cl’arroser les cultures de céréales qui manquent presque toujours, lorsque l’hiver n’a pas été pluvieux, soit de fournir de l’eau pour abreuver les immenses troupeaux de moutons et de chameaux qui sont la fortune des nomades du sud,
- Les sources miocènes surgissent, la plupart, à la séparation des grès et des marnes. Elles sont produites par les eaux de pluie qui s’infiltrent à travers
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- les fissures des bancs de grès, sont arrêtées par les marnes, et arrivent au jour en glissant à la surface des couches de marnes par un trajet oblique sur la ligne de plus grande pente de ces dernières.
- Plusieurs sources émergent par siphonnement, d’après le mécanisme des eaux jaillissantes. Nous citerons les sources de Boghar et celles de la nappe aquifère qui affleure entre Rharbia et Aïn el-Abiod, au sud d’Aïn bou Gif. Ces faits ont une grande importance, parce qu’ils indiquent la possibilité d’obtenir des eaux jaillissantes dans les ondulations que présentent les couches tertiaires.
- Les sources qui émergent à travers les fissures des bancs de grès sont, en général, fraîches, limpides et de bon goût. Les eaux qui coulent ensuite à la surface des marnes tertiaires deviennent louches et prennent un goût saumâtre fort désagréable. Le débit des sources pourrait être augmenté, pour la plupart d’entre elles, au moyen de travaux de puits et de galeries souterraines dont le système a été indiqué dans le cours du présent mémoire.
- La température des diverses sources d’eau potable a varié entre 15 et 1 9 degrés dans la partie montagneuse et froide du terrain tertiaire moyen. On a trouvé 2 î degrés pour les sources salées des Rebaïa près d’Hannela. Cette dernière température provient, sans doute, de ce que ces sources sont de véritables sources jaillissantes, passant sur un gîte de sel gemme, qui se trouve à une certaine profondeur sous le sol.
- Les sources du terrain crétacé du sud ont souvent un débit beaucoup plus considérable que les sources du terrain tertiaire moyen du nord, et leur température est aussi plus élevée, car elle varie de 17 à 27 degrés pour les eaux potables. Cette dernière circonstance tient, en grande partie, à ce que les sources crétacées viennent d’une plus grande profondeur que les sources tertiaires.
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- TERRAIN TERTIAIRE SUPÉRIEUR.
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- CHAPITRE XVL
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- TERRAIN TERTIAIRE SUPERIEUR (PLIOCENE).
- Nous n’avons vu affleurer nulle part le terrain tertiaire supérieur dans la zone septentrionale de la région des steppes; mais l’exécution des sondages de Chabounia et de Sbiteïa a démontré qu’il a comblé le fond du bassin du haut Chélif sur une épaisseur assez considérable, et qu’il y est caché aux yeux par un manteau de terrain quaternaire.
- Nous donnerons des détails plus circonstanciés sur le terrain pliocène dans le chapitre xvm, qui traite des coupes géologiques des sondages de Chabounia et de Sbiteïa.
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- Wi
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- CHAPITRE XVII.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES.
- C
- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
- Les vastes plaines qui se déroulent dans le sud de la province d’Alger, entre le Tell et le Djebel Oukeil, sont formées par un terrain d’une physionomie toute particulière. Elles présentent le caractère d’un dépôt fluviatile ou lacustre, qui contient à l’état fossile des coquilles terrestres, telles que des hélix et des bulimes identiques aux espèces actuellement vivantes. L’étude de ces terrains est d’un grand intérêt non-seulement au point de vue géologique, mais encore au point de vue de l’agriculture et de la colonisation. Ils renferment, en effet, d’immenses pâturages où paissent de nombreux troupeaux de moutons et de chameaux. La terre végétale y est souvent très-profonde et très-fertile lorsqu’on peut l’arroser. Malheureusement l’eau manque en beaucoup de points, non-seulement pour les cultures, mais même pour abreuver les troupeaux; aussi, pendant l’été, ces derniers doivent abandonner d’excellents pâturages pour se rapprocher des points où il y a de l’eau. En hiver, celle-ci abonde partout; les redirs (faibles dépressions à fond argilo-sableux peu perméable) se remplissent d’eau de pluie et sont ainsi de véritables citernes naturelles où l’eau se conserve plus ou moins longtemps. C’est là que vont s’abreuver les troupeaux et les hommes; mais, à l’approche des chaleurs, l’eau disparaît. Les populations se retirent, et le pays se transforme en une vaste solitude. Ce serait donc un véritable bienfait pour cette région, si l’on pouvait ramener à la surface une portion de l’eau de pluie qui se perd dans les profondeurs. Les pluies ne sont pas rares en hiver dans la région des steppes ; nous en avons vu tomber de très-abondantes pendant les diverses excursions que nous avons faites dans le sud. L’étude du terrain tertiaire moyen de la lisière sud du Tell, celle des terrains crétacés du sud, nous ont montré combien les sources y sont abondantes ; c’est une preuve
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- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
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- incontestable que jes eaux de pluies sont absorbées en quantités plus ou moins considérables par les divers terrains, et y produisent des nappes souterraines que le relief du terrain fait parfois reparaître au jour. Le terrain quaternaire des steppes du sud reçoit la pluie comme les terrains plus anciens sur lesquels il s’appuie; comme eux, il absorbe des quantités d’eau plus ou moins considérables. Son étude géologique nous apprendra s’il est possible de ramener en partie cette eau à la surface du sol.
- Les terrains quaternaires de la zone septentrionale des steppes ont rempli toutes les dépressions existant entre les terrains stratifiés d’une origine plus ancienne. Il en résulte un dépôt continu, ainsi que l’indique la carte géologique ci-jointe; mais, au point de vue des eaux souterraines et des eaux de surface, il se divise en plusieurs bassins complètement isolés les uns des autres, et que nous décrirons successivement dans l’ordre suivant :
- Au sud et à l’ouest, le bassin du haut Chélif et de ses principaux affluents de la rive gauche ;
- A l’est et au nord, les bassins de l’Oued Ousserah, de l’Oued Chemina-rah, des dayats Kahala, Firenia, Messaouba, les bassins de Guetfa et de l’Oued el-Makloufi.
- Le bassin quaternaire du haut Chélif et de ses principaux affluents de la rive gauche occupe une étendue très-considérable. Il s’appuie, à l’ouest, sur les montagnes secondaires ou miocènes des environs de Tiaret. Au sud, il s’élève d’une manière graduelle jusqu’au pied du massif crétacé du Djebel Amour. Il est traversé par une ligne d’eau principale dirigée du S. S. O. au N. N. O., et qui prend successivement les noms d’Oued Beida dans le Djebel Amour, Oued Taguin, Oued Bettin, Oued Oueurq, Oued Chélif. Les grands affluents courent à peu près de l’ouest à l’est et vont se jeter sur la rive gauche de la ligne d’eau principale ; ce sont l’Oued Sakeni, l’Oued Medrem, l’Oued Belbella, l’Oued Nahr Ouassel.
- Sur la rive droite du thalweg principal, il n’y a que des ravins sans importance ; aussi peut-on en conclure que ce thalweg forme à très-peu près la limite orientale du bassin quaternaire du haut Chélif. Nous décrirons ce bassin en marchant du sud au nord suivant le cours des eaux.
- Le terrain quaternaire, formé de terres calcaires jaunâtres et de sables quartzeux, limite comme un cordon littoral les alluvions de l’Oued Beida et s’élève avec lui jusqu’au pied des Djebels Archa Chergui et Archa Rharbi.
- Bassin quaternaire du haut Chélif et de ses principaux affluents
- de la rîve gauche.
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- Group, ,1, puü,
- le
- i'O.ip»! Beida , iS hilomèlros S. S. O, <!<* T^m-n.
- Groupe de puits do
- l'Oued Taguin , à p kilomètres sud il, Taguin.
- L’Oued Beida s’encaisse ensuite entre ces deux chaînes de montagnes crétacées et remonte jusqu’au centre du massif crétacé du Djebel Amour.
- L’Oued Beida reçoit sur sa rive gauche deux affluents principaux, l’Oued Sebgague au sud et l’Oued Sakeni au nord, qui traversent de l’ouest à l’est la vaste plaine quaternaire comprise entre les massifs crétacés du Djebel Amour au sud et du Djebel Nador au nord. Le sondage de Mou el-Guetouta, exécuté dans la province d’Oran, à 120 kilomètres S. O. du sondage d’El-Mesran, a démontré que le terrain quaternaire, situé à l’ouest de l’Oued el-Beida, a une épaisseur d’environ 5o mètres, et qu’il repose directement sur le terrain crétacé. Ce terrain quaternaire se relie sans discontinuité avec celui qui remplit le bassin des deux Zahrez. On a vu plus haut qu’une ligne de faîte très-faiblement prononcée sépare le bassin hydrographique de l’Oued Beida du bassin des deux Zahrez.
- Un groupe de cinq puits maçonnés a été creusé par les soins de l’autorité militaire sur la rive gauche de l’Oued Beida, à 18 kilomètres S. S. O. de Taguin, un peu en amont du confluent de l’Oued Sakeni. Ces puits ont 5m,35 de profondeur et om,55 de hauteur d’eau; ils sont placés à 5o mètres du lit de la rivière, qui est encaissée de 3 mètres de hauteur verticale dans des alluvions argilo-sableuses.
- Un bouquet de joncs indique, dans le lit de la rivière, la présence de l’eau à une faible profondeur.
- A 9 kilomètres sud de Taguin, auprès d’un petit mamelon crétacé signalé plus haut, l’administration française a fait creuser dix puits dans le lit de l’Oued Taguin. Ces puits sont maçonnés et recouverts d’un marabout; des abreuvoirs en maçonnerie ont été construits auprès de chacun d’eux. Les puits sont espacés de 10 mètres d’axe en axe; ils ont 8m,5o de profondeur et o?\3o de hauteur d’eau (20 mai 1 858). Les déblais qui les entourent sont sableux et contiennent de nombreux cailloux roulés de calcaire compacte gris, bleu, débris du terrain crétacé. On y trouve aussi des fragments de calcaire d’eau douce et du gypse farineux blanc, indiquant que le puits a pénétré dans le terrain quaternaire, qui est simplement recouvert par les alluvions argilo-sableuses de la vallée. Dans la coupe d’un four à chaux voisin du puits, on reconnaît que les alluvions ont au moins 4m,5o de hauteur; elles sont argilo-sableuses et brunes à la partie supérieure, et très-quartzeuses dans le bas.
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- Ce groupe de puits, de même que le précédenl, jalonne la route arabe de Bogliar à Laghouat, en passant par Zerguin, Taguin et le Djebel Amour.
- Auprès du ksar de Taguin, la vallée quaternaire de l’Oued Taguin se resserre considérablement et n’a plus que 3 à 4 kilomètres de largeur entre le massif crétacé du ksar Taguin à l’ouest et le massif crétacé du Djebel Megzem à l’est. Dans cette gorge le lit de la vallée se couvre de joncs; on y voit de nombreux effondrements naturels de 3 à 4 mètres de profondeur remplis d’une eau verdâtre. Des filets d’eau s’échappent de plusieurs d’entre eux, et leur abondance varie avec les pluies tombées en hiver. Il serait possible, au moyen d’un drainage, d’augmenter considérablement le volume des eaux de l’Oued Taguin et de dessécher en même temps le marais. Ce travail livrerait à la culture des terres excellentes et très-fertiles. On pourrait aussi relever le niveau des eaux souterraines en pratiquant, en travers de la vallée, une iranchée qui arriverait sur la première couche inférieure d’argile, et qui serait ensuite remplie avec un corroi d’argile bien battue; mais des sondages préliminaires indiquant la profondeur de cette couche seraient nécessaires pour montrer jusqu’à quel point ce barrage souterrain serait exécutable.
- L’apparition des eaux courantes au pied du ksar Taguin, dans le terrain quaternaire, est due en partie au resserrement de la vallée entre deux massifs de terrain crétacé ; aussi est-on fondé à attribuer à une partie de ces eaux une origine artésienne. On sait qu’il y a auprès de Taguin de belles sources émergeant du sein du terrain crétacé, et qui, dès lors, contribuent de leur côté à ralimentation des eaux qui surgissent dans la plaine de Taguin.
- Entre Taguin et l’Aïn Fritizza, il n’y a plus d’eau courante dans le lit de l’Oued, qui prend le nom d’Oued Bettin. La vallée alluvienne est remplie de terres argilo-sableuses qui produiraient de belles récoltes, si l’on pouvait les arroser. Le plateau quaternaire qui longe la rive gauche de l’Oued Bettin a très-peu de largeur ; il est assez fortement ondulé au pied de la chaîne crétacée du Djebel Ammade, parce que son épaisseur y est très-faible. Souvent les couches crétacées se montrent par larges plaques à la surface du sol. Entre Taguin et l’Oued Zadech, le terrain quaternaire dont les assises sont sensiblement horizontales forme des terrasses de îo à 12 mètres de haut, le long de la rive gauche de l’Oued Taguin. Il présente, à la partie supérieure, une couche de poudingue de om,8o d’épaisseur reposant sur un terrain ar-
- Sources quulernaites de î’Oned Taguin en lace
- du ksar de ce nom.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- gilo-calcaire, fauve, friable, facile à raviner et à entraîner par les eaux de pluie. Le poudingue éprouvant alors des porte-à-faux s’affaisse en grandes masses, se brise et roule en gros fragments sur les talus à 3o ou 35 degrés qui relient le plateau aux alluvions de la rivière.,,Dans le poudingue, on remarque beaucoup de galets de calcaire compacte, gris clair ou noir. Les calcaires qui le supportent sont très-mélangés de gypse, et au-dessous viennent des grès quartzeux friables; c’est ce qu’indique la coupe ci-dessous.
- O. .g E.
- I
- Terrain quaternaire.
- Fig. 1 48.
- La plaine quaternaire de l’Oued Beitin se continue à l’est avec celle de l’Oued Ousserah. Une ligne de faîte très-faiblement prononcée sépare les bassins géographiques de ces deux vallées.
- Entre les massifs crétacés du Djebel Daoura au sud et du Djebel Noukhra au nord, la vallée quaternaire du haut Chélif (Oued Bettin) se resserre notablement sur 12 kilomètres de long et 4 kilomètres de largeur moyenne. Malgré cela, il n’y a pas d’eau courante à la surface de la rivière. Celle-ci est à peine indiquée par un thalweg de 2 mètres de large en haut sur î mètre de profondeur, et s’efface quelquefois d’une manière presque complète. Le sol alluvien est argilo-sableux et couvert de tamarix, ce qui indique la présence de l’eau à une faible profondeur sous le sol. Sur la rive droite, un cordon de carapace quaternaire s’élève en pente douce jusqu’au pied du revers sud du Djebel Noukhra ; sur la rive gauche se présente un cordon quaternaire moins prononcé comme relief. Dans le chapitre xm, nous avons fait connaître les belles sources d’Aïn Hadjar, Zerguin, Abbaclia, Kaddera, Fritizza, qui sortent du terrain crétacé et vont se perdre dans les alluvions de l’Oued Bettin. Ces sources servent à l’alimentation des nappes souterraines du terrain quaternaire. Il y a des dépôts de travertin ou de calcaire d’eau douce autour des bouillons de chacune d’elles, en amont du niveau actuel des eaux. Cela indique que celles-ci étaient autrefois bien plus abondantes
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- qu’aujourd’hui et formaient sans doute de larges nappes d’eau à la surface du sol. Nous avons signalé le même fait sur la ligne de sources comprises entre El-Abiod et Aïn Rharbia, au nord de Birin.
- Au nord du Djebel Noukbra, le haut Chélif pénètre dans le plateau quaternaire du Sersous, qui est limité au nord par les montagnes du Tell et au sud par la bande crétacée qui s’étend du Djebel Daoura, à l’est, au Djebel Nador à l’ouest. Ce plateau est traversé à peu près de l’O. S. O. à TE. N. E. par l’Oued Kosni, l’Oued Susellem, l’Oued Belbella et l’Oued Nahr Ouassel, qui le découpent en larges bandes parallèles, plongeant d’une manière insensible vers l’E. N. E. en suivant le relief extérieur du sol.
- Entre le Djebel ben Ammade et le Djebel Reuchiga, le sol quaternaire est essentiellement plat, recouvert, auprès des montagnes, par la carapace calcaire, d’un blanc grisâtre à l’extérieur, d’un brun rouge et zonée à l’intérieur. Vers le centre de la plaine, cette carapace se cache sous une couche de terre végétale jaunâtre plus ou moins épaisse.
- L’Oued Kosni, qui la traverse, est d’abord à peine indiqué sur le sol. Cependant, plus bas (Oued Medremme), il offre un thalweg mieux accusé, à proximité du Djebel Boutouidjin.
- Plus loin, au pied du revers sud du Djebel Reuchiga, il y a, dans la plaine quaternaire, un bois de betoums dont les arbres sont espacés les uns des autres de 5o mètres environ et ont un diamètre qui s’élève, pour quelques-uns, à om,8o. Nous ferons remarquer ici que le betoum (pistachier) est l’arbre des steppes du sud. On le trouve dans presque toutes les dayats. Les Arabes l’emploient presque toujours, comme bois de chauffage, et, non contents d’abattre les petites branches, ils mettent le feu au pied de l’arbre, et celui-ci ne tarde pas à périr. Partout nous n’avons vu que de vieux sujets. Si l’administration n’avise pas, cette essence forestière, qui aurait pu rendre de très-grands services, disparaîtra dans un avenir peu éloigné. DéjàM. Margueritte, qui commandait avec tant de distinction le cercle de Laghouat, s’est occupé avec succès de la reproduction des betoums dans les dayats du sud. Il a fait semer de la graine de betoums au milieu des bouquets épineux de jujubier sauvage. Ceux-ci protègent les jeunes betoums contre les dents des troupeaux et les rayons du soleil ; par ce moyen les betoums prennent un accroissement rapide, et, quand ils sont devenus de grands arbres, ils étouffent les jujubiers qui avaient abrité leur enfance. Des mesures semblables
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- Plateau du Sersous.
- Oued Kosni.
- Bois de betoums
- pied du revers sud du
- Djebel Reuchiga.
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- devraient être prises dans les points où il y a encore des jujubiers dans la région qui nous occupe. Les tribus devraient être chargées de ce soin, sous la surveillance des officiers du bureau arabe, et demeureraient responsables des dégâts qui seraient commis dans les plantations.
- Un puits ordinaire devrait être creusé dans le bois de betoums situé au pied du Djebel Reuchiga. S’il ne donnait pas d’eau dans le terrain quaternaire lui-même, il devrait être approfondi jusque dans le terrain crétacé inférieur.
- L’Oued Susellem, qui prend sa source au pied du Djebel Nador, va se jeter dans l’Oued Medremme, à 24 kilomètres ouest environ de l’extrémité nord de l’ilot du Djebel Reuchiga. Au pied de cet îlot, il roulait, le 2 4 niai 1858, 70 litres environ par seconde d’une eau bourbeuse, à la température de 29 degrés et d’un goût un peu douceâtre. Cette température élevée est due à l’action des rayons solaires, parce que l’eau coule à ciel ouvert sur un parcours assez considérable en amont du Djebel Pieucliiga. Elle se perd à l’aval avant d’arriver à l’Oued Medremme : elle est utilisée, du reste, en très-grande partie auprès du Djebel Reuchiga pour arroser de belles cultures de céréales qui appartiennent aux Ouled Cliaïb et aux Ouled Hamed. ,
- Du Djebel Reuchiga au Koudiat Fedoul, situé plus à l’est, on marche sur un sol quaternaire très-plat, couvert d’herbes. Quelques buissons de jujubiers sauvages sont disséminés de loin en loin dans la plaine, qui est formée de carapace calcaire jaunâtre, cachée sous un manteau peu épais de terres calcaires et sableuses. Celles-ci ont été cultivées en quelques endroits dans l’hiver de 1 858, mais les céréales, n’ayant pu être arrosées, n’ont pas réussi. Un puits ordinaire pourrait être essayé dans cette plaine, à mi-chemin des deux Koudiats.
- La crête du Koudiat Fedoul joue probablement un rôle important dans la distribution des eaux souterraines du bassin de l’Oued Fedoul ; elle parait être le prolongement des chaînes crétacées des Djebels Reuchiga et Bziza et former dès lors un barrage qui sépare les eaux souterraines des bassins quaternaires des Oued Fedoul el Medremme.
- L’Oued Fedoul est encaissé de 10 mètres environ dans le calcaire quaternaire.
- La largeur supérieure de la vallée ab est d’environ 100 mètres. Son fond
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- est vaseux, couvert de joncs et traversé par un cours d’eau dont le débit était d’environ 6 litres par seconde le 2b mai î 858.
- Le calcaire quaternaire d’eau douce est en assises régulières, qui paraissent horizontales à vue d’œil. La couche supérieure est compacte et forme une corniche de om,8o de hauteur, qui se relie au fond de la vallée par un talus de calcaire terreux et marneux incliné à 2 5 degrés. Une autre couche de calcaire compacte cd donne lieu à un cordon en saillie sur ce talus.
- T e
- r r a i n
- quaternaire.
- Fig. 149.
- A l’aval du Roudiat Fedoul, la rivière prend le nom d’Oued Belbella, et son débit s’élève à 20 litres environ par seconde. Cet accroissement est dû à la présence d’une nappe aquifère qui s’échappe du pied de la berge de rive droite, et qui porte le nom d’Aïn Belbella. L’eau en est fraîche, d’un goût agréable, et nourrit de petites paludines. Recueillie le 25 mai 1858, elle a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 36.)
- Chlorures de sodium et de magnésium..............,........ ogr,/|566
- Nitrates.................................................. Traces.
- Sulfate de chaux.......................................... o ,1770
- Carbonates de chaux et de magnésie........................ o ,2125
- Peroxyde de fer, silice................................... o ,0075
- Matière organique..................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau......... o ,8536
- Auteur : Simon.
- Composition de i’eau d’Aïn Belbella.
- Cette eau est très-bonne pour les divers usages domestiques, quoiqu’elle émerge dans le terrain quaternaire. Sa pureté vient, sans doute, de ce que l’eau appartient à une nappe sortant des terrains miocène ou crétacé de la li-
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- sière méridionale du Tell et quelle ne traverse qu’une très-faible épaisseur de terrain quaternaire. Gela tendrait à faire supposer ici l’existence d’une nappe jaillissante à une faible profondeur sous le sol. Un peu en aval de la source, les joncs disparaissent, la vallée s’élargit, le lit de l’Oued s’encaisse, et ses eaux sont utilisées, au moyen d’un petit barrage, pour la culture des céréales. Elles n’arrivent pas jusqu’au Nahr Ouassel, dans lequel va se jeter l’Oued Belbella.
- A 8 kilomètres en amont de ce confluent, la vallée de l’Oued Belbella fournit la coupe suivante.
- N. N. O.
- S. S. E.
- —Terr. quat.
- -Terrain—quaternaire.
- c r è t a
- Fig. i5o.
- Au milieu du lit alluvien de l’Oued Belbella s’élève un petit mamelon a de calcaire crétacé et de gypse métamorphique, décrit page 3i6. Le terrain quaternaire forme des terrasses régulières de même niveau sur les deux rives de l’Oued Belbella et du Nahr Ouassel,
- o«edNahrouassei. En aval du confluent de l’Oued Belbella, la vallée alluvienne du Nahr Ouassel est encaissée dans le terrain quaternaire formé principalement de couches presque horizontales de calcaire ; à la partie supérieure la roche est blanche en dehors, brune en dedans. Le dépôt alluvien du Nahr Ouassel est à 12 mètres au-dessous de la corniche supérieure du dépôt quaternaire de la rivière. Celle-ci a 15 mètres environ de large et est encaissée de 5 à 6 mètres dans des alluvions argileuses; elle ne roulait pas d’eau le 17 mai i85o; de grandes flaques d’eau potable étaient disséminées dans le lit de la rivière. Des flaques ou redirs semblables se trouvaient sur les plateaux alluviens qui l’encaissent; elles avaient été remplies lors des dernières pluies d’avril.
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- Un barrage en terre et fascines avait été établi auprès du Mocta el-Arrach, sur la route de Chabounia. 11 avait été enlevé par une crue. C’est un accident très-fréquent, au reste, pour tous les barrages de ce genre exécutés sur des rivières dont le bassin géographique est si étendu. Quelques cultures s’étalaient, en mai 1858, sur les deux rives du Nahr Ouassel. La destruction du barrage avait, sans doute, restreint les cultures de cette année. Le sol allu-vien est ici très-profond, et serait très-fertile, s’il pouvait être arrosé d’une manière régulière.
- Le Nahr Ouassel présente un encaissement très-profond, de même que le haut Chélif, entre Guen el-Ouidan et Boughezoul, tandis que le lit des Oueds Oueurg, Bettin et Zerguin, a un encaissement très-faible, qui ne dépasse guère î ou 2 mètres. Cela résulte de ce que le Nahr Ouassel débite toutes les eaux venant des hautes montagnes crétacées et miocènes de la lisière méridionale du Tell.
- Entre l’Oued Nahr Ouassel au sud, le haut, Chélif à l’est, et la chaîne miocène du Djebel Gourin du Tell au N. O., il y a un plateau quaternaire qui se relève faiblement du S. E. au N. O., et où le poudingue est assez répandu à la surface du sol.
- Avant de se jeter dans le haut Chélif à Guen el-Ouïdan, le Nahr Ouassel se subdivise en plusieurs branches qui sillonnent un grand delta alluvien, où les récoltes de céréales deviennent magnifiques dans les années pluvieuses.
- Entre le Djebel Boutouidjin, au S. O., et le Guen el-Ouïclan, au N. E., le haut Chélif (Oued Oueurg) baigne le pied d’un plateau quaternaire qui s’abaisse au N. E. avec une pente à peu près égale à celle du fleuve. Le cordon littoral qui longe la rive droite de l’Oued Oueurg est formé de couches régulières parallèles au relief extérieur du sol. Il se remarque de loin par sa couleur blanche bien tranchée. Auprès des ruines du ksar de Chabounia, on observe, à la partie supérieure de ce terrain, des couches de calcaire d’eau douce contenant .des hélix et des paludines. La roche est caverneuse, à structure terreuse ou compacte. On y trouve intercalées clés lentilles de marnes verdâtres ou lie de vin, et elle repose sur des grès sableux. Trois échantillons de roches quaternaires de Chabounia ont présenté la composition suivante :
- Oued Oueurg.
- Composition du terrain quaternaire auprès des ruines du
- ksar Cliahounia.
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- 37 4
- EXPLORATION Dtl BENI MZAB ET DU SAHARA.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. CAI.CAIRÇ quaternaire blanc de Chabounia , n° l. CALCAIRE quaternaire blanc de Chabounia , n° 2. GRÈS SABLEUX , recueilli à 5 mètres sous la corniche de Chabounia, n° 3.
- Carbonate de cbaux 0^,7910 ogr,913o ogr,356o
- Carbonate de magnésie 0 ,o45o O ,0200 0 ,oi i4
- Peroxyde de fer, alumine 0 ,o33o 0 ,0080 a
- Argile proprement dite 0 ,o44o 0 ,0260 0 ,1100
- Silice gélatineuse libre O ,0200 u //
- Sable quartzeux 0 ,o44o 0 ,0260 0 ,5ooo
- Eau, matière organique 0 ,oi5o 0 ,ooAo 0 ,0170
- Total. 0 ,9970 1 ,0020 0 -999^
- Auteur Simon. Simon. Simon.
- Les calcaires nos i et 2 donneraient de la chaux grasse par la cuisson. Le sable n° 3 est très-riche en calcaire et établit le passage entre les calcaires compactes et les grès qtiartzeux.
- La coupe ci-dessous, menée du S. S. O. au N. N. E., indique les dispositions respectives des terrains crétacé, quaternaire et alluvien.
- g O ce
- Fig. j 51. •
- Au pied du ksar ruiné, l’Oued Oueurg forme un marais traversé par un cours d’eau potable, qui débitait 5o litres environ par seconde, le 17 mai
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- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
- 375
- i 858. Le point d’émergence des eaux se trouve à 3o kilomètres en amont dans le lit de la rivière, et les eaux recueillies, à diverses époques, dans l’Oued el-Oueurg, au pied du ksar, ont présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse nos 38, 4i el 44-)
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU DE L’OUED OUEURG , recueillie ! !e 17 mai 1858. EAU DE L’OUED OUEURG , recueillie le 13 mars ï 860. EAU DE i.>odi:d OÜEUl’.G, recueillie auprès de Chabounia , lo g novembre 1SC0.
- Chlorures de sodium et de magnésium .. iBr,o738 0^,7988 1 sr,07/i 1
- Sulfates de chaux et de magnésie o ,1767 0 ,371/4 O ,3539
- Carbonates de chaux et de magnésie 0 ,27/49 0 ,0900 O ,2880
- Peroxyde de fer, silice 0 ,0100 0 ,0180 O ,0200
- Matière organique Indét. Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. . 1 ,5354 1 ,2782 1 ,736o
- Auteur De Maiiigny. De Maiiigny. De Maiiigny.
- Ces eaux diffèrent légèrement, à cause des différentes saisons auxquelles elles ont été puisées. L’évaporation produite par les chaleurs de l’été augmente la proportion de matières salines. Ces eaux sont assez bonnes pour les divers usages domestiques. On remarquera qu’elles sont peu chargées de sels, bien qu’elles proviennent des terrains quaternaires. Ordinairement l’eau est retenue par un barrage en amont du ksar Chabounia, et sert pour clés cultures de céréales; aussi n’y a-t-il pas d’eau courante dans le Chélif, auprès de Guen Ouïclan, lorsque le barrage fonctionne convenablement.
- A 4 kilomètres en aval du ksar Chabounia, il y a dans le lit de l’Oued Oueurg, qui est à sec, un groupe de puits de 4 à 5 mètres de profondeur, dont plusieurs pénètrent dans le terrain quaternaire. Quand l’Oued Oueurg déborde, ils sont remplis par l’eau de l’Oued juscpi’à l’orifice, puis le niveau baisse graduellement. A la fin des chaleurslorsque la rivière est à sec, il ne reste que les infiltrations fournies par le terrain quaternaire ou le terrain alluvien.
- Nous donnons ci-dessous la composition des eaux recueillies dans plusieurs
- Composition dus eaux de l'Oued Oueurg au pied
- du Usai' Clinhounia.
- Groupe de puits dans
- le lit de l'Oueurg, à h kilomètres est des ruines du ksar Chabounia.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- omposilion des eaux des
- puits ordinaires do Chabounia.
- Groupe de puits de Sbiteïa sur la rive droite du Chélif.
- puits de Chabounia, à proximité du sondage de ce nom, dont ii sera question plus loin.
- (Voir le tableau n° 5, analyses nos 4i et 61.)
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES, EAU LU TUITS de service au fond duquel on a creusé le sondage de Chabounia , recueillie le 7 novembre 1859. (0 EAU POTABLE (lu puils servant aux besoins du détachement de sondeurs de Chabounia , recueillie le 8 novembre 1869. (’)
- Chlorures de sodium et de magnésium 2ogr,968o iBr,i8i7
- Sulfates de chaux et de magnésie 7 ,i33o 0 ,8971
- Carbonates de chaux et de magnésie 0 ,63oo 0 ,2700
- Peroxyde de fer, silice // 0 ,o3oo
- Matière organique Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau ...... 28 ,7310 2 ,3788
- Auteurs Simon. De Marigny.
- On voit que la composition chimique de ces eaux est très-variable d’un point à un autre, même lorsqu’elles sont recueillies à la même époque. Ainsi l’eau du puits n° i est très-salée et complètement impotable, tandis que celle du puits n° 2, quoique médiocre, peut être employée cependant pour les divers usages domestiques.
- En général, l’eau courante de l’Oued Oueurg, en amont de Chabounia, est beaucoup plus pure que celle des puits creusés dans le lit de la rivière, à l’aval de Chabounia, dans la partie où la rivière est complètement à sec.
- Un autre groupe de puits se trouve auprès de Sbiteïa, à î 8 kilomètres N. E. de Chabounia, dans la plaine alluvienne qui longe la rive droite du Chélif et au pied du plateau quaternaire qui domine cette plaine à l’est. Ces puits, qui ont de 4 à 5 mètres de profondeur, pénètrent dans le terrain quaternaire et sont à l’abri des inondations du Chélif.
- Voici les compositions des eaux recueillies dans plusieurs de ces puits situés auprès du sondage de Sbiteïa, dont il sera question plus loin.
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- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIÇN.
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- (Voir le tableau n° 5, analyses nos 37 et 43.)
- — DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU DU PUITS servant aux besoins du détachement de sondeurs de Sbiteïa. (0 EAU DU PUITS 1 de service du sondage de Sbiteïa t recueillie en juin 1860, (»)
- Chlorures de sodium et de magnésium oe',51 a 4 ogr,4523
- | Sulfates de chaux et de magnésie 0 ,3836 1 ,0669
- j Carbonates de chaux et de magnésie O ,2300 0 ,1760
- | Peroxyde de fer, silice 0 ,0120 0 ,oo4o
- Matière organique Indét. Indét.
- 'Poids total des sels par kilogramme d’eau 1 ,i44o 1 ,6892
- j Auteur Simon. , Simon.
- Ces eaux sont analogues, par leur composition, à celles de l’Ouecl Oueurg, en amont de Chabounia. Elles sont assez convenables pour les divers usages domestiques.
- La forte teneur en sulfates de l’eau du puits de service vient de ce que le terrain quaternaire de Sbiteïa est très-riche en gypse.
- Voici la composition du magma gypseux qui se trouve à 0m,2o au-dessous du sol sur le plateau quaternaire de Sbiteïa, et qui a parfois 1 mètre d’épaisseur.
- Sulfate de chaux.....
- Carbonate de chaux.. . Carbonate de magnésie
- Argile...............
- Sable quartzeux .....
- Eau combinée.........
- Eau hygrométrique.. .
- ogr,i48o o ,0870 0 ,o46o o ,473o o ,1800 o ,0600 0 ,oo5o
- Composition du magma gypseu* quaternaire de Sbiteïa.
- Total
- 0 >999°
- Auteur : Simon.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- L’argile contenue dans ce magma peut être considérée comme ayant pour formule :
- 5 j(3Si03) (Al2, Fe2)03j + 3 jsiOMgOJ + 6HO.
- Elle résulte de la combinaison ou du mélange de deux silicates triples.
- Entre Guen el-Ouïdan et Roughezoul, le Chélif traverse le marais de Kse-ria, qui a 12 kilomètres de longueur sur 4 kilomètres de largeur totale. Le fond de ce marais est formé d’alluvions argileuses d’un gris verdâtre sans aucun caillou; il se couvre, en été, d’une végétation verdoyante, que paissent les chevaux du poste de Boughezoul. En hiver, c’est souvent une vaste nappe d’eau, qui est alimentée par les débordements venus de la partie supérieure du Gliélif auprès de Guen el-Ouïdan. Le lit du Chélif, à travers les marais de Kseria, a 4 mètres environ de hauteur verticale sur i5 à 20 mètres de largeur. Aucun arbre, aucun accident de terrain, n’indique de loin au voyageur le cours sinueux de l’Oued. On n’aperçoit ce dernier que lorsqu’on est arrivé sur sa berge.
- Le 26 avril 1 8 58, le Chélif roulait oht,33 par seconde d’une eau salée et amère, de couleur verdâtre, et qui a présenté la composition suivante.
- (Voir le tableau n° 5, analyse n° 60.)
- Composition de l'eau du Chélif, recueillie le 26 avril iS5S auprès
- do Boughezoul.
- Chlorures de potassium, de sodium et de magnésium.......... io8r, 1363
- Sulfates de chaux et de magnésie........................... 5 ,5iog
- Carbonates de chaux et de magnésie......................... o ,1990
- Peroxyde de fer, silice.................................... o ,oo4o
- Matière organique.......................................... Indét.
- Total des sels par kilogramme d’eau...... i5 ,8602
- Auteur : Simon.
- Cette eau est évidemment impropre à tous les usages domestiques, et diffère complètement, par sa composition chimique, de celle recueillie à la même époque dans le lit de l’Oued Oueurg auprès de Chabounia; elle a beaucoup d’analogie, au contraire, avec celle du puits n° 1 de l’Oued Oueurg, p. 376, eau qui renferme 28^,731 de matières salines par kilogramme de liquide. On voit qu’un long parcours dans le terrain quaternaire peut augmenter très-considérablement la teneur des eaux en matériaux salins, ainsi que cela ar-
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- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
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- rive dans le Sahara oriental. Dans les grandes inondations, le Chélif coule à pleins bords dans son lit encaissé, et s’étale ensuite à droite et à gauche dans le marais de Kseria, qu’il transforme en un vaste lac. A la partie supérieure des berges alluviennes du Chélif, les marnes sont parfois un peu sableuses, par suite de l’entraînement des sables quartzeux qui sont accumulés dans les dépressions du terrain quaternaire. Sur presque toute leur hauteur, les berges sont essentiellement formées de marnes argileuses, où l’on ne distingue pas de stratification sensible. Des zones faiblement nuancées, et paraissant à peu près horizontales, correspondent sans doute à des crues différentes du fleuve. En un point, nous avons observé une assise lenticulaire de 4 mètres de longueur sur om,o5 d’épaisseur maximum, formée d’une espèce de tourbe dont quelques parties sont à l’état de charbon roux. Les marnes des berges du Chélif sont assez gypseuses; elles renferment des veinules irrégulières de 1 à 2 milliirrètres d’épaisseur sur î à 5 centimètres de longueur, et des nids de î à 2 millimètres de diamètre de gypse blanc, farineux. Quelquefois la marne est marbrée de gypse; d’autres fois elle est comme ponctuée de points blancs gypseux.
- Au N. O. et au S. E., le marais de Kseria est encaissé entre des berges composées de petits cailloux roulés, noyés dans une carapace calcaire, jaunâtre, quaternaire. Au pied de la berge S. E. se trouve une espèce de fossé de ceinture de 3 mètres de large sur om,8o de creux, dans lequel on a creusé un puits, aujourd’hui éboulé. Les déblais qu’on a extraits du fond sont caillouteux, tandis que le sol extérieur est en argile verdâtre; cela indique que les marnes verdâtres du bord du Chélif sont postérieures au dépôt du poudingue. Nous insistons sur cette observation, parce qu’elle montre qu’il y a une distinction à faire entre les terrains alluvien et quaternaire, quoiqu’elle ne soit pas toujours bien évidente à l’œil.
- A partir de Boughezoul, le Chélif, qui coulait d’abord du S. O. au N. E., tourne brusquement au nord pour pénétrer au milieu des terrains tertiaires et crétacés du Tell. Le terrain quaternaire de la lisière nord du bassin du haut Chélif ne pénètre pas dans la coupure qui donne issue aux eaux du fleuve dans le Tell. Cette coupure est donc très-récente et postérieure au dépôt du terrain quaternaire ; on peut la rattacher à l’apparition du système du Ténare.
- Le 29 octobre 1855, au matin, le Chélif roulait, au gué du ksar Boghari,
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- EXPLORATION DE BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Composition des eaux du Cliélif recueillies
- u eue du ksar Rogliari avant
- et après une crue.
- une très-laible quantité d’eau, environ oht,2 5 par seconde. Dans la journée est survenue une crue d’un mètre environ de hauteur, qui a produit un débit de 100 mèlres cubes environ par seconde. Elle était le résultat d’un orage qui avait éclaté dans le haut Cliélif sur le massif du Djebel Amour et au milieu des vasles plaines quaternaires traversées par le Cliélif et ses affluents. Les eaux du Cliélif, avant et après la crue, présentaient la composition suivante, après une filtration préalable pour les débarrasser des boues en suspension.
- (Voir le tableau n° 5, analyses nos 54 et. 55.)
- 1) K S I G N AT ION DES S U B S TA N CES. nAt* du cn:-:i.5F, recueillis, le 29 novembre 18 5 5, au gué du ksar Bugbari , avant une forte crue. EAU DU CUÉJ.IF, recueillie , le 29 oclolire i S55 , au gué du ks;ÿ Bogliari , après une furie crue.
- Chlorures de sodium et do njagnésium. 2s',8()IJO 3sr.3851
- Sulfates de soude, de chaux et de magnésie 3 ,6620 1 ,85'13
- Carbonates de chaux et fie magnésie 0 ,io3o 0 ,oq85
- Peroxyde de fer, silice 0 ,ooGo 0 ,oo4o
- Matière organique Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d'eau G ,6/100 5 ,3419
- Auteur ViLLK. Ville.
- L’eau prise avant la crue renferme 6sr,64 de matières salines par kilogramme de liquide. Cette proportion, certainement très-considérable, en fait une eau impropre aux divers usages domestiques. Cependant on remarque que cette eau est déjà beaucoup moins chargée de sels que celle du Cliélif recueillie auprès deBoughezoul, page 378, qui contient, en avril, iô§r,85o2 de matières salines par kilogramme de liquide. Cela vient de ce que le Chélil a déjà fait un parcours d’environ 36 kilomètres au milieu du terrain miocène cpii constitue la zone méridionale du Tell.
- L’eau du Cliélif, après la crue du 29 novembre i855, renferme un peu moins de matières salines qu’avant la crue (5sr,34i9 de sels par kilogramme
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- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
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- d’eau), mais cependant sa richesse en sels est encore très-considérable, et rend, cette eau peu convenable pour les divers usages de l’économie domestique. Dans cette eau, les chlorures occupent le premier rang et les sulfates le second, tandis qu’avant la crue c’est l’inverse qui avait lieu. Les carbonates alcali no-terreux sont en proportions à peu près identiques avant et après la crue. Tous ces faits s’expliquent par la nature des terrains quaternaires ou alluviens délavés par les eaux de pluie. Ces terrains se couvrent, en elfet, d’efflorescences blanches où dominent les chlorures et les sulfates. On comprend, dès lors, que les eaux de pluie, coulant à la surface de ces terrains, dissolvent principalement les sels les plus solubles, c’est-à-dire les chlorures de sodium et de magnésium, et dès lors les chlorures constituent les sels dominants dans les eaux de lavage. En tenant compte du poids des matières terreuses desséchées qui se trouvaient en suspension dans un litre d’eau du Chélif après la crue, nous avons calculé que chaque mètre cube d’eau tenait en suspension 20 kilogrammes de matières terreuses. Avec un débit de 100 mètres cubes par seconde, le Chélif roulait donc deux-ionnes de matières terreuses par seconde et 172,800 tonnes par vingt-quatre heures, ou 72,000 mètres cubes environ. Si on les entassait sur un hectare de terrain, il en résulterait un dépôt de 7m,2 0 de hauteur. Comme la crue dont nous parlons est une des plus faibles du Chélif, les calculs qui précèdent donnent une idée de la grande quantité d’alluvions argilo-sableuses que le Chélif peut entraîner dans ses débordements. On peut dire que les eaux de ce fleuve renferment deux espèces d’amendements :
- i° L’amendement terreux en suspension;
- 20 L’amendement salin en dissolution; elles offrent donc un double avantage au point de vue agricole.
- Le bassin quaternaire de l’Oued Ousserah est limité, au sud, par la chaîne crétacée du Djebel Oukeil, à l’est par un éperon qui se détache de cette chaîne et par le prolongement méridional du massif crétacé d’El-Feah, au nord parles chaînes crétacées du Djebel Saïada et du Djebel Noukhra. Il se relie, à l’ouest, au bassin quaternaire de l’Oued Bettin par une ligne de faîte très-faiblement accusée. Au N. E., une large coupure, qui sépare les massifs du Djebel Saïada et du Djebel Feah, permet aux eaux de l’Oued Ousserah de s’épancher dans le bassin de la Dayat Kahala. Le cours de l’Oued Ousserah est ordinairement à sec jusqu’à son débouché dans la plaine qui entoure la
- Bassin quaternaire tic
- rOuetl Ousserali.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Dayat, auprès du caravansérail d’Aïn Ousserah. La route carrossable d’Alger à Laghouat suit le côté gauche de la vallée et passe à mi-chemin, entre Guelt es-Settel et Aïn Ousserah, par le poste-café de Bou Cedraïa. Ce poste est situé sur la rive droite d’une dépression dirigée du S. 0. au N. O. et encaissée d’une dizaine de mètres dans le plateau saharien qui la renferme. Dans le thalweg, il y a, au pied d’un betoum décrépit, un reclir où s’accumulent les eaux de pluie, et qui servait, d’abord seul, à l’alimentation du poste tant qu’il renfermait de l’eau. Quand le redir était à sec, ce qui arrivait fréquemment, on était obligé d’aller chercher de l’eau à Guelt es-Settel ou à Aïn Ousserah.
- Le génie militaire a fait dans la vallée un sondage qui a donné de l’eau potable d’infiltration à la profondeur de 22 mètres. Lors de notre passage, le i5 décembre 1862, on creusait un puits ordinaire de 2 mètres de diamètre, qui avait atteint 12 mètres de profondeur. On a traversé, à partir du sol, un dépôt alluvien de 4mi5o d’épaisseur, formé par des débris crétacés à angles vifs. Au-dessous viennent des grès tendres cl’un gris blanchâtre, contenant quelques empreintes végétales. A 6m,5o du sol, on remarque, au milieu des grès, une couche de marne d’un bleu jaunâtre de om,2 0 d’épaisseur plongeant de 8. à 10 degrés vers le N. 6° E. m. Ainsi les couches sont bien disposées pour donner ici de l’eau ascendante à partir du fond. Les grès traversés dans le puits présentent le même faciès et la même dureté que les grès qui affleurent sur les flancs du ravin de Bou Cedraïa et qui nous paraissent appartenir à la formation quaternaire, de même que la carapace calcaire qui recouvre le sol. On sait que des couches de grès plus ou moins dur, parfois très-épaisses, existent, en effet, dans le terrain quaternaire du Sahara, et notamment à Ouargla, à Guerrara, en certains points des dunes des Zahrez.
- L’Oued bou Cedraïa s’encaisse à l’aval du poste café, entre le massif crétacé du Djebel Feah à l’est, et le massif crétacé du Djebel Saïada à l’ouest. 11 forme alors la vallée de l’Oued Ousserah, qui passe au pied du caravansérail de ce nom. L’eau courante se montre dans la vallée à i,5oo mètres en amont du caravansérail. En 1856, elle donnait lieu à un marais infect, qui était une cause d’insalubrité pour le caravansérail. Le génie militaire a desséché ce marais et facilité le cours des eaux, en arrachant tous les végétaux qui encombraient le lit de la rivière, et faisant, suivant le thalweg de
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- TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
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- celle-ci, un fossé cle drainage qui a été rempli de pierres sèches. Ce travail a augmenté le débit de la rivière, qui était, le 16 avril i 858, de 5 litres à la seconde. Il serait facile de l’augmenter encore au moyen de tranchées coupant les deux rives normalement à la conduite faite dans le thalweg. On observe, en effet, sur le plateau longeant ces deux rives, de nombreuses infiltrations qui se perdent la plupart avant d’arriver au lit principal. Parmi ces infiltrations, les unes viennent de bas en haut, ce qui indique qu’elles sont animées cl’une force ascensionnelle; les autres viennent latéralement et sont fournies par les roches quaternaires perméables qui forment la partie supérieure des berges. Toutes ces sources sont de composition différente : les unes sont très-mauvaises au goût; deux d’entre elles, meilleures que les antres, forment deux abreuvoirs et servent à l’alimentation des hommes. L’eau de l’Ouecl est verdâtre et de mauvais goût; un barrage l’utilise pour l’irrigation de quelques cultures.
- Nous avons indiqué ci-dessous les compositions chimiques des eaux recueillies :
- i° Dans la cour du caravansérail;
- 2° Dans le lit de l’Ouecl.
- (Voir le tableau n° 5, analyses nos 42 et 48.*)
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAU .RECUEILLIE le 31 octobre i835, dans la cour y- du caravansérail d’Àïn Ousserah. EAU RECUEILLIE le 17 avril 1858 , dans l'Oued Ousserah.
- Chlorures de sodium et de magnésium 0^,7081 2gr,12g7
- Sulfates de potasse, de soude, de chaux et de magnésie. o ,6750 1 ,3/109
- Carbonates de chaux et de magnésie ;. 0,2112 0 ,1811
- Peroxyde de fer, silice 0 ,0280 0 ,o3oo
- Matière organique Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau 1 ,6229 3 ,6817
- Auteur De Marigny, De Marigny.
- Composition des de
- l’Oned Onssera
- L’eau de l’Ouecl Ousserah a une grande analogie avec les eaux quater-
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- 384 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- naires du Sahara oriental, et diffère beaucoup, par sa composition chimique,
- '[jejüssiiQ pariQ
- de l’eau du puits du caravansérail. Celle-ci est beaucoup moins chargée de chlorures et de sulfates, et est meilleure pour les divers usages domestiques. On peut s’étonner de sa pureté relative, à cause du voisage du gypse quaternaire d’AïnOusserah. Cette pureté s’explique, en partie, par la proximité du terrain crétacé qui se montre auprès d’Aïn Ousserah sur les deux flancs de la vallée, à peu de distance du caravansérail. L’eau de l’Oued est, au contraire, très-fortement influencée par les roches quaternaires dans lesquelles elle circule avant de jaillir à la surface du sol.
- La vallée de l’Oued Ousserah répand encore dans les environs une odeur infecte comme celle d’Aïn Chemmara, et qui provient de la réaction réciproque des sulfates terreux et des matières organiques.
- Le lit de la rivière a été déblayé sur 1,000 mètres environ de longueur, et le cours de l’eau superficielle s’arrête là où l’on a cessé de déblayer le thalweg. En amont, celui-ci est couvert de joncs sur 5oo mètres environ de longueur, et l’on pourrait en obtenir par le drainage un volume d’eau assez notable.
- Les berges sont formées, à la partie supérieure, de sables siliceux jaunâtres, mêlés de filets de gypse blanc. Parfois, au même niveau, ces sables sont rem-
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
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- placés par du gypse farineux ou par du calcaire blanc, à tissu très-compacte. Celui-ci présente un assez grand développement à i,5oo mètres sud du poste; d y forme, sur 5 mètres de hauteur, des couches régulières de om,5o de puissance. 11 est rempli de cavités grossièrement cylindriques, verticales et sinueuses comme si elles avaient été produites par des gaz se dégageant au milieu de matières pâteuses. On y trouve aussi des liélix et des physes(?)," toutes coquilles terrestres ou fluviatiles. Les couches sont régulières et plongent très-légèrement au N. N. O. comme la vallée elle-même, c’est-à-dire comme le relief extérieur du sol.
- La coupe ci-dessus a été menée à i,5oo mètres sud du caravansérail, en travers de la vallée. Elle correspond à une cascade formée par les couches calcaires d’eau douce servant de lit à la rivière. Tandis que, sur la rive droite, la berge se compose principalement de calcaire compacte ou terreux, sur la rive gauche elle se compose de sables quartzeux mêlés de gypse.
- Ces sables dominent auprès du caravansérail; ils renferment de nombreux hélix, et nous y avons trouvé des ossements fossiles fortement brunis.
- Le i/| juillet 1862, nous avons pris la température des eaux suivantes dans la vallée de l’Oued Ousserah auprès du caravansérail.
- a. Puits de la cour du caravansérail (l’eau s’y tient à Am,5o sous le sol). 1 -°,66 (>. Eau de l’Oued à l’aval de toutes les infiltrations.......... 29°,oo
- Température Je Fcau
- cîc diverses sources d’Aïn Ousserah à diverses époques de l’année.
- INFILTRATIONS DE LA BERGE DE LA RIVE GAUCHE DE L’OUED.
- c. Fontaine abreuvoir n° 1........................................ 25°,00
- cl. Bouillon n° 2......................... ............. ....... 23°,00
- c. Bouillon n° 3. .......................................... 22°,00
- /. Bouillon n° 4.................................................., 25°,00
- g. Bouillon n° 5................................................... 25°,00
- h. Bouillon n° 6. . ............................................ 20°,oo
- Température de l’air au soleil, à 3 heures 3o minutes du soir. . . . 3c)0,00
- Le 1 4 décembre 1862, nous avons repris la température de diverses eaux de la vallée de l’Oued Ousserah. Nous avons trouvé les résultats suivants :
- a. Puits de la cour du caravansérail....................................... i5°,oo
- b. Eau de l’Ouecl, à l’aval cle toutes les infiltrations................... io°,oo
- 49
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- 386
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- INFILTRATIONS DE LA BERGE DE LA RIVE GAUCHE DE I.’OUED.
- r. Fontaine abreuvoir n° i.............................................. i3°,oo
- d. A 20 mètres en aval de l’abreuvoir, petite source débitant olll,io en-
- viron par seconde et boüillonnant à travers les sables à o"’,8o au-dessus du lit de l’Oued........................................... i3",oo
- e. A 5o mètres en aval de l’abreuvoir, petite source débitant ohl, i o
- environ par seconde............................................... io°,oo
- f. Â Ao mètres en amont de l’abreuvoir, source bouillonnant dans les
- sables à ora,io au-dessus du niveau de l'Oued..................... 2 2°,5o
- <7. A i5o mètres en amont de l’abreuvoir, petite source où vont puiser les Arabes, bouillonnant à o'Ayo au-dessus du lit de l’Oued et
- débitant olu,33 environ par seconde............................... 2.4V>o
- h. Plus en amonl sur la rive, gauche, petite source débitant environ ollt,io par seconde, bouillonnant dans les sables à 2 mètres au-dessus du lit de l’Oued, en lace d’un ancien abreuvoir en maçon-'
- « nerie situé sur la rive droite...................................... 1 5°,00
- INFILTRATIONS DE LA BF.RGE DE LA RIVE DROITE DE L’OUED.
- 1. Source s’échappant du pied de l’ancien abreuvoir en maçonnerie. . i5°,oo />. A 3o mètres en amont de l’abreuvoir en maçonnerie de la rive
- gauche, petite source........................................ 2 2°,5o
- /. Eau de l’Oued, en face de l'abreuvoir de la rive gauche........ 1 i°,oo
- m. Température de l’air au soleil, à 3 heures 3o minutes du soir. . . . io°,oo
- L’examen de ce tableau montre qu’en général la température de ces diverses eaux est plus élevée en été qu’en hiver. 11 n’y ca qu’une différence de 20,66 dans les températures de l’eau du puits du caravansérail suivant, les saisons, ce qui donne, pour cette eau, une température moyenne de 1 6°,03.
- La température de l’air extérieur influe beaucoup sur celle de l’Oued Ous-serab, suivant les saisons; ainsi, en été, la température de l’eau est de 2y degrés, et, en hiver, de 10 degrés à la meme heure (3 heures 3o minutes du soir). La moyenne iy°,5o s’écarte peu de la moyenne i6°,33 trouvée pour l’eau du puits.
- Les saisons influent beaucoup sur la température de l’eau de l’abreuvoir; on trouve, en effet, 25 degrés en été et i3 degrés en hiver. Le même fait se reproduit sur d’autres sources; mais ce qu’il est très-important de consi-
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- TE [{RAI N QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEX. 387
- dérer, c’est la température élevée des sources j, y, k, pendant l’iiiver; elle varie de 2 2°,5o à 2 4°,5o, tandis cpie l’eau d’infiltration du puits n’est qu’à ] 5 degrés. On retrouve en hiver à peu près les mêmes températures qu’on a observées pendant l’été pour les bouillons ncs 2, 3, 4 et 5, situés sur la rive gauche de l’Oued. Cela démontre d’une manière incontestable que les sources f, y, k, sont de véritables sources thermales, ayant à peu près la même température en été et en hiver, et, par conséquent, ce sont de véritables sources jaillissantes naturelles. Du reste, l’émergence de plusieurs sources de l’Oued Ousserali à travers les interstices de la couche inférieure de marnes conduit aux mêmes résultats. On doit conclure de là que les eaux qui surgissent dans le lit de l’Oued Ousserali, à proximité du caravansérail, sont produites par une nappe jaillissante souterraine, qui remonte d'une certaine profondeur à travers les lentes du terrain saharien et se dissémine, en grande partie, au milieu des sables gypseux qui constituent le sol. Ce sont ces eaux jaillissantes naturelles qui baignent le pied des joncs encombrant la vallée de l’Oued Ous-serah et entretiennent leur végétation. Les résultats obtenus dans le sondage d’Aïn Malabo 1T nous permettent aujourd’hui de calculer la profondeur probable de la nappe jaillissante d’Aïn Ousserali. En effet, dans ce sondage on a trouvé deux nappes jaillissantes, l’une à la profondeur de 18 mètres et à la température de 18 degrés, l’autre à la profondeur de 78 mètres et à la température de 2 1 degrés. Ainsi, pour Go mètres de profondeur, l’accroissement de température a été de 3 degrés, ce qui donne 1 degré pour 20 mètres; en Europe on compte, en moyenne, 1 degré pour 3o mètres; mais ce calcul souffre de nombreuses exceptions. A Aïn MalakolF, pour avoir 2 4°,5o d faudrait aller 70 mètres plus bas, ce qui donnerait au forage 100 mètres de profondeur. 11 est rationel d’admettre qu’à Aïn Ousserali l’accroissement de la température avec la profondeur suit la même loi qu’à Aïn MalakolF.
- Dès lors on voit que la nappe jaillissante d’Aïn Ousserah se trouve probablement à i5o mètres de profondeur; nous admettrons 200 mètres pour tenir compte de toutes les éventualités, il est possible également de se faire une idée du débit probable d’un sondage qu’on ferait à Aïn Ousserah, au diamètre initial de om,38, comme à Aïn MalakolF. En effet, dans ce dernier sondage le débit primitif a été de 20 litres à la seconde. La source jaillissante naturelle d’IIamia Chergui, qui est alimentée par la même nappe que l’Aïn MalakolF, n’a qu’un débit de oht,G6 par seconde, c’est-à-dire trente-trois fois
- /19.
- üll SOlldilgC e ISO à 200 încliT.s elo profondeur trouverait
- 11c nappe jaii'üssanti à Ain Ous-thIi.
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- 388
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- plus faible. Dès lors on est fondé à croire que le sondage d’Aïn Ousserah donnera un débit beaucoup plus considérable que celui fourni aujourd’hui par l’Oued Ousserah, débit qui est d’environ 5 litres par seconde. On ne peut espérer qu’on trouvera, par un sondage, un débit trente-trois fois plus considérable, c’est-à-dire i 65 litres par seconde; cependant il est permis de penser (pie le sondage fournira un volume d’eau beaucoup plus considérable que celui que roule aujourd’hui l’Oued Ousserah, et ce volume pourrait servir à rétablissement d’un centre de population à proximité d’Aïn Ousserah.
- Le bassin quaternaire de l’Oued Chemmara est de forme triangulaire et borné au N. E. par les massifs crétacés d’El-Merrich et du Djebel Touila, au S. E. et au S. par la chaîne crétacée du Seba Pious et du Djebel Gada, à l’ouest par la chaîne crétacée d’El-Feah et un rameau détaché du Djebel On-keil. Une sorte de détroit, compris entre ces deux chaînes et comblé aujourd’hui par un dépôt quaternaire, permettait autrefois aux eaux de la mer saharienne de passer du bassin de l’Oued Ousserah dans le bassin de l’Oued Chemmara.
- Cette dernière vallée remonte au S. O. jusqu’au caravansérail de Guelt es-Settel. Le lit de l’Oued Guelt es-Settel est encaissé de 4 à 5 mètres dans une roche jaunâtre, récente, formée par des débris de calcaire crétacé et de grès, englobés dans une gangue de sables siliceux jaunâtres. Il est difficile souvent de dire si cette roche est de période saharienne ou si elle constitue les alluvions actuelles de la rivière; son épaisseur est, du reste, très-faible, 8 ou i o mètres au plus dans la vallée. Souvent les couches crétacées surgissent au-dehors de cette formation relativement récente. En montant sur la croiqae crétacée qui domine au S. E. le caravansérail de Guelt es-Settel, on voit que la carapace calcaire d’un blanc jaunâtre, saharienne, s’élève à 20 mètres environ au-dessus du col du caravansérail. Au col de Guelt es-Settel, le terrain présente la coupe ci-après.
- Au sommet a du mamelon qui longe la route à l’est, on observe des plaques de carapace calcaire d’un brun jaunâtre, ayant tous les caractères du calcaire d’eau douce et encaissant de petits débris de roches étrangères. Son épaisseur est de om,20. Sur le mamelon b, qui longe la route à l’ouest, il y a un petit dépôt d’un mètre d’épaisseur formé de cailloux roulés englobés dans la carapace saharienne blanchâtre. On voit parla que la mer saharienne passait des Zahrez dans les bassins de l’Oued Ousserah et de l’Oued Chemmara à travers
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUV1EN.
- le col de Guelt es-Settel. Seulement le dépôt saharien a été très-faible sur ce col, sans doute parce que la mer y était peu profonde. Ce col était un récil de la mer saharienne.
- o
- N. 55° O. m. *&; S. 55° E. m.
- Fig. 153.
- La surface du bassin quaternaire de l’Oued Chemmara est d’environ 676 kilomètres carrés. En admettant qu’il y tombe annuellement om, 1 o d’eau de pluie (ce qui est un minimum), elle correspond à un débit moyen de 2,136 litres par seconde. La plus grande partie de ces eaux s’inbltre dans un sol perméable, couvert de dayats plantées de magnifiques betoums. 4 ou 5 litres à peine s’écoulent à ciel ouvert, par la vallée quaternaire de l’Oued Chemmara, dans la gorge qui sépare le massif crétacé d’El-Feah du massif crétacé d’El-Merrich.
- s
- s. o. I n.e.
- Grès. Gics.
- Terrain quaternaire.
- Fig. i54.
- Cette gorge, dont la figure ci-dessus indique la coupe, a 8 kilomètres de large; elle est occupée par une langue de terrain quaternaire sableux, jaunâtre, au milieu de laquelle coule l’Oued Chemmara.
- La coupe de ce dernier présente, au niveau de l’eau, une couche de grès
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- 1;* rive droit'
- tin
- l'Oiieil Chenimnv'i.
- uomposilion de Tenu de
- l’Onntl Chommara.
- quartzcux, à ciment argileux gris, friable et humide. Une plate-bande d’une cinquantaine de mètres de large sur chaque rive, polie comme une glace et couverte de plaques de joncs, incline de part et d’autre vers le lit de l’Oued, qui l’entaille sur 2 à 3 mètres de liant. Le miroitement en est dù à une croûte gypseuse et zonée de om,o 1 à on\02 d’épaisseur, déposée, sans doute, par les eaux qui coulent parfois à sa surface. Des suintements nombreux s’échappent de cette plate-bande et des talus inclinés qui la relient au lit de l’Oued. Ces grès aquifères se pétrissent entre les doigts en donnant une pale liante; ils renferment de petits nids de gypse blanc, farineux et des cristaux de gypse en petits fers de lance isolés, ce qui explique la croûte gypseuse qu’on remarque à la surface de la couche. On y remarque des éboulements naturels de 1 mètre à im,5o de profondeur et de l\ à 5 mètres de largeur, remplis parfois d’une eau stagnante, jaunâtre, plus ou moins salée.
- Au-dessus des grès quaiizeux aquifères, viennent des grès blancs, siliceux, très-durs, à grains très-fins; ils contiennent intercalées des couches de calcaire un peu caverneux, tantôt blanc, tantôt jaunâtre, ayant les caractères du calcaire d’eau douce. Cette roche renferme des grains de quartz blanc hyalin, et parfois elle est tellement siliceuse, quelle olfre le passage aux véritables grès. Les couches supérieures se composent de bancs de grès; tantôt elles sont très-dures; tantôt elles se désagrègent facilement et donnent heu à des dunes de sables jaunes qui prennent un assez grand développement sur la rive droite de la rivière. Une longueur de 2 à 3 kilomètres y est couverte de ces dunes et constitue un sol tourmenté oû les sables sont pourtant fixés par une végétation d’arbustes. Les vagues sableuses qui en résultent ont uni' profondeur de 2 à 3 mètres; elles constituent un sol très-absorbant, qui contribue, en partie, à l’alimentation des sources littorales de l’Oued Cliemmara. Ces eaux sont jaunâtres et n’ont pas toutes la même composition. Quelques-unes sont trop salées pour être potables; d’autres le sont beaucoup moins, et, en définitive, le cours d’eau qui résulte de leur réunion a un goût légèrement saumâtre, très-désagréable comme boisson pour les hommes, mais servant cependant à abreuver les troupeaux. L’eau de l’Oued Cliemmara, recueillie le 3 mai 1858, présente la composition suivante.
- (Voir le tableau n° 5, analyse n° 58.)
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
- 391
- Chlorures de sodium et de magnésium...................... 5sr,62Ô5
- Sulfates de chaux et de magnésie......................... 1 ,7155
- Carbonates de chaux et de magnésie....................... o ,2980
- Silice................................................... o ,0020
- Matière organique........................................ Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau...... 7 ,0.410
- Auteur : Simon.
- Cette eau dégage une odeur de matières végétales putréfiées qui a valu à ja vallée le nom qu’elle porte. L’atmosphère en est infectée. Dans toute la largeur de la vallée proprement dite, le lit de la rivière est encombré de joncs jusqu’à 8 kilomètres en amont des sources principales. Des puits creusés de main d’homme de distance en distance y indiquent partout la présence de l’eau à une faible profondeur; plus haut toute trace d’eau cesse à la surface. A l’aval des sources, l’eau coule à ciel ouvert sur 2 kilomètres environ d’étendue, en s’infiltrant peu à peu dans le fond argilo-sableux de la vallée; plus bas le lit de la rivière est bien accentué jusqu’à 6 kilomètres des sources, il a 00 ou Go mètres de large sur 5 à 6 mètres de profondeur maximum. Les grès quart/eux blancs forment un plateau continu sur chaque berge de la rivière; puis l’Oued devient moins profond; son thalweg s’amoindrit et disparaît au milieu de dunes de sables; toutefois la vallée proprement dite est toujours accusée entre deux petites croupes quaternaires dont l’une se rattache à El-Merrich et l’autre à El-Krechem.
- Les terres sont excellentes à la perte de la rivière et donneraient de belles récoltes de céréales, si elles pouvaient être arrosées. Or les eaux souterraines du bassin quaternaire qui est en amont d’Aïn Cliemmara sont obligées de s’écouler en grande partie par la gorge qui est comprise entre les massifs crétacés d’El-Merrich et d’El-Feah; et c’est là, sans doute, la principale cause de l’apparition des eaux à la surface du sol. C’est un phénomène semblable à celui que nous avons signalé à Aïn Ousserah; aussi nous pensons qu’un sondage aurait des chances de succès au milieu du terrain quaternaire d’Aïn Cliemmara. Les eaux qu’on obtiendra ne seront peut-être pas d’une très-bonne qualité pour les usages domestiques des hommes; mais elles seront toujours très-utiles pour l’irrigation des terres et pour les animaux.
- Le débit lui-même des sources d’Aïn Cliemmara pourrait être consi déra-
- u
- a île
- 11 puits artésu'i; chances île succès a 11 près
- Aïn Cliemmara au milieu dns
- il,es cpinl'-rnaires.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Le ilcbil
- TAïn Chcmmaru pourrait • •Ire augmenté par i<' drainage.
- blement augmenté par un drainage comprenant une tranchée principale, suivant le thalweg de la rivière, et des tranchées transversales coupant les pla-te aux qui longent les deux rives. L’augmentation du volume des eaux serait proportionnelle à l’étendue de la surface drainée.
- La vallée de l’Oued Chemmara remonte jusqu’au caravansérail de Guelt es-Settel, en coulant à peu de distance du massif crétacé d’El-Feah; elle reçoit, sur sa rive droite, un ravin qui se détache à peu près du centre du bassin quaternaire. De nombreux ravins qui se séparent au sud de la chaîne crétacée du Seba Rous et du Djebel Gada vont se perdre vers le centre de la plaine. Ils sont bien encaissés à la partie supérieure de leur cours, et y roulent tous de l’eau excellente, qui s’absorbe plus bas à travers les alluvions de ces vallées. En sortant du terrain crétacé, on remarque, sur les deux rives de chaque ravin, un dépôt de carapace calcaire blanchâtre, d’une épaisseur variable de 1 à 2 mètres, renfermant des hélix identiques aux espèces vivantes. Les couches de ce dépôt plongent toujours comme le relief extérieur du sol, c’est-à-dire vers le nord ou le nord-ouest. On les trouve bien développées le long des ravins qui sont à l’est du Bouira du Kef el-Hammam. Les couches de la surface extérieure y sont, en général, plus dures que celles qu’on observe au niveau de l’eau. Elles sont entaillées à angles droits par les lits des ravins, ce qui prouve que ce ne sont pas des alluvions récentes produites par ces ravins eux-mêmes. Elles correspondent à un régime des eaux bien différent de celui d’aujourd’hui par la puissance des eaux courantes, par la nature et la quantité des matériaux entraînés. Les alluvions de l’époque actuelle sont argilo-sableuses et remplissent la plupart des dépressions de la surface. Elles constituent, en général, un sol très-perméable, qui instille petit à petit les eaux d’infiltration à travers les fissures des couches quaternaires inférieures. Le caractère général de ces dernières est d’être stratifiées parallèlement au relief extérieur du sol, et l’on doit en conclure que les nappes souterraines suivent à peu près le même relief. Dès lors les puits artésiens devraient être exécutés de préférence à proximité des vallées principales; car, outre les infiltrations souterraines venant des bords du bassin, on réunira les infiltrations de la vallée elle-même, qui sont bien plus abondantes suivant le thalweg qu’à une certaine distance des bords.
- Le bassin quaternaire des clayats situées à l’est du marais de Kseria comprend toutes les eaux qui, venant du nord, de l’est et du sud, vont se perdre
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
- 393
- dans la région des dayats Messaouba, Firenia, Kahala et Beich. Si du caravansérail de Boughezoul, situé à 676 mètres d’altitude, on se dirige vers l’est, on trouve à i,5oo mètres un mamelon couronné par un plateau s’élevant à 1 2 mètres environ au-dessus du niveau général de la plaine. Les débris de roches que l’on rencontre sur les flancs du plateau sont formés de carapace testacée brunâtre,' ayant les caractères du calcaire d’eau douce.
- Au sommet du plateau, le gypse blanc friable se montre dans un trou de om,5o de profondeur, sous une croûte de om, 10 d’épaisseur de carapace calcaire. En continuant vers l’est, on coupe une série de mamelons quaternaires à contours mollement arrondis. Les bas-fonds qu’ils laissent entre eux étaient cultivés en céréales, qui présentaient le plus triste aspect le 2 5 avril 1 858. Les tiges étaient clair-semées et formaient déjà l’épi à ôm,2 0 ou om,3o du sol. Le terrain remué par la charrue est sableux, jaunâtre et perméable aux eaux de pluie. Les croûtes calcaires testacées y sont disséminées en fragments plus ou moins épais. Sur un des mamelons culminants situés à 5 kilomètres est de Boughezoul, il y a un espèce d’abri en pierres où l’on remarque des blocs de carapace de om,2 0 d’épaisseur sur om,ôo de longueur. De ce point l’horizon présente au spectateur tourné vers l’est le profil indiqué par la figure ci-dessous.
- B:issin quaternaire (les
- (lavais situées à l’est des
- marais de Rserin.
- Gypse quaternaire sur le plateau situé à 1,500 mclrcs est de Bouglieioul.
- Cultures de céréales d'un triste aspect à l'est
- (le Bouglic/.oul.
- V. N. E.
- S. S. O.
- 1 errant tertiaire moyen du Tell.
- Fig. 155.
- Le plateau a b est formé de carapace calcaire, quaternaire, limitant la rive gauche de l’Oued Grara, qui coule vers le S. O. Une série de couches régulières de carapace dont l’épaisseur totale s’élève à 2 mètres se montre sur tout le pourtour du plateau et dessine à peu près une courbe de niveau avec une pente générale de 2 à 3 degrés vers le S. 0. comme le relief extérieur du sol. Dans les bas-fonds qui séparent les portions de ce grand plateau le sol est argilo-sableux, jaunâtre, perméable, et contient, disséminés, des débris à angles vifs ou arrondis de quartz calcéclonien, gris, blanc, café au lait, de
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- calcaire gris compacte, de grès, de micaschite grisâtre à mica noir verdâtre en très-petites paillettes. En se rapprochant de la lisière sud du Tell, les accidents du terrain quaternaire sont plus accentués, et sous la carapace calcaire on remarque du poudingue à gros galets de grès jaunâtres, débris du terrain tertiaire moyen. Celui-ci se montre sous le quaternaire en stratification discordante, ainsi que l’indique la coupe ci-dessous.
- S. m. N. m.
- quaternaire.
- T e r r a i n
- Calcaire d‘
- Fig. 15 6.
- Le terrain quaternaire n’a que 8 ou i o mètres d’épaisseur sur la lisière méridionale du Tell. Le poudingue qu’il renferme a pour gangue tantôt la carapace calcaire d’un blanc jaunâtre, tantôt une roche friable argilo-calcaire, contenant de petits cristaux de gypse. En certains points, on le voit reposer sur une marne d’un brun jaunâtre avec cristaux de gypse, faisant partie intégrante du terrain quaternaire.
- Si de Birin on se dirige au N. O. vers la Koubba de Sidi Malek, on passe du terrain nummulitique dans une plaine qui forme la partie orientale du bassin qui nous occupe. Le sol est jaunâtre, ne se crevasse pas, et se compose d’un mélange de sable et de calcaire. H constitue un plan régulier qui plonge à l’O. S. O. par une pente très-douce; il est couvert de chardons que broutent les chameaux. Il serait très-fertile, s’il était susceptible d’arrosage; malheureusement il ne renferme pas une goutte d’eau courante. Les puits artésiens ne nous paraissent pas offrir de grandes chances de succès dans la partie haute de la plaine, parce qu’on se trouve sur les zones de contact des trois formations nummulitique, tertiaire moyenne et quaternaire. Plusieurs ravins descendent du terrain tertiaire moyen du Tell, se réunissent pour former à l’aval l’Oued Sidi Malek, qui va se perdre dans la plaine, vers l’extrémité N. O. de la dayat Firenia. Après sa réunion avec le Chabbat Hadjera Houia, le lit de l’Oued Sidi Malek a 3o mètres de largeur sur 4 mètres de hauteur. Il est encaissé dans des marnes verdâtres traversées par de petits blets irréguliers de
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUV1EN.
- 395
- gypse blanc. Ces marnes sont stratifiées parallèlement au relief extérieur du sol ou au cours de la rivière; certaines assises sont sableuses, jaunâtres et passent parfois à l’état de sables quartz eux. Dans la plaine, l’Oued Sidi Malek ne roulait pas d’eau le 4 niai 1 858 ; il y avait seulement des traces d’humidité en quelques endroits; mais, dans la partie haute de son cours, il prend le nom d’Oued Tekhaza, et l’on a vu, page 346, qu’il roule 5 litres par seconde d’une eau saumâtre, servant à l’irrigation des céréales. Des terrasses de terrain quaternaire se trouvent de loin en loin sur le cours de FOued Tekhaza; l’une d’elles est située sur la rive gauche de la rivière, près d’un barrage; elle est indiquée sur la coupe de la page 347- Elle s’élève à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la vallée alluvienne.
- En suivant la lisière nord du terrain quaternaire compris entre l’Oued Sidi Malek et El-Abiod, on remarque qu’il forme toujours des plateaux réguliers couverts de carapace calcaire blanchâtre. Au dehors, et suivant le relief extérieur du sol, ces plateaux plongent de 2 à 3 degrés vers le sud. Leur épaisseur s’élève à î ou 2 mètres. Le calcaire d’eau douce compacte constitue un cordon continu le long de la ligne qui s’étend d’Aïn Pdiarbia à El-Abiod.
- De Bir Snoussen, extrémité occidentale du massif de Birin, part un ravin bien accentué qui se dirige à l’O. S. O. vers le centre de la dayat Firenia. A 8 kilomètres environ de Bir Snoussen, la vallée s’étale; le sol devient un peu inégal par suite de la présence de petites dunes de sables jaunes, entièrement fixées par la végétation. Celles-ci disparaissent elles-mêmes plus loin pour faire place à un terrain tout à fait plat, roussâtre, argilo-sableux, renfermant quelques redirs pleins d’eau le 4 mai 1858, par suite de pluies récentes, et indiquant ensuite le thalweg gétiéral de la vallée, qui se poursuit jusque dans la dayat Firenia.
- Nous avons pénétré dans le cœur de cette dayat, qui ne renfermait pas d’eau en mai i868. Le sol est grisâtre, argileux, crevassé, couvert d’herbes et de chiah. Après les fortes pluies d’hiver, ce lac renferme parfois om,2 0 d’eau légèrement saumâtre. Il s’allonge du S. E. au N. O. sur i 2 kilomètres d’étendue, au pied de la crête d’El-Krechem.
- La crête d’El-Krecliem s’élève à 694 mètres d’altitude, à i,5oo mètres N. E. du poste-café de ce nom, et forme une pointe qui s’avance du sud au nord entre la dayat Firenia et la dayat Kahala. Elle se compose de terrain quaternaire qui s’appuie au sud contre le massif crétacé d’El-Feah. Sur les
- 5o.
- Dayat Fircnin.
- Créle d El-Krcrhcm.
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- 396
- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- bords de la dayat Firenia, elle présente, au sommet, une couche de poudingue à galets roulés de diverses natures, ayant pour gangue du gypse blanc farineux. Au-dessous, le flanc de la colline est couvert de sables quartzeux roux, provenant probablement de la désagrégation de couches de grès.
- o.
- a
- L-3
- O
- E.
- T erra i n
- quai'ern aire.
- Fig. i57.
- iiest' La coupe ci-dessus, menée de l’est à l’ouest, indique la disposition respec-
- souveiit très-difficile . . . l • T fT* •]
- de distinguer tive des terrains quaternaire et alluvien, quil est souvent bien diilicne, smon ietcnainquaieruaue jnip0ssj]3je^ c{e distinguer l’un de l’autre. A l’extrémité N. O. de la crête, sur terrai» niiuvien. }a route de Laghouat, on observe, sur un des contre-forts d’El Krechem, un affleurement de grès tantôt friable, essentiellement formé de quartz blanc avec un ciment légèrement jaunâtre, tantôt très-dur et passant à l’état de poudingue. Il a 2 mètres de long sur 2 mètres de large, et les couches y sont dirigées N. i42° Fa. m. avec un prolongement au N. 02° E. m. de 45 degrés.
- Au premier abord, en considérant surtout la forte pente des couches, on est porté à considérer ce grès comme appartenant au terrain tertiaire moyen. Cependant, en étudiant la crête d’El-Krechem, on reconnaît que cette forte pente est due probablement à un accident local. Le même grès forme, en effet, une corniche reposant sur des marnes vertes, gypseuses, que les eaux d’infiltration font ébouler par masses plus ou moins considérables. Les couches de grès, éprouvant des porte-à-faux, se brisent et s’infléchissent tout autour de la corniche, ainsi que l’indique la coupe ci-après, menée de l’est à l’ouest, à l’extrémité septentrionale de la crête. A part cette inflexion spéciale des bancs de grès, les autres couches paraissent sensiblement horizon-' taies sur le plateau d’El-Krechem.
- On y remarquera deux bancs de grès siliceux a et b. L’inférieur seul s’in-
- 1
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
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- fléchit suivant le talus de la colline, par suite d’un affaissement et d’un mouvement en avant des marnes gypseuses qui le supportent. A la partie supérieure de la colline, le calcaire mêlé de blanc et de rouge, tantôt compacte, tantôt terreux, forme trois assises principales. Il est associé à du gypse blanc farineux. Le calcaire de la couche supérieure renferme de petites coquilles turriculées d’eau douce. Il s’élève à 5o mètres environ au-dessus de la plaine alluvienne qui entoure la colline.
- <•3
- Gypse blanc fo
- — Calcaire compacte jaune brun, gris.
- Calcaire terreux mêlé de blanc et rouge.
- ---------------Grès siliceux blanc.—-------------
- Calcaire mêlé de blanc et rouge et gypse blanc.
- Grès et poudingue siliceux*
- Marnes vertes et gypseuses.
- Z" ' Allnvions.
- T e r r
- cj u a t e
- Fig. 158.
- Le poste café cl’El-Krechem est situé sur la route d’Alger à Laghouat à 65o mètres d’altitude, à mi-chemin entre le caravansérail de Boughezoul et celui d’Aïn Ousserah. On remarque encore les ruines d’un ksar sur le plateau quaternaire qui domine le poste à l’est. Comme ce dernier, il ne pouvait être alimenté que par des redirs qui sont dans une grande dépression partant du sommet delà colline. Cette alimentation était donc intermittente; et, en temps de sécheresse, on devait recourir, comme aujourd’hui, aux puits de Boughezoul ou à la source d’Aïn Ousserah. Le génie militaire a creusé plusieurs puits dans les alentours du poste-café au milieu du terrain quaternaire pour rechercher de l’eau potable ; mais ces puits n’ont donné que de l’eau saumâtre , impotable, aux profondeurs de î 2 à i 4 mètres. Ils ont traversé, près de la surface, des terres calcaires et gypseuses d’iin blanc jaunâtre, et, en profondeur, des marnes gypseuses verdâtres.
- L’eau des redirs est bonne à boire, ainsi qu’il résulte de la composition
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Composition cîe l'eau des
- redira d'Rl-Krecliem.
- suivante de l’eau recueillie dans un redir, le 3o octobre 1855, après des pluies. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 39.)
- Chlorure de sodium............... osr,6768
- Sulfates de chaux et de magnésie. . . o ,5264 Carbonates de chaux et de magnésie. o ,2 2 44
- Peroxyde de fer, silice libre.... o ,o44o
- Matière organique................ Indét.
- Poids total des sels par kilogr. d’eau. 1 ,4716
- Auteur : De Marigny.
- Entre les plateaux quaternaires d’El-Kre-chem et de Chabounia, on traverse une dépression occupée par les clayats Kahala et Beich. Le 27 mai 1861, nous n’avons pas trouvé d’eau dans ces dayats; le sol était couvert de cristaux de gypse blanc de 1 à 2 centimètres de long et 1 à 2 centimètres de côté. C’est un terrain identique d’aspect à celui des environs de Tougourt. On y remarque des plans horizontaux parfaitement unis qui ne sont autre chose que les plans des couches sahariennes elles-mêmes, ainsi que l’indique la coupe ci-contre.
- Sur le plateau ondulé efg, le sol est en sables quartzeux jaunes, plus ou moins gros-
- o
- Vv*
- O
- ’JITO P3n0
- •eranoqei[3 ap aurai jbs}{ ^
- siers, un peu argileux, assez agrégés pour r ^ a«A}Q
- n’être pas mobiles sous l’action des vents. II 2!
- est couvert d’une végétation maigre où l’alfa e4 •îoCbq
- est très-rare. •jenoqâeq b
- Les hélix vivants candidissima et melano- .laSiy/p ajcjesso-uT» opioq
- stoma et le bulimus decollatas sont répandus à
- profusion sur le sol. •iuaipaa]|-{g4p auiru JBsq C
- jilliivions?'
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- Ks;ir ruiné d’El-Krecliem,
- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
- 399
- Entre El-Krechem et Sbiteïa, le relief du terrain diffère un peu du précédent et présente la coupe ci-dessous.
- E. S. E.
- g §
- 'Marnes jaunes et sable quartzeux.
- Marnes grises.
- O. N. O.
- '55
- 'g
- P
- O
- A lluvions.
- Terrain (juaternaire ou
- a h a r i e n.
- Fig. i6o.
- Il serait très-important d’avoir de l’eau potable à El-Krecliem, à cause des nombreux voyageurs qui fréquentent la route de Laghouat. Nous pensons qu’il serait possible de créer une fontaine artificielle dans un des principaux ravins qui découpent la tête d’El-Krechem, en coulant de l’est à l’ouest à proximité du poste. Il suffirait d’exécuter un drainage suivant le thalweg de la vallée avec des embranchements normaux de part et d’autre. Un robinet et un abreuvoir seraient placés à l’extrémité inférieure du grand canal collecteur; et on n’ouvrirait le robinet que lorsqu’on aurait besoin d’eau.
- Entre El-Krechem et Boughezoul, le sol est tantôt marneux et tantôt graveleux. C’est un terrain d’alluvion où les galets sont formés de silex noir ou blanc et de calcaire compacte ; ils sont disséminés dans une pâte sablonneuse jaunâtre. Entre les deux postes, on a creusé plusieurs puits de 8 à i o mètres de profondeur sans eau. Au-dessous de la couche graveleuse supérieure, on a pénétré immédiatement dans des marnes vertes avec cristaux abondants de plâtre lancéolé. Ces marnes sont, sans doute, le résultat du remaniement des marnes vertes qui sont si répandues dans le terrain tertiaire du Tell. Le gypse devient parfois tellement abondant au milieu des marnes quaternaires, qu’il l’emporte sur celles-ci et forme, à la surface du sol, une assise blanche presque entièrement formée de gypse, tantôt cristallisé à grains Fins blancs, et tantôt en petits fers de lance. La route carrossable traverse le terrain marno-
- Création par le drainage d’une
- fontaine artificielle auprès
- du poste d’Ei-Krechem.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- A1111viuns argiloiisrs ,l,i
- I:i .l„y .t Mi'ssaonlia.
- Om'll ÜDIlglin/oul.
- l’nils ,!' Jiimglicioul.
- Kiui ,lu puits Boutjlirzoui.
- gypselik sur le bord septentrional de la dayat Messaouba. Les fossés de la route permettent de bien voir la composition intime de ce terrain. Le fond de la dayat se compose d’alluvions argileuses comme dans la davat Firenia; il était à sec le 26 avril 1 8 58.
- La vallée de l’Oued Boughezoul limite au N. O. le bassin diluvien dont on s’occupe. A la partie supérieure de son cours, elle est encaissée dans le terrain tertiaire moyen (grès et marnes); elle s’évase en descendant dans la plaine quaternaire. Le lit en est argilo-sableux, et sur les crêtes de la vallée se trouvent de gros cailloux noyés dans une gangue calcaire cjui forme des croûtes de carapace quaternaire à la surface du sol. Des puits nombreux de 3 à 4 mètres de profondeur ont été creusés par les Arabes dans le lit de l’Oued Boughezoul; auprès du caravansérail ils ont traversé des alluvions argilo-sa-bleuses avec petites veines irrégulières de gypse blanc farineux. En hiver, iis sont remplis jusqu’aux bords; mais ils se dessèchent bien vite, parce que ce sont plutôt de larges fosses à ciel ouvert sur lesquelles l’évaporation a une large prise.
- Un puits muraillé et couvert d’un marabout a été creusé à 100 mètres du poste par les soins de l’administration de la Guerre. Il a 6 mètres de profondeur et om,5o de hauteur d’eau. Celle-ci a un goût saumâtre et désagréable; aussi est-elle peu estimée des voyageurs. Cependant elle est bonne pour les bestiaux.
- L’eau recueillie le 25 avril 1869 a présenté la composition suivante. (Voir le tableau n° 5, analyse n° 47-)
- Chlorures de sodium et de potassium.................... isr,g2 88
- Nitrate de soude.......................................... o ,1822
- Sulfate de chaux.......................................... 0 ,35 17
- Carbonates de chaux et de magnésie........................ o ,32 2 2
- Peroxyde de fer, silice. ................................. o ,0120
- Matière organique....... ................................. Indét.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau... 2 ,7/169
- Auteur : De Marigny.
- On voit que cette eau est très-chargée de matières salines; malgré cela les troupes et les nombreux voyageurs qui parcourent la route de Laghouat à
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
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- Alger sont très-lieureux de la trouver; malheureusement elle s’épuise vite cpiand il passe des convois considérables. Le gardien du caravansérail nous a assuré qu’il a fait plusieurs puits sur le plateau de Boughezoul, autour du caravansérail, et qu’il a trouvé dans tous de l’eau saumâtre. On ne rencontre de l’eau douce que dans le lit même de l’Oued. On ne doit enfoncer le puits que de om,2 0 en contre-bas des premières infiltrations de l’Oued; plus bas on atteint immédiatement l’eau saumâtre, et le puits ne vaut plus rien. Quand on nettoie les puits de l’Oued, on les approfondit nécessairement un peu; aussi sont-ils bientôt.hors de service, à cause de la mauvaise qualité de l’eau qui afflue.
- Le bassin quaternaire de Guetfa est limité au nord et à l’est par le terrain tertiaire moyen qui forme le versant sud du Tell;
- Au sud-est par le massif crétacé du Djebel Teberguin;
- Au sud et à l’ouest par le massif nummulitique de Birin.
- Une petite chaîne de terrain tertiaire moyen, dirigée à peu près du S. O. au N. E., entre Birin et l’Oued Guetfa, le divise en deux plaines bien distinctes, celle de Guetfa et celle de l’Oued Makloub, qui forment deux gradins descendant du nord au sud.
- La plaine qui s’étale au pied du Tell est sillonnée par l’Oued Guetfa, qui passe ensuite dans la seconde plaine à travers une coupure faite dans le terrain tertiaire moyen; elle a 28 kilomètres de long sur 12 kilomètres de largeur moyenne et, par suite, une superficie de 892 kilomètres carrés.
- Si de Birin on se dirige au N. E. vers les cultures de Guetfa, on traverse d’abord, sur 10 kilomètres d’étendue, un pays à mamelons doux et allongés, qui sont, sans doute, la continuation du massif nummulitique de Birin. Ces mamelons sont recouverts d’une sorte de carapace calcaire, blanche au dehors, couleur café au lait en dedans, à structure zonée, compacte sur la croûte extérieure, irrégulière et parfois grenue en dedans, formant des blocs de om,2o à om,3o d’épaisseur. Plus loin, on tombe dans un pays plat comme la main, dontlesolse compose d’une terre jaunâtre, argilo-calcaire, de nature alluvienne. Il se poursuit jusque dans la vallée de l’Oued Guetfa, qui est couverte de cultures de céréales. On y voit des récoltes magnifiques par la longueur de la paille, la beauté et la multitude des épis, grâce à de fréquents arrosages, au moyen des eaux de l’Oued Guetfa; toute la plaine est entrecoupée de canaux d’irrigation qui répandent au loin la fertilité. Les Arabes
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Débit
- de l'Oued Guelfa dans la plaine.
- Alluvions
- argiio-gypseuses
- de
- l’Oued Guelfa.
- détournent les eaux de l’Oued Guetfa au moyen de barrages qui se composent d’assises successives de terre et de fascines reliées par des pieux verticaux. Celui qui est au centre de la vallée, au lieu qu’on désigne spécialement sous le nom de Guetfa, a 8 mètres de hauteur. L’Oued roulait par seconde, le 6 mai î 858, 70 litres d’une eau un peu trouble, mais de bon goût et pas du tout salée.
- A 6 kilomètres en aval, il s’engage dans le terrain tertiaire moyen. Son lit est encaissé de 5 à 6 mètres de profondeur à l’entrée des gorges. Il ne roule plus d’eau; seulement quelques bouquets de joncs indiquent la présence de l’eau à une faible profondeur sous les galets qui encombrent le lit. Les alluvions qui composent les berges sont jaunes, argilo-sableuses ; plus loin, elles deviennent plus essentiellement argileuses, d’un brun fauve, et contiennent de petites veines irrégulières de gypse blanc farineux.
- Sur le pourtour du bassin, les alluvions argileuses font place à la carapace calcaire blanchâtre qui se moule, en quelque sorte, sur le relief extérieur des roches plus anciennes quelle recouvre. Cette carapace est inclinée comme le relief extérieur du sol et présente des pentes de 2 à 3 degrés; mais elle forme aussi, à diverses hauteurs, des plateaux réguliers .où la carapace est stratifiée sur 1 à 2 mètres de hauteur. Ainsi dans la gorge de l’Oued Guetfa elle présente sur chaque berge de la vallée, au-dessus du terrain tertiaire moyen, deux dépôts, a et b, qui primitivement étaient contigus et à travers lequel est entaillé le cours actuel de l’Oued Guetfa.
- Plateau quaternaire.
- f) Plateau quaternaire
- Fig. 161.
- Toute la partie centrale de la plaine de Guetfa serait très-fertile, si elle était arrosée; elle renferme en outre de bons pâturages. Nous avons proposé plus haut d’y creuser un puits artésien à 4 kilomètres O. S. O. de Guetfa et de l’approfondir jusque dans le terrain tertiaire moyen. Le terrain quaternaire
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- TERRAIS QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
- 403
- formant une sorte de cuvette longitudinale, dont le grand axe est dirigé du S. O. au N. E., et étant stratifié d’une manière régulière comme le relief extérieur du sol, les eaux de pluie qui seront absorbées par celui-ci donneront lieu à des nappes souterraines qui couleront aussi vers le N. E., de sorte que le puits artésien pourra rencontrer.des nappes ascendantes dans le terrain quaternaire lui-mème. Ce terrain est, au reste, très-absorbant, car souvent il est recouvert par des terres sableuses fauves, qui sont un véritable crible tamisant en dessous les eaux qui tombent à leur surface.
- Les détails que nous avons donnés plus haut sur la composition du terrain quaternaire démontrent qu’il renferme en profondeur des couches imperméables susceptibles de retenir les eaux à leur surface et de produire, par suite, des nappes souterraines qu’un excès de pression peut faire remonter. Nous avons dit que la plaine qui nous occupe a une superficie de 3q2 kilomètres carrés; une hauteur annuelle d’eau de pluie de om, 10, ce qui est un minimum, y donnerait un débit moyen de i,2 38lll,72 par seconde. Il faut y ajouter encore l’eau superficielle qui provient des terrains supérieurs environnants, car c’est elle qui alimente presque en entier l’Oued Guelfa, dont le débit est de 70 litres par seconde. Orî peut déduire de ces nombres qu’il y a dans le sous-sol des quantités d’eau très-considérables et que dès lors il est très-rationnel d’exécuter des travaux d’art pour les ramener à la surface.
- Le bassin quaternaire de l’Oued el-Makloufi est parfaitement circonscrit au nord, à l’ouest et au sud. 11 s’ouvre à l’est et communique géographiquement et géologiquement avec le bassin quaternaire du Hodna, dans la province de Constantine. Tous les ravins qui descendent du plateau nummuli-tique de l’ouest et du sud vont se perdre dans la plaine. Il en est de môme pour quelques-uns de ceux qui viennent de la chaîne tertiaire du nord ; mais l’Ouecl Guetfa et l’Oued Naga en sortent, et, après s’ètre confondus, ils vont se jeter dans le hassin du Hodna sous le nom d’Oued el-Ham.
- La partie centrale de la plaine est un pays plat semé de dayats peu profondes, à fond grisâtre, argilo-sahleux, et où croissent des hétoums que les Arabes détruisent journellement. En dehors de l’espace occupé parles dayats le sol est un peu sableux. Sur les bords du bassin, la carapace calcaire domine et forme une croûte mince qui s’élève jusqu’à la cime du plateau num-mulitique de l’ouest et du sud. Ce plateau se relie à la plaine inférieure par une pente douce légèrement ondulée. Les ravins qui en descendent sont à
- 011 puils artésien offre
- dos chances de succès dans
- lo lorrain quaternaire à t[ kilomètres
- O. s. O.
- do cultures de Guetta.
- ISassin quaternaire de
- l’Oued ol-Makloufi.
- Bétounis dans les dayats.
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-
- m
- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- fonds sableux très-perméables; plusieurs d’entre eux, dont le sol est à peine incliné, présentent des redirs, véritables citernes naturelles où s’accumulent les eaux de pluie qui tombent en amont. Ces dépressions sont très-faiblement accusées, et l’eau ne s’y accumule que sur om, 1 o ou om, 1 5 de hauteur au plus. Les Arabes élèvent quelquefois à l’aval une digue en terre de om,5o de haut pour augmenter la profondeur de l’eau; mais ces digues produisent peu d’effet, parce qu’elles sont mal entretenues et que les redirs présentent une surface évaporatoire trop considérable. Il serait facile de mieux utiliser l’heureuse disposition du sol comme bassin de réception en amont du redir. A cet effet, on remplacerait ce dernier par une véritable citerne, étroite et profonde, dont les parois seraient revêtues en maçonnerie hydraulique. Le volume à donner à la citerne serait calculé d’après les dimensions du bassin de réception des eaux de pluie. Un premier réservoir de dépuration serait creusé dans le sol devant la citerne pour que les matières sableuses entraînées par les orages s’y déposassent avant que les eaux eussent pénétré dans la citerne.
- Cri (uiits «rlcMcn <1 il ns
- 1.' onili'P (Ici lu plaine de
- l’Oued el-Maklouli , nu milieu des plaines quaternaires , offre quelques cli.nices de succès.
- Késumé
- sur la constitution géologique
- «lu terrain quaternaire de
- la zone septentrionale de
- la région des steppes.
- Nous avons proposé, page 338, de creuser un puits artésien au centre de cette plaine et de le pousser jusque dans le terrain tertiaire moyen; mais ce puits traversera d’abord le terrain quaternaire et pourra y rencontrer des nappes jaillissantes.
- Le bassin a 28 kilomètres de long sur 16 kilomètres de large, soit 448 kilomètres carrés. En admettant comme minimum une hauteur annuelle d’eau de pluie de ora, 10, elle correspondra à un déhit moyen de 1,4 1 5 litres par seconde qui alimentera, en partie, les nappes jaillissantes du terrain quaternaire. Comme ces nappes ont un cours souterrain dirigé à peu près de l’ouest à l’est, suivant Taxe longitudinal du hassin quaternaire, un puits artésien placé vers le centre de celte plaine offre quelques chances de succès; mais les chances sont plus grandes dans les couches du terrain tertiaire moyen qui sont au-dessous.
- La description que nous venons de faire du terrain quaternaire de la zone septentrionale de la région des steppes montre que ce terrain est généralement stratifié comme le relief extérieur du sol, à qui il imprime une physionomie particulière et facile à reconnaître. A la surface, il présente le plus souvent une couche de carapace calcaire blanchâtre, à structure zonée, et parfois des grès sableux ou des couches de sables quartzeux sans ciment. Au-
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUV1EN.
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- dessous viennent des marnes jaunâtres ou bleues, associées à de nombreux cristaux de gypse lancéolé. Parfois le gypse lui-même domine à la surface du sol et constitue des couches lenticulaires plus ou moins épaisses. Le terrain quaternaire paraît donc disposé convenablement pour renfermer des eaux jaillissantes, s’il présente en profondeur une épaisseur assez considérable. 11 est impossible malheureusement de prévoir cette dernière, car les accidents de terrain qui ont alFouillé cette formation et mis en relief des coupes géologiques naturelles ont, en général, peu de profondeur. Le plus important se présente sur la colline d’El-Krechem, qui domine de 44 mètres le poste-café de ce nom.
- Les couches quaternaires sur lesquelles ce poste est construit se relient sans interruption à celles de Sbiteïa et de Cliabounia; aussi peut-on espérer que le terrain quaternaire prend une épaisseur assez notable dans la haute vallée du Chélif. En général, l’eau courante est rare dans le terrain quaternaire; cependant elle émerge en plusieurs points en quantités assez notables. Nous citerons Taguin, le marais de l’Oued Oueurg et l’Aïn Cliemmara à l’est de ce bassin. Nous ferons remarquer, de plus, que cette eau surgit dans des circonstances toutes particulières. Tous ces points d’émergence correspondent à un rétrécissement du bassin quaternaire entre deux massifs de terrain crétacé. Ils correspondent à des espèces de détroits qui, autrefois, faisaient communiquer entre elles les eaux de la mer saharienne dans laquelle se sont déposées les couches quaternaires.
- Les nappes souterraines qui circulent dans le terrain quaternaire se concentrent dès lors, dans ces détroits, dans un lit beaucoup moins large que celui qu’elles occupent en amont. De là résulte, sans doute, un excès de pression de bas en haut, qui facilite le surgissement des eaux à travers les fissures que présente le terrain. Les observations de température que nous avons faites, en hiver et en été, sur les sources qui émergent le long des rives de l’Oued Ousserah, démontrent que plusieurs de ces sources sont des eaux thermales simples, devant leur haute température à la profondeur d’où elles proviennent. C’est un fait très-important, et qui est en harmonie avec le rapprochement des chaînes crétacées qui encaissent la vallée quaternaire de l’Oued Ousserah, pour justifier l’existence d’une nappe souterraine jaillis-lissante, à une certaine profondeur sous le sol de la vallée. Le même raison-sonnement s’applique, sans doute, aux eaux quaternaires qui surgissent dans
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHABA.
- les autres points signalés plus haut. De là découle le principe qui doit nous guider dans le choix des points où la recherche des eaux jaillissantes, dans le ierrain quaternaire, présente le plus de chances de succès. 11 faut se placer dans les points les plus has possible et à proximité des détroits quaternaires dont nous avons constaté l’existence. En jetant les yeux sur la carte, on reconnaît immédiatement que les bords du Chélif, dans le voisinage de Ksar Chabounia, remplissent ces conditions. En effet, le terrain quaternaire à l’amont de ce point occupe un très-grand développement. Au nord, il s’appuie contre les montagnes tertiaires et secondaires de Tiaret. Au sud, il se relève jusqu’au pied du massif crétacé du Djebel Amour. Sa largeur diminue graduellement en se rapprochant de Chabounia, où le terrain quaternaire se resserre entre la chaîne crétacée du Djebel Noukra, au sud, et les terrains miocènes du versant sud du Tell. Elle n’est ici que de %l\ kilomètres environ. Les eaux souterraines du bassin du haut Chélif, en amont de ce point, forment donc une immense patte d’oie dont le tronc commun correspond à l’aplomb de Chabounia. Si donc l’épaisseur du terrain quaternaire est suffisante, on peut espérer trouver une belle nappe d’eau jaillissante en ce point, qui est au sommet du delta compris entre le Nahr Ouassel et l’Oued Oueurg.
- En raison de l’intérêt immense que présente l’irrigation des magnifiques plaines alluviennes du haut Chélif, l’Administration supérieure a décidé que le premier sondage d’essai serait exécuté auprès de Chabounia’, à 48 kilomètres S. O. de Bogliar.
- Un deuxième sondage a été exécuté à Sbiteïa, à 18 kilomètres au N. E. du précédent; le point est à 16 kilomètres sud de l’origine de la coupure par laquelle le Chélif pénètre dans le Tell. C’est le point le plus bas de tout le bassin du haut Chélif; il paraissait dès lors offrir de grandes chances de succès.
- On verra dans le chapitre suivant les résultats obtenus dans ces deux sondages; d’après les considérations théoriques émises plus haut, on peut espérer trouver de l’eau jaillissante dans le voisinage des coupures de Taguin, d’Aïn Ousserah, d’Aïn Chemmara, et de l’eau ascendante sinon jaillissante jusqu’au sol à Boughezoul, à El-Krechem, et à Bou Cedraïa, sur la route carrossable d’Alger à Laghouat. Il serait très-important d’avoir en ces points de l’eau potable, à cause des nombreux voyageurs qui parcourent celte route, et qui, en été, souffrent cruellement de la soif sous les feux du soleil qui les
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- TERRAIN QUATERNAIRE OU TERRAIN ALLUVIEN.
- 407
- dévore, li y a tout lieu également d’espérer obtenir des eaux simplement ascendantes sinon jaillissantes, à proximité des points de convergence des principaux affluents du haut Chélif et dans les détroits que le terrain quaternaire présente au milieu des formations plus anciennes.
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- 408
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- CHAPITRE XVIII.
- COUPES GÉOLOGIQUES DES SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF.
- SONDAGE DE CHABOUNIAII.
- Le sondage de Chabouniah a été commencé le 26 septembre 1869 an diamètre initial de om,38. 11 a été abandonné le 27 mars 1862 à la profondeur de 38om, 18, après avoir rencontré les couches suivantes :
- NUMÉROS
- D’ORDRE.
- DÉSIGNATION DES COUCHES.
- ÉPAISSEUR
- des
- PROFONDEUR
- des
- COUCHES.
- COUCÏ1ES.
- OBSERVATIONS.
- 1
- 2 3 A
- 5
- 6
- 7
- 9
- 10
- 11
- 131
- 132
- '33
- i3*
- ‘35
- l36
- Terre végétale........................
- Sable blanc...........................
- Argile grise sableuse.................
- Sable gris blanc donnant de l’eau salée.. Argile bleue avec coquilles d’eau douce
- niélanopsides, unios................
- Sable gris............................
- Argile bleue avec coquilles d’eau douce paludines, néritines, unios, mélanop-sides et des fragments de grès à la base.
- Grès quartzeux........................
- Marne jaune...........................
- Grès quartzeux.........................
- Marne jaune rougeâtre avec cailloux
- roulés...............................
- Sables rougeâtres.......................
- Marne rougeâtre tantôt sableuse, ^
- tantôt très-grasse............13m, 1 o i
- Marne rougeâtre, sableuse avec 1
- petits cailloux roulés de calcaire I
- gris........................... 4 ,3ol
- Marne rougeâtre avec gypse. ... 1 ,4ol
- Marne jaunâtre avec cailloux {
- roulés.......................... o ,351
- Marne jaune verdâtre ou grisâtre I
- très-pure....................... 5 ,o5|
- Marne grisâtre ou d’un bleu ver- :
- m dâtre avec cailloux roulés.... 24 ,88/
- 4
- o
- o
- o
- 2
- O
- 3
- 2
- G
- o
- 2
- o
- 93 4'n,93
- i4 5 ,07
- 45 5 ,52
- 12 5 ,64
- 21 7 ,85
- 35 8 ,20
- o5 11 ,25
- 9° 14 ,15
- 71 20 ,86
- 64 2 1 ,5o
- 23 ,70
- 4o 24 ,10
- • Terrai
- alluv
- du
- 11
- ,a5.
- i,# nappe ascendante ù 37™. Niveau d’eau à 19. Température de l’eau 190.
- 49 ,08
- 73
- 2e nappe ascendante entre
- 75m.
- Niveau d’eau à ôm,09.
- et
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF.
- 409
- NUMÉROS D*OHDI\E. DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR des COUCHES. PROFONDEUR (les couches . OBSERVATIONS.
- i.4 Marne d’un bleu verdâtre, ou grisâtre, pure 2 2 5m,77 298“', 95
- 15 (irès grisâtre 0 ,00 299 ,00
- >f>i Marne grise très-dure et pure dans
- le haut i o ,3o > 22 ,88 331 ,88
- Marne grise sablonneuse 12 ,58^ 1
- '7 Sables gris jaunâtres un peu argileux . . . j 2 ,00 32.3 ,88
- .81 Grès vert très-dur et très-fin à ci- )
- ment calcaire l\ Ao1 2/1 ,00 347 ,88
- ‘8. Grès vert mélangé d’argile 19 ,5o
- r9 Marne grise 12 ,3o 3(io ,18
- 20 Grès gris fin i3 ,70 373 ,88
- 2 1 Marne grise très-dure 6 ,3o OO O 00 »
- La succession des couches rencontrées à Chabounia appartient à trois terrains d’âges différents. Du sol à 1 i mètres, on a traversé une série de couches d’argile grise et de sables gris ou blancs, constituant le terrain alluvien du Chélif ; on y a trouvé : •
- Unio. — (Indét. );
- Melanopsis Lævigatus (Lain);
- Hélix;
- Bulimus décollatus;
- Nerita elegantula (Piecluz).
- De i 1 m25 à 73"’i8, on a traversé une série de couches de grès quartzeux. tendres, de sables quartzeux et de marnes jaunâtres ou rougeâtres, tantôt pures, tantôt mélangées de sables, de cailloux roulés ou de gypse. Ces roches présentent un faciès identique à celui des roches qui proviennent des sondages exécutés dans le terrain quaternaire de l’Oued Rhir. Aussi pensons-nous quelles appartiennent à la même formation. La terrasse quaternaire de Chabounia étant à i3 mètres au-dessus de l’orifice du sondage, l’épaisseur du terrain quaternaire serait ici de 86 mètres. Comme la terrasse quaternaire de Chabounia correspond au niveau du plateau quaternaire qui est au pied de la colline d’El-Krechem et que ce plateau est à 44 mètres au-dessous du sommet de la colline, il en résulte que le terrain quaternaire de la vallée du haut Chélif a une épaisseur totale d’environ i3o mètres.
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- 410
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Entre 73m, 18 et 38on\ 18, c’est-à-dire sur 307 mètres d’épaisseur, on a rencontré une série de couches de marnes grises pures, de grès verts très-durs et de sables quartzeux, série dans laquelle les marnes dominent de beaucoup. Elles ont, en effet, une épaisseur totale de 2 67°\2 5, et la première couche qu’on rencontre présente elle seule une épaisseur de 2 2Ôm,77.
- La couche inférieure de marne grisâtre ou d’un bleu verdâtre, par laquelle finit le terrain quaternaire, se distingue de la couche de marne verdâtre pure qui est au-dessous, par un mélange de gros cailloux roulés de calcaire arrachés au terrain crétacé. Elle paraît provenir du remaniement de cette couche inférieure à la suite d’un cataclysme violent, qui, non-seulement, a alfouillé le terrain argileux servant de hase à la formation quaternaire, mais encore a démantelé les couches crétacées beaucoup plus dures qui dominaient le terrain pliocène. À la profondeur de 22 1 mètres, on a recueilli dans les marnes grises pures les fossiles suivants :
- Leda subnicobarica;
- Pinna cristellaria ;
- Cassis;
- Tornatella:
- Nummuline;
- Composition de marnes fossj]es marjns qUi d’après M. Deshayes, caractérisent le terrain pliocène.
- recueillies 1 1 J *
- diverses profondeur, Voici les analyses de divers échantillons de marnes recueillis à des profon-
- dans le sondage .
- de ciiîihounia. deurs différentes dans le sondage de Chabonnia :
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF.
- 411
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. MARNE rougeâtre très-grasse de la couche n° 13 , prise entre 2 51,1,4 1 et 27™20 de profondeur. (0 M AUNE jaune verdâtre très-grasse de la couche n° 13 , prise entre 47 et 48 mètres de profondeur. (*) MARNE d’un bleu verdâtre, pure , de la couche ti° 14 î prise entre ioom,8i eti28m,2o , de profondeur. (3) MARNE grise pure de la couche n° 14 j . prise à 223 mètres de profondeur. (4)
- Chlorure de sodium 11 // II II
- Sulfate de chaux 0gr,00 2 4 II II ogr,oo46
- Carbonate de chaux 0 ,33/10 osr,?.6oo 0B\2Ç)00 0 ,2906
- Carbonate de magnésie 0 ,0907 0 ,0/150 0 ,0/155 0 ,o325
- Carbonate'de fer II 0 ,011G 0 ,0622 0 ,014o
- Peroxyde de fer II 0 ,o3io 0 ,0100 II
- Sable quartzeux 0 ,o535 II II II
- / Silice combinée 0 ,3115 0 ,/|000 0 ,4ooo 0 ,4200
- ... 1 Alumine Argile 1 0 ,1 i5o 0 ,ia5o 0 ,i3oo 0 ,i3oo
- c’ ) Peroxyde de fer 0 ,o5oo // II II
- proprement (|e ^ // 0 ,02/13 0 ,0071' II
- f Magnésie H 0 ,0077 O O O O"* 0 ,019/1
- \ Chaux II 0 ,0028 O O O 0 ,0106
- Eau combinée 0 ,0/107 0 ,0677 0 ,0160 0 0260
- Eau hygrométrique // 0 ,0180 0 ,o3/|0 O ,o/|O0
- Total 0 '997® 0 ,9931 0 ,9937 0 ,994/1
- Formules minéralogiques :
- Marne n° i......(3 Si O3) A1203 + 2 HO,
- Marne n° 2 .... 2 [ ( 3 Si O3) A1203] + (2 Si O3) 3 (Ca, Mg) 0 + 6II0,
- Marne n° 3......( 3 Si O3) A1203 + SiO3 (Ca, Mg,Fe) O -j- 2HO,
- Marne n° 4 • . • . 6 [(3SiO3) Ai203] + (2 SiO3) 3 (Ca, Mg) 0+ 2HO.
- Toutes ces marnes renferment des proportions notables de carbonates dont la teneur varie entre 2^,83 et 42,47 p. 0/0.
- La marne rougeâtre quaternaire n° 1 diffère des autres marnes par une plus grande richesse en carbonates de chaux et de magnésie et une moins grande teneur en argile.
- La marne jaune verdâtre quaternaire n° 2 se rapproche beaucoup, par sa composition, des marnes pliocènes nos 3 et 4, et l’on comprend, du reste, qu’il en soit ainsi, puisque cette marne vient probablement du remaniement des marnes pliocènes qui la supportent.
- 5 2.
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- 412 EXPLORATION Dlî BEN J M Z A B ET DU SAHARA.
- 1/argile contenue dans la marne n° 1 est un silicate triple d’alumine qui a pour formule
- (SiO3)3 Al2O3-f- 2HO.
- Les argiles contenues dans les autres marnes renferment, outre ce silicate triple, un mélange en proportions variables
- du silicate 2 SiO3 3 (Ca, Mg, Fe)0
- ou du silicate SiO3 (Ca, Mg, Fe) O.
- Les marnes pliocènes nos 3 et 4 ont une grande analogie d’aspect et de composition chimique avec les marnes pliocènes du bassin du Hodna, dans la province de Constantine. Voici la composition d’un échantillon pris dans une couche de 6 ini,5o d’épaisseur, qui s’étend de 38m,5o à 100 mètres dans le sondage de l’Oued Khehhab :
- Sulfate de chaux...................................... 0^,0076
- Carbonate (le chaux................................... o ,2654
- Carbonate de magnésie................................. o ,o3j8
- Peroxyde de fer. ... ................................. o ,o34o
- Sable quart/.eux...................................... 9 ,0120
- Silice combinée. ..................................... o ,/|o4o
- Alumine............................................... o ,1120
- Protoxyde de 1er...................................... o ,0200
- Magnésie.............................................. o ,0183
- Chaux................................................. o ,0207
- Eau combinée.......................................... o ,0 2 58
- Eau hygrométrique..........................".......... o ,o38o
- Totai.......................... o ,9956
- Auteur : De Marigny.
- Formule minéralogique de l’argile :
- ( 3 Si O3 ) Al* O3 + Si O3 ( Ca, Mg, Fe ) 0 + Aq.
- Cette analyse se rapproche beaucoup de l’analyse n° 2.
- Le sondage de Chabounia a été commencé au fond d’un puits de service de (im,4o de profondeur, contenant inl,5o de hauteur d’eau fortement salée,
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CIIÉLIE. 413
- amère au goût, totalement impotable, et ayant une température de i5°,5o, le 7 novembre 1809.
- Le G novembre, on a rencontré, à 87 mètres de profondeur, une nappe ascendante d’eau douce, ayant la température de 1 90 et remontant à 5n\ 1 9 au-dessous du sol. Elle était contenue dans la colonne de retenue en tôle, servant à consolider les parois du trou juscpi’à 3o mètres de profondeur et s’écoulait par-dessus cette colonne, pour retomber dans le puits, où elle se mélangeait à l’eau salée que contenait ce dernier. La nappe ascendante avait un débit très-faible, de 10 litres environ par minute; elle entraînait avec elle un mélange de sable et d’argile jaune venant du fond du sondage* tandis que les parois du trou contenant l’eau salée étaient formées d’argile grise. 11 est démontré, par là, d’une manière incontestable, que le terrain quaternaire de Cliabounia renferme des nappes ascendantes, ce qui confirme dès lors les conclusions auxquelles nous sommes arrivés à la suite de nos observations géologiques dans le bassin du haut Chélif. On pouvait espérer qu’en allant plus profondément on trouverait une nappe dont la force ascensionnelle serait assez grande pour que cette nappe remontât jusqu’au niveau du sol; c’est ce qui arrive, en effet, dans les bassins artésiens du llodna et du Sahara oriental. L’expérience y a démontré que les nappes artésiennes les plus profondes sont ordinairement celles dont le débit et la puissance ascensionnelle sont les plus considérables. 11 était rationnel de supposer que le même principe recevrait une nouvelle consécration dans le bassin du haut Chélif, qui a tant d’analogie avec les bassins du l lodna et du Sahara.
- L’analyse chimique est venue confirmer, de son côté, l’indépendance des nappes trouvées à 5m,4o et à 37 mètres.
- Voici, en effet, quelle est la composition des eaux recueillies le 7 novembre 1809 dans ces deux nappes. (Voir le tableau n° 5, analyses nos 61 et 56.)
- Composition ib’s eaux des nappes du
- sondage de Chahuunin trouvées
- à *)n,,./io et à 87 mètres de profondeur.
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- EXPLORATION Dli BENI MZAB ET DU SAHARA
- 414
- EAU du PUITS DE SEUVICE du sondage de Chabounia , recueillie le 7 novembre 1869, à 5"Vio de profondeur. EAU 4 de LA NAPPE ASCENDANTE trouvée à 37 mètres dans le sondage de Chabounia , recueillie le 7 novembre 1859.
- 2oïr,968o A8 r, 3 g 10
- 7 ,i33o 1 ,9/170
- 0 ,63oo 0 ,3100
- lt II
- Jnclét. Inclét.
- 28 ,73io 6 ,648o
- Simon. Simon.
- DESIGNATION DES SUBSTANCES.
- Chlorures cle sodium et de magnésium
- Sulfate de chaux et de magnésie....
- Carbonates de chaux et de magnésie..
- Peroxyde de fer, silice............
- Matière organique..................
- Poids total des sels par kilogramme d’eau.
- Auteur...............
- Composition tics eaux du
- sondage do Chabounia recueillies à diverses époques et a diverses profondeurs au delà
- de 166 mètres.
- L’eau de la nappe située à 37 mètres ne renferme que 6sr,648o de sels divers par kilogramme de liquide, tandis que l’eau de la nappe située à 5n\4o, renferme 28s1',78 10 de sels. La première est donc beaucoup plus pure; elle ressemble aux eaux potables les plus chargées de sels de l’Oued Pihir, ce qui est en harmonie, clureste, avec l’identité géologique des terrains qui les renferment.
- Le niveau de l’eau sous le sol s’est relevé à 5m,oq pendant la traversée de la grande couche de marne quaternaire n° 1 3, le pied des tubes de retenue étant à 5 8™, 9 2 sous le sol. On peut dès lors supposer qu’on a rencontré une deuxième nappe ascendante au milieu de l’assise 1 3 de marne grisâtre ou d’un bleu verdâtre avec cailloux roulés. Le niveau de l’eau a peu varié ensuite malgré l’approfondissement du trou. Il y a eu des différences de om, 1 5 à om,2o, tantôt en plus, tantôt en moins, qui tiennent peut-être à la rencontre de nappes ascendantes distinctes, dont les puissances hydrostatiques seraient presque égales. Le changement de nature de l’eau du trou de sonde vient, du reste, à l’appui de cette manière de voir. Nous avons groupé ci-dessous les analyses des eaux recueillies dans le trou de sonde de Chabounia, à diverses époques et à diverses profondeurs. (Voir le tableau n° 5, analyses nos 69, 68, 67 et 66.)
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF. 415
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. E AU du puits de service du sondage de Chabounia , recueillie le 13 mars î 860. (0 EAU du sondage de Chabounia , recueillie le i3 mars 18G0. Profondeur lubce 9im,5o. Profondeur du Irou 1 60 mètres. (3) EAU du sondage do Chabounia , recueillie le 14 juin 1860. Profondeur lubce 166 mètre.'. Profondeur du trou 1 70 mètres. (3) EAU du sondage de Chabounia , recueillie le 7 novembre i 860. Profondeur tubée 229 mètres. Profondeur du trou 239 mètres. (à)
- Chlorures de sodium et de magnésium. 2Br,o83o igr, g/|5/i 2gr,oo8o 28‘,oo98
- Sulfates de chaux et de magnésie. . . . 0 ,8367 0 ,8986 0 ,73o4 0 ,5535
- Carbonates de chaux et de magnésie.. 0 ,3i6o 0 ,2920 0 ,2960 0 ,2940
- Peroxyde de fer, silice 0 ,02/10 0 ,0280 0 ,0200 0 ,0160
- Matière organique Indét. Indét. Indét. Indét.
- Poids total des sels par kilog. d’eau. 3 ,3597 3 ,16/10 3 ,o53.4 2 ,8733
- Auteur De Maiugnv. De Maiugny. De Maiugny. De Maiugny.
- L’eau recueillie le i3 mars 1860 dans le puits de service et dans le trou de sonde présente à peu près la même composition. Elle ne contient que 3sr, i6/jo à 3sr,2Ô97 de matières salines par kilogramme de liquide. Bien quelle ne soit pas de la meilleure qualité pour les divers usages domestiques, elle est cependant préférable, pour cet usage, à celle de la nappe ascendante située 4 37 mètres de profondeur. Malgré l’approfondissement du trou, entre 166 mètres et 239 mètres, les analyses nos 2, 3 et 4 montrent que la composition de l’eau du trou de sonde a peu varié; le poids total des sels a diminué graduellement de 3§ri64o à 2^8^33. En somme, cette eau présente une composition chimique qui la rapproche des eaux potables des terrains quaternaires et l’éloigne des eaux potables des terrains tertiaires, qui sont beaucoup plus pures. Comme les diverses colonnes de garantie partant du trou de sonde à diverses hauteurs débouchent dans le pied du puits de service, plusieurs des nappes ascendantes trouvées dans le terrain quaternaire peuvent remonter dans le puits et pénétrer dans la colonne de garantie centrale, par les trous des rivets et les joints des tubes. Aussi nous paraît-il probable que les eaux analysées appartiennent principalement à la formation quaternaire et que, dès lors, elles ne dépassent pas 73 mètres de profondeur. En outre, nous devons ajouter que la diminution graduelle du poids total des sels par kilogramme d’eau, avec l’approfondissement du trou de sonde, rend vraisemblable la rencontre de quelques nappes ascendantes ve-
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- 416
- EXPLORATION DU BENI NI Z A B ET DU SAHARA.
- liant du terrain pliocène. Nous aurons l’occasion de signaler également ce fait dans le sondage de Sbiteïa, où il se présente avec un caractère bien plus tranché cpi’à Cliabounia.
- Pendant l'exécution du sondage de Cliabounia, les premières idées que nous nous étions faites sur la constitution géologique des divers terrains traversés par la sonde n’étaient pas celles que nous professons aujourd’hui. Nous avions bien reconnu l’existence des i im,2 5 d’alluvions partant du sol, alluvioiis sous lesquelles venait le terrain quaternaire; mais, comme le terrain pliocène n'affleurait nulle part dans le bassin du liant Cbélif ni dans ses affluents, et que nous n’avions pas encore visité le Hodna, nous ne soupçonnions pas l’existence de ce terrain sous l’aplomb de Cliabounia. La couche nJ i3 , de marne grisâtre avec cailloux roulés, qui constitue la base du terrain quaternaire, est formée par une marne qui a même aspect physique et à peu près même composition chimique que la grande couche de.marne pure de 2 2Ôm,77 d’épaisseur. Nous avons dès lors pensé, pendant très-longtemps, que cette grande couche de marne appartenait elle-même au terrain quaternaire, d’autant plus que les fossiles y sont très-rares. Les premiers fossiles rapportés par la sonde viennent de la profondeur de 221 mètres; ils ont été envoyés à Paris pour être soumis à l’examen de M. Desbayes, qui a reconnu qu’ils appartenaient au terrain tertiaire supérieur. Ce n’est donc que lorsque le sondage était déjà parvenu à une très-grande profondeur, qu’il était constaté qu’il se trouvait en plein terrain pliocène.
- La comparaison cpie nous avons pu faire de la coupe du sondage de Cha-bounia avec les coupes des divers sondages du Hodna, nous a alors donné l’espoir de trouver des nappes jaillissantes dans le terrain pliocène du liant Cbélif. En effet, dans le Hodna, on a traversé, près de la surface, des marnes jaunâtres plus ou moins sableuses, semblables aux marnes quaternaires de l’Oued Rliir, tandis qu’en profondeur on a trouvé des couches plus ou moins épaisses de marnes bleues ou grises, pures, alternant avec des couches de grès et de sables quarlzeux contenant des nappes jaillissantes parfois très-importantes. Ces alternances de marnes, de grès et de sables, se sont présentées également dans le sondage de Cliabounia, entre 2 90ul,q5 et38oni, 1 8. A 32im,88, 011 a rencontré une couche de sables perméables de 2 mètres d’épaisseur, qui n’a donné lieu à aucun mouvement dans le niveau d’eau du trou de sonde, malgré l’espoir qui nous paraissait fondé de voir surgir, de
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF. ' 417
- cette profondeur, une belle nappe d’eau jaillissante. Le matériel dont nous disposions étant devenu insuffisant pour aller au delà de 38o mètres, et la plus grande incertitude régnant sur la profondeur à laquelle on pourrait trouver une nouvelle couche perméable, nous avons proposé à l’Administration supérieure d’abandonner le sondage de Chabounia et d’essayer un forage à proximité du confluent de l’Oued Melah, dans le bassin de Zahrez Rharbi. C’est ce dernier forage qui nous a donné la belle source d’Aïn Ma-lakoff.
- SONDAGE DE SBITEÏA.
- Le sondage de Sbiteïa, situé à 18 kilomètres environ N. E. du précédent, sur la rive droite du Chélif, sur la zone de contact du terrain alluvien et du terrain quaternaire, a été commencé, le 27 mars 1 860, au diamètre initial de om,38, pendant une suspension du sondage de Chabounia, et a été arrêté le 19 mai 1860 à la profondeur de 78“,o3, après avoir rencontré les couches suivantes :
- NUMEROS
- D’ORDRE.
- DÉSIGNATION DES COUCHES. ÉPAISSEUR des COUCHES. PROFONDE! dos COUCHES.
- Sables tenaces jaunâtres im,3o im,3o im,3o
- Cailloux roulés ; . . . 0 ,55 0 ,55 1 ,85
- Marne jaune pure 7 >75
- Marne sableuse 3 ,20 i3 ,65 i 5 ,5o
- Marne pure 2 ,70
- Sable jaune argileux 11 6 ,oo 21 ,5o
- Marne rougeâtre sableuse.. .. 9 .90 ]
- Marne rouge pure 2 ,70 I 1
- Marne jaune sableuse ! 2 ,70 O LO CO 4o ,00
- Marne grisâtre avec cailloux 1 I
- roulés 3 ,20 !
- Marne d’un bleu verdâtre pure. 38 ,o3 38 ,o3 78 ,o3
- OBSERVATIONS.
- ir“ uappc ascendante à i5m,5o. Niveau d’eau à 3m,8o. Température de l’eau i6°,35.
- et 57m,8o.
- et 78™,o3.
- En raison de la situation choisie pour le sondage à la limite des alluvions du Chélif, 011 n’a pas traversé ici de terrain alluvien.
- Les couches nos 1 à 5, allant du sol à 4o mètres de profondeur, appartiennent au terrain quaternaire; elles se composent d’une alternance de sables quartzeux et de marnes jaunâtres, tantôt pures, tantôt sableuses ou mêlées
- 53
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-
-
- Composition mis m.irno sableuse rccncilliü
- sondage île Sbileïn rnlre a i m,.io
- /il8 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- de cailloux roulés. La couche inférieure de marne quaternaire a' i8m,5o d’épaisseur et correspond à la couche de marne quaternaire qui, à Chabounia, a 49m,o8 d’épaisseur.L’assise inférieure de marne quaternaire grisâtre, mêlée de cailloux roulés, n’a que 3m,20 d’épaisseur à Sbiteïa, tandis qu’elle a 2 4m,88 d’épaisseur à Chabounia. On voit donc que, dans le bassin du haut Chélif comme dans le Sahara, les mêmes couches quartenaires n’ont pas une épaisseur constante, et que cette dernière varie beaucoup cl’un point à un autre. Les couches ont ainsi des formes lenticulaires d’où résultent, nécessairement, des profondeurs différentes pour des sondages cpii recherchent une nappe déterminée. La couche de marne rougeâtre n° 5, de 9m,go d’épaisseur, comprise entre 2 im,ôo et 3 im,4o, a présenté la composition suivante :
- Carbonate de chaux..................................... 0^,2780
- Carbonate de magnésie.................................. o ,0620
- Sable quartzeux........................................ o ,2 36o
- I Silice combinée................................ o ,2690
- Alumine........................................ o ,0620
- Peroxyde de fer................................ o ,o33o
- Magnésie....................................... o ,oi3o
- Alcalis........................................ o ,0270
- Eau combinée........................................... o ,02 5o
- Eau hygrométrique...............»...................... o ,oi5o
- Tôt aï......................... 1 ,0000
- Auteur : Simon.
- Formule minéralogique de l’argile :
- [(3 Si O3) (AL, Fe2) O3] 4-Si03(Mg, K) O 4- 2 HO.
- Cette marne est analogue à celle qui a été trouvée à Chabounia à la base du terrain quaternaire et dans le terrain pliocène. La couche n° 6 de marne d’un bleu verdâtre, pure, qui commence à4o mètres de profondeur et a été traversée sur 3o*m,o3, est identique à la grande couche de marne d’un bleu verdâtre n° 14 de Chabounia, et appartient comme elle au terrain pliocène. Le peu de succès obtenu à Chabounia dans la traversée du terrain pliocène interdisait donc une tentative plus prolongée dans le terrain pliocène de Sbiteïa. Il a provoqué l’abandon définitif de ce nouveau sondage.
- On remarquera qu’à Chabounia le terrain pliocène a commencé à 73m, 1 8
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-
- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF. 419
- sous le sol. A Sbiteïa, il a commencé à [\.o mètres sous le sol, c’est-à-dire à 33m, i 8 plus haut. Comme le plan général du terrain entre Chabounia et Sbiteïa est parallèle à la stratification générale des couches quaternaires, il s’ensuit que la face supérieure du terrain pliocène présente, entre ces deux points, une dénivellation assez considérable, due peut-être à un vaste affouil-lement qui a précédé le dépôt des couches quaternaires.
- Pendant toute la durée du travail, le niveau d’eau s’est maintenu à 3m,8o sous le sol. Les analyses des eaux prises, à diverses époques, dans le trou de sonde, montrent qu’à Sbiteïa, comme à Chabounia, on a rencontré plusieurs nappes ascendantes.
- Voici, en effet, les compositions chimiques de ces eaux. (Voir le tableau n° 5, analyses nos 43, 57, 64, 65).
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. EAü du puits de service du soudage de Sbiteïa , recueillie en juin 1860. (0 EAÜ du sondage de Sbiteïa , recueillie le 8 avril 1 860. Profondeur tubco i3mgo. Profondeur du trou i5m,8o. fa) EAÜ du sondage de Sbiteïa , recueillie le ]0 juin 1860. Profondeur tubec 57m,8o. Profondeur du trou 78m,o3. (3) EAü du sondage de Sbiteïa , recueillie le 9 décembre 1860. Profondeur tubee 57D*,8o. Profondeur du trou 78'",o3. (i)
- Chlorures de sodium et de magnésium. Sulfates de chaux et de magnésie.... Carbonates de chaux et de magnésie.. Peroxyde de fer, silice Matière organique Poids total des sels par kilog. d’eau. Auteurs ogr,4523 1 ,o565 0 ,1760 0 ,0040 Indél. 4*r,5(n4 ' •2 ,2 7 3 2 0 ,2760 0 ,oi5o Indét. osr,i977 0 ,2027 0 ,o56o 0 ,0160 Indét. 0&r, 4427 o ,4o83 0 ,0060 0 ,014o Indét.
- O i CO ! ^ i 7 ,12/46 0 ,4724 0 ,8710
- Simon. Simon. Simon. De Marigny.
- L’eau du sondage, recueillie le 8 avril 1860, lorsque le sondage était parvenu à la tète de la couche de sable argileux n° 4, renferme 7&r, 1 2 46 de matières salines par kilogramme de liquide; elle est analogue, par sa composition, à l’eau de la nappe ascendante trouvée à Chabounia à 37 mètres de profondeur. De même que la plupart des eaux quaternaires de l’Oued Pdiir, elle est peu convenable pour les divers usages domestiques. L’eau du puits servant aux besoins des travailleurs de Sbiteïa renfermait, à la même époque, îS1', i44o de matières salines, par kilogramme de liquide. (Voir
- 53.
- Composition des eaux du
- sondage de Sbiteïa recueillies à diverses époques.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- page 377.) Elle diffère complètement, par sa composition, de celle du trou de sonde, ce qui prouve quelle appartient à une nappe différente. Le 1 6 mai 1860, alors que le sondage avait 75 mètres de profondeur, l’eau du sondage avait une température variable de i5°,5o à i7°,25, selon l’heure de l’observation. L’eau du puits servant aux besoins des ouvriers avait, à la même époque, une température de i2°,5o à 6 heures du matin, et de i6°,5o à midi. Elle était donc très-notablement influencée par la chaleur du soleil. La même action se faisait sentir, mais avec moins d’énergie, sur l’eau du trou de sonde qui, en définitive, conservait une température plus élevée que l’eau du puits servant aux besoins des ouvriers. Cet accroissement de température est l’indice d’une différence dans la profondeur d’où viennent les eaux.
- Le 10 juin 1860, l’eau du trou de sonde ne renfermait que o&r,4.724 de matières salines par kilogramme de liquide. Le sondage est tubé jusqu’à 57m,8o, et la profondeur du trou de sonde est.de 78“,o3. On est donc en plein terrain pliocène, et la composition exceptionnellement pure de l’eau du trou de sonde permet de supposer que la couche de marne pliocène n° 6 présente des fissures ou des vides, dans lesquels circule une nappe ascensionnelle. A la même époque, l’eau du puits de service entourant la colonne ascensionnelle renfermait isr,6892 de matières salines par litre. C’est encore ici une eau essentiellement différente de celle contenue dans la colonne ascensionnelle. Elle est fournie, sans doute, par une nappe ascendante quaternaire se faisant jour entre la colonne ascensionnelle et les parois du trou de sonde. Enfin, le 9 décembre 1860, l’eau du trou de sonde de Sbiteïa avait encore changé de composition, quoique le sondage fût suspendu depuis le 19 mai 1860. Elle renfermait o°r,87 1 o de matières salines par kilogramme de liquide. Il est probable que cette eau était un mélange de l’eau de la nappe inférieure n° 3 et de l’eau du puits de service n° 1. Quoi qu’il en soit, les observations de température concourent avec les différences de composition chimique, pour démontrer qu’on a trouvé à Sbiteïa, entre i5 et 78 mètres de profondeur, au moins trois nappes ascensionnelles distinctes dont le niveau hydrostatique est le même. Les deux premières nappes sont contenues dans le terrain quaternaire; la troisième, en raison de sa grande pureté, est contenue probablement dans le terrain pliocène, mais sans qu’on puisse l’affirmer d’une manière positive.
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- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF.
- 421
- L’exécution des sondages de Ghabounia et de Sbiteïa est une expérience H,isu,tals u--1 très-coûteuse, il est vrai, mais qui n’a pas été sans résultats pratiques, et sommes <i« a:. qui reste d’une utilité incontestable. Elle a démontré, en effet, qu’il existe dans le terrain quaternaire, et probablement dans le terrain pliocène qu’il cache aux yeux, des nappes ascendantes d’eau potables contenues entre 1 5 et 78 mètres de profondeur sous le sol. Des sondages dont la profondeur ne dépassera pas 100 mètres donneront de l’eau ascendante qui s’arrêtera, suivant les localités, à une profondeur variable de l\ à 20 mètres sous le sol. Il suffira donc, lorsque la nappe d’eau ascendante aura été trouvée, de creuser un puits ordinaire jusqu’à 1 mètre en contre-bas du niveaü atteint par cette nappe dans le trou de sonde. L’eau du sondage se déversera dans le puits, d’où on la retira au moyen d’une pompe, d’une noria ou d’un seau mû par une corde passant sur une poulie.
- L’exécution de puits artésiens, pour eau potable, rendrait de très-grands services dans le bassin du haut Chélif et de ses affluents en amont de Cha-bounia. On sait, en effet, que les vastes plaines de cette région sont couvertes de pâturages et manquent presque partout d’eaux potables, tant pour les hommes que pour les bestiaux. Il serait donc fort utile aux nomades qui font pacager leurs troupeaux dans ces steppes d’y multiplier, avec la sonde, les puits susceptibles de donner de l’eau potable.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- CHAPITRE XIX.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES ET LISIÈRE MÉRIDIONALE DU TELL.
- TERRAINS ÉRUPTIFS OU METAMORPHIQUES.
- 1 . - ZONE SEPTENTRIONALE DE LA REGION DES STEPPES.
- Gypse métamorphiqi d’Aïn Djerob.
- La source thermale dite Aïn Djerob (voir page 2 96) sort du milieu d'un amas de gypse métamorphique qui occupe une longueur de 5oo mètres environ. Le gypse se présente tantôt en masses homogènes et tantôt il forme la pâte dune brèche où se trouvent de très-gros blocs de calcaire jaunâtre spa-.thique et de calcaire noir caverneux. 11 a une texture variable : parfois il est pulvérulent ou schisteux; d’autres fois il est cristallisé en gros fers de lance; sa couleur est blanche ou bien rougeâtre, par suite de la présence d’un peu d’oxyde de fer. De part et d’autre de la crête gypseuse, les couches de dolomies plongent en sens inverse, ainsi que le montre la coupe ci-dessous.
- O
- O
- \/_
- "\ - Gypse. \
- Fig. 162.
- Gypse métamorphique Le gypse métamorphique du Koudiat Fedoul (voir page 3 16) est indiqué ou Koudiat Feiioui. qe j0jn par cjeg terres argJleuses roses, au milieu desquelles le gypse est disséminé en gros cristaux. Ces terres argileuses forment de larges plaques de 3o à 4o mèlres de diamètre et se trouvent dans des dépressions de la crête
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- TERRAINS ÉRUPTIFS OU MÉTAMORPHIQUES.
- du Koudiat Fedoul. Elles brillent au soleil, par suite de la présence de quelques paiile’ttes de fer oligiste micacé. Un redir existe dans une de ces dépressions.
- Sur Mot crétacé du Koudiat Belbella (voir page 3 1 6), le gypse métamorphique se présente en masses blanches et roses, qui tantôt courent capricieusement en tous sens et tantôt suivent la stratification des couches calcaires. Celles-ci sont très-fendillées, et la couverte immédiate du gypse se compose le plus souvent de calcaire gris, noir et jaune. La stratification est très-bouleversée sur le Koudiat Belbella; cependant les couches ont une tendance générale à plonger au sud.
- § 2. - LISIÈRE MÉRIDIONALE DU TELL.
- A i,5oo mètres environ à i’Q. S. O. du Djebel Bethal et à 24 kilomètres E. N. E. de Boghar, il existe chez les Ouled Hedim des sources salées, exploitées de temps immémorial par les Arabes. Elles émergent au pied d’un amas considérable de gypse blanc ou rouge, associé à des marnes roses et à des calcaires gris, bréchiformes. Toutes ces roches, gypses, marnes et calcaires, ne présentent pas de stratification distincte, et il paraît probable que ce gypse est le résultat d’un métamorphisme du calcaire crétacé par des vapeurs d’acide sulfurique hydraté. Les sources salées sont sans doute contemporaines de ce phénomène géologique; elles sont au nombre de deux : l’une d’elles débite un quart de litre par seconde et l’autre un huitième de litre; elles sont conduites par des rigoles dans une série de petits bassins étagés où on laisse évaporer les eaux pendant quelques jours. Le sel cristallise en petits cubes sur le fond des bassins. Il est recueilli par des femmes arabes au moyen de couffins en alpha. L’eau bourbeuse s’écoule à travers les mailles du couffin, et le sel reste sur ce dernier. Onle débarrasse ainsi de la plus grande partie des impuretés qui le souillaient dans le bassin. Ce sel, bien égoutté et séché à l’air libre, présente la composition suivante :
- Chlorure de sodium........................................ 0^,9657
- Sulfate de chaux............................................ o ,0148
- Sulfate de magnésie ..!...................................... o ,0010
- Carbonate de chaux........................................... 0 ,0007
- A reporter...................... o ,9822
- Gypse métamorphique du Koudînt Belhelfi.
- Sources salées cL gypse
- des Ouled Hedim.
- Composition du sel des Ouled Hedim.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Mi
- Report........................ 0^,9822
- Carbonate cle magnésie.................................. o ,6007
- Peroxyde de fer......................................... o ,0006
- Sable et argile......................................... o ,0015
- Eau..................................................... o ,015o
- Total............................... 1 ,0000
- Auteur : De Marigny.
- Ce sel est comparable, par sa pureté, à celui qui provient de la source salée n° 1, située sur le flanc nord du rocher de sel de Rang el Mêlait, y psi1 nii'tau)or|)lii(jiio A 1 2 kilomètres environ à TE. des sources salées des Ouled Hedim, com-
- 1. nj-1,,1 air,,!,a,, mence une crête gypseuse qui se prolonge du nord au sud entre le Djebel Guentrah etHarmela, sur une étendue de plus de 10 kilomètres et une largeur variable qui peut atteindre 5oo mètres. Le gypse ne se présente pas uniformément partout dans cette étendue. Il constitue la gangue d’une sorte de brèche, au milieu de laquelle sont disséminés des blocs de dimensions variables et à angles vifs, et même des portions de roche où l’on reconnaît encore la stratification des touches. Seulement celles-ci sont orientées en sens divers, comme si elles avaient été soumises à un phénomène de rupture qui aurait disjoint et séparé leurs diverses parties. Il en est résulté de loin en loin, à la surface de la masse gypseuse, des fragments de crêtes saillantes qui jalonnent la direction de cette masse. Ces fragments sont généralement formés de calcaire jaunâtre, caverneux, subcristallin. On y trouve aussi des dolomies noires bréchiformes et des marnes d’un rouge violacé.
- A l’extrémité sud, la zone gypseuse est encaissée dans des marnes fauves couvertes de concrétions blanches, où le goût décèle la présence clu sel marin d’abord et du sulfate de magnésie ensuite.
- .''oiircos salées Vers le centre de la zoneT se trouvent les sources salées des Rebaïa, à
- lo ' i ,a 3 kilomètres environ du nord d’Hannela. Elles surgissent au nombre de trois sur les bords d’un ravin qui va se jeter dans l’Oued Melah, affluent du haut ïsser. La source principale est située sur la rive gauche du ravin; elle s’échappe du milieu d’une enceinte argileuse de 2 mètres de diamètre et de 3 mètres de profondeur. L’eau en est limpide, d’un goût très-fortement salé et à la température de 2 i°; elle s’élève du fond en bouillonnant, à cause des bulles gazeuses qui se dégagent avec elle. Tantôt ces bulles sont très-petites et
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- TERRAINS ÉRUPTIFS OU MÉTAMORPHIQUES. - 425
- s’élancent par gerbes continues; tantôt elles sont très-grosses, intermittentes et atteignent om, i o de diamètre. L’eau salée forme un ruisseau qui débite 8 litres environ par seconde et va se jeter à 6oo mètres de là dans l’Oued Melah. Cette rivière, qui descend du revers sud du Djebel El-Akdar, roule environ i5o litres d’eau par seconde. En amont des sources salées, son eau est potable et de bon goût; mais, à 5o mètres en aval, elle n’est plus potable, ce qui donne une idée de l’abondance et de la salure des sources salées des Rebaïa. L’Oued Melah (rivière salée) conserve ce nom jusqu’à une distance de 4o kilomètres nord du Kef el-Akdar, malgré les nombreux affluents d’eau douce qu’elle reçoit sur son trajet.
- La deuxième source salée est située en face de la première sur la rive droite du ravin; elle débite olxt,îo par seconde. Son eau, quoique fortement salée, ne l’est pas autant que celle delà première source.
- La troisième source est située dans le lit même du ravin, à îoo mètres en amont des précédentes; elle est plutôt fade que salée au goût; elle forme, à son point d’émergence, un marais couvert de joncs et autres plantes aquatiques; elle débite 2 litres environ par seconde. Par l’évaporation, son eau se concentre et fournit du sel.
- L’eau recueillie le 3 mai 18 5 8 a présenté la composition suivante :
- Chlorure de sodium........................................ 4gr,075o
- Sulfate de soude.......................................... o ,7610
- Sulfate de diaux...................................... 1 ,9960
- Sulfate de magnésie . ........................... . . .... 1 ,1020
- Sulfates............................ 3 ,8690
- Carbonate de diaux........................................ o ,0720
- Carbonate de magnésie............ !....................... o ,0120
- Carbonates.......................... 0 ,o8éo
- Matière organique.. . ................................. Inédt.
- Poids total des sels par kilogramme d’eau. .... 8 ,0180
- ' ; f , . j ,
- ' Auteur : Simon.
- Composition do l’on d’une
- source saumâtre des Relaie.
- On voit que le chlorure de'sodium domine parmi les éléments salins de cette troisième source, qui est probablement un mélange d’eau salée et d’eau potable ordinaire. ,
- 5.4
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- Roches éruptives avec gypse métamorphique) auprès du marabout île Sidi Bmtz'd.
- ft26 EXPLORATION DÜ BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Il y a encore divers suintements dont le degré de salure est variable. Quelques-uns sont indiqués par des bouquets de joncs; d’autres le sont par des plaques de sel cristallisé à la surface du sol.
- Le lit du ravin est formé de terres argilo-sableuses, dans lesquelles sont creusées des fosses de cristallisation dont les dimensions varient entre im,5o et G mètres de long, 1 à 2 mètres de large et 1 à 2 mètres de profondeur. Les fosses les plus profondes sont les plus rapprochées de la rivière. Sur les parapets en terre qui les séparent les unes des autres, circulent de petits canaux en terre, pour la distribution de l’eau salée. Plusieiirs fosses communiquent entre elles, afin que l’écoulement des eaux mères puisse se faire dans le ravin.
- Le lit de ce dernier est recoupé de fosses sur 600 mètres de long et une largeur variable de 20 à 5o mètres. Une grande portion des eaux salées se jette en pure perte dans l’Oued Melah, dont la proximité a empêché de donner un plus grand développement aux marais salants. Le travail est suspendu pendant la saison pluvieuse et n’était pas encore repris au moment de notre visite en mai i858. La plupart des fosses étaient remplies d’une eau croupissante, verdâtre, plus ou moins salée; une mince couche de sel tapissait le fond de plusieurs d’entre elles. La grande source des Rebaïa est probablement une source jaillissante qui passe sur un gîte de sel gemme. Sa température, qui est de 2 1 degrés, est assez élevée, à cause de la profondeur d’où remonte la source. On a vu que les sources d’Aïn bou Gif sont à la température de 1 5 degrés. La différence de 6 degrés représente un accroissement de profondeur de 120 mètres, à raison de 1 degré de température pour une profondeur verticale de 20 mètres. On voit donc que le sondage que nous avons proposé d’exécuter dans la plaine d’Harmela pourrait atteindre une profondeur de 120 à 15o mètres pour arriver sur une nappe jaillissante.
- Si, à partir du marabout de Sidi Bouzid, situé à 24 kilomètres S. O. de Boghar, on quitte le flanc droit de la vallée de l’Oued Zagroun (Oued Bouk-mouri supérieur), pour passer dans la vallée de l’Oued Melah, affluent de la rive gauche de l’Oued Nahr Ouassel, on traverse, sur 4kilomètres d’étendue, un terrain marneux, contenant de nombreux îlots de roche éruptive associée parfois à du gypse. La roche éruptive présente divers aspects : tantôt c’est un véritable granit ou une syénite, et d’autres fois c’est une diorite verte et rubanée traversée par des veines et des filons d’une espèce de granit. La vallée
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- TERRAINS ÉRUPTIFS OU MÉTAMORPHIQUES. 427
- de l’Oued Melah, qui est ainsi nommée parce quelle roule des eaux saumâtres, est encaissée dans des marnes d’un jaune verdâtre, très-délitables. La partie supérieure de la rive gauche présente, sur 200 à 5oo mètres de long, un banc de gypse de 4 à 5 mètres de puissance, intercalé dans les marnes. Ce gypse a une structure fort irrégulière; il est toujours cristallin; mais tantôt il a un aspect farineux, tantôt il résulte de l’agglomération de gros fers de lance, et parfois il constitue un véritable poudingue à galets gypseux et à pâte de même nature. On y trouve enclavées des lentilles de calcaire gris, compacte, bréchiforme, ainsi que des fragments isolés de ce même calcaire. Cette manière d’être indicpie que le gypse, quoique stratifié, provient sans doute de la modification du calcaire par des vapeurs d’acide sulfurique hydraté, qui ont accompagné l’éruption de la diorite. Celle-ci forme, du «reste, un îlot qui a percé tout le terrain marno-gypseux.
- Le gîte de plâtre de l’Oued Melah, situé à 24 kilomètres S. O. de Boghar, est remarquable, parce qu’on y trouve des nodules de soufre natif, qui sont exploités depuis longtemps par les Arabes pour la fabrication de la poudre de guerre. La carte de l’état-major désigne cette localité sous le nom d’El-Kebrita, la soufrière. L’exploitation faite actuellement par les Arabes est tout à fait insignifiante. Ils se contentent de gratter les marnes au contact du gypse, et ils en extraient le soufre par un triage à la main. En mai 1808, nous n’avons vu qu’une excavation de 8 à 10 mètres de long sur om, 20 à om,3o de profondeur. Plus tard, M. Nicaise a constaté l’existence de halcles d’anciens travaux souterrains qui sont aujourd’hui complètement éboulés, ce qui prouve que le gîte cl’El-Kebrita a été autrefois l’objet d’une exploitation plus active que de nos jours. Un Français, établi depuis longtemps chez les Arabes, et qui a servi sous les ordres d’Abd-el-Kader, nous a affirmé avoir vu plusieurs bourriquets chargés de soufre d’El-Kebrita. M. le général Liébert, commandant la subdivision de Milianah, ayant envoyé à Alger, en 1860, un bloc de minerai de soufre brut d’El-Kebrita, M. l’ingénieur des mines Va-tonne s’est rendu sur les lieux et a opéré quelques fouilles à l’aide d’une trentaine d’Arabes. D’après cet ingénieur, le soufre natif est disséminé très-irrégulièrement dans le gypse et s’y ramifie de toutes façons. Cette manière d’être ne permet pas des travaux réguliers spéciaux pour la recherche du soufre. Elle exige l’enlèvement complet du gypse, et, par suite, de beaucoup de matières stériles. Le minerai brut est un mélange de soufre, de plâtre
- 54.
- Gîte Je souli U’El-Kebriü»
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- hydraté et de marne. Il contient en moyenne 7,296 p. 0/0 de soufre pur. Le minerai pur disséminé dans le plâtre est un mélange de soufre et de sulfate de chaux hydraté contenant 78 p. 0/0 de soufre pür. L’affleurement du gîte de soufre est fort restreint. Quelques travaux de recherches seraient nécessaires pour connaître la puissance et l’étenclue du gîte ; mais les résultats les plus favorables qu’on puisse en attendre ne permettent pas un instant de se faire illusion et de mettre le gîte d’El-Kebrita en comparaison avec les gîtes inépuisables de la Sicile. Toutefois, en cas de guerre européenne, ce gîte pourrait avoir quelque importance, parce qu’il permettrait de faire en Algérie une certaine quantité de poudre.
- On voit par ce qui précède que, sur la lisière méridionale du Tell, il y*a des sources salées importantes associées à des gîtes de gypse cl’origine métamorphique et dues sans doute à la même cause géologique que les gîtes de sel gemme de la région centrale des steppes.
- A .
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- CINQUIEME PARTIE.
- CHAPITRE XX.
- DOCUMENTS SUR L’EXÉCUTION PRATIQUE DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES.
- SONDAGE DE L’OUED MELAH1 (aÏN MALAKOFf).
- Profondeur totale du sondage..................................... 78m,o3
- Débit total primitif des eaux jaillissantes, par seconde......... 2olll,oo
- Après l’abandon des sondages de Chabounia et de Sbiteïa et l’extraction des tubes de retenue de ces deux sondages, tout le matériel a été transporté, pendant le troisième trimestre de 1862, auprès du confluent de l’Ouecl Melah dans l’extrémité orientale du Zahrez Pdiarbi. M. le maître sondeur Saury est arrivé sur les lieux le i3 octobre 1862. II a procédé immédiatement à l’édification de la chèvre et a creusé un puits de service de 2m,5o de profondeur, au fond duquel le forage a été commencé le 20 octobre, au diamètre initial de om,38. Le travail a marché d’abord d’une manière régulière jusqu’au i4 novembre 1862, époque à laquelle il était parvenu à 7 6m, 55 de profondeur, en 22 jours et demi de 2/1 heures de travail, ce qui donne, pour cette période, un avancement moyen de 3m,4o par 24 heures.
- Les premiers 16 mètres se composant d’une alternance de sables, d’argile et de gypse, ont été creusés soit au pic pouf le puits de service, soit, pour le reste, avec une tarière mue par rotation. On a fait avec cet instrument 13m, 5o, de 2m,5o à 18 mètres, en 36 heures de travail, ce qui donne 9 mètres par 2 4 heures de travail. Dès que l’on est arrivé sur le gravier, couche n° 1 2, la
- 1 Voir la coupe du sondage, page 229. :--b ; -
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- tarière n’a pu servir, et on l’a remplacée par l’outil à chute libre cle Kind, qui a constamment servi jusqu’à la fin du travail. Grâce à cette combinaison, le sondage a pu marcher avec rapidité jusqu’à 76“,55. 11 y avait alors dans le trou de sonde trois colonnes de tubes partant du jour.
- L’une de ora,33 de diamètre descendant à 8 mètres sous le sol.
- La deuxième de om,3o de diamètre descendant à 5o mètres sous le sol.
- La troisième de om,2 7 de diamètre descendant à 74“, 10 sous le sol.
- Le guide s’est trouvé alors pris sous les tubes. Les journées du 1 5 au 22 novembre inclus ont été consacrées à réparer cet accident. On a dévissé d’abord les tiges, afin de saisir la colonne de om,2 7 ; on se proposait de soulever cette dernière et de la laisser retomber sur les branches du guide pour les briser. On relève quatre fois de suite la colonne de om,3o et on la laisse retomber de tout son poids. Dans un cinquième essai, la colonne refuse de descendre. On revisse les tiges, afin de remonter en même temps la colonne et le trépan, mais tous les efforts sont inutiles. On laisse l’appareil tendu pendant le repos des travailleurs : une tige en bois se brise dans cet intervalle; à l’aide des tiges enfer de L\ centimètres rendues solidaires par des goupilles, on saisit la portion de tiges restée dans le trou et l’on essaye inutilement de dévisser ces dernières. On relève les tiges rigides; on adapte à leur extrémité divers outils raccrocheurs et l’on retire par portions les tiges en bois et l’outil resté dans le trou.
- Le 2 3 novembre, on reprend le sondage, on fait im,45 d’avancement. A la profondeur de 78 mètres, l’eau jaillissante commence à affluer. On essaye inutilement de faire descendre la colonne de om, 27 en la soulevant préalablement de quelques centimètres ; à la troisième tentative, la colonne se brise à 9m,5o sous le sol. On ressaisit la colonne avec le rivoir et les grosses tiges de fer et on laisse le tout tendu pendant la nuit. Le lendemain on fait de nouveaux eflorts, on brise les chaînes et les tiges en fer de om,o4; on remplace les tiges et les chaînes brisées et l’on relève la colonne de 1 1 mètres. Le ier décembre, on cure les éboulements occasionnés par le relèvement de cette colonne et l’on continue le sondage. Le 8 décembre, ce dernier avait atteint 8 im,20 de profondeur et la colonne était descendue à 7 9“, 20 de profondeur. Lorsqu’elle était à 78 mètres, le débit de la nappe était de 20 litres par seconde. Ce débit avait diminué par l’enfoncement de la colonne : aussi a-t-on remis le pied de cette dernière à 78 mètres.
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. 431
- Si Ton ne tient pas compte des journées employées à réparer les deux graves accidents relatés ci-dessus, on trouve que les 8im,20 de sondage ont été faits en 3i jours et demi de 2 4 heures de travail, ce qui donne un avancement moyen de 2m,Srj par 2 4 heures; en tenant compte de toutes les journées employées au sondage, l’avancement journalier n’est que de îm,78 par 2 4 heures.
- On a laissé dans le trou de sonde :
- 8 mètres de tubes de om,33 de diamètre;
- 78 mètres de tubes de om,2 7 de diamètre;
- 4 mètres de tubes de om,2 3 de diamètre et percés de trous sur toute leur hauteur.
- Le sondage de l’Aïn Malakoff a coûté les sommes suivantes :
- Prime de M. Kind Fournitures diverses Main-d’œuvre militaire Traitement du maîlre sondeur, indemnités diverses 8l2f,OOc 800 ,00 i568 ,00 l 5 3 2 ,1A
- Total A 712 ,1A
- Valeur des tubes laissés dans le trou de sonde :
- 6 mètres de tubes de om,33 de diamètre 78 mètres de tubes de om,2 7 de diamètre [\ mètres de tubes de om,2A de diamètre 207‘,00c 2063,00 97 ’00
- Total Prix de revient total 2367 ,00 7079,1A
- Nous ne tenons pas compte du prix des transports payés entre Chabounia et l’Aïn Malakoff, parce que ce prix s’applique au matériel nécessaire à un sondage de 4oo mètres de profondeur. Le prix de revient du mètre courant d’avancement, non compris la valeur des tubes en tôle laissés dans le trou de sonde, est de 58 fr. o3 cent. Si l’on y comprend la valeur de ces tubes, il est de 87 fr. 1 8 cent.
- Avancement moyen par
- 4 heures (le travail.
- Prix <lo revient du 'Ondnge d'Ain Mnl.iImlV.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- SONDAGE D’EL-MESRAN b
- Profondeur totale du sondage............................ 45m,70
- Eau ascendante........... .............................
- Le sondage d’El-Mesran a été commencé par M. le maître sondeur Saury, le 2 i décembre 1862. Il était parvenu, le 22 janvier 1 863, à la profondeur de 45m,70, qui n’a pu être dépassée, par suite des difficultés insurmontables présentées par la rencontre cl’une couche de sables fluides, contenant une nappe d’eau ascendante.
- Voici quelle a été la marche du travail :
- Le 20 décembre 1862, on dresse la chèvre. Le 21, on fait un puits cle service de im,5o de profondeur. Le 22, le forage proprement dit est commencé avec la tarière au diamètre de om,32. A 6 mètres, les éboulements commencent et l’on descend un tube de 6 mètres de long et de om,3o de diamètre. La couche de cailloux roulés qui va de 6 à 9 mètres étant difficile à traverser à la cuiller, on monte le balancier pour attaquer les galets avec l’instrument à chute libre de Kind, et l’on fait descendre la colonne à mesure que le sondage avance. Cette colonne ne peut dépasser iom,o5, et son pied est obstrué sur 2 mètres à 2m,5o par les sables de la couche n° 4- Pour faciliter les manœuvres, on donne au puits de service 4m,5o de profondeur; puis on introduit dans le trou une colonne de om,2 7 de diamètre, qui ne peut dépasser de plus de om,2 0 le pied de la colonne de om,3o de diamètre. L’introduction des sables entre les deux colonnes a donné lieu à une résistance telle, qu’il était impossible de faire tourner la colonne de om,2rj de diamèlre. On a enlevé alors les deux colonnes, on a élargi le trou de sonde et l’on a introduit une première colonne de om,33 de diamètre, qui avait atteint, le 7 janvier 1 863, la profondeur de 13 mètres, qu’elle a refusé de dépasser. Le sondage s’est continué sans accident jusqu’à 24m,53 dans la couche de marne sableuse n° 7. Là des éboulements venant sans cloute de la couche de sable n° 6 ont obligé d’introduire la colonne de om,3o', qui a refusé de descendre au-dessous de 2 2m,20, quoiqu'elle ne fût engagée que de 9“,20 dans le terrain ébouleux. On a descendu alors la colonne de om,2 7, qui a été poussée à grancl’peine à 39“,5o, dans la couche de sable quartzeux n° 1 2.
- 1 Voir la coupe du sondage, p. a34-
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- Dans un rapport du i3 mars i863 sur le sondage d’El-Mesran, M. Va-tonne s’exprime comme il suit :
- « A plusieurs reprises devant l’envahissement des tubes par les sables, il a fallu soulever la colonne de om,2rj. Dans la dernière manœuvre de ce genre, le sondage ayant atteint 4o mètres, les tubes refusèrent longtemps de revenir à leur ancienne position. Parvenus enfin à 39m,5o, toute tentative de faire franchir ce point en frappant sur la tète de la colonne et en la chargeant à outrance fut complètement inutile. En cherchant à soulever la colonne de om,2 7, on entraînait la colonne de om,3o, dont le pied est cependant plus élevé de 17 mètres. Les tubes de om,2rj furent envahis par les sables, à la suite de ces manœuvres, sur 9 mètres de hauteur; et, pendant plusieurs jours, malgré un curage actif, les sables continuèrent à occuper une partie de la hauteur de la colonne. Cependant, à force de persistance, le pied de la colonne put être dégagé.
- « Le 22 janvier, le maître sondeur descend une colonne perdue de om,2 3 de diamètre et de 9 mètres de long, dont l’extrémité inférieure s’arrête à /i_2m,0 7 sous le sol. Le sondage atteint 45m,70 dans les sables, mais alors ces derniers remontent de 10 mètres dans les tubes, et il est impossible d’en vaincre l’affluence, malgré des curages répétés.
- « On a essayé inutilement d’arracher le tube de om,2 3, dont l’introduction n’a servi qu’à dépasser de quelques mètres seulement le pied de la colonne de om,2 7. Toutefois la présence de cette colonne perdue n’a pas été un obstacle dans les tentatives de dégagement du trou dont il reste à parler.
- « M. Saury essaya d’abord d’entraîner les sables, en injectant vivement à leur surface une grande quantité d’eau au moyen d’une pompe à incendie amenée de Djelfa. Cette injection n’a pas permis d’élever les eaux au-dessus du sol dans les tubes de garantie, et M. Saury n’osa pas faire déverser les eaux dans le grand puits de manœuvre; on constatait toutefois que l’eau élevée paraissait claire. L’injection avait été faite avec 33 mètres de tuyaux, la lance descendait à 3im,5o au-dessous du sol; les sables n’avaient été mis en mouvement que par la force d’injection de l’eau; la quantité totale injectée par M. Saury en 1 heure 4o minutes a été de 120 mètres, soit 20 litres par seconde; le niveau de l’eau s’est élevé à 2m,o4 au-dessous du sol dans les tubes et à 4m,2 0 dans le grand puits; l’eau passait sans doute entrç les diverses colonnes de tubes, bien qu’on ait cherché à en fermer hermétiquement les
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU §AHARA.
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- intervalles. Sous la charge de 3m,8i au-dessus du niveau primitif 5m,85, les nappes du sondage et le grand puits absorbaient donc toute l’eau injectée par la pompe à incendie.
- « Les autres tentatives de désensablement du sondage ont été faites par nous du 2 1 février au ier mars.
- «Nous avons constaté d’abord, en faisant descendre la cuiller à soupape à l’extrémité des tiges, que la partie supérieure de la colonne perdue de om,23 était à 33ra,0 7 au-dessous du sol; les dépôts vaseux et sableux commençaient à 34 mètres; et, à 38m,54, la cuiller, qui a été retirée complètement pleine, a refusé de descendre plus bas. Nous fîmes descendre une tige ronde de om,o35 et de 4 mètres de longueur, terminée par un biseau aciéré de om,o45 de diamètre. Cette tige se vissait sur les tiges carrées de ora,o4- Par le battage, on put atteindre 42 mètres; mais, à cette profondeur, le raccord de om,0 7 de diamètre venant porter sur les sables tassés, la descente devint complètement nulle. Nous fîmes préparer une tige ronde de i3m,90 de longueur, terminée par une pointe en acier très-effilée ; cette tige descendue avec les tiges carrées de om,o4, le battage fut repris, combiné avec l’injection de l’eau au moyen de la pompe à incendie, dont l’extrémité de la lance était à î mètre au-dessus des sables. En cinq heures de temps, on a injecté 36o mètres cubes; dans ces conditions, la pointe aciérée, après des alternatives de descente et de remontée inégales, est en définitive remontée de 2m,3o au-dessus de la position occupée à l’origine du battage et de l’injection; et il a fallu successivement ôter tous les bouts de raccords qui rattachaient la ligne de grandes tiges au balancier. L’eau injectée faisait remonter l’eau dans le tube et la faisait déverser dans le grand puits par les tubes de om,2r]. La quantité d’eau ainsi déversée était en quantité bien inférieure à celle injectée, et cette eau était à peine louche. Il était évident, à quelque cause que cela tint, qu’il était impossible d’obtenir, dans le tube de om,2 7, la vitesse d’écoulement de l’eau capable d’entraîner à la surface, de 32 mètres de hauteur, les sables de la couche inférieure. Bien loin de pouvoir obtenir ce résultat, la remontée de la tige effilée de 2m,3o indiquait une affluence nouvelle des sables produite par le choc et l’infiltration d’une partie de l’eau injectée. Nous fîmes alors continuer le battage seul avec la pointe pour la faire pénétrer sous les sables et tâcher de les traverser sur la plus grande longueur possible. Le battage à petits coups au balancier n’a donné aucun résidtat avantageux; après des al-
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- ternatives de descente et de remontée, le résultat définitif a été de relever la-pointe jusqu’à 37 mètres, en faisant perdre environ 2 mètres. Par le rodage, le résultat, sans être négatif, fut au moins insignifiant; le travail était d’ailleurs extrêmement pénible. Nous essayâmes alors du battage au treuil par levées de im,5o; de la sorte, la tige fut descendue, après plus de 12 heures de travail effectif, à la profondeur de 43m,7 7 ; mais alors la tige fut prisonnière par le haut; on ne pouvait plus battre, parce qu’on ne pouvait plus relever que de om,2o environ; avec beaucoup de peine et d’effort, on parvint, avec le balancier, à dégager la tige; mais, redescendue, elle fut de nouveau prisonnière, et l’on dut renouveler les mêmes efforts pour la dégager; la pression des sables sur une surface totale inférieure à 90 décimètres carrés, sans aspérités, fut telle, que dix hommes eurent beaucoup de difficulté à relever 43 mètres de tiges de om,o/|. avec le fort treuil de l’appareil de sondage. La lige ronde est revenue au jour polie et brillante comme un canon de fusil; 3e la pointe, l’acier seul est resté intact; le fer des côtés avait presque entièrement disparu par l’usure. Ayant fait retirer les liges, nous constatâmes que la cuiller à soupape refusait de descendre, même par les chocs, au delà de 35m,2 7.
- (' Deux fortes pompes Lelestu ayant très-obligeamment été mises à notre disposition par M. le Chef de l’annexe de Djelfa, nous cherchâmes à produire sur les sables mêmes une forte aspiration, en prolongeant les tuyaux d’une des pompes jusque Sur les sables, au moyen d’une colonne de tubes de om, 18 amenés de Guelt es-Settel. La colonne descendue repose à 35 mètres, et, par plusieurs chocs de im,5o, ne pénètre que de om, 10 dans les sables tasses; la pompe fonctionne bien; le niveau de l’eau descend de 5m,9 1 à 8m,65; mais on reconnaît de suite que le débit de la source inférieure, pour cet abaissement de niveau, est insuffisant pour donner à l’eau dans les tubes de om, 18 une vitesse capable d’entraîner les sables; l’eau, qui d’aborcl avait été légèrement trouble, est venue extrêmement claire. Nous fîmes donc enlever les tubes de om, 1 8 ; alors encore il fallut de très-grands efforts pour dégager ces tubes, qui ne pénétraient cependant que de o“, 10 au delà du point qu’ils avaient atteint librement par leur seul poids.
- « Après tous ces essais infructueux, arrivent enfin,tle samedi 28 février, les tubes en plomb de om,o3 envoyés d’Alger depuis un mois. Dans ces tuyaux adaptés à la pompe Letestu, l’eau devait acquérir une très-grande vitesse ca-
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- pable d’entraîner les sables, alors même que ces sables n’auraient pas été mis en mouvement par l’injection d’eau avec la pompe à incendie et par le battage. En ajoutant ces moyens d’agilation des sables, nous pouvions espérer de cette dernière tentative des effets heureux, qui sont loin d’avoir été réalisés. 34 mètres de tuyaux en plomb raccordés au moyen de viroles en cuivre sont descendus, attachés à la tige ronde effilée de i3m,90 et aux tiges carrées de ou\o4 de côté, ainsi que les 33 mètres de tuyaux en cuir de la pompe; le réservoir de la pompe à incendie placé dans le puits de manœuvre est alimenté d’une manière continue par un tube qui conduit l’eau d’un canal de 280 mètres de long. Ce canal prend l’eau au réservoir de la noria et la conduit, sous la route de Laghouat. Ainsi, d’une part, la pompe à incendie agite les sables, les met en suspension; la tige effilée, par un battage à petits coups, les agite encore et doit permettre aux tubes de rester à une distance toujours égale des sables; de l’autre, la pompe Leteslu aspire et rejette au dehors l’eau chargée de sables prise dans le fond.
- Puits artésien.
- Pompe & incendie.
- Canal de 28001» amenant i'ea du réservoir do la noria.
- Pompe Letestu.
- «Pendant 5 heures l’expérience a été continuée sans interruption; la pompe Leteslu charriait une grande quantité de sables; les corps de pompe et le réservoir se remplissaient de sables. Après tant d’efforts et de travail, les sables avaient encore remonté dans les tubes; ils étaient à 32 mètres au-dessous du sol ; la ligne de tiges très-lourde avait été successivement relevée à celte hauteur. D’ailleurs les tuyaux en plomb menaçaient de se rompre
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. 437
- sous leur poids, la plupart des brides étaient lâchées; nous dûmes les faire retirer du trou et suspendre les travaux jusqu’à nouvel ordre. »
- En définitive, on a employé sans succès, à El-Mesran, tous les procédés indiqués par la pratique des sondages pour traverser les sables fluides. En raison de la nécessité d’avoir à El-Mesran de l’eau potable, on a conservé le sondage, parce qu’il peut donner en été de l’eau ascendante de meilleure qualité que celle des puits ordinaires du voisinage. Ainsi quatre colonnes de garantie sont restées dans le trou de sonde. Plus tard, lorsqu’on sera éclairé par une plus grande pratique des sondages des Zalirez, il peut se faire qu’on puisse reprendre avec plus de succès le sondage d’El-Mesran et arriver sur la nappe jaillissante, qu’il serait si utile d’amener en ce point à la surface du sol.
- Du 21 décembre au 22 janvier 1 863 inclus, 2/1 jours de 24 heures de travail ont été consacrés à faire 4ôm,70 de sondage, ce qui donne un avancement moyen de im,90 par 2 4 heures.
- Les diverses tentatives faites du 5 au 28 février pour se débarrasser des sables à l’aide des pompes ont employé 4 jours et demi de 2 4 heures de travail. En tenant compte de toutes les journées consacrées au sondage, l’avancement moyen par 2 4 heures de travail se réduit à im,6o.
- Le prix de revient du sondage d’El-Mesran peut être établi comme il suit, en ne tenant compte que des dépenses faites pendant les travaux cle sondage et les tentatives de désensablement du trou de sonde :
- Prime de M. Kincl.......................... 457f,ooc
- Main-d’œuvre militaire....................... ioi5,8o
- Indemnité du chef de détachement, 3 mois.. . 45o ,oo I
- Traitement du maître sondeur, 3 mois....... 900 ,00 !
- Indemnités diverses........................ 246,i5 /
- Fournitures diverses.......................... 176,20 I
- Transport du matériel entre l'Ain Malakoff et '
- El-Mesran.................................. 826,09 j
- 4 07 U ,2.4e
- TUBES DE RETENUE LAISSES DANS LE TROU DE SONDE
- i3m,oodetubesdeora,33, pesant 3gok,à if,ioc. 429r,ooc j
- 22m,20 detubesde o"',3o, pesant ôgg11, à 1 ,10 . 668,90 F
- 39m,5odelubesde om,27, pesant g481:, à 1 ,10 . io42 ,80 i
- 9m,oo de tubes de o'n,2 3, pesant i8ok,à 1 , to . 198,00 ]
- 2328*,70e
- Prix de revient total pour 45m,70 de sondage. 6399,94
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- Ce qui donne un prix de revient de 1 4o francs par mètre courant. Ce prix est très-élevé à cause des dépenses entraînées par les tentatives infructueuses de désensablement et des frais de transport. Si l’on ne tient pas compte de la valeur des tubes laissés dans le trou de sonde, le prix de revient est de 89 fr. 08 cent, par mètre courant, et si, comme à Aïn Malakoff, l’on néglige également les frais de transport, le prix de revient se trouve réduit à 7 1 fr. 01 cent.
- SONDAGE DE L’OUED KAÏDER 1.
- Profondeur totale du sondage....................... 178m,41
- Eau ascendante....................................
- Le sondage cle l’Oued Kaïder a été commencé le 22 mars 186 3 par M. le maître sondeur Saury, au diamètre initial de om,35. 11 a été suspendu, à cause de l’insurrection arabe, le 1 4 avril i 864, à la profondeur de 1 78“,41 et au diamètre de ora, 19.
- Voici quelle a été la marche des travaux :
- Un puits de service de 5m, 1 2 de profondeur et'de 2 mètres de côté est creusé pour faciliter les manœuvres de sondage. On place immédiatement une colonne de om,33de diamètre, qui ne peut dépasser 1 5 mètres, tandis que le sondage atteint 18 mètres. On passe alors à la colonne de om,3o qui descend à 27“, 10, à la tête de la couche de marne n°n. On continue sans tuber jusqu’à 53 mètres, puis on descend la colonne de om,2 7, dont la base s’arrête à 57“,45 dans la couche de marne rougeâtre n° 12 , tandis que le sondage atteint 84 mètres. Des éboulements forcent alors d’introduire la colonne de om,2 3. On retire les 15 mètres de la colonne de om,33, et l’on essaye de retirer la colonne de om, 3o dont le pied est à 2 7™, 1 o ; elle se rompt à 2 mètres au-dessous du niveau de l’eau dans le puits de service, et il en reste 2 0m,35 dans le trou. La colonne de om,23 est poussée progressivement à 1 3o mètres; mais elle refuse d’aller plus bas, malgré des efforts énergiques exercés avec quatre vis de pression, le treuil et de fortes moufles en fonte. Le forage se trouvait alors à i46m,5i, le 2 4 mai 1863, et dut être suspendu faute de tubes de om, 1 9 de diamètre.
- Le travail fut repris le 20 novembre 18 6 3.
- 1 Voir la coupe clu sondage, p. 238.
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. 439
- Les éboulements avaient comblé le trou sur 1 o mètres à partir du fond. On cure le trou, on descend la colonne de om, 19a 144 mètres, et l’on continue le sondage au milieu de la couche de poudingue n° i5 de i6m,3o d’épaisseur. La dureté de çette roche a rendu le travail très-pénible et très-lent. Le trépan a été parfois coincé fortement au fond du trou. A 1Ô2 mètres de profondeur, la sonde se brise en deux tronçons et on les retire à grancf-peine avec la cloche à vis; entre 1 6om,6o et i63m,4o, on approfondit le trou sans que la cuiller rapporte aucun détritus. Il y avait probablement une excavation naturelle dans laquelle se logent les débris de poudingue broyés par le trépan. La couche de marne bleue, très-grasse, n° 1 3, qui vient après, retient avec une grande adhérence les lames du trépan, et chaque fois l’on doit développer des efforts très-considérables pour dégager la sonde. Des éboulements fréquents empêchent le forage d’avancer sans tubage au delà de 170™, 15. La colonne de om, 19 ne peut descendre au delà de 144 mètres, parce qu’il est impossible d’élargir suffisamment le trou au-dessous de la base de la colonne avec le trépan à oreilles mobiles. Le poudingue est tellement dur, qu’il reste toujours des aspérités qui s’opposent à la descente des tubes. Le 2 1 février i863, on procède alors au retrait de ces derniers, afin d’élargir plus commodément le trou au diamètre de om,2 3. On saisit la colonne de om, 19 avec le rivoir et on fait effort pour l’enlever avec les vis, les moufles et la grande roue qui a remplacé le treuil. La colonne se brise à 49 mètres du sol et on relève au jour 45 mètres, parce que la tète de la colonne était dans le puits de service à 4 mètres sous le sol. On descend le rivoir à la profondeur de 5 2 mètres pour retirer le deuxième tronçon. Les journées des 2 2,23 et 24 janvier se passent en efforts inutiles; la glissière se rompt. On parvient à enlever le rivoir avec les tiges en bois. On remplace ces dernières par des tiges en fer de om,o4 de côté. On saisit la colonne par le pied avec le rivoir et on la monte avec effet jusqu’au sol. On cure et l’on élargit le trou avec le trépan de om,23; le 7 mars, on redescend la colonne de om, 19. Le 26, elle est arrivée à 1 68 mètres et l’on reprend le forage, qui, le i4 avril, était parvenu à 178m,41, tandis que la colonne de 0^,19 était à i77m,55. Sur l’ordre de M. le général Jusuf, les travaux sont suspendus à cause de l’insurrection. Une partie du matériel est transportée dans le magasin de Mesran, et le détachement quitte l’Oued Kaïder, le 16 avril 1864, pour *se rendre à Boghar. Jusqu’à la profondeur d’environ 3o mètres, on a employé la tarière
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- m EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- mue par des tiges de fer de om,o4 de côté pour le passage des terrains tendres; mais, à partir de 3o mètres, on n’a employé que le trépan à chute libre de Kind. Le sondage de l’Oued Kaïder a présenté deux périodes bien distinctes.
- vancement moyen Du 2 4 mars au 2 2 mai 1 863, le travail a marché presque sans interruption 1,-mJTo travail, et d’une manière très-régulière. Il était parvenu alors à 146m,5 1, au diamètre de om,2 3, en 55 jours et demi de 2 4 heures de travail effectif. Cela donne un avancement moyen de 2m,64 par 24 heures, pose des tubes comprise.
- Dans la deuxième période, qui va du 2 o novembre 1 863 au 14 avril 1 864 , on a fait 3 im,90 en 110 jours et demi de 24 heures de travail, ce qui donne un avancement moyen de om,2 9 par 2 4 heures, pose des tubes comprise.
- En réunissant les deux périodes, on trouve que les 1 78m,4 1 de sondage ont été faits en 166 journées de travail, ce qui donne un avancement moyen de im,07 par 2 4 heures. Le prix de revient du sondage de l’Oued Kaïder peut être établi comme il suit, en ne tenant compte que des dépenses aile-rentes aux travaux de sondage, tubage compris.
- Prime de M. Kind..............
- Main-d’œuvre militaire........
- Indemnité du chef de détachement Traitement du maître sondeur.. . .
- Indemnités diverses...........
- Fournitures drverses..........
- Transports................
- TUBES DE RETENUE LAISSES DANS LE TROU DE SONDE :
- 20m,35 de tubes de onl,3o de diamètre, pesant 549k,45, à if, 10e. 6o4‘,39c 5Gra,00 de tubes de om,27 de diamètre, pesant i344k,00, à 1 ,10.1478 ,4o 124“,00 de tubes de om,23 de diamètre, pesant 2 48ok,oo, à 1 ,10.2728 ,00 172™,00 de tubes de om,i9 de diamètre, pesant 2763k,20, à 1 ,10.3o39 ,52
- Prix de revient total pour i78m,4i de sondage............ 26i52 ,89
- 785o‘,3 ic
- i3i3f,6oc \
- 5954,37 i
- 3oo ,00 |
- 36i2 ,25 l i83o2f,58c ioo5 ,88 (
- 1894,93 |
- 4221 ,55 /
- Ce qui donne un prix de revient de 1 46 fr. 59 cent, par mètre courant. Si l’on ne tient pas compte*de la valeur des tubes laissés dans le trou, ce prix de revient est de 1 02 fr. 69 cent, par mètre courant. Si, de plus, on néglige le
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. 441
- prix (les transports, qui est très-élevé, ie prix de revient se trouve réduit à 78 fr. 92 cent, le mètre courant.
- L’abandon du sondage de l’Oued Kaïder ayant été décidé par M. le général de Wimpffen, commandant la province d’Alger, M. le maître sondeur Saury a procédé, du 1e1' au 20 novembre 1866, à l’extraction des tubes de retenue laissés dans le trou de sonde. Cette opération n’a réussi qu’incom-piét.ement et avec de grandes difficultés. On a essayé sans succès d’enlever la colonne de om, 1 9 en entier. Après plusieurs coupures horizontales, on a retiré enfin un tronçon de 1 25 mètres de longueur. De même, on a du faire plusieurs coupures horizontales à diverses hauteurs dans la colonne de om,2 3 , et l’on n’a pu retirer qu’un tronçon de 59 mètres de longueur. Les 56 mètres de la colonne de om,2 7 de diamètre ont été retirés; maison a dû abandonner les 2 0m,35 de tubes de om,3o de diamètre.
- En définitive, on a dû abandonner dans le trou de sonde de l’Oued Kaïder :
- 2 0m,35 de tubes de om,3o de diamètre;
- 66 mètres de tubes de om,2 3 de diamètre;
- 45 mètres de tubes de om, 19 de diamètre.
- SONDAGE DE L’OUED KOURIRECH1.
- Profondeur totale du sondage., . .............................. 173'",25
- Débit total des eaux jaillissantes, par minute, à 210.......... Zio1'1
- Le sondage de l’Oued Kourirecb a été commencé, le 1 8 juin 1863, par M. le maître sondeur Saury, au diamètre de om,35, et suspendu, à cause des chaleurs, le 5 juillet i863, à la profondeur de 55 mètres. Il a été repris le 6 novembre 1863 par M. le lieutenant Pomey, qui, depuis plusieurs années, commandait le détachement de sondeurs militaires. M. Pomey a conduit le sondage de la profondeur de 55 mètres à 1 2 8m,55; et, comme il a dû partir avec son corps pour le Mexique, il a été remplacé par M. le sergent Heuga, qui a terminé le sondage le i4 avril 1864-Voici quelle a été la marche du travail :
- On creuse un puits de service de 2nl,70 de profondeur et de 2 mètres de côté, jusqu’à la rencontre d’une première nappe d’infiltration d’eau douce, à
- 1 Voir la coupe du sondage, p. 241 •
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- Avancement min par
- heures do trnv
- 4'i2 EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- la température de 17 degrés, celle de l’air ambiant étant de 38 degrés. On commence le forage à la tarière, et l’on descend 6 mètres de tubes de om,33 de diamètre, qui s’arrêtent à 6m,5o sous le sol. On continue sans tuber jusqu’à 26 mètres; la tarière ne ramenant pas les sables de la couche n° 6, on des^ cend la colonne de ora,3o que l’on pousse graduellement jusqu’à 34m,5o, tandis que le sondage atteint 69™,20 dans la couche de gypse n° 10. On passe alors à la colonne de om,2 7 de diamètre, et on lui fait suivre de près le fond du sondage. Elle était parvenue à 170 mètres lorsque le sondage fut arrêté subitement, le i4 avril 1 864, à la profondeur de i73m,25, par suite de l’insurrection arabe.
- ><•» Dans la première période de travail allant du 18 juin au 5 juillet 1863,
- aii. on a fait 55 mètres en 1 6 jours et demi de 2 4 heures de travail, ce qui donne un avancement moyen de 3m,33 par 2 4 heures, pose des tubes comprise. Les 3o premiers mètres, composés de marnes /et de sables rougeâtres, ont été creusés avec la tarière et la langue de serpent, à raison de 5m,45 en moyenne par 2 4 heures de travail; les 25 mètres suivants, composés de gypse dur ont été creusés avec le trépan à chute libre de Kind, à raison de 2m,2 7 par journée de 2 4 heures de travail.
- Dans la deuxième période allant du 6 novembre i863 au i4 avril 1864, on a fait 1 1 7™,75 à l’aide de l’outil à chute libre de Kind, en 118 journées de 2 4 heures de travail, ce qui donne un avancement moyen de om,998, soit 1 mètre par 2 4 heures.
- Pour faire les i73m,2 5, on a employé 1 34 jours et demi, ce qui donne en définitive un avancement moyen de im,28 par 24 heures de travail. Dans la deuxième période, le forage a marché beaucoup plus lentement que dans la première, à cause de la dureté de la roche et des manœuvres fréquentes qu’il a fallu faire subir à la colonne de om,2 7 de diamètre, pour qu’elle accompagnât, d’aussi près que possible, le fond du trou de sonde. La descente de cette colonne ne s’est pas faite sans difficultés. La roue d’engrenage s’est fendue une première fois, ce qui a motivé une suspension de travail de quatre jours. Une nouvelle rupture de cette roue a motivé une deuxième suspension de travaux. On a remplacé l’engrenage brisé de l’Oued Kourirech par l’engrenage de l’Oued Kaïder, et ce dernier a été remplacé par la grande roue en bois qui avait servi au sondage de Chabounia. Il est résulté de là de nombreuses pertes de temps.
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. 443
- Le prix de revient du sondage de l’Oued Kourirech peut être établi approximativement comme il suit :
- Prime de M. Kind...............
- Mai n-d’œu vre rni 1 i Laire...
- Indemnité du chef de détachement Indemnité du maître sondeur. . . .
- Indemnités diverses............
- Fournitures diverses...........
- Transports.....................
- TUBES UE RETENUE LAISSES DANS LE TROU DE SONDE :
- 6m,oo de tubes de om,33 de diamètre,' pesant i8ok, à if,ioc. iç)8f,ooc
- 33™,oo de tubes de om,3o de diamètre, pesant 891k, à 1 ,10 . 980 ,00
- i66n1,90 de tubes de om,27 de diamètre, pesant 4o54k, à 1 ,io . 4459 ,4o
- Prix de revient total pour 173™,25 de sondage....................
- Ce qui donne un prix cle revient de 1 12 fr. 83 cent, par mètre courant.
- Si l’on ne tient pas compte de la valeur des tubes laissés dans le trou, ce prix de revient est cle 80 fr. 29 cent, par mètre courant.
- Si, de plus, on néglige le prix des transports, le prix de revient se trouve réduit à 65 fr. 92 cent, par mètre courant.
- SONDAGE DE CHABOUNIA1.
- Profondeur totale du sondage.......................... 38om,i8
- Eau ascendante (système Kind).........................
- Le sondage cle Chabounia fut commencé le 26 septembre 1859, au diamètre de om,38, parM. le maître sondeur Englaender, qui a poussé l’avancement jusqu’à la profondeur cle 2 1 2m,5o. Il a été continué, à partir du 2 9 octobre 1 860, par M. le maître sondeur Saury, qui l’a poussé jusqu’à 38om, 18, profondeur à laquelle le travail d’avancement a été abandonné le 27 mars 1862.
- Voici quelle a été la marche du travail :
- On creuse d’abord un puits de service de 2 mètres de côté et de 5m,64 de
- 5637f,4oc 19548 ,98
- 5oof,ooc \
- 4816,47 I
- io3o,oo f
- 2343 ,5o > 139111',58e 7Ôi ,88 i 1929 ,i5 1 2490,58 /
- 1 Voir la coupe du sondage, p. 4o8.
- 56.
- Prix do revient Ju mètre courant de forage,
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- 444
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- profondeur jusqu’à la rencontre des premières eaux d’infiltration qui sont complètement impotables. On fore jusqu’à i4 mètres au diamètre de on\38. Les éboulements forcent de descendre une colonne de retenue de om,33 de diamètre intérieur qui ne'peut dépasser 3o mètres, tandis que le sondage parvient à 39 mètres. On introduit alors la colonne de o‘n,3o, qui descend à 58m,92, ce qui permet de forer jusqu’à i66m,63. L’impossibilité de pousser plus loin la colonne de om,3o oblige de passer à la colonne de om,2rj; malheureusement le maître sondeur enlève préalablement la colonne de om,3o, ce qui nécessairement devait provoquer des éboulements et combler le fond du puits. En effet, la colonne de om,2 7 s’arrête à la profondeur de 84 mètres; le reste du trou était comblé. L’extraction des éboulements prend un mois, du 4 février au 5 mars 1860. On essaye ensuite de faire descendre la colonne de om,2 7; mais elle ne peut dépasser 9im,5o, à cause de la pression latérale des argiles. On est donc obligé d’introduire une nouvelle colonne de om,2 3, qu’il a fallu faire venir de Paris. De là résulte un long chômage pendant lequel on exécute le sondage de Sbiteïa. Le sondage de Chabounia est repris le 3 1 mai 1860; le 8 septembre 1860, il atteint 2 1 2m,5o, tandis que la colonne refuse de dépasser 169“,60. De fréquents éboulements empêchent de continuer le travail dans ces conditions. En outre, le diamètre du trou de sonde est rétréci à la profondeur de 137 mètres, parce qu’en pressant sur la colonne pour la forcer à descendre, celle-ci s’est brisée en deux tronçons qui ont pénétré l’un dansfautre. Le sondage devant être prolongé jusqu’à 3 00 mètres au moins, il était important de ne pas diminuer le trou de sonde par l’introduction d’une nouvelle colonne. On se décide donc à retirer la colonne de om,2 3 de diamètre. Cette opération très-délicate réussit heureusement, grâce à l’habileté pratique de M. Saury qui vient remplacer M. Englaender. L’extraction des tubes de om,27 dure du 10 au 19 septembre 1860. On élargit ensuite le trou de sonde au diamètre de om,2 6, puis on redescend la colonne de om,2 3 à 176 mètres. On cure les éboulements et, le 3o octobre 1860, l’on retrouve la profondeur de 2i2m,5o atteinte dans la première période de travail. La colonne est alors à 197m, 12. On continue le sondage jusqu’à 3o4m,34-La colonne refusant de dépasser 2 69“,20, il reste 35m,2 4 non tubés. Les éboulements font craindre que le trépan ne s’engage ; aussi le travail est suspendu le 11 mai 18Go, faute de tubes; il est repris le 8 décembre 1861. On remplace le treuil ordinaire par une grande roue en bois de 5m,5o de diamètre.
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. 445
- On enlève les éboulements qui avaient comblé le trou sur 34m,34 de haut au-dessous du pied de la colonne de om,2 3; on descend au fond du trou entre 2 65 mètres et 3o4 mètres une colonne perdue de 39 mètres de long et de om, 1 9 de diamètre, et, le 1 o janvier 1 862 , on sonde de nouveau dans le terrain vierge jusqu’à 38om, 18. L’introduction de la colonne perdue a permis de faire sans tuber 76m, 18; mais, à cette limite, l’avancement est devenu impossible, à cause des éboulements nombreux qui se produisent à la partie inférieure du trou de sonde. Pour pousser le sondage plus loin d’une manière sûre, il fallait remplacer la colonne perdue de 39 mètres de long par une colonne continue de même diamètre partant du jour, et qu’on aurait enfoncée en suivant les progrès de l’avancement du trou de sonde. En raison de l’importance de la dépense à faire pour continuer le sondage et en présence de l’incertitude du résultat à obtenir, le forage a été abandonné sur notre proposition. Les tubes de retenue ont été retirés du trou de sonde, à l’exception de 175 mètres de tubes de om,2 4 de diamètre, qu’il a été impossible d’arracher, parce que la colonne de 2Ô9m,20 de long s’est divisée en deux tronçons sous les efforts de traction développés pour la remonter au jour. Le tronçon supérieur seul a été enlevé.
- Le trépan à chute libre de Kind est le seul outil dont on se soit servi dans ce sondage pour attaquer les roches.
- On a employé en tout 556 journées de 24 heures de travail pour faire 38om, 18 d’avancement, ce qui donne en moyenne om,684 par jour, tubage compris. Les premiers 2i2m,5o creusés par M. Englaender ont exigé 267 jours de travaillée qui donne un avancement moyen de om,69 par 24 heures; les 167“,4i restés et creusés par M. Saury ont exigé 247 jours de travail, ce qui donne un avancement moyen de om,68 par 24 heures. Les derniers 76111,18 ont été creusés par M. Saury en 78 journées de travail, ce qui donne un avancement moyen de om,g7 par 2 4 heures. Quand le sondage a été arrêté, il marchait avec beaucoup de régularité et une rapidité fort grande, grâce à l’habileté du maître sondeur.
- La rapidité d’un sondage dépend de la nature du terrain, du système employé et de l’habileté du maître sondeur. Pour les profondeurs qui dépassent 100 mètres, le trépan à chute libre, entre les mains d’un bon maître sondeur, nous paraît présenter de grands avantages; pour les profondeurs moindres, et dans les terrains tendres, tels que les argiles et les sables tenaces,
- Avancement moyen par
- 2/1 heures de travail.
- Comparaison
- des
- sondages
- par le système Kind ( trépan à chute libre } avec les sondages par rotation.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Prix tir re\ icnt
- 'mdage do Chnbom
- la tarière mue par rotation marche beaucoup plus vite que le trépan à chute libre. Aussi la comparaison des résultats obtenus à Chabounia, par le système Kind, avec ceux obtenus dans la province de Constantine, par le système ancien mis en pratique par un ingénieur de la maison Degousée, nous a engagé à compléter le matériel de sondage de Kind par une sonde de 100 mètres de long, en tiges de fer rigides de om,o4 de côté, pouvant manœuvrer des tarières et des langues de serpent de divers diamètres. Les grosses tiges sont très-souvent nécessaires dans les manœuvres de force, et permettent d’agir avec plus d’efficacité que les tiges en bois ou les tiges en fer de 2 centimètres de côté, employées dans le système Kind.
- Le sondage de Chabounia a coûté les sommes suivantes :
- 'Prime de M. Kind....................... 24oof,ooc \
- Main-d’œuvre militaire.................... 24739.37
- Indemnité du chef de détachement........ 3910 ,00
- Appointements du maître sondeur......... 10188 ,73
- Indemnités diverses........................ 2191,22
- Fournitures diverses d’entretien........, i 7&5o ,86
- TUBES LAISSÉS DANS LE TROU DE SONDE :
- 176 mètres de tubes de o"\23, qu’on 11’a pu retirer... 4o25 ,00
- Prix de revient total pour 38o"’,i8 de sondage. 65oo5 ,18
- Ce qui donne un prix de revient de 170 fr. <j8 cent.
- Si l’on ne tient pas compte de la valeur des tubes laissés dans le trou de sonde, ce prix se réduit, à 1 60 fr. 32 cent. C’est le plus élevé pour les sondages du sud et cela vient surtout de la grand eprolondeur atteinte par ce sondage.
- Les transports de tout le matériel ont été faits gratuitement par l’intendance-militaire et par l'artillerie. Il 11’y a eu que de très-faibles indemnités à solder aux conducteurs; on les a comprises dans les fournitures diverses.
- 6098 of, 1 8e
- SONDAGE DE SBITEÏA1.
- Profondeur totale du sondage............................ 78"',o3
- Eau ascendante..........................................
- Le sondage de Sbiteïa a été exécuté par M. le maître sondeur Englaender, avec le système Kind, pendant une suspension des travaux de sondage de
- Voir la coupe du sondage, p. 417-
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- DOCUMENTS SUR LES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES. .447
- Cliabounia. Commencé le 27 mars 1860, au diamètre initial de om,38, il a été arrêté le 1 9 mai 1860 à la profondeur de 78m,o3.
- Voici quelle a été la marche du travail :
- On creuse un puits de service de 2 mètres de côté et de 4 mètres de profondeur, et l’on fore jusqu’à 1 o mètres du sol. On introduit alors une colonne de retenue de om,33 de diamètre, que l’on descend progressivement jusqu’à 3im,ôo, tandis que le sondage atteint 43m,45. On passe alors à la colonne de om,3o, qui descend à 57“,80, et l’on arrête le sondage à 78“ o3, pour reprendre le sondage de Cliabounia.
- L’abandon de ce dernier sondage a entraîné forcément celui du sondage de Sbiteïa qui se trouvait dans les mêmes conditions géologiques : aussi M. Saurya enlevé, en 1862, les deux colonnes de reteîiue qui maintenaient les parois du trou de sonde.
- On a employé 5i jours et demi de 24 heures de travail, pour fai Avunceimmt moyen 78“,o3 d’avancement, tubage compris, ce qui donne un avancement moyen a/t îmunl dC 1,^1. de 1m, 5 1 par 2 4 heures.
- Le sondage de Sbiteïa a coûté les sommes suivantes :
- L 200*,00e
- 2310 ,55 335 ,00 558,33 339 ,70 266 ,2ô
- 5009 ,83
- Prime de M. Kind........................................
- Main-d’œuvre militaire.......................;.........
- Indemnité du chef de détachement.......................
- Appointements du maître sondeur.......................\
- Indemnités diverses....................................
- Fournitures diverses. . . .............................
- Prix de revient total pour y8m,o3 de sondage. . .
- bri\ le revient <I.i
- sondage do Sl'itoïa.
- Ce qui donne un prix de revient de 64 fr. 20 cent, par mètre courant, en ne tenant pas compte de la valeur des tubes qui ont été retirés du trou de sonde.
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- m .EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA. - CONSÉQUENCES GÉNÉRALES
- CHAPITRE XXI.
- CONSÉQUENCES GÉNÉRALES DES FAITS PRÉSENTÉS PAR L’EXÉCUTION DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
- Nous allons indiquer, dans ce chapitre, les conséquences générales des laits présentés par l’exécution des sondages de la région des steppes de la province d’Alger. Les résultats obtenus dans ces sondages ont été résumés dans les tableaux nos 1 et 2, placés à la fin du présent mémoire. On peut déduire de ces tableaux et des détails contenus dans les chapitres X, XVIII et XX, les conséquences suivantes :
- Tous les sondages de la région des steppes ont traversé d’abord dessables, des marnes ou des gypses quaternaires sur une épaisseur de plusieurs mètres.
- Plusieurs d’entre eux ont traversé ensuite des couches pliocènes composées de marnes pures, de sables et de grès plus ou moins durs. Ils appartiennent à des cuvettes artésiennes particulières, soumises chacune à des régimes différents :
- Ces cuvettes sont :
- i° La cuvette de l’Oued Melah, comprenant les sondages de l’Aïn Mala-koff et d’El-Mesran;
- 20 La cuvette de l’Oued Kaïder, comprenant le sondage de TOued Kaïder;
- 3° La cuvette de l’Oued Kourirech, comprenant le sondage de l’Oued Kourirech ;
- 4° La cuvette du haut Chélif (Oued Oueurg), comprenant les sondages de Chabounia et de Sbiteïa.
- Les trois premières cuvettes appartiennent à la zone centrale de la région des steppes et sont contenues dans le bassin fermé du Zahrez Rharbi.
- La quatrième cuvette appartient à la zone septentrionale de la région des steppes, zone dont les eaux se déversent dans la Méditerranée.
- La profondeur totale forée dans la région des steppes est de 936m, 77 pour six sondages, ce qui donne une moyenne de 156m, 13 par sondage.
- La profondeur des sondages varie de 45m,70 (sondage d’El-Mesran) à 38om,i8 (sondage de Chabounia).
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- DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER. 449
- La profondeur moyenne est plus considérable cpie celle des sondages du Hodna ( i 3om,77) et que celle des sondages du Sahara ( 68m,32 ).
- Le tableau suivant montre la rapidité d’exécution des différents sondages de la région des steppes.
- NUMÉROS D'ORDRE. DÉSIGNATION des SOUDAGES. PROFONDEUR FOREE. NOMBRE de journées de 24 heures de travail consacre au forage. AVANCEMENT moyen par 2 4'heures de travail. OBSERVATIONS.
- i Aïu Malakoff 81m, 2 0 43j 00 |m-78 Système combiné.
- a El-Mesran 45 .70 28 5o 1 ,60 Idem.
- I ; 140 ,5i 55 5o 2 ,64
- 3 Oued Kaïder 1 1 0 Idem.
- 1 ! àl ,90 110 5o O ,2Q
- | , 55 ,00 16 5o 3 ,33 ) ,,
- i Oued Kourirech \ 1 1 1 r > Idem.
- 1 ' u7 >75 118 00 1 ,00 )
- - 0 3o4 ,00 '178 00 0 ,63 )
- Chabounia > Système Kind.
- 76 ,18 78 00 0 ’97 : )
- 6 Sbiteïa 78 ,o3 ' 51 5o i ,51 Idem.
- Totaux ,77 979 5o 0 ,95
- If avancement moyen par 2 à heures-est très-variable selon les difficultés du terrain et la profondeur du forage; il a oscillé entre om,2 9 et 3m,33 ; il est en moyenne de om,95 par 24 heures. Dans le Hodna, il est en moyenne de im,79 par 24 heures. Dans le Sahara, il est en moyenne de 1m,77 par 2 4 heures. On remarquera que la profondeur moyenne des sondages des steppes est plus considérable que celle des sondages <le la province de Cons-tantine. Dès lors la rapidité d’exécution doit être moins grande; si l’on ne tient pas compte du sondage de Chabounia, qui a atteint 38om, 18 de profondeur, on trouve que 556m,Ô9 de sondages de la région des steppes ont été creusés en 428 jours et demi, ce qui donne une moyenne de im,3i d’avancement par 2 4 heures. Cette moyenne e$t encore inférieure à celles des sondages du Hodna et du Sahara, et s’explique, en partie, par de plus grandes difficultés dans la nature des terrains. Nous ferons observer que les sondages de Chabounia et de Sbiteïa sont les seuls qui aient été exécutés exclusivement à l’aide de l’outil à chute libre de Kind. Les autres sondages ont été exécutés par un système combiné, composé de l’outil à chute libre de
- 57
- Rapidité d’exécution des sondages de
- la région des slrppes.
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- 450 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA. — CONSÉQUENCES GÉNÉRALES
- Kmd et de tarières mues par rotation à l’aide d’une tige de fer rigide de om,o4 de côté. Les avantages présentés par ces deux procédés de forage se trouvent dès lors- réunis dans le matériel de la province d’Alger, et, si les crédits avaient permis d’exécuter un plus grand nombre de sondages dans la région des steppes, nous ne doutons pas que la rapidité moyenne d’exé-pution ne fût au moins égale à celle obtenue dans la province de Constantine.
- Tous les sondages de la région des steppes ont été commencés au diamètre de on\38. La profondeur creusée sans tubage a varié de 5 à 11\ mètres. Dès que les premiers éhoulemenis se sont manifestés, on a introduit une colonne de on\33 de diamètre, que l’on a poussée à 3 im,5o de profondeur au plus; puis on est passé successivement aux colonnes de om,3o, om,27, om,2 3 et on\ 1 9 de diamètre.
- Deux sondages ont exigé cinq jeux de tubes;
- Un sondage a exigé quatre jeux de tubes;
- Deux sondages ont exigé trois jeux de tubes;
- Un sondage a exigé un jeu de tubes.
- A Aïn Malnkoff, on a descendu une colonne perdue de 4 mètres de long et de om,2 3 de diamètre, percée de trous sur toute sa hauteur, pour maintenir libre le fond du trou de sonde, et c’est ce qui a conservé le débit primitif capté lors de l’achèvement des travaux.
- Le nombre de jeux de tubes exigés par les sondages de la région des steppes est, en général, plus considérable que dans les sondages du Hodna et du Sahara. De là une plus grande lenteur dans le travail.
- O11 a introduit, dans les six sondages des steppes les colonnes suivantes :
- DÉSIGNATION D K S COLONNES. LONGUEUR TOTALE des colonnes nécessitées « par IV.\éculioo des sondages des steppes. LONGUEUR des colonnes nécessitées pour 100 mètres de sondage dans les steppes.
- Colonnes de garantie en tôle . . . de o1",33 de diamètre. 1 o3'",5o I 1
- Idem de u ,3o 253 ,02 27
- Idem de 0 ,27 433 ,90 46
- Idem ; . de 0 ,a3 406 ,20 43 ;
- Idem • • dv 0,19 2 11 ,70 2 2
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- DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER. 451
- Les colonnes de om,33, om,3o et om,2 7 correspondent aux colonnes de on\3o, om,25, om,2o, employées dans les sondages du .Hodna et du Sahara. Pour îoo mètres de forage, les coefficients sont les mêmes dans le Hodna et la région des steppes.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant les prix de reviént des sondages de la région des steppes.
- NUMÉROS d’üiidhe. DÉSIGNATION des SONDAGES. PROFONDEUR .les SONDAGES. PRIX DE R E V I E X T total, en y comprenant la valeur des tubes nécessaires pour l’exécution des sondages. P P. I X D P. R E V I E N* T cm y comprenant seulement la valeur des tubes , T'‘ ont été abandonnés dans le trou du sonde. OBSERVATIONS.
- 1 Aïn MalakolT 8l" ',20. 8,682f 94 •7,079 i4
- 2 El-Mesran /15 ,70 6,399- g4 6,399 94
- 3 Oued Kaïdcr l?8 ,4 1 26,848 36 26,162 89
- Oued Kourirecli.. . i73 ,25 1 9,548 98 19,548 98
- 5 Chabounia 38o ,18 72,744 5o 65,oo5 18
- 6 Sbiteïa 78 ,q3 7,760 99 . 0,009 83
- ‘ Totaux 936 •77 '4i,990 7 • 129,19 5 96
- Pris do revient d'un sondage de loo métros de
- profondeur dans la région dos steppes.
- Le prix de revient du mètre courant est de î ô îf,57, en tenant compte de tous les tubes qui ont été nécessaires pour les sondages.
- 11 est de 137^91, en ne tenant compte que de la valeur des tubes qui ont été abandonnés dans le trou de sonde.
- Pour comparer ces prix de revient à ceux des sondages du Hodna et du Sahara, il faut laisser de côté le sondage de Chabounia qui, ayant atteint 38om, 18, a nécessairement coûté beaucoup plus cher que les autres.
- Le prix de revient moyen des sondages 1,2, 3,4, 6 est de 124fr,4 * par mètre courant, en tenant compte de la valeur de tous les tubes qui ont été nécessaires pour l’exécution des sondages; il est de 1 i5f,32 par mètre courant, en nê tenant compte que de la valeur des tubes qui ont été abandonnés dans le trou de sonde. Ces deux prix s’appliquent à des sondages dont la profondeur moyenne est de 1 1 1 m,32. Dans le Hodna, nous avons calculé que le prix de revient moyen du mètre courant est de 90 francs pour seize sondages d’une profondeur moyenne de i3om,77- Dans le Sahara, il est de 70 francs par mètre courant pour soixante-quinze sondages d’une profondeur
- 07.
- Comparaison des prix de revient des sondages par le système Kind cl des sondages par
- le système Dcgouséc.
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- 452 EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA. — CONSÉQUENCES GÉNÉRALES
- moyenne de 68m,32. Mais nous ferons observer que, dans la province de Constantine, nous n’avons pas tenu compte des prix de transport, à partir de Batna, pour porter le matériel de sondage d’un point à l’autre, et que, par exception, on ne paye pas de prime à M. Degousée, tandis qu’on lui en paye une pour les sondages de la province d’Oran, et qu’on en paye une à M. Kind pour les sondages de la province d’Alger. Pour rendre les prix de revient de cette dernière province comparables à ceux de la province de Constantine, il faut supprimer les dépenses de transport d’un point à l’autre de la région des steppes, dépenses qui ont été très-onéreuses, et les primes payées à M. Kind.
- Le prix, de revient moyen des sondages des steppes nos i, 2,4, b, est alors de ioi*,02 par mètre courant, en tenant compte de la valeur de tous les tubes qui ont été nécessaires pour l’exécution des sondages. Il est de 91f,9 1 par mètre courant, en ne tenant compte que de la valeur des tubes qui ont été abandonnés dans le trou de sonde. C’est ce dernier prix qui doit être comparé aux prix que nous avons calculés pour les sondages du Iloclna et du Sahara. On voit qu’il est presque identique au prix de revient des sondages du Hodna qui se trouvent dans des conditions à peu près semblables. ‘Nous ferons observer que, de part et d’autre, on a employé la main-d’œuvre militaire, et que la journée de huit heures de travail que nous avons évaluée à 70 centimes pour un manœuvre de la province de Constantine, y compris la valeur d’une ration d’eau-de-vie, est plus élevée dans la province d’Alger, où elle coûte 80 centimes. Ainsi l’on peut admettre qu’à conditions égales, les sondages par le système combiné, employé dans la province d’Alger, coûtent le même prix que les sondages par le système de tiges rigides avec tarières et trépans appropriés (système Degousée), employé dans la province de Constantine.
- Sur les six sondages de la région des steppes de la province d’Alger, deux ont donné des nappes susceptibles de jaillir à la surface du sol; quatre ont donné des nappes simplement ascendantes. En général le niveau hydrostatique des nappes artésiennes est d’autant plus élevé, que celles-ci viennent d’une plus grande profondeur. Toutefois il y a une exception pour la deuxième nappe ascendante de l’Oued Kaïder. Son niveau hydrostatique est moins élevé que celui de la première nappe ascendante.
- L’examen des sondages d’Aïn Malakofif et de l’Oued Ivourirech montre
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- DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER. 453
- que la température des nappes artésiennes augmente avec la profondeur, ainsi qu’on l’a constaté dans le Hodna et le Sahara.
- La différence de température des deux nappes artésiennes d’Aïn Malakolf étant de 3 degrés pour une différence de profondeur de 60 mètres, on voit que, dans la région des steppes, l’accroissement de température est de 1 degré pour un accroissement de profondeur de 20 mètres, à 861 mètres au-dessus de la mer et à 35 degrés de latitude nord.
- Dans le Hodna, l’on trouve en moyenne la même progression pour une altitude moyenne de 444 mètres et une latitude de 2 5°,3o'.
- On remarquera que, dans les steppes, la température de la nappe jaillissante de l’Oued Kourirech est de 21 degrés pour une profondeur de i52m,6o et un débit de 4o litres par minute. La température de la nappe jaillissante d’Aïn Malakoff est également de 2 1 degrés pour une profondeur de 78 mètres et un débit de 1200 litres par minute. 11 est probable que la faible température de la source jaillissante de l’Oued Kourirech est due au refroidissement que les parois exercent sur les eaux jaillissantes, en raison du peu d’importance de leur débit. La même observation s’applique à la température de la première nappe ascendante de l’Oued Kourirech.
- Dans les steppes,
- I accroissement de
- température est de 1 degré pour un accroissement de profondeur de 20 mètres.
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- SIXIEME PARTIE.
- CHAPITRE XXII.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SLR LES SOURCES DU SAHARA ET DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
- Nous allons donner, dans ce chapitre, quelques vues d’ensemble sur la distribution, soit géographique, soit géologique, des eaux potables du Sahara et de la région des steppes de la province d’Alger. A cet effet, nous avons groupé dans les tableaux nos 3 et 4, placés à la fin de ce travail, toutes les observations que nous avons recueillies soit sur les sources, soit sur les puits. Il sera plus facile ainsi de les comparer.
- On remarquera, tout d’abord, que le Sahara de la province d’Alger ne renferme aucune source naturelle. Autrefois il en existait une dans l’oasis de Guerrara (Seguiet el-Aïn) ; mais, comme elle favorisait les attacpies des Arabes contre les Mozabites de Guerrara, ces derniers l’ont, bouchée à l’aide de sables et de couffins remplis de noyaux de dattes. Notre région saharienne se distingue par une absence complète cle sources naturelles, et c’est par là qu’elle diffère de la région saharienne de la pj»ovince de Constantine. On sait que cette dernière renferme de nombreuses sources jaillissantes naturelles, qui permettaient de prévoir le rôle que la sonde artésienne était appelée à y jouer.
- Le terrain quaternaire du Sahara de la province d’Alger présente un plan régulier qui se relève du S. E. au N. O. cle 222 mètres à 780 mètres d’altitude, tandis que le sol du Sahara de la province cle Constantine oscille entre 1 17 mètres (Biskra) et 198 mètres (puits de Rfif). C’est sans doute par ce motif que les sources naturelles jaillissantes n’ont pu se faire jour dans le Sahara cle la province cl’Alger.
- La surface du terrain crétacé du Béni Mzab ne présente pas de source naturelle; elle est découpée par trois grandes artères : l’Oued Metlili, l’Oued
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- Mzab, FOuecl En-Nça, qui coulent à peu près parallèlement du N. O. au S. E. et vont se jeter dans la grande' dépression quaternaire d’Ouargla. Ces rivières sont ordinairement à sec, excepté à l’époque des grandes crues qui arrivent après des périodes de trois et même de huit ans. Leur lit est encaissé de 60 à 8o mètres au milieu des couches dolomitiques de la Chebkha, qui plongent très-faiblement du N. O. au S. E. comme le relief extérieur du sol. C’est au milieu des alluvions de ces rivières que se cachent les oasis de Mel-lili (province d’Oran), de Gharclaïa et ses quatre annexes, et de Berrian (province d’Alger). L’oasis de Guerrara se trouve dans les alluvions de l’Oued Zegrir, qui parcourt le terrain quaternaire du Sahara parallèlement aux rivières signalées ci-dessus. La prospérité des oasis est liée à l’établissement de barrages en maçonnerie, fort remarquables, servant à retenir les eaux des grandes crues, et à l’existence de nombreux puits, dont la profondeur, très-variable d’un point, à un autre, s’élève jusqu’à -71 mètres. Ces puits ne sont alimentés que par des infiltrations qui suintent le long des parois. Lorsque les pluies sont abondantes dans le Béni Mzab, le niveau d’eau s’élève dans les puits à mesure que les infiltrations venues de la surface pénètrent plus profondément dans le sein de la terre à travers les interstices des couches, et l’alimentation se trouve ainsi assurée pour longtemps; mais ce ne sont point des sources ascendantes ou jaillissantes qui déterminent l’élévation du niveau de l’eau. Celle-ci, au lieu de remonter à partir du fond du puits, tombe, au contraire, de haut en bas, le long des parois. Ordinairement l’eau suinte à la séparation des couches d’argile bleue ou jaune et des couches de calcaire dolomitique tantôt blanc cristallin, tantôt jaunâtre un peu argileux et à tissu compacte. Parfois on fait dans les calcaires, et en marchant à la surface des argiles imperméables, des galeries qui ont jusqu’à 1 5o mètres de longueur et qui sont destinées à capter les eaux d’infiltration. En général les eaux potables des Béni Mzab sont d’excellente qualité, chose que l’on apprécie grandement lorsqu’on arrive du Sahara, où les eaux sont si mauvaises. Nous avons réuni dans le tableau suivant les moyennes relatives aux hauteurs de la nappe d’eau et aux températures de cette nappe dans les diverses oasis du Béni Mzab et de Mellili.
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- NUMÉROS D’ORDRE. DÉSIGNATION de L» 0 A S I S. ALTITUDE moyenne de i’oasis au-dessus de la mer. PROFONDEUR moyenne de la nappe d’eau sous le sol de l’oasis. ALTITUDE moyenne de la* nappe d’eau de chaque oasis au-dessus du niveau de la mer. PROFONDEUR totale moyenne des puits de chaque oasis. TEMPÉRATURE moyeu iic de la nappe «Beau des puits de chaque oasis. (Eu mai 1 SG 1.) SITUATION* GÉOLOGIQUE des points d’émergence des eaux dans chaque oasis.
- 1 Guerrara 3 ! 5m 16,n,o 1 298"\99 2 4 “,58 1 9d’’99 Terrain quaternaire.
- 2 El Ateuf. 490 28 ,55 461 ,45 32 ,07 2 1 ,71 Craie blanche.
- 3 Bou Noura 5oo s8 ,66 471 ,34 3o ,o5 21 ,57 Idem.
- 4 Béni Isguen.... 5io 25 ,2 1 484 ,79 26 ,58 2 2 ,08 Idem.
- 5 Melika 520 32 ,77 487 ,23 34 ,26 22 ,4i Idem.
- 6 Gliardaïa 53o 23 ,3a 5o6 ,68 31 ,48 2 1 ,23 Idem.
- 7 Metlili 5o5 20 ,92 484 ,08 24 ,07 2 1 ,73 Idem.
- 8 Berrian 547 2 1 ,0 1 525 ,99 23 ,92 ’ 20 ,80 Idem.
- U y a une différence d’environ 225 mètres entre les altitudes des oasis de Guerrara et de Berrian, qui sont les stations extrêmes du pays des Béni Mzab.
- L’oasis de Guerrara est celle pour laquelle la profondeur totale des puits, la hauteur de la nappe d’eau sous le sol et la température moyenne de l’eau sont les moins fortes. Cette température est de 20 degrés. On sait que les puits de cette oasis sont dans le terrain quaternaire.
- Les sept oasis de la Chebkha se trouvent dans des conditions générales presque identiques au milieu de la craie blanche. On peut faire des moyennes générales des divers nombres qui concernent ces oasis; on trouve ainsi :
- Altitude moyenne des oasis au-dessus de la mer............ 514m,57
- Profondeur moyenne de la nappe d’eau sous le sol de l’oasis. . 2bm,j8
- Altitude moyenne de la nappe d’eau au-dessus de la mer.... 488ni,79
- Température moyenne de la nappe d’eau..................... 2T,65
- Dans le Hodna, pour une altitude moyenne d’environ 444 mètres et pour une profondeur moyenne des nappes d’eau jaillissantes de 1 1 im,53 sous le sol, la température moyenne de ces eaux est de 22°,87.
- L’accroissement de température étant, dans le Hodna, de 1 degré pour 20 mètres de profondeur, on aurait, à la profondeur de 26“,7 8, une température moyenne de 2 20,87 — 111 ’532q 2 - ’7- = 18°,59.
- La grande différence 2 1 °,65 — 1 8°,5g = 3°,06 , tient probablement à ce
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- que le Béni Mzab est plus rapproché cle l’équateur que le Hodna et à ce que, par suite, la chaleur solaire y est beaucoup plus intense. Il y a une différence d’environ 3 degrés en latitude entre Ghardaïa et le centre du Hodna, ce qui donne un accroissement de chaleur de 1 degré de température pour un accroissement de 1 degré de latitude.
- Il se peut qu’au-dessous des couches les plus profondes, traversées par les puits ordinaires de la Chebkha des Béni Mzab, on trouve des nappes souterraines ascendantes, sinon jaillissantes. Cela résulte de ce que le plateau du Béni Mzab se relève d’une manière continue et régulière depuis l’Oued en-Nça jusqu’au Ras Besbaïer, et de ce que les couches sont inclinées comme ce plateau. Ainsi la tète des eaux souterraines se trouvant au Ras Besbaïer, rien n’empêche qu’elles ne remontent dans un trou de sonde que l’on creuserait en un point quelconque de la Chebkha des Béni Mzab. Seulement, plus l’altitude du point choisi sera considérable, moins on aura de chances de voir l’eau arriver jusqu’au niveau du sol; les puits dont les orifices sont les moins élevés sont donc ceux qui offrent, a priori, le plus de chances de succès; et Pon voit, dès lors, qu’il faut se placer dans les dépressions formées par les vallées. C’est, du reste, ce qu’il convient de faire dans l’intérêt des oasis, puisque celles-ci sont toutes dans le fond des vallées.
- L’oasis de Laghouat est arrosée par des barrages exécutés sur l’Oued Mzi, quii prend sa source dans le massif crétacé du Djebel Amour et va se perdre dans le Chott Melrhir, après un parcours très-étendu. Quelques puits situés dans les alluvions de l’Oued Mzi donnent de l’eau pour les besoins économiques des habitations disséminées dans les jardins.
- Nous avons divisé la région des steppes de la province d’Alger en trois zones principales. La zone méridionale comprend la partie dont les eaux courantes vont se perdre dans le Sahara.
- La zone centrale constitue un bassin fermé entouré par de hautes montagnes crétacées, bassin dont la partie la plus déprimée est occupée par les Zahrez.
- La zone septentrionale comprend la partie des steppes dont les eaux courantes vont se jeter dans la Méditerranée, par la vallée du haut Chélif et de ses affluents.
- . Le terrain crétacé domine dans la zone méridionale et notamment sur la route de Laghouat à Djelfa. Suivant cette ligne, les cours d’eau sont ordi-
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- nairement à sec, excepté à l’époque des grandes pluies. Les sources y sont rares; nous en avons signalé six (nos 4, 5, 6, 8, 9, 10 dans le tableau n° 3). Leur température varie de i6°,8o à i8°,5o; leur débit varie de 1 à 10 litres par seconde. Autrefois il était beaucoup plus considérable que de nos jours, et c’est alors qu’il a formé des dépôts de travertin et de gypse, qui se montrent autour des bouillons. A une époque très-reculée, les pluies diluviennes devaient être très-fréquentes dans ces régions et hors de proportion avec les pluies de l’époque actuelle.
- Il est facile de reconnaître à Aïn Sidi Makhelouf, à Aïn el-Ibel, à Aïn Tilkhemet, qu’il existe, en chacun de ces points, des nappes souterraines alimentées probablement par les hautes montagnes qui dominent les vastes bassins dans lesquels surgissent les sources actuelles. Aussi des sondages de 1 00 mètres environ de profondeur pourraient être entrepris avec des chances de succès sur la route de Laghouat : i° entre la dayat el-Hamra et l’Aïn Sidi Makhelouf; 20 à l’aval de l’Aïn el-lbel, à proximité des rives de l’Oued Sidar.
- La zone centrale de la région des steppes s’étend du nord au sud entre la crête du Djebel Djellal et celle du Djebel Oukeil, et de l’est à l’ouest entre les montagnes crétacées de Bouçada et l’extrémité septentrionale du Djebel Archa Chergui. Dans le fond s’étalent le Zahrez Rharbi à l’ouest et le Zahrez Chergui à l’est, vastes nappes d’eau fortement salée, d’environ 3 mètres de profondeur maximum.
- La surface du Zahrez Rharbi est à 857 mètres d’altitude;
- Celle du Zahrez Chergui esta 771 mètres d’altitude.
- De telle sorte qu’il y a, entre ces deux nappes, une différence de niveau de 86 mètres. Ces Zahrez correspondent au Sebkha du Hodna dans la province de Constantine.
- Trois cours d’eau principaux se jettent dans la rive sud du Zahrez Rharbi.
- L’Oued Hadjia à l’ouest, l’Oued Kourirech au centre, l’Oued Melah à l’est.
- Au débouché de l’Oued Hadjia dans la plaine quaternaire des Zahrez, if y a des sources thermales salines, qui débitent i 7 litres par seconde, à une température variable de 33°,5o à 36°. En amont, l’Oued Hadjia roulait, le 7 novembre 1855, 43 litres par seconde. Toutes les eaux thermales ou froides de l’Oued Hadjia sont utilisées pour l’irrigation des céréales, à l’aide d’un barrage construit récemment par l’Administration algérienne.
- L’Oued Kourirech est ordinairement à sec à son débouché dans la plaine
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- de Zahrez. En amont, nous n’avons vu qu’une très-petite source, l’Aïn Gassis, émergeant dans le terrain quaternaire.
- L’Oued Melah est remarquable par le grand volume d’eau qu’il débile, en lout temps, à son débouché dans la plaine. Ce débit était d’environ 5oo litres par seconde, le 2 5 mai 1 86 1.11 est utilisé à l’aide cl’un barrage en terre pour l’irrigation des magnifiques terres de culture qui s’étalent sur la rive gauche de l’Oued, dans la plaine du Zahrez. La plus grande partie des eaux de l’Oued Melah vient du massif crétacé du Senelba, qui domine le poste de Djelfa. De très-belles sources surgissent à proximité de ce poste, qui est à 1167 mètres d’altitude, le Zahrez Rharbi étant à 867 mètres d’altitude. Il y a entre ces deux points une chute de 3 1 o mètres de hauteur cpii peut donner lieu à une force motrice considérable. Il permet l’établissement de diverses usines sur le cours de l’Oued Melah. Déjcà un moulin à farine a été construit à 4 kilomètres N. de Djelfa; il élabore les céréales de Bouçada et de Djelfa pour les besoins des postes de Laghouat, Djelfa et Boghar.
- Plusieurs sources importantes surgissent dans la vallée de l’Oued Melah. A l’aval de Djelfa, nous signalerons :
- 1° DANS LE TERRAIN CRÉTACÉ :
- Les sources thermales situées à 5 kilomètres N. de Djelfa et débitant iht,5o par seconde, à 29 degrés; elles sont analogues à celles qui ont été indiquées sur les bords de l’Ouecl Hadjia.
- La source dite Aïn Ouarrou,qui débite 8 litres par seconde, à 1 7°,bG.
- 2° DANS LE TERRAIN QUATERNAIRE :
- Les sources d’Aïn Zmeiia, dont l’une débite 2 litres par seconde, à 2 7°,33, et l’autre 8 litres par seconde, à 2 1 °,G6. La première est une source thermale simple, qui doit sa haute température à la profondeur d’où viennent les eaux.
- Le groupe des sources ascendantes de Fortas, sur la rive gauche de l’Oued Garboussa, affluent gauche de l’Oued Melah, qui ont des températures variables de i9°,5o à 2 3°,5o. Ces dernières eaux servent à l’irrigation de quelques cultures; il serait facile d’en augmenter le débit, à l’aide de tranchées à ciel ouvert.
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- L’Oued Hadjia, l’Oued Kourirech et l’Oued Melah traversent, du S. E. au N. O. le massif crétacé du Djebel Sahari, qui ne renferme que des sources sans importance, telles que l’Aïn Soltan et l’Aïn Tquima, dont la température varie de 1 6 à 19 degrés.
- Au nord du Zahrez Rliarbi, il n’y a pas de cours d’eau considérable. Le plus marqué est l’Oued Kaïder qui prend sa source sur le Djebel Kaïder, près du caravansérail de Guelt es-Settel, et va se jeter à l’extrémité orientale du Zahrez Rharbi. Il est ordinairement à sec. Aucune source n’existe sur le massif crétacé du Djebel Oukeil.
- Plusieurs sources jaillissantes naturelles surgissent dans le bassin quaternaire du Zahrez Rharbi. Nous signalerons, à l’extrémité orientale, l’Aïn Hamia Chergui, dont le débit est de oht,66 par seconde, et dont la température était de 21 degrés, le i3 juillet 1862, et de 20°,5o, le 16 décembre 1862. Cette température assez élevée et à peu près constante dans toutes les saisons et la situation de la source dans un terrain plat, loin de tout accident notable du terrain, nous avaient fait considérer, a priori, l’Aïn Hamia Chergui comme une source jaillissante naturelle alimentée par une nappe souterraine dont la profondeur au-dessous du sol ne dépassait pas 100 mètres. Ces prévisions ont été confirmées par l’exécution du sondage d’Aïn Malakoff, situé tout près de l’Aïn Hamia Chergui, et qui a rencontré, à 78 mètres de profondeur, une nappe donnant un débit de 20 litres par seconde, à 2 1 degrés, et dont l’eau présente une composition chimique presque identique à celle de la source naturelle.
- Deux autres petites sources naturelles, nos 26 et 27, dont les températures varient de 1 8° à 1 9°,5o, se trouvent à proximité de FAïn Malakoff; elles correspondent peut-être à la première nappe ascendante trouvée à Aïn Malakolf à 18 mètres de profondeur.
- A l’extrémité sud-ouest du Zahrez Rharbi, on trouve l’Hamia Rharbi, dont la température est de 20 degrés et le débit très-faible.
- A 7 kilomètres N. O. de cette dernière, surgissent, au milieu même du Zahrez, les deux sources voisines dites Morta Djedean, dont la température est d’environ 20 degrés. Ces sources s’épanchent, en été, au-dessus de la couche de sel qui tapisse le fond du lac ; elles sont bonnes à boire et présentent une composition peu différente, ce qui donne lieu de supposer quelles sont alimentées par la même nappe souterraine jaillissante.
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- Sur le bord N. E. du Zahrez Rharbi se trouve la source d’Aïn Sebakb, à 8 kilomètres environ de l’Hamia Chergui et dans des conditions topographiques à peu près semblables. Ainsi l’examen des sources naturelles de la cuvette quaternaire du Zahrez permettait de prévoir que les puits artésiens avaient des chances de succès dans cette cuvette.
- Les cours d’eau qui vont se jeter dans le Zahrez Chergui ont peu d’importance. Nous citerons l’Oued Medjeddel et l’Oued Gouliah, qui viennent du massif crétacé du sud, et l’Oued Fesekh qui, partant du Djebel Kaïder., va se jeter à l’extrémité occidentale du Zahrez. Ce dernier roulait environ 10 litres par seconde, le 2 1 décembre 1862, près de son débouché dans le Zahrez. Les sources naturelles sont fort rares autour du bassin du Zahrez Rharbi. La plus remarquable est l’Aïn el-Hammam, qui émerge sur le versant sud du Kef el-Hammam et débite 4 litres par seconde, à 22 degrés. C’est une source thermale simple, c’est-à-dire qui doit sa haute température à la profondeur d’où elle provient.
- Dans la cuvette quaternaire du Zahrez Chergui, il n’y a pas de sources jaillissantes naturelles comme dans celle du Zahrez Rharbi. Seulement, au milieu des dunes qui longent la rive sud du lac, il y a de nombreuses infiltrations alimentées par les eaux de pluies qui pénètrent dans le terrain quaternaire, sur la lisière nord de la plaine.
- La zone septentrionale de la région des steppes comprend deux chaînes crétacées principales, séparées par de grandes plaines quaternaires. -
- La chaîne crétacée du sud s’étend depuis le Djebel Teberguin, à l’est, jusqu’au Djebel Megzem, au nord, et sépare le bassin des Zahrez du bassin du haut Chélif et de ses affluents.
- Le massif triangulaire compris entre le Djebel Teberguin, le Djebel Me-ketsit et le Djebel el-Hammam est très-riche en sources (nos 36 à 4o), dont le débit varie de oUt,o5 à 5 litres par seconde, et dont la température varie (3o avril i858) de i4 à 1 7 degrés. On en trouve presque à chaque pas sur la ligne qui mène de Rouira au gîte de plâtre d’Aïounat el-Hamir. Le pays est très-boisé en essences résineuses, qui sont exploitées sur place pour la fabrication du goudron. Le terrain se compose d’assises régulières de dolomies, calcaires, grès et marnes. Les eaux de pluies qui tombent assez fréquemment dans cette région s’infiltrent à travers les couches de .dolomies, calcaires et grès, et sont arrêtées parles couches de marnes, à la surface desquelles elles
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- s’écoulent en majeure partie. Les ravins qui accidentent le pays, en mettant à nu les différentes assises marneuses, font reparaître les eaux qui s’étaient enfoncées sous le sol.
- Aucune source n’apparaît sur le versant nord du Djebel Oukeil et du Djebel Megzem qui, du reste, n’ont qu’une très-faible largeur du N. au S.
- Le massif crétacé compris entre Taguin, Zerguin et l’Oued Kosni est très-riche en sources (nos 4i à 52). Plusieurs d’entre elles sont très-abondantes et sont de véritables rivières. Nous citerons entre autres :
- Débit par seconde. Température.
- Aïn Zerguin, 200 litres . . . . . 19°,OO
- Aïn Kaddera 60 litres . . . . . 26°,OO
- Aïn Fritizza 3o litres . . . . . 22°,OO
- Aïn Taguin 20 litres . . . , . . i9°,5o
- Le massif dont il s’agit fournit un volume d’eau à peu près constant qui dépasse 35o litres par seconde. Ce débit, qui sort des entrailles de la montagne, est une indication incontestable de la puissance des nappes qui coulent souterrainement dans le terrain crétacé, et dont une partie au moins pourrait être amenée à la surface par des puits artésiens. Les grandes ondulations qu’on observe dans les terrains crétacés du sud, la composition minéralogique de ce terrain (dolomies et calcaires fissurés et perméables à la surface, marnes grises imperméables en profondeur) sont éminemment propres à la production de nappes souterraines, régulières, alimentées par les eaux de pluies tombant annuellement. D’après les renseignements fournis par les Arabes, les pluies de cette région tombent ordinairement en hiver, mais à de longs intervalles et par masses souvent considérables. Les sources qui en résultent dans les pays montagneux se perdent à peu de distance de leur origine, soit dans les alluvions, soit dans le terrain quaternaire, seul terrain dans lequel on puisse se plaindre, ajuste titre, du manque d’eau. Sur le massif crétacé du Senelba, les pluies et la neige sont fréquentes en hiver. C’est ce qui explique l’abondance des sources de l’Oued Djelfa. Le Djebel Amour, qui est très-élevé, est aussi très-riche en belles sources, et les Ksours y sont nombreux. On doit donc reconnaître que l’eau ne manque pas dans les terrains crétacés du sud de la province d’Alger, soit à l’état de sources courant à la surface du sol, soit à l’état de nappes souterraines. Cette eau est, en général, de bonne
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- qualité, et l’on peut en tirer un meilleur parti que les Arabes ne l’ont fait jusqu’ici. Elle se prête, en plusieurs points, à l’établissement de centres de population plus ou moins importants (Taguin, Zerguin, Aïn Kaddera, Aïn Fntizza, Aïn Pielal, Aïn Gueterfa, Aïn Ouarrou). Des barrages pour l’aménagement des eaux de surface, des sondages pour créer des sources artificielles jaillissantes, un système de puits ordinaires et de galeries souterraines pour créer des réservoirs cl’eau plus ou moins considérables, tels sont les ti’avaux qui permettront de multiplier les cultures dans le sud et d’asseoir, d’une manière fixe, les populations sur le sol. C’est, du reste, ce que l’Administration française a déjà commencé; elle a fait construire les barrages de l’Oued lladjia, de l’Oued Melab, de l’Oued ben Alia et de l’Ouecl Sidi Ma-khelouf. Des puits ordinaires ont été creusés en plusieurs points. Ces puits pourraient être multipliés à volonté aux débouchés de tous les ravins qui pénètrent du terrain crétacé dans les plaines quaternaires. Des sondages ont été exécutés dans le bassin de Zalirez Rliarbi et sur les bords de l’Oued Oueurg (vallée du haut Cliélif), au milieu des terrains quaternaires. Nous avons signalé, dans les chapitres précédents, les bassins crétacés dans lesquels les puits artésiens offrent des chances de succès. Entre Laghouat et Djelfa, ces puits ne dépasseraient probablement pas 100 mètres de profondeur, parce que la température des sources naturelles de cette région varie de i6°,8o à i8°,5o. La profondeur serait probablement plus considérable, si l’on recherchait les nappes crétacées du massif compris entre Taguin, Zerguin et l’Oued Kosni ; car la température des sources naturelles de cette région varie de 17 à 19 degrés. On remarquera qu’en raison des grandes différences qui existent entre les températures de ces sources, il doit y avoir, dans cette région, des nappes souterraines situées à des profondeurs différentes. Nous retrouvons ici des sources thermales simples, analogues à celles que nous avons eu l’occasion de signaler dans l’hydrologie des terrains crétacés de la province de Constantine, où elles jouent un rôle si remarquable.
- Le terrain nummulitique de Birin est très-peu développé, et, par suite, ne renferme pas d’eau courante à la surface du sol; mais on y a creusé de nombreux puits qui donnent de l’eau d’excellente qualité à une profondeur de 5 à 6 mètres au-dessous du sol.
- La zone septentrionale de la région des steppes est limitée, au nord, par une bande de terrain miocène que nous avons explorée sur 120 kilomètres
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- de longueur, entre le Djebel Naga, à l’est, et le Djebel Echeaou, à l’ouest. Cette partie renferme un grand nombre de sources qui sont indiquées dans le tableau n° 3, nos 53 à 71. Les sources miocènes surgissent, la plupart, à la séparation des grès et des marnes. Plusieurs d’entre elles émergent par siphonement, d’après le mécanisme des eaux jaillissantes. Nous citerons les sources de Bogbar et celles de la nappe aquifère qui affleure entre Aïn Kharbia et Aïn el-Abiod, au sud d’Aïn bon Cif. Ces faits ont une grande importance, parce qu’ils indiquent la possibilité d’obtenir des eaux jaillissantes dans les ondulations que présentent les couches tertiaires. Les sources qui émergent à travers les fissures des bancs de grès sont en général fraîches, limpides et de bon goût. Les eaux qui coulent ensuite à la surface des marnes tertiaires deviennent louches et prennent un goût saumâtre fort désagréable. Le débit des sources pourrait être augmenté, pour la pluparl d’entre elles, au moyen de travaux de puits et de galeries souterraines.
- La température des eaux varie entre 1 5 et 17 degrés dans la partie montagneuse et froide du terrain miocène. Elle est, en général, plus basse que celle des sources crétacées, ce qui tient probablement à ce que ces dernières viennent d'une plus grande profondeur.
- En général, l’eau courante est très-rare dans le terrain quaternaire de la zone septentrionale de la région des steppes. Cependant elle émerge en quelques points en quantités assez notables. Nous citerons Taguin, les marais de l’Oued Oueurg et l’Ain Belbella dans le bassin du hau t. Cliélif, l’Aïn Ousserah et l’Aïn Chemmarah clans les affluents de la rive droite de cette rivière. Nous ferons remarquer, déplus, que cette eau surgit dans des circonstances toutes particulières. Les points d'émergence correspondent â des espèces de détroits, qui autrefois faisaient communiquer entre elles les eaux de la mer saharienne dans laquelle se sont déposées les couches quaternaires. Les nappes souterraines qui circulent dans le terrain quaternaire se concentrent dès lors dans ces détroits, dans un lit beaucoup moins large que celui qu’elles occupent en amont. De là résulte, sans doute, un excès de pression de bas en haut, qui facilite le surgissement des eaux à travers les fissures du terrain. Les observations de température que nous avons faites en hiver et en été sur les sources qui émergent le long des rives de l’Oued Ousserah démontrent que plusieurs de ces sources sont des eaux thermales simples, devant leur haute température à la profondeur d’où elles proviennent. C’est un fait très-
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- EXPLORATION l)L BEN) M Z A B ET DU SAHARA.
- /iO(i
- important et qui est. en harmonie avec le rapprochement (les chaînes crétacées qui encaissent la vallée quaternaire de l’Oued Ousserah, pour justifier l’existence d’une nappe souterraine jaillissante à une certaine profondeur sous Je sol de la vallée. Le même raisonnement s’applique, sans doute, aux eaux, quaternaires qui surgissent dans les autres points signalés plus haul.
- Les puits sont rares dans les terrains quaternaires de la zone septentrionale des steppes, parce que les eaux courantes sont fort rares elles-mêmes dans cette contrée. On en trouve à Sbiteïa et à Chahounia, sur les bords de l’Oued Oueurg, à 9 kilomètres sud de Taguin et à 18 kilomètres S. S. O. deTaguin, sur les bords de l’Oued Beida (haut Chélif). Ils donnent de l'eau potable à une profondeur de 4 à 8 mètres au-dessous du sol. Ces puits ja-ionnenl l’ancienne route de Laghouat passant par Boghari, Chellala, Zerguin, Taguin et le massif crétacé du Djebel Amour. Cette route était assez bien approvisionnée en eau. Des considérations stratégiques ayant décidé l’occupai ion permanente de Djelfa, qui est situé à l’est de cette ancienne route, on a du abandonner cette dernière et faire passer la route carrossable actuelle par Boghari, Boughezoul, El-Krechem, Aïn Ousserah, Guelt es-Settel, El-Vlesran, le rocher de sel, Djelfa, Aïn Sidi Makhelouf et Aïn el-Ibel. Entre Laghouat et le rocher de sel, la nouvelle route est bien approvisionnée d’eau: mais il n’en est pas de même entre le rocher de sel et Boghari. Sur la distance de 1 44 kilomètres qui les sépare, le caravansérail intermédiaire d’Aïn Ousserah et le poste-cale de Bou Cedraïa sont alimentés en eau potable d’une manière convenable. A El-Krechem, on ne trouve que de l’eau saumâtre impotable dans des puits de 12 à 1 4 mètres de profondeur. A Boughezoul, des puits de 5m,5o de profondeur donnent d’assez bonne eau, mais en quantité insuffisante pour abreuver les colonnes militaires qui opèrent de ce côté. Aussi les sondages d’El-Mesran et de l’Oued Kaïder ont été exécutés dans le bassin du Zahrez Bharbi pour alimenter la route carrossable. On pourrait essayer à Boughezoul et à El-Krechem des sondages de 100 mètres environ de profondeur. Nous pensons qu’ils donneraient de l’eau potable ascendante, sinon jaillissante. A Guelt es-Settel, on devrait, à l’aide de nouveaux barrages, faire des réservoirs d’eau semblables à celui qui existe déjà.
- Les terrains métamorphiques du sud de la province d’Alger présentent des sources salées qui sont en rapport avec des gîtes de plâtre et de sel
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- CONSIDERAT] ON S GENERALES SUR LES SOURCES DU SAHARA. 407
- gemme. Nous signalerons celles du rocher du sel de Rang el-Melah, à 26 kilomètres nord de Djelfa; celles des Ouled lïedini et des llebaïa sur la lisière nord du Tell. La source principale des ilehaïa débile 8 litres par seconde, à 2 1 degrés. Sa température est plus élevée que celle des sources miocènes de la même région, sans doute parce que les eaux salées viennent d’une plus grande profondeur.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 468
- CHAPITRE XXÏIL
- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU DENI MZAB, DU SAHARA,
- ET DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER. - RAPPORTS EXISTANT ENTRE CETTE COMPOSITION ET L’AGE GÉOLOGIQUE DES TERRAINS TRAVERSÉS PAR LES EAUX.
- Nous avons groupe dans le tableau n° 5, placé à la lin de ce mémoire, les analyses complètes de. toutes les eaux potables du Béni iVIzab, du Sahara et de la région des steppes de la province d’Alger.
- Pour chaque eau, nous donnons :
- i° Les poids bruts des bases et des acides Irouvés dans l’analyse;
- La composition synthétique qui résulte de la combinaison des bases avec les acides par groupes de sels, suivant les affinités probables.
- Une première catégorie comprend les eaux minérales proprement dites;
- Une deuxième, les eaux potables des Béni IVIzab ;
- Une troisième, les eaux potables du Sahara;
- Une quatrième, les eaux potables de la région des steppes.
- Les eaux potables ont été rangées d’après l’ordre géologique des terrains, alin de rendre plus sensibles les rapports existant entre l’âge des terrains et la composition chimique des eaux qui la traversent.
- :> 1. Eaux minehai.ks.
- Lette catégorie comprend :
- Les eaux thermales salines de l’Oued Hadjia, qui renferment îsqôoya de matières salines par kilogramme de liquide;
- 2° L’Aïn el-llammam deZerguin, qui renferme 5sr,od48 de matières salines par kilogramme de liquide.
- Cette dernière eau est sulfureuse sur place. Lorsque l’analyse en a été laite à Alger, tout l’hydrogène sulfuré avait disparu et avait donné lieu à une certaine quantité de sulfate de soude.
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. A09
- L’eau de Zerguin diffère des eaux sulfureuses des terrains granitiques par
- sa grande ricliesse en minéraux salins et notamment en chlorures et sulfates, o
- § II. Baux potables du Béni Mzab.
- Les eaux potables du Béni Mzab renferment quatre classes principales de sels : des chlorures, des mirâtes, des sulfates et des carbonates. 11 y a, en outre, de faibles quantités de silice et d’oxyde de fer et une certaine proportion de matière organique dont on a simplement constaté l’existence. La présence des nitrates est probablement liée à l’état électrique de l’atmosphère, lors des violents orages qui occasionnent les crues fécondant les oasis du Béni Mzab. Les nitrates sont beaucoup moins abondants dans les eaux du Sahara, de la région des steppes et du Tell de la province d’Alger.
- On trouve dans le Béni Mzab des eaux venant des terrains crétacés cl des eaux venant des terrains quaternaires.
- Les eaux potables des terrains crétacés du Béni Mzab comprennent les
- tics t erra ms crétacé!
- nps 3 à (), dont les analyses peuvent être résumées comme il suit : a„ n*,,; au.-t.
- POIDS TOTAL DES SELS PAU K1LOG11AMME D’EAU.
- NUMÉROS D’ORDRE. DÉSIGNATION’ DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBOXATES. OXYDE de fer, silice. POIDS TOTAL îles sels.
- .) Puils nu 7 de Bcni Istpien oBr,o95(i os\ 1234 oB 72370 osr,o64o Traces. Ogr,Ô 200
- Puils dr. Gliardaïa 0 ,0672 0 ,0589 O ,2383 0 ,i6g3 oB',oo5o 0 ,5387
- .*) Puits de Metlili 0 ,07 2 1 0 ,1692 0 ,2774 0 ,1120 Traces. 0 ,6207
- 6 Puits a d’El-Ateuf o , 1 325 // O ,8060 0 ,14 3 0 0 ,00 4 0 1 ,o855
- 7 Puits de Bcrriau 0 ,4oGG 0 ,0073 0 ,7693 0 ,23Go O ,0)20 1 ,43 12
- S Puits de, Melika O ,4 482 Traces. 2 ,0462 0 ,1583 0 ,0120 3 ,1647
- 9 Puits b d’El-Ateuf. . . .... O 0 A674 0 ,02.45 G >4937 0 ,09 4 0 0 ,005 0 10 836
- Moyennes des puits n05 3 à 8. 0 ,2037 0 ,o58i O ,8124 0 ,147.1 0 ,oo56 1 ,2269
- Ces eaux ont des compositions très-variables, puisque le poids total des matières salines oscille entre oSr,520o et i o8r, î 836 par kilogramme de liquide. Cependant nous ferons remarquer que l’eau n° 9 est une exception parmi celles du Béni Mzab. Nous l’avons analysée à cause de la grande teneur en matières salines. En général, les eaux de cette région sont très-bonnes à
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- 470
- boire et l’on en apprécie surtout la qualité lorsqu’on arrive d’un long voyage dans le Sahara de la province de Constantine, où les eaux potables sont si mauvaises. En ne tenant pas compte de l’eau n° 9, la composition moyenne des eaux potables crétacées du Béni Mzab sera la suivante :
- né SI G NAT ION DES SELS. POJOS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d eau. PROPORTION7 RELATIVE des dinérenls sels ,pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures o«r, 166
- 0 , 2 0 0 y
- Mirâtes 0 ,0081 0 ,0/17
- Su 1 (aies 0 ,81 ai O O
- Carbonates 0 ,1/171 G C
- Oxyde de 1er, silice 0 ,oo56 b G
- , Ter ai 0 ,5/i3(i 0 -999
- Celte composition est comparable à celle des eaux crétacées du Sahara de la province de Constantine, pour lesquelles nous avons trouvé :
- . DESIGNATION DES SELS. PROPORTION RELATIVE des différents sc.’s pour 1 en poids de matières salir.cs.
- Nitrates * ,
- Sulfates 0 ,6.48
- Oxyde de fer, silice u > 1 i)
- Totai 0 ,998
- On voit que les rapports des chlorures et des sulfates au poids total des sels sont à peu près les mêmes de part et d’autre. Les carbonates sont proportionnellement moins abondants dans les eaux du Béni Mzab; mais celles-ci renferment une certaine proportion de nitrates (0,047), sels qui n’existent pas dans les eaux crétacées du Sahara de la province de Constantine.
- Les eaux potables du terrain quaternaire du Béni Mzab ne renferment que
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. kl I
- l’analyse n° i o, appartenant à un puits de Guerrara. Cette analyse peut, être présentée comme ii suit :
- DÉSIGNATION DES SELS. POIDS TOTAL DES DIFFERENTS SELS par kilogramme d emi. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour i en poids de matières salines.
- Chlorures o ,o56?. n p O o" , i 07 0 ,io3
- Nitrates
- Sulfates O ,20 2 2 0 ,37a
- Carbonates o , 19 5 7 0 ,360
- Peroxyde, de fer, silice o ,oi 5o 0 ,027
- Totai o ,543(5 » AJ99
- Les eaux quaternaires de Guerrara sont très-pures et excellentes pour la boisson; elles sont comparables aux eaux crétacées de Béni Isguen, de Gliar-daïa et de Metlili. Comme ces dernières, elles sont très-riches en nitrates : elles circulent dans des grès quartz eux assez durs, et c'est sans doute ce qui explique leur faible teneur en matières salines. Elles ont une grande analogie de composition avec les eaux potables des terrains quaternaires du Tell de la province de Constantine, pour lesquelles nous avons trouvé :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFERENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des diflércius sels pour î en poids de matières salines.
- Chlorures Nitrates o8r/2o57 0 ,o548 0 ,1947 0 ,?.0o3 0 ,02 13 os,',2 79 0 ,07.4 0 ,26/1 0 ,353 0 ,029
- Sulfates
- Carbonates
- Silice, oxyde de. fer
- Total
- 0 ,73G8 0 '999
- § III. K AI ïx du Sahara.
- Les eaux du Sahara renferment des eaux quaternaires et des eaux mixtes,, c’est-à-dire ayant traversé des terrains de divers âges-
- Eaux poLaldes eiT.iin qualc-maii du Ber.i Mzab.
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- EXPLORATION Dü BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- K;mv
- des
- Ta ! ns qua ternaire In Sahara.
- Les premières comprennent les analyses nos i 1 à i 3, qui sont résumées dans le tableau suivant :
- -•7 a * c DÉSIGNATION DES EAUX. CH I.ORUHES. NITRATES. SURFATES» CARBO- NATES. OXYDE de fer, silîco. TOTAL.
- 1 1 Kan (lu puits de Sidi Mohammed ben Alia (oasis de Lagliouat) osr,37/i8 U 1s r, 3 4 4 S o*1', 3.4 3 6 os',(>7'>H 2S', 13 Go
- 1 •> Rau du puits de la place de Beu Salem (oasis de Lagliouat ) o ,4173 il O 00 0 A176 O ,0 1'H) 2 , 1 6 i 8
- i 3 Eau du puits de Sidi ben Nasser (oasis de Laglioual 1 0 ,5 0 4 3 // 1 ,(15 79 0 ,327 (> 0 ,0260 >. , 5 1 5 8
- Moyenne 0 ,4321 11 1 ,4 7 3 ( » 0 ,3 '> 9 () 0 ,o3C>9 , 2 ~j *?
- La composition moyenne de ces eaux esl la suivante :
- D É S 1 G N AT 1 0 N D E S S ü D S TA NEES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS frEl.S par kilogramme d’eau. PROPORTION BEI. MTV E des diih rents sels pour i I en poids de matières salines.
- Chlorures (>çr, U)'> I II 1 ,4 7 36 0 ,3296 0 ,0069 o?r, 190 a 0 ,648 0 ,1 4 5 0 ,01 6
- N il l’cliCS .
- Sulfates
- Carbonates ,
- (Kyde de fer, silice Total
- ‘> > ') ~ ') 2 0 -999
- Ces eaux sont analogues aux eaux potables des terrains crétacés du Sahara de la province de Constantine et dont les points d’émergence sont dans les terrains pliocènes ou quaternaires. En elîet, la composition moyenne de ces dernières est la suivante :
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 473
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme (l’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures oer,6445 0^,276
- Nitrates h II
- Sulfates x ,5i47 0 ,65o
- Carbonates o ,1627 0 ,066
- Oxyde de fer, silice et silicates ' 0 ,0161 0 ,007
- Total 2 ,3280 0 >999
- Laghouat étant sur la lisière nord du Sahara de la province d’Alger, au pied de falaises crétacées, on comprend qu’il y ait de l’analogie entre les eaux quaternaires vde cette oasis et les eaux mixtes du Sahara de la province de Constantine.
- Les eaux mixtes du Sahara ne comprennent que l’analyse n° i4 (eau du Eaux mixtes puits d’Abd el-Kader ben Alia, à Laghouat), qui peut être présentée comme de laprinced’Aiger. il suit :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des differents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures ob'r, 1796 ogr, 192 //
- Nitrates
- Sulfates 0 ,5220 0 ,i5oo 0 ,o83o 0 ,558 0 ,160 0 ,089
- Carbonates
- Oxyde de fer, silice, silicates
- Total 0 ,g346 0 *999
- Cette eau, qui est excellente pour les usages domestiques, résulte des infiltrations des eaux crétacées de l’Oued Mzi dans les alluvions qui longent la rivière : c’est ce qui explique sa faible teneur en sels divers. Ce sont les sulfates qui dominent. On remarquera la forte proportion de silice et de silicates contenus dans cette eau; elle est comparable à celle qu’on trouve dans l’eau quaternaire du puits de Sidi Mohamed ben Alia, ce qui donne lieu de penser
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- que l’eau du puits d’Abd el-Kader ben Alia est un mélange d’eau quaternaire et d’eau crétacée.
- EAUX POTABLES DE LA REGION DES STEPPES.
- Les eaux potables de la région des steppes renferment trois classes principales de sels : des chlorures, des sulfates et des carbonates; les nitrates y sont plus rares en général que dans les eaux du Béni Mzab. Les principales bases sont la soude, la chaux et la magnésie. Nous distinguerons dans les eaux des steppes :
- Les eaux crétacées venant des terrains crétacés;
- Les eaux nummulitiques venant des terrains nummulitiques ;
- Les eaux miocènes venant des terrains miocènes;
- Les eaux quaternaires venant des terrains quaternaires;
- Les eaux mixtes venant de terrains de divers âges.
- Ea.» crétacées Les eaux crétacées de la région des steppes comprennent les nos i5 à 3o,
- ,. f dont la composition a été résumée dans le tableau suivant :
- région ucs steppes. 1
- DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE de fer, silice. TOTAL.
- Eau de Guelt es-Settel ogr,o43o // Oîr,028o ogr,o913 ogr,o4oo ogr, 2 02 3
- Eau du Ksar ben Ammade 0 ,0509 // 0 ,0272 0 ,2480 // 0 ,3261
- Eau de Chellala 0 ,o841 osr, 13 21 0 ,0398 O ,2 125 0 ,o36o 0 ,5oi5
- Eau d’Aïn Rhelal 0 ,0(567 U 0 ,1845 0 ,2920 0 ,oo3o 0 ,5462
- Eau de Bouira 0 ,1852 0 ,o645 0 ,0922 0 ,2084 0 ,0020 0 ,5523
- Eau de Fritizza 0 ,3409 U 0 ,i377 0 ,i56o 0 ,oo5o 0 ,6396
- Eau d’Aïn Zerguin 0 ,3427 II 0 ,1138 0 ,1827 0 ,oi33 0 ,6525
- Eau d’Aïn Djerob 0 ,38 4 // 0 ,0860 0 ,2 123 0 ,0180 0 ,6977
- Moyenne de l’eau de l'Oued Mzi 0 , i885 II 0 ,4584 0 ,1011 0 ,oo65 0 ,7545
- Eau d’Aïn el-Hammam, chaîne de Seba
- Rous 0 ,1609 il 0 ,3633 0 ,2406 O ,Ol32 0 ,7780
- Eau d’Aïn Taguin . 0 ,2767 0 ,0159 0 ,2967 O ,2222 0 ,0160 0 ,8265
- Eau de l’Oued Djelfa, près Djelfa 0 ,1872 II 0 ,4908 0 ,1992 0 ,0280 0 ,8552
- Eau de la fontaine Versini. 0 ,12 20 // O ,5222 0 ,6831 0 ,2324 0 ,o44o 0 ,0600 0 ,9206 1 ,2.388
- Eau d’Aïn el-Ibel 0 ,22 i3 II 0 ,2744
- Eau d’Aïn Sidi Maklouf 0 ,52 12 n 0 ,g5io 0 ,2744 0 ,0160 1 ,7626
- Moyennes 0 ,2082 0 ,0142 0 ,2982 0 ,2098 0 ,0200 0 ,75o4
- 5 es
- -3 « a 5
- 15
- 16
- >7 18
- «9 20 2 1 2 2 23
- et
- 2 4 25
- 20
- 2?
- 2S
- 29
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 475
- La composition moyenne de ces eaux peut être présentée de la manière suivante :
- DÉSIGNATION DES SELS. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures. . . . ogr,2o8a ogr,2 77
- Nitrates o ,01/12 0 ,2982 0 ,019 0 ,397
- Sulfates
- Carbonates 0 ,2098 0 ,279
- Oxyde de fer, silice 0 ,0200 0 ,026
- Total 0 ,750/1 0 >998
- Ces eaux, dans lesquelles dominent les sulfates, ont une grande analogie avec les eaux potables des terrains crétacés du Tell de la province de Cons-tantine, dont la composition moyenne est la suivante :
- DÉSIGNATION DES SELS. POIDS TOTAL DES DIFFERENTS SELS par kilogramme d'eau. PROPORTION RELATIVE <las différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures Nitrates ogr, 1894 0 ,0097 0 ,1789 0 ,2346 0 ,0171 ogr,3oo O ,01 5 O ,280 O ,370 O ,027
- Sulfates .
- Carbonates
- Silice, oxyde de fer.
- ' Total
- 0 ,6297 O ,992
- C’est, du reste, dans ces deux classes d’eaux potables que se trouvent les sources thermales simples d’Aïn bou Merzoug et de Fesguia, dans la province de Gonstantine, d’Aïn Djerob et d’Aïn Zerguin, dans la province cl’Alger.
- Ces eaux sont remarquables par leur haute température, leur fort débit et leur bonne qualité pour les divers usages domestiques.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Eaux nummulitiques de
- la région dos steppes.
- Les eaux nummulitiques de la région des steppes comprennent l’eau de Birin, dont l’analyse n° 3 1 peut être présentée de la manière suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL- DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- niilnrnrp.s ogr,og8 2 ogr,333
- o m (p) o oi5 R
- , . . , f .Snlfntp.s . ... n 0 ,281
- rîarVirmîit.PS o ,'0822 0 ,279
- Oxyde de fer, silice 0 ,oi5o 0 ,o51
- Total 0 ,29/16 0 >999
- Les sels dominants sont les chlorures, tandis que, dans les eaux crétacées, ce sont les sulfates; la différence n’est, du reste, pas très-grande. Les eaux nummulitiques sont très-pures et très-propres aux divers usages domestiques.
- K»..! miocènes Les eaux miocènes de la région des steppes comprennent les analyses
- •égion dis steppes. nos 3 2 à 35, qui sont résumées dans le tableau suivant :
- 1 S G 2 s S ? * Q DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE de fer, silice. TOTAL. I
- 32 Eau de Bogliar a{ oBr,o516 U 0Br,o32fi Ogr,2 i 5o oBr,o38o oBr,3372
- 33 Eau d’El-Touta. 0 ,0917 // 0 >0999 0 ,2000 0 ,0060 0 ,3976
- 3d Eau de Bogliar a, 0 ,0/108 // 0 ,0678 0 ,3414 0 ,0080 0 ,458o
- 35 Eau d’Aïn bou Gif O b 00 00 // 0 ,2248 0 ,2 113 0 ,02/10 0 ,5089
- Moyennes 0,0582 // 0 ,1062 0 ,2/119 0 ,0190 0 ,4253 J
- La composition moyenne de ces eaux peut être présentée de la manière suivante :
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 477
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- 1 fVEIm’in’P.s • ogr,o582 // Ogr,l37
- Nitrat.RR //
- Sulfatas 0 ,1062 0 ,25o
- P.arVirmat.as 0 ,2419 0 ,568
- Oxyde de fer, silice 0 ,0190 0 ,o44
- Totai 0 ,4253 0 -999
- On voit que les carbonates dominent dans ces eaux, qui, du reste, sont très-pures et ne contiennent que oSr,42 53 de sels divers par kilogramme de liquide. Ces eaux sont très-propres aux divers usages domestiques. Celles de Boghar ont un très-grand renom chez les Arabes.
- Les eaux quaternaires de la région des steppes comprennent les nos 32 à k™ 60. Nous en ferons trois catégories distinctes en raison du poids total de ]a^ matières salines quelles renferment.
- La première catégorie comprend les eaux nos 36 à 47 et le n° 70, dont les compositions sont résumées dans le tableau suivant :
- © H 'S l a 0 p Q }C DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE de fer, silice. TOTAL.
- 36 Eau d’Aïn Belbella o5', 45 66 Traces. ogr,i770 Ogr, 2 125 0^,0075 ogr,8536
- 3? Eau d’un puits de Sbiteïa servant aux besoins des sondeurs 0 ,5i24 // 0 ,3836 0 ,236o 0 ,0120 1 ,i44o
- 38 Eau de l’Oued Oueurg (aj, recueillie le i3 mars 1860 0 ,7988 // 0 ,3714 0 ,0900 0 ,0180 1 ,2782
- !39 Eau d’un redir d’El-Krechem 0 ,6768 // 0 ,5264 0 ,2244 0 ,o44o 1 ,4716
- 8 "i° Eau d’Aïn Hamia Rharbia 0 ,9942 U 0 ,2625 0 ,2215 0 ,oo4o 1 ,4722
- Eau de l’Oued Oueurg (a2), recueillie le 17 mai 1858 1 ,0738 U 0 ,1767 0* ,2749 0 ,0100 1 ,5354
- 1" Eau d’un puits du caravansérail d’Aïn Ousserali 0 ,7081 U 0 ,6756 0 ,2112 ' 0 ,0280 1 ,6229
- x quaternaires de
- rion des sfeppo.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- NUMÉROS D’ORDRE. DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE de fer, silice. TOTAL.
- 43 Eau du puits de service du sondage de Sbiteïa ogr,4523 * ,/ igr,o569 0^,1760 ogr,oo4o 1^,6892
- 44 Eau de l’Oued Oueurg (a3), recueillie le 9 décembre 1860 i ,0741 // 0 ,3539 0 ,2880 0 ,0200 x ,7360
- 45 Eau de Mocta Djedean 1 ,4744 Traces. OO O 0 ,2810 0 ,0x80 2 ,2018
- 46 Eau d’un puits ordinaire de Chabounia, recueillie le 8 novembre i85o 1 ,1817 U 0 ,8971 0 ,2700 0 ,o3oo 2 ,3788
- 47 Eau du puits de Bougbezoul j ,9288 ogr, 13 2 2 0 ,3517 O ,3222 O ,0120 2 ,7469
- 7° Eau du sondage de l’Oued Kourirecb, recueillie en mai 1866 1 ,4762 11 1 ,379i 0 ,1566 0 ,0280 3 ,0399
- Moyennes O O GO GP to 0 ,0102 0 ,5446 O ,2242 0 ,0181 1 ,7823
- La composition moyenne de ces eaux peut être présentée de la manière suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures 0^,9862 ogr,553
- Nitrates O ,0X02 0 ,006
- Sulfates O ,5446 0 ,3o5
- Cai’bonates O ,2242 0 ,126
- Oxyde de fer, silice O ,0l8l 0 ,010
- Total 1 ,7823 1 ,000
- Ces eaux, dans lesquelles les chlorures dominent et forment plus de la moitié du poids total des sels, se rapprochent, par leur composition, des eaux jaillissantes des oasis de Negoussa et d’Ouargla, qui sont les plus pures de toutes les eaux potables quaternaires du Sahara de la province de Constantine. Les eaux de ces oasis présentent en effet la composition moyenne suivante :
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 479
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFERENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières saliucs.
- Chlorures isr,4657 ogr,5i4
- Nitrates o ,0409 0 ,014
- Sulfates n 0 /j 9 R
- Carbonates o ,1228 0 ,o43
- Oxyde de fer, silice 0 ,0078 0 ,oo3
- Total 2 ,8483 0 ,999
- Le poids total des matières salines est plus fort et la proportion relative des carbonates est moins considérable dans ces dernières eaux que dans les eaux quaternaires de la province d’Alger. Dans celles-ci, la proportion relative des carbonates est moins élevée que dans les autres terrains. D’où l’on peut conclure que le carbonate de chaux est beaucoup moins répandu dans les terrains quaternaires que dans les autres terrains, et c’est ce qui est confirmé par les observations géologiques.
- La deuxième catégorie des eaux quaternaires des steppes de la province d’Alger comprend les analyses nos 48 à 58, qui ont été résumées dans le tableau suivant :
- ° H a s: CARBO- OXYDE
- -u 0 . DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. do fer, TOTAL.
- NATES. silice.
- 48 Eau de l’Oued Ousserali 2gr, 1 297 1 ,9103 U isr,34og 1 ,g48o 1 H1 1 ogr,o3oo 0 ,o5oo 3gr,68i7 4 ,0688
- 49 50 et Eau d’Aïn Hamia Cherçui // 0 ,i6o5
- Composition moyenne de l’eau jaillissante
- 5, d’Aïn MalakofT. 1 ,9716 3 ,i534 3 ,12i5 U 2 ,ooi4 1 ,1280 1 ,2011 0 ,1194 0 ,o834 0 ,0692 0 ,o525 0 ,0600 0 ,0160 4 ,1449 4 ,4198 4 ,8419
- 52 Eau de la noria d’El-Mesran u
- 53 Eau ascendante du sondage d’El-Mesran. ogr,434i
- 54 Eau du Chélif.au gué de Boghari, re-
- cueillie le 3o octobre 1855, après une forte crue . 3 ,3851 // 1 ,8543 0 ,0985 O O O O 5 ,3419
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- o a es es -a « — =5 «s O p Q *5 DÉSIGNATION DES EAUX. CI1LORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE (le fer, silice. TOTAL.
- 55 Eau du Chélif, au gué de Boghari, re-
- cueillie le 3o octobre i855 avant la
- crue // 3gr,662o ogr, 1 o3o ogr,oo6o 6gr,64oo
- 56 Eau de la nappe ascendante de Chabou-
- nia, venant de 37 mètres de profon-
- deur 4 ,3ç) 10 // 1 ,9470 0 ,3100 // 6 ,648o
- 57 Eau de la nappe ascendante de Sbiteïa,
- venant de i5m,5o de profondeur. . . . 4 ,5614 11 2 ,2732 O LO 0 0 ,oi5o 7 ,1246
- 58 Eau de l’Oued Chemmara 5 ,6s55 a 1 ,7155 0,2980 O ,0020 7 ,64io
- Moyennes. 3 ,3118 0 ,o434 1 ,9066 0,1698 0 ,0235 5 ,4 5 51
- La composition moyenne de ces eaux peut être présentée de la manière suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d'eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- CViloriirPs 3gt,3i 18 0 ,o434 1 ,9066 0 ,1698 0 ,0235 ogr,6o7 0 ,008 0 ,349 0 ,o3 l 0 ,oo4
- Nitrates
- Sulfates
- Carbonates
- Oxyde de fer, silice
- Total
- 5 ,4551 0 -999
- Ces eaux sont beaucoup plus chargées de matières salines que les précédentes. Aussi, quoiqu’on les boive parce qu’on n’en a pas d’autres, elles sont peu convenables pour les divers usages domestiques. Elles se distinguent par leur grande richesse en chlorures, parmi lesquels domine le chlorure de sodium. Par suite, leur goût est notablement salé; de plus, il est souvent amer, à cause de la forte proportion des sels de magnésie contenus dans ces eaux.
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHABA, ETC. 481
- Celles-ci ont beaucoup d’analogie avec les eaux,de l’Oued Rhir, qui présentent la composition moyenne suivante :
- POIDS TOTAL PROPORTION
- RELATIVE
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. j DES DIFFÉRENTS SELS des différents sels
- par kilogramme d’eau. pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures 2^,4779 0 ,0255 o,468 o,oo5 o,5o5 0,017
- Nitrates
- Sulfates 2 ,6767 0 ,0927 0 ,0211
- Carbonates
- Oxyde de fer, silice 1 / o,oo4
- Total 5 ,2939 O.QQQ
- La proportion relative des carbonates est très-faible dans les eaux de l’Oued Rhir (0,017) et dans ^es eaux quaternaires des steppes (o,o3i). C’est un des caractères les plus saillants des eaux quaternaires de l’Algérie. Les sulfates et les chlorures sont en proportions relatives peu différentes dans les eaux de l’Oued Rhir, et les sulfates l’emportent sur les chlorures ; tandis que, dans la deuxième catégorie des eaux des steppes, les chlorures forment près du double du poids des sulfates.
- La troisième catégorie des eaux quaternaires des steppes de la province d’Alger comprend les analyses n0s 59 à 61, qui ont été résumées dans le tableau suivant :
- S ü -« 1 a 0 £a DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE <lc for, silice. TOTAL.
- 59 Eau des infiltrations superficielles de la plaine qui entoure l’Ain MalakofF. 8Br,455i // 4gr,2 4o9 // ogr,o6oo i2gr,756o
- 60 Eau du Chélif, recueillie le 26 avril 1858 en face de Boughezoul 10 ,1363 // 5 ,5iog ogr,i99° 0 ,oo4o i5 ,85o2
- 61 Eau du puits de service de Chabou-nia, recueillie le 7 nov. 185g.... 20 ,9680 // 7 ,i33o 0 ,63oo ' II 28 ,7310
- Moyennes i3 ,i865 // 5 ,6283 0 ,2763 0 ,021 3 19 ,1124
- 61
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 482
- La composition moyenne 4e ces eaux peut être présentée de la manière suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d'eau. PROPORTION RELATIVE des differents sels pour 1 en poids do matières salines.
- Chlorures i3sr, i865 n 3 ,6283 o ,2763 0 ,02l3 0,690 // 0,294 o,oi5 0,001
- Nitrates „
- Sulfates
- Carbonates. .
- Oxyde de fer, silice
- Total
- 19 , 1 1 2 4 1,000
- Ces eaux se rapprochent beaucoup de celle du sondage de Bardad (6e groupe des eaux du terrain quaternaire du Sahara de la province de Cons-tantine) qui présente la composition suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour i en poids de matières salines.
- Chlorures. 7^,2740 Traces. 5 ,0857 0 ,1200 0 ,0100 0,582 n 0,407 0,010 0,001 i
- Nitrates
- Sulfates
- Carbonates
- Oxyde dp. fer, silice.
- Total
- 1 2 ,4897 1,000
- On voit que toutes ces eaux sont complètement impotables, à cause de leur grande teneur en matières salines et notamment en chlorures, qui sont partout les sels dominants.
- Si l’on compare maintenant les trois catégories des eaux quaternaires des steppes, on formera le tableau suivant :
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 483
- PROPORTIONS RELATIVES DES DIFFERENTS SELS POUR UN EN POIDS DE MATIERES SALINES
- CONTENUES DANS L’EAU.
- DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE de fer, silice. TOTAL.
- Eau de la iro catégorie 0,562 0,007 0,283 0,137 0,010 0,999
- Eau de la 2 e catégorie 0,607 0,008 0,349 o,o3i o,oo4 0,999
- Eau de la 3e catégorie 0,582 // 1 O fa- O 0,010 0,001 1,000
- Moyennes o,584 o,oo5 o,346 0,059 o,oo5 o-999
- En mettant en regard les compositions moyennes des eaux quaternaires des steppes de la province d’Alger et du Sahara de la province de Constan-tine, nous aurons les résultats ci-dessous :
- PROPORTIONS RELATIVES DES DIFFERENTS SELS POUR UN EN POIDS DE MATIERES SALINES
- CONTENUES DANS L’EAU.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. COMPOSITION MOYENNE des eaux quaternaires des steppes de la province d’Alger. COMPOSITION moyenne des eaux quaternaires du Sahara de la province de Constantine.
- Chlorures o,584 o,4o5
- Nitrates o,oo5 0,008
- Sulfates o,346 o,558
- Carbonates ' 0,0^ 9 0,02 5
- Oxyde de fer, silice o,oo5 o,oo4
- C
- Total 0,999 1,000
- Dans les eaux des steppes de la province d’Alger, les chlorures tiennent le premier rang; puis viennent les sulfates. C’est l’inverse qui a lieu dans les eaux du Sahara de la province de Constantine.
- Les nitrates, les carbonates, l’oxyde de fer et la silice sont en minime proportion dans toutes ces eaux. En définitive, les eaux quaternaires des steppes de la province d’Alger sont plus chargées de chlorures, et notamment
- 61.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Eaux mixtes de
- région des steppes.
- de chlorure de sodium, que les eaux quaternaires du Sahara de la province de Constantine; elles sont donc bien plus propres que ces dernières à former des salines naturelles; aussi trouve-t-on dans les steppes de la province d’Alger les grands lacs salés des Zahrez Rharbi et Chergui, qui renferment des masses de sel marin beaucoup plus considérables qu’aucun des autres Cholts de la province de Constantine.
- Les eaux mixtes de la région des steppes seront rangées en deux catégories, d’après la nature des terrains traversés.
- La première catégorie comprend les eaux de l’Oued Melah, nos 62 et 63, venant des terrains crétacés et dont les points d’émergence sont dans les terrains quaternaires.
- Nous avons mis en regard dans le tableau ci-dessous les analyses de ces eaux et celle n° 27 de l’Oued Djelfa, prise en amont du fort de ce nom.
- POIDS DES SELS PAR KILOGRAMME DE LIQUIDE.
- II *5 DÉSIGNATION DES EAUX. CHLORURES. NITRATES. SULFATES. CARBO- NATES. OXYDE de fer, silice. TOTAL.
- 27 Eau de l’Oued Djelfa, recueillie auprès du poste de ce nom, le 9 novembre 1855. osr, 1372 Il o*r,49o8 oBr,i992 Ogr,0 2 8o ogr,8552
- 62 Eau de l’Oued Melah, recueillie à 5oom en amont du rocher de sel, le 2 novembre i855 0 ,3897 U 1 ,0026 0 ,1537 0 ,0080 1 ,554o
- 63 Eau de l’Oued Melah, recueillie à 5oom en aval du rocher de sel, le 2 novembre i855 1 ,5078 II i ,2976 0 ,i646 0 ,oo3o 2 ,g73o
- La comparaison des analyses nos 27 et 62 montre que le parcours dans les terrains quaternaires a triplé le poids des chlorures et doublé le poids des sulfatés. Le poids des carbonates a diminué, au contraire, du quart environ, et le poids total des sels de toute nature a presque doublé. Ces changements sont en harmonie complète avec ce que nous avons dit de la composition des eaux propres au terrain quaternaire.
- La comparaison des analyses n05 62 et 63 montre l’influence que le parcours, au pied du rocher de sel de Rang el-Melah, exerce sur la nature des eaux de l’Oued Melah. On voit que les chlorures ont quadruplé. Les sulfates
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 485
- ont augmenté de plus du quart; les carbonates sont restés à peu près les mêmes.
- Les proportions relatives des différents sels pour i en poids de matières salines sont les suivantes dans l’eau n° 62 :
- Chlorures........................................................ 0,261
- Nitrates......................................................... 0,000
- Sulfates........................................................ 0,64.5
- Carbonates....................................................... 0,099
- Oxyde de fer, silice............................................. o,oo5
- Total.............................. 1,000
- Cette composition se rapproche beaucoup de la composition moyenne des eaux potables des terrains crétacés du Sahara de la province de Constantine, et dont les points d’émergence sont dans les terrains pliocène ou quaternaire. On trouve, en effet, pour ces dernières :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. '*' ' "" PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures ogr,6445 // 0,276
- Nitrates II
- Sulfates 1 ,5147 o,65o
- Carbonates 0,1527 0,066
- Oxyde de fer, silice 0,0161 0,007
- Total 2,3280 o,999
- On voit que les proportions relatives des différents sels sont à peu près les mêmes de part et d’autre; mais les poids absolus de chaque classe de sels sont plus considérables dans les eaux de la province de Constantine que dans celles de la province d’Alger, et cela tient sans doute à la différence de latitude des deux régions qui nous occupent et peut-être aussi à la différence de température des eaux des deux provinces. Les eaux considérées dans la province de Constantine sont toutes thermales simples, tandis que celle de’ l’Oued Melah, recueillie le 2 novembre 186Ô, est plus froide.
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- La deuxième catégorie des eaux mixtes de la région des steppes comprend les analyses nos 64 à 69, qui sont résumées dans le tableau suivant :
- POIDS DES SELS PAR KILOGRAMME D’EAU.
- O M DÉSIGNATION DES EAUX. CARBO- OXYDE
- -w a CHLORURES. NITRATES. SULFATES. de fer, TOTAL.
- a y z a MATES. silice.
- 64 Eau du trou de sonde de Sbiteïa (profon-
- deur lubée, 5 71",80; profondeur du trou,
- 78m,o3), recueillie le 10 juin 1860. . . °sr,1977 U o®1', 2 02 7 ogr,o56o ogr,oi6o o?r,472 4
- 65 Eau du trou de sonde de Sbiteïa (pro-
- fondeur tubée, 57m,8o; profondeur du trou, 78m,o3), recueillie le 9 dé-
- cembre 1860 0 ,4427 // 0 ,4o83 0 ,0060 0 ,oi4o O 00 0
- 66 Eau du trou de sonde de Chabounia (pro-
- fondeur tubée, 229 mètres; profondeur du trou, 239 mètres), recueillie
- le 9 décembre 1860 . . . . 2 ,0098 fl 0 ,5535 0 ,2940 0 ,0160 2 ,8733
- 67 Eau du trou de sonde de Chabounia (pro-
- fondeur tubée, 166 mètres; profondeur du trou, 170 mètres), recueillie le 14 juin 1860 0 ,0080 n 0 ,7304 0 ,29.50 0 ,0200 3 ,o534
- 68 Eau du trou de sonde de Chabounia (profon-
- deur tubée, 9 im,5o; profondeur du trou,
- 1 6 6 mètres), recueillie le i3 mars 1860. 1 ,9454 n 0 ,8986 0 ,2920 0 ,0280 3 ,ib4o
- 69 Eau du puits de service du sondage de
- Chabounia, i'ecueillie le i3 mars 1860. 2 ,o83o 11 .0 ,8367 0 ,3i6o 0 ,o24o 3 ,2697
- On peut diviser ces eaux en deux groupes distincts d’après le poids total des matières salines. Le premier groupe renferme les eaux de Sbiteïa nos 64 et 65, dans lesquelles ce poids varie de 0^,4724 à 0^,8710 selon la saison. La composition moyenne de ces eaux peut être présentée comme il suit :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d'eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- flhlnrnrp.s Oer,3202 0,477
- Nitrates i // II
- Sulfates 0 ,3o55 0,454
- Carbonates 0 ,o3io o,o46
- Silice, oxyde de fer 0 ,oi5o 0,022
- Total 0 ,6717 o,999
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- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAB, DU SAHARA, ETC. 487
- ‘ Les chlorures et les sulfates forment chacun près de la moitié du poids total des sels. Les carbonates y sont en très-minime proportion. C’est une composition toute Spéciale qui écarte ces eaux des diverses classes que nous avons eu l’occasion d’examiner jusqu’ici; et cela donne lieu de supposer, ainsi que nous l’avons dit dans le chapitre xvm, que ces eaux n’appartiennent pas au terrain quaternaire, mais viennent du terrain pliocène qui est recouvert par ce dernier.
- Elles sont remarquables par leur faible teneur en matières salines, et sont très-propres aux divers usages domestiques.
- Les eaux nos 66, 67, 68, recueillies à diverses époques dans le trou de sonde de Chabounia, sont très-chargées de matières salines, puisqu’elles en contiennent de à 3sr,i64o. Sous ce rapport, elles se rapprochent
- des eaux quaternaires. Le poids total des matières salines diminuant graduellement en profondeur, il est permis de supposer que ces eaux sont un mélange d’eaux, quaternaires impures et d’eaux pliocènes beaucoup plus pures.
- L’eau n° 69 du puits de service du sondage de Chabounia est presque identique à celle du trou de sonde prise à la même époque, ce qui indique que l’eau ascendante a fait refluer au loin l’eau salée de la nappe d'infiltration qui entoure l’orifice du sondage.
- La composition moyenne des eaux nos 66 à 69 de Chabounia peut être résumée de la manière suivante :
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. POIDS TOTAL DES DIFFÉRENTS SELS par kilogramme d’eau. PROPORTION RELATIVE des différents sels pour 1 en poids de matières salines.
- Chlorures 2gr,01 l5 o,65i
- Nitrates // //
- Sulfates 0 ,7548 o,244
- Carbonates. 0 ,2Qq3 0,007
- Silice, oxyde de fer. >y y 0 ,0220 J y / 0,007
- Total 3,0876 0,999
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- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Les chlorures forment de beaucoup les sels dominants ; ils s’y trouvent en plus grande proportion relative que dans la composition moyenne des eaux quaternaires des steppes de la province d’Alger. L’analogie; du reste, est assez grande entre cette composition et celle des eaux de Chabounia.
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- SEPTIÈME PARTIE.
- CHAPITRE XXIX.
- OBSERVATIONS BAROMÉTRIQUES ET MÉTHODE DE CALCUL DES ALTITUDES AU-DESSUS DU NIVEAU DE LA MER, ENTRE NEGOUSSA ET ALGER.
- DESCRIPTION DES COUPES GEOLOGIQUES, FIGURES 1 , 2 ET 3 DE LA PLANCHE VIII.
- Dans le chapitre xxiv de notre mémoire sur le Hodna et le Sahara de la province de Constantine, nous avons indiqué la marche que nous avons suivie pour notre nivellement barométrique, compris entre Bône et Ouargla. Entre Alger et Ouargla, notre nivellement a été fait comme il suit.
- Entre Ouargla et le rocher de sel, nous avons admis les cotes de hauteur calculées par M. Mares à l’aide du baromètre Fortin, et nous avons ensuite calculé tous les points intermédiaires à l’aide des différences de hauteur relative indiquées par un baromètre métallique Richard.
- Entre Alger et le sondage d’El-Mesran, qui est peu éloigné du rocher de sel, nous avons fait le nivellement avec un baromètre holostérique, en calculant les hauteurs par la formule de Laplace et les tables insérées dans l’annuaire du bureau des longitudes. Nous avons calculé de la manière suivante les corrections à faire subir aux cotes de. hauteur ainsi trouvées. Pendant l’exécution du sondage de Chabounia, on faisait des observations avec un baromètre à mercure. La moyenne de cent quarante-quatre observations, comparées à celle des observations faites simultanément à Alger, nous a donné, pour le plateau quaternaire de Chabounia, par la formule de Laplace :
- Altitude au-dessus de la mer........................ 7i2ra,oo
- Nous avons calculé de proche en proche, par le baromètre Richard, 3a
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- 490
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- différence de hauteur entre ie plateau de Chabounia et îe sol du caravansérail de Boughezoul.
- Boughezoul se trouve à 34 mètres au-dessous de Chabounia, et, par suite, à 676 mètres au-dessus de la mer.
- L’holostérique nous a donné 81 5 mètres, d’où résulte une correction de 1 09 mètres.
- Voici la série des hauteurs obtenues :
- ALTITUDE
- ALTITUDE ALTITUDE calculée
- DÉSIGNATION DES LIEUX. CORRECTION. holostériquc holostériquc par M. Marès a l’aide DIFFÉRENCE.
- primitive. rectifiée. du baromètre
- Fortin.
- Boghari 139"' 798m 65gm 633m + 26'"
- Boughezoul 13g 815 655 1 n 1
- 676 Z 1
- Àïn Ousserab 13g 867 738 710 + 18
- Guelt es-Settel 13g 1 io3 964 953 + 1 1
- Med cal 1 (sol de l’hôtel du Gastronome) i3g io55 916 Carte de //
- l’ctat-major.
- Médéah (point culminant) U // géo 947 + 7
- Comme il y a une trentaine de mètres de différence de niveau entre le sol de l’hôtel du Gastronome de Médéali et le plateau culminant de la citadelle de Médéah, la correction donne la hauteur de Médéah portée sur la carte du dépôt de la guerre. On peut donc considérer comme très-approximatives les cotes de hauteur données par notre nivellement après la correction calculée ci-dessus; aussi avons-nous pris pour altitudes définitives les moyennes entre les altitudes de M. Marès et nos altitudes holostériques rectifiées correspondantes. Nous avons ensuite calculé les hauteurs intermédiaires au moyen du baromètre Bichard, en faisant deux séries d’opérations entre les stations les plus rapprochées.
- La hauteur d’El-Mesran étant donnée, nous avons obtenu la hauteur d’Aïn Malakoff, en retranchant 2 1 mètres de celle d’El-Mesran. Ce nombre de 2 1 mètres résulte d’un nivellement fait par le génie militaire.
- Le môme nivellement a montré que le Zahrez Rliarbi était à 4 mètres au-dessus d’Aïn Malakoff, soit à 857 mètres au-dessus de la mer.
- Le Zahrez Chergui est 4771 mètres d’altitude, c’est-à-dire à 8 6 mètres au-dessous du précédent.
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-
-
-
- OBSERVATIONS BAROMETRIQUES.
- 49 J
- Le Hodna est à 434 mètres d’altitude, c’est-à-dire à 337 métres au-dessous du Zahrez Chergui. Ainsi ces trois grands chotts sont à des hauteurs très-différentes. Le terrain se relève beaucoup quand on marche de l’E. N. E. à î’O. S. O. Les cuvettes dans lesquelles ont pu se déposer les divers étages tertiaires et le terrain quaternaire avaient des profondeurs d’autant moindres, qu’on s’avançait davantage vers l’O. S. O. C’est sans doute pour ce motif que le terrain miocène ne s’est pas présenté dans les bassins des Zahrez, et qu’au sondage de Mou el-Guetouta, dans la province d’Oran, on n’a trouvé que 5o mètres de terrain quaternaire, reposant directement sur le terrain crétacé.
- La planche VIII donne trois coupes géologiques dont le rapprochement fait connaître la constitution géologique du sol entre Negoussa et Alger.
- La coupe (fig. î) est dirigée du S. E. au N. 0. entre Negoussa et l’oasis de Guerrara, à travers les plateaux quaternaires sahariens qui constituent la région des Guentras ou des ponts. Les indigènes considèrent, en effet, ces plateaux comme des ponts jetés d’une rivière à l’autre. Le plan supérieur du terrain se relève d’une manière générale, depuis 2 23 mètres d’altitude sur le plateau qui domine au sud l’oasis de Negoussa, jusqu’à 463 mètres d’altitude sur le plateau qui domine, au nord, l’oasis de Guerrara. L’oasis et le chott de Negoussa occupent la partie la plus basse de la région des Guentras. Ils sont compris dans la grande dépression qui constitue la vallée de l’Oued Mia, la rivière aux cent bras. L’altitude de l’oasis de Negoussa varie de i 15 à i2Ô mètres. On sait que de nombreux puits jaillissants, qui sont l’œuvre des indigènes, fécondent cette oasis. Nous les avons décrits en détail dans notre voyage d’exploration dans le Hodna et le Sahara.
- La coupe (fig. 2) est dirigée du N. E. au S. O., entre Guerrara et Metlili, à travers le plateau crétacé du Béni Mzab, qui constitue, en quelque sorte, le prolongement du plateau saharien des Guentras. Le plan supérieur du terrain se relève depuis 44o mètres d’altitude sur le plateau qui domine, au N. E., l’oasis de Guerrara, jusqu’à 688 mètres d’altitude au point culminant du massif crétacé.
- La coupe (fig. 3) est dirigée approximativement du sud au nord entre Metlili, Lagliouat et le caravansérail de Boughezoul, au pied du versant sud du Tell. Entre Metlili et Laghouat, le sol se relève graduellement de 581 mètres d’altitude, sur le plateau qui longe la rive droite de l’Oued Metlili, jusqu’à 880 mètres d’altitude sur la ligne de faîte du Ras Chaab, qui sépare
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- i92
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- les eaux coulant au nord, vers l’Ouecl Djeddi, des eaux coulant au sud vers l’Oued Mia.
- Le plateau crétacé du Béni Mzab se cache auprès du Ras Besbaïer, à 788 mètres d’altitude, sous le terrain quaternaire qui constitue un vaste plateau continu entre le Ras Besbaïer et Laghouat. Ce plateau quaternaire est le véritable Sahara de la province d’Alger. C’est la région des dayats, bassins fermés plus ou moins considérables, ombragés par de magnifiques bétoums, et dont le sol uni se couvre, en hiver, d’un gazon fin et d’un beau vert, que broutent de nombreux troupeaux de moutons et de chameaux.
- L’oasis de Laghouat est à 780 mètres d’altitude, à l’entrée du Sahara de la province d’Alger, au pied d’un massif montagneux appartenant au terrain crétacé, et dont le point culminant, au Djebel Lazereg, a 1,575 mètres d’altitude. On remarquera, entre Laghouat et le Djebel Lazereg, la grande cuvette du Djebel Meïla, où les couches de gypse sont si épaisses et si étendues.
- Entre le Djebel Lazereg (1,575 mètres) et le Djebel Sera (i,323 mètres), le terrain crétacé forme une vaste ondulation dans laquelle se trouvent les caravansérails de Sidi Makhelouf et d’Aïn el-lbel, à proximité desquels des sondages pratiqués dans les couches crétacées pourraient donner des eaux jaillissantes.
- Entre la crête du Djebel Sera ( 1,323 mètres) et la crête du Djebel Se-nelba (1,720 mètres), il y a une autre grande ondulation du terrain crétacé, ondulation dont le fond est occupé par une plaine quaternaire sans eau. Un puits artésien de 3 à 4oo mètres de profondeur pourrait donner dans cette plaine des eaux jaillissantes abondantes et de très-bonne qualité.
- Le fort de Djelfa est situé au pied du Djebel Senelba, à 1,167 mètres d’altitude sur le bord gauche d’une grande fracture par laquelle les eaux de l’Oued Melah vont se jeter dans le Zahrez Rharbi. L’eau abonde à Djelfa, parce que le Djebel Senelba se couvre de neige pendant l’hiver. Ce massif montagneux est remarquable en ce qu’il sépare les eaux coulant au sud, vers le Sahara, des eaux coulant au nord, vers le bassin fermé des Zahrez.
- La coupe (lig. 3) indique la constitution géologique du Zahrez Rharbi. On y remarque à la base le terrain crétacé et au-dessus le terrain pliocène, qui est recouvert lui-même par un manteau épais de terrain quaternaire.
- Les sondages d’Aïn MalakotT et de l’Oued Kourirech ont donné de l’eau jaillissante dans le terrain quaternaire. Le sondage d’El-Mesran a été arrêté
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- OBSERVATIONS BAROMÉTRIQUES. 493
- à 45”, 70 clans le terrain quaternaire par une couche de sables fluides dont on n’a pu vaincre la force ascensionnelle. Le sondage de l’Ouecl Kaïder n’a donné que de l’eau ascendante, et a pénétré jusque dans les couches pliocènes.
- A la lisière sud du bassin du Zahrez Rharbi s’élève le pic dentelé du rocher de sel (Rang el-Melah), que nous considérons comme le résultat cl’une éruption de sel, de gypse et de boue argileuse. Un autre rocher éruptif de même nature se présente, à l’extrémité sud-ouest du Zahrez Rharbi. Au pied du fort d’Aïn Ouarrou, entre Djelfa et le rocher de sel, il y a un cirque dont le fond est occupé par des roches métamorphiques identiques d’aspect à celles qu’on observe sur le rocher de sel. Aussi nous avons supposé que les roches métamorphiques d’Aïn Ouarrou se relient au rocher de sel de Rang el-Melah. Au nord, le bassin du Zahrez s’appuie contre le massif crétacé du Djebel Kaïder.
- Entre la chaîne crétacée du Djebel Kaïder, au sud, et celle du Djebel Saïada, auprès du caravansérail d’Aïn Ousserah, au nord, il y a un bassin quaternaire qui est à 785 mètres d’altitude auprès du poste-café de Bou-Cedraïa. Ce bassin communique, par la coupure de l’Oued Ousserah, avec le grand bassin quaternaire du haut Chélif, qui, au pied de la crête quaternaire d’El-Krechem, est à 65o mètres d’altitude. Au nord du caravansérail de Boughezoul, apparaît le terrain miocène qui forme les derniers contre-forts du versant méridional de l’Atlas.
- La partie orientale de la coupe (fig. 3) indique simplement le relief du sol, depuis Boghar jusqu’à Alger. L’étude géologique de cette région sera l’objet d’un autre travail. Nous avons voulu seulement, dans la coupe (fig. 3), montrer le relief général du sol depuis Metlili jusqu’à Alger, afin que ce relief fût facilement comparable à celui que nous avons donné des terrains compris entre Ouargla et Bône, dans notre voyage d’exploration dans le Hodna et le Sahara de la province de Constantine.
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- HUITIÈME PARTIE.
- TABLEAU N° 1,
- INDIQUANT
- LES SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER
- POUR
- LA RECHERCHE DES EAUX JAILLISSANTES.
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-
- 496
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- Numéro il’ordre du bassin artésien. N OM DU 11 A S S I S ARTESIEN. Numéro d’ordre du soudage. NOM DU S 0 « I) A C E.
- 1 Aïn Malakoft
- i Bassin de l’Oued Meîah.
- 2 El-Mesran
- il Bassin de l’Oued Kaïder. 3 Oued Kaïder
- lii Bassin de l’Oued Kouri-recli. 4 Oued Kourirecli
- IV Bassin du haut Cliélif (Oued Ouenrg). 5 Cliabounia
- 6 Sbitcïa
- EPOQUE
- À I. A Q U E L I. F.
- les travaux de sondage ont été terminés.
- 8 décembre 1862
- 22 janvier i 863 .
- i4 avril i864. . .
- i4 avril 186/t. . .
- 27 mars 1862.. .
- 19 niai 1860.. . .
- Altitude de l’orifice du sondage au-dessus de
- la mer.
- 861
- 882
- 869
- 865
- 6 9 9
- 654
- Profondeur
- totale
- du
- sondage.
- >1,20
- 45,70
- 178,41
- 173,25
- 38o, 18
- 7S,o3
- DÉSIGNATION Profondeur
- des au-dessous du sol
- NAPPES ARTÉSIENNES des
- ascendantes diverses nappes
- ou jaillissantes. artésiennes.
- Mètres.
- ir° nappe ascendante.. . 18,00
- nappe jaillissante ... j 4^81"^ 20
- irc nappe ascendante. .
- : nappe ascendante. . .
- nappe ascendante. . . nappe jaillissante . . .
- iT° nappe ascendante.
- 45,70
- 2 il, 20
- 146,5o
- 128,55
- 152,60
- 07,00
- de âgm
- à 73”
- nappe ascendante. . .
- 15,5o
- entre i5”',5o et 57”',80
- entre 57°\8o et 78°',o3
- SONDAGES EXÉCUTÉS DANS LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER. 497
- Niveau hydrostatique des diverses nappes artésiennes. Débit primitif de chaque nappe jaillissante ( par minute). Débit primitif total des nappes jaillissantes trouvées dans chaque sondage (par minute). Débit primitif total des nappes jaillissantes captées dans choque sondage (par minute). Température primitive de chaque nappe artésienne. Température primitive de i’ensemblo des eaux j ailüssantes captées à la surface du sol. Nom du conducteur des travaux.
- Mètres. Litres. Litres. Litres. Degrés. Degrés.
- 1 *>00,00 828,00 2 1,00 Saury.
- — i,33
- + i,8o 1 200,00 »> j f>
- — 5,85 17,00
- — 4,8 o
- — 15,8o ) 7 or>
- 4 0,00 2 1,00
- - i,34 /jO,ÛO 16,5o Lient1 Pomey.
- 4o,oo
- 2 1,00 Serg‘ Heuga.
- 6,00
- Englaender.
- — 5>!9 6,oo 1 9,00 Saury.
- •
- — 5,oq
- Englaender.
- — 3,8o 16,35
- — 3,8o
- — 3,8o
- OBSERVATIONS.
- La rencoutre d'uue couche de sable, allant de35,u,i3 à 45m,70, a empêché de mener le sondage à bonne fin.
- Le sondage a été arrêté le 1 \ avril 180^ » à muse de l'insurrection arabe.
- L’eau coule au fond d’un fossé de oD,,88 de profondeur* Le i4 avril 186A , le sondage a été arrêté à cause de l’insurrection arabe.
- Le débit de la première nappe ascendante a été mesuré à l’aide d’une pompe.
- Les trois nappes ascendantes se distinguent par des différences très-grandes dans leur composition chimique.
- 63
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-
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- TABLEAU N° 2,
- INDIQUANT
- LES L 0 N G U E 11 K S DES COLONNES DE RETENUE EN TÔLE
- DK DIVERS DIAMÈTRES
- EXIGÉES PAR L’EXÉCUTION DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES
- DE LA PROVINCE D’ALGER.
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-
-
- 500
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- NUMÉROS d’ordre. DÉSIGNATION des SONDAGES. PROFONDEUR totale de» sondages. LONGUEUR force sans tuber au diamètre de om,35. LONGUEUR de colonne de om,33 de diamètre.
- Mètres, Mètres. Mètres.
- 1 Aïn MalakoiT O CN CO 6,00 8,00
- 2 El-Mesran 45,70 6,oo i3,oo
- 3 • Oued Kaïder -J 00 i“ 5,i 2 ï 5,oo
- 4 Oued Kourirech 173,25 6,00 6,00
- 5 Chabounia 38o,i8 1 4,oo 3o,oo
- 6 Sbiteïa 78,03 10,00 3i,5o
- Totaux 936,77 n io3,5o
- LONGUEUR LONGUEUR LONGUEUR LONGUEUR
- de de de de
- colonne de om,3o colonne de om,27 colonne de colonne de om, 19 OBSERVATIONS.
- de de de de
- diamètre. diamètre. diamètre. diamètre.
- Mètres. Mètres. Mètres, Mètres.
- 54,oo 78,00 4,00 u Les 54 mètres de tubes de om,3o ont etc retires.
- 22,20 39,00 9,00 „ Les 9 mètres de tubes de 1 om,37 sont une colonne perdue jetée au fond du trou.
- 27,10 56,oo 124,00 On a retire les i5 mètres de la colonne de om,33 , aom,35 de la colonne de om,3o, 66 mètres de la colonne de om,a3 , 45 mètres de la colonne de on‘, 19.
- 33,oo 168,90 il U
- 58,92 9i>5° 269,20 39,00 f Les 3g mètres de tubes de om,i9 de diamètre sont | une colonne perdue qui va de 365 mètres à 3o4. Tous les tubes ont cté retirés, a l’exception de 175 mètres ^ de om,a3.
- 57,80 n n » Les tubes ont été retirés après l’abandon du sondage.
- 253,02 433,90 406,20 2 1 1,70 'V
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-
-
- TABLEAU N° 3,
- RÉSUMANT
- TOUTES LES OBSERVATIONS FAITES SUR LES SOURCES NATURELLES DU SAHARA,
- DU BENI MZAB
- ET DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
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-
-
- numéros d'ordre.
- 502
- EXPLORATION DÜ BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 2
- 3
- à
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- xo
- 11
- 1 2
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17
- 18
- 19
- 20
- 21
- NOM DES S0URCE5 NATURELLES.
- Seguiet cl-Aïn à Guerrara
- Mares persistantes clans le lit de FOued Zegrir, à 12 kilomètres en amont de Guerrara................................
- Oued Mzi, en amont de Lagliouat. . . .
- Aïn Meïla, à S kilomètres N. 0. de La-gliouat................................
- Source du caravansérail d’Aïn Sidi Ma-khelouf................................
- Source du caravansérail d’Aïn cl-Ibel..
- Oued cî-lbel auprès du caravansérail. .
- Aïn Dzeïra, à 4 kilomètres d’Aïn el-Ibel..................................
- Aïn Tilkhcmet.........................
- Sources de FOuerl Sidar :
- Source Uj..........................
- Source ............................
- Source ............................
- Sources de l’Oued Djeifa auprès du poste de ce nom...................
- Sources thermales de Djeifa, à 5 kilomètres nord du poste..................
- Aïn Ouarrou, à 10 kilomètres N. 0. de Djeifa................................
- Sources thermales de l’Oued Madjia. . .
- Oued Iïadjia, en amont des sources thermales.............................
- Aïn Sollan, à lx kilomètres ]\T. E. des sources thermales de l’Oued Hadjia..
- Aïn Tquima, à 22 kilomètres N. E. de la précédente........................
- Aïn Cheïma, à 16 kilomètres nord de Djeifa...............................
- Source thermale d’Aïn el-Hammam, au nord du Zahrcz Chergui...............
- Aïn Gassis, dans la vallée de l’Oued Kourirech............................
- Aïn Zmeïîa, à 6 kilomètres N. 0. d’Aïn Ouarrou, dans la vallée de FOued Melah :
- Source ..........................
- Source a2........................
- Aïn Mahmcd, à 2 kilomètres N. O. clc la précédente :
- Source rij.......................
- Source a3 . *....................
- D A T E Diamètre Altitude D É B ï T Tempe* Ternpé- SITUATION
- des de la nappe au-dessus de rature rature de GÉOLOGIQUE du point d’émergence OBSERVATIONS.
- par par de
- OBSERVATION 3. d’eaa. ia mer. la source. l’air. de la source.
- minute. seconde.
- Mètres. Mètres. Litres. Litres. Source naturelle com-
- 5 mai 1861. Degrés. Degrés. bloc par les Moza-
- H 3 a 1 il u 11 u Terrain quaternaire. * biles pour qu’elle ne puisse servir aux Ara-
- bcs.
- Idem. 1 Ecoulement apparent,
- 5,00 11 Fnihie. Faible. 2 1,66 u Idem. < nul à la surface du sol.
- 28 nov. i855. n 780 1 200? 2 00 ? ;/ n Terrain crétacé. L’Oued Mzi descend du
- Djebel Amour.
- Nov. i855. u u 33o 5,5c» u n Idem. Eau limpide fraîche.
- 2 1 mai 1 8G 1. n 918 60 3,00 18,5o u Idem.
- 2 2 mai 1861. u 1 o5 2 a4o 4,oo 17,00 2 4,66 Idem.
- Idem. u n 54o 9,00 24,33 24,66 Idem.
- 2o mai 1861. 1 ,00 1 108 120 2,00 17,5° 1 8,00 Idem.
- Idem. u II91 600 1 0,00 16,80 1 9,5o Idem.
- 2 mai 1863- n n 17,00 2 2,00 Idem.
- Idem. u n 33o 5,5o- 16,00 20,00 Idem.
- Idem. u n 17,00 10,00 Idem.
- 2/1 mai 1861. n 1 1 60 iSoco 3oo,oo 16,00 i4,5o Idem.
- 9 nov. j 855. n n 9° i,5o 29,00 n Idem. Eau potable non sulfureuse.
- 2/1 mai 1861. u 1 1 /|5 48o 8,00 17,66 24,00 Idem.
- 7 nov. 3 855. 11 // 1020 17,00 33,5o à 36,oo 11 Idem, Eau potable non sulfureuse.
- Un barrage récemment
- Idem. construit a noyé les
- n // 2080 43,oo 5,oo 11 Idem. * sources thermales dans les eaux de la rivière.
- 25 mai iS63. u n Faible. Faible. 16,00 19,50 Idem. Sc trouve dans le Djebel Sobari.
- 2/1 mai 1863. n n Idem. Idem. ] 9,00 15,00 Idem, Sc trouve dans le Djebel Sa lia ri.
- 16 avril 1863- u u Idem. Idem. 15,5o 15,oo Idem.
- 3o avril i858. u 11 :ï4o 4,oo 22,00 01,00 Idem. Eau agréable uon sulfureuse.
- Nov. 1855- //" u Très- faible. Très- faible. u u Terrain quaternaire, Potable, goût légèrement salin.
- mai 1861. u 1077 1 20 2,00 27,33 22,20 Idem. Goût un peu fade.
- Idem. n 1 °77 48o 8,00 21,66 2 2,20 Idem. Eau d’excellent goût.
- Idem. 5,oo io5i 36o 6,00 21,00 20,33 Idem. Goût excellent.
- Idem+ 3,oo io5i 54o 9,00 20,33 20,33 Idem. Idem.
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-
-
-
- OBSERVATIONS SUR LES SOURCES NATURELLES DE LA PROVINCE D’ALGER.
- 503
- U es » AS O "a o « S O Ta NOM DES SOURCES NATURELLES. DATE des OBSERVATIONS. Diamètre de la nappe d’eau. Altitude au-dessus de la mer.
- 23 Sources ascendantes de Fortas, rive gauche de l’Oued Garboussa : Source a 1, la plus occidentale 9 avril 1863. Mètres. 4,00 Mètres. u
- Source ao Idem. // u
- Source a3 Idem. it 11
- Source a4 Idem. 11 u
- Source a5 . . Idem. 11 11
- Source a(i v Idem. 1,00 u
- 24 Oued Melah, à l’aval du rocher de sel gemme de Rang el-Melah 2 5 mai 1861. u 946
- 25 Aïn Iiamia Chergui, à l’extrémité S. E. du Zahrez Chergui : Source a, i3 juill. 1862. 10,00 861
- Iclem 16 déc. 1862. 10,00 861
- 26 Source située à i,5oo mètres est d’Ain MalakolF Idem. U 861
- 27 Source située à 4 kilomètres ouest d’Ain MalakolF 16 ocl. ] 862. 11 861
- 28 Source jaillissante du sondage d'Ain MalakolF, venant de la proFondeur de 78 mètres à 81"',20 16 déc. 1862. 11 861
- 29 Aïn Sebakh, source jaillissante naturelle 6 nov. i855. u 861
- 3o Sources jaillissantes naturelles de Mocta Djedean : Source (ij 22 mai 1858. U 857
- Source a2 Idem. 11 857
- 3i Aïn Hamia Rharbi 27 mai 1863. 3o,oo 857
- 32 Nappe ascendante d’El-Mesran, venant de la proFondeur de 45m,7o 12 févr. a 863. // 882
- 33 Nappe ascendante de l’Oued Kaïder, venant de la proFondeur de i5 mètres. Mars à mai 1864. il II
- 34 Source jaillissante du sondage de l’Oued Kourirech, venant de la profondeur de i52m,6o i4 avril i864. U 7/
- 35 Source salée située à l’extrémité S. E. du rocher de sel de Rang el-Melah. 1" nov. i855. il II
- 36 Aïn el-IIammam, sur le versant sud du Kef el-Hammam 3o avril r 861. It II
- 37 Aïn Djedid 3o avril i858. // l.
- 38 Aïn Gueterfa Idem. II Il
- '39 Aïn Toui'la Idem. U U
- 4o Aïn Terrah Idem. u u
- 4i Aïn Rhelal 29 avril 1858. II II
- 42 Aïn Hadjer, sur le revers N. E. du Djebel Daoura 18 mai x 858. .) " II
- 43 Aïn Djerob, à 1 kilomètre sud de la précédente Idem. // u
- 44 Aïn el-Hammam, à 2 kilomètres ouest d’Ain Djerob Idem. 1,15 II
- 45 Aïn Zerguin Idem. II u
- DÉBIT Teuipt- Tempe* SITUATION
- rature do rature GÉOLOGIQUE du point d’émergence OBSERVATIONS.
- de
- par
- la source. l’air. de la source.
- minute. seconde.
- Litres. Litres. Degrés. Degrés.
- // 11 23,00 1 0,00 Terrain quaternaire. A l aide de quelques
- // u 19,50 10,00 Idem. tranchées, on aug-
- // 11 2 1,00 1 1,00 Idem. monterait notable-
- 11 H 2 1,00 14,5o Idem. ment le volume des
- 11 H 23,5o 16,00 Idem. sources aj , a2 , a6 , qui servent à l irri*
- u u 20,00 16,00 Idem. gation des terres.
- 3oooo 5oo,oo II II Terrains crétacé et
- quaternaire.
- 4o 0,66 2 1,00 32,00 Terrain quaternaire.
- 4o 0,66 20,5o 12,33 Idem.
- 2,5û o,o4 18,5o 12,33 Idem.
- U H 1 9,00 II Idem.
- 815 13,58 2 1,00 II Idem.
- 60? 100 ? 20,00? II Idem. Les deux sources de
- Idem. Mocta Djedean s’épan-
- Il Il 20,00? II chcnt sur une couche
- U Il 20,00 II Idem. de sel dans l'intérieur
- Très- Idem, du Zahrez Rharbi.
- faible. faible. 20,00 19,00
- 11 u 17,00 8,00 Idem.
- u u 16 à 17 U Idem. ; La température do l’eau
- jaillissante de Kouri-| rcch , qui était de 21°
- 4o 6,66 24,5o II Idem. Terrain métamorphique. ) le i4 avril i864 , peu \ de temps apres le 1 jaillissement de l’eau, était de 24°,5o le 36 décembre 1866.
- 20 o,33 18,5o 9,00
- 24o 4,oo 22,00 II Terrain crétacé.
- 60 1 ,00 II U Idem.
- 60 1,00 II II Idem. | Se trouvent sur le Djc-
- bel Tcberguin, au
- 3 o,o5 o,o5 u 1 4,00 H Idem. ’ nord du Zahrez Liber- l Sui*
- 3 2 2,00 Idem.
- 120 2,00 17,00 24,00 Idem.
- 180 3,oo 19,00 25,00 Idem.
- 45o 7,5o 27,00 25,00 Idem.
- // U 42,00 // Idem. Eau minérale sulfu-
- reuse.
- 1 2000 200,00 19,00 6,5o Idem. Sert à l’arrosage des céréales.
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-
-
-
- 504
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET D[J SAHARA.
- w a P I) A T E Diamètre Altitude DÉBIT T empé- Tempe- SITUATION j
- es O de au-dessus >11. rature rature GtQl. 0 G I Q t F.
- G NOM DES SOURCES NATURELLES. des Ja nappe de de de du point d’émergence OBSERVATIONS.
- 6 • par par
- 0 li S I. R V A T10 N S • d'eau. la mer. la source* l'air. de la source.
- s V. minute. seconde. .
- 46 Aïn Abbadia, à 1 kilomètre S. 0.d’Aïn Mètres. Mètres. Litres. Litres. Degré». Degrés,
- Zergum , , 19 mai 185S. 11 u 600 2 1,5 0 / /
- à7 Aïn Kaddera, à 1 kilomètre S. 0. de la
- précédente :
- Source ci| Idem. U 36oO Go,00 26,00 Idem.
- Source a,2 Idem. U 11 60 1,00 2 2,00 // Idem.
- 48 Aïn Fritizza Idem. II H l800 00,00 22,00 u Idem.
- 4 9 Aïn Taguin Idem. II II 1 200 20,00 19,50 u Idem,
- 5o Sources du Ksar ben Anunadc :
- Source ci 23 mai 1858. Idem. II U 3 Go 6 G,00 0,10 1 8,00 17’00 00,00 35,00 Idem. Idem.
- Source a.-i u H
- 51 Aïn Clielîala, source de l’ancien ksar. . Icbm. U U 1 80 3,00 17,5° // Idem.
- Sources du ksar actuel :
- Source n^ I lem. Idem. 1 Goo 20 19,00
- Source n^ 0,33 JUem. i.), _
- JUem.
- AlP Rjefbda II 180 3,oo Idem. Nous n’i.vous pu visiter
- O Z
- 53 Aïn Scïd bel Djemel v n II U U n // u Idem. ces deux sources.
- 54 Sources dites Aïn bou Gif :
- Source n T 13 mai 1858. Idem, II II II 15,00 1 5,00 15,0 0 1! ! !
- Source ci, II 3oo 5,00 Idem,
- Source ci., Idem. II „ n Idem,
- 55 Aïn Taregragred r> 0 Idem. II II Go 1,00 U ! ! hlctn.
- 56 Aïn Harmela :
- Source nj . , , Idem. Idem. II II 20 î 5o 0,33 2,5o ! / Idem. hlcm.
- Source n^ II II II
- 5? Aïn Glia, au pied du revers nord du
- ï\pf ol-Aklidnr 9 mai 1858. II 36o 6,00 11 Idem. 1
- 58 Autres sources qui se réunissent à la
- pvécérleïiie Ide ni. II 54o 9,00 ti 11 Idem.
- Eau fraîche el de bon
- 1
- ^9 Aïn Sidi Abd el-Kader, à 9 kilomètres goût.
- Q ,S O flVAî'n bon Gif. 11 mai 1858. 420 Idem.
- n / ,uu "
- 6o Aïn Berda, à 5 kilomètres S. F. d’Aïn
- bon Gif, , , 8 mai 1861, 9°o 15,00 17,00 Idem. j
- Eau louche el de mau-
- 6i O^erî Rbarbm Idem. 2,00 Idem. vais goût, coule sur
- Ligne de sources ascendantes entre i’Oued Riiarbia et EI-Abiod
- des marnes.
- Idem, u II n U n // Idem. Sources indiquées par des traînées de joncs.
- 62 Ain (ferma Idem. 17,50 Idem. Eau fraîche el de bon
- Source ap à 100 mètres ouest d’Aïn goût.
- F e rm ^ Idem. II U 3o o,5o 17,50 U Idem.
- Source a2, à 1 kilomètre N. 0. d’Aïn Knrma, t
- Idem. II U 20 0,33 0,33 17,50 17>5° U Idem.
- 63 64 Aïn Phavbm . . . , Idem. U II 20 U Idem.
- Aïn Smar, à 2 kilomètres en amont d'El-
- Ab-^d . , „ , , Idem. II U 60 1,00 // U Idem, Eau fraîche, un peu
- 65 66 Aïn el-A biod Idem. II II 20 o,33 o,5o 16,5o H U Idem. douceâtre.
- Aïn Tmitn foniainp romaine Idem. II U 3o U Idem. Eau fraîche et de bon goût.
- 67 Oued Tekhaza, près de son débouché dans 1^ plainp, , Idem. •t II 3 00 5,oo U // Idem. Eau saumâtre non potable.
- 68 Aïn Sidi bel Haoua, à 16 kilomètres
- E. S. E. de Boghar 1 4 mai :858. II II 36o 6,00 16,33 19,00 Idem. Eau de bon goût.
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-
-
-
- OBSERVATIONS SUR LES SOURCES NATURELLES DE LA PROVINCE D’ALGER.
- 505
- M es P S O P O £ ‘U •<a NOM DES SOURCES NATURELLES. D A T E des OBSERVATIONS. Diamètre de la nappe d’eau. Altitude au-dessus de la mer.
- 69 Sources cle la Smala de Moudjebeur : Mètres. Mètres.
- Source principale al 16 mai 1858. // H
- 2 sources voisines non captées a.,.. . Idem. 11 n
- Source des Arabes a3 Idem. H u
- 70 Sources de Boghar Juillet 1860. u 970
- 7i Aïn el-Kcrem, à 4 kilomètres N. 0. de Bogliar, sur la route d’Amoura 28 mai 1858. u u
- 72 Aïn Seba Il u u
- 73 Sources quaternaires de l’Oued Taguin, en face du ksar du même nom 19 mai i858. n n
- 74 Oued Susellem, au pied du Djebel Reu-cliiga 24 mai i858. u u
- 75 Oued Fedoul 2 5 mai 1858. u u
- 76 Aïn Belbclla Idem. H u
- 77 Oued Oucurg, au pied du ksar Cha-bounia 17 mai i858. // u
- 78 Source ascendante de Chabounia, venant de la profondeur de 37 mètres. 6 nov. 1869. // 699
- 79 Source ascendante de Sbiteïa, venant de la profondeur de i5n‘,5o 1 6 mai 18G0. // 654
- 80 Sources de l’Oued Ousserah, auprès du caravansérail d’Aïn Ousserah : Infiltrations de la rive gauche : Fontaine-abreuvoir aL Iclem i4 juill. 1862. // 715
- i4déc. 1862. u U
- Bouillon a2 i4 juill. 1862. n U
- Idem i4déc. 1862. u U
- Bouillon a3 14 juill. 1862. n n
- Idem i4déc. 1862. u u
- Bouillon afl i4 juill. 1862. u u
- Idem i4déc. 1862. n n
- Bouillon o5 14 juill. 1862. ii 715
- Idem i4déc. 1862 u 7i5
- Bouillon a6 i4 juill. 1862. n 7i5
- Idem i4déc. 1862. n 715
- Infiltrations de la rive droite de l’Oued : Bouillon n7 14 déc. 1862. u 715
- Bouillon a8 Idem. n 715
- Eau de l’Oued Ousscrali à l’aval de toutes les infiltrations i4 juill. 1862. n yi5
- Idem :. . . . i4 déc. 1862. n U
- 8i Aïn Chemmara 3 mai 1858. n U
- 82 Oued Cbélif, au pied de Boghar Idem. u 627
- 83 Oued Guetfa,àson débouché dans la plaine 6 mai i858. u U
- 84 Sources salées des Ouled Hcditn : Source tq 3 mai i858 u II
- Source a2 Idem. u u
- 85 Sources salées des Rcbaïa : Source flj Idem. u u
- Source a2 Idem. u //
- Source a3 . Idem. // II
- 86 Oued Melah des Rcbaïa, à l’amont des sources salées Idem. // H
- D K B r T Tempe- Tempé- SITUATION
- rature rature GÉOLOGIQUE
- de du point d’émergence OBSERVATIONS,
- de
- par par la source. l’air. de la source.
- minute. seconde.
- Litres. Litres. Degrés. Degrés.
- 24 o,4o 11 11 Terrain miocène,
- 6 0,10 n u Idem.
- 1 2 0,20 u u Idem. , Eau fraîche et de hon
- 669 10,65 17,00 32,00 Idem, goût.
- 600 10,00 16,00 // Idem,
- 15 0,2 5 // n Idem. Goût un peu sale.
- u n // u Terrain quaternaire. Eau verdâtre, se perdant dans des marais,
- 4200 70,00 29,00 n Idem. Eau courante, chauffée par le soleil.
- 37)0 6,00 n u Idem.
- 1 2 00 20,00 u u Idem. Eau fraîche de bon
- goût.
- 3ooo 5o,oo H u Idem. Eau potable.
- 6 0,1 0 1 9,00 u Idem. Eau très-saumâtre.
- U u 16,35 II / f/e m.
- U u 25,00 39,00 Idem.
- II n 13,00 1 0,00 Idem.
- U u 23,00 3g,00 Idem.
- 1 2 0,20 13,oo 10,00 Idem,
- u u 22,00 39,00 Idem.
- 6 O, 1 0 1 0,00 1 0,00 Idem.
- U 11 25,00 3g, 00 Idem.
- H u 22,50 10,00 Idem.
- II u 25,00 3g,00 Idem,
- 20 0,33 2 4,5o 10,00 Idem.
- // n 20,00 39,00 Idem.
- II u i5,oo 10,00 Idem,
- U N 15,00 1 0,00 Idem.
- n u 2 2,5 0 1 0,00 Idem,
- 3oo 5,00 29,00 09,00 Idem. Eau do mauvais goût.
- 3oo 5,00 1 1,00 10,00 Idem,
- 3 00? 5,ooP // II Idem. Eau saumâtre de très-
- mauvais goût. Débit très-variable, sui-
- H U // II Idem. vant les pluies, presque nul en ôté.
- 4200 1 70,00 Terrains miocène et Eau de bon goût, un
- // n quaternaire. peu trouble.
- 15 0,25 // u Tcrr. métamorphiq. Sert b la fabric0D du sel.
- 7 0,12 // il Idem. Idem.
- 48o 8,00 2 1,00 H Idem.
- 6 0,10 u H Idem.
- 1 20 . 2,00 u U Idem, Eau saumâtre.
- i5o,oo Terrains crétacé et Impotnble à l’aval des
- // It n miocène. sources salées.
- 64
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-
-
-
- TABLEAU N’ 4,
- RÉSUMANT
- TOUTES LES OBSERVATIONS FAITES SUR LES PUITS ORDINAIRES NON JAILLISSANTS
- DU BENI M Z À B, DU SAHARA
- ET DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
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-
-
-
- NUMÉROS D’ORDRE
- 508
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 1
- 2
- NOM DES PUITS ORDINAIRES NON JAILLISSANTS. D A *r E des OBSERVATIONS. Profon- deur de l’eau sous le sol. Hauteur d’eau. Profon- deur totale du puits sous le sol. Tempé- rature de l’eau à la surface du plan d’eau. Tempé- rature de l’air extérieur. Altitude au-dessus de la mer. ÉTAGE GÉOLOGIQUE traversé par le puits. OBSERVATIONS.
- Puits creusé dans l’Oued En-Nça, sur la route de Negoussa à Guerrara. . . . Avril 1861. Moires. // Mètres. 11 1 « O 1 2 ^ I -© i"- S -cr Degrés. u Degrés. // Mètres. 3o8 Terrain quaternaire. Ce puits n,a pas donné
- Groupe de puits de l’oasis de Guerrara. 315 d’eau.
- § I. Puits situés auprès de la porte occidentale de Guerrara.
- Puits n° 1 3o avril 1861. 13,85 0,75 i4,6o 20,00 II // Terrain quaternaire.
- Puits n° 2 Idem. 16,5o i4,oo 3o,5o 20,00 24,00 II Idem.
- Puits n° 3 hlem. 20,80 18,5o 39,3o 19,33 II II 1 em.
- Puits n° 4 Idem. 20,80 18,00 38,80 19,50 25,00 :/ Idem.
- § IL
- Puits situés dans le quartier oriental de l’oasis, en
- de l’Oued Zegrir.
- DEHORS DE LA PLAINE ALLUVIENNE
- Puits 11“ 5 1" mai 1861. 27,1 5 O O r- 34, i5 20,33 23,5o II Terrain quaternaire.
- Puits 11° 6 Idem. 3o,8o 7,20 38,oo 2 i,5o II H Idem.
- Intarissable en été.
- § III. Puits situés dans le centre de l’oasis, au milieu de la plaine alluvienne
- de l’Oued Zegrir.
- Puits n° 7 i,rinai 1861. 12,35 8,90 21,25 1 9,00 u u Terrain quaternaire.
- Puits n° 8 Idem. 12,10 2,80 l4,90 19,80 II il Idem.
- Puits n° 9 Idem. 8,45 9,80 18,25 21,20 u u Idem.
- Puits n° io Idem. 8,80 6,80 i5,6o 20,00 u n Idem.
- Puits n° 11 Idem. 10,75 8,00 18,75 20,00 11 u Idem.
- Puits n° 12 Idem. io,85 17,20 28,05 19,80 11 // Idem.
- 3
- 4
- § I. Quartier situé au pied de la ville d’El-Ateuf.
- Goût légèrement salé. Idem.
- Idem,
- Idem.
- Goût douceâtre.
- Puits 11° 1 6 mai 1861. 17,25 6,15 23,4o 21,66 2 4,oo 11
- Puits 11° 2 Idem. 27,25 5,oo 32,25 22,5o n jt
- Puits n° 3 Idem. 24,25 5,io 29,35 22,5o u u
- Puits n° 4 Idem. 24,65 5,oo 29,65 22,5o u u
- Puits n° 5 Idem. 26,70 3,20 28,90 22,5o u u
- ^ IV. Puits situes dans le quartier occidental de l’oasis.
- Puits n° 13 2 mai 1861. Idem. i3,5o 11,80 14>5o 15,65 2i,33 II n Terrain quaternaire. Idem.
- Puits n° 14 3,85 18,80 11
- Moyennes ries 1 f\ puits rie nuerrara. . . 16,01 8,5 7 24,58 19’99 u
- Groupe de puits de l’Oued El-Faredj. Groupe de puits de l’oasis d’El-Ateuf. 2 mai 1861. 6,5o // II 19,00 U 412 5 20 Idem. Terrain diluvien et terr.iin crétacé.
- Puits n° 6
- § II. Quartier de Djaoua.
- 7 mai 1861. I 3i,20 I o,8o j 32,oo 1 21,00 I 1/1,5o
- Goût légèrement salé.
- Puits n° 7
- Puits n° 8. Puits n° 9. Puits n° 10
- § III. Quartier de Ghaba.
- 7 mai 1861. | 3o,4o [ 5,20 | 35,60 | 22,33 | i4,5o | u |.............|Goûtl>on.
- § IV. Quartier d’^oulaouan.
- 7 mai 1861. Idem. 37,60 33,35 i,85 1,00 3g,45 34,35 2 2,5o 2 1,00 i4,oo II u it Goût bon Idem.
- Idem. 3i,4o 1,00 32,4o 22,5o n u Idem.
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-
-
-
- NUMÉROS I>’0nDI\E
- OBSEHVAXIONS SUR LES PUITS NON JAILLISSANTS DE LA PROVINCE D’ALGER.
- 509
- N 0 M DES P ü I T S O R D I N A l R K S
- NON JAILLISSANTS.
- D A T K des
- OBSF.H VATIONS.
- Profondeur de Peau sous ie soi.
- Hauteur
- d'eau.’
- Profondeur totale du puits sous le sol.
- Température de l’eau à
- la surface
- du plan d’eau.
- Température de l’air extérieur.
- Altitude
- au-dessus
- de
- la mer.
- E T AGE
- GÉOLOGIQUE traversé par le puits.
- OBSERVATIONS.
- S V. Quartier de Hahess.
- Métrés.
- Puits n° ii 7 niai i 8G j . 2 4,60
- Puits 11° 12 Idem. 25,80
- Puits n° 13 Idem. 20,4o
- Puits n° 14 Idem. 4i ,3o
- Moyennes des i4 puits d'El-Ateuf. . . . 28,55
- Groupe de puits de l’oasis de Bou-Noura.
- Mètres. 2,65 Mètres. «7»2 5 Degrés. 1 9,5o Degrés. 1 5,00 Mètres. // Goût bon
- 4.9° 30,70 2 1,0O n n Idem.
- 1,20 2 1,60 20,5o u 11 Idem.
- 4, 9° 46,20 2 2,00 n n Idem.
- 3,5i 32,07 21,71 n u
- 5oo Terrain diluvien et terrain crétacé.
- § I. Quartier de l’Oued Mzab.
- Puits n° 1 8 mai 1861. 35,5o i,4o 36,90 2 2,00
- Puits n° 2 Idem. 41,65 0,60 42,25 22,5o
- Puits n° 3 Idem. 28,25 1,25 29,5° 2 1,00
- Puits n° à Idem. 23,60 o,5o 2/1,10 2.0,00
- ii
- il
- 1/
- Goût bon.
- Goût assez bon. Saumâtre.
- Goût bon.
- § IL Quartier de l'Oued Zouili.
- 7
- 8
- 9
- Puits n° 5..........................
- Puits n° 6..........................
- Puits n° 7..........................
- Puits n° 8..........................
- Puits n° 9..........................
- Moyennes des puits de Bou-Noura. . . .
- Groupe de puits de l’oasis de Béni Isguen.
- Puits n9 î..........................
- Puits n° a..........................
- Puits n° 3..........................
- Puits n° 4 »........................
- Puits n° 5..........................
- Puits n° 6..........................
- Puits n° 7..........................
- Puits n° 8..........................
- Moyennes des puits de Béni Isgucn. . .
- Groupe de puits de l’oasis de Melika.
- Puits n° î..........................
- Puits n° ...........................
- Puits n° 3..........................
- Puits n° 4..........................
- Puits n° 5..........................
- Puits n° 6..........................
- Puits n° 7..........................
- Puits n° 8..........................
- Puits n° 9..........................
- Moyennes des puits de Melika..........
- Puits de la ville de Melika sur le mamelon qui porte la ville..............
- Groupe de puits de Ghardaïa...........
- 8 mai 1861. 16,80 3,oo 19,80 21,00 n . u
- Idem. 29,30 0,70 3o,oo 22,00 u u
- Idem. 27,10 0,70 27,80 21,33 11 11
- Idem. 34,70 2,00 36,70 21,66 n 11
- Idem. 2 1,15 2,25 23,4o 22,66 u n
- 28,66 i,38 38,o5 22,57 II u
- 510
- 8 mai 1861. 17,00 2,00 19,00 21,00 II a
- Idem. 3i,6o 1,70 33,3o 22,5o u u
- Idem. 20,10 1 ,o5 21,i5 22,66 u II
- Idem. hio 0,80 8,5o 20,00 u H
- Idem, 37,20 0,75 37.95 22,5o n U
- Idem. 42,70 1,00 43,70 23,5o u U
- * Idem. 21,3o 2,00 23,3o 21,5o n II
- Idem. 24,10 i,65 25,75 23,00 n U
- 25,2 1 1,37 26,58 22,08 u U
- 5 ° 0
- 10 mai 1861. 28,00 0,60 28,60 21,20 n //
- Idem. 33,75 37,25 71,00 23,20 u //
- Idem. 3o,45 o,3o 30,75 2 2,00 u //
- Idem. 33,4o i,3o 34,70 22,33 u u
- Idem. 33,oo 1,60 34,6o 22,66 n n
- Idem. 26,55 1,80 28,35 22,00 n n
- Idem. ’ 27.75 i,4o 29,15 21,33 u n
- Idem. 4i,85 3,oo 44,85 23,66 u n
- Idem. 4 0,20 2,90 43,10 23,33 u n
- 32,77 1,61 " 34,26“ 22,4i n u
- 10 mai 1861. 52,4o 2,20 56,80 22,66
- Terrain diluvien et terrain crétacé.
- Terrain diluvien cl terrain crétacé.
- Terrain crétacé. Terrain diluvien et terrain crétacé.
- Goût bon.
- Goût douceâtre. Goût bon.
- Goût douceâtre. Goût bon.
- Goût amer.
- Idem.
- Idem.
- Creusé dans le lit du ravin à 6 mètres au-dessous du précédent. Goût bon.
- Idem.
- Idem,
- Idem.
- Goût bon.
- Idem.
- Goût un peu douceâtre.
- Goût bon.
- Goût un peu douceâtre
- Goût bon.
- Goût un peu amer.
- Goût bon.
- /dem.
- a Non compris le puits n° a.
- Ce puits sert en cas de siège, I/eau en est saumâtre.
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- 510
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ïii CS P CS O 6 CS 1 S 1 a 1 æ NOM DES PUITS ORDINAIRES NON JAILLISSANTS. DATE des OBSERVATIONS. Profon* (leur de l’eau sous le sol. Hauteur d’eau. Profon- deur totale du puits sous le sol. Tempé- rature de l’eau ù la surface du plan d’eau. Tempé- rature de l’air extérieur. Altitude au-dessus de la mer. ÉTAGE GÉOLOGIQUE traversé par le puits. OBSERVATIONS.
- 1 i I § I. Quarf riER DE Bel I Ienneiv [.
- Mètres. Mètres. Mètres. Degrés. Degrés, Mètres.
- Puits n° i 9 mai 1861. 34,65 0,35 35,00 2 2,5 0 25,00 // T. diluv. et t. crét. Goût bon.
- Puits 11° 2 Idem. 17,30 g,3o 26,60 2 1,00 u u Idem. Idem,
- Puits n° 3 Idem. 2 1 ,80 i,5o 23,3o 1 8,25 11 n Idem. Goût excellent.
- Puits n° 4 Idem. 25,5o 1,00 26,5o 19,25 u u Idem, Goût bon.
- Puits n° 5 Idem. 21,3o 3,o5 24,35 19,66 11 u Idem. Idem,
- § il. Quartier de Ben Djeblin.
- Puits n° 6 9 mai 1861. 20,25 o,o5 20,3o 11 11 n T. diluv. et t. crét. Goût bon,
- Puits ii° 7 Idem. 18,60 2 2,00 4o,6o 21,20 u u Idem. Idem.
- § ni. Quartier de Bou Ghemjan.
- Puits n° 8 9 mai 1861. 24,60 2 2,3o 46,90 22,66 11 u T. diluv. et t, crét. Goût bon.
- Puits n° q Idem. 20,1 5 2 2,50 42,65 2 1,4 0 11 11 Idem. Idem.
- Puits n° îo Idem. 19,60 11,70 31,2 0 2 1,00 n u Idem. Idem.
- Puits n° il Idem. 20,3o 24,60 44,90 2 1,20 u u Idemî Idem.
- Puits n° 12 Idem. 14,5o 6,35 20,85 2 2,33 u n Terrain diluvien. Idem.
- Puits n° i 3 Idem. 14,6o 1,00 15,6o 2 1,00 II u Idem, Idem.
- Puits n” i 4 Idem. 15,oo 2,3o 17,30 22,66 II n Idem. Idem,
- § IV. Quartier DE ClIAABA.
- Puits n° 15 9 mai 1861. 25,70 3,i5 28,85 22,66 u 11 T. diluv. et t. crét. Goût bon.
- Puits n° 16 Idem. 25,10 3,io 2 8,20 2 2,5o II u Idem. Idem.
- Puits n° 17 Idem. 4o,20 3,io 43,3o 20,66 II n Idem. Idem.
- Puits n° 18 Idem. 4o,65 9’7° 5o,35 2 1,00 u n Idem. Idem.
- Moyennes des puits de Gliardaïa 23,32 8,17 31,48 2 1 ,2 3 u n
- 10 Groupe de puits de l’oasis de Mctlili.. . 5o5
- Puits n° 1 11 mai 1861. 23,70 4,io 27,80 22,00 u // T. diluv, et t. crét. Goût boa,
- Puits n° 2 Idem. 2 i,3o 4,4o 25,70 21,66 II n Idem. Goût très-bon.
- Puits n° 3 Idem. 19,40 1,00 20,4o 20,60 II u Idem. Idem.
- Puits n° 4 Idem. 1 9,30 3,10 2 2,4 0 2 2,66 u n Idem. Légèrement salé.
- Moyennes des puits de l’oasis de Metlili. 20,92 3,15 24,07 21,73 II n
- 2 1 Puits de Kanfous, à 10 kilomètres en
- amont de Mctlili 12 mai 1861. 29,90 0,90 3o,8o 2 2,66 1 6,00 58o Terrain crétacé.
- 1 2 Groupe de puits de l’oasis do Berrian. . 547
- § I. Quartier de l’Oued Madagii.
- 1 | Puits n° î | 15 mai 1861. | 21,00 2,77 23,77 21,66 " " T, diluv. et t, crét. |Goût bon.
- - § II. Quartier d’Hamia.
- Puits n° 15 mai 1861. i8,45 2,18 20,63 2 1,00 // II T. diluv. et t. crét. Goût assez bon.
- Puits n° 3 Idem. 20,60 4,65 28,25 20,00 u II Idem. Idem.
- § ni. Quartier de That el-Ksar.
- | Puits n° 4 | i5 mai 1861. | 23,80 j 0,90 | 24,70 ] 20,00 | " \ " | T. tliluv. et t. crét, | Goût excellent.
- § IV. Quartier de l’Oued Zergui.
- 1 j Puits n° 5 i5 mai 1861. 22,75 3,80 26,55 21,66 u u T. diluv. et t. crét. Goût un peu fade.
- Puits n° 6 - Idem. 22,l4 ! 1 ,00 2 3,14 21,5o u u Idem. Goût bon.
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- OBSERVATIONS SUR LES PUITS NON JAILLISSANTS DE LA PROVINCE D’ALGER.
- 511
- M es a D A T E Profou* Profon- deur Tempé- rature Tempe- Altitude ÉTAGE
- es NOM DES PUITS ORDINAIRES deur Hauteur de l’eau
- O totale rature au-dessus GÉOLOGIQUE
- A des de l’eau du puits à
- O ai NON JAILLISSANTS. sous d’eau. la surface de l'air de traversé
- SA O K OBSERVATIONS. le sol. sous le sol. du plan d’eau. extérieur. la mer. par le puits.
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- OBSERVATIONS.
- § V. Quartier de l’Oued Soudan.
- Mètres. Mètres. Mètres. Degrés. Degrés. Mètres.
- Puits n° 7 i5 mai 1861. 25,44 2,3o 27.76 0 j nn 11 T. diluv. et t. crût
- Goût bou.
- VT. Quartier de l’Oued Ballouh.
- Puits n° 8. Puits n° 9.
- Moyennes des puits de Berrian....
- Puits de Tilremt.................
- Groupe de puits de l’oasis de Laghouat. Puits situé sur la place de Ben Salem..
- Puits du jardin de Sidi Ben A’accr.
- Puits du jardin de Sidi Mohammed ben
- Alia.
- Puits du jardin d’Abd el-Kader ben Alia.
- Moyennes des puits de l’oasis de Laghouat............................
- Puits du poste-café de Metlili, roule de Laghouat à Djelfa.....................
- Groupe des puits d’El-Mesran..........
- Puits du poste-café...................
- Puits de la noria du sieur Mas........
- Groupe de puits de Raïan Chergui...
- Groupe de puits de Bouira, du Kef cl-Ilammam...............................
- Rous.
- Groupe de puits de l’Oued Mouilah...
- Groupe de puits de Birin............
- Puits n° 1, situé à l’extrémité est du
- massif de Birin...................
- Puits de la Bergerie................
- Bir Sedira..........................
- Bir Senoussen........................
- Moyennes des puits de Birin.
- Groupe des puits de l’Oued Beïda, à 18 kilomètres S. S. 0. de Taguin...
- Groupe de 10 puits de l’Oued Taguin, a 9 kilomètres sud de Taguin.........
- Groupe de puits de l’Oued Oueurg, à 4 kilomètres est des ruines du Ksar Chabouniali..........................
- Groupe de puits de Sbiteïa, sur la rive droite du Chélif.....................
- Puits de Bou Cedraïa................
- Puits d’El-Krechem...................
- Puits de Bougbezoul..................
- i5 mai 1861. io,85 3,75 i4,6o 20,75 u u T. diluv, et t. crét. Goût douceâtre.
- Idem. 21,10 4,8o 25,90 19,66 11 u Idem, Idem.
- 2 1,01 2,91 23,92 20,80 n
- 48,oo // u 73o Terrain crétacé. Ce puits n’a pas donne d’eau.
- Il U II II II 1: II
- 28 nov. 1855. 8,00 II U U u 780 Terrain diluvien. Goût bon.
- Idem. 8,00 H U U u 780 Idem. Idem. |
- Idem. 8,00 11 U II u 780 Idem. Idem.
- Idem. 15,oo II U U II 780 Idem. Idem,
- 9>75 II U II
- 21 mai 1861. 16,5o 3,5o 20,00 19,00 II 860 Terrain crétacé. Idem.
- 26 fév. 1863. 6,5o 1,00 7,80 13,00 5,00 882 Terrain qaaternaire. Goût salé.
- Idem. 6,5o 1,00 7,5o 12,00 5,oo // Idem. Idem.
- 20 déc. 1862. o,3o 1,2 0 i,5o b,5o à 9,50 11,00 846 Idem. Bon goût.
- icr mai 1858. 1 ,0O
- à 4,oo 1,00 2 à 5 U U // T. alluv. et t. crét. idem.
- 23 avr. 1858. 1.00 à i,5o 1,00 2,00 à 2,5o - II // Idem. Idem.
- 27 juin 1858 o,5o 2 à 3 2,5o à 3,5o U U II Terrain nlluvicn. Eau croupissante.
- n n n
- 8 mai 1858. 6,00 1,00 7,00 U II n Tcrr. numinuli tique. Goût bon.
- Idem. 6,00 10,00 16,00 II u u Idem, Idem.
- Idem. 5,oo 1,00 6,00 U u u Idem. Idem.
- Idem. 5,oo 1,00 6,00 U II u Idem. Eau fraîche et de bon goût.
- 5,5o 3,î5 8,75
- 20 mai 1858. 4,8o 0,55 5,35 U u // Terrain aliuvien. Goût bon.
- Idem. 8,20 o,3o 8,5o II u u Idem, Idem.
- 'idem. 4,5o o,5o 5,oo U u 699 T. alluv. et t, quat.
- 1 2,5o
- 16 mai 1860. 4,oo o,5o 4,5o à 16,5o sl l’heure. ' u 654 Terrain quaternaire. Eau de bon goût.
- Idem. 22,00 II // // n 785 Idem. Idem.
- 28 mai 1861. 12 à i4 II U 11 ti 65o Idem. Eau saumâtre impotable.
- Idem. 5,5o o,5o 6,00 n n 665 Idem, Eau légcrem* saumâtre.
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- TABLEAU N° 5,
- INDIQUANT
- LES ANALYSES CHIMIQUES DES EAUX POTABLES DU BENI MZAB,
- DU SAHARA
- ET DE LA REGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
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- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- 514
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. Eau thermale de l’Oued Hadjia , recueillie le 7 novembre i 855. ï Eau de la source thermale d’Aïn el-IIamman de Zerguin , recueillie le ) 8 mai 1858. 2 Eau du jmiti n° 7 de Béni Isguen , recueillie le 8 mai 1361. 3 Eau d’un puits de Ghnrdafa , recueillie le 9 mai j 861. 4 Eau d'un puits de Metliii recueillie le ] 1 mai 1861. 5 Eau d’un puits d’El-Atcuf, fournissant de bonne eau , recueillie le 6 mai 1861. 6 Eau d’un puits de Berrlau , recueillie le 15 mai 180 . 7
- Densité Aciclo carbon, (non combiné a l’étal de sel neutre). Potasse Soude Chaux Magnésie Peroxyde de fer Hases totales Acide chlorhydrique nitrique sulfurique carbonique (combiné) si! icicj ne |)bos|)liorique Acides totaux Matière organique. Poids total des sels hydratés par kilogr. d’eau.. A déduire l’eau correspondant à l'acide cblorhydr. Chlorure de potassium de sodium de calcium de magnésium Chlorures totaux Nitrate de potasse. de soude de magnésie Nitrates totaux Sulfate de potasse de soude de chaux de magnésie de fer. Sulfates totaux Carbonate de soude de chaux de magnésie Carbonates totaux Phosphates Peroxyde de fer Alumine Silice Silicate de magnésie Matière organique Totai. générai Auteurs Indét. • 1,00/10.3 à 2 5oc 1/2 i,ooo54 à i50C 1,00074 à .9“ 1,00073 à 26°' 1,00114 à 2 o°c 1/2 1,00081 à 2i° 1/2
- Indél. Indét. Indét. Indét. Indét. o,o655 Indét.
- // oEr, A 468 o ,2128 0 ,0971 0 ,oo5o Il i6r, 6275 0 ,6860 0 ,i3i 1 n H Oe',o5o2 0 ,0984 0 ,0659 1/ oer,oo58 0 ,061g 0 ,0990 0 ,0706 Traces. U oer,0/180 0 ,11 43 0 ,0907 Traces faibles. osr,o.3o8 0 ,13 7 g 0 ,i3oo O ,l6l2 H osr,00/10 0 ,1 8 3 3 0 ,237/1 0 ,2 00S Traces.
- 0 ,7 G17 1 ,4446 0 ,21 4 5 0 ,2876 0 ,2 53o o ,45gg 0 ,6255
- 0 ,5758 // 0 ,2/170 0 ,10/18 0 ,0100 1 ,9/100 II 1 ,0170 0 ,0871 0 ,0/120 0 ,oo3o 0 ,0712 0 ,078/1 0 ,i443 0 ,0292 Traces faibles. U 0 ,0407 0 ,0874 0 ,1 5 12 0 ,0769 0 ,oo5o U 0 ,o547 0 ,i o36 0 ,1718 0 ,o51 1 Traces faibles. U 0 ,0826 // 0 ,4960 0 ,o643 0 ,oo4o Traces. 0 ,261/1 0 ,00/16 0 ,4866 0 ,1060 0 ,0120
- 0 ,937b 3 ,0891 0 ,3 a 31 0 ,3112 0 ,3 812 0 ,645g 0 ,8706
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indél. Indét.
- 1 ,699.3 0 ,14 1G 5 ,5337 0 ,4788 0 ,5376 0 ,0176 0 ,5488 0 ,0100 0 ,6342 0 ,oi35 1 ,i.o58 0 ,020/1 1 ,4961 0 ,o645
- 1 ,5577 5 ,o549 0 ,6200 0 ,5388 0 ,6207 1 ,o854 1 ,4 3 1 6
- 0 ,843) U 0 ,o655 n 2 ,8o5o n 0 ,2625 0 ,0099 u 0 ,0857 0 ,0091 0 ,o58i n 11 // II II 0 >0721 II 0 ,1325 U 0 ,oo63 0 ,3/109 0 ,059/1
- 0 ,9086 3 ,0575 0 ,og56 n ,0672 0 ,0721 0 ,1826 0 ,4066
- 1/ U 11 n 0 ,1234 II 0 ,o58g II 0 ,1317 0 ,0275 n u 0 ,007.3 U
- " 11 0 ,1234 0 ,0589 0 ,i5g2 u 0 ,007,3
- If U 0 ,2 G 51 0 ,i38o 0 ,2785 1 ,4670 u u II n 0 ,1685 0 ,i685 U // O ,0220 0 ,06/19 0 ,1614 II U U 0 ,i58o 0 ,1194 II 0 ,o56g 0 ,1 551 0 ,1457 0 ,4483 // U II 0 29.36 0 ,4757 H
- 0 ,4o3i 1 ,7455 0 ,2870 0 ,2383 0 ,2774 0 ,8060 0 ,7690
- II 0 ,i85o 0 ,o455 n 0 ,1429 0 ,o4Co n 0 ,0020 0 ,0120 U 0 ,1368 0 ,o325 n 0 ,0880 0 ,024o // 0 ,125o 0 ,0180 0 ,2080 0 ,0280
- 0 ,23o5 0 ,1898 0 ,o64o 0 ,1693 0 ,1120 0 ,i43o 0 ,2860
- 0 ,oo5o /, 0 ,0100 u Indét. 0 ,0060 0 ,o4ao // Indét. II II Traces. Indét. Traces. 0 ,oo5o II Indét. Traces. Traces. n Indét. Traces. n u 0 ,oo4o u Indét. | Traces. 0 ,0 1 20 Indct.
- 1 ,5572 5 ,o4o8 0 ,5200 0 ,5387 0 ,6207 1 ,oS55 1 ,4312
- De Marigny. Vatonne. F. Simon. F. Simon. F Simon. F. Simon. F. Simon.
- 515
- ANALYSES CHIMIQUES DES EAUX DE LA PROVINCE D’ALGER.
- Eau d’un puits de Melika { profondeur 7 1 mètres ) » recueillie le 10 mai j 66 i. 8 Eau d’un puits d’El-Ateuf fournissant de Heau salée, recueillie le G mai 18Gî. 9 Eau du puits situé ptès de la porte occidentale de Guerrara, recueillie le 3 mai 1861. 10 Eau du puits du jardin de Sidi-Mohammcd ben Alia, recueillie à 8 mélrds de profondeur dans roasis bord de Laghouat, le 28 nov. 1855. 11 Eau du puits situé sur la place 13en Salem, à Laghouat, recueillie à li profondeur de 8 mètres, le 28 nov. 1855. 12
- i,oo3i4 il 26'° 1 ,01000 à 23oc | îo,00/15 11 1,0020
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- os‘,o239 0 ,3o22 0 ,6653 0 ,323g Traces. os%o625 2 ,4177 0 ,82.35 1 ,1284 Traces. U o6r,o42 4 0 ,1282 0 ,0733 0 ,oo5o U oer, 1986 0 ,5ig6 0 ,2096 0 ,00/10 n oEr,23o8 0 ,5112 0 ,2008 0 ,0080
- 1 ,315 3 4 ,43ai 0 ,243g 0 ,g3i8 0 ,9508
- 0 ,2746 Traces. 1 ,56o/i 0 ,0701 0 ,0120 2 ,2121 0 ,oi56 4 ,0211 0 ,o44i 0 ,oo5o II 0 ,o5og 0 ,0357 0 ,1287 0 ,0919 0 ,0100 // 0 ,233g II 0 ,8220 0 ,i58o 0 ,0/178 Indét. 0 ,2608 U 0 ,8688 0 ,i45a 0 ,oo4o U
- 1 ,9171 6 ,2979 0 ,3122 1 ,2 6 17 1 ,278.3
- Indét. Constatée. Indél. Indél. Indét.
- 3 ,2824 0 ,0678 10 ,7300 0 ,5459 0 ,5561 0 ,0125 2 ,ig35 0 ,0678 2 ,2291 0 ,oG/j3
- 3 ,16/16 îo ,18/u 0 ,5436 2 ,1357 2,1648
- 0 ,o37g o ,4io3 // 1 1 U 0 ,0989 3 ,4685 U U // 0 ,o4i4 U 0 ,o331 U O ,3/478 U u u 0 ,4172 u
- 0 ,4482 3 ,5674 0 ,0745 0 ,3478 0 ,4172
- i Traces. n 0 ,0245 U 0 ,0862 u u II
- ! n " // II II
- Traces. 0 ,0245 9 ,o5G2 // u
- H O ,194i 1 ,/ui3 0 ,9408 U 11 1 ,3o54 1 >9!97 3 ,2676 U U 0 ,i36o 0 ,0662 // II o ,91/10 0 ,43o8 U u 0 ,0244 0 ,90/12 0 ,4912 u
- 2 ,5/162 6 ,4927 0 ,2022 1 ,3448 1 ,4i8o
- U 0 ,i5oo 0 ,oo83 II 0 ,0690 0 ,o35o // 0 ,1200 0 ,0757 U 0 ,256o 0 ,0876 n 0 ,2480 0 ,0696
- 0 ,1583 0 ,0940 0 ,ig57 0 ,3436 0 ,3176
- Traces. ! U T races. 0 ,0060 0 ,00/10 0 ,0080
- U u U
- 0 ,01'10 u Indét. 0 ,oo5o Constatée. 0 ,0100 u Indét. 0 ,0080 0 ,0608 Indét. 0 ,oo4o // Indét.
- 3,1647 10 ,i836 0 ,5436 2 ,i36o 2 , i648
- F. Simon. F. Simon. De Marigny. I)e Marigny. De Marigny.
- Eau du puits du jardin de Sidi ben Nasser, recueillie à 8 mètres de profoudeur dans l’oasis nord de Laghouat, le 28 nov. j855. 13 Eau du puits du jardin du sr Abd el-Kader beu Alia , recueillie à i5 met, de profondeur dans l’oasis sud de Laghouat, le aN nov. i855, 14 désignation des substances.
- 1,00219 1,00087 Densité.
- Indét. Indét. Acide carb. ( non combiné à l’état de sel neutre).
- U U Potasse.
- oEr,aG68 oEr,o846 Soude.
- 0 ,5811 0 ,2950 Chaux.
- 0 ,2390 0 ,o36o Magnésie.
- 0 ,0100 0 ,00/10 Peroxyde de fer.
- 0 ,096g 0 ,4ig6 bases totales.
- 0 ,3i5o 0 ,114 8 Acide chlorhydrique.
- h U citrique.
- i ,oi3a 0 ,8070 sulfurique.
- 0 ,1.4 86 0 ,o665 carbonique (combiné).
- 0 ,0160 0 ,o545 siliciquc.
- Traces. Indél. pliosphorique.
- 1 /1928 0 ,54a8 Acides totaux.
- Indét. Indét. Matière organique.
- 2 ,0897 0 ,9624 Poids total des sels hydratés par kilogr. d’eau.
- 0 1O777 0 ,0280 A déduire l’eau correspond, à 1 acide ehlorhydr.
- 2 ,5 120 0 ,98.4/1 Poids total des sel; anhydres.
- U II Chlorure de potassium.
- 0 ,5oig 0 ,i5g6 de sodium.
- U n de calcium.
- 0 ,ooa4 0 ,0200 de magnésium.
- 0 ,5o43 0 ,1796 Chlorures totaux.
- II H Nitrate de potasse.
- U U de soude.
- U ’k de magnésie.
- U II Nitrates totaux.
- u U Sulfate de potasse.
- n u de soude.
- 1 ,o/io5 0 ,5220 de chaux.
- 0 ,617/1 II de magnésie.
- U II de fer.
- 1 ,6879 0 ,5220 Sulfates totaux.
- n u Carbonate de soude.
- 0 ,2700 0 ,i44o de chaux.
- 0 ,0576 0 ,0060 de magnésie.
- 0 ,3276 0 ,i5oo Carbonates totaux.
- Phosphates.
- 0 ,0109 0 ,oo4o Peroxyde de fer.
- Alumine.
- 0 ,0160 0 ,0080 Silice.
- n O ,0710 Silicate de magnésie.
- Indét. Indét. Matière organique.
- 2 ,5158 0 ,9340 Total général.
- Vatonne. Ville. Auteurs.
- p.dbl.514 - vue 537/568
-
-
-
- 516
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. Eau du puita situé dons la cour du caravansérail de Guclt cs-Settel , recueillie le 3t oct. i$55, 15 Eau de la source du ksar Ben Ammade, recueillie lo s3 mai 1808. 16 Eau de la fontaine de Chellala, recueillie le a3 mai 1858. 17 Eau d’Ain Rhelal, à 18 kilomètres nord-est de Guelt es-Settel, recueillie le a3 avril 1888. 18 Eau de Bouira , au pied du Kcf el-Hammam, recueillie le 1or moi 1853. 19 Eau d'Ain Fritizza , recueillie le 19 mai a 858. 20
- Densité 1 ,00020 i.ooo34 à 1 80' j i,ooo5 1,0006 1,0008 1,0008
- à 24°°
- Acide carbon, (non combiné à l’état de sel neutre). Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- Potasse // ofr,oi 16 0 ,o3gi 0 ,io54 0 ,0622 0 ,0180 Oer,0092 0 ,o644 0 ,io35 0 ,o8i3 0 ,oo4o
- Soude O5r,00 2 5 0 ,0726 oer,m no O5r,023l 0 ,x 456 0 ,0887 0 ,0020 osr, 11 69 0 ,io64 0 ,o843 Traces.
- Chaux 0 ,0007
- Magnésie 0 ,o5i3 II
- Peroxyde de fer 0 ,oo4o
- Hases totales 0 ,0868 0 ,1670 0 ,2363 0 ,2594 0 ,2624 0 ,3076
- Acide chlorhydrique nitrique 0 ,0286 0 ,o3i8 // 0 ,o635 0 ,081/1 0 ,0234 0 ,0980 0 ,0180 0 ,0447 0 ,1261 0 ,o/uo 0 ,o584 0 ,0954 T rares. 0 ,2288
- sulfurique 0 ,oi65 0 ,o4o6 0 ,0080 0 ,0280 0 ,0160 0 ,12o3 0 ,1.823 0 ,0010 Traces. 0 ,0810 0 ,0737 0 ,oo5o
- —__ carbonique (combiné) 0 ,1172 li
- --- silicique
- — phnsphorique II
- Acides totaux 0 ,1217 0 ,1600 0 ,2843 0 ,2983 0 ,0209 0 ,3885
- Matière organinuc Constatée. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- Poids total des sels hydratés par kilogr. d’eau.. A déduire l’eau correspondant à l’acide chlorhydr. 0 ,2o85 0 ,0070 0 ,3320 0 ,0078 0 ,52o6 0 ,015g 0 ,5577 0 ,0110 0 ,5833 0 ,o3o6 0 ,6961 0 ,o565
- Poids total des sels anhydres r O ,2010 0 ,82/12 0 ,5o/|8 0 ,5467 0 ,5527 0 ,63g6
- Chlorure fie potassium n 0 ,oi46 0 ,0770
- de sodium . fin calcium „ 0 ,00/17 0 ,0261 0 ,0122 0 ,o5og U II 0 ,0070 0 ,0766 0 ,o435 0 ,2206
- de magnésium U 0 ,0232 0 ,09.33 0 ,120,8
- Chlorures totaux 0 ,o43o 0 ,0509 0 ,o84 1 0 ,0667 0 ,185 2 0 ,3/109
- Nitrate de peinte . 0 ,0248 0 ,1073
- de sourie . „ 0 ,ofi/i5
- de magnésie
- 4' "
- Xifrnfes totaux „ 0 , 1 3 2 1 0 ,o645
- Sulfnfp dp potasse »...
- rje soude
- . de chaux 0 ,0280 0 ,0272 Traces. // 0 ,o3g8 Ô ,02 45 0 ,1600 II 0 ,0272 0 ,0612 0 ,oo38 0 ,1377
- dp magnésie
- de fer n II U
- .Sulfites totaux . 0 ,0280 0 ,o3g8 0 ,18 A 5 O ,0922 0 ,1377
- r» j 0 0 y 0
- Carbonate de soude
- de chaux . 0 ,0860 0 ,oo53 0 ,14 20 0 ,1060 0 ,1520 0 ,o6o5 0 ,2420 0 ,o5oo 0 ,1660 0 ,062/1 0 ,0887 0 ,0673
- de macrnésip . ...
- Carbonates totaux. . 0 .0913 0 ,2480 0 ,2125 0 ,2920 0 ,2084 0 ,i56o
- Phosphates n
- Peroxydo de fer Alumine O ,0020 n 0 ,0180 0 ,0020 O ,0020 Traces.
- Silice 0 ,0080 a Constatée. 0 ,0180 U Indét. Traces. Il Indét.
- Silicate de magnésie Matière organique n Constatée. n Indét. n Indét.
- Total générai O ,2023 0 ,3a6i 0 ,5o45 0 ,5/162 0 ,55a3 0 ,63g6
- Auteurs Vatonne. F. Simon. De Marignt. De Marigny. De Marignt. F. Simon.
- £ao
- d’Aîn Zerguiu , recueillie te 18 mai i858. 21
- i ,0008 à 260'
- Indét.
- Traces. 0^,2070 o ,08/19 o ,o344 o ,0027
- O ,3200
- o , 2 13 8
- U
- o ,0690 o ,o83i o ,0107 //
- o ,.876/1
- Indét. o ,7054
- O ,0027
- o ,6527
- //
- o ,3427
- II
- O ,3/127
- II
- II
- II
- II
- n
- o ,0670 o ,0068 0 ,o5oo
- U
- o , 1138
- U
- o ,1467 o ,o36o
- o ,1827
- o ,0027
- o ,0106 H
- Indét.
- o ,6525
- F. Simon.
- ANALYSES CHIMIQUES DES EAUX DE LA PROVINCE D’ALGER.
- 517
- Eau
- Eau d’Aîn el-Hammam , Eau Eau de la fontaine
- thermale d’Aîn Djcrob, . de l’Oued Mzi, recueillie de 1 Oued Mzi, recueillie à Lnghoual, à 22 kilomètres nord-est do Guelt es-Seitel Eau d'Aîn Taguin, de l’Oued Djolfa , auprès du poste Vt rsini, située DÉSIGNATION DES Sï’BSTANCLS.
- nu gué de Laghoual dans le r.-utal ( chaine de ce nom, auprès de Djelfa,
- recueillie dans la rivière , de déri vation , du Seba lions), recueillie recueillie
- le 1 8 mai 1858. le «8 nov. i855. le 28 nov iS55. recueillie le 3o ami i858. le 2 mars 1809. le 9 nov. î 855. le S octobre 1855.
- 22 23 24 25 26 27 28
- 1,000726 à 2 6”c ! Indct. \ Indét. 1,000/1 à 27“ 1,0010 1,0008 à 2 6rc 1 ,ooo44 Densité,
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Acide oarb. ( non combiné a l’état de sol neutre).
- U U U ocr,oo6o U Traces. // Potasse.
- 0fr,202 2 osr,o913 oer,o986 0 ,0700 osr,i 272 0er,2 070 osr,o648 Sonde.
- Q ,1 i5o 0 ,1076 0 ,i337 0 ,2 0.38 0 ,i5oo 0 ,08/19 0 ,2062 Chaux.
- O ,o337 0 ,1169 0 ,0969 0 ,0755 0 ,ioo4 0 ,o344 0 ,1692 Magnésie.
- O ,0100 0 ,oo5o 0 ,oo4o O ,0120 0 ,01/10 0 ,0027 0 ,0120 Peroxyde de fer.
- 0 ,36og 0 ,3206 0 ,3822 0 ,867,3 0 ,8916 0 ,3290 0 ,43?. 2 Rases totales.
- 0 ,2.379 0 ,1190 0 ,1188 0 ,1017 0 ,1790 0 ,21.86 0 ,0761 Acide chlorhydrique.
- II U // // 0 ,0101 II // nitrique.
- 0 ,o5og 0 ,2891 0 ,2921 0 ,2270 0 ,i883 0 ,0690 0 ,2928 — sulfurique.
- 0 ,0986 0 ,o/|33 0 ,0486 0 ,1()65 0 ,0996 0 ,o83i 0 ,1068 carbonique (combiné).
- 0 ,0080 // 0 ,oo4o 0 ,0012 0 ,00 2 0 0 ,0107 0 ,0320 - silicique.
- Indét. u n H u
- 0 ,3g5'i 0 ,4514 0 ,6635 o',4364 0 ,6790 0 ,3766 0 ,5077 Acides totaux.
- Constatée. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Matière organique.
- 0 ,7563 0 ,7720 0 ,79.87 0 ,8087 0 ,8706 0 ,7054 0 >9^99 Poids total des sels hydratés par kilog. d’eau. A déduire l’eau correspond, à l’acide chlorhydr.
- 0 ,o586 0 ,0294 0 ,0293 0 ,0261 0 ,o44i 0 ,0627 0 ,0190
- 0 ,6977 0 ,7/126 0 ,766/1 0 ,7786 0 ,8265 0 ,6527 0 ,9209 Poids total dos sels anhydres.
- // // // 0 ,00950 U U n Chlorure de potassium.
- 0 ,381/1 0 ,1722 0 ,18G0 0 ,i3aOo 0 ,2291 0 ,1008 0 ,1220 de sodium.
- U II U n // U n de calcium.
- n 0 ,015 2 0 ,oo36 0 ,01960 0 ,0676 0 ,o364 u de magnésium.
- 0 ,381/1 0 ,1876 0 ,1896 0 ,16090 0 ,2767 0 ,1872 0 ,1220 Chlorures totaux.
- // n II u n // 11 Nitrate de potasse.
- H u U u 0 ,oi5g U u de soude.
- U u U II n U u de magnésie.
- U n U u 0 ,0159 h u Nitrates totaux.
- n u II n u U u Sulfate de potasse.
- u u u u u n II de soude.
- 0 ,0860 0 ,1/167 0 ,i852 0 ,1777 0 ,og52 0 ,2284 0 ,169/1 de chaux.
- U 0 ,3074 0 ,2776 0 ,i856 0 ,2 oo5 0 ,2624 0 ,3528 de magnésie.
- U // U U // u II de fer.
- 0 ,0860 0 ,454i 0 ,4628 0 ,3633 0 ,2957 0 ,4908 0 ,0222 Sulfates totaux.
- „ n // , n n // // Carbonate de soude.
- 0 ,i43o 0 ,o84o - 0 ,1000 0 ,2332 0 ,1980 0 ,1680 O ,172 0 de chaux.
- 0 ,o0g3 0 ,0122 0 ,0074 0 ,02 4 2 0 ,o51 2 O ,060/1 de magnésie.
- 0 ,212.) 0 ,0962 0 ,1060 0 ,2606 O ,2222 0 ,1992 0 ,2324 Carbonates totaux.
- 11 n II // // Phosphates.
- 0 ,0180 0 ,oo5o 0 ,0060 0 ,0120 0 ,oi4oo 0 ,oo4o O ,0120 Peroxyde de fer.
- " II n // « Alumine.
- Traces. 0 ,oo4o O ,0012 0 ,00200 0 ,0260 0 ,0820 Silice.
- 11 n n n 11 // n Silicate de magnésie.
- Constatée. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Matière organique.
- 0 ,6977 0 ,7449 0 ,7666 0 ,778° 0 ,8265 0 ,8552 0 ,'9206 Total général.
- Vatonne. Ville. Ville. F. Simon. De Marigny. De Marigny. De Marigny. Auteurs.
- p.dbl.516 - vue 538/568
-
-
-
- 518
- EXPLORATION DU BENI MZA.B ET DU SAHARA.
- J E..u ila ravin Eau d'Ain Sidi Eut lie l’un des puits Eau de Bogtitfr, recueillie Eiiu du plaieaü Eati do Boghârj recueillie Eau d’Ain bou-Sif,
- 1 (TAïu el-Ibel, Makhelouf, servant ù alimenter d’EDToula ,
- 9 DESIGNATION DES SUBSTANCES. recueil ic à la source h la source . recueillie
- | recueillie , recueillie de l’abreuvoir le a8 oct. i85d.
- le 3o nov. 1855. le q nov. iS55. recueillie le 8 mai i358. le 28 oct. i855. le 8 mai t 858. le i3 mai 1858-
- 29 30 3) 32 33 34 Ô5
- Densité i ,0008 \ ,0013 o,ooo3 Indét. i,ooo85 à i 50,: i,ooo33 0,0006.3
- Acide carbon, (non combiné a l'clal de sel neutre). Indét. Inde’. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- Potasse 08r,0096 0 ,0309 Traces. ocr,oi 35
- Soude o5’, 1087 osr,3o64 o;r,oi 80 o”r, 02 16 oEr,o381
- Chaux
- 0 ,2195 0 ,2442 0,0^71 0 1 î ° 0 0 ,oSS4 0 ,1670 0 ,1356
- Magnésie 0 ,0270
- 0 ,iS6o 0 ,2256 0 ,o432 0 ,o833 0 ,o536
- PnroxyHp flf> fpr . 0 / Ç>
- 0 ,01..0 O ,00410
- Bases totales 0 ,5182 0 ,7802 0 ,i338 0 ,1690 0 ,1872 0 ,2870 0 ,2.353
- Acide clilorlivdrinuc» 0 ,1 4 0 2 0 ,3253 0 ,o641 0 ,o335 0 ,0661 0 ,0255 0 ,o3o4
- nilrirjne ... n 7/ 0 ,oio3 fj n
- snlfnriqnn 0 ,/|34o 0 ,5992 0 ,12 4 8 0 ,0192 0 ,o646 0 ,0426 0 ,1392
- O , 0 5 2 2
- mrbnnirjïïp (rmnbinp)
- 0 ,12.48 0 ,o38o 0 ,0980 0 ,0920 0 ,i552 0 ,og56
- silieiqne
- 0 ,o5Go O ,0120 0 ,0120 0 ,0260 // 9 ,oo4o 0 ,oo4o 0 ,0:60
- phosphonque
- Acides totaux 0 ,755o 1 ,061 3 0 ,1766 0 ,1767 0 ,2267 0 ,2278 0 ,2812
- Matière organique Indét. lnclét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- Poids total des sels hydratés par kilogr. d’eau. . 1 ,2732 1 ,8415 0 ,3io4 0 ,3457 0 ,/j 13g 0 ,4643 0 ,516 5
- A déduire l’eau correspondant à l’acide chlrohvdr. 0 ,o345 0 ,0802 0 ,01 58 0 ,oo85 0 ,0162 0 ,0060 0 ,0075
- 1 0 2 s - O ,0072 /x T/-.-»* ~ /. n. c* 2 r
- 0 ,09/7 0 , fl 0 0 0 U , U U 9 0
- Chlorure de potassium // n 0 ,0153 „ Traces. II „
- . .. do sncljiivn 0 ,2o55 O ,52120 0 ,0471 0 ,o34o 0 ,00 5 4 0 ,0122 0 ,0264 0 ,o4o8 0 ,o488
- *]p f'alninni
- _ de magnésium 0 ,0158 II 0 ,o358 0 ,oG63
- Chlorures tota x 0 ,2 21 3 O ,52120 0 ,0982 0 ,o5i6 0 ,0917 0 ,o4o8 0 ,o488
- Nitrate de potasse ,, „ U n 11 U
- rlo <;nnr|n II n 1 fi 0 n
- f|p II
- \i Ira tes loi aux n 0 ,0162
- Sulfate de potasse II II n ,, II U //
- fin snnrlp O ,0708 O ,2938 n n 0 ,0277 0 ,089(3
- ... de chaux 0 ,233g 0 ,0.354 0 ,0326 0 ,0190 ", . .
- rlp matrnpsn* 0 ,4492 0 ,5864 0 ,0476 0 ,0809 0 ,0378 0 ,1076
- de fer ,,,,,, . . II II u n
- "
- .Snîfalps lohinx 0 ,6831 0 ,g5io 0 ,oS3o 0 ,o3u6 ° .0999 0 ,0678 0 ,2248
- CarBonate de soncW* // //
- . de eîianx 0 ,2200 0 ,o544 0 ,2200 0 ,o58o 0 ,0242 0 ,i44o 0 ,o56o 0 ,2760 0 ,o654 0 ,1762 0 ,o35i
- ... . de mao*m»sie. . . 0 ,o544 0 ,o45o
- Carbonates totaux 0 ,2744 0 ,2744 0 ,0822 0 ,215o O ,2000 0 ,3414 0 ,2 11 3
- Phosphates II U U „
- Peroxyde de fer 0 ,oo4o 0 ,oo4o 0 ,oo,3o O ,0120 O ,0020 0 ,oo4o 0 ,0080
- Alumine... „ U „ n
- Silice. 0 ,o56o U 0 ,0120 0 ,0120 il n jnofin 0 ,oo4o U 0 ,0160 11
- Silicate de magnésie Matière organique U // U
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- Total général 1 ,2388 1 ,7626 0 ,2g46 0 ,3.872 0 ,3976 0 ,458o 0 ,5089
- Auteurs De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. F. Simon. De Marigny. De Marigny.
- ANALYSES CHIMIQUES DES EAUX DE LA PROVINCE D’ALGER.
- 519
- Eau d’Ain Bclbelltt, recueillie le x5 mai 1858» 36 Eau du puits servant aux besoins du détachement de sondeurs de Sbitcîa , recueillie en juin 1 860. 37 Eau de l’Oued Oueurg à Chabounia , recueillie ic i3 mars i86o- 38 Eau d'un redir d’El * Krechcm , prés du poste-enfé de ce nom , recueillie après les pluies le 3o octobre 1 855. 39 Enu d'Ain llamia Rharbi, recueillie le 22 mai i858. 40 Eau de l’Oued Oueurg ii Ghabouniu , recueillie le 1 7 mai 1858. 41 Eau du puits situé dans la cour du caravansérail d’Ain Ousscrah , recueillie le 3i octobre i855 après des pluies. 42 DÉSIGNATION DES SUBSTANCES.
- 1 ,00102 2 /l°C 1,00 1 32 2 5oc 1,00 1 1 Indét. 1 ,0007 1,00 1 2 Indét. Densité.
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Acide carb. (non combiné à l étal de sel neutre).
- Traces. Traces. n U U U U Potasse.
- os‘\ 13 2 2 oE‘, 2282 oer,2 567 os',358S oer,3654 o6’, 4 63 6 o6',363o Soude.
- 0 ,i6g4 0 ,1792 0 ,13 4 4 0 ,1616 0 ,2260 0 ,0862 0 ,1792 Chaux.
- 0 ,io85 0 ,1276 0 ,1923 0 ,i5oS 0 ,io^7 0 ,2008 0 ,190/1 Magnésie.
- Traces. U 0 ,0100 0 ,oo4o Traces. 0 ,0120 0 ,oo4o Peroxyde de 1er.
- 0 ,4 loi 0 ,5349 0 ,5g34 0 ,6752 0 ,724/1 0 ,7626 0 ,7366 Bases totales.
- 0 ,3127 0 ,33o5 0 ,54o3 0 ,422/1 0 ,6072 0 ,6967 0 ,4/176 Acide chlorhydrique.
- Traces. n " H H il H nitrique.
- 0 ,10/10 0 ,2406 0 ,2285 0 ,3ob2 0 ,i486 O ,1120 0 ,43o4 sulfurique.
- 0 ,0965 0 ,1073 0 ,o411 0 ,1082 0 ,ioo5 0 ,1826 0 ,0968 carbonique (combiné).
- 0 ,0075 0 ,0120 0 ,0080 0 ,0/100 0 ,00/10 0 ,00/10 0 ,02/10 siliciquc.
- // // II U " Traces. II • phospliorique.
- 0 ,6207 0 ,6go3 0 ,8179 . 0 ,9008 0 ,9103 0 ,9453 0 ,9987 Acides totaux.
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Matière organique.
- 0 ,g3o8 1 ,2202 1 ,4113 i ,5760 1 ,6346 1 >7°79 1 ,7353 Poids total des sels hydratés par kilogr. d’eau.
- O ,0772 O ,0816 0 ,13 01 0 ,10/12 0 ,162/1 0 0 ,1106 A déduire l’eau correspond, à l'acide cfilorliydr.
- 0 ,8536 1 ,i436 1 ,2782 1 ,4718 1 ,4722 1 ,536o 1 ,6247 Poids total des sels anhydres.
- II Traces. // // u // U Chlorure de potassium.
- 0 ,2494 0 ,43o5 0 ,484a 0 ,6768 0 ,6893 0 ,8746 0 ,6848 de sodium.
- // II U U 0 ,o4o2 II // de calcium.
- O ,2072 0 ,0819 0 ,314 6 H 0 ,26/17 0 ,1992 .0 ,0233 de magnésium.
- 0 ,4566 0 ,512 4 0 ,7988 0 ,6768 0 ,99/12 1 ,07.18 0 ,7081 Chlorures totaux.
- „ II II U II U n Nitrate do potasse.
- Traces. II U II II U 11 de soude.
- Il U U II " U u de masrmésie.
- Traces II U U u // jt Nitrates totaux.
- // n u U // „ 11 Sulfate de potasse.
- // U II n U u 11 de soude.
- 0 ,1770 0 ,17/10 0 ,2 31 2 0 ,1688 0 ,2626 0 ,o435 0 ,2176 de chaux.
- II 0 ,2096 0 ,14 0 2 0 ,3576 // 0 ,1218 0 ,458o de magnésie.
- II " // u // 0 ,0114 U de fer.
- 0 ,1770 0 ,3836 0 ,3714 0 ,5264 0 ,2025 0 ,1767 0 ,6756 Sulfates totaux.
- // U // // U U II Carbonate de soude.
- 0 ,1724 O ,1920 O ,0700 0 ,i64o 0 ,1820 0 ,1220 0 ,1600 de chaux.
- 0 ,o/io4 0 ,o44o 0 ,0200 0 ,oGo4 0 ,o3g5 0 ,i5î9 O ,0012 : de. magnésie.
- 0 ,2 125 0 ,236o 0 ,0900 0 ,2244 0 ,2215 0 ,2749 0 ,2112 Carbonates totaux.
- U u Traces. // u Phosphates.
- Traces, n O ,0100 0 ,00/10 Traces. 0 ,0060 0 ,oo4o Peroxyde de fer.
- u 11 U // // Alumine.
- 0 ,007.5 O ,0120 0 ,0080 0 ,o4oo 0 ,00/10 0 ,oo4o 0 ,02 4 0 Silice.
- II // // II H n U Silicate de magnésie.
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Matière organique.
- 0 ,8536 1 ,i44o 1 ,2782 1 ,4716 1 ,4722 1 ,5354 1 ,6229 Total général.
- F. Simon. F. Simon. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. Auteurs.
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-
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-
- 520
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- ANALYSES CHIMIQUES DES EAUX 1)E LA PROVINCE D’ALGER.
- 52 L
- Eau du puits de service Eau de l’Oued Oueurg , Eau de la source jaillissante naturelle de Mocta Djedcan (Zaiirei Rharbi), recueillie le 2a mai 1858. 45 Eau potable du puits Eau du puits français de Boughezoul, recueillie le 25 avril i85g. 47 Eau Eau d'Ain Hatnia Eau de la happe jaillissante d’Ain MalakoiT, venant de 81 mètres de profondeur, recueillie en juillet i863. 50 Eau de la nappe jaillissante Eau du puils de la noria Eau du trou de sonde d’El-Mesran , recueillie eu mars i8G3. 53 Eau du Chélif, prise au gué Eau du Chélif, recueillie au gué Eau de la nappe ascendante trouvée
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. du soudage de Sbitiia , recueillie en juin 1860. 43 recueillie auprès de Chabounia le 9 décembre 1860. 44 du détachement employé au sondage de Chabounia, recueillie le 8 nov. i85g. 4G de l'Oued Ousserah, recueillie le 17 avril i858. 48 Chergui, recueillie le ai déc. i8Ga. 49 d'Ain Mai&koll {profondeur 81 mètres), recueillie le 21 déc. 1862. 51 du sv Juan Mas, à ELMcsran , recueillie en mars i863. 52 du Ksar Boghnri après une forte crue , le 29 octobre i855. 54 du Ksar Boghori, avant une forte crue , le 29 octobre 1 855. 55 à 37 mètres de profondeur dans le sondage de Chabounia , recueillie le 7 nov. 1809, 5G désignation des substances.
- Densité i,ooi8o | i,ooi 48 0,002 l 2 j 1,0021 1,00 2 3 1 ,oo38 o,oo3g i,oo353 1,00377 Indét. Indét. i,oo511 Densité.
- 2 3CC i/2 24°C 1/2 l,000l6 1 500 3/4
- Acide carbon, (non combiné a i'étatde sel neutre). Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. n Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét, Acide carb. ( non combiné a l’élat de sel neutre).
- Potasse Soude Chaux Magnésie Il O6'', 2 39S O ,336o 0 ,1641 Il oEr,4i79 0 ,i568 0 ,2491 0 ,0160 Traces. o|r,6745 0 ,2478 n 1898 n oEr,6838 0 ,1545 0 ,2587 0 ,0100 U o8r,7 166 0 ,45i4 0 ,1796 0 ,oo4o oEr,o337 1 ,i5i 1 0 ,2263 0 ,3i5i 0 ,0180 Il oEr,86oa 0 ,7280 0 ,2601 0 ,0100 oEC,o239 0 ,go54 0 ,7056 0 ,2490 0 ,0200 0^,0167 0 ,gi56 0 ,7224 0 ,2355 0 ,0100 oe',0286 1 ,5208 0 ,448o 0 ,1539 0 ,0200 U iEr,8i29 0 ,3629 0 ,1413 0 ,oo4o iEr,6279 0 ,4956 0 ,4oi3 0 ,0020 iEr,8419 0 ,6968 0 ,467.2 0 ,0020 n 2fr,3o3o 0 ,3470 0 ,5410 Potasse. Soude. Chaux. Magnésie. Peroxyde de 1er.
- Peroxyde de 1er 0 ,oo4o
- Bases totales 0 >7399 0 ,8398 1 ,0786 1 ,1070 1 ,35i6 1 ,7442 1 ,8583 1 ,9039 1 ,9002 2 ,1710 2 ,3211 2 ,6268 3 ,0079 3 ,1910 Bases totales.
- Acide chlorhydrique nitrique 0 ,2822 0 ,7085 0 ,9471 Traces. 0 ,7373 1 ,265a 0 ,o84o 0 ,2069 0 ,1436 0 ,0080 1 ,3?.85 1 ,2 310 1 ,2916 i ,2 2o5 1 ,9936- 1 ,9476 0 ,275g 0 ,7341 0 ,0320 0 ,0120 -2 ,15 4 4 1 ,7903 2 ,7460 Acide chlorhydrique.
- - sulfurique 0 ,653o 0 ,0799 0 ,oo4o 0 ,2234 0 ,i352 .0 ,oo4o 0 ,2928 0 ,1082 0 ,oi4o 0 ,5739 O ,12 26 O ,0200 0 ,8448 0 ,o8o3 0 ,0120 1 ,i685 0 ,0752 0 ,o4oo a ,1822 0 ,o446 0 ,o4oo 1 ,2289 0 ,o644 0 ,o35o 0 ,6675 0 ,0396 0 ,o4oo 1 ,14 66 0 ,0437 0 ,0020 2 ,2 3 41 0 ,o456 0 ,oo4o 1 ,2470 0 ,1420
- rnrhnnique f r.nmhim» ' carbonique (coinbiné).
- siliciquo
- pliosphorujuc
- U 11 "
- Acides totaux 1 ,0191 1 ,0711 1 ,3571 .1 ,4538 • 1 >7°77 2 ,2656 2 ,5'i 4 7 2 ,5584 2 ,5488 2 ,7406 3 ,0016 3 ,3467 4 ,0740 4 ,i35o Acides totaux.
- Matière organique Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Matière organique.
- Poids total des sels hydru és par kilogr. d'eau.. A déduire l’eau correspondant à l'acide chlorhydr. 1 ,7590 0 ,0696 » »9*°9 o ,1749 2 ,4357 0 ,2333 n ,56o8 0 ,1820 3 ,o5g3 0 ,3i24 4 ,0008 0 ,3281 4 ,3730 0 ,3027 4 ,46a3 0 ,318 8 4 ,4492 0 ,3o25 4 .9119 0 ,4921 5 ,3226 0 ,4807 5 ,8735 0 ,53i6 7 i°8i9 0 ,4 410 7 ,3260 0 ,6777 Poids total des sels hydratés par kilogr. d’eau. A déduire l’eau correspond, à l’acide chlohrvdr.
- Poids total des sels anhydres 1 ,6894 1 ,7360 2 ,2024 2 ,8788 2 ,7469 3 ,6817 4 ,0703 4 ,1435 4 ,1467 4 ,4ig8 4 ,84ig 5 ,34i9 6 ,6409 6 ,6483 Poids total des sels anhydres.
- Chlorure de potassium. 0 ,0378 1 ,7081 0 ,026b 1 ,7274 0 ,o453 2 ,8689 Chlorure de potassium.
- de sodium 0 45,23 0 ,7884 j ,27250 1 ,1S17 1 ,2610 0 ,2766 0 ,3912 2 ,1297 i ,6228 3 ,1215 3 ,0716 2 ,8690 4 ,345o
- de calcium
- dt* magnésium 0 ,2807 0 ,20190 0 ,2875 0 ,2735 0 ,1700 0 ,2892 0 ,3i35 0 ,o46o
- " de magnésium.
- Chlorures f.olnnx 0 ,4523 1 ,0741 1 ,47440 1 ,1817 1 ,9288 2 ,1297 1 ,9 io3 2 ,oig4 1 ,9239 3 ,1534 3 ,1215 3 ,385i 2 ,8690 4 ,3910 Chlorures totaux. 1
- Nitrate de potasse Nitrate de potasse.
- de soude Traces. 0 ,13 2 2 0 ,434 1
- de magnésie "
- N 11 " 11 de magnésie.
- Nitrates totaux. . n Traces. 0 ,1 322 n 0 ,4341 Nitrates totaux.
- Sulfate de potasse 0 ,0623 0 ,o5oo 0 ,3155 0 ,9131 Sulfate de potasse. de soude.
- de soude n 0 ,1317 0 ,0-jSo 0 ,6894 0 ,7360 1 ,556o 1 ,3700
- de chaux 0 ,6202 0 ,4367 0 ,1413 0 ,21 ? 6 0 ,31960 0 ,1588o 0 ,3517 1 ,6319 0 ,3161 1 ,6237 0 ,3441 1 ,5912 0 ,443g 1 ,0268 0 ,0962 0 ,8160 0 ,3851 1 ,0758 0 ,7785 0 ,6170 i ,43oo de chaux.
- de magnésie
- de fer. . // n de fer.
- U U " " "
- Snl"ntes totaux 1 ,0569 0 ,3539 0 ,47840 0 ,8971 0 ,3517 1 ,3409 1 ,9480 1 ,9678 2 ,o35i 1 ,12 3o i ,8543 3 ,6620 1 ,9470 Sulfates totaux.
- 1 ,2011
- Carbonate de sonde Carbonate de soude.
- df* chaux 0 ,o44o O ,0320 0 ,1760 0 ,1120 0 ,20700 0 ,02/100 0 ,2200 0 ,o5oo 0 ,2980 0 ,0242 0 ,1720 0 ,6091 0 ,1000 0 ,o6o5 0 ,0660 0 ,o3o3 0 ,1200 O ,0225 0 ,o45o 0 ,o384 0 ,o48o 0 ,0212 0 ,0940 0 ,oo45 0 ,1000 0 ,oo3o 0 ,24oo 0 ,0700
- , de magnésie no mtirrr»#£cif»
- Carbonates totaux 0 ,1760 0 ,2880 0 ,23lOO 0 ,3222 0 ,1811 0 ,i6o5 0 ,0963 0 ,14 2 5 0 ,o834 0 ,0692 0 ,0985 0 ,io3o 0 ,3ioo Carbonates totaux.
- Phosphates n II U Phosphates. Peroxyde de fer. Alumine. Silice, Silicate de magnésie. Matière organique.
- Peroxvde de 1er n 3o 1 fin 0 ,oo4oo 0 ,oo4o 0 ,0180 0 ,r> 1 00 0 ,0200 0 ,0100 0 ,oo4o 0 ,0020
- x WUAjrwu ^ * • Alumine. 11 u u
- Silice 0 ,oo4o 11 0 ,oo4o 0 ,oi4oo // 0 ,0200 0 ,0080 0 ,o4oo 0 ,o4oo // 0 ,o35o 0 ,o4oo 0 ,oo4o
- Silicate de magnésie 0 ,0120
- Matière organique Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét, Indét.
- Total générai 1 ,6892 1 ,7360 2 ,20180 2 ,3788 2 ,7469 3 ,6817 tj ,0688 4 ,i435 4 ,i465 4 ,4198 4 ,84ig 5 ,34)9 6 ,64oo 6 ,648o Total général.
- Auteurs F. Simon. De Marigny. F. Simon. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. De Marigny. Ville. Ville. F. Simon. Auteurs.
- 66
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- '522
- EXPLORATION DU BENI M Z A B ET DU SAHARA.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES.
- Densité......................................
- Acide carbon, (non combiné à l’état de sel neutre).
- Potasse......................................
- Soude........................................
- Chaux..........................................
- Magnésie......................,..............
- Peroxyde de 1er..............................
- bases totales..................
- Acide chlorhydrique..........................
- ------nitrique..................... .........
- ------sulfurique.............................
- ------carbonique (combiné)...................
- -------- silicique...........................
- ------phosphorique...........................
- Acides totaux..................
- Matière organique............................
- Poids total des sels hydratés par kilogr. d'eau. . A déduire l’eau correspondant à l’acide chlorliydr.
- Poids total des sels anhydres................
- Chlorure de potassium........................
- --------- de sodium..........................
- ---------de calcium..........................
- --------- de magnésium.......................
- Chlorures totaux...............
- Nitrate de potasse...........................
- ------ de soude..............................
- --------- de magnésie........................
- Nitrates totaux................
- Sulfate de potasse...........................
- ------ de soude................................
- ------ de chaux..............................
- ------ de magnésie...........................
- ------ de fer................................
- Sulfates totaux . .............
- Carbonate de soude.............. . ..........
- ---------de chaux............................
- --------- de magnésie. •.....................
- Carbonates totaux..............
- Phosphates................
- Peroxyde de 1er...........
- Alumine...................
- Silice....................
- Silicate de magnésie......
- Matière organique.........
- Total, général
- Auteurs,
- Eau tlu trou de sonde <lc Sbiteîa (profondeur tubée, t3m,9o, profondeur du trou, )5m,8o), recueillie le 8 avril 1860. 57 Eau de l'Oued Chemmara , recueillie le 3 mai i858. 58 Eau des infiltrations superficielles de la plaine qui entoure le sondage d’Ain Malakofl', recueillie le 2 1 déc. 1862. 59 Eau du Chétif, recueillie en face de Boughczoul le 26 avril i858. GO Eau du puits de serviccdu sondage de Chabounia, à 5m,4o de profondeur, recueillie le 7 nov. i85g. 61 Eau de l’Oued Mêlait, recueillie à 500 mètres en amont du rocher de sel du Djebel Snhari, le a nov. i855. 62 * Eau de l’Oued Meluh, recueillie à 5oo mètres en «val du rocher de sel du Djebel Sahari, le 2 nov. 1855. G3
- 1,006/19 à 25oc i,oo5g5 à 26°° \ i ,0115 i,oi3i8i | 4 ï4°c 1/2 1,0287 a 1 500 Indét. Indét.
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- Traces. n // Traces. Il // n
- 2Er,oog3 2 ,56oo 48r,6i32 46r,2461 8*r,46 io o6r, 1909 °'r,9°99
- 0 ,6692 0 ,56go 0 ,8064 1 ,2o4o 1 ,4970 0 ,34a6 0 ,2787
- 0 ,6796 0 ,59/11 0 ,67/11 1 ,8864 3 ,63io 0 ,1/121 O ,201 1
- U // 0 ,0200 Traces. " 0 ,00/10 "
- 3 ,358i 3 ,72 31 6 ,1137 7 ,3365 i3 ,58go 0 ,6796 1 ,3897
- 2 ,9/190 3 ,6176 5 ,2886 6 ,6109 i3 ,7560 0 ,2471 0 ,9409
- II n II U n u u
- 1 ,4091 1 ,0495 2 ,6291 3 ,4368 4 ,4g4o 0 ,6144 0 ,7970
- 0 ,1210 0 ,i4og U 0 ,og5o 0 ,2880 0 ,0697 0 ,0733
- 0 ,oi5o 0 ,0020 0 ,0/100 0 ,oo4o II 0 ,oo4o 0 ,0000
- // // // Traces. U U n
- 4 ,4941 4 ,8100 7 >9577 10 ,1/167 18 ,538o 0 ,9352 1 ,8145
- Indét. Indét. Indét. Indct. Indét. Indét. Indét.
- 7 ,8522 8 ,533 1 14 ,0714 17 ,4832 32 ,1270 1 ,61/18 3 ,2o4 2
- 0 ,7278 0 ,8920 1 ,3o52 1 ,6315 3 ,3g5o 0 ,0608 O ,23 12
- 7 ,1244 7 ,6411 12 ,7662 i5 ,8517 28 ,7020 1 ,554o 2 ,g73o
- Traces. II U Traces. U II n
- 3 ,7906 4 ,832o 8 ,4551 <S ,0092 i5 ,g63o 0 ,36oi 1 ,5078
- // II U II II U u
- 0 ,7709 0 ,7906 II 2 ,1271 5 ,oo5o 0 ,0296 u
- 4 ,5614 5 ,6255 8 ,4 5 51 10 ,i363 20 ,9680 0 ,3897 1 ,5078
- U n II „ U // u
- U n U ' Il n II n
- II u n U u H ’•
- " u 11 " u U "
- U u n n u U u
- U 11 0 ,0009 u n n 0 ,2537
- l ,2012 1 ,i5o6 1 ,9583 2 ,7879 2 ,9760 0 ,6878 0 ,467/1
- 1 ,0220 0 ,56 19 1 ,9817 2 ,7230 4 ,i58o 0 ,3448 0 ,5765
- .'/ U u // // / u
- 2 ,2732 1 ,7155 4 ,2409 5 ,5iog 7 ,i33o 1 ,0026 1 ,2976
- // U // // U II u
- 0 ,2750 0 ,1700 n 0 ,1000 0 ,486o 0 ,1280 0 ,15 4 0
- Traces. 0 ,1280 n 0 ,0990 0 ,i44o 0 ,0207 0 ,0106
- 0 ,2750 0 ,2980 u 0 ,1990 0 ,63oo 0 ,1537 0 ,16/16
- U // u „ U U U
- U n 0 ,0200 Traces. II 0 ,00/10 U
- U u u U II II II
- 0 ,oi5o 0 ,0020 0 ,o4oo 0 ,oo4o U 0 ,oo4o 0 ,0o3o
- U u // U n U u
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- 7 ,12/16 7 ,64io 12 ,7Ô6o i5 ,8002 28 ,73io i ,554o 2 ,9730
- F. Simon. F. Simon. De Marigny. F. Simon. F. Simon. De Marigny. Ville.
- ANALYSES CHIMIQUES DES EAUX DE LA PROVINCE DE CONSTANT1NE.
- 523
- Eau du trou de sonde de Sbiteîa, (profondeur tubée, b7n',8o, profondeur du trou, 78n\o3 ), recueille le jo juin 1860. G4 Eau du trou de sonde de Sbiteîa, (profondeur tubée, 57m,8o, profondeur du trou, 78'“,ü3 ), recueillie le 9 déc. 1860. G5 Eau du trou de sonde de Chabounia (profondeur tubée, 2 29 mètres , profondeur du trou, 239 mètres), recueillie le 9 déc. 18G0. GG Eau du trou de sonde de Chabounia (profondeur tubée, 166 mètres, profondeur du trou, 170 mètres), recueillie le i4 juin 18G0. 07 Eau du trou de sonde de Chabounia (profondeur tubée, gDn,5o, profondeur tlu trou, 1 GG mètres ) , recueillie le i3 mors 18G0. 08 Eau du puits de service du soudage de Chabounia , recueillie le 1 3 mars 1 8G0. G9 Eau du sondage de l’Oued Kourirech, recueillie en mai )8GG. 70 DÉSIGNATION DES SUBSTANCES.
- i,ooo45 à 25°° 1,0007 1,0027 | 1,00289 1 à 25oc 1/2 1 ,oo31 1,0019 u Densité. Acide carb. (non combiné a l’étal de sel neutre). Potasse. Soude. Chaux. Magnésie. Peroxyde de fer. Bases totales. Acide chlorhydrique. nitrique. sulfurique. carbonique (combiné). silicique. phosphorique. Acides totaux. Matière organique. Poids total des sels hydratés pur kilogr. d’eau. A déduire l’eau correspond, à l’acide chlorliydr. Poids total des sels anhydres. Chlorure de potassium. de sodium. » de calcium. de magnésium. Chlorures totaux. Nitrate de potasse. de soude. de magnésie. Nitrates totaux. Sulfate de potasse. de soude. de chaux. de magnésie. de fer. Sulfates totaux. Carbonate de soude. de chaux, de magnésie. Carbonates totaux. Phosphates. Peroxyde de fer. Alumine. Silice. Silicate de magnésie. Matière organique. Total général. Auteurs.
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét, Indét. n
- Traces. oEr,o886 0 ,0829 0 ,o3g6 0 ,0080 0°r, 2 2 1 1 O ,078/i 0 ,0879 0 ,00/10 // oEr,Sg65 0 ,1820 0 ,3114 0 ,0060 U 0^,8916 0 ,22/10 0 ,3/107 0 ,oi5o II 0 ,9 a 3 8 0 ,2307 0 ,3371 0 ,0200 oEr,oaoi 0 ,9763 0 ,2 3 2 g 0 ,3 a 6 8 0 ,0120 u 0E'', 7649 0 ,4816 0 ,1583 0 ,oi 80
- 0 ,2191 0 ,3g 14 1 ,3g5g 1 ,/i7i3 1 ,511 6 1 ,5712 1 ,4228
- 0 ,1270 0 ,1287 0 ,0256 0 ,0080 0 ,2796 U 0 ,2564 O ,00 2.6 0 ,0100 II 1 ,2968 // 0 ,3581 0 ,1326 0 ,0100 II 1 ,2968 // 0 ,4674 0 ,13 3 2 0 ,oo5o II 1 ,2395 II 0 ,5774 0 ,1315 0 ,0080 U 1 ,3222 u 0 ,5389 0 ,1418 0 ,0120 n 0 ,9255 U 0 ,837g 0 ,0702 0 ,0100 //
- 0 ,2843 0 ,5486 1 >7975 1 ,9024 1 ,956/1 2 ,0149 - I ,8436
- Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét. Indét.
- 0 ,5o34 0 ,o3i3 0 ,9/101 0 ,0690 3 ,ig34 0 ,8200 3 ,3737 0 ,3200 3 ,468o 0 ,3o6o 3 ,5861 0 ,3264 3 ,266/1 0 ,2284
- 0 ,4721 0 ,87 1 1 2,8734 3 ,0537 3 ,1620 3 ,2597 3 ,o385
- Traces. 0 ,1672 0 ,o3o5 0 ,4172 0 ,02 55 u 1 ,6913 II 0 ,3185 // 1 ,6820 II 0 ,3260 // 1 ,7427 // 0 ,2007 0 ,0370 1 ,84i 4 U 0 ,20/16 II 1 ,443i u 0 ,o33i
- 0 ->977 0 ,4427 2 ,0098 2 ,0080 l ,9454 2 ,o83o 1 ,4762
- U U // II II II II II U U n u // U U
- " II " II II u II
- II 0 ,1415 0 ,0612 U 0 ,1821 0 ,2262 II 0 ,0993 0 ,4542 U u u 0 ,2o4o 0 ,5264 II II U 0 ,2176 0 ,6810 1/ u u 0 ,18/18 0 ,6519 « II U 0 >9792 0 .3999 //
- 0 ,2027 0 ,4o83 0 ,5535 0 ,7304 0 ,8986 0 ,8367 1 .3791
- // 0 ,o44o 0 ,0120 n 0 ,0060 H U 0 ,2 520 0 ,o4 2 0 U 0 ,25oo 0 ,o45o n 0 ,2020 0 ,o4oo II 0 ,2800 0 ,o36o U 0 ,1/100 0 ,0166
- 0 ,o56o 0 ,0060 O ,2940 0 ,2g5o O ,2920 0 ,3i6o 0 ,i566
- 0 ,0080 U 0 ,0080 n Indét. u 0 ,00/10 II 0 ,0100 II Indét. II O ,0060 II 0 ,0100 u Indët. II 0 ,oi5o n 0 ,oo5o II Indét. // 0 ,0200 // 0 ,0080 n Indét. // 0 ,0120 U 0 ,0120 il Indét. II 0 ,0180 // O ,0100 U Indét.
- 0 ,472/1 0 ,8710 2,8733 3 ,o534 3 64o 3 ,2597 3 ,0399
- F. Simon. De Marigny. De Marigny. F. Simon. De Marigny. De Marigny. De Marigny.
- 06.
- p.dbl.522 - vue 541/568
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-
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-
-
- TABLEAU T 6,
- INDIQUANT
- LES ALTITUDES AU-DESSUS DU NIVEAU DE LA MER
- CALCULÉES À L’AIDE DU BAROMÈTRE
- ENTRE NEGOUSSA ET ALGER.
- p.525 - vue 543/568
-
-
-
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- 520
- NUMÉROS D’OnDI\E. DÉSIGNATION DES STATIONS. ALTITUDE au-dessus DE LA MER. 0 B S E R VAT IU N S.
- i\I cires.
- ROUTE DE NEGOUSSA À GUERRARA.
- I Argoub Mtaa Montraneb 2 23
- 2 Negoussa (village) l 2 4
- 3 Cliott de Negoussa 115
- 4 Corniche du plateau saharien, longeant au sud le choit de Ne-
- go ussa 190
- 5 Haoud cl-Kelha 148
- 6 Hobra el Toudi 128 .
- 7 Naïm , sur le haut plateau compris entre Negoussa et l’Oued Mzab.. 2 2 2
- 8 Corniche de la rive droite de l’Oued Mzab 229
- 9 Lit de l’Oued Mzab i4 1
- J 0 Plateau quaternaire, à 6 kilomètres N. 0. de la rhe gauche de l'Oued
- Mzab 277
- 1 t Plateau quaternaire, à 26 kilomètres N. 0. de la rive gauche do l'Oued
- Mzab 3o~
- 1 2 Corniche de la rive droite de l’Oued cn-Nca 348
- i 3 Plateau alluvicn de l’Oued cn-Nça 3o8
- 14 Corniche de la rive gauche de l’Oued en-Nça 344
- 15 Corniche de la rive di'oite de l’Oued Zegrir 3 94
- 16 Oasis de Gucrrara 315 Altitude donnée par M. Marcs. 1
- >7 Sommet de Gucrrara . . 35g
- l8 Plateau quaternaire qui sépare l'Oued Zegrir du Cliaab bou Aïcha. . 339
- 1 9 Corniche du plateau quaternaire qui limite au N. 0. le Chaab bou
- Aïcha • 448
- 20 Plateau quaternaire à 6 kilomètres nord de la corniche précédente. . 463
- ROUTE DE GUERRARA À GHARDAÏA.
- 2 1 Corniche diluvienne de l’Oued Zegrir en amont de Guerrara 36g
- 22 Plateau quaternaire qui sépare l’Oued Zegrir de l’Oued en-Nca 4 19
- 23 Lit de l’Oued Farejd, affluent de l’Oued en-Nca 412
- 24 ' Marabout de Sidi Abd el-Kader Mtaa Rakhma 483
- 25 Plateau crétacé longeant la rive droite de l’Oued en-Nça 498
- 26 Plateau crétacé entre l’Oued en-Nça et l’Oued Mzab, à 2 kilomètres
- ouest de l’Oued en-Nça 512
- 27 Station sur le plateau ci-dessus , à 1 2 kilomètres S. E. de l’Oued en-
- Nça 5io
- 28 Thalweg d’un affluent de l’Oued Choukal (en amont Oued Nicmcl). 510
- 29 Corniche de la rive gauche de l’Oued Niemel 53o
- 3o Plaine alluvienne de l’Oued Niemel 5o4
- 31 Plateau crétacé séparant l'Oued Niemel de l’Oued Mzab 5g6
- 32 Corniche de la rive gauche de l’Oued Mzab devant El-Ateuf. 636
- 33 El-Ateuf, porte inférieure de la ville • . 490 Idem.
- 34 Plateau qui domine El-Ateuf sur la rive droite de l’Oued Mzab 576
- 35 Ghardaïa (oasis) 53o Idem.
- 36 Ksar ruiné situé sur un plateau, à 000 mètres en amont de Char-
- daïa 610
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-
-
- ALTITUDES AU-DESSÜS DE LA MER ENTRE NEGOUSSA ET ALGER.
- 527
- NUMÉROS D'ORDRE. DÉSIGNATION DES STATIONS. ALTITUDE au-dessus Dr i.a mf.h. U R SE R VA! IONS.
- Mètres.
- ROUTE DIRECTE DE GHARDAÏA À METLIU.
- 37 Plateau dolomitlque, à i3 kilomètres sud de Gliardaïa 57-4
- 38 Corniche du plateau qui longe la rive droite de l’Oued Mezagir 56g
- 3 <) Lit de l'Oued Mezagir 513
- 4o Corniche du plateau qui longe la rive gauche de l’Oued Mctlili. . . . 58.
- 4 i Oasis de Metlili 5o5 Altitude donnée par M. Mares.
- 4 2 Uassi Djeddid dans l’Oued Massek 522
- 43 Point culminant des plateaux crétacés 688
- ROUTE DE METLILI À GIIARDAÏA, EN PASSANT PAR RAS RTEM ,
- À L’OUEST DE GIIARDAÏA.
- 44 Station à 24 kilomètres N. 0. de Metlili, au pied de la berge de la
- rive droite de l’Oued Metlili 581
- 4 5 Corniche du plateau crétacé qui longe la rive droite de l’Oued Met-
- lili 62 1
- 46 Lit de l’Oued Mctlili, à 4o kilomètres environ N. 0. de Mctlili, près
- du Ras Rtem
- 47 Corniche de la rive droite de l’Oued Metlili, près Ras Rtem 700
- ROUTE DE GIIARDAÏA À BERR1AN ET LAGIIOUAT.
- 48 Ras bel Akmen, cime d’un témoin sur le plateau qui s’étend au nord
- de Ghardaïa, à 5 kilomètres nord de cette ville 6:î5
- 4 9 Hauteur du plateau, à 5oo mètres nord du Ras bel Akmen .. . 6o3
- 5 o Corniche de la rive gauche de l’Oued Niemel 64 t
- 5 i Oued Maboula 6o5
- 52 Col qui sépare l’Oued Maboula de l’Oued Madagh Kebira 666
- 53 Campement de l’Oued Madagh Kebira 617
- 54 Col qui sépare l’Oued Madagh Kebira de l’Oued Madagh Serira. . . . 628
- 55 Témoin sur ce col 656
- 56 Corniche du plateau qui domine Berrian au sud 6o3
- 5 7 Berrian, porte sud 547 Idem.
- 58 Ghallous, sur la rive gauche de l’Oued Soudan, à 2 kilomètres nord
- de Berrian, point où l’on entend un bruit semblable à un cours
- d’eau souterrain # 567
- 59 Témoin élevé de la rive gauche de l’Oued Soudan, à i4 kilomètres
- N. 0. de Berrian 636
- 6o Col qui sépare l’Oued Soudan de l’Oued Kcbch 686
- 61 Témoin situé sur le col ci-dessus 704
- 62 Lit de l’Oued Kebch, à 4 kilomètres de la station précédente 635
- 63 Col qui sépare l’Oued Kebch de l’Oued Settafa, au Ras Zembala.. . . 757
- 64 Lit de l’Oued Settafa 700
- 65 Ras Besbaïer 788
- 66 Dayat de Tilremt 73o Idem.
- 67 Dayat de Sliguim 770
- 68 Ras Chaab 880 Idem.
- 69 Laghouat O OC Idem.
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-
-
- 528
- EXPLORATION DU BENI MZAB ET DU SAHARA.
- NUMEROS
- 7°
- 72
- ?3
- l1'
- / / 78
- 79
- 80
- 81
- 82
- 83
- 84
- 85
- 86
- 87
- 88
- 89
- 90
- 91
- 92
- 93
- 9!
- 93
- 96
- 97
- 98
- 99 100
- 1 o 1
- DESIGNATION DES STATIONS.
- ROUTE DE I. A G110 U A T A DJELFA.
- Poste-café de Metlili.............................................
- Point culminant du Djebel Lazereg. . .............................
- Ligne de faîte séparant le bassin de l’Oued Mcllili de celui de Sidi
- Makhelouf. ... ................................................
- Caravansérail de Sidi Makhelouf...................................
- Caravansérail d'Aïn cl-Ibel.......................................
- Corniche du plateau quaternaire qui domine Aïn el-ibel au nord.. . .
- Ain Dzeïra........................................................
- Aïn Tilkhemet.....................................................
- Crète du Djebel Sera par laquelle la route de Laghouat descend dans la plaine de l’Oued Mlega, en amont de Djelfa.....................
- Rive gauche de la vallée alluvienne de l’Oued Mlega...............
- Seuil du fort de Djelfa...........................................
- ROUTE DE DJELFA AU POSTE-CAFE D’EL-MESRAN.
- Ain Ouarrou........................ .........
- Aïn Zmeïla...................................
- Point culminant du plateau qui domine Aïn Zmeïla
- Aïn Mahmed...................................
- Caranvansérail du rocher de sel..............
- Terrasse quaternaire de la rive droite de l’Oued Melah, en face du
- caranvansérail du rocher de sel..................................
- Col situé à l’est du rocher de sel..................................
- Oued Mclali, au pied du caravansérail du rocher de sel..............
- Berge de la rive gauche de l’Oued Mclali, à l’aval du barrage dans la jtlaine du Zalirez Rliarbi........................................
- Thalweg de l’Oued Melah, à 3oo mètres en amont des dunes qui longent au sud le Zalirez Rharbi..................................
- Point culminant de la région des dunes traversées par l’Oued Melah.
- Extrémité orientale du Zalirez Rharbi.............................
- Orifice du sondage d’Aïn Malakoff.................................
- Orifice du sondage d’El-AIesran...................................
- ROUTE D’EL-MESRAN A L’EXTREMITE ORIENTALE DU ZAHREZ CHERGUI ET RETOUR À EL-MESRAN.
- Raïau Chergui...................................................
- Limite du terrain quaternaire et du terrain crétacé au nord de Raïan
- Chergui.
- Zbaret Sidi Aïssa.......................
- Extrémité occidentale du Zalirez Chergui.
- Bou Saada........................................................
- Sommet d’une dune recouverte par un plateau de travertin au sud du
- Zahrez Chergui.................................................
- Plateau quaternaire entre le Koudiat er-Raïan et la crête des dunes d’El-Mesran......................................................
- ALTITUDE
- a u-dessus DE J.A MER.
- Mètr
- 860
- iT)75
- 951 920 1 où à 1178 1 1 08 1191
- 1 3 2 3 1222 1 167
- 1077
- 1 oa 1 96.
- 967
- 97 1 946
- 893
- 890
- 891
- 857 861 882
- 846
- 883
- 809
- 771 584
- 833
- 899
- O B S E R VAT I O X S.
- V j)i
- /r/c 11
- Ida
- hier
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-
-
-
- ALTITUDES AU-DESSUS DE LA MER ENTRE NEGOUSSA ET ALGER.
- 529
- NUMÉROS D’ORDRE. DÉSIGNATION DES STATIONS. ALTITUDE au-dessus DE LA MEH. OBSERVATIONS.
- Mètres.
- 102 Crête des dunes d’El-Mesran 896
- 1 o3 Orifice du sondage d’El-Mesran 882
- ROUTE D’EL-MESRAN À BOUGHEZOUL.
- 1 o4 Caravansérail de Guelt es-Setlel 958
- î o5 Croupe de calcaire quaternaire, à 7 kilomètres N. N. 0. de Guelt
- es-Seltel 00
- 106 Redir de Bou Cedraïa 785
- 107 Plateau quaternaire qui domine le Redir au nord 795
- 108 Caravansérail d’Aïn Ousserali 7 19
- 109 Sommet du plateau quaternaire d’El-Krechem, à i,5oo mètres N. E. 694
- du poste-café de ce nom
- 1 1 O Route de Laghouat à Alger au pied de la crête d’El-Krechem 65o
- 1 1 1 Plateau quaternaire de Chabounia 7x2
- 1 12 Orifice du sondage de Chabounia 699
- 113 Orifice du sondage de Sbiteïa 654
- 114 Plateau du camp de Sbiteïa. 662
- 115 Marais de Kseria 645
- 116 Caravansérail de Boughezoul 665
- 117 Limite du terrain quaternaire et du terrain miocène au nord de Bou-
- gbezoul 671
- 1 l8 Boghari (village européen) 646
- l‘O Cime du Djebel Taig 1109 Carte de l'état-major.
- ROUTE DE BOGHARI À ALGER.
- 1 20 Col du Mongorno sur la traverse de Boghar 1019
- 1 2 1 Plateau argileux où demeure l’Agha Djilali sur la rive gauche de
- l’Oued Karakach 817
- 12 2 Caroubier de la rive droite de l’Oued Karakach 64 7
- 1 23 Point culminant du plateau miocène traversé par la roule entre l’Oued
- Karakach et l’Oued Larcli 1107
- 12 A Point où la route coupe l’Oued Larch au pied de Médéah 654
- 1 25 Point culminant de Médéah 9^7
- 1 26 Col du Nador coupé par la route d’Alger 971
- 1 27 Pic culminant du Nador 1062 Idem.
- 128 Pic de Sidi Abd el-Kader 1642 Idem.
- 129 Blidah 260 Idem.
- 13o * Boufarik 57 Idem.
- 131 Pont des Chevalets 38 Idem.
- 1 32 Quatre-Chemins 57 Idem.
- 133 Collines dominant Douérah 182 Idem,
- 134 Village de Dely Brahim 279 Idem.
- 135 Vigie de la Bouzareah 402 Idem.
- 136 Saint-Eugène 20 Idem.
- i37 Niveau de la mer au pied de Saint-Eugène O Idem.
- 67
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-
-
-
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-
-
- TABLE DES MATIERES
- Introduction
- Pages.
- I
- PREMIÈRE PARTIE.
- CHAPITRE PREMIER.
- TERRAIN QUATERNAIRE COMPRIS ENTRE OUARGLA ET GUERRARA, REGION DES GUENTRAS ,
- OASIS DE GUERRARA.
- Roule de Negoussa à Guerrara....................................................... 1
- Dunes des environs de Guerrara..................................................... 9
- Oasis, ville, puits et barrage de Guerrara......................................... 11
- Ancienne source jaillissante naturelle de Seguiel el-Aïn , auprès de Guerrara.'. . . . 28
- CHAPITRE II.
- CI1EBK.A DES BENI MZAB, OASIS DE GUERRARA ET SES ANNEXES, OASIS DE METLILI,
- OASIS DE BERRIAN.
- Limite du terrain quaternaire et du terrain crétacé auprès du kef Raklima............ 28
- Origine des dépôts de sables quartzeux disséminés à la surface des couches crétacées du
- Béni Mzab.............................. .......................................... 29
- Ville, oasis, puits et barrages d’El-Ateuf..................................,.......... 33
- -------------------------------. de Bou Noura........................................ 4o
- ------------------------------ de Béni Isguen......................................... 45
- ----------------------——— de Melika................................................. 49
- ------------------------------- de Ghardaïa............................................ 52
- ---------------------------— de Metlili.............................................. 61
- —------------------------------ de Berrian............................................ 68
- CHAPITRE III.
- Origine, mœurs, religion et. organisation politique des Mozabites.................... 76
- CHAPITRE IV.
- RÉGION DES DAYATS, OASIS DE LAGHOUAT.
- ............................ • ....:.............. $9
- Dayat de Tilremt
- 67.
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-
-
- 532 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Ras Chaab............................................................................ g2
- Ville, oasis et barrages de Laghoual................................................. g4
- Oasis du ksar Assafia................................................................ 102
- CHAPITRE V.
- Vue d’ensemble sur la constitution géologique du pays compris entre Negoussa et Laghouat.
- — Région quaternaire d’El-Areg. — Dunes de sables limitant, à l’ouest, la Chebka des Béni Mzab................................................................... 1 o5
- DEUXIÈME PARTIE.
- CHAPITRE VI.
- ZONE MÉRIDIONALE DE LA REGION DES STEPPES (LISIÈRE NORD DU SAHARA).
- SI. — Terrains crétacés des environs de Laghouat.
- Cuvette crétacée du Djebel Meïla................................................... 120
- Cuvette crétacée de l’Oued Djeddi en amont de Laghouat............................. 126
- Cuvette crétacée formée par le Djebel Tisgrarine et le Djebel Schreïga au pied de Laghouat. i34
- Cuvette crétacée du Djebel Aouala.................................................. i38
- Cuvette crétacée du Djebel Boukhaïl................................................ i38
- S II. — Route de Laghouat à Djelfa.
- Dunes sahariennes sur le bord nord de la Dayat el-Hamra.............................. i42
- Caravansérail et source de Sidi Makhelouf............................................ 143
- Caravansérail et source d’Aïn el-Ibel................................................ 146
- Traces de lignite et de bois fossile dans le terrain crétacé d’Aïn el-Ibel..... 1 5o
- Ain Dzeïra........................................................................... 154
- Aïn Tilkhemet........................................................................ 1 55
- Résumé sur la constitution géologique de la zone méridionale de la région des steppes. ... i58
- TROISIÈME PARTIE.
- CHAPITRE Vil.
- ZONE CENTRALE DE LA REGION DES STEPPES. TERRAINS CRÉTACÉS.
- Sondage projeté dans la plaine comprise entre le Djebel Djellal et le Djebel Senelba. 164
- Fossiles crétacés du Djebel Senelba.................................................. 166
- Eaux potables de Djelfa............................................................ 168
- Vallée de l’Oued Djelfa.....................'........................................ 16g
- Sources thermales des environs de Djelfa........................................... 170
- Anciens tombeaux de forme druidique aux environs de Djelfa................:.......... 170
- Aïn Ouarrou........................................................................ 170
- Vallée de l’Ouad Kourirech......................................................... 173
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES. 533
- Pages.
- Vallée de l’Oued Hadjia................................................................ 174
- Sources thermales de l’Oued Hadjia..................................................... 175
- Chaînes crétacées limitant, au sud, le bassin des deux Zahrez. ..........•............. 176
- Chaînes crétacées limitant, au nord, le hassin des deux Zahrez......................... 17g
- Aïn el-Hammam............•............................................................. 181
- Fabrication du goudron sur le col d’El-Hammam.......................................... i83
- Résumé sur la constitution géologique des massifs montagneux de la zone centrale de la région des steppes...................................................................... 186
- CHAPITRE VIII.
- Zone centrale de la région des steppes. Terrain tertiaire supérieur.................... 188
- CHAPITRE IX.
- ZONE CENTRALE DE LA REGION DES STEPPES. TERRAIN QUATERNAIRE OU SAHARIEN.
- Bassin quaternaire des environs de Djelfa............................................... 191
- Bordj de Djelfa....................................................................... 190
- Bassin quaternaire compris entre le Djebel Senelba et le Djebel Sahari................. ig4
- Ain Gassis.............................................................................. ig4
- Aïn Zmeïla.............................................................................. 197
- Ruines romaines d’Aïn Zmeïla............................................................ 197
- AïaMahmed............................................................................... 198
- Ruines romaines d’Aïn Malimed........................................................... 198
- Sources ascendantes sur la rive gauche de l’Oued Garboussa, au lieu dit Forlus......... 199
- Bassin quaternaire des Zahrez.......................................................... 201
- Dunes quaternaires de la lisière sud du Zahrez Rharbi.................................. 202
- Hélix fossiles dans les dunes quaternaires de l’Oued Melali............................ 2o3
- Dunes quaternaires traversées par l’Oued Kourirech...................................... 2o5
- Dunes et grès quaternaires au pied du Djebel Gourin.................................... 206
- Terrain quaternaire longeant la rive nord du Zahrez Rharbi............................... 207
- Source jaillissante naturelle dite Aïn Hamia Chergui.................................... 208
- Sources jaillissantes naturelles des environs du sondage d’Aïn Malakoff................ 210
- Aïn Sebakh.............................................................................. 210
- Sources jaillissantes naturelles de Mocla Djedean dans le Zahrez Rharbi................ 210
- Aïn Hamia Rharbi........................................................................ 211
- Réseau de sondages à exécuter autour du Zabrez Rharbi pour la recherche des eaux jaillissantes ................................................................................. 214
- Quantité totale de sel contenu dans le Zahrez Rharbi................................... 216
- Bassin quaternaire du Zahrez Chergui.................................................... 217
- Puits de Raïan Chergui.. ............................................................... 217
- Dunes quaternaires longeant le bord sud du Zahrez Chergui.............................. 219
- Réseau de sondages à exécuter autour du Zahrez Chergui pour la recherche des eaux jaillissantes .............................................................................. 223
- Terrains quaternaires de divers âges dans le bassin des Zahrez.......................... . 223
- Quantité totale de sel contenu dans le Zahrez Chergui.................................. 226
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-
-
-
- 534
- TABLE DES MATIERES.
- CHAPITRE X.
- COUPES GÉOLOGIQUES DES SONDAGES EXECUTES DANS LE BASSIN DU ZAHREZ RHARBI.
- Pages.
- Sondage de l’Oued Melah (Aïn Malakoff)........................................... 22g
- Sondage d’El-Mesran.............................................................. 233
- Sondage de l’Oued Kaïder......................................................... 237
- Sondage de l’Oued Kourirech...................................................... 24 1
- Sondage de Mou el-Guetouta dans la province d’Oran............................... 245
- CHAPITRE XI.
- ZONE CENTRALE DE LA REGION DES STEPPES. TERRAINS ERUPTIFS OU METAMORPHIQUES
- DU BASSIN DES ZAIIREZ.
- Rocher de sel gemme du Djebel Saliari............................................ 246
- Gile de sel gemme d’Aïn Hadjera.................................................. 271
- Diorile du Djebel Amour.......................................................... 276
- Sel gemme du Djebel Amour........................................................ 277
- QUATRIÈME PARTIE.
- CHAPITRE XII.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA REGION DES STEPPES. TERRAIN JURASSIQUE.
- Terrain jurassique du Djebel Reucliiga............................................. 277
- CHAPITRE XIII. .
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA REGION DES STEPPES. TERRAINS CRÉTACÉS.
- Massif triangulaire compris entre le Djebel Meketsit, le Djebel Teberguin et le Djebel el-
- Hammam......................................................................... 27g
- Aïn Djedid........................................................................ 280
- Aïn Gueterfa....................................................................... 281
- Djebel Touila..................................................................... 281
- Aïn Touila......................................................................... 281
- Djebel Guelifa..................................................................... 282
- Puits de Bouira................................................................... 282
- Aïn Terrah........................................................................ 283
- Source sur le col d’El-Hammam..................................................... 284
- Bouira des Seba Rous.............................................................. 285
- Aïn Rhelal........................................................................ 286
- Djebel Oukeïl..................................................................... 287
- Caravansérail de Guell es-Settel.................................................. 288
- Moyens divers d’alimenter Guelt es-Settel en eau potable.......................... 2g 1
- Terrain crétacé d’El-Merricb.. . . .'............................................. 2g 1
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- TABLE DES MATIÈRES. 535
- Pages.
- Terrain crétacé d’El-Feah.............................................................. 292
- Massif crétacé compris entre l’Oued Ousserah, à l’est, et l’Oued Oueurg, à l’ouest.... 298
- Gorge et puits de l’Oued Mouilah.................................................... 293
- Fossiles de la craie cldorilée sur le Djebel Nouldira................................. 290
- Massif crétacé compris entre l’Oued Taguin et l’Oued Kosni............................ 290
- Djebel Daoura......................................................................... 296
- Aïn Hadjer ............................................................................. 296
- Source thermale dite Ain Djerob....................................................... 29b
- Source thermale sulfureuse des environs de Zcrguin dite Aïn el-Hammam................. 297
- Aïn et Ksar de Zerguin................................................................ 299
- Aïn Abbadia ........................................................................ 3oi
- Aïn IÇaddera.......................................................................... 3o i
- Aïn Fritizza.......................................................................... 3p2
- Aïn Taguin............................................................................ 3p4
- Source du Ksar ben Ammade............................................................. 307
- Travertin et source de l’ancien ksar de Chellala.....................,................ 3og
- Source du ksar actuel de Chellala..................................................... 31 1
- Aïn Djefl'ala............................................................;............ 3 i i
- Aïn Seïd bel Djemel..........................................................,........ 3ii
- Djebel Mouzebboudj.................................................................... 31 4
- Aïn et Ksar Goudjilah.................................................................. 3i5
- Djebel Bizza............................................................................ 3i5
- Koudiat Fedoul........................................................................ 3i 6
- Koüdiat Belbella...................................................................... 3 1*6
- Ilot crétacé situé sur la rive gauche de l’Oued Boughezoul............................ 316
- CHAPITRE XIV.
- ZONE SEPTENTRIONALE £)E LA REGION DES STEPPES. TERRAIN N U MMUI.ITÏQ U E.
- Massif nummulitique du Tell................................................... 31 7
- Massif nummulitique de Birin................................................... 3iS
- Puits de Birin................................................................. 320
- Bergerie du Gouvernement à Birin............................................... 323
- Plateau nummulitique’du Sud................................................... 32,4
- CHAPITRE XV.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA REGION DES STEPPES ET LISIÈRE MERIDIONALE DU TELL. TERRAIN TERTIAIRE MOYEN.
- Poste d’Aïn bou Gif.....................•........:..................................... 32b
- Aïn bou Çif.............................................................................. 327
- Djebel Taregragred.....................................................................,3?9
- Source du Djebel Taregragred.....................:........................................ ,33o
- Sources d’Harmela . . ................................................................. 33o
- Sources du Djebel el-Akdar............................................................ .33,1
- Ruines de Menza bent es-Soltan..............• • ..................................... 333
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- 536 TABLE DES MATIÈRES.
- Pajçcs.
- Aïn Glia............................................................................ 334
- Fabrication de goudron sur le Djebel el-Akdar...................................... 335
- Source ascendante d’Aïn Sidi Abd el-Kader.......................................... 335
- Petit massif de terrain tertiaire moyen compris entre l’Oued Guetfa et Birin....... 336
- Roule d’Aïn bou Cifà Birin.......................................................... 338
- Aïn Berda........................................................................... 338
- Lignes de sources ascendantes entre Aïn Rharbia et El-Abiod........................ 34o
- Aïn Rharbia........................................................................ 341
- Aïn Smar............................................................................ 342
- Aïn el-Abiod........................................................................ 342
- Ruines romaines d’Aïn Toula......................................................... 343
- Route d’Aïn bou Cif cà Boghar....................................................... 34y
- Aïn Sidi bel Haoua.................................................................. 348
- Djebel Fegnouna................................................................... 34g
- Sources de la Smala de Moudjebeur................................................... 35o
- Barrage à faire sur l’Ouecl el-Hakoum.............................................. 35o
- Sources du revers sud du Djebel Ammouch............................................ 353
- Aïn el-Azit......................................................................... 353
- Sources de Boghar.................................................................. 354
- Fossiles miocènes de Boghar.. ...................................................... 356
- Djebel Gourin....................................................................... 358
- Gypse du Dra el-Abiod............................................................... 35g
- Ligne de Boghar à Boughezoul, suivant la route carrossable......................... 35g
- Aïn Seba........................................................................... 36o
- Barrage facile à faire sur le Chélif, à i,ooo mètres en amont de l’Oued Melah...... 36o
- Résumé concernant le terrain tertiaire moyen....................................... 36 i
- CHAPITRE XVI.
- Zone septentrionale de la région des steppes. Terrain tertiaire supérieur.......... 363
- CHAPITRE XVII.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE I.A REGION DES STEPPES. TERRAIN QUATERNAIRE ET TERRAIN ALLUVIEN.
- Bassin quaternaire du haut Chéiif et de ses principaux affluents de la rive gaucho. 365
- Groupe de puits de l’Oued Beïda. . . .............................................. 366
- Groupe de puits de l’Oued Taguin................................................... 366
- Sources quaternaires de l’Oued Taguin en face du ksar de ce nom.............% . . . . 367
- Plateau du Sersous.................................................................. 36g
- Oued Kosni.......................................................................... 36g
- Oued Susellem...................................................................... 370
- Oued Fedoul........................................................................ 370
- Aïn Belbella....................................................................... 371
- Oued Nahr Ouassel...........................................................'...... 372
- Oued Oueurg........................................................................ 673
- Composition du terrain quaternaire auprès des ruines du Ksar Chabounia.. . ........ 374
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES. 537
- Pages,
- Groupe de puits dans le lit de l’Oued Oueurg, à 4 kilomètres est des ruines du Ksar Cha-
- bounia........................................................................... 3jô
- Groupe de puits de Sbiteïa sur la rive droite du Chélif............................ 376
- Composition de l’eau du Chélif, recueillie à diverses époques...................... 378
- Bassin quaternaire de l’Oued Ousserah.............................................. 381
- Poste-café et puits de Bou Cedraïa................................................. 382
- Aïn Ousserah....................................................................... 382
- Température de l’eau de diverses sources d’Aïn Ousserah à diverses époques de l’année.. . . 385
- Sondage projeté à Aïn Ousserah...................................................... 38y
- Bassin quaternaire de l’Oued Chemmara.................................'............ 388
- Dunes de sables sur la rive droite de l’Oued Chemmara.............................. 3go
- Bassin quaternaire des dayats situées à l’est des marais de Kseria................. 3g2
- Dayat Firenia.......................................................................'3g5
- Crête et poste-café d’El-Krechem.................................................... 3g5
- Caravansérail et puits de Boughezoul..................................~............ 4oo
- Bassin quaternaire de Guetla....................................................... 4o 1
- Bassin quaternaire de l’Oued el-Makioufi. .......................................... 4o3
- Résumé sur la constitution géologique du terrain quaternaire de la zone septentrionale de la région des steppes............................................................... 4o4
- CHAPITRE XVIII.
- COUPES GÉOLOGIQUES DES SONDAGES EXÉCUTES DANS LE BASSIN DU HAUT CHÉLIF.
- Sondage de Chabounia................................................................ 4o8
- Sondage de Sbiteïa................................................................. 7
- Résultats pratiques de ces deux sondages............................................ 421
- CHAPITRE XIX.
- ZONE SEPTENTRIONALE DE LA RÉGION DES STEPPES ET LISIÈRE MÉRIDIONALE DU TELL. TERRAINS ÉRUPTIFS OU MÉTAMORPHIQUES.
- SI. — Zone septentrionale de la région des steppes.
- Gypse métamorphique d’Aïn Djerob................................................... 422
- Gypse métamorphique du Koudiat Fedoul.............................................. 422
- Gypse métamorphique du Koudiat Belbella............................................ 423
- j S II. — Lisière méridionale du Tell.
- Sources salées et gypse des Ouled Hedim............................................ 423
- Gypse métamorphique entre Harmela et le Djebel Guentrah............................ 424
- Sources salées des Rebaïa.......................................................... 424
- Roches éruptives avec gypse métamorphique auprès du marabout de Sidi Bouzid........ 4a 6
- Gîte de soufre d’El-Kebrita........................................................ 427
- 68
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- 538
- TABLE DES MATIERES.
- CINQUIÈME PARTIE.
- CHAPITRE XX.
- DOCUMENTS SUR L'EXÉCUTION PRATIQUE DES SONDAGES DE LA REGION DES STEPPES.
- Pages.
- Marche du sondage de l’Oued Melah............................'.................. 429
- Marche du sondage d’El-Mesran.................................................. 432
- Marche du sondage de l’Oued Kaïder.............................................. 438
- Marche du sondage de l’Oued Kourirech.......................................... 441
- Marche du sondage de Cliabounia................................................ 443
- Marche du sondage de Sbiteïa..................................................... 446
- CHAPITRE XXL
- CONSÉQUENCES GÉNÉRALES DES FAITS PRÉSENTÉS PAR L'EXÉCUTION DES SONDAGES DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER.
- Rapidité d’exécution des sondages de la région des steppes................... . . 449
- Comparaison des prix de revient des sondages par le système Rind et par le système De-
- gousée......................................................................... 45 1
- Loi de l’accroissement de la température avec la profondeur..................... 453
- SIXIÈME PARTIE.
- CHAPITRE XXII.
- Considérations générales sur les sources du Sahara et de la région des steppes de la province d’Alger............................................................................. 455
- CHAPITRE XXIII.
- COMPOSITION CHIMIQUE DES EAUX DU BENI MZAC, DU SAHARA ET DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA
- PROVINCE D’ALGER.---RAPPORTS EXISTANTS ENTRE CETTE COMPOSITION ET L’ÂGE GÉOLOGIQUE DES
- TERRAINS TRAVERSÉS PAR LES EAUX.
- Eaux minérales......................................................................... 468
- Eaux potables des terrains crétacés du Béni Mzab..................................... 469
- Eaux potables des terrains quaternaires du Béni Mzab................................... 471
- Eaux potables des terrains quaternaires du Sahara...................................... 472
- Eaux mixtes du Sahara................................................................. ^'6
- Eaux des terrains crétacés de la région des steppes.................................... 474
- Eaux des terrains numinulitiques de la région des steppes.............................. 476
- Eaux des terrains miocènes de la région des steppes.................................. 476
- Eaux des terrains quaternaires de la région des steppes.............................. 477
- Eaux mixtes de la région des steppes................................................... 484
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-
- TABLE DES MATIERES.
- 539
- SEPTIÈME PARTIE.
- CHAPITRE XXIV.
- Observations barométriques et méthode de calcul des altitudes au-dessus de la mer, entre Negoussa et Alger. Description des coupes géologiques, fig. 1, 2 et 3, pl. VIII. /j89
- HUITIÈME PARTIE.
- SIX TABLEAUX DIVERS.
- Tableau n" 1......................................
- Tableau n° 2......................................
- Tableau n° 3......................................
- Tableau n° 4......................................
- Tableau n° 5......................................
- Tableau n° 6......................................
- 4q5
- 499
- 5oi 507 514 52 5
- FIN DE LA TABLE ET DE L’OUVRAGE.
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-
- ADDITIONS DT CORRECTIONS.
- S40
- ADDITIONS ET CORRECTIONS.
- Page 2ai, ligne 2, mettre n° 16 au lieu de n° 17.
- Supprimer, à la ligne 18, grâce à cette précaution, le débit du sondage d'Aïn Malakoff ne parait pas avoir diminuer
- Dans les titres des pages 385 à 407, mettre terrain quaternaire et terrain alluvien au lieu de terrain quaternaire ou terrain alluvien.
- Page 4op, dans le tableau, 3“ ligne des nombres de la profondeur des couches, mettre 321m,88 au lieu de 331m,88.
- Page 415, au lieu de l’eau recueillie, etc., mettre au pluriel, et dire les eaux recueillies le 13 mars 1860, dans le puits de service et dans le trou de sonde, présentent à peu près la même composition. Elles ne contiennent que 3'JF,16âO à 3r,2597 de matières salines par kilogramme de liquide. Bien qu’elles ne soient pas de la meilleure qualité pour les usages domestiques, elles sont cependant préférables, pour cet usage, à l’eau de la nappe ascendante trouvée à 37 mètres de profondeur.
- Page 417, colonne d’observations du tableau, lignes 5 et 6, mettre UOm au lieu de 57m,80.
- Page 446, ligne 21, après les mots ce qui donne un prix de revient de 17$,98e, ajouter par mètre courant d’avancement, tubage compris.
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- CARTE GEOLOGIQUE
- DU MÆ IZAB,MJ SAHARA ' -ET DI LA RÉGION DIS STEPPES DE LA PROVINCE D'ALGER
- MR U. SL”» yiiiii
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- PROV IN CK D ’A l.OER (Feuille 2e )
- Aifi Foahar (source soi
- \JT\
- / «I
- Dj.MarVé
- /V': aû* , )
- farci Aouulja ^
- Sûü Airsa Mouley llas-i^dh
- R A ' G
- Dj. Sbaia
- /C >.
- #*-7*
- 'V' Ruines ]>jel>. Braliim
- -. - J&C? *>*>£& ~
- )// \ N
- 'jidage'd’ri Menait ( /J^ $>
- \ Dj. et Gue^Ka
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- . liâtba
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- A'Ï' C
- God -cdDib
- ^°?twude d&Moii el (ruetvuiz. (ij
- ! \ j
- FA Beejcgl
- Ain A'aqc
- ^sGJiirr dd ltrn ftostn
- Plaine " Sablonneuse
- x 'oui que ‘ta.
- S.lLuÿ.cZATechccL >K
- Oued An,,
- .....[El oHccujeu b (PuiLsj
- Imprimerie Nationale
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- CARTE (IliLOeiiULE
- DU SAHARA ORIENTAI,
- MR M, JL VILLE
- (--2 ' /y/sSfSsf,';'
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- LÉGENDE GÉOLOGIQUE.
- DÉSIGNATION DES TERRAINS.
- I Terrain quaternaire ou saharien..............
- I Terrain tertiaire supérieur ou piiocène........
- Terrain tertiaire moyen ou miocène „...............
- (Terrain crétacé supérieur ou craie blanche. ............
- Terrain crétacé inférieur.................. .. ».......
- \ Terrain cristailophyHien (gneiss, micaschistes, calcaires). ......
- / Terrain granitique...................... .............
- Terrains plutoniens. . . J ^
- ( Terrain éruptif ou métamorphique......................
- LETTRES COULEURS caractéris-
- al
- ?
- m
- jc* c< le,
- y
- ù)
- i
- FIGUKE
- COUPE GÉOLOGIQUE ENTRE
- NEGOUSSA ET GUERRARA
- SAHARA
- —sa,
- !
- NOTA,
- L’échelle des hauteurs est décuple de celle des bases.
- Le développement rectiligne des lisérés rouges pleins tracés sur la carte du Sahara oriental et sur la carte de la province d’Alger, dressées à l’échelle de ~0 par MM. les Officiers d’État Major, a fourni les bases des coupes géologiques, fig. 1, 2, 3.
- Les cotes noires indiquent les altitudes au-dessus du niveau de la mer.
- Les cotes rouges indiquent les profondeurs des sondages au-dessous du sol.
- Vallée de l’Oued Zegrir.
- 3 i 5"' Oasis de Guerrara.
- Chaab bon Aïcha.
- 448” Corniche saharienne dominant au N^O. le Chaab bou Aïcha.
- 44om Corniche saharienne dominant au N.-O. le Ras bou Aïcha.
- FIGURE 2.
- COUPE GÉOLOGIQUE ENTRE GUERRARA ET METLILI
- SAHARA
- BENI MZÂB
- SAHARA
- I
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- Pe. VIII.
- EXPLORATION 1)1; BENI MZAB, DE SAHARA ET DE LA RÉGION DES STEPPES DE LA PROVINCE D’ALGER,
- PAR M. h. VILLE,
- INGENIEUR EN CHEF DES MINES.
- COUPE GÉOLOGIQUE ENTRE METLILI, LAGHOUAT, LE ROCHER DE SEL, LE CARAVANSÉRAIL DE BOUGHEZOUL ET LE FORT DE BOGHAR.
- BENI MZAB
- RÉGION
- DES
- TELL
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